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Text
<4
Xj
C\
1?
ï
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in
2011 with funding from
Universityof Ottawa
http://www.archive.org/details/collectioncompOOcour
COLLECTION COMPLETE
©ES»
PAMPHLETS POLITIQUES
ET
OPUSCULES LITTÉRAIRES
DE PÀUL-L©UIS COURIER.
i
COLLECTION COMPLÈTE
DES
PAMPHLETS POLITIQUES
ET
OPUSCULES LITTÉRAIRES
DE PAUL-LOUIS COURIER,
ANCIEN CÀKOEfNIER
PRIX
t
A
CHEVAL.
10 FRANCS.
/
BRUXELLES
,
CHEZ TOUS LES LIBRAIRES,
1826.
J.
J-Note sur Paul-Louis
AliLj E.
Courier
iq
Élnge d'Hélène
33
Lettre à
M. Renouard
Pétition
aux deux Chambres
Lettre
,
libraire
^q
83
à Messieurs de l'Académie des Inscriptions et
Belles- Lettres
q2
,
Piocès de Pierre Clavier dit Blondeau
Lettres au rédacteur
du Censeur
A
du
A
Messieurs
les
juges
107
1
tribunal civil
Messieurs du conseil de préfecture
,
,
Tours
à
à
25
171
Tours
181
Lettre particulière
igq
Seconde
iq«
lettre particulière
Simple discours de Paul- Louis
Aux âmes
dévotes de
209
la paroisse
de Véretz
229
Procès de Paul-Louis Courier
Pétition pour des
villageois
que
.
l'on
235
empêche de danser. 289
Prospectus d'une traduction nouvelle d'Hérodote
3o3
Préface de la traduction de la Luciade
35q
Réponse aux Anonymes
3g 7
Réponse
,
n° 2
3^3
Livret de Paul- Louis Courier, n° 3
3 qi
Proclamation
Gazette du
village
r
,
n° 4
j
£ $
Pièce diplomatique, n° 5
r
2I
Collection de lettres et articles insérés dans différents
^
journaux
2
l8
T.ABT.F.
Pages
Lettre à
M. Delegorgur de Rony, par Léon de Chan4^7
laire
Pamphlet des Pamphlets
4^^
Aveitissewenldu
479
libraire
NOTE
SUR LA VIE ET LES ÉCRITS
DE
PAUL-LOUIS COURIER.
\_i*>uRiER
mort
(Paul-Louis)
assassiné
,
né en 1773
*825 , a
,
à Yéretz en
à
Paris
,
été sans
contredit l'un des écrivains les plus remarquables
de son temps
}
et
quoiqu'il n'ait
pas été l'un
des moins remarqués, on doit avouer cependant
que
sa
réputation est restée jusqu'ici au-dessous de
son immense mérite. Cela vient sans doute de ce
que
5
sur
occupé
les
matières toutes sérieuses qui l'ont
Courier ne composa jamais aucun ou-
,
vrage considérable, aucun traité ex proj'esso
seulement des opuscules en littérature
,
,
mais
en poli-
tique des pamphlets. Pour que l'écrivain soit remis à
sa place
,
que
faut-il
P réunir ces pamphlets
et c< s
Quant
non plus
opuscules, et en donner un recueil complet.
à
l'homme au citoyen,
,
il
n'a pas besoin
d'autre chose pour être apprécié ce qu'il valait.
Si
nous faisons précéder
le recueil
des écrits de
Courier de quelques lignes d'introduction
,
c'est
doue bien moins pour essayer son éloge , abso-
,
NOTE
XX
lument
inutile à qui les lira
au lecteur
que pour apprendre
,
chacun de ces
à quelle occasion
écrits
fut publie'. L'histoire de leur publication est
même
temps
le plus
beau panégyrique de son caractère.
sa vie
de Mère, en Touraine
nom
sous ce
tisé
homme
,
d'esprit
et
ne porta jamais
qu'il
d'un
lui-même son éducation
maître,
le
}
et sans
?
jeune Courier savait déjà
il
Son
esprit cultivé
dirigea
matiques
Il
du
propriétaire
crût gentilhomme.
le
l'âge de quinze ans.
de sa vie,
Paul-Louis fut bap-
,
de terre,
de peur qu'on ne
père ?
l'histoire
,
de Jean-Paul Courier
Fils
fief
de
celle
en
étudia aussi
,
autre
le
grec à
les
mathé-
devint habile de bonne heure
y
puis embrassa la carrière militaire
j
et tout
en
continuant à se livrer avec ardeur à ses études
,
particulièrement à celle du grec qui fut toujours
son étude favorite (VEloge d'Hélène date de
l'an xi)
et
fit
,
il
montra tant
de bravoure dans
en Allemagne
ficier
mé
et
d'activité, d'intelligence
les différentes
en
Italie
,
subalterne d'artillerie auquel
en 1792
,
il
atteiguit
campagnes
qu'il
que du grade d'ofil
avait été
rapidement
celui
nom-
de chef
d'escadron. Mais l'indépendance naturelle de son
caractère ne tarda pas à lui faire prendre en dé-
goût un métier où l'obéissance
premier devoir
;
et ce
aveugle est le
dégoût devint extrême
,
,
XX]
SUR PAUL-LOUIS COURIER.
lorsqu'un-
homme
voulut employer au servfce de
son ambition personnelle tous
taient armés pour
la
cause de
bras qui s'é-
les
la patrie.
Après avoir combattu par patriotisme
temps de l'invasion étrangère
,
au
Courier ne. con-
,
tinua donc de faire la guerre sous l'empereur que
par compagnie
,
pour ne pas délaisser
camarades.. Mais après
( juillet
1809),
il
Sut acceptée avec
ses chefs
de
,
idée
ses anciens
de
Wagram
enfin sa démission. Elle
beaucoup d'empressement par
auxquels déplaisaient fort
la
franchise
tournure caustique de son
ses opinions, et la
esprit»
ses
offrit
la bataille
L'anecdocte suivante pourra donner une
du peu de ménagement
dans
qu'il gardait
propos sur leur compte, Le lendemain d'une
mêlée assez chaude , où il lui avait semblé que César
pas conduit avec une bravoure
Berthier ne
s'était
romaine,,
rencontra sur son
il
gons de cet
officier
?
chemin
nom
portant son
inscrit
grosses lettres. Aussitôt Courier se jette à
des chevaux
sabre
»
le
et
,
rayant avec
mot de César
crie-t-il
:
«
au conducteur
Va
,
La
L
îa
eu
tête
pointe de son
la
dire à ton maître
qu'il
peut continuer
» de s'appeler Berthier. Mais pour César
$ lui défends
four-
les
,
je le
»
discipline militaire n'était guère plus res-
pfifft»? de- lui.
dass ce qui gênait
ses habitudes
},
NOTE
XXlj
Rien
et ses goûts.
,
par exemple ne put
traindre
à se servir
que dans
les
et
lui
de
parades
selle
que bibliothèque
,
conJus-
de
pour
d'Italie.
la
grecque
battait point
se
ordinairement
ordre ni permission
Je
d'étriers*
chevauchait à
il
quand son régiment ne
arrivait
et
aller fouiller
Ce
fut
il
,
sans
le quitter,
quel-
pendant Tune de
ces excursions qu'en feuilletant, à Florence,
un
manuscrit des Pastorales de Longus apparte-
nant à
la
bibliothèque Laurentienne
remarquer
le
dans toutes
passage du premier livre
les
1810, quand
premier usage
la
chose
,
crut
y
manquant
il
,
éditions de cet auteur. Aus./
z\\
eut été rendue,
le
la liberté lui
qu'il
en
fit
,
de
fut
s'assurer
puis de collationner avec soin le
de
ma-
fragment inédit.
nuscrit entier et
de copier
Mais avant eu
malheur de répandre de l'en-
le
du précieux fragment
cre sur plusieurs lignes
le
bibliothécaire
souffrait
de
de
d'encre
l'original
M. Renouard
l'amour-propre
Furia, dont
découverte de Courier
la
cette tache
détruit
le
la
afin
pour
de
l'accuser
s'en
publication et
paraissait trop
Rome
l'ayant
absurde.
sommé
voir le faire par
profita
d'avoir
approprier avec
vente. Courier
la
dédaigna d'abord de se disculper
lui
,
de répondre
devant le public
,
l'imputation
}
Mais
préfet de
le
,
il
crut de-
dans une Let-
SUR PAUL-LOUIS COURIER.
tre
à M. Renoiiard
bon
sens et de
sur
culer
sa
qui
le lui
était
une
Florence
où
,
il
traduction
le frag-
Enfin
il
exemplaires
les
donna
du
avait
il
tout
et imité
manière dans
style et sa
premier livre,
endroits
qu'il avait
ce
à
le
ainsi
chan-
cinquante-deux
à ses amis
texte
,
ceux
complète
d'Amyot
avait pris
supplément retrouvé du
que dans tous
complet de Longus im-
réimprima plus
Paris, avec de nouveaux changements,
primés
Piome
à
tard à
la
imprima
conforme au texte grec
était
gés.
de vouloir spé-
loin
il
pour
,
qu'il distribua gratis à tous
méprendre son
s'y
Après quoi
demandèrent. Déjà auparavant
à
de Longus
qui
il
découverte,
ment lui-même
publié
véritable chef-d'œuvre de
,
plaisanterie.
montrer combien
XXllj
petit in-4°,
et
traduction de Florence qui
n'avait été tirée
qu'à soixante exemplaires.
De
retour dans cette Capitale
,
écrivit sur l'Athénée
ans de séjour en Italie
,
de Schweighœuser un
article très
dans
le
il
après quatre
remarquable
Magazin encyclopédique de Millin
,
et
donna une traduction du Traité de la Cavalerie de
Xénophon accompagnée de
notes fort
estimées par les érudits.
Vint
plorant
la
la
restauration
de i8i4-
manière dont
elle
Tout en dés'opéra,
Cou-
ROI£
XXIV
bien d'autres amis sincères de
firent
Mais
qui depuis
interprêtée.
été
Charte en plein
franchement
donné dans
Ayant donc
selon son propre aveu
,
lorsque
constitutionnel,
rappelèrent
étrangers
les
à leur suite la réaction royaliste
ne
réaction
dans
le
fut
Tours,
la
il
,
propriétés.
en France
de
M-
,
et
i8i.5. Cette
Bacot
dans l'espace
arrêter,
fit
cent
les
d'Indre-et-Loire où
de cinq cents personnes
plus
,
plus violente que
nulle part
département
avait ses
rier
la liberté
Charte n'avait pas
alors la
à savourer les douceurs d'un régime
s'apprêtait
jours
Aussi
de s'en réjouir.
ne put s'empêcher
rier
7
Cou-
préfet
,
dg
mois,
d'un
dont plusieurs
moururent en prison»
Courier
ques
nom
au
,
deux Chambres une Pétition
des habitants de Luynes , petit village
situé sur le
eazes
mesures tyranni-
de ces
indigné
adressa aux
,
bord de
la
Loire.
Le
ministre
,
des deux partis extrêmes
les
ruines
de
cette pétition contre les ultra-royalistes.
persécutions cessèrent
En
fut
à
:
1819 seulement
propos
intenté par le
chasse
De-
qui cherchait à fonder sa puissance sur
,
et
Courier se
contre
de
se servit
injuste
et
Ce
ridicule
Véretz à son
petites
Les
tut.
reprit la parole.
il
d'un procès
maire de
,
vexations
gardequ'il
XXV
SUR PA.LL-L0LIS COURIER.
éprouva lui-même de
tériels. Il
eut gain de cause dans ces affaires
reçut d'un directeur
si
gracieux
ce qu'on
qu'on
,
me
ge'ne'ral
alla
crois
même
sa vie
en
,
Lettre
à
MM.
Rien
ré-
,
et
,
ne
décès de son beau-
que
,
pour
c'était
son
Clavier à
à
on eut
plaudir de cette démarche
la
le
faite
et certes
:
«
pour une place
faut dire
il
une promesse
de mort
accueil
principe une fois
ce
se présentant
d'académicien vacante par
lit
et
propre à rien ».
père Clavier. Mais
remplir
lui.
,
demander
lui
Je ne prétends à rien
de'rogea pourtant à
Il
dans
un
d'alors
jusqu'à
pour
pouvait faire
» pondit Courier.
»
part des agents minis-
la
de s'ap-
lieu
puisqu'on lui dut
de VAcadémie des Inscriptions
et Belles-Lettres, délicieuse satire des académies
académiciens
que, après avoir
lu cette lettre,
jamais prononcer sans
Dans
la
,
y a tel nom
on n'entendia
et aspirants à l'être. Il
même
rire.
année parut
Lettre particulière
,
le
,
sous
le
premier cahier
titre
de
de ce
nommer ses Provinciales politiques.
les pamfond comme dans la forme
qu'on peut
Car
,
au
,
phlets de Courier rappellent
mortelles Lettres de Pascal. C'est
de logique
même
,
la
même
finesse d'esprit
im-
tout-à-fait les
la
même
hauteur de pensée
force
,
la
avec plus de bonhomie en-
SOIE
xxvj
core,
même
la
variété de ton
perfection
de
style
,
même
la
de genre. Les Lettres au ré-
et
dacteur du Censeur , qui furent insérées dans
ce journal au mois d'avril de l'année suivante ,
commencèrent
et
par suite
torité.
à populariser
Elle tâcha
,
de
au
,
moyen
y
MM. du
et droit lui
priétaire
d'une escobarderie
l'exclure des élections. Courier
réclama avec force son
une adresse à
,
de l'au-
à éveiller sur lui l'attention
ministérielle
Tours
un peu son nom
influent
droit d'électeur
,
dans
Conseil de préfecture de
un pro-
ayant été rendu,
du département d'Indre-et-
Loire voulut profiler de cette contestation pour
nommer député par la faction
Mais comme il n'était d'aucune faction
le faire
tative
échoua
}
et
libérale
,
la ten-
Courier écrivit alors sa Se—
cojide Lettre particulière ,
où
il
mit en scène
tout ce qui venait de se passer au collège électoral.
Jusque-là aucuue poursuite n'avait été dirigée
contre
lui
}
aucune coterie ne
cercle de ses lecteurs était
Mais voilà qu'en 1821
il
l'avait
donc
s'avise
fort
prôné.
Le
restreint.
dans un Simple
aux membres de
la commune de Vèà V occasion d'une souscription proposée
par Son Excellence le Ministre de V intérieur
pour V acquisition de Chambord de dire sur
discours
retzy
,
PAUL-LOI IS COURIER.
jSXJR
Cette
mesure odieuse
XXV ij
impolitique ce que tout
et
monde
en pensait. Aussitôt l'apparition de ce
phlet
un
,
réquisitoire est lancé contre lui
traduit devant la cour d'assises
justice
condamné
,
Pendant
l'instruction
sistance de
sous
,
le
Auœ
le
pour
parole
son issue pu-
son interrogatoire,
comédie
,
un
;
où
il
extrait
du
plai-
couvre cet avocat-
homme
ne mé-
plaidoyer de son avocat, puis enfin
quelques pages contenant ce
même
contre toute
il
et après
etc.,
y
doyer de M. de Broë
mieux;
est
et à la prison.
général d'un ridicule que jamais
rita
il
de Procès de Paul-Louis
titre
Courier , vigneron
véritable scène de
pam-
demanda l'asâmes dévotes de
du procès
leurs prières
la paroisse de Téretz^
blia
et
,
l'amende
à
•
le
sa défense
s'il
qu'il eût allégué lui-
eût eu l'habitude de la
pages comparables pour l'éloquence à
;
ce que l'antiquité nous a laissé de plus parfait.
Non
avec
le
encore corrigé de
pouvoir
ne
,
il
en
pour une simple réprimande
nant que
pour
plutôt hors
,
danser. Piemis en jugement
fois
manie de raisonner
se vit pas
qu'il adressa aux Chambres une Pépour des villageois qu'on empêchait de
de prison
tition
,
il
la
lui
,
la
il
liberté
;
d'imprimer
prit dès-lors le parti
une presse clandestine. Ce
fut quitte cette
mais compren'existait plus
de s'adresser
fut ainsi
que virent
à
le
NOTE
xxviij
jour successivement
nymes
le
,
les
Livret de Paul-Louis
village, et
la
prendre sur
se
il
phlets
On
»
deux ou
»
jette
»
niées. »
reste
rue
la
disait-il
de son temps
de
celles des
YAne de Lucien
,
était consacre' à
l'histoire.
le
fragment
tâchèrent de
le
détourner de cette
succès géet
,
de
même
qu'il
publia en 1822,
entreprise.
n'y eut personne qui ne fût ravi de la
il
préface qu'il
y
avait jointe} préface d'une dixaine
de pages seulement
ainsi dire
Deux
par
si
,
où
les
les
idées se
le
comptent
mots.
ans plus tard parut le
•pamphlets, qui fut
ferme
tra-
Beaucoup de gens,
après avoir lu
pour
le
une
voulait appliquer le
il
je les
trouvent impri-
Pastorales de Longus
système au père de
Mais
« J'écris
en riant,
duction d'Hérodote. Encouragé par
ne'ral
ces
imprimer.
et elles se
j
,
le
pameux-mêmes comment
les faire
pages,
trois
dans
du
nombre d'amis en
petit
pour leur avouer
assez
prenait pour
s'y
Le
Le
le fait.
fiait
il
Gazette
la
chercha vainement à
n'auraient su dire
,
,
Pièce diplomatique signée Louis
plus bas de Fillèle.
qui
deux Réponses aux ano-
Pamphlet des
chant du cygne. Cet ouvrage
admirablement
la
noble carrière
qu'il
avait parcourue sans relâche
pendant neuf ans
qu'on ne peut se défendre d'y
lire
un vague
,
près-
,
STR PAUL-LOUIS COURIER.
sentiment de sa
que déjà
il
» Louis
,
que
fin
dans
qu'il
l'année 182$
à quelques pas
Livret
de
il
,
juste et
il
,
:
«
Paul-
au com-
lui
trouva
Qui
sa maison.
est
chez
fit
on ne peut former
conjectures
le
cagots te tueront. » Toujours est-il
les
mencement de
Comme
£
..
prochaine. D'autant mieux
s'était fait dire
dans un voyage
,
R
mort
la
fut l'assassin ?
que des
là-dessus
prudent de garder
le silence.
Il
perte
faut se taire aussi sur l'étendue d'une telle
parce que nulle expression ne saurait
,
rendre, nulle intelligence
de Rabelais
l'esprit
,
à la raison
de Voltaire
prendre
la
,
il
la
}
et
il
la
verve
unissant tout
,
capable de re-
était seul
lutte contre les prêtres
l'avait laissée
A
mesurer.
de Pascal
la
où
celui-ci
se proposait sérieusement de.
dans une suite de pamphlets clandestins
l'essayer
qui eussent paru
un premier
chaque semaine.
On
en verra
de ce volume.
Bien d'autres projets roulaient dans son esprit
échantillon à
la fin
dont l'accomplissement eût peut-être hâté
du
triste
régime qui menace l'avenir de
la fin
France
la
!
Quant aux mémoires de sa vie, dont il avait
écrit une bonne partie sous forme de dialogues et
au précieux recueil des
par
les
brent
lettres à lui
adressées
ci-devant Brutus qui maintenant
les
antichambres royales
,
il
encom-
est fort à
dé-
/
XOTE SUR PAUL-LOUIS COURIER.
XXX
sirer,
peu
à espérer
point publie
,
que
mais ne
sa famille,
les
nous ne disons
détruise pas.
bonheur de connaître Courier
Ayant eu
ftous voulions ajouter un mot sur ses manières
le
si
franches et
spirituelle et
droit et
qu'il
si
originale
ferme.
vaut mieux
Qu'on
simples
si
si
le lise
}
A. la
,
,
sur sa conversation
si
sur son caractère
si
réflexion
lui laisser
,
nous trouvons
ce soin à lui-même.
on aura vécu avec
lui.
—
COLLECTION COMPLETE
DES PAMPHLETS POLITIQUES
ET OPUSCULES LITTÉRAIRES
DE PAUL-LOUIS COURIER,
ANCIEN CANONNIER
CHEVAL.
A
ÉLOGE D'HÉLÈNE, TRADUIT D'ISOCIUTE
*v\r# *v*rr rrrs
A
.LJans
gret.
(i>
*wa
MADAME CONSTANCE PIPELET.
ces derniers jours
Madame,
que
j'ai
passés
,
à
mon grand
re-
sans avoir l'honneur de vous voir, j'étais seul
la campagne. Là, ne sachant à quoi m'occcuper, j'essayai
de traduire quelques morceaux des auteurs de l'antiquité.
Je croyais m'arnuser à écrire en ma langue ce que je lisais
avec tant de plasir dans ces langues anciennes, et n'avoir
à
qu'à mettre des mots pour des mots , quitte de tout soin
quant à la pensée. Mais je me trouvai bien trompé. J'avais
beau chercher des termes ,
ce qui, dans mes auteurs,
je
ne pouvais rendre à
sens était clair et naturel, plus l'expression
~
i
'
mon
gré
paraissait tout simple; et plus le
———^——
me
manquait.
— ——^——
i
renferme beaucoup de traits
qui ne peuvent être sentis à moins qu'on n'ait quelque connaissance de la Mythologie grecque et de ce genre d'éloquence fort
(1)
Ce
petit discours dTsocrate
,
goûté chez
ment
ments
les anciens.
instruite
,
que d'autres
C'est ce qui a
On
l'a
traduit pour une personne parfaite-
de toutes ces choses
,
et
pour qui
pourraient désirer
,
eussent
empêché d'y joindre aucune note.
les
été'
éclaircisse-
fastidieux*
,
(34
)
Cependant, soit obstination soit défaut d'autre distraction,
soit dépit de trouver au-dessus de mes forces un travail qui
,
paru d'ab
rn "'avait
>rd
ii
vœu
facile, je fis
coûtât, de mettre à fiu la traduction
que
,
m'en
commeucée
quoiqu'il
j'avais
d'uu petit discours grec. C'était l'éloge d' Hélène , composé
par Isocraie; et pour soutenir mon courage dans cette entreprise, il me vint uue idée, que vous appellerez comme il
vous plaira
\
pour moi,
trouve un peu chevaleresque,
je la
me
figurer que je travaillais pour
vous , Madame que vous verriez avec plaisir cette copie
quelque faible qu'elle fût, d'un si beau modèle} qu'ayant
peint Sapho en vers dignes d'elle, vous ne seriez pas indif-
Ce
si j'ose le dire.
fut de
,
\
férente au portrait à' Hélène, de la plus célèbre des belles
à laquelle vous deviez, par le
qu'à
intéresser aussi bien
la
même
de corps
esprit
comme vous voyez, Madame,
je me servais pour tromper ma
qu'une
n'était
dans
que
l'esprit,
me
ce
je
ma
fiction
,
dont
j'avais résolu
le
pouvoir de
mis cette fantaisie
fus pas plutôt
les difficultés
n'eusse pas fait en toute
vous
cela
propre paresse, par ce chi-
mérique espoir de vous plaire \ car, au fond ,
de ue jamais vous en parler. Mais admirez
l'imagination!
,
Tout
dixième muse.
disparurent;
vie, peut-être
,
que
et ce
je
sans cette illu-
sion, fut l'ouvrage de quatre jours.
Mainlenaut
tion, et
je
devrais m'en tenir à
vous cacher
le
ma
première résolu-
miracie que vons avez
fait,
de peur
que vous n'en ayez honte. Cependant, si celte lecture pouvait vous amuser un quart-d'heure seulement, ce serait quelque chose pour vous, Madame, et beaucoup pour moi. S'il
arrive le contraire, je ne serai
gens à la
blimes,
tous
mode
le
,
les
pas plus coupable
acteurs merveilleux
jeu, les journauXj l'opéra, qui
les jours et à
qui vous
le
que
je
les
que
les
écrivains su-
vous ennuient bien
pardonnez. D'ailleurs,
je
me
comte de Bussy, se troula campague, comme moi, militaire aussi désœuvré
l'étais à L*** , traduisit, de l'aotique, les amours
souviens d'avoir lu, qu'autrefois
vant à
,
d'Hélène)
et
qu'encore q
'il
le
n'eût écrit
que pour amuser
135)
Son
loisir
il
,
ne
madame
ce fut à
Jayette
ne
je
,
laissa
de Sévigné, ou bien
sais,
femme de beaucoup
Madame,
pas d'adresser ce qu'il avait
et
à
fait
Madame
,
si
La—
de
peu importe; suffit que cefutàune
Je ne suis pas Sussy ; mais ,
d'esprit.
beau de vouloir V imiter , comme a dit un
bien en ce que je vous adresse ceci
,
inoins heureusement sans doute dans le reste ; mais c'est de
poète
-,
il
est
je l'imite fort
quoi vous allezjuger ; car
engagée à m'écouter.
,
sans
y penser, vous
Mais avant d'entendre Locrate lui-même
vous sachiez
à quelle occasion
autre orateur de ce temps-là
,
dont
le
il
,
composa ce
il
voilà
nom n'est
comme
bon que
est
Un
discours.
pas venu jus-
qu'à nous, ayant prononcé publiquement l'éloge d 'He'lène
1
Jsocrate
,
peu
satisfait
de ce qu'il en avait
dit
voulut
,
,
trai-
même sujet. Remarquez, je vous prie, Madame, ce
de l'ancienne galanterie. Au milieu des troubles delà
Grèce , menacée des armes de Philippe, et déchirée par les
ter le
trait
factions
ces orateurs dont l'éloquence gouvernait le peuple
,
et l'état, suspendaient les grandes discussions
de
la
blic
,
de
la
paix et
guerre, et ajournaient en quelque sorte le salut pupour faire l'éloge de la beauté. Comparez à cela, s'il
vous plaît les doux propos el les fleurettes de nos petitsmaîtres modernes, à quoi se réduisent aujourd'hui tous les
honneurs qu'on rend aux belles, et admirez combien ce litre,
,
a perdu chez nous de ses préroPour moi bien loin de convenir de la grande supériorité que nous nous attribuons à cet égard sur les anciens,
plus on reje soutiens que plus on remonte dans l'antiquité
et j'ai vu des
trouve les vrais principes de la galanterie
femmes aux lumières desquelles on pouvait s'en rapporter,
quoiqu'on en puisse dire,
gati ves.
,
,
5
,
regretter eu cela la simplicité des
périeure
,
la poésie
temps héroïques
d'Homère
fond cette matière,
l'est
il
de
aussi
aux bouquets
les
à Iris.
Pour
,
su-
que
traiter à
en faut savoir plus que moi. Ce ne
sont pas toutefois les observations qui
l'art
,
selon elles, à tout le clinquant d'aujourd'hui
développer;
el
si
je
me
me manquent,
tais, c'est
mais
plutôt faute
3(3)
(
d'expressions
que d'idées. En no mot Madame
,
depuis un certain (emps,
appelons galanterie
et
ce culte
comme
penche
,
tout tombe
,
delà beauté que nous
autres vers sa déca-
les
dence. Voilà une chose, convenez-en, dont vous ne vous doutiez "uères ; de vous-même vous ne vous en seriez jamais aperet il n'y avait qulsocrafe qui pût vous faire cette remarque, en vous apprenant quels hommages vous eussiez
çue,
reçus de son temps.
il
Dans le dessein qu'il annonce de faire l'éloge tf Hélène
commence naturellement par parler de son origine.
« Elle fut, dit-il
de son sexe, parmi tant d'en-
la seule
,
de Jupiter, dont ce Dieu daigna se déclarer
Quelque tendresse qu'il eût pour le fils d'Alcmène
le père.
fants
encore plus chère
lui fut
dans
et
;
ne
cule eut en partage la force à qui rien
beauté qui triomphe de
la force
le
même.
fille
de
la vie
,
,
manqué
rang parmi les
trement que par leur naissance
prissent
les reçût
mais qu'il
,
les
miration seule forçât
que
ni
Mais son desseia n'était pas qu'ils
Dieux , avant de l'avoir mérité au-
ni les autels.
,
Her-
,
et les faire jouir
des places pour ses enfants, auxquels n'aurait
l'encens
fît, «cî
car
Hélène la
eût voulu leur
résiste
S'il
;
Hélène
en
suprême il n'en eût coûté que de
maître de l'Olympe y eût aisément trouvé
les misères
naissant de la félicité
l'ambroisie, et
,
dons qu'il leur
les
plus précieuses faveurs furent d'abord pour sa
épargner toutes
,
:
les
voulait
il
demandât
,
et
vœux de
cette gloire qui devait les
non
crue
le ciel
qu'à leur égard l'ad-
la terre.
Sachant donc
conduire à l'immortalité,
De
s'acquiert point dans la langueur d'unevie oisive et cachéese dispute au grand jour, comme un prix quel'uoivers
adjuge au plus digne, il multiplia pour eux les périls et les
aventures dans lesquels Hercule défaisant les monstres et
mais
,
punissant
crime
:
les
,
brigands
,
se servait
Hélène^ armant pour
sa
de
hommes
d'alors, et ajoutant à leur
rivalité,
employait
ses
charmes
» Elle ne faisait encore
que
sa force à
conquête
les
extermioer
le
plus vaillants
courage l'aiguillon de
la
à faire briller la vertu.
sortir
de l'eufaoce, quand
,
.
(3 7
)
un chœur de jeunes filles, fut frappé
qui à peine commençant d'éclore effaautres. Accoutumé à tout vaincre , ce fut
Thésée, l'ayant vue dans
de
beauté
ceite
,
,
çait déjà toutes les
et quoiqu'il eût
à lui, cette fois, de céder à tant de grâces
dans son pays tout ce qui pouvait satisfaire le3 désirs et
Tambitiou croyant dès-lors n'avoir rien s'il ne possédait
Hélène , et n'osant la demander ( parce qu'il savait que les
;
,
Oracles devaient disposer d'elle
dans Sparte
ses frères
Castor et Pollux
,
ni des périls auxquels
,
,
il
,
résolut de l'enlever,
sans se soucier
amis
,
de Cérès,
demanda
même secours.
le
détourner, en lui remontrant
surmontables,
empire. Mais
et la
d'un seul de
dangers,
les
la fille
Thésée voulut l'eu
les
obstacles in-
témérité d'aller braver la mort dans son
voyant obstiné
le
de
semblait ne pouvoir échapper dans
il
qui voulant à son tour enlever aux Enfers
lui
m
,
ni des forces qui la gardaient
entreprise. Il l'exécuta cependant, aidé
cette
ses
)
au milieu de sa famille
,
crut pas pouvoir rien refuser à
,
il
un
partit
avec lui, car
homme
auquel
il
ne
devait
il
Hélène
»
De
tout autre on pourrait dire qu'il se faisait par là
lui-même que d'honneur à Hélène , et que
marquait moins le mérite de l'héroïne que la
folie de son amant. Mais il s'agit de Thésée , qui n'était pas
tellement dépourvu de sens ni de femmes , que d'attacher
plus de tort à
cette conduite
,
homme
tant de prix à des conquêtes vulgaires. Il était
il
se connaissait
en beauté
ce qu'elle valait dès-lors
\
sage
\
Hélène prouve
ce qu'il estimait
\
pour toute autrefernme qu'elle 7
d'amour à un
effet
on sait que parmi ceux qui
et
c'eût été assez de gloire d'avoir inspiré tant
héros
tel
out réussi
que Thésée.
comme
trouve point dont
En
,
lui à immortaliser leur
nom,
bien examiné
ne
il
ne s'en
tou~
prudence a manqué , aux autres l'audace ou l'habileté; mais je ne vois pas ce
qu'on pourrait dire avoir manqué à Thésée dont la vertu
le
caractère
jours quelque chose à désirer
,
:
aux uns
,
laisse
la
,
me
paraît de tout point
ajouter. Ici
,
puisque
si
accomplie, qu'il ne s'y peut rien
j'en suis
venu à parler de
ce héros,
ras.
,
(
blâmera-t-on
si je
38
)
m'arrête à louer en
peu de mots
se*
graudes qualités? Et par où pourrais-je mieux faire l'el< ge
à' Hélène, qu'en montrant combien ses admirateurs forent
Oa juge par soi des
eux-mêmes dignes d'être admirés
'i
choses de son temps. Nous avons mille moyens de prendre
une juste idée des hommes et des faits plus rapprochés de
nous
;
mais sur ce que le passé dérobe à nos regards, lorsde personnages dont rien ne reste que le bruit de
qu'il s'agit
ce qu'ils furent autrefois
,
nous ne pouvons que suivre
le
jugement de ceux qui, vivant avec eux dans ces temps reculés , se montrèrent vaillants et sages.
» Rien donc ne me paraît plus à la louange de Thésée
,
que d'avoir su, étant contemporain d'Hercule, égaler sa
gloire à celle de ce héros \ car leur plus grande ressemblance
n'était pas
dans leur manière de s'armer
mais dans l'usage
et
de combattre
,
de leur puissance,
qu'ils firent l'un et l'autre
dans leur constance à servir l'humanité par des
et surtout
du sang dont ils étaient issus. La seule
remarque entre eux
c'est que les actions
entreprises dignes
différence qni «e
,
de l'un furent plus éclatantes , celles de l'autre plus utiles.
Hercule, soumis dès sa naissance aux ordres d'un tyran cruel
fut condamne à des travaux difficiles et périlleux , mats
ni
dont il ne résultait , le plus souvent , aucun avantage
pour lui ni pour les autres. Thésée v maître de lui-même ,
chercha des dangers où la gloire de vaincre fut accompagnée
de la reconnaissance publique , et voulut que tous ses titres
,
,
à l'admiration des
sans attaquer
aller
hommes
Ciel
,
fussent autant de bienfaits.
les
les
Car
^
sans faire violence à la nature, sans
chercher aux bornes du
détruisant
nant
le
monde une
gloire stérile, en
monstres qui désolaiVnt l'Attique
brigands dans toute
la
Grèce
,
,
extermi-
punissant partout
l'injustice et protégeant l'innocence,
mais surtout en délivrant son pays de l'txécrable tribut qu'il payait aux Cretois,
ce prince montra qu'il songeait bien moins à faire briller son,
courage, qu' à s'en servir utilement pour procurera sa pa\rje et aux peuples de la Grèce
tous les avantage qui ré-.
,
,
39
(
sulfent de la pa.lx intérieure,
)
de
et
la facilite des
relations
réciproques.
Ces grandes choses, doot la mémoire doit être éternelle,
ne forment encore que la moindre partie de sa gloire si on
les compare à la conduite qu'il tint dans le gouvernement
î>
,
d'Athènes. Car, qu'était-ce qu'Athènes avant lui
un état sans
voir passager que le hasard
ple sans frein
,
publique
cert à la ruine
qu'il faisait.
sordre
et la
lois,
lui
uu peuoù chacun abusant du pou-
dounait
travaillait
,
le
mal
mort de son père, trouva le déconfusion parvenus au peint que les citoyens ea
Thésée,
à la
,
pro'eaux attaques du dehors
et à leurs
propres fureurs, se
défiant autant les uns des autre? que de l'ennemi
avaient sans cesse la crainte daus
Nulle propriété
La
de con-
lui-même tout
et ressentait
,
r*
n'était
;
assurée,
cœur
commun
,
et le fer à la main..
nulle autorité
respectée.
Malheur à qui ne pouvait défendre
heureux qui pouvait conseiver ce qu'il
force était laseule
ce qu'il possédait
le
loi.
pour mieux dire, tous étaient également
misérables les opprimés ne voyant point de terme à leurs
maux, et les oppresseurs menacés des violences qu'ils exerçaient , se craignant non-seulement l'un l'autre, mais redour
tant jusqu'à ceux qu'ils faisaient trembler; aussi enclaves
que tyrans et plus malheureux qqe leurs victimes. [Via is sous
avait usurpé; ou
,
Thésée, on
monie.
vil bientôt
Comme sa
succède
1
,
a ce
chaos, l'ordre
et l'har-
valeur éloignait tout danger à l'extérieur^
au dedans le calme et la concorde. D'abord jugeant avec raison que rieu ne pourrait dissiper les
haines, et réunir les citoyens sous une commune loi, tant
sa sagesse établit
que
la
nation
,
dispersée par bourgades et par cantons, ren-
fermerait pour ainsi dire autant de factions que de familles
il
commença par
ville
,
qù
,
rassembler
en peu de tems
le
,
peuple entier dans uu seula
devint
la
plus florissaute de la
donna des lois, dont il établit pour foudemeut la souveraineté du peuple, et le droit qu'il étendis
à tous les citoyens de prendre part aux affaires publiques x
il
car, pour lui, qnelle que fût la forme du gouvernement
Grèce. Ensuite
il
lui
~
,
4°
(
)
ne pouvait perdre l'empire que lui assuraient ses vertus ci
il
aimait mieux se voir le chef d'une nation libre et fière,
,
maître d'un troupeau d'esclaves. Les Athéniens, de
leur côté loin de se montrer jaloux du pouvoir qu'il conservait voulurent, au contraire , qu'il lîut de leur confiance
que
le
,
fois l'autorité
un seconde
cé
absolue à laquelle
il
avait
renon-
ne doutant pas qu'il ne leur valût mieux dépendre de
que d'eux-mêmes. On vit alors ce spectacle extraordiun roi qui voulait que son peuple fût maître un
naire
peuple qui priait son souverain de régner un chef toutpuissant dans une république, et la liberté sous la monarchie. Aussi ses maximes n'élaient-elies pas celles de
la plupart des princes, qui se croient faits pour jouiren relui
,
:
,
pos du travail d'autrui
,
la sueur de leurs sujets.
Thésée
lui seul
,
pour
vaient sous
le
ses lois, la
,
sans
les
propre mollesse de
de travailler
se croyait obligé
repos de tous
lui les fatigues et
temps
et nourrir leur
et d'assurer à
,
paix et le bonheur
,
ceux qui vi-
en prenant pour
dangers. C'est ainsi qu'il régna long-
employer, pour
se maintenir
,
ni alliance
,
ni
secours étrangers, n'ayant de garde que son peuple, et d'en-
nemis que ceux de l'état. La sagesse et la douceur de son
gouvernement se retrouvent encore aujourd hui dans nos loii
et dans nos mœurs.
» Qu'on se figure à présent ce que devait être celle qui,
,
un héros de ce caractère
femmes de son temps, mais dont la beauté à peine
non-seulement
à toutes
les
préférée par
fut
formée triompha d'une vertu si rare, au point de l'amener
à une démarche, qui faite pour toute autre qu'Hélène eût
été le comble de la folie et de la lémétilé. Ici le prix de l'objet justifie seul l'entreprise: et
peut-être, au temps où vivait
Thésée, n'étail-il point d'homme, qui se sentant comme lui
digne de la posséder, n'eût tenté ce qu'il exécuta pour y
parvenir. Du reste, il faut avouer qu'on ne peut guère exiger de preuve plus sensible, ni de témoignage pluséclatant
du mérite
maître.
$ Hélène
,
que
ce
que
fit
Thésée pour
s'en rendre
,
(4»
> Mais
)
de peur qu'on ne m'accuse d'abuser
jiutation de son premier amant , pour la faire
de
ici
,
la ré-«
d'une
empruntée , je passe à l'examen des autres époques de
sa vie. Ayant perdu tout espoir de revoir jamais Thésée,
demeuré captif aux enfers dans cette généreuse entreprise ,
briller
gloire
,
où, quittant
avec
et l'autre
tour à
sa maîtresse
la liberté
Lacédémone,
princes dans
la
Grèce
;
pour servir son ami
après lui
,
perdit l'un
il
de re-
avait de rois
tout ce qu'il
y
faire éclater
pour
,
,
elle vit bientôt,
de
et
même
elle les
sen-
timents. Car chacun d'eux pouvant, dans son propre pays, se
une femme parmi les plus belles, ils aimaient mieux:
demander Hélène à son père ; et avant qu'on
pût soupçonner lequel serait préféré , les espérauces étant
égales, ainsi que les prétentions , et la palme suspendue
choisir
venir à Sparte
comme
si
était aisé
il
vantée
,
de prévoir que
le
possesseur d'une beauté
aurait tout à craindre de la
part de ses rivaux
connus ou cachés , tous les prétendants firent serment que,
quel que fût celui qui l'obtiendrait, le premier qui tenterait
de la lui ravir aurait pour ennemis tous les autres; chacun
d'eux croyant assurer son bonheur par cette précaution. Eu
cela tous s'abusaient , hors Méuélas ; mais sur le reste , on
vit bientôt qu'ils
si
ne s'étaient pas trompés
,
et
que d'un bien
envié la garde était plus difficile encore que l'acquisition.
»
En effet, peu
de temps après survint, entre
Déesse»,
les
fameuse querelle de laquelle Paris fut établi juge et
Tune d'elles lui promettant de le rendre invincible à la
cette
,
guerre, l'autre de
,
régoer sur toute l'Asie
le faire
,
la
troi-
sième de l'unir à Hélène; dans l'impossibilité de fixer son
jugement sur ce qui
s'offrait à sa
vue, arbitre confus de
yeux mortels,
tant de beautés trop éblouissantes pour des
et
réduit à se décider par
qui lui étaient
d'époux
iï Hélène et
pas croire que
motif ne
offerts
,
il
la
préféra
le plaisir seul l'eût
que
la
,
à tout
le
déterminé
même aux yeux
des
reste
de gendre de Jupiter. Car
soit pas sans force,
n'eût réfléchi
seule comparaison
(
,
il
le
dons
titre
ne faut
encore que ce
des sages)
,
s'il
plus haute fortune est souvent le par-
(4*
tags
du moindre mérite,
)
que mille autres après lui s'ilpar des victoires tandis que bien peu se pour-
lustreraient
et
,
même
temps issus et alliés du maître
par un calcul tout simple, forcé de
raient vanter d'être eu
des Dieux. D'ailleurs
,
choisir entre trois Déesses, et devant opposer à la baiue
deux
l'amitié d'une seule
celle
dont
pouvaiMl ne
,
faveur lui promettait
la
plus
les
de
pas se décider pour
douces jouis-
sances de la vie, et dont la haine seule eût empoisonné
toutes les faveurs des
deux autres Y
sonnable qui ne trouve dans ces
choix que
II
n'est point d'esprit rai-
rnolif»
de quoi
justifier le
blâmé ce n'est que
par ceux dont l'opinion se règle sur les événements et sur
l'apparence des choses erreur où il faut les laùser. Car enfin, que dire à des gens qui prétendent, en cette affaire,
voir plus clair que Paris, qui appellent d'uu arrêt auquel
Pàiis
fit
et
;
on
:à
l'en voit
,
\
Dieux, et osent taxer de peu de jugeque tout l'Olympe reconnut pour juge ?
» Ce qui m'étonne quant à moi, c'est qu'on puisse dire
qu'il eut tort de vouloir vivre avec Hélène pour qui mou-
s'en rapportent les
ment
celui
,
,
rurent tant de
Comment
méprisé
dont les Dieux se montraient à lui si jaloux ? Et
que pouvait une Déesse lui ofTiir de plus séduisant que ce
qu'elle-même estimait le plus ? Quel homme enfin eût dédai-
la
beauté
gné
rois.
,
de tant de vœux, dont
cet objet
sentit
la
temples
,
perte
,
dont
et
comme
tée sur
nous
donné
lieu
,
?
si
pu
lui
la
Grèce entière res-
eût ô:é ses
Dieux
et sej
orrempor-
le barbai e aussi
faire la plus btlle victoire
Car depuis long-temps diverses offenses avaient
de part
et d'autre
de rupture
tout d'un coup l'E u ope et
une guerre
,
la
à des plaintes
,
,
saos jamais
Hélène ravie arma
l'Asie. Des peuples que rien jusse combattre, pour elle seule se
ouverte
ques-là n'avait pu porter à
firent
on
possession rendit
la
gueilleux que l'aurait
produire
d'ailleurs Paris eût-il
;
mais'
plus grande et la plus terrible qu'on
tût encore vue, mais dans laquelle rien ne parut aussi sur-
prenant que l'obstination des deux
partis.
pouvant,
Hélène ,
s'ils
eussent voulu teudte
Car
les
Troyeni
ariêier le cour*
,
(43)
et prévenir leur propre ruine , et les
de tant de maux
Grecs, en l'abandonnant, retrouver chez eux la paix et le
repos; un tel sacrifice leur parut à tous impossible mais
,
:
uns, pour
les
champs
conserver, virent pendant dix ans leurs
la
dévastés et leurs
plutôt que de
la
toits livrés
aux flammes
perdre, se laissèrent
vieillir
•,
les
loin
autres,
de leur
pairie, et pour la plupart ne revirent jamais leurs Dieux
Or une
domestiques.
,
pour Paris,
guerre
désastreuse ne
si
se faisait ni
pour Ménélas, mais pour décider une grande
ni
querelle entre
deux moitiés du monde
les
dont chacune
,
croyait triompher de l'autre en lui eulevant Hélène. Et tel
que prenaient
était l'intérêt
à cette guerre
qui s'y trouvaient engagées
nations
les
,
non seulement
,
mais
même
les
Dieux, que plusieurs de leurs enfans, qui devaient périr de-
vant Troye,
y
furent envoyés par
naissant les destins
Jupiter ne
,
eux-mêmes.
laissa
Ainsi con-
pas d'y faire aller
Sarpédon , Neptune Cycnus, Thélis Achille, l'Aurore Memnon trouvant qu'il était plus glorieux et plus digne de ces
héros de mourir dans les combats livrés pour Hélène que
de vivre sans partager l'honneur de tant d'exploits fameux.
•,
,
,
Et comment auraient-ils songé à réprimer dans leurs en—
fans, une ardeur qu'ils justifiaient par leur propre exemple?
Car, si pour l'empire du Ciel ilscombattirent les géants, pour
Hélène , ils firent plus , ils tournèrent leurs armes les uns
,
conlie
les
autres.
» V.,ilà ce
que* sur
les
que peut
Dieux
,
et
la
beauté
,
dont l'empire s'étend
jus-
lui-même
à la
réduit souvent Jupiter
coudition des mortels. Partout ce Dieu montre ce qu'il est
et
s'annonce en maître du monde; mais auprès de Léda ou
d'Alcmène, que
fait
lui serviraient la
tout trembler Y Ailleurs
mande,
cime.
et obiientsi
Il
mêmes, dont
v
eu, qu'il
foudre
et
ce sourcil qui
commande, mais
est
là
il
de-
obligé de tromper ce qu'il
ne peut, à moins dépasser pour un autre, être
heureux dans
posture
|
il
et
ses
il
dans
amours
emprunte
le
;
la
bonheur
inférieur
alors
aux
créatures
forme, qui plaisent sans imqu'elles
goûtent, ne doivent
(44)
rieu à Terreur.
que
ciel
Dieux
La beauté ayant
sur la terre,
combattu pour
aieut
les
mêmes
droits
dans le
ne faut donc pas s'étonner que
il
elle.
les
Leurs querelles n'eurent
jamais un plus digne objet. Rien n'est si précieux que la
beauté, qui fait le prix de toutes choses. C'est par elle que
tout plaît , et rien , sans elle ne peut élre ni aimé , ni ad,
Toute autre qualité s'acquiert, se perfectionne par
l'art ou par l'exercice
la nature seule donne la beauté avec
l'existence, et nul n'en peut avoir que ce qu'il a reçu de la
miré.
\
nature.
Il n'est
plupart
se
que, ni
même
les
étude ni
persuadent
Dieux
se
le
cù
l'accroître
sont
qui puissent (encore que la
artifice
où elle manun trésor dont
Certains avan-
contraire) ni la suppléer
elle est.
réservé la
Car
c'est
distribution.
les ont, odieux ou
dangereux aux autres. La force inspire de la crainte , la richesse de l'envie. La beauté ne produit qu'amour et admi-
tages sont utiles à ceux seulement qui
ration. Elle seule n'a point d'ennemis
avoir. Car tous ces biens
même
gloire
que
ceux qui
,
tels
,
que
la
,
et n'en
force
,
peut jamais
la richesse
,
la
possèdent en jouissent seuls, au
les
le bien de tous ceux qui ont
donnée à quelques individus que
pour le bonheur de tous. Les qualités, même les plus louables , de l'esprit et du cœur , veulent du moins être connues
pour qu'on les prise ce qu'elles valent , et n'obtiennent qu'avec le temps les seutimens qu'où leur accorde. La beauté,
lieu
pour
beauté semble être
la
des yeux
et n'avoir été
,
se faire
aimer
que de
n'a besoin
,
tage qu'elle a d'ailleurs sur tuus
c'est
vie
de
\
même
qu'en
plaire
:
par-là
par-là
temps qu'elle
elle polit les
elle excite
,dans
la
morale
et
de
comme
,
de
plaît elle inspire le désir
le
,
charme de
la
l'enthousiasme
de vertus que toutes
les
le-
,
lui
doivent leurs chefs-d'œuvre
leur origine, ayant tous pour unique but de plaire
et d'instruire
Mais
Vu avan-
philosophie; elle allume le génie,
la
et les arts qu'elle a créés
paraître.
dons naturels ou acquis,
mœurs et fait
une âme noble
la gloire, et fait éclore plus
çons de
les
si
par l'image du beau, prise dans la nature.
celle
image a
le
pouvoir de captiver l'âme
et
de
(45)
charmer à la fuis
Et combien doit
le sens et la
être
représentation est
la seule
pensée, que sera-ce du modèle?
sublime en elle-même une chose dont
si
Pour moi,
ravissante!
je
ne
vois rien qui tieone tant de la Divinité, rien qui s'attire
aisément
les
hommages de
la terre.
si
Un
héros couronné de
gloire, ayant gagné des batailles, pris des villes, fondé des
empires
éprouve
de conquérir l'univers ,
au prix de tant de travaux, il
obtient à peine, en mourant, une place entre les DemiDieux. Une belle n'a besoin que de naître pour se voir au
que de
,
qu'il est plus aisé
s'en faire adorer, et
rang des Déesses
sitôt
;
de son apothéose.
quelle apparaît au monde,
Il n'est
elle jouit
pas question de la placer au ciel
;
on suppose qu'elle en vient, et tous les vœux qu'on lui
adresseront pour la retenir sur la terre. C'est ainsi qu'Hélène
adorée vit les peuples et les Dieux combattre à qui la posséderait.
» Adiré vrai, ce
un miracle d'attraits
n'était pas
simplement une belle, mais
de perfections. Elle parut
et
Thésée, qui en avait vu tant d'autres
,
et
depuis
pression ne fit-elle pas sur Paris, qui avait
,
telle
à
quelle ira-
vu Vénus
même?
Jamais beauté n'obtint un suffrage si flatteur de juges si
éclairés. Après cela, faut-il s'étonner qu'elle entraînât sur
une jeunesse idolâtre? Les vieillards mêmes, pour la
passèrent les monts et les mers. Elle charmait tout
ses pas
suivre
le
,
monde
;
mais
,
ce qu'on ne peut trop admirer, c'est
ayant eu tant d'amants ,
de fois mariée, enlevée
que
,
conserva tous. Ayant été tant
surprise , dérobée à elle-même, ou
elle les
,
aux autres , elle ne fut jamais quittée et tandis que les autres femmes, à force de tendresse et de fidélité, se peuvent
à peine assurer un cœur, elle sut les fixer tous, et ne se
fixa jamais. Le mérite de ses amants donne une grande idée
du sien. La préférence qu'elle obtint d'eux montre combien elle
;
l'emportait sur
la
les
beautés de son temps
;
mais leur constance
met au-dessus de toute comparaison ^surtout lorsqu'on ré-
fléchit qu'elle
pas
ne
même avec
les
trompait en rien, qu'elle n'employait
eux les plus innocents
artifices
eu usage parmi
(46)
une passion par ciel
par des froideurs, ni l'entretenir par
les belles; qu'elle ne savait ni allumer
avances,
ni l'attiser
des espérances
gueurs
,
qu'en un
5
mot
elle
,
n'ayant pas
ni les faveurs,
qu'on appelle coquetterie,
ne ménageait ni les rides élémens de ce
même*
qu'alors ce grand art ne fût
si.it
pas encore inventé soit comme il est plus vraisemblable,
qu'elle ciût pouvoir s'en pas>er. Dans cette foule d'adora,
teurs
elle n'en
,
,
flattait
aucun d'une préférence exclusive.
Elle ne cachait point à l'un
Ménélas
,
quand
il
l'épousa
entre elle et Thésée.
aimé
d'en être
,
le
bien qu'elle voulaità l'autre.
savait tout ce qui s'était passé
,
ne Peu aima pas moins
Il
sans préteudre l'être seul
et se
,
contenta
car le sort s'y
;
un
amou:s,
quand il lui sacrifia les siennes, et quitta pour elle, non
seulement les bergères d'Ida mais OEnone, nymphe et imopposait, et sans doute c'eût été trop de bonheur pour
mortel. Pâ'is non plus n'ignorait aucune de ses
,
mortelle. Après lui
ne
encore, Ménélas
fût plus jeune alors,
la
reprit, quoiqu'elle
persuade qu'il valait mieux être son
dernier amant, que le premier de toute autre
ment
fit
bien voir qu'il ne
s'était
glantes catastrophe-, où périt la race de Pélops
préserva de
piter
pu
la
ruine de sa maison
qu'il serait avec elle
,
juste
il
la
,
,
elle seule
même
et obtint
le
de Ju-
,
possédât sans partage,
récompense de ce
l'événe-
admis dans l'Olympe. Car n'ayant
elle voulut que dans le ciel au
sur la terre être touteà lui
moins
et
;
pas trompé. Dans ces san-
et lui
frit
à jamais
uni,
pour
qu'il avait fait et souffert
elle.
» Paris en avait fait autant, et souffert encore plus
Ah qu'elle l'en eût bien payé, s'il n'eût tenu qu'à elle,
!
rendu l'immortalité plus douce qu'à pas un des
Hélène ne fut point ingrate à ceux qui l'aimèrent
et lui eût
Dieux
!
avec tant d'ardeur;
mais
sa
r<
connaissance
,
arrêtée par
mille obstacles divers, ne pnt leur faire à tons tout le bie-t
qu'ils avaient mérité d'elle.
tins
qu'il
ne
lui
Femme
permirent pas de
de Ménélas
,
les
des-
rendre à son mari tout
ce
eut pour elle de constance et d'amour; Déesse, elle
ne fut pis plus libre à l'égard de Pâiis, lorsqu'il mourut.
C4:
Jamais Minerve
Junonne
)
l'eussent souffert dans
l'Olympe.
donefairece qu'elle eûtvoulupour récompen-
Ne pouvant
r.î
l'époux
ser
l'amant
dit
l'un immortel, et l'autre le plus
elle fit ce qu'elle
pouvait. Elle renheureux des hommes.
« Mais dans les gtâces qu'elle obtint de la tendresse de
Jupiter, sa propre famille ne fat pas oubliée. Sans elle,
deux
ses
et
frères
,
Castor et Pollux
qui avaient déjà terminé
,
honneurs divins
leur vie, n'eussent jamais joui des
peu leur eût
elle,
et
Jason
;
avec
la
mort,
tempêtes
les
et leur
de héros
et
nom
elle
entre
placé
et
si
,
ne
sans
,
ils
eût arrachés à
les
astres, d'où
les
;
Hercule
d'enfants de Jupiter
ils
apaisent les
la
piété a su se
sauvent du naufrage ceux dont
et
,
les titres
eux
périssaient,
servi d'avoir aidé de leur valeur
rendre propices. Pour elle, à qui sa pairie ne cessa ja-
mais d'être chère
,
protège Lacédémone, où son culte
elle
mêmes
est établi, et les
de tant de héros,
lieux qui la virent
si
belle
,
désirée
voient encore adorée de toute la Grèce.
la
vœux
C'est là qu'elle reçoit les
des mortels
,
et signale
son
pouvoir sur ceux qui ont mérité ses bienfaits ou sa colère.
L'épouse d'Ariston
roi de Sparte, n'était pas née pour
devenir la plus belle personne de la Grèce. Même à Lacédémone, où nulle femme n'est sans beauté on se souvenait
de l'avoir vue si dbgiâciée de la nature, que ses parens la
,
,
cachaient
ne se pouvaient consoler
et
d'autre enfant.
lène
dont
,
ils
Chaque jour
invoquaient
parler, elle sut avec
La
car
ils
n'avaient point
la
eux implorer
la
Déesse. Qu'arriva-t-ifr*
piété de ces bons parents eut sa récompense.
changeait de jour en
rougissait de
qui
la
;
menaient au temple d'Hépitié pour elle. Dès qu'elle put
ils
,
dans
montrer
\
fit
la gloire
cet
Leur
fille
enfant qu'on
de sa famille. Ce poète
Hélène , n'eut pas lieu de
en punition de son blasphème
elle le rendit
ses vers
s'en réjouir
jour, et bientôt
,
osa offenser
,
aveugle. Qui médit de
la
beauté n'est pas digne de voir
;
mais employer à l'outrager un art consacré à sa louange!
un pareil abus de la faveur des Muses aurait mérité que les
Dieux
lui ôiassent la
voixaYec
la
lumière. Hélène toutefois
(48)
lui pardonna. Lorsqu'il reconnut sa faute
d'autre» chants l'impiété des premiers
vue
;
car ayant
femme
été
sensible
lui
rendit
la
ne pouvait être
elle
,
répara pat
et
,
elle
,
Déesse inexorable.
« Mais ces exemples nous apprennent qu'elle peut égale-
ment récompenser
fait
a mérité
ses autels
l'honorer,
des
punir.
et
l'ornement de son siècle
Déesse
,
il
de Jupiter
ayant
de son pays, elle
,
faut la craindre et
par des hécatombes, elles sages par
car c'est l'offrande
;
fille
la gloire
et
comme
j
les riches,
hymnes
Gomme
que
les
Dieux aiment de
savent composer. J'ai lâché de rassembler
ceux qui
les
quelques
traits
de son éloge
mais ce que j'en
;
ici
ai dit est loin
d'égaler ce que je laisse à dire à d'autres. Car, sans parler
de
tant
de connaissances
utiles
ou agréables, dont nous sepour elle, on
rions encore privés, sans la guerre entreprise
peut dire que nous lui devons de n'être pas aujourd'hui assujettis
aux Barbares. Ce fut par
unir toutes
ses forces
elle,
en
effet,
que
la
Grèce apprit à
contre eux, et l'Europe lui doit
mier triomphe qu'elle
le
pre-
obtenu sur l'Asie, triomphe qui
ait
fut l'époque d'un changement total dans le sort de la Grèce»
Car nous étions depuis long-temps accoutumés à voir nous
villes commandées par ceux d'entre les Barbares que la
fortune réduisait à fuir leur propre pays. C'est ainsi que
Danaiis était sorti de l'Egypte pour venir gouverner Argos \
que Cadmus né à Sidon avait régné sur les Thébains ;
que les Cariens bannis s'étaient emparés des îles et la pos,
,
,
térité
de Tantale, de tout
détruit
Troye,
la
le
Péloponnèse. Mais après avoir
Grèce reprit bientôt une
telle supériorité
qu'elle soumit, à son tour, jusques dans le
cœur de
t
l'Asie,
des villes et des provinces.
c Ceux doue qui voudront entreprendre d'ajouter à
l'é-
loge à^Hélène de nouveaux ornements, trouveront assez
dans de semblables considérations
louange des discours
fleuris ».
,
,
de quoi composer à sa
(49)
AVERTISSEMENT
SUR LA LETTRE A
M.
RENOUARD.
(Pou rV intelligence de ce gui suit, ilfaut premièrement
Paul- Louis auteur de cette lettre ayant déchez les moines du mont Cassin un
manuscrit complet des Pastorales de Longus jusque-là
mutilées dans tous les imprimés, se préparait à publier le
texte grec et une traduction de ce joli ouvrage quand il
reçut la permission de dédier le tout à la Princesse ainsi
appelait-on en Toscane la sœur de Bonaparte Élisa.
Cette permission, annoncée par leprefet même de Florence,
et devant beaucoup de gens à Paul- Louis , le surprit. Il
ne attendait à rien moins, et refusa d'en profiter disant
pour raison que le public se moquait toujours de ces dédisavoir que
,
,
couvert à Florence
,
,
,
.
,
,
s"*
,
caces
là,
n
;
mais l'excuse parutfrivole le public, en ce tempset Paul- Louis passa pour un homme peu
:
était rien
,
dévoué à la dynastie qui devait remplir tous les trônes. La
voilà noté philosophe , indépendant, ou pis encore, et
mis hors de la protection du gouvernement. Aussitôt on,
l'attaque; les gazettes le dénoncent comme philosophe
d'abord , puis comme voleur de grec. Un signor Puccini
chambellan italien de Vauguste Elisa, quelque peu clerc
écrit en
elle-
France en Allemagne
,
;
cette vertueuse princesse
même mande à Paris qu un homme, ayant
trouvé par
hasard, déterré un morceau de grec précieux , s'en était
emparé pour le vendre aux Anglais. Cela voulait dire
qu ilfallait fusiller V homme et confisquer son grec, s'il y
eût eu moyen; car déjà les savants étaient enpossession du
morceau déterré qui complétait Longus de ce nouveau
fragment en effet très précieux , imprimé, distribuégratis
avec la version de Paul- Louis,
,
4
5o)
(
Un aulrr Florentin, un professeur de grée appelé Farta,
fort ignorant en grec et en toute langue, fâché de l'espèce
parmi les lettrés d'Imain à la plume, commeJeu Janotus, com-
de bruit que faisait cette découverte
talie.
,
met
la
pose une brochure. Les brochures étaient rares sous le
grand Napoléon celle-ci fut lue de-la les monts,et même
:
Renouard libraire , accusé dans ce
pamphlet de s'entendre avec Paul- Louis, pour dérober du
grec aux moines répondit seul ; Paul-Louis pensait à
parvint à Paris. 31.
,
,
autre chose.
Il parut aussi des estampes
une le représentait
, dont
dans une bibliothèque, versant toute Vencre de son cornet
sur un livre ouvert et ce livre c'était le manuscrit de
Longus. Car il y avait Jait en le copiant comme il est
expliqué dans l'écrit qu'on va lire, une tache, unique prétexte de la persécution et de tant de clameurs élevées contre
lui. On criait qu'il avait voulu détruire le texte original,
afin de posséder seul Longus. Une Excellence à porte"
feuille trouve ce raisonnement admirable, et sans en de"
mander davantage, ordonne de saisir le grec et le français
publiés par Paul-Louis à Rome et à Florence ; et cefut
une chose plaisante ; car de peur qu'il n'eût seul ce qu'il
donnait à tout le monde, le vizir delà librairie, ne sachant
ce que c'était que grec ni manuscrits connaissant aussi
peu Longus que son traducteur, d'abord avait écrit de sus,
,
,
,
pendre la vente de l'œuvre quelle qu'elle fut ; puis apprenant qu'on ne vendait pas , mais qu'on donnait ce grec et
cefrancais au petit nombre d'érudits amateurs deces anti'
,
séquestrer tout pour empêcher Paul- Louis
, il fit
de se Vapproprier. Celui-ci ne s'en émut guère, et laissait
sa Chloé dans les mains d? la police, fort résolu à ne
quités
,
jamaisfaire nulle démarche pour l'en tirer; mais à lafin,
ileutavis qu'onallait le saisir lui-même et l'arrêter. Cela
le rendit attentif, et il commençait à rêver aux moyens
de sortir d'affaire
Rome,
où, il
,
quand
était alors ,
il fut
mandé
chez
le
préfet de
pour donner des éclaircissements
(
5i
)
^
sur sa conduite^ ses liaisons, son état, son hien
,
sa nais-
sance et son pâté d'encre le tout par ordre supérieur. Il
écrivit à ce préfet, non sans humeur; voici sa lettre:
,
«
Monsieur
,
répondre aux calomnies
moi depuis environ un an croyait que
j'ai négligé de
»
publiées contre
»
ces sottisesferaient peu d'impression sur les esprits sen-
3>
»
»
»
,
mais puisque
ministre y met de l'importance ,
m'expliquer sur ce pitoyable sujet ,
je vais donner au public, devant lequel on m'accuse %
ma justification aussi claire et précise qu'il me se> a posses ;
le
et qu'enfin il faut
»
sible. Vous recevrez Monsieur le premier exemplaire
de ce mémoire très-succint ,ou Son Excellence trouvera
les renseignements qu'elle désire. »
»
Le préfet répondit « Monsieur gardez-vous bien de
rien publier sur Vaffaire dont il est question ; vous vous
v
v
,
,
:
,
exposeriez beaucoup , et l'imprimeur qui vous prêterait
son ministère ne serait pas moins compromis. »
j>
»
// s'agissait d'un pâté d'encre , et remarquez car il y a
en toute histoire moralité , tout est matière d'instruction
à qui veut réfléchir: admirez en ceci la doctrine du pouvoir;
les calomnies s'impriment , mais la réponse , non. Chacun
peut bien dire au public dans les pamphlets , dans lesJournaux f Paul-Louis est un voleur ; mais il nefaut pas que
celui-ci puisse parler au même public et montrer qu'il est
honnête homme. Le m inistre évoque V affaire à son cabinet,
,
ou luiseulen décidera, etfera Paul- Louis honnête homme
oufripon, selon qu'il croira convenir au service de sa majesté selon le bon plaisir de son altesse impériale madame
,
Bacciocchi.
Paul-Louis , bien empêché
sieur
»
primer
v
m'est nécessaire
,
,
récrivit aupréfet
j'ignorais qu'ilfaillit votre permission
»
« Mon*
pour im•.
mon petit mémoire justificatif mais puisqu'elle
je vous supplie de me l'envoyer.
Il
';
•>
,
Heureusement
Use souvint d'un pauvre diable d'imprimeur nommé Lino
n'eut point de réponse et l'avait bien prévu.
Contadini , qui demeurait près de la Sapience, n'i nprimait
4*
(
tfue des
almanaehs
velle censure. Il
ïbrighiamola e
5*
)
devait être peu en règle avec la
nou-
trouver et lui dit Or su
presto,
stampi questa cosa per Peccelleniissime
va
si
,
»t
le
:
,
,
« Vite
qu'on im; c'est-à-dire
prime ceci pour monseigneur ex cellentissime préfet de police ( ou de propreté car c'est le même mot en italien )
quoi le bonhomme répondit Padronmio riverito, corne
siguor prefelto ai puiizia
:
,
.
,
A
:
farô ?
Non
capisco parola di francese
cbe Yuol
\
ella
ch'io
possa raccapezzar mai in questo benedetlo straccio pieoo
Mon cher Monsieur comment ferai- je? n en-
di cos$ature ?
,
tendant pas un mot defrançais , quepuis-je comprendre à
ce chiffon tout plein de ratures ? Eh bien ! repartit PaulLouis , nous y travaillerons ensemble ; mais dépêchons là
,
préfet attend. Les voilà donc à la besogne , et Paul-Louis,
eompositeur ,cor recteur ,imprimeur et le reste. Cefut un
merveilleux ouvrage que cette impression ; il y avait dix
fautes par ligne , mais à toute force on pouvait lire- La
chose achevée, vient un scrupule à ce bonhomme d^ imprimeur. Ne nous faudrait-il pas, dit-il, pour faire ce que
nousfaisons, une permission, un permes«o? Non, dit PaulLouis. Sifait
tendez
,
,
Et quoi, pour le préfet ? Atje reviens tout -à- P heure. Il s'en va
dit Vautre.
Lino
dit
;
cependant Paul-Louis fait un paquet
qu'il emporte. Un quart—
,
d'heure après Vimprimerie était pleine de sbires. Ce sonl
chez
le
préfet
,
et
d'une centaine d'exemplaires
les
gendarmes du pays.
Ayant ce qu'il voulait à peu -prêt Paul-Louis écrivit
« Monsieur ,fai
encore au préfet une dernière lettre
» trompé t imprimeur Lino. Je lui aifait accroire quil
,
:
»
»
».
»
»
»
»
pour vous je lui ai parlé en votre nom et
de vos ordres. Je Vai hâté en rassurant
chargé
comme
que vous attendiez impatiemment le résultat de son trarail 5 enfin, tous les moyens que j'ai pu imaginer, je
les ai mis en œuvre pour abuser cet homme qui, pensant
vous servir, ignorait ce qu'ilfa isait. Après une telle détlaration je vous crois , Monsieur trop raisonnait*
travaillait
,
:
,
(53
)
> pour vous en prendre à lui, et non pas à moi seul, de
> la publication de mon factum littéraire. Je ne vous prie,
> plus que de vouloir bien l adresser avec cette lettre au
> ministre , curieux de savoir à quoi je m'occupe et qui je
> suis. »
Le pauvre Lino fut arrêté , interrogé , réprimandé et
renvoyé.
Le
préfet n'adressa
chure ; mais bientôt après
il
au ministre ni
lettre ni
bro-
reçut une verte semonce de ses
maîtres. Laisser imprimer , publier la plainte d'un
homme
maltraité , quelle bévue pour un préfet! L'espèce de supercherie dont il avait été la dupe ne V excusait pas aux
yeux d'un gouvernement fort. Il était responsable , la
gagé précisément
plainte av:/it paru; c'était sa faute à lui
,
pour empêcher cela.
sa place, et c'eut
Il enfiaillit perdre
été dommage vraiment ;
seiller d'état)
il
aujourd'hui
ne serait pas ce qu'il est (con,
s"* il
eût cessé alors de servir
les dynasties.
Paul-Louis, depuis ce temps , vécut à Rome tranquille,
n'entendant plus parler de préfet ni de ministre. Sa lettre
du bruit en Italie surtout. Les Lombards se réjouirent
de voir Florence moquée, et traitée d'ignorante. (Quelques
fit
,
écrits parurent en faveur de Paul-Louis on voulut y répondre mais le gouvernement l'empêcha et imposa silènes
à tous. On redoutait alors la moindre discussion dont le
public eut étéjuge. Celle-ci, d'abord sotte et ridicule seulement eut des suites sérieuses fâcheuses même, tragiques. Furia enfut malade, Puccmicn mourut; car étant
à dîner un jour chez la comtesse d'Albani veuve du pré:
,
,
,
,
tendant d' Angleterre
,
il se
prit de querelle avec
convives qui défendait Paul-Louis
,
et
un des
s'emporta au point
que de retour chez lui le soir , // écrivit une lettre d'excuses
à madame d'Albani, se mit au lit, et mourut, regretté
à la colère près.
il était bon homme
Paul-Louis n'enfui pas cause , comme on le lui a reproché; mais s'il eût pu prévoir cette catastrophe, la crainte
de tuer un chambellan ne l'iàt pas empêché apparemment
d'un chacun, car
,
(
quand
tf écrire ,
il
crut
le
54)
devoirfaire
,
pour sa propre dé-
fense.
Ce qui, dans cette brochure déplut, ce fut un ton
un air de mécontentementfort extraordinaire alors
la façon peu respectueuse dont on parlait des employés du
gouvernement; mais plus que tout ce fut qu'on y faisait
connaître la haine de l'Italie pour ce gouvernement et pour
le nom français. Bonaparte croyait être adoré partout, sa
police le lui assurait chaque matin: une voix qui disait
le contraire embarrassait fort la police, et pouvait attirer
V attention de Bonaparte comme il arriva ; car un jour il
en parla voulut savoir ce que c'était qu'un officier retiré
à Rome, quifaisait imprimer du grec. Sur ce qu'on lui en
,
libre,
,
,
,
dit
,
il le
laissa en repos.
)
55
(
LETTRE A
)
RENOUARD,
M.
V
LIBRAIRE,
SUR UNE TACHE FAITE A UN MANUSCRIT DE FLORENCE.
/av*WI//wv//i///i/;/////
J'ai vu, Monsieur, votre notice d'un fragment de Longus
nouvel letnent découvert, c'est-à-dire votre apologie au sujet de cette découverte, dans laquelle on vous accusait d'avoir trempé pour quelque chose.
voilà pleinement justifié
pouvais
je
me
heureusement
,
et je
me semble que vous
11
m'en
réjouirais avec vous,
réjouir. Maiscette affaire,
dont vous sortez
si
si
prend pour moi une autre tournure , et tanque vous échappez à nos communs ennemis, je ne sais en
vérité ce que je vais devenir.
On me mande de Florence qne cette pauvre traduction
vient d'clre
dont vous avez appris l'existence au public
,
dis
,
chez le libraire , qu'on cherche le traducteur , et qu'eu
attendant qu'il se trouve, on lui fait toujours son procès.
saisie
Oa
parle de poursuites, d'information
tait
du
Voyez, Monsieur
Car ce
de témoins, Von se
,
reste, (l)
fut vous,
s'il
,
où vous m'avez engagé.
la belle affaire
vous eu souvient
,
qui eûtes
la
première
pensée de donner au public ce malheureux fragineat. Moi,
qui
à
le
connaissais depuis
Bologne,
Sans ce fragment
Mes jours dans le
je n'aurais
eu rien
(1) Hémistiche
1
les
alors de tout
faubourgs,
fatal
,
k
,
quand
au repos de
vous en parlai
je
ma
vie
loisir couleraient sans
démêler avec
de Corneille,
auguste princesse
nus
à
deux ans
pas songé seulement à
je n'avais
au refus de
ttwade
les
àttùS-ien
la
à JFlvU'Uci'
j
et
,
envie;
savants Florentins,
hardie
dédicace
le lire.
,
à
l'intervention de
et autres faits
con-
peui-iHrc mèate. dans
(
jamais on ne ie
56)
douté
serait
qu'ils sussent
peu leur ms-
si
de ces messieurs ne paraissant que dans
n'eût été connue de personne.
tier, et l'ignorance
leurs ouvrages
,
Car vous savez bien que c'est là tout le mal et que celte
tache dont on fait tant de bruit, personne ne s'en soucie.
Vous n'avez oas voulu le dire parce que vous êtes sage. Vous
,
vous renfermez dans
bornes
les
strictes
de votre justification
,
peu d'exemples , en répondant aux mensonger qu'on a publiés contre- vous, vous
taisez les vérités qui auraient pu faire quelque peine à voj
et
,
par une modération dont
calomniateurs.
A.
il
y
a
quoi vous servait en effet, assuré devous
disculper, d'irriter des gens qui,
tout méprisables qu'ils
une livrée; qui , sans être
grand chose, tiennent à quelque cho e , et dont la haine
peut nuire ? Et puis ce que vous taisiez vous saviez bien
que je serais obligé de le dire , que vous seriez ainsi vengé
sont
,
ont une patente
,
des gages
,
,
,
sans coup férir, et que le diable,
comme ou
dit, n'y
per-
drait rien.
Pour moi,
que tout
tant
s'est
borné
à
quelques
articles
quelques libelles obscurs signés par des pédants, j'en ai ri avec mes amis,,
«achant que comme vous le dites très bien peu de gens
insérés
dans
les
journaux
italiens, à
,
,
s'intéressent à ce» choses
,
et
que ceux-là ne se méprendraient
pas aux motifs de tant de rage et de si grossières calomnies.
Depuis huit mois que ces messieurs nous honorent de leurs
injures
vous savez en queLs termes je vous en ai écrit
c'était, vous disais- je, une canaille (îj qu'il fallait laisser
mais j'avais tort de
ahoyer. J'avais raison de les mépriser
,
:
\
ne pas les craindre et à présent que je voudrais me mettre
en garde contre eux, il n'est peut-êtie plus temps.
,
,
cependant quelquefois une reflexion qui me rasColomb découvrit l'Amérique , et on ne le mit
qu'au cachot; Galilée trouva le vrai système du monde, il en
Je
sure
fais
uu peu
:
Canaille ues chambellans
Ceci parut un peu tort
^ue» personnes voulaient que l'auteur le supprimât.
!
,
et
quei-1
,
fut quitte
pour
dans lesquelles
ra-t-on pis qu'à
Cour. Mais
,
s'agit
il
eux
Y
peine n'est pas toujours proportionnée au
là ce qui m'inquiète.
la
délit, et c'est
Vous
C *î )
Moi j'ai trouvé cinq ou
six page*
de savoir qui baisera Chloé ; me leJe devrais être tout au plus blâmé par ià,
la prison.
que
dites
les faits
sont notoires
votre récit et celui
;
de M. Furia s'accordent peu néanmoins.
y
Il
a dans le
beaucoup de faussetés, beaucoup d'omissious dans le
vôtre. Vous ne dites pas tout ce que vous savez et peut-être
aussi nesavez-vous pas tout moi, qui suis moins circonspect
mieux instruit et d'aussi bonne foi , je vais suppléer à votre
sien
,
:
silence.
Passant à Florence, il y a environ trois ans, j'allai avec
nn de mes amis, M. Akerblad, membre de l'Institut, voir
la bibliothèque de l'abbaye de cette ville. Là, entre autres
manuscrits d'une haute antiquité, on nous en montra un de
Longus. Je
que
quelque temps
le feuilletai
tout le
monde
sait être
,
et le
mutilé dans
parut entier dans ce manuscrit. Je
le
premier livre
les
éditions,
,
me
rendis et n'y pensai
occupé d'objets fort différents de ceux-là.
Depuis ayant parcouru la France l'Allemagne et la Suisse
je revins en Italie et avec vous à Florence où , me trouvant
de loisir, je copiai de ce manuscrit ce qui manquait dans
plus. J'étais alors
,
,
,
,
,
les
imprimés. Je
Furia
et
me
aider dans ce travail par messieurs
fis
Beucini employés tous deux à
Saint-Laurent, où
lant avec eux
,
j'y
manuscrit
le
fis
,
la
bibliothèque de
Eu
se trouvait alors.
travail-
par étourderie, une tache d'eucre qui
couvrait une vingtaine de mots dans l'endroit inédit déjà
transcrit par
maiheur
,
moi. Pour réparer en quelque sorte ce petit
qu'on me le demandât ma copie,
que nous avions faite ensemble moi ,
son aide, laquelle étant de trois mains , faite
j'offris, sans
,
c'est-à-dire celle
M. Furia
et
sur l'original
même
eident
une exactitude
qué
,
avait
à toute autre.
,
et
On
revue par
la
trois
personnes avant
l'ac-
une authenticité qui eût mandédaigna d'abord , comme ne pou-
vant Uuir lieu de l'original,
et
et ensuite
on l'exigea; mais alm*
,
(
j'avais
des raisons pour
vins de Florence à
m'en
58 )
la refuser.
Je payai ces messieurs et
Rome, où ayant
de Loogus
l'espérais, d'autres manuscrits
trouvé
,
comme
je
imprimer à
variantes de Rome
je fis
,
frais Je texte de cet auteur
avec les
de P'iorence. Cette édition ne se vend point, je la donne
à qui bon me semble ; mais le fragment de Florence , imprimé iéparémeut, se donne gratis à qui veut l'avoir.
mes
,
et
Dans tout ceci , Monsieur , je n'iuvoquerai point votre témoignage, dont heureusement je puis me passer. Je vois
votre prudence ; j'entre dans tous vos méuagemeuts , et ne
veux point vous commettre avec les puissances en vous contraignant à vous expliquer sur d'aussi grands intérêts. Si on
vous en parle, haussez
un soupir
laites
au beau.
Mais avant
me
les
épaules, levez
ou un sourire
,
d'aller plus loin
,
souffrez
,
plaigne de la manière dont vous
me
,
yeux au
les
que
et dites
le
ciel
temps
est
Monsieur, que
faites
je
connaître au
public. Vous m'annoncez comme auteur d'une traduction de
Longus parfaitement inconnue brochure anonyme dont il
n'y a que très peu d'exemplaires dans les mains de quelques
amis } et comme on ne me counaît pas plus que ma traduction vous apprenez à vos lecteurs que je suis un helléniste ,
fort habile, dites-vous. Ou ne pouvait plus mal rencontrer.
,
,
,
Si je suis habile
ai fait
uu
joli
,
ce n'est pas dans cette occasion que j'en
preuve. Ayant découvert cette bagatelle , qui complète
ouvrage mutilé depuis tant de
siècles
,
vous voyez
le
que j'en ai su tirer. J'en fais cadeau au public , et je
passe pour l'avoir non seulement volée, mais anéantie. Vousmême, Monsieur, vous en déplorez la perte. Les journaux
italiens me déuoucent comme destructeur d'un des plus
beaux monuments de l'antiquité }M. Furia en preud le deuil ;
sa cabale crie vengeance
et
tandis que ce supplément est
parti
,
,
,
mes frais dans les mains de ceux qui
peuvent le lire, on répand partout contre moi un libelle
avec ce tilie Histoire de la decouver le et de la perle su~
par mes soins
et à
,
:
bile
(Furtfragment de Longus. Voilà
mou
habileté.
Ou tout
autre aurait trouvé
mon
ne
argent
et
( 59 )
du moins quelque honneur,
nia réputation
m 'arrive pas
littérature sont
pis.
;
et je
Croyez-moi
ceux qui,
,
me
Monsieur
comme les
j'en suis
jésuites
s'il
habiles eu
les
,
pour
heureux
tiendrai
de Pascal, ne
lisent point, écrivent peu, et intriguent beaucoup.
Je ue suis point non plus helléniste
,
mot
,
nais guères. Si j'entends bien ce
ou
qui
je
je
ne
me con-
vous l'avoue
vous dites un helléniste , comme on dit un
,
un droguiste un ébéniste ; et , suivant celte analogie , un helléniste serait un homme qui étale du grec, qui
en vit, et qui en vend au public, aux libraires, au gouvernement. Il y a loin de là à ce que je fais. Vous n'ignorez pas ,
Monsieur, que je m'occupe de ces études uniquement par
goût ou pour mieux dire , par boutades, et quand je n'ai
m'est nouveau
dentiste
,
,
,
que je n'y attache nulle importance,
que jamais on n'a vu mon nom en
;
tête d'aucun livre ; que je ne veux aucune des places où l'on
parvient par ce moyen \ et que, sans les hasards qui m'ont
engagé à donner au public un texte de quelques pages, jamais on n'aurait eu cette preuve de mou habileté; qu'enfiu
même , après cela , si vous m'eussiez démasqué , contre
point d'autre fantaisie
et n'en
tire
:
nul profit
toute bienséance etsaus nulle nécessité
vous
ou
plaît
serait
de
me
,
cette habileté qu'il
supposer, ou ne m'eût point été attribuée,
encore un secret entre quelques personnes capables
d'en juger.
Qu'est-ce
livre qui
,
s'il
vous
plaît
ne se vend point
,
Monsieur, qu'une notice d'un
,
qu'on donne à peu de personnes
que même on ne peut plus donner':' et qu'importe à qui
vous lit que ce livre soit bon ou mauvais , si on ne saurait
l'avoir Y Que vous vous défendiez du mal qu'on vous impute
en nommant celui qui l'a fait cela est tout simple; mais
et
,
personne ne vous accusait d'avoir
fait cette
traducliou. Je
ne veux point trop vous pousser là-dessus, ni paraître plus
fâché que je ne le suis en effet. Vous avez cru la chose de
peu de conséquence , et peusé fort sagement qu'un tel ouvrage ne
me
pouvait
luire ni
grand honneur
ni
grand
tort.
6o
(
)
pu vous dispenser de me nomnir.-,
du moins comme traducteur, et en y pensant mieux, vous
Haussiez pas dit que j'étais ni habile, ni helléniste.
Mais enfin vous
eussiez
n'êtes pas plus exact
Vous
en parlant de
,
M. Furia. San*
comme biblio-
autre explication, vous le désigoezseulement
thécaire
gardien d'un dépôt littéraire célèbre dans toute
,
l'Europe
Y
Y
pensez.- vous,
Monsieur
?
Vous
écrivez à Pari*,,
vous- parlez à des Français, qui voyant dans ces emplois de«
gens d*un mérite reconnu, dont quelques-uns
Italiens (1),
Furia
est
ne manqueront pas de croire que
un
homme
même
sont
seigueur
le
considérable par son savoir et par sa
que celte erreur peut vous être indifférente, et qu'ayant apparemment plus de raisons de le ménager que de vous plaiudre de lui vous lui laissez volontiers 1» considération attachée à son titre dans le pays où
place. Je comprends
,
vous
êtes.
Mais moi
qu'il attaque
,
soutenu d'une cabale de
m'importe qu'on l'apprécie à sa juste valeur et
je ne puis souffrir non plus qu'on le confonde avec desgen»
dont l'érudition et le goût font honneur à l'Italie.
pédants
il
,
,
Si vous eussiez voulu
,
Monsieur, donner une juste idée
des personnages peu connus dont vous aviez à parler, après
que
avoir dit
vous
est
le
un
j'étais
ancien militaire
cuistre
,
,
helléniste
,
puisque
M. Furia
ancien cordonnier comme son père, garde
voulez, fort habile
,
il
fallait
ajouter
:
cCune bibliothequeqù il devrait encore balayer } qui fait au'
jourd huide mauvais livres n'ayant pu fairedebons souliers
helléniste fort peu habile à huit cents francs d'appointements copiant du grec pour ceux qui le paient élève et
successeur du seigneur Bandini dont C ignorance est célèbre. Et il ne fallait pas dire seulement, comme vous faites,
que cet homme cherche des torts dans les accidents les plus
,
,
,
,
,
simples
,
est cuistre
mais qu'il
en colère
(1) Viscouti
,
est intéressé a
,
Marini
dont
la
en trouver
,
parce qu'il
rage et la vauité cruellement
et d'autres.
,
(61
)
bk^see Servent d'instrument à deshaines (i) qui n'osent éclater d\ine autre manière. Ce sont là de ces choses sur lesquelles
vous gardez un silence prudent. Fontenelle^
dit quelque
ménagements. Il neât
roula pour rien au monde dire seulement à ^oreille que
F.... est un polisson. Voltaire cachait moins sa pensée.
Mais il est plus sûr d'imiter Fontenelle. Malheureusement
part Vuhaire, était tout plein, de ces
1-e
choix n'est pas en
mon
pouvoir,
obligé de tout
et je suis
dire.
Pour commencer par
les raisons
que peut avoir
sei*
le
kneur Furia de n'être pas aussi désintéressé qu'on le croirait
dans cette affaire , il faut savoir que la découverte du pré-
Longus s'est faite dans un manuscrit sur
cieux fragment de
requel
lui
,
Furia, a travaillé longues années
ceite trouvaille
,
au
selon lui
et
qu'il
re-
}
venait de donner au public une notice très
exacte
,
comme sa propriété qu'on y a fait
moment précisément où le seigneur Furia
gardait en quelque sorte
,
de ce
même manuscrit
,
ample
et très
dans laquelle est
indiqué, page par page, et fort au long, tout ce que le sieur
uriay a pu remarquer ; que son travail sur ce petit volume,
annoncé long-temps d'avance, aduié six ans, pendant lesquels il n'a cessé de le feuilleter et de le décrire avec une
1
commune-, qu'il en a même, à ce qu'il dit
beaucoup de variantes des prétendues Fables d'Esope,
patience peu
extrait
par
lui
réimprimées à
quelque moine
,
la fin
de sa notice
par où l'on
;
car ces sottises de
commence au
collège l'étude
trouvent dans ce manuscrit à la
suite du roman de Longus , et le sieur Furia n'a pas man-
de
langue grecque,
la
qué d'en
faire
se
son profil
;
qu'enfin
,
à peine achevé, son
vrage, qu'il vendait lui-même, et où
(1)
Les Français
alors
il
ou-
pensait avoir épuisé
de-là les monts e'taient
de'teste's
comme
maintenant les Allemands. Le gouvernement n'en savait rien
et ne voulait en rien savoir. Ce passage et d'autres pareils ci-dessous,
et déplurent à l'autorité
firent en Italie une très vive sensation
le sont
,
qui surtout redoute qu'on imprime ce que chacun pense.
9
,
(62)
da divin manuscrit arrive par
hasard quelqu'un qui, tout au premier coup-d'œil, voit et
désigne au public la seule chose qui fut vraiment intéressante
tout ce qu'on pouvait dire
dans ce manuscrit
,
que
et la seule aussi
,
Furia n'y
le sieur
eût pas aperçue.
On
aujourd'hui assez ordinairement sur
écrit
qu'on entend
moins.
le
rige en docteur.
dirait
A
que chacun
Il
n'y a
voir ce qui s'imp;ime tous
se croit obligé
choses
les
petit écolier qui ne s'é-
si
de
faire
les
jours,
on
preuve d'ignorance.
cetle force ne sont pas communes, et le
lui-même, maître et prédécesseur du se'gueur Furia, fameux par des bévues de ce genre, n'a rien
Mais des preuves de
seigneur Baudini
fait
qui approche de
Nous avons
cela.
des relations de voyages dont les auteurs «ont
soupçonnés de n'être jamais
un
autre genre
sortis
de leur cabinet
et,
dans
,
Combien de gens ont fait des
Dont iis s'étaient tenus
récits
loin
de batailles
?
mais une notice d'un livre par quelqu'un qui ne
lu est
j
une bouffonnerie toute neuve
,
et
dont
le
l'a
point
public doit
savoir gré au seigneur Furia.
Je ne prétends pas dire par-là qu'il ne l'ait examiné avec
d'attention. J'admire au contraire qu'il ait pu
beaucoup
et en faire deux volumes. Son
que je n'ai point lu (car j'en parle à-peu-près
comme lui du manuscrit), sera quelque jour utile au relieur
pour éviter toute erreur dans la position des feuillets. En un
root, dans le compte qu'il rend de ce livre, selon lui, si intéressant , qui l'a occupé six années , il a pensé à tout
entrer dans tous ces détails
ouvrage
,
excepté à le
lire.
fâcheux pour vous
Monsieur , de n'avoir pas été
que produisit sur lui la première vue de
cette lacune dans le livre imprimé
et du morceau inédit
qui la remplissait dans le manuscrit. Sa surprise fut extrême,
et quand il eut recouou que ce morceau n'était pas seulement
Il est
témoin de
,
l'effet
,
,
(63)
de quelques lignes
je
maïs de plusieurs pages
,
vous assure. D'abord
peut-être
ÎDSlant
ragé
5
ri
il
me fit pitié
il
,
demeura stupide vous eu
.
mais bieutôt vous auriez eu peur
}
car eu
,
,
auriez
ua
devint furieux. Je n'avais jamais vu uu pédant envous ne sauriez croire ce que c'est.
il
Le quadrupède écume
Si des regards
il
et son œil étincelle.
pu mordre
eût
,
j'aurais
mal passé moa
temps.
Dès-lors
le
seigneur Furia se crut un
Vous savez que Vatel
se tua parce
souper de son maître.
Il
avait,
que
comme
homme
le
îôt
déshonoré.
manquait au
dit le Ptoi
quand oa
mort, de l'honneur à sa manière. M. Furia
uese tua point, parce que bientôt après il conçut l'espérance de rétablir un peu sa réputation aux dépens de la
mienne \ car ce fut, je crois , le surlendemain que je fis au
lui apprit cette
manuscrit cette tache, dont
il
me
sait,
dans son
âme,
si
bon gré, quoiqu'il s'en plaigne si haut. Après avoir copié
tout le morceau inédit, j'achevai la collation du reste avec
ces messieurs. Pour marquer dans le volume l'endroit du
supplément
,
mis une feuille de papier, sans m'aperce-
j'y
voir qu'elle était barbouillée d'encre en dessous.
Ce papier
au feuillet , y fit une tache qui couvrait quelques mots de quelques lignes. M. Furia à écrit en prose
poétique l'histoire de cet événement. C'est, à ce qu'on dit ,
son meilleur ouvrage } c'est du moins le seul qu'où ait lu
Il y a mis beaucoup du sien , tant dans les choses que dans
le style ; mais le fond eu est pris de la Pharsale et des tragédies de Sénèque.
J'avoue que ce malheur me parut fort petit. Je ne savais
pas que ce livre fût le Palladium de Florence , que le destin
de cette ville fût attaché aux mots que je venais d'effacer
j'aurais dû cependant me douter que ces objets étaient sacrés
s'étant collé
:
pour
je
ne
risser
les
Florentins
sentis
sur
point
mon
,
car
mon
front
;
ils
n'y touchent jamais. Mais enfin
sang se glacer ni mes cheveux se héje
ne demeurai
pas
ua
instant sans
(64)
Voix
cela lui arriva
en lui,
:
mais moi
je le
toal
regardai bien et je ne vis
alarmants d'une démis, comme on
ses signes
quand
ce n'est
si
nez sur ce morceau de
le
,
,
vous jure, aucun de
je
faillance prochaine,
<îit
M. Furia prétend que
sans pouls et sans haleine.
,
je lui
grec qu'il
pu
n'avait
voir
sans moi.
Les expressions de M. Furia pour peindre son saisisseà la vue de cette tache, qui couvrait, comme je vous
ment
ai dit,
une vingtaine de mots
sont
,
même en
d'un paihélique rare
frappé, Monsieur, et vous les avez
,
traduire. Peut-être
du plus haut style et
Vous en avez été
Italie.
citées,
mais sans oser
avez-vous pensé que
notre laDgue ne pourrait atteindre à cette hauteur
plus hardi, et
Voici
ma
quoi qu'en dise Horace
je crois,
Pindare
essayer de traduire
ve sion
littérale
),
;
qu'on peut
,
tout un.
c'est
(il
parle de ce pâté que
mon sang se gela, dans mes veines,
je fis
ma voisc
s'arrêta dans
mon gosier: un frisson glacé s^empara
mes membres
stupides
pour
c'est
lui la tête
Voyez -vous, Monsieur?
de Méduse. Le voiîà stupide \
.
.
.
sur
durant
et
plusieurs instans^ voulant crier ^voulant parler,
.
suis
:
A un si horrible spectacle
Son bouquin
M. Furia
et
je
:
les
de
faiblesse
la
de tout
ce pâté,
l'as-
il
prouvée par son
livre. Mais il y a dans cet aveu autant de malice que d'ingénuité ; car il veut faire croire que c'est moi qui l'ai rendu tel ,
au grand détriment de la littérature. Moi je soutiens que
sure
,
assertion
c'est la seule
et
qui
soit
long temps avant d'avoir vu celte affreuse tache, dont le
seul souvenir le remplit d? horreur et d"* indignation , il était
déjà stupide, ou certes bien peu s'en
feuilleté
de ce
examiné
,
petit
,
volume,
fallait, puisqu'il a
décrit et noté par le
sans se douter
tenu,
menu chaque page
seulement de ce qu'il
contenait.
Lorsque son directeur
l'appelle quelquefois
(1)
Son
vrai
nom
le
,
était
,
ou son conservateur
seigneur
Thomas
Puçcini. L'auteur
,
,
comme
Puzzini (i)
se
vantant
,
il
ap-
divertir
,
étrange accident par la trompette sonore de la reqni toujours infatigable
Jit retentir à son.
,
oreille
bref, quand on lui conta l'aventure du pâté
il fut saisi a" horreur ; il frémit au récit d^une action si
atroce. En effet il y a de plus grands crimes mais il n'y
'prit cet
nommée
—
,
\
,
,
en a point de plus noir. Ailleurs, M. Furia représente Florence désolée toute une ville en pleurs , les citoyens con:
sternés.- pourlui
,
dans ce deuil public, quand tout lemonde
pleurait, vous imaginez bien qu'il ne s'épargnait pas.
puis que sa voix
mot,
doute
et sans
arrêtée dans son gosier,
s'était
n'en pensait pas davantage
il
,
il
De-
ne disait
car
il
était
dans ses songes cette image
cruelle ( il n'a osé dire sanglante ) s'offrait à ses yeux. Et
il
déclare dans son début que l'obligation où il est de raconter ce fait lui pèse est pour lui unfardeau excessivement
ii charge
parce quelle lui rappelle ( cette obligation ) la
tuémoire plus vive de Pacerbité d^un événement qui bien
qii'aucun temps ne puisse pour lui le couvrir d'oubli, ce
nonobstant Une peut y repenser sans se sentir compris'tout
devenu stupide. Mais la nuit
,
,
,
,
,
,
,
,
mot à mot. Ici c'est Virgile
du sujet car ce que le poète avait dit
un peuple, a paru trop faible à M.Fu-
entier d"* horreur. Je traduis toujours
amplifié à proportion
du massacre de
tout
;
pour un pâté d'encre.
rii
N'admirez-vous point Monsieur , qu'un homme écrivant
de ce style, attache tant d'importance au texte de Lougus ,
,
qui
est la simplicité
même?
enflamme M. Furia
Au
reste, l'hyperbole
mieux.
sit le
de
ses
eu a
il
il
.
et s'appliquait
en a
11
n'y a
si
qui
prophète.
,
bel
italien qui
au personnage
sentait bien plus fort, mais
iTemeura.
la
car
Puzzini , sobriquet
fait
jnianlini
(
comme un
et c'est où il réusexemple? Quelqu'un
beaucoup, tous biûlants du
lui est familière
Eu voulez-vous un
protecteurs
des bouquius
c'est le zèle
et le fait parler
-,
Signifie putois,
car
,
comme
puant,
dit Régnier
non pus mieux que roses. Le nom
,
lui
mauvaise plaisanterie qui ne réussisse contre
coût, les chambellans,
la
garde-robe.
5
(
mêm°
66
zèle et acharnés contre
)
moi
d'un de
libraire», de l'impression
)
charge
se
,
,
au refus
d<*i
M. Fu>
ses livres: aussiiôt
sa dédicace le premier homme du sièPasure qu'aucun âge à venir ne se taira sur ses
louanges. C céron en disait autant jadis aux conquérants du
proclame dans
ria le
cle
,
et
monde
(i)-
Or,
pour imprimer
tels
est
il
,
un
si
homme
clair
que
qui dépense cinquante écns
du seigneur Furia mérite
les sottises
celui qui fait
des auquoique involontaire-
,
ment, voir et palpera un chacun l'ignorance dudit seigneur,
est digne de tous les supplices: c'est la substance du libelle
qu'il a publié
contre moi.
Nous sommes d'accords sur
i
entes au foud.
Quimporte, en
aperçu de celte tache
montrée dès que
q> e ce soit lui
les
faits et les
circonstances
plupart, de son invention, sont ind'ffé-
qu'il raconte-, la
,
effet
aimi qu'il
je la vis
qu'il se soit
,
le dit
,
ou que
moi même, comme
le
premier
je la lui aie
vérité?
c'est la
Longus
qui m'ait indiqué ce manuscrit de
,
ou que je le connusse long-temps auparavant , comme vous,
monsieur, le «avez, et tant d'autres personnes à qui j'en
avais écrit et parlé? que j'ai copié, selon ce qu'il dit, tout
le supplémeut sous sa dictée, ou que je lui aie déchiffré et
expliqué les endroits qu'il n'avait pu lire, faute d'entendre
le sens
,
comme le prouve
c&tte copie
même
\
tout cela nefait
lien à l'affaire.
J'ai
fait
la
tache, Fhorrible tache , et j'en
ai
donné à
ma déclaration sans qu'il songeât, quoi qu'il en
dise, à me la demander. Après lui avoir offert ma copie,
je la lui ai depuis refusée.
qu'il me demandait tout aussi peu
M.
Furia
,
,
Je suis loin'de m'en repentir, et vous allez voir pourquoi.
J'offris
vement
,
d'abord,
comme
cette copie
sans paraîlteen faire
je l'ai dit
M. Furia
beaucoup de
à
,
et
de
il
mon
moumon offre
propre
accepta
cas, observant très judi-
cieusement qu'aucune copie ue pouvait réparer le mal fait au
manuscrit. Je continuai non travail ; vous arrivâtes deux
(i) 2\ulla utas
de tuù laudiLus contïcescet. (Cicéron.)
<>;
(
jours après, et
M.
Ce jour- là
Ftiria.
encore
vous
pea à
fort
la
vîtes
,
Le
)
désastre,
comme
l'appelle
autant qu'il m'en souvient,
copie promise
cependant
-,
je
il
pensait
vois, par
votre notice, qu'il en fut question, et sans doute je la promis
encore. Ce ne fut que
le lendemaia
quand vous n'étiez plus
que M. Furia me demanda cette copie avec
beaucoup de vivacité. Je lui dis que le temps me manquait
pour en faire un double, qui me devait rester, mais qu'aussi»
je songerais à le satôt achevée la collation du manuscrit
tisfaire. Ce même jour, en regardant la tache dans le manuscrit, elle me parut augmentée, et je conçus des soupçons.
,
à Florence,
,
Le
au sortir de la bibliothèque ,
de passer avec lui chez moi , pour
soir,
fort
Il la
M. Furia me
lui
donner
pressa
la copie.
moi
voulait sur-le-champ, parce que, disait-il, chez
elle se
pouvait perdre. Son empressement ajoutant aux dé-
fiances
que
j'avais déjà, je lui
faites, je serai
répondis que, toutes réflexions
bien aise de garder par devers
moi
cette
co-
authentique et Tunique preuve que je passe donner du texte que
je publierais
quant aux endroits effacés. Par cette raison
pie, qui, étant écrite de trois mains
,
était la seule
,
même, me
dit-il, c'était la
seule qui convînt à la bibliothèque^
mains, elle ne courait auque j'en pensais mais je le
refusai nettemeut. Il se fâcha, je m'emportai, et l'envoyai
promener en termes qui ne se peuvent écrire.
Ne vous prévins-je pas, Monsieur, quaud vous voulûtes
enlever ce papier collé au manuscrit ? Ne vous eriai-je pas
Prenez garde ; ne touchez rien ; vous ne savez pas à quels
gens vous avez affaire. J'employai peut-être d'autres mots
que l'occasion et le mépris que j'avais pour eux me dictaient ;
où
d'ailleurs,
demeurant dans
cun risque. Je ne
ses
lui dis pas ce
,
:
mais
Ne
,
en gros,
Vous ne
tale
c'était là le sens, et
vous vous en souvenez.
craignez rien, Monsieur; ceci ne peut vous compromettre.
m 'écoutâtes
tache
:
point
mal vous en
\
vous portâtes
a pris
\
mais
la
er.fiu
main sur
la
fa-
votre couduite
prouva que vous pensez toujours bien des gens enplace, quelle
que soit leur place. Vous pouvez donc convenir, sans vou.
(
68
)
Lrouiller avec personne, que je vous avertis de ce qui vous
arriverait, et vous en conviendrez, car
quand elle ne peut nous nuire.
Vous voyez, Monsieur, que
malia vouloir
:
on aime
la
vérité
dès-lors j'avais deviné leur
j'ignorais encore ce qu'ils méditaient
;
quand je refusais ma copie à M. Furia.
Pour comprendre l'iropoitance que nous y attachions
mais
je le savais
et l'autre,
caractère
il
comment
faut savoir
du manuscrit
me
Le
nouveau MM. Furia et
long- temps pour en avoir quelque
m'était tout
Bencini l'ayant tenu assez
habitude,
l'un
cette copie fut faite.
:
dictaient d'abord, et j'écrivais, et en écrivant,
aux endroits qu'ils n'avaient pu lire dans l'original, parce que les traits en étaient ou effacés ou confus, des
e paces en blanc. Quand j'eus ainsi achevé d'écrire tout ce
qui manquait dans Pimpiimê^ je pris à mou tour le manuscrit, et guidé par le sens, que j'entendais mieux qu'eux,
je lus ou devinai partout les mots que ces messieurs n'avaient
pu déchiffrer et eux qui tenaient alors la plume, écrivant
ce que je leur dictais
remplissaient dans ma copielesblancs
que j'avais laissés. De plus, dans ce que j'avais écrit sous leur
je laissais
,
,
se trouvait des fautes que je leur fis corriger d'amanuscrit; ce qui produisit beaucoup de ratures.
Aimi dans chaque page, et presque à chaque ligne, parmi
les mots écrits de ma inaiu, se trouvent des mots écrits par
dictée,
près
il
le
,
l'un d'eux, et c'est
là
ce qui coustate l'autheocité
du
tout
;
voyez-vous que M. Furia, daos sa diatribe contre moi
,
atteste l'exactitude de celte copie
qu'il ne pourrait nier
aussi
,
sans se faire tort à
lui-même.
Plusieurs personnes à Florence
tache faite au manuscrit,
me
de ma part uue invention
,
me
parlant alors de la
parurent persuadées que c'était
pour pouvoir altérer le texte
dans quelque passage obscur et en éluder aiusi les difficultés. Ces bruits étaient semés par M. Furia, qui,
à toute
force, voulait discréditer l'édition que vous aviez annoncée
•et sur laquelle il pensait que nous fondions, vous
et moi,
une spéculation des plus
lucratives
;
car
il
ne pouvait ni
,,
<ô 9
comprendre que
croire ni
de
et forcé
préseut
le croire à
)
je fisse tout
ue
il
,
le
cela gratuitement
comprend
da-
pas
vantage.
même vous avez pu lire dans la Gazette
un article fait par quelqu'un de la cabale de
M. Furia, où l'on avertissait le public de n'ajouter aucune
Jfoih un supplément de Longus qui allait paraître a Paris ,
attendu la destruction du manuscrit original, etc. Vous
concevez Monsieur que, dans cet état de choses, M. FuEn
ce temps-là
de Milan
,
,
ria était le dernier à qui j'eusse confié le
dépôt qu'il exigeait.
Comment
au manuscrit
n'est eu
pouvais-je réparer
donnant au public
copie authentiquer'
et cette
publier, pouvais-je la
lais
de vouloir
sait
Notez que
,
savant;, l'autorité
lieu. S'il
j'ai
moi
à
en tenir
que
si
,
ce
imprimé d'après une
preuve unique du texte que j'alremettre à l'homme qui m'accutexte
le
si
nécessaire, est
pour
,
la
parfaitement inutile; elle ne peut avoir, aux
,
yeux des
c'est
fait
ce texte!
falsifier
cette pièce
bibliothèque
mal
le
ma!
y
du manuscrit,
ni
lu l'oiiginal, et
ma
par conséquent
mon
quelque erreur dans
a
édition
,
copie ue saurait servir
à la corriger. Elle est iuulile à ceux qui pourraient douter
de
la fidélité
mais
du
texte
elle m'est utile à
imprimé, dont elle n'est pas la source;
moi contre l'infidélité et la mauvaise
qui , s'il l'avait dans les mains, en al-
du seigneur Furia
un seul mot, reudrait tout le reste suspect , au
que sa propre écriture le contraint maintenant d'avouer
foi
,
térant
thenticité de ce texte
moyeu.
Si M. Furia
,
qu'il
nierait
assurément
eût eu cette copie en son pouvoir,
d'abord publié de longues dissertations sur
elle est pleine.
de
ses
Sa conclusion
loin de la lui confier
s'il
se
les
avait
y
il
aurait
ratures dont
devine assez, et
la
sottise
raisonnemeus n'eût été connue que des habiles
nombre
sont toujours eu petit
car
s'il
,
j'ai
et
refusé
ne décident de rien
même de
la lui
eût pu seulement savoir quels étaient
de sa main
,
cela lui aurait suffi
les
pour remplir
lieu
l'au-
;
,
qui
aussi
montrer
mots
les
;
écrits
gazelles
3*
(
de nouvelles impertinences.
sa part
me
devait être suspecte
premier motif de
mon
)
Eq un mot,
,
et
demanflede
toute
son empressemeut fut
le
refus.
Certes, la rage de ces messieurs se mauifestait trop
pu-
bliquement pour que je pusse me méprendre sur leurs intentions. Peu de jours après vetre départ , les directeurs ,
uupecteurs
,
avec lui chrz
sée
:
on
y
cooservaieurs du sieur Furia s'assemblèrent
le sieur
Puzzini, chambellan
transporta eu cérémonie
des quatrefacultés. Là,
chimistes,
les
,
Mu-
garde du
saint manuscrit, suivi
le
convoqués pour opi-
ner sur le pâté, déclarèrent tout d'une voix qu'ils n'y connaissaient rien
\
que
cette tache était
traordinaire, dont la composition
pour
ce grand
dessein
,
d'une encre tout ex-
imaginée par moi exprès
passait leur capacité
,
,
résistait
toute analyse, et uese pouvait détruire par aucun des
connus. Procès- verbal fut
journaux.
M.
Furia a
écrit
fait
du
tout
,
au long tout
et
à
moyens
publié dans
les
ce qui se passa dans
mémorable séance c'est le plus bel épisode desa grande
du pâté d'encre, et une pièce achevée dans le style
de Diafoirus oude Çhiampot-la-perruque. Pour moi, je ne
puis m 'empêcher de le dire dusse- je m'attirer de nouveaux
ennemis cela prouve seulement que les professeurs de Floreite
:
histoire
,
\
rence ne sont pas plus habiles en chimie qu'en littérature,
car le premier relieur de Paris leur eût montré
que
c'était
de l'encre de la petite vertu et l'eût enlevée à leurs yeux
par les procédés qu'on emploie , comme vous savez
tous
,
,
les jours.
Mais que vous semble Monsieur de cette dévotion aux
bouquins Y A voir l'importance que ces messieurs attachent
,
à leurs manusciits
,
,
ne dirait-on pas qu'ils
les lisent?
Vous
penserez qu'étant payés pour diriger, inspecter, conserver
à Florence les lettres et les arts
voir ce que c'est
,
le
,
ils
dépôt qui leur
soignent, sans trop saest
confié
,
et se font
de
un mérite, le seul qu'ils puissent avoir. Mais ce
zèle de la maison du Seigneur est je vous assure, bien nouveau chez eux j il n'a jamais pu s'émouvoir dans une occaleurs soins
,
(7'
sion toute récente
t
)
Lieu plus importante,
ei
comme vou
allez voir.
L'abbaye de Florence d'où vient clans l'origine ce texte
était connue dans toute l'Europe comme conte,
de Loogus
,
nant
les
manuscrits
gens
les
avaient vus
plus précieux qui existassent.
les
;
car,
pendant plusieurs
bliothèque resta inaccessible
moines
il
:
n'y pouvait entrer que des
c'e<l-à -dire qu'il n'y entrait personne.
,
qu'elle renfermait, d'autant plus intéressante
sait
moins,
vants
,
vous
connais-
,
mais un Plutarque, un Diodore, un Polybe plus
l'ai
dit
,
avec
y vîmes de
les
la
Toscaue
,
et
quoi ravir en extase tous
moude, pour me
gouvernement
en uDe heure nous
,
de
servir
comme
avons. J'y pénétrai enfin,
M. Akerblad quand
Irauçais prit possession
scrits
collection
la
une mine toute neuve à exploiter pour les salà qu'on eût pu trouver non pas seulement un
complets que nous ne
je
La
qu'on
était
c'était
;
Longns
Peu de
siècles, cette bi-
le
les
hellénistes
de vos termes, quatre-vingts
du
manu-
Nous y remarquâmes
si souvent parlé. Ce
parut appartenir à la vie d Ega-
des neuvième et dixième siècle.
Plutarque dont
surtout ce
je
que nous en pûmes lire nie
minondas qui manque dans
vous
les
,
ai
imprimés. Quelques mois
après, ce livre disparut, et avec lui tout ce qu'il
meilleur et de plus beau dans
la
avait de
y
bibliothèque, excepté
le
Longus, trop connu parla notice récente de M. Furia, pour
qu'on eût osé le vendre. Sur les plaintes que nous fîmes ,
M. Akerblad et moi , la Junte donna des ordres pour requi les
couvrer ces manuscrits. On savait où ils étaient
avait vendus, qui les avait achetés \ rien n'était plus facile que
,
de
les
retrouver
servateurs
cela
*,
,
mais
:
matière à exercer
nous pressâmes
ils
ne voulaient
peine a personne.
minute d'une
membre de
c'était
et
,
nous dirent
La chose en demeura
lettre
la Junte.
que
le zèle des
fort ces messieurs d'agir
ils
là.
j'écrivis à ce sujet à
conpour
^fuire de la
J'ai
gardé
la
M. Chabao
,
t'7*0
Livourue
« Monsieur
s
»
2>
»
>
,
le
3o septembre 1808.
,
» Les ordres que j'ai reçus m'ont obligé de partir si précip'itamrnent, que j'eus à peine le temps de porter chez
vous ma carte à une heure où je ne pouvait espérer de
vous parler; manière de prendre congé de vous biencontraire à mes projets ; car après les marques de
bonté que
vous m'avez données Monsieur , j'avais dessein de vous
,
y faire ma cour, et de profiter des dispositions favorables
» où je vous voyais pour rassembler et sauver ce qui se peut
> encore trouver de précieux dans vos bibliothèques de
3>
moines. Mais puisque mon service m'empêche de parta» ger celte bonne œuvre je veux au moins y contribuer par
» mes prières. Je vous conjure donc de vouloir bien ordou> ner que tous les manuscrits de l'abbaye soient transpor,
*
>
>
>
tésà la bibliothèque de Saint- Laurent , et qu'on cherche
ceux qui manquent d'après le catalogue existant. J'ai reconnu dernièrement que déjà quelques uns des plus importants ont disparu
mais il sera facile d'en trouver des
;
> traces,
d'empêcher que
et
3>
l'étranger, qui en
^
les
est
mains de ceux qui
» souvent
On
,
etc.
ces
monuments ne
les
,
>
donna de nouveaux ordres pour
nuscrits. Je fus
passent à
même ne périssent dans
recèlent comme il est arrivé
avide, ou
même nommé
par
la
la
recherche des
junte
blad.commissaireà cet
effet
comme
comme occupé
,
avec
ma-
M. Aker-
honneur que nous refusâmes, lui
ailleurs. Ce soin demeura donc confié à MM. Puzzini et Furia que rien ne.
peut engager à y penser le moins du monde ils ne voulaient
;
alorsfaire de la peine à personne. Ceux qui avaient les
maétranger, moi
,
,
nuscrits les gardèrent
Or,
ces
gens
si
,
et les
ont encore.
indifférents à la perte
d'une collection de
tous les auteurs classiques, croirait-on que
ce sont eux qui
aujourd'hui
îiiatre
pour quatre mots d'une page d'un roman
mots que , sans moi , ils n'eussent jamais
,
,
;3
(
quatre mots qui sont miprirr.
lire, travaillent
s,
;
et qu'ils liraient s'ils savaient'
avec tant d'ardeur à soulever contre moi
le
gouvernement, remplissent les gazettes d'injures
de calomnies ridicules et par des circulaires, promettent
public et
et
le
,
,
me
à la canaille littéraire d'Italie le plaisir de
en criminel d'état.
traité
M.
Puzzini en répond
ma foi, je commence
doute ce qu'il dit, er,
voir bientôt
;
à
il
sait sans
le
croire
un petit comme dit Sosie.
Ce qui vous surprendra, Monsieur c'est qu'aucun d'eux
ne me connaît. Jamais aucun d'eux, excepté le seigneur Furia
n'a eu avec moi ni liaison ni querelle, ni rapport d'aucuue espèce. J'ai parlé un quart-d'heureà M. Pulcini (1), et
,
,
,
me
ne
même
rappelle pas
moi ne peut
sa figure
être personnelle.
ainsi leur
;
Pour me
haine coutre
uue guerre
faire
si
peu de chose , eux qui naturellement ne
veulentfaire de mal à personne , leur motif est tout autre
qu'une animosité si cela se peut dire , individuelle. L'offense
cruelle
,
et sur si
,
que
j'ai faite
particulière
,
très
involontairement au seigneur Furia
de toute
la rage
sa clique a
lui est
une cause plus gé-
nérale.
Vous vous rappelez le mot des Espagnols
Non comme
Français, mais comme hérétiques (2). Ces messieurs disent
bien ici quelque chose d'approchant ; mais je vous assure
qu'ils déguisent fort peu les vrais motifs de leur haine; tout
:
le
monde en
(1) C'est son
cijii
nom
,
encore estropie
,
petit poulet
polichinelle chez nous.
assurément beaucoup d'esprit
le
premier crime a été de décou-
mais cela seul n'eu t été rien
,
veut dire poussin
cinella
Mon
est instruit.
vrir leur ignorance
,
,
;
car
s'il*
mais d'une autre façou. Put-
,
en italien
Ces lazzi
,
:
on en
a fait
Put-
qui ne demandaient pas
chagrinèrent plus que tout le reste
pauvre chambellan.
(7)
Les Espagnols
,
dans
la
Floride
Fiançais protestants, avec cetécriteau:
comme
hérétiques ;
a.
:
pendre
et brûler les
Non comme Français,
quoi les flibustiers
massacrant les Espagnols
•assins.
firent
,
,
mais
depuis, répondirent en
JSon comme Espagnols } mais comme as-
H
(
)
tous ceux qui en. savent plus qu'eux
a qui
persécutaient
pourraient- ils pardonner? le second qui me rend indigne
de toute giâce, c'est que je ne prononce pas comme eux le
,
,
ciceri (1 J- C'est là une sorte de péché originel que rien
mot
ne peut
effacer.
moindre
Si j'avais le
quelque gain
à leur
mes pieds
lisseraient tous à
sesses
me
pour
faire la
calomnies pour
de
se décider à
bien informés
cour
et
,
moindre
le
,
,
,
aujourd'hui de
,
je n'avais
je
et
leur jeter,
imagineraient autant de bas-
qu'ils inventent
point quelque appui
ne tenais à rien
,
quelques amis aus?i obscurs que moi
des grands
à
,
si
emploi,
petit
quelques bribes
me nuire. Soyez assuré Monsieur
comme on dit,
m"* entreprend*-e
ont appris que
ils
crédit
promettre
qu'aucun honni
,
qu'avant
,
se
ils
et
sont
comme
que je vivais seul avec
que je me tenais loin
,
e en place ne s'intéressait à
m'ont déclaré la guérie. Avouez que ce «ont d'habiles gens ;car quecesbons E?pignols fissent un Autoda-Jé
des Français dans la Floride c'était quelque chose assurément, il y avait là de quoi louer Dieu ; mais si on pouvait
iaire brûler un Français par les Français mêmes, quel triom-
moi
,
ils
,
phe
,
triste
quelle allégresse! Je vois
disent-
mais son intention
ils ,
des gens qui lisent cetie
ici
rapsodie de Furia contre moi
:
Son
style est
mauvais ,
est bonne.
La découverte que j'ai faite dans le manuscrit n'est rien,
au dire de ces messieurs \ c'est la plus petite chose qu'on
pût jamais trouver mais le mal que j'ai fait est immense.
Entendez bien ceci
Monsieur
le fragment
tout eulier
\
:
,
n'est rien; mais
quelques mots de ce fragment, effacés par
malheur, font une perle immense même alors que tout est
imprimé. M. Furia a étendu cette perte le plus qu'il a pu ,
puisque la tache est aujourd'hui double au moins de celle que
,
j'ai
faite,
si
le dessin
qu'en a publié
M. Furia
(1) Ceci fait illusion aux Vêpres Siciliennes
les
Français
,
on les
obligeait de dire ce mot.
çaient pas bien étaient massacrés.
,
où
,
Ceux
est
exact.
pour connaître
(jui
ne pronon-
,
-( ;3
)
augmentée à ce point afin de pouvoir dire qu'elle était*
immense: car il accommode non Pépithète à la chose, mais la
chose à Pépithète qu'il veut employer. Avec tout cela, il
t\ l'a
,
s'en faut que le dommage soit immense,
noyé dans l'encre tous ses vieux bouquins
rait
encore
et
quand
et lui, le
j'aurais
mal se-
petit.
Cependant cette découverte, toute méprisable qu'elle est
M. Furia entend qu'elle nous soit commune ou pour mieux
dire, il y consent; car on voit bien d'ailleurs qu'elle lui
,
,
m'a
appartient toute, puisque c'est lui, dit-il, qui
montré,
connaître,
apparemment
vrai,
le
pu
je n'aurais
ni trouver ni lire. C'est là
but principal de son
les détails
par
inventés
lui
y mettre beaucoup
1« croire et à lui
d'art,
adjuger
libelle
,
au
quoi tendent tous
et à
,
dont son
,
il
fait
manuscrit, que sans lui
ce
déchiffré
est rempli.
récit
Sans
a trouvé ses lecteurs disposés à
de cet honneur; car tout
la moitié
pour un seul ce serait trop.
Que de haines accompagnent
,
d'échapper à l'oubli
ficile
qui mènent au temple de
et à
les
dispute
,
il
!
arriver à ce
sieur
,
M. Furia
arrange
il
,
renommée!
Mémoire
huit pages de grec font toute
zettes
la
Penvie
!
j'ai
,
ma
tissu
qu'il est dif-
tous
les
chemins
suivi le plus obscur
gloire
en veut sa part;
imprime un
De
,
il
de
et voilà
qu'on
:
me
dans les gamensonges pour
crie
mot : Notre commune découverte. Vous Mon,
vous voyez
la
fourbe
,
et
bien loin de
la
découvrir r
glisser entre nous deux.
chacun de nous Souffre qu au moins
je sois ton ombre. Furia y consentirait; mais moi, je suis
intraitable: je veux aller tout seul à la postérité.
La gloire aujourd'hui est très rare: on ne le croirait
jamais ; dans ce siècle de lumières et de triomphes, il n'y a
pas deux hommes aisurés de laisser un nom. Quant à moi,
si j'ai complété le texte de Longus , tant qu'on lira du grec
il y aura toujours quatre ou cinq hellénistes qui sauront que
vous lâchez d'en profiter pour vous
Vous semblezdire
à
:
,
j'ai existé.
une
Dans
dissertation
mille ans d'ici , quelque savant prouvera, par
,
que
je
m'appelais Paul-Louis
,
né eu
tel
(
ïteu
,
telle
qu'on en
année
ait
,
mort
tel
76)
jour de l'an de grâce
san*
jamais rien su ,et pour celte belle découverte
,
Tâchons donc de montrer que je suis
le seul restaurateur du livre mutilé de Longus
le vrai
la
chose en vaut la peine*, il n'y va de rien moins que l'immoril
sera de l'académie.
,
:
talité.
Vous savez, Monsieur,
disiez rien, et
Milan
M.
saitaûsji,
le
ces propres paroles
:
Milan
«
Envoyez-moi
quoique vous n'en
à qui j'écrivis de
ce qui en est,
Clavier
,
i3 octobre 1809.
vite, Monsieur, vos commissions
> je serai à Florence un mois
Rome
à
,
grecque^
tout l'hiver
,
et je
» vous rendrai bon compte des manuscrits de Pausanias.
> Il n'y a bouquin en Italie où je ne veuille perdre la vue
> pour l'amour de vous et du grec. Je fouillerai aussi pour
3>
mon compte dans les manuscrits de l'abbaye de Florence.
» Il y avait là du bon pour vous et pour moi dans une cen> taine de volumes du neuvième et du dixième siècle il eu
peut-être
> reste ce qui n'a pas été vendu par les moines
> y trouverais-je votre affaire. \vec le Charitou de Dorville
> est un Longus que je crois entier; du moins n'y ai-jc
> point vu de lacune quand je l'examinai ; mais en vérité
» il faut être sorcier pour le lire. J'espère pourtant en venir
» à bout, à grand renfort de besicles comme dit maître
> François. C'est vraiment dommage que ce petit roman
,
5
:
,
,
,
» d'une
si
jolie
inveution
> gués, plaît à toutes
les
,
qui
,
traduit dans toutes les lan-
nations
,
soit
dans
où nous le
mes
l'état
> voyons. Si je pouvais vous l'ofirir complet, je croirais
> courses bien employées
,
et
y aux Grecs présents et futurs.
mon nom assez recommanda
Il me faut peu de gloire; cVst
» assez pour moi qu'on sache quelque jour que
s vos études et votre amitié
»
et
partagé
j'ai
M. Lamberti lut cette lettre, où il était question de lui,
me promit dès- lors de traduire le supplément, comme il
pouvait faire mieux que personue.
Il
se
toutes ces circonstances, et voici ce qu'il
rappelle
m'en
très
écrit
:
bien
(77
)
Délia spêranza'che avevate di scoprire nel codîce Fio->
Tfntino
Jrammento
il
Longo
di
Sujiita, vol
mi parlaste
daipritni moment i delvostro arriva in Milano. Çuesta
cosafu da me in quel tempo ancor detta ad alcuni amici ,
si/io
che non possono averne perduto la rimenbranza. Si parla
ancora délia traduzione italiana che sarebhe stato bene di
famé quando nonfossero riuscite vane le speranze délia
icoperta ; ed io per Vinjinita amicizia che vi prqfesso y
mivi obligai con solenne promessa per un taie lavoro.
gran ragione adunque midovettero sorprendere leciancie
del signor Furia che nel suo scritto si volevajarcredere,
,
,
A
,
corne cooperatore e partecipe di quello scoprimento ..(i).
.
Eufio
voici
,
en quel temps
«
Je
....
me
une
lettre
je vis ce
de M. Akerblad
manuscrit pour
la
,
qui montre assez
première
rappelle effectivement qu'il
y
fois
:
a trois ans nous
s>
allumes ensemble voir la bibliothèque de l'abbaye de Flo-
»
rence
où
,
,
entre autres manuscrits
roman de Longus
» qui contient le
erotiques grecs. Je
»
» dant
que
nuscrits
,
me
j'étais
occupé
dont
les
souviens
on nous montra celui
,
,
avec plusieurs autres
bien aussi que
très
pen-
,
catalogue de cesma-
à parcourir le
plus beaux ont disparu depuis
vous
long-temps à feuilleter celui deLonqui vous a fourni l'intéressant fragment que
,
» vous arrêtâmes assez
» gus
,
le
même
» vous venez de publier.
»
que ce manuscrit passât dans la bibliothèque de Saint-Laurent de Florence je l'avais vu à l'abbaye
je savais qu'il était complet
je l'avais dit ou écrit à
Ainsi bien avant
,
,
\
( i )
C'est-à-dire en français
:
ti
L'espoir que vous aviez <le trou-
j)
ver dans les manuscrits de Florence un texte complet de
f)
gus
,
me
fut
annonce par vous dès
y>
votre arrivée ici
y)
avoir perdu le souvenir.
jl
plèment en italien;
,
et j'en parlai à
Lon-
premiers moments de
quelques amis qui n'en peuvent
les
Nous parlâmes
aussi de traduire le sup-
à quoi je m'obligeai envers
vous par une so-
T lennelle promesse fondée sur l'amitié qui nous unit tous deux.
beaucoup d'étonnement que
•a
Ainsi, ce ne fut pas sans
vi
l'étrange folie et le bavardage de
r
cintre
,
M. Furia,
qni
prétendait avoir part à cette découverte. n
,
je vis
depuis
dans sa bro-
,
;S
(
;
tous ceux que cela pouvait intéresser. Depuis, dans la bibliothèque M. Furia me montra ce livre que je lui demaudais,
sans l'avoir tenu si
et queje connaissais mieux que lui
long-temps et moi je lui montrai dans ce livre ce qu'il n'a,
,
,
vu en
vait pas
ans qu'il a passés à
six
On
décrire et à en ex-
le
que tout le récit
de M. Furia , et les petites circonstances dont il l'a chargé
pour montrer que le hasard nous fît faire à tous deux entraire des sottises.
semble
de
voit par-là clairement
cette découverte
Or
faussetés.
si
,
,
qu'il appelle
dans
,
un
commune
notoire
fait si
,
,
«ont autant
M. Furia en
impose avec cette effronterie s qu'on juge de sa bonne foi
daus les choses qu'il affirme comme unique témoiu \ car à
ce mensonge, assez indiffèrent en lui- même il joiut d'autres
,
,
impostures
dont assurément
,
innoceuie mériterait
la plus
cent coups de bâton. C'était bien sur quoi
il
comptait pour
un peu à son aise comme l'huissier des
J'aurais pu donner dans ce piège il y a vingt ans
être
plaideurs.
,
jourd'hui
je
connais ces ruses
,
et je lui conseille
\
mais au-
de s'adresser
pu, par distraction, faire choir sur
bouquin labouteilleà l'encre; mais frappant sur le pédant
n'aurais pas la même excuse, et je sais ce qu'il m'en coû-
ailleurs. J'ai très-bien
le
je
terait.
Depuis
l'article
inséré dans la g3£elie de
Florence, par
lequel vous annonciez une édition du supplément
vrage entier
,
j'étais
ma
en pleine possession de
et
de Puu-
découverte,
que personne à sa conversation. Tout le
que j'avais trouvé ce fragment de Longus que
et plus intéressé
monde
savait
j'allais le
,
traduire et l'imprimer
droit de découverte
\
ainsi
étaient assurés
mon
:
mon
privilège,
on ne saurait ima-
giner que j'aie fait exprès la tache au manuscrit, pour m'ap-
proprier ce morceau inédit
ce que prétend
le priver
M. Furia
de sa part à
:
,
qui était à moi. C'est néanmoins
cette tache fut faite, dit-il,
la petite trouvaille
ce qui précède, à quoi celte part se réduit
pêcher
,
lui
ou quelqu'autre
édition. Cela est
prouvé
,
aussi capable
selon lui
,
pat
vous voyez
(
)
,
,
et afin
pour
par
de l'em,
d'en donner une
le refus
de
la
copie.
(79)
Ce
discours ne pont irouver de créance qu'auprès
deceui
pu l'enquand même votre annonce n'eût
treprendre à Florence
p3S appris au public et la découverte et à qui elle appartenait
~Se m'en croyez pas Monsieur } consultez les savants
qui n'ont nulle idée d'un pareil travail
;
car qui eût
,
'?
,
tous vous diront qu'il n'y avait
personne à Florence en état de donner une édition supportable de ce texte d'après un seul manuscrit. Il faut pour cela
de votre connaissance,
une connaissance de
la
et
langue grecque, non pas
fui
t
extraor-
dinaire, mais fort supérieure à ce qu'en savent les professeurs Floreotius.
Eu
Monsieur, huit pages sans points ni
transposés , omis , ajougloses confondues avec le texte des phrases entières
effet,
concevez
,
virgules, partout des mots estropiés
tés
,
les
,
par l'ignorance
altérées
tes
,
corrections
du
et plus
,
copiste.
souvent par
Pour débrouiller
les
impertinen-
ce chao*
,
Schre-
"e/ius donne peu de lumière à qui ue connaît que les Fables
me
d'Esope. Je ne puis
d'y avoir complètement
flatter
manquant de tous les secours nécessaires; mais hors
un ou deux endroits que ceux qui ont des livres corrigeréussi,
,
que M. Furia luiSchrevehus suivrait maintenant sans peine le sens de l'auteur d'un bout à l'autre.
Tout cela se pouvait faire par d'autres que moi, et mieux
à Venise ou à Milan, mais non à Florence.
ront aisément,
même
avec
,
j'ai
mis
Les Florentins ont de
grec, et
je crois qu'ils
tout au point
le
ma traduction
et son
l'esprit
,
;
eux beaucoup de gens de mérite,
mables ils patient admirablement
-,
vivantes
:
mais
ils
ne s'en soucient guère
savent peu de
:
il
y
a
parmi
fort instruits et fort aila
plus belle des langues
avec cela on se passe aisément de grec.
Quelle préface aurait pu je vous prie, mettre à ce fragment M. Furia s'il en eût été l'éditeur ? il aurait fallu qu'il
Dans le long travail que j'ai fait sur ce manuscrit dont
dît
,
,
,
:
j'ai
extrait des choses
si
peu
intéressantes
,
j'ai
oublié de dire
que l'ouvrage de Longus s'y trouvait complet \ on vient de
m'en faire apercevoir. Et là dessus , il aurait cité votre ar^
,
,
(So)
ticle de la gazette. Vous voyez, Monsieur, par combien de
raisons j'avais peu à craindre que ni lui ni personne songeât à me troubler dans la possession du bienheureux fragment. J'en ai refusé à M. Furia non une copie quelconque,
,
qui
était
lui
taine copie dont
claré
il
il
,
mais une cer-
comme mon ennemi dé-
en voulait faire n'était pas de
uele pouvait en aucune façon
du doute sur
jeter
bibliothécaire
voulait abuser
et l'abus qu'il
;
blier, car
pour
comme
iuutile
que
ce
,
mais de
publier.
j'allais
la
pu-
l'altérer,
Tout
cela
est, je pense, assez clair.
Mais
visible
si
l'on
j'aie
,
veut absolument que
mutilé ce morceau, que
mon
,
contre
je
venais de détenir et
intérêt
dont j'étais maître, pour consoler apparemment M. Furia du
petitchagrin quelui causait cette découverte , encore faudraitil
avouer que
adorateurs de Longus
les
me
doivent bien moins
de reproches que de remercîments. Si ce texte
pour
l'avoir
complété
est
si
sacré
détruit quelques mots dans le manuscrit ne saurait être
crime d'état, que
ne
soit
un
,
mérite des statues. La tache qui en
je
du
la restauration
bienfait public
:
mais
pensent des gens bien sensés
si
un
imprimés
tout dans les
comme
tout l'ouvrage,
le
qu'une fadaise
qu'est-ce donc que ce pâté dout on fait tant de bruit ? En
bonne foi, le procès de Figaro, qui roulait aussi sur un pâté
d'encre , et la cause de l'Intimé, sont, au prix de ceci des
,
n'est
en
soi
,
,
affaires graves.
Et quand
il
serait vrai crue
,
par pure
folie
J'aurais exprès gâté le tout ou bien partie
Diulit fragenient
.
Ce que nous avons
qu'on mette en compensation
fait
depuis celte action ;
du supplément qui se distribue gratis
entier donnée aux savants, et enfiu cette
et l'édition
livre
,
et celle
du
traduction
dont vous rendez compte, qui certes éclaircit plus le texte
que la tache ne l'obscurcit. On ne vous soupçonnera pas
Monsieur
complété
,
de
partialité
la version
pour moi. Vous trouvez que j'ai
dites-vous
si habilement
d'Amyot
,
qu'on n'aperçoit point trop de disparate entre ce qui
est
de
(S,
lui el ce
que
j'y ai
ajouté
était difficile. Je ne suis pas
mcdeste
:
un accusé sur
)
vous avouez q
et
,
la se'leite,
se recommande par où
Geae traduction d'Amyot
mal,
tâche
c?tte
le
qui voit que son affaire va
peut
il
>e
en termes de pouvoir faire
ici
et lire
,
de tout.
parti
géncralempnt admirée, et
pa se pour un des plus beaux ouvrages qu'il y ait eu notre
langue. Ou ferait un volume de* louanges qui lui ont été
est
ou quatre an* , tant dans les
livre». L'un la
reg*rde
comme le chef-d'œuvre du genre naïf ; l'autreappelie Amyot
le créateur d un style qui ri a pu être imité un troisième
déclare aussi cette traduction inimitable , et va jusque lui
attribuer la grande réputation du roman de Long is. Or, ce
données seulement depuis
journaux que dans
les
trois
diffVen*
'
1
:
chef-d'œuvre inimitable
,
modèle que personne
ce
suivre dans le plus difficile de
1
seulement imite
tous
les
genres,
selon vous, assez hahilement
,
,
n'a
mais
corrigé partout, et vous n'osez dire, Monsieur, qu'il
rien perdu.
tout
le
L'entreprise était
monde
s'en serait
moqué
telle
,
pu
non
je l'ai
je l'aï
y
ait
qu'avant l'exécution
parce qu'en
effet
il
y
,
avait
peu de personnes capables de l'exécuter. Les gens qui
le grec sont cinq ou six en Europe; ceux qui savent
1g français sont en b'eo plus petit nombre. Miis ce n'est p3$
seulement le grec et le françiis qui m'ont scvi à terminer
cette belle copie, apiès avoir si heureusement rétabli l'ori-
très
savent
ginal
;
ce sont eucore plus
les
bons auteurs
italiens
,
d'où
j'ai
que des noires, et qui sont la vraie source des
beautés d'Amyot; car il fallut, pour retoucher et finir le
la réuuion as-ez rare des Unis hng e» qu'il
travail d'Amyot
posscdiit el qui ont formé son style. Ainsi ceite bîguelle,
toute b.igatelle qu'elle e^, et des plus petites a^suiémeuï,
peu de gens la pouvaient faire.
Je comprends, Monsieur que votre jugement n'est pas
celui de tout le moude, et que ce qui vous a plu, semblera ridicule à d'autres ; mais l'ouvrage n'étant connu a \e
par votre rapport, la préventioa du pubiic doit, pour le
moment, m'être favorable, et s; cette prtven.ion ea fav u
tiié
plus
,
,
6
Sa
(
ma
fit
traduction peut
manuscrit,
je
me
me moque
boune ou mauvaise.
Qu'où examioe doue
rigé
,
)
faire
si le
absoudre du
cri.iie.dt' Jè;e
qu'après cela on
fort
•
trouve
la
mérite d'avoie complété, cor-
que tout le monde lit avec
donné aux savants un texte qui sera bientôt tra-
perfectionné cette version
déliées, et
duit dans loutesles langues, peut récompenser lecrime d'avoir
effacé inviolablemeut
quelques mots dan» un bouquin que
personue ne lira.
, et que jamais
persouue avant moi n'a lu
Si j'avais l'éloquence de
M. Furia,
j'évoquerais
ici
1
ombre
gage qu'il en rirait,
et qu'il m'embrasserait pour avoir eufiu ternis en lumière
u
son œuvre amoureuse. Vous pouvez penser la mine q
de Longus,
et lui
contant l'aventure
,
je
"'i I
ferait à
M. Furia, qui
le laissait
manger aux vers dans
vé-
le
nérable bouquin.
J'ai
Ihonneur
Monsieur,
d'être,
etc.
Tivoli, le ao septembre 1810.
P. S. Est-ce la peine de vous dire, Monsieur, pourquoi je
vous envoya ni le texte, ni la traduction que je vous
avais promise? Accusé de spéculer avec vous sur ce fragment, dont je vous faisais présent , cmnme vous eu conve1
je
nez, le seul parti que j'eusse à prendre, n'était-ce pas de
le
donner moi-même au public? Je vous avouerai aussi que
votre ambition m'alarmait Si pour m'avoir accompagné
dans une bibliothèque, vous disiez et vo-s imprimiez à Milan Nous avons trouvé, et nous allons donner un Longus
complet n'était-il pas clair qu'une fois maître et éditeur
de ce texte, vous auriez dit, comme Archimède: Ji tai
trouvé. Vous et M. Furia vous alliez vous parer de mes plu»
belles plumes, et je restais avec la tache d'encre que personne ne me contestait. J'avais pensé faire deux parts
le
profit pour vous, l'honneur pour moi
vous vouliez avoir
l'an et l'autre, et ne me laisser que le pâté. Une pareille
,
:
,
,
\
:
prétention rompait tous nos arrangement?.
;
83
)
PÉTITION
AUX
DEUX CHAMBRES.
itJLESSlEtrBS
,
Je suis Tourangeau
de
la
;
j'habite
Luynes, sur
que
Loire, lieu autrefois considérable
,
la rive droite
révocatioa
la
de
l"édit
va
réduire à rien par de nouvelles persécutions
de Nantes a réduit à mille habitants,
et
,
que Ton
si
votre
prudence n'y met ordre.
J'image bien que
la
ne savent guères ce qui
plupart d'entre vous, Messieurs,
s'est
Luynes depuis quelques
peu de bruit en France
pour la clarté du récit que
passé à
mois. Les nouvelles de ce pays font
cl à
Paris surtout. Ainsi je dois
l'ai
à faire, prendre les choses d'un peu haut.
,
Il y a eu un an environ
à la Saint-Martin, qu'on com.
mença chez nous à parler de bons sujets et de mauvais sujets. Ce qu'on entendait par-là, je ne le sais pas bien, et si
,
]e
le savais
,
peut-être ne le dirais-je pas, de peur de
brouiller avec trop de gens.
En
me
Fouquet,
curé qui conduisait un
ce temps, François
au grand moulin, rencontra le
mort au cimetière de Luynes. Le passage était étroit ; le
curé voyant venir Fouquet sur son cheval lui crie de s'arrêter 5 il ne s'arrête point ; d'ôter son chapeau ; il le garde ;
il passe, il trotte, il éclabousse
le curé en surplis. Ce ne
fut pas tout, aucuns disent, et je n'ai pas peine aie croire,
qu'en passant il jura et dit qu'il se moquait (vous m'entendez assez) du curé et de son mort. Voilà le fait, Messieurs
je n'y ajoute ni n'en ôte; je ne prends point, Dieu
allant
,
•
6*
,,
(
ses tons. Il
fit
niai
34)
de Fouquet
le parti
m'en «aide,
je le
:,
ce cherche à diminuer
ni
,
blâme,
et le
Or
blâmai dès-lors.
en avint.
Trois jours après, quatre g«ndarmes entrent chez Fouremmènent aux pnsous de Langeais
quet , le saisissent
les menolies aux mains
et pour
lié, garroté , pieds nuds
surcroit d'Ignominie , eutre deux voleurs de grand chemin.
écoutez ce qui
,
,
,
Tous trois , on les jeta dans le même cachot Fouquet y fut
deux mois, pendant ce temps sa famille n'eut, pour subsister, d'autre ressource que la compassiou des bonnes gens
:
qui dans notre pays, heureusement ne sont pas rares. Il y a
chez nous plus de charité que de dévotion. Fouquet donc
en
ses enfants ne moururent pas de faim
heureux que d'autres.
vers le même temps et pour une cause aussi
élaut en prison
cela
il
On
:
,
fut plus
arrêta
,
,
grave, George* Mauclair, qui fut détenu cinq à six semaines.
Celui-là avait mal parlé, disait-on, du gouvernement. Dans
fait, la
que
c'est
que
le
le
peu de gens chez nous savent ce
gouvernement nos connaissances sur ce
chose est possible
;
;
point sont assez bornées
;
ce n'est pas le sujet ordinaire de
nos méditations*, et si Georges Mauclair en a voulu parler ,
je ne m'étonne pas qu'il eu ait mal parle ; mais je m'étonne
qu'on
l'ait
mis en prisou pour cela. C'est être un peu sévère,
me
semble. J'approuve bien plus l'indulgence qu'on a eue
pour un autre connu de tout le monde à Luynes, qui dit
ce
,
en plein marché, au
sortir delà messe, hautement, publiquement, qu'il gardait son vin pour le vendre au retour de
Bonaparte, ajoutant qu'il n'attendrait guères et d'autres
,
sottises pareilles.
ne vendait
ni
Vous
jugerez là-dessus
ne gardait son vin
mon
ler.
Mauclair n'en avait pas tant
opinion dans
on
celui-là cejpendant
qu'il est
bon
sujet
le
:
Et
temps.
l'a laissé
l'autre Y
plu à ceux qui font marcher
les
,
mais qu'il
On ne
fut
Messieurs, qu'il
,
dit
le buvait.
Ce
pouvait plus mal par-
pour être emprisonné
en repos
pourquoi
;
;
Y c'est
il est mauvais sujet:, il a dégendarmes voilà le point,
:
Messieurs. Châteaubriaud a dit dans le livre défendu
,
que
m
(
pour
le
lit
:
eutendait parler
à
)
Vous avez deux poids et deux mesures
mèmej'ait ,7'«« est condamne\ Pautre absous. Il
monde
tout le
Luynes
je crois
,
Messieurs
,
Lieu avec
:
tels
ou
,
de ce qui
c'est toute la
,
bon
tels?
sujet,
se passe à Paris
même
on vous
laisse vivre.
vous soutenu quelque procès contre un
saluer
vous
mai^
tel
,
Avez-
manqué
à la
querellé sa servante, ou jeté une pierre à son chien r
,
mauvais
êtes
comme
on
,
on vousapplique
sujet, partant séditieux-,
quelquefois on vous l'applique un peu rudement
Ja loi, et
bitants
;
chose. Etes- vous
fit
gens craignant Dieu
famille la plupart
,
et
vignerons
,
monsieur
le
maire, pères de
laboureurs, artisans, de qui
nul n'avait à se plaindre, bons voisins, amis officieux
viables
mœurs,
sans reproche dans
tous,
à
,
dernièrement à dix de nos plus paisibles ha-
,.
ser—
leur état, dans leurs
une hislong-temps grand bruit
au pays; car nous autres, gens de villages, nous ne sommes
pas accoutumés à ces coups d'état, L'affaire de Mauclair ,,ei
del'autre mis en piison pour n'avoir pas ô,té son chapeau , eu
leur conduite, mais mauvais sujets, C'est
toire singulière
qui a
,
passant, au curé
,
fait et fera
au mort
,
n'importe
;
tout cela n'est tien
au pris.
Ce fut
du matin
le jour
;
la ville; là
de
mi-carëme
la
,
le
i5 mars, à une heure
quarante geudann.es entrent dans
d'abord ,
, de l'auberge où ils étaient descendus
leurs dispositions,, pris toutes leurs mesures
tout dormait
ayant
fait
et les
indications dont
;
ils
avaient besoin
-,
dès la première
aube du jour, ils se répandent dans les maison». Luynes,
Messieurs, est, en graudeur , lu moitié du Palais-Royal j
l'épouvante fut bientôt partout ; chacun fuit ou se cache ;
quelques uns , surpris au lit, sont arrachés des bras de leurs
iemmes et de leurs enfants: mais la plupart, nuds , dans
les rues ou fuyant dans la campagne, tombent aux mains
de ceux qui les attendaient dehors. Après une longue scène
de tumulte et de cris , dix. personnes demeurent arrêtées i
c'était
tout ce qu'on avait
pareuts, louts enfant*
oerruis.
les
pu prendre.
On
les
auraieul suivis,
si
emmène
5
l'autorité
leuss
IV-
».
86
r
Ailleurs on dit la
Da y e
ment
loi
de nous,
trouverait partout écrit
il
que
rité. Il est vrai
Oh
l'autorité.
ici
,
serai* content
(0
.'
)
Messieurs, voilà le grand
L'autouté,
s'il
!
mot en France.
que le pèie Ga-
pouvait revivre un
Point de rai on
:
;
mo-
^auto-
celle autorité n'e>t pas celle des conciles
Pères de l'Eglise
,
moins encore des jurisconsultes ;
mais c'est celle des gendarmes qui en vaut bien une autre.
On enleva doncces malheuieux, sans leur dire de quoi ils
ni des
,
,
talent accusés
t
les
portes des prisons.
qui
le sort
ni
,
proches de
à leurs
conduire
On repoussa
les attendait
de
,
on défendit
et
,
jusqu'aux
les soutenir
des eufans qui demandaient
encore un regard de leur père, et voulaient savoir en quel
lieu
allait être enseveli.
il
en avait point qui ne
et sa
femme,
laissât
Des dix arrêtés cette fois, il n'y
une famille à l'abandon. Brulou
deux dans
tous
les
cachots six mois entiers
,
demeurés orphelins.
Pierre Aubert
veuf, avait uu garçon et une fille; celle-ci
de onze ans, l'autre plus jeune encore, mais dont à cet âge
la douceur et l'intelligence intéressaient déjà tout le monde.
A cela se joignant alors la pitié qu'inspirait leur malheur,
chacun de son mieux les secourut. Rien ne leur eût manqué,
autant de temps, sont
leurs enfants,
,
les soins
si
paternels se pouvaient remplacer; mais la petite
tomba dans une mélancolie dont on ne
bientôt
gendarmes
sVfFacaient point de sa mémoire.
traire.
Cette nuit
,
ces
qu'elle avait conservée d'un
si
sèrent jamais reprendre la gaîté ni
fait
et
,
que languir depuis
,
affreux réveil,
les
faisant voir
le lui
rappeler à
lui
il
;
elle obtint
vue
,
il
ne
apprendre
(1)
Voyez
«juiucourt
,
adoucir son chagriu
la vie
prison. Il l'a
encore;
,
l'a
,
,
n«
ne
lui lais-
à peu. Refusant
,
mais trop lard
embrassée
,
jeux de son âge; elle n'a
toute nourriture, sans cesse elle appelaitson père.
en
put dis-
de terreur
L'impression
consumer peu
et se
la
son père enchaîné
il
se flatte
et
,
On
crut,
peut-être
la
de
la
l'entrée
de l'embrasser
sait
pas tout son malheur, que frémissent de
les
gardiens
la Conversation
même
de
ces lieux.
du père Canaye
dans Saint-Evremont.
et
Au
fond de
du maréchal d'Hoc-
(8 7
)
1
demeure!, il vil de l'espérance d ètre enfin quelque jour rendu à la lumière , et de retiouver sa fille ; de puis quinze jours elle est morle.
ce» horribles
Justice, équité
,
providence
abuse! quelque part que
crime triomphant
je
vains mots dont ou nous
!
tourne
les
yeux
ne vois que
,je
l'innocence opprimée.
Je sais id
de parjures et de sottises tout ensemble n'a pu consommer sa ruine; une famille qui laboure
le
qui
de trahisons
à force
,
champ de ses
le
et
,
,
pères est plongée dans les cachots, et dis-
paraît pour toujours. Détournons nos regards de ces triste*
exemples
qui feraient renoncer au bien
,
et
même
douter
de
la vertu.
Tous
ces
raconter
,
bout de quelques jours
partistes
}
même
comme
pauvres gens arrêtés
furent conduits à Tours
7
je
de vou*
viens
Au
mis en prison.
,.et là
on leur apprit qu'ils étaient bona-
mais on ne voulut pas
condamner sur
les
cela
renvoya ailleurs
avec grande raison j car il est bon' de yous dire Messieurs,
qu'entre ceux qui les accusaient et ceux qui devaient le*
juger comme bonapartistes , ils se trouvaient les seuh
peut-être qui n'eussent point juré fidélité à Bonaparte, poin*
ni
leur faire leur
procès^ on
les
,
,
recherché sa faveur
,
ni protesté
personne sacrée. Le magistrat qui.
rigueur aujourd'hui
,
de même leurs enfants
autre motif,
par
les
sous prétexte de bonapartisme
il
y
a
peu d'années
pour avoir refusé de
mêmes
de leur dévouemeut à sa
les poursuit avec tant dy
suppôts,
servit
,
Bonaparte.
saisir le conscrit
,
traitait
mais pour un tout
Il faisait,
réfractaire
,
et
cou
dm're aux galères l'enfant qui préférait son père à Bonaparte.
Que
dis-je? au défaut de fenfanl^il saisissait le père
faisait
reux dont
le
même
,
champ, les bœufs et U> charrue du malheufils avait manqué deux fois à l'appel de Bona-
vendre
le
de bonapartisme
car je ne veur.
que
ce soit. Mais
qui
pour
haine
<!e
n'ai
nul emploi, et
je soutiens qu'en aucun cas, on ne peut avoir de raison
ou à Paris cent paille \ cas
d'arrêter à Luynesdix personnes
parte. Voilà les gens qui nous accusent
Pour moi
je n'accuse
ni
ne dénonce
,
!
j,
[
«est
la
même
chose.
Il
^O
j
n'y saurait avoir a Luyues dix voleurs
reconnus parmi
les
est ;i clair qu'il
me semble
habitants, dix assassins domiciliés
aussitôt
prouvé que
dit.
;
cela
Ce sont
donc dix ennemis du Roi qu'on prive de leur liberté, dix
liommes dangereux à l'état Y Oui Messieurs à cent lieues
de Paris dans un bourg écarté ignoré qui n'est pas même
lieu de passage où Ton n'arrive q'iepardes chemins im,
,
,
,
,
,
pialicabïes
tat et
du Roi
a là dix conspirateurs
y
il
,
dix
,
Le
caution toutefois.
A
militaire.
hommes dont
il
minuit on monte à cheval
égorger,poiut de postes à surprendre
dix ennemis de l'é-
;
;
,
-,
on part
avec préopéralioa
de toute
secret est l'âme
aux portes de Luynes
sans btuil
,
fiuts'assurer
;
on arrive
point de sentinelles a
on entre, et, au moven
de mesures si bien prises on parvient à saisir une femme,
un barbier, un sabotier quatre ou cinq laboureurs ou vi,
,
gnerons
Le
et la
,
dirai— je
r*
monarchie
est
sauvée.
séditieux sont ceux qui en trouvant
les vrais
partout, ceux qui armés de pouvoir
leurs ennemis les ennemis du Roi ,
tels à force
v ient toujours dans
de les rendre
de vexations; ceux enfin qui trouvent dans Luynes
dix
hommes
par
le
Roi
,
et lâchent
à arrêter, dix familles à dé«oIer, à ruiuer
voilà les enuemis
;
du Roi. Les
faits
de
parlent
,
Messieurs. Les auteurs de ces violences ont assurément des
motifs autres que l'intérêt public. Je n'entre point dans cet
examen
et
ai
;
j'ai
par vous
,
voulu seulement vous
s'il
se
peut
pas encore tout dit
,
,
faire connaître nos
eu obtenir la
fin.
Mais
je
maux
ne vous
Messieurs..
Nos dix détenus soupçonnés d'avoir mal parlé le tribunal
de Tours déclarant qu'il n'était pas juge des paroles, furent
transférés à Orléans. Pendant qu'on les traînait de prison
eu prison d'autres scènes se passaient à Luynes. U.ie nuit
on met le feu à la maison du maire. Il s'en fallut peu que
cette famille respectable, à bejucoup d'égards, ne pérît dans
tess flamme-. Toutefois les secours arrivèrent à temps. La dessus gendarmes de marcher; on an êle on emmène, on
,
,
,
,
,
emprisonne tous
œux
qui pouvaient paraître coupables.
L3
,
(8 9
justice cette fois semblait
tout le
monde
point
Messieurs
,
pas bien
,
du
car
ne
il
du maire
soupçonnait
il
;
peut-êire avec raison. Je ne vous fatiguerai
,
des détails de ce procès
,
que
ne connais
je
qui dure encore. J'ajouterai seulement que des
et
condamna deux
dix premiers arrêtés, on eu
^
)
côté
fallait
à la déportation
pas que l'autorité eût tort)
;
deux sont en
prison; six, renvoyés sans jugement, revinrent au pays,
ruinés pour la plupart
leurs travaux.
vaient pas
même mal
allez
infirmes, hors d'état de reprendre
est
il
parlé.
jamais l'occasion d'agir
Mais vous
,
Ceux-là,
permis de croire
Dieu veuille
qu'ils
qu'ils n'a-
ne trouvent
!
croire
Luynes un
de malfaiteurs iucoirigibles, un
f<
>yer
repaire de brigands
,
com-
de révolte, de
que ce bourg bloqué eu
gendarmes à la faveur de la nuit
dont on emmène dix prisonniers , et où. de pareilles expéditions se renouvellent souvent , ne saurait être peuplé que
d'une engeance ennemie de toute société. Pour en pouvoir
plots contre l'état. Il vous semblera
pleine paix
,
,
surpris par les
il vous faut remarquer d'abord que la Toude toute les proviuecs du royaume, non seulement
plus paisible, mais la seule peut-être paisible depuis vingt-
juger, Messieurs,
raine est
la
,
ciuq ans. Eu effet
où trouverez- vous, je ne dis p->s eu
France, mais dans l'Europe eulière, un coin de terre habidurant ce période , ni guerre , ni prostée où il n'y ait eu
,
,
,
criptions
,
dire de la
civils
ciel
et
paix.
Touraine
,
d'aucune espèce Y C'est ce qu'on peut
qui, exemple a
des invasions étrangères
pour
,
ni troubles
être
,
la fois
des discordes
sembla réservée par
dans ces temps d'orage
,
le
l'unique asil« de la
Nous avoos connu par ouï-dire les désastres de Lyon ,
Vendée et les hécatombes humaines du
des horreurs de la
grand-prêtre de
la
génie qui inventa
la
alors
,
,
,
raison
,
et les
grande guerre
massacres calculés de ce
et la
haute police
de tant de fléaux nous ne ressentions que
au milieu des tourmentes, comme
tourés des sables mouvants du désert.
calmes
Que
si
le
;
mais
bruit
ces Oasis
,
en-
vous remontez à des temps plus ancien?, après
le*
9»
(
)
fuuestes revers de Poitiers et d'Aziucourt
me
tacte
nos
du
,
,
,
Ces troubles qui
rois.
,
s'arrêtèrent
Loire. Car
durant
,
des frontières et de la capitale
mouvements populaires
mais les femmes de Tours
nous sentons
,
;
Cher
le
éloignés
derniers
les
de la guerre. Jafumée d'un camp.
et les
secousses
n'ont
vu
la
u;i
la prison
aux campagnes qu'arrosent
l'avantage de notre position
tel est
les
,
comme
Retendant partout
,
couvrirent la France de ruines
,
Jean
roi
Or
royau-
Je
,
incendie
et la
quand
,
inen proie aux armées ennemies la Tojiraine
préservée de toute violence , fut le refuge de
vierge
était
dans cetre province, de tout temps
heureuse
si
si
,
n'y a point de canton plus paisible
que Lujnes. Là, on ne sait ce que c'est que vols , meurtres
violences ; et les plus anciens de ce pays
où l'on vit long-
pacifique
,
calme
si
,
il
,
temps
n'j avaient jamais vu ni prévôt ni archers
,
,
avant
pour apprendre à vivre à Fouquet. Là , on ignore jusqu'aux noms de factions et de partis
on cultive ses champs j on ne 3e mêle d'autre chose. Les
ceux qui vinrent
l'an passé
,
,
;
haines qu'a semées partout la révolution n'ont point
chez nous, où
la
lunes nouvelles.
révolution n'avait
Nous pratiquons
d'obéir aux puissances
de peur de ne pas
gue
!
•,
propos
pris ce prétexte
À
de
fait
précepte divin
Vive
,
le
Roi
et cette
!
Vive
,
Li-
la
politique nous
,
cris
de nous brûler
ancêtres,
le
où Fouquet passa devant le mort
présent même je m'étonne qu'on
séditieux pour nous persécuter
tout autre eût été plus plausible
bien
,
nous ne crions rien du tout
avait réussi jusqu'au jour
ait
surtout
germé
victimes, ni for-
mais, avertis tard des changements
crier à
sans ôterson chapeau.
fait ni
comme
et je
;
:
trouve qu'on eût aussi
entachés de l'hérésie de nos
que de nous déporter ou nous emprisouner comme
séditieux.
Toutefois vous voyez que Luynes n'est point
comme
vous l'auriez pu croire
de ces repaire» qu'on livre à
lieu le plus tranquille
«Uns tout
le
royaume.
de
la
la
,
un centre de
,
Messieurs
rébellion
vengeance publique
\
,
mais
T
uu
l«
plus soumise province qui so:c
Il était tel
du moins
,
avant qu'on n'y
(9*
)
eût allume, par de criantes iniquités
,
des ressentiments et
des haines qui ne s'éteindront de loug-temps. Car
vous
le
fut
s'il
dire, Messieurs, ce pays n'est plus ce
calme pendant des
La
nant.
terreur à présent
y
alors
a
y règne
il
,
ne
et
l'est
était;
plus mainte-
la
maison du maire,
quelques mois, vous prouve à quel degré
la
rage était
augmentée depuis, et cela chez des
jusqu'à ce moment, n'avaient montré que douceur,
montée;
gens qui,
je dois
ne cessera que pour
vengeance. Le feu mis à
faire place à la
il
siècles,
,
qu'il
elle
est
patience, soumission à tout régime supportable. L'injustice
même?,
lésa révoltés. Réduits au déiespoir par ces magistrats
leurs naturels
les
protéger
ceux qui
les
devoir des
appuis, opprimés au
ils
,
nom
des
lois
ne connaissent plus de frein
,
qui doivent
parce
que,,
gouvernent n'ont point connu de mesure. Si
législateurs est
de prévenir
les
crimes
,
le
hâtez-
de mettre un terme à ces dissensions. Il
que votre sagesse et la bonté du Roi rendent à ce malheureux pays le calme qu'il a perdu.
vous, Messieurs
,
faut
Paris
,
le
10
Décembre 1816.
,
y.
(
)
LETTRE
A MESSIEURS
DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS
ET BELLES -LETTRES.
CVW r/W /VW 0JW <*J%r^
M
J-TJ.ESSILUR&
C'est avec
je
me vois
,
grand chagrin, avec une douleur extrême, que
Académie, puisqu'enfin vous u«
exclus de votre
voulez point de moi. Je ne m'en plains pas toutefois. Vous
pouvez avoir, pour
cela, d'aussi bonrjes raisons
me
fuser Coraï et d'autres qui
avec eux, vous ne
se
moque de
lu
,
» tions
faites
Un
nui tort
que pour re-
Eu me
mettant
mais d'un autre côté, on
;
heureusement peu
«Monsieur Courier s'est présenté se présente
présentera aux élections de l'Académie des Inscripet Belles-Lettres, qui le rejette unanimement. Il faut
imprime
» et se
me
valent bien.
moi.
auteur de journal
,
:
,
autre chose que
du grec. On vient d'y recevoir le vicomte Prévost dTrai
» gentilhomme de la chambre, le sieur Jomard, le chevalier
» Dureau de La Malle ; gens qui à dire vrai
ne savent
» pour être admis dans cet illustre corps
,
»
,
,
> point de grec, mais dont
Voilà
les
les
principes sont connus. >
me faut essuyer. Je saurais
me fâche le plus, c'est que
prédiction que me fit autrefois mou
plaisanteries qu'il
bien que répondre
}
mais ce qui
je vois s'accomplir cette
Tu ne seras jamais rien. Jusqu'à présent je doutais
(comme il y a toujours quelque chose d'obscur dans les oraTu ne feras jamais
sles)., je pensais qu'il pouvait avoir dit
père
:
:
,
9°'
(
)
rien; ce qui m'accommodait assez,
en ne faisant rien,
homme sans
doute avait dit,
ne seras jamais rien
,
se
il
lune
même
monde
le
;
car
singu-
et
,
Le bon-
m'abusais.
je
;
rarement
et
c'est-à-dire
,
semblait
dans
pouvais parvenir à tout
je
de l'Académie
lièrement à être
me
et
mon avancement
d'un bon augure pour
trompa
Ta
ni gendarme,
:
seras
duc, ni laquais, ni académicien.
Paul-Louis pour tout potage, id est , rien. Ter-
ni rat-de-cave, ni espion ,ni
Tu
seras
mot
rible
!
C'est folie de
lutter contre sa destinée. Il
places vacantes à l'Académie
en obtenir une. J'avais
et je le croyais
sieurs
Vous
!
e
t
,
quaud
,
je
mérite requis
le
me
on
;
y
avait
trois
présentai pour
me
l'asjurair.
vous l'avoue. Trois places vacantes, Mes-
je
notez ceci
,
je
vous prie , personne pour
les
remplir.
aviez rebuté tous ceux qui en eussent été capables. Coraï,
Tliurot, Haase
repoussés une fois, ne se présentaient plus.
,
Le pauvre Chardon de
la
simple de croire obtenir
,
à peine désabusé
,
Rochette qui
par
mourut.
J'étais
dusse redouter. Les candidats
,
toute sa vie, fut
si
une place de savant,
donc sans rivaux que je
la science
,
manquant, vous
paraissiez
en peine ,et aviez ajourné déjà deux èlecliom faute de sujets
recevantes. Les uns vous semblaient trop habiles;
trop ignorants
;
autres
les
car saus doute vous n'avez pas cru qu'il n'y
eût en France personne digne de s'asseoir auprès de Gail.
Vous cherchiez
sages.
Que
cette médiocrité justement vantée par
vous dirai-je
6131111?
m'appelait au fauteuil. Visconti
courageait
me
dire
:
,
Letronne
Dignus
je rne présentai
me
poussait, Millin
\
,
et n'eus
que
j'eus
les
favorisait, tout
m'en-
chacun semblait
es intrare. Je n'avais qu'à
donc
Non, Messieurs, non, je
Vous me vouliez du
les visites
me
tendait la main
faute.
dans
Tout me
me
présenter
5
pas une voix.
le sais
,
ce ne fut point votre
bien, j'en suis sûr.
l'honneur de vous
Il
y parut
Vous
faire alors.
m'accueillîtes d'une façon qui ce pouvait être trompeuse.
Car pourquoi m'auriez-vous
droits.
La
plupart
1
flatter
même d'entre
Vous me reconnûtes des
vous se moquèrent un peu
(94
)
avec moi de me* noble; concurrent» car tout en les nom»
vous les sa?ez bien apprécier ,
niant de préférence a moi
et n'êtes pas a<sez peu instruits pour me confondre avec
;
,
,
me
messieurs de l'OEil-de-Bœuf. Enfin, vous
tice
en convenant que
,
remplir dans l'Académie. Mais quoi
trois places a
de n'être
est
rendîtes jus-
ce qu'il fallait pour
j'étais
Vous
rien.
eûiej beau vouloir faire
?
une des
mon
sort
de moi quel-
que chose, mon étoile l'emporta toujours, et vos suffrages ,
détournés par cet ascendant, tombèrent, Dieu sans donte
voulant, sur
le
La
gentilhomme
le
noblesse
Messieurs
,
quelque chose de
sait tout le prix.
certain temps.
du Roi
,
nom, avec grande
,
c'est, et la différence
même
pays
dans
le
tres.
Chardon de
paysan
la
comme moi
,
tâter
•,
pour
à l'usurpateur et
et
ceux qui
mieux
se faire
autre-
,
ne mette du moins un de à
,
fait
Car voyez ce que
du gentilhomme au roturier
Rochelle
,
,
dans
l'égalité,
malgré ce
un peu dé-
de l'usurpateur au
raison vraiment.
qu'on
de
,
,
ont bien changé d'avis depuis un
,
faute de
Boi
son
pas une chimère mais
bon dont on
très solide, très
vilain qui,
Il n'est
crasser, n'aille
,
Chacun en veut
dégoûtés
fois firent les
ou qui
très réel
ordinaire.
n'est
,
{
la
république des let-
vous l'avez tous connu),
nom pompeux
,
n'ayant que
homme de
abîmé dans l'élude dépense son patrimoine en livres
en voyages visite les monuments de la Grèce et de Rome
les bibliothèques, les savants, et devenu lui-même un des
hommes les plus savants de l'Europe connu pour tel par
savoir, de la probité
du
rien
,
des
mœurs
enfin
,
,
un
,
,
,
,
,
,
ouvrages
ses
le refuse.
,
Non
se présente à
\
c'est
ne l'écouta pas.
on
l'Académie, qui tout d'une voix
mal dire; on ne fit nulle attention à lui,
en mourut, grande sottise. Le vicomte
Il
Prévost passe sa vie dans
ses
de ses plantes fleuries
il
terres
ou foulant le parfum,
compose un couplet afin d^en—
tretenir ses douces rêveries. L'Académie qui apprend cela %
(non pas l'Académie française où deux vers se comptent
ponr un ouvrage; mais la vôtre, Messieurs l'Académie en
us celle des Barih lemi des Dacier des S au m aise) offre
.
,
,
,
,
,
,
,
9*
(
signe qu'il
Rien
et
M.
a
le
,
n'est
:
d'armes
un
,
homme comme M.
le
vicomte
est militaire
,
guerre, de l'Académie sans savoir lire. La coude France ne veut pas dit Molière, qu'un gentil-
sans faire
tume
la
,
homme sache
rien faire
,
Napoléon
velles
,
génie
la
noblesse
ses soldats
,
litres
France perdait
la
Oui, Messieurs,
toi.....
,
dieu tulélaire des races antiques et nou-
,
restaurateur des
toi
vous
,
même coutume veut que
même celle de l'Académie.
et la
toute place lui soit dévolue
sans
)
vicomte une place dans son sein; il fait
acceptera et le voilà nommé tout d'une voix.
un gentilhomme de nom
plus simple que cela
timidement
lui
ce grand
homme
\
sans
,
comme
aimait
prenait des gentilshommes pour en faire
,
ou bien
hommes. Sans
sauveur des parchemins
,
l'étiquette et le blason
de
les
,
soldats
ses
des gentils-
faisait
vicomtes que seraient-
ils
même
r pas
académiciens.
Vous voyez bien
point.
,
Messieurs
Je cause avec vous
plaiodre
,
ce serait de
moi
,
,
et
:
que
de
je
fait
ne vous en veux
si
,
j'avais à
me
non pas de vous. Qui diantre
l'Académie, et qu'avais- je
moi , qui sachant du grec
lue poussait à vouloir êire de
besoin d'une patente d'érudit,
autant qu'homme de France , étais connu et célébré par
tous les doctes de l' Allemagne ,sous les noms de Correrius
Courierus Hemerodromus Cursor , avec les éphi tètes de
vir acutissimus , vir prœstantissimus ,
vir ingeniosus
,
,
homme d'érudition homme de capacité,
docteur Pancrace. J'avais étudié pour savoir, et
c'est-à-dire,
comme
le
j'y étais
parvenu
,
,
au jugement des experts.
Que me
fallait-
davantage?» Quelle bizarre fantaisie à moi, qui m'étais
moqué quarante a us des cotleries littéraires , et vivais en
il
repos loin de toute cabale, de m'aller jeter au milieu de
ces méprisables intrigues ?
A
vous parler franchement, Messieurs
,
c'est
là
le
point
démon apologie c'est Y&Tendroit que je sens
faible et que je me voudrais cacher. De raisons je n'en ai
point pour plâtrer cette sottise, ni même d'excuse valable.
embarrassant
\
,
(
Alléguer des exemples
9^)
ce n'est pas se laver
Assez de gens
les taches des autres.
sages
,
que moi, plus habiles, plus philosophes
ne vous effrayez pas), ont fait la
même chemin aussi lourdement.
avantage en puis-je
tirer,
Messieurs
les
tient le
montier
plu»
,
Messieurs
(
,
même faute et bronché eu
Que prouve cela!' quel
sinon de donner à pen er
c
par-là seulement je leur ressemble? Mais
étude
c'est
,
pourrais-je dire
,
,
que
pourtant, Coraï
,
parmi ceux qui ont pris pour objet de leur
monuments écrits de l'antiquité grecque , Corai
premier
rarjg
ouvrages nombreux
,
nul ne
;
s'est
rendu plus célèbre
sans être exempts de fautes
,
;
ses
font l'ad-
miration de tous ceux qui sont capables d'en juger
Coraï
;
patriarche,
heureux et tranquille à la tête des hellénistes
en un mot delà Grèce savante et partout révéré de toutce
qui sait lire alpha et oméga ; Coraï une fois a voulu être de
l'Académie. Ne me dites point , mon cher maître ce que je
sais comme tout le monde, que vous l'avez bien peu voulu,
que jamais cette pensée ne vous fût venue sans les instances
de quelques amis moins zélés pour vous peut-être que
pour l'Académie et qui croyaient de son honneur que votre
nom parût sur la liste que vous cédâtes avec peine et ne
fûtes prompt qu'à vous retirer. Tout cela est vrai et vous
est commun avec moi , aussi bien que le succès. Vous avez
voulu comme moi votre indigne disciple être de l'Académie.
C'était sans contredit aspirer à descendre. Il vous en a pris
comme à moi. C'est-à-dire qu'on se moque de nous deux
Et plus que moi vous avez pour faire cette demande ,
écrit à l'Académie qui a votre lettre et la garde. Rendez-la
de grâce ou ne la montrez pas du moins.
lui, Messieurs
Une coquette montre les billets de ramant rebuté, mais elle
ne va pas se prostituer à Jomard.
,
,
,
,
,
,
,
;
,
,
,
Jomard
,
,
à la place de Visconti
dant à Clavier
!
!
M.
Presvost d'Irai succé-
Voilà de furieux arguments contre le pro-
grès des lumières, et les frères ignorantins
eux-mêmes
bon
gré.
dicté ces nominations,
s'ils
ne vous ont
vous eu doivent savoir
,
(97
Jomard dans
présent, Messieurs, vous
tout
,
)
de Visconti
le fauteuil
y
et les plus bizarres contrastes
avouez que
d'aniuser. Mais
Ce
que
n'y eût rien
sa réception.
Il
,
une cbose
le
on se fait à
temps , cessent
;
fois cette
à voir
je
,
manqué de
5
pour varier
bouffon-
m'imagine
celle
foirussi le récipiendaire eût su autant de latin.
Messieurs, croyez-moi
bien qu'à
je crois
avec
première
la
nerie vous a réjouis.
fut
!
accoutumés
êtes
,
de Dia-
Maintenant
divertissement, es-
le
sayez (nature se plaît en diversité (1) de mettre à la place
d'un âne un savant, un helléniste. A la première vacance,
peut-être, vous en auriez le passe-temps
;
nommez un de
ceux que vous avez refusés jusqu'à préseut.
Mais ce M. Jomard, dessinateur , graveur ou quelque
que je ne connais point d'ailleurs, et
,
que peu de gens, je crois, connaissent, pour se placer ainsi
entre deux gentishommes, le chevalier et le vicomte, quel
,
cbose d'approchant
homme
donc
est-ce
je
,
vous prie? Est-ce un gentilhomme
ou bieu un artiste en,
marquis de Canova Y ou serait-ce seulement
un vilain qui pense bien ? les vilains bien pensants fréquentent la noblesse ; ils ne parlent jamais de leur père , mais on
qui déroge en faisant quelque chose
nobli
comme
le
leur en parle souvent.
M. Jomard
,
toutefois, sait
quelque chose
diriger au moins des graveurs
,
et les
;
il
sait
graver,
planches d'un livre
font foi qu'il est bon prote en taille-douce. Mais le vicomte,
que
sait-il V
sa généalogie; et quels titres a-t-il ? des titres
de
noblesse pour remplacer Clavier dans une Académie!* Chose
admirable que parmi quarante que vous étiez , Messieurs ,
savants ou censés tels, assemblés pour nommer à une place
pas un ne s'avise de proun savant; pas un seul ne
songe à Coraï , nul ne pense à M. Thurot, à M. Haase, à
moi, qui en valais un autre pour votre Académie tous d'un
de savant, d'érudit, d'helléniste
poser un helléuiste
,
un érudit
,
,
;
commun
(1)
Met
accord
,
parmi tant de héros vont
de Louis XI.
,
choisir Chil-
(!.8
dehmnd
néral
tous veulent
;
on
,
sait
le
.
ï
vicomte. Les compagnies, en gé-
le
ne rougissent point
et les
,
académies
!...
UDe académie de danse et que
nous verrions quelque jour, à
les grands en voulussent être
que l'Académie en
la place de Vestris , M. de Talleyrand
corps complimenterait, louerait, et dès le lendemain raierait de sa liste pour peu qu'il paiût se brouiller avec les puisah
Messieurs
!
,
s'il
y
3vait
,
.
,
,
sances.
Vous
si
faites de ces cho
grand seigneur, mais
:
es-!à.
i!
l'autre à danser la gavotte.
dieux
choisis
!
par vous
est
M. Prevost-dTrai
propre
à
n'est
vos études
Et que de Childebrand*
,
,
bons
proclamés unanimement, à l'exclu-
et
Preet de toute espèce d'instruction
Jomard, Dureau de La Malle Saint-Martin ,
de toute science
sion
vost-d'Irai
pas
comme
,
,
non pas tous gentilshommes. Aux vicomtes, aux chevaliers,
la roture. L'égalité académique n'en souffre
point pourvu que l'un ne soit pas plus savant que l'autre,
et la noblesse n'en pas de rigueur pour entrer à l'Académie l'ignorance bien prouvée suffit.
Cela est naturel quoiqu'on en puisse dire. Dans une compagnie de gens faisant profession d'esprit ou de savoir, nul
ne veut près de soi un plus habile que soi, mais bien un
plus noble un plus riche et généralement, dans les corps
nulle distinction ne fait ombrage si ce n'est celle
à talent
du talent. Ln duc et pair honore l'Académie française qui ne
veut point de Boileau refuse Labruyère, fait attendre Volvous mêlez de
,
;
,
;
,
,
,
,
taire, mais reçoit tout d'abord, Chapelain et Courart.
niême,nons voyons
Cora'i
repoussé
,
à
l'Académie grecque
Jomard y
lorsque
entre
le
vicomte
comme
De
invité,
dans un
moulin.
Mais cequ'ilya dp plus merveilleux c'est cette prudence
qui
après la mort de Clavier et celle de
,
,
de l'Académie
,
Viscouti arrivée presqu'en
telles pertes, et
élections,
d'abord
,
même
afin
prend du temps, remet
caution remarquable
et
temps, songe à répaier de
de mieux choisir
le
,
diffère ses
tout à six mois, pré-
iofiuiment sage. Ce n'était pas un*
(09)
faire sans réflexion
chose à
deux hommes
à
Il
y
fallait
que de nommer
,
aussi savants
regarder
entre les doctes
élire
,
des successeurs
que ceux-là.
aussi célèbres
,
,
sans faire tort
aux autres, les deux plus doctes } il fallait contenter le pumontrer aux étrangers que tout savoir n'est pas mort
chez nous avec Clavier et Visconti, mais que le goût des
blic
,
de l'histoire et des langues, des mnnuhumaiu vivent eu France comme en Allemagne et en Angleterre. Tout cela demandait qu'on y pensât
mûrement. Vous y p°nsâtes six mois, Messieurs, etau bout de
arts antiques, l'étude
rnens de l'esprit
six
mois, ayant suffisamment considéré, pesé
de chacun des prétendans
droits
Si je le redisais
pour
faire
,
rire.
,
à la fin
ie
mérite,
les
vous nommez....
nulle gravité n'y tiendrait, et je n'écris pas
Vcras savez bien qui vous
Ce ne
place de Visconti.
fut ni Coraï
,
ni
nommâtes à la
ni aucun de
moi
,
ceux qu'on connaît pour avoir cultive quelque genre de littérature. Ce fut un noble, un vicomte, un gentilhomme de
la chambre. Celui-là pourra dire qui l'emporte en bassesse
de la cour ou de l'Académie , étaut de l'une et de l'autre ,
question curieuse qui a paru , dans ces derniers temps, déen
cidée
quand vous ne
votre faveur, Messieurs,
faisiez
réellement que
maintenir vos privilèges et conserver les
avantages acquis par vos prédécesseurs. Les Académies sont
en possession de tout temps de remporter
Cour ne
sorte de bassesses, et jamais
le
prix de toute
un abbé de
pour avoir parlé scus Louis
un peu lib r erneut de L-»uis XIV
ni ne s'avisa d'examiner laquelle des
proscrivit
XV
St.- Pierre,
,
vertus
du
R
>i
Enfin voilà
méritait les plus fades éloges.
de cette Académie dont
où ils tenaient le premier
rang Coraï, La Rochette, moi , Haasse , Thurot , nous
si je compte bien
voila cinq
qui ne laissions guères d'espoir à d'autres que des gens de Cour ou suivant la Cour. Ce
n'est pas là, Messieurs, ce que craignit votre fondateur,
ils
ont
fait
les
hellénistes exclus
toute
la
gloire
,
et
;
,
le miuistre
,
Colbert.
places de votre
Il
n'attacha
Académie
,
point de traitement aux
de peur
,
disent les
mémoires du
J
BIBLIOTHECA
kP^aviens'»»
,
(
temps, que
Hélas
iets.
gages
,
ils
!
d'autrefois,
néfices
font bien pi»
de sorte que tout
excepté
,
)
s'y mettent
ils
,
eux-mêmes
s'y mettent encore leurs protégés, valets sans
eux
et après
mie
tes
»°°
wourtisans n'y voulussent mettre leurs va-»
les
que
le
savants
monde
bientôt sera de l'Acadé-
comme on
:
grand
conte d'un
tous les gens de sa maison avaient des
bé-
excepté l'aumônier.
,
Mais avant de proscrire le grec y avez- vous pensé, Messieurs? Car enfin que fertz-vous sans grec? voulez- vous avec
du chinois, une bible copte ou syriaque, vous passer d'Homèreet dePlaton ? Quitterez- vous le Parthéuon pour la Pagode et Jagrecat , la Vénus de Praxitèle pour les magots de
,
que deviendront vos mémoires, quand au
ils ne
présenteront plus que les incarnations de Visnou, la légende
desFaquirs , le rituel du Lamisme, ou l'ennuyeux hulletin
Fo-hi-Can?
et
lieu de l'histoire des arts chez ce peuple ingénieux
des conquérants Tartares ?
rudition
,
les
recherches sur
Non , je vois votre
les mœurs et les lois
,
pensée
\
l'é-
des peuples
l'étude des chefs- d'œuvres antiques et de cette chaîne de
,
mo-
numents qui remontent aux premiers âges tout cela vous
détournait du but de votre institution. Colbert fonda l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres pour faire des deje m'imavises aux tapisseries du Roi et en un besoin
gine , aux bonbons de la Reine. C'est là votre destination à
laquelle vous voulez revenir et vous consacrer uniquement;
c'est pour cela que vous renoncez au grec \ pour cela , il faut
l'avouer le vicomte vaut mieux que Coraï.
,
,
,
,
D'ailleurs, à le bien prendre, Messieurs, vous ne faites
point tant de tort aux savants. Les savants voudraient être
seuls de l'Académie, et n'y souffrir que ceux qui entendent
un peu
le
nêtes gens
trefois
d^A Kempis. Cela chagrine, inquiète d'honparmi vous , qui ne se piquent pas d'avoir su au-
latin
leur rudiment
qui veulent
Si on
les
les
par cœur\ que ceux-ci excluent ceux
où est le mal, où sera l'injustice
,
exclure
écoutait,
ils
';
prétendraient encore à être seuls pro-
fesseurs, sous prétexte qu'il faut savoir
pour enseigner, pro-
mal sonante, en ce qu'elle cte
; et sait-on où cela s'arrêterait?
Bientôt ceux qui prêchent f ÉvaDgile seraient obligés de l'entendre. Enfin si les savants veulent être quelque chose, veulent
avoir des places, qu'ils fassent comme on fait, c'est une
marche réglée les moyens pour cela sont connus et à la portée d'un chacun. Des visites, des révérences, on habit d'une
certaine façon, des recommandations de quelques gens considérés. On sait, par exemple, que pour être de votre Académie, il ne faut que plaire à deux hommes, M. de Sacy
«t M. Quatremer de Quincy, et je crois encore à un troisième,
dout le nom me reviendra ; mais ordinairement le suffrage
position au moins téméraire
au
,
clergé l'éducation publique
:
d'un des
est aisé
,
parce qu'ils s'accommodent entre eux.
ami d'un de ces trois messieurs, et cela
sont bonnes gens , vous voilà dispensé de toute
trois suffit
Pourvu qu'on
car
ils
espèce de mérite
commode
qne
,
et
,
soit
,
de science
,
de
talents
;
y
a-t-il rien
de plus
saurait-on en être quitte à meilleur marché'?
au prix de cela, s'il fallait gagner tout le public,
un uom, une réputation? Puis une fois de l'Académie,
à votre aise vous pouvez marcher en suivant le même chemin,
les places et les honneurs vous pleuvent. Tous vos devoirs
sont renfermés dans deux préceptes d'une pratique également
facile et sûre, que les moines, premiers auteurs de toute
discipline réglementaire, exprimaient ainsi en leur latin : Ben»
dicere de Priore ,Jacere officium suum t aliter qualiter, le
serait-ce,
»e faire
reste s'en suit nécessairement
:
Sinere
mundum
quomodo
ire
vadit.
Oh! l'heureuse pensée qu'eut le grand Napoléon
menter
les
beaux-arts, d'organiser
droits réunis
;
les sciences,
pensée vraiment royale
,
disait
,
d'enrégi-
comme
les
M. de Fon-
tanes, de changer en apppointeroents ce que promettent les
muses, un nom et des lauriers. Par-là, tout s'aplanit dans
si pénible est devenue facile et unie. Un jeune homme , dans les lettres, avance, fait son chemin comme dans les sels ou les tabacs. Avec de
ia conduite , un caractère doux,uue mise décente, il est sûr de
la littérature; par-là, cette carrière autrefois
,
102
(
)
parvenir et d'avoir à son tour des places,
des pension:.
,
des logements
autrement que tout
le
pourvu
,
monde
,
se
des traitements
qu'il n'aille
distinguer,
pas faire
étudier.
Les
jeunes gens quelquefois se passionnent pour l'étude; c'est la
perte assurée de quiconque aspire aux emplois
rature;
c'est la
mort
de la littéavancement. L'étude rend pa-
à tout
resseux: on s'enterre dans ses livres;
distrait
,
on oublie
ses
on devient rêveur,
devoirs, visites, assemblées, repas,
cérémonies; mais ce qu'il
y
a de pis, l'étude rend
orgueil-
ses
qu'ua
égaux, manque à
ses supérieurs, néglige ses protecteurs et
ne fera jamais rien
leux
;
celui qui étudie s'imagine bientôt en savoir plus
autre, prétend à des succès
dans la partie des
,
méprise
lettres.
Si Gail eût étudié
,
s'il
eût appris le grec,
serait-il
au-
jourd'hui professeur de langue grecque, garde des livres grecs,
académicien de l'Académie grecque
érudits? Haase a
de tous
les
savant,
et le voilà
,
enfin le
mieux rente
fait cette sottise.
Il
capable de remplir toutes
les
rendu
s'est
places des-
aux savants, mais non pas de les obtenir. Bien plus
M. Raoul Rochette, ce galant défenseur de l'Eglise ,
ce jeune champion du temps passé. Il pouvait comme un
autre, apprendre en étudiant mais il vit que cela ne le
tinées
avisé fut
,
aima bien mieux se produire que s'instruire avoir dix emplois de savant , que d'être en état d'en
remplir un qu'il n'eût pas eu s'il se fût mis dans l'esprit de
menait
à rien, et
il
,
,
le mériter,
comme
a fait ce
pauvre Haase,
homme,
mon
à
jugement, docte mais non habile, qui s'en va pâlir sur les
livres, perd son temps et son grec, ayant devant les yeux
dû préserver d'une semblable faute, Gail molittérateur parfait. Gail ne sait aucune
u'entend aucune langue
ce qui l'eût
dèle de conduite
science,
,
,
:
Mais s'il est par la brigue uu rang à disputer,
Sur le plus savant homme on le voit l'emporter.
L'emploi de garde des manuscrits, d'habiles gensle demanlit pas même la lettre
; on le donne à Gail qui ue
daient
,
C
Une
moulée.
io3)
chaire de grec vient à vaquer
,
la seule qu'il
y eût alors en France , on y nomme Gail, dont l'ignorance
eu grec est devenue proverbe (i). Un fauteuil à l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres, on place Gail qui se trouve
tous
ainsi, sans se douter seulement du grec, avoir remporté
toutes les
les prix de l'érudition grecque , réunir à lui seul
récompenses avant lui partagées aux plus excellents hommes
eq ce genre. Haase n'oserait prétendre à rien de tout ceia
parce qu'il étudie le grec parce qu'il déchiffre, explique,
,
fait des livres
manuscrits grecs, parce qu'il
imprime
les
ceux qui
lisent
le grec,
qu'il faut savoir
pour
parce qu'enfin
il sait
être savant patenté
pour
tout, hors ce
du gouvernement.
Oh î que Gail l'entend bien mieux il ne s'eu jamais trompé,
d apjamais fourvoyé de la sorte jamais n'eut la peusée
!
,
prendre ce
qu'il
est
chargé d'enseigner. Certes un homme
quand il touche cinq ou
Gail doit rire danssa barbe,
comme
de savants et voit les savants se morfondre.
conduite.
Messieurs, voilà ce que c'est que l'esprit de
et pair, il faut
duc
un
à
jadis
fouet
donné
le
Aussi, avoir
six traitements
,
en convenir, cela aide bien un
rieusement, et
comme
homme,
dit le poète
cela vous pousse fu-
,
Ce chemin aux honneurs a conduit de tout temps.
de Charles-Quint devint pape jcelui de Charlespédant
Le
deux savaient
Tîeuf fut grand aumônier de France. Mais tons
est connu de
même
et
rien
,
que Gail ne sait
lire-, au lieu
admirable
plus
d'autant
savoir
rien
ne
,
pour
monde
tout le
dans
les
succès qu'il a obtenus
Vous n'ignorez
que
je lui
tout à
fait
comme
doune. Je n'ai nulle raisou de
me
célébrer en
(1)
Tu
le flatter
,
et suis
doux commerce de louanges que
vous. M. Gail ne m'est rien, ni ami,
étranger à ce
vous pratiquez entre
ni ennemi , ne me sera jamais rien
servir ni
savant.
pas combien sout désiotéresssés les éloges
t'f
nuire. Ainsi le
lui le
,
et
ne peut de sa vie
me
pur amour du grec m'engage
à
premier de nos hellénistes, j'entends le plus
entends
comme Gail au grec, proverbe
de'colier.
**>4
(
)
considérable par ses grades littéraires.
Le public,
je le sais,
rend assez de justice; mais on ne le connaît pas encore.
Moi je le juge sans prévention et je vois peu de gens qui
lui
,
,
même parmi
vous, Messieurs. En
Allemagne, où vous savez que tout genre d'érudition fleurit,
je ne vois rien de pareil, rien même d'approchant. Là, les
places académiques sont toutes données à des hommes qui
on fait preuve de savoir. Là Coraï serait président de l'Académie des Inscriptions, Haasse garde des manuscrits, quelque autre aurait la chaire de grec, etGail... qu'en ferait-on ?
Je ne sais , tant l'industrie qui le distingue est peu prisée
en ce pays-là. Ces gens à ce qu'il paraît, grossiers, ne reconnaissent qu'un droit aux emplois littéraires, la capacité de les remplir, qui chez nous est une exclusion.
Ce que j'en dis toutefois ne se rapporte qu'à votre Académie, Messieurs, celle des Inscriptions et Belles-Lettres.
Les autres peuvent avoir des maximes différentes. Et je n'ai
soient de son mérite,
,
,
garde d'assurer qu'à l'Académie des Sciences un candidat fût
refusé,
uniquement parce qu'il
serait
bon
sur
les billets
l'an
passé
ou mapeu sévère
naturaliste
thématicien profond. J'entends dire qu'on
y
est
de confession, et un de mes amis y fut reçu
même qu'on lui demandât s'il avait fait ses
sans
,
Pâques, scandales qui n'ont point lieu chez vous.
Mais , Messieurs me voilà bien loin du sujet de ma lettre.
J^ oublie , en vous parlant ce que je viens vous dire , et le
objet. Je
plaisir de vous entretenir me détourne de mon
voulais répondre aux méchantes plaisanteries de ce journal
,
,
qui dit que je
tuellement
et
,
me
que
suis présenté, que je
je
me
me
présente ac-
présenterai encore pour être reçu
parmi vous. Dans ces trois assertions il y a une vérité, c'est
que je me suis présente, mais une fois sans plus, Messieurs.
Je n'ai fait pour être des vôtres, que quarante visites seu,
,
lement
,
et
quatre-vingts révérences, à raison de deux par
pouruu aspirant aux emplois académiques;
beaucoup pour moi naturellement peu souple et
visite. Ce n'est rien
mais
c'est
neuf à cet exercice. Je n'eu
,
suis
pas encore bien remià. fifrâ
»
io5)
(
je suis guéri
même
que
de l'ambition
vous proleste
et je
,
,
Messieurs
assuré de réussir, je ne recommencerais pas.
Quanta
que
ce qu'il ajoute touchant les principes de ceux
vous avez élus
priucipes qu'il dit être counus, cette phrase
,
tendant à insinuer que
mieus ne sont pas connus,
les
me
cause de l'inquiétude. Si jamais vous réussissez à établir eu
comme on dit que vous y penme reprocher quelque
France
la
sez
ne voudrais pas que l'on pût
je
,
Sainte- Inquisition
,
jour d'avoir laissé sans réponse un propos de cette nature.
Sur
donc
cela
j'ai
Mais
là.
,
à
me
nus de ceux qui
vous dire que mes principes sout conconnaissent, et j'en pourrais demeurer
qu'on ne m'en parle plus,
afin
je vais les
exposer
eu peu de mots.
Mes
principes sont
est la plus courte
,
qu'entre deux points la ligne droite,
,
que
est plus
tout
le
partie, que deux quantités égales chacune
sont égales entre
Je
elles.
que deux
aussi
tiens
grand que sa
à une troisième
et
deuxjbnt quatre
;
mais
je
n'en suis pas sûr.
Voilà mes piincipes
élevé
rir.
,
Si
peut dire
tières
,
Messieurs,
,
qu'il
comme
y
a différents principes en différentes
principes de
principes de religion
ferai là-dessus
avec
,
la
grammaire
,
même
,
il
ne
la toi
,
ma
:
aie fût
je
de
vous satis-
du charbonnier sont
,
nourrice
soupçon
sans aucutr
c'est
,
morte
d'hérésie. Lu.
passées eu
comme
Si quelqu'un me chicane sur mon orthodoxie,
au futur concile.
Mes
ma-
s'agit pas
sincérité.
verbe. Je suis soldat et bûcheron
règle
été
dit-oo, ni grec, ni latin;
principes religieux sont ceux de
du centeuier
;
de morale, de politique)
chrétienne et catholique
loi
j'ai
,
ceux-là, ces Messieurs ne sachant
Mes
dans lesquels
Dieu et dans le;quels je veux vivre et mouvous me demandez d'autres éclaircissements ( car on
grâces à
pro-
cliarbonuier.
j'en appelle
principes de morale sont tous renfermés dans celte
ne point
fait.
faire à autrui ce
que
je
ne voudrais pasqui
106
t
Quanta mes
)
principes politiques, c'est unsj'mboledont les
articles sont sujets à controverse. Si j'entreprenais
duire
,
me
de
mal m'en acquitter,
de
les
dé-
vous donner lieu
confondre avec des gens qui ne sont pas dans mes senje pourrais
et
mieux vous dire en deux mots ce qui me disde tous les partis et fait de moi un homme
siècle où nous sommes ^ c'est que je ne veux
timents. J'aime
tingue
me sépare
,
rare dans le
point être
rait
roi, et
me mener
,
que
soigneusement tout ce qui pour-
j'évite
là.
Cesexplicationssont tardiveset peuvent paraîtresuperflues,
puisque
renonce à l'honneur d'être admis
je
parmi
vom
,
que sans doute vous n'avez pas plus d'envie
de me recevoir que je n'en ai d'être reçu dans aucun corps
littéraire. Cependant je ne suis pas fâché de désabuser quelMessieurs
,
et
ques personnes qui auraient pu croire
naliste
,
que
je m'obstinais
,
comme
,
sur la foi de ce jour-
tant d'autres
vaincre vos refus par mes importunités.
Il
n'en
,
à vouloir
est rien
,
je
vous assure. Je reconnais ingénuement que Dieu ne m'a point
fait pour être de 1'A.cadémie , et que je fus mal conseillé de
m'y
présenter une
Paris,
le
fois.
ao mars 1819.
,
PROCES
DE
PIERRE CLAVIER-BLONDEAU
POUR
PRÉTENDUS OUTRAGES
FAITS A M. LE
MAIRE
DE
VÉRETZ
D'iNDRE ET I.OIRE.
?
DÉPARTEMENT
.
»°9
(
——
—
i 1
i
i
)
,i
i
,
Z,
,
PLACET
ASONEXCELLENCEMONSEIGNEURLEMIMSTRE,
«««//w//yww«
lVXorrSEIGNEtm
Les persécutions que
d^ïndre et Loire
principaux
les
Le
,
f éprouve dans
,
seraient longues
,
le
département
à raconter. En voici
traits.
11 décembre dernier
,
on roupa
et enleva,
dans
ma
forêt de Larcai, quatre gros chênes baliveaux de quatrevingts ans.
Mon garde fit
maire de Véretz
sa plainte légale, et requit
de permettre
,
,
suivant la loi
On savait où
malgré la lecture quon
cherche des bois volés.
maire
s^y refusa
ils
,
le
la re-
étaient.
Le
luifit de la loi
sous peine de destitution , d'accompagner
lui-même le garde dans cette recherche. Tout cela est
constaté par des procès-verbaux.
qui Voblige
Quelque
,
temps après,
dans la mêmeforêt
plus beaux de tous.
au maire
veillance
et
,
a
,
mêmes gens coupèrent t
les
dix -neuf chênes
les
plus gros et les
P rocès- verbal/ut fait, plainte porté»
au procureur du Roi qui menaça de
non
,
les
Dernièrement
rêt
,
,
voleurs
,
mais
le
garde
on a encore coupé , dans la mêmefo-
un seul gros baliveau de soixante
tenté de mettre
sa sur-
et moi.
le
et
quinze ans.
Om
feu en différents endroits. Les au-
teurs de ces délits sont connus
,
et
non seulement
nulle
.
!
ÎO
poursuite n'a étéfaite contre eux
mais on s'oppose con-
,
stamment à la recherche légale des bois
enlevés.
Le nommé Blondeau Vun de mes gardes
,
par moi,
cette
année
,
est
,
chargé
de d'fférentes exploitations au*
par nettoyement. On l'a laissé abattre et
façonner tout le bois mais au moment de la vente on
sous les plus absurdes prétextes à
le fait condamner
un mois de prison sans grâce ni délai. Le voilà ruiné
je fais foire
,
,
,
,
,
totalement
et
,
moi
en partie.
,
On Paccuse dans
le
pro-
cès-verbal J~ait contre lui, en apparence , mais réelle-
ment contre moi,
aVavoir dit
une peur mortelle
)
qu'on lui suppose
,
à M.
Allez vous faire
,
et
maire
le
(
dont
C'est là le
f. ..
il
a
crime
pour lequel on va détruire toute
^existence et la fortune d'un père de famille de soixante
ans
,
qui a toujours vécu sans reproche.
Je ne vous parle point , Monseigneur
sibles
qu'on méfait
Chaque fois que
intérêts. Si
je suis volé
on me battait
nace maintenant de
condamné à
Ce
n'est
et n'ai
,
des procès ri~
dans lesquels je succombe toujours.
,
me
,
dommages et
Vamende. On me-
je paie des
,je paierais
brûler. Si cela arrive
,
je serai
la peint des incendiaires
pas qu'on me haïsse dans
le
pays. Je vis seul
de rapports ni de démêlés avec personne. Tout
pourfaire plaisir à M. le maire, et à MM. les
juges à M. le procureur du Roi et à M. le préfet, gens
que je n'ai jamais vus et dont fignore les noms.
cela sefait
,
Enfin
me
voler
,
il
,
est notoire
me
,
dans
courir sus
,
et
le
département
,
qu'on peut
chaque jour on use de
cette
permission. Je suis hors de la loi pour avoir défendu avec
succès des gens qu'on voulait faire périr
,
il
y
a deux ou
,
(
trois ans.
Voilà
,
m
)
disent quelques uns
mal qu'on méfait à
,
le
vrai motif du
présent.
Je supplie votre Excellence d'ordonner que tous ceux
qui me pillent
suivis
,
et qiî'on
,
ou m'ont
me
laisse
pillé, soient
légalement pour-
en repos à Vavenir. Oest mal-
gré moi que j ai recours h Vautorité quand
vraient me protéger. Mais la chose presse
que mes bois ne soient bientôt brûlés.
,
Je
suis avec respect
les lois
et je
f
Monseigneur ,
De
votre Excellence
Le
très
humble
serviteur
Paris
,
le
3o Mars 1819.
,
et obéissant
de-
crains
H3)
(
PIERRE CLAVIER
BLONDEAU*
dit
a messieurs les juges de police
CORRECTIONNELLE
M
ESSIEU
J'ai fait
de grandes
tout ce que
j'ai
vous verrez
qu'il
village
,
F.
y
S
fautes-,
souffert
a eu
A BLOIS.
,
mais
et
si
moi
,
puni déjà pa?
conduite ,
j'en suis trop
vous regardez
pauvre
ma
simple
et
homme
de
plus de bêtise que de méchanceté.
Ma première faute fut d'entrer au service de M. de
Beaune , le maire de notre commune. Je le connaissais.
M. de Beaune est un jeune homme vif, emporté, violent
dans toutes
ses passions
Je savais cela
qui m'arrive
$
}
j'aurais
,
dû
mais quoi
d'autre ressource, et
il
implacable dans ses vengeances.
fuir M. de Beaune et prévoir ce
?
il
fallait
n'était pas
vivre
\
je u'avais
maire encore
\ il
ne
point
faisait
\ eu le servant, on ne risquait que
assommé. J'entrai chez lui, et me conduisis avec tant
de prudence, qu'au bout de deux ans, j'en sortis sans con-
point de procès- verbaux
d'être
En cela, je ne fus pas bête.
Mais malheureusement, il était maire alors en me renvoyant, M. le maire ne me payait pas mes gages de trois
mois , cinquante francs qu'il me devait ; je les lui demandai.
Ce fut ma seconde faute, pire que la première pour moi,
tusion ni blessure.
\
:
dans
le
c'était
besoin, sans place, sans travail
beaucoup
}
ce n'était rien pour
,
cinquante francs,
M. de Beaune. Et que
me dit, quand je lui demandai mon argent?
Tu me le paieras me dit-il et jamais Messieurs je n'en
pensez-vous
qu'il
,
pus
tirer
autre chose;
,
,
,
8
"4)
(
Moi
,
Messieurs, voyant cela, je
irréparable
.'
mon
mon
supérieur,
le fis assigner.
maire,
Ah
!
faute
le plus riche pro-
priétaire de toute la commune, l'attaquer en justice! moi
pauvre paysan, domestique renvoyé, lui demander mon dû!
Je fis cette folie dont je me repens bien et vous jure que de
ma vie, dussc-je mourir de faim, jamais plus ne m'arrivera
,
de faire assigner un maire. Aussi bien que sert-il ? M. de
Beaune comparut devant le juge de paix, fit serment, leva
la main qu'il ne me devait rien, et je perdis mes cinquante
Tu me le paieras. Il m'a tenu parole ;
francs, et toujours
:
je lui paie bien l'argent
Dès-lors, on
Blondeau
faire ici
que
,
me
va-t-en
,
ayant fùché
le roi à Paris.
qu
me
il
me
le
dit
devait.
de quitter
conseilla
un de nos
maire
r*
le
maire
le
pays.
voisins.
Va-t-en,
Que
est plus
veux- tu
maître
ici
Procès, amende, prison, voilà ce qui
de repos pour toi, plus de travail paisible. Ta
ne mangeras plus morceau qui te profite, ayant fâché le
maire. Va-t-en, pauvre Blondeau.
Il n'avait que trop de raison de me parler ainsi. Je det'attend. Plus
,
vendre mon quartier de terre , emMais environ ce temps, je trouvai à me
placer fort avantageusement, à ce qu'il me semblait. Monsieur Courier me prit pour garde de ses bois, et je me crus
vais le croire
mener ma
,
partir
famille.
heureux d'entrer à son service. Je pensais qu'étant chez lui,
qui passe pour bon homme, quoique peu de gens l'aient vu,
et que personne ne le connaisse, je pourrais vivre tranquille.
En cela, je me trompais, comme vous allez voir.
Je fus accusé peu après , d'avoir dit à M. le maire, cau,
sant avec lui dans son parc
:
Allez vous promener.
C'est la
déposition de quelques uns des témoins que vous avez entendus. D'autres disent que
j'ai dit
que
d'autres enfin prétendent
:
Allez vousfairej'.....
faire était sérieuse. J'avais tout à redouter,
le crédit
Le maire
;
du tout. L'afvu le nombre et
je n'ai rien dit
de ceux qui m'attaquaient, car chacun s'en mêlait.
portait plainte
vait à outrance
\
le
;
le
domaine
procureur du
me
roi
me
poursui-
menaçait de m'oier
mon
.
u5)
(
état
même
de garde particulier. Le préfet
d'une
Tours
Et
daigna
,
et plu»
aux juges contre moi. Les puissances de
coalisées pour écraser Blondeau.
fois, écrire
étaient
l'occasion de tout cela
,
qu'eu
c'est
effet j'avais
parlé à
maire; grande imprudence assurément. Si j'eusse pu
m'en dispenser Mais le moyen Ou avait volé quatre gros
M.
le
1'
!
arbres dans nos bois
et ces arbres
,
voleurs assez connus,
M. le maire mais
sation de
le
,
trouver et
le
rn'accompagner ,
il
requis
une autre
et
,
fois encore...
même,
de-là
sa présence
,
suivant la
loi.
Je fus
procès- verbal à la main
lecture de la loi
dans toute
plus beaux
,
le tout
,
,
de
en vain;
plus grands
les
:
et
il
depuis
s'agit. Il
que son plaisir ,
un procès , de se
sans autre raison
prit prétexte
plaindre, disant que
foi et,
la
avec le mên:e succès
mais ce n'e6t pas de quoi
,
refusa de rn'accompagner
et
pour les saisir chez les
non seulement l'autori-
que huit jours après on nous coupa vingt
refusa, et fut cause
les
fis
,
fallait
mon
,
et je lui
autres arbres choisis
de tous,
me
il
de
me
faire
je l'avais insulté.
Quelle apparence ?
Mais me voyant tantd'enuemis , et que
tous ceux qui pouvaient me nuire , s'y employaient avec
chaleur , j'eus recours à M. Courier. Je lui dis Aidez-moi ^
faites agir vos amis. Mais il
la chose vous regarde. Parlez
me répondit Mes amis sont à Rome , à Naples , à Paris, à
ConstantinoDle , à Moscou. Mes amis s'occupent beaucoup
de ce que l'on faisait il y a deux mille ans, peu de ce qu'on
je n'en
que
fis
rire.
:
-,
:
fait à
me protégera ï
ma défense? j'ai contre moi tout le monde.
me répond Blondeau que vous êtes simple.
présent. S'il est ainsi, lui dis- je, qui
qui prendra
Alors
Mettez
il
:
le feu à
mes
,
bois
,
au
lieu
de
garder
les
,
et
vous ne
manquerez pas de protecteurs. Vous aurez pour appui tout
ce qui pense bien dans le département.
méprisé,
le plus vil
,
le
a trouvé des amis, des parents,
de Tours
,
L'homme
le
plus
plus abject de la province entière,
même
parmi
les
magistrats
; et pour
va recevoir de moi
dès qu'il m'a voulu faire quelque mal
avoir chassé
ma femme
deux mille francs à
de chez
titre
elle
,
il
de dommages
et intérêts.
Le
fripou
,
u6)
(
me
qui
vola
,
Tan passé
,
moitié d'une coupe de bois
la
,
obtient de l'équité des juges un léger encouragement de huit
cents francs
que
,
paie
je lui
comme
indemnité. Ces gens-ci
aujourd'hui, sous la sauve-gatde de toutes
coupent mes plus beaux arbrei
paisiblement chez eux
me
plaideront sur
le
les
,
défense de
5
les
vol qu'ils m'ont
troubler.
fait
et
,
autorités,
les
emportent,
serrent
les
Demain
,
ils
gagneront as-
surément. Faites comme eux ; vous serez favorisé de même.
,
au lieu de me piller, vous défeudez mon bien , vous
Si
irez en prison
;
attendez-vous à cela.
Tout comme
jugé, ou, pour
moins de prison
Les témoins
ici,
l'avait
il
chose
la
,
saus preuves
,
vous
,
dit
parler exactement
,
Je fus
condamné
à
entendus que depuis
le savez, n'ont été
mon
appel de
A Tours,
moi.
les
la
sen-
juges n'ont
pas voulu, san> doute de peur de scandale, examiner
j'avais dit
allez
:
un
sans audition de témoins.
devant vous, Messieurs, après
tence rendue à Tours contre
est arrivée.
je fus
,
vous promener, ou
vous
allez
si
faire f
;
question délicate qui roulait sur la différence de promener
à l'autre mot. Il fut décidé, surleseul procès-verbal de M. le
que je l'avais outragé en conséquence on me conà un mois de prison. Mes amis trouvent que j'ea
suis quitte à bon marché. Car il eût pu tout aussi bien mettre
sur son procès-verbal que je l'avais volé ou tué
et vous
maire
•,
,
damne
,
voyez ce qui
s'en suivait
qu'il soit tenu
Mais moi
fait,
il
,
,
puisque
sa parole
fait foi
,
sans
de rien prouver.
je
ne m'en crois pas quitte
:
ce qu'il n'a pas
Déjà il répand le bruit que je
écrit de sa main , sur le registre de
le fera.
l'ai
meuacé.
commune.
il l'a fait publier au prône de la paroisse. Oui
Bien plus
,
Messieurs au prône un dimanche
par la voix du curé en
chaire, tout le monde a été informé que Blondeuu menaçait
Déjà
il
l'a
la
,
,
M.
le
,
maire. Cela vous étonne
connaissez les lois
;
mais moi
sais
qu'un mois de prison
ma
famille désolée
,
,
,
,
je
Messieurs. C'est que vous
connais
M.
le
m^ire
,
et je
mes travaux d'une année perdus
un procès qui
me
ruine, ce n'est
,
pi»
"7
(
)
Ce qui m'étonne moi c'est de le voir
agir avec tant de mesure, user de prévoyance, et même
avant la fin de cette affaire-ci, se ménager des preuves pour
une accusation plus grave, comme s'il n'avait pas toujours
vengeance pour
lui.
,
,
procès-verbaux, qui sont parole d'Evangile pour mesles juges de Tours. Sitôt qu'il lui plaira d'avoir été
ses
sieurs
même
frappé ou
assassiné, qui le contredira dans ses
clarations ? Craint-il
qu'on ne
que
roi
le
procureur du
,
le
s'avise
préfet
,
d'examiner
ne
dé-
les faits
?
manquent au
lui
besoin, et qu'un jour, ces messieurs ne pensant plus aussi
bien
,
ne
qu'il sert
se fassent
M.
scrupule de perdre un malheureux parce
,
Courier ? et puis,
si
l'on voulait des
preuves,
des témoins, n'a-t-il passes fermiers, que vous l'avez
Messieurs
,
amener
lui, auxquels
les
ici
dans sa voiture, gens de bien
coûte peu de lever
il
magistrats ? Enfin
manquer
les
la
main
moi par M.
même
de
jurer devant
,
signatures peuvent-elles jamais
à l'auteur d'un écrit qu'on va vous
C'est l'original
vu,
comme
la publication faite
lire
,
Messieurs?
en chaire contre
le curé.
Par jugement
mars dernier au tribunal de
Clavier-Blondeau garde
particulier , a été condamné à trentefrancs cCamende* à\
la confiscation de son fusil à deux coups , et auxfrais du*
procès .pour avoir porté des armes de chasse et chassé sans
rendu
le
5
police correctionnelle de Tours
,
,
,
permis de port d" armes*
Plus à un mois d'emprisonnement pour avoir menacé et
injurié M. le maire de Véretz.
Pour extrait conforme au jugement , signé Bourrasse >
1
,
commis-greffier.
Pour copie conforme ,
de Beaune
Je soussigné ,
paroissiale
îS
1
9
,
les
y
le
copies
,
maire.
publié au prône de ma mcssA
dimanche 21 mars de la présente année"
du jugement de Pautre part d'après fincertifie avoir
.
,
(
H»
vitati-m qui ni en a étéfaite
1
par M. de Beaune maire de
,
ctte commune.
Marchandeae, curé desservant de Vêretz.
Voilà, Messieurs, ce
chaire de vérité
,
qu'a public
ce qu'il a notifié
tique aux lubitans de la paroisse.
Il
M.
le
curé
comme un
,
dans la
acte authen-
n'y a de vrai néanmoins
main de M. de
peut dire imaginé par lui ou arrangé selon ses vues. Il n'est point du tout
vrai que l'on m'ait condamne pour avoir menacé et injurié
le maire. Il n'est point vrai non plus que ce soit là un extrait
du jugement rendu contre moi. Il est encore moins vrai que
dans cette pièce écrite toute entière de
Beaune, que
sa seule signature.
ce prétendu extrait ait été
Enfin
ilest
Le
la
reste se
délivré par le commis-greffier.
faux que ce commis
ait
jamais si^nériendepareil,
une pure invention de M. le maire. Le
greffier n'a pu délivrer un extrait qui n*est pas conforme au
jugement aussi s'en défeud-il et le nie à tous ceux qui lui
en ont parlé. Le jugement ne dit point que j'ai menacé
ni injurié personne; je suis condamné pour avoir outrage
et
son
nom mis
là est
,
maire de Véreiz. Les juges ont trouvé uu
Allez vous fairef.... mais quelque
eussent d'obliger M. le maire, ils n'y pouvaient
en pa- olis M.
le
outrage dans ces mots
envie qu'ils
trouver de menaces
,
:
quand même M.
préfet le leur eût
le
enjoint par vingt lettres. Si le maire voulait des menaces
s'il
le
entrait dans son plan d'avoir été
Mais alors
difficulté.
omission,
et
menacé,
il
mît dans son procès-verbal, et cela n'eût pas
il
il
n'y pensa pas.
entreprit depuis de
me
fallait
fait
Pour réparer
faire signer à
qu'il
plus de
cette
moi-même
avouer ces menaces en présence de témoins , employant
cela une ruse qui devait lui réussir si on ne m'eût averti.
pour
C'est encore
maire ,
Au
et je
un des
traits
de
l'esprit inventif de
faire attention
,
Mcjiieu
M.
le
rs.
du procès dans la plus grande rage deses perquand son garde champêtre, ses cédules, ses
ne me donnaieQtpoiut de relâche, tout d'un coup,
milieu
sécutions,
huissiers
ici
vous prie d'y
,
)
M9-
(
de moi , de vouloir mêlais*
on m'apprend de sa part qu'il se contentera d'une
légère satisfaction , que si je veux lui faire quelques excuses j
toute poursuite contre moi cessera. Moi je me crus hors de
l'enfer, au premier mot qui m'en fut dit ; je rendis grâces à
Dieu et promis de me trouver le dimanche suivant , après la
messe , chez M. le maire , pour lui faire toutes les excuses ,
il
de s'adoucir , d'avoir
feint
ser vivre
pitié
,
:
,
,
Le dimanche venu
toutes les soumissions qu'il voudrait.
,
j'arrive à l'heure dite; je trouve à la mairie le conseil assemblé,
beaucoup de gens et M. le maire , auquel je fis excuse ( de
quoi , grand Dieu ) le plus humblement que je sus, lui demandant pardon de l'avoir offensé sans dire où ni comment f
!
,
de peur de mentir,
et
promettant de ne
content, tout
Il paraissait
le faire plus à l'avenir.
mieux du monde. Pour
allait le
conclure, on ouvre devant moi
le gros registre
mune on
je
,
un long narré où
lit
dit de signer
;
j'allais
signer
de
ne compris mot
la
;
com-
on
me
n'ayant soupçon de quoi que
,
quand quelqu'un me retint Prends garde, me dit-il T
tu vas signer que tu as insulté M. le maire, que tu l'as menacé , violemment menacé tel jour, en tel lieu , à telle
heure, tu vas signer
que sais-tu encore? Ces mots me
donnèrent à penser ; je refusai je demandai à me consulter ,
ce fût
:
,
,
;
M.
et là-dessus
pas le reste
,
maire
le
car
on
restées sur le registre
d'autres choses
car
il
est
,
iras en prison. Je n'entendis
me
fit
sortir
de
la
commune
à
vous
avertis
,
,
dieu merci.
,
de M. de Beaune
que vous soyez
homme
mes excuses ainsi sont
et mes menaces et
;
non signées de moi
,
"Voilà les finesses
Messieurs
Ta
:
,
dont
afin
bien aise
,
de vous en garder
,
je suis
faire dire tout ce qu'il
voudra. S;
votre sentence ne lui agrée, telle que vous l'aurez prononcée
il
l'arrangera le lendemain
aux
,
au prône de
la paroisse
}
et
9
quant
signatures,, vous pensez bien, Messieurs, qu'il ne s'en
fera faute
,
non plu* que de
celle
du commis- greffier Bour-
rasse.
Au
reste,
sentences
de
même qu'il
des tribunaux
,
sait
il
accommoder
sait
à
s'en passer
son plaisir
,
le?
les
prévenir,
J20
(
Remarquez bien ceci
est du 5. J'en appelle le 10,
même que mon appel vous
,
publier
)
Messieurs
et
:
le
uigemeut contre roc*
onze jours après,
fût
parvenu
ma condamnation. Vous
voilà
21
le
,
avant
M. de Beaune fait
bien surpris
Mes,
,
vous pensiez que votre jugement pouvait faire quel-<
que chose à l'affaire mais songez y de grâce ;M. de Beaune
est maire, et M. de Beaune avait fait son procès-verbal. Or
jamais rien n'a résisté au procès-verbal de M. le maire , apsieurs
;
,
,
puyé
comme
surtout
il
l'est
d'une
lettre
du
préfet. "Votre
sentence après cela n'est qu'une pure formalité
,
assez indifférente, qu'il n'a pas cru devoir attendre
d'ailleurs
,
ou
qu'il
pour mieux dire dans une parfaite assurance
n'ayant nul doute à cet égard.
Le cas que fait M- de Beaune de l'autorité judiciaire a
attendait
,
,
,.
mieux paru encore dans cette affaire^ci quand les juges
de Tours pour quelque information le firent appeler. Sa
réponse fut simple // n'avait pas le temps. M. le maire
ji* a pas le temps. Voilà ce qu'il leur fît dire par son gardechampêtre , qui est l'homme du maire comme le maire est
l'homme du préfet. Quelle dignité dans ce peu de mots à
uu tribunal assemblé M. le maire n'a pas le temps* C'était
,
,
,
:
,
!
comme s'il
maire
leur eût dit
M.
:
le
maire esta
la
chasse, ou
maintenant dans l'antichambre du préfet
est
;
M.
M.
le
le
maire fait sa cour il n'a par le loisir de comparaître devant les tribunaux. Qu'un maire est grand dans son village
:
!
Tout s'empresse
poursuit
,
courroux.
lui
il
à lui
,
le
malheur
explications,
il
;
répond çu
maire de Vérelz
J'eusse
et
il
aimé mieux
ma
son
juges
na pas
,
n'ait pas
le
attendu votre arrêt pour
condamné? Il y a plutôt de quoi s'étonner
commencé, par me mettre en prison.
m prône,
^ej.hî
d'attirer
et si les
Messieurs, devez- vous êtes surpris que
déclarer
n'ait pas
U
tout tremble à sa parole.
frappe de son procès- verbal
demandent des
le
\
accable quiconque a
Il le
temps. Après cela
M.
me
plaire
cela
que de m'eutentre
qu'il
lire à l'église,
sentence d'emprisonnement, flétrissure nou-
inouie, espèce de carcan iQventé pour moi seul
.
%
,
«»
(
)
qui, de sa propre autorité, ajoute
M.
le
maire
cette peine à
la
peine portée contre moi. J'eusse
exprès par
aimé
doublât
qu'il
la
,
durée de
ma
détention, et
mieux
me
tînt,
puisqu'il fait ainsi tout ce qu'il veut, six mois en prison
au
Père de famille de soixante ans, me voir diffamé ,
moi présent, en pleine assemblée, devant tous mes amis
mes voisins, mes parents tous les regards sur moi; me voie
lieu d'un.
,
noté, marqué par
honte
le
doigt
J'eusse voulu
!
affront n'était
qu'un
être
me
de M.
ne vous
je
présent, grâces à Dieu
,
donné. Heureusement pour lui,
il
compte là-dessus
le sait et
trompe pas
cutions
Tous
,
et
que
ma
:
que
les
dirai point
soutenu
M. de Beaune
quelle
!
sus
je
mairej que
le
vint à l'esprit. J'ai
épreuves où m'a mis la haine de
jusqu'à
affront
;
plaisir
pu l'ordonner,
n'avaient
sieurs, ce qui
du pasteur, quel
mort et quand
cet
juges
Mes-
,
les cruelles
sans que,
prudence m*ait aban-
la
les
,
années m'ont
veuille le ciel
fait
qu'il
sage
5
ne se
patience dure autant que ses persé-
!
gens de
les
illégal et contraire
loi
,
consultés, déclarent cet acte
non seulement aux
lois,
du maire
mais aux plus
communes
sens.
notions de police et d'administration, au bon
Voilà ce qu'en pensent les gens de loi généralement.
Leur chef
et le vôtre
grande en
celte matière,
Monseigneur
le
le
Messieurs
,
;
et
dont l'autorité
sa
Garde des Sceaux, informé de
simple récit, refusa de
possible
,
indépendamment de
le croire,
en disant
:
serait
place
,
ce fait sur
Cela est im-
depuis, convaincu par des preuves delà vérité
de ce que d'abord
jugeait impossible,
il
incroyable. J'ose vous citer ces paroles
et
il
devant vous, parce que
ses
paroles sont
a dit:
Cria est
m'en prévaloir
mon
bien, dans le
malheur où je me trouve et ont un grand poids , montrant
mieux que je ne saurais faire, avec quelle audace M. de
Beaune a foulé aux pierls toute justice dans sa conduite à
mon égard. Sa conduite , dans cette affaire a été de tout
,
,
,
point incroyable.
PassoDî
sur. le
serment qui
me
ccûte cinquante
francs..
'22
(
)
Mais son refus d'autoriser la recherche des boîs voles à>
M. Courier que vous eu semble , Messieurs ? Ua maire, la
seule autorité à laquelle on puisse, loin des villes, recourir
,
contre
voleurs
les
fauteur
,
manifeste
blance
?
y voyez-vous
Puis
,
de
Messieurs
cette fantaisie
,
le
en quelque sorte, d'un vol public et
d'une suite continuelle
,
croyable ?
ouvertement leur protecteur,
se faire
,
le receleur,
vols
la
,
,
cela
est-il
moindre vraisem-
de se dire insulté, quand
je
on m'y força) , lui
faire une réquisition légale, nécessaire , sur un objet pressant
cela encore se peut-il croire? Et cette rage ensuite ,
cette guerre acharnée ce soin d'ameuter contre moi tout ce
qui peut avoir ombre d'autorité dans le département, ce
vais
malgré moi
(je
ne
voulais pas,
le
:
,
piège préparé d'une feinte douceur, pour
des aveux propres à
greffier
Messieurs
me
cet extrait
,
,
faire souscrire
perdre; cette publication, celte
du jugement qui me condamne
plification
du
me
prétendu conforme
ne paraît pas possible
,
,
non
tout cela,
n'est
et
am-
cette signature
,
,
croyable que
pour ceux qui en out été les témoins, ou qui habitent Uscampagnes et savent ce que c'est qu'un maire.
Mais la plainte même
qui fait le fond de ce procès t
a-t-elle apparence de sens? et se peut-il qu'un homme, je
ne dis plus un maire mais un homme en âge de raison ,
hors des faiblesses de l'enfance se tienne offensé pour unmot (car j'accorde , je veux que je l'aie dit ce mot) pour
un mot, tout au plus grossier , qui n'attaque ni l'honneur
ni la probité
la réputation
ni les mœurs de celui au,
,
,
,
m
,
,
quel
il
s'adresse
,
et
ne peut
faire tort
qu'à celui qui
le
pro-
que pour ce mot il veuille poursuivre, exterminer
un pauvre domestique qu'il fatigue les juges entasse des
écritures
amène des témoins remue des gens en place
nonce
?
,
,
,
,
,
,
,
abuse des actes publics
,
afin d'obtenir
heureux, ruiné, malade, diffamé, après
quoi? que ce malsix
mois de chagrins,
un mois dans les prisons.
TJn mois, Messieurs
Avant de confirmer cet
d'angoisses
,
languisse
!
y penserez,
je l'espère.
Qu'un
arrêt
,
vous
soldat l'eût dit à sou chef,
,
123)
(
ce
mot dont
se plaint
ce soldat en prison
M. de Beaune, on
deux jours
pour
et
5
eût mis peut-être
le
même mot, du
paysan au maire, vous ordonnerez uu mois, non de la même
peine. Le soldat deux jours en prison , y voit des soldats
comme lui, en sort sans déshonneur, et n'a point de famille
dont
et
Moi je serais un mois avec des maldu moins) laissant ma maison désolée
le sort l'inquiète.
(on
faiteurs
le croira
mes enfants
,
,
à l'abandon
honte! Quelle différence
,
je les
;
d'établir cette différence en faveur
civile est-elle plus
dure que
Même,
?
juges,
La
M.
selon sa déclaration, je ne lui ai rien dit
l'on puisse trouver
une
loi
camps ?
outragé
n'ai point
je
,
de l'homme armé
la discipline des
Mais non, Messieurs, non,
maire.
couvert de
rejoindrai
Messieurs. Est-ce à vous
injure. Qu'il amasse
le
où
des preuves
de son procès-verbal, ses fermiers
débiteurs , ses gens ; je ne l'ai point ou-
qu'il produise à l'appui
pour témoins
ses
,
Je l'eusse outragé en l'appelant menteur,
tragé.
faussaire,
parjure, lâche persécuteur du faible; et j'outragerais
qui
que m'a fait
M. de Beaune. Mais le mot dont il m'accuse n'est un outrage
pour personne. Avec lui n'user que de ce mot, c'eût été
le ménager, c'eût été de ma part une rare prudence, et
pourtant ce mot même il est vrai que je ne l'ai pas dit.
que
ce soit en lui reprochant la moitié de ce
,
,
Ne
,
craignez point d'ailleurs, Messieurs,
voyez absous que
,
qu'on
le
reçpecte moins
l'offenser. Il
n'y
n'épouvante,
Je
n'ai
l'autorité
eu
,
et
six
a
de M.
pour
cela
personne dans
le
le
,
si
maire en
vous
me
ren-
soit affaiblie»
ait
moins peur de
pays que
mon exemple
qu'on
qui ne tremble de gagner un pareil procès.
mois durant
paie des frais énormes
,
et
,
de repos ni jour ni nuit. Je
perds
mon
travail
d'un an.
Une
coupe de bois dans laquelle j'ai quelqu'iotérêt à peine en
ai-je pu faire le quart. Wen doutez point, quoiqu'il arrive,
quelque arrêt que vous prononciez, je serai toujours assez puni
d'avoir fâché M. de Beaune et de loDg temps , ceux qui le
servent, ne lui demanderont en justice leur salaire , s'ils
,
,
veulent habiter
la
,
commune de
Véretz,
(i*5)
LETTRES
AURÊDACTEURDU CENSEUR.
r^v»/vvvvWVt/w*vwr/v<#A/vv>/vAs\fr*r»/wv/\/^
*w^/w/JV/*
LETTRE PREMIÈRE.
Ve'retz
y,ous
vous trompez
,
,
Monsieur
10
le
1819.
juillet
vous avez
,
de croire
tort
que mon placet imprimé dont vous faites mention dans
une de vos feuilles , n'a produit nul effet. Ma plainte est
écoutée. Sans doute, comme vous le dites, il est fâcheux
pour moi que l'innocence de ma vie ne puisse assurer mon
repos ; mais c'est la faute des lois, non celle des ministres.
,
Ils
ont éwrit à leurs agents
plût à Dieu qu'ils eussent
j'avais des procès
et
,
comme
écrit
de
à l'académie
Cela m'eût mieux valu que tous
avoir le fauteuil et pour garder
nir
un
,
de
vraiment
temps
faire
,
savants
,
pouvais désirer, et
quand
,
les droits
mon
bien.
de gens auxquels
trois sortes
certain
je le
même aux
juges
,
j'ai
juges
j'étais
,
quand
candidat.
du monde pour
Il
faut en conve-
eu
affaire
ministres
,
depuis
pu
je n'ai
entendre raison qu'à ceux-ci. J'ai trouvé
ministres incomparablement plus amis des belles-lettres
les
que
et plus justes que la Justice. Ceci
mes principes d'opposition.
Vous nous plaignez beaucoup, nous auti es paysans ; et
vous avez raison en ce sens que notre sort pourrait être
meilleur. Nous dépendons d'un maire et d'un garde champêtre
qui se fâchent aisément. L'amende et la prison ne
nom,
l'académie de ce
soit dit
sans déroger à
,
,
sont pas des bagatelles. Mais sopgez donc, Monsieur, qu'au-
,
I
on nous
trefois
M*)
pour cinq sousparisis.
tuait
C'était
la loi.
Tout noble ayant tué un vilain devait jeter cinq sous sur la
fosse du mort. Mais les lois libérales ne s'exécutent guèrcs,
plupart du temps on nous tuait pour rieu. Maiutenaut
en coûte à un maire sept sous et demi de papier marqué
pour seulement mettre en prison l'homme qui travaille , et
et la
il
]es
On
juges s'en mêlent.
prend des conclusions, puis ou
plaisir du maire ou du pré-
rend un arrêté conforme au bon
Vous
fet.
Monsieur, que nous ayons peu gagné
paraît-il,
en cinq ou
six
Nous
cents ans?
taillable et tuable à volonté
étions la gent corvéable,
nous ne sommes pins qu'iVi-
\
carcérables. Est-ce assez, direz -vous?
ou
encore cinq
faire;
maire tout
comme
je
mander de
l'argent
,
six siècles
,
Patience;
vous parle; nous pourrons
s'il
nous en doit
laissez
nous parlerons au
et
,
et
lui
de-
nous plaindre
nous en prend , sans encourir peine de prison.
Toutes choses ont leur progrès. Du temps de Montaigne,
un vilain son seigneur le voulant tuer, s'avisa de se dés'il
,
fendre.
Chacun en
surtout, qui
fut surpris, et le seigneur
Montaigne qui le raconte. Ce manant devinait les droits de l'homme. Il fut pendu , cela devait être. Il ne faut pas devancer son siècle.
Sous Louis XIV on découvrit qu'un paysan était un
homme ou plutôt cette découverte , faite depuis longne s'y attendait pas,
et
,
,
par de jeunes religieuses , alors
temps dans les cloîtres
seulement se répandit , et d'abord parut une rêverie de ces
bonnes sœurs , comme nous l'apprend Labruyère. Pour des
Jilles cloîtrées, dit-il, un paysan est un homme. Il témoigne
,
là-dessus
combien
cette
opinion lui semble étrange. Elle
commune maintenant et
point comme les religieuses
est
,
,
sons.
des
On
tient
assez
hommes. De
bien des gens pensent sur ce
sans en avoir les
généralement que
là à les traiter
comme tels
les
,
il
mêmes
rai-
paysans sont
y
a loin en-
loDg-temps avant qu'on s'accoutume
plupart de nos provinces , à voir un paysan vêtu
core. Il se passera
,
dans la
,
semer
et recueillir
pour lui, avoir un homme de bien possé-
12 7
(
)
der quelque chose. Ces nouveautés choquent furiemenipni
ies propriétaires,
eu que
la peine
j'eulends ceux qui, pour le devenir, n'ont
de naître.
LETTRE
II.
Projet d'amélioration de V agriculture
Bujault
avocat à Melle,
,
par
,
Jacques
département des Deux-
Sèvres.
Brochure de cinquante pages, où
l'on trouve des calculs,
des remarques, des idées dignes de l'attention de tous ceux
qui ont étudié cette matière. L'auteur aime son sujet, le
en
traite
homme
tendent au-delà.
choses
qu'il
instruit
,
et
dont
ne tiendrait qu'à
Il
effleure en passant
;
les
lui
connaissances
d'approfondir
plein de
s'é-
les
zèle d'ailleurs
pour le bonheur public et la gloire de l'état, il conseille
au gouvernement d''encourager C agriculture. Il veut qu'on
V économie rurale
dirige la nation vers
qu'on instruise
,
moyens. Rien n'est
mieux pensé ni plus louable. Mais avec tout cela il ne conteulera pas les gens en très grand nombre , qui sont perles cultivateurs
,
et
il
en indique
les
,
suadés que toute influence du pouvoir nuit à l'industrie, et
qui croient gouvernement synonyme d?empêchement en ce
,
qui concerne
les arts. Ils
diront à
M. Bujault
:
laissez
le
gouvernement percevoir des impôts, et répandre des giâces ;
mais
pour Dieu , ne l'engagez point à se mêler de nos
affaires. Souffrez, s'il ne peut nous oublier, qu'il pense à
,
nous
le
moins possible. Ses intentions à notre égard sont
les meilleures du monde , ses vues toujours
sans doute
parfaitement sages
fatalité
,
et
surtout désintéressées
;
mais, par une
qui ne se dément jamais, tout ce qu'il encourage
,
(
i*8)
IaDguit, tout ce qu'il dirige va
mal
,
tout ce qu'il conserve
périt, hors les maisons de jeu et de débauche.
L'Opéra,
peut-être, aurait peine à se passer du gouvernement} mais
nous
nous ne sommes pas brouillés avec
,
reurs
,
artisan»,
à qui travaille
il
Labou-
le public.
même
nous ne l'ennuyons pas
en chantant,
ne faut que la liberté.
Voilà ce qu'on pourra dire,
et ce
que certainement di-
M. Bujault les partisans du libre exercice de l'industrie. Mais les mêmes gens l'approuveront
lorsqu'il re-
ront à
,
campagne
aux jeunes gens, et, Chose assurément remarquable, aux
grands proprétaires de terre leur dédain pour l'agriculture suite de cette fureur pour les places, qui est un mal
proche aux
dont abondent
oisifs
la ville et la
,
,
ancien chez nous,
de
7i
trois cents
ans
et
,
dont Philippe de Comines,
a fait des plaintes toutes
il
y
a plus
pareilles.
Ils
ont, dit- il, souci de rien, parlant des Français de sou
temps
,
sinon d'offices et états
,
que trop bien
ils
savent
Jaire valoir, cause principale de mouvoir guerres et rébellions. Les choses ont peu chaDgé
seulement cette con;
voitise des offices et élats (curée autrefois réservée à nobles
devenue plus âpre encore , depuis que tous y
peuvent prétendre et ne donne pas peu d'affaires au gouquelque multiplié que paraisse aujourd'hui le
vernement
nombre des emplois qui ne se compare plus qu'aux étoiles
limiers) est
,
:
,
aux sables de la mer , il n'a pourtant nulle proportion avec celui des demandeur* et on est loin de pouvoir contenter tout le monde. Suivant un calcul modéré dd
M. Bujault, ily a maintenant en France pour chaque place,
dix aspirants
ce qui, en supposant seulement deux cents
mille emplois, fait un effectif de deux millions de solliciteurs actuellement dans les antichambres, le chapeau dans
la main se tenant sur leurs membres (i) comme dit un
poète
accordons qu'ils ne fassent nul mal (ainsi la cha-
du
ciel et
,
,
,
,
:
(1) Régnier. Satires.
,
(
nous oblige
rite
à
le
croire
l2 9
)
)
pourraient faire quelque
ils
,
par une honnête industrie, fuir les tentations du
malin. C'est ce que voudrait M. Bujault , et ce qu'il n'ob-
bien,
et
tiendra pas
,
selou touie appaieuce. L'esprit
oppose. Chacun maintenant cherche à
et placé
,
pousser.
à se
Oa veut
être
se
du
siècle
placer, ou
s'y
,
s'il
quelque chose. Dès
qu'un jeune homme sait faire la révérence richeounoa ,
peu importe il se met sur les rangs il demande des g^ges,
eu tirant un pied derrière l'autre cela s'appelle se présenter
tout le monde se présente pour être quelque chose. Oa
est quelque chose en raison du mal qu'on peut faire. Un
laboureur n'est rien ; un homme qui cultive qui bâtit qui
travaille utilement
n'est rien. Un gendarme est quelque
cbo>e un préfet est beaucoup Bonaparte était tout. Voilà
,
•,
,
:
}
,
,
,
;
;
gradations de l'estime publique, l'échelle delà considé-
les
chacun veut être Bonaparte
sinon
ou bien gendarme. Voilà la direction générale des
la même depuis long-temps
et non prête à chan-
ration suivant laquelle
préfet
esprits
ger.
,
,
,
,
Sans cela
de l'invention
,
qui peut dire jusqu'où s'élancerait
le
génie
on atteindrait, avec le temps, l'industrie
humaiue à laquelle Dieu sans doute voulut mettre des
bornes en la détournant vers cet art de se faire petit pour
complaire , de s'abaisser, de s'effacer devant un supérieur ,
î*
,
,
de
tir
s'ôter
,
seul
soi-même tout mérite
moyeu
d'être
,
toute vertu
quelque chose.
,
de s'anéan-
LETTRE
Vefeti
Monsieur
Quelqu'un
10 septembre
.
1S19.
,
dans une de vos feuilles
se plaint
prétexte de vacances
III.
,
on
lui a refusé l'entrée
que sous
,
de
biblio-
la
thèque du roi. Je vois ce que c'est ; on l'a pris pour un
de ces curieux comme il en vient là fréquemment qui ne
veuleût que voir des livres , et gênent les gens studieux.
Ceux-ci n'ont point à craindre uu semblable refus , et la
bibliothèque pour eux ne vaque jamais. Aux autres, on as,
signe certains jours
votre ami
certaines heures
,
ordre fort sage
,
;
pour peu qu'il y veuille réfléchir, lui-même
en conviendra. S'il m'en croit qu'il retourne à la bibliothèque et , parlant à quelqu'un de ceux qui en ont le
,
,
,
soin
il
,
qu'il se fasse counaître
faut
avec des livres
,
,
poui être de ces gens auxquels
silence
repos
,
,
liberté
\
je
suis
trompé s'il ne trouve des gens aussi prompts à le satisque capables de l'aider et de le diriger dans toutes
faire
,
,
de recherches. J'en
sortes
ai
l'expérience
fait
fout chaque jour à leur très grand profit.
a voyagé
Italie
,
purgés
cagoterie
,
vu en Allemagne
a
s'il
,
,
c'est-à-dire biffés
enfermés
le
nos bibliothèques
est
pareil
de bonne
,
il
,
vraiment veuleut étudier.
cet
d'autres la
s'il
encbaînés, eu
raturés, mutilés par la
communiquer
cessera de se plaindre de
de celle-là surtout
que
au monde pour les
foi
les livres
plus souvent, ne se
que sur un ordre d'en haut,
s'il
,
;
Après cela,
;
enfin
il
avouera
établissement n'a point
facilités
,
de
qu'y trouveut ceux qui
(
Quant au
n'étaient pas
doute
sans
Rarement
placé
là.
n'est
dans
i3i
)
factionnaire suisse qu'il a
les
les
vu
à la porte
savants posent des sentiuelles
les
,
ce
administrateurs qui l'avaient
,
si
ce
de Droit. Je ne connais
guerres de l'Ecole
poiut messieurs delà bibliothèque assez pour pouvoir vous
rien dire de leurs sentiments ; mais je les crois Français ,
et je
me
persuade que
s'il
dépendait d'eux, on ferait venir
suisses , puisque enfin il efl
d'Amiens des gens pour être
faut daos la garde du roi.
LETTRE
Yeretz
Monsieur
IV.
18 octobre 181g.
,
,
Le hasard m'a
tomber entre les mains une lettre
un commandant de gendarmes.
En voici la copie, sauf les noms que je supprime.
Monsieur le commandant , veuillezj'aire arrêter et conduire en prison un tel -de tel endroit.
fait
d'un procureur du
Voilà toute
vous en saura
la
résultats.
lettre.
;
Je crois,
Le public
gré.
correspondance
roi à
mais
Ceci est
il
bref,
si
vous l'imprimez, qu'on
dans une pareille
est intéressé
n'eu connaît d'ordinaire que
concis
;
c'est le
les
style impérial
,
ennemi des longueurs et des explications. Veuillez mettre
en prison cela dit' tout. On n'ajoute pas car tel est notre
plaisir. Ce serait rendre raison
alléguer un motif; et en
style de l'empire, on ne rend raison de rien. Pour moi
je suis charmé de ce petit morceau.
Quelqu'un pourra demander (car on devient curieux
et le monde s'avise dé questions maintenant qui ne se fai,
:
,
,
9*
,
>3*
f
saient pas autrefois)
gens
,
France ont
en
)
on demandera peut-être combien d«
ou
le droit
pouvoir d'emprisonner
le
qui bon leur semble «ans être tenus de dire pourquoi. Est-
du roi et de leurs subquant à moi. Ces place: sont recherchées ; ce n'est pas pour Parlent. On en donnait jadis t
on en donnait beaucoup pour être procureur du roi. Fouquet vendit sa charge dix-huit cent mille francs , cinq milre une
prérogative des procureurs
stituts? Je le croirais
,
que
Ce qu'achètent m cher d? honnêtes gens, c'est
l'honneur (f honneur seul peutJlatter un esprit gcnê'eur)*
lions d'aujourd'hui, et elles coùteut à présent bien plus
de
l'argent.
ce sont
effet
Gendarmes
De
,
sent point
,
qu'on
En
attachés à ces places.
privilèges
les
de plus beau
e>t-
l'arrête
que
du tout
le
,
robin
,
magistrature,
à la
comme lui-même
Il
ne
même
nos
et
le
qui, tant de
de jus-
avec tant de raison
,
fois, le firent
f
enrager,
racoote.
se plaindrait pas
maintenant
de ce qu'il eût pu désirer
lois
:
le
cardinal de Retz reproche
le
en
mène en prison. Cela
l'homme de loi. On ne voit
qa'on
rien là-dedans de ces lentes et pesantes formalités
tice
il
de plus grand que celui de pouvoir dire
sont prévôtales
;
:
tout a chargé au-delà
jurisprudence
alors. Ixotre
nos magistrats aussi doivent être
expéditifs, et le sont. Vile, tôt; emprisonnez, tuez; on n'aurait
jamais
fdit
,
s'il
fillait tant
Tout chez nous
d'ambages
porte empreint
le
et
de circonlocutions.
caractère de ce héros
,
le
du pouvoir qui faisait en une heure une constitution t
en quelques- jours un code pour toutes les nations, gougénie
,
vernail à cheval, organisait en
poste
fonda, en se dé-
et
,
boîtant, un empire qui dure encore.
Tout bien considéré; le
procureurs du roi
fort les
parti le plus sûr, c'est
de respecter
et leurs substituts et leurs clercs
;
de les éviter de fuir toute rencontre avec eux tout démêlé ;
mais tout le
de leur céder non seulement le haut du pavé
pavé, s'il se peut. Cir enfin, on le sait ce sont des gens
fort sages , qui ne mettent en prison que pour de boune
,
,
,
,
raisons, exempts de passions, calmes
,
imperlubables
y
de*
,
m
(
hommes éprouvés
)
grand Napoléon , qui cent fois
dans le cours de sa gloire passée , tenta leur patience et
ne Ca point lassée. Mais ce ne sont pas des saints \ ils peuvent se fâcher. Un mot, avec paraphe le commandant est
et aussitôt gendarme» de courir
là. Veuillez
prison de
,
s'ouvrir \ quaud vous y serez , la charte ne vous eu tirera
sous
le
,
,
Vous pourrez rêvera votre aise la liberté individuelle.
respectons les gens du roi ,ou les gens de l'empereur,
qui happent au nom du roi. C'est le couseil que je prends
pour moi et que je donne à mes amis.
Mais je rnfe suis trompé, Monsieur je m'en aperçois ;
ce n'est pas la toute la lettre du procureur du roi
avec
pas.
Non
,
,
,
:
ce que je vous
ai
transcrit,
y
il
quelque cho*e eucore.
a
y a d'abord ceci Le procureur du roi à M. le commandant de la gendarmerie. Monsieur le commandant ;
et puis fa iT honneur d'ètie^ Monsieur le commandant
11
:
,
,
,
avec considération
votre très humble et très obéissant
,
serviteur.
Le
,
c'est
obligez-moi de grâce
,
comme
on dit faites-moi l'amitié,
rendez-moi ce service, à la charge
:
d'autant. J' suis votre serviteur
du gendarme
viteur
serviteurs l'un de
lous
teur.
mettre en
tout s'accorde parfaitement avec veuillez
prison. Veuillez
deux
,
qui
,
cala s'entend.
au besoin
,
,
Il
sera lesien
;
est
ser-
ils
sont
l'autre contre l'a dminist/é qui les
l'homme qu'on emprisoune
paie
un cultivaC'est un bon paysan qui a déplu au maire en lui de\
car
est
mandant de l'argent. Celui-ci par le moyeu du procureur
du roi, dont il cm serviteur a fait juger et condamuei l'insolent vilain que ledit procureur du roi
par son serviteur
le gendarme, a fait constituer es prisons. C'est l'histoiie
connue cela se voit partout.
Oii
que nos magistrats donnent de grands exemples
,
,
,
,
\
!
!
cuieWe sévérité
h'iise
!
quelle
ligidilé
î
dans l'observation de toutes
Celui-ci
quelle exactitude scrupules
peut-être oublie dans sa
Ljuimc de
faite
formes de
lacmion d'un jugement
la
civilité!'
quelque chose
lettre
;
nuis
il
n'oublie
>34
(
)
très-humble serviteur l'honneur d'être et , le reste ,
bien plus important que le jugement , et tout, pour monsieur le gendarme. Au bourreau , sans doute
il
écrit
pas
le
,
,
:
,
Monsieur
bourreau, veuillez tuer,
le
viteur. Les procureurs
nêtes gens
ce
;
du
roi
ne sont pas seulement d'hon-
sont encore des gens fort honnêtes.
correspondance
est civile
comme
les parties
Fleurant. Mais on pourrait leur dire aussi
imaginaire
;
votre ser-
je suis
et
ce nest pas tout d'être civil
comme
,
Leur
de monsieur
le
malade
ce n'est pas tout
pour un magistrat d^tre serviteur des gendarmes
être bon
et ami de l'équité.
\
faudrait
il
,
LETTRE
V.
ctz
Mo^SIEVB.
Dans
comme
,
13
(
->
,
provinces, nous avons
ces
vous
m>\
à Paris
,
à ce
gens qui n'assassinent point
nos bandes noires
que j'entends
,
achètent de grands biens pour
dire.
Ce
mais qui détruisent tout.
les
%
sont des
revendre en détail
,
et
Ils
,
de
décomposent les grandes propriétés. C'est pitié
de voir quand une terre tombe dans les mains de ces gensdonjou ,
disparaît. Château , chapelle
là; elle se perd
tout s'en va , tout s'abîme. Les avenues rasées labourées
de ça de là il n'en reste pas trace. Où était l'orangerie
s'élève une métairie , des granges
des élables pleines de
profession
,
,
,
,
;
,
,
vaches et de cochons. Adieu bosquets
allées
d'arbrisseaux et de fleurs
dix paysans
;
l'un
y va
;
,
parterres, gazons
,
tout cela morcelé entre
fouir des haricots, l'autre
de
la
une douzaine
,
, se fond en
de maisons qui ont des portes et des fenêtres , mais ni
vesce.
Le château
s'il
est
vieux
«.35 )
(
louis
créneaux
ni
,
,
vieilles lois
,
ui cachots
ni antiques
,
demeure entier, défendu par de
qui tiennent bou contre l'industrie. Car on ne
Le parc
souvenirs.
pont-levis
ni
seul
permet pas de défricher
vrir ailleurs des
dans les cantons les
dg peur d'être obligé d'oubois
les
mieux, cultivés de la France
,
,
routes et de creuser des
canaux, pour
l'exploitation des foiêts. Enfin, les gens dont je
se
peuvent
sent
,
lion
,
la
uommer
pulvérisent
ou
leurs
lations
:
Ils la
l'éparpilleut encore après
,
mal voulus pour
yaice qu'ils rendent
vous parle
fléaux de la propriété.
les
,
cela d'un
On
chacun.
pour exacts
et passent
;
la
bri-
révolu-
leur prête
,
mais d^ail-
hait, parce qu'ils s'enrichissent de ses spécu-
les
eux-mêmes
quasi se montrer.
paraissent eu avoir
De
honte,
et
n'osent
tous côtés on leur crie heppl
heppl
mince autorité qui ne triomphe de les surveiller.
Leurs procès ne sont jamais douteux
les juges se font
II n'est si
\
parties contre eux. Ces gens
me
semblcut bieu à plaindre,
quelque succès qu'aient,
on,
leurs opérations, quelques
dit
profits qu'ils puiaseut faire.
Uu
de rats voisins,
sonuer
,
homme
parlant d'eux
bizarre
,
qui
mêle de rai-
se
l'autre jour, disait
:
Ils
ne font du
du bien à tout le monde } car il ?
donnent à l'un de l'argent pour sa terre
à l'autre de la
chacun a ce qu'il lui faut, et le
terre pour son argent
public y gagne. On travaille mieux et plus. Or avec plus
de travail il y a plus de produits c'est-à-dire plus de
mal
à personne, et fout
,
;
,
,
richesse, plus d'aisance
,
commune,
et, notez ceci, plus
ds
mœurs, plus d'ordre daus l'état comme dans les familles.
Tout vice vient d'oisiveté tout désordre public vient du
manque de travail. Ces gens donc, chaque fois que simplement ils achèieut une terre et la revendent font bien font
une chose utile, très utile et très bonne quand ils achètent
d'un pour revendre à plusieurs car accommodant plus de
,
,
;
augmentent d'autant plus le travail les produits ,
la richesse , le bon ordre , le bien de tous et de chacun.
Mais lorsqu'ils revendent et partagent celte terre à des
gens
,
ils
,
(
hommes
font
est
>36
)
qui n'avaient point de terre, alors
grand; car
Côme
d'honnêtes gens, selon
de drap Jîn
disait-il
,
de
trois quartiers
terre
le
font des propriétaires,
ils
qu'ils
,
de Médicis. Aoec trois aunes
un homme de bien; avec
je fais
,
un
aurait fait
il
Lien
c'e!t-à-dirc
En
«aint.
effet
tout
,
propriétaire veut l'ordre, la paix, la justice, li^rs qu'il ne
soil
fonctionnaire ou pense
sans dépouiller personne
naire
donner
,
l'homme qui
au laboureur
terre
la
devenir. Foire propriétaire,
à le
,
Lien qui se puisse faire en France
serfs à affranchir. C'est ce
Mais une
nirs, les
servent où
sous
la
nouvelle tout
même
hommes
les
,
leur
fait
édits
souveconPalmyre et
,
les
,
à
Balbck
mais ailleurs
,
à
,
se
,
l'industrie
,
qui re-
une guerre continuelle. Piome elle,
et se plaint à tort des
Vandales vouldient tout conser-
les
eux qu'elle ne demeurât et ne «oit
trouvèrent. Mais malgré leurs
portant peine de mort contre quiconque endommageait
Il
n'a pas tenu à
aujourd'hui
statues
Jes
ont péri
;
château
le
Les monuments
a détruit ses antiques édifices
Barbares. Les Goths et
ver.
ces gen«.
mais
l'histoire
cendre du Vésuve
que merceplus grand
depuis qu'il n'y a plus de
que font
terre est détruite;
monuments,
,
n'est
c'est le
,
qu'ils la
telle
monuments,
les
et
tout a disparu
,
tout
a
pris
«ne forme nouvelle. Et où en serait-on ? que deviendrait le
monde, si chaque âge respectait révérait consacrait à
titre d'ancienneté, toute œuvre des âges passés, n'osait toucher à rien, défaire ni mouvoir quoi que ce soit; scrupule
de Madame dp lia r! ai qui, plutrVî que de remuer le fauteuil
et les pantoufles du feu chancelier son grand-père, toute
sa vie vécut dans sa vieille, incommode et malsaine mai,
,
,
,
son.
M. de
Maicelius
chérit,
dans
les
forêts,
le
sou-
ne veut pas qu'on exploite
venir des druides
aucun bois, qu'on abatte même un arbre , le plus creux le
plus caduc, tout , de peur d'oublier les sacrifices humains et
,
et
,
pour
cela
,
,
]p<
dieux teints de sang de ces bons Gaulois nos aïeux. II
tant qu'il peut, eu mémoire du vieux âge, les ronces,
defmd
les broussailles
,
lts
landes féodales, que d'ignobles guérêts
C
>>
)
chaque jour envahissent. Les souvenirs, dit-on ? est- ce par
les souvenirs que se recommandent ces châteaux et ces cloîtres gothiques Y A utour de nous
Chenonceaux le Plessislèz-Tours Blois, Amboîse, Marmoutiers, que retracentJ
ils à l'esprit
de honteuses débauches, d'infâmes trahisons,
,
,
v
,
;
des assaMnats, des niassoc:es
des supplices-, des tortures,
,
d'exécrables forfaits, le luxe et la luxure, et
rance des abbés et des moines,
Les monuments
,
il
et
pis
crasse igno-
la
encore Thypocrisie.
pour la plupart, ne rapou des superstitions, dont
faut l'avouer,
pellent guères que des crimes
mémoire
,
sans eux , dure toujours assez \ et s'ils ne sont
aux arts comme modèles , ce qui peut se dire d'un
petit nombre, que gagne-t-on à les conserver lorsqu'on en
peut tirer parti pour l'avantage de tous ou de quelqu'un
seulement? Les pierres d'un couvent sont-elles profanées,
ne sont-elles pas plutôt pui idées, lorsqu'elles servent à éle-
la
utiles
,
ver
les
chaste
quent
murs d'une maison de paysan
d'une sainte et
demeure, où jamais ne cesse le travail, ui par consé,
la
Une
prière
terrre
r
Qui
't
travaille prie.
on plus n'est pas détruite;
pure
c'est
façon,
un marquisat un titre noble,
quand la terre passe à des vilains. Encore dit- on qu'il se
conseive et demeure au sang à la race, tant qu'il y a
race je m'en rapporte .... Prenez Je titre a dit La Fontaine, et laissez~?noi la rente. C'est, je pense, à peu près
le partage qui a lieu lorsqu'un fief tombe en roture, malheur si commun de nos jours Le gentilhomme garde
son titre, pour le faire valoir à la cour. Levilaiu acquiert
de parler. Bien
le
peut
être,
,
,
,
;
!
seulement
le sol, et n'en
de posséder
valoir à sa
glèbe
ce
est
la
mode,
divisée
,
il
fut attaché
,
content
il
;
la
fait
c'est-à-dire par le travail. Or, plus la
plus
que l'expérience
viugt-ciuq ans,
demande pas davantage
glèbe à laquelle
est
portions, qui vingt
elle s'améliore
a prouvé.
et
prospère.
Telle terre vendue
C'est
il
y
a
heure partagée en dix miile
ont changé de main depuis la
à cette
fois
première aliénation, toujours
,
de mieux eu mieux culii-
,
s38
(
vëe
(on
le sait
nouveaux
}
)
nouveau propriétaire, nouveau
essais )
;
travail
produit d'autrefois ne paierait
le
l'impôt d'aujourd'hui. Recomposez un peu l'ancien
,
pas
fiel,
Conservateur^ et que
chaque portion retourne du propriétaire laboureur à ce
bon seigneur adoré de ses vassaux daus son château, pour
par
les
procédés indiqués dans
à
être substitué
lui et
à
le
ses hoirs, de
mâle en mâle, à perpeu.
hoirs ne laboureront pas, ses vassaux
pétuité ; ses
Plus d'industrie. Tout ce qui maintenant travaille se lera
laquais, ou mendiant,
ou moine
Monseigneur aura
pacages
de
les grâces
puis
ses
la cour.
ou soldat
Bientôt reparaîtront
,
ou voleur.
ventes
les
,
avec
créneaux
ronces et ies épioes, et puis les forêts, les druides
les
de M. de Marcellus
Ils ne songent pas
-,
créer, qu'on ne
truire,
et la terre alors sera détruite.
,
bonnes gens qui veulent maintequ'à Dieu seul appartient de
,
les
choses intactes
nir toutes
server
,
et ses lods et
fait
point sans défaire, que ne
jamais dé-
ne jamais renouveler. Celui-ci pour conbois, défend de couper une solive; un autre
c'est
les
conservera
,
les pierres
dans
la carrière
•
à
présent
,
bâtissez.
L'abbé de la Menuais conserve les ruines , les restes de.
tout ce qui pourrit et
donjons, les tours abandonnées
tombe. Que l'on construise un pont du débris délaissé de
ces vieilles masures, qu'on répare une usine, il s'emporte,
lu esprit de la révolution est éminemment desil s'écrie
tructeur. Le jour de la création, quel bruit u'eût-il pas
Mon Dieu conservons le chaos.
fait ? il eût crié
,
:
:
En somme
grand bien
,
,
ces gens-ci
,
ces destructeurs
à la terre, divisent le travail
,
de
terres, fout
aident à la pro-
faisant leurs affaires, font plus pour l'indus, et
pour l'agriculture que jamais ministre, ni préfet, .
société d'encouragement sous l'autorisation du préfet. Le
public les estime peu. En revanche , il honore fort ceux
duction
trie
,
et
i
,
qui
le
dépouillent et l'écrasent
dépens
"Voilà
lui
ce
-,
toute fortune faite
à
ses
tous
ces
paraît belle et bien acquise.
que me
dit
mon
voisin.
Mais
,
moi
,
i3y
(
discours
me
)
persuadent peu. Je ne
né d'hier,
suis pas
et
mes souvenirs. J'ai vu les grandes terres les riches
abbayes; c'était le temps des bonnes œuvres. J'ai vu mille
j'ai
,
pauvres recevoir
éçuelles de soupe à
mille
Marmoutiers. Le couvent
plus vu ni écuei'es, ni soupes
ques années
,
terres
les
et
je
n'ai
pauvres, pendant quel-
ni
,
do
porte
la
vendues,
de l'empereur
jusqu'au règne brillant
qui remit en honneur toute espèce de mendicité.
et
roi
J'ai
vu
vu madame la duchesse, marraine de nos cloches,
le jour de Sainte-Andoche
donner à la fabrique cinquante
louis en or, et dis écus aux pauvres. Les pauvres ont
acheté ses terres et son château et ne donnent rien à perjadis, j'ai
,
,
sonne.
Chaque
travailler,
jour la charité s'éteint, depuis qu'on songe à
perdra enfiu
et se
,
la
si
Sainte- Alliance
n'y
met ordre.
LETTRE
VI.
Ve'ietz
Monsieur
vous prie
,
,
de
ma part
,
chiffre à peine
dans lequel
la
je vois
un
.
,
Dites
s'il
a
cela
,
quelque
presse. Je
dé-
du 17,
bien pourtant que vous louez les Fran-
moitié d'un de vos paragraphes
comme un peuple
faites
imprimeur
lisibles de la
à votre
envie que ses feuilles sortent
çais
3o novembre îSuj.
faut mettre de l'encre et tirer avec soin
Il
je
,
juste éloge
rempli de sentimens chrétiens, et
de notre dévotion
soumission aux pasteurs de
,
bonne conduite
,
Nous vous en sommes
vous dans un moment
l'église.
est généreux à
,
; cela
ou tant de gens nous traitent de mauvais sujets , et appellent pour nous corriger les puissances étrangères. Voire
bien obligés
M°
(
me trompe
)
de faire voir que nous
pouvons nous passer de missions et que chez nous, les
bons pères prêchent des convertis. Vous dites d'abord excellemment
La religion est honorée; puis vous ajoutez
quelque chose que j'eusse voulu pouvoir lire car la matière m'intéresse. Mais dans mou exemplaire
je distingue
dessein
,
je lie
si
e«t
,
,
,
;
,
,
seulement ces
sus
,
lettres
,
/.
p.. p. e cro.
quoique nous ayons pu
faire
,
p.. e.
t.
t.
moi
et tous
là-des-
,
mes amis
,
à grand renfort de besicles comme dit maître François,
nous sommes encore à deviuer si vous avez écrit en style
,
le peuple croit et prie , ou , moins poétiquement ,
peuple croît ( circonflexe ) et paie. Voilà sur quoi nous
disputons, moi et ces messieurs, depuis deux jours. Ils
d'Atala
,
le
soutiennent
me
première leçon
la
comme
je
\
mou
fâcher néanmoins, car
défends la seconde, sans
opinion est probable
\
mais
%
disent les jésuites, le contraire est probable aussi.
Mes raisons , cependant , sont bien bonnes. Mais je veux
premièrement vous dire celles de mes adversaires
sans
vous en rien dissimuler , ni rien diminuer de leur force.
,
Le
peuplecroit, disent-ils, cela est évideut. Il croit qu von
songe à tenir ce qu'on lui a promis 5 que tout à l'heure on
va exécuter
se souvient
charte, et
la
de
il
qu'on
prie
hâte, parce qu'il
se
poule au pot qu'on lui promit jadis
et
qui lui fui ravie par un de ces tours que l'agneau enseigne
à ceuac de la société { belle expression du père Garasse ).
Or,
le
la
,
peuple, en
aperçoit dans
même
un coiu
temps qu'on
la société
lui
présente
de l'agneau,
la charte,
et cela
Tin-
quiète.
Il
croit
que
ses
mandataires vont
bien d'antres choses
,
car
gouvernants de l'épargner un
coute.
En uu mot,
Croire et prier
,
et le journaliste
le
c'est
,
peuple
son état
homme
,
peu
!
,
crédule.
et
il
croit
Il
prie les
qu'on
l'é-
est toujours priant et croyant.
de tout temps;
ne peut avoir eu d'autre
sa façon d'être
d'esprit
,
idée. C'estainsi qu'ils expliquent et
Doctement
faire ses affaires. Il croit
est fort
il
commenteut
ce passage.
»4« )
(
Mais
je dis
:
le
peuple croît
avec un accent circonflexe
(
).
vue d'rcil , comme le fils de Gargantua, et paie.
Ce sont deux vérités que le journaliste en ce peu de mots ,
a heureusement exprimées. Le peuple croît et multiplie ;
se peut-il autrement ? tout le monde se marie. Les jeunes
gens prennent femme dès qu'il pensent savoir ce que c'est
qu'une femme. Peu font vœu de chasteté
parce qu'un pareil vœu sent le libertinage
ou plutôt , on sait aujourd'hui
qu'il n'y a de chasteté que dans le mariage. Ainsi les filles
une mariée de
n'attendent guères. Autrefois , dans ce pays
village avait rarement moins de trente ou trente-cinq ans.
Il croît
à
,
,
,
,
A
cet
âge maintenant
sont toutes grand'mères
elles
éloignées de s'en plaindre.
enfants
,
On
et
,
fort
ne craint plus d'avoir des
depuis qu'on a de quoi
élever
les
,
et
même
de quoi
gouvernement s'en empare. Chaque
paysan presque possède ce que nous appelons sa goulée dô
benace
un ou deux arpens de terre en huit ou dix morles
racheter
quand
le
,
ceaux
qui,
,
retournés
labourés,
font vivre la famille. C'est
y va
pour
remédier.
les
reposera.
part
,
On
,
sans relâche
travaillés
un grand mal que
va recomposer
les
gens qui ne veulent rien
grandes
faire.
La
propriétés
terre alors se
Chaque gentilhomme ou chanoine aura, pour
mille arpeas,
à charge
de dormir
;
et
,
Mais on
cela.
s'il
sa
ronfle, le
double.
Ce qui fait aussi que le peuple croît, c'est qu'en tout, on
mieux à présent qu'autrefois. On est nourri, vêtu,
logé bien mieux qu'on ne l'était, et les mœurs s'améliorent
avec le vivre physique. Moins de célibataires, moins de
vices, moins de débauche. Nous n'avons plus de couvents
vit
:
détestable sottise
qui se pratiquait jadis, de tenir ensemble
enfermés, contre tout ordre de nature, des mâles sans fedans l'oisiveté du cloître,
melles, des femelles sans mâles
où
,
fermentait une corruption qui
,
se
répandant au dehors,
Dieu sans doute ne
permettra pas que ceux qui, chez nous, veulent rétablir de
de pioche en proche,
pareils lieux
infectait
d'i^ nrrr°
tout.
r»i>«eï«<iPni
dans leurs
1
-
"
s
"'-'
,
(
Nos péchés
à*
>
quelques grands qu'il soient
,
n'ont pas métïtt?
,
ce châtiment' notre orgueil , cette humiliation. Il en faut
convenir pourtant ; ce serait une chose curieuse à voir
parmi ce peuple actif, laborieux, dont chaque jour l'induset dont par
trie augmente, les travaux se multiplieut,
ce sel'autre-,
suit
l'uu
car
s'épure,
morale
la
conséquent
une
rait un bizarre contraste, qu'au milieu d'un tel peuple,
société de
gens faisant
vœu publiquement de
fainéantise et
ne veut dire encore et d'impudicité.
de la population , il ne
d'-accroissement
Parmi les causes
de Napoléon. Depuis
repos
le
peu
pour
compter
faut pas
que ce grand homme est là où son rare génie l'a conduit,
de mendicité
l'on
si
,
de l'exercer
eût continué
s'il
sera ent morts
;
,
pour
,
trois millions
qui ont
sa gloire,
femme
de jeunes gens
et enfants,
;
main-
armes sans femme cordonc force, en toute façon,
un
rompant celles des autres. Il est
que le peuple croisse; aussi fait-il ayant repos
chevance peu de soldats et point de moine».
tenant
million seraient sous
les
,
,
,
,
biens et
,
A
présent
Si ce n'est
qu'il fallait
prie
est
peuple paie , et nul ne me contredira.
Monsieur , ce que vous avez, écrit , c'est ce
écrire pour n'avoir point de dispute. Le peuple
je dis le
,
là
,
est une thèse un peu sujette à examen. Le peuple paie,
un axiome de tous temps, de tous pays de tout gou,
,
vernement. Mais
entre tous
,
et
se
le
peuple français sur ce point
pique de payer largement
se dislingue
,
d'entretenir
magnifiquement ceux qui prennent soin de ses affaires , de
mériteou qualité qu'ils soient;
quelque nation condition
aussi n'en manque-t-il jamais. Quand tous ses gouvernants
s'enallèreot un jour, croyant lui faire pièce et le laisser en
,
,
peine, d'autres se présentèrent qu'on ne demandait pas,
et s'impatronisèrent
y
;
puis les premiers revenant
pensait le moins ( avec quelques voisins )
comme on
grand conflit
en les payant tous,
,
que le peuple accommoda
ceux qui s'étaient mêlés de l'affaire; tant il est de
bonne nature; peuple charmant léger
volage, muable ,
grand débat
et
,
,
tous
,
,
variable, changeant, mais toujours payant.
Qui
l'a
dit? Je
,
f<3
(
Me
)
Bonaparte nu quelque autre le peuple est fait pour
payer; et lisez là- dessus, si vous en êtes curieux, un chapitre
dn testament de ce grand cardinal de Richelieu , dans lequet
il examine, eu profond politique et en homme d'état
celte
sais
,
:
importante question
Jusqu'à quel point on doit permettre
peuple soit a son aise. Trop d'aise le rend insolent:
faut le faire payer pour lui ôter ce trop d'aise, Trop
que
il
:
le
peu l'empêche de payer ; il faut lui
comme aux abeilles ou laisse du miel
même
encore
ni ne paierait
(
)
sans quoi
il
un peu de
laisser
et
de
quelque chose
,
la cire. Il lui faut
ne travaillerait, n'amasserait,
Mais combien '^c'est-là le
liberté.
M. Decazes nous le dira. En attendant nous lui
payons, bon an mal an, neuf cent millions, et s'il payait
comme nous tout ce qu'on lui demande , il aurait bien moins
de querelles.
point.
A
vrai dire aussi
Le
cent millions.
selon
moi
,
de
serait
on
le
chicane sur l'emploi de ces neuf
jouer au biribi
les
nymphes d'opéra
,
meilleur usage qu'il en pût faire
,
à l'insu
ce serait,
la comtesse.
Cela
delà cour , et vaudrait
donner notre argent à des
air
le voir
et
,
ou d'en entretenir des
madame
de
tout-à-fait dans le bel
mieux pour nous que de
soldats qui communient
,
nous suicident dans
les
rues
qui escortent la procession et nous coupent le nez en passant
;
rudement aux uns, si
doucement aux autres à des prêtres qui ne nous enterrent
que quand nous mourons à leur guise et en restituant. Il
arriverait que bientôt, ne comptant plus sur ces gens-là
nous essaierions de nous en passer , de nous garder , de nous
juger, de nous enterrer les uns les autres et, en un besoin
de nous défendre nous-mêmes sans soldats; seul moyen, ce
à des juges qui appliquent la loi
si
;
,
dit-on
,
d'être bien défendus
cour passerait
le
les
donne
M. Decazes,
M. Decazes ne vous
selle.
et tout
puissances étrangères.
contenter
à
,
temps gaiement
par
lit
•
la
point;
,
en
sans
Voilà
irait
mieux.
La
s'embarasser de
le conseil
que
je
voie de votre journal. Mais
il
travaille avec
Mademoi-
(
Au
reste
le
dire,
de
,
Mf
)
et vous avez raison
,
que nous sommes un peuple religieux, et plus
il
est
bien vrai, Messieurs
que jamais aujourd'hui. Nous gardons les commandements
de Dieu bieu mieux depuis qu'on nous prêche moins. Ne
voler, ne
point
l'âne
,
ne convoiter la femme ui
mère, nous pratiquons tout cela
tuer,
point
honorer père
et
mieux que n'ont fait nos pèies, et mieux que ue l'ont acnon tous nos piètres, mais quelques uns reve-
tuellement
,
nus de lointain pays. Rarement à courir le monde devienton plus homme de bien ; mais un ecclésiastique, dans la
vagabonde, prend d'étranges habitudes. Messire Jean
Chouart était bon homme, tout à son bréviaire, à ses
humble de cœur secourait l'indiouailles il était doux
assistait le mourant
il apaisait
gent confortait le dolent
pacifiait les familles
le voilà reveuu d'Alleles querelles
magne ou d'Angleterre, espèce de hussard en soutane ,
dent le hardi regard fait rougir nos jeunes filles, et dont
vie
;
,
,
,
,
;
:
,
la
langue sème
trouble et
le
la
discorde
hardi
•
,
querelleur
,
un drôle qui n'a pas peur tout prêt
à faire feu sur les bleus, au premier signe de son évêque.
Tels sont nos prêtres de retour de l'émigration. Ils ont besoin de bons exemples et ea trouveront parmi nous. Mais
si nous sommes plus forts qu'eux sur les commandements
<]e Dieu , ils nous en remontrent à leur tour sur les commandements de l'Eglise , qu'ils se rappellent mieux que
nous et dont le principal est je crois donner tout son
bien pour le Ciel. Vous me demandez, disait ce bon prédicherchant noise
;
c'est
,
,
,
cateur
B ariette, comment on va en paradis ?
les cloches
du
donnez donnez donnez. Le
latin du moine est joli. Vos auceritis à /ne, fratres carissinu quoinodo itur ad paradisum ? hoc dicunt vobis
campante nionasterii dando , dando dando.
couvent vous
le
disent
:
,
,
,
,
,
«45
c
)
LETTRE VIL
Véretz
M
Chacun
ici
oNsiEufe
commente
à sa
manière
a des gens qui disent
y
Il
un
Les ruines (Tune maison,
culte.
20 décembre 1819.
«
verture.
homme,
,
,
non
le diseours
royal d'où*-
ou ne restaure point
:
c'est le
mot du bon-
d'un culte*
que l'église romaine , depuis le temps de
déchût constamment jusqu'à ce jour. Elle ne pépoint, parce qu'il est écrit
Les portes de Cenfer.....\
Dieu
Léon
lira
se peuvent réparer
,
ruines
les
a permis
X
,
:
ministres qui la doivent relever avec le
niais sont- ce nos
ou M. de Marcellus avec quelques grimaces ?
Rome, les empereurs firent
tout ce qu'ils purent, et ils pouvaient beaucoup; ils n'en
viurent point à bout. Marie , en Angleterre et d'autres souverains essayèrent aussi de restaurer l'ancien culie; ils n'y
télégraphe
Pour
^
restaurer le paganisme à
,
,
réussirent pas
gage
,
le
même
et
,
En
quelques uns.
peuple
,
comme ou
de chrétiens catholiques
,
,
le
s'il
,
,
mal en prit à
que de lan-
ainsi
peuple de tout temps a cou*
fait la loi, le
verti les rois. Il les a faits chrétiens
fera raisonnables
sait
matière de religion
de païens qu'ils étaient
schismatiques
devient
,
hérétiques
lui-même
;
il
}
il
5
les
faut finir
4
par-là.
moyen
, si on le voulait tout de
cœurs un peu tièdes pour
la vraie religion ^ le moyen serait de la persécuter
infaillible receite
éprouvée mille fois et même de nos jours.
La religion doit plus aux ^ens de 93 qu'à ceux de i8i5.
D'autres disent
bon
,
:
de rallumer
il
y
aurait
le zèle
dans
les
:
,
,
Si elle languit
encore
,
et
s'il
faut
un peu
d'aide au cul.e
,
'46)
(
dominant
comme
,
toute simple
au
;
l'assurent
lieu
ministres, la
les
de gager
prêtres
les
prison et défendez la messe; demain
autant qu'il
de
peut être
Mennais a
la
fait
le
:
choie
peuple sera dévot,
le
car l'abbé
;
mal de noire
le
n'est pas l'hérésie
,
est
mettez-les eu
présent qu'il travaille
une vérité
dit
de religion, ce
à
,
l'erreur
,
siècle, en
les
fausses
doctrines; c'est bien pis, c'est l'indifférence.
La
froide
différence a gagné toutes les classes,
les
individus,
même
sans
en excepter l'abbé de
orateurs de la cause sacrée
et le font assez voir. Ces
la
tous
Mennais
et
in-
d'autres
qui ne s'en soucient pas plus
,
amis de
ne s'en approchent
l'autel
Je ne remarque point qu'ils hantent tes églises.
confesseur de M. de Chateaubriand ? Certes ceux
le
Quel est
qui nous prêchent ne sont pas des Tartufes; ce ne sont
guères
:
pas des gens qui veuillent en imposer.
A
leurs
oeuvres on
voit qu'ils seraient bien fâchés de passer pour dévots, d'a-
buser qui que ce
soit
:
ils
ont le masque à la main.
nommé,
docte abbé ; notre mal est le
pour la religion. Il en a fait un livre ,
comme ces médecins qui composent des traités sur une
maladie dont eux mêmes sont atteints, et en raisonnent
d'autant mieux. Il dit en un endroit, si j'ai bonne mémoire:
C'est toi qui
tien
,
l'as
l'indifférence
Est-cejaute de zèle qu'on ne dispute plus oufaute de dis«
putes qu'il n'y a plus de zèle. Je trouve , quant à moi , que
Ton dispute assez et que le zèle ue manque pas ; mais depuis
,
quelque temps
il
a
changé d'objet
:
car
même,
s'écrit sur la religion maintenant, de quoi
dans ce qui
est-il
question
:
Delà présence réelle ? en aucune façon. Delà fréquente
communion ? nullement. De la lumière du Thabor, de
l'immaculée conception
stantialité
s'agit-il?
dîme
et
,
de
l'accessibilité
,
de la coosub-
du père et du fils ? aussi peu. De quoi donc
du revenu des prêtres, des biens vendus, de la
des bois
du
clergé
,
quoi l'on dispute. Ajoutez-y
soit futaies
les
ou
donations
taillis
,
:
les legs
voilà
de
par tes-
l'argent comptant, les espèce^ ayant
tament, l'argent
cours. Voilà ce qui enflamme le zèle de noj docteurs , voilà
,
»47
(
mr
)
quoi on argumente; mais de
n'en dit rien
monde
d'accord
soit
Canon
,
pas un mot.
Du
semble que là-dessus tout le
on s'embarrasse peu que les cinq
dogme, on
;
il
j
propositions soient ou ne soient pas dans le livre de Jansénius.
question de savoir
Il est
si les
évêques auront de quoi
chevaux , des laquais, et des
demandait naguères au grand- vicaire de
entretenir des
On
S...
Quels
:
sont vos sentiments sur la grâce efficace, sur le pouvoir que
Dieu nous donne d'exécuter
accordez- vous
,
lia volentibus et
pension du
Y Comment
mandata impossibi"
commandements
les
avec le libre arbitre,
le
conantibus ? Que pensez-vous de la suset croyez-vous
dans les espèces
sacremeut
qu'il
en dépende,
pense
,
,
comme
la
répondit-il en colère
,
substance de
je
l'accident? Je
pense à ravoir
mon
prieuré
,
que je le raurai.
C'est un homme à connaître que ce grand- vicaire de S...,
homme de bonne maison, d'excellente compagnie. On dit
bien l'air aisé ne se prend qu'à l'armée. Il a tant vu le
monde sa vie est un roman. C'est lui dont l'aventure, à
belle
Londres, fit du bruit, quand sa jeune pénitente
fille vraiment, épousa le comte d***, officier de cavalerie.
et je crois
,
!
,
Au
la voilà qui accouche. Le mari
,
demandez-moi pourquoi ? et l'abbé s'en alla par
prudence en Bohême. Là
on le fit aumônier d'un régiment de Croates. Cette vie lui convenait. Sain gaillard et
bout de quinze jours
se fâcha
•,
,
,
,
,
dispos
se tenant aussi
,
bien à cheval qu'à table
,
il
disait
bravement sa messe sur un tambour, et ne pouvait souffrir
que de jeunes officiers restassent sans maîtresse, lorsqu'il
connaissait des
vertueuses qui n'avaient point d'amant-,
filles
obligeant, bon à tout
pour
trouva
,
non comme
encore celte
fois
années,
prêche
il
y
\
le
quartier-maître un jour
Fort peu
secrétaire.
;
et
de temps après
la pénitente.
le»
bonnes mœurs
la
le
prend
caisse se
l'abbé s'en alla
Bref,
de retour en France
,
,
depuis quelques
ei la restitution,
«48)
C
LETTRE
VIII.
Véretz.
MoNSIFCB
,
12 février i8ao.
,
contre M. Decazes et je croîs que vous
nous méprise, diles-vous. Sans doute cela n'est
pas bien. Mais d'abord, je vous prie, d'où le pouvez-vous
que M. Decazes nous méprise ? quelle preuve en
savoir
Vous vous fâchez
avez
,
tort. Il
,
avez- vous?
dit
de ce
Belle raison!
Il l'a dit.
qu'il
En
pense.
disait tout le contraire
,
vérité
vous
Vous jugez par
vous
êtes simple.
l'en croiriez.
Il
ce qu'il
Et
s'il
n'en faudrait
M. le comte nous
honore nous estime et révère et n'a rien tant à coeur que
de nous voir contents. Un homme de cour agit-il, parle- t-il
d'après sa pensée ? Il l'a dit, je le veux, plusieurs fois pupas davantage pour vous persuader que
,
,
bliquement et en pleine assemblée, à la droite , à la gauche ;
que prouve cela ? qu'il entre dans ses vues pour
et bien
quelque combinaison de politique profonde que nous ignorons vous et moi de parler de la sorte, de se donner pour
un homme qui fait peu de cas de nous et de nos députés
qui craint Dieu et le congrès et n'a point d'autre crainte ;
se moque également de la noblesse et du tiers , n'ayant
!
,
,
,
d'égard que pour
qu'on croie de
pouvez
Voilà certainement ce qu'il veut
le clergé.
lui
-,
mais de
rien conclure, ni
là à
même
siez-vous son intime ami
,
ce
qu'il
pense, vous ne
former de conjectures
fus-
,
ou mieux son
l'homme desavoir
sou confident
,
,
chambre. Car il n'tst pas donné à
que pense un courtisan ni s'il pense. O altitudo
Vous n'avez donc nulle preuve, et n'en sauriez avoir, de
ces sentiments que vous attribuez au premier ministre ; mais
valet de
ce
.'
,
1%
(
quand vouf en
y
quand nous
auriez,
serions
certains
,
comme, à vous dire vrai, j'y vois de l'apparence ) qua
M. ^ecazes au food n'a pas pour nous beaucoup de cou(
ridération
,
faudrait-il nous en plaindre et nous en étonner ?
nous voit
Il
si
de ces hautes régions où la faveur
nous distingue ; il ne nous connaît
petits
l'emporte, qu'à peine
plus
5
ne
il
joué à
cour
la
souvient plus des choses d'ici- bas
se
la fossette.
;
comme
il
,
là
,
de Paris
On
,
et tous
,
un autre
en
,
n'est pas
je n'en
d'autre ?
cour
Et
par exemple
,
de son village
pays
il
,
Français
;
mais lui
leur coterie
;
,
bœuf. La faveur,
la disgrâce, le
lever
,
y
;
borne à
hors de
l'œil
débotler
le
mon
en a-t-il
courtisans, 1*
monde
se
,
fait
les
c'est le
La nature, pour eux,
c'est néant.
de
et,
chacun
,
la cour est
:
dans l'idée de tous
le sait;
ni d'avoir
,
nous sommes de notre pays
connais point cCautre;
est l'univers
,
M. Decazes est da
de Gonesse ou de Rouen ,
sens
,
de
voilà
phénomènes. Tout roule là-dessus. I>emandez-leur la
du flux de l'Océan , du mouvement des sphères c'est le petit coucher. Ainsi M. Decazes
absorbé tout entier dans la contemplation de l'étiles
cause du retour des saisons
,
•,
,
quette, des présentations
,
du tabouret
,.
des
préséances,
ne nous méprise pas à proprement parler. IL nous ignore.
Mais
veux
soit, je
pensée,
,
pour vous
satisfaire, qu'il ait
comme un homme du commun-, naïvement,
détour, ainsi qu'il eût pu faire avant d'être ce qu'il
dit sa
sans
est
y
ayant pour nous ce dédain qu'à,
sa place montrèrent pour la gent gouvernée, Mazarin ,
Bonaparte, Alberooi , Dubois je lui pardonne encore , et
qu'enfin
,
il
nous méprise
,
:
i:omme moi, Monsieur, vous lui pardpanerez , si vous
faites attention à ce que je vais vous dire. On juge par ce
qu'on voit de ce qu'on ne voit pas du tout , par la partie
,
j
yeux. Faiblesse da nos sens et de l'entendement humain on juge d'une nation , d'une générapar ceux avec qui l'on déjeûne \
tion, de tous les hommes
quel'ou a sous
les
!
,
et ce
ici
voyageur
disait
sont, rousses-
,
apercevant l'hôtesse
Ainsi fait
M»
Decazes
,
:
Les femmes
ainsi faisons-nou.i
^o
(
)
Cette nation qu'il méprise, nous l'estimons; pour-
tous.
quoi
qu'à nos yeux s'offrent des gens dont la vie
? C'est
toute entière s'emploie à des choses louables
dans
)a foi
contrats
les
matin
,
la confiance
,
publique
Je vois des laboureurs aux
tion des lois.
des mères occupées
du
,
supposant qu'ils jeûnent
de leur famille
soin
carême
le
)
y
il
,
Vous voyez à la ville des savants des
reurde leur patrie, de riches fabricants
gens.
,
,
sans, dont l'industrie
,
chez nous
lutte contre les taxes et les
instruite
,
plus importe à
,
et je dis
a d'honnêtes
artistes
l'hon-
,
d'habiles arti-
secondée par
la
nature
,
encouragements; une jeunesse
les
,
,
Vous n'avez garde,
seignée sur le véritable devoir.
crois
,
le
des
,
genres d'étude et de belles conde ce qui
non par ses docteurs
l'homme de savoir , et mieux inspirée qu'en-
passionnée pour tous
naissances
,
l'observa-
,
champs, dès
enfants qui apprennent les travaux de leur père
(
de qui
et
bonnes mœurs,
l'existence est fondée sur le travail, père des
de mal penser des Français
,
je
le
de mépriser cette ca-
par-là. Mais le comte Decazes , par
, la connaissant
cù nous connaît-il ? et que voit-il ? La cour.
Maaaria étant roi, disait familièrement aux grands qui
tion
,
l'entouraient
»
« -éffe{ dans son langage àzxm-trasteverin ),
:
, signori Francesi ; avant que
de vous voir , comme je fais. Que je
vous m'aviez bien trompé
» j'eusse l'honneur
y sois impiso
,
me
je
si
doutai d'abord de votre caractère.
» Je vous trouvais ua air de fierté
2Son
» nérosité.
»
,
je
du cœur. Je m'en souviens
» long-temps.
»
vous croyais
je
très-bien, quoiqu'il
,
y
vient à
et
ait
mon
Mazzarini anivant de son pays avec peu
compagnon estime les Français, parce
nation devenu cardinal, ministre , il les mé,
et petit
qu'il voit la
de courage, de gé-
Ceci est dit notable
propos. Jules
d'équipage
,
ne plaisante point;
,
:
p;ise, parce qu'il voit la cour
,
et
cependant
la
cour
était
polie.
Je ne la vois pas
verrai
,
,
moi; de
ma
vie ne
j'espère; mais j'en ai oui
l'ai
vue,
parler a des
ni ne la
gens bien
*5i
(
>
Les témoignages s'accordent,
instruits.
ports, autant que par calcul
gonornétrique
,
,
par tous ces rap-
et
méthode géodésique
parvenu, Monsieur
je suis
et tri—
à connaître la
,
comme
cour mieux que ceux qui n'en bougent;
on dit que
de son cabinet
coonaissaitmieux l'Egypte quepas un Égyptien; et d'abord,
je vous dirai ce qui va vous surprendre
et que je pense
la cour est un lieu bas , fort
avoir le premier reconnu
bas
fort-au dessous du niveau de la nation. Si le conDanville
n'étant jamais sorti
,
je crois
,
,
,
,
:
,
si chaque courtisau se croit, par sa
place ,
semble élevé plus ou moins, c'est erreur de la vue, ce
traire paraît,
et
nomme proprement
qu'on
A
montrer. Soit
le point
illusion optique
où
se
trouve
comme
heure (haut selon l'apparence,
lant
à
dont
,
Vienne
dé-
aisée à
à
cette
un cerf-vo-
à Londres où
,
B le point le plus bas appelé
M. Benoît avec Vahbè de Pure.
car le reste en dépend. Le rayon
peu importe
,
serait
répondrait aux Tuileries
le fil
,
M. Decazes
")
;
point de chute, où gît
Entendez bien
vivons
et
ceci
,
passant d'un milieu rare
visuel
chargée
réfraction
;
de miasmes de
ce
difficulté
ou
place,
moins
nant
,
le
la
qui paraît
Vous comprenez maintenant
que
pur
et
,
celui
où
noui
dans un milieu plus dense, l'atmosphère fumeuse
,
consultez
chevalier
les
cour, nécessairement
dessus
;
ou,
est
effet
y
il
a
dessous.
vous demeurait quelle marquis de Laces gentilshommes, a
s'il
savants,
Cuvier
;
qu'ils n'aient oublié toute leur
le
en
géométrie, en appre-
bla'ca et l'étiquette, vous sauront dire de combien
de degrés
la cour est au-dessous de l'horizon national; et
remarquez aussi, tout notre argent y va, tout, jusqu'au
moindre sou ; jamais n'en revient à nous rien. Je vous de-
mande,
bas!
M.
pose de
notre argeut chose pesante de soi,
Decazes
tirer
,
quelque adroit
à soi tout, saurait-il
en échappât entre
les
et
si
tells
le
bien faire qu'il ne lui
doigts quelque peu, qui, par son seul
poids, nous reviendrait naturellement,
dessous?
eu
sup-
teodanle
soigneux qu'on
si
nous étions au-
cho<e jamais n'arrive, jamais n'est
arrivée.
,,
\
15 ^
(
Tout sVcoule
)
lui
doue il y a
une pente; donc nous sommes en haut, M. Decazes eu bas
conséquence bien claire ; et la cour est un trou , non un
sommet, comme il paraît aux yeux du stupide vulgaire.
,
s'en va toujours
de nous à
:
Ne sait-on pas d'ailleurs que c'est un lieu fangeux, où la
vertu respire un air empoisonné , comme dit le poète, et
aussi ne demeure guère». Ce qui s'y passe est connu ; on y
dispute des prix de différentes sortes et valeur dont le
tal s'élève
chaque année
de quoi exciter
à
to-
plus de huit cent millions. Voilà
l'émulation sans doute
-,
et l'objet
de ces
prix anciennement fondés, depuis peu renouvelés, accrus,
Napoléon-le-Grand c'est de favoriser et de
récompenser avec une royale munificence toute espèce de
multipliés par
,
vice, tout genre de corruption.
et
toutes ses subdivisions
lomnie, imposture
,
,
hypocrisie
beaucoup
Il
comme
,
y en a pour
le
mensonge
flatterie, fourberie,
y
et le reste. Il
ca-
en a pour
non moins
pour l'adultère et la prostitution, les plus enviés de tous, dont un seul
fait souvent la grandeur d'une famille. Mais pour ceux-là,
te sont les femmes qui concourent ; on couronne les maris
du reste , point de faveur, de préférence injuste. La palme
est au plus vil, l'honneur au plus rampant, sans distinction de naissance; ainsi le veut la charte, et le roi l'a jurée.
C'est un droit garanti par la constitution , acheté de tout le
la bassesse
pour
de
et
ia sottise, l'ineptie
,
fort
considérables
Tignorance
$
,
d'autres
:
sang de
la
s'enrichir
mœurs
ctame
révolution
comme
ni probité
ses
le
,
;
le vilain
peut prétendre à vivre et
gentilhomme sans industrie
dont
la
,
talents
noblesse enrage, et sur -cela ré^
antiques privilèges.
monde cependant use du droit acquis comme si
on craignait de n'en pas jouit long-temps. Chacun se lance ;
non à la cour, on se glisse, on s'insinue, on se pousse. H
Tout
le
:
u'est
fils
de bonne mère qui n'abandonne tout pour
présenté, faire sa révéreuce avec l'espoir fondé,
agréée, d'emporter pied ou aile,
comme
si
être
elle est
on dit, du budla cour pieu-
get» et d'avoir part aux grâces. Les grâces à
ip3
(
vent
malia
soir et
;
et
une
)
admis,
fois
femme bien sotte, pour ne
faudrait être bien
il
peu de souplesse, ou une
brouillé avec le sort, avoir bien
rien attraper, lorsqu'on est alerte
qu'on ne se rebute
à l'épreuve des dégoûts, et
meur, sans honneur; c'est le mot,
ne sait pas digérer un affront...
Sans
pas.
,
hu-
Quiconque
la devise.
Alerte, il faut l'être. Bien des gens croient la cour un
pays de fainéants, où, dès qu'on a mis le pied
la fortune
vous cherche, les biens viennent eu dormant; erreur. Les
courtisans, il est vrai, ne font rien; nulle œuvre, nulle
besogne qui paraisse. Toutefois , les forçats ont moins de
,
peine, et
comte de Sainte-Hélène
le
prix, sont un lieu de repos.
chaque
prend somme
soir
et
,
dit
que
les galères
Le laboureur,
répare la nuit
le?
au
,
l'artisan,
qui
du
fatigues
Le courtisan jamais ne dort,
mathématiquement que la moitié des soins
jour; voilà de vrais paresseux.
et l'on a calculé
perdus dans
les antichambres , la moitié des travaux, des
de la constance nécessaires pour seulement parler à
un sot en place, suffirait, employée à des objets utiles,
pour décupler en France les produits de l'industrie, et porter tous les arts à un point
de perfection dont on n'a
efforts
nulle idée.
Mais
est
la patience surtout, la
patience aux gens de cour,
ce qu'est aux fidèles la chanté, tient lieu de tout autre
mérite.
Monseigneur ^attendrai
,
ministre qui lui criait
poussait dehors par
pris leur parti
,
:
les
,
dit l'abbé
Vous Saurez
rien
,
de Bernis au
et le chassait
épaules. J'en sais qui sur cela
cherché quelque
moyen de
se
,
le
eussent
passer
de
monseigneur, de vivre par eux-mêmes, comme le cocher
de fiacre; la cour me blâme je m'en
c'est-à-dire; je
travaillerai. Ignoble mot , langage de roturier né pour tou-
—
jours l'être.
dit
f
;
Le gentilhomme de Louis XVI
,
noble de race,
attendrai. Le gentilhomme de Bonaparte, noble par
grâce,
dit.
fat tendrons. Et
s'embrassent
;
tous
amis de cour!
deux
se
prennent
la
main,
l5 4 )
(
LETTRE
\
Monsieur
qu'on
fait
eretz
,
10 mars 1820.
,
C'est l'imprimerie qui
moulée qui
IX.
met
monde
le
à mal. C'est la letre
assassine depuis la création
;
et
Cain
journaux dans le paradis terrestre. Il n'en faut
douter; les ministres le disent; les ministres ne
lisait les
point
mentent pas, à
Que maudit
la
tribune surtout.
de
soit l'auteur
damnable
celte
invention
f
avec lui, ceux qui en ont perpétué l'usage, ou qui jamais apprirent aux hommes à se communiquer leurs pen-
et
sées
Pour
!
telles
de chaudières assez
Monsieur, le progrès toujours
gens l'enfer n'a point
bouillantes. Mais remarquez
croissant de la perversité.
,
Dans
l'état
de nature célébré par
Jean- Jacques avec tant de raison, l'homme, exempt
tout vice et de la corruption des temps
ne parlait point
,
mais
criait
du moment.
ses affections
,
Il
de
où nous vivons
murmurait ou grognait selon
,
avait plaisir alors à gouver-
y
de pamphlets, point de jouroaux , point de péla charte, point de réclamations sur l'impôt.
Heureux âge qui dura trop peu
Bientôt des philosophes, suscités par Satan pour le renner. Point
titions
pour
r
versement d'un
vements de
si
bel ordre do choses, avec
langue
la
et des
prononcèrant des syllabes.
réprimé dès
le
aoarchique,
dire
ba be bi ho bu
le
trône
,
ou
le
Où
étais-tu
commencement
prit
et
ces
mis au secret
,
le
certains
lèvres, articulèrent
monde
trône sur l'autel
?
Séguier
,
mou-
des sons,
Y Si
on eût
coupables excès de
le
l'es-
premier qui s'avisa de
était
avec
sauvéj
le
l'autel
sur
tabernacle affermir
(
»55)
pour jamais ; en aucun temps il n'y eût eu de révolutions.
Les pensions , les traitemens augmenteraient chaque année.
La religion, les mœurs
Ah! que tout irait bien!
Nymphes de l'Opéra , vous auriez part encore à la mense
abbatiale et au revenu des pauvres. Mais fait-on jamais rieu
à temps ? Faute de mesures préventives, .il arriva que les
hommes parlèrent , et tout aussitôt commencèrent à médire
de
l'autorité
avilie
fit
,
la
celte
fié,
le
trouva pas bon
se préteudit
,
outragée
,
liberté
la
;
parole fut suspendue pour trois mille ans, et en vertu
de
de
pour
qui ne
des lois contre les abus de la parole
ordonnance
crier sous les
,
tout esclave qui ouvrait la bouche
coups ou demander du pain
,
cruci-
était
empalé, étranglé, au grand contentement de tous
honnêtes gens. Les choses n'allaient point mal ainsi
les
et le
,
gouvernement était considéré.
Mais quand un Phénicien ( ce fut, je m'imagine, quelque manufacturier sans litre sans naissance) , eut enseigné aux hommes à peindre la parole et fixer par des traits
cette voix fugitive, alors commencèrent les inquiétudes vagues de ceux qui se lassaient de travailler pour autrui et en
même temps le dévouement monarchique de ceux qui voulaient à toute force qu'on travaillât pour eux. Les premiers
mots tracés furent liberté, loi droit équité, raison; et
dès- lors, on vit bien que cet art ingénieux tendait directement à rogner les pensions et les appointements. De
,
,
,
,
,
,
cette
époque datent
,
soucis des
les
gens
en place
des
,
courtisans.
Ce
noble
quand l'homme de Mayence ( aussi peu
que celui de Sidon) à son tour eut imaentre deux ais la feuille qu'un autre fit de
fut bien pis
,
je le crois,
giné de serrer
réduits en pâte
chiffons
parti de tout
moyen
,
pour
multipliant ces
veutés le Phénicien
la pensée.
Dieu
O
ni le roi
;
la perte
,
tant le
des
traits
est
habile à tirer
tel
de figures tracées qu'avait in-
multiplia d'autant
terrible influence
,
démon
âmes! L'Allemand, par
de
les
maux que
cette race qui
adonnée aux sciences mondaines
,
ne
fait
sert ni
aux
vile»
*56 )
(
professions mécaniques
uit- elle pas,
si
on
î
engeance pernicieuse, que ne
la laissait faire
à ce fatal esprit de connaître
Un
fr-
abandonnée sans frein
,
d'inventer et de perfection-
,
un misérable ignoré dans son atelier ,
de quelques guenilles fait une colle et de cette colle
du
papier qu'un aufce rêve de gaufïrer avec uu peu de noir
ner
!
ouvrier,
,
,
;
monde
et voilà le
lées
les
,
au
lieu
d^
Il
Coussergue,
Tout
de chômer
de bon que
a
la
noblesse présentée
Les
tôt raisonnera.
rage de
!
péni-
faire
commeditM.de
,
et messieurs les laquais.
,
ou bienque deux et deux
M. Clauzel de Cousraisonne
,
petits enfants savent
O temporal
font quatre.
moines
les
de
saints et
les
est perverti, tout le reste
le reste
mores
ô
sergue! ô Marcassus de Marcei-lus
Tant y
monarchies ébran-
les vieilles
canonicats en péril. Diabolique industrie
travailler,
tence!
bouleversé,
a qu'il n'y a plus
O
!
I
moyen de gouverner
,
surtout de-
puis qu'un autre émissaire de l'enfer a trouvé cette autre
il
vention de distribuer, chaque matin
mille abonné*, une feuille où se
dit et
peuse
,
et les projets
des
lit
,
que
ce
gouvernants
des gouvernés. Si cet abus continuait
,
ou trente
vingt
à
tout
monde
le
et les craintes
que pourrait entre-
prendre la cour, qui ne fût contrôlé d'avance, examiné,
jugé
critiqué , apprécié r Le public se mêlerait de tout ,
,
voudrait fourrer dans tout son petit intérêt, compterait
avec
la trésorerie
querait de
la
,
surveillerait la
haute police, et
La nation enfin
comme un cochsr qu'on
diplomatie.
gouvernement
nous mener, non oùil veut,
,
nous prétendons aller,
,
comme
paie
il
se
mo-
marcher
et
le
qui doit
veut, mais où
par le chemin qui nous convient;
et
chose horrible à penser
ni
ferait
coatraire au droit divin et aux ca-
pitulaires.
Mais
,
comme
lèges des hautes classes
de Berlin que
tieu
,
le
peu de toutes
si c'était
contre les bonnes moeurs
,
,
la
ces
machinations
grande propriété et
voici bien autre chose
docteur Kirkausen
a depuis imagioé de
nouveaux
,
:
les-
privi-
On mande
fameux mathématiune uou>
caractères,
(
velle presse mobile
dans
,
&)
maniable
)
,
légère
,
portative
,
à mettre
poche, expéditive surtout , et dont l'usage est tel ,
qu'on écrit comme on parle , aussi vite aisément cVl
une tachitypie. On peut, dans un salon, sans que personne s'en doute , imprimer tout ce qui se dit, et sur le
la
:
,
lieu
à
même,
mesure que
tirera mille exemplaires toute la conversation
les
ne servira presque plus
dans son ménage
laver
ou
,
le
au
,
,
,
La plume de celte façon f
va devenir inutile. Une femme
acteurs parlent.
,
lieu d'écrire le
compte de son
linge à
journal de sa dépense, l'imprimera, dit-on
pour avoir plutôt
fait. Je vous laisse à penser , Monsieur
,
quel déluge va nous inonder , et ce que pourra la censure
contre un pareil débordement. Mais on ajoute , et c'est
le pis
que
peur quiconque pense bien ou touche un traitement
combinaison de ces nouveaux caractères est si simple,
la
l'homme le plus gros, si facile à coucevoir , que
apprend en une leçon à lire et à écrire. Le docteur en
a fait publiquement l'expérience avec un succès effrayant
;
et un paysan qui , la veille , savait à peine compter ses
doigts, après une instruction de huit à dix minutes , a compose et distribué aux assistans un petit discours , fort bien
tourné, en bon allemand , commençant par ces mots Des-
si
claire
sier
:
potes ho
loi doit
nomos ;
c'est-à-dire,
Où en sommes-nous,
gouverner.
lons-nous devenir
comme on me l'a
?
Heureusement
des mesures pour la sûreté de
l'état
l'autorité avertie a
:
les
florins à
qui
:
la
grand DieuJ qu'alpris
ordres sont donnés;
toute la police de l'Allemagne est à la poursuite
avec un prix de cent mille
traduit
du docteur
mort ou
le livrera
chaque moment la nouvelle de son arde peu d'importance; une pareille invention , dans le siècle où nous sommes
venant à se
répandre , c'en serait fait de toutes les bases de l'ordre social \ il n'y aurait plus rien de caché pour le public. Adieu
intrigues
les ressorts de la politique
complots , notes se-
vif, et l'on attend à
restation.
La chose
n'est pas
,
:
crètes
;
,
plus d'hypocrisie qui ne fût bientôt
posture qui de fût démentie.
démasquée, d'im-
Comment gouverner
après cela ?
i58
(
)
LETTRE
X.
Véretz
Je trouve
fait
comme
vous, Monsieur
,
10 avril 1820.
,
que nos orateurs ont
merveille pour la liberté de la presse.
imaginer de plus
à ce sujet
,
et
Rien ne se peut
de mieux pensé que ce qu'ils ont
fort ni
leur éloquence
me
ravit
même
en
,
Bur bien des choses j'admire leur peu de finesse.
ministres qui se plaiguent de la licence
dit
temps que
L'un aux
,
des écrits
,
répond
que la famille royale ne fut jamais si respectée, qu'on n'imfaut être un
il
prime rien contre le roi. En bonne foi
peu de son département pour croire qu'il s'agit du roi ,
lorsqu'on crie vengez le roi. Ainsi ce bonhomme, au théâtre,
Pourquoi donc les
voyant représenter le Tartufe , disait
,
:
dévots haïssent-ils tant cette pièce
?
non moins naïf
,
religion. L'autre
,
partout tout est tranquille
Celui-là
quiète.
chez
les
comme
n'a point de place,
certes
ministres
;
car
il
y
verrait
vous savez, ce sont
d'être tranquille
,
est
s'étonne
que
le
et
au contraire
s'in-
ne va pas
monde (le monde,
gens à places
les
hension du plus grand de tous
trouve que
,
demande de quoi on
et
,
n'y a rien contre la
il
),
bien loia
fort troublé par l'appré-
les désastres, la
diminution
dont le monde en efiet est menacé, si le gouvernement n'y apporte remède. C'est à éloigner ce fléau
du budget
,
que tendent
ses soins paternels
jour. Car, depuis cinq
n'est à
ou
bénis de
géomètres
,
de
l'avidité
Dieu jusqu'à
ce
budget,
ce
si
de Henri IV, a
composée, disent
des gens de cour et de la pa-
quelques époques de Louis XII
continuellement augmenté, en
les
,
six cents ans, le
et
raison
tience des peuples.
Mais, de tous ceux qui ont parlé dans
cette
occasion,
l5 9
(
amusant
le plus
aux
ministres
:
Quoi
)
M. Benjamin Constant
c'est
,
,
qui va dire
point de journaux libres ? Point de
?
( ceux que vous censurez sont à vous seuls ) ?
saurez-vous ce qui se passe ? Vos agents vous
tromperont , se moqueront de vous, vous feront faire mille
papiers publics
Comment
sottises
,
comme
faisaient
ils
avant que
la presse fût
libre.
de Lyon. Car, qu'était-ce, en deux mots?
On vous mande qu'il y a là une conspiration. Eh bien qu'où
coupe des têtes, répondîtes-vous d'abord, bonnement.
Témoin
l'affaire
!
L'ordre part
savoir
;
l'eût appris à
moins de
voyé
Le moindre
c'est.
journal libre vous
temps, bien mieux qu'un maréchal
fiais.
Que
et à
bieo
sûles-vous par le rapport de votre eu-
A la fin on imprime , tout devient
trouve qu'il n'y a point eu de conspiration.
peu de chose.
?
public
par réflexion, vous envoyez quelqu'un
et puis,
un peu ce que
,
et
se
il
Cependant les têtes étaient coupées. Voilà un furieux pas de
une bévue qui coûte cher, et que la liberté des
journaux vous eût certainement épargnée. De pareilles
âneries font grand tort, et voilà ce que c'est que d'euchaîclerc,
ner la presse.
Là-dessus, dit-on,
le ministère
eut peine à se tenir de
M. Pasquier le lendemain s'égaya aux dépens de
Thonorable membre non sans cause. Car on pouvait dire
oui
les têtes sont à bas, mais
à M. Benjamin Constant
rire
;
et
,
,
,
,
,
monseigneur
duc
est
;
il
n'en faut plus qu'autant, le voilà-
Les bévues des ministres coûtent
non pas aux ministres. Mieux vaut
tuer un marquis, disent les médecins, que guérir cent vilains , cela vaut mieux pour le médecin; pour les ministres non 5 mieux vaut tuer des vilains, et, selon leur»
conséquences, les fautes changent de nom. Contenter le
prince de plein
cher
,
il
est
droit.
vrai, mais
public, s'en faire estimer
assurément,
fait,
Mais
étant
le
est fort
bien
il
;
n'y a nul mal
Laffîne a raison de se conduire
parce qu'il a besoin
publique,
duc.
et
,
lui,
homme
point
pour
de
de l'estime, de
la
négoce, roturier,
un
ministre
,
c'est
comme
il
confiance
non pas
de
rester
i6o
(
s'est
pour
et,
ministre;
fait à
Lyon
cela,
mais ce
,
)
non ce qui
au lever, dont
faut savoir,
il
qui
s'est
dit
ne parlent pas les journaux. La presse étant libre , il n'y
a point de conspirations, dites-vous, messieurs de gauche.
Vraiment on le sait bien. Mais , sans conspirations ,
comment sauver l'état, le trône, la monarchie Y et que deviendraient les agents de sûreté, de surveillance? Comme
le scandale est nécessaire pour la plus grande gloire de
Dieu , aussi sont les conspirations pour le maintien de la
haute police. Les faire naître, les étouffer, charger la
mine, l'éventer , c'est le grand art du ministère ; c'est le
de
fort et le fin
la
science des
hommes
litique transcendante chez nous
par d'excellents
hommes
,
d'état
;
c'est
po-
la
perfectionnée depuis peu,
en ce genre
,
que l'Anglais jaloux
Veut imiter et contrefait , mais grossièrement. N'y ayant
ni complots, ni machinations, ni ramifications, que voulez-vous qu'un ministre fasse de son génie et de son zèle
pour la dynastie ? Quelle intrigue peut-on entamer avec
est affiché le même jour?
, si tout
Quelle trame saurait-on mettre sur le métier? Les journaux apprennent aux ministres ce que le public dit , chose
fort indifférente ; ils apprennent au public ce que les ministres font, chose fort intéressante } ou ce qu'ils veulent faire,
espoir de la mener à bien
encore meilleur à savoir.
Il
n'y a nulle parité;
tout d'une part. Outre que
qu'ils veulent faire
plus
,
connue,
politique
ou ne le peuvent
perdue ; affaires
d'état, secrets d'état, secrétaires d'état!....
un mot
,
est
l'âme de la politique
bonne que pour
le profit est
ministres, dès qu'on sait ce
aussitôt ne le veulent
Politique
faire.
les
,
et
la
Le
secret,
en
publicité n'est
le public.
Voilà une partie de ce qu'on eût pu répondre aux orateurs
de gauche , admirables d'ailleurs dans tout ce qu'ils ont dit
pour
la
défense de nos droits
,
et forts sur la
logique autant
qu'imperturbables sur la dialectique. Leurs discours seront
des
monuments de
l'art
réfuter les sophismes
,
de discuter
analyser
,
,
d'éclaircir la question
approfondir. Courage
,
%
mes
i
,
(
amis, courage,
»6.
)
ministres se
les
moquent de nous; mais
bous raisonnons bien mieux qu'eux.
prison
,
et
leur tort
,
nous y consentons
et
ils
y
Que
consentent aussi.
Foy uous
piotégés du général
Ils
mais nous
;
nous mettent eu
les
mettons dans
celte poignée
de
nous dépouille, nous
égorge; il sera toujours vrai que nous les avous menés de
la belle manière ; nous leur avous bien dit leur fait sagelie,
,
ment
prudemment, décemment. La décence
toutefois,
est
de rigueur dans un gouvernement constitutionnel.
Mais ce qui mitonne de ces harangues
le
Moniteur,
nement
root
,
si
,
si
toute leur éloquence
les
le
raison-
me
Nos Cicérons
qu'elles produisent sur les auditeurs,
avant de
dam
belles
si
frappantes, par
ne semble pas qu'on y puisse répliquer un
surprend , c'est de voir le peu d'effet
qu'il
ce qui
;
bien déduites
,
entendre
avec
,
n'ont guères persuade que ceux qui
étaient de leur
,
son qu'on en donne
avis.
Je
sais là
ventre n'a point d'oreilles
:
Vous
ma
raiet
,
il
Ce sont
d'habiles gens, sages et bien disants, orateurs, en un mot;
mais ils ne savent pas faire usage de l'apostrophe une des
n'est pire sourd
dirai— je
pensée
r*
,
plus puissantes machines de la rhétorique, ou n'ont paa
voulu
dans le cours de ces discussions par civim'imagine, par ce même principe de décence,
preuve de la bonne éducation qu'ils ont reçue de leurs pa-
lité,
s'en servir
,
je
pas polie \ j'eu demeure d'ac; car l'apostrophe n'est
cord avec M. de Corday. Mais aussi trouvez-moi une tournure plus vive, plus animée, plus forte, plus propre à
rent*
remuer une assemblée à frapper le ministère à étonner
la droite, à mouvoir le ventre? L'apostrophe, Monsieur,
,
,
l'apostrophe,
c'est la
vu, quand Foy
,
mitraille de l'éloquence.
artilleur
de son métier
Vous
l'avez
Sans l'apo-
îtrophe, je vous défie d'ébranler une majorité lorsque sou
parti est bien pris.
Egayez un peu d'employer, avec des
gens qui ont dîné chtz
M.
thymême. Je vous donne
tous
les
tropes
Pasquier
,
le
syllogisme et l'en-
toutes les figures de Quintilien
de Dumarsais
et tout le subliaie
de Longîn
ii
,
;
,
ifc*
(
Marcassos
poussez à Marceilus
,
l'hypotypose
la catachrèse
,
vos termes
sissez
le
du
l'antithèse
,
choi-
sens unissez l'harmonie in-
pour charmer
,
cœur d'un
métaphore,
la
polissez votre style et
;
à la force
;
fuse dans vos périodes
ou porter
)
avec cela on M. Poyfrré de Cerre. Poussera
allez attaquer
d'un préfet,
l'oreille
ministre à prendre pilié de son pays
,
quand vous serez au bout
Vous
De ne leur avoir rien persuade' du tout.
serez étonne'
,
Pas un seul ne vous écoutera
ler
ministère se
le
,
Foy, dans
Mais que
toute
moucher
ventre aller à
le
moment de
ce
l'alarme est au
:
camp,
les
muets parlent
eût continué sur ce ton (mais
s'il
affaire*,
s«>s
verve applaudi de
France, prélude une espèce d'apostrophe, sans
y penser on dresse l'oreille aussitôt ,
la
autrement, peut-être,
hommage aux
classes élevées
scène changeait
la
vous verrez la droite bâil-
;
,
de cloches, eût
propriétaire
nêtes gens.
,
O
;
)
rerais ses lois
ici je
,
M. Pasquier
taillerais
s'il
il
eût
pu
tout s'émeut
vigne sans
puissance de l'apostrophe
et
soutenir ce style,
fondeur
moi petit
crainte des hon-
dans sa poche
ma
;
comme un
surpris
,
,
aima mieux rendre
•
et
,
!
comme voussavez,une figure au moyen
de laquelle
de parler aux gens qui ne sont pas là ,
conversation avec toute la nature interroger au loin
C'est
,
oua trouvé
de
lier
les
morts
le secret
,
Pêmosthène en
force, et
Ou ma
et les vivants.
Foy
fuFeur. Cet
l'eût
pu
tous en
ma
ou
Marathôni
tous
traduire ainsi
.
est
Non
,
,
s'écrie
d'une grande
par
les
morts
de Waterloo, qui tombèrent avec la patrie; non, par
nos blessures d'Austet lilz et de Marengo , non jamais de
Vous concevez l'effet d'une pareille
tels misérables
figure poussée jusqu'où elle peut aller, et dans la bouche
d'uu
les
homme comme Foy;
mais
il
aima mieux embrasser
auteurs des notes secrètes.
Moi,
et je
si
j'eusse été là
,
(
mon
c'est
ne parle guère* autrement
apporte-moi mes pantovjîes
;
;
je
mais
fort
ne
je
que l'apostrophe
dis jamais
dis,
:
,
Nicole
ô mes
pnn-
i63
(
)
dé) fi j'eusse été là
puté des classe? inférieuies de mon département
quand
on proposa cette question de la liberté de la presse, j'auîoufles
et toi
.
Vficoîe
f^ foi.'....
,
,
,
rai»
pris
parole ainsi
la
:
Mylord Castelreagh mêlez- vous de vos affaires pour
Dieu Uerr Mrttemich laissez nous en repos et vous
mein lieber Hardemberg songez à bien cuire vos saur
,
,
;
,
•,
,
,
hraut.
Ou
m«
je
l'assemblée
persuader
écouter,
trompe
,
premier
,
ou
cette
tournure eût
eût éveillé son attention
,
dit-il
,
,
précepte d'Aristote.
et c'est à
fait
effet
sur
premier point pour
Il
faut se faire
quoi n'ont pas pensé nos dépuié»
employer quelque moyen tel qu'en fournit
pour avoir audience de l'assistance. Autre
chose ne leur a manqué ; car du langage ils en avaieut
de gauche
l'art
;
oratoire
à
,
,
et des
raisons
,
ils
l'ont fait
voir
,
,
de l'invention et du
débit, et avec tout cela n'ont su se faire écouter
,
faute de
de ces vives apostrophes aux hommes
et aux dieux
dans le goût des anciens. Sans laisser au
\ entre le temps de se rendormir , j'aurais
continué de la
quoi ? d'apostrophes
,
,
lorte
:
Excellents ministres des hautes
ne vous
font
fiez
accroire
point trop à
avec leurs
notes secrètes
5
Ils
vous en
non que
je
les
Ce sontd'honnêtes gens
vous pouvez compter
dont les ser-
soupçonne de vouloir vous
fidèles, sur lesquels
puissances étrangères,
vos amis de deçà.
trahir.
,
,
vous sont acquis, et la reconnaissance assurée pour
de manquera ce qu'ils vous ont promis , d'oublier ce qu'ils vous doivent. J'entends par-là ,
seulement , qu'ils s'abusent et vous trompent avec le zèle le
plus pur pour vos excellences étrangères. Venez, il y fait
bon ; accourez vous diseut-ils. Cette nation est lâche. Ce
vices
jamais, incapables
,
ne sont plus ces Français la terreur de l'Europe l'admiration du monde. Ils furent grands, fiers
généreux. M^is
domptés aujourd'hui abattus , mutilés , bistournés par
Napoléon , ils se laisseut ferrer et monter à tous venants
,
,
,
,
:,
>64)
(
il
tfest
bât qu'ils refusent
coups dont
,
se
ils
ressentent
,
joug trop humiliant pour eux. Quand d'abord nous revînmes derrière vous dans ce pays nous les appréhenni
,
dions
•,
nom
ce
cette gloire
,
nous en imposaient
,
et
,
long-
temps nous n'o'ânies les regarder en face. Mais à présent
nous les bravons, chaque jour nous les insultons , et nonseulemeut ils le souffrent , mais , le croiriez-vous ils nous
ciaiguent*, nous, que vous avez vus dan» l'opprobre, la
fange , rebutés partout, signalés parmi les espions, les escrocs à toutes les polices de l'Europe nous sommes ici
Tépouvantail de ceux qui vous firent trembler et c'est de
nous qu'on les menace lorsqu'on veut qu'ils obéissent. Ve,
,
,
,
nez donc, accourez j butin «ùr ; proie facile et tributs vous
attendent*, ou ne bougez; fiez vous à nous. Avec sept
chargeons de tondre
hommes, nous nous
Français pour votre compte
pouille, et récompense
,
,
d'écorcher le
et
moyennant part dans
comme
la
dé-
de raison.
M. de Maulonzier. Gardez-vous de les croire , puissances étrangères , ne les écoutez
rwi,c?rils vous mèneraient loin. Leurs notes nesont pas
Voilà ce qu'ils vous mandent par
mot
d'Evangile.
combien de
Demandez
lui-même
fois
croyait, par leur
moyen
néanmoins
a
.
il
y
du
souffrons des choses
tranchons
le
mot
à
Foucher
a été pris
ea attraper d'autre*.
,
les
lorsqu'il
faut l'avouer
Nous
des gens.... Quiûzeans de galère,
ont abaissé notre
humeur
cause que nous endurons vos correspondants
droit
Il
vrai dans ce qu'ils vous disent.
,
,
ce qu'il en pense, et
pour dupe,
fière et «ont
ce qui a
bon
étonne. Cependant, par bonheur, échappés
du
•,
bagne de Napoléon nous avons des hommes encore et ne
sommes pas sans quelque vigueur ; témoin tau de machines
,
,
t
qu'on emploie pour nous empêcher de faire acte de virilité,
télégraphes , genà quoi même on ne réussit pas. Préfets
,
n'y sert; misaumôniers y perdent leur peu de labeau prêcher menacer , cares;.er , promettre,
darmes, censure,
sionnaires
tin
;
et
,
on a
loi
jésuites
destituer, dès qu'il
des suspects,
rien
,
,
s'agit d'élire,
les
choix tombent
sur
««
t
)
des h Jtuuies. Soit hasard ou malice
de compte
bien
plus
ea voilà ceut quinze
il
y en
aurait
qui s'y introduit ae la cour et des
n'était ce
,
,
dans uue seule chambre eu
fait
antichambres ministérielles. Anglais, dont on nous vaut;
ayant fait ce mot, vous avez la chose
Vesprit public
sans doute \ mais, en bonne foi
coyez-vous vos ministre*
ici
,
,
fort
empêchés
ruptibles
de leur chemin
à écarter
de
à se débarrasser
,
les citoyens incorgens que rien ne peut
ces
gngner, qui ne composent point, ne connaissent que leur.
mandat , et ne voient de bien pour eux que dans le bieu
commun de tous préférant l'estime publique aux places
,
ou acquises, au rang, aux honneurs, à l'argeut,
et
que sert de le dire ? à la vie moins chère , moins nécessaire aux hommes
saus quoi les verrait-on en faire si
bon marché ? Aurions-nous vu, dans le cours de nos révo
luttons, tant d'âmes à l'épreuve du pénl,si peu à l'épreuve
de l'or et des distinctions, et souvent le plus brave soldat
être le plus lâche courtisan
s'il n'était vrai qu'on aime les
biens et les honneurs plus que la vie Y Celui qui meurt
pour son pays, fait moins que celui qui réfuta de gouverner
contre les lois. Or , de telles gens uous en avons ; nous
avons de ces hommes qui mvent rendre un portefeuille ,
mépriser une préfecture, une direction de la Baoque
offertes
,
,
,
,
,
et
qui, avant de vous livrer, messieurs du congrès, cette
terre
,
vous
vous
soit à
d'autres
le
:
,
dépeint
point avilie
:
,
faible,
qu'autrement ne
dispenser d'obéir
fit
,
abattu, timide. Cette nation n'est
esclave et
se peu;.
:
le
lut
Insensé qui
mais, rompus
reste plus qu'à
Ne vous
y périront eux et bieu
eu avec eux, non tel qu'où
vos féaux
à-
par vous provoquée au couinai,
victoire, elle vous
vous en
soit
car tout le peuple
ta
croit asservir et se
chaîne
commuée ,
il
nous.
hâtez donc point, n'accourez pas
pas sitôt aux voeux qui vous appellent
,
et
si
vite,
ae cédée
ne croyez point
aux promesses qu'on vous fait de peur, eu arrivait
uou/er du mécompte car voici, eu peu de mots, co<£.-
trop
si*
usant de 1<*
avec vous, parce
,
-,
,.
t66
(
msnt vous
j.arti
serez reçus,
habile, fort
et
]
vous venez
si
Les missionnaires prêcheront pour vous
du Sacré-Cœur
mais de vous amener à Paris,
et lèveront
Pandours
latin
religieuses
les
*,
Dieu, non de vous convertir,
prieront
nocentes mains eu faveur des
mauvais
au secours d»
ici
nombreux.
ciel leurs
in-
supplieront
eu
au
,
Seigueur infiniment miséricordieux d'ex-
le
terminer la race impie, de livrer à la fureur du glaive
enneaiis de son saint
ta
dîme
c'est-à-dire
,
La nation
Foy
et n'a
nobles
les
,
ne
pour qui
la proiège
:
des nobles
,
le
les
uns
le sont
se divise
par
la
gé-
plus,
qui ne peut se passer
de patrie qu'avec vous), la nation
de
eu
grâce
bon plaisir de Napoléon. Lequel
Ce sont deux corps qui s'estiment y
autres par le
vaut mieux? on ne
sait.
Foy, réciproquement s'admirent
dit
de leurs enmoine chez nous.
(laissons- la celte classe élevée
et vilains
de Dieu,
n'est pas
a tant d'estime depuis qu'il
poignée de fidèles touie à vous
vous
les
ceux qui refuseut
et d'écraser contre la pierre les tètes
,
Mais malheureusement tout
iunts.
nérai
nom
,
des airs l'un de l'autre.
quitté son briquet
pour
et volontiers
prennent
La Tulipe, homme de cour, a
se faire talon
rouge
:
mainte-
c'est
nant , on le peut dire , un cavalier parfait, rempli de savoir-vivre et de délicatesse^ on n'a pas meilleur ton que
monsieur ou monseigneur le comte de la Tulipe ; et voila
Dorante hussard
la caserne,
si
\
depuis quand * depuis la paix
ce n'est peut-être le bivouac.
Sous
;
sentant
fardeau
le
de deux énormes épaulettes il jure comme Lanue , bat ses
comme Junot j et, faute de blessures , il a des rhuma,
gens
tismes
fruit
,
de
la
guerre, entendez-vous, de ses campa-
Hyde-Park
gnes de
et de Bond-Street ; éperonné
botté ,
mouler à cheval il attend le boute-selle. L'esprit
de Bonaparte n'est pas à Sainte-Hélène, il est ici dans les
hautes classes. On lève non les conquêtes, mais la grande
parade on donne le mol d'ordre, ou passe des revues f
r sans sou
on est fort satisfait. In grand ne va poiul p
d. M
couche eu bonnet de
étal— major, et le p
,
prêt à
,
,
\
l«7
(
police.
La
)
gîide ce eudant grasseie
vieille
et porte
de*
les autres
ces
(
•deuis.
Telle est l'admiration qu'ont
uns pour
les
gens de deux régimes eu apparence contraires.
Ils s'imiteut,
Ni les uns ni les autres ne vous donneront d'emVous trouverez des manières dans l'ancienne no-
se copient.
barras.
blesse, et dans la nouvelle des formes.
Les seigneurs vous
accueilleront avec cette grâce vraiment française et cette po-
chevaleresque
litesse
,
apanage de
aimables barous, formés sur
le
la
haute naissance. Nos
modèle d'EUeviou, vous en-
seigneront la belle tenue de l'étal-major deBerthier et
quettedes maréchaux, sans oublier
le
dévouement,
l'éti-
l'enrthou-
Tout ce qui est issu de race, ou dess'accommode sans peine avec vous. Ces
siasme, \ejeu sacré.
tiné à faire race
,
gens qui, tant de
ont juré de mourir
fois,
;
ces gens, toujours
pour un
une famille auguste, une personne sacrée j ces
qui meurent et ne se rendent pas, sont de facile com-
prêts à verser leur sang jusqu'à la dernière goutte
maître chéri
gens
,
position
,
,
vous
et
savez bien.
le
a chez nous une classe moins élevée
quoique
mieux élevée , qui ne meurt pour personne et qui sans dévouement fait tout ce qui se fait bâtit cultive fabrique ,
Mais
il
y
,
,
,
,
,
autant qu'il est permis;
perfectionne
arts, sait
les
sait
aussi se battre
lain
qui n'en
,
une
ss battre est
si
ait fait son-
,
médite, calcule, invente,
tout ce qu'on sait à présent et
lit,,
science. Il n'est vi-
apprentissage et qui là-dessus n'en
remontre aux descendants des Duguesclin. Georges le labou, André le vigneron , Pierre , Jacques le bonhomme , et
reur
Charles qui cultive ses
tband
,
l'artisan
,
le
trois
cents arpents de terre
juge, l'avocat
,
et
le**uar-
,
notre digne vicaire,
tous ont porté les armes, tous vous ont fait la guerre.
s'ils
n'eussent jamais eu de grand
sans la troupe dorée
officiers
de marque.
dérogé, ni
la
,
hs comtes
...
si
,
homme
Ah"
à leur tête,
ducs , les princes , les
en France n'eût jamais
les
la roture
valeur dégénéré en gentilhommerie
•os femmes n'eussent catcndu baUre vos tambours.
,
jaraaio
'68
(
Or
Waterloo
eu
ait
sailles
)
ces gens- la et leurs enfants
,
ne font pas chez nous
,
qui sont grandis depuis
peu de monde,
qu'il n'y
bien quelques millions n'ayant ni manières de Ver-
de
ni formes
,
Malmaisoo
la
pas que vous ferez sur leurs terres
se
,
si
,
au premier
et qui
vous montreront qu'ils
,
,
souviennent de leur ancien métier. Car,
il
n'est alliance
au nom de la très
sainte et très indivisible Trinité , eux au nom de leurs familles de leurs champs
de leurs troupeaux vous tireront des coups de fusil. Ne comptant plus pour les déqui tienne,
et
si
vohs venez
les piller
,
,
,
,
fendre sur
le
génie de l'empereur, ni sur l'héroïque va-
leur de son invincible garde
,
ils
eux-mêmes; fâcheuse
défendre
savez bien
,
prendront
résolution
qui déroute la tactique
comme vous
empêche de
,
de sa
le parti
,
laire la
guerre par raison démonstrative^ et suffit pour découcerier
les
savamment com-
plans d'attaque et de défense le plus
vous êtes sages, rappelez vous l'avis que
je vais vous donner. Lorsque vous marcherez en Lorraine ,
en Alsace, n'approchez pas des haies, évitez les fossés,
Alors,
binés.
n'allez pas le
si
long des vignes, tenez-vous loin des bois,
gardez-vous des buissons
vous des herbes hautes
fermes, des hameaux,
précaution
;
car
les
,
des arbres, des
et faites
haies
,
etmefie2-
taillis,
ne passez point trop près des
;
le
les fossés,
tour des villages avec
arbres,
les
sons, feront feu sur vous de tous côlés
les
non feu de
,
buisfile
ou
vous ne trou;
verez pas quelque part que vous alliez, une hutte, un poulailler qui n'ait garnison contre vous. N'envoyez point de
de peloton
,
mais feu qui ajuste, qui tue
et
,
parlementaires,
ments
,
car on
les
retiendra; poiot
Apportez de quoi vivre; ameoez des moulons
des cochons,
ainsi
de détache-
car on les détruira; point de commissaires, car...
et
puis n'oubliez
,
des vaches,
pas de les bien escorter
que vos fourgons. Pain, viande, fourrage
et le reste,
ayez provision de tout; car vous ne trouverez rien où vous
passerez
,
si
vous passez
vous vous coucherez
:
,
et
vous coucherez
car nos maison»,
si
à l'air
,
quand
nous ne pouvon*
,
>6 9
(
)
vous en écarter, nous savons qu'il vaut mieux
que
les
Cela
racheter.
est
les rebâtir
coûte moins.
plutôt fait,
Ne
vous rebutez pas d'ailleurs, si vous trouviez, dans cette
quelques inconvénients. Il y a peu de
i;içon de guerroyer
plaisir à conquérir des gens qui ne veulent pas être con,
quis, et nous eu savons des nouvelles. Rien ne dégoûte de
ce
nie;ier
comme
d'avoir
affaire
aux
Mais ne perdez point courage. Car
vous fallait retourner sans avoir fait
demnités
,
alors,
leurs enfants ce
alors, peu
que
c'est
la
inférieures.
classes
vous reculiez
si
!
s'il
paix ni stipulé d'in-
d'entre vous iraient contera
que
la
France en
tirailleurs
,
n'ayant ni héros ni péquins.
Apprenez^
sottises.
dit le
prophète, apprenez grands de la terre
,
du congrès renoncez aux vieilles
Instruisez-vous arbitres du monde ; c'est-à-dire.
c'est-à-dire
,
messieurs
,
,
Excellences, regardez ce qui passe, et faites- vous sages
t
L'Espagne se moque de vous , et la Fiance ne
vous craint pas. Vos amis ont beau dire et faire , nous ne
sommes pas disposés à nous gouverner par vos ordres. Et
s'il
ni
se peut.
eux, avec leurs sept
hommes
,
ni
vous
,
avec vos sept cent
mille, ne nous faites la moiudre peur; partant, je ne vois
nulle raison de changer notre allure pour vous plaire
conclus à rejeter toute
loi
,
et je
venant d'eux ou de vous.
Voilà ce que j'aurais dit api es
pu, député indigne, lui succéder
le
général
Foy
à la tribune
,
si
j'eusse
*7<
(
)
A MESSIEURS LES JUGES
VU TRIBUNAL
ItjLessieurs
Daus
(
ma
oioi
cause
gens de
est
loi
A TOURS.
,
procès que je soutiens contre Claude Bourgeau
le
malgré
CIVIL
;
si
car
j'ai
novice que
je sois
simple
si
,
que sans
,
,
comme
de»
le secours
moi-même, quelque
vous l'expliquer
je puis
,
tout tenté pour en sortir à l'amiable),
claire et
bientôt vous l'allez voir
,
eu
toute sorte d'affaires.
Je vends à Bourgeau deux coupes de
Cette forêt
,
de temps immémorial
,
ma forêt
est
de Larcat.
divisée en vingt-
desquelles s'abat tous les ans; mais eu
, une
1816, j'en avais deux à vendre, à cause que je n'avais point
coupé l'année précédente. Bourgeau me les achète , et ea
cioq coupes
de 1816, il m'abat la moitié
ne lui avais point vendue , et
qu'en 1817. C'est de quoi je me plains.
exploitant la dernière
de
la
coupe suivante
qui ne devait
l'être
,
,
celle
que
je
Messieurs.
Bourgeau convient de tous
ces faits qu'il n'est pas possible
vous prie, que de sa part
il ne saude chaque coupe étant
marquées sur le terrain de manière à ne s'y pouvoir mépreudre. Aussi n'est-ce pas ce qu'il allègue pour se justifier,
de uier
rait
ï!
y
,
et
notez
,
je
avoir eu d'erreur,
dit
arpents
les limites
qu'ayant acheté de moi ces deux coupes pour trente
il s'y
eu est trouvé cinq de moins lesquels cinq
,
,
«T*
(
arpents
a pris dans
il
la
)
coupe suivante,
de compléter
afin
sa mesure.
Moi
pents
,
ne tombai pas d'accord sur ce défaut de mesure,
me croyais pas tenu de lui taire ses trente ar-
je
,
ne
et puis je
eût
y
s'il
manqué quelque
points à débattre. Mais
Ayant
question.
lui tout seul
,
cinq arpents
,
et
il
à
,
comme
chose. C'étaient là deux
vous voyez,
compter avec moi
vente
,
mieux
tence portée,
lois
me
mais
il
retenue
faire cette
prix qu'il avait eutre
lui convieut
eût
pu
sur le piix de
}
la
mais non
l'exécute
pu
;
bois
sen-
et sa
,
les
je
comme
,
il
A
,
car
pour cinq arpents 2000 francs seulement
,
frait alors
la
coupe suivante
^5o francs l'arpent,
il
l'a
}
et disposant
faDtaisie,
il
,
comme
au lieu qu'eu
se faisait 3,^30 francs , à
donnait de ce bois, et saus
faisait
il
qu'ayant
,
mon
de
bien à sa
n'y avait pas à balancer.
Cette différence de valeur
que
francs
cela lui eût
dont on m'of-
mieux vendu. Vous voyez, Messieurs
le choix
et celui
,
,
ru'aurait-
4oo
il
me
calculer qu'au prix qu'on
doute
que
raisou de
m'achetait ces deux coupes
prenant cinq arpents de
rie
mon
lui-même. Je connais peu
retenir sur le prix de la vente ?
l'arpent
,
si
doute qu^il y en ait qui autoriseut ce procédé.
vrai dire, il fait bien de se payer ainsi, et de me
;
A
fait
car
;
décide en conséquence
il
;
mains
les
prendre du bois plutôt que de l'argent
il
de
lui
,
bien
la
compte
me jugeant sou débiteur d'une valeur
me condamne de sou autorité privée ,à
fournir cette valeur en nature, non eu argent
tout aussi
tranche
il
règle le
il
,
vendu,
je lui ai
question de cela
,
,
entre le bois qu'il
serait facile à
mais ce n'est pas de quoi
à discuter entre nous
n'est pas
de savoir
me
véiiher
il
si
s'agit
je
prenait
s'il
•,
le
était
point
lui devais,
que je lui devais, ni s'il m*a pris plus ou moios. Il
me prend mon bien voila le fait et puis il dit que je lui
puis il entredois. Il me prend mon bieu en mon absence
en compte avec moi. Et où en serais-je je vous prie it
chacun de ceux à qui je puis devoir s'eu venaient abattre mou
bois
cueillir, a\anile temps, mes fruits ou ma veuJuge^
ui ce
,
,
,
.
,
,
'73)
(
«t couper
blé en herbe ? Car ces cinq arpent» n'a-
mon
vaient pas Tâge d'être exploités. Bourgeau coupe
ce qui ne devait
me
reveuu,
l'être
qu'en 1817
prive d'avance de
;
ma
en 1816
,
,
m'ôte d'avance mon
subsistance. Il me prend
il
non seulement sans aucun droit, sans aucun
titre ( car je ne lui vendis jamais la coupe de 1817 ) , mais,
remarquez ceci Messieurs il me prend ce qu'il avait pro-
mon
bien
,
,
,
mis de ne pas prendre promis par écrit , et signé. C'est ce
que vous pouvez voir , Messieurs , daus l'acte même fait
entre nous et dont voici les propres termes
^adjudication sera faite avec toute garantie défait
et de droit , mais sans perfection de mesure , en totalité
,
:
ou par coupe sans pouvoir anticiper sur la coupe de Vannée prochaine M. Courier n entendant vendre que les
deux coupes ci-dessus désignées.
,
,
Celle dernière clause vous paraîtra bisarre
en
Je ne crois pas qu'on
effet.
ait
et elle
,
l'est
jamais mis rien de pareil
dans aucun acie. Qui jamais s'est avisé de dire Je vends
à condiliou qu'on ne fauchera pas le pré voisin \
tel pré
champ , à condition qu'on ne moissonnera pas
tel
bien
ou
:
,
hors des limites de ce
vendais
,
quoi bon
champ
?
Ayant désigné
ce
que
je
tout le reste n'était-il pas réservé de droit ? et à
faire mention de ce que je ne vendais pas ï Vous
mon peu de science en affaire.
mes deux coupes à Bourgeau , que
je connaissais pour un des bons marchands du pays, fort
exact, payant bien; mais d'autre part je le craignais , à
tout récemment,
cause de quelques procès qu'd avait eu
reconnaîtrez
là
,
Messieurs
,
J'avais envie de vendre
,
pour délits par lui commis dans les bois qu'il exploitait, et
voyant près de ces deux coupes, que je mettais eu vente,
mes plus beaux et meilleurs taillis j'avais peur que la tentation ne fût trop forte pour lui. Là-dessus donc j'imaginai,
comme un expédient admirable une sûre garantie , la
clause que vous venez d'entendre, par laquelle Bourgeau
s'engageait à ne toucher, sous aucun prétexte à ma coupe
de 1817, en abattant les deux autres.
,
,
,
'74)
(
jt
promit bien et signa ; et moi qui me fiais à cela
m'en allai , je voyageai , me croyant à l'abri de toute usurpation de sa part, et persuadé qu'il Poserait couper une
ïl le
,
de ce qui lui revenait
seule hart au-delà
l'avoir bien lié par cette convention écrite
inviolable
;
mais à
tenu compte,
mon
abattu tout au travers de mes
et qu'il avait
meilleure coupe
tout
,
cela
c'est-à-dire, dan»
,
meilleur et
le
choix, sans suivre aucune ligne,
il
le
plus beau
aux
tient
limites. Il
forêt
,
,
si
j'eusse
sans égard à
en
,
s'enfonce de cinquante pas dans cette coupe
priétaire
,
à son
prenant ceci et laissant
selon qu'il lui convenait ou non. Car
,
me paraissait
retour, je trouvai qu'il n'en avait
bois ce qui lui avait paru à sa bienséauce
ma
tant je pensais
,
qui
,
,
tel
endroit
ailleurs,
il
,
s'en
comme j'aurais pu faire moi prome défaire du plus beau bois de ma
Tordre des coupes, et gâter mon bien par
en use
,
voulu
plaisir.
Je n'ai jamais plaidé, quoique possesseur de terre, et ne
guères ce que c'est qu'on appelle procès et chicane;
sais
mais
j'ai
ouï dire des mei veilles de l'habileté des avocats à
obscurcir ce qui est clair
droit. Ici
voir
comment on
pu, avec
façon
;
abuser de
mais, au contraire
du
contrat
moi-même
,
tort l'apparence
je
,
suis
du
curieux de
comme
propriété, couper dans
à lui
,
ni cédés
vous voyez
,
en aucune
très-expres-
sorte, enfreindre la principale
la
entre nous.
J'ai
souvent cherché en
ce qu'il pourrait alléguer pour se justifier là-des-
D'erreur
sus.
fait
ma
non vendus
sément réservés, et, de
clause
donner au
pour montrer que Bourgeau à
s'y prendra
justice, user et
bois cinq arpents
mes
et à
,
Messieurs, je vous l'avoue
,
,
il
n'y en saurait avoir,
comme
je l'ai dit
en
commençant, chaque coupe formant un carré dont les
quatre angles sont marqués par des fossés de brisées ( c'est
ainsi
De
qu'on
direque
les
appelle)
,
dans toute l'étendue de
lui devaient être complétés
,
la forêt.
mesure exprimée dans
j'ai déjà répondu à cela.
ses trentearpents
,
l'acte
,
Vou-
dra-t-il arguer de ce qu'on n'a point fait de brisées d'un angle
à l'autre de chacune des cour et vendues
,
pour en achever
>75)
(
déterminer
le tracé et
lui
;
Mais cela même est contra
que ces brisées fussent faites ,
les côtés ?
car c'était à lui d'exiger
d'autant plus que , s'étant engagé à ne point anticiper sur la
coupe cou tigùe à celles qu'il exploitait, il lui importait que
cette coupe fût séparée des autres dans toute sa longueur par
une ligne invariable. Cette raison d'ailleurs se pourrait écouter,
et
nous de quelques arbres seulement
s'agissait entre
s'il
d'une fausse direction dans
après tout
c'est
,
la ligne d'exploitation
n'emporterait au plus que quelques pieds
précisément aux angles de la
dernière coupe
passées
et
;
,
qui
;
t
mais
là
où
marquées par ces fossés de brisées qu'il les a
non de quelques pieds , mais de cinquante pas.
les limites sont
Tout
,
,
,
voir sur le terrain.
cela est facile à
Je ne puis donc imaginer ce qu'il dira pour sa défense,
je ne conçois pas davantage comment une réserve si
juste, et qui n'avait pas
clause
à ses
si
est tellement nulle
pu se flatter que cette usurpation, pour
mot, n'aurait aucune suite, si ce u'esl
me connaissait bon homme, ignorant les affaires, et
a-t-il
ne pas dire
le
craignant surtout
bien
besoin d'être exprimée, une
de vente,
yeux, qu'il n'hésite pas à l'enfreindre. Quepense-t-il ?
comment
qn'il
même
solennelle de l'acte
,
ou que
plaindrais pas,
je
les
procès. Il a cru
n'en verrais
rien
,
ou que, me plaignant,
patience de suivre l'affaire
Car, depuis vingt-cinq
dans
;
et
était
il
me
,
je
mon
ne m'en
je n'aurais pas la
fondé à le croire.
ans que je suis,
province
prenant
ou que
après
mon
père,
m'ont fait
tort dans mes biens en diverses manières , quelques-uns
même m'ont volé tout ouvertement , sans que jamais j'en
aie fait aucune poursuite, aimaut mieux perdre du mien
que de gagner un procès. Voilà sur quoi il comptait , et il
ne se fût pas trompé dans son calcul. Je lui aurais tout
abandonné plutôt que de plaider, si mes amis ne m'eussent
fait sentir que , me laissant ainsi dépouiller, il me fallait
propriétaire
cette
renoncer à toute propriété.
de Bourgeau un tort
si
En
plusieurs
,
effet,
manifeste
,
à
si
j'endure de la part
qui désormais pour-
»7«)
(
vendre qui ne m'en fasse autant ou pis ? et quelles
garanties pourront assurer mes coupes annuelles contre de
rais-je
usurpations,
telles
plus claires,
les réserves les
si
formellement exprimées, n'y servent de rien
Qu'importe, après tout,
ne peut
les faits
rien. Il a
ce qu'il diia Y
Son
dire contre
promis de ne point toucher à
onzième coupe. C'est de quoi Pacte
fait foi. Il
en
a
eu
qu'un
faire
,
fait
ne
soit
pas
fait
ou
,
droit d'enfreindre les clauses d'un contrat?
le
ment
parler
eusse
,
vendu
il
n'y a pa*
trente
ma
coupé
,
par
qu'il
ait
cinq aipents. C'est ce qu'on voit sur le terrain. Peut-il
ses raisons
plus
les
Y
A propre-
matière à discussion. Si je lui
ici
arpeos à choisir dans mes
bois à son
on pourrait par un arpeutage, voir s'il a coupé
plus ou moins. Ce point serait bientôt éclairci. Mais je lui
vends un espace désigné, limité, avec injonction de ma
gré,
,
part et promesse de la sienne de ue point couper au-delà.
Il
est
coutievenu à celte clause; l'inspection du terrain
le
prouve lui-même il en tombe d'accord. Où est la question, où est le doute qu'on puisse élever là-dessus?
C'est pour cela que plusieurs personnes qui entendent ces
;
sortes d'affaires,
croyant
qu'il s'agi«sait
Bourgeau
trop savoir ce que
de
seillaient
à
citer
la
d'un vol
police
,
me con-
correctionnelle.
que cette police correcnon que j'en eusse uue
idée plus claire mais on m'avait persuadé que par-là je
pourrais me ménager des voie* à uu accommodement dont
je me flattais toujours. Je m'imaginais que plus son tort
Moi
,
sans
tionnelle
,
c'était
je préférai l'action civile,
-
f
était
mon
évident, et plus
droit, et lui
il
me
laissant
serait
facile, en relâchant
bonne part de ce
qu'il
de
m'avait
d'eutrer en quelque espèce d'arrangement avec lui.
Mais je ne le connaissais pas ou plutôt il me connaissa'r.
Car il est bon de vous dire, Messieurs, qu'ayant conçu le
projet chimérique peut- être d'avoir terre sans procès
je
suivais pour cela un plan qui me paraissait infaillible.
C'était, quand je me voyais volé (comme à un chacun il
pris,
,
,
,
arrive d'avoir affaire à des fripops)
,
,
prendre patience
et
,
«f'M
(
m'a
)
long-temps
et maîotes gens
au pays en sauraient bien que dire. Mais uu homme s'est
rencontré, qui, après m'avoir pris mon bien, m'a demandé
dire mot. Cela
taie
réussi
,
Le fait n'est pas croyable $ il
monde sait chez nous, à Véretz ,
eocore des dédommagements.
est vrai
néanmoins. Tout
le
,
aLarcai, que quand je proposai à Bourgeau, devant témoins , de lui laisser ce qu'il m'avait pris, et de finir toute
contestation
il
,
balança d'abord
voulait de moi 1200 francs de
,
puis
me
il
dommages
déclara qu'il
et intérêts,
n'ayant pas coupé assez de bois pour sa vente.
Que
comme
voulait-
il dire Y Je ne sais. Je
pense, Messieurs, qu'il a regret de
m'en avoir laissé. 11 ne me croyait pas, sans doute, si
accommodant. Toutefois , c'est ainsi qu'il a trouvé le secret
de me faire plaider et renoncer à mon système de paix
perpétuelle.
Je
vends, aux termes de l'acte,
lui
la
dixième coupes, sans autre désignation,
point d'autre, chaque coupe de
fallait
numéro
sou seul
,
suffisamment
et
ma
neuvième et la
de fait, il n'ea
forêt étant,
De
indiquée.
par
deux
ces
mises d'abord aux enchères séparément l'une, c'est
neuvième , supposée de neuf hectares , ne fut portée qu'à
3ooo francs ce qui fait un peu moins de 3oo francs l'hectare. L'autre, de dix hectares, monta jusqu'à g3oo francs.
CVt 900 francs l'hectare, et plus. De la coupe suivante, la
onzième, on m'offrait 1100 francs l'hectare. Remarquez,
coupes
,
,
la
,
Messieurs
,
cette progression et la valeur croissante
du
bois
depuis 3oo francs jusqu'à 1100. Ceci vous explique le motif
qui a déterminé Bourgeau à ne se pas contenter des deux
coupes à
par
les
lui
veudues, motif ordinaire en
ordonnances. L''outre-passe ,
tel
c'est
cas, et
le
prévu
nom qu'où
donne à cette espèce de délit , en termes d'eaux et forêts
Poutre-passe est punie d'une amende du quadruple, à
raison du prix de la vente, en supposant , notez , je vous
prie ,
que
oà elle est Jaite soit de même essenco
que celui de la vente. Cette sévérité , disent le*
le bois
et qualité
jurisconsultes,
a paru nécessaire pour empêcher
12
les
mar—
,
(
•#
)
chands de ne plus faire d 'outre-pas se à quoi ils sont
volontiers sujets , quand ils voyent quelque belle touffe
,
d'arbres de grand prix attenant à leur vente. C'est là précisément ce qui a tenté Bourgeau. Il voit près de sa vente
de beaux arbres, il les abat, non une touffe, mais cinq
arpents
non de même qualité que la vente mais d'une vaque triple, enfin, le quart de ma plus belle
,
,
leur plus
coupe.
Mais
cela, et
bois
me
Messieurs
,
,
me
le tort qu'il
pour en avoir une idée,
ne
fait
ne
il
suffit
borne pas à
se
pas d'évaluer le
induement abattu. Le dommage est moins dans ce qu'il
prend que dans ce qu'il m'empêche de vendre. En effet,
cette
coupe dont
il
m'enlève
le
quart
,
même coupe
cette
dont on m'offrait jusqu'à 12000 francs, l'an passé, personne n'en veut maintenant, parce que Bourgeau en a, me
dit-on, pris le plus beau et le meilleur. Ainsi elle reste sur
pied, telle que Bourgeau l'a laissée , c'est-à-dire, diminuée du
quart en superficie, et de plus de moitié en valeur; et moi,
qui me fais de mes bois un revenu annuel , ce revenu me
manquant, j'emprunte d'un côté pour vivre, je perds de l'autre
une feuille sur cette coupe non vendue , je perds le produit
d'une année , l'ordre de mes coupes est perverti ; toute l'économie de ma fortune est troublée. C'est à quoi je vous
,
supplie, Messieurs,
dommages
et intérêts
d'avoir
qui
me
égard
Si j'entrais dans la discussion
m'objecte,
je dirais
et
que
qui
j'ai
dans
l'évaluation
des
sont dus eu toute justice.
du défaut de mesure qu'on
argument de mon adversaire»
vendu de bonne foi comme il le sait bien %
est le seul
,
d'après d'anciennes mesures qui peuvent se trouver inexactes;
que s'il y manque quelque chose c'est un ou deux arpents
non cinq, chose facile à vérifier; que ces deux arpents en,
au prix de la vente, 800 francs, tandis
la coupe réservée, pour4<>oo francs de
bois; qu'enfin , je ne dois point tenir compte à Bourgeau de
ce qui peut manquer à la superficie , puisque je vends sans
viron vaudraient
,
qu'on m'abat, dans
garantie ni perfection de mesure ,
et
que
la loi
ne
lui
donne
(
une action contre moi,
'79
à raison
)
du défaut démesure
,
qu'au-
tant qu'il n'y a point dans l'acte de stipulation contraire
ainsi parle le
contraire
sure
,
,
qui
Code
civil, à l'article
1619.
Une
n'est-ce pas cette clause sans perfection de
est
d'usage, et
marque
assez
que
les
;
stipulation
me-
parties re-
noncent réciproquement à toute diminution ou supplément
de prix à raison de la mesure. Voilà ce que je pourrais ré-
pondre \ mais comme j'ai dit , ce n'est pas de quoi il s'agit.
Toute la question, s'il y en a, roule sur un simple fait.
Bourgeau a-t-il coupé dans ma onzième coupe, dans la
coupe réservée ? Ce fait , un regard sur le terrain suffît pour
le vérifier.
12*
,
OSi
)
A MESSIEURS
DU CONSEIL DE PRÉFECTURE
A TOURS.
*rr*
ItAessieurs
wknmwM
,
Je paie dans ce département i3i4 franci d'impôts,
puis obtenir d'être inscrit sur la
préfecture
on
,
me
ne dois pas voter
dit
ici
des électeurs,
que mon domicile esta Paris
et l'on
,
liste
me
Code civil , ainsi conçu
< Le domicile est au lieu du
renvoie à
l'article
et
n«
A.
la
que je
104 du
,
:
«
Le changement de
principal établissements
domicile s'opérera par
le fait d'une
> habitation réelle dans un autre lieu , joint à l'intention
» d'y fixer son principal établissement.
> La preuve de l'intention résultera d'une déclaration
» exprès e faite taut à
» quittera
» domicile
mon
père
,
avec
je vis
municipalité
du
lieu
que
l'on
».
Cette déclaration
ni ailleurs
la
qu'à celle du lieu où l'on aura transféré son
,
mon
à
Luynes
ma
je
,
,
ne
l'ai faite
nulle part
,
principal établissement est la
;
famille
ni à Paris
maison de
champ que jecultive , et dont
mon toit paternel, la cendre de
là estle
là
;
mes pères , l'héritage qu'ils m'ont transmis et que je n'ai
que quand il a fallu le défendre à la frontière. N'ayant
aucune dei formalités qui conrempli
en aucun lieu
stituent , suivant la loi le changement de domicile # je soi*
quitté
,
,
,
à
«et
égard
comme
si
jamais jea'snfM bougé de
ma ma«o»
»3 2 )
(
de Luynes. C'est l'opinion des gens de
là-dessus
et j'en ai consulté
,
loi
que
plusieurs qui
,
consultés
j'ai
de contraire
dans
avis en tout le reste, (car ils suivent différents partis
nos malheureuses dissensions )
sur
,
point seul n'ont
ce
qu'une voix. En résumé voici ce qu'ils disent.
Mon domicile de droit est , selon le Code , à Luynes. Mon
domicile de fait à Véretz, où j'ai depuis deux ans , maison,
femme
deux communes étant dans
enfants. Ces
et
le
arrondissement du département d'Indre-et-Loire,
micile est
voter
qui
de toute façon
,
comme
tiens cette décision
je
vous admireriez, j'en
timents
pu
et
opposés
si
dans ce département, où
,
nommais
électeur. Si je
suis
,
les
je
dois
de
jurisconsultes
vous seriez étonnés
Messieurs,
,
hommes de sen-
sûr, qu'entre des
surtout en matière d'élections
,
même
mon do-
,
ait
il
un point sur lequel tous fassent d'accord ,
c'est ce qui donne d'autaut plus de poids à leur avis.
Mais que dire après cela d'une note qu'on me produit
se trouver
comme
pièce convaincante
décisive? Cette note
de Tours
et
.,
d'une autorité irréfragable,
du maire de Véretz
,
porte en termes clairs et précis
,
adressée au préfet
Courier , pro-
:
priétaire domicilié à Paris. Dans ce peu de mots
,
je
trouve,
deux choses à remarquer l'une que le maire
de Véretz qui me voit depuis deux ans établi à sa porte,
Messieurs
:
,
commune
dans cette
où lui-même m'a
dont
pas néanmoins que j'y
marquable
Paris.
Le
de-là.
Mon
tends celle
est
,
il
est
qu'en
sois domicilié.
même
temps
préfet, prenant acte
affaire
du
est faite,
où
préfet. Il refuse,
lui puisse adresser
le
premier magistrat
adressé des citations à domicile
,
de
il
de
,
,
L'autre chose fort re-
me déclare
domicilié à
cette déclaration
la sienne
,
part
peut-être, j'en-
quelque réclamation que
m 'admettre
et
ne veut
au rang des
je
électeurs,
me voilà déchu de mon droit.
Que signifie cependant cette assertion du maire? sur quoi
l'a- t-il fondée ? Il pouvait nier mon domicile dans la commune de Véretz, si je n'en avais fait aucune déclaration légale.
et
Mais avancer
et affirmer
que
mon
domicile
est à
Pari»
,
où
,
i83
(
chambre
pas une
je n'ai
un peu hardi
être
,
ce
me
)
un
pas
,.
semble.
lit
pas un meuble
,
De quelque
c'est
,
part qu'aient
pu lui venir ces instructions fût-ce même de Paris, il est
mal informé. Aussi mal informé est le préfet, qui , sur ce
,
point, eût mieux
reco
m mandée
compléter
fait
par
de
listes
les
s'en rapporter à la notoriété
ministres
les
publique,
comme un bon moyen de
électorales.
Cette
notoriété
eût
lui
mieux que moi établi et domicilié dan» ce département, et que je n'eus de ma vie dominon plus qu'à Vienne à Rome à Naples et
cile à Paris
dans les autres capitales , où tour à tour me conduisirent
les chances de la guerre et l'étude des arts, et où j'ai
appris d'abord que nul n'est
,
,
,
résidé plus long-temps qu'à Paris ,sans perdre
domicile au lieu
démon
,
mon
pour cela
unique établissement dans
le
dé-
partement d'Indre-et-Loire.
Certes,
mon
quand
je
bivouaquais sur
domicile n'était pas
Quand
là.
poussière des bibliothèques d'Italie,
Danube,
les
bords du
je
retrouvais
les chefs-
,
dans Ja
d'œuvres per-^
dus de l'antiquité grecque, je n'étais pas à demeure dans
ces bibliothèques. Et depuis lorsque seul, au temps de 181 5,
,
je
rompis
le silence
de
la
France opprimée
,
bien à
j'étais
non domicilié. Mou domicile était à Luynes
pays malheureux alois dont j'osai prendre la dé-
Paris, mais
dans
le
léose.
Si je
me
présentais
pour voler
à Paris
,
où on me
dit.
micilié, le préfet de Paris, sans doute aussi scrupuleux
celui-ci
,
ne manquerait pas de
rangeau
,
allez voter à
dire
:
Vous
êtes
ici
Tou-
de do-
si je conune pièce imprimée, signée de
votre établissement est à Luynes. El
micile élu
,
testais,
me
il
me
Tours. Vous n'avez point
doque
présenterait
connue de tout le monde à Paris. C'est la pétition
en 1816 aux deux Chambres, en faveur de la
commune de Luynes , et qui commence par ces mots Je
suis Tourangeau , j'habite Luynes. Vous voyez bien ,
me dirait-il que quand vous parliez de la sorte pour l'es
moi
que
,
j'adressais
:
,
habitants de
Luynes, persécutés
alors et traités
en eanemis
,
i«4)
(
par les autorités de ce temps , vous vous regardiez comme
ayant parmi eux votre domicile. Montrez- moi que depuis
vous avez transporté ce domicile à Paris et je vous y laisse
voter. Le préfet de Paris me tenant ce langage, aurait quel-
Les ministres l'approuveraient indubitablement
ne pourrait le blâmer. Mais ici le cas est différent ; j'en ai donné ci-dessus la preuve et n'ai pas besoin d'y
revenir. J'y ajouterai seulement que pour m'ôter mon domicile et le droit de voter dans ce département où est mon
manoir paternel , il faudrait me prouver que j'ai fait élection
de domicile ailleurs , et non le dire simplement au lieu que
ma négative suffit quand on n'y oppose aucune preuve , et
que
raison.
et le public
,
-,
ce n'est pas à moi de prouver cette négative, ce qui ne se
peut humainement; c'est à ceux qui veulent m'ôter l'usage
de mon droit de faire voir que je l'ai perdu sans
mon droit subsiste et ne peut m'être enlevé par la
,
quoi
seule
parole du préfet.
do, Messieurs. Je prouve mon
non seulement par le fait de mon établissement
héréditaire à Luynes, mais par une infinité d'actes de ci-
Un mot
micile
ici
encore là-dessus
,
,
de jugements, acquisitions et ventes de propriétés
foncières faites en différents temps par moi, dans ce département. Il faudrait , pour détruire ces preuves , m'opposer
un acte formel d'élection de domicile ailleurs. Ce sont là des
choses connues de tout le monde et de moi-même , qui ne
tations,
sais rien
en pareille matière.
Vous êtes bien surpris, Messieurs ; ceux d'entre vous qui
ont pu voir et connaître , dans ce pays , mon père ma mère
et mon grand-père, et qui m'ont vu leur succéder ; qui savent que non seulement j'ai conservé les biens de mon père
,
dans ce département, mais qu'ailleurs je ne possède rien et
ne puis être chez moi qu'ici, dans la maison de mon père ,
& Luynes, où
principal
ceux qui
««la
,
,
je n'ai
mais
me
jamais cessé d'avoir, je ne dis pas
mon unique
connaissent
;
établissement
les
,
mon
connu de tous
personnes qui savent
tout
penseront que ce qui m'arrive a quelque chose d'ex-
,
'83
(
traordinaire
nier,
,
pariant à vous
tant vaudrait
,
)
ue concevront sùremeut pas qu'on puis«e
et
,
mon
moi présent
domicile parmi vous
nier
,
mon
pareilles chicanes sont extraordinaires. Cela
surprenant,
f<>i
,
et je
pardonne
au-
de
nouveau ,
,
Voici cepeudant une
dirai-je incroyable Y
,
Oui
ceux qui refusent d'y ajouter
à
l'ayant seulement entendu dire.
chose encore plus
e»t
car
;
existence.
non
plus bizarre,
,
plus singulière.
Quand
même
je serais domicilié
pas
Je suis
je
puisque
,
le
,
(comme
domicilié dans ce
serais
il
est clair
que
maire l'assure au préfet
)
je
ne
quand
département, payant
l3oo francs d'impôts, cela ue suffirait pas encore, il me
faudrait
pour exercer mes droits d'électeur prouver à
M. le préfet et le convaincre , qui plus est , que je n'ai voté
nulle part ailleurs, nulle part depuis quatre ans. Entendez
,
,
bien ceci
,
Messieurs
user de
mes
comme
électeur à
;
je vais le répéter.
Pour qu'on me
laisse
de citoyen dans ce département, il faut
que je fasse voir clairement au préfet, par des documents
positifs , par des preuves irrécusables , que je n'ai pas voté
droits
voté à Bordeaux
Lyon, que
,
ni à
je n'ai pas
Nantes
voté à Rouen
ni à Lille, ni.
,
.
.
;
,
point
mais prenez
de tous les départements c'est celle des preuves de
non vote et de non exercice de mes droits que je dois fournir au préfet sans compter que quaud j'aurai prouvé que je
la liste
,
;
n'ai point
voté cette année
,
il
me
faudra faire
la
même
année, enfin pour
toutes les années
tous les chefs-lieux départements où
j'ai pu voter depuis qu'on vote. Comprenez-vous maintenant Messieurs ? si vous refusez de m'en croire
lisez la.
circulaire imprimée du préfet, en date du 16 septembre,
vous y trouverez ce paragraphe
preuve pour
passé,
l'an
pour
l'autre
,
,
,
:
Dans
le
cas où vous n'auriez pas encore joui de vos
droits d^électeur dans le département ( c'est , Messieurs
le cas où je me trouve ) , il est nécessaire que vous vouliez
un acte qui constate que depuis quatre
ans vous n'avez pas exercé ces droits dans un autre de"
portement.
bien nCenvoyer
186
(
Que vous en semble
me
,
crus déchu sans retour
et sans
)
Messieurs ? Pour mot
du
droit
que
pouvoir m'en plaindre, puisque
l'avait réglé la loi
que
même paragraphe
la circulaire
,
le
,
lisant cela
ye
,
c'était la loi. Ainsi
Car
préfet citait exactement.
ajoute
,
Charte m'octroie
la
à ce
Comme le prescrit la
:
du 5 février 1817. Le moyen , je vous prie Messieurs ,
de fournir la preuve qu'où demandait ? Commeut démontrer
au préfet de manière à le satisfaire , que depuis quatre aus je
n'ai voté dans aucun des quatre-vingt-quatre départements
qui avec celui-ci composent toute la France. Il m'eût fallu
loi
,
,
,
pour cela non un acte seulemeut, mais quatre-vingt-quatre
actes d'autant de préfets aussi sincères et d'aussi boune foi
que celui de Tours \ encore ne pourrais- je , avec toutes leurs
attestations, montrer que je n'ai point voté. Quelque absurde
en soi que me parut la demande d'une telle preuve , de la
preuve d'un fait négatif, je croyais bonnement, je l'avou»,
demaude
cette
autorisée par la loi qu'on
vais
aucun doute sur
peu
les
lois si contraires
voir cette
loi
le
où
j'ai
Le domicile
> partement
3>
allégation
—
ruses, les profondeurs..
avoir des
«
cette
où.
il
au bon
,
me
tant
et
citait,
n'a-
je connaissais
J'admirais qu'il pût
sens.
Or
,
me
on
lu ce qui suit à l'article cité
y
l'a fait
:
politique de tout Français est dans le dé-
a son domicile réel. Néanmoins
transférer dans tout autre
» contributions directes, à
la
départemeut où
charge par
lui
il
il
pourra
paiera des
d'en faire,
une déclaration expresse devant le
» préfet du département où il aura son domicile politique
» actuel et devant le préfet du département où il voudra
» six mois d'avance
,
,
5
le transférer.
>
La
translation
du domicile
réel
» nera l'exercice du droit politique
2>
,
ou politique ne donrelativement à l'élec-
qu'à celui qui
dans les quatre ans anne l'aura point exercé dans un autre départe—
tion des députés
» térieurs
,
,
,
> ment. »
Tout cela paraît fort raisonnable , mais s'y trouverait-il
un seul mot qui autorise le préfet à demander un acte tel que
celui
dont
il
est
question dans la circulaire, et qui m'oblige
,
(
à le
produire?
)
m'applique
tion de domicile, et l'on
tivant l'héritage
'S;
chose que de transla-
s'agit là d'autre
ne
il
de mon père
cette applicatiou résulte
la
et
moi, cul-
cet article à
démon
grand-pèje
demande d'une preuve
,
de
et
négative
qu'aucune loi ne peut exiger.
Il faut cependant m'y résoudre et montrer à la préfecture
que je n'ai voté nulle pari. Sans cela je ne puis voter ici.
Sans cela je perds mon drf.it, et le pis de l'affaire, c'est que
ma
ce sera
La même
faute.
par ces mots
et finit
circulaire le
dit
expressémeut
:
J"* ai lieu de croire que vous vous empresserez de ni'envoyer la pièce dont la loi réclame la reniée (quoique la
loi n'en dise n'en) afin de ne pas vous priver de davantage de concourir à des choix utiles et honorables. On
si vous
aurait droit de vous reprocher votre négligence
en apportiez dans cette circonstance.
Belle conclusion Si je néglige de prouver que je n'ai volé
nulle part si je ne produis une pièce impossible à pro,
!
,
duire
je suis
,
faute. Ciel
pelle
ici
,
déchu de mon droit
donnez-nous patience
et
,
de plus ce sera
ma
ap-
C'est-là ce qu'on
!
administrer, et ailleurs gouverner.
Je ne m'arrêterai pas davantage
,
Messieurs, à vous faire
seutir le ridicule
de ce qu'on exige de moi. La chose parle
d'elle-même. Je
n'ai
surdité de
que
figure
font,
nom
en son
vu personue qui ne fût choqué de l'ab-
demandes, et affligé en même-temps de la
faire au gouvernement ceux qui emploient
telles
,
de
si
pitoyables finesses
,
en
le
servant
,
à ce
Dieu nous préserve, vous et moi d'être jamais servis de la sorte Non
parmi tant d'individus qui
dans les choses de cette nature diffèrent d'opinion presque
tous , et desquels on peut dire avec juste raison , autant de
qu'ils disent.
,
!
têtes
n'en
autant d'avis
,
ai
pas trouvé
et
,
de façons de voir toutes diverses
un
seul qui pût rien
,
je
comprendre aux
prétextes dont on se sert pour m'écarter de l'assemblée élec-
Et par quelle raison veut-on m'en éloigner Y Que
craiut-on de moi qui, depuis trente ans, ayant vu tant de
torale.
pouvoirs nouveaux, tant de gouvernements
se
succéder,
me
,
i88)
(
blâmé que les abus partiiaa
de tout état de choses supportable, ami de tout gouvernement, sans rien demander à
suis
accommodé
à tous et u'en ai
déclaré de tout otdre établi
aucun? D'où peut venir
ser
personne
que des
mêmes
les
difficultés
je
,
ne crois pas qu'on
de pen
et j'ai lieu
imprimées , et en apparence adressées à
ont été composées
électeurs de ce département
tous les
lettres
,
pour moi. Par où
pu
ai-je
distinction Y Je l'ignore
ma
Messieurs, ce système d'exclusion
,
moi, coutre moi seul? car
dirigé contre
ait fait à
,
,
,
m'attirer celte attention
ma
ne vois rien dans
et
,
vie
cette
dans
,
conduite, jusqu'à ce jour, qui puisse être suspect de
mauvaise intention
ou
culière
d'esprit
, de cabale,
de parti , ni
de vue partiombrage à qui que ce
d'intrigue,
faire
soit. Est-ce haine personnelle de M. le préfet ? me croit-il
«on ennemi parce qu'il m'eu arrivé de lui parler librement
Use tromperait fort. Ce n'est pas d'aujourd'hui, ni avec lui
r*
seulement, que
griefs,
j'en ute
de
cette
moi Courier, contre
plus beau
pourtant
je
place, ou
plus cher
le
,
De
je
lui
,
lui
façon. J'ai bien d'autres
me
qui cherche à
ravir le
plus précieux de mes droits
le
en veux point. Je
tais à
,
et
quoi oblige une
m'en doute, pour mieux dire,
et plains les
gens qui ne peuvent ni parler ni agir d'après leur sentiment
s'ils
ont un «entiment.
Mon
droit est évident
monde en
Je vous prie donc
où mon nom
,
eu exercer tous
ici,
moi,
le
ici
foi.
,
de
et n'a
incontestable.
m 'inscrire
pu
Tout
sur les
listes
que par
veux l'être
être omis
,
je
le
le préfet.
Je n'y renoncerai jamais
la
et
et je
,
Messieurs, devant vous, devant tous ceux qui
ma
voix,
je
les
prends à témoin que
contre toute opération que pourrait faire
collège
éltctoral
,
nomination qui en résulterait
gale n'ait statué sur la
adresser.
,
Je suis électeur
les droits.
peuvent tntendre
proteste
Messieurs
doit paraître
plus insigne mauvaise
déclare
palpable
,
convient, et nul n'y contredit, excepté
et
regarde
comme
,
je
sans
nulle toute
moins qu'une décision lérequête que j'ai l'honneur de vous
,
à
(
>»9)
LETTRE PARTICULIÈRE.
KWW/W///W/W
Tours
,
le
18 octobre.
J'ai reçu la vôtre du 12. Nos métayers sont des fripons qui
vendent la poule au renard ; leurs valets me semblent comme
à vous les plus méchants drôles qu'on ait vu depuis bieu
du temps. Ils ont mis le feu aux granges, et maintenant
pour
l'éteindre,
ils
appellent les voleurs.
Que
faire? sonner
tocsin? les secours sont à craindre presqu'autant que le
feu. Croyez-moi 5 sans esclandre, à nous seul», étouffons la
1*
flamme
un
il
,
s'il
Après cela nous verrons \ nous ferons
; mais il faudra compter,
une part à cette valetaille , puisqu'on ne peuC
et surtout point de pot de vin.
se peut.
autre bail avec d'autres fripons
faut faire
s'en passer
,
mon
sentiment sur ce que vous nous mandez. Ea
revanche , apprenez les nouvelle» du pays. A Saumur il y a
eu bataille, coups de fusil, mort d'homme; le tout à cause
Voilà
de Benjamin Constant. Cela se conte de deux façon».
Les uns disent que Benjamin, arrivant à Saumur, dans
sa chaise
de poste
avec
,
madame
sa
femme,
insulta sur la
place toute la garnison qu'il trouva sous le» arme»
ticulièrement
point
; il
c'était le
hommes
a
l'école
l'air ferrailleur
matin.
de
d'équitation. Cela
nom
Douze
,
,
,
et par-
surprend
surtout en bonnet de nuit
officiers se
marchent
me
ne
à
détachent
Benjamin
,
,
;
car
tout gentils-
voulant se battre
d'abord en gens déterminé!, mettent
;
l'épée à la main. L'autre mit ses lunettes pour voir ce que
avec
lui
l'arrêtent
c'était. Ils lui
il,
que
mais
je
,
et
demandaient raison. Je vois bien, leur ditqui vous manque. Vous en avez besoin ;
c^est ce
n'y puis que
faire.
Je vous recommanderai au bou
i9°
(
)
docteur Pinel qui est de mes ami*. Sur ces entrefaites arrive
^autorité, en grand costume, eu écharpe
en habit brodé,
Benjamin de vider le pays de quittrr
sans délai une ville où sa présence mettait le trouble. Mais
c'est moi dit-il
qu'on trouble. Je ne trouble perlui
sonne, et je m'en irai
Messieurs, quand bon me semblera.
Tandis qu'il contestait, refusant également de partir et de
,
l'ordre à
qui intime
,
:
,
,
,
battre, la garde
se
sans en
choque; on
nationale s'arme, vient sur
requise et proprio molu.
être
On
le
s'aboide
;
lieu,
on
se
feu de part et d'autre. L'affaire a été chaude.
fait
Les gentilshommes seuls en ont eu l'honneur. Les officiers
de fortune et les bas officiers ont refusé de donner ayant
peu d'envie, disaient-ils, de combattre avec la noblesse,
,
peu de chose
et
Mais
à
espérer
d'elle.
en passant que
notez
Voilà un des
les
récits.
bas officiers n'aiment
C'est une étrange chose; car enfin la
ne leur dispute rien
pas un gentilhomme ne
prétend être caporal ou sergent. La noblesse, au contraire,
veut assurer ces places à ceux qui les occupent, fait tout ce
point
noblesse.
la
noblesse
•,
pour que
meurent bas
qu'elle peut
l'être,
et
Eh
bien
bas
officiers
officiers
avec tout cela
,
bas officiers ne cessent jamais de
,
ils
comme
jadis
au bon temps.
ne sont pas contens. Bref,
les-
ou ceux qui l'ont été qu'on appelle à présent
de fortune, s'accommodent mal avec les officiers
,
de naissance
De
les
officiers,
,
:
et ce n'est pas d'aujourd'hui.
m'en souvient; ce furent les bas officiers qui
firent la révolution autrefois. Voilà pourquoi peut être ils
n'aiment point du tout ceux qui la veulent défaire, et ceci
rend vraisemblable le dialogue suivant, qu'on donne pour
authentique entre un noble lieutenant de la garnison de
fait
il
,
Saumur
et
son sergent-major.
Prends ton briquet, Francisque, et allons assommer ce
Allons mon lieuleuant. Mais qui est
Benjamin Constant.
C'est un coquiu, un homme de la révolution.
ce Benjamin?
— Allous,
donc,
—
mon
un de
ces
—
lieutenant
,
,
courons vite l'assommer. C'est
allait mal du temps
gens qui disent que tout
'9'
(
mon grand-pèrè
)
— Oui. — Oli
le mauvais bomme
et je
mieux maintenant?
Oui.
OIi
le scélérat. Dites-moi, mon lieutenant, on va donc rétablir
tout ce qui était jadis Y
Assurément mou cher.
El ce
Benjamin ne veut pas ? Non le coquin ne veut pas.
Et
de
gage
que
qu'il dît
?
!
—
tout va
—
—
—
—
,
,
veut qu'on maintienne
qui
présent? — Justement.
— Quel maraut Dites-moi, mon lieutenant ce bon tempstemps des coups de bâton de
schlague pour
moi —
— Que
temps des coups
de
de sabre — Que veux-tu que
ma
— Je n'y pas non plus; mais
n'y
ouï
parler
vous
monsieur Benjamin
que
pas bien — Oui.
un drôle qui
n'aime que
révolution
blâme généralement
qui
— Alors mon lieutenant nous autres sergents pouvions-nous devenir
—Non
dans ce
temps-là. — Mais
révolution changea cela,
nous
des
coups de bâton — Peut-être mais
Benjamin-là dites-vous mon
qu'importe — Et
nant approuve
révolution ne veut pas qu'on remette
choses comme
— Que de discours marchons! —
en m
mon lieutenant
—
devine. Tu penses comme Benjamin
Ah coquin
tu
coups de bâton. — Tu
aimes
révolution. — Je
ce
il
est à
!
la
;
c'était le
,
If s soldats Y
sais-je
et,
étais
plaît
s'il
sa
,
tout ce
il
;
,,
,
officiers Y
,
certes,
la
officiers
fit
fe
ce
Y
,
elles étaient
î*
;
Allez,
!
,
;
,
allez
'attendant.
je te
:
hais les
la
tort
;
lieute-
,
,
la
,
les
crois,
Y
ôta les
,
mon ami
;
je
C'est
Y
alors.
,
dit, ce
il
,
foi
j'en ai
tout cela n'était
faisait
te dise Y
je
étais pas.
se
C'était le
Y
,
?
plat
-,
la
,
tu ue sais pas ce
norent point quand on
Que moi,
les
as
que
c'est. Ils
reçoit d'un
ne désho-
chef ou bien d'un
donne la bastonnade tu la donnes aux soldats en qualité de sergent
aucun de nous , je l'assure, ne serait déshonoré.
Fort
camarade.
ton lieutenant, je te
*
,
bien. Mais,
moi
Y
mon
,
qui
Je suis
la
Je suis
— Tu un
mon
comme
L'ancien régime vaut mieux que
Tout
— Puis
— Pour vous, mon
homme.
jadis.
lieutenant
personne, j'espère.
—
vous
donnerait? — A
gentilhomme. —
sot
es
allait
,
cher. C'était
lieutenant.
révolution.
discipline des puissances étrangères. Anglais
mands, Russes
,
cela
bien.
Prussiens,
Polonais,
,
,
tous
Suisses
la
c'est la
,
Alle-
bâtouneut
le
*
«9*
(
Ce sont nos bons amis
soldat.
faire
comme
,
)
nos
fidèles
eux. Les cabinets se fâcheront
alliés
,
faut
il
;
raousvoulous
si
toujours vivre et nous gouverner à notre fantaisie. Martin
bâton commande
fui
mon
,
ce géuéral
s'il
,
maréchal des
;
y avait moyen maréchal.
,
dans
logis
— Non. *—
n'est pas cela.
-~-Quoi? maréchal ferrant
?
Tu
Qui
rêves
dans
ces idées
,
mon ami
Moi
des classes.
Toi,
classe.
le gâtes
noble
,
de
ton lieuteuant
,
mon
fermier, tu
Comprends-tu, maintenant
dans
sa classe
serait
ce serait la révolution.*—» Pardon
dez-moi,
vous
je
—Et moi,
,
une cohue
;
j'imagine
;
devenir ca-
,
toi
donc, mon cher, que ton père
de
ta sorte
,
né rustre,
fils
comme un
autre.
n'est pas assez
pour
d'un rustre. Souviens-
est
Tu
paysan.
voudrais
— Mon lieutenant, maréchal
qui nous
en revue
d'un paysan —
— vous commande. — Eh vraiment
me commander
duc
de...
On
le dit.
mal. Voilà
peut-être?
le
passe
,
si
Francisque,
c'est le
!
désordre qu'a produit la révolution. Mais on
le
et bieutôt
,
on arrangera
?
est fils
Il
y remédiera
premier,
»
—Quoi? ce
je reste sergent ?
homme
,
j'en suis sûr
cela en dépit
;
mon oncle me
de Benjamin
,
l'a dit ;
qui sera pendu le
nous ne l'assommons tout-à-1'heure. Viens,
mon ami
,
mon
frère de lait
,
mon camarade
sabrons tous ces vilains avec leur Benjamin.
point de danger
—
haute
la
lieutenant: répon-
Je peux bien l'espérer
?
un
et
de
tour.
—Pourquoi non
faire.
mon
ensuite ?
puis général.
,
Tu
distinction
— Assurément. — Et
— Oui. — Colonel
— Puis maréchal de France?
— A mon
pitaine?
viens
met
la basse classe.
un désordre
,
Vous voulez
prie.
de
Pro*
tu dis.
la
je suis
,
es
;
ce
te
diable
que
;
Or, il faut que chacun demeure
?
autrement ce
;
tu ne sais ce
tête?
la
ou bien tu n'entends pas
;
fils
Francisque.
,
— Oui
— Non
la cavalerie.
pos séditieux.
donc
Ma
Ta voue, j'aime l'avancement.
puis, je vous
et
;
Je voudrais devenir
j'entends
troupes de la Sainte-Alliaoce. •*-
les
lieutenant, je n'ai pas grande eovie de servir sous
Allez
,
m'attendez.
\
tu sais bien qu'à Paris
mon
lieutenant
—Francisque
,
,
ils
II
se sont
mon camarade
;
allez
écoute-moi. Si lu
te
;
n'y a
laissés
devant
conduis
C
'93
bien, que tu sabres ces vilains,
si je
content de
suis
)
quand
à
loi, j'écrirai
laquais, garde de chasse ou portier.
—Oh
nant
prison
;
le
mauvais
je te le
promets.
!
sujet.
Va,
je te le
mou
—
comrnandeiai,
père qu'il
Allez,
tu en
te
mon
mangeras
iduc
lieute-
de
,
la
D'autres content autrement. L'arrivée de Benjamin annoncée à Saumur, fît plaisir aux jeunes gens, qui vouluient
le fêter, non que Benjamin soit jeune ; mais ils disent que
ses idées sout de ce siècle-ci
et leur conviennent fort. La.
,
,
jeunesse ne vaut rien nulle part,
mur
comme
vous savez
;
Sau-
à
elle est pire qu'ailleurs. Ils sortent
de gauche
flûtes
,
,
et
fifres
,
au-devant du député
vont à sa rencontre avec musique , violons ,
hautbois. Les gentilshommes de la garnison
du
qui ne veulent entendre parler ni
siècle ni
de
ses idées
,
,
trouvèrent celle-là très-mauvaise
; et résolus de troubler la
donneurs d'aubade, croyant ne courir
aucun risque. Mais en ce pays-là, la garde nationale ne
laisse point sabrer les jeunes gens dans les rues ; aussi n'estelle pas commandée par un duc. La garde nationale armée
fit tourner tête aux nobles assaillants
qui bientôt, mal me,
nés, quittent le champ de bataille en y laissant des leurs.
fête, attaquent les
Tel
est le
second
récit.
A
Ne gent le Rotrou, il ne faut point danser ni regarder
danser, de peur d'aller en prison. Là , les droits réunis s'en
viennent au milieu d'une fête de village exercer (c'est le
mot, nous appelons cela vexer) on chasse mes coquins.
Gendarmes aussitôt arrivent en prison le bal et les violons,
danseurs et spectateurs, en prison tout le monde. Un maire
verbalise
un procureur du roi (c'est comme qui dirait un
loup quelque peu clerc) voit là-dedans des complots
des
;
;
\
,
machinations,
des ramifications!
d'un procureur du
roi (
il
Que ne
voit pas le zèle
traduit devant la cour d'assises
vingt pauvres gens qui ne savaient pas que le roi eût uu
procureur. Les uns sont artisans, les autres laboureurs,
quelques uns parents du maire, tous perdus sans ressource.
Qui sèmera leur champ ? qui fera leurs travaux, pendant sis
j3
,
»9l
(
)
mois de prison ou plus? Qui prendra soin de leurs familles?
Et sortis s'ils en sortent que deviendront- ils après ? men,
,
diants ou voleurs par force; nouvelle
de M.
Ici
c'était
procureur du
le
scène moios grave
grande cérémonie
il
;
,
s'agit
,
le zèle
l'église
cierges allumés
cloches en branle;
,
pompeux
A
de préséance.
office ponlifical
faux-bourdon, procession
des fidèles et cet ordre
madère pour
roi.
concours
le
faisaient plaisir à voir.
Au
beau milieu du chœur, deux champions couverts d'or, se
gourment
s'apostrot heut. Ote-toi.
Non , c'est ma place.
—C'est la mienne.— Tu meuts. Coups de pied coups de
—
,
poing.
— Non
Tu
n'es
pas
mais moi plus que
,
— Je
royaliste.
Je
toi.
,
le
suis
te le
que
plus
prouverai
,
toi.
je te le
Notre mère sainte église, affligée du scandale, y
voulut mettre fin; le ministre du Très-Haut arrive crosse,
ferai voir.
mitre.
Ah, monsieur
dant de
la
chevalier!
le
général
garde nationale
Laissez-là
rengainez votre épée
Par malheur
!
cette
payeur ne
le
apaisé la noise tout d'abord
sieurs ce
ah monsieur
commanmmi cher
le
cher comte
!
mouleur le gêné. al
commandant.
chaise,
monsieur
,
!
Mon
le
se trouvait
,
pas
là
car
,
il
;
eût
mes-
en faisant savoir à ces
que chucuu d'eux, touche par mois du gouverne-
ment
en francs de combien l'un était
; on eût pu calculer
plus royaliste que l'autre et régler les rangs sans dispute.
La charge de payeur devrait toujours s'unir à celle de maître
,
,
,
des cérémonies. Je
il
en fera
la
l'ai
Mais dites-moi,
ni
un de nos députés
vous prie, vous qui avez couru
je
riez-vous un pays où
cave,
dit à Perceval,
;
proposition dèi qu'il sera conseiller d'elit.
maire,
ui
il
n'y eût ni gendarmes
piocureur du
,
sau-
ni rats de
,
roi, ni zèle, ni
appointe-
dévouement ; n'importe, c'est tout
un ), ni généraux ni c mimaudants ni nobles ui vilains
qui pensent noblement Y Si vous savez un tel pays sur la
mappemonde, montrez-le-moi, et me procurez un passe-
roents(je voulais dire
,
,
,
port.
Voilà Perceval en bon chemin. Secrétaire de
la
guerre
!
,
>9 5
(
cela s'appelle tirer son épingle
çou;
n'en demeurera
)
du
pas là
jeu.
un habile gar-
C'e^l
vaut l'homme, tant
vaut la députation. Les sots n'attrapent rien quelques un*
y mettent du leur. Il n'ose, dit- ou, revenir ici de peur de
il
:
larjt
;
Quelle faiblesse je me moquerais et de la séde mes commettants. Bellart n'en est pas mort à
autre de nos députéi, M. Gouin Moisao
est ici
la sérénade.
rénade
Brest.
et
Un
!
,
un peu fâché
,
à ce
qu'on du
,
de n'avoir pu encore rien
des ministres, ni pour lui, ni pour sa famille.
Moisan
est
et qui vote
un honnête marchand que
avec
elle
noblesse méprise
la
sans qu'elle le méprise moins
,
tirer
Ce M. Gouin
,
,
comme
vous pensez bien. Pour les services par lui rendus au parti
gentilhomme, il voudraitqu'on le lit noble il se contente;
du
rait
baron
de baron. La nobleise française n'a point de
titre
Gouin,
s'en passe volontiers
et
;
mais Gouin ne se
passe pas de noblesse. Depuis trois ans entiers,
il
s'assied
avec
min.
Quaud on
faut
avoir
Le
le
peut à
service des nobles est
le vrai
;
,
,
,
cœur bien
tout; on renie ses amis
pour les laisser languir.
dur et piofue peu ; ou leur sacrifie
ses œuvres , ses patoles; on abjure
miuisléiiel
toujours dire et se dédire, parler
contre son sens
combattre l'évidenceet mentir sans tromper
pas que de Serre en
bonne
le
soit
;
ne m'étonne
malade. Reuoucer à toute espèce de
haro, l'indignation publique
!
pour qui
et disent
ami, votre père
fait-il
moi
nerez chez
,
?
Le
:
de Villèle, un certain Donnadieu.
compense.
je
;
d'apprubaliou de soi-même et d'autrui; affronter
foi,
qui vous paient d'un cordon
nommé
se lève,
il
dans Pe?pérance d'uu parchece prix rendre les gens heureux il
côté droit
le
pour des ingrats
sieur Laisné
Eh
!
bonjour,
,
le
mon
toujours de bons souliers ? Çà, vous dîje n'aurai personne. Voilà la ré-
quand
Va pour
de
telles
gens
,
va trahir ton mandat, et
livre à l'étranger ta patrie et les dieux. Ainsi parle
un
vilain
dégoûté de bien penser; mais la moindrefaveur cCun coup
(Tœil caressant le rengage comme Soiie , et fait taire la
conscience
,
Nous en
la patrie et le
allons faire de
mandat.
nouveaux
,
je dis
des députés
i3*
,
>96)
(
Dieu
coup
Paul
sait
quels
sûr.
Eq
du
et
blancs ou noirs
,
de
rit
affaire d'élection.
préfet; c'est
préfet ne veut
électeur; le
bonnes gens
mais
,
attendant ce jour, on
la
Paul veut être
pas qu'il le soit, et lui
plus plaisante chicane.... Paul n'a pas de domicile
attendu
préfet,
qu'il
daDS ce département
de son père
d'impôts
seize
;
ans,
s'il
,
indigne
;
,
il
même
le
et
labourant son
portez-vous bien
;
et
fait la
dit
le
enfant
que
,
se
soldat pendaut
,
aux cabinets
restait-il
sujet
,
chez
lui ?
un vagabond
Cette bouffonnerie réjouit
départemeut
champ
ne
un mauvais
électeur.
treize cents francs
étrangères
Que
a quitté le pays.
d'être
femme
a été
fait rien. Il
eût émigré.... C'est
,
a
il
,
cultive son héritage, habite la maison
rebelle aux puissances
toute la ville
qui
,
soldat;
de son grand- père, paie
tout cela n'y
de l'Europe
ou
et
a été
à
,
quefelle de
,
et
moque
le
bonhomme Paul
des cabinets. Adieu
tout ceci soit entre nous.
:
(
'97
)
SECONDE
LETTRE PARTICULIÈRE.
PMW w« rjw*rr#fr**
Tours
28 novembre 1820.
,
\ ous êtes babillard et vous montrez mes
vous les perdez ; elles vont de maia ea main
, ou bien
tombent dans
les journaux. Le mal serait petit si je ne vous mandais que
les nouvelles du Pont- Neuf; mais de cette façon tout le
monde sait nos affaires. Et crojez-vous , je vous prie , moi
qui ai toujours fui la mauvaise compagnie , que je prenne
lettres
et
me voir dans la Gazette ?
Notre vigne n'est point si chétive qu'on le voudrait bien
faire croire. Les vieilles souches, à vrai dire, sout pourries
plaisir à
jusqu'au cœur
plant s'élève
,
et le fruit n'en
qui va prendre
,
vaut guères
le
;
mais un jeune
dessus et couvrir tout bien-
tôt. Laissez-le croître
avec cette vigueur
ment cinq ou
encore, et vous m'en direz des
six ans
,
cette sève, seule-
nou-
velles.
Si vous
me
averti
s'est
urne
je
;
passé
,
le
promettiez de tenir votre
mais non
conterais
;
vous conterais nos élections
,
la
club des gentilshommes
,
comment
,
messe du Saint-Esprit
,
le
?
,
,
vous
je
et je suis
tout
noble pair
et
rembarras du préfet
cela
son
,
et
non moins utiles à savoir qu'agréables mais
vous ne pouvez rien taire; un peu de discrétion est
d'autres choses
quoi
langue
car vous iriez tout dire
;
bien rare aujourd'hui. Les gens crèveraient plutôt que de
ue point
jaser
,
et
vous tout
le
premier.
Vous ne saure»
>98)
(
pas un mot, nulle nouvelle pour vous puveux ne vous rien dire, si je puis.
Oui par ma foi c'était une chose curieuse à voir. Figurezvon« <mr une estrade un homme tout brillant de crachats,
levant lui une table, et sur la table une urne. Si vous me
demandez ce que c'est que celte urne cela m'avait tout l'air
d'une boîte de sapin. L'homme c'était le président comte
rien cetle fois
ni'
,
;
;
je
,
,
,
,
,
,
,
V
lemanzv
noble
:
noble pair
,
mai' procureur
dont
,
vendait alors
nouvelle noblesse. Jadis
la
Larochefoucault étaitde votre avis
elle se
pair ni
,ou quelque chose d'approchant.
fiscal
Je note ceci pour vous qui aimez
neuve
père u'était ni
le
,
la
il
;
voulait touteneuve;
mieux. La
elle valait
vieille
ne
Pour moi ce m'est tout un l'ancienne la
Rohan ou llsvigot,
noiiveiie. la Tremouilie ou Godin
j'en donce le choix pour une épingle.
Il tira de sa piche une longue écriture ( c'est le président
que je dis ) et lut: Le Roi tout seul pouvaitfaire les lois ;
se vendait pas.
,
,
,
,
en avait
il
le
droit et la pleine puissance. Biais
rare exemple de bonté paternelle
notre avis. Je n'entendis pas
les
prince*
,
les
cent cinquante
,
Nous
étions
on cria vive
le roi
,
duc de Bordeaux. Puis le
au parterre quelque deux
choisis par le préi'et
demander
qui doivent lui
par un
veut bien prendre
il
le reste;
princesses et le
président se lève.
,
pour en
des comptes.
Le
choisir d'autres
président debout
nous donna des
écrire
tous.
billets sur lesquels chacun de nous devait
deux noms vmais il fallut jurerd'abord. Nous jurâmes
Nous levâmes la main de la meilleure grâce du monde
;
cd gens exercés. Puis
et
les
reprenait avec
le
manchettes retroussées
vîmes
sortir
un
,
les
d'abord ce qui devait
a
,
le
président
pouce seulement
un
;
ses
ministériel.
,
de
et
la boîte
pour cela et deviné
ou de l'urne par un
le
voici.
,
Nous
étions trois
de geDS appelés par ie préfet. Gens de droite,
gens de gauche, aussi peu nombreux , et
compter
,
j'avais parié
,
«ortir
raisonnemeut tout simple
le
remettait dans la boîte d'où nous
ultra royaliste et
Sans être son compère
sortes
nos billets remplis
,
doigt index et
aisés
gmi
(
'99
)
du milieu à foison qui , se tournaut d'uu côté font le gaiti
de la partie, et se tournent toujours du côté où l'on mange.
Or, en anivant, je sus que tous ceux de la droite dînaient
chez le préfet ou chez l'homme aux crachais avec ceux du
milieu t et que ceux de la gauche ne dînaient nulle part.
J'en conclus aussitôt que leur affaire était faite, qu'ils per,
,
draient la partie et paieraient
geaient pas
je
;
me
ne
dîner dont
le
J'étais là le plus petit des
ns
ils
man-
trompé.
suis poiut
grands propriétaires ne sachant
,
eu me placer parmi tant d'honnêtes gens qui payaient plus
que moi quand je trouvai, devinez qui? Cadet Roussel,
,
connaissance, à qui je dis en l'abordact
vieille
Cadet? puis
me
je
repris
:
Qu'avez-vous
nom
depuis qu'il
,
il.
J'ai trois
mon
à-
maire de
est éligible et
,
inquiet.
maisous,
Ce
comme
Qu'as-tn
ï
un de avec son
(car c'est sa nouvelle fantaisie de mettre
vous Vjis soucieux
:
M. de Cadet
,
commune)
sa
n'est pas sans sujet,
vous savez, l'une
me
,
je
dit-
est celle dé-
père, où je n'habite pius; l'autre appartenait ci-devant
M.
marquis de.. .chose
le
quoi
dans
,
pendaut
le
temps de
qui s'en alla
m'eu
je
la droite,
suis
La
je
,
ne
sais
pour-
révolution. J'achetai sa maison.
qu'il voyageait. C'est
trouve fort bien.
même
,
la
celle
où
je
demeure
troisième appartenait à Dieu
accommodé. Je
,
et
me
et
de
viens de voir là-bas, vers
des gens qui parlaient de restituer, et disaient
que de mes trois maisons la dernièie doit retourner à Dieu ,
les deux autres pourraient servir à recomposer uue graude
propriété pour le marquis. A ce compte, je n'aurais pius de
naaisou. Je vous avoue que cela m'a donué à peuser. C'est
dommage pour vous lui dis-je, que d'autres comme vous,
peu amis de la restitution , ne se trouvent point ici. On ne
,
les a
pas invités, et je m'étonue de
dit-il
!
c'e^t
que
je
canaille. Je vois la
moius, car
mou
marie
,
ne
le
haute société
fils
Qui? quels parents
i«
vous y
voir.
peuse bien. Je ne pense point
?
me
,
ou
je la verrai bientôt
doit pré»euter
— Eh
!
oui
savex-vou» point
,
?
mon
il
Ah, me
comme la
chez
fils
de
ses paient».
la
épouse une
du
•—
Roussehèie
tille d'uue
—
200
(
)
peu quelque chose. J'espère par
J'entends vous voudriez par
sou moyeu arranger tout.
son moyen voir la haute société et ne point restituer— JusGarder l'hôtel de chose et y recevoir ie marquis ?
tement.
Vous aurez de la peine.
—C'est cela.
Ah!
famille....
—
sera dans
il
main dans un
coin
semblait s'animer,
curieusement partout
sur
le
point
écrivez le
mais
il
gauche
\
il
écrire sur ces petits billets. Ecrivez,
bonhomme Paul
Il n'est
du tout qu'on pende
,
la
et ni 'approchant, je vis qu'il s'agissait entre
coteau du Cher.
naparte
j'aperçus Ger-
,
parlant à quelques uns de
,
eux de ce qu'on devait
,
,
—
Comme je regardais
disait-il
—
les
,
qui demeure
pas jacobin
jacobins
;
,
il
mais
là
il
haut,
ne veut
n'aime pas
ne veut point qu'on emprisonne
les
Bo-
bona-
nommez-le, croyez-moi. Il sait écrire, parler; il
vous défendra bien vous êtes sûrs au moins qu'il ne vous
réponvendra pas ; c'est quelque chose à présent. Non
partistes,
\
,
Paul n'est pas des nôtres. Il en sera bientôt,
car on l'a vu toujours du parti opprimé.
reprit Germain
Aristocrate sous P».ob es pierre , libéral en i8i5,il va être
pour vous et ne vous renoncera que quand vous serez forts,
c'est-à-dire insolents.
Non nous voulons des nôtres.
Mais personne n'en veut ; vous allez être seuls , et que pensez-vous faire ?
Rien nous voulons ceux-là. Ils ne savent
pas grand chose et «ont peut-être un peu sujets à caution.
Mais ce sont nos compères et Paul dont vous parlez n'est
compère de personne. Germain à ce discours: Mes amis,
leur dit-il je crois que vous serez pendus vous et les vôtres ,
oui , pendus à vos pruniers et j'aurai le plaisir d'y avoir
contribué. Car je vais de ce pas me joindre à messieurs de
dirent-ils, ce
,
,
—
—
,
,
,
,
,
,
,
,
droite et voler avec eux.
ministres
;
pour
Que me faut-il
à moi;" culbuter les
cela les ultra sont aussi bons
que d'autres,
sinon meilleurs. Adieu.
Je voulais passer avec lui du côté des honnêtes gens. Mais
en chemin
et disaient
un peu
je
:
trouvai des ministériels ,qui parlaient déplaces
Il
n'y en
la fortification
a
,
point qui soit sûre.
Comme j'entends
je m'arrêtai à les écouler. Il
n'y eu
aoi )
(
a pas une, disaient- ils, sur laquelle
C'est sans doute, leur dis-je
,
que
on puisse compter.
remparts ne sont pas
les
me
bien eolretenus, ou faute d'approvisionnement V
Ils
gardaient étonnés. Oui, reprit un d'eux, que
meure
je
re*
s'il
a une place à présent, qu'aucune compagnie d'assurance
voulût garantir pour un mois. Cependant, leur dis-je, il
me semble qu'avec de grandes demi-lunes des fronts en
y
,
ligne droite et
les
doit tenir
un
certain
me regardèrent plus surpris que la première fois,
même homme continua Ma foi vu leur peu de sûreté,
temps.
et le
un bon défilement, on
Ils
,
:
places aujourd'hui ne valent pas grand chose.
que
lez dire, lui répliquai-je,
les
Vous vou-
meilleures ont été livrées
à l'enuemi.
Comme
je
semblais
gêner,
les
je
m'en
fâché
allai,
quitter cette conversation, et plus loin je rencontrai
de
l'hon-
nête procureur, qui passe pour mener tout le parti noble
C'est Calas, ou Colas qu'on le nomme, je crois, garçon
d'un vrai mérite. Avez-vous remarqué que depuis quelque
temps les nobles nulle part ne font rien , s'ils ne sont menés par des vilains Y Qu'est-ce que Laisné, de Villèle, Ravez,
ici.
Dounadieu, Martainville sinon les chefs de la noblesse, et
tous vilains? sans eux, que deviendrait le parti des puissances
,
étrangères, réduit à
sances, qu'aurait
M. de Marcellus?
fait la
et
noblesse allemande
chez ces
,
si
les
puisvilains
ne l'eussent entraîoée contre l'armée de Bonaparte, qui
elle-même alla très- bien étant menée par des vilains mal
,
aussitôt qu'elle fut
la
par des nobles; autre point
Mais où en étions-nous? à Colas
à noter.
de
,
commandée
,
procureur
et
chef
noblesse. Je suis content, disait-il, oui, je suis fort
content de
M. de Duras,
il
a
du
caractère, et je n'aurais
pas cru qu'un gentilhomme, un duc...., aussi
président de notre club des Carmélites,
club
l'ai-je fait
d'honnêtes
gens; nous uous assemblâmes hier, lui président, moi secrétaire
M.
le
;
nous avons tous prêté serment entre
duc.
Ils
procureur, et
ont juré
j'ai fait le
foi
les
mains de
foi de
de gentilhomme, moi,
procès- verbal de la séance. Mais le
2oa
(
que
bon de
l'affaire
redire.
Là-dessus nous l'avons
c'est
,
M. de Duras
et
dit, je
a
)
montré ce
mené de
qu'il est:
nom de mon
vous défends, au
d'y trouver à
le préfet s'est avisé
la belle
manière,
Monsieur,
lui a-t-il
g mvernement, de vous
que c'e>t
que dire. Je vous
assure, moi, que la noblesse a du bon ei f ra quelque chose,
Dieu aidant avec les puissances étrangères. Tout cela ne
demande qu'à être un peu conduit , et j'en fais mon affaire.
Il continua et je l'tcoutais avec grand plaisir, quand le
président m'app%laut, me donna un de ces billets où il f.llait écrire deux noms. Pour moi
j'y voulais mettre Arismêier des élections. Voilà parler cela,
que de
fermeté.
la
Le pauvre
et voilà ce
préfet n'a su
,
,
tide et Caton.
liste
vous
me
Mais on
notaient pas sur
dit qu'ils
des éligibles. J'écrivis Bigt.on, et
le
connaissez, je crois,
proscrive;
et je
m'en
comme
,
pas qu'on,
venu,
j'étais
la,
Bgnon
;
qui ne veut
celui
allai
uu autie
à travers
gendarmes.
les
Je voudrais bien répondre à ce monsieur
comme
vous savrz, j'aime
assez causer.
tous et ne dédaigae personne
m'appelle jacobiu
,
tuais
-
y
je
du
journal. Car,
Je
me
le
crois
tout à
fais
fâché.
Il
révolutionnaire, plagiaire, voleur, eeu-
joisooneur, faussaire, pestiféré ou pesiilére, enragé, imposteur, calomniateur, libellée homme horrible , ordu,
iier, grimacier, chiffonnier.
Cet
Je vois ce qu/il veut dire
entend que
il
,
tout, si fai mémoire;
moi sommes
lui et
d'avis différent; peut-être se trompe-t-il.
Il
aime
les ministres,
suis trop obligé
moi
et
pour ne pas
les
cours à eux qu'ils ne m'aient
justice.
Ils
C'est bien
lait
,
m'ont
si
tiré
trois fois
,
benejicium. Et quand tout
rendu bonne
des mji.s
je
;
je n'ai
d<>.
et
leur
eu re-
prompte
leurs agents.
non occidere. Mais
le
moude
est
larron
,
eofiu
le
c'est
meilleur
qui ne tue pas.
J'aime bien mieux
in
aime
je les
vous voulez, un peu ce que ce Romain appe-
benejicium latronis
est celui
aussi
aimer. Jamais
mraés par
le
préfet
les
,
ministres que messieurs
beaucoup mieux que les
les
jurés
électeurs.
,
(
203
)
beaucoup mieux que mes juges qu'on
appelle naturels et dont je n'ai jamais pu obtenir une sentence qui eût le moindre air d'équité. J'aime cent fois mieux
le gouvernement ministériel qu'un jeu, une piperie, une
ombre de gouvernement rimant en el je suis plus ministéet sije le suis gratis.
riel que monsieur du journal
et j'en dis tout autant
Il dit que nous somme libres
;
comme on l'est la veille d'aller en
nous sommes libres
prison. Nous vivons à l'aise, ajoute-t-il
et rien ne nous
gêoe à présent. Je sens ce bonheur, et j'en jouis comme
dit-on qui, tombant du haut d'un clocher
faisait Arlequin
,
choisis par le préfet
,
,
;
,
,
,
,
,
,
avant de toucher le pavé.
que de s'entendre. Cet homme- là et moi sommes
quasi d'accord
et ne nous eu doutions pas. Il se plaint de
assez bien en l'air,
se trouvait
Il
n'est
,
mon
Mon
langage. Hélas
!
style lui déplaît
Oh
je n'en suis
\
il
trouve
pas plus content que lui.
ma
phrase obscure, confuse,
moi
Il ne saurait
mal de ma façon de m'exprioier , que je n'en
pense davantage , ni maudire plus que je ne fais la faiblesse
ritmifrisance des termes que j'emploie. Autant la plupart
embarrassée.
!
qu'il a raison,
selon
!
dire tant de
déguiser leur pensée, autant
s'étudient à
savoir
si
peu mettre
pouvait dire ce que
hommes
aux
le vrai
la
mienne au
jour.
me fâche de
ma langue
il
Ah
!
si
mon esprit voit, si je pouvais montrer
qui me frappe les yeux
leur faire dé,
todrner la vue des fausses grandeurs qu'ils poursuivant, et
regarder la liberté , tous l'aimeraieut , la désireraient. Ils
couuaîtraieut
ner,
qu'il
esclave
les
en rougissant
,
qu'on ne gagne rien à domi-
tyran qui n'obéisse, Di maître qui ne soit
perdant la funeste envie de s'opprimer les uns
et
,
,
n'est
autres,
ils
voudraient vivre
et laisser vivre.
S'il
m'était
donné d'exprimer, comme je le sens , ce que c'est que l'in«
dépendance Decazes reprendrait la charrue de son père,
,
et le roi
,
pour «voir des ministres
,
serait obligé d'en re-
quérir, ou défaire faire ce service à tour de rôle
sous peine
Sur
d'amende
les injures
je
et
,
par corvée
;
de prison.
me
,tais
:
il
en
sait
plus
que moi
;
j«
.
.
2 o4
(
beau
n'aurais pas
dessus que je le prends.
moi
,
le loustic
s'en douter, le
prend
le
mot
)
jeu. Mais.il m'appelle loustic, et c'est làIl dit
,
et croit
bien dire, parlant de
du parti national et fait là une faute saus
bonhomme Ce mot est étranger. Lorsqu'on
,
,
!
des puissances étrangères,
ne faut pas
il
changer. Les puissances étrangères disent louslig
tic
,
et je crois
même
qu'il ignore ce
dans un régiment Teutsche. C'est
amuse
tout le
monde
et fait rire le
,
les soldats et les bas-officiers
comme
Ce ne
ri
doit
que
que
c'est
le
loustig
plaisant, le jovial qui
régiment
,
je
veux
dire
car tout le reste est noble
;
le
non lous-
,
et
Dans une marche , quand le
,
toute la colonne rit et demande Qu'ait- il dit?
pas être un sot. Pour faire rire des gens qui re-
de raison
loustic a
le
,
rit
à part.
:
,
çoivent des coups de bàtcn , des coups de plat sabre , il
faut quelque talent, et plus d'un journaliste y serait em-
Le loustig les distrait , les amuse , les empêche
quelquefois de se pendre, ne pouvant déserter, les console
barassé.
un moment de
du pain noir,
fers,
de
l'insolence des nobles officiers. Est-ce là l'emploi qu'on
me
la
schlague
,
des
donner Je vais avoir delà besogne. Mais quoi? j'y ferai de
mon mieux. Si nous ne rions encore, quoiqu'il puisse arriver , il ne tiendra pas à moi
car j'ai toujours été de l'avis
du chancelier Thomas Morus Ne faire rien contre la con1
;
:
science
,
et rire jusqu'à
l'échafaud inclusivement.
emploi d'ailleurs n'a poiut de traitement,
ni
Comme
cet
ne dépend des
accommode d'autant mieux.
Tout cela ne serait rien , et je prendrais patience sur les
noms qu'il me donne. Mais voici pis que des injures. Il me
menace du sabre, non du sien
je ne sais même s'il en a
un, mais de celui du soldat. Ecoutez bien ceci Quand le
soldat dil-il (faites attention chaque mot est officiel, approuvé des censeurs), quand le soldat voit ces gens qui
ministres, je m'en
;
:
;
,
n'aiment pas
les
hautes
classes,
les
classes
à privilège,
il
met d'abord la main sur la garde de son sabre. Tudi»u,ce
ne sont pas des prunes que cela. Le chiffonnier valait
mieux.
On
ne
me sabre
pas encore
comme
vous voyez
}
mais
.
(
on tardera peu
*° r>
on n'attend que
)
du noble qui commande. Profitons de ce moment; je quitte mou journaliste
et je vais au soldat. Camarade, lui dis-je. Il me regarde à
c'est vous, bonhomme Paul. Comment se
ce mot
Ah
portent mou père ma mère ma sœur
mes frères et tous
Paul , où est le temps que je vivais
nos bous voisins ? Ah
;
le signal
!
:
,
,
,
!
avec eux
vous
et
,
vous souvient-il
?
labourant
mon champ
du vôtre. Combien ne m'avez-vous pas de fois prêté
vos bœuf» lorsque les miens étaient las
Aussi vous aidaisje à semer, ou serrer vos gerbes, quand le temps menaçait
d'orage. Ah
bonhomme, si jamais.... Comptez que vous
me reverrez. Dites à mes bons parents qu'ils me reverront t
si je De meurs.
Tu n'as donc point lui dis-je oublié tes
parents ?
Non plus que le premier jour. Ni ton pays '?—
Oh non. Pays de mon enfance terre qui m'as vu naître
Mon ami , tu es triste. Tu te promènes seul ; tu fuis tes
camarades } tu as le mal du pays.
Nous l'avons tous ,
près
!
!
—
—
,
,
—
!
!
'.
—
—
bonhomme
Paul.
Touché de pitié je m'assieds et il continue Vous savez
comment je vivais chez nous, toujours travail:
,
père Paul
lant
,
,
labourant eu façonnant
dange ou
ma
vigne
,
et
chantant la ven-
dimanche pour faire
danser ma Sylvine aux assemblées de Véretz ou de SaintAvertin. On m'a ôté de là pourquoi? pour escorter la procession
ou bien prendre les armes lorsque le bon Dieu
passe. On m'apprend la charge en douze temps. A quoi bon j*
Pour quelle guerre Y Ou s'y prend de manière à n'avoir jale dernier sillon
;
attendant
le
,
,
mais de querelle avec
donc charger,
A
je?
rieu
; mais à quoi sersPaul. Tout cela nous ennuie et
pays dans nos casernes. Ah Véretz
i.ous fait regretter le
!
ah
!
à la raie noire
Vous en
,
!
,
!
mes beaux bœufs IFauveau
qui avait une étoile sur le front
mes bœufs
et l'autre
souvient-il
Là-dessus
puissances étrangères. Pourquoi
bonhomme
,
ah Sylvine
les
qui faire feu Y Je sers
et sur
,
,
!
bonhomme
Paul
?
saus répondre, je lui glisse ce
bien ce qu'on m'a dit de
toi':'
Mais
mot:
Sais-tu
je n'en crois rien.
Je
me
,
ao6
(
que
sois laissé dire
bouhomme
brer,
mon
)
nous sabrer.
tu voulais
Quiconque vous Ta
!
— Moi
vous sa-
,
— Oui
dit est uo...
ami c'est un gazelier censuré.
Mais que fais-tu ? Comment te trouves- tu
,
à ton régiment?
Es-tu content dis-moi de tes chefs ?— Fort content bonhomme, je vous jure. Nos serments et nos caporaux soot les
,
,
,
meilleures gens
du moude. Voilà
sergent-major
brave *oldat, boo enfant
,
pagnes d'Egypte
et
mière communion.
aujourd'hui
le
—Comment?
de Russie
—
là-bas Francisque
notre
,
cam-
a fait les
aujourd'hui sa pre-
et if fait
,
il
\
—
Oui vraiment
Tout de bon ?
c'est
numéro cii q demain ce sera le numéro six.
que veux-tu dire ?—-Nous communions par
;
,
—
numéros de compagnie, la droite eu tête.
Fort bien. Tej
officiers ?
Mes officiers ? Ma foi je ne les connais guère».
Nous les voyons à la parade. Nous autres soldats bonhomme
Paul nous ne connaissons que nos sergents. Ils vivent avec
nous ils logent avec nous \ ils nous mènent à vêpres.
Eq
vérité? Cependant, tu dois savoir, mon cher, si ton capiNotre capitaine rfa pas rejoint ;
taine te veut du bien.
nous ne lavons jamais vu. Il prêche les missions dans le
Oh celui-là nous TaiBon Mais ton colonel ?
midi.
mous tous. C'est un joli garçon bien tourné, fait a peindre,
il est né peu
de temps
bel homme en uniforme, jeune
Oh oui en
avant l'émigration.— Dis-moi il a servi ?
—
,
,
,
—
;
—
—
—
!
!
,
;
—
:
Angleterre
il
a servi la
messe
aime toujours l'Angleterre
A ce que je puis voir
et
}
et la
il
!
;
paraît bien, car
y
ne
point de
—
viugt ans,
— Où me mènerait-elle Sergent
par
perspective — Mais
Gouvion ne peux-tu
tu
,
te soucies
au régiment, de suivre jusqu'au bout
la loi
,
aussi devenir officier
saviez ce
que
c'est
!
charrue, que d'être
la
f— Ah
!
la beiie
,
officier
de fortune
J aime mieux labourer
ici
rester
carrière militaire.
après
?
!
lieutenant mal
et
!
les nobles.
;
,
—
A
quatre pas delà
pas
Si vous
mener bien ma
mené par
bonhomme Paul la retraite m'appelle. Au
mon bonhomme. Au revoir mon ami.
Adieu
il
messe.
revoir
,
,
,
je
trouve
le
seigueur
du
fief
de
Hau-
2 °7 )
(
du
bert, et je lui
:
Mon gentilhomme,
— Pourquoi
ces gens- là.
s'il
,
vous
vous n'aurez jamais
—
plaît ?
de l'avancement. Vous voulez toutes
talé
C'est qu'ils ont
les places,
surtout vous voulez toutes les places d'officiers
raison
}
Eux
car sans cela point de noblesse.
Le marquis aura beau
faire
,
ôt^ra pas. Je ne vois guères
M
Quatremer de Quiucy
dera ce que vous voudrez
,
•,
et la restitution
et
mais
vous avez
veulent avancer.
fantaisie qu'il ne leur
moyen de vous accommoder.
bourgeois de Paris
privilèges
et la substitution
,
uce
c'est
,
et la
,
,
pensions
,
,
vous accortraitements,
grande propriété.
mon cher ami, et
main quelquefois. Mais les soldats ne se paient
point de cette monnaie. Pour lui, l'ancien régime est une
chose admirable, c'est le temps des belles manières ; mais,
Vous
gagnerez aisément en l'appelant
le
lui serrant la
pour
ne
les soldats
,
Puis
c'est le
temps des coups de bâton. Vous
aisément
ferez pas
le
public
consentir
pour eux.
à rétrograder jusque-
On
sait qu'un bon soldat
un bon officier et un bon général, tant qu'il ne se
fait point gentilhomme. On ne le savait pas autrefois. Eu un
là.
le
est
est
mot comme en cent, vous n'aurez jamais en ce pays une armée
Nous aurons les gendarmes et le procureur du roi.
à vous.
P.
—
de
dit-il,
dernier de nos députes
titres, ni
argent.
doute on ne manquera pas de
lui
rares
ses
(
j'entends
nous assure, par une circulaire
places, ni
ni
oratoires,
vont
le Tissier, le
nommé),
ve r iu plus que nous ne croyons.
la
-eans
M.
S.
dernier
Il
Beau
,
sa
qu'il a
,
nous
sacrifice!
lui tout offrir.
connaissance?
,
n'acceptera
car
Ses taleuts
grande réputation
donnerune influence prodigieuse sur l'assemblée des
députés
de
s'acquérir
la
un
avances seront perdues
on voudrait
le
Les ministres tenteront
nation.
homme comme M.
;
il
le
Tissier
n'acceptera rien
fdire'gentilhomme
et le
,
;
tout pour
mais leurs
dit-il
,
quand
mettre à la gaide-
robe.
On va
ici
d'homicide.
couper
11
le
cou à un pauvre diable pour tentative
seplaintet dit àses jugea supposons qu'en
effet
2C8
(
)
voulu tuer un homme. Vous connaisez des gens qui
ont tenté de faire tuer la moitié de la France par les puiset moi aussi.
sances étrangères. Us voulaient de l'argent
Le cas est tout pareil. Vous n'avez contre moi que des preuves douteuses ; vous avez leurs cotes secrètes signées d'eux \
j'aie
,
me
vous
coupez
cou,
le
et
vous leur
révérence.
faites la
mémoires de Montluc. C'est
un homme admirable, il raconte des choses par exemple
celle-ci Un jour, il avait pris quinze cents huguenots
et ne
Je
avec grand
lis
plaisir les
!
,
:
Le
mande de
les bien traiter. La reine lui fait dire de les tuer. Le roi,
qui alors négociait avec leur parti se flattait d'un accommodement. Mais la reine-mère ne voulait point d'accommosachant qu'en faire
,
écrit à la
il
cour.
roi lui
,
dement. Voilà le bon maréchal en peine entre deux ordres
contraires. Enfin il se décide. Je crus, dit-il, ne pouvoir
si
faillir
en obéissant à
bien
car le
5
traité
la reine.
manqua,
la
Je tuai mes huguenots et
guerre continua
et la
fis
reine
me sut gré de tout. Ce livre est plein de traits pareils. Mais
pour en entendre le fin, il faut savoir l'histoire du temps.
Il y avait en France alors deux gouvernements.
Est-il donc vrai que les notes secrètes ne savent plus
où. s'adresser et que tout se brouille là-bas. Leurs excellences européennes veulent, dit-on, se couper la gorge;
l'ADglais défie l'Allemand.
Celui-ci, plus rusé, lui joue
d'un tour de diplomate gagne le postillon de milord qui
verse sa Grâce dans un trou, pensant bien lui rompre le cou.
,
,
Mais l'Anglais roule jusqu'au fond sans
son vin
;
puis
,
sorti
de
là
,
demande
s'éveiller, et
qu'on nous fait et nous écoutons tout cela.
heureux à Paris de savoir ce qui se passe
,
,
choses de près
,
cuve
raison. Voilà les contes
Que
et
vous
êtes
de voir
les
surtout la garderobe et B.app dans ses fonc-
tions! C'est là ce
que
je
vous envie.
SIMPLE DISCOURS
DE PAUL-LOUIS,
VIGNERON DE LA CHAVONNIÈRE,
AUX MEMBRES DU CONSEIL DE
DE VÉRETZ,
LA.
COMMUNE
DEPARTEMENT d'iNDRE-ET LOIRE.
À
^'OCCASION
DVKE SOUSCRIPTION PROPOSÉE PAR
LE MINISTRE DE ^INTERIEUR
SOSÏ
EXCELLENCE
,
POUR ^ACQUISITION DE CHÂ.MBORD.
,
211
(
)
SIMPLE DISCOURS.
r.v//wv* jwww/wrww
,
•^i nous avions de l'argent à n'en savoir que faire
nos dettes payées
lagés, notre église d'abord
vée, recouverte
et vitrée,
(
de Saint- Averlin
grande lieue
bit
Dieu passe avant tout ) , parestait quelque somme à
commune
cette
,
,
;
je crois
mes
,
nous abrégeant d'une
Tours, par le prompt dé-
augmenterait
,
dans tous ces environs
,
avec nos voisins, à refaire
qui
le transport d^ci à
de nos denrées
terres
toutes
nous
qu'il faudrait contribuer
,
pont
le
car
s'il
pouvoir dépenser hors de
amis
,
nos chemins réparés, nos pauvres sou-
,
,
le
c'est- là
prix et le produit des
,
je crois
,
le
meilleur
emploi à faire de notre superflu , lorsque nous en aurons.
Mais d'acheter Chambord pour le duc de Bordeaux je n'ea
suis pas d'avis et ne le voudrais pas quand nous aurions de
,
selon moi, mauvaise pour lui , pour
pour Chambord. Vous l'allez comprendre j'espère,
vous m'écoutez ; il est fête, et nous avons le temps de
quoi
,
nous
et
si
l'affaire étant
,
,
causer.
Douze mille arpents de terre enclos que contient le parc
c'est un joli cadeau à faire à qui les saurait
labourer. Vous et moi connaissons des gens qui n'en seraient
de Chambord
pas
,
embarassés
,
à qui cela viendrait fort bien
•,
mais lui,
que vouiez -vous qu'il en fasse ? Son métier, c'est de régner
un jour , s'il plaît à Dieu, et uu château de plus ne l'aidera
de rien. Nous allons nous gêner et augmenter nos dettes,
remettre à d'autres temps nos dépenses pressées
donner une chose dont
il
n'a pas
servir et servirait à d'autres.
Ce
besoin
,
,
qui ne
qu'il lui faut
pour
lui
lui
peut
pour régner
ce ne sont pas des châteaux, c'est noire affection
\
car
il
n'est
212
(
)
*ans cela couronne qui ne pèse. Voila le bien doni il a besoin et qu'il ne peut avoir en même temps que notre argent.
lui
diront le contraire, nos députés
et sa
cour lui répétera que plus nous
Assez de gens là-bas
tous
premiers
les
payons
,
sommes
plus nous
,
savoir le vrai
,
des courtisans.
vienne
qu'il
et sur bien d'autres
,
ici
et fidèles
budget. Mais
le
,
et
il
verra
que
,
en veut
s'il
,
sur ce point-là
,
nos sentiments fort différents de ceux
aiment
Ils
amoureux
«ujels
notre dévouement croît avec
prince en raison de ce qu'on
le
donne nous , en raison de ce qu'on nous laisse ils veulent Chambord pour en être, l'un gouverneur, l'autre concierge, bien gagé, bien logé, bien nourri, sans faire œuvre,
et peu leur importe du reste. L'affaire sera toujours bonne
pour eux quand elle serait mauvaise pourle prince comme
elle l'est, je le soutiens; acquérant de nos deniers pour un
perd pour cent millions au moins de
il
million de terres
Chambord ainsi payé, lui coûtera trop cher ;
notre a mi lia
de telles acquisitions le ruineraient bientôt, s'il est Vrai ce
qu'oB dit , que les rois ne sont riches que de l'amour des
peuples. Le marché paraît d'or pour lui car nous donnons
mais lui, sans
il n'a que la peine de prendre
et il reçoit
s'il
débourser de fait y met beaucoup du sien , et trop
diminue son capital dans le cœur de ses sujets c'est spéculer fort mal et se faire grand tort. Qui le conseille ainsi
mieux vaun'est pas de ses amis, ou , comme dit l'autre
drait un sage ennemi.
Mais quoi je vous le dis, ce sont les gens de cour dont
l'imagiuative enfante chaque jour ces merveilleux conseils;
Fthlemberg ,
ils ont plutôt inventé cela que le semoir de
leur
,
;
,
,
,
:
,
,
:
;
,
,
:
,
!
ou
bien
le
bateau à vapeur.
On
a eu l'idée
,
dit le
mil isire
,
de faire acheter Chambord par les communes de France ,
pour le duc de Bordeaux. Ou a eu cette pensée qui donc ?
!
Est-ce
uait
le
ministre ?
il
ne s'en cacherait pas
,
ne se conteote-
pas de l'honneur d'approuver en pareille occasion.
priuee? à Dieu ne plaise que
h
,
que
celte envie lui «oit
sa
première idée
venue avant
ait
celle des
Le
étécelle-
bonbons
et
de» petits moulin»
oon pas
mais celles-là peut-csie qui ont logé deux
du Don.
Sainte- Alliance
de
présence
sa
fois les
Loire,
1»
Cosaques
nous nous sentons assez des bienfaits
Ici
mais
:
c*esl tout
possédé Sai.en
,
*
Les communes donc apparemment
?
nôtres, que je sache, de ce côté-ci de
les
et
autre chose
Platow
on s'avise d'acheter des châteaux pour
là
la
a joui
naturellement
là
;
princes
les
de
où on
et puis
,
ou songe à refaire son toit et ses foyers.
Du temps du bon roi Henri IV , le roi du peuple le seul
roi dont il ait gardé la mémoire
pareils dons furent offert*
à son Sis nouveau né ; on eut ridée de faire contribuer toutes,
les communes de France en l'honneur du royal enfant, et, de
,
,
Sa seule ville
de La Rochelle, des députés vinrent apportant
cent mille écus eu or
C'est trop,
bouillie
que
la
vos amis ni
avec
et
,
guerre a détruit
me faire
parieront de
de
claré
leur dit-il
,
gardez cela
;
somme énorme
,
mes amis
les
,
Mais
alors.
c'est
,
le roi
trop pour
de
:
la.
l'employer à rebâtir chez vous oe
et n'écoulea jamais
des présents
car
,
telles,
ceux qui vous
gens ne sont.
miens. Ainsi pensait ce roi protecteur dé-
les
la petite
propriété, qui toute sa vie fut brouillé,
puissances étrangères, et qui faisait couper la lêie
aux courtisans
,
aux
favoris
,
quaud
les
il
surprenait à faire
des notes secrète!.
Ceci soit dit, et revenant à
l'idée,
d'acheter
Chambord
avouons-- le, ce n'est pas nous, pauvres gens de village,
le Ciel favorise
tout r'Uo
de
homme
la société,
doué
ces inspirations.
s'est
Mais qu'importe, après
les hautes classes de
pour avoir
cette
heureuse,
pensionnaire de.
que ce soit un
Fouché ou uo gentilhomme de Bonaparte employé
idée
courtisan fidèle
,
jadis
à la gar*
.
chose pour nous qui n'y saurions
,
,
dérobe,
c'est
même
la
avoir jamais d'autre mérite que celui de payer. Laissons aux
gens de cour, en
et
nous
bien se
et
nous
,
fait
exécutons
-,
de
suffise à
l'honneur des inventions ^
seuls nous regardent ; il saura
,
flatterie,
les frais
nommer l'auteur de
nas du pays.
.
rencontré, dans
d'assez d'esprit
:
,
que
celle-ci
,
demander son
nous, habitauts de Vérelz,,
qu'il
brevet,
ne
soit
,
**4)
(
Elle est nouvelle assurément l'idée que le miuistre
mire
On
dous charge d'exécuter.
et
avait
vu de
addons
tels
paver de grands services r des actions éclatantes , Eugène ,
Marlboroug à la fin d'une vie toute pleine de gloire , obtinrent des nations qu'ils avaient su défendre ces témoi,
gnages de
reconnaissance publique
la
}
et
Charnbord
même,
qu'on veut
, Charnbord
donner au prince pour sa layette, fut au comte de Saxe le
prix d'une victoire qui sauva la France à Foiilenoi. La France
sans chercher
si
par
lui libre, je
ger
au-dedans
de
,
des
loin
exemples
veux dire indépendante, délivrée de l'étranflorissante, respectée au- dehors, fit présent
cette terre à son libérateur, qui s'y vint reposer de trente
ans de combats. Monseigueur n'a encore que
nourrice
,
et
,
il
faut eu convenir
,
six
mois de
de Maurice vainqueur an
prince à la bavette, il y a quelque différence, à moins qu'on
ne veuille dire peut-être que, commençant sa vie où l'autre a
fini la sienne, il finira par où Maurice a commencé, par
nous débarras.-er des puissances étrangères. Je le souhaite
et l'espère du sang de ce Henri qui chassa l'Espagne de
France mais le payer déjà je crois que c'estfolie, et n'ap;
,
prouve aucunement qu'il ait ses invalides avant de sortir du
maillot. Récompenser Peufanê d'être venu au monde ,
comme le capitaine qui gagna des batailles et par d'heu,
reux exploits, acquit
ce qu'on n'a point
à ce
vu
venue sans
,
pays
c'est
paix et
et la
là l'idée
la gloire, c'est
nouvelle
,
qui ne nous
Pour inventer cela
et
mettre à la place des hulans du comte de Saxe les dames du
berceau il faut avoir non pas l'esprit, mais le génie de
l'adulation, qui ne se trouve que là où ce geure d'industrie
est puissamment encouragé; ce trait sort des bassesses communes et met son auteur, quel qu'il soit, hors du gros des
flatteurs de cour. Il se moque fort apparemment de ses camarades qui marchant dans la route battue des vieilles flagorfût pas
l'avis officiel.
,
,
,
,
neries usées,
ne savent rien imaginer
;
on va
l'imiter
main-
tenant jusqu'à ce qu'un autre ailleau-delà.
Quand
le
gouverneur d'un
roi enfant dit à son élève jadis
:
2l5
(
Maître
tout est à vous
,
biens
si
,
bêtes
gens
et
)
ce peuple vous appartient
-,
faites-en
,
ce
,
«»rps
que vous voudrez
;
remarqué. La chambre, l'antichambre et îa galerie
Maître, tout est à vous, qui, dans la laDgue
répétèrent
des courtisans, voulait dire tout est pour nous , car la cour
cela fut
:
donne
aux
tout
princes
domaines,
et ces
ces
comme
,
les prêtres
apanages, ces
Dieu
tout à
listes civiles
,
ces
;
bud-
autrement pour le roi que le revenu des
pour Jésus-Christ. Achetez donnez Giamcour qui le mangera ; le prince n'en sera ui
gets ne sont guères
abbayes
bord
,
n'est
,
la
c'est
mieux. Aussi ces belles idées de nous
pis ni
tu tant de diverses façons
faire
viennent toujours
,
contribuer
de gens de
cour, qui savent très-bien ce qu'ils font en offrant au prinoe
notre argent. L'offrande n'est jamais pour
«pargnes pour
le saint
,
ni nos
mais pour cet essaim dévorant quï
sans cesse bourdonne autour d'eux depuis leur berceau jus-
que
les rois,
Saint -Denis.
la leçon du sage gouverneur, au temps dont je
vous parle, bon temps, comme vous savez, les princes ayant
appris une fois et compris que tout était à eux, on leur enseignait à donner ; un précepteur, abbé de cour
en lisant
avec eux l'histoire , leur faisait admirer cet empereur Titus,
Car, après
,
qui
,
dit-on
,
donnait à toutes maius, croyant perdu
le
jour
donné, çu on n alla jamais voir sans revenir heureux , avec une pension quelque gratification ou.
des coupons de rente prince adoré de tout ce qui avait les
grandes entrées ou qui montait dans le» carrosses. La cour
l'idolâtrait mais le peuple' le peuple!' il n'y en avait pas
qu'il n'avait rien
,
;
13
,
:
l'histoire n'eu dit
mot.
gens, c'est-à-dire
tout le
mon
monde,
maître
,
n'y avait alors que
gens présentés
monde
vous serez adoré,
cour vous bénira
,
les
était
:
c'était là
les
le
honuêtei
monde
,
heureux. Faites ainsi,
comme
ce
bon empereur;
poètes vous loueront
,
et la
la
postérité
Voilà les élétnens d'histoire qu'on enaux princes. Peu de mention d'ailleurs de ces
que Louis XII et H'enri IV, en leur temps, maudits
eu croira
les poètes.
seignait alors
rois tels
les
et le
Il
(216)
de
cour, pour «'avoir su donner
la
comme
d'autres faisaient
avec choir néansi magnifiquement
généreusement
moins. Donner au riche aider le fort , c'est la maxime du
si
,
,
,
bon temps de ce bon temos qui va revenir toutà l'heure,
à moins que jeunesse ne grandisse et
sans aucun doute
,
,
ne
vieillesse
Mais
périsse.
chez nous, et voit croître avec elle
la vieillesse croît
avec elle,
res princes; je dis
plus heureux que nous
avec eux,
et je
m'entends. Nos enfants,
vont connaître leurs princes élevés
,
en serout connus. Déjà voilà
et
duc d'Orléans
plus sûr que
de bonne part
je sais cela
,
les gazettes
si
Chartres au collège, à Paris. Chose assez
vous
,
s'il
en âge d'étudier
est
nouvelle pour
vu de
les
prince au collège
:
celui-ci
du
,
duc de
le
simple
direz-
,
mais
,
n'a point encore
depuis qu'il y a des col-
premier qu'on
e^t le
,
sorte, et qui profite
commune
On
personnes de ce rang.
lèges et des princes
garantis
le
simple sans doute
:
du
aîné
fils
vous
voilà
disaient,
le
le
et
ait
élevé de la
bienfait de l'instruction
publique
d« tant de nouveautés écloses de nos jours,
ce n'est pas la moindre faite pour surprendre. Un princeétudier, aller en classe! un prince avoir des camarade»! Les
et
;
et
princes jusqu'ici ont eu Qto serviteurs
école
que
celle
de l'adversité
,
dont
et
,
jamais
d'autre
rudes leçons étaieut
les
perdues souveut. Isoles à tout âge, loin de toute vérité,
ignorant
choses et
les
les
hommes
,
raient dans les liens de l'étiquette et
vu que
le
fard et
les fausses
marchaient sur nos
par hasard
qui
les
ils
mou-
couleurs etaiees devaut eux
;
ils
tombaient. Aujourd'hui, connaissant l'erreur
pour user de
cette
tenir à rien
ils
,
comme
como «raison
,
veuleol voir des
sait, et n'avoir plus besoin
tardive résolution
,
qui
combien de fautes,
Cjjtartres
ils
ne nous apercevaient que quand
(êtes, et
séparait des uaiiosis
,
naissaient,
ils
du cérémonial, n'ayant
au coilrge
,
et a
,
si
la clef
hommes,
de malheurs
plus
d'une voûte
pouvait eu être hors
tôt prise,
et
,
ne
savoir ce que l'ou
pour s'iustruiie;
eût épargné
lear
Leduc de
mouarebiqus-
nous combien de maux!
élevé ehréu'ènucmeut et
,,
('"7
maut
,
mais,
je
)
pense, aussi uu peu constilutionnellement,
aura bientôt appris ce qu'à noire grand
aïeux
ses
et
,
ce n'est pas le latin que
et
qui
les
veux
communes que
simples notions de vérités
piinces,
dommage ignoraient
je
garderaient de
dire, mais ces
cour
la
tait
dépens.
à nos
faillir
aux
Ja-
mais de dragonnades ni de Saiut-Banhélemy, quand lesrois,
même
élevés au milieu de leurs peuples, parleront la
ft'entendrout avec
eux sans truchement
jacquerie non plus, de ligues
,
langue,
ni intermédiaire
de
;
de barricades. L'exemple
donné par le jeuoe duc de Chaînes aux héritiers de*
ils en profiteront sans doute.
Eieuiple heureux
autant qu'il est nouveau que de changements il a fallu, de
bouleversements, mais aussi que d'amendements dans le
inonde pour amener là cet enfant Et que dirait le grand
roi le roi des honuêies geos Louis-le-Superbe, qui ne put
souffrir confondus avec la noblesse du royaume, ses bâtards
ainsi
trônes
,
!
!
,
même,
,
bâtards!
ses
parcelle de son sang
monarchique
la
,
s'il
race sujette,
suites, suivre
tant
!
redoutait d'avilir la ruoiudre
il
Que
dirait ce
parangon de l'orgueil
voyait aux écoles, avec tous
un de
ses
arrière-neveux
des exercices
et
,
les
enfants de
sans pages ni jé-
disputer des prix,
vainqueur, tantôt vaincu ; jamais dit-on , favorisé
en aucuue sorte , chose admirable au collège même
,
tantôt
ni flatté
( car
où
n'entre pas celte peste de l'adulation ), croyable pourtant
si
que la publicité des cours rend l'injustice difficile,
qu'entre eux les écoliers usent peu de complaisauce, peu volontiers cèdent l'honneur
non encore exercés aux feintes
qu'ailleurs on nomme déférence, égards, ménagements, et
l'on pense
,
qu'a produits l'horreur du vrai.
toutes choses ont leur vrai
Là au
,
contraire
tout est malièi e d'instruction
pas celles des maîtres. Point d'abbé Dubois
le bruit
;
il
est
commun
toutse dit
:
,
Tout
l'heure que vous voulez.
qu'on élève
tuus les eafants de son âge;
;
là
meilleures leçons ne sout
et les
,
personne qui dise au jeune prince
pouvez tout
,
nom ei le même nom pour tous
là le
point de Menius;
est à
vous
Eu un
,
vous
m®t,c'eat
duc de Chartres comme
nulle distinction
,
nulle diffe—
,
«8
(
)
de banquiers, déjuges, de négociants, n'ont
aucun avantage sur lui; mais il en aura lui beaucoup, sorti
jence,
et les fils
de
là
sur tous ceux qui n'auront pas reçu cette éducation.
11
n'est,
,
vous
savez, meilleure éducation que celle
le
écoles publiques
que
ni pire
,
celle
de
Ah
la cour.
si
!
de»
au
lieu
de Chambord pour le duc de Bordeaux on nous parlait de
payer sa peusion au collège ( et plût à Dieu qu'il fût en âge
que je l'y pusse voir de mes yeux
s'il
était question de
cela de bon coeur j'y consentirais et voterais ce qu'on vou,
")
,
,
dût-il m'en coûter ma meilleure coupe de sain-foin
ne nous faudrait pas plaindre cette dépense; il y va de
tout pour nous. Un roi ainsi élevé ne nous regarderait pas
drait
:
,
il
comme
propriété,
sa
nous
jamais ne penserait
.
tenir
a
cheptel de Dieu ni d'aucune puissance.
Biais à
Chambord qu'appreudra-t-il Y
Chambord et la cour. Là tout
,
enseigner et
,
ce erpe peuvent
est pleiu
de
nieux. Pour cela précisément je ne l'y trouve pas bien
j'aimerais
Là,
il
briant
jadis
mieux
verra partout
dont
,
les
vécût avec nous qu'avec
qu'il
les chiffres
noms
d'une Diane
sonilleut encore
de leur présence. Les interprèles
ses
ses
,
et
ancêtres.
d'une Châieau-
,
ces parois infectées
,
pour expliquer de
manqueront pas, on peut le croire ;
et quelles instructions pour un adolescent destiné à régoer \
Ici, Louis le modèle des rois, vivait (c'est le mot à la cour)
avec la femme Montespan avec la fille Lavallière, avec
toutes lei femmes et les filles que son bon plaisir fut d'ôler
pareils
emblèmes
,
ne
lui
,
,
à leurs maris, à
mœurs, de
leurs parents. C'était Je
la religion; et
il
cette porte entrait sa maîtresse le soir
fesseur.
La Henri
mœurs et
,
faisait
temps alors des
communiait tous
,
et le
pénitence enire
Par
les jours.
malin son con-
ses
mignons
et ses
du bon temps! Voici l'endroit
où vint une fille éplorée demander la vie de son père, et
l'obtint (à quel prix ) de François, qui là mourut de ses
en
bonnes mœurs. En celte chambre uû autre Louis
oh mœurs oh religion
celle-ci, Philippe.... sa iille
perdues depuis que chacun travaille et vit avec sa femme et
moines
;
religion
,
!
,
;
,
,
!
!
(
se* enfants.
Oue
21
9
)
Chevalerie, cagoterie, qu'êtes-vous devenues:
de souvenirs à conserver d ans ce monument, où tout
pire l'innocence des temps monarchiques
c'tùt été d'abandonner à
mœurs
,
de
autre
(
et
quel
res«
dommage
temple des
l'industrie ce
la vieille galanterie
1
vieilles
mot de cour qui na
peut hounêtemeut traduire)
, de laisser s'établir des faménages sous ces lambris lémoins de tant d'augustes débauches! Voilà ce que dira Chanibord au jeune prince logé là d'ailleurs comme l'était le
er
et comme aucun de nous ne voudrait l'être.
roi François 1
Dieu préserve tout honnête homme de jamais habiter une
maison bàlie par le Primatticcio. Les demeures de nos pèref
ne nous conviennent non plus aujourd'hui que leurs lois , et
comme nous valons mieux qu'eux à tous égards , sans nous
vanter trop y ce me semble, et à n'en juger seulement que
se
milles laborieuses et d'ignobles
,
,
,
parla conduite des princes, qui n'étaient pas je crois,
que leurs sujets vivant mieux de luute manière nous
voulons êtres et sommes en effet mieux logés.
Que si l'acquisition de Cliarnbord ne vaut rien pour celui
à qui ou le donne, je vous laisse à penser pour nous qui le
payons. J'y vois plus d'un mal, dont le moindre n'est pas le
voisinage de la cour. La cour à six lieues de nous ne me
mais
plaît poiut. Rendons aux grands ce qui leur est dû
tenons-nous-en loin le plus que nous pourrons, et ne nous
tâchons qu'ils ne s'approchent
approchant jamais d'eux
point de nous , parce qu'ils peuvent nous faire du mal et ne
jusnous sauraient faire de bien. A. la cour tout est grand
ques aux marmitons. Ce ne sout-là que grands officiers
grands seigneurs , grands propriétaires. Ces gens qui ne
qui
peuvent souffrir qu'on dise mon champ, ma maison
veulent que tout soit terre parc château et tout le monde
seigneur ou laquais ou mendiant } ces gens ne sont pas tous
,
pires
,
;
,
,
5
,
,
,
;
à la cour.
Nous eu avons
qu'on
nos députés
Vous
que
fait
;
savez de quel air
c'est.
Jeuues
ici,
et
à la cour
ils
,
,
,
il
même
c'est
de ceux-là
n'y en a point d'autre^.
nous traitent, elle bon voisioage
Ms chassent à travers nos blés aysc leurs
220
(
chiens et leurs chevaux
)
ouvrent nos haies, gâtent nos fos-
,
nous foot mille maux, mille sottises ; et plaignez-vous
un peu , adressez-vous au maire , ayez recours , pour voir,
aux juges , au préfet puis vous m'en direz des nouvelles
sés
,
,
quand vous
ils
Dieux,
serez sortis de prison.
nous plaident
c'est
encore pis;
nous dépouillent, nous ruinent juridi-
,
quement, par
arrêt
honnêtes gens
comme
de
M ssieurs
eux
vendredi ou de manquer
adjugeant votre bien
qui dînent avec eux,
t
incapables de manger viande le
,
la
messe
le
dimanche, qui
,
peinent faire œuvre méritoire
,
leur
et re-
composer l'ancieo régime. Or, dites, si un seul près de
pour vous faire enrager
et souvent quilterle pays que sera-ce d'une cour à ChamLord , lorsque vous aurez là tous les grands réunis autour
1rous de ces honnêtes éligibles suffit
,
d'un plus grand qu'eux. Croyez- moi, mes amis, quelque
part que vous alliez
sez point par-là
;
quelque
,
affaire
que vous ayez ne pasprenez un autre
,
détournez-vous plutôt
chemin; car, en marchant,
s'il
,
vous arrive déveiller im
îièvre, je vous plains. Voilà les gardes qui accourent.
les princes, tout est
gardé
:
autour d'eux, au
qu'au bruit des tambours
rien ne dort
loin et
et
l'ombre des
a
baïonnettes; vedettes, sentinelles, observent, font
cavalerie
en bataille
Chez
au brge,
goet;
le
rondes
pa-
infanterie
,
trouilles
jour et nuit; armée terrible à touteequi n'est pas
,
artillerie
,
W
,
,
ellington
qui vive?
ou bien laissezmener en prison. Heureux si ou ne trouve
dans vos poches uu pétard! Ce sont-là mes amis , quel-
étranger. Les voilà
vous prendre
:
;
et
,
Y
ques inconvénients du voisinage des grauds.
fâcheux,
y demeurer
veut être ni valet
Vous
vous
comme
sert
main,
a la
cour
se
;
,
c'est
Là,
toute la
,
tout le
L'un présente la serviette l'auou demande salaire tend
supplie. Mendier n'est pas honte
vie du courtisan. Dès l'enfance,
servir.
Chacun
recommande
trele vase à boire.
la
Habitant près d'eux
tous ceux qui les entourent.
ou veut
passer est
du moins ne
mendiant.
seriez bientôt l'un et l'autre.
feriez
monde
ni
impossible, à qui
est
,
reçoit
,
«l
(
)
appris à cela, voué à cet état par honneur,
s'en acquitte
il
autrement que ceux qui mendient par paresse ou
un art une patience , une
nécessité. Il y apporte un soin
bien
,
,
persévérance
avances
et aussi dés
,
peut-on
Le courtisan mendie en carrosse à six cheafrappe plutôt un million que l'autre en morceau
de pain
noir. Actif
veille la nuit et
comme
infatigable,
,
vous celui de semer
;
repoussé
qu'on
et
le batte
donne.
Du
,
,
se
,
aucun
moitié de celte constance
la
Il
n'est affront
le puissent rebuter.
tient
il
il
il
temps de demander,
mieux. Aucun refus
chaque année rompraient.
outrage ni mépris qui
siste
le
perdre courage. Si nous met-
lui fait
dans nos travaux
tions
et
,
ne s'endort jamais;
il
jour, guette
le
mauvais succès ne
greniers
c'est
;
besace, que
à la
faire ?
et
,
une mise de fonds
Gueux
tout, en tout genre d'industrie.
vaux
,
bon
qu'où
;
couche à
terre.
reste, pi et à tout.
On
Ecouduit
chasse
le
Frappe
est
,
,
il
nos
,
dédain
,
,
;
in-
il
revient
;
mais écoute
encore à inventer
un service assez vil une action assez lâche pour que
l'homme de cour, je ne dis pas s'y refuse, chose iuouie,
impossible, mais n'en fasse point gloire et preuve de dévouement. Le dévouement est grarîd à la personne d'ua
,
,
maître. C'est à la personne qu'on se dévoue
contenu du pourpoint,
parties
de
la
et
même
,
au corps
,
au
quelquefois à certaines
personne, ce qui a lieu surtout quand
les
princes sont jeunes.
La vertu semble
avoir des bornes. Cette grande hauteur
qu'ont atteinte certaines âmes
,
paraît en quelque sorte
me-
Calon et Washington montrent où peut s'élever le
plus beau
le plus noble de tous les sentiments, c'est l'amour du pays et de la liberté. Au-dessus on ne voit rien.
Mdis le dernier degré de bassesse n'est pas connu et ne me
citez point ceux qui proposent d'acheter des châteaux pour
surée.
,
:
les princes, d'ajouter à leur
on
ira
plu» bas
,
et
garde une nouvelle garde; car
eux-mêmes demain vont trouver
d'autres
inventions qui feront oublier celles-là.
Vous quand vous aurez vu les
,
riches
demander, chacuu
(
recevoir, des
î22
')
aumônes proportionnées
honnêtes gens abhorrer
à sa fortune
tous les
,
ne fuir rien tant que
moindre relation avec quiconque a
tTëlre soupçonnés de la
le travail
et
jamais pu faire quelque chose en sa vie
vous rougirez de
mère et l'abandonnerez ou vos fils vous abandonneront, s'en iront valets de
valets à la cour et vos filles pour avoir seulement oui parler
de ce qui s'y passe, n'en vaudront guères mieux au logis.
Car, imaginez ce que c'est. La cour.,.. Il n'y a ici ni
femmes ni enfants. Ecoutez. La cour est un lieu honnête si
l'on vent, cependant bien étrange. De celle d'aujourd'hui ,
j'en sais peu de nouvelles
mais je connais et qui ne connaît celle du grand roi Louis XIV
le modèle de toutes
la
cour par excellence, dont il nous reste tant de Mémoires,
qu'à présent on n'ignore rien de ce qui s'y lit jour par jour.
C'est quelque chose demerveilleux
car par exemple, leur
façon de vivre avec les femmes... Je ne sais trop comment
vous dire. On se prenait on se quittait ou , se convenant ,
ou s'arrangeait. Les femmes n'étaient pas toutes communes
à tous ils ne vivaient pas pêle-mêle. Chacun avait la sienne,
et même ils se mariaient. Cela est hors de doute. Ainsi je
trouve qu'un jour, dans le salon d'une princesse, deux
vous renierez la
la charrue,
,
terre votre
,
,
,
,
-,
,
,
,
;
,
,
,
;
femmes au jeu s'étant piquées, comme il arrive l'une dit à
Bon Dieu que d'argent vous jouez combien donc
vous donnent vos amants? Autant, repartit celle-ci sans
s'émouvoir autant que vous donnez aux vôtres. Et la chro,
l'autre
!
:
,
,
,
nique ajoute
:
les
maris étaient
là.
Elle» étaient mariées; ce
qui s'explique peut-être en disant quechacune était la
d'un
une
homme
et la maîtresse
de
tous. II
y a de
femme
pareils traits
Ce roi eut un ministre, entre autres, qui, aimant
femmes , les voulut avoir toutes ; j'entends celles de
foule.
fort les
la
,
cour qui en valaient
la
peine
:
paya
il
et les eut. Il lui
coûta. Quelques unes se mirent à haut prix
manie. Mais enfin
que, voulant avoir
tresse d'alors
,
il
la
il
les
eut toutes
aussi celle
fit
du
comme
connaissant sa
il
voulut. Tant
roi, c'est-à-dire, sa
marchander
,
dont le
en
,
roi se
maî-
fâcha et
,
(
le
mit en prison.
juger
l.e
;
veut,
roi
mot
bien
s»3
)
c'est
,
un point que
disait-il, entretenir
^
et
mais ceci
nous interdire
historique
est
,
femmes,
nos
ses
a
et
si
j'avais
du moins quelque espèce de communauté
mariages
et autres
,
pas
,
avait
Voilà ce qui fut dit
dis
mes livres
e
prouve qu'il y
le ferais
lire.
c
ne vous
je
,
vous
les
je laîssse
mais on en murmura. Les courtisans se plaignirent.
avec nos sœurs ^
le
S'il fit
et
,
j
nonobstant
arrangements.
Une telle vie, mes amis, vous paraît impossible à croire.
Vous n'imaginez pas que dans de pareils désordres, une famille, une maison subsistent encore moins qu'il y eût ja,
,
mais un lieu où tout
monde
se conduisît de la sorte. Mais
quoi? ce sont des faits et m'est avis aussi que vous raisonnez mal. Vos maisons périraient, dites-vous, si les choses
s'y passaient ainsi. Je le crois. Chez vous, on vit de travail
d'économie; maijàlacour, on vit de faveur. Chez vous, l'industrie du mari amène tous biens à la maison où la femme
dispose, ordonne, règle chaque chose. Dans le ménage de
cour , au contraire , la femme au-dehors s'évertue. C'est elle
qui fait les bonnes affaires. Il lui faut des liaisons, des rapports , des amis , beaucoup d'amis. Sachez qu'il n'y a pas eu
France une seule famille noble, mais je dis noble de race et
d'antique origine, qui ne doive sa fortune aux femmes ;
vous m'entendez. Les femmes ont fait les grandes maisons ;
ce n'est pas, comme vous croyez bien, en cousant les chele
,
mises de leurs époux, ni en allaitant leurs enfants. Ce que
nous appelons, nous autres, honnête femme, mère de famille,
trésor pour nous serait
à quoi nous attachons tant de prix
la ruine du courtisan. Que voudriez-vous qu'il fît d'une dame
,
honesia, sans amants
vertu
,
,
sans intrigues, qui
claquemurée dans son ménage
,
,
,
sous prétexte de
s'attacherait à
son
mari ? Le pauvre homme verrait pleuvoir des grâces autour
de lui , et n'attraperait jamais rien. De la fortune des
familles
que
tions
le
,
nobles
il
en paraît
pillage, les concussions
bien
,
et surtout les confiscations.
d'autres
l'assassinat,
Mais qu'on
causes,
les
y
telles
proscrip-
regarde, et
,
C«41
ta verra qu'aucun de
cesmoyms
sans la faveur d'un grand
pour
piller,
il
faut
,
n'eût
pu eue mi» en œuvr?
obtenue par quelque femme. Car,
avoircommandements
,
gouvernement»,
qui ne s'obtiennent que par les femmes ; et ce n'était pat
tout d'assassiner Jacques Cœur ou le marécha4 d'Ancre , il
pour avoir
fallait,
roi
leurs biens
,
le
boi
plaisir
,
l'agrément
femmes qui gouvernaient
c'est-à-dire, des
,
ou son ministre. Les dépouilles des huguenots
deurs
se
,
des traitants, autres faveurs
répandaient par
il
n'est,
,
des fron-
bienfaits qui coulaient
mêmes canaux
les
comme
source. Bref,
,
du
alors le roi
aussi purs
que
la
ne fut, ni ne sera jamais
,
qu'un moyen de fortune c'est
pour nous autres vilains
pour la noblesse non plus il n'y en a qu'un et
le travail
mes
c'est la prostitution
puisqu'il faut
c'est
amis l'appeler par son nom. Le vilain s'en aide par fois ,
quand il se fait homme de cour, mais ron avec tant de
,
,
,
;
,
,
,
succès.
est assez sur cette
C'en
dites
mot de
matière
,
et trop peut-être.
Ne
tous cela dans vos familles; ce ne sont pas des
devant vos enfants. Histoires
mauvais
récits pour la jeunesse ,
de cour
qui ne doit pas de nous apprendre jusqu'à quel point on
peut mal vivre, ni même soupçonner au monde de pareilles
contes à faire à
la
veillée,
et de* courtisan»
,
mœurs. Voilà pourquoi je redoute une cour à Chambord.
Qu'une fois ils entendent parler de cette honnête vie et
où l'on gagne gros à se divertir
d'un lieu, non loin d'ici
,
et à
ne rien faire
,
où, pour être riche à jamais,
il
ne faut
un moment chose que chacun croit facile, en
je vous den'épargnant aucun moyen ; à ces nouvelles
que
plaire
,
,
mande
que
qui
les
c'est, et,
pourra tenir qu'ils n'aillent d'abord voir ce
l'ayant
vu, adieu parents, adieu
le
champ
mal un labeur sans fin rendant quelques gerbes
au bout de Tan pour tant de fatigues, de sueurs. On veut
chaque mois toucher des gages, et non s'attendre à des
moissons; on veut servir, non travailler. De là, mes amis,
tout ce qu'engendre oisiveté, plus féconde encore quand eH«
qui paie
si
,
4à3
(
compagne de
Est
étend partout son iufluence
où
selou la distance
plus proches
de
lieues
porte
!
:,
et
ne
,
; il
la
nous
plaise
centre de corruption
u'est nul
se trouve.
il
nous que
cette fange
A Dieu
)
La cour,
servitude.
Les plus gâtés sont
bonté du Ciel
fit
les
naître à cent
payer pour l'avoir à notre
irions
!
que me disait un bonhomme du pays de Chammême que je vis dernièrement à Blois; car comme
C'est ce
bord
,
qui ne s'en ressente,
,
,
,
demandai ce qu'on pensait chez lui de cette affaire
Nous voudrions bien, me
et que désiraient les habitans
dit-il , avoir le prince, mais non la cour* Les princes, en
je lui
,
:
général
,
sont bons
,
qui
et n'était Ce
les
entoure
y
il
,
aurait
demeurer près d'eux; ce seraient les voisins du
monde les meilleurs} charitables, humains, secourables à
tous , exempts des vices et des passions que produit l'envie
de parvenir , comme ils n'ont point de fortuue à fairei
J'entends les princes qui soùt nés princes ; quant aux autres ,
sans eux eût-on jamais deviné jusqu*où peut aller l'insolence ?
Nous en pouvons parler habitants de Chambord. Mais ces
plaisir à
,
ou de nouvelle
grâce de Dieu ou de quelqu'un, affables ou
brutaux , nous ne les voyons guèresj nous voyons leurs valets,
princes enfin, quels qu'ils soient, d'ancienne
date, par
la
gentilshommes ou vilains , les uns pires que lés autres :
leurs carrosses qui nous écrasent , et leur gibier qui nous dévore.
fois
il
De
tout temps
fut vaincu
,
le
gibier nous
guerre.
fit la
Une
en mil sept cent quatre-vingt-neuf
:
seule
uuus
mangeâmes à notre tour. Maîtres alors de nos héritages
nous commencions à semer pour nous, quand le héros parut
le
et
fit
venir d'Allemagne des parents ou alliés de nos ennemis
morts dans
la
campagne de quatre-vingt-neuf. Vingt couples
de
cerfs arrivèrent, destines à
les
champs pour
le plaisir
rallumée cou tinue. Depuis
repeupler
lors
,
les bois et
homme,
d'un
et la
ravager
guerre ainsi
nous sommes sur
le
qui vive»
menacés chaque jour d'une nouvelle invasion des bétes
fauves , ayant à leur tête Marcellus ou Marcassus. Paris eu
saura des nouvelles
,
et devrait
y penser au moins autant
i5
(
226
)
quenous. Pari» fut bloqué huit cents ans par les bêtes fauves,
si liclie, si féconde aujourd'hui, ne produiet sa banlieue
,
sait
pas de quoi uourrir
vous l'avoue, en de
cela, considérant
le^ gai
des -de-chasse. Pour moi, je
pareilles circonstances
,
mûrement, rappelant,
à
songeant à tout
ma mémoire
ce
vu dans mon jeune âge, et qu'on paile de rétablir,
qui , selon moi vaut
je fais des vœux pour la bande noiie
bien la bande blanche , servant mieux l'état et le roi. Je piie
Dieu qu'elle achète Chambord.
que
j'ai
,
,
Eu
effet
,
qu'elle l'achète six millions
cinq cents francs l'arpent
fois
plus
que
;
le
:
tel
le
moins à
futaie
vaut dix
c'est
•,
arpeut de
la
tout soit revendu huit millions à trois
quatre mille familles,
comme
ou
nous avons vu dépecer tant
de terres ici , et ailleurs. Je trouve à cela beaucoup et de
grands avantages pour le public et pour un nombre infini
de
particuliers.
chissent
,
cun. L'état
reçoit
,
Premièrement
travaillent
,
le trésor
,
acheteurs
et
vendeurs s'emi-
ou le roi , ou enfin qui vous voudrez ,
que droits de mutation la valeur du
,
tant eu impôts
fonds en vingt ans
,
cultivent au profit de tous et de cha-
,
,
huit millions
,
par an quatre cent
c'est
mille francs qu'on diminuera du budget quand le budget se
pourra diminuer ; nous voisins de Chambord , nous y gagnons sur tous. Plus de gibier qui détruise nos blés, plus
,
,
de gardes qui nous tourmentent, plus de valetaille près de
nous, fainéante, corrompue, corruptrice , insolente; au lieu
de tout cela , une colonie heureuse, active laborieuse, dont
,
l'exemple autant que les travaux nous profiteront pour bien
vivre colonie qui ne coûte rien , ni transport, ni expédition,
•,
, ni garnisou ; point de frais d'état- major ni de gouvernement; point de permission ni de protection à obtenir
de l'Angleterre; c'est autre chose que le Sénégal. Et défait,
ni flotte
remarquez, me dit-il que l'on envoie ici des mis»ioonaires
chez nous , et en Afiique des gens qui ont besoin de terre;
double erreur En Afrique, il faut des missionnaires; en
,
:
France
,
des colonies.
Là doivent
aller ces
bons pères
aurout à convertir païens, musulmans, idolâtres
;
ici
,
où
ils
doivent
"7
(
colous,
j-ester les
où
y
il
)
a lant à défricher, et où les domaine*
delà couronne sont encore
tels
que
les
trouva
le roi
Phara*
mond.
me
Celte pensée
Chambord, comme
plut; mais le? gens de
vous voyez, ont peu d'envie de faire partie d'un apanage,
croyant peut-être qu'il vaut mieux être à soi qu'au meilleur
des princes, à part l'intérêt que chacun y peut avoir personnellement
car
;
il
n'en est pas un
,
je crois
plus volontiers pourlui-même un morceau de
le tout
voisins
pour
les
courtisans
comme eux,
laboureurs, petits
un protecteur, un prince
propriétaires, qu'un grand,
en tant qu'il nous touche
qui n'achetât
aiment mieux d'ailleurs pour
ils
;
de bons paysans
,
Chambord que
de cet
;
et
Dieu
pour la bande noire, qui, d'elle-même, doit avoir Dieu favorable, car elle aideà l'accomplissement de sa parole. Dieu
dit
:
,
je suis
Croissez, multipliez, remplissez la terre, c'est-à-dire,
cultivez-la bien; car
partagez; sans cela,
,
sans cela
comment
bande noire, bonne œuvre
Mais
ya
il
selon eux
,
,
pour tous
;
le
monde
laisse est
fut fait
pour
pure concession
tant révocable.
comme
telle,
,
sans noise
et sainte,
,
s'il
,
et
La
les
,
cour.
Ne
nobles.
La
la
la
ce
que s'emploie
.en est.
La
terre
»
surtout elle n'est pas pour
appartenant de droit diviu
voient jamais et demeurent à
pas
comment peupler? et
Or, c'est à faire
des gens qui l'enteudent autrement.
n'est pas
les cultivateurs
en
,
cultiver?
partage d'accord, amiablement
la
avis. Je prie
émanée de
petite propriété,
peut être suspeudue et
à
ceux qui ne
vous
la
y trompez
part qu'on nous
lieu
haut
,
et
par-
octroyée seulement,
le sera bientôt,
car
nous en abusons ainsi que de la Charte. D'ailleurs , et c'est
la grande propriété est la seule qui produise. Oa
le point
,
ne recueillera plus , on va mourir de faim, si la terre se
partage et que chacun en ail ce qu'il peut labourer j au laboureur aussi cultivant pour soi seul, sans ferme ni censive, la terre ne rend rien.
Il la paie bien cher; il achète
ou dix fois plus cher que le gros éligible qui
deux et demi ; c'est qu'il n'en tire rien. Si tant est
»5*
l'arpent huit
place à
C
«8
)
bêche, Tigaoble
propriétaire, la
le petit
laboure,
qu'il
bêche, disent nos députés, déshooore le sol, bonne tout au
plus à nourrir une famille, et quelle famille en blouse, eu
guêtres, en sabots. Le pis , c'est que la terre morcelée,
!
une fois dans les mains de la gent corvéable, n'en sort plus.
Le paysan achète du monsieur non celui-ci de l'autre
ayant payé cher, vendrait plus cher encore. L'honqui
,
,
,
homme, bloqué chez lui par la petite propriété , ne
peut acquérir aux environs s'étendre s'arrondir ( il en
coûterait trop ) ni le château ravoir les champs qu'il a pernête
,
,
,
dus.
La grande
compose
et
plus.
une fois décomposée , ne se reune abbaye sont malaisés à refaire;
propriété
Un
comme chaque
fief,
,
jour les gens les
mieux pensants
,
plus
les
mortels ennemis de la petite propriété, vendent pourtant
alléchés par le prix , à l'arpent à la perche,
leurs terres
,
,
morceaux les plus petits qu'ils peuvent, la
bêche gagne du terrain , la rustique famille bâtit et s'établit sans aller pour cela en Amérique, aux Indes; les
et
en font
les
grandes terres disparaissent, et
ou la hausse ou
rer, de craiudre
placer.
ter
Il
en
y
aurait
détail
landes
O
,
,
vous,
malheur,
lois s'y
si
d'espé-
comment
un domaine sans achediantre il ne
afin de conserver-, on en
le
,
,
,
morcellement continue
bruyères périront. Quelle
législateurs
sait
se faire
opposent
cependant,
là
les
ne
la baisse,
ce serait de défricher. Mais
faut pas, et les
viendra
moyen de
le capitaliste, las
nommés par
pitié
les
!
quel
préfets,
:
les
dommage
!
prévenez ce
empêchez que tout le monde ne vive!
au laboureur , et le travail à l'artisan , par de
bons privilèges, de bonnes corporations ; hâtez-vous , l'industrie , aux champs comme à la ville , envahit tout , chasse
partout l'antique et noble barbarie; on vous le dit, on
vous le crie que tardez-vous encore qui vous peut retepatrie , honneur Y lorsque vous voyez-la emnir ? peuple
Otez
faites deslois,
la terre
î*
:
,
plois
,
argent
,
cordons
,
et le
baron de Frimont.
.
^9
I
)
AUX
AMES DEVOTES
DE LA PAROISSE DE VÉRETZ,
DÉPARTEMENT D*INDRE-ET LOIRE,
r/j^/w/ *• » ry /w>*./- j-v"
yJv recommande à
vos prières le nommé Paul -Louis-, viChavonnière , bien connu dans cette paroisse.
Le pauvre homme esten grande peine , ayant eu le malheur
d'irriter contre lui tout ce qui s'appelle en France cour-
gneron de
tisans
,
la
serviteurs
gorneurs
,
tous
flatteurs
adulateurs
,
,
complaisants
,
fla-
gens vivants- de bassesse et d'intrigues
au nombre
lesquels sont
mille
,
et autres
,.
,
dit-on >, de quatre ou cinq cent
enrégimentés sou* diverses enseignes
minés à lui faire un mauvais parti;
dit, en taillant sa vigne
car. ils
et
déter-
l'accusent d'avoir
:
Qu'eux
,
gens de cour, sont
et d'industrie
,
cause de tous
Qu'ils nous dépouillent
qui n'en peut mais
Que
(
i
les sauterelles
)
;
,
là
ne nous pillent pas tous
,
à
nou^aulres* gens de travail
maux
;
nous dévorent au
nom du
Roi t
grêle, les chenilles, le charençoa
les
ans
,
au
lieu
que
lesdits
cour-
hautes classes s'abattant sur nous chaque aunée ,
au temps du budget, enlèvent du produit de nos champs
tisans des
(1)
Voyez
îigne a6..
la
page ai5
,
ligne i4.de la brochure saisie
;
pag. 312
-
(
)
clair, le plu» net, le meilleur et
plus
le
230
dont bien fâche audit seigneur Roi
plus
le
beau,
qui n'y peut apporter
,
remède (i);
Que
tous ces impôts qu'on lève sur nous en tant de fa-
du Roi( a),
chaque
comme au dommage du Roi non moin»
non pas dans
çons, vont dans leur poche et
inventés, accrus,
étant par eux seuls
jour à leur profit
que des
Que
sujets (3)
et
prosternent
Que
;
nous,
,
et le
peuple
et le
dévoués à
se disant
sa
Roi devant lequel
personne(4)
et le
s«
ils
'>
princes sont bons, charitables, humains, secou-
les
rables à tous et bien
mais qu'ils vivent
intentionnés (5),
entourés d'une mauvaise valetaille (6) qui
et travaille sans cesse à
Que
Chambord
veulent manger
lesdits courtisans
royaume
celle
multipliés
conompre eux
un grand mal
et
les
sépare de noui
nous
;
que pour y remédier, il
serait bon d'élever les princes au collège
loin desdits courtisans (7), comme ou voit à Paris le Jeune duc de Chartres ,
enfant qui promet d'être quelque jour un homme de bien, «t
dont on espère beaucoup
c'est là
,
et
,
;
Que
par ce
moyen
lesdits
princes, instruits à l'égal
leurs sujets, élevés au milieu d'eux, parlant la
de
même langue,
s'entendraient avec eux contre lesdits gens de cour, et peut-
monde de
êire parviendraient à délivrer le
perverse, détestable, maudite
Qu'ainsi
,
(i)Voyez page 212
,
ligne
suivantes, et page 2i5
(2)
(6)
'7)
9
e* suivantes
ligne 9
,
et
,
ligne
,
ligne 17.
Voyez page 225,
Voyez page 226.
Voye» page i\S.
i
5»
ei
passim,
ligne 12.
ligne 21,
ligne 16.
,
,
,
ni
contre-révolu
page 2i3
suivantes.
Voyez page 21 5»
Même page
(4) Même page
(5)
engeance
on ne verrait plus ni Saint-Barthélémy
frondes, ni dragonnades, ni révolutions
(3)
celte
j
.
ligne 3o **
"1
(
lions (1)
qui
,
,
)
après force coups et graud massacre de gens,
tournent toutes au profit de la susdite valetaille
Qu'un
amendement aux choses de
tel
j
monde,
bien loin
comme quelques uns croient se
qu'on y prenne garde que le temps
d'être impossible (2)
quasi de soi, sans
ce
fait
,
,
;
que princes et sujets
sont meilleurs qu'autrefois (3) qu'il y a parmi nous moin»
de vice , plus de vertu ce qui tend à insinuer calomnieasement, contre toute vérité, que même les courtisans
exerçant près des rois l'art delà flagornerie, sont maintenant moins vils moins lâches t moins dévoués moins fiprésent vaut
mieux que
d'à
passé
le
5
5
5
,
,
,
au trésor que ne
Et , pour conclusion
dèles
le
,
furent leurs devanciers.
que
les
princes nés princes sont
les
avec qui l'on puisse vivre. Que le*
autres connus sous les noms de héros ou princes d'aveuture ne valent rien du tout. Que nous en avons vu montrer
une insolence à nulle autre pareille (4) , et que ceux qui les
seuls bons
,
aimables
,
,
flattaient valaient
encore moins
légitimité, prêts à verser
pour
,
apôtres aujourd'hui de la
sang, elc.
elle leur
Lesquelles propositions scandaleuses
tionnaires,
dans un pamphlet intitulé
factum pour
les
impies et révolu,.
mises en lumière
Simple- discours
:
princes contre les courtisans
comme contraire aux
police
,
auraient été par lui recueillies
pidations de la fortune
procureur du Roi,
,,
saisi
de
par \&
pensions, gratifications et dila-
publique
comme
espèce
,
,
poursuivi
propre à éclairer
par
M.
le
lesdits princes
et rois sur leurs vrais intérêts.
Tels sont
les
principaux griefs articules coulre Paul-Loui*
, Jaquinot
syndics du corps de la flagornerie Siméon
de Pampelune et autres , poursuivants en leur
par
les
comme
(1)
(a)
(3)
(4)
fondés de pouvoir de
Voyez
Voyez
Voyez
Voyez
la
page 217 ligne 6.
page 217 ligti" 12.
page 219. ligne îfv
,
,
page 220
•
ligue 16V
corporation.
nom,
et
,
(
S$3
)
Et ajoutent lesdits syndics, aux charges
qu'en outre Paul-Louis , voulant porter
renommée dont
ci-dessus énoncées
atteinte à la
monde
jouissent dans le
bonue
de
lesdites gens
cour , aurait mal -à-propos , sans en être prié , conté à tout
venant les histoires oubliées de leurs pères et grands-pères t
rappelé les aventures de leurs chastes grand'- mères , en
donnant
que tous chiens chassent de race
à entendre
,
et
autres discourspleins de malice et d'imposture.
Et que, par maints propos plus coupables encore, subversifs
de tout ordre et de toute morale, comme de toute religion f
il aurait essayé de troubler aucunement lesdites gens de cour
dans l'antique , légitime et juste possession où ils sont de
tous temps, de partager entre eux les revenus publics, le
produit des impôts, dont l'objet principal, ainsi que chacun
le sait
A
d'encourager la bassesse
est d'entretenir la paresse et
,
de tous
fainéants
les
raison de quoi
du royaume.
ont
ils
cité et
personnellement ajourné
Paul-Louis à comparoir devant
les assises de Paris,
ayant offensé la. morale publique, en racontant tout
haut ce qui se passe chez eux , et la personne du Roi (x )
ledit
comme
dans celle des courtisans ; le tout conformément à l'article
connu du titre..,., de la loi..... du Code des gens de cour ,
commençant par ces mots: Qui n'aime pas Cottin , n estime point son Roi , etc.
Et doit en conséquence ledit Paul, ci-devant canonnier
aujourd'hui vigneron laboureur, bûcheron , etc»
à cheval
comparoir en personne aux assises de Paris, le 27 du
etc.
présent mois pour s'ouïr condamner à faire aux courtisans,
,
,
,
,
fainéants
rable
,
,
décarant qu'il
bas, aussi
vils
,
contraire^ et eu
Yoyp*
le
les tient
aus>i
pères et prédécesseurs
'1)
ameude honopour valets aussi bons, aussi
rampants que furent oneques leurs
intrigants, réparation publique et
;
même
qu'à tort et
méchamment
temps confesser
ré*qaisitoire signé Jaquinot
,
il
lahartau
Pampelune..
a dit le
col,
la
(
torche au poiog
,
que
le
233
)
n'a jamais rien valu
ne vaut rien
,
qu'autrefois
il
bon, que
passé seul est
,
eut d'honnêtes gens et
y
le
préeent
ne vaudra jamais rien
mœurs
des
;
;
mais
les femmes sorjt toutes débauchées, les ende coquettes , garnements tous nos jeunesnous marauds à pendre tous, si Bellart faisait son
qu'aujourd'hui
fants tous
gens,
et
fils
devoir.
Après quoi le dit Paul sera détenu et conduit ès-prisom
de Paris, pour y apprendre à vivre et faire pénitence, sous
qui
la garde d'un geôlier gentilhomme de nom et d'armes
-,
répondra de
pour
sa
personne aussi long-temps qu'il conviendra
flagornant par tout
Voilà, mes chers amis
duit le
si
de cour,
royaume, etc., etc.
l'entière satisfaction desdits courtisans, gens
flatteur?, flagorneurs
,
en quelle extrémité
bonhomme Paul que nous
avons vu
bons fagots dans son bois de Larçai
dans son
chose
!
champ de
On
l'avait
la
Chavonnière
mainte
le
;
fois averti
tant
,
sage
que
se
trouve ré-
de
de beau sainfoin
faire tant et
s'il
sa
n'eût
fait
langue
autre
lui atti-
quelque méchante affaire mais il n'en a tenu compte ,
afin d'instruire ses
Dieu sans doute le voulant châtier
pareils qui ne se peuvent empêcher de crier quaud on les
écorche. Le voilà mis en jugement et condamné ou autant
vaut. Car vous savez tous comme il est chanceux en procès,
rerait
;
,
;
Chaque
fois
qu'on
mende. Et de
voir
les
juges
fait
!
,
le volait ici
se peut-il
,
c'était lui
autrement
? Il
Prions Dieu pour lui, mes amis
exemple nous apprenne à ne jamais dire
sons des gens
qui payait l'a-
ne va pas
qui vivent à nos dépens.
même
que son
ce que nous pen,
et
PROCÈS
DE
PAUL-LOUIS COURIER,
VIGNERON DE LA CHAVONNIÈRE
CONDAMNÉ LE
28
AOUT
,
1821,
A L'OCCASION
DE SON DISCOURS SUR LA. SOUSCRIPTION DS
CHAMBORD.
,
(*3 7
)
PROCÈS
DE PAUL-LOUIS COURIER.
.Assez de gens connaissent
la brochure intitulée Simple
on la lut ; et déjà on n'y Déngouvernement s'avisa de réveiller l'atten-
discours. Lorsqu'elle parut
iait plus
,
quand
le
:
,
tion publique sur cette bagatelle oubliée
auteur qui vivait aux champs
homme
étant à labourer
,
,
,
en persécutant son
loin de Paris.
un jour
,
reçut
Le pauvre
un long papier
Pampelune, dans lequel on l'accusait d'avoir
morale publique, en disant que la cour autrefois
ne vivait pas exemplairement ; d'avoir en même temps offensé la persoune du Roi, et de ce non content, provoqué
signé Jaquinot
offensé la
à offenser ladite personne.
posait de le mettre en
A
raison
de quoi Jaquinot pro-
prison et l'y retenir douze années,
deux ans pour la morale, cinq ans pour la personne
du Roi , et cinq pour la provocation. Si jamais homme
tomba des nues , ce fut Paul-Louis , à la lecture de ce papier timbré. Il quitte ses bœufs , sa charrue , et s'en vient
courant à Paris , où il trouva tous ses amis non moins surpris de la colère de ce monsieur de Pampelune , et en grand
émoi la plupart. Il n'alla point voir Jaquinot, comme lui con
savoir:
•
seillaient
quelques uns
recommandait de voir
,
nilesubsiitut de Jaquinot, qu'on lui
aussi
,
ni le président
,
ni les juges
,
ni
non qu'il ne les crût honbouue compagnie , mais c'est qu'il n'a-
leurs suppléants, ni leurs clercs,
nêtes gens et de fort
vait point euvie
il
attendit
mièrement
,
de nouvelles connaissances.
et bientôt
faire
il
sut que Jaquinot
,
Il
se tint coi
•
ayant dû pre-
approuver sou accusatiou par un tiibunal
*38
C
ne
sais
du Roi
quel
,
et la
les
)
juges lui avaient rayé l'offerte à la personne
provocation d'offense. C'était
plus beau de son papier réquisitoire
Pampelune
;
Je
meilleur et le
chose fâcheuse pour
bonne affaire pour Paul Louis, qui en eut la
;
, se voyant acquitté par là de dfx ans
de prison sur douze, et néanmoins encore inquiet de ces
deux qui restaient, se fût accommodé à un an avec Jaquinot
joie
qu'on peut croire
pour n'en entendre plus parler
,
s'il
Berville, jeune avocat déjà célèbre
transiger,
disait-il
,
se faisant fort
est
de
le
tirer
,
qui
de
imperdable de tout point
Maure
n'eût trouvé
là.
\
il
lui
défendit de
Votre cause
lui
,
n'y en eut jamais
de pareille, et je défie M. Rpglet de faire un jury qui vous
condamne. Où M. Réglet trouvera-t-il douze individus
qui déclarent que vous offensiez la morale en copiant les
prédicateurs ? que vous corrompez les mœurs publiques en
blâmant les mœurs corrompues et la dépravation des cours ?
Rpglet n'aura jamais douze hommes qui fassent cette déclaqui se chargent de cet opprobre. Allez
bon,
ration
,
homme
,
laissez-moi faire
,
et
si
l'on
vous condamne
,
me
je
mets en prison pour vous.
Paul- Louis toutefois doutait un peu. Maître Berville se
disait-il, est dans l'âge où l'on s'imagine que le bon sens et
l'équité ont quelque part aux affaires du monde, où l'on ne
,
saurait croire encore
Les hommes assez vils scélérats et pervers
Pour faire une injustice aux yeux de l'univers
,
(1).
Or, comme dans cette opinion qu'il a du monde en général,
se trompe visiblement, il pourrait bien se tromper au«si
il
dans son opinion sur le cas particulier dont il s'agit. Ainsi
raisonnait Paul-Louis ; et cependant écoutait le jeune homme
bien disant, auquel à la fin
cause imperdable.
Il la
s'en
il
perdit
,
remet,
lui confiant sa
comme on va
voir
;
il
fut
'
(l) Molière.
f
,
(*3 9
condamné
(oui d'une voix
,
)
déclaré coupable
circonstances par les jurés, choisis, triés
propriétaires, ayant, dit-on,
du
fait et
de*
tous gens de bien
,
pignon sur rue,
,
et de probité
non suspecte. Mais, par la clémence des juges, il n'a que
pour deux mois de prison cela est un peu différent des
douze ans de maître Jacquinot qui à ce que l'on dit en est
piqué au vif, et promet de s'en venger sur le premier auteur, ayant quelque talent qui lui tombera entre les mains.
De fait, pour un écrit tel que le Simple discours, goûté
aussi généralement et approuvé de tout le monde, on ne
pouvait guère* en être quitte à meilleur marché aujourd'hui.
Ce fut le 28 août dernier, au lieu ordinaire des séances
de la Cour d'assises, que la cause appelée, comme on dit
:
,
,
,
,
au barreau
,
tises, à
La
l'accusé comparut.
jugea d'abord un jeune
homme
salle
qui avait
était
fait
pleine.
Ou
quelques sot-
du moins, ayant perdu tout sou
du Gouvernement, avec
après
taxées par le Gouvernement
ce qu'il paraissait
argent dans une maison privilégiée
femmes protégées
le Gouvernemeut accusa Paul-Louis, vigneron, d'offense*
la morale publique, pour avoir écrit un discours contre
des
,
,
quoi
à
la
débauche. Mais
d'accusation
,
il
faut conter tout par ordre.
puis le
On
lut l'act*
président prit la parole et interrogea
Paul-Louis.
Lf
président. Votre
nom?
Courier. Paul-Louis Courier.
Le
président. Votre état ?
Courier Vigneron.
Le président. Votre âge?
Courier. Quaraute-neuf ans.
.
Le président. Comment
avez-vous
pu
dire
que
la
noblesse
ne devait sa grandeur et son illustration qu'à l'assassinat
la
débauche,
la prostitution?
Courier. Voici ce que
qu'un moyen de fortune
veulent rieu faire
;
ce
j'ai
,
et
moyeu
dit
de
,
:
Il
n'y a pour
les
nobles
même pour tous ceux qui
c'est la prostitution.
ne
La cour
*t*
(
l'appelle galanterie. J'ai
)
me
voulu
servir
nommer la chose par son nom.
Le président. Jamais le mot de
Au
signification.
reste,
si
du mot propre,
et
galanterie n'a eu cette
fait quelques repeuvent également s'ap-
l'histoire a
proches à des familles nobles,
ils
pliquer aux familles qui n'étaient pas nobles.
M.
Courier. Qu'appelez- vous reproches,
Tous
les
Mémoires du temps vantent
noblesse en était fière
comme
président?
le
cette galanterie
et la
,
La
de son plus beau privilège.
noblesse pi étendait devoir seule fournir des maîtresses aux
princes, et
femmes
les
Le
XV prit les siennes dans la roture,
quand Louis
titrées se plaignirent.
président. Jamais l'histoire
n'a
fait
de
l'éloge
la
prostitution.
Courier.
Delà
galanterie,
M.
le président,
de
galan^
la
terie.
Le président. Vous avez employé le mot de prostitution.
Vous savez ce que vous dites. Vous êtes un homme instruit.
On
rend
justice à
Courier.
Il
J'ai
vos talents, à vos rares connaissances.
employé
ce
mot
faute d'autre plus précis.
en faudrait un autre. Car, à dire vrai
prostitution n'est pas celle des
différente et infiniment
le
cette
espèce de
est
pire.
Le président. Gomment
Mgr.
,
femmes publiques. Elle
la souscription
duc de Bordeaux ne vous
pour S. A. R.
que de
a-t-elle inspiré
pareilles idées':'
Courier. Dans ce que
j'ai écrit, il
n'y a rien contre
la
Fa-
mille royale.
Le
président. Aussi n'est-ce pas de quoi l'on vous accuse
Courier. C'est qu'on ue
l'a
pas
pu, M.
le présideot.
eût bien voulu faire admettre cette accusatioo. Mais
il
ici.
Ou
n'y a
pas eu moyen. On cherchaitun délit plus grave; on u'atrouvé
que ce prétexte
d'offense à la
Le président. Vous
morale publique.
iusultez
une
classe
,
une
partie
de
la
nation.
Courier. Je n'insulte personne. J'ai parlé des ancêtres de
—
*
(
la nnblesssc actuelle
)
dans laquelle
,
je
connais de fort
nêtes gens qui ne vont point à la cour. J'en ai
faire
comme les
défendre leur pays. Serait-ce insulter
vilains,
Romains de
les
que
dire
hon-
vu à l'armée
leurs aïeux fureot des voleurs
des
,
aux Américains si je les déclarais
descendus de malfaiteurs et de gens condamnés à la déportation
J'ai voulu montrer l'origne des grandes fortunes
dans la noblesse , et de la grande propriété.
Le président. Vous avez outragé tout le corps de la nobrigands? Ferais-je
tort
r*
blesse
,
l'ancienne et la nouvelle, et vous ne respectez pas
plus l'une que l'autre.
Courier. Sans m'expliquer là-dessus
marquer
,
M.
la noblesse
Le
le
président
de race
président.
bien
des familles sans tache
les
Nouilles,
les
que
,
dans l'ancienne noblesse
y
a
:
,
et
,
de
!
Tout
Assez
-,
Courier. Je réponds
Le
il
,
On
sait l'histoire
du
Madame
ministre....
point, de personnalités.
à
vos questions,
de Mainlenou
président.
monde
le
guerre d'Allemagne.
la
de Pompadour étant premier
madame
re-
ferai
particularisé
,
qui ne doivent rien aux femmes
Courier. Les Richelieu
Sans
vous
je
Richelieu.
pavillon d'Hanovre
Le président.
,
spécifié
j'ai
d'antique origine.
et
Eh
,
,
les
M.
le
président»
Noailles...
ne vous demande pas ces détails his-
toriques.
Courier. La prostitution, M.
le président
;
toujours
la
prostitution.
Le président. Les faveurs de la cour s'obtiennent
champ de bataille, par des services
Courier. Par les femmes M. le président.
sur
le
,
Le
président. Votre décoration de la Légion d'Honneur
Pavez-vous donc eue par
Courier. Ce
il
la
n'est pas
s'agit des fortunes.
cour,
et puis je
les
femmes
une laveur,
?
et je n'ai
pas fait fortune"
Je n'ai jamais eu riea de
ne
commun
suis pas noble.
16
avec
,
4*
(
Le
Vous avez
président.
)
la nobIe:se personnelle
roui
,
êtes Doble.
Courier. J'en cloute
vous
le dire
M.
,
doute
je
;
fort
permettez -moi de
le président
,
que
noble. Mais eufiu
je sois
veux bien m'en rapporter à vous.
A chaque réponse de l'accusé il s'élevait dans l'assemblée
un murmure qui peu à peu sechangeait e applaudissements.
je
(
i
L'avocat- général crut devoit mettre ordre à
sident
,
dit-il
,
ce bruit est contraire à la
Le président
pré-
le
Messieurs, point d'applaudissements.
— Prévenu
,
vous avez
Chambord.
Cowier. Oui. Qu'y
Le
M.
)
Vous
spectacle. Je ferai sortir d'ici tous les pertur-
n'êtes pas au
bateurs.
.
cela.
loi.
dit
que
la
cour mangerait
morale?
a-t-il en cela qui offense la
président. Mais ? qu'enteudez-vous par
la
cour ?
La définir serait difficile. Toutefois je dirais que
composée des courtisans
des gens qui n'ont
point d'autre état de que faire valoir leur dévouement, leur
Courier.
la
cour
est
,
soumission respectueuse
Le
président.
Il
,
leur fidélité inviolable.
n'y a point chez nous de courtisans en
La cour, ce sont les généraux
hommes qui entourent le ro'. Et que
titre.
,
les
maréchaux,
veut dire encore
les
:
les
donuent tout à Dieu ? Cela est contre la religion.
Courier. Contre les prêtre* tout au plus. Ne coufoudons
point les prêtres avec la religion comme ou veut toujours
prêtres
,
faire.
Le
rien
président. Les prêtres sont désintéressés;
que pour
ne veulent
le Pape se dit propriétaire de la
doue pour la donner aux pauvres. Au
Courier. Oui
tière. C'est
ils
pauvres.
les
que j'ai écrit
simplement
,
n'offense pas
:
les prêtres
même
les
prêtres
;
car
terre en-
reste, ce
il
signifie
voudi aient que tout fût consacré
à
Dieu.
Après
seul
cet interrogatoire
moment
Broë,
,
où
le
public ne parut pas un
,
maître Jean de
ou, pour mieux dire,
prit son papier,
indiffèrent, l'avoot-général
piit la parole,
(
car
lisait.
il
un
C'est
^
homme
)
de petite
qui pat le de;
taille,
que la noblesse leur appartient
de droit avec ce qui s'ensuit, honneurs et privilèges, d'où
Ton peut sans faute conclure que dans cette affaire, croyant
grands magistrats,
et
assure
,
plaider sa propre cause et combattre pour ses foyers
aura mis toutson savoir.
,
il
y
prononça un discours long , et
imprimé dans le Moniteur , mais
Il
que peu de gens auront lu
que personne ne comprendrait
si
on
le rapportait ici
,
tant les
langage impropre. C'est vrai—
nient une chose étrange à concevoir que cette batbarie d'expression dans les apôtres du graud siècle. Les amis de
pensées en sont obscures
XIV
Louis
le
,
On
ne parlcut pas sa langue.
entend célébrer
Bossuet, Racine, Fénclon eu style de Marat
Fouché.
polie en jargon des autichaojbres de
qui celte bizarrerie passe toute créance'
phrase
comme
celle-ci,
par exemple*
et
et
,
I!
si
y
je
citais ui:e
Qui profitera
;
ton coup ? Les honnêtes gens ? Laissez donc.
bêtes
!
vous
Ils
cPuii,
sont si
de quelque valet , et des moins
Castel BajaC
imprimée
Conservateur. Ainsi parlent ce? geus
la croiriez
éduqués. Elle
sous sou
couc
la
en a ch-z
nom
est
du marquis de
dans
,
le
,
c'est-à-dire bien nés
autrement que nous
qui se
avec quelque raison classe privilégiée, su-
nés
,
rangent à part
péiieure
,
•
,
distinguée. Vuilà leur langage familier.
,
ils
s'exprimer noblement Y ce ne sont
tés
,
excellences, émiuences.
Ils
qu'altesses
croient
que
Veuléitmajes,
le style
noble
du blason. Malheur des courtisans, ne point connaître le peuple qui est la source de tout bon seus. Ils ne
voient en leur vie que des grands et des laquais, leui être se
compose de manières et de bassesses.
Je dis donc, revenant à maître de Bioë, que pour ceux
est celui
,
qui l'emploieut
C'est
Eût
,
un homme impayable
t'ait
mettre en prison
comme mauvais
pour
les jurés
,
,
et qui par son adressé
les sept sages
sujets, perturbaient.
s'ils
,
de Grèce
Sa prose
sont amis de 1M. Réglet.
M
is
est
à
bonne
moins de
A\
(
)
on ne saurait y prendre plaisir. Sou discours, qui d'abord ennuie dans la Gazette officielle , assomme au second
paragraphe ; et par cette considération , je renonce à le
cela
,
comme
placer ici,
mes
tout court
je
voulais,
si
je
n'eusse craint d'arrêter
lecteurs. Car, qui pourrait tenir à ce style
:
Un exécrableforfait avait privé la France d'un de ses
meilleurs princes. Vn espoir restait toutefois» Un prodige,
une royale naissance bien plus miraculeuse que celle dont
nos aïeux forent témoins , se renouvela. Un cri de reconnaissance et d^admiration sejit entendre. Une antique
et auguste habitation avait fait partie des apanages delà
,
couronne. Une pensée noble se présenta tout à coup
ellefut répétée
elle fot suivie
\
de l'exécution
*
ce
,
et
fot à
V amour qu'un appelfot adressé.
Ouf demeurons-en là sur l'appel
à l'amour. Si vous ne
dormczpas, cherchez-moi, je vous prie, par plaisir inventez,
imaginez quelque chose de plus lourd , de plus maussade et
de plus monotone que cette psalmodie de maître de Broë ,
par laquelle il exprime pourtant son allégresse. L'auteur de
!
la
brochure n'y
qui
a
point mis d'allégresse
peur d'y manquer,
il
,
dit
maître de Broë,
condamne à la prison. Lui , de
commence par là, et d'abord se ré-
par cette omission
,
,
le
jouit.
D'aise on entend sauter
Mais
par état
disait à
a
il
,
un peu
l'air
on lui
Paul-Louis
et
de
la
se réjouir par ordre
dirait
:
pesante baleine (1).
comme
presque,
Sont-ce
là les
si triste
joie,
le silence.
Ne
un hymne
si
(1)
faire
lugubre
,
sont plus suspects
poussons pas trop cet argument
de son allégresse une belle
Homère.
,
président
pu vous
que le cœur parle ?
d'embarrasser le pauvre magistrat. Car
pour
par devoir
le
pensées qu'a
inspirer la royale naissance ? Est-ce ainsi
une
que
,
et
il
,
de peur
ne faudrait rien
bonne
offense à la
45
(
morale publique,
même
cl
à
)
personne du prince
la
s'il
,
esl vrai
qu'un froid panégyrique
Déshonore
à-la-fois le héros et l'auteur.
Abrégeons son discours
en
à ses raisons,
,
au risque de donner quelque force
présentant réunies. Voici ce notable
les
brièvement, compendieusement traduit de bara, comme dit Panurge.
discours
,
goin en
français
commence par son commencement. Car on
Il
assure
qu'un pour toutes les causes de ce genre
le
duc de Berry est mort; le duc de Bordeaux est né. On a
voulu offrir Chambord au jeune prince. Éloge de Chambord
qu'il n'en a
et
de
A
:
la souscription.
cet
exorde déjà long,
et
il
en fait succéder un autre
il
,
le
terrain
,
qui remplirait plusieurs pages,
non moins long, pour
fixer, dit-
c'est-à-dire le point de la question,
comme
on parle communément.
Il ne s'agit pas d'un impôt dans ïa souscription proposée
pour l'acquisition de Chambard
et le mot même indique
,
un
acte volontaire.
De
quoi donc s'avise Paul-Louis de
contrarier la souscription, qui ne l'oblige poiut, ne lui
tera rien?
C'est fort
mal
fait
à lui- Cela
le
coû-
déshonore.
Vous ne voulez pa& souscrire? eh bien ne souscrivez pas.
Qui vous force ? Un moment, de grâce entendons-nous ,
M. l'avocat-général. Je ne souscrirai pas sans doute si je
,
,
ne veux
,
me
car je n'ai point d'emploi, déplace qu'on
;
puisse ôter.
Je ne cours aucun risque
pas, d'être destitué. Mais
je paierai
,
en ne souscrivant
pourtant,
si
ma com-
malgré moi , si mon maire veut
faire sa cour à mes dépens. Et quand je dis doucement je
ne veux pas payer vous , monsieur de Broë, vous criez
en prison, ajoutant que je suis maître , qu'il dépend bien
de moi , que la souscription est toute volontaire
que ce
$
mune
souscrit
\
\% paierai
:
,
n'est pas
un impôt. Comment l'entendez- vous?
:
246
(
Or
celle
,
prisée noble
souscription noble
et libre
prend de
Il
l'arrêter.
)
récompense nulle
cette
,
comme on
,
voit
,
cette
,
l'auteur entre-
veut empêcher de souscrire
les
gens
glacer Vèlan des
œurs un peuplus généreux que le sien tandis que maître
Jean par de nobles discours, chauffe l'élan des cœurs. Mais
qui eu seraient tentés ^paralyser télan
y
i
,
,
le
copions pas
le
promis de
j'ai
:
surtout, afin qu'on puisse le
Voilà l'objet de
on ne saurait
et
le traduire, et
brochure. E'Ie
la
Jes diatribe; contre
les rois, les
contre Y élan
est écrite
méprendre. Puis
s'y
de l'abréger
lire.
il
y
,
des accessoires,
a
prêtres et les nobles.
que l'auteur ce parle pas des prêires, ou n'en
dît qu'un seul mot bien simple, et que partout il loue les
princes. Mais ca sont des parachutes. Il ne pense pas ce
Il est
vrai
qu'il dit des princes
Deux remarques
et
,
pense ce qu'il ne dit pa' des prêtres.
L'auteur ne s'afflige point de
mort du duc de Berry ne se réjouit point de la naissance
du duc de Bordeaux. If n'a pas dit un mot de mort ni de
»°
ensuite:
la
,
naissance. Il n'y a ni allégresse ni désolation dans sa bro-
chure. 2° L'auteur parle du jeune prince
faat à la mamelle.
Vauguste maillot
;
comme
maillot simplement
d'un eusans dire
,
bavette, et non pas la royale bavette.
la
dit, chose horrible
If
dit le
II
de ce prince
,
,
qu'un jour son métier
sera de régner.
s'être étendu beaucoup sur tous ces points, maître
Broè déclare enfin qu'il ne s'agit pas de tout cela. Ce
Après
d
'
nvst pas là-de«siis que porte l'accusation
taque pas
le
fond de la brochure, ni
,
dit-il.
même
On
n'at-
les accessoires
dont nous venons de parler, mais des propositions incidentes
seulement. Là-dessus
il s'écrie
Voilà le terrainjixé.
entame un antre exorde.
Dans les affaires de cette nature, on n'examine que
Puis
:
il
passages déterminés suivant
sa'ion.
\
,-\
\'
Or
i
,
il
y en
est fort
a
la loi
quatre
par
l'acte
même
les
d'accu-
ici.
insuffi-ante Les écrivains sont si adroit*
qu^ls échappent souvent au procureur du
roi. Il
,
faut leur
(
*f;
)
/tpplùwêr, d'une manihrefrappante, la /oj (style de Broé).
I.a liberté d'écrire jouit de tous ses droits; elle est libre
(Broc tout pur), bien qu'elle
Elle
en prisou
aille
enjambe sur la licence (Broë
Broé
!
!)
quelquefois.
par
l'excessive
indulgence des magistrats.
On avait d'abord
essayé, dans le premier réquisitoire, d'ac-
cuser l'auteur de cet écrit d'offense à la personne
On y
Vient enfin l'examen des passages inculpés
mier
du
roi.
a renoncé par réflexion.
est celui-ci
,
dont
pre-
le
:
donne tout au prince, comme les prêtres
domaines ces apanages, ces listes ci,
budgets ne sont guères autrement pour le roi
« Car la cour
»
tout à
Dieu
»
viles
ces
s
que le revenu des abbayes n'est pour Jésus-Christ. Achetez^
donnez Chambord , c'est la cour qui le mangera , le
'»
»
,
et ces
,
priuce n'en sera ni pis ni mieux.
s>
Les prêtres tout à Dieu! Ah! oui, demandez aux pauvres.
Tirade d'éloquence. Les abbayes
d'abbayes. Tirade de haut style sur
Ob
Il
n'y a plus
la révolution.
De morale,
!
!
non.
»
un mot, ni des phrases inculpées.
Le second passage est celui-ci
» Mais à Chambord qu'appreudra-t-il? Ce que peuvent
enseigner et Cbambord et la cour. Là, tout est plein de ses
ï>
aïeux.
pas
:
,
Pour
» et j'aimerais
s>
cela précisément je ne l'y trouve pas bien
mieux
qu'il
vécût avec nous qu'avec
ses
»
cêtres
Maître de Broë n'examiue point non plus ce passage
ce qu'il peut
\e laisse-là
suite
lira
,
avoir de contraire à la morale.
satioa.
,
le
,
ni
cite et
,
il
y en
a d'autres hoiribies.
ne
Il
les
parce qu'il n'en est point parlé dans l'acte d'acou-
Cependant
elles
sont
horribles.
d'éloquence à propos de ces phrases
tion et
Il
sans autrement s'eu occuper. Mais, dit-il, en-
de ces phrases
pas
\
an-
,
qu'on n'accuse pas. L'auteur
présente nos rois,
ou
du.
Beau mouvement
dont
,
dit
n'est pas
il
maître Jean
moins quelques uns
,
ques,
re-
comme ayani
.
^
(
)
donné en leur temps defort mauvais exemples.
dissolus, pleins de vices et couIl les peint corrompus
damne leurs déportements sansavoirégarda«.r convenances.
Les tableaux qu'il eu fait ( non de sa fantaisie, mais d'après
mal vécu
et
,
les histoires)
raux
sont scandaleux d'abord, et eu outre
licencieux
,
jours,
et la
,
immo-
déshonnêtes. Le scandale abonde de nos
,
brochure y ajoute encore, mettant les vieux
le plusloDg de tous
scandales à côlé des nouveaux. Chapitre
el le
meilleur par conséquent
L'un peut
qu'on ne
!e lit
,
au pamphlétaire,
l'historien
dire la vérité
lit
,
sur la différence qu'il
appelle aussi
qu'il
parce qu'il
fait
y
a
de
libelliste.
de gros volumes
pas. L'autre ne doit pas dire vrai
,
parce qu'où
eu petit volume. L'auteur de la brochure va vous conte:
mensonge , Messieurs , men,
songe odieux, aussi dangereux que coupable. Car l'histoire
qu'il a copié les historiens
n'est pas toute
dans sa brochure.
devait copier tout
Il
ou
montre le laid , cache le beau Louis eut des bâtards,
mensonge. Car ce n'est pas le beau de son histoire. 11 y avait
bien d'autres choses à vous dire deLouis-le-Grand. Ne les
pas dire toutes , selon maître de Broë c'est mentir , et de
rien. Il
.
,
plus
Il
,
insulter la nation.
croit
vengez
que
tout le
la nation
Outre
pond par une
les
monde
la
il
y
ssnt
dit-il ?
,
sent cela,
qui ne sent.
Vengez
%
.
Messieurs,
morale.
les historiens,
dicateurs, morts
Je
,
Qui ne
Paul- Louis
a loBg- temps
autorité vivante
}
cite les
;
pères et les pré-
maître de Broë lui ré-
c'est celle
de Monseigneur
garde-des-sceaux actuel, dontil rapporte (eu s'inclinant)
propres paroles extraites d'un de
sans songer
que peut-être
ailleurs
ses discours,
page
Monseigueur a
^\o,
dit le
contraire.
Et puis l'Ecriture et les pères et les sermons de Massillon
appartiennent aux honnêtes gens. Les écrivains ne doivent
pass'eu servir pour se justifier.
position appliquée à
Développement de cette pro
roman condamné, qui
l'auteur d'un
osa dernièrement alléguer l'Evangile.
Nota.
Que
cet épisode
,
sur les horribles phrases dont
2
4o )
ou ne parle pas, occupe deux colonues
C
du Mo-
entières
niteur.
Troisième passage.
a
Sachez
qu'il n'y a pas
» noble, mais je dis noble
» ne doive sa fortune
en France
de race
aux femmes
une seule famille
et
d'antique origine, qui
;
vous m'entendez. Les
grandes maisons; ce n'est pas, comme
s>
vous croyez bien , en cousant les chemises de leurs époux,
s ni en allaitant leurs enfants. Ce que nous appelons, nous
*
femmes ont
»
autres
fait les
honnête femme, mère de famille, à quoi nous
,
» attachons tant de prix
Qu
» du courtisan.
»
trésor
,
pour nous,
voudriez-vous qu'il
;
serait
fît
ruine
dame
honesia, *ans amant, sans intrigue, qui, sous prétexte
claquemurée dans son ménage , s'attacherait à
» de vertu
» son
.
rmri
Le pauvre homme
?
verrait pleuvoir les grâces
» autour de lui, et n'attrapperait jamais rien.
» des
nobles,
que
le
proscriptions
» regarde
,
» être mis en
fortune
la
il
Mais qu'on
et surtout les confiscations.
,
on verra qu'aucun de
et
De
en paraît bien d'autres causes,
pillage, les concussions, l'assassinat, les
familles
» telles
»
la
d'une
œuvre
ces
moyens
n'eût
y
pu
sans la faveur d'un grand, obtenue par
»
quelque femme
s
demeuts, gouvernements, qui ne s'obtiennent que par
les femmes; et ce n'était pas tout d'assassiner Jacques
Cœur ou le maréchal d'Ancre, il fallait, pour avoir leurs
3>
»
;
car,
pour
piller,
» biens, le bon plaisir, l'agrément
» des
2>
femmes qui gouvernaient
il
faut avoir
du
comman-
roi, c'est-à-dire
ou son ministre,
alors le roi
Les dépouilles des huguenots, des frondeurs, des trai-
» tants
,
autres faveurs, bienfaits qui coulaient, se répan-
» daient par les
* Bref,
mêmes canaux
comme il
n'est
,
» autres vilains, qu'un
» pour la noblesse
aussi purs
moyen de fortune,
non plus
il
n'y ena qu'un
» et c'est la prostitution, puisqu'il faut,
s par son
nom.
que
la
source.
ne fut, ni ne se r a jamais, pour nous
c'est le travail;
,
et c'est
»
Quatrième exorde pour
,
mes amis, l'appeler
fixer encore le
terraùu
,
^5o
(
La charte
)
deî nobles qui descendent de leurs père?
fait
ft d'autres nobles qui ne descendent de personne, et puis de
grands magistrats qui sont nobles aussi. Longue di sertation
â
!<*
fin
de laquelle
il
déclare qu'il ne s'agit pas de la noblesse,
qu'il ne la défend pas.
Mais l'auteur outrage une
i;dus.Y\ offense
la
classe,
une généralité (Tindi-
morale évidemment. ZShonneur decer-
morale et l'auteur blesse
quand il répèle mot à mot ce que l'histoire en
dit, et qui est imprimé partout. Il blesse la morale; et le
pis c*est qu'il empêche toutes les autres familles d'imiter
iainesj'amilles fait partie de la
«et familles
,
,
celles-là, de vivre noblement.
Réprimez, Messieurs, ré-
prhnez. Oui, punissons, punissous.
permettons pas,
Ne
ne
souffrons pas,
etc.
Maître Jean, qui appelle toujours l'auteur delà brochure
It>ellis.te,
l'associe
et
dans
plu? déshonorés en ce genre
a
fait écrire
Paul-Louis,
disait cela,
,
aux écrivains
par spéculation, qu'il
toïx une déclaration de l'imprimeur Bobée
libelliste à
payé? Je voas
et le
que
c'est
un compte
du
à régler
Eh
crois,
même
les réquisitoires,
même
le
me
dévouement.
Quatrième passage inculpé
«
portant
quoi? maître Jean, selon vous,
au .monde, rien par amour ? tout est
l'impiimeur.
lien ne se fait gratis
haute
lire à
nulle rétribution des ouvrages
tiré
N'importe,
prrr lui publiés.
quand
libelles diffamatoires ; et
maître Jean de Broë venait de
jamais Paul- Louis n'a
les
ajoute que c'est Validité qui
q'i'il écrit
marchand de
est fabricant et
il
sa réplique
,
Ovous
:
nommés par
les préfets, prévenez
y ce malheur (celui du morcellementdes grandes propriétés) ;
,
>
faites
»
ôtez la terre
des
législateurs
empêchez que tout le monde ne vive
au laboureur et le travail à l'artisan, par de
lois
,
!
» bons privilèges, de bonnes
> l'industrie, aux champs
> chisse partout l'antique
i
dit
,
on vous
le cric
:
corporations.
comme
et
à la ville
,
noble barbarie.
Hâsez-vous
;
envahit tout,
On
vous
le
que lardez vous encore!" Qui vous
(
25l
)
honneur, lorsque vous
et le baron de Fri-
» peut retenir? peuple, patrie,
» voyez
mont
2>
y
II
laisser
emplois, argent, cordons
là
?
a
»
injure à la nalion entière. Car on l'accuse de se
ici
mener par
ceux-ci de mener
les préfets, et
Quelle iûsigne fausseté! Voyez
rmioo d'une
lâche faiblesse,
si
morale;
que des
:
le
d'une
la
audace,
telle
terres;
,
,
son vrai patrimoine. Cela vaut mieux
vengeons, punissons. Variations sur cet
et
oui, punissons
les jurés
morale, qui est, dit
que le peuple
la
patrimoine du peuple. Oui
c'est
Pour conclure
,
vengeons.
maître de Broii prie
dans son patois
,
,
de réprimer vigoureusement tous ceux qui écrivent
en français,
il
les préfets
donc venger
faut
Il
maître de Btoc,
air
nation.
pas outragera la fois et la morale publique et celle
ji'est-ce
des préfets?
ait la
la
médisance! Accuser
la
s'écrie
:
et se font lire
La
avec
Sûr de son
plaisir.
société sera satisfaite
!
(
affaire
C'est la société
,
de
Jésus.)
Tel fut, en substance
toutes ses raisons,
hors
intéressés,
les
encore étendues
prolixe qu'en
disant
,
fit
si
n'eut
le
que l'auteur de
la prostitution
courtisans.
,
Mais
la
développées
M.
de
le dire
,
M.
l'avocat-général; et
longuement déduites que personne,
patience de l'écouter, furent
,
président
la
et gâter,
amplifiéesdans
,
où même
il
le
résumé
ajouta
du
très
sien
,
brochure écrivait pour encourager
par ce vilain
ceci vint ensuite
; il
mot,
l'innocence des
présent
s'agit à
delà
harangue de maître de Broë.
Ce discours, m'a-t-ou dit, n'est pas extraordinaire au
barreau où l'on entend des choses pareilles, chaque jour, eu
belle
,
prononcées avec l'assurance que n'avaient
,
Daguesseau. Nous en sommes surpris, nous à qui
cela est nouveau, et concevons malaisément qu'un homme,
plein
pas
tribunal
les
siégaut,
comme on
dit, sur les fleurs de
un homme ayant reçu
quer
assez
l'éducation
de sens, d'instruction
,
dans ces paroles d'un paysan à un
lis
commune
de goût
gt
,
sachant lire,
,
,
puisse
man-
pour ne trouver
uud prince
,
ton métier
252
(
)
sera de régner , qu'une injure et De pas sentir que ce mot
vulgaire de métier, relève eonoblit l'expression, par cela
même qu'il est vulgaire , tellement qu'elle ne serait pas dé,
,
placée dans un poème, une composition du genre
eievé, une ode à
le
plus
louange du prince. Si on u'en saurait
la
dire autant des autres termes employés par l'auteur, dans
le
même
endroit,
ont tous du moins
ils
ton de simplicité
le
naïve convenable au personnage qui parle
trompé, souverain juge en
i'y est pas
ayant
pour
commun
sens
le
jeune prince
le
,
n'a
il
ne faut pas
l'espérer.
rien
Personne
d'offensant
serait à souhaiter
entendre ce langage de bonne heure
il
public ne
et le
ces matières.
vu là-dedans
auquel
,
Car tous
et
,
les
qu'on
fît
toute sa vie. Mais
courtisans sout des
Jean de Broc qui croient ou font semblant de croire qu'eu
outrage un graud, quand d'abord pour
met pas
comme
la face
dans
la
boue.
brochure
Ils
on ne
lui parler
se
ont leurs bonnes raisons
,
pour prétendre cela et trouvent
leur compte à empêcher que jamais front d'homme n'apparaisse à ceux qu'ils obsèdent. Cependant, il faut l'avouer ,
quelques uns peuvent être de bonne foi , qui , habitués comme
dit la
,
,
tous le sont aux sottes exagérations de
nerie
,
finissent
la
plus épaisse flagor-
par croire insultant, tout ce qui
est
et uni
;
crois,
qu'on pourrait excuser maître de Broë. Car
simple
insolent, tout ce qui n'est pas vil. C'est par là
il
,
je
n'était
pas né peut-être avec cette bassesse de sentiments. Mais une
place, une cour à
faire....
Le même jour qui met un homme libre aux fers.
Lui ravit la moitié de sa vertu première.
Et
voilà
comme
généralement on explique
élevée contre cette brochure
gens
les
du
plus sensés
,
même
parti
la persécution
au grand étonnemeot des
qu'elle attaque.
Répan-
venue aux maius de quelque*
personnages comme Jean de Broc, mais placés au-dessus
de
cl eu pouvuir de uuire
qui aux seuls mata de métier
due dans
le
public
,
elle est
,
,
,
*53
(
layette, de havette
)
sans examiuer autre
y
chese, aussi in-
capables d'ailleurs de goût et de discernement
que d'aucune pensée tant soit peu généreuse, crurent l'occasion belle
pour déployer du zèle , et crièrent outrage aux personnes
sacrées. Mais on se moqua d'eux, il fallut renoncer à cette
accusation. Uu duc, homme d'esprit, quoiqu'infatué de son
nom,
trouva ce pamphlet piquant,
le relut
Voilà un écrivain qui ne nous
,
plus d'une fois,
point du tout.
Mais d'autres ducs ou comtes et le sieur Siméon , qui ne
sont pas gens à rien lire, ayant ouï parler seulement du peu
d'étiquette observée dans cette brochure , prirent feu làet dit
:
flatte
,
dessus
,
comme
tonnèrent contre l'auteur,
jadis voulut faire
ce président qui
pendre un poète pour avoir tutoyé
prince dans ses vers. Si maître Jean a des aïeux
cend de quelqu'un,
iven sortez, vous
devez sortir
Mais qu'est-ce donc que
soulèvent
là
,
est
!
O
plus heureux.
hommes,
i
)
,
où des mots comme ceux-
mon
fils
Tu
entendras
né
,
vous
Broc.
quelle condition que celle
dès le berceau
,
si
maître Jean
,
le
tu connaîtras qui t'aime
n 'approcheront de
,
même
le
\
de pareilles gens
jour
vrai
que ton
,
!
sort
vivras avec les
,
ni fourbes
,
ni flatteurs
toi.
Après l'avocat-géuéral
et dit
!
(
le
des-
s'il
et
cour
la
font explosion
des souverains entourés
Pauvre enfant
de ce bon président, et
c'est
en,
,
M"
,
Berville parla
pour son
client,
:
Messieurs les Juee's,
Si, revêtus du ministère de la parole sacrée, vous veniez
annoncer aux hommes les vérités de la morale , on ne vous
verrait point, sans doute
timides censeurs
faciles mora,
,
listes,
composer avec
la
corruption
ménagements prévaricateurs
sauriez vous
,
et
dégrader, par des
votre auguste caractère.
Vous
armer, pour remplir vos devoirs, d'indépen-
(1) Boilcau.
2 54
(
dance
)
La haine du
d'austérité.
et
vice ne se cacherait point
d'uu langage adulateur; vos
paroles, animées d'une vertueuse énergie, lanceraient tour
à tour sur les hommes dépravés les foudres de l'indignation
sous
délicatesses
les frivoles
du sarcasme. Vous n'iriez point conpauvre, alarmer la conscience du faible, et baisser
devant le vice puissant un œil indignemeut respectueux; mais
et les traits pénétrants
trisler le
votre voix généreuse autant que sévère, flétrirait jusque
sous
pourpre
la
les
Je
sais
mœurs
devant
Qu'a
et
de
cour
la
la
et la
Sais- je quel prix
:
offerts à l'estime
il
je
défends?
a opposé
A
aux
lants des cours la simplicité des vertus rustiques
scandales
la
défense des cours
on
;
vous
serait
publique en apôtres
vérité? Seriez-vous traduits en criminels
des écrivains les plus austères,
contre lui
corrup-
d'assises ?
de plus l'auteur que
fait
flatterie
la
vous applaudir ou vous plaindre?
quel prix vous serait dû
réservé? Seriez- vous
des
de
bassesses
tion des cours. Faudrait-il
s'est
:
il
l'exemple
vices bril-
-,
on a
pris
indigné contre des
s'est
scandalisé de son indignation
:
a plaidé
il
morale publiquement outragée; on l'accuse
d'avoir outragé la morale publique.
Je ne dois point vous dissimuler, Messieurs les Jurés, l'emde
la cause
la
barras extrême que
j'ai
parer la défense de
éprouvé
celte
,
,
l'expé-
du ministère public que nous partamais que du moins nous avons appris à
rience des doctrines
geons rarement
de pré-
lorsqu'il s'est agi
cause. Ordinairement
,
connaître, nous permet de prévoir, en quelque Cicon
,
le
système de l'accusation, d'en démêler l'erreur et de méditer
nos réponses. Ici, je l'avoue, j'ai vainement cherché à deviner
le
système du ministère accusateur
;
il
m'a
été
impos-
de concevoir par quels arguments, je ne dis pas raisonnables, mais du moins soutenables, on pourrait trouver
sible
dans
les
pages incriminées un délit cfoutrags à la morale
publique
,
et l'accusation
doit, à l'excès
même
de son ab-
surdité, l'avantage de surprendre son adversaire et
trouver désarmé.
de
le
Soyons
juste, toutefois
tniuistère public
tion a
dû
,
(
* 5:> )
et
,
après avoir écouté l'orateur
du
reconnaissons que l'embarras de l'accusa-
,
surpasser encore l'embarras de la défense.
eu pouvez juger par
Vous
avec lequel on a constamment
le soin
Vous
évité d'aborder la question.
aviez imaginé
,
sans doute,
que
dans une accusation ^outrage à la morale publique ,
on allait commencer par définir la morale publique ; et puis
expliquer comment l'auteur l'avait outragée. Point du tout.
Vous avez entendu de nombreux mouvements oratoires %
,
-
d'éloquentes amplifications sur
er
le
XIV,
clergé
,
sur la noblesse,
duc de Bordeaux,
sur Chambord
des personnalités arnères(et beaucoup trop
amères ) contre l'écrivain inculpé.... mais de la morale
publique pas un mot tout se trouve traité dans le réquisitoire du ministère accusateur, hormis l'accusation.
sur
Franc
>is
I
,
sur Louis
sur
le
\
:
,
me
Ainsi, je
tière
de
tique. «
délits
Du
la
presse,
me
moins,
à traiter ces questions
une cause étrangère
disais— je
si
ma-
d'avoir enfin à défendre, en
félicitais
de
je
,
poli-
ne serai plus condamné
que
délicates,
à la
l'on n'aborde
qu'avec
inquiétude, que l'on ne discute jamais avec une entière
berlé. Je n'aurai plus à redouter
dence des opinions
Tout
le
monde
juger
Et
l'influence des préventions
est d'accord sur les principes
nous parlerons
commun, que
,
dans mes juges
,
le
moi
de
la
lï'
dissi-
politiques.
la
morale
;
un langage
opinions pourront comprendre et
miaistère public
toutes les
et
,
»
une morn le politique Voilà qu'on
une cause où la politique n'a rien à
dénuêler, de parler aux passions politiques! On commence
par reprochera M. Courier d'avoir dit irrespectueusement,
en parlant du duc de Bordeaux, que son métier est de
voilà
qu'on nous
s'efforce encoie,
f lit
!
dans
régner un jour , et d'avoir employé d'autres expressions
également familières ; sans songer que c'est un villageois que
l'auteur a mis en scène
,
et
que
le
langage d'un villageois
ne peut pas être celui d'un académicien
!
On
lui
impute
crime d'avoir traité un pareil sujet sans dire un seul
à
mot
l5G
(
de tauguste naissance
sormais
devront
écrivaius
les
seulement de ce
qu'ils
n'aurout pas dit
Vous
de l'accusation
qu'ils
par une réflexion un peu tardive,
,
se permettre d'en faire
un
;
et
sujet
Messieurs
,
Jurés,
les
marche incertaine
la
chaque pas sa faiblesse et sa nullité.
qu'on n'ose donner on substitue les lieux -
trahit à
Aux définitions
communs oratoires
,
\
à défaut de la raison qu'on ne
convaincre, on cherche à soulever
les
qu'on ne peut établir, on
la loi,
uou
justice,
!
voyez
le
la
ce n'est pas là l'objet de l'accusation
cependant on a cru pouvoir
d'accusation
de sorte que dé-
;
répondre à
auroat dit, mais encore de ce
EnfiD
!
on reconnaît que
)
du jeune prince
peut
passions; au délit de
de substituer
s'efforce
le
délit d'opinion.
Ce
n'est point ainsi
que procédera la défense; tout chez
Mais avant d'aborder la discussion
,
elle, sera clair et précis.
relative à
l'écrit
,
qu'il
nous
permis de rappeler
soit
les
considérations personnelles à l'écrivain. Ces considérations
ne sont pas
tiques
indifférentes.
la criminalité
,
peut
Dans
,
délits
les
purement poli-
jusqu'à certain point, être in-
la passion , Terreur ,
dépendante du caractère de l'auteur
le préjugé peuvent faire d'un honnête homme , un citoyen
coupable mais l'auteur d'un outrage à la morale publique
est nécessairement un homme immoral: il y a incompati:
:
bilité entre
la moralité
de
et
conduite et l'immoralité des
la
principes ,et justifier l'auteur
,
c'est
déjà justifier l'ouvrage.
Paul-Louis Courier, l'un de nos savants les plus estimés
entra , au sortir de ses
de nos plus spirituels écrivains
,
études
lerie
,
,
dans
le
du
génie militaire.
distingué par ses talents,
rière brillante
vahir
corps
le
5
pouvoir
tyrannie;
il
et
dévorer
les utiles
Officier d'artil-
pouvait fournir une carchef de l'armée en-
vit le
la liberté
s'éloigna. Retiré à la
journées entre
travaux des
mais lorsqu'il
il
,
il
refusa de servir la
campagne,
il
travaux de l'agriculture
lettres et des art*.
Gendre d'uu
partagea ses
et les
nobles
helléniste ce-
,
«}
(
lèbrc (i)
;
il
)
marclia sur ses traces avec honneur
;
nous de-
recherches le complément de l'an des précieux
monuments de ta littérature ancienne l'ouvrage de Longus
vons
à
ses
:
une lacune importante-, M. Couiier, dans un manuscrit
vainement exploré par d'autres mains, découvrit le passage
jusqu'alors inconnu et donna un nouveau prix à sa découoffrait
,
verte par l'habileté avec laquelle
,
imitant
le
vieux style et
d'Amyot, il compléta la traduction en
même temps que l'original. Ce succès eut pour lui des suites
grâces naïves
les
assez fâcheuses
le
par un bizarre
:
effet
de
la fatalité
qui semble
poursuivre, l'auteur qu'on accuse aujourd'hui pour un.
fut alors persécuté à l'occasion d'un roman pasSa fermeté triompha de la persécution. Depuis ce
temps retiré à la campagne, cultivateur laborieux père ,
époux citoyen estimable il a constamment vécu loin de la
capitale étranger aux partis quelquefois persécuté, jamais
persécuteur ; refusant, pour garder son indépendance, les
écrit
moral
,
toral.
,
,
,
,
,
,
places qu'on lui offrit plus d'une fois ; se délassant par l'étude des lettres , de ses travaux agricoles , et ne tirant aucun
profit de ses ouvrages que les applaudissements du public
,
,
juges éclairés. C'est
et l'estime des
d'un nouveau travail
,
là qu'il
accusation, bien imprévue sans doute
à ses études
des
,
hommes
à
seschamps
qui font
Voilà l'écrivain
voilà
il
le llhelliste
,
à sa famille
la gloire
immoral que
qu'on signale
:
tels
venue l'arracher
étrange récompense
l'on traduit
à votre
!
devant vous!
indignation
y regardât
hommes.
Par quelle inconcevable
honorable dans
est
,
de leur pays
conviendrait que l'accusation
de s'attaquer à de
s'occupait encore
honorable pour sa patrie, lorsqu'une
à
deux
fatalité tout ce qu'il
la littérature
!
fois
y
a
Certes
,
,
avant
de plus
française, semble -t-il succes-
sivement appelé à siéger sur le banc des accusés Y Tour-à—
le spirituel rédacteur de la correspondance adminis-
tour
trative
(i)
et l'ingénieux
M. Clavier, de
Ermite de la
Chaussée-d? Antin
PlnstituA*
'7
a58
(
)
l'aQieur des deux Gendres et l'auteur des Délateurs ont
porté sur ce banc leurs laurieis, les B< rgasse et les Lacretelle leurs cheveux blancs, l 'archevêque de Ma lin es sa loge
,
épiscopale le peintre de Maiius ses longues infortunes. La
Cour d'assises semble être devenue une succursale de l'acaMessieurs, cette exhubérance de pourdémie française
suites, cette succession d'attaques, non pas contre d'obscurs
,
pamphlétaires, mais contre
vains
\
les
plus distingués de nos écri-
guerre déclarée par
cette
ministère public à la
le
partie la plus éclairée de la nation française
sairement une erreur fondamentale dans
l'accusation. Lorsqu'en dépit des persécutions
sonnements
,
des amendes
comprendre
la loi
pouvoir qui
les
,
à user
accuse
,
il
les
,
révèle néces-
,
docttines de
les
des
,
empri-
meilleurs esprits s'obstinent à
dans un sens opposé au
de
la loi
est
évideot que ce pouvoir entend
mal
la loi, et se fait illusion
reur
,
par un faux système. Cette er-
involontaire sans doute ,1e ministère public nous saura
gré de
la lui
signaler.
Ede
consiste à
considérer
comme
non ce qui est qualifié délit par la loi mais ce
aux organes de l'accusation sans réfléchir que
dépbît
qui
la liberté de la presse n'est pas la liberté de dire ce qui
coupable
,
,
\
plaît
sition
au pouvoir, mai» ce qui peut lui déplaire. Une proponous blesse ; nous commençons par poser en principe
qu'il faut n ettre l'auteur en j» gercent.
Ensuite
,
comme pour
mettre un homme eu jugement il faut bien s'appuyer sur
un texte de loi , nous cherchons dans la loi pénale quelque
,
texte qui puisse, tant bien
que mal
question. Les uus sont trop précis
faire usage
:
;
,
s'ajuster à l'écrit
n'y a pas
il
moyen
en
d'en
d'autres sont rédigés d'une manière plus vague,
et par conséquent plus élastiques ; on s'en empare , et c'est
nous voyons revenir
ainsi que , dans les procès de la presse
,
sans cesse ces accusations banales (Tattaque contre
rité constitutionnelle
du Roi
cation à la désobéissance
et des
aux lois
,
Chambres
,
Vauto-
de provo-
d'outrages à la murale
publique.
Voilà précisément ce qui
est arrivé
dans
le
procès
de
,
»5g
(
M»
On
Courier.
cipe
^outrage à
,
avaient été essayés
morale publique
la
mais leur rédaction
:
pas permis de s'en servir;
il
trnge à la morale publique
de
ces termes
offre pourtant
lation
peut
une
,
a
Lllu
,
,
dans
texte!
,
n'a
abandonner L'owseul, parce que le sens
les
,
,
est resté
à la vérité,
jorte de latitude et d'arbitraire
dont l'accusation
profiter.
Aussi
,
remarquez avec quel soin l'accusation a évité de
En bonne logique pourtant ,
,
par cette définition qu'elle aurait dû commencer
première chose
à faire,
quand on
son intérêt
d'éluder
est
exister
ait
dans
oubliée
5
et c'est
:
la
délit, c'est
la
première
Cela s'explique facilement:
les définitions, afin
termes de
les
!
un
signale
d'expliquer en quoi consiste ce délit
chose que l'accusation
peut
prin-
trop précise
déhnir la morale publique.
c'est
le
d'autres
:
auxj'eux des jurisconsultes ,
aux personnes quin'out point étudié la légis-
fixé
,
)
ne l'accusait pas seulement
que
le
vague qui
la loi favorise l'extension il-
Nous, dont l'intérêt
au contraire, est de toutéclaircir, nous suivrons une marche
opposée, et nous nous demanderons, avant d'entrer dans la
limitée qu'elle cherche à leur donner.
ce que
morale publique.
discussion
,
la loi
entend par
le délit
& outrages à
la
Pourquoi lisons-nous dans la loi ces mots outrages a la
morale PUliLiQUE? Pourquoi le législateur n'a-t-il pas dit
simplement les outrages à la morale? Que signifie cette
:
:
épiihète (publique
Messieurs,
un
)
qu'il a cru devoir ajouter ?
faut
il
le
reconnaître
avertissement donné par
chargés de poursuivre
les
:
ces expressions sont
le législateur
délits
;
aux fonctionnaires
un avertissement de ne
point intenter
d'accusations téméraires,
du code pénal
le
de ne point faire
vengeur de leurs doctrines personnelles,
de ne point voir une infraction dans ce qui pourrait contrarier leurs opinions particulières.
point
n'est
école
:
la
morale d'un
c'e*t cette
contemporaine de
La morale du
homme,
législateur
d'une secte, d'une
morale absolue, universelle, immuable ,
la société elle-même , toujours constante
n*
^o)
(
au
-milieu des vicissitudes sociales
et supérieure à toutes les opinions
de la Divinité ,
, émanée
humaines } qtti n'est point
réflexion mais de sentiment, point de raisonnement mais
de
d'inspiration
;
qu'on ne trouve point autre
à Paris
Philadelphie. C'est cette morale qui sanctionne
engagements, consacre
la
couche conjugale
sacré les pères et les enfants
Je larcin, le meurtre
prend
nom
le
;
flétrit le
elle a son
la
mensonge,
les
cœurs
donc
l'écrivain qui outrage la
le
qui
témoignage,
conscience publique.
morale publique?
C'est celui qui ose mentir à l'honnêteté naturelle, à
science universelle
des
lien
parce que, fondée sur
,
dans
est
un
unit par
c'est celle-là seule
:
hommes,
les
qui
c'est elle
l'impudicité
de morale publique
l'assentiment de tous
9a garantie
Quel
,
,
autre à
,
la foi
;
mépris
celui
dont
la
con-
langage soulève dans tous
le
et l'indignation. N'allez point
ailleurs les caractères d'un tel délit. Ici
,
chercher
toute argumentation
voilà le témoiest vaine le cri de la conscience outragée
gnage que l'accusation doit invoquer c'est la voix du genre
humain qui doit prononcer la condamnation.
,
:
:
qui vous est déféré outrageait en effet la morale
vous n'eussiez po nt supporté de sang-froid la lecture des passages inculpés. Vos murmures auraient à l'instant
même révélé votre horreur et votre indignation un cri de
vos regards se seréprobation se serait élevé parmi vous
Si
l'écrit
:
publique
,
:
:
raient détournés avec dégoût de l'auteur
immoral
conscience n'aurait pas attendu pour se soulever
,
et
votre
les sillo-
gismes d'un orateur.
Est-ce là
,
vous
j'ose
le
demander, l'impression qu*a pro-
duite sur vos esprits la lecture de l'ouvrage ? Avez-vous ressenti
du dégoût
l'écrit,
ne
,
de l'indignation ? de l'horreur excitée par
avez-vous passé au mépris pour l'auteur? Non,
crains pas de
telle n'est
fait qu'il
homme
je
,
au
,
proclamer devant vous-mêmes
j
je
non,
point l'impression que vous avez éprouvée. Je
pose en
qui
le
n'est point
n'en excepte pas
sortir
dans cette enceinte un seul
même
de cette audience
,
l'orateur de l'accusation,
refusât
de
se trouver
dans
(
même
le
%6i
)
salon avec l'écrivain qu'on accuse
duisît ses enfants
-,
;
qui n'y con-
qui ue s'honorât d'une telle société. Con-
damnez maintenant l'écrivain immoral et scandaleux
Non, ce n'est pas contre des écrits tels que celui qui nous
occupe qu'est dirigée la sévérité des lois. Les lois ont voulu
!
frapper ces auteurs infâmes qui se jouent de ce qu'il y a de
plus sacré, et dout les pages révoltantes font frémir à la fois
la pudeur et la nature. C'est contre ces écrits monstrueux
que le légistaleur s'est armé d'une juste rigueur c'est contre
eux qu'il a voulu donner des garanties à la société; et qu'il
me soit permis de m'étonner que ses intentions aient pu être
méconnues au point de traduire un père de famille estimable,
un écrivain distingué, un citoyen houorable, sur îe banc
;
préparé pour
de Sadeset pour les Arétin»,
que dans un discours travaillé avec un art
digne d'une meilleure cause, on a cherché à vous faire illules
C'est en vain
sion sur vos propres impressions, à déguiser sous l'éclat des
ornements oratoires, la nullité de l'accusation. Qoe signifient, dans une accusation d 'outragea la morale publique,
1
ces argumentations, ces insinuations artificieuses, ces
tions subtiles
,
ces déclamations éloquentes?
rale publique est outragée, et
vons en fasse apercevoir
tragée
,
et
il
que
faut
!
il
faut
Quoi!
la
l'élégante
il
inducla
mo-
indignation d'un orateur
Ah
la discussion
!
du moins une chose,
puisqu'il est besoin de discuter
morale publique,
!
que le ministère public
morale publique est ou-
vienne vous avertir de vous indigner!
ministère public prouve
Quoi
pour
c'est
établir l'outrage à
n'existe point d'outrage à la
du
que,
la
morale pu-
blique.
Toutefois , examinons cette discussion elle-même, et puisqu'on vous a parlé du caractère général de l'ouvrage et du
carctère particulier des passages attaqués,
suivons l'accu-
sation dans la double carrière qu'elle s'est
tracée.
Considéré dans son caractère général,
est
,
je
ne crains pas d'en convenir
souscription de
Chambord.
,
l'écrit
une
de M. Courier
critique
L'acquisition de ce
de
la
domaine
rf*
(
pour Chambord même.
Pour le Prince Ce
:
ront
son
les
enfin
pour
,
le
le
prince
pour
,
le
pa vs,
pas lui qui eu profitera; ce se-
n'est
imposé aux communes , eu
il a besoin pour régner
séjour de Chambord, pleiu de souvenirs funestes
courtisans
nom
)
une mauvaise affaire pour
lui paraît
:
affaiblira
ce sacrifice
l'affection
dout
:
mœurs, pourra corrompre sa jeunesse.
le pays
La cour viendra l'habiter les fortunes
les
Pour
:
des
\
habitauts, leur innocence, pourront souffiir de ce dangereux
voisinage.
Pour Chambord Douze
mille arpents de terre rendus à
;
la culture
sacrés à
vaudraieut mieux que douze
,
arpents
ixilie
con-
un parc de luxe.
Certes
il
,
rales rien
une vue d'économie
dans tous
de trouver dans
serait difficile
de contraire à
les cas
la
politique
,
ces idées
géné-
morale publique. La dernière est
,
que
je crois très juste, et
n'a rien à démêler avec
la
qui,
moiale;
les
deux premières, sont au contraire, conformes aux principes
de la morale la plus pure.
En conséquence de ses réflexions M. Courier blâme l'o,
,
Chambord
pération de
du prince
:
il
la croit
inspirée moins par l'amour
de son auguste famille
et
,
que par
la
flatterie et
par des vues d'intérêt personnel. A cette occasion il s'élève au nom de la morale , contre l'esprit d'adulation et
,
,
contre la liceuce des cours.
Et
ce qu'il
y
a de
tions présentées par
Chambord
remarquable
M. Courier
se retrouveot,
,
c'est
contre
que
la
les
considéra-
souscription de
en grande partie, dans
le
rapport
M. parle ministre de l'intérieur (i).
M. Courier craint que ce présent ne soit plus onéreux que
profitable au jeune prince.
Le ministre avait dit « qu'on
s a exprimé le désir de la conservation de Chambord sans
soumis
à S.
—
» songer à ce quelle coûtera dt réparationsJbncières et
(1)
Voir
le
Journal de Paris du
3r
décembre 1820.
^63
(
» d'entretien
>
à toutes
,
ameublement
pensée d'acheter
la
répond
» pas
,
» de
la
Lo
re
qu'exigeront son
son habitation. »
et
Courier se demande
M.
conçu
)
dépenses
les
si ce sont le$ communes qui ont
Chambord pour le prince. « Non
-il, les nôtres
que
,
je
sache, de ce côté-ci
mais celles-là peut-être qui ont logé
î
Là, naturellement
» fois les cosaques
» cheter des châteaux pour
les
» refaire son toit et ses foyers.
»
Le ministre
volé
mêmes termes « Les
l'acquisition de Chambord n'om
»
par
If s
a>
toutes
presque dans
i>
gers
,
,
avait dit,
out
qui
ccnseils
:
point été arrêtés
les
communes
,
unes épuisées par
le*
des
la suite
PAR L'iNVi ION ET LE LO>G SEJOUR DES etran-
du
autres apauvries par les fléaux
les
\
» grêle
les
embarras de finances qtûéprouvent presque
les
» GUERRES
^S"
deux
on s'occupe d'aprinces, et puis on songe à
,
gelées
,
les
inondations,
les
incendies
ciel
;
,
la
obligées
S la plupart de recourir à dfs impositions extraordinaires
» pour acquitter les charges courantes de leurs dettes.
» £>aus
»
circonstances
d'autres
y examiner pour
à son
zèle.
,
» nos dettes pour
»
»
devrait
moyens répondent
donner
lai
(
,
et augmenter
une chose uont
nous gêner
au prince
)
»
n'appartiendrait qu'à V. M., avait dit le miuistre
nom
» de refuser, au
»
M. Courier
dit
» IL n'a PAS BESOIN.
Il
sites
»
« ÙNous allons
»
l'admiuistratiou
,
chaque commune
,
de son auguste pupille, un présent
dont il n'a pas besoin. Assez de châteaux seront un
jour à sa disposition, et ce sout les Chautbies qui auront à composer, au
M. Courier
nom
paraît craindre
de
que
la
nation
les
toujours suffisamment libres etsponlanées.
couc'j les
mêmes
craintes
y>
mérite d'être accueilli
»
ne faut pas
ï>
ne
vît
une
le
«
si
son apauoge. »
Le
ministre avait
Le don du pauvre,
comme
demander.
sorte de
» nelle venue de
:
,
oifrandes ne soient pas
le tribut
Il serait
du
avait-il dit,
riche
,
a craindre
mais il
qj'ou
contrainte dans une invitation suleud'une réunion dl ru:, au nom
haut
(
> soxnages importants
»
3>
vive impulsion à tous les administrés. Des dons qui
ne sont acceptables que parce qu'ils sont spontanés, pasi
» raitraient peut-être
•»
^4)
qui s'occuperaient à donner une
commandés par des considérations
qui doivent être étrangères à dessenlimeuts dont l'expres-
> sion n'aura plus de mérite,
si
elle
entièrement li-
n'est
» bre. »
En
critiquant l'acquisition de
Chambord
,
M. Courier
n'a
donc rien dit qui ne soit permis, qui ne soit plausible, qui
ne soit conforme aux observations du ministre lui-même.
Nhmporte il a voulu arrêter Vélan généreux des
Français : il a voulu s'opposer à V allégresse publique...
Quoi donc, blâmer un témoignage d'allégresse inconvenant
ou intéressé, est-ce blâmer l'allégresse elle-même ? Parce
qu'un nom sacré aura servi de voile à un acte imprudent ou
blâmable, cet acte deviendra- t-il également sacrer Pour
moi s'il faut le dire je crois qu'il était beaucoup d'autres
manières plus convenables d'honorer la naissance du duc de
Bordeaux. Je ne parle point ici de ces bruits trop fâcheux
qui se sont répandus sur l'origine de cette souscription et
sur les moyens employés pour faire souscrire je ne veux ni
ni les répéter. Mais ces dons d'argent , de
les écouter
—
:
1
,
,
:
,
de châteaux, adressés à l'héritier d'uu tiône , ces
fait offrir au riche par le pauvre , par des
communes épuisées, au neveu d'un roi de France, s'accordent
mal dans mon esprit avec la délicatesse qui doit présider
terres,
présents qu'on
aux hommages rendus par des Français à leurs
d'ailleurs
oublier que naguères ou
,
ne puis
frir
,
princes. Je
faisait
à
of-
communes, des adresses, des chevaux
l'homme qui avait usurpé la liberté publique
aussi, par les
des soldats
,
et j'aurais
désiré,
je
%
,
l'avoue, que l'héritier d'un pouvoir
légitime fût honoré d'une autre manière
que
le
ravisseur
d'un pouvoir absolu.
Croyez-moi , Messieurs, il est pour les princes des hommages plus délicats et plus purs, que l'adulation ne saurait
contrefaire
et que la. tyrannie ne saurait usurper. Ce sont
,
a65
(
•
)
qu'on verse à leur aspect, ces
ces pleurs d'allégresse
d'un peuple accouru sur leur passage
vœux
ce sont les joies
;
du
du laboureur les bénédictions
des mères de famille. Voilà les hommages que le peuple
français rendait à Henri IV; voilà ceux que ses descendants
qu'on ne revous demandent et non ces tributs mendiés
pauvre,
actions de grâces
les
,
,
,
fusa jamais à la puissance. Les princes français ne ressem-
blent point à ces despotes de l'Orient que la prière u'ose
aborder qu'un présent à
la
main
vreté à doter leur opulence,
soulager
M.
,
dans
la
Chambord un
souscription de
ou une spéculation
indiscret et suspect
,
pau-
pauvreté.
la
pable
norer
et loin d'obliger la
Courier a donc pu, non seulement sans être coumais sans manquer aux convenances les plus sévères ,
voir
,
,
consacrent leur opulence à
ils
,
iutétessée.
,
Il
acte de flatterie
a pu blâmer cet
hommage
qui compromet, sous prétexte de l'ho-
de plus respectable j
quelque droit de s'élever contre
qui, sous aucun pouvoir , ne fut aperçu parmi
a de plus élevé et
y
tout ce qu'il
et celui-là peut-être avait
la flatterie
,
les flatteurs.
Si l'esprit général de l'ouvrage est irréprochable, les détails
en sont-ils criminels ? Examinons
quels
les
passages sur
les-
ministère public a fondé sou accusation.
le
Maintenant que nous avons
loi attache à l'expression
fait
connaître l'idée que la
de morale publique
,
vous aurez
peine peut-être à vous empêcher de sourire, en écoulant la
lecture de ces passages. La plupart ont si peu de rapport à
la
morale publique
,
qu'on
versement des notions
les
se
demande par quel étrange rencommunes l'accusation a pu
plus
,
rapprocher deux idées d'une nature
Ainsi
M.
,
si
Courier veut prouver que
différente.
le
don de Chambord
au prince, mais aux courtisans. Après une
sortie assez vive contre les flatteurs , il cite le trait de ce
courtisan qui disait au prince , son élève , tout ce peuple est
ne
profitera pas
à vous
»
tisans
puis
;
,
il
ajoute
voulait dire
:
:
« Ce qui
tout est
,
dans
la
langue des cour-
pour nous. Car la cour donne
(
» tout aux princes
2G6
)
comme les prêtres donnent
tout à Dieu;
» et ces domaines, ces apanages, ces listes civiles, ces
ï budgets ne sont guères autrement pour le Roi que le re,
abbayes
donnez Chambord
» venu des
n'est
pour Jésus-Christ Achetez
t
cour qui le mangera
le
» prince /l'en sera ni pis ni mieux.
N)est il pas déplorable que Ton soit réduit à justifier de2>
:
c'est la
•
î>
les tiibunaux un pareil langage
Quoi désormais ou
ne pourra plus dire, sans se faire une affaire avec la justice, que les courtisans font souvent servir l'auguste nom dd
prince^des prêtres, le nom sacré de Dieu a leur intérêt perQuoi! cette vérité de morale devenue triviale à
sonnel
force d'application, va devenir un délit digne de la prison
vant
!
!
,
!
!
Mais vous outragez
les
prêtres
!
Mais
il
De
s'agit point
d'ou-
trages aux prêtres vous m'accusez d'outrages à la morale
publique ; prouv*zque j'aioulragé la morale publique. AZury
outrager une généralité d^tndividus, c est outrager la morale publique. Vraiment ? À ce compte, je plains nos auteurs comiques. Désormais il ue leur sera plus permis de
\
dire
,
sous peiue d'amende, que
malades
,
que
les cajjareiiers
médecins tuent leurs
les
sunt fripons
que
,
les
femmes
sont indiscrètes, et ( punqu'eufiu il faut s'exécuter) que les
avocats sont bavards. Au surplus, qu'a ditPauleur à l'égard
que Massillon ,
non moins graves
u 'aient dit
avant lui et n'aient dit quelquefois d'une manière beaucoup
Mais c est calomnier le malheur. Lemalheuii*
plussévère
Vous oubliez que le clergé figure pour vingt-cinq millions au
du
clergé
que
,
que
le
respectable abbé Fleury
tant d'autres écrivains
,
,
î*
budget de l'état. Ce sont sans doute, des fonds très bien
employés \ nous ne le contestons pas mais lorsque cet emploi existe, ne venez donc pas nous parler de malheur,
:
même
pour en tirer un effet d'éloquence. Laissous-là les
lieux>communs oratoires, et revenons toujours à l'unique
question du procès ai- je outragé la morale publique? ai je
du vice? ai-je attaqué les base» de nos defait l'apologie
:
voirs ï
26 7
(
)
dit M. Courier, si au
de Chambord pour le duc de Bordeaux, on nous
Dieu
» parlait de payer sa pension au collège ( et plût à
yeux
mes
de
voir
pusse
l'y
) , s'il
» qu'il fût en âge et que je
et vocouseutirais
cœur
bon
de
j'y
cela,
de
question
» était
Je viens au second passage
«
:
Ah
!
lieu
2>
qu'on voudra.it, dût-il m'en couler ma meilleure
» coupedesainfoiu...M^wrt Chambord, quapprendra-t-il?
» Ce que peuvent enseigner Chambord et la cour. La ,
je
•»
tout est plein de ses'aïeux ; pour cela précisément
ï>
terais ce
•»
ne Vy trouve pas bien
,
nous quavec
» avec
,
et
/aimerais mieux quil vécut
ses ancêtres.
doué d'une admirable sagacité
pour découvrir dans ces paroles un outrage à la morale publique. Pour moi je l'avoue j'aurais cru , dans ma simpliparlait en
qu'ici l'auteur , loin d'offenser la morale
cité
lei
vanter
nous
venu
était
bon et sage moraliste. Oh s'il
inviter
nous
exemple,
en
ofFrir
les
nous
cours,
des
mœurs
d'avoir
à les imiter je conçois qu'alors on pourrait l'accuser
faut assurément être
Il
,
,
,
,
!
,
outragé
Ces
la
morale; mais
mœurs
dissolues
,
a fait
il
scaudaleuses
voulu arracher un jeune prince
défenseur des
c'est le
fensé les
mœurs
!
précisément
,
il
les a
le contraire.
censurées;
à leur contagion
\
il
a
et c'est lui,
accusez d'avoir of-
mœurs, que vous
au censeur des cours que vou s
et c'est
venez reprocher l'immoralité de ses doctrines!
Ah si c'est un crime à vos yeux de médire de
!
la
cour
,
France compte d'écrivains célèbres. Condamnez l'immortel auteur de YEsprit
ose
des lois. Que direz-vous en effet des couleurs dont il
faites
donc
le
procès à tout ce que
la
tracer le tableau des cours ? « L'ambitiou dan» l'oisiveté,
j>
2>
3>
la bassesse
dans l'orgueil
,
le
désir de
s" enrichir
1
sans tra-
va ill, l'aversion pour la vérité ; la flatterie , la trahison ,
le mépris
la perfidie , l'abandon de tousses engagements ,
prince ,
vertu
du
delà
crainte
des devoirs du citoyen, la
C ESPÉRANCE DE SES FAIBLESSES,
et plus
quetOUtcela
jecro»,
» le ridicule perpétuel jeté sur la vertu, forment,
,
i
268
)
du plus grand nombre des courtisans, mar» que dans tous les lieux et dans tous les temps. »
Mais peut-être récusera-t-on l'autorité de Montesquieu
c'est un auteur profane, c'est un philosophe ... Eh bieu
écoutons un père de l'église
écoutons Massillon
non
€ Que de bassesse pour parvenir
Il faut paraître
>
le
caractère
,
!
:
;
,
!
s»
pas
qu'on
tel
» d'adulation
est,
mais
00 encense
,
qu'on nous souhaite. Bassesse
tel
et
on adore
2>
prise; bassesse de lâcheté,
il
s>
goûts
dévorer des rebuts,
et
,
l'idole
qu'on oié-
faut savoir essuyer des déles
comme
recevoir presque
» des grâces; bassesse de dissimulation, point de seuti> mentsà soi , et ne penser que d'après les autres; bassses«e
» de dérèglement , devenir les complices et peut- être les
2> ministres des passions de
ceux de qui nous dépen—
2>
Ce
dons
» sont les
n'est
mœurs
point là une peinture imaginée; ce
des Cours,
et l'histoire de la plu-
»
PART DE CEUX QUI Y VIVENT. ...^.
5>
sur vos traces
Le peuple regarde comme un bon
»
;
air de marcher
honneur en prenant
cour; vos mœurs forment unpoi-
la ville croit se faire
tout le mauvais de la
» son qui gagne les peuples et les provinces, qui infecte
2>
tous les états
qui change les mœurs publiques qui
» donne à la licence un air de noblesse et de bon goût
» et qui substitue à la simplicité de nos pères et à l'inno> cence des mœurs anciennes la nouveauté de vos plaisirs ,
> de votre luxe , de vos profusious et de vos indécences
5>
,
,
3>
profanes. (C'est-là précisément ce qu'a dit
2>
Ainsi
>
les
•»
fices
,
c'est
M.
Courier.)
de vous que passent jusque dans
modes immodestes,
qui déshonorent un visage où
la vanité
des parures
la
le
,
peuple
les arli-
pudeur toute seule
» devrait être peinte la fureur des jeux, la facilité des
» mœurs la licence des entretiens, la liberté des passions
d ET TOUTE LA CORRUPTION DE NOS SIÈCLES.
Messieurs c'était aussi pour conserver l'innocence d'un
du dernier rejeton d'une race royale, que
prince enfant
,
,
,
,
Massillon élevait sa vois éloquente.
Il
est
trùte
de penser
que
si
Massillon vivait encore,
probablement
se verrait
il
traduit sur les bancs d'une cour d'assises
!
Au surplus , ce n'est point une assertion sècbe et dénuée
de preuves que l'auteur vous présente. Il ne s'est pas borné
à censurer les mœurs de la cour
il a justifié sa censure par
:
des
faits
ces faits;
que
la conséquence forcée de
conséquence, prouvez que les
sa critique n'est
j
avant d'attaquer
la
sont controuvés.
laits
que
Voici la triple alternative
Ou
vous niez
lui dirai-je
monuments
et alors, les
fondre
,
ou vous
:
et alors, c'est
les
je présente à l'accusation.
rapportés dans
les faits
,
l'écrit
historiques sont là pour vous
avouez
vous-même
,
mais vous en
qui outragez
:
con-
faites l'apologie
•
morale publique:
ou vous les avouez et les condamnez, et vous prétendez cependant que j'aurais dû les taire, parce que les coupables
ont siégé sur le trône ou près du trône ; et alors, c'est encore au nooi de la morale publique que je m'élève contre
vous c'est au nom de la morale publique que je repousse
la
:
cette doctrine honteuse.
ront été commis
des
rois
devra garder
,
mœurs
!
des désordres coupables au-
!
l'institutrice
,
Quoi
commanderez
silence
le
!
des peuples et
l'adultère aura
au nom des
,
aura des vices priviléDes scandales auront uu brevet d'impunité, et si , à
souillé les palais,
giés
Quoi
et l'histoire
,
,
mœurs
l'aspect des
gnation
,
et
vous
respect pour l'adultère
c'est
mon
outragées
,
le
mon
éclater
je laisse
,
mœurs
les
l'Egypte honorait
leur cendre, et
y
indi-
indignation qui sera criminelle; c'est
moi qui aurai outragé
Messieurs
il
!
!
ses rois
jugement des morts
,
mais
était
elle
la
jugeait
leçon des
vivants et de la postérité.
Que
signifie cette distinction
qu'on
entre l'histoire et d'autres écrits ?
se
montrer
,
des formes privilégiées
d'ouvrages dans lesquels
C'est,
écrivain
il
s'est efforcé d'établir
La
la vérité soit
pour
un genre
vérité a-t-elle,
!
Existe- t-il
criminelle ?
faut le dire, c'est la première fois qu'on voit
traduit devant
les
un
tribunaux pour avoir rapporté
**•)
(
conteste point
la sincérité
C'est la preque l'accusation vient nous leoir cet étrarjge langage cela est vai ; mais vous ne dcvùz pas le di' e. Nous
avons va incriminer des doctrines couda mner des opinious ;
des
dont on
faits
mière
r.e
!
fois
:
,
il
nous
accuser des souvenirs historiques
voir
à
restait
nous manquait de voir traîner
sises
venté devant
la
la
il
\
cour d'as-
!
Cest^
dites- vous
attenter à la gloire nationale
,
c est
,
dépouiller la nation de son plus riche patrimoine.
Ce ne
serait
plus alors qu'une simple question d'amour
propre national
,
non plus une question de morale pu-
et
blique.
Mai<
pst- ce
donc
nation que de
flétrir la
hommes dont
de quelques
noms
les
toire ?
Une
qui
composent? Le patrimoine de l'honneur
la
nation est- elle solidaire pour tous leundividus
national se
cornpose-t-il des vices ou des crimes dontelle a été
Vous nous reprochez
d'avoir attenté à
Ai-je donc essayé d'avilir
vertus de Sully,
darité de la gloire
la
honte.
On
a plus
;
la
la
de Racine
?
Voilà
le
vivement encore
cusation. Suivons le
témoin ?
insisté sur le
3
les
,
patrimoine
France peut revendiquer
ellenerevendiquera jamais
;
le
gloire nationale?
trophées de Foutenoi
les
les lauriers
de l'honneur national
de
vices
flétrir les
figurent dans son his-
la
soli-
la solidarité
fme
chef d'ac-
ministère public sur ce nouveau ter-
rain.
M.
que
voisinage de
habitans de
la
mœurs. Voici,
Sachez
y mais
cour
,
égard,
à cet
noble de race
» doive sa fortune aux
> femmes ont
fait
les
» vous cro\ez bieu
,
comme
il
redoute
qu'il
contagion
c'est la
qu'il n'y a pas en
je dis
est
campagne. Une des choses
la
plus dans ce voisinage
«
, comme nous Pavons vu ,
dangereux pour les simples
Courier s'aitache à prouver
le
le
des mauvaises
s'exprime
:
Franceuneseule famille noble
et
femmes
d'antique origine
;
vous
grandes maisons
en cousant
les
;
,
m'entendez.
cen'estpas,
chemises
,
qui ne
Les
comme
de leurs
(
> ppniîx
27
i
)
ni en allaitant leurs enfants.
Ce que nous appenous autres, honnête femme, mère de famille, à
» quoi nous attachons tant de prix, trésor pour nous, se» Ions
,
,
du
» rait la ruine
Que
courtisan.
dame honesta
» d'une
voudriez-vous qu'il
s>
sous prétexte de vertus, claquemurée dans son
ï>
s'attacherait à son
j>
voir les
ména»e
mari? Le pauvre homme verrait pleugrâces autour de lui, et n'attrapperait jamais
Delà
» rien.
fît
sans amants, sans intrigues, qui,
,
fortuue des familles nobles
que
,
il
en paraît bien
3>
d'autres causes, telles
ï>
l'assassinat, les proscriptions, et surtout le» confiscations,
ï Mais qu'on
y
pillage,
le
concussions,
les
regarde, et on verra qu'aucun de ces
s
moyens
œuvre sans la faveur d'un grand
obtenue par quelque femme; car pour piller, il faut avoir
»
commandement
3>
par
»
Cœur ou
s>
biens, le bon plaisir, l'agrément
pu
» n'eût
être mis en
,
les
femmes
le
,
\
gouvernement, qui ne s'obtiennent que
et ce n'était pas tout d'assassiner
maréchal d'Ancre
, il
fallait
du
,
Jacques
pour avoir leurs
roi,
c'est-à-dire
» des femmes qui gouvernaient alors le roi ou son ministre.
3>
Les dépouilles des huguenots, des frondeurs, des irais>
tants, autres faveurs , bienfaits qui coulaient, se répany>
» daient par
j>
Bref ,
les
comme
mêmes canaux,
» nous autres vilains
pour
aussi purs
que
,
la noblesse
non plus
n'y en
3>
vail
y>
c'est..., c'est la prostitution, puisqu'il faut
•,
la
source.
ne fut, ni sera jamais, pour
qu'un moyen de fortune; c'est le tra-
n'est,
il
il
qu'un
a
,
:
et
mes amis
» l'appeler par son nom. »
Laissant de côté tous
fidèles
qu'on a
fait
les
commentaires plus ou moins in-
sur ce passage
et le réduisant à son
,
qu'y découvrons-nous? Cette
proposition fondamentale, et dont le passage entier n'est
qu'un développement: « Que les mœurs des courtisans sont
expression la plus simple,
> corrompues.
»
J'aurais
difficilement imaginé
qne cette
morale publique, et
que les mœurs des cours dussent être pour nous un objet
de vénération. Depuis quand n 'est-il donc plus permis de
proposition fût outrageante pour la
27 2 )
(
dire
,
d'une manière générale
,
que
tel
vice
,
tel
défaut
,
tel
genre de dépravation règne dans telle classe de la société?
Ici, j'interpelle encore l'accusation. Niez vous les faits?
J'offre
de
prouver. Les avouez-vous
les
d'avancer ce que
j
£*
J'ai
donc eu raison
avancé.
ai
Expliquez-vous enfin d'une manière cathégorique. Est-ce
pour avoir controuvé des faits que vous m'accusez? Ce n'est
plus qu'une question de vérité historique; nous pouvons la
décider avec des autorités. M'accu^ez-vous pour avoir dit
des vérités fâcheuses à quelques amours propres ? Alors, je
est la loi qui condamne la vérité et qui
du mensonge un devoir de morale publique. Mais du
moins expliquez- vous parlez-, qu'on sache ce que vous
voulez, ce que vous prétendez. Niez franchement les faits,
vous demande où
fait
:
ou bien avouez- les franchement sans vous perdre en vaines
déclamations qui ne prouvent rien si ce n'est votre embar,
,
ras
et
votre faiblesse.
Pour, moi
le moraliste
censurer
,
je
,
vous
dirai
que
,
l'écrivain satirique
les vices
généraux
de tout temps , l'historien ,
ont été en possession de
,
et surtout les
,
vices des cours.
Je vous dirai que l'auteur que vous accusez n'a fait que rediie, avec moins de force peut-être, ce que mille auteurs
estimés avaient dit avant lui. On vous a ci'é Massillon et
Montesquieu; écoutez maintenant Mézeray et Bassompierre.
Mézeray parle de l'introduction des femmes à la cour.
«
Du commencement,
5>
cet
dit-il , cela eut de fort bons effets,
aimable sexe y ayant amené la politesse et la courde générosité aux
2>
toisie , et donnant de vives pointes
s âmes bien faites. Mais depuis que Y impur été s'y fut
•»
mêlée , et que Pexemple des plus grands eût autorisé la
» corruption
,
» tous
auparavant une
ce qui était
» d'honneur et de
les vices
\
vertu
le
,
belle source
advint un sale bourbier
déshonneur
se mit
en crédit
de
,
la
saisit de la faveur, on y entrait ,
maintenait par ce moyen ; bref, les charges et les
3>
prostitution se
s>
on s'y
•»
emplois se disiiibuuieat à
la
fantaisie
des
femmes
,
et
9
( *fî )
parceque d'ordinaire, quand elles sont une fois déréglées,
elles se portent à l'injustice ; aux fourberies, à la vengeatice et à la malice avec bien plus d'effronterie que les
hommes même elles furent cause qu'il s'introduisit de
i>
très
I
î>
s>
,
méchantes maximes dans
le
gouvernement,
que
et
candeur gauloise fut rejetée encore plus Lnn
que la chasteté- Cettecorruption commença sous le règne
» de François 1" se rendit presqu universelle sous celui
j>
de Henri II, et se déborda enfin jusqu'au dernier
» l'ancienne
:
,
>
PÉmoDï sous
le
2"
IX
Charles
et
de Fr. Henri III, tome 3
Hist.
Henri
Voyons maintenant comment
compte d'un courtisan. « C'était un
fjit, et
il
y
a lieu
Mezeray
III. »
,
pag. 446-447.
Bassomoierre s'exprime sur
,
de s'étonner
homme
mal
assez
qu'il ait réussi en ce temps-
ou Pon ne parvenait à rien que par les femmes ,
dans
y comme je pense qu'il en a été de tout temps
> toutes les cours et crois que qui voudrait y regarder
> de bien près , on trouverait plus de maisons qui se
2»
SOKT FAIT GRANDES PAR CETTE VOIE Qu'aUTREMLNT
*
là
,
,
,
ï>
Je pourrais multiplier ces citations à
1
infini
.
faut se
il
,
passons à un autre point.
\
Le dernier chef d'accusation a
Loiuer
d'insistance
ou'ou ne
été soutenu avec moins
quelque chose m'étonne encore, c'est
pas entièrement abandonné. Vous penserez
et
,
l'ait
comme moi,
si
sans doute,
quand
je l'aurai
remis sous vos
}eux.
«
O
vous
,
législateurs
nommés
par
les préfets
,
prévenp?
>
malheur (le morcellement des grandes propriétés); faites
des lois , empêchez que tout le monde ne vive tuez la
terre au laboureur et le travail à l'artisan, par de buus priviléges
de bonnes corporations. Hâtez-vous ; l'iuduschasse
trie , aux champs comme à la ville, envahit tout
partout l'antique et uoble barbarie. On vous le dit, on
vous le crie que tardez vous encore f qui vous peut repatrie, honneur? lorsque vous voyez là
tenir Y peuple
ï>
emplois, argeut
3>
s
?
»
2
»
y
ce
!
,
,
:
,
,
cordons
et le
baron de .Friuaond
18
>.
~:i
(
Je do'n vous le conférer
imaginé que
monde
concevais
ne vive,
etc.
,
me
et je
etc.
,
tot.t
que
C'est ainsi seulement
...
pu-
pou-
les
d'une accusatioo d'outrage à
la possibilité
rale publique
ministère
pour empêcher que
voirs législateurs à faire des lois
le
!e
,
ironiques de l'au-
conseils
les
gavait
,
imis qui n'est pas
teprocher d'avoir engagé
qu'il allait lui
et
simiiiiulé
,
de l'accusation
le reste
au sérieux
blic avait pris
,
ma
par uuo méprise étrange
,
plus étrange que
teur
dans
j
la
je
mo-
promettais de vous désabuser facile-
ment.
Je m'étais trompé
et ici
,
l'accusation a pris
mal fondée
,
mais enfin
commun
qu'oui de
,
des députés
,
avec
et
concevrais
publique,
recomposition de
,
mais c'est une
:
qu'on vous présente
la oiorale
la
je la trouverais
je la
passage a trait à la politique
le
accusation de morale publique
tion
une autre marche-,
d'une accusation politique,
S'il s'agissait
seuleaieut très
puisque
:
ne la comprends plus.
je
le
la
mode
;
or,
d'élec-
grande pro-
priété ?
aban-
(Test insulter la nation que de prétendre qu'elle
donne a
ses préfets le
choix de
ses législateurs
Mais qu'a donc écrit
gouvernement lui-même n'ait dit
ces reproches étrangers à la question
ici
M.
Courier
,
que
le
!
ceut fois à la tribune ? Les ministres ne nous
jouvent entretenus de
ment de
la
nécessité
exerce-t-il cette influence ?
remment? Et
ces agents,
ont-ils pas
de donner au gouverne-
l'influence dans les élections?
vernement
? Toujours
Et comment
Par
qui sont-ils, dans
ses agents
gouappa-
le
,
>
les
départemens'r
préfets. Qu'a donc dit M. Courier?
Vous offensez l^s Chambres, en les supposant disposées
à faire des lois pour ôter le pain au laboureur. Encore une
accusation étrangère au procès , car nous ne sommes point
mais d'outrage à la
accusés d'offense envers les Chambres
Les
,
morale publique.
Je répoudrai d'un
offensées
,
elles
seul
mol
:
si les
Chambres
se
croyaient
avaient droit de rendre plainte et de pro-
v
K~'
Voquer de? poursuites. Elles ue
)
l'ont pa> fait;
sont donc pas jugées offensées; et vous
droit,
quand
gardent
elles
sileoce
le
,
eiit:s
ne
*a
vous n'avez pas
de devancer leur
,
plainte et d'agir sans leur provocation.
Avaut de
quitter cette discussion
,
je
veax
Messieurs
,
les
vous proposer une épreuve irrécusable pour discerner
vérité de l'erreur
et pour apprécier les charges de l'ac-
jures,
la
,
Vous
cusation.
et c'est un des plus simples
que le contraire d'une proposition
par. la,
nécessairement une proposition vraie
axiomes de
tousse e;t
,
logique
la
,
,
:
même raison
blique
n'ignorez pas
,
toute proposition qui outragera
la
morale pu-
aura nécessairement pour contraire une vérité fon-
damentale de morale publique. Ainsi qu'un auteur
fasse
l'apologiedu larcin ou du mensonge, vous n'aurez qu'à
verser sa proposition
que
,
et
vous trouverez que
sont des actions répréhensibles
le larcin
le
:
rer.»
tueusonçe
ce sont
là
,
%
ru effet, des principes de morale incontestables.
Si, au contraire,
donne qu'un
évident que
la
proposition
sens insignifiant
la
,
ainsi
indifférent
renversée ne nous
ou ridicule,
il
est
proposition primitive ne renfermait pas d'ou-
trage à la morale
publique.
Appliquons aux propositions incriminées
cette
méthode
d'appréciation.
La
cour donne tout aux princes ;
Les prêtres donnent tout à Dieu ;
Les apanages les listes civiles ne sont pas pour les
finces ;
Le revenu des abbayes nest pas pour Jésus- Christ ;
Le prince à Chambord apprendra ce que, peuvent en,
,
,
seigner
Chambord
et la
cour
;
J*aimerais mieux quil vécût avec nous quavec ses
ancêtres
;
Les courtisans s" enrichis sent par la prostitution.
Les préfets ont beaucoup d'i'Jlucn ce dans la nomination
1
des députés....
Pjsnons
les
proposions ioversôî
,
et
yojom
quel
est
le
*7<S
C
)
eaiéchisme de morale publique que
voudrait nous faire adopter
le
ministère accusale;ir
:
La cour ne donne rien aux princes ;
Les prêtres ne donnent rien à Dieu
Les apanages les listes civiles sont exclusivement pour
;
,
les
princes
;
Le revenu
pour Jésus-
des abbayes est exclusivement
Christ ;
Le prince n apprendra pas à Chambord ce que peut
Chambord
J^aimerais mieux qu'il vécût avec ses ancêtres qu avec
enseigner
nous
;
;
Les courtisans ne s* enrichissent pas par la prostitution;
Les préfets n'ont aucune injlaence sur la nomination
des députés.
Voilà ces hautes vérités morales que le ministère public
veut nous contraindre d'observer à peine d'amende et de prison Messieurs il n'en faut pas davantage. Il n'est point
.'
,
de subtilité, point de sophisme qui puisseut résister à cette
épreuve aussi simple qu'iofiillible; vous en avez vu les ré,
sultats
Si
,
l'accusation est jugée.
;
après cette épreuve
est déféré
,
vous condamnez l'écritqui vous
,
plus de loi qui puisse rassurer
de conserver sa fortune
soit assuré
les
citoyens
,
plus
ne puisse être condamné, plus d'écrivain qui
d'écrit qui
et sa liberté.
L'accusation
tVoutrage a Ix morale publique va devenir pour la France
ce que fut, pour Rome dégénérée l'accusation de lèze-ma,
jesté.
C'est à
vous de conserver
ses garanties
justice
c'est à
}
à la lof
son empire
vous d'empêcher que
De s'égare, et, par un abus déplorable
l'instrument des passions
amours-propres
de jugemeDS
:
les
uns
ou des ressentiment
publique
les
politiques
offensés. Il est,
,
dénonce
,
fruits
sont
vous
le
la
,
ne devienne
savez,
vengeur des
deux sortes
ou
,
à la liberté
,
glaive de
le
le
de l'erreur, des préventions
l'effroi
de
la société;
l'opinion
à l'histoire, et l'inexorable histoire les
^77
(
)
inscrit sur ses tables vengeresse»
quité
rassurent le corps social
,
les autres
:
par l'é-
dictés
missent
affei
,
états,
les
et
sont transmis par la reconnaissance publique à l'estime de
Voila quel jugement uous attendons de vous:
la postérité.
que
j'ose croire
Ainsi parla
M
c
Berville
dans l'expression
netteté
ne sera point trompée.
cette attente
avec beaucoup de
,
de
facilité,
de force par
assez
et
,
A
fois.
ce
discours Paul-Louis voulait ajouter quelques mots; mais sas
amis
l'en
empêchèrent
,
$a vie parlé en public,
pûtsoutenir
les
entièrement
une
serait
un
n'avait de
qu'il
vrai miracle qu'il
convenances du barreau, où
,
d'étiquette gênante
ferait des fautes
il
de profiter,
laient pas
remontrant
lui
que ce
regards de toute une assemblée; qu'ignorant
les
sorte de cérémonial
deviner,
en
et
et
dont
ses
ennemis ne
demeurerait étonné à
contradiction; qu'il n'avait
pour
là
lui
même
que
le
établie
s'est
impossible k
,
manque—
la
moindre
public,
au-
dedimiauer
à son égard la bienveillance, par une harangue mal dite,
peu entendue, interrompue; que les gens de lettres qui
avaient tenté cette épreuveavec moins de désavantage , s'en
quel on imposait silence
,
dont
risquait
qu'il ne devait pas
se flatter,
écrire quelques brochures passables,
de pouvoir
étaient rarement bien tiros
pour avoir su
il
;
aussi bien se faire entendre de vive voix, ces
tant pas seulement fort différents
contraires autant
des écrits
couime
et
il
que
au langage
,
l'était, et
du choix
l'est
de
deux
arts
plusieurs points
concision
la
diffus
er.
qui
,
fait
le
,
n'é-
mais
mérite
tribune; qu'enfin, piqué
la
de l'absurdité de
l'affaire
des jurés, et de la mauvaise foi
en elle-même
du procureur
du roi, et de la partialité servile du président ,il ne pouvait
manquer de s'exprimer vivement avec peu de mesure et
de gâter sa cause aux yeux de tout le monde. Il se rendit à
,
,
ces raisons
,
et prit
moins répondre,
sateurs
,
et
patience en enrageant de ne pouvoir au
confondre
ses accumieux aimé
qui lui veulent du
mauvais sens de
le
chose facile assurément
:
car
,
s'il
déférer eu cela aux conseils de gens sages
n'eût
*7*>
(
bien
soit
,
principes
par attachement personnel
,
eût prononcé ce discours
,
il
,
d'approchant
;
Mi'éSIETJRS
Dans
ou conformité d*
ou quelque choie
,
qae vous a dit M. l'avocat- généra', je comprends
il
désapprouve les ternies doul je nie suis
ce
ceci claiieruent
:
pour désigner la source , respectable selon lui, trè-.impure, selon moi, des fortuues de cour , et la manière
6eivi
dont
aussi
dénonce
parlé des grands dans l'imprimé qu'il
j'ai
comme
contraire à la morale, scandaleux
vous
licen-
,
Pour moi, aux premières nouvelles d'une
peu sûr Je
mon intention n'ayant à me reprocher aucune pensée qui
méritât ce degré de biàme, je crus d'abord qu'aisément
j'avais pu me méprendre sur le sens de quelques mots
et
donner à entendre une r/hosë pour une autre, en expliquant
mal mes idées. Car comme savent assez ceux qui se mêlent
un peu déparier ou d'éctire rien n'est si rare que l'expression juste 5 on dit presque toujours plus ou moins qu'on ne
veut dire, et par l'exemple même de M. l'avocat du roi
cieux
,
horrible.
pareille accusation, à laquelle je m'attendais
,
,
,
,
,
me nomme
qui
ici libelliste
homme
,
avide de gain
spécu^
,
tuteur d'injure et de diffamation, vous avez pu juger coiu-
bieu
de
la
il
est
plus facile d'accumuler dans un' discours ces traits
haute éloquence, que d'appliquer à chaque chose
Je crus donc avoir
en aucune façon.
lire
Il
une page dont
failli,
Messieurs, et ne m'en étonnais
je
f jsse
d'écrire sans faute. Mais
rant le tout
,
et
satisfait
,
à part
syllabe, je vous dis la pure vérité
reprendre qu'une seule ehose
,
bien
en examinant ceci attentivement,
chaque phrase
l'auteur
ma vie , de
moins encore
m'est rarement arrivé, dans
avec des gens qui n'ont nulle envie de
ment pour
le ion,
langage qui conviennent exactement.
le style, le
,
:
,
me
flatter
,
chaque mot
considé,
chaque
nous n'y avons trouvé
mais grave
une chose dont M.
lo
et
à
lâcheuse vrai-
procureur
/lu
roi
(
ne
point avisé;
s'est
dans
c'est
*79
)
que
cet ec,
passages inculpés, ni dans
les
n'y a rien de nouveau, rien qui
fois.
En
effet
qu'y
,
voit-
on
,
vies de
l'avidité
A proprement parler, l'auteur
homme qui crie Venez, accourez,
un
cour
la
vovez
découvert tout
j'ai
cela.
bas-
Que
sa
malire
la
de> singes, le venin des reptiles, et la rapacité des
:
les
,
de ce pamphlet
:
de proie
:
il
corruption des
la
,
courtisans.
est
rien
de l'ouvrage,
n'ait été dit et redit mille
Y le»
sesses, la lâcheté, l'hypocrisie
rapprend
il
le re s te
animaux
naïveté vous
amuse un moment; riez-en, si vous voulez mais le condamner après, comme ayant outragé ces classes distinguées
de malfaisantes bêtes l'envoyer en prison ah
ce serait
;
,
!
;
conscience.
Pas un mot, Messieurs, pas un mot né se trouve dans
imprimé qui ne soit partout dans les livres que chacun
mains et que vous approuvez comme bous. Mou
avocat vous l'a fait voir par de nombreuses citations; non
cet
a entre les
seulement
les
les
orateurs,
prédicateurs et
choses
déjà dites
,
Tellement
écrit,
si
qu'il
les
les historiens,
les
moralistes, mais
pères de l'Eglise ont dit ces
avant eux
counues de tout
et
que
paraîtrait bien
ce n'est ignorance à lui,
temps.
l'auteur d'un pareil
et simplicité villageoise,
d'avoir cru digue de l'impression des observations
gaires, s'est
mêmes
un peu moqué du public, en
lui
si
vul-
débitant pour
nouveau ce que les moindres enfants savent. Mais queile Iol
du Code a prévu ce déW" ï
Quant aux expressions qui déplaisent a vous, Monsieur Lo
président, à M. l'avocat du roi débauche , prostitution,
et autres que je ne feindrais non plus de répéter, c'est une
,
grande question entre
les
philosophes, de savoir
si.
l'on peu!,
du discours en soi
n'a rien de mauvais, comme lorsqu'on blâms certains vices
en les appelant par leur nom. La dispute est ancieune, et
pécher par
ce sont
les
,
mots
les
paroles
,
quaud
le sens
notez bien, ce sont les sectes rigides qui croient
iodifférenj.
Nous
•ninion de nos maîtres
si
autres
aines
,
paysans
gens
de
,
tenons
travail
cette
jadis.
8o
.Nous regardons aux
dans
discours
le
non
,
)
actes surtout
au langage peu ; le sen*
nous touche. Mais
,
;
termes
les
d'autres pensent autrement, et les sage^ suivant la
du
peut compter messieurs
lesquels on
parmi
mots, selon eux, plus sévères que ceux qui
les
toute dans
les
grimaces. Ainsi
Georges Dandia
mais où
!a
que
,
dont
je
me
trouve
publique,
par hasard
vous scandalisent
paroles
les
là
,
admirée,
dégoûtante débauche,
la
et
dans
églises
les
la
,
chanter ici:
j'entends
Gabrielle,
je
m'écrie aussitôt
:
la
Est-ce
prison.
morale
le
,
le
les
,
magistrats conc'est
que
cette
mandat de comparoir.
procureur du
mœurs qu'on nous prêche
vieilles
On me le
et même
Charmante Ga-
roi
Oui, Messieurs,
fait?
l'avocat-
infâme créature, débauchée,
prostituée. Là-dessus, réquisitoire,
Pour venger
rendre.
des champs,
corruption infecte; je
mœurs. Apprenant ce que
servateurs des
applaudissent
moi qui offense la morale.
Autre exemple en tous lieux
,
en action,
figurée, en public
,
an grand contentement de tous
,
et
Monsieur
,
c'est
prouvera bien.
irielle
est
homme
général, je rougis en voyant représentée
murmure,
mettent
n'y voient rien à
ils
,
mœurs qu'on veut nous
peinture des vieilles
Moi
où l'adultère
prononce pas
se
est toute
la
qu'on joue sur vos théâtres
et d'autres pièces
mot ne
le
,
redire, rien contre la morale
;>
La morale
roi, sont farouches sur les paroles.
dans
cour,
procureurs
les
conclut à la
j'ai
parlé des
aujourd'hui, delà vieille
que l'on nous vante ; sans cacher ma
mes paroles, j'ai dit sale débauche, in-
galanterie des cours
pensée,
fâme
ni voiler
prostitution, et
Mais
je suis
quoique vous en
gage
,
et
me
du peuple
disiez,
voilà devant vous
;
M.
,
aimables
s'il
était
,
Messieurs.
ne suis pas des hautes classes
le président
\
,
j'ignore leur lan-
pu l'apprendre. Soldat pendant longu'ayaut vu que les camps et les
comment saurais-je donner aux vices des noms
n'ai
pas
temps, aujourd'hui paysan
champs
je
,
et polis. Peut-être, aussi ne le veudrais-je pas,
en moi de quitter nos rustiques façons de dire pour
vos expressions, vos formules. Dans cet
écrit, d'ailleurs, je
(
*8i
)
laboureur» , habiparle à des geas comme moi; villageois
tants des campagnes; et si Ton m'imprime à Paris, vous
,
savez bien
pourquoi
,
Messieurs
c'est
;
qu'ailleurs
y a
il
des préfets qui ne laissent pas publier autre chose que leur
pour qui
éloge. Les gens
mot
,
ne savent ce que
veulent à chaque chose
dit
mainte
fois
n'entendent point à demi-
j'écris
que
c'est
nom
le
le
,
finesse,
nom
délicatesse
nous valons mieux que nos pères
,
,
et
Leur ayant
français.
(
proposi-
m'a toujours paru sans danger, car elle n'offense
pour le prouver, il m'a fallu leur dire les
morts)
tion qui
que
les
,
mœurs du temps passé.
termes mêmes de tant
mémoires
;
cureur du
puis
roi
,
il
J'ai
cru faire merveille d'user des
d'auteurs qui nons ont laissé des
que ces termes choquent
approuve daus mes auteurs
se trouve
qui
les
poursuit partout ailleurs. Pouvais-je deviner cela
me
douter seulement que des
traits
délicieux
,
le
pro-
,
et les
prévoir
j
divins, ve-
,
nant d'une marquise de Sévigné , d'une mademoiselle de
Montpensier, ou d'une princesse de Conti répété par moi,
(étaient horreur
et que les propres mots de ces femmes
,
,
célèbres
,
loués, admirés dans leurs écrits, dans
les
miens,
seraient des attentats contre la décence publique.
Oh
mes
rale
que vous serez bien surpris, bonnes gens du pays ,
quand vous saurez que notre mo, mes amis,
que ces mêmes disà Paris passe pour dêshonnête
!
voisins
,
,
,
cours qui là-bas vous semblaient austères
pudeur
et scandalisent les magistrats!
vous pas prendre de
la sévérité,
de
la
,
ici
alarment
la
Quelle idée n'allez-
pureté des
mœurs dans
on intermet au rang des vauriens
roge sur la sellette l'homme qui chez vous parut juste et
de paix ,
dont la vie fut au village exemple de simplicité
de régularité. Tout de bon , Messieurs, peut-on croire que
cette capitale,
où
l'on
,
,
,
,
,
celle accusation soit sérieuse Y le
Ou
trouver
la
moyen de
moindre apparence,
le
se
l'imaginer ?
moindre soupçon d'of-
dans un écrit dont le public i
non seulenieut approuve la morale , mais la juge même trop
r'gide pour le traiu ordinaire du monde, cl dont plusieurs
fense à la morale publique
,
,,
*&*
(
moqueraient
te
comme
appuyé, soutenu de
lait
qu'il
y
,
pratique et de
foi
qui m'ont averti de cela. Dans
rarement ce qui vous dépl&ît.
Ce sont
oit.
les écrits
,
n\
à
-
croii4
gu
des
.>
cIj
vou5 attaqur
Quand vous critz
/.
U morae
à
après beaucoup
de doute, pour fonder une accusation, vous
,
prenez quelques passages
les
plus abominables,
vantables que vous ayez pu découvrir
v; ici
s'il
procureuis
les
te n'est pas la morale qui vous ble^e. Ici,
d'hésitation
,
vie tout enliè ?
la
commence
je
,
m'a
vrai dans ce qu'on
de vos façons d'agir, Messieurs
instruits
îoi
du
a
la
En bonne
de celui qui parle.
)
d'un sermou de Janséniste
;
les
plus épou-
et ces passages
la
écoutez, de giâee, Messieurs; Juges et Jurés, écout*/.
:
pouvae saus frémir, ces horreurs que l'on tint»
prêtres donnent tout à Dieu; les leçons xbt
la cour ne sont pas tes meilleures ; les p> éfets quelquefois
jfoht des législateurs; nos princes avec nous seraient miertst
qu'avec leurs ancêtres. C'est là ce qui vous émeut, avocat* généraux et procureurs du roi
pour cela vous faite? laat
de bruit! Votre zèle s'enflamme et la fidélité.. Non , vous
avez beau dire il y a quelque autre cho=e ; si tout était de
ce ton dans le pamphlet que l*on poursuit au nom de la dési
vous
le
dénonce
/es
:
!
1
,
.
,
ceuce
et des
mœurs
,
si
tout eût ressemblé
a
ces
phraus
ou n'y eût pas pris garde -, et la morale publique
lie serait pas offensée. Prenez, Messieurs , ouvrez ce scandaleux pamphlet aux passages inculpés , calomnieux, horribles, pleins de noirceur atroces. Vous êtes étonnés, vous
coupables
,
,
ne comprenez pas
drez alors
et
,
pourquoi
;
mais tournez
vous entendiez
l'on se fùche, et
vouscompren-
le feuillet,
l'affaire
;
vous devinerez bientôt
d'où vient qu'on ne veut pas
Messieurs , liiez Un
Vous y voilà; Tin jeune prince au collège
C'est cela même. Que dis- je Y il s'agit de morale, de !a morale publique ou de la mienne, je croi<
ou de telle du
pourtant dire ce qui fàcbe. Feuilletez
:
,
prince....
,
.
pamphlet
qui
me
,
n'importe:
font cette affaire
voient antre ehése
; ils
morale
la
5
ils
est
l'unique souci de ceux
n'oot point d'.-mtte obj^
cherùseat
U
morale
et
la
1
u
,
283
(
ensemble
,
l'un et l'antre en
Des gens out aimé
Mais que vous
de
i/èles pas
fait cela
cour
la
la
)
même
liberté et
,
vous
temps. Pourquoi
Bonaparte à
Messieurs
,
les
la
vous devez vouloir dans vos ramilles
*
on
im~
jurés? vous
j'imagine. Etrangers à ses
,
i.
t'ois
la véritable
momeries
,
honnêteté,
non pas un jargon, des manières. Conterez vous , sortant
un homme a osé dite que
à vos femmes à vos filles
les dames d'autrtfuis , ces grandes dames qui vivaient avec
d'ici
,
tout le
monde, excepté avec
créature»
là
5
coupable
je l'ai déclaré
on va
;
le
homme-
mettre en prison pour
ne manquez pas
Charmante Gabriclle ; et d'aoui, mes filles, ma femme, celte Gabrielle
si
,
vous leur contez cela
après de le*r faire chanter
jouter encore
leurs maris, étaient d'indignes
appelle de* prostituée»; J'ai puni cet
les
; il
morale. Jurés
la
:
,
:
,
:
une charmante personne. Elle quitta son mari pour
était
vivre avec
le
sans quitter le roi, elle vivait avec
1
roi
et
,
,
d'autres. Aimable friponnerie
fiue galanterie, coquetterie
du beau monde Il y a des gens, mes fille», qui appellent
cela débauche; ils offensent la morale, et ce sont des co,
!
quins qu'il faut mettre en prison. Evitez, sur toutes choses
les
mots, mes
tant
filles
,
mots de débauche, d'adultère
les
;
,
et
que vous vivrez, gardez-vous des paroles qui blessent
le bon ton \ ainsi faisait la charmante Ga-
décence,
la
briclle.
Voilà ce qu'il vous faudra dire dans vos familles,
me condamnez
si
vous
mais à
et non seulement à vos familles
toutes vous recommanderez de tels exemples , de telles mœurs.
Autant qu'il est en vous, delà France industrieuse, savante
ici
et sage qu'elle est,
foi>
en
\
,
,
vous en ferez
me
punissant
,
moi
,
cela sent le
.'iccle
non comme
,
France galante d*autrevous prêcherez
de l'avoir blâmé
quittez ces habitudes d'ordre
se
la
ckez vous, dans vos maisons
présent.
,
ailleurs.
le vice,
Femmes
,
de sagesse, d'économie; tout
Vivez
à la
mode des
vieilles
cours
Ninon de l'Enclos;, qui restaient filles, ne
mariaient point pour pouvoir déposer dalles-mêmes rc*
ces
,
,
»8{
(
)
comme colles qui le bramoins timides, s'engageaient exprès, afin de n'avoir
aucun frein , se faisaient épouses pour eue libres ; qui
prenons garde d'offenser encore la morale comme ces belles
Voulaient
vaient
nœud
le
coDJugal
mais
;
,
!
dames enfin, dont
dans
coupable.
l'écrit
arrêt,
s'il
la
conduite
est
naïvement représentée
y aura
cela
de curieux dans votre
la vérité de
Il
m'est contraire,
que ne pouvant mer
cette peioture des anciennes
mœurs
ïuoiguage des contemporains
vous
étaient telles,
Y )
(car qu'opposer au té-
tout en avouant qu'elles
,
me condamneriez
seulement pour
les
avoir appelées mauvaises. Ainsi vous les trouveriez bonne»,
ri
engageriez un chacun à
vous jurés,
,
à
les
imiter
;
chose peu croyable de
moins que vous n'ayez des grâces
à
demander,
des faveurs et vos profils particuliers sur la dépravation
commune.
Il serait aussi bien étrange qu'ayant loué le présent aux
dépens du passé, je n'en pusse être absous par vous, gen»
d'à présent par vous magistrats qui vivez de notre temps,
,
,
,
que vous me fissiez repentir de vous avoir
jugés meilleurs que vos devanciers, et d'avoir osé le publier
car cela mente est exprimé ou sous-entendu dans l'imprimé
qu'on vous dénonce, et où je soutiens bien ou mal, que
le monde actuel vaut au moins celui d'autrefois, ce qui
j>uppose que je vous préfère aux conseillers de chambre ardente aux juges d'Urbain Grandier , de Fargue aux Laubardemont, aux d'Oppède , vous croyant plus instruits,
oui Messieurs
moins esclave*
plus justes, et même
du pouvoir. Est-ce donc à vous de m'en dédire de me
prouver que je m'abusais et serais-je, par vous, puni de
vous avoir estimé trop ? J'aurais meilleur marché je crois
des morts dont j'ai médit , si les morts me jugeaient que
des vivants loués par moi. Tous les écoliers de JÀamus,
revenant au monde aujourd'hui conviendraient sans peine
que les nôtres eu savent plus qu'eux, et sont plus sages
far au moins ils ne tuent pas leurs professeurs. Les dames
gdanleï de Brantôme, en avouant la vérité de ce que j'ai
«:e
me
semble
\
-,
,
,
,
,
,
,
"r*
,
,
,
;
,,
(
dit
délies, s'étonneraient
a#
du
)
qu'on prend do leur
soin
putation. Si j'osais évoluer ici, par
l'ombre du grand Lombardemont
procureur du
en sou temps
roi
s«n successeur
d
;
,
de ce zélé
,
prendrait
il
de ce dévoué
,
mon
parti contre
avec moi contre vous Monsieur
vous soutiendrait que vous et nous,
serait
l'avocat-géuéral,
ré-
un privilège d'orateur
et
,
comme
en tout vivons mieux que nos anciens,
je l'ai dit, le
redis, et le dirai, dussiez- vous, Messieurs,
pour ce délit,
me condamner au maximum de la peine. Mais n'eu fdites
lien, et plutôt écoulez ce que j'ajoute ici. J'ai employé beaucoup d'étude à counaitre le temps passé à comparer les
,
hommes
d hui
,
avec ce qui
et les choses d'autrefois
trouvé
et j'ai
mieux maintenant
disent le
,
contraire,
,
foi
de paysan
ou moins mal.
ils
n'ont pas
Si quelques uns
comme moi
,
aujour-
est
trouvé que tout va
j'ai
,
vou3
compulsé
,
tous les registres de l'histoire, pour savoir à quoi s'en tenir.
Ceux qui louent
de
Ainsi
la
croire là-dessus,
plus que lui
le
passé ne connaissent que
morale
et
,
non pas
sans nul doute
,
le
,
et
c'est
:
mon autorité
sienne en cette matière. Pourquoi? Par la
je viens
et
la
de vous dire, l'élude, qui faitque
par d'autres raisons encore
:
que messieurs
loisir et la
depuis
les
trois mille ans jusqu'à
Aristote,
laDgue
il
même
prévaut sur la
raison
que
j'en ai plus appris
deux
parties,
théorie, je suis plus fort
roi
,
ayant eu plus qu'eux
les sages
nos jours.
homme
Montaigne,
Plutarque,
J'en sais
roi.
la
volonté de méditer ce que
fiez-vous-en, Messieurs, à un
en faut
qu'il
même
car la morale a
Dans
procureurs du
théorie et la pratique.
présent.
le
moi
procureur du
Messieurs
et
Mes
le
en ont écrit
principes
qui chaque jour
dans
l'Évangile
de Jésus-Christ. Le procureur du
roi
la
en dirait-
autant V lui, occupé de toute autre chose: car enfîu
devoirs de sa charge, les soins toujours assez
lit
les
nombreux
d'une louable ambition, sans laquelle on n'accepte point de
d'autres devoirs qu'impose
tels emplois, et d'autres soins
,
la société
assemblées
à
,
ceux qui veulent y
jeu
,
repas
,
cérémonies
tenir
,
un rang
tant de soucis
-,
,
visites
d'amu-
,
286
(
sements, laissent
)
de temps à
peu
1
hrtmme en phce
l
poiir
s'appliquer à la morale que j'étudie sans distraction. Je doij
la savoir
théorie.
mieux
et la sais
,
Quant
active, chose à noter
ma
champs,
vie aux
me
de vanités,
sirs,
n'en doutez pas
,
ma
à la pratique,
même
contemplative en
et
,
libre
pour
et voilà
\
la
vie laborieuse, studieuse,
temps,
dépassions, d'intrigues, de plai-
donnerait trop d\*vautages daos quel-
que ce fût et je puis je dois même dire que
fût-ce
je ferais honneur à ceux avec qui je me comparerais
même avec vous, Monsieur le procureur du roi. Oui, sur ce
banc où vous m'amenez et où tant d'autres se sont vu condam-
que
parallèle
,
,
,
,
ner à des peines infâmes
ma
morale
sur ce banc
,
au-dessus de
est
quelque point de vue
qu'il
même
vous
je
,
le dis
vôtre, à tous égards
la
,
sous
vous plaise de l'envisager, et
si
l'un de nous en devait faire des leçons à l'autre, ce ne serait
parole
pas vous qui auriez
la
lement, que
je
me
que
,
je reçois
ne
dont
et
^
par où j'entends montrer seu-
de l'espèce d'injure
tiens point avili
la
home
,
s'il
y en
a
est et
,
demeurera
toute à ceux qui s'imagineraieut m'outrager.
En
monde ne
effet, le
s'abuse point,
et les
sentences des
magistrats ne sont flétrissantes qu'autant que le public
a confirmées. Caton fut
comme
ayant offensé
crate,
et sais
dans
même
le
flatteurs
sieurs
;
de
part; oui
la
,
jespère,
,
si j'ai
tion.
je
veux qu'on
je
bien
Mais par
,
les
mourut
ni So-
le
est
soit
le
votre arrêt
pris
,
Mes*
en mauvaise
sache, et regrette
:
en respectant
ne l'attends pas néanmoins pour con-
fait.
J'en aurais
n'ayant encore que
mon œuvre
si
,
que
ne sera point
plus de gens à m'ecouter
ici
votre jugement,
m 'arrive,
Socrate
morale. Je ne suis Caton
puissance. Quel
Messieurs
qu'il n'y ait
naître
la
^
de combien il s'eo faut. Toutefois me voilà
chemin, poursuivi par les hypocrites et les
ceci
et
condamné cinq fois
mal que
l'on
la
me
pu douter avant
ce qui
mon
inleu-
conscience de
veut
,
je
comprends que
bonne. Aussi n'aurais-je fâché personne,
personne ne m'eût applaudi. La voix publique se déautant qu'elle le peut aujourd'hui, m'appret.i
clarant
(*8 7
tf
que
penser,
je dois
et ce
monde de
que
)
sans doute
,
vous pensez
,
qu'on accuse devant vous.
P irmi tant de gens qui l'ont lu, de tout âge, de toute conj'ajoute même encore, et de toute opinion je n'ai
dition
itvec tout
!e
l'écrit
,
,
vu nul qui ne m'en parût
grâce au ciel,
satisfait
quant
morale,
et
d'un rang, d'une fortune qui ne
flatterie. Uue chose donc fort assu-
suis
je
m'exposent point à
la
aucuu doute,
rée, dont je ne puis faire
m'approuve, me
loue. Si cepeodaut
déclarez coupable
,
le
à la
j'en souffrirai
c'est
que
le
soit ainsi,
,
comme à
que
public
me
Messieurs, vous
de plus d'une façon
chagrin de n'avoir pu vous agréer
mais j'aime mieux qu'il
,
si
,
outre
tant d'autres,
le contraire arri-
que je fusse absous par vous , coupable aux yeux de
moude.
Voilà ce que Paul-Louis voulait dire. Ces paroles et
vait
et
,
tout
le
,
d'autres qu'il eût puajouter
être
^
force
car
}
,
en de
tels
débats
,
,
n'eusseut pas été perdues pentla
voix de l'accusé a une grande
mais peut-être aussi n'eût-il pas empêché par-
jurés de le
condamner, comme
et quasi sans
délibérer
,
ils
ont
fait
,
là les
unanimement
tant le fait leur parut éclairci par
lumineuse harangue de M. l'avocat-géuéral. Le président
Paul -Louis est-il coupable ? Oui.
posa deux questions
la
:
cojpable
Non. La cour renvoie Bobée condeux mois de prison et 200 francs
d'amende. Appel en cassation. Si le pourvoi est admis ,
Bobée
est-il
damne Paul-Louis
?
,
à
l'accusé parlera, et touchera des points qui sont encore intacts
dans cette
affaire
vraiment curieuse.
289
(
)
PÉTITION
A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS
,
POUR DES VILLAGEOIS
QUE
EMPÊCHE DE DANSER.
l'OjN
M
ma demande est plus important qu'il n e
bien qu'il ne s'agisse, au vrai, que de danse et
d'amusements , cependant, comme d'une part ces amuseL'objet de
semble
;
car
,
ments sont ceux du peuple , et que rien de ce qui le touche
ne vous peut être iudifférent ; que d'autre part, la religion
ou compromise , pour mieux dire
&'y trouve intéressée
par un zèle mal entendu je pense , quelque division qu'il
puisse y avoir entre vous, que tous vous jugerez ma requête
,
,
divine de votre attention.
Je
demande
qu'il soit permis
habitants d'Azai de danser
commune
,et
que
le
,
comme
par
dimanche sur
toutes les défenses fuites
,
la
le
passé, aux
place de leur
à cet égard, parle
préfet, soient annulées.
Nous y sommes
allons
intéressés,
aux
fêtes d'Azai
La
dislance des
,
nous
comme
gens de Véretz, qui
ceux d'Azai viennent aux
,
deux clochers n'est que de deminous n'avons point de plus proches ni de
meilleurs voisins. Eux ici , nous chez eux , ou se traite tour
noires.
lieue euvirou
:
,
(
on
midi
à tour,
api es
se
diva
)
sur la place
,
jours d'été. Après midi viennent les violons
les
,
w
dimanche, on danse
le
lit
sur quoi j'ai deux reet les gendarmes en même temps
marques à faire.
Nous dansons au son du violon mais ce n'est que depuis
nne certaine époque. Le violon était réservé jadis aux bals
,
;
des honnêtes gens. Car d'abord
lut rare en France.
il
Le
grand roi fit venir des violons d'Italie , et en eut une compagnie pour faire danser sa cour gravement noblement,
les cavaliers en perruque noire, les dames en vertugadin.
,
Le peuple
dansait peu
payait
ces
violons
,
ne s'en servait pas,
mais
,
au son de
quelquefois
Voici
la
musette ou corne-
pèlerin jouant
de sa
danse Guillot saute Perrette. Nous , les neveux
de ces Guillots et de ces Perrettes , quittant les façons de
nos pères , nous dansons au son du violon comme la cour
de Louis-le-Grand. Quand je dis comme , je m'entends }
nous ne dansons pas gravement ni ne menons , avec nos
muse, témoin
musette
ce
refrain
:
le
,
;
,
femmes nos maîtresses et nos bâtards.
mière remarque ; l'autre, la voici.
,
Les gendarmes
encore que
les
se sont multipliés
dire vrai, ce n'est
gouvernement
ministre
,
bien plus
est
du village, et à
demandons, mais le
passerions aux fêtes
pas nous qui
les
partout aujourd'hui,
s'étend jusqu'à nos danses
le préfet
en France
pre-
violons, quoique moins nécessaires pour la
Nous nous en
danse.
ma
C'est là
,
où
ne se
il
fait
cette
et
ubiquité
pas un pas dont
ne veuille être informé , pour en rendre compte au
de savoir à qui tant desoins sont plus déplaisants
\
plus à charge, et qui en souffre davantage
,
des gouvernants
ou de nous gouvernés surveillés c'est une grande question
mais que je laisse à part , de peur de me
et curieuse
brouiller avec les classes ou de dire quelque mot tendant à
,
,
,
je
ne
sais
Outre
ce qu'on
mune
,
quoi.
ces danses ordinaires les
nomme
l'assemblée une
qui reçoit à son tour
dimanches
fois l'an,
les autres.
et fêtes,
il
y
a
dans chaque com-
Grande affluence ce
,
2 9*
(
jour-là
,
grande
joie
pour
)
jeunes gens. Les violons n'y
les
croire. Au premier coup
chacun mène sa prétendue. Autre
part on joue à des jeux que n'afferme point le gouvernement
au palet, à la boule, aux quilles. Plusieurs, cependant ,
parlent d'affaires , des marchés se concluent ; mainte vache
font faute
,
comme
vous pouvez
d'archet, on se place, et
:
est
vendue qui
pu
n'avait
l'être à la foire. Ainsi ces
rendez-vous
blées ne sont pas des
de
assem-
seulement,
plaisir
du public et de chacun et le lieu
pas non plus indifférent. La
place d'Azai semble faite exprès pour cela 5 située au centre
de la commune en terrain battu, non pavé, par là, propre
mais touchent
où
elles
les intérêts
tiennent
se
,
n'est
,
à toutes sortes de jeux et d'exercices, entourée de boutiques,
portée des hôtelleries, des cabarets
à
se font sans boire;
;
peu de marchés
car
peu de contredanses
terminent sans
vider quelque pot de bière; nul désordre, jamais l'ombre
se
d'une querelle. C'est l'admiration des
viennent voir quelquefois
que nos
fêtes
,
populaires se
sans coups de poings
Anglais qui nous
ne peuvent quasi comprendre
passent avec tant de tranquillité
et
comme chez eux, sans meurtres comme
comme en Allemagne.
en Italie, sans ivres -morts
Le peuple
quoiqu'en disent les notes secrètes.
pour avoir temps de penser à mal, et
s'il est vrai ce mot ancien, que tout viee naît d'oisiveté,
nous devons être exempts de vice, occupés comme nous le
sommes six jours de la semaine , sans relâche, et bonne part
Nous
du
son
est sage,
travaillons trop
septième, chose que blâment quelques uns.
,
et je
Ils
ont rai-
voudrais que ce jour-là toute besogne cessât
il
;
faudrait, dimanches et fêtes, par tous les villages, s'exercer
au
tir,
au maniement des armes
,
penser aux
puissances
étrangères qui pensent à nous tous les jours. Ainsi font les
Suisses nos voisins
,
et ainsi
devrions-nous
yens à nous défendre en cas de noise avec
lier
la
au
ciel et à
notre innocence,
charge en douze temps
cosaque. Je
l'ai dit et
le
,
il
;
,
pour
être
Car de
se
vaut bien mieux apprendre
et savoir
redis
faire
les forts.
au besoin
labourer
,
ajuster
un
semer à temps
(
aux champs dès
être
2
92
)
matin, ce n'est pas tout
Aligne
récolte.
s'assurer la
le
plants
tes
vigneras Tau qui vient, et quelque jour
du bon
feras
vin.
Mais qui
ne te tiens prêt à le
pendant qu'il en
conviendrait pas
,
le
les
Dieu aidant, tu
ta
si
,
Von-, Messieurs, songez-y,
temps-,
est
tu pro
boira ? Rostopschin
lui disputer.
vu
,
faut
il
:
mon ami,
,
avisez
entre
vous
circonstances présentes
s'il
ne
ou immi-
du dimanche, <ans préjudice
delà messe à des exercices qu'approuve le Dieu des armées tels que le pas de charge et les feux de bataillon.
Ainsi pourrions- nous employer, avec très grand profit pour
nentes, de vaquer lesaint jour
,
,
pour nous des moments perdus à la danse.
Nos dévots, toutefois l'entendent autrement. lis voudraient, que ce jour-là, ou ne fît rien du tout que prier et
l'état, et
,
dire ses heures. C'est la meilleure
saire
,
l'affaire
du
Mais
salut.
le
chose
et la seule
percepteur
est là
nécesil
;
faut
payer et travailler pour ceux qui ne travaillent poiut. Et
combien pensez- vous qu'ils soient à uotre charge ? enfants,
vieillards, mendiants, moines, laquais, courtisans; que de
gens à entretenir, et magnifiquement la plupart! Puis la
splendeur du trône, et puis, la Sain'.e-Alliance 5 que de
coûts, quelles dépenses! et pour y satisfaire, a-t-on trop
,
de tout sou temps? Vous le savez, d'ailleurs, et le voyez,
ceux qui haïssent tant le travail du dimanche
Messieurs
,
eavoient des garnisaires
augmentent le budget. Nous devons chaque année, selon eux,
payer plus et travailler moins.
Mais quoi? la lettre tue et l'esprit vivifie. Quand l'Eglise
veulent des traitements
commandement de s'abstenir
œuvre servile, il y avait des serfs
a fjit ce
toute
,
,
à certains jours
de
alors liés à la glèbe
pour eux, eu leur faveur, le repos fut prescrit; alors
n'était saint que la geut cotvéable ne chômât volontiers;
;
il
le
maître seul y perdait, obligé de les nourrir, qui, sans cela
les tût accablés de travail ; le précepte fut sage et la loi salutaire,
dans ces temps d'oppression. Mais depuis qu'il
uy
a
plus pi Gel) ni haubert*, qu'affranchis, peu s'en faut, de l'an-
29,3
(
lîtmc servitude
payé
est
,
)
nous travaillons pour nous quand l'impôt
nous ne saurions chômer qu'à nos propres dépens;
,
nous y contraindre, c'est.... c'est pis que le budget, car le
budget du moins profite aux courtisans , mais noue oisiveté
ne profite à personne. Le travail qu'on nous défend, ce
qu'on nous empêche de faire,
vêtement qu'où
le vivre et le
nous ôie par- là, ne produisent point de pensions, de grâces,
de traitements, c'est nous nuire en pure perte.
Les Anglais, en voyant nos
surprise
font tous
,
la
même
montrent tous la même
mais , parmi eux il
fêles,
réflexion
•,
,
a qu'elles étonnent davantage, ce sont les plus â«és
y en
,
qui, venus en Franre autrefois, ont quelqnr mémoire de ce
Touraioe et le peuple des bons seigneurs.
m'en souvient jeune alors j'ai vu avant celte
grande époque où soldat volontaire de la révolution, j'abandonnai des lieux si chers à mon enfance , j'ai vu Ie«
paysans affamés, déguenillés, tendre la main aux portes et
qu'était la vieille
Do
fait
,
il
:
,
,
,
partout sur
les
chemins, aux avenues des
villes,
des couvents,
où leur inévitable aspect était le tourment rie
ceux-là même que la prospérité commune indigne, désole
aujourd'hui. La mendicité renaît, je lésais, et va faire, si
des rhâteaux
,
,
ce qu'on dit est vrai
teindra de
j'en ferais
moi
,
,
de merveilleux progrès;
aux autres sembleraient ioventésà plaisir; écoutez un
un homme du grand siècle
observateur exact et
,
témoin
,
c'est Labruvèe.
;
animaux farouches, des mâles
et des femelles
répandus dans la campagne, noirs, livide*
nuds et tout brûlés du soleil
attachés à la terre
qu'ils fouillent et remuent avec une opiniâtreté inviucible. Ils ont comme une voix articulée
et quand ils se
lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine;
désintéressé
«
'/>
»
y>
»
»
mais n'at-
long-temps ce degré de misère. Les récits que
seraient faibles pour ceux qui l'ont vue comme
On
» et en
;
son dire ne peut être suspect
voit, dit-il, certains
,
,
,
,
,
effet
ils
sont des
» dans des tanières
,
où
9 racines. Ils épargnent
ils
hommes
;
ils
se
retirent la
vivent de pain noir
aux autres hommes
la
,
d'eau
nuit
et
de
peine de se-
*94
(
)
mer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méiileut
» ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé. »
»
Voilà
propres mots
ses
qui avaient du pain
,
du
;
il
heureux
,
de ceux
et c'était le petit
nombre
parle des
travail
,
alors.
Labruyère pouvait revenir, comme on revenait autreet se trouvera nos assemblées
il y verrait non seulement des faces humaines mais des visages de femmes et de
filles plus belles
surtout plus modestes que celles de sa cour
Si
fois,
,
,
,
tant vantée, mises de meilleur goût sans contredit, parées
avec plus de grâce
même
si
langue
joliment,
(
,
de décence
doucement
si
dansant mieux
;
chose particulière au pays
)
,
,
parlant la
mais d'une voix
articulée, qu'il en serait content
,
non dans des tanières
maisons proprement bâties et meublées.
ces animaux dont il a fait la description ,
je crois. Il les verrait le soir se retirer,
mais dans leurs
Cherchant
il
alors
,
neles trouverait nulle part et sans doute bénirait la cause,
heureux changement.
entre toutes celles de
nos villages, attiraient un concours de monde des champs, des
communes d'alentour. En effet depuis que les garçons, dans
quelle qu'elle soit
Les
fêtes
,
d'un
si
graud
,
si
d'Azai étaient célèbres
,
,
depuis le temps que
nous commençâmes d'être à nous, paysans des rives du
Cher, la place d'Azai fut toujours notre rendez-vous de préférence pour la danse et pour les affaires. Nous y dansions
ce pays, font danser les
comme
avaient
aucun scandale
d'homme
,
et
nos pères et nos mères, sans que jamais
fait
,
filles, c'est-à-dire
aucune plainte en
ne causant aucun trouble
cice
fût
nepeusioasguères, sages
de ce droit antique,
,
avenue
,
de mémoire
comme nous sommes
,
devoir être troublé dans l'exerlégitime, acquis et consacré par
un si long usage fondé sur les premières lois de la raison
apparemment, c'est chez soi qu'on a
car
et du bon sens
,
,
;
droit de danser
,
et
où
le
public
sera-t-il
chez
lui
,
sinon sur
publique ? on nous en chasse néanmoins xxojirmari
du préfet, qu'il appelle arrêté, naguère publié, proclamé au
son du tambour, Considérant , etc., défend de danser a
la place
;
295
c
avenir
;
jouera
ui
.1
dut
ne
dans
Où
de punition.
et ce, sous peine
point danser du tout
de M.
l'arrêté
le préfet
On
notre
l'été,
nous
nuis
;
,
notre assemblée de
fut
,
sur ladite place
un
c'est
comme
signifia cette défense
Le désappointement
grand pour
ailles
<j
dansera-t-on
%
Y nulle part
;
cela n'est pas dit clairement
}
entre lui et d'autres puissances
puis.
)
boule ou aux
la
il
article secret
a bien paru
de-
quelques jours avant
,
Saint- Jean.
la
graud pour tous
les
jeunes gens
,
marchands en boutique et autres qui avaient
compté sur quelque débit. Qu'arriva-t-il ? la fêle eut lieu ,
les
inanimée, languissante;
triste-,
nombreuse
comme dispersée
et
dansa hors du village
ia
coudiette
,
l'assemblée se
ça et
Malgré
là.
au bord du Cher
,
sur
gazon
le
,
peu
oa
,
sous
que les échoppes du
cela est bien plus pastoral
;
tiut
l'arrêté,
marché de meilleur effet dans une ég!ogue,et plus poétique
en un mot. Mais chez nous gens de travail
c'est de quoi
ou se soucie peu 5 nousaimcus mieux après la danse, uue
omelette au lard dans le cabaret prochain, que le murmure
,
,
,
,
,
de» eaux et l'émail des prairies.
Nos dimanches d'Azai depuis
Peu de gens y viennent de dehors
sont abandonnés,
aucun u 1 j' reste. On
sereud à Vérelz où l'affluence est grande parce que là nul
arrêté u'a encore interdit la danse. Car le curé de Véretz
instruit, octogénaire quasi mais ami
est un homme sensé
de la jeuuesse
trop raisonnable pour vouloir la réformer
sur le patron deaùges passés, etla gouverner par des bulles
de Boniface ou d'Hildebrand. C'est devant sa porte qu'on
danse, et devant lui le plus souvent. Loin de blâmer ces
amusements , qui n'ont rien en eux-niêmes-que de fort innolors
,
,
,
et
,
,
,
,
,
cent
,
il
sence et
y
assiste et croit
le respect
de décence
le
et
bien faire,
que chacun
lui
y
ajoutant par sa pré-
porte
,
un nouveau degré
d'honnêteté. Sage pasteur, vraiment pieux
puissions-nous loug-temps conserver pour
du pauvre,
l'édification
t-jujuiuot
,
où
l'uuioi,
la
sa
du prochain
prudence uiaiutieul
coucoide.
et le
la
le
,
soulagement
repos de cette
paix
,
le
cxlme
»
*96
(
)
est un jeuDe homme bouildu séminaire conscrit de l'église
impatient de se distinguer. De? son installation,
militante
et semble avoir promis à Dieu de l'aboil attaqua la danse
lir dans sa paroisse, usant pour cela de plusieurs moyens,
Le
curé d'Azai
lant de zèle
au contraire
,
.
à peine sorti
,
,
,
,
dont
le principal
l'autorité
du
cher de danser
de
rire.
et
préfet.
Bientôt
!
<eul efficace
préfet,
le
,
il
jusqu'à présent
réussit à
est
,
nous empê-
bientôt nous fera défendre de chanter et
et
,
le
Par
q'ie dis-je ?
y
il
a eu déjà de nos jeunes
gens mandés, menacés, réprimandés pour des chansons,
pour avoir ri. Ce n'est pas comme on sait, d'aujourd'hui
que les ministres de l'église ont eu la pensée de s'aider du
,
bras séculier dans
la
conversion des pécheurs
n'employaient que l'exemple
du
maître. Car Jésus avait dit
n'avait pas dit: Allez avec
par
et la
le préfet
déclara
,
et
depuis
,
:
,
où
les
apôtres
parole, selon le précepte
Allez et instruisez.
Mais
il
des gendarmes; instruisez de
Saint-Thomas
l'ange de l'école de
nettement qu'on ne
doit pas contraindre à bien
On ne nous contraint pas, il est vrai on nous empêche de dan?er. Mais c'est un acheminement ; car les
mêmes moyens qui sont bons pour nous détourner du péché,
peuvent servir et serviront à nous décider aux bonnes
faire.
;
œuvres. Nous jeûnerons par ordonnance , non du médecin,
mais du préfet.
Et ce que je viens de vous dire n'a pas lieu chez nous seulement. Il eu est de même ailleurs , dans les autres communes
de ce département où les curés sont jeunes.
lieues d'ici , par exemple, à Fondettes , de-là
du Cher, pays riche
A
quelques
les
deux
ri-
heureux, où l'on
aime le travail et la joie, autant pour le moins que de ce
côté, toute danse est pareillement défendue aux administrés
vières delà Loire et
,
par un arrêté du préfet. Je
les fêtes
dis toute danse sur la place, où
amenaient un concours de plusieurs milliers de per-
sonnes des villages environnants et de Tours, qui n'en
qu'à deux lieues. Les
hameaux
est
près de Paris, les Bastides de
Marseille, au dire des voyageurs
,
avec plus d'afilueuce,su.
y
29;
(
tout en gens do ville, avaient moins d'agrément, de rusbals champêtres de
du pré Saint-Gervais ; ces fêtes ont cessé ^ car le
curé de Fondettes est aussi un jeune homme sortant du séminaire
comme celui d'Azai du séminaire de Tours ;
maison dont les élèves , une fois en besogne dans la vigne
tique gaîté. N'en soyez plus jaloux
Sceaux
,
et
,
,
du Seigneur, en veulent
divertissement
,
et faire
extirper d'abord tout plaisir, tout
d'un riant vilage un sombre cou-
Trappe. Cela s'explique on explique tout dans
où nous sommes ; jamais le monde n'a tant raisonné
sur Je< effets et sur les causes. Le monde dit que ces jeunes
prêtres, au séminaire, sont élevés par un moine, un frère
piepus, frère Isidore, c'est son nom
homme envoyé dfS
hautes régions de la monarchie afin d'instruire nos docteurs,
de former les instituteurs qu'on devine à nous réformer. Le
moine fait les curés les curés nous feront moines. Ainsi
l'horreur de ces jeunes gens pour le plus simple amusement,
leur vient du triste piepu*. qui lui-même tient d'ailleurs sa
morale farouche. Voilà comme en remontant dans les causes
secondes on arrive à Dieu cause de tout. Dieu nous livre
aux piepus. Ta volonté, Seigneur, soit faite en toutes
vent de
la
:
Je siècle
-,
,
,
,
,
choses. Mais qui l'eût dit à Ansterlilz!
Une
.
autre guerre que font à nos danses de village ces
jeunes séminaristes
sans qu'on
,
c'est
la confession.
Ils
confessent les
ne leur donnent l'absolution qu'autant qu'elles promettent de renoncer à la dame, à
filles
,
y trouve à
redire
,
et
quoi peu d'entre elles consentent, quelque ascendant que doive
avoir, et sur leur sexe et sur leur âge,
ciuq ans
suit
,
à qui
les
aveux
;
un confesseur de vingt-
le secret
nécessairement, donnent
moyens pour persuader
Le
,
mais
et
l'intimité qui
tant d'avantages
les
péniteutes aiment
plus souvent aussi elles aiment un danseur
,
s'eu
tant
,
la
qui
de
danse.
,
après
quelque temps de poursuite et d'amour , enfin devient un
mari. Tout cela se passe publiquement ; tout cela est bien ,
et eu soi beaucoup plus décent que des conférences tête-à tête
avec ces jeunes gens vêtus de noir.
Y
a-t-il
de quoi £&*
,
*)S)
(
tonner que de
tion, et
cette
que
attachements l'emportent sur l'absolu-
tels
nombre
le
communiants
des
année de plus des
trois
faute eu est toute au pasteur
quarts
qui
,
les
,
diminue
se trouve
qu'on
à ce
met dans
La
dit.
d'opter
le cas
entre ce devoir de religion et les affections les plus chères
de la vie préseute, montrant bien par là que le zèle pour
conduire les âmes ne suffit pas, même uni à la charité. Il
y
faut ajouter encore
la
discrétion
,
dit saint
cessaire aujourd'hui, daus ce ministère pieux
Paul
aussi né-
,
qu'elle fut
,
au
temps de l'Apôtre.
En
effet,
peuple
le
est
comme
sage,
déjà dit
j'ai
sage de beaucoup et plus heureux aussi qu'avant
plus
,
révolu-
la
moins dévot. Nous
il est bien
dimanche à la paroisse, pour nos aifaires pour y voir nos amis ou nos débiteurs nous y allons;
combien reviennent (j'ai grand honte à le dire), sans
tion; mais
faut l'avouer,
il
allons à la messe le
,
,
l'avoir
entendue
partent
,
leurs
,
affaires faites
saus être
,
Le curé d'Azai à Pâques deruièie* t
voulant quatre hommes pour porter le dais, qui eussent
communié ne les put trouver dans le village il eu fallut
entrés daus l'église.
,
;
,
prendre de dehors
En
dévotion.
tant est rare chez uous
,
voici la cause
,
je crois.
propriétaire, ivre encore, épris
il
ne voit que cela
chi de
même
,
Le peuple
l'industrie
petite
,
se
,
et
loisir,
penser au
pouvait écouter, méditer
le
où
était
à la
terre
ciel
nant il pense
quelle
il
,
qui
une maison
travaille, amasse
n'a d'idée
que celle-là,
d'autre chose
,
différence qu'à
la
travail
il
prenait
paiole de Dieu et
son espoir, sa consolation. Mainte-
présent ni dans l'aveuir
qu'un champ
1»
nouvel affran-
donne tout au
oublie le reste et la religion. Esclave auparavant,
du
,
d'hier
est
possédé de sa propriété;
,
ne rêve d'autre chose
quant à
,
et
,
,
est à lui et
,
le
qu'il
le fait
vivre.
Djus
paysan n'envisage plus
a ou veut avoir , pour la-
sans prendre repos ni repas.
et vouloir l'en
Il
distraire, lui parlet
perdre sou temps. Voilà d'où vient l'iubon droit nous reproche l'abbé de la Men-
c'est
nais, en matière de
religion.
Il
dit bien
yrai
j
nous uc
2 99
(
sommes pas de
ces tièdes
sion de Saint-Paul
)
que Dieu vomit
,
nous sommes froids,
,
suivant l'expresc'est
et
pis.
le
proprement le mal du siècle. Pour y remédier et nous
amener, de cette indifférence, à la ferveur que l'on désire , il
C'est
faut user de
ménagements, de moyens doux
car d'autres produiraient un effet opposé.
admirable
,
Aussi leur âge ne
Pour en
mal
ce qu'entendent
est nécessaire,
Je zèle
dire
ici
d'ailleurs
le
et
attrayants,
La prudence y
dont
ces jeunes curés,
n'est pas assez selon la science.
,
porte pas.
ma
pensée
,
j'écoute
peu
les
déclamations
contre la jeunesse d'à présent, et tiens fort suspectes
me
plaintes qu'en font certaines gens,
mot vengeons-nous par en médire
lement; mais on va plus
loin
(si
pourtant
) ;
commence
vrai dans ces discours, et je
à
on médisait seuil
doit
me
avoir
y
même
fusillée,
montrent de
de
notre bon curé de Véretz
,
milieu de nous
riste
mais celui d'Azai
\
n'avait pas moins
,
même
ments, où de
fait
volontiers danser
place
blic.
car
;
que
il
ce fût
ai
que remplace
,
,
et disait
garçons,
que
là
le
sémina-
et s'était fait
de
paroissiens, partageant leurs
leurs peines
filles et
Mes-
déjà cité,
qui semble un père au
comme
on n'eût su que reprendre
l'approuvait
,
,
de modération
une famille de tousses
joies, leurs chagrins,
lieu
bien éloignées de la sagesse
telles dispositions
retenue de leurs anciens. Je vous
la
sieurs
aux
peut ne valoir guères aujourd'hui, puisque
ces jeunes prêtres, dans leurs pacifiques fonctions,
pieds,
et
du
persuader que
la jeunesse séculière, sans mériter d'être sabrée, foulée
ou
les
rappelant toujours le
et
leurs
;
amuse-
voyant
très
principalement sur la
bien plus qu'en quelque autre
mal rarement se fait en pule rendez-vous des
le
Aussi trouvait-il à merveille que
jeunes
filles et
de leurs prétendus
,
qu'ailleurs, plutôt qu'au bosquet
part loin des regards,
comme
seront tout-à-fait supprimées.
cette suppression
mortels
,
,
ni
Il
de mettre
il
fût sur cette place plutôt
ou aux champs
n'avait
la
,
quelque
quand nos fêles
garde de demander
arrivera
danse au rang des péchés
ou de recourir aux puissances pour troubler
d'iu-
,
m
(3o)
nocents plaisirs. Car
,
enfin
ces
,
jeune":
gens,
disait— tF
doivent se voir, se connaître avant de s'épou<er,
pourraientlà
,
sous
blic
,
ils
les
yeux de
leurs amis
souverain juge en
fait
de bien,
mœurs et
dans
où se
de leurs parents
et
et
du pu-
d'honnêteté ?
tout le pays,
regretié de
en fut oneques, irréprochable dans ses
s'il
conduite,
sa
,
de convenance
Ainsi raisonnait ce bon curé,
homme
et
jamais rencontrer plus convenablement que
comme
sont aussi
,
à vrai dire,
de ces ancieos-là. Car il ne se
peut voir rien de plus exemplaire que leur vie. Le clergé ne
vit pas maintenant comme autrefois, mais fait paraître en
les jeunes prêtres successeurs
Heureux
Heureux fruit de la persécution soufgrande époque où Dieu visita son Eglise. Ce
tout une régularité digne des temps aportoliques.
effet
de
la
pauvreté
ferte à cette
n'est pas
!
un des moindres biens qu'on doive
à la révolution,
devoir non seulement les curés, ordre respectab'e de tout
temps, mais les évêques avoir des mœurs.
Toutefois il est à craindre que de si excellents exemples
faits pour grandement contribuer au maintien de la religion,
ne soient en pure perte pour elle, par l'imprudence des
nouveaux prêtres qui la rendent peu aimable au peuple en
triste ,
la lui montrant ennemie de tout divertissement
sombre sévère il offrant de tous côtés que pénitence à
faire, et tourments mérités, au lieu de prêcher sur des textes
plus convenables à présent Sachez que mon joug est léger ,
ou bien celui-ci: Je suis doux et humble, de cœur. On
ramènerait ainsi des brebis égarées que trop de rigueur effarouche. Quelque grands que soient nos péchés nous n'avons guères maintenant le temps de f*ire pénitence. Il faut
semer et labourer. Nous ne saurions vivre en moines, ea
,
,
,
:
,
dévots de profession
Les règles
,
dont toutes
les
pensées se tournent vers
pour eux, détachés de la terre, et
comme dufumier regardant tout le monde ne convienne»)
point à nous qui avons ici bas et famille et chevauce, corn nu
dit le bon homme, et malheureusement tenons à toutes ces
le ciel.
faites
,
choses. Puis,
que faisons-nous de mal
,
quand nous ne
t
fai-
(3oi
sements, nos jeux
en eux-mêmes
jours défêtes
place d'Azai
est
devant
danser devant Dieu
pères
y
,
?
Nos délas-
n'ont rien de blâmable
par aucune circonstance. Car ce qu'on alla
danser; celte place
Nos
les
,
ni
lègue au sujet de
c'est
)
quand nous ne navjillons pas
sons pas bien,
,
,
pour nous empêcher d'y
l'église
,
dit-on
c'est l'olTeuser
}
et
dausaieut, plus dévots que nous
,
;
danser
là
,
depuis quand?
à ce
qu'on nous
Nous y avons dansé après eux le saint roi David dansa
devant l'arche du Seigneur, et le Seigneur le trouva bon ; il
en fut aise dit rÉcrilure ; et nous qui ne sommes saints ni
•lit.
;
,
néanmoins, ne pourrons danser
rois, mais honnêtes gens
devant notre
église
,
qui n'est pas l'arche, mais
sa
selon les sacrés interprètes.
Ce que Dieu aime de
de nous
d'Azai sera profauée du
l'offense
;
l'église
acte qui sanctifia l'arche et le temple
curés jusqu'à ce jour étaient
ils
de Jérusalem
méctéants
,
figure
ses saints,
même
!
Nos
hérétiques, im-
ou prêtres catholiques aussi sages pour le moins que
Ils ont approuvé de tels plaisirs et piis
part à nos amusements , qui ne pouvaient scandaliser que
les élèves du piepus. Voilà quelques unes des raisons que
pies
,
,
des séminaristes Y
nous opposons au trop de zèle de nos jeunes réformateurs.
Partant, vous déciderez, Messieurs, s'il ne serait pas
convenable de nous rétablir dans le droit de danser comme
auparavant, sur la place d'Azai, les dimanches et fêtes ,
vous pourrez examiner s'il est temps d'obéir aux
,
moines et d'apprendre des oraisons, lorsqu'on nous couche
puis
en joue de près
,
à bout
toute l'Europe eu armes
batterie et la
Ycrclz
touchant, lorsqu'autour de nous
fait l'exercice à
mèche allumée.
,
1J
juillet
1822.
feu,
ses
canons en
PROSPECTUS
D'UNE TRADUCTION NOUVELLE
D'HÉRODOTE,
CONTENANT
UK FRAGMENT DU LIVRE TROISIÈME
ET LAPRÉFACE DU TRADUCTEUR.
(
3o'i
)
PRÉFACE DU TRADUCTEUR.
XlÉcvrÉE de Milet
le premier écrivit en prose, cuj selori
Phérécyde peu antérieur aussi bien que
l'autre à Hérodote. Hérodote naissait quand Hécatée mourut,
vingt ans ou environ après Phérécyde. Jusque là , on n'avait
su faire encore que des vers ; car avant l'usage de l'écriture,
pour arranger quelque discours qui se pût retenir et trans-
quelques
mettre,
uns
il
,
fallut bien s'aider
sens dans des
d'un rhythme
mesures à peu près réglées
et clore le
,
sans quoi
il
n'y
moyen de répéter fidèlement même le moindre réTout fat au commencement matière de poésie les fables
eût eu
cit.
,
,
}
religieuses, les vérités morales, les généalogies des dieux et
des héros
}
domestique
les
préceptes de l'agriculture et de l'économie
sentences proverbes contes, se déque chacun citait ou pour mieux dire^
chantait dans l'occasion aux fêtes aux assemblées
par-là ,
on se faisait honneur et on passait pour homme instruit. C'é-
bitaient
,
oracles
eu vers
,
,
,
,
,
,
tait
toute la littérature qu'enseignaient
de profession
,
justifiée
propre
les
rapsodes, savants
mais savants sans livres long-temps.
l'écriture fut trouvée
non
:
plusieurs blâmaient cette
,
encore aux yeux de bien de gens
à ôter l'exercice
de
mémoire
;
Quand
inve- tion,
on
la disait
et rendre l'esprit
padu vieux temps vantaient la vieille méthode d'apprendre par cœur sans écrire, attribuant à ces
la
resseux. Les amis
nouveautés,
comme on
Cadence des mœurs
et le
le
peut voir dans Platon ,etla dé-
mauvais
esprit
Je ne décide point, quant à moi,
s'il
y
tut
uu Homère
,
si
de
la
jeunesse.
Homère
de quoi on veut douter
écrivit, nr
aussi.
Ces
-
3o6
(
)
questions, plus aisées à élever qu'à résoudre, font entre
les
savauts des querelles où je ne prends point de pani
j'ai
assez d'affaires sans celle-là, et je déclare ici, pour ne fâcher
:
personne, que j'appellerai Homère l'auteur ou les auteurs,
comme ou voudra des livres que nous avons sous le nom
d'Iliade et d'Odyssée. Je crois qu'on fît des vers long-temps
avant de les savoir écrire; mais l'alphabet une fois connu,
,
sans doute on écrivit autre chose que des vers.
usage d'un art est pour les besoins de la vie;
Le premier
accords
et
marchés furent écrits avant les prouesses d'Achille. Celui
qui s'avisa de tracer sur une pomme ou sur une écorce, le
nom de ce qu'il aimait avec l'épithète ordinaire Kalc, ou
,
peut-être Ralos , suivant les mœurs grecques et antiques ,
eux escelui-là écrivit en prose avant Hécatée Phérécyde
:
,
décomposer des discours suivis sans aucun rhythme
mesure poétique et commencèrent par des récits.
saj'èrent
ni
,
L'histoire était en vers alors
et les c}r cliques avaient
faits
dont
la
mémoire
comme tout
mis dans
leurs
se conservait
parmi
le reste.
Homère
peu de
hommes. Hoà peine du filet
chants
le
les
mère fut historien mais la prose naissante
encor débarrassée, s'empara de l'histoire, en exclut
;
sie
,
comme
,
de bien d'autres sujets; car d'abord
les
la
poé-
scien-
ces naturelles et la philosophie, telle qu'elle pouvait être,
appartinrent à
et d'instruire
tenant,
et,
la
poésie, chargée seule en ce temps d'amuser
on
:
dispute jusqu'à la tragédie
lui
chassée bientôt
du
l'épigramme. C'est que vraiment
l'esprit
humain
,
main-
théâtre, elle n'aura plus
la
et les vers l'enfance
autres contempteurs
que
poésie est l'enfance de
du
style
,
n'en déplaise
osé ap^
mal à propos que les
combats de Salamine et des Thermopyles, bien plus imn'aient point trouvé d'Homère
portants que ceux d'Illion
qui les voulût chanter on ne l'eût pas écouté, ou plutôt
Hérodote fut l'Homère de son temps. Le monde commena Voltaire et
peler vile prose.
ce qu'ils ont
Voltaire s'étonne
,
;
çait à raisonner, voulait
avec moius d'harmonie un peu plus
La
poésie épique, c'est-à-dire histo-
de sens
et
de
vrai.
(
3o;
)
Hque,se tôt, et pour toujours , quand
Venue en quelque perfection.
la
prose se
fil
entendre î
Les premiers essais furent informes*, il nous en reste des
Fragments où se voit la difficulté qu'on eut à composer sans
mètre, et se passer de cette cadence qui , réglant , soutenant
Je style
la
pardonner tant de choses. La Grèce avait dé
faisait
,
grands poètes
Homère, Antimaque, Piudare,
.
et
parlant
langue des dieux, bégayait à peine celle des hommes.
catée de Milet
ainsi devise
semble être véritable
divers
et
,
,
;
'écris
f
car des Grecs
;
comme à moi paraissent
but d'Hécatée dans son histoire;
:
Charon
,
ils
Hémè
il
propos sont tous
les
risibles.
Voilà
le
dé-
continuait de ce ton
:
des contes à dormir debout.
Hérodote
il
comme
au sujet ce n'étaient guère que des légendes
assorti d'ailleurs
fabuleuses de leurs anciens héros
de Xanthus
et
,
ceci
,
;
peu de
Même
faits
noyés dans
façon d'écrire fut celle
Hellanicus et autres qui précédèrent
à proprement parler ^
n'eurent pointde style,
mais des membres de phrases tronçons
,
jetés l'un sur l'autre,
heurtés sans nulle sorte de liaison ni de correspondance
comme
témoigne Démétrius Ou l'auteur , quel
de l'élocution. Hérodote suivit de près
livre
qu'il soit
ces
,
,
du
premiers
inventeurs de la prose, et mit plus d'art dans sa diction,
moins incohérente, moins hachée toutefois, en celte partie^
est peu de chose au prix de ce qu'on vit depuis.
La période n'était point connue, et ne pouvait l'être dans
:
son savoir
un temps où il n'y avait encore ni langage réglé ni la
moindre idée de grammaire. L'ignorance là- dessus était
long-temps après, s'étant avisé dé
telle j que Protagoras
distinguer les noms en mâles et femelles , ainsi qu'il les ap,
,
pelait
s'en
,
cette subtilité
nouvelle fut admirée
moquèrent, comme
sées dans les farces
il
arrive toujours
du temps. De
de règles, viennent tant
maire
et
dote
qui n'ont ni conclusion
,
sonnable
ce
,
et
dt bonhomie
ne
et
laissent pas
,
;
5
quelques uns
on en
fit
des ri-
manque absolu de gramde phrases dans Héro—
ni fin, ni construction rai-
pourtant de plaire par un
de peu de malice
,
moins étudié que ne
30*
air
l'ont
3nS
(
)
cru les anciens critiques. Ou voil que dans sa compositiou
le nombre et l'harmonie
il cherche, comme par ioslinct,
et semble quelquefois deviner la période; mais avec tout
,
ce que
il n'a su
agencement des phrases
cela
,
,
au temps de Philippe
alors, se vantant
prose
que
d'être
le
style soutenu, et cet
du discours un
mieux pratiqué encore
des mots qui fait
découvert par Lysias
tissu, secret
depuis
c'était
et
et
,
d'Alexandre.
n'eut peut-être point taDt de tort.
,
de
restes mutilés
ses
ouvrages, dont
ou aperçoit un
assez regretter,
Théopompe
premier qui eût su écrire eu
le
art
la
Dans quelques
perte ne se peut
que d'autres n'ont pas
connu.
Mais ce style
pour
achevé n'eût pas convenu à Hérodote
devait faire , et le temps où il écrivit.
si
les récits qu'il
C'était l'enfance des société*;
des
hommes
à
Thémistocle,
est
il
rodote
,
de
sortait à peine
la
plus
,
vrai, dès ce temps-là philosophe
irouvait à redire; mais
honnêtes gens
on
du vivant d'Hérodote, sacrifiait
Bacchus Onieuès, c'est-à-dire mangeant cru.
affreuse barbarie. Athènes
il
n'osa s'eu expliquer
,
c'eût été outrager la morale religieuse.
:
dévot, put très-bieu
assister à cette
,
y
de peur des
Hé-
cérémonie, et
pirle de semblables fêtes avec son respect ordinaire pour les
On
jugerait par là de son siècle et de lui , si
ne montrait pas dans quelles épaisses ténèbres était plongé le genre humain, qui seulement tâchait
de s'en tirer alors, et fit bientôt de grands progrès, non
choses saintes.
tout d'ailleurs
dans
les sciences utiles, la religion s'y
les arts des
Faurore de cette lumière
encore dans
même
il
les
sortait,
langes
,
,
et
s'il
faut ainsi parler
son style dut avoir
,
mais dans
innocence de
la diction,
,
d'où lui-
et défait a cette naïveté,
bien souvent un peu enfantine, que
finesse
opposant
Le temps d'Hérodote fut
comme il a peint le monde
goûts qu'elle favorisait.
les
critiques appelèrent
unie avec un goût du beau
de sentiment qui tenaient
et
une
à la nation grecque.
Cela seule distingue de nos anciens auteurs avec lesquels
il
a d'ailleurs
tant de rapports, qu'il n'y a pas peut être
3o 9
(
<me phrase d'Ifeiodote,
plus gracieuse
je dis
)
une, sans excepter
pas
la-
ue se trouve eu quel-
plus belle, qui
et la
qu'eudroit de nos vieux romanciers ou de nos premiers historiens,
enfouie
si
d'ordures, et
nommer.
se doivent
ainsi
comme
était
c'est
On Py
trouva
mais
,
Por dans Ennius, sous des ias ùe fiente ,
en quoi notre français se peut com-
parer aulatiu, qui resta long- temps négligé, inculte, sacrî-
une langue étrangère. Le grec étouffa le laliu à se»
commencement, et l'empêcha toujours de se développer
fié à
:
autant en
depuis
fit
plusieurs siècles.
le latin
Non
aiais après Virgile et
à
Rome,
Froissard.
le-
latin
On
boire; on
au français pendant
le
Ennius ^
seulement alors qu'écrivait
Horace
,
la belle
langue
chez nous au temps de
ne parlait français
écrivait le
latin
que
vants et beaux esprits, tout ce
de
cours
c'était
le
grec
Joinville et d<?
que pour demander
lisaient,
y
qu'il
à.
sa-
étudiaient
avait de gens tant
peu clercs eleamera compolorutn paraissait bien plusbeau que la chambre des comptes. Celte manie dura et
soit
même
;
n'a point passé; des inscriptions nous disent, eu mots.
de Cicéron , qu'ici est le marché Neuf ou bien !a place au«L
Veaux. Que pouvait faire un pauvre auteur employant,
l'idiome vulgaire Y Poètes, romanciers
vaient dans
le picard
le
ou
de ses divins
cas de
le
,
prosateurs se trou-
Eu
écrire
Pétrarque eut honlfi.
parce qu'ils étaient italiens ; et depuis ,
bas-breton.
tercets
,
ceux qui maiutenant voudraient
Italie,
pas à Machiavel d'avoir écrit l'histoire
autrement qu'en latin , faute que ne fit pas le président
de Thou. Partout la langue morte tuait la langue vivante.
ne reprocha-t-ou
Lorsqu'enfin on s'avisa
et
non
,
fort tard, d'écrire
plus seulement pour les doctes,
core dans ces compositions,
qui
ainsi
pour
le latin
le
jamais
n'eurent
caractère simple des premiers ouvrages grecs
,
public
domiua en-
dictes
le
parla-
nature.
La
littérature
geecque
est
la seule,
paBnéed'uue autre, mais produite par
timent du beau chez un peuple poète,
en effet, qui nesoii
l'instinct et lé senfi
mcie
,
avec
rai-» ••-
1/
(
son, se
3io
)
dieux, tenant son
dit inspiré des
dit-il, sans être enseigné
homme.
d'aucnn
art des dieux,,
Il n'a
point eu
lui-même sou maître, ne passa point dix ans
dans le fond d'un collège à recevoir le fouet, pour apprendre
quelques mots qu'il eut pu, chez lui, savoir mieux en cinq,
ou six mois \ il chante «e qu'il a vu non pas ce qu'il a lu t
et il nous le faut lire, non pour l'imiter, mais pour apd'anciens, fut
,
prendre de
à
lui
nous
çlose à
,
lire
dans
nature
la
aujourd'hui lettre-
,
qui ne voyons que des habits
l'étude de l'antique ramène les
arts
au simple
,
des usages
,
\
hors duquel t
point desublime.
Hérodote et Homère cous représentent l'homme sortant;
de l'état sauvage, non encore façonné par les lois complic'est-à-dire,
quées des sociétés modernes \ l'homme grec
le plus heureusement doué à tous égards ; pour la beauté,
qu'on le demande aux statuaires elle est née en ce pays-là ;
l'esprit, il n'y a point de sots en Grèce a dit quelqu'un qui
n'aimait pas Les Grecs et ue les flattait point. Aussi, tout art
vient d'eux , toute science ; sans eux , nous ne saurions pas.
,
,
,
même nous bâtir des demeures, ni mesurer nos champs, nous
ne saurions pas vivre. Gloire , amour du pays , vertus des
grandes âmes , où parurent-elles mieux que dans ce qu'ils
ont
fait et
d'une
Le
;
jamais
davantage.
Il
il
commun
y
,
La guerre
de l'Europe contre
allait
pour nous de
la civilisation
,
d'être
ou barbares et la querelle était celle du monde enpour qui le germe de tout bien se trouvait dans Athènes.
,
L'ancienne, l'éternelle querelle
Grèce eût succombé
si la
que
les
n'y en eut de plus grand ni qui nous touchât
policés
tier
commencements
deux auteurs.
que nous montrent
sujet leur est
l'Asie
Ce sont
ces
ce qu'ils font encore.
telle nation
le progrès
,
du genre humain
\
maine
mais
et
comme
d'autres
il
,
de son
d'aucun événefut arrêté depuis par la férocité ro,
dans
être, pût dépendre d'une bataille ni
ment
à Salamine et
non que je pense
se débattait
c'en était fait,
la perfection
même
influences qui faillirent à perdre la civi-
3n
(
Nsalion
sa naissance
le triomphe du barbare.
non dans le patois esclave,
par
,
écrivirent,
Ils
)
eut péri pour un long temps à Salanuue, de»
elle
,
Froissard, uos Joinville
,
mais dans
comme
nos
langue belle alors
la
t
c'est-à-dire ancienne; car en la déliant
du rhylhme poé-
tique
poésie
même
formes de
lui conservèrent les
ils
,
sions et les mots hors
du
dialecte
la
commun
expres-
les
le
passage
d'Hécatée: Ecataios Milètios ô de mutheitai
en italien, (car cette langue a aussi sa phrase
la
,
témoin
,
au lieu de
,
qui,
mots pour
,
me semble, Ecateo Mile-
poésie) se traduirait bien, ce
sio cosifaoeLla
et ses
façon vulgaire cosi dice
la
Eca-
outo legei Ecataios o Milèsios ; la différence paraît
d'abord. Au grec, il neraanque pour un vers, que le mètre
seul et le rhylhme, qui même revint dans la prose api es
Hécatée; mais ce n'est pas de quoi il s'agit. Le dialecte
teo
y
,
poétique, chez
les Grecs, était le vieux grec; en Italie,
vieux toscan v qu'on retrouve dans le coutado de
Sièue et du val d'Arno. Il ne faut pas croire qu'Hérodote
ait écrit la langue de son temps commune eu lome
ce que
c'est le
,
ne
fit
Homère même, ni Orphée, ni Lious ni de plus
car le premier qui composa, mit
s'il y eu eut
pas
anciens
,
,
;
dans son style des archaïsmes.
autre chose que
avaient
fait
le
etupruntaul
les
qu'ont
les
fait
a plus
et
anciens Grecs
traduisaient
en passant, dans
,
suave
si
mêle
il
le
ses
,
,
du
grec.
de Plalou, quant au style
,
,
est
fait
ce
plus giej cent
De même
trois
n'est
comme
chez nous,
de Rabelais
et aussi
deux ou
,
plus qu'il peut
d'Hésiode. La Fontaine
expressions de Marot
que ceux qui
soit dit
ionien
tous ses devanciers prosateurs
de phrases d'Homère
fois
Cet
vieux altique auquel
premières
Pascal
,
lettres,
qu'aucuu traducteur de
Platon.
Que
ces conteurs
des premiers âges de la Grèce aient
langue poétique dans leur prose, on n'en saurait douter après le témoignage des critiques anciens,, et
d'Hérodote qu'il suffit d'ouvrir seulement pour s'en conconservé
vaiucre.
la
Or,
la
langue
poétique partout,
si
ce n'est cciie
,
3i2
(
du peuple, en
pour,
disait:
bert
et
le
-,
peuple
,
mon
J'apprends tout
Platon
,
poète
)
du moin?. Malherbe, homme de
est tirée
s'il
en fut
,
Mau-
français à la place
Platon
qui n'aimait pas
,
l'appelle son maîlre de la ngue.
Demandez le
che-
un paysan de Varlungo ou de Peretola il
ne vous dira pas un mot qui ne semble pris dans Pétrarque, tandis qu'un cavalier de Sio-Stephano parle l'italien
min de
la ville à
,
franche [infrancesato
de
Pitti.
Ariane
,
comme
,
ma sœur
point une phrase de marquis
Jeru de ton amour
,
ils
disent) des antichambres
amour
de quel
,
\
blessée
,
n'est
mais nos laboureurs chantent:
je ne dors nuit ni jour. C'est la
même
expression. L'autre qui dit de Jeanne:
Sentant son cœur faillir
et se prit
.
elle baissa la tête
à pleurer (1)
n'a point trouvé cela certes dans les salons
pouvait-il mieux Y jamais
il
;
s'exprime
avec plus de grâce,
de douceur, d'harmonie. C'est laDgue poétique, antique et
mes voisins allant vendre leur âne à la foire de Ghousé, ne
en poète
:
,
ni
-,
causent pas autremeut, n'emploient point d'autres mot.*.
Il continue de même, c'est-à-dire, très bien ; qui Cinspira^
jeune et faible bergère.... et non pas qui vous conseilla,
mademoiselle de quitter monsieur votre père, pour aile*
J
battre les Anglais
Le ton le style du beau monde sont ce
qu'il y a de moins poétique dans le monde. Madame Dacier
,
i
commençant
tout le reste.
te
:
,
Déesse, chantez,
Homère
je
devine ce que doit être
a dit grossièrement:
Chante déesse .
,
courrouce
Par tout
ceci
,
on voit assez que penser traduire Héro-
dote dans notre langue académique
,
monieuse, roide, appièiée
d'ailleurs
le bel
yne
usage,
c'est
,
pauvre
langue de cour, cérémutilée par
,
étrangement s'abuser;
il
y
diction naïve, franche, populaire et riche
(i) Casimir Delarigne..
faut employer
,
comme
celle
i
(
3i3
)
de La Fontaine. Ce n'est pas trop assurément de tout notre
d'un auteur que
français pour rendre le grec d'Hérodote
ne connaissant, ni ton ni fausses bieurien n'a gêné, qui
,
,
séances
nom
,
nant
,
simplement les choses les nomme par leur
de son mieux pour qu'on l'entende, se repre-
dit
,
fait
,
se répétant
de peur de n'être pas compris,
d'avoir su son rudiment par
cœur
Un
très bien le substantif et l'adjectif.
homme d'académie ou
prétendant à
,
des éloges
,
des compliments.
,
ce qu'ont essayé de fort honnêtes gens
C'est pourtant
d'ailleurs
,
abbé d'Olivet, un
ue se peut chartraduit point dans
l'être
ger de cette besogne. Hérodote ne se
l'idiome des dédicaces
qui sans doute u'ont point connu
le
de cet auteur, ou peut-être ont cru l'honorer en
un
langage
tel
,
et faute
n'accorde pas toujours
,
caractère
prêtant
lui
et n:ius le présentant sous les livrées
de
la
au moins est-il sûr qu'aucuu
d'eux n'a même penséà lui laisser un peu de sa façon simple ,
grecque et antique. Saisissant comme ils peuvent, le sens
qu'il a eu dessein d'exprimer ,ils le rendent à leur mauière
cour, en habit habillé
:
,
toujours parfaitement polie et d'une dccence admirable. Fi-<
gurez-vous uu truchement qui, parlant au sénat de
pour
le
paysan du Danube, au
Romains,
et vous
Sénat,
lieu
assis
de ce début
Rome
:
pour mVcouler,
commencerait: Messieurs, puisque vous me faites l'honneur de vouloir bien entendre votre humble serviteur, j'aurai celui de vous dire
Voilà exactement ce que font les
interprèles d'Hérodote.
que de
La
version de Larcher, pour ne
plus connue, ne s'écarte jamais
de cette civilité on ne saurait dire que ce soit le laquais
de madame de Sévigoé , auquel elle compare les traducleu rs
parler
celle
qui est
la
:
le stylî
^ car celui-là rendait dans son langage bas,
de la cour, tandis que Larcher, au contraire, met eu style
de cour ce qu'a dit l'homme d'Halicarnasse. Hérodote, dans
d'alors
Larcher , ne patrie que de princes de puucesaes
,
,
de seigueui
M)
(
et
de g«Ds de qualité; ces princes montent sur
s'emparent de
de grands
heur des
cour
officiers
sujets
;
le trône
couronne, ont une cour, des ministres
,
faisant
,
comme on
pendant que
peut croire,
princesses
les
,
le»
le
qu'Hérodote ne
pelons prince
on
nomme
lui
,
bon-
du
la
Or
douta jamais de ce que nous ap-
se
trône et couronne, ni de ce qu'à l'académie
Chez
ou
faveurs des dames et bonheur des sujets.
dames,
les
celles
,
».
et
dames de
accordent leurs faveurs à ces jeunes seigneurs.
,
est-il
la
mènent boire
les princesses
leurs vaches
roi leur père, à la fontaine voisine, trouvent là
des jeunes gens, et font quelque sottise, toujours exprimée
dans l'auteur avec
mais on
bonue
le
mot propre
n'est point sujet
on
:
esclave
est
ou
dans Hérodote. Cependant
libre,
,
en
si
compagnie, Larcher a fort souvent des
termes qui sentent un peu l'antichambre de madame de Sévigné; comme quand il dit par exemple
Ces seigneurs
mangeaient du mouton ; il prend cela dans la chanson de
monsieur Jourdain. Le grand roibouchant les derrières aux
Grecs à Salamiue, est encore une de ses phrases, et il en a
bien d'autres peu séantes à un homme comme son Hérodote,
et
noble
:
,
qui parle congruement
mera pas
le
,
et surtout
boulanger de Crésus
noblement
;
il
ne
nom-
lepalfrenier de Cyrus, le
,
chaudronnier Macistos, il dit grand panetier, écuyer, armurier , avertissant en note que cela est plus noble.
Cette rage d'ennoblir
le théâtre
,
cejargon
et la littérature sous
tèrent d'excellents esprits
moque de nous
,
,
ce ton de cour, infectant
Louis
XIV
et sont encore
et
depuis
,
gâ-
cause qu'on se
avec juste raison. Les étrangers crèvent de
quand ils voient dans nos tragédies le seigneur Againemnou et le seigneur Achille qui lui demande raison, aux
yeux de tous les Grecs et le seigneur Oreste brûlant de
rire
,
,
tant de feux pour
est la peste
si
pol
i
,
madame sa
du goût
cousine. L'imitation de la cour
aussi bien
que des mœurs.
adopté par tous ceux qui
,
chez nous
,
Un
se
langage
sont mêlés
de traduireles anciens, a fait qu'aucun ancien n'est traduit
a vrai dire et qu'on n'a presque point de versions qui
,
,
,
(3.5)
gardent quelques
,
faire.
La
chose passe pour
Une
texte original.
en quelque genre que ce
tique
la
du
traits
soit
difficile
tieunent impossible. Il
y
,
à
,
est
tel
copie de
poiut que plusieurs
a des gens persuadés que le
Ce que
style De se traduit pas, ni ne se copie d'un tableau.
j'eu puis
dire
,
c'est
Pra-
peut-être encore à
qu'ayant réfléchi là- dessus
,
aidé de
j'ai trouvé cela vrai jusqu'à uu certain
ne fera sans doute jamais une traduction tellement
fidèle , qu'elle puisse en tout tenir lieu de l'ori-
quelque expérience,
On
poiut.
exacte et
gioal
et qu'il
,
devienne indifférent de
lire
le
ou
texte
la
Dans un pareil travail ce serait la perfectiou qui
ne se peut non plus atteindre en cela qu'en toute autre
chose ; mais on en approche beaucoup surtout lorsque l'auquoique vériteur a, comme, celui-ci un caractère à lui
version.
,
,
,
tablement
si
naïf et
si
,
simple
qu'en ce sens
,
moins
est
il
long-temps
pour interprètes que des gens tout- à-fait de la bonue compagnie, des académiciens gens pensant noblement et s'exprimant de même, qui avec leurs idées de beau monde et
imitable qu'un autre. Par
malheur,
il
n'a eu
,
,
de savoir vivre , ne pouvaient goûter ni sentir , encore
moins représenter le style d'Hérodote. Aussi n'y ont-ils pas
songé. Un homme séparé des hautes classes
un homme du
peuple un paysan sachant le grec et le français , y pourra
réussir si la chose est faisable
c'est ce qui m'a décidé à en,
,
;
où j'emploie, comme on va voir, non
mais
Ja langue courtisanesque , pour user de ce mot italien
laquelle
celle des gens avec qui je travaille à mes champs
se trouve quasi toute dans La Fontaine, langue plus savante
que celle de l'académie et comme j'ai dit beaucoup plus
treprendre
ceci
,
,
,
,
grecque
:
on
de comparer
s'en convaincra
ma
en voyant,
version au texte,
si
on prend
combien
j'ai
la
peine
traduit de
passages littéralement , mot à mot qui ne se peuvent rendre
qne par des circonlocutions sans fiu dans le dialecte académique. Je garantis cette traduction plus courte d'un quart
que toutes celles qui l'ont précédée ; si avec cela elle se ht
jfi n'aurai pas perdu mon temps
encore est- elle plus longue
,
:
(
que
le
texte
5
3»6
mais d'autre»
pourront réduire
à
sa juste
,
)
j'espère
,
feront
mesure, non pas
suivant des principes différents des miens.
mieux
rt J*
toutefois erc
(3. 7
)
LIVRE TROISIEME.
OMWWWWrtWWi
VJontre cet Amasis marcha Cambyse , fils de Cyrus, menant entre autres peuples qui lui obéissaient , des Grecs
Eoliens et des Ioniens , pour une telle raison
il avait en:
voyé en Egypte un héraut demander à Amasis sa fille ; et il
la lui demandait par le conseil d'un Egyptien , qui, voulant
mal à Amasis, faisait cela pour se venger de ce que lui jeul
des médecins alors en Egypte, avait été par Amasis enlevé à sa famille et livré aux Perses quand Cyrus lui fit demander le meilleur médecin pour les yeux qui fût en
Egypte ; dont se voulant venger l'Egyptien , par conseil induisit Cambyse à demander la fille d'Amasis, afin que la
donnant il eût du déplaisir, ou que la refusant il devîot ennemi de Cambyse. Amasis donc, qui redoutait la puis,
sance des Perses
et les haïssait
à quoi se résoudre, assuré
en
même
que Cambyse
femme, mais pour concubine;
et
temps, ne savait
non pour
la voulait,
dans cet embarras, voici
le parti qu'il prit.
Il
y
avait
et belle
du
roi
personne
On
,
A priés,
dernier mort, une fille, grande
de cette maison, ayant
seul reste
nom
mettre de beaux habits avec de l'or, et
ainsi parée, Amasis l'envoie en Perse comme sa fille. A
Nitétis.
lui fit
Cambyse l'embrassant
quelque temps de
là
nom de
et elle s'en
son père,
,
trompe
beaux atours me donne
vois pas qu'on te
vraiment
je suis
en soulevant
les
qui lut cause à
,
et
à toi
va
lui dire: «
l'appelait
O
da
ne
qu'Amasis m'ayant parée de
comme
sa fille,
née d'Apriès son maître
Egyptiens contre
lui ».
,
Ce
roi
,
tu
tandis
que
qu'il a fait périr
fut celte parole
Cambyse grandement coa:roucé de mouvoir
3i8
(
)
à l'Egypte. Ainsi le racontent les
fcuerre
Egyptiens font Cambyse de leur pays
non Cambyse,
demandé
ait
la fille
Mais
Perses.
les
veulent que Cyrus^
et
d'Apriès
,
quoi disant,
disent pas vrai. Ils savent (car ce n'est pas à eux qu'il
il* nie
faut apprendre les coutumes
de Perse) que
l'histoire
et
y ayant enmère de Cambyse était
Cassandane la fille de Pharnaspès Àchéniénide, et non pas
cette Egyptienne. Ils confondent ainsi les faits pour paraître
en quelque manière tenir à la maison de Cyrus mais il
n'en est que ce que j'ai dit. Toutefois on fait encore ce
conte, peu croyable à mon sens, qu'un jour une femme
persane entra chez les femmes de Cyrus et voyant près de
Cassandane ses enfants beaux à merveille, en fit de grandes
louanges sur quoi Cassandane qui était femme de Cyrus
«Moi, dit-elle, mère de tels enfants Cyrus cependant me"
d'abord
par
,
la loi
fants légitimes
et
,
,
le
bâtard n'y peut régner
que de plus
,
la
,
;
,
;
:
,
-,
méprise,
l'honore
tétis
;
et celte
».
étrangère égyptienue,
que là-dessus
et
prit à dire
:
il
chère et
la tient
Ainsi parlait-elle par haine qu'elle portait à Ni-
Quand
de
l'aîné
serai
je
ses
mettrai tout sens dessus dessous
^
langage
;
tint ce
dix ans lorsqu'il
enfants,
Cambyse,
et je
qu'il
pouvait avoir
bien*
dont
les
,
j'irai
femmes s'émer-
veillèrent, et qu'en ayant toujours gardé le souvenir
homme
qu'il fut
Une
Dans
et roi
,
fit
il
se
en Egypte
grand
,
lors-
l'expédition d'Egypte.
chose avint qui aida l'entreprise de cette guerre.-
les
troupes auxiliaires d'Àmasis
et d'esprit avisé
nom
avait
y
Phauès , bravede
lequel Phanès ayant possible à
d'Halicarnasse, son
;
était
un
homme
sa
personne
se
plaindre
d'Àmasis, un jour fuit d'Egypte par mer pour aller devers
Cambyse, et attendu qu'il n'était pas personnage peu con,
sidérable
entre
alliés
les
,
instruit
d'ailleurs
de toutes
choses concernant l'Egypte, Amasis envoie après lui
déenvoya sur une galère à
eunuque lequel défait
,
sirant fort le ravoir, et celui qu'il
trois
rangs, était son plus fidèle
le prit
en Lycie
plus fin
,
l'abusa.
,
mais
Car
,
pris
ne
le
,
sut ramener.
ayant enivré
ses
gardes
,
Car Phanès
il
se
^
sauya eu
3ig)
(
Pêne
à
Cambyse, qui pour
trouver
et fut
marcher contre l'Egypte
lors se préparait
en peine
et était
,
comment
pas-
ser le désert. Il lui conte
tout ce qu'il savait des affaires
d'Amasis,
pour sa marche. Son conseil
Arabes demander sûreté pour le
donne des
lui
d'envoyer au
était
avis
roi des
passage.
Ce
que par
n'est
l'Egypte. Car, de
dytis
,
De
Phéuicie aux confins de la ville
des Syriens de Palestine,
c'est terre
appelle.
seulement qu'on trouve l'entrée de
là
la
Cadytis, ville à
mon
deCa-
comme on
les
sens peu inférieure à celle
de Sardes, jusqu'à Jenyse
les ports où l'on se peut
, tous
approvisionner sont à l'Arabe. Puis de Jenyse, c'est encore
pays syrien jusqu'au lac Serbonide, au long duquel le mont
Casius s'étend vers la mer. A partir du lac Serbonide , où
Typhon
se
cacha
Jenyse
le
mont
,
peu de pays
dit-on
,
Casius et
de-là
,
le lac
c'est
Egypte. Tout entre
Serbonide (qui
qu'il n'y ait bien trois jours
n'est pas si
de marche), tout
cela est désert sans eau.
Unechose peu remarquée de ceux qui voyagent en Egypte 4
que je vais dire. De toute la Grèce et encore de
la Phénicie
deux fois l'an, il vient en Egypte grand
nombre de jarres pleines de vin, et si n'y en voit-on pas une,
c'est cela
,
par manière de dire,
vin.
Que
ni le
deviennent-elles
moindre vase de
terre à
donc? Le
Chaque chef de
tribu est tenu de ramasser toutes
trouver dans sa
de Memphis
le désert
,
ville,
de
de Syrie
les
,
pour
les
voici.
les jarres
qui
serrer le
se
conduire à Memphis,
peuvent
et ceux
porter à leur tour pleines d'eau dans
tellement que ce qu'il en arrive de de-
hors chaque année, enlevé se va joindre aux autres en
rie
;
et ce sont les Perses
qui ont imaginé ce
moyen
Sy-
d'assurer
leur marche en Egypte, faisant ainsi provision d'eau depuis
qu'ils
eurent conquis l'Egypte.
Mais
lors
conseil de
lui fit
n'y avait point
Cambyse , par
l'homme d'Halicarnasse envoya vers l'Arabe et
demander sûreté pour le passage, laquelle il obtint
encore de ces amas d'eau. C'est pourquoi
en donnant
,
et
recevant la
foi.
3*o
(
quand
ils
)
autant que peuple qu'il y ait}
l'ont jurée, ce qui se fait en cette manière. Deux
Les Arabes g?rdent la
voulant se jurer
la foi,
foi
un
troisième se
met entre eux deux
,
dedans des mains
près des grands doigts, puis, prenant du vêtement de chaet
avec une pierre tranchante leur incise
cun une floche imbibée de leur sang,
le
en frotte sept pierres
il
posées à terre entre eux deux, et en ce faisant invoque
chus
et
Uranie;
et
cependant celui qui engage sa
à ses amis l'étranger ou
il
s'engage et
les
le
citoyen,
si
c'en est un,
amis sont garants de
foi
et
Bac-
présente
avec lequel
ne re-
la foi jurée. Ils
connaissent de dieux que Bacchus et Uranie
,
et disent
que
leur façon de se couper les cheveux en rond, se rasant le
tour des tempes,
même
est celle-là
Bacchus Ourotal
Aj ant donné la
r
et
foi
lui faire service, usa
Uranie
de Bacchus.
Ils
appellent
Alilat.
aux envoyés de Cambyse, l'Arabe, pour
d'une
iuveution.
telle
Il
remplit d'eau
chameau et les chargeant sur tout
autant qu'il pût trouver de chameaux vivants, les mena
dans le désert où il attendit la venue de Cambyse et de son
des outres de peau de
,
,
armée.
si
C'est là le récit
faut-il dire le
raconte.
Un
qu'on en
grand fleuve
est
plus vraisemblable
fait le
moins problable
i
puisqu'autrement se
aussi,
nommé Coris,
en Arabie
lequel
donne dans la mer qu'on appelle Erythée. De ce fleuve
donc on prétend que le roi des Arabes par un tuyau qu'il
fit de peaux de bœuf crues et autres
cousues ensemble de
longueur à venir jusque dans le désert, conduisit l'eau; que
dans le désert il fit creuser de grands réservoirs, pour rece,
,
voir
et
garder l'eau conduite de
endroits par trois tuyaux.
Il
y
a
en
la sorte
du
trois
différents
fleuve au désert douze
journées de chemin.
Or campé à
,
la
bouche du Nil qu'on appelle Pélusiaque,
Psamménite, fils d'Amasis, attendait Cambyse. Car Cambyse
ne trouva pas, lorsqu'il vint en Egypte, Amasis vivant.
Après quarante et quatre ans de règne, il était mort, n'ayant
éprouvé durant ce temps nul événement désastreux et mort
,
et
embaumé
fut
mis dans
les
tombeaux
,
dans
le lieu
sacré
(
fcn
)
où lui-même le» avait b;\tis. Régnant Psamménite en
Egypte, un prodige arriva. Ce fut la pluie à Thèbes d'Egypte où jamais pluie n'élait tombée ni ue s'est vue onc,
,
ques depuis, à ce que disent les Thébains. Car il ne pleut
du tout point dans !a haute Egypte, et toutefois il piut à
Thèbes
alors quelques gouttes.
Les Perses donc après avoir traversé
le
,
ils
furent près des Egyptiens sur
mains
désert,
comme
poiut d'eu veu'r aux
le
les alliés de l'Egyptien, Grecs et Cariens
voulant
Phauès de ce qu'il amenait une armée étrangère ,
pour s'en venger, inventent ceci. Phanès avait laissé des
enfants en Egypte ; ils les font venir au camp, et à la vue
du père, ils placent un cratère entre les deux armées puis
mal
,
,
à
;
amenant
là ces
enfants, l'un après l'autre
les
égorgent
jus-s
qu'au dernier dans ce cratère, où ils versèrent après cela
de l'eau et du vin ; et tous ayaut bu de ce sang, vout au
combat qui fut tenible. De part et d'autre y demeurèrent
grand nombre de gens et les Egyptiens furent défaits.
Là j'ai vu chose surprenante doui je m'enquis à ceux
du pays, le» ossemens de tous ces morts sur le champ de
bataille séparés ( car ils étaient à part ceux deî Perses d'ua
côté , comme d'abord on les mit , de l'autre ceux des Egyp,
,
,
crânes des Perses
tiens
)
d'un
petit caillou
,
et les
seulement tu
si
les
faibles
,
qu'à les frapper
percerais, ceux des
Egyp-
au contraire tellement solides , qu'à grand peine IeS
rompras-tu d'une grosse pierre ; et la raison qu'ils m'eni
donnèrent, laquelle je crois aisément, c'est que ies Egyptiens dès l'enfance vont la tète rase , dont les os se durcissent au soleil , et cela est cause en même temps qu'ils ne
deviennent point chauves. Car il n'eu pays où se voient
moins de chauves qu'eu Egypte. Voilà donc la raison pour
quoi ils ont la tête si forte. Les Perses l'ont faible au contiens
traire, parce qu'ils la tiennent
bas âge des
tiares
bre. Voilà ce
que
de feutre,
et
couverte, portant dès leur
qui plus
est
vivent à l'om-
vu.
A
Paprérais aussi
je puis dire avoir
21
(
3fc
)
vu chose pareille de ceux qui là périrent avec Achémétes fils de Darius, défait par Inaros de Libye.
A l'issue du combat, les Egyptiens vaincus s'enfuirent,
sans garder aucun ordre, jusqu'à Memphis où ils se jetèrent.
Là Cambyse leur envoya uu héraut Perse de Dation , qui
remonta le fleuve sur un vaisseau de Milylène, pour leur
proposer uu accord. Mais eux , dès qu'ils virent le vaisseau
j'ai
,
,
leur ville, descendant des murailles eu foule
entier dans
détruisitent ce vaisseau, et dépeçant
chair à
manger
après un long siège,
proches voisins,
,
ils
le
fort.
se rendirent à la fin.
Toutefois
Les Libyens
,
eux-mêmes ce qui était
soumirent sans combat, s'imposèrent
craignant pour
avenu en Egypte,
un tribut
hommes comme
les
emportèrent dans
les
,
se
envoyèrent des présents
aussi les Cyrénéens
;
Barcéens,
et les
comme
ayant pareille crainte, en voulurent
mais Cambyse agréa les dons qui lui vinrent
faire autant
des Libyens , et au contraire se fâcha de ceux des Cyiénéens,
à cause , comme je crois , que leurs dons étaient petits.
,
:
Car
ils
lui
envoyèrent cinq cents mines d'argent
qu'il prit et
distribua par poignées à ses gens.
, dix jours après la prise de la citadelle de Memayant par grande ignominie fait venir et seoir sor
l'esplanade , hors de la ville, Psamménite roi des Egyptiens,
Cambyse
phis
,
lequel avait régné six mois
d'autres Egyptiens
façon.
l'eau
de
La
fille
de ce
une cruche à
même
il
,
d'autres
aussi s'écriaient
main
filles
,
l'ayant
roi h.,billée
la
,
et
,
asseoir là
fait
âme
,
et voici
en esclave
avec
elle
des premiers
lesquelles venant à passer
eux
,
éprouvait son
, il
parmi
de quelle
l'envoyait à
envoyait vêtues
il
hommes deTEgypte,
tout éplorées
,
poussant des
cris,
pleuraient l'infortune de leurs enfants
;
mais Psamméuite qui d'abord avait le tout vu et reconnu ,
baissa seulement les yeux à terre. Après ces filles portant
l'eau
,
passa le
fils
de Psamménite
un mors eu
la
,
avec d'autres jeune»
deux mille ayant
bouche. Sur eux se faisait
Egyptiens de son âge
,
Mityléniecs massacrés dans
le vaisseau
;
la
la
cordeau col et
vengeance des
car ainsi l'avaient
,
(
«rdonoé
les
juges royaux
,
M
)
que pour chaque homme
ditf
Egyptiens périraient des premières familles. Lui les voyant
et connaissant que son fils allaita la mort, tandis que tous
les autres assis
comme
autour de
lui pleuraient, se déconfortaient J
vue de sa fille. Ceux-là passés ,
que par hasard un sien convive, homme déjà sur
Tâge ayant perdu son bien et ne possédant plus rien , ré~
duit à mendier dans l'armée
passa sur celte même place
devant Psamménite, fils d'Amasis , et les autres Egyptiens ;
et comme il le vit, Psamménite aussitôt se prit à crier lamentablement, et appelant ce vieil ami par son nom se
fit
il
il
avait fait à la
arriva
,
,
frappait la tête.
Or y
de ce qu'il
avait-il là des gardes qui
chaque chose qu'il voyait, allaient rendre
compteà Cambyse, lequel émerveillé de cette façon défaire,
par un homme qu'il envoya le fitinterroger, disant «Cambyse
ton maître te demande , Psamménite
pourquoi c'est que
voyaut ta fille en tel malheur , et ton fils marcher à la mort %
tu n'eu as crié ni pleuré mais ce mendiant qui ne t'est rien
ce dit-on, tu l'as honoré ? » A celte demande il répondit :
« Mes maux pour en gémir sont trop grands , fils de Cyrus ;
faisait et disait, à
:
,
,
mais celui-ci vraiment mérite compassion
sédé tant de biens
seuil
de
est
,
qui ayant pos-
,
misérable et dénué de tout
,
sur le
la vieillesse ».
Ceci rapporté à
Cambyse
lui
parut de bon sens
Egyptiens disent que Crésusen pleura, car
il
suivait
et
,
le»
Cambyse
pleurer tous
dans cette expédition. Aussi s'en prirent à
ceux des Perses là présents , et à Cambyse même en vint
quelque pitié. D'abord il commanda que l'on sauvât l'eniaut d'entre ceux qui devaient périr , puis qu'on fit lever le
père
et partir
de
la
place pour le
mener ch»z
Mais l'enfant ne vivait plus lorsqu'on
y
alla
lui
,
Cambyse.
car
il
avait
mort On lit lever Psamménite et on le
conduisit chez Cambyse, où depuis il vécut sans nul mauvais traitement. Même s'il eût su s'abstenir de toute secrète
pratique, apparemment il eût gardé le gouvernement de
été le premier mis à
l'Egypte
Car
c'est la
coutume
des Perses d'honorer les eu-
21*
M
(
fettU 0^5
père
Qu'ainsi ne
ait failli.
le
soit
même état qu'avait eut son
tée
-,
:
Tannyras en
^'Inaros de Libye
)
remettre
et lear
roi»
pouvoir
le
encore que le
,
entr'autres preuves
est
,
Ht*
le
un exemple, qui posséda
père,
et Pausiris
,
d'Amyr-
fils
cependant
car celui-là aussi garda l'état de son père,
fit jamais plus de mal aux Perses qu'Inaros et AmyrPsamméuiie donc eut le loyer de ses méchants desseins; car il avait tenté de faire soulever l'Egypte. Cambyse
et Psamméoite
ayant bu du sang de taureau %
le sut
mourut sur le champ. Telle fut la fin de celui- ci.
Cambyse vint de Memphis en la ville de Sais à dessein de
nul ne
tée.
,
,
,
faire ce qu'il
fit.
palais d'Amasis,
tombeau, ce qui
comme il fut d'abord entré dans le
il
commanda que l'on tirât son corps du
étant exécuté il commanda de le fouetter,
CUr
,
cheveux de le percer et mutiler en toutes
façons. Puis voyant ces gens y avoir peine, attendu que ce
corps embaumé résistait ne se défaisait point il ordonna de
rie lui
arracher
les
,
,
le brûler*, en quoi
il
,
commit
sacrilège-, car le feu
chez
les
Perses est tenu pour divinité. Perses ni Egyptiens n'ont cou-
tume de brûler
qu'un dieu ne
leurs morts, les premiers par cette opinion
de cadavres,
se doit pas repaître
parce qu'ils croient
qu'elle atteint et
le
les
autres
feu bête vivante, qui dévore tout ce
meurt ensuite avec
sa proie, étant rassa-
de pâture. Or, leur loi ne veut pas que les morts soient
aucunement abandonnés aux bêtes et c'est pourquoi ils les
siée
,
emb3ument afin de les garder des vers. Ainsi ce qu'ordonna Cambyse était impie chez les deux peuples.
,
Toutefois, au dire des Egyptiens
d'Amasis que l'on maltraita de
autre Egyptien, mort de
déchirèrent
les
Perses
,
,
ce ne fut pas le corps
la sorte
même âge à
,
mais celui d'un
peu près que
lui, et
que
pensant déchirer Amasis. Car
ils
que par un oracle ayant su ce qui lui devait arriver
après sa mort, pour s'en préserver, Amasis fit mettre à
l'entrée de sa tombe, près des portes, ce corps qui fut battu
pour lui se réservant le fond du tombeau, où il enjoignit a
disent
,
son
fils
de
le
placer le plus
avant qu'il
6erait
possible.
3
(
Touiei
pour assurer
des Egyptiens
Cambyse
sépulture
ta
,
)
me
et ces ordres par lui
semblent pures
qui ont voulu en imposer par
,
après cela
Dations, à savoir:
Ethiopiens
i5
d'Ama»i»
ces précautions
les
fit
donnés
inventions
tels récils.
dessein d'atlaquer trois différente»
Carthaginois
les
,
Ammoniens,
et les
Macrobes ou long- temps vivans , qui habitent le long de la mer australe de Libye ; et il résolut d'envoyer pour l'exécution de ce dessein à Carthage son armée
de mer, contre les Ammoniens une part de ses troupes de
terre
dits
en Ethiopie des
et
,
espions premièrement
charge de voir
la
ces peuples
d'observer par
et
,
table
du
soleil,
si
de
t'ait
même moyen
du pays, portant en apparence des présents
de
la
du
table
ville est
les
cher
autres choses
à leur roi.
soleil, voici ce qui s'en raconte.
un préau
ayant
,
elle était
Or,
Devant
plein de chair bouillie de tout bétail,
de nuit font placer
ces chairs toutes gens
ayant
la
où
office entre
citoyens, de jour sont mangées par qui veut prendie là
les
son repas;
et
les récils
qui se font de
Cambyse
du pays disent telles viandes
elie-même en tout temps. Voilà
table du soleil.
dit-on que ceux
être produites par la terre
lors délibéré
d'Eléphantis des
la
d'envoyer
là des espions
hommes Ichthyophages
,
manda
qui parlaieut la
Jangue d'Ethiopie, et attendant qu'ils arrivassent, il donna
ordre à l'armée de mer d'aller contre Carthage. Mais les
Phéniciens refusèrent, se disant
que
enfans.
Or
par grands serments et
sans les Phéniciens, les autres n'étaient plus ea
force suffisante.
ne
liés
ce serait à eux chose impie de faire la guerre a leurs
fut point
De
la sorte
Carthage échappa ce danger
soumise aux Perses
,
Cambyse n'ayant
devoir user de contrainte à l'égard des Phéniciens
eux-mêmes donuçs aux
,
,
pas cru
à cause
Parmce
de mer dépendait toute des Phénicieus. Aussi s'étaient euxmêmes donnés les Cypriens pour cette expédition d'Egypte,
Cambyse donc les Ichthyophages étant venus d'Eléphantis,
les envoya en Ethiopie instruits de ce qu'il fallait dire, et
portant pour préjeuts un vêtement de pourpre , un collier
qu'il s'étaient
,
Perses et que
,
ia6
(
uLe
des brasselets,
,«Tor
fiole
)
de myre
et
un
de vin de
baril
palme.
Ces Ethiopiens vers lesquels envoyait Cambyse, sont, à ce
les plus grands et les plus beaux de tous les
hommes. Ils ont des lois fort différentes de celles des autre»
qu'on dit,
peuples;
ils
et en particulier,
touchant la royauté, voici comment
se gouvernent. Celui d'entre
grand
le plus
les
citoyens qu'ils jugent être
celui-là
Vaille, c'est
avoir force selon sa
et
Chez ces hommes donc arrivés, les
ïch hyopages présentèrent au roi les dons qu'il apportaient
qu'ils
nomment
roi.
Le
et lui dirent ceci: «
ami
être à l'avenir tou
à toi et
roi des
Perses
ton hôte
et
,
Cambyse, voulant
nous envoie pour parler
en présent ces choses dont plus
t'offrir
se plaît à
il
connaissant qu'ils étaient espions, leur
user, s L'Ethiopien
« Non, vous n"êles pas envoyés par
pour m'apporter des présents, comme
désirant m'être ami, ni ne dites la vérité; car vous venci
îepond en
celte sorte
:
des Perses,
le
roi
ici
épier
mon
état et
car étant juste
moi;
ni aussi lui n'est
en esclavage des gens
n'eût pas mis
homme
ne voudrait autre pays que
il
le
juste;
sien, et
qui ne lui faisaient
nul mal. Donnez-lui donc cet arc et lui dites de ma part:
ïloi des Perses, le roi d'Ethiopie te conseille, quand il
aviendra que
grands
tendent ainsi aisément
Perses
tes
comme
celui-ci, de les
jieur contre les Ethiopiens
dieux
ne
qu'ils
mener
alors en
des
arcs
nombre supé-
mais jusque-là rends grâces aux
;
font penser
aux
enfants
des Ethiopiens
d'avoir autre terre que la leur.
Cela dit
le
comment
les
il
détendit l'arc et le leur donna. Puis prenant
vêlement de pourpre
avait été
Ichlhyophages
hommes
,
fait
;
,
et
voulut savoir ce que
il
entendant
ce que c'était
,
comme
que pourpre
c'était et
lui apprirent
et teinture
,
trompeurs aussi leurs
habits. Du collier et des brasselets il en fit semblable
demande, et comme on lui voulut montrer la beauté de
il
dit tels
cette
parure
«haines,
dit
,
il
être
trompeurs
se prit à rire
que
cirez
eux
,
il
et
et
pensant que ce fussent des
en avaient de plus fortes et
32 7
(
)
demanda aussi de
quoi bon ; et ayant ouï
meilleures; puis
la fiole
c'était et à
la
le corps
trotter
,
en
il
quand
ce vint
même
en quelle sorte
au
baril
il
comme
dit
de vin
,
il
ce
que
de l'habillement. Mais
dont
se faisait,
myve
de
façon et l'usage pour
goûta
il
y prit
et s'enquit
de
grand ,
plaisir bien
demauda ce que mangeait avec cela le roi des Perses et
combien de temps pour le plus un homme chez eux pouvait,
%ivrc,àquoi il lui fut répondu que le roi mangeaitdu pain,
dont la nature ainsi que du blé lui fut expliquée, et que
et
,
quatre-vingts ans étaient le plus long terme de la vie. Lors
mangeant
il
dit n'être pas merveille
et
qu'encore ne vivraient-ils tant sans ce breuvage,
tendait le vin
,
si
par où seul
selon lui
,
fiente
,
ils
vivaient
il
peu
en-
la Perse l'emportait
surl'Elhiopie. Et à leur tour Pioterrogeant les Ichthyophages,
de
la
piens
longueur des âges
il
,
que
dit
la
de
et
chez eux Ethio-
la nourriture
plupart allaient jusqu'à six-vingts ans
même au-delà ; que leur vivre commun
de viande bouillie et de lait pour boisson qu'ayant
paru surpris de ce nombre d'années , les envoyés furent
conduite à une fontaine de laquelle s'étant lavés, ils s'en
et
quelques uns
était
;
comme
trouvèrent oints
Peau de
phages
la
pouvait surnager
bois,
doute
que
mais
,
si
;
ni bois
tout
elle est telle,
leur est cause de vivre
fontaine, on
les
d'huile;
fontaine
mena
,
être
ni chose
allait
comme
au
ils
et
disaient les Icthyo-
que rien n'y.
aucune plus légère que
fond. Cette eau sans
si
faible
en usent en toutes choses,
long-temps
voir
; et qu'au partir de cette
une prison d'hommes, où tous
Le plus
étaient tenus les pieds dans des ceps d'or.
tal et le
plus
Ayant vu
estimé chez
la prison,
ils
les
Ethiopiens
,
virent puis après la table
et ensuite fiuablement virent les cercueils
de verre
soit
faits
comme
en
c'est
cette sorte.
que
rare
le
mé-
cuivre.
du
soleil,
l'on dit être
Après avoir séché le cadavre ,
, soit de toute autre manière,
font les Egyptiens
IVyant partout enduit de plâtre, on. le peint de belles couleurs, le plus ressemblant qu'il se peut , puis on l'introduit*
•ui
-dedans d'on cigpc de verre creusé exprès (ils en ont des
3*8
I
en
et
carrières
tirent
)
beaucoup qui
travaille bien);
se
au
milieu duquel cippe le cadavre paraît saas nulle fâcheuse
odeur , ui rirn qui soit désagréable, ayant toutes choses
visibles
pareillemment au mort lui-même. Pendant l'espace
d'une année on le garde au logis des plus proches parents,
lui offrant prémices de tout, et on lui sacriiie. Au bout du
,
ce temps
de
,
on l'emporte
et
on
le
dresse quelque part autour
la ville.
Ces choses vues
les
,
envo}'és s'en retournèrent
Cambyse, auquel ayant de
champ mu de
compte
tout rendu
devers
lui, sur le
,
voulut marcher en Ethiopie, sans or-
colère,
donner nulles provisions, ni prendre temps de considérer
que cette lois il s'agissait de porter la guerre aux extrémités
du monde mais comme furieux et hors de sens aussitôt
puï le rapport des Ichthvophages il se mit en marche, laissant ce qu'il avait de Grecs àl'attendre, et menant avec soi
toute l'armée de terre. Venu à Thèbes il détacha cinquante
mille hommes environ et à ceux-là il donna ordre d'aller
,
;
,
,
réduire en esclavage
les
Ammooiens
Jupiter; lui cependant, avec
Ainsi marchant,
chemin que ce
ils
n'eureut pas
qu'ils
fait,
les
gèrent après leurs provisions
finies.
sa faute alors eût rebroussé
chemin
homme sage
;
ils
,
furent dans
les autres le
de
somme
les sables, ce
ils
que
tiraient
au
,
et
,
man-
Cambyse connaissant
et
que
d'herbe
faillit
qu'ils
ramené l'armée
mais n'écoutant nulle raisou,
se repaissant
à conter. Entre dix
de
Si
jours en avant. Les soldats, durant
vert à cueillir
cinquième partie du
la
bêtes
temple de
droit en Ethiopie.
emportaient de vivres leur
pareillement leur faillirent
était
et brûler le
le reste, lira
;
,
il
alla tou-
leur offrit
la terre
vécurent
il
du
mais quand
aucuns est horrible
un d'eux, et celui-là
firent
sort
mangeaient; ce qu'ayant su, Cambyse eut peur
cette rage et revint sur ses pas, quittant son entreprise.
Il s'en revint à
gens
,
et
Thèbes avec fauie d'une grande part de
renvoya
à Memphts
il
de Thèbes descendu
Grecs par mer. Ainsi réussit l'entreprise
thiopie.
,
ses
les
du voyage d'E-
(
De
3. 9
)
leur part ceux qui allaient contre ies Amuioniens"
sait c'est
,
marchèrent avec des guides. Ce qu'on
peuplée de
qu'ils arrivèrent en une ville , Oasis
étant partis de
Thèbes
,
,
Samiens qu'où
de la tribu iEschrionienne.
dit être
Ils
sont
de Thèbes de sept jours de chemin par les sables,
et cet endroit s'appelle, eu la langue des Grecs, Macaron
Nesi qui veut dire lles-des-Bienheureux. Jusque-là donc
distants
,
vint cette armée.
Au
partir delà
Aramoniens eux-mêmes
nu
les
ce qu'elle devint
,
ceux qui
eut jamais connaissance
n'en
chez
et
Ammoniens
;
l'ont
car
hors
,
les
pu savoir d'eux
ils
,
n'arrivèrent pas
ni ne retournèrent en arrière.
Au
reste
Ammoniens. Que d'Oasis venant
contre eux à travers les sables ils se trouvaient à mi-chemin environ d'eux et d'Oasis et que comme ils étaient à
repaîfre il leur survint une bourrasque de vent du midi,
voici ce qu'eu content les
,
,
,
qui levant des grèves de sable,
et ainsi disparurent tous.
Tel
les laissa
dessous ensevelis,
récit font les
Ammoniens du
succès de l'expédition.
Peu aprè." le retour de Cambyse, apparut en Egypte Apis
que les Grecs nomment Epaphus et aux premières nouvelles
,
de son apparition, tous les Egyptiens en liesse mirent leurs
plus beaux vêtements ; ce que voyant Cambyse, persuadé
que par là ils témoignaient être joyeux de sa mésaventure,
fit venir devant lui les gouverneurs de Memphis et les interrogea , pour quelle cause auparavant , lors de son séjour
à
Memphis,
rien de semblable ne s'était fait, mais bien à
ayant perdu part de ses gens eux lui
que depuis peu un dieu se manifestait lequel avait
coutume de rarement se montrer, et que quand il apparais-
l'heure qu'il revenait
:
,
diieut
sait
,
,
teurs les
et
l'Egypte en
toute
Cambyse
dit
fit
eux disant
que
c'était
mourir. Ceux-là morts,
les
mêmes
Cette répouse ouïe,
faisait fête.
mensonge que
choses,
il
cela
il
,
et
comme men-
manda
les prêtres,
repartit qu'il voulait voir
bonne bête, et commanda aux prêtres de
amener Apis et ils l'allèreot quérir. Or cet Apis ou
Epaphus naît veau d'une vache qui ne peut après cela en
si
leur dieu était
lui
,
,
,
33o
(
)
porter d'autres, sur laquelle vache
nomme
de ce veau qu'on
corps noir
,
sur
un blanc
front
d'un aigle
la sen.blaoce
et sur la
le
Apis
,
marques sont
les
à quatre angles
,
un
ciel
engendre Apis
telles
sur
le
:
et
:
le
dos
tous les crins doubles à la queue
Apis étant venu amené par
de méchante
aux prêtres
chair et du sang
dit
:
«
à
il
,
Cambyse
dague, dont
fera
vou-
lui
l'atteint à la cuisse, et riant
Coquins, voilà vos dieux qui ont de
qui sentent
et
des Egyptiens un dieu
apprendrai
prêtres
les
folie, tire sa
lant donner dans le ventre,
à
elle
langue un scarabée.
qu'il était
effet
descend du
il
au dire des Egyptiens, dont
éclair,
tel
coups du
les
que
vous moquer de moi.
ï>
fer
celui-là.
Mais
Cela dit
il
,
la
digne en
}
je
vous
commande
ceux qui avaient charge de telles choses de fouetter les
quiconque des Egyptiens serait trouvéà faire
prêtres et tuer
fête
moyennant quoi
,
ainsi qu'il avait dit
la fête cessa.
et
,
Les prêtres furent
Apis malade de
traités
sa blessure était
gi-
où finablement il mourut et fut enseveli par les piètres à l'insu de Cambyse.
Cambyse , au dire des Egyptiens pour avoir commis ce
sant dans le temple,
,
méfait, aussitôt après deviut fou, étant auparavant peu
sage
et
,
mère
,
premièrement
Smerdis
fit
mourir son
frère
de
même
père et
renvoyé de l'Egypte en
qu'il avait par envie
parce que seul entre les Perses il tendait l'arc , à
deux doigts près, qu'avaient apporté d'Eihiopie leslchthyophages. ~Sol autre Perse que Smerdis n'en sut autant faire,.
Lui parti, Cambyse eut en songe une vision. Il lui fut avis
qu'un messager venant de Perse apportait nouvelle que
Perse
,
Smerdis
assis
sur le siège royal touchait de sa tête
raison de quoi ayant peur
roi
,
il
envoie en Perse Prexaspès, qui
entre tous les Perses, lequel
Smerdis, aucuns disent à
Rouge
Par
liyse.
la
le ciel
,
à
frère le tuant, ne devînt
que son
lui était le
montant
chasse
,
à
plus dévoué
Suses
fit
mourir
d'autres dans la
mer
et qu'il le fitaover.
la
commencèrent, dit-on,
Depuis
il
fit
les
méchancetés de
mourir sa sa-ur venue uuaul
et
O.mlui
ea
(3ii
comme
«t voici
du
vaient
l'épousa.
il
Car
sœur des deux
côtés
sœurs et
ses
comme il
c'était
pensa que
pelerles juges
la
,
Perses auparavant n'a-
les
Cam-
tout accoutumé d'habiter avec leurs sœurs.
byse aimait une de
loi
)
et qui lui était pareillement
Egypte,
femme
voulant avoir à
chose contraire à l'usage
,
fit
,
ap-
royaux pour savoir d'eux s'il y avait point une
qui permît au frère d'épouser sa sœur. Les juges royaux
sont gens choisis
,
qui, leur vie durant
hors qu'ils soient
,
quelque iniquité, rendent
de
convaincus
Perses et interprètent
les
lois, et
la justice
aux
toute affaire vient à eux.
Cambyse, ils lui firent une réponse juste
danger pour eux-mêmes, disant n'y avoir point de
loi qui autorisât le mariage entre frère et sœur, mais bien
nue loi par laquelle il est permis au roi de faire ce qu'il veut.
Interrogés lors par
et sans
Voilà
comment
ils
évitèrent d'enfreindre la loi
byse, et eux-mêmes, pour ne pas mourir
fendu
la loi
femme
sa
,
pour
Cam-
eussent dé-
eu trouvèrent une favorable au roi voulant pour
sœur. Ainsi
aimait, et peu après
La
s'ils
Cambyse
eut eu mariage celle qu'il
épousa encore une autre sœur à lui.
il
plus jeune des deux fut celle qu'il tua en
comme
Egypte, ce
mort de Smerdis.
que Cambyse un jour faisait combattre
qu'on raconte en deux manières,
Car les Grecs disent
ensemble un lionceau
femme
sœur
et
le
;
lui
,
étant cette sienne
et
,
;
près
elle assise
Cambyse
ce
avec
au moyen de quoi le lionceau fut vaincu par les
que Cambyse prenait plaisir à voir ce combat ;
deuxlevrons
mais
,
que comme le
un autre jeune chien frère
son aide , rompant le lien qui l'at-
plus faible
de ce levron accourut à
tachait
un jeune levroo
et
à les regarder
chien se trouvait
la
lui
eu
de
demanda
lui
la
pleurait, donts'étant aperçu
cause,
et elle dit
chieu secourir et venger son fière,
Smerdis;
il
lui
qu'il n'y aurait nul qui jamais le
qu'en voyant
souvenait de
voulût venger.
que pour cette parole Cambyse la
Egyptiens racontent autrement qu'eux
C'est le récit des Grecs et
fil
mourir
;
mais
les
une laitue dont elle ôlait
demandant comment i| la trouvait
lieux étaut à table assis, elle prit
les feuilles
une
à
une,
lui
,
33 2
(
)
plus belle, ou dégarnie, ou bien feuillue
feuillue.
Lois
tu vas
dit-elle
,
elle
dont Cambyse
,
:
de
« Ainsi fais-tu
effeuillant tout
comme moi
sautant sur le ventre
irrité lui
était grosse d'enfant, la fit avorter
Tels actes furieux
Cambyse
fit
soit
vengeance d'Apis,
ture
comme elle
et
à
il
répondit
cette laitue >i
comme
,
elle
mourir.
l'encontredeses proches»
autre cause qu'il
soit
sujette à tant
est
à quoi
,
maison de Cyrus que
la
y eût,
étant
na-
de maux. Aussi avait-il
,
de naissance une grande maladie que quelques uns
nomment sacrée. Partant ne «e faut étonner qu'éprouvant
en son corps si griève souffrance, il n'eût pas l'esprit sain.
Autres actes pareils furent par lui commis envers les Perses.
ee dit-on
On
,
raconte qu'un jour
dit à
il
Piexaspès
plus considéré, portait ses ordres
était le
,
,
qui près de lui
même
avait son
échanson de Cambyse, charge non des moindres aussi ;
un jour il lui dit « Prexaspès, que dit-on de moi et quel
homme pensent les Perses que je sois Maître , répondit
Prexaspès de toute chose ils le louent
te
si ce n'est qu'ils
fils
:
£*
,
croient trop
,
adonné au
gage que tenaient
part
me
«
:
les
vin. s Qu'il dit cela
Perses
me
,
comme un
lan«
à quoi l'autre en courroux re-
adonné au vin ; ils
jugement et par ainsi leur
pas véritable. » De fait Cambyse aupa-
Les Perses donc
disent trop
croient insensé, privé de
premier dire ne fut
ravant en un conseil où
assistait
,
demandé quel homme
il
Crésus avec
les
Perses, ayant
leur paraissait être au prix de son
père Cyrus, parles Perses fut répondu qu'il valait bien plus
que son père, ayant tout ce qu'il avait eu, et l'Egypte encore et la mer. Voilà ce que dirent les Perses mais Crésus
fut mal satisfait de cette réponse et prenant la parole, dit
;
:
,
« Je ne trouve pas
père, car
il
te
,
fils
Cyrus
de
manque un
fils
,
que tu
tel qu'il
sois égal à ton
a laissé toi. » Lequel
propos plut à Cambyse, qui loua la réponse de Crésus et
qu'en colère alors remémorant ces choses, il dit à Prexaspès:
;
,
«
Tu
ou
vas tont à l'heure connaître
si,
k seos
s'ils
disent vrai les Perses
parlant ainsi, ce sont eux au contraire qui ont perdu
j
car avec ce trait
si
je
frappe au milieu du cœur de
,
(333
ton
que
fiis
doute sont menteurs. Si
que
du
ne
je
trait
que
sais ce
)
ma
devant
voilà là bat
porte
je
frappe l'enfant; lequel étant tombé,
de l'ouvrir
et
regarder
Perse» sans
le»
,
faux, dis qu'ils oui raison, et
lais, s Cela dit, il tend son arc et
je
coup
le
et
,
qu'en
commanda
il
au
effet le fer était
milieu du cœur. Sur quoi transporté d'aise et s'éclatant de
,
pars
fou. Si sont
il
Tu
au père: «
dit
iirf
vis-tu jamais
,
eux
,
dis-moi
et
,
le vois,
Prexaspès,
ne savent ce
comme
archer aussi sûr
que Prexaspès le voyant du
craignant pour soi, répondit
mais
;
suis
toi,
Et
je suis. »
de sens, davantage
tout hors
« Maître, le
:
ne
je
qu'ils disent
même
dieu
ne
tirerait pas plus juste. »
C'étaient là ses
fit
œuvres
En une
alors.
autre occasion,
sans nulle valable raison enterrer vifs
il
par-dessus la tête
douze des premiers personnages qui fussent en toute
la Perse.
Sur ces actions Crésus de Lydie le crut devoir admonester
de telles paroles: « O roi , ne te laisse emporter à chaude
colère de jeunesse, mais plutôt tâche à te modérer. Prévoyance en tout vaut sagesse , et n'est chose en quoi ne se
doive regarder la fin. Tu fais mourir sans nulle raison gens
de ton pays
que
et enfants
Perses
les
enchargé ton père
pour ton
qu'il
lui
mais
;
un jour ne
et
bien. » Voilà
se
si tu agis de la sorte, garde
bandent contre toi. Ainsi m'a
recommandé de
comme
le
il
admonester
par amitié
t'aviser et
conseillait
portait; mais l'autre répond
en ces roots: «
Tu
verné ton pays
comme de vrai tu as bien gouquand tu lefis
et sagement guidé mon père
passer l'Araxe
pour
m'oses donner des conseils,
,
aux Massagètes
aller
qu'eux voulaient passer
venir à nous.
et
n'ayant pas su régir ton pays
te crut lors
que
je
,
mais à ton
,
dam
et as
;
venue
Ce disant,
le
l'es
perdu Cyrns
car voici
cherchais de t'en punir. »
sur
,
Tu
il
point
perdu,
aussi,
qui
l'occasion
prenait son
arc pour le percer, mais Crésus se sauva de vitesse dehors
et lui
ne
le
pouvant darder
,
dit à ses serviteurs
et le tuer. Les serviteurs,
comme
meur
telle intention
,
cachent Crésus en
ils
de
le
preudre
huCambyse se
connaissaient son
que
si
334)
(
repentait et redemandait
Crésus, eux
auraient quelque récompense
s'il
ne se repentait,
Peu
ceux qui l'avaient
bien
ainsi
et qu'il les tuerait,
commit
Il
durant
était
en vie.
,
que voyant
ce
Cambyse
encore en viej mais
les
que
conservé ne s'en trouveraient pas
comme
qu'il fut à
tombes et regardant
fat aise
dit
il
il fit.
plusieurs tels excès contre les Perses
temps
le
feraient mourir.
regretta Crésus
ses serviteurs, lui dirent qu'il était
d'apprendre que Crésus
rendant, en
le lui
pour avoir sauvé Crésus , que
ni le regrettait, ils le
que Cambyse
après avint
,
Memphis
morts;
il
,
ouvrant
entra dans Le
moqueries. Car
alliés
et
vieilles
les
temple de
l'image de
Vulcain,
Vulcaiu ne difïete en quoi que ce soit des Pataïques de
Phénicie que mettent les Phéniciens à la proue de leurs
trirèmes et qui ne les a vues je lui dirai, c'est la figure
à l'image force
fit
là
,
-,
d'un
homme
des Cabii es
images
il
,
les
Pigmée. Pareillement il entra dans le temple
où n'est permis d'entrer qu'au prêtre , et ces
brûla, non sans en faire grandes risées. Elle»
sont semblables aussi à celles de Vulcain
même on
;
que
dit
ce sont ses enfants.
En somme
hors de sens
et les
me
il
car
}
il
paraît sans
doute que
coutumes; car
si
l'on proposait
entre toutes les lois établies
Cambyse
en moquerie
n'eût pas pris
les
était
religions
aux hommes de choi-
meilleures, après
les
y avoir
bien regardé , chacun s'en tiendrait aux siennes propres.
Ainsi pense chacun ses lois être les meilleures de beaucoup
sir
et partant
il
n'est pas à croire
se rire de telles choses.
pensent de
un
la
sorte en
jour ayant
qu'autre qu'un insensé
qu'ainsi soit
ce qui
que
concerne
tous les
les
lois,
ait
pu
hommes
d'autres
connaître et singulièrement celle-ci. Darius
le font
preuves
Et
mandé
des Grecs qui demeuraient près de sa
résidence, s'enquit d'eux pour combien
draient
d'argent ils voumanger leur père mort. Eux répoudirent que pour
monde et Darius
nommés Calaties, lesquels
rien au
parents,
;
et leur
alors
fit
venir
de ces Indiens
ont pour usage de manger leurs
demanda devant
les
Grecs, qui par un in-
(335)
terprète entendaient ce qui se disait
seutiraient à brûler
haut,
de ne proférer
le priant
pour combien
,
corps de leur père.
le
Ils
telles paroles.
coa
ils
-'
s'écrièrent
Ainsi sont oei
choses réglées par l'usage des différents peuples; et Pindarc
rue semble avoir bien rencontré
disant
,
coutume
être reine
du monde.
Au
même
temps
l'Egypte
,
de cette expédition de Cambyse contre
Lacédémonieus en
les
Samos etPolycrate, qui
bord avait départi
Syloson
,
s'accrut
Samos
tenait
et
Amasis
toute
roi
Il avait à lui
et
et d'a-
lui.
,
Pan-
,
le
plus
conauquel il entenant
Polycrate bientôt
le reste
de
la
Grèce.
cent galères à cinquante rames et mille archers
tout
le
moude
indistinctement,
davantage un ami eu
qu'il n'eût fait
ne
et
la
et
,
dans
qu'il obligeait
,
frères
qu'il entreprît, tout lui succédait à souhait.
attaquait, pillait
fies
deux
d'Egypte
en reçut d'autres de
devint fameux en Ionie
,
Quelque guerre
aussi cootre
depuis ayant tué l'un et chassé
tracta hospitalité avec
voya des dons
une
tenaitSamos,
la ville entre luiet ses
taguote et Syloson
jeune.
firent
s'étant soulevé
lui ôtant rien.
de beaucoup de
lui
,
disant
rendant son bien
s'empara de plusieurs
en terre ferme, prit les Les—
villes
Il
biens qu'il défit en combat naval allant avec toutes leur»
forces au secours de Milet , et qui depuis creusèrent en-»
chaînés tout le fossé autour de
Amasis
n'était point sans
de Polycrate, voire
la forteresse
même y
prenait intérêt, et
succès allaient toujours croissant,
lettre
qu'il
ainsi dit
:
lui
il
comme
écrivit ceci
ses
dans une
Samos « Amasis à Polycrate
douce chose d'apprendre le bonheur
adressa en
C'est bien
dans Samos.
entendre parler des prospérités
:
toutefois tes grands succès ne me conque la divinité est de sa nature envieuse.
Partant j'aime mieux, moi et les miens, avoir chance dans
mes affaires tantôt bonne , tantôt contraire , que non pas
réussir en tout. Car oncques je n'ouïs parler d'aucun qui
d'un hôte
et
ami;
teutent pas. Je sais
n'ait
m'en
eu
triste fin
crois
,
en prospérant toujours. Toi donc,
voici ee qu'il faut faire à ton trop
si
tu
de bonheur.
,
336
(
Songe
m
qui plus
toi-même ce que
te
fâchât à perdre
que jamais n'en
heur
et le
,
nouvelle au
soit
)
peux avoir de plus précieux
tu
perds
monde
mêlé de semblables disgrâces
n'est
et
et
l'abîme tellernenr
;
etsi
dorénavant tou
,
Use
du remède que
je t'enseigne. »
Ces paroles lues
d'Amasis
était
Polycrate
,
bon
comme
,
il
chercha lequel de
,
plus de peine à perdre
>
comprit que
ses
l'avis
bijoux lui ferait
cherchant voici ce qu'il trouva.
et
un anneau monté en bague d'or qu'il portait au
doigt; c'était une pierre d'émeraude et l'ouvrage était de
Théodore fils de Téîéclès de Samos. Ayant délibéré de le
perdre, il fit ainsi. Sur une galère à cinquante rames il mit
des geas et s'embarqua, puis fit voguer en haute mer.
Quaud il fut loin des côtes de l'île ôtaot cette bague de son
doigt, aux yeux de tous ceux qui étaient quand et lui"â
bord, il la jette dans la mer, et cela fait, s'ea revint à
terre; et retourné en sa maison était chagrin de ce malheur.
Il avait
,
,
après lui avint ce que
un poisson grand et beau et
mériter d'être offert en don à Polycrate
Cinq ou
six jours
avait pri«
,
,
vint aux portes
j
j'ai pris
Un
pêcheur
parut
tel qu'il lui
et
pour
cela s'ea
disant qu'il voulait être admis en sa pré-
sence, ce qui lui étant octroyé,
« Roi
voici.
celui-ci
ne
et
parla en ces
il
termes
,
au marché
faisant
,
pauvre
gagne
pourquoi
je
ma
grâce t'en
homme
vie
;
que
mais
je suis toutefois
qui en ce
« Tu as grandement raison, et double
due de ton dire et de ton présent
et nous
souper. » Le pêcheur qui tint à grand heur cette
:
est
t'invitons à
,
m'a semblé digne de toi
donne. » Lui aise d'entendre
il
l'apporte et te le
ce propos, repart
,
invitation, s'en retourna en son logis
viteurs coupant le poisson
bague même de Polycrate
,
,
;
et
cependant
les
ser-
trouvèrent dans son ventre
laquelle
ils
la
prirent dès qu'ils la
virent, et joyeux la portèrent vitement à Polycrate, et la
lui
dounant
vée. Lui
divin
:
pas voulu porter vendre
l'ai
t
^
,
lui
contèrent en quelle sorte
comme
an
il
crut
^aus une
y
ils
l'avaient trou-
avoir en cela quelque chose de
lettre tout ce qu'il avait fait et
conr-
'(
tuent lui en avait pris
Egypte. Ayant donc
et
,
le
33 7
Amasis lu
roi
nait de la part de Polycrate
un
préserver
autre
homme
)
tout étant écrit,
,
il
dépêche eu
cette lettre, qui
ve-
qu'homme ne peut
comprit
de chose qui
lui doit avenir, et
que Polycrate ne devait pas faire bonne fin , ayant heur en
tout, à tel point de retrouver même ce qu'il avait voulu
perdre exprès. Si lui envoya en Samos un héraut, disant
qu'il rompait avec lui ^hospitalité
ce qu'il fit pour cette
raison afin que venant Polycrate à cheoir en quelque grande
;
,
et
terrible disgrâce
comme pour un
il
,
au cœur
n'en eût point le deuil
hôte et un ami.
les Lacédé—
une guerre, mus à ce faire et appelés
par ceux d'entre les Samieus , qui depuis fondèrent en
C ète la ville de Cydonie. De sa part Polycrate dépêchant à
Contre ce Polycrate donc heureux en tout,
m ouiens
entreprirent
Cambyse
fils
de Cyrus, qui
lors
pria qu'il lui plût envoyer en
armait contre l'Egypte
Samos
lui
demander
,
le
à lui
,
Polycrate ,une armée; ce qu'ayant entendu , Cambyse voenvoya en Samos vers Polycrate , qu'il requit de lui
lontiers
prêter une
armée de mer pour son expédition d'Egypte.
L'autre prend ceux des citoyens qu'il pensait lui être contraires
,
les
envoie sur quarante galères,
et
mande
à
Cau>
bj'se de faire en sorte qu'ils ne retournassent point.
que ces Saraiens envoyés par Polycrate
Egypte, mais ayant vogué seulement jusqu'à Carpathos, là se conseillèrent entre eux et résolurent
de ne point aller plus avant. D'autres content que venus en
Egypte on les gardait et qu'ils s'enfuirent sur leurs vaisseaux,
Aucuns
disent
n'allèrent pas en
,
avec lesquels
comme
vint à leur rencontre
débarquèrent dans
ils
eurent du pire
ils
;
il
Samos
retournaient en
y
eut combat
,
ils
,
Polycrate
vainquirent
et
où ayant de nouveau combattu ,
rembarquèrent, enfin vinrent à La-
l'île,
et se
cédémone.
Mais
gypte
,
il
en
est aussi
qui disent que ceux-là revenant d'E-
vainquirent Polycrate,
dùeatmal. Car
en quoi, selon moi,
ces gens n'eusient eu
que
faire
ils
du secours de
&2
338
(
Lacédémone,
la raison. Joint qu'il
,
et ses propres archers,
une troupe étrangère
sa solde
)
eux-mêmes capables de le ranger
n'y a nulle apparence que lui ayant
étant par
a
a
nom-
breux aussi, n'ait su résistera ce peu qu'ils étaient retournant d'Egypte. Encore tenait- il enfermé dans les hangards
de sa marine les femmes et enfants des citoyens demeurés
y
sous lui, tout prêt à
et ces otages
avec
si
,
mettre
feu et brûler les hangards
le
leurs parents l'eussent trahi en faveur
de ceux qui revenaient.
A Sparte arrivés cesSamiens que Polycrate avait chassés,
se rendirent près des magistrats, et là disaient beaucoup de
choses
comme gens qui se trouvaient en grande nécessité.
,
Eux
harangue répondirent qu'ils en avaient
et ne comprenaient pas la fin. A
à la première
oublié le
commencement
la seconde audience
,
ne haranguèrent plus, mais ayant
le montraient disant qu'il
ils
apporté un thulacos (i) vide,
avait faute de farine.
seul en
aurait dit
A
assez
quoi l'on repartit que
,
et
le
toutefois fut résolu
thulacos
de
se-
les
courir.
Adonc toutes choses préparées pour cette expédition , les
Lacédémoniens passèrent à Samos , en récompense, disent
les Samiens , de ce qu'eux les avaient aidés de leurs vaisseaux contre les Messéuiens ; mais, comme le racontent
ceux deLacédémone, ce fut moins pour donner secours aux
Samiens que pour eux-mêmes se venger de l'enlèvement du
cratère qu'ils portaient à Crésus, et
du
corselet
que
le roi
d'Egypte Amasis leur envoyait en présent. Car les Samiens
leur prirent , un an avant le cratère , ce corselet lequel étant
de
lin
avec beaucoup d'animaux en
laine de coton
,
que chaque
,
fil
cent soixante
Lindos
(i)
,
fin
tissu
admiré pour ce regard
comme
il
est
,
,
,
orné d'or
et aussi
et
de
pour ce
a cependant en soi
trois
tous visibles à l'œil. Pareil est cet autre à
consacré par Amasis à Minerve.
Sac de
farine.
fils
est
cuir qui servait à porter eu
voyage une provision de
(33 9
Or
aidèrent les Corinthiens
«t volontiers
y
prirent part.
)
à l'armement contre
,
Car
y
il
Samo?,
un outrage à eus
avait
Samiens une génération avant, lorsque le cratère
Car comme une fois Périandre fils de Cypsélus envoya pour être coupés à Sardes chez Alyattès, trois cents
fait
par
les
fut volé.
jeunes enfants des premières familles de Corcyre , ceux qui
menaient, Corinthiens, étant abordés en Samos, la
les
chose fut contée aux Samiens
comment
et pourquoi ces
eux premièrement leur
montrèrent à toucher le temple de Diane puis ne souffrant
pas qu'on les enlevât suppliants du temple , comme ceux de
Corinthe empêchaient qu'ils n'eussent à manger, les Samiens
firent une fête de laquelle ils usent encore aujourd'hui en
enfants
s'en allaient à Sardes
,
et
,
,
même
La
venue
temps que les
chœurs do
jeunes filles et de jeunes garçons, et dressant ces chœurs ordonnèrent par une loi qu'on y portât des gâteaux de sésame
et de miel, à celle fia que les dérobant les enfants des Corfaçon.
nuit
enfants furent suppliants,
,
durant tout
le
des
diessaient
ils
cyréens eussent de quoi se nourrir; et dura celte façon de
faire jusques à tant
fants
,
que
les
Corinthiens
,
gardes de ces en-
les laissant s'en allèrent, et lors les
menèrent à Corcyre.
De
vrai
si
les
riandre, eussent été amis des Corcyréens
pas sans doute, pour
le
Samiens
Corinthiens
,'
ils
,
les re-
mort Pé-
ne se fussent
souvenir de cette affaire, joints aux
ennemis de Samos ; mais jamais depuis le temps que l'île
fut peuplée par eux, ils n'ont paru d'accord ensemble, bien
qu'entre eux cependant il y ait... (1)
Voilà pourquoi les Corinthiens en voulaient à ceux de
Samos. Or, Périandre envoyait à Sardes pour être coupés
ces enfants des premiers de Corcyre, afin de se venger. Car
les Corcyréens d'abord avaient commencé par un acte horrible envers lui. Car après que Périandre eut tué sa femme
Mélissa, un autre malheur lui avint après celui-là. Il avait de
(i)
Quelques mots manquent au
texte.
(34°)
Mélissa deux
fils
âgés l'un de dix-sept
Leur grand-père maternel
ans.
pidaure,
ayant
les
l'autre
,
et le jour qu'il
,
:
,
,
enfants
dout l'aîné
qui
,
Lycophron en eut
tour à Corinthe
,
mais
;
le
qu'étant de re-
,
père, ni répondre à quoi qu'il lui pût dire
quels propos
il
comme
ils
grandes
quoi
;
que
s'était
ou demander;
Pourquoi Périandre en colère à
taisait.
chasse de sa maison
quit à l'aîné de ce
Parole
»
ne voulut plus aucunement parler à sou
il
interrogé par lui se
la fin le
Savez-vous
plus jeune appelé
douleur en l'âme
telle
«
mère?
qui a tué votre
est celui
peu de compte
tint
comme
venir devers lui, les chérissait
fait
on peut croire, étant les enfants de sa fille
leur dit en les reconduisant
Jes renvoya
hien
de dix-huit
Proclès, qui était tyran d'E-
et
,
ayant chassé celui-là, s'en—
leur grand-père leur avait dit et
de
avec eux entretenu. L'autre lui conte
en avaient été reçus avec joie
et
caresses
mais de ce mot que leur dit Proclès en les reconne s'en souvenait pas, comme n'y ayant fait d'a-
voyant il
bord nulle attention. Périandre repart alors qu'il n'était pas
possible au monde que leur grand-père ne leur eût donné
quelque avis , et à force de l'interroger , fit tant que le jeuue
homme
enfin se souvint de cela et le dit. Telle chose ouïe,
Périandre, délibéré de ne céder ni s'amollir en nulle sorte
à l'égard de son autre
retirer, là
fils
,
où
comme on
cevoir, et lui,
le savait
le faisait sortir
en une autre, d'où on
allait
il
menaces de Périandre
et
le chassait
,
lesquels
craignant
,
comme
toutefois.
portant que qui
paierait
le
il
en sa maison ni
et
,
s'eu
il
recourut à divers de ses
3Iais
Périandre
logerait,
ou
fit
,
le
recevaient,
publier un
ban
parlerait seulement,
lui
,
disant de combien.
n'y eut personne qui le voulût plus recevoir
lui parler.
admis nulle part,
chant à terre
le re-
encore, à cause des
enfant de Périandre
une amende sacrée à Apollon
Après ce ban,
d'une maison
de ces ordres qu'il donnait afin de
l'exclure de partout; ainsi chassé
amis
coutumier de se
envoyait un messager défendre aux gens de
et
Lui-même
cessa de tenter d'être
depuis hantait sous
manquant de
tout.
Au
les
portiques
,
cou-
bout de quatre jours
1 341
Périandre qui
vit
le
lavé de long-temps
lère
s'approcha de
,
semble
me
,
à préférer
affamé
,
pour ne
lui et lui dit.
O
enfant
tel qu'il
est
lequel doue te
,
maintenant, ou
succéder et avoir, étaut attaché à ton père,
et les biens
que
j'ai
;
s'être
en eut compassion, en quittant sa co-
ou ton sort
,
)
mal en point
,
toi
,
mon
fils
,
tyrannie
la
qui né roi de
riche
la
mauditeen merésistant et te prenant à qui fallait le moins. Si chose est avenue dont tu aies contre moi soupçon, à moi d'abord eu est
le mal, dont j'ai d'autant pins à souffrir que seul j'en suis
cause. Mais toi connais enfin combien mieux vaut faire envie que pitié et voyant la folie que c'est de se courroucer
à son père, et plus fort que soi va de ce pas à la maison ».
Corinthe
,
as choisi celle vie misérable et
,
,
;
Ainsi l'avisait Périandre
;
mais l'enfant ne lui répondit
autre chose sinon qu'il devait l'amende sacrée au dieu pour
lui avoir parlé.
Périandre alors connaisant que
mal en
le
pouvait adoucir ni vaincre l'éloigné deses yeux et
l'envoie sur un navire à Corcyre, dont il était maître aussi.
Lui parti, Périandre fit la guerre à son beau-père Proclès,
lui
ne
,
pensait èlre auteur le premier de ses peines
qu'il
ville
se
d^pidaure
comme
et prit aussi Proclès et le
,
prit
garda vivant
;
la
et
temps Périandre, avancé en âge, sentit ne
pouvoir désormais voir et gouverner les affaires , alors il
manda de Corcyre Lycophron pour qu'il vînt prendre la
tyrannie, n'ayant aucun égard à l'aîné de ses fils qui lui
semblait être de trop faible entendement ; mais Lycophron
avec
le
ne daigna même répondre au message. Le père qui avait mis
en lui son espérance, envoie à ce jeune homme une autre
fois sa
sœur,
fille
de lui Périandre
,
pensant qu'il se devait
persuader à elle, laquelle devers lui venue ,
enfant, souffriras-tu donc la tyrannie
«
lui ayant dit
passer à d'autres, la maison de ton père s'abîmer, plutôt
plutôt
laisser
:
que
toi
venir et la teuir ? Habite en ton logis
tourmenter
à guérir
O
le
;
désir de gloire chose vaine
mal par
raccommodement
-,
le
mal.
5
et
,
de
cesse
Plusieurs ont préféré au
plusieurs se sont
te
ne tâche point
vu perdre
la
dr>oit
pater-
(34.)
uelle chevauce eu requérant celle de leur mère.
Le
nie échappe; beaucoup en sont amants.
cassé
;
ne livre point à d'autres
le
capable de
plus
tyran-
bien qui t'appartient ».
Elle donc lui disait instruite par leur père
croyait
La
voilà vieux,
l'at traire
et
fléchir
,
ce qu'elle
son cœur
}
que jamais n'irait à Corinthe,
tant qu'il saurait son père en vie. Ce qui étant par elle rapporté à Périandre, pour la troisième fois il envoie un héraut voulant aller lui-même demeurer en Corcyre, et man-
meis
lui répondit disant
il
dait à son
à quoi
fils
de s'en venir en Corinihe prendre la tyrannie,
accordé, ils se préparaient pour passer,
lui s'étant
Périandre en Corcyre et l'enfant à Corinihe. Mais ceux de
Corcyre informés de toutes
homme
;
ces choses, afin
leur pays
Périandre De fût en
,
d'empêcher que
mettent à mort
le
jeune
ce fut là la cause pourquoi Périandre se voulut
venger des Corcyréens.
Les Lacédémoniens avec une puissante flotte arrivés devaDt Samos , la tenaient assiégée. D'abord attaquant le mur
du côté de l'esplanade , ils montèrent sur la tour qui est au
bord delà mer, mais bientôt en furent chassés par Polycrate
même accouru avec un gros de gens. Cependant par la tour
d'en haut, bâtie sur la croupe du mont sortirent les alliés
et des Samiens bon nombre , lesquels ayant tenu tête aux
Lacédémoniens quelque peu de temps s'enfuirent et eux les
poursuivant en tuaient. Si daus cette journée les Lacédémoniens eussent fait tous aussi bravement comme Archias et
Lycopas, sans faute Samos était prise. Car Archias et Lycopas à la poursuite des fuyards, s'étant seuls jetés avec eux
,
,
dedans l'enceinte des murailles, la retraite leur fut coupée
ils dans la ville des Samiens.
;
aÏDsi périrent-
Le troisième descendant de
, un autre Arduquel bourg il
était , et de tous les étrangers c'étaient les Samiens qu'il
houorait le plus; et me dit que son père avait eu noroSaraius, de ce que son père Archias était mort vaillamment en
chias
v
s
,
je l'ai
cet Archias-là
connu moi-même
combat de Samos
,
et
à Pitane
,
m'ajouta qu'il honorait surtout
les
343
1
Samien*
,
que son
à cause
)
publiquement par eus
aïeul fut
enseveli fort bien.
Après avoir tenu Samos as«iégé quarante jours, les Lacèdémoniens voyant qu'ils n'en étaient de rien plus avancés,
s'en retournèrent au Péloponnèse. Un sot propos en a couru
que Polycrate ayant frappé en plomb force pièces du
les leur donna
et qu'eux les prenant,
les fit dorer
allèrent. Cette guerre fut la première que firent en Asie
,
pays
s'en
,
,
,
Doriens.
les
Ceux
quittés
,
Lacédémoniens
les
passèrent à Siphuos
et les affaires des
5
car
les insulaires
des mines d'or et d'argent
duit,
ils
ils
,
,
si
chaque année
comme
que de
un
la
dîme du proaux plus
sommes prove-
trésor égal
faisaient
ils
Ils étaient les
ayant dans leur
se partageaient les
nantes de ces mines. Or, quand
d'eu êtr»
avaient besoin d'argent,,
en ont consacré à Delphes
riches, et
point
sur le
,
Siphnieus florissaient alors.
plus riches de tons
île
Samos contre Po-
des Samiens qui étaient venus en
lycrate, avec
ce trésor,
ils
demandèrent à l'oracle si leurs biens présents leur devaient
long-temps demeurer. La Pythie leur fit cette réponse Alors
que dans Siphnos Pritanée blanc sera , et blanc le sourcilleux marché, Siphnien sagement fora si caut en son
:
cachée il évite embûche de bois
marché de Siphuos, en ce temps-là,
île
revêtus de pierre de Paros
ele
,
ni lors, ni depuis à la
miens, dès
un de
sur
les
\
ils
et
et
rouge héraut. Le
le
prytanée étaient
ne surent comprendre l'ora—
venue des Samiens
Siphnos
qu'ils eurent pris terre en
car les
\
,
leurs navires des parlementaires à la ville.
vaisseaux jadis étaient peints de vermillon
cela
que
la
,
et
Tous
c'était
Pythieavait prédit aux Siphniens, parlant d'une
embûche de
requirent
Sa-
envoyèrent
les
bois et d'un héraut rouge
:
venus
,
ces
Siphniens de leur prêter dix talents,
ceux-ci refusèrent,
quoi entendant
,
et les
Samiens
se
envoyés
ce
que
mirent à piller le pays,
ceux de Siphnos accourent pour défendre
combat eurent du pire même beaucoup d'entre eux ae pureo S regagner !a ville, le chemin leur
leur3 biens, et dans le
;
344
(
)
payer ensuite
étant coupé par les Samiens qui leur firent
cent talents.
eurent pour argent des Hermionéens une
Ils
Péloponèse, Hydrée,
dépôt
puis fondèrent en Crète Cydonie
,
dans ce dessein
,
de cinq ans
,
et
près
l'île les
du
comme
venus
n'étant pas
mais bien pour expulser de
y demeurèrent
thiens. Ils
île
aux Trézéniens
qu'ils remirent
Zacyu-
vécurent en prospérité l'espace
les lieux sacrés qu'on voit
tellement que tous
,
maintenant à Cydonie, sont leur ouvrage aussi est le temple de Dictyne. Mais la sixième année , ceux d'Egine les
•
vainquirent daus un combat naval et
les firent esclaves*, les
proues qu'ils clèrent de leurs vaisseaux,
faites
en hures de
tempîe de Minerve à
Egine. Les Eginèles en usèrent de la sorte avec les Samiens,
par une haine envenimée que de long-temps ils leur porsanglier,
ils
les
consacrèrent dans
le
Samiens les premiers, régnant Amphicrate
Samos, passèrent en Egine armés firent aux Eginètes de
grands maux, et non moins en eurent à souffrir de quoi
taient^ car les
à
,
,
la cause
Or
ne fut autre.
ai-je voulu m'élendre
miens
parce que
,
entière sont
faits
par eux.
cinquante orgyes,
un peu sur
la Grèce
D'une montage haute de ceut
ou trouée, commençant d'en-bas
la fosse
avec double ouverture, sept stades sont
fosse,
hauteur huit pieds
celle-ci
une autre
vingt coudées
source
est
,
trois
fosse
propos des Sa-
le
plus grands ouvrages de
les trois
la
longueur de
de bout en bout a de profondeur
par où l'eau d'une grosse
pieds de large
conduite jusqu'à
,
la ville
dans des tuyaux
quelle fosse ou trouée l'architecte était de Mégare,
liuus
le
,
fils
second,
de Naustrophus
c'est
la
largeur égale:, par le milieu de
,
,
et voilà
une levée dans
la
un des
trois
:,
de la-
Eupa-
ouvrages \
mer autour du port, pro-
fondeur quelques vingt orgyes, longueur de
la
levée
,
plu*
de deux stades \ le troisième qu'ils ont fait est uu teemple
le plus grand de tous les temples conuus dont fut le premier architecte Rhcecus fils de Philès, né du pays; pour
,
,
,
eela
j'ai
voulu davantage m'élendre au sujet des Samiens.
(3f>)
Cependant que Cambyse séjournait en Egypte , faisant
tels actes de démence, deux hommes se rebellent contre lui,
tous deux mages et frères, dont l'un avait été par lui
laissé gouverneur de sa maison. Il se souleva parce qu'il v t
la mort de Smerdis tenue secrète , que peu en étaient infirmés;
vie
Il
:
avait
fait
même
plupart
la
des Perses le croyaient encore
prenant son parti là-dessus
un
que
frère
Cambyse
,
et
Smerdis
à
son frère avait
Smerdis,
homme
fait
de plus avait
se faisait fort
,
royal
,
et
,
tout-à-
que
celui
,
ressemblait donc à
11
nom comme
lui
Smerdis
:
cet
Patizithès son frère, qui
de lever toute difficulté
le siège
lui
de Cyrus
fils
mourir.
du mage
à la persuasion
placer sur
soulevé avec
j'ai dit s'être
semblable de visage
en
attente à la royauté.
il
,
,
se laissa
conduire et
cela fait Patizithès envoie
hérauts partout, et en Egypte aussi, mandant
des
à l'armée
d'obéir à Smerdis
fils de Cyrus, et non plus à Cambyse.
Les autres hérauts proclamèrent cela où ils allèrent, et aussi
fit celui qui alla en Egypte, il trouva Cambyse et l'armée à
Ecbatane de Syrie j et debout au milieu proclama ce qu'aet pensant
vait ordonné le mage. Cambyse entendant cela
,
,
,
du héraut, et que Prexaspès l'avait traltî
en ne tuaut pas Smerdis quand il en avait l'ordre regarda
« Aiusi as-tu fait, PrePrexaspès au visage, et lui dit
être vrai le dire
,
:
xaspès
il
,
le
devoir que
n'est pas vrai
et
,
je
l'imposai
!
révolte aujourd'hui, ni que jamais
grande
ni petite
;
»
L'autre dit
«
:
Maître f
ne peut être que Smerdis ton frère se
car
il
ait
querelle avec toi,
moi-même ayant fait comme
tu
com-
mes propres mains si à préseut
les morts reviennent, attends-toi devoir revenir aussi le
Mède Astyagès \ mais il s'en va comme devant et selon
l'ordre de nature oneques de lui nulle nouveauté ne s'élèvera contre toi. Or , à celte heure, mon avis est qu'il convient appeler le héraut, afin desavoir par quel ordre il
mandais,
l'ai
enseveli de
:
,
nous vient
ici
proclamer obéissance au roi Smerdis. »
approuvée par Cambyse, le hé-
Ainsi fut fait, la chose
tautwaudé arriva,
et
venu Prexaspès
l'interroge
:
«Homme
,
346
(
qni
messager de Smerdis
te dis
la vérité et tu t'en iras sans
)
fils
,
nul mal
;
de Cyru*
confesse ici
,
est-ce lui Smerdis, qui
ou quelqu'un de ses
vu depuis que
leioi Cambyse est parti pour l'Egypte, Smerdis fils de Cyrus ; le mage que Cambyse a laissé pour gouverneur de sa
maison, m'a dépêché ici disant que c'était Smerdis fils de
Cyrus,quime commandait dépariera vous comme j'ai fait.»
présent à tes.yeux
,
t'a
.-erviteurs ? » l'autre
donné cetordre
répond
:
,
« Je n'ai point
,
,
Cambyse alors « Prexaspès en homme de bien tu as fait
mon commandement, et partant tu es sans reproche; mais
:
qui donc
est
usurpant
le
celui des
nom
deviuer
,
mages,
celui
6
,
lui à cela
roi, ce qui se passe;
que tu
rebelle contre
Perses qui se
de Smerdis? s
laissas
les
repart
:
ce sont les
révoltés,
gouverneur de
ta
moi
« Je pense
maison
et son
frère Smerdis. »
Cambyse
Alors que
frappa
vérité
la
,
entendit le
nom
tant de ce discours
de Smerdis lors le
que du songe où il avait
,
cru recevoir nouvelles de Smerdis assis sur le siège royal
et
qui de sa tête louchait
raison
le
il
le ciel.
avait fait mourir son frère,
pleurant
aventure,
il
se
,
,
Connaissant donc que sans
il
pleura Smerdis, et
déconfortaut du malheur
de
toute cette
saute sur son cheval en délibération
démarcher
promptement contre le mage à Suses; et comme il sauta
sur le cheval
du fourreau de son sabre tombe le champignon, le sabre nud le blesse à la cuisse; ainsi atteint au
même endroitoù il avait été blessé , le dieu d'Egypte Apis,
,
sentant sa plaie mortelle
ville
:
on
lui dit
,
Ecbatane.
s'enquit
Un
comment
s'appelait la
oracle jadis lui était
venu de
Ecbatane, pourquoi il pensait
Ecbatane en Médie, où étaient toutes
Butr>, qu'il finirait sa vie à
devoir mourir vieux à
affaires j mais alors on vit bien que l'oracle entendait
Ecbatane de Syrie ; et comme Cambyse eut appris le nom
de la ville où il était, l'aventure du mage et sa blessure
ses
l'ayant étonné vivement
byse
fils
,
sa raison s'en trouva remise
,
et
va mourir Camde Cyrus. » Ce fut tout pour lors, mais au bout de
comprenant
la
prédiction
,
il
dit
:
« Ici s'en
,
(
quelques vingts jours, ayant
apparents des Perses
,
il
347
)
mandé
leur dit
près de lui tous les plus
:
«Force m'est à cette heure, ô Perses, de déclarer devant
vous la chose que plus je voulais tenir cachée ; car étant eu
Egypte , j'eus en songe une vision , cause de notre malheur;
moi
il me fut avis que je voyais un messager venu de chez
m'annoncer que Smerdis assis sur
lête le ciel
l'empire
maine
,
;
lesiége royal, touchait de sa
pourquoi appréhendant que
je
mon
frère
ne m'olàt
plus vite que sagement. Aussi ne peut l'hu-
fis
faiblesse détourner le
mal à
venir. Insensé lors
voie à Suses Prexaspès tuer Smerdis, et après un
si
,
j'en-
grand
peur, ne pensant pas que jamais permort , se pût soulever contre moi; mais ayant
failli à comprendre ce qui m'était prédit je fus mal à propos meurtrier de mon frère et n'en perds pas moins mon
méfait
sonne,
,
je vivais sans
lui
,
le mage Semerdis que la divinité me mondans celte vision se devoir contre moi rebeller. La
chose est faite toutefois , et comptez que vous n'avez plus le
lils de Cyrus Smerdis ; mais ce sont les mages qui régnent ,
empire; car c'était
trait
gouverneur de ma maison , et son
maintenant saurait les punir et ven*
germa honte, a misérablement péri par ses plus proches !
lui n'étant plus, ceci me reste à vous recommander, ô Perses,
chose nécessaire et que je veux qui s'exécute après ma mort ;
je vous l'enjoins exprès au nom des dieux royaux, à vous
c'est
un que
laissai
je
frère Smerdis. Celui qui
tous, et à ceux surtout des Achéménides qui se trouvent ici
aux Mèdes ;
que s'ils l'ont usurpée par ruse, il faut par ruse la leur ôter ,
ou si la force les soutient , force plus grande les doit abattre.
Faites ces choses , et ainsi puisse la terre vous donner tous
ses fruits , vos femmes , vos brebis engendrer , vous étant
libres à jamais ; que si vous ne reprenez l'empire ou n'y faites
du moins vos efforts, je vous veux et voue le contraire de
tous ces biens
et davantage que puissent avoir tous les
Perses, une fin pareille à la mienne. »
présents; ne laissez pas la souveraineté retourner
,
Cambyse en
disant ces paroles, déplorait son sort
,
et les
343
(
Perses,
quand
déchirer ce
qu'ils avaient sur
sans mesure.
pourrie et
Ensuite
eux d'habits
s'étant carié
l'os
,
et se
mâle
cinq mois en tout
et
Les Perses
ni femelle.
en méfiance,
,
ton*
f
a
lam.
la cuisse fut
,
mal emporta Cambysefîls de Cyrus
!e
règne desept ans
fants ni
)
virent leroi pleurer, se mirent
ils
tantôt
uu
après
n'ayant lignée d'enlà
présents entrèrent
les mages fussmt
soupçonnant Cambyse de dire
doutaient que vraiment
et
devenus maîtres des
affaires,
à mauvais dessein ce qu'il disait
de la mort de Smerdi< ,
pour soulever contre lui la Perse. Eux tous tenaient pour
assuré que c'était Smerdis fils de Cyrus qui se déclarait roi
;
car Prexaspès
niait
fortement avoir tué Smerdis
fait sûr pour lui
Cambyse mort
de Cyrus avait péri de sa main.
n'eût pas
le
fils
,
,
,
car
il
de confesser que
Le mage donc après que Cambyse fut mort, régna paisiblement, profitant du nom qu'il avait le même que Smerdis
fils de Cyrus
pendant les sept mois qui restaient à remplir
les huit ans de Cambyse, duraut lesquels il fit tant de bien,
qu'à sa mort tout le monde en A'ie le regretta hormis les
,
,
Perses; car envoyant de tous côtés aux nations qu^l gouvernait,
trois
ans
publia une exemption de milice et d'impôts pour
il
ta
:
mage
fit
cette publication aussitôt
son avène-
fut au huitième mois
reconnu en cette mauière.
Otauès était fils de Pharnaspè^e, par sa naissance et ses
richesses égal aux plus grands de la Perse. Le premir de
tous , cet Otanèse soupçonna Smerdis de n'être pas le fils de
ment, mais
il
Cyrus, mais bien
ne
sortait point
voir
fit
:
celui
de
qui était de fait, remarquant
la citadelle,
ni jamais
qii'il
n'appelait
it
le
aucun des notables Persans. Sur ce soupçon voici qu'il
une fille à lui nommée Phédyme avait été femme de
Cambyse
,
,
et lors était
,
au
mage
qui vivait avec elle
,
comme
lesfemmesde Cambyse; Otanès envoyant
deverscette sienne fille
lui fit demander près de qui elle
couchait coutumièrement, si c'était Smerdis fils de Cyrus, ou
aussi avec toutes
,
quelqu'autre.Elle
oneques vu
le fils
lui
renvoya disant qu'ellene
de Cyrus,
ui lors
savait, n'avait
ue connaissait qui
était
sou
< 349
Tparî.
Le père, par un
counais Smerdis
)
autre message lui repart
: Si
tu ne
de Cyrus, sache tTAtossaqueiest l'homme
fils
avec qui toutes deux vous demeurez, elleet
A
elle connaît son frère.
voir Atossa, ni parler à nulle des
carsans faute
toi,
cela sa fille renvoie
Je ne puis ni
:
femmes qui sont enfermées
quantetmoijcarcet homme-ci, quel qu'ilsoit, dèslepremier
moment qu'il prit la royauté, nous dispersa, logeant Tune ici,
Glanés dès-lors comprît ce
devers elle envoie un troisième message,
l'autre là. Cette réponse ouïe,
que
c'était,
disant ainsi:
et
Comme
bien née
,
qu'il
qu'il n'en ait pas
fi
mérite;
la joie.,
mais
présent fais ceci
à
endormi,
le sentiras
ce
puisse avoir-;
y
prenant pouvoir sur
toi et
long-temps
donc
toi
avec lui et
fille, faire
mais celui que je
,
,
pense, couchant avec
ma
tu dois,
qu'ordonne ton père, quelque péril
car s'il n'est le fils de Cyrus Smerdis
:
soit
les
Perses,
puni
comme
quand
tu seras
au
tu
trouve ayant des oreilles assure-toi que tu habiles avec
Smerdis fils de Cyrus 5 s'il n'en a., c'est le mage Smerdis.
lit
tâte à ses
oreilles;
si
les
Phédyme
là-dessus renvoie
chose faire, car
à telle
,
disant
lui
si
que
grand
le péril est
n'ayant point d'oreilles se
sent toucher à cet endroit, elle sait qu'il la détruira,
toutefois elle le fera.
cuter
Cambyse régnant
ce qu'il voulait.
quelque raison non petite
le
mage.
Cette
que
Ainsi promit-elle à son père d'exé-
,
couper
Phédyme donc,
les
pour
Smerdis
d'Otanès, afin
avait fait,
à
oreilles
la fille
d'accomplir ce qu'elle avait promis à son père, quand lui
échut d'aller chez
mage
le
,
car
c'est la
coutume des
Perses d'appeler leurs femmes tour à tour, vint et dormit
auprès de
oreilles
lui
*,
le
sentant au fort de son
où sans peine
Savait point
d'oreilles
vers son père, lui
en
fait
,
et sitôt
mande
la
part à deux autres
Eux
fiance, furent aisés à
,
,
qu'il fut jour,
chose
comme
Aspathine
miers des Perses et de qui plus
de point en point.
somme
put connaître que
elle
il
et
tâte
à
ses
homme
cet
dépêchant
elle était
Gobryas
,
,
lequel
les
pre-
se fiait, leur déclarant tout
qui déjà en avaient eu quelque mé-
persuader et des raisons et du récit
(
35o
)
qae leur fit Otanès et fat convenu que chacun se donnerait
un compagnon, celui des Perses dont il croirait la foi la.
plus sûre. Otanès choisit Intapherne , Gobryas Mégabyze ,
Aspathioe Hydarnèj. Etant donc ceux-là six en tout, arrive
à Suzes Darius fils d'Hystapès venant de Perse où son père
,
gouverneur;
était
Assemblés
,
il
,
et
quand
non
mage
à ce
différer
seul
se
,
le fils
nfin
de Cyrus
de brasser
trouve que vous
bon en nulle
le
savez
d'agir sur l'heure
je suis d'avis
,
n'est
il
présent
à
venu exprès
sorte. »
,
A quoi Ota-
« Enfant d'Hystaspès, tu naquis de père vailsemble bien n'avoir pas moins de valeur que
toutefois , en cette entreprise , garde-toi de préci-
nès répondit
lant, et
me
ton père
;
piter rien
car
,
j'étais
mais puisqu'il
;
non pas moi
,
« Je pensais vraimeot seul
:
mage qui règne
ayant péri; pour cela
mort
commun
d"un
ce vint à Darius à déclarer son
leur dit ces mots
savoir que c'est le
aussi
,
mettre des leurs.
le
sept qu'ils étaient se jurèrent la foi et se
ces
mirent à délibérer,
sentiment
apprenant sa venue
le six
accord résolurent de
il
:
:
nous faut être plus nombreux pour commencer
l'exécution. » Darius à cela repart
:
«
Hommes ici
présents,
que si vous suivez mon
avis, vous mourrez tous de maie mort; car quelqu'un vous
dénoncera au mage pour en avoir profit: vous deviez vous
l'abord prendre sur vous le tout; mais puisqu'il vous a plu
diviser ce péril et m'en faire participant, mettons la main
ou sinon comptez que passé ce jour t
à l'œuvre aujourd'hui
sachez
,
de
la
façon que veut Otanès
,
,
me
mais que
au mage.» A quoi Otanès
le voyant avoir tant de hâte, répond: « Puisque tu nous
contrains et ne souffres point de remise voyons, toi-même,
dis-nous un peu de quelle manière nous pourrons entrer au
palais et les assaillir*, car les gardes, comme tu sais, pour
l'avoir vu ou bien ouï dire étant placées l'une devant l'autre
je
ne
j'irai
laisse
point prévenir par quelqu'autre
moi-même vous
,
déférer
,
,
à distances,
comment
alors lui repart
:
«
les
3
passerons-nous toutes! » Darius
qui ne »e
,
il est force choses
Otanès
peuvent démontrer par discours
,
mais bien par
effet
;
et
,,
(35,
notable
effet
comment
:
)
d'où ne sort puis après aucun
apprenez donc , vous , que toutes ces gardes
d'autres belles en propros
,
qu'elles soieut établies
ne sont point
,
à
difficiles
que nous sommes nul n'osera
nous arrêter, chacun ayant de nous ou crainte ou révérence puis j'ai un prétexte tout propre à nous faire passer
sans obstacle qui est que j'arrive de Perse et viens porter
au roi paroles de mon père; car où il est besoin de mensonge mentons ; car nous avons tous même désir ceux qui
passer
car d'abord étant ce
\
,
:
,
,
,
parlent vrai
comme
ceux qui usent de tromperie
mentent pour abuser
en
et
profit après
tirer
veulent acquérir bruit de sincérité
,
mêmes
:
,
uns
les
autres
les
pour profiter de
fiance qu'on peut mettre en eux. Ainsi
rents, nous cherchons tous
,
la
con-
par moyens diffé-
avantages. S'ils n'y
de-
vaient rien profiler, l'un n'aurait souci de mentir non plus
que
de dire vrai
l'autre
qui nous
bien
aura
laissé
:
qui nous arrêtera soit
;
donc, celui des gardes-portes
quelque jour s'en trouvera
traité eu ennemi, en entrant à
or
passer
,
œuvres de nos mains. »
« Amis, quelle occasion plus
, Gobryas dit
belle aurons-nous jamais de sauver et recouvrer l'empire,
ou sinon mourir, nous que voilà, Perses commandés par
un moire, par un Mède , lequel encore n'a point d'oreilles.
Ceux d'entre vous qui se trouvèrent présents au trépas de
Cambyse vous savez les imprécations qu'il fit mourant
force
,
faisons
Après Darius
:
,
contre
les
prendre
le
Perses,
ne tâchaient par tous moyens à rece qu'alors vous écoutâtes peu ;
s'ils
commandement,
car nous pensions qu'il
tenant donc
,
moi
je
le disait
me
ne nous faut quitter ce
à dessein de
lieu
,
Voila ce que dit Gobryas
,
,
,
qu'il
que tous approuvèrent ;
une chose avint par hasard.
Les mages entre eux résolurent de
se
rendre ami Prexaspès^
Cambyse qui
d'un coup de flèche, et parce que seul
fils
main-
et
parce qu'il avait tout sujet de haïr
de Smerdis
:
sinon pour aller droit au mage. ?
mais tandis qu'ils délibéraient
fils
tromper
range au sentiment de Darius
de Cyrus, l'ayant tué de
il
sa
lui
tua son
savait la
mort
propre main
,
,
35a
(
•davantage était
l'appellent donc
aussi par la loi
que
homme
)
grandement estimé de»
pour lâcher
du serment de
à se l'acquérir
mettant grandes récompenses,
Puis
,
comme
il
posèrent après
sous
le
,
et qu'il
aux Perses
qu'ils allaient
lui
,
pro-
aurait tout àsouhait.
consentit à ce qu'ils désiraient,
disant
ïl
l'obliger
ne dire à qui
tenir secrète et
ce fût la tromperie qu'ils faisaient
Perses.
et
,
ils
assembler
pro-
lui
les
Perses
de
Fort royal, l'engagent à monter sur une tour
et certifier à tout le peuple que c'était Smerdis
,
là parler
de Cyrus, non autre qui régnait. Ce qu'ils en faisaient
cause qu'ils pensaient que son témoignage aurait
fils
était à
créance parmi
les Perses,
déclaré que Smerdis
fils
mêmement
qu'il avait plusieurs fois
de Cyrus vivait
,
de
et se défendait
que volontiers, et les mages alors
Perses le firent monter sur une tour
l'avoir tué. Prexaspès dit
ayant convoqué
et là lui dirent
les
,
de parler
:
,
mais lui
ce qu'il avait promis de
,
dire , il l'oublia exprès , et commençant d'Achéménès , conta
toute la descendance de la race de Cyrus , puis arrivé à lui ,
finit en remémorant les grauds biens que Cyrus
aux Perses, et ayant narré toutes ces choses, il
vérité
que jusqu'alors
pas sûreté pour
il
mais qu'à l'heure présente force
que
fils
,
contraint par
de Cyrus
après
Cambyse
que
,
il
c'étaient
comme
lui était
avait
les
ne voyaut
,
il
était allé
de tout dire,
lui-même
et dit
tué Smerdis
mages qui régnaient
de grandes imprécations qu'il prononça contre
Perses,
les
et
cachée
dit avoir tenu
lui à confesser le fait
avait faits
déclara la
s'ils
mages,
il
ne recouvraient l'empire
se précipite
de
la tour.
;
et
les
ne punissaient
et
Prexaspès donc ayant
homme de bien toute sa vie , ainsi mourut.
Cependant les sept, délibérés d'attaquer aussitôt le mage,
sans davantage demeurer , leur prière aux dieux faite , marété
chèrent, ne sachant rien de Prexa-pès. Déjà
mi-chemin, quand
ils
eurent nouvelles du
sur quoi se tirant à l'écart
,
ils
fait
étaient à
furent partagés d'avis
amis d'Otanès voulant remettre l'exécution
cet état
ils
de Prexaspès
,
,
,
les
ne bouger en
de chose*; ceux de Darius poursuivre
et
ne point
353
(
Tandis
différer.
)
qu'ils débattaient entre
eux
d'éperviers parurent, lesquels donnaient
couples de vautours,
les
plumaient
la
sept couples
,
chasse à deux
en l'air; ce
et griffaient
que voyant, tous d'uue voix approuvèrent
et sur un tel présage marchèrent au palais.
l'avis
A
avint ce qu'avait pensé Darius, à savoir que
leur portant révérence
comme aux
et
non sans
,
l'ordre des
nul ne leur dit mot.
gardes
les
premiers des Perses, de
qui on n'eût jamais soupçonné rien de pareil
passer
de Darius,
l'entrée, leur
dieux
,
les laissèrent
aiusi qu'-l est à croire,
,
Venus dans
la
cour,
ils
trouvèrent
eunuques chargés d'annoncer; ceux-là s'enquirent de ce
qu'ils voulaieut et parmi telle enquête querellaient la g^rde
de les avoir laissés entrer. Aucuns se mireDt en devoir de les
les
empêcher de passer outre ; mais eux s' encourageant l'un
dague , en donnèrent à qui les voulut retenir, et tout d'un temps coururent à la salie des hommes.
Les deux mages y étaient pour l'heure à délibérer touchant
l'autreettirantla
le fait
de Prexaspès
comme
lesquels
,
ils
ouïrent
le-
tumulte
que poussaient les eunuques , s'en recourent dehors et voyaûtce qui se passait, se voulurent mettre en défense. L'un d'abord prend son arc l'autre saisit une pique vinrent aux mains: celui qui avait l'arc, l'ennemi
ils en
et les cris
,
étant pies
,
quasi sur lui, ne s'en put aider
hattait de sa pique et blesse d'un
coup
;
l'autre
com-
à la cuisse
Aspalhine
Iutapherne en per-
d'un second Intapherne à l'œil; même
mais ne mourut pas de cette blessure. L'un des
dit l'œil
,
mages donc
bles«e ces
servit de rien (
dans
il
la salle des
deux
;
l'autre,
comme
son arc ne lui
y avait une chambre à coucher qui donnait
hommes ) là se sauve et fermai' la porte
•
,
mais deux des sept l'enfoncent
entrent avec lui', Darius et
Gobryas, lequel Gobryas étant aux prises avecle mage, Darius
et
dans l'obscurité ne savait comment
faire de peur de frapper
Gobryas. Celui-ci levoyautn'igirpoint, lui demande qui l'em-
pêchait; craintede
Dague
dague
,
,
le
frapper, dit-il;
à
quoi
lui
aussitôtrepart:
Adouc Darius pousse
que le mage seul.
dusses-tu tuer les deux.
et
d'aventure n'atteignit
23
sa.
>n
Ayant de
i* toi te
tué
les
inages
aissenl là leurs propres blessés
de marcher qu'ailu de garder
courent dehors
cris,
,
comme
la citadelle
des mages à la
les têtes
menant grand
puis coupé leurs têtes
,
aulaut
,
bruit.
;
ii„
,
hors d'état
et les cioq autrei
main
Us appelaient tous
leur contaient l'affaire, montraut ces tètes et eu
,
faisant des
Perses et
les
même
ten-ps
tuaient tous les mages qu'ils rencontraient. Les Perses enten-
dant et la tromperie des mages et ce qu'avaient fait les sept,
en voulurent de leur part autant .aire , et à coups -de dague
tuaient des mages tout ce qu'ils en purent trouver , et si la
nuit n'y eût mis fin
pas
,
ua
seul n'en fut échappé.
Les
Perses célèbrent ce jour publiquement plus qu'aucuu jour,
et en ont
l'ait
une graude
duiant laquelle
dehors
il
mais tous
,
les
appellent magopbonie,
fête qu'ils
permis
n'est
mageô
nul mage de se montrer
à
ce jour -la se tiennent clc* eu
leurs maisons.
Le tumulte
apaisé, au bout
de dis jours ceux qui
s'é-
mage, délibérèrent eulre eux-, et
des discours que bien des Grecs ne pourront
taient soulevés contre le
là furent dits
croire
et
,
furent
Otauès
néanmoins.
dits
était
d'opi-
nion de mettre en commun les affaires disant ainsi < M'est
avis que nous ne devons plus avoir un monarque tout seul,
:
,
chose qui n'est de
soi plaisautc ni utile.
se porta l'insolence
de Cambvse
,
Vous savez jusqu'où
avez expérimenté par
et
vous-même celle du mage. Comment serait la monarchie
uneboune et sage police sous laquelle un fait ce qu'il veut
et ne rend compte ni raison Y Le plus homme de bien da
,
ïuonde
du
dont
qu'on
,
le
place en telle autorité
commun. Car
sens
jouit, et d'autre part envie
il
est
nature, lesquelles deux choses ayant,
vice.
Car beaucoup d'actes détestables
solence et beaucoup d'autres par envie
ù (aire.
Le tyran qui possède
l'envie, et pourtant
citoyens
ONrf&c
,
il
les
est
le
,
c'est le
mettre hors
insolence en lui s'engendre des biens
,
il
il
dans l'homme par
a toute malice et
les
commet
et ainsi
ne
par in-
laisse
mal
tout doit, ce semble, ignorer
contraire avient. Car à l'égard des
jaloux des bons et
méchants, accueille
les
la
hait tant qu'ils vivent,
calomnie
,
et chose
de
C
toutes la plus bizarre
il
s'en fâche
,
manque de
l'impute à
et
qui
comme
de
355
le
)
loue modérément
,
il
s'en fâche
respect; qui lui veut complaire,
flatterie
Encore est-ce
intéressée.
ne remue les antiques lois force les femmes tue
sans jugement. Peupleau contraire gouvernantale plus beau
de tous les noms , Isonomie, et ne s'y fait rien de ce qu'on
peu
s'il
,
,
voit dans la monarchie. Les magistratures soot au sort
chacun rend compte de
sa
minations se prennent en
laissant
dans
le
charge
commun.
monarchie nous
peuple est tout.
la
,
l'oligarchie
d'abolir la tyrannie
ainsi parla
,
ma
de
:
;
«
a failli à rencontrer le
peuple grand
que
;
car
mais Mégabyze qui pré-
Ce
qu'allègue Otanès afin
part vous soit dit également
mais en ce qu'il conseille de porter
il
J'opine donc à ce
fassions le
Telle fut l'opinion d'Otanès
férait
\
en répond. Les déter-
et
la puissance
meilleur avis. Car
il
}
au peuple,
u'est rien
plus
insoleul ni moins capable de raison qu'une multitude sans
iVeio
je
,
et
de peur d'un tyran nous soumettre au
ne vois à cela nul bon sens; l'un,
s'il
fait
peuple,
vil
quelque mal,
il le connaît du moins.
L'autre ne le peut même connaître.
Et que connaîtrait-il qui ne sait ni n'apprit rien de beau
il emporlede furie et précipite tout semblable
ni d'honnête
à un torreut. Obéisse au peuple quiconque est ennemi du
nom persan ; mais nous, parmi les meilleurs hommes, choifaisons une classe et lui donnons le pouvoir , dont
sissons
par ainsi nous serons nous-mêmes participants. Aussi que
des seuls gensde bien peut venir le bien commun de tous.»
Telle fut l'opinion deMégabyze, sur quoi Darius le troisième
déclara son avis, et dit
« Pour moi, ton propos
Mégabyze, et tant qu'il touche la multitude, me semble juste et
de bon sens , mais non quanta l'oligarchie. Car trois choses
étant les meilleures q'uon sache en fait de gouvernement,
le peuple supposé bon , l'oligarchie
le monarque, je maintiens celui-ci de tout point préférable. Car un chef homme
,
r'
,
:
,
,
<ie
bien est ce qu'il
'-slou.
y
50ucttraxlèie,il
a
de meilleur. Car usant de conseils
gouveiuele peuple hrépiuchablemeut
2J*
356
(
)
contre l'ennemi sont plus
Outre que d'un seul
entre plusieurs , comme
s'exerce
vertu
la
là
mais
où
secrets ;
les desseins
sourdent les haines privées qui sont cause
de grands maux. Car chacun prétendant l'emporter et conduire les délibérations , on en vient à se haïr \ de ces inidans l'oligarchie
,
mitiés naissent les factions
,
des factions les meurtres, qui ne
sauraient finir sinon par la monarchie
combien
d'autre part gouvernant
naître aisément
dans
la
commune. Le
haine entre
les
celle-ci
,
vice
est
de nécessité
une
fois établi
pour
le
jusqu'à ce qu'un prenne autorité sur
telles
Le peuple
prend pied
engendre non pas
le vice
vicieux, mais forte amitié au contraire
agissant d'accord ensemble
à
d'où se peut con-
,
meilleure.
mal public
le
;
cette révérence
que
eux
va
peuple et ôte l'empire
gens, lequel à raison de ce révéré par
même, de
,
et ainsi
lui porte
le
un chacun
peuple
profi'e
monarque. En somme et pour finir d'un mot, dVù
nous est venu la liberté V qui nous Ta donnée est-ce le
peuple, l'oligarchie ou un monarque? mon sentiment,
puisqu'un seul homme nous a fait libres , c'est de nous tenir
à un seul et de n'innover point aux coutumes de nos pères,
sages et bonnes } car ainsi ne nous vaudrait rien. s>
et se fait
j*
Ces
seillé
donc proposés
trois avis
pour
se déclarèrent
le dernier.
quatre des sept délibérants
,
Alors Olanès qui avait con-
rïsonomie, voyant son avis rejeté,
milieu d'eux
«
:
Hommes
conjurés
,
il
se prit à dire
est sans
au
doute qu'un
de nous va devenir roi soit par le sort , soit par le choix du
peuple à qui on en s'en remettra , soit de toute autre manière.
Je n'entends point pour moi le disputer avec vous. Je ne
,
veux gouverner ni être gouverné; mais je vous cède ici l'empire à une condition pourtant, qui est que nul de vous ne
commandera jamais ni à moi ni aux miens issus de moi à
,
perpétuité. »
rent sa
Comme il
demande sur
du milieu d'eux,
eut dit ces mots
l'heure
s'assit
,
,
les six lui
moyennant quoi
octroyè-
lui se retira
à part et ne concourut point avec
eux. Aujourd^iui encore cette maison est la seule en Perse
qui
soit libre
lois et
,
et
n'obéit qu'autant
coutumes qu'elle ne peut
qu'elle veut, sauf
transgresser.
lw
C35 7 )
Le demeurant des sept tint conseil sur la manière d'élire
un roi la plus équitable, et d'abord fut délibéré qu'à Otanès
et
ceux de sa race
(
venant
royauté à écheoir à un d'eux
la
sept) serait donné par distinction particulière chaque année
à la rnédoise et tout ce qui se peutehez les
un habillement
La cause pourquoi
Perses de plus honorable en présent.
voulurent
eu
ces présents, c'est qu'il avait
lui faire
ils
le pre-
mier dessein du complot et avait assemblé les autres. Tels
furent les dons et honneurs décerné? à Otanès seul. Pour
eux en
commun
sept entrerait
quant
famme qui ne
à l'élection
le cheval
nade où
que toujours qui voudrait des
annoncé, fors que le
palais royal sans être
dormir avec une femme; que le roi ne pourrait
fût de famille d'un des conjurés \ et
roi fût à
épouser
réglèrent
ils
au
,
voici ce qu'ils résolurent
au lever du
soleil hennirait le
chevaucher
que
;
dont
celui
premier sur
l'espla-
matin, celui-là serait rei.
un palefrenier homme
de sens, lequel s'appelait OEbarès. Finie la délibération,
comme ils se furent séparés Darius dit à cet homme :
Or
ils
iraient
le
avait D<uiu«, parmi ses domestiques,
,
un
nous voulons faire ainsi.
dont le cheval hennira le
premier au lever du soleil aura la royauté. C'est à toi maintenant si tu sais quelque secret , de le mettre en usage pour
« OEbarès
pour
,
élire
roi
à cheval. Celui
Nous monterons
que ce prix tombe à nous et non pas à quelque autre en
Le palefrenier répond « S'il ne tient qu'à cela ,
que
tu sois roi, aie bonne espérance et t'en remaître,
mets à moi. J'ai telle drogue au moyen de laquelle nul autre
que toi ne régnera. » Darius repart « S'il est ainsi que tu
possèdes tel secret c'est le temps ou jamais de l'employer.
faire
partage. »
:
:
,
Car au point du jour
se fait l'épreuve
qui doit décider eutre
nous. »
Cela entendu
,
OEbarès
s'y prit
en cette façon.
conduisit à l'esplanade une jument
venue, il
davantage
le cheval
le
cheval de Darius
de Darius
au long de
,
,
l'ayant liée
par plusieurs
cette cavale et
enfin lui permit de saillir
même
la
U cavale.
,
celle
,
en
fois le fit
fit
La
approcher
aller et venir
toucher eu passant
Or
le
nuit
qu'aimait
jour
,
puis
commençant
,,
358)
(
à poindre
vo
,
r
vem'r les six ainsi qu'il était
cî
montes sur leurs chevaux,
comme
où
furent vers cet endroit
ils
avait été liée
là le
,
En même
nir.
eux traversant
et
nuage, qui
la nuit passée la cavale
cheval de Darius se mit à courir et hen-
temps on ouït tonner
fut à Darius
une voix du
conven;:
l'esplaoarle,
ciel se
et se vil
un
éclair sans
une sorte d'inauguration
déclarant pour
comme
et
Les autres aussitôt
lui.
sautant à bas de leurs chevaux adorèrent Darius et l'appelèrent roi.
Aucuns
que trouva OEbarès
content l'invention
ainsi
mais d'autres disent,
et
raconte par
,
les Perses
de
fait la
qu'il
sa
tint
main cachée sous
bragues, l'ayant frottée d'abord aux parties de
jusqu'à ce que
cette
lui
main,
fit
la
le
matin
les
chevaux
porta ans narines
;
chose en deux façons se
allant partir
ses
cavale,
la
sortit
il
,
du cheval de Darius
et
la
sentir, lequel aussitôt se prit à souffler et hennir.
Darius donc fils d'Hystaspès fat déclaré roi et tous les
peuples de l'Asie hors les Arabes lui obéirent , soumis par
Cvrus premièrement et par Cambyse après. Les Arabes
oncques n'obéireut aux Perses
comme
esclaves
,
mais furent
Egypte CamPerses n'eussent su, malgré les Arabes,
leurs hôtes depuis qu'ils eurent fait passer en
byse
jamais
*,
les
avoir entrée en Egypte.
Ses premières femmes Darius
Perses, deux
filles
Atossa mariée d'abord à
stone encore vierge.
de Cvrus
les
prit étant roi
de Cvrus, Atossa
Il
Cambyse son
et
frère,
épousa aussi une
appelée Parmys, aussi eut
,
l'autre
le»
Artv-
de Smerdis
fille
la
chez
Artvstone, l'une
fille
fils
d'Otanés,
mage, et tout fut plein de sa puisau commencement et dresser un type de
pierre, où pour figure il y avait un homme à cheval , et y
celle-là qui reconnut le
sance.
fit
Il fit faire
engraver des
par
la
palefreuier
Cela
ils
lettres
qui disaient
vertu de son cheval
fait
,
il
(
disant
:
le
Darius
nom
fils
) et
d'Hystaspès
d'OEbarè* sou
obtint la royauté des Perses.
établit
en Perse vingt gouvernements que
appellent Satrapies....
là
(
S
PRÉFACE
DE LA TRADUCTION DE LA LUCïADE
OV
DE
«
I'abFE
lNors avons
lu
,
DE LUCIUS DE PATJUS,
Photius,
dit
» cius de Patras en plusieurs
s pure
? point
il
;
y
a
les
livres.
Métamorphoses de Lu»
Sa phrase est claire e£
la douceur dans son style ; il ne cherche
par un bizarre emploi des mots, mais dans
plaît trop au merveilleux \ .tellement qu'on
de
à briller
se
3>
ses récits
»
le
y>
premiers livres sont quasi copiés de celui de Lucien
il
pourrait appeler un second Lucien
» a peur
titre
la Luciade ou
ï copié Lucius
•,
est
3>
l'ouvrage de Lucius
plus
ancien.
^ venait pas à son but
mêmes
;
,
l'autre a
tournures
,
mêmes
le reste
comme
Lu
il
il
et
de tout ce qui
se raconte
,
le
iade ou VAne. L'un
a toujours fait
,
au
homme persuadé
en
des fables anciennes.
s
,
,
et se rit
de prestiges, d'enchantements
» de métamorphoses d'hommes en bêtes
sottises
les
a réduit
de fictions et de saletés
comme
2>
d'un
conservant et
expressions,
que Lucius parle sérieusement
5 des superstitions pa; unes
3>
sien
mais avec cette différence que Lucien plaisante
lieu
qui
,
peut-être Lucien a
tiré le
mais dans
et les
5 et l'autre ouvrage est rempli
:>
deux
retranchant tout ce qui ne con-
et
> tout à un livre intitulé par lui la
3>
ses
pu découvrir qui des deux
semble bien, à dire vrai, que de
Il
» bloc, duquel abattant
»
PAne ou
même
car nous n'avons
>
le
et
:
,
et autres pareille*
36o
(
que
Voilà ee
dire
;
dit
Photius
Son jugement
le
,
brilleot
amour du merveilleux
de merveilles
la lecture, à ce qu'il parait
ingénieuse,
très
contes à dormir debout
,
était
,
comme Molière le
s'est
cet
et
comme s'il
moqué des
extravagantes
parhisd<
nt
de son temps fott goûtée.
a écrit son Histoire véritable,
et
depuis
souvent imitée,
d'Iamblique
de cette plaisanterie
teur
Luciea
et de> fables
C'est dans ce dessein qu'il
parodie
1
r
de Lucius,
et
reproche,
qu'il leur
de Clésias ou d'Ouésicrite
toires pleines
vouln
grand sens que quelques uns
peu dans celte notice. Qu'est-ce,
que ce parallèle de Lucien
en effet,
giril a
grec sont assez embarrassées.
d'ailleurs et le
lui ont attribué
lait
,
car ses expressions dans
)
ou du moins ce
aime
et
les
merveilleux
récils
langage précieux. Sans mentir,
que Photius ne connût guères les deux
si mal à propos»
Ce qu'il ajoute et cette différence
des
de Diogène. L'au-
il
,
fallait
com-
écrivains qu'il
pare
,
qu'il
prétend établir
entre Lucien et Lucius, dont l'un, dit-il, parle tout debou,
l'autre
se
mêmes
feste
,
moque
termes
,
en écrivant
c'est
mêmes
les
choses dans les
bien là encore une rêverie toute
moins étrange cependaut que
celle
mani-
de saint Augustin
le même sujet. On ne sait
dit ce Père, s*il est vrai
que Lucius ait été quelque temps transformé en âne. Je
ne vois pas pourquoi il en doute ayant accoutumé de dire
Credo quia absurdum. Mais à moins d'uue pareille raison T
qui jamais se persualera que Lucius ait pu conter sérieusement sa métamorphose en âne sa vie ses misères sous cette
forme ses amours avec de grandes dames
et douner tout
sur
,
,
:
,
,
,
,
cela pour des faits? Quelle apparence qu'un récit dont Tàue
que nous avons
est
l'abrégé fidèle
,
fût débité
comme
his-
que le dit Photius,
les propres phrases et les mots du livre des Métamorphoses;
li ce sont eu tout les mêmes traits
qu'on a ^eulemeut raccourcis le même narré, les mêmes paroles, comment donc
coucevoir que de ces deux ouvrages où toutétait pareil Vuo.
fût sérieux , l'autre bouffuu'r' etconmieutl'exac Le copie d'un
torique ? Si cet abrégé représente
,
ain^i
,
,
(35,
)
conte ennuyeux était-elle une
salir.e si
point. Je ne
Photius ue nous explique
n'eût lu ou vu à tout le moins
notice ne fut faite
il
encore découvrir quel e 3 t
,
cien ou de Lucius, ni qui des
,
bien avant Lucius
lequel venant après cela
redit de soi les
Tout
deux
ce doute, sagement
demeure dans
Lucien
et n a
pensait à toute autre chose. Il ne sait
en écrivant
,
dire qu'il
le; deux livres ; mais ou sa
que iong-iemps après celle lecture, ou
pu
dit-il
qu*
gaie ? Voilà ce
veux pns
mêmes
le
a copié l'autre
^
car
il
pourrait que
se
il
et
,
eût fait cette histoire de Lucius
,
aurait copié son
,
Lu-
plus ancien de
historieu
,
et
choses que l'autre en avait déjà dites.
amas d'absurdités montre avec quelle distraction,
bon Patriarche.
Pour moi, je ue puis croire que Lucien ait jamais rien
abrégé ce n'était pas son caractère; il amplifie tout au
cet
écrivait le
;
qu'il dit beaucoup trop de
, et donne souvent à ce
développement , ayant peut-être retenu ce défaut de son,
premier métier de sophiste et de déclamateur, espit d'ail-
contraire
leurs plein d'invention qui n'avait nul besoin d'emprunt, et
certes u'eûl su se contraindre à retracer ainsi froidement
composition étrangère, sans y jamais mettre du sien
dont
les
traducteurs
même
et les
plus serviles
peine à se défendre. Voltaire peut daus
,
copistes ont
ses contes
parfois
imiter d'autres écrivaius, prendre une pensée, un sujet
ira-t-il trancrire des
une
chose
;
mais
morceaux deR^belais, des pages de Cy-
rano? Ces vives imaginations ne suivent personne à la trace, ne
copient point
lit
de
trait
l'histoire
pour
dote \ cela se voit par
Denys
les
Dans
il
l'abrégé
que Thé 'pompe
ne mit pas uu mot d'Héro-
fragmeos qui
nous en
d'Halicarnasse au contraire, en abrégeant
ses Antiquités
ici
trait.
d'Hérodote,
romaines
,
ne
fit
apparemment
,
restent.
lui-même
comme
dit
Photius, que resserrer, élaguer, réduire en moindre di-
mension ce qui se trouvait plus étendu dans son premier
ouvragé, dont il put très-bien conserver les phrases et les
expressions
n'espérait pas trouver mieux. Ainsi de
s'il
,
notre auteur
;
car je ne
fais
nul doute que cet abrégé, sic'ea
(36 2
,jt-'\
)
un, n^'oitde Lucius lui-même, qui
¥ù\ connaître avec assez de détail à
la fin
U
se dccl.irr pî
de son ouvrage
pour qu'on n'eût jimais dû l'attribuer à un autre. Cela ne
non plus, selou toute apparence, si à l'exemple
des anciens, il eûi pris soin de se nommer en tête, non k
et eût dit dès l'abord
)a fin du livre
Lucîus a écrit ce
qui suit. Mais ce n'était plus la coutume, et Longin se
fût pa* arrivé
,
:
,
moque
an endroit de ceux qui alors prétendaient imiter
et les auteurs du vieux temps. Il y fallait
plus de façon. On se Dommait quelque part en passant
en
eu cela Hérodote
,
dans
corps de l'ouvrage,
le
Lucien
l'a
nommait
du
mieux
;
l'antiquité auquel
et eût
car
ils
,
ou on ne
usage toutefois,
tout. L'ancien
de méprises
comme
Lucius, et
fait ici
pratiqué dans son histoire véritable
point
subsisté, 'valait
finité
comme
épargné aux
libraires
se
fût
s'il
ans in-
n'y a guères d'auteur célèbre de
il
n'aient attribué faussement différents
ouvrages.
Mais
abrégé
je vais
plus loin
ce n'est point
;
et je dis
,
la
que
copie réduite
ceci n'est point
,
mais l'original
,
un
au
contraire , du livre des Métamorphoses, qui n'était qu'un
.développement ou plutôt une pitoyable amplification de
écrite depuis par quelqu'autre
je crois, que Lucelui-ci
,
ou
cius,
,
si
brouillé avec
que
Muses, avant perdu toute
les
voici sur quoi je
par Lucius vieilli, mal inspiré,
veut,
l'on
me fonde. D'abord
des ouvrages historiques.
pereurs de Coustantinonle
,
Ce
les
sa
verve
5
et
anciens n'abrégeaient
fut bien tard sous les
em-
qu'on éiendit à d'autres livres
cette espèce de mutilation. Alors quelques
compilafons, de
longs traités de grammaire et de philosophie fureut réduits
en petit volume
;
mais toujours on s'abîtint de toucher aux
ouvrages d'imagination
dont
abrégea
Biutus
vrages
,
qui sont cho*e subtile et légère,
substance ne se peut
la
l'histoire
les livres
,
saisir
presser.
ni
d'Hérodote, Philiîte
celle
Théopompe
de Thucydide,
de Polybe, quelques uns leurs propresou-
comme Denys
d'Halicarnasse, Timosthène
choius, tous historiens; mais nul ne
s'avisa jamais
,
Philo
de rac-
(
çonrcîr
,
et
que
les
Mimps
363
Sophron
fie
qu'un abrégé
serait-ce
rie
)
ni
,
Puis, ce livre aujourd'hui perdu
nous Pavons en
l'Ane grec
dans Pautre
Ane
retrouve en
effet le
prétendu abrégé,
on
,
reconnaît
le
là
mêlés parmi un
de contes de sorciers
petits enfants
,
toutes inventions
,
am-
épisodes sans fin. Les plus beaux traits
de l'auteur grec sont
,
,
latin qui représente
mais démesurément étendu par de froides
,
plifications et des
fictions
se
des Métamorphoses
tellement qu'ayant lu celui-ci
,
Ménîpp£îî
Gargantua".'
on nommerait cela imitation
pour nous
sens des anciens; car à présent
cet
rie
par Apulée.. Je dis traduit, au
latiu traduit
ou paraphrase. Dans
Pouvragede Lucius,
les- Satires*
Gulliver ou
d'extravagantes
tas
de fables à
absurdes
si
peur aqx
dépourvues
faire
et
si
d'agrément, qu'on n'en peut soutenir la lecture. De pareilles sottises ont à bon droit choqué Photius dans le livr.e
des Métamorphoses
,
d'où Apulée
les a prises
,
et sor.t
cause
de ridicule crédulité. L'abréviateur, selon
ayant seulement supprimé ces impertinences, le reste
trouvé faire un ouvrage achevé dans toutes ses parties,
qu'il taxe l'auteur
lui
,
s'est
un
véritable
fuses
poème dont
Voilà ce que
lieu....
rêveries
je
te
ne
début
,
la fin répondent
crois point.
cet abréviateur aurait fait
,
au mi-
D'un amas de conun chef-d'œuvre
de narration en coupant seulement des feuillets
paraît impossible ; on trouve de l'or dans le sable
;
,
cela
me
mais des
et je demanderais volontiers à Photius,
;
de ce monstrueux cahos, de cette rapsodie in-
vases ciselés, non
comment
,
forme de» Métamorphoses, certaines
faire
un
exprès
et
tout régulier
,
si
pièces
auraient
pu
elles n'eussent été forgées à part
façonnées pour s'unir. Je trouve donc fort vrai-
semblables que Lucius ayant d'abord composé ce joli ouvrage
tel à
peu près quenous l'avons y aura voulu joindre depuis
morceaux, et par ces aditions de pièces battues
,
différents
à froid et hors
Ou'on preoue
!
•!
latin
de proportion , aura gâté son premier jet,
peine de comparer au grec que nous avons ,
la
d'Apulée
•.omrjae dès le
;
tout ce qu'il a de plus est hors d'oeuvre;
commencement
celle
longue
et puérile histoire
364)
(
de ce Socrate
égorgé par ces deux
eissorcelé et
changées en voleurs
cei outres
,
l'homme qui
et
un mort a le nez coupé par une sorcière
au grec et cousu à la narration Dieu
,
cela
vous
et
,
qu'elle est
ici
sait
où
tout naïve, toute dramatique
manque
clarté rien ne
comment. Oiez
de
retrouvez l'introduction
,
enfin ne se peut
pour l'agrément
,
méconnaître
la
vieilles
en gardait
tout cela est ajoure
;
,
,
Lucius
,
telle
où pour
la
de trop
rien n'est
,
conception originale. Et
quelle apparence qu'un esprit assez faible ou assez malade
pour enfanter
même
en
Apulée , ait pu
charmant récit où
Je n'y vois, quant à moi , nulle
tant d'inepties traduites par
temps imaginer
cessottises sont in-érées ?
la
fable et le
possibilité.
Quoiqu'il en
de preuves
de ces conjectures
soit
témoignages anciens
comme on
de Lucius
phrases
qu'on ne peut appuyer
,
nous manque,
car la pièce principale
,
voit
,
est
peu de chose
puisque
,
mots
et les
se réduisent à celui
le
plan
;
en
somme c'est ici
et les détails
et
de Photius
,
les
les
qui,
,
l'œuwre
pensées
les
,
appartiennent de l'aveu de ceux qui
lui
donnent l'ouvrage à un autre. Le style n'en est pas aussi
pur que le prétend Photius, ni en tout exempt des défauts
du siècle eu l'auteur a vécu. Il y avait alors grand nombre
d'écrivains dont l'étude principale était de créer dei expressions
de tourmenter
,
l'on peut ainsi dire,
la
langue, de tenailler
pour en étendre
le
les
mots,
si
sens à des accep-
tions dont personne ne se fût avisé. Celte secte a été de tout
temps
5
elle fleurissait alors
autant ennemi qu'on
Photius.
dans
Il
ose
,
uotre auteur n'en était
il
le
vieux langage
n'est poiut plus aise
vieille
même
pas
de s'exprimer, qui
sont à lui et dont on aurait peine à trouver des
d'aimer trop
effet
et
Mais son plus grand
exemples.
Eu
,
pourrait croire d'après ce qu'en dit
a parfois d'étranges mauièreî
le fait
quelque
le
faire
tort
,
et les
que
ce
me semble,
c'est
expressions surannées.
lorsqu'il trouve à placer
phrase d'Hérodote appropriée à son sujet.
Il
usage de ces singulières façons de dire, que
PI àtou aura employées une
fois
peut être en passant.
Il
ue
365
(
g'àbslieiit
)
pas davantage des tournures et des locutions réser-
vées à la poésie et emprunte aussi bien d'Homère que de
Thucydide, se souciant assez peu du précepte des maîtres
qui recommandent d'user avec sobriété de ces phrases an,
tiques et poétiques.
de ne pas
s'en
vrai qu'on ne peut lui reprocher
Il est
servir
habilement
pour donner à son
famicar c'est chose reconnue
soit
,
j^yle de la g:âce dans les petits détails et les discours
liers
soit
,
de tous
pour
le relever à
propos
$
anciens rhéteurs, que ies archaïsmes,
les
qu'on n'en abuse point
mesure en cela
ennoblissent le langage
,
est difficile à
pourvu
;
mais
la
garder. Sallusle ne sut pas l'ob-
une étude de parler à l'antique, et encourut
contemporaius ayant pillé le vieux Caton
sans discrétion, disait Auguste. La Fontaine lui-même,
server.
le
Il se fit
blâme de
ses
,
chez uous, tout divin qu'il est,
vains pour la connaissance de
tingue pas assez
d'archaïsmes
et
chez
,
lui le
le français
sépare
vieux
et
du
et le
la
premier de nos écri-
langue
,
souvent ne dis-
gaulois. Virgile seul
,
pleiu
s'embellit des dépouilles d'Euuius,
style
a des grâces
nouvelles.
qui , sous les Césars veut
Mais que dire d'Apulée
Je doute fort que de son temps
parler la langue de Nurna
on le pût lire sans commentaire. Il a senti l'agrément que
,
,
'i
donnait à l'auteur grec ce vernis d'antiquité répandu sur sa
diction, et il pense l'imiter! Firenzuola, en traduisant le
latin
d'Apulée,
sions
est
,
les
les
du
emprunte du vieux toscan une foule d'expresnaïves et charmantes; et sa version où l'on peut dire
Cavalcaoti
que
Sans reproduire
termes oubliés de Fra Jacopone ou
a su éviter cet excès.
phrases obscures,
,
il
sont amassées toutes les fleurs de cet admirable langage,
au sentiment de bien des gens
,
ce qu'il
y
a de plus
achevé en prose italienne.
On
ne trouvera point
Aussi n'était-ce pas
possible, de dire
mêmes
choses et
senter enfin
,
si
mon
ces beautés
but, quand
ma
même
dans
il
traduction.
m'eût été
mieux que mon auteur mais de dire les
d'un ton approchant du sien , de repré-
j'ose ainsi parler
,
,
l'âne de Lucius
avec sou
(
Qui ne
pas et son allure.
3GG
)
verrait dans cet
ouvrage qu\.,
une lecture propre à distraire aux heures
en jugerait comme out pu faire les coulernpoiaius.
ïiàrraliou enjouée
«le loisir,
,
Mais pour nous l'eluignement des lemps y ajoute uu aulre
des mœurs antiques, uous
iutérêt. Comme monument
avons vraiment peu de
y trouve
livres aussi
des notions sur
la vie
ceux qui
cheraient vainement ailleurs
élude. Voilà par
savants.
Ce
Oa
se
plaisent à celte
recommandent aur
tableaux de pure imagination oùnéau-
où.
sont des
curieux que celui-ci.
privée des anciens, que cher-
de
écrits
tels
se
,
jnoius chaque trait est d'après nature, des fables
vraies
qui nou seulement divertissent par la
giâce de Piuveution et la naïveté du langage, mais instruisent
eu même temps par les remaïques qu'où y fait et les ré-
dans
détails
les
flexions
qui
,
eu naissent. C'est
la
qu'on connaît eu
effet
comment vivaient les hommes il y a quinze siècles et ce
que le temps a pu changer à leur condition. Là se voit une
vive image du monde tel qu'il était alors l'audace des bri,
^
grauds,
la fourberie
des prêtres,
insolence des soldats
1
bous ungouvernement violent et despotique , la cruauté des
maîtres, la misère des esclaves toujours menacés du supplict pour les moindres fautes; tout est vrai dans des fictions
si
eu apparence,
frivoles
ment faux,
et
les
hommes
Thucydide
Athéniens
Il
y
,
fait
de faits nou seuleuous représentent les temps
et ces récits
tuais impossibles
,
tuieux que nulle
l'histoire
chronique, à
d'Athènes
aussi intéressante,
,
^
mou
Méuandre
moins suspecte que
a plus de ventés daas Eabelais
sens.
celle
des
l'autre.
que dans Mezerai.
,
(3u;
)
RÉPONSE
AUX ANONYMES
QUI ONT ÉCRIT DES LETTRES
A
PAUL-LOUIS COURIER,
VIGNERON.
Je
reçois quelquefois des lettres
teuses
me
anonymes
;
plaiseut, car j'aime la louange
queuses, piquantes,
tue sont moins agréables
coup plus
trouve
et
utiles
:
j'y
souveut des avis que ne
de ceux qui
me veulent
continue à m'écrire de
fit
,
je
autre
réponds
,
mo-
mais beau-
vérité, trésor inestimable
me
la sorte,
la faire
d'autres
donneraient peut eue aucuu
plus de bien. Afiu donc que l'ou
à ces lettres
moyen de
îépoodrai de
le
la
unes flat-
les
;
pour mou
très
grand pro-
parcelle-ci imprimée,
n'ayant
parvenir à mes correspondants , et
même à tousceux qui voudraient me faire part de
sur ma conduite et mes écrits. Un pareil
leurs sentiments
commerce, sansdoule, auraitquelques difficultés sous ces gouvernements faibles, peureux, ennemis de toute publicité,
serait
même
de
fait
impossible, sans
dont nous jouissons,
comme
la liberté
dit bieu
de
la presse,
M. de Broé, dans
toute son étendue depuis la restauration. Si la presse n'était
pas libre,
comme
elle l'est
qu uu commissaire de
pac
police
la
charte,
saisît,
il
pourrait arriver
chez l'imprimeur toute
36S
(
ma
)
du
correspondar.ee; qu'un procureur
son et i'impiimeur,
moi
mou
envoyât en
roi
pr:«
libraire, et
mes lecteurs. Ces choses se iont dans un pays où tègne un pouvoir
odieux, complice de quelques uns, et eunttmi de tous. Mais
et
et
,
eu France heureusement, sous l'empire des
tuliou
de
,
lois
delaconsti-
,
charte jurée, sous un gouvernement ami de
la
cherà tout le monde, rien de tel u'est à craindre.
que l'on pense; on imprime ce qui se dit, en personne n'a peur de parler ni d'enteudre. J'imprime donc
ceci, non pour le public, mais pour ces personnes seulement
qui me fout l'honneur de m'éaire ? sans me dire leur nom
]a nation et
Ou
dit ce
ni leur adresse.
Paul-Louis Courier
ron de
,
vigneron de
de Larçay
la foi et
Toassière, etautres lieux, à tous
ces présentes verront
m'a
elle
,
salut
diverti,
,
les
,
anonymes inconnus qui
:
vôtre signée
J'ai reçu la
Chavonnière bûchela Filonière
delà
la
laboureur de
,
le
marquis d'Effiat
trop rusé
par
instruit,
;
curieuses notes qu'elle
les
contient sur l'histoire ancienne et moderne
;
timbrée de Béfort, non signée, où vous rne
reprochez d'une façon peu polie, mais franche que je ne
suis point modeste. M'exarnioaut là-dessus, j'ai trouvé qu'eu
Et
vôtre
la
,
,
ne suis pas modeste
effet je
haute opinion
d'au
me
ti
Vous en jugez
es.
paraît
;
j'userai des
de
soi,
mes
en quoi
;
et
,
ainsi à tort et par
formules dont
se
heureuse invention de
écrits
dit
,
-
,
et
bon,
votre très
le
,
premier
humble
qu'il
et,
nos académies
qui sont assurément
de moi
envie, à ce
pour en profiler,
couvre l'estime que chacun fait
toutefois l'avis est
faibles productions qu'accueille
gent
que j'aide moi-même une
me tromper comme bien
puis
je
les
avec bouté
le
Je dirai de
public indul-
homme du monde,
serviteur
!
plus beaux de ce siècle,
sans contre-
vigneron quoiqu'indigne.
,
Dans celle-ci venant d'Amiens, sans signature pareillement vous me dites Monsieur que je serai pendu. Pour,
,
,
,
quoi non ? D'autres l'ont été d'aussi bonne maison que moi;
le président Brisson
,
honnête homme
et
savant, pour avoir
,
&9
(
au
corneille
les
roi
Seize, royalistes
du
l'autel et
achever
troue.
fut pendu par
quand même, défenseurs de la f .ï , de
Il demanda comme grâce, de pouvoir
avant qu'on
,
y
de se défier des courtisan»
pendît
le
,
son Traité des usages etcou-
,
tumes de Perse qui devait être
disait-il , une tant belle
œuvre. Peu de chose y manquait ; c'eût été bientôt fait : il
ne fut non plus écouté que le bon homme Lavoisier, depuis
en cas pareil, et Archimède jadis. Parmi tous ces grands
noms je n'ose me placer; mai» pourtant j'ai aussi quelque
chose à
finir
et l'on
,
va
me
,
juger
,
et je vois bien, des Seize.
Tout beau soyons modeste.
Dans la vôtre, Monsieur, qui m'écrivez de
,
me
dites
sieur
,
,
voici vos termes
comme
et
en prison
;
vous dois uu avis.
une chose résolue, et
tel je
c'est
Paris
Je suis de vos amis,
:
On
,
vous
Mon-
va vous remettre
je le sais
de bonne
part, non pas pour votre pélitiou des villageois qui veulent
danser
écrit
,
innocent
et
bénin
,
où personne n'a
rien
vu
qui pût offenser le parti régnant. C'est le prétexte tout au
plus , l'occasion qu'on cherchait pour vous persécuter, mais
non
le vrai motif.
On
vous en veut, parce que vous
êtes
or-
du duc d'Orléans. Vous l'avez
loué dans quelques brochures vous êtes du patti d'Orléans.
Voilà ce qui se dit de vous et que bien des gens croient
non pas moi. Je juge de vous tout autrement. Vous n'ête»
point orléaaisle , ami ui partisan du duc j vous n'aimez auami
léaniste,
particulier
;
,
cun prince, vous
êtes républicain.
Ce sont vos propres mots.
Suis- je
donc républicain
? J'ai
lu de bons auteurs et réfléchi long-temps sur le meilleur
gouvernement. J'y pense même encore à mes heures de loisir ; mais j'avance peu dans cette recherche, et loin d'avoir
acquis par de telles études l'opinion décidée que vous me
supposez je trouve, s'il faut l'avouer, que plus je médite
,
et
moins
je sais à
conversation
ment
qui
je
me
me
,
quoi m'en tenir; d'où vient que dans la
gens m'en font un reproche , aisé-
et bien des
range, sans nulle complaisance
parlent
,
pourvu
qu'ils aient
un
,
à l'avis
avis
,
et
*4
de ceux
non de
3;o)
(
simples intérêts sur ces grandes questions débattues de nos
jours avec tant de chaleur. Je conteste fort peu
liberté par instinct
,
par nature. Je
vous en causant, car vous Têtes
je le vois
,
:
j'aime la
serais républicain
avec
bien, et vous
tu 'étaleriez toutes les bonnes raisons qui se peuvent donner
en faveur de ce gouvernement. Vous n'auriez point de peine
à
me gagner;
mais bientôt
dirait et montrerait
rencontrant quelqu'un qui
,
par vives raisons qu'il peut
berté dans la monarchie,
s'il
n'allait
même
car c'est l'opinion de plusieurs
,
n'y a de liberté que dans
monarchie
la
et elle se
y
me
avoir li-
jusqu'à préteudre,
peut soutenir
,
qu'il
,
alors je passerais
de cecô;é abandonnant la république, tant je suis maniable,
doutant de mes propres idées, en tout aisé à condociie
non forcer.
vertir pour peu qu'on me veuille prêcher
,
,
,
Et
voilà le tort qu'ont avec moi les gouvernants et leurs
agents. Ils ne causent jamais
dis qu'il
de
ne faut pas nous
mon mieux,
vis contraire
,
ne répondent à
payer Chambord
assez clairement
s'ils
,
faire
,
ce
me
rien. Je leur
,
et le
prouve
semble. Etant d'a-
daignaient s'expliquer
,
entraient en
s'ils
on verrait leurs raisons , et le moindre discours
fondé sur quelque apparence de bon sens m'amènerait aisément à croire que je me trompe qu'acheter Chambord est
pour nous la meilleure affaire et que nous avons de l'argent
propos
,
,
,
-,
,
de reste. On m'a persuadé des choses plus étranges; mais ils
ne répondent mot, et me mettent en prison. Quel argument, je vous prie V Est-ce là raisonner. Dès-lors plus de
doute. J'ai dit la vérité-, j'abonde dans
mon
sens
et
n'en
Ma
remarque subsiste. Me voilà convaincu et le public avec moi, qu'ils ne savent que dire,
que
qu'ils n'ont pas même pour eux de mauvaises raisons
veux pas démordre.
,
;
ne voulant s'amender ni s'avouer dans Terreur , c'est le vrai
qui les fâche et je triomphe en prison.
Loe autre fois je les avertis que de jeunes curés dans no$
\
campagnes, par un
en éloignent
le
zèle indiscret,
peuple au lieu de
comprome tient
l'y
gouvernants là*dessus ? Vous croyez
ramener.
qu'ils
la religion,
Que
font
mes
vont examiner
si
3;i
(
afin
vrai
vous
aussi
M
des ministres,
lis
la
,
,
pense
je
)
d'y apporter remède. J'en use Je
je di<
,
fi
.'
nomme recevoir la loi des sujets V
me remet ea prison, et je triomphe
cour on
miner, on
V, ickefîeld
C'était
Newgate
à
homme
un
la sorte et
quand on vous donne quelque avis.
ce serait s'abaisser. Ce serait ce qu'à
il
;
y mourut
de bien
;
Sans rien exaencore
fameux par son
,
comme
voici l'histoire
:
savoir. Les
le budget vantaient l'éconoque ce serait à la nation anglaise de payer
plus d'impôts qu'aucune de l'Europe. Les impôts, selon
enx
ne pouvaient être trop forts. Que l'on ôte à chacun la
minuties, voulant augmenter
mie
,
et Ja gloire
,
moitié de son bien,
tant le
même,
rapport des fortunes entre
le
personne
elles res-
appauvri. Si, disaient-ils,
n'est
une maison s'enfonçait d'un étage oa deux, en gardant son niveau elle en serait plus solide. Ainsi la réduction de toutes
,
les
du
fortunes au profit
consolide l'Etat, et cette
trésor
absolument indifférente. Oui
bien pour vous , dit Wackefield dans un écrit célèbre alors»
pour vous qui habitez le haut de la maison; mais nous, dans
nous sommes enterrés, monseigneur. Ce mot
]ês étages bas
réduction est une chose en
soi
,
morale, subversif de
traduit devant ses
juges naturels qui tous dépendaient des ministres, avec un
avocat également naturel qui dépendait des juges, son procès instruit dans la forme, s'entendit condamner à trois
ans de prison. Il n'y fut pas ce temps; au bout de quelques
mois malade, ses amis, comme il était peu riche, avaient
pour que sa femme et ses eufants
souscrit entre eux
pussent loger près de la prisou
mais l'autorité s'y oppo-
parut séditieux, offensant
Tordre social
,
et
le roi
la
,
bon Wackefield
le
,
,
:
sant au
nom
de l'ordre social
il
,
mourut
sans secours, sans
consolation, moins à plaindre que ceux qui
car
il
avait
pour
lui
d'avoir bien dit et bien
fait.
Mais
de soucis, de rage ambitieuse
de mentir, de tromper
curée des entrailles
le
persécutaient;
l'approbation publique,
,
,
ou
ils
se
d'augmenter
du peuple
à.
l'assurance
vécureut eux, dévorés
coupèrent
le
budget
le cou, las
et
de
de lâches courtisans.
24*
faire
,
*&
(
n'est
)
W ackefield
pour une seule parole. Rien
,
dangereux que de parler à ceux qui sont forts et
Ainsi périt
si
veulent de l'argent. C'est la bourse à
Eh
pondre.
fitiez-
vous
même
bien
,
et
prudent
?
que vous avez eue en votre personne ;
médit: pourquoi écrire enfin? et qui diantre
comme
imprimer
faire
dit Boileau
Ce Courard,
peu
pailait
qu'il faut ré-
celle
vous pousse à vous
,
main
de semblables leçons devaient vous rendre sage,
ï*
avant
voilà ce qu'on
taire
la
connaissant ces exemples, que n'en pro-
sauriez- vous vous
Courard
le silence
bel esprit par principe de conduite,
n'écrivait point
et
Ne
r*
imiter de
,
fut de l'acadénre. Car
;
réussit
il
alors aussi
ceux qui n'éciivaient point
,
,
on
dans
faisait
le
monde
et
académiciens
sans toutefois mettre en prison
ceux qui écrivaient. Vous, Paul- Louis, vous deviez être
non seulement prudent, mais muet; afin, sinon de parvenir
à l'académie, de vivre en paix, du moins. Il fallait vous tenir
coi , tailler votre vigne, non votre plume ; vous faire petit
ne bouger, de peur d'être le moins du monde aperçu , entendu. On vous guettait, vous le voyez \ on ne vous pardonmonsieur* l'anonyme , s'il vous
on a bien pardonné à M. Pardessus. Mais écoutez
encore avant que je réponde , écoulez ce récit qui ne vous
nera pas. Pourquoi cela
,
plaît ï
tiendra guères.
Un
écrivain célèbre eu Angleterre, auteur d'un des meil-
leurs ouvrages
que
l'on ait jamais fait
l'auteur de
,
Robinson
,
Daniel de Foe, publia un écrit tendant à insinuer que les
dépenses de la cour étaient considérables Aussitôt les mi-
nimes
vit
n ,n is
de
le livrent à leurs juges
encore
il
me
,
on
le
leur répondit
comme
;
il
taire; et lorsque
C'était le langage
\
en
le
mil en prison
art au caican. Ses amis
le
;il
écri-
blâmaient
;
ne dépend pas de moi de parler ou
l'esprit
du temps.
On
à présent de Jean-Jacques.
souifle,
lirait
Ou
il
faut lui obéir.
tout de l'Ecriture
parlait la Bible,
,
au-
Un abbé met en pièces Emile,
pour prêcher aux indifférents en matière de religion.
Quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me
jourd'hui on parle Rousseau.
,
3/3
(
doané dans
Charte en plein
la
grande honte,
De ma
moi.
grand Napoléon
Charte,
fins
ont été
y
je n'eusse
,
imaginé de parler
Robespierre, Barras
l'intéresse.
j'ai
ma très
pris comme
à
et le
depuis plus de vingt ans m'avaient appn'3
taire, Bonaparte, surtout; ce héros ne trompait pas.
me
à
;
Charte;
à la
confesse
je le
pourtant déplus
et
vie, sans la
au public de ce qui
ne nous
I!
)
bonnement
J'ai cru
eu prison,
aller
fait
leurra de
baillait pas le lièvre
de
liberté
la
Turc dans
,
manière
sa
mais sans l'abuser
le
par
l'oreille, jamais ne nous
d'aucune liberté. Un pou
mettait au bagne ce bon peuple,
la presse ni
,
il
moins du monde
,
et
ne nous cacha
point sa royale pensée, qui fut toujours d'avoir en propre
nos corps et nos biens seulement. Des âmes, il en faisait
peu de cas. Ce n'est que depuis lui qu'on a compté lésâmes.
Voulant parler tout seul
il
imposa silence à nous premièrement , puis à l'Europe entière ; et le monde se tut
personne ne souffla, homme ne s'en plaignit ; ayant cela de
commode , qu'avec lui on savait du moins à quoi s'en tenir.
,
:
J'aime cette façon
me
dit
liberté
de
on
,
et j'ai tâté
la presse et toutes
(lue craignez- vous?
jury
de
l'autre.
La Charte
vint
parlez, vous êtes libre, écrivez, imprimez; la
:
si les
libertés
vous sont garanties,
vous avez le
puissants se fâchent
,
de pétition ; vos députés à vous,
par vous. Ils ne souffriraient pas que l'ou
et la publicité, le droit
nommés
élus,
un peu pour voir ; dites-nous quelque chose. Moi , pauvre qui ne conuai«sais pas le gouvernement provocateur, peusant que c'était tout de bon»
j'ouvre la bouche et dis
je voudrais, s'il vous plaisait, ne
pas payer Chambord. Sur ce mot , on me prend on me met
vous
fasse tort. Parlez
,
:
;
en prison. Sorti,
je
qu'il n'y eût à cela
ne pus croire
,
quelque malentendu.
compris, medisais-je, assurément.
(
ma
rait
eût suffi pour
me
Uu
Ils
d'erreur
mais imbu
de mes garanties; persuadé qu'on m'écoutesans mauvaise humeur, cette fois je hasarde une autre
chose rare
de
mou pays,
m'auront mal
peu de sang commun
tant j'étais de
!
)
Charte
tirer
:
et
requête. Si c'était, dij-jo, tenant
mon chapeau àx!mx
taaiaj,
(
votre boo pîaisi
sî c'était
3;ï
)
de nous
dimanche.... Gendarmes
ligis le
maximum
de
qu'on
,
amende,
peine,
la
dauier devant notre
laisser
mène en
le
Du
etc.
prison;
jury, point de
mes députés, ils
peu près. La publicité des
nouvelle?; droit de pétition, chansons;
moi comme mon
sont à
jugements
préfet à
savez vous, Monsieur, ce que c'est? mes enne-
;
mis pourront
,
s'ils le
jugent à propos
me
dans des feuilles a eux,
il
est
permis de déduire mes raisons
publc
,
imprimer
ma
faire dire cent sottises
comme
ils
défense
à
;
eux
veulent au
mes amis défendu d'en dire mot de réaucune façon les réponses absurdes et les
impertinences qu'il leur aura plu ni 'attribuer. Voilà ce que
je gagne à la publicité dés débals judiciaires. Heureux, cent
fois heureux
ceux que Laubaidemout faisait condamnera
huis clos par ordre de son émiocnce ils étaient opprimés,
mais non déshonorés.
Ce langage est monarchique. De tels sentiments ne sont
point du tout républicains et si je me contente en pareille
matière des formes usitées sous ce grand cardinal je ne suis
pas si Romain que vous l'imaginez. Sur quel fondemenir' je
ne sais et ne devine pas davautage ce qui vous a pu faite
croire que je n'aimais ni le duc d'Orléans ni aucun priuce.
à
;
moi
,
à
,
,
futer, démentir en
,
!
,
,
,
,
Assurément
rien n'est
plus
de
loin
la
contraire, tous les princes, et tout le
le
duc d'Oiléans particulièienent
^
vérité.
monde
voyez
J'aime, au
eu général
comme
;
el
vous vous
trompiez), parce qu'étant né prince il daigne être honnête
homme. Du moins u'entends-je point dire qu'il attrape les
gens. ]\ous n'avons
pacte
,
Dieu
;
m "eu
ait
ni contrat.
mais
mal
le cas
pris
Il
,
il
est vrai
aucune
,
affaire
ensemble,
ci
ne m'a rien promis, rien juré devant
aveuant
,
je
me-
fierais à
lui, quoiqu'il
avec d'autres déjà. Si faut-il néanmoms
moi nous n'aurions, m'est avis.
nulle peine à nous accommoder
et l'accord fait, je pense
se fier à quelqu'un.
Lui
et
,
qu'il le tiendrait sans fraude, sans chicaue, sans noise,
en délibéreravec de vieux voisins
qui ne
me
,
gentilshommes
saii.-»
et autres,
veulent point de bien, ni eu conîulter
les
je-
V>
(
me donne
Voici ce qui
suites.
)
de lui celle opinion.
de
Il ©si
de ce siècle- ci, non de l'autre, ayant peu vu
je crois
ce qu'on nomme ancien régime. Il a fait la guerre
avec nous ; d'où vient, dit-on , qu'il n'a pas peur des sousnoire temps
;
,
officiers
et
depuis
et
:
contre nous
émigré, malgré
,
lui, jamais
sachant trop ce qu'il devait à
,
ne
qu'on ne peut avoir raison contre son pays.
la fit
natale
la terre
cela
Il sait
,
,
et
d'autres choses qui ne s'apprennent guère dans le rang où
il
Son bonheur
est.
jeune
vivre
,
Eu France
,
dire le
mot
vu
les
rien oublié
,
s'instruire
et
,
Les étrangers
ni rien appris.
,
non mendier.
,
pour venger
des messes
pens
;
,
châteaux
les
des séminaires
mais sage dans sa vie
un homme de
daDs
,
nous y gagnerions
;
j'entends,
:
ou
je
n'a point fondé
quant à moi
,
r
donne un
,
,
c'est
que tous les
aucun d'eux n'y perdrait,
;
et
voudrais qu'il fût maire de la com-
se pouvait
s'il
,
mœurs
ses
ni
couvents à nos dé-
missionnaires. Bref
les
bien. Je voudrais
princes lui ressemblassent
de retour
;
,
de brûler nos vil-
,
ni doté des
,
exemple qui prêche mieux que
mune
et
l'ont
n'a point prié Pitt
Il
supplié Cobourg de ravager nos champs
lages
,
De prince, il s'est fait homme.
communs ennemis hors de
il combattit nos
sciences occupaient son loisir. De lui n'a pu se
nous.
;
,
Frauce
pu descendre
a voulu qu'il eu ait
comme
sans déplacer personne; je hais
hypothèse toulejaure
(
les destitutions.
non seulement par
IL
)
,
ajuste-
que
rait bien des choses
,
Dieu a mise en
mais par uue vertu non moins considé-
lui
,
rable et trop peu célébrée;
l'on veut bourgeoisie
et
,
que
sou économie, qualité
c'est
la
cette sagesse
cour abhorre dans un prince
si
,
qui n'est pas matière d'éloge académique, ni d'oraison
funèbre
trés
,
si
;
mais pour nous
belle dans
qu'avec celle-là
,
si
un maire
,
précieuse, pour nous adminissi...
comment
je le tiendrais quitte
dirai- je
r'
divine,
quasi de toutes les
autres.
Lorsque
j'en parle ainsi
plus que vous
vu. Je ne
,
ni
sais ce
,
ce n'est pas
peut-être autant
qui se dit ;raaJ5
le
,
que
je îe
ne l'ayant
connais?
même jamais
public u'est point
sot.,
e*
•
3;G
(
peut juger
les
princes
non plus que
car
,
)
vivent en public. Ce n'est pas
ils
être son
je veuille
garde champêtre, au cas
devienne maire. Je ne vaux rien pour cet emploi , ni
pour quelqu'autre que ce soit capable tout au plus de culqu'il
:
ma
tiver
je crois
vigne, quand
moins souvent
,
ne
je
même
mais cela
;
en prison. J'y serais,
suis pas
n'étant pas sûr
,
changement dans la mairie et les adpour mon compte , m'est indifférent. Au reste ce
joints
vous l'avez pu voir ou
qu'on pense de lui généralement
puis dire que tout
je
,
,
,
savoir ces jours-ci, lorsqu'il parut au théâtre avec sa famille.
Ou
ue l'attendait pas
comme
préparée
public,
là le
et
se
il
l'assemblée n'était point composée
;
pratique pour
n'y avait rien que l'on pût soupçonner
il
d'être arrangé d'avance.
La
police n'eut point de part
marques
lui
furent
d'affection qui
sion; ou,
aisément
le
fait elle était
duc d'Orléans.
présente
et
eutra
Il
,
on
,
je
sache, le parterre en jugement
,
pour
mains
ce n'était pas
le vit
voix applaudirent de toutes parts.
et les
aux
données en cette occalà, comme on le peut croire
partout invisible
accueillir
que
de
si
,
,
grauds, c'était bien
les
On
;
et les
n'a point mis,
ni traduit l'assemblée
à la salle Martin. Aussi ne crois-je pas, moi qui
l'ai
loué
moins haut de ce qu'il a fait de louable, que ce
cela qu'on me réemprisonne. Mais vous pouvez
dessus beaucoup mieux instruit.
soit
pour
Ainsi
,
gens
votre opiniou
contre
d'Orléans
;
mais son ami
,
,
ne
je
Monsieur
suis
le
A moi
être là-
j'aime
,
pas
,
le
comme
duc
ces
d'honneur n'appartient et sans vouloir examiner ce dont on a douté quelque
fois , si les priuces ont des amis ; ou si lui
moins prince
qu'un autre, ne pourrait pas faire exception , je vous dirai
le croient
,
dites- vous.
tant
,
,
que
j'ai
toujours
de Jean- Jacques Rousseau
ri
qui ne put souffrir
ses
égaux
,
ni s'en faire
touie sa vie crut n'avoir eu d'ami
que
le priuce
Bien moins suis- je son partisan. Car
pieruièreineut.
le sien
;
et
Le
jamais
leojpb n'est plus
je
ne
seiai
du
,
il
philosophe
supporter
et
,
de Cooti.
de parti
n'a point
où chaque prince
paiti de
,
en
i
j
cr;,onue.
avait
Je
ne
(377
)
ua homme, ne cherchant pas fortune dans les
révolutions, contre-révolutions qui se font au profit de
quelques uns. Né d abord dans le peuple j'y suis resté par
choix. Il n'a tenu qu'à moi d'en sortir comme tant d'autres
suivrai pas
1
,
qui
,
pensant s'ennoblir, de
opter suivant la
des paysans
loi
comme
ont dérogé.
fait
de Solon,
je
serai
Quand il faudra
du peuple,
du
parti
de
la présente.
moi.
Accusez réception,
s'il
vous
plaît
,
*2*)
(
RÉPONSE
AUX ANONYMES.
N°
2.
+sj-t rrfJ /\MV tst*
Yeretz
V ots êtes deux qui
A
votre aise vous
pour
ne fusse condamné
je
répréhensible
La
,
6 Février i8j3.
à faire encore des pétitions.
et vous n'irez pas en prison
voyez ce qu'a pensé me coûet mille écus
sont-ce des bagatelles? de combien s'en
mende,
que
moi
,
le
Quinze mois de cachot
dernière.
la
ter
m'engagez
en parlez
avoir lues. Mais
les
.
f
d'afallu
il
mon fait
mon intention.
me dénonce comme un homme
Les juges ont trouvé
plus réprchensible encore
et
,
est-
police, dans sa plainte,
profondément pervers ; messieurs de la police m'ont déclaré
pervers et ont signé Deîaveau Vidoc, etc. Je prenais patience. Mais ce procureur du roi, m'accuser de cynisme!
Sait-il bien ce que c'est, etentend-ii legrec? Cynos signifie
,
,
chien
:
moi
cynisme, acte de chien. M'insulter en grec
j'en veux avoir raison. Lui rendant grec
,
helléniste juré
pour grec
mot.
si
,
Il serait
donne de
l'exercice
!
je l'accusais
étonné.
l'âne
de
,
pourvu
ses fonctions
Voilà pourtant
,
tfAnisme
Quand
il
nie
toutefois
,
,
que répondrait-il?
dôme du
chien
que ce ne
soit
serons-nous quittes?
mes chers anonymes
demandé
voue correspondant, pour avoir
,
,
si
je lu;
pas dans
je le c:
comme on
à danser
;
le di-
,
37
(
manche,
et nolcz
bieo
9)
peut-être n'aurais-je pas dansé,
,
m'eût été permis ; on n'use pas de toute permission
qu'on obtient. Peut-être ensuite m'eût-on fait danser mal-
s'il
gré moi
car ces choses arrivent
;
que
la
serait-ce,
punition
de celui qui
celle
prêtre
tendu
a
roi
;
la
nom,
je tais le
Mais
faire, enrage.
la
demander, comme vous
qui a tué sa maîtresse ou
,
le
voulez
le
mariage
,
sienne grosse ? alors triompherait le
la
morale religieuse
morale publique
la
dont
tel,
si j'allais
du
procureur du
dée de
:
guerre, et, contraint de
sollicita la
me
de toutes
et
poursuivrait
les
,
ai-
morales, hors
que nous connaissons , que loug-lemps nous avons crue
la seule.
D'ailleurs
je ne suis pas si animé que vous contre ce
cuié de Saint-Quentin. Je trouve dans son état de prêtre
de quoi, non l'excuser, mais le plaindre. Il n'eût pas tué
,
assurément
sa
seconde maîtresse
mière devenue grosse
pareuce. Voici
,
et qu'il
comme ou
s'il
prepu épouser
selon tome apdont vous sembLz mal
eût
I
a tuée au»si
conte cela
,
•
,
informés.
s'appelle Maingiat; n'avait guères
Il
quand
au
,
sortir
du séminaire, on
viiiage à six lieues de Gieuoble.
cootie
fen dit
la
ou
danse
fit
et toute
,
les
Là
,
plus de vingt ans
curé de Saiut-Qpre,
son zèle éclata d'abord
espèce de divertissement.
défendre par
n'osèrent s'y refuser
le fit
le
maire
assembées
,
et
le
bals
,
Il
sous-préfet
,
déqui
jeux champêtres
non seulement aux heures d'ofles dimanches et
, tout le jour
nous voyons le curé
fêtes. Je n'ai pas de peine à le croire
de Luynes défendre aux vignerons de boire le jour de Saintet fit
fermer
fice
mais, à ce qu'on dit
,
les
cabarets,
;
Vincent leur patron. L'autre entreprit de réformer l'habillement des femmes. Les paysannes en manches de chemise ,
ayant
le
bras tout découvert, lui parureut uu scandale af-
freux.
Remarquez que sur ce point les prêtres ont varié. Menot
du temps de Henri 11, prêcha contre les nudités en termes
moins décents peut-être que la chose qu'il reprenait. Aussi
,
38o
(
firent Maillard
même
C'est
Barlelle
,
)
Fea-Ardent
le texte ordinaire
et le petit
de leurs sermous
,
Feuillaud.
qu'on a eu-
Mais depuis sous Louis XIV vieux , un curé trouva
mauvais que la duchesse de Bourgogne vînt à l'église en
core.
fort
,
,
habit de chasse qui boutonuait jusqu'au menton et avait des
manches.
d'abord
,
renvoya
Il la
,
hautement loué du
La duchesse
peu près nue,
et revint bientôt à
dos,
s'habiller
puis de toute la cour.
épaules,
les
les
sein découverts, la chuie des reins bien
le
C'était l'habit décent
et elle fut
,
admise à
roi
alla s'habiller
bras
,
le
,
marquée.
faire ses
dévo-
tions.
Mais l'abbé Maingrat ne souffrait point qu'un bras nu
montrât à l'église et même ne pouvait , san3 horreur r
dans les vêtements d'une femme soupçonner la forme du
se
,
,
corps.
Ami du temps
mœurs
à l'âge
passé d'ailleurs,
de vingt ans
tonnant contre
la
danse
autorités le soutenaient
,
,
et
les
la
les
il
prêchait
restauration
,
les vieilles
la restitution
,
manches de chemises. Les
hautes classes
l'encourageaient
gendarmes aussi et le garde champêtre, qui jamais ue manquaient au sermon. Enfin il voulait
le
peuple l'écoulait,
les
rétablir, d'accord avec ses supérieurs, la pureté de l'an-
cien régime.
venue avec
Pour y mieux réussir il forma chez sa tante,
Saint-Opre , une école de petites filles
,
lui à
auxquelles elle montrait à
pour
la
communion.
seignement.
Deux
lire, les
Il assistait
instruhanf et préparant
aux leçons
,
dirigeait l'en-
déjà parmi elles approchaient de quirjze
ans, et lui parurent mériter une attenlion particulière.
les fit
venir chez lui
pagnes
,
flatteuse
vont chez
le
pour leurs parents. Ces jeunes
jeune curé. Partout cela se
années, aux champs
prouvent,
distinction enviée de toutes leurs
;
et les
comme
à la ville
;
filles
Il
comdonc
fait
depuis quelque»
les
magistrats l'ap-
honnêtes gens en augurent
le
prompt
ré-
mœurs. Elles y allaient souvent, ensemble
ou séparées ; c'était pour écouter des lectures chrétiennes
répéter le catéchisme apprendre des versets , des psaumes T
des oraisons; et tant y allèrent , qu'à la fin une d'elles se
tablissement des
,
,
38.
(
mal
sent
à Taise
,
)
souffrante: elle avait des
maux de cœur.
Lisez l'histoire, et comparez, monsieur l'anonyme,
le
passé avee le présent. Pour moi je ne fais autre chose : c'est
la meilleure élude qu'il y ait. Je trouve que, du temps de
étant curé d'une
nos pères, Guillaume Ruse
,
Paris, catéchisait de jeuues
filles,
recevoir les pieuses leçons chez une dame.
autres assidûment la
torze ans,
fille
unique
Là
Au temps
mœurs
qu'on y
quand
,
les filles
venait entre
qui bientôt fut grosse
des œuvres de l'abbé Guillaume.
pareille chose arrivait sans
de
âgée de treize à qua-
,
président de Neuilly,
du
paroisse
qui s'assemblaient pour
des bonnes
piît trop
garde,
n'avaient point de père président. Celui-ci
on décréta Guillaume; le clergé intervint.
beau jeu contre le clergé qui d'abord
ne veut pas qu'on le juge, et en ce temps-là menait le
peuple. Messire Guillaume se moqua du parlement, du préporta plainte
La
;
justice n'a jamais
,
l'enfant, puis fut évêque de
dévoué au pape son créateur, comme on dit à Rome.
De ce genre est un autre fait moins ancien, mais horrible et par là plus semblable à celui de Maingrat. Il n'y a
pas quarante ans que, dans un couvent près de Nogent-le—
Rotrou on élevait de jeunes demoiselles sous la direction
sident et de la fille, et de
Senlis,
,
homme
d'un saint
prêtre-abbé qui
struisait, catéchisait, et
les
confessait
continua longues années
,
les
,
in-
sans qu'en
eût de lui nul soupçon. Mais à la fin, on découvrit qu'il en
avait séduit plusieurs
,
et
que
,
quand une devenait
grosse
l'empoisonnait, la gardait, écartant d'elle tout le
sous prétexte de confession ou d'exhortation à la mort
la quittait point qu'elle
De
tels faits
blic.
Le
suivant
rarement parviennent à
coutume
d'alors.
mère, va
de celui-là, à un
non
loin
sa
grat. Il laissait danser,
,
ne
la
connaissance
du pu-
enfermé,
Retournons à l'abbé Maingrat.
Cette enfant se trouve grosse
ayant peur de
il
ne fût morte, ensevelie, enterrée.
saint personnage fut enlevé secrètement et
la
,
monde,
-,
ne sachant
se confesser
homme
comment
faire,
au curé d'un village
tout différent de
Main-
ne songeait point aux manches de che-
,
38,
(
mise.
La
pauvret'p'lui dit son
)
malheur
,
et refusant
de dé-
clarer qui en était cau<e, ne voulait accuser qu'elle
Mais,
Non.
—
le
fille, est-il
— Impossible
homme
empêcher un
de
seule.
marié cet
homme ?
elle se
trompait-,
!
se marier
s'il
ne
l'est,
une épouse de celle qu'il a rendue mère? quelle loi
défend? quelle morale? elle devait dire pauvre enfant!
faiie
Dieu
,
hommes,
les
religion le veulent
je
ma
faut l'épouser.
Il
car qui peut
de
curé,
lui dit le
meurs, pour
elle,
bon
le
mais
;
sens
nature, l'Evangile et la
la
,
pape ne veut pas;
le
et
pour
cela
cela je suis perdue. Aiusià peine répondait-
avec plus de sanglots que de mots, aux questions de ce
bon curé qui,
L'autre
,
dès
même
le soir
mot
fâche au premier
se
parvenu
enfin pourtant,
l'abbé Maingrat
,
alla
à lui faire
chez
nommer
lui et lui parla.
s'emporte
et crie
contre
Rousseau et la philosophie et
la corruption de la révolutiou. Le bon homme eut beau dire
el faire, il n'en put tirer autre chose. Au bout de quelques
jours, la fille disparut, sans que jamais parents ni amis en
pussent avoir de nouvelles. On en demanda de tous côtés et
long-temps inutilement ; on finit par n'y plus penser. Voilà
le siècle, accusant Voltaire et
la
première partie de
par
de Sainl-Opre à
C'est la discipline.
papiers publics, où vous
les
à cause des bruits qui couraient
,
le transféra
du curé Maingrat.
l'histoire
La seconde est connue
aurez pu voir comment
on
,
Quand un
la
cure de Saint-Quentin.
piêlre a
donné quelque part
du scandale on l'envoie ailleurs. Dans les cas graves seulement il est suspendu à sacris privé pour un temps de dire
,
,
messe, et
,
si
la justice s'eu
mêle
,
le
clergé proteste aussitôt
l'abbé Gelée
,
sible faute contre son
gré toutes
les plaintes
pas corrigé,
;
Le curé de Pezai en Poitou
ex-capucin, ayant commis là une grosse et vi-
car on ne peut juger les oints.
comme
,
vœu
de chasteté
on
le transféra
\
ne
le fut
,
justice se tut mal-
la
où
il
est et
ne semble
point l'abbé Maingrat, qui
dans sa nouvelle paroisse,
redoublant de sévérité,
guerre plus que jamais à
danse
la
mise. Certaine dévote, bientôt,
el
fît
la
aux manches de che-
femme d'un tourneur,
383
(
jeune
et belle
souvent
pour
Un soir
et le
voyait chez
elle
car elle passait
;
venue sur
qu'elle était
long-temps
retint
la
il
,
sans qu'on eu causât néanmoins
,
très sage.
fesse,
)
pour confesseur
le prit
,
le tard à
con-
puis l'envoie voir sa tante
,
qui demeurait chez lui, mais qu'il savait absente, ne devoir
point revenir ce jour-là , et partant par un autre chemin,
arrive avaut celte
Ce qui
dans une grotte
femme,
là-dedans
se passa
entre
,
quand elle
,
on l'ignore.
Il
vint la
fit
entrer.
l'emporta morte
du village où avec un couteau de poche,
morceaux un à un il les alla jeter
dans la rivière c'est l'Isère. Ces lambeaux quelque temps
après furent trouvés flottants sur l'eau, et réunis et reconnus, comme le couteau plein de sang oublié par lui dans la
pi es
,
l'ayant dépecée par
,
,
;
grotte. Alors
on
Vous savez
se souvint
de
comme
aussi
la fille
qui n'eussent pas eu lieu sans
tous les
faits
furent constatés
,
de Saint-Opre.
aux poursuites,
s'est soustrait
il
maire. Par le maire seul
le
publiés malgré
les
dévots et
qui ne voulaient pas qu'on en parlât. Telle est
le clergé
maxime de
tout temps. S'il arrive , dit Fénélon , que
une faute, on doit modestement baisser les
yeux et se taire. Mais le bruit d'un acte si atroce s'étant
promptement répandu on essaya d'en jeter le soupçon sur
quelque autre. Même un grand vicaire à Grenoble, l'abbé
Bochard prêcha un sermon tout exprès sur les jugements
leur
le prêtre fasse
,
,
téméraires
disant
,
:
«
Mes
frères
vous paraître coupable, qui
en dût-il coûter
d'autrui
ci,
l'honneur et
et
prenez garde
,
par son devoir,
la vie
malice d'autre part
et la
-,
que, pour
,
se laver
,
on ne
est
si
de celer
là
comme un martyr du
invention
,
soutenue de toute
être réussi et
donné
Saint- Quentin
homme
secret
,
le
de
la
tenu,
lui
crime
grande en ce
siècle-
feint point
comme son
peut
tel
;
le
,
de calomnier et
noircir les plus gens de bien. » C'était le mari
qu'on indiquait par
est
meurtrier
de
,
cette
femme
et le vrai
curé
la confession. Cette pieuse
cabale dévote
change au public
,
,
aurait peut-
sans le maire
de
qui n'étant dévot ni dévoué, mais honnête
seulement
,
par une information qu'il
fit
,
força la
3*4)
(
Le caré ne
justice d'agir.
fut pas arrêté
parce que le Sei,
Gardez de toucher à mes oints. Condamné
comme contumace il s'est retiré en Savoie où maintenant
il passe pour un saint et fait des miracles
On vient à lui de
de la montagne , en pèlerinage ; ou accourt les
la vallée
gneur
a dit
:
,
.
,
,
femmes surtout, le voir, lui demander sa bénédiction.
Cette main les bénit
il leur
tend cette main qu'elles
baisent, femmes et filles, sans penser , sans frémir, sachant
:
ce qu'il a
Mais on
fait
lui
car d'un lieu
\
si
voisin
ou peut-être
se repent,
il
et
personne ne l'ignore.
,
pardonne beaucoup parce
beaucoup aimé;
vaut mieux que
Qu'il en confesse encore quelqu'il a
dès-lors
il
quatre-vingt-dix-neuf justes.
qu'une jeune jolie et qu'elle lui résiste , il en fera comme
sans perdre pour cela paradis. Sainl-Bon avait
des autres
tué père et mère. Saint Maingrat ne tue que ses maîtresses ,
,
,
,
et ensuite fait pénitence.
Vous
l'appelez hypocrite
de bonne
foi.
-,
La dévotion
moi
tout.
Italie assassiner son
ennemi
selon qu'on veut le
damner ou qu'on ne
le point
ton
âme
damner
à Dieu
,
;
tion. Il dit son in
manus
le
fait
et
en
ou six ducats,
veut pas. Pour De
le tuer
fais
pardonne
,
Lorsqu'on
cela coûte vingt
on lui dit avant de
pardonne-moi, et
,
dévot sincère
je le crois
s'allie à
,
et
:
un
Recommande
acte de contri-
on l'égorgé
;
il
va
en paradis. Mais voulant le damner, on s'y prend autrement. Il faut tâcher de le trouver en péché mortel et pour
;
le plus sûr,
on
poignard levé
lui dit, le
ie te tue. Il renie
.
on
la dévotion vraie
,
naïve
:
,
Renie Dieu
,
ou
va en enfer. Ces choses
où
personne
là
ne voudrait , pour rien
jours
les
tous
,
font
se
au moude , avoir goûté d'un potage gras le vendredi. Voilà
crisie.
le
tue
,
La morale, dit-on
,
non
,
est
et
il
feinte
,
non suspecte d'hypo-
fondée là-dessus.
Ces gens sont dévots sans nul doute, et Maingrat l'est
l'amour ,
aussi*, amoureux de plus, c'est-à-dire, sujet à
qui chez les hommes de sa robe, se tourne souvent en fu-
grand médecin l'a remarqué cette maladie sorte
semble particulière aux
de rage qu'il appelle érotomanie
reur.
Un
:
,
,
(
m
)
Les eïemples qu'on en a vus,
prêtre»*
sont tous de prêtres catholiques,
comme
maison
raconte Heuri Etienne
hors
assez
que
tels
tous les
,
nombreux
4
celui qui massacra,
habitans
d'une
personne qu'il aimait; et l'autre dr>nt parle
Buffotu Celui-ià, parce qu'on sut à temps le lier et le trai,
la
; sans quoi il eût commis de semblables violeocesi
lui-même écrit au long, dans une lettre qui depuis est
devenue publique l'histoire de sa frénésie, dont il explique
les causes aisées à concevoir. Dévot et amoureux, jeune,
ter
guérit
,
Il a
,
confessant
les filles,
Quelle vie en
il
voulut être chaste.
que celle de nos
on leur défend l'amour, et le mariage surtout; on
leur livre les femmes. Ils n'en peuvent avoir uue , et vivent
avec toutes familièrement, c'est peu, mais dans la confiprêtres
dence
effet, quelle condition
!
l'intimité
,
mère, entend
L'innocente
mariée,
tions,
nomme
la confesse
fillette
d'abord,
le prêtre
l'entretient seul à seule;
puisse faillir, lui
de leurs actions
le secret
,
toutes leurs pensées.
qui
le
avant
péché. Instruite,
encore et
la
l'aile
,
qu'elle
la
il
gouverne. Dans
marie,
ses affec-
précède l'époux, et s'y maintient toujours.
il
de
de sa
qui bientôt l'appelant*
premier,
le
cachées
sous
,
Ce
qu'elle n'oserait confier à sa mère, avouer à son mari, lui
demande,
prêtre le doit savoir, le
son
amant.
En
moyen
effet le
le sait, et
?
s'entend déclarer à l'oreille tout bas
ses fautes
,
par une jeune
ses passions, ses désirs, ses
ému
ses soupirs sans se sentir
Confesser une
fond de
,
l'église
sée contre le
femme
!
;
et
il
il
femme ,
faiblesses, recueille
a vingt-cinq ans.
imaginez ce que
une espèce d'armoire
mur
ne sera point
pas tonsuré?
n'est-il
,
c'est.
de guérite
,
Tout au
est
dres-
exprès, où ce prêtre non Maiograt, mais
quelque homme de bien je le veux , sage , pieux , comme
connu, homme pourtant et jeune, ils le sont presque
,
j'en ai
tous
qu'il
,
attend
aime;
le
soir
après
elle le sait,
vêpres
personne aimée. Vous m'arrêterez- là
prêtre, son éducation
,
sa
jeuoe
pénitente
l'amour ne se cache point à
:
son
caractère
Ja
de
sou vœu.... Je vous réponds qu'il n'y
55
,
386
(
)
que tout curé de village sortant du «éaime sans aucun doute
minaire, sain robuste et dispos
une de ses paroissiennes. Cela ne peut être autrement; et
a voeu qui tienne;
,
,
,
vous contestez, je vous dirai bien plus, c'est qu'il les
aime toutes, celles du moins de son âge ; mais il en préfère
une, qui lui semble, sinon plus belle que les autres plus
si
,
modeste
femme
jour,
épouserait;
sage, et qu'il
vertueuse, pieuse, n'était
la
aux
assis
et plus
rencontre à l'église ou
de l'hiver
veillées
,
il
pape.
le
il
en ferait une
chaque
la voit
II
ailleurs,
et
devant
elle
s'abreuve, imprudent, du
poison de ses yeux.
Or,
je
vous prie,
celle-là
,
lorsqu'il l'entend venir le len-
demain approcher de ce confessionnal, qu'il reconnaît ses
pas et qu'il peut dire, c'est elle; que se passe- t-il dans
'âme du pauvre confesseur? honnêteté, devoir, sages résolvions, ici servent de peu, sans une grâce du ciel toute
particulière. Je le suppose un saint; ne pouvant fuir, il
gémit apparemment, soupire, se recommande à Dieu mais
»î ce n'est qu'un homme, il frémit, il désire, et déjà mal;
gré lui, sans le savoir peut-être,
il
espère. E!!e arrive, se
genoux, à genoux devant lui dont le coeur saute
Monsieur, ou vous l'avez été;
ei palpite. Vous êtes jeune
que vous semble entre nous d'une telle situation ? Seuls, la
plupart du temps, et n'ayant pour témoins que ces murs
que ces voûtes, ils causent; de quoi? hélas de tout ce qui
ou plutôt murmurent à voix
n'est pas innocent. Ils parlent
met
à ses
,
!
,
basse
,
et leurs
bouches s'approchent leur souffle se confond.
,
Cela dure une heure ou plus, et se renouvelle souvent.
Ne
je
pensez pas que j'invente. Cette scène a lieu
vous
la
dépeins, et daus toute
la
France
;
telle que
chaque jour se
renouvelle par quarante mille jeunes prêtres avec autant de
jeunes
filles qu'ils
fessent
de
aiment
la sorte,
qu'ils sont prêtres
,
parce qu'ils sont
entretiennent tête à
,
Le pape
et'
n'épousent point
tête,
,
hommes, convisitent
parce que
,
Je
parce
pape
pardonne tout excepté le mariage
voulant plutôt un prêlrc adultère, impudique, débaucha,
s'y oppose.
leur
,
>
(38 7
comme
)
que marié. Maiogrtt tue ses
maîtresses
on le défend en chaire
ici on prêche pour
lui
on le canonise. S'il en épousait une , quel monstre
là
assassin,
MaiDgrai
,
:
,
;
!
,
ne trouverait d'asile nulle part.
il
bonne
prompte
et
comme du
,
Mais quel maire oserait ?
Réfléchissez maintenant
plus
contraires
,
maire qui
Monsieur
,
possible de réunir jamais en
en
Justice
aurait mariés.
les
voyez
et
,
serait faite
était
s'il
même personne deux choses
de confesseur et le vœu de
une
que l'emploi
chasteté; quel doit être le sort de ces pauvres jeunes gens
$
que nature les force d'aimer ,
l'obligation de converser intimement
confidemment avec
entre la défense de posséder ce
et
,
ces objets
de leur amour
,
si
enfin ce n'est pas assez de cette
monstrueuse combinaison pour rendre les uns forcenés, les
je ne dis pas coupables, car les vrais coupables sont
ceux qui étant magistrats, souffrent que de jeunes hommes
autres
,
confessent de jeunes
filles,
mement malheureux.
Je
mais
sais là-
criminels et tous extrê-
dessus leur secret.
connu à Livourne le chanoine Fortiui , qui peut être
un des savants hommes d'Italie, et des plus honnêtes du monde. Lié avec lui d'abord par nos études communes puis par une mutuelle affection je le voyais souveut,
et ne sais comme un jour je vins à lui demander s'il avait
J'ai
vit encore
,
,
,
vœu
observé son
de chasteté.
qu'il disait vrai en cela
ajouta-t-il
pour passer par
,
Il
comme
me
l'assura
,
et je
pense
en toute autre chose. Mais
les
mêmes épreuves
voudrais pas revenir à l'âge deviegtans.
Il
,
je
,
ne
en avait soixante
Dieu lésait, et m'en tiendra compte,
recommencerais
pas. Voilà ce qu'il me
je
ne
mais
;
je notai ce discours si bien dans ma mémoire, que
et dix. J'ai souffert,
j'espère
dit
je
,
et
me rappelle ses propres mots.
A Rocca di Papa je logeais chez
malade.
pour
me
Il
eut grand soin de
parler de
plus souvent
sauver
,
,
disait
Dieu
,
auquel
mais autremeut.
il.
moi,
Il
le vicaire
et prit
je pensais
voulait
me
où
je
tombai
occasion
cette
plus que lui et
convertir
Je t'écoutais volontiers; car
il
»5*
,
me
parlait
,
(
to.'can
,
388
)
mieux dans ce divin langage. \
nous devînmes amis jet, comme il me prê-
et s'exprimait des
la fin je guéris
;
je lui dis Cher abbé, demain je me confesse,
veux te marier et vivre heureux. Tu ne peux l'être
qu^avec une femme, et je sais celle qu'il te faut. Tu la vois
chaque jour, tu Paimes tu péris. Il me mit la main sur
la bouche, et je vis que ses yeux se remplissaient de
chait toujours
si
:
,
tu
,
pleurs. J'ai ouï conter de lui depuis des choses fort étranges
et
me
qui
rappelèrent ce qu'on
lit
d'Origènes.
malheur de leur état. Mais pourquoi me direz-vous quand on est susceptible de telles im«
Monsieur, se font-ils ce
pressions, se faire prêtre ? Eh
qu'ils sont ? Dès l'enfance élevés pour la milice papale ,
éduits, on les enrôle; ils prononcent ce vœu abominable ,
impie, de n'avoir jamais femme, famille ni maison à peine
sachant ce que c'est, novices, adolescents, excusables par
là; car un voeu de la sorte, celui qui le ferait avec une
Voilà où
les
réduit le
,
,
!
,
pleine connaissance,
il
le
faudrait saisir,
séquestrer
en
ou reléguer au loin dans quelque île déserte. Ce vœu
et ne s'en peuvent dédire ; que si l'enfait , ils sont oints
gagement était à terme certes peu le renouvelleraient. Aussitôt on leur donne filles, femmes à gouverner. On approche
du feu le soufre et le bitume ; car ce feu a promis , dit-on ,
de ne point brûler. Quarante mille jeunes gens ont le don
prison
,
,
,
de continence
pris
avec la soutane,
et sont dès-lors
comme
n'ayant plus sexe ni corps. Le croyez-vous f De sages il en
est; si sage se peut dire, qui combat la nature. Quelques
uns en tiiorophent. Mais combien, au prix de ceux que la
grâce abaudonne danâ ces tentations ? la grâce est pour peu
d'hommes,
et
manque même au
Commeut au-
plus juste.
eux, ce don de continence, jeunes, dans l'ardeur de l'âge , quand les vieux ne l'ont pas
Le curé de Paris que Vautrin , tapissier , le trouvant
raient-ils,
!
,
avec sa femme, tua
et jeta
par
la
fenêtre,
il
nées (l'aventure est connue dans le quartier
n'en
fit
point de bruit à cause
du
y
a peu d'an-
du Temple, oa
clergé), c« curé avait
38g
(
«citante atu
l'ont pas
fit
empêché
boues une
les
de prendre dans
tombant du haut mal. Il eu
dernièrement encore
,
fille
)
de Pezai eu a soixante-huit qui ue
et celui
,
mendiante
et
,
sa maîtresse: autre affaire étouffée par le crédit des oints
car
!e
père se plaignit, voyant sa
fille
grosse
;
mais
;
l'église
intervint. Celui qui ne peut à cet âge s'abstenir d'un objet
horrible
ou
et
dégoûtant, que pensez-vous qu'il
vingt
ail fait à
gouverneur d'innocentes et belles créaenvoyez-la , Monsieur , au
tures Y Si vous avez une fille
soldat, au hussard qui pourra l'épouser, plutôt qu'à l'homme
vingt- cinq ans,
,
qui a
fait
Combien
vœux de
chasteté, plutôt qu'à ces séminaristes.
d'affaiies à étouffer,
tout ce qui se passe en se-
si
ou s'il y avait beaucoup de
que d'horreurs
maires comme celui de Saint -Quentin
laissent enlicvoir ces faits qui transpirent malgré la connivence des magistrats , les mesures prises pour arrêter toute
publicité , le silence imposé sur de telles matières et sans
même parler des crimes, quelles sources d'impuretés, de
désordres, de corruption, que ces deux inventions du pape ,
cret avait des suites évidentes,
!
!
le célibat des prêtres et la confesssion
Que de mal
faut voir et admirer là
toutes les autres;
puisse montrer en
auriculaire
î
!
!
le
où.
lui
donne l'exemple avec
nommée
que de bien elles empê-heut Il le
où la famille du prêtre est le modèle de
elles fout
,
le
pasteur
et parlant
n'enseigae rien qu'il ne
l'imprudence de dire à un
n'est point hors du peuple
homme
,
aux époux,
femmes n'ont point
aux pères
précepte. Là,
les
péchés
leurs
hors de
,
l'état
,
;
hors de
le
clergé
la
loi
:
tous abus établis chez nous dans les temps de la plus stupide
barbarie, de
la plus
nir aujourd'hui
compter
que
ses doigts,
crédule ignorance,
le
monde
difficiles à
raisonne,
mainte-
que clucuu
sait
AVIS DU LIBRAIRE-ÉD ITEUR.
Nous ne donnons que
Louis
,
Vigneron
,
des extraits
du Livret de Paul-
dans lequel se trouvent
beaucoup de
choses intelligibles pour lui seul, d'autres trop hardies pour
le
temps,
et
qui pourraient
lui faire
Nous avons supprimé ou adouci ces
les puissances établies de Dieu sur la
ser
de
la liberté
de
la presse.
de fâcheuses
traits. Il
terre, et
affaires.
faut respecter
ne pas abu-
39 l
(
)
LIVRET
DE PAUL-LOUIS, VIGNERON,
PENDANT SON SÉJOUR
A
PARIS,
en Mars 182^,
N°
3.
svw *fr*w*J #\w/ *\rJW
—
Monsieur de Talleyrand, dans son discours au roî
pour l'empêcher de faire la guerre, a dit Sire, je suis
vieux. C'était dire , vous êtes vieux \ car ils sont de même
choqué de cela, lui a répondu Non , monâge. Le roi
sieur de Talleyrand , non
vous n'êtes point vieux j l'ambi:
:
,
,
bition ne vieillit pas.
Talleyrand parle haut
,
et se dit
responsable delà restau-
ration.
mort sont durs, à la vieille cour,
mort surtout ; et afin de ne
le point entendre , il voulut que quand on le verrait à l'extrémité on lui dît seulement parlez peu , pour l'avertir de
Ces mots
Louis
XI
vieiilesse et
les
sa situation.
en vint
(
là
,
abhorrait
Mais
ses
lui dirent
,
celui de
gens oublièrent l'ordre
crûment Se mot
Voir Philippe de Gomines.
— Marchangy
,
qu'il
et
y.
lorsqu'il
trouva bien amer,
)
lorsqu'il croyait être
député
,
se trouvât %
thez monsieur Péyronnet, examinait l'appartement qui lui
parut
assez,
logeable
-,
seulement
il
eût voulu le salon nlu*
(V)
erné, l'antichambre plus vasie, afin d'y
la cour ei la ville
peu content
,
gascon qui connut sa pensée
résolut de l'arrêter
nullités
-«•
Quatre
Gymnase
,
On
donnance de Louis XIII
frapper
les sujets
raison;
c'est
que
Le
l'escalier.
il
en laissant paraître
fit
dit
out
que
battu
dit
les
mot.
parterre au
le
cela est contraire à l'or-
qui leur défend de maltraiter ni
,
sans raison. Mais il y avait une
parterre ne veut poiot applaudir des
du
le
de
dont sans cela on n'eût
gardes- du-corps
dramatique.
attendre et
faire
eut peur de cette ambition et
,
comme
,
de son élection
d'ailleurs
roi
couplets qui plaisent aux gardes-du-corps et leur promettent la victoire en Espagne
s'ils
,
y
font la guerre
,
ce qui
n'est nullement vraisemblable.
Près des Invalides,
sis suisses
ont
quelques bou-
assailli
chers. Ceux-ci ont tué deux suisses et blessé tous
les
qui se sont sauvés en
Les bou-
laissant sabres et schakots.
chers devraient quelquefois aller au parterre
toujours se souvenir
sat
du
,
autres
et les suisses
dix août.
Lebrun trouve dans mon Hérodote un peu trop de
vieux français
de même,
,
quelques phrases traîuautes. Béranger pense
sans blâmer cependant cette façon de traduire.
On est content de la préface.
—^ Le boulevard est plein
Je peuple.
On
de caricatures, toutes contre
, débauché, crapuleux,
représente grossier
le
la cour , mais en laid. Afiu de le corrompre,
corrompu. L'adultère est le sujet ordinaire de
ces estampes. C'est un mari avec sa femme sur un lit et le
galant dessous ou bien le galant dessus et le mari dessous.
semblable à
on
le peint
,
Des
paroles
expliquent cela.
lorgnant parla serrure, voit
de
Variétés.
Ce
théâtre
aura bientôt
d'en représenter de pareilles.
appelle grivoises
la
Dans une autre, le mari
de sa femme, scène
les ébats
Il
le
jouera seul
privilège exclusif
les pièces
c'est-à-dire sales, dégoûtantes,
,
Marchande de goujons. Les censeurs ont
qu'on
comme
soin d'en ôter
tout ce qui pourrait inspirer quelque sentiment généreux.
La
pièce est
bonne pourvu
,
qu'il n'y soit point question
de
(3 9 3
liberté
d'amour du pays
,
)
elle est excellente,
;
s'il
y
a def
rendez-vous de charmantes femmes avec de charmants militaires , qui battent leurs valets, chassent leurs créanciers,
escroquent leurs pareats;
Corrompre
nant.
A
peuple
le
dans
l'église et
qu'on recommande.
grande affaire mainteon lui enseigne Thypo-
c'est le bel air
est l'affaire
les
,
écoles
la
,
au théâtre l'ancien régime et toutes ses ordures. On
lui tient prêtes des maisons où il va pratiquer ces leçons.
En Angleterre tout au contraire , les caricatures et les
crisie,
farces se font contre les grandes livrées à la risée
qui conserve
ses
— Un homme
mœurs
que
et corrige la
vu
j'ai
arrive d'Amérique.
resté trois ans sans entendre parler
Nul ne
ici l'autorité.
ni ce qu'il
Il a
Il
vécu
,
ni d'où, ni
trois ans sans être
Il
y
est
de ce que nous appelons
demandé son nom
lui a
venait faire
du peuple
cour.
,
sa
qualité
,
pourquoi, ni comment.
gouverné
,
s'ennuyant à périr
au Français
,
peuple éminemment courtisan.
partout en France;
cour. Tel brave à la
soir
devant
chez
cher.
s'incline
,
Que de
La cour s'étend
premier des besoins c'est de faire sa
tribune les grands, les potentats , et le
le
profondément, n'ose
s'asseoir
qui lui frappe sur l'épaule et l'appelle
mon
maux, naissent, dit Labruyère, de ne pouvoir
être seul.
— A Boulogne-sur-Mer
établi
bâtie
de Chanlaire avait
, M. Léon
une école d'enseignement mutuel dans une salle
par lui exprès avec beaucoup de dépenses. Là, trois
,
Les
de ceux-ci cinquante
cents enfants apprenaient l'arithmétique et le dessin.
riches
se
,;
n'y a point là de salons. Se passer de salons, impossible
paient pour
les
pauvres
,
et
trouvaient habillés sur la rétribution des autres
allait le
mieux du monde. Ces enfants
taient point fouettés.
mandé que la
,
tout
Les frères ignorantins qui fouettent et
fait fermer l'école , et de plus ont de-»
de M. de Chanlaire leur fût donnée par les
maîtres de tout Chanlaire est secouru ici pour
n'instruisent pas
jésuites
;
s'instruisaient et n'é-
»
ont
salle
;
parler aux jésuites et défendre son bien-
(Nota , que tout»
pays conquis)
mots
:
Ce que
j'ai
décidé
saurait changer. Parole
lexandre ou de
mémorable
et
me
il
,
semble.
;
mais
sauf meilleur avis,
les
frè( es
mettre aux
les
cassent les bras aux enfants q
Ils
On
a
vu
cela dans
semaine passée. Quelle rage
la
conque
suspects. Je voudrais
au moins mariés
,
point fouetter.
se laissent
naux de
faudrait
me
galères, ce
un peu
sont
fussent
les confesseurs
le
digue seulement d'A-
lui.
fessant les filles,
fouetteurs
c> •<
monde ne
nulle puissance au
,
comm'
répond
lui
ces célibataires fouettant le* petits garçons et
Tous
ne
provinces sont traitées
va voir Frayssinous qui
il
\
les
-,
n
39
(
affaire se de'cide à Paris
!
ii
jour-
les
Flagellandi tùm
dira cupido.
— Un Anglais
mieux que
vernement
Nos ministres ne valent pat
corrompent la nation par le gourécompensent la bassesse , punissent tout-m'a
dit
:
les vôtres. Ils
,
espèce de générosité.
Ils
font de fausses conspirations, où
mettent ceux qui leur déplaisent, puis de faux jurys pour
ils
juger ces conspirations. C'est tout
il
n'y a point de poiice. Voilà
Grande,
l'Anglais.
comme
chez vous. Miis
différence.
la
très-grande celte différence à l'avantage de
La
les moyens
Quel courage
peur des gendarmes , u\°
police est le plus puissant de tous
inventés pour rendre un peuple
peut avoir l'homme élevé dans
vil et
la
lâche.
bouger sans passeport, à qui tout
qui craint que son ombre ne le prenue au
sant ni parler haut, ni
est
espion, et
collet ?
Pour
faire fuir
s'habiller en
— Quand
nos conscrits,
les
Espagnols n'ont qu'à
gendarmes.
Marchangy voulut
parler
aux députés
,
il
lut
tout étonné de se voir contredit et perdit la tête d'abord.
lui
échappa de dire
raie
du tableau
;
,
croyant être au Palais
en prison
dent, nous vous requérons
chaDgy
à la tribune
,
les
perturbateurs
;
:
Qu'on
M.
Il
le
le prési-
Plaisante chose qu'un ÎVIar-
sans robe et sans bouuet carre
;
mais
,
C3 9 5)
avec son bonnet
on
,
Jefïeries
Laubardemont
Il sara
,
dit-
cour insultent le duc d'Orléans.
Où
,
!
réélu et songe à exclure les iadignes.
—Les journaux
le hait
on
;
jour
disait l'autre
allez
donc en
Dieu
si
,
de
la
craint
le
:
on veut
;
le faire
Le
roi lui
Eh bien M. le duc d'Orléans vous
Non pas , Sire que je sache. Mou
,
,
Italie ?
vous y
voyager.
,
allez
;
c'est
moi qui vous
m'entendez bien. Non, Sire,
je
le dis
,
et
n'entends point, et
vous
je
ne
que quand je ne puis pas faire autrement.
Ce Deffiat député en ma place est petit-fil* de Ruzé
Deffiat qui donna Peau de chicorée à Madame Henriette
d'Angleterre. Leur fortune vient de- là. Monsieur récom-^
pensa ce serviteur fidèle. Monsieur vivait avec le chevalier
de Loraine, que Madame n'aimait pas. Le ménage était
quitte la France
—
,
,
Mondu contre-poison dans
fournissait. Ce sont là de cesser-
troublé. Deffiat arrangea tout avec l'eau de ch'corée.
sieur, depuis ce
sa
poche,
que
vices
temps
,
eut toujours
et Deffiat le lui
grands n'oublient point
les
famille noble.
Mon
remplaçant
ni poison
aux princes,
,
n'est pas
et
qui élèvent une
un
homme à donner
contre-poison
ferait quelques
quiproquo. C'est une espèce d'imbécille qui sert la messe
et communie le plus souvent qu'il peut. Il n'avait , dit-on,
,
ni
; il
que cinquante voix dans le collège électoral ses scrutateurs
on fait le reste. J'en avais deux cent vingt connues.
:
—L'empereur Alexandre a dit à M. de Chateaubriand :
Pour l'intérêt de mon peuple et de ma religion, je devais
faire la guerre au Turc ; mais j'ai cru voir qu'il s'agissait de
révolution entre la Grèce et le Turc
je n'ai point fait la
guerre. J'aime bien moins mon peuple et ma religion , que
:
je
ne hais
Je
me
cela.
la
révolution, qui est proprement
réjouis
que vous soyez venu
^
ma
je voulais
Quelle confidence d'un empereur! Et
le
bête noire.
vous conter
romancier qui
Tout dans son discours est bizarre.
Il entend sortir les paroles de la bouche de l'empereur,
On entend sortir un carrosse ou des chevaux de l'écurie j
publie cette confidence
!
mais qui diantre entendit jamais
sortir des paroles ?
Et qi
e
(3 9 6)
ne
dit-il
Je
:
les ai
mon bon ami
vu
sortir
ces paroles
,
,
de
hommes
qui a huit cent mille
moins de
serait pi as positif, et l'on douterait
bouche de
la
sur pied? cela
sa
haute fa-
veur à la cour de Russie.
Notez qu'il avait lu cette belle pièce aux dames; et quand
on lui parla d'en retrancher quelque chose , avant de la lire
à la
Chambre
probation de
n'en voulut rien faire
il
,
madame
Récamier.
Or
,
,
se
dites
fondant sur l'ap-
maintenant qu'il
n'y a rien de nouveau. Avait-on vu cela Y Nous citons
Anglais
Chambres
mistriss
M. Canning
E?t-ce que
:
de
,
de
la
paix
,
de
la
guerre
voulant
,
,
consulte
les
les
aux
parler
ladys,
les
la citer*
en géoéral , dans les emplois perdent
n'apprennent point les affaires. Boliobroke
te repentit d'avoir appelé près de lui Addisson et Steele.
Socrate , avant Boissy d'Anglas refusa , au péril de
ta vie, de mettre aux voix du peuple assemblé unepropo-
Les gens de
leur talent
lettres,
,
et
,
—
,
Ravez n'a point lu cela ; car il eût fait de
de Manuel. Il est vrai que Socrate , pré-
sition illégale.
même
dans
l'affaire
traitement de la cour, ni gen-
sidant les tribus, n'avait ni
darmerie à
c'est
ordres.
ses
beaucoup.
mourût,
afin
Que
Manuel a
grand quatre jours
été
faudrait-il qu'il fît à présent ?
;
Qu'il
de ne point déchoir.
—D'Arlincourt
est venu à la cour
Voilà mon
et a dit
mes autres romans qui n'en doivent goères au
Christianisme de Chateaubriand. Mon galimathias vaut le
sien ; faites-moi conseiller-d'état au moins. On ne l'a pas
,
Solitaire et
écouté.
le
De
:
,
rage,
il
quitte le parti, et se fait libéral. C'est
maréchal d'Hocquincourt
,
jésuite
ou
janséniste
,
selon
l'humeur de sa maîtresse , et l'accueil qu'il reçoit au Louvre.
Ravez maudit sou sort, se donne à tous les diables. Il
a fait ce qu'il a pu, dans l'affaire de Manuel, pour contenter
—
le parti jésuite. Il n'a point réussi.
prochent de
être
s'y
qu'il devait éviter
voyance,
il
eût
mal
Ceux qu'il sert lui reque c'est un sot,
pris, disent
l'esclandre
,
et
qu'avec un peu de pré-
empêché l'homme d'entrer, ou
l'eût
f*ii
,
'
)
( 3 97
Fâcheuseconditton que celle d'un valet !
maîtres ne sont jamais contents. Raves veut
sortir sans vacarme,
Sosie
l'a dit; les
Hyde
trop bieo faire.
de Neuville va mieux, et l'entend à
merveille. Je vois, je vois là-bas les ministres de
comme
a son roi
Il
Pardessus
:
Mon
mon
roi.
m'a pardonné.
roi
dévouement. Le dévouement doit être toujours
plaît bien plus à un maître, que cas
geos qui tranchent du capable.
—Serons-nous capucins, ne le serons-nous pas ? Voilà
Voilà
le vrai
un peu
idiot. Cela
aujourd'hui
la question.
du monde
maîtres
—Ce
matin
M..ll...rd
veux-tu
,
rois
ont
ils
les
;
Serons -nous les
:
que
,
manqué
je
frère
Sarpi. Mais
—Fabvierme
:
,
cagots le feront assassiner. Quelle garde
lui dis-je
Fra Paoolo
disions hier
me promenant dans le Palais-Royal
me dit Prends garde, Paul-Louis
,
passe, et
prends garde
;
Nous
Y
disait
prenne
Paul
il
ils
? Ils
l'autre
ont
fait
Paul
,
tuer des
à Venise
,
l'échappa belle.
un jour
voulant être applaudis,
,
:
Yos phraseurs gâtent tout:
mettent leur esprit à
la place
du
bon sens que le peuple entendrait. Le peuple n'entend point
les longs raisonnements. Il vous
la pompeuse éloquence
paraît lui dis-je aisé défaire un discours pour le peuple;
vous croyez le bon sens une chose commune et facile à bien
,
,
,
exprimer.
—Le vicomte de Foucault nons
cêtres
,
commandaient à
dit-il,
la
Mais
parle de sa race. Ses
an-
guerre. licite leurs ba-
d'Alphan*
gendarme aux ordres
d'un préfet ma foi , c'est peu de chose. Le vicomte de Foucault ne gagne point de batailles ; il empoigne les gens. Ces
tailles et leurs actions d'éclat.
et de
Bavard quand
,
la postérité
ce n'est qu'un
,
se font archers ou
Tous les gardes-du-corps veulent être gendarmes.
—Les Mémoires de madame Campan méritent peu de con-
nobles ne pouvant être valets de cour
,
geôliers.
fiance. Faits
de leçons
,
pour
ils
la
cour de Bonaparte
,
qui avait besoin
ont été revus depuis par des personnes inté-
ressées à les altérer.
L'auteur voit tout dans l'étiquette
,
et
,,
3 98
(
)
attribue le renversement de la monarchie â l'oubli
du céré-
monial. Bien des gens sont de cet avis. Henri III fonda l'étiquette
cependant fut
et
,
On
assassiné.
négligea quelque
chose apparemment ce jour-là. L/etiquette rend
les
rois
esclaves de la cour.
Dans
lous
ces
Mémoires
il
qu'une
est dit
de garde-robe
fille
madame Campan femme de chambre,
mille francs de ttaitement
Que de
c'est
•,
monde
d'hui. Aussi tout le
,
avait dix -huit
mille aujour-
trente-six
voulait être de la garde-robe.
passent leur vie à espérer de tels
Montaigne quelque part se moque de ceux qui
de son temps, s'adonnaient à l'agriculture, et à ce qu'il
emplois
appelle
gens encore
!
ménage domestique. Allez,
disait-il
chez
,
vous voulez vous enrichir. Et Démosthènes
si
un moment,
dit-il, font l'homme riche en
chez vous
,
Athéniens
,
cela ne se peut
et
et
,
il
:
les rois
Les
rois
d'un seul mot
,
;
faut travailler
Qu'on mette à Genève un roi avec un gros budget , chacun quittera l'horlogerie pour la garde-robe ; et ,
comme les valets du prince ont des valets , qui eux-mêmes
en ont d'autres, un peuplese fait laquais. De là l'oisiveté,
la bassesse , tous les vices et une charmante société.
Madame Campan fait de la reine un modèle de toute
ou
hériter.
,
vertu
;
mais
O'Meara
en parlait autrement
elle
ce qu'elle en
exemple, que
disait
la reine avait
du 5 au 6 octobre
,
et
et l'on voit
,
homme dans son lit
homme en se sauvant
un
que cet
la nuit
,
,
ses chausses qui furent trouvées par elle,
dans
comme, par
Bonaparte;
à
,
perdit
madame Campan.
Cette histoire est un peu suspecte.
M. de la Fayette ne la
Bonaparte a menti
ou madame Campan.
Elle écrit mal, et ne vaut pas madame de Mottevilie,
qui était aussi femme de chambre. Madame du Hausset ,
croit point.
autre
,
femme de chambre va
moires
,
très curieux.
Ce sont
monarchie légitime.
Quelqu'un montre une
—
ces propres
mots
:
Votre
roi
paraître.
On imprime
là les vrais
lettre
de
M.
ses
Mé-
historiens de la
Arguelles où sont
nous menace
;
il
veut nous
^99
(
envoyer un prince
selon
affaires
hommes pour
exécute la Charte, ou nous lui enverrons
hommes
avec
le
drapeau tricolore
et ses vils courtisans
,
régler]
Voici notre réponse
droit divin.
le
)
cent mille
et
Mina
no
Qu'il
et dix mille
qu'il chasse ses
;
:
émigrés
parce que nous craignons la contagion
morale.
—
Horace va faire un tableau de la scène de Manuel.
Mais quel moment choisira -t -il? Celui où Foucault dit :
Empoignez le Député,
ou bien quand le sergent refuse ?
—
damerais mieux ceci. Car outre que le mot empoignez
ce se peut peindre (grand dommage sans doute), il y
,
deux ignobles personnages
aurait là
dent
qui à dire vrai n'y
,
serait toujours.
Dans
était
Foucault
,
et le prési-
pas, mais auquel ou
cette composition
pen-
l'odieux dominerait,
,
ne saurait plaire, quoiqu'en dise Boileau. L'instant
au contraire offre deux caractères nobles, Manuel
sergent qui tous deux intéressent, non pas au même
et cela
du
refus
et le
degré
,
,
,
mais de
dont
Thomme
traits
sont rares
même
la
\
manière
capable
soit
il
faut
résister
,
les
et
par
le
plus bel acte
au pouvoir. De
recueillir et
les
pareils
représenter,
recommander au peuple. D'autre part, on peut dire
que Manuel Foucault ses gendarmes donneraient
beaucoup à penser: et le président derrière la toile ; car il
La constance de
est des objets que V art judicieux
Manuel et la bassesse des autres formeraient un contraste;
les
aussi
,
,
ceux-ci servant des maîtres et calculant d'avance
la
récompense toujours proportionnée
tion
-,
celui-là
se
le profit,
à l'infamie
de l'ac-
proposant l'approbation publique et la
gloire à venir.
— Les
hommes
fournisseurs de l'armée sont tous bons gentils-
des premières familles.
et
pour entrer dans
la
Il
viande ou dans
faut faire des preuves
la
partie des souliers.
amants
Les femmes
y
ont de gros intérêts
;
les maîtresses
partagent
comtesses, duchesses
,
barons, marquis, on leur
fuit à
tous
j
bon marché des
subsistances
du
,
les
soldat.
La no-
(
4°°
)
ble««e autrefois se ruinait à ia guerre,
et
spécule
—
bien sur
très
maintenant
s'enrichit
ta fidélité.
Les bateaux venus de Strasbourg à Bayonne par le
roulage, coûteront de port cent vingt mille francs et seront
trois mois en chemin. Construits en un mois à Bayonne, ils
eussent coûté quarante mille francs. Les munitions qu'on
expédie de Brest à Bayonne, par terre, iraient par mer
sans aucuns frais. Mais il y a une compagnie des transports
par terre
dans laquelle des gens de
,
et l'on préfère
ce moyen.
qui relèveront la monarchie
— Les parvenus
sa
femme, son
imitent
fils,
la
cour sont ioiéressés,
faut relever d'anciennes famille»
Il
elle
si
les
culbute en Espagne.
gens de bonne maison. Victor,
prennent argent de tomes mains.
Tout
parle de pots-de-vins de cinquante mille écus.
On
s'ad-
juge à huis-clos et sans publication. Ainsi se prépare une
campagne
à la
manière de l'ancien régime. Cependant
Canning.
Mar—
cellus danse avec miss
—
La guerre va sefiire enfin malgré tout le monde. Madame ne la veut pas. Madame du Cayla y paraît fort conMademoiselle ayant consulté
traire.
sa
poupée
se déclare
,
pour la paix , ainsi que la nourrice et toutes les remueuses
de Monseigneur le duc de Bordeaux. Personne ne veut la
et tous les conguerre. Mais voici le temps de pâques
,
fesseurs refusent l'absolution si
on ne
fait la
guerre
;
elle se
fera donc.
Le duc de Guiche
montrant
le
l'autre jour disait
de Monsieur
confesseur
dans un salon
,
prêtres
:
et d'autres
Ces cagols nous perdront.
— On
me
propose cent contre un que nos
jésuites
feront pas la conquête de l'Espagne, et je suis
tenir.
Sous Bonaparte
ferait la
perdu
^
je
,
proposai cent contre
conquête de l'Espagne
:
personne ne
tint
ne
tenté de
un
,
qu'il
j'aurais
peut-être cette fois gagnerais-je.
— Mille
contes plaisants
calembourgs de toutes
toute de Bayonne
»
du héros
pacificateur, pointes,
paris. Il crève les
fait
,
dit-on
,
chevaux sur la
quatre lieues à l'heure
t
fol
(
que Bonaparte
)
Va plus
vite
que
dévotions l'arrêtent en chemin.
ses
et baise les reliques.
tant
moins
—
Il
Le peuple qui
voit cela
,
,
parce
les églises
en aime d'au-
vit, et
reviendra.
qu'il
Tous ne
le croient
dùeut. C'est entre eux. une espèce d'argot
le
mot convenu pour narguer
les
sitôt
Il visite
n'y a pas un paysan dans nos campagnes qui Ge dise
mais
,
mais n'arrive pas
l'église et les reliques.
que Bonaparte
pas
,
Bourbons
parce qu'ils
,
,
de
gouvernement. Le peuple h it
l'ont trompé , qu'ils mangent uu
le
milliard et servent l'étranger
émigrés
,
parce qu'ils sont toujours
,
parce qu'ils ne veulent pas être aimés.
Barnave
disait
peuple. Hélas!
Madame
,
il
à la reine
je le
vous
il
.
voudrais
faut vous faire aimer
dit-elle
,
est plus aisé qu'il
ment faite Y Madame,
uu mot bonne foi.
lui répoudit
ne
mais
;
l'était à
du
comment?
moi.
Baruave, tout
Com-
est
dan»
,
—Ou va mai cher, on avancera en Espagne; on renouvellera
de la grande armée avec les exploits de la garde;
de Murât, ce sera La Roche- Jacquelin. S<ms rencontrer personne , ou gagnera des batailles , ou forcera des
villes } enfin on entrera triomphant dans Madrid , et là com-
les bulletins
eu
lieu
mence
la
guerre. Jamais
ils
ue feront
la
conquête de i'Es-
pagne. M. Ls.
Je
crus
mais ce n'est pas l'Espagne
c'est la France
de Marlainvilie
à chaque victoire de messieurs les gardes-du-corps , on refera ici quelque pièce de l'ancien régime ; et qu'importe aux
jésuites que des armées périssent
pourvu qu'iis confessent
le
-,
qu'ils veulent conquérir.
A
chaque
,
bulletin
,
le roi
j*
—
A la chambre des pairs , hier quelqu'un disait Figurez-vous que nos gens eu Espagne seront des saints, lis ne
feront point de sottises
on paiera tout et le soldat ne
:
:
,
mangera pas une poule qui ne soit achetée au marché.
Ordre, discipline admirable ^ on mènera jusqu'à des filles H
afin d'épargner les infantes. La conquêie de la Péninsule
va se frire sa.u fâcher personne et noue armée sera cotn;
,
26
,
( 4<>* )
M. Catelan apri» la parole
comment vous ferez lorsque vous
blée de bénédictions. Là-dessus
et a dit
Je ne
:
Espagne
serez en
pas
sais
}
mais en France votre conduite est assez
mauvaise. Vous paierez
là
dites-vous, et
,
vous prenez.
ici
Voici une réquisition de quatre mille bceuf> pour conduire
de Toulouse à Pau votre artillerie, qui a ses chevaux;
mais ils sont employés ailleurs. Ils nèuent les équipages des
ducs et des marquis et des gardes du corps. Le canon
reste là. Vous y attelez nos bœufs au moment des labours.
Vous serez sages en Espagne
croire
,
bonne heure,
à la
vous agirez avec oïdie
et
,
mais
;
je
je le
veux
ne vois que con«
fusion dans vos préparatifs.
— Guilleminot
a fait un
scriptions, pour être en état
l'état
les officiers
peu
est
,
,
dejbrtune,
disposés à entier en
eux que
substance
la
ou de deux connon de marcher, car il n'y a
mais de garder seulement la frontière $
major est bon et fera ce qu'on voudra ; mais que
nulle apparence
que
dont
rapport
a besoio de se recruter d'une
que Tannée
la
guerre se
et
surtout
les sous-officiers
campagne, pensant que
fait.
Guilleminot
est
semblent
c'est
contre
rappelé pour avoir
dit ces choses-là, et son aide de-camp arrêté comme correspondant deFabvier. Victor part pour l'armée.
A l'armée une cour ( voir là-dessus Feuquières Mémoires ), c'est ce qji a perdu Bonaparte, tout Bonaparte
qu'il était. La cour de son frère Joseph saura Wellington
plus d'ucie fois. Partout où il y a une cour
on ne songe
qu'à faire sa cour. Le duc d'Angoulêrue a carte blauclie
pour les récompenses, et l'on sait déjà ceux qui se distingueront. Hohenlohe sera maréchal. C'est un Allemand quia
—
,
,
logé
princes dans l'émigration.
les
néraux
et pas
,
un d'eux ne
temps obéit
volontiers
comme
le
eux
1
,
Il
dira mot.
même
à
commandera nos géLa noblesse de tout
des bâtards étrangers
maréchal de Saxe. Les soldats , quant à
font peu de différence d'un Allemand à un émigré. Ils
était
aimeront autant que Coigny ou Viomeoil. Personne ne se
plaindra.
Jamais
,
en
Angleterre
,
on ne
souffrirait cela.
4<>3
(
aurons tout
ftous
)
l'ancien régime
*,
nom
on ne
pat
fera
grâce d'un abus.
PROCLAMATION.
Soldats, vous allez rétablir en Espagne l'ancien
et défaire la révolution.
révolution
fait
ont détruit l'ancien régime
ils
;
Les Espagnols ont
,
;
et
l'ancien régime en ce pays- là
,
on vous ramènera
en faire autaut. Or^ l'ancien régime
de
et à cause
quand vous aurez
on vou» envoie contre eux
cela
régime
chez eus la
rétabli
ici
pour
savez-vous ce que
,
mes ami»? C'est, pour le peuple, des impôts ; pour les
c'est du pain noir et des coups de bâton } des
coups de bâton et du pain noir voilà l'ancien régime pour
vous. Voilà ce que vous allez rétablir, là d'abord, et ensuita
c'est,
soldats
,
^
chez vous.
Les soldats espagnols ont fait en Espagne la révolution»
étaient las de l'ancien régime et ne voulaient plus ni
pain noir ni coups de bâton , ils voulaient autre chose dé
Ils
,
l'avancement, des grades
en ont maintenant, et de,
selon
Sous l'ancien
la loi.
soldats ne peuvent jamais être officiers
les
révolution
ils
à leur tour
viennent officiers
régime,
;
,
au contraire
,
les soldats
deviennent
;
sous la
officiers.
Vous entendez \ c'est là ce que les Espagnols on établi chez
eux et qu'on veut empêcher. On vous envoie exprès , de
peur que la même chose ne s'établisse ici
et que vous ne
soyez quelque jour officiers. Partez dooc, battez-vous contre
,
,
les
Espagnols
pas
officiers
Ce
sont
j
allez, faites-vous estropier
et d'avoir des
les
étrangers qui vous
voudrait pas. Mais
Ses
y
afin
font aller.
ses alliés le forcent à
de Prusse
,
de n'être
coups de bâton.
Car
lé roi
vous envoyer
né
là.
l'empereur de Russie
et l'emdonnent aux
soldats beaucoup de coups de bâton avec peu de pain noir,
et s'en trouvent très bien , eux souveraios. Une chose pouralliés
le roi
,
,
pereur d'Autriche suivent l'ancien régime.
tant les inquiète.
trente ans
,
Le
soldat français
,
Ils
disent-ils,
ne reçoit point de coups de bâton
,
depuis
et
voih
,
4°4
(
l'Espagnol qui
adieu
la
les
refuse aussi
schlague chez nous
faut remédier, et plus tôt
,
)
pour peu que cela gagne,
;
personne n'ea voudra. Il *y
que plus tard. Ils ont doue rédu bâton mais pour les
solu de rétablir partout le régime
,
soldats seulement; c'est vous qu'ils chargent de cela. Soldats
volez à la victoire
,
et
quand
savez ce qui vous attend
;
les
gagnée
la bataille sera
vous
,
nobles aurout de l'avancement
vous aurezdes coups de bâton. Eutrez en Espagne marches
tambour battant, mèche allumée, au nom des puissances
,
étrangères
:
vive la schlague
cement pour
les soldats,
vive
;
le
bâton
point de grades
point d'avan-
;
que pour
les
nobles.
Au
retour de l'expédition
,
vous recevrez tout
l'arriéré
des coups de Lâion qui vous sont dûs depuis 1789.
suite on aura soin de vous teuir au courant.
— La
police va découvrir une grande conspiration
aura, dit-on
et
,
de grandes ramifications dans
dans l'aimée.
On nomme
les
déjà des gens qui
certainement. Mais le travail n'est pas
fait.
Eu-
,
qui
provinces
eu.
seront
(4o5
)
GAZETTE DU VILLAGE,
VJe
journal n'est ni littéraire
que.
A
ce titre
il
vivre, ceux qui
,
ni scientifique
mais rusti-
,
que la terre fait
avec un peu d'ail,
doit intéresser tous ceux
mangent du pain
soit
,
avec d'autres mets moins simples. Les rédacteurs sont
gens connus, demeurant la plupart entre le pont Clouet et
le chêue fendu , laboureurs, vignerons bûcherons , scieurs
soit
,
de long
de foin
et botteleurs
cipes u'ont jamais varié
,
d'autres vues
que leur propre
de
qu'eux repus
peu clerc
tences
,
articles, sans
Il
y
chou
nom
les
a.
dîné. Paul- Louis,
couche par
ici
sans
,
y
écrit,
prin-
quelque
et
en
fait ces
rien sous-enteodre.
tant de finesse.
choses et les gens.
des citrouilles
,
intérêt,
mettre du sien,
ue faut point chercher
parleur
les
,
ou d'avoir
qui, comme chacun
écoute leurs récits, recueille leurs propos, sen-
dits notables qu'il
,
opinions
tranquilles sur le reste, et croyant
monde
tout le
,
^
les
incapables de feindre
sait, est celui
l'état
dont
,
Nous nommons
disons un
Quand nous
un concombre
,
ce n'est point de la
cour ni des grands que nous parlons. Si gros Pierre bat sa
femme
M. de
,
Le bruit courait hier que
certains
salons on se dit à lo—
dans
ou
;
Nous contons bonnement comme on conte chez
nous n'irons pas écrire
:
G... P..
reille
nous, et plaignons l'embarras de nos pauvres confrères,
ayant à
vrai
,
bonne
satisfaire
et le
à-la- fois les lecteurs qui
demandent du
gouvernement qui prétend que nulle
à dire.
vérité n'est
M*
«•M.
M.
le
le brigadier
de
le service divin
avec
M.
entendu
le u aire a
,
un paquet pour M.
bonne part
réponse ou
reçu
le
aux Dames, où
défê
maire a travaillé dans son cabinet
la gendarmerie } ensuite de quoi ce*
ont expédié leur messager
messieurs
cela de
:
me5«edanssa tribune. Apre*
la
le préfet
Bossu
le
,
avec
vu passer près de
l'a
la ville
bu un coup. Quant au contenu de
n'a transpiré.
lie, rien
dit
porteur doit revenir avec lt
le
même on
a
il
que
et
;
:
,
en main propre. Nous savons
,
On
soupçonne
quelques mauvais sujet» qui veulent danser
qu'il s'agit
le
dimanche
la
de
et
travailler le jour de Saint Gilles.
Madame, femme de M.
le
maire
,
est
accouchée d'un gen-
tilhomme v au son des cloches de la paroisse.
—r Les rossignols chantent, et l'hirondelle arrive. Voilà
champs. Après un rude hiver et trois mois
de fâcheux temps, pendant lesquels on n'a pu faire charrois
l'année s'ouvre enfin % les travaux reprennent
rji labours ,
la nouvelle des
leur cours,
i
—
est en prison pour avoir parlé aux
Revenant hier de Sainte Maure, il rencontra quel-
Charles Àveuet
soldais.
ques soldats et
Avenet
amis.
les
mena au
a servi
cabaret. Ils furent bientôt bons
non cheIl est membre
En buvant b°uieilie: Cama-
long-temps.
valier de la légion-d'houneur.
,
rades, leur dit-il, qu'il ne vous déplaise, où allez -vous le
A
sac au dos ?
l'armée
,
dirent ces jeunes gens. Fort bien
;
demandant une secoade bouteille Qu'alltz-vous faire?
Eh, mais ia guerre apparemment. Fort bien, répond Avenet. A la troisième bouteille,: Ca dites-moi, pour qui allezet
::
,
,
vous
faire 1» guerre:'
faires.
Deux gendarmes
Pappelleat
et
les crut, s'en
tôt
,
Ils se
rejoignit
étaient là
t»
,
rire.
Ou
parla des af-
qui connaissant Avenet
,
.Va-t'en, Avenet, va-t'en. Il
alla, le.' gendarmes aussi. Mais il revint bieuses convives
et reprit son propos. Alors ou
disent
lui
,
l'arrêta. C'étaient d'autres
le
mirent à
cas est grave.
ois bouteilles
Il
bues.
gendarmes.
a dit ce
Ou
l'a
mis au cachot,
qui se dit entre soldats âpre-
4«7
(
)
— Les
vache» ne se vendent point. Les filles étaient
chères à l'assemblée de Vérelz
les garçons hors de prix.
,
On
Tous
n'en saurait avoir.
et toutes se
la conscription.
Deux
à dieu, sabots
blouse et chapeau pour
Uoe
,
vingt-cinq écus.
fille
Jean Bedout encore ne
,
— On
rien
,
La
petite
elle ni
sait
marient à cause de
un garçon
cents fraocs
la
!
sans
le
Madelon
les
boulanger, ni
refuse
,
étrangers
de
traire.
voit dans nos can»p3gues des gens qui ne
dépensent gros
dénier
première année.
gagnant
incounus. L'un marchand
,
d'allumettes, l'autre venu pour vendre un cheval qui vaut
vingt francs
par jour.
les
des
s'établis-ejit à
,
l'auberge et
font des coonai«sances
Ils
mangent dix francs
jouent et paient à boite
,
dimanches, les jours de fêtes ou d'assemblée. Us parlent
Bourbons, de la guerre d'Espagne, causent et font
Pour cela ils vont par les villages ,
uon pour aucun négoce. On appelle ces gens, à la ville %
des mouchards; à l'armée, des espions; à la cour, des
agents secrets; aux champs , ils n'ont point de nom encore,.
n'étant connus que depuis peu. Us s'étendent, se répandent
à mesure que la morale publique s'organise.
causer. C'est leur état.
— M.
le
maire
le
voyant on
c'est
lui
est le
que l'armée de
la
commune ; en
événements. Lorsqu'il nous salue
télégraphe de notre
sait tous les
Foi a reçu quelque échec; bonjour de
veut dire une défaite là-bas
bataille
est
gagnée
;
il
Passe-t-il droit
'i
marche
sur
Madrid
,
et fier? la
enfonce
sou
chapeau pour entrer dans la ville capitale des EspagoesQue demain on l'en chasse il ivuis embrassera, touchera
dans la main , amis comme devant. D'un jour à l'autre il
change et du soir au matin est affable ou brutal. Ola ne peut
,
,
durer; on attend des nouvelles,
prendront
—
et
les affaires,
Pierre
on élargira
et
la
selon
la
tournure que
prison ouïes prisonuiers..
Moreau et sa femme sont morts âgés de vingt
Trop de travail les a tués ainsi que beau-
vingt-cinq ans.
coup
d'autres.
forçat;
—
il
On
Milon
comme un nègre, comme uc
comme un hommelibre.
dit travailler
faudrait travailler
fut quatre an; en prison
pour son opinion, au
S
$oo
temps de î8t5.
il
en
ruiné, corrigé non
sortit
,<
femme cependant
sa
;
et sa fille
son opinion
moururent;
est la
même
ou pire. Ce qu'il n'aimait pas, il l'abhorre à
présent. Ils «ont dans la commune dix mal-pensants que le
en
tnaire fit arrêter un jour, et qui souffrirent long-temps
mémoire ne quoi, tous les ans, le deux mai ils font ensemble
qu'auparavant
,
,
,
un reoas. On u'y boit point à la santé du maire ni du gouvernement. Le deux mai, cette année, ils étaient chez Bourdon , à l'auberge du Cygne , et leur banquet fini déjà se
levaient de table , quand le maire passant, Milon qui l'aperçut , le montre aux autres chacun se mord le bout du doigt.
,
-,
survint
Quelques moments après , soit hasard ou dessein
le garde champêtre. Milon, sans dire gare , tombe sur lui,
de poing et le poursuit dehors
le chasse à coups de pied
l'appelant espion, mouchard. Celui-là s'en allait malmené
ou combat ; arrive Métayer ou monsieur Métayer car il
Etes-vous royaa terre et vigne. Milon va droit à lui
liste? oui, repond Métayer. L'autre d'un revers de main,
,
,
,
.
,
:
le jette contre la porte et
Voilà une grossse
retint.
voulait redoubler; rmis l'hôte le
affaire,
Milon
se cacheetfait bien.
Les battus cependant n'ont point porté de plainte; l'un
l'antre ses horions. Le maire ne dit mot.
'-=irde son souflet
,
Qu'en sera-t-il ? on ne sait. Il faut voir ce que fera notre
armée en Espagne pour les révérends pères jésuites.
—- Lecuréd'Azii jeune homme qui empêche de danser
çr de travailler le dimanche, est bien avec l'autorité, mais
mal avec ses paroissiens. Il perd deux cents francs de la
commune que le conseil assemblé lui retire cette année ;
résolution hardie, presque séditieuse. Ceux qui Pont pro,
,
posée
soutenue
,
et
votée pourront ne s'en pas bien trouver.
on donne un supplément au cuié
Les deux communes pensent de même. Rien ne fait tant de tort aux
prêtres que l'appui du gouvernement
rien ne les recom\ Véreiz, au contraire
qui
laisse
danser
;
,
brouillé avec l'autorité.
:
mande comme la haine du gouvernement.
mou Gabelin ne voulant point alicr
—
;
à l'armée
,
a
,
(4°9)
vendu
tout son bien pour acheter
placer. Il avait
trois
un homme,
arpent de terre joignant sa maison.
huit cents francs
et
emprunte
Il a
On
a
en beau
remontrer
lui
l'armée, gagnerait plus qu'ici
outre son bien
rem-
un demi
de tout dix-
fait
(car
le reste
louis), espérant regagner cela par son
ferrant.
et se fait
bons quartiers de vigoes
et
il
loi faut cent
travail
de maréchal
travaillerait à
qu'il
et reviendrait
un jour ayant,
bonne somme de deniers , il ne veut point
Malmort. Malmort est en Espagne
,
dit-il, faire la guerre à
avec
son
trois
cent mille
hommes
,
cent mille pièces de canon et
fils.
—
A Amboise, on plantait la croix dimanche passé, en
grande pompe. Monseigneur y était, non pas notre archevêque , mais le coadjuteur , tous les curés des environs et
un concours de
foule
,
spectateurs.
bonnet de police sur
crie
la tête.
cette
Un
»
missionnaire les voit, leur
Même
cri,
que
le
bonnet.
Eux
font la sourde oreille.
Le
on eût parlé à d'autres.
si
Dans
fête fut belle.
contenance. Carabiniers ne s'émeuvent non plus
Bas
:
même
La
trouvaient en sale veste d'écurie
trois carabiniers se
prélat en colère arrête sa pro-
Le peuple
gendarmes enfin , car toute scène en France
finit par les gendarmes, empoignent mes mutins
les mènent
en prison. Ils gardèrent leur bonnet. Le soldat est du peuple
cession
;
le
clergé, les dévots cessent leurs litanies.
regardait. Les
,
point de dévotion.
et n'a
— Paul-Louis, sur
admirables. C'est
la
les
là
,
cinq cents
hisse mûrir à
hauts de Véretz
premier
un arpent de vigne.
ser
de
le
amène d'un
charges de gazon ou
l'air,
,
Il
,
des choses
fait
homme du monde
pour
terras-
bois
non
terre
de bruyère.
de temps en temps
fort voisin
la vire, la
Il
remue
avec cent ou cent cioquante charges de fumier qu'il entremêle parmi. Puis , ouvrant une fosse entre deux rangs de
ceps
,
il
y
place ce terreau
;
sa
vigne
^
au bout de deux ans>
jeune d'ailleurs, et n'ayant besoin que d'aliments, se trouve
pleine valeur. Ainsi
amendé, un arpent, pourvu qu'on
l'entretienne avec soin,
diligence, patience, peine et tra-
eft
(
4«e
)
vail, produit au vignerou cent cinquaule francs par as,
de plus,
cents francs
treize
compte en
aux fainéants de
et
Le
cour.
la
est aisé.
Cet arpeut donne quelquefois vingt-quatre pièces ou
de vin
poinçons
produit
moyen
,
somme,
soixante francs,
duisez
les
aux bonnes années
douze poinçons qui
,
quelquefois rien:
,
vendent chacun
se
sauf erreur, sept cent vingt.
façons, l'impôt, le coulage
,
Dé-
l'entretien, la garde,
coût de ce terreau qu'il faut renouveler tous les cinq ans,
vous trouverez net cent quarante ou cinquante francs pour
le
le
bonhomme.
autre chose. Ces douze poinçons
du vin de Bourgogne. Lis paient
plu-s six franc*
a l'entrée soixaute et quinze francs chaque
de remuage, taxe de l'usurpateur devenue légitime autant
pour droit de patente, et quatre fois autant d'avanies qu'on
appelle réunies saus les autras faites par la police au marchand détaillant-, plus trenie francs d'impôt sur le fonds,
dont la valeur en outie, par droit de mutation, passe entière dans les mains du fi-.c tous les vingt ans. Comptez et
n'en oubliez rieo } droit d'entrée, droit de remuage, droit
Mais pour
la
vont à Paris où
cour,
c'est
l'on en fait
;
;
,
de patente
droit de
,
droits réunis
tout
}
faisant bieu
courtisans
,
police, droit direct, droit
plusieurs
ensemhle
chaque an use
,
indirect,
droit de mutation, c'est
treize cents francs
ou douze cent nouante
et six
que
,
je
pour
le»
ne mente.
Paul-Louis a dix arpents qu'il cultive et façonne de la sorte
sa famille. Ces bonnes gens en tirent tous les ans,,
avec
comme
ou voit
,
quinze cents francs
franc* pour la splendeur
treize mille
appointements du procureur du
Louis,
et l'y
roi
remettra pour avoir
— Ou nous mande d'Azai
:
Le
,
dont
du
ils
trône.
vivent
Ce
,
et
sont
les
qui a mis en prison Paul-
fait
ce calcul.
préfet a cassé l'arrêté de la
commune
lianes.
qui ôtait au curé son traitement de deux cents
Ordre de s'asssembler une seconde fois, de voter le
iraitemenl.
li
On
les
plus
hardis
« Je
vote
le irai-
s'assemble, on se regarde;
emblaieni. Quelqu'un prend
la
parole
;
,
tn
(
teruent à monsieur le curé
)
car c'est un
,
homme
de bien >.
Tout le monde aussitôt « C'est un homme de bien, il lui
faut un traitement ». L'affaire allait passer à l'unanimité.
Louis B ournegal se lève « Ce que j'ai dit est dit je ne m'en
:
:
dédis pas.
il
nous
côtes:
Il
fait
Le curé
à terre à
cachés dans
monde
On va aux voix;
pauvre commune.
dernier
la
gendarmes
les
différentes
nage.
Tous
le bois
,
par
la
son temps de conscrit
fait
nouvelle
loi
,
qu'il semblait
ne connaître plus parents ni
A
lui
comme
rumeur que fk
semaines auparavant,
il
Jamais noce ne fut
joyeuse
si
,
s'était
,
quand
amis, toujours
geadarmës
l'arrivée des
hors de sens et déjà se croyant pris
baissée se jeter dans son puits
,
eu eut tant de chagrin
seul et pensif.
la
déserteurs
Urbain Chevrier. Urbain
se sauvèrent excepté
se vit rappelé
Nos
car
autres traversant la rivière à
les
,
refusé.
on les plaint, le
prirent peur et s'eufuirent
maisons,
les recueille volontiers
uns gagnant
;
tous
en passant, mirent
,
l'auberge chez Jean Ricaut.
depuis peu revenu, ayant
il
De
« Point de traitement ».
—* Vendredi
les
veut tout gouverner
il
,
enrager, partant point de traitement ».
tonne fort d'en haut sur
pied
la
,
mêle de tout
se
,
s'en
,
va tête
d'où, on l'a retiré mort. Six
marié avec Rose Deschamps.
jamais gens
si
heureux
,
de
long-temps s'entr'aimant, s'étant promis d'enfance. Leur aise
a duré peu.
La pauvre veuve et
grosse et
fait
pitié
—-Nous sommes douze paysans qui achetâmes
ans,
les terres
de
la B.orderie,
, il
y
à voir.
a
deux
vendues par messieurs de
la
bande noire. Elles nous. coulèrent deux cents francs l'arpent,
que pas un de nous ne donnerait à moins de huit ceuts
francs maintenant, et produisent bien quatre fois
payait
il
le
fermier, quand
il
pavait.
ce qu'en
Cir, mourant de faim
a mis la clef sous la porte et s'en est allé
,
comme
on
,
sait.
Cinq familles ont trouvé logis dans les bâtiments délabrés de
cette Borderie; chacun s'y est accommodé, chacun non seulement a réparé le vieux toit
mais bâti à neuf quelque
grange ou quelque pressoir avec jardin chènevière, saulaye
autour de sa demeure. Voilà un village naissant qui v.&
,
,
(
4»>
)
que
s'étendre et prospérer jusqu'à ce
fisge
le
gouvernement y
attention.
—B
isson
ne pouvait payer
l'eau et noyé.
«es dpttes
La femme Praut
,
s'est
il
dan»
jeté
d'Azai sur Cher, et à Mont-
,
Louis, un tonnelier en ont
fait autant cette semaine, lui
connue elle parce qu'on l'accusait d'avoir volé
de l'herbe aux champs. L*an passé, Jean Ch^inart, fermier
<?e la commune de Toucigny
approchant l'août va voir ses
fuis raison
,
,
,
bîés, trouve sa récolte trop belle
(il
hausse des grains), rentre chez lui
et se défait.
avait spéculé
sur la
Beaucoup de
f^ns embarrassés dans leurs affaires prennent ce parti, le
au repentir. On aime mieux
maintenant être mort que ruiné. Nos aïeux ne se tuaient
?e;J qui ne soit pas sujet
point. Naissant
pour
la
misère,
savaient souffrir. Il»
la
ils
champ, une maison, s'en pasn'espérant rien en ce monde et ayant
n'ambitionnaient point un
saient
o Rime de pain
peur de
,
l'autre.
—Nous
temps critique pour
et ne point cou-
voilà saufs de Saint Ânicet,
dos bourgeois. Si
vigne peut passer fleur
la
on ne saura où mettre tout le vin cette année. Jamais tant
de lamme ne s'est vue au cep, ni si bien préparée. Les
champs aussi promettent du blé à pleine faucille. Laboureur
et vigneron sont contents jusqu'ici ^ chose rare , tous deux
ler,
se
louent du
ciel
et
du temps. Mais combien de hasards
encore avant que l'un ou l'autre puisse
faire
argent de
labeur, payer sa quote et vivre! Sécheresse, pluie
,
son
orages,
ordonnances royales, arrêtés du préfet, du maire, mille
chances, mille fléaux
et rieu d'assuré
que
l'impôt.
des gens dont la récolte ne craint ni temps ni grêle
sont pas ceux qui versant
rêt, mais qui ayant
Sans autre avance
saison.
peine,
'1
Quand
il
labourant
ni
,
bonhomme
,
,
Il
et
font le meilleur
ne font rien ou font
embarras,
sommeillait un peu
fallait dire.
t'est le
le
,
une place
,
ils
a dit
:
la
y a
ce ne
guécour.
moissonnent en toute
Travaillez prenez de la
ce semble.
,
Pour biea parler,
Présentez des respects, faites des révérences,
fouds qui
manque
le
moins.
(
4»3
)
maintenant ue veut être soldat. Ce métier
nobles , sans espoir d'avancement , est une galère
•»— Personne
tous
les
,
,
uu supplice à qui ue s'en peut exempter. On aime encore
mieux être prêtre. De jeunes paysans n'ayant rien, se mettent
volontiers au séminaire; mais avant de prendre les ordres ,
ceux qui trouvent quelque ressource, jettent la soutane et s'en
vont, comme fit naguères Berthelot Sylvain, le second fils
de Berlhelot de Ponceau. Agé de vingt-deux ans il avait
Une veuve l'épouse, le sauve
et du service militaire , car elle paie un homme pour lui et
,
étudié pour se faire d'église.
,
du
service divin qui n'est guères meilleur.
vont vivre
Ils
heureux dans leur ferme entie Peroay et Ambillou.
La bande noire achette encore le châîeau des Ormes,
le cbâteau deChanteloup et le château de Leugny, voulant
dépecer tous ces châteaux ,au très grand profit du pays, et
—
Ou vendra
tous les biens qui en dépendent.
à bon marché
là des
matériaux
des terres foit cher. Plus de cinq cents
maidu débris de ces vieux donjons depuis
long-temps inhabités ou inhabitables. Plus de six mille arpents vont être cultivés par des propriétaires au lieu de nonchalants fermiers. La bande noire fait beaucoup de bien.
,
sons vont se refaire
C'est
une
société infiniment utile
charitable
,
,
pieuse, qui
que chacun en ait selon l'ordre de
Dieu. Mais uue autre bande vraiment noire, ennemie du
partage prétend que toute terre lui appartient, propriétaire
universelle de droit divin acquiert tous les jours ne vend
point; bande la pire qui soit et la plus malfaisante
si on
divise la terre et veut
,
,
,
,
ne
la connaissait.
—Quand
tôt
que
grand
,
Bonaparte reviendra
il
,
ou son fils que
ôtera les droits rénnis
ce qu'il en faudra
pour
les
et
,
dépenses publiques.
riera les prêtrej, car enfin ces gens- là
de femmes
avancera
et
les
ne
s'en passent pas
soldats
rons nos maires
,
,
voilà tan-
ne lèvera d'argent
;
cela fait
du
nos juges de paix
^
ma-
désordre.
nos enfants seront officiers.
qu'on attend depuis long- temps.
Il
ne se peuvent passer
ce sera le
Il
Nous éliboa temps
(4'4
=-^Le maire de Vérett a battu
en
le battant
)
curé qui
le
messe ne valait riea
que chaque
laisse
danser
mauvais prêtre
lui a dit qu'il était
,
et
que sa
,
mettait un sacrilège et recrucifiait Jésus-Christ.
il comLe curé est
un
et
,
fois qu'il la disait
de quatre-vingt-deux ans, instruit
vieillard
maire un jeune
homme
sage
,
le
de trente ans, beaucoup plus oc-
cupé des filles que du sacrifice de la messe. Le soufflet qu'il
a donné dans cette occasion parut tel aux témoins , qu'aucun prêtre, disent-ils , n'en a reçu de pareil depuis B miface VIII. Le maire de Véretz n'a pas mis un gant de fer ,
Comme fit l'ambassadeur pour souffletter ce pape au nom du
roi son maître
qui ne
,
mais du coup a jeté par terre
pas relevé
s'est
garde encore
,
le
lit.
le
bonhomme
Les apparences
sont que Vérelz ne dansera plus.
—On
a volé au Polonais
depuis qu'il
Chacun
est ici.
simple, bon,
serviable
armées étrangères.
y
Il
deux mille
francs qu'il amassait
le plaint. C'est
comme
un
tous ces
homme
doux,
des
en a plusieurs établis dans nos endéserteurs
aucun regret du pays où
brandevin au prix qu'il voulait. Mauvais laboureurs la plupart;
pour gouverner les chevaux ils n'ont point de pareils.
La veuve Raillard qui vend du vin aux bateliers , a
une cave secrète que nous connaissons tous , mais que les
commis ignorent. Elle en venait hier, sa clef dans une
main , dans l'autre une bouteille quand les commis l'ar-
virons
,
mariés, vivant bien
,
sans
lé seigneur leur donnait la schlague et leur vendait le
—
,
rêtèrent au détour des
d'un coup de clef
en a
,
saisissent sa bouteille.
la brise entre leurs
La contrebande
ri.
Peu de
n'est point
mains. Tout
le
tromper
est
fourbe
le
,
Le gouvernement trompe
approuvé de
parjure
,
la
tous.
fraude
Il
Elle
moude
une chose qu'on blâme.
gens aujourd'hui mettent dans un coulrat
prix de la vente.
si
Ruaux
,
et
qui
le vrai
le
peut
enseigne lui-même la
et l'imposture.
D'un empire
saint la moitié n'est fondée.
—Des
le jeune
gens ont conseillé au curé de Véretz, battu par
maire, d'en demander justice, ayant preuves
et
(4«5
témoins.
fait,
Il l'a
un de ceux de
grand
fut
daus
il
révolution:
la
empestée;
ce qui pense bien
d'abord
couper
,
pardonne pas d'avoir agi
tice
dans cette affaire, sans prendre
les
geus du roi
entre
,
aumônerie, n'ont pas besogne
vent.
le
Le
mieux
préfet
coadjuteur,
les
assis
Tout
applaudit
et
changé de langage
;
Messieurs
s'est
au.
poing qui avait frappé
le
a
il
tard
lui
qui
doute, ignorant cela,
cause pour l'église outragée , dans l'ar-
zèle voulait
on ne
homme
,
est
même
et
roi, sans
mais averti depuis
l'oint;
serment
duement battu,
le tient
prit fait et
deur de son
le
a contre lui toute sa robe.
il
Le procureur du
Ce curé
les juges...
prêta
il
vicaire constitutionnel
la chaire
maire.
)
plaint;
s'est
la
le
mot
des
chancellerie et
faite
trop
jésuites.
la
grande
en peine sou-
et sont
,
,
et fait agir la jus-
avisé, instruit d'ailleurs, guidé par
moines,
dévotes et
les
les
séminaristes,
en appuyant son maire, et criant ana thème au prêtre de
Baal , a montré qu'il entend la politique du jour. Les
juges
comment
,
eurent grand honte
faire contre
et sortant
,
un parti régnant ? Ils en
de l'audience , ne regar-
daient personne après cette sentence.
eux, pauvres gens
,
en dépit de
la
preuves, des témoins, condamné
aux dépens. Le
que messieurs de
la justice ont
;
c'est
au temps où nous vivons.
plaignant aux
le
parti voulait plus;
ne paie pas l'amende
Ils ont , bien malgré
clameur publique, des
il
voulait une
bravement refusée.
quelque cho?e
11
;
c'est
frais et
amende
Le battu
beaucoup
u'en faut pas exiger plus
,
et
aux juges pourra ne pas durer.
Le maire , ainsi vainqueur du prêtre octogénaire après
avoir battu , dans une seule personne la danse et la révolution , se flatte avec raison des bonnes grâces du parti puissant et gouvernant. C'est une action d'éclat dont on lui
saura gré , d'autant plus qu'ayant pour tout bien une terre
qui appartient à M. le marquis de Chabrillant, bien d'éce courage
,
,
migré
s'il
faut le dire
tout autrement
,
et
,
il
semblerait intéressé à se conduire
ne devrait pas être ami de
volution. Mais son calcul e»t lia
,
il
la
contre-ré-
raisonne à merveille. Se
(
rangeant avec ceux qui
ceux qui
le
très adroite.
4-6
)
nomment
voleur il fait rage contre
veulent maintenir dans sa propriété, conduite
le
,
Si ces derniers triomphent, la révolution
de-
meure et tout ce qu'elle a fait il lient le marquisat se moque du marquis. Les autres remportant il pense mériter
non seulement sa grâce et de n'être pas pendu mais récompense, emploi et peut être qui sait? quelque autre
,
;
,
,
,
terre confisquée sur les libéraux lorsqu'ils seront émigrés.
— Aunokce. Paul-Louis vend
maison de Beauregard,
sa
acquise par lui de David Bacot, huguenot, et pourtant
hoonête homme. La demeure
beaux
qu'il
y
liche en souvenirs.
peu de
distance.
est jolie, le site
Là
un des plus
romautique de plus,
en Touraine,
ait
Le château de
la
furent inventées
et
Bourdaisière se voit à
les
faveurs par Babeau
comme
,
mère et célèbres sous le corn des sept péchés mortels, une desquelles
était Gabrielle, maîtresse de ce bon roi Henri, et de tant
là
naquirent sept sœurs galantes
leur
d'autres à-la-fois féaux et courtois chevaliers. Par
lui-même
,
père des belles
filles et
le
seigaeur
mari de Babeau
,
cette
nommée un clapier de p.t
Vieux temps, anmœurs qu' êtes-vous devenues? On aura ces souve-
terre fut
tiques
!
nirs par dessus le
de
marché
,
en achetant Beaurepaire
On
aura trente arpents de terre, vigne
propriété sur nos rives
du Cher, où
trouvent à peine deux arpents d'un
d'ailleurs
selon
les
voisin
et
pré, grande
tout est divisé,
tenant
,
où
se
susceptibles
de beaucoup augmenter en valeur ou en étendue ,
la guerre qui se fait maintenant eu Es-
chances de
pagne. Car
de
,
Bourdaisière.
la
si
le Trapiste là-bas
la constitution
était jadis,
,
Beauregard
met
terre seigneuriale,
fief,
l'inquisition à la place
aussitôt
redevient ce qu'il
étant bâti pour cela.
Souro tourelles colombier, girouette, rien ni manque.
Vol du chapon, jambage, cuissage, etc., nous en avoua
les titres. Par le triomphe du Trapiste et le retour du bon
,
,
régime, la petite culture disparaît,
regard s'arrondit
el
le seigneur
de Beau-
s'étend, soit en achetant à bas prix les
,
(4>7
terres
que
le vilain
)
ne peut plus cultiver,
à Paris devant messieurs de la
en
soit
Grand- Chambre
,
le plaidât,
t
tous parents
ou amis des possesseurs de fiefs soit par voie de confiscation ou autres moyens inventés et pratiqués du temps des
mœurs. Toute la varenne de Beau: égard, si Dieu favorise
Don Antonio Maragnon, tout ce qui est maintenant plan,
tation, vigne, verger, clos, jardin, pépinière, se convertit
en noble langue
pays de chasse à
la grande bête, seipouvant produire par an
quinze cents livres tournois, et ne payant nul impôt. Beauregard gagne en domaines, mouvances, droits seigneuriaux
gneurie de
par
trois
et
mille arpens,
la contre-révolution.
Si
Sa Révérence, au contraire, était mal menée en Eset pendue, ce qu'à Dieu ne plaise, Beauregard
est et demeure maison , terre de vilain et à ce titre
pagne,
alors
paie l'impôt: mais la petite culture
gime de
la
révolution
progrès de l'industrie
,
,
par
le
commuant sous
partage des
le
ré-
héritages et le
nos trente arpents haussent en va-
leur, croissent en produits tous les ans, et quelque jour
peuvent rapporter
trois
,
quatre
,
ciaq et six
mille francs
que bon nombre de gens préfèrent à quinze cents
tournois, tout en regrettant peut-être
droits
les
fiques et les mille arpens de chasse au loup.
u'y a point de meilleur placement, plus
sûr
,
quoi qu'il puisse arriver
-,
bon
et
le
les
,
il
si faut-il que le
deux cas, Beauregard
devient encore davantage.
Pour plus amples renseignements, s'adresser
vigneron
En somme,
profitable ni plus
car enfin
Trapiste batte ou soit battu. Dans
est
livres
honori-
demeurant
près ladite maison
,
à
Paul -Louis
ou château
selon qu'il en ira de la conquête des E'pagnes.
17
,
w
(
:
j4u rédacteur de la Gazette Dr villa».
Monsieur
Je
suis....
,
malheureux
j'ai
;
fâché monsieur le maire
moi
faut vendre tout et quitter le pays. C'est fait de
sieur,
je
si
il me
Mon-
ne pars bientôt.
Un dimanche
ci
\
,
justement,
l'aa passé
,
il
chassait
,
après la Pentecôte
aux
dans
cailles
en ce temps-
,
mon
pré
l'herbe
,
haute, prête à faucher et si belle !.... C'était pitié. Moi,
voyant ce ménage Monsieur, mon herbe confondue per,
due
mais je
me
sa fille
unique,
Je
,
ne dis mot
je
,
pourtant
il
m'en
faisait
souvenais de Christophe, quand
et
voir alors
le fus
et
,
grand mal
maire
le
;
lui prit
au bout de huit jours la lui rendit gâtée.
si j'étais de toi
Christophe , ma foi je
:
,
daindrais ,lui dis-je. Ah! me dit il n'est-ce pas monsieur le maire ¥ Pot de fer et pot de terre... il avait grand
me
,
raison
car
;
il
ne
peint bon
fait
Me
j'en sais des nouvelles.
dais et laissais monsieur le
mon
pré
comme
,
cosser avec de tels gens
,
et
souvenant de ce mot, je regarmaire, fouler, fourrager tout
eusseut pu faire douze ou quinze sangliers,
quand de fortune passent Pierre Houry d'Azai Louis Beallant à
zard et sa femme, Jean Proust, la petite Bodin
l'assemblée. Pierre s'arrête, rit, et en gaussant me dit La
voilà bonne ton herbe vends-la moi Nicolas je l'eu donne
,
,
:
-,
dix sous et tu
gageons que
me
Bouteille,
me
je
,
faucheras.
la
vas lui dire;...
dit-il
,
que
;
Moi, piqué,
je
réponds
Quoi? Gageons que
:
j'y vas.
tu n'y vas pas.' Bouteille ? je lui
t«ppe dans la main. Bouteille chez Panvert, aux Portes de
fer.
Va
je
,
mon chapeau
pars tenant
,
j'aborde monsieur le
maire. Monsieur, lui dis-je, monsieur
à vous
ainsi
,
\
je
non, cela
me
perdis
Ce qui plus
messieurs,
,
n'est pas bien.
je
cela n'est pas bien
la
bouteille
fus ruiné dès l'heure.
lui fâchait, c'était sa
et tous
;
Je gagnai
les
passants
compagnie, ces deor
Monsieur .1«
regardant.
C4'9)
ïftaire est
gentilhomme par
pourquoi
il
nous tutoie
femme née
sa
demoiselle. Voilà
rudoie nous autres paysans
et
gens de peu, bons amis pourtant de feu son père.
toujours avoir peur qu'on ne
S'il était
le
Il
gens,
les vilains
ne répondit mot
et
!e
trouverions accostable.
fiers,
nous accueillent au
ne haïssent guères qu'une
contraire, nous caressent, et
sorte de
,
semble
prenne pour un de nous.
noble de son chef, nous
Les nobles d'origine sont moins
Il
ennoblis,
enrichis
poursuivit sa chasse.
,
parvenus.
Le lendemain,
on m'assigne comme ayant outragé le maire dans ses foncon me met en prison deux mois, Monsieur, deux
;
mois dans le temps des récolte* , au fort de nos travaux
Hors de là, je pensais reprendre ma charrue. Il me fait un
procès pour un fojsé , disant que ce fossé, au lieu d'être
sur mon terrain
était sur le chemin. Je perdis encore un,
mois à suivre ce procès que je gagnai vraiment; mais je
payai les frais. 11 m'a fait cinq procès pareils, dont j'ai perdu
trois , gagné deux ; mais je paie toujours les frais. 11 s'en va
temps , Monsieur , il est grand temps que je parte.
tions
i
,
Quand
Le
j'épousai Lise Baillet
,
il
me
joua d'un autre tour.
jour convenu, à l'heure dite, nous arrivons pour nous
marier
à la
chambre de
la
commune.
papiers n'étaient pas en règle
,
Il
s'avise alors
que mes
n'en ayant rien dit jusque-
et cependant la noce prête, tout le voisinage paré, trots
il nous en coûta nos
veaux, trente-six moulons tués,
épargnes de plus de dix ans. Qu'y faire ? Il me fallut renvoyer les conviés et m'en aller à Nantes quérir d'autres papiers. Ma fiancée, qui avait peur que je ne revinsse pas, étant
déjà embarrassée , eu pensa mourir de tristesse et du regret
là
,
de sa noce perdue. Nous empruntâmes à grose usure, afin
défaire une autre noce quand je fus de retour , et cette fois
nous dansions
écoutez ceci
ii nous maria. Mais le soir...
gaîment sur la place car le curé ne l'avait pas encore défendu. Monsieur le maire envoie ses gens et ses chevaux caracoler tout au travers de nos contredanses. Son valet qui
:
-,
èsl italien
,
disait
en nous foulant aux pieds
:
Gante codardd
if
,,
4™
(
)
^ vile, sourirai questo e peggio. Il prétend ce valet, que
Dotre nation est lâche et capable de tout endurer désormais
ces choses chez lui ne se font point
que
Ils
.
ont , dit-il
,
dans
son pays deux remèdes contre l'insolence de messieurs
les
maires, l'un appelé Stilettata
Ce
sont leurs garanties
bien meilleures, selon lui
,
conseil- d'état. Oùsclopettade
au moyen de quoi
dit-il
,
le
pays ne
l'autre Schiopettata.
,
là le
manque,
peuple
stilettade s'emploie,
se fait respecter.
serait pas lenable.
que notre
,
Pour moi
,
Sans cela
je
ne
sais
,
ce
qui en est; mais semblable recette chez nous n'étant point
d'usage, il ne me reste qu'un parti, de vendre ma besace
et
déloger sans bruit. Si
serais
un
comme
ses
homme
ayant outragé
le
II
seulement,
rencontrais
je le
perdu.
me
maire;
il
je
remettre en prison
ferait
conte ce qu'il veut dans
procès-verbaux. Les témoins au besoin ne
lui
manquent
contre lui ne s'en trouve aucun. Déposer contre le
maire en justice, qui oserait?
Monsieur , dans votre estimable
Si vous parlez de ceci
jamais
;
,
journal, ne
me nommez
que
M peut
du
je sois,
lieu
,
me
et
pas,
je
vous
prie.
toujours m'atteindre.
Quelque part
Un mol au
maire
voilà coffré. Ces messieurs entre eux ne se
refusent pas de pareils services.
Je
suis
,
Monsieur
,
etc.
N*. En faveur de nos abonnés delà ville de Paris surtout,
qui ne savent pas ce que c'est qu'un maire de village , nous
publions cette lettre avec les précautions requises toutefois
pour assurer
l'incognito à notre
Paris s'imagine qu'aux
brebis, en
seulement
les
Paris. Il vaut
des grands
menant
mais des
,
,
mieux
qu'ici
champs on
bon correspondant. Tout
vit heureux du lait de ses
paître sous la garde
lois.
Par malheur,
être là
il
,
non des chiens
n'y a de
ennemi déclaré des
ne pas plaire à monsieur
lois
qu'à
ministres
le maire.
( 4*'
y
PIÈCE DIPLOMATIQUE,
EXTRAITE
DES JOURNAUX ANGLAIS.
(On
l'a dit
envoyée de Cadix à M. Canning , par un de ses
l'aurait eue d'un valet de chambre , qui
, qui
agents secrets
l'aurait trouvée
dans
les
poches de sa Majesté
Catho-
dique.)
N°.
S
rjvw *w»«wa«w
J± MON FRERE LE ROI D ES PAGNE.
7
Pai reçu la vôtre, mon Frère ou mon Cousin , puisque
nous sommes issus de germains. Vous voilà bientôt, grâce
au ciel, hors des maios de vos rebelles sujets, dont je me
réjouis avec vous comme parent , voisin et ami, entièrement
de votre avis d'ailleurs, sur notre autorité légitime
Nous régnons de par Dieu qui nous donne
les
et sacrée.
peuples
,
et
nous ne devons compte de nos actes qu'à Dieu , ou aux
prêtres , cela s'entend. J'y ajoute , comme conséquence également indubitable, qu'il ne nous faut jamais recevoir la loi
des sujets jamais composer avec eux , ou du moins nous
;
compositions vaines et nulles de
droit divin. C'est aux personnes de notre rang le dernrêr
degré d'abaissement, que promettre aux- sujets et leur tenir
croire engagés par
parole,
comme
de
telles
a très bien dit Louis
XIV,
notre aïeul, de
(
glorieuse
ne
mémoire, qui
vit point les
imposât
,
Sous
lui,
on
en quelque misère
qu'il les
lui vivant.
pût réduire, pas un
Pour
ses
guerres
,
ses
maî-
pour bâtir ses palais, il prit leur dernier sou;
régner que cela. Charles II d'Angleterre fit de même
tresses
,
à-peu-près
la
)
Français murmurer, quelque faix qu'il leur
d'eux ne souffla mot,
c'est
4"
savait son métier de roi.
;
comme
mort de son père
,
nous, rétabli après vingt ans d'exil
il
déclara hautement qu'il aimait
un roi étranger ennemi de sa nation
compter avec elle ou de la consulter sur les affaires de
se soumettre à
,
,
,
sentiments élevés et dignes de son sang, de son
son rang. Moi, qui vous
ceci
écris
de l'Europe,
le plus grand roi
mon
.
j'eusse
si
Cousin,
et
mieux
que de
l'état
;
nom, de
je serais
voulu seulement
m'entendre avec mon peuple. Rien n'était si facile. Me préserve le ciel d'une telle bassesse j'obéis aux congrès, aux
princes, aux cabioets et en reçois des ordres souvent embarrassants, toujours fort insolents; j'obéis néanmoins. Mais
ce que veut mon peuple et que je lui promis, je n'en fais
!
,
rien
ma
du tout, tant j'ai de fierté dans Târue et d'orgueil de
Gudons-la, mon Cousin, celte noble fierté à l'é-
race.
gard des sujets, conservons chèrement nos vieilles prérogatives ; gouvernons, à l'exemple de nos prédécesseurs, sans
écouter jamais que nos valets, nos maîtresses, nos favoris
nos
prêtres-,
puisse
c'eit
arriver,
l'honneur de
là
couronne; quoi
périssent les nations
plutôt
que
le
,
qu'il
droit
divin.
Là-dessus, mon Cousin, j'entre, comme vous voyez,
dans tous vos sentiments, et prie Dieu qu'il vous y main-*
tienne, imis je ne puis approuver de même votre répu-
gnance pour ce genre de gouvernement qu'on a nommé reque j'appelle moi récréatif, n'y ayant rien
que je sache au monde, si divertissant pour un roi, sans
présentatif, et
parler de
l'utilité
l'absolu, mais ceci
Je n'en
Le
fais
non
petite
pojr
qui nous
le
en revient. J'aime
produit, ceci vaut mieux.
nulle comparaison et Je
préfère de beaucoup.
représentatif aie convient a merveille,
pourvu
toutefois
fà
(
)
qae ce soit moi qui nomme les députés du peuple , comme
nous l'avons établi en ce pays fort heureusement. Le représentatif de la sorte est une cocagne, mon Coasiu. L'argent
nous arrive à foison. Demandez à mon neveu d'A.ugoulênie,
nous comptons ici par milliards , ou, pour dire la vérité, par
ma foi nous ce comptous plus, depuis que nous avons des
députés à nous, une majorité, comme on l'appelle , compacte , dépense à faire , mais petite. Il ne m'en coûte pas...,
Non , cent voix ne me coûtent pas , je suis sûr chaque année ou mois de madame du Cayla moyennant quoi, tout
va de soi-même; argent sans compte ni mesure, elle droit
divin n'y perd rien nous n'en faisons pas moins tout ce que
nous voulons , c'est-à-dire ce que veulent nos courtisans.
Vos Cortès vous ont dégoûté des assemblées délibérâmes^
mais une épreuve ne conclut pas, feu mon frère s'en trouva,
mal et cela ne m'a pas empêché d'y recourir encore, dont
bien méprend. Voulez-vous être un pauvre diable comme
lui, qui faute de cinquante malheureux millions... Quelle
,
,
;
;
,
misère cinquante mille millions , mon Cousin , ne m'embarrassentnouplus qu'une prisede tabac. Jepeusais comme vous
!
vraiment avant
du
mon voyage d'Angleterre
tout ce représentatif ; mais là
s'en doutait
,
il
-,
je n'aimais point
vu ce que c'est
j'ai
ne voudrait pas autre chose
,
;
si
et ferait
le
Turc
de sou
Divaudeux Chambres. Essayez-eu mon cher Cousin et vous
m'en direz des nouvelles. Vousverrez bientôt que vos ludes „
au
votre Pérou étaient de pauvres tirelires
vos galions
,
,
,
au prix d'un budget discuté ,
voté par de bons députés. Il ne faut pas que tous ces mots
de liberté, publicité
représentation, vous effarouchent.
Ce sont des représentations à notre bénéfice et dont le pro-
prix de cette invention-là
,
,
duit est immense, le danger nul, quoi qu'on en dise. Tenez,
une comparaison va vous rendre cela sensible. La pompe
foulante
Mieux encore, la marmite à vapeur qui donne
chaque minute un potage gras, lorsqu'on la sait gouverner,
,
mais éclate
faire
,
voilà
et
vous tue
mon
si
vous
représentatif.
ni
prenez garde
Il
n'est
$
voilà l'af-
que de «hauîïer à
(
point
ni trop
,
ni liop
,
4*4
peu
)
chose aisée
,
;
cela regarde nos
ministres, et le potage est un milliard. Puis, vantez-moi
votre absolu qui produisait à feu
quatre cents millions par an
,
mon
frère, quoi ? trois
avec combien de peine
chaque budget un milliard, sans
la
moindre
!
difficulté.
ou
Ici
Que
vous en semble , mon Cousin ? Allons, mettez de côté vos
petites répugnances, et faites potage avec nous en famille ;
il
n'estrien de
Nous nous aiderons mutuellement à
tel.
comme
tretenir
il
l'en-
faut, et prévenir les accidents.
Si vous l'eussiez eue cette marmite représentative, au
temps de file de Léon l'argent ne vous eût point manque
pour la paye de vos soldats qui ne se seraient pas révoltés ; il
ne m'eût point fallu envoyer à votre aide et dépenser à vous
tirer de cet embarras, cinq cents beaux millions, mon
Cousin non que je veuille vous les reprocher ; c'est une
,
,
bagatelle
,
un
rien
;
entre parents tout est
commun
;
l'argent
sang de mes sujets vous appartiennent comme à moi
ne vous en faites faute au besoin. Je vous rétablirai dix fois
et le
;
,
m'incommoder
le moins du monde,
une obole. Je ne vous demanderai
point les frais comme on m'a fait. C'est une vilenie de mes
alliés. Au contraire, en vous restaurant, je vous donnerai
del'argent ainsi qu'à vos sujets , tant que vous en voudrez.
J'en donne à tout le monde , et je paye partout ; j'ai payé
s'il
est nécessaire
,
sans
sans qu'il vous en coûte
,
ma
la vôtre, parce que j'ai
beaucoup de complaisance aussi pour
les souverains étrangers, qui m'empêchent de recevoir la loi
de mon peuple. Je les paie quand ils viennent ici ; je vous
paie, vous, quand je vais chez vous. Occupé , occupant je
paie l'occupation. J'ai payé Sacken et Platow. Je paie Mo-
restauration
je
;
beaucoup d'argent
lillo,
Balles teros
:
payerai encore
et
je
paie
les
cabinets, les puissances; je
Régence ; je paie les Suisses ; j'ai encore,
tous ces gens-là payés , de quoi entretenir , non seulement
ma garde, une maison ici qu'on trouve assez passable, et
bien autie que celle de mon prédécesseur, mais de plus,
des main esses qui naturellement me coûtent quelque cho:e.
paie
les
Cortès
,
la
(4«)
Le budget
,
mon
Cousin
faites
n'est rien
il
,
que c'est que ce repréune peur. Sottise ende meilleur au monde.
et voilà ce
dont là-bas vous vous
sentatif
fance,
Suffit à tout
,
Pour monter cette machine chez vous et la mettre en mouvement, sans le moindre danger de vos royales personnes,
je
vous enverrai,
si
vous voulez,
le sieur
de Villèle,
homme
admirable, ou quelque autre de nos amés, avec une vingtaine
de
Fiez-vous à eux
préfets.
lequel vous dormirez
Vous aurez, de
comme
,
,
dans
pendant qu'on vous
deviennent incommodes, on
d'eau
,
Octroyez
,
de chiens
vrai tapage
,
rue pour des bribes.
la
leries
dès que
fera
,
vous
il
derrière
de l'argent.
haute sphère où nous sommes placés ,
le passe-temps de leurs débats , chose la
plus drôle du
se battent
un ministère
et
la
Foy
monde
dit
en moins de rien
;
auront organisé deux Chambres
le
budget
mon
Cousin
;
de chats qui
leurs criail-
fait jeter
quelques seaux
est voté.
octroyez une Charte constitu-
,
tionnelle et tout ce qui s'ensuit
berté de la presse
y
et
Quand
accordez
,
droit d'élection
,
,
jury
,
li-
ne vous embarrassez de
et
surtout ne manquez pas d'y fourrer une nouvelle noque vous mêlerez avec l'ancienue, autre espèce d'amusement qui vous tiendra en bonne humeur et en santé longaux Tuileries , nous péririons d'ennui.
temps. Sans cela
Quand vous aurez traité avec vos Libérales , sous la garanrien
,
blesse
,
tie
des puissances
,
juré l'oubli
et
tionnaires
,
faites-en pendre
l'amnistie
,
et faites
ment
rie
;
s'il
y en
a
les
qu'on
du
passé à tous ces révolu-
cinq ou six
ait
aussitôt après
,
autres ducs et pairs
,
particulière-
vus porte-balles ou valets d'écu-
des avocats, des écrivains, des philosophes bien
reux de
l'égalité
\
chargez-les de cordons
amou-
couvrez-les de
\
vieux titres, de nouveaux parchemins; puis regardez, je
vous défie de prendre du chagrin
gens-là parmi vos Sanches et vos
équipages
,
écarteler leurs
,
écussons
petite pièce J'uue révolution
;
lorsque vous verrez ces
Gusmans
c'est
:
c'est
,
armorier leurs
proprement
la
une comédie dont ou ne
4*6
(
se lasse point et qui
pour vos
)
sujets
deviendra
comme ug
carnaval perpétuel.
J'ai à
vous dire bien d'autres choses que pour
je remets, priant
Dieu sur ce, mou Couiiu
,
présent
le
qu'il
vous
en sa sainte garde.
Signé, LOUIS.
Plus bas
Pour copie conforme
:
De
Villele.
,
Paul- Louis
COVRIER
VIGflKKOS.
,
ait
(4*7
)
COLLECTION
LETTRES ET ARTICLES
"DE
PUBLIÉS
DANS DIFFÉRENTS JOURNAUX.
«vwtfwv* «w/w^/at*
COURIER FRANÇAIS— 23
mai 1822.
Lettre en réponse à un article du Drapeau blauc
dans le numéro du i4 niai 1823.
Au
Je
lis
le
)
,
qu'aux élections de Clifnon
dans votre journal
marquis d'Effiat a obtenu deux cent vingt voix,
que son concurrent
ain^i
inséré
rédacteur du Drapeau Blauc.
IYJLonsieur
M.
,
(c'est
moi sans vanité que vous nommez
en a eu cent soixante. Cela peut être vrai
conteste ponit
5
j'aime
,
et
mieux m'en rapporter
,
,
ne
je
le
comme vous
mais
fait aux scrutateurs choisis par M. le marquis
de grâce, corrigez cette façon déparier. Je ne fus concurrent
de personne à Chinon n'ayant nulle part concouru, que
avez
:
,
,
je
sache, avec qui que ce soit
fi'êiie
député, uou que
je
ne
:
je n'ai
tiusse à
demandé
ni
souhaité
grand honuaur d'être
,
(
vraiment élu comire
,
raisons
rils
me
de
l'attente
pour
le
dit
4*8
le faisaient plutôt
la tribune
)
Benjamin-Constant', mais diverses
craindre que désirer
de ceux qui
me
je
,
l'embarras d'être d'une
pu me taire en beaucoup d'occasions
mandat, ni parler sans risquer d'outre-
n'aurais
mon
sans trahir
passer la mesure de ce qui s'y peut dire
assez.
Pour M.
le
point à redouter.
dn bonnet
,
pé-
croyaient capable de quelque chose
bien général, plus que tout
assemblée où
les
:
l'appréhension fondée de mal remplir
,
Il
marquis
,
de
tels
sera dispensé
:
vous m'entendez
incouvéniens n'étaient
de parler,
et
peut opiner
chose qui ne m'eût pas été permise.
Il
n'aura-
de sa nomination ; c'est pour lui une
bonne affaire \ aussi s'en était-il occupé de longue main avec
l'attention et le soin que méritait la chose. Il a heureusement réussi aidé de toute la puissance du gouvernement
de son pouvoir comme maire du lieu , de son iofluencr
qu'a recueillir
les fruits
-,
comme président , de sa fortune considérable ; tandis que
moi, son concurrent, pour user de ce mot avec vous,, moi
laboureur, je n'ai bougé de ma charrue.
Quelques personnes
indifférente,
,
dont l'estime ne m'est nullement
m'ont blâmé de cette
pas de moi de teuir table ouverte
tranquillité.
comme un
On
n'exigeait
riche marquis,
de loger, de défrayer, nourrir et transporter à mes dépens les
électeurs; maison voulait qu'au moins je parusse à Chinou.
Un homme de grand sens (1), qui s'est rendu célèbre en
enseignant et pratiquant
qu'il ne donnerait sa
qu'un qui
pu
la
la
voix,
philosophie, a dit
à ce sujet
était électeur,
qu'à quel-
s'il
demanderait , à un candidat déclaré
savoir ses raisons. Il en a sans doute
,
et
de
:
je n'ai
fort bonnes,
quant à moi, le raisonnement n'est pas ce qui me guide en
cela, c'est une répugnauce invincible à postuler, solliciter:
j'ai pour moi des exemples à défaut de raisons. Montaigne
et
Bodin furent tous deux députés aux
(1)
Le professeur Cousin.
états
de Blois sans
,,
4*9
(
en Angleterre
Romilly,
à Samuel
,
)
Pareille chose est arrivée
Tavoir demandé.
Shéridan. Voilà de graves autorités
}
de nos jours
et je pense aussi
me citerez
vous
a
Caton,
qui demanda le consulat : ce n'est pas ce qu'il a fait de
mieux ; on lui préféra Vatiuius , le plus grand maraud de
ce temps-là. Mon désappointement , si j'eusse brigué,
comme
Calon
,
serait
moins fâcheux que
de fort honnêtes gens
ses scrutateurs
le sien.
homme
quis d'Effiat eu un fort honnête
,
comme
,
vous allez voir
xante voix que m'accorde
vous ajoutez
fiat, si
rentes causes
puis
les
Benjamin
je suis
le
marquis d'Ef-
,
nul doute
,
et
présents qui n'osèrent
écrire
uu autre nom que
de ceux qui, ne sachant pas lire ,
de ceux
, mais que sert f Voilà déjà bien plus que la ma-
,
encore
jorité.
marquis
le
,
car aux cent soi-
qui tous étaient miens sans
yeux de M.
mar-
je crois
des électeurs absents par diffé-
voix de ceux des électeurs
sous les
le sien
,
;
bureau de M.
le
celles
le
aussi.
D'ailleurs je suis élu dans le seus de
vraiment élu
M.
même
et
Je puis donc dire que
je suis l'élu
du département,
que M. le marquis est l'élu des ministres. Cela vaut mieux
pour lui je crois l'autre me convient davantage. Que si,
sortant un peu de la salle électorale, nous prenions les votes
de ceux qui paient moins de cent écus ou n'ont pas trente
Monsieur, j'aurais beaucoup de
ans d'âge, parmi ceux-là
voix. En effet , les amis de M. le marquis se trouvaient là
tous dans cette salle , où pas un d'eux ne manqua de se
et
;
,
,
,
rendre
;
gens dont la
l'élection
persés
,
grande
du marquis. Au
occupés ailleurs
,
l'unique affaire était
que mes amis à moi, disdaus les champs , dans les ateliers,
,
quelque chose d'utile, n'étaient aux
la millième partie ne se trouprésente. J'ai pour amis tous ceux qui ne mangent
partout où se
faisait
élections qu'en petite partie
vait pas là
affaire,
lieu
:
et qui comme moi, vivent de travail. Le
nombre en est grand dans ce pays et augmente tous les jours.
En un mol s'il faut vous le dire, mes amis ici sont dans
pas du budget
,
,
le
Deuple
;
le
peuple m'aime,
et
savez-vous, Monsieur, ce
,
43o
(
que vaut
c'est
J
cetle amitié
décela qu'on
i
;
n'y en a point de plus glorieuse,-
il
flatte les rois.
Je n'ai garde
d'envier au marquis la faveur des ministres
ceot vingt voix
,
pour
avec cela
,
et
,
lesquelles je ne donnerais pas
Assure, mes cent soixante
,
non qnêtées, non
,
,
deux
ses
je
vou*
solicitées.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Veretz
,
18 mai.
le
COURIER FRANÇAIS. — 1"
(
Le
public entendit mal cette lettre
sions qui n'y e'taient pas.
peut avoir tort.
Il s'agit
Ce
d'un
:
février i8i3.
on y chercha des allule public ne
fut la faute de l'auteur
fait véritable
,
le
Courier contre certains chasseurs anglais. Cette
gée parFentreniise de quelques amis ).
Au
;
procès de Paul-Louis
affaire fut arran-
Rédacteur du Courier-Français.
Monsieur ,
Apparemment vous
savez,
comme
tout le
monde, mon
veuu chasser dans mes bois.
d'apprendre que nous nous sommes
procès avec cet Anglais qui
est
Vous serez bien aise
accommodés \ la chose fait grand bruit. On ne parle que de
cela depuis le Chêne-Fendu jusqu'à Saint-Averlin ; et
comme
il
arrive toujours dans les affaires d'importance,
ou
en parle diversement. Les uns disent que j'ai bien fait d'entendre à un arrangement ; que la paix vaut mieux que la
guerre; que l'Angleterre est à ménager dans les circonprésentes ; qu'on ne sait ce qui peut arriver. Mais
s tauces
d'autres soutiennent
de renards
,
rppos de toute notre
timent
\
que
j'ai
eu tort d'épargner ces coureurs
un exemple , qu'il y va du
qu'il en fallait faire
commune. Pour moi
aussi l'avais- je
lorte devant les juges
:
fait
,
c'était
mon
sen-
assigner, et j'allais parler de la
43i
C
< Messieurs
,
)
d'après le procès-verbal qu'on vient de met*'
vous voyez de quoi
Monsieur
pour avoir
chassé sur les terres de différents particuliers , autant ds
U)U condamné , paie l'amende , et se croit quitte envers ceux
doot il a violé la propriété. (Test une grande erreur que
cela, et vous le sentirez
j'espère. Outre que ceux même
yeux
tre sous vos
Ficher
,
il
s'agit.
Anglais, cité devant vous plusieurs
,
fois
,
quelque argent ne sont point par-là saplusieurs ne reçoivent rien, et souffrent par son
qui reçoivent de
tisfaits,
fait
lui
car nos terres,
^
Dieu
,
divisées en
ritages mêlés
avec
,
champs de cent
comme
une
petites portions et les
chiens et ses piqueurs
ses
seul
il
hé-
ravage
les
ou de mille peut-être, et n'eu
qui a le temps et les moyens de lui
cultivateurs
dédommage qu'un
vous savez, étant, gtâces a
de
infinité
,
un procès, c'est-à-dire, le riche. Celui qui ne possède
qu'un arpent, un quartier, racommode sa haie comme il
faire
peut,
pas
son fossé;
refait
ni la
,
homme
disait
de princes
princes
le
,
,
et
du temps de La Fontaine
on
mêmes ne
laissait
le
dire
pas ce qu'il
fait ici.
examiner ce qui en
,
est} mais
sais et
vous
Vous
,
chez nous
,
les
et l'on
,
M. Fisher ne
ne veux point trop
pourrez réfléchir, et
y
,
qu'on doive tout endurer de messieurs
ici
;
son pays
daos
Je ne
Le bon-
Ce sont là jeux
mais aujourd'hui
;
m'entendez à demi-mot. Votre pensée
puisseut
:
se permettent plus de pareils jeux
m'assure qu'en Angleterre
ferait
blé foulé cependant ne se relève
vigne froissée ne reprend son bourgeon.
sans doute, n'est pas
les
Anglais,
ce qu'ils n'osent chez
eux
et qu'ils
ni ailleurs.
jugerez celui-ci d'après nos
lois françaises ; vous
autrement et la chose même semble
juste au premier coup-d'œil. Cependant il y a beaucoup à
dire. Si j'allais, moi Français , en Angleterre, chasser sur
les terres de M. Fisher, ne croyez pas, Messieurs, que je
y
ne sauriez guères
faire
,
commune , ainsi qu'un Anglais natif.
Les étrangers , en ce pays-là
sont tolérés , non protégés ;
une loi est établie pour eux , contre eux serait plutôt le mot.
fusse jugé d'après la loi
,
En
vertu de cette
loi
qu'on appelle alien-bill
,
si
je faisais
,
là
quelque
sottise
(432 )
comme de courir, avec une meute à
,
vers vignes et guérets
bien, faute de
position),
on me
si
soleil
je
,
(
il
n'y a point de vignes
eu Angleterre
commettais
;
mais
puis je serais banni
je
je parle
tra-
le sais
par sup-
de semblables dégâts, d'abord
là
punirait d'une peine arbitraire
du juge,
,
,
bon plaisir
pour mieux
selon le
du royaume, ou
,
dire, déporté; cela s'exécute militairement. L'étrauger qui
se conduit
mal ou déplaît, on
le
prend
,
on
mène au
le
port le plus proche, on l'embarque sur le premier bâtiment
prêt à faire voile
,
qui
le jette
sur la première côte où
il
comme on me traiterait si j'allais chasser sur
M. Fisher, ou même, sans que j'eusse chassé,
aborde. Voilà
de
les terres
si
M.
Fisher témoignait n'être pas content de moi dans son
pays. Pour un
même
délit,
on distingue
les
étrangers des
nationaux; on ne punit point l'un comme l'autre. Et quoi
de plus juste, en effet? Puis-je, avec mon hôte, en user
comme je ferais avec mes enfants ? Si mon hôte casse mes
vitres, je les lui fais payer , je le bats , je le chasse ; mon
gronde seulement. Vous compreoez la différence ,
grande sans doute, et cette loi admirable de Yalien-billauç
je voudrais voir appliquer à M. Fisher , non pas les nôtres
fils, je le
pour nous. De notre part, ce serait justice, réciproreprésailles ; non pas le faire jouir avec nous des bénéfices d'une société dont il ne supporte aucune charge.
Soyons , si vous voulez , plus polis que les Anglais afin de
faites
cité
,
,
conserver
le caractère national
;
ne chassons pas
M.
Fisher.
Saus l'embarquer ni le conduire où peut-être il n'aurait que
faire, prions-le de s'en aller et ne point revenir , enfin ,
délivrons-nous de lui, qui trouble l'ordre de céans. Si vos
pouvoirs, Messieurs, ne s'étendent pas jusque-là, c'est un
grand mal , et c'est le cas de demander une loi exprès. J'en
veux bien
et m'offre
y
avoir
,
faire la pétition au nom de toutes nos commune*',
pour cela volontiers , quelque danger qu'il puisse
comme
je le sais
par expérience, à user de ce droit
aujourd'hui. >
J'avais ce discours dans
ma
poche,
et l'aurais lu
au
tri-
< 433 )
Jaunal
chaDger une syllabe
y
sans
,
mon ami
proviser, j'appelle
;
immon-
car lorsqu'il faut
Berville; mais
comme
je
que je ne le fus
moi me parla, me fit parler par
des personnes auxquelles on ne peut rien refuser. Que voulez-vous ? Ma foi, Monsieur, Paffjire en est demeurée là.
tais l'escalier,
jamais
,
plus animé, pius échauffé
l'Anglais vint à
,
j'en suis fâché, lorsque j'y
toute la
commune
mandations,
sollicitations
C'est, je crois,
France
,
et
,
pense, car enfin
a cédé, en
la
celte rencontre,
l'intérêt de
aux recom-
deferomes, d'amis, que sais-je?
fois que cela soit arrivé ed
première
sans doute
,
ce sera la dernière.
Je suis, Monsieur, etc.
COURIER FRANÇAIS. —4 octobre
A
monsieur
Monsieur
le
1823.
rédacteur du Courier-Français.
,
Dans une brochure publiée sous mon nom en pays étrariJ
que je ne connais point et d'autres
que j'honore. L'imposture est visible; peu de personnes, je
crois
y ont été trompées. Cependant je vous prie , à telle
fin que de raison, de vouloir bien déclarer que cet écrit
n'est pas de moi. On y parle des grands, ce que je ne fais
point sans quelque nécessité; on y blâme le gouvernement
pernicieux. En ce sens je pourrais être
d'actes, selon moi
ce n'est
auteur de la brochure mais on blâme en eunemi
pas ma manière; je suis aussi loin de haïr que d'approuver
le gouvernement dans la marche qu'il suit; je n'en espère
pas de sitôt un meilleur, et le crois moins mauvais que
ger, on attaque des gens
,
,
:
,
ceux qui l'ont précédé.
Annoncez,
je
vous prie,
s'imprime à préseut
,
ma
corrigée
,
traduction de
terminée
:
Longu»
c'e3tun
joli
28
,
quî
oti-
434
<
vragc un
petit
,
poème en
)
où
prose,
il
de menions,
s-agit
de bergers, de gazons ; la première édition fut saisie à Florence, parordre del'empereurNapoléoo-le-Grand j'impri:
mai
le
quand
Chloé
me
Rome
grec à
il
n'y eut plus d'empereur
de ses biebis,
,
ma
je retouckais
,
:
à Paris,
toujours occupé
et
,
mit en prison à Sainte-Pélagie
seconde édition;
lin
même. Revenu
fut saisi de
il
,
version
,
que
ce fut là
je fis
va bientôt paraître chez
la troisième
de
lorsqu'on
ma
Mer-
quai des Augustins, beau papier, impression de Didot
J'ai
l'honneur,
etc.
CONSTITUTIONNEL—8
ji Monsieur
le
Monsieur
Parlez un peu
,
1823.-
octobre
Rédacteur du Constitutionnel.
,
vous prie, dans vos
je
feuilles,
mon
belle traduction d'Hérodoie, fort belle suivant
Des personnes habiles
un premier
sur
,
passé, en out dit leur avis
,
qui
n'est
essai
de
ma
opinion.
qui parut Pan
pas tout-à-fait d ac-
cord avec le mien. Je leur réponds aujourd'hui par un autre
même auteur, avec une préface où je
ma méthode, expose mes principes, montrant
fragment traduit du
défends
d'une façon claire
critique
la
seil
est
ma
Annoncez
et incontestable
dont pourtant
,
je tâche
l'édition de»
premiers imprimés
et
des
recherches qu'exigent
mœurs
ressant,
un volume.
à celles
où
raison contre
j'ai
:
croire con-
Cent nouvelles nouvelles , à la-
M. Merlin
qui m'est d'un grand secours,
notes font
que
de profiter
devise.
quelle je travaille avec
les
,
il
vieux
ma
,
soit
jeune libraire instruit,
pour
préface et
J'essaie sur ce (exte
mal
aisé rie contenter
dans
soit
mes notes
mes
de comparer nos
:
de nos pères: matière délicate
est
des
collation
la
manuscrits,
tout
,
le
sujet inté-
monde.
(
43-
)
Qui vous empêcherait de diie ud mot en payant de m»
traduction de Loogus corrigée terminée enfin selon mon
petit pouvoir? Elle se vend chez Merlin, et celle-là
Monsieur, on ne Ta point critiquée; mais on a fait bien pis t
,
,
on
je
La première
persécutée.
l'a
la
fis
édition fut saisie à Florence
seconde en prison à Sainte- Pélagie
:
la troisième
5
va
paraître.
A
de Sainte Pélagie vous pourriez
aucune part à certaines brochures
tout droit , imprimées sous mon nom eu pays
propos de prison
dire encore
que
qui mènent
là
On y
étranger.
faire
et
le
c'est
,
bien que sa vie
Dans
quelles je dis peu
quand
je
mon
,
ses
mœurs
veux
ces écrits
ma
pensée
,
,
ses sen-
gré toute sorte de louanges;
grand chemin de Sainte Pélagie
des nouvelles.
je n'oserais
parle d'un prince dont certes
un éloge public
timents connus, métiient à
mais
,
je n'ai
,
et j'en sais
on blâme des choses sur
parce qu'il y a du danger
lei-,
et
dire, j'emploie d'autres termes. Je put»
la
blâmer quelquefois, mais uon pas en ennemi , ce que fait
le gouvernement, dont, en un certain sens, je suis toujours
content; car c'est Dieu qui gouverne, ce ne sont pas les
hommes. Ainsi le monde est bieo, et tout va pour le mieux
quand
je
ne
Agréez,
suis pas
en prison.
etc.
CONSTITUTIONNEL.— Paris,
A monsieur le Rédacteur
MoîïSlEtJK
Conseillez-moi
du
14 octobre i8a3.
Constitutionnel.
,
,
je
vous prie, dans un cas extraordinaire.
Je serai bref, la vie est courte.
on me cite là-bas, à Tours lieu de mon d >devant un juge d'instruction. Je vais là-bas ; 00 me
que le dossier, les pièces (vous entendez cela, pîtna-
J'étais ici,
micile
dit
,
,
3b*
-
&
c
)
reviens, et
fïniO, «ont retournée? à Paris. Je
der au parquet, p3r
tion
mon
affaire se
me
tiondre. Ain?i
mon
avocat
trouve renvoyée
deman-
fais
qui des juges d'iostruc-
à
,
on refuse de
;
lui ré
voilà sans savoir par qui je dois être jugé,
ou interogé seulement; car
puisse aller plus loin.
ne peQse pas que
je
Il s'agit
m'j-t-oo
,
dit
chose
la
de mauvaises
,
je n'ai
Monsieur non plus de part
que vous, quoiqu'on y ail mis mon nom. Quel avis me doncomme dit le grand
berez-voas, dedans cette occurrence
Corneille? d'attendre car que faire? M.;is il est bon que
ceux qui me doivent juger sachent que je les cherche
il»
l'apprendront si cette feuille tombe entre lenrs mains.
brochures auxquelles
,
.
.
5
5
J'ai
l'honneur
etc.
,
CONSTITUTIONNEL. — 18
Nos abonnés de Tours sont
suivante moderne Courier
,
de
priés
octobre i8i3.
faire
lire
l'article
femme de Pavl-Louis, vigne-
ron.
«
Envoie-moi
,
ma
chère amie,
» de bas. Point de leltrc dans
y puisse parvenir. Je sais
5 et
que
>
monde
>
ni
que
le
tu
six
chemises et
paquet
ne
\
il
que tu ne croi«. Je ne
en prison pour le moment».
plus de justice
malade
,
Ton
ni
six paires
me
qu'il
y
a dans ce
suis ni
mort,
mari.
Idem.
— 1" novembre 1823.
M. Courier, avant-hier,
allant dîcer chez «es amis
arrêté en pleine rue par plusieurs agents
duit en fiacre à l'hôtel de la préfecture.
l'interrogea sur ses
les motifs
afin
reçois pas les miennes
tu t'inquiètes foit. Sois tranquille
Adieu,
,
noms
.
prénoms
de sou séjour à Paris,
,
de police
Là
,
,
fut
cond'abord, on
,
et
qualités, sa demeure,
Il satufii à
tout,
et
fut
m»?
,,
(4*7
en dépôt
,
c'en
mot
le
Pho:mnedu monde
)
moius propre à
le
M.
à la salle Saint-Martin.
,
Courier
être en pri>on
,
goûte
peu la salle Saint-Martin , qu'il n'a pas trouvée cependant
un lieu si terrible qu'on le dit. Seul dans une chambre pasmême le porte-clefi
sable
il a
dormi dans un bon lit
:
,
bonhomme, causeur et
lendemain, qui était hier, M. Courier
cornmuuicaiif.
semblait assez
écrits
qu'on
lui
impute
par un
,
Visite faite de ses papiers
,
fut
Le
entendu sur des
des juges
d'ùistruction.
dans l'appartement qu'il occupe
,
rien ne s'y est trouvé suspect. Il se ioue fort, en généra!,
du procédé de
ces messieurs.
On
ne saurait être écroué avec
plu*
plus de civilité, huerrogé plus sagement, ai élargi
promptement
qu'il u'a été.
JOURNAL DU COMMERCE. —3
Au
Vous
et
Rédacteur de
parlez de moi
paraissez
,
la
Monsieur
,
Quotidienne
dans une de vos
peu informé de ce qui
que Paul-Louis
,
vigneron
,
me
le
savons bien.
et cela n'est pas
choses,
Non
,
vous
,
votre serviteur
le
et puis
vou« ajoutez
le
surprenant qu'ayant à parler de
public.
:
savez mal, Monsieur
de tant gens, vous vous mépreniez,
quelquefois
,
fut quelqua
la justice ,
temps en prison à Sainte-Pélagie ,
Nous
feuilles %
touche. Vous dites
moi-même
ensuite de petits démêlés avec
novembre 182a.
Sur votre parole
,
il
va
et
tant
de
trompiez
croire
que
j'ai
dont on m'a justement puni. C'est
ce que vous pensez ou donnez à penser par de telles expressions. La vérité m'oblige de vous apprendre, Monsieur,
fait
des tours de Scapin
que
le cas
,
éuit bieu plus grave pour lequel je fus
condam-
né, l'affaire autrement scandaleuse, il ne s'agissait pas de
quelques peccadille? , mais d'un outrage fait à la morale pa.
felique.
Oui
,
monsieur^
je
l'avoue elle déclare
ici, afin «jus-
438
(
exemple
>jien
instruise. Je fus
)
en prison deux mois à Sainte-
par l'indulgence des magistrats, pour avoir oumorale publique, crime de Socrate, comme vous
un peu diiférente de
savez. Sur la morale particulière
l'autre je n'ai eu de dénê!é< avec qui que ce soit , et même
Pélagie
tragé
,
la
,
,
n'entends point dire qu'on nie reproche rien.
A
un doute m'est venu souvent à
purement littéraire que vous me pourrez
éclaircir. M. de Lamartine, dont vous louez les ouvrages,
xue semble avoir pris dans nos lois une bonne partie de son
ou bien nos lois ont été faites en stvle de M. de Lastyle
martine celles au inoios qui ne sont pas vieille». Outrager
la morale publique est une ph-ase tout-à-fait dans le g ût
des Méditations et hors de ce commun langage que le
ynonde parle et entend \ elle s'applique à bien des choses.
Sii le ministre des finances fait quelque faute dans ses calculs un de nos députés lui dira qu'il outrage l'arithmétique
publique. Nos codes sont des odes. Enfin sur une loi si
sagement écrite le tribunal requis du procureur du roi mes
réponses ouïes sur ce délibéré n/envoya en prison deux
mois. Ce futbien fait et je n'ai garde de m'en plaindre.
A quelque temps de la pour un acte pareil, qui semce propos, Monsieur,
l'esprit, questioo
,
,
,
,
,
,
,
,
,
,
blait récidive
,
on
me
remit en jugement. Le procureur du
roi, défenseur vigilant de la morale publique, demandait
contre moi treize mois de prison
et mille
écus d'amende.
cas parut aux juges seulement repréheosible, et
ils
me
Le
ren-
voyèrent blâmé, mais moins coupable q ;e la première fais.
Ou ae peut deveuir tout à coup homme de bien. Voila
,
Monsieur la vérité que vous devez à vos lecteurs, au sujet
de mes démêlés avec la justice.
Mais sur un autre point, vous me chagrinez fort en me
,
,
prêtant des
termes et des façons
de dire dont je n'usai
jamais. Selon vous, je me plains de certaines brochures
imprimées sous mon nom, dans t étranger dites-vous, et
vous notez ces mots .-Monsieur , excusez -moi, je n'ai pas
ilt ansi
vous ê'es de la Cour et parlez comme vous vouy
\
c
fez
,
avec pleine licence
rillage
repris
,
,
sommes
et
r>9
)
entière.
liberté
Nous
,
gens de
teuus de parler fiançais, pour n'être point
nous disons qu'une brochure s'imprime en pays
Du
étranger.
ment
et
moins
,
qu'on s'exprime généra —
c'est ainsi
Monlbazon et autres
que je fréquente.
Vous changez encore mes paroles quand vous me faites
dire, Monsieur, qu'il y a un prince dont les sentiments me
sont connus \ à moi vigneron y pensez vous? Corrigez cela,
à Larçai, Corrnery
,
Àmbillou
,
iieux
,
!
s'il
vous plaît
comme
,
et
de vos quaiie mois n'en
tftfaoez
pas trois
,
vous direz, en toute
vérité, que les sentiment* de ce prince sont connus \ c'està-dire, publics, et que personne ne les ignore. 11 croit,
par exemple, que les princes sont faits pour les peuples et*
veut Boileau
le
,
mais un
-,
et
non les peuples pour les princes^ sentiment moins bizarre
que vous ne l'imaginez, vous autres courtisans. Il n'est ni
te
premier
Di seul
,
de sa maison
à penser
de
instruit
Monsieur, quaad
îa sorte
,
si
les
bruits en sont vrais.
Etes-vous plus exact
et
mieux
,
duc d'Orléans part pour
l'Angleterre J'ai foi à vos discours où le mensonge n'eutrer
Mais à ceci je vois bienpoint le ciel n est pas plus pur
peu de vraisemblance. Ou sait et c'est enco;e une chose
connue, qu'il aime son paj's
n'en sort pas volontiers,
ayant pour cela moins déraisons qu'en aucun temps, commevous dites lorsqu'il voit une guerre d'abord mal entrevous nous assurez que monsieur
le
•
,
,
,
,
prise
,
être
heureusement terminée.
Rare bonheur si, en effet, elle est terminée sans qu'il
nous en coûte autre chose que des millions et quelques
Remarquez-vous,
hommes. L'état- major est sain et sauf
Monsieur comme il y a peu de guerres à présent et dans
—
,
,
peu de combats ? Jamais on n'a moins massacré,
Cependant, vous me l'avouerez, jamais on n'a tant raisonné tant lu , tant imprimé ; ce qui meferak quasi croire
ces guerres
,
que
le
maux.,
raisonnement
comme
et la lecture
des gens ont
l'air
ne sont pas cause de tous
de se l'imaginer. Nou» en
(44°)
yoilà an point
que
les
révolutions se font sans tuer personne^
les
contre-révolu-
ceserait
un grand chan-
guerres presque sans batailles. Si
et les
même,
tions se
pouvaient adoucir de
gement
amendement; qu'en dites- vous Le faut-il
moins que ceux qui les font ne se mettent à
rer
,
mais
>
et
à
ils
î
haïssent les livres.
Ils
gile, lorsqu'il parut, et le
gré eux
de
tous.
Par
lui
,
,
consentiront
et
mais cependant voilà
vivre;
les
n'avait gu ères
Mal-
vu encore
,
si
est
derniers à vivre et
passées
d'années sans beaucoup de carnage dans
la
Grèce.
la
entendu
peut-être, eux-mêmes enfin s'humani-
seront quelque jour
laisser
ne voulurent point de l'Evan-
combattent dans
TÉvangile, mais en langue vulgaire,
,
espélire ;
le
une dixaine
ce qu'on
,
monde
ce n'est sous les Antonius
,
quand
philosophie régnait.
m 'apprendre , Monsieur, si monMennais continue son Indifférence en
matière de religion, ouvrage auquel je m'intéresse ? Le
temps ne lui saurait manquer car je le crois quitte à présent de ses fonctions de journaliste. Ses actions sont venP.
S. Pourriez-vous
de
sieur l'abbé
la
,
dues, tous ses comptes réglés avec ses associés.
mot
là-dessus dans votre prochain
numéro me
Un
petit
satisferait
extêmement.
Note du Rédacteur. L'auteur de
de bon sens , et
assez juste. Mais
de ce qui
se
,
il
sur bien des choses
vit loin
peut dire.
Eu
cet
,
du monde,
écrit est
homme
nous paraît penser
et
ignore la mesure
publiant sa lettre, nous en avons
retranché quelques phrases, et des mots que ceux qui connaissent son style n'auront nulle peine à suppléer.
CONSTITUTIONNEL. —4
mars 1824.
ANMOKCE.
Phamphlet des Phamphlets
yiguercn
;
brochure où
il
,
par Paul-Louis Coxtriek
,
u'est poiut question des électious.
po
a fort
engagé l'auteur à publier son opinion sar ce qui
vu de curieux aux as-
se passe actuellement, et ce qu'il a
semblées électorales du département d'Indre-et-Loire,
est refusé
dération
lui
,
et
vu
la difficulté
avec
>«es
ti
s'y
mo-
en termes décents. Dix ans de Sainte-Pélagie ne
pouvaient manquer,
même
et c'est
de parler de ces ch
pour
dit-il
eut touché cette matière,
s'il
,
s'en distraire qu'il
composé
a
la
bro-
chure que nous annonçons, sur une thèse générale, sans aucuue allusion aux aîFaires présente* , ce peur d'inconvénient.
Idem.
—
7
mars 1824.
Plusieurs libraires auraient envie d'imprimer le
des Pamphlets
aucun
Pamphlet
par Paul-Louis Courier, vigneron
,
mai*
n'ose s'en charger. Les uns refusent, d'autres
pro-
mettent ou
,
même commencent
n'achèvent pas, tant l'en-
et
treprise leur paraît hardie, périlleuse, scabreuse.
Ce nV*t
pa« pourtant qu'ils voient rien
qui dût
lâcher monsieur
affaires,
si
le
l'on agit
les effraie. Ils
procureur du
roi
traité
,
on ne
sait
comme un
le
rassurer
,
il
a fait
pourquoi, que Paul-
de grandes coupures
Cour, tout
des
i'auteur
autre, et que, quelque
nom
de
lui, ses libraires et imprimeurs.
opuscule tout ce qui regardait
mœurs de
,
attirer
do m de
bien qu'il puisse dire, on le poursuivra au
rale publique,
écrit
et leur
,
légalement; mais
s'imaginent
Louis ne sera pas
dans cet
,
les
,
et
la
mo-
Pour
le*
retranché de cet
jésuites, dix p'g'-'s
des
Obligations
d'un Député ministériel, avec celte épigraphe de saint
Paul
La viande est pour le rentre ,/e ventre est pow la
la
le
chapitre intitulé
:
:
ïiande; une magnifique apostrophe aux abbés universitaires,
deux paragraphes sur la Sorbonne (grand dommage car ce
morceau était travaillé avec soin) , et sa péroraison entière
,
sur l'état actuel de l'Espagne.
qui coûtent tant à un auteur,
réduit à moitié environ
,
braiies et des
imprimeurs
Pieu aidant,
ta
Au moyen de
il
cessera
,
ces sacrifices
espère que son
d'être
et qu'il
teuniuc prochaine,
la
,
ouvrage,
terreur des
li—
pourra paraître euiLt
ÏP
(
)
LITTÉRATURE,
t
tjsjssjj Mjjfjff
MAGASIN ENCYCLOPÉDIQUE.
8
,Be
année,
Il
t.
Article sur une nouvelle édition <P Athénée
1802.
,
donnée
,
par M. Schweighœuser.
Voici un ouvrage attendu et
Athénée
demandé depuis
un auteur que ceux qui cultivent
est
ancienne ont sans cesse eutre
les
mains
et
•
usage, qu'on peut réduire toutes à une seule
ment
incorrectes et défectueuses
long-ierapi.
la littérature
les
,
ej
éditions
étaient telle-
qu'il fallait la plupart dir
,
temps deviner plutôt que lire le texte qu'elles présentaient ;
ce qui, joint aux difficultés particulières à cet auteur, eu
rendait
sés
la
lecture pénible
dans l'étude de
sa
aux hommes mêmes
langue
et
les
plus ver-
de l'antiquité grecque. Ce-
pendant depuis plus de deux siècles personne n'avait voulu
je charger d'en donner au public une nouvelle édition purgée de toutes lesfautes qui défigurent celles dont on se sert,,
et accompagnée des éclaircissemens nécessaires pour fad~
,
liter
aux lecteurs
l'Europe
,
pables de suivre ses traces
se pouvait, tout ce qui
sur Athénée
;
du
l'intelligence
qu'après Casaubon
mais
il
,
et
u'ait
texte.
Ce
n'est pas
eu d'habiles gens, ca-
de suppléer, autant que
manque au commentaire de
est à croire
que ce
a effrayé
travail
jusqu'à présent ceux qui auraient pu l'entreprendre
était tel
en
effet
de plus grand
dition
:
qu'on peut dire qu'il ne s*en
,
ni
de plus
car celle science
donner), qui
textes anciens
a
,
difficile
(
dans
quelque
pour objet d'expliquer
partage
se
férentes branche;
,
,
comme
toutes
,
et
poiut
de
l'éru-
qu'on veuille
et
les
de
il
offre
la carrière
nom
faire
ce savant
rétablir
lui
les,
autres, eu dii
dont chacune veut une élude toute par-
443)
(
d'un poète demande d'autre» con-
ticulièrc. L'explication
que celles d'un historien ; et les recherches népour bien euiendre celui-ci, seraieut de peu d'uti-
naissances
cessaires
pour
lité
du premier. Les philosophes,
l'intelligence
orateurs,
les
rhéteurs,
des sciences et des arts
écrit
ceux
grammairieus,
les
,
forment des
les
qui ont
classes séparées
donné
;
de
à personne
et
l'expérience a démoutré qu'il n'était
les
connaître tous à fond, ni d'exceller également dans toutes
de la critique c'était pourtant ce qu'il eût fallu
pour interpréter Athénée, qui n'est pas un seul auteur ,
mais un composé de mille auteurs aussi différens pour le
'•tyle que pour le fonds de leurs ouvrages, dont il a extrait
les parties
:
tout le sien. Mais
si
l'on ne devait pas s'attendre qu'il parût
amais un critique en état de
satisfaire à
que
tout ce
les
peuvent exiger rigoureusement d'un éditeur d'Athé"
cependant le public connaissait parmi ceux qui ont
lecteurs
née
,
cultivé avec le plus de succès ce genre de littérature, des
hommes
pour
dont l'érudition
cette
d'eux eût
la hardiesse
jourd'hui
le
peu de choses à désirer
que quelqu'un
clnrger. C'est ce que fait au-
laissait
grande entreprise
de
j
et souhaitait
s'en
pour n'avoir pas besoin d'éloge
vrage
Sou nom
G. Schweighœuser.
;
digue de la réputation dont
est
est
assez
connu
qui paraît de son ou-
et ce
jouit
il
parmi
les
sa-
vants.
Dans une
préface remplie de recherches intéressante?,
il
de tout ce queles anciens nous appreauent
sur son auteur, des secours qu'il a eus pour son propre trainstruit le lecteur
de chose d'Athénée.
écrits
de sa
assez
paraît
sait
peu
se»
furent plus connus que lui, puisque
auteurs qui aient
rien
Il
vie.
vague
le
fait
On
plus ancien*
mention de son ouvrage, ue nous diieut
même fixer que d'une manière
temps où
il
l'ère vulgaire.
Au
une
Schweighœuser se
a écrit, et ce n'e;t que sur
fondé à nous dire qu'Athénée
128 de
les
ne peut
conjecture un peu hasardée que le
croit
Ou
que de son temps même,
vail et de celui des éditeurs qui l'ont précéda.
reste,
C.
a fini
dan*
fé
son livre vers
pigémëét
qu'il
l'ait
,
<
( 444 )
Schweighœuser eit fort éloigné de la
partialité ordinaire aux commentateurs. Il avoue de bonne
foi que l'ouvrage d'Athénée lui paraît en soi assez mal conçu,
ou tant de matières héet que cette immense compilation
térogènes se trouvent entassées sans ordre ni mesure
tire
de son auteur,
le C.
,
,
aujourd'hui tout*on prix delà perte des auteurs dont on y
peu d'anciens ont parlé d'Aretrouve les débris. Du reste
,
thénée. Quelques uns,
pillé sans
être
comme
nommer. Le
le
Julien
Macrobe
et
l'ont
,
plus ancieu qui Tait cité paraît
Harpocration ou bieu Etienne de Bysance. Hésychius,
et tous les autres glossaleurs
vis nécessairement
;
ou lexicographes
s'en sont
mais tous n'ont pas eu sous
ser-
yeux
les
même d'Athéuée. Quelques uns, et entre autres
Eustathe, n'en ont connu que l'abrégé. On ne sait quel est
l'ouvrage
l'auteur de cet abrégé
sans aucun
,
ni
en quel temps
Hermolaus de Bysance. Mais quelqu'ait
a vécu, et c'est
il
fondement que quelques uns
l'ont attribué a
été cet auteur, le
nouvel éditeur en peuse assez favorablement. Il lui trouve
du jugement (tout en le blâmant d'avoir supprimé le plui
souvent
les titres
des ouvrages
,
et les
noms
des écrivains
allégués par Athénée) et ne découvre rien dans son style
qui ue
lui
grecque
s'écrivait
paraisse
convenir
Ensuite, venant au temps où
parut imprimé,
il
temps
au
où
largue
la
encore purement.
le
texte
même
d'Athénée
parle de l'édition d'Aide, la première de
toutes, donnée à Venise en i4 l 4* ^ en ra PP<>rte le titre
accompagné d'une espèce de didascalie fort curieuse où
l'éditeur Musurus se vante d'avoir corrigé plusieurs milliers
de fautes dans le texte et réduit à la mesure qui leur convenait les vers qu'il a trouvés écrits sous la même forme que
,
la prose-,
nouvelle preuve ajoutée à toutes
savants
,
plus
cette édition
bon
,
dont
,
il
ils
le
qu'on a
celles
déjà de l'audace des premiers éditeurs, qui, plus
ils
étaient
doivent être suspects. Quant au mérite de
C. Scinveighœuser
emploie
les
expressions
indigne de ceux qui en ont pris
d'accord avec Casau-
,
,
soin.
la
trouve inesacte
Cependant
il
et
rend
445)
(
justice à l'érudition de
Musurus, qui
ment plusieurs passages
altérés
conde édition
Bedrot
se lit
à Bâle, en
dans
i535
,
heureuse-
rétabli
a
les
La se-
manuscrits.
par
les soins
de Jean
de Christian Herlin. Ce ne serait qu'une réimcelle de Venise, avec de nouvelles fautes,
et
de
pression
comme
arrive toujours,
il
assez
maladroiterneut
«j'j'ils
l'ont
Cependant
pu
le
,
si
éditeurs n'avaient corrigé,
les
texte
le
d'Athénée
faire, en recourant
,
toutes les fois
aux auteurs
C. Sch-vveighceuser ne
fait
qu'il
cite.
pas de cette
édi-
peu de cas que Casaubon, qu'il accuse de l'avoir
en même temps trop méprisée et trop suivie en beaucoup
d'eudroits
dont il eût trouvé de meilleures leçons danj
Aide ou daus les manuscrits.
Après ces deux éditions , Athénée se trouvant dès-lors
tion aussi
,
entre
mains de tous
les
(comme nous
bon,
est
les
Le premier qui
traduire.
savants, on ne tarda pas à le
s'en
occupa fut Noël
l'appelons), dont tout
de nulle ou de peu
le travail
d'utilité, quoiqu'il ait
tage de remplir, à l'aide des manuscrits
qui se trouvait avant
les
dans
eu l'avan-
une grande lacune
quinzième
le
Comte
Casao-
livre.
A
cette
C. Schweighœuser entre dans des détails curieux
fragments et les variantes du texte d'Athénée , re-
occasion
sur
lui
,
le
dit
,
,
le
cueillis vers ce
temps-là par des
hommes
très
que Pietro Vettori, Muret, Henry Etienne,
savants,
et publiés
tels
de.
puis, ou seulement cités dans divers ouvrages, et cachés
aujourd'hui dans les bibliothèques. Casaubon fait mention
quelque part d'une édition d'Athénée, entreprise par Turtèbe, et dont il a vu le premier livre c'est tout ce que l'on
en sait. En i583, on imprima à Lyon la version de Dale:
champ
considérable qui se soit fait sur
, le premier travail
Athénée. Pour peu qu'on connaisse Dalechamp comme interprète d'Athénée
ou souscrira sans peine au jugement
qu'en porte le C. Schweighœuser , lorsqu'il dit qu'encore
,
,
que
ce traducteur ait
de son auteur,
«oup d'éloges
il
,
ne
manqué en
laisse
mille endroits le vrai sent
pas néanmoins de mériter beau-
pour avoir surmonté
le
premier, dénué des
446
(
«ecours que nous avons
)
de grandes
difficultés, et montic
presque partout une sagacité admirable. Casaubon ne lui a
,
pas rendu assez de justice, et
c'est de quoi le C. Schweigreprend ..lodérément. Enfin parut, en 1 ^*97 »
l'édition de Casaubon, la seule imprimée sous ses yeux, et
l'original de celles dont on se sert aujourd'hui, qui fut sui-
hœuser
le
vie trois ans après de son grand commentaire.
d'ouvrage plus connu ni plus fréquemment
Il
n'y a guère
parmi les
que donne
le C. Sclnveighœuser sur cet admirable livre. Par exemple,
ce qu'il nous appreud des manuscrits dont Casaubon s'est
servi , et des variantes qu'il a eues au moyen de divers
extraits, montre à merveille l'usage qu'en faisaient alors les
savants, moins minutieux, si l'on veut, mais aussi beaucoup moins exacts qu'on ne l'est aujourd'hui sur ce point.
Voilà en raccourci le tableau que trace M. Schweig—
hceuser du petit nombre d'éditions qui ont précédé la
savants, et on ne peut
sienne.
Il
vrages de
lire
sans intérêt les détails
parle ensuite des secours qu'il a
plusieurs
cité
savants
,
dû
tirer
des
qui, sans avoir travaillé
ouex
prqfesso sur son auteur, en ont traité quelque partie dans
des recueils de fragments corrigé ou éclair ci par occasion
,
divers passages; car on sent
importants, et
le
premier
éditeur d'Athénée,
toutes
finité
un point des plus
c'était
de mettre sous
sans
les
contredit, d'un
yeux des
lecteurs
conjectures ou explications éparses dans une in-
les
de
que
devoir,
livres
de critiqua ou de philologie qui ont paru
il n'y ec avait presque point qui n'of-
depuis Casaubon, et
frît
citer ou à réfuter. Ce seul traun grand service à rendre à la
antique. Le C. Schweighœuser n'a rien négligé
acquitter autant que le lui ont permis les res-
quelques observations à
vail, bien exécuté,
littérature
pour
s'en
était
sources qu'il avait à sa disposition
cherché
(ainsi
qu'on
le fait
;
et,
comme
il
u'a point
trop souvent) à éblouir ses lec-
teurs par des promesses fastueuses
,
ses lecteurs lui
sauront
gré d'avoir tenu plus qu'il n'avait promis.
Mais un mérite inap, rétiable de
cette nouvelle édition,
-
447
(
)
ce sera d'avoir été revue sur deux excellents manuscrits,
dont l'un était presque oublié l'autre paraît n'avoir été
,
connu de personne jusqu'à présent. Le premier contienten
entier l'abrégé d'Athéuée, et l'on y retrouve non seulement
les .passages que
diven savants ont publiés séparément
comme manquant dans les imprimés mais encore quelques
,
an-
autres entièrement inédits. Quoiqu'il ne soit pas plus
cien
que
de M.
grande
miiieu du quatorzième siècle t selon la conjecture
le
Sehv/eighœuser,
ne
il
d'abord pour
laisse
pas
d'une
d'être
enoù l'abrégé nous tient lieu du texte perdu, et ensuite
pour rétablir beaucoup de passages du texte même. Ce manuscrit est passé de la bibliothèque de Sedan dans celle de
Paris, d'où il a été envoyé à M. Schweighceuser
par
ordre du ministre de l'intérieur. Le second et le plus imou le croit du neuportant est venu de Venise à Paris
vième siècle, et par conséquent plus ancien qu'aucun des
manuscrits connus du même auteur. Mais ce qui le rend
plus précieux, c'est qu'il est évidemment l'original de tous
utilité,
la correction
de tous
les
droits
,
:
ceux qui existent aujourd'hui. Aux preuves qu'on en apporte il n'est pas permis d'en douter; et ces preuves sont
,
les
mêmes
auxquelles on a reconnu également pour original
un manuscrit de Longio de
que toutes
dire,
plaires
les
la
même
bibliothèque, c'est-à-
lacunes qu'on trouve dans
manuscrits ou imprimés,
les
exem-
répondent exactement à
des feuilles ou portions de feuilles qui manquent à celui-ci.
Les avantages qui doivent résulter, pour
tion,
regrette seulement
dans
la
nouvelle édi-
d'une pareille découverte, se conçoivent aisémeut
le
que
l'éditeur n'uitpu avoir sous les
cours de son travail, ce manuscrit qui
être la base
;
car,
quoique
celle collation ait
:
on
yeux,
devait en
été confiée
aux soins d'un jeune homme des plus instruits (i), et qui
a donné des preuves de son habileté en ce genre, cependant
on sait (et M. Schveighœuser en fait l'aveu quelque
(i)
M.
.Sc-bweighceuser le
i
ils.
(
que
448
)
yeux d'un éditeur découvrent en pareil es*
mille choses qui échappent aux plus clairvoyants, et ce regret est d'autant plus grand, qu'on connaît M. Schweigliœuser pour un des hommes les plus capables de tirer
part)
les
des manuscrits tout
que poiui louché
,
le parti possibie,
cù
n'ait fait des
il
qui n'en a pres-
lui
découvertes curieuses
et utiles.
Mais une réflexion qu'on ne peut s'empêcher de faire sur
de ce manuscrit, venu d'Italie eu Frauce depuis peu,
le sort
d'années,
c'est
que
tant dé
chez nous
la
grande révolution qui a transporté
monuments
des arts
des sciences et
,
tourne promptement au profit des unes et des antres. Ce*
chefs-d'œuvre de la sculpture antique et du pinceau mo-
derne attiraient
de-Ià
les
le» étudier a la hâte et
de
^
monts
,
nos
artistes obligé»
de
Désormais
les modèles de Part ne seront plus séparés de ceux qui les
savent reproduire; et, dans Paris, Raphaël a maintenant
plus d'élèves, Apollon plus d'adorateurs qu'a Rome même
au temps des Cé>ars
et
les
des
quitter à regret.
Médicis. Mais
ces premiers
où
l'on retrouve
exemplaires des auteurs anciens,
encore
après tant de siècles
,
de l'eioquence
paitont ailleurs
re» et
puis
du goût
que dans le
et
,
,
les
lieu
renai-sauce des lettres,
la
,
les
et
paroles
même des
étaient perdus
tous les secours nécessaires
thologie
les seuls
le
pour
le
maîtres
public,
où se réuuisseut les lumièpour en faire usage. Decharmant
recueil
de l'An-
de l'ancienne poésie conservée par
débris
Athénée , étaient dans les maius des savants et de tous le*
smateurs de la belle antiquité , mais défigurés par millô
tsches que
dis
cieux dans
Ou
la
critique s'effoiçait inutilement d'effacer, tan*
que Saint-Marc
l'étal le
et le
Vatican renfermaient ces textes pré-
plus approchant de leur pureté primitive.
ne connaissait qu'imparfaitement
dont M. de
le
fameux manuscrit
Rochette va se servir pour nous donner
l'AnthoIogien eu son entier; celui-ci, plus important peutêtre, était encore plus ignoré. Mais à peine entre nos
ît-.io
,
ces
la
trésors
de
l'Italie
soat aussitôt répandus datrs
(
tout
mon Je
le
savant, et
quVlle nous a
Au
4*9
)
elle-même
l'Italie
jouit des
dons
faits.
reste, l'éditeur prévient
qu'il n'a
pas eu
,
comme
beaucoup d'autres, l'avantage de se préparer pendant longtemps à un travail aussi difficile que le sien et de rassem,
bler à son aise tous les matériaux qui lui eussent été néces-
trouvé engagé à cette entreprise par une
, s'élant
de circonstances , au refus d'un homme de lettres qui
ne veut pas être nommé et qui avait auparavant promis
saires
suite
,
de
Des secours importants
s'en charger.
avait
compté,
ont
lui
,
sur lesquels
manqué au moment même
il
d'en faire
usage. Par exemple, le célèbre Brunck devait l'aider de ses
lumières et de sa bibliothèque. Mais ayant renoncé tout à
coup aux
lettres qu'il a cultivées
même de
résolu
avec tant de succès, et
se défaire des livres qui lui restaient
pu contribuer en
rien à cette édition
,
si
,
il
n'a
ce n'est par quel-
il y a loog-temps
,
sur les marges de
deux exemplaires, l'un desquels contenait ses propres conjectures
en assez grand nombre, mais faites, à ce qu'il
paraît dans le courant de la lecture et sans aucune médi-
ques notes écrites
,
,
,
tation
;
,
sur l'autre étaient
de Paris.
Tout
variantes d'un des manuscrits
les
communiqué
Deux
cela a été
hecuser, qui en a enrichi ses notes.
distingués
,
les
CC. Dutheil
et
Coray
,
lui
à
M. Schweig-
savants des plus
ont envoyé leurs
observations insérées dans son commentaire. Les notes
du
nombreuses, répondent
aux preuves qu'on a déjà de son érudition. Celles du second
se rencontrent plus fréquemment , et paraissent toujours
dignes de cette rare sagacité que les savauts lui connaissent.
Venons à l'ouvrage même età l'examen de son exécution.
Il est imprimé par la Société typographique de Deux-Ponts,
établie maintenant à Strasbourg et l'on peut dire que cette
premier, malheureusement peu
,
célèbre imprimerie n'a point encore produit d'ouvrage aussi
important ni aussi bien exécuté. Le texte
tine se trouveut sur la
même
riantes les plus considérables,
page
,
et
la version la-
accompagnés des va-
forme qui ue
plaît pas,
29
comme
(
on
sait
45o
le suffrage
)
mais qui a pour
à tous les savants,
,
d'un hooime dont l'autorité
en ces n»atîère3
,
elle l'usage et
d'un grand poids
est
même forme que M. Vyt-
c'en cette
tembach a adoptée peur son Plutarque après en avoir
montre les avantages dans sa Bibliothèque critique. Le volume qui paraît d'Athénée contient les troii premiers livres
du texte, partie de l'abréviateur, partie d'Athénée luimême. Les commentaires , sur les deux premiers livres
seulement, forment un volume séparé. Des chiffres placés
,
aux marges indiquent les pages et les chapitres de l'édition
de Casaubon ; et l'on n'a rien négligé de tout ce qui pouvait
être commode aux lecteurs dans l'usage de cette édition
tellement qu'il est plus facile d'y retrouver les citations de
,
que dans Casaubon même.
un article des plus importants,
devant être comme une espèce de commentaire perpétuel,
et épargner en même temps beaucoup de commentaires.
Aussi voit- on que M. Schweighœuser s'y est applicelle
de Casaubon
La
,
version latine était
qué singulièrement.
il
écrit
l'a
Il
refaite
en latin avec beaucoup de
en entier, et,
facilité
,
il
comme
a des ressources
toutes particulières pour rendre le texte avec précision
faire entrer ses lecteurs
dans
le sens
,
et
intime de l'auteur.
Il
n'y a que ceux qui connaissent le prix
pareil travail qui puissent lui en savoir
Les vers de Grotius lui ont
différents poètes. Mais on sent
en beaucoup d'endroits
,
où
servi
et la difficulté
le
pour
d'un
gré qu'il mérite.
ses
fragments des
qu'il lui a fallu les retoucher
changements
les
faits
au
texte
produisaient un nouveau sens. Ces changements sont fié—
quents et considérables. Cela ne pouvait être autrement
car
,
l'aide
outre une infinité de passages qu'on
des conjectures et des manuscrits
,
les
a
,
,
;
à
grammairiens
anciens (Suidas surtout qui ne s'est pas servi,
stache, de l'abrégé seulement
corrigés
mais du texte
comme Eumême ) ont
M. Schweighœuser de quoi suppléer en plusieurs
les noms des auteurs ou les titres des ouvrages
omis pat l'abréviateur. Il a tiré du même Suidas des
fourni à
endroits
,
,
( 45i
)
phsases entières dont on ne trouve aucune trace dans l'a-
brégé,
taire
,
l'a fait
a insérées dans le texte. S'il était en droit de le
et les
c'est
de quoi
les
devait attendre d'un
remplir
à
et
savants jugeront
mais sûrement
5
il
avec la critique judicieuse et le discernement qu'on
homme comme lui
heureusement
les
exercé à découvrir
,
lacunes dans
anciens
les
textes.
n'adopte ordinairement
Il
spection
les
,
qu'avec beaucoup de circon-
,
Casaubon
conjectures de
quelques probables qu'elles
et des autres critiques,
paraissent
dans
laissant
,
le
que donnent les manuscrits toutes les fois
qu'on peut en tirer un sens supportable, du moins dans
texte la
leçon
tout ce qui est écrit en prose
car
-,
,
dans
vers
les
,
il
se
pour rétablir le mette , ou
le trouvera peut-être , en quelques endroits, trop prompt
à recevoir les conjectures de plusieurs savants , dont les
montre bien moius
assertions
,
difficile
;
et,
ne sont pas toujours
sur celte matière,
démon-
on sait, en général, que ceux qui citent
des vers dans un ouvrage en prose, les tronquent et les
altèrent souvent , faute de mémoire ou à dessein. C'est ce
que Casaubon lui-même a reconnu dans Athénée ( page 3 ,
E et ailleurs ). Brunck , sur Aristophane ( frag. , page 23a)
a fait la même remarque j et c'est celte remarque qui doit
trées. D'ailleurs,
,
1
,
nous
en garde contre l'audace des critiques
tenir
,
qui tous
ont eu cette manie de refaire, sur un mètre quelconque,
les
à
fragments des anciens poètes cités par
quoi
et
ils
ayant
réussissent toujours
même
trouvé
,
les
grammairiens
n'étant embarrassés de rien
moyen de mettre
f
,
eu beaux ve-s la
prose de divers auteurs qu'ils ont pris pour des poètes. C'est
qu'uu fragment de l'historien Ménandre se lit en vers
pieds , de la façon d'un savant ( Schurfleiz sur Longin). qui a cru que ce Ménandre était le poète comique.
ainsi
de
six
voyez Casaubon sur Alhéuée p. 8 D. ) avait
les paroles d'Athénée
non moins heureusement
et
lui-même pensant que ce fusseut celles d'uu poète
Casaubon qui l'en reprend est tombé plus d'une fois dans
29*
Turnèbe
versifié
(
,
,
,
,
;
,
,
#•
(
la
même erreur comme
,
rait
appuyer
suffit
nous
)
le
verrons bientôt.
On
pour-
de beaucoup d'autres exemples, mais
ceci
il
volume que nous examinons les
donne l'éditeur pour remplir ou rétablir la
de voir
daus
,
peines que se
le
,
mesure des vers, ajoutant par
ci,
par
là
,
des hémistiche*
entiers, et recevant sans fbçon toutes les particules oiseuses
que lui offrent les critiques afin de combler quelque vide ,
ou soutenir le rhythme tombant comme dit Lucien ju
,
,
lieu d'avouer le plus
son abreviateur
souvent que Fauteur,
entiers,
mille manières différentes
Au
les
,
transposer et les couper en
comme on
dans beaucoup de citations, dont
reste,
modéré
<ie ce
plus encore
ont pu retrancher des mots, des hémi-
,
stiches, des vers
fait
et
reconnaît qu'il
les
même, M. Schweighœuser
en cela
l'a
originaux existent.
paraîtra fort
à ceux qui couoaisseut la furie de certains critiques
temps
,
lorsqu'il leur
tragique ou comique.
Il
en
tombe entre
est
les mains uu poète
peu avec qui ceux-ci
même
été quittes à si bon marché , et qui n'eussent pas
main-basse sur tout ce qu'd y a de vers dans Athénée,
en eussent
fait
m an con moltafretta. Mais le nouvel
bonne composition , qu'il a été jusqu'à
Menando ad amôe
éditeur est de
si
la forme de la prose
les fragments dont il
ou découvrir le mètre. D'ailleurs, il a soin de
n'admettre aacune conjecture daus le texte sans en avertir
et donue scrupuleusement, dans les notes ou dans les va-
souffrir, sous
n'a
pu
,
régler
,
riantes
,
leçon
la
manuscrits
des éditions et des
,
sincérité
plus rare qu'on ne croit.
Les variantes
texte et
,
comme on
plus iutéressautes.
l'ouvrage.
l'a
dit
se
,
version latine, non toutes
la
La
,
trouvent entre
le
mais seulement
les
Les autres seront rassemblées à
plus grande partie
du commentaire
la fin
est
de
em-
de ces variantes qu'on examine fort
mélode a des longueurs, elle a aussi ses
avantages. M. Schweighœuser aurait pu réimprimer séparément les commentaires de Cubausoa à la suite de «on ouployée
a la discussion
en détail;
si
,
cette
,
vrage, ouïes omettre tout-à-fait,
et
il
se serait
épargné
453
(
to'it le travail qu'il
a fiitsur ces
)
mêmes commentaires, pour
mais il a mieux aimé
morceaux par morceaux , et se
charger d'éclaircir ce qui s'y trouve d'obscur ou d'embarrassé , soit en joignant aux passages, dont Casaubou s'est
servi
l'indication exacte dei lieux où il les a pris, soit en
fortifiant lui-même ou mettant dans un plus grand jour les
la
commodité
les insérer
et l'utilité des lecteurs-,
dans
sieos
les
,
,
idées de ce savant
homme par
de nouvelles autorités.
On se
doute bieu néanmoins qu'il n'est pas toujours de sou avia.
Mais s'il le combat quelquefois, c'est toujours avec de bonnes
raisons
et le plus
,
souvent avec
et ce parti qu'il
succès-,
a,
de
manière à n Teu faire qu'un seul tout, a, pour lecteur et pour
lui
ce grand avantage, qu'à l'aide de quelque* mots ou
même d'un simple renvoi, fl confirme ou détruit le dire de
Casaubon , sans être obligé d'en faire une di-cussioa sépapris,
d'unir ses commentaires avec ceux de Casaubpn
,
,
rée,
,
comme
eût été nécessaire,
il
développer au lecteur
quefois
il
se contente
tout au long
rement
,
et n'en
étrarjger
Enfin
les
de faire
Casaubon
servations de
-,
eût fallu
s'il
le citer
,
et
du raisonnement. Quelmention par extrait des ob-
suite
la
,
,
mais
le
plus souvent
il
les
rapporte
retranche que ce'qui lui paraît entiè-
au texte de l'auteur.
savants trouveront dans ces deux volumes una
de choses intéressantes et nouvelles qui jettent uu
grand jour sur toutes les parties de l'érudition. Mais pour
mettre nos lecteursà porlced'en juger eux-mêmes, nous fixe-
infiûité
rons leur attention sur quelques endroits pris au hasard, qui
donneront une idée du tout et dans celte espèce de revue
de différents passages traités plus ou moins heureusement,
nous donnerons par occasion quelques idées qui nous sotit
,
venues dans
le
courant de
sens de quelques uns de
ce texte ait été traité,
habiles
,
il
n'est
la lecture sur la correction
ces-
passages.
comme oa
ïeflexions qui ont
tel
la lecture
qu'A.lhénée, ne produise
échappé
à ces
la
voit, par les gens les plus
presque pas possible que
attentive d'un auteur
ou
Car encore que tout
savants
hommes,
un peu
quelque
(4M
)
Couimauçons par deus corrections qui seiviront d'échantillons pour toutes les autres
(Suivent une vingtaine de pages contenant des explications sur beaucoup de passages
teurs, traducteurs et
mal compris par
commentateurs
MAGASIN ENCYCLOPÉDIQUE —Armée
DISSERTATION DE M. AKERBL iD
Tscmone greca sopra una lamina
un fepclcro
fjo'.iîe
'un
,
les édi-
dC Athénée.')
i8i3, tome 5.
INTITULEE
:
di piomho, ttovatx in
nulle vicinanzs di Atene. Rorua, presso
Lin»
î8io.
,
M. Akerhlad
une Disseril y a quelque temps,
une lame de bronze tirée d'un tom-
publia,
tation fort savante sur
beau près d'Athènes, et appartenante à M. Dodwel , voyageur anglais, qui a rapporté de la Grèce une infinité de
choses curieuses et intéressantes. Sur cette lame était gravé
le
nom
et
une seule
homme
d'un
lettre
que le
de tout cela
tandis
avec celui d'une des tribus d'Athènes
M y paraissait isolément
reste était
en creux. L'explication que donna
M. Akerbîad
,
aussi claire qu'ingénieuse et
pleine d'érudition, dut plaire beaucoup aux savants.
sera pas
moins
satisfait
>
tracée en relief,
de
la
manière dont
il
explique
On
,
ne
dans
un monument d'un autre genre, mais
et
les tombeaux d'Athènes
appartenant également à M. Dod^vel. C'est une feuille ou
plaque de plomb sur laquelle ont été tracées avec un poince nouvel ouvrage,
trouvé
comme
le
premier dans
,
,
çon
,
à ce qu'il paraît
difficiles
plusieurs lignes de caractères grecs
,
non
à déchiffrer,
tant à cause des lettres
même
connue» que parce que dans cette
espèce d'écriture cursive comme l'appelle M. Akerbîad,
'es traits de chaque lettre, à peine ébauchas
se doivent le
dont
la
forme
est assez
,
,
nlos souvent deviner.
II
faut voir, dans son
Mémoire même.
(
combien de peine
troûie tartreuse
d'endroits.
il
Enfin,
comme
Il serait
tion
,
inutile
lumière
la
couverte en beaucoup
l'écriture était
par son zèle obstiné, ces
raisses au jour, et,
Livrent à
et
eut besoin pour en enlever une espèce de
dont
,
)
quelques traces d'inscription,
l'on apercevait seulement
de quelle patience
455
eut d'abord à nettoyer celte surface, où
il
un poète
texte
ici le
traits
repa-
:
des tombeaux.
secret
le
de rapporter
dit
même
de l'inscrip-
qui ne se peut guères entendre qu'à l'aide des doctes
commentaires de M. Akerbiad. Il suffira de dire qu'elle
renferme une espèce d'imprécation contre un Satyres de
Sunyuni et un certain Démé/rius qu'on dévoue eux et le»
aux Dieux infernaux à Mercure et à la Terre invoqués pour les punir, sans doute comme auteurs de la mort
de celui qui fait contre eux cette imprécation. Le but de
,
leurs
,
,
l'inscription, l'orthographe, les formules qui
employées font
l'objet des notes savantes
d'une manière qui ne
et sont expliquées
Il
les
où
décrit les lieux
a
vus,
et à
qui
nue que l'ancienne.
cite
l'institut,
par
M.
une inscription du
communiquée
celle-ci, dernièrement
de
homme
qui
Grèce moderne nVst pas moins con-
la
Il
laisse rien à désirer.
découverte en
se fit cette
trouvent
s'y
M. Akerbiad,
de
Viscooti
,
notes se verront dans le prochain
dont
à
même
les
genre que
troisième classe
la
explications et les
volume des Mémoires de
deux monuments ont entre
celte compagnie; et comme ces
eux beaucoup de rapports et s'expliqueul même mutuellement, malgré des différences assez considérables, il entre dans
un examen approfondi de l'un- et de l'autre. Il rapporte après
le célèbre antiquaire romain deux passages
l'un de Tacite,
,
,
l'autre
que
de Dion
,
,
qui vienneut fort b eu au sujet
,
et
prouvent
l'usage était d'écrire ces sortes d'anathèmes sur
lames de plomb. Ensuite, citant d'autres passages de
rents auteurs classiques
i
,
il
fait
des
diffé-
voir que Mercure et la Terre
sont ordinairement iavoquéi dan:
de
telles
imprécations
j
4*>
v
et, par occasion,
il
noms de
trouve jointes aux
traité
expose
diverses
ces
Divinités.
au long, avec l'érudition
homme
)
les
épilhètes
Tout
sagacité
et la
qu'on
cela est
qu'on devait
exaforme de digression, et communique au
public mie inscription nouvellement apportée d'Athènes par
M. B.oustœdt , voyageur danois.
attendre d'un
mine
aussi expert en ces matières. Il
aussi, par
Les observations de M. Akerblad sur l'orthographe bizarre
du monuroeut qu'il explique ne sont pas moins cuque le reste, et intéresseront surtout ceux qui n'ap,
rieuses
prouvent pas la prononciation de certaines lettres dans le
langage des Grecs modernes. C'est un article sur lequel les
savants de cette nation souffrent avec peine qu'on les contredise, et qu'où oppose le témoignage d'une infinité de
monuments
à la tradition qu'ils prétendent avoir
Conservée
de l'ancienne pronouciatiou. Si quelque chose pouvait les
Convaincre de la fausseté de cette opinion, en un point du
Hioios, ce serait celle itiscription-ci où partout se
eoufondues deux
u'ont pas
le
lettres
dans
KOLAZHTH
reur de l'écrivain
prouoncé l'H
ne
,
trouvent
prononciation actuelle
la
H et E. Ou y
de KOLAZETE
moindre rapport, savoir,
par exemple,
Ou
qui
,
au
pu
qui n'eût
comme on
qu'iudiquer
fait ici
;
avoir lieu
si
alors
t
er-
on eût
aujourd'hui.
fait
quels roule celle dissertation
lieu
,
lit
les
principaux points sur
les-
dont l'auteur donne partout
,
des preuves de l'habileté qu'où lui connaissait déjà daus la
palœogiaphie
,
la littérature et les aits.
moins sans doute pour déchiif
presque unique eu sou genre
;
II
et
on
si
fait
oes rares counaissauces l'auteur joint celle
langues de l'Europe et de l'Orient
une égale
sèdent au
,
de
morceau
réflexion
la
qu'à
plupart des
qu'il écrit et parle avec
on conviendra que peu d'hommes posdegié une érudition si variée, et qu'aucun
facilité,
même
uu nouveau jour, par de samonuments de la Gièce et de
ne paraît plus propre a
jeter
vantes recherches, sur
les
l'Italie.
n'en fallait pas
er et expliquer ce
(45?)
LETTRE
ADRESSÉE
DELEGORGUE DE RONY,
A M.
PAR LÉON DE CHANLAIRE.
a-YJ-ONSIEUK
Porté à
la
,
députation par un collège dont
mon
vous devenez
mandataire,
et c'est à
ce
je fais partie,
titre
seul
que
me permets de voas adresser quelques observations sur le
nom que vous portez aujourd'hui et qui ne me semble pas,
je
,
aiusi qu'à bien d'autres
Compagnon,
enfauce
naître
;
,
j'ai
,
exactement
même,
jadis, l'ami
été plus
que personne
le vôtre.
j'ose
le dire
même
à
,
de votre
de vous con-
qui existaient entre votre
et des relations d'intérêts
mienne, m'ont mis à portée d'avoir fréquemment sous les yeux des coutrats et des signatures où monsieur votre père , votre famille et vous , sans doute , avez
famille et la
,
figuré plus d'une fois.
Si vous attribuiez
trariété
votre concurrent
j'avais tenu le
,
vous
,
,
le
Je pourrai
libre
ici
la
la
monde
me
très
-,
car
à
si
à vous écarter de cette ho-
j'aurais été voter contre
avez
con-
Chambre, préférablement
vous vous tromperiez étrangement
failement que je u'en
Mon
Monsieur, mes observations à
moins du
norable fonction
Je droit
,
de vous voir figurera
bien,
et
vous
}
j'en
avais
vous savez aussi pat -
ai rien fait.
dispenser de vous en donner la raison.
arbitre suffirait seul
;
niais
dans toutes cireou-
458
(
stances,
rations
ma
)
volonté ne se détermine que sur des considé-
mûrement réfléchies;
et
si
je
me
suis
abstenu de voter
pour ou contre vous c'est qu'il me paraissait totalement indifférent au bonheur de l'état
que vous ou votre caudidat
,
,
l'emportai dans
vous deux
du
,
la lutte
électorale qui n'était ouverte qu'entre
puisque tous deux on vous dit animés de l'amour
bien public. Revenons à l'objet de
ma
lettre
peut-être
:
n'avez-vous pas oublié que feu mon père acheta autrefois ua
champ qui était grevé d'une rente aunuelle de deux pots et
demi de beurre
et de treize livres dix sous tournois envers
que
feu mon père fut chargé de cette rente ,
\
jusqu'au moment où il jugea à propos de s'en débarrasser en
votre famille
la
remboursant.
Vous n'ignorez pas non plus sans doute que le dossirr
assez volumineux de cette rente porte votre nom, exactement tel qu'il est écrit sur votre acte de baptême , tel que
,
monsieur votre père
,
le signa toujours, c'est-à-dire
Delegorgue
de Piony.
Vous n'ignorez pas non plus, Monsieur, que nommé a la
mairie de Boulogne, en 181 5, place que, par parenthèse,
vous ne pouviez pas légalement occuper, n'ayant pas dans
la viile le domicile que veut la loi, vous avez, à cette
époque, changé tout à coup votrenomde Rony, nom qui
certainement en valait bien un autre par la considération
que votre respectable famille
deROS^sY,
dans
le
qui
Boulounais
n'était
et
;
avait su s'acquérir
jusqu'alors
,
,
celui
que ce travertissement
,
en celui
de personne
à
vue,
si
je
puis nrexprirner ainsi, fut opéré sans remplir la formalité
prescrite parles articles
Code qui nous
Vous n'avez
avez signé de ce
visé
,
4
5, 6, 7, 8,
1
et
9 du
titre
3
du
régit.
pas oublié
non plus, Monsieur, que vous
ainsi dire nouvellement impro-
nom pour
,
tous les actes administratifs de votre mairie
,
et
dans
nombre, plusieurs qui me concernaient. Or, je me trou^*,
par suite de ce changement subit de nom, dans un vér-
ce
embarras que
jo vais
vous communiquer.
45 9
(
Si votre véritable
que vous
nom
l'aviez toujours sigoé
heiirre sont
bonnes
;
mais
les
concernent étant signés Rosny
gaux
)
votre
,
,
nom
Rony
légal est
me
actes administratifs qui
,
sont-
ils
suffisamment lé-
?
Si au contraire,
Monsieur, votre
nom
réel est
Rosny,
vos actes administratifs sont bien légalement signés
alors
tel
,
mes quittances de pot de
mes quittance» de pot de beurre
,
!....
mais
;
sont-elles bien
légales?
Aujourd'hui
fois
dans
Monsieur, qu'après avoir échoué plusieurs
,
les luttes électorales
précédentes, vous vous trou-
vez enfin porté sur un plus grand théâtre; que vous êtes
enfin appelé , grâces à la fois au Ciel , à l'active coopération
de vos puissants amis
,
grâces surtout au triomphe de
vos
Providence, à siéger à
la Chambre des députés, vous y êtes devenu mandataire
d'un des départements principaux de la France , et l'un de
qualités personnelles
ces
hommes
yeux,
publics
,
et à la divine
sur lesquels la France entière à les
votre vie publique appartient dès aujourd'hui à
et
seul électeur du
noms de Rony ou
de Rosny que vous avez successivement portés en peu d'anl'histoire.
Je ne suis pas, Monsieur,
département qui
se
demande
nées, est réellement le vôtre
avez porté
le
le
lequel des
puisque vos ancêtres
;
premier jusqu'à
la
restauration
,
et
vous
et
que vous
portez Iesecond depuis la restauration seulement.
Celte question
Monsieur, que chacun se fait dans le
département qui vous a nommé, n'est pas une vaine question de curiosité.
,
Des
écrivains judicieux
rpoques
,
écrit l'histoire
et instruits
ont
de votre pays
-
,
à
différentes
l'histoire
Boulonnais, tant célèbre depuis vingt siècles
,
événements qui s'y sont passés que par l'influence
eue sur les destinées du monde.
,
Uoe
avec
histoire particulière aussi
l'histoire
rompue,
de ce
tant par
importante par
les
qu'ils ont
ses liaisons
générale, n'est pas susceptible d'être inter-
et, n'en douiez pas, elle sera continuée
un
jour.
tfo
(
La
)
p-iceéruinente que vous occupezaujourd'hui, Monsieur,
vous appelle
exacte , on se
un
à jouer
n'est
l'histoire
rôle dans celte histoire
intéressante
et
j
comme
et
utile qu'autant qu'elle est
demande aujourd'hui
que jamais
plus
en Bou-
,
vous êtes, ou si vous n" êtes pas de l'illustre
duc de Sully, qui à tant de
famille de ce fameux Rosny
litres sera toujours cher à la France, et dont le nom est eu
1
lonnais,
si
,
quelque
sorte
devenu une glorieuse propriété nationale,
que personne n'oserait aujourd'hui banalement usurper san*
un grand danger, celui du ridicule, qui est naturrlleraeut
d'un poids écrasant chez la uation qui arme le plu5 à rite en
Europe.
Jusqu'à ce que vous ayez bien voulu Monsieur résoudre
pour vos commettants, ce problème historique qui uv\
sauraitêtre un pour vous vous les abandonnez au vague du
et vous sentez que
faute de
vaste champ des conjectures
mieux ils doivent s'y livrer entièrement.
En attendant la solution qu'il vous est si facile de donner
sur ce point, je vais jeter un coup d'œil sur les principaux
,
,
,
,
,
,
,
on
dit
Un
qui ont circulé lors des élections.
journal d'abord
question de
nom
la légalité
de Rosny, qui
lonnais.
Il
,
comme
bien vous savez, a élevé la
de votre nomination sous
n'est
de
fait celui
a rappelé le trait cité par
Syrus qui changea
le
de personne
La Bruyère
,
,
nouveau
en
Bou-
d'un sieur
S en C pour avoir quelque
de Perse et il aurait pu
cela îa réfîexiou de La Bruyère,
autrefois son
ressemblance avec
l'ancien
ajouter philosophiquement à
roi
,
U
qui ajoute malicieusement qu'il n'eut qu'à perdre, par
comparaison qu'on
nom,
avec
les
fait
grands
lecteur à cet égard
toujours de celui qui porte un grand
hommes
qui l'ont
porté
a suppléé à la brièveté
du
;
plus d'uu
journalistr.
On a refeuilleté La Bruyère, et dans La Bruyère on a vu
que de son temps il y avait des personnes qui avaient jusqu'à trois noms un pour la ville, un pour la campagne et
ï'.iutre
pour je ne sais plus quelle circomtance et l'oi
%ei\ demandé si, à l'extmple deçà temps gothiques vuu :
,
\
,
5
,
,
(46i
)
voudiiez aussi avoir deux noms; un pour
un autre pour
Le
Frauqcliu
Franklin, et
de trop
lettre,
même
de Cyrus en a
trait
nommé
ses papiers
qui se
,
nV
s'il
avait pas,
la
réponse que lui
je
vous la
,
rappelé un plus récent d'un
disait
descendant de l'illustre
Monsieur, quelque chose
de Hop au-dessous de
trivial et
dans
citerais
ici
On
s'est
mais cette réponse
,
si
nom
actes civils sous le
est
suppléera facile-
y
encore également demandé
les
gravité de cette
la
juge en lui remettant
fit le
généralement connue, votre mémoire
ment.
naissance sur
privée, et
la vie
la vie politique.
inscrit à
,
votre
de Jean- Baptiste
et vous piéseutant à la Chambre sous
Jean- Baptiste Delegorgue de Rosny, vous ne
Delegorgue de Rony,
le
nom de
seriez pas exposé à
.
une
vous entendre dire Faites disparaître
de naissance vous servira.
:
petite s et votre acte
Eq
attendant que vous éclairassiez
delà famille de Rosny de Sully avec
le résultat des recherches
la
le
doute de l'identité
vôtre voici
,
qui ont été
faites
,
Monsieur,
à ce sujet
,
et les
réflexions qu'elles ont suggérées.
depuis
i° Le baron de Rosny Maximilien de Béthune
duc de Sully honoré de l'amitié du grand Henri naquit
eu t53cj, d'une très aucienne famille de France à la terre de
Rosny, qui appartient aujourd'hui à madame la duchesse
de Berry et sur la généalogie de votre famille on trouve,
,
,
,
,
vers
1
588, ce qui
suit.
Jean Delegorgue, marchand tanneur à Abbeville, pro-
du fief de Rétouval ,
tanneurs) en i588 , c'est-à-dire
priétaire
consul
et
à
(consul
l'époque de
la
des
vie de
Rosny de Sully.
marchand tanneur , fut marié à Frandu fief de Rony, sis à Bouilprès Blangy à quatre lieues d' Abbeville.
Jean Delegorgue
çoise
Mourète
,
,
propriétaire
lancourt en Série
,
,
Françoise Mourète, propriétaire du
fille
de Mourète, marchand brasseur
,
et
fief
de Rony,
de Robert
le
était
Canu
,
,
•(462)
hommage de
leur fief au seigneur,
mars 1604.
Jean Delegorgue fils des précédents , propriétaire des
docteur en médecine , fut
fiefs de Rony et de Rétouval
marié à demoiselle Delagarde ; il fut tué par M. Carpentier ,
son mari firent
elle et
le
1 1
,
,
prêtre qui était fou,
inhumé
et
paroisse St-Gilles, le 21
i658.
juillet
Jean Delegorgue, seigneur de Rony, docteur en médecine à Abbeville
dents
paroisse Ste.- Catherine
,
marié à demoiselle l'Allemand
,
,
,
des précé-
fils
par contrat du 9
septembre i653, devant de Boulogne, notaire à Abbeville.
Jacques-François Delegorgue , seigneur de Rony, conseiller au présidial d'AbLeville , puis lieutenant-général eu
la chaussée du Boulonnais, mort à Abbeville, paroisse
Ste.-Calherine, le 12 octobre 1712, marié à AntoinetteNicole Leroy.
François-André Delegorgue ( Delegorgue comme on l'a
,
vu constamment
ci-dessus, et
quelques uns l'ont
Rony,
dit sans
né à Boulogne
non pas, Delagorgue, comme
doute par corruption
)
sieur
de
vers
1705, paroisse St. - Joseph ;
mort à Abbeville paroisse du Saint-Sépulcre, le 19 juillet
1^55, marié par contrat du 29 mai iy3i devant Delignère,
,
,
notaire.
Vient ensuile
:
Antoine Nicolas Delegorgue de Rony ( votre respectable
père, Monsieur) , trésorier de France au bureau des finances
d'Amiens, qui, par parenthèse, signa toujours de Rony,
appert sur votre propre extrait de baptême, où
il vous donna le nom de Rony qui était le sien.
ainsi qu'il
Jusque-là
,
Monsieur
apparente entre
établissent celte
Je
affiliation
la vôtre.
affinité
;
on ne
s'y
Il
détailles
oppose pas du tout
les attend.
sais
signant
de Rosny de Sully et
cependant que des renseignements plus
se peut
mars 00
on ne voit pas grande
,
la famille
,
très
bien,
à dater
de
la
Monsieur,
personne n'ignore qu'en
et
restauration
,
du nom de Rosny
,
vous
463
(
)
n'avez jamais officiellement élevé la prétention d'avoir riea
commun
de
savez
avec Sully
mais
;
a peut-être cru voir
il
:
nom
bite d'un
,
en un autre, au
une fureur de
public est malin, vous le
le
dans celte transformation su-
moment
surtout où c'était
de grands noms
se parer
une tendance à
,
laquelle, sans doute, vous n'avez peut-être pas pensé.
Il s'est
dit par fois
que
votre but n'était pas de pa-
si
,
homme , cet acte de tranfimotif, devait toujours avoir
descendant d'un grand
raître
guration, quel qu'en soit
le
pour résultat , même à votre insu et contre votre vœu , sans
doute, d'attirer sur vous tonte la considération due à l'antique famille de Rosoy de Sully, qu'on regarde cependant
comme
bien étrangère à
à propos
de dissiper,
la
vôtre
,
tant
égard,
à cet
le
que vous ayez jugé
doute qu'a produit
l'examen généalogique ci-dessus.
On se fait même encore en Boulonnais
,
tions
que
vais
je
La charge de
sieur votre père
lonnais
trésorier de
,
l'un des
apporta pour
,
quelques objec-
,
vous soumettre.
France dont fut honoré mon-
hommes
les
première
la
noblesse dans sa
d'exercice,
famille, et ce, toutefois, après viDgt années
comme
le voulaient les
pour cela
encore
\
mais
il
peut que oui,
Il se
il
se
peut que non
\
fallait
demande
monsieur vdtre père a exercé vingt ans
si
charge.
règlements d'alors
vingt années d'exercice, et l'on se
les
du Bou-
plus instruits
fois la
la
cette
question
indécise
et l'on voudrait vous voir l'éclaircir.
Vainement
quelques personnes prétendent
monsieur
que le fief de Rony, sis à Bouillancourt en Série, près Abbeville, s'écrit Rosoy. Je trouve ce fait contesté par la ma-
est
,
,
nière dont
beurre
et
ce
,
nom
est écrit
dans
en argent que vous devait
de
le dossier
ma
famille
•,
la rente
je le
en
trouve
contesté par la manière dont signa toujours monsieur votre
père
me
,
qui
,
comme
je le disais
tout à l'heure
plais à le répéter, était l'un des
du Boulonnais , se
ment son nom. Je
,
hommes les
et
piquait sans doute de signer
le
trouve encore contesté
comme
je
plus instruits
,
correcte-
Monsieur
,
,
(•464)
par
la
manière dont vous écriviez votre
nom
jusqu'à la res-
tauration; et j'aime mieux penser que vous ne vous êtes
plutôt que de penser que vous vous
trompé que dix ans
trompé virjgt ans.
d'objections et de
Voilà, Monsieur, une suite de faits
,
êtes
,
raisonnements qui égare ceux qui recherchent l'exactitude
authentique de votre
s'instruire
nom
,
sur l'affinité ou
comme ceux
la
différence
qui cherchent à
de votre famille
avec celle de Maximilien deBélhune, baron de Rosny
de Sully. La solution de ce problème
,
est nécessaire à
dur,
ceux
qui écriront désormais l'histoire du Boulonnais où vous
êtes maintenant appelé à figurer
parce que
un jour;
et je la désire,
matériaux pour ce travail , si judicieusement mené jusqu'en i8o3 ou i8o4 ar M. Henry.
P
J'ai
je réunis des
l'honneur d'être bien sincèrement, Monsieur,
yotre très
humble et
très obéissant serviteur
Léon
électeur
du
,
DE CHANLAIRE
collège
du Pas de
Calais.
(465^
PAMPHLET DES PAMPHLETS.
m *+**mer99 /-m»
Jl endant que Ton m'interrogeait à
la préfecture de police;
prénoms, qualités, comme vous avez pu
voir dans les gazettes du temps , un homme se trouvant la
sans fonctions apparentes, m'aborda familièrement, me
demanda oonfidem ment si je n'étais point auteur de certaines
brochures \ je m'en défendis fort. Ah ! Monsieur , me dit-il t
vous êtes un grand génie , vous êtes inimitable. Ce propos ,
mes amis, me rappela un fait historique peu connu que
je vous veux conter par forme d'épisode , digression , pa-
sur
mes noms
renthèse,
,
comme
il
vous plaira
;
ce m'est tout un.
Je déjeûnais chez mon camarade Duroc , logé eh ce
temps-là , mais depuis peu, notez, dans une vieille maison
fort laide, selon
rez-de-chaussée.
moi, entre cour
Nous
et jardin
étions à tabie
,
,
où
il
plusieurs
occupait le
joyeux
,
,
en devoir de bien faire, quand tout à coup arrive , et sans
être annoncé, notre camarade Bonaparte, nouveau propriétaire de la vieille maison habitant le premier étage. Il
venait en voisin
,
bonhomie nous étonna au poiut
et cette
que pas un des convives ne
lève
,
et
chacun demandait
rasseoir. Il n'était pas
mets-toi et
:
savait
Qu'y
se
fit
de ces camarades à qui l'on peut dire,
nous. Cela eût été bon avant l'ac-
sachant trop que dire
,
il
mangez à
à nous regarder,
Ce sont des
ne
arti-
Oui, général. Vous, P.app ,
Oui, général. Et vous Savary^
mange au sel. Ah! général répond
l'huiler*
à la sauce; moi, je les
Debout
allait et venait.
chauts dont vous déjeûnez
les
Le héros nous
mange avec
quisition de la vieille maison.
Vous
On
ce qu'il faisait.
a-t-il ?
là
r*
,
,
3o
(466)
celui qui
vous
ppe] ai t alors Sa vary , vous êtes un grand
s'a
homme
;
êtes inimitable.
Voilà montrait d'histoire que
de vous
voir
faire
rapporte exprès, afin
je
mes amis, qu'une
,
on m'a
fois
traité
comme
Bonaparte, et par les mêmes motifs. Ce n'était pas
pour rien qu'on flattait le Consul, et quand ce bon Monsieur,
avec
que
douces paroles
ses
j'en faillis
égal
incomparable
,
comme
m'ont
se
,
me louer
mit à
perdre contenance
inimitable
,
dit depuis des gens
qui
conoaissent
ei
,
me louera mes
auxquelles je répondis
,
pus; Monsieur, me
je
le
san<
dessein
dé-
eut contentement. Après maints dis-
s'il
cours, maintes questions
mal que
homme
son
avait
il
,
voulait de moi quelque chose, pensant
pens. Je ne sais
démesurément
si
m'appelant
,
en
dit-il
me
le
moins
quittant,
Monsieur, écoutez, croyez-moi ; employez votre grand
génie à faire autre chose que des pamphlets.
ai réfléchi et
J'y
homme
éloquent
même,
de
seilla
Cour
,
d'assises.
me
eu
M. de Broë
morale publique
la
,
termes moins flatteurs,
,
me con-
devant
la
Vil pamphlétaire.... Ce fut un mouvement
oratoire des plus beaux
foi
souviens qu'avant lui
pour
zélé
,
quand
se tournant
de paysan , ne songeais à rien moins
,
vers
il
moi qui,
m'apostropha
Vil pamphlétaire , etc. , coup de foudre, non
delà sorte
de massue vu le style de l'orateur , dont il m'assomma sans
remède. Ce mot soulevant contre moi, les juges, les témoins,
avocat lui-même en parut
les jurés, l'assemblée (mon
:
,
ébranlé ), ce
mot
dans
de ces messieurs
l'esprit
décida tout. Je fus condamné dès l'heure
m'eut appelé pamphlétaire
Car
il
me
nomme
semblait bien en
un pamphlet
pamphlétaire à
qu'un
tel
,
;
je
à
,
dès
quoi
que l'homme du roi
ne sas que répondre.
je
mon âme
mon propre jugement
nom
inspirait
avoir fait
ne l'eusse osé
nier.
ce qu'on
J'étais
donc
voyant l'horreur
à tout l'auditoire, je demeurai
,
et
confus.
Sorti de là,
je
me trouvai
sur le grand degré avec
M. Ar-
thus Bertrand, libraire, un de mes jurés, qui s'en
allait
467
C
dîner
,
m 'ayant déclaré
de
le saluai;
homme du monde,
car c'est le meilleur
je le priai
)
coupable. Je
me vouloir
et
il
m'accueillit,
chemin
faisant,
dire ce qui lui semblait à reprendre
Simple Discours condamué. Je ne l'ai point lu, me
c'est un pamphlet , cela me suffit. Alors je lui
;
demandai ce que c'était qu'un pamphlet , et le sens de ce
mot qui, sans m'être nouveau , avait besoin pour moi de
quelque explication. C'est, répondit-il , un écrit de peu de
pages comme le vôtre, d'une feuille ou deux seulement. De
dans
le
dit-il
mais
repris-je
trois feuilles,
Peut-être
,
me dit-il
encore
serait-ce
,
un pamphlet'?*
dans l'acception commune; mais pro-
,
prement parlant, le pamphlet n'a qu'une feuille seule \ deux
ou plus font une brochure. Et dix feuilles ? quinze feuilles ?
vingt feuilles ? Font un volume , dit-il un ouvrage.
Moi, là-dessus. Monsieur , je m'en rapporte à vous qui
devez savoir ces choses. Mais hélas j'ai bien peur d'avoir
,
!
fait
en
effet
nn pamphlet
Sur votre honneur
,
comme
et conscience,
dit le
procureur du roi.
puisque vous
êtes juré
,
monsieur Arthus Bertrand, mon écrit d'une feuille et demie
est-cepamphletou brochure? Pamphlet, me dit-il, pamphlet
sans nulle difficulté. Je suis donc pamphlétaire? Je ne vous
ménagement, compassion du malheur ; mais c'est la vérité. Au reste , ajouta-t-il si vous
vous repentez Dieu vous pardonnera ( tant sa miséricorde
est grande !) dans l'autre monde. Allez, mon bon Monsieur,
l'eusse pas dit par égard,
,
,
ne péchez plus
et
Voilà
comme
il
;
allez à Sainte-Pélagie.
me
consolait.
grâce encore une question.
Monsieur,
Deux ,me
lui
dis-je
,
de
dit-il, et plus, et taut
vous plaira, jusqu'à quatre heures et demie qui je crois,
vont sonner. Bien , voici ma question. Si , au lieu de ce pamphlet sur la souscription de Chambord, j'eusse fait un volume,
un ouvrage , l'auriez- vous condamné? Selon. J'entends ,
vous l'eussiez lu d'abord , pour voir s'il était condamnable.
qu'il
Oui
,
,
je l'aurais
dit
pamphlet
,
le pamphlet vous ne le
pamphlet ne saurait eue bon.
examiné. Mais
pas? Non, parce que
dit
uu
le
écrit tout plein
lisez
Qn
de poison, rie prison?
3o*
,
4^8
(
Oui, Monsieur
lirait
pas,
s'il
)
de plus détestable, sans quoi on ni le
n'y avait du poison? Non, le inonde est ainsi
,
et
on aime
le poison dans tout ce qui s'imprime. Voir»
pamphlet que nous venons de condamner par exemple j«
ne le connais point; je ne sais en vérité ni ne veux savoir
ce que c'est mais on le lit
il y a du poison. Monsieur le
procureur du roi nous l'a dit et je n'en doutais pas. C'est
le poison, voyez-vous, que poursuit la justice dans ce*
sortes d'écrits. Car autrement la presse est libre; imprimer,
publiez tout ce que vous voudrez, mais nou pas du poison.
Vous avez beau dire, Messieurs, on ne vous laissera pas
distribuer le poison. Cela ne se peut en bonne police et 1»
gouvernement est là qui vous en empêchera bien.
Dieu, dis— je eu moi-même tout bas Dieu, délivre-nou»
du malin et du langage figuré Les médecins m'ont pensé
tuer, voulant me rafraîchir le sang; celui-ci m'emprisonna
de peur que je n'écrive du poison; d'autres laissent reposer
et nous manquons de blé au marché. Jésus
leur champ
mon Sauveur, sauvez-nous de la métaphore.
fait;
,
,
;
;
,
.
,
!
,
,
le
poison ne vaut rien
Mais
veille d'en arrêter le débit.
inonde,
à ce
que vous
qu'avec ce poison
Oui,
terie».
mentale,
cette courte oraison
Après
Monsieur
dites
y a dans
il
je repris:
du tout,
En
et l'on fait à
effet
mer-
m'étonne comment le
je
l'aime tant. C'est sans doute
,
les
pamphlets quelque chose...
des sottises, des calembourgs, de méchantes plaisan-
Qu« voulez-vous, mon
cher Monsieur
,
que voulez-
vous mettre de bon sens en une misérable feuille? Quelles
idées s'y peuvent développer ? Dans- des ouvrages raisonnéa
au sixième volume
Yenir.
Une
à peine entrevoit-on
feuille, dis-je,
il
est vrai
,
où l'auteur en veut
ne saurait contenir
me dit-il, et je n'en lis audonc pas les mandements de Monseigneur l'évêque de Troye pour le Carême et pour l'Avent?
Ah vraimeut ceci diffère fort. Ni les pastorales de Toulouse sur la suprématie Papale ï Ah
c'est autre chose cela.
Êonc à votre ems quelquefois une brochure , une simpl»
grand chose. Rien qui vaille,
cune. Vous ne
lisez
i
!
,
,
4«9
(
ture
houle du
,
)
Fi! ne m'en parlez pas, opprobre de
feuille
siècle et
de
la
nation
littéra-
la
qu'il se puisse trouver
,
des auteurs, des imprimeurs et des ^lecteurs de semblable*
impertinences. Mousieur, lui dis- je,
de Pascal... Oh
de notre langue]
!
Livre admirable
Eh bien
pourtant des pamphlets
tenez
nore
j'ai
,
,
autant
Lettres provinciales
divin
,
chef-d'œuvre
le
Ce chef-d'œuvre divin, ce sont
!
Non
des feuilles qui parurent...
là-dessus mes principes
grands ouvrages
les
postérité
les
,
,
mes
idées.
pour durer
faits
,
Autaul j'ho-
et vivre
dans la
méprise et déteste ces petits écrits éphémères, ces papiers qui vont de main en ma' et parlent aux
gens d'à-présent des faits, des choses d'aujourd'hui. Je ne
,
puis souffrir
les
petites lettres
allaient
tendre
qui
,
,
je
pamphlets. Et vous aimez
comme
,
les
Provinciales
quand
appelait,
les
elles
de main en main. Vrai , coutinua-t-il sans m'enc'est un de mes étonnements
que vous, Monsieur,
,
à voir, semblez
pour
on
alors
être
homme
bien né,
quelque chose dans
empêchait de devenir baron
homme éduqué
monde
le
comme un
;
s
fait
car enfin qui vous
autre? Honorable-
ment employé dans la police, les douanes , geôlier, ou gendarme, vous tiendriez un rang, feriez une figure. Non j«
n'en reviens pas , un homme comme vous s'avilir s'abaisser
,
,
jusqu'à faire des pamphlets!
Ne
rougissez- vous point? Biaise,
nigendarme,
employé de M. Franchet. Chut Paix Parlez plus bas f
carilpeut nous entendre. Qui donc? L'abbé Franchet? Se-.
lui répondis-je
,
Biaise Pascal n'était geôlier
ni
!
rait-il
si
près de nous? Monsieur,
humble
heures et demie; votre
me
est partout.
serviteur.
Moi
Voilà quatre
le
vô-tre. l\
quitte et s'en alla courant.
Ceci
,
mes chers amis, mérite considération
nêtes gens,
et
il
!
M.
M. de Broë
gnité
,
,
voilà trois
Vous eu verrez
la.
trois
si
hon-
personnage émiuent en science
hommes de
,
en
di-
bien ennemis des pamphlets.
d'autres assez et de la meilleure compagnie,
qui trompent un
prêtent
;
A.rthus Bertrand, ce monsieur de la police,
ami
,
séduisent sa
fille
ou
leur pou» obtenir une place -honorable
sa
,
femme
,
mentent
,
47°
(
à tout venant, trahissent
)
manquent de
,
et tiendraient à
foi
grand déshonneur d'avoir dit vrai dans un écrit de quinze
ou seize pages. Car tout le mal est dans ce peu. Seize pages,
vous êtes pamphlétaire et gare Sainte-Pélagie. Faites en
seize cents
,
vous serez présenté au
nesaurais. Lorsqu'on i8i5
celui-là
ses
même d'à- présent, nous
gendarmes
du
et
,
roi.
Malheureusement
je
commune,
maire de notre
le
donner de nuit Passant par
en prison de pauvres gens
révolution, dont les femmes,
fit
traîner
lit
qui ne pouvaient mais de
la
était ample à fournir des
volumes et je n'en sus tirer qu'une feuille tant d'éloquence me manqua. Encore m'y pris- je à rebours. Au lieu
c!e décliner mon nom et de dire d'abord comme je fis ,
mes bons messieurs je suis Tourangeau si j'eusse commencé Chrétiens , après les attentats inouis tf une injer^iale révolution.... dans le goût de l'abbé de la Mennais
une lois monté à ce ton il m'était aisé de continuer et mener à fin mon volume sans fâcher le procureur du roi. Mais
je fis seize p^gesd'uo style à peu-près comme je vous parle,
les enfants périrent
metière
la
,
,
,
,
,
:
,
et je fus
quand
pamphlétaire insigne
vint la souscription de
volume
et
depuis, coutumier
Chambord
,
\
il
n'y avait là ni
à faire
,
pamphlet,
étant malaisé d'ajouter
du
sagement
une
dire; ce n'était matière à traiter en
fallait rien
ni eu cent
;
ni
aux
il
fait,
n'en
feuille
brochure
,
ni
flagorneries et
dangereux d'y contredire comme je l'éprouvai. Pour avoir
voulu dire Ik-dessus ma pensée en peu de mots, sans am,
bages
ni
circonlocutions,
pamphlétaire encore
,
en
prison
deux mois à Sainte- Pélagie. Puis, à propos de la danse qu'on
nous interdisait j'opinai de mon chef gravement , entendez-vous, à cause de l'église intéressée là-dedans, longuement, je ne puis, et retombai dans le pamphlet. Accusé
,
,
poursuivi
,
mon
innocent langage
et
mon
parler timide
trouvèrent grâce à peine; je fus blâmé des juges. Dans tout
ce qui s'imprime
il
y
a
du poison plus ou moins délayéselon
ou moins malfaisant, mortel.
l'étendue de l'ouvrage, plus
De Yacétate de morphine^ un
grain dans une cuve se perd
,
47'
(
n'est point senti
,
)
dans une lasse faire vomir
en une
,
cuille-
rée tue, et voilà le pamphlet.
Mais d'autre part mon bon ami
écuyer, m'écrit ce que
Singulier
homme
,
sir
John
Bickerstaff,
tout-à-l'heure vous traduire.
je vais
philosophe
,
autant qu'on saurait
lettré
être, grand partisan de la réforme
lement , mais uuiverselle j
ments de l'Europe, dont
il
le
non parlementaire seuveut refaire tous les gouverne-
meilleur
,
dit-il
,
ne vaut rien.
daus son pays d'une fortune honnête. Sa terre n'a
d'étendue que dix lieues en tout sens, un revenu de deux ou
trois millions au plus; mais il s'en contente, et vivait dans
Il jouit
cette
douce médiocrité
quand
,
les
ministres
le
voyant
homme à la main, d'humeur facile, comme sont les savants,
comme était Newton, le firent entrer au parlement. Il n'y
fut pas que le voilà qui tonne tempête contre les dépenses
delà Cour, la corruption les sinécures. On crut qu'il en
voulait sa part , et les ministres lui offrirent une place qu'il
accepta , et une somme qu'il toucha, proportionnée à sa
fortune, selon l'usage des gouvernants de donner plus à qui
,
,
plus a. Nanti de ces deniers
semble
paysans
les
,
,
il
retourne à sa terre, as-
laboureurs
les
,
et tous les fermiers
da
heureusement
du monde une partie de ce qu'on vous prend pour entretenir les fripons et les fainéants de la Cour. Voici l'argent dont
je veux faire une belle restitution. Mais commençons par
comté
,
auxquels
il
dit
:
J'ai rattrapé le plus
cette an, combien as-tu payé
Toi , Paul, vous , Isaac et John ,
votre quote ? Et il la leur compte ; et ainsi tant qu'il en
resta. Cela fait , il retourne à Londres , où prenant posses-
plus pauvres. Toi
les
née-ci ? Tant
j
,
Pierre
le voilà.
sion de son nouvel emploi
,
d'abord
il
gens détenus pour délits de paroles
les
grands
lui
,
les ministres
en donnait
le
,
les suisses,
pouvoir
,
si
voulait élargir tous
,
propos contre
et l'eût fait,
on ne
l'eût
les
car sa place
promptement ré-
voqué.
Depuis
il
s'est
mis à voyager et m'écrit de
Rome
:
« Lais-
* ser dire, laissez- vous blâmer, condamner % emprisonner
,
47*
(
)
» laissez-vous pendre; mais publiez votre pensée. Ge n'est
c'est un devoir , étroite obligation de qui-r
» pas un droit
,
> conque a une pensée delà produire
9
le
bien
commun. La
et
mettre au jour pour
Ce que vous
vérité est touteà tous.
> connaissez utile, bon à savoir pour un chacun, vous ne
> le pouvez taire en conscience. Jenner qui trouva la vac» cine eût été un franc scélérat d'en garder une heure le
> secret ; et comme il n'y a point d'homme qui ne croie
» ses idées utiles, il n'y en a point qui ne soit tenu de les
> communiquer et répandre par tous moyens à lui possibles.
» Parler est bien, écrire est mieux
imprimer est excel-,
>
leate chose.
Une
pensée déduite en termes courts et clairs
,
» avec preuves, documents exemples, quand on l'imprime,
> c'est un pamphlet et la meilleure action courageuse sou> vent , qu'homme puisse faire au monde. Car si votre penmauvaise on la corrige et
> sée est bonne , on en profite
,
,
,
> l'on profite encore. Mais l'abus.... sottise que ce mot ;
» ceux qui l'ont inventé ce sont eux qui vraiment abusent
> de la presse, en imprimant ce qu'ils veulent, trompant,
> calomniant et empêchant de répoudre. Quand ils crient
,
> contre
>
les
pamphlets
,
journaux
raisons admirables. J'ai
,
brochures
mieones
les
et
,
ont leurs
ils
voudrais qu'on en
fit
» davantage, que chacun publiai tout ce qu'il pense et sait! Les
> jésuites aussi criaient contre Pascal et l'eussent appelé para> phlétaire, mais le mot n'existait pas encore; ils l'appelaient
>
tison d? enfer
la
,
même
chose en style cagol. Cela signifie
» toujours un homme qui dit vrai et se fait écouter. Ils ré> pondirent à ses pamphlets par d'autres d'abord sans suc> ces , puis par des lettres de cachet qui leur réussirent
* bien mieux. Aussi était-ce la réponse que faisaient d'or» dinaire aux pamphlets le? gens puissants et les jésuites.
,
>
A
les
entendre cependant
> méprisaient
les
petites lettres
,
,
c'était
> capables tout au plus d*amuser un
> sance
,
le
scandale,
» consistance,
ui
,
moment
,
ils
par la médi-
de nulle valeur, sans fonds
écrits
substance
peu de chose
misérables bouffonneries,
comme
on
dit
maintenant,
ni
lu?
473
(
» le matin
»
tel
,
homme,
d'un savant
)
somme
oubliés le soir, en
,
indignes de lui
» employant ainsi sou temps et ses talents
>
>
non des
feuilles,
lieu
de raisonner gravement
> faisaient
> pour
> moquerie de Pascal a
>
les édits, a
reproche qu'ils lui
c'était le
•,
Qu'est-il arrivé ?
soi les rieurs.
écrivant des
,
coutumière querelle de qui n'a pas
vieille et
,
d'an
tournant tout en raillerie, au
et
livres,
,
L'auteur se déshonorait en
!
fait
la raillerie, la fine
que n'avaieot pu
ce
les arrêts ,
chassé de partout les Jésuites. Ces feuilles
> légères ont accablé
le
grand corps.
Un
si
pamphlétaire en
se jouant met à bas ce colosse craint des rois et des
> peuples. La société tombée ne se relèvera pas, quelque
> appui qu'on lui prête , et Pascal reste grand dans la mé-
»
» moire des hommes, non par ses ouvrages savants , sa rouJette , ses expériences , mais par ses pamphlets , ses pe-
»
»
tites
lettres.
> Ce ne sont pas
» Cicéron
,
mais
ses
les
Tusculanes qui ont
harangues
> rureot en
feuilles volantes,
> guette, à
la
manière d'alors
fait le
nom de
vrais pamplets. Elles
,
pa-
non roulées autour d'une ba—
,
la
plupart
même
et les plus
» belles n'ayant pas été prononcées. Son Caton , qu'était» ce qu'un pamphlet contre César qui répondit très-bien,
» ainsi qu'il savait faire et en homme d'esprit digne d'être
,
» écouté
même
après Cicéron.
» n'ayant de César ni
-»
quelque autre
la
Un
plume
autre depuis
ni l'épée,
pour réponse fit tuer
feuille,
,
féroce et
maltraité dans
le
pamphlétaire
» romain. Proscription, persécution, récompense ordioaire
» de ceux qui seuls se hasardent à dire ce que chacun pense.
»
De même
•»
Grèce, Démosthènes dont
avant lui avait péri
> modèle du genre.
» une assemblée,
> eussent produit
» pamphlets,
» uaient plus
les
le
grand pamphlétaire de
Mal entendues
les
s'il
peu
d'affaires
et
de peu de gens daus
eût prononcées seulement, elles
d'effet;
de l'aveu
la
Philippiques sont demeurées
mais
écrites
on
les lisait, et ces
même du Macédonien,
que
les
lui
don-
armes d'Athènes, qui enfia
? succombant perdit Démosthènes et la liberté.
,,
(4:4)
» Heureuse de nos jours l'Amérique et Franklin qui vit
ayant plus que nul autre aidé à l'affranchir
fameux Bon Sens brochures de deux feuilles.
Jamais livre ni gros volume ne fit tant pour le genre
humain. Car aux premiers commencements de Piosurrection Américaine, tous ces États, villes, bourgades , étaient
partagés de sentiments; les uns, tenant pour l'Angleterre
fidèles , non sans cause
au pouvoir légitime \
d'autres appréhendaient qu'on ne s'y pût soustraire et
craignaient de tout perdre en tentant l'impossible ;
plusieurs parlaient d'accommodement , prêts à? se con-
> son pays libre
,
» par son
>
>
»
>
>
,
,
>
>
>
,
» tenter d'une sage liberté, d'une Chartre octroyée, dût-elle
> être bientôt modifiée , suspendue ; peu osaient espérer
un résultat heureux de volontés si discordantes. On vit
» en cet état de choses ce que peut la parole écrite dans uu
y
monde
» pays où tout le
lit
,
puissance nouvelle et bien
> autre que celle de la tribune. Quelques mots par hasard
3>
d'une harangue sont
recueillis
de quelques uns; mais
la
un peuple , à tous les peuples à la fois
comme en Amérique ; et de l'imprimé
» presse parle à tout
> quand ils lisent
» rien ne se perd. Franklin écrivit ; son Bon Sens réu> nissant tous les esprits au parti de l'indépendance décida
,
» cette grande guerre qui là terminée
> reste
,
continue
dans
le
du monde.
» Il fut savant } qui le saurait s'il n'eût écrit que de sa
9 science ? Parlez aux hommes de leurs affaires , et de l'af> faire du moment , et soyez entendu de tous , si vous vou> lez avoir un nom. Faites des pamphlets
comme
Pascal
Démoslhènes, comme Saint- Pau' et
> Saiot-Razile; car vraiment j'oubliais ceux-là, grands
> hommes dont les opuscules, désabusant le peuple païen
> de la religion de ses pères, abolirent une partie des au> Franklin , Cicéron
,
> tiques superstitions et firent des nations nouvelles. De
» tout temps les pamphlets ont changé la face J*i monde.
> Ils semèrent chez les Anglais ces principes de tolérance
> que porta Peun en Amérique, et celle-ci doit à Franklin
(
4?5
)
mêmes moyens qui la lui ont
tout s'imacquise, pamphlets, journaux, publicité. Là
La
chacun.
importe
à
qui
ce
de
secret
prime ; rien n'est
et Ton en
presse y est plus libre que la parole ailleurs
emPourquoi? C'est qu'on en use sans nul
> sa liberté maintenue par les
>
»
»
,
* abuse moins.
qu'elle
qu'une fausseté , de quelque part
rien
que
intéressés
les
par
démentie
vienne , est bientôt
aucune
pour
ménagement
de
n'a
On
se
taire.
à
n'oblige
ne saurait
imposture, fût-elle officielle; aucune hâblerie
ayant ia
n'y
trompé,
subsister-, le public n'est point
silence a
d'imposer
et
mentir
de
personne en pouvoir
mal et en emtout contradicteur. La presse n'y fait nul
quand vous
dire
le
vous de
pêchement
»
»
»
>
»
>
>
,
et
» pêche... combien? C'est à
Peu de volumes
» aurez compté chez vous tous les abus.
le
et pourtant tout
un,
pas
livres
gros
de
paraissent,
»
peuple qui lise et aussi le seul
n'obéir qu'aux lois.
> iostruit de ce qu'il faut savoir pour
jour et en nombre
chaque
circulant
imprimées,
» Les feuilles
de tout âge. Car
et
mutuel
enseignement
un
> infini, font
journaux , mais sans
> tout le monde presque écrit dans les
de tours ingénieux;
» légèreté ; point de phrases piquantes,
gens-là. Qu'il s aces
> l'expression claire et nette suffit à
péril , d'une coahd'un
,
l'état
dans
> gisse d'une réforme
monde
>
lit;
c'est le se.
1
liberté , ou du
» tion des puissances d'Europe contre la
ne diffère
style
> meilleur terrain à semer les navets , le
l'entend ;
chacun
que
dès
,
» pas , et la chose est bien dite
mérite
brièvement
plus
l'est
,
qu'elle
dite
> d'autant mieux
facile de clore en peu de
ni
?
-vous
savez
,
commun
> non
page pleine dans les
> mots beauconp de sens. Oh qu'une
sont capables d en
gens
de
peu
et que
> livres est rare
lettre de Pascal était
moindre
La
sottises
sans
» écrire dix
l'Encyclopédie. Nos Ame» plus malaisée à faire que toute
songé à cela , mais
jamais
avoir
» ricaios , sans peut-être
!
!
guide , brefs dans
avec ce bon sens de Franklin qui les
paroles , font le moins de
de
ménagers
,
écrits
leurs
» tous
guère leurs idées qu«
> livres qu'ils peuvent et ne publient
»
(4:6)
> dan»
»
>
>
>
»
»
les
,
journaux
,
qui
,
le corrigeant
Pun
amènent toute invention, toute pensée nouvelle à sa perfection. Un homme
s'il imagine ou découvre quelque chose d'intéressant pour le public, n'eu
fera point un gros ouvrage avec son nom en grosses lettres,
par Monsieur
de V'Académie mais un article de
journal ou une brochure tout au plus. Et notez ceci en
passant, mal compris de ceux qui chez vous se mêleut
> l'autre
>
pamphlets
lei
,
,
,
,
d'écrire \ il n'y a point de bonne pensée qu'on ne puisse
> expliquer en une feuille, et développer assez ; qui s'étend
> davantage, souvent ne s'entend guère, ou manque deloi-
>
comme dit l'autre, pour méditer
De la sorte, en Amérique sans
sir,
»
,
et faire court.
savoir ce
que
c'est
> qu écrivain ni auteur, on écrit , on imprime , on lit au»
> tant ou plus que nulle part ailleurs , et des choses utiles,
> parce que là vraiment il y a des affaires publiques , dont
> le public s'occupe avec pleine connaissance, sur lesquelles
5> chacun consulté opine et donne son avis. La nation, comme
>
>
»
>
>
>
9
si elle
était toujours
cesse de délibérer sur
forme
ses
,
recueille les voix et
chaque point
d'intérêt
commun,
ne
et
résolutions de l'opinion qui prévaut dans le
peuple, dans
cune;
assemblée
c'est le
le
peuple tout entier, sans exception au-
bon
sens de Franklin. Aussi ne fait-elle
point de bévues et se
moque
des cabinets, des
même peut-être.
> De semblables
boudoin
idées dans vos pays de boudoirs
ne
» réussiraient pas , je le crois, près des dames. Cette forme
» de gouvernement s'accommode mal des pamphlets et de
,
» la vérité naïve. Il ferait beau parler bon sens , alléguer
» l'opinion publique à mademoiselle de Pisseleu, à made> moiselle Poisson, à madame du B...., à madame duC...
» Elles éclateraient de rire les aimables personnes en pos» session chez vous de gouverner l'État , et puis feraient
> coffrer le bon sens et Franklin et l'opinion. Français
s» charmants
sous l'empire de la beauté , des grâces , vous
!
9 «tes ud peuple courtisan
,
plus
que jamais maintenant-
(477)
s'est fondu dam la nation;
de bœuf. Tout le monde eo France
> Par larevolutioa, Versailles
a Paris
est
devenu
>
fait ta
3»
nez école
l'cçil
cour. C'est votre art
c'est le
;
,
l'art
de plaire dont vous te-
géuie de votre nation. L'Anglais na-
> vigue , l'Arabe pille , le Grec se bat pour être libre , le
» Français fait la révérenee et sert ou veut servir ; il mourra
> s'il ne sert. Vous êtes non le plus esclave, mais le plus
3>
vaiet de tous les peuples.
» C'est dans cet esprit de valetaille que chez vous chacun»
s craint d'être appelé pamphlétaire. Les maîtres n'aiment
» point que l'on parle au public d'eux ni de quoi que ce soit
f
>
>
>
»
»
sottise
de Rovigo qui, voulant de l'emploi,
fait
au
lieu
un pamphlet où il a beau dire , comme pai
, on ne l'écoute seulement pas, et le voilà
sur le pavé. Le Vicomte pamphlétaire est placé, mai»
comment? Ceux qui l'ont mis et maintiennent là n'en
d'un placet
,
,
servije servirai
y voudraient pas chez
eux. Il faut des gens discrets dans la
» haute livrée comme dans tout service , et n'est pire va> let que celui qui raisonne \ pensez donc s'il imprime et
,
QuandM.deBroë vous appela pamcomme s'il vous eût dit Malheureux qui
> des brochures encore
» phlétaire
3>
,
c'était
!
:
n'auras jamais ni places ni gages, misérable
dans aucune antichambre
de
ta vie
,
tu
ne seras
n'obtiendras
unefa> veur , une grâce , un sourire officiel ni un regard auguste.
» Voilà ce qui fit frissonner et fut cause qu'on s'éloigna de
» vous quand ou entendit ce mot.
» En France vous êtes tous honnêtes gens 9 trente mil~
2>
,
,
> lions d'honnêtes gens qui voulez gouverner le peuple par?
3>
la morale et la religion. Pour le gouverner ou sait bien
» qu'il ne faut pas
» populace
même,
lui dire vrai.
s'il
se
La
peut dire,
vérité est populaire,
et sent tout-à-fait la
2 canaille , étant l'antipode du bel air , diamétralement op» posée au ton de la bonne compagnie. Ainsi le véridiqué
» auteur d'une feuille ou brochure un peu lue a contre lui
» de nécessité tout ce qui ne veut pas être peuple,
» à-dire tout le
monde
chez vous.
Chacun
le
c'est -
désavoue
,
la
,
,
(47»)
>
trouve toujours néanmoins
renie. S'il s'en
y mission divine
qu'il
c'est
,
est
par une per-
,
y
nécessaire qu'il
du
ait
» scaûdale. Mais malheur à celui par qui le scandale arrive,
> qui sur quelque sujet important et d'un intérêt général
» dit au public la vérité. En France excommunié , maudit
> enfermé par faveur à Sainte-Pélagie
»
s>
s>
Mais
> excepté
* moi
qui donne créance à
là ce
c'est
Aucune
persécution.
ne
vérité
lui
vaudrait
ses
opinions
,
ses paroles
la
,
martyrs
s'établit sans
qu'enseigne Euclide.
celles
» souffrant pour
»
mieux
,
n'être pas né.
On
et saint
ne persuade qu'eu
Paul disait : Croyez»
car je suis souvent en prison. S'il eût vécu à l'aise
,
et se fût enrichi
du dogme
qu'il prêchait, jamais
il
n'eût
s fondé la religion de Christ. Jamais F.... ne fera de ses ho» mélies que des emplois et un carrosse. Toi donc, vigne> ron , Paul- Louis, qui seul en ton pays consens à être
ose encore être pamphlétaire et le
> homme du peuple
,
> déclarer hautement. Écris fais pamphlet sur pamphlet,
y tant que la matière ne te manquera. Monte sur les toits,
> prêche l'évangile aux nations et tu en seras écouté, si
> l'on te voit persécuté. Car il faut cette aide et tu ne
> ferais rien sans M. de Broë. C'est à toi de parler et à
* lui de montrer par son réquisitoire la vérité de tes pa,
Vous entendant
»
»
rôles.
>
monde. »
comme
Voilà
Socrate
l'épi tre
que
je reçois
M. Ârthus
marquez
lumes,
Bertrand.
l'autre rien
,
le gros
contraste
si
fait
singulier
,
bizarrerie
compter que de-là l'Océan
il
y
cas
si
!
aboet re-
que des lourds vo-
Anglais veut mettre tout en feuilles volantes
les
de nature
!
,
Si je pouvais
choses sont ainsi qu'il mêles
représente, j'irais; mais j'entends
Europe,
de
beau. Qu'elle différence
Français léger ne
le
;
Celui-ci ne voit rien
de
le
mon tant bon ami sir John,
me conseille au contraire de
de
qui, sur les pamphlets, pense et
minable
secondant l'un l'autre,
ainsi et
Anytus, vous pouvez convenir
et
dire
a des Excel, ences et bien
que
pis
,
là,
comme eu
des héros.
Ne
(479)
partons pas
mes amis
,
,
n'y allons point encore. Peut-être,
Dieu aidant, peut-être aurons-nous
tout prendre, qu'ailleurs,
homme
eu vérité!
ici
autant de liberté, à
quoiqu'en dise
John. Boa
sir
peur qu'il ne s'abuse
J'ai
me
,
croyant
pour imiter Socrate jusqu'au bout. Non , détournez ce
calice; la cigùe est amère, et le monde de soi se convertit
fait
que
assez sans
coche, qui
mes
je
chers amis
raît lente
chemin
,
il
m'en mêle chétif. Je serais la mouche du
de mon bourdonnement. Il va,
,
se passera bien
,
et ne cesse d'aller. Si sa
que nous vivons un
a fait depuis cinq ou six
c'est
en plaine roulant, rien ne
le
marche nous paMais que de
instant.
siècles
!
A
cette
heure
peut plus arrêter.
AVERTISSEMENT DU LIBRAIRE.
Nous possédons un manuscrit
publierons, quand
et
la
brochures de Paul-Louis
,
toutes excessivement utiles et prodigieusement agréables
\
censure sera rétablie
comme on
La
i°
le
,
différentes
peut voir par ces
titres
:
Lanterne de Rovigo^ ou Considérations sur la nou-
velle noblesse.
il
De V Indifférence
3°
Vue sur
en matière de B....v
la Septennalité
,
ou
l'au climatérique
de
la
Charte constitutionnelle.
4° Obligations d'un
Député
ministériel avec cette épi-
graphe de l'ami Paul : la viande est pour le ventre ,
LE VENTRE EST POUR LA VIANDE.
5* De Plnftuence de la Russie sur le chien du garde
champêtre de la commune de Bagnolet.
6° Thèses contre les Hérétiques , où l'on démontre a priori
que
j
le
célibat des
f.....
jeunes
p
c
des
sont principalement cause de la
pureté des
mœurs dans
et
tous les états catholique}.
la
48°
(
Vf
)
la Pornocratie en France
, depuis
JBrennus jusqu'à nos jours, avec une dissertation sur le principe
Pornocratique dans les gouvernements de l'Europe.
8° Recepi ntjmmos à gogo , ou Diachylon pour les plaies
r'
de
la
révolution
Hommage
g"
du
l'organe
de
sition
u
io
,
aux dépens de qui n'en peut
des employés de
Montmartre,
par
Préfet la moitié de leur picotin pour l'acqui-
C
Pétition des
en votant à
mêmes
demandant double
,
par eux rendus dans
les services
billet
dans laquelle on
pour
,
ouvert.
lui
prouve par
les
Champolion Figeac,
hiéroglyphes qu'il ne
dit sur les
qu'il
que jamais
râtelier
les dernières élections
ii° Epistola critica doctissimo viro
sait ce
mais....
offrant
il
dynasties égyptiennes, attendit
n'y eut en Egypte que deux races de sou-
les DEMOBORÙS et les ÀLIBOMJS,
ALIBORON1" jusqu'à DÉMOBORON le grand!
verains, dites
depuis
11* Autopsie
du cadavre de la défunte Charte
épigraphe de Virgile
:
,
avec cette
cufctautes inter cecidit mo-
RLBUNDA SIN1STR0S.
Kota. Ces
mes
,
les
,
de brochures coururent dans
comptent
qu'il n'est
le
temps impri-
pas besoin d'avertir
les
M.
Courier n'eût jamais l'intention de faire ces broet que l'Avertissement du libraire n'est qu'une forme sous
lecteurs que
chures
titres
e'diteurs
laquelle ce spirituel et incomparable écrivain voulut faire passeï
quelques malices nouvelles.
m.
La Bibliothèque
Université d'Ottawa
Echéance
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C Mit. 153
15 JÂN. îSS
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The Library
Ottawa
University of
Date due
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2211
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COC CGURIER DE M COLLECTION
ACC# 1221344
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