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COLLECTION COMPLETE ©ES» PAMPHLETS POLITIQUES ET OPUSCULES LITTÉRAIRES DE PÀUL-L©UIS COURIER. i



COLLECTION COMPLÈTE DES PAMPHLETS POLITIQUES ET OPUSCULES LITTÉRAIRES DE PAUL-LOUIS COURIER, ANCIEN CÀKOEfNIER PRIX t A CHEVAL. 10 FRANCS. / BRUXELLES , CHEZ TOUS LES LIBRAIRES, 1826.

J. J-Note sur Paul-Louis AliLj E. Courier iq Élnge d'Hélène 33 Lettre à M. Renouard Pétition aux deux Chambres Lettre , libraire ^q 83 à Messieurs de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres q2 , Piocès de Pierre Clavier dit Blondeau Lettres au rédacteur du Censeur A du A Messieurs les juges 107 1 tribunal civil Messieurs du conseil de préfecture , , Tours à à 25 171 Tours 181 Lettre particulière igq Seconde iq« lettre particulière Simple discours de Paul- Louis Aux âmes dévotes de 209 la paroisse de Véretz 229 Procès de Paul-Louis Courier Pétition pour des villageois que . l'on 235 empêche de danser. 289 Prospectus d'une traduction nouvelle d'Hérodote 3o3 Préface de la traduction de la Luciade 35q Réponse aux Anonymes 3g 7 Réponse , n° 2 3^3 Livret de Paul- Louis Courier, n° 3 3 qi Proclamation Gazette du village r , n° 4 j £ $ Pièce diplomatique, n° 5 r 2I Collection de lettres et articles insérés dans différents ^ journaux 2
l8 T.ABT.F. Pages Lettre à M. Delegorgur de Rony, par Léon de Chan4^7 laire Pamphlet des Pamphlets 4^^ Aveitissewenldu 479 libraire
NOTE SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DE PAUL-LOUIS COURIER. \_i*>uRiER mort (Paul-Louis) assassiné , né en 1773 *825 , a , à Yéretz en à Paris , été sans contredit l'un des écrivains les plus remarquables de son temps } et quoiqu'il n'ait pas été l'un des moins remarqués, on doit avouer cependant que sa réputation est restée jusqu'ici au-dessous de son immense mérite. Cela vient sans doute de ce que 5 sur occupé les matières toutes sérieuses qui l'ont Courier ne composa jamais aucun ou- , vrage considérable, aucun traité ex proj'esso seulement des opuscules en littérature , , mais en poli- tique des pamphlets. Pour que l'écrivain soit remis à sa place , que faut-il P réunir ces pamphlets et c< s Quant non plus opuscules, et en donner un recueil complet. à l'homme au citoyen, , il n'a pas besoin d'autre chose pour être apprécié ce qu'il valait. Si nous faisons précéder le recueil des écrits de Courier de quelques lignes d'introduction , c'est doue bien moins pour essayer son éloge , abso-
, NOTE XX lument inutile à qui les lira au lecteur que pour apprendre , chacun de ces à quelle occasion écrits fut publie'. L'histoire de leur publication est même temps le plus beau panégyrique de son caractère. sa vie de Mère, en Touraine nom sous ce tisé homme , d'esprit et ne porta jamais qu'il d'un lui-même son éducation maître, le } et sans ? jeune Courier savait déjà il Son esprit cultivé dirigea matiques Il du propriétaire crût gentilhomme. le l'âge de quinze ans. de sa vie, Paul-Louis fut bap- , de terre, de peur qu'on ne père ? l'histoire , de Jean-Paul Courier Fils fief de celle en étudia aussi , autre le grec à les mathé- devint habile de bonne heure y puis embrassa la carrière militaire j et tout en continuant à se livrer avec ardeur à ses études , particulièrement à celle du grec qui fut toujours son étude favorite (VEloge d'Hélène date de l'an xi) et fit , il montra tant de bravoure dans en Allemagne ficier mé et d'activité, d'intelligence les différentes en Italie , subalterne d'artillerie auquel en 1792 , il atteiguit campagnes qu'il que du grade d'ofil avait été rapidement celui nom- de chef d'escadron. Mais l'indépendance naturelle de son caractère ne tarda pas à lui faire prendre en dé- goût un métier où l'obéissance premier devoir ; et ce aveugle est le dégoût devint extrême ,
, XX] SUR PAUL-LOUIS COURIER. lorsqu'un- homme voulut employer au servfce de son ambition personnelle tous taient armés pour la cause de bras qui s'é- les la patrie. Après avoir combattu par patriotisme temps de l'invasion étrangère , au Courier ne. con- , tinua donc de faire la guerre sous l'empereur que par compagnie , pour ne pas délaisser camarades.. Mais après ( juillet 1809), il Sut acceptée avec ses chefs de , idée ses anciens de Wagram enfin sa démission. Elle beaucoup d'empressement par auxquels déplaisaient fort la franchise tournure caustique de son ses opinions, et la esprit» ses offrit la bataille L'anecdocte suivante pourra donner une du peu de ménagement dans qu'il gardait propos sur leur compte, Le lendemain d'une mêlée assez chaude , où il lui avait semblé que César pas conduit avec une bravoure Berthier ne s'était romaine,, rencontra sur son il gons de cet officier ? chemin nom portant son inscrit grosses lettres. Aussitôt Courier se jette à des chevaux sabre » le et , rayant avec mot de César crie-t-il : « au conducteur Va , La L îa eu tête pointe de son la dire à ton maître qu'il peut continuer » de s'appeler Berthier. Mais pour César $ lui défends four- les , je le » discipline militaire n'était guère plus res- pfifft»? de- lui. dass ce qui gênait ses habitudes
}, NOTE XXlj Rien et ses goûts. , par exemple ne put traindre à se servir que dans les et lui de parades selle que bibliothèque , conJus- de pour d'Italie. la grecque battait point se ordinairement ordre ni permission Je d'étriers* chevauchait à il quand son régiment ne arrivait et aller fouiller Ce fut il , sans le quitter, quel- pendant Tune de ces excursions qu'en feuilletant, à Florence, un manuscrit des Pastorales de Longus apparte- nant à la bibliothèque Laurentienne remarquer le dans toutes passage du premier livre les 1810, quand premier usage la chose , crut y manquant il , éditions de cet auteur. Aus./ z\\ eut été rendue, le la liberté lui qu'il en fit , de fut s'assurer puis de collationner avec soin le de ma- fragment inédit. nuscrit entier et de copier Mais avant eu malheur de répandre de l'en- le du précieux fragment cre sur plusieurs lignes le bibliothécaire souffrait de de d'encre l'original M. Renouard l'amour-propre Furia, dont découverte de Courier la cette tache détruit le la afin pour de l'accuser s'en publication et paraissait trop Rome l'ayant absurde. sommé voir le faire par profita d'avoir approprier avec vente. Courier la dédaigna d'abord de se disculper lui , de répondre devant le public , l'imputation } Mais préfet de le , il crut de- dans une Let-
SUR PAUL-LOUIS COURIER. tre à M. Renoiiard bon sens et de sur culer sa qui le lui était une Florence où , il traduction le frag- Enfin il exemplaires les donna du avait il tout et imité manière dans style et sa premier livre, endroits qu'il avait ce à le ainsi chan- cinquante-deux à ses amis texte , ceux complète d'Amyot avait pris supplément retrouvé du que dans tous complet de Longus im- réimprima plus Paris, avec de nouveaux changements, primés Piome à tard à la imprima conforme au texte grec était gés. de vouloir spé- loin il pour , qu'il distribua gratis à tous méprendre son s'y Après quoi demandèrent. Déjà auparavant à de Longus qui il découverte, ment lui-même publié véritable chef-d'œuvre de , plaisanterie. montrer combien XXllj petit in-4°, et traduction de Florence qui n'avait été tirée qu'à soixante exemplaires. De retour dans cette Capitale , écrivit sur l'Athénée ans de séjour en Italie , de Schweighœuser un article très dans le il après quatre remarquable Magazin encyclopédique de Millin , et donna une traduction du Traité de la Cavalerie de Xénophon accompagnée de notes fort estimées par les érudits. Vint plorant la la restauration de i8i4- manière dont elle Tout en dés'opéra, Cou-
ROI£ XXIV bien d'autres amis sincères de firent Mais qui depuis interprêtée. été Charte en plein franchement donné dans Ayant donc selon son propre aveu , lorsque constitutionnel, rappelèrent étrangers les à leur suite la réaction royaliste ne réaction dans le fut Tours, la il , propriétés. en France de M- , et i8i.5. Cette Bacot dans l'espace arrêter, fit cent les d'Indre-et-Loire où de cinq cents personnes plus , plus violente que nulle part département avait ses rier la liberté Charte n'avait pas alors la à savourer les douceurs d'un régime s'apprêtait jours Aussi de s'en réjouir. ne put s'empêcher rier 7 Cou- préfet , dg mois, d'un dont plusieurs moururent en prison» Courier ques nom au , deux Chambres une Pétition des habitants de Luynes , petit village situé sur le eazes mesures tyranni- de ces indigné adressa aux , bord de la Loire. Le ministre , des deux partis extrêmes les ruines de cette pétition contre les ultra-royalistes. persécutions cessèrent En fut à : 1819 seulement propos intenté par le chasse De- qui cherchait à fonder sa puissance sur , et Courier se contre de se servit injuste et Ce ridicule Véretz à son petites Les tut. reprit la parole. il d'un procès maire de , vexations gardequ'il
XXV SUR PA.LL-L0LIS COURIER. éprouva lui-même de tériels. Il eut gain de cause dans ces affaires reçut d'un directeur si gracieux ce qu'on qu'on , me ge'ne'ral alla crois même sa vie en , Lettre à MM. Rien ré- , et , ne décès de son beau- que , pour c'était son Clavier à à on eut plaudir de cette démarche la le faite et certes : « pour une place faut dire il une promesse de mort accueil principe une fois ce se présentant d'académicien vacante par lit et propre à rien ». père Clavier. Mais remplir lui. , demander lui Je ne prétends à rien de'rogea pourtant à Il dans un d'alors jusqu'à pour pouvait faire » pondit Courier. » part des agents minis- la de s'ap- lieu puisqu'on lui dut de VAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, délicieuse satire des académies académiciens que, après avoir lu cette lettre, jamais prononcer sans Dans la , y a tel nom on n'entendia et aspirants à l'être. Il même rire. année parut Lettre particulière , le , sous le premier cahier titre de de ce nommer ses Provinciales politiques. les pamfond comme dans la forme qu'on peut Car , au , phlets de Courier rappellent mortelles Lettres de Pascal. C'est de logique même , la même finesse d'esprit im- tout-à-fait les la même hauteur de pensée force , la avec plus de bonhomie en-
SOIE xxvj core, même la variété de ton perfection de style , même la de genre. Les Lettres au ré- et dacteur du Censeur , qui furent insérées dans ce journal au mois d'avril de l'année suivante , commencèrent et par suite torité. à populariser Elle tâcha , de au , moyen y MM. du et droit lui priétaire d'une escobarderie l'exclure des élections. Courier réclama avec force son une adresse à , de l'au- à éveiller sur lui l'attention ministérielle Tours un peu son nom influent droit d'électeur , dans Conseil de préfecture de un pro- ayant été rendu, du département d'Indre-et- Loire voulut profiler de cette contestation pour nommer député par la faction Mais comme il n'était d'aucune faction le faire tative échoua } et libérale , la ten- Courier écrivit alors sa Se— cojide Lettre particulière , où il mit en scène tout ce qui venait de se passer au collège électoral. Jusque-là aucuue poursuite n'avait été dirigée contre lui } aucune coterie ne cercle de ses lecteurs était Mais voilà qu'en 1821 il l'avait donc s'avise fort prôné. Le restreint. dans un Simple aux membres de la commune de Vèà V occasion d'une souscription proposée par Son Excellence le Ministre de V intérieur pour V acquisition de Chambord de dire sur discours retzy ,
PAUL-LOI IS COURIER. jSXJR Cette mesure odieuse XXV ij impolitique ce que tout et monde en pensait. Aussitôt l'apparition de ce phlet un , réquisitoire est lancé contre lui traduit devant la cour d'assises justice condamné , Pendant l'instruction sistance de sous , le Auœ le pour parole son issue pu- son interrogatoire, comédie , un ; où il extrait du plai- couvre cet avocat- homme ne mé- plaidoyer de son avocat, puis enfin quelques pages contenant ce même contre toute il et après etc., y doyer de M. de Broë mieux; est et à la prison. général d'un ridicule que jamais rita il de Procès de Paul-Louis titre Courier , vigneron véritable scène de pam- demanda l'asâmes dévotes de du procès leurs prières la paroisse de Téretz^ blia et , l'amende à • le sa défense s'il qu'il eût allégué lui- eût eu l'habitude de la pages comparables pour l'éloquence à ; ce que l'antiquité nous a laissé de plus parfait. Non avec le encore corrigé de pouvoir ne , il en pour une simple réprimande nant que pour plutôt hors , danser. Piemis en jugement fois manie de raisonner se vit pas qu'il adressa aux Chambres une Pépour des villageois qu'on empêchait de de prison tition , il la lui , la il liberté ; d'imprimer prit dès-lors le parti une presse clandestine. Ce fut quitte cette mais compren'existait plus de s'adresser fut ainsi que virent à le
NOTE xxviij jour successivement nymes le , les Livret de Paul-Louis village, et la prendre sur se il phlets On » deux ou » jette » niées. » reste rue la disait-il de son temps de celles des YAne de Lucien , était consacre' à l'histoire. le fragment tâchèrent de le détourner de cette succès géet , de même qu'il publia en 1822, entreprise. n'y eut personne qui ne fût ravi de la il préface qu'il y avait jointe} préface d'une dixaine de pages seulement ainsi dire Deux par si , où les les idées se le comptent mots. ans plus tard parut le •pamphlets, qui fut ferme tra- Beaucoup de gens, après avoir lu pour le une voulait appliquer le il je les trouvent impri- Pastorales de Longus système au père de Mais « J'écris en riant, duction d'Hérodote. Encouragé par ne'ral ces imprimer. et elles se j , le pameux-mêmes comment les faire pages, trois dans du nombre d'amis en petit pour leur avouer assez prenait pour s'y Le Le le fait. fiait il Gazette la chercha vainement à n'auraient su dire , , Pièce diplomatique signée Louis plus bas de Fillèle. qui deux Réponses aux ano- Pamphlet des chant du cygne. Cet ouvrage admirablement la noble carrière qu'il avait parcourue sans relâche pendant neuf ans qu'on ne peut se défendre d'y lire un vague , près-
, STR PAUL-LOUIS COURIER. sentiment de sa que déjà il » Louis , que fin dans qu'il l'année 182$ à quelques pas Livret de il , juste et il , : « Paul- au com- lui trouva Qui sa maison. est chez fit on ne peut former conjectures le cagots te tueront. » Toujours est-il les mencement de Comme £ .. prochaine. D'autant mieux s'était fait dire dans un voyage , R mort la fut l'assassin ? que des là-dessus prudent de garder le silence. Il perte faut se taire aussi sur l'étendue d'une telle parce que nulle expression ne saurait , rendre, nulle intelligence de Rabelais l'esprit , à la raison de Voltaire prendre la , il la } et il la verve unissant tout , capable de re- était seul lutte contre les prêtres l'avait laissée A mesurer. de Pascal la où celui-ci se proposait sérieusement de. dans une suite de pamphlets clandestins l'essayer qui eussent paru un premier chaque semaine. On en verra de ce volume. Bien d'autres projets roulaient dans son esprit échantillon à la fin dont l'accomplissement eût peut-être hâté du triste régime qui menace l'avenir de la fin France la ! Quant aux mémoires de sa vie, dont il avait écrit une bonne partie sous forme de dialogues et au précieux recueil des par les brent lettres à lui adressées ci-devant Brutus qui maintenant les antichambres royales , il encom- est fort à dé- /
XOTE SUR PAUL-LOUIS COURIER. XXX sirer, peu à espérer point publie , que mais ne sa famille, les nous ne disons détruise pas. bonheur de connaître Courier Ayant eu ftous voulions ajouter un mot sur ses manières le si franches et spirituelle et droit et qu'il si originale ferme. vaut mieux Qu'on simples si si le lise } A. la , , sur sa conversation si sur son caractère si réflexion lui laisser , nous trouvons ce soin à lui-même. on aura vécu avec lui.
— COLLECTION COMPLETE DES PAMPHLETS POLITIQUES ET OPUSCULES LITTÉRAIRES DE PAUL-LOUIS COURIER, ANCIEN CANONNIER CHEVAL. A ÉLOGE D'HÉLÈNE, TRADUIT D'ISOCIUTE *v\r# *v*rr rrrs A .LJans gret. (i> *wa MADAME CONSTANCE PIPELET. ces derniers jours Madame, que j'ai passés , à mon grand re- sans avoir l'honneur de vous voir, j'étais seul la campagne. Là, ne sachant à quoi m'occcuper, j'essayai de traduire quelques morceaux des auteurs de l'antiquité. Je croyais m'arnuser à écrire en ma langue ce que je lisais avec tant de plasir dans ces langues anciennes, et n'avoir à qu'à mettre des mots pour des mots , quitte de tout soin quant à la pensée. Mais je me trouvai bien trompé. J'avais beau chercher des termes , ce qui, dans mes auteurs, je ne pouvais rendre à sens était clair et naturel, plus l'expression ~ i ' mon gré paraissait tout simple; et plus le ———^—— me manquait. — ——^—— i renferme beaucoup de traits qui ne peuvent être sentis à moins qu'on n'ait quelque connaissance de la Mythologie grecque et de ce genre d'éloquence fort (1) Ce petit discours dTsocrate , goûté chez ment ments les anciens. instruite , que d'autres C'est ce qui a On l'a traduit pour une personne parfaite- de toutes ces choses , et pour qui pourraient désirer , eussent empêché d'y joindre aucune note. les été' éclaircisse- fastidieux*
, (34 ) Cependant, soit obstination soit défaut d'autre distraction, soit dépit de trouver au-dessus de mes forces un travail qui , paru d'ab rn "'avait >rd ii vœu facile, je fis coûtât, de mettre à fiu la traduction que , m'en commeucée quoiqu'il j'avais d'uu petit discours grec. C'était l'éloge d' Hélène , composé par Isocraie; et pour soutenir mon courage dans cette entreprise, il me vint uue idée, que vous appellerez comme il vous plaira \ pour moi, trouve un peu chevaleresque, je la me figurer que je travaillais pour vous , Madame que vous verriez avec plaisir cette copie quelque faible qu'elle fût, d'un si beau modèle} qu'ayant peint Sapho en vers dignes d'elle, vous ne seriez pas indif- Ce si j'ose le dire. fut de , \ férente au portrait à' Hélène, de la plus célèbre des belles à laquelle vous deviez, par le qu'à intéresser aussi bien la même de corps esprit comme vous voyez, Madame, je me servais pour tromper ma qu'une n'était dans que l'esprit, me ce je ma fiction , dont j'avais résolu le pouvoir de mis cette fantaisie fus pas plutôt les difficultés n'eusse pas fait en toute vous cela propre paresse, par ce chi- mérique espoir de vous plaire \ car, au fond , de ue jamais vous en parler. Mais admirez l'imagination! , Tout dixième muse. disparurent; vie, peut-être , que et ce je sans cette illu- sion, fut l'ouvrage de quatre jours. Mainlenaut tion, et je devrais m'en tenir à vous cacher le ma première résolu- miracie que vons avez fait, de peur que vous n'en ayez honte. Cependant, si celte lecture pouvait vous amuser un quart-d'heure seulement, ce serait quelque chose pour vous, Madame, et beaucoup pour moi. S'il arrive le contraire, je ne serai gens à la blimes, tous mode le , les pas plus coupable acteurs merveilleux jeu, les journauXj l'opéra, qui les jours et à qui vous le que je les que les écrivains su- vous ennuient bien pardonnez. D'ailleurs, je me comte de Bussy, se troula campague, comme moi, militaire aussi désœuvré l'étais à L*** , traduisit, de l'aotique, les amours souviens d'avoir lu, qu'autrefois vant à , d'Hélène) et qu'encore q 'il le n'eût écrit que pour amuser
135) Son loisir il , ne madame ce fut à Jayette ne je , laissa de Sévigné, ou bien sais, femme de beaucoup Madame, pas d'adresser ce qu'il avait et à fait Madame , si La— de peu importe; suffit que cefutàune Je ne suis pas Sussy ; mais , d'esprit. beau de vouloir V imiter , comme a dit un bien en ce que je vous adresse ceci , inoins heureusement sans doute dans le reste ; mais c'est de poète -, il est je l'imite fort quoi vous allezjuger ; car engagée à m'écouter. , sans y penser, vous Mais avant d'entendre Locrate lui-même vous sachiez à quelle occasion autre orateur de ce temps-là , dont le il , composa ce il voilà nom n'est comme bon que est Un discours. pas venu jus- qu'à nous, ayant prononcé publiquement l'éloge d 'He'lène 1 Jsocrate , peu satisfait de ce qu'il en avait dit voulut , , trai- même sujet. Remarquez, je vous prie, Madame, ce de l'ancienne galanterie. Au milieu des troubles delà Grèce , menacée des armes de Philippe, et déchirée par les ter le trait factions ces orateurs dont l'éloquence gouvernait le peuple , et l'état, suspendaient les grandes discussions de la blic , de la paix et guerre, et ajournaient en quelque sorte le salut pupour faire l'éloge de la beauté. Comparez à cela, s'il vous plaît les doux propos el les fleurettes de nos petitsmaîtres modernes, à quoi se réduisent aujourd'hui tous les honneurs qu'on rend aux belles, et admirez combien ce litre, , a perdu chez nous de ses préroPour moi bien loin de convenir de la grande supériorité que nous nous attribuons à cet égard sur les anciens, plus on reje soutiens que plus on remonte dans l'antiquité et j'ai vu des trouve les vrais principes de la galanterie femmes aux lumières desquelles on pouvait s'en rapporter, quoiqu'on en puisse dire, gati ves. , , 5 , regretter eu cela la simplicité des périeure , la poésie temps héroïques d'Homère fond cette matière, l'est il de aussi aux bouquets les à Iris. Pour , su- que traiter à en faut savoir plus que moi. Ce ne sont pas toutefois les observations qui l'art , selon elles, à tout le clinquant d'aujourd'hui développer; el si je me me manquent, tais, c'est mais plutôt faute
3(3) ( d'expressions que d'idées. En no mot Madame , depuis un certain (emps, appelons galanterie et ce culte comme penche , tout tombe , delà beauté que nous autres vers sa déca- les dence. Voilà une chose, convenez-en, dont vous ne vous doutiez "uères ; de vous-même vous ne vous en seriez jamais aperet il n'y avait qulsocrafe qui pût vous faire cette remarque, en vous apprenant quels hommages vous eussiez çue, reçus de son temps. il Dans le dessein qu'il annonce de faire l'éloge tf Hélène commence naturellement par parler de son origine. « Elle fut, dit-il de son sexe, parmi tant d'en- la seule , de Jupiter, dont ce Dieu daigna se déclarer Quelque tendresse qu'il eût pour le fils d'Alcmène le père. fants encore plus chère lui fut dans et ; ne cule eut en partage la force à qui rien beauté qui triomphe de la force le même. fille de la vie , , manqué rang parmi les trement que par leur naissance prissent les reçût mais qu'il , les miration seule forçât que ni Mais son desseia n'était pas qu'ils Dieux , avant de l'avoir mérité au- ni les autels. , Her- , et les faire jouir des places pour ses enfants, auxquels n'aurait l'encens fît, «cî car Hélène la eût voulu leur résiste S'il ; Hélène en suprême il n'en eût coûté que de maître de l'Olympe y eût aisément trouvé les misères naissant de la félicité l'ambroisie, et , dons qu'il leur les plus précieuses faveurs furent d'abord pour sa épargner toutes , : les voulait il demandât , et vœux de cette gloire qui devait les non crue le ciel qu'à leur égard l'ad- la terre. Sachant donc conduire à l'immortalité, De s'acquiert point dans la langueur d'unevie oisive et cachéese dispute au grand jour, comme un prix quel'uoivers adjuge au plus digne, il multiplia pour eux les périls et les aventures dans lesquels Hercule défaisant les monstres et mais , punissant crime : les , brigands , se servait Hélène^ armant pour sa de hommes d'alors, et ajoutant à leur rivalité, employait ses charmes » Elle ne faisait encore que sa force à conquête les extermioer le plus vaillants courage l'aiguillon de la à faire briller la vertu. sortir de l'eufaoce, quand
, . (3 7 ) un chœur de jeunes filles, fut frappé qui à peine commençant d'éclore effaautres. Accoutumé à tout vaincre , ce fut Thésée, l'ayant vue dans de beauté ceite , , çait déjà toutes les et quoiqu'il eût à lui, cette fois, de céder à tant de grâces dans son pays tout ce qui pouvait satisfaire le3 désirs et Tambitiou croyant dès-lors n'avoir rien s'il ne possédait Hélène , et n'osant la demander ( parce qu'il savait que les ; , Oracles devaient disposer d'elle dans Sparte ses frères Castor et Pollux , ni des périls auxquels , , il , résolut de l'enlever, sans se soucier amis , de Cérès, demanda même secours. le détourner, en lui remontrant surmontables, empire. Mais et la d'un seul de dangers, les la fille Thésée voulut l'eu les obstacles in- témérité d'aller braver la mort dans son voyant obstiné le de semblait ne pouvoir échapper dans il qui voulant à son tour enlever aux Enfers lui m , ni des forces qui la gardaient entreprise. Il l'exécuta cependant, aidé cette ses ) au milieu de sa famille , crut pas pouvoir rien refuser à , il un partit avec lui, car homme auquel il ne devait il Hélène » De tout autre on pourrait dire qu'il se faisait par là lui-même que d'honneur à Hélène , et que marquait moins le mérite de l'héroïne que la folie de son amant. Mais il s'agit de Thésée , qui n'était pas tellement dépourvu de sens ni de femmes , que d'attacher plus de tort à cette conduite , homme tant de prix à des conquêtes vulgaires. Il était il se connaissait en beauté ce qu'elle valait dès-lors \ sage \ Hélène prouve ce qu'il estimait \ pour toute autrefernme qu'elle 7 d'amour à un effet on sait que parmi ceux qui et c'eût été assez de gloire d'avoir inspiré tant héros tel out réussi que Thésée. comme trouve point dont En , lui à immortaliser leur nom, bien examiné ne il ne s'en tou~ prudence a manqué , aux autres l'audace ou l'habileté; mais je ne vois pas ce qu'on pourrait dire avoir manqué à Thésée dont la vertu le caractère jours quelque chose à désirer , : aux uns , laisse la , me paraît de tout point ajouter. Ici , puisque si accomplie, qu'il ne s'y peut rien j'en suis venu à parler de ce héros, ras.
, ( blâmera-t-on si je 38 ) m'arrête à louer en peu de mots se* graudes qualités? Et par où pourrais-je mieux faire l'el< ge à' Hélène, qu'en montrant combien ses admirateurs forent Oa juge par soi des eux-mêmes dignes d'être admirés 'i choses de son temps. Nous avons mille moyens de prendre une juste idée des hommes et des faits plus rapprochés de nous ; mais sur ce que le passé dérobe à nos regards, lorsde personnages dont rien ne reste que le bruit de qu'il s'agit ce qu'ils furent autrefois , nous ne pouvons que suivre le jugement de ceux qui, vivant avec eux dans ces temps reculés , se montrèrent vaillants et sages. » Rien donc ne me paraît plus à la louange de Thésée , que d'avoir su, étant contemporain d'Hercule, égaler sa gloire à celle de ce héros \ car leur plus grande ressemblance n'était pas dans leur manière de s'armer mais dans l'usage et de combattre , de leur puissance, qu'ils firent l'un et l'autre dans leur constance à servir l'humanité par des et surtout du sang dont ils étaient issus. La seule remarque entre eux c'est que les actions entreprises dignes différence qni «e , de l'un furent plus éclatantes , celles de l'autre plus utiles. Hercule, soumis dès sa naissance aux ordres d'un tyran cruel fut condamne à des travaux difficiles et périlleux , mats ni dont il ne résultait , le plus souvent , aucun avantage pour lui ni pour les autres. Thésée v maître de lui-même , chercha des dangers où la gloire de vaincre fut accompagnée de la reconnaissance publique , et voulut que tous ses titres , , à l'admiration des sans attaquer aller hommes Ciel , fussent autant de bienfaits. les les Car ^ sans faire violence à la nature, sans chercher aux bornes du détruisant nant le monde une gloire stérile, en monstres qui désolaiVnt l'Attique brigands dans toute la Grèce , , extermi- punissant partout l'injustice et protégeant l'innocence, mais surtout en délivrant son pays de l'txécrable tribut qu'il payait aux Cretois, ce prince montra qu'il songeait bien moins à faire briller son, courage, qu' à s'en servir utilement pour procurera sa pa\rje et aux peuples de la Grèce tous les avantage qui ré-. ,
, 39 ( sulfent de la pa.lx intérieure, ) de et la facilite des relations réciproques. Ces grandes choses, doot la mémoire doit être éternelle, ne forment encore que la moindre partie de sa gloire si on les compare à la conduite qu'il tint dans le gouvernement î> , d'Athènes. Car, qu'était-ce qu'Athènes avant lui un état sans voir passager que le hasard ple sans frein , publique cert à la ruine qu'il faisait. sordre et la lois, lui uu peuoù chacun abusant du pou- dounait travaillait , le mal mort de son père, trouva le déconfusion parvenus au peint que les citoyens ea Thésée, à la , pro'eaux attaques du dehors et à leurs propres fureurs, se défiant autant les uns des autre? que de l'ennemi avaient sans cesse la crainte daus Nulle propriété La de con- lui-même tout et ressentait , r* n'était ; assurée, cœur commun , et le fer à la main.. nulle autorité respectée. Malheur à qui ne pouvait défendre heureux qui pouvait conseiver ce qu'il force était laseule ce qu'il possédait le loi. pour mieux dire, tous étaient également misérables les opprimés ne voyant point de terme à leurs maux, et les oppresseurs menacés des violences qu'ils exerçaient , se craignant non-seulement l'un l'autre, mais redour tant jusqu'à ceux qu'ils faisaient trembler; aussi enclaves que tyrans et plus malheureux qqe leurs victimes. [Via is sous avait usurpé; ou , Thésée, on monie. vil bientôt Comme sa succède 1 , a ce chaos, l'ordre et l'har- valeur éloignait tout danger à l'extérieur^ au dedans le calme et la concorde. D'abord jugeant avec raison que rieu ne pourrait dissiper les haines, et réunir les citoyens sous une commune loi, tant sa sagesse établit que la nation , dispersée par bourgades et par cantons, ren- fermerait pour ainsi dire autant de factions que de familles il commença par ville , qù , rassembler en peu de tems le , peuple entier dans uu seula devint la plus florissaute de la donna des lois, dont il établit pour foudemeut la souveraineté du peuple, et le droit qu'il étendis à tous les citoyens de prendre part aux affaires publiques x il car, pour lui, qnelle que fût la forme du gouvernement Grèce. Ensuite il lui ~ ,
4° ( ) ne pouvait perdre l'empire que lui assuraient ses vertus ci il aimait mieux se voir le chef d'une nation libre et fière, , maître d'un troupeau d'esclaves. Les Athéniens, de leur côté loin de se montrer jaloux du pouvoir qu'il conservait voulurent, au contraire , qu'il lîut de leur confiance que le , fois l'autorité un seconde cé absolue à laquelle il avait renon- ne doutant pas qu'il ne leur valût mieux dépendre de que d'eux-mêmes. On vit alors ce spectacle extraordiun roi qui voulait que son peuple fût maître un naire peuple qui priait son souverain de régner un chef toutpuissant dans une république, et la liberté sous la monarchie. Aussi ses maximes n'élaient-elies pas celles de la plupart des princes, qui se croient faits pour jouiren relui , : , pos du travail d'autrui , la sueur de leurs sujets. Thésée lui seul , pour vaient sous le ses lois, la , sans les propre mollesse de de travailler se croyait obligé repos de tous lui les fatigues et temps et nourrir leur et d'assurer à , paix et le bonheur , ceux qui vi- en prenant pour dangers. C'est ainsi qu'il régna long- employer, pour se maintenir , ni alliance , ni secours étrangers, n'ayant de garde que son peuple, et d'en- nemis que ceux de l'état. La sagesse et la douceur de son gouvernement se retrouvent encore aujourd hui dans nos loii et dans nos mœurs. » Qu'on se figure à présent ce que devait être celle qui, , un héros de ce caractère femmes de son temps, mais dont la beauté à peine non-seulement à toutes les préférée par fut formée triompha d'une vertu si rare, au point de l'amener à une démarche, qui faite pour toute autre qu'Hélène eût été le comble de la folie et de la lémétilé. Ici le prix de l'objet justifie seul l'entreprise: et peut-être, au temps où vivait Thésée, n'étail-il point d'homme, qui se sentant comme lui digne de la posséder, n'eût tenté ce qu'il exécuta pour y parvenir. Du reste, il faut avouer qu'on ne peut guère exiger de preuve plus sensible, ni de témoignage pluséclatant du mérite maître. $ Hélène , que ce que fit Thésée pour s'en rendre
, (4» > Mais ) de peur qu'on ne m'accuse d'abuser jiutation de son premier amant , pour la faire de ici , la ré-« d'une empruntée , je passe à l'examen des autres époques de sa vie. Ayant perdu tout espoir de revoir jamais Thésée, demeuré captif aux enfers dans cette généreuse entreprise , briller gloire , où, quittant avec et l'autre tour à sa maîtresse la liberté Lacédémone, princes dans la Grèce ; pour servir son ami après lui , perdit l'un il de re- avait de rois tout ce qu'il y faire éclater pour , , elle vit bientôt, de et même elle les sen- timents. Car chacun d'eux pouvant, dans son propre pays, se une femme parmi les plus belles, ils aimaient mieux: demander Hélène à son père ; et avant qu'on pût soupçonner lequel serait préféré , les espérauces étant égales, ainsi que les prétentions , et la palme suspendue choisir venir à Sparte comme si était aisé il vantée , de prévoir que le possesseur d'une beauté aurait tout à craindre de la part de ses rivaux connus ou cachés , tous les prétendants firent serment que, quel que fût celui qui l'obtiendrait, le premier qui tenterait de la lui ravir aurait pour ennemis tous les autres; chacun d'eux croyant assurer son bonheur par cette précaution. Eu cela tous s'abusaient , hors Méuélas ; mais sur le reste , on vit bientôt qu'ils si ne s'étaient pas trompés , et que d'un bien envié la garde était plus difficile encore que l'acquisition. » En effet, peu de temps après survint, entre Déesse», les fameuse querelle de laquelle Paris fut établi juge et Tune d'elles lui promettant de le rendre invincible à la cette , guerre, l'autre de , régoer sur toute l'Asie le faire , la troi- sième de l'unir à Hélène; dans l'impossibilité de fixer son jugement sur ce qui s'offrait à sa vue, arbitre confus de yeux mortels, tant de beautés trop éblouissantes pour des et réduit à se décider par qui lui étaient d'époux iï Hélène et pas croire que motif ne offerts , il la préféra le plaisir seul l'eût que la , à tout le déterminé même aux yeux des reste de gendre de Jupiter. Car soit pas sans force, n'eût réfléchi seule comparaison ( , il le dons titre ne faut encore que ce des sages) , s'il plus haute fortune est souvent le par-
(4* tags du moindre mérite, ) que mille autres après lui s'ilpar des victoires tandis que bien peu se pour- lustreraient et , même temps issus et alliés du maître par un calcul tout simple, forcé de raient vanter d'être eu des Dieux. D'ailleurs , choisir entre trois Déesses, et devant opposer à la baiue deux l'amitié d'une seule celle dont pouvaiMl ne , faveur lui promettait la plus les de pas se décider pour douces jouis- sances de la vie, et dont la haine seule eût empoisonné toutes les faveurs des deux autres Y sonnable qui ne trouve dans ces choix que II n'est point d'esprit rai- rnolif» de quoi justifier le blâmé ce n'est que par ceux dont l'opinion se règle sur les événements et sur l'apparence des choses erreur où il faut les laùser. Car enfin, que dire à des gens qui prétendent, en cette affaire, voir plus clair que Paris, qui appellent d'uu arrêt auquel Pàiis fit et ; on :à l'en voit , \ Dieux, et osent taxer de peu de jugeque tout l'Olympe reconnut pour juge ? » Ce qui m'étonne quant à moi, c'est qu'on puisse dire qu'il eut tort de vouloir vivre avec Hélène pour qui mou- s'en rapportent les ment celui , , rurent tant de Comment méprisé dont les Dieux se montraient à lui si jaloux ? Et que pouvait une Déesse lui ofTiir de plus séduisant que ce qu'elle-même estimait le plus ? Quel homme enfin eût dédai- la beauté gné rois. , de tant de vœux, dont cet objet sentit la temples , perte , dont et comme tée sur nous donné lieu , ? si pu lui la Grèce entière res- eût ô:é ses Dieux et sej orrempor- le barbai e aussi faire la plus btlle victoire Car depuis long-temps diverses offenses avaient de part et d'autre de rupture tout d'un coup l'E u ope et une guerre , la à des plaintes , , saos jamais Hélène ravie arma l'Asie. Des peuples que rien jusse combattre, pour elle seule se ouverte ques-là n'avait pu porter à firent on possession rendit la gueilleux que l'aurait produire d'ailleurs Paris eût-il ; mais' plus grande et la plus terrible qu'on tût encore vue, mais dans laquelle rien ne parut aussi sur- prenant que l'obstination des deux partis. pouvant, Hélène , s'ils eussent voulu teudte Car les Troyeni ariêier le cour*
, (43) et prévenir leur propre ruine , et les de tant de maux Grecs, en l'abandonnant, retrouver chez eux la paix et le repos; un tel sacrifice leur parut à tous impossible mais , : uns, pour les champs conserver, virent pendant dix ans leurs la dévastés et leurs plutôt que de la toits livrés aux flammes perdre, se laissèrent vieillir •, les loin autres, de leur pairie, et pour la plupart ne revirent jamais leurs Dieux Or une domestiques. , pour Paris, guerre désastreuse ne si se faisait ni pour Ménélas, mais pour décider une grande ni querelle entre deux moitiés du monde les dont chacune , croyait triompher de l'autre en lui eulevant Hélène. Et tel que prenaient était l'intérêt à cette guerre qui s'y trouvaient engagées nations les , non seulement , mais même les Dieux, que plusieurs de leurs enfans, qui devaient périr de- vant Troye, y furent envoyés par naissant les destins Jupiter ne , eux-mêmes. laissa Ainsi con- pas d'y faire aller Sarpédon , Neptune Cycnus, Thélis Achille, l'Aurore Memnon trouvant qu'il était plus glorieux et plus digne de ces héros de mourir dans les combats livrés pour Hélène que de vivre sans partager l'honneur de tant d'exploits fameux. •, , , Et comment auraient-ils songé à réprimer dans leurs en— fans, une ardeur qu'ils justifiaient par leur propre exemple? Car, si pour l'empire du Ciel ilscombattirent les géants, pour Hélène , ils firent plus , ils tournèrent leurs armes les uns , conlie les autres. » V.,ilà ce que* sur les que peut Dieux , et la beauté , dont l'empire s'étend jus- lui-même à la réduit souvent Jupiter coudition des mortels. Partout ce Dieu montre ce qu'il est et s'annonce en maître du monde; mais auprès de Léda ou d'Alcmène, que fait lui serviraient la tout trembler Y Ailleurs mande, cime. et obiientsi Il mêmes, dont v eu, qu'il foudre et ce sourcil qui commande, mais est là il de- obligé de tromper ce qu'il ne peut, à moins dépasser pour un autre, être heureux dans posture | il et ses il dans amours emprunte le ; la bonheur inférieur alors aux créatures forme, qui plaisent sans imqu'elles goûtent, ne doivent
(44) rieu à Terreur. que ciel Dieux La beauté ayant sur la terre, combattu pour aieut les mêmes droits dans le ne faut donc pas s'étonner que il elle. les Leurs querelles n'eurent jamais un plus digne objet. Rien n'est si précieux que la beauté, qui fait le prix de toutes choses. C'est par elle que tout plaît , et rien , sans elle ne peut élre ni aimé , ni ad, Toute autre qualité s'acquiert, se perfectionne par l'art ou par l'exercice la nature seule donne la beauté avec l'existence, et nul n'en peut avoir que ce qu'il a reçu de la miré. \ nature. Il n'est plupart se que, ni même les étude ni persuadent Dieux se le cù l'accroître sont qui puissent (encore que la artifice où elle manun trésor dont Certains avan- contraire) ni la suppléer elle est. réservé la Car c'est distribution. les ont, odieux ou dangereux aux autres. La force inspire de la crainte , la richesse de l'envie. La beauté ne produit qu'amour et admi- tages sont utiles à ceux seulement qui ration. Elle seule n'a point d'ennemis avoir. Car tous ces biens même gloire que ceux qui , tels , que la , et n'en force , peut jamais la richesse , la possèdent en jouissent seuls, au les le bien de tous ceux qui ont donnée à quelques individus que pour le bonheur de tous. Les qualités, même les plus louables , de l'esprit et du cœur , veulent du moins être connues pour qu'on les prise ce qu'elles valent , et n'obtiennent qu'avec le temps les seutimens qu'où leur accorde. La beauté, lieu pour beauté semble être la des yeux et n'avoir été , se faire aimer que de n'a besoin , tage qu'elle a d'ailleurs sur tuus c'est vie de \ même qu'en plaire : par-là par-là temps qu'elle elle polit les elle excite ,dans la morale et de comme , de plaît elle inspire le désir le , charme de la l'enthousiasme de vertus que toutes les le- , lui doivent leurs chefs-d'œuvre leur origine, ayant tous pour unique but de plaire et d'instruire Mais Vu avan- philosophie; elle allume le génie, la et les arts qu'elle a créés paraître. dons naturels ou acquis, mœurs et fait une âme noble la gloire, et fait éclore plus çons de les si par l'image du beau, prise dans la nature. celle image a le pouvoir de captiver l'âme et de
(45) charmer à la fuis Et combien doit le sens et la être représentation est la seule pensée, que sera-ce du modèle? sublime en elle-même une chose dont si Pour moi, ravissante! je ne vois rien qui tieone tant de la Divinité, rien qui s'attire aisément les hommages de la terre. si Un héros couronné de gloire, ayant gagné des batailles, pris des villes, fondé des empires éprouve de conquérir l'univers , au prix de tant de travaux, il obtient à peine, en mourant, une place entre les DemiDieux. Une belle n'a besoin que de naître pour se voir au que de , qu'il est plus aisé s'en faire adorer, et rang des Déesses sitôt ; de son apothéose. quelle apparaît au monde, Il n'est elle jouit pas question de la placer au ciel ; on suppose qu'elle en vient, et tous les vœux qu'on lui adresseront pour la retenir sur la terre. C'est ainsi qu'Hélène adorée vit les peuples et les Dieux combattre à qui la posséderait. » Adiré vrai, ce un miracle d'attraits n'était pas simplement une belle, mais de perfections. Elle parut et Thésée, qui en avait vu tant d'autres , et depuis pression ne fit-elle pas sur Paris, qui avait , telle à quelle ira- vu Vénus même? Jamais beauté n'obtint un suffrage si flatteur de juges si éclairés. Après cela, faut-il s'étonner qu'elle entraînât sur une jeunesse idolâtre? Les vieillards mêmes, pour la passèrent les monts et les mers. Elle charmait tout ses pas suivre le , monde ; mais , ce qu'on ne peut trop admirer, c'est ayant eu tant d'amants , de fois mariée, enlevée que , conserva tous. Ayant été tant surprise , dérobée à elle-même, ou elle les , aux autres , elle ne fut jamais quittée et tandis que les autres femmes, à force de tendresse et de fidélité, se peuvent à peine assurer un cœur, elle sut les fixer tous, et ne se fixa jamais. Le mérite de ses amants donne une grande idée du sien. La préférence qu'elle obtint d'eux montre combien elle ; l'emportait sur la les beautés de son temps ; mais leur constance met au-dessus de toute comparaison ^surtout lorsqu'on ré- fléchit qu'elle pas ne même avec les trompait en rien, qu'elle n'employait eux les plus innocents artifices eu usage parmi
(46) une passion par ciel par des froideurs, ni l'entretenir par les belles; qu'elle ne savait ni allumer avances, ni l'attiser des espérances gueurs , qu'en un 5 mot elle , n'ayant pas ni les faveurs, qu'on appelle coquetterie, ne ménageait ni les rides élémens de ce même* qu'alors ce grand art ne fût si.it pas encore inventé soit comme il est plus vraisemblable, qu'elle ciût pouvoir s'en pas>er. Dans cette foule d'adora, teurs elle n'en , , flattait aucun d'une préférence exclusive. Elle ne cachait point à l'un Ménélas , quand il l'épousa entre elle et Thésée. aimé d'en être , le bien qu'elle voulaità l'autre. savait tout ce qui s'était passé , ne Peu aima pas moins Il sans préteudre l'être seul et se , contenta car le sort s'y ; un amou:s, quand il lui sacrifia les siennes, et quitta pour elle, non seulement les bergères d'Ida mais OEnone, nymphe et imopposait, et sans doute c'eût été trop de bonheur pour mortel. Pâ'is non plus n'ignorait aucune de ses , mortelle. Après lui ne encore, Ménélas fût plus jeune alors, la reprit, quoiqu'elle persuade qu'il valait mieux être son dernier amant, que le premier de toute autre ment fit bien voir qu'il ne s'était glantes catastrophe-, où périt la race de Pélops préserva de piter pu la ruine de sa maison qu'il serait avec elle , juste il la , , elle seule même et obtint le de Ju- , possédât sans partage, récompense de ce l'événe- admis dans l'Olympe. Car n'ayant elle voulut que dans le ciel au sur la terre être touteà lui moins et ; pas trompé. Dans ces san- et lui frit à jamais uni, pour qu'il avait fait et souffert elle. » Paris en avait fait autant, et souffert encore plus Ah qu'elle l'en eût bien payé, s'il n'eût tenu qu'à elle, ! rendu l'immortalité plus douce qu'à pas un des Hélène ne fut point ingrate à ceux qui l'aimèrent et lui eût Dieux ! avec tant d'ardeur; mais sa r< connaissance , arrêtée par mille obstacles divers, ne pnt leur faire à tons tout le bie-t qu'ils avaient mérité d'elle. tins qu'il ne lui Femme permirent pas de de Ménélas , les des- rendre à son mari tout ce eut pour elle de constance et d'amour; Déesse, elle ne fut pis plus libre à l'égard de Pâiis, lorsqu'il mourut.
C4: Jamais Minerve Junonne ) l'eussent souffert dans l'Olympe. donefairece qu'elle eûtvoulupour récompen- Ne pouvant r.î l'époux ser l'amant dit l'un immortel, et l'autre le plus elle fit ce qu'elle pouvait. Elle renheureux des hommes. « Mais dans les gtâces qu'elle obtint de la tendresse de Jupiter, sa propre famille ne fat pas oubliée. Sans elle, deux ses et frères , Castor et Pollux qui avaient déjà terminé , honneurs divins leur vie, n'eussent jamais joui des peu leur eût elle, et Jason ; avec la mort, tempêtes les et leur de héros et nom elle entre placé et si , ne sans , ils eût arrachés à les astres, d'où les ; Hercule d'enfants de Jupiter ils apaisent les la piété a su se sauvent du naufrage ceux dont et , les titres eux périssaient, servi d'avoir aidé de leur valeur rendre propices. Pour elle, à qui sa pairie ne cessa ja- mais d'être chère , protège Lacédémone, où son culte elle mêmes est établi, et les de tant de héros, lieux qui la virent si belle , désirée voient encore adorée de toute la Grèce. la vœux C'est là qu'elle reçoit les des mortels , et signale son pouvoir sur ceux qui ont mérité ses bienfaits ou sa colère. L'épouse d'Ariston roi de Sparte, n'était pas née pour devenir la plus belle personne de la Grèce. Même à Lacédémone, où nulle femme n'est sans beauté on se souvenait de l'avoir vue si dbgiâciée de la nature, que ses parens la , , cachaient ne se pouvaient consoler et d'autre enfant. lène dont , ils Chaque jour invoquaient parler, elle sut avec La car ils n'avaient point la eux implorer la Déesse. Qu'arriva-t-ifr* piété de ces bons parents eut sa récompense. changeait de jour en rougissait de qui la ; menaient au temple d'Hépitié pour elle. Dès qu'elle put ils , dans montrer \ fit la gloire cet Leur fille enfant qu'on de sa famille. Ce poète Hélène , n'eut pas lieu de en punition de son blasphème elle le rendit ses vers s'en réjouir jour, et bientôt , osa offenser , aveugle. Qui médit de la beauté n'est pas digne de voir ; mais employer à l'outrager un art consacré à sa louange! un pareil abus de la faveur des Muses aurait mérité que les Dieux lui ôiassent la voixaYec la lumière. Hélène toutefois
(48) lui pardonna. Lorsqu'il reconnut sa faute d'autre» chants l'impiété des premiers vue ; car ayant femme été sensible lui rendit la ne pouvait être elle , répara pat et , elle , Déesse inexorable. « Mais ces exemples nous apprennent qu'elle peut égale- ment récompenser fait a mérité ses autels l'honorer, des punir. et l'ornement de son siècle Déesse , il de Jupiter ayant de son pays, elle , faut la craindre et par des hécatombes, elles sages par car c'est l'offrande ; fille la gloire et comme j les riches, hymnes Gomme que les Dieux aiment de savent composer. J'ai lâché de rassembler ceux qui les quelques traits de son éloge mais ce que j'en ; ici ai dit est loin d'égaler ce que je laisse à dire à d'autres. Car, sans parler de tant de connaissances utiles ou agréables, dont nous sepour elle, on rions encore privés, sans la guerre entreprise peut dire que nous lui devons de n'être pas aujourd'hui assujettis aux Barbares. Ce fut par unir toutes ses forces elle, en effet, que la Grèce apprit à contre eux, et l'Europe lui doit mier triomphe qu'elle le pre- obtenu sur l'Asie, triomphe qui ait fut l'époque d'un changement total dans le sort de la Grèce» Car nous étions depuis long-temps accoutumés à voir nous villes commandées par ceux d'entre les Barbares que la fortune réduisait à fuir leur propre pays. C'est ainsi que Danaiis était sorti de l'Egypte pour venir gouverner Argos \ que Cadmus né à Sidon avait régné sur les Thébains ; que les Cariens bannis s'étaient emparés des îles et la pos, , , térité de Tantale, de tout détruit Troye, la le Péloponnèse. Mais après avoir Grèce reprit bientôt une telle supériorité qu'elle soumit, à son tour, jusques dans le cœur de t l'Asie, des villes et des provinces. c Ceux doue qui voudront entreprendre d'ajouter à l'é- loge à^Hélène de nouveaux ornements, trouveront assez dans de semblables considérations louange des discours fleuris ». , , de quoi composer à sa
(49) AVERTISSEMENT SUR LA LETTRE A M. RENOUARD. (Pou rV intelligence de ce gui suit, ilfaut premièrement Paul- Louis auteur de cette lettre ayant déchez les moines du mont Cassin un manuscrit complet des Pastorales de Longus jusque-là mutilées dans tous les imprimés, se préparait à publier le texte grec et une traduction de ce joli ouvrage quand il reçut la permission de dédier le tout à la Princesse ainsi appelait-on en Toscane la sœur de Bonaparte Élisa. Cette permission, annoncée par leprefet même de Florence, et devant beaucoup de gens à Paul- Louis , le surprit. Il ne attendait à rien moins, et refusa d'en profiter disant pour raison que le public se moquait toujours de ces dédisavoir que , , couvert à Florence , , , . , , s"* , caces là, n ; mais l'excuse parutfrivole le public, en ce tempset Paul- Louis passa pour un homme peu : était rien , dévoué à la dynastie qui devait remplir tous les trônes. La voilà noté philosophe , indépendant, ou pis encore, et mis hors de la protection du gouvernement. Aussitôt on, l'attaque; les gazettes le dénoncent comme philosophe d'abord , puis comme voleur de grec. Un signor Puccini chambellan italien de Vauguste Elisa, quelque peu clerc écrit en elle- France en Allemagne , ; cette vertueuse princesse même mande à Paris qu un homme, ayant trouvé par hasard, déterré un morceau de grec précieux , s'en était emparé pour le vendre aux Anglais. Cela voulait dire qu ilfallait fusiller V homme et confisquer son grec, s'il y eût eu moyen; car déjà les savants étaient enpossession du morceau déterré qui complétait Longus de ce nouveau fragment en effet très précieux , imprimé, distribuégratis avec la version de Paul- Louis, , 4
5o) ( Un aulrr Florentin, un professeur de grée appelé Farta, fort ignorant en grec et en toute langue, fâché de l'espèce parmi les lettrés d'Imain à la plume, commeJeu Janotus, com- de bruit que faisait cette découverte talie. , met la pose une brochure. Les brochures étaient rares sous le grand Napoléon celle-ci fut lue de-la les monts,et même : Renouard libraire , accusé dans ce pamphlet de s'entendre avec Paul- Louis, pour dérober du grec aux moines répondit seul ; Paul-Louis pensait à parvint à Paris. 31. , , autre chose. Il parut aussi des estampes une le représentait , dont dans une bibliothèque, versant toute Vencre de son cornet sur un livre ouvert et ce livre c'était le manuscrit de Longus. Car il y avait Jait en le copiant comme il est expliqué dans l'écrit qu'on va lire, une tache, unique prétexte de la persécution et de tant de clameurs élevées contre lui. On criait qu'il avait voulu détruire le texte original, afin de posséder seul Longus. Une Excellence à porte" feuille trouve ce raisonnement admirable, et sans en de" mander davantage, ordonne de saisir le grec et le français publiés par Paul-Louis à Rome et à Florence ; et cefut une chose plaisante ; car de peur qu'il n'eût seul ce qu'il donnait à tout le monde, le vizir delà librairie, ne sachant ce que c'était que grec ni manuscrits connaissant aussi peu Longus que son traducteur, d'abord avait écrit de sus, , , , pendre la vente de l'œuvre quelle qu'elle fut ; puis apprenant qu'on ne vendait pas , mais qu'on donnait ce grec et cefrancais au petit nombre d'érudits amateurs deces anti' , séquestrer tout pour empêcher Paul- Louis , il fit de se Vapproprier. Celui-ci ne s'en émut guère, et laissait sa Chloé dans les mains d? la police, fort résolu à ne quités , jamaisfaire nulle démarche pour l'en tirer; mais à lafin, ileutavis qu'onallait le saisir lui-même et l'arrêter. Cela le rendit attentif, et il commençait à rêver aux moyens de sortir d'affaire Rome, où, il , quand était alors , il fut mandé chez le préfet de pour donner des éclaircissements
( 5i ) ^ sur sa conduite^ ses liaisons, son état, son hien , sa nais- sance et son pâté d'encre le tout par ordre supérieur. Il écrivit à ce préfet, non sans humeur; voici sa lettre: , « Monsieur , répondre aux calomnies moi depuis environ un an croyait que j'ai négligé de » publiées contre » ces sottisesferaient peu d'impression sur les esprits sen- 3> » » » , mais puisque ministre y met de l'importance , m'expliquer sur ce pitoyable sujet , je vais donner au public, devant lequel on m'accuse % ma justification aussi claire et précise qu'il me se> a posses ; le et qu'enfin il faut » sible. Vous recevrez Monsieur le premier exemplaire de ce mémoire très-succint ,ou Son Excellence trouvera les renseignements qu'elle désire. » » Le préfet répondit « Monsieur gardez-vous bien de rien publier sur Vaffaire dont il est question ; vous vous v v , , : , exposeriez beaucoup , et l'imprimeur qui vous prêterait son ministère ne serait pas moins compromis. » j> » // s'agissait d'un pâté d'encre , et remarquez car il y a en toute histoire moralité , tout est matière d'instruction à qui veut réfléchir: admirez en ceci la doctrine du pouvoir; les calomnies s'impriment , mais la réponse , non. Chacun peut bien dire au public dans les pamphlets , dans lesJournaux f Paul-Louis est un voleur ; mais il nefaut pas que celui-ci puisse parler au même public et montrer qu'il est honnête homme. Le m inistre évoque V affaire à son cabinet, , ou luiseulen décidera, etfera Paul- Louis honnête homme oufripon, selon qu'il croira convenir au service de sa majesté selon le bon plaisir de son altesse impériale madame , Bacciocchi. Paul-Louis , bien empêché sieur » primer v m'est nécessaire , , récrivit aupréfet j'ignorais qu'ilfaillit votre permission » « Mon* pour im•. mon petit mémoire justificatif mais puisqu'elle je vous supplie de me l'envoyer. Il '; •> , Heureusement Use souvint d'un pauvre diable d'imprimeur nommé Lino n'eut point de réponse et l'avait bien prévu. Contadini , qui demeurait près de la Sapience, n'i nprimait 4*
( tfue des almanaehs velle censure. Il ïbrighiamola e 5* ) devait être peu en règle avec la nou- trouver et lui dit Or su presto, stampi questa cosa per Peccelleniissime va si , »t le : , , « Vite qu'on im; c'est-à-dire prime ceci pour monseigneur ex cellentissime préfet de police ( ou de propreté car c'est le même mot en italien ) quoi le bonhomme répondit Padronmio riverito, corne siguor prefelto ai puiizia : , . , A : farô ? Non capisco parola di francese cbe Yuol \ ella ch'io possa raccapezzar mai in questo benedetlo straccio pieoo Mon cher Monsieur comment ferai- je? n en- di cos$ature ? , tendant pas un mot defrançais , quepuis-je comprendre à ce chiffon tout plein de ratures ? Eh bien ! repartit PaulLouis , nous y travaillerons ensemble ; mais dépêchons là , préfet attend. Les voilà donc à la besogne , et Paul-Louis, eompositeur ,cor recteur ,imprimeur et le reste. Cefut un merveilleux ouvrage que cette impression ; il y avait dix fautes par ligne , mais à toute force on pouvait lire- La chose achevée, vient un scrupule à ce bonhomme d^ imprimeur. Ne nous faudrait-il pas, dit-il, pour faire ce que nousfaisons, une permission, un permes«o? Non, dit PaulLouis. Sifait tendez , , Et quoi, pour le préfet ? Atje reviens tout -à- P heure. Il s'en va dit Vautre. Lino dit ; cependant Paul-Louis fait un paquet qu'il emporte. Un quart— , d'heure après Vimprimerie était pleine de sbires. Ce sonl chez le préfet , et d'une centaine d'exemplaires les gendarmes du pays. Ayant ce qu'il voulait à peu -prêt Paul-Louis écrivit « Monsieur ,fai encore au préfet une dernière lettre » trompé t imprimeur Lino. Je lui aifait accroire quil , : » » ». » » » » pour vous je lui ai parlé en votre nom et de vos ordres. Je Vai hâté en rassurant chargé comme que vous attendiez impatiemment le résultat de son trarail 5 enfin, tous les moyens que j'ai pu imaginer, je les ai mis en œuvre pour abuser cet homme qui, pensant vous servir, ignorait ce qu'ilfa isait. Après une telle détlaration je vous crois , Monsieur trop raisonnait* travaillait , : ,
(53 ) > pour vous en prendre à lui, et non pas à moi seul, de > la publication de mon factum littéraire. Je ne vous prie, > plus que de vouloir bien l adresser avec cette lettre au > ministre , curieux de savoir à quoi je m'occupe et qui je > suis. » Le pauvre Lino fut arrêté , interrogé , réprimandé et renvoyé. Le préfet n'adressa chure ; mais bientôt après il au ministre ni lettre ni bro- reçut une verte semonce de ses maîtres. Laisser imprimer , publier la plainte d'un homme maltraité , quelle bévue pour un préfet! L'espèce de supercherie dont il avait été la dupe ne V excusait pas aux yeux d'un gouvernement fort. Il était responsable , la gagé précisément plainte av:/it paru; c'était sa faute à lui , pour empêcher cela. sa place, et c'eut Il enfiaillit perdre été dommage vraiment ; seiller d'état) il aujourd'hui ne serait pas ce qu'il est (con, s"* il eût cessé alors de servir les dynasties. Paul-Louis, depuis ce temps , vécut à Rome tranquille, n'entendant plus parler de préfet ni de ministre. Sa lettre du bruit en Italie surtout. Les Lombards se réjouirent de voir Florence moquée, et traitée d'ignorante. (Quelques fit , écrits parurent en faveur de Paul-Louis on voulut y répondre mais le gouvernement l'empêcha et imposa silènes à tous. On redoutait alors la moindre discussion dont le public eut étéjuge. Celle-ci, d'abord sotte et ridicule seulement eut des suites sérieuses fâcheuses même, tragiques. Furia enfut malade, Puccmicn mourut; car étant à dîner un jour chez la comtesse d'Albani veuve du pré: , , , , tendant d' Angleterre , il se prit de querelle avec convives qui défendait Paul-Louis , et un des s'emporta au point que de retour chez lui le soir , // écrivit une lettre d'excuses à madame d'Albani, se mit au lit, et mourut, regretté à la colère près. il était bon homme Paul-Louis n'enfui pas cause , comme on le lui a reproché; mais s'il eût pu prévoir cette catastrophe, la crainte de tuer un chambellan ne l'iàt pas empêché apparemment d'un chacun, car ,
( quand tf écrire , il crut le 54) devoirfaire , pour sa propre dé- fense. Ce qui, dans cette brochure déplut, ce fut un ton un air de mécontentementfort extraordinaire alors la façon peu respectueuse dont on parlait des employés du gouvernement; mais plus que tout ce fut qu'on y faisait connaître la haine de l'Italie pour ce gouvernement et pour le nom français. Bonaparte croyait être adoré partout, sa police le lui assurait chaque matin: une voix qui disait le contraire embarrassait fort la police, et pouvait attirer V attention de Bonaparte comme il arriva ; car un jour il en parla voulut savoir ce que c'était qu'un officier retiré à Rome, quifaisait imprimer du grec. Sur ce qu'on lui en , libre, , , , dit , il le laissa en repos. )
55 ( LETTRE A ) RENOUARD, M. V LIBRAIRE, SUR UNE TACHE FAITE A UN MANUSCRIT DE FLORENCE. /av*WI//wv//i///i/;///// J'ai vu, Monsieur, votre notice d'un fragment de Longus nouvel letnent découvert, c'est-à-dire votre apologie au sujet de cette découverte, dans laquelle on vous accusait d'avoir trempé pour quelque chose. voilà pleinement justifié pouvais je me heureusement , et je me semble que vous 11 m'en réjouirais avec vous, réjouir. Maiscette affaire, dont vous sortez si si prend pour moi une autre tournure , et tanque vous échappez à nos communs ennemis, je ne sais en vérité ce que je vais devenir. On me mande de Florence qne cette pauvre traduction vient d'clre dont vous avez appris l'existence au public , dis , chez le libraire , qu'on cherche le traducteur , et qu'eu attendant qu'il se trouve, on lui fait toujours son procès. saisie Oa parle de poursuites, d'information tait du Voyez, Monsieur Car ce de témoins, Von se , reste, (l) fut vous, s'il , où vous m'avez engagé. la belle affaire vous eu souvient , qui eûtes la première pensée de donner au public ce malheureux fragineat. Moi, qui à le connaissais depuis Bologne, Sans ce fragment Mes jours dans le je n'aurais eu rien (1) Hémistiche 1 les alors de tout faubourgs, fatal , k , quand au repos de vous en parlai je ma vie loisir couleraient sans démêler avec de Corneille, auguste princesse nus à deux ans pas songé seulement à je n'avais au refus de ttwade les àttùS-ien la à JFlvU'Uci' j et , envie; savants Florentins, hardie dédicace le lire. , à l'intervention de et autres faits con- peui-iHrc mèate. dans
( jamais on ne ie 56) douté serait qu'ils sussent peu leur ms- si de ces messieurs ne paraissant que dans n'eût été connue de personne. tier, et l'ignorance leurs ouvrages , Car vous savez bien que c'est là tout le mal et que celte tache dont on fait tant de bruit, personne ne s'en soucie. Vous n'avez oas voulu le dire parce que vous êtes sage. Vous , vous renfermez dans bornes les strictes de votre justification , peu d'exemples , en répondant aux mensonger qu'on a publiés contre- vous, vous taisez les vérités qui auraient pu faire quelque peine à voj et , par une modération dont calomniateurs. A. il y a quoi vous servait en effet, assuré devous disculper, d'irriter des gens qui, tout méprisables qu'ils une livrée; qui , sans être grand chose, tiennent à quelque cho e , et dont la haine peut nuire ? Et puis ce que vous taisiez vous saviez bien que je serais obligé de le dire , que vous seriez ainsi vengé sont , ont une patente , des gages , , , sans coup férir, et que le diable, comme ou dit, n'y per- drait rien. Pour moi, que tout tant s'est borné à quelques articles quelques libelles obscurs signés par des pédants, j'en ai ri avec mes amis,, «achant que comme vous le dites très bien peu de gens insérés dans les journaux italiens, à , , s'intéressent à ce» choses , et que ceux-là ne se méprendraient pas aux motifs de tant de rage et de si grossières calomnies. Depuis huit mois que ces messieurs nous honorent de leurs injures vous savez en queLs termes je vous en ai écrit c'était, vous disais- je, une canaille (îj qu'il fallait laisser mais j'avais tort de ahoyer. J'avais raison de les mépriser , : \ ne pas les craindre et à présent que je voudrais me mettre en garde contre eux, il n'est peut-êtie plus temps. , , cependant quelquefois une reflexion qui me rasColomb découvrit l'Amérique , et on ne le mit qu'au cachot; Galilée trouva le vrai système du monde, il en Je sure fais uu peu : Canaille ues chambellans Ceci parut un peu tort ^ue» personnes voulaient que l'auteur le supprimât. ! , et quei-1
, fut quitte pour dans lesquelles ra-t-on pis qu'à Cour. Mais , s'agit il eux Y peine n'est pas toujours proportionnée au là ce qui m'inquiète. la délit, et c'est Vous C *î ) Moi j'ai trouvé cinq ou six page* de savoir qui baisera Chloé ; me leJe devrais être tout au plus blâmé par ià, la prison. que dites les faits sont notoires votre récit et celui ; de M. Furia s'accordent peu néanmoins. y Il a dans le beaucoup de faussetés, beaucoup d'omissious dans le vôtre. Vous ne dites pas tout ce que vous savez et peut-être aussi nesavez-vous pas tout moi, qui suis moins circonspect mieux instruit et d'aussi bonne foi , je vais suppléer à votre sien , : silence. Passant à Florence, il y a environ trois ans, j'allai avec nn de mes amis, M. Akerblad, membre de l'Institut, voir la bibliothèque de l'abbaye de cette ville. Là, entre autres manuscrits d'une haute antiquité, on nous en montra un de Longus. Je que quelque temps le feuilletai tout le monde sait être , et le mutilé dans parut entier dans ce manuscrit. Je le premier livre les éditions, , me rendis et n'y pensai occupé d'objets fort différents de ceux-là. Depuis ayant parcouru la France l'Allemagne et la Suisse je revins en Italie et avec vous à Florence où , me trouvant de loisir, je copiai de ce manuscrit ce qui manquait dans plus. J'étais alors , , , , , les imprimés. Je Furia et me aider dans ce travail par messieurs fis Beucini employés tous deux à Saint-Laurent, où lant avec eux , j'y manuscrit le fis , la bibliothèque de Eu se trouvait alors. travail- par étourderie, une tache d'eucre qui couvrait une vingtaine de mots dans l'endroit inédit déjà transcrit par maiheur , moi. Pour réparer en quelque sorte ce petit qu'on me le demandât ma copie, que nous avions faite ensemble moi , son aide, laquelle étant de trois mains , faite j'offris, sans , c'est-à-dire celle M. Furia et sur l'original même eident une exactitude qué , avait à toute autre. , et On revue par la trois personnes avant l'ac- une authenticité qui eût mandédaigna d'abord , comme ne pou- vant Uuir lieu de l'original, et et ensuite on l'exigea; mais alm*
, ( j'avais des raisons pour vins de Florence à m'en 58 ) la refuser. Je payai ces messieurs et Rome, où ayant de Loogus l'espérais, d'autres manuscrits trouvé , comme je imprimer à variantes de Rome je fis , frais Je texte de cet auteur avec les de P'iorence. Cette édition ne se vend point, je la donne à qui bon me semble ; mais le fragment de Florence , imprimé iéparémeut, se donne gratis à qui veut l'avoir. mes , et Dans tout ceci , Monsieur , je n'iuvoquerai point votre témoignage, dont heureusement je puis me passer. Je vois votre prudence ; j'entre dans tous vos méuagemeuts , et ne veux point vous commettre avec les puissances en vous contraignant à vous expliquer sur d'aussi grands intérêts. Si on vous en parle, haussez un soupir laites au beau. Mais avant me les épaules, levez ou un sourire , d'aller plus loin , souffrez , plaigne de la manière dont vous me , yeux au les que et dites le ciel temps est Monsieur, que faites je connaître au public. Vous m'annoncez comme auteur d'une traduction de Longus parfaitement inconnue brochure anonyme dont il n'y a que très peu d'exemplaires dans les mains de quelques amis } et comme on ne me counaît pas plus que ma traduction vous apprenez à vos lecteurs que je suis un helléniste , fort habile, dites-vous. Ou ne pouvait plus mal rencontrer. , , , Si je suis habile ai fait uu joli , ce n'est pas dans cette occasion que j'en preuve. Ayant découvert cette bagatelle , qui complète ouvrage mutilé depuis tant de siècles , vous voyez le que j'en ai su tirer. J'en fais cadeau au public , et je passe pour l'avoir non seulement volée, mais anéantie. Vousmême, Monsieur, vous en déplorez la perte. Les journaux italiens me déuoucent comme destructeur d'un des plus beaux monuments de l'antiquité }M. Furia en preud le deuil ; sa cabale crie vengeance et tandis que ce supplément est parti , , , mes frais dans les mains de ceux qui peuvent le lire, on répand partout contre moi un libelle avec ce tilie Histoire de la decouver le et de la perle su~ par mes soins et à , : bile (Furtfragment de Longus. Voilà mou habileté. Ou tout
autre aurait trouvé mon ne argent et ( 59 ) du moins quelque honneur, nia réputation m 'arrive pas littérature sont pis. ; et je Croyez-moi ceux qui, , me Monsieur comme les j'en suis jésuites s'il habiles eu les , pour heureux tiendrai de Pascal, ne lisent point, écrivent peu, et intriguent beaucoup. Je ue suis point non plus helléniste , mot , nais guères. Si j'entends bien ce ou qui je je ne me con- vous l'avoue vous dites un helléniste , comme on dit un , un droguiste un ébéniste ; et , suivant celte analogie , un helléniste serait un homme qui étale du grec, qui en vit, et qui en vend au public, aux libraires, au gouvernement. Il y a loin de là à ce que je fais. Vous n'ignorez pas , Monsieur, que je m'occupe de ces études uniquement par goût ou pour mieux dire , par boutades, et quand je n'ai m'est nouveau dentiste , , , que je n'y attache nulle importance, que jamais on n'a vu mon nom en ; tête d'aucun livre ; que je ne veux aucune des places où l'on parvient par ce moyen \ et que, sans les hasards qui m'ont engagé à donner au public un texte de quelques pages, jamais on n'aurait eu cette preuve de mou habileté; qu'enfiu même , après cela , si vous m'eussiez démasqué , contre point d'autre fantaisie et n'en tire : nul profit toute bienséance etsaus nulle nécessité vous ou plaît serait de me , cette habileté qu'il supposer, ou ne m'eût point été attribuée, encore un secret entre quelques personnes capables d'en juger. Qu'est-ce livre qui , s'il vous plaît ne se vend point , Monsieur, qu'une notice d'un , qu'on donne à peu de personnes que même on ne peut plus donner':' et qu'importe à qui vous lit que ce livre soit bon ou mauvais , si on ne saurait l'avoir Y Que vous vous défendiez du mal qu'on vous impute en nommant celui qui l'a fait cela est tout simple; mais et , personne ne vous accusait d'avoir fait cette traducliou. Je ne veux point trop vous pousser là-dessus, ni paraître plus fâché que je ne le suis en effet. Vous avez cru la chose de peu de conséquence , et peusé fort sagement qu'un tel ouvrage ne me pouvait luire ni grand honneur ni grand tort.
6o ( ) pu vous dispenser de me nomnir.-, du moins comme traducteur, et en y pensant mieux, vous Haussiez pas dit que j'étais ni habile, ni helléniste. Mais enfin vous eussiez n'êtes pas plus exact Vous en parlant de , M. Furia. San* comme biblio- autre explication, vous le désigoezseulement thécaire gardien d'un dépôt littéraire célèbre dans toute , l'Europe Y Y pensez.- vous, Monsieur ? Vous écrivez à Pari*,, vous- parlez à des Français, qui voyant dans ces emplois de« gens d*un mérite reconnu, dont quelques-uns Italiens (1), Furia est ne manqueront pas de croire que un homme même sont seigueur le considérable par son savoir et par sa que celte erreur peut vous être indifférente, et qu'ayant apparemment plus de raisons de le ménager que de vous plaiudre de lui vous lui laissez volontiers 1» considération attachée à son titre dans le pays où place. Je comprends , vous êtes. Mais moi qu'il attaque , soutenu d'une cabale de m'importe qu'on l'apprécie à sa juste valeur et je ne puis souffrir non plus qu'on le confonde avec desgen» dont l'érudition et le goût font honneur à l'Italie. pédants il , , Si vous eussiez voulu , Monsieur, donner une juste idée des personnages peu connus dont vous aviez à parler, après que avoir dit vous est le un j'étais ancien militaire cuistre , , helléniste , puisque M. Furia ancien cordonnier comme son père, garde voulez, fort habile , il fallait ajouter : cCune bibliothequeqù il devrait encore balayer } qui fait au' jourd huide mauvais livres n'ayant pu fairedebons souliers helléniste fort peu habile à huit cents francs d'appointements copiant du grec pour ceux qui le paient élève et successeur du seigneur Bandini dont C ignorance est célèbre. Et il ne fallait pas dire seulement, comme vous faites, que cet homme cherche des torts dans les accidents les plus , , , , , simples , est cuistre mais qu'il en colère (1) Viscouti , est intéressé a , Marini dont la en trouver , parce qu'il rage et la vauité cruellement et d'autres.
, (61 ) bk^see Servent d'instrument à deshaines (i) qui n'osent éclater d\ine autre manière. Ce sont là de ces choses sur lesquelles vous gardez un silence prudent. Fontenelle^ dit quelque ménagements. Il neât roula pour rien au monde dire seulement à ^oreille que F.... est un polisson. Voltaire cachait moins sa pensée. Mais il est plus sûr d'imiter Fontenelle. Malheureusement part Vuhaire, était tout plein, de ces 1-e choix n'est pas en mon pouvoir, obligé de tout et je suis dire. Pour commencer par les raisons que peut avoir sei* le kneur Furia de n'être pas aussi désintéressé qu'on le croirait dans cette affaire , il faut savoir que la découverte du pré- Longus s'est faite dans un manuscrit sur cieux fragment de requel lui , Furia, a travaillé longues années ceite trouvaille , au selon lui et qu'il re- } venait de donner au public une notice très exacte , comme sa propriété qu'on y a fait moment précisément où le seigneur Furia gardait en quelque sorte , de ce même manuscrit , ample et très dans laquelle est indiqué, page par page, et fort au long, tout ce que le sieur uriay a pu remarquer ; que son travail sur ce petit volume, annoncé long-temps d'avance, aduié six ans, pendant lesquels il n'a cessé de le feuilleter et de le décrire avec une 1 commune-, qu'il en a même, à ce qu'il dit beaucoup de variantes des prétendues Fables d'Esope, patience peu extrait par lui réimprimées à quelque moine , la fin de sa notice par où l'on ; car ces sottises de commence au collège l'étude trouvent dans ce manuscrit à la suite du roman de Longus , et le sieur Furia n'a pas man- de langue grecque, la qué d'en faire se son profil ; qu'enfin , à peine achevé, son vrage, qu'il vendait lui-même, et où (1) Les Français alors il ou- pensait avoir épuisé de-là les monts e'taient de'teste's comme maintenant les Allemands. Le gouvernement n'en savait rien et ne voulait en rien savoir. Ce passage et d'autres pareils ci-dessous, et déplurent à l'autorité firent en Italie une très vive sensation le sont , qui surtout redoute qu'on imprime ce que chacun pense. 9
, (62) da divin manuscrit arrive par hasard quelqu'un qui, tout au premier coup-d'œil, voit et désigne au public la seule chose qui fut vraiment intéressante tout ce qu'on pouvait dire dans ce manuscrit , que et la seule aussi , Furia n'y le sieur eût pas aperçue. On aujourd'hui assez ordinairement sur écrit qu'on entend moins. le rige en docteur. dirait A que chacun Il n'y a voir ce qui s'imp;ime tous se croit obligé choses les petit écolier qui ne s'é- si de faire les jours, on preuve d'ignorance. cetle force ne sont pas communes, et le lui-même, maître et prédécesseur du se'gueur Furia, fameux par des bévues de ce genre, n'a rien Mais des preuves de seigneur Baudini fait qui approche de Nous avons cela. des relations de voyages dont les auteurs «ont soupçonnés de n'être jamais un autre genre sortis de leur cabinet et, dans , Combien de gens ont fait des Dont iis s'étaient tenus récits loin de batailles ? mais une notice d'un livre par quelqu'un qui ne lu est j une bouffonnerie toute neuve , et dont le l'a point public doit savoir gré au seigneur Furia. Je ne prétends pas dire par-là qu'il ne l'ait examiné avec d'attention. J'admire au contraire qu'il ait pu beaucoup et en faire deux volumes. Son que je n'ai point lu (car j'en parle à-peu-près comme lui du manuscrit), sera quelque jour utile au relieur pour éviter toute erreur dans la position des feuillets. En un root, dans le compte qu'il rend de ce livre, selon lui, si intéressant , qui l'a occupé six années , il a pensé à tout entrer dans tous ces détails ouvrage , excepté à le lire. fâcheux pour vous Monsieur , de n'avoir pas été que produisit sur lui la première vue de cette lacune dans le livre imprimé et du morceau inédit qui la remplissait dans le manuscrit. Sa surprise fut extrême, et quand il eut recouou que ce morceau n'était pas seulement Il est témoin de , l'effet ,
, (63) de quelques lignes je maïs de plusieurs pages , vous assure. D'abord peut-être ÎDSlant ragé 5 ri il me fit pitié il , demeura stupide vous eu . mais bieutôt vous auriez eu peur } car eu , , auriez ua devint furieux. Je n'avais jamais vu uu pédant envous ne sauriez croire ce que c'est. il Le quadrupède écume Si des regards il et son œil étincelle. pu mordre eût , j'aurais mal passé moa temps. Dès-lors le seigneur Furia se crut un Vous savez que Vatel se tua parce souper de son maître. Il avait, que comme homme le îôt déshonoré. manquait au dit le Ptoi quand oa mort, de l'honneur à sa manière. M. Furia uese tua point, parce que bientôt après il conçut l'espérance de rétablir un peu sa réputation aux dépens de la mienne \ car ce fut, je crois , le surlendemain que je fis au lui apprit cette manuscrit cette tache, dont il me sait, dans son âme, si bon gré, quoiqu'il s'en plaigne si haut. Après avoir copié tout le morceau inédit, j'achevai la collation du reste avec ces messieurs. Pour marquer dans le volume l'endroit du supplément , mis une feuille de papier, sans m'aperce- j'y voir qu'elle était barbouillée d'encre en dessous. Ce papier au feuillet , y fit une tache qui couvrait quelques mots de quelques lignes. M. Furia à écrit en prose poétique l'histoire de cet événement. C'est, à ce qu'on dit , son meilleur ouvrage } c'est du moins le seul qu'où ait lu Il y a mis beaucoup du sien , tant dans les choses que dans le style ; mais le fond eu est pris de la Pharsale et des tragédies de Sénèque. J'avoue que ce malheur me parut fort petit. Je ne savais pas que ce livre fût le Palladium de Florence , que le destin de cette ville fût attaché aux mots que je venais d'effacer j'aurais dû cependant me douter que ces objets étaient sacrés s'étant collé : pour je ne risser les Florentins sentis sur point mon , car mon front ; ils n'y touchent jamais. Mais enfin sang se glacer ni mes cheveux se héje ne demeurai pas ua instant sans
(64) Voix cela lui arriva en lui, : mais moi je le toal regardai bien et je ne vis alarmants d'une démis, comme on ses signes quand ce n'est si nez sur ce morceau de le , , vous jure, aucun de je faillance prochaine, <îit M. Furia prétend que sans pouls et sans haleine. , je lui grec qu'il pu n'avait voir sans moi. Les expressions de M. Furia pour peindre son saisisseà la vue de cette tache, qui couvrait, comme je vous ment ai dit, une vingtaine de mots sont , même en d'un paihélique rare frappé, Monsieur, et vous les avez , traduire. Peut-être du plus haut style et Vous en avez été Italie. citées, mais sans oser avez-vous pensé que notre laDgue ne pourrait atteindre à cette hauteur plus hardi, et Voici ma quoi qu'en dise Horace je crois, Pindare essayer de traduire ve sion littérale ), ; qu'on peut , tout un. c'est (il parle de ce pâté que mon sang se gela, dans mes veines, je fis ma voisc s'arrêta dans mon gosier: un frisson glacé s^empara mes membres stupides pour c'est lui la tête Voyez -vous, Monsieur? de Méduse. Le voiîà stupide \ . . . sur durant et plusieurs instans^ voulant crier ^voulant parler, . suis : A un si horrible spectacle Son bouquin M. Furia et je : les de faiblesse la de tout ce pâté, l'as- il prouvée par son livre. Mais il y a dans cet aveu autant de malice que d'ingénuité ; car il veut faire croire que c'est moi qui l'ai rendu tel , au grand détriment de la littérature. Moi je soutiens que sure , assertion c'est la seule et qui soit long temps avant d'avoir vu celte affreuse tache, dont le seul souvenir le remplit d? horreur et d"* indignation , il était déjà stupide, ou certes bien peu s'en feuilleté de ce examiné , petit , volume, fallait, puisqu'il a décrit et noté par le sans se douter tenu, menu chaque page seulement de ce qu'il contenait. Lorsque son directeur l'appelle quelquefois (1) Son vrai nom le , était , ou son conservateur seigneur Thomas Puçcini. L'auteur , , comme Puzzini (i) se vantant , il ap- divertir
, étrange accident par la trompette sonore de la reqni toujours infatigable Jit retentir à son. , oreille bref, quand on lui conta l'aventure du pâté il fut saisi a" horreur ; il frémit au récit d^une action si atroce. En effet il y a de plus grands crimes mais il n'y 'prit cet nommée — , \ , , en a point de plus noir. Ailleurs, M. Furia représente Florence désolée toute une ville en pleurs , les citoyens con: sternés.- pourlui , dans ce deuil public, quand tout lemonde pleurait, vous imaginez bien qu'il ne s'épargnait pas. puis que sa voix mot, doute et sans arrêtée dans son gosier, s'était n'en pensait pas davantage il , il De- ne disait car il était dans ses songes cette image cruelle ( il n'a osé dire sanglante ) s'offrait à ses yeux. Et il déclare dans son début que l'obligation où il est de raconter ce fait lui pèse est pour lui unfardeau excessivement ii charge parce quelle lui rappelle ( cette obligation ) la tuémoire plus vive de Pacerbité d^un événement qui bien qii'aucun temps ne puisse pour lui le couvrir d'oubli, ce nonobstant Une peut y repenser sans se sentir compris'tout devenu stupide. Mais la nuit , , , , , , , , mot à mot. Ici c'est Virgile du sujet car ce que le poète avait dit un peuple, a paru trop faible à M.Fu- entier d"* horreur. Je traduis toujours amplifié à proportion du massacre de tout ; pour un pâté d'encre. rii N'admirez-vous point Monsieur , qu'un homme écrivant de ce style, attache tant d'importance au texte de Lougus , , qui est la simplicité même? enflamme M. Furia Au reste, l'hyperbole mieux. sit le de ses eu a il il . et s'appliquait en a 11 n'y a si qui prophète. , bel italien qui au personnage sentait bien plus fort, mais iTemeura. la car Puzzini , sobriquet fait jnianlini ( comme un et c'est où il réusexemple? Quelqu'un beaucoup, tous biûlants du lui est familière Eu voulez-vous un protecteurs des bouquius c'est le zèle et le fait parler -, Signifie putois, car , comme puant, dit Régnier non pus mieux que roses. Le nom , lui mauvaise plaisanterie qui ne réussisse contre coût, les chambellans, la garde-robe. 5
( mêm° 66 zèle et acharnés contre ) moi d'un de libraire», de l'impression ) charge se , , au refus d<*i M. Fu> ses livres: aussiiôt sa dédicace le premier homme du sièPasure qu'aucun âge à venir ne se taira sur ses louanges. C céron en disait autant jadis aux conquérants du proclame dans ria le cle , et monde (i)- Or, pour imprimer tels est il , un si homme clair que qui dépense cinquante écns du seigneur Furia mérite les sottises celui qui fait des auquoique involontaire- , ment, voir et palpera un chacun l'ignorance dudit seigneur, est digne de tous les supplices: c'est la substance du libelle qu'il a publié contre moi. Nous sommes d'accords sur i entes au foud. Quimporte, en aperçu de celte tache montrée dès que q> e ce soit lui les faits et les circonstances plupart, de son invention, sont ind'ffé- qu'il raconte-, la , effet aimi qu'il je la vis qu'il se soit , le dit , ou que moi même, comme le premier je la lui aie vérité? c'est la Longus qui m'ait indiqué ce manuscrit de , ou que je le connusse long-temps auparavant , comme vous, monsieur, le «avez, et tant d'autres personnes à qui j'en avais écrit et parlé? que j'ai copié, selon ce qu'il dit, tout le supplémeut sous sa dictée, ou que je lui aie déchiffré et expliqué les endroits qu'il n'avait pu lire, faute d'entendre le sens , comme le prouve c&tte copie même \ tout cela nefait lien à l'affaire. J'ai fait la tache, Fhorrible tache , et j'en ai donné à ma déclaration sans qu'il songeât, quoi qu'il en dise, à me la demander. Après lui avoir offert ma copie, je la lui ai depuis refusée. qu'il me demandait tout aussi peu M. Furia , , Je suis loin'de m'en repentir, et vous allez voir pourquoi. J'offris vement , d'abord, comme cette copie sans paraîlteen faire je l'ai dit M. Furia beaucoup de à , et de il mon moumon offre propre accepta cas, observant très judi- cieusement qu'aucune copie ue pouvait réparer le mal fait au manuscrit. Je continuai non travail ; vous arrivâtes deux (i) 2\ulla utas de tuù laudiLus contïcescet. (Cicéron.)
<>; ( jours après, et M. Ce jour- là Ftiria. encore vous pea à fort la vîtes , Le ) désastre, comme l'appelle autant qu'il m'en souvient, copie promise cependant -, je il pensait vois, par votre notice, qu'il en fut question, et sans doute je la promis encore. Ce ne fut que le lendemaia quand vous n'étiez plus que M. Furia me demanda cette copie avec beaucoup de vivacité. Je lui dis que le temps me manquait pour en faire un double, qui me devait rester, mais qu'aussi» je songerais à le satôt achevée la collation du manuscrit tisfaire. Ce même jour, en regardant la tache dans le manuscrit, elle me parut augmentée, et je conçus des soupçons. , à Florence, , Le au sortir de la bibliothèque , de passer avec lui chez moi , pour soir, fort Il la M. Furia me lui donner pressa la copie. moi voulait sur-le-champ, parce que, disait-il, chez elle se pouvait perdre. Son empressement ajoutant aux dé- fiances que j'avais déjà, je lui faites, je serai répondis que, toutes réflexions bien aise de garder par devers moi cette co- authentique et Tunique preuve que je passe donner du texte que je publierais quant aux endroits effacés. Par cette raison pie, qui, étant écrite de trois mains , était la seule , même, me dit-il, c'était la seule qui convînt à la bibliothèque^ mains, elle ne courait auque j'en pensais mais je le refusai nettemeut. Il se fâcha, je m'emportai, et l'envoyai promener en termes qui ne se peuvent écrire. Ne vous prévins-je pas, Monsieur, quaud vous voulûtes enlever ce papier collé au manuscrit ? Ne vous eriai-je pas Prenez garde ; ne touchez rien ; vous ne savez pas à quels gens vous avez affaire. J'employai peut-être d'autres mots que l'occasion et le mépris que j'avais pour eux me dictaient ; où d'ailleurs, demeurant dans cun risque. Je ne ses lui dis pas ce , : mais Ne , en gros, Vous ne tale c'était là le sens, et vous vous en souvenez. craignez rien, Monsieur; ceci ne peut vous compromettre. m 'écoutâtes tache : point mal vous en \ vous portâtes a pris \ mais la er.fiu main sur la fa- votre couduite prouva que vous pensez toujours bien des gens enplace, quelle que soit leur place. Vous pouvez donc convenir, sans vou.
( 68 ) Lrouiller avec personne, que je vous avertis de ce qui vous arriverait, et vous en conviendrez, car quand elle ne peut nous nuire. Vous voyez, Monsieur, que malia vouloir : on aime la vérité dès-lors j'avais deviné leur j'ignorais encore ce qu'ils méditaient ; quand je refusais ma copie à M. Furia. Pour comprendre l'iropoitance que nous y attachions mais je le savais et l'autre, caractère il comment faut savoir du manuscrit me Le nouveau MM. Furia et long- temps pour en avoir quelque m'était tout Bencini l'ayant tenu assez habitude, l'un cette copie fut faite. : dictaient d'abord, et j'écrivais, et en écrivant, aux endroits qu'ils n'avaient pu lire dans l'original, parce que les traits en étaient ou effacés ou confus, des e paces en blanc. Quand j'eus ainsi achevé d'écrire tout ce qui manquait dans Pimpiimê^ je pris à mou tour le manuscrit, et guidé par le sens, que j'entendais mieux qu'eux, je lus ou devinai partout les mots que ces messieurs n'avaient pu déchiffrer et eux qui tenaient alors la plume, écrivant ce que je leur dictais remplissaient dans ma copielesblancs que j'avais laissés. De plus, dans ce que j'avais écrit sous leur je laissais , , se trouvait des fautes que je leur fis corriger d'amanuscrit; ce qui produisit beaucoup de ratures. Aimi dans chaque page, et presque à chaque ligne, parmi les mots écrits de ma inaiu, se trouvent des mots écrits par dictée, près il le , l'un d'eux, et c'est là ce qui coustate l'autheocité du tout ; voyez-vous que M. Furia, daos sa diatribe contre moi , atteste l'exactitude de celte copie qu'il ne pourrait nier aussi , sans se faire tort à lui-même. Plusieurs personnes à Florence tache faite au manuscrit, me de ma part uue invention , me parlant alors de la parurent persuadées que c'était pour pouvoir altérer le texte dans quelque passage obscur et en éluder aiusi les difficultés. Ces bruits étaient semés par M. Furia, qui, à toute force, voulait discréditer l'édition que vous aviez annoncée •et sur laquelle il pensait que nous fondions, vous et moi, une spéculation des plus lucratives ; car il ne pouvait ni
,, <ô 9 comprendre que croire ni de et forcé préseut le croire à ) je fisse tout ue il , le cela gratuitement comprend da- pas vantage. même vous avez pu lire dans la Gazette un article fait par quelqu'un de la cabale de M. Furia, où l'on avertissait le public de n'ajouter aucune Jfoih un supplément de Longus qui allait paraître a Paris , attendu la destruction du manuscrit original, etc. Vous concevez Monsieur que, dans cet état de choses, M. FuEn ce temps-là de Milan , , ria était le dernier à qui j'eusse confié le dépôt qu'il exigeait. Comment au manuscrit n'est eu pouvais-je réparer donnant au public copie authentiquer' et cette publier, pouvais-je la lais de vouloir sait Notez que , savant;, l'autorité lieu. S'il j'ai moi à en tenir que si , ce imprimé d'après une preuve unique du texte que j'alremettre à l'homme qui m'accutexte le si nécessaire, est pour , la parfaitement inutile; elle ne peut avoir, aux , yeux des c'est fait ce texte! falsifier cette pièce bibliothèque mal le ma! y du manuscrit, ni lu l'oiiginal, et ma par conséquent mon quelque erreur dans a édition , copie ue saurait servir à la corriger. Elle est iuulile à ceux qui pourraient douter de la fidélité mais du texte elle m'est utile à imprimé, dont elle n'est pas la source; moi contre l'infidélité et la mauvaise qui , s'il l'avait dans les mains, en al- du seigneur Furia un seul mot, reudrait tout le reste suspect , au que sa propre écriture le contraint maintenant d'avouer foi , térant thenticité de ce texte moyeu. Si M. Furia , qu'il nierait assurément eût eu cette copie en son pouvoir, d'abord publié de longues dissertations sur elle est pleine. de ses Sa conclusion loin de la lui confier s'il se les avait y il aurait ratures dont devine assez, et la sottise raisonnemeus n'eût été connue que des habiles nombre sont toujours eu petit car s'il , j'ai et refusé ne décident de rien même de la lui eût pu seulement savoir quels étaient de sa main , cela lui aurait suffi les pour remplir lieu l'au- ; , qui aussi montrer mots les ; écrits gazelles
3* ( de nouvelles impertinences. sa part me devait être suspecte premier motif de mon ) Eq un mot, , et demanflede toute son empressemeut fut le refus. Certes, la rage de ces messieurs se mauifestait trop pu- bliquement pour que je pusse me méprendre sur leurs intentions. Peu de jours après vetre départ , les directeurs , uupecteurs , avec lui chrz sée : on y cooservaieurs du sieur Furia s'assemblèrent le sieur Puzzini, chambellan transporta eu cérémonie des quatrefacultés. Là, chimistes, les , Mu- garde du saint manuscrit, suivi le convoqués pour opi- ner sur le pâté, déclarèrent tout d'une voix qu'ils n'y connaissaient rien \ que cette tache était traordinaire, dont la composition pour ce grand dessein , d'une encre tout ex- imaginée par moi exprès passait leur capacité , , résistait toute analyse, et uese pouvait détruire par aucun des connus. Procès- verbal fut journaux. M. Furia a écrit fait du tout , au long tout et à moyens publié dans les ce qui se passa dans mémorable séance c'est le plus bel épisode desa grande du pâté d'encre, et une pièce achevée dans le style de Diafoirus oude Çhiampot-la-perruque. Pour moi, je ne puis m 'empêcher de le dire dusse- je m'attirer de nouveaux ennemis cela prouve seulement que les professeurs de Floreite : histoire , \ rence ne sont pas plus habiles en chimie qu'en littérature, car le premier relieur de Paris leur eût montré que c'était de l'encre de la petite vertu et l'eût enlevée à leurs yeux par les procédés qu'on emploie , comme vous savez tous , , les jours. Mais que vous semble Monsieur de cette dévotion aux bouquins Y A voir l'importance que ces messieurs attachent , à leurs manusciits , , ne dirait-on pas qu'ils les lisent? Vous penserez qu'étant payés pour diriger, inspecter, conserver à Florence les lettres et les arts voir ce que c'est , le , ils dépôt qui leur soignent, sans trop saest confié , et se font de un mérite, le seul qu'ils puissent avoir. Mais ce zèle de la maison du Seigneur est je vous assure, bien nouveau chez eux j il n'a jamais pu s'émouvoir dans une occaleurs soins ,
(7' sion toute récente t ) Lieu plus importante, ei comme vou allez voir. L'abbaye de Florence d'où vient clans l'origine ce texte était connue dans toute l'Europe comme conte, de Loogus , nant les manuscrits gens les avaient vus plus précieux qui existassent. les ; car, pendant plusieurs bliothèque resta inaccessible moines il : n'y pouvait entrer que des c'e<l-à -dire qu'il n'y entrait personne. , qu'elle renfermait, d'autant plus intéressante sait moins, vants , vous connais- , mais un Plutarque, un Diodore, un Polybe plus l'ai dit , avec y vîmes de les la Toscaue , et quoi ravir en extase tous moude, pour me gouvernement en uDe heure nous , de servir comme avons. J'y pénétrai enfin, M. Akerblad quand Irauçais prit possession scrits collection la une mine toute neuve à exploiter pour les salà qu'on eût pu trouver non pas seulement un complets que nous ne je La qu'on était c'était ; Longns Peu de siècles, cette bi- le les hellénistes de vos termes, quatre-vingts du manu- Nous y remarquâmes si souvent parlé. Ce parut appartenir à la vie d Ega- des neuvième et dixième siècle. Plutarque dont surtout ce je que nous en pûmes lire nie minondas qui manque dans vous les , ai imprimés. Quelques mois après, ce livre disparut, et avec lui tout ce qu'il meilleur et de plus beau dans la avait de y bibliothèque, excepté le Longus, trop connu parla notice récente de M. Furia, pour qu'on eût osé le vendre. Sur les plaintes que nous fîmes , M. Akerblad et moi , la Junte donna des ordres pour requi les couvrer ces manuscrits. On savait où ils étaient avait vendus, qui les avait achetés \ rien n'était plus facile que , de les retrouver servateurs cela *, , mais : matière à exercer nous pressâmes ils ne voulaient peine a personne. minute d'une membre de c'était et , nous dirent La chose en demeura lettre la Junte. que le zèle des fort ces messieurs d'agir ils là. j'écrivis à ce sujet à conpour ^fuire de la J'ai gardé la M. Chabao ,
t'7*0 Livourue « Monsieur s » 2> » > , le 3o septembre 1808. , » Les ordres que j'ai reçus m'ont obligé de partir si précip'itamrnent, que j'eus à peine le temps de porter chez vous ma carte à une heure où je ne pouvait espérer de vous parler; manière de prendre congé de vous biencontraire à mes projets ; car après les marques de bonté que vous m'avez données Monsieur , j'avais dessein de vous , y faire ma cour, et de profiter des dispositions favorables » où je vous voyais pour rassembler et sauver ce qui se peut > encore trouver de précieux dans vos bibliothèques de 3> moines. Mais puisque mon service m'empêche de parta» ger celte bonne œuvre je veux au moins y contribuer par » mes prières. Je vous conjure donc de vouloir bien ordou> ner que tous les manuscrits de l'abbaye soient transpor, * > > > tésà la bibliothèque de Saint- Laurent , et qu'on cherche ceux qui manquent d'après le catalogue existant. J'ai reconnu dernièrement que déjà quelques uns des plus importants ont disparu mais il sera facile d'en trouver des ; > traces, d'empêcher que et 3> l'étranger, qui en ^ les est mains de ceux qui » souvent On , etc. ces monuments ne les , > donna de nouveaux ordres pour nuscrits. Je fus passent à même ne périssent dans recèlent comme il est arrivé avide, ou même nommé par la la recherche des junte blad.commissaireà cet effet comme comme occupé , avec ma- M. Aker- honneur que nous refusâmes, lui ailleurs. Ce soin demeura donc confié à MM. Puzzini et Furia que rien ne. peut engager à y penser le moins du monde ils ne voulaient ; alorsfaire de la peine à personne. Ceux qui avaient les maétranger, moi , , nuscrits les gardèrent Or, ces gens si , et les ont encore. indifférents à la perte d'une collection de tous les auteurs classiques, croirait-on que ce sont eux qui aujourd'hui îiiatre pour quatre mots d'une page d'un roman mots que , sans moi , ils n'eussent jamais , ,
;3 ( quatre mots qui sont miprirr. lire, travaillent s, ; et qu'ils liraient s'ils savaient' avec tant d'ardeur à soulever contre moi le gouvernement, remplissent les gazettes d'injures de calomnies ridicules et par des circulaires, promettent public et et le , , me à la canaille littéraire d'Italie le plaisir de en criminel d'état. traité M. Puzzini en répond ma foi, je commence doute ce qu'il dit, er, voir bientôt ; à il sait sans le croire un petit comme dit Sosie. Ce qui vous surprendra, Monsieur c'est qu'aucun d'eux ne me connaît. Jamais aucun d'eux, excepté le seigneur Furia n'a eu avec moi ni liaison ni querelle, ni rapport d'aucuue espèce. J'ai parlé un quart-d'heureà M. Pulcini (1), et , , , me ne même rappelle pas moi ne peut sa figure être personnelle. ainsi leur ; Pour me haine coutre uue guerre faire si peu de chose , eux qui naturellement ne veulentfaire de mal à personne , leur motif est tout autre qu'une animosité si cela se peut dire , individuelle. L'offense cruelle , et sur si , que j'ai faite particulière , très involontairement au seigneur Furia de toute la rage sa clique a lui est une cause plus gé- nérale. Vous vous rappelez le mot des Espagnols Non comme Français, mais comme hérétiques (2). Ces messieurs disent bien ici quelque chose d'approchant ; mais je vous assure qu'ils déguisent fort peu les vrais motifs de leur haine; tout : le monde en (1) C'est son cijii nom , encore estropie , petit poulet polichinelle chez nous. assurément beaucoup d'esprit le premier crime a été de décou- mais cela seul n'eu t été rien , veut dire poussin cinella Mon est instruit. vrir leur ignorance , , ; car s'il* mais d'une autre façou. Put- , en italien Ces lazzi , : on en a fait Put- qui ne demandaient pas chagrinèrent plus que tout le reste pauvre chambellan. (7) Les Espagnols , dans la Floride Fiançais protestants, avec cetécriteau: comme hérétiques ; a. : pendre et brûler les Non comme Français, quoi les flibustiers massacrant les Espagnols •assins. firent , , mais depuis, répondirent en JSon comme Espagnols } mais comme as-
H ( ) tous ceux qui en. savent plus qu'eux a qui persécutaient pourraient- ils pardonner? le second qui me rend indigne de toute giâce, c'est que je ne prononce pas comme eux le , , ciceri (1 J- C'est là une sorte de péché originel que rien mot ne peut effacer. moindre Si j'avais le quelque gain à leur mes pieds lisseraient tous à sesses me pour faire la calomnies pour de se décider à bien informés cour et , moindre le , , , aujourd'hui de , je n'avais je et leur jeter, imagineraient autant de bas- qu'ils inventent point quelque appui ne tenais à rien , quelques amis aus?i obscurs que moi des grands à , si emploi, petit quelques bribes me nuire. Soyez assuré Monsieur comme on dit, m"* entreprend*-e ont appris que ils crédit promettre qu'aucun honni , qu'avant , se ils et sont comme que je vivais seul avec que je me tenais loin , e en place ne s'intéressait à m'ont déclaré la guérie. Avouez que ce «ont d'habiles gens ;car quecesbons E?pignols fissent un Autoda-Jé des Français dans la Floride c'était quelque chose assurément, il y avait là de quoi louer Dieu ; mais si on pouvait iaire brûler un Français par les Français mêmes, quel triom- moi , ils , phe , triste quelle allégresse! Je vois disent- mais son intention ils , des gens qui lisent cetie ici rapsodie de Furia contre moi : Son style est mauvais , est bonne. La découverte que j'ai faite dans le manuscrit n'est rien, au dire de ces messieurs \ c'est la plus petite chose qu'on pût jamais trouver mais le mal que j'ai fait est immense. Entendez bien ceci Monsieur le fragment tout eulier \ : , n'est rien; mais quelques mots de ce fragment, effacés par malheur, font une perle immense même alors que tout est imprimé. M. Furia a étendu cette perte le plus qu'il a pu , puisque la tache est aujourd'hui double au moins de celle que , j'ai faite, si le dessin qu'en a publié M. Furia (1) Ceci fait illusion aux Vêpres Siciliennes les Français , on les obligeait de dire ce mot. çaient pas bien étaient massacrés. , où , Ceux est exact. pour connaître (jui ne pronon-
, -( ;3 ) augmentée à ce point afin de pouvoir dire qu'elle était* immense: car il accommode non Pépithète à la chose, mais la chose à Pépithète qu'il veut employer. Avec tout cela, il t\ l'a , s'en faut que le dommage soit immense, noyé dans l'encre tous ses vieux bouquins rait encore et quand et lui, le j'aurais mal se- petit. Cependant cette découverte, toute méprisable qu'elle est M. Furia entend qu'elle nous soit commune ou pour mieux dire, il y consent; car on voit bien d'ailleurs qu'elle lui , , m'a appartient toute, puisque c'est lui, dit-il, qui montré, connaître, apparemment vrai, le pu je n'aurais ni trouver ni lire. C'est là but principal de son les détails par inventés lui y mettre beaucoup 1« croire et à lui d'art, adjuger libelle , au quoi tendent tous et à , dont son , il fait manuscrit, que sans lui ce déchiffré est rempli. récit Sans a trouvé ses lecteurs disposés à de cet honneur; car tout la moitié pour un seul ce serait trop. Que de haines accompagnent , d'échapper à l'oubli ficile qui mènent au temple de et à les dispute , il ! arriver à ce sieur , M. Furia arrange il , renommée! Mémoire huit pages de grec font toute zettes la Penvie ! j'ai , ma tissu qu'il est dif- tous les chemins suivi le plus obscur gloire en veut sa part; imprime un De , il de et voilà qu'on : me dans les gamensonges pour crie mot : Notre commune découverte. Vous Mon, vous voyez la fourbe , et bien loin de la découvrir r glisser entre nous deux. chacun de nous Souffre qu au moins je sois ton ombre. Furia y consentirait; mais moi, je suis intraitable: je veux aller tout seul à la postérité. La gloire aujourd'hui est très rare: on ne le croirait jamais ; dans ce siècle de lumières et de triomphes, il n'y a pas deux hommes aisurés de laisser un nom. Quant à moi, si j'ai complété le texte de Longus , tant qu'on lira du grec il y aura toujours quatre ou cinq hellénistes qui sauront que vous lâchez d'en profiter pour vous Vous semblezdire à : , j'ai existé. une Dans dissertation mille ans d'ici , quelque savant prouvera, par , que je m'appelais Paul-Louis , né eu tel
( ïteu , telle qu'on en année ait , mort tel 76) jour de l'an de grâce san* jamais rien su ,et pour celte belle découverte , Tâchons donc de montrer que je suis le seul restaurateur du livre mutilé de Longus le vrai la chose en vaut la peine*, il n'y va de rien moins que l'immoril sera de l'académie. , : talité. Vous savez, Monsieur, disiez rien, et Milan M. saitaûsji, le ces propres paroles : Milan « Envoyez-moi quoique vous n'en à qui j'écrivis de ce qui en est, Clavier , i3 octobre 1809. vite, Monsieur, vos commissions > je serai à Florence un mois Rome à , grecque^ tout l'hiver , et je » vous rendrai bon compte des manuscrits de Pausanias. > Il n'y a bouquin en Italie où je ne veuille perdre la vue > pour l'amour de vous et du grec. Je fouillerai aussi pour 3> mon compte dans les manuscrits de l'abbaye de Florence. » Il y avait là du bon pour vous et pour moi dans une cen> taine de volumes du neuvième et du dixième siècle il eu peut-être > reste ce qui n'a pas été vendu par les moines > y trouverais-je votre affaire. \vec le Charitou de Dorville > est un Longus que je crois entier; du moins n'y ai-jc > point vu de lacune quand je l'examinai ; mais en vérité » il faut être sorcier pour le lire. J'espère pourtant en venir » à bout, à grand renfort de besicles comme dit maître > François. C'est vraiment dommage que ce petit roman , 5 : , , , » d'une si jolie inveution > gués, plaît à toutes les , qui , traduit dans toutes les lan- nations , soit dans où nous le mes l'état > voyons. Si je pouvais vous l'ofirir complet, je croirais > courses bien employées , et y aux Grecs présents et futurs. mon nom assez recommanda Il me faut peu de gloire; cVst » assez pour moi qu'on sache quelque jour que s vos études et votre amitié » et partagé j'ai M. Lamberti lut cette lettre, où il était question de lui, me promit dès- lors de traduire le supplément, comme il pouvait faire mieux que personue. Il se toutes ces circonstances, et voici ce qu'il rappelle m'en très écrit : bien
(77 ) Délia spêranza'che avevate di scoprire nel codîce Fio-> Tfntino Jrammento il Longo di Sujiita, vol mi parlaste daipritni moment i delvostro arriva in Milano. Çuesta cosafu da me in quel tempo ancor detta ad alcuni amici , si/io che non possono averne perduto la rimenbranza. Si parla ancora délia traduzione italiana che sarebhe stato bene di famé quando nonfossero riuscite vane le speranze délia icoperta ; ed io per Vinjinita amicizia che vi prqfesso y mivi obligai con solenne promessa per un taie lavoro. gran ragione adunque midovettero sorprendere leciancie del signor Furia che nel suo scritto si volevajarcredere, , , A , corne cooperatore e partecipe di quello scoprimento ..(i). . Eufio voici , en quel temps « Je .... me une lettre je vis ce de M. Akerblad manuscrit pour la , qui montre assez première rappelle effectivement qu'il y fois : a trois ans nous s> allumes ensemble voir la bibliothèque de l'abbaye de Flo- » rence où , , entre autres manuscrits roman de Longus » qui contient le erotiques grecs. Je » » dant que nuscrits , me j'étais occupé dont les souviens on nous montra celui , , avec plusieurs autres bien aussi que très pen- , catalogue de cesma- à parcourir le plus beaux ont disparu depuis vous long-temps à feuilleter celui deLonqui vous a fourni l'intéressant fragment que , » vous arrêtâmes assez » gus , le même » vous venez de publier. » que ce manuscrit passât dans la bibliothèque de Saint-Laurent de Florence je l'avais vu à l'abbaye je savais qu'il était complet je l'avais dit ou écrit à Ainsi bien avant , , \ ( i ) C'est-à-dire en français : ti L'espoir que vous aviez <le trou- j) ver dans les manuscrits de Florence un texte complet de f) gus , me fut annonce par vous dès y> votre arrivée ici y) avoir perdu le souvenir. jl plèment en italien; , et j'en parlai à Lon- premiers moments de quelques amis qui n'en peuvent les Nous parlâmes aussi de traduire le sup- à quoi je m'obligeai envers vous par une so- T lennelle promesse fondée sur l'amitié qui nous unit tous deux. beaucoup d'étonnement que •a Ainsi, ce ne fut pas sans vi l'étrange folie et le bavardage de r cintre , M. Furia, qni prétendait avoir part à cette découverte. n , je vis depuis dans sa bro-
, ;S ( ; tous ceux que cela pouvait intéresser. Depuis, dans la bibliothèque M. Furia me montra ce livre que je lui demaudais, sans l'avoir tenu si et queje connaissais mieux que lui long-temps et moi je lui montrai dans ce livre ce qu'il n'a, , , vu en vait pas ans qu'il a passés à six On décrire et à en ex- le que tout le récit de M. Furia , et les petites circonstances dont il l'a chargé pour montrer que le hasard nous fît faire à tous deux entraire des sottises. semble de voit par-là clairement cette découverte Or faussetés. si , , qu'il appelle dans , un commune notoire fait si , , «ont autant M. Furia en impose avec cette effronterie s qu'on juge de sa bonne foi daus les choses qu'il affirme comme unique témoiu \ car à ce mensonge, assez indiffèrent en lui- même il joiut d'autres , , impostures dont assurément , innoceuie mériterait la plus cent coups de bâton. C'était bien sur quoi il comptait pour un peu à son aise comme l'huissier des J'aurais pu donner dans ce piège il y a vingt ans être plaideurs. , jourd'hui je connais ces ruses , et je lui conseille \ mais au- de s'adresser pu, par distraction, faire choir sur bouquin labouteilleà l'encre; mais frappant sur le pédant n'aurais pas la même excuse, et je sais ce qu'il m'en coû- ailleurs. J'ai très-bien le je terait. Depuis l'article inséré dans la g3£elie de Florence, par lequel vous annonciez une édition du supplément vrage entier , j'étais ma en pleine possession de et de Puu- découverte, que personne à sa conversation. Tout le que j'avais trouvé ce fragment de Longus que et plus intéressé monde savait j'allais le , traduire et l'imprimer droit de découverte \ ainsi étaient assurés mon : mon privilège, on ne saurait ima- giner que j'aie fait exprès la tache au manuscrit, pour m'ap- proprier ce morceau inédit ce que prétend le priver M. Furia de sa part à : , qui était à moi. C'est néanmoins cette tache fut faite, dit-il, la petite trouvaille ce qui précède, à quoi celte part se réduit pêcher , lui ou quelqu'autre édition. Cela est prouvé , aussi capable selon lui , pat vous voyez ( ) , , et afin pour par de l'em, d'en donner une le refus de la copie.
(79) Ce discours ne pont irouver de créance qu'auprès deceui pu l'enquand même votre annonce n'eût treprendre à Florence p3S appris au public et la découverte et à qui elle appartenait ~Se m'en croyez pas Monsieur } consultez les savants qui n'ont nulle idée d'un pareil travail ; car qui eût , '? , tous vous diront qu'il n'y avait personne à Florence en état de donner une édition supportable de ce texte d'après un seul manuscrit. Il faut pour cela de votre connaissance, une connaissance de la et langue grecque, non pas fui t extraor- dinaire, mais fort supérieure à ce qu'en savent les professeurs Floreotius. Eu Monsieur, huit pages sans points ni transposés , omis , ajougloses confondues avec le texte des phrases entières effet, concevez , virgules, partout des mots estropiés tés , les , par l'ignorance altérées tes , corrections du et plus , copiste. souvent par Pour débrouiller les impertinen- ce chao* , Schre- "e/ius donne peu de lumière à qui ue connaît que les Fables me d'Esope. Je ne puis d'y avoir complètement flatter manquant de tous les secours nécessaires; mais hors un ou deux endroits que ceux qui ont des livres corrigeréussi, , que M. Furia luiSchrevehus suivrait maintenant sans peine le sens de l'auteur d'un bout à l'autre. Tout cela se pouvait faire par d'autres que moi, et mieux à Venise ou à Milan, mais non à Florence. ront aisément, même avec , j'ai mis Les Florentins ont de grec, et je crois qu'ils tout au point le ma traduction et son l'esprit , ; eux beaucoup de gens de mérite, mables ils patient admirablement -, vivantes : mais ils ne s'en soucient guère savent peu de : il y a parmi fort instruits et fort aila plus belle des langues avec cela on se passe aisément de grec. Quelle préface aurait pu je vous prie, mettre à ce fragment M. Furia s'il en eût été l'éditeur ? il aurait fallu qu'il Dans le long travail que j'ai fait sur ce manuscrit dont dît , , , : j'ai extrait des choses si peu intéressantes , j'ai oublié de dire que l'ouvrage de Longus s'y trouvait complet \ on vient de m'en faire apercevoir. Et là dessus , il aurait cité votre ar^
, , (So) ticle de la gazette. Vous voyez, Monsieur, par combien de raisons j'avais peu à craindre que ni lui ni personne songeât à me troubler dans la possession du bienheureux fragment. J'en ai refusé à M. Furia non une copie quelconque, , qui était lui taine copie dont claré il il , mais une cer- comme mon ennemi dé- en voulait faire n'était pas de uele pouvait en aucune façon du doute sur jeter bibliothécaire voulait abuser et l'abus qu'il ; blier, car pour comme iuutile que ce , mais de publier. j'allais la pu- l'altérer, Tout cela est, je pense, assez clair. Mais visible si l'on j'aie , veut absolument que mutilé ce morceau, que mon , contre je venais de détenir et intérêt dont j'étais maître, pour consoler apparemment M. Furia du petitchagrin quelui causait cette découverte , encore faudraitil avouer que adorateurs de Longus les me doivent bien moins de reproches que de remercîments. Si ce texte pour l'avoir complété est si sacré détruit quelques mots dans le manuscrit ne saurait être crime d'état, que ne soit un , mérite des statues. La tache qui en je du la restauration bienfait public : mais pensent des gens bien sensés si un imprimés tout dans les comme tout l'ouvrage, le qu'une fadaise qu'est-ce donc que ce pâté dout on fait tant de bruit ? En bonne foi, le procès de Figaro, qui roulait aussi sur un pâté d'encre , et la cause de l'Intimé, sont, au prix de ceci des , n'est en soi , , affaires graves. Et quand il serait vrai crue , par pure folie J'aurais exprès gâté le tout ou bien partie Diulit fragenient . Ce que nous avons qu'on mette en compensation fait depuis celte action ; du supplément qui se distribue gratis entier donnée aux savants, et enfiu cette et l'édition livre , et celle du traduction dont vous rendez compte, qui certes éclaircit plus le texte que la tache ne l'obscurcit. On ne vous soupçonnera pas Monsieur complété , de partialité la version pour moi. Vous trouvez que j'ai dites-vous si habilement d'Amyot , qu'on n'aperçoit point trop de disparate entre ce qui est de
(S, lui el ce que j'y ai ajouté était difficile. Je ne suis pas mcdeste : un accusé sur ) vous avouez q et , la se'leite, se recommande par où Geae traduction d'Amyot mal, tâche c?tte le qui voit que son affaire va peut il >e en termes de pouvoir faire ici et lire , de tout. parti géncralempnt admirée, et pa se pour un des plus beaux ouvrages qu'il y ait eu notre langue. Ou ferait un volume de* louanges qui lui ont été est ou quatre an* , tant dans les livre». L'un la reg*rde comme le chef-d'œuvre du genre naïf ; l'autreappelie Amyot le créateur d un style qui ri a pu être imité un troisième déclare aussi cette traduction inimitable , et va jusque lui attribuer la grande réputation du roman de Long is. Or, ce données seulement depuis journaux que dans les trois diffVen* ' 1 : chef-d'œuvre inimitable , modèle que personne ce suivre dans le plus difficile de 1 seulement imite tous les genres, selon vous, assez hahilement , , n'a mais corrigé partout, et vous n'osez dire, Monsieur, qu'il rien perdu. tout le L'entreprise était monde s'en serait moqué telle , pu non je l'ai je l'aï y ait qu'avant l'exécution parce qu'en effet il y , avait peu de personnes capables de l'exécuter. Les gens qui le grec sont cinq ou six en Europe; ceux qui savent 1g français sont en b'eo plus petit nombre. Miis ce n'est p3$ seulement le grec et le françiis qui m'ont scvi à terminer cette belle copie, apiès avoir si heureusement rétabli l'ori- très savent ginal ; ce sont eucore plus les bons auteurs italiens , d'où j'ai que des noires, et qui sont la vraie source des beautés d'Amyot; car il fallut, pour retoucher et finir le la réuuion as-ez rare des Unis hng e» qu'il travail d'Amyot posscdiit el qui ont formé son style. Ainsi ceite bîguelle, toute b.igatelle qu'elle e^, et des plus petites a^suiémeuï, peu de gens la pouvaient faire. Je comprends, Monsieur que votre jugement n'est pas celui de tout le moude, et que ce qui vous a plu, semblera ridicule à d'autres ; mais l'ouvrage n'étant connu a \e par votre rapport, la préventioa du pubiic doit, pour le moment, m'être favorable, et s; cette prtven.ion ea fav u tiié plus , , 6
Sa ( ma fit traduction peut manuscrit, je me me moque boune ou mauvaise. Qu'où examioe doue rigé , ) faire si le absoudre du cri.iie.dt' Jè;e qu'après cela on fort • trouve la mérite d'avoie complété, cor- que tout le monde lit avec donné aux savants un texte qui sera bientôt tra- perfectionné cette version déliées, et duit dans loutesles langues, peut récompenser lecrime d'avoir effacé inviolablemeut quelques mots dan» un bouquin que personue ne lira. , et que jamais persouue avant moi n'a lu Si j'avais l'éloquence de M. Furia, j'évoquerais ici 1 ombre gage qu'il en rirait, et qu'il m'embrasserait pour avoir eufiu ternis en lumière u son œuvre amoureuse. Vous pouvez penser la mine q de Longus, et lui contant l'aventure , je "'i I ferait à M. Furia, qui le laissait manger aux vers dans vé- le nérable bouquin. J'ai Ihonneur Monsieur, d'être, etc. Tivoli, le ao septembre 1810. P. S. Est-ce la peine de vous dire, Monsieur, pourquoi je vous envoya ni le texte, ni la traduction que je vous avais promise? Accusé de spéculer avec vous sur ce fragment, dont je vous faisais présent , cmnme vous eu conve1 je nez, le seul parti que j'eusse à prendre, n'était-ce pas de le donner moi-même au public? Je vous avouerai aussi que votre ambition m'alarmait Si pour m'avoir accompagné dans une bibliothèque, vous disiez et vo-s imprimiez à Milan Nous avons trouvé, et nous allons donner un Longus complet n'était-il pas clair qu'une fois maître et éditeur de ce texte, vous auriez dit, comme Archimède: Ji tai trouvé. Vous et M. Furia vous alliez vous parer de mes plu» belles plumes, et je restais avec la tache d'encre que personne ne me contestait. J'avais pensé faire deux parts le profit pour vous, l'honneur pour moi vous vouliez avoir l'an et l'autre, et ne me laisser que le pâté. Une pareille , : , , \ : prétention rompait tous nos arrangement?.
; 83 ) PÉTITION AUX DEUX CHAMBRES. itJLESSlEtrBS , Je suis Tourangeau de la ; j'habite Luynes, sur que Loire, lieu autrefois considérable , la rive droite révocatioa la de l"édit va réduire à rien par de nouvelles persécutions de Nantes a réduit à mille habitants, et , que Ton si votre prudence n'y met ordre. J'image bien que la ne savent guères ce qui plupart d'entre vous, Messieurs, s'est Luynes depuis quelques peu de bruit en France pour la clarté du récit que passé à mois. Les nouvelles de ce pays font cl à Paris surtout. Ainsi je dois l'ai à faire, prendre les choses d'un peu haut. , Il y a eu un an environ à la Saint-Martin, qu'on com. mença chez nous à parler de bons sujets et de mauvais sujets. Ce qu'on entendait par-là, je ne le sais pas bien, et si , ]e le savais , peut-être ne le dirais-je pas, de peur de brouiller avec trop de gens. En me Fouquet, curé qui conduisait un ce temps, François au grand moulin, rencontra le mort au cimetière de Luynes. Le passage était étroit ; le curé voyant venir Fouquet sur son cheval lui crie de s'arrêter 5 il ne s'arrête point ; d'ôter son chapeau ; il le garde ; il passe, il trotte, il éclabousse le curé en surplis. Ce ne fut pas tout, aucuns disent, et je n'ai pas peine aie croire, qu'en passant il jura et dit qu'il se moquait (vous m'entendez assez) du curé et de son mort. Voilà le fait, Messieurs je n'y ajoute ni n'en ôte; je ne prends point, Dieu allant , • 6*
,, ( ses tons. Il fit niai 34) de Fouquet le parti m'en «aide, je le :, ce cherche à diminuer ni , blâme, et le Or blâmai dès-lors. en avint. Trois jours après, quatre g«ndarmes entrent chez Fouremmènent aux pnsous de Langeais quet , le saisissent les menolies aux mains et pour lié, garroté , pieds nuds surcroit d'Ignominie , eutre deux voleurs de grand chemin. écoutez ce qui , , , Tous trois , on les jeta dans le même cachot Fouquet y fut deux mois, pendant ce temps sa famille n'eut, pour subsister, d'autre ressource que la compassiou des bonnes gens : qui dans notre pays, heureusement ne sont pas rares. Il y a chez nous plus de charité que de dévotion. Fouquet donc en ses enfants ne moururent pas de faim heureux que d'autres. vers le même temps et pour une cause aussi élaut en prison cela il On : , fut plus arrêta , , grave, George* Mauclair, qui fut détenu cinq à six semaines. Celui-là avait mal parlé, disait-on, du gouvernement. Dans fait, la que c'est que le le peu de gens chez nous savent ce gouvernement nos connaissances sur ce chose est possible ; ; point sont assez bornées ; ce n'est pas le sujet ordinaire de nos méditations*, et si Georges Mauclair en a voulu parler , je ne m'étonne pas qu'il eu ait mal parle ; mais je m'étonne qu'on l'ait mis en prisou pour cela. C'est être un peu sévère, me semble. J'approuve bien plus l'indulgence qu'on a eue pour un autre connu de tout le monde à Luynes, qui dit ce , en plein marché, au sortir delà messe, hautement, publiquement, qu'il gardait son vin pour le vendre au retour de Bonaparte, ajoutant qu'il n'attendrait guères et d'autres , sottises pareilles. ne vendait ni Vous jugerez là-dessus ne gardait son vin mon ler. Mauclair n'en avait pas tant opinion dans on celui-là cejpendant qu'il est bon sujet le : Et temps. l'a laissé l'autre Y plu à ceux qui font marcher les , mais qu'il On ne fut Messieurs, qu'il , dit le buvait. Ce pouvait plus mal par- pour être emprisonné en repos pourquoi ; ; Y c'est il est mauvais sujet:, il a dégendarmes voilà le point, : Messieurs. Châteaubriaud a dit dans le livre défendu , que
m ( pour le lit : eutendait parler à ) Vous avez deux poids et deux mesures mèmej'ait ,7'«« est condamne\ Pautre absous. Il monde tout le Luynes je crois , Messieurs , Lieu avec : tels ou , de ce qui c'est toute la , bon tels? sujet, se passe à Paris même on vous laisse vivre. vous soutenu quelque procès contre un saluer vous mai^ tel , Avez- manqué à la querellé sa servante, ou jeté une pierre à son chien r , mauvais êtes comme on , on vousapplique sujet, partant séditieux-, quelquefois on vous l'applique un peu rudement Ja loi, et bitants ; chose. Etes- vous fit gens craignant Dieu famille la plupart , et vignerons , monsieur le maire, pères de laboureurs, artisans, de qui nul n'avait à se plaindre, bons voisins, amis officieux viables mœurs, sans reproche dans tous, à , dernièrement à dix de nos plus paisibles ha- ,. ser— leur état, dans leurs une hislong-temps grand bruit au pays; car nous autres, gens de villages, nous ne sommes pas accoutumés à ces coups d'état, L'affaire de Mauclair ,,ei del'autre mis en piison pour n'avoir pas ô,té son chapeau , eu leur conduite, mais mauvais sujets, C'est toire singulière qui a , passant, au curé , fait et fera au mort , n'importe ; tout cela n'est tien au pris. Ce fut du matin le jour ; la ville; là de mi-carëme la , le i5 mars, à une heure quarante geudann.es entrent dans d'abord , , de l'auberge où ils étaient descendus leurs dispositions,, pris toutes leurs mesures tout dormait ayant fait et les indications dont ; ils avaient besoin -, dès la première aube du jour, ils se répandent dans les maison». Luynes, Messieurs, est, en graudeur , lu moitié du Palais-Royal j l'épouvante fut bientôt partout ; chacun fuit ou se cache ; quelques uns , surpris au lit, sont arrachés des bras de leurs iemmes et de leurs enfants: mais la plupart, nuds , dans les rues ou fuyant dans la campagne, tombent aux mains de ceux qui les attendaient dehors. Après une longue scène de tumulte et de cris , dix. personnes demeurent arrêtées i c'était tout ce qu'on avait pareuts, louts enfant* oerruis. les pu prendre. On les auraieul suivis, si emmène 5 l'autorité leuss IV- ».
86 r Ailleurs on dit la Da y e ment loi de nous, trouverait partout écrit il que rité. Il est vrai Oh l'autorité. ici , serai* content (0 .' ) Messieurs, voilà le grand L'autouté, s'il ! mot en France. que le pèie Ga- pouvait revivre un Point de rai on : ; mo- ^auto- celle autorité n'e>t pas celle des conciles Pères de l'Eglise , moins encore des jurisconsultes ; mais c'est celle des gendarmes qui en vaut bien une autre. On enleva doncces malheuieux, sans leur dire de quoi ils ni des , , talent accusés t les portes des prisons. qui le sort ni , proches de à leurs conduire On repoussa les attendait de , on défendit et , jusqu'aux les soutenir des eufans qui demandaient encore un regard de leur père, et voulaient savoir en quel lieu allait être enseveli. il en avait point qui ne et sa femme, laissât Des dix arrêtés cette fois, il n'y une famille à l'abandon. Brulou deux dans tous les cachots six mois entiers , demeurés orphelins. Pierre Aubert veuf, avait uu garçon et une fille; celle-ci de onze ans, l'autre plus jeune encore, mais dont à cet âge la douceur et l'intelligence intéressaient déjà tout le monde. A cela se joignant alors la pitié qu'inspirait leur malheur, chacun de son mieux les secourut. Rien ne leur eût manqué, autant de temps, sont leurs enfants, , les soins si paternels se pouvaient remplacer; mais la petite tomba dans une mélancolie dont on ne bientôt gendarmes sVfFacaient point de sa mémoire. traire. Cette nuit , ces qu'elle avait conservée d'un si sèrent jamais reprendre la gaîté ni fait et , que languir depuis , affreux réveil, les faisant voir le lui rappeler à lui il ; elle obtint vue , il ne apprendre (1) Voyez «juiucourt , adoucir son chagriu la vie prison. Il l'a encore; , l'a , , n« ne lui lais- à peu. Refusant , mais trop lard embrassée , jeux de son âge; elle n'a toute nourriture, sans cesse elle appelaitson père. en put dis- de terreur L'impression consumer peu et se la son père enchaîné il se flatte et , On crut, peut-être la de la l'entrée de l'embrasser sait pas tout son malheur, que frémissent de les gardiens la Conversation même de ces lieux. du père Canaye dans Saint-Evremont. et Au fond de du maréchal d'Hoc-
(8 7 ) 1 demeure!, il vil de l'espérance d ètre enfin quelque jour rendu à la lumière , et de retiouver sa fille ; de puis quinze jours elle est morle. ce» horribles Justice, équité , providence abuse! quelque part que crime triomphant je vains mots dont ou nous ! tourne les yeux ne vois que ,je l'innocence opprimée. Je sais id de parjures et de sottises tout ensemble n'a pu consommer sa ruine; une famille qui laboure le qui de trahisons à force , champ de ses le et , , pères est plongée dans les cachots, et dis- paraît pour toujours. Détournons nos regards de ces triste* exemples qui feraient renoncer au bien , et même douter de la vertu. Tous ces raconter , bout de quelques jours partistes } même comme pauvres gens arrêtés furent conduits à Tours 7 je de vou* viens Au mis en prison. ,.et là on leur apprit qu'ils étaient bona- mais on ne voulut pas condamner sur les cela renvoya ailleurs avec grande raison j car il est bon' de yous dire Messieurs, qu'entre ceux qui les accusaient et ceux qui devaient le* juger comme bonapartistes , ils se trouvaient les seuh peut-être qui n'eussent point juré fidélité à Bonaparte, poin* ni leur faire leur procès^ on les , , recherché sa faveur , ni protesté personne sacrée. Le magistrat qui. rigueur aujourd'hui , de même leurs enfants autre motif, par les sous prétexte de bonapartisme il y a peu d'années pour avoir refusé de mêmes de leur dévouemeut à sa les poursuit avec tant dy suppôts, servit , Bonaparte. saisir le conscrit , traitait mais pour un tout Il faisait, réfractaire , et cou dm're aux galères l'enfant qui préférait son père à Bonaparte. Que dis-je? au défaut de fenfanl^il saisissait le père faisait reux dont le même , champ, les bœufs et U> charrue du malheufils avait manqué deux fois à l'appel de Bona- vendre le de bonapartisme car je ne veur. que ce soit. Mais qui pour haine <!e n'ai nul emploi, et je soutiens qu'en aucun cas, on ne peut avoir de raison ou à Paris cent paille \ cas d'arrêter à Luynesdix personnes parte. Voilà les gens qui nous accusent Pour moi je n'accuse ni ne dénonce , ! j,
[ «est la même chose. Il ^O j n'y saurait avoir a Luyues dix voleurs reconnus parmi les est ;i clair qu'il me semble habitants, dix assassins domiciliés aussitôt prouvé que dit. ; cela Ce sont donc dix ennemis du Roi qu'on prive de leur liberté, dix liommes dangereux à l'état Y Oui Messieurs à cent lieues de Paris dans un bourg écarté ignoré qui n'est pas même lieu de passage où Ton n'arrive q'iepardes chemins im, , , , , , pialicabïes tat et du Roi a là dix conspirateurs y il , dix , Le caution toutefois. A militaire. hommes dont il minuit on monte à cheval égorger,poiut de postes à surprendre dix ennemis de l'é- ; ; , -, on part avec préopéralioa de toute secret est l'âme aux portes de Luynes sans btuil , fiuts'assurer ; on arrive point de sentinelles a on entre, et, au moven de mesures si bien prises on parvient à saisir une femme, un barbier, un sabotier quatre ou cinq laboureurs ou vi, , gnerons Le et la , dirai— je r* monarchie est sauvée. séditieux sont ceux qui en trouvant les vrais partout, ceux qui armés de pouvoir leurs ennemis les ennemis du Roi , tels à force v ient toujours dans de les rendre de vexations; ceux enfin qui trouvent dans Luynes dix hommes par le Roi , et lâchent à arrêter, dix familles à dé«oIer, à ruiuer voilà les enuemis ; du Roi. Les faits de parlent , Messieurs. Les auteurs de ces violences ont assurément des motifs autres que l'intérêt public. Je n'entre point dans cet examen et ai ; j'ai par vous , voulu seulement vous s'il se peut pas encore tout dit , , faire connaître nos eu obtenir la fin. Mais je maux ne vous Messieurs.. Nos dix détenus soupçonnés d'avoir mal parlé le tribunal de Tours déclarant qu'il n'était pas juge des paroles, furent transférés à Orléans. Pendant qu'on les traînait de prison eu prison d'autres scènes se passaient à Luynes. U.ie nuit on met le feu à la maison du maire. Il s'en fallut peu que cette famille respectable, à bejucoup d'égards, ne pérît dans tess flamme-. Toutefois les secours arrivèrent à temps. La dessus gendarmes de marcher; on an êle on emmène, on , , , , , emprisonne tous œux qui pouvaient paraître coupables. L3
, (8 9 justice cette fois semblait tout le monde point Messieurs , pas bien , du car ne il du maire soupçonnait il ; peut-êire avec raison. Je ne vous fatiguerai , des détails de ce procès , que ne connais je qui dure encore. J'ajouterai seulement que des et condamna deux dix premiers arrêtés, on eu ^ ) côté fallait à la déportation pas que l'autorité eût tort) ; deux sont en prison; six, renvoyés sans jugement, revinrent au pays, ruinés pour la plupart leurs travaux. vaient pas même mal allez infirmes, hors d'état de reprendre est il parlé. jamais l'occasion d'agir Mais vous , Ceux-là, permis de croire Dieu veuille qu'ils qu'ils n'a- ne trouvent ! croire Luynes un de malfaiteurs iucoirigibles, un f< >yer repaire de brigands , com- de révolte, de que ce bourg bloqué eu gendarmes à la faveur de la nuit dont on emmène dix prisonniers , et où. de pareilles expéditions se renouvellent souvent , ne saurait être peuplé que d'une engeance ennemie de toute société. Pour en pouvoir plots contre l'état. Il vous semblera pleine paix , , surpris par les il vous faut remarquer d'abord que la Toude toute les proviuecs du royaume, non seulement plus paisible, mais la seule peut-être paisible depuis vingt- juger, Messieurs, raine est la , ciuq ans. Eu effet où trouverez- vous, je ne dis p->s eu France, mais dans l'Europe eulière, un coin de terre habidurant ce période , ni guerre , ni prostée où il n'y ait eu , , , criptions , dire de la civils ciel et paix. Touraine , d'aucune espèce Y C'est ce qu'on peut qui, exemple a des invasions étrangères pour , ni troubles être , la fois des discordes sembla réservée par dans ces temps d'orage , le l'unique asil« de la Nous avoos connu par ouï-dire les désastres de Lyon , Vendée et les hécatombes humaines du des horreurs de la grand-prêtre de la génie qui inventa la alors , , , raison , et les grande guerre massacres calculés de ce et la haute police de tant de fléaux nous ne ressentions que au milieu des tourmentes, comme tourés des sables mouvants du désert. calmes Que si le ; mais bruit ces Oasis , en- vous remontez à des temps plus ancien?, après le*
9» ( ) fuuestes revers de Poitiers et d'Aziucourt me tacte nos du , , , Ces troubles qui rois. , s'arrêtèrent Loire. Car durant , des frontières et de la capitale mouvements populaires mais les femmes de Tours nous sentons , ; Cher le éloignés derniers les de la guerre. Jafumée d'un camp. et les secousses n'ont vu la u;i la prison aux campagnes qu'arrosent l'avantage de notre position tel est les , comme Retendant partout , couvrirent la France de ruines , Jean roi Or royau- Je , incendie et la quand , inen proie aux armées ennemies la Tojiraine préservée de toute violence , fut le refuge de vierge était dans cetre province, de tout temps heureuse si si , n'y a point de canton plus paisible que Lujnes. Là, on ne sait ce que c'est que vols , meurtres violences ; et les plus anciens de ce pays où l'on vit long- pacifique , calme si , il , temps n'j avaient jamais vu ni prévôt ni archers , , avant pour apprendre à vivre à Fouquet. Là , on ignore jusqu'aux noms de factions et de partis on cultive ses champs j on ne 3e mêle d'autre chose. Les ceux qui vinrent l'an passé , , ; haines qu'a semées partout la révolution n'ont point chez nous, où la lunes nouvelles. révolution n'avait Nous pratiquons d'obéir aux puissances de peur de ne pas gue ! •, propos pris ce prétexte À de fait précepte divin Vive , le Roi et cette ! Vive , Li- la politique nous , cris de nous brûler ancêtres, le où Fouquet passa devant le mort présent même je m'étonne qu'on séditieux pour nous persécuter tout autre eût été plus plausible bien , nous ne crions rien du tout avait réussi jusqu'au jour ait surtout germé victimes, ni for- mais, avertis tard des changements crier à sans ôterson chapeau. fait ni comme et je ; : trouve qu'on eût aussi entachés de l'hérésie de nos que de nous déporter ou nous emprisouner comme séditieux. Toutefois vous voyez que Luynes n'est point comme vous l'auriez pu croire de ces repaire» qu'on livre à lieu le plus tranquille «Uns tout le royaume. de la la , un centre de , Messieurs rébellion vengeance publique \ , mais T uu l« plus soumise province qui so:c Il était tel du moins , avant qu'on n'y
(9* ) eût allume, par de criantes iniquités , des ressentiments et des haines qui ne s'éteindront de loug-temps. Car vous le fut s'il dire, Messieurs, ce pays n'est plus ce calme pendant des La nant. terreur à présent y alors a y règne il , ne et l'est était; plus mainte- la maison du maire, quelques mois, vous prouve à quel degré la rage était augmentée depuis, et cela chez des jusqu'à ce moment, n'avaient montré que douceur, montée; gens qui, je dois ne cessera que pour vengeance. Le feu mis à faire place à la il siècles, , qu'il elle est patience, soumission à tout régime supportable. L'injustice même?, lésa révoltés. Réduits au déiespoir par ces magistrats leurs naturels les protéger ceux qui les devoir des appuis, opprimés au ils , nom des lois ne connaissent plus de frein , qui doivent parce que,, gouvernent n'ont point connu de mesure. Si législateurs est de prévenir les crimes , le hâtez- de mettre un terme à ces dissensions. Il que votre sagesse et la bonté du Roi rendent à ce malheureux pays le calme qu'il a perdu. vous, Messieurs , faut Paris , le 10 Décembre 1816.
, y. ( ) LETTRE A MESSIEURS DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES -LETTRES. CVW r/W /VW 0JW <*J%r^ M J-TJ.ESSILUR& C'est avec je me vois , grand chagrin, avec une douleur extrême, que Académie, puisqu'enfin vous u« exclus de votre voulez point de moi. Je ne m'en plains pas toutefois. Vous pouvez avoir, pour cela, d'aussi bonrjes raisons me fuser Coraï et d'autres qui avec eux, vous ne se moque de lu , » tions faites Un nui tort que pour re- Eu me mettant mais d'un autre côté, on ; heureusement peu «Monsieur Courier s'est présenté se présente présentera aux élections de l'Académie des Inscripet Belles-Lettres, qui le rejette unanimement. Il faut imprime » et se me valent bien. moi. auteur de journal , : , autre chose que du grec. On vient d'y recevoir le vicomte Prévost dTrai » gentilhomme de la chambre, le sieur Jomard, le chevalier » Dureau de La Malle ; gens qui à dire vrai ne savent » pour être admis dans cet illustre corps , » , , > point de grec, mais dont Voilà les les principes sont connus. > me faut essuyer. Je saurais me fâche le plus, c'est que prédiction que me fit autrefois mou plaisanteries qu'il bien que répondre } mais ce qui je vois s'accomplir cette Tu ne seras jamais rien. Jusqu'à présent je doutais (comme il y a toujours quelque chose d'obscur dans les oraTu ne feras jamais sles)., je pensais qu'il pouvait avoir dit père : :
, 9°' ( ) rien; ce qui m'accommodait assez, en ne faisant rien, homme sans doute avait dit, ne seras jamais rien , se il lune même monde le ; car singu- et , Le bon- m'abusais. je ; rarement et c'est-à-dire , semblait dans pouvais parvenir à tout je de l'Académie lièrement à être me et mon avancement d'un bon augure pour trompa Ta ni gendarme, : seras duc, ni laquais, ni académicien. Paul-Louis pour tout potage, id est , rien. Ter- ni rat-de-cave, ni espion ,ni Tu seras mot rible ! C'est folie de lutter contre sa destinée. Il places vacantes à l'Académie en obtenir une. J'avais et je le croyais sieurs Vous ! e t , quaud , je mérite requis le me on ; y avait trois présentai pour me l'asjurair. vous l'avoue. Trois places vacantes, Mes- je notez ceci , je vous prie , personne pour les remplir. aviez rebuté tous ceux qui en eussent été capables. Coraï, Tliurot, Haase repoussés une fois, ne se présentaient plus. , Le pauvre Chardon de la simple de croire obtenir , à peine désabusé , Rochette qui par mourut. J'étais dusse redouter. Les candidats , toute sa vie, fut si une place de savant, donc sans rivaux que je la science , manquant, vous paraissiez en peine ,et aviez ajourné déjà deux èlecliom faute de sujets recevantes. Les uns vous semblaient trop habiles; trop ignorants ; autres les car saus doute vous n'avez pas cru qu'il n'y eût en France personne digne de s'asseoir auprès de Gail. Vous cherchiez sages. Que cette médiocrité justement vantée par vous dirai-je 6131111? m'appelait au fauteuil. Visconti courageait me dire : , Letronne Dignus je rne présentai me poussait, Millin \ , et n'eus que j'eus les favorisait, tout m'en- chacun semblait es intrare. Je n'avais qu'à donc Non, Messieurs, non, je Vous me vouliez du les visites me tendait la main faute. dans Tout me me présenter 5 pas une voix. le sais , ce ne fut point votre bien, j'en suis sûr. l'honneur de vous Il y parut Vous faire alors. m'accueillîtes d'une façon qui ce pouvait être trompeuse. Car pourquoi m'auriez-vous droits. La plupart 1 flatter même d'entre Vous me reconnûtes des vous se moquèrent un peu
(94 ) avec moi de me* noble; concurrent» car tout en les nom» vous les sa?ez bien apprécier , niant de préférence a moi et n'êtes pas a<sez peu instruits pour me confondre avec ; , , me messieurs de l'OEil-de-Bœuf. Enfin, vous tice en convenant que , remplir dans l'Académie. Mais quoi trois places a de n'être est rendîtes jus- ce qu'il fallait pour j'étais Vous rien. eûiej beau vouloir faire ? une des mon sort de moi quel- que chose, mon étoile l'emporta toujours, et vos suffrages , détournés par cet ascendant, tombèrent, Dieu sans donte voulant, sur le La gentilhomme le noblesse Messieurs , quelque chose de sait tout le prix. certain temps. du Roi , nom, avec grande , c'est, et la différence même pays dans le tres. Chardon de paysan la comme moi , tâter •, pour à l'usurpateur et et ceux qui mieux se faire autre- , ne mette du moins un de à , fait Car voyez ce que du gentilhomme au roturier Rochelle , , dans l'égalité, malgré ce un peu dé- de l'usurpateur au raison vraiment. qu'on de , , ont bien changé d'avis depuis un , faute de Boi son pas une chimère mais bon dont on très solide, très vilain qui, Il n'est crasser, n'aille , Chacun en veut dégoûtés fois firent les ou qui très réel ordinaire. n'est , { la république des let- vous l'avez tous connu), nom pompeux , n'ayant que homme de abîmé dans l'élude dépense son patrimoine en livres en voyages visite les monuments de la Grèce et de Rome les bibliothèques, les savants, et devenu lui-même un des hommes les plus savants de l'Europe connu pour tel par savoir, de la probité du rien , des mœurs enfin , , un , , , , , , ouvrages ses le refuse. , Non se présente à \ c'est ne l'écouta pas. on l'Académie, qui tout d'une voix mal dire; on ne fit nulle attention à lui, en mourut, grande sottise. Le vicomte Il Prévost passe sa vie dans ses de ses plantes fleuries il terres ou foulant le parfum, compose un couplet afin d^en— tretenir ses douces rêveries. L'Académie qui apprend cela % (non pas l'Académie française où deux vers se comptent ponr un ouvrage; mais la vôtre, Messieurs l'Académie en us celle des Barih lemi des Dacier des S au m aise) offre . , , , , , , ,
9* ( signe qu'il Rien et M. a le , n'est : d'armes un , homme comme M. le vicomte est militaire , guerre, de l'Académie sans savoir lire. La coude France ne veut pas dit Molière, qu'un gentil- sans faire tume la , homme sache rien faire , Napoléon velles , génie la noblesse ses soldats , litres France perdait la Oui, Messieurs, toi..... , dieu tulélaire des races antiques et nou- , restaurateur des toi vous , même coutume veut que même celle de l'Académie. et la toute place lui soit dévolue sans ) vicomte une place dans son sein; il fait acceptera et le voilà nommé tout d'une voix. un gentilhomme de nom plus simple que cela timidement lui ce grand homme \ sans , comme aimait prenait des gentilshommes pour en faire , ou bien hommes. Sans sauveur des parchemins , l'étiquette et le blason de les , soldats ses des gentils- faisait vicomtes que seraient- ils même r pas académiciens. Vous voyez bien point. , Messieurs Je cause avec vous plaiodre , ce serait de moi , , et : que de je fait ne vous en veux si , j'avais à me non pas de vous. Qui diantre l'Académie, et qu'avais- je moi , qui sachant du grec lue poussait à vouloir êire de besoin d'une patente d'érudit, autant qu'homme de France , étais connu et célébré par tous les doctes de l' Allemagne ,sous les noms de Correrius Courierus Hemerodromus Cursor , avec les éphi tètes de vir acutissimus , vir prœstantissimus , vir ingeniosus , , homme d'érudition homme de capacité, docteur Pancrace. J'avais étudié pour savoir, et c'est-à-dire, comme le j'y étais parvenu , , au jugement des experts. Que me fallait- davantage?» Quelle bizarre fantaisie à moi, qui m'étais moqué quarante a us des cotleries littéraires , et vivais en il repos loin de toute cabale, de m'aller jeter au milieu de ces méprisables intrigues ? A vous parler franchement, Messieurs , c'est là le point démon apologie c'est Y&Tendroit que je sens faible et que je me voudrais cacher. De raisons je n'en ai point pour plâtrer cette sottise, ni même d'excuse valable. embarrassant \ ,
( Alléguer des exemples 9^) ce n'est pas se laver Assez de gens les taches des autres. sages , que moi, plus habiles, plus philosophes ne vous effrayez pas), ont fait la même chemin aussi lourdement. avantage en puis-je tirer, Messieurs les tient le montier plu» , Messieurs ( , même faute et bronché eu Que prouve cela!' quel sinon de donner à pen er c par-là seulement je leur ressemble? Mais étude c'est , pourrais-je dire , , que pourtant, Coraï , parmi ceux qui ont pris pour objet de leur monuments écrits de l'antiquité grecque , Corai premier rarjg ouvrages nombreux , nul ne ; s'est rendu plus célèbre sans être exempts de fautes , ; ses font l'ad- miration de tous ceux qui sont capables d'en juger Coraï ; patriarche, heureux et tranquille à la tête des hellénistes en un mot delà Grèce savante et partout révéré de toutce qui sait lire alpha et oméga ; Coraï une fois a voulu être de l'Académie. Ne me dites point , mon cher maître ce que je sais comme tout le monde, que vous l'avez bien peu voulu, que jamais cette pensée ne vous fût venue sans les instances de quelques amis moins zélés pour vous peut-être que pour l'Académie et qui croyaient de son honneur que votre nom parût sur la liste que vous cédâtes avec peine et ne fûtes prompt qu'à vous retirer. Tout cela est vrai et vous est commun avec moi , aussi bien que le succès. Vous avez voulu comme moi votre indigne disciple être de l'Académie. C'était sans contredit aspirer à descendre. Il vous en a pris comme à moi. C'est-à-dire qu'on se moque de nous deux Et plus que moi vous avez pour faire cette demande , écrit à l'Académie qui a votre lettre et la garde. Rendez-la de grâce ou ne la montrez pas du moins. lui, Messieurs Une coquette montre les billets de ramant rebuté, mais elle ne va pas se prostituer à Jomard. , , , , , , , ; , , , Jomard , , à la place de Visconti dant à Clavier ! ! M. Presvost d'Irai succé- Voilà de furieux arguments contre le pro- grès des lumières, et les frères ignorantins eux-mêmes bon gré. dicté ces nominations, s'ils ne vous ont vous eu doivent savoir
, (97 Jomard dans présent, Messieurs, vous tout , ) de Visconti le fauteuil y et les plus bizarres contrastes avouez que d'aniuser. Mais Ce que n'y eût rien sa réception. Il , une cbose le on se fait à temps , cessent ; fois cette à voir je , manqué de 5 pour varier bouffon- m'imagine celle foirussi le récipiendaire eût su autant de latin. Messieurs, croyez-moi bien qu'à je crois avec première la nerie vous a réjouis. fut ! accoutumés êtes , de Dia- Maintenant divertissement, es- le sayez (nature se plaît en diversité (1) de mettre à la place d'un âne un savant, un helléniste. A la première vacance, peut-être, vous en auriez le passe-temps ; nommez un de ceux que vous avez refusés jusqu'à préseut. Mais ce M. Jomard, dessinateur , graveur ou quelque que je ne connais point d'ailleurs, et , que peu de gens, je crois, connaissent, pour se placer ainsi entre deux gentishommes, le chevalier et le vicomte, quel , cbose d'approchant homme donc est-ce je , vous prie? Est-ce un gentilhomme ou bieu un artiste en, marquis de Canova Y ou serait-ce seulement un vilain qui pense bien ? les vilains bien pensants fréquentent la noblesse ; ils ne parlent jamais de leur père , mais on qui déroge en faisant quelque chose nobli comme le leur en parle souvent. M. Jomard , toutefois, sait quelque chose diriger au moins des graveurs , et les ; il sait graver, planches d'un livre font foi qu'il est bon prote en taille-douce. Mais le vicomte, que sait-il V sa généalogie; et quels titres a-t-il ? des titres de noblesse pour remplacer Clavier dans une Académie!* Chose admirable que parmi quarante que vous étiez , Messieurs , savants ou censés tels, assemblés pour nommer à une place pas un ne s'avise de proun savant; pas un seul ne songe à Coraï , nul ne pense à M. Thurot, à M. Haase, à moi, qui en valais un autre pour votre Académie tous d'un de savant, d'érudit, d'helléniste poser un helléuiste , un érudit , , ; commun (1) Met accord , parmi tant de héros vont de Louis XI. , choisir Chil-
(!.8 dehmnd néral tous veulent ; on , sait le . ï vicomte. Les compagnies, en gé- le ne rougissent point et les , académies !... UDe académie de danse et que nous verrions quelque jour, à les grands en voulussent être que l'Académie en la place de Vestris , M. de Talleyrand corps complimenterait, louerait, et dès le lendemain raierait de sa liste pour peu qu'il paiût se brouiller avec les puisah Messieurs ! , s'il y 3vait , . , , sances. Vous si faites de ces cho grand seigneur, mais : es-!à. i! l'autre à danser la gavotte. dieux choisis ! par vous est M. Prevost-dTrai propre à n'est vos études Et que de Childebrand* , , bons proclamés unanimement, à l'exclu- et Preet de toute espèce d'instruction Jomard, Dureau de La Malle Saint-Martin , de toute science sion vost-d'Irai pas comme , , non pas tous gentilshommes. Aux vicomtes, aux chevaliers, la roture. L'égalité académique n'en souffre point pourvu que l'un ne soit pas plus savant que l'autre, et la noblesse n'en pas de rigueur pour entrer à l'Académie l'ignorance bien prouvée suffit. Cela est naturel quoiqu'on en puisse dire. Dans une compagnie de gens faisant profession d'esprit ou de savoir, nul ne veut près de soi un plus habile que soi, mais bien un plus noble un plus riche et généralement, dans les corps nulle distinction ne fait ombrage si ce n'est celle à talent du talent. Ln duc et pair honore l'Académie française qui ne veut point de Boileau refuse Labruyère, fait attendre Volvous mêlez de , ; , ; , , , , taire, mais reçoit tout d'abord, Chapelain et Courart. niême,nons voyons Cora'i repoussé , à l'Académie grecque Jomard y lorsque entre le vicomte comme De invité, dans un moulin. Mais cequ'ilya dp plus merveilleux c'est cette prudence qui après la mort de Clavier et celle de , , de l'Académie , Viscouti arrivée presqu'en telles pertes, et élections, d'abord , même afin prend du temps, remet caution remarquable et temps, songe à répaier de de mieux choisir le , diffère ses tout à six mois, pré- iofiuiment sage. Ce n'était pas un*
(09) faire sans réflexion chose à deux hommes à Il y fallait que de nommer , aussi savants regarder entre les doctes élire , des successeurs que ceux-là. aussi célèbres , , sans faire tort aux autres, les deux plus doctes } il fallait contenter le pumontrer aux étrangers que tout savoir n'est pas mort chez nous avec Clavier et Visconti, mais que le goût des blic , de l'histoire et des langues, des mnnuhumaiu vivent eu France comme en Allemagne et en Angleterre. Tout cela demandait qu'on y pensât mûrement. Vous y p°nsâtes six mois, Messieurs, etau bout de arts antiques, l'étude rnens de l'esprit six mois, ayant suffisamment considéré, pesé de chacun des prétendans droits Si je le redisais pour faire , rire. , à la fin ie mérite, les vous nommez.... nulle gravité n'y tiendrait, et je n'écris pas Vcras savez bien qui vous Ce ne place de Visconti. fut ni Coraï , ni nommâtes à la ni aucun de moi , ceux qu'on connaît pour avoir cultive quelque genre de littérature. Ce fut un noble, un vicomte, un gentilhomme de la chambre. Celui-là pourra dire qui l'emporte en bassesse de la cour ou de l'Académie , étaut de l'une et de l'autre , question curieuse qui a paru , dans ces derniers temps, déen cidée quand vous ne votre faveur, Messieurs, faisiez réellement que maintenir vos privilèges et conserver les avantages acquis par vos prédécesseurs. Les Académies sont en possession de tout temps de remporter Cour ne sorte de bassesses, et jamais le prix de toute un abbé de pour avoir parlé scus Louis un peu lib r erneut de L-»uis XIV ni ne s'avisa d'examiner laquelle des proscrivit XV St.- Pierre, , vertus du R >i Enfin voilà méritait les plus fades éloges. de cette Académie dont où ils tenaient le premier rang Coraï, La Rochette, moi , Haasse , Thurot , nous si je compte bien voila cinq qui ne laissions guères d'espoir à d'autres que des gens de Cour ou suivant la Cour. Ce n'est pas là, Messieurs, ce que craignit votre fondateur, ils ont fait les hellénistes exclus toute la gloire , et ; , le miuistre , Colbert. places de votre Il n'attacha Académie , point de traitement aux de peur , disent les mémoires du J BIBLIOTHECA kP^aviens'»»
, ( temps, que Hélas iets. gages , ils ! d'autrefois, néfices font bien pi» de sorte que tout excepté , ) s'y mettent ils , eux-mêmes s'y mettent encore leurs protégés, valets sans eux et après mie tes »°° wourtisans n'y voulussent mettre leurs va-» les que le savants monde bientôt sera de l'Acadé- comme on : grand conte d'un tous les gens de sa maison avaient des bé- excepté l'aumônier. , Mais avant de proscrire le grec y avez- vous pensé, Messieurs? Car enfin que fertz-vous sans grec? voulez- vous avec du chinois, une bible copte ou syriaque, vous passer d'Homèreet dePlaton ? Quitterez- vous le Parthéuon pour la Pagode et Jagrecat , la Vénus de Praxitèle pour les magots de , que deviendront vos mémoires, quand au ils ne présenteront plus que les incarnations de Visnou, la légende desFaquirs , le rituel du Lamisme, ou l'ennuyeux hulletin Fo-hi-Can? et lieu de l'histoire des arts chez ce peuple ingénieux des conquérants Tartares ? rudition , les recherches sur Non , je vois votre les mœurs et les lois , pensée \ l'é- des peuples l'étude des chefs- d'œuvres antiques et de cette chaîne de , mo- numents qui remontent aux premiers âges tout cela vous détournait du but de votre institution. Colbert fonda l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres pour faire des deje m'imavises aux tapisseries du Roi et en un besoin gine , aux bonbons de la Reine. C'est là votre destination à laquelle vous voulez revenir et vous consacrer uniquement; c'est pour cela que vous renoncez au grec \ pour cela , il faut l'avouer le vicomte vaut mieux que Coraï. , , , , D'ailleurs, à le bien prendre, Messieurs, vous ne faites point tant de tort aux savants. Les savants voudraient être seuls de l'Académie, et n'y souffrir que ceux qui entendent un peu le nêtes gens trefois d^A Kempis. Cela chagrine, inquiète d'honparmi vous , qui ne se piquent pas d'avoir su au- latin leur rudiment qui veulent Si on les les par cœur\ que ceux-ci excluent ceux où est le mal, où sera l'injustice , exclure écoutait, ils '; prétendraient encore à être seuls pro- fesseurs, sous prétexte qu'il faut savoir pour enseigner, pro-
mal sonante, en ce qu'elle cte ; et sait-on où cela s'arrêterait? Bientôt ceux qui prêchent f ÉvaDgile seraient obligés de l'entendre. Enfin si les savants veulent être quelque chose, veulent avoir des places, qu'ils fassent comme on fait, c'est une marche réglée les moyens pour cela sont connus et à la portée d'un chacun. Des visites, des révérences, on habit d'une certaine façon, des recommandations de quelques gens considérés. On sait, par exemple, que pour être de votre Académie, il ne faut que plaire à deux hommes, M. de Sacy «t M. Quatremer de Quincy, et je crois encore à un troisième, dout le nom me reviendra ; mais ordinairement le suffrage position au moins téméraire au , clergé l'éducation publique : d'un des est aisé , parce qu'ils s'accommodent entre eux. ami d'un de ces trois messieurs, et cela sont bonnes gens , vous voilà dispensé de toute trois suffit Pourvu qu'on car ils espèce de mérite commode qne , et , soit , de science , de talents ; y a-t-il rien de plus saurait-on en être quitte à meilleur marché'? au prix de cela, s'il fallait gagner tout le public, un uom, une réputation? Puis une fois de l'Académie, à votre aise vous pouvez marcher en suivant le même chemin, les places et les honneurs vous pleuvent. Tous vos devoirs sont renfermés dans deux préceptes d'une pratique également facile et sûre, que les moines, premiers auteurs de toute discipline réglementaire, exprimaient ainsi en leur latin : Ben» dicere de Priore ,Jacere officium suum t aliter qualiter, le serait-ce, »e faire reste s'en suit nécessairement : Sinere mundum quomodo ire vadit. Oh! l'heureuse pensée qu'eut le grand Napoléon menter les beaux-arts, d'organiser droits réunis ; les sciences, pensée vraiment royale , disait , d'enrégi- comme les M. de Fon- tanes, de changer en apppointeroents ce que promettent les muses, un nom et des lauriers. Par-là, tout s'aplanit dans si pénible est devenue facile et unie. Un jeune homme , dans les lettres, avance, fait son chemin comme dans les sels ou les tabacs. Avec de ia conduite , un caractère doux,uue mise décente, il est sûr de la littérature; par-là, cette carrière autrefois
, 102 ( ) parvenir et d'avoir à son tour des places, des pension:. , des logements autrement que tout le pourvu , monde , se des traitements qu'il n'aille distinguer, pas faire étudier. Les jeunes gens quelquefois se passionnent pour l'étude; c'est la perte assurée de quiconque aspire aux emplois rature; c'est la mort de la littéavancement. L'étude rend pa- à tout resseux: on s'enterre dans ses livres; distrait , on oublie ses on devient rêveur, devoirs, visites, assemblées, repas, cérémonies; mais ce qu'il y a de pis, l'étude rend orgueil- ses qu'ua égaux, manque à ses supérieurs, néglige ses protecteurs et ne fera jamais rien leux ; celui qui étudie s'imagine bientôt en savoir plus autre, prétend à des succès dans la partie des , méprise lettres. Si Gail eût étudié , s'il eût appris le grec, serait-il au- jourd'hui professeur de langue grecque, garde des livres grecs, académicien de l'Académie grecque érudits? Haase a de tous les savant, et le voilà , enfin le mieux rente fait cette sottise. Il capable de remplir toutes les rendu s'est places des- aux savants, mais non pas de les obtenir. Bien plus M. Raoul Rochette, ce galant défenseur de l'Eglise , ce jeune champion du temps passé. Il pouvait comme un autre, apprendre en étudiant mais il vit que cela ne le tinées avisé fut , aima bien mieux se produire que s'instruire avoir dix emplois de savant , que d'être en état d'en remplir un qu'il n'eût pas eu s'il se fût mis dans l'esprit de menait à rien, et il , , le mériter, comme a fait ce pauvre Haase, homme, mon à jugement, docte mais non habile, qui s'en va pâlir sur les livres, perd son temps et son grec, ayant devant les yeux dû préserver d'une semblable faute, Gail molittérateur parfait. Gail ne sait aucune u'entend aucune langue ce qui l'eût dèle de conduite science, , , : Mais s'il est par la brigue uu rang à disputer, Sur le plus savant homme on le voit l'emporter. L'emploi de garde des manuscrits, d'habiles gensle demanlit pas même la lettre ; on le donne à Gail qui ue daient
, C Une moulée. io3) chaire de grec vient à vaquer , la seule qu'il y eût alors en France , on y nomme Gail, dont l'ignorance eu grec est devenue proverbe (i). Un fauteuil à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, on place Gail qui se trouve tous ainsi, sans se douter seulement du grec, avoir remporté toutes les les prix de l'érudition grecque , réunir à lui seul récompenses avant lui partagées aux plus excellents hommes eq ce genre. Haase n'oserait prétendre à rien de tout ceia parce qu'il étudie le grec parce qu'il déchiffre, explique, , fait des livres manuscrits grecs, parce qu'il imprime les ceux qui lisent le grec, qu'il faut savoir pour parce qu'enfin il sait être savant patenté pour tout, hors ce du gouvernement. Oh î que Gail l'entend bien mieux il ne s'eu jamais trompé, d apjamais fourvoyé de la sorte jamais n'eut la peusée ! , prendre ce qu'il est chargé d'enseigner. Certes un homme quand il touche cinq ou Gail doit rire danssa barbe, comme de savants et voit les savants se morfondre. conduite. Messieurs, voilà ce que c'est que l'esprit de et pair, il faut duc un à jadis fouet donné le Aussi, avoir six traitements , en convenir, cela aide bien un rieusement, et comme homme, dit le poète cela vous pousse fu- , Ce chemin aux honneurs a conduit de tout temps. de Charles-Quint devint pape jcelui de Charlespédant Le deux savaient Tîeuf fut grand aumônier de France. Mais tons est connu de même et rien , que Gail ne sait lire-, au lieu admirable plus d'autant savoir rien ne , pour monde tout le dans les succès qu'il a obtenus Vous n'ignorez que je lui tout à fait comme doune. Je n'ai nulle raisou de me célébrer en (1) Tu le flatter , et suis doux commerce de louanges que vous. M. Gail ne m'est rien, ni ami, étranger à ce vous pratiquez entre ni ennemi , ne me sera jamais rien servir ni savant. pas combien sout désiotéresssés les éloges t'f nuire. Ainsi le lui le , et ne peut de sa vie me pur amour du grec m'engage à premier de nos hellénistes, j'entends le plus entends comme Gail au grec, proverbe de'colier.
**>4 ( ) considérable par ses grades littéraires. Le public, je le sais, rend assez de justice; mais on ne le connaît pas encore. Moi je le juge sans prévention et je vois peu de gens qui lui , , même parmi vous, Messieurs. En Allemagne, où vous savez que tout genre d'érudition fleurit, je ne vois rien de pareil, rien même d'approchant. Là, les places académiques sont toutes données à des hommes qui on fait preuve de savoir. Là Coraï serait président de l'Académie des Inscriptions, Haasse garde des manuscrits, quelque autre aurait la chaire de grec, etGail... qu'en ferait-on ? Je ne sais , tant l'industrie qui le distingue est peu prisée en ce pays-là. Ces gens à ce qu'il paraît, grossiers, ne reconnaissent qu'un droit aux emplois littéraires, la capacité de les remplir, qui chez nous est une exclusion. Ce que j'en dis toutefois ne se rapporte qu'à votre Académie, Messieurs, celle des Inscriptions et Belles-Lettres. Les autres peuvent avoir des maximes différentes. Et je n'ai soient de son mérite, , , garde d'assurer qu'à l'Académie des Sciences un candidat fût refusé, uniquement parce qu'il serait bon sur les billets l'an passé ou mapeu sévère naturaliste thématicien profond. J'entends dire qu'on y est de confession, et un de mes amis y fut reçu même qu'on lui demandât s'il avait fait ses sans , Pâques, scandales qui n'ont point lieu chez vous. Mais , Messieurs me voilà bien loin du sujet de ma lettre. J^ oublie , en vous parlant ce que je viens vous dire , et le objet. Je plaisir de vous entretenir me détourne de mon voulais répondre aux méchantes plaisanteries de ce journal , , qui dit que je tuellement et , me que suis présenté, que je je me me présente ac- présenterai encore pour être reçu parmi vous. Dans ces trois assertions il y a une vérité, c'est que je me suis présente, mais une fois sans plus, Messieurs. Je n'ai fait pour être des vôtres, que quarante visites seu, , lement , et quatre-vingts révérences, à raison de deux par pouruu aspirant aux emplois académiques; beaucoup pour moi naturellement peu souple et visite. Ce n'est rien mais c'est neuf à cet exercice. Je n'eu , suis pas encore bien remià. fifrâ
» io5) ( je suis guéri même que de l'ambition vous proleste et je , , Messieurs assuré de réussir, je ne recommencerais pas. Quanta que ce qu'il ajoute touchant les principes de ceux vous avez élus priucipes qu'il dit être counus, cette phrase , tendant à insinuer que mieus ne sont pas connus, les me cause de l'inquiétude. Si jamais vous réussissez à établir eu comme on dit que vous y penme reprocher quelque France la sez ne voudrais pas que l'on pût je , Sainte- Inquisition , jour d'avoir laissé sans réponse un propos de cette nature. Sur donc cela j'ai Mais là. , à me nus de ceux qui vous dire que mes principes sout conconnaissent, et j'en pourrais demeurer qu'on ne m'en parle plus, afin je vais les exposer eu peu de mots. Mes principes sont est la plus courte , qu'entre deux points la ligne droite, , que est plus tout le partie, que deux quantités égales chacune sont égales entre Je elles. que deux aussi tiens grand que sa à une troisième et deuxjbnt quatre ; mais je n'en suis pas sûr. Voilà mes piincipes élevé rir. , Si peut dire tières , Messieurs, , qu'il comme y a différents principes en différentes principes de principes de religion ferai là-dessus avec , la grammaire , même , il ne la toi , ma : aie fût je de vous satis- du charbonnier sont , nourrice soupçon sans aucutr c'est , morte d'hérésie. Lu. passées eu comme Si quelqu'un me chicane sur mon orthodoxie, au futur concile. Mes ma- s'agit pas sincérité. verbe. Je suis soldat et bûcheron règle été dit-oo, ni grec, ni latin; principes religieux sont ceux de du centeuier ; de morale, de politique) chrétienne et catholique loi j'ai , ceux-là, ces Messieurs ne sachant Mes dans lesquels Dieu et dans le;quels je veux vivre et mouvous me demandez d'autres éclaircissements ( car on grâces à pro- cliarbonuier. j'en appelle principes de morale sont tous renfermés dans celte ne point fait. faire à autrui ce que je ne voudrais pasqui
106 t Quanta mes ) principes politiques, c'est unsj'mboledont les articles sont sujets à controverse. Si j'entreprenais duire , me de mal m'en acquitter, de les dé- vous donner lieu confondre avec des gens qui ne sont pas dans mes senje pourrais et mieux vous dire en deux mots ce qui me disde tous les partis et fait de moi un homme siècle où nous sommes ^ c'est que je ne veux timents. J'aime tingue me sépare , rare dans le point être rait roi, et me mener , que soigneusement tout ce qui pour- j'évite là. Cesexplicationssont tardiveset peuvent paraîtresuperflues, puisque renonce à l'honneur d'être admis je parmi vom , que sans doute vous n'avez pas plus d'envie de me recevoir que je n'en ai d'être reçu dans aucun corps littéraire. Cependant je ne suis pas fâché de désabuser quelMessieurs , et ques personnes qui auraient pu croire naliste , que je m'obstinais , comme , sur la foi de ce jour- tant d'autres vaincre vos refus par mes importunités. Il n'en , à vouloir est rien , je vous assure. Je reconnais ingénuement que Dieu ne m'a point fait pour être de 1'A.cadémie , et que je fus mal conseillé de m'y présenter une Paris, le fois. ao mars 1819.
, PROCES DE PIERRE CLAVIER-BLONDEAU POUR PRÉTENDUS OUTRAGES FAITS A M. LE MAIRE DE VÉRETZ D'iNDRE ET I.OIRE. ? DÉPARTEMENT

. »°9 ( —— — i 1 i i ) ,i i , Z, , PLACET ASONEXCELLENCEMONSEIGNEURLEMIMSTRE, «««//w//yww« lVXorrSEIGNEtm Les persécutions que d^ïndre et Loire principaux les Le , f éprouve dans , seraient longues , le département à raconter. En voici traits. 11 décembre dernier , on roupa et enleva, dans ma forêt de Larcai, quatre gros chênes baliveaux de quatrevingts ans. Mon garde fit maire de Véretz sa plainte légale, et requit de permettre , , suivant la loi On savait où malgré la lecture quon cherche des bois volés. maire s^y refusa ils , le la re- étaient. Le luifit de la loi sous peine de destitution , d'accompagner lui-même le garde dans cette recherche. Tout cela est constaté par des procès-verbaux. qui Voblige Quelque , temps après, dans la mêmeforêt plus beaux de tous. au maire veillance et , a , mêmes gens coupèrent t les dix -neuf chênes les plus gros et les P rocès- verbal/ut fait, plainte porté» au procureur du Roi qui menaça de non , les Dernièrement rêt , , voleurs , mais le garde on a encore coupé , dans la mêmefo- un seul gros baliveau de soixante tenté de mettre sa sur- et moi. le et quinze ans. Om feu en différents endroits. Les au- teurs de ces délits sont connus , et non seulement nulle
. ! ÎO poursuite n'a étéfaite contre eux mais on s'oppose con- , stamment à la recherche légale des bois enlevés. Le nommé Blondeau Vun de mes gardes , par moi, cette année , est , chargé de d'fférentes exploitations au* par nettoyement. On l'a laissé abattre et façonner tout le bois mais au moment de la vente on sous les plus absurdes prétextes à le fait condamner un mois de prison sans grâce ni délai. Le voilà ruiné je fais foire , , , , , totalement et , moi en partie. , On Paccuse dans le pro- cès-verbal J~ait contre lui, en apparence , mais réelle- ment contre moi, aVavoir dit une peur mortelle ) qu'on lui suppose , à M. Allez vous faire , et maire le ( dont C'est là le f. .. il a crime pour lequel on va détruire toute ^existence et la fortune d'un père de famille de soixante ans , qui a toujours vécu sans reproche. Je ne vous parle point , Monseigneur sibles qu'on méfait Chaque fois que intérêts. Si je suis volé on me battait nace maintenant de condamné à Ce n'est et n'ai , des procès ri~ dans lesquels je succombe toujours. , me , dommages et Vamende. On me- je paie des ,je paierais brûler. Si cela arrive , je serai la peint des incendiaires pas qu'on me haïsse dans le pays. Je vis seul de rapports ni de démêlés avec personne. Tout pourfaire plaisir à M. le maire, et à MM. les juges à M. le procureur du Roi et à M. le préfet, gens que je n'ai jamais vus et dont fignore les noms. cela sefait , Enfin me voler , il , est notoire me , dans courir sus , et le département , qu'on peut chaque jour on use de cette permission. Je suis hors de la loi pour avoir défendu avec succès des gens qu'on voulait faire périr , il y a deux ou
, ( trois ans. Voilà , m ) disent quelques uns mal qu'on méfait à , le vrai motif du présent. Je supplie votre Excellence d'ordonner que tous ceux qui me pillent suivis , et qiî'on , ou m'ont me laisse pillé, soient légalement pour- en repos à Vavenir. Oest mal- gré moi que j ai recours h Vautorité quand vraient me protéger. Mais la chose presse que mes bois ne soient bientôt brûlés. , Je suis avec respect les lois et je f Monseigneur , De votre Excellence Le très humble serviteur Paris , le 3o Mars 1819. , et obéissant de- crains

H3) ( PIERRE CLAVIER BLONDEAU* dit a messieurs les juges de police CORRECTIONNELLE M ESSIEU J'ai fait de grandes tout ce que j'ai vous verrez qu'il village , F. y S fautes-, souffert a eu A BLOIS. , mais et si moi , puni déjà pa? conduite , j'en suis trop vous regardez pauvre ma simple et homme de plus de bêtise que de méchanceté. Ma première faute fut d'entrer au service de M. de Beaune , le maire de notre commune. Je le connaissais. M. de Beaune est un jeune homme vif, emporté, violent dans toutes ses passions Je savais cela qui m'arrive $ } j'aurais , dû mais quoi d'autre ressource, et il implacable dans ses vengeances. fuir M. de Beaune et prévoir ce ? il fallait n'était pas vivre \ je u'avais maire encore \ il ne point faisait \ eu le servant, on ne risquait que assommé. J'entrai chez lui, et me conduisis avec tant de prudence, qu'au bout de deux ans, j'en sortis sans con- point de procès- verbaux d'être En cela, je ne fus pas bête. Mais malheureusement, il était maire alors en me renvoyant, M. le maire ne me payait pas mes gages de trois mois , cinquante francs qu'il me devait ; je les lui demandai. Ce fut ma seconde faute, pire que la première pour moi, tusion ni blessure. \ : dans le c'était besoin, sans place, sans travail beaucoup } ce n'était rien pour , cinquante francs, M. de Beaune. Et que me dit, quand je lui demandai mon argent? Tu me le paieras me dit-il et jamais Messieurs je n'en pensez-vous qu'il , pus tirer autre chose; , , , 8
"4) ( Moi , Messieurs, voyant cela, je irréparable .' mon mon supérieur, le fis assigner. maire, Ah ! faute le plus riche pro- priétaire de toute la commune, l'attaquer en justice! moi pauvre paysan, domestique renvoyé, lui demander mon dû! Je fis cette folie dont je me repens bien et vous jure que de ma vie, dussc-je mourir de faim, jamais plus ne m'arrivera , de faire assigner un maire. Aussi bien que sert-il ? M. de Beaune comparut devant le juge de paix, fit serment, leva la main qu'il ne me devait rien, et je perdis mes cinquante Tu me le paieras. Il m'a tenu parole ; francs, et toujours : je lui paie bien l'argent Dès-lors, on Blondeau faire ici que , me va-t-en , ayant fùché le roi à Paris. qu me il me le dit devait. de quitter conseilla un de nos maire r* le maire le pays. voisins. Va-t-en, Que est plus veux- tu maître ici Procès, amende, prison, voilà ce qui de repos pour toi, plus de travail paisible. Ta ne mangeras plus morceau qui te profite, ayant fâché le maire. Va-t-en, pauvre Blondeau. Il n'avait que trop de raison de me parler ainsi. Je det'attend. Plus , vendre mon quartier de terre , emMais environ ce temps, je trouvai à me placer fort avantageusement, à ce qu'il me semblait. Monsieur Courier me prit pour garde de ses bois, et je me crus vais le croire mener ma , partir famille. heureux d'entrer à son service. Je pensais qu'étant chez lui, qui passe pour bon homme, quoique peu de gens l'aient vu, et que personne ne le connaisse, je pourrais vivre tranquille. En cela, je me trompais, comme vous allez voir. Je fus accusé peu après , d'avoir dit à M. le maire, cau, sant avec lui dans son parc : Allez vous promener. C'est la déposition de quelques uns des témoins que vous avez entendus. D'autres disent que j'ai dit que d'autres enfin prétendent : Allez vousfairej'..... faire était sérieuse. J'avais tout à redouter, le crédit Le maire ; du tout. L'afvu le nombre et je n'ai rien dit de ceux qui m'attaquaient, car chacun s'en mêlait. portait plainte vait à outrance \ le ; le domaine procureur du me roi me poursui- menaçait de m'oier mon
. u5) ( état même de garde particulier. Le préfet d'une Tours Et daigna , et plu» aux juges contre moi. Les puissances de coalisées pour écraser Blondeau. fois, écrire étaient l'occasion de tout cela , qu'eu c'est effet j'avais parlé à maire; grande imprudence assurément. Si j'eusse pu m'en dispenser Mais le moyen Ou avait volé quatre gros M. le 1' ! arbres dans nos bois et ces arbres , voleurs assez connus, M. le maire mais sation de le , trouver et le rn'accompagner , il requis une autre et , fois encore... même, de-là sa présence , suivant la loi. Je fus procès- verbal à la main lecture de la loi dans toute plus beaux , le tout , , de en vain; plus grands les : et il depuis s'agit. Il que son plaisir , un procès , de se sans autre raison prit prétexte plaindre, disant que foi et, la avec le mên:e succès mais ce n'e6t pas de quoi , refusa de rn'accompagner et pour les saisir chez les non seulement l'autori- que huit jours après on nous coupa vingt refusa, et fut cause les fis , fallait mon , et je lui autres arbres choisis de tous, me il de me faire je l'avais insulté. Quelle apparence ? Mais me voyant tantd'enuemis , et que tous ceux qui pouvaient me nuire , s'y employaient avec chaleur , j'eus recours à M. Courier. Je lui dis Aidez-moi ^ faites agir vos amis. Mais il la chose vous regarde. Parlez me répondit Mes amis sont à Rome , à Naples , à Paris, à ConstantinoDle , à Moscou. Mes amis s'occupent beaucoup de ce que l'on faisait il y a deux mille ans, peu de ce qu'on je n'en que fis rire. : -, : fait à me protégera ï ma défense? j'ai contre moi tout le monde. me répond Blondeau que vous êtes simple. présent. S'il est ainsi, lui dis- je, qui qui prendra Alors Mettez il : le feu à mes , bois , au lieu de garder les , et vous ne manquerez pas de protecteurs. Vous aurez pour appui tout ce qui pense bien dans le département. méprisé, le plus vil , le a trouvé des amis, des parents, de Tours , L'homme le plus plus abject de la province entière, même parmi les magistrats ; et pour va recevoir de moi dès qu'il m'a voulu faire quelque mal avoir chassé ma femme deux mille francs à de chez titre elle , il de dommages et intérêts. Le fripou
, u6) ( me qui vola , Tan passé , moitié d'une coupe de bois la , obtient de l'équité des juges un léger encouragement de huit cents francs que , paie je lui comme indemnité. Ces gens-ci aujourd'hui, sous la sauve-gatde de toutes coupent mes plus beaux arbrei paisiblement chez eux me plaideront sur le les , défense de 5 les vol qu'ils m'ont troubler. fait et , autorités, les emportent, serrent les Demain , ils gagneront as- surément. Faites comme eux ; vous serez favorisé de même. , au lieu de me piller, vous défeudez mon bien , vous Si irez en prison ; attendez-vous à cela. Tout comme jugé, ou, pour moins de prison Les témoins ici, l'avait il chose la , saus preuves , vous , dit parler exactement , Je fus condamné à entendus que depuis le savez, n'ont été mon appel de A Tours, moi. les la sen- juges n'ont pas voulu, san> doute de peur de scandale, examiner j'avais dit allez : un sans audition de témoins. devant vous, Messieurs, après tence rendue à Tours contre est arrivée. je fus , vous promener, ou vous allez si faire f ; question délicate qui roulait sur la différence de promener à l'autre mot. Il fut décidé, surleseul procès-verbal de M. le que je l'avais outragé en conséquence on me conà un mois de prison. Mes amis trouvent que j'ea suis quitte à bon marché. Car il eût pu tout aussi bien mettre sur son procès-verbal que je l'avais volé ou tué et vous maire •, , damne , voyez ce qui s'en suivait qu'il soit tenu Mais moi fait, il , , puisque sa parole fait foi , sans de rien prouver. je ne m'en crois pas quitte : ce qu'il n'a pas Déjà il répand le bruit que je écrit de sa main , sur le registre de le fera. l'ai meuacé. commune. il l'a fait publier au prône de la paroisse. Oui Bien plus , Messieurs au prône un dimanche par la voix du curé en chaire, tout le monde a été informé que Blondeuu menaçait Déjà il l'a la , , M. le , maire. Cela vous étonne connaissez les lois ; mais moi sais qu'un mois de prison ma famille désolée , , , , je Messieurs. C'est que vous connais M. le m^ire , et je mes travaux d'une année perdus un procès qui me ruine, ce n'est , pi»
"7 ( ) Ce qui m'étonne moi c'est de le voir agir avec tant de mesure, user de prévoyance, et même avant la fin de cette affaire-ci, se ménager des preuves pour une accusation plus grave, comme s'il n'avait pas toujours vengeance pour lui. , , procès-verbaux, qui sont parole d'Evangile pour mesles juges de Tours. Sitôt qu'il lui plaira d'avoir été ses sieurs même frappé ou assassiné, qui le contredira dans ses clarations ? Craint-il qu'on ne que roi le procureur du , le s'avise préfet , d'examiner ne dé- les faits ? manquent au lui besoin, et qu'un jour, ces messieurs ne pensant plus aussi bien , ne qu'il sert se fassent M. scrupule de perdre un malheureux parce , Courier ? et puis, si l'on voulait des preuves, des témoins, n'a-t-il passes fermiers, que vous l'avez Messieurs , amener lui, auxquels les ici dans sa voiture, gens de bien coûte peu de lever il magistrats ? Enfin manquer les la main moi par M. même de jurer devant , signatures peuvent-elles jamais à l'auteur d'un écrit qu'on va vous C'est l'original vu, comme la publication faite lire , Messieurs? en chaire contre le curé. Par jugement mars dernier au tribunal de Clavier-Blondeau garde particulier , a été condamné à trentefrancs cCamende* à\ la confiscation de son fusil à deux coups , et auxfrais du* procès .pour avoir porté des armes de chasse et chassé sans rendu le 5 police correctionnelle de Tours , , , permis de port d" armes* Plus à un mois d'emprisonnement pour avoir menacé et injurié M. le maire de Véretz. Pour extrait conforme au jugement , signé Bourrasse > 1 , commis-greffier. Pour copie conforme , de Beaune Je soussigné , paroissiale îS 1 9 , les y le copies , maire. publié au prône de ma mcssA dimanche 21 mars de la présente année" du jugement de Pautre part d'après fincertifie avoir .
, ( H» vitati-m qui ni en a étéfaite 1 par M. de Beaune maire de , ctte commune. Marchandeae, curé desservant de Vêretz. Voilà, Messieurs, ce chaire de vérité , qu'a public ce qu'il a notifié tique aux lubitans de la paroisse. Il M. le curé comme un , dans la acte authen- n'y a de vrai néanmoins main de M. de peut dire imaginé par lui ou arrangé selon ses vues. Il n'est point du tout vrai que l'on m'ait condamne pour avoir menacé et injurié le maire. Il n'est point vrai non plus que ce soit là un extrait du jugement rendu contre moi. Il est encore moins vrai que dans cette pièce écrite toute entière de Beaune, que sa seule signature. ce prétendu extrait ait été Enfin ilest Le la reste se délivré par le commis-greffier. faux que ce commis ait jamais si^nériendepareil, une pure invention de M. le maire. Le greffier n'a pu délivrer un extrait qui n*est pas conforme au jugement aussi s'en défeud-il et le nie à tous ceux qui lui en ont parlé. Le jugement ne dit point que j'ai menacé ni injurié personne; je suis condamné pour avoir outrage et son nom mis là est , maire de Véreiz. Les juges ont trouvé uu Allez vous fairef.... mais quelque eussent d'obliger M. le maire, ils n'y pouvaient en pa- olis M. le outrage dans ces mots envie qu'ils trouver de menaces , : quand même M. préfet le leur eût le enjoint par vingt lettres. Si le maire voulait des menaces s'il le entrait dans son plan d'avoir été Mais alors difficulté. omission, et menacé, il mît dans son procès-verbal, et cela n'eût pas il il n'y pensa pas. entreprit depuis de me fallait fait Pour réparer faire signer à qu'il plus de cette moi-même avouer ces menaces en présence de témoins , employant cela une ruse qui devait lui réussir si on ne m'eût averti. pour C'est encore maire , Au et je un des traits de l'esprit inventif de faire attention , Mcjiieu M. le rs. du procès dans la plus grande rage deses perquand son garde champêtre, ses cédules, ses ne me donnaieQtpoiut de relâche, tout d'un coup, milieu sécutions, huissiers ici vous prie d'y ,
) M9- ( de moi , de vouloir mêlais* on m'apprend de sa part qu'il se contentera d'une légère satisfaction , que si je veux lui faire quelques excuses j toute poursuite contre moi cessera. Moi je me crus hors de l'enfer, au premier mot qui m'en fut dit ; je rendis grâces à Dieu et promis de me trouver le dimanche suivant , après la messe , chez M. le maire , pour lui faire toutes les excuses , il de s'adoucir , d'avoir feint ser vivre pitié , : , , Le dimanche venu toutes les soumissions qu'il voudrait. , j'arrive à l'heure dite; je trouve à la mairie le conseil assemblé, beaucoup de gens et M. le maire , auquel je fis excuse ( de quoi , grand Dieu ) le plus humblement que je sus, lui demandant pardon de l'avoir offensé sans dire où ni comment f ! , de peur de mentir, et promettant de ne content, tout Il paraissait le faire plus à l'avenir. mieux du monde. Pour allait le conclure, on ouvre devant moi le gros registre mune on je , un long narré où lit dit de signer ; j'allais signer de ne compris mot la ; com- on me n'ayant soupçon de quoi que , quand quelqu'un me retint Prends garde, me dit-il T tu vas signer que tu as insulté M. le maire, que tu l'as menacé , violemment menacé tel jour, en tel lieu , à telle heure, tu vas signer que sais-tu encore? Ces mots me donnèrent à penser ; je refusai je demandai à me consulter , ce fût : , , ; M. et là-dessus pas le reste , maire le car on restées sur le registre d'autres choses car il est , iras en prison. Je n'entendis me fit sortir de la commune à vous avertis , , dieu merci. , de M. de Beaune que vous soyez homme mes excuses ainsi sont et mes menaces et ; non signées de moi , "Voilà les finesses Messieurs Ta : , dont afin bien aise , de vous en garder , je suis faire dire tout ce qu'il voudra. S; votre sentence ne lui agrée, telle que vous l'aurez prononcée il l'arrangera le lendemain aux , au prône de la paroisse } et 9 quant signatures,, vous pensez bien, Messieurs, qu'il ne s'en fera faute , non plu* que de celle du commis- greffier Bour- rasse. Au reste, sentences de même qu'il des tribunaux , sait il accommoder sait à s'en passer son plaisir , le? les prévenir,
J20 ( Remarquez bien ceci est du 5. J'en appelle le 10, même que mon appel vous , publier ) Messieurs et : le uigemeut contre roc* onze jours après, fût parvenu ma condamnation. Vous voilà 21 le , avant M. de Beaune fait bien surpris Mes, , vous pensiez que votre jugement pouvait faire quel-< que chose à l'affaire mais songez y de grâce ;M. de Beaune est maire, et M. de Beaune avait fait son procès-verbal. Or jamais rien n'a résisté au procès-verbal de M. le maire , apsieurs ; , , puyé comme surtout il l'est d'une lettre du préfet. "Votre sentence après cela n'est qu'une pure formalité , assez indifférente, qu'il n'a pas cru devoir attendre d'ailleurs , ou qu'il pour mieux dire dans une parfaite assurance n'ayant nul doute à cet égard. Le cas que fait M- de Beaune de l'autorité judiciaire a attendait , , ,. mieux paru encore dans cette affaire^ci quand les juges de Tours pour quelque information le firent appeler. Sa réponse fut simple // n'avait pas le temps. M. le maire ji* a pas le temps. Voilà ce qu'il leur fît dire par son gardechampêtre , qui est l'homme du maire comme le maire est l'homme du préfet. Quelle dignité dans ce peu de mots à uu tribunal assemblé M. le maire n'a pas le temps* C'était , , , : , ! comme s'il maire leur eût dit M. : le maire esta la chasse, ou maintenant dans l'antichambre du préfet est ; M. M. le le maire fait sa cour il n'a par le loisir de comparaître devant les tribunaux. Qu'un maire est grand dans son village : ! Tout s'empresse poursuit , courroux. lui il à lui , le malheur explications, il ; répond çu maire de Vérelz J'eusse et il aimé mieux ma son juges na pas , n'ait pas le attendu votre arrêt pour condamné? Il y a plutôt de quoi s'étonner commencé, par me mettre en prison. m prône, ^ej.hî d'attirer et si les Messieurs, devez- vous êtes surpris que déclarer n'ait pas U tout tremble à sa parole. frappe de son procès- verbal demandent des le \ accable quiconque a Il le temps. Après cela M. me plaire cela que de m'eutentre qu'il lire à l'église, sentence d'emprisonnement, flétrissure nou- inouie, espèce de carcan iQventé pour moi seul . %
, «» ( ) qui, de sa propre autorité, ajoute M. le maire cette peine à la peine portée contre moi. J'eusse exprès par aimé doublât qu'il la , durée de ma détention, et mieux me tînt, puisqu'il fait ainsi tout ce qu'il veut, six mois en prison au Père de famille de soixante ans, me voir diffamé , moi présent, en pleine assemblée, devant tous mes amis mes voisins, mes parents tous les regards sur moi; me voie lieu d'un. , noté, marqué par honte le doigt J'eusse voulu ! affront n'était qu'un être me de M. ne vous je présent, grâces à Dieu , donné. Heureusement pour lui, il compte là-dessus le sait et trompe pas cutions Tous , et que ma : que les dirai point soutenu M. de Beaune quelle ! sus je mairej que le vint à l'esprit. J'ai épreuves où m'a mis la haine de jusqu'à affront ; plaisir pu l'ordonner, n'avaient sieurs, ce qui du pasteur, quel mort et quand cet juges Mes- , les cruelles sans que, prudence m*ait aban- la les , années m'ont veuille le ciel fait qu'il sage 5 ne se patience dure autant que ses persé- ! gens de les illégal et contraire loi , consultés, déclarent cet acte non seulement aux lois, du maire mais aux plus communes sens. notions de police et d'administration, au bon Voilà ce qu'en pensent les gens de loi généralement. Leur chef et le vôtre grande en celte matière, Monseigneur le le Messieurs , ; et dont l'autorité sa Garde des Sceaux, informé de simple récit, refusa de possible , indépendamment de le croire, en disant : serait place , ce fait sur Cela est im- depuis, convaincu par des preuves delà vérité de ce que d'abord jugeait impossible, il incroyable. J'ose vous citer ces paroles et il devant vous, parce que ses paroles sont a dit: Cria est m'en prévaloir mon bien, dans le malheur où je me trouve et ont un grand poids , montrant mieux que je ne saurais faire, avec quelle audace M. de Beaune a foulé aux pierls toute justice dans sa conduite à mon égard. Sa conduite , dans cette affaire a été de tout , , , point incroyable. PassoDî sur. le serment qui me ccûte cinquante francs..
'22 ( ) Mais son refus d'autoriser la recherche des boîs voles à> M. Courier que vous eu semble , Messieurs ? Ua maire, la seule autorité à laquelle on puisse, loin des villes, recourir , contre voleurs les fauteur , manifeste blance ? y voyez-vous Puis , de Messieurs cette fantaisie , le en quelque sorte, d'un vol public et d'une suite continuelle , croyable ? ouvertement leur protecteur, se faire , le receleur, vols la , , cela est-il moindre vraisem- de se dire insulté, quand je on m'y força) , lui faire une réquisition légale, nécessaire , sur un objet pressant cela encore se peut-il croire? Et cette rage ensuite , cette guerre acharnée ce soin d'ameuter contre moi tout ce qui peut avoir ombre d'autorité dans le département, ce vais malgré moi (je ne voulais pas, le : , piège préparé d'une feinte douceur, pour des aveux propres à greffier Messieurs me cet extrait , , faire souscrire perdre; cette publication, celte du jugement qui me condamne plification du me prétendu conforme ne paraît pas possible , , non tout cela, n'est et am- cette signature , , croyable que pour ceux qui en out été les témoins, ou qui habitent Uscampagnes et savent ce que c'est qu'un maire. Mais la plainte même qui fait le fond de ce procès t a-t-elle apparence de sens? et se peut-il qu'un homme, je ne dis plus un maire mais un homme en âge de raison , hors des faiblesses de l'enfance se tienne offensé pour unmot (car j'accorde , je veux que je l'aie dit ce mot) pour un mot, tout au plus grossier , qui n'attaque ni l'honneur ni la probité la réputation ni les mœurs de celui au, , , , m , , quel il s'adresse , et ne peut faire tort qu'à celui qui le pro- que pour ce mot il veuille poursuivre, exterminer un pauvre domestique qu'il fatigue les juges entasse des écritures amène des témoins remue des gens en place nonce ? , , , , , , , abuse des actes publics , afin d'obtenir heureux, ruiné, malade, diffamé, après quoi? que ce malsix mois de chagrins, un mois dans les prisons. TJn mois, Messieurs Avant de confirmer cet d'angoisses , languisse ! y penserez, je l'espère. Qu'un arrêt , vous soldat l'eût dit à sou chef,
, 123) ( ce mot dont se plaint ce soldat en prison M. de Beaune, on deux jours pour et 5 eût mis peut-être le même mot, du paysan au maire, vous ordonnerez uu mois, non de la même peine. Le soldat deux jours en prison , y voit des soldats comme lui, en sort sans déshonneur, et n'a point de famille dont et Moi je serais un mois avec des maldu moins) laissant ma maison désolée le sort l'inquiète. (on faiteurs le croira mes enfants , , à l'abandon honte! Quelle différence , je les ; d'établir cette différence en faveur civile est-elle plus dure que Même, ? juges, La M. selon sa déclaration, je ne lui ai rien dit l'on puisse trouver une loi camps ? outragé n'ai point je , de l'homme armé la discipline des Mais non, Messieurs, non, maire. couvert de rejoindrai Messieurs. Est-ce à vous injure. Qu'il amasse le où des preuves de son procès-verbal, ses fermiers débiteurs , ses gens ; je ne l'ai point ou- qu'il produise à l'appui pour témoins ses , Je l'eusse outragé en l'appelant menteur, tragé. faussaire, parjure, lâche persécuteur du faible; et j'outragerais qui que m'a fait M. de Beaune. Mais le mot dont il m'accuse n'est un outrage pour personne. Avec lui n'user que de ce mot, c'eût été le ménager, c'eût été de ma part une rare prudence, et pourtant ce mot même il est vrai que je ne l'ai pas dit. que ce soit en lui reprochant la moitié de ce , , Ne , craignez point d'ailleurs, Messieurs, voyez absous que , qu'on le reçpecte moins l'offenser. Il n'y n'épouvante, Je n'ai l'autorité eu , et six a de M. pour cela personne dans le le , si maire en vous me ren- soit affaiblie» ait moins peur de pays que mon exemple qu'on qui ne tremble de gagner un pareil procès. mois durant paie des frais énormes , et , de repos ni jour ni nuit. Je perds mon travail d'un an. Une coupe de bois dans laquelle j'ai quelqu'iotérêt à peine en ai-je pu faire le quart. Wen doutez point, quoiqu'il arrive, quelque arrêt que vous prononciez, je serai toujours assez puni d'avoir fâché M. de Beaune et de loDg temps , ceux qui le servent, ne lui demanderont en justice leur salaire , s'ils , , veulent habiter la , commune de Véretz,

(i*5) LETTRES AURÊDACTEURDU CENSEUR. r^v»/vvvvWVt/w*vwr/v<#A/vv>/vAs\fr*r»/wv/\/^ *w^/w/JV/* LETTRE PREMIÈRE. Ve'retz y,ous vous trompez , , Monsieur 10 le 1819. juillet vous avez , de croire tort que mon placet imprimé dont vous faites mention dans une de vos feuilles , n'a produit nul effet. Ma plainte est écoutée. Sans doute, comme vous le dites, il est fâcheux pour moi que l'innocence de ma vie ne puisse assurer mon repos ; mais c'est la faute des lois, non celle des ministres. , Ils ont éwrit à leurs agents plût à Dieu qu'ils eussent j'avais des procès et , comme écrit de à l'académie Cela m'eût mieux valu que tous avoir le fauteuil et pour garder nir un , de vraiment temps faire , savants , pouvais désirer, et quand , les droits mon bien. de gens auxquels trois sortes certain je le même aux juges , j'ai juges j'étais , quand candidat. du monde pour Il faut en conve- eu affaire ministres , depuis pu je n'ai entendre raison qu'à ceux-ci. J'ai trouvé ministres incomparablement plus amis des belles-lettres les que et plus justes que la Justice. Ceci mes principes d'opposition. Vous nous plaignez beaucoup, nous auti es paysans ; et vous avez raison en ce sens que notre sort pourrait être meilleur. Nous dépendons d'un maire et d'un garde champêtre qui se fâchent aisément. L'amende et la prison ne nom, l'académie de ce soit dit sans déroger à , , sont pas des bagatelles. Mais sopgez donc, Monsieur, qu'au-
, I on nous trefois M*) pour cinq sousparisis. tuait C'était la loi. Tout noble ayant tué un vilain devait jeter cinq sous sur la fosse du mort. Mais les lois libérales ne s'exécutent guèrcs, plupart du temps on nous tuait pour rieu. Maiutenaut en coûte à un maire sept sous et demi de papier marqué pour seulement mettre en prison l'homme qui travaille , et et la il ]es On juges s'en mêlent. prend des conclusions, puis ou plaisir du maire ou du pré- rend un arrêté conforme au bon Vous fet. Monsieur, que nous ayons peu gagné paraît-il, en cinq ou six Nous cents ans? taillable et tuable à volonté étions la gent corvéable, nous ne sommes pins qu'iVi- \ carcérables. Est-ce assez, direz -vous? ou encore cinq faire; maire tout comme je mander de l'argent , six siècles , Patience; vous parle; nous pourrons s'il nous en doit laissez nous parlerons au et , et lui de- nous plaindre nous en prend , sans encourir peine de prison. Toutes choses ont leur progrès. Du temps de Montaigne, un vilain son seigneur le voulant tuer, s'avisa de se dés'il , fendre. Chacun en surtout, qui fut surpris, et le seigneur Montaigne qui le raconte. Ce manant devinait les droits de l'homme. Il fut pendu , cela devait être. Il ne faut pas devancer son siècle. Sous Louis XIV on découvrit qu'un paysan était un homme ou plutôt cette découverte , faite depuis longne s'y attendait pas, et , , par de jeunes religieuses , alors temps dans les cloîtres seulement se répandit , et d'abord parut une rêverie de ces bonnes sœurs , comme nous l'apprend Labruyère. Pour des Jilles cloîtrées, dit-il, un paysan est un homme. Il témoigne , là-dessus combien cette opinion lui semble étrange. Elle commune maintenant et point comme les religieuses est , , sons. des On tient assez hommes. De bien des gens pensent sur ce sans en avoir les généralement que là à les traiter comme tels les , il mêmes rai- paysans sont y a loin en- loDg-temps avant qu'on s'accoutume plupart de nos provinces , à voir un paysan vêtu core. Il se passera , dans la , semer et recueillir pour lui, avoir un homme de bien possé-
12 7 ( ) der quelque chose. Ces nouveautés choquent furiemenipni ies propriétaires, eu que la peine j'eulends ceux qui, pour le devenir, n'ont de naître. LETTRE II. Projet d'amélioration de V agriculture Bujault avocat à Melle, , par , Jacques département des Deux- Sèvres. Brochure de cinquante pages, où l'on trouve des calculs, des remarques, des idées dignes de l'attention de tous ceux qui ont étudié cette matière. L'auteur aime son sujet, le en traite homme tendent au-delà. choses qu'il instruit , et dont ne tiendrait qu'à Il effleure en passant ; les lui connaissances d'approfondir plein de s'é- les zèle d'ailleurs pour le bonheur public et la gloire de l'état, il conseille au gouvernement d''encourager C agriculture. Il veut qu'on V économie rurale dirige la nation vers qu'on instruise , moyens. Rien n'est mieux pensé ni plus louable. Mais avec tout cela il ne conteulera pas les gens en très grand nombre , qui sont perles cultivateurs , et il en indique les , suadés que toute influence du pouvoir nuit à l'industrie, et qui croient gouvernement synonyme d?empêchement en ce , qui concerne les arts. Ils diront à M. Bujault : laissez le gouvernement percevoir des impôts, et répandre des giâces ; mais pour Dieu , ne l'engagez point à se mêler de nos affaires. Souffrez, s'il ne peut nous oublier, qu'il pense à , nous le moins possible. Ses intentions à notre égard sont les meilleures du monde , ses vues toujours sans doute parfaitement sages fatalité , et surtout désintéressées ; mais, par une qui ne se dément jamais, tout ce qu'il encourage
, ( i*8) IaDguit, tout ce qu'il dirige va mal , tout ce qu'il conserve périt, hors les maisons de jeu et de débauche. L'Opéra, peut-être, aurait peine à se passer du gouvernement} mais nous nous ne sommes pas brouillés avec , reurs , artisan», à qui travaille il Labou- le public. même nous ne l'ennuyons pas en chantant, ne faut que la liberté. Voilà ce qu'on pourra dire, et ce que certainement di- M. Bujault les partisans du libre exercice de l'industrie. Mais les mêmes gens l'approuveront lorsqu'il re- ront à , campagne aux jeunes gens, et, Chose assurément remarquable, aux grands proprétaires de terre leur dédain pour l'agriculture suite de cette fureur pour les places, qui est un mal proche aux dont abondent oisifs la ville et la , , ancien chez nous, de 7i trois cents ans et , dont Philippe de Comines, a fait des plaintes toutes il y a plus pareilles. Ils ont, dit- il, souci de rien, parlant des Français de sou temps , sinon d'offices et états , que trop bien ils savent Jaire valoir, cause principale de mouvoir guerres et rébellions. Les choses ont peu chaDgé seulement cette con; voitise des offices et élats (curée autrefois réservée à nobles devenue plus âpre encore , depuis que tous y peuvent prétendre et ne donne pas peu d'affaires au gouquelque multiplié que paraisse aujourd'hui le vernement nombre des emplois qui ne se compare plus qu'aux étoiles limiers) est , : , aux sables de la mer , il n'a pourtant nulle proportion avec celui des demandeur* et on est loin de pouvoir contenter tout le monde. Suivant un calcul modéré dd M. Bujault, ily a maintenant en France pour chaque place, dix aspirants ce qui, en supposant seulement deux cents mille emplois, fait un effectif de deux millions de solliciteurs actuellement dans les antichambres, le chapeau dans la main se tenant sur leurs membres (i) comme dit un poète accordons qu'ils ne fassent nul mal (ainsi la cha- du ciel et , , , , : (1) Régnier. Satires. ,
( nous oblige rite à le croire l2 9 ) ) pourraient faire quelque ils , par une honnête industrie, fuir les tentations du malin. C'est ce que voudrait M. Bujault , et ce qu'il n'ob- bien, et tiendra pas , selou touie appaieuce. L'esprit oppose. Chacun maintenant cherche à et placé , pousser. à se Oa veut être se du siècle placer, ou s'y , s'il quelque chose. Dès qu'un jeune homme sait faire la révérence richeounoa , peu importe il se met sur les rangs il demande des g^ges, eu tirant un pied derrière l'autre cela s'appelle se présenter tout le monde se présente pour être quelque chose. Oa est quelque chose en raison du mal qu'on peut faire. Un laboureur n'est rien ; un homme qui cultive qui bâtit qui travaille utilement n'est rien. Un gendarme est quelque cbo>e un préfet est beaucoup Bonaparte était tout. Voilà , •, , : } , , , ; ; gradations de l'estime publique, l'échelle delà considé- les chacun veut être Bonaparte sinon ou bien gendarme. Voilà la direction générale des la même depuis long-temps et non prête à chan- ration suivant laquelle préfet esprits ger. , , , , Sans cela de l'invention , qui peut dire jusqu'où s'élancerait le génie on atteindrait, avec le temps, l'industrie humaiue à laquelle Dieu sans doute voulut mettre des bornes en la détournant vers cet art de se faire petit pour complaire , de s'abaisser, de s'effacer devant un supérieur , î* , , de tir s'ôter , seul soi-même tout mérite moyeu d'être , toute vertu quelque chose. , de s'anéan-
LETTRE Vefeti Monsieur Quelqu'un 10 septembre . 1S19. , dans une de vos feuilles se plaint prétexte de vacances III. , on lui a refusé l'entrée que sous , de biblio- la thèque du roi. Je vois ce que c'est ; on l'a pris pour un de ces curieux comme il en vient là fréquemment qui ne veuleût que voir des livres , et gênent les gens studieux. Ceux-ci n'ont point à craindre uu semblable refus , et la bibliothèque pour eux ne vaque jamais. Aux autres, on as, signe certains jours votre ami certaines heures , ordre fort sage , ; pour peu qu'il y veuille réfléchir, lui-même en conviendra. S'il m'en croit qu'il retourne à la bibliothèque et , parlant à quelqu'un de ceux qui en ont le , , , soin il , qu'il se fasse counaître faut avec des livres , , poui être de ces gens auxquels silence repos , , liberté \ je suis trompé s'il ne trouve des gens aussi prompts à le satisque capables de l'aider et de le diriger dans toutes faire , , de recherches. J'en sortes ai l'expérience fait fout chaque jour à leur très grand profit. a voyagé Italie , purgés cagoterie , vu en Allemagne a s'il , , c'est-à-dire biffés enfermés le nos bibliothèques est pareil de bonne , il , vraiment veuleut étudier. cet d'autres la s'il encbaînés, eu raturés, mutilés par la communiquer cessera de se plaindre de de celle-là surtout que au monde pour les foi les livres plus souvent, ne se que sur un ordre d'en haut, s'il , ; Après cela, ; enfin il avouera établissement n'a point facilités , de qu'y trouveut ceux qui
( Quant au n'étaient pas doute sans Rarement placé là. n'est dans i3i ) factionnaire suisse qu'il a les les vu à la porte savants posent des sentiuelles les , ce administrateurs qui l'avaient , si ce de Droit. Je ne connais guerres de l'Ecole poiut messieurs delà bibliothèque assez pour pouvoir vous rien dire de leurs sentiments ; mais je les crois Français , et je me persuade que s'il dépendait d'eux, on ferait venir suisses , puisque enfin il efl d'Amiens des gens pour être faut daos la garde du roi. LETTRE Yeretz Monsieur IV. 18 octobre 181g. , , Le hasard m'a tomber entre les mains une lettre un commandant de gendarmes. En voici la copie, sauf les noms que je supprime. Monsieur le commandant , veuillezj'aire arrêter et conduire en prison un tel -de tel endroit. fait d'un procureur du Voilà toute vous en saura la résultats. lettre. ; Je crois, Le public gré. correspondance roi à mais Ceci est il bref, si vous l'imprimez, qu'on dans une pareille est intéressé n'eu connaît d'ordinaire que concis ; c'est le les style impérial , ennemi des longueurs et des explications. Veuillez mettre en prison cela dit' tout. On n'ajoute pas car tel est notre plaisir. Ce serait rendre raison alléguer un motif; et en style de l'empire, on ne rend raison de rien. Pour moi je suis charmé de ce petit morceau. Quelqu'un pourra demander (car on devient curieux et le monde s'avise dé questions maintenant qui ne se fai, : , , 9*
, >3* f saient pas autrefois) gens , France ont en ) on demandera peut-être combien d« ou le droit pouvoir d'emprisonner le qui bon leur semble «ans être tenus de dire pourquoi. Est- du roi et de leurs subquant à moi. Ces place: sont recherchées ; ce n'est pas pour Parlent. On en donnait jadis t on en donnait beaucoup pour être procureur du roi. Fouquet vendit sa charge dix-huit cent mille francs , cinq milre une prérogative des procureurs stituts? Je le croirais , que Ce qu'achètent m cher d? honnêtes gens, c'est l'honneur (f honneur seul peutJlatter un esprit gcnê'eur)* lions d'aujourd'hui, et elles coùteut à présent bien plus de l'argent. ce sont effet Gendarmes De , sent point , qu'on En attachés à ces places. privilèges les de plus beau e>t- l'arrête que du tout le , robin , magistrature, à la comme lui-même Il ne même nos et le qui, tant de de jus- avec tant de raison , fois, le firent f enrager, racoote. se plaindrait pas maintenant de ce qu'il eût pu désirer lois : le cardinal de Retz reproche le en mène en prison. Cela l'homme de loi. On ne voit qa'on rien là-dedans de ces lentes et pesantes formalités tice il de plus grand que celui de pouvoir dire sont prévôtales ; : tout a chargé au-delà jurisprudence alors. Ixotre nos magistrats aussi doivent être expéditifs, et le sont. Vile, tôt; emprisonnez, tuez; on n'aurait jamais fdit , s'il fillait tant Tout chez nous d'ambages porte empreint le et de circonlocutions. caractère de ce héros , le du pouvoir qui faisait en une heure une constitution t en quelques- jours un code pour toutes les nations, gougénie , vernail à cheval, organisait en poste fonda, en se dé- et , boîtant, un empire qui dure encore. Tout bien considéré; le procureurs du roi fort les parti le plus sûr, c'est de respecter et leurs substituts et leurs clercs ; de les éviter de fuir toute rencontre avec eux tout démêlé ; mais tout le de leur céder non seulement le haut du pavé pavé, s'il se peut. Cir enfin, on le sait ce sont des gens fort sages , qui ne mettent en prison que pour de boune , , , , raisons, exempts de passions, calmes , imperlubables y de*
, m ( hommes éprouvés ) grand Napoléon , qui cent fois dans le cours de sa gloire passée , tenta leur patience et ne Ca point lassée. Mais ce ne sont pas des saints \ ils peuvent se fâcher. Un mot, avec paraphe le commandant est et aussitôt gendarme» de courir là. Veuillez prison de , s'ouvrir \ quaud vous y serez , la charte ne vous eu tirera sous le , , Vous pourrez rêvera votre aise la liberté individuelle. respectons les gens du roi ,ou les gens de l'empereur, qui happent au nom du roi. C'est le couseil que je prends pour moi et que je donne à mes amis. Mais je rnfe suis trompé, Monsieur je m'en aperçois ; ce n'est pas la toute la lettre du procureur du roi avec pas. Non , , , : ce que je vous ai transcrit, y il quelque cho*e eucore. a y a d'abord ceci Le procureur du roi à M. le commandant de la gendarmerie. Monsieur le commandant ; et puis fa iT honneur d'ètie^ Monsieur le commandant 11 : , , , avec considération votre très humble et très obéissant , serviteur. Le , c'est obligez-moi de grâce , comme on dit faites-moi l'amitié, rendez-moi ce service, à la charge : d'autant. J' suis votre serviteur du gendarme viteur serviteurs l'un de lous teur. mettre en tout s'accorde parfaitement avec veuillez prison. Veuillez deux , qui , cala s'entend. au besoin , , Il sera lesien ; est ser- ils sont l'autre contre l'a dminist/é qui les l'homme qu'on emprisoune paie un cultivaC'est un bon paysan qui a déplu au maire en lui de\ car est mandant de l'argent. Celui-ci par le moyeu du procureur du roi, dont il cm serviteur a fait juger et condamuei l'insolent vilain que ledit procureur du roi par son serviteur le gendarme, a fait constituer es prisons. C'est l'histoiie connue cela se voit partout. Oii que nos magistrats donnent de grands exemples , , , , \ ! ! cuieWe sévérité h'iise ! quelle ligidilé î dans l'observation de toutes Celui-ci quelle exactitude scrupules peut-être oublie dans sa Ljuimc de faite formes de lacmion d'un jugement la civilité!' quelque chose lettre ; nuis il n'oublie
>34 ( ) très-humble serviteur l'honneur d'être et , le reste , bien plus important que le jugement , et tout, pour monsieur le gendarme. Au bourreau , sans doute il écrit pas le , , : , Monsieur bourreau, veuillez tuer, le viteur. Les procureurs nêtes gens ce ; du roi ne sont pas seulement d'hon- sont encore des gens fort honnêtes. correspondance est civile comme les parties Fleurant. Mais on pourrait leur dire aussi imaginaire ; votre ser- je suis et ce nest pas tout d'être civil comme , Leur de monsieur le malade ce n'est pas tout pour un magistrat d^tre serviteur des gendarmes être bon et ami de l'équité. \ faudrait il , LETTRE V. ctz Mo^SIEVB. Dans comme , 13 ( -> , provinces, nous avons ces vous m>\ à Paris , à ce gens qui n'assassinent point nos bandes noires que j'entends , achètent de grands biens pour dire. Ce mais qui détruisent tout. les % sont des revendre en détail , et Ils , de décomposent les grandes propriétés. C'est pitié de voir quand une terre tombe dans les mains de ces gensdonjou , disparaît. Château , chapelle là; elle se perd tout s'en va , tout s'abîme. Les avenues rasées labourées de ça de là il n'en reste pas trace. Où était l'orangerie s'élève une métairie , des granges des élables pleines de profession , , , , ; , , vaches et de cochons. Adieu bosquets allées d'arbrisseaux et de fleurs dix paysans ; l'un y va ; , parterres, gazons , tout cela morcelé entre fouir des haricots, l'autre de la une douzaine , , se fond en de maisons qui ont des portes et des fenêtres , mais ni vesce. Le château s'il est vieux
«.35 ) ( louis créneaux ni , , vieilles lois , ui cachots ni antiques , demeure entier, défendu par de qui tiennent bou contre l'industrie. Car on ne Le parc souvenirs. pont-levis ni seul permet pas de défricher vrir ailleurs des dans les cantons les dg peur d'être obligé d'oubois les mieux, cultivés de la France , , routes et de creuser des canaux, pour l'exploitation des foiêts. Enfin, les gens dont je se peuvent sent , lion , la uommer pulvérisent ou leurs lations : Ils la l'éparpilleut encore après , mal voulus pour yaice qu'ils rendent vous parle fléaux de la propriété. les , cela d'un On chacun. pour exacts et passent ; la bri- révolu- leur prête , mais d^ail- hait, parce qu'ils s'enrichissent de ses spécu- les eux-mêmes quasi se montrer. paraissent eu avoir De honte, et n'osent tous côtés on leur crie heppl heppl mince autorité qui ne triomphe de les surveiller. Leurs procès ne sont jamais douteux les juges se font II n'est si \ parties contre eux. Ces gens me semblcut bieu à plaindre, quelque succès qu'aient, on, leurs opérations, quelques dit profits qu'ils puiaseut faire. Uu de rats voisins, sonuer , homme parlant d'eux bizarre , qui mêle de rai- se l'autre jour, disait : Ils ne font du du bien à tout le monde } car il ? donnent à l'un de l'argent pour sa terre à l'autre de la chacun a ce qu'il lui faut, et le terre pour son argent public y gagne. On travaille mieux et plus. Or avec plus de travail il y a plus de produits c'est-à-dire plus de mal à personne, et fout , ; , , richesse, plus d'aisance , commune, et, notez ceci, plus ds mœurs, plus d'ordre daus l'état comme dans les familles. Tout vice vient d'oisiveté tout désordre public vient du manque de travail. Ces gens donc, chaque fois que simplement ils achèieut une terre et la revendent font bien font une chose utile, très utile et très bonne quand ils achètent d'un pour revendre à plusieurs car accommodant plus de , , ; augmentent d'autant plus le travail les produits , la richesse , le bon ordre , le bien de tous et de chacun. Mais lorsqu'ils revendent et partagent celte terre à des gens , ils ,
( hommes font est >36 ) qui n'avaient point de terre, alors grand; car Côme d'honnêtes gens, selon de drap Jîn disait-il , de trois quartiers terre le font des propriétaires, ils qu'ils , de Médicis. Aoec trois aunes un homme de bien; avec je fais , un aurait fait il Lien c'e!t-à-dirc En «aint. effet tout , propriétaire veut l'ordre, la paix, la justice, li^rs qu'il ne soil fonctionnaire ou pense sans dépouiller personne naire donner , l'homme qui au laboureur terre la devenir. Foire propriétaire, à le , Lien qui se puisse faire en France serfs à affranchir. C'est ce Mais une nirs, les servent où sous la nouvelle tout même hommes les , leur fait édits souveconPalmyre et , les , à Balbck mais ailleurs , à , se , l'industrie , qui re- une guerre continuelle. Piome elle, et se plaint à tort des Vandales vouldient tout conser- les eux qu'elle ne demeurât et ne «oit trouvèrent. Mais malgré leurs portant peine de mort contre quiconque endommageait Il n'a pas tenu à aujourd'hui statues Jes ont péri ; château le Les monuments a détruit ses antiques édifices Barbares. Les Goths et ver. ces gen«. mais l'histoire cendre du Vésuve que merceplus grand depuis qu'il n'y a plus de que font terre est détruite; monuments, , n'est c'est le , qu'ils la telle monuments, les et tout a disparu , tout a pris «ne forme nouvelle. Et où en serait-on ? que deviendrait le monde, si chaque âge respectait révérait consacrait à titre d'ancienneté, toute œuvre des âges passés, n'osait toucher à rien, défaire ni mouvoir quoi que ce soit; scrupule de Madame dp lia r! ai qui, plutrVî que de remuer le fauteuil et les pantoufles du feu chancelier son grand-père, toute sa vie vécut dans sa vieille, incommode et malsaine mai, , , , son. M. de Maicelius chérit, dans les forêts, le sou- ne veut pas qu'on exploite venir des druides aucun bois, qu'on abatte même un arbre , le plus creux le plus caduc, tout , de peur d'oublier les sacrifices humains et , et , pour cela , , ]p< dieux teints de sang de ces bons Gaulois nos aïeux. II tant qu'il peut, eu mémoire du vieux âge, les ronces, defmd les broussailles , lts landes féodales, que d'ignobles guérêts
C >> ) chaque jour envahissent. Les souvenirs, dit-on ? est- ce par les souvenirs que se recommandent ces châteaux et ces cloîtres gothiques Y A utour de nous Chenonceaux le Plessislèz-Tours Blois, Amboîse, Marmoutiers, que retracentJ ils à l'esprit de honteuses débauches, d'infâmes trahisons, , , v , ; des assaMnats, des niassoc:es des supplices-, des tortures, , d'exécrables forfaits, le luxe et la luxure, et rance des abbés et des moines, Les monuments , il et pis crasse igno- la encore Thypocrisie. pour la plupart, ne rapou des superstitions, dont faut l'avouer, pellent guères que des crimes mémoire , sans eux , dure toujours assez \ et s'ils ne sont aux arts comme modèles , ce qui peut se dire d'un petit nombre, que gagne-t-on à les conserver lorsqu'on en peut tirer parti pour l'avantage de tous ou de quelqu'un seulement? Les pierres d'un couvent sont-elles profanées, ne sont-elles pas plutôt pui idées, lorsqu'elles servent à éle- la utiles , ver les chaste quent murs d'une maison de paysan d'une sainte et demeure, où jamais ne cesse le travail, ui par consé, la Une prière terrre r Qui 't travaille prie. on plus n'est pas détruite; pure c'est façon, un marquisat un titre noble, quand la terre passe à des vilains. Encore dit- on qu'il se conseive et demeure au sang à la race, tant qu'il y a race je m'en rapporte .... Prenez Je titre a dit La Fontaine, et laissez~?noi la rente. C'est, je pense, à peu près le partage qui a lieu lorsqu'un fief tombe en roture, malheur si commun de nos jours Le gentilhomme garde son titre, pour le faire valoir à la cour. Levilaiu acquiert de parler. Bien le peut être, , , , ; ! seulement le sol, et n'en de posséder valoir à sa glèbe ce est la mode, divisée , il fut attaché , content il ; la fait c'est-à-dire par le travail. Or, plus la plus que l'expérience viugt-ciuq ans, demande pas davantage glèbe à laquelle est portions, qui vingt elle s'améliore a prouvé. et prospère. Telle terre vendue C'est il y a heure partagée en dix miile ont changé de main depuis la à cette fois première aliénation, toujours , de mieux eu mieux culii-
, s38 ( vëe (on le sait nouveaux } ) nouveau propriétaire, nouveau essais ) ; travail produit d'autrefois ne paierait le l'impôt d'aujourd'hui. Recomposez un peu l'ancien , pas fiel, Conservateur^ et que chaque portion retourne du propriétaire laboureur à ce bon seigneur adoré de ses vassaux daus son château, pour par les procédés indiqués dans à être substitué lui et à le ses hoirs, de mâle en mâle, à perpeu. hoirs ne laboureront pas, ses vassaux pétuité ; ses Plus d'industrie. Tout ce qui maintenant travaille se lera laquais, ou mendiant, ou moine Monseigneur aura pacages de les grâces puis ses la cour. ou soldat Bientôt reparaîtront , ou voleur. ventes les , avec créneaux ronces et ies épioes, et puis les forêts, les druides les de M. de Marcellus Ils ne songent pas -, créer, qu'on ne truire, et la terre alors sera détruite. , bonnes gens qui veulent maintequ'à Dieu seul appartient de , les choses intactes nir toutes server , et ses lods et fait point sans défaire, que ne jamais dé- ne jamais renouveler. Celui-ci pour conbois, défend de couper une solive; un autre c'est les conservera , les pierres dans la carrière • à présent , bâtissez. L'abbé de la Menuais conserve les ruines , les restes de. tout ce qui pourrit et donjons, les tours abandonnées tombe. Que l'on construise un pont du débris délaissé de ces vieilles masures, qu'on répare une usine, il s'emporte, lu esprit de la révolution est éminemment desil s'écrie tructeur. Le jour de la création, quel bruit u'eût-il pas Mon Dieu conservons le chaos. fait ? il eût crié , : : En somme grand bien , , ces gens-ci , ces destructeurs à la terre, divisent le travail , de terres, fout aident à la pro- faisant leurs affaires, font plus pour l'indus, et pour l'agriculture que jamais ministre, ni préfet, . société d'encouragement sous l'autorisation du préfet. Le public les estime peu. En revanche , il honore fort ceux duction trie , et i , qui le dépouillent et l'écrasent dépens "Voilà lui ce -, toute fortune faite à ses tous ces paraît belle et bien acquise. que me dit mon voisin. Mais , moi ,
i3y ( discours me ) persuadent peu. Je ne né d'hier, suis pas et mes souvenirs. J'ai vu les grandes terres les riches abbayes; c'était le temps des bonnes œuvres. J'ai vu mille j'ai , pauvres recevoir éçuelles de soupe à mille Marmoutiers. Le couvent plus vu ni écuei'es, ni soupes ques années , terres les et je n'ai pauvres, pendant quel- ni , do porte la vendues, de l'empereur jusqu'au règne brillant qui remit en honneur toute espèce de mendicité. et roi J'ai vu vu madame la duchesse, marraine de nos cloches, le jour de Sainte-Andoche donner à la fabrique cinquante louis en or, et dis écus aux pauvres. Les pauvres ont acheté ses terres et son château et ne donnent rien à perjadis, j'ai , , sonne. Chaque travailler, jour la charité s'éteint, depuis qu'on songe à perdra enfiu et se , la si Sainte- Alliance n'y met ordre. LETTRE VI. Ve'ietz Monsieur vous prie , , de ma part , chiffre à peine dans lequel la je vois un . , Dites s'il a cela , quelque presse. Je dé- du 17, bien pourtant que vous louez les Fran- moitié d'un de vos paragraphes comme un peuple faites imprimeur lisibles de la à votre envie que ses feuilles sortent çais 3o novembre îSuj. faut mettre de l'encre et tirer avec soin Il je , juste éloge rempli de sentimens chrétiens, et de notre dévotion soumission aux pasteurs de , bonne conduite , Nous vous en sommes vous dans un moment l'église. est généreux à , ; cela ou tant de gens nous traitent de mauvais sujets , et appellent pour nous corriger les puissances étrangères. Voire bien obligés
M° ( me trompe ) de faire voir que nous pouvons nous passer de missions et que chez nous, les bons pères prêchent des convertis. Vous dites d'abord excellemment La religion est honorée; puis vous ajoutez quelque chose que j'eusse voulu pouvoir lire car la matière m'intéresse. Mais dans mou exemplaire je distingue dessein , je lie si e«t , , , ; , , seulement ces sus , lettres , /. p.. p. e cro. quoique nous ayons pu faire , p.. e. t. t. moi et tous là-des- , mes amis , à grand renfort de besicles comme dit maître François, nous sommes encore à deviuer si vous avez écrit en style , le peuple croit et prie , ou , moins poétiquement , peuple croît ( circonflexe ) et paie. Voilà sur quoi nous disputons, moi et ces messieurs, depuis deux jours. Ils d'Atala , le soutiennent me première leçon la comme je \ mou fâcher néanmoins, car défends la seconde, sans opinion est probable \ mais % disent les jésuites, le contraire est probable aussi. Mes raisons , cependant , sont bien bonnes. Mais je veux premièrement vous dire celles de mes adversaires sans vous en rien dissimuler , ni rien diminuer de leur force. , Le peuplecroit, disent-ils, cela est évideut. Il croit qu von songe à tenir ce qu'on lui a promis 5 que tout à l'heure on va exécuter se souvient charte, et la de il qu'on prie hâte, parce qu'il se poule au pot qu'on lui promit jadis et qui lui fui ravie par un de ces tours que l'agneau enseigne à ceuac de la société { belle expression du père Garasse ). Or, le la , peuple, en aperçoit dans même un coiu temps qu'on la société lui présente de l'agneau, la charte, et cela Tin- quiète. Il croit que ses mandataires vont bien d'antres choses , car gouvernants de l'épargner un coute. En uu mot, Croire et prier , et le journaliste le c'est , peuple son état homme , peu ! , crédule. et il croit Il prie les qu'on l'é- est toujours priant et croyant. de tout temps; ne peut avoir eu d'autre sa façon d'être d'esprit , idée. C'estainsi qu'ils expliquent et Doctement faire ses affaires. Il croit est fort il commenteut ce passage.
»4« ) ( Mais je dis : le peuple croît avec un accent circonflexe ( ). vue d'rcil , comme le fils de Gargantua, et paie. Ce sont deux vérités que le journaliste en ce peu de mots , a heureusement exprimées. Le peuple croît et multiplie ; se peut-il autrement ? tout le monde se marie. Les jeunes gens prennent femme dès qu'il pensent savoir ce que c'est qu'une femme. Peu font vœu de chasteté parce qu'un pareil vœu sent le libertinage ou plutôt , on sait aujourd'hui qu'il n'y a de chasteté que dans le mariage. Ainsi les filles une mariée de n'attendent guères. Autrefois , dans ce pays village avait rarement moins de trente ou trente-cinq ans. Il croît à , , , , A cet âge maintenant sont toutes grand'mères elles éloignées de s'en plaindre. enfants , On et , fort ne craint plus d'avoir des depuis qu'on a de quoi élever les , et même de quoi gouvernement s'en empare. Chaque paysan presque possède ce que nous appelons sa goulée dô benace un ou deux arpens de terre en huit ou dix morles racheter quand le , ceaux qui, , retournés labourés, font vivre la famille. C'est y va pour remédier. les reposera. part , On , sans relâche travaillés un grand mal que va recomposer les gens qui ne veulent rien grandes faire. La propriétés terre alors se Chaque gentilhomme ou chanoine aura, pour mille arpeas, à charge de dormir ; et , Mais on cela. s'il sa ronfle, le double. Ce qui fait aussi que le peuple croît, c'est qu'en tout, on mieux à présent qu'autrefois. On est nourri, vêtu, logé bien mieux qu'on ne l'était, et les mœurs s'améliorent avec le vivre physique. Moins de célibataires, moins de vices, moins de débauche. Nous n'avons plus de couvents vit : détestable sottise qui se pratiquait jadis, de tenir ensemble enfermés, contre tout ordre de nature, des mâles sans fedans l'oisiveté du cloître, melles, des femelles sans mâles où , fermentait une corruption qui , se répandant au dehors, Dieu sans doute ne permettra pas que ceux qui, chez nous, veulent rétablir de de pioche en proche, pareils lieux infectait d'i^ nrrr° tout. r»i>«eï«<iPni dans leurs 1 - " s "'-'
, ( Nos péchés à* > quelques grands qu'il soient , n'ont pas métïtt? , ce châtiment' notre orgueil , cette humiliation. Il en faut convenir pourtant ; ce serait une chose curieuse à voir parmi ce peuple actif, laborieux, dont chaque jour l'induset dont par trie augmente, les travaux se multiplieut, ce sel'autre-, suit l'uu car s'épure, morale la conséquent une rait un bizarre contraste, qu'au milieu d'un tel peuple, société de gens faisant vœu publiquement de fainéantise et ne veut dire encore et d'impudicité. de la population , il ne d'-accroissement Parmi les causes de Napoléon. Depuis repos le peu pour compter faut pas que ce grand homme est là où son rare génie l'a conduit, de mendicité l'on si , de l'exercer eût continué s'il sera ent morts ; , pour , trois millions qui ont sa gloire, femme de jeunes gens et enfants, ; main- armes sans femme cordonc force, en toute façon, un rompant celles des autres. Il est que le peuple croisse; aussi fait-il ayant repos chevance peu de soldats et point de moine». tenant million seraient sous les , , , , biens et , A présent Si ce n'est qu'il fallait prie est peuple paie , et nul ne me contredira. Monsieur , ce que vous avez, écrit , c'est ce écrire pour n'avoir point de dispute. Le peuple je dis le , là , est une thèse un peu sujette à examen. Le peuple paie, un axiome de tous temps, de tous pays de tout gou, , vernement. Mais entre tous , et se le peuple français sur ce point pique de payer largement se dislingue , d'entretenir magnifiquement ceux qui prennent soin de ses affaires , de mériteou qualité qu'ils soient; quelque nation condition aussi n'en manque-t-il jamais. Quand tous ses gouvernants s'enallèreot un jour, croyant lui faire pièce et le laisser en , , peine, d'autres se présentèrent qu'on ne demandait pas, et s'impatronisèrent y ; puis les premiers revenant pensait le moins ( avec quelques voisins ) comme on grand conflit en les payant tous, , que le peuple accommoda ceux qui s'étaient mêlés de l'affaire; tant il est de bonne nature; peuple charmant léger volage, muable , grand débat et , , tous , , variable, changeant, mais toujours payant. Qui l'a dit? Je
, f<3 ( Me ) Bonaparte nu quelque autre le peuple est fait pour payer; et lisez là- dessus, si vous en êtes curieux, un chapitre dn testament de ce grand cardinal de Richelieu , dans lequet il examine, eu profond politique et en homme d'état celte sais , : importante question Jusqu'à quel point on doit permettre peuple soit a son aise. Trop d'aise le rend insolent: faut le faire payer pour lui ôter ce trop d'aise, Trop que il : le peu l'empêche de payer ; il faut lui comme aux abeilles ou laisse du miel même encore ni ne paierait ( ) sans quoi il un peu de laisser et de quelque chose , la cire. Il lui faut ne travaillerait, n'amasserait, Mais combien '^c'est-là le liberté. M. Decazes nous le dira. En attendant nous lui payons, bon an mal an, neuf cent millions, et s'il payait comme nous tout ce qu'on lui demande , il aurait bien moins de querelles. point. A vrai dire aussi Le cent millions. selon moi , de serait on le chicane sur l'emploi de ces neuf jouer au biribi les nymphes d'opéra , meilleur usage qu'il en pût faire , à l'insu ce serait, la comtesse. Cela delà cour , et vaudrait donner notre argent à des air le voir et , ou d'en entretenir des madame de tout-à-fait dans le bel mieux pour nous que de soldats qui communient , nous suicident dans les rues qui escortent la procession et nous coupent le nez en passant ; rudement aux uns, si doucement aux autres à des prêtres qui ne nous enterrent que quand nous mourons à leur guise et en restituant. Il arriverait que bientôt, ne comptant plus sur ces gens-là nous essaierions de nous en passer , de nous garder , de nous juger, de nous enterrer les uns les autres et, en un besoin de nous défendre nous-mêmes sans soldats; seul moyen, ce à des juges qui appliquent la loi si ; , dit-on , d'être bien défendus cour passerait le les donne M. Decazes, M. Decazes ne vous selle. et tout puissances étrangères. contenter à , temps gaiement par lit • la point; , en sans Voilà irait mieux. La s'embarasser de le conseil que je voie de votre journal. Mais il travaille avec Mademoi-
( Au reste le dire, de , Mf ) et vous avez raison , que nous sommes un peuple religieux, et plus il est bien vrai, Messieurs que jamais aujourd'hui. Nous gardons les commandements de Dieu bieu mieux depuis qu'on nous prêche moins. Ne voler, ne point l'âne , ne convoiter la femme ui mère, nous pratiquons tout cela tuer, point honorer père et mieux que n'ont fait nos pèies, et mieux que ue l'ont acnon tous nos piètres, mais quelques uns reve- tuellement , nus de lointain pays. Rarement à courir le monde devienton plus homme de bien ; mais un ecclésiastique, dans la vagabonde, prend d'étranges habitudes. Messire Jean Chouart était bon homme, tout à son bréviaire, à ses humble de cœur secourait l'indiouailles il était doux assistait le mourant il apaisait gent confortait le dolent pacifiait les familles le voilà reveuu d'Alleles querelles magne ou d'Angleterre, espèce de hussard en soutane , dent le hardi regard fait rougir nos jeunes filles, et dont vie ; , , , , ; : , la langue sème trouble et le la discorde hardi • , querelleur , un drôle qui n'a pas peur tout prêt à faire feu sur les bleus, au premier signe de son évêque. Tels sont nos prêtres de retour de l'émigration. Ils ont besoin de bons exemples et ea trouveront parmi nous. Mais si nous sommes plus forts qu'eux sur les commandements <]e Dieu , ils nous en remontrent à leur tour sur les commandements de l'Eglise , qu'ils se rappellent mieux que nous et dont le principal est je crois donner tout son bien pour le Ciel. Vous me demandez, disait ce bon prédicherchant noise ; c'est , , , cateur B ariette, comment on va en paradis ? les cloches du donnez donnez donnez. Le latin du moine est joli. Vos auceritis à /ne, fratres carissinu quoinodo itur ad paradisum ? hoc dicunt vobis campante nionasterii dando , dando dando. couvent vous le disent : , , , , ,
«45 c ) LETTRE VIL Véretz M Chacun ici oNsiEufe commente à sa manière a des gens qui disent y Il un Les ruines (Tune maison, culte. 20 décembre 1819. « verture. homme, , , non le diseours royal d'où*- ou ne restaure point : c'est le mot du bon- d'un culte* que l'église romaine , depuis le temps de déchût constamment jusqu'à ce jour. Elle ne pépoint, parce qu'il est écrit Les portes de Cenfer.....\ Dieu Léon lira se peuvent réparer , ruines les a permis X , : ministres qui la doivent relever avec le niais sont- ce nos ou M. de Marcellus avec quelques grimaces ? Rome, les empereurs firent tout ce qu'ils purent, et ils pouvaient beaucoup; ils n'en viurent point à bout. Marie , en Angleterre et d'autres souverains essayèrent aussi de restaurer l'ancien culie; ils n'y télégraphe Pour ^ restaurer le paganisme à , , réussirent pas gage , le même et , En quelques uns. peuple , comme ou de chrétiens catholiques , , le s'il , , mal en prit à que de lan- ainsi peuple de tout temps a cou* fait la loi, le verti les rois. Il les a faits chrétiens fera raisonnables sait matière de religion de païens qu'ils étaient schismatiques devient , hérétiques lui-même ; il } il 5 les faut finir 4 par-là. moyen , si on le voulait tout de cœurs un peu tièdes pour la vraie religion ^ le moyen serait de la persécuter infaillible receite éprouvée mille fois et même de nos jours. La religion doit plus aux ^ens de 93 qu'à ceux de i8i5. D'autres disent bon , : de rallumer il y aurait le zèle dans les : , , Si elle languit encore , et s'il faut un peu d'aide au cul.e
, '46) ( dominant comme , toute simple au ; l'assurent lieu ministres, la les de gager prêtres les prison et défendez la messe; demain autant qu'il de peut être Mennais a la fait le : choie peuple sera dévot, le car l'abbé ; mal de noire le n'est pas l'hérésie , est mettez-les eu présent qu'il travaille une vérité dit de religion, ce à , l'erreur , siècle, en les fausses doctrines; c'est bien pis, c'est l'indifférence. La froide différence a gagné toutes les classes, les individus, même sans en excepter l'abbé de orateurs de la cause sacrée et le font assez voir. Ces la tous Mennais et in- d'autres qui ne s'en soucient pas plus , amis de ne s'en approchent l'autel Je ne remarque point qu'ils hantent tes églises. confesseur de M. de Chateaubriand ? Certes ceux le Quel est qui nous prêchent ne sont pas des Tartufes; ce ne sont guères : pas des gens qui veuillent en imposer. A leurs oeuvres on voit qu'ils seraient bien fâchés de passer pour dévots, d'a- buser qui que ce soit : ils ont le masque à la main. nommé, docte abbé ; notre mal est le pour la religion. Il en a fait un livre , comme ces médecins qui composent des traités sur une maladie dont eux mêmes sont atteints, et en raisonnent d'autant mieux. Il dit en un endroit, si j'ai bonne mémoire: C'est toi qui tien , l'as l'indifférence Est-cejaute de zèle qu'on ne dispute plus oufaute de dis« putes qu'il n'y a plus de zèle. Je trouve , quant à moi , que Ton dispute assez et que le zèle ue manque pas ; mais depuis , quelque temps il a changé d'objet : car même, s'écrit sur la religion maintenant, de quoi dans ce qui est-il question : Delà présence réelle ? en aucune façon. Delà fréquente communion ? nullement. De la lumière du Thabor, de l'immaculée conception stantialité s'agit-il? dîme et , de l'accessibilité , de la coosub- du père et du fils ? aussi peu. De quoi donc du revenu des prêtres, des biens vendus, de la des bois du clergé , quoi l'on dispute. Ajoutez-y soit futaies les ou donations taillis , : les legs voilà de par tes- l'argent comptant, les espèce^ ayant tament, l'argent cours. Voilà ce qui enflamme le zèle de noj docteurs , voilà ,
»47 ( mr ) quoi on argumente; mais de n'en dit rien monde d'accord soit Canon , pas un mot. Du semble que là-dessus tout le on s'embarrasse peu que les cinq dogme, on ; il j propositions soient ou ne soient pas dans le livre de Jansénius. question de savoir Il est si les évêques auront de quoi chevaux , des laquais, et des demandait naguères au grand- vicaire de entretenir des On S... Quels : sont vos sentiments sur la grâce efficace, sur le pouvoir que Dieu nous donne d'exécuter accordez- vous , lia volentibus et pension du Y Comment mandata impossibi" commandements les avec le libre arbitre, le conantibus ? Que pensez-vous de la suset croyez-vous dans les espèces sacremeut qu'il en dépende, pense , , comme la répondit-il en colère , substance de je l'accident? Je pense à ravoir mon prieuré , que je le raurai. C'est un homme à connaître que ce grand- vicaire de S..., homme de bonne maison, d'excellente compagnie. On dit bien l'air aisé ne se prend qu'à l'armée. Il a tant vu le monde sa vie est un roman. C'est lui dont l'aventure, à belle Londres, fit du bruit, quand sa jeune pénitente fille vraiment, épousa le comte d***, officier de cavalerie. et je crois , ! , Au la voilà qui accouche. Le mari , demandez-moi pourquoi ? et l'abbé s'en alla par prudence en Bohême. Là on le fit aumônier d'un régiment de Croates. Cette vie lui convenait. Sain gaillard et bout de quinze jours se fâcha •, , , , , dispos se tenant aussi , bien à cheval qu'à table , il disait bravement sa messe sur un tambour, et ne pouvait souffrir que de jeunes officiers restassent sans maîtresse, lorsqu'il connaissait des vertueuses qui n'avaient point d'amant-, filles obligeant, bon à tout pour trouva , non comme encore celte fois années, prêche il y \ le quartier-maître un jour Fort peu secrétaire. ; et de temps après la pénitente. le» bonnes mœurs la le prend caisse se l'abbé s'en alla Bref, de retour en France , , depuis quelques ei la restitution,
«48) C LETTRE VIII. Véretz. MoNSIFCB , 12 février i8ao. , contre M. Decazes et je croîs que vous nous méprise, diles-vous. Sans doute cela n'est pas bien. Mais d'abord, je vous prie, d'où le pouvez-vous que M. Decazes nous méprise ? quelle preuve en savoir Vous vous fâchez avez , tort. Il , avez- vous? dit de ce Belle raison! Il l'a dit. qu'il En pense. disait tout le contraire , vérité vous Vous jugez par vous êtes simple. l'en croiriez. Il ce qu'il Et s'il n'en faudrait M. le comte nous honore nous estime et révère et n'a rien tant à coeur que de nous voir contents. Un homme de cour agit-il, parle- t-il d'après sa pensée ? Il l'a dit, je le veux, plusieurs fois pupas davantage pour vous persuader que , , bliquement et en pleine assemblée, à la droite , à la gauche ; que prouve cela ? qu'il entre dans ses vues pour et bien quelque combinaison de politique profonde que nous ignorons vous et moi de parler de la sorte, de se donner pour un homme qui fait peu de cas de nous et de nos députés qui craint Dieu et le congrès et n'a point d'autre crainte ; se moque également de la noblesse et du tiers , n'ayant ! , , , d'égard que pour qu'on croie de pouvez Voilà certainement ce qu'il veut le clergé. lui -, mais de rien conclure, ni là à même siez-vous son intime ami , ce qu'il pense, vous ne former de conjectures fus- , ou mieux son l'homme desavoir sou confident , , chambre. Car il n'tst pas donné à que pense un courtisan ni s'il pense. O altitudo Vous n'avez donc nulle preuve, et n'en sauriez avoir, de ces sentiments que vous attribuez au premier ministre ; mais valet de ce .' ,
1% ( quand vouf en y quand nous auriez, serions certains , comme, à vous dire vrai, j'y vois de l'apparence ) qua M. ^ecazes au food n'a pas pour nous beaucoup de cou( ridération , faudrait-il nous en plaindre et nous en étonner ? nous voit Il si de ces hautes régions où la faveur nous distingue ; il ne nous connaît petits l'emporte, qu'à peine plus 5 ne il joué à cour la souvient plus des choses d'ici- bas se la fossette. ; comme il , là , de Paris On , et tous , un autre en , n'est pas je n'en d'autre ? cour Et par exemple , de son village pays il , Français ; mais lui leur coterie ; , bœuf. La faveur, la disgrâce, le lever , y ; borne à hors de l'œil débotler le mon en a-t-il courtisans, 1* monde se , fait les c'est le La nature, pour eux, c'est néant. de et, chacun , la cour est : dans l'idée de tous le sait; ni d'avoir , nous sommes de notre pays connais point cCautre; est l'univers , M. Decazes est da de Gonesse ou de Rouen , sens , de voilà phénomènes. Tout roule là-dessus. I>emandez-leur la du flux de l'Océan , du mouvement des sphères c'est le petit coucher. Ainsi M. Decazes absorbé tout entier dans la contemplation de l'étiles cause du retour des saisons , •, , quette, des présentations , du tabouret ,. des préséances, ne nous méprise pas à proprement parler. IL nous ignore. Mais veux soit, je pensée, , pour vous satisfaire, qu'il ait comme un homme du commun-, naïvement, détour, ainsi qu'il eût pu faire avant d'être ce qu'il dit sa sans est y ayant pour nous ce dédain qu'à, sa place montrèrent pour la gent gouvernée, Mazarin , Bonaparte, Alberooi , Dubois je lui pardonne encore , et qu'enfin , il nous méprise , : i:omme moi, Monsieur, vous lui pardpanerez , si vous faites attention à ce que je vais vous dire. On juge par ce qu'on voit de ce qu'on ne voit pas du tout , par la partie , j yeux. Faiblesse da nos sens et de l'entendement humain on juge d'une nation , d'une générapar ceux avec qui l'on déjeûne \ tion, de tous les hommes quel'ou a sous les ! , et ce ici voyageur disait sont, rousses- , apercevant l'hôtesse Ainsi fait M» Decazes , : Les femmes ainsi faisons-nou.i
^o ( ) Cette nation qu'il méprise, nous l'estimons; pour- tous. quoi qu'à nos yeux s'offrent des gens dont la vie ? C'est toute entière s'emploie à des choses louables dans )a foi contrats les matin , la confiance , publique Je vois des laboureurs aux tion des lois. des mères occupées du , supposant qu'ils jeûnent de leur famille soin carême le ) y il , Vous voyez à la ville des savants des reurde leur patrie, de riches fabricants gens. , , sans, dont l'industrie , chez nous lutte contre les taxes et les instruite , plus importe à , et je dis a d'honnêtes artistes l'hon- , d'habiles arti- secondée par la nature , encouragements; une jeunesse les , , Vous n'avez garde, seignée sur le véritable devoir. crois , le des , genres d'étude et de belles conde ce qui non par ses docteurs l'homme de savoir , et mieux inspirée qu'en- passionnée pour tous naissances , l'observa- , champs, dès enfants qui apprennent les travaux de leur père ( de qui et bonnes mœurs, l'existence est fondée sur le travail, père des de mal penser des Français , je le de mépriser cette ca- par-là. Mais le comte Decazes , par , la connaissant cù nous connaît-il ? et que voit-il ? La cour. Maaaria étant roi, disait familièrement aux grands qui tion , l'entouraient » « -éffe{ dans son langage àzxm-trasteverin ), : , signori Francesi ; avant que de vous voir , comme je fais. Que je vous m'aviez bien trompé » j'eusse l'honneur y sois impiso , me je si doutai d'abord de votre caractère. » Je vous trouvais ua air de fierté 2Son » nérosité. » , je du cœur. Je m'en souviens » long-temps. » vous croyais je très-bien, quoiqu'il , y vient à et ait mon Mazzarini anivant de son pays avec peu compagnon estime les Français, parce nation devenu cardinal, ministre , il les mé, et petit qu'il voit la de courage, de gé- Ceci est dit notable propos. Jules d'équipage , ne plaisante point; , : p;ise, parce qu'il voit la cour , et cependant la cour était polie. Je ne la vois pas verrai , , moi; de ma vie ne j'espère; mais j'en ai oui l'ai vue, parler a des ni ne la gens bien
*5i ( > Les témoignages s'accordent, instruits. ports, autant que par calcul gonornétrique , , par tous ces rap- et méthode géodésique parvenu, Monsieur je suis et tri— à connaître la , comme cour mieux que ceux qui n'en bougent; on dit que de son cabinet coonaissaitmieux l'Egypte quepas un Égyptien; et d'abord, je vous dirai ce qui va vous surprendre et que je pense la cour est un lieu bas , fort avoir le premier reconnu bas fort-au dessous du niveau de la nation. Si le conDanville n'étant jamais sorti , je crois , , , , : , si chaque courtisau se croit, par sa place , semble élevé plus ou moins, c'est erreur de la vue, ce traire paraît, et nomme proprement qu'on A montrer. Soit le point illusion optique où se trouve comme heure (haut selon l'apparence, lant à dont , Vienne dé- aisée à à cette un cerf-vo- à Londres où , B le point le plus bas appelé M. Benoît avec Vahbè de Pure. car le reste en dépend. Le rayon peu importe , serait répondrait aux Tuileries le fil , M. Decazes ") ; point de chute, où gît Entendez bien vivons et ceci , passant d'un milieu rare visuel chargée réfraction ; de miasmes de ce difficulté ou place, moins nant , le la qui paraît Vous comprenez maintenant que pur et , celui où noui dans un milieu plus dense, l'atmosphère fumeuse , consultez chevalier les cour, nécessairement dessus ; ou, est effet y il a dessous. vous demeurait quelle marquis de Laces gentilshommes, a s'il savants, Cuvier ; qu'ils n'aient oublié toute leur le en géométrie, en appre- bla'ca et l'étiquette, vous sauront dire de combien de degrés la cour est au-dessous de l'horizon national; et remarquez aussi, tout notre argent y va, tout, jusqu'au moindre sou ; jamais n'en revient à nous rien. Je vous de- mande, bas! M. pose de notre argeut chose pesante de soi, Decazes tirer , quelque adroit à soi tout, saurait-il en échappât entre les et si tells le bien faire qu'il ne lui doigts quelque peu, qui, par son seul poids, nous reviendrait naturellement, dessous? eu sup- teodanle soigneux qu'on si nous étions au- cho<e jamais n'arrive, jamais n'est arrivée.
,, \ 15 ^ ( Tout sVcoule ) lui doue il y a une pente; donc nous sommes en haut, M. Decazes eu bas conséquence bien claire ; et la cour est un trou , non un sommet, comme il paraît aux yeux du stupide vulgaire. , s'en va toujours de nous à : Ne sait-on pas d'ailleurs que c'est un lieu fangeux, où la vertu respire un air empoisonné , comme dit le poète, et aussi ne demeure guère». Ce qui s'y passe est connu ; on y dispute des prix de différentes sortes et valeur dont le tal s'élève chaque année de quoi exciter à to- plus de huit cent millions. Voilà l'émulation sans doute -, et l'objet de ces prix anciennement fondés, depuis peu renouvelés, accrus, Napoléon-le-Grand c'est de favoriser et de récompenser avec une royale munificence toute espèce de multipliés par , vice, tout genre de corruption. et toutes ses subdivisions lomnie, imposture , , hypocrisie beaucoup Il comme , y en a pour le mensonge flatterie, fourberie, y et le reste. Il ca- en a pour non moins pour l'adultère et la prostitution, les plus enviés de tous, dont un seul fait souvent la grandeur d'une famille. Mais pour ceux-là, te sont les femmes qui concourent ; on couronne les maris du reste , point de faveur, de préférence injuste. La palme est au plus vil, l'honneur au plus rampant, sans distinction de naissance; ainsi le veut la charte, et le roi l'a jurée. C'est un droit garanti par la constitution , acheté de tout le la bassesse pour de et ia sottise, l'ineptie , fort considérables Tignorance $ , d'autres : sang de la s'enrichir mœurs ctame révolution comme ni probité ses le , ; le vilain peut prétendre à vivre et gentilhomme sans industrie dont la , talents noblesse enrage, et sur -cela ré^ antiques privilèges. monde cependant use du droit acquis comme si on craignait de n'en pas jouit long-temps. Chacun se lance ; non à la cour, on se glisse, on s'insinue, on se pousse. H Tout le : u'est fils de bonne mère qui n'abandonne tout pour présenté, faire sa révéreuce avec l'espoir fondé, agréée, d'emporter pied ou aile, comme si être elle est on dit, du budla cour pieu- get» et d'avoir part aux grâces. Les grâces à
ip3 ( vent malia soir et ; et une ) admis, fois femme bien sotte, pour ne faudrait être bien il peu de souplesse, ou une brouillé avec le sort, avoir bien rien attraper, lorsqu'on est alerte qu'on ne se rebute à l'épreuve des dégoûts, et meur, sans honneur; c'est le mot, ne sait pas digérer un affront... Sans pas. , hu- Quiconque la devise. Alerte, il faut l'être. Bien des gens croient la cour un pays de fainéants, où, dès qu'on a mis le pied la fortune vous cherche, les biens viennent eu dormant; erreur. Les courtisans, il est vrai, ne font rien; nulle œuvre, nulle besogne qui paraisse. Toutefois , les forçats ont moins de , peine, et comte de Sainte-Hélène le prix, sont un lieu de repos. chaque prend somme soir et , dit que les galères Le laboureur, répare la nuit le? au , l'artisan, qui du fatigues Le courtisan jamais ne dort, mathématiquement que la moitié des soins jour; voilà de vrais paresseux. et l'on a calculé perdus dans les antichambres , la moitié des travaux, des de la constance nécessaires pour seulement parler à un sot en place, suffirait, employée à des objets utiles, pour décupler en France les produits de l'industrie, et porter tous les arts à un point de perfection dont on n'a efforts nulle idée. Mais est la patience surtout, la patience aux gens de cour, ce qu'est aux fidèles la chanté, tient lieu de tout autre mérite. Monseigneur ^attendrai , ministre qui lui criait poussait dehors par pris leur parti , : les , dit l'abbé Vous Saurez rien , de Bernis au et le chassait épaules. J'en sais qui sur cela cherché quelque moyen de se , le eussent passer de monseigneur, de vivre par eux-mêmes, comme le cocher de fiacre; la cour me blâme je m'en c'est-à-dire; je travaillerai. Ignoble mot , langage de roturier né pour tou- — jours l'être. dit f ; Le gentilhomme de Louis XVI , noble de race, attendrai. Le gentilhomme de Bonaparte, noble par grâce, dit. fat tendrons. Et s'embrassent ; tous amis de cour! deux se prennent la main,
l5 4 ) ( LETTRE \ Monsieur qu'on fait eretz , 10 mars 1820. , C'est l'imprimerie qui moulée qui IX. met monde le à mal. C'est la letre assassine depuis la création ; et Cain journaux dans le paradis terrestre. Il n'en faut douter; les ministres le disent; les ministres ne lisait les point mentent pas, à Que maudit la tribune surtout. de soit l'auteur damnable celte invention f avec lui, ceux qui en ont perpétué l'usage, ou qui jamais apprirent aux hommes à se communiquer leurs pen- et sées Pour ! telles de chaudières assez Monsieur, le progrès toujours gens l'enfer n'a point bouillantes. Mais remarquez croissant de la perversité. , Dans l'état de nature célébré par Jean- Jacques avec tant de raison, l'homme, exempt tout vice et de la corruption des temps ne parlait point , mais criait du moment. ses affections , Il de où nous vivons murmurait ou grognait selon , avait plaisir alors à gouver- y de pamphlets, point de jouroaux , point de péla charte, point de réclamations sur l'impôt. Heureux âge qui dura trop peu Bientôt des philosophes, suscités par Satan pour le renner. Point titions pour r versement d'un vements de si bel ordre do choses, avec langue la et des prononcèrant des syllabes. réprimé dès le aoarchique, dire ba be bi ho bu le trône , ou le Où étais-tu commencement prit et ces mis au secret , le certains lèvres, articulèrent monde trône sur l'autel ? Séguier , mou- des sons, Y Si on eût coupables excès de le l'es- premier qui s'avisa de était avec sauvéj le l'autel sur tabernacle affermir
( »55) pour jamais ; en aucun temps il n'y eût eu de révolutions. Les pensions , les traitemens augmenteraient chaque année. La religion, les mœurs Ah! que tout irait bien! Nymphes de l'Opéra , vous auriez part encore à la mense abbatiale et au revenu des pauvres. Mais fait-on jamais rieu à temps ? Faute de mesures préventives, .il arriva que les hommes parlèrent , et tout aussitôt commencèrent à médire de l'autorité avilie fit , la celte fié, le trouva pas bon se préteudit , outragée , liberté la ; parole fut suspendue pour trois mille ans, et en vertu de de pour qui ne des lois contre les abus de la parole ordonnance crier sous les , tout esclave qui ouvrait la bouche coups ou demander du pain , cruci- était empalé, étranglé, au grand contentement de tous honnêtes gens. Les choses n'allaient point mal ainsi les et le , gouvernement était considéré. Mais quand un Phénicien ( ce fut, je m'imagine, quelque manufacturier sans litre sans naissance) , eut enseigné aux hommes à peindre la parole et fixer par des traits cette voix fugitive, alors commencèrent les inquiétudes vagues de ceux qui se lassaient de travailler pour autrui et en même temps le dévouement monarchique de ceux qui voulaient à toute force qu'on travaillât pour eux. Les premiers mots tracés furent liberté, loi droit équité, raison; et dès- lors, on vit bien que cet art ingénieux tendait directement à rogner les pensions et les appointements. De , , , , , , cette époque datent , soucis des les gens en place des , courtisans. Ce noble quand l'homme de Mayence ( aussi peu que celui de Sidon) à son tour eut imaentre deux ais la feuille qu'un autre fit de fut bien pis , je le crois, giné de serrer réduits en pâte chiffons parti de tout moyen , pour multipliant ces veutés le Phénicien la pensée. Dieu O ni le roi ; la perte , tant le des traits est habile à tirer tel de figures tracées qu'avait in- multiplia d'autant terrible influence , démon âmes! L'Allemand, par de les maux que cette race qui adonnée aux sciences mondaines , ne fait sert ni aux vile»
*56 ) ( professions mécaniques uit- elle pas, si on î engeance pernicieuse, que ne la laissait faire à ce fatal esprit de connaître Un fr- abandonnée sans frein , d'inventer et de perfection- , un misérable ignoré dans son atelier , de quelques guenilles fait une colle et de cette colle du papier qu'un aufce rêve de gaufïrer avec uu peu de noir ner ! ouvrier, , , ; monde et voilà le lées les , au lieu d^ Il Coussergue, Tout de chômer de bon que a la noblesse présentée Les tôt raisonnera. rage de ! péni- faire commeditM.de , et messieurs les laquais. , ou bienque deux et deux M. Clauzel de Cousraisonne , petits enfants savent O temporal font quatre. moines les de saints et les est perverti, tout le reste le reste mores ô sergue! ô Marcassus de Marcei-lus Tant y monarchies ébran- les vieilles canonicats en péril. Diabolique industrie travailler, tence! bouleversé, a qu'il n'y a plus O ! I moyen de gouverner , surtout de- puis qu'un autre émissaire de l'enfer a trouvé cette autre il vention de distribuer, chaque matin mille abonné*, une feuille où se dit et peuse , et les projets des lit , que ce gouvernants des gouvernés. Si cet abus continuait , ou trente vingt à tout monde le et les craintes que pourrait entre- prendre la cour, qui ne fût contrôlé d'avance, examiné, jugé critiqué , apprécié r Le public se mêlerait de tout , , voudrait fourrer dans tout son petit intérêt, compterait avec la trésorerie querait de la , surveillerait la haute police, et La nation enfin comme un cochsr qu'on diplomatie. gouvernement nous mener, non oùil veut, , nous prétendons aller, , comme paie il se mo- marcher et le qui doit veut, mais où par le chemin qui nous convient; et chose horrible à penser ni ferait coatraire au droit divin et aux ca- pitulaires. Mais , comme lèges des hautes classes de Berlin que tieu , le peu de toutes si c'était contre les bonnes moeurs , , la ces machinations grande propriété et voici bien autre chose docteur Kirkausen a depuis imagioé de nouveaux , : les- privi- On mande fameux mathématiune uou> caractères,
( velle presse mobile dans , &) maniable ) , légère , portative , à mettre poche, expéditive surtout , et dont l'usage est tel , qu'on écrit comme on parle , aussi vite aisément cVl une tachitypie. On peut, dans un salon, sans que personne s'en doute , imprimer tout ce qui se dit, et sur le la : , lieu à même, mesure que tirera mille exemplaires toute la conversation les ne servira presque plus dans son ménage laver ou , le au , , , La plume de celte façon f va devenir inutile. Une femme acteurs parlent. , lieu d'écrire le compte de son linge à journal de sa dépense, l'imprimera, dit-on pour avoir plutôt fait. Je vous laisse à penser , Monsieur , quel déluge va nous inonder , et ce que pourra la censure contre un pareil débordement. Mais on ajoute , et c'est le pis que peur quiconque pense bien ou touche un traitement combinaison de ces nouveaux caractères est si simple, la l'homme le plus gros, si facile à coucevoir , que apprend en une leçon à lire et à écrire. Le docteur en a fait publiquement l'expérience avec un succès effrayant ; et un paysan qui , la veille , savait à peine compter ses doigts, après une instruction de huit à dix minutes , a compose et distribué aux assistans un petit discours , fort bien tourné, en bon allemand , commençant par ces mots Des- si claire sier : potes ho loi doit nomos ; c'est-à-dire, Où en sommes-nous, gouverner. lons-nous devenir comme on me l'a ? Heureusement des mesures pour la sûreté de l'état l'autorité avertie a : les florins à qui : la grand DieuJ qu'alpris ordres sont donnés; toute la police de l'Allemagne est à la poursuite avec un prix de cent mille traduit du docteur mort ou le livrera chaque moment la nouvelle de son arde peu d'importance; une pareille invention , dans le siècle où nous sommes venant à se répandre , c'en serait fait de toutes les bases de l'ordre social \ il n'y aurait plus rien de caché pour le public. Adieu intrigues les ressorts de la politique complots , notes se- vif, et l'on attend à restation. La chose n'est pas , : crètes ; , plus d'hypocrisie qui ne fût bientôt posture qui de fût démentie. démasquée, d'im- Comment gouverner après cela ?
i58 ( ) LETTRE X. Véretz Je trouve fait comme vous, Monsieur , 10 avril 1820. , que nos orateurs ont merveille pour la liberté de la presse. imaginer de plus à ce sujet , et Rien ne se peut de mieux pensé que ce qu'ils ont fort ni leur éloquence me ravit même en , Bur bien des choses j'admire leur peu de finesse. ministres qui se plaiguent de la licence dit temps que L'un aux , des écrits , répond que la famille royale ne fut jamais si respectée, qu'on n'imfaut être un il prime rien contre le roi. En bonne foi peu de son département pour croire qu'il s'agit du roi , lorsqu'on crie vengez le roi. Ainsi ce bonhomme, au théâtre, Pourquoi donc les voyant représenter le Tartufe , disait , : dévots haïssent-ils tant cette pièce ? non moins naïf , religion. L'autre , partout tout est tranquille Celui-là quiète. chez les comme n'a point de place, certes ministres ; car il y verrait vous savez, ce sont d'être tranquille , est s'étonne que le et au contraire s'in- ne va pas monde (le monde, gens à places les hension du plus grand de tous trouve que , demande de quoi on et , n'y a rien contre la il ), bien loia fort troublé par l'appré- les désastres, la diminution dont le monde en efiet est menacé, si le gouvernement n'y apporte remède. C'est à éloigner ce fléau du budget , que tendent ses soins paternels jour. Car, depuis cinq n'est à ou bénis de géomètres , de l'avidité Dieu jusqu'à ce budget, ce si de Henri IV, a composée, disent des gens de cour et de la pa- quelques époques de Louis XII continuellement augmenté, en les , six cents ans, le et raison tience des peuples. Mais, de tous ceux qui ont parlé dans cette occasion,
l5 9 ( amusant le plus aux ministres : Quoi ) M. Benjamin Constant c'est , , qui va dire point de journaux libres ? Point de ? ( ceux que vous censurez sont à vous seuls ) ? saurez-vous ce qui se passe ? Vos agents vous tromperont , se moqueront de vous, vous feront faire mille papiers publics Comment sottises , comme faisaient ils avant que la presse fût libre. de Lyon. Car, qu'était-ce, en deux mots? On vous mande qu'il y a là une conspiration. Eh bien qu'où coupe des têtes, répondîtes-vous d'abord, bonnement. Témoin l'affaire ! L'ordre part savoir ; l'eût appris à moins de voyé Le moindre c'est. journal libre vous temps, bien mieux qu'un maréchal fiais. Que et à bieo sûles-vous par le rapport de votre eu- A la fin on imprime , tout devient trouve qu'il n'y a point eu de conspiration. peu de chose. ? public par réflexion, vous envoyez quelqu'un et puis, un peu ce que , et se il Cependant les têtes étaient coupées. Voilà un furieux pas de une bévue qui coûte cher, et que la liberté des journaux vous eût certainement épargnée. De pareilles âneries font grand tort, et voilà ce que c'est que d'euchaîclerc, ner la presse. Là-dessus, dit-on, le ministère eut peine à se tenir de M. Pasquier le lendemain s'égaya aux dépens de Thonorable membre non sans cause. Car on pouvait dire oui les têtes sont à bas, mais à M. Benjamin Constant rire ; et , , , , , monseigneur duc est ; il n'en faut plus qu'autant, le voilà- Les bévues des ministres coûtent non pas aux ministres. Mieux vaut tuer un marquis, disent les médecins, que guérir cent vilains , cela vaut mieux pour le médecin; pour les ministres non 5 mieux vaut tuer des vilains, et, selon leur» conséquences, les fautes changent de nom. Contenter le prince de plein cher , il est droit. vrai, mais public, s'en faire estimer assurément, fait, Mais étant le est fort bien il ; n'y a nul mal Laffîne a raison de se conduire parce qu'il a besoin publique, duc. et , lui, homme point pour de de l'estime, de la négoce, roturier, un ministre , c'est comme il confiance non pas de rester
i6o ( s'est pour et, ministre; fait à Lyon cela, mais ce , ) non ce qui au lever, dont faut savoir, il qui s'est dit ne parlent pas les journaux. La presse étant libre , il n'y a point de conspirations, dites-vous, messieurs de gauche. Vraiment on le sait bien. Mais , sans conspirations , comment sauver l'état, le trône, la monarchie Y et que deviendraient les agents de sûreté, de surveillance? Comme le scandale est nécessaire pour la plus grande gloire de Dieu , aussi sont les conspirations pour le maintien de la haute police. Les faire naître, les étouffer, charger la mine, l'éventer , c'est le grand art du ministère ; c'est le de fort et le fin la science des hommes litique transcendante chez nous par d'excellents hommes , d'état ; c'est po- la perfectionnée depuis peu, en ce genre , que l'Anglais jaloux Veut imiter et contrefait , mais grossièrement. N'y ayant ni complots, ni machinations, ni ramifications, que voulez-vous qu'un ministre fasse de son génie et de son zèle pour la dynastie ? Quelle intrigue peut-on entamer avec est affiché le même jour? , si tout Quelle trame saurait-on mettre sur le métier? Les journaux apprennent aux ministres ce que le public dit , chose fort indifférente ; ils apprennent au public ce que les ministres font, chose fort intéressante } ou ce qu'ils veulent faire, espoir de la mener à bien encore meilleur à savoir. Il n'y a nulle parité; tout d'une part. Outre que qu'ils veulent faire plus , connue, politique ou ne le peuvent perdue ; affaires d'état, secrets d'état, secrétaires d'état!.... un mot , est l'âme de la politique bonne que pour le profit est ministres, dès qu'on sait ce aussitôt ne le veulent Politique faire. les , et la Le secret, en publicité n'est le public. Voilà une partie de ce qu'on eût pu répondre aux orateurs de gauche , admirables d'ailleurs dans tout ce qu'ils ont dit pour la défense de nos droits , et forts sur la logique autant qu'imperturbables sur la dialectique. Leurs discours seront des monuments de l'art réfuter les sophismes , de discuter analyser , , d'éclaircir la question approfondir. Courage , % mes i
, ( amis, courage, »6. ) ministres se les moquent de nous; mais bous raisonnons bien mieux qu'eux. prison , et leur tort , nous y consentons et ils y Que consentent aussi. Foy uous piotégés du général Ils mais nous ; nous mettent eu les mettons dans celte poignée de nous dépouille, nous égorge; il sera toujours vrai que nous les avous menés de la belle manière ; nous leur avous bien dit leur fait sagelie, , ment prudemment, décemment. La décence toutefois, est de rigueur dans un gouvernement constitutionnel. Mais ce qui mitonne de ces harangues le Moniteur, nement root , si , si toute leur éloquence les le raison- me Nos Cicérons qu'elles produisent sur les auditeurs, avant de dam belles si frappantes, par ne semble pas qu'on y puisse répliquer un surprend , c'est de voir le peu d'effet qu'il ce qui ; bien déduites , entendre avec , n'ont guères persuade que ceux qui étaient de leur , son qu'on en donne avis. Je sais là ventre n'a point d'oreilles : Vous ma raiet , il Ce sont d'habiles gens, sages et bien disants, orateurs, en un mot; mais ils ne savent pas faire usage de l'apostrophe une des n'est pire sourd dirai— je pensée r* , plus puissantes machines de la rhétorique, ou n'ont paa voulu dans le cours de ces discussions par civim'imagine, par ce même principe de décence, preuve de la bonne éducation qu'ils ont reçue de leurs pa- lité, s'en servir , je pas polie \ j'eu demeure d'ac; car l'apostrophe n'est cord avec M. de Corday. Mais aussi trouvez-moi une tournure plus vive, plus animée, plus forte, plus propre à rent* remuer une assemblée à frapper le ministère à étonner la droite, à mouvoir le ventre? L'apostrophe, Monsieur, , , l'apostrophe, c'est la vu, quand Foy , mitraille de l'éloquence. artilleur de son métier Vous l'avez Sans l'apo- îtrophe, je vous défie d'ébranler une majorité lorsque sou parti est bien pris. Egayez un peu d'employer, avec des gens qui ont dîné chtz M. thymême. Je vous donne tous les tropes Pasquier , le syllogisme et l'en- toutes les figures de Quintilien de Dumarsais et tout le subliaie de Longîn ii , ;
, ifc* ( Marcassos poussez à Marceilus , l'hypotypose la catachrèse , vos termes sissez le du l'antithèse , choi- sens unissez l'harmonie in- pour charmer , cœur d'un métaphore, la polissez votre style et ; à la force ; fuse dans vos périodes ou porter ) avec cela on M. Poyfrré de Cerre. Poussera allez attaquer d'un préfet, l'oreille ministre à prendre pilié de son pays , quand vous serez au bout Vous De ne leur avoir rien persuade' du tout. serez étonne' , Pas un seul ne vous écoutera ler ministère se le , Foy, dans Mais que toute moucher ventre aller à le moment de ce l'alarme est au : camp, les muets parlent eût continué sur ce ton (mais s'il affaire*, s«>s verve applaudi de France, prélude une espèce d'apostrophe, sans y penser on dresse l'oreille aussitôt , la autrement, peut-être, hommage aux classes élevées scène changeait la vous verrez la droite bâil- ; , de cloches, eût propriétaire nêtes gens. , O ; ) rerais ses lois ici je , M. Pasquier taillerais s'il il eût pu tout s'émeut vigne sans puissance de l'apostrophe et soutenir ce style, fondeur moi petit crainte des hon- dans sa poche ma ; comme un surpris , , aima mieux rendre • et , ! comme voussavez,une figure au moyen de laquelle de parler aux gens qui ne sont pas là , conversation avec toute la nature interroger au loin C'est , oua trouvé de lier les morts le secret , Pêmosthène en force, et Ou ma et les vivants. Foy fuFeur. Cet l'eût pu tous en ma ou Marathôni tous traduire ainsi . est Non , , s'écrie d'une grande par les morts de Waterloo, qui tombèrent avec la patrie; non, par nos blessures d'Austet lilz et de Marengo , non jamais de Vous concevez l'effet d'une pareille tels misérables figure poussée jusqu'où elle peut aller, et dans la bouche d'uu les homme comme Foy; mais il aima mieux embrasser auteurs des notes secrètes. Moi, et je si j'eusse été là , ( mon c'est ne parle guère* autrement apporte-moi mes pantovjîes ; ; je mais fort ne je que l'apostrophe dis jamais dis, : , Nicole ô mes pnn-
i63 ( ) dé) fi j'eusse été là puté des classe? inférieuies de mon département quand on proposa cette question de la liberté de la presse, j'auîoufles et toi . Vficoîe f^ foi.'.... , , , rai» pris parole ainsi la : Mylord Castelreagh mêlez- vous de vos affaires pour Dieu Uerr Mrttemich laissez nous en repos et vous mein lieber Hardemberg songez à bien cuire vos saur , , ; , •, , , hraut. Ou m« je l'assemblée persuader écouter, trompe , premier , ou cette tournure eût eût éveillé son attention , dit-il , , précepte d'Aristote. et c'est à fait effet sur premier point pour Il faut se faire quoi n'ont pas pensé nos dépuié» employer quelque moyen tel qu'en fournit pour avoir audience de l'assistance. Autre chose ne leur a manqué ; car du langage ils en avaieut de gauche l'art ; oratoire à , , et des raisons , ils l'ont fait voir , , de l'invention et du débit, et avec tout cela n'ont su se faire écouter , faute de de ces vives apostrophes aux hommes et aux dieux dans le goût des anciens. Sans laisser au \ entre le temps de se rendormir , j'aurais continué de la quoi ? d'apostrophes , , lorte : Excellents ministres des hautes ne vous font fiez accroire point trop à avec leurs notes secrètes 5 Ils vous en non que je les Ce sontd'honnêtes gens vous pouvez compter dont les ser- soupçonne de vouloir vous fidèles, sur lesquels puissances étrangères, vos amis de deçà. trahir. , , vous sont acquis, et la reconnaissance assurée pour de manquera ce qu'ils vous ont promis , d'oublier ce qu'ils vous doivent. J'entends par-là , seulement , qu'ils s'abusent et vous trompent avec le zèle le plus pur pour vos excellences étrangères. Venez, il y fait bon ; accourez vous diseut-ils. Cette nation est lâche. Ce vices jamais, incapables , ne sont plus ces Français la terreur de l'Europe l'admiration du monde. Ils furent grands, fiers généreux. M^is domptés aujourd'hui abattus , mutilés , bistournés par Napoléon , ils se laisseut ferrer et monter à tous venants , , , , :,
>64) ( il tfest bât qu'ils refusent coups dont , se ils ressentent , joug trop humiliant pour eux. Quand d'abord nous revînmes derrière vous dans ce pays nous les appréhenni , dions •, nom ce cette gloire , nous en imposaient , et , long- temps nous n'o'ânies les regarder en face. Mais à présent nous les bravons, chaque jour nous les insultons , et nonseulemeut ils le souffrent , mais , le croiriez-vous ils nous ciaiguent*, nous, que vous avez vus dan» l'opprobre, la fange , rebutés partout, signalés parmi les espions, les escrocs à toutes les polices de l'Europe nous sommes ici Tépouvantail de ceux qui vous firent trembler et c'est de nous qu'on les menace lorsqu'on veut qu'ils obéissent. Ve, , , , nez donc, accourez j butin «ùr ; proie facile et tributs vous attendent*, ou ne bougez; fiez vous à nous. Avec sept chargeons de tondre hommes, nous nous Français pour votre compte pouille, et récompense , , d'écorcher le et moyennant part dans comme la dé- de raison. M. de Maulonzier. Gardez-vous de les croire , puissances étrangères , ne les écoutez rwi,c?rils vous mèneraient loin. Leurs notes nesont pas Voilà ce qu'ils vous mandent par mot d'Evangile. combien de Demandez lui-même fois croyait, par leur moyen néanmoins a . il y du souffrons des choses tranchons le mot à Foucher a été pris ea attraper d'autre*. , les lorsqu'il faut l'avouer Nous des gens.... Quiûzeans de galère, ont abaissé notre humeur cause que nous endurons vos correspondants droit Il vrai dans ce qu'ils vous disent. , , ce qu'il en pense, et pour dupe, fière et «ont ce qui a bon étonne. Cependant, par bonheur, échappés du •, bagne de Napoléon nous avons des hommes encore et ne sommes pas sans quelque vigueur ; témoin tau de machines , , t qu'on emploie pour nous empêcher de faire acte de virilité, télégraphes , genà quoi même on ne réussit pas. Préfets , n'y sert; misaumôniers y perdent leur peu de labeau prêcher menacer , cares;.er , promettre, darmes, censure, sionnaires tin ; et , on a loi jésuites destituer, dès qu'il des suspects, rien , , s'agit d'élire, les choix tombent sur
«« t ) des h Jtuuies. Soit hasard ou malice de compte bien plus ea voilà ceut quinze il y en aurait qui s'y introduit ae la cour et des n'était ce , , dans uue seule chambre eu fait antichambres ministérielles. Anglais, dont on nous vaut; ayant fait ce mot, vous avez la chose Vesprit public sans doute \ mais, en bonne foi coyez-vous vos ministre* ici , , fort empêchés ruptibles de leur chemin à écarter de à se débarrasser , les citoyens incorgens que rien ne peut ces gngner, qui ne composent point, ne connaissent que leur. mandat , et ne voient de bien pour eux que dans le bieu commun de tous préférant l'estime publique aux places , ou acquises, au rang, aux honneurs, à l'argeut, et que sert de le dire ? à la vie moins chère , moins nécessaire aux hommes saus quoi les verrait-on en faire si bon marché ? Aurions-nous vu, dans le cours de nos révo luttons, tant d'âmes à l'épreuve du pénl,si peu à l'épreuve de l'or et des distinctions, et souvent le plus brave soldat être le plus lâche courtisan s'il n'était vrai qu'on aime les biens et les honneurs plus que la vie Y Celui qui meurt pour son pays, fait moins que celui qui réfuta de gouverner contre les lois. Or , de telles gens uous en avons ; nous avons de ces hommes qui mvent rendre un portefeuille , mépriser une préfecture, une direction de la Baoque offertes , , , , , et qui, avant de vous livrer, messieurs du congrès, cette terre , vous vous soit à d'autres le : , dépeint point avilie : , faible, qu'autrement ne dispenser d'obéir fit , abattu, timide. Cette nation n'est esclave et se peu;. : le lut Insensé qui mais, rompus reste plus qu'à Ne vous y périront eux et bieu eu avec eux, non tel qu'où vos féaux à- par vous provoquée au couinai, victoire, elle vous vous en soit car tout le peuple ta croit asservir et se chaîne commuée , il nous. hâtez donc point, n'accourez pas pas sitôt aux voeux qui vous appellent , et si vite, ae cédée ne croyez point aux promesses qu'on vous fait de peur, eu arrivait uou/er du mécompte car voici, eu peu de mots, co<£.- trop si* usant de 1<* avec vous, parce , -, ,.
t66 ( msnt vous j.arti serez reçus, habile, fort et ] vous venez si Les missionnaires prêcheront pour vous du Sacré-Cœur mais de vous amener à Paris, et lèveront Pandours latin religieuses les *, Dieu, non de vous convertir, prieront nocentes mains eu faveur des mauvais au secours d» ici nombreux. ciel leurs in- supplieront eu au , Seigueur infiniment miséricordieux d'ex- le terminer la race impie, de livrer à la fureur du glaive enneaiis de son saint ta dîme c'est-à-dire , La nation Foy et n'a nobles les , ne pour qui la proiège : des nobles , le les uns le sont se divise par la gé- plus, qui ne peut se passer de patrie qu'avec vous), la nation de eu grâce bon plaisir de Napoléon. Lequel Ce sont deux corps qui s'estiment y autres par le vaut mieux? on ne sait. Foy, réciproquement s'admirent dit de leurs enmoine chez nous. (laissons- la celte classe élevée et vilains de Dieu, n'est pas a tant d'estime depuis qu'il poignée de fidèles touie à vous vous les ceux qui refuseut et d'écraser contre la pierre les tètes , Mais malheureusement tout iunts. nérai nom , des airs l'un de l'autre. quitté son briquet pour et volontiers prennent La Tulipe, homme de cour, a se faire talon rouge : mainte- c'est nant , on le peut dire , un cavalier parfait, rempli de savoir-vivre et de délicatesse^ on n'a pas meilleur ton que monsieur ou monseigneur le comte de la Tulipe ; et voila Dorante hussard la caserne, si \ depuis quand * depuis la paix ce n'est peut-être le bivouac. Sous ; sentant fardeau le de deux énormes épaulettes il jure comme Lanue , bat ses comme Junot j et, faute de blessures , il a des rhuma, gens tismes fruit , de la guerre, entendez-vous, de ses campa- Hyde-Park gnes de et de Bond-Street ; éperonné botté , mouler à cheval il attend le boute-selle. L'esprit de Bonaparte n'est pas à Sainte-Hélène, il est ici dans les hautes classes. On lève non les conquêtes, mais la grande parade on donne le mol d'ordre, ou passe des revues f r sans sou on est fort satisfait. In grand ne va poiul p d. M couche eu bonnet de étal— major, et le p , prêt à , , \
l«7 ( police. La ) gîide ce eudant grasseie vieille et porte de* les autres ces ( •deuis. Telle est l'admiration qu'ont uns pour les gens de deux régimes eu apparence contraires. Ils s'imiteut, Ni les uns ni les autres ne vous donneront d'emVous trouverez des manières dans l'ancienne no- se copient. barras. blesse, et dans la nouvelle des formes. Les seigneurs vous accueilleront avec cette grâce vraiment française et cette po- chevaleresque litesse , apanage de aimables barous, formés sur le la haute naissance. Nos modèle d'EUeviou, vous en- seigneront la belle tenue de l'étal-major deBerthier et quettedes maréchaux, sans oublier le dévouement, l'éti- l'enrthou- Tout ce qui est issu de race, ou dess'accommode sans peine avec vous. Ces siasme, \ejeu sacré. tiné à faire race , gens qui, tant de ont juré de mourir fois, ; ces gens, toujours pour un une famille auguste, une personne sacrée j ces qui meurent et ne se rendent pas, sont de facile com- prêts à verser leur sang jusqu'à la dernière goutte maître chéri gens , position , , vous et savez bien. le a chez nous une classe moins élevée quoique mieux élevée , qui ne meurt pour personne et qui sans dévouement fait tout ce qui se fait bâtit cultive fabrique , Mais il y , , , , , autant qu'il est permis; perfectionne arts, sait les sait aussi se battre lain qui n'en , une ss battre est si ait fait son- , médite, calcule, invente, tout ce qu'on sait à présent et lit,, science. Il n'est vi- apprentissage et qui là-dessus n'en remontre aux descendants des Duguesclin. Georges le labou, André le vigneron , Pierre , Jacques le bonhomme , et reur Charles qui cultive ses tband , l'artisan , le trois cents arpents de terre juge, l'avocat , et le**uar- , notre digne vicaire, tous ont porté les armes, tous vous ont fait la guerre. s'ils n'eussent jamais eu de grand sans la troupe dorée officiers de marque. dérogé, ni la , hs comtes ... si , homme Ah" à leur tête, ducs , les princes , les en France n'eût jamais les la roture valeur dégénéré en gentilhommerie •os femmes n'eussent catcndu baUre vos tambours. , jaraaio
'68 ( Or Waterloo eu ait sailles ) ces gens- la et leurs enfants , ne font pas chez nous , qui sont grandis depuis peu de monde, qu'il n'y bien quelques millions n'ayant ni manières de Ver- de ni formes , Malmaisoo la pas que vous ferez sur leurs terres se , si , au premier et qui vous montreront qu'ils , , souviennent de leur ancien métier. Car, il n'est alliance au nom de la très sainte et très indivisible Trinité , eux au nom de leurs familles de leurs champs de leurs troupeaux vous tireront des coups de fusil. Ne comptant plus pour les déqui tienne, et si vohs venez les piller , , , , fendre sur le génie de l'empereur, ni sur l'héroïque va- leur de son invincible garde , ils eux-mêmes; fâcheuse défendre savez bien , prendront résolution qui déroute la tactique comme vous empêche de , de sa le parti , laire la guerre par raison démonstrative^ et suffit pour découcerier les savamment com- plans d'attaque et de défense le plus vous êtes sages, rappelez vous l'avis que je vais vous donner. Lorsque vous marcherez en Lorraine , en Alsace, n'approchez pas des haies, évitez les fossés, Alors, binés. n'allez pas le si long des vignes, tenez-vous loin des bois, gardez-vous des buissons vous des herbes hautes fermes, des hameaux, précaution ; car les , des arbres, des et faites haies , etmefie2- taillis, ne passez point trop près des ; le les fossés, tour des villages avec arbres, les sons, feront feu sur vous de tous côlés les non feu de , buisfile ou vous ne trou; verez pas quelque part que vous alliez, une hutte, un poulailler qui n'ait garnison contre vous. N'envoyez point de de peloton , mais feu qui ajuste, qui tue et , parlementaires, ments , car on les retiendra; poiot Apportez de quoi vivre; ameoez des moulons des cochons, ainsi de détache- car on les détruira; point de commissaires, car... et puis n'oubliez , des vaches, pas de les bien escorter que vos fourgons. Pain, viande, fourrage et le reste, ayez provision de tout; car vous ne trouverez rien où vous passerez , si vous passez vous vous coucherez : , et vous coucherez car nos maison», si à l'air , quand nous ne pouvon*
, >6 9 ( ) vous en écarter, nous savons qu'il vaut mieux que les Cela racheter. est les rebâtir coûte moins. plutôt fait, Ne vous rebutez pas d'ailleurs, si vous trouviez, dans cette quelques inconvénients. Il y a peu de i;içon de guerroyer plaisir à conquérir des gens qui ne veulent pas être con, quis, et nous eu savons des nouvelles. Rien ne dégoûte de ce nie;ier comme d'avoir affaire aux Mais ne perdez point courage. Car vous fallait retourner sans avoir fait demnités , alors, leurs enfants ce alors, peu que c'est la inférieures. classes vous reculiez si ! s'il paix ni stipulé d'in- d'entre vous iraient contera que la France en tirailleurs , n'ayant ni héros ni péquins. Apprenez^ sottises. dit le prophète, apprenez grands de la terre , du congrès renoncez aux vieilles Instruisez-vous arbitres du monde ; c'est-à-dire. c'est-à-dire , messieurs , , Excellences, regardez ce qui passe, et faites- vous sages t L'Espagne se moque de vous , et la Fiance ne vous craint pas. Vos amis ont beau dire et faire , nous ne sommes pas disposés à nous gouverner par vos ordres. Et s'il ni se peut. eux, avec leurs sept hommes , ni vous , avec vos sept cent mille, ne nous faites la moiudre peur; partant, je ne vois nulle raison de changer notre allure pour vous plaire conclus à rejeter toute loi , et je venant d'eux ou de vous. Voilà ce que j'aurais dit api es pu, député indigne, lui succéder le général Foy à la tribune , si j'eusse

*7< ( ) A MESSIEURS LES JUGES VU TRIBUNAL ItjLessieurs Daus ( ma oioi cause gens de est loi A TOURS. , procès que je soutiens contre Claude Bourgeau le malgré CIVIL ; si car j'ai novice que je sois simple si , que sans , , comme de» le secours moi-même, quelque vous l'expliquer je puis , tout tenté pour en sortir à l'amiable), claire et bientôt vous l'allez voir , eu toute sorte d'affaires. Je vends à Bourgeau deux coupes de Cette forêt , de temps immémorial , ma forêt est de Larcat. divisée en vingt- desquelles s'abat tous les ans; mais eu , une 1816, j'en avais deux à vendre, à cause que je n'avais point coupé l'année précédente. Bourgeau me les achète , et ea cioq coupes de 1816, il m'abat la moitié ne lui avais point vendue , et qu'en 1817. C'est de quoi je me plains. exploitant la dernière de la coupe suivante qui ne devait l'être , , celle que je Messieurs. Bourgeau convient de tous ces faits qu'il n'est pas possible vous prie, que de sa part il ne saude chaque coupe étant marquées sur le terrain de manière à ne s'y pouvoir mépreudre. Aussi n'est-ce pas ce qu'il allègue pour se justifier, de uier rait ï! y , et notez , je avoir eu d'erreur, dit arpents les limites qu'ayant acheté de moi ces deux coupes pour trente il s'y eu est trouvé cinq de moins lesquels cinq , ,
«T* ( arpents a pris dans il la ) coupe suivante, de compléter afin sa mesure. Moi pents , ne tombai pas d'accord sur ce défaut de mesure, me croyais pas tenu de lui taire ses trente ar- je , ne et puis je eût y s'il manqué quelque points à débattre. Mais Ayant question. lui tout seul , cinq arpents , et il à , comme chose. C'étaient là deux vous voyez, compter avec moi vente , mieux tence portée, lois me mais il retenue faire cette prix qu'il avait eutre lui convieut eût pu sur le piix de } la mais non l'exécute pu ; bois sen- et sa , les je comme , il A , car pour cinq arpents 2000 francs seulement , frait alors la coupe suivante ^5o francs l'arpent, il l'a } et disposant faDtaisie, il , comme au lieu qu'eu se faisait 3,^30 francs , à donnait de ce bois, et saus faisait il qu'ayant , mon de bien à sa n'y avait pas à balancer. Cette différence de valeur que francs cela lui eût dont on m'of- mieux vendu. Vous voyez, Messieurs le choix et celui , , ru'aurait- 4oo il me calculer qu'au prix qu'on doute que raisou de m'achetait ces deux coupes prenant cinq arpents de rie mon lui-même. Je connais peu retenir sur le prix de la vente ? l'arpent , si doute qu^il y en ait qui autoriseut ce procédé. vrai dire, il fait bien de se payer ainsi, et de me ; A fait car ; décide en conséquence il ; mains les prendre du bois plutôt que de l'argent il de lui , bien la compte me jugeant sou débiteur d'une valeur me condamne de sou autorité privée ,à fournir cette valeur en nature, non eu argent tout aussi tranche il règle le il , vendu, je lui ai question de cela , , entre le bois qu'il serait facile à mais ce n'est pas de quoi à discuter entre nous n'est pas de savoir me véiiher il si s'agit je prenait s'il •, le était point lui devais, que je lui devais, ni s'il m*a pris plus ou moios. Il me prend mon bien voila le fait et puis il dit que je lui puis il entredois. Il me prend mon bieu en mon absence en compte avec moi. Et où en serais-je je vous prie it chacun de ceux à qui je puis devoir s'eu venaient abattre mou bois cueillir, a\anile temps, mes fruits ou ma veuJuge^ ui ce , , , . , ,
'73) ( «t couper blé en herbe ? Car ces cinq arpent» n'a- mon vaient pas Tâge d'être exploités. Bourgeau coupe ce qui ne devait me reveuu, l'être qu'en 1817 prive d'avance de ; ma en 1816 , , m'ôte d'avance mon subsistance. Il me prend il non seulement sans aucun droit, sans aucun titre ( car je ne lui vendis jamais la coupe de 1817 ) , mais, remarquez ceci Messieurs il me prend ce qu'il avait pro- mon bien , , , mis de ne pas prendre promis par écrit , et signé. C'est ce que vous pouvez voir , Messieurs , daus l'acte même fait entre nous et dont voici les propres termes ^adjudication sera faite avec toute garantie défait et de droit , mais sans perfection de mesure , en totalité , : ou par coupe sans pouvoir anticiper sur la coupe de Vannée prochaine M. Courier n entendant vendre que les deux coupes ci-dessus désignées. , , Celle dernière clause vous paraîtra bisarre en Je ne crois pas qu'on effet. ait et elle , l'est jamais mis rien de pareil dans aucun acie. Qui jamais s'est avisé de dire Je vends à condiliou qu'on ne fauchera pas le pré voisin \ tel pré champ , à condition qu'on ne moissonnera pas tel bien ou : , hors des limites de ce vendais , quoi bon champ ? Ayant désigné ce que je tout le reste n'était-il pas réservé de droit ? et à faire mention de ce que je ne vendais pas ï Vous mon peu de science en affaire. mes deux coupes à Bourgeau , que je connaissais pour un des bons marchands du pays, fort exact, payant bien; mais d'autre part je le craignais , à tout récemment, cause de quelques procès qu'd avait eu reconnaîtrez là , Messieurs , J'avais envie de vendre , pour délits par lui commis dans les bois qu'il exploitait, et voyant près de ces deux coupes, que je mettais eu vente, mes plus beaux et meilleurs taillis j'avais peur que la tentation ne fût trop forte pour lui. Là-dessus donc j'imaginai, comme un expédient admirable une sûre garantie , la clause que vous venez d'entendre, par laquelle Bourgeau s'engageait à ne toucher, sous aucun prétexte à ma coupe de 1817, en abattant les deux autres. , , ,
'74) ( jt promit bien et signa ; et moi qui me fiais à cela m'en allai , je voyageai , me croyant à l'abri de toute usurpation de sa part, et persuadé qu'il Poserait couper une ïl le , de ce qui lui revenait seule hart au-delà l'avoir bien lié par cette convention écrite inviolable ; mais à tenu compte, mon abattu tout au travers de mes et qu'il avait meilleure coupe tout , cela c'est-à-dire, dan» , meilleur et le choix, sans suivre aucune ligne, il le plus beau aux tient limites. Il forêt , , si j'eusse sans égard à en , s'enfonce de cinquante pas dans cette coupe priétaire , à son prenant ceci et laissant selon qu'il lui convenait ou non. Car , me paraissait retour, je trouvai qu'il n'en avait bois ce qui lui avait paru à sa bienséauce ma tant je pensais , qui , , tel endroit ailleurs, il , s'en comme j'aurais pu faire moi prome défaire du plus beau bois de ma Tordre des coupes, et gâter mon bien par en use , voulu plaisir. Je n'ai jamais plaidé, quoique possesseur de terre, et ne guères ce que c'est qu'on appelle procès et chicane; sais mais j'ai ouï dire des mei veilles de l'habileté des avocats à obscurcir ce qui est clair droit. Ici voir comment on pu, avec façon ; abuser de mais, au contraire du contrat moi-même , tort l'apparence je , suis du curieux de comme propriété, couper dans à lui , ni cédés vous voyez , en aucune très-expres- sorte, enfreindre la principale la entre nous. J'ai souvent cherché en ce qu'il pourrait alléguer pour se justifier là-des- D'erreur sus. fait ma non vendus sément réservés, et, de clause donner au pour montrer que Bourgeau à s'y prendra justice, user et bois cinq arpents mes et à , Messieurs, je vous l'avoue , , il n'y en saurait avoir, comme je l'ai dit en commençant, chaque coupe formant un carré dont les quatre angles sont marqués par des fossés de brisées ( c'est ainsi De qu'on direque les appelle) , dans toute l'étendue de lui devaient être complétés , la forêt. mesure exprimée dans j'ai déjà répondu à cela. ses trentearpents , l'acte , Vou- dra-t-il arguer de ce qu'on n'a point fait de brisées d'un angle à l'autre de chacune des cour et vendues , pour en achever
>75) ( déterminer le tracé et lui ; Mais cela même est contra que ces brisées fussent faites , les côtés ? car c'était à lui d'exiger d'autant plus que , s'étant engagé à ne point anticiper sur la coupe cou tigùe à celles qu'il exploitait, il lui importait que cette coupe fût séparée des autres dans toute sa longueur par une ligne invariable. Cette raison d'ailleurs se pourrait écouter, et nous de quelques arbres seulement s'agissait entre s'il d'une fausse direction dans après tout c'est , la ligne d'exploitation n'emporterait au plus que quelques pieds précisément aux angles de la dernière coupe passées et ; , qui ; t mais là où marquées par ces fossés de brisées qu'il les a non de quelques pieds , mais de cinquante pas. les limites sont Tout , , , voir sur le terrain. cela est facile à Je ne puis donc imaginer ce qu'il dira pour sa défense, je ne conçois pas davantage comment une réserve si juste, et qui n'avait pas clause à ses si est tellement nulle pu se flatter que cette usurpation, pour mot, n'aurait aucune suite, si ce u'esl me connaissait bon homme, ignorant les affaires, et a-t-il ne pas dire le craignant surtout bien besoin d'être exprimée, une de vente, yeux, qu'il n'hésite pas à l'enfreindre. Quepense-t-il ? comment qn'il même solennelle de l'acte , ou que plaindrais pas, je les procès. Il a cru n'en verrais rien , ou que, me plaignant, patience de suivre l'affaire Car, depuis vingt-cinq dans ; et était il me , je mon ne m'en je n'aurais pas la fondé à le croire. ans que je suis, province prenant ou que après mon père, m'ont fait tort dans mes biens en diverses manières , quelques-uns même m'ont volé tout ouvertement , sans que jamais j'en aie fait aucune poursuite, aimaut mieux perdre du mien que de gagner un procès. Voilà sur quoi il comptait , et il ne se fût pas trompé dans son calcul. Je lui aurais tout abandonné plutôt que de plaider, si mes amis ne m'eussent fait sentir que , me laissant ainsi dépouiller, il me fallait propriétaire cette renoncer à toute propriété. de Bourgeau un tort si En plusieurs , effet, manifeste , à si j'endure de la part qui désormais pour-
»7«) ( vendre qui ne m'en fasse autant ou pis ? et quelles garanties pourront assurer mes coupes annuelles contre de rais-je usurpations, telles plus claires, les réserves les si formellement exprimées, n'y servent de rien Qu'importe, après tout, ne peut les faits rien. Il a ce qu'il diia Y Son dire contre promis de ne point toucher à onzième coupe. C'est de quoi Pacte fait foi. Il en a eu qu'un faire , fait ne soit pas fait ou , droit d'enfreindre les clauses d'un contrat? le ment parler eusse , vendu il n'y a pa* trente ma coupé , par qu'il ait cinq aipents. C'est ce qu'on voit sur le terrain. Peut-il ses raisons plus les Y A propre- matière à discussion. Si je lui ici arpeos à choisir dans mes bois à son on pourrait par un arpeutage, voir s'il a coupé plus ou moins. Ce point serait bientôt éclairci. Mais je lui vends un espace désigné, limité, avec injonction de ma gré, , part et promesse de la sienne de ue point couper au-delà. Il est coutievenu à celte clause; l'inspection du terrain le prouve lui-même il en tombe d'accord. Où est la question, où est le doute qu'on puisse élever là-dessus? C'est pour cela que plusieurs personnes qui entendent ces ; sortes d'affaires, croyant qu'il s'agi«sait Bourgeau trop savoir ce que de seillaient à citer la d'un vol police , me con- correctionnelle. que cette police correcnon que j'en eusse uue idée plus claire mais on m'avait persuadé que par-là je pourrais me ménager des voie* à uu accommodement dont je me flattais toujours. Je m'imaginais que plus son tort Moi , sans tionnelle , c'était je préférai l'action civile, - f était mon évident, et plus droit, et lui il me laissant serait facile, en relâchant bonne part de ce qu'il de m'avait d'eutrer en quelque espèce d'arrangement avec lui. Mais je ne le connaissais pas ou plutôt il me connaissa'r. Car il est bon de vous dire, Messieurs, qu'ayant conçu le projet chimérique peut- être d'avoir terre sans procès je suivais pour cela un plan qui me paraissait infaillible. C'était, quand je me voyais volé (comme à un chacun il pris, , , , arrive d'avoir affaire à des fripops) , , prendre patience et
, «f'M ( m'a ) long-temps et maîotes gens au pays en sauraient bien que dire. Mais uu homme s'est rencontré, qui, après m'avoir pris mon bien, m'a demandé dire mot. Cela taie réussi , Le fait n'est pas croyable $ il monde sait chez nous, à Véretz , eocore des dédommagements. est vrai néanmoins. Tout le , aLarcai, que quand je proposai à Bourgeau, devant témoins , de lui laisser ce qu'il m'avait pris, et de finir toute contestation il , balança d'abord voulait de moi 1200 francs de , puis me il dommages déclara qu'il et intérêts, n'ayant pas coupé assez de bois pour sa vente. Que comme voulait- il dire Y Je ne sais. Je pense, Messieurs, qu'il a regret de m'en avoir laissé. 11 ne me croyait pas, sans doute, si accommodant. Toutefois , c'est ainsi qu'il a trouvé le secret de me faire plaider et renoncer à mon système de paix perpétuelle. Je vends, aux termes de l'acte, lui la dixième coupes, sans autre désignation, point d'autre, chaque coupe de fallait numéro sou seul , suffisamment et ma neuvième et la de fait, il n'ea forêt étant, De indiquée. par deux ces mises d'abord aux enchères séparément l'une, c'est neuvième , supposée de neuf hectares , ne fut portée qu'à 3ooo francs ce qui fait un peu moins de 3oo francs l'hectare. L'autre, de dix hectares, monta jusqu'à g3oo francs. CVt 900 francs l'hectare, et plus. De la coupe suivante, la onzième, on m'offrait 1100 francs l'hectare. Remarquez, coupes , , la , Messieurs , cette progression et la valeur croissante du bois depuis 3oo francs jusqu'à 1100. Ceci vous explique le motif qui a déterminé Bourgeau à ne se pas contenter des deux coupes à par les lui veudues, motif ordinaire en ordonnances. L''outre-passe , tel c'est cas, et le prévu nom qu'où donne à cette espèce de délit , en termes d'eaux et forêts Poutre-passe est punie d'une amende du quadruple, à raison du prix de la vente, en supposant , notez , je vous prie , que oà elle est Jaite soit de même essenco que celui de la vente. Cette sévérité , disent le* le bois et qualité jurisconsultes, a paru nécessaire pour empêcher 12 les mar—
, ( •# ) chands de ne plus faire d 'outre-pas se à quoi ils sont volontiers sujets , quand ils voyent quelque belle touffe , d'arbres de grand prix attenant à leur vente. C'est là précisément ce qui a tenté Bourgeau. Il voit près de sa vente de beaux arbres, il les abat, non une touffe, mais cinq arpents non de même qualité que la vente mais d'une vaque triple, enfin, le quart de ma plus belle , , leur plus coupe. Mais cela, et bois me Messieurs , , me le tort qu'il pour en avoir une idée, ne fait ne il suffit borne pas à se pas d'évaluer le induement abattu. Le dommage est moins dans ce qu'il prend que dans ce qu'il m'empêche de vendre. En effet, cette coupe dont il m'enlève le quart , même coupe cette dont on m'offrait jusqu'à 12000 francs, l'an passé, personne n'en veut maintenant, parce que Bourgeau en a, me dit-on, pris le plus beau et le meilleur. Ainsi elle reste sur pied, telle que Bourgeau l'a laissée , c'est-à-dire, diminuée du quart en superficie, et de plus de moitié en valeur; et moi, qui me fais de mes bois un revenu annuel , ce revenu me manquant, j'emprunte d'un côté pour vivre, je perds de l'autre une feuille sur cette coupe non vendue , je perds le produit d'une année , l'ordre de mes coupes est perverti ; toute l'économie de ma fortune est troublée. C'est à quoi je vous , supplie, Messieurs, dommages et intérêts d'avoir qui me égard Si j'entrais dans la discussion m'objecte, je dirais et que qui j'ai dans l'évaluation des sont dus eu toute justice. du défaut de mesure qu'on argument de mon adversaire» vendu de bonne foi comme il le sait bien % est le seul , d'après d'anciennes mesures qui peuvent se trouver inexactes; que s'il y manque quelque chose c'est un ou deux arpents non cinq, chose facile à vérifier; que ces deux arpents en, au prix de la vente, 800 francs, tandis la coupe réservée, pour4<>oo francs de bois; qu'enfin , je ne dois point tenir compte à Bourgeau de ce qui peut manquer à la superficie , puisque je vends sans viron vaudraient , qu'on m'abat, dans garantie ni perfection de mesure , et que la loi ne lui donne
( une action contre moi, '79 à raison ) du défaut démesure , qu'au- tant qu'il n'y a point dans l'acte de stipulation contraire ainsi parle le contraire sure , , qui Code civil, à l'article 1619. Une n'est-ce pas cette clause sans perfection de est d'usage, et marque assez que les ; stipulation me- parties re- noncent réciproquement à toute diminution ou supplément de prix à raison de la mesure. Voilà ce que je pourrais ré- pondre \ mais comme j'ai dit , ce n'est pas de quoi il s'agit. Toute la question, s'il y en a, roule sur un simple fait. Bourgeau a-t-il coupé dans ma onzième coupe, dans la coupe réservée ? Ce fait , un regard sur le terrain suffît pour le vérifier. 12*

, OSi ) A MESSIEURS DU CONSEIL DE PRÉFECTURE A TOURS. *rr* ItAessieurs wknmwM , Je paie dans ce département i3i4 franci d'impôts, puis obtenir d'être inscrit sur la préfecture on , me ne dois pas voter dit ici des électeurs, que mon domicile esta Paris et l'on , liste me Code civil , ainsi conçu < Le domicile est au lieu du renvoie à l'article et n« A. la que je 104 du , : « Le changement de principal établissements domicile s'opérera par le fait d'une > habitation réelle dans un autre lieu , joint à l'intention » d'y fixer son principal établissement. > La preuve de l'intention résultera d'une déclaration » exprès e faite taut à » quittera » domicile mon père , avec je vis municipalité du lieu que l'on ». Cette déclaration ni ailleurs la qu'à celle du lieu où l'on aura transféré son , mon à Luynes ma je , , ne l'ai faite nulle part , principal établissement est la ; famille ni à Paris maison de champ que jecultive , et dont mon toit paternel, la cendre de là estle là ; mes pères , l'héritage qu'ils m'ont transmis et que je n'ai que quand il a fallu le défendre à la frontière. N'ayant aucune dei formalités qui conrempli en aucun lieu stituent , suivant la loi le changement de domicile # je soi* quitté , , , à «et égard comme si jamais jea'snfM bougé de ma ma«o»
»3 2 ) ( de Luynes. C'est l'opinion des gens de là-dessus et j'en ai consulté , loi que plusieurs qui , consultés j'ai de contraire dans avis en tout le reste, (car ils suivent différents partis nos malheureuses dissensions ) sur , point seul n'ont ce qu'une voix. En résumé voici ce qu'ils disent. Mon domicile de droit est , selon le Code , à Luynes. Mon domicile de fait à Véretz, où j'ai depuis deux ans , maison, femme deux communes étant dans enfants. Ces et le arrondissement du département d'Indre-et-Loire, micile est voter qui de toute façon , comme tiens cette décision je vous admireriez, j'en timents pu et opposés si dans ce département, où , nommais électeur. Si je suis , les je dois de jurisconsultes vous seriez étonnés Messieurs, , hommes de sen- sûr, qu'entre des surtout en matière d'élections , même mon do- , ait il un point sur lequel tous fassent d'accord , c'est ce qui donne d'autaut plus de poids à leur avis. Mais que dire après cela d'une note qu'on me produit se trouver comme pièce convaincante décisive? Cette note de Tours et ., d'une autorité irréfragable, du maire de Véretz , porte en termes clairs et précis , adressée au préfet Courier , pro- : priétaire domicilié à Paris. Dans ce peu de mots , je trouve, deux choses à remarquer l'une que le maire de Véretz qui me voit depuis deux ans établi à sa porte, Messieurs : , commune dans cette où lui-même m'a dont pas néanmoins que j'y marquable Paris. Le de-là. Mon tends celle est , il est qu'en sois domicilié. même temps préfet, prenant acte affaire du est faite, où préfet. Il refuse, lui puisse adresser le premier magistrat adressé des citations à domicile , de il de , , L'autre chose fort re- me déclare domicilié à cette déclaration la sienne , part peut-être, j'en- quelque réclamation que m 'admettre et ne veut au rang des je électeurs, me voilà déchu de mon droit. Que signifie cependant cette assertion du maire? sur quoi l'a- t-il fondée ? Il pouvait nier mon domicile dans la commune de Véretz, si je n'en avais fait aucune déclaration légale. et Mais avancer et affirmer que mon domicile est à Pari» , où
, i83 ( chambre pas une je n'ai un peu hardi être , ce me ) un pas ,. semble. lit pas un meuble , De quelque c'est , part qu'aient pu lui venir ces instructions fût-ce même de Paris, il est mal informé. Aussi mal informé est le préfet, qui , sur ce , point, eût mieux reco m mandée compléter fait par de listes les s'en rapporter à la notoriété ministres les publique, comme un bon moyen de électorales. Cette notoriété eût lui mieux que moi établi et domicilié dan» ce département, et que je n'eus de ma vie dominon plus qu'à Vienne à Rome à Naples et cile à Paris dans les autres capitales , où tour à tour me conduisirent les chances de la guerre et l'étude des arts, et où j'ai appris d'abord que nul n'est , , , résidé plus long-temps qu'à Paris ,sans perdre domicile au lieu démon , mon pour cela unique établissement dans le dé- partement d'Indre-et-Loire. Certes, mon quand je bivouaquais sur domicile n'était pas Quand là. poussière des bibliothèques d'Italie, Danube, les bords du je retrouvais les chefs- , dans Ja d'œuvres per-^ dus de l'antiquité grecque, je n'étais pas à demeure dans ces bibliothèques. Et depuis lorsque seul, au temps de 181 5, , je rompis le silence de la France opprimée , bien à j'étais non domicilié. Mou domicile était à Luynes pays malheureux alois dont j'osai prendre la dé- Paris, mais dans le léose. Si je me présentais pour voler à Paris , où on me dit. micilié, le préfet de Paris, sans doute aussi scrupuleux celui-ci , ne manquerait pas de rangeau , allez voter à dire : Vous êtes ici Tou- de do- si je conune pièce imprimée, signée de votre établissement est à Luynes. El micile élu , testais, me il me Tours. Vous n'avez point doque présenterait connue de tout le monde à Paris. C'est la pétition en 1816 aux deux Chambres, en faveur de la commune de Luynes , et qui commence par ces mots Je suis Tourangeau , j'habite Luynes. Vous voyez bien , me dirait-il que quand vous parliez de la sorte pour l'es moi que , j'adressais : , habitants de Luynes, persécutés alors et traités en eanemis
, i«4) ( par les autorités de ce temps , vous vous regardiez comme ayant parmi eux votre domicile. Montrez- moi que depuis vous avez transporté ce domicile à Paris et je vous y laisse voter. Le préfet de Paris me tenant ce langage, aurait quel- Les ministres l'approuveraient indubitablement ne pourrait le blâmer. Mais ici le cas est différent ; j'en ai donné ci-dessus la preuve et n'ai pas besoin d'y revenir. J'y ajouterai seulement que pour m'ôter mon domicile et le droit de voter dans ce département où est mon manoir paternel , il faudrait me prouver que j'ai fait élection de domicile ailleurs , et non le dire simplement au lieu que ma négative suffit quand on n'y oppose aucune preuve , et que raison. et le public , -, ce n'est pas à moi de prouver cette négative, ce qui ne se peut humainement; c'est à ceux qui veulent m'ôter l'usage de mon droit de faire voir que je l'ai perdu sans mon droit subsiste et ne peut m'être enlevé par la , quoi seule parole du préfet. do, Messieurs. Je prouve mon non seulement par le fait de mon établissement héréditaire à Luynes, mais par une infinité d'actes de ci- Un mot micile ici encore là-dessus , , de jugements, acquisitions et ventes de propriétés foncières faites en différents temps par moi, dans ce département. Il faudrait , pour détruire ces preuves , m'opposer un acte formel d'élection de domicile ailleurs. Ce sont là des choses connues de tout le monde et de moi-même , qui ne tations, sais rien en pareille matière. Vous êtes bien surpris, Messieurs ; ceux d'entre vous qui ont pu voir et connaître , dans ce pays , mon père ma mère et mon grand-père, et qui m'ont vu leur succéder ; qui savent que non seulement j'ai conservé les biens de mon père , dans ce département, mais qu'ailleurs je ne possède rien et ne puis être chez moi qu'ici, dans la maison de mon père , & Luynes, où principal ceux qui ««la , , je n'ai mais me jamais cessé d'avoir, je ne dis pas mon unique connaissent ; établissement les , mon connu de tous personnes qui savent tout penseront que ce qui m'arrive a quelque chose d'ex-
, '83 ( traordinaire nier, , pariant à vous tant vaudrait , ) ue concevront sùremeut pas qu'on puis«e et , mon moi présent domicile parmi vous nier , mon pareilles chicanes sont extraordinaires. Cela surprenant, f<>i , et je pardonne au- de nouveau , , Voici cepeudant une dirai-je incroyable Y , Oui ceux qui refusent d'y ajouter à l'ayant seulement entendu dire. chose encore plus e»t car ; existence. non plus bizarre, , plus singulière. Quand même je serais domicilié pas Je suis je puisque , le , (comme domicilié dans ce serais il est clair que maire l'assure au préfet ) je ne quand département, payant l3oo francs d'impôts, cela ue suffirait pas encore, il me faudrait pour exercer mes droits d'électeur prouver à M. le préfet et le convaincre , qui plus est , que je n'ai voté nulle part ailleurs, nulle part depuis quatre ans. Entendez , , bien ceci , Messieurs user de mes comme électeur à ; je vais le répéter. Pour qu'on me laisse de citoyen dans ce département, il faut que je fasse voir clairement au préfet, par des documents positifs , par des preuves irrécusables , que je n'ai pas voté droits voté à Bordeaux Lyon, que , ni à je n'ai pas Nantes voté à Rouen ni à Lille, ni. , . . ; , point mais prenez de tous les départements c'est celle des preuves de non vote et de non exercice de mes droits que je dois fournir au préfet sans compter que quaud j'aurai prouvé que je la liste , ; n'ai point voté cette année , il me faudra faire la même année, enfin pour toutes les années tous les chefs-lieux départements où j'ai pu voter depuis qu'on vote. Comprenez-vous maintenant Messieurs ? si vous refusez de m'en croire lisez la. circulaire imprimée du préfet, en date du 16 septembre, vous y trouverez ce paragraphe preuve pour passé, l'an pour l'autre , , , : Dans le cas où vous n'auriez pas encore joui de vos droits d^électeur dans le département ( c'est , Messieurs le cas où je me trouve ) , il est nécessaire que vous vouliez un acte qui constate que depuis quatre ans vous n'avez pas exercé ces droits dans un autre de" portement. bien nCenvoyer
186 ( Que vous en semble me , crus déchu sans retour et sans ) Messieurs ? Pour mot du droit que pouvoir m'en plaindre, puisque l'avait réglé la loi que même paragraphe la circulaire , le , lisant cela ye , c'était la loi. Ainsi Car préfet citait exactement. ajoute , Charte m'octroie la à ce Comme le prescrit la : du 5 février 1817. Le moyen , je vous prie Messieurs , de fournir la preuve qu'où demandait ? Commeut démontrer au préfet de manière à le satisfaire , que depuis quatre aus je n'ai voté dans aucun des quatre-vingt-quatre départements qui avec celui-ci composent toute la France. Il m'eût fallu loi , , , pour cela non un acte seulemeut, mais quatre-vingt-quatre actes d'autant de préfets aussi sincères et d'aussi boune foi que celui de Tours \ encore ne pourrais- je , avec toutes leurs attestations, montrer que je n'ai point voté. Quelque absurde en soi que me parut la demande d'une telle preuve , de la preuve d'un fait négatif, je croyais bonnement, je l'avou», demaude cette autorisée par la loi qu'on vais aucun doute sur peu les lois si contraires voir cette loi le où j'ai Le domicile > partement 3> allégation — ruses, les profondeurs.. avoir des « cette où. il au bon , me tant et citait, n'a- je connaissais J'admirais qu'il pût sens. Or , me on lu ce qui suit à l'article cité y l'a fait : politique de tout Français est dans le dé- a son domicile réel. Néanmoins transférer dans tout autre » contributions directes, à la départemeut où charge par lui il il pourra paiera des d'en faire, une déclaration expresse devant le » préfet du département où il aura son domicile politique » actuel et devant le préfet du département où il voudra » six mois d'avance , , 5 le transférer. > La translation du domicile réel » nera l'exercice du droit politique 2> , ou politique ne donrelativement à l'élec- qu'à celui qui dans les quatre ans anne l'aura point exercé dans un autre départe— tion des députés » térieurs , , , > ment. » Tout cela paraît fort raisonnable , mais s'y trouverait-il un seul mot qui autorise le préfet à demander un acte tel que celui dont il est question dans la circulaire, et qui m'oblige
, ( à le produire? ) m'applique tion de domicile, et l'on tivant l'héritage 'S; chose que de transla- s'agit là d'autre ne il de mon père cette applicatiou résulte la et moi, cul- cet article à démon grand-pèje demande d'une preuve , de et négative qu'aucune loi ne peut exiger. Il faut cependant m'y résoudre et montrer à la préfecture que je n'ai voté nulle pari. Sans cela je ne puis voter ici. Sans cela je perds mon drf.it, et le pis de l'affaire, c'est que ma ce sera La même faute. par ces mots et finit circulaire le dit expressémeut : J"* ai lieu de croire que vous vous empresserez de ni'envoyer la pièce dont la loi réclame la reniée (quoique la loi n'en dise n'en) afin de ne pas vous priver de davantage de concourir à des choix utiles et honorables. On si vous aurait droit de vous reprocher votre négligence en apportiez dans cette circonstance. Belle conclusion Si je néglige de prouver que je n'ai volé nulle part si je ne produis une pièce impossible à pro, ! , duire je suis , faute. Ciel pelle ici , déchu de mon droit donnez-nous patience et , de plus ce sera ma ap- C'est-là ce qu'on ! administrer, et ailleurs gouverner. Je ne m'arrêterai pas davantage , Messieurs, à vous faire seutir le ridicule de ce qu'on exige de moi. La chose parle d'elle-même. Je n'ai surdité de que figure font, nom en son vu personue qui ne fût choqué de l'ab- demandes, et affligé en même-temps de la faire au gouvernement ceux qui emploient telles , de si pitoyables finesses , en le servant , à ce Dieu nous préserve, vous et moi d'être jamais servis de la sorte Non parmi tant d'individus qui dans les choses de cette nature diffèrent d'opinion presque tous , et desquels on peut dire avec juste raison , autant de qu'ils disent. , ! têtes n'en autant d'avis , ai pas trouvé et , de façons de voir toutes diverses un seul qui pût rien , je comprendre aux prétextes dont on se sert pour m'écarter de l'assemblée élec- Et par quelle raison veut-on m'en éloigner Y Que craiut-on de moi qui, depuis trente ans, ayant vu tant de torale. pouvoirs nouveaux, tant de gouvernements se succéder, me
, i88) ( blâmé que les abus partiiaa de tout état de choses supportable, ami de tout gouvernement, sans rien demander à suis accommodé à tous et u'en ai déclaré de tout otdre établi aucun? D'où peut venir ser personne que des mêmes les difficultés je , ne crois pas qu'on de pen et j'ai lieu imprimées , et en apparence adressées à ont été composées électeurs de ce département tous les lettres , pour moi. Par où pu ai-je distinction Y Je l'ignore ma Messieurs, ce système d'exclusion , moi, coutre moi seul? car dirigé contre ait fait à , , , m'attirer celte attention ma ne vois rien dans et , vie cette dans , conduite, jusqu'à ce jour, qui puisse être suspect de mauvaise intention ou culière d'esprit , de cabale, de parti , ni de vue partiombrage à qui que ce d'intrigue, faire soit. Est-ce haine personnelle de M. le préfet ? me croit-il «on ennemi parce qu'il m'eu arrivé de lui parler librement Use tromperait fort. Ce n'est pas d'aujourd'hui, ni avec lui r* seulement, que griefs, j'en ute de cette moi Courier, contre plus beau pourtant je place, ou plus cher le , De je lui , lui façon. J'ai bien d'autres me qui cherche à ravir le plus précieux de mes droits le en veux point. Je tais à , et quoi oblige une m'en doute, pour mieux dire, et plains les gens qui ne peuvent ni parler ni agir d'après leur sentiment s'ils ont un «entiment. Mon droit est évident monde en Je vous prie donc où mon nom , eu exercer tous ici, moi, le ici foi. , de et n'a incontestable. m 'inscrire pu Tout sur les listes que par veux l'être être omis , je le le préfet. Je n'y renoncerai jamais la et et je , Messieurs, devant vous, devant tous ceux qui ma voix, je les prends à témoin que contre toute opération que pourrait faire collège éltctoral , nomination qui en résulterait gale n'ait statué sur la adresser. , Je suis électeur les droits. peuvent tntendre proteste Messieurs doit paraître plus insigne mauvaise déclare palpable , convient, et nul n'y contredit, excepté et regarde comme , je sans nulle toute moins qu'une décision lérequête que j'ai l'honneur de vous , à
( >»9) LETTRE PARTICULIÈRE. KWW/W///W/W Tours , le 18 octobre. J'ai reçu la vôtre du 12. Nos métayers sont des fripons qui vendent la poule au renard ; leurs valets me semblent comme à vous les plus méchants drôles qu'on ait vu depuis bieu du temps. Ils ont mis le feu aux granges, et maintenant pour l'éteindre, ils appellent les voleurs. Que faire? sonner tocsin? les secours sont à craindre presqu'autant que le feu. Croyez-moi 5 sans esclandre, à nous seul», étouffons la 1* flamme un il , s'il Après cela nous verrons \ nous ferons ; mais il faudra compter, une part à cette valetaille , puisqu'on ne peuC et surtout point de pot de vin. se peut. autre bail avec d'autres fripons faut faire s'en passer , mon sentiment sur ce que vous nous mandez. Ea revanche , apprenez les nouvelle» du pays. A Saumur il y a eu bataille, coups de fusil, mort d'homme; le tout à cause Voilà de Benjamin Constant. Cela se conte de deux façon». Les uns disent que Benjamin, arrivant à Saumur, dans sa chaise de poste avec , madame sa femme, insulta sur la place toute la garnison qu'il trouva sous le» arme» ticulièrement point ; il c'était le hommes a l'école l'air ferrailleur matin. de d'équitation. Cela nom Douze , , , et par- surprend surtout en bonnet de nuit officiers se marchent me ne à détachent Benjamin , , ; car tout gentils- voulant se battre d'abord en gens déterminé!, mettent ; l'épée à la main. L'autre mit ses lunettes pour voir ce que avec lui l'arrêtent c'était. Ils lui il, que mais je , et demandaient raison. Je vois bien, leur ditqui vous manque. Vous en avez besoin ; c^est ce n'y puis que faire. Je vous recommanderai au bou
i9° ( ) docteur Pinel qui est de mes ami*. Sur ces entrefaites arrive ^autorité, en grand costume, eu écharpe en habit brodé, Benjamin de vider le pays de quittrr sans délai une ville où sa présence mettait le trouble. Mais c'est moi dit-il qu'on trouble. Je ne trouble perlui sonne, et je m'en irai Messieurs, quand bon me semblera. Tandis qu'il contestait, refusant également de partir et de , l'ordre à qui intime , : , , , battre, la garde se sans en choque; on nationale s'arme, vient sur requise et proprio molu. être On le s'aboide ; lieu, on se feu de part et d'autre. L'affaire a été chaude. fait Les gentilshommes seuls en ont eu l'honneur. Les officiers de fortune et les bas officiers ont refusé de donner ayant peu d'envie, disaient-ils, de combattre avec la noblesse, , peu de chose et Mais à espérer d'elle. en passant que notez Voilà un des les récits. bas officiers n'aiment C'est une étrange chose; car enfin la ne leur dispute rien pas un gentilhomme ne prétend être caporal ou sergent. La noblesse, au contraire, veut assurer ces places à ceux qui les occupent, fait tout ce point noblesse. la noblesse •, pour que meurent bas qu'elle peut l'être, et Eh bien bas officiers officiers avec tout cela , bas officiers ne cessent jamais de , ils comme jadis au bon temps. ne sont pas contens. Bref, les- ou ceux qui l'ont été qu'on appelle à présent de fortune, s'accommodent mal avec les officiers , de naissance De les officiers, , : et ce n'est pas d'aujourd'hui. m'en souvient; ce furent les bas officiers qui firent la révolution autrefois. Voilà pourquoi peut être ils n'aiment point du tout ceux qui la veulent défaire, et ceci rend vraisemblable le dialogue suivant, qu'on donne pour authentique entre un noble lieutenant de la garnison de fait il , Saumur et son sergent-major. Prends ton briquet, Francisque, et allons assommer ce Allons mon lieuleuant. Mais qui est Benjamin Constant. C'est un coquiu, un homme de la révolution. ce Benjamin? — Allous, donc, — mon un de ces — lieutenant , , courons vite l'assommer. C'est allait mal du temps gens qui disent que tout
'9' ( mon grand-pèrè ) — Oui. — Oli le mauvais bomme et je mieux maintenant? Oui. OIi le scélérat. Dites-moi, mon lieutenant, on va donc rétablir tout ce qui était jadis Y Assurément mou cher. El ce Benjamin ne veut pas ? Non le coquin ne veut pas. Et de gage que qu'il dît ? ! — tout va — — — — , , veut qu'on maintienne qui présent? — Justement. — Quel maraut Dites-moi, mon lieutenant ce bon tempstemps des coups de bâton de schlague pour moi — — Que temps des coups de de sabre — Que veux-tu que ma — Je n'y pas non plus; mais n'y ouï parler vous monsieur Benjamin que pas bien — Oui. un drôle qui n'aime que révolution blâme généralement qui — Alors mon lieutenant nous autres sergents pouvions-nous devenir —Non dans ce temps-là. — Mais révolution changea cela, nous des coups de bâton — Peut-être mais Benjamin-là dites-vous mon qu'importe — Et nant approuve révolution ne veut pas qu'on remette choses comme — Que de discours marchons! — en m mon lieutenant — devine. Tu penses comme Benjamin Ah coquin tu coups de bâton. — Tu aimes révolution. — Je ce il est à ! la ; c'était le , If s soldats Y sais-je et, étais plaît s'il sa , tout ce il ; ,, , officiers Y , certes, la officiers fit fe ce Y , elles étaient î* ; Allez, ! , ; , allez 'attendant. je te : hais les la tort ; lieute- , , la , les crois, Y ôta les , mon ami ; je C'est Y alors. , dit, ce il , foi j'en ai tout cela n'était faisait te dise Y je étais pas. se C'était le Y , ? plat -, la , tu ue sais pas ce norent point quand on Que moi, les as que c'est. Ils reçoit d'un ne désho- chef ou bien d'un donne la bastonnade tu la donnes aux soldats en qualité de sergent aucun de nous , je l'assure, ne serait déshonoré. Fort camarade. ton lieutenant, je te * , bien. Mais, moi Y mon , qui Je suis la Je suis — Tu un mon comme L'ancien régime vaut mieux que Tout — Puis — Pour vous, mon homme. jadis. lieutenant personne, j'espère. — vous donnerait? — A gentilhomme. — sot es allait , cher. C'était lieutenant. révolution. discipline des puissances étrangères. Anglais mands, Russes , cela bien. Prussiens, Polonais, , , tous Suisses la c'est la , Alle- bâtouneut le
* «9* ( Ce sont nos bons amis soldat. faire comme , ) nos fidèles eux. Les cabinets se fâcheront alliés , faut il ; raousvoulous si toujours vivre et nous gouverner à notre fantaisie. Martin bâton commande fui mon , ce géuéral s'il , maréchal des ; y avait moyen maréchal. , dans logis — Non. *— n'est pas cela. -~-Quoi? maréchal ferrant ? Tu Qui rêves dans ces idées , mon ami Moi des classes. Toi, classe. le gâtes noble , de ton lieuteuant , mon fermier, tu Comprends-tu, maintenant dans sa classe serait ce serait la révolution.*—» Pardon dez-moi, vous je —Et moi, , une cohue ; j'imagine ; devenir ca- , toi donc, mon cher, que ton père de ta sorte , né rustre, fils comme un autre. n'est pas assez pour d'un rustre. Souviens- est Tu paysan. voudrais — Mon lieutenant, maréchal qui nous en revue d'un paysan — — vous commande. — Eh vraiment me commander duc de... On le dit. mal. Voilà peut-être? le passe , si Francisque, c'est le ! désordre qu'a produit la révolution. Mais on le et bieutôt , on arrangera ? est fils Il y remédiera premier, » —Quoi? ce je reste sergent ? homme , j'en suis sûr cela en dépit ; mon oncle me de Benjamin , l'a dit ; qui sera pendu le nous ne l'assommons tout-à-1'heure. Viens, mon ami , mon frère de lait , mon camarade sabrons tous ces vilains avec leur Benjamin. point de danger — haute la lieutenant: répon- Je peux bien l'espérer ? un et de tour. —Pourquoi non faire. mon ensuite ? puis général. , Tu distinction — Assurément. — Et — Oui. — Colonel — Puis maréchal de France? — A mon pitaine? viens met la basse classe. un désordre , Vous voulez prie. de Pro* tu dis. la je suis , es ; ce te diable que ; Or, il faut que chacun demeure ? autrement ce ; tu ne sais ce tête? la ou bien tu n'entends pas ; fils Francisque. , — Oui — Non la cavalerie. pos séditieux. donc Ma Ta voue, j'aime l'avancement. puis, je vous et ; Je voudrais devenir j'entends troupes de la Sainte-Alliaoce. •*- les lieutenant, je n'ai pas grande eovie de servir sous Allez , m'attendez. \ tu sais bien qu'à Paris mon lieutenant —Francisque , , ils II se sont mon camarade ; allez écoute-moi. Si lu te ; n'y a laissés devant conduis
C '93 bien, que tu sabres ces vilains, si je content de suis ) quand à loi, j'écrirai laquais, garde de chasse ou portier. —Oh nant prison ; le mauvais je te le promets. ! sujet. Va, je te le mou — comrnandeiai, père qu'il Allez, tu en te mon mangeras iduc lieute- de , la D'autres content autrement. L'arrivée de Benjamin annoncée à Saumur, fît plaisir aux jeunes gens, qui vouluient le fêter, non que Benjamin soit jeune ; mais ils disent que ses idées sout de ce siècle-ci et leur conviennent fort. La. , , jeunesse ne vaut rien nulle part, mur comme vous savez ; Sau- à elle est pire qu'ailleurs. Ils sortent de gauche flûtes , , et fifres , au-devant du député vont à sa rencontre avec musique , violons , hautbois. Les gentilshommes de la garnison du qui ne veulent entendre parler ni siècle ni de ses idées , , trouvèrent celle-là très-mauvaise ; et résolus de troubler la donneurs d'aubade, croyant ne courir aucun risque. Mais en ce pays-là, la garde nationale ne laisse point sabrer les jeunes gens dans les rues ; aussi n'estelle pas commandée par un duc. La garde nationale armée fit tourner tête aux nobles assaillants qui bientôt, mal me, nés, quittent le champ de bataille en y laissant des leurs. fête, attaquent les Tel est le second récit. A Ne gent le Rotrou, il ne faut point danser ni regarder danser, de peur d'aller en prison. Là , les droits réunis s'en viennent au milieu d'une fête de village exercer (c'est le mot, nous appelons cela vexer) on chasse mes coquins. Gendarmes aussitôt arrivent en prison le bal et les violons, danseurs et spectateurs, en prison tout le monde. Un maire verbalise un procureur du roi (c'est comme qui dirait un loup quelque peu clerc) voit là-dedans des complots des ; ; \ , machinations, des ramifications! d'un procureur du roi ( il Que ne voit pas le zèle traduit devant la cour d'assises vingt pauvres gens qui ne savaient pas que le roi eût uu procureur. Les uns sont artisans, les autres laboureurs, quelques uns parents du maire, tous perdus sans ressource. Qui sèmera leur champ ? qui fera leurs travaux, pendant sis j3
, »9l ( ) mois de prison ou plus? Qui prendra soin de leurs familles? Et sortis s'ils en sortent que deviendront- ils après ? men, , diants ou voleurs par force; nouvelle de M. Ici c'était procureur du le scène moios grave grande cérémonie il ; , s'agit , le zèle l'église cierges allumés cloches en branle; , pompeux A de préséance. office ponlifical faux-bourdon, procession des fidèles et cet ordre madère pour roi. concours le faisaient plaisir à voir. Au beau milieu du chœur, deux champions couverts d'or, se gourment s'apostrot heut. Ote-toi. Non , c'est ma place. —C'est la mienne.— Tu meuts. Coups de pied coups de — , poing. — Non Tu n'es pas mais moi plus que , — Je royaliste. Je toi. , le suis te le que plus prouverai , toi. je te le Notre mère sainte église, affligée du scandale, y voulut mettre fin; le ministre du Très-Haut arrive crosse, ferai voir. mitre. Ah, monsieur dant de la chevalier! le général garde nationale Laissez-là rengainez votre épée Par malheur ! cette payeur ne le apaisé la noise tout d'abord sieurs ce ah monsieur commanmmi cher le cher comte ! mouleur le gêné. al commandant. chaise, monsieur , ! Mon le se trouvait , pas là car , il ; eût mes- en faisant savoir à ces que chucuu d'eux, touche par mois du gouverne- ment en francs de combien l'un était ; on eût pu calculer plus royaliste que l'autre et régler les rangs sans dispute. La charge de payeur devrait toujours s'unir à celle de maître , , , des cérémonies. Je il en fera la l'ai Mais dites-moi, ni un de nos députés vous prie, vous qui avez couru je riez-vous un pays où cave, dit à Perceval, ; proposition dèi qu'il sera conseiller d'elit. maire, ui il n'y eût ni gendarmes piocureur du , sau- ni rats de , roi, ni zèle, ni appointe- dévouement ; n'importe, c'est tout un ), ni généraux ni c mimaudants ni nobles ui vilains qui pensent noblement Y Si vous savez un tel pays sur la mappemonde, montrez-le-moi, et me procurez un passe- roents(je voulais dire , , , port. Voilà Perceval en bon chemin. Secrétaire de la guerre !
, >9 5 ( cela s'appelle tirer son épingle çou; n'en demeurera ) du pas là jeu. un habile gar- C'e^l vaut l'homme, tant vaut la députation. Les sots n'attrapent rien quelques un* y mettent du leur. Il n'ose, dit- ou, revenir ici de peur de il : larjt ; Quelle faiblesse je me moquerais et de la séde mes commettants. Bellart n'en est pas mort à autre de nos députéi, M. Gouin Moisao est ici la sérénade. rénade Brest. et Un ! , un peu fâché , à ce qu'on du , de n'avoir pu encore rien des ministres, ni pour lui, ni pour sa famille. Moisan est et qui vote un honnête marchand que avec elle noblesse méprise la sans qu'elle le méprise moins , tirer Ce M. Gouin , , comme vous pensez bien. Pour les services par lui rendus au parti gentilhomme, il voudraitqu'on le lit noble il se contente; du rait baron de baron. La nobleise française n'a point de titre Gouin, s'en passe volontiers et ; mais Gouin ne se passe pas de noblesse. Depuis trois ans entiers, il s'assied avec min. Quaud on faut avoir Le le peut à service des nobles est le vrai ; , , , cœur bien tout; on renie ses amis pour les laisser languir. dur et piofue peu ; ou leur sacrifie ses œuvres , ses patoles; on abjure miuisléiiel toujours dire et se dédire, parler contre son sens combattre l'évidenceet mentir sans tromper pas que de Serre en bonne le soit ; ne m'étonne malade. Reuoucer à toute espèce de haro, l'indignation publique ! pour qui et disent ami, votre père fait-il moi nerez chez , ? Le : de Villèle, un certain Donnadieu. compense. je ; d'apprubaliou de soi-même et d'autrui; affronter foi, qui vous paient d'un cordon nommé se lève, il dans Pe?pérance d'uu parchece prix rendre les gens heureux il côté droit le pour des ingrats sieur Laisné Eh ! bonjour, , le mon toujours de bons souliers ? Çà, vous dîje n'aurai personne. Voilà la ré- quand Va pour de telles gens , va trahir ton mandat, et livre à l'étranger ta patrie et les dieux. Ainsi parle un vilain dégoûté de bien penser; mais la moindrefaveur cCun coup (Tœil caressant le rengage comme Soiie , et fait taire la conscience , Nous en la patrie et le allons faire de mandat. nouveaux , je dis des députés i3*
, >96) ( Dieu coup Paul sait quels sûr. Eq du et blancs ou noirs , de rit affaire d'élection. préfet; c'est préfet ne veut électeur; le bonnes gens mais , attendant ce jour, on la Paul veut être pas qu'il le soit, et lui plus plaisante chicane.... Paul n'a pas de domicile attendu préfet, qu'il daDS ce département de son père d'impôts seize ; ans, s'il , indigne ; , il même le et labourant son portez-vous bien ; et fait la dit le enfant que , se soldat pendaut , aux cabinets restait-il sujet , chez lui ? un vagabond Cette bouffonnerie réjouit départemeut champ ne un mauvais électeur. treize cents francs étrangères Que a quitté le pays. d'être femme a été fait rien. Il eût émigré.... C'est , a il , cultive son héritage, habite la maison rebelle aux puissances toute la ville qui , soldat; de son grand- père, paie tout cela n'y de l'Europe ou et a été à , quefelle de , et moque le bonhomme Paul des cabinets. Adieu tout ceci soit entre nous. :
( '97 ) SECONDE LETTRE PARTICULIÈRE. PMW w« rjw*rr#fr** Tours 28 novembre 1820. , \ ous êtes babillard et vous montrez mes vous les perdez ; elles vont de maia ea main , ou bien tombent dans les journaux. Le mal serait petit si je ne vous mandais que les nouvelles du Pont- Neuf; mais de cette façon tout le monde sait nos affaires. Et crojez-vous , je vous prie , moi qui ai toujours fui la mauvaise compagnie , que je prenne lettres et me voir dans la Gazette ? Notre vigne n'est point si chétive qu'on le voudrait bien faire croire. Les vieilles souches, à vrai dire, sout pourries plaisir à jusqu'au cœur plant s'élève , et le fruit n'en qui va prendre , vaut guères le ; mais un jeune dessus et couvrir tout bien- tôt. Laissez-le croître avec cette vigueur ment cinq ou encore, et vous m'en direz des six ans , cette sève, seule- nou- velles. Si vous me averti s'est urne je ; passé , le promettiez de tenir votre mais non conterais ; vous conterais nos élections , la club des gentilshommes , comment , messe du Saint-Esprit , le ? , , vous je et je suis tout noble pair et rembarras du préfet cela son , et non moins utiles à savoir qu'agréables mais vous ne pouvez rien taire; un peu de discrétion est d'autres choses quoi langue car vous iriez tout dire ; bien rare aujourd'hui. Les gens crèveraient plutôt que de ue point jaser , et vous tout le premier. Vous ne saure»
>98) ( pas un mot, nulle nouvelle pour vous puveux ne vous rien dire, si je puis. Oui par ma foi c'était une chose curieuse à voir. Figurezvon« <mr une estrade un homme tout brillant de crachats, levant lui une table, et sur la table une urne. Si vous me demandez ce que c'est que celte urne cela m'avait tout l'air d'une boîte de sapin. L'homme c'était le président comte rien cetle fois ni' , ; ; je , , , , , , , V lemanzv noble : noble pair , mai' procureur dont , vendait alors nouvelle noblesse. Jadis la Larochefoucault étaitde votre avis elle se pair ni ,ou quelque chose d'approchant. fiscal Je note ceci pour vous qui aimez neuve père u'était ni le , la il ; voulait touteneuve; mieux. La elle valait vieille ne Pour moi ce m'est tout un l'ancienne la Rohan ou llsvigot, noiiveiie. la Tremouilie ou Godin j'en donce le choix pour une épingle. Il tira de sa piche une longue écriture ( c'est le président que je dis ) et lut: Le Roi tout seul pouvaitfaire les lois ; se vendait pas. , , , , en avait il le droit et la pleine puissance. Biais rare exemple de bonté paternelle notre avis. Je n'entendis pas les prince* , les cent cinquante , Nous étions on cria vive le roi , duc de Bordeaux. Puis le au parterre quelque deux choisis par le préi'et demander qui doivent lui par un veut bien prendre il le reste; princesses et le président se lève. , pour en des comptes. Le choisir d'autres président debout nous donna des écrire tous. billets sur lesquels chacun de nous devait deux noms vmais il fallut jurerd'abord. Nous jurâmes Nous levâmes la main de la meilleure grâce du monde ; cd gens exercés. Puis et les reprenait avec le manchettes retroussées vîmes sortir un , les d'abord ce qui devait a , le président pouce seulement un ; ses ministériel. , de et la boîte pour cela et deviné ou de l'urne par un le voici. , Nous étions trois de geDS appelés par ie préfet. Gens de droite, gens de gauche, aussi peu nombreux , et compter , j'avais parié , «ortir raisonnemeut tout simple le remettait dans la boîte d'où nous ultra royaliste et Sans être son compère sortes nos billets remplis , doigt index et aisés gmi
( '99 ) du milieu à foison qui , se tournaut d'uu côté font le gaiti de la partie, et se tournent toujours du côté où l'on mange. Or, en anivant, je sus que tous ceux de la droite dînaient chez le préfet ou chez l'homme aux crachais avec ceux du milieu t et que ceux de la gauche ne dînaient nulle part. J'en conclus aussitôt que leur affaire était faite, qu'ils per, , draient la partie et paieraient geaient pas je ; me ne dîner dont le J'étais là le plus petit des ns ils man- trompé. suis poiut grands propriétaires ne sachant , eu me placer parmi tant d'honnêtes gens qui payaient plus que moi quand je trouvai, devinez qui? Cadet Roussel, , connaissance, à qui je dis en l'abordact vieille Cadet? puis me je repris : Qu'avez-vous nom depuis qu'il , il. J'ai trois mon à- maire de est éligible et , inquiet. maisous, Ce comme Qu'as-tn ï un de avec son (car c'est sa nouvelle fantaisie de mettre vous Vjis soucieux : M. de Cadet , commune) sa n'est pas sans sujet, vous savez, l'une me , je dit- est celle dé- père, où je n'habite pius; l'autre appartenait ci-devant M. marquis de.. .chose le quoi dans , pendaut le temps de qui s'en alla m'eu je la droite, suis La je , ne sais pour- révolution. J'achetai sa maison. qu'il voyageait. C'est trouve fort bien. même , la celle où je demeure troisième appartenait à Dieu accommodé. Je , et me et de viens de voir là-bas, vers des gens qui parlaient de restituer, et disaient que de mes trois maisons la dernièie doit retourner à Dieu , les deux autres pourraient servir à recomposer uue graude propriété pour le marquis. A ce compte, je n'aurais pius de naaisou. Je vous avoue que cela m'a donué à peuser. C'est dommage pour vous lui dis-je, que d'autres comme vous, peu amis de la restitution , ne se trouvent point ici. On ne , les a pas invités, et je m'étonue de dit-il ! c'e^t que je canaille. Je vois la moius, car mou marie , ne le haute société fils Qui? quels parents i« vous y voir. peuse bien. Je ne pense point ? me , ou je la verrai bientôt doit pré»euter — Eh ! oui savex-vou» point , ? mon il Ah, me comme la chez fils de ses paient». la épouse une du •— Roussehèie tille d'uue
— 200 ( ) peu quelque chose. J'espère par J'entends vous voudriez par sou moyeu arranger tout. son moyen voir la haute société et ne point restituer— JusGarder l'hôtel de chose et y recevoir ie marquis ? tement. Vous aurez de la peine. —C'est cela. Ah! famille.... — sera dans il main dans un coin semblait s'animer, curieusement partout sur le point écrivez le mais il gauche \ il écrire sur ces petits billets. Ecrivez, bonhomme Paul Il n'est du tout qu'on pende , la et ni 'approchant, je vis qu'il s'agissait entre coteau du Cher. naparte j'aperçus Ger- , parlant à quelques uns de , eux de ce qu'on devait , , — Comme je regardais disait-il — les , qui demeure pas jacobin jacobins ; , il mais là il haut, ne veut n'aime pas ne veut point qu'on emprisonne les Bo- bona- nommez-le, croyez-moi. Il sait écrire, parler; il vous défendra bien vous êtes sûrs au moins qu'il ne vous réponvendra pas ; c'est quelque chose à présent. Non partistes, \ , Paul n'est pas des nôtres. Il en sera bientôt, car on l'a vu toujours du parti opprimé. reprit Germain Aristocrate sous P».ob es pierre , libéral en i8i5,il va être pour vous et ne vous renoncera que quand vous serez forts, c'est-à-dire insolents. Non nous voulons des nôtres. Mais personne n'en veut ; vous allez être seuls , et que pensez-vous faire ? Rien nous voulons ceux-là. Ils ne savent pas grand chose et «ont peut-être un peu sujets à caution. Mais ce sont nos compères et Paul dont vous parlez n'est compère de personne. Germain à ce discours: Mes amis, leur dit-il je crois que vous serez pendus vous et les vôtres , oui , pendus à vos pruniers et j'aurai le plaisir d'y avoir contribué. Car je vais de ce pas me joindre à messieurs de dirent-ils, ce , , — — , , , , , , , , droite et voler avec eux. ministres ; pour Que me faut-il à moi;" culbuter les cela les ultra sont aussi bons que d'autres, sinon meilleurs. Adieu. Je voulais passer avec lui du côté des honnêtes gens. Mais en chemin et disaient un peu je : trouvai des ministériels ,qui parlaient déplaces Il n'y en la fortification a , point qui soit sûre. Comme j'entends je m'arrêtai à les écouler. Il n'y eu
aoi ) ( a pas une, disaient- ils, sur laquelle C'est sans doute, leur dis-je , que on puisse compter. remparts ne sont pas les me bien eolretenus, ou faute d'approvisionnement V Ils gardaient étonnés. Oui, reprit un d'eux, que meure je re* s'il a une place à présent, qu'aucune compagnie d'assurance voulût garantir pour un mois. Cependant, leur dis-je, il me semble qu'avec de grandes demi-lunes des fronts en y , ligne droite et les doit tenir un certain me regardèrent plus surpris que la première fois, même homme continua Ma foi vu leur peu de sûreté, temps. et le un bon défilement, on Ils , : places aujourd'hui ne valent pas grand chose. que lez dire, lui répliquai-je, les Vous vou- meilleures ont été livrées à l'enuemi. Comme je semblais gêner, les je m'en fâché allai, quitter cette conversation, et plus loin je rencontrai de l'hon- nête procureur, qui passe pour mener tout le parti noble C'est Calas, ou Colas qu'on le nomme, je crois, garçon d'un vrai mérite. Avez-vous remarqué que depuis quelque temps les nobles nulle part ne font rien , s'ils ne sont menés par des vilains Y Qu'est-ce que Laisné, de Villèle, Ravez, ici. Dounadieu, Martainville sinon les chefs de la noblesse, et tous vilains? sans eux, que deviendrait le parti des puissances , étrangères, réduit à sances, qu'aurait M. de Marcellus? fait la et noblesse allemande chez ces , si les puisvilains ne l'eussent entraîoée contre l'armée de Bonaparte, qui elle-même alla très- bien étant menée par des vilains mal , aussitôt qu'elle fut la par des nobles; autre point Mais où en étions-nous? à Colas à noter. de , commandée , procureur et chef noblesse. Je suis content, disait-il, oui, je suis fort content de M. de Duras, il a du caractère, et je n'aurais pas cru qu'un gentilhomme, un duc...., aussi président de notre club des Carmélites, club l'ai-je fait d'honnêtes gens; nous uous assemblâmes hier, lui président, moi secrétaire M. le ; nous avons tous prêté serment entre duc. Ils procureur, et ont juré j'ai fait le foi les mains de foi de de gentilhomme, moi, procès- verbal de la séance. Mais le
2oa ( que bon de l'affaire redire. Là-dessus nous l'avons c'est , M. de Duras et dit, je a ) montré ce mené de qu'il est: nom de mon vous défends, au d'y trouver à le préfet s'est avisé la belle manière, Monsieur, lui a-t-il g mvernement, de vous que c'e>t que dire. Je vous assure, moi, que la noblesse a du bon ei f ra quelque chose, Dieu aidant avec les puissances étrangères. Tout cela ne demande qu'à être un peu conduit , et j'en fais mon affaire. Il continua et je l'tcoutais avec grand plaisir, quand le président m'app%laut, me donna un de ces billets où il f.llait écrire deux noms. Pour moi j'y voulais mettre Arismêier des élections. Voilà parler cela, que de fermeté. la Le pauvre et voilà ce préfet n'a su , , tide et Caton. liste vous me Mais on notaient pas sur dit qu'ils des éligibles. J'écrivis Bigt.on, et le connaissez, je crois, proscrive; et je m'en comme , pas qu'on, venu, j'étais la, Bgnon ; qui ne veut celui allai uu autie à travers gendarmes. les Je voudrais bien répondre à ce monsieur comme vous savrz, j'aime assez causer. tous et ne dédaigae personne m'appelle jacobiu , tuais - y je du journal. Car, Je me le crois tout à fais fâché. Il révolutionnaire, plagiaire, voleur, eeu- joisooneur, faussaire, pestiféré ou pesiilére, enragé, imposteur, calomniateur, libellée homme horrible , ordu, iier, grimacier, chiffonnier. Cet Je vois ce qu/il veut dire entend que il , tout, si fai mémoire; moi sommes lui et d'avis différent; peut-être se trompe-t-il. Il aime les ministres, suis trop obligé moi et pour ne pas les cours à eux qu'ils ne m'aient justice. Ils C'est bien lait , m'ont si tiré trois fois , benejicium. Et quand tout rendu bonne des mji.s je ; je n'ai d<>. et leur eu re- prompte leurs agents. non occidere. Mais le moude est larron , eofiu le c'est meilleur qui ne tue pas. J'aime bien mieux in aime je les vous voulez, un peu ce que ce Romain appe- benejicium latronis est celui aussi aimer. Jamais mraés par le préfet les , ministres que messieurs beaucoup mieux que les les jurés électeurs.
, ( 203 ) beaucoup mieux que mes juges qu'on appelle naturels et dont je n'ai jamais pu obtenir une sentence qui eût le moindre air d'équité. J'aime cent fois mieux le gouvernement ministériel qu'un jeu, une piperie, une ombre de gouvernement rimant en el je suis plus ministéet sije le suis gratis. riel que monsieur du journal et j'en dis tout autant Il dit que nous somme libres ; comme on l'est la veille d'aller en nous sommes libres prison. Nous vivons à l'aise, ajoute-t-il et rien ne nous gêoe à présent. Je sens ce bonheur, et j'en jouis comme dit-on qui, tombant du haut d'un clocher faisait Arlequin , choisis par le préfet , , ; , , , , , , avant de toucher le pavé. que de s'entendre. Cet homme- là et moi sommes quasi d'accord et ne nous eu doutions pas. Il se plaint de assez bien en l'air, se trouvait Il n'est , mon Mon langage. Hélas ! style lui déplaît Oh je n'en suis \ il trouve pas plus content que lui. ma phrase obscure, confuse, moi Il ne saurait mal de ma façon de m'exprioier , que je n'en pense davantage , ni maudire plus que je ne fais la faiblesse ritmifrisance des termes que j'emploie. Autant la plupart embarrassée. ! qu'il a raison, selon ! dire tant de déguiser leur pensée, autant s'étudient à savoir si peu mettre pouvait dire ce que hommes aux le vrai la mienne au jour. me fâche de ma langue il Ah ! si mon esprit voit, si je pouvais montrer qui me frappe les yeux leur faire dé, todrner la vue des fausses grandeurs qu'ils poursuivant, et regarder la liberté , tous l'aimeraieut , la désireraient. Ils couuaîtraieut ner, qu'il esclave les en rougissant , qu'on ne gagne rien à domi- tyran qui n'obéisse, Di maître qui ne soit perdant la funeste envie de s'opprimer les uns et , , n'est autres, ils voudraient vivre et laisser vivre. S'il m'était donné d'exprimer, comme je le sens , ce que c'est que l'in« dépendance Decazes reprendrait la charrue de son père, , et le roi , pour «voir des ministres , serait obligé d'en re- quérir, ou défaire faire ce service à tour de rôle sous peine Sur d'amende les injures je et , par corvée ; de prison. me ,tais : il en sait plus que moi ; j« .
. 2 o4 ( beau n'aurais pas dessus que je le prends. moi , le loustic s'en douter, le prend le mot ) jeu. Mais.il m'appelle loustic, et c'est làIl dit , et croit bien dire, parlant de du parti national et fait là une faute saus bonhomme Ce mot est étranger. Lorsqu'on , , ! des puissances étrangères, ne faut pas il changer. Les puissances étrangères disent louslig tic , et je crois même qu'il ignore ce dans un régiment Teutsche. C'est amuse tout le monde et fait rire le , les soldats et les bas-officiers comme Ce ne ri doit que que c'est le loustig plaisant, le jovial qui régiment , je veux dire car tout le reste est noble ; le non lous- , et Dans une marche , quand le , toute la colonne rit et demande Qu'ait- il dit? pas être un sot. Pour faire rire des gens qui re- de raison loustic a le , rit à part. : , çoivent des coups de bàtcn , des coups de plat sabre , il faut quelque talent, et plus d'un journaliste y serait em- Le loustig les distrait , les amuse , les empêche quelquefois de se pendre, ne pouvant déserter, les console barassé. un moment de du pain noir, fers, de l'insolence des nobles officiers. Est-ce là l'emploi qu'on me la schlague , des donner Je vais avoir delà besogne. Mais quoi? j'y ferai de mon mieux. Si nous ne rions encore, quoiqu'il puisse arriver , il ne tiendra pas à moi car j'ai toujours été de l'avis du chancelier Thomas Morus Ne faire rien contre la con1 ; : science , et rire jusqu'à l'échafaud inclusivement. emploi d'ailleurs n'a poiut de traitement, ni Comme cet ne dépend des accommode d'autant mieux. Tout cela ne serait rien , et je prendrais patience sur les noms qu'il me donne. Mais voici pis que des injures. Il me menace du sabre, non du sien je ne sais même s'il en a un, mais de celui du soldat. Ecoutez bien ceci Quand le soldat dil-il (faites attention chaque mot est officiel, approuvé des censeurs), quand le soldat voit ces gens qui ministres, je m'en ; : ; , n'aiment pas les hautes classes, les classes à privilège, il met d'abord la main sur la garde de son sabre. Tudi»u,ce ne sont pas des prunes que cela. Le chiffonnier valait mieux. On ne me sabre pas encore comme vous voyez } mais
. ( on tardera peu *° r> on n'attend que ) du noble qui commande. Profitons de ce moment; je quitte mou journaliste et je vais au soldat. Camarade, lui dis-je. Il me regarde à c'est vous, bonhomme Paul. Comment se ce mot Ah portent mou père ma mère ma sœur mes frères et tous Paul , où est le temps que je vivais nos bous voisins ? Ah ; le signal ! : , , , ! avec eux vous et , vous souvient-il ? labourant mon champ du vôtre. Combien ne m'avez-vous pas de fois prêté vos bœuf» lorsque les miens étaient las Aussi vous aidaisje à semer, ou serrer vos gerbes, quand le temps menaçait d'orage. Ah bonhomme, si jamais.... Comptez que vous me reverrez. Dites à mes bons parents qu'ils me reverront t si je De meurs. Tu n'as donc point lui dis-je oublié tes parents ? Non plus que le premier jour. Ni ton pays '?— Oh non. Pays de mon enfance terre qui m'as vu naître Mon ami , tu es triste. Tu te promènes seul ; tu fuis tes camarades } tu as le mal du pays. Nous l'avons tous , près ! ! — — , , — ! ! '. — — bonhomme Paul. Touché de pitié je m'assieds et il continue Vous savez comment je vivais chez nous, toujours travail: , père Paul lant , , labourant eu façonnant dange ou ma vigne , et chantant la ven- dimanche pour faire danser ma Sylvine aux assemblées de Véretz ou de SaintAvertin. On m'a ôté de là pourquoi? pour escorter la procession ou bien prendre les armes lorsque le bon Dieu passe. On m'apprend la charge en douze temps. A quoi bon j* Pour quelle guerre Y Ou s'y prend de manière à n'avoir jale dernier sillon ; attendant le , , mais de querelle avec donc charger, A je? rieu ; mais à quoi sersPaul. Tout cela nous ennuie et pays dans nos casernes. Ah Véretz i.ous fait regretter le ! ah ! à la raie noire Vous en , ! , ! mes beaux bœufs IFauveau qui avait une étoile sur le front mes bœufs et l'autre souvient-il Là-dessus puissances étrangères. Pourquoi bonhomme , ah Sylvine les qui faire feu Y Je sers et sur , , ! bonhomme Paul ? saus répondre, je lui glisse ce bien ce qu'on m'a dit de toi':' Mais mot: Sais-tu je n'en crois rien. Je me
, ao6 ( que sois laissé dire bouhomme brer, mon ) nous sabrer. tu voulais Quiconque vous Ta ! — Moi vous sa- , — Oui dit est uo... ami c'est un gazelier censuré. Mais que fais-tu ? Comment te trouves- tu , à ton régiment? Es-tu content dis-moi de tes chefs ?— Fort content bonhomme, je vous jure. Nos serments et nos caporaux soot les , , , meilleures gens du moude. Voilà sergent-major brave *oldat, boo enfant , pagnes d'Egypte et mière communion. aujourd'hui le —Comment? de Russie — là-bas Francisque notre , cam- a fait les aujourd'hui sa pre- et if fait , il \ — Oui vraiment Tout de bon ? c'est numéro cii q demain ce sera le numéro six. que veux-tu dire ?—-Nous communions par ; , — numéros de compagnie, la droite eu tête. Fort bien. Tej officiers ? Mes officiers ? Ma foi je ne les connais guère». Nous les voyons à la parade. Nous autres soldats bonhomme Paul nous ne connaissons que nos sergents. Ils vivent avec nous ils logent avec nous \ ils nous mènent à vêpres. Eq vérité? Cependant, tu dois savoir, mon cher, si ton capiNotre capitaine rfa pas rejoint ; taine te veut du bien. nous ne lavons jamais vu. Il prêche les missions dans le Oh celui-là nous TaiBon Mais ton colonel ? midi. mous tous. C'est un joli garçon bien tourné, fait a peindre, il est né peu de temps bel homme en uniforme, jeune Oh oui en avant l'émigration.— Dis-moi il a servi ? — , , , — ; — — — ! ! , ; — : Angleterre il a servi la messe aime toujours l'Angleterre A ce que je puis voir et } et la il ! ; paraît bien, car y ne point de — viugt ans, — Où me mènerait-elle Sergent par perspective — Mais Gouvion ne peux-tu tu , te soucies au régiment, de suivre jusqu'au bout la loi , aussi devenir officier saviez ce que c'est ! charrue, que d'être la f— Ah ! la beiie , officier de fortune J aime mieux labourer ici rester carrière militaire. après ? ! lieutenant mal et ! les nobles. ; , — A quatre pas delà pas Si vous mener bien ma mené par bonhomme Paul la retraite m'appelle. Au mon bonhomme. Au revoir mon ami. Adieu il messe. revoir , , , je trouve le seigueur du fief de Hau-
2 °7 ) ( du bert, et je lui : Mon gentilhomme, — Pourquoi ces gens- là. s'il , vous vous n'aurez jamais — plaît ? de l'avancement. Vous voulez toutes talé C'est qu'ils ont les places, surtout vous voulez toutes les places d'officiers raison } Eux car sans cela point de noblesse. Le marquis aura beau faire , ôt^ra pas. Je ne vois guères M Quatremer de Quiucy dera ce que vous voudrez , •, et la restitution et mais vous avez veulent avancer. fantaisie qu'il ne leur moyen de vous accommoder. bourgeois de Paris privilèges et la substitution , uce c'est , et la , , pensions , , vous accortraitements, grande propriété. mon cher ami, et main quelquefois. Mais les soldats ne se paient point de cette monnaie. Pour lui, l'ancien régime est une chose admirable, c'est le temps des belles manières ; mais, Vous gagnerez aisément en l'appelant le lui serrant la pour ne les soldats , Puis c'est le temps des coups de bâton. Vous aisément ferez pas le public consentir pour eux. à rétrograder jusque- On sait qu'un bon soldat un bon officier et un bon général, tant qu'il ne se fait point gentilhomme. On ne le savait pas autrefois. Eu un là. le est est mot comme en cent, vous n'aurez jamais en ce pays une armée Nous aurons les gendarmes et le procureur du roi. à vous. P. — de dit-il, dernier de nos députes titres, ni argent. doute on ne manquera pas de lui rares ses ( j'entends nous assure, par une circulaire places, ni ni oratoires, vont le Tissier, le nommé), ve r iu plus que nous ne croyons. la -eans M. S. dernier Il Beau , sa qu'il a , nous sacrifice! lui tout offrir. connaissance? , n'acceptera car Ses taleuts grande réputation donnerune influence prodigieuse sur l'assemblée des députés de s'acquérir la un avances seront perdues on voudrait le Les ministres tenteront nation. homme comme M. ; il le Tissier n'acceptera rien fdire'gentilhomme et le , ; tout pour mais leurs dit-il , quand mettre à la gaide- robe. On va ici d'homicide. couper 11 le cou à un pauvre diable pour tentative seplaintet dit àses jugea supposons qu'en effet
2C8 ( ) voulu tuer un homme. Vous connaisez des gens qui ont tenté de faire tuer la moitié de la France par les puiset moi aussi. sances étrangères. Us voulaient de l'argent Le cas est tout pareil. Vous n'avez contre moi que des preuves douteuses ; vous avez leurs cotes secrètes signées d'eux \ j'aie , me vous coupez cou, le et vous leur révérence. faites la mémoires de Montluc. C'est un homme admirable, il raconte des choses par exemple celle-ci Un jour, il avait pris quinze cents huguenots et ne Je avec grand lis plaisir les ! , : Le mande de les bien traiter. La reine lui fait dire de les tuer. Le roi, qui alors négociait avec leur parti se flattait d'un accommodement. Mais la reine-mère ne voulait point d'accommosachant qu'en faire , écrit à la il cour. roi lui , dement. Voilà le bon maréchal en peine entre deux ordres contraires. Enfin il se décide. Je crus, dit-il, ne pouvoir si faillir en obéissant à bien car le 5 traité la reine. manqua, la Je tuai mes huguenots et guerre continua et la fis reine me sut gré de tout. Ce livre est plein de traits pareils. Mais pour en entendre le fin, il faut savoir l'histoire du temps. Il y avait en France alors deux gouvernements. Est-il donc vrai que les notes secrètes ne savent plus où. s'adresser et que tout se brouille là-bas. Leurs excellences européennes veulent, dit-on, se couper la gorge; l'ADglais défie l'Allemand. Celui-ci, plus rusé, lui joue d'un tour de diplomate gagne le postillon de milord qui verse sa Grâce dans un trou, pensant bien lui rompre le cou. , , Mais l'Anglais roule jusqu'au fond sans son vin ; puis , sorti de là , demande s'éveiller, et qu'on nous fait et nous écoutons tout cela. heureux à Paris de savoir ce qui se passe , , choses de près , cuve raison. Voilà les contes Que et vous êtes de voir les surtout la garderobe et B.app dans ses fonc- tions! C'est là ce que je vous envie.
SIMPLE DISCOURS DE PAUL-LOUIS, VIGNERON DE LA CHAVONNIÈRE, AUX MEMBRES DU CONSEIL DE DE VÉRETZ, LA. COMMUNE DEPARTEMENT d'iNDRE-ET LOIRE. À ^'OCCASION DVKE SOUSCRIPTION PROPOSÉE PAR LE MINISTRE DE ^INTERIEUR SOSÏ EXCELLENCE , POUR ^ACQUISITION DE CHÂ.MBORD.

, 211 ( ) SIMPLE DISCOURS. r.v//wv* jwww/wrww , •^i nous avions de l'argent à n'en savoir que faire nos dettes payées lagés, notre église d'abord vée, recouverte et vitrée, ( de Saint- Averlin grande lieue bit Dieu passe avant tout ) , parestait quelque somme à commune cette , , ; je crois mes , nous abrégeant d'une Tours, par le prompt dé- augmenterait , dans tous ces environs , avec nos voisins, à refaire qui le transport d^ci à de nos denrées terres toutes nous qu'il faudrait contribuer , pont le car s'il pouvoir dépenser hors de amis , nos chemins réparés, nos pauvres sou- , , le c'est- là prix et le produit des , je crois , le meilleur emploi à faire de notre superflu , lorsque nous en aurons. Mais d'acheter Chambord pour le duc de Bordeaux je n'ea suis pas d'avis et ne le voudrais pas quand nous aurions de , selon moi, mauvaise pour lui , pour pour Chambord. Vous l'allez comprendre j'espère, vous m'écoutez ; il est fête, et nous avons le temps de quoi , nous et si l'affaire étant , , causer. Douze mille arpents de terre enclos que contient le parc c'est un joli cadeau à faire à qui les saurait labourer. Vous et moi connaissons des gens qui n'en seraient de Chambord pas , embarassés , à qui cela viendrait fort bien •, mais lui, que vouiez -vous qu'il en fasse ? Son métier, c'est de régner un jour , s'il plaît à Dieu, et uu château de plus ne l'aidera de rien. Nous allons nous gêner et augmenter nos dettes, remettre à d'autres temps nos dépenses pressées donner une chose dont il n'a pas servir et servirait à d'autres. Ce besoin , , qui ne qu'il lui faut pour lui lui peut pour régner ce ne sont pas des châteaux, c'est noire affection \ car il n'est
212 ( ) *ans cela couronne qui ne pèse. Voila le bien doni il a besoin et qu'il ne peut avoir en même temps que notre argent. lui diront le contraire, nos députés et sa cour lui répétera que plus nous Assez de gens là-bas tous premiers les payons , sommes plus nous , savoir le vrai , des courtisans. vienne qu'il et sur bien d'autres , ici et fidèles budget. Mais le , et il verra que , en veut s'il , sur ce point-là , nos sentiments fort différents de ceux aiment Ils amoureux «ujels notre dévouement croît avec prince en raison de ce qu'on le donne nous , en raison de ce qu'on nous laisse ils veulent Chambord pour en être, l'un gouverneur, l'autre concierge, bien gagé, bien logé, bien nourri, sans faire œuvre, et peu leur importe du reste. L'affaire sera toujours bonne pour eux quand elle serait mauvaise pourle prince comme elle l'est, je le soutiens; acquérant de nos deniers pour un perd pour cent millions au moins de il million de terres Chambord ainsi payé, lui coûtera trop cher ; notre a mi lia de telles acquisitions le ruineraient bientôt, s'il est Vrai ce qu'oB dit , que les rois ne sont riches que de l'amour des peuples. Le marché paraît d'or pour lui car nous donnons mais lui, sans il n'a que la peine de prendre et il reçoit s'il débourser de fait y met beaucoup du sien , et trop diminue son capital dans le cœur de ses sujets c'est spéculer fort mal et se faire grand tort. Qui le conseille ainsi mieux vaun'est pas de ses amis, ou , comme dit l'autre drait un sage ennemi. Mais quoi je vous le dis, ce sont les gens de cour dont l'imagiuative enfante chaque jour ces merveilleux conseils; Fthlemberg , ils ont plutôt inventé cela que le semoir de leur , ; , , , : , , : ; , , : , ! ou bien le bateau à vapeur. On a eu l'idée , dit le mil isire , de faire acheter Chambord par les communes de France , pour le duc de Bordeaux. Ou a eu cette pensée qui donc ? ! Est-ce uait le ministre ? il ne s'en cacherait pas , ne se conteote- pas de l'honneur d'approuver en pareille occasion. priuee? à Dieu ne plaise que h , que celte envie lui «oit sa première idée venue avant ait celle des Le étécelle- bonbons
et de» petits moulin» oon pas mais celles-là peut-csie qui ont logé deux du Don. Sainte- Alliance de présence sa fois les Loire, 1» Cosaques nous nous sentons assez des bienfaits Ici mais : c*esl tout possédé Sai.en , * Les communes donc apparemment ? nôtres, que je sache, de ce côté-ci de les et autre chose Platow on s'avise d'acheter des châteaux pour là la a joui naturellement là ; princes les de où on et puis , ou songe à refaire son toit et ses foyers. Du temps du bon roi Henri IV , le roi du peuple le seul roi dont il ait gardé la mémoire pareils dons furent offert* à son Sis nouveau né ; on eut ridée de faire contribuer toutes, les communes de France en l'honneur du royal enfant, et, de , , Sa seule ville de La Rochelle, des députés vinrent apportant cent mille écus eu or C'est trop, bouillie que la vos amis ni avec et , guerre a détruit me faire parieront de de claré leur dit-il , gardez cela ; somme énorme , mes amis les , Mais alors. c'est , le roi trop pour de : la. l'employer à rebâtir chez vous oe et n'écoulea jamais des présents car , telles, ceux qui vous gens ne sont. miens. Ainsi pensait ce roi protecteur dé- les la petite propriété, qui toute sa vie fut brouillé, puissances étrangères, et qui faisait couper la lêie aux courtisans , aux favoris , quaud les il surprenait à faire des notes secrète!. Ceci soit dit, et revenant à l'idée, d'acheter Chambord avouons-- le, ce n'est pas nous, pauvres gens de village, le Ciel favorise tout r'Uo de homme la société, doué ces inspirations. s'est Mais qu'importe, après les hautes classes de pour avoir cette heureuse, pensionnaire de. que ce soit un Fouché ou uo gentilhomme de Bonaparte employé idée courtisan fidèle , jadis à la gar* . chose pour nous qui n'y saurions , , dérobe, c'est même la avoir jamais d'autre mérite que celui de payer. Laissons aux gens de cour, en et nous bien se et nous , fait exécutons -, de suffise à l'honneur des inventions ^ seuls nous regardent ; il saura , flatterie, les frais nommer l'auteur de nas du pays. . rencontré, dans d'assez d'esprit : , que celle-ci , demander son nous, habitauts de Vérelz,, qu'il brevet, ne soit ,
**4) ( Elle est nouvelle assurément l'idée que le miuistre mire On dous charge d'exécuter. et avait vu de addons tels paver de grands services r des actions éclatantes , Eugène , Marlboroug à la fin d'une vie toute pleine de gloire , obtinrent des nations qu'ils avaient su défendre ces témoi, gnages de reconnaissance publique la } et Charnbord même, qu'on veut , Charnbord donner au prince pour sa layette, fut au comte de Saxe le prix d'une victoire qui sauva la France à Foiilenoi. La France sans chercher si par lui libre, je ger au-dedans de , des loin exemples veux dire indépendante, délivrée de l'étranflorissante, respectée au- dehors, fit présent cette terre à son libérateur, qui s'y vint reposer de trente ans de combats. Monseigueur n'a encore que nourrice , et , il faut eu convenir , six mois de de Maurice vainqueur an prince à la bavette, il y a quelque différence, à moins qu'on ne veuille dire peut-être que, commençant sa vie où l'autre a fini la sienne, il finira par où Maurice a commencé, par nous débarras.-er des puissances étrangères. Je le souhaite et l'espère du sang de ce Henri qui chassa l'Espagne de France mais le payer déjà je crois que c'estfolie, et n'ap; , prouve aucunement qu'il ait ses invalides avant de sortir du maillot. Récompenser Peufanê d'être venu au monde , comme le capitaine qui gagna des batailles et par d'heu, reux exploits, acquit ce qu'on n'a point à ce vu venue sans , pays c'est paix et et la là l'idée la gloire, c'est nouvelle , qui ne nous Pour inventer cela et mettre à la place des hulans du comte de Saxe les dames du berceau il faut avoir non pas l'esprit, mais le génie de l'adulation, qui ne se trouve que là où ce geure d'industrie est puissamment encouragé; ce trait sort des bassesses communes et met son auteur, quel qu'il soit, hors du gros des flatteurs de cour. Il se moque fort apparemment de ses camarades qui marchant dans la route battue des vieilles flagorfût pas l'avis officiel. , , , , neries usées, ne savent rien imaginer ; on va l'imiter main- tenant jusqu'à ce qu'un autre ailleau-delà. Quand le gouverneur d'un roi enfant dit à son élève jadis :
2l5 ( Maître tout est à vous , biens si , bêtes gens et ) ce peuple vous appartient -, faites-en , ce , «»rps que vous voudrez ; remarqué. La chambre, l'antichambre et îa galerie Maître, tout est à vous, qui, dans la laDgue répétèrent des courtisans, voulait dire tout est pour nous , car la cour cela fut : donne aux tout princes domaines, et ces ces comme , les prêtres apanages, ces Dieu tout à listes civiles , ces ; bud- autrement pour le roi que le revenu des pour Jésus-Christ. Achetez donnez Giamcour qui le mangera ; le prince n'en sera ui gets ne sont guères abbayes bord , n'est , la c'est mieux. Aussi ces belles idées de nous pis ni tu tant de diverses façons faire viennent toujours , contribuer de gens de cour, qui savent très-bien ce qu'ils font en offrant au prinoe notre argent. L'offrande n'est jamais pour «pargnes pour le saint , ni nos mais pour cet essaim dévorant quï sans cesse bourdonne autour d'eux depuis leur berceau jus- que les rois, Saint -Denis. la leçon du sage gouverneur, au temps dont je vous parle, bon temps, comme vous savez, les princes ayant appris une fois et compris que tout était à eux, on leur enseignait à donner ; un précepteur, abbé de cour en lisant avec eux l'histoire , leur faisait admirer cet empereur Titus, Car, après , qui , dit-on , donnait à toutes maius, croyant perdu le jour donné, çu on n alla jamais voir sans revenir heureux , avec une pension quelque gratification ou. des coupons de rente prince adoré de tout ce qui avait les grandes entrées ou qui montait dans le» carrosses. La cour l'idolâtrait mais le peuple' le peuple!' il n'y en avait pas qu'il n'avait rien , ; 13 , : l'histoire n'eu dit mot. gens, c'est-à-dire tout le mon monde, maître , n'y avait alors que gens présentés monde vous serez adoré, cour vous bénira , les était : c'était là les le honuêtei monde , heureux. Faites ainsi, comme ce bon empereur; poètes vous loueront , et la la postérité Voilà les élétnens d'histoire qu'on enaux princes. Peu de mention d'ailleurs de ces que Louis XII et H'enri IV, en leur temps, maudits eu croira les poètes. seignait alors rois tels les et le Il
(216) de cour, pour «'avoir su donner la comme d'autres faisaient avec choir néansi magnifiquement généreusement moins. Donner au riche aider le fort , c'est la maxime du si , , , bon temps de ce bon temos qui va revenir toutà l'heure, à moins que jeunesse ne grandisse et sans aucun doute , , ne vieillesse Mais périsse. chez nous, et voit croître avec elle la vieillesse croît avec elle, res princes; je dis plus heureux que nous avec eux, et je m'entends. Nos enfants, vont connaître leurs princes élevés , en serout connus. Déjà voilà et duc d'Orléans plus sûr que de bonne part je sais cela , les gazettes si Chartres au collège, à Paris. Chose assez vous , s'il en âge d'étudier est nouvelle pour vu de les prince au collège : celui-ci du , duc de le simple direz- , mais , n'a point encore depuis qu'il y a des col- premier qu'on e^t le , sorte, et qui profite commune On personnes de ce rang. lèges et des princes garantis le simple sans doute : du aîné fils vous voilà disaient, le le et ait élevé de la bienfait de l'instruction publique d« tant de nouveautés écloses de nos jours, ce n'est pas la moindre faite pour surprendre. Un princeétudier, aller en classe! un prince avoir des camarade»! Les et ; et princes jusqu'ici ont eu Qto serviteurs école que celle de l'adversité , dont et , jamais d'autre rudes leçons étaieut les perdues souveut. Isoles à tout âge, loin de toute vérité, ignorant choses et les les hommes , raient dans les liens de l'étiquette et vu que le fard et les fausses marchaient sur nos par hasard qui les ils mou- couleurs etaiees devaut eux ; ils tombaient. Aujourd'hui, connaissant l'erreur pour user de cette tenir à rien ils , comme como «raison , veuleol voir des sait, et n'avoir plus besoin tardive résolution , qui combien de fautes, Cjjtartres ils ne nous apercevaient que quand (êtes, et séparait des uaiiosis , naissaient, ils du cérémonial, n'ayant au coilrge , et a , si la clef hommes, de malheurs plus d'une voûte pouvait eu être hors tôt prise, et , ne savoir ce que l'ou pour s'iustruiie; eût épargné lear Leduc de mouarebiqus- nous combien de maux! élevé ehréu'ènucmeut et
,, ('"7 maut , mais, je ) pense, aussi uu peu constilutionnellement, aura bientôt appris ce qu'à noire grand aïeux ses et , ce n'est pas le latin que et qui les veux communes que simples notions de vérités piinces, dommage ignoraient je garderaient de dire, mais ces cour la tait dépens. à nos faillir aux Ja- mais de dragonnades ni de Saiut-Banhélemy, quand lesrois, même élevés au milieu de leurs peuples, parleront la ft'entendrout avec eux sans truchement jacquerie non plus, de ligues , langue, ni intermédiaire de ; de barricades. L'exemple donné par le jeuoe duc de Chaînes aux héritiers de* ils en profiteront sans doute. Eieuiple heureux autant qu'il est nouveau que de changements il a fallu, de bouleversements, mais aussi que d'amendements dans le inonde pour amener là cet enfant Et que dirait le grand roi le roi des honuêies geos Louis-le-Superbe, qui ne put souffrir confondus avec la noblesse du royaume, ses bâtards ainsi trônes , ! ! , même, , bâtards! ses parcelle de son sang monarchique la , s'il race sujette, suites, suivre tant ! redoutait d'avilir la ruoiudre il Que dirait ce parangon de l'orgueil voyait aux écoles, avec tous un de ses arrière-neveux des exercices et , les enfants de sans pages ni jé- disputer des prix, vainqueur, tantôt vaincu ; jamais dit-on , favorisé en aucuue sorte , chose admirable au collège même , tantôt ni flatté ( car où n'entre pas celte peste de l'adulation ), croyable pourtant si que la publicité des cours rend l'injustice difficile, qu'entre eux les écoliers usent peu de complaisauce, peu volontiers cèdent l'honneur non encore exercés aux feintes qu'ailleurs on nomme déférence, égards, ménagements, et l'on pense , qu'a produits l'horreur du vrai. toutes choses ont leur vrai Là au , contraire tout est malièi e d'instruction pas celles des maîtres. Point d'abbé Dubois le bruit ; il est commun toutse dit : , Tout l'heure que vous voulez. qu'on élève tuus les eafants de son âge; ; là meilleures leçons ne sout et les , personne qui dise au jeune prince pouvez tout , nom ei le même nom pour tous là le point de Menius; est à vous Eu un , vous m®t,c'eat duc de Chartres comme nulle distinction , nulle diffe—
, «8 ( ) de banquiers, déjuges, de négociants, n'ont aucun avantage sur lui; mais il en aura lui beaucoup, sorti jence, et les fils de là sur tous ceux qui n'auront pas reçu cette éducation. 11 n'est, , vous savez, meilleure éducation que celle le écoles publiques que ni pire , celle de Ah la cour. si ! de» au lieu de Chambord pour le duc de Bordeaux on nous parlait de payer sa peusion au collège ( et plût à Dieu qu'il fût en âge que je l'y pusse voir de mes yeux s'il était question de cela de bon coeur j'y consentirais et voterais ce qu'on vou, ") , , dût-il m'en coûter ma meilleure coupe de sain-foin ne nous faudrait pas plaindre cette dépense; il y va de tout pour nous. Un roi ainsi élevé ne nous regarderait pas drait : , il comme propriété, sa nous jamais ne penserait . tenir a cheptel de Dieu ni d'aucune puissance. Biais à Chambord qu'appreudra-t-il Y Chambord et la cour. Là tout , enseigner et , ce erpe peuvent est pleiu de nieux. Pour cela précisément je ne l'y trouve pas bien j'aimerais Là, il briant jadis mieux verra partout dont , les vécût avec nous qu'avec qu'il les chiffres noms d'une Diane sonilleut encore de leur présence. Les interprèles ses ses , et ancêtres. d'une Châieau- , ces parois infectées , pour expliquer de manqueront pas, on peut le croire ; et quelles instructions pour un adolescent destiné à régoer \ Ici, Louis le modèle des rois, vivait (c'est le mot à la cour) avec la femme Montespan avec la fille Lavallière, avec toutes lei femmes et les filles que son bon plaisir fut d'ôler pareils emblèmes , ne lui , , à leurs maris, à mœurs, de leurs parents. C'était Je la religion; et il cette porte entrait sa maîtresse le soir fesseur. La Henri mœurs et , faisait temps alors des communiait tous , et le pénitence enire Par les jours. malin son con- ses mignons et ses du bon temps! Voici l'endroit où vint une fille éplorée demander la vie de son père, et l'obtint (à quel prix ) de François, qui là mourut de ses en bonnes mœurs. En celte chambre uû autre Louis oh mœurs oh religion celle-ci, Philippe.... sa iille perdues depuis que chacun travaille et vit avec sa femme et moines ; religion , ! , ; , , ! !
( se* enfants. Oue 21 9 ) Chevalerie, cagoterie, qu'êtes-vous devenues: de souvenirs à conserver d ans ce monument, où tout pire l'innocence des temps monarchiques c'tùt été d'abandonner à mœurs , de autre ( et quel res« dommage temple des l'industrie ce la vieille galanterie 1 vieilles mot de cour qui na peut hounêtemeut traduire) , de laisser s'établir des faménages sous ces lambris lémoins de tant d'augustes débauches! Voilà ce que dira Chanibord au jeune prince logé là d'ailleurs comme l'était le er et comme aucun de nous ne voudrait l'être. roi François 1 Dieu préserve tout honnête homme de jamais habiter une maison bàlie par le Primatticcio. Les demeures de nos pèref ne nous conviennent non plus aujourd'hui que leurs lois , et comme nous valons mieux qu'eux à tous égards , sans nous vanter trop y ce me semble, et à n'en juger seulement que se milles laborieuses et d'ignobles , , , parla conduite des princes, qui n'étaient pas je crois, que leurs sujets vivant mieux de luute manière nous voulons êtres et sommes en effet mieux logés. Que si l'acquisition de Cliarnbord ne vaut rien pour celui à qui ou le donne, je vous laisse à penser pour nous qui le payons. J'y vois plus d'un mal, dont le moindre n'est pas le voisinage de la cour. La cour à six lieues de nous ne me mais plaît poiut. Rendons aux grands ce qui leur est dû tenons-nous-en loin le plus que nous pourrons, et ne nous tâchons qu'ils ne s'approchent approchant jamais d'eux point de nous , parce qu'ils peuvent nous faire du mal et ne jusnous sauraient faire de bien. A. la cour tout est grand ques aux marmitons. Ce ne sout-là que grands officiers grands seigneurs , grands propriétaires. Ces gens qui ne qui peuvent souffrir qu'on dise mon champ, ma maison veulent que tout soit terre parc château et tout le monde seigneur ou laquais ou mendiant } ces gens ne sont pas tous , pires , ; , , 5 , , , ; à la cour. Nous eu avons qu'on nos députés Vous que fait ; savez de quel air c'est. Jeuues ici, et à la cour ils , , , il même c'est de ceux-là n'y en a point d'autre^. nous traitent, elle bon voisioage Ms chassent à travers nos blés aysc leurs
220 ( chiens et leurs chevaux ) ouvrent nos haies, gâtent nos fos- , nous foot mille maux, mille sottises ; et plaignez-vous un peu , adressez-vous au maire , ayez recours , pour voir, aux juges , au préfet puis vous m'en direz des nouvelles sés , , quand vous ils Dieux, serez sortis de prison. nous plaident c'est encore pis; nous dépouillent, nous ruinent juridi- , quement, par arrêt honnêtes gens comme de M ssieurs eux vendredi ou de manquer adjugeant votre bien qui dînent avec eux, t incapables de manger viande le , la messe le dimanche, qui , peinent faire œuvre méritoire , leur et re- composer l'ancieo régime. Or, dites, si un seul près de pour vous faire enrager et souvent quilterle pays que sera-ce d'une cour à ChamLord , lorsque vous aurez là tous les grands réunis autour 1rous de ces honnêtes éligibles suffit , d'un plus grand qu'eux. Croyez- moi, mes amis, quelque part que vous alliez sez point par-là ; quelque , affaire que vous ayez ne pasprenez un autre , détournez-vous plutôt chemin; car, en marchant, s'il , vous arrive déveiller im îièvre, je vous plains. Voilà les gardes qui accourent. les princes, tout est gardé : autour d'eux, au qu'au bruit des tambours rien ne dort loin et et l'ombre des a baïonnettes; vedettes, sentinelles, observent, font cavalerie en bataille Chez au brge, goet; le rondes pa- infanterie , trouilles jour et nuit; armée terrible à touteequi n'est pas , artillerie , W , , ellington qui vive? ou bien laissezmener en prison. Heureux si ou ne trouve dans vos poches uu pétard! Ce sont-là mes amis , quel- étranger. Les voilà vous prendre : ; et , Y ques inconvénients du voisinage des grauds. fâcheux, y demeurer veut être ni valet Vous vous comme sert main, a la cour se ; , c'est Là, toute la , tout le L'un présente la serviette l'auou demande salaire tend supplie. Mendier n'est pas honte vie du courtisan. Dès l'enfance, servir. Chacun recommande trele vase à boire. la Habitant près d'eux tous ceux qui les entourent. ou veut passer est du moins ne mendiant. seriez bientôt l'un et l'autre. feriez monde ni impossible, à qui est , reçoit ,
«l ( ) appris à cela, voué à cet état par honneur, s'en acquitte il autrement que ceux qui mendient par paresse ou un art une patience , une nécessité. Il y apporte un soin bien , , persévérance avances et aussi dés , peut-on Le courtisan mendie en carrosse à six cheafrappe plutôt un million que l'autre en morceau de pain noir. Actif veille la nuit et comme infatigable, , vous celui de semer ; repoussé qu'on et le batte donne. Du , , se , aucun moitié de celte constance la Il n'est affront le puissent rebuter. tient il il il temps de demander, mieux. Aucun refus chaque année rompraient. outrage ni mépris qui siste le perdre courage. Si nous met- lui fait dans nos travaux tions et , ne s'endort jamais; il jour, guette le mauvais succès ne greniers c'est ; besace, que à la faire ? et , une mise de fonds Gueux tout, en tout genre d'industrie. vaux , bon qu'où ; couche à terre. reste, pi et à tout. On Ecouduit chasse le Frappe est , , il nos , dédain , , ; in- il revient ; mais écoute encore à inventer un service assez vil une action assez lâche pour que l'homme de cour, je ne dis pas s'y refuse, chose iuouie, impossible, mais n'en fasse point gloire et preuve de dévouement. Le dévouement est grarîd à la personne d'ua , , maître. C'est à la personne qu'on se dévoue contenu du pourpoint, parties de la et même , au corps , au quelquefois à certaines personne, ce qui a lieu surtout quand les princes sont jeunes. La vertu semble avoir des bornes. Cette grande hauteur qu'ont atteinte certaines âmes , paraît en quelque sorte me- Calon et Washington montrent où peut s'élever le plus beau le plus noble de tous les sentiments, c'est l'amour du pays et de la liberté. Au-dessus on ne voit rien. Mdis le dernier degré de bassesse n'est pas connu et ne me citez point ceux qui proposent d'acheter des châteaux pour surée. , : les princes, d'ajouter à leur on ira plu» bas , et garde une nouvelle garde; car eux-mêmes demain vont trouver d'autres inventions qui feront oublier celles-là. Vous quand vous aurez vu les , riches demander, chacuu
( recevoir, des î22 ') aumônes proportionnées honnêtes gens abhorrer à sa fortune tous les , ne fuir rien tant que moindre relation avec quiconque a tTëlre soupçonnés de la le travail et jamais pu faire quelque chose en sa vie vous rougirez de mère et l'abandonnerez ou vos fils vous abandonneront, s'en iront valets de valets à la cour et vos filles pour avoir seulement oui parler de ce qui s'y passe, n'en vaudront guères mieux au logis. Car, imaginez ce que c'est. La cour.,.. Il n'y a ici ni femmes ni enfants. Ecoutez. La cour est un lieu honnête si l'on vent, cependant bien étrange. De celle d'aujourd'hui , j'en sais peu de nouvelles mais je connais et qui ne connaît celle du grand roi Louis XIV le modèle de toutes la cour par excellence, dont il nous reste tant de Mémoires, qu'à présent on n'ignore rien de ce qui s'y lit jour par jour. C'est quelque chose demerveilleux car par exemple, leur façon de vivre avec les femmes... Je ne sais trop comment vous dire. On se prenait on se quittait ou , se convenant , ou s'arrangeait. Les femmes n'étaient pas toutes communes à tous ils ne vivaient pas pêle-mêle. Chacun avait la sienne, et même ils se mariaient. Cela est hors de doute. Ainsi je trouve qu'un jour, dans le salon d'une princesse, deux vous renierez la la charrue, , terre votre , , , , -, , , , ; , , , ; femmes au jeu s'étant piquées, comme il arrive l'une dit à Bon Dieu que d'argent vous jouez combien donc vous donnent vos amants? Autant, repartit celle-ci sans s'émouvoir autant que vous donnez aux vôtres. Et la chro, l'autre ! : , , , nique ajoute : les maris étaient là. Elle» étaient mariées; ce qui s'explique peut-être en disant quechacune était la d'un une homme et la maîtresse de tous. II y a de femme pareils traits Ce roi eut un ministre, entre autres, qui, aimant femmes , les voulut avoir toutes ; j'entends celles de foule. fort les la , cour qui en valaient la peine : paya il et les eut. Il lui coûta. Quelques unes se mirent à haut prix manie. Mais enfin que, voulant avoir tresse d'alors , il la il les eut toutes aussi celle fit du comme connaissant sa il voulut. Tant roi, c'est-à-dire, sa marchander , dont le en , roi se maî- fâcha et
, ( le mit en prison. juger l.e ; veut, roi mot bien s»3 ) c'est , un point que disait-il, entretenir ^ et mais ceci nous interdire historique est , femmes, nos ses a et si j'avais du moins quelque espèce de communauté mariages et autres , pas , avait Voilà ce qui fut dit dis mes livres e prouve qu'il y le ferais lire. c ne vous je , vous les je laîssse mais on en murmura. Les courtisans se plaignirent. avec nos sœurs ^ le S'il fit et , j nonobstant arrangements. Une telle vie, mes amis, vous paraît impossible à croire. Vous n'imaginez pas que dans de pareils désordres, une famille, une maison subsistent encore moins qu'il y eût ja, , mais un lieu où tout monde se conduisît de la sorte. Mais quoi? ce sont des faits et m'est avis aussi que vous raisonnez mal. Vos maisons périraient, dites-vous, si les choses s'y passaient ainsi. Je le crois. Chez vous, on vit de travail d'économie; maijàlacour, on vit de faveur. Chez vous, l'industrie du mari amène tous biens à la maison où la femme dispose, ordonne, règle chaque chose. Dans le ménage de cour , au contraire , la femme au-dehors s'évertue. C'est elle qui fait les bonnes affaires. Il lui faut des liaisons, des rapports , des amis , beaucoup d'amis. Sachez qu'il n'y a pas eu France une seule famille noble, mais je dis noble de race et d'antique origine, qui ne doive sa fortune aux femmes ; vous m'entendez. Les femmes ont fait les grandes maisons ; ce n'est pas, comme vous croyez bien, en cousant les chele , mises de leurs époux, ni en allaitant leurs enfants. Ce que nous appelons, nous autres, honnête femme, mère de famille, trésor pour nous serait à quoi nous attachons tant de prix la ruine du courtisan. Que voudriez-vous qu'il fît d'une dame , honesia, sans amants vertu , , sans intrigues, qui claquemurée dans son ménage , , , sous prétexte de s'attacherait à son mari ? Le pauvre homme verrait pleuvoir des grâces autour de lui , et n'attraperait jamais rien. De la fortune des familles que tions le , nobles il en paraît pillage, les concussions bien , et surtout les confiscations. d'autres l'assassinat, Mais qu'on causes, les y telles proscrip- regarde, et
, C«41 ta verra qu'aucun de cesmoyms sans la faveur d'un grand pour piller, il faut , n'eût pu eue mi» en œuvr? obtenue par quelque femme. Car, avoircommandements , gouvernement», qui ne s'obtiennent que par les femmes ; et ce n'était pat tout d'assassiner Jacques Cœur ou le marécha4 d'Ancre , il pour avoir fallait, roi leurs biens , le boi plaisir , l'agrément femmes qui gouvernaient c'est-à-dire, des , ou son ministre. Les dépouilles des huguenots deurs se , des traitants, autres faveurs répandaient par il n'est, , des fron- bienfaits qui coulaient mêmes canaux les comme source. Bref, , du alors le roi aussi purs que la ne fut, ni ne sera jamais , qu'un moyen de fortune c'est pour nous autres vilains pour la noblesse non plus il n'y en a qu'un et le travail mes c'est la prostitution puisqu'il faut c'est amis l'appeler par son nom. Le vilain s'en aide par fois , quand il se fait homme de cour, mais ron avec tant de , , , ; , , , succès. est assez sur cette C'en dites mot de matière , et trop peut-être. Ne tous cela dans vos familles; ce ne sont pas des devant vos enfants. Histoires mauvais récits pour la jeunesse , de cour qui ne doit pas de nous apprendre jusqu'à quel point on peut mal vivre, ni même soupçonner au monde de pareilles contes à faire à la veillée, et de* courtisan» , mœurs. Voilà pourquoi je redoute une cour à Chambord. Qu'une fois ils entendent parler de cette honnête vie et où l'on gagne gros à se divertir d'un lieu, non loin d'ici , et à ne rien faire , où, pour être riche à jamais, il ne faut un moment chose que chacun croit facile, en je vous den'épargnant aucun moyen ; à ces nouvelles que plaire , , mande que qui les c'est, et, pourra tenir qu'ils n'aillent d'abord voir ce l'ayant vu, adieu parents, adieu le champ mal un labeur sans fin rendant quelques gerbes au bout de Tan pour tant de fatigues, de sueurs. On veut chaque mois toucher des gages, et non s'attendre à des moissons; on veut servir, non travailler. De là, mes amis, tout ce qu'engendre oisiveté, plus féconde encore quand eH« qui paie si ,
4à3 ( compagne de Est étend partout son iufluence où selou la distance plus proches de lieues porte ! :, et ne , ; il la nous plaise centre de corruption u'est nul se trouve. il nous que cette fange A Dieu ) La cour, servitude. Les plus gâtés sont bonté du Ciel fit les naître à cent payer pour l'avoir à notre irions ! que me disait un bonhomme du pays de Chammême que je vis dernièrement à Blois; car comme C'est ce bord , qui ne s'en ressente, , , , demandai ce qu'on pensait chez lui de cette affaire Nous voudrions bien, me et que désiraient les habitans dit-il , avoir le prince, mais non la cour* Les princes, en je lui , : général , sont bons , qui et n'était Ce les entoure y il , aurait demeurer près d'eux; ce seraient les voisins du monde les meilleurs} charitables, humains, secourables à tous , exempts des vices et des passions que produit l'envie de parvenir , comme ils n'ont point de fortuue à fairei J'entends les princes qui soùt nés princes ; quant aux autres , sans eux eût-on jamais deviné jusqu*où peut aller l'insolence ? Nous en pouvons parler habitants de Chambord. Mais ces plaisir à , ou de nouvelle grâce de Dieu ou de quelqu'un, affables ou brutaux , nous ne les voyons guèresj nous voyons leurs valets, princes enfin, quels qu'ils soient, d'ancienne date, par la gentilshommes ou vilains , les uns pires que lés autres : leurs carrosses qui nous écrasent , et leur gibier qui nous dévore. fois il De tout temps fut vaincu , le gibier nous guerre. fit la Une en mil sept cent quatre-vingt-neuf : seule uuus mangeâmes à notre tour. Maîtres alors de nos héritages nous commencions à semer pour nous, quand le héros parut le et fit venir d'Allemagne des parents ou alliés de nos ennemis morts dans la campagne de quatre-vingt-neuf. Vingt couples de cerfs arrivèrent, destines à les champs pour le plaisir rallumée cou tinue. Depuis repeupler lors , les bois et homme, d'un et la ravager guerre ainsi nous sommes sur le qui vive» menacés chaque jour d'une nouvelle invasion des bétes fauves , ayant à leur tête Marcellus ou Marcassus. Paris eu saura des nouvelles , et devrait y penser au moins autant i5
( 226 ) quenous. Pari» fut bloqué huit cents ans par les bêtes fauves, si liclie, si féconde aujourd'hui, ne produiet sa banlieue , sait pas de quoi uourrir vous l'avoue, en de cela, considérant le^ gai des -de-chasse. Pour moi, je pareilles circonstances , mûrement, rappelant, à songeant à tout ma mémoire ce vu dans mon jeune âge, et qu'on paile de rétablir, qui , selon moi vaut je fais des vœux pour la bande noiie bien la bande blanche , servant mieux l'état et le roi. Je piie Dieu qu'elle achète Chambord. que j'ai , , Eu effet , qu'elle l'achète six millions cinq cents francs l'arpent fois plus que ; le : tel le moins à futaie vaut dix c'est •, arpeut de la tout soit revendu huit millions à trois quatre mille familles, comme ou nous avons vu dépecer tant de terres ici , et ailleurs. Je trouve à cela beaucoup et de grands avantages pour le public et pour un nombre infini de particuliers. chissent , cun. L'état reçoit , Premièrement travaillent , le trésor , acheteurs et vendeurs s'emi- ou le roi , ou enfin qui vous voudrez , que droits de mutation la valeur du , tant eu impôts fonds en vingt ans , cultivent au profit de tous et de cha- , , huit millions , par an quatre cent c'est mille francs qu'on diminuera du budget quand le budget se pourra diminuer ; nous voisins de Chambord , nous y gagnons sur tous. Plus de gibier qui détruise nos blés, plus , , de gardes qui nous tourmentent, plus de valetaille près de nous, fainéante, corrompue, corruptrice , insolente; au lieu de tout cela , une colonie heureuse, active laborieuse, dont , l'exemple autant que les travaux nous profiteront pour bien vivre colonie qui ne coûte rien , ni transport, ni expédition, •, , ni garnisou ; point de frais d'état- major ni de gouvernement; point de permission ni de protection à obtenir de l'Angleterre; c'est autre chose que le Sénégal. Et défait, ni flotte remarquez, me dit-il que l'on envoie ici des mis»ioonaires chez nous , et en Afiique des gens qui ont besoin de terre; double erreur En Afrique, il faut des missionnaires; en , : France , des colonies. Là doivent aller ces bons pères aurout à convertir païens, musulmans, idolâtres ; ici , où ils doivent
"7 ( colous, j-ester les où y il ) a lant à défricher, et où les domaine* delà couronne sont encore tels que les trouva le roi Phara* mond. me Celte pensée Chambord, comme plut; mais le? gens de vous voyez, ont peu d'envie de faire partie d'un apanage, croyant peut-être qu'il vaut mieux être à soi qu'au meilleur des princes, à part l'intérêt que chacun y peut avoir personnellement car ; il n'en est pas un , je crois plus volontiers pourlui-même un morceau de le tout voisins pour les courtisans comme eux, laboureurs, petits un protecteur, un prince propriétaires, qu'un grand, en tant qu'il nous touche qui n'achetât aiment mieux d'ailleurs pour ils ; de bons paysans , Chambord que de cet ; et Dieu pour la bande noire, qui, d'elle-même, doit avoir Dieu favorable, car elle aideà l'accomplissement de sa parole. Dieu dit : , je suis Croissez, multipliez, remplissez la terre, c'est-à-dire, cultivez-la bien; car partagez; sans cela, , sans cela comment bande noire, bonne œuvre Mais ya il selon eux , , pour tous ; le monde laisse est fut fait pour pure concession tant révocable. comme telle, , sans noise et sainte, , s'il , et La les , cour. Ne nobles. La la la ce que s'emploie .en est. La terre » surtout elle n'est pas pour appartenant de droit diviu voient jamais et demeurent à pas comment peupler? et Or, c'est à faire des gens qui l'enteudent autrement. n'est pas les cultivateurs en , cultiver? partage d'accord, amiablement la avis. Je prie émanée de petite propriété, peut être suspeudue et à ceux qui ne vous la y trompez part qu'on nous lieu haut , et par- octroyée seulement, le sera bientôt, car nous en abusons ainsi que de la Charte. D'ailleurs , et c'est la grande propriété est la seule qui produise. Oa le point , ne recueillera plus , on va mourir de faim, si la terre se partage et que chacun en ail ce qu'il peut labourer j au laboureur aussi cultivant pour soi seul, sans ferme ni censive, la terre ne rend rien. Il la paie bien cher; il achète ou dix fois plus cher que le gros éligible qui deux et demi ; c'est qu'il n'en tire rien. Si tant est »5* l'arpent huit place à
C «8 ) bêche, Tigaoble propriétaire, la le petit laboure, qu'il bêche, disent nos députés, déshooore le sol, bonne tout au plus à nourrir une famille, et quelle famille en blouse, eu guêtres, en sabots. Le pis , c'est que la terre morcelée, ! une fois dans les mains de la gent corvéable, n'en sort plus. Le paysan achète du monsieur non celui-ci de l'autre ayant payé cher, vendrait plus cher encore. L'honqui , , , homme, bloqué chez lui par la petite propriété , ne peut acquérir aux environs s'étendre s'arrondir ( il en coûterait trop ) ni le château ravoir les champs qu'il a pernête , , , dus. La grande compose et plus. une fois décomposée , ne se reune abbaye sont malaisés à refaire; propriété Un comme chaque fief, , jour les gens les mieux pensants , plus les mortels ennemis de la petite propriété, vendent pourtant alléchés par le prix , à l'arpent à la perche, leurs terres , , morceaux les plus petits qu'ils peuvent, la bêche gagne du terrain , la rustique famille bâtit et s'établit sans aller pour cela en Amérique, aux Indes; les et en font les grandes terres disparaissent, et ou la hausse ou rer, de craiudre placer. ter Il en y aurait détail landes O , , vous, malheur, lois s'y si d'espé- comment un domaine sans achediantre il ne afin de conserver-, on en le , , , morcellement continue bruyères périront. Quelle législateurs sait se faire opposent cependant, là les ne la baisse, ce serait de défricher. Mais faut pas, et les viendra moyen de le capitaliste, las nommés par pitié les ! quel préfets, : les dommage ! prévenez ce empêchez que tout le monde ne vive! au laboureur , et le travail à l'artisan , par de bons privilèges, de bonnes corporations ; hâtez-vous , l'industrie , aux champs comme à la ville , envahit tout , chasse partout l'antique et noble barbarie; on vous le dit, on vous le crie que tardez-vous encore qui vous peut retepatrie , honneur Y lorsque vous voyez-la emnir ? peuple Otez faites deslois, la terre î* : , plois , argent , cordons , et le baron de Frimont.
. ^9 I ) AUX AMES DEVOTES DE LA PAROISSE DE VÉRETZ, DÉPARTEMENT D*INDRE-ET LOIRE, r/j^/w/ *• » ry /w>*./- j-v" yJv recommande à vos prières le nommé Paul -Louis-, viChavonnière , bien connu dans cette paroisse. Le pauvre homme esten grande peine , ayant eu le malheur d'irriter contre lui tout ce qui s'appelle en France cour- gneron de tisans , la serviteurs gorneurs , tous flatteurs adulateurs , , complaisants , fla- gens vivants- de bassesse et d'intrigues au nombre lesquels sont mille , et autres ,. , dit-on >, de quatre ou cinq cent enrégimentés sou* diverses enseignes minés à lui faire un mauvais parti; dit, en taillant sa vigne car. ils et déter- l'accusent d'avoir : Qu'eux , gens de cour, sont et d'industrie , cause de tous Qu'ils nous dépouillent qui n'en peut mais Que ( i les sauterelles ) ; , là ne nous pillent pas tous , à nou^aulres* gens de travail maux ; nous dévorent au nom du Roi t grêle, les chenilles, le charençoa les ans , au lieu que lesdits cour- hautes classes s'abattant sur nous chaque aunée , au temps du budget, enlèvent du produit de nos champs tisans des (1) Voyez îigne a6.. la page ai5 , ligne i4.de la brochure saisie ; pag. 312
- ( ) clair, le plu» net, le meilleur et plus le 230 dont bien fâche audit seigneur Roi plus le beau, qui n'y peut apporter , remède (i); Que tous ces impôts qu'on lève sur nous en tant de fa- du Roi( a), chaque comme au dommage du Roi non moin» non pas dans çons, vont dans leur poche et inventés, accrus, étant par eux seuls jour à leur profit que des Que sujets (3) et prosternent Que ; nous, , et le peuple et le dévoués à se disant sa Roi devant lequel personne(4) et le s« ils '> princes sont bons, charitables, humains, secou- les rables à tous et bien mais qu'ils vivent intentionnés (5), entourés d'une mauvaise valetaille (6) qui et travaille sans cesse à Que Chambord veulent manger lesdits courtisans royaume celle multipliés conompre eux un grand mal et les sépare de noui nous ; que pour y remédier, il serait bon d'élever les princes au collège loin desdits courtisans (7), comme ou voit à Paris le Jeune duc de Chartres , enfant qui promet d'être quelque jour un homme de bien, «t dont on espère beaucoup c'est là , et , ; Que par ce moyen lesdits princes, instruits à l'égal leurs sujets, élevés au milieu d'eux, parlant la de même langue, s'entendraient avec eux contre lesdits gens de cour, et peut- monde de êire parviendraient à délivrer le perverse, détestable, maudite Qu'ainsi , (i)Voyez page 212 , ligne suivantes, et page 2i5 (2) (6) '7) 9 e* suivantes ligne 9 , et , ligne , ligne 17. Voyez page 225, Voyez page 226. Voye» page i\S. i 5» ei passim, ligne 12. ligne 21, ligne 16. , , , ni contre-révolu page 2i3 suivantes. Voyez page 21 5» Même page (4) Même page (5) engeance on ne verrait plus ni Saint-Barthélémy frondes, ni dragonnades, ni révolutions (3) celte j . ligne 3o **
"1 ( lions (1) qui , , ) après force coups et graud massacre de gens, tournent toutes au profit de la susdite valetaille Qu'un amendement aux choses de tel j monde, bien loin comme quelques uns croient se qu'on y prenne garde que le temps d'être impossible (2) quasi de soi, sans ce fait , , ; que princes et sujets sont meilleurs qu'autrefois (3) qu'il y a parmi nous moin» de vice , plus de vertu ce qui tend à insinuer calomnieasement, contre toute vérité, que même les courtisans exerçant près des rois l'art delà flagornerie, sont maintenant moins vils moins lâches t moins dévoués moins fiprésent vaut mieux que d'à passé le 5 5 5 , , , au trésor que ne Et , pour conclusion dèles le , furent leurs devanciers. que les princes nés princes sont les avec qui l'on puisse vivre. Que le* autres connus sous les noms de héros ou princes d'aveuture ne valent rien du tout. Que nous en avons vu montrer une insolence à nulle autre pareille (4) , et que ceux qui les seuls bons , aimables , , flattaient valaient encore moins légitimité, prêts à verser pour , apôtres aujourd'hui de la sang, elc. elle leur Lesquelles propositions scandaleuses tionnaires, dans un pamphlet intitulé factum pour les impies et révolu,. mises en lumière Simple- discours : princes contre les courtisans comme contraire aux police , auraient été par lui recueillies pidations de la fortune procureur du Roi, ,, saisi de par \& pensions, gratifications et dila- publique comme espèce , , poursuivi propre à éclairer par M. le lesdits princes et rois sur leurs vrais intérêts. Tels sont les principaux griefs articules coulre Paul-Loui* , Jaquinot syndics du corps de la flagornerie Siméon de Pampelune et autres , poursuivants en leur par les comme (1) (a) (3) (4) fondés de pouvoir de Voyez Voyez Voyez Voyez la page 217 ligne 6. page 217 ligti" 12. page 219. ligne îfv , , page 220 • ligue 16V corporation. nom, et
, ( S$3 ) Et ajoutent lesdits syndics, aux charges qu'en outre Paul-Louis , voulant porter renommée dont ci-dessus énoncées atteinte à la monde jouissent dans le bonue de lesdites gens cour , aurait mal -à-propos , sans en être prié , conté à tout venant les histoires oubliées de leurs pères et grands-pères t rappelé les aventures de leurs chastes grand'- mères , en donnant que tous chiens chassent de race à entendre , et autres discourspleins de malice et d'imposture. Et que, par maints propos plus coupables encore, subversifs de tout ordre et de toute morale, comme de toute religion f il aurait essayé de troubler aucunement lesdites gens de cour dans l'antique , légitime et juste possession où ils sont de tous temps, de partager entre eux les revenus publics, le produit des impôts, dont l'objet principal, ainsi que chacun le sait A d'encourager la bassesse est d'entretenir la paresse et , de tous fainéants les raison de quoi du royaume. ont ils cité et personnellement ajourné Paul-Louis à comparoir devant les assises de Paris, ayant offensé la. morale publique, en racontant tout haut ce qui se passe chez eux , et la personne du Roi (x ) ledit comme dans celle des courtisans ; le tout conformément à l'article connu du titre..,., de la loi..... du Code des gens de cour , commençant par ces mots: Qui n'aime pas Cottin , n estime point son Roi , etc. Et doit en conséquence ledit Paul, ci-devant canonnier aujourd'hui vigneron laboureur, bûcheron , etc» à cheval comparoir en personne aux assises de Paris, le 27 du etc. présent mois pour s'ouïr condamner à faire aux courtisans, , , , , fainéants rable , , décarant qu'il bas, aussi vils , contraire^ et eu Yoyp* le les tient aus>i pères et prédécesseurs '1) ameude honopour valets aussi bons, aussi rampants que furent oneques leurs intrigants, réparation publique et ; même qu'à tort et méchamment temps confesser ré*qaisitoire signé Jaquinot , il lahartau Pampelune.. a dit le col, la
( torche au poiog , que le 233 ) n'a jamais rien valu ne vaut rien , qu'autrefois il bon, que passé seul est , eut d'honnêtes gens et y le préeent ne vaudra jamais rien mœurs des ; ; mais les femmes sorjt toutes débauchées, les ende coquettes , garnements tous nos jeunesnous marauds à pendre tous, si Bellart faisait son qu'aujourd'hui fants tous gens, et fils devoir. Après quoi le dit Paul sera détenu et conduit ès-prisom de Paris, pour y apprendre à vivre et faire pénitence, sous qui la garde d'un geôlier gentilhomme de nom et d'armes -, répondra de pour sa personne aussi long-temps qu'il conviendra flagornant par tout Voilà, mes chers amis duit le si de cour, royaume, etc., etc. l'entière satisfaction desdits courtisans, gens flatteur?, flagorneurs , en quelle extrémité bonhomme Paul que nous avons vu bons fagots dans son bois de Larçai dans son chose ! champ de On l'avait la Chavonnière mainte le ; fois averti tant , sage que se trouve ré- de de beau sainfoin faire tant et s'il sa n'eût fait langue autre lui atti- quelque méchante affaire mais il n'en a tenu compte , afin d'instruire ses Dieu sans doute le voulant châtier pareils qui ne se peuvent empêcher de crier quaud on les écorche. Le voilà mis en jugement et condamné ou autant vaut. Car vous savez tous comme il est chanceux en procès, rerait ; , ; Chaque fois qu'on mende. Et de voir les juges fait ! , le volait ici se peut-il , c'était lui autrement ? Il Prions Dieu pour lui, mes amis exemple nous apprenne à ne jamais dire sons des gens qui payait l'a- ne va pas qui vivent à nos dépens. même que son ce que nous pen, et

PROCÈS DE PAUL-LOUIS COURIER, VIGNERON DE LA CHAVONNIÈRE CONDAMNÉ LE 28 AOUT , 1821, A L'OCCASION DE SON DISCOURS SUR LA. SOUSCRIPTION DS CHAMBORD.

, (*3 7 ) PROCÈS DE PAUL-LOUIS COURIER. .Assez de gens connaissent la brochure intitulée Simple on la lut ; et déjà on n'y Déngouvernement s'avisa de réveiller l'atten- discours. Lorsqu'elle parut iait plus , quand le : , tion publique sur cette bagatelle oubliée auteur qui vivait aux champs homme étant à labourer , , , en persécutant son loin de Paris. un jour , reçut Le pauvre un long papier Pampelune, dans lequel on l'accusait d'avoir morale publique, en disant que la cour autrefois ne vivait pas exemplairement ; d'avoir en même temps offensé la persoune du Roi, et de ce non content, provoqué signé Jaquinot offensé la à offenser ladite personne. posait de le mettre en A raison de quoi Jaquinot pro- prison et l'y retenir douze années, deux ans pour la morale, cinq ans pour la personne du Roi , et cinq pour la provocation. Si jamais homme tomba des nues , ce fut Paul-Louis , à la lecture de ce papier timbré. Il quitte ses bœufs , sa charrue , et s'en vient courant à Paris , où il trouva tous ses amis non moins surpris de la colère de ce monsieur de Pampelune , et en grand émoi la plupart. Il n'alla point voir Jaquinot, comme lui con savoir: • seillaient quelques uns recommandait de voir , nilesubsiitut de Jaquinot, qu'on lui aussi , ni le président , ni les juges , ni non qu'il ne les crût honbouue compagnie , mais c'est qu'il n'a- leurs suppléants, ni leurs clercs, nêtes gens et de fort vait point euvie il attendit mièrement , de nouvelles connaissances. et bientôt faire il sut que Jaquinot , Il se tint coi • ayant dû pre- approuver sou accusatiou par un tiibunal
*38 C ne sais du Roi quel , et la les ) juges lui avaient rayé l'offerte à la personne provocation d'offense. C'était plus beau de son papier réquisitoire Pampelune ; Je meilleur et le chose fâcheuse pour bonne affaire pour Paul Louis, qui en eut la ; , se voyant acquitté par là de dfx ans de prison sur douze, et néanmoins encore inquiet de ces deux qui restaient, se fût accommodé à un an avec Jaquinot joie qu'on peut croire pour n'en entendre plus parler , s'il Berville, jeune avocat déjà célèbre transiger, disait-il , se faisant fort est de le tirer , qui de imperdable de tout point Maure n'eût trouvé là. \ il lui défendit de Votre cause lui , n'y en eut jamais de pareille, et je défie M. Rpglet de faire un jury qui vous condamne. Où M. Réglet trouvera-t-il douze individus qui déclarent que vous offensiez la morale en copiant les prédicateurs ? que vous corrompez les mœurs publiques en blâmant les mœurs corrompues et la dépravation des cours ? Rpglet n'aura jamais douze hommes qui fassent cette déclaqui se chargent de cet opprobre. Allez bon, ration , homme , laissez-moi faire , et si l'on vous condamne , me je mets en prison pour vous. Paul- Louis toutefois doutait un peu. Maître Berville se disait-il, est dans l'âge où l'on s'imagine que le bon sens et l'équité ont quelque part aux affaires du monde, où l'on ne , saurait croire encore Les hommes assez vils scélérats et pervers Pour faire une injustice aux yeux de l'univers , (1). Or, comme dans cette opinion qu'il a du monde en général, se trompe visiblement, il pourrait bien se tromper au«si il dans son opinion sur le cas particulier dont il s'agit. Ainsi raisonnait Paul-Louis ; et cependant écoutait le jeune homme bien disant, auquel à la fin cause imperdable. Il la s'en il perdit , remet, lui confiant sa comme on va voir ; il fut ' (l) Molière. f
, (*3 9 condamné (oui d'une voix , ) déclaré coupable circonstances par les jurés, choisis, triés propriétaires, ayant, dit-on, du fait et de* tous gens de bien , pignon sur rue, , et de probité non suspecte. Mais, par la clémence des juges, il n'a que pour deux mois de prison cela est un peu différent des douze ans de maître Jacquinot qui à ce que l'on dit en est piqué au vif, et promet de s'en venger sur le premier auteur, ayant quelque talent qui lui tombera entre les mains. De fait, pour un écrit tel que le Simple discours, goûté aussi généralement et approuvé de tout le monde, on ne pouvait guère* en être quitte à meilleur marché aujourd'hui. Ce fut le 28 août dernier, au lieu ordinaire des séances de la Cour d'assises, que la cause appelée, comme on dit : , , , , au barreau , tises, à La l'accusé comparut. jugea d'abord un jeune homme salle qui avait était fait pleine. Ou quelques sot- du moins, ayant perdu tout sou du Gouvernement, avec après taxées par le Gouvernement ce qu'il paraissait argent dans une maison privilégiée femmes protégées le Gouvernemeut accusa Paul-Louis, vigneron, d'offense* la morale publique, pour avoir écrit un discours contre des , , quoi à la débauche. Mais d'accusation , il faut conter tout par ordre. puis le On lut l'act* président prit la parole et interrogea Paul-Louis. Lf président. Votre nom? Courier. Paul-Louis Courier. Le président. Votre état ? Courier Vigneron. Le président. Votre âge? Courier. Quaraute-neuf ans. . Le président. Comment avez-vous pu dire que la noblesse ne devait sa grandeur et son illustration qu'à l'assassinat la débauche, la prostitution? Courier. Voici ce que qu'un moyen de fortune veulent rieu faire ; ce j'ai , et moyeu dit de , : Il n'y a pour les nobles même pour tous ceux qui c'est la prostitution. ne La cour
*t* ( l'appelle galanterie. J'ai ) me voulu servir nommer la chose par son nom. Le président. Jamais le mot de Au signification. reste, si du mot propre, et galanterie n'a eu cette fait quelques repeuvent également s'ap- l'histoire a proches à des familles nobles, ils pliquer aux familles qui n'étaient pas nobles. M. Courier. Qu'appelez- vous reproches, Tous les Mémoires du temps vantent noblesse en était fière comme président? le cette galanterie et la , La de son plus beau privilège. noblesse pi étendait devoir seule fournir des maîtresses aux princes, et femmes les Le XV prit les siennes dans la roture, quand Louis titrées se plaignirent. président. Jamais l'histoire n'a fait de l'éloge la prostitution. Courier. Delà galanterie, M. le président, de galan^ la terie. Le président. Vous avez employé le mot de prostitution. Vous savez ce que vous dites. Vous êtes un homme instruit. On rend justice à Courier. Il J'ai vos talents, à vos rares connaissances. employé ce mot faute d'autre plus précis. en faudrait un autre. Car, à dire vrai prostitution n'est pas celle des différente et infiniment le cette espèce de est pire. Le président. Gomment Mgr. , femmes publiques. Elle la souscription duc de Bordeaux ne vous pour S. A. R. que de a-t-elle inspiré pareilles idées':' Courier. Dans ce que j'ai écrit, il n'y a rien contre la Fa- mille royale. Le président. Aussi n'est-ce pas de quoi l'on vous accuse Courier. C'est qu'on ue l'a pas pu, M. le présideot. eût bien voulu faire admettre cette accusatioo. Mais il ici. Ou n'y a pas eu moyen. On cherchaitun délit plus grave; on u'atrouvé que ce prétexte d'offense à la Le président. Vous morale publique. iusultez une classe , une partie de la nation. Courier. Je n'insulte personne. J'ai parlé des ancêtres de
— * ( la nnblesssc actuelle ) dans laquelle , je connais de fort nêtes gens qui ne vont point à la cour. J'en ai faire comme les défendre leur pays. Serait-ce insulter vilains, Romains de les que dire hon- vu à l'armée leurs aïeux fureot des voleurs des , aux Américains si je les déclarais descendus de malfaiteurs et de gens condamnés à la déportation J'ai voulu montrer l'origne des grandes fortunes dans la noblesse , et de la grande propriété. Le président. Vous avez outragé tout le corps de la nobrigands? Ferais-je tort r* blesse , l'ancienne et la nouvelle, et vous ne respectez pas plus l'une que l'autre. Courier. Sans m'expliquer là-dessus marquer , M. la noblesse Le le président de race président. bien des familles sans tache les Nouilles, les que , dans l'ancienne noblesse y a : , et , de ! Tout Assez -, Courier. Je réponds Le il , On sait l'histoire du Madame ministre.... point, de personnalités. à vos questions, de Mainlenou président. monde le guerre d'Allemagne. la de Pompadour étant premier madame re- ferai particularisé , qui ne doivent rien aux femmes Courier. Les Richelieu Sans vous je Richelieu. pavillon d'Hanovre Le président. , spécifié j'ai d'antique origine. et Eh , , les M. le président» Noailles... ne vous demande pas ces détails his- toriques. Courier. La prostitution, M. le président ; toujours la prostitution. Le président. Les faveurs de la cour s'obtiennent champ de bataille, par des services Courier. Par les femmes M. le président. sur le , Le président. Votre décoration de la Légion d'Honneur Pavez-vous donc eue par Courier. Ce il la n'est pas s'agit des fortunes. cour, et puis je les femmes une laveur, ? et je n'ai pas fait fortune" Je n'ai jamais eu riea de ne commun suis pas noble. 16 avec
, 4* ( Le Vous avez président. ) la nobIe:se personnelle roui , êtes Doble. Courier. J'en cloute vous le dire M. , doute je ; fort permettez -moi de le président , que noble. Mais eufiu je sois veux bien m'en rapporter à vous. A chaque réponse de l'accusé il s'élevait dans l'assemblée un murmure qui peu à peu sechangeait e applaudissements. je ( i L'avocat- général crut devoit mettre ordre à sident , dit-il , ce bruit est contraire à la Le président pré- le Messieurs, point d'applaudissements. — Prévenu , vous avez Chambord. Cowier. Oui. Qu'y Le M. ) Vous spectacle. Je ferai sortir d'ici tous les pertur- n'êtes pas au bateurs. . cela. loi. dit que la cour mangerait morale? a-t-il en cela qui offense la président. Mais ? qu'enteudez-vous par la cour ? La définir serait difficile. Toutefois je dirais que composée des courtisans des gens qui n'ont point d'autre état de que faire valoir leur dévouement, leur Courier. la cour est , soumission respectueuse Le président. Il , leur fidélité inviolable. n'y a point chez nous de courtisans en La cour, ce sont les généraux hommes qui entourent le ro'. Et que titre. , les maréchaux, veut dire encore les : les donuent tout à Dieu ? Cela est contre la religion. Courier. Contre les prêtre* tout au plus. Ne coufoudons point les prêtres avec la religion comme ou veut toujours prêtres , faire. Le rien président. Les prêtres sont désintéressés; que pour ne veulent le Pape se dit propriétaire de la doue pour la donner aux pauvres. Au Courier. Oui tière. C'est ils pauvres. les que j'ai écrit simplement , n'offense pas : les prêtres même les prêtres ; car terre en- reste, ce il signifie voudi aient que tout fût consacré à Dieu. Après seul cet interrogatoire moment Broë, , où le public ne parut pas un , maître Jean de ou, pour mieux dire, prit son papier, indiffèrent, l'avoot-général piit la parole,
( car lisait. il un C'est ^ homme ) de petite qui pat le de; taille, que la noblesse leur appartient de droit avec ce qui s'ensuit, honneurs et privilèges, d'où Ton peut sans faute conclure que dans cette affaire, croyant grands magistrats, et assure , plaider sa propre cause et combattre pour ses foyers aura mis toutson savoir. , il y prononça un discours long , et imprimé dans le Moniteur , mais Il que peu de gens auront lu que personne ne comprendrait si on le rapportait ici , tant les langage impropre. C'est vrai— nient une chose étrange à concevoir que cette batbarie d'expression dans les apôtres du graud siècle. Les amis de pensées en sont obscures XIV Louis le , On ne parlcut pas sa langue. entend célébrer Bossuet, Racine, Fénclon eu style de Marat Fouché. polie en jargon des autichaojbres de qui celte bizarrerie passe toute créance' phrase comme celle-ci, par exemple* et et , I! si y je citais ui:e Qui profitera ; ton coup ? Les honnêtes gens ? Laissez donc. bêtes ! vous Ils cPuii, sont si de quelque valet , et des moins Castel BajaC imprimée Conservateur. Ainsi parlent ce? geus la croiriez éduqués. Elle sous sou couc la en a ch-z nom est du marquis de dans , le , c'est-à-dire bien nés autrement que nous qui se avec quelque raison classe privilégiée, su- nés , rangent à part péiieure , • , distinguée. Vuilà leur langage familier. , ils s'exprimer noblement Y ce ne sont tés , excellences, émiuences. Ils qu'altesses croient que Veuléitmajes, le style noble du blason. Malheur des courtisans, ne point connaître le peuple qui est la source de tout bon seus. Ils ne voient en leur vie que des grands et des laquais, leui être se compose de manières et de bassesses. Je dis donc, revenant à maître de Bioë, que pour ceux est celui , qui l'emploieut C'est Eût , un homme impayable t'ait mettre en prison comme mauvais pour les jurés , , et qui par son adressé les sept sages sujets, perturbaient. s'ils , de Grèce Sa prose sont amis de 1M. Réglet. M is est à bonne moins de
A\ ( ) on ne saurait y prendre plaisir. Sou discours, qui d'abord ennuie dans la Gazette officielle , assomme au second paragraphe ; et par cette considération , je renonce à le cela , comme placer ici, mes tout court je voulais, si je n'eusse craint d'arrêter lecteurs. Car, qui pourrait tenir à ce style : Un exécrableforfait avait privé la France d'un de ses meilleurs princes. Vn espoir restait toutefois» Un prodige, une royale naissance bien plus miraculeuse que celle dont nos aïeux forent témoins , se renouvela. Un cri de reconnaissance et d^admiration sejit entendre. Une antique et auguste habitation avait fait partie des apanages delà , couronne. Une pensée noble se présenta tout à coup ellefut répétée elle fot suivie \ de l'exécution * ce , et fot à V amour qu'un appelfot adressé. Ouf demeurons-en là sur l'appel à l'amour. Si vous ne dormczpas, cherchez-moi, je vous prie, par plaisir inventez, imaginez quelque chose de plus lourd , de plus maussade et de plus monotone que cette psalmodie de maître de Broë , par laquelle il exprime pourtant son allégresse. L'auteur de ! la brochure n'y qui a point mis d'allégresse peur d'y manquer, il , dit maître de Broë, condamne à la prison. Lui , de commence par là, et d'abord se ré- par cette omission , , le jouit. D'aise on entend sauter Mais par état disait à a il , un peu l'air on lui Paul-Louis et de la se réjouir par ordre dirait : pesante baleine (1). comme presque, Sont-ce là les si triste joie, le silence. Ne un hymne si (1) faire lugubre , sont plus suspects poussons pas trop cet argument de son allégresse une belle Homère. , président pu vous que le cœur parle ? d'embarrasser le pauvre magistrat. Car pour par devoir le pensées qu'a inspirer la royale naissance ? Est-ce ainsi une que , et il , de peur ne faudrait rien bonne offense à la
45 ( morale publique, même cl à ) personne du prince la s'il , esl vrai qu'un froid panégyrique Déshonore à-la-fois le héros et l'auteur. Abrégeons son discours en à ses raisons, , au risque de donner quelque force présentant réunies. Voici ce notable les brièvement, compendieusement traduit de bara, comme dit Panurge. discours , goin en français commence par son commencement. Car on Il assure qu'un pour toutes les causes de ce genre le duc de Berry est mort; le duc de Bordeaux est né. On a voulu offrir Chambord au jeune prince. Éloge de Chambord qu'il n'en a et de A : la souscription. cet exorde déjà long, et il en fait succéder un autre il , le terrain , qui remplirait plusieurs pages, non moins long, pour fixer, dit- c'est-à-dire le point de la question, comme on parle communément. Il ne s'agit pas d'un impôt dans ïa souscription proposée pour l'acquisition de Chambard et le mot même indique , un acte volontaire. De quoi donc s'avise Paul-Louis de contrarier la souscription, qui ne l'oblige poiut, ne lui tera rien? C'est fort mal fait à lui- Cela le coû- déshonore. Vous ne voulez pa& souscrire? eh bien ne souscrivez pas. Qui vous force ? Un moment, de grâce entendons-nous , M. l'avocat-général. Je ne souscrirai pas sans doute si je , , ne veux , me car je n'ai point d'emploi, déplace qu'on ; puisse ôter. Je ne cours aucun risque pas, d'être destitué. Mais je paierai , en ne souscrivant pourtant, si ma com- malgré moi , si mon maire veut faire sa cour à mes dépens. Et quand je dis doucement je ne veux pas payer vous , monsieur de Broë, vous criez en prison, ajoutant que je suis maître , qu'il dépend bien de moi , que la souscription est toute volontaire que ce $ mune souscrit \ \% paierai : , n'est pas un impôt. Comment l'entendez- vous? :
246 ( Or celle , prisée noble souscription noble et libre prend de Il l'arrêter. ) récompense nulle cette , comme on , voit , cette , l'auteur entre- veut empêcher de souscrire les gens glacer Vèlan des œurs un peuplus généreux que le sien tandis que maître Jean par de nobles discours, chauffe l'élan des cœurs. Mais qui eu seraient tentés ^paralyser télan y i , , le copions pas le promis de j'ai : surtout, afin qu'on puisse le Voilà l'objet de on ne saurait et le traduire, et brochure. E'Ie la Jes diatribe; contre les rois, les contre Y élan est écrite méprendre. Puis s'y de l'abréger lire. il y , des accessoires, a prêtres et les nobles. que l'auteur ce parle pas des prêires, ou n'en dît qu'un seul mot bien simple, et que partout il loue les princes. Mais ca sont des parachutes. Il ne pense pas ce Il est vrai qu'il dit des princes Deux remarques et , pense ce qu'il ne dit pa' des prêtres. L'auteur ne s'afflige point de mort du duc de Berry ne se réjouit point de la naissance du duc de Bordeaux. If n'a pas dit un mot de mort ni de »° ensuite: la , naissance. Il n'y a ni allégresse ni désolation dans sa bro- chure. 2° L'auteur parle du jeune prince faat à la mamelle. Vauguste maillot ; comme maillot simplement d'un eusans dire , bavette, et non pas la royale bavette. la dit, chose horrible If dit le II de ce prince , , qu'un jour son métier sera de régner. s'être étendu beaucoup sur tous ces points, maître Broè déclare enfin qu'il ne s'agit pas de tout cela. Ce Après d ' nvst pas là-de«siis que porte l'accusation taque pas le fond de la brochure, ni , dit-il. même On n'at- les accessoires dont nous venons de parler, mais des propositions incidentes seulement. Là-dessus il s'écrie Voilà le terrainjixé. entame un antre exorde. Dans les affaires de cette nature, on n'examine que Puis : il passages déterminés suivant sa'ion. \ ,-\ \' Or i , il y en est fort a la loi quatre par l'acte même les d'accu- ici. insuffi-ante Les écrivains sont si adroit* qu^ls échappent souvent au procureur du roi. Il , faut leur
( *f; ) /tpplùwêr, d'une manihrefrappante, la /oj (style de Broé). I.a liberté d'écrire jouit de tous ses droits; elle est libre (Broc tout pur), bien qu'elle Elle en prisou aille enjambe sur la licence (Broë Broé ! !) quelquefois. par l'excessive indulgence des magistrats. On avait d'abord essayé, dans le premier réquisitoire, d'ac- cuser l'auteur de cet écrit d'offense à la personne On y Vient enfin l'examen des passages inculpés mier du roi. a renoncé par réflexion. est celui-ci , dont pre- le : donne tout au prince, comme les prêtres domaines ces apanages, ces listes ci, budgets ne sont guères autrement pour le roi « Car la cour » tout à Dieu » viles ces s que le revenu des abbayes n'est pour Jésus-Christ. Achetez^ donnez Chambord , c'est la cour qui le mangera , le '» » , et ces , priuce n'en sera ni pis ni mieux. s> Les prêtres tout à Dieu! Ah! oui, demandez aux pauvres. Tirade d'éloquence. Les abbayes d'abbayes. Tirade de haut style sur Ob Il n'y a plus la révolution. De morale, ! ! non. » un mot, ni des phrases inculpées. Le second passage est celui-ci » Mais à Chambord qu'appreudra-t-il? Ce que peuvent enseigner et Cbambord et la cour. Là, tout est plein de ses ï> aïeux. pas : , Pour » et j'aimerais s> cela précisément je ne l'y trouve pas bien mieux qu'il vécût avec nous qu'avec ses » cêtres Maître de Broë n'examiue point non plus ce passage ce qu'il peut \e laisse-là suite lira , avoir de contraire à la morale. satioa. , le , ni cite et , il y en a d'autres hoiribies. ne Il les parce qu'il n'en est point parlé dans l'acte d'acou- Cependant elles sont horribles. d'éloquence à propos de ces phrases tion et Il sans autrement s'eu occuper. Mais, dit-il, en- de ces phrases pas \ an- , qu'on n'accuse pas. L'auteur présente nos rois, ou du. Beau mouvement dont , dit n'est pas il maître Jean moins quelques uns , ques, re- comme ayani
. ^ ( ) donné en leur temps defort mauvais exemples. dissolus, pleins de vices et couIl les peint corrompus damne leurs déportements sansavoirégarda«.r convenances. Les tableaux qu'il eu fait ( non de sa fantaisie, mais d'après mal vécu et , les histoires) raux sont scandaleux d'abord, et eu outre licencieux , jours, et la , immo- déshonnêtes. Le scandale abonde de nos , brochure y ajoute encore, mettant les vieux le plusloDg de tous scandales à côlé des nouveaux. Chapitre el le meilleur par conséquent L'un peut qu'on ne !e lit , au pamphlétaire, l'historien dire la vérité lit , sur la différence qu'il appelle aussi qu'il parce qu'il fait y a de libelliste. de gros volumes pas. L'autre ne doit pas dire vrai , parce qu'où eu petit volume. L'auteur de la brochure va vous conte: mensonge , Messieurs , men, songe odieux, aussi dangereux que coupable. Car l'histoire qu'il a copié les historiens n'est pas toute dans sa brochure. devait copier tout Il ou montre le laid , cache le beau Louis eut des bâtards, mensonge. Car ce n'est pas le beau de son histoire. 11 y avait bien d'autres choses à vous dire deLouis-le-Grand. Ne les pas dire toutes , selon maître de Broë c'est mentir , et de rien. Il . , plus Il , insulter la nation. croit vengez que tout le la nation Outre pond par une les monde la il y ssnt dit-il ? , sent cela, qui ne sent. Vengez % . Messieurs, morale. les historiens, dicateurs, morts Je , Qui ne Paul- Louis a loBg- temps autorité vivante } cite les ; pères et les pré- maître de Broë lui ré- c'est celle de Monseigneur garde-des-sceaux actuel, dontil rapporte (eu s'inclinant) propres paroles extraites d'un de sans songer que peut-être ailleurs ses discours, page Monseigueur a ^\o, dit le contraire. Et puis l'Ecriture et les pères et les sermons de Massillon appartiennent aux honnêtes gens. Les écrivains ne doivent pass'eu servir pour se justifier. position appliquée à Développement de cette pro roman condamné, qui l'auteur d'un osa dernièrement alléguer l'Evangile. Nota. Que cet épisode , sur les horribles phrases dont
2 4o ) ou ne parle pas, occupe deux colonues C du Mo- entières niteur. Troisième passage. a Sachez qu'il n'y a pas » noble, mais je dis noble » ne doive sa fortune en France de race aux femmes une seule famille et d'antique origine, qui ; vous m'entendez. Les grandes maisons; ce n'est pas, comme s> vous croyez bien , en cousant les chemises de leurs époux, s ni en allaitant leurs enfants. Ce que nous appelons, nous * femmes ont » autres fait les honnête femme, mère de famille, à quoi nous , » attachons tant de prix Qu » du courtisan. » trésor , pour nous, voudriez-vous qu'il ; serait fît ruine dame honesia, *ans amant, sans intrigue, qui, sous prétexte claquemurée dans son ménage , s'attacherait à » de vertu » son . rmri Le pauvre homme ? verrait pleuvoir les grâces » autour de lui, et n'attrapperait jamais rien. » des nobles, que le proscriptions » regarde , » être mis en fortune la il Mais qu'on et surtout les confiscations. , on verra qu'aucun de et De en paraît bien d'autres causes, pillage, les concussions, l'assassinat, les familles » telles » la d'une œuvre ces moyens n'eût y pu sans la faveur d'un grand, obtenue par » quelque femme s demeuts, gouvernements, qui ne s'obtiennent que par les femmes; et ce n'était pas tout d'assassiner Jacques Cœur ou le maréchal d'Ancre, il fallait, pour avoir leurs 3> » ; car, pour piller, » biens, le bon plaisir, l'agrément » des 2> femmes qui gouvernaient il faut avoir du comman- roi, c'est-à-dire ou son ministre, alors le roi Les dépouilles des huguenots, des frondeurs, des trai- » tants , autres faveurs, bienfaits qui coulaient, se répan- » daient par les * Bref, mêmes canaux comme il n'est , » autres vilains, qu'un » pour la noblesse aussi purs moyen de fortune, non plus il n'y ena qu'un » et c'est la prostitution, puisqu'il faut, s par son nom. que la source. ne fut, ni ne se r a jamais, pour nous c'est le travail; , et c'est » Quatrième exorde pour , mes amis, l'appeler fixer encore le terraùu
, ^5o ( La charte ) deî nobles qui descendent de leurs père? fait ft d'autres nobles qui ne descendent de personne, et puis de grands magistrats qui sont nobles aussi. Longue di sertation â !<* fin de laquelle il déclare qu'il ne s'agit pas de la noblesse, qu'il ne la défend pas. Mais l'auteur outrage une i;dus.Y\ offense la classe, une généralité (Tindi- morale évidemment. ZShonneur decer- morale et l'auteur blesse quand il répèle mot à mot ce que l'histoire en dit, et qui est imprimé partout. Il blesse la morale; et le pis c*est qu'il empêche toutes les autres familles d'imiter iainesj'amilles fait partie de la «et familles , , celles-là, de vivre noblement. Réprimez, Messieurs, ré- prhnez. Oui, punissons, punissous. permettons pas, Ne ne souffrons pas, etc. Maître Jean, qui appelle toujours l'auteur delà brochure It>ellis.te, l'associe et dans plu? déshonorés en ce genre a fait écrire Paul-Louis, disait cela, , aux écrivains par spéculation, qu'il toïx une déclaration de l'imprimeur Bobée libelliste à payé? Je voas et le que c'est un compte du à régler Eh crois, même les réquisitoires, même le me dévouement. Quatrième passage inculpé « portant quoi? maître Jean, selon vous, au .monde, rien par amour ? tout est l'impiimeur. lien ne se fait gratis haute lire à nulle rétribution des ouvrages tiré N'importe, prrr lui publiés. quand libelles diffamatoires ; et maître Jean de Broë venait de jamais Paul- Louis n'a les ajoute que c'est Validité qui q'i'il écrit marchand de est fabricant et il sa réplique , Ovous : nommés par les préfets, prévenez y ce malheur (celui du morcellementdes grandes propriétés) ; , > faites » ôtez la terre des législateurs empêchez que tout le monde ne vive au laboureur et le travail à l'artisan, par de lois , ! » bons privilèges, de bonnes > l'industrie, aux champs > chisse partout l'antique i dit , on vous le cric : corporations. comme et à la ville , noble barbarie. Hâsez-vous ; envahit tout, On vous le que lardez vous encore!" Qui vous
( 25l ) honneur, lorsque vous et le baron de Fri- » peut retenir? peuple, patrie, » voyez mont 2> y II laisser emplois, argent, cordons là ? a » injure à la nalion entière. Car on l'accuse de se ici mener par ceux-ci de mener les préfets, et Quelle iûsigne fausseté! Voyez rmioo d'une lâche faiblesse, si morale; que des : le d'une la audace, telle terres; , , son vrai patrimoine. Cela vaut mieux vengeons, punissons. Variations sur cet et oui, punissons les jurés morale, qui est, dit que le peuple la patrimoine du peuple. Oui c'est Pour conclure , vengeons. maître de Broii prie dans son patois , , de réprimer vigoureusement tous ceux qui écrivent en français, il les préfets donc venger faut Il maître de Btoc, air nation. pas outragera la fois et la morale publique et celle ji'est-ce des préfets? ait la la médisance! Accuser la s'écrie : et se font lire La avec Sûr de son plaisir. société sera satisfaite ! ( affaire C'est la société , de Jésus.) Tel fut, en substance toutes ses raisons, hors intéressés, les encore étendues prolixe qu'en disant , fit si n'eut le que l'auteur de la prostitution courtisans. , Mais la développées M. de le dire , M. l'avocat-général; et longuement déduites que personne, patience de l'écouter, furent , président la et gâter, amplifiéesdans , où même il le résumé ajouta du très sien , brochure écrivait pour encourager par ce vilain ceci vint ensuite ; il mot, l'innocence des présent s'agit à delà harangue de maître de Broë. Ce discours, m'a-t-ou dit, n'est pas extraordinaire au barreau où l'on entend des choses pareilles, chaque jour, eu belle , prononcées avec l'assurance que n'avaient , Daguesseau. Nous en sommes surpris, nous à qui cela est nouveau, et concevons malaisément qu'un homme, plein pas tribunal les siégaut, comme on dit, sur les fleurs de un homme ayant reçu quer assez l'éducation de sens, d'instruction , dans ces paroles d'un paysan à un lis commune de goût gt , sachant lire, , , puisse man- pour ne trouver uud prince , ton métier
252 ( ) sera de régner , qu'une injure et De pas sentir que ce mot vulgaire de métier, relève eonoblit l'expression, par cela même qu'il est vulgaire , tellement qu'elle ne serait pas dé, , placée dans un poème, une composition du genre eievé, une ode à le plus louange du prince. Si on u'en saurait la dire autant des autres termes employés par l'auteur, dans le même endroit, ont tous du moins ils ton de simplicité le naïve convenable au personnage qui parle trompé, souverain juge en i'y est pas ayant pour commun sens le jeune prince le , n'a il ne faut pas l'espérer. rien Personne d'offensant serait à souhaiter entendre ce langage de bonne heure il public ne et le ces matières. vu là-dedans auquel , Car tous et , les qu'on fît toute sa vie. Mais courtisans sout des Jean de Broc qui croient ou font semblant de croire qu'eu outrage un graud, quand d'abord pour met pas comme la face dans la boue. brochure Ils on ne lui parler se ont leurs bonnes raisons , pour prétendre cela et trouvent leur compte à empêcher que jamais front d'homme n'apparaisse à ceux qu'ils obsèdent. Cependant, il faut l'avouer , quelques uns peuvent être de bonne foi , qui , habitués comme dit la , , tous le sont aux sottes exagérations de nerie , finissent la plus épaisse flagor- par croire insultant, tout ce qui est et uni ; crois, qu'on pourrait excuser maître de Broë. Car simple insolent, tout ce qui n'est pas vil. C'est par là il , je n'était pas né peut-être avec cette bassesse de sentiments. Mais une place, une cour à faire.... Le même jour qui met un homme libre aux fers. Lui ravit la moitié de sa vertu première. Et voilà comme généralement on explique élevée contre cette brochure gens les du plus sensés , même parti la persécution au grand étonnemeot des qu'elle attaque. Répan- venue aux maius de quelque* personnages comme Jean de Broc, mais placés au-dessus de cl eu pouvuir de uuire qui aux seuls mata de métier due dans le public , elle est , , ,
*53 ( layette, de havette ) sans examiuer autre y chese, aussi in- capables d'ailleurs de goût et de discernement que d'aucune pensée tant soit peu généreuse, crurent l'occasion belle pour déployer du zèle , et crièrent outrage aux personnes sacrées. Mais on se moqua d'eux, il fallut renoncer à cette accusation. Uu duc, homme d'esprit, quoiqu'infatué de son nom, trouva ce pamphlet piquant, le relut Voilà un écrivain qui ne nous , plus d'une fois, point du tout. Mais d'autres ducs ou comtes et le sieur Siméon , qui ne sont pas gens à rien lire, ayant ouï parler seulement du peu d'étiquette observée dans cette brochure , prirent feu làet dit : flatte , dessus , comme tonnèrent contre l'auteur, jadis voulut faire ce président qui pendre un poète pour avoir tutoyé prince dans ses vers. Si maître Jean a des aïeux cend de quelqu'un, iven sortez, vous devez sortir Mais qu'est-ce donc que soulèvent là , est ! O plus heureux. hommes, i ) , où des mots comme ceux- mon fils Tu entendras né , vous Broc. quelle condition que celle dès le berceau , si maître Jean , le tu connaîtras qui t'aime n 'approcheront de , même le \ de pareilles gens jour vrai que ton , ! sort vivras avec les , ni fourbes , ni flatteurs toi. Après l'avocat-géuéral et dit ! ( le des- s'il et cour la font explosion des souverains entourés Pauvre enfant de ce bon président, et c'est en, , M" , Berville parla pour son client, : Messieurs les Juee's, Si, revêtus du ministère de la parole sacrée, vous veniez annoncer aux hommes les vérités de la morale , on ne vous verrait point, sans doute timides censeurs faciles mora, , listes, composer avec la corruption ménagements prévaricateurs sauriez vous , et dégrader, par des votre auguste caractère. Vous armer, pour remplir vos devoirs, d'indépen- (1) Boilcau.
2 54 ( dance ) La haine du d'austérité. et vice ne se cacherait point d'uu langage adulateur; vos paroles, animées d'une vertueuse énergie, lanceraient tour à tour sur les hommes dépravés les foudres de l'indignation sous délicatesses les frivoles du sarcasme. Vous n'iriez point conpauvre, alarmer la conscience du faible, et baisser devant le vice puissant un œil indignemeut respectueux; mais et les traits pénétrants trisler le votre voix généreuse autant que sévère, flétrirait jusque sous pourpre la les Je sais mœurs devant Qu'a et de cour la la et la Sais- je quel prix : offerts à l'estime il je défends? a opposé A aux lants des cours la simplicité des vertus rustiques scandales la défense des cours on ; vous serait publique en apôtres vérité? Seriez-vous traduits en criminels des écrivains les plus austères, contre lui corrup- d'assises ? de plus l'auteur que fait flatterie la vous applaudir ou vous plaindre? quel prix vous serait dû réservé? Seriez- vous des de bassesses tion des cours. Faudrait-il s'est : il l'exemple vices bril- -, on a pris indigné contre des s'est scandalisé de son indignation : a plaidé il morale publiquement outragée; on l'accuse d'avoir outragé la morale publique. Je ne dois point vous dissimuler, Messieurs les Jurés, l'emde la cause la barras extrême que j'ai parer la défense de éprouvé celte , , l'expé- du ministère public que nous partamais que du moins nous avons appris à rience des doctrines geons rarement de pré- lorsqu'il s'est agi cause. Ordinairement , connaître, nous permet de prévoir, en quelque Cicon , le système de l'accusation, d'en démêler l'erreur et de méditer nos réponses. Ici, je l'avoue, j'ai vainement cherché à deviner le système du ministère accusateur ; il m'a été impos- de concevoir par quels arguments, je ne dis pas raisonnables, mais du moins soutenables, on pourrait trouver sible dans les pages incriminées un délit cfoutrags à la morale publique , et l'accusation doit, à l'excès même de son ab- surdité, l'avantage de surprendre son adversaire et trouver désarmé. de le
Soyons juste, toutefois tniuistère public tion a dû , ( * 5:> ) et , après avoir écouté l'orateur du reconnaissons que l'embarras de l'accusa- , surpasser encore l'embarras de la défense. eu pouvez juger par Vous avec lequel on a constamment le soin Vous évité d'aborder la question. aviez imaginé , sans doute, que dans une accusation ^outrage à la morale publique , on allait commencer par définir la morale publique ; et puis expliquer comment l'auteur l'avait outragée. Point du tout. Vous avez entendu de nombreux mouvements oratoires % , - d'éloquentes amplifications sur er le XIV, clergé , sur la noblesse, duc de Bordeaux, sur Chambord des personnalités arnères(et beaucoup trop amères ) contre l'écrivain inculpé.... mais de la morale publique pas un mot tout se trouve traité dans le réquisitoire du ministère accusateur, hormis l'accusation. sur Franc >is I , sur Louis sur le \ : , me Ainsi, je tière de tique. « délits Du la presse, me moins, à traiter ces questions une cause étrangère disais— je si ma- d'avoir enfin à défendre, en félicitais de je , poli- ne serai plus condamné que délicates, à la l'on n'aborde qu'avec inquiétude, que l'on ne discute jamais avec une entière berlé. Je n'aurai plus à redouter dence des opinions Tout le monde juger Et l'influence des préventions est d'accord sur les principes nous parlerons commun, que , dans mes juges , le moi de la lï' dissi- politiques. la morale ; un langage opinions pourront comprendre et miaistère public toutes les et , » une morn le politique Voilà qu'on une cause où la politique n'a rien à dénuêler, de parler aux passions politiques! On commence par reprochera M. Courier d'avoir dit irrespectueusement, en parlant du duc de Bordeaux, que son métier est de voilà qu'on nous s'efforce encoie, f lit ! dans régner un jour , et d'avoir employé d'autres expressions également familières ; sans songer que c'est un villageois que l'auteur a mis en scène , et que le langage d'un villageois ne peut pas être celui d'un académicien ! On lui impute crime d'avoir traité un pareil sujet sans dire un seul à mot
l5G ( de tauguste naissance sormais devront écrivaius les seulement de ce qu'ils n'aurout pas dit Vous de l'accusation qu'ils par une réflexion un peu tardive, , se permettre d'en faire un ; et sujet Messieurs , Jurés, les marche incertaine la chaque pas sa faiblesse et sa nullité. qu'on n'ose donner on substitue les lieux - trahit à Aux définitions communs oratoires , \ à défaut de la raison qu'on ne convaincre, on cherche à soulever les qu'on ne peut établir, on la loi, uou justice, ! voyez le la ce n'est pas là l'objet de l'accusation cependant on a cru pouvoir d'accusation de sorte que dé- ; répondre à auroat dit, mais encore de ce EnfiD ! on reconnaît que ) du jeune prince peut passions; au délit de de substituer s'efforce le délit d'opinion. Ce n'est point ainsi que procédera la défense; tout chez Mais avant d'aborder la discussion , elle, sera clair et précis. relative à l'écrit , qu'il nous permis de rappeler soit les considérations personnelles à l'écrivain. Ces considérations ne sont pas tiques indifférentes. la criminalité , peut Dans , délits les purement poli- jusqu'à certain point, être in- la passion , Terreur , dépendante du caractère de l'auteur le préjugé peuvent faire d'un honnête homme , un citoyen coupable mais l'auteur d'un outrage à la morale publique est nécessairement un homme immoral: il y a incompati: : bilité entre la moralité de et conduite et l'immoralité des la principes ,et justifier l'auteur , c'est déjà justifier l'ouvrage. Paul-Louis Courier, l'un de nos savants les plus estimés entra , au sortir de ses de nos plus spirituels écrivains , études lerie , , dans le du génie militaire. distingué par ses talents, rière brillante vahir corps le 5 pouvoir tyrannie; il et dévorer les utiles Officier d'artil- pouvait fournir une carchef de l'armée en- vit le la liberté s'éloigna. Retiré à la journées entre travaux des mais lorsqu'il il , il refusa de servir la campagne, il travaux de l'agriculture lettres et des art*. Gendre d'uu partagea ses et les nobles helléniste ce-
, «} ( lèbrc (i) ; il ) marclia sur ses traces avec honneur ; nous de- recherches le complément de l'an des précieux monuments de ta littérature ancienne l'ouvrage de Longus vons à ses : une lacune importante-, M. Couiier, dans un manuscrit vainement exploré par d'autres mains, découvrit le passage jusqu'alors inconnu et donna un nouveau prix à sa découoffrait , verte par l'habileté avec laquelle , imitant le vieux style et d'Amyot, il compléta la traduction en même temps que l'original. Ce succès eut pour lui des suites grâces naïves les assez fâcheuses le par un bizarre : effet de la fatalité qui semble poursuivre, l'auteur qu'on accuse aujourd'hui pour un. fut alors persécuté à l'occasion d'un roman pasSa fermeté triompha de la persécution. Depuis ce temps retiré à la campagne, cultivateur laborieux père , époux citoyen estimable il a constamment vécu loin de la capitale étranger aux partis quelquefois persécuté, jamais persécuteur ; refusant, pour garder son indépendance, les écrit moral , toral. , , , , , , places qu'on lui offrit plus d'une fois ; se délassant par l'étude des lettres , de ses travaux agricoles , et ne tirant aucun profit de ses ouvrages que les applaudissements du public , , juges éclairés. C'est et l'estime des d'un nouveau travail , là qu'il accusation, bien imprévue sans doute à ses études des , hommes à seschamps qui font Voilà l'écrivain voilà il le llhelliste , à sa famille la gloire immoral que qu'on signale : tels venue l'arracher étrange récompense l'on traduit à votre ! devant vous! indignation y regardât hommes. Par quelle inconcevable honorable dans est , de leur pays conviendrait que l'accusation de s'attaquer à de s'occupait encore honorable pour sa patrie, lorsqu'une à deux fatalité tout ce qu'il la littérature ! fois y a Certes , , avant de plus française, semble -t-il succes- sivement appelé à siéger sur le banc des accusés Y Tour-à— le spirituel rédacteur de la correspondance adminis- tour trative (i) et l'ingénieux M. Clavier, de Ermite de la Chaussée-d? Antin PlnstituA* '7
a58 ( ) l'aQieur des deux Gendres et l'auteur des Délateurs ont porté sur ce banc leurs laurieis, les B< rgasse et les Lacretelle leurs cheveux blancs, l 'archevêque de Ma lin es sa loge , épiscopale le peintre de Maiius ses longues infortunes. La Cour d'assises semble être devenue une succursale de l'acaMessieurs, cette exhubérance de pourdémie française suites, cette succession d'attaques, non pas contre d'obscurs , pamphlétaires, mais contre vains \ les plus distingués de nos écri- guerre déclarée par cette ministère public à la le partie la plus éclairée de la nation française sairement une erreur fondamentale dans l'accusation. Lorsqu'en dépit des persécutions sonnements , des amendes comprendre la loi pouvoir qui les , à user accuse , il les , révèle néces- , docttines de les des , empri- meilleurs esprits s'obstinent à dans un sens opposé au de la loi est évideot que ce pouvoir entend mal la loi, et se fait illusion reur , par un faux système. Cette er- involontaire sans doute ,1e ministère public nous saura gré de la lui signaler. Ede consiste à considérer comme non ce qui est qualifié délit par la loi mais ce aux organes de l'accusation sans réfléchir que dépbît qui la liberté de la presse n'est pas la liberté de dire ce qui coupable , , \ plaît sition au pouvoir, mai» ce qui peut lui déplaire. Une proponous blesse ; nous commençons par poser en principe qu'il faut n ettre l'auteur en j» gercent. Ensuite , comme pour mettre un homme eu jugement il faut bien s'appuyer sur un texte de loi , nous cherchons dans la loi pénale quelque , texte qui puisse, tant bien que mal question. Les uus sont trop précis faire usage : ; , s'ajuster à l'écrit n'y a pas il moyen en d'en d'autres sont rédigés d'une manière plus vague, et par conséquent plus élastiques ; on s'en empare , et c'est nous voyons revenir ainsi que , dans les procès de la presse , sans cesse ces accusations banales (Tattaque contre rité constitutionnelle du Roi cation à la désobéissance et des aux lois , Chambres , Vauto- de provo- d'outrages à la murale publique. Voilà précisément ce qui est arrivé dans le procès de
, »5g ( M» On Courier. cipe ^outrage à , avaient été essayés morale publique la mais leur rédaction : pas permis de s'en servir; il trnge à la morale publique de ces termes offre pourtant lation peut une , a Lllu , , dans texte! , n'a abandonner L'owseul, parce que le sens les , , est resté à la vérité, jorte de latitude et d'arbitraire dont l'accusation profiter. Aussi , remarquez avec quel soin l'accusation a évité de En bonne logique pourtant , , par cette définition qu'elle aurait dû commencer première chose à faire, quand on son intérêt d'éluder est exister ait dans oubliée 5 et c'est : la délit, c'est la première Cela s'explique facilement: les définitions, afin termes de les ! un signale d'expliquer en quoi consiste ce délit chose que l'accusation peut prin- trop précise déhnir la morale publique. c'est le d'autres : auxj'eux des jurisconsultes , aux personnes quin'out point étudié la légis- fixé , ) ne l'accusait pas seulement que le vague qui la loi favorise l'extension il- Nous, dont l'intérêt au contraire, est de toutéclaircir, nous suivrons une marche opposée, et nous nous demanderons, avant d'entrer dans la limitée qu'elle cherche à leur donner. ce que morale publique. discussion , la loi entend par le délit & outrages à la Pourquoi lisons-nous dans la loi ces mots outrages a la morale PUliLiQUE? Pourquoi le législateur n'a-t-il pas dit simplement les outrages à la morale? Que signifie cette : : épiihète (publique Messieurs, un ) qu'il a cru devoir ajouter ? faut il le reconnaître avertissement donné par chargés de poursuivre les : ces expressions sont le législateur délits ; aux fonctionnaires un avertissement de ne point intenter d'accusations téméraires, du code pénal le de ne point faire vengeur de leurs doctrines personnelles, de ne point voir une infraction dans ce qui pourrait contrarier leurs opinions particulières. point n'est école : la morale d'un c'e*t cette contemporaine de La morale du homme, législateur d'une secte, d'une morale absolue, universelle, immuable , la société elle-même , toujours constante n*
^o) ( au -milieu des vicissitudes sociales et supérieure à toutes les opinions de la Divinité , , émanée humaines } qtti n'est point réflexion mais de sentiment, point de raisonnement mais de d'inspiration ; qu'on ne trouve point autre à Paris Philadelphie. C'est cette morale qui sanctionne engagements, consacre la couche conjugale sacré les pères et les enfants Je larcin, le meurtre prend nom le ; flétrit le elle a son la mensonge, les cœurs donc l'écrivain qui outrage la le qui témoignage, conscience publique. morale publique? C'est celui qui ose mentir à l'honnêteté naturelle, à science universelle des lien parce que, fondée sur , dans est un unit par c'est celle-là seule : hommes, les qui c'est elle l'impudicité de morale publique l'assentiment de tous 9a garantie Quel , , autre à , la foi ; mépris celui dont la con- langage soulève dans tous le et l'indignation. N'allez point ailleurs les caractères d'un tel délit. Ici , chercher toute argumentation voilà le témoiest vaine le cri de la conscience outragée gnage que l'accusation doit invoquer c'est la voix du genre humain qui doit prononcer la condamnation. , : : qui vous est déféré outrageait en effet la morale vous n'eussiez po nt supporté de sang-froid la lecture des passages inculpés. Vos murmures auraient à l'instant même révélé votre horreur et votre indignation un cri de vos regards se seréprobation se serait élevé parmi vous Si l'écrit : publique , : : raient détournés avec dégoût de l'auteur immoral conscience n'aurait pas attendu pour se soulever , et votre les sillo- gismes d'un orateur. Est-ce là , vous j'ose le demander, l'impression qu*a pro- duite sur vos esprits la lecture de l'ouvrage ? Avez-vous ressenti du dégoût l'écrit, ne , de l'indignation ? de l'horreur excitée par avez-vous passé au mépris pour l'auteur? Non, crains pas de telle n'est fait qu'il homme je , au , proclamer devant vous-mêmes j je non, point l'impression que vous avez éprouvée. Je pose en qui le n'est point n'en excepte pas sortir dans cette enceinte un seul même de cette audience , l'orateur de l'accusation, refusât de se trouver dans
( même le %6i ) salon avec l'écrivain qu'on accuse duisît ses enfants -, ; qui n'y con- qui ue s'honorât d'une telle société. Con- damnez maintenant l'écrivain immoral et scandaleux Non, ce n'est pas contre des écrits tels que celui qui nous occupe qu'est dirigée la sévérité des lois. Les lois ont voulu ! frapper ces auteurs infâmes qui se jouent de ce qu'il y a de plus sacré, et dout les pages révoltantes font frémir à la fois la pudeur et la nature. C'est contre ces écrits monstrueux que le légistaleur s'est armé d'une juste rigueur c'est contre eux qu'il a voulu donner des garanties à la société; et qu'il me soit permis de m'étonner que ses intentions aient pu être méconnues au point de traduire un père de famille estimable, un écrivain distingué, un citoyen houorable, sur îe banc ; préparé pour de Sadeset pour les Arétin», que dans un discours travaillé avec un art digne d'une meilleure cause, on a cherché à vous faire illules C'est en vain sion sur vos propres impressions, à déguiser sous l'éclat des ornements oratoires, la nullité de l'accusation. Qoe signifient, dans une accusation d 'outragea la morale publique, 1 ces argumentations, ces insinuations artificieuses, ces tions subtiles , ces déclamations éloquentes? rale publique est outragée, et vons en fasse apercevoir tragée , et il que faut ! il faut Quoi! la l'élégante il inducla mo- indignation d'un orateur Ah la discussion ! du moins une chose, puisqu'il est besoin de discuter morale publique, ! que le ministère public morale publique est ou- vienne vous avertir de vous indigner! ministère public prouve Quoi pour c'est établir l'outrage à n'existe point d'outrage à la du que, la morale pu- blique. Toutefois , examinons cette discussion elle-même, et puisqu'on vous a parlé du caractère général de l'ouvrage et du carctère particulier des passages attaqués, suivons l'accu- sation dans la double carrière qu'elle s'est tracée. Considéré dans son caractère général, est , je ne crains pas d'en convenir souscription de Chambord. , l'écrit une de M. Courier critique L'acquisition de ce de la domaine
rf* ( pour Chambord même. Pour le Prince Ce : ront son les enfin pour , le le prince pour , le pa vs, pas lui qui eu profitera; ce se- n'est imposé aux communes , eu il a besoin pour régner séjour de Chambord, pleiu de souvenirs funestes courtisans nom ) une mauvaise affaire pour lui paraît : affaiblira ce sacrifice l'affection dout : mœurs, pourra corrompre sa jeunesse. le pays La cour viendra l'habiter les fortunes les Pour : des \ habitauts, leur innocence, pourront souffiir de ce dangereux voisinage. Pour Chambord Douze mille arpents de terre rendus à ; la culture sacrés à vaudraieut mieux que douze , arpents ixilie con- un parc de luxe. Certes il , rales rien une vue d'économie dans tous de trouver dans serait difficile de contraire à les cas la politique , ces idées géné- morale publique. La dernière est , que je crois très juste, et n'a rien à démêler avec la qui, moiale; les deux premières, sont au contraire, conformes aux principes de la morale la plus pure. En conséquence de ses réflexions M. Courier blâme l'o, , Chambord pération de du prince : il la croit inspirée moins par l'amour de son auguste famille et , que par la flatterie et par des vues d'intérêt personnel. A cette occasion il s'élève au nom de la morale , contre l'esprit d'adulation et , , contre la liceuce des cours. Et ce qu'il y a de tions présentées par Chambord remarquable M. Courier se retrouveot, , c'est contre que la les considéra- souscription de en grande partie, dans le rapport M. parle ministre de l'intérieur (i). M. Courier craint que ce présent ne soit plus onéreux que profitable au jeune prince. Le ministre avait dit « qu'on s a exprimé le désir de la conservation de Chambord sans soumis à S. — » songer à ce quelle coûtera dt réparationsJbncières et (1) Voir le Journal de Paris du 3r décembre 1820.
^63 ( » d'entretien > à toutes , ameublement pensée d'acheter la répond » pas , » de la Lo re qu'exigeront son son habitation. » et Courier se demande M. conçu ) dépenses les si ce sont le$ communes qui ont Chambord pour le prince. « Non -il, les nôtres que , je sache, de ce côté-ci mais celles-là peut-être qui ont logé î Là, naturellement » fois les cosaques » cheter des châteaux pour les » refaire son toit et ses foyers. » Le ministre volé mêmes termes « Les l'acquisition de Chambord n'om » par If s a> toutes presque dans i> gers , , avait dit, out qui ccnseils : point été arrêtés les communes , unes épuisées par le* des la suite PAR L'iNVi ION ET LE LO>G SEJOUR DES etran- du autres apauvries par les fléaux les \ » grêle les embarras de finances qtûéprouvent presque les » GUERRES ^S" deux on s'occupe d'aprinces, et puis on songe à , gelées , les inondations, les incendies ciel ; , la obligées S la plupart de recourir à dfs impositions extraordinaires » pour acquitter les charges courantes de leurs dettes. » £>aus » circonstances d'autres y examiner pour à son zèle. , » nos dettes pour » » devrait moyens répondent donner lai ( , et augmenter une chose uont nous gêner au prince ) » n'appartiendrait qu'à V. M., avait dit le miuistre nom » de refuser, au » M. Courier dit » IL n'a PAS BESOIN. Il sites » « ÙNous allons » l'admiuistratiou , chaque commune , de son auguste pupille, un présent dont il n'a pas besoin. Assez de châteaux seront un jour à sa disposition, et ce sout les Chautbies qui auront à composer, au M. Courier nom paraît craindre de que la nation les toujours suffisamment libres etsponlanées. couc'j les mêmes craintes y> mérite d'être accueilli » ne faut pas ï> ne vît une le « si son apauoge. » Le ministre avait Le don du pauvre, comme demander. sorte de » nelle venue de : , oifrandes ne soient pas le tribut Il serait du avait-il dit, riche , a craindre mais il qj'ou contrainte dans une invitation suleud'une réunion dl ru:, au nom haut
( > soxnages importants » 3> vive impulsion à tous les administrés. Des dons qui ne sont acceptables que parce qu'ils sont spontanés, pasi » raitraient peut-être •» ^4) qui s'occuperaient à donner une commandés par des considérations qui doivent être étrangères à dessenlimeuts dont l'expres- > sion n'aura plus de mérite, si elle entièrement li- n'est » bre. » En critiquant l'acquisition de Chambord , M. Courier n'a donc rien dit qui ne soit permis, qui ne soit plausible, qui ne soit conforme aux observations du ministre lui-même. Nhmporte il a voulu arrêter Vélan généreux des Français : il a voulu s'opposer à V allégresse publique... Quoi donc, blâmer un témoignage d'allégresse inconvenant ou intéressé, est-ce blâmer l'allégresse elle-même ? Parce qu'un nom sacré aura servi de voile à un acte imprudent ou blâmable, cet acte deviendra- t-il également sacrer Pour moi s'il faut le dire je crois qu'il était beaucoup d'autres manières plus convenables d'honorer la naissance du duc de Bordeaux. Je ne parle point ici de ces bruits trop fâcheux qui se sont répandus sur l'origine de cette souscription et sur les moyens employés pour faire souscrire je ne veux ni ni les répéter. Mais ces dons d'argent , de les écouter — : 1 , , : , de châteaux, adressés à l'héritier d'uu tiône , ces fait offrir au riche par le pauvre , par des communes épuisées, au neveu d'un roi de France, s'accordent mal dans mon esprit avec la délicatesse qui doit présider terres, présents qu'on aux hommages rendus par des Français à leurs d'ailleurs oublier que naguères ou , ne puis frir , princes. Je faisait à of- communes, des adresses, des chevaux l'homme qui avait usurpé la liberté publique aussi, par les des soldats , et j'aurais désiré, je % , l'avoue, que l'héritier d'un pouvoir légitime fût honoré d'une autre manière que le ravisseur d'un pouvoir absolu. Croyez-moi , Messieurs, il est pour les princes des hommages plus délicats et plus purs, que l'adulation ne saurait contrefaire et que la. tyrannie ne saurait usurper. Ce sont ,
a65 ( • ) qu'on verse à leur aspect, ces ces pleurs d'allégresse d'un peuple accouru sur leur passage vœux ce sont les joies ; du du laboureur les bénédictions des mères de famille. Voilà les hommages que le peuple français rendait à Henri IV; voilà ceux que ses descendants qu'on ne revous demandent et non ces tributs mendiés pauvre, actions de grâces les , , , fusa jamais à la puissance. Les princes français ne ressem- blent point à ces despotes de l'Orient que la prière u'ose aborder qu'un présent à la main vreté à doter leur opulence, soulager M. , dans la Chambord un souscription de ou une spéculation indiscret et suspect , pau- pauvreté. la pable norer et loin d'obliger la Courier a donc pu, non seulement sans être coumais sans manquer aux convenances les plus sévères , voir , , consacrent leur opulence à ils , iutétessée. , Il acte de flatterie a pu blâmer cet hommage qui compromet, sous prétexte de l'ho- de plus respectable j quelque droit de s'élever contre qui, sous aucun pouvoir , ne fut aperçu parmi a de plus élevé et y tout ce qu'il et celui-là peut-être avait la flatterie , les flatteurs. Si l'esprit général de l'ouvrage est irréprochable, les détails en sont-ils criminels ? Examinons quels les passages sur les- ministère public a fondé sou accusation. le Maintenant que nous avons loi attache à l'expression fait connaître l'idée que la de morale publique , vous aurez peine peut-être à vous empêcher de sourire, en écoulant la lecture de ces passages. La plupart ont si peu de rapport à la morale publique , qu'on versement des notions les se demande par quel étrange rencommunes l'accusation a pu plus , rapprocher deux idées d'une nature Ainsi M. , si Courier veut prouver que différente. le don de Chambord au prince, mais aux courtisans. Après une sortie assez vive contre les flatteurs , il cite le trait de ce courtisan qui disait au prince , son élève , tout ce peuple est ne profitera pas à vous » tisans puis ; , il ajoute voulait dire : : « Ce qui tout est , dans la langue des cour- pour nous. Car la cour donne
( » tout aux princes 2G6 ) comme les prêtres donnent tout à Dieu; » et ces domaines, ces apanages, ces listes civiles, ces ï budgets ne sont guères autrement pour le Roi que le re, abbayes donnez Chambord » venu des n'est pour Jésus-Christ Achetez t cour qui le mangera le » prince /l'en sera ni pis ni mieux. N)est il pas déplorable que Ton soit réduit à justifier de2> : c'est la • î> les tiibunaux un pareil langage Quoi désormais ou ne pourra plus dire, sans se faire une affaire avec la justice, que les courtisans font souvent servir l'auguste nom dd prince^des prêtres, le nom sacré de Dieu a leur intérêt perQuoi! cette vérité de morale devenue triviale à sonnel force d'application, va devenir un délit digne de la prison vant ! ! , ! ! Mais vous outragez les prêtres ! Mais il De s'agit point d'ou- trages aux prêtres vous m'accusez d'outrages à la morale publique ; prouv*zque j'aioulragé la morale publique. AZury outrager une généralité d^tndividus, c est outrager la morale publique. Vraiment ? À ce compte, je plains nos auteurs comiques. Désormais il ue leur sera plus permis de \ dire , sous peiue d'amende, que malades , que les cajjareiiers médecins tuent leurs les sunt fripons que , les femmes sont indiscrètes, et ( punqu'eufiu il faut s'exécuter) que les avocats sont bavards. Au surplus, qu'a ditPauleur à l'égard que Massillon , non moins graves u 'aient dit avant lui et n'aient dit quelquefois d'une manière beaucoup Mais c est calomnier le malheur. Lemalheuii* plussévère Vous oubliez que le clergé figure pour vingt-cinq millions au du clergé que , que le respectable abbé Fleury tant d'autres écrivains , , î* budget de l'état. Ce sont sans doute, des fonds très bien employés \ nous ne le contestons pas mais lorsque cet emploi existe, ne venez donc pas nous parler de malheur, : même pour en tirer un effet d'éloquence. Laissous-là les lieux>communs oratoires, et revenons toujours à l'unique question du procès ai- je outragé la morale publique? ai je du vice? ai-je attaqué les base» de nos defait l'apologie : voirs ï
26 7 ( ) dit M. Courier, si au de Chambord pour le duc de Bordeaux, on nous Dieu » parlait de payer sa pension au collège ( et plût à yeux mes de voir pusse l'y ) , s'il » qu'il fût en âge et que je et vocouseutirais cœur bon de j'y cela, de question » était Je viens au second passage « : Ah ! lieu 2> qu'on voudra.it, dût-il m'en couler ma meilleure » coupedesainfoiu...M^wrt Chambord, quapprendra-t-il? » Ce que peuvent enseigner Chambord et la cour. La , je •» tout est plein de ses'aïeux ; pour cela précisément ï> terais ce •» ne Vy trouve pas bien , nous quavec » avec , et /aimerais mieux quil vécut ses ancêtres. doué d'une admirable sagacité pour découvrir dans ces paroles un outrage à la morale publique. Pour moi je l'avoue j'aurais cru , dans ma simpliparlait en qu'ici l'auteur , loin d'offenser la morale cité lei vanter nous venu était bon et sage moraliste. Oh s'il inviter nous exemple, en ofFrir les nous cours, des mœurs d'avoir à les imiter je conçois qu'alors on pourrait l'accuser faut assurément être Il , , , , ! , outragé Ces la morale; mais mœurs dissolues , a fait il scaudaleuses voulu arracher un jeune prince défenseur des c'est le fensé les mœurs ! précisément , il les a le contraire. censurées; à leur contagion \ il a et c'est lui, accusez d'avoir of- mœurs, que vous au censeur des cours que vou s et c'est venez reprocher l'immoralité de ses doctrines! Ah si c'est un crime à vos yeux de médire de ! la cour , France compte d'écrivains célèbres. Condamnez l'immortel auteur de YEsprit ose des lois. Que direz-vous en effet des couleurs dont il faites donc le procès à tout ce que la tracer le tableau des cours ? « L'ambitiou dan» l'oisiveté, j> 2> 3> la bassesse dans l'orgueil , le désir de s" enrichir 1 sans tra- va ill, l'aversion pour la vérité ; la flatterie , la trahison , le mépris la perfidie , l'abandon de tousses engagements , prince , vertu du delà crainte des devoirs du citoyen, la C ESPÉRANCE DE SES FAIBLESSES, et plus quetOUtcela jecro», » le ridicule perpétuel jeté sur la vertu, forment,
, i 268 ) du plus grand nombre des courtisans, mar» que dans tous les lieux et dans tous les temps. » Mais peut-être récusera-t-on l'autorité de Montesquieu c'est un auteur profane, c'est un philosophe ... Eh bieu écoutons un père de l'église écoutons Massillon non € Que de bassesse pour parvenir Il faut paraître > le caractère , ! : ; , ! s» pas qu'on tel » d'adulation est, mais 00 encense , qu'on nous souhaite. Bassesse tel et on adore 2> prise; bassesse de lâcheté, il s> goûts dévorer des rebuts, et , l'idole qu'on oié- faut savoir essuyer des déles comme recevoir presque » des grâces; bassesse de dissimulation, point de seuti> mentsà soi , et ne penser que d'après les autres; bassses«e » de dérèglement , devenir les complices et peut- être les 2> ministres des passions de ceux de qui nous dépen— 2> Ce dons » sont les n'est mœurs point là une peinture imaginée; ce des Cours, et l'histoire de la plu- » PART DE CEUX QUI Y VIVENT. ...^. 5> sur vos traces Le peuple regarde comme un bon » ; air de marcher honneur en prenant cour; vos mœurs forment unpoi- la ville croit se faire tout le mauvais de la » son qui gagne les peuples et les provinces, qui infecte 2> tous les états qui change les mœurs publiques qui » donne à la licence un air de noblesse et de bon goût » et qui substitue à la simplicité de nos pères et à l'inno> cence des mœurs anciennes la nouveauté de vos plaisirs , > de votre luxe , de vos profusious et de vos indécences 5> , , 3> profanes. (C'est-là précisément ce qu'a dit 2> Ainsi > les •» fices , c'est M. Courier.) de vous que passent jusque dans modes immodestes, qui déshonorent un visage où la vanité des parures la le , peuple les arli- pudeur toute seule » devrait être peinte la fureur des jeux, la facilité des » mœurs la licence des entretiens, la liberté des passions d ET TOUTE LA CORRUPTION DE NOS SIÈCLES. Messieurs c'était aussi pour conserver l'innocence d'un du dernier rejeton d'une race royale, que prince enfant , , , , Massillon élevait sa vois éloquente. Il est trùte de penser
que si Massillon vivait encore, probablement se verrait il traduit sur les bancs d'une cour d'assises ! Au surplus , ce n'est point une assertion sècbe et dénuée de preuves que l'auteur vous présente. Il ne s'est pas borné à censurer les mœurs de la cour il a justifié sa censure par : des faits ces faits; que la conséquence forcée de conséquence, prouvez que les sa critique n'est j avant d'attaquer la sont controuvés. laits que Voici la triple alternative Ou vous niez lui dirai-je monuments et alors, les fondre , ou vous : et alors, c'est les je présente à l'accusation. rapportés dans les faits , l'écrit historiques sont là pour vous avouez vous-même , mais vous en qui outragez : con- faites l'apologie • morale publique: ou vous les avouez et les condamnez, et vous prétendez cependant que j'aurais dû les taire, parce que les coupables ont siégé sur le trône ou près du trône ; et alors, c'est encore au nooi de la morale publique que je m'élève contre vous c'est au nom de la morale publique que je repousse la : cette doctrine honteuse. ront été commis des rois devra garder , mœurs ! des désordres coupables au- ! l'institutrice , Quoi commanderez silence le ! des peuples et l'adultère aura au nom des , aura des vices priviléDes scandales auront uu brevet d'impunité, et si , à souillé les palais, giés Quoi et l'histoire , , mœurs l'aspect des gnation , et vous respect pour l'adultère c'est mon outragées , le mon éclater je laisse , mœurs les l'Egypte honorait leur cendre, et y indi- indignation qui sera criminelle; c'est moi qui aurai outragé Messieurs il ! ! ses rois jugement des morts , mais était elle la jugeait leçon des vivants et de la postérité. Que signifie cette distinction qu'on entre l'histoire et d'autres écrits ? se montrer , des formes privilégiées d'ouvrages dans lesquels C'est, écrivain il s'est efforcé d'établir La la vérité soit pour un genre vérité a-t-elle, ! Existe- t-il criminelle ? faut le dire, c'est la première fois qu'on voit traduit devant les un tribunaux pour avoir rapporté
**•) ( conteste point la sincérité C'est la preque l'accusation vient nous leoir cet étrarjge langage cela est vai ; mais vous ne dcvùz pas le di' e. Nous avons va incriminer des doctrines couda mner des opinious ; des dont on faits mière r.e ! fois : , il nous accuser des souvenirs historiques voir à restait nous manquait de voir traîner sises venté devant la la il \ cour d'as- ! Cest^ dites- vous attenter à la gloire nationale , c est , dépouiller la nation de son plus riche patrimoine. Ce ne serait plus alors qu'une simple question d'amour propre national , non plus une question de morale pu- et blique. Mai< pst- ce donc nation que de flétrir la hommes dont de quelques noms les toire ? Une qui composent? Le patrimoine de l'honneur la nation est- elle solidaire pour tous leundividus national se cornpose-t-il des vices ou des crimes dontelle a été Vous nous reprochez d'avoir attenté à Ai-je donc essayé d'avilir vertus de Sully, darité de la gloire la honte. On a plus ; la la de Racine ? Voilà le vivement encore cusation. Suivons le témoin ? insisté sur le 3 les , patrimoine France peut revendiquer ellenerevendiquera jamais ; le gloire nationale? trophées de Foutenoi les les lauriers de l'honneur national de vices flétrir les figurent dans son his- la soli- la solidarité fme chef d'ac- ministère public sur ce nouveau ter- rain. M. que voisinage de habitans de la mœurs. Voici, Sachez y mais cour , égard, à cet noble de race » doive sa fortune aux > femmes ont fait les » vous cro\ez bieu , comme il redoute qu'il contagion c'est la qu'il n'y a pas en je dis est campagne. Une des choses la plus dans ce voisinage « , comme nous Pavons vu , dangereux pour les simples Courier s'aitache à prouver le le des mauvaises s'exprime : Franceuneseule famille noble et femmes d'antique origine ; vous grandes maisons en cousant les ; , m'entendez. cen'estpas, chemises , qui ne Les comme de leurs
( > ppniîx 27 i ) ni en allaitant leurs enfants. Ce que nous appenous autres, honnête femme, mère de famille, à » quoi nous attachons tant de prix, trésor pour nous, se» Ions , , du » rait la ruine Que courtisan. dame honesta » d'une voudriez-vous qu'il s> sous prétexte de vertus, claquemurée dans son ï> s'attacherait à son j> voir les ména»e mari? Le pauvre homme verrait pleugrâces autour de lui, et n'attrapperait jamais Delà » rien. fît sans amants, sans intrigues, qui, , fortuue des familles nobles que , il en paraît bien 3> d'autres causes, telles ï> l'assassinat, les proscriptions, et surtout le» confiscations, ï Mais qu'on y pillage, le concussions, les regarde, et on verra qu'aucun de ces s moyens œuvre sans la faveur d'un grand obtenue par quelque femme; car pour piller, il faut avoir » commandement 3> par » Cœur ou s> biens, le bon plaisir, l'agrément pu » n'eût être mis en , les femmes le , \ gouvernement, qui ne s'obtiennent que et ce n'était pas tout d'assassiner maréchal d'Ancre , il fallait du , Jacques pour avoir leurs roi, c'est-à-dire » des femmes qui gouvernaient alors le roi ou son ministre. 3> Les dépouilles des huguenots, des frondeurs, des irais> tants, autres faveurs , bienfaits qui coulaient, se répany> » daient par j> Bref , les comme mêmes canaux, » nous autres vilains pour aussi purs que , la noblesse non plus n'y en 3> vail y> c'est..., c'est la prostitution, puisqu'il faut •, la source. ne fut, ni sera jamais, pour qu'un moyen de fortune; c'est le tra- n'est, il il qu'un a , : et mes amis » l'appeler par son nom. » Laissant de côté tous fidèles qu'on a fait les commentaires plus ou moins in- sur ce passage et le réduisant à son , qu'y découvrons-nous? Cette proposition fondamentale, et dont le passage entier n'est qu'un développement: « Que les mœurs des courtisans sont expression la plus simple, > corrompues. » J'aurais difficilement imaginé qne cette morale publique, et que les mœurs des cours dussent être pour nous un objet de vénération. Depuis quand n 'est-il donc plus permis de proposition fût outrageante pour la
27 2 ) ( dire , d'une manière générale , que tel vice , tel défaut , tel genre de dépravation règne dans telle classe de la société? Ici, j'interpelle encore l'accusation. Niez vous les faits? J'offre de prouver. Les avouez-vous les d'avancer ce que j £* J'ai donc eu raison avancé. ai Expliquez-vous enfin d'une manière cathégorique. Est-ce pour avoir controuvé des faits que vous m'accusez? Ce n'est plus qu'une question de vérité historique; nous pouvons la décider avec des autorités. M'accu^ez-vous pour avoir dit des vérités fâcheuses à quelques amours propres ? Alors, je est la loi qui condamne la vérité et qui du mensonge un devoir de morale publique. Mais du moins expliquez- vous parlez-, qu'on sache ce que vous voulez, ce que vous prétendez. Niez franchement les faits, vous demande où fait : ou bien avouez- les franchement sans vous perdre en vaines déclamations qui ne prouvent rien si ce n'est votre embar, , ras et votre faiblesse. Pour, moi le moraliste censurer , je , vous dirai que , l'écrivain satirique les vices généraux de tout temps , l'historien , ont été en possession de , et surtout les , vices des cours. Je vous dirai que l'auteur que vous accusez n'a fait que rediie, avec moins de force peut-être, ce que mille auteurs estimés avaient dit avant lui. On vous a ci'é Massillon et Montesquieu; écoutez maintenant Mézeray et Bassompierre. Mézeray parle de l'introduction des femmes à la cour. « Du commencement, 5> cet dit-il , cela eut de fort bons effets, aimable sexe y ayant amené la politesse et la courde générosité aux 2> toisie , et donnant de vives pointes s âmes bien faites. Mais depuis que Y impur été s'y fut •» mêlée , et que Pexemple des plus grands eût autorisé la » corruption , » tous auparavant une ce qui était » d'honneur et de les vices \ vertu le , belle source advint un sale bourbier déshonneur se mit en crédit de , la saisit de la faveur, on y entrait , maintenait par ce moyen ; bref, les charges et les 3> prostitution se s> on s'y •» emplois se disiiibuuieat à la fantaisie des femmes , et
9 ( *fî ) parceque d'ordinaire, quand elles sont une fois déréglées, elles se portent à l'injustice ; aux fourberies, à la vengeatice et à la malice avec bien plus d'effronterie que les hommes même elles furent cause qu'il s'introduisit de i> très I î> s> , méchantes maximes dans le gouvernement, que et candeur gauloise fut rejetée encore plus Lnn que la chasteté- Cettecorruption commença sous le règne » de François 1" se rendit presqu universelle sous celui j> de Henri II, et se déborda enfin jusqu'au dernier » l'ancienne : , > PÉmoDï sous le 2" IX Charles et de Fr. Henri III, tome 3 Hist. Henri Voyons maintenant comment compte d'un courtisan. « C'était un fjit, et il y a lieu Mezeray III. » , pag. 446-447. Bassomoierre s'exprime sur , de s'étonner homme mal assez qu'il ait réussi en ce temps- ou Pon ne parvenait à rien que par les femmes , dans y comme je pense qu'il en a été de tout temps > toutes les cours et crois que qui voudrait y regarder > de bien près , on trouverait plus de maisons qui se 2» SOKT FAIT GRANDES PAR CETTE VOIE Qu'aUTREMLNT * là , , , ï> Je pourrais multiplier ces citations à 1 infini . faut se il , passons à un autre point. \ Le dernier chef d'accusation a Loiuer d'insistance ou'ou ne été soutenu avec moins quelque chose m'étonne encore, c'est pas entièrement abandonné. Vous penserez et , l'ait comme moi, si sans doute, quand je l'aurai remis sous vos }eux. « O vous , législateurs nommés par les préfets , prévenp? > malheur (le morcellement des grandes propriétés); faites des lois , empêchez que tout le monde ne vive tuez la terre au laboureur et le travail à l'artisan, par de buus priviléges de bonnes corporations. Hâtez-vous ; l'iuduschasse trie , aux champs comme à la ville, envahit tout partout l'antique et uoble barbarie. On vous le dit, on vous le crie que tardez vous encore f qui vous peut repatrie, honneur? lorsque vous voyez là tenir Y peuple ï> emplois, argeut 3> s ? » 2 » y ce ! , , : , , cordons et le baron de .Friuaond 18 >.
~:i ( Je do'n vous le conférer imaginé que monde concevais ne vive, etc. , me et je etc. , tot.t que C'est ainsi seulement ... pu- pou- les d'une accusatioo d'outrage à la possibilité rale publique ministère pour empêcher que voirs législateurs à faire des lois le !e , ironiques de l'au- conseils les gavait , imis qui n'est pas teprocher d'avoir engagé qu'il allait lui et simiiiiulé , de l'accusation le reste au sérieux blic avait pris , ma par uuo méprise étrange , plus étrange que teur dans j la je mo- promettais de vous désabuser facile- ment. Je m'étais trompé et ici , l'accusation a pris mal fondée , mais enfin commun qu'oui de , des députés , avec et concevrais publique, recomposition de , mais c'est une : qu'on vous présente la oiorale la je la trouverais je la passage a trait à la politique le accusation de morale publique tion une autre marche-, d'une accusation politique, S'il s'agissait seuleaieut très puisque : ne la comprends plus. je le la mode ; or, d'élec- grande pro- priété ? aban- (Test insulter la nation que de prétendre qu'elle donne a ses préfets le choix de ses législateurs Mais qu'a donc écrit gouvernement lui-même n'ait dit ces reproches étrangers à la question ici M. Courier , que le ! ceut fois à la tribune ? Les ministres ne nous jouvent entretenus de ment de la nécessité exerce-t-il cette influence ? remment? Et ces agents, ont-ils pas de donner au gouverne- l'influence dans les élections? vernement ? Toujours Et comment Par qui sont-ils, dans ses agents gouappa- le , > les départemens'r préfets. Qu'a donc dit M. Courier? Vous offensez l^s Chambres, en les supposant disposées à faire des lois pour ôter le pain au laboureur. Encore une accusation étrangère au procès , car nous ne sommes point mais d'outrage à la accusés d'offense envers les Chambres Les , morale publique. Je répoudrai d'un offensées , elles seul mol : si les Chambres se croyaient avaient droit de rendre plainte et de pro-
v K~' Voquer de? poursuites. Elles ue ) l'ont pa> fait; sont donc pas jugées offensées; et vous droit, quand gardent elles sileoce le , eiit:s ne *a vous n'avez pas de devancer leur , plainte et d'agir sans leur provocation. Avaut de quitter cette discussion , je veax Messieurs , les vous proposer une épreuve irrécusable pour discerner vérité de l'erreur et pour apprécier les charges de l'ac- jures, la , Vous cusation. et c'est un des plus simples que le contraire d'une proposition par. la, nécessairement une proposition vraie axiomes de tousse e;t , logique la , , : même raison blique n'ignorez pas , toute proposition qui outragera la morale pu- aura nécessairement pour contraire une vérité fon- damentale de morale publique. Ainsi qu'un auteur fasse l'apologiedu larcin ou du mensonge, vous n'aurez qu'à verser sa proposition que , et vous trouverez que sont des actions répréhensibles le larcin le : rer.» tueusonçe ce sont là , % ru effet, des principes de morale incontestables. Si, au contraire, donne qu'un évident que la proposition sens insignifiant la , ainsi indifférent renversée ne nous ou ridicule, il est proposition primitive ne renfermait pas d'ou- trage à la morale publique. Appliquons aux propositions incriminées cette méthode d'appréciation. La cour donne tout aux princes ; Les prêtres donnent tout à Dieu ; Les apanages les listes civiles ne sont pas pour les finces ; Le revenu des abbayes nest pas pour Jésus- Christ ; Le prince à Chambord apprendra ce que, peuvent en, , , seigner Chambord et la cour ; J*aimerais mieux quil vécût avec nous quavec ses ancêtres ; Les courtisans s" enrichis sent par la prostitution. Les préfets ont beaucoup d'i'Jlucn ce dans la nomination 1 des députés.... Pjsnons les proposions ioversôî , et yojom quel est le
*7<S C ) eaiéchisme de morale publique que voudrait nous faire adopter le ministère accusale;ir : La cour ne donne rien aux princes ; Les prêtres ne donnent rien à Dieu Les apanages les listes civiles sont exclusivement pour ; , les princes ; Le revenu pour Jésus- des abbayes est exclusivement Christ ; Le prince n apprendra pas à Chambord ce que peut Chambord J^aimerais mieux qu'il vécût avec ses ancêtres qu avec enseigner nous ; ; Les courtisans ne s* enrichissent pas par la prostitution; Les préfets n'ont aucune injlaence sur la nomination des députés. Voilà ces hautes vérités morales que le ministère public veut nous contraindre d'observer à peine d'amende et de prison Messieurs il n'en faut pas davantage. Il n'est point .' , de subtilité, point de sophisme qui puisseut résister à cette épreuve aussi simple qu'iofiillible; vous en avez vu les ré, sultats Si , l'accusation est jugée. ; après cette épreuve est déféré , vous condamnez l'écritqui vous , plus de loi qui puisse rassurer de conserver sa fortune soit assuré les citoyens , plus ne puisse être condamné, plus d'écrivain qui d'écrit qui et sa liberté. L'accusation tVoutrage a Ix morale publique va devenir pour la France ce que fut, pour Rome dégénérée l'accusation de lèze-ma, jesté. C'est à vous de conserver ses garanties justice c'est à } à la lof son empire vous d'empêcher que De s'égare, et, par un abus déplorable l'instrument des passions amours-propres de jugemeDS : les uns ou des ressentiment publique les politiques offensés. Il est, , dénonce , fruits sont vous le la , ne devienne savez, vengeur des deux sortes ou , à la liberté , glaive de le le de l'erreur, des préventions l'effroi de la société; l'opinion à l'histoire, et l'inexorable histoire les
^77 ( ) inscrit sur ses tables vengeresse» quité rassurent le corps social , les autres : par l'é- dictés missent affei , états, les et sont transmis par la reconnaissance publique à l'estime de Voila quel jugement uous attendons de vous: la postérité. que j'ose croire Ainsi parla M c Berville dans l'expression netteté ne sera point trompée. cette attente avec beaucoup de , de facilité, de force par assez et , A fois. ce discours Paul-Louis voulait ajouter quelques mots; mais sas amis l'en empêchèrent , $a vie parlé en public, pûtsoutenir les entièrement une serait un n'avait de qu'il vrai miracle qu'il convenances du barreau, où , d'étiquette gênante ferait des fautes il de profiter, laient pas remontrant lui que ce regards de toute une assemblée; qu'ignorant les sorte de cérémonial deviner, en et et dont ses ennemis ne demeurerait étonné à contradiction; qu'il n'avait pour là lui même que le établie s'est impossible k , manque— la moindre public, au- dedimiauer à son égard la bienveillance, par une harangue mal dite, peu entendue, interrompue; que les gens de lettres qui avaient tenté cette épreuveavec moins de désavantage , s'en quel on imposait silence , dont risquait qu'il ne devait pas se flatter, écrire quelques brochures passables, de pouvoir étaient rarement bien tiros pour avoir su il ; aussi bien se faire entendre de vive voix, ces tant pas seulement fort différents contraires autant des écrits couime et il que au langage , l'était, et du choix l'est de deux arts plusieurs points concision la diffus er. qui , fait le , n'é- mais mérite tribune; qu'enfin, piqué la de l'absurdité de l'affaire des jurés, et de la mauvaise foi en elle-même du procureur du roi, et de la partialité servile du président ,il ne pouvait manquer de s'exprimer vivement avec peu de mesure et de gâter sa cause aux yeux de tout le monde. Il se rendit à , , ces raisons , et prit moins répondre, sateurs , et patience en enrageant de ne pouvoir au confondre ses accumieux aimé qui lui veulent du mauvais sens de le chose facile assurément : car , s'il déférer eu cela aux conseils de gens sages n'eût
*7*> ( bien soit , principes par attachement personnel , eût prononcé ce discours , il , d'approchant ; Mi'éSIETJRS Dans ou conformité d* ou quelque choie , qae vous a dit M. l'avocat- généra', je comprends il désapprouve les ternies doul je nie suis ce ceci claiieruent : pour désigner la source , respectable selon lui, trè-.impure, selon moi, des fortuues de cour , et la manière 6eivi dont aussi dénonce parlé des grands dans l'imprimé qu'il j'ai comme contraire à la morale, scandaleux vous licen- , Pour moi, aux premières nouvelles d'une peu sûr Je mon intention n'ayant à me reprocher aucune pensée qui méritât ce degré de biàme, je crus d'abord qu'aisément j'avais pu me méprendre sur le sens de quelques mots et donner à entendre une r/hosë pour une autre, en expliquant mal mes idées. Car comme savent assez ceux qui se mêlent un peu déparier ou d'éctire rien n'est si rare que l'expression juste 5 on dit presque toujours plus ou moins qu'on ne veut dire, et par l'exemple même de M. l'avocat du roi cieux , horrible. pareille accusation, à laquelle je m'attendais , , , , , me nomme qui ici libelliste homme , avide de gain spécu^ , tuteur d'injure et de diffamation, vous avez pu juger coiu- bieu de la il est plus facile d'accumuler dans un' discours ces traits haute éloquence, que d'appliquer à chaque chose Je crus donc avoir en aucune façon. lire Il une page dont failli, Messieurs, et ne m'en étonnais je f jsse d'écrire sans faute. Mais rant le tout , et satisfait , à part syllabe, je vous dis la pure vérité reprendre qu'une seule ehose , bien en examinant ceci attentivement, chaque phrase l'auteur ma vie , de moins encore m'est rarement arrivé, dans avec des gens qui n'ont nulle envie de ment pour le ion, langage qui conviennent exactement. le style, le , : , me flatter , chaque mot considé, chaque nous n'y avons trouvé mais grave une chose dont M. lo et à lâcheuse vrai- procureur /lu roi
( ne point avisé; s'est dans c'est *79 ) que cet ec, passages inculpés, ni dans les n'y a rien de nouveau, rien qui fois. En effet qu'y , voit- on , vies de l'avidité A proprement parler, l'auteur homme qui crie Venez, accourez, un cour la vovez découvert tout j'ai cela. bas- Que sa malire la de> singes, le venin des reptiles, et la rapacité des : les , de ce pamphlet : de proie : il corruption des la , courtisans. est rien de l'ouvrage, n'ait été dit et redit mille Y le» sesses, la lâcheté, l'hypocrisie rapprend il le re s te animaux naïveté vous amuse un moment; riez-en, si vous voulez mais le condamner après, comme ayant outragé ces classes distinguées de malfaisantes bêtes l'envoyer en prison ah ce serait ; , ! ; conscience. Pas un mot, Messieurs, pas un mot né se trouve dans imprimé qui ne soit partout dans les livres que chacun mains et que vous approuvez comme bous. Mou avocat vous l'a fait voir par de nombreuses citations; non cet a entre les seulement les les orateurs, prédicateurs et choses déjà dites , Tellement écrit, si qu'il les les historiens, les moralistes, mais pères de l'Eglise ont dit ces avant eux counues de tout et que paraîtrait bien ce n'est ignorance à lui, temps. l'auteur d'un pareil et simplicité villageoise, d'avoir cru digue de l'impression des observations gaires, s'est mêmes un peu moqué du public, en lui si vul- débitant pour nouveau ce que les moindres enfants savent. Mais queile Iol du Code a prévu ce déW" ï Quant aux expressions qui déplaisent a vous, Monsieur Lo président, à M. l'avocat du roi débauche , prostitution, et autres que je ne feindrais non plus de répéter, c'est une , grande question entre les philosophes, de savoir si. l'on peu!, du discours en soi n'a rien de mauvais, comme lorsqu'on blâms certains vices en les appelant par leur nom. La dispute est ancieune, et pécher par ce sont les , mots les paroles , quaud le sens notez bien, ce sont les sectes rigides qui croient iodifférenj. Nous •ninion de nos maîtres si autres aines , paysans gens de , tenons travail cette jadis.
8o .Nous regardons aux dans discours le non , ) actes surtout au langage peu ; le sen* nous touche. Mais , ; termes les d'autres pensent autrement, et les sage^ suivant la du peut compter messieurs lesquels on parmi mots, selon eux, plus sévères que ceux qui les toute dans les grimaces. Ainsi Georges Dandia mais où !a que , dont je me trouve publique, par hasard vous scandalisent paroles les là , admirée, dégoûtante débauche, la et dans églises les la , chanter ici: j'entends Gabrielle, je m'écrie aussitôt : la Est-ce prison. morale le , le les , magistrats conc'est que cette mandat de comparoir. procureur du mœurs qu'on nous prêche vieilles On me le et même Charmante Ga- roi Oui, Messieurs, fait? l'avocat- infâme créature, débauchée, prostituée. Là-dessus, réquisitoire, Pour venger rendre. des champs, corruption infecte; je mœurs. Apprenant ce que servateurs des applaudissent moi qui offense la morale. Autre exemple en tous lieux , en action, figurée, en public , an grand contentement de tous , et Monsieur , c'est prouvera bien. irielle est homme général, je rougis en voyant représentée murmure, mettent n'y voient rien à ils , mœurs qu'on veut nous peinture des vieilles Moi où l'adultère prononce pas se est toute la qu'on joue sur vos théâtres et d'autres pièces mot ne le , redire, rien contre la morale ;> La morale roi, sont farouches sur les paroles. dans cour, procureurs les conclut à la j'ai parlé des aujourd'hui, delà vieille que l'on nous vante ; sans cacher ma mes paroles, j'ai dit sale débauche, in- galanterie des cours pensée, fâme ni voiler prostitution, et Mais je suis quoique vous en gage , et me du peuple disiez, voilà devant vous ; M. , aimables s'il était , Messieurs. ne suis pas des hautes classes le président \ , j'ignore leur lan- pu l'apprendre. Soldat pendant longu'ayaut vu que les camps et les comment saurais-je donner aux vices des noms n'ai pas temps, aujourd'hui paysan champs je , et polis. Peut-être, aussi ne le veudrais-je pas, en moi de quitter nos rustiques façons de dire pour vos expressions, vos formules. Dans cet écrit, d'ailleurs, je
( *8i ) laboureur» , habiparle à des geas comme moi; villageois tants des campagnes; et si Ton m'imprime à Paris, vous , savez bien pourquoi , Messieurs c'est ; qu'ailleurs y a il des préfets qui ne laissent pas publier autre chose que leur pour qui éloge. Les gens mot , ne savent ce que veulent à chaque chose dit mainte fois n'entendent point à demi- j'écris que c'est nom le le , finesse, nom délicatesse nous valons mieux que nos pères , , et Leur ayant français. ( proposi- m'a toujours paru sans danger, car elle n'offense pour le prouver, il m'a fallu leur dire les morts) tion qui que les , mœurs du temps passé. termes mêmes de tant mémoires ; cureur du puis roi , il J'ai cru faire merveille d'user des d'auteurs qui nons ont laissé des que ces termes choquent approuve daus mes auteurs se trouve qui les poursuit partout ailleurs. Pouvais-je deviner cela me douter seulement que des traits délicieux , le pro- , et les prévoir j divins, ve- , nant d'une marquise de Sévigné , d'une mademoiselle de Montpensier, ou d'une princesse de Conti répété par moi, (étaient horreur et que les propres mots de ces femmes , , célèbres , loués, admirés dans leurs écrits, dans les miens, seraient des attentats contre la décence publique. Oh mes rale que vous serez bien surpris, bonnes gens du pays , quand vous saurez que notre mo, mes amis, que ces mêmes disà Paris passe pour dêshonnête ! voisins , , , cours qui là-bas vous semblaient austères pudeur et scandalisent les magistrats! vous pas prendre de la sévérité, de la , ici alarment la Quelle idée n'allez- pureté des mœurs dans on intermet au rang des vauriens roge sur la sellette l'homme qui chez vous parut juste et de paix , dont la vie fut au village exemple de simplicité de régularité. Tout de bon , Messieurs, peut-on croire que cette capitale, où l'on , , , , , celle accusation soit sérieuse Y le Ou trouver la moyen de moindre apparence, le se l'imaginer ? moindre soupçon d'of- dans un écrit dont le public i non seulenieut approuve la morale , mais la juge même trop r'gide pour le traiu ordinaire du monde, cl dont plusieurs fense à la morale publique ,
,, *&* ( moqueraient te comme appuyé, soutenu de lait qu'il y , pratique et de foi qui m'ont averti de cela. Dans rarement ce qui vous dépl&ît. Ce sont oit. les écrits , n\ à - croii4 gu des .> cIj vou5 attaqur Quand vous critz /. U morae à après beaucoup de doute, pour fonder une accusation, vous , prenez quelques passages les plus abominables, vantables que vous ayez pu découvrir v; ici s'il procureuis les te n'est pas la morale qui vous ble^e. Ici, d'hésitation , vie tout enliè ? la commence je , m'a vrai dans ce qu'on de vos façons d'agir, Messieurs instruits îoi du a la En bonne de celui qui parle. ) d'un sermou de Janséniste ; les plus épou- et ces passages la écoutez, de giâee, Messieurs; Juges et Jurés, écout*/. : pouvae saus frémir, ces horreurs que l'on tint» prêtres donnent tout à Dieu; les leçons xbt la cour ne sont pas tes meilleures ; les p> éfets quelquefois jfoht des législateurs; nos princes avec nous seraient miertst qu'avec leurs ancêtres. C'est là ce qui vous émeut, avocat* généraux et procureurs du roi pour cela vous faite? laat de bruit! Votre zèle s'enflamme et la fidélité.. Non , vous avez beau dire il y a quelque autre cho=e ; si tout était de ce ton dans le pamphlet que l*on poursuit au nom de la dési vous le dénonce /es : ! 1 , . , ceuce et des mœurs , si tout eût ressemblé a ces phraus ou n'y eût pas pris garde -, et la morale publique lie serait pas offensée. Prenez, Messieurs , ouvrez ce scandaleux pamphlet aux passages inculpés , calomnieux, horribles, pleins de noirceur atroces. Vous êtes étonnés, vous coupables , , ne comprenez pas drez alors et , pourquoi ; mais tournez vous entendiez l'on se fùche, et vouscompren- le feuillet, l'affaire ; vous devinerez bientôt d'où vient qu'on ne veut pas Messieurs , liiez Un Vous y voilà; Tin jeune prince au collège C'est cela même. Que dis- je Y il s'agit de morale, de !a morale publique ou de la mienne, je croi< ou de telle du pourtant dire ce qui fàcbe. Feuilletez : , prince.... , . pamphlet qui me , n'importe: font cette affaire voient antre ehése ; ils morale la 5 ils est l'unique souci de ceux n'oot point d'.-mtte obj^ cherùseat U morale et la 1 u
, 283 ( ensemble , l'un et l'antre en Des gens out aimé Mais que vous de i/èles pas fait cela cour la la ) même liberté et , vous temps. Pourquoi Bonaparte à Messieurs , les la vous devez vouloir dans vos ramilles * on im~ jurés? vous j'imagine. Etrangers à ses , i. t'ois la véritable momeries , honnêteté, non pas un jargon, des manières. Conterez vous , sortant un homme a osé dite que à vos femmes à vos filles les dames d'autrtfuis , ces grandes dames qui vivaient avec d'ici , tout le monde, excepté avec créature» là 5 coupable je l'ai déclaré on va ; le homme- mettre en prison pour ne manquez pas Charmante Gabriclle ; et d'aoui, mes filles, ma femme, celte Gabrielle si , vous leur contez cela après de le*r faire chanter jouter encore leurs maris, étaient d'indignes appelle de* prostituée»; J'ai puni cet les ; il morale. Jurés la : , : , : une charmante personne. Elle quitta son mari pour était vivre avec le sans quitter le roi, elle vivait avec 1 roi et , , d'autres. Aimable friponnerie fiue galanterie, coquetterie du beau monde Il y a des gens, mes fille», qui appellent cela débauche; ils offensent la morale, et ce sont des co, ! quins qu'il faut mettre en prison. Evitez, sur toutes choses les mots, mes tant filles , mots de débauche, d'adultère les ; , et que vous vivrez, gardez-vous des paroles qui blessent le bon ton \ ainsi faisait la charmante Ga- décence, la briclle. Voilà ce qu'il vous faudra dire dans vos familles, me condamnez si vous mais à et non seulement à vos familles toutes vous recommanderez de tels exemples , de telles mœurs. Autant qu'il est en vous, delà France industrieuse, savante ici et sage qu'elle est, foi> en \ , , vous en ferez me punissant , moi , cela sent le .'iccle non comme , France galante d*autrevous prêcherez de l'avoir blâmé quittez ces habitudes d'ordre se la ckez vous, dans vos maisons présent. , ailleurs. le vice, Femmes , de sagesse, d'économie; tout Vivez à la mode des vieilles cours Ninon de l'Enclos;, qui restaient filles, ne mariaient point pour pouvoir déposer dalles-mêmes rc* ces ,
, »8{ ( ) comme colles qui le bramoins timides, s'engageaient exprès, afin de n'avoir aucun frein , se faisaient épouses pour eue libres ; qui prenons garde d'offenser encore la morale comme ces belles Voulaient vaient nœud le coDJugal mais ; , ! dames enfin, dont dans coupable. l'écrit arrêt, s'il la conduite est naïvement représentée y aura cela de curieux dans votre la vérité de Il m'est contraire, que ne pouvant mer cette peioture des anciennes mœurs ïuoiguage des contemporains vous étaient telles, Y ) (car qu'opposer au té- tout en avouant qu'elles , me condamneriez seulement pour les avoir appelées mauvaises. Ainsi vous les trouveriez bonne», ri engageriez un chacun à vous jurés, , à les imiter ; chose peu croyable de moins que vous n'ayez des grâces à demander, des faveurs et vos profils particuliers sur la dépravation commune. Il serait aussi bien étrange qu'ayant loué le présent aux dépens du passé, je n'en pusse être absous par vous, gen» d'à présent par vous magistrats qui vivez de notre temps, , , , que vous me fissiez repentir de vous avoir jugés meilleurs que vos devanciers, et d'avoir osé le publier car cela mente est exprimé ou sous-entendu dans l'imprimé qu'on vous dénonce, et où je soutiens bien ou mal, que le monde actuel vaut au moins celui d'autrefois, ce qui j>uppose que je vous préfère aux conseillers de chambre ardente aux juges d'Urbain Grandier , de Fargue aux Laubardemont, aux d'Oppède , vous croyant plus instruits, oui Messieurs moins esclave* plus justes, et même du pouvoir. Est-ce donc à vous de m'en dédire de me prouver que je m'abusais et serais-je, par vous, puni de vous avoir estimé trop ? J'aurais meilleur marché je crois des morts dont j'ai médit , si les morts me jugeaient que des vivants loués par moi. Tous les écoliers de JÀamus, revenant au monde aujourd'hui conviendraient sans peine que les nôtres eu savent plus qu'eux, et sont plus sages far au moins ils ne tuent pas leurs professeurs. Les dames gdanleï de Brantôme, en avouant la vérité de ce que j'ai «:e me semble \ -, , , , , , , "r* , , , ;
,, ( dit délies, s'étonneraient a# du ) qu'on prend do leur soin putation. Si j'osais évoluer ici, par l'ombre du grand Lombardemont procureur du en sou temps roi s«n successeur d ; , de ce zélé , prendrait il de ce dévoué , mon parti contre avec moi contre vous Monsieur vous soutiendrait que vous et nous, serait l'avocat-géuéral, ré- un privilège d'orateur et , comme en tout vivons mieux que nos anciens, je l'ai dit, le redis, et le dirai, dussiez- vous, Messieurs, pour ce délit, me condamner au maximum de la peine. Mais n'eu fdites lien, et plutôt écoulez ce que j'ajoute ici. J'ai employé beaucoup d'étude à counaitre le temps passé à comparer les , hommes d hui , avec ce qui et les choses d'autrefois trouvé et j'ai mieux maintenant disent le , contraire, , foi de paysan ou moins mal. ils n'ont pas Si quelques uns comme moi , aujour- est trouvé que tout va j'ai , vou3 compulsé , tous les registres de l'histoire, pour savoir à quoi s'en tenir. Ceux qui louent de Ainsi la croire là-dessus, plus que lui le passé ne connaissent que morale et , non pas sans nul doute , le , et c'est : mon autorité sienne en cette matière. Pourquoi? Par la je viens et la de vous dire, l'élude, qui faitque par d'autres raisons encore : que messieurs loisir et la depuis les trois mille ans jusqu'à Aristote, laDgue il même prévaut sur la raison que j'en ai plus appris deux parties, théorie, je suis plus fort roi , ayant eu plus qu'eux les sages nos jours. homme Montaigne, Plutarque, J'en sais roi. la volonté de méditer ce que fiez-vous-en, Messieurs, à un en faut qu'il même car la morale a Dans procureurs du théorie et la pratique. présent. le moi procureur du Messieurs et Mes le en ont écrit principes qui chaque jour dans l'Évangile de Jésus-Christ. Le procureur du roi la en dirait- autant V lui, occupé de toute autre chose: car enfîu devoirs de sa charge, les soins toujours assez lit les nombreux d'une louable ambition, sans laquelle on n'accepte point de d'autres devoirs qu'impose tels emplois, et d'autres soins , la société assemblées à , ceux qui veulent y jeu , repas , cérémonies tenir , un rang tant de soucis -, , visites d'amu-
, 286 ( sements, laissent ) de temps à peu 1 hrtmme en phce l poiir s'appliquer à la morale que j'étudie sans distraction. Je doij la savoir théorie. mieux et la sais , Quant active, chose à noter ma champs, vie aux me de vanités, sirs, n'en doutez pas , ma à la pratique, même contemplative en et , libre pour et voilà \ la vie laborieuse, studieuse, temps, dépassions, d'intrigues, de plai- donnerait trop d\*vautages daos quel- que ce fût et je puis je dois même dire que fût-ce je ferais honneur à ceux avec qui je me comparerais même avec vous, Monsieur le procureur du roi. Oui, sur ce banc où vous m'amenez et où tant d'autres se sont vu condam- que parallèle , , , , ner à des peines infâmes ma morale sur ce banc , au-dessus de est quelque point de vue qu'il même vous je , le dis vôtre, à tous égards la , sous vous plaise de l'envisager, et si l'un de nous en devait faire des leçons à l'autre, ce ne serait parole pas vous qui auriez la lement, que je me que , je reçois ne dont et ^ par où j'entends montrer seu- de l'espèce d'injure tiens point avili la home , s'il y en a est et , demeurera toute à ceux qui s'imagineraieut m'outrager. En monde ne effet, le s'abuse point, et les sentences des magistrats ne sont flétrissantes qu'autant que le public a confirmées. Caton fut comme ayant offensé crate, et sais dans même le flatteurs sieurs ; de part; oui la , jespère, , si j'ai tion. je veux qu'on je bien Mais par , les mourut ni So- le est soit le votre arrêt pris , Mes* en mauvaise sache, et regrette : en respectant ne l'attends pas néanmoins pour con- fait. J'en aurais n'ayant encore que mon œuvre si , que ne sera point plus de gens à m'ecouter ici votre jugement, m 'arrive, Socrate morale. Je ne suis Caton puissance. Quel Messieurs qu'il n'y ait naître la ^ de combien il s'eo faut. Toutefois me voilà chemin, poursuivi par les hypocrites et les ceci et condamné cinq fois mal que l'on la me pu douter avant ce qui mon inleu- conscience de veut , je comprends que bonne. Aussi n'aurais-je fâché personne, personne ne m'eût applaudi. La voix publique se déautant qu'elle le peut aujourd'hui, m'appret.i clarant
(*8 7 tf que penser, je dois et ce monde de que ) sans doute , vous pensez , qu'on accuse devant vous. P irmi tant de gens qui l'ont lu, de tout âge, de toute conj'ajoute même encore, et de toute opinion je n'ai dition itvec tout !e l'écrit , , vu nul qui ne m'en parût grâce au ciel, satisfait quant morale, et d'un rang, d'une fortune qui ne flatterie. Uue chose donc fort assu- suis je m'exposent point à la aucuu doute, rée, dont je ne puis faire m'approuve, me loue. Si cepeodaut déclarez coupable , le à la j'en souffrirai c'est que le soit ainsi, , comme à que public me Messieurs, vous de plus d'une façon chagrin de n'avoir pu vous agréer mais j'aime mieux qu'il , si , outre tant d'autres, le contraire arri- que je fusse absous par vous , coupable aux yeux de moude. Voilà ce que Paul-Louis voulait dire. Ces paroles et vait et , tout le , d'autres qu'il eût puajouter être ^ force car } , en de tels débats , , n'eusseut pas été perdues pentla voix de l'accusé a une grande mais peut-être aussi n'eût-il pas empêché par- jurés de le condamner, comme et quasi sans délibérer , ils ont fait , là les unanimement tant le fait leur parut éclairci par lumineuse harangue de M. l'avocat-géuéral. Le président Paul -Louis est-il coupable ? Oui. posa deux questions la : cojpable Non. La cour renvoie Bobée condeux mois de prison et 200 francs d'amende. Appel en cassation. Si le pourvoi est admis , Bobée est-il damne Paul-Louis ? , à l'accusé parlera, et touchera des points qui sont encore intacts dans cette affaire vraiment curieuse.

289 ( ) PÉTITION A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS , POUR DES VILLAGEOIS QUE EMPÊCHE DE DANSER. l'OjN M ma demande est plus important qu'il n e bien qu'il ne s'agisse, au vrai, que de danse et d'amusements , cependant, comme d'une part ces amuseL'objet de semble ; car , ments sont ceux du peuple , et que rien de ce qui le touche ne vous peut être iudifférent ; que d'autre part, la religion ou compromise , pour mieux dire &'y trouve intéressée par un zèle mal entendu je pense , quelque division qu'il puisse y avoir entre vous, que tous vous jugerez ma requête , , divine de votre attention. Je demande qu'il soit permis habitants d'Azai de danser commune ,et que le , comme par dimanche sur toutes les défenses fuites , la le passé, aux place de leur à cet égard, parle préfet, soient annulées. Nous y sommes allons intéressés, aux fêtes d'Azai La dislance des , nous comme gens de Véretz, qui ceux d'Azai viennent aux , deux clochers n'est que de deminous n'avons point de plus proches ni de meilleurs voisins. Eux ici , nous chez eux , ou se traite tour noires. lieue euvirou :
, ( on midi à tour, api es se diva ) sur la place , jours d'été. Après midi viennent les violons les , w dimanche, on danse le lit sur quoi j'ai deux reet les gendarmes en même temps marques à faire. Nous dansons au son du violon mais ce n'est que depuis nne certaine époque. Le violon était réservé jadis aux bals , ; des honnêtes gens. Car d'abord lut rare en France. il Le grand roi fit venir des violons d'Italie , et en eut une compagnie pour faire danser sa cour gravement noblement, les cavaliers en perruque noire, les dames en vertugadin. , Le peuple dansait peu payait ces violons , ne s'en servait pas, mais , au son de quelquefois Voici la musette ou corne- pèlerin jouant de sa danse Guillot saute Perrette. Nous , les neveux de ces Guillots et de ces Perrettes , quittant les façons de nos pères , nous dansons au son du violon comme la cour de Louis-le-Grand. Quand je dis comme , je m'entends } nous ne dansons pas gravement ni ne menons , avec nos muse, témoin musette ce refrain : le , ; , femmes nos maîtresses et nos bâtards. mière remarque ; l'autre, la voici. , Les gendarmes encore que les se sont multipliés dire vrai, ce n'est gouvernement ministre , bien plus est du village, et à demandons, mais le passerions aux fêtes pas nous qui les partout aujourd'hui, s'étend jusqu'à nos danses le préfet en France pre- violons, quoique moins nécessaires pour la Nous nous en danse. ma C'est là , où ne se il fait cette et ubiquité pas un pas dont ne veuille être informé , pour en rendre compte au de savoir à qui tant desoins sont plus déplaisants \ plus à charge, et qui en souffre davantage , des gouvernants ou de nous gouvernés surveillés c'est une grande question mais que je laisse à part , de peur de me et curieuse brouiller avec les classes ou de dire quelque mot tendant à , , , je ne sais Outre ce qu'on mune , quoi. ces danses ordinaires les nomme l'assemblée une qui reçoit à son tour dimanches fois l'an, les autres. et fêtes, il y a dans chaque com- Grande affluence ce
, 2 9* ( jour-là , grande joie pour ) jeunes gens. Les violons n'y les croire. Au premier coup chacun mène sa prétendue. Autre part on joue à des jeux que n'afferme point le gouvernement au palet, à la boule, aux quilles. Plusieurs, cependant , parlent d'affaires , des marchés se concluent ; mainte vache font faute , comme vous pouvez d'archet, on se place, et : est vendue qui pu n'avait l'être à la foire. Ainsi ces rendez-vous blées ne sont pas des de assem- seulement, plaisir du public et de chacun et le lieu pas non plus indifférent. La place d'Azai semble faite exprès pour cela 5 située au centre de la commune en terrain battu, non pavé, par là, propre mais touchent où elles les intérêts tiennent se , n'est , à toutes sortes de jeux et d'exercices, entourée de boutiques, portée des hôtelleries, des cabarets à se font sans boire; ; peu de marchés car peu de contredanses terminent sans vider quelque pot de bière; nul désordre, jamais l'ombre se d'une querelle. C'est l'admiration des viennent voir quelquefois que nos fêtes , populaires se sans coups de poings Anglais qui nous ne peuvent quasi comprendre passent avec tant de tranquillité et comme chez eux, sans meurtres comme comme en Allemagne. en Italie, sans ivres -morts Le peuple quoiqu'en disent les notes secrètes. pour avoir temps de penser à mal, et s'il est vrai ce mot ancien, que tout viee naît d'oisiveté, nous devons être exempts de vice, occupés comme nous le sommes six jours de la semaine , sans relâche, et bonne part Nous du son est sage, travaillons trop septième, chose que blâment quelques uns. , et je Ils ont rai- voudrais que ce jour-là toute besogne cessât il ; faudrait, dimanches et fêtes, par tous les villages, s'exercer au tir, au maniement des armes , penser aux puissances étrangères qui pensent à nous tous les jours. Ainsi font les Suisses nos voisins , et ainsi devrions-nous yens à nous défendre en cas de noise avec lier la au ciel et à notre innocence, charge en douze temps cosaque. Je l'ai dit et le , il ; , pour être Car de se vaut bien mieux apprendre et savoir redis faire les forts. au besoin labourer , ajuster un semer à temps
( aux champs dès être 2 92 ) matin, ce n'est pas tout Aligne récolte. s'assurer la le plants tes vigneras Tau qui vient, et quelque jour du bon feras vin. Mais qui ne te tiens prêt à le pendant qu'il en conviendrait pas , le les Dieu aidant, tu ta si , Von-, Messieurs, songez-y, temps-, est tu pro boira ? Rostopschin lui disputer. vu , faut il : mon ami, , avisez entre vous circonstances présentes s'il ne ou immi- du dimanche, <ans préjudice delà messe à des exercices qu'approuve le Dieu des armées tels que le pas de charge et les feux de bataillon. Ainsi pourrions- nous employer, avec très grand profit pour nentes, de vaquer lesaint jour , , pour nous des moments perdus à la danse. Nos dévots, toutefois l'entendent autrement. lis voudraient, que ce jour-là, ou ne fît rien du tout que prier et l'état, et , dire ses heures. C'est la meilleure saire , l'affaire du Mais salut. le chose et la seule percepteur est là nécesil ; faut payer et travailler pour ceux qui ne travaillent poiut. Et combien pensez- vous qu'ils soient à uotre charge ? enfants, vieillards, mendiants, moines, laquais, courtisans; que de gens à entretenir, et magnifiquement la plupart! Puis la splendeur du trône, et puis, la Sain'.e-Alliance 5 que de coûts, quelles dépenses! et pour y satisfaire, a-t-on trop , de tout sou temps? Vous le savez, d'ailleurs, et le voyez, ceux qui haïssent tant le travail du dimanche Messieurs , eavoient des garnisaires augmentent le budget. Nous devons chaque année, selon eux, payer plus et travailler moins. Mais quoi? la lettre tue et l'esprit vivifie. Quand l'Eglise veulent des traitements commandement de s'abstenir œuvre servile, il y avait des serfs a fjit ce toute , , à certains jours de alors liés à la glèbe pour eux, eu leur faveur, le repos fut prescrit; alors n'était saint que la geut cotvéable ne chômât volontiers; ; il le maître seul y perdait, obligé de les nourrir, qui, sans cela les tût accablés de travail ; le précepte fut sage et la loi salutaire, dans ces temps d'oppression. Mais depuis qu'il uy a plus pi Gel) ni haubert*, qu'affranchis, peu s'en faut, de l'an-
29,3 ( lîtmc servitude payé est , ) nous travaillons pour nous quand l'impôt nous ne saurions chômer qu'à nos propres dépens; , nous y contraindre, c'est.... c'est pis que le budget, car le budget du moins profite aux courtisans , mais noue oisiveté ne profite à personne. Le travail qu'on nous défend, ce qu'on nous empêche de faire, vêtement qu'où le vivre et le nous ôie par- là, ne produisent point de pensions, de grâces, de traitements, c'est nous nuire en pure perte. Les Anglais, en voyant nos surprise font tous , la même montrent tous la même mais , parmi eux il fêles, réflexion •, , a qu'elles étonnent davantage, ce sont les plus â«és y en , qui, venus en Franre autrefois, ont quelqnr mémoire de ce Touraioe et le peuple des bons seigneurs. m'en souvient jeune alors j'ai vu avant celte grande époque où soldat volontaire de la révolution, j'abandonnai des lieux si chers à mon enfance , j'ai vu Ie« paysans affamés, déguenillés, tendre la main aux portes et qu'était la vieille Do fait , il : , , , partout sur les chemins, aux avenues des villes, des couvents, où leur inévitable aspect était le tourment rie ceux-là même que la prospérité commune indigne, désole aujourd'hui. La mendicité renaît, je lésais, et va faire, si des rhâteaux , , ce qu'on dit est vrai teindra de j'en ferais moi , , de merveilleux progrès; aux autres sembleraient ioventésà plaisir; écoutez un un homme du grand siècle observateur exact et , témoin , c'est Labruvèe. ; animaux farouches, des mâles et des femelles répandus dans la campagne, noirs, livide* nuds et tout brûlés du soleil attachés à la terre qu'ils fouillent et remuent avec une opiniâtreté inviucible. Ils ont comme une voix articulée et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine; désintéressé « '/> » y> » » mais n'at- long-temps ce degré de misère. Les récits que seraient faibles pour ceux qui l'ont vue comme On » et en ; son dire ne peut être suspect voit, dit-il, certains , , , , , effet ils sont des » dans des tanières , où 9 racines. Ils épargnent ils hommes ; ils se retirent la vivent de pain noir aux autres hommes la , d'eau nuit et de peine de se-
*94 ( ) mer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méiileut » ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé. » » Voilà propres mots ses qui avaient du pain , du ; il heureux , de ceux et c'était le petit nombre parle des travail , alors. Labruyère pouvait revenir, comme on revenait autreet se trouvera nos assemblées il y verrait non seulement des faces humaines mais des visages de femmes et de filles plus belles surtout plus modestes que celles de sa cour Si fois, , , , tant vantée, mises de meilleur goût sans contredit, parées avec plus de grâce même si langue joliment, ( , de décence doucement si dansant mieux ; chose particulière au pays ) , , parlant la mais d'une voix articulée, qu'il en serait content , non dans des tanières maisons proprement bâties et meublées. ces animaux dont il a fait la description , je crois. Il les verrait le soir se retirer, mais dans leurs Cherchant il alors , neles trouverait nulle part et sans doute bénirait la cause, heureux changement. entre toutes celles de nos villages, attiraient un concours de monde des champs, des communes d'alentour. En effet depuis que les garçons, dans quelle qu'elle soit Les fêtes , d'un si graud , si d'Azai étaient célèbres , , depuis le temps que nous commençâmes d'être à nous, paysans des rives du Cher, la place d'Azai fut toujours notre rendez-vous de préférence pour la danse et pour les affaires. Nous y dansions ce pays, font danser les comme avaient aucun scandale d'homme , et nos pères et nos mères, sans que jamais fait , filles, c'est-à-dire aucune plainte en ne causant aucun trouble cice fût nepeusioasguères, sages de ce droit antique, , avenue , de mémoire comme nous sommes , devoir être troublé dans l'exerlégitime, acquis et consacré par un si long usage fondé sur les premières lois de la raison apparemment, c'est chez soi qu'on a car et du bon sens , , ; droit de danser , et où le public sera-t-il chez lui , sinon sur publique ? on nous en chasse néanmoins xxojirmari du préfet, qu'il appelle arrêté, naguère publié, proclamé au son du tambour, Considérant , etc., défend de danser a la place ;
295 c avenir ; jouera ui .1 dut ne dans Où de punition. et ce, sous peine point danser du tout de M. l'arrêté le préfet On notre l'été, nous nuis ; , notre assemblée de fut , sur ladite place un c'est comme signifia cette défense Le désappointement grand pour ailles <j dansera-t-on % Y nulle part ; cela n'est pas dit clairement } entre lui et d'autres puissances puis. ) boule ou aux la il article secret a bien paru de- quelques jours avant , Saint- Jean. la graud pour tous les jeunes gens , marchands en boutique et autres qui avaient compté sur quelque débit. Qu'arriva-t-il ? la fêle eut lieu , les inanimée, languissante; triste-, nombreuse comme dispersée et dansa hors du village ia coudiette , l'assemblée se ça et Malgré là. au bord du Cher , sur gazon le , peu oa , sous que les échoppes du cela est bien plus pastoral ; tiut l'arrêté, marché de meilleur effet dans une ég!ogue,et plus poétique en un mot. Mais chez nous gens de travail c'est de quoi ou se soucie peu 5 nousaimcus mieux après la danse, uue omelette au lard dans le cabaret prochain, que le murmure , , , , , de» eaux et l'émail des prairies. Nos dimanches d'Azai depuis Peu de gens y viennent de dehors sont abandonnés, aucun u 1 j' reste. On sereud à Vérelz où l'affluence est grande parce que là nul arrêté u'a encore interdit la danse. Car le curé de Véretz instruit, octogénaire quasi mais ami est un homme sensé de la jeuuesse trop raisonnable pour vouloir la réformer sur le patron deaùges passés, etla gouverner par des bulles de Boniface ou d'Hildebrand. C'est devant sa porte qu'on danse, et devant lui le plus souvent. Loin de blâmer ces amusements , qui n'ont rien en eux-niêmes-que de fort innolors , , , et , , , , , cent , il sence et y assiste et croit le respect de décence le et bien faire, que chacun lui y ajoutant par sa pré- porte , un nouveau degré d'honnêteté. Sage pasteur, vraiment pieux puissions-nous loug-temps conserver pour du pauvre, l'édification t-jujuiuot , où l'uuioi, la sa du prochain prudence uiaiutieul coucoide. et le la le , soulagement repos de cette paix , le cxlme »
*96 ( ) est un jeuDe homme bouildu séminaire conscrit de l'église impatient de se distinguer. De? son installation, militante et semble avoir promis à Dieu de l'aboil attaqua la danse lir dans sa paroisse, usant pour cela de plusieurs moyens, Le curé d'Azai lant de zèle au contraire , . à peine sorti , , , , dont le principal l'autorité du cher de danser de rire. et préfet. Bientôt ! <eul efficace préfet, le , il jusqu'à présent réussit à est , nous empê- bientôt nous fera défendre de chanter et et , le Par q'ie dis-je ? y il a eu déjà de nos jeunes gens mandés, menacés, réprimandés pour des chansons, pour avoir ri. Ce n'est pas comme on sait, d'aujourd'hui que les ministres de l'église ont eu la pensée de s'aider du , bras séculier dans la conversion des pécheurs n'employaient que l'exemple du maître. Car Jésus avait dit n'avait pas dit: Allez avec par et la le préfet déclara , et depuis , : , où les apôtres parole, selon le précepte Allez et instruisez. Mais il des gendarmes; instruisez de Saint-Thomas l'ange de l'école de nettement qu'on ne doit pas contraindre à bien On ne nous contraint pas, il est vrai on nous empêche de dan?er. Mais c'est un acheminement ; car les mêmes moyens qui sont bons pour nous détourner du péché, peuvent servir et serviront à nous décider aux bonnes faire. ; œuvres. Nous jeûnerons par ordonnance , non du médecin, mais du préfet. Et ce que je viens de vous dire n'a pas lieu chez nous seulement. Il eu est de même ailleurs , dans les autres communes de ce département où les curés sont jeunes. lieues d'ici , par exemple, à Fondettes , de-là du Cher, pays riche A quelques les deux ri- heureux, où l'on aime le travail et la joie, autant pour le moins que de ce côté, toute danse est pareillement défendue aux administrés vières delà Loire et , par un arrêté du préfet. Je les fêtes dis toute danse sur la place, où amenaient un concours de plusieurs milliers de per- sonnes des villages environnants et de Tours, qui n'en qu'à deux lieues. Les hameaux est près de Paris, les Bastides de Marseille, au dire des voyageurs , avec plus d'afilueuce,su.
y 29; ( tout en gens do ville, avaient moins d'agrément, de rusbals champêtres de du pré Saint-Gervais ; ces fêtes ont cessé ^ car le curé de Fondettes est aussi un jeune homme sortant du séminaire comme celui d'Azai du séminaire de Tours ; maison dont les élèves , une fois en besogne dans la vigne tique gaîté. N'en soyez plus jaloux Sceaux , et , , du Seigneur, en veulent divertissement , et faire extirper d'abord tout plaisir, tout d'un riant vilage un sombre cou- Trappe. Cela s'explique on explique tout dans où nous sommes ; jamais le monde n'a tant raisonné sur Je< effets et sur les causes. Le monde dit que ces jeunes prêtres, au séminaire, sont élevés par un moine, un frère piepus, frère Isidore, c'est son nom homme envoyé dfS hautes régions de la monarchie afin d'instruire nos docteurs, de former les instituteurs qu'on devine à nous réformer. Le moine fait les curés les curés nous feront moines. Ainsi l'horreur de ces jeunes gens pour le plus simple amusement, leur vient du triste piepu*. qui lui-même tient d'ailleurs sa morale farouche. Voilà comme en remontant dans les causes secondes on arrive à Dieu cause de tout. Dieu nous livre aux piepus. Ta volonté, Seigneur, soit faite en toutes vent de la : Je siècle -, , , , , choses. Mais qui l'eût dit à Ansterlilz! Une . autre guerre que font à nos danses de village ces jeunes séminaristes sans qu'on , c'est la confession. Ils confessent les ne leur donnent l'absolution qu'autant qu'elles promettent de renoncer à la dame, à filles , y trouve à redire , et quoi peu d'entre elles consentent, quelque ascendant que doive avoir, et sur leur sexe et sur leur âge, ciuq ans suit , à qui les aveux ; un confesseur de vingt- le secret nécessairement, donnent moyens pour persuader Le , mais et l'intimité qui tant d'avantages les péniteutes aiment plus souvent aussi elles aiment un danseur , s'eu tant , la qui de danse. , après quelque temps de poursuite et d'amour , enfin devient un mari. Tout cela se passe publiquement ; tout cela est bien , et eu soi beaucoup plus décent que des conférences tête-à tête avec ces jeunes gens vêtus de noir. Y a-t-il de quoi £&*
, *)S) ( tonner que de tion, et cette que attachements l'emportent sur l'absolu- tels nombre le communiants des année de plus des trois faute eu est toute au pasteur quarts qui , les , diminue se trouve qu'on à ce met dans La dit. d'opter le cas entre ce devoir de religion et les affections les plus chères de la vie préseute, montrant bien par là que le zèle pour conduire les âmes ne suffit pas, même uni à la charité. Il y faut ajouter encore la discrétion , dit saint cessaire aujourd'hui, daus ce ministère pieux Paul aussi né- , qu'elle fut , au temps de l'Apôtre. En effet, peuple le est comme sage, déjà dit j'ai sage de beaucoup et plus heureux aussi qu'avant plus , révolu- la moins dévot. Nous il est bien dimanche à la paroisse, pour nos aifaires pour y voir nos amis ou nos débiteurs nous y allons; combien reviennent (j'ai grand honte à le dire), sans tion; mais faut l'avouer, il allons à la messe le , , l'avoir entendue partent , leurs , affaires faites saus être , Le curé d'Azai à Pâques deruièie* t voulant quatre hommes pour porter le dais, qui eussent communié ne les put trouver dans le village il eu fallut entrés daus l'église. , ; , prendre de dehors En dévotion. tant est rare chez uous , voici la cause , je crois. propriétaire, ivre encore, épris il ne voit que cela chi de même , Le peuple l'industrie petite , se , et loisir, penser au pouvait écouter, méditer le où était à la terre ciel nant il pense quelle il , qui une maison travaille, amasse n'a d'idée que celle-là, d'autre chose , différence qu'à la travail il prenait paiole de Dieu et son espoir, sa consolation. Mainte- présent ni dans l'aveuir qu'un champ 1» nouvel affran- donne tout au oublie le reste et la religion. Esclave auparavant, du , d'hier est possédé de sa propriété; , ne rêve d'autre chose quant à , et , , est à lui et , le qu'il le fait vivre. Djus paysan n'envisage plus a ou veut avoir , pour la- sans prendre repos ni repas. et vouloir l'en Il distraire, lui parlet perdre sou temps. Voilà d'où vient l'iubon droit nous reproche l'abbé de la Men- c'est nais, en matière de religion. Il dit bien yrai j nous uc
2 99 ( sommes pas de ces tièdes sion de Saint-Paul ) que Dieu vomit , nous sommes froids, , suivant l'expresc'est et pis. le proprement le mal du siècle. Pour y remédier et nous amener, de cette indifférence, à la ferveur que l'on désire , il C'est faut user de ménagements, de moyens doux car d'autres produiraient un effet opposé. admirable , Aussi leur âge ne Pour en mal ce qu'entendent est nécessaire, Je zèle dire ici d'ailleurs le et attrayants, La prudence y dont ces jeunes curés, n'est pas assez selon la science. , porte pas. ma pensée , j'écoute peu les déclamations contre la jeunesse d'à présent, et tiens fort suspectes me plaintes qu'en font certaines gens, mot vengeons-nous par en médire lement; mais on va plus loin (si pourtant ) ; commence vrai dans ces discours, et je à on médisait seuil doit me avoir y même fusillée, montrent de de notre bon curé de Véretz , milieu de nous riste mais celui d'Azai \ n'avait pas moins , même ments, où de fait volontiers danser place blic. car ; que il ce fût ai que remplace , , et disait garçons, que là le sémina- et s'était fait de paroissiens, partageant leurs leurs peines filles et Mes- déjà cité, qui semble un père au comme on n'eût su que reprendre l'approuvait , , de modération une famille de tousses joies, leurs chagrins, lieu bien éloignées de la sagesse telles dispositions retenue de leurs anciens. Je vous la sieurs aux peut ne valoir guères aujourd'hui, puisque ces jeunes prêtres, dans leurs pacifiques fonctions, pieds, et du persuader que la jeunesse séculière, sans mériter d'être sabrée, foulée ou les rappelant toujours le et leurs ; amuse- voyant très principalement sur la bien plus qu'en quelque autre mal rarement se fait en pule rendez-vous des le Aussi trouvait-il à merveille que jeunes filles et de leurs prétendus , qu'ailleurs, plutôt qu'au bosquet part loin des regards, comme seront tout-à-fait supprimées. cette suppression mortels , , ni Il de mettre il fût sur cette place plutôt ou aux champs n'avait la , quelque quand nos fêles garde de demander arrivera danse au rang des péchés ou de recourir aux puissances pour troubler d'iu-
, m (3o) nocents plaisirs. Car , enfin ces , jeune": gens, disait— tF doivent se voir, se connaître avant de s'épou<er, pourraientlà , sous blic , ils les yeux de leurs amis souverain juge en fait de bien, mœurs et dans où se de leurs parents et et du pu- d'honnêteté ? tout le pays, regretié de en fut oneques, irréprochable dans ses s'il conduite, sa , de convenance Ainsi raisonnait ce bon curé, homme et jamais rencontrer plus convenablement que comme sont aussi , à vrai dire, de ces ancieos-là. Car il ne se peut voir rien de plus exemplaire que leur vie. Le clergé ne vit pas maintenant comme autrefois, mais fait paraître en les jeunes prêtres successeurs Heureux Heureux fruit de la persécution soufgrande époque où Dieu visita son Eglise. Ce tout une régularité digne des temps aportoliques. effet de la pauvreté ferte à cette n'est pas ! un des moindres biens qu'on doive à la révolution, devoir non seulement les curés, ordre respectab'e de tout temps, mais les évêques avoir des mœurs. Toutefois il est à craindre que de si excellents exemples faits pour grandement contribuer au maintien de la religion, ne soient en pure perte pour elle, par l'imprudence des nouveaux prêtres qui la rendent peu aimable au peuple en triste , la lui montrant ennemie de tout divertissement sombre sévère il offrant de tous côtés que pénitence à faire, et tourments mérités, au lieu de prêcher sur des textes plus convenables à présent Sachez que mon joug est léger , ou bien celui-ci: Je suis doux et humble, de cœur. On ramènerait ainsi des brebis égarées que trop de rigueur effarouche. Quelque grands que soient nos péchés nous n'avons guères maintenant le temps de f*ire pénitence. Il faut semer et labourer. Nous ne saurions vivre en moines, ea , , , : , dévots de profession Les règles , dont toutes les pensées se tournent vers pour eux, détachés de la terre, et comme dufumier regardant tout le monde ne convienne») point à nous qui avons ici bas et famille et chevauce, corn nu dit le bon homme, et malheureusement tenons à toutes ces le ciel. faites , choses. Puis, que faisons-nous de mal , quand nous ne t fai-
(3oi sements, nos jeux en eux-mêmes jours défêtes place d'Azai est devant danser devant Dieu pères y , ? Nos délas- n'ont rien de blâmable par aucune circonstance. Car ce qu'on alla danser; celte place Nos les , ni lègue au sujet de c'est ) quand nous ne navjillons pas sons pas bien, , , pour nous empêcher d'y l'église , dit-on c'est l'olTeuser } et dausaieut, plus dévots que nous , ; danser là , depuis quand? à ce qu'on nous Nous y avons dansé après eux le saint roi David dansa devant l'arche du Seigneur, et le Seigneur le trouva bon ; il en fut aise dit rÉcrilure ; et nous qui ne sommes saints ni •lit. ; , néanmoins, ne pourrons danser rois, mais honnêtes gens devant notre église , qui n'est pas l'arche, mais sa selon les sacrés interprètes. Ce que Dieu aime de de nous d'Azai sera profauée du l'offense ; l'église acte qui sanctifia l'arche et le temple curés jusqu'à ce jour étaient ils de Jérusalem méctéants , figure ses saints, même ! Nos hérétiques, im- ou prêtres catholiques aussi sages pour le moins que Ils ont approuvé de tels plaisirs et piis part à nos amusements , qui ne pouvaient scandaliser que les élèves du piepus. Voilà quelques unes des raisons que pies , , des séminaristes Y nous opposons au trop de zèle de nos jeunes réformateurs. Partant, vous déciderez, Messieurs, s'il ne serait pas convenable de nous rétablir dans le droit de danser comme auparavant, sur la place d'Azai, les dimanches et fêtes , vous pourrez examiner s'il est temps d'obéir aux , moines et d'apprendre des oraisons, lorsqu'on nous couche puis en joue de près , à bout toute l'Europe eu armes batterie et la Ycrclz touchant, lorsqu'autour de nous fait l'exercice à mèche allumée. , 1J juillet 1822. feu, ses canons en

PROSPECTUS D'UNE TRADUCTION NOUVELLE D'HÉRODOTE, CONTENANT UK FRAGMENT DU LIVRE TROISIÈME ET LAPRÉFACE DU TRADUCTEUR.

( 3o'i ) PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XlÉcvrÉE de Milet le premier écrivit en prose, cuj selori Phérécyde peu antérieur aussi bien que l'autre à Hérodote. Hérodote naissait quand Hécatée mourut, vingt ans ou environ après Phérécyde. Jusque là , on n'avait su faire encore que des vers ; car avant l'usage de l'écriture, pour arranger quelque discours qui se pût retenir et trans- quelques mettre, uns il , fallut bien s'aider sens dans des d'un rhythme mesures à peu près réglées et clore le , sans quoi il n'y moyen de répéter fidèlement même le moindre réTout fat au commencement matière de poésie les fables eût eu cit. , , } religieuses, les vérités morales, les généalogies des dieux et des héros } domestique les préceptes de l'agriculture et de l'économie sentences proverbes contes, se déque chacun citait ou pour mieux dire^ chantait dans l'occasion aux fêtes aux assemblées par-là , on se faisait honneur et on passait pour homme instruit. C'é- bitaient , oracles eu vers , , , , , , tait toute la littérature qu'enseignaient de profession , justifiée propre les rapsodes, savants mais savants sans livres long-temps. l'écriture fut trouvée non : plusieurs blâmaient cette , encore aux yeux de bien de gens à ôter l'exercice de mémoire ; Quand inve- tion, on la disait et rendre l'esprit padu vieux temps vantaient la vieille méthode d'apprendre par cœur sans écrire, attribuant à ces la resseux. Les amis nouveautés, comme on Cadence des mœurs et le le peut voir dans Platon ,etla dé- mauvais esprit Je ne décide point, quant à moi, s'il y tut uu Homère , si de la jeunesse. Homère de quoi on veut douter écrivit, nr aussi. Ces -
3o6 ( ) questions, plus aisées à élever qu'à résoudre, font entre les savauts des querelles où je ne prends point de pani j'ai assez d'affaires sans celle-là, et je déclare ici, pour ne fâcher : personne, que j'appellerai Homère l'auteur ou les auteurs, comme ou voudra des livres que nous avons sous le nom d'Iliade et d'Odyssée. Je crois qu'on fît des vers long-temps avant de les savoir écrire; mais l'alphabet une fois connu, , sans doute on écrivit autre chose que des vers. usage d'un art est pour les besoins de la vie; Le premier accords et marchés furent écrits avant les prouesses d'Achille. Celui qui s'avisa de tracer sur une pomme ou sur une écorce, le nom de ce qu'il aimait avec l'épithète ordinaire Kalc, ou , peut-être Ralos , suivant les mœurs grecques et antiques , eux escelui-là écrivit en prose avant Hécatée Phérécyde : , décomposer des discours suivis sans aucun rhythme mesure poétique et commencèrent par des récits. saj'èrent ni , L'histoire était en vers alors et les c}r cliques avaient faits dont la mémoire comme tout mis dans leurs se conservait parmi le reste. Homère peu de hommes. Hoà peine du filet chants le les mère fut historien mais la prose naissante encor débarrassée, s'empara de l'histoire, en exclut ; sie , comme , de bien d'autres sujets; car d'abord les la poé- scien- ces naturelles et la philosophie, telle qu'elle pouvait être, appartinrent à et d'instruire tenant, et, la poésie, chargée seule en ce temps d'amuser on : dispute jusqu'à la tragédie lui chassée bientôt du l'épigramme. C'est que vraiment l'esprit humain , main- théâtre, elle n'aura plus la et les vers l'enfance autres contempteurs que poésie est l'enfance de du style , n'en déplaise osé ap^ mal à propos que les combats de Salamine et des Thermopyles, bien plus imn'aient point trouvé d'Homère portants que ceux d'Illion qui les voulût chanter on ne l'eût pas écouté, ou plutôt Hérodote fut l'Homère de son temps. Le monde commena Voltaire et peler vile prose. ce qu'ils ont Voltaire s'étonne , ; çait à raisonner, voulait avec moius d'harmonie un peu plus La poésie épique, c'est-à-dire histo- de sens et de vrai.
( 3o; ) Hque,se tôt, et pour toujours , quand Venue en quelque perfection. la prose se fil entendre î Les premiers essais furent informes*, il nous en reste des Fragments où se voit la difficulté qu'on eut à composer sans mètre, et se passer de cette cadence qui , réglant , soutenant Je style la pardonner tant de choses. La Grèce avait dé faisait , grands poètes Homère, Antimaque, Piudare, . et parlant langue des dieux, bégayait à peine celle des hommes. catée de Milet ainsi devise semble être véritable divers et , , ; 'écris f car des Grecs ; comme à moi paraissent but d'Hécatée dans son histoire; : Charon , ils Hémè il propos sont tous les risibles. Voilà le dé- continuait de ce ton : des contes à dormir debout. Hérodote il comme au sujet ce n'étaient guère que des légendes assorti d'ailleurs fabuleuses de leurs anciens héros de Xanthus et , ceci , ; peu de Même faits noyés dans façon d'écrire fut celle Hellanicus et autres qui précédèrent à proprement parler ^ n'eurent pointde style, mais des membres de phrases tronçons , jetés l'un sur l'autre, heurtés sans nulle sorte de liaison ni de correspondance comme témoigne Démétrius Ou l'auteur , quel de l'élocution. Hérodote suivit de près livre qu'il soit ces , , du premiers inventeurs de la prose, et mit plus d'art dans sa diction, moins incohérente, moins hachée toutefois, en celte partie^ est peu de chose au prix de ce qu'on vit depuis. La période n'était point connue, et ne pouvait l'être dans : son savoir un temps où il n'y avait encore ni langage réglé ni la moindre idée de grammaire. L'ignorance là- dessus était long-temps après, s'étant avisé dé telle j que Protagoras distinguer les noms en mâles et femelles , ainsi qu'il les ap, , pelait s'en , cette subtilité nouvelle fut admirée moquèrent, comme sées dans les farces il arrive toujours du temps. De de règles, viennent tant maire et dote qui n'ont ni conclusion , sonnable ce , et dt bonhomie ne et laissent pas , ; 5 quelques uns on en fit des ri- manque absolu de gramde phrases dans Héro— ni fin, ni construction rai- pourtant de plaire par un de peu de malice , moins étudié que ne 30* air l'ont
3nS ( ) cru les anciens critiques. Ou voil que dans sa compositiou le nombre et l'harmonie il cherche, comme par ioslinct, et semble quelquefois deviner la période; mais avec tout , ce que il n'a su agencement des phrases cela , , au temps de Philippe alors, se vantant prose que d'être le style soutenu, et cet du discours un mieux pratiqué encore des mots qui fait découvert par Lysias tissu, secret depuis c'était et et , d'Alexandre. n'eut peut-être point taDt de tort. , de restes mutilés ses ouvrages, dont ou aperçoit un assez regretter, Théopompe premier qui eût su écrire eu le art la Dans quelques perte ne se peut que d'autres n'ont pas connu. Mais ce style pour achevé n'eût pas convenu à Hérodote devait faire , et le temps où il écrivit. si les récits qu'il C'était l'enfance des société*; des hommes à Thémistocle, est il rodote , de sortait à peine la plus , vrai, dès ce temps-là philosophe irouvait à redire; mais honnêtes gens on du vivant d'Hérodote, sacrifiait Bacchus Onieuès, c'est-à-dire mangeant cru. affreuse barbarie. Athènes il n'osa s'eu expliquer , c'eût été outrager la morale religieuse. : dévot, put très-bieu assister à cette , y de peur des Hé- cérémonie, et pirle de semblables fêtes avec son respect ordinaire pour les On jugerait par là de son siècle et de lui , si ne montrait pas dans quelles épaisses ténèbres était plongé le genre humain, qui seulement tâchait de s'en tirer alors, et fit bientôt de grands progrès, non choses saintes. tout d'ailleurs dans les sciences utiles, la religion s'y les arts des Faurore de cette lumière encore dans même il les sortait, langes , , et s'il faut ainsi parler son style dut avoir , mais dans innocence de la diction, , d'où lui- et défait a cette naïveté, bien souvent un peu enfantine, que finesse opposant Le temps d'Hérodote fut comme il a peint le monde goûts qu'elle favorisait. les critiques appelèrent unie avec un goût du beau de sentiment qui tenaient et une à la nation grecque. Cela seule distingue de nos anciens auteurs avec lesquels il a d'ailleurs tant de rapports, qu'il n'y a pas peut être
3o 9 ( <me phrase d'Ifeiodote, plus gracieuse je dis ) une, sans excepter pas la- ue se trouve eu quel- plus belle, qui et la qu'eudroit de nos vieux romanciers ou de nos premiers historiens, enfouie si d'ordures, et nommer. se doivent ainsi comme était c'est On Py trouva mais , Por dans Ennius, sous des ias ùe fiente , en quoi notre français se peut com- parer aulatiu, qui resta long- temps négligé, inculte, sacrî- une langue étrangère. Le grec étouffa le laliu à se» commencement, et l'empêcha toujours de se développer fié à : autant en depuis fit plusieurs siècles. le latin Non aiais après Virgile et à Rome, Froissard. le- latin On boire; on au français pendant le Ennius ^ seulement alors qu'écrivait Horace , la belle langue chez nous au temps de ne parlait français écrivait le latin que vants et beaux esprits, tout ce de cours c'était le grec Joinville et d<? que pour demander lisaient, y qu'il à. sa- étudiaient avait de gens tant peu clercs eleamera compolorutn paraissait bien plusbeau que la chambre des comptes. Celte manie dura et soit même ; n'a point passé; des inscriptions nous disent, eu mots. de Cicéron , qu'ici est le marché Neuf ou bien !a place au«L Veaux. Que pouvait faire un pauvre auteur employant, l'idiome vulgaire Y Poètes, romanciers vaient dans le picard le ou de ses divins cas de le , prosateurs se trou- Eu écrire Pétrarque eut honlfi. parce qu'ils étaient italiens ; et depuis , bas-breton. tercets , ceux qui maiutenant voudraient Italie, pas à Machiavel d'avoir écrit l'histoire autrement qu'en latin , faute que ne fit pas le président de Thou. Partout la langue morte tuait la langue vivante. ne reprocha-t-ou Lorsqu'enfin on s'avisa et non , fort tard, d'écrire plus seulement pour les doctes, core dans ces compositions, qui ainsi pour le latin le jamais n'eurent caractère simple des premiers ouvrages grecs , public domiua en- dictes le parla- nature. La littérature geecque est la seule, paBnéed'uue autre, mais produite par timent du beau chez un peuple poète, en effet, qui nesoii l'instinct et lé senfi mcie , avec rai-» ••- 1/
( son, se 3io ) dieux, tenant son dit inspiré des dit-il, sans être enseigné homme. d'aucnn art des dieux,, Il n'a point eu lui-même sou maître, ne passa point dix ans dans le fond d'un collège à recevoir le fouet, pour apprendre quelques mots qu'il eut pu, chez lui, savoir mieux en cinq, ou six mois \ il chante «e qu'il a vu non pas ce qu'il a lu t et il nous le faut lire, non pour l'imiter, mais pour apd'anciens, fut , prendre de à lui nous çlose à , lire dans nature la aujourd'hui lettre- , qui ne voyons que des habits l'étude de l'antique ramène les arts au simple , des usages , \ hors duquel t point desublime. Hérodote et Homère cous représentent l'homme sortant; de l'état sauvage, non encore façonné par les lois complic'est-à-dire, quées des sociétés modernes \ l'homme grec le plus heureusement doué à tous égards ; pour la beauté, qu'on le demande aux statuaires elle est née en ce pays-là ; l'esprit, il n'y a point de sots en Grèce a dit quelqu'un qui n'aimait pas Les Grecs et ue les flattait point. Aussi, tout art vient d'eux , toute science ; sans eux , nous ne saurions pas. , , , même nous bâtir des demeures, ni mesurer nos champs, nous ne saurions pas vivre. Gloire , amour du pays , vertus des grandes âmes , où parurent-elles mieux que dans ce qu'ils ont fait et d'une Le ; jamais davantage. Il il commun y , La guerre de l'Europe contre allait pour nous de la civilisation , d'être ou barbares et la querelle était celle du monde enpour qui le germe de tout bien se trouvait dans Athènes. , L'ancienne, l'éternelle querelle Grèce eût succombé si la que les n'y en eut de plus grand ni qui nous touchât policés tier commencements deux auteurs. que nous montrent sujet leur est l'Asie Ce sont ces ce qu'ils font encore. telle nation le progrès , du genre humain \ maine mais et comme d'autres il , de son d'aucun événefut arrêté depuis par la férocité ro, dans être, pût dépendre d'une bataille ni ment à Salamine et non que je pense se débattait c'en était fait, la perfection même influences qui faillirent à perdre la civi-
3n ( Nsalion sa naissance le triomphe du barbare. non dans le patois esclave, par , écrivirent, Ils ) eut péri pour un long temps à Salanuue, de» elle , Froissard, uos Joinville , mais dans comme nos langue belle alors la t c'est-à-dire ancienne; car en la déliant du rhylhme poé- tique poésie même formes de lui conservèrent les ils , sions et les mots hors du dialecte la commun expres- les le passage d'Hécatée: Ecataios Milètios ô de mutheitai en italien, (car cette langue a aussi sa phrase la , témoin , au lieu de , qui, mots pour , me semble, Ecateo Mile- poésie) se traduirait bien, ce sio cosifaoeLla et ses façon vulgaire cosi dice la Eca- outo legei Ecataios o Milèsios ; la différence paraît d'abord. Au grec, il neraanque pour un vers, que le mètre seul et le rhylhme, qui même revint dans la prose api es Hécatée; mais ce n'est pas de quoi il s'agit. Le dialecte teo y , poétique, chez les Grecs, était le vieux grec; en Italie, vieux toscan v qu'on retrouve dans le coutado de Sièue et du val d'Arno. Il ne faut pas croire qu'Hérodote ait écrit la langue de son temps commune eu lome ce que c'est le , ne fit Homère même, ni Orphée, ni Lious ni de plus car le premier qui composa, mit s'il y eu eut pas anciens , , ; dans son style des archaïsmes. autre chose que avaient fait le etupruntaul les qu'ont les fait a plus et anciens Grecs traduisaient en passant, dans , suave si mêle il le ses , , du grec. de Plalou, quant au style , , est fait ce plus giej cent De même trois n'est comme chez nous, de Rabelais et aussi deux ou , plus qu'il peut d'Hésiode. La Fontaine expressions de Marot que ceux qui soit dit ionien tous ses devanciers prosateurs de phrases d'Homère fois Cet vieux altique auquel premières Pascal , lettres, qu'aucuu traducteur de Platon. Que ces conteurs des premiers âges de la Grèce aient langue poétique dans leur prose, on n'en saurait douter après le témoignage des critiques anciens,, et d'Hérodote qu'il suffit d'ouvrir seulement pour s'en conconservé vaiucre. la Or, la langue poétique partout, si ce n'est cciie
, 3i2 ( du peuple, en pour, disait: bert et le -, peuple , mon J'apprends tout Platon , poète ) du moin?. Malherbe, homme de est tirée s'il en fut , Mau- français à la place Platon qui n'aimait pas , l'appelle son maîlre de la ngue. Demandez le che- un paysan de Varlungo ou de Peretola il ne vous dira pas un mot qui ne semble pris dans Pétrarque, tandis qu'un cavalier de Sio-Stephano parle l'italien min de la ville à , franche [infrancesato de Pitti. Ariane , comme , ma sœur point une phrase de marquis Jeru de ton amour , ils disent) des antichambres amour de quel , \ blessée , n'est mais nos laboureurs chantent: je ne dors nuit ni jour. C'est la même expression. L'autre qui dit de Jeanne: Sentant son cœur faillir et se prit . elle baissa la tête à pleurer (1) n'a point trouvé cela certes dans les salons pouvait-il mieux Y jamais il ; s'exprime avec plus de grâce, de douceur, d'harmonie. C'est laDgue poétique, antique et mes voisins allant vendre leur âne à la foire de Ghousé, ne en poète : , ni -, causent pas autremeut, n'emploient point d'autres mot.*. Il continue de même, c'est-à-dire, très bien ; qui Cinspira^ jeune et faible bergère.... et non pas qui vous conseilla, mademoiselle de quitter monsieur votre père, pour aile* J battre les Anglais Le ton le style du beau monde sont ce qu'il y a de moins poétique dans le monde. Madame Dacier , i commençant tout le reste. te : , Déesse, chantez, Homère je devine ce que doit être a dit grossièrement: Chante déesse . , courrouce Par tout ceci , on voit assez que penser traduire Héro- dote dans notre langue académique , monieuse, roide, appièiée d'ailleurs le bel yne usage, c'est , pauvre langue de cour, cérémutilée par , étrangement s'abuser; il y diction naïve, franche, populaire et riche (i) Casimir Delarigne.. faut employer , comme celle
i ( 3i3 ) de La Fontaine. Ce n'est pas trop assurément de tout notre d'un auteur que français pour rendre le grec d'Hérodote ne connaissant, ni ton ni fausses bieurien n'a gêné, qui , , séances nom , nant , simplement les choses les nomme par leur de son mieux pour qu'on l'entende, se repre- dit , fait , se répétant de peur de n'être pas compris, d'avoir su son rudiment par cœur Un très bien le substantif et l'adjectif. homme d'académie ou prétendant à , des éloges , des compliments. , ce qu'ont essayé de fort honnêtes gens C'est pourtant d'ailleurs , abbé d'Olivet, un ue se peut chartraduit point dans l'être ger de cette besogne. Hérodote ne se l'idiome des dédicaces qui sans doute u'ont point connu le de cet auteur, ou peut-être ont cru l'honorer en un langage tel , et faute n'accorde pas toujours , caractère prêtant lui et n:ius le présentant sous les livrées de la au moins est-il sûr qu'aucuu d'eux n'a même penséà lui laisser un peu de sa façon simple , grecque et antique. Saisissant comme ils peuvent, le sens qu'il a eu dessein d'exprimer ,ils le rendent à leur mauière cour, en habit habillé : , toujours parfaitement polie et d'une dccence admirable. Fi-< gurez-vous uu truchement qui, parlant au sénat de pour le paysan du Danube, au Romains, et vous Sénat, lieu assis de ce début Rome : pour mVcouler, commencerait: Messieurs, puisque vous me faites l'honneur de vouloir bien entendre votre humble serviteur, j'aurai celui de vous dire Voilà exactement ce que font les interprèles d'Hérodote. que de La version de Larcher, pour ne plus connue, ne s'écarte jamais de cette civilité on ne saurait dire que ce soit le laquais de madame de Sévigoé , auquel elle compare les traducleu rs parler celle qui est la : le stylî ^ car celui-là rendait dans son langage bas, de la cour, tandis que Larcher, au contraire, met eu style de cour ce qu'a dit l'homme d'Halicarnasse. Hérodote, dans d'alors Larcher , ne patrie que de princes de puucesaes , , de seigueui
M) ( et de g«Ds de qualité; ces princes montent sur s'emparent de de grands heur des cour officiers sujets ; le trône couronne, ont une cour, des ministres , faisant , comme on pendant que peut croire, princesses les , le» le qu'Hérodote ne pelons prince on nomme lui , bon- du la Or douta jamais de ce que nous ap- se trône et couronne, ni de ce qu'à l'académie Chez ou faveurs des dames et bonheur des sujets. dames, les celles , ». et dames de accordent leurs faveurs à ces jeunes seigneurs. , est-il la mènent boire les princesses leurs vaches roi leur père, à la fontaine voisine, trouvent là des jeunes gens, et font quelque sottise, toujours exprimée dans l'auteur avec mais on bonue le mot propre n'est point sujet on : esclave est ou dans Hérodote. Cependant libre, , en si compagnie, Larcher a fort souvent des termes qui sentent un peu l'antichambre de madame de Sévigné; comme quand il dit par exemple Ces seigneurs mangeaient du mouton ; il prend cela dans la chanson de monsieur Jourdain. Le grand roibouchant les derrières aux Grecs à Salamiue, est encore une de ses phrases, et il en a bien d'autres peu séantes à un homme comme son Hérodote, et noble : , qui parle congruement mera pas le , et surtout boulanger de Crésus noblement ; il ne nom- lepalfrenier de Cyrus, le , chaudronnier Macistos, il dit grand panetier, écuyer, armurier , avertissant en note que cela est plus noble. Cette rage d'ennoblir le théâtre , cejargon et la littérature sous tèrent d'excellents esprits moque de nous , , ce ton de cour, infectant Louis XIV et sont encore et depuis , gâ- cause qu'on se avec juste raison. Les étrangers crèvent de quand ils voient dans nos tragédies le seigneur Againemnou et le seigneur Achille qui lui demande raison, aux yeux de tous les Grecs et le seigneur Oreste brûlant de rire , , tant de feux pour est la peste si pol i , madame sa du goût cousine. L'imitation de la cour aussi bien que des mœurs. adopté par tous ceux qui , chez nous , Un se langage sont mêlés de traduireles anciens, a fait qu'aucun ancien n'est traduit a vrai dire et qu'on n'a presque point de versions qui , ,
, (3.5) gardent quelques , faire. La chose passe pour Une texte original. en quelque genre que ce tique la du traits soit difficile tieunent impossible. Il y , à , est tel copie de poiut que plusieurs a des gens persuadés que le Ce que style De se traduit pas, ni ne se copie d'un tableau. j'eu puis dire , c'est Pra- peut-être encore à qu'ayant réfléchi là- dessus , aidé de j'ai trouvé cela vrai jusqu'à uu certain ne fera sans doute jamais une traduction tellement fidèle , qu'elle puisse en tout tenir lieu de l'ori- quelque expérience, On poiut. exacte et gioal et qu'il , devienne indifférent de lire le ou texte la Dans un pareil travail ce serait la perfectiou qui ne se peut non plus atteindre en cela qu'en toute autre chose ; mais on en approche beaucoup surtout lorsque l'auquoique vériteur a, comme, celui-ci un caractère à lui version. , , , tablement si naïf et si , simple qu'en ce sens , moins est il long-temps pour interprètes que des gens tout- à-fait de la bonue compagnie, des académiciens gens pensant noblement et s'exprimant de même, qui avec leurs idées de beau monde et imitable qu'un autre. Par malheur, il n'a eu , , de savoir vivre , ne pouvaient goûter ni sentir , encore moins représenter le style d'Hérodote. Aussi n'y ont-ils pas songé. Un homme séparé des hautes classes un homme du peuple un paysan sachant le grec et le français , y pourra réussir si la chose est faisable c'est ce qui m'a décidé à en, , ; où j'emploie, comme on va voir, non mais Ja langue courtisanesque , pour user de ce mot italien laquelle celle des gens avec qui je travaille à mes champs se trouve quasi toute dans La Fontaine, langue plus savante que celle de l'académie et comme j'ai dit beaucoup plus treprendre ceci , , , , grecque : on de comparer s'en convaincra ma en voyant, version au texte, si on prend combien j'ai la peine traduit de passages littéralement , mot à mot qui ne se peuvent rendre qne par des circonlocutions sans fiu dans le dialecte académique. Je garantis cette traduction plus courte d'un quart que toutes celles qui l'ont précédée ; si avec cela elle se ht jfi n'aurai pas perdu mon temps encore est- elle plus longue , :
( que le texte 5 3»6 mais d'autre» pourront réduire à sa juste , ) j'espère , feront mesure, non pas suivant des principes différents des miens. mieux rt J* toutefois erc
(3. 7 ) LIVRE TROISIEME. OMWWWWrtWWi VJontre cet Amasis marcha Cambyse , fils de Cyrus, menant entre autres peuples qui lui obéissaient , des Grecs Eoliens et des Ioniens , pour une telle raison il avait en: voyé en Egypte un héraut demander à Amasis sa fille ; et il la lui demandait par le conseil d'un Egyptien , qui, voulant mal à Amasis, faisait cela pour se venger de ce que lui jeul des médecins alors en Egypte, avait été par Amasis enlevé à sa famille et livré aux Perses quand Cyrus lui fit demander le meilleur médecin pour les yeux qui fût en Egypte ; dont se voulant venger l'Egyptien , par conseil induisit Cambyse à demander la fille d'Amasis, afin que la donnant il eût du déplaisir, ou que la refusant il devîot ennemi de Cambyse. Amasis donc, qui redoutait la puis, sance des Perses et les haïssait à quoi se résoudre, assuré en même que Cambyse femme, mais pour concubine; et temps, ne savait non pour la voulait, dans cet embarras, voici le parti qu'il prit. Il y avait et belle du roi personne On , A priés, dernier mort, une fille, grande de cette maison, ayant seul reste nom mettre de beaux habits avec de l'or, et ainsi parée, Amasis l'envoie en Perse comme sa fille. A Nitétis. lui fit Cambyse l'embrassant quelque temps de là nom de et elle s'en son père, , trompe beaux atours me donne vois pas qu'on te vraiment je suis en soulevant les qui lut cause à , et à toi va lui dire: « l'appelait O da ne qu'Amasis m'ayant parée de comme sa fille, née d'Apriès son maître Egyptiens contre lui ». , Ce roi , tu tandis que qu'il a fait périr fut celte parole Cambyse grandement coa:roucé de mouvoir
3i8 ( ) à l'Egypte. Ainsi le racontent les fcuerre Egyptiens font Cambyse de leur pays non Cambyse, demandé ait la fille Mais Perses. les veulent que Cyrus^ et d'Apriès , quoi disant, disent pas vrai. Ils savent (car ce n'est pas à eux qu'il il* nie faut apprendre les coutumes de Perse) que l'histoire et y ayant enmère de Cambyse était Cassandane la fille de Pharnaspès Àchéniénide, et non pas cette Egyptienne. Ils confondent ainsi les faits pour paraître en quelque manière tenir à la maison de Cyrus mais il n'en est que ce que j'ai dit. Toutefois on fait encore ce conte, peu croyable à mon sens, qu'un jour une femme persane entra chez les femmes de Cyrus et voyant près de Cassandane ses enfants beaux à merveille, en fit de grandes louanges sur quoi Cassandane qui était femme de Cyrus «Moi, dit-elle, mère de tels enfants Cyrus cependant me" d'abord par , la loi fants légitimes et , , le bâtard n'y peut régner que de plus , la , ; , ; : , -, méprise, l'honore tétis ; et celte ». étrangère égyptienue, que là-dessus et prit à dire : il chère et la tient Ainsi parlait-elle par haine qu'elle portait à Ni- Quand de l'aîné serai je ses mettrai tout sens dessus dessous ^ langage ; tint ce dix ans lorsqu'il enfants, Cambyse, et je qu'il pouvait avoir bien* dont les , j'irai femmes s'émer- veillèrent, et qu'en ayant toujours gardé le souvenir homme qu'il fut Une Dans et roi , fit il se en Egypte grand , lors- l'expédition d'Egypte. chose avint qui aida l'entreprise de cette guerre.- les troupes auxiliaires d'Àmasis et d'esprit avisé nom avait y Phauès , bravede lequel Phanès ayant possible à d'Halicarnasse, son ; était un homme sa personne se plaindre d'Àmasis, un jour fuit d'Egypte par mer pour aller devers Cambyse, et attendu qu'il n'était pas personnage peu con, sidérable entre alliés les , instruit d'ailleurs de toutes choses concernant l'Egypte, Amasis envoie après lui déenvoya sur une galère à eunuque lequel défait , sirant fort le ravoir, et celui qu'il trois rangs, était son plus fidèle le prit en Lycie plus fin , l'abusa. , mais Car , pris ne le , sut ramener. ayant enivré ses gardes , Car Phanès il se ^ sauya eu
3ig) ( Pêne à Cambyse, qui pour trouver et fut marcher contre l'Egypte lors se préparait en peine et était , comment pas- ser le désert. Il lui conte tout ce qu'il savait des affaires d'Amasis, pour sa marche. Son conseil Arabes demander sûreté pour le donne des lui d'envoyer au était avis roi des passage. Ce que par n'est l'Egypte. Car, de dytis , De Phéuicie aux confins de la ville des Syriens de Palestine, c'est terre appelle. seulement qu'on trouve l'entrée de là la Cadytis, ville à mon deCa- comme on les sens peu inférieure à celle de Sardes, jusqu'à Jenyse les ports où l'on se peut , tous approvisionner sont à l'Arabe. Puis de Jenyse, c'est encore pays syrien jusqu'au lac Serbonide, au long duquel le mont Casius s'étend vers la mer. A partir du lac Serbonide , où Typhon se cacha Jenyse le mont , peu de pays dit-on , Casius et de-là , le lac c'est Egypte. Tout entre Serbonide (qui qu'il n'y ait bien trois jours n'est pas si de marche), tout cela est désert sans eau. Unechose peu remarquée de ceux qui voyagent en Egypte 4 que je vais dire. De toute la Grèce et encore de la Phénicie deux fois l'an, il vient en Egypte grand nombre de jarres pleines de vin, et si n'y en voit-on pas une, c'est cela , par manière de dire, vin. Que ni le deviennent-elles moindre vase de terre à donc? Le Chaque chef de tribu est tenu de ramasser toutes trouver dans sa de Memphis le désert , ville, de de Syrie les , pour les voici. les jarres qui serrer le se conduire à Memphis, peuvent et ceux porter à leur tour pleines d'eau dans tellement que ce qu'il en arrive de de- hors chaque année, enlevé se va joindre aux autres en rie ; et ce sont les Perses qui ont imaginé ce moyen Sy- d'assurer leur marche en Egypte, faisant ainsi provision d'eau depuis qu'ils eurent conquis l'Egypte. Mais lors conseil de lui fit n'y avait point Cambyse , par l'homme d'Halicarnasse envoya vers l'Arabe et demander sûreté pour le passage, laquelle il obtint encore de ces amas d'eau. C'est pourquoi en donnant , et recevant la foi.
3*o ( quand ils ) autant que peuple qu'il y ait} l'ont jurée, ce qui se fait en cette manière. Deux Les Arabes g?rdent la voulant se jurer la foi, foi un troisième se met entre eux deux , dedans des mains près des grands doigts, puis, prenant du vêtement de chaet avec une pierre tranchante leur incise cun une floche imbibée de leur sang, le en frotte sept pierres il posées à terre entre eux deux, et en ce faisant invoque chus et Uranie; et cependant celui qui engage sa à ses amis l'étranger ou il s'engage et les le citoyen, si c'en est un, amis sont garants de foi et Bac- présente avec lequel ne re- la foi jurée. Ils connaissent de dieux que Bacchus et Uranie , et disent que leur façon de se couper les cheveux en rond, se rasant le tour des tempes, même est celle-là Bacchus Ourotal Aj ant donné la r et foi lui faire service, usa Uranie de Bacchus. Ils appellent Alilat. aux envoyés de Cambyse, l'Arabe, pour d'une iuveution. telle Il remplit d'eau chameau et les chargeant sur tout autant qu'il pût trouver de chameaux vivants, les mena dans le désert où il attendit la venue de Cambyse et de son des outres de peau de , , armée. si C'est là le récit faut-il dire le raconte. Un qu'on en grand fleuve est plus vraisemblable fait le moins problable i puisqu'autrement se aussi, nommé Coris, en Arabie lequel donne dans la mer qu'on appelle Erythée. De ce fleuve donc on prétend que le roi des Arabes par un tuyau qu'il fit de peaux de bœuf crues et autres cousues ensemble de longueur à venir jusque dans le désert, conduisit l'eau; que dans le désert il fit creuser de grands réservoirs, pour rece, , voir et garder l'eau conduite de endroits par trois tuyaux. Il y a en la sorte du trois différents fleuve au désert douze journées de chemin. Or campé à , la bouche du Nil qu'on appelle Pélusiaque, Psamménite, fils d'Amasis, attendait Cambyse. Car Cambyse ne trouva pas, lorsqu'il vint en Egypte, Amasis vivant. Après quarante et quatre ans de règne, il était mort, n'ayant éprouvé durant ce temps nul événement désastreux et mort , et embaumé fut mis dans les tombeaux , dans le lieu sacré
( fcn ) où lui-même le» avait b;\tis. Régnant Psamménite en Egypte, un prodige arriva. Ce fut la pluie à Thèbes d'Egypte où jamais pluie n'élait tombée ni ue s'est vue onc, , ques depuis, à ce que disent les Thébains. Car il ne pleut du tout point dans !a haute Egypte, et toutefois il piut à Thèbes alors quelques gouttes. Les Perses donc après avoir traversé le , ils furent près des Egyptiens sur mains désert, comme poiut d'eu veu'r aux le les alliés de l'Egyptien, Grecs et Cariens voulant Phauès de ce qu'il amenait une armée étrangère , pour s'en venger, inventent ceci. Phanès avait laissé des enfants en Egypte ; ils les font venir au camp, et à la vue du père, ils placent un cratère entre les deux armées puis mal , , à ; amenant là ces enfants, l'un après l'autre les égorgent jus-s qu'au dernier dans ce cratère, où ils versèrent après cela de l'eau et du vin ; et tous ayaut bu de ce sang, vout au combat qui fut tenible. De part et d'autre y demeurèrent grand nombre de gens et les Egyptiens furent défaits. Là j'ai vu chose surprenante doui je m'enquis à ceux du pays, le» ossemens de tous ces morts sur le champ de bataille séparés ( car ils étaient à part ceux deî Perses d'ua côté , comme d'abord on les mit , de l'autre ceux des Egyp, , , crânes des Perses tiens ) d'un petit caillou , et les seulement tu si les faibles , qu'à les frapper percerais, ceux des Egyp- au contraire tellement solides , qu'à grand peine IeS rompras-tu d'une grosse pierre ; et la raison qu'ils m'eni donnèrent, laquelle je crois aisément, c'est que ies Egyptiens dès l'enfance vont la tète rase , dont les os se durcissent au soleil , et cela est cause en même temps qu'ils ne deviennent point chauves. Car il n'eu pays où se voient moins de chauves qu'eu Egypte. Voilà donc la raison pour quoi ils ont la tête si forte. Les Perses l'ont faible au contiens traire, parce qu'ils la tiennent bas âge des tiares bre. Voilà ce que de feutre, et couverte, portant dès leur qui plus est vivent à l'om- vu. A Paprérais aussi je puis dire avoir 21
( 3fc ) vu chose pareille de ceux qui là périrent avec Achémétes fils de Darius, défait par Inaros de Libye. A l'issue du combat, les Egyptiens vaincus s'enfuirent, sans garder aucun ordre, jusqu'à Memphis où ils se jetèrent. Là Cambyse leur envoya uu héraut Perse de Dation , qui remonta le fleuve sur un vaisseau de Milylène, pour leur proposer uu accord. Mais eux , dès qu'ils virent le vaisseau j'ai , , leur ville, descendant des murailles eu foule entier dans détruisitent ce vaisseau, et dépeçant chair à manger après un long siège, proches voisins, , ils le fort. se rendirent à la fin. Toutefois Les Libyens , eux-mêmes ce qui était soumirent sans combat, s'imposèrent craignant pour avenu en Egypte, un tribut hommes comme les emportèrent dans les , se envoyèrent des présents aussi les Cyrénéens ; Barcéens, et les comme ayant pareille crainte, en voulurent mais Cambyse agréa les dons qui lui vinrent faire autant des Libyens , et au contraire se fâcha de ceux des Cyiénéens, à cause , comme je crois , que leurs dons étaient petits. , : Car ils lui envoyèrent cinq cents mines d'argent qu'il prit et distribua par poignées à ses gens. , dix jours après la prise de la citadelle de Memayant par grande ignominie fait venir et seoir sor l'esplanade , hors de la ville, Psamménite roi des Egyptiens, Cambyse phis , lequel avait régné six mois d'autres Egyptiens façon. l'eau de La fille de ce une cruche à même il , d'autres aussi s'écriaient main filles , l'ayant roi h.,billée la , et , asseoir là fait âme , et voici en esclave avec elle des premiers lesquelles venant à passer eux , éprouvait son , il parmi de quelle l'envoyait à envoyait vêtues il hommes deTEgypte, tout éplorées , poussant des cris, pleuraient l'infortune de leurs enfants ; mais Psamméuite qui d'abord avait le tout vu et reconnu , baissa seulement les yeux à terre. Après ces filles portant l'eau , passa le fils de Psamménite un mors eu la , avec d'autres jeune» deux mille ayant bouche. Sur eux se faisait Egyptiens de son âge , Mityléniecs massacrés dans le vaisseau ; la la cordeau col et vengeance des car ainsi l'avaient
, ( «rdonoé les juges royaux , M ) que pour chaque homme ditf Egyptiens périraient des premières familles. Lui les voyant et connaissant que son fils allaita la mort, tandis que tous les autres assis comme autour de lui pleuraient, se déconfortaient J vue de sa fille. Ceux-là passés , que par hasard un sien convive, homme déjà sur Tâge ayant perdu son bien et ne possédant plus rien , ré~ duit à mendier dans l'armée passa sur celte même place devant Psamménite, fils d'Amasis , et les autres Egyptiens ; et comme il le vit, Psamménite aussitôt se prit à crier lamentablement, et appelant ce vieil ami par son nom se fit il il avait fait à la arriva , , frappait la tête. Or y de ce qu'il avait-il là des gardes qui chaque chose qu'il voyait, allaient rendre compteà Cambyse, lequel émerveillé de cette façon défaire, par un homme qu'il envoya le fitinterroger, disant «Cambyse ton maître te demande , Psamménite pourquoi c'est que voyaut ta fille en tel malheur , et ton fils marcher à la mort % tu n'eu as crié ni pleuré mais ce mendiant qui ne t'est rien ce dit-on, tu l'as honoré ? » A celte demande il répondit : « Mes maux pour en gémir sont trop grands , fils de Cyrus ; faisait et disait, à : , , mais celui-ci vraiment mérite compassion sédé tant de biens seuil de est , qui ayant pos- , misérable et dénué de tout , sur le la vieillesse ». Ceci rapporté à Cambyse lui parut de bon sens Egyptiens disent que Crésusen pleura, car il suivait et , le» Cambyse pleurer tous dans cette expédition. Aussi s'en prirent à ceux des Perses là présents , et à Cambyse même en vint quelque pitié. D'abord il commanda que l'on sauvât l'eniaut d'entre ceux qui devaient périr , puis qu'on fit lever le père et partir de la place pour le mener ch»z Mais l'enfant ne vivait plus lorsqu'on y alla lui , Cambyse. car il avait mort On lit lever Psamménite et on le conduisit chez Cambyse, où depuis il vécut sans nul mauvais traitement. Même s'il eût su s'abstenir de toute secrète pratique, apparemment il eût gardé le gouvernement de été le premier mis à l'Egypte Car c'est la coutume des Perses d'honorer les eu- 21*
M ( fettU 0^5 père Qu'ainsi ne ait failli. le soit même état qu'avait eut son tée -, : Tannyras en ^'Inaros de Libye ) remettre et lear roi» pouvoir le encore que le , entr'autres preuves est , Ht* le un exemple, qui posséda père, et Pausiris , d'Amyr- fils cependant car celui-là aussi garda l'état de son père, fit jamais plus de mal aux Perses qu'Inaros et AmyrPsamméuiie donc eut le loyer de ses méchants desseins; car il avait tenté de faire soulever l'Egypte. Cambyse et Psamméoite ayant bu du sang de taureau % le sut mourut sur le champ. Telle fut la fin de celui- ci. Cambyse vint de Memphis en la ville de Sais à dessein de nul ne tée. , , , faire ce qu'il fit. palais d'Amasis, tombeau, ce qui comme il fut d'abord entré dans le il commanda que l'on tirât son corps du étant exécuté il commanda de le fouetter, CUr , cheveux de le percer et mutiler en toutes façons. Puis voyant ces gens y avoir peine, attendu que ce corps embaumé résistait ne se défaisait point il ordonna de rie lui arracher les , , le brûler*, en quoi il , commit sacrilège-, car le feu chez les Perses est tenu pour divinité. Perses ni Egyptiens n'ont cou- tume de brûler qu'un dieu ne leurs morts, les premiers par cette opinion de cadavres, se doit pas repaître parce qu'ils croient qu'elle atteint et le les autres feu bête vivante, qui dévore tout ce meurt ensuite avec sa proie, étant rassa- de pâture. Or, leur loi ne veut pas que les morts soient aucunement abandonnés aux bêtes et c'est pourquoi ils les siée , emb3ument afin de les garder des vers. Ainsi ce qu'ordonna Cambyse était impie chez les deux peuples. , Toutefois, au dire des Egyptiens d'Amasis que l'on maltraita de autre Egyptien, mort de déchirèrent les Perses , , ce ne fut pas le corps la sorte même âge à , mais celui d'un peu près que lui, et que pensant déchirer Amasis. Car ils que par un oracle ayant su ce qui lui devait arriver après sa mort, pour s'en préserver, Amasis fit mettre à l'entrée de sa tombe, près des portes, ce corps qui fut battu pour lui se réservant le fond du tombeau, où il enjoignit a disent , son fils de le placer le plus avant qu'il 6erait possible.
3 ( Touiei pour assurer des Egyptiens Cambyse sépulture ta , ) me et ces ordres par lui semblent pures qui ont voulu en imposer par , après cela Dations, à savoir: Ethiopiens i5 d'Ama»i» ces précautions les fit donnés inventions tels récils. dessein d'atlaquer trois différente» Carthaginois les , Ammoniens, et les Macrobes ou long- temps vivans , qui habitent le long de la mer australe de Libye ; et il résolut d'envoyer pour l'exécution de ce dessein à Carthage son armée de mer, contre les Ammoniens une part de ses troupes de terre dits en Ethiopie des et , espions premièrement charge de voir la ces peuples d'observer par et , table du soleil, si de t'ait même moyen du pays, portant en apparence des présents de la du table ville est les cher autres choses à leur roi. soleil, voici ce qui s'en raconte. un préau ayant , elle était Or, Devant plein de chair bouillie de tout bétail, de nuit font placer ces chairs toutes gens ayant la où office entre citoyens, de jour sont mangées par qui veut prendie là les son repas; et les récils qui se font de Cambyse du pays disent telles viandes elie-même en tout temps. Voilà table du soleil. dit-on que ceux être produites par la terre lors délibéré d'Eléphantis des la d'envoyer là des espions hommes Ichthyophages , manda qui parlaieut la Jangue d'Ethiopie, et attendant qu'ils arrivassent, il donna ordre à l'armée de mer d'aller contre Carthage. Mais les Phéniciens refusèrent, se disant que enfans. Or par grands serments et sans les Phéniciens, les autres n'étaient plus ea force suffisante. ne liés ce serait à eux chose impie de faire la guerre a leurs fut point De la sorte Carthage échappa ce danger soumise aux Perses , Cambyse n'ayant devoir user de contrainte à l'égard des Phéniciens eux-mêmes donuçs aux , , pas cru à cause Parmce de mer dépendait toute des Phénicieus. Aussi s'étaient euxmêmes donnés les Cypriens pour cette expédition d'Egypte, Cambyse donc les Ichthyophages étant venus d'Eléphantis, les envoya en Ethiopie instruits de ce qu'il fallait dire, et portant pour préjeuts un vêtement de pourpre , un collier qu'il s'étaient , Perses et que
, ia6 ( uLe des brasselets, ,«Tor fiole ) de myre et un de vin de baril palme. Ces Ethiopiens vers lesquels envoyait Cambyse, sont, à ce les plus grands et les plus beaux de tous les hommes. Ils ont des lois fort différentes de celles des autre» qu'on dit, peuples; ils et en particulier, touchant la royauté, voici comment se gouvernent. Celui d'entre grand le plus les citoyens qu'ils jugent être celui-là Vaille, c'est avoir force selon sa et Chez ces hommes donc arrivés, les ïch hyopages présentèrent au roi les dons qu'il apportaient qu'ils nomment roi. Le et lui dirent ceci: « ami être à l'avenir tou à toi et roi des Perses ton hôte et , Cambyse, voulant nous envoie pour parler en présent ces choses dont plus t'offrir se plaît à il connaissant qu'ils étaient espions, leur user, s L'Ethiopien « Non, vous n"êles pas envoyés par pour m'apporter des présents, comme désirant m'être ami, ni ne dites la vérité; car vous venci îepond en celte sorte : des Perses, le roi ici épier mon état et car étant juste moi; ni aussi lui n'est en esclavage des gens n'eût pas mis homme ne voudrait autre pays que il le juste; sien, et qui ne lui faisaient nul mal. Donnez-lui donc cet arc et lui dites de ma part: ïloi des Perses, le roi d'Ethiopie te conseille, quand il aviendra que grands tendent ainsi aisément Perses tes comme celui-ci, de les jieur contre les Ethiopiens dieux ne qu'ils mener alors en des arcs nombre supé- mais jusque-là rends grâces aux ; font penser aux enfants des Ethiopiens d'avoir autre terre que la leur. Cela dit le comment les il détendit l'arc et le leur donna. Puis prenant vêlement de pourpre avait été Ichlhyophages hommes , fait ; , et voulut savoir ce que il entendant ce que c'était , comme que pourpre c'était et lui apprirent et teinture , trompeurs aussi leurs habits. Du collier et des brasselets il en fit semblable demande, et comme on lui voulut montrer la beauté de il dit tels cette parure «haines, dit , il être trompeurs se prit à rire que cirez eux , il et et pensant que ce fussent des en avaient de plus fortes et
32 7 ( ) demanda aussi de quoi bon ; et ayant ouï meilleures; puis la fiole c'était et à la le corps trotter , en il quand ce vint même en quelle sorte au baril il comme dit de vin , il ce que de l'habillement. Mais dont se faisait, myve de façon et l'usage pour goûta il y prit et s'enquit de grand , plaisir bien demauda ce que mangeait avec cela le roi des Perses et combien de temps pour le plus un homme chez eux pouvait, %ivrc,àquoi il lui fut répondu que le roi mangeaitdu pain, dont la nature ainsi que du blé lui fut expliquée, et que et , quatre-vingts ans étaient le plus long terme de la vie. Lors mangeant il dit n'être pas merveille et qu'encore ne vivraient-ils tant sans ce breuvage, tendait le vin , si par où seul selon lui , fiente , ils vivaient il peu en- la Perse l'emportait surl'Elhiopie. Et à leur tour Pioterrogeant les Ichthyophages, de la piens longueur des âges il , que dit la de et chez eux Ethio- la nourriture plupart allaient jusqu'à six-vingts ans même au-delà ; que leur vivre commun de viande bouillie et de lait pour boisson qu'ayant paru surpris de ce nombre d'années , les envoyés furent conduite à une fontaine de laquelle s'étant lavés, ils s'en et quelques uns était ; comme trouvèrent oints Peau de phages la pouvait surnager bois, doute que mais , si ; ni bois tout elle est telle, leur est cause de vivre fontaine, on les d'huile; fontaine mena , être ni chose allait comme au ils et disaient les Icthyo- que rien n'y. aucune plus légère que fond. Cette eau sans si faible en usent en toutes choses, long-temps voir ; et qu'au partir de cette une prison d'hommes, où tous Le plus étaient tenus les pieds dans des ceps d'or. tal et le plus Ayant vu estimé chez la prison, ils les Ethiopiens , virent puis après la table et ensuite fiuablement virent les cercueils de verre soit faits comme en c'est cette sorte. que rare le mé- cuivre. du soleil, l'on dit être Après avoir séché le cadavre , , soit de toute autre manière, font les Egyptiens IVyant partout enduit de plâtre, on. le peint de belles couleurs, le plus ressemblant qu'il se peut , puis on l'introduit* •ui -dedans d'on cigpc de verre creusé exprès (ils en ont des
3*8 I en et carrières tirent ) beaucoup qui travaille bien); se au milieu duquel cippe le cadavre paraît saas nulle fâcheuse odeur , ui rirn qui soit désagréable, ayant toutes choses visibles pareillemment au mort lui-même. Pendant l'espace d'une année on le garde au logis des plus proches parents, lui offrant prémices de tout, et on lui sacriiie. Au bout du , ce temps de , on l'emporte et on le dresse quelque part autour la ville. Ces choses vues les , envo}'és s'en retournèrent Cambyse, auquel ayant de champ mu de compte tout rendu devers lui, sur le , voulut marcher en Ethiopie, sans or- colère, donner nulles provisions, ni prendre temps de considérer que cette lois il s'agissait de porter la guerre aux extrémités du monde mais comme furieux et hors de sens aussitôt puï le rapport des Ichthvophages il se mit en marche, laissant ce qu'il avait de Grecs àl'attendre, et menant avec soi toute l'armée de terre. Venu à Thèbes il détacha cinquante mille hommes environ et à ceux-là il donna ordre d'aller , ; , , réduire en esclavage les Ammooiens Jupiter; lui cependant, avec Ainsi marchant, chemin que ce ils n'eureut pas qu'ils fait, les gèrent après leurs provisions finies. sa faute alors eût rebroussé chemin homme sage ; ils , furent dans les autres le de somme les sables, ce ils que tiraient au , et , man- Cambyse connaissant et que d'herbe faillit qu'ils ramené l'armée mais n'écoutant nulle raisou, se repaissant à conter. Entre dix de Si jours en avant. Les soldats, durant vert à cueillir cinquième partie du la bêtes temple de droit en Ethiopie. emportaient de vivres leur pareillement leur faillirent était et brûler le le reste, lira ; , il alla tou- leur offrit la terre vécurent il du mais quand aucuns est horrible un d'eux, et celui-là firent sort mangeaient; ce qu'ayant su, Cambyse eut peur cette rage et revint sur ses pas, quittant son entreprise. Il s'en revint à gens , et Thèbes avec fauie d'une grande part de renvoya à Memphts il de Thèbes descendu Grecs par mer. Ainsi réussit l'entreprise thiopie. , ses les du voyage d'E-
( De 3. 9 ) leur part ceux qui allaient contre ies Amuioniens" sait c'est , marchèrent avec des guides. Ce qu'on peuplée de qu'ils arrivèrent en une ville , Oasis étant partis de Thèbes , , Samiens qu'où de la tribu iEschrionienne. dit être Ils sont de Thèbes de sept jours de chemin par les sables, et cet endroit s'appelle, eu la langue des Grecs, Macaron Nesi qui veut dire lles-des-Bienheureux. Jusque-là donc distants , vint cette armée. Au partir delà Aramoniens eux-mêmes nu les ce qu'elle devint , ceux qui eut jamais connaissance n'en chez et Ammoniens ; l'ont car hors , les pu savoir d'eux ils , n'arrivèrent pas ni ne retournèrent en arrière. Au reste Ammoniens. Que d'Oasis venant contre eux à travers les sables ils se trouvaient à mi-chemin environ d'eux et d'Oasis et que comme ils étaient à repaîfre il leur survint une bourrasque de vent du midi, voici ce qu'eu content les , , , qui levant des grèves de sable, et ainsi disparurent tous. Tel les laissa dessous ensevelis, récit font les Ammoniens du succès de l'expédition. Peu aprè." le retour de Cambyse, apparut en Egypte Apis que les Grecs nomment Epaphus et aux premières nouvelles , de son apparition, tous les Egyptiens en liesse mirent leurs plus beaux vêtements ; ce que voyant Cambyse, persuadé que par là ils témoignaient être joyeux de sa mésaventure, fit venir devant lui les gouverneurs de Memphis et les interrogea , pour quelle cause auparavant , lors de son séjour à Memphis, rien de semblable ne s'était fait, mais bien à ayant perdu part de ses gens eux lui que depuis peu un dieu se manifestait lequel avait coutume de rarement se montrer, et que quand il apparais- l'heure qu'il revenait : , diieut sait , , teurs les et l'Egypte en toute Cambyse dit fit eux disant que c'était mourir. Ceux-là morts, les mêmes Cette répouse ouïe, faisait fête. mensonge que choses, il cela il , et comme men- manda les prêtres, repartit qu'il voulait voir bonne bête, et commanda aux prêtres de amener Apis et ils l'allèreot quérir. Or cet Apis ou Epaphus naît veau d'une vache qui ne peut après cela en si leur dieu était lui , ,
, 33o ( ) porter d'autres, sur laquelle vache nomme de ce veau qu'on corps noir , sur un blanc front d'un aigle la sen.blaoce et sur la le Apis , marques sont les à quatre angles , un ciel engendre Apis telles sur le : et : le dos tous les crins doubles à la queue Apis étant venu amené par de méchante aux prêtres chair et du sang dit : « à il , Cambyse dague, dont fera vou- lui l'atteint à la cuisse, et riant Coquins, voilà vos dieux qui ont de qui sentent et des Egyptiens un dieu apprendrai prêtres les folie, tire sa lant donner dans le ventre, à elle langue un scarabée. qu'il était effet descend du il au dire des Egyptiens, dont éclair, tel coups du les que vous moquer de moi. ï> fer celui-là. Mais Cela dit il , la digne en } je vous commande ceux qui avaient charge de telles choses de fouetter les quiconque des Egyptiens serait trouvéà faire prêtres et tuer fête moyennant quoi , ainsi qu'il avait dit la fête cessa. et , Les prêtres furent Apis malade de traités sa blessure était gi- où finablement il mourut et fut enseveli par les piètres à l'insu de Cambyse. Cambyse , au dire des Egyptiens pour avoir commis ce sant dans le temple, , méfait, aussitôt après deviut fou, étant auparavant peu sage et , mère , premièrement Smerdis fit mourir son frère de même père et renvoyé de l'Egypte en qu'il avait par envie parce que seul entre les Perses il tendait l'arc , à deux doigts près, qu'avaient apporté d'Eihiopie leslchthyophages. ~Sol autre Perse que Smerdis n'en sut autant faire,. Lui parti, Cambyse eut en songe une vision. Il lui fut avis qu'un messager venant de Perse apportait nouvelle que Perse , Smerdis assis sur le siège royal touchait de sa tête raison de quoi ayant peur roi , il envoie en Perse Prexaspès, qui entre tous les Perses, lequel Smerdis, aucuns disent à Rouge Par liyse. la le ciel , à frère le tuant, ne devînt que son lui était le montant chasse , à plus dévoué Suses fit mourir d'autres dans la mer et qu'il le fitaover. la commencèrent, dit-on, Depuis il fit les méchancetés de mourir sa sa-ur venue uuaul et O.mlui ea
(3ii comme «t voici du vaient l'épousa. il Car sœur des deux côtés sœurs et ses comme il c'était pensa que pelerles juges la , Perses auparavant n'a- les Cam- tout accoutumé d'habiter avec leurs sœurs. byse aimait une de loi ) et qui lui était pareillement Egypte, femme voulant avoir à chose contraire à l'usage , fit , ap- royaux pour savoir d'eux s'il y avait point une qui permît au frère d'épouser sa sœur. Les juges royaux sont gens choisis , qui, leur vie durant hors qu'ils soient , quelque iniquité, rendent de convaincus Perses et interprètent les lois, et la justice aux toute affaire vient à eux. Cambyse, ils lui firent une réponse juste danger pour eux-mêmes, disant n'y avoir point de loi qui autorisât le mariage entre frère et sœur, mais bien nue loi par laquelle il est permis au roi de faire ce qu'il veut. Interrogés lors par et sans Voilà comment ils évitèrent d'enfreindre la loi byse, et eux-mêmes, pour ne pas mourir fendu la loi femme sa , pour Cam- eussent dé- eu trouvèrent une favorable au roi voulant pour sœur. Ainsi aimait, et peu après La s'ils Cambyse eut eu mariage celle qu'il épousa encore une autre sœur à lui. il plus jeune des deux fut celle qu'il tua en comme Egypte, ce mort de Smerdis. que Cambyse un jour faisait combattre qu'on raconte en deux manières, Car les Grecs disent ensemble un lionceau femme sœur et le ; lui , étant cette sienne et , ; près elle assise Cambyse ce avec au moyen de quoi le lionceau fut vaincu par les que Cambyse prenait plaisir à voir ce combat ; deuxlevrons mais , que comme le un autre jeune chien frère son aide , rompant le lien qui l'at- plus faible de ce levron accourut à tachait un jeune levroo et à les regarder chien se trouvait la lui eu de demanda lui la pleurait, donts'étant aperçu cause, et elle dit chieu secourir et venger son fière, Smerdis; il lui qu'il n'y aurait nul qui jamais le qu'en voyant souvenait de voulût venger. que pour cette parole Cambyse la Egyptiens racontent autrement qu'eux C'est le récit des Grecs et fil mourir ; mais les une laitue dont elle ôlait demandant comment i| la trouvait lieux étaut à table assis, elle prit les feuilles une à une, lui
, 33 2 ( ) plus belle, ou dégarnie, ou bien feuillue feuillue. Lois tu vas dit-elle , elle dont Cambyse , : de « Ainsi fais-tu effeuillant tout comme moi sautant sur le ventre irrité lui était grosse d'enfant, la fit avorter Tels actes furieux Cambyse fit soit vengeance d'Apis, ture comme elle et à il répondit cette laitue >i comme , elle mourir. l'encontredeses proches» autre cause qu'il soit sujette à tant est à quoi , maison de Cyrus que la y eût, étant na- de maux. Aussi avait-il , de naissance une grande maladie que quelques uns nomment sacrée. Partant ne «e faut étonner qu'éprouvant en son corps si griève souffrance, il n'eût pas l'esprit sain. Autres actes pareils furent par lui commis envers les Perses. ee dit-on On , raconte qu'un jour dit à il Piexaspès plus considéré, portait ses ordres était le , , qui près de lui même avait son échanson de Cambyse, charge non des moindres aussi ; un jour il lui dit « Prexaspès, que dit-on de moi et quel homme pensent les Perses que je sois Maître , répondit Prexaspès de toute chose ils le louent te si ce n'est qu'ils fils : £* , croient trop , adonné au gage que tenaient part me « : les vin. s Qu'il dit cela Perses me , comme un lan« à quoi l'autre en courroux re- adonné au vin ; ils jugement et par ainsi leur pas véritable. » De fait Cambyse aupa- Les Perses donc disent trop croient insensé, privé de premier dire ne fut ravant en un conseil où assistait , demandé quel homme il Crésus avec les Perses, ayant leur paraissait être au prix de son père Cyrus, parles Perses fut répondu qu'il valait bien plus que son père, ayant tout ce qu'il avait eu, et l'Egypte encore et la mer. Voilà ce que dirent les Perses mais Crésus fut mal satisfait de cette réponse et prenant la parole, dit ; : , « Je ne trouve pas père, car il te , fils Cyrus de manque un fils , que tu tel qu'il sois égal à ton a laissé toi. » Lequel propos plut à Cambyse, qui loua la réponse de Crésus et qu'en colère alors remémorant ces choses, il dit à Prexaspès: ; , « Tu ou vas tont à l'heure connaître si, k seos s'ils disent vrai les Perses parlant ainsi, ce sont eux au contraire qui ont perdu j car avec ce trait si je frappe au milieu du cœur de
, (333 ton que fiis doute sont menteurs. Si que du ne je trait que sais ce ) ma devant voilà là bat porte je frappe l'enfant; lequel étant tombé, de l'ouvrir et regarder Perse» sans le» , faux, dis qu'ils oui raison, et lais, s Cela dit, il tend son arc et je coup le et , qu'en commanda il au effet le fer était milieu du cœur. Sur quoi transporté d'aise et s'éclatant de , pars fou. Si sont il Tu au père: « dit iirf vis-tu jamais , eux , dis-moi et , le vois, Prexaspès, ne savent ce comme archer aussi sûr que Prexaspès le voyant du craignant pour soi, répondit mais ; suis toi, Et je suis. » de sens, davantage tout hors « Maître, le : ne je qu'ils disent même dieu ne tirerait pas plus juste. » C'étaient là ses fit œuvres En une alors. autre occasion, sans nulle valable raison enterrer vifs il par-dessus la tête douze des premiers personnages qui fussent en toute la Perse. Sur ces actions Crésus de Lydie le crut devoir admonester de telles paroles: « O roi , ne te laisse emporter à chaude colère de jeunesse, mais plutôt tâche à te modérer. Prévoyance en tout vaut sagesse , et n'est chose en quoi ne se doive regarder la fin. Tu fais mourir sans nulle raison gens de ton pays que et enfants Perses les enchargé ton père pour ton qu'il lui mais ; un jour ne et bien. » Voilà se si tu agis de la sorte, garde bandent contre toi. Ainsi m'a recommandé de comme le il admonester par amitié t'aviser et conseillait portait; mais l'autre répond en ces roots: « Tu verné ton pays comme de vrai tu as bien gouquand tu lefis et sagement guidé mon père passer l'Araxe pour m'oses donner des conseils, , aux Massagètes aller qu'eux voulaient passer venir à nous. et n'ayant pas su régir ton pays te crut lors que je , mais à ton , dam et as ; venue Ce disant, le l'es perdu Cyrns car voici cherchais de t'en punir. » sur , Tu il point perdu, aussi, qui l'occasion prenait son arc pour le percer, mais Crésus se sauva de vitesse dehors et lui ne le pouvant darder , dit à ses serviteurs et le tuer. Les serviteurs, comme meur telle intention , cachent Crésus en ils de le preudre huCambyse se connaissaient son que si
334) ( repentait et redemandait Crésus, eux auraient quelque récompense s'il ne se repentait, Peu ceux qui l'avaient bien ainsi et qu'il les tuerait, commit Il durant était en vie. , que voyant ce Cambyse encore en viej mais les que conservé ne s'en trouveraient pas comme qu'il fut à tombes et regardant fat aise dit il il fit. plusieurs tels excès contre les Perses temps le feraient mourir. regretta Crésus ses serviteurs, lui dirent qu'il était d'apprendre que Crésus rendant, en le lui pour avoir sauvé Crésus , que ni le regrettait, ils le que Cambyse après avint , Memphis morts; il , ouvrant entra dans Le moqueries. Car alliés et vieilles les temple de l'image de Vulcain, Vulcaiu ne difïete en quoi que ce soit des Pataïques de Phénicie que mettent les Phéniciens à la proue de leurs trirèmes et qui ne les a vues je lui dirai, c'est la figure à l'image force fit là , -, d'un homme des Cabii es images il , les Pigmée. Pareillement il entra dans le temple où n'est permis d'entrer qu'au prêtre , et ces brûla, non sans en faire grandes risées. Elle» sont semblables aussi à celles de Vulcain même on ; que dit ce sont ses enfants. En somme hors de sens et les me il car } il paraît sans doute que coutumes; car si l'on proposait entre toutes les lois établies Cambyse en moquerie n'eût pas pris les était religions aux hommes de choi- meilleures, après les y avoir bien regardé , chacun s'en tiendrait aux siennes propres. Ainsi pense chacun ses lois être les meilleures de beaucoup sir et partant il n'est pas à croire se rire de telles choses. pensent de un la sorte en jour ayant qu'autre qu'un insensé qu'ainsi soit ce qui que concerne tous les les lois, ait pu hommes d'autres connaître et singulièrement celle-ci. Darius le font preuves Et mandé des Grecs qui demeuraient près de sa résidence, s'enquit d'eux pour combien draient d'argent ils voumanger leur père mort. Eux répoudirent que pour monde et Darius nommés Calaties, lesquels rien au parents, ; et leur alors fit venir de ces Indiens ont pour usage de manger leurs demanda devant les Grecs, qui par un in-
(335) terprète entendaient ce qui se disait seutiraient à brûler haut, de ne proférer le priant pour combien , corps de leur père. le Ils telles paroles. coa ils -' s'écrièrent Ainsi sont oei choses réglées par l'usage des différents peuples; et Pindarc rue semble avoir bien rencontré disant , coutume être reine du monde. Au même temps l'Egypte , de cette expédition de Cambyse contre Lacédémonieus en les Samos etPolycrate, qui bord avait départi Syloson , s'accrut Samos tenait et Amasis toute roi Il avait à lui et et d'a- lui. , Pan- , le plus conauquel il entenant Polycrate bientôt le reste de la Grèce. cent galères à cinquante rames et mille archers tout le moude indistinctement, davantage un ami eu qu'il n'eût fait ne et la et , dans qu'il obligeait , frères qu'il entreprît, tout lui succédait à souhait. attaquait, pillait fies deux d'Egypte en reçut d'autres de devint fameux en Ionie , Quelque guerre aussi cootre depuis ayant tué l'un et chassé tracta hospitalité avec voya des dons une tenaitSamos, la ville entre luiet ses taguote et Syloson jeune. firent s'étant soulevé lui ôtant rien. de beaucoup de lui , disant rendant son bien s'empara de plusieurs en terre ferme, prit les Les— villes Il biens qu'il défit en combat naval allant avec toutes leur» forces au secours de Milet , et qui depuis creusèrent en-» chaînés tout le fossé autour de Amasis n'était point sans de Polycrate, voire la forteresse même y prenait intérêt, et succès allaient toujours croissant, lettre qu'il ainsi dit : lui il comme écrivit ceci ses dans une Samos « Amasis à Polycrate douce chose d'apprendre le bonheur adressa en C'est bien dans Samos. entendre parler des prospérités : toutefois tes grands succès ne me conque la divinité est de sa nature envieuse. Partant j'aime mieux, moi et les miens, avoir chance dans mes affaires tantôt bonne , tantôt contraire , que non pas réussir en tout. Car oncques je n'ouïs parler d'aucun qui d'un hôte et ami; teutent pas. Je sais n'ait m'en eu triste fin crois , en prospérant toujours. Toi donc, voici ee qu'il faut faire à ton trop si tu de bonheur.
, 336 ( Songe m qui plus toi-même ce que te fâchât à perdre que jamais n'en heur et le , nouvelle au soit ) peux avoir de plus précieux tu perds monde mêlé de semblables disgrâces n'est et et l'abîme tellernenr ; etsi dorénavant tou , Use du remède que je t'enseigne. » Ces paroles lues d'Amasis était Polycrate , bon comme , il chercha lequel de , plus de peine à perdre > comprit que ses l'avis bijoux lui ferait cherchant voici ce qu'il trouva. et un anneau monté en bague d'or qu'il portait au doigt; c'était une pierre d'émeraude et l'ouvrage était de Théodore fils de Téîéclès de Samos. Ayant délibéré de le perdre, il fit ainsi. Sur une galère à cinquante rames il mit des geas et s'embarqua, puis fit voguer en haute mer. Quaud il fut loin des côtes de l'île ôtaot cette bague de son doigt, aux yeux de tous ceux qui étaient quand et lui"â bord, il la jette dans la mer, et cela fait, s'ea revint à terre; et retourné en sa maison était chagrin de ce malheur. Il avait , , après lui avint ce que un poisson grand et beau et mériter d'être offert en don à Polycrate Cinq ou six jours avait pri« , , vint aux portes j j'ai pris Un pêcheur parut tel qu'il lui et pour cela s'ea disant qu'il voulait être admis en sa pré- sence, ce qui lui étant octroyé, « Roi voici. celui-ci ne et parla en ces il termes , au marché faisant , pauvre gagne pourquoi je ma grâce t'en homme vie ; que mais je suis toutefois qui en ce « Tu as grandement raison, et double due de ton dire et de ton présent et nous souper. » Le pêcheur qui tint à grand heur cette : est t'invitons à , m'a semblé digne de toi donne. » Lui aise d'entendre il l'apporte et te le ce propos, repart , invitation, s'en retourna en son logis viteurs coupant le poisson bague même de Polycrate , , ; et cependant les ser- trouvèrent dans son ventre laquelle ils la prirent dès qu'ils la virent, et joyeux la portèrent vitement à Polycrate, et la lui dounant vée. Lui divin : pas voulu porter vendre l'ai t ^ , lui contèrent en quelle sorte comme an il crut ^aus une y ils l'avaient trou- avoir en cela quelque chose de lettre tout ce qu'il avait fait et conr-
'( tuent lui en avait pris Egypte. Ayant donc et , le 33 7 Amasis lu roi nait de la part de Polycrate un préserver autre homme ) tout étant écrit, , il dépêche eu cette lettre, qui ve- qu'homme ne peut comprit de chose qui lui doit avenir, et que Polycrate ne devait pas faire bonne fin , ayant heur en tout, à tel point de retrouver même ce qu'il avait voulu perdre exprès. Si lui envoya en Samos un héraut, disant qu'il rompait avec lui ^hospitalité ce qu'il fit pour cette raison afin que venant Polycrate à cheoir en quelque grande ; , et terrible disgrâce comme pour un il , au cœur n'en eût point le deuil hôte et un ami. les Lacédé— une guerre, mus à ce faire et appelés par ceux d'entre les Samieus , qui depuis fondèrent en C ète la ville de Cydonie. De sa part Polycrate dépêchant à Contre ce Polycrate donc heureux en tout, m ouiens entreprirent Cambyse fils de Cyrus, qui lors pria qu'il lui plût envoyer en armait contre l'Egypte Samos lui demander , le à lui , Polycrate ,une armée; ce qu'ayant entendu , Cambyse voenvoya en Samos vers Polycrate , qu'il requit de lui lontiers prêter une armée de mer pour son expédition d'Egypte. L'autre prend ceux des citoyens qu'il pensait lui être contraires , les envoie sur quarante galères, et mande à Cau> bj'se de faire en sorte qu'ils ne retournassent point. que ces Saraiens envoyés par Polycrate Egypte, mais ayant vogué seulement jusqu'à Carpathos, là se conseillèrent entre eux et résolurent de ne point aller plus avant. D'autres content que venus en Egypte on les gardait et qu'ils s'enfuirent sur leurs vaisseaux, Aucuns disent n'allèrent pas en , avec lesquels comme vint à leur rencontre débarquèrent dans ils eurent du pire ils ; il Samos retournaient en y eut combat , ils , Polycrate vainquirent et où ayant de nouveau combattu , rembarquèrent, enfin vinrent à La- l'île, et se cédémone. Mais gypte , il en est aussi qui disent que ceux-là revenant d'E- vainquirent Polycrate, dùeatmal. Car en quoi, selon moi, ces gens n'eusient eu que faire ils du secours de &2
338 ( Lacédémone, la raison. Joint qu'il , et ses propres archers, une troupe étrangère sa solde ) eux-mêmes capables de le ranger n'y a nulle apparence que lui ayant étant par a a nom- breux aussi, n'ait su résistera ce peu qu'ils étaient retournant d'Egypte. Encore tenait- il enfermé dans les hangards de sa marine les femmes et enfants des citoyens demeurés y sous lui, tout prêt à et ces otages avec si , mettre feu et brûler les hangards le leurs parents l'eussent trahi en faveur de ceux qui revenaient. A Sparte arrivés cesSamiens que Polycrate avait chassés, se rendirent près des magistrats, et là disaient beaucoup de choses comme gens qui se trouvaient en grande nécessité. , Eux harangue répondirent qu'ils en avaient et ne comprenaient pas la fin. A à la première oublié le commencement la seconde audience , ne haranguèrent plus, mais ayant le montraient disant qu'il ils apporté un thulacos (i) vide, avait faute de farine. seul en aurait dit A assez quoi l'on repartit que , et le toutefois fut résolu thulacos de se- les courir. Adonc toutes choses préparées pour cette expédition , les Lacédémoniens passèrent à Samos , en récompense, disent les Samiens , de ce qu'eux les avaient aidés de leurs vaisseaux contre les Messéuiens ; mais, comme le racontent ceux deLacédémone, ce fut moins pour donner secours aux Samiens que pour eux-mêmes se venger de l'enlèvement du cratère qu'ils portaient à Crésus, et du corselet que le roi d'Egypte Amasis leur envoyait en présent. Car les Samiens leur prirent , un an avant le cratère , ce corselet lequel étant de lin avec beaucoup d'animaux en laine de coton , que chaque , fil cent soixante Lindos (i) , fin tissu admiré pour ce regard comme il est , , , orné d'or et aussi et de pour ce a cependant en soi trois tous visibles à l'œil. Pareil est cet autre à consacré par Amasis à Minerve. Sac de farine. fils est cuir qui servait à porter eu voyage une provision de
(33 9 Or aidèrent les Corinthiens «t volontiers y prirent part. ) à l'armement contre , Car y il Samo?, un outrage à eus avait Samiens une génération avant, lorsque le cratère Car comme une fois Périandre fils de Cypsélus envoya pour être coupés à Sardes chez Alyattès, trois cents fait par les fut volé. jeunes enfants des premières familles de Corcyre , ceux qui menaient, Corinthiens, étant abordés en Samos, la les chose fut contée aux Samiens comment et pourquoi ces eux premièrement leur montrèrent à toucher le temple de Diane puis ne souffrant pas qu'on les enlevât suppliants du temple , comme ceux de Corinthe empêchaient qu'ils n'eussent à manger, les Samiens firent une fête de laquelle ils usent encore aujourd'hui en enfants s'en allaient à Sardes , et , , même La venue temps que les chœurs do jeunes filles et de jeunes garçons, et dressant ces chœurs ordonnèrent par une loi qu'on y portât des gâteaux de sésame et de miel, à celle fia que les dérobant les enfants des Corfaçon. nuit enfants furent suppliants, , durant tout le des diessaient ils cyréens eussent de quoi se nourrir; et dura celte façon de faire jusques à tant fants , que les Corinthiens , gardes de ces en- les laissant s'en allèrent, et lors les menèrent à Corcyre. De vrai si les riandre, eussent été amis des Corcyréens pas sans doute, pour le Samiens Corinthiens ,' ils , les re- mort Pé- ne se fussent souvenir de cette affaire, joints aux ennemis de Samos ; mais jamais depuis le temps que l'île fut peuplée par eux, ils n'ont paru d'accord ensemble, bien qu'entre eux cependant il y ait... (1) Voilà pourquoi les Corinthiens en voulaient à ceux de Samos. Or, Périandre envoyait à Sardes pour être coupés ces enfants des premiers de Corcyre, afin de se venger. Car les Corcyréens d'abord avaient commencé par un acte horrible envers lui. Car après que Périandre eut tué sa femme Mélissa, un autre malheur lui avint après celui-là. Il avait de (i) Quelques mots manquent au texte.
(34°) Mélissa deux fils âgés l'un de dix-sept Leur grand-père maternel ans. pidaure, ayant les l'autre , et le jour qu'il , : , , enfants dout l'aîné qui , Lycophron en eut tour à Corinthe , mais ; le qu'étant de re- , père, ni répondre à quoi qu'il lui pût dire quels propos il comme ils grandes quoi ; que s'était ou demander; Pourquoi Périandre en colère à taisait. chasse de sa maison quit à l'aîné de ce Parole » ne voulut plus aucunement parler à sou il interrogé par lui se la fin le Savez-vous plus jeune appelé douleur en l'âme telle « mère? qui a tué votre est celui peu de compte tint comme venir devers lui, les chérissait fait on peut croire, étant les enfants de sa fille leur dit en les reconduisant Jes renvoya hien de dix-huit Proclès, qui était tyran d'E- et , ayant chassé celui-là, s'en— leur grand-père leur avait dit et de avec eux entretenu. L'autre lui conte en avaient été reçus avec joie et caresses mais de ce mot que leur dit Proclès en les reconne s'en souvenait pas, comme n'y ayant fait d'a- voyant il bord nulle attention. Périandre repart alors qu'il n'était pas possible au monde que leur grand-père ne leur eût donné quelque avis , et à force de l'interroger , fit tant que le jeuue homme enfin se souvint de cela et le dit. Telle chose ouïe, Périandre, délibéré de ne céder ni s'amollir en nulle sorte à l'égard de son autre retirer, là fils , où comme on cevoir, et lui, le savait le faisait sortir en une autre, d'où on allait il menaces de Périandre et le chassait , lesquels craignant , comme toutefois. portant que qui paierait le il en sa maison ni et , s'eu il recourut à divers de ses 3Iais Périandre logerait, ou fit , le recevaient, publier un ban parlerait seulement, lui , disant de combien. n'y eut personne qui le voulût plus recevoir lui parler. admis nulle part, chant à terre le re- encore, à cause des enfant de Périandre une amende sacrée à Apollon Après ce ban, d'une maison de ces ordres qu'il donnait afin de l'exclure de partout; ainsi chassé amis coutumier de se envoyait un messager défendre aux gens de et Lui-même cessa de tenter d'être depuis hantait sous manquant de tout. Au les portiques , cou- bout de quatre jours
1 341 Périandre qui vit le lavé de long-temps lère s'approcha de , semble me , à préférer affamé , pour ne lui et lui dit. O enfant tel qu'il est lequel doue te , maintenant, ou succéder et avoir, étaut attaché à ton père, et les biens que j'ai ; s'être en eut compassion, en quittant sa co- ou ton sort , ) mal en point , toi , mon fils , tyrannie la qui né roi de riche la mauditeen merésistant et te prenant à qui fallait le moins. Si chose est avenue dont tu aies contre moi soupçon, à moi d'abord eu est le mal, dont j'ai d'autant pins à souffrir que seul j'en suis cause. Mais toi connais enfin combien mieux vaut faire envie que pitié et voyant la folie que c'est de se courroucer à son père, et plus fort que soi va de ce pas à la maison ». Corinthe , as choisi celle vie misérable et , , ; Ainsi l'avisait Périandre ; mais l'enfant ne lui répondit autre chose sinon qu'il devait l'amende sacrée au dieu pour lui avoir parlé. Périandre alors connaisant que mal en le pouvait adoucir ni vaincre l'éloigné deses yeux et l'envoie sur un navire à Corcyre, dont il était maître aussi. Lui parti, Périandre fit la guerre à son beau-père Proclès, lui ne , pensait èlre auteur le premier de ses peines qu'il ville se d^pidaure comme et prit aussi Proclès et le , prit garda vivant ; la et temps Périandre, avancé en âge, sentit ne pouvoir désormais voir et gouverner les affaires , alors il manda de Corcyre Lycophron pour qu'il vînt prendre la tyrannie, n'ayant aucun égard à l'aîné de ses fils qui lui semblait être de trop faible entendement ; mais Lycophron avec le ne daigna même répondre au message. Le père qui avait mis en lui son espérance, envoie à ce jeune homme une autre fois sa sœur, fille de lui Périandre , pensant qu'il se devait persuader à elle, laquelle devers lui venue , enfant, souffriras-tu donc la tyrannie « lui ayant dit passer à d'autres, la maison de ton père s'abîmer, plutôt plutôt laisser : que toi venir et la teuir ? Habite en ton logis tourmenter à guérir O le ; désir de gloire chose vaine mal par raccommodement -, le mal. 5 et , de cesse Plusieurs ont préféré au plusieurs se sont te ne tâche point vu perdre la dr>oit pater-
(34.) uelle chevauce eu requérant celle de leur mère. Le nie échappe; beaucoup en sont amants. cassé ; ne livre point à d'autres le capable de plus tyran- bien qui t'appartient ». Elle donc lui disait instruite par leur père croyait La voilà vieux, l'at traire et fléchir , ce qu'elle son cœur } que jamais n'irait à Corinthe, tant qu'il saurait son père en vie. Ce qui étant par elle rapporté à Périandre, pour la troisième fois il envoie un héraut voulant aller lui-même demeurer en Corcyre, et man- meis lui répondit disant il dait à son à quoi fils de s'en venir en Corinihe prendre la tyrannie, accordé, ils se préparaient pour passer, lui s'étant Périandre en Corcyre et l'enfant à Corinihe. Mais ceux de Corcyre informés de toutes homme ; ces choses, afin leur pays Périandre De fût en , d'empêcher que mettent à mort le jeune ce fut là la cause pourquoi Périandre se voulut venger des Corcyréens. Les Lacédémoniens avec une puissante flotte arrivés devaDt Samos , la tenaient assiégée. D'abord attaquant le mur du côté de l'esplanade , ils montèrent sur la tour qui est au bord delà mer, mais bientôt en furent chassés par Polycrate même accouru avec un gros de gens. Cependant par la tour d'en haut, bâtie sur la croupe du mont sortirent les alliés et des Samiens bon nombre , lesquels ayant tenu tête aux Lacédémoniens quelque peu de temps s'enfuirent et eux les poursuivant en tuaient. Si daus cette journée les Lacédémoniens eussent fait tous aussi bravement comme Archias et Lycopas, sans faute Samos était prise. Car Archias et Lycopas à la poursuite des fuyards, s'étant seuls jetés avec eux , , dedans l'enceinte des murailles, la retraite leur fut coupée ils dans la ville des Samiens. ; aÏDsi périrent- Le troisième descendant de , un autre Arduquel bourg il était , et de tous les étrangers c'étaient les Samiens qu'il houorait le plus; et me dit que son père avait eu noroSaraius, de ce que son père Archias était mort vaillamment en chias v s , je l'ai cet Archias-là connu moi-même combat de Samos , et à Pitane , m'ajouta qu'il honorait surtout les
343 1 Samien* , que son à cause ) publiquement par eus aïeul fut enseveli fort bien. Après avoir tenu Samos as«iégé quarante jours, les Lacèdémoniens voyant qu'ils n'en étaient de rien plus avancés, s'en retournèrent au Péloponnèse. Un sot propos en a couru que Polycrate ayant frappé en plomb force pièces du les leur donna et qu'eux les prenant, les fit dorer allèrent. Cette guerre fut la première que firent en Asie , pays s'en , , , Doriens. les Ceux quittés , Lacédémoniens les passèrent à Siphuos et les affaires des 5 car les insulaires des mines d'or et d'argent duit, ils ils , , si chaque année comme que de un la dîme du proaux plus sommes prove- trésor égal faisaient ils Ils étaient les ayant dans leur se partageaient les nantes de ces mines. Or, quand d'eu êtr» avaient besoin d'argent,, en ont consacré à Delphes riches, et point sur le , Siphnieus florissaient alors. plus riches de tons île Samos contre Po- des Samiens qui étaient venus en lycrate, avec ce trésor, ils demandèrent à l'oracle si leurs biens présents leur devaient long-temps demeurer. La Pythie leur fit cette réponse Alors que dans Siphnos Pritanée blanc sera , et blanc le sourcilleux marché, Siphnien sagement fora si caut en son : cachée il évite embûche de bois marché de Siphuos, en ce temps-là, île revêtus de pierre de Paros ele , ni lors, ni depuis à la miens, dès un de sur les \ ils et et rouge héraut. Le le prytanée étaient ne surent comprendre l'ora— venue des Samiens Siphnos qu'ils eurent pris terre en car les \ , leurs navires des parlementaires à la ville. vaisseaux jadis étaient peints de vermillon cela que la , et Tous c'était Pythieavait prédit aux Siphniens, parlant d'une embûche de requirent Sa- envoyèrent les bois et d'un héraut rouge : venus , ces Siphniens de leur prêter dix talents, ceux-ci refusèrent, quoi entendant , et les Samiens se envoyés ce que mirent à piller le pays, ceux de Siphnos accourent pour défendre combat eurent du pire même beaucoup d'entre eux ae pureo S regagner !a ville, le chemin leur leur3 biens, et dans le ;
344 ( ) payer ensuite étant coupé par les Samiens qui leur firent cent talents. eurent pour argent des Hermionéens une Ils Péloponèse, Hydrée, dépôt puis fondèrent en Crète Cydonie , dans ce dessein , de cinq ans , et près l'île les du comme venus n'étant pas mais bien pour expulser de y demeurèrent thiens. Ils île aux Trézéniens qu'ils remirent Zacyu- vécurent en prospérité l'espace les lieux sacrés qu'on voit tellement que tous , maintenant à Cydonie, sont leur ouvrage aussi est le temple de Dictyne. Mais la sixième année , ceux d'Egine les • vainquirent daus un combat naval et les firent esclaves*, les proues qu'ils clèrent de leurs vaisseaux, faites en hures de tempîe de Minerve à Egine. Les Eginèles en usèrent de la sorte avec les Samiens, par une haine envenimée que de long-temps ils leur porsanglier, ils les consacrèrent dans le Samiens les premiers, régnant Amphicrate Samos, passèrent en Egine armés firent aux Eginètes de grands maux, et non moins en eurent à souffrir de quoi taient^ car les à , , la cause Or ne fut autre. ai-je voulu m'élendre miens parce que , entière sont faits par eux. cinquante orgyes, un peu sur la Grèce D'une montage haute de ceut ou trouée, commençant d'en-bas la fosse avec double ouverture, sept stades sont fosse, hauteur huit pieds celle-ci une autre vingt coudées source est , trois fosse propos des Sa- le plus grands ouvrages de les trois la longueur de de bout en bout a de profondeur par où l'eau d'une grosse pieds de large conduite jusqu'à , la ville dans des tuyaux quelle fosse ou trouée l'architecte était de Mégare, liuus le , fils second, de Naustrophus c'est la largeur égale:, par le milieu de , , et voilà une levée dans la un des trois :, de la- Eupa- ouvrages \ mer autour du port, pro- fondeur quelques vingt orgyes, longueur de la levée , plu* de deux stades \ le troisième qu'ils ont fait est uu teemple le plus grand de tous les temples conuus dont fut le premier architecte Rhcecus fils de Philès, né du pays; pour , , , eela j'ai voulu davantage m'élendre au sujet des Samiens.
(3f>) Cependant que Cambyse séjournait en Egypte , faisant tels actes de démence, deux hommes se rebellent contre lui, tous deux mages et frères, dont l'un avait été par lui laissé gouverneur de sa maison. Il se souleva parce qu'il v t la mort de Smerdis tenue secrète , que peu en étaient infirmés; vie Il : avait fait même plupart la des Perses le croyaient encore prenant son parti là-dessus un que frère Cambyse , et Smerdis à son frère avait Smerdis, homme fait de plus avait se faisait fort , royal , et , tout-à- que celui , ressemblait donc à 11 nom comme lui Smerdis : cet Patizithès son frère, qui de lever toute difficulté le siège lui de Cyrus fils mourir. du mage à la persuasion placer sur soulevé avec j'ai dit s'être semblable de visage en attente à la royauté. il , , se laissa conduire et cela fait Patizithès envoie hérauts partout, et en Egypte aussi, mandant des à l'armée d'obéir à Smerdis fils de Cyrus, et non plus à Cambyse. Les autres hérauts proclamèrent cela où ils allèrent, et aussi fit celui qui alla en Egypte, il trouva Cambyse et l'armée à Ecbatane de Syrie j et debout au milieu proclama ce qu'aet pensant vait ordonné le mage. Cambyse entendant cela , , , du héraut, et que Prexaspès l'avait traltî en ne tuaut pas Smerdis quand il en avait l'ordre regarda « Aiusi as-tu fait, PrePrexaspès au visage, et lui dit être vrai le dire , : xaspès il , le devoir que n'est pas vrai et , je l'imposai ! révolte aujourd'hui, ni que jamais grande ni petite ; » L'autre dit « : Maître f ne peut être que Smerdis ton frère se car il ait querelle avec toi, moi-même ayant fait comme tu com- mes propres mains si à préseut les morts reviennent, attends-toi devoir revenir aussi le Mède Astyagès \ mais il s'en va comme devant et selon l'ordre de nature oneques de lui nulle nouveauté ne s'élèvera contre toi. Or , à celte heure, mon avis est qu'il convient appeler le héraut, afin desavoir par quel ordre il mandais, l'ai enseveli de : , nous vient ici proclamer obéissance au roi Smerdis. » approuvée par Cambyse, le hé- Ainsi fut fait, la chose tautwaudé arriva, et venu Prexaspès l'interroge : «Homme
, 346 ( qni messager de Smerdis te dis la vérité et tu t'en iras sans ) fils , nul mal ; de Cyru* confesse ici , est-ce lui Smerdis, qui ou quelqu'un de ses vu depuis que leioi Cambyse est parti pour l'Egypte, Smerdis fils de Cyrus ; le mage que Cambyse a laissé pour gouverneur de sa maison, m'a dépêché ici disant que c'était Smerdis fils de Cyrus,quime commandait dépariera vous comme j'ai fait.» présent à tes.yeux , t'a .-erviteurs ? » l'autre donné cetordre répond : , « Je n'ai point , , Cambyse alors « Prexaspès en homme de bien tu as fait mon commandement, et partant tu es sans reproche; mais : qui donc est usurpant le celui des nom deviuer , mages, celui 6 , lui à cela roi, ce qui se passe; que tu rebelle contre Perses qui se de Smerdis? s laissas les repart : ce sont les révoltés, gouverneur de ta moi « Je pense maison et son frère Smerdis. » Cambyse Alors que frappa vérité la , entendit le nom tant de ce discours de Smerdis lors le que du songe où il avait , cru recevoir nouvelles de Smerdis assis sur le siège royal et qui de sa tête louchait raison le il le ciel. avait fait mourir son frère, pleurant aventure, il se , , Connaissant donc que sans il pleura Smerdis, et déconfortaut du malheur de toute cette saute sur son cheval en délibération démarcher promptement contre le mage à Suses; et comme il sauta sur le cheval du fourreau de son sabre tombe le champignon, le sabre nud le blesse à la cuisse; ainsi atteint au même endroitoù il avait été blessé , le dieu d'Egypte Apis, , sentant sa plaie mortelle ville : on lui dit , Ecbatane. s'enquit Un comment s'appelait la oracle jadis lui était venu de Ecbatane, pourquoi il pensait Ecbatane en Médie, où étaient toutes Butr>, qu'il finirait sa vie à devoir mourir vieux à affaires j mais alors on vit bien que l'oracle entendait Ecbatane de Syrie ; et comme Cambyse eut appris le nom de la ville où il était, l'aventure du mage et sa blessure ses l'ayant étonné vivement byse fils , sa raison s'en trouva remise , et va mourir Camde Cyrus. » Ce fut tout pour lors, mais au bout de comprenant la prédiction , il dit : « Ici s'en
, ( quelques vingts jours, ayant apparents des Perses , il 347 ) mandé leur dit près de lui tous les plus : «Force m'est à cette heure, ô Perses, de déclarer devant vous la chose que plus je voulais tenir cachée ; car étant eu Egypte , j'eus en songe une vision , cause de notre malheur; moi il me fut avis que je voyais un messager venu de chez m'annoncer que Smerdis assis sur lête le ciel l'empire maine , ; lesiége royal, touchait de sa pourquoi appréhendant que je mon frère ne m'olàt plus vite que sagement. Aussi ne peut l'hu- fis faiblesse détourner le mal à venir. Insensé lors voie à Suses Prexaspès tuer Smerdis, et après un si , j'en- grand peur, ne pensant pas que jamais permort , se pût soulever contre moi; mais ayant failli à comprendre ce qui m'était prédit je fus mal à propos meurtrier de mon frère et n'en perds pas moins mon méfait sonne, , je vivais sans lui , le mage Semerdis que la divinité me mondans celte vision se devoir contre moi rebeller. La chose est faite toutefois , et comptez que vous n'avez plus le lils de Cyrus Smerdis ; mais ce sont les mages qui régnent , empire; car c'était trait gouverneur de ma maison , et son maintenant saurait les punir et ven* germa honte, a misérablement péri par ses plus proches ! lui n'étant plus, ceci me reste à vous recommander, ô Perses, chose nécessaire et que je veux qui s'exécute après ma mort ; je vous l'enjoins exprès au nom des dieux royaux, à vous c'est un que laissai je frère Smerdis. Celui qui tous, et à ceux surtout des Achéménides qui se trouvent ici aux Mèdes ; que s'ils l'ont usurpée par ruse, il faut par ruse la leur ôter , ou si la force les soutient , force plus grande les doit abattre. Faites ces choses , et ainsi puisse la terre vous donner tous ses fruits , vos femmes , vos brebis engendrer , vous étant libres à jamais ; que si vous ne reprenez l'empire ou n'y faites du moins vos efforts, je vous veux et voue le contraire de tous ces biens et davantage que puissent avoir tous les Perses, une fin pareille à la mienne. » présents; ne laissez pas la souveraineté retourner , Cambyse en disant ces paroles, déplorait son sort , et les
343 ( Perses, quand déchirer ce qu'ils avaient sur sans mesure. pourrie et Ensuite eux d'habits s'étant carié l'os , et se mâle cinq mois en tout et Les Perses ni femelle. en méfiance, , ton* f a lam. la cuisse fut , mal emporta Cambysefîls de Cyrus !e règne desept ans fants ni ) virent leroi pleurer, se mirent ils tantôt uu après n'ayant lignée d'enlà présents entrèrent les mages fussmt soupçonnant Cambyse de dire doutaient que vraiment et devenus maîtres des affaires, à mauvais dessein ce qu'il disait de la mort de Smerdi< , pour soulever contre lui la Perse. Eux tous tenaient pour assuré que c'était Smerdis fils de Cyrus qui se déclarait roi ; car Prexaspès niait fortement avoir tué Smerdis fait sûr pour lui Cambyse mort de Cyrus avait péri de sa main. n'eût pas le fils , , , car il de confesser que Le mage donc après que Cambyse fut mort, régna paisiblement, profitant du nom qu'il avait le même que Smerdis fils de Cyrus pendant les sept mois qui restaient à remplir les huit ans de Cambyse, duraut lesquels il fit tant de bien, qu'à sa mort tout le monde en A'ie le regretta hormis les , , Perses; car envoyant de tous côtés aux nations qu^l gouvernait, trois ans publia une exemption de milice et d'impôts pour il ta : mage fit cette publication aussitôt son avène- fut au huitième mois reconnu en cette mauière. Otauès était fils de Pharnaspè^e, par sa naissance et ses richesses égal aux plus grands de la Perse. Le premir de tous , cet Otanèse soupçonna Smerdis de n'être pas le fils de ment, mais il Cyrus, mais bien ne sortait point voir fit : celui de qui était de fait, remarquant la citadelle, ni jamais qii'il n'appelait it le aucun des notables Persans. Sur ce soupçon voici qu'il une fille à lui nommée Phédyme avait été femme de Cambyse , , et lors était , au mage qui vivait avec elle , comme lesfemmesde Cambyse; Otanès envoyant deverscette sienne fille lui fit demander près de qui elle couchait coutumièrement, si c'était Smerdis fils de Cyrus, ou aussi avec toutes , quelqu'autre.Elle oneques vu le fils lui renvoya disant qu'ellene de Cyrus, ui lors savait, n'avait ue connaissait qui était sou
< 349 Tparî. Le père, par un counais Smerdis ) autre message lui repart : Si tu ne de Cyrus, sache tTAtossaqueiest l'homme fils avec qui toutes deux vous demeurez, elleet A elle connaît son frère. voir Atossa, ni parler à nulle des carsans faute toi, cela sa fille renvoie Je ne puis ni : femmes qui sont enfermées quantetmoijcarcet homme-ci, quel qu'ilsoit, dèslepremier moment qu'il prit la royauté, nous dispersa, logeant Tune ici, Glanés dès-lors comprît ce devers elle envoie un troisième message, l'autre là. Cette réponse ouïe, que c'était, disant ainsi: et Comme bien née , qu'il qu'il n'en ait pas fi mérite; la joie., mais présent fais ceci à endormi, le sentiras ce puisse avoir-; y prenant pouvoir sur toi et long-temps donc toi avec lui et fille, faire mais celui que je , , pense, couchant avec ma tu dois, qu'ordonne ton père, quelque péril car s'il n'est le fils de Cyrus Smerdis : soit les Perses, puni comme quand tu seras au tu trouve ayant des oreilles assure-toi que tu habiles avec Smerdis fils de Cyrus 5 s'il n'en a., c'est le mage Smerdis. lit tâte à ses oreilles; si les Phédyme là-dessus renvoie chose faire, car à telle , disant lui si que grand le péril est n'ayant point d'oreilles se sent toucher à cet endroit, elle sait qu'il la détruira, toutefois elle le fera. cuter Cambyse régnant ce qu'il voulait. quelque raison non petite le mage. Cette que Ainsi promit-elle à son père d'exé- , couper Phédyme donc, les pour Smerdis d'Otanès, afin avait fait, à oreilles la fille d'accomplir ce qu'elle avait promis à son père, quand lui échut d'aller chez mage le , car c'est la coutume des Perses d'appeler leurs femmes tour à tour, vint et dormit auprès de oreilles lui *, le sentant au fort de son où sans peine Savait point d'oreilles vers son père, lui en fait , et sitôt mande la part à deux autres Eux fiance, furent aisés à , , qu'il fut jour, chose comme Aspathine miers des Perses et de qui plus de point en point. somme put connaître que elle il et tâte à ses homme cet dépêchant elle était Gobryas , , lequel les pre- se fiait, leur déclarant tout qui déjà en avaient eu quelque mé- persuader et des raisons et du récit
( 35o ) qae leur fit Otanès et fat convenu que chacun se donnerait un compagnon, celui des Perses dont il croirait la foi la. plus sûre. Otanès choisit Intapherne , Gobryas Mégabyze , Aspathioe Hydarnèj. Etant donc ceux-là six en tout, arrive à Suzes Darius fils d'Hystapès venant de Perse où son père , gouverneur; était Assemblés , il , et quand non mage à ce différer seul se , le fils nfin de Cyrus de brasser trouve que vous bon en nulle le savez d'agir sur l'heure je suis d'avis , n'est il présent à venu exprès sorte. » , A quoi Ota- « Enfant d'Hystaspès, tu naquis de père vailsemble bien n'avoir pas moins de valeur que toutefois , en cette entreprise , garde-toi de préci- nès répondit lant, et me ton père ; piter rien car , j'étais mais puisqu'il ; non pas moi , « Je pensais vraimeot seul : mage qui règne ayant péri; pour cela mort commun d"un ce vint à Darius à déclarer son leur dit ces mots savoir que c'est le aussi , mettre des leurs. le sept qu'ils étaient se jurèrent la foi et se ces mirent à délibérer, sentiment apprenant sa venue le six accord résolurent de il : : nous faut être plus nombreux pour commencer l'exécution. » Darius à cela repart : « Hommes ici présents, que si vous suivez mon avis, vous mourrez tous de maie mort; car quelqu'un vous dénoncera au mage pour en avoir profit: vous deviez vous l'abord prendre sur vous le tout; mais puisqu'il vous a plu diviser ce péril et m'en faire participant, mettons la main ou sinon comptez que passé ce jour t à l'œuvre aujourd'hui sachez , de la façon que veut Otanès , , me mais que au mage.» A quoi Otanès le voyant avoir tant de hâte, répond: « Puisque tu nous contrains et ne souffres point de remise voyons, toi-même, dis-nous un peu de quelle manière nous pourrons entrer au palais et les assaillir*, car les gardes, comme tu sais, pour l'avoir vu ou bien ouï dire étant placées l'une devant l'autre je ne j'irai laisse point prévenir par quelqu'autre moi-même vous , déférer , , à distances, comment alors lui repart : « les 3 passerons-nous toutes! » Darius qui ne »e , il est force choses Otanès peuvent démontrer par discours , mais bien par effet ; et
,, (35, notable effet comment : ) d'où ne sort puis après aucun apprenez donc , vous , que toutes ces gardes d'autres belles en propros , qu'elles soieut établies ne sont point , à difficiles que nous sommes nul n'osera nous arrêter, chacun ayant de nous ou crainte ou révérence puis j'ai un prétexte tout propre à nous faire passer sans obstacle qui est que j'arrive de Perse et viens porter au roi paroles de mon père; car où il est besoin de mensonge mentons ; car nous avons tous même désir ceux qui passer car d'abord étant ce \ , : , , , parlent vrai comme ceux qui usent de tromperie mentent pour abuser en et profit après tirer veulent acquérir bruit de sincérité , mêmes : , uns les autres les pour profiter de fiance qu'on peut mettre en eux. Ainsi rents, nous cherchons tous , la con- par moyens diffé- avantages. S'ils n'y de- vaient rien profiler, l'un n'aurait souci de mentir non plus que de dire vrai l'autre qui nous bien aura laissé : qui nous arrêtera soit ; donc, celui des gardes-portes quelque jour s'en trouvera traité eu ennemi, en entrant à or passer , œuvres de nos mains. » « Amis, quelle occasion plus , Gobryas dit belle aurons-nous jamais de sauver et recouvrer l'empire, ou sinon mourir, nous que voilà, Perses commandés par un moire, par un Mède , lequel encore n'a point d'oreilles. Ceux d'entre vous qui se trouvèrent présents au trépas de Cambyse vous savez les imprécations qu'il fit mourant force , faisons Après Darius : , contre les prendre le Perses, ne tâchaient par tous moyens à rece qu'alors vous écoutâtes peu ; s'ils commandement, car nous pensions qu'il tenant donc , moi je le disait me ne nous faut quitter ce à dessein de lieu , Voila ce que dit Gobryas , , , qu'il que tous approuvèrent ; une chose avint par hasard. Les mages entre eux résolurent de se rendre ami Prexaspès^ Cambyse qui d'un coup de flèche, et parce que seul fils main- et parce qu'il avait tout sujet de haïr de Smerdis : sinon pour aller droit au mage. ? mais tandis qu'ils délibéraient fils tromper range au sentiment de Darius de Cyrus, l'ayant tué de il sa lui tua son savait la mort propre main ,
, 35a ( •davantage était l'appellent donc aussi par la loi que homme ) grandement estimé de» pour lâcher du serment de à se l'acquérir mettant grandes récompenses, Puis , comme il posèrent après sous le , et qu'il aux Perses qu'ils allaient lui , pro- aurait tout àsouhait. consentit à ce qu'ils désiraient, disant ïl l'obliger ne dire à qui tenir secrète et ce fût la tromperie qu'ils faisaient Perses. et , ils assembler pro- lui les Perses de Fort royal, l'engagent à monter sur une tour et certifier à tout le peuple que c'était Smerdis , là parler de Cyrus, non autre qui régnait. Ce qu'ils en faisaient cause qu'ils pensaient que son témoignage aurait fils était à créance parmi les Perses, déclaré que Smerdis fils mêmement qu'il avait plusieurs fois de Cyrus vivait , de et se défendait que volontiers, et les mages alors Perses le firent monter sur une tour l'avoir tué. Prexaspès dit ayant convoqué et là lui dirent les , de parler : , mais lui ce qu'il avait promis de , dire , il l'oublia exprès , et commençant d'Achéménès , conta toute la descendance de la race de Cyrus , puis arrivé à lui , finit en remémorant les grauds biens que Cyrus aux Perses, et ayant narré toutes ces choses, il vérité que jusqu'alors pas sûreté pour il mais qu'à l'heure présente force que fils , contraint par de Cyrus après Cambyse que , il c'étaient comme lui était avait les ne voyaut , il était allé de tout dire, lui-même et dit tué Smerdis mages qui régnaient de grandes imprécations qu'il prononça contre Perses, les et cachée dit avoir tenu lui à confesser le fait avait faits déclara la s'ils mages, il ne recouvraient l'empire se précipite de la tour. ; et les ne punissaient et Prexaspès donc ayant homme de bien toute sa vie , ainsi mourut. Cependant les sept, délibérés d'attaquer aussitôt le mage, sans davantage demeurer , leur prière aux dieux faite , marété chèrent, ne sachant rien de Prexa-pès. Déjà mi-chemin, quand ils eurent nouvelles du sur quoi se tirant à l'écart , ils fait étaient à furent partagés d'avis amis d'Otanès voulant remettre l'exécution cet état ils de Prexaspès , , , les ne bouger en de chose*; ceux de Darius poursuivre et ne point
353 ( Tandis différer. ) qu'ils débattaient entre eux d'éperviers parurent, lesquels donnaient couples de vautours, les plumaient la sept couples , chasse à deux en l'air; ce et griffaient que voyant, tous d'uue voix approuvèrent et sur un tel présage marchèrent au palais. l'avis A avint ce qu'avait pensé Darius, à savoir que leur portant révérence comme aux et non sans , l'ordre des nul ne leur dit mot. gardes les premiers des Perses, de qui on n'eût jamais soupçonné rien de pareil passer de Darius, l'entrée, leur dieux , les laissèrent aiusi qu'-l est à croire, , Venus dans la cour, ils trouvèrent eunuques chargés d'annoncer; ceux-là s'enquirent de ce qu'ils voulaieut et parmi telle enquête querellaient la g^rde de les avoir laissés entrer. Aucuns se mireDt en devoir de les les empêcher de passer outre ; mais eux s' encourageant l'un dague , en donnèrent à qui les voulut retenir, et tout d'un temps coururent à la salie des hommes. Les deux mages y étaient pour l'heure à délibérer touchant l'autreettirantla le fait de Prexaspès comme lesquels , ils ouïrent le- tumulte que poussaient les eunuques , s'en recourent dehors et voyaûtce qui se passait, se voulurent mettre en défense. L'un d'abord prend son arc l'autre saisit une pique vinrent aux mains: celui qui avait l'arc, l'ennemi ils en et les cris , étant pies , quasi sur lui, ne s'en put aider hattait de sa pique et blesse d'un coup ; l'autre com- à la cuisse Aspalhine Iutapherne en per- d'un second Intapherne à l'œil; même mais ne mourut pas de cette blessure. L'un des dit l'œil , mages donc bles«e ces servit de rien ( dans il la salle des deux ; l'autre, comme son arc ne lui y avait une chambre à coucher qui donnait hommes ) là se sauve et fermai' la porte • , mais deux des sept l'enfoncent entrent avec lui', Darius et Gobryas, lequel Gobryas étant aux prises avecle mage, Darius et dans l'obscurité ne savait comment faire de peur de frapper Gobryas. Celui-ci levoyautn'igirpoint, lui demande qui l'em- pêchait; craintede Dague dague , , le frapper, dit-il; à quoi lui aussitôtrepart: Adouc Darius pousse que le mage seul. dusses-tu tuer les deux. et d'aventure n'atteignit 23 sa.
>n Ayant de i* toi te tué les inages aissenl là leurs propres blessés de marcher qu'ailu de garder courent dehors cris, , comme la citadelle des mages à la les têtes menant grand puis coupé leurs têtes , aulaut , bruit. ; ii„ , hors d'état et les cioq autrei main Us appelaient tous leur contaient l'affaire, montraut ces tètes et eu , faisant des Perses et les même ten-ps tuaient tous les mages qu'ils rencontraient. Les Perses enten- dant et la tromperie des mages et ce qu'avaient fait les sept, en voulurent de leur part autant .aire , et à coups -de dague tuaient des mages tout ce qu'ils en purent trouver , et si la nuit n'y eût mis fin pas , ua seul n'en fut échappé. Les Perses célèbrent ce jour publiquement plus qu'aucuu jour, et en ont l'ait une graude duiant laquelle dehors il mais tous , les appellent magopbonie, fête qu'ils permis n'est mageô nul mage de se montrer à ce jour -la se tiennent clc* eu leurs maisons. Le tumulte apaisé, au bout de dis jours ceux qui s'é- mage, délibérèrent eulre eux-, et des discours que bien des Grecs ne pourront taient soulevés contre le là furent dits croire et , furent Otauès néanmoins. dits était d'opi- nion de mettre en commun les affaires disant ainsi < M'est avis que nous ne devons plus avoir un monarque tout seul, : , chose qui n'est de soi plaisautc ni utile. se porta l'insolence de Cambvse , Vous savez jusqu'où avez expérimenté par et vous-même celle du mage. Comment serait la monarchie uneboune et sage police sous laquelle un fait ce qu'il veut et ne rend compte ni raison Y Le plus homme de bien da , ïuonde du dont qu'on , le place en telle autorité commun. Car sens jouit, et d'autre part envie il est nature, lesquelles deux choses ayant, vice. Car beaucoup d'actes détestables solence et beaucoup d'autres par envie ù (aire. Le tyran qui possède l'envie, et pourtant citoyens ONrf&c , il les est le , c'est le mettre hors insolence en lui s'engendre des biens , il il dans l'homme par a toute malice et les commet et ainsi ne par in- laisse mal tout doit, ce semble, ignorer contraire avient. Car à l'égard des jaloux des bons et méchants, accueille les la hait tant qu'ils vivent, calomnie , et chose de
C toutes la plus bizarre il s'en fâche , manque de l'impute à et qui comme de 355 le ) loue modérément , il s'en fâche respect; qui lui veut complaire, flatterie Encore est-ce intéressée. ne remue les antiques lois force les femmes tue sans jugement. Peupleau contraire gouvernantale plus beau de tous les noms , Isonomie, et ne s'y fait rien de ce qu'on peu s'il , , voit dans la monarchie. Les magistratures soot au sort chacun rend compte de sa minations se prennent en laissant dans le charge commun. monarchie nous peuple est tout. la , l'oligarchie d'abolir la tyrannie ainsi parla , ma de : ; « a failli à rencontrer le peuple grand que ; car mais Mégabyze qui pré- Ce qu'allègue Otanès afin part vous soit dit également mais en ce qu'il conseille de porter il J'opine donc à ce fassions le Telle fut l'opinion d'Otanès férait \ en répond. Les déter- et la puissance meilleur avis. Car il } au peuple, u'est rien plus insoleul ni moins capable de raison qu'une multitude sans iVeio je , et de peur d'un tyran nous soumettre au ne vois à cela nul bon sens; l'un, s'il fait peuple, vil quelque mal, il le connaît du moins. L'autre ne le peut même connaître. Et que connaîtrait-il qui ne sait ni n'apprit rien de beau il emporlede furie et précipite tout semblable ni d'honnête à un torreut. Obéisse au peuple quiconque est ennemi du nom persan ; mais nous, parmi les meilleurs hommes, choifaisons une classe et lui donnons le pouvoir , dont sissons par ainsi nous serons nous-mêmes participants. Aussi que des seuls gensde bien peut venir le bien commun de tous.» Telle fut l'opinion deMégabyze, sur quoi Darius le troisième déclara son avis, et dit « Pour moi, ton propos Mégabyze, et tant qu'il touche la multitude, me semble juste et de bon sens , mais non quanta l'oligarchie. Car trois choses étant les meilleures q'uon sache en fait de gouvernement, le peuple supposé bon , l'oligarchie le monarque, je maintiens celui-ci de tout point préférable. Car un chef homme , r' , : , , <ie bien est ce qu'il '-slou. y 50ucttraxlèie,il a de meilleur. Car usant de conseils gouveiuele peuple hrépiuchablemeut 2J*
356 ( ) contre l'ennemi sont plus Outre que d'un seul entre plusieurs , comme s'exerce vertu la là mais où secrets ; les desseins sourdent les haines privées qui sont cause de grands maux. Car chacun prétendant l'emporter et conduire les délibérations , on en vient à se haïr \ de ces inidans l'oligarchie , mitiés naissent les factions , des factions les meurtres, qui ne sauraient finir sinon par la monarchie combien d'autre part gouvernant naître aisément dans la commune. Le haine entre les celle-ci , vice est de nécessité une fois établi pour le jusqu'à ce qu'un prenne autorité sur telles Le peuple prend pied engendre non pas le vice vicieux, mais forte amitié au contraire agissant d'accord ensemble à d'où se peut con- , meilleure. mal public le ; cette révérence que eux va peuple et ôte l'empire gens, lequel à raison de ce révéré par même, de , et ainsi lui porte le un chacun peuple profi'e monarque. En somme et pour finir d'un mot, dVù nous est venu la liberté V qui nous Ta donnée est-ce le peuple, l'oligarchie ou un monarque? mon sentiment, puisqu'un seul homme nous a fait libres , c'est de nous tenir à un seul et de n'innover point aux coutumes de nos pères, sages et bonnes } car ainsi ne nous vaudrait rien. s> et se fait j* Ces seillé donc proposés trois avis pour se déclarèrent le dernier. quatre des sept délibérants , Alors Olanès qui avait con- rïsonomie, voyant son avis rejeté, milieu d'eux « : Hommes conjurés , il se prit à dire est sans au doute qu'un de nous va devenir roi soit par le sort , soit par le choix du peuple à qui on en s'en remettra , soit de toute autre manière. Je n'entends point pour moi le disputer avec vous. Je ne , veux gouverner ni être gouverné; mais je vous cède ici l'empire à une condition pourtant, qui est que nul de vous ne commandera jamais ni à moi ni aux miens issus de moi à , perpétuité. » rent sa Comme il demande sur du milieu d'eux, eut dit ces mots l'heure s'assit , , les six lui moyennant quoi octroyè- lui se retira à part et ne concourut point avec eux. Aujourd^iui encore cette maison est la seule en Perse qui soit libre lois et , et n'obéit qu'autant coutumes qu'elle ne peut qu'elle veut, sauf transgresser. lw
C35 7 ) Le demeurant des sept tint conseil sur la manière d'élire un roi la plus équitable, et d'abord fut délibéré qu'à Otanès et ceux de sa race ( venant royauté à écheoir à un d'eux la sept) serait donné par distinction particulière chaque année à la rnédoise et tout ce qui se peutehez les un habillement La cause pourquoi Perses de plus honorable en présent. voulurent eu ces présents, c'est qu'il avait lui faire ils le pre- mier dessein du complot et avait assemblé les autres. Tels furent les dons et honneurs décerné? à Otanès seul. Pour eux en commun sept entrerait quant famme qui ne à l'élection le cheval nade où que toujours qui voudrait des annoncé, fors que le palais royal sans être dormir avec une femme; que le roi ne pourrait fût de famille d'un des conjurés \ et roi fût à épouser réglèrent ils au , voici ce qu'ils résolurent au lever du soleil hennirait le chevaucher que ; dont celui premier sur l'espla- matin, celui-là serait rei. un palefrenier homme de sens, lequel s'appelait OEbarès. Finie la délibération, comme ils se furent séparés Darius dit à cet homme : Or ils iraient le avait D<uiu«, parmi ses domestiques, , un nous voulons faire ainsi. dont le cheval hennira le premier au lever du soleil aura la royauté. C'est à toi maintenant si tu sais quelque secret , de le mettre en usage pour « OEbarès pour , élire roi à cheval. Celui Nous monterons que ce prix tombe à nous et non pas à quelque autre en Le palefrenier répond « S'il ne tient qu'à cela , que tu sois roi, aie bonne espérance et t'en remaître, mets à moi. J'ai telle drogue au moyen de laquelle nul autre que toi ne régnera. » Darius repart « S'il est ainsi que tu possèdes tel secret c'est le temps ou jamais de l'employer. faire partage. » : : , Car au point du jour se fait l'épreuve qui doit décider eutre nous. » Cela entendu , OEbarès s'y prit en cette façon. conduisit à l'esplanade une jument venue, il davantage le cheval le cheval de Darius de Darius au long de , , l'ayant liée par plusieurs cette cavale et enfin lui permit de saillir même la U cavale. , celle , en fois le fit fit La approcher aller et venir toucher eu passant Or le nuit qu'aimait jour , puis commençant
,, 358) ( à poindre vo , r vem'r les six ainsi qu'il était cî montes sur leurs chevaux, comme où furent vers cet endroit ils avait été liée là le , En même nir. eux traversant et nuage, qui la nuit passée la cavale cheval de Darius se mit à courir et hen- temps on ouït tonner fut à Darius une voix du conven;: l'esplaoarle, ciel se et se vil un éclair sans une sorte d'inauguration déclarant pour comme et Les autres aussitôt lui. sautant à bas de leurs chevaux adorèrent Darius et l'appelèrent roi. Aucuns que trouva OEbarès content l'invention ainsi mais d'autres disent, et raconte par , les Perses de fait la qu'il sa tint main cachée sous bragues, l'ayant frottée d'abord aux parties de jusqu'à ce que cette lui main, fit la le matin les chevaux porta ans narines ; chose en deux façons se allant partir ses cavale, la sortit il , du cheval de Darius et la sentir, lequel aussitôt se prit à souffler et hennir. Darius donc fils d'Hystaspès fat déclaré roi et tous les peuples de l'Asie hors les Arabes lui obéirent , soumis par Cvrus premièrement et par Cambyse après. Les Arabes oncques n'obéireut aux Perses comme esclaves , mais furent Egypte CamPerses n'eussent su, malgré les Arabes, leurs hôtes depuis qu'ils eurent fait passer en byse jamais *, les avoir entrée en Egypte. Ses premières femmes Darius Perses, deux filles Atossa mariée d'abord à stone encore vierge. de Cvrus les prit étant roi de Cvrus, Atossa Il Cambyse son et frère, épousa aussi une appelée Parmys, aussi eut , l'autre le» Artv- de Smerdis fille la chez Artvstone, l'une fille fils d'Otanés, mage, et tout fut plein de sa puisau commencement et dresser un type de pierre, où pour figure il y avait un homme à cheval , et y celle-là qui reconnut le sance. fit Il fit faire engraver des par la palefreuier Cela ils lettres qui disaient vertu de son cheval fait , il ( disant : le Darius nom fils ) et d'Hystaspès d'OEbarè* sou obtint la royauté des Perses. établit en Perse vingt gouvernements que appellent Satrapies.... là
( S PRÉFACE DE LA TRADUCTION DE LA LUCïADE OV DE « I'abFE lNors avons lu , DE LUCIUS DE PATJUS, Photius, dit » cius de Patras en plusieurs s pure ? point il ; y a les livres. Métamorphoses de Lu» Sa phrase est claire e£ la douceur dans son style ; il ne cherche par un bizarre emploi des mots, mais dans plaît trop au merveilleux \ .tellement qu'on de à briller se 3> ses récits » le y> premiers livres sont quasi copiés de celui de Lucien il pourrait appeler un second Lucien » a peur titre la Luciade ou ï copié Lucius •, est 3> l'ouvrage de Lucius plus ancien. ^ venait pas à son but mêmes ; , l'autre a tournures , mêmes le reste comme Lu il il et de tout ce qui se raconte , le iade ou VAne. L'un a toujours fait , au homme persuadé en des fables anciennes. s , , et se rit de prestiges, d'enchantements » de métamorphoses d'hommes en bêtes sottises les a réduit de fictions et de saletés comme 2> d'un conservant et expressions, que Lucius parle sérieusement 5 des superstitions pa; unes 3> sien mais avec cette différence que Lucien plaisante lieu qui , peut-être Lucien a tiré le mais dans et les 5 et l'autre ouvrage est rempli :> deux retranchant tout ce qui ne con- et > tout à un livre intitulé par lui la 3> ses pu découvrir qui des deux semble bien, à dire vrai, que de Il » bloc, duquel abattant » PAne ou même car nous n'avons > le et : , et autres pareille*
36o ( que Voilà ee dire ; dit Photius Son jugement le , brilleot amour du merveilleux de merveilles la lecture, à ce qu'il parait ingénieuse, très contes à dormir debout , était , comme Molière le s'est cet et comme s'il moqué des extravagantes parhisd< nt de son temps fott goûtée. a écrit son Histoire véritable, et depuis souvent imitée, d'Iamblique de cette plaisanterie teur Luciea et de> fables C'est dans ce dessein qu'il parodie 1 r de Lucius, et reproche, qu'il leur de Clésias ou d'Ouésicrite toires pleines vouln grand sens que quelques uns peu dans celte notice. Qu'est-ce, que ce parallèle de Lucien en effet, giril a grec sont assez embarrassées. d'ailleurs et le lui ont attribué lait , car ses expressions dans ) ou du moins ce aime et les merveilleux récils langage précieux. Sans mentir, que Photius ne connût guères les deux si mal à propos» Ce qu'il ajoute et cette différence des de Diogène. L'au- il , fallait com- écrivains qu'il pare , qu'il prétend établir entre Lucien et Lucius, dont l'un, dit-il, parle tout debou, l'autre se mêmes feste , moque termes , en écrivant c'est mêmes les choses dans les bien là encore une rêverie toute moins étrange cependaut que celle mani- de saint Augustin le même sujet. On ne sait dit ce Père, s*il est vrai que Lucius ait été quelque temps transformé en âne. Je ne vois pas pourquoi il en doute ayant accoutumé de dire Credo quia absurdum. Mais à moins d'uue pareille raison T qui jamais se persualera que Lucius ait pu conter sérieusement sa métamorphose en âne sa vie ses misères sous cette forme ses amours avec de grandes dames et douner tout sur , , : , , , , cela pour des faits? Quelle apparence qu'un récit dont Tàue que nous avons est l'abrégé fidèle , fût débité comme his- que le dit Photius, les propres phrases et les mots du livre des Métamorphoses; li ce sont eu tout les mêmes traits qu'on a ^eulemeut raccourcis le même narré, les mêmes paroles, comment donc coucevoir que de ces deux ouvrages où toutétait pareil Vuo. fût sérieux , l'autre bouffuu'r' etconmieutl'exac Le copie d'un torique ? Si cet abrégé représente , ain^i , ,
(35, ) conte ennuyeux était-elle une salir.e si point. Je ne Photius ue nous explique n'eût lu ou vu à tout le moins notice ne fut faite il encore découvrir quel e 3 t , cien ou de Lucius, ni qui des , bien avant Lucius lequel venant après cela redit de soi les Tout deux ce doute, sagement demeure dans Lucien et n a pensait à toute autre chose. Il ne sait en écrivant , dire qu'il le; deux livres ; mais ou sa que iong-iemps après celle lecture, ou pu dit-il qu* gaie ? Voilà ce veux pns mêmes le a copié l'autre ^ car il pourrait que se il et , eût fait cette histoire de Lucius , aurait copié son , Lu- plus ancien de historieu , et choses que l'autre en avait déjà dites. amas d'absurdités montre avec quelle distraction, bon Patriarche. Pour moi, je ue puis croire que Lucien ait jamais rien abrégé ce n'était pas son caractère; il amplifie tout au cet écrivait le ; qu'il dit beaucoup trop de , et donne souvent à ce développement , ayant peut-être retenu ce défaut de son, premier métier de sophiste et de déclamateur, espit d'ail- contraire leurs plein d'invention qui n'avait nul besoin d'emprunt, et certes u'eûl su se contraindre à retracer ainsi froidement composition étrangère, sans y jamais mettre du sien dont les traducteurs même et les plus serviles peine à se défendre. Voltaire peut daus , copistes ont ses contes parfois imiter d'autres écrivaius, prendre une pensée, un sujet ira-t-il trancrire des une chose ; mais morceaux deR^belais, des pages de Cy- rano? Ces vives imaginations ne suivent personne à la trace, ne copient point lit de trait l'histoire pour dote \ cela se voit par Denys les Dans il l'abrégé que Thé 'pompe ne mit pas uu mot d'Héro- fragmeos qui nous en d'Halicarnasse au contraire, en abrégeant ses Antiquités ici trait. d'Hérodote, romaines , ne fit apparemment , restent. lui-même comme dit Photius, que resserrer, élaguer, réduire en moindre di- mension ce qui se trouvait plus étendu dans son premier ouvragé, dont il put très-bien conserver les phrases et les expressions n'espérait pas trouver mieux. Ainsi de s'il , notre auteur ; car je ne fais nul doute que cet abrégé, sic'ea
(36 2 ,jt-'\ ) un, n^'oitde Lucius lui-même, qui ¥ù\ connaître avec assez de détail à la fin U se dccl.irr pî de son ouvrage pour qu'on n'eût jimais dû l'attribuer à un autre. Cela ne non plus, selou toute apparence, si à l'exemple des anciens, il eûi pris soin de se nommer en tête, non k et eût dit dès l'abord )a fin du livre Lucîus a écrit ce qui suit. Mais ce n'était plus la coutume, et Longin se fût pa* arrivé , : , moque an endroit de ceux qui alors prétendaient imiter et les auteurs du vieux temps. Il y fallait plus de façon. On se Dommait quelque part en passant en eu cela Hérodote , dans corps de l'ouvrage, le Lucien l'a nommait du mieux ; l'antiquité auquel et eût car ils , ou on ne usage toutefois, tout. L'ancien de méprises comme Lucius, et fait ici pratiqué dans son histoire véritable point subsisté, 'valait finité comme épargné aux libraires se fût s'il ans in- n'y a guères d'auteur célèbre de il n'aient attribué faussement différents ouvrages. Mais abrégé je vais plus loin ce n'est point ; et je dis , la que copie réduite ceci n'est point , mais l'original , un au contraire , du livre des Métamorphoses, qui n'était qu'un .développement ou plutôt une pitoyable amplification de écrite depuis par quelqu'autre je crois, que Lucelui-ci , ou cius, , si brouillé avec que Muses, avant perdu toute les voici sur quoi je par Lucius vieilli, mal inspiré, veut, l'on me fonde. D'abord des ouvrages historiques. pereurs de Coustantinonle , Ce les sa verve 5 et anciens n'abrégeaient fut bien tard sous les em- qu'on éiendit à d'autres livres cette espèce de mutilation. Alors quelques compilafons, de longs traités de grammaire et de philosophie fureut réduits en petit volume ; mais toujours on s'abîtint de toucher aux ouvrages d'imagination dont abrégea Biutus vrages , qui sont cho*e subtile et légère, substance ne se peut la l'histoire les livres , saisir presser. ni d'Hérodote, Philiîte celle Théopompe de Thucydide, de Polybe, quelques uns leurs propresou- comme Denys d'Halicarnasse, Timosthène choius, tous historiens; mais nul ne s'avisa jamais , Philo de rac-
( çonrcîr , et que les Mimps 363 Sophron fie qu'un abrégé serait-ce rie ) ni , Puis, ce livre aujourd'hui perdu nous Pavons en l'Ane grec dans Pautre Ane retrouve en effet le prétendu abrégé, on , reconnaît le là mêlés parmi un de contes de sorciers petits enfants , toutes inventions , am- épisodes sans fin. Les plus beaux traits de l'auteur grec sont , , latin qui représente mais démesurément étendu par de froides , plifications et des fictions se des Métamorphoses tellement qu'ayant lu celui-ci , Ménîpp£îî Gargantua".' on nommerait cela imitation pour nous sens des anciens; car à présent cet rie par Apulée.. Je dis traduit, au latiu traduit ou paraphrase. Dans Pouvragede Lucius, les- Satires* Gulliver ou d'extravagantes tas de fables à absurdes si peur aqx dépourvues faire et si d'agrément, qu'on n'en peut soutenir la lecture. De pareilles sottises ont à bon droit choqué Photius dans le livr.e des Métamorphoses , d'où Apulée les a prises , et sor.t cause de ridicule crédulité. L'abréviateur, selon ayant seulement supprimé ces impertinences, le reste trouvé faire un ouvrage achevé dans toutes ses parties, qu'il taxe l'auteur lui , s'est un véritable fuses poème dont Voilà ce que lieu.... rêveries je te ne début , la fin répondent crois point. cet abréviateur aurait fait , au mi- D'un amas de conun chef-d'œuvre de narration en coupant seulement des feuillets paraît impossible ; on trouve de l'or dans le sable ; , cela me mais des et je demanderais volontiers à Photius, ; de ce monstrueux cahos, de cette rapsodie in- vases ciselés, non comment , forme de» Métamorphoses, certaines faire un exprès et tout régulier , si pièces auraient pu elles n'eussent été forgées à part façonnées pour s'unir. Je trouve donc fort vrai- semblables que Lucius ayant d'abord composé ce joli ouvrage tel à peu près quenous l'avons y aura voulu joindre depuis morceaux, et par ces aditions de pièces battues , différents à froid et hors Ou'on preoue ! •! latin de proportion , aura gâté son premier jet, peine de comparer au grec que nous avons , la d'Apulée •.omrjae dès le ; tout ce qu'il a de plus est hors d'oeuvre; commencement celle longue et puérile histoire
364) ( de ce Socrate égorgé par ces deux eissorcelé et changées en voleurs cei outres , l'homme qui et un mort a le nez coupé par une sorcière au grec et cousu à la narration Dieu , cela vous et , qu'elle est ici sait où tout naïve, toute dramatique manque clarté rien ne comment. Oiez de retrouvez l'introduction , enfin ne se peut pour l'agrément , méconnaître la vieilles en gardait tout cela est ajoure ; , , Lucius , telle où pour la de trop rien n'est , conception originale. Et quelle apparence qu'un esprit assez faible ou assez malade pour enfanter même en Apulée , ait pu charmant récit où Je n'y vois, quant à moi , nulle tant d'inepties traduites par temps imaginer cessottises sont in-érées ? la fable et le possibilité. Quoiqu'il en de preuves de ces conjectures soit témoignages anciens comme on de Lucius phrases qu'on ne peut appuyer , nous manque, car la pièce principale , voit , est peu de chose puisque , mots et les se réduisent à celui le plan ; en somme c'est ici et les détails et de Photius , les les qui, , l'œuwre pensées les , appartiennent de l'aveu de ceux qui lui donnent l'ouvrage à un autre. Le style n'en est pas aussi pur que le prétend Photius, ni en tout exempt des défauts du siècle eu l'auteur a vécu. Il y avait alors grand nombre d'écrivains dont l'étude principale était de créer dei expressions de tourmenter , l'on peut ainsi dire, la langue, de tenailler pour en étendre le les mots, si sens à des accep- tions dont personne ne se fût avisé. Celte secte a été de tout temps 5 elle fleurissait alors autant ennemi qu'on Photius. dans Il ose , uotre auteur n'en était il le vieux langage n'est poiut plus aise vieille même pas de s'exprimer, qui sont à lui et dont on aurait peine à trouver des d'aimer trop effet et Mais son plus grand exemples. Eu , pourrait croire d'après ce qu'en dit a parfois d'étranges mauièreî le fait quelque le faire tort , et les que ce me semble, c'est expressions surannées. lorsqu'il trouve à placer phrase d'Hérodote appropriée à son sujet. Il usage de ces singulières façons de dire, que PI àtou aura employées une fois peut être en passant. Il ue
365 ( g'àbslieiit ) pas davantage des tournures et des locutions réser- vées à la poésie et emprunte aussi bien d'Homère que de Thucydide, se souciant assez peu du précepte des maîtres qui recommandent d'user avec sobriété de ces phrases an, tiques et poétiques. de ne pas s'en vrai qu'on ne peut lui reprocher Il est servir habilement pour donner à son famicar c'est chose reconnue soit , j^yle de la g:âce dans les petits détails et les discours liers soit , de tous pour le relever à propos $ anciens rhéteurs, que ies archaïsmes, les qu'on n'en abuse point mesure en cela ennoblissent le langage , est difficile à pourvu ; mais la garder. Sallusle ne sut pas l'ob- une étude de parler à l'antique, et encourut contemporaius ayant pillé le vieux Caton sans discrétion, disait Auguste. La Fontaine lui-même, server. le Il se fit blâme de ses , chez uous, tout divin qu'il est, vains pour la connaissance de tingue pas assez d'archaïsmes et chez , lui le le français sépare vieux et du et le la premier de nos écri- langue , souvent ne dis- gaulois. Virgile seul , pleiu s'embellit des dépouilles d'Euuius, style a des grâces nouvelles. qui , sous les Césars veut Mais que dire d'Apulée Je doute fort que de son temps parler la langue de Nurna on le pût lire sans commentaire. Il a senti l'agrément que , , 'i donnait à l'auteur grec ce vernis d'antiquité répandu sur sa diction, et il pense l'imiter! Firenzuola, en traduisant le latin d'Apulée, sions est , les les du emprunte du vieux toscan une foule d'expresnaïves et charmantes; et sa version où l'on peut dire Cavalcaoti que Sans reproduire termes oubliés de Fra Jacopone ou a su éviter cet excès. phrases obscures, , il sont amassées toutes les fleurs de cet admirable langage, au sentiment de bien des gens , ce qu'il y a de plus achevé en prose italienne. On ne trouvera point Aussi n'était-ce pas possible, de dire mêmes choses et senter enfin , si mon ces beautés but, quand ma même dans il traduction. m'eût été mieux que mon auteur mais de dire les d'un ton approchant du sien , de repré- j'ose ainsi parler , , l'âne de Lucius avec sou
( Qui ne pas et son allure. 3GG ) verrait dans cet ouvrage qu\., une lecture propre à distraire aux heures en jugerait comme out pu faire les coulernpoiaius. ïiàrraliou enjouée «le loisir, , Mais pour nous l'eluignement des lemps y ajoute uu aulre des mœurs antiques, uous iutérêt. Comme monument avons vraiment peu de y trouve livres aussi des notions sur la vie ceux qui cheraient vainement ailleurs élude. Voilà par savants. Ce Oa se plaisent à celte recommandent aur tableaux de pure imagination oùnéau- où. sont des curieux que celui-ci. privée des anciens, que cher- de écrits tels se , jnoius chaque trait est d'après nature, des fables vraies qui nou seulement divertissent par la giâce de Piuveution et la naïveté du langage, mais instruisent eu même temps par les remaïques qu'où y fait et les ré- dans détails les flexions qui , eu naissent. C'est la qu'on connaît eu effet comment vivaient les hommes il y a quinze siècles et ce que le temps a pu changer à leur condition. Là se voit une vive image du monde tel qu'il était alors l'audace des bri, ^ grauds, la fourberie des prêtres, insolence des soldats 1 bous ungouvernement violent et despotique , la cruauté des maîtres, la misère des esclaves toujours menacés du supplict pour les moindres fautes; tout est vrai dans des fictions si eu apparence, frivoles ment faux, et les hommes Thucydide Athéniens Il y , fait de faits nou seuleuous représentent les temps et ces récits tuais impossibles , tuieux que nulle l'histoire chronique, à d'Athènes aussi intéressante, , ^ mou Méuandre moins suspecte que a plus de ventés daas Eabelais sens. celle des l'autre. que dans Mezerai.
, (3u; ) RÉPONSE AUX ANONYMES QUI ONT ÉCRIT DES LETTRES A PAUL-LOUIS COURIER, VIGNERON. Je reçois quelquefois des lettres teuses me anonymes ; plaiseut, car j'aime la louange queuses, piquantes, tue sont moins agréables coup plus trouve et utiles : j'y souveut des avis que ne de ceux qui me veulent continue à m'écrire de fit , je autre réponds , mo- mais beau- vérité, trésor inestimable me la sorte, la faire d'autres donneraient peut eue aucuu plus de bien. Afiu donc que l'ou à ces lettres moyen de îépoodrai de le la unes flat- les ; pour mou très grand pro- parcelle-ci imprimée, n'ayant parvenir à mes correspondants , et même à tousceux qui voudraient me faire part de sur ma conduite et mes écrits. Un pareil leurs sentiments commerce, sansdoule, auraitquelques difficultés sous ces gouvernements faibles, peureux, ennemis de toute publicité, serait même de fait impossible, sans dont nous jouissons, comme la liberté dit bieu de la presse, M. de Broé, dans toute son étendue depuis la restauration. Si la presse n'était pas libre, comme elle l'est qu uu commissaire de pac police la charte, saisît, il pourrait arriver chez l'imprimeur toute
36S ( ma ) du correspondar.ee; qu'un procureur son et i'impiimeur, moi mou envoyât en roi pr:« libraire, et mes lecteurs. Ces choses se iont dans un pays où tègne un pouvoir odieux, complice de quelques uns, et eunttmi de tous. Mais et et , eu France heureusement, sous l'empire des tuliou de , lois delaconsti- , charte jurée, sous un gouvernement ami de la cherà tout le monde, rien de tel u'est à craindre. que l'on pense; on imprime ce qui se dit, en personne n'a peur de parler ni d'enteudre. J'imprime donc ceci, non pour le public, mais pour ces personnes seulement qui me fout l'honneur de m'éaire ? sans me dire leur nom ]a nation et Ou dit ce ni leur adresse. Paul-Louis Courier ron de , vigneron de de Larçay la foi et Toassière, etautres lieux, à tous ces présentes verront m'a elle , salut diverti, , les , anonymes inconnus qui : vôtre signée J'ai reçu la Chavonnière bûchela Filonière delà la laboureur de , le marquis d'Effiat trop rusé par instruit, ; curieuses notes qu'elle les contient sur l'histoire ancienne et moderne ; timbrée de Béfort, non signée, où vous rne reprochez d'une façon peu polie, mais franche que je ne suis point modeste. M'exarnioaut là-dessus, j'ai trouvé qu'eu Et vôtre la , , ne suis pas modeste effet je haute opinion d'au me ti Vous en jugez es. paraît ; j'userai des de soi, mes en quoi ; et , ainsi à tort et par formules dont se heureuse invention de écrits dit , - , et bon, votre très le , premier humble qu'il et, nos académies qui sont assurément de moi envie, à ce pour en profiler, couvre l'estime que chacun fait toutefois l'avis est faibles productions qu'accueille gent que j'aide moi-même une me tromper comme bien puis je les avec bouté le Je dirai de public indul- homme du monde, serviteur ! plus beaux de ce siècle, sans contre- vigneron quoiqu'indigne. , Dans celle-ci venant d'Amiens, sans signature pareillement vous me dites Monsieur que je serai pendu. Pour, , , , quoi non ? D'autres l'ont été d'aussi bonne maison que moi; le président Brisson , honnête homme et savant, pour avoir
, &9 ( au corneille les roi Seize, royalistes du l'autel et achever troue. fut pendu par quand même, défenseurs de la f .ï , de Il demanda comme grâce, de pouvoir avant qu'on , y de se défier des courtisan» pendît le , son Traité des usages etcou- , tumes de Perse qui devait être disait-il , une tant belle œuvre. Peu de chose y manquait ; c'eût été bientôt fait : il ne fut non plus écouté que le bon homme Lavoisier, depuis en cas pareil, et Archimède jadis. Parmi tous ces grands noms je n'ose me placer; mai» pourtant j'ai aussi quelque chose à finir et l'on , va me , juger , et je vois bien, des Seize. Tout beau soyons modeste. Dans la vôtre, Monsieur, qui m'écrivez de , me dites sieur , , voici vos termes comme et en prison ; vous dois uu avis. une chose résolue, et tel je c'est Paris Je suis de vos amis, : On , vous Mon- va vous remettre je le sais de bonne part, non pas pour votre pélitiou des villageois qui veulent danser écrit , innocent et bénin , où personne n'a rien vu qui pût offenser le parti régnant. C'est le prétexte tout au plus , l'occasion qu'on cherchait pour vous persécuter, mais non le vrai motif. On vous en veut, parce que vous êtes or- du duc d'Orléans. Vous l'avez loué dans quelques brochures vous êtes du patti d'Orléans. Voilà ce qui se dit de vous et que bien des gens croient non pas moi. Je juge de vous tout autrement. Vous n'ête» point orléaaisle , ami ui partisan du duc j vous n'aimez auami léaniste, particulier ; , cun prince, vous êtes républicain. Ce sont vos propres mots. Suis- je donc républicain ? J'ai lu de bons auteurs et réfléchi long-temps sur le meilleur gouvernement. J'y pense même encore à mes heures de loisir ; mais j'avance peu dans cette recherche, et loin d'avoir acquis par de telles études l'opinion décidée que vous me supposez je trouve, s'il faut l'avouer, que plus je médite , et moins je sais à conversation ment qui je me me , quoi m'en tenir; d'où vient que dans la gens m'en font un reproche , aisé- et bien des range, sans nulle complaisance parlent , pourvu qu'ils aient un , à l'avis avis , et *4 de ceux non de
3;o) ( simples intérêts sur ces grandes questions débattues de nos jours avec tant de chaleur. Je conteste fort peu liberté par instinct , par nature. Je vous en causant, car vous Têtes je le vois , : j'aime la serais républicain avec bien, et vous tu 'étaleriez toutes les bonnes raisons qui se peuvent donner en faveur de ce gouvernement. Vous n'auriez point de peine à me gagner; mais bientôt dirait et montrerait rencontrant quelqu'un qui , par vives raisons qu'il peut berté dans la monarchie, s'il n'allait même car c'est l'opinion de plusieurs , n'y a de liberté que dans monarchie la et elle se y me avoir li- jusqu'à préteudre, peut soutenir , qu'il , alors je passerais de cecô;é abandonnant la république, tant je suis maniable, doutant de mes propres idées, en tout aisé à condociie non forcer. vertir pour peu qu'on me veuille prêcher , , , Et voilà le tort qu'ont avec moi les gouvernants et leurs agents. Ils ne causent jamais dis qu'il de ne faut pas nous mon mieux, vis contraire , ne répondent à payer Chambord assez clairement s'ils , faire , ce me rien. Je leur , et le prouve semble. Etant d'a- daignaient s'expliquer , entraient en s'ils on verrait leurs raisons , et le moindre discours fondé sur quelque apparence de bon sens m'amènerait aisément à croire que je me trompe qu'acheter Chambord est pour nous la meilleure affaire et que nous avons de l'argent propos , , , -, , de reste. On m'a persuadé des choses plus étranges; mais ils ne répondent mot, et me mettent en prison. Quel argument, je vous prie V Est-ce là raisonner. Dès-lors plus de doute. J'ai dit la vérité-, j'abonde dans mon sens et n'en Ma remarque subsiste. Me voilà convaincu et le public avec moi, qu'ils ne savent que dire, que qu'ils n'ont pas même pour eux de mauvaises raisons veux pas démordre. , ; ne voulant s'amender ni s'avouer dans Terreur , c'est le vrai qui les fâche et je triomphe en prison. Loe autre fois je les avertis que de jeunes curés dans no$ \ campagnes, par un en éloignent le zèle indiscret, peuple au lieu de comprome tient l'y gouvernants là*dessus ? Vous croyez ramener. qu'ils la religion, Que font mes vont examiner si
3;i ( afin vrai vous aussi M des ministres, lis la , , pense je ) d'y apporter remède. J'en use Je je di< , fi .' nomme recevoir la loi des sujets V me remet ea prison, et je triomphe cour on miner, on V, ickefîeld C'était Newgate à homme un la sorte et quand on vous donne quelque avis. ce serait s'abaisser. Ce serait ce qu'à il ; y mourut de bien ; Sans rien exaencore fameux par son , comme voici l'histoire : savoir. Les le budget vantaient l'éconoque ce serait à la nation anglaise de payer plus d'impôts qu'aucune de l'Europe. Les impôts, selon enx ne pouvaient être trop forts. Que l'on ôte à chacun la minuties, voulant augmenter mie , et Ja gloire , moitié de son bien, tant le même, rapport des fortunes entre le personne elles res- appauvri. Si, disaient-ils, n'est une maison s'enfonçait d'un étage oa deux, en gardant son niveau elle en serait plus solide. Ainsi la réduction de toutes , les du fortunes au profit consolide l'Etat, et cette trésor absolument indifférente. Oui bien pour vous , dit Wackefield dans un écrit célèbre alors» pour vous qui habitez le haut de la maison; mais nous, dans nous sommes enterrés, monseigneur. Ce mot ]ês étages bas réduction est une chose en soi , morale, subversif de traduit devant ses juges naturels qui tous dépendaient des ministres, avec un avocat également naturel qui dépendait des juges, son procès instruit dans la forme, s'entendit condamner à trois ans de prison. Il n'y fut pas ce temps; au bout de quelques mois malade, ses amis, comme il était peu riche, avaient pour que sa femme et ses eufants souscrit entre eux pussent loger près de la prisou mais l'autorité s'y oppo- parut séditieux, offensant Tordre social , et le roi la , bon Wackefield le , , : sant au nom de l'ordre social il , mourut sans secours, sans consolation, moins à plaindre que ceux qui car il avait pour lui d'avoir bien dit et bien fait. Mais de soucis, de rage ambitieuse de mentir, de tromper curée des entrailles le persécutaient; l'approbation publique, , , ou ils se d'augmenter du peuple à. l'assurance vécureut eux, dévorés coupèrent le budget le cou, las et de de lâches courtisans. 24* faire
, *& ( n'est ) W ackefield pour une seule parole. Rien , dangereux que de parler à ceux qui sont forts et Ainsi périt si veulent de l'argent. C'est la bourse à Eh pondre. fitiez- vous même bien , et prudent ? que vous avez eue en votre personne ; médit: pourquoi écrire enfin? et qui diantre comme imprimer faire dit Boileau Ce Courard, peu pailait qu'il faut ré- celle vous pousse à vous , main de semblables leçons devaient vous rendre sage, ï* avant voilà ce qu'on taire la connaissant ces exemples, que n'en pro- sauriez- vous vous Courard le silence bel esprit par principe de conduite, n'écrivait point et Ne r* imiter de , fut de l'acadénre. Car ; réussit il alors aussi ceux qui n'éciivaient point , , on dans faisait le monde et académiciens sans toutefois mettre en prison ceux qui écrivaient. Vous, Paul- Louis, vous deviez être non seulement prudent, mais muet; afin, sinon de parvenir à l'académie, de vivre en paix, du moins. Il fallait vous tenir coi , tailler votre vigne, non votre plume ; vous faire petit ne bouger, de peur d'être le moins du monde aperçu , entendu. On vous guettait, vous le voyez \ on ne vous pardonmonsieur* l'anonyme , s'il vous on a bien pardonné à M. Pardessus. Mais écoutez encore avant que je réponde , écoulez ce récit qui ne vous nera pas. Pourquoi cela , plaît ï tiendra guères. Un écrivain célèbre eu Angleterre, auteur d'un des meil- leurs ouvrages que l'on ait jamais fait l'auteur de , Robinson , Daniel de Foe, publia un écrit tendant à insinuer que les dépenses de la cour étaient considérables Aussitôt les mi- nimes vit n ,n is de le livrent à leurs juges encore il me , on le leur répondit comme ; il taire; et lorsque C'était le langage \ en le mil en prison art au caican. Ses amis le ;il écri- blâmaient ; ne dépend pas de moi de parler ou l'esprit du temps. On à présent de Jean-Jacques. souifle, lirait Ou il faut lui obéir. tout de l'Ecriture parlait la Bible, , au- Un abbé met en pièces Emile, pour prêcher aux indifférents en matière de religion. Quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me jourd'hui on parle Rousseau.
, 3/3 ( doané dans Charte en plein la grande honte, De ma moi. grand Napoléon Charte, fins ont été y je n'eusse , imaginé de parler Robespierre, Barras l'intéresse. j'ai ma très pris comme à et le depuis plus de vingt ans m'avaient appn'3 taire, Bonaparte, surtout; ce héros ne trompait pas. me à ; Charte; à la confesse je le pourtant déplus et vie, sans la au public de ce qui ne nous I! ) bonnement J'ai cru eu prison, aller fait leurra de baillait pas le lièvre de liberté la Turc dans , manière sa mais sans l'abuser le par l'oreille, jamais ne nous d'aucune liberté. Un pou mettait au bagne ce bon peuple, la presse ni , il moins du monde , et ne nous cacha point sa royale pensée, qui fut toujours d'avoir en propre nos corps et nos biens seulement. Des âmes, il en faisait peu de cas. Ce n'est que depuis lui qu'on a compté lésâmes. Voulant parler tout seul il imposa silence à nous premièrement , puis à l'Europe entière ; et le monde se tut personne ne souffla, homme ne s'en plaignit ; ayant cela de commode , qu'avec lui on savait du moins à quoi s'en tenir. , : J'aime cette façon me dit liberté de on , et j'ai tâté la presse et toutes (lue craignez- vous? jury de l'autre. La Charte vint parlez, vous êtes libre, écrivez, imprimez; la : si les libertés vous sont garanties, vous avez le puissants se fâchent , de pétition ; vos députés à vous, par vous. Ils ne souffriraient pas que l'ou et la publicité, le droit nommés élus, un peu pour voir ; dites-nous quelque chose. Moi , pauvre qui ne conuai«sais pas le gouvernement provocateur, peusant que c'était tout de bon» j'ouvre la bouche et dis je voudrais, s'il vous plaisait, ne pas payer Chambord. Sur ce mot , on me prend on me met vous fasse tort. Parlez , : ; en prison. Sorti, je qu'il n'y eût à cela ne pus croire , quelque malentendu. compris, medisais-je, assurément. ( ma rait eût suffi pour me Uu Ils d'erreur mais imbu de mes garanties; persuadé qu'on m'écoutesans mauvaise humeur, cette fois je hasarde une autre chose rare de mou pays, m'auront mal peu de sang commun tant j'étais de ! ) Charte tirer : et requête. Si c'était, dij-jo, tenant mon chapeau àx!mx taaiaj,
( votre boo pîaisi sî c'était 3;ï ) de nous dimanche.... Gendarmes ligis le maximum de qu'on , amende, peine, la dauier devant notre laisser mène en le Du etc. prison; jury, point de mes députés, ils peu près. La publicité des nouvelle?; droit de pétition, chansons; moi comme mon sont à jugements préfet à savez vous, Monsieur, ce que c'est? mes enne- ; mis pourront , s'ils le jugent à propos me dans des feuilles a eux, il est permis de déduire mes raisons publc , imprimer ma faire dire cent sottises comme ils défense à ; eux veulent au mes amis défendu d'en dire mot de réaucune façon les réponses absurdes et les impertinences qu'il leur aura plu ni 'attribuer. Voilà ce que je gagne à la publicité dés débals judiciaires. Heureux, cent fois heureux ceux que Laubaidemout faisait condamnera huis clos par ordre de son émiocnce ils étaient opprimés, mais non déshonorés. Ce langage est monarchique. De tels sentiments ne sont point du tout républicains et si je me contente en pareille matière des formes usitées sous ce grand cardinal je ne suis pas si Romain que vous l'imaginez. Sur quel fondemenir' je ne sais et ne devine pas davautage ce qui vous a pu faite croire que je n'aimais ni le duc d'Orléans ni aucun priuce. à ; moi , à , , futer, démentir en , ! , , , , Assurément rien n'est plus de loin la contraire, tous les princes, et tout le le duc d'Oiléans particulièienent ^ vérité. monde voyez J'aime, au eu général comme ; el vous vous trompiez), parce qu'étant né prince il daigne être honnête homme. Du moins u'entends-je point dire qu'il attrape les gens. ]\ous n'avons pacte , Dieu ; m "eu ait ni contrat. mais mal le cas pris Il , il est vrai aucune , affaire ensemble, ci ne m'a rien promis, rien juré devant aveuant , je me- fierais à lui, quoiqu'il avec d'autres déjà. Si faut-il néanmoms moi nous n'aurions, m'est avis. nulle peine à nous accommoder et l'accord fait, je pense se fier à quelqu'un. Lui et , qu'il le tiendrait sans fraude, sans chicaue, sans noise, en délibéreravec de vieux voisins qui ne me , gentilshommes saii.-» et autres, veulent point de bien, ni eu conîulter les je-
V> ( me donne Voici ce qui suites. ) de lui celle opinion. de Il ©si de ce siècle- ci, non de l'autre, ayant peu vu je crois ce qu'on nomme ancien régime. Il a fait la guerre avec nous ; d'où vient, dit-on , qu'il n'a pas peur des sousnoire temps ; , officiers et depuis et : contre nous émigré, malgré , lui, jamais sachant trop ce qu'il devait à , ne qu'on ne peut avoir raison contre son pays. la fit natale la terre cela Il sait , , et d'autres choses qui ne s'apprennent guère dans le rang où il Son bonheur est. jeune vivre , Eu France , dire le mot vu les rien oublié , s'instruire et , Les étrangers ni rien appris. , non mendier. , pour venger des messes pens ; , châteaux les des séminaires mais sage dans sa vie un homme de daDs , nous y gagnerions ; j'entends, : ou je n'a point fondé quant à moi , r donne un , , c'est que tous les aucun d'eux n'y perdrait, ; et voudrais qu'il fût maire de la com- se pouvait s'il , mœurs ses ni couvents à nos dé- missionnaires. Bref les bien. Je voudrais princes lui ressemblassent de retour ; , de brûler nos vil- , ni doté des , exemple qui prêche mieux que mune et l'ont n'a point prié Pitt Il supplié Cobourg de ravager nos champs lages , De prince, il s'est fait homme. communs ennemis hors de il combattit nos sciences occupaient son loisir. De lui n'a pu se nous. ; , Frauce pu descendre a voulu qu'il eu ait comme sans déplacer personne; je hais hypothèse toulejaure ( les destitutions. non seulement par IL ) , ajuste- que rait bien des choses , Dieu a mise en mais par uue vertu non moins considé- lui , rable et trop peu célébrée; l'on veut bourgeoisie et , que sou économie, qualité c'est la cette sagesse cour abhorre dans un prince si , qui n'est pas matière d'éloge académique, ni d'oraison funèbre trés , si ; mais pour nous belle dans qu'avec celle-là , si un maire , précieuse, pour nous adminissi... comment je le tiendrais quitte dirai- je r' divine, quasi de toutes les autres. Lorsque j'en parle ainsi plus que vous vu. Je ne , ni sais ce , ce n'est pas peut-être autant qui se dit ;raaJ5 le , que je îe ne l'ayant connais? même jamais public u'est point sot., e* •
3;G ( peut juger les princes non plus que car , ) vivent en public. Ce n'est pas ils être son je veuille garde champêtre, au cas devienne maire. Je ne vaux rien pour cet emploi , ni pour quelqu'autre que ce soit capable tout au plus de culqu'il : ma tiver je crois vigne, quand moins souvent , ne je même mais cela ; en prison. J'y serais, suis pas n'étant pas sûr , changement dans la mairie et les adpour mon compte , m'est indifférent. Au reste ce joints vous l'avez pu voir ou qu'on pense de lui généralement puis dire que tout je , , , savoir ces jours-ci, lorsqu'il parut au théâtre avec sa famille. Ou ue l'attendait pas comme préparée public, là le et se il l'assemblée n'était point composée ; pratique pour n'y avait rien que l'on pût soupçonner il d'être arrangé d'avance. La police n'eut point de part marques lui furent d'affection qui sion; ou, aisément le fait elle était duc d'Orléans. présente et eutra Il , on , je sache, le parterre en jugement , pour mains ce n'était pas le vit voix applaudirent de toutes parts. et les aux données en cette occalà, comme on le peut croire partout invisible accueillir que de si , , grauds, c'était bien les On ; et les n'a point mis, ni traduit l'assemblée à la salle Martin. Aussi ne crois-je pas, moi qui l'ai loué moins haut de ce qu'il a fait de louable, que ce cela qu'on me réemprisonne. Mais vous pouvez dessus beaucoup mieux instruit. soit pour Ainsi , gens votre opiniou contre d'Orléans ; mais son ami , , ne je Monsieur suis le A moi être là- j'aime , pas , le comme duc ces d'honneur n'appartient et sans vouloir examiner ce dont on a douté quelque fois , si les priuces ont des amis ; ou si lui moins prince qu'un autre, ne pourrait pas faire exception , je vous dirai le croient , dites- vous. tant , , que j'ai toujours de Jean- Jacques Rousseau ri qui ne put souffrir ses égaux , ni s'en faire touie sa vie crut n'avoir eu d'ami que le priuce Bien moins suis- je son partisan. Car pieruièreineut. le sien ; et Le jamais leojpb n'est plus je ne seiai du , il philosophe supporter et , de Cooti. de parti n'a point où chaque prince paiti de , en i j cr;,onue. avait Je ne
(377 ) ua homme, ne cherchant pas fortune dans les révolutions, contre-révolutions qui se font au profit de quelques uns. Né d abord dans le peuple j'y suis resté par choix. Il n'a tenu qu'à moi d'en sortir comme tant d'autres suivrai pas 1 , qui , pensant s'ennoblir, de opter suivant la des paysans loi comme ont dérogé. fait de Solon, je serai Quand il faudra du peuple, du parti de la présente. moi. Accusez réception, s'il vous plaît ,
*2*) ( RÉPONSE AUX ANONYMES. N° 2. +sj-t rrfJ /\MV tst* Yeretz V ots êtes deux qui A votre aise vous pour ne fusse condamné je répréhensible La , 6 Février i8j3. à faire encore des pétitions. et vous n'irez pas en prison voyez ce qu'a pensé me coûet mille écus sont-ce des bagatelles? de combien s'en mende, que moi , le Quinze mois de cachot dernière. la ter m'engagez en parlez avoir lues. Mais les . f d'afallu il mon fait mon intention. me dénonce comme un homme Les juges ont trouvé plus réprchensible encore et , est- police, dans sa plainte, profondément pervers ; messieurs de la police m'ont déclaré pervers et ont signé Deîaveau Vidoc, etc. Je prenais patience. Mais ce procureur du roi, m'accuser de cynisme! Sait-il bien ce que c'est, etentend-ii legrec? Cynos signifie , , chien : moi cynisme, acte de chien. M'insulter en grec j'en veux avoir raison. Lui rendant grec , helléniste juré pour grec mot. si , Il serait donne de l'exercice ! je l'accusais étonné. l'âne de , pourvu ses fonctions Voilà pourtant , tfAnisme Quand il nie toutefois , , que répondrait-il? dôme du chien que ce ne soit serons-nous quittes? mes chers anonymes demandé voue correspondant, pour avoir , , si je lu; pas dans je le c: comme on à danser ; le di-
, 37 ( manche, et nolcz bieo 9) peut-être n'aurais-je pas dansé, , m'eût été permis ; on n'use pas de toute permission qu'on obtient. Peut-être ensuite m'eût-on fait danser mal- s'il gré moi car ces choses arrivent ; que la serait-ce, punition de celui qui celle prêtre tendu a roi ; la nom, je tais le Mais faire, enrage. la demander, comme vous qui a tué sa maîtresse ou , le voulez le mariage , sienne grosse ? alors triompherait le la morale religieuse morale publique la dont tel, si j'allais du procureur du dée de : guerre, et, contraint de sollicita la me de toutes et poursuivrait les , ai- morales, hors que nous connaissons , que loug-lemps nous avons crue la seule. D'ailleurs je ne suis pas si animé que vous contre ce cuié de Saint-Quentin. Je trouve dans son état de prêtre de quoi, non l'excuser, mais le plaindre. Il n'eût pas tué , assurément sa seconde maîtresse mière devenue grosse pareuce. Voici , et qu'il comme ou s'il prepu épouser selon tome apdont vous sembLz mal eût I a tuée au»si conte cela , • , informés. s'appelle Maingiat; n'avait guères Il quand au , sortir du séminaire, on viiiage à six lieues de Gieuoble. cootie fen dit la ou danse fit et toute , les Là , plus de vingt ans curé de Saiut-Qpre, son zèle éclata d'abord espèce de divertissement. défendre par n'osèrent s'y refuser le fit le maire assembées , et le bals , Il sous-préfet , déqui jeux champêtres non seulement aux heures d'ofles dimanches et , tout le jour nous voyons le curé fêtes. Je n'ai pas de peine à le croire de Luynes défendre aux vignerons de boire le jour de Saintet fit fermer fice mais, à ce qu'on dit , les cabarets, ; Vincent leur patron. L'autre entreprit de réformer l'habillement des femmes. Les paysannes en manches de chemise , ayant le bras tout découvert, lui parureut uu scandale af- freux. Remarquez que sur ce point les prêtres ont varié. Menot du temps de Henri 11, prêcha contre les nudités en termes moins décents peut-être que la chose qu'il reprenait. Aussi
, 38o ( firent Maillard même C'est Barlelle , ) Fea-Ardent le texte ordinaire et le petit de leurs sermous , Feuillaud. qu'on a eu- Mais depuis sous Louis XIV vieux , un curé trouva mauvais que la duchesse de Bourgogne vînt à l'église en core. fort , , habit de chasse qui boutonuait jusqu'au menton et avait des manches. d'abord , renvoya Il la , hautement loué du La duchesse peu près nue, et revint bientôt à dos, s'habiller puis de toute la cour. épaules, les les sein découverts, la chuie des reins bien le C'était l'habit décent et elle fut , admise à roi alla s'habiller bras , le , marquée. faire ses dévo- tions. Mais l'abbé Maingrat ne souffrait point qu'un bras nu montrât à l'église et même ne pouvait , san3 horreur r dans les vêtements d'une femme soupçonner la forme du se , , corps. Ami du temps mœurs à l'âge passé d'ailleurs, de vingt ans tonnant contre la danse autorités le soutenaient , , et les la les il prêchait restauration , les vieilles la restitution , manches de chemises. Les hautes classes l'encourageaient gendarmes aussi et le garde champêtre, qui jamais ue manquaient au sermon. Enfin il voulait le peuple l'écoulait, les rétablir, d'accord avec ses supérieurs, la pureté de l'an- cien régime. venue avec Pour y mieux réussir il forma chez sa tante, Saint-Opre , une école de petites filles , lui à auxquelles elle montrait à pour la communion. seignement. Deux lire, les Il assistait instruhanf et préparant aux leçons , dirigeait l'en- déjà parmi elles approchaient de quirjze ans, et lui parurent mériter une attenlion particulière. les fit venir chez lui pagnes , flatteuse vont chez le pour leurs parents. Ces jeunes jeune curé. Partout cela se années, aux champs prouvent, distinction enviée de toutes leurs ; et les comme à la ville ; filles Il comdonc fait depuis quelque» les magistrats l'ap- honnêtes gens en augurent le prompt ré- mœurs. Elles y allaient souvent, ensemble ou séparées ; c'était pour écouter des lectures chrétiennes répéter le catéchisme apprendre des versets , des psaumes T des oraisons; et tant y allèrent , qu'à la fin une d'elles se tablissement des , ,
38. ( mal sent à Taise , ) souffrante: elle avait des maux de cœur. Lisez l'histoire, et comparez, monsieur l'anonyme, le passé avee le présent. Pour moi je ne fais autre chose : c'est la meilleure élude qu'il y ait. Je trouve que, du temps de étant curé d'une nos pères, Guillaume Ruse , Paris, catéchisait de jeuues filles, recevoir les pieuses leçons chez une dame. autres assidûment la torze ans, fille unique Là Au temps mœurs qu'on y quand , les filles venait entre qui bientôt fut grosse des œuvres de l'abbé Guillaume. pareille chose arrivait sans de âgée de treize à qua- , président de Neuilly, du paroisse qui s'assemblaient pour des bonnes piît trop garde, n'avaient point de père président. Celui-ci on décréta Guillaume; le clergé intervint. beau jeu contre le clergé qui d'abord ne veut pas qu'on le juge, et en ce temps-là menait le peuple. Messire Guillaume se moqua du parlement, du préporta plainte La ; justice n'a jamais , l'enfant, puis fut évêque de dévoué au pape son créateur, comme on dit à Rome. De ce genre est un autre fait moins ancien, mais horrible et par là plus semblable à celui de Maingrat. Il n'y a pas quarante ans que, dans un couvent près de Nogent-le— Rotrou on élevait de jeunes demoiselles sous la direction sident et de la fille, et de Senlis, , homme d'un saint prêtre-abbé qui struisait, catéchisait, et les confessait continua longues années , les , in- sans qu'en eût de lui nul soupçon. Mais à la fin, on découvrit qu'il en avait séduit plusieurs , et que , quand une devenait grosse l'empoisonnait, la gardait, écartant d'elle tout le sous prétexte de confession ou d'exhortation à la mort la quittait point qu'elle De tels faits blic. Le suivant rarement parviennent à coutume d'alors. mère, va de celui-là, à un non loin sa grat. Il laissait danser, , ne la connaissance du pu- enfermé, Retournons à l'abbé Maingrat. Cette enfant se trouve grosse ayant peur de il ne fût morte, ensevelie, enterrée. saint personnage fut enlevé secrètement et la , monde, -, ne sachant se confesser homme comment faire, au curé d'un village tout différent de Main- ne songeait point aux manches de che-
, 38, ( mise. La pauvret'p'lui dit son ) malheur , et refusant de dé- clarer qui en était cau<e, ne voulait accuser qu'elle Mais, Non. — le fille, est-il — Impossible homme empêcher un de seule. marié cet homme ? elle se trompait-, ! se marier s'il ne l'est, une épouse de celle qu'il a rendue mère? quelle loi défend? quelle morale? elle devait dire pauvre enfant! faiie Dieu , hommes, les religion le veulent je ma faut l'épouser. Il car qui peut de curé, lui dit le meurs, pour elle, bon le mais ; sens nature, l'Evangile et la la , pape ne veut pas; le et pour cela cela je suis perdue. Aiusià peine répondait- avec plus de sanglots que de mots, aux questions de ce bon curé qui, L'autre , dès même le soir mot fâche au premier se parvenu enfin pourtant, l'abbé Maingrat , alla à lui faire chez nommer lui et lui parla. s'emporte et crie contre Rousseau et la philosophie et la corruption de la révolutiou. Le bon homme eut beau dire el faire, il n'en put tirer autre chose. Au bout de quelques jours, la fille disparut, sans que jamais parents ni amis en pussent avoir de nouvelles. On en demanda de tous côtés et long-temps inutilement ; on finit par n'y plus penser. Voilà le siècle, accusant Voltaire et la première partie de par de Sainl-Opre à C'est la discipline. papiers publics, où vous les à cause des bruits qui couraient , le transféra du curé Maingrat. l'histoire La seconde est connue aurez pu voir comment on , Quand un la cure de Saint-Quentin. piêlre a donné quelque part du scandale on l'envoie ailleurs. Dans les cas graves seulement il est suspendu à sacris privé pour un temps de dire , , messe, et , si la justice s'eu mêle , le clergé proteste aussitôt l'abbé Gelée , sible faute contre son gré toutes les plaintes pas corrigé, ; Le curé de Pezai en Poitou ex-capucin, ayant commis là une grosse et vi- car on ne peut juger les oints. comme , vœu de chasteté on le transféra \ ne le fut , justice se tut mal- la où il est et ne semble point l'abbé Maingrat, qui dans sa nouvelle paroisse, redoublant de sévérité, guerre plus que jamais à danse la mise. Certaine dévote, bientôt, el fît la aux manches de che- femme d'un tourneur,
383 ( jeune et belle souvent pour Un soir et le voyait chez elle car elle passait ; venue sur qu'elle était long-temps retint la il , sans qu'on eu causât néanmoins , très sage. fesse, ) pour confesseur le prit , le tard à con- puis l'envoie voir sa tante , qui demeurait chez lui, mais qu'il savait absente, ne devoir point revenir ce jour-là , et partant par un autre chemin, arrive avaut celte Ce qui dans une grotte femme, là-dedans se passa entre , quand elle , on l'ignore. Il vint la fit entrer. l'emporta morte du village où avec un couteau de poche, morceaux un à un il les alla jeter dans la rivière c'est l'Isère. Ces lambeaux quelque temps après furent trouvés flottants sur l'eau, et réunis et reconnus, comme le couteau plein de sang oublié par lui dans la pi es , l'ayant dépecée par , , ; grotte. Alors on Vous savez se souvint de comme aussi la fille qui n'eussent pas eu lieu sans tous les faits furent constatés , de Saint-Opre. aux poursuites, s'est soustrait il maire. Par le maire seul le publiés malgré les dévots et qui ne voulaient pas qu'on en parlât. Telle est le clergé maxime de tout temps. S'il arrive , dit Fénélon , que une faute, on doit modestement baisser les yeux et se taire. Mais le bruit d'un acte si atroce s'étant promptement répandu on essaya d'en jeter le soupçon sur quelque autre. Même un grand vicaire à Grenoble, l'abbé Bochard prêcha un sermon tout exprès sur les jugements leur le prêtre fasse , , téméraires disant , : « Mes frères vous paraître coupable, qui en dût-il coûter d'autrui ci, l'honneur et et prenez garde , par son devoir, la vie malice d'autre part et la -, que, pour , se laver , on ne est si de celer là comme un martyr du invention , soutenue de toute être réussi et donné Saint- Quentin homme secret , le de la tenu, lui crime grande en ce siècle- feint point comme son peut tel ; le , de calomnier et noircir les plus gens de bien. » C'était le mari qu'on indiquait par est meurtrier de , cette femme et le vrai curé la confession. Cette pieuse cabale dévote change au public , , aurait peut- sans le maire de qui n'étant dévot ni dévoué, mais honnête seulement , par une information qu'il fit , força la
3*4) ( Le caré ne justice d'agir. fut pas arrêté parce que le Sei, Gardez de toucher à mes oints. Condamné comme contumace il s'est retiré en Savoie où maintenant il passe pour un saint et fait des miracles On vient à lui de de la montagne , en pèlerinage ; ou accourt les la vallée gneur a dit : , . , , femmes surtout, le voir, lui demander sa bénédiction. Cette main les bénit il leur tend cette main qu'elles baisent, femmes et filles, sans penser , sans frémir, sachant : ce qu'il a Mais on fait lui car d'un lieu \ si voisin ou peut-être se repent, il et personne ne l'ignore. , pardonne beaucoup parce beaucoup aimé; vaut mieux que Qu'il en confesse encore quelqu'il a dès-lors il quatre-vingt-dix-neuf justes. qu'une jeune jolie et qu'elle lui résiste , il en fera comme sans perdre pour cela paradis. Sainl-Bon avait des autres tué père et mère. Saint Maingrat ne tue que ses maîtresses , , , , et ensuite fait pénitence. Vous l'appelez hypocrite de bonne foi. -, La dévotion moi tout. Italie assassiner son ennemi selon qu'on veut le damner ou qu'on ne le point ton âme damner à Dieu , ; tion. Il dit son in manus le fait et en ou six ducats, veut pas. Pour De le tuer fais pardonne , Lorsqu'on cela coûte vingt on lui dit avant de pardonne-moi, et , dévot sincère je le crois s'allie à , et : un Recommande acte de contri- on l'égorgé ; il va en paradis. Mais voulant le damner, on s'y prend autrement. Il faut tâcher de le trouver en péché mortel et pour ; le plus sûr, on poignard levé lui dit, le ie te tue. Il renie . on la dévotion vraie , naïve : , Renie Dieu , ou va en enfer. Ces choses où personne là ne voudrait , pour rien jours les tous , font se au moude , avoir goûté d'un potage gras le vendredi. Voilà crisie. le tue , La morale, dit-on , non , est et il feinte , non suspecte d'hypo- fondée là-dessus. Ces gens sont dévots sans nul doute, et Maingrat l'est l'amour , aussi*, amoureux de plus, c'est-à-dire, sujet à qui chez les hommes de sa robe, se tourne souvent en fu- grand médecin l'a remarqué cette maladie sorte semble particulière aux de rage qu'il appelle érotomanie reur. Un : , ,
( m ) Les eïemples qu'on en a vus, prêtre»* sont tous de prêtres catholiques, comme maison raconte Heuri Etienne hors assez que tels tous les , nombreux 4 celui qui massacra, habitans d'une personne qu'il aimait; et l'autre dr>nt parle Buffotu Celui-ià, parce qu'on sut à temps le lier et le trai, la ; sans quoi il eût commis de semblables violeocesi lui-même écrit au long, dans une lettre qui depuis est devenue publique l'histoire de sa frénésie, dont il explique les causes aisées à concevoir. Dévot et amoureux, jeune, ter guérit , Il a , confessant les filles, Quelle vie en il voulut être chaste. que celle de nos on leur défend l'amour, et le mariage surtout; on leur livre les femmes. Ils n'en peuvent avoir uue , et vivent avec toutes familièrement, c'est peu, mais dans la confiprêtres dence effet, quelle condition ! l'intimité , mère, entend L'innocente mariée, tions, nomme la confesse fillette d'abord, le prêtre l'entretient seul à seule; puisse faillir, lui de leurs actions le secret , toutes leurs pensées. qui le avant péché. Instruite, encore et la l'aile , qu'elle la il gouverne. Dans marie, ses affec- précède l'époux, et s'y maintient toujours. il de de sa qui bientôt l'appelant* premier, le cachées sous , Ce qu'elle n'oserait confier à sa mère, avouer à son mari, lui demande, prêtre le doit savoir, le son amant. En moyen effet le le sait, et ? s'entend déclarer à l'oreille tout bas ses fautes , par une jeune ses passions, ses désirs, ses ému ses soupirs sans se sentir Confesser une fond de , l'église sée contre le femme ! ; et il il femme , faiblesses, recueille a vingt-cinq ans. imaginez ce que une espèce d'armoire mur ne sera point pas tonsuré? n'est-il , c'est. de guérite , Tout au est dres- exprès, où ce prêtre non Maiograt, mais quelque homme de bien je le veux , sage , pieux , comme connu, homme pourtant et jeune, ils le sont presque , j'en ai tous qu'il , attend aime; le soir après elle le sait, vêpres personne aimée. Vous m'arrêterez- là prêtre, son éducation , sa jeuoe pénitente l'amour ne se cache point à : son caractère Ja de sou vœu.... Je vous réponds qu'il n'y 55
, 386 ( ) que tout curé de village sortant du «éaime sans aucun doute minaire, sain robuste et dispos une de ses paroissiennes. Cela ne peut être autrement; et a voeu qui tienne; , , , vous contestez, je vous dirai bien plus, c'est qu'il les aime toutes, celles du moins de son âge ; mais il en préfère une, qui lui semble, sinon plus belle que les autres plus si , modeste femme jour, épouserait; sage, et qu'il vertueuse, pieuse, n'était la aux assis et plus rencontre à l'église ou de l'hiver veillées , il pape. le il en ferait une chaque la voit II ailleurs, et devant elle s'abreuve, imprudent, du poison de ses yeux. Or, je vous prie, celle-là , lorsqu'il l'entend venir le len- demain approcher de ce confessionnal, qu'il reconnaît ses pas et qu'il peut dire, c'est elle; que se passe- t-il dans 'âme du pauvre confesseur? honnêteté, devoir, sages résolvions, ici servent de peu, sans une grâce du ciel toute particulière. Je le suppose un saint; ne pouvant fuir, il gémit apparemment, soupire, se recommande à Dieu mais »î ce n'est qu'un homme, il frémit, il désire, et déjà mal; gré lui, sans le savoir peut-être, il espère. E!!e arrive, se genoux, à genoux devant lui dont le coeur saute Monsieur, ou vous l'avez été; ei palpite. Vous êtes jeune que vous semble entre nous d'une telle situation ? Seuls, la plupart du temps, et n'ayant pour témoins que ces murs que ces voûtes, ils causent; de quoi? hélas de tout ce qui ou plutôt murmurent à voix n'est pas innocent. Ils parlent met à ses , ! , basse , et leurs bouches s'approchent leur souffle se confond. , Cela dure une heure ou plus, et se renouvelle souvent. Ne je pensez pas que j'invente. Cette scène a lieu vous la dépeins, et daus toute la France ; telle que chaque jour se renouvelle par quarante mille jeunes prêtres avec autant de jeunes filles qu'ils fessent de aiment la sorte, qu'ils sont prêtres , parce qu'ils sont entretiennent tête à , Le pape et' n'épousent point tête, , hommes, convisitent parce que , Je parce pape pardonne tout excepté le mariage voulant plutôt un prêlrc adultère, impudique, débaucha, s'y oppose. leur , >
(38 7 comme ) que marié. Maiogrtt tue ses maîtresses on le défend en chaire ici on prêche pour lui on le canonise. S'il en épousait une , quel monstre là assassin, MaiDgrai , : , ; ! , ne trouverait d'asile nulle part. il bonne prompte et comme du , Mais quel maire oserait ? Réfléchissez maintenant plus contraires , maire qui Monsieur , possible de réunir jamais en en Justice aurait mariés. les voyez et , serait faite était s'il même personne deux choses de confesseur et le vœu de une que l'emploi chasteté; quel doit être le sort de ces pauvres jeunes gens $ que nature les force d'aimer , l'obligation de converser intimement confidemment avec entre la défense de posséder ce et , ces objets de leur amour , si enfin ce n'est pas assez de cette monstrueuse combinaison pour rendre les uns forcenés, les je ne dis pas coupables, car les vrais coupables sont ceux qui étant magistrats, souffrent que de jeunes hommes autres , confessent de jeunes filles, mement malheureux. Je mais sais là- criminels et tous extrê- dessus leur secret. connu à Livourne le chanoine Fortiui , qui peut être un des savants hommes d'Italie, et des plus honnêtes du monde. Lié avec lui d'abord par nos études communes puis par une mutuelle affection je le voyais souveut, et ne sais comme un jour je vins à lui demander s'il avait J'ai vit encore , , , vœu observé son de chasteté. qu'il disait vrai en cela ajouta-t-il pour passer par , Il comme me l'assura , et je pense en toute autre chose. Mais les mêmes épreuves voudrais pas revenir à l'âge deviegtans. Il , je , ne en avait soixante Dieu lésait, et m'en tiendra compte, recommencerais pas. Voilà ce qu'il me je ne mais ; je notai ce discours si bien dans ma mémoire, que et dix. J'ai souffert, j'espère dit je , et me rappelle ses propres mots. A Rocca di Papa je logeais chez malade. pour me Il eut grand soin de parler de plus souvent sauver , , disait Dieu , auquel mais autremeut. il. moi, Il le vicaire et prit je pensais voulait me où je tombai occasion cette plus que lui et convertir Je t'écoutais volontiers; car il »5* , me parlait
, ( to.'can , 388 ) mieux dans ce divin langage. \ nous devînmes amis jet, comme il me prê- et s'exprimait des la fin je guéris ; je lui dis Cher abbé, demain je me confesse, veux te marier et vivre heureux. Tu ne peux l'être qu^avec une femme, et je sais celle qu'il te faut. Tu la vois chaque jour, tu Paimes tu péris. Il me mit la main sur la bouche, et je vis que ses yeux se remplissaient de chait toujours si : , tu , pleurs. J'ai ouï conter de lui depuis des choses fort étranges et me qui rappelèrent ce qu'on lit d'Origènes. malheur de leur état. Mais pourquoi me direz-vous quand on est susceptible de telles im« Monsieur, se font-ils ce pressions, se faire prêtre ? Eh qu'ils sont ? Dès l'enfance élevés pour la milice papale , éduits, on les enrôle; ils prononcent ce vœu abominable , impie, de n'avoir jamais femme, famille ni maison à peine sachant ce que c'est, novices, adolescents, excusables par là; car un voeu de la sorte, celui qui le ferait avec une Voilà où les réduit le , , ! , pleine connaissance, il le faudrait saisir, séquestrer en ou reléguer au loin dans quelque île déserte. Ce vœu et ne s'en peuvent dédire ; que si l'enfait , ils sont oints gagement était à terme certes peu le renouvelleraient. Aussitôt on leur donne filles, femmes à gouverner. On approche du feu le soufre et le bitume ; car ce feu a promis , dit-on , de ne point brûler. Quarante mille jeunes gens ont le don prison , , , de continence pris avec la soutane, et sont dès-lors comme n'ayant plus sexe ni corps. Le croyez-vous f De sages il en est; si sage se peut dire, qui combat la nature. Quelques uns en tiiorophent. Mais combien, au prix de ceux que la grâce abaudonne danâ ces tentations ? la grâce est pour peu d'hommes, et manque même au Commeut au- plus juste. eux, ce don de continence, jeunes, dans l'ardeur de l'âge , quand les vieux ne l'ont pas Le curé de Paris que Vautrin , tapissier , le trouvant raient-ils, ! , avec sa femme, tua et jeta par la fenêtre, il nées (l'aventure est connue dans le quartier n'en fit point de bruit à cause du y a peu d'an- du Temple, oa clergé), c« curé avait
38g ( «citante atu l'ont pas fit empêché boues une les de prendre dans tombant du haut mal. Il eu dernièrement encore , fille ) de Pezai eu a soixante-huit qui ue et celui , mendiante et , sa maîtresse: autre affaire étouffée par le crédit des oints car !e père se plaignit, voyant sa fille grosse ; mais ; l'église intervint. Celui qui ne peut à cet âge s'abstenir d'un objet horrible ou et dégoûtant, que pensez-vous qu'il vingt ail fait à gouverneur d'innocentes et belles créaenvoyez-la , Monsieur , au tures Y Si vous avez une fille soldat, au hussard qui pourra l'épouser, plutôt qu'à l'homme vingt- cinq ans, , qui a fait Combien vœux de chasteté, plutôt qu'à ces séminaristes. d'affaiies à étouffer, tout ce qui se passe en se- si ou s'il y avait beaucoup de que d'horreurs maires comme celui de Saint -Quentin laissent enlicvoir ces faits qui transpirent malgré la connivence des magistrats , les mesures prises pour arrêter toute publicité , le silence imposé sur de telles matières et sans même parler des crimes, quelles sources d'impuretés, de désordres, de corruption, que ces deux inventions du pape , cret avait des suites évidentes, ! ! le célibat des prêtres et la confesssion Que de mal faut voir et admirer là toutes les autres; puisse montrer en auriculaire î ! ! le où. lui donne l'exemple avec nommée que de bien elles empê-heut Il le où la famille du prêtre est le modèle de elles fout , le pasteur et parlant n'enseigae rien qu'il ne l'imprudence de dire à un n'est point hors du peuple homme , aux époux, femmes n'ont point aux pères précepte. Là, les péchés leurs hors de , l'état , ; hors de le clergé la loi : tous abus établis chez nous dans les temps de la plus stupide barbarie, de la plus nir aujourd'hui compter que ses doigts, crédule ignorance, le monde difficiles à raisonne, mainte- que clucuu sait
AVIS DU LIBRAIRE-ÉD ITEUR. Nous ne donnons que Louis , Vigneron , des extraits du Livret de Paul- dans lequel se trouvent beaucoup de choses intelligibles pour lui seul, d'autres trop hardies pour le temps, et qui pourraient lui faire Nous avons supprimé ou adouci ces les puissances établies de Dieu sur la ser de la liberté de la presse. de fâcheuses traits. Il terre, et affaires. faut respecter ne pas abu-
39 l ( ) LIVRET DE PAUL-LOUIS, VIGNERON, PENDANT SON SÉJOUR A PARIS, en Mars 182^, N° 3. svw *fr*w*J #\w/ *\rJW — Monsieur de Talleyrand, dans son discours au roî pour l'empêcher de faire la guerre, a dit Sire, je suis vieux. C'était dire , vous êtes vieux \ car ils sont de même choqué de cela, lui a répondu Non , monâge. Le roi sieur de Talleyrand , non vous n'êtes point vieux j l'ambi: : , , bition ne vieillit pas. Talleyrand parle haut , et se dit responsable delà restau- ration. mort sont durs, à la vieille cour, mort surtout ; et afin de ne le point entendre , il voulut que quand on le verrait à l'extrémité on lui dît seulement parlez peu , pour l'avertir de Ces mots Louis XI vieiilesse et les sa situation. en vint ( là , abhorrait Mais ses lui dirent , celui de gens oublièrent l'ordre crûment Se mot Voir Philippe de Gomines. — Marchangy , qu'il et y. lorsqu'il trouva bien amer, ) lorsqu'il croyait être député , se trouvât % thez monsieur Péyronnet, examinait l'appartement qui lui parut assez, logeable -, seulement il eût voulu le salon nlu*
(V) erné, l'antichambre plus vasie, afin d'y la cour ei la ville peu content , gascon qui connut sa pensée résolut de l'arrêter nullités -«• Quatre Gymnase , On donnance de Louis XIII frapper les sujets raison; c'est que Le l'escalier. il en laissant paraître fit dit out que battu dit les mot. parterre au le cela est contraire à l'or- qui leur défend de maltraiter ni , sans raison. Mais il y avait une parterre ne veut poiot applaudir des du le de dont sans cela on n'eût gardes- du-corps dramatique. attendre et faire eut peur de cette ambition et , comme , de son élection d'ailleurs roi couplets qui plaisent aux gardes-du-corps et leur promettent la victoire en Espagne s'ils , y font la guerre , ce qui n'est nullement vraisemblable. Près des Invalides, sis suisses ont quelques bou- assailli chers. Ceux-ci ont tué deux suisses et blessé tous les qui se sont sauvés en Les bou- laissant sabres et schakots. chers devraient quelquefois aller au parterre toujours se souvenir sat du , autres et les suisses dix août. Lebrun trouve dans mon Hérodote un peu trop de vieux français de même, , quelques phrases traîuautes. Béranger pense sans blâmer cependant cette façon de traduire. On est content de la préface. —^ Le boulevard est plein Je peuple. On de caricatures, toutes contre , débauché, crapuleux, représente grossier le la cour , mais en laid. Afiu de le corrompre, corrompu. L'adultère est le sujet ordinaire de ces estampes. C'est un mari avec sa femme sur un lit et le galant dessous ou bien le galant dessus et le mari dessous. semblable à on le peint , Des paroles expliquent cela. lorgnant parla serrure, voit de Variétés. Ce théâtre aura bientôt d'en représenter de pareilles. appelle grivoises la Dans une autre, le mari de sa femme, scène les ébats Il le jouera seul privilège exclusif les pièces c'est-à-dire sales, dégoûtantes, , Marchande de goujons. Les censeurs ont qu'on comme soin d'en ôter tout ce qui pourrait inspirer quelque sentiment généreux. La pièce est bonne pourvu , qu'il n'y soit point question de
(3 9 3 liberté d'amour du pays , ) elle est excellente, ; s'il y a def rendez-vous de charmantes femmes avec de charmants militaires , qui battent leurs valets, chassent leurs créanciers, escroquent leurs pareats; Corrompre nant. A peuple le dans l'église et qu'on recommande. grande affaire mainteon lui enseigne Thypo- c'est le bel air est l'affaire les , écoles la , au théâtre l'ancien régime et toutes ses ordures. On lui tient prêtes des maisons où il va pratiquer ces leçons. En Angleterre tout au contraire , les caricatures et les crisie, farces se font contre les grandes livrées à la risée qui conserve ses — Un homme mœurs que et corrige la vu j'ai arrive d'Amérique. resté trois ans sans entendre parler Nul ne ici l'autorité. ni ce qu'il Il a Il vécu , ni d'où, ni trois ans sans être Il y est de ce que nous appelons demandé son nom lui a venait faire du peuple cour. , sa qualité , pourquoi, ni comment. gouverné , s'ennuyant à périr au Français , peuple éminemment courtisan. partout en France; cour. Tel brave à la soir devant chez cher. s'incline , Que de La cour s'étend premier des besoins c'est de faire sa tribune les grands, les potentats , et le le profondément, n'ose s'asseoir qui lui frappe sur l'épaule et l'appelle mon maux, naissent, dit Labruyère, de ne pouvoir être seul. — A Boulogne-sur-Mer établi bâtie de Chanlaire avait , M. Léon une école d'enseignement mutuel dans une salle par lui exprès avec beaucoup de dépenses. Là, trois , Les de ceux-ci cinquante cents enfants apprenaient l'arithmétique et le dessin. riches se ,; n'y a point là de salons. Se passer de salons, impossible paient pour les pauvres , et trouvaient habillés sur la rétribution des autres allait le mieux du monde. Ces enfants taient point fouettés. mandé que la , tout Les frères ignorantins qui fouettent et fait fermer l'école , et de plus ont de-» de M. de Chanlaire leur fût donnée par les maîtres de tout Chanlaire est secouru ici pour n'instruisent pas jésuites ; s'instruisaient et n'é- » ont salle ; parler aux jésuites et défendre son bien- (Nota , que tout»
pays conquis) mots : Ce que j'ai décidé saurait changer. Parole lexandre ou de mémorable et me il , semble. ; mais sauf meilleur avis, les frè( es mettre aux les cassent les bras aux enfants q Ils On a vu cela dans semaine passée. Quelle rage la conque suspects. Je voudrais au moins mariés , point fouetter. se laissent naux de faudrait me galères, ce un peu sont fussent les confesseurs le digue seulement d'A- lui. fessant les filles, fouetteurs c> •< monde ne nulle puissance au , comm' répond lui ces célibataires fouettant le* petits garçons et Tous ne provinces sont traitées va voir Frayssinous qui il \ les -, n 39 ( affaire se de'cide à Paris ! ii jour- les Flagellandi tùm dira cupido. — Un Anglais mieux que vernement Nos ministres ne valent pat corrompent la nation par le gourécompensent la bassesse , punissent tout-m'a dit : les vôtres. Ils , espèce de générosité. Ils font de fausses conspirations, où mettent ceux qui leur déplaisent, puis de faux jurys pour ils juger ces conspirations. C'est tout il n'y a point de poiice. Voilà Grande, l'Anglais. comme chez vous. Miis différence. la très-grande celte différence à l'avantage de La les moyens Quel courage peur des gendarmes , u\° police est le plus puissant de tous inventés pour rendre un peuple peut avoir l'homme élevé dans vil et la lâche. bouger sans passeport, à qui tout qui craint que son ombre ne le prenue au sant ni parler haut, ni est espion, et collet ? Pour faire fuir s'habiller en — Quand nos conscrits, les Espagnols n'ont qu'à gendarmes. Marchangy voulut parler aux députés , il lut tout étonné de se voir contredit et perdit la tête d'abord. lui échappa de dire raie du tableau ; , croyant être au Palais en prison dent, nous vous requérons chaDgy à la tribune , les perturbateurs ; : Qu'on M. Il le le prési- Plaisante chose qu'un ÎVIar- sans robe et sans bouuet carre ; mais
, C3 9 5) avec son bonnet on , Jefïeries Laubardemont Il sara , dit- cour insultent le duc d'Orléans. Où , ! réélu et songe à exclure les iadignes. —Les journaux le hait on ; jour disait l'autre allez donc en Dieu si , de la craint le : on veut ; le faire Le roi lui Eh bien M. le duc d'Orléans vous Non pas , Sire que je sache. Mou , , Italie ? vous y voyager. , allez ; c'est moi qui vous m'entendez bien. Non, Sire, je le dis , et n'entends point, et vous je ne que quand je ne puis pas faire autrement. Ce Deffiat député en ma place est petit-fil* de Ruzé Deffiat qui donna Peau de chicorée à Madame Henriette d'Angleterre. Leur fortune vient de- là. Monsieur récom-^ pensa ce serviteur fidèle. Monsieur vivait avec le chevalier de Loraine, que Madame n'aimait pas. Le ménage était quitte la France — , , Mondu contre-poison dans fournissait. Ce sont là de cesser- troublé. Deffiat arrangea tout avec l'eau de ch'corée. sieur, depuis ce sa poche, que vices temps , eut toujours et Deffiat le lui grands n'oublient point les famille noble. Mon remplaçant ni poison aux princes, , n'est pas et qui élèvent une un homme à donner contre-poison ferait quelques quiproquo. C'est une espèce d'imbécille qui sert la messe et communie le plus souvent qu'il peut. Il n'avait , dit-on, , ni ; il que cinquante voix dans le collège électoral ses scrutateurs on fait le reste. J'en avais deux cent vingt connues. : —L'empereur Alexandre a dit à M. de Chateaubriand : Pour l'intérêt de mon peuple et de ma religion, je devais faire la guerre au Turc ; mais j'ai cru voir qu'il s'agissait de révolution entre la Grèce et le Turc je n'ai point fait la guerre. J'aime bien moins mon peuple et ma religion , que : je ne hais Je me cela. la révolution, qui est proprement réjouis que vous soyez venu ^ ma je voulais Quelle confidence d'un empereur! Et le bête noire. vous conter romancier qui Tout dans son discours est bizarre. Il entend sortir les paroles de la bouche de l'empereur, On entend sortir un carrosse ou des chevaux de l'écurie j publie cette confidence ! mais qui diantre entendit jamais sortir des paroles ? Et qi e
(3 9 6) ne dit-il Je : les ai mon bon ami vu sortir ces paroles , , de hommes qui a huit cent mille moins de serait pi as positif, et l'on douterait bouche de la sur pied? cela sa haute fa- veur à la cour de Russie. Notez qu'il avait lu cette belle pièce aux dames; et quand on lui parla d'en retrancher quelque chose , avant de la lire à la Chambre probation de n'en voulut rien faire il , madame Récamier. Or , , se dites fondant sur l'ap- maintenant qu'il n'y a rien de nouveau. Avait-on vu cela Y Nous citons Anglais Chambres mistriss M. Canning E?t-ce que : de , de la paix , de la guerre voulant , , consulte les les aux parler ladys, les la citer* en géoéral , dans les emplois perdent n'apprennent point les affaires. Boliobroke te repentit d'avoir appelé près de lui Addisson et Steele. Socrate , avant Boissy d'Anglas refusa , au péril de ta vie, de mettre aux voix du peuple assemblé unepropo- Les gens de leur talent lettres, , et , — , Ravez n'a point lu cela ; car il eût fait de de Manuel. Il est vrai que Socrate , pré- sition illégale. même dans l'affaire traitement de la cour, ni gen- sidant les tribus, n'avait ni darmerie à c'est ordres. ses beaucoup. mourût, afin Que Manuel a grand quatre jours été faudrait-il qu'il fît à présent ? ; Qu'il de ne point déchoir. —D'Arlincourt est venu à la cour Voilà mon et a dit mes autres romans qui n'en doivent goères au Christianisme de Chateaubriand. Mon galimathias vaut le sien ; faites-moi conseiller-d'état au moins. On ne l'a pas , Solitaire et écouté. le De : , rage, il quitte le parti, et se fait libéral. C'est maréchal d'Hocquincourt , jésuite ou janséniste , selon l'humeur de sa maîtresse , et l'accueil qu'il reçoit au Louvre. Ravez maudit sou sort, se donne à tous les diables. Il a fait ce qu'il a pu, dans l'affaire de Manuel, pour contenter — le parti jésuite. Il n'a point réussi. prochent de être s'y qu'il devait éviter voyance, il eût mal Ceux qu'il sert lui reque c'est un sot, pris, disent l'esclandre , et qu'avec un peu de pré- empêché l'homme d'entrer, ou l'eût f*ii
, ' ) ( 3 97 Fâcheuseconditton que celle d'un valet ! maîtres ne sont jamais contents. Raves veut sortir sans vacarme, Sosie l'a dit; les Hyde trop bieo faire. de Neuville va mieux, et l'entend à merveille. Je vois, je vois là-bas les ministres de comme a son roi Il Pardessus : Mon mon roi. m'a pardonné. roi dévouement. Le dévouement doit être toujours plaît bien plus à un maître, que cas geos qui tranchent du capable. —Serons-nous capucins, ne le serons-nous pas ? Voilà Voilà le vrai un peu idiot. Cela aujourd'hui la question. du monde maîtres —Ce matin M..ll...rd veux-tu , rois ont ils les ; Serons -nous les : que , manqué je frère Sarpi. Mais —Fabvierme : , cagots le feront assassiner. Quelle garde lui dis-je Fra Paoolo disions hier me promenant dans le Palais-Royal me dit Prends garde, Paul-Louis , passe, et prends garde ; Nous Y disait prenne Paul il ils ? Ils l'autre ont fait Paul , tuer des à Venise , l'échappa belle. un jour voulant être applaudis, , : Yos phraseurs gâtent tout: mettent leur esprit à la place du bon sens que le peuple entendrait. Le peuple n'entend point les longs raisonnements. Il vous la pompeuse éloquence paraît lui dis-je aisé défaire un discours pour le peuple; vous croyez le bon sens une chose commune et facile à bien , , , exprimer. —Le vicomte de Foucault nons cêtres , commandaient à dit-il, la Mais parle de sa race. Ses an- guerre. licite leurs ba- d'Alphan* gendarme aux ordres d'un préfet ma foi , c'est peu de chose. Le vicomte de Foucault ne gagne point de batailles ; il empoigne les gens. Ces tailles et leurs actions d'éclat. et de Bavard quand , la postérité ce n'est qu'un , se font archers ou Tous les gardes-du-corps veulent être gendarmes. —Les Mémoires de madame Campan méritent peu de con- nobles ne pouvant être valets de cour , geôliers. fiance. Faits de leçons , pour ils la cour de Bonaparte , qui avait besoin ont été revus depuis par des personnes inté- ressées à les altérer. L'auteur voit tout dans l'étiquette , et
,, 3 98 ( ) attribue le renversement de la monarchie â l'oubli du céré- monial. Bien des gens sont de cet avis. Henri III fonda l'étiquette cependant fut et , On assassiné. négligea quelque chose apparemment ce jour-là. L/etiquette rend les rois esclaves de la cour. Dans lous ces Mémoires il qu'une est dit de garde-robe fille madame Campan femme de chambre, mille francs de ttaitement Que de c'est •, monde d'hui. Aussi tout le , avait dix -huit mille aujour- trente-six voulait être de la garde-robe. passent leur vie à espérer de tels Montaigne quelque part se moque de ceux qui de son temps, s'adonnaient à l'agriculture, et à ce qu'il emplois appelle gens encore ! ménage domestique. Allez, disait-il chez , vous voulez vous enrichir. Et Démosthènes si un moment, dit-il, font l'homme riche en chez vous , Athéniens , cela ne se peut et et , il : les rois Les rois d'un seul mot , ; faut travailler Qu'on mette à Genève un roi avec un gros budget , chacun quittera l'horlogerie pour la garde-robe ; et , comme les valets du prince ont des valets , qui eux-mêmes en ont d'autres, un peuplese fait laquais. De là l'oisiveté, la bassesse , tous les vices et une charmante société. Madame Campan fait de la reine un modèle de toute ou hériter. , vertu ; mais O'Meara en parlait autrement elle ce qu'elle en exemple, que disait la reine avait du 5 au 6 octobre , et et l'on voit , homme dans son lit homme en se sauvant un que cet la nuit , , ses chausses qui furent trouvées par elle, dans comme, par Bonaparte; à , perdit madame Campan. Cette histoire est un peu suspecte. M. de la Fayette ne la Bonaparte a menti ou madame Campan. Elle écrit mal, et ne vaut pas madame de Mottevilie, qui était aussi femme de chambre. Madame du Hausset , croit point. autre , femme de chambre va moires , très curieux. Ce sont monarchie légitime. Quelqu'un montre une — ces propres mots : Votre roi paraître. On imprime là les vrais lettre de M. ses Mé- historiens de la Arguelles où sont nous menace ; il veut nous
^99 ( envoyer un prince selon affaires hommes pour exécute la Charte, ou nous lui enverrons hommes avec le drapeau tricolore et ses vils courtisans , régler] Voici notre réponse droit divin. le ) cent mille et Mina no Qu'il et dix mille qu'il chasse ses ; : émigrés parce que nous craignons la contagion morale. — Horace va faire un tableau de la scène de Manuel. Mais quel moment choisira -t -il? Celui où Foucault dit : Empoignez le Député, ou bien quand le sergent refuse ? — damerais mieux ceci. Car outre que le mot empoignez ce se peut peindre (grand dommage sans doute), il y , deux ignobles personnages aurait là dent qui à dire vrai n'y , serait toujours. Dans était Foucault , et le prési- pas, mais auquel ou cette composition pen- l'odieux dominerait, , ne saurait plaire, quoiqu'en dise Boileau. L'instant au contraire offre deux caractères nobles, Manuel sergent qui tous deux intéressent, non pas au même et cela du refus et le degré , , , mais de dont Thomme traits sont rares même la \ manière capable soit il faut résister , les et par le plus bel acte au pouvoir. De recueillir et les pareils représenter, recommander au peuple. D'autre part, on peut dire que Manuel Foucault ses gendarmes donneraient beaucoup à penser: et le président derrière la toile ; car il La constance de est des objets que V art judicieux Manuel et la bassesse des autres formeraient un contraste; les aussi , , ceux-ci servant des maîtres et calculant d'avance la récompense toujours proportionnée tion -, celui-là se le profit, à l'infamie de l'ac- proposant l'approbation publique et la gloire à venir. — Les hommes fournisseurs de l'armée sont tous bons gentils- des premières familles. et pour entrer dans la Il viande ou dans faut faire des preuves la partie des souliers. amants Les femmes y ont de gros intérêts ; les maîtresses partagent comtesses, duchesses , barons, marquis, on leur fuit à tous j bon marché des subsistances du , les soldat. La no-
( 4°° ) ble««e autrefois se ruinait à ia guerre, et spécule — bien sur très maintenant s'enrichit ta fidélité. Les bateaux venus de Strasbourg à Bayonne par le roulage, coûteront de port cent vingt mille francs et seront trois mois en chemin. Construits en un mois à Bayonne, ils eussent coûté quarante mille francs. Les munitions qu'on expédie de Brest à Bayonne, par terre, iraient par mer sans aucuns frais. Mais il y a une compagnie des transports par terre dans laquelle des gens de , et l'on préfère ce moyen. qui relèveront la monarchie — Les parvenus sa femme, son imitent fils, la cour sont ioiéressés, faut relever d'anciennes famille» Il elle si les culbute en Espagne. gens de bonne maison. Victor, prennent argent de tomes mains. Tout parle de pots-de-vins de cinquante mille écus. On s'ad- juge à huis-clos et sans publication. Ainsi se prépare une campagne à la manière de l'ancien régime. Cependant Canning. Mar— cellus danse avec miss — La guerre va sefiire enfin malgré tout le monde. Madame ne la veut pas. Madame du Cayla y paraît fort conMademoiselle ayant consulté traire. sa poupée se déclare , pour la paix , ainsi que la nourrice et toutes les remueuses de Monseigneur le duc de Bordeaux. Personne ne veut la et tous les conguerre. Mais voici le temps de pâques , fesseurs refusent l'absolution si on ne fait la guerre ; elle se fera donc. Le duc de Guiche montrant le l'autre jour disait de Monsieur confesseur dans un salon , prêtres : et d'autres Ces cagols nous perdront. — On me propose cent contre un que nos jésuites feront pas la conquête de l'Espagne, et je suis tenir. Sous Bonaparte ferait la perdu ^ je , proposai cent contre conquête de l'Espagne : personne ne tint ne tenté de un , qu'il j'aurais peut-être cette fois gagnerais-je. — Mille contes plaisants calembourgs de toutes toute de Bayonne » du héros pacificateur, pointes, paris. Il crève les fait , dit-on , chevaux sur la quatre lieues à l'heure t
fol ( que Bonaparte ) Va plus vite que dévotions l'arrêtent en chemin. ses et baise les reliques. tant moins — Il Le peuple qui voit cela , , parce les églises en aime d'au- vit, et reviendra. qu'il Tous ne le croient dùeut. C'est entre eux. une espèce d'argot le mot convenu pour narguer les sitôt Il visite n'y a pas un paysan dans nos campagnes qui Ge dise mais , mais n'arrive pas l'église et les reliques. que Bonaparte pas , Bourbons parce qu'ils , , de gouvernement. Le peuple h it l'ont trompé , qu'ils mangent uu le milliard et servent l'étranger émigrés , parce qu'ils sont toujours , parce qu'ils ne veulent pas être aimés. Barnave disait peuple. Hélas! Madame , il à la reine je le vous il . voudrais faut vous faire aimer dit-elle , est plus aisé qu'il ment faite Y Madame, uu mot bonne foi. lui répoudit ne mais ; l'était à du comment? moi. Baruave, tout Com- est dan» , —Ou va mai cher, on avancera en Espagne; on renouvellera de la grande armée avec les exploits de la garde; de Murât, ce sera La Roche- Jacquelin. S<ms rencontrer personne , ou gagnera des batailles , ou forcera des villes } enfin on entrera triomphant dans Madrid , et là com- les bulletins eu lieu mence la guerre. Jamais ils ue feront la conquête de i'Es- pagne. M. Ls. Je crus mais ce n'est pas l'Espagne c'est la France de Marlainvilie à chaque victoire de messieurs les gardes-du-corps , on refera ici quelque pièce de l'ancien régime ; et qu'importe aux jésuites que des armées périssent pourvu qu'iis confessent le -, qu'ils veulent conquérir. A chaque , bulletin , le roi j* — A la chambre des pairs , hier quelqu'un disait Figurez-vous que nos gens eu Espagne seront des saints, lis ne feront point de sottises on paiera tout et le soldat ne : : , mangera pas une poule qui ne soit achetée au marché. Ordre, discipline admirable ^ on mènera jusqu'à des filles H afin d'épargner les infantes. La conquêie de la Péninsule va se frire sa.u fâcher personne et noue armée sera cotn; , 26
, ( 4<>* ) M. Catelan apri» la parole comment vous ferez lorsque vous blée de bénédictions. Là-dessus et a dit Je ne : Espagne serez en pas sais } mais en France votre conduite est assez mauvaise. Vous paierez là dites-vous, et , vous prenez. ici Voici une réquisition de quatre mille bceuf> pour conduire de Toulouse à Pau votre artillerie, qui a ses chevaux; mais ils sont employés ailleurs. Ils nèuent les équipages des ducs et des marquis et des gardes du corps. Le canon reste là. Vous y attelez nos bœufs au moment des labours. Vous serez sages en Espagne croire , bonne heure, à la vous agirez avec oïdie et , mais ; je je le veux ne vois que con« fusion dans vos préparatifs. — Guilleminot a fait un scriptions, pour être en état l'état les officiers peu est , , dejbrtune, disposés à entier en eux que substance la ou de deux connon de marcher, car il n'y a mais de garder seulement la frontière $ major est bon et fera ce qu'on voudra ; mais que nulle apparence que dont rapport a besoio de se recruter d'une que Tannée la guerre se et surtout les sous-officiers campagne, pensant que fait. Guilleminot est semblent c'est contre rappelé pour avoir dit ces choses-là, et son aide de-camp arrêté comme correspondant deFabvier. Victor part pour l'armée. A l'armée une cour ( voir là-dessus Feuquières Mémoires ), c'est ce qji a perdu Bonaparte, tout Bonaparte qu'il était. La cour de son frère Joseph saura Wellington plus d'ucie fois. Partout où il y a une cour on ne songe qu'à faire sa cour. Le duc d'Angoulêrue a carte blauclie pour les récompenses, et l'on sait déjà ceux qui se distingueront. Hohenlohe sera maréchal. C'est un Allemand quia — , , logé princes dans l'émigration. les néraux et pas , un d'eux ne temps obéit volontiers comme le eux 1 , Il dira mot. même à commandera nos géLa noblesse de tout des bâtards étrangers maréchal de Saxe. Les soldats , quant à font peu de différence d'un Allemand à un émigré. Ils était aimeront autant que Coigny ou Viomeoil. Personne ne se plaindra. Jamais , en Angleterre , on ne souffrirait cela.
4<>3 ( aurons tout ftous ) l'ancien régime *, nom on ne pat fera grâce d'un abus. PROCLAMATION. Soldats, vous allez rétablir en Espagne l'ancien et défaire la révolution. révolution fait ont détruit l'ancien régime ils ; Les Espagnols ont , ; et l'ancien régime en ce pays- là , on vous ramènera en faire autaut. Or^ l'ancien régime de et à cause quand vous aurez on vou» envoie contre eux cela régime chez eus la rétabli ici pour savez-vous ce que , mes ami»? C'est, pour le peuple, des impôts ; pour les c'est du pain noir et des coups de bâton } des coups de bâton et du pain noir voilà l'ancien régime pour vous. Voilà ce que vous allez rétablir, là d'abord, et ensuita c'est, soldats , ^ chez vous. Les soldats espagnols ont fait en Espagne la révolution» étaient las de l'ancien régime et ne voulaient plus ni pain noir ni coups de bâton , ils voulaient autre chose dé Ils , l'avancement, des grades en ont maintenant, et de, selon Sous l'ancien la loi. soldats ne peuvent jamais être officiers les révolution ils à leur tour viennent officiers régime, ; , au contraire , les soldats deviennent ; sous la officiers. Vous entendez \ c'est là ce que les Espagnols on établi chez eux et qu'on veut empêcher. On vous envoie exprès , de peur que la même chose ne s'établisse ici et que vous ne soyez quelque jour officiers. Partez dooc, battez-vous contre , , les Espagnols pas officiers Ce sont j allez, faites-vous estropier et d'avoir des les étrangers qui vous voudrait pas. Mais Ses y afin font aller. ses alliés le forcent à de Prusse , de n'être coups de bâton. Car lé roi vous envoyer né là. l'empereur de Russie et l'emdonnent aux soldats beaucoup de coups de bâton avec peu de pain noir, et s'en trouvent très bien , eux souveraios. Une chose pouralliés le roi , , pereur d'Autriche suivent l'ancien régime. tant les inquiète. trente ans , Le soldat français , Ils disent-ils, ne reçoit point de coups de bâton , depuis et voih
, 4°4 ( l'Espagnol qui adieu la les refuse aussi schlague chez nous faut remédier, et plus tôt , ) pour peu que cela gagne, ; personne n'ea voudra. Il *y que plus tard. Ils ont doue rédu bâton mais pour les solu de rétablir partout le régime , soldats seulement; c'est vous qu'ils chargent de cela. Soldats volez à la victoire , et quand savez ce qui vous attend ; les gagnée la bataille sera vous , nobles aurout de l'avancement vous aurezdes coups de bâton. Eutrez en Espagne marches tambour battant, mèche allumée, au nom des puissances , étrangères : vive la schlague cement pour les soldats, vive ; le bâton point de grades point d'avan- ; que pour les nobles. Au retour de l'expédition , vous recevrez tout l'arriéré des coups de Lâion qui vous sont dûs depuis 1789. suite on aura soin de vous teuir au courant. — La police va découvrir une grande conspiration aura, dit-on et , de grandes ramifications dans dans l'aimée. On nomme les déjà des gens qui certainement. Mais le travail n'est pas fait. Eu- , qui provinces eu. seront
(4o5 ) GAZETTE DU VILLAGE, VJe journal n'est ni littéraire que. A ce titre il vivre, ceux qui , ni scientifique mais rusti- , que la terre fait avec un peu d'ail, doit intéresser tous ceux mangent du pain soit , avec d'autres mets moins simples. Les rédacteurs sont gens connus, demeurant la plupart entre le pont Clouet et le chêue fendu , laboureurs, vignerons bûcherons , scieurs soit , de long de foin et botteleurs cipes u'ont jamais varié , d'autres vues que leur propre de qu'eux repus peu clerc tences , articles, sans Il y chou nom les a. dîné. Paul- Louis, couche par ici sans , y écrit, prin- quelque et en fait ces rien sous-enteodre. tant de finesse. choses et les gens. des citrouilles , intérêt, mettre du sien, ue faut point chercher parleur les , ou d'avoir qui, comme chacun écoute leurs récits, recueille leurs propos, sen- dits notables qu'il , opinions tranquilles sur le reste, et croyant monde tout le , ^ les incapables de feindre sait, est celui l'état dont , Nous nommons disons un Quand nous un concombre , ce n'est point de la cour ni des grands que nous parlons. Si gros Pierre bat sa femme M. de , Le bruit courait hier que certains salons on se dit à lo— dans ou ; Nous contons bonnement comme on conte chez nous n'irons pas écrire : G... P.. reille nous, et plaignons l'embarras de nos pauvres confrères, ayant à vrai , bonne satisfaire et le à-la- fois les lecteurs qui demandent du gouvernement qui prétend que nulle à dire. vérité n'est
M* «•M. M. le le brigadier de le service divin avec M. entendu le u aire a , un paquet pour M. bonne part réponse ou reçu le aux Dames, où défê maire a travaillé dans son cabinet la gendarmerie } ensuite de quoi ce* ont expédié leur messager messieurs cela de : me5«edanssa tribune. Apre* la le préfet Bossu le , avec vu passer près de l'a la ville bu un coup. Quant au contenu de n'a transpiré. lie, rien dit porteur doit revenir avec lt le même on a il que et ; : , en main propre. Nous savons , On soupçonne quelques mauvais sujet» qui veulent danser qu'il s'agit le dimanche la de et travailler le jour de Saint Gilles. Madame, femme de M. le maire , est accouchée d'un gen- tilhomme v au son des cloches de la paroisse. —r Les rossignols chantent, et l'hirondelle arrive. Voilà champs. Après un rude hiver et trois mois de fâcheux temps, pendant lesquels on n'a pu faire charrois l'année s'ouvre enfin % les travaux reprennent rji labours , la nouvelle des leur cours, i — est en prison pour avoir parlé aux Revenant hier de Sainte Maure, il rencontra quel- Charles Àveuet soldais. ques soldats et Avenet amis. les mena au a servi cabaret. Ils furent bientôt bons non cheIl est membre En buvant b°uieilie: Cama- long-temps. valier de la légion-d'houneur. , rades, leur dit-il, qu'il ne vous déplaise, où allez -vous le A sac au dos ? l'armée , dirent ces jeunes gens. Fort bien ; demandant une secoade bouteille Qu'alltz-vous faire? Eh, mais ia guerre apparemment. Fort bien, répond Avenet. A la troisième bouteille,: Ca dites-moi, pour qui allezet :: , , vous faire 1» guerre:' faires. Deux gendarmes Pappelleat et les crut, s'en tôt , Ils se rejoignit étaient là t» , rire. Ou parla des af- qui connaissant Avenet , .Va-t'en, Avenet, va-t'en. Il alla, le.' gendarmes aussi. Mais il revint bieuses convives et reprit son propos. Alors ou disent lui , l'arrêta. C'étaient d'autres le mirent à cas est grave. ois bouteilles Il bues. gendarmes. a dit ce Ou l'a mis au cachot, qui se dit entre soldats âpre-
4«7 ( ) — Les vache» ne se vendent point. Les filles étaient chères à l'assemblée de Vérelz les garçons hors de prix. , On Tous n'en saurait avoir. et toutes se la conscription. Deux à dieu, sabots blouse et chapeau pour Uoe , vingt-cinq écus. fille Jean Bedout encore ne , — On rien , La petite elle ni sait marient à cause de un garçon cents fraocs la ! sans le Madelon les boulanger, ni refuse , étrangers de traire. voit dans nos can»p3gues des gens qui ne dépensent gros dénier première année. gagnant incounus. L'un marchand , d'allumettes, l'autre venu pour vendre un cheval qui vaut vingt francs par jour. les des s'établis-ejit à , l'auberge et font des coonai«sances Ils mangent dix francs jouent et paient à boite , dimanches, les jours de fêtes ou d'assemblée. Us parlent Bourbons, de la guerre d'Espagne, causent et font Pour cela ils vont par les villages , uon pour aucun négoce. On appelle ces gens, à la ville % des mouchards; à l'armée, des espions; à la cour, des agents secrets; aux champs , ils n'ont point de nom encore,. n'étant connus que depuis peu. Us s'étendent, se répandent à mesure que la morale publique s'organise. causer. C'est leur état. — M. le maire le voyant on c'est lui est le que l'armée de la commune ; en événements. Lorsqu'il nous salue télégraphe de notre sait tous les Foi a reçu quelque échec; bonjour de veut dire une défaite là-bas bataille est gagnée ; il Passe-t-il droit 'i marche sur Madrid , et fier? la enfonce sou chapeau pour entrer dans la ville capitale des EspagoesQue demain on l'en chasse il ivuis embrassera, touchera dans la main , amis comme devant. D'un jour à l'autre il change et du soir au matin est affable ou brutal. Ola ne peut , , durer; on attend des nouvelles, prendront — et les affaires, Pierre on élargira et la selon la tournure que prison ouïes prisonuiers.. Moreau et sa femme sont morts âgés de vingt Trop de travail les a tués ainsi que beau- vingt-cinq ans. coup d'autres. forçat; — il On Milon comme un nègre, comme uc comme un hommelibre. dit travailler faudrait travailler fut quatre an; en prison pour son opinion, au
S $oo temps de î8t5. il en ruiné, corrigé non sortit ,< femme cependant sa ; et sa fille son opinion moururent; est la même ou pire. Ce qu'il n'aimait pas, il l'abhorre à présent. Ils «ont dans la commune dix mal-pensants que le en tnaire fit arrêter un jour, et qui souffrirent long-temps mémoire ne quoi, tous les ans, le deux mai ils font ensemble qu'auparavant , , , un reoas. On u'y boit point à la santé du maire ni du gouvernement. Le deux mai, cette année, ils étaient chez Bourdon , à l'auberge du Cygne , et leur banquet fini déjà se levaient de table , quand le maire passant, Milon qui l'aperçut , le montre aux autres chacun se mord le bout du doigt. , -, survint Quelques moments après , soit hasard ou dessein le garde champêtre. Milon, sans dire gare , tombe sur lui, de poing et le poursuit dehors le chasse à coups de pied l'appelant espion, mouchard. Celui-là s'en allait malmené ou combat ; arrive Métayer ou monsieur Métayer car il Etes-vous royaa terre et vigne. Milon va droit à lui liste? oui, repond Métayer. L'autre d'un revers de main, , , , . , : le jette contre la porte et Voilà une grossse retint. voulait redoubler; rmis l'hôte le affaire, Milon se cacheetfait bien. Les battus cependant n'ont point porté de plainte; l'un l'antre ses horions. Le maire ne dit mot. '-=irde son souflet , Qu'en sera-t-il ? on ne sait. Il faut voir ce que fera notre armée en Espagne pour les révérends pères jésuites. —- Lecuréd'Azii jeune homme qui empêche de danser çr de travailler le dimanche, est bien avec l'autorité, mais mal avec ses paroissiens. Il perd deux cents francs de la commune que le conseil assemblé lui retire cette année ; résolution hardie, presque séditieuse. Ceux qui Pont pro, , posée soutenue , et votée pourront ne s'en pas bien trouver. on donne un supplément au cuié Les deux communes pensent de même. Rien ne fait tant de tort aux prêtres que l'appui du gouvernement rien ne les recom\ Véreiz, au contraire qui laisse danser ; , brouillé avec l'autorité. : mande comme la haine du gouvernement. mou Gabelin ne voulant point alicr — ; à l'armée , a
, (4°9) vendu tout son bien pour acheter placer. Il avait trois un homme, arpent de terre joignant sa maison. huit cents francs et emprunte Il a On a en beau remontrer lui l'armée, gagnerait plus qu'ici outre son bien rem- un demi de tout dix- fait (car le reste louis), espérant regagner cela par son ferrant. et se fait bons quartiers de vigoes et il loi faut cent travail de maréchal travaillerait à qu'il et reviendrait un jour ayant, bonne somme de deniers , il ne veut point Malmort. Malmort est en Espagne , dit-il, faire la guerre à avec son trois cent mille hommes , cent mille pièces de canon et fils. — A Amboise, on plantait la croix dimanche passé, en grande pompe. Monseigneur y était, non pas notre archevêque , mais le coadjuteur , tous les curés des environs et un concours de foule , spectateurs. bonnet de police sur crie la tête. cette Un » missionnaire les voit, leur Même cri, que le bonnet. Eux font la sourde oreille. Le on eût parlé à d'autres. si Dans fête fut belle. contenance. Carabiniers ne s'émeuvent non plus Bas : même La trouvaient en sale veste d'écurie trois carabiniers se prélat en colère arrête sa pro- Le peuple gendarmes enfin , car toute scène en France finit par les gendarmes, empoignent mes mutins les mènent en prison. Ils gardèrent leur bonnet. Le soldat est du peuple cession ; le clergé, les dévots cessent leurs litanies. regardait. Les , point de dévotion. et n'a — Paul-Louis, sur admirables. C'est la les là , cinq cents hisse mûrir à hauts de Véretz premier un arpent de vigne. ser de le amène d'un charges de gazon ou l'air, , Il , des choses fait homme du monde pour terras- bois non terre de bruyère. de temps en temps fort voisin la vire, la Il remue avec cent ou cent cioquante charges de fumier qu'il entremêle parmi. Puis , ouvrant une fosse entre deux rangs de ceps , il y place ce terreau ; sa vigne ^ au bout de deux ans> jeune d'ailleurs, et n'ayant besoin que d'aliments, se trouve pleine valeur. Ainsi amendé, un arpent, pourvu qu'on l'entretienne avec soin, diligence, patience, peine et tra- eft
( 4«e ) vail, produit au vignerou cent cinquaule francs par as, de plus, cents francs treize compte en aux fainéants de et Le cour. la est aisé. Cet arpeut donne quelquefois vingt-quatre pièces ou de vin poinçons produit moyen , somme, soixante francs, duisez les aux bonnes années douze poinçons qui , quelquefois rien: , vendent chacun se sauf erreur, sept cent vingt. façons, l'impôt, le coulage , Dé- l'entretien, la garde, coût de ce terreau qu'il faut renouveler tous les cinq ans, vous trouverez net cent quarante ou cinquante francs pour le le bonhomme. autre chose. Ces douze poinçons du vin de Bourgogne. Lis paient plu-s six franc* a l'entrée soixaute et quinze francs chaque de remuage, taxe de l'usurpateur devenue légitime autant pour droit de patente, et quatre fois autant d'avanies qu'on appelle réunies saus les autras faites par la police au marchand détaillant-, plus trenie francs d'impôt sur le fonds, dont la valeur en outie, par droit de mutation, passe entière dans les mains du fi-.c tous les vingt ans. Comptez et n'en oubliez rieo } droit d'entrée, droit de remuage, droit Mais pour la vont à Paris où cour, c'est l'on en fait ; ; , de patente droit de , droits réunis tout } faisant bieu courtisans , police, droit direct, droit plusieurs ensemhle chaque an use , indirect, droit de mutation, c'est treize cents francs ou douze cent nouante et six que , je pour le» ne mente. Paul-Louis a dix arpents qu'il cultive et façonne de la sorte sa famille. Ces bonnes gens en tirent tous les ans,, avec comme ou voit , quinze cents francs franc* pour la splendeur treize mille appointements du procureur du Louis, et l'y roi remettra pour avoir — Ou nous mande d'Azai : Le , dont du ils trône. vivent Ce , et sont les qui a mis en prison Paul- fait ce calcul. préfet a cassé l'arrêté de la commune lianes. qui ôtait au curé son traitement de deux cents Ordre de s'asssembler une seconde fois, de voter le iraitemenl. li On les plus hardis « Je vote le irai- s'assemble, on se regarde; emblaieni. Quelqu'un prend la parole ;
, tn ( teruent à monsieur le curé ) car c'est un , homme de bien >. Tout le monde aussitôt « C'est un homme de bien, il lui faut un traitement ». L'affaire allait passer à l'unanimité. Louis B ournegal se lève « Ce que j'ai dit est dit je ne m'en : : dédis pas. il nous côtes: Il fait Le curé à terre à cachés dans monde On va aux voix; pauvre commune. dernier la gendarmes les différentes nage. Tous le bois , par la son temps de conscrit fait nouvelle loi , qu'il semblait ne connaître plus parents ni A lui comme rumeur que fk semaines auparavant, il Jamais noce ne fut joyeuse si , s'était , quand amis, toujours geadarmës l'arrivée des hors de sens et déjà se croyant pris baissée se jeter dans son puits , eu eut tant de chagrin seul et pensif. la déserteurs Urbain Chevrier. Urbain se sauvèrent excepté se vit rappelé Nos car autres traversant la rivière à les , refusé. on les plaint, le prirent peur et s'eufuirent maisons, les recueille volontiers uns gagnant ; tous en passant, mirent , l'auberge chez Jean Ricaut. depuis peu revenu, ayant il De « Point de traitement ». —* Vendredi les veut tout gouverner il , enrager, partant point de traitement ». tonne fort d'en haut sur pied la , mêle de tout se , s'en , va tête d'où, on l'a retiré mort. Six marié avec Rose Deschamps. jamais gens si heureux , de long-temps s'entr'aimant, s'étant promis d'enfance. Leur aise a duré peu. La pauvre veuve et grosse et fait pitié —-Nous sommes douze paysans qui achetâmes ans, les terres de la B.orderie, , il y à voir. a deux vendues par messieurs de la bande noire. Elles nous. coulèrent deux cents francs l'arpent, que pas un de nous ne donnerait à moins de huit ceuts francs maintenant, et produisent bien quatre fois payait il le fermier, quand il pavait. ce qu'en Cir, mourant de faim a mis la clef sous la porte et s'en est allé , comme on , sait. Cinq familles ont trouvé logis dans les bâtiments délabrés de cette Borderie; chacun s'y est accommodé, chacun non seulement a réparé le vieux toit mais bâti à neuf quelque grange ou quelque pressoir avec jardin chènevière, saulaye autour de sa demeure. Voilà un village naissant qui v.& , ,
( 4»> ) que s'étendre et prospérer jusqu'à ce fisge le gouvernement y attention. —B isson ne pouvait payer l'eau et noyé. «es dpttes La femme Praut , s'est il dan» jeté d'Azai sur Cher, et à Mont- , Louis, un tonnelier en ont fait autant cette semaine, lui connue elle parce qu'on l'accusait d'avoir volé de l'herbe aux champs. L*an passé, Jean Ch^inart, fermier <?e la commune de Toucigny approchant l'août va voir ses fuis raison , , , bîés, trouve sa récolte trop belle (il hausse des grains), rentre chez lui et se défait. avait spéculé sur la Beaucoup de f^ns embarrassés dans leurs affaires prennent ce parti, le au repentir. On aime mieux maintenant être mort que ruiné. Nos aïeux ne se tuaient ?e;J qui ne soit pas sujet point. Naissant pour la misère, savaient souffrir. Il» la ils champ, une maison, s'en pasn'espérant rien en ce monde et ayant n'ambitionnaient point un saient o Rime de pain peur de , l'autre. —Nous temps critique pour et ne point cou- voilà saufs de Saint Ânicet, dos bourgeois. Si vigne peut passer fleur la on ne saura où mettre tout le vin cette année. Jamais tant de lamme ne s'est vue au cep, ni si bien préparée. Les champs aussi promettent du blé à pleine faucille. Laboureur et vigneron sont contents jusqu'ici ^ chose rare , tous deux ler, se louent du ciel et du temps. Mais combien de hasards encore avant que l'un ou l'autre puisse faire argent de labeur, payer sa quote et vivre! Sécheresse, pluie , son orages, ordonnances royales, arrêtés du préfet, du maire, mille chances, mille fléaux et rieu d'assuré que l'impôt. des gens dont la récolte ne craint ni temps ni grêle sont pas ceux qui versant rêt, mais qui ayant Sans autre avance saison. peine, '1 Quand il labourant ni , bonhomme , , Il et font le meilleur ne font rien ou font embarras, sommeillait un peu fallait dire. t'est le le , une place , ils a dit : la y a ce ne guécour. moissonnent en toute Travaillez prenez de la ce semble. , Pour biea parler, Présentez des respects, faites des révérences, fouds qui manque le moins.
( 4»3 ) maintenant ue veut être soldat. Ce métier nobles , sans espoir d'avancement , est une galère •»— Personne tous les , , uu supplice à qui ue s'en peut exempter. On aime encore mieux être prêtre. De jeunes paysans n'ayant rien, se mettent volontiers au séminaire; mais avant de prendre les ordres , ceux qui trouvent quelque ressource, jettent la soutane et s'en vont, comme fit naguères Berthelot Sylvain, le second fils de Berlhelot de Ponceau. Agé de vingt-deux ans il avait Une veuve l'épouse, le sauve et du service militaire , car elle paie un homme pour lui et , étudié pour se faire d'église. , du service divin qui n'est guères meilleur. vont vivre Ils heureux dans leur ferme entie Peroay et Ambillou. La bande noire achette encore le châîeau des Ormes, le cbâteau deChanteloup et le château de Leugny, voulant dépecer tous ces châteaux ,au très grand profit du pays, et — Ou vendra tous les biens qui en dépendent. à bon marché là des matériaux des terres foit cher. Plus de cinq cents maidu débris de ces vieux donjons depuis long-temps inhabités ou inhabitables. Plus de six mille arpents vont être cultivés par des propriétaires au lieu de nonchalants fermiers. La bande noire fait beaucoup de bien. , sons vont se refaire C'est une société infiniment utile charitable , , pieuse, qui que chacun en ait selon l'ordre de Dieu. Mais uue autre bande vraiment noire, ennemie du partage prétend que toute terre lui appartient, propriétaire universelle de droit divin acquiert tous les jours ne vend point; bande la pire qui soit et la plus malfaisante si on divise la terre et veut , , , , ne la connaissait. —Quand tôt que grand , Bonaparte reviendra il , ou son fils que ôtera les droits rénnis ce qu'il en faudra pour les et , dépenses publiques. riera les prêtrej, car enfin ces gens- là de femmes avancera et les ne s'en passent pas soldats rons nos maires , , voilà tan- ne lèvera d'argent ; cela fait du nos juges de paix ^ ma- désordre. nos enfants seront officiers. qu'on attend depuis long- temps. Il ne se peuvent passer ce sera le Il Nous éliboa temps
(4'4 =-^Le maire de Vérett a battu en le battant ) curé qui le messe ne valait riea que chaque laisse danser mauvais prêtre lui a dit qu'il était , et que sa , mettait un sacrilège et recrucifiait Jésus-Christ. il comLe curé est un et , fois qu'il la disait de quatre-vingt-deux ans, instruit vieillard maire un jeune homme sage , le de trente ans, beaucoup plus oc- cupé des filles que du sacrifice de la messe. Le soufflet qu'il a donné dans cette occasion parut tel aux témoins , qu'aucun prêtre, disent-ils , n'en a reçu de pareil depuis B miface VIII. Le maire de Véretz n'a pas mis un gant de fer , Comme fit l'ambassadeur pour souffletter ce pape au nom du roi son maître qui ne , mais du coup a jeté par terre pas relevé s'est garde encore , le lit. le bonhomme Les apparences sont que Vérelz ne dansera plus. —On a volé au Polonais depuis qu'il Chacun est ici. simple, bon, serviable armées étrangères. y Il deux mille francs qu'il amassait le plaint. C'est comme un tous ces homme doux, des en a plusieurs établis dans nos endéserteurs aucun regret du pays où brandevin au prix qu'il voulait. Mauvais laboureurs la plupart; pour gouverner les chevaux ils n'ont point de pareils. La veuve Raillard qui vend du vin aux bateliers , a une cave secrète que nous connaissons tous , mais que les commis ignorent. Elle en venait hier, sa clef dans une main , dans l'autre une bouteille quand les commis l'ar- virons , mariés, vivant bien , sans lé seigneur leur donnait la schlague et leur vendait le — , rêtèrent au détour des d'un coup de clef en a , saisissent sa bouteille. la brise entre leurs La contrebande ri. Peu de n'est point mains. Tout le tromper est fourbe le , Le gouvernement trompe approuvé de parjure , la tous. fraude Il Elle moude une chose qu'on blâme. gens aujourd'hui mettent dans un coulrat prix de la vente. si Ruaux , et qui le vrai le peut enseigne lui-même la et l'imposture. D'un empire saint la moitié n'est fondée. —Des le jeune gens ont conseillé au curé de Véretz, battu par maire, d'en demander justice, ayant preuves et
(4«5 témoins. fait, Il l'a un de ceux de grand fut daus il révolution: la empestée; ce qui pense bien d'abord couper , pardonne pas d'avoir agi tice dans cette affaire, sans prendre les geus du roi entre , aumônerie, n'ont pas besogne vent. le Le mieux préfet coadjuteur, les assis Tout applaudit et changé de langage ; Messieurs s'est au. poing qui avait frappé le a il tard lui qui doute, ignorant cela, cause pour l'église outragée , dans l'ar- zèle voulait on ne homme , est même et roi, sans mais averti depuis l'oint; serment duement battu, le tient prit fait et deur de son le a contre lui toute sa robe. il Le procureur du Ce curé les juges... prêta il vicaire constitutionnel la chaire maire. ) plaint; s'est la le mot des chancellerie et faite trop jésuites. la grande en peine sou- et sont , , et fait agir la jus- avisé, instruit d'ailleurs, guidé par moines, dévotes et les les séminaristes, en appuyant son maire, et criant ana thème au prêtre de Baal , a montré qu'il entend la politique du jour. Les juges comment , eurent grand honte faire contre et sortant , un parti régnant ? Ils en de l'audience , ne regar- daient personne après cette sentence. eux, pauvres gens , en dépit de la preuves, des témoins, condamné aux dépens. Le que messieurs de la justice ont ; c'est au temps où nous vivons. plaignant aux le parti voulait plus; ne paie pas l'amende Ils ont , bien malgré clameur publique, des il voulait une bravement refusée. quelque cho?e 11 ; c'est frais et amende Le battu beaucoup u'en faut pas exiger plus , et aux juges pourra ne pas durer. Le maire , ainsi vainqueur du prêtre octogénaire après avoir battu , dans une seule personne la danse et la révolution , se flatte avec raison des bonnes grâces du parti puissant et gouvernant. C'est une action d'éclat dont on lui saura gré , d'autant plus qu'ayant pour tout bien une terre qui appartient à M. le marquis de Chabrillant, bien d'éce courage , , migré s'il faut le dire tout autrement , et , il semblerait intéressé à se conduire ne devrait pas être ami de volution. Mais son calcul e»t lia , il la contre-ré- raisonne à merveille. Se
( rangeant avec ceux qui ceux qui le très adroite. 4-6 ) nomment voleur il fait rage contre veulent maintenir dans sa propriété, conduite le , Si ces derniers triomphent, la révolution de- meure et tout ce qu'elle a fait il lient le marquisat se moque du marquis. Les autres remportant il pense mériter non seulement sa grâce et de n'être pas pendu mais récompense, emploi et peut être qui sait? quelque autre , ; , , , terre confisquée sur les libéraux lorsqu'ils seront émigrés. — Aunokce. Paul-Louis vend maison de Beauregard, sa acquise par lui de David Bacot, huguenot, et pourtant hoonête homme. La demeure beaux qu'il y liche en souvenirs. peu de distance. est jolie, le site Là un des plus romautique de plus, en Touraine, ait Le château de la furent inventées et Bourdaisière se voit à les faveurs par Babeau comme , mère et célèbres sous le corn des sept péchés mortels, une desquelles était Gabrielle, maîtresse de ce bon roi Henri, et de tant là naquirent sept sœurs galantes leur d'autres à-la-fois féaux et courtois chevaliers. Par lui-même , père des belles filles et le seigaeur mari de Babeau , cette nommée un clapier de p.t Vieux temps, anmœurs qu' êtes-vous devenues? On aura ces souve- terre fut tiques ! nirs par dessus le de marché , en achetant Beaurepaire On aura trente arpents de terre, vigne propriété sur nos rives du Cher, où trouvent à peine deux arpents d'un d'ailleurs selon les voisin et pré, grande tout est divisé, tenant , où se susceptibles de beaucoup augmenter en valeur ou en étendue , la guerre qui se fait maintenant eu Es- chances de pagne. Car de , Bourdaisière. la si le Trapiste là-bas la constitution était jadis, , Beauregard met terre seigneuriale, fief, l'inquisition à la place aussitôt redevient ce qu'il étant bâti pour cela. Souro tourelles colombier, girouette, rien ni manque. Vol du chapon, jambage, cuissage, etc., nous en avoua les titres. Par le triomphe du Trapiste et le retour du bon , , régime, la petite culture disparaît, regard s'arrondit el le seigneur de Beau- s'étend, soit en achetant à bas prix les
, (4>7 terres que le vilain ) ne peut plus cultiver, à Paris devant messieurs de la en soit Grand- Chambre , le plaidât, t tous parents ou amis des possesseurs de fiefs soit par voie de confiscation ou autres moyens inventés et pratiqués du temps des mœurs. Toute la varenne de Beau: égard, si Dieu favorise Don Antonio Maragnon, tout ce qui est maintenant plan, tation, vigne, verger, clos, jardin, pépinière, se convertit en noble langue pays de chasse à la grande bête, seipouvant produire par an quinze cents livres tournois, et ne payant nul impôt. Beauregard gagne en domaines, mouvances, droits seigneuriaux gneurie de par trois et mille arpens, la contre-révolution. Si Sa Révérence, au contraire, était mal menée en Eset pendue, ce qu'à Dieu ne plaise, Beauregard est et demeure maison , terre de vilain et à ce titre pagne, alors paie l'impôt: mais la petite culture gime de la révolution progrès de l'industrie , , par le commuant sous partage des le ré- héritages et le nos trente arpents haussent en va- leur, croissent en produits tous les ans, et quelque jour peuvent rapporter trois , quatre , ciaq et six mille francs que bon nombre de gens préfèrent à quinze cents tournois, tout en regrettant peut-être droits les fiques et les mille arpens de chasse au loup. u'y a point de meilleur placement, plus sûr , quoi qu'il puisse arriver -, bon et le les , il si faut-il que le deux cas, Beauregard devient encore davantage. Pour plus amples renseignements, s'adresser vigneron En somme, profitable ni plus car enfin Trapiste batte ou soit battu. Dans est livres honori- demeurant près ladite maison , à Paul -Louis ou château selon qu'il en ira de la conquête des E'pagnes. 17 ,
w ( : j4u rédacteur de la Gazette Dr villa». Monsieur Je suis.... , malheureux j'ai ; fâché monsieur le maire moi faut vendre tout et quitter le pays. C'est fait de sieur, je si il me Mon- ne pars bientôt. Un dimanche ci \ , justement, l'aa passé , il chassait , après la Pentecôte aux dans cailles en ce temps- , mon pré l'herbe , haute, prête à faucher et si belle !.... C'était pitié. Moi, voyant ce ménage Monsieur, mon herbe confondue per, due mais je me sa fille unique, Je , ne dis mot je , pourtant il m'en faisait souvenais de Christophe, quand et voir alors le fus et , grand mal maire le ; lui prit au bout de huit jours la lui rendit gâtée. si j'étais de toi Christophe , ma foi je : , daindrais ,lui dis-je. Ah! me dit il n'est-ce pas monsieur le maire ¥ Pot de fer et pot de terre... il avait grand me , raison car ; il ne peint bon fait Me j'en sais des nouvelles. dais et laissais monsieur le mon pré comme , cosser avec de tels gens , et souvenant de ce mot, je regarmaire, fouler, fourrager tout eusseut pu faire douze ou quinze sangliers, quand de fortune passent Pierre Houry d'Azai Louis Beallant à zard et sa femme, Jean Proust, la petite Bodin l'assemblée. Pierre s'arrête, rit, et en gaussant me dit La voilà bonne ton herbe vends-la moi Nicolas je l'eu donne , , : -, dix sous et tu gageons que me Bouteille, me je , faucheras. la vas lui dire;... dit-il , que ; Moi, piqué, je réponds Quoi? Gageons que : j'y vas. tu n'y vas pas.' Bouteille ? je lui t«ppe dans la main. Bouteille chez Panvert, aux Portes de fer. Va je , mon chapeau pars tenant , j'aborde monsieur le maire. Monsieur, lui dis-je, monsieur à vous ainsi , \ je non, cela me perdis Ce qui plus messieurs, , n'est pas bien. je cela n'est pas bien la bouteille fus ruiné dès l'heure. lui fâchait, c'était sa et tous ; Je gagnai les passants compagnie, ces deor Monsieur .1« regardant.
C4'9) ïftaire est gentilhomme par pourquoi il nous tutoie femme née sa demoiselle. Voilà rudoie nous autres paysans et gens de peu, bons amis pourtant de feu son père. toujours avoir peur qu'on ne S'il était le Il gens, les vilains ne répondit mot et !e trouverions accostable. fiers, nous accueillent au ne haïssent guères qu'une contraire, nous caressent, et sorte de , semble prenne pour un de nous. noble de son chef, nous Les nobles d'origine sont moins Il ennoblis, enrichis poursuivit sa chasse. , parvenus. Le lendemain, on m'assigne comme ayant outragé le maire dans ses foncon me met en prison deux mois, Monsieur, deux ; mois dans le temps des récolte* , au fort de nos travaux Hors de là, je pensais reprendre ma charrue. Il me fait un procès pour un fojsé , disant que ce fossé, au lieu d'être sur mon terrain était sur le chemin. Je perdis encore un, mois à suivre ce procès que je gagnai vraiment; mais je payai les frais. 11 m'a fait cinq procès pareils, dont j'ai perdu trois , gagné deux ; mais je paie toujours les frais. 11 s'en va temps , Monsieur , il est grand temps que je parte. tions i , Quand Le j'épousai Lise Baillet , il me joua d'un autre tour. jour convenu, à l'heure dite, nous arrivons pour nous marier à la chambre de la commune. papiers n'étaient pas en règle , Il s'avise alors que mes n'en ayant rien dit jusque- et cependant la noce prête, tout le voisinage paré, trots il nous en coûta nos veaux, trente-six moulons tués, épargnes de plus de dix ans. Qu'y faire ? Il me fallut renvoyer les conviés et m'en aller à Nantes quérir d'autres papiers. Ma fiancée, qui avait peur que je ne revinsse pas, étant déjà embarrassée , eu pensa mourir de tristesse et du regret là , de sa noce perdue. Nous empruntâmes à grose usure, afin défaire une autre noce quand je fus de retour , et cette fois nous dansions écoutez ceci ii nous maria. Mais le soir... gaîment sur la place car le curé ne l'avait pas encore défendu. Monsieur le maire envoie ses gens et ses chevaux caracoler tout au travers de nos contredanses. Son valet qui : -, èsl italien , disait en nous foulant aux pieds : Gante codardd if
,, 4™ ( ) ^ vile, sourirai questo e peggio. Il prétend ce valet, que Dotre nation est lâche et capable de tout endurer désormais ces choses chez lui ne se font point que Ils . ont , dit-il , dans son pays deux remèdes contre l'insolence de messieurs les maires, l'un appelé Stilettata Ce sont leurs garanties bien meilleures, selon lui , conseil- d'état. Oùsclopettade au moyen de quoi dit-il , le pays ne l'autre Schiopettata. , là le manque, peuple stilettade s'emploie, se fait respecter. serait pas lenable. que notre , Pour moi , Sans cela je ne sais , ce qui en est; mais semblable recette chez nous n'étant point d'usage, il ne me reste qu'un parti, de vendre ma besace et déloger sans bruit. Si serais un comme ses homme ayant outragé le II seulement, rencontrais je le perdu. me maire; il je remettre en prison ferait conte ce qu'il veut dans procès-verbaux. Les témoins au besoin ne lui manquent contre lui ne s'en trouve aucun. Déposer contre le maire en justice, qui oserait? Monsieur , dans votre estimable Si vous parlez de ceci jamais ; , journal, ne me nommez que M peut du je sois, lieu , me et pas, je vous prie. toujours m'atteindre. Quelque part Un mol au maire voilà coffré. Ces messieurs entre eux ne se refusent pas de pareils services. Je suis , Monsieur , etc. N*. En faveur de nos abonnés delà ville de Paris surtout, qui ne savent pas ce que c'est qu'un maire de village , nous publions cette lettre avec les précautions requises toutefois pour assurer l'incognito à notre Paris s'imagine qu'aux brebis, en seulement les Paris. Il vaut des grands menant mais des , , mieux qu'ici champs on bon correspondant. Tout vit heureux du lait de ses paître sous la garde lois. Par malheur, être là il , non des chiens n'y a de ennemi déclaré des ne pas plaire à monsieur lois qu'à ministres le maire.
( 4*' y PIÈCE DIPLOMATIQUE, EXTRAITE DES JOURNAUX ANGLAIS. (On l'a dit envoyée de Cadix à M. Canning , par un de ses l'aurait eue d'un valet de chambre , qui , qui agents secrets l'aurait trouvée dans les poches de sa Majesté Catho- dique.) N°. S rjvw *w»«wa«w J± MON FRERE LE ROI D ES PAGNE. 7 Pai reçu la vôtre, mon Frère ou mon Cousin , puisque nous sommes issus de germains. Vous voilà bientôt, grâce au ciel, hors des maios de vos rebelles sujets, dont je me réjouis avec vous comme parent , voisin et ami, entièrement de votre avis d'ailleurs, sur notre autorité légitime Nous régnons de par Dieu qui nous donne les et sacrée. peuples , et nous ne devons compte de nos actes qu'à Dieu , ou aux prêtres , cela s'entend. J'y ajoute , comme conséquence également indubitable, qu'il ne nous faut jamais recevoir la loi des sujets jamais composer avec eux , ou du moins nous ; compositions vaines et nulles de droit divin. C'est aux personnes de notre rang le dernrêr degré d'abaissement, que promettre aux- sujets et leur tenir croire engagés par parole, comme de telles a très bien dit Louis XIV, notre aïeul, de
( glorieuse ne mémoire, qui vit point les imposât , Sous lui, on en quelque misère qu'il les lui vivant. pût réduire, pas un Pour ses guerres , ses maî- pour bâtir ses palais, il prit leur dernier sou; régner que cela. Charles II d'Angleterre fit de même tresses , à-peu-près la ) Français murmurer, quelque faix qu'il leur d'eux ne souffla mot, c'est 4" savait son métier de roi. ; comme mort de son père , nous, rétabli après vingt ans d'exil il déclara hautement qu'il aimait un roi étranger ennemi de sa nation compter avec elle ou de la consulter sur les affaires de se soumettre à , , , sentiments élevés et dignes de son sang, de son son rang. Moi, qui vous ceci écris de l'Europe, le plus grand roi mon . j'eusse si Cousin, et mieux que de l'état ; nom, de je serais voulu seulement m'entendre avec mon peuple. Rien n'était si facile. Me préserve le ciel d'une telle bassesse j'obéis aux congrès, aux princes, aux cabioets et en reçois des ordres souvent embarrassants, toujours fort insolents; j'obéis néanmoins. Mais ce que veut mon peuple et que je lui promis, je n'en fais ! , rien ma du tout, tant j'ai de fierté dans Târue et d'orgueil de Gudons-la, mon Cousin, celte noble fierté à l'é- race. gard des sujets, conservons chèrement nos vieilles prérogatives ; gouvernons, à l'exemple de nos prédécesseurs, sans écouter jamais que nos valets, nos maîtresses, nos favoris nos prêtres-, puisse c'eit arriver, l'honneur de là couronne; quoi périssent les nations plutôt que le , qu'il droit divin. Là-dessus, mon Cousin, j'entre, comme vous voyez, dans tous vos sentiments, et prie Dieu qu'il vous y main-* tienne, imis je ne puis approuver de même votre répu- gnance pour ce genre de gouvernement qu'on a nommé reque j'appelle moi récréatif, n'y ayant rien que je sache au monde, si divertissant pour un roi, sans présentatif, et parler de l'utilité l'absolu, mais ceci Je n'en Le fais non petite pojr qui nous le en revient. J'aime produit, ceci vaut mieux. nulle comparaison et Je préfère de beaucoup. représentatif aie convient a merveille, pourvu toutefois
fà ( ) qae ce soit moi qui nomme les députés du peuple , comme nous l'avons établi en ce pays fort heureusement. Le représentatif de la sorte est une cocagne, mon Coasiu. L'argent nous arrive à foison. Demandez à mon neveu d'A.ugoulênie, nous comptons ici par milliards , ou, pour dire la vérité, par ma foi nous ce comptous plus, depuis que nous avons des députés à nous, une majorité, comme on l'appelle , compacte , dépense à faire , mais petite. Il ne m'en coûte pas..., Non , cent voix ne me coûtent pas , je suis sûr chaque année ou mois de madame du Cayla moyennant quoi, tout va de soi-même; argent sans compte ni mesure, elle droit divin n'y perd rien nous n'en faisons pas moins tout ce que nous voulons , c'est-à-dire ce que veulent nos courtisans. Vos Cortès vous ont dégoûté des assemblées délibérâmes^ mais une épreuve ne conclut pas, feu mon frère s'en trouva, mal et cela ne m'a pas empêché d'y recourir encore, dont bien méprend. Voulez-vous être un pauvre diable comme lui, qui faute de cinquante malheureux millions... Quelle , , ; ; , misère cinquante mille millions , mon Cousin , ne m'embarrassentnouplus qu'une prisede tabac. Jepeusais comme vous ! vraiment avant du mon voyage d'Angleterre tout ce représentatif ; mais là s'en doutait , il -, je n'aimais point vu ce que c'est j'ai ne voudrait pas autre chose , ; si et ferait le Turc de sou Divaudeux Chambres. Essayez-eu mon cher Cousin et vous m'en direz des nouvelles. Vousverrez bientôt que vos ludes „ au votre Pérou étaient de pauvres tirelires vos galions , , , au prix d'un budget discuté , voté par de bons députés. Il ne faut pas que tous ces mots de liberté, publicité représentation, vous effarouchent. Ce sont des représentations à notre bénéfice et dont le pro- prix de cette invention-là , , duit est immense, le danger nul, quoi qu'on en dise. Tenez, une comparaison va vous rendre cela sensible. La pompe foulante Mieux encore, la marmite à vapeur qui donne chaque minute un potage gras, lorsqu'on la sait gouverner, , mais éclate faire , voilà et vous tue mon si vous représentatif. ni prenez garde Il n'est $ voilà l'af- que de «hauîïer à
( point ni trop , ni liop , 4*4 peu ) chose aisée , ; cela regarde nos ministres, et le potage est un milliard. Puis, vantez-moi votre absolu qui produisait à feu quatre cents millions par an , mon frère, quoi ? trois avec combien de peine chaque budget un milliard, sans la moindre ! difficulté. ou Ici Que vous en semble , mon Cousin ? Allons, mettez de côté vos petites répugnances, et faites potage avec nous en famille ; il n'estrien de Nous nous aiderons mutuellement à tel. comme tretenir il l'en- faut, et prévenir les accidents. Si vous l'eussiez eue cette marmite représentative, au temps de file de Léon l'argent ne vous eût point manque pour la paye de vos soldats qui ne se seraient pas révoltés ; il ne m'eût point fallu envoyer à votre aide et dépenser à vous tirer de cet embarras, cinq cents beaux millions, mon Cousin non que je veuille vous les reprocher ; c'est une , , bagatelle , un rien ; entre parents tout est commun ; l'argent sang de mes sujets vous appartiennent comme à moi ne vous en faites faute au besoin. Je vous rétablirai dix fois et le ; , m'incommoder le moins du monde, une obole. Je ne vous demanderai point les frais comme on m'a fait. C'est une vilenie de mes alliés. Au contraire, en vous restaurant, je vous donnerai del'argent ainsi qu'à vos sujets , tant que vous en voudrez. J'en donne à tout le monde , et je paye partout ; j'ai payé s'il est nécessaire , sans sans qu'il vous en coûte , ma la vôtre, parce que j'ai beaucoup de complaisance aussi pour les souverains étrangers, qui m'empêchent de recevoir la loi de mon peuple. Je les paie quand ils viennent ici ; je vous paie, vous, quand je vais chez vous. Occupé , occupant je paie l'occupation. J'ai payé Sacken et Platow. Je paie Mo- restauration je ; beaucoup d'argent lillo, Balles teros : payerai encore et je paie les cabinets, les puissances; je Régence ; je paie les Suisses ; j'ai encore, tous ces gens-là payés , de quoi entretenir , non seulement ma garde, une maison ici qu'on trouve assez passable, et bien autie que celle de mon prédécesseur, mais de plus, des main esses qui naturellement me coûtent quelque cho:e. paie les Cortès , la
(4«) Le budget , mon Cousin faites n'est rien il , que c'est que ce repréune peur. Sottise ende meilleur au monde. et voilà ce dont là-bas vous vous sentatif fance, Suffit à tout , Pour monter cette machine chez vous et la mettre en mouvement, sans le moindre danger de vos royales personnes, je vous enverrai, si vous voulez, le sieur de Villèle, homme admirable, ou quelque autre de nos amés, avec une vingtaine de Fiez-vous à eux préfets. lequel vous dormirez Vous aurez, de comme , , dans pendant qu'on vous deviennent incommodes, on d'eau , Octroyez , de chiens vrai tapage , rue pour des bribes. la leries dès que fera , vous il derrière de l'argent. haute sphère où nous sommes placés , le passe-temps de leurs débats , chose la plus drôle du se battent un ministère et la Foy monde dit en moins de rien ; auront organisé deux Chambres le budget mon Cousin ; de chats qui leurs criail- fait jeter quelques seaux est voté. octroyez une Charte constitu- , tionnelle et tout ce qui s'ensuit berté de la presse y et Quand accordez , droit d'élection , , jury , li- ne vous embarrassez de et surtout ne manquez pas d'y fourrer une nouvelle noque vous mêlerez avec l'ancienue, autre espèce d'amusement qui vous tiendra en bonne humeur et en santé longaux Tuileries , nous péririons d'ennui. temps. Sans cela Quand vous aurez traité avec vos Libérales , sous la garanrien , blesse , tie des puissances , juré l'oubli et tionnaires , faites-en pendre l'amnistie , et faites ment rie ; s'il y en a les qu'on du passé à tous ces révolu- cinq ou six ait aussitôt après , autres ducs et pairs , particulière- vus porte-balles ou valets d'écu- des avocats, des écrivains, des philosophes bien reux de l'égalité \ chargez-les de cordons amou- couvrez-les de \ vieux titres, de nouveaux parchemins; puis regardez, je vous défie de prendre du chagrin gens-là parmi vos Sanches et vos équipages , écarteler leurs , écussons petite pièce J'uue révolution ; lorsque vous verrez ces Gusmans c'est : c'est , armorier leurs proprement la une comédie dont ou ne
4*6 ( se lasse point et qui pour vos ) sujets deviendra comme ug carnaval perpétuel. J'ai à vous dire bien d'autres choses que pour je remets, priant Dieu sur ce, mou Couiiu , présent le qu'il vous en sa sainte garde. Signé, LOUIS. Plus bas Pour copie conforme : De Villele. , Paul- Louis COVRIER VIGflKKOS. , ait
(4*7 ) COLLECTION LETTRES ET ARTICLES "DE PUBLIÉS DANS DIFFÉRENTS JOURNAUX. «vwtfwv* «w/w^/at* COURIER FRANÇAIS— 23 mai 1822. Lettre en réponse à un article du Drapeau blauc dans le numéro du i4 niai 1823. Au Je lis le ) , qu'aux élections de Clifnon dans votre journal marquis d'Effiat a obtenu deux cent vingt voix, que son concurrent ain^i inséré rédacteur du Drapeau Blauc. IYJLonsieur M. , (c'est moi sans vanité que vous nommez en a eu cent soixante. Cela peut être vrai conteste ponit 5 j'aime , et mieux m'en rapporter , , ne je le comme vous mais fait aux scrutateurs choisis par M. le marquis de grâce, corrigez cette façon déparier. Je ne fus concurrent de personne à Chinon n'ayant nulle part concouru, que avez : , , je sache, avec qui que ce soit fi'êiie député, uou que je ne : je n'ai tiusse à demandé ni souhaité grand honuaur d'être
, ( vraiment élu comire , raisons rils me de l'attente pour le dit 4*8 le faisaient plutôt la tribune ) Benjamin-Constant', mais diverses craindre que désirer de ceux qui me je , l'embarras d'être d'une pu me taire en beaucoup d'occasions mandat, ni parler sans risquer d'outre- n'aurais mon sans trahir passer la mesure de ce qui s'y peut dire assez. Pour M. le point à redouter. dn bonnet , pé- croyaient capable de quelque chose bien général, plus que tout assemblée où les : l'appréhension fondée de mal remplir , Il marquis , de tels sera dispensé : vous m'entendez incouvéniens n'étaient de parler, et peut opiner chose qui ne m'eût pas été permise. Il n'aura- de sa nomination ; c'est pour lui une bonne affaire \ aussi s'en était-il occupé de longue main avec l'attention et le soin que méritait la chose. Il a heureusement réussi aidé de toute la puissance du gouvernement de son pouvoir comme maire du lieu , de son iofluencr qu'a recueillir les fruits -, comme président , de sa fortune considérable ; tandis que moi, son concurrent, pour user de ce mot avec vous,, moi laboureur, je n'ai bougé de ma charrue. Quelques personnes indifférente, , dont l'estime ne m'est nullement m'ont blâmé de cette pas de moi de teuir table ouverte tranquillité. comme un On n'exigeait riche marquis, de loger, de défrayer, nourrir et transporter à mes dépens les électeurs; maison voulait qu'au moins je parusse à Chinou. Un homme de grand sens (1), qui s'est rendu célèbre en enseignant et pratiquant qu'il ne donnerait sa qu'un qui pu la la voix, philosophie, a dit à ce sujet était électeur, qu'à quel- s'il demanderait , à un candidat déclaré savoir ses raisons. Il en a sans doute , et de : je n'ai fort bonnes, quant à moi, le raisonnement n'est pas ce qui me guide en cela, c'est une répugnauce invincible à postuler, solliciter: j'ai pour moi des exemples à défaut de raisons. Montaigne et Bodin furent tous deux députés aux (1) Le professeur Cousin. états de Blois sans
,, 4*9 ( en Angleterre Romilly, à Samuel , ) Pareille chose est arrivée Tavoir demandé. Shéridan. Voilà de graves autorités } de nos jours et je pense aussi me citerez vous a Caton, qui demanda le consulat : ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux ; on lui préféra Vatiuius , le plus grand maraud de ce temps-là. Mon désappointement , si j'eusse brigué, comme Calon , serait moins fâcheux que de fort honnêtes gens ses scrutateurs le sien. homme quis d'Effiat eu un fort honnête , comme , vous allez voir xante voix que m'accorde vous ajoutez fiat, si rentes causes puis les Benjamin je suis le marquis d'Ef- , nul doute , et présents qui n'osèrent écrire uu autre nom que de ceux qui, ne sachant pas lire , de ceux , mais que sert f Voilà déjà bien plus que la ma- , encore jorité. marquis le , car aux cent soi- qui tous étaient miens sans yeux de M. mar- je crois des électeurs absents par diffé- voix de ceux des électeurs sous les le sien , ; bureau de M. le celles le aussi. D'ailleurs je suis élu dans le seus de vraiment élu M. même et Je puis donc dire que je suis l'élu du département, que M. le marquis est l'élu des ministres. Cela vaut mieux pour lui je crois l'autre me convient davantage. Que si, sortant un peu de la salle électorale, nous prenions les votes de ceux qui paient moins de cent écus ou n'ont pas trente Monsieur, j'aurais beaucoup de ans d'âge, parmi ceux-là voix. En effet , les amis de M. le marquis se trouvaient là tous dans cette salle , où pas un d'eux ne manqua de se et ; , , , rendre ; gens dont la l'élection persés , grande du marquis. Au occupés ailleurs , l'unique affaire était que mes amis à moi, disdaus les champs , dans les ateliers, , quelque chose d'utile, n'étaient aux la millième partie ne se trouprésente. J'ai pour amis tous ceux qui ne mangent partout où se faisait élections qu'en petite partie vait pas là affaire, lieu : et qui comme moi, vivent de travail. Le nombre en est grand dans ce pays et augmente tous les jours. En un mol s'il faut vous le dire, mes amis ici sont dans pas du budget , , le Deuple ; le peuple m'aime, et savez-vous, Monsieur, ce
, 43o ( que vaut c'est J cetle amitié décela qu'on i ; n'y en a point de plus glorieuse,- il flatte les rois. Je n'ai garde d'envier au marquis la faveur des ministres ceot vingt voix , pour avec cela , et , lesquelles je ne donnerais pas Assure, mes cent soixante , non qnêtées, non , , deux ses je vou* solicitées. J'ai l'honneur d'être, etc. Veretz , 18 mai. le COURIER FRANÇAIS. — 1" ( Le public entendit mal cette lettre sions qui n'y e'taient pas. peut avoir tort. Il s'agit Ce d'un : février i8i3. on y chercha des allule public ne fut la faute de l'auteur fait véritable , le Courier contre certains chasseurs anglais. Cette gée parFentreniise de quelques amis ). Au ; procès de Paul-Louis affaire fut arran- Rédacteur du Courier-Français. Monsieur , Apparemment vous savez, comme tout le monde, mon veuu chasser dans mes bois. d'apprendre que nous nous sommes procès avec cet Anglais qui est Vous serez bien aise accommodés \ la chose fait grand bruit. On ne parle que de cela depuis le Chêne-Fendu jusqu'à Saint-Averlin ; et comme il arrive toujours dans les affaires d'importance, ou en parle diversement. Les uns disent que j'ai bien fait d'entendre à un arrangement ; que la paix vaut mieux que la guerre; que l'Angleterre est à ménager dans les circonprésentes ; qu'on ne sait ce qui peut arriver. Mais s tauces d'autres soutiennent de renards , rppos de toute notre timent \ que j'ai eu tort d'épargner ces coureurs un exemple , qu'il y va du qu'il en fallait faire commune. Pour moi aussi l'avais- je lorte devant les juges : fait , c'était mon sen- assigner, et j'allais parler de la
43i C < Messieurs , ) d'après le procès-verbal qu'on vient de met*' vous voyez de quoi Monsieur pour avoir chassé sur les terres de différents particuliers , autant ds U)U condamné , paie l'amende , et se croit quitte envers ceux doot il a violé la propriété. (Test une grande erreur que cela, et vous le sentirez j'espère. Outre que ceux même yeux tre sous vos Ficher , il s'agit. Anglais, cité devant vous plusieurs , fois , quelque argent ne sont point par-là saplusieurs ne reçoivent rien, et souffrent par son qui reçoivent de tisfaits, fait lui car nos terres, ^ Dieu , divisées en ritages mêlés avec , champs de cent comme une petites portions et les chiens et ses piqueurs ses seul il hé- ravage les ou de mille peut-être, et n'eu qui a le temps et les moyens de lui cultivateurs dédommage qu'un vous savez, étant, gtâces a de infinité , un procès, c'est-à-dire, le riche. Celui qui ne possède qu'un arpent, un quartier, racommode sa haie comme il faire peut, pas son fossé; refait ni la , homme disait de princes princes le , , et du temps de La Fontaine on mêmes ne laissait le dire pas ce qu'il fait ici. examiner ce qui en , est} mais sais et vous Vous , chez nous , les et l'on , M. Fisher ne ne veux point trop pourrez réfléchir, et y , qu'on doive tout endurer de messieurs ici ; son pays daos Je ne Le bon- Ce sont là jeux mais aujourd'hui ; m'entendez à demi-mot. Votre pensée puisseut : se permettent plus de pareils jeux m'assure qu'en Angleterre ferait blé foulé cependant ne se relève vigne froissée ne reprend son bourgeon. sans doute, n'est pas les Anglais, ce qu'ils n'osent chez eux et qu'ils ni ailleurs. jugerez celui-ci d'après nos lois françaises ; vous autrement et la chose même semble juste au premier coup-d'œil. Cependant il y a beaucoup à dire. Si j'allais, moi Français , en Angleterre, chasser sur les terres de M. Fisher, ne croyez pas, Messieurs, que je y ne sauriez guères faire , commune , ainsi qu'un Anglais natif. Les étrangers , en ce pays-là sont tolérés , non protégés ; une loi est établie pour eux , contre eux serait plutôt le mot. fusse jugé d'après la loi , En vertu de cette loi qu'on appelle alien-bill , si je faisais
, là quelque sottise (432 ) comme de courir, avec une meute à , vers vignes et guérets bien, faute de position), on me si soleil je , ( il n'y a point de vignes eu Angleterre commettais ; mais puis je serais banni je je parle tra- le sais par sup- de semblables dégâts, d'abord là punirait d'une peine arbitraire du juge, , , bon plaisir pour mieux selon le du royaume, ou , dire, déporté; cela s'exécute militairement. L'étrauger qui se conduit mal ou déplaît, on le prend , on mène au le port le plus proche, on l'embarque sur le premier bâtiment prêt à faire voile , qui le jette sur la première côte où il comme on me traiterait si j'allais chasser sur M. Fisher, ou même, sans que j'eusse chassé, aborde. Voilà de les terres si M. Fisher témoignait n'être pas content de moi dans son pays. Pour un même délit, on distingue les étrangers des nationaux; on ne punit point l'un comme l'autre. Et quoi de plus juste, en effet? Puis-je, avec mon hôte, en user comme je ferais avec mes enfants ? Si mon hôte casse mes vitres, je les lui fais payer , je le bats , je le chasse ; mon gronde seulement. Vous compreoez la différence , grande sans doute, et cette loi admirable de Yalien-billauç je voudrais voir appliquer à M. Fisher , non pas les nôtres fils, je le pour nous. De notre part, ce serait justice, réciproreprésailles ; non pas le faire jouir avec nous des bénéfices d'une société dont il ne supporte aucune charge. Soyons , si vous voulez , plus polis que les Anglais afin de faites cité , , conserver le caractère national ; ne chassons pas M. Fisher. Saus l'embarquer ni le conduire où peut-être il n'aurait que faire, prions-le de s'en aller et ne point revenir , enfin , délivrons-nous de lui, qui trouble l'ordre de céans. Si vos pouvoirs, Messieurs, ne s'étendent pas jusque-là, c'est un grand mal , et c'est le cas de demander une loi exprès. J'en veux bien et m'offre y avoir , faire la pétition au nom de toutes nos commune*', pour cela volontiers , quelque danger qu'il puisse comme je le sais par expérience, à user de ce droit aujourd'hui. > J'avais ce discours dans ma poche, et l'aurais lu au tri-
< 433 ) Jaunal chaDger une syllabe y sans , mon ami proviser, j'appelle ; immon- car lorsqu'il faut Berville; mais comme je que je ne le fus moi me parla, me fit parler par des personnes auxquelles on ne peut rien refuser. Que voulez-vous ? Ma foi, Monsieur, Paffjire en est demeurée là. tais l'escalier, jamais , plus animé, pius échauffé l'Anglais vint à , j'en suis fâché, lorsque j'y toute la commune mandations, sollicitations C'est, je crois, France , et , pense, car enfin a cédé, en la celte rencontre, l'intérêt de aux recom- deferomes, d'amis, que sais-je? fois que cela soit arrivé ed première sans doute , ce sera la dernière. Je suis, Monsieur, etc. COURIER FRANÇAIS. —4 octobre A monsieur Monsieur le 1823. rédacteur du Courier-Français. , Dans une brochure publiée sous mon nom en pays étrariJ que je ne connais point et d'autres que j'honore. L'imposture est visible; peu de personnes, je crois y ont été trompées. Cependant je vous prie , à telle fin que de raison, de vouloir bien déclarer que cet écrit n'est pas de moi. On y parle des grands, ce que je ne fais point sans quelque nécessité; on y blâme le gouvernement pernicieux. En ce sens je pourrais être d'actes, selon moi ce n'est auteur de la brochure mais on blâme en eunemi pas ma manière; je suis aussi loin de haïr que d'approuver le gouvernement dans la marche qu'il suit; je n'en espère pas de sitôt un meilleur, et le crois moins mauvais que ger, on attaque des gens , , : , ceux qui l'ont précédé. Annoncez, je vous prie, s'imprime à préseut , ma corrigée , traduction de terminée : Longu» c'e3tun joli 28 , quî oti-
434 < vragc un petit , poème en ) où prose, il de menions, s-agit de bergers, de gazons ; la première édition fut saisie à Florence, parordre del'empereurNapoléoo-le-Grand j'impri: mai le quand Chloé me Rome grec à il n'y eut plus d'empereur de ses biebis, , ma je retouckais , : à Paris, toujours occupé et , mit en prison à Sainte-Pélagie seconde édition; lin même. Revenu fut saisi de il , version , que ce fut là je fis va bientôt paraître chez la troisième de lorsqu'on ma Mer- quai des Augustins, beau papier, impression de Didot J'ai l'honneur, etc. CONSTITUTIONNEL—8 ji Monsieur le Monsieur Parlez un peu , 1823.- octobre Rédacteur du Constitutionnel. , vous prie, dans vos je feuilles, mon belle traduction d'Hérodoie, fort belle suivant Des personnes habiles un premier sur , passé, en out dit leur avis , qui n'est essai de ma opinion. qui parut Pan pas tout-à-fait d ac- cord avec le mien. Je leur réponds aujourd'hui par un autre même auteur, avec une préface où je ma méthode, expose mes principes, montrant fragment traduit du défends d'une façon claire critique la seil est ma Annoncez et incontestable dont pourtant , je tâche l'édition de» premiers imprimés et des recherches qu'exigent mœurs ressant, un volume. à celles où raison contre j'ai : croire con- Cent nouvelles nouvelles , à la- M. Merlin qui m'est d'un grand secours, notes font que de profiter devise. quelle je travaille avec les , il vieux ma , soit jeune libraire instruit, pour préface et J'essaie sur ce (exte mal aisé rie contenter dans soit mes notes mes de comparer nos : de nos pères: matière délicate est des collation la manuscrits, tout , le sujet inté- monde.
( 43- ) Qui vous empêcherait de diie ud mot en payant de m» traduction de Loogus corrigée terminée enfin selon mon petit pouvoir? Elle se vend chez Merlin, et celle-là Monsieur, on ne Ta point critiquée; mais on a fait bien pis t , , on je La première persécutée. l'a la fis édition fut saisie à Florence seconde en prison à Sainte- Pélagie : la troisième 5 va paraître. A de Sainte Pélagie vous pourriez aucune part à certaines brochures tout droit , imprimées sous mon nom eu pays propos de prison dire encore que qui mènent là On y étranger. faire et le c'est , bien que sa vie Dans quelles je dis peu quand je mon , ses mœurs veux ces écrits ma pensée , , ses sen- gré toute sorte de louanges; grand chemin de Sainte Pélagie des nouvelles. je n'oserais parle d'un prince dont certes un éloge public timents connus, métiient à mais , je n'ai , et j'en sais on blâme des choses sur parce qu'il y a du danger lei-, et dire, j'emploie d'autres termes. Je put» la blâmer quelquefois, mais uon pas en ennemi , ce que fait le gouvernement, dont, en un certain sens, je suis toujours content; car c'est Dieu qui gouverne, ce ne sont pas les hommes. Ainsi le monde est bieo, et tout va pour le mieux quand je ne Agréez, suis pas en prison. etc. CONSTITUTIONNEL.— Paris, A monsieur le Rédacteur MoîïSlEtJK Conseillez-moi du 14 octobre i8a3. Constitutionnel. , , je vous prie, dans un cas extraordinaire. Je serai bref, la vie est courte. on me cite là-bas, à Tours lieu de mon d >devant un juge d'instruction. Je vais là-bas ; 00 me que le dossier, les pièces (vous entendez cela, pîtna- J'étais ici, micile dit , , 3b*
- & c ) reviens, et fïniO, «ont retournée? à Paris. Je der au parquet, p3r tion mon affaire se me tiondre. Ain?i mon avocat trouve renvoyée deman- fais qui des juges d'iostruc- à , on refuse de ; lui ré voilà sans savoir par qui je dois être jugé, ou interogé seulement; car puisse aller plus loin. ne peQse pas que je Il s'agit m'j-t-oo , dit chose la de mauvaises , je n'ai Monsieur non plus de part que vous, quoiqu'on y ail mis mon nom. Quel avis me doncomme dit le grand berez-voas, dedans cette occurrence Corneille? d'attendre car que faire? M.;is il est bon que ceux qui me doivent juger sachent que je les cherche il» l'apprendront si cette feuille tombe entre lenrs mains. brochures auxquelles , . . 5 5 J'ai l'honneur etc. , CONSTITUTIONNEL. — 18 Nos abonnés de Tours sont suivante moderne Courier , de priés octobre i8i3. faire lire l'article femme de Pavl-Louis, vigne- ron. « Envoie-moi , ma chère amie, » de bas. Point de leltrc dans y puisse parvenir. Je sais 5 et que > monde > ni que le tu six chemises et paquet ne \ il que tu ne croi«. Je ne en prison pour le moment». plus de justice malade , Ton ni six paires me qu'il y a dans ce suis ni mort, mari. Idem. — 1" novembre 1823. M. Courier, avant-hier, allant dîcer chez «es amis arrêté en pleine rue par plusieurs agents duit en fiacre à l'hôtel de la préfecture. l'interrogea sur ses les motifs afin reçois pas les miennes tu t'inquiètes foit. Sois tranquille Adieu, , noms . prénoms de sou séjour à Paris, , de police Là , , fut cond'abord, on , et qualités, sa demeure, Il satufii à tout, et fut m»?
,, (4*7 en dépôt , c'en mot le Pho:mnedu monde ) moius propre à le M. à la salle Saint-Martin. , Courier être en pri>on , goûte peu la salle Saint-Martin , qu'il n'a pas trouvée cependant un lieu si terrible qu'on le dit. Seul dans une chambre pasmême le porte-clefi sable il a dormi dans un bon lit : , bonhomme, causeur et lendemain, qui était hier, M. Courier cornmuuicaiif. semblait assez écrits qu'on lui impute par un , Visite faite de ses papiers , fut Le entendu sur des des juges d'ùistruction. dans l'appartement qu'il occupe , rien ne s'y est trouvé suspect. Il se ioue fort, en généra!, du procédé de ces messieurs. On ne saurait être écroué avec plu* plus de civilité, huerrogé plus sagement, ai élargi promptement qu'il u'a été. JOURNAL DU COMMERCE. —3 Au Vous et Rédacteur de parlez de moi paraissez , la Monsieur , Quotidienne dans une de vos peu informé de ce qui que Paul-Louis , vigneron , me le savons bien. et cela n'est pas choses, Non , vous , votre serviteur le et puis vou« ajoutez le surprenant qu'ayant à parler de public. : savez mal, Monsieur de tant gens, vous vous mépreniez, quelquefois , fut quelqua la justice , temps en prison à Sainte-Pélagie , Nous feuilles % touche. Vous dites moi-même ensuite de petits démêlés avec novembre 182a. Sur votre parole , il va et tant de trompiez croire que j'ai dont on m'a justement puni. C'est ce que vous pensez ou donnez à penser par de telles expressions. La vérité m'oblige de vous apprendre, Monsieur, fait des tours de Scapin que le cas , éuit bieu plus grave pour lequel je fus condam- né, l'affaire autrement scandaleuse, il ne s'agissait pas de quelques peccadille? , mais d'un outrage fait à la morale pa. felique. Oui , monsieur^ je l'avoue elle déclare ici, afin «jus-
438 ( exemple >jien instruise. Je fus ) en prison deux mois à Sainte- par l'indulgence des magistrats, pour avoir oumorale publique, crime de Socrate, comme vous un peu diiférente de savez. Sur la morale particulière l'autre je n'ai eu de dénê!é< avec qui que ce soit , et même Pélagie tragé , la , , n'entends point dire qu'on nie reproche rien. A un doute m'est venu souvent à purement littéraire que vous me pourrez éclaircir. M. de Lamartine, dont vous louez les ouvrages, xue semble avoir pris dans nos lois une bonne partie de son ou bien nos lois ont été faites en stvle de M. de Lastyle martine celles au inoios qui ne sont pas vieille». Outrager la morale publique est une ph-ase tout-à-fait dans le g ût des Méditations et hors de ce commun langage que le ynonde parle et entend \ elle s'applique à bien des choses. Sii le ministre des finances fait quelque faute dans ses calculs un de nos députés lui dira qu'il outrage l'arithmétique publique. Nos codes sont des odes. Enfin sur une loi si sagement écrite le tribunal requis du procureur du roi mes réponses ouïes sur ce délibéré n/envoya en prison deux mois. Ce futbien fait et je n'ai garde de m'en plaindre. A quelque temps de la pour un acte pareil, qui semce propos, Monsieur, l'esprit, questioo , , , , , , , , , , blait récidive , on me remit en jugement. Le procureur du roi, défenseur vigilant de la morale publique, demandait contre moi treize mois de prison et mille écus d'amende. cas parut aux juges seulement repréheosible, et ils me Le ren- voyèrent blâmé, mais moins coupable q ;e la première fais. Ou ae peut deveuir tout à coup homme de bien. Voila , Monsieur la vérité que vous devez à vos lecteurs, au sujet de mes démêlés avec la justice. Mais sur un autre point, vous me chagrinez fort en me , , prêtant des termes et des façons de dire dont je n'usai jamais. Selon vous, je me plains de certaines brochures imprimées sous mon nom, dans t étranger dites-vous, et vous notez ces mots .-Monsieur , excusez -moi, je n'ai pas ilt ansi vous ê'es de la Cour et parlez comme vous vouy \
c fez , avec pleine licence rillage repris , , sommes et r>9 ) entière. liberté Nous , gens de teuus de parler fiançais, pour n'être point nous disons qu'une brochure s'imprime en pays Du étranger. ment et moins , qu'on s'exprime généra — c'est ainsi Monlbazon et autres que je fréquente. Vous changez encore mes paroles quand vous me faites dire, Monsieur, qu'il y a un prince dont les sentiments me sont connus \ à moi vigneron y pensez vous? Corrigez cela, à Larçai, Corrnery , Àmbillou , iieux , ! s'il vous plaît comme , et de vos quaiie mois n'en tftfaoez pas trois , vous direz, en toute vérité, que les sentiment* de ce prince sont connus \ c'està-dire, publics, et que personne ne les ignore. 11 croit, par exemple, que les princes sont faits pour les peuples et* veut Boileau le , mais un -, et non les peuples pour les princes^ sentiment moins bizarre que vous ne l'imaginez, vous autres courtisans. Il n'est ni te premier Di seul , de sa maison à penser de instruit Monsieur, quaad îa sorte , si les bruits en sont vrais. Etes-vous plus exact et mieux , duc d'Orléans part pour l'Angleterre J'ai foi à vos discours où le mensonge n'eutrer Mais à ceci je vois bienpoint le ciel n est pas plus pur peu de vraisemblance. Ou sait et c'est enco;e une chose connue, qu'il aime son paj's n'en sort pas volontiers, ayant pour cela moins déraisons qu'en aucun temps, commevous dites lorsqu'il voit une guerre d'abord mal entrevous nous assurez que monsieur le • , , , , prise , être heureusement terminée. Rare bonheur si, en effet, elle est terminée sans qu'il nous en coûte autre chose que des millions et quelques Remarquez-vous, hommes. L'état- major est sain et sauf Monsieur comme il y a peu de guerres à présent et dans — , , peu de combats ? Jamais on n'a moins massacré, Cependant, vous me l'avouerez, jamais on n'a tant raisonné tant lu , tant imprimé ; ce qui meferak quasi croire ces guerres , que le maux., raisonnement comme et la lecture des gens ont l'air ne sont pas cause de tous de se l'imaginer. Nou» en
(44°) yoilà an point que les révolutions se font sans tuer personne^ les contre-révolu- ceserait un grand chan- guerres presque sans batailles. Si et les même, tions se pouvaient adoucir de gement amendement; qu'en dites- vous Le faut-il moins que ceux qui les font ne se mettent à rer , mais > et à ils î haïssent les livres. Ils gile, lorsqu'il parut, et le gré eux de tous. Par lui , , consentiront et mais cependant voilà vivre; les n'avait gu ères Mal- vu encore , si est derniers à vivre et passées d'années sans beaucoup de carnage dans la Grèce. la entendu peut-être, eux-mêmes enfin s'humani- seront quelque jour laisser ne voulurent point de l'Evan- combattent dans TÉvangile, mais en langue vulgaire, , espélire ; le une dixaine ce qu'on , monde ce n'est sous les Antonius , quand philosophie régnait. m 'apprendre , Monsieur, si monMennais continue son Indifférence en matière de religion, ouvrage auquel je m'intéresse ? Le temps ne lui saurait manquer car je le crois quitte à présent de ses fonctions de journaliste. Ses actions sont venP. S. Pourriez-vous de sieur l'abbé la , dues, tous ses comptes réglés avec ses associés. mot là-dessus dans votre prochain numéro me Un petit satisferait extêmement. Note du Rédacteur. L'auteur de de bon sens , et assez juste. Mais de ce qui se , il sur bien des choses vit loin peut dire. Eu cet , du monde, écrit est homme nous paraît penser et ignore la mesure publiant sa lettre, nous en avons retranché quelques phrases, et des mots que ceux qui connaissent son style n'auront nulle peine à suppléer. CONSTITUTIONNEL. —4 mars 1824. ANMOKCE. Phamphlet des Phamphlets yiguercn ; brochure où il , par Paul-Louis Coxtriek , u'est poiut question des électious.
po a fort engagé l'auteur à publier son opinion sar ce qui vu de curieux aux as- se passe actuellement, et ce qu'il a semblées électorales du département d'Indre-et-Loire, est refusé dération lui , et vu la difficulté avec >«es ti s'y mo- en termes décents. Dix ans de Sainte-Pélagie ne pouvaient manquer, même et c'est de parler de ces ch pour dit-il eut touché cette matière, s'il , s'en distraire qu'il composé a la bro- chure que nous annonçons, sur une thèse générale, sans aucuue allusion aux aîFaires présente* , ce peur d'inconvénient. Idem. — 7 mars 1824. Plusieurs libraires auraient envie d'imprimer le des Pamphlets aucun Pamphlet par Paul-Louis Courier, vigneron , mai* n'ose s'en charger. Les uns refusent, d'autres pro- mettent ou , même commencent n'achèvent pas, tant l'en- et treprise leur paraît hardie, périlleuse, scabreuse. Ce nV*t pa« pourtant qu'ils voient rien qui dût lâcher monsieur affaires, si le l'on agit les effraie. Ils procureur du roi traité , on ne sait comme un le rassurer , il a fait pourquoi, que Paul- de grandes coupures Cour, tout des i'auteur autre, et que, quelque nom de lui, ses libraires et imprimeurs. opuscule tout ce qui regardait mœurs de , attirer do m de bien qu'il puisse dire, on le poursuivra au rale publique, écrit et leur , légalement; mais s'imaginent Louis ne sera pas dans cet , les , et la mo- Pour le* retranché de cet jésuites, dix p'g'-'s des Obligations d'un Député ministériel, avec celte épigraphe de saint Paul La viande est pour le rentre ,/e ventre est pow la la le chapitre intitulé : : ïiande; une magnifique apostrophe aux abbés universitaires, deux paragraphes sur la Sorbonne (grand dommage car ce morceau était travaillé avec soin) , et sa péroraison entière , sur l'état actuel de l'Espagne. qui coûtent tant à un auteur, réduit à moitié environ , braiies et des imprimeurs Pieu aidant, ta Au moyen de il cessera , ces sacrifices espère que son d'être et qu'il teuniuc prochaine, la , ouvrage, terreur des li— pourra paraître euiLt
ÏP ( ) LITTÉRATURE, t tjsjssjj Mjjfjff MAGASIN ENCYCLOPÉDIQUE. 8 ,Be année, Il t. Article sur une nouvelle édition <P Athénée 1802. , donnée , par M. Schweighœuser. Voici un ouvrage attendu et Athénée demandé depuis un auteur que ceux qui cultivent est ancienne ont sans cesse eutre les mains et • usage, qu'on peut réduire toutes à une seule ment incorrectes et défectueuses long-ierapi. la littérature les , ej éditions étaient telle- qu'il fallait la plupart dir , temps deviner plutôt que lire le texte qu'elles présentaient ; ce qui, joint aux difficultés particulières à cet auteur, eu rendait sés la lecture pénible dans l'étude de sa aux hommes mêmes langue et les plus ver- de l'antiquité grecque. Ce- pendant depuis plus de deux siècles personne n'avait voulu je charger d'en donner au public une nouvelle édition purgée de toutes lesfautes qui défigurent celles dont on se sert,, et accompagnée des éclaircissemens nécessaires pour fad~ , liter aux lecteurs l'Europe , pables de suivre ses traces se pouvait, tout ce qui sur Athénée ; du l'intelligence qu'après Casaubon mais il , et u'ait texte. Ce n'est pas eu d'habiles gens, ca- de suppléer, autant que manque au commentaire de est à croire que ce a effrayé travail jusqu'à présent ceux qui auraient pu l'entreprendre était tel en effet de plus grand dition : qu'on peut dire qu'il ne s*en , ni de plus car celle science donner), qui textes anciens a , difficile ( dans quelque pour objet d'expliquer partage se férentes branche; , , comme toutes , et poiut de l'éru- qu'on veuille et les de il offre la carrière nom faire ce savant rétablir lui les, autres, eu dii dont chacune veut une élude toute par-
443) ( d'un poète demande d'autre» con- ticulièrc. L'explication que celles d'un historien ; et les recherches népour bien euiendre celui-ci, seraieut de peu d'uti- naissances cessaires pour lité du premier. Les philosophes, l'intelligence orateurs, les rhéteurs, des sciences et des arts écrit ceux grammairieus, les , forment des les qui ont classes séparées donné ; de à personne et l'expérience a démoutré qu'il n'était les connaître tous à fond, ni d'exceller également dans toutes de la critique c'était pourtant ce qu'il eût fallu pour interpréter Athénée, qui n'est pas un seul auteur , mais un composé de mille auteurs aussi différens pour le '•tyle que pour le fonds de leurs ouvrages, dont il a extrait les parties : tout le sien. Mais si l'on ne devait pas s'attendre qu'il parût amais un critique en état de satisfaire à que tout ce les peuvent exiger rigoureusement d'un éditeur d'Athé" cependant le public connaissait parmi ceux qui ont lecteurs née , cultivé avec le plus de succès ce genre de littérature, des hommes pour dont l'érudition cette d'eux eût la hardiesse jourd'hui le peu de choses à désirer que quelqu'un clnrger. C'est ce que fait au- laissait grande entreprise de j et souhaitait s'en pour n'avoir pas besoin d'éloge vrage Sou nom G. Schweighœuser. ; digue de la réputation dont est est assez connu qui paraît de son ou- et ce jouit il parmi les sa- vants. Dans une préface remplie de recherches intéressante?, il de tout ce queles anciens nous appreauent sur son auteur, des secours qu'il a eus pour son propre trainstruit le lecteur de chose d'Athénée. écrits de sa assez paraît sait peu se» furent plus connus que lui, puisque auteurs qui aient rien Il vie. vague le fait On plus ancien* mention de son ouvrage, ue nous diieut même fixer que d'une manière temps où il l'ère vulgaire. Au une Schweighœuser se a écrit, et ce n'e;t que sur fondé à nous dire qu'Athénée 128 de les ne peut conjecture un peu hasardée que le croit Ou que de son temps même, vail et de celui des éditeurs qui l'ont précéda. reste, C. a fini dan* fé son livre vers pigémëét qu'il l'ait , <
( 444 ) Schweighœuser eit fort éloigné de la partialité ordinaire aux commentateurs. Il avoue de bonne foi que l'ouvrage d'Athénée lui paraît en soi assez mal conçu, ou tant de matières héet que cette immense compilation térogènes se trouvent entassées sans ordre ni mesure tire de son auteur, le C. , , aujourd'hui tout*on prix delà perte des auteurs dont on y peu d'anciens ont parlé d'Aretrouve les débris. Du reste , thénée. Quelques uns, pillé sans être comme nommer. Le le Julien Macrobe et l'ont , plus ancieu qui Tait cité paraît Harpocration ou bieu Etienne de Bysance. Hésychius, et tous les autres glossaleurs vis nécessairement ; ou lexicographes s'en sont mais tous n'ont pas eu sous ser- yeux les même d'Athéuée. Quelques uns, et entre autres Eustathe, n'en ont connu que l'abrégé. On ne sait quel est l'ouvrage l'auteur de cet abrégé sans aucun , ni en quel temps Hermolaus de Bysance. Mais quelqu'ait a vécu, et c'est il fondement que quelques uns l'ont attribué a été cet auteur, le nouvel éditeur en peuse assez favorablement. Il lui trouve du jugement (tout en le blâmant d'avoir supprimé le plui souvent les titres des ouvrages , et les noms des écrivains allégués par Athénée) et ne découvre rien dans son style qui ue lui grecque s'écrivait paraisse convenir Ensuite, venant au temps où parut imprimé, il temps au où largue la encore purement. le texte même d'Athénée parle de l'édition d'Aide, la première de toutes, donnée à Venise en i4 l 4* ^ en ra PP<>rte le titre accompagné d'une espèce de didascalie fort curieuse où l'éditeur Musurus se vante d'avoir corrigé plusieurs milliers de fautes dans le texte et réduit à la mesure qui leur convenait les vers qu'il a trouvés écrits sous la même forme que , la prose-, nouvelle preuve ajoutée à toutes savants , plus cette édition bon , dont , il ils le qu'on a celles déjà de l'audace des premiers éditeurs, qui, plus ils étaient doivent être suspects. Quant au mérite de C. Scinveighœuser emploie les expressions indigne de ceux qui en ont pris d'accord avec Casau- , , soin. la trouve inesacte Cependant il et rend
445) ( justice à l'érudition de Musurus, qui ment plusieurs passages altérés conde édition Bedrot se lit à Bâle, en dans i535 , heureuse- rétabli a les La se- manuscrits. par les soins de Jean de Christian Herlin. Ce ne serait qu'une réimcelle de Venise, avec de nouvelles fautes, et de pression comme arrive toujours, il assez maladroiterneut «j'j'ils l'ont Cependant pu le , si éditeurs n'avaient corrigé, les texte le d'Athénée faire, en recourant , toutes les fois aux auteurs C. Sch-vveighceuser ne fait qu'il cite. pas de cette édi- peu de cas que Casaubon, qu'il accuse de l'avoir en même temps trop méprisée et trop suivie en beaucoup d'eudroits dont il eût trouvé de meilleures leçons danj Aide ou daus les manuscrits. Après ces deux éditions , Athénée se trouvant dès-lors tion aussi , entre mains de tous les (comme nous bon, est les Le premier qui traduire. savants, on ne tarda pas à le s'en occupa fut Noël l'appelons), dont tout de nulle ou de peu le travail d'utilité, quoiqu'il ait tage de remplir, à l'aide des manuscrits qui se trouvait avant les dans eu l'avan- une grande lacune quinzième le Comte Casao- livre. A cette C. Schweighœuser entre dans des détails curieux fragments et les variantes du texte d'Athénée , re- occasion sur lui , le dit , , le cueillis vers ce temps-là par des hommes très que Pietro Vettori, Muret, Henry Etienne, savants, et publiés tels de. puis, ou seulement cités dans divers ouvrages, et cachés aujourd'hui dans les bibliothèques. Casaubon fait mention quelque part d'une édition d'Athénée, entreprise par Turtèbe, et dont il a vu le premier livre c'est tout ce que l'on en sait. En i583, on imprima à Lyon la version de Dale: champ considérable qui se soit fait sur , le premier travail Athénée. Pour peu qu'on connaisse Dalechamp comme interprète d'Athénée ou souscrira sans peine au jugement qu'en porte le C. Schweighœuser , lorsqu'il dit qu'encore , , que ce traducteur ait de son auteur, «oup d'éloges il , ne manqué en laisse mille endroits le vrai sent pas néanmoins de mériter beau- pour avoir surmonté le premier, dénué des
446 ( «ecours que nous avons ) de grandes difficultés, et montic presque partout une sagacité admirable. Casaubon ne lui a , pas rendu assez de justice, et c'est de quoi le C. Schweigreprend ..lodérément. Enfin parut, en 1 ^*97 » l'édition de Casaubon, la seule imprimée sous ses yeux, et l'original de celles dont on se sert aujourd'hui, qui fut sui- hœuser le vie trois ans après de son grand commentaire. d'ouvrage plus connu ni plus fréquemment Il n'y a guère parmi les que donne le C. Sclnveighœuser sur cet admirable livre. Par exemple, ce qu'il nous appreud des manuscrits dont Casaubon s'est servi , et des variantes qu'il a eues au moyen de divers extraits, montre à merveille l'usage qu'en faisaient alors les savants, moins minutieux, si l'on veut, mais aussi beaucoup moins exacts qu'on ne l'est aujourd'hui sur ce point. Voilà en raccourci le tableau que trace M. Schweig— hceuser du petit nombre d'éditions qui ont précédé la savants, et on ne peut sienne. Il vrages de lire sans intérêt les détails parle ensuite des secours qu'il a plusieurs cité savants , dû tirer des qui, sans avoir travaillé ouex prqfesso sur son auteur, en ont traité quelque partie dans des recueils de fragments corrigé ou éclair ci par occasion , divers passages; car on sent importants, et le premier éditeur d'Athénée, toutes finité un point des plus c'était de mettre sous sans les contredit, d'un yeux des lecteurs conjectures ou explications éparses dans une in- les de que devoir, livres de critiqua ou de philologie qui ont paru il n'y ec avait presque point qui n'of- depuis Casaubon, et frît citer ou à réfuter. Ce seul traun grand service à rendre à la antique. Le C. Schweighœuser n'a rien négligé acquitter autant que le lui ont permis les res- quelques observations à vail, bien exécuté, littérature pour s'en était sources qu'il avait à sa disposition cherché (ainsi qu'on le fait ; et, comme il u'a point trop souvent) à éblouir ses lec- teurs par des promesses fastueuses , ses lecteurs lui sauront gré d'avoir tenu plus qu'il n'avait promis. Mais un mérite inap, rétiable de cette nouvelle édition,
- 447 ( ) ce sera d'avoir été revue sur deux excellents manuscrits, dont l'un était presque oublié l'autre paraît n'avoir été , connu de personne jusqu'à présent. Le premier contienten entier l'abrégé d'Athéuée, et l'on y retrouve non seulement les .passages que diven savants ont publiés séparément comme manquant dans les imprimés mais encore quelques , an- autres entièrement inédits. Quoiqu'il ne soit pas plus cien que de M. grande miiieu du quatorzième siècle t selon la conjecture le Sehv/eighœuser, ne il d'abord pour laisse pas d'une d'être enoù l'abrégé nous tient lieu du texte perdu, et ensuite pour rétablir beaucoup de passages du texte même. Ce manuscrit est passé de la bibliothèque de Sedan dans celle de Paris, d'où il a été envoyé à M. Schweighceuser par ordre du ministre de l'intérieur. Le second et le plus imou le croit du neuportant est venu de Venise à Paris vième siècle, et par conséquent plus ancien qu'aucun des manuscrits connus du même auteur. Mais ce qui le rend plus précieux, c'est qu'il est évidemment l'original de tous utilité, la correction de tous les droits , : ceux qui existent aujourd'hui. Aux preuves qu'on en apporte il n'est pas permis d'en douter; et ces preuves sont , les mêmes auxquelles on a reconnu également pour original un manuscrit de Longio de que toutes dire, plaires les la même bibliothèque, c'est-à- lacunes qu'on trouve dans manuscrits ou imprimés, les exem- répondent exactement à des feuilles ou portions de feuilles qui manquent à celui-ci. Les avantages qui doivent résulter, pour tion, regrette seulement dans la nouvelle édi- d'une pareille découverte, se conçoivent aisémeut le que l'éditeur n'uitpu avoir sous les cours de son travail, ce manuscrit qui être la base ; car, quoique celle collation ait : on yeux, devait en été confiée aux soins d'un jeune homme des plus instruits (i), et qui a donné des preuves de son habileté en ce genre, cependant on sait (et M. Schveighœuser en fait l'aveu quelque (i) M. .Sc-bweighceuser le i ils.
( que 448 ) yeux d'un éditeur découvrent en pareil es* mille choses qui échappent aux plus clairvoyants, et ce regret est d'autant plus grand, qu'on connaît M. Schweigliœuser pour un des hommes les plus capables de tirer part) les des manuscrits tout que poiui louché , le parti possibie, cù n'ait fait des il qui n'en a pres- lui découvertes curieuses et utiles. Mais une réflexion qu'on ne peut s'empêcher de faire sur de ce manuscrit, venu d'Italie eu Frauce depuis peu, le sort d'années, c'est que tant dé chez nous la grande révolution qui a transporté monuments des arts des sciences et , tourne promptement au profit des unes et des antres. Ce* chefs-d'œuvre de la sculpture antique et du pinceau mo- derne attiraient de-Ià les le» étudier a la hâte et de ^ monts , nos artistes obligé» de Désormais les modèles de Part ne seront plus séparés de ceux qui les savent reproduire; et, dans Paris, Raphaël a maintenant plus d'élèves, Apollon plus d'adorateurs qu'a Rome même au temps des Cé>ars et les des quitter à regret. Médicis. Mais ces premiers où l'on retrouve exemplaires des auteurs anciens, encore après tant de siècles , de l'eioquence paitont ailleurs re» et puis du goût que dans le et , , les lieu renai-sauce des lettres, la , les et paroles même des étaient perdus tous les secours nécessaires thologie les seuls le pour le maîtres public, où se réuuisseut les lumièpour en faire usage. Decharmant recueil de l'An- de l'ancienne poésie conservée par débris Athénée , étaient dans les maius des savants et de tous le* smateurs de la belle antiquité , mais défigurés par millô tsches que dis cieux dans Ou la critique s'effoiçait inutilement d'effacer, tan* que Saint-Marc l'étal le et le Vatican renfermaient ces textes pré- plus approchant de leur pureté primitive. ne connaissait qu'imparfaitement dont M. de le fameux manuscrit Rochette va se servir pour nous donner l'AnthoIogien eu son entier; celui-ci, plus important peutêtre, était encore plus ignoré. Mais à peine entre nos ît-.io , ces la trésors de l'Italie soat aussitôt répandus datrs
( tout mon Je le savant, et quVlle nous a Au 4*9 ) elle-même l'Italie jouit des dons faits. reste, l'éditeur prévient qu'il n'a pas eu , comme beaucoup d'autres, l'avantage de se préparer pendant longtemps à un travail aussi difficile que le sien et de rassem, bler à son aise tous les matériaux qui lui eussent été néces- trouvé engagé à cette entreprise par une , s'élant de circonstances , au refus d'un homme de lettres qui ne veut pas être nommé et qui avait auparavant promis saires suite , de Des secours importants s'en charger. avait compté, ont lui , sur lesquels manqué au moment même il d'en faire usage. Par exemple, le célèbre Brunck devait l'aider de ses lumières et de sa bibliothèque. Mais ayant renoncé tout à coup aux lettres qu'il a cultivées même de résolu avec tant de succès, et se défaire des livres qui lui restaient pu contribuer en rien à cette édition , si , il n'a ce n'est par quel- il y a loog-temps , sur les marges de deux exemplaires, l'un desquels contenait ses propres conjectures en assez grand nombre, mais faites, à ce qu'il paraît dans le courant de la lecture et sans aucune médi- ques notes écrites , , , tation ; , sur l'autre étaient de Paris. Tout variantes d'un des manuscrits les communiqué Deux cela a été hecuser, qui en a enrichi ses notes. distingués , les CC. Dutheil et Coray , lui à M. Schweig- savants des plus ont envoyé leurs observations insérées dans son commentaire. Les notes du nombreuses, répondent aux preuves qu'on a déjà de son érudition. Celles du second se rencontrent plus fréquemment , et paraissent toujours dignes de cette rare sagacité que les savauts lui connaissent. Venons à l'ouvrage même età l'examen de son exécution. Il est imprimé par la Société typographique de Deux-Ponts, établie maintenant à Strasbourg et l'on peut dire que cette premier, malheureusement peu , célèbre imprimerie n'a point encore produit d'ouvrage aussi important ni aussi bien exécuté. Le texte tine se trouveut sur la même riantes les plus considérables, page , et la version la- accompagnés des va- forme qui ue plaît pas, 29 comme
( on sait 45o le suffrage ) mais qui a pour à tous les savants, , d'un hooime dont l'autorité en ces n»atîère3 , elle l'usage et d'un grand poids est même forme que M. Vyt- c'en cette tembach a adoptée peur son Plutarque après en avoir montre les avantages dans sa Bibliothèque critique. Le volume qui paraît d'Athénée contient les troii premiers livres du texte, partie de l'abréviateur, partie d'Athénée luimême. Les commentaires , sur les deux premiers livres seulement, forment un volume séparé. Des chiffres placés , aux marges indiquent les pages et les chapitres de l'édition de Casaubon ; et l'on n'a rien négligé de tout ce qui pouvait être commode aux lecteurs dans l'usage de cette édition tellement qu'il est plus facile d'y retrouver les citations de , que dans Casaubon même. un article des plus importants, devant être comme une espèce de commentaire perpétuel, et épargner en même temps beaucoup de commentaires. Aussi voit- on que M. Schweighœuser s'y est applicelle de Casaubon La , version latine était qué singulièrement. il écrit l'a Il refaite en latin avec beaucoup de en entier, et, facilité , il comme a des ressources toutes particulières pour rendre le texte avec précision faire entrer ses lecteurs dans le sens , et intime de l'auteur. Il n'y a que ceux qui connaissent le prix pareil travail qui puissent lui en savoir Les vers de Grotius lui ont différents poètes. Mais on sent en beaucoup d'endroits , où servi et la difficulté le pour d'un gré qu'il mérite. ses fragments des qu'il lui a fallu les retoucher changements les faits au texte produisaient un nouveau sens. Ces changements sont fié— quents et considérables. Cela ne pouvait être autrement car , l'aide outre une infinité de passages qu'on des conjectures et des manuscrits , les a , , ; à grammairiens anciens (Suidas surtout qui ne s'est pas servi, stache, de l'abrégé seulement corrigés mais du texte comme Eumême ) ont M. Schweighœuser de quoi suppléer en plusieurs les noms des auteurs ou les titres des ouvrages omis pat l'abréviateur. Il a tiré du même Suidas des fourni à endroits , ,
( 45i ) phsases entières dont on ne trouve aucune trace dans l'a- brégé, taire , l'a fait a insérées dans le texte. S'il était en droit de le et les c'est de quoi les devait attendre d'un remplir à et savants jugeront mais sûrement 5 il avec la critique judicieuse et le discernement qu'on homme comme lui heureusement les exercé à découvrir , lacunes dans anciens les textes. n'adopte ordinairement Il spection les , qu'avec beaucoup de circon- , Casaubon conjectures de quelques probables qu'elles et des autres critiques, paraissent dans laissant , le que donnent les manuscrits toutes les fois qu'on peut en tirer un sens supportable, du moins dans texte la leçon tout ce qui est écrit en prose car -, , dans vers les , il se pour rétablir le mette , ou le trouvera peut-être , en quelques endroits, trop prompt à recevoir les conjectures de plusieurs savants , dont les montre bien moius assertions , difficile ; et, ne sont pas toujours sur celte matière, démon- on sait, en général, que ceux qui citent des vers dans un ouvrage en prose, les tronquent et les altèrent souvent , faute de mémoire ou à dessein. C'est ce que Casaubon lui-même a reconnu dans Athénée ( page 3 , E et ailleurs ). Brunck , sur Aristophane ( frag. , page 23a) a fait la même remarque j et c'est celte remarque qui doit trées. D'ailleurs, , 1 , nous en garde contre l'audace des critiques tenir , qui tous ont eu cette manie de refaire, sur un mètre quelconque, les à fragments des anciens poètes cités par quoi et ils ayant réussissent toujours même trouvé , les grammairiens n'étant embarrassés de rien moyen de mettre f , eu beaux ve-s la prose de divers auteurs qu'ils ont pris pour des poètes. C'est qu'uu fragment de l'historien Ménandre se lit en vers pieds , de la façon d'un savant ( Schurfleiz sur Longin). qui a cru que ce Ménandre était le poète comique. ainsi de six voyez Casaubon sur Alhéuée p. 8 D. ) avait les paroles d'Athénée non moins heureusement et lui-même pensant que ce fusseut celles d'uu poète Casaubon qui l'en reprend est tombé plus d'une fois dans 29* Turnèbe versifié ( , , , , ; , ,
#• ( la même erreur comme , rait appuyer suffit nous ) le verrons bientôt. On pour- de beaucoup d'autres exemples, mais ceci il volume que nous examinons les donne l'éditeur pour remplir ou rétablir la de voir daus , peines que se le , mesure des vers, ajoutant par ci, par là , des hémistiche* entiers, et recevant sans fbçon toutes les particules oiseuses que lui offrent les critiques afin de combler quelque vide , ou soutenir le rhythme tombant comme dit Lucien ju , , lieu d'avouer le plus son abreviateur souvent que Fauteur, entiers, mille manières différentes Au les , transposer et les couper en comme on dans beaucoup de citations, dont reste, modéré <ie ce plus encore ont pu retrancher des mots, des hémi- , stiches, des vers fait et reconnaît qu'il les même, M. Schweighœuser en cela l'a originaux existent. paraîtra fort à ceux qui couoaisseut la furie de certains critiques temps , lorsqu'il leur tragique ou comique. Il en tombe entre est les mains uu poète peu avec qui ceux-ci même été quittes à si bon marché , et qui n'eussent pas main-basse sur tout ce qu'd y a de vers dans Athénée, en eussent fait m an con moltafretta. Mais le nouvel bonne composition , qu'il a été jusqu'à Menando ad amôe éditeur est de si la forme de la prose les fragments dont il ou découvrir le mètre. D'ailleurs, il a soin de n'admettre aacune conjecture daus le texte sans en avertir et donue scrupuleusement, dans les notes ou dans les va- souffrir, sous n'a pu , régler , riantes , leçon la manuscrits des éditions et des , sincérité plus rare qu'on ne croit. Les variantes texte et , comme on plus iutéressautes. l'ouvrage. l'a dit se , version latine, non toutes la La , trouvent entre le mais seulement les Les autres seront rassemblées à plus grande partie du commentaire la fin est de em- de ces variantes qu'on examine fort mélode a des longueurs, elle a aussi ses avantages. M. Schweighœuser aurait pu réimprimer séparément les commentaires de Cubausoa à la suite de «on ouployée a la discussion en détail; si , cette , vrage, ouïes omettre tout-à-fait, et il se serait épargné
453 ( to'it le travail qu'il a fiitsur ces ) mêmes commentaires, pour mais il a mieux aimé morceaux par morceaux , et se charger d'éclaircir ce qui s'y trouve d'obscur ou d'embarrassé , soit en joignant aux passages, dont Casaubou s'est servi l'indication exacte dei lieux où il les a pris, soit en fortifiant lui-même ou mettant dans un plus grand jour les la commodité les insérer et l'utilité des lecteurs-, dans sieos les , , idées de ce savant homme par de nouvelles autorités. On se doute bieu néanmoins qu'il n'est pas toujours de sou avia. Mais s'il le combat quelquefois, c'est toujours avec de bonnes raisons et le plus , souvent avec et ce parti qu'il succès-, a, de manière à n Teu faire qu'un seul tout, a, pour lecteur et pour lui ce grand avantage, qu'à l'aide de quelque* mots ou même d'un simple renvoi, fl confirme ou détruit le dire de Casaubon , sans être obligé d'en faire une di-cussioa sépapris, d'unir ses commentaires avec ceux de Casaubpn , , rée, , comme eût été nécessaire, il développer au lecteur quefois il se contente tout au long rement , et n'en étrarjger Enfin les de faire Casaubon servations de -, eût fallu s'il le citer , et du raisonnement. Quelmention par extrait des ob- suite la , , mais le plus souvent il les rapporte retranche que ce'qui lui paraît entiè- au texte de l'auteur. savants trouveront dans ces deux volumes una de choses intéressantes et nouvelles qui jettent uu grand jour sur toutes les parties de l'érudition. Mais pour mettre nos lecteursà porlced'en juger eux-mêmes, nous fixe- infiûité rons leur attention sur quelques endroits pris au hasard, qui donneront une idée du tout et dans celte espèce de revue de différents passages traités plus ou moins heureusement, nous donnerons par occasion quelques idées qui nous sotit , venues dans le courant de sens de quelques uns de ce texte ait été traité, habiles , il n'est la lecture sur la correction ces- passages. comme oa ïeflexions qui ont tel la lecture qu'A.lhénée, ne produise échappé à ces la voit, par les gens les plus presque pas possible que attentive d'un auteur ou Car encore que tout savants hommes, un peu quelque
(4M ) Couimauçons par deus corrections qui seiviront d'échantillons pour toutes les autres (Suivent une vingtaine de pages contenant des explications sur beaucoup de passages teurs, traducteurs et mal compris par commentateurs MAGASIN ENCYCLOPÉDIQUE —Armée DISSERTATION DE M. AKERBL iD Tscmone greca sopra una lamina un fepclcro fjo'.iîe 'un , les édi- dC Athénée.') i8i3, tome 5. INTITULEE : di piomho, ttovatx in nulle vicinanzs di Atene. Rorua, presso Lin» î8io. , M. Akerhlad une Disseril y a quelque temps, une lame de bronze tirée d'un tom- publia, tation fort savante sur beau près d'Athènes, et appartenante à M. Dodwel , voyageur anglais, qui a rapporté de la Grèce une infinité de choses curieuses et intéressantes. Sur cette lame était gravé le nom et une seule homme d'un lettre que le de tout cela tandis avec celui d'une des tribus d'Athènes M y paraissait isolément reste était en creux. L'explication que donna M. Akerbîad , aussi claire qu'ingénieuse et pleine d'érudition, dut plaire beaucoup aux savants. sera pas moins satisfait > tracée en relief, de la manière dont il explique On , ne dans un monument d'un autre genre, mais et les tombeaux d'Athènes appartenant également à M. Dod^vel. C'est une feuille ou plaque de plomb sur laquelle ont été tracées avec un poince nouvel ouvrage, trouvé comme le premier dans , , çon , à ce qu'il paraît difficiles plusieurs lignes de caractères grecs , non à déchiffrer, tant à cause des lettres même connue» que parce que dans cette espèce d'écriture cursive comme l'appelle M. Akerbîad, 'es traits de chaque lettre, à peine ébauchas se doivent le dont la forme est assez , , nlos souvent deviner. II faut voir, dans son Mémoire même.
( combien de peine troûie tartreuse d'endroits. il Enfin, comme Il serait tion , inutile lumière la couverte en beaucoup l'écriture était par son zèle obstiné, ces raisses au jour, et, Livrent à et eut besoin pour en enlever une espèce de dont , ) quelques traces d'inscription, l'on apercevait seulement de quelle patience 455 eut d'abord à nettoyer celte surface, où il un poète texte ici le traits repa- : des tombeaux. secret le de rapporter dit même de l'inscrip- qui ne se peut guères entendre qu'à l'aide des doctes commentaires de M. Akerbiad. Il suffira de dire qu'elle renferme une espèce d'imprécation contre un Satyres de Sunyuni et un certain Démé/rius qu'on dévoue eux et le» aux Dieux infernaux à Mercure et à la Terre invoqués pour les punir, sans doute comme auteurs de la mort de celui qui fait contre eux cette imprécation. Le but de , leurs , , l'inscription, l'orthographe, les formules qui employées font l'objet des notes savantes d'une manière qui ne et sont expliquées Il les où décrit les lieux a vus, et à qui nue que l'ancienne. cite l'institut, par M. une inscription du communiquée celle-ci, dernièrement de homme qui Grèce moderne nVst pas moins con- la Il laisse rien à désirer. découverte en se fit cette trouvent s'y M. Akerbiad, de Viscooti , notes se verront dans le prochain dont à même les genre que troisième classe la explications et les volume des Mémoires de deux monuments ont entre celte compagnie; et comme ces eux beaucoup de rapports et s'expliqueul même mutuellement, malgré des différences assez considérables, il entre dans un examen approfondi de l'un- et de l'autre. Il rapporte après le célèbre antiquaire romain deux passages l'un de Tacite, , , l'autre que de Dion , , qui vienneut fort b eu au sujet , et prouvent l'usage était d'écrire ces sortes d'anathèmes sur lames de plomb. Ensuite, citant d'autres passages de rents auteurs classiques i , il fait des diffé- voir que Mercure et la Terre sont ordinairement iavoquéi dan: de telles imprécations j
4*> v et, par occasion, il noms de trouve jointes aux traité expose diverses ces Divinités. au long, avec l'érudition homme ) les épilhètes Tout sagacité et la qu'on cela est qu'on devait exaforme de digression, et communique au public mie inscription nouvellement apportée d'Athènes par M. B.oustœdt , voyageur danois. attendre d'un mine aussi expert en ces matières. Il aussi, par Les observations de M. Akerblad sur l'orthographe bizarre du monuroeut qu'il explique ne sont pas moins cuque le reste, et intéresseront surtout ceux qui n'ap, rieuses prouvent pas la prononciation de certaines lettres dans le langage des Grecs modernes. C'est un article sur lequel les savants de cette nation souffrent avec peine qu'on les contredise, et qu'où oppose le témoignage d'une infinité de monuments à la tradition qu'ils prétendent avoir Conservée de l'ancienne pronouciatiou. Si quelque chose pouvait les Convaincre de la fausseté de cette opinion, en un point du Hioios, ce serait celle itiscription-ci où partout se eoufondues deux u'ont pas le lettres dans KOLAZHTH reur de l'écrivain prouoncé l'H ne , trouvent prononciation actuelle la H et E. Ou y de KOLAZETE moindre rapport, savoir, par exemple, Ou qui , au pu qui n'eût comme on qu'iudiquer fait ici ; avoir lieu si alors t er- on eût aujourd'hui. fait quels roule celle dissertation lieu , lit les principaux points sur les- dont l'auteur donne partout , des preuves de l'habileté qu'où lui connaissait déjà daus la palœogiaphie , la littérature et les aits. moins sans doute pour déchiif presque unique eu sou genre ; II et on si fait oes rares counaissauces l'auteur joint celle langues de l'Europe et de l'Orient une égale sèdent au , de morceau réflexion la qu'à plupart des qu'il écrit et parle avec on conviendra que peu d'hommes posdegié une érudition si variée, et qu'aucun facilité, même uu nouveau jour, par de samonuments de la Gièce et de ne paraît plus propre a jeter vantes recherches, sur les l'Italie. n'en fallait pas er et expliquer ce
(45?) LETTRE ADRESSÉE DELEGORGUE DE RONY, A M. PAR LÉON DE CHANLAIRE. a-YJ-ONSIEUK Porté à la , députation par un collège dont mon vous devenez mandataire, et c'est à ce je fais partie, titre seul que me permets de voas adresser quelques observations sur le nom que vous portez aujourd'hui et qui ne me semble pas, je , aiusi qu'à bien d'autres Compagnon, enfauce naître ; , j'ai , exactement même, jadis, l'ami été plus que personne le vôtre. j'ose le dire même à , de votre de vous con- qui existaient entre votre et des relations d'intérêts mienne, m'ont mis à portée d'avoir fréquemment sous les yeux des coutrats et des signatures où monsieur votre père , votre famille et vous , sans doute , avez famille et la , figuré plus d'une fois. Si vous attribuiez trariété votre concurrent j'avais tenu le , vous , , le Je pourrai libre ici la la monde me très -, car à si à vous écarter de cette ho- j'aurais été voter contre avez con- Chambre, préférablement vous vous tromperiez étrangement failement que je u'en Mon Monsieur, mes observations à moins du norable fonction Je droit , de vous voir figurera bien, et vous } j'en avais vous savez aussi pat - ai rien fait. dispenser de vous en donner la raison. arbitre suffirait seul ; niais dans toutes cireou-
458 ( stances, rations ma ) volonté ne se détermine que sur des considé- mûrement réfléchies; et si je me suis abstenu de voter pour ou contre vous c'est qu'il me paraissait totalement indifférent au bonheur de l'état que vous ou votre caudidat , , l'emportai dans vous deux du , la lutte électorale qui n'était ouverte qu'entre puisque tous deux on vous dit animés de l'amour bien public. Revenons à l'objet de ma lettre peut-être : n'avez-vous pas oublié que feu mon père acheta autrefois ua champ qui était grevé d'une rente aunuelle de deux pots et demi de beurre et de treize livres dix sous tournois envers que feu mon père fut chargé de cette rente , \ jusqu'au moment où il jugea à propos de s'en débarrasser en votre famille la remboursant. Vous n'ignorez pas non plus sans doute que le dossirr assez volumineux de cette rente porte votre nom, exactement tel qu'il est écrit sur votre acte de baptême , tel que , monsieur votre père , le signa toujours, c'est-à-dire Delegorgue de Piony. Vous n'ignorez pas non plus, Monsieur, que nommé a la mairie de Boulogne, en 181 5, place que, par parenthèse, vous ne pouviez pas légalement occuper, n'ayant pas dans la viile le domicile que veut la loi, vous avez, à cette époque, changé tout à coup votrenomde Rony, nom qui certainement en valait bien un autre par la considération que votre respectable famille deROS^sY, dans le qui Boulounais n'était et ; avait su s'acquérir jusqu'alors , , celui que ce travertissement , en celui de personne à vue, si je puis nrexprirner ainsi, fut opéré sans remplir la formalité prescrite parles articles Code qui nous Vous n'avez avez signé de ce visé , 4 5, 6, 7, 8, 1 et 9 du titre 3 du régit. pas oublié non plus, Monsieur, que vous ainsi dire nouvellement impro- nom pour , tous les actes administratifs de votre mairie , et dans nombre, plusieurs qui me concernaient. Or, je me trou^*, par suite de ce changement subit de nom, dans un vér- ce embarras que jo vais vous communiquer.
45 9 ( Si votre véritable que vous nom l'aviez toujours sigoé heiirre sont bonnes ; mais les concernent étant signés Rosny gaux ) votre , , nom Rony légal est me actes administratifs qui , sont- ils suffisamment lé- ? Si au contraire, Monsieur, votre nom réel est Rosny, vos actes administratifs sont bien légalement signés alors tel , mes quittances de pot de mes quittance» de pot de beurre , !.... mais ; sont-elles bien légales? Aujourd'hui fois dans Monsieur, qu'après avoir échoué plusieurs , les luttes électorales précédentes, vous vous trou- vez enfin porté sur un plus grand théâtre; que vous êtes enfin appelé , grâces à la fois au Ciel , à l'active coopération de vos puissants amis , grâces surtout au triomphe de vos Providence, à siéger à la Chambre des députés, vous y êtes devenu mandataire d'un des départements principaux de la France , et l'un de qualités personnelles ces hommes yeux, publics , et à la divine sur lesquels la France entière à les votre vie publique appartient dès aujourd'hui à et seul électeur du noms de Rony ou de Rosny que vous avez successivement portés en peu d'anl'histoire. Je ne suis pas, Monsieur, département qui se demande nées, est réellement le vôtre avez porté le le lequel des puisque vos ancêtres ; premier jusqu'à la restauration , et vous et que vous portez Iesecond depuis la restauration seulement. Celte question Monsieur, que chacun se fait dans le département qui vous a nommé, n'est pas une vaine question de curiosité. , Des écrivains judicieux rpoques , écrit l'histoire et instruits ont de votre pays - , à différentes l'histoire Boulonnais, tant célèbre depuis vingt siècles , événements qui s'y sont passés que par l'influence eue sur les destinées du monde. , Uoe avec histoire particulière aussi l'histoire rompue, de ce tant par importante par les qu'ils ont ses liaisons générale, n'est pas susceptible d'être inter- et, n'en douiez pas, elle sera continuée un jour.
tfo ( La ) p-iceéruinente que vous occupezaujourd'hui, Monsieur, vous appelle exacte , on se un à jouer n'est l'histoire rôle dans celte histoire intéressante et j comme et utile qu'autant qu'elle est demande aujourd'hui que jamais plus en Bou- , vous êtes, ou si vous n" êtes pas de l'illustre duc de Sully, qui à tant de famille de ce fameux Rosny litres sera toujours cher à la France, et dont le nom est eu 1 lonnais, si , quelque sorte devenu une glorieuse propriété nationale, que personne n'oserait aujourd'hui banalement usurper san* un grand danger, celui du ridicule, qui est naturrlleraeut d'un poids écrasant chez la uation qui arme le plu5 à rite en Europe. Jusqu'à ce que vous ayez bien voulu Monsieur résoudre pour vos commettants, ce problème historique qui uv\ sauraitêtre un pour vous vous les abandonnez au vague du et vous sentez que faute de vaste champ des conjectures mieux ils doivent s'y livrer entièrement. En attendant la solution qu'il vous est si facile de donner sur ce point, je vais jeter un coup d'œil sur les principaux , , , , , , , on dit Un qui ont circulé lors des élections. journal d'abord question de nom la légalité de Rosny, qui lonnais. Il , comme bien vous savez, a élevé la de votre nomination sous n'est de fait celui a rappelé le trait cité par Syrus qui changea le de personne La Bruyère , , nouveau en Bou- d'un sieur S en C pour avoir quelque de Perse et il aurait pu cela îa réfîexiou de La Bruyère, autrefois son ressemblance avec l'ancien ajouter philosophiquement à roi , U qui ajoute malicieusement qu'il n'eut qu'à perdre, par comparaison qu'on nom, avec les fait grands lecteur à cet égard toujours de celui qui porte un grand hommes qui l'ont porté a suppléé à la brièveté du ; plus d'uu journalistr. On a refeuilleté La Bruyère, et dans La Bruyère on a vu que de son temps il y avait des personnes qui avaient jusqu'à trois noms un pour la ville, un pour la campagne et ï'.iutre pour je ne sais plus quelle circomtance et l'oi %ei\ demandé si, à l'extmple deçà temps gothiques vuu : , \ , 5 ,
, (46i ) voudiiez aussi avoir deux noms; un pour un autre pour Le Frauqcliu Franklin, et de trop lettre, même de Cyrus en a trait nommé ses papiers qui se , nV s'il avait pas, la réponse que lui je vous la , rappelé un plus récent d'un disait descendant de l'illustre Monsieur, quelque chose de Hop au-dessous de trivial et dans citerais ici On s'est mais cette réponse , si nom actes civils sous le est suppléera facile- y encore également demandé les gravité de cette la juge en lui remettant fit le généralement connue, votre mémoire ment. naissance sur privée, et la vie la vie politique. inscrit à , votre de Jean- Baptiste et vous piéseutant à la Chambre sous Jean- Baptiste Delegorgue de Rosny, vous ne Delegorgue de Rony, le nom de seriez pas exposé à . une vous entendre dire Faites disparaître de naissance vous servira. : petite s et votre acte Eq attendant que vous éclairassiez delà famille de Rosny de Sully avec le résultat des recherches la le doute de l'identité vôtre voici , qui ont été faites , Monsieur, à ce sujet , et les réflexions qu'elles ont suggérées. depuis i° Le baron de Rosny Maximilien de Béthune duc de Sully honoré de l'amitié du grand Henri naquit eu t53cj, d'une très aucienne famille de France à la terre de Rosny, qui appartient aujourd'hui à madame la duchesse de Berry et sur la généalogie de votre famille on trouve, , , , , vers 1 588, ce qui suit. Jean Delegorgue, marchand tanneur à Abbeville, pro- du fief de Rétouval , tanneurs) en i588 , c'est-à-dire priétaire consul et à (consul l'époque de la des vie de Rosny de Sully. marchand tanneur , fut marié à Frandu fief de Rony, sis à Bouilprès Blangy à quatre lieues d' Abbeville. Jean Delegorgue çoise Mourète , , propriétaire lancourt en Série , , Françoise Mourète, propriétaire du fille de Mourète, marchand brasseur , et fief de Rony, de Robert le était Canu ,
, •(462) hommage de leur fief au seigneur, mars 1604. Jean Delegorgue fils des précédents , propriétaire des docteur en médecine , fut fiefs de Rony et de Rétouval marié à demoiselle Delagarde ; il fut tué par M. Carpentier , son mari firent elle et le 1 1 , , prêtre qui était fou, inhumé et paroisse St-Gilles, le 21 i658. juillet Jean Delegorgue, seigneur de Rony, docteur en médecine à Abbeville dents paroisse Ste.- Catherine , marié à demoiselle l'Allemand , , , des précé- fils par contrat du 9 septembre i653, devant de Boulogne, notaire à Abbeville. Jacques-François Delegorgue , seigneur de Rony, conseiller au présidial d'AbLeville , puis lieutenant-général eu la chaussée du Boulonnais, mort à Abbeville, paroisse Ste.-Calherine, le 12 octobre 1712, marié à AntoinetteNicole Leroy. François-André Delegorgue ( Delegorgue comme on l'a , vu constamment ci-dessus, et quelques uns l'ont Rony, dit sans né à Boulogne non pas, Delagorgue, comme doute par corruption ) sieur de vers 1705, paroisse St. - Joseph ; mort à Abbeville paroisse du Saint-Sépulcre, le 19 juillet 1^55, marié par contrat du 29 mai iy3i devant Delignère, , , notaire. Vient ensuile : Antoine Nicolas Delegorgue de Rony ( votre respectable père, Monsieur) , trésorier de France au bureau des finances d'Amiens, qui, par parenthèse, signa toujours de Rony, appert sur votre propre extrait de baptême, où il vous donna le nom de Rony qui était le sien. ainsi qu'il Jusque-là , Monsieur apparente entre établissent celte Je affiliation la vôtre. affinité ; on ne s'y Il détailles oppose pas du tout les attend. sais signant de Rosny de Sully et cependant que des renseignements plus se peut mars 00 on ne voit pas grande , la famille , très bien, à dater de la Monsieur, personne n'ignore qu'en et restauration , du nom de Rosny , vous
463 ( ) n'avez jamais officiellement élevé la prétention d'avoir riea commun de savez avec Sully mais ; a peut-être cru voir il : nom bite d'un , en un autre, au une fureur de public est malin, vous le le dans celte transformation su- moment surtout où c'était de grands noms se parer une tendance à , laquelle, sans doute, vous n'avez peut-être pas pensé. Il s'est dit par fois que votre but n'était pas de pa- si , homme , cet acte de tranfimotif, devait toujours avoir descendant d'un grand raître guration, quel qu'en soit le pour résultat , même à votre insu et contre votre vœu , sans doute, d'attirer sur vous tonte la considération due à l'antique famille de Rosoy de Sully, qu'on regarde cependant comme bien étrangère à à propos de dissiper, la vôtre , tant égard, à cet le que vous ayez jugé doute qu'a produit l'examen généalogique ci-dessus. On se fait même encore en Boulonnais , tions que vais je La charge de sieur votre père lonnais trésorier de , l'un des apporta pour , quelques objec- , vous soumettre. France dont fut honoré mon- hommes les première la noblesse dans sa d'exercice, famille, et ce, toutefois, après viDgt années comme le voulaient les pour cela encore \ mais il peut que oui, Il se il se peut que non \ fallait demande monsieur vdtre père a exercé vingt ans si charge. règlements d'alors vingt années d'exercice, et l'on se les du Bou- plus instruits fois la la cette question indécise et l'on voudrait vous voir l'éclaircir. Vainement quelques personnes prétendent monsieur que le fief de Rony, sis à Bouillancourt en Série, près Abbeville, s'écrit Rosoy. Je trouve ce fait contesté par la ma- est , , nière dont beurre et ce , nom est écrit dans en argent que vous devait de le dossier ma famille •, la rente je le en trouve contesté par la manière dont signa toujours monsieur votre père me , qui , comme je le disais tout à l'heure plais à le répéter, était l'un des du Boulonnais , se ment son nom. Je , hommes les et piquait sans doute de signer le trouve encore contesté comme je plus instruits , correcte- Monsieur ,
, (•464) par la manière dont vous écriviez votre nom jusqu'à la res- tauration; et j'aime mieux penser que vous ne vous êtes plutôt que de penser que vous vous trompé que dix ans trompé virjgt ans. d'objections et de Voilà, Monsieur, une suite de faits , êtes , raisonnements qui égare ceux qui recherchent l'exactitude authentique de votre s'instruire nom , sur l'affinité ou comme ceux la différence qui cherchent à de votre famille avec celle de Maximilien deBélhune, baron de Rosny de Sully. La solution de ce problème , est nécessaire à dur, ceux qui écriront désormais l'histoire du Boulonnais où vous êtes maintenant appelé à figurer parce que un jour; et je la désire, matériaux pour ce travail , si judicieusement mené jusqu'en i8o3 ou i8o4 ar M. Henry. P J'ai je réunis des l'honneur d'être bien sincèrement, Monsieur, yotre très humble et très obéissant serviteur Léon électeur du , DE CHANLAIRE collège du Pas de Calais.
(465^ PAMPHLET DES PAMPHLETS. m *+**mer99 /-m» Jl endant que Ton m'interrogeait à la préfecture de police; prénoms, qualités, comme vous avez pu voir dans les gazettes du temps , un homme se trouvant la sans fonctions apparentes, m'aborda familièrement, me demanda oonfidem ment si je n'étais point auteur de certaines brochures \ je m'en défendis fort. Ah ! Monsieur , me dit-il t vous êtes un grand génie , vous êtes inimitable. Ce propos , mes amis, me rappela un fait historique peu connu que je vous veux conter par forme d'épisode , digression , pa- sur mes noms renthèse, , comme il vous plaira ; ce m'est tout un. Je déjeûnais chez mon camarade Duroc , logé eh ce temps-là , mais depuis peu, notez, dans une vieille maison fort laide, selon rez-de-chaussée. moi, entre cour Nous et jardin étions à tabie , , où il plusieurs occupait le joyeux , , en devoir de bien faire, quand tout à coup arrive , et sans être annoncé, notre camarade Bonaparte, nouveau propriétaire de la vieille maison habitant le premier étage. Il venait en voisin , bonhomie nous étonna au poiut et cette que pas un des convives ne lève , et chacun demandait rasseoir. Il n'était pas mets-toi et : savait Qu'y se fit de ces camarades à qui l'on peut dire, nous. Cela eût été bon avant l'ac- sachant trop que dire , il mangez à à nous regarder, Ce sont des ne arti- Oui, général. Vous, P.app , Oui, général. Et vous Savary^ mange au sel. Ah! général répond l'huiler* à la sauce; moi, je les Debout allait et venait. chauts dont vous déjeûnez les Le héros nous mange avec quisition de la vieille maison. Vous On ce qu'il faisait. a-t-il ? là r* , , 3o
(466) celui qui vous ppe] ai t alors Sa vary , vous êtes un grand s'a homme ; êtes inimitable. Voilà montrait d'histoire que de vous voir faire rapporte exprès, afin je mes amis, qu'une , on m'a fois traité comme Bonaparte, et par les mêmes motifs. Ce n'était pas pour rien qu'on flattait le Consul, et quand ce bon Monsieur, avec que douces paroles ses j'en faillis égal incomparable , comme m'ont se , me louer mit à perdre contenance inimitable , dit depuis des gens qui conoaissent ei , me louera mes auxquelles je répondis , pus; Monsieur, me je le san< dessein dé- eut contentement. Après maints dis- s'il cours, maintes questions mal que homme son avait il , voulait de moi quelque chose, pensant pens. Je ne sais démesurément si m'appelant , en dit-il me le moins quittant, Monsieur, écoutez, croyez-moi ; employez votre grand génie à faire autre chose que des pamphlets. ai réfléchi et J'y homme éloquent même, de seilla Cour , d'assises. me eu M. de Broë morale publique la , termes moins flatteurs, , me con- devant la Vil pamphlétaire.... Ce fut un mouvement oratoire des plus beaux foi souviens qu'avant lui pour zélé , quand se tournant de paysan , ne songeais à rien moins , vers il moi qui, m'apostropha Vil pamphlétaire , etc. , coup de foudre, non delà sorte de massue vu le style de l'orateur , dont il m'assomma sans remède. Ce mot soulevant contre moi, les juges, les témoins, avocat lui-même en parut les jurés, l'assemblée (mon : , ébranlé ), ce mot dans de ces messieurs l'esprit décida tout. Je fus condamné dès l'heure m'eut appelé pamphlétaire Car il me nomme semblait bien en un pamphlet pamphlétaire à qu'un tel , ; je à , dès quoi que l'homme du roi ne sas que répondre. je mon âme mon propre jugement nom inspirait avoir fait ne l'eusse osé nier. ce qu'on J'étais donc voyant l'horreur à tout l'auditoire, je demeurai , et confus. Sorti de là, je me trouvai sur le grand degré avec M. Ar- thus Bertrand, libraire, un de mes jurés, qui s'en allait
467 C dîner , m 'ayant déclaré de le saluai; homme du monde, car c'est le meilleur je le priai ) coupable. Je me vouloir et il m'accueillit, chemin faisant, dire ce qui lui semblait à reprendre Simple Discours condamué. Je ne l'ai point lu, me c'est un pamphlet , cela me suffit. Alors je lui ; demandai ce que c'était qu'un pamphlet , et le sens de ce mot qui, sans m'être nouveau , avait besoin pour moi de quelque explication. C'est, répondit-il , un écrit de peu de pages comme le vôtre, d'une feuille ou deux seulement. De dans le dit-il mais repris-je trois feuilles, Peut-être , me dit-il encore serait-ce , un pamphlet'?* dans l'acception commune; mais pro- , prement parlant, le pamphlet n'a qu'une feuille seule \ deux ou plus font une brochure. Et dix feuilles ? quinze feuilles ? vingt feuilles ? Font un volume , dit-il un ouvrage. Moi, là-dessus. Monsieur , je m'en rapporte à vous qui devez savoir ces choses. Mais hélas j'ai bien peur d'avoir , ! fait en effet nn pamphlet Sur votre honneur , comme et conscience, dit le procureur du roi. puisque vous êtes juré , monsieur Arthus Bertrand, mon écrit d'une feuille et demie est-cepamphletou brochure? Pamphlet, me dit-il, pamphlet sans nulle difficulté. Je suis donc pamphlétaire? Je ne vous ménagement, compassion du malheur ; mais c'est la vérité. Au reste , ajouta-t-il si vous vous repentez Dieu vous pardonnera ( tant sa miséricorde est grande !) dans l'autre monde. Allez, mon bon Monsieur, l'eusse pas dit par égard, , , ne péchez plus et Voilà comme il ; allez à Sainte-Pélagie. me consolait. grâce encore une question. Monsieur, Deux ,me lui dis-je , de dit-il, et plus, et taut vous plaira, jusqu'à quatre heures et demie qui je crois, vont sonner. Bien , voici ma question. Si , au lieu de ce pamphlet sur la souscription de Chambord, j'eusse fait un volume, un ouvrage , l'auriez- vous condamné? Selon. J'entends , vous l'eussiez lu d'abord , pour voir s'il était condamnable. qu'il Oui , , je l'aurais dit pamphlet , le pamphlet vous ne le pamphlet ne saurait eue bon. examiné. Mais pas? Non, parce que dit uu le écrit tout plein lisez Qn de poison, rie prison? 3o*
, 4^8 ( Oui, Monsieur lirait pas, s'il ) de plus détestable, sans quoi on ni le n'y avait du poison? Non, le inonde est ainsi , et on aime le poison dans tout ce qui s'imprime. Voir» pamphlet que nous venons de condamner par exemple j« ne le connais point; je ne sais en vérité ni ne veux savoir ce que c'est mais on le lit il y a du poison. Monsieur le procureur du roi nous l'a dit et je n'en doutais pas. C'est le poison, voyez-vous, que poursuit la justice dans ce* sortes d'écrits. Car autrement la presse est libre; imprimer, publiez tout ce que vous voudrez, mais nou pas du poison. Vous avez beau dire, Messieurs, on ne vous laissera pas distribuer le poison. Cela ne se peut en bonne police et 1» gouvernement est là qui vous en empêchera bien. Dieu, dis— je eu moi-même tout bas Dieu, délivre-nou» du malin et du langage figuré Les médecins m'ont pensé tuer, voulant me rafraîchir le sang; celui-ci m'emprisonna de peur que je n'écrive du poison; d'autres laissent reposer et nous manquons de blé au marché. Jésus leur champ mon Sauveur, sauvez-nous de la métaphore. fait; , , ; ; , . , ! , , le poison ne vaut rien Mais veille d'en arrêter le débit. inonde, à ce que vous qu'avec ce poison Oui, terie». mentale, cette courte oraison Après Monsieur dites y a dans il je repris: du tout, En et l'on fait à effet mer- m'étonne comment le je l'aime tant. C'est sans doute , les pamphlets quelque chose... des sottises, des calembourgs, de méchantes plaisan- Qu« voulez-vous, mon cher Monsieur , que voulez- vous mettre de bon sens en une misérable feuille? Quelles idées s'y peuvent développer ? Dans- des ouvrages raisonnéa au sixième volume Yenir. Une à peine entrevoit-on feuille, dis-je, il est vrai , où l'auteur en veut ne saurait contenir me dit-il, et je n'en lis audonc pas les mandements de Monseigneur l'évêque de Troye pour le Carême et pour l'Avent? Ah vraimeut ceci diffère fort. Ni les pastorales de Toulouse sur la suprématie Papale ï Ah c'est autre chose cela. Êonc à votre ems quelquefois une brochure , une simpl» grand chose. Rien qui vaille, cune. Vous ne lisez i ! ,
, 4«9 ( ture houle du , ) Fi! ne m'en parlez pas, opprobre de feuille siècle et de la nation littéra- la qu'il se puisse trouver , des auteurs, des imprimeurs et des ^lecteurs de semblable* impertinences. Mousieur, lui dis- je, de Pascal... Oh de notre langue] ! Livre admirable Eh bien pourtant des pamphlets tenez nore j'ai , , autant Lettres provinciales divin , chef-d'œuvre le Ce chef-d'œuvre divin, ce sont ! Non des feuilles qui parurent... là-dessus mes principes grands ouvrages les postérité les , , mes idées. pour durer faits , Autaul j'ho- et vivre dans la méprise et déteste ces petits écrits éphémères, ces papiers qui vont de main en ma' et parlent aux gens d'à-présent des faits, des choses d'aujourd'hui. Je ne , puis souffrir les petites lettres allaient tendre qui , , je pamphlets. Et vous aimez comme , les Provinciales quand appelait, les elles de main en main. Vrai , coutinua-t-il sans m'enc'est un de mes étonnements que vous, Monsieur, , à voir, semblez pour on alors être homme bien né, quelque chose dans empêchait de devenir baron homme éduqué monde le comme un ; s fait car enfin qui vous autre? Honorable- ment employé dans la police, les douanes , geôlier, ou gendarme, vous tiendriez un rang, feriez une figure. Non j« n'en reviens pas , un homme comme vous s'avilir s'abaisser , , jusqu'à faire des pamphlets! Ne rougissez- vous point? Biaise, nigendarme, employé de M. Franchet. Chut Paix Parlez plus bas f carilpeut nous entendre. Qui donc? L'abbé Franchet? Se-. lui répondis-je , Biaise Pascal n'était geôlier ni ! rait-il si près de nous? Monsieur, humble heures et demie; votre me est partout. serviteur. Moi Voilà quatre le vô-tre. l\ quitte et s'en alla courant. Ceci , mes chers amis, mérite considération nêtes gens, et il ! M. M. de Broë gnité , , voilà trois Vous eu verrez la. trois si hon- personnage émiuent en science hommes de , en di- bien ennemis des pamphlets. d'autres assez et de la meilleure compagnie, qui trompent un prêtent ; A.rthus Bertrand, ce monsieur de la police, ami , séduisent sa fille ou leur pou» obtenir une place -honorable sa , femme , mentent
, 47° ( à tout venant, trahissent ) manquent de , et tiendraient à foi grand déshonneur d'avoir dit vrai dans un écrit de quinze ou seize pages. Car tout le mal est dans ce peu. Seize pages, vous êtes pamphlétaire et gare Sainte-Pélagie. Faites en seize cents , vous serez présenté au nesaurais. Lorsqu'on i8i5 celui-là ses même d'à- présent, nous gendarmes du et , roi. Malheureusement je commune, maire de notre le donner de nuit Passant par en prison de pauvres gens révolution, dont les femmes, fit traîner lit qui ne pouvaient mais de la était ample à fournir des volumes et je n'en sus tirer qu'une feuille tant d'éloquence me manqua. Encore m'y pris- je à rebours. Au lieu c!e décliner mon nom et de dire d'abord comme je fis , mes bons messieurs je suis Tourangeau si j'eusse commencé Chrétiens , après les attentats inouis tf une injer^iale révolution.... dans le goût de l'abbé de la Mennais une lois monté à ce ton il m'était aisé de continuer et mener à fin mon volume sans fâcher le procureur du roi. Mais je fis seize p^gesd'uo style à peu-près comme je vous parle, les enfants périrent metière la , , , , , : , et je fus quand pamphlétaire insigne vint la souscription de volume et depuis, coutumier Chambord , \ il n'y avait là ni à faire , pamphlet, étant malaisé d'ajouter du sagement une dire; ce n'était matière à traiter en fallait rien ni eu cent ; ni aux il fait, n'en feuille brochure , ni flagorneries et dangereux d'y contredire comme je l'éprouvai. Pour avoir voulu dire Ik-dessus ma pensée en peu de mots, sans am, bages ni circonlocutions, pamphlétaire encore , en prison deux mois à Sainte- Pélagie. Puis, à propos de la danse qu'on nous interdisait j'opinai de mon chef gravement , entendez-vous, à cause de l'église intéressée là-dedans, longuement, je ne puis, et retombai dans le pamphlet. Accusé , , poursuivi , mon innocent langage et mon parler timide trouvèrent grâce à peine; je fus blâmé des juges. Dans tout ce qui s'imprime il y a du poison plus ou moins délayéselon ou moins malfaisant, mortel. l'étendue de l'ouvrage, plus De Yacétate de morphine^ un grain dans une cuve se perd ,
47' ( n'est point senti , ) dans une lasse faire vomir en une , cuille- rée tue, et voilà le pamphlet. Mais d'autre part mon bon ami écuyer, m'écrit ce que Singulier homme , sir John Bickerstaff, tout-à-l'heure vous traduire. je vais philosophe , autant qu'on saurait lettré être, grand partisan de la réforme lement , mais uuiverselle j ments de l'Europe, dont il le non parlementaire seuveut refaire tous les gouverne- meilleur , dit-il , ne vaut rien. daus son pays d'une fortune honnête. Sa terre n'a d'étendue que dix lieues en tout sens, un revenu de deux ou trois millions au plus; mais il s'en contente, et vivait dans Il jouit cette douce médiocrité quand , les ministres le voyant homme à la main, d'humeur facile, comme sont les savants, comme était Newton, le firent entrer au parlement. Il n'y fut pas que le voilà qui tonne tempête contre les dépenses delà Cour, la corruption les sinécures. On crut qu'il en voulait sa part , et les ministres lui offrirent une place qu'il accepta , et une somme qu'il toucha, proportionnée à sa fortune, selon l'usage des gouvernants de donner plus à qui , , plus a. Nanti de ces deniers semble paysans les , , il retourne à sa terre, as- laboureurs les , et tous les fermiers da heureusement du monde une partie de ce qu'on vous prend pour entretenir les fripons et les fainéants de la Cour. Voici l'argent dont je veux faire une belle restitution. Mais commençons par comté , auxquels il dit : J'ai rattrapé le plus cette an, combien as-tu payé Toi , Paul, vous , Isaac et John , votre quote ? Et il la leur compte ; et ainsi tant qu'il en resta. Cela fait , il retourne à Londres , où prenant posses- plus pauvres. Toi les née-ci ? Tant j , Pierre le voilà. sion de son nouvel emploi , d'abord il gens détenus pour délits de paroles les grands lui , les ministres en donnait le , les suisses, pouvoir , si voulait élargir tous , propos contre et l'eût fait, on ne l'eût les car sa place promptement ré- voqué. Depuis il s'est mis à voyager et m'écrit de Rome : « Lais- * ser dire, laissez- vous blâmer, condamner % emprisonner ,
47* ( ) » laissez-vous pendre; mais publiez votre pensée. Ge n'est c'est un devoir , étroite obligation de qui-r » pas un droit , > conque a une pensée delà produire 9 le bien commun. La et mettre au jour pour Ce que vous vérité est touteà tous. > connaissez utile, bon à savoir pour un chacun, vous ne > le pouvez taire en conscience. Jenner qui trouva la vac» cine eût été un franc scélérat d'en garder une heure le > secret ; et comme il n'y a point d'homme qui ne croie » ses idées utiles, il n'y en a point qui ne soit tenu de les > communiquer et répandre par tous moyens à lui possibles. » Parler est bien, écrire est mieux imprimer est excel-, > leate chose. Une pensée déduite en termes courts et clairs , » avec preuves, documents exemples, quand on l'imprime, > c'est un pamphlet et la meilleure action courageuse sou> vent , qu'homme puisse faire au monde. Car si votre penmauvaise on la corrige et > sée est bonne , on en profite , , , > l'on profite encore. Mais l'abus.... sottise que ce mot ; » ceux qui l'ont inventé ce sont eux qui vraiment abusent > de la presse, en imprimant ce qu'ils veulent, trompant, > calomniant et empêchant de répoudre. Quand ils crient , > contre > les pamphlets , journaux raisons admirables. J'ai , brochures mieones les et , ont leurs ils voudrais qu'on en fit » davantage, que chacun publiai tout ce qu'il pense et sait! Les > jésuites aussi criaient contre Pascal et l'eussent appelé para> phlétaire, mais le mot n'existait pas encore; ils l'appelaient > tison d? enfer la , même chose en style cagol. Cela signifie » toujours un homme qui dit vrai et se fait écouter. Ils ré> pondirent à ses pamphlets par d'autres d'abord sans suc> ces , puis par des lettres de cachet qui leur réussirent * bien mieux. Aussi était-ce la réponse que faisaient d'or» dinaire aux pamphlets le? gens puissants et les jésuites. , > A les entendre cependant > méprisaient les petites lettres , , c'était > capables tout au plus d*amuser un > sance , le scandale, » consistance, ui , moment , ils par la médi- de nulle valeur, sans fonds écrits substance peu de chose misérables bouffonneries, comme on dit maintenant, ni lu?
473 ( » le matin » tel , homme, d'un savant ) somme oubliés le soir, en , indignes de lui » employant ainsi sou temps et ses talents > > non des feuilles, lieu de raisonner gravement > faisaient > pour > moquerie de Pascal a > les édits, a reproche qu'ils lui c'était le •, Qu'est-il arrivé ? soi les rieurs. écrivant des , coutumière querelle de qui n'a pas vieille et , d'an tournant tout en raillerie, au et livres, , L'auteur se déshonorait en ! fait la raillerie, la fine que n'avaieot pu ce les arrêts , chassé de partout les Jésuites. Ces feuilles > légères ont accablé le grand corps. Un si pamphlétaire en se jouant met à bas ce colosse craint des rois et des > peuples. La société tombée ne se relèvera pas, quelque > appui qu'on lui prête , et Pascal reste grand dans la mé- » » moire des hommes, non par ses ouvrages savants , sa rouJette , ses expériences , mais par ses pamphlets , ses pe- » » tites lettres. > Ce ne sont pas » Cicéron , mais ses les Tusculanes qui ont harangues > rureot en feuilles volantes, > guette, à la manière d'alors fait le nom de vrais pamplets. Elles , pa- non roulées autour d'une ba— , la plupart même et les plus » belles n'ayant pas été prononcées. Son Caton , qu'était» ce qu'un pamphlet contre César qui répondit très-bien, » ainsi qu'il savait faire et en homme d'esprit digne d'être , » écouté même après Cicéron. » n'ayant de César ni -» quelque autre la Un plume autre depuis ni l'épée, pour réponse fit tuer feuille, , féroce et maltraité dans le pamphlétaire » romain. Proscription, persécution, récompense ordioaire » de ceux qui seuls se hasardent à dire ce que chacun pense. » De même •» Grèce, Démosthènes dont avant lui avait péri > modèle du genre. » une assemblée, > eussent produit » pamphlets, » uaient plus les le grand pamphlétaire de Mal entendues les s'il peu d'affaires et de peu de gens daus eût prononcées seulement, elles d'effet; de l'aveu la Philippiques sont demeurées mais écrites on les lisait, et ces même du Macédonien, que les lui don- armes d'Athènes, qui enfia ? succombant perdit Démosthènes et la liberté.
,, (4:4) » Heureuse de nos jours l'Amérique et Franklin qui vit ayant plus que nul autre aidé à l'affranchir fameux Bon Sens brochures de deux feuilles. Jamais livre ni gros volume ne fit tant pour le genre humain. Car aux premiers commencements de Piosurrection Américaine, tous ces États, villes, bourgades , étaient partagés de sentiments; les uns, tenant pour l'Angleterre fidèles , non sans cause au pouvoir légitime \ d'autres appréhendaient qu'on ne s'y pût soustraire et craignaient de tout perdre en tentant l'impossible ; plusieurs parlaient d'accommodement , prêts à? se con- > son pays libre , » par son > > » > > , , > > > , » tenter d'une sage liberté, d'une Chartre octroyée, dût-elle > être bientôt modifiée , suspendue ; peu osaient espérer un résultat heureux de volontés si discordantes. On vit » en cet état de choses ce que peut la parole écrite dans uu y monde » pays où tout le lit , puissance nouvelle et bien > autre que celle de la tribune. Quelques mots par hasard 3> d'une harangue sont recueillis de quelques uns; mais la un peuple , à tous les peuples à la fois comme en Amérique ; et de l'imprimé » presse parle à tout > quand ils lisent » rien ne se perd. Franklin écrivit ; son Bon Sens réu> nissant tous les esprits au parti de l'indépendance décida , » cette grande guerre qui là terminée > reste , continue dans le du monde. » Il fut savant } qui le saurait s'il n'eût écrit que de sa 9 science ? Parlez aux hommes de leurs affaires , et de l'af> faire du moment , et soyez entendu de tous , si vous vou> lez avoir un nom. Faites des pamphlets comme Pascal Démoslhènes, comme Saint- Pau' et > Saiot-Razile; car vraiment j'oubliais ceux-là, grands > hommes dont les opuscules, désabusant le peuple païen > de la religion de ses pères, abolirent une partie des au> Franklin , Cicéron , > tiques superstitions et firent des nations nouvelles. De » tout temps les pamphlets ont changé la face J*i monde. > Ils semèrent chez les Anglais ces principes de tolérance > que porta Peun en Amérique, et celle-ci doit à Franklin
( 4?5 ) mêmes moyens qui la lui ont tout s'imacquise, pamphlets, journaux, publicité. Là La chacun. importe à qui ce de secret prime ; rien n'est et Ton en presse y est plus libre que la parole ailleurs emPourquoi? C'est qu'on en use sans nul > sa liberté maintenue par les > » » , * abuse moins. qu'elle qu'une fausseté , de quelque part rien que intéressés les par démentie vienne , est bientôt aucune pour ménagement de n'a On se taire. à n'oblige ne saurait imposture, fût-elle officielle; aucune hâblerie ayant ia n'y trompé, subsister-, le public n'est point silence a d'imposer et mentir de personne en pouvoir mal et en emtout contradicteur. La presse n'y fait nul quand vous dire le vous de pêchement » » » > » > > , et » pêche... combien? C'est à Peu de volumes » aurez compté chez vous tous les abus. le et pourtant tout un, pas livres gros de paraissent, » peuple qui lise et aussi le seul n'obéir qu'aux lois. > iostruit de ce qu'il faut savoir pour jour et en nombre chaque circulant imprimées, » Les feuilles de tout âge. Car et mutuel enseignement un > infini, font journaux , mais sans > tout le monde presque écrit dans les de tours ingénieux; » légèreté ; point de phrases piquantes, gens-là. Qu'il s aces > l'expression claire et nette suffit à péril , d'une coahd'un , l'état dans > gisse d'une réforme monde > lit; c'est le se. 1 liberté , ou du » tion des puissances d'Europe contre la ne diffère style > meilleur terrain à semer les navets , le l'entend ; chacun que dès , » pas , et la chose est bien dite mérite brièvement plus l'est , qu'elle dite > d'autant mieux facile de clore en peu de ni ? -vous savez , commun > non page pleine dans les > mots beauconp de sens. Oh qu'une sont capables d en gens de peu et que > livres est rare lettre de Pascal était moindre La sottises sans » écrire dix l'Encyclopédie. Nos Ame» plus malaisée à faire que toute songé à cela , mais jamais avoir » ricaios , sans peut-être ! ! guide , brefs dans avec ce bon sens de Franklin qui les paroles , font le moins de de ménagers , écrits leurs » tous guère leurs idées qu« > livres qu'ils peuvent et ne publient »
(4:6) > dan» » > > > » » les , journaux , qui , le corrigeant Pun amènent toute invention, toute pensée nouvelle à sa perfection. Un homme s'il imagine ou découvre quelque chose d'intéressant pour le public, n'eu fera point un gros ouvrage avec son nom en grosses lettres, par Monsieur de V'Académie mais un article de journal ou une brochure tout au plus. Et notez ceci en passant, mal compris de ceux qui chez vous se mêleut > l'autre > pamphlets lei , , , , d'écrire \ il n'y a point de bonne pensée qu'on ne puisse > expliquer en une feuille, et développer assez ; qui s'étend > davantage, souvent ne s'entend guère, ou manque deloi- > comme dit l'autre, pour méditer De la sorte, en Amérique sans sir, » , et faire court. savoir ce que c'est > qu écrivain ni auteur, on écrit , on imprime , on lit au» > tant ou plus que nulle part ailleurs , et des choses utiles, > parce que là vraiment il y a des affaires publiques , dont > le public s'occupe avec pleine connaissance, sur lesquelles 5> chacun consulté opine et donne son avis. La nation, comme > > » > > > 9 si elle était toujours cesse de délibérer sur forme ses , recueille les voix et chaque point d'intérêt commun, ne et résolutions de l'opinion qui prévaut dans le peuple, dans cune; assemblée c'est le le peuple tout entier, sans exception au- bon sens de Franklin. Aussi ne fait-elle point de bévues et se moque des cabinets, des même peut-être. > De semblables boudoin idées dans vos pays de boudoirs ne » réussiraient pas , je le crois, près des dames. Cette forme » de gouvernement s'accommode mal des pamphlets et de , » la vérité naïve. Il ferait beau parler bon sens , alléguer » l'opinion publique à mademoiselle de Pisseleu, à made> moiselle Poisson, à madame du B...., à madame duC... » Elles éclateraient de rire les aimables personnes en pos» session chez vous de gouverner l'État , et puis feraient > coffrer le bon sens et Franklin et l'opinion. Français s» charmants sous l'empire de la beauté , des grâces , vous ! 9 «tes ud peuple courtisan , plus que jamais maintenant-
(477) s'est fondu dam la nation; de bœuf. Tout le monde eo France > Par larevolutioa, Versailles a Paris est devenu > fait ta 3» nez école l'cçil cour. C'est votre art c'est le ; , l'art de plaire dont vous te- géuie de votre nation. L'Anglais na- > vigue , l'Arabe pille , le Grec se bat pour être libre , le » Français fait la révérenee et sert ou veut servir ; il mourra > s'il ne sert. Vous êtes non le plus esclave, mais le plus 3> vaiet de tous les peuples. » C'est dans cet esprit de valetaille que chez vous chacun» s craint d'être appelé pamphlétaire. Les maîtres n'aiment » point que l'on parle au public d'eux ni de quoi que ce soit f > > > » » sottise de Rovigo qui, voulant de l'emploi, fait au lieu un pamphlet où il a beau dire , comme pai , on ne l'écoute seulement pas, et le voilà sur le pavé. Le Vicomte pamphlétaire est placé, mai» comment? Ceux qui l'ont mis et maintiennent là n'en d'un placet , , servije servirai y voudraient pas chez eux. Il faut des gens discrets dans la » haute livrée comme dans tout service , et n'est pire va> let que celui qui raisonne \ pensez donc s'il imprime et , QuandM.deBroë vous appela pamcomme s'il vous eût dit Malheureux qui > des brochures encore » phlétaire 3> , c'était ! : n'auras jamais ni places ni gages, misérable dans aucune antichambre de ta vie , tu ne seras n'obtiendras unefa> veur , une grâce , un sourire officiel ni un regard auguste. » Voilà ce qui fit frissonner et fut cause qu'on s'éloigna de » vous quand ou entendit ce mot. » En France vous êtes tous honnêtes gens 9 trente mil~ 2> , , > lions d'honnêtes gens qui voulez gouverner le peuple par? 3> la morale et la religion. Pour le gouverner ou sait bien » qu'il ne faut pas » populace même, lui dire vrai. s'il se La peut dire, vérité est populaire, et sent tout-à-fait la 2 canaille , étant l'antipode du bel air , diamétralement op» posée au ton de la bonne compagnie. Ainsi le véridiqué » auteur d'une feuille ou brochure un peu lue a contre lui » de nécessité tout ce qui ne veut pas être peuple, » à-dire tout le monde chez vous. Chacun le c'est - désavoue , la
, , (47») > trouve toujours néanmoins renie. S'il s'en y mission divine qu'il c'est , est par une per- , y nécessaire qu'il du ait » scaûdale. Mais malheur à celui par qui le scandale arrive, > qui sur quelque sujet important et d'un intérêt général » dit au public la vérité. En France excommunié , maudit > enfermé par faveur à Sainte-Pélagie » s> s> Mais > excepté * moi qui donne créance à là ce c'est Aucune persécution. ne vérité lui vaudrait ses opinions , ses paroles la , martyrs s'établit sans qu'enseigne Euclide. celles » souffrant pour » mieux , n'être pas né. On et saint ne persuade qu'eu Paul disait : Croyez» car je suis souvent en prison. S'il eût vécu à l'aise , et se fût enrichi du dogme qu'il prêchait, jamais il n'eût s fondé la religion de Christ. Jamais F.... ne fera de ses ho» mélies que des emplois et un carrosse. Toi donc, vigne> ron , Paul- Louis, qui seul en ton pays consens à être ose encore être pamphlétaire et le > homme du peuple , > déclarer hautement. Écris fais pamphlet sur pamphlet, y tant que la matière ne te manquera. Monte sur les toits, > prêche l'évangile aux nations et tu en seras écouté, si > l'on te voit persécuté. Car il faut cette aide et tu ne > ferais rien sans M. de Broë. C'est à toi de parler et à * lui de montrer par son réquisitoire la vérité de tes pa, Vous entendant » » rôles. > monde. » comme Voilà Socrate l'épi tre que je reçois M. Ârthus marquez lumes, Bertrand. l'autre rien , le gros contraste si fait singulier , bizarrerie compter que de-là l'Océan il y cas si ! aboet re- que des lourds vo- Anglais veut mettre tout en feuilles volantes les de nature ! , Si je pouvais choses sont ainsi qu'il mêles représente, j'irais; mais j'entends Europe, de beau. Qu'elle différence Français léger ne le ; Celui-ci ne voit rien de le mon tant bon ami sir John, me conseille au contraire de de qui, sur les pamphlets, pense et minable secondant l'un l'autre, ainsi et Anytus, vous pouvez convenir et dire a des Excel, ences et bien que pis , là, comme eu des héros. Ne
(479) partons pas mes amis , , n'y allons point encore. Peut-être, Dieu aidant, peut-être aurons-nous tout prendre, qu'ailleurs, homme eu vérité! ici autant de liberté, à quoiqu'en dise John. Boa sir peur qu'il ne s'abuse J'ai me , croyant pour imiter Socrate jusqu'au bout. Non , détournez ce calice; la cigùe est amère, et le monde de soi se convertit fait que assez sans coche, qui mes je chers amis raît lente chemin , il m'en mêle chétif. Je serais la mouche du de mon bourdonnement. Il va, , se passera bien , et ne cesse d'aller. Si sa que nous vivons un a fait depuis cinq ou six c'est en plaine roulant, rien ne le marche nous paMais que de instant. siècles ! A cette heure peut plus arrêter. AVERTISSEMENT DU LIBRAIRE. Nous possédons un manuscrit publierons, quand et la brochures de Paul-Louis , toutes excessivement utiles et prodigieusement agréables \ censure sera rétablie comme on La i° le , différentes peut voir par ces titres : Lanterne de Rovigo^ ou Considérations sur la nou- velle noblesse. il De V Indifférence 3° Vue sur en matière de B....v la Septennalité , ou l'au climatérique de la Charte constitutionnelle. 4° Obligations d'un Député ministériel avec cette épi- graphe de l'ami Paul : la viande est pour le ventre , LE VENTRE EST POUR LA VIANDE. 5* De Plnftuence de la Russie sur le chien du garde champêtre de la commune de Bagnolet. 6° Thèses contre les Hérétiques , où l'on démontre a priori que j le célibat des f..... jeunes p c des sont principalement cause de la pureté des mœurs dans et tous les états catholique}. la
48° ( Vf ) la Pornocratie en France , depuis JBrennus jusqu'à nos jours, avec une dissertation sur le principe Pornocratique dans les gouvernements de l'Europe. 8° Recepi ntjmmos à gogo , ou Diachylon pour les plaies r' de la révolution Hommage g" du l'organe de sition u io , aux dépens de qui n'en peut des employés de Montmartre, par Préfet la moitié de leur picotin pour l'acqui- C Pétition des en votant à mêmes demandant double , par eux rendus dans les services billet dans laquelle on pour , ouvert. lui prouve par les Champolion Figeac, hiéroglyphes qu'il ne dit sur les qu'il que jamais râtelier les dernières élections ii° Epistola critica doctissimo viro sait ce mais.... offrant il dynasties égyptiennes, attendit n'y eut en Egypte que deux races de sou- les DEMOBORÙS et les ÀLIBOMJS, ALIBORON1" jusqu'à DÉMOBORON le grand! verains, dites depuis 11* Autopsie du cadavre de la défunte Charte épigraphe de Virgile : , avec cette cufctautes inter cecidit mo- RLBUNDA SIN1STR0S. Kota. Ces mes , les , de brochures coururent dans comptent qu'il n'est le temps impri- pas besoin d'avertir les M. Courier n'eût jamais l'intention de faire ces broet que l'Avertissement du libraire n'est qu'une forme sous lecteurs que chures titres e'diteurs laquelle ce spirituel et incomparable écrivain voulut faire passeï quelques malices nouvelles. m.

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