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                    GRAMMAIRE


PAUlS. — IMPRIMÉ PAR Ë. THUNOT ET f/, Riic Racine, 26, prĂ©s de TOdĂ©on. /" ■. 4 , /
GRAMMAIRE OU GBAMMAIRE de VOLTAIRE, de RACINE » de BOSSLET, de I^^NELON, de i. -S, nOCSSEAT, !e RUEFON, de BEBNABBEV DE SAINT ‱ PiËRBE, de GHATEAIIBBUIVD, de CASIMIU DELAV16NE, et de tOQ8 les ÉcrivaiBS les plas dlsttngnĂ©s de la France; Ri:SFtR.MAXT PLUS DE €ENT MILLE EXEMPLES Qui servent Ă  fonder les rĂšgles, et forment comme une espĂšce de panorama oĂč se dĂ©roule notre langue telle que la Nation Ta faite, telle qu’eMe doit la parier; OUVRAGE ÉniINEMMENT CLASSIQUE, DESTINÉ A DÉVOILER LK MÉCANISME ET LE GÉNIE DE LA LANGEE I RANÇAtSE, Par M. BESCHERELLE AIÎVÉ, la BibliolRĂ©quĂŒ du Louvre, Membre de la SociclĂš française de Statistique universelle, de la SociĂ©tĂ© Grammaticale de Paris, Auteur du Dictionnaire National, Et mm. BESCHESiEEEE jecme et EITAIS BE BAEX. 4'' CtnqutĂšntf (ÊMtton,' PRÉCÉDÉE D’UNE INTRODUCTION, Par M. PHILARÈTE CHASLES. « Dans un Ă©tat libre, c'est une obti^'ation pour tons les citojens do » cĂŒoualtre leur propre lan^^ue . desavoir la parler et rĂ©crire correa- » lement. La carriĂšre des emplois est ouverte Ă  toasrqui sait ceqoe tu » fortune rĂ©serre au plusliamble des membres de la grande famille ?... » lo base de la connaissance de toute langue eslla f/rammaire... et eu > fait de grammaire , ce sont les bons Ă©crivains qui font autoritĂ©. » (Tissot.) A PARIS, CHEZ SIMON, ÉDITEUR, 12, RUE DE SAVOIE; / GARNIER FRÈRES, LIRRAIRES, 10, RUE RICHELIEU. 852 . “jo 2,nw de l'École da
PAUlS. — IMPRIMÉ PAR Ë. THUNOT ET f/, Riic Racine, 26, prĂ©s de TOdĂ©on. /" ■. 4 , /
PREFACE. « Dans un Ă©tat oĂč les places ne sont plus le partage d'un petit nombre de privilĂ©-, )) giĂ©s, mais oĂč chaque homme voit s’ouvrir devant lui la carriĂšre des emplois, et » par consĂ©quent peut ĂȘtre appelĂ© Ă  Ă©lever la voix dans les tribunaux, dans les as- » semblĂ©es politiques ou dans les temples, c'est un devoir pour tous les citoyens » de connaĂźtre leur, propre langue et de savoir la parler et l’écrire correctement. ' )) Riais oĂč puiser cet art de parler et d'Ă©crire? Faut-il sur ce point consulter les » grammairiens? De ces gens-IĂ  que Dieu vous garde ! rĂ©pondait un jour Buffon Ă  ma- » dame de Genlis. L’art d’écrire n’est pas plus dans leurs livres que la beautĂ© des » fleurs dans les herbiers. Herbiers et grammaires sont Ă©galement incapables de prĂ©- » senter une phrase et une fleur dans leurs fornaes gracieuses, avec leurs suaves » couleurs, leurs mouvements et leur vie^ fleurs et phrases y sont mortes : on n’en » trouve que la poussiĂšre et les noms. )) Aussi, qu’il avait bien raison le critique qui, dans son indignation, s'Ă©criait : « Soumettez au grammairien la plus belle strophe : son Ɠil, soyez-en sĂ»r, n’y cher- » chera ni la pensĂ©e, ni les sentiments, ni l’art de TĂ©crivain; non, mais il tuera cette « phrase si brillante, il la dĂ©chirera pour y trouver des virgules et des points, des )) accents et des apostrophes, des nasales et des sifflantes, des gĂ©rondifs et des su- * * » pins, et puis, tout fier de ses dĂ©couvertes, vous le verrez Ă©crire, dans le style le » plus inintelligible, des classifications, des rĂšgles et des prĂ©ceptes, prononcer entre )) les Ă©crivains comme un juge en dernier ressort, et prĂ©coniser avec orgueil sa mĂ©- » thode grammaticale (I). » C’est une vĂ©ritĂ© maintenant incontestable, que la vĂ©ritable grammaire est dans (i) M. DeshouliĂšres. -
— II — les Ă©crits des bons auteurs. La science jçrainmaticale se borne Ă  l’observation et Ă  l’apprĂ©ciation des termes, des rĂšgles de concordance, des constructions adoptĂ©es par . les grands Ă©crivains. C’est dans leurs ouvrages qu’il faut chercher le code de la langue; En effet, oĂč trouver mieux que dans ces rĂ©gulateurs avouĂ©s du langage des solutions Ă  tous les problĂšmes, des Ă©claircissements Ă  toutes les difficultĂ©s, des exemples pour .0 toutes les explications? Est-il avis ou opinions qui p'uissent faire loi comme ceux qui Ă©manent, pour ainsi dire, d’un jury d’écrivains d’élite? Mais la tĂąche n’est pas facile Ă  remplir. Un auteur,, quelle que soit sa supĂ©rioritĂ©, ne fait pas autoritĂ© Ă  lui seul ; il faut donc . compulser tous les chefs-d’Ɠuvre de notre littĂ©rature, rĂ©unir une masse imposante de faits, et n’admettre que ceux qui ont Ă©tĂ© consacrĂ©s par l’emploi le plus gĂ©nĂ©ral. Cet immense travail se complique encore de la difficultĂ© de choisir des pensĂ©es intĂ©ressantes sous le rapport de la morale, de la religion, de l’histoire, des sciences, des lettres et des arts-, car on conçoit tout ce qu’offrirait de fastidieux un amas de ces phrases triÂŹ viales dont fourmillent nos grammaires. L’éducation, d’ailleurs, est insĂ©parable de l’enseignement, et il faut, autant que possible, Ă©lever l’ñme et former le jugement. Sous ce point de vue , rien de plus consciencieux que notre travail. Les cent mille phrases qui constituent notre rĂ©pertoire grammatical sont tirĂ©es de nos meilleurs Ă©crivains 5 elles sont choisies avec goĂ»t, il n’en est pas une qui ne rĂ©vĂšle Ă  l’esprit une pensĂ©e morale, ou un fait historique/scientifique , littĂ©raire ou artistique. MonÂŹ taigne, Pascal, LarochefoĂčcauld , FĂ©nelon , iTournissent les prĂ©ceptes,de philosophie et de morale ; Chateaubriand prĂȘte aux idĂ©es religieuses l’appui de son style brillant et . pittoresque 5 MoliĂšre dĂ©voile les secrets du cƓur humain; Buffon, Bernardin de Saint-Pierre, LacĂ©pĂšde, apprennent Ă  lire dans le grand livre de la nature. Ainsi, tout en croyant n’é^caminer la lahgue que sous le rapport des faits grammaticaux, l’élĂšve s’enrichit d’une multitude de connaissances variĂ©es. Ajoutez Ă  ce premier avantage tout le charme que prĂȘte Ă  l’étude jusqu’alors'si aride de la .grammaire l’étude mĂȘme des faits, si supĂ©rieure Ă  la vieille routine qui s’obstine Ă  renverser l’ordre naturel en procĂ©dant des .thĂ©ories aux exemples. EnvisagĂ©e, de cette façon , il nous semble que la grammaire n’est plus seulement ' un exercice de collĂšge sur lequel s’assoupit la mĂ©moire ; c’est l’histoire de la penÂŹ sĂ©e elle-mĂȘme, Ă©tudiĂ©e dans son mĂ©canisme intĂ©rieur; c’est le dĂ©veloppement du caractĂšre national dans ses intĂ©rĂȘts politiques et ses sentiments religieux, analysĂ© ou plutĂŽt racontĂ© par la nation elle-mĂȘme, par les interprĂštes les plus Ă©loquents de cette nation. Quelques savants grammairiens , entre autres MM. Lemare et Boniface, avaient bien entrevu cette maniĂšre d’envisager la grammaire; et si les livres qu’ils ont puÂŹ bliĂ©s Ă©taient plus dĂ©veloppĂ©s et moins systĂ©matiques, s’ils faisaient mieux connaĂźtre
— III — ‱ * les vĂ©ritables lois qui rĂ©gissent notre langue, ils eussent rendu dMncontestables.ser- * vices Ă  renseignement. Mais ce ne sont que des aperçus^ souvent pleins de profon- deur , sur des questions de mĂ©taphysique, bons pour ceux qui aiment Ă  se bercer rinteliigence dans de vaporĂšusĂ©s gĂ©nĂ©ralitĂ©s, et assez peu utiles,Ă  ceux qui veulent apprendre. Et puis M. Lemare, loin de ^coordonner d'aprĂšs les faits lĂš systĂšme qu'il voulait Ă©tablir, a eu le grave tort de courber les faits h son systĂšme,,ce qui dĂ©truit complĂštement TautorilĂ© de ses doctrines. On peut Ă©galement reprocher Ă  l'estimable M. Boniface d'avoir donnĂ© pour base Ă  ses principes des faits qu’il a lui-mĂȘme inÂŹ ventĂ©s, Mieux que personne pourtant il' devait savoir que ce n’est que dans les ouvrages de nos grands Ă©crivains qĂŒ'il faut chercher ses autoritĂ©s, et qu’il est » ridicule Ă  un grammairien, quelle que soit d’ailleurs sa supĂ©rioritĂ©, de prĂ©tendre dicjer Ă  tout un peuple les lois du beau langage. ‱ . - , LibertĂ© pleine,et entiĂšre Ă  chacun de conserver son rituel et son rudiment, de s’imposer des rĂšgles, d’y croire et de les suivre. Ce qui n’est plus permis, a dit ( ‱ M, Charles Nodier, ■ c'est de les prescrire tyranniquement aux autres. Le rĂ©seaii de Restaud et de Lhomond est devenu trop lĂąche et trop fragile pour emprisonner l’esÂŹ prit de nos Ă©crivains. - ' C’est dans le but de rĂ©gĂ©nĂ©rer la grammaire, en lui donnant un nouvel aliment par l'observation de la nature et Ă  l’aide'd’une Ă©tudĂš plus soignĂ©e des faits, que cet ouvrage a Ă©tĂ© entrepris : nous avons voulu fonder un enseignement national-, en remplaçant enfin toutes ces grammaires des grammairiens par la grammaire des grands Ă©crivains. Aussi, .avec quelle ardeur, quel enthousiasme ne fut pas accueillie lĂ  Grammaire Nationale, non seulement dans toutes les parties de la France, mais ‱* encore Ă  l'Ă©tranger! C’est que cet ouvrage, bien diffĂ©rent de tous ceux qui l’avaient prĂ©cĂ©dĂ©, n’établissait pas de rĂšgles Ă  priori; c’est que, pour la premiĂšre fois, il montrait le gĂ©nie de la langue se dĂ©veloppant sous'la main de nos grands hommes; c’est qu’il Ă©tait comme l’écho vivant de Vusage. Personne ne s'y est trompĂ©, et si nous avions pu douter un sĂ©ul instant du succĂšs de notre, livre, l’éloge qu’en ont fait les organes de l'opinion publique, les suffrages dont l’ont honorĂ© la plupart des sociĂ©tĂ©s savantes, auraient suffi pour dissiper nos craintes, et nous convaincre que nous avions atteint le but que nous nous Ă©tions proposĂ© (1). Mais un accueil aussi flatteur ne nous a pas aveuglĂ©s sur les imperfections de notre livre. Dans celte derniĂšre Ă©dition , nous nous sommes efforcĂ©s d’en amĂ©liorer .tout Ă  la fois le plan de l’exĂ©cution. Plusieurs-parties ont Ă©tĂ©, complĂ©téés; d’autres ont Ă©tĂ© refondues en entier. Quant aux citations , nous avons prĂ©fĂ©rĂ© nous priver de certaines * (i) la Grammaire Nationale a Ă©tĂ© approuvĂ©e par TAthĂ©nĂ©e des Arts, la SociĂ©tĂ© des MĂ©thodes, la SociĂ©tĂ© Grammaticale de Paris i la SociĂ©tĂ© d’Émulation. pour le perfectionnement de l’instruction primaire en France, etc.
phrases, plutĂŽt que de citer des ouvrages Ă©phĂ©mĂšres, ou d’admettre des'noms indi- * * gnes Ă  1^ compagnie de Voltaire, de Rousseau, de Bossuef, de Racine et de FĂ©neÂŹ lon. Nous avons Ă©galement supprimĂ© tout ce qui touchait Ă  la polĂ©mique, car nous vivons dans un temps oĂč la jeunesse a trop de choses utiles apprendre. En un mot, nous n’avons rien nĂ©gligĂ© pour donner Ă  notre.'Ɠuvre tous les perfectionnements dont elle Ă©tait susceptible; nous avons voulu offrir Ă  la France un ouvrage digne d’elle, un livre Ă©minemment.français, en un mot une grammaire nationale. Aujourd’hui que l’on commence Ă  rougir tout Ă  la fois des Ă©carts de la pensĂ©e et des erreurs du style; que les livres qu’enfantait l’esprit dĂ©rĂ©glĂ© de quelques Ă©criÂŹ vains ont passĂ© de mode; qu’on en est revenu Ă  la nature, Ă  la vĂ©ritĂ©, au bon goĂ»t, ^ \ cet,ouvrage, destinĂ© Ă  ramener la langue dans les limites raisonnables que nos grands Ă©crivains ont su respĂšcter sans rien perdre de leur essor et de leurs prodigieux avanÂŹ tages, ne peut manquer xl’obtenir les suffrages uniyersels, et.il restera , ‱ nous en avons l’espoir, comme le monument le plus imposant qu’on ait jamais Ă©levĂ© Ă  la ' gloire de notre langue.
DE LÀ GRAlIfMAIRĂŻ: EN FRANCE, BT PRmCIPALKMKNĂŻ DE LA GRAMMAIRE NATIONALE, AVEC QUELQUES 0BSEHVATI0N9 PHILOSOPniQUES ET LlTTÊUAinES ^ * SUR LÈ GÉNIE, LES PROGRÈS ET LES ViaSSITUDES DE LA LANGUE FRANÇAISE; * I |3ttr M. |)l)ilarHe Cbagkg (i). Qui «e fye en ta grammairĂš , S’abuse manifeEtement t ' - Combien que grammaivĂ© profĂšre , Et qiie lectre toit la grand’mĂšre Des sciences et fondement t etc., el& Ainsi parle, en son chapitre de la grammaire, l’auteur AwRegnars traversant les voyes pĂ©rilleuses du monde, livre imprimĂ© le 2b janvier 1630, par Philippe Lenoir, Vun des deux relieurs jurĂ©s de VUniversiiĂ©de Pam. On voit qu’il y a trois cents ans la grammaire n’inspirait pas confiance entiĂšre. C’est encore l’avis de MM. Bescherelle , qui viennent de publier le RĂ©pertoire le plus com])let de nos rĂšgles grammaticales. AprĂšs avoir lu et examinĂ© leur court 'RĂ©sumĂ© de toutes les Grammaires, vaste trĂ©sor de toutes les acceptions, concorÂŹ dances, idiotismes', gallicismes, employĂ©s par nos Ă©crivains de tous les siĂšcles, on est plus que jamais tentĂ© de rĂ©pĂ©ter: Qui scfye en sa grammaire abuse ^ etc., etc. Si la- grammaire s’est trouvĂ©e en butte Ă  plus d’une dĂ©fiance et d’un quolibet, elle l’a bien mĂ©ritĂ©. Il faut avouer que les grammairiens ont eu.d’étranges imaginations. Depuis l’imprimeur Geoffroy Thory, qui publiait au commencement du seiziĂšme siĂšcle son Champ-Fleury, dont les fleurs sont fleurs de syntaxe et les plates- ‱bandessemĂ©es de gĂ©rondifs , jusqu’à M. Lemare qui damne hardiment tous ses prĂ©dĂ©cesseurs., les cultivateurs delĂ  syntaxe ont souvent prĂȘtĂ© Ă  la plaisanterie. On ferait une longue liste de leurs folies et de leurs absurditĂ©s. Vaugclas pose en principe (devfnez son motif, je l’ignorĂ©), que l’on ne peut et ne doit pas dire Tes pĂšre et mĂšre. Cela n’empĂȘche pas, depuis trois cents ans , les fxis de parler de leurs pĂšre et mĂšre, malgrĂ© Vaugelas. Les rudiments afTirment unanimement qu’aprĂšs un comparatif, le subjonctif estindispensablcment nĂ©cessaire. Cependant Pascal Ă©crit cette excellente phrase : Il faut donner aux hommes le plus de libertĂ© que Von peut. Tout le monde avoue la lĂ©gitimitĂ© de cette maniĂšre d’employer l’indicatif. Que Von puisse serait une faiitc ' 'VossiĂšre. ' , L’auteur du Dictionnaire des Dictionnaires cherche l’étymologie de l’inteĂŻjcction bah / et il l’expRque ainsi, fort gravement ‱ ’ ‘ BaiĂŻ ! interjection ^ qui Ă©quivaut Ă  mon Ă©tonnement est bas / c’est-Ă -dire j'y mets peu d'importance. VoilĂ  une bien jolie Ă©tymologie Ăź. . ' . ‱ ' ’ Du temps de La BruyĂšre, les grammairiens et les gens du-monde formĂšrent une ligue contre le mot car f le mot car survĂ©cut aux grammairiens et aux marquis. Souvent les Ă©crivains jaloux ont fait cause commune avec les pĂ©dants, pour jouer piĂšce aux hommes de gĂ©nie. Montesquieu avait dit : Le peuple jouit des refus du prince, et le courtisan de ses grĂąces. Cette sentence si lucide, si concise, si belle, Marmontel. la condamne au nom de la grammaire ; il prĂ©tend que l’ellipse est trop forte. La clartĂ© de la phrase prouve le ridicule de la ' critique. Mais n’ctait-il pas naturel et nĂ©cessaire que l’auteur des Incas se montrĂąt injuste envers l’auteur de l'Esprit des Lois ? ‱ / 11 est arrivĂ© Ă  Voltaire mĂȘme, dans son Commentaire sur Corneille, de se livrer Ă  de mauvaises chicanes grammaticales qu’il soutient par - de bons mots. Il prĂ©tend que ces vers . Trois Meptres Ă  son trĂŽne, arrachĂ©s par mon bras, ‘ Parleront au lieu d’elle et ne se tairont pas Ăź rivalisent en niaiserie avec les vers de M. de la Palisse : HĂ©las/ s'il n'Ă©tait pas mort, il serait encore envie. Voltaire est de trĂšs mauvaise foi ; il sait que le langage prĂȘtĂ© par le poĂšte aux sceptres qu’il anime, acquiert- -dans le second hĂ©mistiche une Ă©loquence foudroyante, une voix Ă©ternelle qui ne se taira 'plus/ C’est une beautĂ©, non une faute. La taquinerie grammaticale rabaisse au niveau des esprits'mĂ©diocres les esprits supĂ©rieurs, les gĂ©nies les plus brillants. Les seules fautes de français vĂ©ritables, ce sont les locutions qui rendent le langagqobscur, pĂ©nible, Ă©quĂź- t, \ (1) Ces observations littĂ©raires et philosophiques sur l’histoire de-notre langue, sont extraites des trois beaux articles que le des DĂ©bats a bien voulu consacrer Ă  notre ouvrage.. Nous avons pensĂ© que nos lecteurs ne les liraient pas sans intĂ©rĂȘt. *'
( 6 ; ^ ‱ . \ voquc, Ă©tablissent confusion , embarrassent le sens, ou dĂ©truisent ces teintes et ces acceptions dĂ©licates qui constituent le gĂ©nie de notre langue, et la principale source de ses richesses. ÙouyrĂąge doMM. Bescherelle est neuf, en ce quMl n'Ă©tablit pas de thĂ©ories ; il montre le gĂ©nie de la langue se dĂ©veloppant sous la main de nos grands hommes. Les Bpssuet et les Pascal, instituteurs que ces messieurs appellent Ă  leur aide, valent bien les BcauzĂ©c et les Court de GĂ©belin. Les enseignements de ces Ă©crivains supĂ©rieurs dĂ©montrent le ridicule et l’arbitraire de mille prĂ©tendues rĂšgles qu’il faut savoir violer pour savoir-bien Ă©crire. On voit que tous les chefs- d’Ɠuvi'Ă« ont Ă©tĂ© créés non d’aprĂšs ces rĂšgles; niiiis souvcnl inalgrĂ© elles et en dehors du cerclĂ© magĂźtiue tracĂ© par la grammaire sacro-sainte. LĂ©s faits sont lĂ  qui parlent plĂŒshaĂŒt que les rĂšgles. Les auteurs nbuvĂȘaux, parcourant toute l’ctendue de la syntaxe française, ‘et s’appuyant sur cent rriille exemples puisĂ©s aux mĂȘilleures sources, indiquent avec une rare justesse, avec une sagacitĂ© analytique digne de beaucoup d’éloges, la valeur, l’usage, I:i place , les variations de chaque mot ; les bornes de telle acception ; les limites de telle concordance; la nĂ©cessitĂ© de francliir telle rĂšgle accrĂ©ditĂ©e ; la lĂ©gitimitĂ© de telle licence qui Ă©tablit une nouvelle rĂšgle dans la rĂšgle. C’est une collection unique et fort prĂ©cieuse : lĂ  se trouvĂ© Ă©parse toute l’histoire de notre idiome, de scs variations, de ses origines et de ses singularitĂ©s. Sous la forme d’une compilation et sans aflicher de hautes prĂ©tentions philosophiques, c’est l’Ɠuvre la plus jjliilosoplĂŒquĂ© et la plus rationnelle dont la langue française ait etc depuis longtemps l’objet; - Non que toutes les donnĂ©es des auteurs nous sem’nlent justes et que leur livre soit, selon nous , exempt de lacunes et d’imperfections. Si le plan est excellent et l’exĂ©cution en gĂ©nĂ©ral trĂšs distinguĂ©e, s’ils ont eu raison de ridiculiser les folles dĂ©licatesses de quelques puristes et d’en prouver le peu de fondement; si leur analysĂ© est souvent heureuse ct'ldcide, ils nous semblent avoir pousse bien loin en plusieurs circonstances la tolé rance grammaticale, et justifiĂ© des fautes rĂ©elles par des analyses trop subtiles. Voici une phrase qu’ils donnent pour correcte : les animaux ont en soi ; n’est-elle pas d’une 'incorrection frappante ? On dit : chacun pense Ă  soi ; on ne dira pas : les hommes attachent Ă  soi les: animaux. Je sais que l’analogie latine du mot iemea'psum peut justifier jusqu’à un certain point les grammairiens ; mais l’usage- est roi; ses sentences’veulent ĂȘtre Ă©coutĂ©es et respectĂ©es. Aujourd’hui que l’on parle en France une quaranÂŹ taine de langues diirĂ©rentes ; qui, le gaulois de Villeliardouin ; qui, le français do Marot ; qui, un autre français Ă  la Shakespeare, Ă  la Schiller, -Ă  l’arlequin ; qui, un idiome de taverne, de rue, de cafĂ©, de coulisse ; aujour- d’iiiii que tous ces styles s’impriment; aujourd’hui que cliacun s’évertue Ă  crĂ©er, comme sous Louis Xlll, un petit barbarisme nouveau ( s’il est possible, car on a usĂ© le barbarisme ), le grammairien doit-il ouvrir la porte toute grande, et, jotant les deux battants Ă  droite et Ă  gaiiche, proclamer que tout est permis? Ce qui a fait la gloire dĂ© Malherbe, gĂ©nie peu poĂ©tique, c’est que-, dans un temps littcriurc assez scnablable au nĂŽtre, il s’est armĂ© de sĂ©vĂ©ritĂ©. Nous accusera-t-on, Ă  ce propos, de pĂ©dantisme ou de contradiction? Nous avons louĂ© le principe : nous en blĂąmons l’abus. Kn fait de style et de langage, comme en politique et en philosophie, la lutte est entre la libertĂ© d’une part, et d’une autre la puissance d’ordre et d’organisation; deux excellents principes qui nc.doivent pas s’annuler j mais sc soutenir; ils s’accordent malgrĂ© leur combat. Tout Ă©crivain supĂ©rieur est Ă  la fois ncologue et puriste. Veiil-on fixera jamais la langue? On arrĂȘte le progiĂšs;on est pĂ©dant. l)onne-t-on une libertĂ© effrĂ©nĂ©e aux mots, Ă  leur vagabondage, Ă  leur mixtion, Ă  leurs Ă»llianccs, Ă  leur fusion, Ă  leurs caprices ? On expose un idiome au plus grand mallieur qui puisse lui arriver, Ă  la perte de son caractĂšre propre , Ă  la ruine de son gĂ©nie. La langue grecque va mourir, lorsque l’empereur Julien se sert d’un grec asiatique; elle n’existe plus, lorsque la prinÂŹ cesse Anne ComnĂšne introduit dans la langue de Platon toutes les circonlocutions orientales. Saint Augustin et .Tertuliicn sont des hommes de gĂ©nie et d’esprit ; mais leur langage romano-Ăąfricain annonce la chute de l’emÂŹ pire ; voilĂ  bien les inflexions et les dĂ©sinences latines ; cela ressemble un peu Ă  l’idiome de Ciccron ; hĂ©las! ^ ' similitude Ă©loignĂ©e et trompeuse; le latin ne renaĂźtra plus, c’est une remarque fort curieuse quo les langues se'forment, croissent, se renouvellent, mĂ»rissent, et atteignent leur perfection au moyen des idiomes Ă©tranÂŹ gers qu’elles s’assimilent; que cette assimilation seule les soutient, et.qu’à la fin de leur carriĂšre cet Ă©lĂ©ment de leur vie, devenant,l’élĂ©ment de leur mort, les corrompt, les Ă©touffe, les Ă©crase et les tue. . Notre langue a de vieux principes, assez mal expliquĂ©s jusqu’ici pari les scolastiques , mais fondĂ©s en raiÂŹ son cl que les nouveaux grammairiens ont tort de dĂ©truire. Pour le prouver, il faudra bien entrer dans quelÂŹ ques discussions dont le pĂ©dantisme cl la sĂ©cheresse m’elfraieht d’avarice. MM. BĂ©sclierelle dĂ©clarent que la langue française n’a pas de genre neutre. Nous le retrouvons, effacĂ©, il estyrai, et peu reconnaissable, mais doue de sa signiiicĂ tion et de sa valeur propres , dans lĂšs verbes il pleut, il tonne,il importe; dans les locutions ily a, il fait beau, ĂŒ faut,' dans les mots en et y, sur lesquels nous ne.partagcons pas l’avis de la grammiiire nouvelle; dans je* le veux, je le dois, je Vemporte; oĂč le mot le joue le rĂŽle du pronom neutre des Latins, illiid. Pour expliquer ces diverses locutions, MM, Bescherelle ont recours Ă  des procĂ©dĂ©s analytiques fort savants, trop savants, selon nous. Une phrase excellente de La BruyĂšre, qu’ils condamnent Ă  tort comme anti-grarnma- catc, prouve que Tacreption du mot te est bien celle d’fĂŻtud, du pronom neutre ßàtin : « Les fourbes croyetU aisĂ©ment que les autres le sont...» Qui peut rien reprendre Ă  cette phrase, d’une clartĂ© parfaite, et oĂč lepro- aom le est Ă©videmment pour illud, celap L'analogie des langues Ă©trangĂšres modernes suffit pour dĂ©cider la question. Les Allemands et les Anglais ont un'nontre'dlstinct qu’ils emploient Ă  tout moment, es Ă©lit. Pour traduire dans ces deux langues les phrases que MM. BĂ©scherellese donncnttant de peine Ă  expliquer, an moyen de longues et savantes analyses, on n’a qii’à employer le neutrCv!dlemand ou anglais. H.pleut, « esrcignet, it rains ; « il faut, « es muss , it must ; u Jl est vrai, « es isl trcno, it is true. » Les grammairiens nouveaux commentent subtilement l’expression vous remportez, qu’ils regardent comme un gallicisme embarrassant. Ce qui les embarrasse, c'est le systĂšme qu’ils dĂ©fendent et la pcrsiiasion oĂč ifs sont que Te n’est pas un pronom neutre, et que nous n’avons pas de neutre. Mais remporter n'est pas un gallicisme; c’est la contraction de la locution latine : Palmamtulit, emporter la palmĂ©. Les Allemands et les Anglais possĂšdent aussi cet idiotisme, et ils rendent prĂ©cisĂ©ment ce le par leur pronom neutre es ett7. —i « Eh bien l ( demande Hamlet dans le draine dĂ© Shakespeare) soht-ce les enfants qui
i’f) I '.remportent ? — Do the boys carrj/ it away ? » La traduction est littĂ©rale frĂ©inporter, — carry ĂŻt Ă wapj, et le neutre s’y trouvĂ©. J’ai peine Ă  croire que la vĂ©ritable explication de II pleut ^ soit le ciel pleut. L’analogie la plus Ă©troite lie cette locutiod aux locutions du mĂȘme genre : il faut, il vaut mieux, il doit ĂȘtre beau de, etc., que les Anglais traduisent par : itmust, U is better, etc. Je sais que le roman de la Rose Ă  dit Li air pleut et tonne ; . ' , mais alors mĂȘme que Jehan de -Meung aurait employĂ© activement le moi pleuvoir (comme cela est anivĂ© une seule fois Ă  Bossuet), l’analogie des locutions que nous venons de citer, et le fait de leur existence et de leur groupe ne seraient pas dĂ©truUs. Quittons la thĂ©orie ; remontons jusqu’à l’origine de ces fournures ; il faut, ĂŒ rude forme : Faut ĂȘtre sage, disent encore les paysannes. Alors tonnait, pleuvinait Ă  merveilles, * - dit le Verger d'honneur. Mais comme tous les verbes français se trouvaient prĂ©cĂ©dĂ©s d’un pronom ou d’un nom, et que le verbe neutre impersonnel Ă©tait seui de sa classe, on voulut le rĂ©gulariser , le faire marcher de front avec le reste de la syntaxe, et on lui donna pour afiixe, vers le commencement du quinziĂšme siĂšcle, cet il (iiludj qui correspond exactement au it des Anglais. * » Wellj il rnust be so / (iliudJ a Bien, ĂŒ doit en ĂȘtre ainsil » DĂ©cidĂ©ment, MM. Bescherelle rendront le neutre Ă  notre grammaire, qui est dĂ©jĂ  bien assez irrĂ©guliĂšre comrne cela. . J’ài un second procĂšs pĂ©dantesque Ă ,intenter Ă  ces messieurs : il s’agit de deux petits mots trĂšs durs Ă  l’oreille,* trĂšs nĂ©cessaires, d’un dilTicile emploi, mais de grande ressource, comparses utiles et dĂ©plaisants , les mots en et y.’ Y vient du mot latin iUic, ĂŒliic, lĂ , « en cet endroit. » En vient du mot latin indĂš ou de ilio , a de lĂ  et de cela. » Les auteurs de la Grammaire nationale veulent que ces deux mots ne soient pas des neuÂŹ tres, en dĂ©pit de leur origine et de leur usage j les arguments qu’ils emploient ne nous persuadent pas; Dire : J'aime cet homme et je m'y attache, au lieu de je m'attache Ă  lui, c’est commettre une des fautes les plus graves possibles : faute contre l'Ă©tymoiogie, faute contre le gĂ©nie Üe la langue française , dont la dĂ©licatesse ne. confond jamais des. nuances distinctes. Je traĂźnai ma barque jusqu'au rivage et je l'y fixai ^ est une bonne phrase qui ne frappe l’oreille et l’esprit d’aucun sens dĂ©sagrĂ©able. — C'est ma place et j'y tiens. — C'est mon ami : je tiens Ă  lui. La distinction est claire. — Cest un homme honnĂȘte ; fiez~vous~y ^ me dĂ©plait beaucoup, quoique celte phrase ait Ă©tĂ© signĂ©e, paraphĂ©e et sanctionnĂ©e p.ar l’AcadĂ©mie française. J’en'demande humblement pardon Ă  l’AcadĂ©mie française. Que l’on place Ă  cĂŽtĂ© l’une de l’autre cette phrase : ' Fous avez sa parole ; fiez~vous~y. ^ . Et cette autre phrase : ■ ' — Fous avez vu M. tel,^vous vous- y fiez? L’oreille, un instinct secret, d’accord avec le sens vĂ©ritable des mots et le gĂ©nie du langage, vous avertiront que la premiĂšre des d'eux est excellentej mais qn’il y a dissonance , faute, incorrection dans la,seconde. Pour peu qu’on ait de goĂ»t, on changera presque involontairement cette derniĂšre, et l’on dira : Fous avez vu ‱ M. tel? vous fiez-vous a lui? Il y a donc une nuance; c’est cette nuance, empruntĂ©e Ă  l’étymologiĂ© latine, qui ' fait du mot y un pronom neutre et l’applique aux choses inanimĂ©es. Qui oserait dire : Sa fille l'avait quittĂ©Cy je l'y ai rendue ? On dirait : Je la lui ai rendue. Quand de SĂ©vignĂ© Ă©crit Ă  sa fille : Voire petit chien est charmant, je m'y attache. On n’est pas blessĂ© de cela; tout charmant qu’il soit, ce n’est qu’un chien. Ce y est. neutre; les Anglais diraient-de mĂȘme en parlant d’un animai favori : J am fond of it ; erhj^loyant le neutre pour les animaux , the brute crĂ©ation ; et nous rĂ©sen^ant Ă  nous, bipĂšdes, qui ne le mĂ©ritons guĂšre, l’honneur du pronom des deux genres. * , MĂȘme remarque sur le mot en. Je m'en doute, signifie je me doute dĂš cela (de hoc). En parlant d’une femme, il faut dire : Je doute d'elle,oinon pas : J'en doute. MM. Bescherelle nous semblent avoir.ouvert une carriĂšre .trĂšs large aux fautes grammaticales (si frĂ©quentes de notre temps), quand ils ont essayĂ© de dĂ©truire le sens neutre des mots dont nous parlons. Personne n’oserait s’exprimer de la maniĂšre suivante : Mon pĂšre langue ne vit que de nuances: Dans ces deux vers d’Andrieux : Quelle amie oserait m’îuvrir une retraite. Je n’en ai pas besoin Ăź , ' - * ^ tout le monde voit que ce n’est pas de l’amte, mais de la retraite qu'il est question, et que lĂ  en est bien neuÂŹ tre. Ne vous en dĂ©plaise / il faut s'en moquer / prouvent le sens neutre du mĂȘme mot. Les poĂštes, je ie sais. Font employĂ© souvent au lieu de lui, ou d'elle, mais par licence, par extension, et toujours dans un sens mĂ©priÂŹ sant et odieux. Un vieillard amoureux (dit Corneille) mĂ©rite qu'on en rie. . Pour punir un mĂ©chant, (dit Voltaire) pour en tirer justice. Ces deux personnages si maltraitĂ©s sont assimilĂ©s Ă  des choses, et non pas Ă  des homines. Quand Marivaux dit : Elle fait la passion des gens, et son mari en est jaloux, la phrase signifie : Son mari est jaloux de cela, et non pas : est jaloux d'elle. Dans les Ă©crits du dix-neuviĂšme siĂšcle, on a souvent confondit les acceptions dĂ©cĂšs mots : en et avec celles
. ' . . ■ ( 8 ) . ■ . ■ ‱ ^ ^ de lui et d'eHe; cela est trĂšs vrai; mais il y a corruption dans cet emploi. Non parce que M, de Vaugelas ou M. Dumarsaisle veulent,'leur autoritĂ© ne m’est de rien; mais il faut conserver avec soin le signe distinctif qui isole de la chose matĂ©rielle, de l’étre brut, de l’alistraction, l’homme vivant, notre semblable. C’est une richesse du langage. Soyez indiffĂ©rent quant au sort des rĂšgles qui ne nous donnent pas une beautĂ©; fouettez celles qui nous appauvrissent; battez-les en brĂšche et en ridicule; mais gardez cf protĂ©gez celles qui ctendent le cercle de nos ressources, qui offrent de plus nombreux matĂ©riaux Ă  la pensĂ©e et au style ! Que d’inutiles et pointilleux dĂ©tails, va-t-on dire P C’est de cette menue et faible monnaie que se compose le trĂ©sor grammatical. AprĂšs avoir adressĂ© Ă  MM. Besclierelle les seules critiques auxquelles donne prise leur excelÂŹ lent travail, je chercherai dans ce rĂ©pertoire commode, vaste et bien divisĂ©, queiques-uhs des rĂ©sultats Ă©levĂ©s et des considĂ©rations gĂ©nĂ©rales qui dominent toute l’histoire mal connue de laTangue française. Quel obstacle opposerez-vous aux rĂ©volutions des langages, vous qui ne pouvez enclouer pour un seul moment les rĂ©volutions des modes ou des mƓurs ? les idiomes ne sont quel’orgaric, le vsrhe de .la civilisation humaine ; c’est une voix qui mue ; c’est un accent qui se modifie avec les phases vitales de la sociĂ©tĂ©. TantĂŽt notre orgueil nous fait croire que notre Ă©poque est la seule oĂč le langage soit parvenu Ă  maturitĂ© complĂšte; tantĂŽt dĂ©goĂ»tĂ©s et rassasiĂ©s de nous-mcmes, nous nous rejetons en arriĂšre, pleurant la dééadence de notre idiome national. Noua ne voyons pas que le cours des idĂ©es et les cvoliitions matĂ©rielles de la vie sociale entraĂźnent le langage avec eux et lui font subir d’inĂ©vitables altĂ©rations. QuandFroissart Ă©crivait, les* paroles lui manquaicnt-ellesPMontaigne, dans la solitude de sa bibliothĂšque fĂ©odale, se plaignait-il de l’indigence du langage'? N’y avait-il pas assez de nuances pour La BruyĂšre? et dansTĂ©tat de mƓurs le moins favorable au dĂ©veloppement de l’imagination pittoresque, Diderot ne trouvait-il pas toutes les couleurs chaudes que rĂ©clamait son pinceau ? tes couleurs ne sont-elles pas ■ avivĂ©es et enflammĂ©es encore sur la palette de Chateaubriand, au dix-neuviĂšme siĂšcle, quand l’esprit analytique rĂ©gnait en despote sur les Ă©coles ^ançaises ? Les langues font des acquisitions et des pertes, comme les peuples ; elles achĂštent les unes au prix des autres, comme les peuples. De grands gĂ©nies paraissent „-ct fon dit que l’idiome dont Us se sont servis est immuable. Ils meurent, une nouvelle moisson de paroles inconnues et de tournures inusitĂ©es fleurit et verdoie sur leur tombe. Si l’on procĂ©-, dait par exclusion , s’il fallait condamner les rĂ©volutions du langage enchaĂźnĂ©es aux rĂ©volutions des mƓurs, si Ton ne voulait accepter qu’une seule Ă©poque littĂ©raire dans toute la vie d’une nation, LucrĂšce d’une part, et de .l’autre Tacite seraient des Ă©crivains barbares; il ne faudrait lire Shakespeare et Bacon, riches de toute TĂ©lo- quence du seiziĂšme siĂšcle, ni Mackintosh, Erskine ou Byron, nĂ©ologues du dix-neuviĂšme siĂšcle. En France, on rĂ©pudierait la-langue admirable et pittoresque de Montaigne, et Tidiome bizarre, ardent, emportĂ© de Diderot, de Mirabeau, de NapolĂ©on. Il est vrai que tout s’épuise, la sĂšve des sociĂ©tĂ©s et'celle dĂ©s idiomes. Dans les sociĂ©tĂ©s en dĂ©cadence, les langues s’éteignent, la parole perd sa force et sa beautĂ©, les nuances s’effacent, la phrasĂ©ologie devient folle ou radoteuse ;'C’est le rĂ le des littĂ©ratures; ce sont les derniers accents, les gĂ©missements brisĂ©s de Tagonie. L’elfort de tous les rhĂ©teurs, le cri de dĂ©tresse de tous les grammairiens ne sauveront pas un idiome qui pĂ©rit avec un peuple. Anne ComnĂšne se sert d’un style prĂ©tentieux et lourd, enveloppĂ© de draperies superflues, vide et pompeux comme la cour byzantine. Sans doute Ă©ela doit ĂȘtre. Si vous voulez ressusciter le lexique et la grammaire, si vous .prĂ©tendez que ce mourant Totrouve la voix, jetez un nouveau sang dans ces veines qui se dessĂšchent, ressuscitez le cadavre, il parlera. Quelques langues, Ă©chappant air mouvement vital qui'soutient et renouvelle tout dans le monde, sont ‱restĂ©es stationnaires ; ce sont .celles qui ont le moins produit. L’idiome provençal, pĂšre d’une littĂ©rature passaÂŹ gĂšre, dont la lueur a servi de signal h la poĂ©sie moderne, a brillĂ© un instant et n’a pas laissĂ© de grandes Ɠuvres. S’il faut en croire les savants d’Allemagne qui se sont occupĂ©s des idiomes de la Lilliuanic, de Tlllyrie et de la plupart des rĂ©gions que les races slavonncs habitent, ces races ont conserve leurs langues pures d’altĂ©ration, et n’ont guĂšre créé que des chants ’élĂ©giaques et pastoraux. La fĂ©conditĂ© semble attachĂ©e au mouvement; la stĂ©rilitĂ© Ă  Tinaclion. Il en est des langues comme de tout ce qui a vie : ruine et renaissance, mort et rĂ©parations constantes jusqu’à'la mort, qui est le silence et le repos total. Les vrais grammairiens, les seuls grammairiens, ce ne sont ni BeanzĂ©e , ni Dumarsais, ni le vieil imprimeur Geoffroy.Thory ; ni les honorables membres de Port-Boyal ; ni Vaugelas, Ă  qui une fausse concordance donnait la fiĂšvre ; ni Urbain Domergue, connu par son inurbanitĂ© envers lĂ©s solĂ©cismes qui Ă©veillaient sa colĂšre ; ni M- Lemare, le Bonaparte du rudiment et le Luther de.la syntaxe. Les vrais grammairiens, ce sont les hommes de gĂ©nie; ils refont les langues, ils les Ă©chauffent Ă  leur foyer et les forgent sur leur enclume. On les ,vo.t sans cesse occupĂ©s Ă  rĂ©parer les brĂšches du temps. Tous, ils inventent des expressions, hasardent des fautes qui se trouvent ĂȘtre des beautĂ©s; frappent de leur sceau royal un mot nouveau qui a bientĂŽt cours, exliumcnt des locutions perdues, qu’ils polissent et remettent en circulation. Tous, nĂ©ologues etarclia'istes, plqs, ■ hardis dans les Ă©poques primitives , plus soigneux et plus attentifs dans les Ă©poques de dĂ©cadence, mais ne se faisant jamais faute d’une tĂ©mĂ©ritĂ© habile, d’une vigoureuse alliance de mois, d’une conquĂȘte sur les langues Ă©trangĂšres. Les Ă©crivains qui parmi nous se sont le plus servis des archaĂŻsmes, ceux qui ont renoncĂ© le plus diificilement Ă  l’ironie bonhomiĂšre des tournures gauloises, Ă  leur vieille et bourgeoise naĂŻvetĂ©, ce sont Lafon- taine, M'*'Âź de SĂ©vignĂ©, MoliĂšre, La BruyĂšre,.au dix-septiĂšme siĂšcle ; Jean-Jacqucs Rousseau au di.x-huitiĂšme, paul-Louis Courier de notre' temps. Bossuet a osĂ© (lui seul pouvait oser ainsi) faire pĂ©nĂ©trer dans une langue analytique et toute de dĂ©tail, les tournures hĂ©braĂŻques ; c’est ĂŒnprodige; rien n’est plus hostile Ă  l’idiome gauÂŹ lois que la concentration et la synthĂšse elliptique de l’hĂ©breu. Ln phrasĂ©ologie grecque sc trouve chez Amyot, FĂ©nelon et Racine. Montaigne et Rabelais ont jetĂ© dans leur style une infusion italienne trĂšs marquĂ©e. Tous les auleurs-qui ont. vĂ©cu sous Richelieu, parlaient un français espagnol. Les interminables, pĂ©riodes de M">e de Motteville sont calquĂ©es sur celles de Balthazar Gracian; Balzac, ennuyeux et grave prosateur, impose Ă  ses phrases toute TĂ©liquette castillane; mais c’est Pierre Corneille, le grand homme, qui nous a forcĂ©s, d’adopter quelques traits puissants du gĂ©nie espagnol. Rousseau ne s’est pçis contentĂ© de renouveler et de dĂ©rouiller les 'fortes expressions de Montaigne et de Calvin; il a fait desƓmprunts semi-teutoniques Ă  sa petite patrie., Ăš GenĂšve, dont les idiotismes spĂ©ciaux ont Ă©tĂ© consacrĂ©s et immortalisĂ©s par lui. Ainsi, de faute en faute, d’au-
/ / . ^ (9 ) dace en audace, toujours tĂ©mĂ©raires, toujours rĂ©prouvĂ©s par le pĂ©dantisme, ils fournissaient des aliments nouÂŹ veaux Ă  leur vieille.mĂšre', Ă  cette langue française qu’ils empĂȘchaient de mourir. Ce sont lĂ  des vĂ©ritĂ©s historiques que je ne conseille Ă  personne de redire si Ton postule un des fauteuils de l’AcadĂ©mie. Mais si j’aime l’AcadĂ©mie J'aime encore mieux la vĂ©ritĂ©, toute rude et pĂ©rilleuse qu’elle spit dans tous les temps, comme je le sais fort bien. Ouvrir la porte au nĂ©ologisme, dont la plupart de nos Ă©crivains abu- pas . _ _ . trouvent toujours les manouvriers dont la gaucherie et l’exagĂ©ration sont fertiles en essais ridicules. Voulez-vous condamner le nĂ©ologisme? Faites laTiste des nĂ©ologues absurdes. 11 est facile de livrer les archaĂŻsles au mĂ©pris en citant les ravaudeurs ignorants du vieux langage. Pendant que le puissant Corneille cloue, pour ainsi dire, dans la langue française, les hardiesses les plus incisives et les plus ardentes de la langue espagnole, un poĂšte alors Ă  la mode, Saint-Amand, fait la mĂȘme tentative, et lance Dans les champs do fazur, surle parvis des nues, 'Son esprifĂ  cheval sur des coquesigrues ! Ouvrez les versificateurs du temps de Louis XIII, dont quelques rares amateurs possĂšdent la collection, si utile pour l’histoire de notre langue, vous reconnaĂźtrez qu’alors on Ă©tait aussi fou de nĂ©ologismes qu’aujourd’hui. Les hĂ©roĂŻnes de VAsirce baragouinent beaucoup de phrases aussi espagnoles que celles de Corneille. Comparez au nĂ©ologisme de Jean-Jacques Rousseau celui de SĂ©bastien Mercier; aux expressions antiques renouvelĂ©es par Paul-LĂŒuis Courier .ou conservĂ©es par Lafontaine, opposez le mauvais patois gaulois imitĂ© par le comte de Tiessan, vous verrez qu’il y a fagots et fagots, que tout dĂ©pend de l'habiletĂ© de rartislCj et qu'il ne faut frapper d'un anathcme exclusif que la sottise et la maladresse. Certains esprits distinguĂ©s, mais'non supĂ©rieurs, fins, gracieux, dĂ©licats, mais peu oseurs, dont la pensĂ©e prudente reste toujours dans les rĂ©gions moyennes, n'ayant besoin ni d’émouvoir, ni de convaincre, ne Voulant frapper leurs lecteurs d’aucun Ă©branlement profond, se conÂŹ tentent d'employer avec talent les ressources de la langue existante. Pourquoi les mĂ©priser? lis expriment ce que leur intelligence a conçu. Les richesses acquises leur suffisent; ils se tiennent Ă  leur place; ils Ă©chappent au ridicule d’une tentative dont le succĂšs leur Ă©chapperait. Tels sont Lamotte et Fontenelle sous la rĂ©gence; l’abbĂ© Desportes et quelques versificateurs sous Henri IV ; d-Alembert, Suard, La Harpe et le pesant Marmontel ..iAnIn CMr. n*.snpĂź/.hiÂŁ!ennt nnc ÛlĂźftTTiii Hll mninc Ăźlc TIP Ip fĂŻptriccpnt pf nP 1p 1 S cat miiiG ^ Ă©gale Ă  l’admiration qui Mais quel parti prendre entre le nĂ©ologisme et le puritanisme du langage ? Quelle ligne sĂ©pare les libertĂ©s perÂŹ mises des licences que vous condamnez - , . . . , . d que . termes, il exige que^Ia pensĂ©e commande Ă  l’expression, qu’elle la fasse jaillir, soit du fond mĂȘme du lanÂŹ gage ordinaire, ou d’une crĂ©ation inattendue, ou du sein de la vĂ©nĂ©rable antiquitĂ© ; il veut surtout que l’on connaisse ses forces, QĂźiid valeant humeri, qtiid ferre rĂ©cusent, ^ . et que l'on ne s’impose pas de tĂąche supĂ©rieure Ă  son pouvoir. AprĂšs tout; U n’y a dans les prĂ©ceptes du poĂšte aucun systĂšme arrĂȘtĂ©, point de dogme, point de symbole de foi; Horace ne dĂ©fend absolument ni lĂ©s innovations ni les renouvellements. C’était une intelligence Ă©levĂ©e qui _ . ». 1*1 l'rMl Irtl rvT tWTV* a 1 TTA t*l a T« AT» a a Ai^ a a An a a 11 11 É-. ! 'avons besoin de dogmes. Tous les esprits impĂ©ratifs et dogmatiques nous ont imposĂ© : ils ont exercĂ© une facile infiuence sur la nation la plus spirituelle de la terre. Si l’on ne nous commande, nous croyons qu’on est faible. 11 nous faut des axiomes, comme' aux enfants des lisiĂšres ou aux vieillards des bĂ©quilles. Qu’un bon guide se contente de nous indiquer'lĂȘs obstacles ou les abĂźmes, Ă  droite ou Ă  gauche, nous tomberons effrayĂ©s. Dogmatisez, commandez-nous, dĂ©cidez-vous, soyez absolu, prenez parti; ainsi ont fait tous les Ă©crivains orgueilÂŹ leux qui prĂ©fĂšrent le succĂšs actuel Ă  la vĂ©ritĂ©, et le plaisir de l’empire Ă  celui de l’étude. Ronsard a dogmatisĂ©; puis Vaugelas, puis l’abbĂ© d’Âubignac, puis Lamothe-Houdart. Ce pauvre Pierre Corneille a essayĂ© de bĂątir aussi des systĂšmes, et .Dieu sait avec quelle maladresse ! Ensuite est venu le tour du dix-huitiĂšme siĂšcle; tout le monde a fait son Ɠuvre. Le baron d’Holbacii frappait bien plus forierncnt les esprits que Vauvenargucs. Vauvenareues Ă©tait profond et modeste, d’Holbach creux et insolent. Mais l’un, observateur sans faste, exposait avec simpUcitĂ© des rĂ©sultats, quelquefois des doutes. L’autre, hardi comme Dieu, arrĂȘtait des principes et bĂ ĂŒs- aait un monde. Nous aimons cet air d’assurance qui nous rassure contre nous-mĂȘmes : c’est ce qu’une Ă©cole dogm atisĂ©, souvent trĂšs follement, et de la façon la plus contradictoire. Qu’importe ? pourvu que l’axiome eut Vair bien gĂ©omĂ©trique et bien impĂ©rieux, cela sufiisait. FĂčt-il parvenu Ă  se crĂ©er parmi'nous une existence souÂŹ veraine, libre, riante, puissante, comme celle de Jules-CĂ©sarĂ  Rome, dĂ©pouillĂ©e de charlatanisme et de menÂŹ songe, de paroles de théùtre et de sentences foudroyantes? Jamais. 11 remarque lui-mĂȘme quelque part o que « nous demandons Ă  ĂȘtre matĂ©s (c’est son terme),— et qu’en France un libre et corifiant laisser-aller engendre a une familiaritĂ© dangereuse. \ 2
( 10 ) Nos gramoialriens ont usĂ© largement de ce droit de -pĂ©dantisme que le gĂ©nie de ia nation leur donnait. Ils ont tranchĂ© dans le vif et fabriquĂ© des codes sĂ©vĂšres, ils ont environnĂ© de palissades et de bastions les larticipcs et les conditionnels. Travaux perdus, fatigues sans rĂ©sultat ! Leurs principes tombaient aussitĂŽt qu’éta - dis. L’ouvrage de MM. Bescherelle olfro la liste'interminable des Ă©checs de la grammaire; le budget de toutes les lois inutiles qu’elle?semble n’avoir formulĂ©es que pour les laisser violer; le compte de toutes les atteintes portĂ©es'tĂŽur Ă  tour par Corneille, Bossuet, Pascal, FĂ©nelon, Voltaire, Ă  Vaugelas, BĂȘauzce, Dumarsais et TabbĂ© d’Olivet. Plus les rĂšgles Ă©taient absolues, plus' elles Ă©taient fragiles. C’est que la vĂ©ritĂ© ne se trouve Jamais dans l'absolu ; elle n’est pas mĂȘme au milieu des questions : elle'est au-dessus. Pendant que les esprits communs la cherchent dans les axiomes tranchĂ©s, soutenus avec aigreur par les partis en lutte, elle plane sur les deux camps. « L’inversion est-elle permise Ă  la langue française? Est-il licite d’innover dans le langage? a Doit-on employer les mots anciens dans un idiome plus moderne? » Aucune de'ces questions ne peut se rĂ©soudre par oui ou par non; mots prĂ©cieiix et sacramentels qu’il faut dĂ©clamer trĂšs liaut pour se faire suivre de la masse. Voulez-vous avoir une Ă©cole? n’y manquez pas. Mais ĂȘtes-vous plus philosophe que vaniteux, plus sincĂšre qu’homme de parti? vous ne vous prononcerez pas si vite. L’amateur de la vĂ©ritĂ©, de l’art, de la science, creuse plus avant, pĂ©nĂštre dans les entrailles mĂȘmes des idĂ©es et dĂšs faits historiques. 11 y dĂ©couvre, non sans travail, les principes fondamentaux qui rĂ©concilient des contradictions-apparentes; il s’explique pourquoi l’inversion, excellente dans telle circonstance donnĂ©e, est impossible dans telle autre ; il voit quelles lois supĂ©rieuÂŹ res aux rĂšgles'en permettent ou en ordonnent le dĂ©placement ; il n’arrive pas Ă  l’indilTcrcnce et au vague sur toutes les questions, mais Ă  un systĂšme lumineux et haut, bien plus vaste, bien plus arrĂȘtĂ©; bien plus net, et dont TĂ©lĂ©valion. seule le soustrait aux regards de la foule. Ainsi, Ja rĂšgle souveraine, la loi suprĂȘme des idiomes, c’est le gĂ©nie propre de chacun d’eux. Tout ce qui lui' rĂ©pugne est inadmissible, tout ce qu’il permet on doit l’oscr. En vain les grammairiens multiplieront les fantaisies, les injonctions, les dĂ©finitions, les sĂ©vcrilĂ©s, les folles dĂ©licatesses; fidĂšle par instinct au gĂ©nie de sa langue et de sa nation, l’écrivain supĂ©rieur dĂ©couvrira toujours en deliors du cercle grammatical et du code convenu quelque beautĂ© lĂ©gitime et nouvelle conforme Ă  la rĂšgle suprĂȘme. Mais quel est le gĂ©nie propre do la langue française? De quels Ă©lĂ©ments matĂ©riels et mĂ©taphysiques s’est-elle formĂ©e P Quelles phases hialoriqucs ont dĂ©terminĂ© et soiitenu sa formation? Quels caractĂšres spĂ©ciaux doit-elle aux rĂ©volutions qu’elle a traversĂ©es? Quelles sont les bases sur lesquelles elle repose et lĂšs vrais principes de sa force? Belles et graves questions, qui s’étendent trĂšs loin et ne peuvent se rĂ©soudre qu’au moyen de l’histoire, d’une Ă©tude attentive des mots et de leurs destinĂ©es et d’une sagacitĂ© rarement unie Ă  l’érudition. L’histoire des variations do la langue française n’est pas faite et probablement ne se fera pas. Les encouragements nĂ©cessaires pour ces grands travaux ue peuvent venir que d’un public autrement disposĂ© que le nĂŽtre, moins absorbĂ© dans ses affidres personnelles, dans ses intĂ©rĂȘts individuels, dans les dĂ©bats d’une sociĂ©tĂ© en pĂ©ril, et dans ses propres jouissances. C’est domÂŹ mage. Un homme assez puissant pour celte Ɠuvre Ă©lĂšverait un monument prĂ©cieux, non seulement Ă  la philoÂŹ logie, mais utile Ă  l’histoire des mƓurs et Ă  celle des faits ; ce travail est le travail littĂ©raire du siĂšcle. On s’en pasÂŹ sera bien, comme de tant d’autres choses. Latine d’origine, notre langue s’est formĂ©e par contraction; un peuple sauvage et plus septentrional que celiii dont ĂŒ empruntait Tidiome, mutilait et contractait la plupart des mots qui lui Ă©taient transmis : il faiÂŹ sait de ‘ * , ' Quare ou Quamohrem—le mot Cfir; ' . - De Jndù—En; ’ De Jllic,ĂŒluc~Yj ‱ De VnĂčs—'Un; ", De Bomines—On, Qic., etc. ... LĂ  nation gallo-tomaine a-t-elle opĂ©rĂ© elle-mĂȘrne ces contractions du latin, ou les doit-elle (comme le pense [. Kaynouard) Ă  l’imitation dĂŒ provençal, fils ĂąlriĂ© de la langue romaine? Je ne sais; mais il est certain que pour remplacer les dĂ©sinences et les inliĂȘxions, D linudiomĂš synthĂ©tique, les Gaulois faisaient une langue lytique, chargĂ©e de petits mots et de pronoms qui devaient rcmpiir Tofiice des terminaisons variables du latin. Un peuple sans IlUĂ©ralure et qui n’écrit pas ses pensĂ©es, a toujours recours aux pronoms et aux articles. La civilisation inteilectuelĂźe ne donnant pas de produits, les langues, rĂ©duites Ă  Tusagc populaire, perdent le caracÂŹ tĂšre de Ih synthĂšse, rĂ©pudient Tlnversion, sĂ© chargent d’afĂŻlxes, et adoptent le mode direct et analytique. Avant HomĂšre, la "langue grecque n’a pas d’articles ; elle les adopte entre HomĂšre et HĂ©siode. La langue allemande des plus anciens monuments teutonlques procĂšde synthĂ©tiquement; ne se trouvant alors fixĂ©e par aucune litté rature, elle dĂ©gĂ©nĂšre , penche vers la fomie analytique, et adopte les aflixes pendant Tespace de temps qui s’écoule jusqu’à Luther. Toutefois une ligne de dĂ©marcation profonde restera tracĂ©e epire les idiomes du nord. Issus de la souche tcutonique, et les langues nceĂš de Timilation romaine. Les premiers,» malgrĂ© Tçmploi des articles, conservent leur gĂ©nie de synthĂšse : c’est leur puissance. Les seconds, Ă  la naissance desquels le gĂ©nie de l’analyse a prĂ©sidĂ©,, s’en tiennent au mode direct, Ă©t n’adoptent que par licence, Ă  de rares moments, et avec beaucoup de rĂ©serve, Tinvcrsion libre et forte des langues Ă  inflexions et Ă  dĂ©sinences. Le mode imalylique une fols adoptĂ©, les articles une fois admis comme modĂ©rateurs et guides du discours, le dĂ©veloppement de Tesprlt français s’opĂšre naturellement : les penchants nationaux et la disposition.mĂȘme des organes influent sur notre langue.. DĂ©licatesse, nuances, clartĂ©, facilitĂ©, ironie, dĂ©licatesse surtout, voilĂ  les nre- *rniers caractĂšres que Ton distingue dans sa formation matĂ©rielle. Ce qui lui appartient en propre, quant Ă  sa partit musicale, se compose de nuances si dĂ©liĂ©es qu'elles ne s nt pas perceptibles pour les Ă©trangers. L’e muet, qui se retrouve dans toutes nos. phrases et que les autres nations ne connaissent pas, n’est qu’une demi-voyelle; ou plutĂŽt c’est ia vibration d’une consonne qui finit et se prolonge.,Le son nasal; produit par la fusion de la lettre n, avec d’autres sons, n’est qu’une demi-diphtongue, une diphtongue Ă©touffĂ©e, privĂ©e do sa sonoritĂ©,
(n) espĂšce de terme mitoyen et de compromis entre les consonnes elles voyelles. Ne faisons pascnmpUment rte celte invention Ă  nos respectables aĂŻeux ; nos'syllabes an, en, in, wn, dĂ©sagrĂ©ables, dures, sont la tache originelle du vocabulaire français : elles jettent dans noire clavier beaucoup de notes fausses et sourdes qui dĂ©sespĂšrent les musiciens et les orateurs. , . Le mĂȘme caractĂšre mitoyen, le mĂȘme gĂ©nie de nuances et de dĂ©licatesse, qui a fait entier dans la partie vocale de la langue des demi-voyelles, .des demi-consonnes, des demi-diphtongues, influe encore sur la syntaxe franÂŹ çaise, sur la formation des phrases, sur rarrangeraent des mots, sur leur synonymie, li multiplie les finesses, les ellipses, les sous-entendus, et favorise ainsi notre goĂ»t national pour l’ironie qui vit de sĂ»us-enlendus, de rĂ©ticences et de demi-mots. VoilĂ  les Ă©lĂ©ments mĂ©taphysiques et matĂ©riels de la langue. Aucune de ces nomÂŹ breuses nuances n’aurait Ă©tĂ© sentie, si l’idiome, dĂ©jĂ  fort simple; grĂ cc Ă  sa marche analytique, n'avait adopte pour premier principe une clartĂ© extrĂȘme, une luciditĂ© parfaite ; c’est lĂ , depuis son origine, le fonds de son gĂ©nie, l’axiome fondamental de sa grammaire ; il a horreur de J’obscuritĂ©. Toute locution obscure ne sera pas française. On supprinĂŻera donc tout ce qui embarrasse les pĂ©riodes, enchevĂȘtre les phrases, obscurcit les acceptions des mots, fait naĂźtre des Ă©quivoques pĂ©nibles Ă  l’esprit; on Ă©tablira des concordances trĂšs exactes et trĂšs minutieuses; on s’opposera fortement Ă  ce que,le conditionnel ou le possible se confonde avec le prĂ©sent ou le rĂ©el; on bannira les nombreux- adjectifs juxta-posĂ©s des Espagnols et des Italiens, les enlacements synlhciiques de la phrase allemande, les Ă©nergiques syllepses de la phrase anglaise ; pn dĂ©blaiera le terrain, de maniĂšre Ă  ce que l’esprit français puisse saisir toutes les finesses, s’emparer de loutes'les nuances, jouir de toutes les dĂ©licatesses de la pensĂ©e et du discours, H en rĂ©sultera une langue trĂšs pure, trĂšs chaste, trĂšs limpide, admirable par les dĂ©tails, facile et souple instrument de conversation quotidienne, mais privĂ©e d’une grande partie des ressources Ă©nergiques, des tournures vĂ©hĂ©mentes, des inversions foudroyantes, des ellipses passioimccs et des couleurs fortes que d’autres nations possĂšdent. CĂčcwsc-^Ăšre ^ comme disait Voltaire, elle trouve heureusement des Ă©crivains hardis qui la forceront Ă  recevoir l’amnĂŽne; elle ne cessera jamais de se tenir sur la rĂ©serve^ de crier Ă  la violence et de vivre de ces aumĂŽnes. L’ouvrage de MM. Bescherelle n’est que l’histoire fort curieuse de ces utiles aumĂŽnes, dont nous comptons bientĂŽt examiner avec plus de dĂ©tail, la nature, l’origine, la nĂ©cessitĂ© et les rĂ©sultats. Nous avons cinq ou six langues françaises tout-Ă -fait distinctes ; et il ne faut pas remonter bien haut pour trouver dans nos Ă©crivains les traces de ces idiomes difl'ĂȘrcnts, dont les. couches superposĂ©es ont fini par , proÂŹ duire l’idiome dont nous nous servons. Corneille est surannĂ© ; MoliĂšre l’est aussi. Mais la langue Ă©crite a bien moins variĂ© que le langage de la conversation ; les traces (pou nombreuses d’ailleurs ) que l’idiome parlĂ© a laisÂŹ sĂ©es aprĂšs lui, prouvent que sous Louis XIV mĂȘme 11 s’éloignait irifiniment de notre idiome actuel. Voici par exemple une phrase du XVID siĂšcle , composĂ©e de mots dont on se sert encore aujourd’hui, ce n’est plus une phrase française; mais une phrase barbare, a Elle a (dilTallemant des RĂ©aux), lin frĂšre qui a l'honneur d'ĂȘtre un peu fou par la tĂȘte. » Cet homme qui est/bu par la tĂȘte et qui a l'honneurA'Ă©tTQ fou nous semble passablement bizarre: La mode espagnole qui s’était emparĂ©e de la France mettait l'honneur Ă  toute sauce. Ne retrouvez-vous pas ici les grandes rĂ©vĂ©rences et les manteaux castillans de cette Ă©poque, dont l'admirableCallot a Ă©iernisĂ©des types cavaliers et grotesques? On disait du temps de Tallemant : petite jeu- nesse, pour premiĂšre jeunesse. Les genres de beaucoup do substantifs n’étaient pas fixĂ©s : Une grande amour se disait IrĂšs.bicn au lieu d'un grand amour ; on retrouvecela chez Corneille.» Happent ( gastronomeJ, veau (imbĂ©cile), expressions familiĂšres, manquaient de bon goĂ»t et non d’énergie. Le notaire n’était pas encore nĂ©, non plus que ie pharmacien. U n’y avait que des garde-sacs et des apothicaires qui se coudoyaient fraterÂŹ nellement. Garde-sacs / quelle injure ! apothicaire / quel blasphĂšme ! Nous avons perdu ces deux races. Quant Ă  l’orthographe, elle avait ses incertitudes. La consonne s, cette vieille consonne parasite et gauloise qui a servi long-temps Ă  remplacer l’accent grave de la voyelle prĂ©cĂ©dente (dans les noms propres Basle pour Baie, Çhastenay pour Ckdtenay ), maintenait obstinĂ©ment son empire. On Ă©crivait’ indiĂŻfĂ©remment fistes ou fĂźtet. Perrot d’Ablancourt, qui venait d’avoir sur celte grave question une querelle animĂ©e avec Conrart, « riiomme » au silence prudent », lui porta un de ses,manuscrits : « Tenez, dit d’Ablancourt, mettez les fissies et les » fusstes comme vous voudrez. » 11 avait doublĂ© 1*5 pour qu’on n’en manquĂąt pas. Tandis que Perrot d’Ablancourt et Conrart examinaient, la, loupe en main ^ tous les dĂ©tails du langage, les hommes de gĂ©nie achevaient de le pĂ©trir et de le mouler, M»>6 de SĂ©vignĂ© consacrait, dans ses lettres, toutes les finesses de la conversation , toutes ces dĂ©licatesses familiĂšres si chĂšres aux esprits d’élite, quand elles sont d'acÂŹ cord avec le bon goĂ»t. Elle Ă©crivait Ă  sa fille : je suis toute Ă  vous et Ă  ses connaissances : je suis tout Ă  vous. Patru et Vaugelas ne lui avaient pas enseignĂ© cette nuance si dĂ©liĂ©e. La Fontaine introduisait, dans ses vers naĂŻfs, ce qu’il pouvait dĂ©rober de meilleur Ă  la plus'ancienne langue française .- suppression des arfcles, emploi de l’infinitif comme substantif, renouveHement des expressions gauloises, il se permit tout en fait d’archaĂŻsmes, et se fit tout pardonner : ce bonhomme, qui semble laisser Ă©chapper ses vers nĂ©gligemment, est notre plus laborieux ouvrier d’antiqditĂ©s rajeunies. Racine, Ă©levĂ© Ă  l’école des Grecs, met un art infini dans ses hardiesse? et dans ses emprunts. A Pexcmple de ses maĂźtres, il ose tout, sans paraĂźtre rien oser; les ellipses les plus exÂŹ traordinaires que l’on ait forcĂ© notre langue d’accepter, viennent de lui et de Bossuet : Je l’aimais inc'onstaiU; qu'aurais-je fait/tdĂš/e? C’est la suppression d’une phrase entiĂšre, et d’une phrase sans accord avec la phrase Ă©noncĂ©e, gouvernĂ©e pai un autre sujet, inattendue, imprĂ©vue, dont rien ne donne l’idco et ne fait deviner la construction. Bossuet, nourri des livres saints, formĂ© par l’étude du plus concis et du plus Ă©nergique des dialectes orientaux, entraĂźne la langue française vers d’incroyables audaces. Personne n’ignorait que le mot pleurs Ă©tait fĂ©minin et pluriel, qu’il n’avait pas de singulier ; que le pleur Ă©tait interdit et n’existait pas. Mais voici Bossuet; l'orateur hĂ©breu, qui monte en chaire, et daris une de ses oraisons funĂšbres, s’écrie : n LĂ  commencera ce pleur ctctncl; lĂ  ce grincement de dents gui n'aurĂ  jamais de fin. » On ti'emble et Ton se tait; l’enfer s’ouvre Ă  cette terrible expression hĂ©braĂŻque ; la duretĂ©, la terreur de la vieille Bible ressuscitent Ă  la fois dans un seul mot. Le pleur, ce n’est pas une laime. Vous entendez le long sanglot qui ne finit pas, le gĂ©missement qui Ă©chappe d’une Ăąme brisĂ©e que rien ne console ; c’est une des
(-ia) plus redoutables crĂ©ations de la langue; un mot inouĂŻ pour une douleur inouĂŻe. La Grammaire, cetti; grelliĂšrĂši patiente, qui fait semblant de rĂ©gner sur les mots qu’elle enregistre, aura beau se rĂ©crier contre Bossuet : Bossuet parlera plus haut qu'elle. Qui ne sait aussi que pleuvoir est un verbe neutre ; que l’employer comme un verbe actif est la faute la plus grossiĂšre , la plus impardonnable, la plus impossible ? Dans ses ÉlĂ©vations sur les mystĂšres, le mĂȘme Bossuet voulant faire comprendre Timmense bontĂ© du TrĂšs-Haut, s’exprime ainsi : « Dieu fait, luire son soleil sur les « bons et sur les mauvais, et pleut sur le champ du juste comme sur celui du pĂ©cheur. » La pluie qui tombe, le soleil qui brille, le monde qui se renouvelle, le mĂ©chant et le bon qui subsistent Ă  la fois, Tunivers , la vie, la mort, tout, c’est la volontĂ© de Dieu , c'est Dieu. Ainsi les langues, tout entiĂšres, sans rĂ©serve, appartiennent au gĂ©nie, qui les brise et qui les moule , qui les fracasse et les reconstruit comme il lui plait. Pins tard l’abbĂ© de Saint-Pierre donnera Ă  la langue des mots qui, traitĂ©s d’abord de barbarismes, devienÂŹ dront. nĂ©cessaires : bienfaisance, humanitĂ©'. Rousseau emploiera avec succĂšs les plus belles c.^pressions de Montaigne , et Beaumarchais imitera les augmentatifs et les diminutifs si Ă©nergiques et si gracieux des peuples mĂ©ridionaux. 11 faudrait noter toutes ces variations et ces conquĂȘtes , si l’on faisait l’histoire de notre langue, histoire dont quelques matĂ©riaux prĂ©cieux se trouvent dans la grammaire de MM. Bescherelle. 11 faudrait indiquer aussi toutes les nuances que le mode analytique et direct a fait naĂźtre, toutes les richesses inconnues aux anÂŹ ciens , dont la langue française s’est armĂ©e et que les bons auteurs ont fait valoir. Les langues analytiques dont on blĂąme l’indigence, la faiblesse, la marche froide et gĂ©omĂ©trique, ont trouvĂ© des ressources dans cette indigence mĂȘme. Au lieu du gĂ©rondif des Romains : scribendum , amanduin, 6f- bendum, les peuples modernes, privĂ©s de cette forme si brĂšve et si Ă©loquente, emploient trois ou quatre mots maladi'oitement enchaĂźnĂ©s : Il faut Ă©crire, toe must wrĂŒe ; — on doit aimer, one must love ; — on . doit boite. we must drinh. Les Latins ne pouvaient exprimer par la terminaison andum^ endum qu’un besoin futur ou possible ; les Français, les Anglais, les Allemands, privĂ©s de gĂ©rondifs, possĂšdent une couleur spé ciale pour toutes les nuances de la possibilitĂ©. Parmi les idiomes modernes, c’estlalangue anglaise, la plus pauvre et ia plus-nue Ă  son origine, qui a poussĂ© le plus loin cette conquĂȘte des dĂ©tails. Le seul mot .latin sctiben- dum peut se traduire de douze maniĂšres, Itought to be wriiten ; toe ought io write it ; it must be written ; it could be written; it may beuoritten^ it can be ioritten; it might be'svritten; we may write;we snust Write ; ihey must write; we skould write ; we couJd write. Aucune de ces locutions n’a le mĂȘme sens ; chacune d’elle est une nouvelle modification de la nĂ©cessitĂ© d'Ă©crire. — « Je pensai avoir dĂ©couvert ( dit un a auteur de romans cĂ©lĂšbre de l’autre cĂŽtĂ© du dĂ©troit) le sujet d’un Ihie sublime, la source de la gloire et de a la fortune. Je posai mes lunettes sur la table et je m’écriai : On pourrait Ă©crire cela ( it could be written). « Ma vieille sƓur prit sa tabatiĂšre, et s’écria: Ma foi, oui, Ü faudrait VĂ©crire (it ought to be writtenJ. « EncouragĂ© par celte voix approbative, je dis Ă  mon tour ; Il faut que cela soit Ă©crit fit 7nust be writtenj.r* Les anciens, avec leurs variĂ©tĂ©s d’inflexions, leurs dĂ©sinences flexibles, leurs modes savamment balancĂ©s et disposĂ©s avec un si grand-artifice ; avec leur synthĂšse puissante, qui favorisait les plus mĂąles audaces de l'é loquence et de la poĂ©sie, ne seraient point parvenus Ă  rendre les nuances, les finesses , les gradations presque imperceptibles que les idiomes modernes ont créées. - De Louis XII Ăą HenrMV,.TltaJie est notre nounicc; elle nous fournit de nouvelles locutions, de nouvelles tourÂŹ nures, des mots nouveaux. Henri EsĂŒenne se plaint hautement.de cette invasion de vocables ausoniens, dans son Ă©loquente diatribe sur le language français italianisĂ© yers 1650. La troupe commandĂ©e par Ronsard parvient mais difficilement, Ă  greffer sur la tige française, quelques locutions grecques. Ensuite s’annonce le rĂ©gne de l'Espagne sur notre style, rĂšgne qui commence avec Louis XIII et s’airĂ©te Ă  Louis XIV. Confondues et modifiĂ©es sons l’empire des Pascal et des Racine, toutes Ă©es influences disparaissent ; TƓuvrc est terminĂ©e. Depuis cette Ă©poÂŹ que, nous acceptons quelques mots Ă©trangers, quelques formes exotiques, sans nous astreindre Ă  aucune imitaÂŹ tion spĂ©ciale; c’est nous qui faisons la loi Ă  l’Europe- Quant Ăą la place des mots, Ă  leurs concordances, Ă  leurs acceptions, elles ont-beaucoup variĂ©, quelquefois par caprice, mais plus souvent entraĂźnĂ©es par le cours des mƓurs. MoliĂšre disait trĂšs bien : un chacun, comme les Anglais disent every ohe ; c’était une expression Ă©nergique et populaire qui spĂ©cialisait l’individualitĂ© dans la masse. ÏJn chacun Ă©tait dĂ©jĂ  surannĂ© sous le rĂ©gent. Buffon , Ă  la fin du dix-huitiĂšme siĂšcle Ă©crivait : Les Chinois sont des peuples mois, ce pluriel serait inadmissible aujourd’hui. Pourquoi ? Nul ne peut le dire. On rend aisĂ©ment compte de plusieurs autres variations du langage. Une coquette, du temps de Louis IX, c’était une femme perdue ; la sĂ©vĂ©ritĂ© des habitudes n’établissait aucune diffĂ©rence entre la coquetterie et le libertinage, le dĂ©sir de plaire et la dĂ©bauche. Coquette immonde et mal famĂ©e Et de tout boa poinct dĂ©garnie, ' ' . . DĂ©tale, sus!... dit une vieille moralitĂ©^ A mesure que les mƓurs se sont adoucies , la coquette s’est rĂ©habilitĂ©e. La prude, au contraire , a perdu de sa valeur. Les contemporains dĂ© Marot estimaient fort la prude femme et le prude homme ou prud’homme ; synonyme d’AonneTe femme et d'honnĂȘte homme. Aujourd'hui la/jrt/de est une rbpe, et qu’avec un bon cheval, une armure de fer, un poignet vigoureux , trois cents vassaux armĂ©s, et une citadelle sur un rocher, on bravait le monde et la loi. C’était faire le plus grand Ă©loge possible d’un gentil- plus grand Ă©loge possible d’un gentilÂŹ homme ou d’un souverain - que de dire qu’ils Ă©taient accorts ; mot charmant, qui n’exprimait pas seulement FamĂ©nitĂ©,extĂ©rieure, mais le bon-vouloir et la gĂ©nĂ©rositĂ© de VĂąme. Vaccortise, TamabilitĂ© nĂ©e d’un sentiment
( <5 ) rĂ©el, sc changea en courfowte; ce fut une seconde nuance plus ramie, um expression pĂąlissante de la mĂȘme qualitĂ©, un mĂ©rite rĂ©servĂ© Ă  l'homme rompu aux Ă©lĂ©gantes mƓurs des cours. Mais dĂšs le siĂšcle, de Louis XIV, le mot courtois paraĂźt de vieille date : on le rejette, on dit d’un homme qu’il est de bon lieu et qu’il a bon air. . * Ce n’est dĂ©jĂ  plus une qualitĂ© vraie que l’on reconnaĂźt en lui, c’est une forme extĂ©rieure, un air-W suffĂźt de- louer sa naissance, ses maniĂšres et son droit Ă  Versailles. BientĂŽt aprĂšs , il faut trouver encore une nouvelle modification plus Ă©nervĂ©e, pour satisfaire des mƓurs nouvelles. Accort, courtois, de bon air, dĂ©port lieu, tout cela meurt et disparaĂźt. Voici le rĂšgne des mots poli et politesse. La politesse, expression froide qui trahĂźt la recherche, le raffinement, et qui suppose non la sincĂ©ritĂ©, mais l’étude dĂ©licate des convenances sociales, domine tout le dix-huitiĂšme siĂšcle : elle se retrouve en honneur sous NapolĂ©on Bonaparte, Aujourd’hui elle se dĂ©crĂ©dite ‱ Ă  peine s’en sert^on ; elle perd chaque jour^ sous nos yeux, le sens flatteur qu'elle avait autrefois ; on peut parier Ă  coup sĂ»r, que' dans vingt ans l’expression sera tombĂ©e en complĂšte dĂ©suĂ©tude. Nos grand’mĂšres avaient beauÂŹ coup de vĂ©nĂ©ration pour un homme d’une pohTĂ©sse achevĂ©e :ee serait en 1835 un ridicule compliment. Nous avons perdu accoriise, couftoisie, politesse, le ne sais trop ce qui nous reste. Voici un mot que nous avons bien Injustement flĂ©tri. AprĂšs avoir permis aux femmes d’ĂȘtre coquettes, leur avoir dĂ©fendu d’étre prudes, et dĂ©truit peu Ă  peu toutes les nuances de la courtoisie, la langue française a dĂ©cidĂ© qu’un bon homme serait un sot. ' ^ ' . * J’en suis fĂąchĂ© pour elle ; mais cela ne lui fait point honneur. Nous sommes le seul peuple qui ayons dĂ©couvert un terme palliatif pour la mĂ©chancetĂ©/mdĂŻĂźce), quatorze variĂ©tĂ©s d’expression pour la satire, ses alliĂ©s et sa famille {satire, ironie, raillerie, causticitĂ©, sarcasme, rire sardonique, Ă©pigramme, moquerie, persiffĂźage, quolibet, lardon, brocard, mystification, parodie, sans compter malveillance, malignitĂ©, en mauvaise part; espiĂšglerie, plaisanterie, en bonne part) ; et qui ayons tournĂ© en dĂ©rision la reine des vertus, la vertu sans effort, la bontĂ©. Buono, en italien, a presque la noble signification du fo kalon dĂšs Grecs; il exprime l'excellence, la beautĂ©, la perfection ; le buon pittore vaut cent fois plus que notre bon peintre. Le good fellou) des Anglais, et le^uit mensch des Allemands, seraient des compliments trĂšs agrĂ©ables que le gĂ©nie et la puissance ne refuseraient pas. Si nous voulions traduire dans ces deux langues, la mĂ©prisante expression contenue dans la phrase pauvre bonÂŹ homme, il se trouverait que le poor good Tnan, rĂ©unissant l’idĂ©e du malheur et celle de l’excellence (deux choses sacrĂ©es et vĂ©nĂ©rables), exciterait la pitiĂ© et l’estime, et point du tout l’ironie. La ĂŽortĂ omfe prise en' mauvaise part, la bontĂ© du caractĂšre assimilĂ©e Ă  la niaiserie, le dĂ©voĂ»ment ou la bonne foi flĂ©tris, la profanation de la plus prĂ©cieuse qualitĂ© du cƓur humain, no datent que de cette Ă©poque malheureuse oĂč l’hypocrisie de M“« de Maintenon et la dĂ©cadence de Louis XIV dĂ©pravaient notre caractĂšre national. Bussy-Rabutin, ce lĂąche fat, ce calonmiateur des femmes qui rĂ©sistaient Ă  ses avances, a le premier confondu l’homme ban avec l’homme bĂȘte. C’était bien digne de lui. Quant Ă  sa codsine, de SĂ©vignĂ©, dont il a fait un portrait odieux, faux etridicule, aprĂšs avoir essayĂ© vaineÂŹ ment de la sĂ©duire, elle ne manque jamais d’appeler le grand Arnaud le bonhomme, parce qu’elle l’aime et qu’il est bon. Les lettres de Maliierhe et de Peiresc, do Guy-Patin et de Lhospital, donnent le mĂȘme sens au mot bonhomme. On conçoit que sous le cardinal Dubois, sous le financier Law, sous le chancelier Maupeou,. sous les rĂšgnes de de Pompadour et de pubarry, dans la longue orgie de la monarchie mourante, lorsque les Liaisons dangereuses et Figaro reprĂ©sentaient la sociĂ©tĂ©, le titre d’homme bon ou de bon homme soit tombe dans le dernier mĂ©pris.' , ' Cette teinte d’ironie, ce sarcasme cruel, cette contre-vĂ©ritĂ© mordante, se retrouvent dans le fond mĂȘme et dans les origines de la langue française. C’est chose curieuse de voir l'Ă©pigramme au berceau de la syntaxe* Quelques gallicismes singuliers ne peuvent s’expliquer que de cette maniĂšre: —fCous mas la donnez belle / dans le sens de : Vous vous moquez/ -^Vous ĂȘtes bon/ exclamation populaire, ^ signifie : Je me moque de ce que vous dites / —Vous aurez beau faire / pour : Vous vous fatiguerez m efforts inutiles / sont autant d'exemples des mots'bon et beau, dĂ©tournĂ©s tout exprĂšs de leur signification propre et aiguisĂ©s par l’ironie. Il fera beau voir, signifie : Ce sera un spectacle ridicule de voir/ Les grammairiens ont tort de cher- cfe l’exacte analyse de la locution bizarre : Fous avez beau faire i lĂ  beau est pour ridicule ; tous les efforts perdus sont ridicules, ce sont de bectua: efforts! Nul idiome, moderne ne prĂ©sente ces phĂ©nomĂšnes; les expresÂŹ sions nĂ©gatives abondent dans notre langue ; c’est un instrument montĂ© pour la raillerie, accordĂ© par elle, possé dant les nuances les plus dĂ©liĂ©es de la satire. Aussi voyez quel usage .en font Voltaire et Lesage, MoliĂšre et Pascal, et essayez de les traduire, en quelque langue que ce soit. Ainsi la loi supĂ©rieure, la vĂ©ritable rĂšgle souveraine d’un idiome, c’est son gĂ©nie propre. Quel est ce gĂ©nie? Le grand Ă©crivain, l’homme de talent, s’y associe par instinct et par rĂ©vĂ©lation. 11 est fidĂšle Ă  cette loi, sans la conÂŹ naĂźtre ; les fantaisies, les sĂ©vĂ©ritĂ©s, les sottes dĂ©licatesses des grammairiens auront beau condamner ce que Je gĂ©nie d’une langue permet, Ü se trouvera une plume audacieuse qui leur prouvera leur; folie. PHILARÈTE CHASLES.
( ) . > I PETIT VOCABULAIRE GRAMHIAT1GAL (1). 1 - ^ ABSOLUMENT. Prendre, employer unmot nhsolummt. Employer sans complĂ©ment un mot susceptible d’en avoir un. EspĂ©rer, c'est jouir. Vivre dans Vabondance. — Employer elliptiquement une expression en supÂŹ primant le mot ou les mots qui la rĂ©gissent ordinairement, comme dans cette phrase de commandement, Pied Ă  terre, oĂč le mot mettes est sous-enlcndu, ACCEPTION. Signification, sens dans lequel un mot se prend. Acception propre, naturelle, Ă©tendue, rigouÂŹ reuse, dĂ©tournĂ©e, figurĂ©e. ACCORD. Rapport des mots entre eux, exprimĂ© par le genre et le nombre. Accord de.VadjecHf avec le substantif, du verbe avec son sujet. activement. Se dit d’un verbe neutre. Parler, s’emploie activement dans celte phrase : Cet homme parle bien sa langue. , ' ADJECTIVEMENT. En maniĂšre d’adjectif. Ce mot s'emploie adjectivement. ADVERBtALiTÉ. QualitĂ© d’un mot considĂ©rĂ© comme adverbe. Peu usitĂ©. ADVERBIAL. Se dit de deux bu de plusieurs mots qui, joints ensemble, ont force et signification d'adverbe. Ces mots se norriment façons de parler, phrases, ou locuftons adverbialesi. ADVERBIALEMENT. D’unc maniĂšre adverbiale. Dans cette phrase : Chanter juste, Vadjectif juste est pris adverbialement. - ADVEBSATiP. S’émplole dans cette locution : Conjonction, particule aotversaftve. Conjonction, particule qui marque opposition, diffĂ©rence entre ce qui la prĂ©cĂšde et ce qui la,suit. ANALOGIE. Rapport qu’ont entre elles les consonnes qui sc prononcent avec la mĂȘme partie de Torgano vocal, comme le R et le P, consonnes labiales, le D et le T, consonnes dentales, etc. — Rapport que divers , mots ont ou doivent avoir ensemble pour leur formation, comme prtssionnc, formĂ© de passion, etc. ANTÉCÉDENT. Se dit çlcs noms*€t profioms, quand ils prĂ©cĂšdent et rĂ©gissent le relatif qui. JDieu qui peut tout. ‘ APHÉRÈSE. Figure par laquelle on retranche une syllabe ou une lettre au commencem.ent d’un mot. On remploie souvent dans les Ă©tyinolĂŽgies. C’est ainsi'que de gibbosus on a fait bossu, etc. APOCOPE. Figure par laquelle on retranche une lettre ou une syllabe Ă  la fin d’un mot, Grand'mĂšre, pour Grande mĂšre, etc. En poĂ©sie : Je voi, encor, pour Je vois, encore, etc. APPOSITION. Figure par laquelle on joint un substantif Ă  un autre, sans particule cordoncĂŒve, et par une sorte d’ellipse, pour exprimer quelque attribut particulier de la chose dont on parle. CicĂ©ron, VorateuryĂŽ- main, etc. APPUI. Vappui de la voix sur une syllabe. L’élĂ©vation plus ou moins sensible de la voix, indiquĂ©e par l’accent tonique. ' ' . * ASPIRATION. La maniĂšre de prononcer en.aspirant. Vans plusieurs mots, FH se prononce avec aspiration. ASPIRER. Prononcer plus ou moins fortement delĂ  gorge. Vans les mois hauteur, honte, etc,, il faut aspirer la voyelle (jui suit Vil, H faut aspirer TH. Vrie H aspirĂ©e. » COMPARAISON. Se dit des degrcs de signification dans les adjectifs : le positif, le comparatif, et le superÂŹ latif. Comparaison de supĂ©rioritĂ©, d’égalitĂ©, d’infĂ©rioritĂ©. — Des adverbes qui indiquent ces diffĂ©rents rapÂŹ ports : plus, moins, autant, etc, ' COMPLÉTTF. Sc dit des mots qui ser^Ɠnt de complĂ©ment. CONJONCTIE. Se dit do certaines parĂŒcules qui servent' Ă  lier un niot, un sens Ă  un antre, comme et, ni, et quelquefois que; — Locution conjonctive. ' ■ ' CONSTRUCTION, L’arrangcmeut des mots suivant les rĂšgles et l’usage de la langue. Construction gramma- iicĂ le, rĂšquItĂšre, vicieuse, louche, elliptique, CONSTRUIRE. Arranger lĂ©s mots suivant les rĂšgles. ConsfmiVc une phrase. DÉRIVER. Neutre. Se dit dĂ©s inots qui tirent leur origine d’un autre. Ce mot dĂ©rive de Varçtbe. —■ Actiy. Ce mot est dĂ©rivĂ© du grec. — DĂ©rivĂ©, substantiv. Le verbe courir et ses dĂ©rivĂ©^. DÉSINENCE. Se dit de la terminaison des -mots. DÉTÈRMtNATiP. Qui dĂ©termine la signification d’un mot. Adjectif, cOniplĂ©ment dĂ©terminatif. DÉTERMINER. Se dit dc cc qui prĂ©cise ou re'strcint le sens d’un mot. Vans ta phrase Le livre dc,Pierrç> les mots de Pierre dĂ©terminent le mot livrer . DIRECT. Construction directe. Construction qubplace les diffĂ©rents mots de la phrase dans Tordre de la relation grammalicale. DiSJONCTiP. Se dit des conjonctions qui, en unissant les membres de la phrase, sĂ©parent les choses dont on - parle, comme ow, soif/m. — Subs. fĂ©m. La rĂźtsjonca'vc ou. , DĂŻSSYLLARE. Qiil est dc dcux syllabes. — Subs. mĂąsc. Vn dissyllabe. DOUTEUX. Se dit des noms que les uns mettent aĂč masculin, etd’autres au fĂ©minin. ÉLiDER. Retrancher une voyelle finale, la supprimer dans TĂ©criture ou dans la prononciation. La lettre Ă©liÂŹ dĂ©e est remplacĂ©e, dans TĂ©criture, par une apostrophe. —S’élider se dit de la lettre qui souffre Ă©lision. Dans la prononciation, on supprime Te muet final devant une voyelle ou une h muette : Ün’ heure, quair* ans ; mais l’élisibn ne se marque pas dans TĂ©criture. * (0 On n’a pas mis ici les termes de grammaire expliquĂ©s dans le cours de Touvrage.
(15) ELLIPSE. Retranchement d'un ou de plusieurs mots qui seraient nĂ©cessaires pour la rĂ©gularitĂ© de la cons- ti ucUon, mais que l’usage permet de supfirimer : La 5amf-/enn, aĂč lieu de La fĂȘte de saint Jean, — Elle est frĂ©quemment usitĂ©e dans les rĂ©ponses qui suivent immĂ©diatement les interrogations ; Quand viendrori-ĂŒ? Demain’f on sous-entend, H viendra, ' . ELLIPTIQUE. Qui renferme une ellipse. Façon de parler, tour, langue elliptique? ELLIPTIQUEMENT. Par cliipse. Du tout, pour Pas du tout ou pom( du tout. ÉPiTHÈTE. Adjectif, mot qui sert Ă  qualifier un nom substantif, pour en prĂ©ciser ou-modifier le sens. ÉpithÚße expressive, oiseuse.- - EXTENSION. L’action d’ctendre la signification d’un mot. Le sens par extension tient le milieu entre le sens propre et ie sens figurĂ©. L’éclat (au propre) de la lumiĂšre. L’éclat (au figurĂ©) de la vertu. L’éclat (par extension) du son, . - FIGUEÉMBNT. Dans un sens figurĂ©. Employer un mot figurĂ©ment. FIGURÉ. Jjsens figurĂ© d’un mot, d’une phrase. L’emploi d’un mot, d’une phrase dans une signification dĂ©tournĂ©e par rapport au sens propre. Expression, phrase figurĂ©e. Qui renferme ime figure. Discours, style figurĂ©, Dans lequel il y a beaucoup de figures. Substantiv. Le propre et le figurĂ©, FINAL. Sc dit des derniĂšres lettres ou des derniĂšres syllabes d’un mot, — Subst. fĂ©m. La derniĂšre syllabe d’un mot. Finale longue, brĂšve, FINI. Sens fini, se dit par opposition Ă  sens incomplet ou suspendu. Mode fini, se dit des modes du Verbe indiquant personne, nombre , et temps. FORMATION. La maniĂšre dont un mot se forme d’un autre mot, ou dont un mot passe par ses diverses forÂŹ mes. La formation d’un adjectif verbal, du pluriel, d/un temps, d’un inode. FORME. Se«»dit d’un mot considĂ©rĂ© par rapport Ă  sa composition, Ă  ses modifications. Ce mot a une forme grecque. La forme du singulier, du pluriel. Les formes actives, passives d’un verbe. HOMONYME. Se dit des choses qui ont un mĂȘme nom, quoiqu’elles soient de nature diffĂ©rente, et plus ordir nairement des mots pareils qui expriment des choses diffĂ©rentes. Les diffĂ©rentes choses exprimĂ©es par le mot .homonymes. Mule, animal, et Mule, chaussure ; ChaĂźne et ChĂȘne, etc., sont des mots homonymes.-^Subsi, masc. Les homonymes, HOMONYMIE. QualitĂ© de ce qui est homonyme. L’homonymie des termes, IDIOTISME. Construction, locution contraire aux rĂšgles gĂ©nĂ©rales, mais propre et particuliĂšre Ă  une langue. Chaque langue a ses idiotismes, ' IMPERSONNEL. Se dit des modes du verbe qui ne reçoivent pas d’inflexions indiquant les personnes, tels que i’infinitif et le participe. Mode impersonnel. Forme impersonnelle. IMPERSONNELLEMENT. Se dit dĂŽs vcrbcs qui deviennent accidentellement impersonnels. Le verbe arriver est employĂ© impersonnellement dans cette phrase : Il arrive 50u\eni que... INDÉFINI. Se dit de ce qui exprime une idĂ©e vague ou gĂ©nĂ©rale qu'on n'applique point Ă  un objet dĂ©terÂŹ minĂ©. Sens indĂ©fini.'Mot, pronom indĂ©fini : On, quiconque, un, etc. Un homme sage doit toujours, etc. INDÉFINIMENT. Se dit (Ics mots pris dans un sens indĂ©fini, . INFLEXION. Se dit de la maniĂšre de conjuguer un verbe, des diffĂ©rentes formes que prend ce verbe quand on le conjugue. ^ . ‱ iNTERROGANT, Se dit du point dout on se sert dans l'Ă©criture pour marquer rinterrogalion On dit plus ordinairement ; Point d’interrogation. INTERROGATIF. Se dit dccc qui seil Ă  interroger, qui "marque interrogation. Particule, phrase intertoga^, Ăźive. Termes interrogatifs. INTERROGATION. Scdit d’unc plirasc ou d’une expression par laquelle on interroge. Point d’interrocation. Point que l’on met pour marquer rinleri’ogalion (?). iNVARiAiĂŻLE.'Sc dit des mots dont la terminaison ne change jamais, tels que les adverbes, etc, INVERSION, Transposition, cliangement de l'ordre dans lequel les mots sont ordinairement rangĂ©s dans le discours. Inversion Ă©lĂ©gante, poĂ©tique, forcĂ©e, * ’ * LIAISON, Se dit de ce qui lie ensemble les parties du discours : Liaison des idĂ©es. TJaison dam les phrases^ de certains mots qui ser^^cnt Ă  lier les pĂ©riodes, et qu’on nomme autrement Conjonctiom^ NASALEMENT. Se dit de ce qui se prononce avec un son nasal. Cette syllabe se prononce nasalement, NASALiTÉ, Se dit de la qualitĂ© d’une lettre nasale. N, Ă  la fin d’une syllabe, est ordinairement le signe de lanasalitĂ©. - - NÉGATIF, ix^E. Se dit de ce qui exprime une nĂ©gation. Terme nĂ©gĂ iif. Proposition, particule nĂ©gative, —Substantif au fĂ©minin. Mot qui sert Ă  nier. Les nĂ©gatives Non, ni, ne. On dit plus ordinairenicnt NĂ©gation. NÉGATION. (Voir ci-dessus,_ NĂ©gative, subsL) NEUTRALEMENT. Se dit dĂ©s verbes actifs e'mployĂ©s d’une maniĂšre neutre. ONOMATOPÉE. Formation de mots dont le son imite la chose qu’ils signifient, tels que : Coucou, glouglou, trictrac, etc.—Sc dit des mots imitatifs eux-mĂȘmes. Dictionnaire des onomatopĂ©es. PARONYME. Sc dit d’un mot qiii a du rapport avec un autre, par son Ă©tymologie, ou seulement par sa forme, comme abstraire et distraire, amande et amende. PASSIVEMENT. Se dit dcs verbes employĂ©s dans le sens passif. ' PHONIQUE, Se dit des signes destinĂ©s Ă  reprĂ©senter les sons de la voix. Signe, accent, phonique, POLYSYLLABE. Sc dit dcs mots composĂ©s de plusieurs syllabes.—Subst. masc. Un })olysyllabe, , POSSESSIF. Se dit des pronoms et des adjectifs qui servent Ă  marquer la possession, tels que Mon, ton,, 5on, etc. PRÉPOSITIF, ivE. Se dĂźt de ce qui a rapport Ă  la prĂ©position. Particule, locution prĂ©positive. PRIMITIF. ^ dit du mot radical dont se forment les mots qu'on appelle dĂ©rivĂ©s ou composĂ©s. Mot primitif, —Subst. Les primitifs.
( 16 ) ■ PRIVATIF, IVE. Se (lit de ce qui marque privation. Particule privative.—Subst. Les privatifs. PRONOMINALEMENT. Se dit d’uQ vcrbc employĂ© accidentellement comme verbe pronominal. PROPOSITION. Se dit d’un discours qui affirme ou qui nie quelque chose. J’aime Dieu est une proposition. Toute proposition se compose de trois termes : le sujet, le verbe et ĂŻattribut. Dans la plupart des phrases il y a une proposition principale Ă  laquelle se rattachent diverses propositions accessoires, subordonnĂ©es, incidentes. , Proposition simple, composĂ©e, 'complexe^ incomplecçe. ' PROSODIE. Se dit de la prononciation rĂ©guliĂšre des mots conformĂ©ment Ă  l’accent et Ă  la quantitĂ©. Traite, rĂšgles de prosodie. . ‘ PROSODIQUE. Se dit de ce qui a rapport Ă  la prosodie. Signe, accent, langue prosodique.' RACINE. Se dit des mots primitifs d’oĂč les autres sont dĂ©rivĂ©s, ou dont ils sont composĂ©s. RAPPORT. Se dit de la relation que les mots ont les uns avec les autres. Le rapport de Vadjectif au substantif du participe passĂ© au substantif qui le prĂ©cĂšde. RÉDUPLiCATiF. Se dit des mots qui expriment la rĂ©itĂ©ration des actions. Sens rĂ©duplicatif. ParticuU rĂ©dupUcaiive, Re. RÉDUPLiCATĂŻON. RĂ©pĂ©tition d’une syllabe ou d’une lettre. RÉFLÉcniR (Se). Se dit ĂŒgurĂ©ment de Taction du verbe qui se reporte sur le sujet, exemple : Je me repens, . Il se flatte. RÉGIR. Se dit des verbes et des prĂ©positions, et signifie, Avoir, exiger pour rĂ©gime ou complĂ©ment. La prĂ© position sert ordinairement Ă  exprimer lerapport du mot qu elle rĂ©git avec ce qui la prĂ©cĂšde. RÈGLE. Se (fit des prĂ©ceptes qui, dans les sciences et les arts, servent Ă  les enseigner, des principes qui en vendent la connaissance plus facile et la pratique plus sĂ»re. RĂšgles gĂ©nĂ©rales, particuliĂšres. SENS. Se dit de la signification d’un mot, d’une phrase, d’un discours. Sens propre, figurĂ©, JeVournĂ©,/*ttua;, forcĂ©, naturel, mĂ©taphorique, allĂ©gorique, littĂ©ral, mystique, moral. ' SOUS-ENTENDRE. Se dit dc certains mots qu’on n’exprime pas, et qui peuvent aisĂ©ment ĂȘtre suppléés. Dans une bouteille de vin, le mot pleine est sous-entendu. SUPPLÉMENT. Se dit des mots que, pour complĂ©ter le sens, on doit ajouter Ă  ceux qui composentJa phrase usuelle et elliptique. Dans cette phrase, A la Sainl-Martin, les mois fĂȘte de sont le supplĂ©ment. SVLLEPSE. Figure par laquelle lĂ© discours rĂ©pond plutĂŽt Ă  n()tre pensĂ©e qu’aux rĂšgles grammaticales : Iji plupart des hommes sont bien fous ; oa pav laquelle un mot est employĂ© Ă  ia fois au propre et au figurĂ© : GalatĂ©e est pour Corydon plus douce que le miel du mont Hybla. - SYNALÈpiiE. RĂ©union, jonction de deux mots en un seul. Quelqu’un pour quelque un. SYNcniSE. Confusion, transposition des mots qui trouble Tordre et l’arrangement d’une phrase, d’une pĂ©riode. SYNCOPE. Figure qui consiste dans le retranchement d’une lettre ou d’une syllabe au milieu d’un mot. GaĂźtĂ©, pour GaietĂ©, etc. SYNCOPÉ.' Se dit d’un mot du milieu duquel on a retranchĂ© une lettre ou une syllabe. SYNONYME. Se dit d’un-mot qui a la mĂȘme signification qu’un autre mot, ou une signification presque semblabk, comme Aimer et ChĂ©rir. — Subst. masc. Peur est le synonyme de Crainte. — Au plur. Titre de certains ou\Tages en forme de (ficĂŒonnaire, dans lesquels la diffĂ©rence des mots synonymes est expliquĂ©e. Les Synonymes français. ' ^ SYNONYMIE. QualitĂ© des mots synonymes. La synonymie dcs^ mots Courroux et ColĂšre. SYNTAXE; Arrangement, construction des mots et des phrases selon les rĂšgles de la grammaire: Observer la syntaxe ; les rĂšgles mĂȘmes de la construction des mots et des phrases : Apprendre la syntaxe-, par extension Le livre qui contient ces rĂšgles : Pai perdu ma syntaxe. : TERMINAISON. Se dit dĂ© la dĂ©sinence d’un mot. Terminaison masculine, fĂ©minine. Terminaison'en or, .enir,enur, en er, eh ir, en oir, enre, etc. - ‱
■» * INTRODUCTION. t ' * * |*5P-o^^<S^Clu h « f OB.ZQXNÂŁ SX ^noaiXÈS 2>17 Z.A97GAOS. PlacĂ© au sommet de TĂ©chelle de la crĂ©ation, Thomme doit sa supĂ©rioritĂ© Ă  la perfection Je son intelligence, et Ă  la pensĂ©e la force apparente qui vient colorer sa faiblesse native. On l’a dit souvent, rĂ©duite Ă  ses facultĂ©s physiques, la plus noble crĂ©ature de Dieu ne serait qu’un animal dĂ©bile et misĂ©rable. C’est Ă  l’ñide de l’idĂ©e que l’homme embrasse la nature entiĂšre, s’en empare, et la range esclave au service de ses.besoins, de ses plaisirs. 11 plane au-dessus de l’aigle, il enchaĂźne la foudre ; et l’ĂȘtre, en apparence le plus limitĂ©, se rend le maĂźtre de la crĂ©ation. Mais parmi les avantages inhĂ©rents Ă  notre organisation intellectuelle, il faut incontestaÂŹ blement placer en prerniĂšre ligne la facultĂ© de parler, prĂ©rogative aussi prĂ©cieuse que celle de l’entendement, car le langage n’est pas seulement l’auxiliaire, mais le com- plĂ©ment dĂ© la raison. Avec l’admirable facultĂ© de fixer ses pensĂ©es par des signes matĂ©riels, de les communiquer Ă  ses semblables, de s’enrichir des conceptions, des dĂ©couvertes de tous les temps, de tous les lieux, l’homme a pu reculer indĂ©finiment les bornes de sa perfectibilitĂ©; et contemporain de tous les Ăągescitoyen de tous. les . pays, conserver les trĂ©sors de la sagesse antique, Ă  cĂŽtĂ© des trĂ©sors qu’amasse le prĂ©sent. Sans la .parole, point de tradition, point d’histoire, point de discussion, point de science, point de lois, point de sociĂ©tĂ©. Qui pourrait nommer sociĂ©tĂ© la ’ rencontre fortuite de quelques individus incapables de se communiquer leurs besoins, de combiner leurs projets, de travailler de concert Ă  leur avenir ? Imaginons un peuple de sourds-muets; s’il lĂąche de se donner une forme sociale, combien d’obsia-r des n’aĂčra-t-il pas Ă  surmonter ! Que sa marche sera chancelante et difficile ! Ces considĂ©rations, appliquons-les au langage Ă©crit, espĂšce de corollaire, forme visible du langage. Si la parole est l’image fugitive de l’intelligence, l’écriture en devient le symbole permanent ; si la parole nous met en communication avec ceux qui sont prĂ©sents, l’écriture porte notre pensĂ©e aux lieux oĂč nous ne sommes point, et la conÂŹ serve pour les temps oĂč nous ne serons plus. La grammaire suivit de prĂšs l’écriture. Quand on Ă©ut trouvĂ© le moyen de peindre les mots, on ne tarda pas Ă  en dĂ©couvrir les lois. DĂšs lors il ne fut plus permis d’emÂŹ ployer un terme pour un autre, ni de construire une phrase arbitrairement, ainsi qu’on l’avait fait jadis plus d’une fois, Ă  l’époque oĂč chacun Ă©tait maĂźtre absolu de ses paroles comme de sa personne. La grammaire fit dans le langage ce que la loi avait fait dans la sociĂ©tĂ©, elle mit*chaque chose Ă  sa place, et assura l’ordre gĂ©nĂ©ral en restreignant l’indĂ©pendance individuelle. , ' Les familles et les peuplades peu Ă©loignĂ©es les ĂŒnes des autres se soumirent en commun aux mĂȘmes lois grammaticales; mais les montagnes, les fleuves, les mers Ă©tablirent des barriĂšres entre les diffĂ©rents langages, et plusieurs grammaires se forÂŹ mĂšrent sur la surface du globe. Chaque langue eut son gĂ©nie particulier; mais, quelle que fĂ»t la diffĂ©rence de la forme, le fond resta partout le mĂȘme; parce qu’il tenait Ă  la nature mĂȘme de l’esprit humain. L’ensemble de ces principes invariables forme 3
, { <8 ) ce qĂŒ*6h appellĂ«/a grammcĂ rĂš gĂ©nĂ©rale. Jetons un coup-d*Ɠil rapide sur l’origine de» Ă©lĂ©ments du langage. ÏNTJERJÈC^iaNSi Les premiers mots des langues, dans l’enfance des sociĂ©tĂ©s, ne durent ĂȘtre que des sons, ou plutĂŽt des cris inarticulĂ©s, accompagnĂ©s de mouvements et de gestes propres Ă  exprimer d’une maniĂšre plus frappante et plus Ă©tendue les impressions que Ton senÂŹ tait et que l’on voulait communiquer aux autres. Ce sont lĂ , en effet, les seuls signes dont la nature apprend l’usage Ă  tous les hommes, et que tous peuvent comprendre. Celui quivoyait un homme s’approcher du repaire de quelque bete fĂ©roce, d’un Heu oĂč ' luĂź-mĂȘmĂ« avait ^coĂŒru risque de la vie, ne pouvait l’avertir du danger qu’en poussant les cris et Ă©n faisĂ nt les gestes qui sont les signes de ia crainte. Aussi ces exclamations, auxquelles les grammairiens ont donnĂ© le nom Ă©finterjecĂ»onSy prononcĂ©es d’une ma^. niĂšre vioĂźĂȘnle elpĂąssionhĂ©e, furent, en quelque sorte, lĂ©s preriiiers Ă©lĂ©ments ou matĂ©* .riaux du langage. m- SUBSTANTIFS. Les premiers pas que les hommes durent faire, aprĂšs avoir instituĂ©, en quelque sĂŽrte, lĂšs cris inarticulĂ©s *qĂčb nous avons nommĂ©s interjections^ pour signes de leurs passions les plus violentes, de leurs besoins les plus pressants; les premiers mots qĂŒâ€™ils durent invehtĂšr, furent lĂšs noms'des objets qui lenf Ă©taient le plus familiers, qĂŒi pouvaient le plus les servir ou leur nuire. Ainsi ĂŻarbre dont le fruit les nourrissait, dont le ĂźeuiliĂ gĂš leur offrait un abri ^ le ruisseau dont l’eau les dĂ©saltĂ©rait j Vanimai dont ils'craignaient la fĂ©rĂŽciiĂ©, ou celui qui lui-mĂȘme leur servait de proie; VarmĂȘ grĂŽssiĂšre avec laquĂ©lle ils attaquaient l’un et repoussaient l’autre, tous ces objets et beauÂŹ coup d’autres encore durent avoir leurs noms. AprĂšs les exclamations ou interjections, qui, comme nous l’avĂŽn's dit,, ont dĂ» former le premier langage du genre humaih', lapartiĂš Ăźa pĂźus ancienne du discours est donc cette cĂźassede mots qui expriment leschƓ ses existantes. LorsquĂ« les hommes ne se bornĂšrent plus Ă  dĂ©signer les objets .p*ar un cri Ă©nergique et rapide, et qĂŒâ€™ils leurdonhĂšrent un nom articulĂ©, les substantifs furent créés. PRONOMS. Quand l’homme eut appris Ă  se distinguer des objets environnants, et qu’il voulut exprimer par un mot Son Existence individuelle, le mot moi s’échappa de sa bouche; il dĂ©signa par le mot bi l’existence d’un autre homme Ă  qui il pariait; il dit il pour dĂ©signer son semblable sans lui adresser la parole; et par la suite le moti/ s’appliqua aĂŒx animaux ou *Ă ĂŒx choses inanimĂ©es, et remplaça leur nom dans le discours. Gette classe do mots,- que les grammairiens ont-appelĂ©s pronĂ mSj rentre Ă©videmment dans celle dĂšfe substantifs; car comine eux, ils reprĂ©sentent des objets existants; comme eĂŒk, ils font ou reçoivent certaines actions. ' * “ ADJECTIFS. Les qualitĂ©s propres aux objets qui envĂźronriaiĂšnt l’homme se firent nĂ©cessairement remarquer aussitĂŽt qu’il connut^ces objets ibĂȘmes; un fruit doux eVagrĂ©able ne pouvait pas ĂȘtre confondu avec un fruit amer ou qui contenait des sucs vĂȘnmeux; le chien, si naturellement ami de l’homme, si disposĂ© Ă  le servir, Ă  s'e sacrifier mĂȘme pour lui, clui se faire distinguer du loup ou du tigre qĂŒi semble dĂ©truire et dĂ©chirer les aiitres aniÂŹ maux sans besoin, sans nĂ©cessitĂ©, par le seul instinct dĂ© sa fĂ©rocitĂ© naturelle. Nos sens eux-mĂȘmes nous forcent Ă  dĂ©composĂ«rlĂ©s objets que noiis offre lĂ  nature : les couleurs, les fermes, les qualitĂ©s tactiles, etc., n’àffectĂšrit point Ăšh nous des ĂŽrganeV; nous sommes obligĂ©s de ;nĂŽu8 en faire à«tMt^dddĂ©es’divĂšrs^’q^’iLy a d’organes ĂąiffĂ©-
( 19 r rents auxquels renlendement pĂ©ut rapporter les sensations que nous en recevons; de lĂ  uhĂš troisiĂšme classe de mots, tout-Ă -fait dilfincte de celles dont nous ^yonsparlĂ©^^^c’est celle des adjecĂŒfsy qui dĂ©signent non plus^ Tobjet mĂȘme, mais la maniĂšre d’ĂȘtre de l'ĂŽbjĂšt. il ^ VERBES. . ^ J L’hOfhmĂȘ, aprĂšs avoir dĂ©signĂ© par des noms TexistencĂš.particuliĂšre ^^bjets qui rentourĂ ĂźenĂŻf «’élĂ©va Ă  l’idĂ©e gĂ©nĂ©rale d’existence: il inventa le mot Ă©ire^ui n Ă©tait que l'abstraction des diffĂ©r^ts objets existants, prĂ©cĂ©demment connus et nommĂ©s. 11 dut se servir de ce mot gour affirmer que l'objet dĂ©signĂ© ou la qualitĂ© attribuĂ©e Ă  l'objet existait vĂ©ritablem^^-Ê'est ainsi qu’aprĂšs avoir dit d’abord so/ei/y Ă  la vue du globe de ‘feu qui Ă©clairait seĂą .ĂżeĂŒx et fĂ©condait la terre, il put dire : te -soleil ĂȘtre y pour faire com- .prendre que lejpleßßn^Ă©taĂźtpas un .rĂȘve de son imagination, mais bien un objet rĂ©el de la nature, ou-f/e \oleil ĂȘtre brillant, pour faire entendre que l’aliribut d’éclat appartenait rĂ©ellement a^glĂȘil. Ce n’ùst pas tout. Ayant conscience de son existence dans diÂź- rentsinom.erÂź|tĂźbcessifs, il conçût l’idĂ©e dĂ» temps, qu’il divisa naturellemeat en trois parties, lĂ© paSsÇ,'Ja.^rĂ©s'ent et le futur; li appliqĂ»a cette division au mot qui lui servait Ă  exprimer fexil^Ce en gĂ©nĂ©ral, Ăšt au lieu de dire vaguement : le soleil ĂȘtre brlllanty il dit : le soleil Ăšsl bfillanty ne se bornant plus Ă  affirmer l’existence et l’éclat du soiWU mais -montrant "que le moment oĂč il parlait Ă©tait prĂ©cisĂ©ment celui oĂč le soleil Ă©clairait i’iĂźorizon. Pendant lĂ©s tĂ©nĂšbres dĂš la nuit, il dit : le soleiF Ă©tait brillanty pour Ă©noncer que son Ă©clat Ă©tait passĂ©; ou : le 'soleil sera^Manty pour exprimer l’espĂ©rance d’un nouveau jourv DĂšs lors le verbe fut trouvĂ©; ce mot a Ă©tĂ© ainsi appelĂ© du mol latin verbĂźimy qui signifiĂ© mOt oĂč parolĂš, voulant donner Ă  entendre que c’était le mot es^n- tiei, lĂ© mot par excĂšllence, parce qu’en effet c’est celui qui joue ie principal rĂŽle dans rexpression de la pensĂ©e; c’est lui qui donne le mouvement eĂź; la vie au discours. Les autres mots rie sont que les signes isolĂ©s des ĂȘtres ou de leurs qualitĂ©s sensibles; ce sont des mĂątĂ©riaux Ă©pars qĂčĂ© lĂ© verbe viĂ©nt lier entre eux, Ăšn quelque sorte, et qu’il coordonne pour une fin commune. PRÉPOSITIONS. Avec des substantifs, des adjectifs et des verbes, on pourrait faire des. phrases comÂŹ plĂštes; mais cesphrases ne prĂ©senteraient qu’un sĂšns bornĂ©, si l’on n’avait imaginĂ© de lier les substantifs entre eux par une autre espĂšce de mots qui sert Ă  dĂ©terminer des cirÂŹ constances accessoires. Ainsi il y a une grande diffĂ©rence entrĂ© cette proposition : je me promĂšne y et çelles-çi ;jeme promĂšne dans «w bois, sur le quai y a midi y avant ou aprĂšs/e diner. Ces mots dajiSy sur, A; avant, Ă prĂšs^ appartiennent Ă  une classe de mots qui indiÂŹ quent ^lĂ©s rĂ«lalions que les choses ont entre elles, et auxquels les grammairiens ont donnĂ© le nĂ raie prĂ©positions. * CONJONCTIONS* C’était encore peu ^de lier les .mots ensemble pourmarquer les rapports qui pouvaient exister entre eux; il a fallu rĂ©unir les phrases elles-riiĂȘmes'par d’autres mots; tel est l’oiffice des conjonctioris. DanĂš celle nomenclature, nous n’avons point parlĂ© de parce que ce n’est point une partie essentielle du discours. Sans doute, c’est une dĂ©couverte utile, piiisquĂŽ en spĂ©cifiant l’objet devant lequel il çst placĂ©., earisolant des autres objets .semblables, on ajoute beaucoup Ă  la nettetĂ© et Ă  la^prĂ©cision du discours ;.lĂ©s Langues’-qĂŒĂŻ sont pouÉ- vuĂ©s d’articles, comme le grec, l’italien, le français, l’allemand et l’anglais, ĂźSk>tU^pIu5
f Ăąo ) daires que les autres; cependant le langage peut Ă  la rigueur s’en passer, et ce qui le prouve d’une maniĂšre incontestable, c’est, que Je latin, qui en Ă©tait privĂ©, n’était dé pourvu ni de clartĂ© ni de prĂ©cision. ... ^ ‱ Nous n’avons pas non plus fait mentioivdes adverbes; classe nombreuse de motS' que l’on pourrait ranger pour la plupart pa^mi les adjectifspuisqu’ils servent Ă  modifier l’existence ou Taction des ĂȘtres, ou Ă  indiquer une circonstance relatiVe au temps, au lieu, au rang, au degrĂ©, etc. Loin de former une classe Ă  part, ils ne sont presque tous que des locutions abrĂ©gĂ©es, exprimant par un seul mot toute une pĂ©riphrrase. Par exemÂŹ ple, Ă©quivaut Ă  da?is ce lieu; sagement h avec sagesse; aussi peut-on regarder les adverbes comme les mots dont Tinveniion est la plus rĂ©cente, la plupart Ă©tant dĂ©rivĂ©s des mots primitifs. , ■ . * ^ ‘ Nous devions encore moins parler des participes; leur dĂ©nominalioit indique assez leur nature mixte, participant Ă  la fois de TadjĂȘctif et.du* verbe.'Ils ne forment donc pas une des parties fondamentales du discours, et doivent ĂȘtre rangĂ©s parmides adjectifs. Tels sont donc les Ă©lĂ©ments qui entrent nĂ©cessairement dans toutes. JĂšs langues qui ont acquis quelque perfection. Nous ne nous arrĂȘterons pas plus long-temps Ă  rechercher quel a pu ĂȘtre Tusage et la nature de ces mots dans Torigine du langigĂš, c’est-Ă -dire Ă  une Ă©poque dont il ne nous reste presque pas de monuments autheiitjlques. Sans doute, parmi les dĂ©nominations donnĂ©es aux mots par les anciens grammairiens, il y en a qui sont insignifiantes et vicieuses ; mais nous avons dĂ» les conserver.et mĂȘme les prĂ©fĂ©rer, aux nouvelles nomenclatures proposĂ©es par des grammairiens modernes, pour deux motifs. PremiĂšrement, parce qu’aucune de ces nouvelles nomenclatures ne rĂ©unit, Ă  beaucoup prĂšs, des caractĂšres d’utilitĂ© ou de perfection assez frappants pour mĂ©riter d’ĂȘtre gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e; en second lieu, parce que les anciennes dĂ©nomiÂŹ nations ayant Ă©tĂ© employĂ©es parles auteurs des dictionnaires et des. grammaires de toutes les langues, il faudrait ou.refaire ces dictionnaires et ces grammaires, ce qui ne laisse pas d’ĂȘtre un embarras assez considĂ©rable, ou en rendre l’intelligence plus pĂ©nible et presque impossible, ce qui est un inconvĂ©nient plus grave encore. , I. DE LA GRAMMAIhÊ. La renoncule un jour dans un bouquet Avec TƓillet se trouva rĂ©unie : Elle eut le lendemain le parfum de Toeillet. On ne peut que gagner en bonne compagnie. (BĂ©rbngbr.) . Ün astrologue un jour se laissa choir Au fpnd d'un puits. On lui dit : Pauvre bĂ©te ! Tandis qu'Ă  peine Ă  tes pieds tu peux voir, Penses-tu lire au-dessus de ta tĂ©te ? (La Fontaine.) Chacune de ces colonnes nous offre un tableau, un discours, c’est-Ă -dire, la peinture des idĂ©es que Tauteur voulait exprimer. Eh bien, pouvoir dire : - . 1° Les Ă©lĂ©ments qui entrent dans ce tableau, dans cette peinture, c’est-Ă -dire les diverses espĂšces de mots qui constituent ce discours, parlĂ© ou Ă©crit, Tun n’étant qu’une copie de Tautre ; 2° Les diverses/ormes que ces mots ont dĂ» revĂȘtir, afin de pouyoir s’unir les uns aux autres ; 3° Varrangemmt qu’on a dĂ» donner Ă  ces mots, ou aux divers traits qui entrent dans ce tableau, afin qu’on vĂźt Ă  Tinstant le but, l’objet principal, les accessoires, l’ordonnance entiĂšre ; "
( SI ) ^ 4* De quelléß maniĂ©rĂ© ces diffĂ©rents mots doivent ĂȘtrĂ©j^enoncĂ©s, lorsqu’ils sont^Ă©mis par l’organe, vocal ;‘ , / 6Âź Les signes de ponctuation dont on a dĂ» distinguer, dans TĂ©criture; chacune des parties qui composent ce tableau : . ' . * ’ C’est connaĂźtre la grammaire^ c’est-Ă -dire la science qui embrasse toutes lĂ©s-rĂšgles que Thomme est obligĂ© de siiivre pour peindre, pour exprimer ses idĂ©es, soit de.vive voix, soit par Ă©crit (1): La Grammaire est donc ia science du langage, c'est-Ă -dire la science des signes de la pensĂ©s : ' ' considĂ©rĂ©s dans leurs Ă©lĂ©ments , leurs modifications et leurs combinaisons (2). Cette science a pour objet de dĂ©terminer les diffĂ©rentes espĂšces dĂ© rnois qui corresÂŹ pondent aux diffĂ©rentes espĂšcĂ©s d’idĂ©es; d’indiquer les variations que les mots subisÂŹ sent dans leurs formes pour exprimer les diverses modifications Ă©talĂ©s nuances les plus dĂ©licates de la pensĂ©e; enfin, de faire connaĂźtre les rapporisades mots entre eux, et les rĂšgles d’aprĂšs lesquelles ils sĂš combinent et se rĂ©unissent en phrases pour rendre les combinaisons des idĂ©es. . . . Tous les hommes doivent Ă©tudier cette science, puisque tous ils sont appelĂ©s par les plus pressanl^Sesoins Ă  peindre leurs idĂ©es. Elle seule peut leur dĂ©voiler les mysÂŹ tĂšres de cette peinture merveilleuse, source des plus grands avantages et des plus doux plaisirs; elle seule peut leur ouvrir le sanctuaire des sciences. Et, aujourd’hui surtout que le don de la parole doit assigner un rang si distinguĂ© Ă  celui qui aura su le cultiver avec le plus de succĂšs, TĂ©tude approfondie du langage prend une imporÂŹ tance encore plus grande. Cette Ă©tude est, il est vrai, le plus rude exercice de Tesprit. Mais aussi combien ne sert-il pas Ă  le fortifier! 11 n’est pas d’initiation plus puissante ni plus fĂ©conde Ă  tous les travaux qu’on peut entreprendre dans la suite. C’est lĂ  la base, le fondement de toutes les connaissances humaines. D’ailleurs, n’est-il pas du devoir de tout ĂȘtre pensant de chercher Ă  se rendre compte de la valeur prĂ©cise de sa parole, de la connaĂźtre dans toute son intĂ©gritĂ©, de savoir ce qui la fait vivre? AutreÂŹ ment, il est pour lui-mĂȘme une Ă©nigme indĂ©chiffrable, puisqu’il ignore la.nature des procĂ©dĂ©s dont il fait usage Ă  cet Ă©gard : Lex sum sermonis, linguarum rĂ©gala certa; qui me « Je suis la loi du discours, la rĂšgle infaillible des nou'didiscit, cĂŠtera nullapetat. (Bacon.) t langues; qui m'ignore doit renoncer Ă  rien savoir.» La Grammaire admet deux sortes de principes : les uns sont d’une vĂ©ritĂ© immuable et d’un usage universel; ils tiennent Ă  la nature de la pensĂ©e mĂȘme; ils en suivent Tanalyse, ils n’en sont que le rĂ©sultat. Les autres n’ont qu’une vĂ©ritĂ© hypothĂ©tique et dĂ©pendante de conventions libres et variables,-et ne sont d’usage que chez les peuples quides ont adoptĂ©s librement, sans perdre le droit de les changer ou de les abandonner, quand il plaira Ă  Tusage de les modifier ou de les proscrire. Les premiers constituent la grammaire gĂ©nĂ©rale; les autres sont Tobjet des diverses grammaires particuliĂšres. Ainsi, la grammaire.gĂ©nĂ©rale est la science raisonnĂ©edes principes immuables et gĂ©nĂ©raux delĂ  parole prononcĂ©e ou Ă©crite dans toutes les langues; Et la grammaire particuliĂšre, Tart de .faire concorder les principes immuables et gĂ©nĂ©raux de la parole prononcĂ©e ou Ă©crite, avec les institutions arbitraires et usuelles d’une langue particuliĂšre. T _ langage, en gĂ©nĂ©ral. (2) 'Grammaire ae.dlt aussi d'un livre oĂč sont exposĂ©es les rĂšgles d'une langue, du langage : la Grammaire de Port-Royal, (AcadĂ©mie.)
La grammaire gĂ©nĂ©rale est meçcience, parce flu’eUĂ© n’a pour-objet que laspĂ©cti- latioii raisonnĂ©e des princifes rinmuabĂźes et gĂ©nĂ©raux de la parole; une grammaire particuliĂšre est un art, parce qu’elle enyisagp rappUcation pratique de3 principĂ©s gĂ©nĂ©raux de la parole aux institutions arbitraires et usuelles d’une langue particuliĂšre. Ainsi, en français, si : ' . AU LIEU DÈ DIRE, OU D'ÊCRIRÉ : Tiens,%oiIĂ  des violettes au pied de ces Ă©glantiers. Oh ! qu’elles sentent 6on!? ' (BernardĂŻn db St-Pierrb.) . Tous les hommes sont Ă  peu prĂšs du mĂȘme ĂągĂ©; Ă  quatre-vingts ans, on est aus5» sur qu’à seize ans de voir encore le lendemain. (Droz.) Il est de faux dĂ©vots ainsi que de faux braves. ^ (MoliĂšre.) C’jBst en vain que les Russes ont voulu dĂ©fendre la capitale de cette ancienne et illustre Pologne ; Y aigle FRANÇAISE plane sur-la Vistule. (NapolĂ©on.) De sa patte droite, l’ours saisit dans l’eaii le poisÂŹ son qu’il voit passer. Si, aprĂšs avoir assouvi sa faim, il lui reste quelque chose de son repas, il ‘LE cache. (ChaĂŻeaußïriĂ nd.) G’ÈST des contraires que rĂ©sulte l’harmonie du monde. (Bernardin de St-PiĂšhbe.) Les plus sages rois sont soxivent trompĂ©s, quelques prĂ©cautions qu’ils prennent pour ne l’étre pasi . ' ' (FĂ©nelon.) B y a peu de plaisirs qui ne, soient achetĂ©s trop cher. (Boiste.) C’est pour ne pas exclure les vices, qu’on les revĂȘt d’un nom honnĂȘte. - (Malesherre^.) Quoiqu’il n’y ait rien de si naturel Ă  l’homme que d’aimer et de connaĂźtre la vertu, 'U n’y a rien qu’il aimĂ© inolns, et qu’il cherche moins Ă  connaĂźtre. (FlĂ©chier.) ON DISAIT, OV L’ON ECRIVAIT * Tiens, voilĂ  des violettes au pied de ces Ă©glaptiersi Oh ! qu'elles sentent bonnes ' Tous lĂ©s hommes sont Ă  peu prĂ©s de la mĂȘme Ăąge ‱ Ă  quatre-vingt ans, on est amsi sĂ»r comme Ă  seize ans de voir encore le lendemain. Il est des faux dĂ©vots ainsi que des faux braves.- C’est en vain qĂŒe les Russes ont voulu dĂ©feddre TĂ  capitale de cette ancienne et illustre Pologne ; rainlo- FRANÇAIS plane sur la Vistule. - . ^ ^ ‱DĂš sa patte droite, Fours saisĂźt dans l’eau le poisÂŹ son qu’il voit passer. Si; aprĂšs avoir assouvi sa mim, il lui reste quelque chose de soji;rcpas, il LA cachp: CE SONT des contraires'que rĂ©sulte l’harmonie dii " monde. * . Les plus sages rois sont trompĂ©s quelles que prĂ©cautions qû’ils prennent pour ne l’ĂȘtre pas. 11 y a peu de plaiairs qui ne soient achetĂ©s trop chers. ■ ^ . C’est pour nĂ« pas exclure les vices, que l’on les reÂŹ vĂȘtit (l’un nom honnĂȘte. MalgrĂ© qu’il n'y a rien d’qofisi naturel Ă  [’hoirime comme d'aimer et de connaĂźtre la vertu, etc. On commettrait autant de fautes contre Fiisage, car l’usage veut que l’on dise; ces violettes sentent bon, et non seufcn? bonnes; qwalre-ViNGTS ans et hoh quĂ tre-ymcr ans; AUSSI«ßßr QUE, et non aussi sĂ»r comme; etc., etc. Pour Ă©viter de semblablĂȘs fautes; et des milliers d’autres que nous ne pouvons iii citer ni mĂȘme prĂ©voir, il Ă©st indispensable de connaĂźU’o les rĂšgles auxquelles l’usage a soumis notre langue, et qĂŒi, rĂ©unies en un corps complet de doctrine, forment- le code de cĂštte mĂȘme langue, et constituent ce qu’on appelle la G)’amma?Vc/7*ançafse. — ; . D’oĂč il rĂ©sulte Ă©videmment que la Grammaire française estl*art de parler ei d*Ă©crire, en français, correctement, c'est-Ă -dire d'une maniĂšre conforme aĂŒ bon mage, ' ' ‘ ‱ ' On a vu que la grammaire est dĂ©finie, lantĂŽi art, XMiibi science, * . Est-elle une science? est-elle un ari ? G’est ce qu’on pourrĂąil Ă©galement demander de la logique, de la ftiĂ©decinĂš, dĂ© la navigation, etc., et ce seraient lĂ  des questions assez oiseuses; eJIiĂ©s ont poĂŒriant exercĂ© les philosophes. ‱ * . ‱ Une science est un ensemble de faits, d’observations, de dĂ©couvertes liéës par la mĂ©ditation, et qui se rapporte Ă  quelque branche des connaissances humaines; Un ar^ suppose aussi des observations ; mais il dĂ©pend surtout de la pratique et de Pexercice. "
(23) La grammaire est donc unescbnce plutĂŽt qu’un art; cependant elle peut ĂȘtre consiÂŹ dĂ©rĂ©e sous ce dernier point de vue, en ce qu’elle indique les moyens- d’éviter' les locutions vicieuses, d’employer des expressions ou des phrases plus ou moins corÂŹ rectes, plus ou moins Ă©lĂ©gantes, et enfin en ce qu’on peut y devenir plus habilĂ© par la pratique. Pour saisir les rapports qui se trouvent entre nos pensĂ©es, nos jugements et les mots qui servent Ă les exprimer, il faut remonter Ă Tanalyse mĂȘme demotre entendement et de ses facultĂ©s, et chercher comment se forment nos jugements et nos idĂ©es. NÂź II. ' DU jugemjent et de la proposition. La neige est blanche. Le lait est dĂŒux. (Pascal.) - Les fruits du bananier sont aromatiques, (Bernabdin m SttPieerb.) La graine du cafĂ© est coriace et acerbe. ■ m) (LaromiguiĂšre.) On appelle sens, la facultĂ© de l’hommĂȘ et des animaux par laquelle ils reçoivent l’imÂŹ pression des objets extĂ©rieurs et corporels. Nous avons cinq sens.: La vue^ l'ome, L'odorat^ le toucher et le goĂ»t. L’impression que l’ñme reçoit dĂ©s objets par les sens se nomme sensation. De lĂ  sensation et de certaines facultĂ©s intellectuelles nsat l'idĂ©e, qui, Ă  son tour, fait Ă©clore la pensĂ©e. On appelle pmjĂ©eropĂ©raliqn de l’intelligence par laquelle Tesprit examine, considĂšre, enluĂź-mĂȘme ou dans ses rapports avec un autre, l’objet dont la sensation lui a donnĂ© VidĂ©e. - "Si notre esprit considĂšre TobjeldĂ ns ses rapports avec un autre, il trouve qu’il y a ou . qu’il n’y a pas convenance entre les dĂšux objets. Cet acte dĂš l’entendement sĂš nomme . ♩ * ^ ' jugement. ' ' ' » Le jugement est tout intĂ©rieur, mais on peut Texprimerpar la parole ou par TĂ©criture. Tout jugement qu^ori exprime est une proposition, hsiproposition est donc une rĂ©union de mots que Ton emploie pour Ă©nĂŽncer un jugement. | Prenons un exemple et appliquons les raisonnements qui prĂ©cĂšdent. Le Français est courageux. - , Par la vue ou par Toute, c’est-Ă -dire par ce que j’ai vu moi-mĂȘme ou par ce que j’ai entendu dire, par ce que j’ai appris, mon esprit a rççu TĂźmpression de l’existence d’un ĂȘtre qu’on appelle Français, et il a Ă©tĂ© frappĂ© aussi d’une vertu qu’on appelle courage : voilĂ  la sensation. ' Ensuite, il m’est venu une notion, une connaissance distincte de ces deux choses : c’est VidĂ©e. ’ ' ' - J’ai examinĂ©, considĂ©rĂ© ces deux choses en elles-mĂȘmes, puis dans les rapports qu’elles peuvent avoir entre elles : c’est la pensĂ©e. LpfĂźn, j’ai saisi, j’ai fixĂ© ce rapport : c’est le jugement.^ yĂ©noncemon jugement'par une proposition. U y a^lanstoule proposition trois pajrlies essentiĂȘĂŒes. ., La premiĂšre exprime Tobjet sur lequel on porte le jugemept, c’est le sujpf. La seconde exprime la çhosepomparĂ©e ay.eç 1 e sujet, c'est l-QÙribut. La troisiĂšme Ă©tablit le rapport de Tattribut au sujet, c’est le verbe: .
( 24 ) il y a plusieurs espĂšces de propositions. Contentons-nous de distinguer la proposldou principale et la proposition incidente. ' , La proposition principale est celle de laquelle.dĂ©pendent les autres. C’est par elle que commence une phrasĂ© construite sans inversion; et elle commence elle-mĂȘme ordinairement par un substantif ou par un pronom personnel. . ^ La proposition incidente, surbordonnĂ©e Ă  la proposition principale, est liĂ©e Ă  celle-ci par un mot qui est toujours un pronom relatif ou une conjonction. On donne aussi Ă  la proposition principale le nom de jmmordialey et Ă  la proposition incidente celui de subordonnĂ©e ou de complĂ©tive. On appelle une ou plusieurs propositions qui prĂ©sehtentun sens achevĂ©. Mais quoiqu’une phrase puisse n’ĂȘtre formĂ©e que d’une seule proposition, ilnes’ensuit pas qu’une phrase soit la mĂȘme chose qu’une proposition : il y a entre ces deux mois une diffĂ©rence essentielle que nous allons facilement saisir. DĂšs que vous changez l’arrangement des mots, vous faites une autre phrase; la propo- restera la mĂȘme, quoique l’arrangement soit changĂ©, tant que l’on ne changeia rien au sens, Ă  la signification, enfin tant que le jugement Ă©noncĂ© restera le mĂŽme. N° III. DU DISCOURS ET DE SES ÉLÉMENTS. de ces antiques jours, nous la mettons dans nos temples. Dans le nĂźondc, nous attribuons nos affecÂŹ tions Ă  ses couleurs ; TespĂ©rance Ă  sa verdure ; l'innoÂŹ cence Ă  sa blancheur ; la pudeur Ă  ses teintes de rose. II y a des nations entiĂšres oĂč elle est rinterprĂšte des sentiments, livre charmant qui ne cause ni troubles ni guerres, et qui ne garde que l’histoire fugitive des rĂ©volutions du cƓur. (CBATEAUsaiAND.) j La fleur est la fille du matin, le charme du prinÂŹ temps, la source des parfums, la grĂące des vierges, Tamourdes poĂštes. Elle passe vite comme l’homme, mais elle rend doucement ses feuilles Ă  la terre. On conserve l’essence de ses odeurs : ce sont ses pensĂ©es qui lui survivent. Chez les anciens, elle couronnait la coupe du banquet et les cheveux blancs du sage ; les premiers chrĂ©tiens en couvraient les martyrs et l’autel des catacombes. Aujourd’hui, et en mĂ©moire Cette belle description; Ă©maillĂ©e comme un vĂ©ritable parterre, offre dans son enÂŹ semble ce qu’on appelle un discours (I). ‱ ^ - Un discours est donc, comme on le voit, une sĂ©rie de pensĂ©es qui roulent sur le mĂȘme sujet. La sĂ©rie des pensĂ©es qui composent le discours que nous avons citĂ©, se divise en plusieurs membres prĂ©sentant, chacun, un sens complet. PREMIER MEMBRE. La fleur est la fille du matin, le charme du prinÂŹ temps, la source des parfums, la grĂące des vierges, l’amour des poĂštes. ■ DEUXlÈME MEMBRE. Elle passe vite comme l’honmie, mais elle rend doucement ses feuilles Ă  la terrĂ©. TROISIÈME MEMBRE, On conserve l’essence de ses odeurs : ce sont ses pensĂ©es qui lui survivent. QUATRIÈME MEMBRE. Chez les anciens, elle couronnait la coupe du banÂŹ quet et les cheveux blancs du sage ; les premiers chrĂ©tiens en couvraient les martyrs et Tautel des catacombes. CINQUIÈME MEMBRE. Aujourd’hui, et en mĂ©moire de ces antiques jours, nous la mettons dans nos temples. SIXIÈME MEMBRE. Dans le monde, nous attribuons nos affections Ă  ‘ ses couleurs ; l’espĂ©rance Ă  sa verdure ; l’innocerfce Ă  sa blancheur; la pudeur Ă  ses teintes_de rose. . * SEPTIÈME MEMBRE. Il y a des nations entiĂšres oĂč elle est l’interprĂšte des sentiments, livre charmant qui ne cause ni trouÂŹ bles ni guerres, et qui ne garde que l’histoire fugitive des rĂ©volutions du cƓur. Ily adonc sept membres dans cediscours. Cesdivers membres se nomment phrases(2). (1) Discours vient du mot latin dĂź5cursw5 et signifie courses çà et lĂ  , d’oĂč s’est formĂ© dtscurrere, dont nous avons fait discourir' mot propre Ă  peindre les opĂ©rations de l’esprit qui va d’une pensĂ©e Ă  une autre et considĂšre un sujet sous plusieurs points de vue. ' ‱ ' (2) En latin phrasis, en grec phraso (je parle), . - ,
( 25 ) «Ÿo»8g!S« ]VÂź IV. DES MOTS fies moments lesheures sont nĂ©es, Et les heures forment les jours, Et les jours forment les annĂ©es Dont le siĂšcle grossit son cours. (Lamartine.) L’homme, perdant sa chimĂšre, Se demande avec douleur Quelle est la plus Ă©phĂ©mĂšre De la vie ou de la fleur. (ChĂšnier.) Si Ton ne pouvait parler, quel moyen emploieraitron pour se faire entendre? On ferait des signes, ou Ton ferait des gestes. Les gestes oxx les signes dĂ©signent donc, signi^ fient ce que nouspmsoni?, ce que nous vouions, enfin nos idĂ©es. Mais on n’emploie pas ordinairement Ies*si^ne5, c’est-Ă -dire les gestes, pour se Taire entendre. Gomment fait- on pour dĂ©signer, pour signifier ses idĂ©es"^. On parle, c’est-Ă -dire qu’on emploie les mots pourles slgiies. Ainsi les mots peuvent s’appeler les signes de nos pensĂ©es, puisque, comnxe les gestes, ils dĂ©signent ce que nous voulons, signifient ce que nous pensons. Il n’y'a d’autre diffĂ©rence entre "les mots et les gestes, sinon que les mots soiit des signes qu’on fait par la voix, et que les gestes sont des signes qu’on fait.par le mouveÂŹ ment des diffĂ©rentes parties du corps. Or, puisque les mots, ainsi que Tes gestes, signifient ce que nous voulons, ce que bous pensons, c’esl-Ă -dirĂȘ qu’ils ' teignent nos idĂ©es, les mots sont donc les signes de nos idĂ©es. En examinant les exemples que nous avons citĂ©s plus haut, on peut remarquer qu'il existe entrejihaque mot Ă©crit ou imprimĂ© une sĂ©paration plus grande qu’entre chacune (les lettres qui le composent; nous allons indiquer cette sĂ©paration par une ligne vertiÂŹ cale, ainsi qu’il suit : ' « PREMIER EXEMPLE. Des I moments les f heures I sont] nĂ©es, Et I les I heures | forment | les | jours, | Et I les I jours | forment | les | annĂ©es | Dont ) le I siĂšcle | grossit 1 son | cours. ) Dans cet exemple il y a donc vingt-quatre mots, SECOND EXEMPLE. L’ I homme 1 perdant Se denĂŻande avec 1 * Quelle est sa I chimĂšre, douleur la I plus 1 Ă©phĂ©mĂšre De I la I vie | ou ( de | la | fleur, j Dans celui-ci il n’y en a que vingt-et-un. ' \ EXERCICE ANAlYTJIQirE. (Indiquer par une ligne verticale la sĂ©paration qui existĂ© entre chacun des mots.) plainte d une jeune vierge. 0 vierges de Sion ! ĂŽ mes douces compagnes 1 Ne Lavez-vous pas vu descendre des montagnes, Brillant comme un rayon de Tastre du matin? Dites-moi sĂ»r quel bord, vers quel sommet lointain Ses chameaux vont paissant une herbe parfumĂ©e ! ‱ Sont-ils sous les palmiers de la verte Idunuie, Ou sous le frais abri des rochers de Sanir? . Mais hĂ©las ! si long-temps qui peut le retenir ! DĂ©lices de mon cƓur! loin de toi .mon image A-t-elle fui, pareille au mobile nuage?' Ai-je cessĂ© dĂ©jĂ  d'ĂȘtre belle Ă  tes yeux? OĂŻl ! reviens : j'al cueilli des fruits dĂ©licieux. (Millbvoye.) LE petit savoyard. . J'ai faim : vous*qui passez, daignez me secourir. Voyez : la neige toinbe, et la terre est glacĂ©e; J’ai froid; le vent se lĂšve, et l’heure est avancĂ©e, Et je n'ai rien pour me couvrir. .Tandis qu'en vos palais tout flatte votre envie, . » *A genoux sur le seuil, j'y pleure bien souvent; Donnez : peu me suffit; je ne suis qu’un enfant ; Ün petit ROĂč me rend la vie. ; . On m’a dit qu’à Paris je trouverais du pain ; Plusieurs ont racontĂ©, dans nos forĂȘts lointaines. Qu’ici le riche,aidait le pauvre dans ses peines ; Eh bien ! moi je suis pauvre et je vous tends la main. (Alex. Guiraud.) q
( 26 ) ,N'* V, |sse^e»**< DES DIFFÉRENTES SORTES DE MOTS. ( * L’Éterael, dans ses mains, tient cette chaĂźne Immense Que termine Tinsecte.et que l’homme commence. (ChĂ©wkdollĂ©.) Voyez-vous voltiger autour de oes buissons Le bouweĂ»il empourprĂ©, les folĂątres pinsons, La mĂ©sange au front noir, le verdier, la fauvette ? ' ‘ (Castel.) I Les ours blancs rassemblĂ©s, Tceil fixĂ© sur ces mers, De hurlements affreux Ă©pouvantent les airs. ' [Id,) Homme, salut ! sans toi la nature muette Pour cĂ©lĂ©brer son Dieu manquerait d’interprĂšte. ’> > ‱ (ChknkdollĂ©.) ' Seulement, aux confins de ces affreux dĂ©serts, De lugubres pĂ©trels, au milieu des orages, Font ouĂŻr quelquefois leurs cris durs et sauvages. (Castel.) H (le chien) garde les troupeaux, les dĂ©fend etles aime; U rĂšgle et suit leurs pas, U est berger lui-mĂšme. (Rosskt.) Examinez attentivement les mots que renferrnent ce^ citations, et vous verrez qu’ils sont chacun le signe d’une idĂ©e particuliĂšre ; ç’esi-Ă -dire qu’ils nous font penser Ă  des choses diffĂ©rentes ; . 1Âź A des ĂȘtres, Ă  des animaux, tels qae insecte;y homme, bouvreuil, pinsons, TnĂ©- sange, verdier, fauvette, ours, pĂ©trels, chien, troupeaux, etc.; ou Ă  des choses, Ă  des objets, tels que mams, chaĂźne, buissons, front, ml, hurlements, airs, nature, confins^ dĂ©serts, ovageSy cris, etc. ’ . A des qualitĂ©s , qu’ils possĂšdent, telles que celles df ^ire immenses, empourprĂ©s^folĂą^ ires y noirs, blancs, affreux, muets,lugubres, durs y sauvages, <etc. 3Âź A des actions qu’ils font ou qu’ils souffrent, telles que celles de tenir, de terminer, de commencer, de voltiger. A* Ă©pouvanter, de cĂ©lĂ©brer, de faire, d*omr, de garder, de dĂȘ^ fendre, A’aimer, de rĂ©gler, de suivre, etc. Tous les mots ne reprĂ©sentent donc pas la mĂȘme sorte d'idĂ©eSi DĂ©jĂ  plusieurs espĂšces ou classes dĂ© mots. Mais quels sont les caractĂšres et le nomÂŹ bre de ces classes? C’est ce que les grammairiens ont pris soip de dĂ©terminer, et c’est en classant les mots d’aprĂšs leur ressemblance ou leur diffĂ©rence qu’ils y sont parvenus. Ils ont reconnu que la langue française se cprnpose de dix espĂšces de mots, savoir : 1Âź Le nom oĂč substantif; 2Âź Varticle; 3Âź Vadjectif; 4Âź le pronom; 5Âź le verbe; 6Âź le partie * cĂźpe; 7Âź Vadverbe; 8Âź la prĂ©position; 9Âź la conjonction; iOÂź VĂź7iterjection, On divise tous les mots en mots variables et en mots invariables. Les mots variables sont ceux dont la terminaison peut changer, tels sont le substantif, Varticle, Vadjectif, le pronom, le verbe, le participe. Les mots invariables sont ceux dont la terminaison ne change jamais : tels sont Vadverbe y la prĂ©position, la conjonction et Vinterjection. . EXERCICE ANALYTIQUE. (Comparer entre eux les mots suivants et dire s’ils reprĂ©sentent la mĂȘme sorte d’idĂ©es.) DB casvaEAU et xb loup. Un insolent chevreau, du haut de son Ă©tahle. Crie au loup qui passait : le gueux ! le misĂ©rable ! —Ce n’est pas de toi, rĂ©pond-U, Que part l’insoUe ; non, mais de ta seule place. Tout faux brave, loin du pĂ©ril, CroĂźt montrer du courage, et n’a que de l'audace. ' . (Guicjsarr.) LE SIEN P5 LA FOBTnifB. Le blen de la fortune est un bien pĂ©rissable ;. Quand on bĂątit sur elle, on bĂąllt sur le sablp ; Plus on est Ă©levĂ©, plus on court de danger : ^ . Les grands pinssonten butte aux coups de la tempĂȘte, Et l'orage des vents brise plutĂŽt le faĂźte Des maisous dehos rois que lĂšs toits des bergers, (Racan.)
,*r) CHAPITRE PREMIER DĂŒ SUBSTANTIF. N° VI. NATURE DU SUBSTANTIF. — SA DÉFINITION (1). NOMS O OBJETS MATERIELS. La rose nous sourit Ă  travers ses boutons. (Boisjohn.) ‘ Le soĂŻetĂŻ sur lĂšs wonls cuit la grappe dorĂ©e. (Delillk.) Le pavot dans les champs lĂšve sa tĂȘte altiĂšre. (Michaud.) Le baume, heureux Jourdain, parfume tes rivagres. (Delille.) NOMS d'objets immatĂ©riels. ÏUen n’égale la blancheur des lis, (FĂ©nĂ©lon.) La douceur d’une femme est tout ce qui me charme, (MoliĂšre.) La &ten/atsancc est un besoin de l’ñme.. (De Belloy.) L'amitiĂ© dans nos cƓurs verse un bonheur paisible. (ĂŒemoustier.) Il existe dans la nature une multitude d’objets diffĂ©rents que Ton distingue facileÂŹ ment les uns des autres, au moyen des noms particuliers qu’on a donnĂ©s Ă  chacun d’eĂŒx. Ainsi, par exemple, lorsqu’on dit : le baume parfume les rivages du Jourdain, commenĂź distingue-l-on l’objet parfumĂ©? Par le mot rivages, qui est le nom de cet objel.' Comment distingue-t-on l’objet qui parfume? Par le mot ^aume. Donc les mots baume et rivages sont des noms d’objets. Il en est de mĂȘme des mots rose, boutons, soleil raisins, colibri, serpolet, blancheur, bienfaisance, etc. Les signĂ©s d’objets-sont donc ceux qui dĂ©signent les objets. Dans les exemples que nous avons citĂ©s, les objets dĂ©signĂ©s par les noms de la preÂŹ miĂšre colonne, on peut les voir, les toucher, les goĂ»ter, les flairer ou les entendre; tandis que, dans les exemples de la deuxiĂšme colonne, les objets dĂ©signĂ©s par les mots blancheur, douceur, bienfaisance, amitiĂ©, bonheur, etc., on ne peut ni les voir, ni les touÂŹ cher, ni les goĂ»ter, ni les flairer, ni les entendre. Ces objets n’ont point de ‘corps, d’existence rĂ©elle, indĂ©pendante; l’esprit seul les a créés. On a vudes-objeĂźs blancs, des personnes douces, des ĂȘtres qui Ă©taient bienfaisants, bienheureux, et Von a indivi- (1) Les Instituteurs primaires, et tous les professeurs qui ont une nombreuse classe Ăą conduire, pourront procĂ©der de cette maniĂšre : . Us Ă©criront sur un tableau quelques-uns des exemples dont se compose chacun de nos poupes, et le s dispo-r seront, comme nous l'avons fait, sur deux colonnes latĂ©rales; puis ils chercheront A fixer l’attentioa de leurs Ă©lĂšves sur ces exemples, leur en feront remarquer les diffĂ©rences, et exigeront d’eux qu’ils Ă©noncent clairemeni ‱ la rĂšgle. ‘ . ' '
(28:> dualisĂ© ces qualitĂ©s, abstraction faite des objets oĂč elles se trouvaient; puis on a formĂ© les noms blancheur, douceur, bienfaisance, bonheur, etc. II y a donc deux classes d’objets : ceux qui existent dans lĂ  nature et que nous pouÂŹ vons voir, toucher, goĂ»ter, odorer ou entendre, et ceux qui n’existent que dans notre esprit et que notre esprit seul peut comprendre. Tous les ĂȘtres, tous les objets de la nature, quels qiTils soient, peuvent ĂȘtre soumis Ă  diverses modifications. On peut dire d’une rose qu’elle est Ă©panouie, flĂ©trie, rouge, blanche; de champs, qu’ils sont fertiles, stĂ©riles, fleuris; de la blancheur, qu’elle est Ă©clatante, vive, Ă©blouissante. Sous ce point de vue, c’est-Ă -dire considĂ©rĂ©s comme*le sowfom, \e support de qualitĂ©s, tous les ĂȘtres, tous, les objets de la nature prennent le nom de substances, et les mots qui les rappellent Ă  la mĂ©moire, qui les reprĂ©sentent sur le papier, clans l’écriture, se nomment substantifs. Les substantifs sont donc les noms des substances, c’est-Ă -dire les mots adoptĂ©s pour dĂ©signer les substances; et par substances, on entend les personnes, les animaux, les ĂȘtres, et gĂ©nĂ©ralement tous les objets qui'existent dans la nature ou dans notre esprit, et qu’on peut voir, toucher, goĂ»ter, odorer, entendre ou comprendre. TĂ©lĂ©maquc, CalypsoMentor,femmes, enfants, vieillards, sont des substantifs qui dĂ©si-^ gnent'des ĂȘtres faisant partie de l’espĂšce humaine, ou des personnes. Chevaux, moĂźtchesj Ăąnes, chiens, chats, sont des substantifs qui dĂ©signent des ĂȘtres ne faisant point partie de l’espĂšce hiimaine, ou objets animĂ©s, c’est-Ă -dire ayant vie. Rose, boutons, soleil, pavot, champs, tĂŽle, baume, rivages, dĂ©signent des ohjĂ©ls inaniÂŹ mĂ©s, c’est-Ă -dirĂ© ne vivant point. Les substantifs, qui servent Ă  dĂ©signer des ĂȘtres en gĂ©nĂ©ral, matĂ©riels ou immaÂŹ tĂ©riels, les corps, les substances, ont Ă©tĂ© appelĂ©s plus communĂ©ment jusqu’ici noyns, du latin nomen, qui veut dire men qĂŒoi> notĂąt, signe qui fait connaĂźtre. Mais on doit prĂ©fĂ©rer la dĂ©nomination de subsiantifĂ©, xmi parce qu’elle indique mieux la nature*de ridĂ©e que cette espĂšce do mots exprime, que parce que le mot nom a Ă©tĂ© employĂ© par un-grand nombre de. grammairiens dans un sens plus Ă©tendu, comme s’appliquant Ă  la fois aux substantifs et aux adjectifs. . ' L’effet propre du nom. ou stcteanft/est donc de'rĂ©veiller dans l’esprit TidĂ©e des perÂŹ sonnes ou des choses qu’il reprĂ©sente. Sa puissance peut aller jusqu’à reproduire dans l’ñme ces sortes d’impressions qu’y feraient naĂźtre les objets.eux-mĂȘmes. Le nom dâ€™ĂŒlysse suffisait seul pour niettre PhiloclĂšte en fureur; et celui dĂš Marie soulevait toutes les passions-jalouses dans le cƓur d’Élisabeth; il lui semblait, dil Schiller, que tousses malheurs portaient le nom de son infortunĂ©e rivale. Ainsi, dans la retraite la plus isolĂ©e, dans la nuit la plus profonde, nous pouvons passer en revue l’universalitĂ© des ĂȘtres; nous reprĂ©senter nos parents, nos amis, tout ce que nous avons de plus cher, tout ce qui nous a frappĂ©s, tout ce qui peut nous instruire ou nous rĂ©crĂ©er; et en. prononçant leur nom, nous pouvons en raisonner avec les autres d’unĂš maniĂšre aussi sĂ»re que si nous'pouvions les montrer au doigt et Ă  TƓU C’est que cette facultĂ© admirable tient au souvenir, Ă  cette facilitĂ© dont nous sommes douĂ©s de nous reprĂ©senter tout ce que nous avons vu, quoiqu’il ne soit plus sous nos yeux; et de nous rendre ainsi l’univers toujours prĂ©sent, en le concentrant pour ainsi dire eri nous-mĂȘmes^ . *
($9) Par les, noms, nous lenons ainsi registre de tout ce qui existe, et de tout cç que nous avons vu; mĂȘme de ce que nous n’avons jamais vu, mais qu’on nous a nommĂ©, en nous le faisant remarquer par ses rapports avec les objets que nous connaissons. * Aussi n’existe-t-il aucun ĂȘtre don ton puisse avoir besoin de se rappeler le souvenir, qui n’ait son nom; puisque ce n’est que par cette espĂšce d’anse qu’(Ăźn peut le saisir et le mettre sous les yeux; aussi, dĂšs qu’on entend parler d’un objet inconnu, demande- t-on Ă  l’instant son nom, comme si ce rsom seul le faisait connaĂźtre : mais ce nom rapÂŹ pelle un objet auquel on attache telle idĂ©e; il le supplĂ©e en quelque sorte, et cela suffit. 0 Ne soyons donc pas Ă©tonnĂ©s que l’homme, qui parle de tout, qui Ă©tudie tout, qui tient note de tout, ait donnĂ© des noms Ă  tout ce qui existe : Ă  son corps et Ă  toutes ses parties, Ă  son Ăąme et Ă  toutes ses facultĂ©s, Ă  celle multitude d’ĂȘtres qui couvrent la terre ou qui sont cachĂ©s dans son sein, qui remplissent les eaux ou qui traversent la vaste Ă©tendue de l’air; au ciel*, et Ă  tous les ĂȘtres qui y brillent, et Ă  tous ceux que son esprit y conçoit; qu’il en donne aux montagnes, aux fleuves, aux rochers, aux forĂȘts; Ă  ses habitations, Ă  ses champs, aux fruits dont il se nourrit; Ă  ces instruments de toute espĂšce avec lesquels il exĂ©cute les plus grandes choses; Ă  tous les ĂȘtres qui composent la sociĂ©tĂ©; Ă  une femme chĂ©rie; Ă  des enfants, objets de toute son espĂ©rance; Ă  des amis auxquels son cƓur est attachĂ© et qui lui rendent la vie prĂ©cieuse; Ă  des chefs qui veillent pour lui. C’est par leur nom que se perpĂ©tue d’ñge en Ăąge le souvenir de ces personnages, illustres, qui mĂ©ritĂšrent du genre humain par leurs bienfaits ou par leurs lumiĂšres. Il fait plus : tantĂŽt il donne des noms Ă  des objets qui n’existent pas; tantĂŽt il en donne Ă  une multitude d’étres, comme s’ils n’en formaient qu’un seul; souvent mĂȘme il donne des noms aux qualitĂ©s d’objets, afin d’en pouvoir parler de la mĂȘme maniĂšre qu’il parle des objets dans lesquels ces qualitĂ©s se trouvent. Ainsi, les ĂȘtres se multiplient en quelque sorte pour lui Ă  l’infini, puisqu’il Ă©lĂšve Ă  ce rang ce qui n’est pas, et les simples maniĂšres d’ĂȘtre des objets existants. Le mot nom, dans son acception primitive, est considĂ©rĂ© par les grammairiens comme la source d’oĂč l’on a tirĂ© toutes les autres espĂšces de mots, au moyen de quelÂŹ ques modifications qu’on lui fait subir, ainsi qu’on le voit dans no^nmer, nommĂ©ment, nomination, nominal, qui tous proviennent du xaoinom lui-mĂȘme. Quelquefois les noms changent de signification par le seul laps de temps : tels sont entre autres ceux de tyran et de parasite, maintenant aussi odieux qu’ils" Ă©taient jadis honorables. Il y a plusieurs moyens mĂ©caniques pour reconnaĂźtre un substantif. . Ainsi tout mot devant lequel on ,peut placer «n, une, du, de l', de la, des, est un substantif; or je puis dire: un peuplier, une rose, du sucre, de la prudence, des fleurs, donc les mots peuplier, rose, sucre, prudence, fleurs, sont des substantifs. On connaĂźt aussi qu’un mot est substantif lorsqu’oiFpeut y ajouter un autre mot exprimant une bonne ou une mauvaise qualitĂ©. Or, je puis dire: «ne belle tulipe y un beau magnolia, une grande pensĂ©e, un petit vieillard; donc les mots tulipe, magnolia, pensĂ©e, metllard, sont des substantifs. *
Uo ) EXERCICE ANÀLYJJQVE. (Souligner les substantifs ou bien en faire une liste.) LE PRINTEMPS. l.Ăš pHhiĂ©rnps qu'annonçait la joyeuse ht’rĂŽrußÎUĂš, Des jqtsons Ă  mes yeux vient d’ouvrir la plus belle. Le çhĂšne s’est Ă©teint dans nos foyers dĂ©serts, Et des arbres dĂ©jĂ  tous les sommets sont verts ; Les troupĂšmx, librement Ă©pars dans les campagnes. Broutent le serpolet au pĂ©ncbant des Tnonfa^n&s ; LĂ©s oiseaux, dans les bois, par couples rĂ©unis, Suspendent aux rameaux la mousse de leurs nfds. J’entends le rossignol, cachĂ© sous le feuillage, Bouler lĂ©s doux/“rĂȘrfons,de son tendre ramage; 1 .es champs à’herbes couverts, les prĂ©s semĂ©s de^urs, iic leurs riants tapis font briller les couleursi Le lilas flatte plus les regards de l’aurore Que les rubis de VInde et les perles du Maure; kt.les zĂ©phirs lĂ©gers, volligeant^sur le thym, N^Ăąis rapportent le soĂŻr les parfums d\ĂŻ matin. (Lemibrrs.) DES MERS. Ces vastes ĂŽceafM sont comme les sources de tous les fleuves, comme le bassin oĂč la nafdre puise sans, cesse pour arroser runtvcrs.,... 11 existe entre la fai- ble planfe et l'OcĂ©an, une correspondance invisible ; la vie de l’uhĂ© est attachĂ©e Ă  i’cictsfence de Vautre : n’importe la distance qui les sĂ©pare, la nahire sait la franchir. DĂ© ce vaste gou/fre pincĂ© entre les deux mondes, sortent les Ă©lĂ©ments des gazons, des fruits et des fleurs : Vonde se change en vin dans la grappe )arfumĂ©e;on la savoure* dans la pĂ©chc, Vorange, ’ananas; elle sĂ© teint en bleu dans la violeUe, dore le souci; argente le lis, colore en pourpre l’Ɠil/eC çt verdit le feuillage. 0 sagesse adniirablcl ViĂźnmcnsilfl seule du basMn des mers peut nous ras'sĂŒrer sur Vexistence des races futures.. . (ĂąimĂ©-Martin.) VII i DÉS SUBSTANTIFS COMMUNS ET DES SUBSTANTIFS PROPRES. SUBSTANTIFS COMMUNS. La cerise rougit aux ramcawĂ ? suspendqe. '^ICHÀ'UD.) La-ĂżJmlsĂ© eh-lĂ ĂŻLpur change lĂ© stic des plahfcs. (Lamartine.) L'arbre Ăźest.dB nos jardins le plus bel ornement. (Delillk.) L'homme ravit lĂ  laihĂ© Ă  lĂ  irebis paisible. (St.-Lambert.) V Sous mes pas, des/ourmis la coKofte empressĂ©e Poursuit de ses iravaua; la tĂąche commencĂ©e ; Et, parmi les gazons roulant d’énormes grains. Pour l’hiver paresseux remplit ses ‘magasins. (Michaud.) substantifs propres. Sur les rives du Gange on voit fleurir l^Ă©^ne; (Delillb.) LĂ© Nil du vĂ©rt acanthĂš admire le feuillage. (id:) L’if s'-Ă©panouit aĂŒ souffle de Boréé. m Le baume, heureux Jourdain,-parfume tes rivages. . . . L'/ndc et ses forets,'et leur nchĂš trĂ©sor,* Et le GanpCj et l’^Termusqui roule un limon d’or, ' Et les riches parfums que ,l’J.raĂ ie^exhalç, A VahĂŒqĂŒe .Ă wsohtĂ© ont-ils rien qiii s'Ă©g&lù’P m TĂŽĂŒs les objets dĂš la hatĂŒrĂš, les fleuvĂ©s, par exetriple, les v illes oĂŒ lĂšs hommes,^pnt un ensemble de qualitĂ©s communes qui en font une collection d’ĂȘtres ou d’objets de mĂȘme nature; par consĂ©quent, la mĂȘme dĂ©nomiftaliĂŽn leur est applicable. Les subsÂŹ tantifs fleuve, ville, homme, conviennent Ă  chacun d’eux*, et-sont employĂ©s tĂŽulĂšs les fois qu’on veut les dĂ©signer par l’idĂ©e de la nature qui leur est commĂŒriĂ©. Mais si l’on veiit distinguer un fleuve des autres fleuveS; une ville des autres villes, un homme des autres hommes, il faut NĂ©cessairement les distingĂźiĂšr par Ă»nĂš dĂ©noÂŹ mination qui leur soit pro/?re, particuliĂšre. De lĂ  deux espĂšces de substantifs : ceux qui conviennent Ă  une classe d’indĂźVĂźdus. Ăšt ceux qui servent Ă  distinguer un objet de ceux qui ont la mĂȘme haturĂ©; Les substantifs de la premiĂšre espĂšce sont appelĂ©s communs, ceux de ia seconde espĂšce sont appelĂ©s substantifs propres. Ainsi cerise, rĂ meaux, gĂ©nisse, lait, stic, plantes, arbres, jardins, ornement, homme, laine, hTehiB, pas, fourmis, cohorte, travaux, tĂąche, gazon, grains, hiver, mĂ gctsins, etc,
( 31 ) sont des substantifs communs, parce qu’ils expriment une idĂ©e commune aux objets d’une mĂȘme classe. On peut dire, eh montrant un figuier, ceci est un arbre; si l’on montre un olivier, on pĂ©ut encore dire, ceci est un arbre; on le peut encore, si l’on montre un grenadier, un chĂȘne, un oranger, un cerisier, etc : le mot arbre Ă©st donc un substantif comfnunk tous les autres vĂ©gĂ©taux. Le rribt arbre est donc un substantif commun nommant une espĂšce ou plutĂŽt une classe de vĂ©gĂ©taux, et qui convient Ă  tous les individus de cette espĂšce oĂč classe. Parmi les arbres, ily a des figuiers, ily a des oliviers, des grenadiers, des chĂȘnes, des cerisiers, des orangers j etc.; mais tous les arbres qui donnent des figues s’appellent figuiers; le nom figuier esi donc commun h tous les arbres de VespĂšce qui produit des figues; tous les arbres qui produisent des olives sont des oliviers; le nom olivier est donc co7nmun Ă  toute l’espĂšce d’arbres produisant des olives; lĂ© nom grenadier est com- mu7i Ă  toute l’espĂšce d’arbres produisant des grenades; le nom ckĂȘne esi comrnuiihXonte l’espĂšce d’arbres produisant des glands; le nom cerisier est commun Ă  toute l’espĂšce d’arbres produisant des cerises; le noih oranger est commun Ă  toute l’espĂšce d’arbres donÂŹ nant des oranges; donc les noms^^'cr, olivier; grenadier, chĂȘne, oranger, cerisier, sont des substantifs communs. ^ ^ Gange, NU, BorĂ©e, Jourdain, Inde, H'ermus, Arabie, Ausonie, etc., sont, au contraire, des suDstanĂ»fs prĂ pres, parce qu’ils servent Ă  distinguer un fleuve d’avec tous les autres fleuves, une contrĂ©e d’avec toutes les autres contrĂ©es, un homme d’avec tous les autres hommes i . * Cette propriĂ©tĂ© du substantif, par laquelle, il embrasse unĂ© classe d’individus ou n’exprime qu’un individu d’une classe, s’appelle Ă©tendue. LĂšs substantifs communs ont plus ou moins d’étendĂŒe, selon qu’ils s’étendent Ă  un nombre plus ou moins considĂ©rable d’individus ; ainsi le substantif animal a plus d’é- tendue qĂŒĂš le substantif homme, qui ne convient qu’à une portion des ĂȘtres animĂ©s; Les substantifs propres ont une Ă©tendue aussi restreinte que possible, puisqu’ils ne dĂ©signent que dĂ©s individus uniques, particuliers, comme Martin, Paris. Lors mĂȘme qu’ils se trouvent convenir Ă  plusieurs individus, c’est lihiquement par hasard : ainsi de ce que, suivant lĂ© proverbĂš ,il y d plus (tim Ăąne Ă  lĂ  foire (fiii s'appelle Martin, il ne s’ensuit pas. que le nom Martin ait Ă©tĂ© destinĂ© Ă  marquer une classe, une collection d’individus qui aient quelque chose de ressemblant, quelque caractĂšre conunun , eh sorte qu’uTi Martin puisse servir Ă  faire reconnaĂźtre lĂ©s autres Martin. II en est de mĂȘme de Londres et de Paris: Londres et Paris sont des nomsde villes. Il y adeux villes nommĂ©es Londres: Londres en Angleterre-et Londres eh AmĂ©riquĂš. Ily a six villes appelĂ©es Paris: Paris, capitale de la France, et cinq Paris dans les États- Unis de.rAihĂ©rique du nord ; il pourrait Ăż en avoir'bien davantage. Mais toutes lĂšs villes ne s’appellent point Londres ou Paxis, ces nohishĂš sont pas communs Ă  toutes les villes; c'Ă© sont donc des noms ipo;>res Ă  un ou plusieurs individus de l’espĂšce d’éb- jĂ©ts appelĂ©s villes; mais ils ne conviennent pas Ă  tous les objets de cette espĂšce. De tout ce que nous avons dit jh'squ’ici nĂŽiis conclurons : 1Âź Que le substantif propre est un hoin qui ne s’applique qĂč’àhn seul individu , Ă  uh seul objet, pour le distinguer dĂš tous lĂ©s autres individus*, de tous lĂšs autres objets; 2Âź QuĂš \c*dubstĂ ritif’cĂ mTĂŻiuh’cix Ăčti nom qui, aĂŒ contraire, peut s’appliquer indiffĂ©- reftimĂȘhi Ă  ibus les individus, A tous iĂšs objets d’unemĂȘmedspĂšce, d’une mĂȘme nature. ' ÎVĂ©mĂ ftyuĂȘ^ Ceci ; lĂšfe substantifs jt>rope« doivĂȘht tĂŽĂŒjoĂŒi^ commĂšncĂȘr par ĂŒhĂ©.^^ lettre ou majuscules Xdndr^j/jRouĂ n,
(32) EXEÛCICE ANALYTIQUE. (distinguer les substantifs propres des substantifs communs.) Combien de monuments dont la grandeur Ă©tonne ! Regardez : c'est Bossuet qui s’élĂšve et qui tonne ; C’est Descartes y du monde Ă©clairant le chaos ; C’est Corneille, Pascal, Racine, Despre'aux; , Montesquieu qui des lois explique les oracles y Ruffon de la nature Ă©talant les miracles ; El vous, chƓur immortel par les GrĂąces ornĂ©, Vous, reines des beaux-arts, que conduit Se'vignĂ©. Je reconnais Martel qui sut dans nos vieux Ăąges Du Maure dĂ©bordĂ© repousser les ravages / Charles qui, de cent rois le vainqueur ou l’appui, Vit l'univers entier se taire devant Jui; Des Guesclin, des Bayard la valeur souveraine, Kl, plus prĂšs de nos jours, Catinat et Turenne. Castel.) Pontanes ! dont la voiaj consola les iombectux ; Saint-Lambert .‘^qui chantas les ver fus des hameoua;; Morellet'/ dont la plume Ă©loquente et hardie Plaida pour le malheur devant la tyrannie ; Suard / qui rĂ©unis, Ă©mule d’^ddisson, Le savoir Ă  l’esprif, la grĂące Ă  la raison ; la Harpe ! qui du goĂ»t expliquas iSs oracles, Sicard! dont les leçons sont presque des miracles.- Jussieu, Laplace ! et toi vertueux Daubenfon Qui m’appris dĂ©s secrets inconnus Ă  Buffon : ' - Je ne vous verrai plus. {Miciiaud.) r»» N° VIII. « SUBSTANTIFS COLLECTIFS. . Tout le peuple crie : victoire an fils d’Ulysse. (FĂ©nelon). heur flotte impĂ©rieuse, asservissant Neptune, Des bouts de l'univers appellera fortune. (Voltaire.) Le Seigneur a soufflĂ© sur l’amas de leurs richesses injustes, et l’a dissipĂ© comme de la poussiĂšre. (Massillon.) Du milieu de cette Ăźle, un berceau toujours frais Monte, se courbe en voĂ»te, et s’embellit sans frais De touffes d’aubĂ©pine et de lilas sauvage. (RoucnER.) Ne dois-je toutefois cĂ©lĂ©brer que l'csiam Des fleurs dont cet enclos a diaprĂ© son sein ? (RoĂŒchkr.) QĂŒest-ce qu’une armee ? c’est.une muZfifudĂ© d’à- mes pour la plupart viles et mercenaires. (FlĂ©chier^) D’insectes lumineux mille escadrons lĂ©gers Viennent tourbillonner dans les bois d’orangers. (Castkl.) Comment percer cette foule effroyable de rimcurs affamĂ©s ? (Boilbau). Le. charançon dĂ©vore un vaste amas de graines. (Delillk.) Le. sort malencontreux Conduit en cet endroit uii grand frowpeaw de bƓufs. (&01LEAU.) Je cours et je ne vois que des troupes craintives - D’esclaves effrayĂ©s, dc femmes fugitives. (Racine.) La plupart des femmes n’ont guĂšre de principes; elles se conduisent par le cƓur. ^ (La BruyĂšre.) Et tes flatteurs tremblants sur un tas de victimes DĂ©jĂ  du nom d’Auguste ont dĂ©corĂ© tes crimes. (Voltaire.) Saint Louis va prendre terre au travers des vagues et d’une grĂȘle de traits. (FlĂ©chier.) Parmi les substantifs que renferment ces exemples, et qui sont tous des substanĂŒjs communSyil y en a qui servent.Ă  dĂ©signer des collections totales ou partielles d’individus ou d’objets d’une, mĂȘme nature; tels sont troupe, amas, foule, armĂ©e, multitude, forĂȘt, flotte, quantitĂ©, rĂ©giment, infinitĂ©, etc. Une armĂ©e est une rĂ©union d’hommes armĂ©s. Ce mol prĂ©sente Ă  l’esprit l’idĂ©e dc pluÂŹ sieurs hommes assemblĂ©s dans le.but de faire la guerre, et cependant le substantif armĂ©e est au nombre singulier, parce que ce substantif n’est point le nom des hommes armĂ©s, mais le nom d’une rĂ©union ; il n’y a ici qu’une armĂ©e. Une flotte est une rĂ©union de vaisseaux. Le mot flotte Ă©velWe TidĂ©e d’un certain nomÂŹ bre de navires de guerre, naviguant Ă  peu de distance les uns des autres, pour combattre sur mer ou pour protĂ©ger le commerce maritime, et cependant le substantif flotte est au nombre singulier, parce que ce substantif n’est point le nom des vaisseaux, mais celui d*une rĂ©union: il n’y a pas ici deux flottes, il n’y en a qu’une.
' ( 35 ) Le peuple est Vensemble des habitants d’un mĂȘme pays : ainsi, il y a le peuple franÂŹ çais, le peuple anglais, le peuple espagnol, etc. ; le mot peuple Ă©veille donc l’idĂ©e d’un grand nombre d’hommes; ce substantif est nĂ©anmoins au singulier, parce qu’il n’est point le nom des habitants , mais celui d’une rĂ©union. Il ne s’agit ici que d’un seul peuple. Une multitude d’ñmes, c’est un grand nombre d’ñmes : le mot multitude exprime donc une rĂ©union, un assemblage d’objets, et il est au singulier, parce qu’il n’est pas le nom des ĂąmĂ©s, mais celui d’une rĂ©union quelconque d’objets; il n’y a pas ici deux multiÂŹ tudes, il n’y en a qu’une. Ces mots armĂ©e, peuple,flotte, multitude, etc., qui tous expriment, au singulier, une rĂ©union, un assemblage de personnes ou d’objets de la mĂȘme espĂšce, sont des substanÂŹ tifs communs, appelĂ©s en grammaire, substantifs collectifs, dxxmot collection, qui signiÂŹ fie rĂ©union, assemblage; comme collection de gravures, collection, de coquillages, etc. . Ainsi les substantifs collectifs sont des substantifs communs, qui, quoique au sinÂŹ gulier, expriment une rĂ©union, un assĂšmblagede personnes ou d’objets de la mĂȘme espĂšce. * Les collectifs sont gĂ©nĂ©raux ou partitifs : gĂ©nĂ©raux, quand ils reprĂ©sentent une collecÂŹ tion-entiĂšre; et partitifs, lorsqu'ils reprĂ©sentent une collection partielle. La foule des humains est vouĂ©e au malheur. La foule des humains embrasse la gĂ©nĂ©ralitĂ© des hommes; ta foule est un collectif gĂ©nĂ©ral. Une foule de pauvres reçoivent des secours. Une foule de pauvres n’embrasse qu’une partie des pauvres ; unefoule est un collectif partitif. L’armĂ©e des Français, la multitude des Ă©toiles, collectifs gĂ©nĂ©raux. Une troijpĂ© de soldats, une MULTITUDE (tĂ©toĂŒes, collectifs partitifs. On voit que le mĂȘme mot peut ĂȘtre collectif gĂ©nĂ©ral et collectif partitif, selon le sens qu’on y attache. En gĂ©nĂ©ral un collectif, quand il est prĂ©cĂ©dĂ© detm, une, est partitit EXERCICE ANALYTIQUE. (DĂ©signer les substantifs collectifs.) Une troupĂ© de nymphes couronnĂ©es de fleurs naÂŹ geaient en foule derriĂšre le char. (Fbnbloßï.) Les uns courent se jeter dans la ririĂšre deNarwa, et une foule de soldats y furent noyĂ©s. (VotTAIRK.) u se trouve enveloppĂ© par un coryĂŻide Spartiates qui font tomber sur lui une yrĂ©le de traits. (BarthĂ©lĂ©my.) Un peuple de beautĂ©s, un peuple de vainqueurs, Foulant d'un pied lĂ©ger les gazons et les fleurs. Entrelacent leius pas dans de riants dĂ©dales. (Thomas.) N“ IX. SUBSTANTIFS COMPOSÉS. L’odorat est Yavarit-coureur du goĂ»t. (Bernardin de St-Pierhk.) Puis-je oublier TƓillet de la vallĂ©e, Le bouton-d'or, la pĂąle giroflĂ©e, Le chĂšvre-feuille Ă  Todeur parfumĂ©e? (Beuonot.) Nos petits-mdHres sont l’espĂšce la plus ridicule qui rampe avec orgueil sur la surface de la terre. (Voltaire.) La fleur de la reine-marguerite est trĂšs belle ^ et fait, en automne, le principal ornement des jardUis. ‱ * F F- (Acammii.) Le pot-au-feu du peuple est la base des empires. (Mirabeau.) Depuis le dĂ©luge, Tarc-en-cicl a Ă©tĂ© un signe delĂ  clĂ©mence de Dieu. (Bossuet.) hes belles-de-nuit du PĂ©rou, Tarbretristedes Molu- ques, ne ilearissent que la nuit. (Bernardin de St-Pierre.) Vainemerit Thomme Ă©lĂšve des palais et des arcs- de-triomphte, lĂ© temps les use en silence. (AlMÉ-MABTnf.)
( 34 ) 11 n’y a pas de langue qui soit assez riche pour avoir autant de noms particuliers qu-il peut y avoir d'idĂ©es Ă  exprimer; c'est ce qui nous oblige, souvent Ă  reprĂ©senter une idĂ©e imiqĂŒe par plusieurs mois Ă©quivalant Ă  uh signe unique, comme quand on dit : Vavantr coureur, le bouton-jPpr, des petits-maĂźtres, Varc-eriHÂet, \e pot-au-feu, etc. Les expressions composĂ©es, Ă©quivalantĂ un substantif, s'dup^eWent substantifs composĂ©s. Les mots qui composent ces sortes d’expressions sont liĂ©s par un trait d’unioq : ckej- (PƓuvre, arc-en-ciet. * EXERCICE ANALYTIQUE. (DĂ©signer les^ substantifs composĂ©s.) - ' L’ivresse des Français est gaie, scintillante et tĂ©mĂ©- raire.;; c'est pour eux. un avĂŠit-goĂ»t de la bataille et de la victoire, . (Le gĂ©nĂ©ral Foy.) LTionheut des femmes est mal gardĂ© quand la vertu et ^ religi^ ne sontpaa aux 03)ant.postes. ’ ' ' (LÉV1S-.) - Le' serpent-àç-sonnettes,^ cachĂ© dans les prairies de r AmĂ©rique;’ fait bruirCiSous l'herbe ses sinistres grelots. (Bernardin de St-Pierre.) La clĂ© du coffre-fort et des cƓurs c est la mĂȘme. (La* Fontaine.) La petite-vĂ©role fait aĂŒ Cap des ravages affreux. (Bernardin.DE St-tPierbe.) Les janĂŒ)es de derriĂšre des quadrupĂšdes forment un ' arc?boutant Ăšn avant. \ Les chauves-sout^ sont de vrais quadriipĂšdes. (Buffon.) N” X. DĂŒ GENRE DANS LES SUBSTANTIFS. sÉBIÉ.' — MAEHS. L’dhe souffre la faiin, un chardon le contente. (Rossht). LoĂźKq» deisou sang ne peut cahnep lĂšs flĂšts. . (Delille.) Le tigre rugit Ă  la vue de tout ĂȘtre vivant. Le loup sait se tenir prudemment embusquĂ©. (Id.y Le chevreuil est fidĂšle au pacte conjugal. , U ■ Le mulet reconnut une. jument pour- mĂšre. (Rosset.) ' Le lapim se- soustrait aisĂ©ment aux yeux de l'homme. WJ- , L'indocile poulam par nos mains est dompWi, (Ros set.) Le paon est, sans contredit, le'^roi>des:oĂźiSteaux. (Buffon.) Le serin est le musicien de la chambre. Le dindons. Pair fanfaron jamais U ne possĂšde que trĂšs peu de courage. * ‱ (BBRqtUIN.) Quel jpcfc de son- sang se plaĂźt Ă  se priver ? (RUcine.) , 2« SERIE. — FEMELLES. L'dnesse a la voix plus claire et plus perçante , que l’ñne. (Buffon.) La Itonne devient terrible dĂšs qu’ellĂ© a des petits. (Jd.) La tigresse produit^ comme la lionne, quatre oq cinq petits (i). (id.) La louve allaite ses petits pendant quelques semaiÂŹ nes, et leur apprend bientĂŽt Ă  manger de la chair. (Id.) ' La cActiretlese recĂšle dans le plus fort du bois pdpr Ă©viter le loup. (id.) Une mule fit une trĂšs belle, pouline d’un poil aleÂŹ zan avec les crins noirs (2) . i^d.) La lapine allaite .ses petits, pendant plqs de six maines. ’ (Jd.) Cette powlme avait une Ă©toile au front et les pieds blancs. (Id.) hs paonne aime Ă  dĂ©poser ses Ɠufs dans un lieu seÂŹ cret et retirĂ©. (Id.) La sertne assez souvent tombe malade au comÂŹ mencement du printemps, (Id.) La dinde a des Ɠufs blancs et tachetĂ©s. m La mĂšre de sa fille aime Ă  voir les essais, (Lsmibrre.) (1) Quelques^’personnes pensent Ă  tort içue le mot tigresse ne s’emploie qu’au^ figurĂ© en parlant d'une femineĂźcruellç./L!exqmple, dejBuffon*,, qƓe ncius pourrions Ă©tayer de mille autres pris dans les naturalistes, prouve le contraire. L’AcadĂ©mie etitouSfleailexi cographes indiquent d’ailleurs l’emploi du mot tigresse, en parÂŹ lant de la, femelle, du tigia., , i- H y , y- (2) C’est, Ă©galement Ă  tort qu’un,graramai"a:iea range le mot mulet panni les substantif^ ĂȘpiçÚnes. Ce mot a un,fé minin; comme* lĂš'prouve l’exernÿÚ.de Buffon u Ce..fĂ©nĂŒqip est rn^Ă©. Voir tous les dictiqnnĂźwps et les nalqr^s/Ă©s; ta.--—^
f 35 ) On voit que les noms peuvent se prĂ©senter sous deux aspects diffĂ©rents, selon qu^ils dĂ©signent un sexe plutĂŽt que Tautre. Les ĂȘtres animĂ©s sĂ©divisent en deux grandes classes:les ĂȘtres ?nd/es et lesĂȘtrcs/eme/Zes. Cette diffĂ©rence en^eles mĂąles et les femelles s’appelle sexe (1) dans les ĂȘtres; et genre dĂ ns les noms destinĂ©s Ă  en rappeler TidĂ©e. , Ainsi, de mĂȘme qĂŒâ€™il y a deux sexes parmi les ĂȘtres animĂ©s, il doit y avoir deux genres parmi Içs noms V lĂ© genre masculin et le genre fĂ©minin. L§ g^njre masculin rĂ©pond au sexe mĂąle; le genre/Ă©mĂȘnm au sexe./me//e. Nous pouvons donc Ă©tablir cette rĂšgle gĂ©nĂ©rale, relativement aux nonas d’ĂȘtres animĂ©s: 1Âź Tout nom qui dĂ©signe un honime ou bienĂŒn mĂąle chez les animaux, est masculin : Alexandre, lion, tigre, etc. 2Âź Tout nom dĂ©signant uqe femme ou bien une femelle chez les animaux, est fĂ©minin : Alexandrine, lionne^ tigresse, etc. r Ainsi se dĂ©termine, d’une maniĂšre trĂšs naturelle; le genre, dans les noms qui dĂ©sir gnent les ĂȘtres amme5. La nature, que nous avions prise pour guide, n’a donc point trompĂ© notre confiance; elle seulenous a dictĂ© ces rĂšgles simples et les a sanctionnĂ©es. C’est sans doute dans un mpment de mauvaise humeur que-Duclos a dit, dans son commentaire sur Port-Royal : «L’institution ou la distinction des genres est une chose purement arbitraire, qui n’est nullement fondĂ©e en raison, qui ne paraĂźt pas avoir le moindre avantage, et qui a beaucoup d’inconvĂ©nients. » Dans la grande classe des ĂȘtres animĂ©s, la nature a Ă©tabli deux divisions, qui s’offrent Ă  nos regards sous Taspect le plus touchant. Pans toutes les parties de Tunivers,,on conÂŹ temple sans cesse Thomme et la femme rĂ©unfs sous le mĂȘme toit, le lion et la lionne dans le mĂȘme antre, le rossignol et sa compagne dans le mĂȘme nid ; partout c’est une famille qu’une mĂšre nourrit, qu’un pĂšre-protĂšge.-Cette admirable distinction d’ĂȘtres noiimciers et d’ĂȘtres protecteurs frappe vivement Tesprit de Thomme; elle seule le guida quand U dĂ©termina la classe des ĂȘtres masculins et peUe des ĂȘtres fĂ©minins. 11 rĂ©unit dans la premiĂšre tous ces ĂȘtres que la nature crĂ©a p'uissants et forts, afin qu’ils dĂ©fenÂŹ dissent contre tout danger leur chĂšre famille, et celle plus, chĂšre encore qui la nourrit; puis il rassembla dans la seconde tous ces ĂȘtres faibles et bons, de qui la faiblesse rĂ©ri clame une protection constante, et dont la bontĂ© se charge de nourrir et d’élever des ĂȘtres chĂ©ris auxquels elles ont donnĂ© le jour. La distinction des noms en deux genres, Tun masculin, Tautre fĂ©miniri, conformĂ©ment aux deux sexes,, fut donc prise dans la nature; et on aurait tort de croire, avec Ducios et d’autres granamairiens, qu’elfe soit arbitraire et de pure fantaisie. II eĂ»t Ă©tĂ© absurde de dĂ©signer tous les ĂȘtres animĂ©s, quoique de sexe diffĂ©rent, par le mĂȘme nom sans disÂŹ tinction de sexe, parce que le langage n’aurait jamais Ă©tĂ© d’accord avec le fait, et parce (1) Mot formĂ© du latin wcare qui signifie sejparer, partager, couper en deux, parce que, par le sexe, l'espĂšce est coupĂ©e en deux portions, et comme en deux moitiĂ©s d’un tout, Chacune de ces portions, ou chacun de ces sexes fut appelĂ© grenre_, du mot primitif gen, qui dĂ©signa toute idĂ©e de production, destination des sexes. —^Peut-ĂȘtre que TĂ©lĂšve, en voyant d’iin cĂŽtĂ©, ane, ĂŻiw»., et, de l’autre, dnes^e, Ùonne, pour designer des animaux entre lesoĂčels U n’anercoit d’abord aucune diffĂ©rence, manifestera ouelaue Ă©tonnement de celte bizarrerie. S’il uans son scm. L'Ă©lĂšve ne sera pas embarrassĂ© pour dĂ©duire de cette observation le signe propre Ă  caractĂ©riser la femelle. 11 le tirera soit de VĂ©tat de gestation, soit de Fallaiteinent, ou mĂȘme de Faction de traire. On'fera les mĂȘmes observations pour la vache, la chĂšvre,'la brebis, etc. Pour les oiseaux, le signe des feinellĂ©s sera celui de Fceuf ou de l’incubation*
(36) qu’on aurait toujours Ă©tĂ© embarrassĂ© de savoir duquel des deux ĂȘtres on parlait, tandis qu’on n’eĂ»t mis aucune diffĂ©rence entre leur nom commun. ' Mais pour marquer la diffĂ©rence des sexes, on n’a pas toujours donnĂ© aux noms une terminaison diffĂ©rente. 11 n’y a guĂšre que ceux que nous avons rapportĂ©s dans le tableau prĂ©cĂ©dent et un petit nombre d’autres, qui soient susceptibles de cette modification sexuel lĂš. Dans les numĂ©ros suivants nous montrerons comment on s’y est pris pour indiquer la diffĂ©rence des mĂąles et des femelles dans les noms qui ne peuvent se modifier sous le rapport du genre. ^ ‱ EXERCICE ANALTTIQVE. (DĂ©signer les noms masculins et les noms fĂ©minins). CbaU Agneau. Loup. Renard. Chatte. Agnelle. Louee. Renarde. PoulaÎD. Poulet. RoitignoU Prince.' Pouliche. Poulette. Rossignolette. Priaceiae. Baron FrĂšre. Faon. Perroquet, Baronne. . SƓur. Faonne. Perruche. > Fils. Senn. Paon. Faisan. Fille. Serine. Paonne. Faiiane. Lapin. Dain. Roi. 4 Canard. Duc. PĂšre. ‱ Lapine. Reine. Daine (l.; Cane. Duchesse. MĂšre. N“XI. J » NOMS DIFFÉRENTS ET PARTICULIERS POUR LES MALES ET LES FEMELLES. 1” SÉRIE. — MALKS. Les hommes consomment leur jeunesse Ă  se forÂŹ mer un esprit que les femmes apportent en naissant. (J.-J. Rousseau.) Le cheval aime Thomme, il aspire Ă  lui plaire. (RĂŽsskt.) Le taureau est un animal indocile et fier. (Id.) Le bƓuf au. pas tardif a la force en partage. (Id.) Le cerf craint beaucoup moins Thomme que les chiens, ‘ (Buffon.) ' Le bouc suit avec peine Ă«t traĂźne im pas tardif. * (Ross ET.) Le cog matinal Ă©veille les hameaux, (Michaud.) Le mouton e§t encore plus timide que la brebis. I (Buffon.) , Le liĂšvre, si recherchĂ© pour la table en Europe, * n’est pas du goĂ»t des Orientaux. ‱ (Buffon.) SÉRIE. — femelles. Les femmes sont la plus belle moitiĂ© du monde. (J.-J. Rousseau.)- La jument rĂ©siste Ă  la fatigue, Ă  la faim et Ă  la soif; (Buffon.) La ge'nisse se plaĂźt dans un gras pĂąturage. . ■ (Rosset.) La vache donne du lait en grande quantitĂ©, (Berquin.) La biche, encore enfant, d’épouv^te bondit. (Delille.) La chĂšvre aime Ă  gravir au sommet des coteaux. (Rosset.) La poule prĂšs de nous aima d’étre captive. (Michaud.) LĂ  brebis des hivers redoute la saison. (Rosset.) La hase est la femelle du liĂšvre. ■ (Valmont de Bomarh!) Ces exemples nous dĂ©montrent que souvent, pour dĂ©signer le mĂąle et la femelle d’une mĂȘme espĂšce, on emploie deux mots diffĂ©rents : homme, femme; cerf, biche, etc. Aux noms citĂ©s dans le tableau prĂ©cĂ©dent il faut ajouter ceux comprisdans l’exercice suivant. Une chose Ă  remarquer, dit un savant grammairien, c’est que les mĂąles,'lĂšs femelles, et souvent les petits des espĂšces d’animaux qui contribuent le plus ou Ă  l’utilitĂ©, ou Ă  l’agrĂ©ment de l’homme, sont distinguĂ©s par des noms diffĂ©rents (2); au lieu que dans les espĂšces moins rapprochĂ©es de l’homme, et moins utiles, ou Ă  ses plaisirs, ou Ă  ses be- i (1) L^AcndĂ«mie dit que le»_ chasseurs prononcent daine comme s’il jr avait dine. Nous ferons observer que ce ne sont pas .tous les ^ chasseurs qui prononcent ainsi; mais seulement ceux qui croient que le masculin est «fine,.et ils doivent ĂȘtre en petit ncmhrĂȘ aujourd’hui ‱ qiie )>resquc tous les chasseurs savent lire.' (2) Le coq, la poule, le chapon, la poularde, le poulet, les poussins. Que de substantifs pour des individus d'une mĂȘme espĂšcel,.. Le veirat, la traie, le co&hon, le porc, les pourceaux. —Le cheval, la jument, le
- ' (37) soins, le mĂąle et la femelle sont dĂ©signĂ©s par un seul et mĂȘme substantif, tantĂŽt masculin, tantĂŽt fĂ©minin, sans Ă©gardau sexe de l’individu qu’on veut nommer; et que, pour dĂ©siÂŹ gner les petits, il faut employer une pĂ©riphrase (1). Et cela est naturel. Ce sont les besoins qui ont contribuĂ© Ă  enrichir les langues; avec de nouveaux besoins naissent de nouvelles idĂ©es, qui, pour ĂȘtre communiquĂ©es Ă  nos semblables, exigent, ou que l’on crĂ©e de nouveaux mots, ou que l’on donne une accepÂŹ tion nouvelle Ă  des mots dĂ©jĂ  usitĂ©s. Or, comme les objets dogl* nous nous entretenons frĂ©quemment sont ceux que nous avons besoin de dĂ©signer.avec le plus de prĂ©cision', pour Ă©viter des mĂ©prises frĂ©quentes, il a fallu crĂ©er des mots nouveaux qui dĂ©signassent ces objets.’ Qu’on imagine un moment que nous, n’avons que le seul mot bƓuf, par exemple, pour dĂ©signer indistinctement tous les individus de cette espĂšce de quadrupĂšdes; il est facile de voir que, chaque foisque nous voudrions parler de ces animaux, il faudrait, ou user de circonlocutions pour dé signer avec prĂ©cision le mĂąle, la femelle, les petits, ou nous exposera ĂȘtre malentendus. Le laboureur, vingt fois par jour, se trouverait dans le mĂȘme embarras, ou tomberait dans le mĂȘme inconvĂ©nient. Aussi, .non contents des substantifs taureau, vache, gĂ©nĂŻsse, veau, les laboureurs, pour dĂ©nommer chaque individu avec une exacte prĂ©cision, donÂŹ nent-ils le plus souvent Ă  chacun un nom propre, tirĂ© de la couleur de l’individu, ou.de toute autre circonstance. Tant il est vrai que c’est le besoin de communiquer ses idĂ©es avec prĂ©cision, qui fait crĂ©er les mois et qui enrichit les langues! EXERCICE ÀTiALXTIQliE. (DĂ©signer les noms masculins et les noms fĂ©minins.) ' Eulon. Couriiei(3.) Cavale. HaqvtDie. Frire- BourdoD. SƓut. Xbcille. Chapoo. Sinfte. Poularde. GueuoD. Mouton. Verrat. Brebis. Truie. Coq. Boue. Poule. CliĂšvre Saumon, Beccard (3.) NÂź XII. NOMS, SOIT MASCULINS, SOIT FEMININS, SERVANT A DÉSIGNER TOUT A LA FOIS LE MALE BT LA FEMELLE. 1” SÏRIK,— NOMS MASCULINS, Le renne vit de mousse aux plages borĂ©ales. < (Dkulle.) Le ptnpon remplit l’air de sa voix_ Ă©clatante, (Michaud.) Le merle cherche l'ombre et les taillis Ă©pais. {Id.) . 2* SÉRIE. NOMS FÉMININS.. - La colombe attendrit les Ă©chos des forĂȘts. (Delille.) La baleine bondit au sein des mers. (Id.) La taupe ne sĂ© trouve guĂšre que dans les pays culÂŹ tivĂ©s. (Buffon.) poulain, la pouliche, le coursier, lahaquenĂ©e.—Le taureau,-le bƓuf, la vache, la gĂ©nisse, le veau.—Le sanglier, la laie,les marcassins.—Le cerf, la biche, les faons.—Le*liĂšvre, la hase, les levrauts.—Le lapin, la lapine, les lapereaux. — Le lion, la lionne, les lionceaux. —L'Ă ne, le baudet, l'Ăąnesse, l’ànon. — Le bĂ©lier, le mouton, la brebis, l’agneau. — Le bouc, la chĂšvre, le chevreau, etc., etc., etc. (1) On dit paiement corbeau (substantif masculin) pour dĂ©signer le mĂąle et la femelle. Le mot pie ' fĂ©minin ) dĂ©signe les individus des deux sexes , et l’on est forcĂ© de dire : la femelle dĂ» corbeau , le jmĂąle de apte. 11 faut dire aussi, par pĂ©riphrase : les petits du corbeau, de la pie, du geai, du merle, etc., etc. Pour l’espĂšce de Yaigle, nous avons les aiglons, qui dĂ©signent les petits, etc., etc. (2) Courtier se disait nutrefnis et se dĂźt encore, en poĂ©sie, d'un chcTat comme d’une jument. Nous ne savons pourquoi tous les lexicographes veulent que ce mot ne s’applique qu'au mĂąle de l’esptce cheval. Batjueitie se trouve dans le mĂȘme cas que couTtier, si ce n’est que counUf est masculin, et /taçaen/e fĂ©minin, i/ofurn^s se disait autrefois d’un cheval comme d’une jument, qui allait l'anihle ; pourquoi donc l'AcadĂ©mie, les grammairiens et ]c%.leiicograpbes, veulent-ils nous persuader aujourd’hui que ce mot ne se disait que des juments 7 ^3) On dit \e btecard. Jfoua croyons que ce mot est le seul qui au masculin dĂ©signe spĂ©cialement uti objet' femelle. Il est vrai qu’au fond le i*eeard est un poisson d'une espĂšce diffĂ©rente de celle du saumon, et que ce n'est que dequts quelque temps qu’on a pris )'habitude de dĂ©signei- par cc nom la femelle presque ignorĂ©e de ce dernier. Nos grammairiens n’ont jamais pu expliquer la masculinitĂ© de ce mot- Mais cependant ici tout s’explique, ĂŒne forme Ă©vidente l’a emportĂ© sur une signification peu connue. L’absence de l'e muet final a forcĂ© ce mot peu commun d’ctre mMeutUs.
( 38 ) Le iĂ ir six nidiĂ  eĂ ĂŒĂšfĂ  s’ùiiddtt dâ€™ĂŒri ßÎoFd rejK)s. (DblilibQ Le chameau voyageur traverse TArabie. Le lama m’apprivoise aux rĂ©gions anstirales. m {id.) Le serpent a ses mƓurs, ses combats, ses amours. {Id.) Le putois est fort avide de miel. (Buiton,) Le hĂ©risson sait se dĂ©fendre sans combattre. (Id.) ♩ I Le pigeori en amour ne connaĂźt point d'Ă©gal. PËLILLB.) LomĂ»s'Ă raignĂ© Ă  une odeur forie qui rĂ©pugne aux chats; ' Buffon.) . La souris ne sort de son tron que ßßotit bhcrchéÿ Ă  vivre. (id,) La belette et l'hermine ne veulent pas mangw lorsqu’on les regarde. - (id*) La pie-griĂšche nourrit ses petits de chenilles. ‱ (W.j LĂ  mbuĂšhĂ© Ă©phĂ©mĂšre ne voit point deux hurĂŽirĂ«s. (EBBNAaDlN PB St-PiBRRBi) Un long Ăąge blanchit la carpe centenaire. (Dblillb.) La marĂŻre naĂźt pour nous dans le fond des dĂ©serts. ' ^ (LKMiBRRK.) Ces faits suffisent pour nous dĂ©montrer que dans les espĂšces moins rapprochĂ©es de Thomme, et moins utiles ou Ă  ses plaisirs, ou Ă  ses besoins, le mĂąle et la femelle sont dĂ©signĂ©s par un seul et mĂȘme nom, tantĂŽt masculin, tantĂŽt fĂ©minin, sans Ă©gard au sexe de Tindividu. Celte derniĂšre maniĂšre est une vĂ©ritable imperfection dans la langue, car chaque fois que nous voulons parler des animaux qui n’ont reçu qu’un seul nom.pour le mĂąle et la femelle, noussommes obliges d’ajoutĂ©r au nom de l’animal un mot qui dĂ©signe son sexe : ie sarigue mĂąle, le sarigue femelle ; il nous est aussi permis dĂ« dire, avec Buffon et tous les naturalistes, la femelle du sarigue, la femelle sarigue; ou bien encore nous pouyobs, en supprimant le mol femelle; attribuer au mĂąle toutes les fonctions qui ĂąppartiennĂ©ht exclusivement Ă  la femelle, et dire : le porc-Ă©pic met bas; du lait de buffle, ou tout simplement le mĂąle, la femelle. Les citations suivantes en sont une preuve convaincante: La tortue mĂąle, aprĂšs la saison des amours, abanÂŹ donne bientĂŽt la cdinpĂąghe qu’elle paraissait avoir tant chĂ©rie. , (LacĂ©pĂšde.) La chaleur du soleil suffĂźt pour faire Ă©clore les Ɠufs des tortues dans les contrĂ©es qu'elles habitent. m Ce n'est pas par indiffĂ©rence pour les petits qui lui doivent Je jour que la mĂšre tortue laisse ses Ɠufs sur le sable. ' (Ăźd.) La femelle du renne porte un bois conome le mĂąle. (Buffon.) , - to femelle du chameaU[t) fournit un lait abondant, Ă©pais; et qui fait une bonne riourĂŒtufe, mĂȘinĂ© pour les hommes, en le mĂȘlant avec une plus grande quantitĂ© .d’eau. (Id.) to femelle du castor porte deux, trois et jusqu’à quatre pĂ©ĂŒts * elle les nouhrit et les instruit pendant une annĂ©e. ‱ (ChatĂȘaubĂšiand.) La femelle marmose n'a pas, comme la femelle sarigue, une poche sous le ventre oĂč les petits puisÂŹ sent sĂ© cacher. (Buffon) , La femelle du crabier ne porte pas, comme la femelle du'sĂ HffĂ»e, sĂ©s pĂšiltĂȘ dĂąns une poche sous le ventre. [id.) Ed^^Ă rd Tlsbn a dĂ©crit et dissĂ©quĂ© le 5art^u# femelle. ■ . (Id.) " Le lait dĂš lĂ  femellebufflen’esi pas si bon que celui de la vache; (id.) Le gardien qui veut traire la buffle est obligĂ© de tenir son petit auprĂšs d'elle,' ou, s’il est mort, de la trdlhper, en couvrant de sa peau un aiitrĂš bĂŒlfle quĂ©l- conqĂŒe. . (id.), Oh assurĂ© que les mĂšres buffles refusent de se lais-^ ser tĂ©tef par les veaux. ^jd.) . bans les pays chauds presque tous les fromages sont faits de lait de buffle. - (/4,) (1) Le fĂ©minin chamelle ne se trouve daiis aucun dictionnaire; C'est une omission d'Ă utĂ ht plus gravĂ© qu une foiile d'Ă©crivains ont employĂ© ce mot. n’aatrei tvier^s); joyeuMl comme eUet; Faisaient jaillir dca Diamellea De teura dociles cAorneDes, Pp liMt hUne eoHi leurt doĂź^ ogiiVf (V* H«90j Le zĂšbre rayonnant, la docile Ă©AairiĂš//e, Autruche Ăą quatre piedi et qiii Vole com'ine eliĂȘ. (ÈAaTaiiĂŽrT.)- LĂ©i mƓurs «r&b«9 Sopt cĂŽniĂšriléÚsi tes fcmmĂ©j boÎTcnt le lait de
Bien que tous les ĂȘtres qui n’éntrenl pas dahs laclĂąsse des animuax n’aient point de sexe, il y a cependant des vĂ©gĂ©taux qui semblent admettre cette distinction : Notre Ăąge a dĂ©couvert, ĂŽ merveille inouĂŻe. Que, comme nous; la fleur donnĂ© et reçoit la vie. (Rosset), La plante a son hymen, la plante a ses amours j ‱ Des deux sexes divers, de leurs divers organeĂš, Ces peuplĂ©s vĂ©gĂ©taux jouissent comme nous. (Delillei) Cette distinction, il est vrai, est si difficile Ă  reconnaĂźtre, qu’elle est ’^our ainsi dire nulle pour lĂ  plupart dçs gens du monde. . Les anciens, dit M. Cuvier dans ses notĂ©s sur Delille, n’ignoraient pĂąjĂą Ăżue le palhilĂȘÉ femelle a besoin de la poussiĂšre du palmier mĂąle pour ĂȘtre fĂ©condĂ©; niaiĂ« ils n’avĂąierit point Ă©tendu cette dĂ©couverte aux autres plantes. Le jpreniier qui prOĂŒVĂ , par des ExÂŹ pĂ©riences dĂ©cisives, la nĂ©cessitĂ© du concours des deux sbxes dans .les vĂ©gĂ©taux, fdt Vaillant, dĂ©monstrateur de botanique au Jardin des Plantes de Paris; mais il ne rĂ©ussit point Ă  persuader son contemporain Tournefott^ qui continua Ă  regarder la poussiĂšre des Ă©tĂąnoines comme un simple excrĂ©ment, LinnĂ©e a beaucoup contribuĂ© Ă  rendre gĂ©nĂ©rale l’opinion dĂ© Vaillant, et KƓlteuter l'a mise hors de doute, en produisant des mulets vĂ©gĂ©taux ; la poussiĂšre de^s Ă©tamines d’une espĂšce, portĂ©e sur le pistil d’une espĂšce voisine, donnĂ© des individus de forme interÂŹ mĂ©diaire; et comme ces inuleis vĂ©gĂ©taux ne sont pas tous infĂ©conds > il est possible de changer par degrĂ© une espĂšce en une autre (1). Ainsi, on ne dĂ©vrĂą donc pas s’étonner, si, eh parlant de certaines plahiĂšs, dĂ© cerÂŹ taines flĂ©urs, les Ă©crivains pn dit : plante mĂąle, plante femelle, comme le prouvent les citations suivantes : MÀLEÉ.* Le mĂąle (de la saussaiĂ©) fait vĂ«lĂšr Ăą t^ĂąvĂ©ifs la campa^Ăš. Mille esprits crĂ©ateurs sur sa verte compagne.. (Castel). Pour que le fruit du dattier ou du pistachier se dé veloppĂ©, il est indispensable que les individus. mĂąles soient placĂ©s aĂŒ voisinage des individus femeĂŻlĂšs. (EncyclopĂ©die moderne.) Les pins ĂŒidles donnent ĂŒne q uantitĂ© prodigieuse dĂš poussiĂšre sĂ©minale, qui, portĂ©e par les vents, a fait croire Ă  des hommes ignorants qĂŒâ€™il pleuvĂąit dĂŒ souffre. (MiLLiN.) Lorsque les dattiers sont en fleura, les Arabes vont couper des rameaux mĂąles pour fĂ©conder les femelles, fendent lĂ©gĂšrement le tronc de ces deraĂšres, et y implantent une tige de fleurs mĂąles. (Castel.) Il y a, des fleurons qui, ayant des Ă©tamines, et n’ayant point de gĂšrrne; jpĂŽrtĂ©nt le nom de fleurons mĂąles, (J.-J. Rousseau.) Un orgĂ ne mĂąle ou femelle peut donc , Ă  lui seul, constituer une fleur. Pour qĂŒune fleur soit complĂšte, elle doit offrir les organes des deux sexes , environnĂ©s d’une double enveloppe. (EncyclopĂ©die moderne.) FÉMELLBS. . Les fleurs femelles du noyer sont remplacĂ©es par des fruits charnus; ils renferment une noix bivalve. (Milun.) On nomme plante androgyne celle qui porte des fleurs mĂąles et des fleĂŒrs femelles sûï le mĂ«hiĂš piĂšdi (J.-J, Rousseau.) * Le sapin Ă©ĂȘ distingue par éés Ă©cdĂŒĂŻĂ©ĂȘ fĂšmeûÚs oblongues et en masse. ‱ ' (ĂŒikLLiN.) Il y a plus d’arbres Ă  chatons mĂąles qu’il n’y en a qui aussi ' Ă iĂ©nt des cAĂąfdm fehiÚßles. (J.-J. Rousseau.) D’autres (flĂ©urĂŽris) qui ont-un germe et n’ont point d’étĂ mines, s’appellent fleurons femelles. , . ■ ■ Ă d.) m » Le peuple donne mal Ă  propos le nom de chanvre mĂąle aux pieds qui portent, les semences, et celui de chanvH femelle Ă  ceux qiii sont stĂ©riles. ■ (/Ă .) (1) Un mĂ©dĂ©cin naturalistĂ© du siĂšcle dernier, le docteur Traute, s’est amusĂ© Ă  rĂ©diger Ăšti VĂ©rĂš iĂątifis lĂ© systڏ me dĂ© Vaillant, sur les sexes et l’hymen des fleurs. Il en est rĂ©sultĂ©, sous lĂ© titre de Connubia florum, un petit poĂšme, qui n’a Ă©tĂ© ni -inconnu ni inuĂŒle Ă  Delille: '— Un poĂšte anglais; Darwiiii Ăą Ă©galement chfiĂŒtĂ« lÚé amours des plantes. Ce poĂšme, que les Anglais citent comme lin chef-d’Ɠuvre, a eu plusieurs Ă©ditions en Angleterre, etaĂ©tĂ© traduit dans notre langue par un homme de goĂ»t, M. Deleuze, qui l’a fait, prĂ©cĂ©der d’uii discours hrĂ©liiiiihaire remarqĂŒĂ blĂŽ par la purĂštĂ© dĂŒâ€˜stĂżle.
(40) EXERCICE ANALYTIQUE. Le bilĂŽtt* Le chacal. * Le cbemoii; .L’écurenil. L’éUphant. Le bĂšrtuon. Le lame. l.e.lĂ©opar' . Le belette La elrette. La fouine. La (;axelle. La girafe La byĂšae. La marmotte- La panthĂšre irOMS MASCULINS QUI DESIGNENT A LA FOIS LE MALE ET LA FEMELLE. Le renne. Le rhinocĂ©ros. Le Tampirc. Le xĂšbrc. L'anchois. L'ablette. Le turbot. Le brochet. Le crabe. Le dauphin. L'escargot Le goujon. Le hareng. Le maquereau. Le requin. Le thon. Le bouTreuil. Le ebardonneret. Le eollbri. L« coucou. Le cygne, . L'Ă©pcrfier.- Le faisan. Le geai. Le hibou. Le merle. Le rossignaL Le Tautour. Le boa. Le camĂ©lĂ©on. Le crapaud. Le crocodile. NOMS FÉMININS QUI DESIGNENT A LA FOIS tK MALE ET LA FEMELLE, La souris. La' taupe.' La tortue. La zibeline. La brĂšme. L'anguilla La boleine- La carpes L'Ă©crevisse. L'bultre, La Ittniode. La morue. ' La perche La raie. La sole. La taneha L'alouette. L'autruche. La bĂ©casse. La caille. La cigogne. La faUTctte. La grue. L'hirondelle» La lin Ote. La mĂ©sange. La perdrix. La pie. La grenouille. La salamandre. La tortue. La TipĂšra. Le lĂ©zard. Le serpent. Le charençon. Le grillon. Le batinelODV Le papillon. Le chacal. Le caracal. L’abeille. I.'ara ignĂ©e. La cigale. La.fourmi. La buppe. La crcssereQe. La martre. La mouche N XIII. GENRE DES NOMS D’ÊTRSS INANIMÉS. 1" SÉRIE. — NOMS MASCULINS, ^ te monde Ă  nos regards dĂ©roule ses merveilles. , (Delille.) Le «oĂŻcil demeure constamment|Ă  la mĂȘme place. (Berquin.) . Le jour triste au-dehors est beau sous nos lambris. ' (Lemierre). Le feu, fils du soleil, est sa plus pure essence, (Delille.) Le vent fracasse un chĂȘne ou caresse une fleur. ‱ ■ ■ .. (id.). Le temps, un cercle en main, plane sur Tunivers. w Le tnarĂŽre est Tomement du foyer qu’il surmonte. Lepatn est Taliment le plus sain et le moins cher qu’on puisse se procurer. (Berquin.) Le blĂ© trop tĂŽt semĂ© produit une herbe oisive. (Rosset). Le bain est votre ch^me, -adorables mortelles. (Delille.) Le diamant lui-mĂȘme en brĂ»lant,s’évapore. (/d.) Le eiseau de Scopas fit adorer Targile. (/d.) Le lis Ă  mes regards ctale sa blancheur. , (Rosset.) Le vinaigre est utile contre la peste. (/d.) Un jardin dans ses murs renferme Tunivers^ (W.) . Le luxe a tissu d’or les riches vĂȘtements. (Lemierre.) Le Mexique vers nous fait voguer ses trĂ©sors. ("‱) . Le Gange prend sa source au mont ImaĂŒs. (EshĂ©mard.) 2* SIÈRIe! — NOMS FÉMININS. La terre Ăą nos besoins prodigue ses largesses. ^ (Lemierre.) La lune reçoit du soleil toute la lumiĂšre qu'elle envoie vers nous, (Berquin.) La flamme en jets brillants s’élance dans les airs. (Delille.) La glace ose saisir le vin du sacrifice. (Id.) , La colline a repris sa robe de verdure. (Id.) La mort produit la mort, le deuil sĂšme le deuil. (Id.) . * La chaleur quelquefois existe sans lumiĂšre. (Id.) La fflotre ne voit point d'obstacle insurmontable. (W-) % * La neige et la-roice engraissent les campagnes. (Rosset.) La culture aux humains montra l'astronomie. (H.) La paix, Tlieureuse paix s'enfuit au bruit des armes. (/d.) La danse fait voler la gaĂźtĂ© sur ses traces. (Id.) La rose de la Chine Ă©tonne nos jardins. (Id.) s- La cerise Ă  regret se marie ai^ laurier. (Id.) La pĂȘche est un poison mortel dans la Perse. (Id.) . La violette se cache timidement au milieu des filles de Tombre. ' (Dbliuze.) La farine du millet est excellente, cuite avec du lait. (Berquin.) La jeunesse lĂ©gĂšre est faite pour les jeux. (Lemierre.) La porcelaine est la propretĂ© du luxe. (EsmĂ©nard,) La Meuse eut ses Ruyters, la Seine eut ses Tour- viUc». (7d.)
( 41 ) Les objets inanimĂ©s n’ont aucun sexe, et consĂ©queinment les substantifs qui les reprĂ©sentent ne devraient ĂȘtre ni masculins, ni fĂ©minins. Cependant l’usage leur a assignĂ©, dans notre langue, l’un ou l’autre de ces deux genres. On dit ; le soleil et la lune, la table et le tableau, la chaise et le fauteuil; les mots tableau et fauteuil sont du genre masculin , table et chaise sont du genre fĂ©minin. Dans ce cas, le genre esi fictif ou de convention (1), La religion, les moeurs et le gĂ©nie des diffĂ©rents peuples fondateurs des langues, peuvent leur avoir fait apercevoir dans ces objets des relations rĂ©elles ou feintes, proÂŹ chaines ou Ă©loignĂ©es, Ă  l’un ou Ă  l’autre des sexes; et cela aura suffi pour en rapporter les noms Ă  l’un des deux genres. ' ' Il est digne de remarque, dit Bernardin de Saint-Pierre, que la plupart des noms des objets de la nature, de la morale et de la mĂ©taphysique sont fĂ©minins, surtout dans la langue française. Il serait assez curieux de rechercher si les noms masculins ont,Ă©tĂ© donnĂ©s par les femmes, et les noms fĂ©minins par les hommes, aux choses qui servent plus particuliĂšrement aux usages de chaque sexe, et si les premiers ont Ă©tĂ© faits du genre masculin parce qu’ils prĂ©sentaient des caraclĂšres de force et de puissance, et les seconds du genre fĂ©minin parce qu’ils offraient des caractĂšres de grĂąces et d’agrĂ©ments. Je crois que les hommes, ayant nommĂ© en gĂ©nĂ©ral les-objets de la nature, leur ont prodiguĂ© les noms fĂ©minins, par ce penchant secret qui les attire vers le sexe : c’est * t 4 ce qu’on peut remarquer aux noms que portent les constellations cĂ©lestes, les quatre parties du monde, la plupart des fleuves, des royaumes, des fruits, ^les arbres, des vertus, etc. Le Natchez, comme le Huron et l’Algonquin, dit aussi M. de Chateaubriand, ne conÂŹ naissent que deux genres, le masculin et le-fĂ©minin; ils rejettent le neutre. Cela est naturel chez des peuples qui prĂȘtent des sens Ă  tout, qui entendent des voix dans tous les murmures, qui donnent des haines et des amours aux plantes, des dĂ©sirs Ă  l’onde, des esprits immortels aux^animaux* des Ăąmes aux rochers. Les grammairiens ont gĂ©nĂ©ralement senti qu’en français il doit exister une relation immĂ©dia te entre le.genre d’un nom, sa signification et sa forme; mais avaient-ils jamais soupçonnĂ© qu’il pouvait exister le moindre rapport entre le genre d’un nom et la pensĂ©e qui domine dans la phrase oĂč il se trouve? Et copendant, dit un Ă©crivain, c’est dans ce . rapport si mĂ©connu qu’est tout le secret du genre des noms français. Sans entrer dans des dĂ©tails qui ne peuvent trouver place ici, nous offrirons au lecteur deux exemples qui lui feront entrevoir toute laTĂ©conditĂ© de'ce rapport nouveau, qui a fait d’une prĂ©tendue erreur une des plus belles harmonies du langage humain. L’homme, comme on le sait, s’assimile dans la nature tout ce qui est fort; il se l’approprie, il en fait son domaine'. » I * * (1) Plusieurs langues admettent une troisiĂšme terminaison pour lĂšs noms d’objets qui n’ont-pas de sexe, et l’appellent genre neufre (ni l’un ai l’autre). Mais cette distribution n’est point constante; l’usage y a mis une , .grande confusion, en appliquant Ă  des choses qui n’ont pas de sexe le genre masculin ou fĂ©minin^ au lieu du genre neutre. La langue anglaise, et aussi, dit-on, la chinoise, sont peut-ĂȘtre les seules prĂ©servĂ©es, ou Ă  peu prĂšs, de cette irrĂ©gularitĂ©. M. Landais, d^s une savante disquisition sur le genre, disquisition si savante qu’elle nous semble dĂ©placĂ©e dans un cours spĂ©cial de langue française, car on y trouve de l’anglais, du latin, du grec, et nous-croyons mĂȘme de l’hĂ©breu, ce qui est sans.doute fort instructif pour ceux des lecteurs qui n’entendent que le français; M. Landais, disons-nous, voulant se donner des airs de rĂ©formateur, s’écrie : « Il nous appartiendrait, Ă  nous, Français, de poser en rĂšgle gĂ©nĂ©rale que tout nom qui ne dĂ©signe pas un ĂȘtre animĂ© et qui m’a par consĂ©quent point de sexe., est du genre neutre. » Mais une chose Ă  laquelle M. LanÂŹ dais n’a pas songĂ© (et qui peut songer Ă  tout! ), c’est que cette division des noms en deux genres que nous avons adoptĂ©e, quoique en apparence arbitraire, contribue-puissamment Ă  la clartĂ©.de notre langue, en nous Ă©vitant beaucoup d'Ă©quivoques et de longueurs, en facilitant et en simplifiant l’application des rĂšgles de conÂŹ cordance, qui Ă©tablissent une alfinitĂ© nĂ©cessaire entrĂ© les voix principales et accessoires qui concourent Ă da manifestation des mĂ©haes idĂ©es. C’est donc pour satisfaire au besoin de la clartĂ©, conformĂ©ment au gĂ©nie de notre langue, qu’on a Ă©tabli les deux divisions gĂ©nĂ©rique^:» 6
MĂ iĂȘ tĂš h’est poiht asĂąez pĂŽur le ÎFrariçàis de is’emparer dĂ« ia force partout oĂč elle se dĂ©cĂšiĂ«; par Un travail bizĂ rre, Ăźriais rĂ©el, dĂ© Son iflriĂ ginĂ tiOn, il Veiit qĂŒĂ« tout ĂȘtfĂ©fĂčrt lui ressemblĂ© Ă«t soit masculih comme lui. Éii Voici ĂŒn Ă©kĂ«mplĂ« loĂŒt-Ă ^fĂąit rĂšmĂąrqĂŒable. Dhbs la HeririadĂ©, YĂŽUaiĂżq fait dire Ă  sĂŽn hĂ©ros, Ă  lĂ  vĂŒĂš dĂš rÀhgietĂ©fre, oĂč rĂ©gnait la cĂ©lĂšbre Élisabeth : ’ . Sur ce sanglant tliëùtre oĂč Cent hĂ©ros pĂ©rirent, Sur ce trĂŽne glissant d’oĂč cent rois descendirent, Une femme Ă  ses pieds, enchaĂźnant les destins, De i’éciĂ t dĂ© son rĂšgne Ă©tonnait les hĂŒnĂ ains, C’était Ëlisabeth. I * . , , ■ Rien n’est fĂ©minin dans lĂš tĂąblĂšaĂŒ dĂ© éëtiĂš feĂŒixiiĂš-roi : théùtre, hĂ©ros, trĂŽnĂ©, ‘rĂ is, piĂȘds, destins^ Ă©clat, rĂšgne, humains! Le niĂ scĂŒlih dĂŽthine partout. Mais Henri IV n’a pas ehcdfĂ« tout dit; daiiĂ  les mcĂˆĂŒrs françaises, ÉiisĂąbeth est trop grahde poĂŒr ĂȘtre fĂ©ĂźĂŒme, le hĂ©ros dit Ăą cĂšttĂ© reiĂŒĂš : ‘ DĂąns cĂ© sĂšxe, aprĂšs tout, vous n^ĂȘtĂšs point comprise ; ' L’aĂŒgiiste ÉlisabĂ©tli h’en a qĂŒe les appas ‱ Le ciel qui vous forma pour rĂ©gir les Ă©tats, . < Vous fait servir d’exemple Ă  tous tant que nous sommes. JusqĂŒMci, le masculin domine encore. Enfin, le hĂ©ros n’ajoute plus qu’un trait Ă  ce mĂąlĂ© tableau; ce dernier trait exprime toute sa pensĂ©e : Èt l’Europe vous compte au rang des plus grands hommes. ' Ce dernier vers nous peint mieux que tout raisonnement, que la masculinitĂ© accomÂŹ pagne le penchant de l’homme Ă  s’approprier tout ce qui annonce de la grandeur, de la force, de la supĂ©rioritĂ©. ^ ' I L’exemple suivant nous prouvera que la fĂ©minitĂ© exprime Ă  son tour cette douceur, cette grĂące, celle bontĂ©, cette louchante faiblesse, qui rendent la femme si intĂ©ressante* ‹» Ă  i ^ ■ .Chateaubriand, dans le GĂ©nie du Christianisme, a dit : ' « U n'appartient qu'Ă  la religion chrĂ©tienne d'avoir fait deux sƓurs de l'innocence et du « repentir. » Ce bel exemple, qui n’a jamais Ă©tĂ© citĂ©, met dans tout son jour la vĂ©ritĂ© que nous eĂšsayohs d’exposer. Elle brille ici du plus grand Ă©clat ! Le repentir, sƓur deVinnoceyice! ^VĂ©ritĂ© touchante! beautĂ© admlrablej mais qui eĂ»t pourtant Ă©crasĂ© nos grammairiens malĂ©rialistĂ©s, s’ils eussent osĂ© l’attaquer! Ce n’est ni dans une froide analyse, ni dans ĂŒh rĂ isonriemerit glacĂ© qĂŒe l’on trouve la solution de semblables difficultĂ©s ! Le cƓur de ' }*h6mme en est l’unique source!—C’est a cette harmonie qu’il faut rapporter ce double genre des norris aigle, amour, automne, couple, orgue, etc. Maintenant que nous avons Ă©puisĂ© toutes les observations auxquelles le genre donnait lieu, nous pouvons dĂ©finir ce mot. Le^enre est la propriĂ©tĂ© qu’a le substantif de dĂ©signer le sexe rĂ©el ĂŽĂŒ fictif des Ă©tf es oĂŒ des objets qu’il reprĂ©sente. Ainsi le substantif homme, signe d’un ĂȘtre mĂąle, est masculin; et ie substantif/mme^ signe d’un ĂȘtre femelle; est/Ă©mmm (1). EXERCICE ANÀLĆžTIQUÉ. ^ NOMS MASCULINS; 9 Abi^e* Adiigvf AĂŻs* Am&dou. Ambre. AnĂ cbronĂźsme. Acabit , ^ Affront,, ' Albitre.- Amalgatno AinĂźante,' Anchoii.' AĂȘrotiiebĂ , ÂgĂ©. AlTĂšole. Ambe. Amidon. Angle, (1) Un grand nombre de grammairiens ont suggĂ©rĂ©, coirime rttÎÿÚn de reconnaĂźtre les gĂ«iires, l’appĂźicĂ ĂŒĂŽn des mots le ou la an nom dont U est question; mais ils n’înt j>ù§ fris garde qĂŒâ€™Ăœ fĂ ĂźlĂąlt dĂ©jĂ  connaĂźtre le genre de nom pour y appliquer avec justesse le ou la^
inĂźißÿlĂźHairĂš* AiitidotĂȘ. Antipode. AiUre. ApolopUĂš. ’ Appendice, Armistice. ^ Aire. AlĂ raie. AlcĂŽfe, AiiĂźJrcS;' Anagramme. Aiicre. Amirh ambre. ApolhĂ©dsĂ©. ' Arabesque. Arrdiolr. AstĂ©risque. ArpeĂźlf. Auspices, AsthihĂ©i Automate. Atigure. ‱ Argile. ÂrrhĂȘi. trtĂšre. tmoÉpbĂšre. ATant'ScĂšne. Cuiller. DartrĂ©. DrdiilitnĂȘ. DĂ©croUoire. AdtĂ©t. Centime. . Chanvre; Cigare. Cloporte. Concombre. CrahĂȘ. Dinde. EbĂšne. Ecaille. EchappaiĂŽirĂš. Echarde. Ecritoire. Ecume. EdciĂčmĂš. Enigme. i C -Î5 ) DĂšcĂŽihbrĂši Echange. EĂšlair. ‘ ElĂźitr. EllĂ©bore. Eloge. EmĂštiqiiĂ©. NOMS FEMININS: Epigramme. Epitaphe. Equerre. Equivoque. Estampe. ÉtĂąblĂ©. Fibre. Haft. ' Horloger. ‘EmplfttrĂš. Empois. EiitKdclĂš. Entre-cĂŽte. Entresol. Epiderme. Epilogue. Huile. Hydre. HypothĂšque. Immondices. Insulte. Losange. Nacre- OhUqûÚl Ocre. Epitbalam*. Offre. Oie. Omoplate: Orange, Orbite. OuĂŻe. Outre. Paroi. W N" XIV. DU NOMBRE DANS LES SUBSTANTIFS. 1“ SÉRIE.—SINGULIER, Un homme est assez beau quand if a l'Ăąme belle. (BoursaĂŒlt.) Uhe femme prĂŒdeĂŒlĂš fest lĂ  source des biens. (DeSTOUCHES:) V ambassadeur d'un roi m’est toujours redoutable.- .(Voltaire. Un bienfait n'avilit que les cƓurs nĂ©s ingrats. (La HaRPE:) Un cƓur peut tout tebter quand l'Ă moiir raccomÂŹ pagne. ' (Poisson i) A ■ . 4 ‱ Le conseil lĂš plus prompt est toujours salutaire. (Racine.) Üb DtĂȘu sĂčlfit, la ‘nattifĂš rĂąltéùtĂȘ, (ChĂ©nikb.) Un nuaĂź sans talent partout voit un dĂ©faut. , (Stassart.) §dn Ɠil tĂŽĂŒt Ă©garĂ© he rioĂŒĂš rĂ©cbniiùßt plus. (RacInb;) SÉRIE. — PLURIEL, Les ftommci ne sont que ce qu'il plait aux femmes, (LĂ fontĂąIne.) Les ferĂąmĂšs dĂȘ ce siĂšcle oiit besoin d’Ăčh niĂŽdiiĂȘ. (De RiĂšvrej) Les vrais ambassadeurs sont partoĂŒt rĂ©verĂ©si (VOLTAjAK.) Les bienfaits peuvent tout sur ime Ăąme bien nĂ©e, ; , . Les bƓuTs oppriiriĂ©s ne sdht jĂąmĂ iĂš lĂŽliinis. ' {m Les conseils du courroux sont toujours imprudents. (Saurin.) LĂ©s (faux) DiĂ©uob doivent leiir ĂȘtre Ă iix fĂ ibiĂ©sscs dĂ©s homihesi (RĂŽĂŒfeSAÜLT.) Ded rivaux vertueux sont souvent admirĂ©s.* (De Bellov.) Les yeux de l'amitiĂ© se trompent rarement. , (Voltaire.) Les mĂȘmes noms nous apparaissent ici diversement modifiĂ©s dans leur dĂ©sinence, suivant qu’ils reprĂ©sentent un seul ĂȘtre ou plusieurs ĂȘtres distincts. C’est ici l’un des artifices les plus admirables de la thĂ©orie dĂ©s langues : avec un lĂ©ger changement dans la terminaison des noms, ces noms expriment, outre l’idĂ©e foildaiĂźieft- lale qu’ils renferment,^ l’idéÚ accessoire de quotitĂ©, l’idĂ©e de nombre. Les noms : . . J * ■ Homme, femme, ambassadeur, conseil. Dieu, rival, mal, Ɠil, et : Hommes, femmes; ambassadeurs, conseils. Dieux, rivaux, maux, yeux, dĂ©signent les mĂȘmes objets; mais les premiers ne dĂ©signent qu’un sĂ©ul objet; tandis qĂŒe les seconds en ihdiqĂŒĂ©nĂź plusieurs. VoilĂ  donc une nouvelle propriĂ©tĂ© dont jouissent les noms, d’indiqĂŒĂšr rĂčmVĂ  ĂŽĂŒ la pluralitĂ©. Cette diffĂ©rence entre VunitĂ© et la pluralitĂ© s’appelle nombre: Le nombre singulier est signe de VunitĂ©; le nombre pluriel est signe de la pluralitĂ©. DĂ«pliis les vastes corps lumineux dessinĂ©s dans l’espace incommensurable par une volontĂ© toute-puissante; jusqu’aux atomes imperceptibles qiii forment l’exirĂ©mitĂ© infé rieure de l’échelle immense des ĂȘtres, toute* la nature consiste .en individus. C’est par
(U) ie pouvoir de TaffinĂźiĂ©, par un acte purement inteilectĂŒel, que nous concevons la pluÂŹ ralitĂ©, acte qui a pour base matĂ©rielle les rapports de conformitĂ© et de convenance. Quoique la pluralitĂ© ne soit point un ĂȘtre, elle est la consĂ©quence de notre organiÂŹ sation. Nous avons la facultĂ© de rĂ©unir dans notre esprit plusieurs ĂȘtres, en faisant abstraction des qualitĂ©s particuliĂšres des individus, pour ne considĂ©rer que ce qu’ils ont de commun; de lĂ , la nĂ©cessitĂ© d’exprimer par la voix lĂ  modification de l’idĂ©e d’individualitĂ©^pour rendre TidĂ©e de pluralitĂ©. Mais, comme la plupart des noms de nĂŽtre langue n’ont point de dĂ©sinence sonore pour exprimer cette idĂ©e accessoire, il a fallu y supplĂ©er par les particules que nous nommons articles, dont les fonctions conÂŹ sistent Ă  indiquer le nombre et le genre des noms, et Ă  en dĂ©terminer TĂ©tendue. Ces particules dĂ©terminatives prĂ©cĂšdent les noms et leur servent d’auxiliaires; le besoin de la clartĂ© a commandĂ© cet ordre. Le manque d’inflexions sonores pour dĂ©river immĂ©diatement le pluriel du singulier, selon Tordre de conception, a forcĂ© de recourir Ă .des signes visibles qui sont, en effet, les signes et non l’expression de TidĂ©e accessoire. Quant Ă  la. langue orale, elle serait souvent impuissante pour rendre cette vue de Tesprit sans le secours des articles. Par exemple, que je prononce homme au singulier, ou hommes au pluriel, cette voix n’éprouve aucune modification sensible; il en est de mĂȘme des noms femme,fille,maison, arbre, plante, pierre, Ă©toile, etc., qui se prononcent de la mĂȘme maniĂšre au pluriel qu’au sinÂŹ gulier. Ainsi, on ne pourrait discerner de quel nombre seraient ces substantifs, si on les prononçait isolĂ©ment. NĂ©anmoins, nous avons quelques noms qui ont une dĂ©sinence sonore pour repré senter TidĂ©e de pluralitĂ©, tels que : le mal, les maux, le cheval, les chevaux, un gĂ©nĂ©ral, des gĂ©nĂ©raux, un caporal; des caporaux, etc. Ce mĂ©canisme est trĂšs simple et produit un effet trĂšs intelligible. Notre rĂšgle gĂ©nĂ©rale pour la formation du pluriel est parfaitement assortie au gĂ©nie de notre langue; elle est simple, judicieuse et d’une application facile. Le caractĂšre s est la marque conventionnelle de TidĂ©e accessoire de pluralitĂ©. Ce. caractĂšre, par sa forme sinueuse, est TemblĂȘme convenable de Tacle de Tinielligence dont il est le signe visible. Mais, malheureusement, celle rĂšgle gĂ©nĂ©rale a de nombreuses et de bizarres exceptions. , * * EXERCICE HNĂąLYTĂźQVE, (L'clĂšve indiquera les noms signes de TunitĂ© et les noms signes de pluralitĂ©.) A deux heures nous Ă©tions dĂ©jĂ  dans les bois, Ă  la recherche des fraises : elles couvraient les pentes mĂ©riÂŹ dionales ; plusieurs Ă©taient Ă  peine formĂ©es, mais un grand nombre .avaient dĂ©jĂ  les couleurs et le parfum de la maturitĂ©. La fraise est une des plus aimables productions naturelles : elle est abondante et salubre; . elle mĂ»rit jusque sous les climats polaires ; elle me paraĂźt dans les fruits, ce qu’est la violette parmi les fleurs, suave, belle et simple. Son odeur se rĂ©pand avec le lĂ©ger souille des airs ; lorsqu’il s’introduit par interÂŹ valle sous la voĂ»te des bois, pour agiter doucement les buissons 'Ă©pineux et les lianes qui se soutiennent sur les troncs Ă©levĂ©s, elle est entraĂźnĂ©e dans les ombrages les plus Ă©pais avec la chaude haleine du sol oĂč la fraise mĂ»rit; elle vient s’y mĂȘler Ă  la fraĂźcheur humide, et semble s’exhaler des mousses et des ronces. HarmoÂŹ nies sauvages I vous ĂȘtes formĂ©es de ces contrastes. Tandis que nous sentions Ă 'peine le mouvement do Tair dans la solitude couverte et sombre, un vent oraÂŹ geux passait librement sur la cime des sapins ; leurs branches frĂ©missaient d’un ton pittoresque en se courÂŹ bant contre les branches qui les heurtaient. Quelquefois .les hautes ^ges sĂ© sĂ©paraient dans leur balancement, et Ton voyait alors leurs tĂȘtes pyramidales Ă©clairĂ©es de toute la lumiĂšre du jour, et brĂ»lĂ©es de ses feux, au- dessus des ombres de cette terre silencieuse oĂč s’abreuÂŹ vaient leurs racines. Quand nos corbeilles furent remplies, nous quittĂąmes le bois, les uns gais, les autres contents. Nous allĂąmes par des sentiers Ă©troits, Ă  travers des prĂ©s fermĂ©s da haies, le long desquelles sont plantĂ©s des merisiers Ă©levĂ©s, et de grands poiriers sauvages. Terre encore patriarcale, quand les hommes ne le sont plus !, (SÉNANCOUR.—ObERMANN.)
( 45 ) i N*’ XV. FORMATION DĂŒ FEMININ DANS LES SUBSTANTIFS. 1“ SÉRIE.— MASCULIN.' VhĂ bitant du Torno dans sa hutte enfumĂ©, Chante aussi son pays dont il est seul charmĂ©. (La Harpb.) Le serin est le musicien de la chambre. (Buffon.) La plus petite entreprise Veut les soins d’un bon ouvrier. (Nivernais.) Ce n’est pas le «ouoerain, c'est la loi qui doit rĂ©gner sur les peuples. , (Massillon.) On Ă©coute sans cesse un amant couronnĂ©. (La Harpe.) Le choix des temps et des occasions est la grande science du courtisan, (Massillon.) Le temps est prĂ©cieux quand on craint un rtual. (ÔESTOÜCHKS.) 2“e SÉRIE. FÉMININ. Et toi, jeune alouette, habitante des airs, Tu meurs en prĂ©ludant Ă  tes tendres concerts. (Delille.) La serine est d’un jaune plus pĂ le que le serin. (Buffon.) ^ Quand VĂ©uvriĂšre est Ă©pargnĂ©e, Vainement Touvrage est dĂ©truit. (Arnault.) Ainsi de la parure aimable souveraine. Parla mode, du moins, la France est encor reine. (Delille.) De quoi ntestpas capable une amante insensĂ©e? (PlEON.) Il n'y a peut-ĂȘtre pas une seule femme turque qui fasse le mĂ©tier de courtisane. (Bernardin de Saint-Pierre.) * On trompe rarement les yeux d’une* rivale. (Gressbt.) Ces exemples servent Ă  nous faire voir que tous les mots terminĂ©s au masculin par une consonne, forment leur fĂ©minin par l’addition d’un e muet Ă  la fin du mot. On remarquera, que les substantifs terminĂ©s au masculinen er, prennent en passant au ' fĂ©minin, un accent grave sur Ve : jardinier, jardiniĂšre, ouvrier, ouvriĂšre. EXCEPTIONS. Je sais un paysan qu’on appelait Cros-Pierre. (MoliĂšre.) Un seul jour ne fait pas d’un mortel vertĂčeux Un perfide assassin, un lĂąche incestueux. (Racine.) La discorde, l’infamie, la misĂšre font autant de veufs que la mort. ' (Boiste.) Les paysannes mangent moins de viande et plus de lĂ©gumes que les femmes de la ville. (J.-J. Rousseau.) L’épouse du chrĂ©tien n’est pas une simple mortelle : c’est un ĂȘtre extraordinaire, mystĂ©rieux, angĂ©lique ; c’est la chair de la chair, le sang du sang de son Ă©poux. . (Chateaubriand.) N’élcvez point TĂ©chafaud sur la maison du criminel; quellepart ont Ă  son crime sa veuve et ses orphelins? (Sentence arabe.) On voit que Ton doit excepter de la rĂšgle prĂ©cĂ©dente : bachelier, paysan, vieillot, sot, duc, mĂ©ĂŒs,juif, veuf, mortel, vieux,malin, quaker, qui font au fĂ©minin bachelette, paysanne, vieillotte, sotte, duchesse; mĂ©tisse, juive, veuve, mortelle, vieille, maligne, quakeresse. Quant Ă  partisan ce mot n’a point de fĂ©minin ; on dit Ă©galement d’un homme ou d’une femme, un partisan. Voltaire a cependant Ă©crit partisanne. a Elle vous rendait bien justice, vous n'avez pas de partisanne plus sincĂšre. EXERCICE PHRASÈOLOGIQVE (1). Un Français. Marrhand. Arricoin. UahoiDctaD. Une Française. Marchande. Africaine. MahomĂ©tane. Un Anglais, Mendiant. AmĂ©ricain. Sultan. Une Anglaise. ■ Mendiante. AmĂ©ricaine. Sultane. Un Espagnol GranL ChĂąu-latn. Musulman; Une Espagnole! GĂ©ante. ChĂątelaine. Maialmano. (1) Quand l’élĂšve aura trouvĂ© de lui-mĂȘme la rĂšgle, de peur qu’elle ne s’oublie presque aussitĂŽt, les maĂźtres lui en feront faire immĂ©diatement l’application. A cet elfet, ils choisiront un certain nombre de mots dĂ©taÂŹ chĂ©s parmi ceux qui suivent chaque principe, et exigeront qu’il improvise sur le champ ou bien qu’il prĂ©pai e pour la leçon suivante, autant de petites phrases avec ces mots. Cet exercice, auquel nous avons donnĂ© le nom d’BXERCiCK phrasĂ©ologique, tout en flattant l’amour-propre de l’élĂšve, dĂ©veloppe graduellement ses facultĂ©s intellectuelles, lui fait acquĂ©rir la connaissance des rĂšgles de notre langue, et les lui grave d'une maniĂšre ineffaçable dane la mĂ©moire. 11' nous semble appelĂ© Ă  remplacer avec avantege toutes les cacographies.
( ) Gourmaml. Extravagant. Babillard. AtiTcrgnat, Ouf'rier. Laitirr. Voiidii. Uarquß«. Allemand Nain. SouvrraĂźn. Friand, Gourmande, Extravagante Babillards. Auvergnate OuvriĂšre. LaitiĂšre. Voiaitie. Mnrqutae. Allemande. ‱Naitie. Souveraine, Ffiatidft MĂšcbant. Iiiirigant. Cafard. Ingrat, Courrier. Meunier, Patelin. DĂ©vot. FainĂ©ant. ElĂ©gant. Nasillard. Ribaud. MĂąchante. Intrigante, Cafarde. Ingrate. CourriĂšre. MeuniĂšre, Pateline. DĂ©vote. FainĂ©ante. ElĂ©gante. Nasilla rdç, Ribaude. MĂ©rrĂ©ant. Agent Bavard. Badaud. Chambrier. Villageois. Orphelin. Cagot Jardinier. Bourgeoif. Bambin. DĂ©fuat UĂ©crĂ©antt. Agente. Bavarde. Badaude.' ChambriĂšre. Villageoise. Orphe liue. Cogote. JardiniĂšre. Bourse oÎM. Bambine DĂ©funte. s:*-. —N° XVI. t NOMS TERÎtf^jVÉS PAÏ^ UNE VOYELLE AUTRE QUE fJo MUET, s Ir* SÉRIE. MASCULIN, Pour conserver un ami, Ü faut devenir soi-mĂȘme capable de TĂ©tre. (H-J* ÏIqĂŻjsspa.u,) bienfaits qui jie ramĂšnent pa^ uq ennenfi ne . servent qu’à l’aigrir. ' (DuçtOi^.) Ü mon bim-aimĂ©, tu vas fuir ta Julie ! (J.-J. Rous^eaUj) Un hpnnpe hon est toujours le biçnroertu. “ - ' ‘ ‘ (BoiSTE.) Un Ă©tourdi est sujet Ă  donner des chagrins Ă  tout ce qui l’entoure. ’ ^ " (Madame dĂšPuisiEux.) Eh ! qui donc s'attendrit pour un infortunĂ©e ‱ (CrÉBILLONj) Pour former le fĂ©iTlinin des mots C[uise lerniinenj; Ă©, Ăšn i, et eriu, il suffit d’ajouter un e muet Ă  la iip du mot : un ami, une amie^ 2*”¼ SÉRIE. — FÉMINIH. La femme est Pamie naturelle de Thomme, et toute autre amitiĂ© est faible ou suspecte auprĂšs de celle-lĂ . (De BoNAĂźy).) Les femmes n'ont pas de plus cruelles ennemies que les femmes. ' (/tJ.) Tiens, ma bieri-aimĂ©e, prends cette branche fleurie de citronnier, qĂŒe j’ai cueillie dans la forĂȘt. (Bernardin de Saint-Pierrh.) La fortune est toujours la bien-venue, (anonyme.) * # ’ t L’espĂ©rance egt une Ă©tourdie^ qui a plus d’imagma- tion qĂŒe de jugement. ' (Èoiste.)"" Mon dieu ! quel transport Ă©gare une infortunĂ©e, Ăšt }ĂŒj fait publier ses rĂ©solutions ? (J.-J. Rousseau.) Un Inconnu. IngĂ©nu. DĂ©tenu. - Parve^riu. Goulu. IrrĂ©solu. JouĂȘju. ; Unç lucoitnuc.' IiigĂ©nuĂ©. DĂ©tenue, Parvenue, Goulue. Irr^.oluiĂ©. JoulQue. ENEECfĂ E Pl(R4SÉOlOGiOVÇ, U.p AĂźnĂ©. AITamĂ©. DĂ©terminĂ©.' ForcenĂ©.' ‱'PuĂźnĂ©. EcervelĂ©. Bossu. ĂŒpe AĂźnĂ©e, AITamĂ©e. DĂ©terminĂ©e, Fqrrçnéç. PuĂźnĂ©e. EcervĂȘlie. Bossue. Un EchevelĂ©. ZĂ©lĂ©. EvaporĂ©. InçqnjjdĂšrĂ©. Ennemi."' PestifĂ©rĂ©. Apprenti. Une EchevelĂ©e. ZĂ©lĂ©e. EvaporĂ©e. ' IiiconaĂźdĂ©r^O Ennemie. PestifĂ©rĂ©e. Apprentie.' EXCEPTJQNS. 'Éutrope Ă©tait un favori tout-puissant auprĂšs de l’enapereĂčr Arcade; qui gouvernait absolument Tesprit de son maĂźĂŒ'e. ' (Chateaubriand.) Écouter ses sujets est le devçir d’un roi. < ' (ChĂ©nier.) Monseigneur le bailli, qui s’était arrĂȘtĂ© pour parler Ă  quelqu’un, vint rejoindre la compagnie, et oifrit je bras Ă  madame. (J*-J> HoussĂȘau.) On voit qu’il faut excepter de la rĂšgle prĂ©cĂ©dente les mois favori, roi, bailli, et abbĂ©, qui font au fĂ©minin,/auonJe, reme, boUlive, abbesse. Des princesses la dĂ©sirent Ă  Tenvi pour favorite. (FlĂ©ghier.) L’opinion est la reinç du monde, parce que la sottise est la mne des sots. ' (ChĂ mpfort.) Madame d’Orbe et madame la baillive marchaient, devant monsieur. (Ji-J, Rousseau.)
( 47) N XVII. NOMS TERMINÉS PAR UN Ç MURT. SÉRIE. —-MASCULIN. Faut-il que sur le^front d’un profane adultĂšre BrilĂźe de la vertu le sacrĂ© caractĂšre ! (Racine.) Trop souvent un coupable est le fils d’un hĂ©ros, (CflKNIER.) Un prince est le dĂ©positaire des Ibis et de la jusÂŹ tice. (La BruyĂšre.) ■ / L’impie heureux insulte au fidĂšle souffrant. (V. Hugo.) . En courant aprĂšs elle (la fortune), Mon petit infidĂšle, Vient de faire un faux pas. . (Piron.) Le grand Augustin est le fidĂšle interprĂšte du mysÂŹ tĂšre de la grĂące. (Bossuet.) Le margrave de Bade s’était rendu cher Ă  ses sujets par le zĂšle avec,lequel ĂŒ cherchait Ă  amĂ©liorer leur sort. (Beauchamp,)' POn peut dans son devoir ramener le parjure. (Racine.) Le SAUVAGE avait contemplĂ© la sociĂ©tĂ© Ă  son pins haut point de splendeur. (Chateaubriand.) Au dehors le Spartiate Ă©tait ambitieux, avare, inique; ipais le dĂ©sintĂ©ressement, l’équitĂ©, la coUr? cordĂ© rĂ©gnaient dans ses murs. (J.-J. Rousseau.) sĂ©rie. '— FEMININ. Les enfants prennent le caractĂšre d(ĂŻ sang quj les a formĂ©s, et l’on reconnait toujoqrs ceux (Lune ADULTERE. (BoiSXE.) Vne COUPABLE aimĂ©e Ă©st bientĂŽt innocente. ÂlpLlÈSBj Cette maison auguste semble ĂȘtre, comme celle de NoĂ©, la seule dĂ©positaire de la gloire des siĂšcles passĂ©s. ^Iassillon.) HĂ© bien, de cette impie a-t-on puni Taudace? (Racine.) Ma santĂ© fuit; cette infidĂšle Ne promet pas de revenir. (Parny.) ‱ » Ne soyez pas sensible Ă  la douceur secrĂšte D’un amour dont la plume est la seule interprĂšte. (Piron.) pans son grand herbier, la margrave avait fait graver et enluminer toutes les plantes de son jardin. (Beauchamp.) , Retournant Ă  son souffle (de sa forge), VulcaĂźn en fit Ă©clore Ăźe ridicule filet oĂč fut prise la parjure. V ' (Piron.) Ah Ăź qu’elle me parut divine la simple sauvage , l’ignorante Atala, Ă  genoux devant un vieux pin tombĂ©. (Chateaubriand.) Une Spartiate paraĂźt .en public Ă  visage dĂ©couÂŹ vert jusqu’à ce qu’elle soit mariĂ©e ; aprĂšs son mariagĂš, comme elle ne doit plaire qu’à son Ă©poux, elle sort voilĂ©e. (BarthĂ©lĂ©my.) f . Les substantifs, ou les mots employĂ©s substantivement, terminĂ©s par un e muet, ne changent pas de terminaison au fĂ©minin. On ne connaĂźt alors le genre dans lequel ils sortt employĂ©s que par celui des adjectifs qui les prĂ©cĂšdent ou qui les suivent. EXERCICE PHRASÈOLOGIQUE. Locataire. Une Locataire. Un ÉlcTe. _ ĂŒne ÉiĂšre, Un JdolĂątrç. Une liolStre, Pensionnaire. Pensionnaire.. ^ DĂ©moniaque. DĂ©moniaque. Ilote. Ilote, PropriĂ©taire. propriĂ©taire. Aristocrate. ArĂźsiocrate. ■ Rebelle. BebelJe. , Poitrinairt;. Poitrinaire. CaraĂŻbe CaraĂŻbe Malade. Malade. St-xaf’énaire. SexagĂ©naire Volage, . Volage. MpscpTÎte. Mofeovite. Cannibale. Caniiibalç. Camarade. ,Cailla rade. * ^Êntliousiaste. Eutboufiaate EsciaTe. Esclate. ' Conlutiiace. Coutumace. . Belge. Belge. NĂ©ophyte. ‱ NĂ©ophyte. profane, ‘ Proffine. Sybarite. , Sybarite. ?Ăźtrl<7te. Palriott:. FidĂšle. FidĂšle. \ r XVIIL / SUBSTANTIFS EN 6 QUI SE CHANGENT EN esse. SÉRIE.— MASCULIN, L’dne est fait pour porter les herbes Ă  la ville, Courir de porte en porte, et puis, Ă  son retour, " Rapporter le fumier qui rend le champ fertile. (Lamothe.) Le nouveau prophĂšte donnait le choix Ă  ceux qu’il voulait RuhJuguer, d’embrasser sa secte ou de payer un trfiiut, (Voltaire.) 2“e SÉRIE. —r- FÉMININ. PoppĂ©e, Ă©pouse de NĂ©ron, avait toujours Ă  sa suite quatre Ă  cinq cents Ăąnesses, pour se baigner dans leur lait et se conserver Je teint frai?. (TrĂ©voux.) AprĂšs avoir entendu le prophĂšte du yr^ Dieu, nous allons voir la prophĂ©tesse du dĂ«nipn. (Chatbaubbjand.}
( ^8 ) ’ Les druides, impostcars grossiers, faits pour le peuple qu’ils gouvernaient, immolaient des victimes humaines qufils brĂ»laient dans de grandes et hidenses statues d’osier. (Voltaire.) Les bonzes, les bramines, les faquirs, se dĂ©vouent Ăą des pĂ©nitences effrayantes. (Id.) Le Suwse, natureUenaent froid, paisible et simple, mais violent et emportĂ© dans la colĂšre, boit du laitage et du vin. ‱ (J.-J. Rousseau.) ‱ Le pape est le vicaire de JĂ©sus-Christ en terre, le pĂšre commandes chrĂ©tiens. (AcadĂ©mie.) Les jĂ©suites Ă©taient les souverains vĂ©ritables du Paraguay, en reconnaissant le roi d’Espagne. (Voltaire.) Moi-mcme ai vu, sous Thabit d’un chanoine. Un homme sage, et, qui plus est, savant. (Salentin.) Cet hĂŽte (Tamoiir) dans un cƓur a bientĂŽt fait son gite. (Regnard.) * Je vois bien que d’un bon valet On ne saurait faire un bon maĂźtre. [ (FuretiĂšre.) C'est outrager un nĂšgre que de lui donner le nom de sĂ©vĂšre, qui veut dire homme libre. (La Harpe.) % Du sein d’un prĂȘtre Ă©mu d’une divine horreur, Apollon par des vers exhale sa fureur. (BoilĂšau.) Le ciel met sur le trĂŽne un prince qui vous aime. (Racine.) Les druidesses plongeaient des couteaux dans le cƓur des prisonniers, et Jugeaient de l’avenir Ă  la maniĂšre dont le sang coulait. (Voltaire.) * Il n’y eut aucun asile consacrĂ© Ă  la virginitĂ© en Asie ; les Chinois et les Japonais seuls ont quelques bonzesses. O (Id.) Nos aiment assez Ă  se rassembler entre elles. J.-J. Rousseau. * * Nous donnĂąmes Ă  la flUe de la rue des Moineaux le nom de papesse Jeanne. (J.-J. Rousseau.) Urbain VIII donna aux cardinaux le titre d’emi- nĂȘnce. 11 abolit lĂšs jĂ©suitesses., (Voltaire.) Dominique, il faudra ĂŽter les housses de la chamÂŹ bre bleue, c’est lĂ  que doit loger madame la chanoi- nesse. (M«« de Chamilly.) A l’heure dite il courut au logis De la cicogne son hĂŽtesse. (Lafontainb.) La femme d’un charbonnier est plus respectable que la maĂźtresse d'un prince. (J.-J. Rousseau.) Le nĂšgre a sur le soldat l’avantage de ne point risquer sa vie, ses nĂ©grillons. et de la passer avec sa nĂ©gresse et (Voltaire.) Il n’est point de ville oĂč l’on trouve autant de prĂȘÂŹ tresses qu’à AthĂšnes. (BarthĂ©lĂ©my.) L'amour ne rĂšgle pas le sort d'une princesse. (Racine.) Certains mots terminĂ©s e en me pour le fĂ©minin : au masculin par un e muet changent, comme on le voit, cet prince, princesse. EXERCICE PHRASÈOtOGIQVE{\). ÜD Ange Une Angeise. ĂŒn Druide. Une Druidesie, Ün Satyre. Une Satyresse. Borgne. Borgneaie, Centaurene. Moine. Moinesse. Ogre. Ogresse. Centuure ' MulĂątre. Mul&lreue. ProphĂšte. FropbĂȘteise. EvĂȘque. , EvĂȘcbesse. Pair. Pairejse. Comte. Comtesse. Doge. Dogesse. Pauvre. pauvresse. Diable. Diablesse. Ivrogne. Ivrognesse. Sauvage, Sauvagesse. DrĂŽle. DrĂŽlesse. Ladre. Ladrestc. Suisse. Suissesse. Pape. Papesse. Libraire. Librairesse. Sire. Siresse. TraĂźtre. TraĂźtresse. Maire. Mail esse. Tigre. Tigresse. Diacre." . Diaconesse. Vicomte. Ticotntesie. (1) Nous devons faire observer que la plupart des mots contenus dans cet exercice ne peuvent se dire qĂŒiro- niqucment et dans le style comique. —C'est dans les intĂ©ressants Voyages en Italie de M. ValĂ©ry, que nous avons trouvĂ© les mots ; angesse, centauresse et saiyresse. Voici les passages' qui renferment les deux derniers substantifs : — A Vexception du sage Chiron, botaniste , musicien, astronome, prĂ©cepteur d’Achille , « l’honneur de son espĂšce^ des centaures, des chntaurkssks surtout respirent la folie, ta licence.» Quelques dĂ©tails" des fresques de Jean de S. Giovianni, Ă  Florence, sont bizarres: une satyrbssb a Ă©lĂšve en l’air des couronnes en signe de victoire. » E- porgnesse ne se dit d’une femme qu’en termes in= jurieux; autrement on doit dire borgne ; La princesse d’Evoli, qui fit de si grandes passions, Ă©tait borgne, (De Stk-Foix). La mĂȘme observation peut s’appliquer aux mots drĂŽlesse et,pauvresse. ^Quant Ă  sauvogesse, il sc trouve dans TrĂ©voux Les quatre chefs et la sauvagesse d’une des nations chinoises, furent prĂ©sentĂ©s par leurs conducteurs et interpu-Ăštes Ă  la compagnie des Indes, dans le temps que l’assemblĂ©e de l’adminisÂŹ tration allait se tenir. Ce mot n’est guĂšre usitĂ© aujourd’hui que par dĂ©rision. « Vn petit Français, remar- « que M. de Chateaubriand, poudrĂ© et frisĂ© comme autrefois, habit vert pomme, veste de droguet, jabot 0 et manchettes de mousseline, en me parlant des Indiens, me disait toujours : Ces messieurs sautages a et ces dames sauvagesses. » Il n’est personne qui ne sente tout le ridicule d'une pareille expression, — Pour ce qui est du mot angesse, nous ne pensons pas qu'il puisse ĂȘtre admis, si ce n’est en plaisantant; on doit dire um ange. Exemple : H m’a parlĂ© bien des fois, avec toute la candeur de ce sentiment passĂ©, des troubles intĂ©rieurs, des tendresses inouĂŻes que la vue de cette ange lui causait. (Boulay-Paty).
( * ( *9 ) N" XIX. Ɠa»— SUBSTANTIFS TERMINÉS PAR COU, en, Ăčn, CU l"'SÉBiH. — Masculin. ‱ . he tourtereau J , Dont If plaintif et long roucoulement Imite assez la plainte d’un amant. (Camphnon.) 0 soleil!... Quand la voix du matin vient rĂ©veiller l'aurore, L'imfien prosternĂ© te bĂ©nit et l’adore. (Db Lamartine.) Le sage ne doit jamais avoir d'autre gardien de son secret que lui-mĂ©me. (Guizot.) Tout chrĂ©tien est nĂ© grand, parce qu’il est nĂ© pour. le Ciel. ‱ ( Massillon.) GrĂąces Ă  Dieu, le fripon le plus fin Ne songe pas Ă  tout. (Nivernais*) GanymĂšde est VĂ©chanson des Dieux. (Planche.) Les femmes accusĂ©es d’adultĂšre Ă©taient tenues de prĂ©senter un champion qui attestĂąt leur innocence en combattant pour elles. (Saint-Foix.) Un milan qui dans Tair planait, faisait la ronde, Voit d’en haut le pauvret se dĂ©battant sur Tonde. ( La Fontaine.) Saint François de Panle disait : U faut que je sois le plus humble sujet de mon ordre* (FlĂ©chier.) 3* SÉRIE. — FĂ©minin* LĂ  je voyais le faon et la blanche gazelle Courir au pied du mont Thabor ; Aux bosquets d’aloĂšs ta douce tourterelle Seule paraĂźt gĂ©mir encĂŽr! (PaĂŒthihr ) Mon jeune ami, vous avez appris le langage des blancs ; Ü est aisĂ© de tromper une Indienne. ( Cbateaubriano.) Gardienne Ă©tablie Ă  la porte du sanctuaire, la criÂŹ tique littĂ©raire empĂȘche les profanations. (ThĂ©ry.) Quelle cireur Ă  une chrĂ©tienne, et encore Ă  une chrĂ©tienne pĂ©nitente, d’omer ce qui n’est digne que de son mĂ©pris. (Bossuet.) . . . Je ne pense pas que Satan en personne Puisse ĂȘtre si mĂ©chant qu’une telle friponne. (MoliĂšre.) La gentille Ă©chansorme Qu’on nomme HĂ©bĂ©, malignement sourit. (Parny.) Tous venaient sur mes pas, hors les deux championnes Qui du combat encor remettent leurs personnes. (MoliĂšre.) Mais la pauvrette avait comptĂ© Sans l’autour aux serres cruelles. (La Fontaine.) 0 ! de Tamour adorable sujette, N’oubliez pas le secret de votre axi. (Voltaire.) L'examen ,des exemples qu'on vient de lire donne lieu aux observations suivantes ; 1Âź Les noms terminĂ©s par eau, changent, au fĂ©minin, cette terminaison en elle^ jouvenceau, jouvencelle ; 2Âź Ceux terminĂ©s par en, on, et, forment leur fĂ©minin en doublant la consonne finale et en ajoutant un e muet : gardien^ gardienne;fripon, friponne; sujet, sujette (1 ). s EXERCICE PBRASEOLOGIQVE. Go Tourtereau. . Une Tourterelle. Jumeau. Jumelle. BobĂ©mieu. Bobf mienne. Magicieo. Magicienne. Parisien. Parisienne. EuropĂ©en. EuropĂ©enne. PaĂŻen. P.i!eiioe. Paroissien. Paroissienne. PlĂ©bĂ©ien. PlĂ©bĂ©ienne. Egyptien.’ Egyptienne. Espion. Espionne. 1 Propret. Proprette. AeadĂȘniicieu. AeadĂ©micieunc. GĂ©orgien. GĂ©orgieoDe, Un AthĂ©nien. Une AthĂ©nienne. Un Mignon. Une Mignonne. Chien. Chienne. Baron. Baronne Citoyen. Citoyenne. Bouilbn. Boullnniie, Patrii'ten. Patricienne. Dragon. Dragonne. ComĂ©dien. ComĂ©dienne. HĂ©risson. HĂ©rissonne. Conritoyeo. Concitoyenne. Lion. Lionne. Doyen. Doyenne. Poupon. Pouponne. * EpĂŻrurien. Epirurleiine. Vigneron. Vigne ronne. LuthĂ©rien. Lutberlrnne. Luron. I.uronue. Musicien. Musicienne. Bougon. Minet. Bougonne. Muet Muette. Minette. IdumĂ©en. Idumienne. Prussien, . Frussienoe. ChaldĂȘcD. CbaldĂ©enne. Italien. Italienne. Cadet Cadette. .BouUkt Bouillette* (1) ExceptĂ© compagnon, patron, indiscret, qui font au fĂ©minin : compagne, patrone, indiscrĂšte, 7 — —1
(59) I —W JX. SUBSTANTIFS TERMINÉS PAR BUT, 1” SkhIE, — MASCULIN. Le flatteur n'a pas assez bonne opinion de soi ni des autres. » ■ (La BruyĂšre.) m- . Les gens qui ont peu d'affaire^ sont de trĂšs grands parl^rsy molps oq pense, plus on parle. (Montesquieu.). Vinstituteur est appelĂ© par 'le pĂšre de famille au partage de son autoritĂ© natureile. (Guizot.) Je blĂąme un bienfaiteur, dont TĂąme mercenaire Veut mettre un prix Ă  son bienfait. (M* Jouveau.) t * Si pour nous accabler de maux et de douleurs, Le trĂŽne a ses tyrans ; le ciel a ses vengeurs. (CrĂ©billon.) Dieu fait nĂŒsĂ©rĂźcorde au pĂ©cheur misĂ©rable. (MoliĂšreJ . 2* SĂ©rie. — fĂ©minin. La politesse est souvent une vertu de mine et de parade ; c’est une flatteuse qui ne refuse son estime Ă  personne. (Mirabeau.) ... On voit les amants toujours vanter leur choix. La trop , grande parleuse est d’agrĂ©able humeur. (MoliĂšre.) Les prairies seront votre Ă©cole, les fleurs votre alphabet, et Flore votre institutrice. (Bbrn. de St-Pierrk.) La nature n'est-elle pas Ă©galement une bienfaiÂŹ trice puissante et sage P (Virby.) L'homme n'a point de plus cruelle vengeresse de son forfait que sa propre conscience. (Boiste.) JĂ©sus appelle Ă  lui.la faible samaritaine, il parÂŹ donne Ă  la femme adultĂšre, il absout la pĂ©cheresse qui baigne ses pieds de larmes ; mais il sĂ©vit contre les ambitieux. (Bern. de St-Pierrk.) Les substantifs terminĂ©s au masculin en ewr, forment leur fĂ©minin de trois maniĂšres diffĂ©rentes, par le changement A'eur en m8e, en eresse, ou en nce(l). D’exerciçc suÎTaut moU q»! preunent ces dircrsei termiaitisoDS rongĂ©s par ordre alpfaabĂ©tlquo. EXERCICE, PBRASÈOLOGIQUE. * NOMS TERMINÉS EN eur QUI FONT euse. Aboyeur. Une Aboyeuse. Un 1 Diseur. Une Diseuse. TJn Porteur. Una Porteuse. Acheteur. Acheteuse. Dispute ur. Disputeuse. .Pourvoyeur, Pourvoyeuse. Allumeur. Allumeuse. Doreur. Doreuse, PrĂȘcheur. . PrĂȘcheuse. Assembleur. Assembleuse.. Donneur. Dormeuse. Preneur. Preneuse. Assommeur. Assomoieuse. EnjĂŽleur. Empoisonneur, EnjĂŽleuse, Pleureur. Pleureuse. Arracheur. Arracheuse. Empoisonneuse. ‘ PrĂȘteur. PrĂȘteuse. Baigneur. Baigneuse* Empruntcor. Emprunteuse. Priseur. Priseuse. Balayeur. Balayeuse. ' Enlumineur. Enlumineuse. Prometicur.y Prometteuse. Baragouineur. Boudeur. Baragouineuse* Eplucheur. Eplucheuse. PrĂŽneur. PrĂŽneuse. Boudeuse. Entrepreneur. Entrepreneuse. Querelleur. Querelleuse. Bredouille ur. , Bredoutlleuse. Faiseur Faiseuse. QuĂȘUur. QbĂȘteuse.’’ Briseur. Brise use. Voyageur. Voyageuse. Huvaudeur, - Ravaudcusq. Brodeur. Brodeuse. Vendeur. Vendeuse, Bemplisseur, Remplitseuse Cajoleur, ' Cajoleuse. Tricheur. Tricheuse. Beveiideur. Revendeuse. Cardeur. Cardeuse. ' Fileur. Fiieuie. KĂźeur. RIeu». Chantçur, Chanteuse (a). Farceur. I^rceiise. BahĂȘcheur. Rab&cheuse. Chercheur. Chercheuse. Fouetteur. Fouettense. Baccommodeur. ' Raccommode use Chuchote ur. Cbuchoteuse, Fournisseur. Fou misse use. Radoteur. Radoteuse. Voleur. Voleuse. .iaseur. Jaseuse. Railleur. Railleuse. Visiteur. Visiteuse. Grasseyeur. Grasseyeuse. Raisonneur. Raisonneuse. Treoteur. Tricoteuse. Groudcur Grondeuse. Rapporteur ‘ RapporteuiĂŽ. RecĂ©leuse. eu ho odeur. Claboudeuse. Joueur. Joueuse. Receleur. Coiffeur. Coiffeuse. Louangeur. Louangeuse.' BĂȘreur. RĂȘveuse. Coureur, Coureuse. Loueur. 'Loueuse. Ricaneur. Ricaneuse, Connaisseur Connaisseuse. Laveur. Laveuse. Rieur. Rieuse. Conteur. Conteuse. Liseur. Liseuse. RĂŽaeur. RĂŽdeuse. Coucheur. Coucheuse. Meneur. Meneuse. Ronfleur. Ronfleuse. Crieur. , Crieuse. Moissonneur. Moissonneuse. Tapageur. Tapageuse. Croqueur. Croqueuse. Moqueur. Moqueuse. Tireur. Tireuse. Danseur. Danseuse, Parleur. Parleuse. Trarailleur. Travailleuse. DĂ©daignenr. DĂ©nicheur. DĂ©daigneuse, DĂ©nicheuse. Patineur. ‘ PĂ©cheur. Patineuse. PĂȘcheuse. Trompeur. Trompeuse DĂ©TÎdeur. ^ DĂ©rideuse* ... Penseur Penseuse. * (1) Les mots fn/*eWeur^ supemur^ rnojeur, mineur, serviteur. gouverneur, qui font au fĂ©minin infĂ© (2) On dil poiv, exprimti^ oqq penonus babils dans l'srt du cfaaot
( 51 ) NOMS TERMINÉS EN eur QUI FONT rice. Gd AceĂ©JĂ©rateor. AbrĂ«riateur. Accompagnateur. Calomniateur. Calculataur. Collabora teur. CrĂ©ateur. Curateur. DĂ©biteur. Empereur. Exterminateur. Indicateur, lustigateur. loTCnteur. UĂ©disteur. OpĂ©rateur. Protecteur. BĂ©munĂ©rateur. Restaurateur. Administrateur. Admirateur, Adorateur. Conciliateur. Conducteur. Cooserrateur GuBailIcur. DĂ©fendeur. Gne AeeĂ©lĂ©ratrice. AbrĂ©Tiatrice. Accompagnatrice. Calomniatrice. Calculatrice. Collaboratrice. CrĂ©atrice. Curatrice. 'DĂ©bitrice. ImpĂ©ratrice. Exteruiinatnca. Indicatrice. ' Instigatrice. Inventrice. MĂ©diatrice. OpĂ©ratrice. Protectrice. RĂ©munĂšratrioe; Bestauratrieo (ijL Administratrice. Admiratrice. Adoratrice. Conciliatrice. Conductrice. Conaerratrice. Gu DĂ©lateur. DĂ©nonciateur. DĂ©solateur. Examinateur. Fondateur. Improvisateur. Interlocuteur. Lecteur. ModĂ©rateur. PersĂ©cuteur.^ BĂ©coneilĂźateur SĂ©ducteur. Spoliateur. Adulateur. Ambassadeur. Amateur, Consolateur. I Consommateur. Conspirateur. Destructeur. Directeur. Dispensateur* . ExĂ©cuteur. GĂ©nĂ©rateur. Inspirateur. Gne DĂ©latrice. DĂ©noociatnce. DĂ©solatnee. Examinatrice. Fondatrice. Improvisatrice. Interlocutrice. Leclrice. ModĂ©ratrice. PersĂ©cutrice. BĂ©coiiciliatriee. SĂ©ductrice, Spoliatrice: Adulatrice. Ambassadrice. Aniatriee. Consolatrice. Consommatrice. Conspiratrice. Destructrice. Directrice. Dispensatrice. ExĂ©cutrice. GĂ©nĂ©ratrice: Inspiratrice. Go Interrogateur. LĂ©gislateur. Moteur. Producteur. RĂ©formateur, ^ectateur. VĂ©riOcateur. ApprĂ©ciateur. Approbateur. Auditeur. Coutemplateur. Coopééateur. Corrupteur. Dominateur. Dissipateur. Donateur. Explorateur. Imitateur. Inspecteur. Introducteur. LibĂ©rateur. Observateur. Propagateur. RĂ©gulateur. SpĂ©culateur. NOMS TERMINÉS PAR BUT QUI FONT eSSe. Une Bailleresse. DĂ©fenderesse. Un Chasseur. Une Chasseresse (x). ĂŒn Demandeur. Devineur ou devin. Devineresse Enchanteur. Gne Iisterrogatriee. LĂ©gĂźsbtrtce. Motrice. Productrice. Reformatrice! Snectatrice. VĂ©riScatrire. ApprĂ©ciatricĂȘ. Approbatrice. Auditrice. Contemplatrice. CoopĂ©ra Irice.' Corruptrice. Dominatrice. Dissipatrice. Donatrice. Exploratrice. Imitatrice. Inspectrice. Introductrice. LibĂ©ratrice. Observatrice. Propagatrice. BĂšgulatriee. SpĂ©culatrice. Gne Demanderesse. Enchante resie. N XXI.' FÉMININ DES NOMS TERMINÉS PAR X. 1" SÉRIE. — MASCULIN. ,. . Plus qu’on ne le croit, ce nom d’epoiiorengage, Et l’amour est souvent un fruit du mariage. ^OLIÈRK.)^ On doit du mal/teureux respecter la misĂšre. (CrĂ©billon.) Les monastĂšres sont favorables Ă  la sociĂ©tĂ©, parce que les religieux, en consommant leurs denrĂ©es sur les lieux, rĂ©pandent l’abondance dans.la cabane du pauvre, ^ (Chateaubriand.) Les noms terminĂ©s au masculin par tr changent au fĂ©minin cotte lettre en se : Ă©poux, Ă©pouse; malheureux, malheurĂšuse (4). 2Âź SÉRIE. — FÉMININ. VĂ©pouse du chrĂ©tien n’est pas une simple mortelle : c’est un ĂȘtre extraordinaire, mystĂ©rieux, angĂ©lique ; c’est la chair de la chair, le sang du sang de son Ă©poux. (Chateaubriand.) HĂ©las ! que de raisons contre une malheureme ! (Racine.) . Une religieuse de St.-BenoĂźt, prĂšs de quitter la terre, trouvait une couronne d’épine blanche sur le seuil de sa cellule. ‱ (Chateaubriand.) - EXERCICE PBRASÈOLOGIQVE. Gd Jaloux. Amoureux. Boiteux. SouiTretcux. Chatouilleux. Dartreux. Gue Jalouse. , Amoureuse. Boiteuse. SouRreteuse. Cbatouillcuaje. Dartreuse. Gd PrĂ©somptueux. Pointilleux. LĂ©preux. Goutteux. Factieux. Gticux. ÜUB PrĂ©somptueuse. Pointilleuse. LĂ©preuse.. Goutteuse. Factieuse. Gueuse. Ün Hargneux. Piluiteux. Ambitieux. Audacieux. Paresseux. FiĂ©vreux. Goe Hargneuse. PituĂźtftUSÇ. Ambitieuse. Audacieuse. Paresseuse. FiĂ©vreuse. (1) Bettauratrice ne s’emploie que pour dĂ©siguer uue femme qui restaure , qui rĂ©pare. Mais lorsqu’on veut parler d'une femme qui donne i' manger, on dit restaurateur, > (2) Chasteretse ne s’emploie que dans le style Ă©levĂ© et poĂ©tique; dans le style ordinaire on dĂźt chasseuse. (i) La Fontaine a dit devinease. comme on dĂźt brodeuse ; mais devineate u'est point d’usage i ■' Cbex la dssineiue oa courait, Pour se foire onuoncer ce,que l'on dĂ©sirait. % La Fontame a dĂźt aussi dsoine. qui n'est pas plus usitĂ© Moi, devins t On se moque. Eh I Messieurs, sais^ lire J ' ' (4) 11 n’y a d’exceptĂ© que vieux, qui fait vieille.
( 58 ) -oƓî-c N” XXII. FORMATION DĂŒ PLURIEL DANS LES SUBSTANTIFS. — NOMS DE TOUTE TERMINAISON. 1" SÉRIE. — SINGULIER. ‱L’Aomme TĂ©ritablement ĂŒbre est celui qui, dĂ©gagĂ© de ioute crainte et de tout dĂ©sir, n'est soumis qu’aux dieux et Ă  la raison. (FĂ©nelon.) * ’ \ Le bien,nous le faisons; le mal, c'est la fortune. On a toujours raison-; le destin, toujours tort. * (La Fontaine.) La loi dans tout Ă©tat doit ĂȘtre universelle ; Les mortels, quels qu’ils soient, sont Ă©g^ux devant elle. (Voltaire.) Les plus grandes vĂ©ritĂ©s sont ordinairement les plus simples. - (Malesherres.) Ün roi ne sait jamais s’il a de vrais amis. (Boursault.) La vertu a beaucoup de prĂ©dicateurs, mais peu de martyrs, . (HelvĂ©tiĂŒs.) L'habitude est le plus grand Ă©cueil de la raison. (De Livby.) % Malheureux et dĂ©trompĂ©s, nous prĂ©fĂ©rons aux brilÂŹ lantes couleurs du prisme de l’espĂ©rance la blancheur du linceul. (Bern. de St-Pierre.) Le soleil demeure constamment Ă  la mĂȘme place. (Berquin.) Tout se rĂ©duit souvent pour le voyageur Ă  Ă©chanÂŹ ger dans la terre Ă©trangĂšre des illusions contre des souvenirs. (Chateaubriand.) Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire. (Boileau.) Il y porte une corde, et veut, avec un clou, Au haut d’un certain mur attacher le licou. (La Fontaine.) Un caravansĂ©rail est une hĂŽtellerie dans le Levant, oĂč les caravanes sont reçues gratuitement, ou pour un prix modique. (AcadĂ©mie.) La passion fait un fou du plus habile homme et rend habiles les plus sots. (Larochefoucauld.) Un gĂ©nĂ©renx conseil est un puissant secours. (Corneille.) 2Âź SÉRIE, PLURIEL. Les hommes qui ont le plus de sagesse et de taÂŹ lent ne manquent point de s’adonner aux arts auxÂŹ quels les grandes rĂ©compenses sont attachĂ©es. (FĂ©nelon.) Les biens d'un homme ne sont pas dans ses coffrĂ©s, mais dans l’usage qu’il eri tire. (J.-J. Rousseau.) Il ne faut pas faire par les lots ce qu’on peut faire par les mƓurs. (Montesquieu.) La vĂ©ritĂ© est une reine qui a dans le ciel son trĂŽne Ă©temel, et lĂ© siĂšge de son empire dans le sein de Dieu. (Bossuet.) .... Les rois sont des hommes. ' m Les vertus se perdent dans TintĂ©rĂ©t, comme les fleurs se perdent ^s la mer. (Larochefoucauld.) ' La fausse gloire et la fausse modestie sont les deux Ă©cueils de ceux qui Ă©crivent leur propre vie. (De Retz.) Les drapeaux des partis sont des linceuls dans lesquels on ensevelit la patrie. (Bernardin de St-Pibrrb.) H Les Ă©toiles Ă»xes sont autant de (Fontenblle.) Le saule est agrĂ©able aux gĂ©nies des voijageurs, parce qu’il croit au bord des fleuves, emblĂšmes d’une vie errante. ‱ (Chateaubriand.) Les sots depuis Adam sont en majoritĂ©. (Cas. Dklavigne.) Un siĂšge aux clous d'argent te place Ă  nos cĂŽtĂ©s. (A. ChĂ©nier.) De distance Ă  autre, je rencontrais de grands caÂŹ ravansĂ©rails bien fermĂ©s et de vastes bazars ou marchĂ©s, oĂč rĂ©gnait le plus grand silence. (Bernardin de St-Pibbre.) Les fous mĂšnent les sages : ils sont plus nombreux. (Boiste.) On ne donne rien si libĂ©ralement que ses’conseils. (Larochefoucauld.) [ Ce qu’il faut conclure des. exemples de Tune et de TaĂŒtre colonne, c’est qu’en français Ăź tout mol terminĂ© par une voyelle ou par une consonne prend un s au pluriel, quel que soit d’ailleurs son genre : cette lettre est, dans le gĂ©nie de la langue française, le vrai caractĂšre du pluriel.
( 53 ) , EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Vhoma»». La femma, Zte garqOD. La nile. L'Ă©tranger. La mouche. La montagne. Le clou. 1.0 jambon. Le «apajou. L’attirail. Le dĂ©tail. Le BourernaĂźl. Le sĂ©rail. Le murmure. L’Ɠuf. Le iiiouton. Le sĂšrin. L’écureuil. Le jour. La nutU Le matin. L’atige. Le citoyen. Le caribou Les bommeĂą. Lea femmea. Les garçooa Les Glles. Lea Ă©tranger!. Les mouches. Le! montagnes. Les clous. ‘ liCs jambons. Les aajjajoui. Les attirails. Les dĂ©taib. Les gouvernails. X.CS sĂ©rails. Les murmures. Les Ɠufs. Les moutons* Lea serins. Les Ă©cureuils. Les jours. Les nuits. Les matins. Les anges. Les citoyens. Les caribous. Le jardin. La rose. ' ' \ L'arbre. La maison. 1.6 mariage. - LĂ  feuille. Le monticule L’amadou. Le cou. Le manitou. Le sou. Le menton Le mail. Le lion. Le marchand. Le bƓuf. , Le rossignol. Le chardonneret. Le chevreuil. Le fou. Le licou. Le mou. Le trou. La'statue. L'Ă©ventail. Les jardÎQi. Le tilleoL Les UDenls. * Les ro*ei. L'aeaeia. Les aeaeias. Les arbres. Le voleur. Les voleurs. Le» maisons. Le soldat. Les soldats. LĂ©s mariages. Le royaume. Les royaumes. Les feuilles. Lia planĂšte. Les planĂštes. Les monticules. Lo cerise. Les cerises. Les amadous. L'acajou. Les acajous. Les cous. Le carcajou. Les carcajoux Les manitous. Le coucou. ' Les coucous. Les sous. Le matou. Les matous* Les mentons. La tĂšte. Les tĂ©lĂ©s, , Les inaits. L’épouvantaiL Les Ă©pouvantaili. Lea lions. .‱ Le chat. Les chats. Les marchands. Le plaisir. Les plaisirs. Les bƓufs. Le coq. Les coqs. Les rossignols. La fauvette. Les fauvettes. Les chardonnerets,’ Le liĂšvre. Les liĂšvres. Les chevreuils. Le poitrait Le berger. Les poitrails. Les bergers. Les fous. Les licous. La coquette. Les coquettes. Les mous. Le cerf. Les cerfs. Les trous. Le bouvreuiL Les bouvreuils. Les statues..' Le rat. l*es rats. Les Ă©ventails. Le loup. Les loups. EXCEPTIONS. NOMS TERMINES EN OU. 1” SÉRIE. — SINGULIER. Le chou que la cime du palmiste renferme au miÂŹ lieu de ses feuilles est un fort bon manger. (Bernardin de St-Pierrk.) 2« SÉRIE. — PLURIEL. Cet homme, disent-ils , Ă©tait planteur de cAoua:, Et le voilĂ  devenu roi. ' (La Fontaine.) ^ \ Pn a vu que les noms terminĂ©s en ou sepluralisent gĂ©nĂ©ralement par Taddition d’un s. L’exemple qui prĂ©cĂšde nous montre aussi que certains autres prennentunm au pluÂŹ riel : on en compte cinq, qui sont : poux, cailloux, genoux, hiboux et choux. 11 est prĂ©su- niable que ces noms ne larderont pas Ă  suivre la rĂšgle gĂ©nĂ©rale. ^NOMS TERMINES EN m7. 1” SÉRIE. — SINGULIER. Le travail est la vie de l’homme. (Voltaire.) De Temail Ă©lĂ©gant des champs et des prairies ‱_ L'aiguille de Minerve orna ses broderies. (Castkl.) L'ail, dont Todeur est si redoutĂ©e de nos petites- maĂźtresses , est peut-ĂȘtre le remĂšde le plus puissant qu’il y ait contre les vapeurs ^ et les maux de nerfs auxquels elles sont si sujettes. ^ (Bernardin de St-Pikrre.) 2Âź sĂ©rie. — pluriel. Jamais de ses travaux (1) Abel n’oavrll le cours Sans avoir embrassĂ© les auteurs de ses jours. (Gilbert.) Je n'irai plus chercher au bord de la prairie Ces Ă©clatants Ă©maux que le printemps varie. (St-Lambert.) Tu peux choisir, ou de manger trente aulx, (J’entends sans boire et sans prendre repos ;) Ou de souffrir trente.bons coups de gaule. (La Fontaine.) Quelques noms terminĂ©s par ail changent cette finale en aitx; tels sont ; soupirail, vantail, vitrail, bail, corail, qui font soupiraux, vantaux, vitraux, baux, coraux, et les mots citĂ©s dans les exemples prĂ©cĂ©dents. Quant aux mots bĂ©tail, bercail et aigaĂŒ, ils n ont pas de pluriel. » (1) 11 est vrai qu'on dit aussi des travails, mais dans deux autres acceptions : 1Âź Lorsqu'on veut parler d’une machine^ de bois Ă  quatre piliers, entre lesquels les marĂ©chaux^attachent les chevaux fougueux pour les ferrer ; * 2° Quand il est question des comptes ou rapports prĂ©sentĂ©s, soit Ă  un souverain par un ministre ou un administrateur, soit Ă  un supĂ©rieur par un commis : Le ministre a eu cette semaine plusieurs travaiĂźs avec Uroi.
{ 5* ) ClEXi; OBIL; AÎEVL, etC. SÉRIE, — SINGULIBR.^ Dans les plaines du del Dieu sema la InmlĂšre. % ' (Voltaire.) .Chaque nation a besoin d’une musique particuliĂšre qui soit analogue Ă  son ciel. (J.-J, Rousseau.) " On appelle, en terme de'peinture, le cteĂŻ, cette partie du tableau qui reprĂ©sente l’air. (AcadĂ©mie.) ‱n Quand on dit le eiel de ce.lit n’est pas assez haut, ciel signifie le haut du lit. (AcadĂ©mie.) On voit les maux d’àutrui d’un autre Ɠil que les siens. (Corneille.) Ah ! peut-on d’un Ɠil sec voir mourir ce qu’on aime! . X : m En architecture, une espĂšce de petite lucarne faite en rond ou en ovaie dans la couverture des maisons, s’appelle un Ɠil-de-bƓuf. (AcadĂ©mie.) ƒil se dit aussi du pain ou du fromage, quand ou y trouve quelques trous ou ouvertures qui les rendent moins compactes et moins solides. - (TrĂ©voux.) Il me paraĂźt que l’on doit encore regarder comme un produit du feld-spath la pierre chatoyante Ă  laÂŹ quelle on a donnĂ© le nom d/Ɠilrd0i?oisson. ' (Buffon.) Ce que l’aĂŻeul ni le pĂšre N’ont point fait au siĂšcle passĂ©. Aujourd’hui la France TespĂšre Du grand roi qu’ils nous ont laissĂ©. (Racine.) , En logique, un terme dĂ©signant ce qu’il y a de commun entre tous les ĂȘtres d’un mĂȘme genre, est appelĂ© un universel. (Boiste.) ! 2* SÉRIE, — PLURIEL. Que la terre est petite Ă  qui la voit des eienx ! (Delille.) L’Italie est sous un des plus beaux ciels de 1 Ëu^ rope. (Noel.) Les ciels dans les tapisseries les font estimer. (Planche.) Ce peintre fait bien les ciels. (AcadĂ©mie.) n faut dire des ciels de lit. (ĂŻd.) Au cimetiĂšre de Pise, Buffalmaco a reprĂ©sentĂ© tous les ciels dĂ©crits parle Dante. (J. Janin.) LĂ© bandeau de l’erreur aveugle tous les yeux. (Voltaire.) La chronologie et la gĂ©ographie sont les yeux de l’histoire. (Boniface.) Dites au pluriel des Ɠtl5-de-6(Ew/l (AcadĂ©mie.) Il y a un proverbe espagnol qui dit qu'il faut choisir du fromage sans yeux, du pain qui ait des yeux, et du vin qui saute aux yeux. (TrĂ©voux.) Les pierres appelĂ©es Ɠils-de-poisson, quoique assez rares, ne sont pas d’un grand prix. - (Buffon.) Ses deux aĂŻeuls ont rempli les deux premiĂšres charges. (AcadĂ©mie.) Qui sert bien son pays n’a pas besoin a aĂŻeux. (Voltaire.) On distingue cinq universaux : le genre, la diffé rence , Ves^ce, le propre et l’accident. (Dumarsais.) , t Ces exemples donnent lieu aux observations suivantes : ^ 1Âź On dit ciel BU singulier, ciels et deux au,pluriel : deux, pour dĂ©signer, en gĂ©nĂ©ral, toute rimrnensitĂ© de la voĂ»te cĂ©leste; ciels, pour Ă©noncer d'une maniĂšre restrictive la tempĂ©rature particuliĂšre Ă  chaque ville, Ă  chaque contrĂ©e; ce qui fait que Ton compte; en quelque sorte, autant de dels qu'il y a de pays : le del de l'Italie, le del de la France, le del de l'Espagne, sont des ciĂšls favorisĂ©s des dieux. On dit Ă©galement des dels de tableau, descie/5 de Ut. Enfin, en terme de mineurs, on se sert dĂš dels pour indiquer les preÂŹ miĂšres couches de terre. 2Âź ƒil a aussi deux pluriels diffĂ©rents : yeux et ƓUs. On emploie yeux au propre et au figurĂ©, pour exprimer l'organe de la vue. Mais la plupart des grammairiens voudraient qu’en toute autre circonstance on se servĂźt du.mot ƓiĂź/5. Cependant, dans les exemples que nous venons de rapporter, on trouve des Ɠils-de-bceuf y terme d'architecture, et l'AcadĂ©mie, Boiste, Laveaux, TrĂ©voux ont dĂ©cidĂ© qu'il fallait dire : les yeux du pain, du fromage, de la soupe. Nous devons donc Ă  cet Ă©gard qoĂŒs soumettre Ă  la dĂ©cision de ces imposantes autoritĂ©s. NĂ©anmoins, s'il s'agit des plantes et des pierres qui portent le nom d'(mlHie-ckat,Ă "€dlr-de-serpent, d'ƓU-de-perdrix, nous Ă©crirons^ avec les naturaÂŹ listes, des etc.
. ( 55 ) ■ 3Âź AĂŻeuls sc dit au pluriel toutes les fois que Ton veut dĂ©signer le grand-pĂšre paternel et maternel. On se sert A'aĂŻeux, pour parler de ceux qui, en gĂ©nĂ©ral, nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s dans la vie. 4Âź Dans le dernier exemple, le mot universel s’explique de lui-mĂȘme. Quant au mot pĂ©nitenĂŒel, rituel de la pĂ©nitence, il suit la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, c’est-Ă -dire qu’il prend un e au pluriel, et qu’il ne faut pas le confondre avec pmiteniiaux, adjectif qui ne s’emploie guĂšre que dans ce cas : lĂ©s psaumes pĂ©nitenĂŒaux. tTo beati ciel. Le ciel de la patrig. Un ciel de tableau bien fait., FcDĂ©tre Ă  Ɠil-de-bƓuf. Uu Ɠil-de<Cfarist. Un oieul maternel. Voir le ciel. Un ciel froid. r. . ‱ Un ciel de tapisserie magnifique. Avoir un bel Ɠil. Un Ɠil de bƓuf. CroĂ»ton de pain oĂč se trouve un grand Ɠil. ĂŒn ƓiUde-bouc. ' Uu al^eut paternel.. 17d Ɠil de-biBuC EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. Une galerie Ăą ciel ouvert. La voĂ»te des cieux. Dea ciels tempĂ©rĂ©s. Faire bien les ciels de Edifice oĂč l'on voit bƓuf. Des Ɠils-de-CbrisL Des aĂŻeuls maternels. Implorer lĂ©s eieuz. Des ciels glacials. Des ciels de tapisserie. De grands yeux. Des yeux de bƓuf. Des yeux dans le palb. Des ƓlIs-de*bouc. Des aĂŻeuls paternels. Des Ɠils-de-bƓu^ tableaux. Un Ɠil de chat, des' ƓiU'de-Gagoer le ciel. Le ciel de l’Europe. Un ciel de lit Un Ɠil noir, , Un Ɠil de cochon. Voir un gros Ɠil au bouillon. Uu Ɠil-de-polsfoo Ouvrir plusieurs ciels dans une car* riĂšre. Des yeux dc chat MĂ©riter je» cteux. Des ciels brĂ»lants. Des ciels de lĂźL Des yeux bien fendus. Des yeux de eoefaon. Les yeux du bouillon. Des Ɠits-de-poisson. N'avoir plus que sou aĂŻeul maternel, A voir encore ses aĂŻeuls Regarder le ciel. Admirer les eieux: Le ciel de Proreuce. Z/Cs plus doux ciels. Un ciel de dĂ©coration. Faire des eiels de dĂ©coration, up Ɠil de sirĂšne. Des yeux malins. Un Ɠil de fromage Des yeux de fromage. Imiter ses aĂŻeux. Marcher sur les traces de ses aĂŻeux. ■ oooo»D^gg XXIII. S8i^««oooo. PLURIEL DES SUBSTANTIFS TERMINES PAR COU, OUo DÂź SÉRIA. — SINGULIER. ' Un tombeau est un monument placĂ© sur les liÂŹ mites de deux mondes. (Bernardin de St-Pikrrk.) L’ot^eau qui charme le bocage, HĂ©las I ne chante pas toujours. (Lamartine.) Quelquefois le hasard nous prĂȘte son flambeau Pour Ă©clairer nos pas dans un sentier nouveau. (Cas. Delavignk.) L'unaw a 46 cĂŽtes, tandis que TAĂŻ n’en a que 28. ' . (Buffon.) Le cruel repentir est le preinier bourreau Qui dans un sein coupable enfonce le couteau. (Racine.) . 2Âź SÉRIE. — PLURIEL. ■ Les tombeaux dĂ©s ancĂȘtres sont, Ă  la ChinĂ©, un des principaux embellissements des faubourgs, des villes, et des collines des campagnes. (Bernardin de St-PierĂ©b.) Le respect que les nations portent Ă  certains oiÂŹ seaux est un hommage indirect qu’elles rendent Ă  la Providence. (/rf.) . . Les passions allument tous les flambeaux qui inÂŹ cendient la terre. , (ja.) Le pĂšre d’AbbeyilIe distingue deux espĂšces d’tĂ©-- naux. (Buffon.) ... L’àme abandonnĂ©e Ă  ses remords secrets A toujours son supplice et ses bourreaux tout prĂȘts. (Th. Corneille.) Ces exemples servent Ă  dĂ©montrer que les noms terminĂ©s çn eau et en au prennent un X au pluriel. EXERCICE PHRASÉOLOGIOVE, AgntĂ u. Arbriiseaia. Des Agneaux. Un Aloyau. Des Aloyaux. ^ Un Anneau. Des Anneanx. Arbrisseaux. Cerceau. Cerceaux, Drapeau. -{ Drapeaux.' Barbeau. Barbeaux. Barreau* Barreaux. Bateau. ^ ■ Bateaux. Blaireau. Blaireaux. Boisseau, Boisseaux. Bordereau. Bordereaux. Bourreau. Bourreaux. Boyau. Boyaux. ' Bureau. Bureaux; Carreau. Carreaux. Caveau. Caveaux. Landau. Landaux. Cerveau- Cerveaux. Chalumeau. Chalumeaux. Chameau. Chameaux. Chapiteau. Chapiteaux. ChĂąteau. ChĂąteaux. Chevreau. Chevreaux. Copeau. Copeaux. Corbeau, Corbeaux. Cordeau. Cordeaux. Couteau. Couteaux, CrĂ©neau CrĂ©ueĂ ux. Damoiseau. Damoiseaux, Ecriteau. Ecriteauxi Escabeau. Escabeaux. Etau. Etaux. Faisceau. Faisceaux. ' Fardeau. ' Fardeaux. Flambeau. Flambeaux. Pourceau, Fourneaux. Fourreau. Fourreaux. Fricandeau. FrieaiiidMiiit
( 56 ) CTq GftUsB. Htmeio. JambonDCSU. Jumeau. J^apereau. > Bameau. Uarleaut Tiflupeau* TraĂźneau. Tableau. Noyau. Bandeau. Bedeau. Bouleau. Cadeau. Cerneau. Chapeau. Del Gftteaux. Hameaux. Jambe iineaui. Jumeaux. J^apereaui., Hameaux. Marteaux. Troupeaux. TraĂźneaux. Tableaux. Noyaux. Bandeaux. Bedeaux. Bouleaux. Cadeaux. Cerneaux. Chapeaux. Un Ciseao. Des Ciseaux. Un GoUau. De* Coteaux. Gluau. Gluaux. Joyau. Joyaux. Hobereau. Bobereauz. Lambeau. Lambeaux. Jouvenceau. JouveiKeaux, Liteau. Liteaux. PrĂąau. PrĂ©aux. 'Manteau. Manteaux. Radeau. Radeaux, Morceau. Hrrreaui. Rideau. ■ Rideaux. Trousseau. Trousseaux. ' Moineau. Moineaux. pipeau. Pipeaux. , Tombereau. Tonibereaux. Plateau, Plateaux. Tuyau, Tuyaux. Pruneau. Pruneaux. Taueau. Tasseaux. RĂ©seau. RĂ©seaux. Drapeau. Drapeaux. Roseau. Roseaux. Etourneau. Etourneaux. Taureau. Taureaux. FlĂ©au. FlĂ©aux. Tonneau. Tonneaux. Fuseau. Fuseaux. Poteau. Poteaux. ^ Godiveau, Godiveaut. Vermisseau. Vermisseaux. Baliveau, Baliveaux;, Fabliau. Fabliaux. N* XXIV PLURIEL DES NOMS TERMINES PAR eU. 1« SÉRIE. — SINGULIER. Le Diew des ChrĂ©tiens est un Lieu d’amour et de consolation. (Pascal.) La vie de l’homme ne tient qu’à un cAevew. (Boiste.) ‱ Le feu qui semble Ă©teint, souvent dort sous la cendre; Qui l’ose rĂ©veiller, peut s’en laisser surprendre. (Corneille.) Le jeu rassemble tout; il unit Ă  la fois Le turbulent marquis, le paisible bourgeois. (Rkgnard.) 2Âź SÉRIE. '— PLURIEL. L’amitiĂ© d’un grand homme est un bienfait des dieux. (Voltaire.) Il faut prendre aux cheveux |es occasions et les pensĂ©es. (Boiste.) Cependant OndourĂ© ne sent pas encore pour CĂ©- luta tous les feux d’aimour qui le brĂ»leront dans la suite. (Chateaubriand.) Les jeux des princes coĂ»tĂšrent souvent trĂšs cher Ă  l’espĂšce humaine. (Boiste.) 11 rĂ©sulte de ces exemples que les noms terminĂ©s en eu prennent un x au pluriel. NĂ©anmoins on excepte le mol bleu, qu’on Ă©crit avec un s : du bleu, des bleus. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Un Adien. Des Adieux. Un Aveu. Des Aveux. Un CiĂŻeu. Des Calent. DĂ©saveu, DĂ©saveux. Alleu. Alleux. Enjeu. Enjeux. Essieu. Kssieuz. Moyeu. Moyeux. Fieu. Fieux. Milieu.' ' Milieux. I.ieu. . Lieux. Neveu. Neveux. Vttu. VƓux. HĂ©breu. HĂ©breux, Jeu. Jeux. CamaĂŻeu, CamaĂŻeux. Dieu, Dieux. Pieu Pieux. Bpi». Epieux. Franc.a[Ieu. FraucS'alleux N“ XXV. PLURIEL DES NOMS TERMINES PAR ol. 1'Âź SÉRIE. — SINGULIER, Que devant l’or tout s’abaĂźsse et tout tremble ! Tout est soumis, tout cĂšde Ă  ce mĂ©tal. * (Piron.) Souvent d’un moindre mal on tombe dans un pire. (Collin d’Harlevillk.) La guerre est le tribunal des rois ; les victoires ou ‱ les dĂ©faites sont ses arrĂȘts, (Rivarol.) ... On ne voit sous ies cieux ^ Nul animal, nui ĂȘtre, aucune crĂ©ature, Qui n’ait son opposĂ© : c’est la loi de nature, (La Fontaine.) L’ort^rnal a le mufle du chameau , le bois plat du daim, les jambes du cerf. (Chateaubriand.) 2Âź SÉRIE. pluriel. La vĂ©ritĂ© est comme les mĂ©taux, que l’art ne crĂ©e point, mais qu’il purifie. (Duclos.) A raconter ses maux souvent on les soulage. . (Corneille.) Le plus terrible des flĂ©aux politiques est la corrupÂŹ tion des tribunaux. (Condorcet.) Les hommes sont comme les animaux ‱ les gros mangent les petits, et les petits les piquent. (Voltaire.) Selon les sauvages, les ongfnaua: ont un roi surÂŹ nommĂ© le grand orignal; ses sujets lui rendent toutes sortes de devoirs. (Chateaubriand.)
( 5T ) Ah ! TorgucĂźl est Ă  plaindre s'il ne sait point aimer. Âź Dans l'homme son Ă©gal, Thomme doit s'estimer. (Chenikr.) ĂŒn hĂŽpital est plus spĂ©cialement destinĂ© aux maÂŹ lades ; un hospice, aux vieillards et aux infirmes. (M“¼ D’Épinay.) Lea ministres sont en France sur un piĂ©destal si mobile que le moindre choc les renverse; j’en ai vu plus de quatre-vingts en soixante ans. .(Le grand -FrĂ©dĂ©ric.) H faut sc dĂ©fier toujours de son rival. * (CoLtiN d’Harlkvillk.) - La faveur met Thomme au-dessus de ses Ă©gaux, et sa chute au-dessous. (La BruyĂšre.) Paris offre aux malheureux beaucoup d'asiles connus sous le nom Ă©^hĂŽpiiaux. (Bernardin de St-Pierre.) Les plus hautes dignitĂ©s ne sont que de beaux pie- desinux, oĂč.Ton ne doit paraĂźtre que fort petit quand on n’y brille pas de sa propre vertu. (BrĂŒeys.) Ennemis gĂ©nĂ©reux, nous savons admirer De vertueux rivaux, les vaincre et les pleurer. (De Belloy.) Les noms terminĂ©s en al changent au jpluriel cette dĂ©sinence en awa:. Le naot bestial, tout en suivant la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, n’a que le pluriel en usage : des bestiaux. EXERCICE PBRASÉOIOGIQVE. Un AmiraL Des Amiraux. Un Arsenal, Des Arsenaux. Un Bocal. Des Borauz. CanaL Canaux. Capital, Capitaux. Caporal. Caporaux, CbvTat. Chevaux. CollatĂ©ral. CollatĂ©raux. Coni mensal. Commensaux. Cordial. Cordiaux. ĂŻ.oraL Locaux. Madrigal, Madrigaux. MurĂ©rhal, MarĂ©chaux. MĂ©tnorĂźaL MĂ©moriaux. MĂ©tal. ■ MĂ©taux. Munlripol. Municipaux. National . Nationaux. Original Originaux. Principal. Principaux. Provincial. Provinciaux. Badical Radicaux. E Ăźval. Rivaux. SĂ©nĂ©chal. SĂ©nĂ©chaux. Signal. Signaux. Tribunal. Tribunaux. Val. ' Vaux, Elal. Etaux. FĂ©al. FĂ©nux. GĂ©nĂ©ral. GĂ©nĂ©raux. HĂŽpital HĂŽpitaux. Brulnl. Brutaux. MinĂ©ral. MinĂ©raux. Fana). Fanaux, Cardinal. Cardinaux. 1 ĂŻĂ©dcĂŻUi]. PiĂ©destaux: Journal. Journaux, Confetsionnal. Coiiressionnaui. BĂ©ai. Beaux Orignal. , Orignaux. Ma). ' Maux. Total. Totaux. EXCEPTIONS. 1"Âź SÉRIE, —SINGULIER. Les cochenilles naissent au Mexique, sur la feuille Ă©paisse et Ă©pineuse du nopal, qu’elles sucent dĂšs qu'elles sont Ă©closes. (Bernardin de St-Pierre.) Le chacal, montĂ© sur un piĂ©destal vide, allonge son museau de loup deniĂšrĂ© le buste d’un Pan Ă  tĂ©te de bĂ©lier. (CnATEAUBRiAND.) 2Âź sĂ©rie; — PLURIEL. Une multitude d’araignĂ©es filent dans les nopa- liĂšres, et c’est le long de ces fils, comme sur des ponts, que les petites cochenilles Ă©migrent sur les nopals \oisins. (Bernardin de St-Pierre.) Un vaste silence rĂ©gnait sur le dĂ©sert; seulement, Ă  de longs intervalles, on entendait les lugubres cris de quelques chacals. , * (Volney.) Quelques noms en al prennent simplement un s au pluriel. Ce sont.les suivants. i EXERCICE PBRĂąSÈOLOGIQVE. Ud fiai. NarraL Serval. Carnaval. Del Bals. Narvali, Servals, Cariiavalf, Ud Cal, Nopal. Pal. Chacal. Dca Cals. Nopati, Poli. Chacals. Un CĂ©rĂ©monial. RĂ©pai. Sondai. Caracal. Des CĂ©rĂ©moniab. BĂ©pala. SatidaJj. Caracals. N'’ XXVI. PLURIEL DES NOMS TERMINÉS PAR 5, a? ET Z. SÉRIE. '— SINGULIER. . Le nez est la partie la plus avancĂ©e et le trait le plus apparent du visage. (BuffoxN.) Dans le ris ImmodĂ©rĂ© et dans presque toutes les passions violentes les lĂšvres sont fort ouvertes. (Buffon.) 2Âź SÉRIE, PLURIEL. II est bien Ă©vident qiie si les nez n’ont pas Ă©tĂ© faits pour les besicles, ils Uont Ă©tĂ© pour Todorat, et qĂŒU y a des nez depuis qu’il y a des hommes. (Voltaire.) L'excessive joie arrache plutĂŽt des pleurs que des ris. (J.-J. Rousseau.) 8
58 ) ' Avant d’attaquer un a6us/U faut voir si l’on peut ruiner ses fondements. (VaĂŒvenahguks.) Le rhinocĂ©ros, sans ĂȘtre ni fĂ©roce ni carnassier, ni mĂȘme extrĂȘnaement farouche, est cependant intraiÂŹ table. (Boffon.) Le lynx, dont les anciens ont dit que la vue Ă©tait 'assez perçante pour pĂ©nĂ©trer les coips opaques, est un animal fabuleux. {Id.) Le plus insensĂ© .commence d’ĂȘtre sage dĂšs l’insÂŹ tant qu’il commence Ă  sentir son travers. (J.-J. Rousseau.) Le succĂšs suit le grand homme. (NapolĂ©on.) t Il n’y a rien de si pestilentiel pour le jugement que le fatras des connaissances pĂ©dantesques. ‘ (Lkmontky.) Quand les abus sont accueillis par la soumission, bientĂŽt la puissance usurpatrice les Ă©rige en lois. (Malesherbes.) . Il est trĂšs certain qu’il existe des rAmocĂ©ros qui n’ont qu’une corne sur le nez , et d’autres qui on ont deux. (Id.) Tous les voyageurs disent avoir vu des lynx ou des loups-cerviers Ă  peau tachĂ©e, dans le nord de l’Aile' magne, en Lithuanie, en Moscovie. (Id.) 11 faut fuir la sociĂ©tĂ© de ceux dont on n’a rien Ă  prendre que des travers. (M“* de Puisihux.) Tous les heureux swccĂša en tout genre sont fondĂ©s sur des choses faites ou dites Ă  propos. (Voltaire.) Jetons au feu nos vains /Vitras de lois. (Voltaire.) 11 suffĂźt de’lire ces exemples pour savoir qu'au pluriel l'orthographe des mois terminĂ©s par et z reste la mĂȘme qu'au singulier (i). EXERCICE PHRASÈOLOQIQVE. Uq sis. Des six Un trĂ©pas: Des trĂ©pas. Un engrais. Des engrais. Uti laquait. Des laquais. Des palais. Un dais. Des dais. Un niais. . Des niais. Un palais. Ud marais. Des marais. Un Volonais. Des Polonais. Un rabais. Des rabais. Un Français. , Des Français, Un Sioux. Des Sioux. Un amas. Des amas. Un relais. Des relais. Un appas. Des appas. Un attas. Des atlas. Un ananas. Des ananas. Un bras. Des bras. Un cadenaa. Des cadenas. Un bas. Des bas. Un cas. Des cas. Un compas. Des compas. Des Ă©chalas. Un canevas. Des canevas. Un damas. Des damas. ' Un Ă©chalas. Un coutelas. Des coutelas. Un fatras. Des fatras. Uu galimatias Des galimatias ' Des lacs. Un embarras. Des embarras. ^ Un Incas. ' Des Ineas. Un laça. Un harSLt: Des haras. Un matelas. Des matelas. Un repas. Des repas. Uu lilas. Des lilas. Un tas. Les tas. Un gax. Des gas. Un taffetas. Des taffetas. ĂŒn legs. Des legs. Un pervers. Des pervers. Un envers. Des envers. . Un revers. Des revers. Un ver». Des vers. Un abcĂšs. Des abcĂšs. Un mets. Des mets. Un accĂšs. Des accĂšs.- Un procĂšs, * Des procĂšs. Des dĂ©cĂšs. Un progrĂšs. Des progrĂšs. ' Un succĂšs. DĂšs succĂšs. Ud dĂ©cĂšs. Un entremets. 'Des entremets Un exprĂšs. Des-exprĂšs. Un amoureux. Des amoureux- Un boiteux. Des boiteux. Un malheureux. Des malheureux. Un gueux. Des gueux. Un pointilleux. Des pointilleux. Un Bcrofuleui. Des scrofuleux. Un vaniteux. ' Des vaniteux.^ J Un peureux. Ün avaricieux. Des peureux. Un ambitieux. Des ambitieux. Un envieux. Des envieux. Des avaricieux. Un lynx. Des lyiii. Un sphinx. Des sphiux. Un larynx. Des larynx. Un a bĂątis. Des Ăąbatls. Un, avis. Des avis. Un barbouillis. Des barbouillis. Un pays. Des pays. Un parvis. Des pĂąi’vis. Une perdrix. Des perdrix. Un commis. Des commis. Un crucifix. Des crucifix. ' Un prix. Des prix. Un rubis. Des rubis. Un fils. Des fils. Un treillis. Des treillis. ' Un anchois. Des anchois. Un minois. Des minois. ĂŒn mois. Des mois. Une noix. Des noix. Üne croix. Des croix. Un choix. Des clioix. Un harnois. Des faamois. Une voix. Des voix. Un villageois. Des villageois: Un fonds Des fonds. Un dos. Des dos. Un os. Des os. Un enclos. Des enclos. Un propos.' Des propos. Des Ă©poux. Un rhinocĂ©ros. Des rhinocĂ©ros. Un courroux. Des courroux. Un Ă©poux. ĂŒne toux. Des toux. Unfaix. Des faix. Un radis. Des radis. Un coloris. Des calons. Une paix. Des paix. Un travers. Des travers. Un mĂ©pris. Des mĂ©pris. Un Anglais. Des Anglais. Un cyprĂšs. Des cyprĂšs. ■Des excĂšs. Une vis. Des vis. Un contre temps. Des contre-temps. Un excĂšs. Un bois. Des bois. Un as. Des'os. Un souffreteux. Des souffreteux. Un carquois. Un sournois. Des carquois. Des sournois. ĂŒn cabas. Des cabas. Un lĂ©preux. Des lĂ©preux. Un cervelai. Des cervelas: Un goutteux.. Des goutteux. Un hĂ©ros. Des hĂ©ros. Un repas. Des repas. Des galetas. L ĂŒn factieux. Des factieux. Un clos. Des clos. Un galetas. , Un paradis. Des paradis. Un secours. ' Des secours. Un judas. Des judas. Un pas. Des pas. Un chĂąssis. Des chĂąssis (1) Cependant les poĂštes se permettent quelquefois la suppression de l's dans remords au singulier. On peut s’en convaincre par les exemples qui suivent : C’est elle (la raison) qui, farouche au milieu des plaisirs, D’un remord importun vient brider nos dĂ©sirs. . - (Boileau.) Qu’importe Ă  nos affronts le faible et vain remord. (CrĂ©billon.)
( 59 N" XXVII. * \ ' t DOUBLE ORTHOGRAPHE DES NOMS TERMINES PAR anf OU PAR ent'. AVEC UN t. La vie, on longue ou courte, est Ă©gale aux mourants. (Lenoble.) Il est d'affreux moments oĂč la vertu s’oublie. (BliiN de Sainmork.) Les arts sont les enfants de la nĂ©cessitĂ©. (La Fontaine.) Ceux qui font des heureux sont les vrais conquĂ©rants: (Voltaire.) SANS t. La vie, ou longue ou courte, est Ă©gale aux mour'ans. (Lenoblk.) Il est d’affreux momens oĂč la.vertu s’oublie. (Blin de Sainmorb.) Les arts sont les enfans de la nĂ©cessitĂ©. (La Fontaine.) Ceux qui font des heureux sont les vrais conquĂ©rans. (N'oltaire.) N Nous Ta VOUS dil, les noms finissant par une consonne prennent un s au pluriel ; mais les exemples qui prĂ©cĂšdent, tout en confirmant cette rĂšgle, nous font voir que Ton peut aussi retrancher iĂȘ t final au pluriel dans les mots terminĂ©s par ant ou par ent, lorsqu’ils se composent de plusieurs syllabes. Ainsi on Ă©crit : des enfants ou des enfans, des Ă ccidents ou des accidens, etc. (1). Mais, s’il nous est permis d’émettre notre opinion Ă  cet Ă©gard, nous dirons que nous repoussons cette derniĂšre orthographe comme tout-Ă -fait contraire Ă  l’analogie et Ă  la raison. N’est-ce pas, en^effet, une bien grande bizarrerie d’écrire des accidenĂ , des cĂŽntrevens, des paravens, des mĂ©chans, quand nous Ă©crivons des dents, dĂšs vents, des chants? Pourquoi retrancher le t dans les polysyllabes et le conserver dans les monoÂŹ syllabes? Pourquoi plutĂŽt ne pas le laisser dans les uns comme dans les autres? G’esl sacrifier Ă  Une folle innovation les principes les plus clairs de l’analogie et multiplier les difficultĂ©s orthographiques, qu’on doit toujours chercher Ă  simplifier. Quoi! nous Ă©crivons des entrepĂŽts, des ballots, des abords, des rapports, des dĂ©lits, des Ă©ntrechats, assauts, comme des pots, des lots, des bords, des ports, des lits, des chats, des sawfs,,cl Ton n’écrirait pas des accents comme des cents; des prĂ©sidents, comme des deyits; des mĂ©chantscomme des chants. La consĂ©quence est cependant rigoureuse. De plus, c’est se jeter dans un chaos d’oĂč, non seulement les Ă©trangers, mais les Français mĂȘme, auraient peine Ă  se tirer. D’aprĂšs ces observations, nous devons donc, dans les mots terminĂ©s par ant et par ent, conserver au pluriel le t final. C’est lĂ  une rĂšgle fixe et qui doit ĂȘtre inviolable. Toiftefois, nous excepterons le mot gent, qui s’écrit au pluriel . gensfl). ' . , EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE, "Des Descendante. PĂ©dants. ‘ ElĂ©fibants. Intrigants. InconvĂ©nient. Oa Descendans. PĂ©dans. ÂŁlĂ©[)bans. Intrigans. InconvĂ©niens. Des Penchante. Incidents Agents. FainĂ©ante, Enfante. Oa Penchana, Incidens. Ageiis. FainĂ©ans. Enfans. Des Tranchants. Imprudente. Intendante. GĂ©ants. ElĂ©gants. Ou Tranchons. ImprudeuS. lutendaus. GĂ©ans. KlĂšgans. . ' » (1) La suppression du t final n'est cependant pas gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e ; en effet, un grand nombre d'Ă©criÂŹ vains, tels que Racine, RoÜeau , FĂ©neloii , etc., et de grammairiens , tels que Omdillac, BeauzĂ©e, d'Olivet, Domergue. Lemare, Dcstutt-Tracy, LĂ©vizac, Maugard, GuĂ©roul, Girault-Duvivier, Boniface, etc.', etc.; et une foule d’imprimeurs que Ton peut citer comme autoritĂ©s ‱ MM. Didot, Crapelet, Michaud, TiUiardi Herhan, etc., etc., conservent toujours cette lettre. (2) Une autre bizarrerie que nous devons signaler, c'est que le mot tout,'quand il est substantif, garde le t au pluriel : un tout, des touts. Mais, comme adjectif, il s'Ă©crit sans t : (otis les hommes sont Ă©gaux.
(60) SYNTAXE DES SUBSTANTIFS N- XXVIII. AIGLE. !“ SÉEIB. — MASCULIN. Ă© L'espĂšce de I'Aigle commun est moins pure, et la race en parait moins noble que celle du grand AiGLB. (Buffon.) VoilĂ  des aigles bien dĂ©sceuvrĂ©s de s’amuser ainsi Ă  chasser aux mouches. (Piron.) Quand on sait hien les quatre rĂšgles, qu'on peut conjuguer le verbe avoir, on est tin aigle en finances. (Mirabeau.) DĂ©jĂ  prenait Tessor pour se sauver dans les montaÂŹ gnes , cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayĂ© nos provinces. (FlĂ©chier.) Quand je vois tes braves guerriers, secondant ton grand cƓur, Rendre Ă  I’aiglh Ă©perdu sa premiĂšre vigueur. (Boileau.) En vain au lion belgiquc Il voit Vaigle germanique Uni sous les lĂ©opards. (Id,) Le grand aigle (sorte de papier) est particuliĂšreÂŹ ment destinĂ© Ă  Timpressioff des cartes gĂ©ographiques. (EncyclopĂ©die.) SÉRIE. — fĂ©minin. Vaigle(\a femelle)Ă©tant de retour, et voyant ce mĂ©nage, Remplit le ciel dc cris ; et, pour comble de rage, Ne sait sur qui venger le tort qu’elle a souffert. (La Fontaine.). En terme de blason, aigliaĂč dĂ©signait «ne jeune aigle reprĂ©sentĂ©e sans bec et sans serres. (Curne Ste-PalayĂ«.) L'aigle persane, dont parle XĂ©nophon et Quinte- Curce, Ă©tait d'or ; Faigle romaine Ă©tait ou d’or ou d’argent. (Le Beau.) Germanicus porta les aigles romaines aux rives de l’Elbe. (Chateaubriand.) t Une aigle qui s'Ă©lĂšve au-dessus des nues est la devise de ceux qui acquiĂšrent de la gloire dans une vie retirĂ©e et cachĂ©e. (Id.) C'est en vain que les Russes ont voulu dĂ©fendre la capitale de cette ancienne et illustre Pologne, Taigle française plane sur la Vistule, (NapolĂ©on.) 11 n'est pas surprenant que, dĂšs le siĂšcle d’Aristote, une espĂšce de-raie ait reçu le nom d’AiCLE marine que nous lui avons conservĂ©. (LacĂ©pĂšde.) Tous nos grammairiens ont dĂ©cidĂ© qneaigle est masculin au propre, et dans certaines comparaisons; et qu'il est fĂ©minin quand il dĂ©signe des enseignes, des armoiries, etc. Or cette dĂ©cision n’est point exacte. D’abord la grammaire de Port-Royal a dit : Aigle est vĂ©ritablement fĂ©minin dans le « français.» Ce qui appuie fortement l’influence de Te muet final. Cependant, comme cette dĂ©cision n’explique nullement les faits que nous offre notre langue, nous l’emÂŹ ploierons d’abord; mais nous la quitterons pour revenir ensuite Ă  l'influence de la force, qui nĂ©cessitĂ© la masculinitĂ©. Aigle est fĂ©minin rĂ©guliĂšrement, dans tous les cas, puisqu’il est terminĂ© par un e muet. Mais si Aigle rappelle une idĂ©e grande et sublime; si la pensĂ©e qu'il exprime ou qu’il accompagne, est Ă©nergique et pleine de force, alors la fĂ©minitĂ© disparaĂźt, le masculin^ arrive, comme pour complĂ©ter l’expression. Boileau trouvait sans doute jes motifs de la masculinitĂ© qu’il employa, dans cette^ grandeur colossale de la Maison d’Autriche. Peut-ĂȘtre n’accordait-il tant de grandeur Ă  cette illustre maison, que pour mieux relever le courage du Français toujours victoÂŹ rieux dans la lutte contre l’Empire. De lĂ  ces expressions que le masculin rend si Ă©nerÂŹ giques ; l'aigle Ă©perdu, l'aigle^ uni, emblĂšme de Tempire autrichiĂšn. C’est encore pour mieux relever la gloire de Turenne que FlĂ©chier accorde la mascuÂŹ linitĂ© Ă  TAiĂż/e, dĂ©signant l’Autriche enfin rĂ©duiieĂ  fuire : . _
(60 V O «DĂ©jĂ  prenait l’essor, pour se sauver, dans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi « avait d’ahord effrayĂ© nos provinces. » En français, ie genre est d’un emploi trĂšs dĂ©licat, parce qu’il fait presque toujours partie de l'expression de la pensĂ©e. Nos grammairiens ne sont pas d’accord sur le genre du mot Aigle, quand il dĂ©signe une constellation, un pupitre, etc. Nous croyons pouvoir adoptefle fĂ©minin. Cependant nous croyons que, mĂȘme dans ce sens f Aigle peut encore ĂȘtre masculin dans le style nohie, soutenu. En voici un hel exemple : « Les vĂ©rtus cardinales, assises, soutenaient le lutrin triangulaire; des lyres accom- .« pagnaienises faces; un glohe terrestre le couronnait, et un aigf/e d’airain, surmontant « ces belles allĂ©gories, semblait, sur^ses ailes dĂ©ployĂ©es, emporter nos priĂšres vers les * «cieux.» (GĂ©nie du christianisme.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE (1). Aigle fier. Aigle courageux, 'Aigle intrĂ©pide. Aigle audacieux, Ăątfgle cruel. L'aigle de Meaux. Passer pour uti aigle. Se doiiDcr pour un niglc. Se croire un aigle. Etre moins qu'un aigle Aigle prirĂ©e de ses aĂźgloiis. Aigle impĂ©riale. Aigle pleine de tendresse. Aigle ambitieuse. Aigle remplie d’amour pour Ses Aigles triomphantes Des aigles entraĂźnĂ©s par le couraot. Etre tous des aigles, d’air. N’ĂȘtre pas des aigles, petits. Aigles attachĂ©es Ă  leurs petits. Aigles cruelles. N° XXIX. AMOUR. Aigles fugitives.. Aigle indignĂ©e. Aigle Ă©ployĂ©e. Aigle Ă©ployĂ©e d’argent* SINGULIER. ri* SÉRIE. — MASCULIN. L’amour divin est la source de toutes les vertus, (Massillon.) ' Ils s'aiment tous deux d’ttn amour fraternel que rien ne trouble. (FĂ©nelon.) a.L AMOUR maternel Est de tous les amours le seul qui soit rĂ©el. (Demoustier.) L’enfant verse des larmes, Saute au cou de sa mĂšre, et sent de quel retour On doit payer le maternel amour. (Aubert.) 2«« SÉRIE. '— FÉMININ. Peut-on lui refuser une amour Ă©ternelle ? (J.-B. Rousseau.) Et cependant viens recevoir Le baiser d’AMOUR fraternelle. (La Fontaine.) Je crus les dieux, Seigneur, et saintement cruelle, J’étoulTaĂź pour mon Ă»ls mon amour maternelle. (Voltaire.). Et soudain renonçant Ă  I’amour maternelle, Sa main avec horreur la repousse loin d’elle. (Racine.) (11 Nous avons dit que les elĂšves seraicnttenus de faire entrer dans des phrases de leur composition les mots ou du moins une partie des mots rapportĂ©s dans chaque exercice phrasĂ©ologique. Pour leur faciliter ce travail, il sera nĂ©cessaire que les maĂźtres leur donnent l’explication des termes qu’ils ne comprendraient pas, et leur adressent quelques questions, en ayant soin toutefois de les mettre Ă  leur portĂ©e. Ainsi, Ă  l’occasion du mot at^rle, qui nous occupe en ce fnoment, ils pourront leur proposer les questions suivantes, ou d’autres analogues, en les invitant Ă  y rĂ©pondre de vive voix ou par Ă©crit : Vaigle n’est-il pas le roi des habitants de l’air? A quoi sert le papier grand-aigle ? Est-il aisĂ© Ă  im homme habile de passer pour un aigle parmi les ignorants? Que fait Vaigle lorsqu’elle est privĂ©e de ses aiglons? Pourquoi, en parlant d^s enseignes des lĂ©gions romaines, dit-on les aigles romaines ? . Comment dĂ©signe-t-on les armes de Vempire d’Allemagne? ^ ^ Comment dĂ©signait-on celles de Vempire français? Quel vaste champ s’ouvre ici Ă  l’instituteur ! II est facile, en effet, de comprendre tout le parti qu’un maĂźtre inÂŹ telligent peut tirer de semblables questions , qui, en procurant aux Ă©lĂšves les moyens de construire, avec des mots donnes, des propositions complĂštes, ont, selon nous, l’inapprĂ©ciable avantage de mettre sans cesse en jeu leur activitĂ© intellectuclie. '
( 62) „*.Ke crois pas quo mon cƓur De cet AMOUR funeste ait pu noircir Tardeur. (Voltaire.) L'amour, le tendre amour flatte en vain mes dĂ©sirs. (Racine.) Aurais-je enfreint les lois que j'observais sans peine. Avant qu'wn fol amour m’en fit sentir la chaĂźne ? (Cas. Delavigne.) Venge-toi, punis-moi d’tm odieux amour. (Racine.) . Un AMOUR vrai, sans feinte et sans caprice. Est en effet le plus grand frein du vice. (Voltaire.) Non, il n'est point de cƓur si grand, si magnanime Qu’wn AMOUR malheureux n’entraĂźne dans le crime. (CrĂ©billon.) Combien un pur amour a sur nous de puissance! (de BiĂšvre.) L’amour le plus tendre a souvent du caprice. (Campistron.) % David, pour le Seigneur, plein d’wn amour fidĂšle, Me paraĂźt des grands rois le plus parfait modĂšle. (Racine.) Ton insolent amour qui croit m'Ă©pouvanter. (Id.) Ah! gueĂź Ă©trange amour et qpe les belles Ăąmes Sont bien loin de brĂ»ler de ces terrestres flammes. . ' (MqliĂšre.) Renferme cette amour et si sainte et si pure, (Voltaire.) Le malheureux objet d'une si tendre amour. (Racine.) Vous m'aimez d'une amour extrĂȘme Eraste, et de mon cƓur voulez ĂȘtre Ă©clairci. (^lierhJ Un Dieu qui nous aime d’une amour infime., (Corneille.) Il venait Ă  ce peuple heureux Ordonner de l'aimer d’une amour e'ternelle, 1 (Racine.) Adieu. Servons tous trois d'exemple Ă  Tunivers De TamoĂŒr la plus tendre et la plus maĂŻ/ieureu^e. (Id.) Je plains mille vertus, une amour mutuelle, ■ m L'amour la plus secrĂšte a joint nos dpstinĂ©es. (Voltaibh.) Et qui sait si dĂ©jĂ  quelque bouche infidĂšle Ne Ta point averti de votre amour nouvelle ? (Racine.) Que vos heureux destins les dĂ©lices du ciel, Coulent toujours trempĂ©s d’ambroisie et de miel, Et non sans quelque amour paisible et mutuelle, (Cbenier.) J'aime encor ma dĂ©faite Qui fait le beau succĂšs d'une amour si parfaite, (Corneille.) PLURIEL. EN PUOSE. 1” SÉRIE. -^MASCULIN. Les dĂ©rĂšglements des ChananĂ©cns et leurs amours monstrueux, (Lett. de quklq. Juifs.) Les AMOURS des animaux, comme ceux des vĂ©gĂ© - taux, sont rĂ©glĂ©s sur les diverses pĂ©riodes du soleil et delĂ  lune. (Bernardin de St-Pierre.) L'amour immodĂ©rĂ© de la vĂ©ritĂ© n’est pas moins' danÂŹ gereux que tous les autres amours. (La Rochefoucauld.) Je connais deux sortes d'AMouRS trĂšs distincts, trĂšs re'ds, quoique trĂšs vifs Tun et Tautre, et tous deux diffĂ©rents de la tendre amitiĂ©. (J.-J. Rousseau.) Un premier amour qui nous enflamme dans notre jeunesse , un dernier amour que nous Ă©prouvons dans Taulomne de notre vie, sont deux amours bien diffé rents, (SĂ©gur.) r Les AMouRs-propres sont dĂ©jĂ  Ă©veillĂ©s dans les hommes de TOdyssce ; dorment encore chez les hommes de la GenĂšse. (Chateaubriand.) Ce n’était pas le Dante d'une Florence asservie ; c'Ă©tait le Tasse d’unc patrie perdue, d’une famille de rois proscrits, chantant ses amours trompĂ©s, ses au- 2»"Âź SÉRIE. — fĂ©minin. Adrien dĂ©shonora son rĂšgne par des amours moiis- trueuses, (Bossuet.) Il n’est aucun insecte dont les amours soient aussi cachĂ©es que celles des mouches Ă  miel. (Delille.) Le rossignol ' Ă©lĂšve ses concerts^ dans les bocages tĂ©moins de ses premiĂšres amours. (AimĂ© Martin.) Areskoui, dĂ©mon delĂ  guerre, AthaĂŻnsic, qui excite Ă  la vengeance, le gĂ©nie des fatales amours , mille autres puissances infernales se lĂšvent Ă  la fois pour seconder les desseins du prince des tĂ©nĂšbres. (Chateaubriand.) L’homme dans ses Ă©garements rĂ©unit toutes les nuances dc cette passion , depuis les amours du sulÂŹ tan, qui vit dans un nombreux sĂ©rail, jusqu’aux amours sLfldĂšles et si malheuireuses d’Abciard et d’HĂ©loĂŻse. (Bernardin de St-Pierre.) Je demandai qui Ă©taient ces dames. Comment, me dit mon pĂšre, le cƓur ne te le dit-iĂź pas? Ce sont tes anciennes amours (J.-J. Rousseau.) Pourquoi celui qui a peint dans TÉnéïde, au miÂŹ lieu des guerriers, tous les charmes de VĂ©nus, et les amours passionnĂ©es dc Didon, s’est-il abstenu de
(63 ) UI3 renversĂ©s, ses tonrs dĂ©molies , ses dieux et ses rbis chassĂ©s, Ă  Toreille des prescripteurs, sur les bords mĂȘmes du fleuve de la patrie, (Lamartine.) Les Romains distinguaient deux sortes d’amours : celui qui prĂ©sidait aux amours mutuels, et celui qui vengeait les amours mĂ©prisĂ©s. (CitĂ© par NoĂ«l.) 'Des amours de voyage ne sont pas faits pour durer, (J.-J. Rousseau.) mettre des femmes en scĂšne avec des bergers qui chantent leurs amours? - (Bernardin de St-Pihrre.), Du cĂŽtĂ© de l’Asie Ă©tait VĂ©nus, c’est-Ă -dire les folles amours et la mollesse. (Bossuet.) Aimez de bonne henre, si vous voulez aimer tard. Il n’y a d’AMouRS survivant au tombeau / que celles qui sont nĂ©es au berceau, (Bernardin de St-Pierre.) EN VERS. . Et l’on revient toujours A scs premiers amours. (Étiennk.) Oui, voilĂ  les rives^de France..... LĂ  furent mes premiers amours. (BĂ©hanger.) Il fallut oublier dans ses embrassements ' Et mes premiers amours et mes premiers serments. (Voltaire.) 0 ma chĂšre Sion I si tu n’es pas toujours Et nos premiers regrets et nos derniers amours. \ (Delille.) Leors amours immortels Ă©chauffent de leurs feux. Les Ă©ternels frimas de la zone'glacĂ©e. (Voltaire.) Fuis sans moi ; tes amours sont ici surperflus. ^ (Corneille.) Les solides vertus furent ses seuls amours. (Voltaire.) Ces dieux justes, vengeurs des malheureux amours. (Delille.) Que de la vĂ©ritĂ© les vers soient les esclaves, De ses chastes faveurs faisons nos seuls amoĂŽbs. (Cas. DelavĂŻgne.) Je vais loin des citĂ©s, rĂȘveur et solitaire, pe vos amours furtifs Ă©pier le ĂźnystĂšre ! (Soumet.) / Mais ces’ amours pour moi sont trcip subtilisĂ©s. Je suis un peu grossier comme vous m’accusez. (MoliĂšre.) r Et leurs grossiers repas et leurs grossiers amours. * (Delille.) Un rĂȘve du matin qui commence Ă©clatant, Par de diutns, amours dans un palais flottant. ‱ (Lamartine.) Oubliez avec moi de malheureux amours. (CrĂ©billon.) Le printemps lui rendra sa pompe et ses atours, Et ne me rendra pas mes premiĂšres amours. (La Harpe.) Les premiĂšres Amours tiennent terriblement. (Quinault.) Tout change, tout vieillit, tout pĂ©rit, tout s’oublie ; Mais qui peut oublier ses premiĂšres amours ? ' , (GinguenĂ©.) Car vous savez qu’on dit toujours Qu'il n’est pas de laides amours. (GradĂŒs français.) Le passĂ© n’a point vu Ă©?Ă©temelles amours, Et les siĂšcles futurs n’en doivent point attendre. (St-Evrhmont.) . , Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours ? (Racine.) Mais, hĂ©las I il n’est point d’étemĂ©Ues amours.) (Boileau.) H n’est point de longues amours t J’en conviens. (Parny.) II est donc vrai, madame, et, selon ce discours, L’hymen va succĂ©der Ă  vos longues amours. (Racine.) Pour parvenir au but de ses noires amours , L’insolent de la force empruntait le seeours. (Id.) Les plantes ont aussi des amours orageuses. La vaste mer reçoit leurs graines voyageuses. > (Soumet.) Je vais chantant zĂ©phyr, les nymphes, les bocages, Etles fleurs du printemps, et leurs riches couleurs, Et mes belles amours plus belles que les fleurs. (CuÉNIKR.) Cette Esther; l’innocence et la sagesse mĂȘme, Que je croyais du ciel les plus chĂšres amours, Dans cette source impure aurait puisĂ© ses jours ? (Racine.) Je redoutai du roi les cruelles amours. m II n’est personne qui n’ait lu dans toutĂ©s les grammaires et danSxtous les dictionÂŹ naires, qu’en rĂšgle gĂ©nĂ©rale Amour est masculin au singulier et fĂ©minin au pluriel.
(64) ' Celte rĂšgle gĂ©nĂ©rale ne nous paraĂźt pas fondĂ©e sur les faits; les nombreuses citations que nous venons de rapporter, tĂ©moignent hautement que le mol Amour, tant au sinÂŹ gulier qu’au pluriel, est employĂ© dans les deux genres par nos meilleurs Ă©crivains. Cependant nous ferons observer qu’au Ăąinguiidr Amour est toujours masculin en prose (i). Mais en poĂ©sie, c’est diffĂ©rent : celle langue toute divine a besoin d’expresÂŹ sions Ă  elle; elle peut donc employer Amour* avec les deux genres. ToutĂšlois, nous devons dĂ©clarer que cet emploi n’est pas arbitraire; qu'il est d’une dĂ©licatesse exÂŹ trĂȘme; qu’il exige une touche aussi sĂ»re que rare, et surtout une Ăąme d’une len dresse exquise. La fĂ©minitĂ© peut ĂȘtre gracieuse dans telle pĂ©riode, tandis qu’elle sera fade et molle si yous l’employez dans telle autre : ici la masculinitĂ© est Ă©nergique et noble, lĂ  elle- sera dure et agreste. ProblĂšme difficile,.parce qu’il est dĂ©licat! l’àme seule du poĂšte peut le rĂ©soudre : . Au pluriel. Amour, en prose comme en poĂ©sie, a Ă©tĂ© employĂ© avec les deux genres, et c’est Ă  tort que l’auteur de la ThĂ©orie du genre des noms français, M. ÉdoĂ»ard BraÂŹ connier, auquel nous empruntons quelques-unes de ces observations, dĂ©cide qu’on doit considĂ©rer Amour comme Ă©tant masculin au singulier et au pluriel dans la langue usuelle. On peut remarquer que, dans leurs chefs-d’Ɠuvre. Racine et Chateaubriand n’ofÂŹ frent aucun exemple de l’emploi de Amour masculin au pluriel. Ces deux grands gé nies se rencontrent en bien d’autres points ! Racine a employĂ© le masculin dans celte seule strophe de l’ode de la nymphe de la Seine : Oh ! que bientĂŽt sur mon rivage On verra luire de beaux jours ! Oh ! combien de, nouveaux Amours Me viennenl des rives du Tage ! ' Mais ici Amours dĂ©signe de petits dieux de la mythologie; la masculinitĂ© est nĂ©cesÂŹ saire. En voici un autre exemple : t Savez-vous qĂŒil tient tous les jours Ce joli marchĂ© de CythĂšre? Tous les jours les petits amours ‱ ^ , Y sont exposes par lĂšur mĂšre. ÉXERCJCÉ PHRASÉOLOGIQUE. Ardent amour. Amour violenL Pieux amour. Premier amour. Dernier amour. Fatal amour. Grand amour. Pul amour. Faux amour. Amour secret* Amour Ă©leruel. L’ai^our de Dieu. L'amour du pi ochaĂźn,. L'amour de la patrie. L'amour de la vertu. L'amour du vice. L'amour des richesses. L'amour des plaisirs. L'amour du travail. , L'amour de soi. L'amour de la TĂ©ritĂ©. L’amour du cbougemenL Des petits amours ( mytholog. ) De jolis petits amours. De riants amours, Dc procicui omours. De sĂ©duisants amours. De charmants amours. De beaux amours. De vilains amours. ^ De petits amours bien groupĂ©s. Des amours chargĂ©s de carquois, 'Des amours mal peints. PremiĂšres amourt. DerniĂšres amours. Nouvelles amourS. Anciennes amours. FuUes amours. Eternelles amours.' ChĂšres amours. Vives amours. ‱ SecrĂštes amours. Innocentes amours. Amours moustrueus^ (1) On a dĂ» remarquer en effet que nous n'avons pas citĂ© un seul exemple en prose du mot amour emÂŹ ployĂ© au fĂ©minin singulier.
( 65) N” XXX. automne . ri* SÉRIE. — MASCULIN. CouronnĂ© d’épis, tenant en main sa faucille, TAu- TOMNfi joyeux descend sur nos campagnes jaunisÂŹ santes. (Deleuze.) ■ , Dirai-je Ă  quels dĂ©sastres De I’automne orageux nous exposent les astres, Quand les jours sont moins longs, lĂ©s soleils moins ardents. (Delille.) Quand des jours et des nuits Ă©galant la durĂ©e; La balance paraĂźt sur la voĂ»te azurĂ©e, L’automne , couronnĂ© de pampre et de raisins, Prend des mains de l’étĂ© le sceptre des jardins. ' (Castel.) Ou quand sur les coteaux le vigoureux automne Étalait ses raisins dont Bacchus se couronne. L’automne a Ă©tĂ© universellement beau et sec. (lin'Gukt.) . ' 2Âź sĂ©rie. — FÉMININ. 9 Une santĂ©, dĂšs lors florissante, Ă©temelle, Vous ferait recueillir d’une automne nouvelle Les nombreuses moissons. (J.-J. Rousseau.) Je me reprĂ©sente cette automne delicteuse, et puis j’en regarde la fin avec une horreur qui me fait suor les grosses gouttes. (M“« de SĂ©vignĂ©,) La terre, aussi riche que belle, Unissait, dans ces heureux temps, Les fruits d’une automne Ă©ternelle Aux fleurs d’un Ă©temel printemps, (Grbssht.) Remai’quez-les surtout lorsque la pĂąle automne, PrĂšs de la voir flĂ©trir embellit sa couronne. (Delille.) Üne AUTOMNE froide et pluvieuse. (AcadĂ©mie.) t Il n’est peut-ĂȘtre pas, dans toutes les sciences humaines, dit M. Édouard BraconÂŹ nier, une question qui ait Ă©tĂ© aussi souvent agitĂ©e, et aussi mal rĂ©solue que le genre du mot automne.. t . La plupart des grammairiens dĂ©cidĂšrent d’abord que : <c automne est masculin quand « l'adjectif le prĂ©cĂšde, et fĂ©minin quand l’adjectif le suit. » DĂ©cision ridicule, basĂ©e sur des faits mal observĂ©s, qui n’explique nullement la difficultĂ© qu’elle prĂ©tend rĂ©soudre. D’autres grammairiens proposĂšrent d’autres solutions. On s’arrĂȘta enfin Ă  cette dé cision fameuse : « Il ne faut plus faire de distinction, et automne sera dĂ©sormais « nĂąasculin, par analogie avec les autres saisons qui sont de ce genre. » Quoique cette solution n’ëxplique nullement les faits que notre langue nous offre Ă  chaque pas, elle n’en fut pas moins gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e. Automne est maintenant masculin, dit « Ch. Nodier; ce-qu’on a fait pour le conformer au genre des trois autres saisons. Les chimistes ont suivi cettq mĂ©thode pour les noms des terres, des mĂ©taux, des demi- « mĂ©taux. Cet esprit de rĂ©gularitĂ© ne saurait passer trop vite des sciences dans les « langues; et aucune langue n’approchera de la perfection, tant qu’il ne s’y sera pas « Ă©tendu Ă  toutes les applications dont il est susceptible. » Cette dĂ©cision est bien forÂŹ melle, et pourtant elle est bien peu motivĂ©e. Car, de ce que hiver, printemps, Ă©tĂ©, sont rĂ©guliĂšrement masculins, comme n’étant pas terminĂ©s par un e muet, faut-il donc en conclure que automne perdra sa fĂ©minitĂ© rĂ©guliĂšre, pour devenir irrĂ©guliĂšreÂŹ ment masculin? Quelle erreur! D’ailleurs citer les chimistes, c’est s’appuyer sur une autoritĂ© bien peu compĂ©tente : on peut savoir trĂšs bien manier les mĂ©taux, et fort maltraiter les langues et la* grammaire. N’est-il rien de plus arbitraire de leur part que de forcer le nom fĂ©minin platine Ă  devenir irrĂ©guliĂšrement masculiiĂź, parce que or, argent, plomb sont rĂ©guliĂšrement de ce genre? Ces messieurs ont traitĂ© la langue, comme ils ont traitĂ© la nature : ils ont tout bouleversĂ©, sous prĂ©texte de mettre de
( 66 ) r l’ordre partout. Du reste, nous comprenons Ă  peine commeiĂźt Ch. Nodier a pu adopter une pareille opinion , lui qui a dĂźt avec tant de raison : « L’homme naturel a le don « de foire les langues, Thomme de la civilisation n’est capable que de les corrompre. « 0 mon Dieu! si vous accordez jamais une langue ralionnelle'Ă  ThumanitĂ©, donnez- « lui les mois nĂ©cessaires, et un peu de poĂ©sie avec. » YĂ©ritĂ© touchante! Oui, sans doute, on doit demander de la poĂ©sie dans les langues; la poĂ©sie en est TĂąme; sans elle, elles meurent; et nous allons montrer tout ce que notre langue perdrait de poĂ©sie Ă  la seule suppression de la fĂ©minitĂ© dans automne, D’àbĂŽrd montrons l’harmonie du genre avec la forme. Automne est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, puisqu’il est terminĂ© par un e muet : I ^ * ÜnĂȘ Ă uiomne froide et pluvieuse, y> (AcadĂ©mie), t « Je me rĂ«prĂ©scntĂš cette automne dĂ©licieuse; et puis j’en regarde la fin avec une hor- <c reur qui me fait suer les grosses gouttes. » (3Ime de SĂ©vignĂ©), f * Maintenant nous allons exposer Tharmonie du genre avec la signification. Comme la poĂ©sie est Texpression la plus pure d’une langue, ce sera aux poĂštes que nous deÂŹ manderons les secrets de cette harmonie du genre si mĂ©connue. Eux seuls nous ré vĂ©leront quand ils admettent la ^nasculinitĂ©, et quand ils la rejettent pour employer la fĂ©minitĂ© gracieuse. DĂ tts un moment de Joyeux enthousiasme, dans les bruyants Ă©clats du plaisir; ou bien, dans les tristes instants de l’isolement et du sombre chagrin, les poĂštes emÂŹ ploient automne au masculin : ^ x . Et toi, riant automne j accorde Ă  nos dĂ©sirs Ce qĂŒon attend de toi, des biens et des .plaisirs. (St-Lambert,) AusM, voyez comment Vautomne nĂ©buleux Tous les ans, pour gĂ©mir, nous amĂšne en ces lieux. ['Delille,) \ ' Au contraire, leS'poĂštes emploient automne au fĂ©minin, pour peindre une joie douce, une passion tendre; il semble que pour eux, la fĂ©minitĂ© soit une expression dĂ©licate et pure de celle inquiĂ©tude vague, de cette tristesse calme qui berce TĂąme isolĂ©e, de cette mĂ©lancolie mystĂ©rieuse qui nous plonge dans de longues rĂȘveries : *■ ‱ ‱ . , * \ Tel ĂŒh pampre jauni voit la fĂ©conde automne Livrer ses fruits dorĂ©s au char dĂšs veniiangeurs ; ' Vous tomberez aussi courtes fleurs de la vie ! (Lamartine.) La nuit du trĂ©pas t'environne ; Plus pĂąle que la pĂąle automne , Tu t’inclines vers le tombeau. ( MUlevoye ) Plus souvent je rentrais Ă  la campagne pour passer la mĂ©lancolique automne dans . <t la maison solitaire de rnon pĂšre et de ma mĂšre, dans la paix, dans le silence, dans « la saintetĂ© des douces impressipns du foyer. » (Lamartine. ) LĂ  ^Ă lrfĂąile harmonie que les pbĂštes ont su mettre dans l’emploi difficile des deux gĂ©ntes du niot doit paraĂźtre Ă©videmment prouvĂ©e. CetiĂ© harmonie est peut- ĂȘtre lĂŻioins Ă©vidente dans la langue usuelle; cependant Tusage sait bien distinguer, quahd une aĂŒtomnĂš froide et pluvieuse doit remplacer dans une phrase un automne froid et pluineuw:
CffT), C’est encore Ă  cette influence puissante d’une idĂ©e triste et sombre qu’il faut rap^ porter cette masculinitĂ© extraordinaire s Quand vos regards noyĂ©s daÛ3 un vaguç aUMtphĂšfe. Lamartine sait trĂšs bien q/x'atmosphĂšre est fĂ©minin, mais il a adoptĂ© la masculinitĂ© comme une expression de plus Ă  sa pensĂ©e grave. Ce genre est en harmonie avec le sentiment qui domine, comme dans ces vers que nous avons dĂ©jĂ  citĂ©s : Aussi voyez corament Vautomne nĂ©buleux , ' * ' ^ Tous les ans, pour gĂ©mir , nous amĂšne en ces lieux. Bel «utonuie. Un latamne Ăąnes ehaad. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Automne uoirersellement beau et Automue trop sec. sec. 'Automne fort sec. r XXXI. CHOSE. Un automne bienfroJa. Un automne trista 2me SÉRIE. — FEMININ. Ces actions qui comblĂšrent PompĂ©e de gloire firent 'que dans la suite, quelque chose qu’il eĂ»t faite au prĂ©judice des lois, le sĂ©nat se dĂ©clara toujours pour lui, (Montesquieu.) Quelque chose qu'il eĂ»t faite, il ne la niait jaÂŹ mais. (Lemare.)' Quelque chose que vous ayez promise, do^z-Za. Quelque çhosk qu'il m'ait dite, je n'ai pu le croire. (Marmontel.) SÉRIE. — MASCULIN. ' ' Je prenais souvent plaisir Ă  blĂąmer publiquement QUELQUE CHOSE quâ€™ĂŒ avait fait. (FĂ©nelon.) 1, N’entreprenez rien tĂ©mĂ©rairement; mais quand vous avez rĂ©solu quelque chose, exĂ©cutez-Ze pvec vigueur. (Jd.) ’ J)e sa patte droite l’ours saisit dans l'eau le poisson qu’il voit passer. Si, aprĂšs avoir assouvi sa faim, il lui reste quelque chose de son repas, il Ze cache. (Chateaubriand.) Je vous constitue pendant le souper au gouverneÂŹ ment des bouteilles; et s'il se casse quelque chose, je le rabattrai sur vos. gages. (MoliĂšre.) S’il y a quelque chose de nouveau, je vous deÂŹ mande en grĂące de me le dire. (Voltaire.) Si l’on perd quelque chose Ă  ne pas prendre touÂŹ jours les plus robustes ouvriers, on le regagne bien par l’affection que cette prĂ©fĂ©rence inspire Ă  ceux qu’on choisit. (J.-J. Rousseau.) Ce QUELQUE CHOSE, qu'ou dirait l’ñme de la crĂ©aÂŹ tion , s’entretenait avec son Ăąme. (Ballanche.) Quelque chose n’est fĂ©minin que lorsqu’il est suivi d’un verbe au subjonctif. Dans tous les autres cas il est masculin. Autre chose, employĂ© dans un sens indĂ©terminĂ©, doit ĂȘtre aussi du masculin; c'est autre chose qu’il a dit; quelque chose est promis, autre chose est accordĂ©; donnez-moi autre chose de 6on. EXERaCE PHRASÉOLOGIQVE. \ Quelque cbose d’humain. * Quelque chose de grand. Quelque chose que f’aie fliĂźle. * Quelque-chose qu’il oit refusĂ©e. Autre cbose de bon. ^ Quelque chose de bien plusgrtud. Quelque chose qu'on ait doiujĂ©e. Quelque chose que tu aies mangĂ©e Quelque chose qui n’est pas moins Quelque cbose de fil, de bas. Quelque cbose que tou» oye* pro« Quelque chose qu’ils aient en* beau. Quelque’cbose de rĂ©cL mise. Quelque chose de fĂącheux. Quelque chose de flatteur. Quelque choie que nous ayoos QÛelquç cbose que tou* ayex eue. Quelque chose de merrtilleuz. Quelque chose que j’aie dite. accordĂ©e Quelque chose que j’ai* Ă©crite.
( 68 ) oo'»li^^8g NÂź XXXII. - t COUPLE. 1” 8ÉR1K. — MASCULIN. Le roseau que les conjoints tiennent chacun par un bout est peint de diffĂ©rents hiĂ©roglyphes qui nĂąar- quent TĂąge du couple uni et la lune oĂč se fait le maÂŹ riage. ' (Chateaubriand.) Un couple de pigeons est suffisant pour peupler une voliĂšre. (Guizot.) C’en Ă©tait fait, mais Jupiter un jour, Pour adoucir notre horrible misĂšre, Nous envoya TespĂ©rance et Tamour : Couple diuiri, dont la prĂ©sence aimable Charme Tennul, dissipe les douleurs. (RoyoĂŒ.) Ce soir un couple heureux d’une voix solennelle, Parlait tout bas d’amour et de flamme Ă©ternelle. (V. Hugo.) Certain couple d’amis, en un bourg Ă©tabli. PossĂ©dait quelque bien. (La Fontaine.) 2“¼ SÉRIE.— FÉMININ, Un sauvage pouvait considĂ©rer sĂ©parĂ©ment sa jambe droite et sa jambe gauche, ou les regarder ensemble sous TidĂ©e invisible d’une couple , sans jamais penser qĂŒil en avait deux. (J.-J. Rousseau.) Une COUPLE de pigeons ne sont pas suffisants pour le diner de six persoimes. (Guizot.) Je suis bien aise que vous ayez cet automne une COUPLE de beaux-frĂšres. de SĂ©vignĂ©.) Il faut Ă  peu prĂšs vingt livres de blĂ© par an pour nourrir une couple de moineaux. (Buffon.) Que de pauvres ne pourrait-on pas soulager avec une COUPLE d’écus! (Anonyme.) ^Un fou peut jeter une couple de louis dans la mer et dire qu’il en a joui. On connaĂźt tous le^ efforts de nos grammaĂźrĂźens pour Ă©tablir le genre dĂŒ mot couple. Les uns ont mal rĂ©solu la question ; les autres ne Pont rĂ©solue qu’à demi. On connaĂźt entr’aulres l’opinion de Ch. Nodier, qui a dit : « Couple est fĂ©minin, quand il s’agit de « deux choses; masculin, quanti il s’agit de deux personnes; ce que je rappelle seule- « ment pour observer que cette distinction est un petit raffinement peu ancien dans lĂ  « langue. » Nous citons celle seule,opinion, pour montrer quelle fut toujours l’erreur de nos grammairiens sur le genre du mot couple. D’abord couple est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, comme Ă©tant terminĂ© par un e muet : ✓ « N’avez-vous pas une couple de passereaux pour une obole? » ( Évangile). « Je suis bien aise que vous ayez cet automne une couple de beaux-frĂšres. » (31 me de SĂ©vignĂ©). Ôn voit ici que çouple dĂ©signe deux ĂȘtres pris au hasard et que rien ne lie. Mais s’il s’agit dĂš deux ĂȘtres soumis Ă  des lois qui les unissent d’une maniĂšre en quelque sorte indissoluble, comme les lois de l’hymen, de l’amitiĂ©, de la famille, du malheur, etc., alors cette force est fidĂšlement'traduite par la masculinitĂ© ; OĂč suis-je? 0 ciel! oĂč suis-je? oĂč portai-je mes vƓux? ZaĂŻre! NĂ©restaa! ... Couple ingrat! couple affreux! ( Voltaire. ) Le laboureur rĂ©pond au taureau qui l’appelle ; L’aurore les ramĂšne au sillon commencĂ©. Il conduit en chantant le couple qu’il attelle. ( Lamartine,) L’Honneur, cher Valincourt, et TÉquisĂ© , sa sƓur, RĂ©gnaient chĂ©ris du ciel, dans une paix profonde ; Tout vivait en commun sous ce couple adorĂ©. (Boileau.)
(69) Jadis cette harmonie d,e la masculinitĂ© n’était pas gĂ©nĂ©ralement admise* puisque Voilure a dit, en parlant de deux jeunes Ă©poux : « « La belle couple sans Ă©gale. » Ch. Nodier cite mĂȘme un çxemple oĂč il trouve la fĂ©minitĂ© trĂšs agrĂ©able : , Lys et sa jeune mĂšre, aussi beaux que les dieux, De deux cĂŽtĂ©s divers ont perdu l’un des yeux. Échange , aimable enfant, cet Ɠil vif qui le reste, Contre l’Ɠil de ta mĂšre exclu des rais du jour ; Et tous deux resterez une couple cĂ©leste; Elle sera VĂ©nus, et toi, Talmable Amour. ( Mlle de Goumay. ) * Nous citerons Ă  notre tour un exemple oĂč la fĂ©minitĂ© est non seulement trĂšs belle, mais presque indispensable : Aucun bruit sous le ciçl que la flĂ»te des pĂątres, Ou le vol cadencĂ© des colombes bleuĂątres ; Dont les essaims, rasant le flot sans le toucher, Revenaient tapisser les mousses du rocher, Et mĂȘler aux accords des vagues sur les rives Le doux gĂ©missement de leurs couples plaintives ! - ^ t : Qu’elle est belle cette expression fĂ©minine! quelle grĂące! quelle fraĂźcheur! La masÂŹ culinitĂ©, traduction de la force, serait ici dure et matĂ©rielle; tandis que la fĂ©minitĂ©, traduction de la grĂące, nous offre une peinture vague, dĂ©licieuse et touchante. 11 ne faut pas reprocher aux savants d’avoir masculinisĂ© couple, dĂ©signant un sysÂŹ tĂšme de forces'; car ici le masculin est une expression de leur pensĂ©e. En effet, il ne s’agit pas de deux forces prises arbitrairement, mais de deux forces soumises Ă  une loi rigoureuse. Une couple de forces peut servir Ă  former un couple, pourvu que ces deux forces soient disposĂ©es d’aprĂšs les conditions voulues par la science. EXERCICE pbrasĂšologiqve: Beau couple. Vilain couple. Heureux couple. Malbeureux couple Un beau couple d'amonU. Couple cÉarmant. On couple bien auorĂŒ. Un couple de pigeon» Un couple de perdrix. Une couple d’ƓufB. ^ Une couple de chapons. Une couple de poulets. Une couple d'Ă©cus. ^ Une couple de bottes de confĂźtures. Untf couple d'bcures. Une couple do bƓufs. Une couple de pigeons. Une couple de perdrix. N“ XXXIII. DÉLICE. ri*SBRlB. — MASCULIN. Entre inĂ©gaux, quelle sociĂ©tĂ©, quelle harmonie, quel vrai dĂ©lice peuvent s’assortir? (Chateaubriand.) BientĂŽt son cƓur s’attendrit pour elle, naguĂšre sa vie et son seul dĂ©lice. (/d.) Quel dĂ©lice ne cause pas unĂ© bonne action ! (Nohl.) S*"Âź sĂ©rie. — EÉMININ. L'homme veut du plaisir ; mais leurs pures dĂ©lices Ont besoin de santĂ© ; la santĂ©, d’exercices. (Delille.) Je voudrais, dans le service de ma table, dans la parure^de mon logement, imiterpĂźirdes ornements trĂšs simples la variĂ©tĂ© des saisons^ et tirer de chacune foutes DÉLICES. (J.-J. RoĂŒsseau.) HĂ©las ! dans leurs travaux Ces vils humains, moins hommes qu’animaux, GoĂ»tent des biens dont toujours mes caprices M-avaientprivĂ© dans mes fausses dĂ©lices. , (Voltaire.)
( 70 ) La contemplation est le dĂ©lick d’un esprit Ă©levĂ© et extraordinaire. (LĂ©v iz ac .) C’est u» DBLios QĂŒe do confribuer au bonheur des autres. - * (TbĂ©voux.) Quel DÉLICE de faire du bien J (Boistb.) Quel DELICE de contempler les heureux que l’on fait. (Boniface.) C’est un DÉLICE pour certaines personnes de boire Ă  la glace, mĂŽme en lĂŒver, et cela est indiffĂ©rent pour d’autres, mĂŽme en Ă©tĂ©. (Gdizot.) C’est un DÉLICE de faire des heureux. (Lkvizac.) C’est pour un bon cƓur un grand dkligb, que de pouvoir faire toujours le bien. (Anonyme.) La lecture des divines Écritures faisait autrefois les plOB Ă©hĂšres dĂ©iigbs des premiers fidĂšles* (Massillon.) Les DÉLICES du cƓur sont pins touchantes que celles de Tesprit. (St-Evbkmont.) 0 vĂ©ritable religion I que tes dĂ©lices sont puisÂŹ santes sur les cƓurs ! (ChateaĂŒbbiand.) La cruautĂ© cherche chaque jour de nouvelles dé lices parmi les larmes des malheureux. , (FĂ©nelon.) Si TĂąme la plus pure ne suffit pas seule Ă  son proÂŹ pre bonheur, il est plus sĂ»r encore que toutes les DÉLICES de la terre ne sauraient faire celui d’un cƓur dĂ©pravĂ©. (J.-J. Rousseau.) Dans les champs ÉlysĂ©es, les rois foulent Ă  leurs pieds les molles dĂ©lices et les vaines grandeurs de leur condition mortelle* (FĂ©nelon.) Nos grammairiens se sont demandĂ© sĂ©rieusement pourquoi dĂ©lice est masculin au singulier et fĂ©niiriiri au pluriel. Cette question a conduit les uns Ă  dĂ©cider qu’ül ne fallait plus employer dĂ©lice au singulier. C’eut Ă©tĂ© une exception de moins, il est vrai; mais la langue eĂ»t perdu une expression trĂšs riche. L’AcadĂ©mie conserva l’expression. Mais on conclut qĂŒe Temploi des deux genres est une bizarrerie due Ă  la langue laÂŹ tine. Toutefois la question Ăźi’est pas de savoir si tel mot français a pour origine tel mot latin; mais de savoir pourquoi tel mot françaisi Ăą conservĂ© les deux genres dont l’emploi est bien loin d’ĂȘtre arbitraire. ‘ DĂ©lice, au singulier, n’exprime quâ€™ĂŒftĂ© Ă©iiiĂŽtioĂŒ, mais ĂŒnĂ© Ă©motion forte ; qu’une joie, mais une joie grande et souvent muette; qu’un bonheur, mais un bonheur qui ' semble ne pouvoir durer Ă  cause de sa force ; dans toutes ces affections uniques, l’ñme est envahie ; « Quel dĂ©lice de faire dĂŒ bien !» ( Boiste). € C’est un dĂ©lice que de contribuer au bonheur des autres. » {TrĂ©voux) < La contemplation est le dĂ©lice d’un esprit Ă©levĂ© Ăšt extraordinaire. » (LĂ©vizac). Ici la masculinitĂ© augmente en quelquĂš sorte Ăź*Ă©nergie de la pensĂ©e et supplĂ©e au manque d’expression. Il est des cas oĂč les langues humaines sont impuissantes Ă  rendre ce qui se passe dans notre Ăąme. ^ DĂ©lices y auplĂŒriĂ«l, offre l’idĂ©e de sensations douces, heureuses, constantes, qui se succĂšdĂ«nt Ă VĂȘc cĂ lmĂš, bĂ©rCent TĂąniĂ© et ne l’envahissent point; qui laissent l’homme paisiblement heureux, se possĂ©dant au milieu de ses jouissances continues,' goĂ»tant une fĂ©licitĂ© qui se prolonge, sans craindre une privation prochaine; sans craindre surtout cĂš VidĂ© affreux oĂč l’ñme effrayĂ©e se retrouvĂ© seule aprĂšs une violente comÂŹ motion : « Dans les champs ÉlysĂ©es, dans cet heureux sĂ©jour de paix et de bonheur, les rois < foulent Ă  leurs pieds les molles dĂ©lices et les vaines grandeurs de leur condition mor- « telle. » ‱ ‘ FĂ©nelon.
( 71 ) » * ' Comme ici il ne s’agit plus de dĂ©veloppement d’une grande force„le nom pluriel dĂ©lices rentre dans l’ordre naturel, et dĂ©vient rĂ©guliĂšrement fĂ©minin (4). L’emploi de ce mot n’offre de difficultĂ© que lorsqu’il est prĂ©cĂ©dĂ© de l’expression un de : J.-J. Rousseau l’a fait des deux genres dans ce dernier cas, comme on peut le voir par les deux exemples qui suivent : \ jjn de mes plus grands dĂ©lices Ă©tait surtout de laisser toujours mes livres bien encaissĂ©s, et de n’avoir point d’ecritoire. r Ce n’est, pas pour moĂź une chose IndiffĂ©rente que de bonne eau, et je me sentirai long-temps du mgl que m’a fait celle de Montmorenci ; j’ai sous ma feÂŹ nĂȘtre une trĂšs belle fontaine dont le bruit fait wne de. mes DÉLICES. Nous croyons que le masculin est prĂ©fĂ©rable, et qu’il vaut mieux dire : Un de mes plus grands dĂ©lices, un de mes dĂ©lices. Voyez le mot orgue. C'eit UD dĂ©lice. C'eit un grand dcĂŻice. Quel dĂ©lice I Quel grand dĂ©lice J EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. C'est un raTÎfsant dĂ©lice. C'est un pur dĂ©lice. C'est un TraĂź dĂ©lice. C'est tiD bien grand dĂ©lice. Les dĂ©lices du paradis. Les dĂ©lices de l’espriL Les dĂ©lices delĂ  campagne. Les dĂ©lices de la vie. N° XXXIV. Mettre toutes ses dĂ©fieei A «.,, Faire toutes ses dĂ©lices do.... En taire ses plus chĂšres dĂ©lices. De pures dĂ©liĂ©es. - FOUDRE. 2* SÉRIE- FÉMININ. La foudre, Ă©clainmt seule ĂŒne nuit si profonde, A sillons redoublĂ©s couvre le ciel et l’onde. (CrĂ©billon.) Vous qu’un peu trop bas ' La fortune au hasard a placĂ©s sur la terre Consolez-vous : dans sa colĂšre La foudre au moins ne vous atteindra pas. ' (NaĂŒdet.) Que la foudre en Ă©clats ne tombe que sur moi J (Voltage.) 1” sĂ©rie. — MASCULIN. C’est la mythologie des anciens qui, nous reprĂ©senÂŹ tant toujours Jupiter armĂ© du foudre , nous insphe tant de frayeur de Dieu, de la divinitĂ©. (Bernardin dk'St-Pierrk.) Aux orages des mers joignant d’autres tempĂȘtes, ‘ L’homme embarque aveclui mille morts toujours prĂȘtes. Le feu, prĂ©sent cĂ©leste, agent conservateur, Du FOUDRE dans ses mains surpasse la fureur. (Castel.) Avec plus d’art encore et plus de barbarie, Dans des antres profonds on a su renfermer Des foudres souterrains, tout prĂȘts Ă  s’allumer, (Voltaire.) ■ Mais du jour importun les regards Ă©blouis, Ne distinguĂšrent point, au fort de la tempĂȘte, Les foudres menaçants qui grondaient sur sa tĂȘte. {Id.) Allez vaincre l’Espagne, et songez qu’un grand homme Ne doit point redouter les vains foudres de Rome. [Id.) Quand le sublime vient Ă  Ă©clater oĂč il faut, il renÂŹ verse tout comme un foudre. (Boileau.) I \ La valeur d’Alexandre, Ă  peine Ă©tait connue ; Ce foudre Ă©tait encore enfermĂ© dans la nue., ^ (Racine.) (1) Virey dans son Histoire naturelle du genre humain, l'a cependant fait masculin au pluriel; 11 dit, en parlant des mollusques : les bivalves les multivalves, sont androgynes et se livrent seuls, avec sĂ©curitĂ© et par la seule impulsion de la nature, Ă  tous les dĂ©lices de Vamour. C’est dans un morceau d'ambre que la propriĂ©tĂ© Ă©lectrique fut aperçue pour la premiĂšre fois; et rhomine est parti de ce point pour arracher la foudre du ciel. (Bkrnamin de St-Pierre.) Les priĂšres ferventes apaisent Dieu, et lui arraÂŹ chent la foudre des mains. (AcadĂ©mie.) Songe que je te vois, que je te parle encore, Que ma foudre Ă  ta voix pourra se dĂ©tourner, (Voltaire.) Vous seul, portez la foudre au fond de leurs dĂ©serts. {Id.)
( 72 ). C’est un FOUDRE que le pouvoir irritĂ©. (Boiste.) Im foudre estdans ses yeux, la mort estdans ses mains. (id.) Aplanissez ces monts dont les rochers fumants Tremblaient sous nos foudres guerriĂšres. (Cas. Delavigne.) Comment ! des animaux qui tremblent devant moi 1 Je suis donc un foudre de guerre. (La Fontaine.) A Texemple de tous les classiques du siĂšcle passĂ© et du nĂŽtre, on peut_faire le mot foudre des deux genres, soit au propre, soit au figurĂ©; mais il faudra nĂ©cessairement qu’il soit masculin^, si Ton veut en faire le nom d’un orateur, ou d’un‘grand guerrier, parce qu’alors il y a, outre la mĂ©taphore, une mĂ©tonymie de L'instrument pour La cause qxd , Le met enjeu, et qu’on nomme foudre celui qui lance comme des foudres, de la mĂȘme maniĂšre qu’on appelle trompette, enseigne, celui qui sonne de la trompette, qui porte une enseigne. EXEUCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Le foudre Tcngcur, Etre frappĂ© du foudre Del foudrei vengcuri Un foudre de guerre. Ün grand foudre dc guerre. Foudres de bronze. Foudres d’airaiti. Un foudre d'Ă©loqueocc. Etre frappĂ© de la foudre. TouchĂ© de la foudre. Lancer la foudre. L’éclat de la foudre. Arracher la foudre. La foudre l’allume. EbranlĂ© par la foudre. Ln foudre vengeré»e. N“ XXXV. GENS: L SÉRIE. — MASCULIN. . . i Peu de GENS savent ĂȘtre vieux. (Larochefoucauld.) Les GENS heureux ne se corrigent guĂšre. (Id.) Totw ces GHNS-lĂ  sont sottement ingĂ©nieux. (J.-J. Rousseau.) 0 qOikeuTeux sont les gens qui ne veulent pas souffrir les injures, d’ĂȘtre instruits en cette docÂŹ trine 1 (Pascal.) \ Les faux honnĂȘtes cens sont ceux qui dĂ©guisent leurs dĂ©fauts aux autres et Ă  eux-mĂȘmes. Les vrais honnĂȘtes gens sont ceux qui les connaissent parfaiÂŹ tement et les confessent. (Larochefoucauld*.) C’étaient tous des gens mal assortis y rois, princes, ministres, pontifes ; tpus jaloux les uns des autres , tous GENS pesant leurs paroles. (Voltaire.) Le sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits ; Notre condition jamais ne nous contente. (La Fontaine.) Tous les GENS gais ont le don merveilleux De mettre en train tous les gens sĂ©rieux. (Voltaire.) Tous ces GENS-lĂ  Ă©taient-ils chrĂ©tiens ? (Pascal.) Quand du mĂ©pris d’un tel usage, Les GENS du monde sont imbus. De le suivre, amis, faisons gloire. (BĂ©rĂąngsa.) ' 2« SÉRIE. — FÉMININ. L’homme sensible, en voyage, est tentĂ© de s'arÂŹ rĂȘter chez les premiĂšres bonnes gens qu’il trouve. (Boiste.), Quatre animaux divers, le chat grippe-fromage, Triste oiseau le hibou, ronge-mailie le rat, Dame belette au long corsage. Toufes GENS d’esprit scĂ©lĂ©rat, . Hantaient le tronc pourri d’un pin vieux et sauvage. (La Fontaine.) Il faut savoir s’accommoder de toutes gens. (AcadĂ©mie.) Les passions de la jeunesse ne sont guĂšre plus opÂŹ posĂ©es au salut que la tiĂ©deur des vieilles gens. (Larochefoucauld.) * Quelles gens ĂȘtes-vous ? quelles sont vos affaires ? (Racine.) Parler et offenser pour de certaines gens est pré cisĂ©ment la mĂȘme chose. ' (La BruyĂšre.) De telles gens il est beaucoup, Qui prendraient Vaugirard pour Rome. (La Fontaine.) \ * Le verre en/main , que chacun se confie Au dieu des bonnes gens. (BĂ©ranger.)
( 73 ) Nous dĂ©testons les gens TantĂŽt rouges, tantĂŽt blancs. (BĂ©eanger.) Les questionneurs les plus impitoyables sont les GENS vains et dĂ©sƓuvrĂ©s. (Larochefoucauld.) * Les vrais gens de lettres et les vrais philosophes ont beaucoup plus mĂ©ritĂ© du genre humain que les OrphĂ©e , les Hercule et les ThĂ©sĂ©e. (Voltaire.) Le sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits : Notre condition jamais ne nous contente ; La pire est toujours la prĂ©sente. (La Fontaine.) Chiens, chevaux et valets, tous gens bien endentĂ©s. {Id.) MASCULIN ET FÉMININ TOUT A LA FOIS. n y a Ă  la ville, comme ailleurs, de fort sottes gens, des gens fades, oisifs, dĂ©soccupĂ©s., , (La BruyĂšre.) Que nous a valu cela? de nous faire geĂŽliers d’une prison ; oĂč ces vilaines CKNS-IĂ  tiennent une fille enÂŹ fermĂ©e , pour la faire dĂ©vorer Ă  je ne sais quel diable, qu’tZs nomment Endriague. (Piron.) -, Certaines cens savent si bien observer les nuances, qu’tZs n'ont de probitĂ© que ce qu’il faut pour n’ĂȘtre pas traitĂ©s de fripons. , (Boiste.) Nous avons Ă  faire Ă  force fripons qui ont rĂ©flĂ©chi j Ă  une foule de petites gens brutaux, ivrognes, voÂŹ leurs. (Voltaire.) Telles GENS n’ont pas fait la moitiĂ© de leur course, Qu’tĂźs sont au bout de leurs Ă©cus. (La Fontaine.) » Les grands administrateurs sont, pour la plupart, de sottes gens. (St-Evrhmont.) Plus teUcs GENS sont pleins, moins ils sont importuns. MalgrĂ© tout le succĂšs de l’esprit des mĂ©chants. (La Fontaine;) Je sens qu’on en revient toujours aux bonnes gens. (Gresset.) Telles GENS, tels patrons. (La,BruyĂšre.) C’est pour les bonnes cens. Que le ciel a créé les plaisirs Innocents. (Desmoustihr.) Certaines gens, dĂ©mocrates Ă  la cour, redevienÂŹ nent aristocrates Ă  la vUle. (Boiste.) II. masculin KT FEMININ TOUT A. LA FOIS. » Parbleu, voilĂ  encore de plaisantes gens 1 Je reÂŹ tourne leur dire que tout est Ă  bauge : et les voilĂ  tous endormis, qui ronflent ) (Piron.) Que pouvez-vous avoir Ă  dĂ©mĂȘler avec de telles gens I Ils veulent me faire dĂ©fendre mes drogues. (M.) C’est abrĂ©ger avec certaines gens que de penser qn’t'ls sont incapables de parler juste. (La BruyĂšre.) Les bonnes gens sont fous bavards. (Gresset.) , A Ainsi certaines gens faisant les empressĂ©s. S’introduisent dans les affaires. (La Fontaine.) Aux yeux de telles gens qui ne sont pas bien fins, Vous vous ferez passer pour deux vrais mannequins- (Fabre d’Églantine.) Les exemples qui"^prĂ©cĂšdent nous font voir qu’avec le mot gens, mot qui, rĂ©veillant ' l’idĂ©e d'hommes, est essentiellement masculin, les adjectifs se mettent tantĂŽt au masÂŹ culin, tantĂŽt au fĂ©minin. Mais comme ce mot est d’une construction assez difficile, nous allons tĂącher, par quelques observations, d’en faciliter le juste emploi. 1° Si l’adjectif suit le mot gens, cet adjectif se met toujours au masculin : Les cens HEUREUX : les GENS INSTRUITS. Il Se met encore au masculin, lorsqu’il prĂ©cĂšde le mot J ^ gens, et qu’il a pour les deux genres la mĂȘme terminaison : Tous les honnĂȘtes gens ne sont pas CONNUS; les plus utiles gens ne sont pas toujours apprĂ©ciĂ©s. 2Âź Les adjectifs qui ont deux terminaisons pour les deux genres se mettent au fé minin, lorsqu’ils prĂ©cĂšdent le mot gens : surtout si ces adjectifs rĂ©veillent une idĂ©e d’ironie; de blĂąme, ou toute autre idĂ©e susceptible d’ĂȘtre prise en mauvaise part : Vous ĂȘtes, ma foi, de bien heureuses gens; que de sottes cens il y a dans Le monde! les BONNES gens sont buvards; les vieilles gens sont soupçonneux ; ce sont de vilaines, rftf singuliĂšres, de petites, de mĂ©chantes, de grandes, d’EXCELLENTEs gens. Mais si ces adjectifs Ă©taient pris en bonne part, on dirait : Ce sont des gens trĂšs grands, trĂšs BONS, des gens excellents. Telle est du moins l’opinion des grammairiens. 10 I
( 74 ) 3Âź Lorsque le mot gens est immĂ©diatement prĂ©cĂ©dĂ© des adjectifs tout, certain, quel, tel, ces adjectifs doivent ĂȘtre mis au fĂ©minin : Toutes gens d'esprit scĂ©lĂ©rat; certaines gens; quelles gens ĂȘtes-vous? telles gens sont bientĂŽt Ă  bout. Mais si ces adjectifs ne prĂ©cĂšdent pas immĂ©diatement le mot geyis, ils se mettent au masculin : Tous ces gens- lĂ  sont sottement ingĂ©nieux ; certains honnĂȘtes gens; quels sont les gens qui m'ont deÂŹ mandĂ©? TELS sont les gens que vous frĂ©quentez; quels braves gens / tous les gens d'affaires vous blĂąmeront; Ă  moins que le mot gens ne soit dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©dĂ© d’un adjectif qualificatif pris en mauvaise part, quelles viles gens! toutes les sottes gens (1). Le meilleur conseil que nous puissions donner aux Ă©lĂšves jaloux de ne pas se tromper dans l’emploi de ce mot, c’est de lire et de relire attentivement les exemples que nous avons donnĂ©s. Le sentiment de l’anologie est plus puissant que toutes les rĂšgles. ’ * EXERCICE PBRASÉOWGIQUE. MASCULIN Bel gens honteux. Des gens bien fins. Des gens fort dangereux. Jeunes gens imprudente. Tous les gens de bien. Tous les honnĂȘtes gens. Tous les habites gens. Des gens bien rĂ©solus. FEMININ. D'hcoreuses gens. De fines gens. De fort dangereuses gens. Pe bonnes gens. De sottes gens. De hefies gens. Toutes les vieilles gens. Toutes les petites gent. DES DEUX GENRE». % Les vieilles gens soupçonneux. Certaines gens faisant les empressĂ©e Les meilleurs gens que j’aivus. Des gens oisifs, dĂ©soccupĂ©s. Des gens bavards. De telles gens il est beaucoup. Ce sont de bien heureuKSgeofc Quelles gens ĂȘtes-TOUĂ ? NÂź XXXVI. ORGE. SBRIK. — MASCULIN. - La FrambroisiĂšre, mĂ©decin dc Henri IV, vantait VoRGE mondĂ©. (Théùtre d'agriculture. — Essai historique.) On appelle orge mondĂ© des grains d’orge qĂŒon a bien nĂ©toyĂ©s et hien prĂ©parĂ©s ; et orge perßÚ, de Torge rĂ©duite en petits grains, dĂ©pouillĂ©s de leur son. (AcadĂ©mie.) L'orge mondĂ© ou perlĂ© ne peut ĂȘtre employĂ© utileÂŹ ment dans toutes les maladies chroniques, accomÂŹ pagnĂ©es de consomption. (1)ict. DES Sciences MĂ©dicales.) L'orge mondĂ© sert aux bouillies, que Ton apprĂȘte de diffĂ©rentes maniĂšres. (L'abbĂ© Rozier.)- V Les Hollandais sont la seule nation qui prĂ©pare l'oRGEperle,,qu’ils transportent ensuite chez tous l^s peuples. (/d.) 2“¼ SÉRIE. — FÉMININ. L'orge, destinĂ©e aux lieux secs, a des feuilles larges et ouvertes Ă , leur base, qui conduisent les eaux des pluies Ă  sa racine. (Bernardin de St-Pikrre.) Les chevaux de Perse sont robustes et trĂšs aisĂ©s Ă  nourrir ; on ne leur donne que de Forge mĂȘlĂ©e avec, de la paille hachĂ©e mince. ’ (Buffon.) Chez les anciens, Forge d’ErĂšze Ă©tait la plus estiÂŹ mĂ©e. On disait que Mercure en venait prendre, aĂŒn d’en faire des gĂąteaux pour la table des Dieux, (M“¼ DE Genlis.) Les remparts de Lucques sont chargĂ©s d’arbres et de vignes; la plus belle orge pousse dans les fossĂ©s; la plus belle herbe dans les rues. (J, Janin.) Les ORGES nues sont des cĂ©rĂ©ales prĂ©cieuses pour les habitants des pays du nord ou des montagnes, oĂč le froment ne peut rĂ©ussir, (Dict. DES Sciences mĂ©dicales.) On lit dans Lemare : « Les dictionnaires disent de l'orge mondĂ©, de l'orge perlĂ©; hors « de lĂ , de la belle orge, etc., cette distinction est ridicule. Domergue, d’aprĂšs l’éty- a mologie, fait toujours orge masculin. » Oui, sans doute, toutes ces distinctions sont (1) On trouve dans Voltaire cet exemple fort curieux : Dieu aura-t'dl pitiĂ© d’un seul de ces bonnes gkmsP
(75)/ ridicules, et l’étymoiogie est plus ridicule encore. Orge devrait ĂȘtre fĂ©minin dans tous les cas; le gĂ©nie de notre langue Texige. Toutefois, TAcadĂ©mie s’est prononcĂ©e : ^ * «Dans ces deux phrases orge mondĂ©, orge perlĂ©, et dans ces deux phrases seules, « orge prend le genre masculin. » , ■ , ' Cependapt on trouve le fĂ©minin employĂ© mĂȘme dans les deux"phrases ci-dessus (i). Oh ignore si Bernardin de St.-Pierre a employĂ© le masculin ou le fĂ©minin dans cette . phrase : ' ' L'orge, destinĂ©e aux lieux secs, a des feuilles larges et ouvertes Ă  leur base, qui « conduisent les eaux des pluies Ă  sa racine. » Quelques Ă©ditions indiquent l’emploi du masculin, d’autres l’emploi du fĂ©minin. Nous avons adoptĂ© le genre qui nous paraĂźt le plus naturel. Les exemples suivants justifient notre choix : ^ t « Les chevaux de Perse sont robustes et trĂšs aisĂ©s Ă  nourrir ; on ne leur donne que « de l'orge mĂȘlĂ©e avec de la paille hachĂ©e mince. » (Buffon. ) « On doit couper l'orge, quand elle est bien mĂ»re, » (L'abbĂ© Rozier, ) s ‘ ' On sait cependant que Boucher, dans son poĂšme des Mois, a masculinisĂ© ce mot: te prodigue semeur suit d’un pas mesurĂ©; Il verse le blĂ© noir et le millet dorĂ©, Et ü’orgie, amt d'un sol mĂȘlĂ© d’un peu d’arĂšne. « ' t ‘ Mais cette masculinitĂ© ne doit pas ĂȘtre imitĂ©e. EXERCIÇE PHRASÉOLOGIQVE. De belles orges. De l'orge bien lerĂ©e. Orge trĂšs nutritire. Orge gcrtnĂ©o. Orge aTancce. Orge comoiuno. Grosse orge. Orge bien mĂ»re. Orges nues. f Orge biTcrnale. Orge gruĂše. Orge carrĂ©e. Orge macĂ©rĂ©e. OrgĂ© torrĂ©fiéé. Orge rĂ©duite en farine. Orge rĂ©duite en petits grains. Orge trop pressĂ©e parla chaleur. Orge semĂ©e par un temps sec. L’orge mĂȘlĂ©e ĂŒtcc le froment. Orge dĂ©pouillĂ©e de sa peau. Orge sĂ©obĂ©e dans une Ă©ture. .> Quand l’orge fut-elle cultÎTĂ©o ? Orge employĂ©e pour les potages. T/orge engraisie-Ucllo les TolaUles? , L’orge peu t-elle ĂȘtre coupĂ©e plusieurs fois l’hiTer ? L'orge est-elle d'upge en mĂ©decine ? L'orge sert-elle Ă  prĂ©parer la biĂšre Ăź Qu'est-ce que l'o rge perlĂ© ? Qu'est-ce que l’orge mondĂ© J Prendre son orge perlĂ©. N° XXXVII. ORGUE. 1” SÉRIE. — MASCULIN. La voĂ»te de la nef, sous ses longs arcs dĂ©serts , De l’oaGUE harmonieux n'entend plus les concerts. (Desaintange.) L'orgue divin exhale un son religieux. (Delille.) 2* SÉRIE. FÉMININ. t.. ^ Les premiĂšres orgues qu’on ait vues en France furent apporte'es par des ambassadeurs de l’empeÂŹ reur Constantin’Copronyme, qui les offrirent au roi PĂ©pin. (TrĂ©voux.) On appelle aussi orgue ou orgues, le lieu oĂč les orÂŹ gues sont placĂ©es dans une Ă©glise. (/Ă .) (1) Le Dictionnaire des Sciences mĂ©dicales publiĂ© par Panckoucke, en 1819, fait aussi ce mot fĂ©minin. Voisi ce qu’on lit au mot orge : Pour les usages alimentaires et mĂ©dicinaux, Fest Z'orgb mondĂ©e et Z'orgb PERLÉE qu’on emploie.
( 76 ) Constantin Michel envoya un orgue Ă  Charlemagne, (TrĂ©voux,) Saint JĂ©rĂŽme dit qu’il y avait Ă  JĂ©rusalem un orgue qu’on entendait du mont des Olives. (Jd.) L’orgue est composĂ© d’un buffet de menuiserie plus ou moins enrichi de sculpture, {EncyclopĂ©die,) M. Erard a mis, en 1827, Ă  l’exposition, im orgue expressif qui prĂ©sente un ensemble de qualitĂ©s parÂŹ fait. (Revue musicale.) L'invention de Torque est fort ancienne : Vitruve on dĂ©crit un dans son XÂź livre. (EncyclopĂ©die.). Dans le 16Âź siĂšcle Bartholomeo Ategnatl et son flla Graziadio enrichirent Tltalle de 140 orgues beaucoup plus parfaites que ce qu’on avait vu jusque lĂ . (Revue musicale.) Les historiens rapportent qu’une femme mourut de plaisir en entendant les orgues que Tempereur Constantin Copronyme avait envoyĂ©es Ă  PĂ©pin, pĂšre de Charlemagne. (M“« de Bawb.) L’orgue est composĂ©e de plusieurs tuyaux. (TrĂ©voux). Des orgues portatives. (AcadĂ©mie.) m Vorgue est le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruÂŹ ments que le gĂ©nie de Thomme a inventĂ©s. Les gigantesques Jiarmonies qĂŒâ€™il crĂ©e et qu’il dĂ©ploie avec tant de hardiesse; les mille voix qu’il forme et qu’il rĂ©unit en un concert admirable, ont fait de cet instrument une merveille, un chef-d’Ɠuvre. Faut-il s^’éfonner maintenant si orgue est quelquefois masculin ?n’est-cepas l’idĂ©e de puissance, de gĂ©nie qui prive souvent ce noin de la fĂ©minitĂ© quesa terminaison lui destine ? Si au contrairĂ© on observe simplement la forme de ce mot, il devient rĂ©guliĂšrement fĂ©minin : Cet orgue qui se tait, ce silence pieux , L'invisilĂŻle union de la terre et des cieux, Tout enflamme, agrandit, Ă©meut Thomme sensible. Quand de Vorgue lointain Tinsensible soupir Avec le jour aussi semble enfin s’assoupir, (Fontanes.) Pour s’éveiller avec Taurorc. « Uorgue est composĂ©e de plusieurs tuyaux. » « Des orgues portatives. » {Lamartine.) ( TrĂ©voux. ) ( AcadĂ©mie. ) Toutefois, gĂ©nĂ©ralement parlant, orgue est masculin au singulier, et fĂ©minin au pluriel : et ce n'est point une bizarrerie. L’idĂ©e de chef-d’Ɠuvre que la masculinitĂ© traduit si exactement, entraĂźne toujours aprĂšs elle TidĂ©e d’unitĂ©; car les chefs-d’Ɠuvre ne se multiplient pas comme les feuilles des bois. L’union du masculin et du singulier est donc ici un fait complet et exact : mais si vous employez orgue au pluriel, alors la pluralitĂ© repousse nĂ©cessairement toute idĂ©e de chef-d’Ɠuvre; la masculinitĂ© n'est donc plus nĂ©cessaire, indispensable; le nom pluriel orgues rentre dans l’ordre natuÂŹ rel, et reçoit le genre fĂ©minin que sa terminaison rĂ©clame : " « Les premiĂšres orgues qu’on ait vues en France furent apportĂ©es par des ambassadeurs <( de Tempereur Constantin Copronyme, qui les offrirent au roi PĂ©pin. » ( TrĂ©voux. ) Si cependant on parlait dĂš Torgue de Lubeck, de celui de Milan, de celui de' Rome, etc.; comme ces orgues sont rĂ©ellement admirables, on pourrait employer le masculin , mĂȘme au pluriel, et dire : « Tous ces orgues si parfaits sont de grands chefs- « d’Ɠuvre. » On pourra donc dire aussi : « Uorgue de St-Marc Ă  Venise; est un des plus « beaux orgues de toute T Italie (1). » (1) Dans la traduction de l’ouvrage de Burney, intitulĂ© De VĂ©tat prĂ©sent de la musique, on lit : Ă  Milan, au DĂŽme ou la mĂ©tropole, il y a doux grands orgues ,‱ un de chaque eĂŽie du hhceur.
(77> Si cette harmonie du genre eĂ»t Ă©tĂ© plus tĂŽt Ă©tablie, on ne rencontrerait pas dans nos Ă©crivains tant d’incertitude Ă  son sujet. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. ÜD bel orgue. Ud boD orgue. Un orgue excellent. Un grand orgue. \ Un petit orgue. Accorder un orgue. Orgue trop bruyant. Orgue bien mal fait. Orgue presque neuf. Uu vieil orgue. Combien y a t-il do jeux Ă  cet orgue} Orgue fait par tel artlite.' De belles orgues. De bonnes orgues. D’excellentes orgues. Orgues ornĂ©es de jolies sculpÂŹ tures. Orgues trop bruyantes. Des orgues portative. Orgues infĂ©rieures a tellea auÂŹ tres. Orgues mal eonitruitss. Orgues dĂ©licieuses. N“ XXXVIII. LISTÂŁ ALPHABÉTIQUE DES NOMS QUI SONT MASCULINS DANS UNE ACCEPTION ET FÉMININS DANS UNE AUTRE. " ri* SÉRIE. — MASCULIN. On appelle un aide de cuisine un second cuisiÂŹ nier, ou le compagnon qui le sert et le soulage. (TrĂ©voux.) L'aune, ami des marais, le coudre, les bouleaux, Embelliront aussi vos champĂȘtres berceaux. , . (Castel.) Le poulain nĂ© dn barbe en hauteur la surpasse. * (Rosset.) Si je voulais invoquer une muse savante, mes doctes accords diraient ici quelle fut la destinĂ©e ffw BARDE dans les jours du vieux temps. (Chateaubriand.) HĂ©Ăœogabale se fit tirer dans un coche par quatre femmes nues, Ă  travers les rues de Rome. (Montaigne.) La nuit, de son trĂŽne d’ébĂšne, Jette son CRÊPE obscur sur les monts, sur les flots. ' (Delille.) Ces jours passĂ©s, chez madame Arabelle, Damis vantait un Ă©cho merveilleux. (Pons de Verdun.) Un ENSEIGNE aux gardes'a montĂ© le premier Ă  Tassaut. (TrĂ©voux.) Dans un espace de douze ans, vous avez Ă©puisĂ© tous les sentiments qui peuvent ĂȘtre Ă©pars dans une longue vie. (J.-J. Rousseau.) Les tons exemples font voir tout ensemble et que la vertu est possible et qu’elle est approuvĂ©e. (St-RĂ©al.) Vn FORET est un outil d’acier, pointu, en forme de vis, dont on sc sert pour percer un tonneau. (AcadĂ©mie.) Que peut-on espĂ©rer d’wn fourbe, d’un fripon? (Legrand.) Au lieu d’étre en prison , je n’ai pas mĂȘme un garde. (Corneille.) La famille pĂąlit, et vit en frĂ©missant Dans la poudre du greffe un poĂšte naissant. (Boileau.) 2* sĂ©rie. FÉMININ, PompĂ©e a besoin d’AĂŻoE ; il vient chercher la vĂŽtre. (Corneille.) Suis-moi donc. Mais je vois sur ce dĂ©but de prĂŽne, Que ta bouche dĂ©jĂ  s’ouvre large d’une aune. (Boileau.) Le serment le plus sacrĂ© qu’on puisse exiger d'un Asiatique est de le faire jurer sur sa barbe. (Bernardin de St-Pibrrh.) Vne BARDE est une tranche de lard qu’on met sur les volailles , au lieu de les larder, {Id.) On dit populairement d'une truie vieille et grasse que c’est une cĂŽche. (LAVHAUXr) Une crĂȘpe est une pĂąte fort mince qu’on fait cuire en rĂ©tendant sur la poĂȘle. (TrĂ©voux.) Un berger chantera ses dĂ©plaisirs secrets, Sans que la triste Ă©cho rĂ©pĂšte ses regrets. (Corneille.) Arborons de ses lis les enseignes flottantes. (Voltaire.) Les ESPACES (terme d’imprimerie) sont de diffé rentes Ă©paisseurs ; il y en a de fortes, de minces et de moyennes, pour donner au compositeur la faÂŹ cilitĂ© de justifier. (EncyclopĂ©die.) L’exemple qu’il a faite est mal e'crite. (AcadĂ©mie.) La forĂȘt, le dĂ©sert, voilĂ  les lieux que j’aime ; Mon cƓur plus recueilli jouit mieux de lui-mĂȘme. (Delille.) La FOURBE n’est le jeu que des petites Ăąmes. (Corneille.) Les lĂ©gions distribuĂ©es pour la garde des frontiĂšres, en dĂ©fendant le dehors, aiTermissaient le dedans. (Bossuet.) C’est par la .greffe qu’on a trouvĂ© le secret d’aÂŹ doucir ramertume et TĂąpretĂ© des fruits qui viennent dans les forĂȘts. (BarthĂ©lĂ©my.)
( -3 ) EoĂ»n Malherbe vint, et ce guide fidĂšle A MX auteurs de ce temps sert encor de modĂšle. (Boileau.) Nous regardons comme fort incertain qu’aucun de nos flÉLioi’EĂŒ\*Es soit celui des anciens. (Dict. des Sc. nat.) Et du fond des bosquets un jiymne wmucrseĂŻ, S’élĂšve dans les'airs et monte Jusqu'au ciel. (Michaud.) Le JUJUBE, pour la toux, est prĂ©fĂ©rable au rĂ©glisse. (Boniface.) Il n'Ăż a qu’un seul livre pour le gĂ©nie, la nature. ^ (Mll« DE Somery.) Il ne faut jamais jeter le manche aprĂšs la cognĂ©e. (AcadĂ©mie), D'un homme qui exĂ©cute un oumge d'art grosÂŹ siĂšrement et par routine, on dit que ce n’est qu’un MANOEUVRE. (LaVEAUX.) Ne lit-on pas tous les jours, avec un nouveau pé ril, ces MÉMOIRES scandaleux, faits dans'les siĂšcles , de nos pĂšres, qui ont conserve jusqu’à nous les dé sordres des siĂšcles prĂ©cĂ©dents ? (Massillon.) Lampde rĂ©glĂ© tout, souvent mĂȘme le mode de gouÂŹ vernement. (Boiste.) Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m’a jetĂ©, c’est ce dont on ne peut juger qĂŒaprĂšs m'avoir lu. (J.-J. Rousseau.) Les mousses sont des enfants traitĂ©s souvent avec trop de barbarie. (Bernardin le St-Pierre.) y On travaille sans succĂšs au grand oeuvre de la fé licitĂ© publique, si l’on ne prend pour base l'amour dela]^trie. . ' (Boiste.) Les cours sont pleines de mauvais offices. (^Ïassillon.) Beau page , dit la reine, . Qui vous.met Ă  la gĂȘne? Qui vous fait tant pleurer P (Beaumarchais.) PĂąques est tardif cette annĂ©e. — Quand paques passĂ©, i. (AcadĂ©mie.) , * ‱ Tout PARALLELE offcnse Thommc, parce qu’il se croit unique en son espĂšce. (DufrĂ©ny.) L’astre, enflammant les vapeurs de la citĂ©, sem- ‘ blait osciller lentement dans un fluide d’or, comme .e pmdule de l’horloge des siĂšcles. (Chateaubriand.) On n'est pas encore au comble du malheur, tant qu’il reste quelque lueur d’espĂ©rance; c’est par la perte totale de celie-ei que l’autre arrive Ă  son derÂŹ nier pĂ©riode. (Oxenstiern.) Les grandes guides sont celles que le cocher tient dans ses mains, afin de pouvoir, par leur moyen, gouverner les chevaux et leur faire faire tous les mouÂŹ vements qu’il convient. (LaVeaux.) L’hĂ©liotrope sc trouvait, suivant Pline,' dans les Indes , en Étiopie, en Afrique, et dans TĂźle de ChyÂŹ pre : BoĂȘce de Boot dit qu’il y en a de si grandes qu’on en fait quelquefois des pierres Ă  couvrir les tombeaux. (EncyclopĂ©die.) Les anciennes hymnes de l’Ëglise ont le mĂ©rite de la siraplicitc, mais n'ont que celui-lĂ . (Marmontel.) En Languedoc, en Provence, en Italie, etc., on mange les jujubes fraĂźches. Elles ont un goĂ»t assez agrĂ©able , mais un peu fade, (Dict. des Sc. mĂ©d.) La livre de Paris Ă©tait de IG onces ; celle de Lyon, de 14. " (Laveaux.) Les Espagnols portent des manches pendantes, attac/tĂ©es au dos de leur pourpoint. (TrĂ©voux.) Cette manoeuvre peut ĂȘtre poĂ©tique ; mais il fal* lait de grand succĂšs pour la rendre glorieuse. (Voltaire.) Il y a des gens qui ont la mĂ©moire assez pleine, mais le jugement fort yide et fort creux. (Montaigne.) ^ Un sage suit la mode, et tout bas il s'en moque. (Destouchbs.) Les MOULES passent pour ĂȘtre indigestes, et elles sont peu recAercfte'es sur les tables dĂ©licates. (Bosc.) Et.vous, fille d’hiver, mousse Ă©paisse ei confuse, Venez vous prĂ©senter aux crayons de ma muse. (Castel.) Toutes les oeuvres de la DivinitĂ© sont pleines de sa providence. (Boiste.) Dans cette maison, Toffice est trĂšs nombreuse. (Laveaux.) Une PAGE dĂš l'Évangile est plus puissante pour apÂŹ prendre Ă  mourir que tous les volumes des' philosoÂŹ phes. ’ (Boiste.) Comme les Juifs au festin de la PĂąque, on assiste au banquet de la vie Ă  la hĂąte ; debout, les reins ceints d’une corde, les souliers aux pieds et le bĂąton Ă  la main. (Chateaubriand.) La vraie dĂ©finition et la plus nette qu'on puisse donner d’une parallĂšle, est de dire que c’est une ligne qui a deux de ses points Ă©galement Ă©loignĂ©s d’une autre ligne. ‘ (EncyclopĂ©die.) Ce n’est point un grand avantage d'avoir l'esprit vif, sion ne l’a juste. La perfection d’une pendule^ n’est pas d'aller vite, mais d'Ă©tre rĂ©glĂ©e. ' . (Yauvkn argues.) Si les arbres portent au dedans des anneaux en rapport avec les pĂ©riodes annuelles du soleil, les palÂŹ miers en montrent de semblables au dehors. (Bernardin de St-Pierre.)
(79) Demeurons dans le poste oĂč le ciel nous a mis. (Racine.) ^ ' Du POURPRE-des raigins, et dĂš l’or des genets, L'aspect riant, d’abord, a pour nous des attraits. (LEGOUVKy) Le rĂ©glisse, tel cpi’on le trouve dans le commerce, est eu espĂšce de bĂątons presque cylindriques. ^ (Dict. des Sc. mkd.) N Ces postes menaçants, ces nombreux sentinelles, Qui veulent chaque jour aux portes Ă©ternelles. ■ ■ (Delille.) La Parque Ă  filets d’or n’ourdira point ma vie. Je ne dormirai point sous de riches lambris : Mais voit-on que le sonime en perde de son prix? - (La Fontaine.) % Le lĂ©ger enfoncement que l'on appelle la fossette est un agrĂ©ment qui se joint aux grĂąces dont le souris est ordinairement accompagnĂ©. (Buffon .) N'est-ce pas l’homme enfin, dont l’art audacieux Dans le tour d’un compas a mesurĂ© les cieux? (Boileau.) À peine il achevait ces mots, Que lui-mĂȘme il sonna la charge, Fut le trompette et le hĂ©ros. (La Fontaine.) Tout est prĂ©cis, tout est positif dans les plaisirs des sens, et le vague est nĂ©cessaire aux jouissances de l’imagination. ^ (Necker.) Entre lĂ© vase et les lĂšvres ĂŒ reste encore de la place pour un accident. (Boiste.) Si vous obtenez en vain des succĂšs, de grandes louanges, de quoi jouirez-vous enfin ? Un voile plus soigneusement ornĂ© couvrira votre tombe, (de SĂ©nancour.) Les vulnĂ©raires sont composes de plantes aromaÂŹ tiques, parmi lesquelles on distingue l’arnio, la perÂŹ venche, etc. (Dict. des Sc. mĂ©d.) - La calomnie vient de Paris par la poste me persé cuter au pied des Alpes. - (Voltaire.) Qui naquit dans la pourpre en est rarement digne. {Id.) Ramberg est une jolie ville de la FranconĂźe, cĂ©lڏ bre par son jardinage et son excellente rĂ©glisse. (M°^« le Genlis.) La libertĂ© de la presse est la sentinelle avancĂ©e ' de toutes les autres libertĂ©s. (Anonyme.) I 1, Il y a pour chaque homme wne certaine somme de bonheur, peu dĂ©pendante de la bonne ou mauvaise fortune. - .. >(MaupertĂŒis.) / La montagne en travail enfante une souris. (Boileau.) / * Quand verrai-je, ĂŽ Sion, relever tes remparts; Et de tes tour^ les ^magnifiques faĂźtes? (Racine.) Attacher le bonheur au chai’ de la renommĂ©e, c’est le mettre dans le bruit d’une trompette. (La Mette ie.) Cette mer, dont les vagues Ă©cumantes s'Ă©taient Ă©levĂ©es jusqu’aux cieux, traĂźnait Ă  peine ses flots jusÂŹ que sur le rivage, (BarthĂ©lĂ©my.) Ce bateau, ce navire s’est enfoncĂ© dans la vase. (Laveaux.) 11 dit. L’orage affreux qu’anime encor BorĂ©e SilĂŻle, et frappe la voile Ă  grand bruit dĂ©chirĂ©e. (Delille.) t Le nom donnĂ© Ă  la vulnĂ©raire lui vient de ce qu’on regardait autrefois celte plante comme un I moyen trĂšs efficace de guĂ©rir les blessures et les plaies - rĂ©centes. ^ (Dict. des Sc. mĂ©d.) » , Ces exemples nous dĂ©montrent que certains substantifs, qui ont la mĂȘme conson- nance, sont masculins dans une acception et fĂ©minins dans une autre. » Nous empunterons Ă  Touvrage de M. Braconnier quelques-unes de ses curieuses obÂŹ servations sur les harmonies du genre de la plupart des noms que nous venons de , citer. I 1 4 Aide, critique, enseigne, fourbe, garde, manƓuvre, page, pantomime, trompette, etc., sont rĂ©guliĂšrement fĂ©minins : Albin, as-tu bien vu la fourbe de SĂ©vĂšre ? As-tu bien vu sa haine et vois-tu ma misĂšre? Partout en mĂȘme temps la trompette a sonnĂ©. (Corneille.) (Racine.) Quand ces noms dĂ©signent des hommes, il est naturel qu’ils deviennent alors masÂŹ culins : Alidor ? dit un fourbe, il est de mes amis# 4 (BoĂŒeau.)
( 80 ) À peine il achevait ces mots, Que lui-mĂȘme il sonna ia charge ; Fut le trompette^e.i le hĂ©ros, {La Fontaine.) De mĂȘme Ă©cho est rĂ©guliĂšrement masculin, quand il dĂ©signe ces lieux sonores qui renvoient les sons qui les frappent : Euridice !... ĂŽ douleur \...douchĂ©s de son supplice , Les Ă©chos rĂ©pĂ©taient ; Euridice...' Euridice... {Delille.) Mais si Écho dĂ©signe cette fille infortunĂ©e de TAir et de la Terre, qui se consuma de Ă»ouleur , alors Echo n'est plus un son qui dans Tair retentisse C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse. {Boileau.) J Dans ce cas, ce nom est trĂšs naturellement fĂ©minin : Un berger chantera ses dĂ©plaisirs secrets, Sans que la triste Écho rĂ©pĂšte scs regrets. {Corneille.) i Les noms suivants sont fĂ©minins rĂ©guliĂšrement, quand ils ont la signification qui les suit :* ' , Aune mesure, greffe branche, hĂ©iioti'ope pierre, givre serpent, laquĂ© gomme, livre poids, manche de vĂȘtement, mĂ©moire facultĂ©, mode coutume, md/e de chair, mou/e poisÂŹ son, palme rĂ©compense, poĂȘle, ustensile, quadrille de chevaliers, poste voiture, pourpre Ă©toffe, serpentaire plante, solde paie, somme d'argent, etc. / Esther, disais-je, Esther dans la pourpre est assise. (Racine.) ^ Combien pour quelque temps ont vu fleurir leur livre , Dont les vers en paquet se vendent Ă  la livre. {Boileau.) Peut-ĂȘtre notre langue a-t-elle admis cette diffĂ©rence de genre, pour traduire fidڏ lement la diffĂ©rence de signification. L'arbitraire est rare dans les langues. Une forme n’y subsiste pas en vain ; quand elle devient inutile, elle dĂ©pĂ©rit et meurt, comme une herbe flĂ©trie. Tant qu’elle est debouf, la vĂ©ritĂ©, qu'elle exprime, est en vigueur. Quand elle disparaĂźt, c’est que cette vĂ©ritĂ© est oubliĂ©e. ^ i Espace est masculin trĂšs irrĂ©guliĂšrement. « Pour ĂȘtre heureux, il faut peu changer .de place et tenir peu d’espace.» {Fontenelle.) « Ce nom, dit ironiquement Lemare, ne peut'ĂȘtre fĂ©minisĂ© que par quelques garçons « imprimeurs! )> Lemare a tort, car Galtel nous observe que espace Ă©tait autrefois-en- tiĂšrement fĂ©minin, comme le prouve'ce passage de Montaigne : « Il me montra une espace pour signifier que c'estoil autant qu'il en pourroit tenir en une telle espace. » Le garçon imprimeur est donc restĂ© fidĂšle Ă  la tradition, et surtout Ă  la forme ! Que penser maintenant de Tironie insultante de Lemare! En fait de langue, un garçon imÂŹ primeur vaut peut-ĂȘtre mieux qu'un grammairien ! Car enfin, n'Ă©coutant que le gĂ©nie de sa langue, il agit sans systĂšme, et n’impose pas pour loi absolue ce qui lui passe par le cerveau. Ce sont encore quelques garçons imprimeurs qui ont conservĂ© Ă  interligne, la fĂ©minitĂ© que quelques.grammairiens lui ont ĂŽtĂ©e, et que la forme et TĂ©tymologie rĂ©clament.
( 81 ) Si ange dĂ©signĂ© ces ĂȘtres cĂ©lestes créés avant les temgs par la main de TÉternel, ces bienheureux dont la Foi nous rĂ©vĂšle les sublimes fonctions dans les cieux, le genre masculin, que nous donnons Ă  ce mot, est en harmonie avec les formes humaines dont notre imagination revĂȘt les ĂȘtres immortels qu’il dĂ©signe : N. y Tous libres d’ĂȘtre bons, tous se sont faits coupables ; Les anges, fiis du. ciel y furent moins eĂŠcusdles. {Delille.) Au figurĂ©, ce nom a conservĂ© le genre masculin : « ĂŒn enfant joint ses deux mains innocentes, et rĂ©pĂšte, aprĂšs sa mĂšre, une priĂšre « au bon Dieu, Pourquoi ce jeune ange de la terre balbutie-t-il avec tant d’amour et de « puretĂ© le nom de ce souverain Être qu’il ne connaĂźt pas ?» ( Chateaubriand,) 11 paraĂźt ĂȘtre encore masculin au figurĂ©, mĂȘme quand il dĂ©signe une femme. Lamartine a dit : LĂ , quand Vange, voilĂ© sous les traits d’une femme, Dans le Dieu, sa lumiĂšre, eut exlialĂ© son Ăąme. Bernardin de St.-Pierre a dit aussi : « «Virginie voyant la mort inĂ©vitable posa une main sur ses habits, l’autre sur son « cƓur; et, levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les « cieux. » - . , Ici la mascidinitĂ© est Ă©nergique et grave; nous avons entendu, dans la conversation, des exemples de la fĂ©minitĂ© qui avaient beaucoup de grĂące. Ce qui nous porte Ă  croire qu’ici, comme ailleurs, le masculin est en harmonie av^ la grandeur et la force; tandis jque le fĂ©minin s’harmonise avec une idĂ©e gracieuse et touchante. On sait qu’on a donnĂ© le nom d'ange Ă  une sorte de poisson : ce mot, qui n’offre alors rien de mystĂ©rieux dans sa signification, est soumis Ă  sa forme matĂ©rielle, et devient rĂ©guliĂšrement fĂ©minin : « L'ange est un peu plus grosse que la. raie. » ( Histoire naturelle. ) CrĂȘpe est un mot Ă  double genre et Ă  significations extrĂȘmes. Mais ses deux genres sont en parfaite harmonie avec ses significations diffĂ©rentes. S’il dĂ©signĂ© ces pĂątes lĂ©gĂšres et agrĂ©ables qu’on mange dans un festin, il Ă©st alors Ă©guliĂšrement fĂ©minin : ' f * ’ . « Cette crĂȘpe Ă©tait dĂ©licieuse. » S’il dĂ©signe une sorte de plante, il est aussi fĂ©minin rĂ©guliĂšrement : . « Les laitues de primeur sont appelĂ©es crĂȘpes blondes. » ( Gattel. ) Enfin s’il dĂ©signe une ancienne Ă©toffe prĂ©cieuse, il est encore rĂ©guliĂšrement fé minin : « La sainte reine fĂźt faire une crĂȘpe admirable d’or et d’argent pour mettre sur le corps « de saint Éloi. » {TrĂ©voux.) i Mais si crĂȘpe dĂ©signe ce triste emblĂšme de douleur que nous portons aux jours de deuil; ces voiles funĂšbres qui nous couvrent dans ces moments affreux oĂč notre Ăąme
( ) ‱ ^ reste accahßée sous le sombre chagrin; alors crĂȘpe dĂ©pose son genre' ordiriaire; signe' sinistre ,^ il devient masculin ,* comme si la masculĂźnitĂ© Ă©tait uiĂŻe expression fidĂšle de fa aouteurdu‘ cha^in et du deĂčiĂŻ :‱ - Qu’un crepe'flottĂ© aĂŒ front dĂŒĂŠronze de VendĂŽme. En poĂ©sie, crĂȘpe avec sa masculinitĂ© est toujours d^ĂŒrf bĂšl Ă©ffĂ©t au figurĂ© : ‘ DĂšs que l’onibre tranquille Viendra d’un crĂšjoe noir Ă©nVelopper la Tille." . (BĂ ileĂ Ă»i) La nuitde son trĂŽne d’ébĂšne*, XĂ©ttĂ©'s'on'crĂȘpboĂŽiscĂ»r sur les monts, sur lĂ©s uĂŽts. . (fiĂ©liUe.) A riieĂ»rĂ© oĂč TĂ me solitairĂ© S’envelĂŽppe' d’ûn crĂȘpe noir, Et n’attend plus rien de la terre, VeĂŒVe dĂ« son'dernier espoir.. {Lamartine.)' * ■* + ' * ^ Dans celle harmonie, la fĂ©minitĂ© est juste; la masculinitĂ© est expressive. Avec cette critique dĂ©licate et ce tom d'urbanitĂ© qui rĂšgn'Ă©nt dafis tous ses Ă©crits, Cb, Nodier a dit : « On demande s’il faut dire Ă e belles exemples d'Ă©criture, les saintes « hymnes de TĂ©glise? L’usage a consacrĂ© ces exceptions; mais il y a plusieurs sortes <0 d^ĂŒsĂ géïs’y celW* créé-lĂ©s laĂŻi^guĂ©s*, et cĂ©lĂŒĂą qui Tes d'Ă©nĂ ĂŻufĂ©. TJii'e fois'que le genre <ĂŽd^dW*mb'f esËét*aM,i tduf ĂčlsĂŒgĂ© qĂŒv contreVi'eĂŒt à’ celte rĂšgle est vicieux; et ii est « ridicule de rĂ©former un principe sur la foi d’un maĂźtre d’école' ou d’un sacristain* « qui ne sait pas le français. » On conçoit que ces derniĂšres lignes ne nous paraissent pas orthodoxes. Cependant il y a peut-ĂȘtre de l’injustice Ă  oser reprocher ainsi Ă  un Ă©crivain,», au quel* on doit tant, une opinion Ă  laquelle il n'attachait aucune imporÂŹ tance. Mais nous avons tant de respect pour les expressions populaires, nous y avons recomiu' des vĂ©ritĂ©s si grandes, elles sont Ă  nos yeux des traductions si fidĂšles, si exactes des mƓurs et des usages du peuple, que nous ne nous pardonnons pas mĂȘme de les avoir autrefois mĂ©connues. Telles sont donc en rĂ©sumĂ© les opinions de nos grammairiens sur le genre des mots hymne, exemple. Fortement influencĂ©e par toutes cĂ©S' autdritéé, cfĂŒi sĂšfnblĂ iĂ©nt seules 'CompĂ©tentes, l’AcadĂ©mie dĂ©cida que : « Hijmne est masculin, mais qu’il peut recevoir C'utü’adjectif'fĂ©rhinih*, Torsqu’il s’agit des hymnes chantĂ©es Ă  TĂ©glise; qu’il n'est pas « permis de donner le genre fĂ©minin au mot exemple, si ce n’ù^t quand il signifie un' « modĂšle^ dßécrilĂŒrĂš. » * Celte dĂ©cision authentique est hien formelle : elle est exprimâ€˜Ă©e, comme on le voit, en termes bien positifs. Malheureusement les faits que notre langue nous offre, loin d’appuyer cette dĂ©cision solennelle, la dĂ©truisent, sinon entiĂšrement du moins en grande partie. En effet, il est faux de dire q\xQ hymne est seulement fĂ©minin quand*il dĂ©signe un chant d’église. -Le genre ne dĂ©pend point ici de la signification de chant sacrĂ© ou de çTi'ariTprofane;'cette distinction est une grandW erreur : Ar/mne est rĂ©guliĂšrement fé minin dans tous les sens qu’on lui donne. Ici la forme est tout, la signification n’est rien; L’^ muet final est lĂ  dans sa toĂ»iĂ«-puissamce : " « Lorsqu’au milieu des lampes, des masses 4’or, des flambeaux, dĂ©s* parfums, aux « soupirs de Torgue, au balancement des cloch es,* au frĂ©missement des seVpenis'el des « basse»; : cefĂŻe AĂżmne faisait raisonner les vitra :ux, les souterrains et les* dĂŽmes d’une « basilique, etc. » (GĂ©nie du christianisme/. Te Deum.)
( 83 ) \ « Transportez-vous en pensĂ©e dans Tancien inonde pour vous faire une idĂ©e de ce « qu’il dut Ă©prouver; lorsqu’au milieu des hymnes obscĂšnes, enfantines ou absurdes hYĂ©- « nus, Ă  Bacchus, Ă  Mercure, Ă  CybĂšle, il entendit des voix graves chantant au pied « d’un autel nouveau : 0 Dieu! nous te louons! 0 Seigneur, nous te confessons! « 0 PĂšre Ă©ternel, toute la terre te rĂ©vĂšre ! ( Études historiques, ) « J Ces beaux exemples, empruntĂ©s au plus*^and gĂ©nie de notre Ă©poque, ne peuvent ĂȘtre suspects, et ils prouvent Ă©videmment combien la rĂšgle de TÂcadĂ©mie est vicieuse. Nous croyons que voici comment il faut procĂ©der. Hymne est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, Ă  cause.de sa terminaison : « Un dimanche de TAvent; j’entendis de mon lit chanter cette hymne avant le jour sur « le perron de la cathĂ©drale, selon un rite de cette Ă©glise-IĂ . » (J^J, Rottsseau, ) Quelle sera la hauteur De Vhymne de ta victoire, QĂčan^ ehe aura celte gloire QuĂš BiĂąlherbĂš Ăšn soit rdĂŒtbur ! (Malherbe,) « Si quatre vierges, vĂȘtues de lin et parĂ©es de feuillages, apportaient la dĂ©pouille « d’une de leurs compagnes dans une nef tendue de HdeĂąĂŒx blancs ; le prĂȘtre rĂ©citait Ă  « haute voix sur cette jeune cendre une hymne Ă  la'virginitĂ©. » {Chateaubriand.) niais si kymnĂ© dffife TiJiëé d’un dĂ©iicieiix abandon dĂš ï’ñirie dans iin heureux instant SĂš dĂ«iirĂ«, de i’allĂ©grĂ©ssĂ« dâ€™ĂŒh coeur plein d’une vive rĂ©cohhĂąissarice ; bĂŒ hieri déàignĂš- t-il un chant violent, comme un cri de joie dans un festin, un cri .de victbirĂš siĂźf liri champ de bataille, uii cri de ddĂŒlĂšur sĂŒf ĂŒh tdmbéàßi? Ici il y Ă  une force Ă  exprimer, et la masculinitĂ© apparaĂźt comme linĂš admirable harmonie : Encore un hymne , ĂŽ ma lyre 1 Vh TiĂżmhe pour le Seigneur, Un hymne dans mon dĂ©lire , ĂŒn hymne dans mon bonheur! (Lamartine.) « 0. toi qui nous a faits! en composant un discours si saint, je crois chanter un vĂ©~ « ritable hymne Ă . ta gloire. » * ( Catien: ) « QiiĂ«lle's Ă©lhiĂšhi ces insiitiiiioris des Aihphion, des Cadmus, des OrphĂ©e? ĂŒriebfelle <(-musique Ă ppĂ©lĂ«e Ldi, dĂ©s dansĂ©s, des cĂ ritiqĂŒes, quelques arbres consacrĂ©s, des « vieillards cĂŽndĂŒrsĂ nt des 'Ă©iifĂ hts, uh hymne formĂ© auprĂšs d’uii idmbéàu, la religion « Ă©l Dieu partout: » {Chateaubriand.) Comme la masculinitĂ© s’harmonise parfaitement avec la grandeur et la majestĂ© des . idĂ©es qui l’environnent! Boileau traduisait sans doute le dĂ©veloppement d’une grande force, lorsque, dans son Ă©pigramme sur Sahteuil, il fit hj/mne masculin ; s t A voir de quel air effroyable, _ . , Roulant les yeux, tordant les mains, Santeuil nous lit ses hymnes uams> pirait-on pĂ s^que c’est le diable Que Dieu force Ă  louer les saints ? On peut trĂšs frĂ©quemment rencontrer hymne avec une masculinitĂ© peu motivĂ©e, teia Vient sĂąns dbtile dĂŒ fĂ©spĂ«fct quĂš cĂšrt^ĂźHS adtĂȘĂŒf^ b‘nt toĂŒjddrs Ă©ĂŒ {Idur lĂ  dĂ©cision de
( 84 ) - ■ TAcadĂ©mie. Pour nous cette dĂ©cision n’est plus une loi; nous lui substituons l'harÂŹ monie que nous avons indiquĂ©e, et dont nous offrons un nouvel exemple. Lamartine, dont Texpression est aussi pure que la pensĂ©e, emploie la masculinitĂ© quand hymne rappelle une idĂ©e religieuse et grave, imposante et sublime : Le temple dc Sion Ă©tait dans le silence ; Les saints hymnes dormaient sur les harpes de Dieu. Les foyers odorants, que l’encensoir balance, S’éteignaient ; et Tençens, comme un nuage immense, S’élevait en rampant sur les murs du saint lieu. «Toutes leurs pensĂ©es se convertissent en enthousiasme et en priĂšre; toute leur « existence est un hymne muet Ă  la DivinitĂ© et Ă  TespĂ©ran ce. » Cette masculinitĂ© est vraiment admirable; elle nous fait comprendre pourquoi quelÂŹ ques grammairiens rejetaient la fĂ©minitĂ© : c'est que le masculin est rĂ©ellement su-' bliine. Cependant notre grand poĂšte n'est pas exclusif. Quand il nous peint son Harold touchant au sol de la- CrĂšce, et apercevant sur le rivage un pontife, des femmes, des vierges,, des enfants qui paraissaient cĂ©lĂ©brer des funĂ©railles, comme il n'y a rien ici de fort, de violent, d'extraordinaire, il emploie la fĂ©minitĂ© : \ De plus prĂšs le vent soufflant du bord Aux oreilles d’Harold porte une hymne de mort. Mais quand le poĂšte nous reprĂ©sente TinfortunĂ©e Sapho toute prĂȘte Ă  se prĂ©cipiter dans les flots du haut du promontoire fatal, et qu'il lui fait dire aux jeunes filles qui l'accompagnent : 9 Et vous,-pourquoi ces pleurs ? Pourquoi ces vains sanglots? Chantez, chantez un hymne, ĂŽ vierges de Lesbos ! „ Ici la masculinUĂ© est*d’une grande Ă©nergie; elle devient un des accents du dĂ©sesÂŹ poir de cette femme, qui succombe sous les coups d’un aveugle destin. 9m- * L’AcadĂ©mie, comme on le sait dĂ©jĂ , avait dĂ©cidĂ© que exemple ne peut ĂȘtre fĂ©minin que dans'le sens de modĂšle d’écriture. Toutefois, dans son Ă©dition de 1798, qui du reste n’est pas authentique, TAcadĂ©mie semblait s’ĂȘtre rĂ©tractĂ©e, et avoir dĂ©clarĂ© qu’on peut dire : un bel exemple de lettres italiennes. Aiissi ces hĂ©sitations continues conÂŹ duisirent quelques grammairiens Ă  trancher enfin'la question, et Ă  dĂ©cider que dans tous les cas exemple est masculin. Cette dĂ©cision, trop exclusive, n'est pas sans motifs, car la masculinitĂ© est toujours grande et noble. Cependant nous croyons qu’il y a erÂŹ reur, et voici comment nous procĂ©dons : Exemple a deux significations, Tune toute matĂ©rielle, Tautre toute morale. Ses deux genres sont en harmonie avec ses deux significations opposĂ©es. Exemple, au matĂ©riel, dĂ©signe un modĂšle d’écriture, une copie de dessin, etc. Ici, pas de poĂ©sie. Le genre doit ĂȘtre le rĂ©sultat immĂ©diat de la forme du mot; et Te muet final veut le genre fĂ©minin ; « Son maĂźtre Ă  Ă©crire lui donne tous les jours de nouvelles exemples.y> (Girault-Duvivier.) « Les Ă©lĂšves doivent chercher Ă  imiter cette exemple, en copiant les traits du desÂŹ sin, etc. » (Idem.) Exemple, au moral, rĂ©veille toujours quelque chose d’énergique et de grand; il
- ( 85 ) nous offre ces beaux modĂšles de veriu^ dont Timitation mĂȘme Ă©loignĂ©e exige de nous de longs efforts, d’opiniĂątres combats, une attention constante sur nous-mĂȘmes, enfin une habitude de nous vaincre Ă  toute Ă©preuve. Ici l’idĂ©e dominante est la force : aussi le genre indispensable est le masculin, qui ajoute toujours Ă  la puissance de l’exÂŹ pression : . . « Imitez un d bel exemple, et laissez lĂ  vos descendants. » (Bossuet. ) Je suis fils de CĂ©sar, j’ai son exemple Ă  suivre. (Foliaire.) Imitez cet exemple : Ă  leur prison stĂ©rile Enlevez ces brigands. (Delille.) « Les bons'exemples conduisent plus efficacement Ă  la vertu que les bons prĂ©ceptes. ĂŻt ( AcadĂ©mie. ) Cette masculinitĂ© est bien belle et surtout bien expressive. L’emploi de la fĂ©minitĂ© du mot exemple, aumoral, n’est pas commun dans nos classiques : on ne le rencontre guĂšre que dans ce passage de la Satyre MĂ©nippĂ©e : « Ce vous esi une belle exemple Ă  vous autres petits beuvreaux, qui faites tant les « scrupuleux, quand il faut, etc. » ; . Mais on sait que l’ironie, comme la grĂące, s’harmonise avec la fĂ©minitĂ© : harmonie exacte et fidĂšle, car l’ironie et la grĂące constituent souvent Ă  elles seules le caractĂšre d’une femme. , * ^ * Le peuple emploie trĂšs souvent cette fĂ©minitĂ© du mot exemple au moral, et quelqueÂŹ fois d’une maniĂšre si gracieuse, que nos poĂštes n’en dĂ©daigneraient pas l’emploi, si, comme nous, ils l’avaient frĂ©quemment admirĂ©e. Au.reste, le peuple, qui ne se trompe pas aussi souvent qu’on le pense, sait trĂšs bien employer exemple au masculin, quand il veut s’exprimer avec Ă©nergie. Office est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, quand il dĂ©signe le lieu oĂč sont rassemblĂ©s les apÂŹ prĂȘts d’un festin : « Cette office est spacieuse çt bien meublĂ©e. » ( Grammairiens. ) Mais dĂ©signe-t-il cette obligation sacrĂ©e, que la vertu nous impose de faire le bien t exprime^t-il ces graves fonctions oĂč l’homme est chargĂ© de venger, la vertu outragĂ©e, de flĂ©trir le vice coupable et audacieux? rappelle-t-il ces cĂ©rĂ©monie^ religieuses oĂč tout nous entraĂźne au recueillement le plus profond? la masculinitĂ© est ici en parfaite harÂŹ monie avec nos pensĂ©es sĂ©rieuses : Je vous devrais beaucoup pour un si bon office. (Corneille.) C’est oĂč le roi me mĂšne , et tandis qu'il m’envoie Faire office vers vous de douleur et de joie Mais cet office encor n’est pas assez pour lui. (Jd.) Charles-Quint, respirant Ă  peine au fond de son cercueil, n’entendait que l'office « des morts lentement )t;sa/modiĂ©. » - (Narrations françaises.) OEuvre nous offre dans son double genre Tharmonie la plus parfaite du principe que ' nous dĂ©veloppons. En effet, il est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, quand il dĂ©signe une simple action de la vie ordinaire : . « Le contentement intĂ©rieur qu’on Ă©prouve, en faisant une bonne Ɠuvre, n’est pas
(86) « plus une combinaison de la matiĂšre, qqe le reproche de la conscience, lorsqu’on .<( commet une.bonne action, n’est,fo crainte des Iqis. » {GĂ©nie du chrisĂŒardsme. ) «HeurĂšux ceux qui meurent dans le Seigneur : ils se reposent dĂšs Ă  prĂ©sent de leurs « travaux, car lews bonnes oeuvres les suivent. » (Trad. des psaumes. ) Mais si Ɠuvre apporte avec lui l’idĂ©e d’un acte de gĂ©nie; s’il fait naĂźtre le sentiment d'une grande force dĂ©veloppĂ©e ; s'il entraĂźne avec lui la croyance ferme qu’une grande puissance a Ă©tĂ© employĂ©e dans l'acte grave et solennel qu'il dĂ©signe; alors il devient nĂ©cessairement masculin : « Ils voulurent que, devant que commencer un si samt oeuvre, fut faite une proces- ff sion. » {Saitjre MĂšnippĂ©e.) ' « J'en parachevai CƓuvre entier Ă©tant Ă  votre service, il y a environ douze ou treize u ans. » ( Amyot. ) . . - > « Ce tableau est un Ɠuvre de Gai lot. » ( Girault-Duvivier. ) Donnons Ă  c& grand Ɠuvre une heure d’abstinence. (Boileau,) ^ Quelle morale puis-je infĂ©rer de ce fait? Sans cela toute fable est un Ɠuvre imparfait. (La Fontaine.) ^ « Tel fut l'Ɠuvre inaperçu de soixante annĂ©es. » ( Chateaubriand. ) « Athalie est l'Ɠuvre le plus parfait du gĂ©nie inspirĂ© par la religion. » ( Idem. ) On sent que oeuvre, au masculin, dĂ©signant toujours un chef-d'Ɠuvre, ne peut guĂšre ĂȘtre employĂ© au pluriel; car les chefs-d'Ɠuvre ne sont pas communs. Aussi, jadis on employait le masculin au pluriel, en dĂ©signant la collection des Ă©crits d'un auteur; mais aujourd'hui on dit : les Ɠuvres complĂštes. On n'imite donc plus le poĂšte qui a dit: Tel qui, content de lai, croit ses Ɠuvres parfaits, » Aux futurs Ă©piciers'prĂ©pare des cornets. Nous avons dĂ©jĂ  vu combien.le fĂ©minin s'harmonise avec Tironie. Lamartine nous en offre un nouvel exemple dans celte strophe oĂč il a fait Ɠuvre fĂ©minin : Lorsque du CrĂ©atepr la parole fĂ©conde D^s une heure fatale eut* enfantĂ© le mondĂ© ^ Des germes du chaos; De son Ɠuvre imparfaite il dĂ©tourna la face ; Et', d'un pied dĂ©daigneux le lançant dans l'espace, Rentra dans sou repos. Tant il est vrai qu'en français Tironie est fĂ©minine! ^ I PĂąque Ă©St fĂ©minin suivant sa terminaison, quand il dĂ©signe cette heureuse journĂ©e oĂč les enfants de Jacob sortirent enfin de Toppression des Pharaons, et quittĂšrent la tyrannique Égypie pour .se rendre dans la terre promise : « Vous mangerez Tagneau avec des pains sans levain et des laitues amĂšres, ayant. « une ceinture aux reins, des souliers aux pieds, et un bĂąton Ă  la main, comme des « voyageurs ; car c'est/a ou le passage du Seigneur. » ( Moise. )
-y ■ '( 8T ) Il ,65t encore rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, quand il dĂ©signĂ©e Tanqiveri^.ire ç§ jbjircbez' les IsraĂ©lites, ainsi qu’une .coutume pieuse cli,ez )es cbrĂ©ti.ens : « JĂ©sqs, ayant açh.ey.Ă© tous Ges\diSiConr.s, dit Ă  ses disciples : «Vous savez que la « pĂąque se fera dans deux jours ; et le Fils de Thomme sera livrĂ© pour ĂȘtre crucifiĂ©. » * (St. Mathieu.) « Tout fidĂšle doit faire de bonnes pĂąques. » '( Giraultr-Dpvivier, ) « Quand NoĂ«l est vert, les pĂąques seront blanches. » {Proverbe. ) n ' ■ * . f * ' i « Le diniançhe dĂ©s Rameaux s’appelle PĂąques fleuries, et le dimanche de Quasimodo « PĂąques closes. » . ( Gattel. ) On sait que PĂąque est masculin, quand il dĂ©signe le jour de la RĂ©surrection. Et qu’on n’aille pas çroire que cette masculinitĂ© soit une erreuir ou un fait arbitraire c’est une des plus belles harmonies de notre langue. Pour en comprendre toute la beautĂ© et toute l’exactitude, il faut s’unir Ă  la grande pensĂ©e qui occupe Tunivers chrĂ©tien en ce jour solennel, oĂč le Sauveur, victorieux de la mort, s^Ă©lĂšve rayonnant de gloire vers les clartĂ©s Ă©ternelles, assurant Ă  la terre rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e Tempire absolu de la loi nouvelle; il faut assister en esprit Ă  cette magnificence des cĂ©rĂ©monie de la SeÂŹ maine sainte, surtout Ă  Rome ; il faut se reprĂ©senter « ce pjergĂ© en deuil, ces autels, « ces temples voilĂ©s, cette musique sublime, ces voix cĂ©lestes chantant lĂšs donleprs « de JĂ©rĂ©mie; cette passion m^Ă©e d’inpomprĂ©hensibles priyslĂšrps; ce saint sĂ©pujpre « environnĂ© d’un peuple abattu; ce pontife lavant les pieds des pauvres; ces tĂ©nĂšpfes, <c ces silences entrecoupĂ©s de bruits formidables; ce cri de victoire Ă©chappĂ© tout-Ă -coup « du tombeau; enfin ce Dieu qui ouvre la route du ciel aux Ăąpqes dĂ©livrĂ©es, et laisse « aux chrĂ©tiens sur la terre, avec une.religion divine, d’intarissables espĂ©rances. » Quand on s’est bien pĂ©nĂ©trĂ© des profonds mystĂšres qui prĂ©cĂšdent et accompagnent le plus grand et le plus mĂ©morable jour de la Religion; quand on pqut juger de Teffet qu’un tel jour a toujours produit sur un peuple plein de foi; alors on ne doit plus s’é tonner que le nom qui dĂ©signe ce jour si solennel ait quittĂ© la fĂ©minitĂ© qu’il q. parfout ailleurs, pour devenir tout Ă  coup masculin. » PĂȘrip((e est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin : « La vie.de Thomme est trop courte, pour sortir des longues pĂ©riodes d^une rĂ©volu- « tion. » .{Boiste.) « L’histoire se divise en diffĂ©rentes pĂ©riodes. » ( Girauli-DuvĂźvier, ) L « On peut dĂ©finir la pĂ©riode une pensĂ©e composĂ©e de plusieurs autres pensĂ©es, qui « ont chacune un sens suspendu, jusqu’au dernier repos, qui est commun Ă  toutes. » ‱ JĂźo«e«ir,) « La pĂ©riode solaire, la pĂ©riode lunaire. La pĂ©riode julienne, etc. » {Gattel.) PĂ©riode exprime-tril au contraire Je rĂ©sultat d’une grande force largement dĂ©ver loppĂ©e? offre-l-ii Ă  notre imaginatiqn cette idĂ©e Ă©nergique qu’aprĂšs des efforts, souÂŹ vent multipliĂ©s, on est enfin parvenu au dernier terme d’une valeur, Ă  la derniĂšre i 1
( 88 ) limite d'une puissance? La force, qu'il a fallu employer pour y atteindre, rend ici remploi de la masculinitĂ© non seulement juste, mais encore indispensable : «DĂ©mosthĂšnes et CicĂ©ron ont portĂ© TĂ©loquence Ă  son dernier pĂ©riode. » (Girault-Duvivier.) ^ . - « La France, aprĂšs avoir atteint le pĂ©riode de sa gloire militaire, marche d’un pas as- <( surĂ© vers celui dĂš sa gloire civile; elle a pour guides Tamour de la pĂątrie et Thorreur « du despotisme. » (Boiste.) Sentinelle a Ă©tĂ© Tobjet de bien dĂ©s discussions de la part de nos grammairiens. Mais comme leurs discussions n'offrent aucune mĂ©thode; nous allons expliquer le genre de ce nom d'aprĂšs nos principes. Sentinelle a une forme essentiellement fĂ©minine. Mais il a aussi une signification toute masculine. De lĂ  Temploi des deux genres : ‱ « On a trouvĂ© le sentinelle mort dans sa guĂ©rite. » ( AcadĂ©mie. ) « Les arbres, qui balancent tristement leurs cimes dĂ©pouillĂ©es, ne portent que de « noires lĂ©gions qui se sont associĂ©es pour passer Thiver : elles ont lettrĂ© sentinelles et, « leurs gardes avancĂ©es; souvent une corneille centenaire, antique sibylle du dĂ©sert, « se lient seule perchĂ©e sur un chĂȘne, avec lequel elle a vieilli. » {Chateaubriand.) Mais indiquer Temploi"des deux genres, ce n’est pas l’expliquer. Voici comment les poĂštes procĂšdent. Quand sentinelle exprime une idĂ©e grande et forte, quand tout ce qui Tenioure est Ă©nergique, il prend le genre masculin : Ce sentiment si prompt, dans nos cƓurs rĂ©pandu, Parmi tous-nos dangers sentoeReoistdu. (Voltaire.) Ces postes menaçants, ces nombreux sentinelles. Qui veiiient nuit et jour aux portes Ă©ternelles. (Delille.) ' Quand ie cap africain, sons les traits d’un gĂ©ant, Sentinelle hideux du dernier OcĂ©an ; etc. [Parseval.) » « L’oreille du lion est le plus sĂ»r sentinelle. » ( Fontanes. ) , ' Quand sentinelle exprime une idĂ©e gracieuse; quand tout ce qui Tentoure est tou- ‱ * chant, il prend le genre fĂ©minin, comme dans la phrase de Chateaubriand citĂ©e plus haut, et dans ces exemples : \. «Une femme doit ĂȘtre pour elle-mĂȘme sa sentinelle vigilante; sans cesse entourĂ©e « d’ennemis, elle en a dans sa tĂȘte, dans son cƓur, dans toute sa personne. » (Boiste.) « La vertu est une sentinelle vigilante qui nous signale les dangers oĂč le vice peut nous < entraĂźner. » ( Anonyme. ) . ' Cette harmonie du genre est exacte; les poĂštes ne s’én Ă©cartent jamais. Tour est rĂ©guliĂšrement masculin : « En faisant des heureux, un roi Test Ă  son tour. (Voltaire.) Plus ĂŒ est prĂšs de quitter ce sĂ©jour , Plus on lui trouve et d’esprit et de charmes. Enfin, pourtant il a passĂ© le tour. (Gresset.)
( 89 ) /■ , Cependant, lorsque tour dĂ©signe eelte partie gigantesque de nos cathĂ©drales gothiÂŹ ques , qui s’élĂšve et se perd dans les nues, il conserve la fĂ©minitĂ© qu’il a en latin, car c’est de lĂ  que nous l’avons tirĂ© : « Et prist la tur de Syon, ço est la citad de David. » ( Chroniques. ) I ^ ’ « Elle revint dedans5a tor, » {Marie de France.) . 1 ' C’est au seuil de la tout, c'est aux portes de Londres, Que parmi vos sujets je ^devais me confondre, [Casimir Delavigne.) - * ^ ‱ I . Si vague dĂ©signe ces masses d’eau qui s’élĂšvent et retombent sous l’impression des vents, le genre fĂ©minin est naturel ; la terminaison l’exigeait : Une voix s’élevait de mon sein tendre et vague,- Ce n’était pas le chant du coq ou de l’oiseau, Ni des souilles d’enfants dormant dans leur berceau, Ni la voix des pĂ©cheurs qui chantaient sur la vague y C’était vous! c’était vous, o inon ange gardien! C’était vous dont le cƓur chantait avec le mien. {Lamariine.)' t Mais si vague dĂ©signe ces espaces immenses des rĂ©gions de l’air, dans lesquels le reÂŹ gard effrayĂ© se plonge sans trouver nulle part aucune limile;'s’il exprime cet infini idĂ©al, dans lequel notre imagination dĂ©barrassĂ©e de toute loi, de toute rĂšgle, erre Ă  l’aventure, comme dans un horizon dont les bornes,, s’éloignant toujours, vont se perdre au sein de l’immensitĂ© ; alors la masculinitĂ© nous paraĂźt d’une grande beautĂ© : « En s’isolant des hommes, en s’abandonnant Ă  ses songes, Rousseau a fait croire Ă  « une foule de jeunes gens qu’il est beau de se jeter ainsi dans le vague de la vie. » ( Chateaubriand. ) « L’analyse prend la place de ce vague infini oĂč la pensĂ©e aime Ă  se perdre. » {Idem, ) « La mĂ©lancolie s’engendre du vagtie des passions, lorsque ces passions sans objet se « consument d’elles-mĂȘmĂ«s dans un cƓiir solitaire. i> ( Idem. ) La fĂ©minitĂ© de ce mot est le rĂ©sultat immĂ©diat de sa forme; sa masculinitĂ© est l’effet t I . relatif de sa signification accidentelle. I * Voile a encore ses deux genres-en parfaite harmonie avec ses diffĂ©rentes significations. Quand il dĂ©signe cette partie du vaisseau qui reçoit l’impulsion des. vents, comme rien de mystĂ©rieux ni de grave ne se. rattache Ă  cette idĂ©e toute matĂ©rielle, voile est alors rĂ©guliĂšrement fĂ©minin. Ici la forme est l’unique guide : « Les tritons conduisaient les chevaux et tenaient les rĂȘnes dorĂ©es : une grande voile « de pourpre flottait dans Tair au-dessus du char; elle Ă©tait Ă  demi-en/ZĂ©e par le souffle « d’une multitude de petits zĂ©phirs qui s’efforçaient de la pousser par leurs haleines; » ( FĂ©nelon. ) 11 est aussi fĂ©minin, quand il s’emploie dans le sens de navire : \Si vous voulez partir la voile Ă©stprĂ©paree. . {Racine.) 11 est encore fĂ©minin au figurĂ©, lorsque l’image employĂ©e rappelle l’idĂ©e d’un navire : t Quand la faveur, Ă  pleines voiles, * Toujours compagne de vos pas. (Malherbe.) * iH
(90) il yolt lp3 passions , sur une onde Incert^ç, ^ lem* souffle orageux enfler ĂŻa uoiie Aum<nn0. {Lamartine.) . On a justement reprochĂ© Ă  Corneille d’avoir employĂ© aq mqscfilih roi/e .dafls sou sens propre de partie de vaisseau : . « 11 venait Ă  plein et si dans les hasards. ^ (PompĂ©e.) En effet, cette significalipr}, qui Ijpnt foute de la lettpe, ne s’harmonise nullement avec la masculinitĂ© qui tient toute de l’esprit ; mais il en est bien autrement de toutes les autres significations, auxquelles se rattache toujours quelque idĂ©e religieuse, sombre pu imposante* Est-on plongĂ© dans la douleur, dans le deuil? Le rnalheur est-il yenp ppu$ assailÂŹ lir? Le chagrin pĂšse-t-il sur notriB Ăąnfe, comme un poids qui Ă©touffe? nous nous enveÂŹ loppons d’ttn voile funĂšbre : « L’heure est donc venue oĂč la France doit couvrir d'un voile son superbe panache, « et laisser tomber sa tĂȘte dans le giron de l’Angleterre? » {Jeanne (TArc de Shakespeare.) On sĂȘ rappelle cette matinĂ©e .douloureuse oĂč l’infortunĂ© ChĂ ctas allait confier Ă  la ^,.1^ r '..t'' * * terre du repos les restes inanimĂ©s de celle qu’il aima : r; \ « Soqvept la longue chevelure d’Atala, jouet des brises matinales, Ă©tendait son voile « d’or sur mes yeux. » ( Chateaubriand. ) , i S’agit-il d’une vaste entreprise que les tĂ©nĂšbres enveloppent? d’une conspiration / tramĂ©e dans l’ombre? Tout sp couvre d-wn voile affrpux! {ÇrĂ©bilLon.) Une jeune vierge quitte-t-elle le monde pour se’ consacrer Ă  Dieu dans un cloĂźtre? 'Elle couvre les traits cĂ©lestes de sa figure virginale sous les plis flottants d’wn voile Les ennuis de son front se cachent sous un bandeau de lin ; et /e voUe mystĂ©rieux, « double symbole de la virginitĂ© et de la religion, accompagne sa tĂȘte dĂ©pouilléé. » (Chateaubriand.) Enfin, dans le temple de Salomon, un voile immense dĂ©robait le sanctuaire aux reÂŹ gards de la foule pieuse : f ‘ * * i * t' ^ K R f \ * « En mĂȘme ten]ps le voile du teipple sp dĂ©chira en deux, depuis le haut jusqu’en bas; «la terre trembla; les pierrps se fendirent; les sĂ©pulcres s’iauvrirpnt; et plusieurs « corps des saints, qui Ă©taient dans le sommeil, ressuspitĂšrent. » (jSl Matldeu.) On ypit ici que la masculinitĂ© n’a aucun rapport avec la forme, et qu’elle s’harmoÂŹ nise admirablement avec tout ce que la signification renferme de grave, de sacrĂ©, de mystĂ©rieux. '* EXERCICE PHUASÈOLOGIQVE. iiaa. T7d atdo de camp. Un excellent eide. Un mauTai* aide. Aide prompte. Aide Bsturee. Etre'toute i*ude da quelqu'un. Avn. Un fiel aune. Un grand aun& Une aune de toile. Aune fausse. t < - BSBBX. Un beau barbe. Un barbe Un barbe bien ËtĂźt. Barbe blanche. Barbe grise. Grande bsrbe. Barbe longue. 8e bii^ U barbe. Se peindre la barbe. Barbes d'Ă©pi. BarbĂ©s de ptnroe. Le barde de la CalĂ©donie. Grande barde. Une grosse barde. Barde trop lon^e. Barde trop Ă©paisse. cocm ' I : . Un mnd coche. ‱ » wH ' 1 *_.a i‘ ĂŒn petit coche. Le coche î’Auxerre. UnĂ©'grĂŽsse eoche. Une petite cocbe. ceIfb. Un gros cfĂ©pe. Ün crĂȘpe noir. Porter un crĂȘpe Ă  sou chapeap. Une bonne crĂȘpe. Une crĂȘpe exceUentek
( QĂź ) ICBO. Les Ă©cbos redoublĂ©s. Les Ă©chos proloiigĂ©|. La triste Ă©cho. nsEiojtB. Un enseigne de vaisseau. Loger Ă  telle enseigne. Enseignes dĂ©ployĂ©es. Les enseignes romaines. BSViCB. Grand espace. Long espace. Espace rempli. PeUt eipĂącVv'^ Court espace. De petites espaces. De moyennes espaces. BnuruL Un bel eiemple. Une belle exemple. De beaux exemples. De beUĂȘVexĂ«rnplĂšs. ' Mvp- « ‱ t ' ‱ roaiT. Un petit foreU Un grand foret. MauTais'fĂ»fĂ©t.'*^' Bon foret. Grande forĂȘt. Belle forĂȘt.' Epaisse forĂȘt ‘ Traverser une forĂȘt <' , F . ..Tl rooKas. Un vrai fourbe* Un fourbe CelTĂ©. Un fourbe sans foi. Un fourbe insigne. > Fourbe grossiĂšre. ' DĂ©couvrir une fourbe Inventer une' fourbe'. * ■IT Ses gardes affligĂ©s. Un de ses gardes. Ses gardĂ©s repoussĂ©s. Le garde dĂ©s sĂŒĂ©aux. Le garde champĂȘtre. Un garde forestier. Faire la garde. Faire bonne garde. Mauvaise garde/' ' La garde des portes. Relever la gardel ' ' DoiiblĂšr la'girde. La garde montĂ ĂŻite. La garde descendante. Monter , descendre la garde. - La garde d’une p ace. cxarFE. Retirer un procĂšs du greffe. Consigner de l'argeut au 'greffe. Aller au greffe. iSortir du greffe. Greffe plein de monde.' , Lever des greffes Enter dos greffes. Greffes de pommier , de poirier de pĂȘcher. ■ ‘ * Une belle greffe, A quoi sert la greffe? ’ seins. ■ i 1 Prendre un guide. On bon guide. Un mauvais guide. On excelle 11 Cgui de. Un guide trompeur. Avoir besoin d’un guide. Les grandes guides. Les petites guides. De boRues guides,* De mauvaises guides. BALioTaors- ' Un bel hĂ©liotrope. Un hĂ©liotrope du P.Ă©rou, Un hĂ©liotrope exotique. Une fausse hĂ©liotrope. ‱ aniNB. ĂŒn bel hymne. L’hymne saint, pe belles bymoev. Les hymnes saciĂ©es. LrVHBS. Un bon livre. Un bon livre plein, d’érudition. Paire un livre. Composer un livre. Un livre bien Ă©crit. Un livre Ă©loquent' Un mĂšcbant livre. Un livre plein dĂ© grandes idies. Un nouveau livrĂȘ.^' Un vieux livre. Otie'Iivre de beurre. Une livre de viande. IflirCHB Le manche d’un couteau. Le manche d’un canif. Un manche Ă  balai. On manche de gĂźgĂŽt. On manche de'violon. Manches courtes. Manches longues. One nianche' dĂ© ebemise, de ’ robe, f habit. ' ^ * Se faire tirer par la manche. \ - ' UiKOBOVRB. J. ■■ i ĂŒn bon manƓuvre. Un excellent nianƓuvre. Un manƓuvre adroit. Une savante manƓuvre. Une manƓuvre politique. DĂ©couvrir une manƓuvre. DĂ©s maacDUvres' obscures. uĂ©vĂȘias. r ■ â–ș m Excellent mĂ©moire. RĂ©gler un mĂ©moire Çumposer un mĂ©moire. ArrĂȘter un mĂ©moire. MĂ©moire convaincant Le mĂ©moire do theniitiier. Bonne mĂ©moire. MĂ©moire beureuse.' Avoir de la mĂ©moire. ■ GravĂ© dans la mĂ©moire, perdre la mĂ©moire. De glorieuse mĂ©moire. UOOB. Le mode ĂźndĂźcatit Le mode subionçtif. Mode d’administration. Mode de gouvernement ' Mode nouvelle. Mode aneienoe. Vieille mode. inse'nsĂ©e. Mode ridicule. Paire A sa mode> UOULB. ■ Faire nne chose eu moule. Ün’moitiĂ© parfait; - ‘ ' De bunnes moules. Des moules fraĂźches. MODRÎB. / ' ' Un petit mousse. Uo meosse de bague. ' Se coucher dans la mousse. Faire de la mousse- Premier Ɠuvre. Second Ɠuvre. L’Ɠüivre’ Ăźde Çallqt. Gt^Ă©'nd Ɠuvre. Une bonne Ɠuvre. Une Ɠuvre de misĂ©ricorde Une Ɠuvre de charitĂ©. OEuvre» morĂąles. ' Les Ɠuvres tjÂź la ewiCB. ĂŒn bon oftiee. De boni offices. Un mauvais office. L’office divin. Office flĂŽlcnncl. Manquer l’office. Savoir bien l’office. Entendre bien RĂŽffice. Ôliiee nombreuse. De b'Ă©llĂȘsV dĂš grandes office , Offices bien Ă©clairĂ©es. PIGB. 4 Un beau pa^e. Un [euii‘e>psg!'. Un joli page. Les pages'du roi. Une-belle pager ilemplir Ja page. Une longue page, 1 t “fi f ? . PAQDB. PĂąque est-il venu ? PĂąque est il passĂ© ? La Veille dĂ© PĂąque'. , Immoler la pĂąque.* Manger ta'pĂąquel * PĂ que.1 fleuries. PĂąques cibtek ]^aire de bonots pĂątiuej. riBiLtiLi. Excellent parallĂšle. Faire'uo'parallĂšle. Le paraUĂš|e de Racine et de Corneille. Le parallĂšle d’Alexandre et de CĂ©sar. Tirer une paĂŻallĂšle. phvdclb. Les vibrations du pendule. Oscillations du pendujĂȘ. Une bcĂŒĂš pendule, ĂŒne grande pendule. Une pendule dĂ© prix. pAbiodb. Au plus haut pĂ©riode. A son dernier pĂ©riode. Le plus haut pĂ©riode de la gloire. Le dernier pĂ©riode de la vie. LĂšs diffĂ©renles'pĂšrlddcx dĂ©* l’bis- toĂźre. Une pĂ©riode composĂ©e. Une pĂ©riode Ă  deux membres. PĂ©riode musicale. pqsTO Rester Ăą top poste. Quitter un'poste! ‘ Sa rendre au poste. Poste avantageux. Mauvais poste. ^ DĂ©fendre un poste. Poste peu fortifiĂ©. Un poste d’boniieur. On poste Ă©jeyĂȘ. Occuper un poste. Prendre la poste. Courir ta poste. Mettre une lettre Ă  Ja Grande poste. * l’elite pojte. l'osle restaule, POtJBPBB, Avoir le pour'pre. Pourpre rentrĂ©. Motiirii-Mu pourpre. Perler la pourpre. La pourpre royale. La pourpre romaine. SATlaS. Un vieux satyre. Un jeune satyre, l'aire une attire. Publier une rĂ lĂźre t' I i‘-.r r ;[ La satire du siecĂźe. Une satire piquante. BBKTIHBtLB. Un sentinelle, l'nrter au lentjnejle. Une sentinelle avancĂ©e Relever la senti nĂ© liĂ©. ‘ Sentinelle endormie poser la^entinelle. SOUI^ Dn long somme, tlit b’î'ii'sonime;' Un lĂ©geKsomme. Sun premier somme. Faire un somme. Petite tomme. r i 4 - t . l.J. Grosse somme. LĂ 'tomme dĂ©s maux. LĂą somme de' nos malbcuri SOUIIIS. Un souris agrĂ©able, ĂŒh 4oux soblris. Un petit souris. Souris moqueur." « ♩ t'* f* colins makcieux. Petite souris. Grosse souris. Souris blauebe. Souris grise. Ton a. Le tour du soleil. Faire'un tour.' Le tour de ta ville. Un tour d’adresse. Jouer lin tour. ^ On mauvois tour. Ud tour de fripon. Vilain tour^ Un tour unglant. Un tour perfide.' Rrendre un bon tour. Un fĂ©iĂźf original. ' Un lour Ă©lĂ©gant. jla’ul'Ă©toÜri'” Tour carrĂ©e. "J'ĂŽtir pĂ©nchĂ©e. Petite ^ur. Grosse tour. Tour ronde. Au pied de la tour. TB0HVBTT1. Un ^on'tonipette.
(98) Cn trompette de rĂ©gĂźmeui, Envoyer un trompette. Sonner la trompette. ^ Sonner de la trompette. X»a trompette de la RenommĂ©e. Emboucner la trompette. â–Œ16 Cl. Le Togue de l'air. Le vague des aira. Se jeter dans le vague. J)e grandes vagues. Vagues Ă©cumantes. Des vagues bautes. Kompre la vague. TiSI, XombĂȘr dans la vase. Un vase d*or. TTd vase antimite. Un vase prĂ©cieux. TOU. Un voile Ă©pais. Voile clair. Porter un ToĂźle. Le voile de la nait. l.cTer le voile. Plier , caler la voile. Aller i la voile. Cingler Ă  pleines voiles. A votlçs dĂ©ployĂ©es. Enfler les voiles. Mettre Ă  la voile. i «oĂ»oĂ tc^a NÂź XXXIX. ĂŻs^sescoeo— r NOMS QUI EXPBIMENT DES ÉTATS, DES QUALITÉS QĂŒâ€™ON REGARDE, EN GÉNÉRAL, COMME NE CONVENANT QU’A DES HOMMES. Une de mes chances Ă©tait d’avoir toujours dans mes liaisons des femmes auteurs. (J.-J. Rousseau.) Les femmes docteurs ne sont point de mon.goĂ»t. (MoliĂšre.) Marguerite d’Anjou, femme de Henri VI ^ roi d’AnÂŹ gleterre, fut active et intrĂ©pide, gĂ©nĂ©ral et soldat. (Thomas.) Mademoiselle de Schurman, nĂ©e Ă  ^Cologne en 1606, Ă©tait peintre, musicienne, graveur, sculpÂŹ teur, PHILOSOPHE, gĂ©omĂštre, thĂ©ologicnne mĂȘme; elle avait encore le mĂ©rite d’entendre et de parler neuf langues diffĂ©rentes. (Biographie univ.) Les femmes n’eurent pas seulement des cours d’aÂŹ mour,'elles devinrent aussi magistrats , en possé dant des seigneuries, et exercĂšrent la juridiction des fiefs dans toute leur Ă©tendue. (Id.) Les ouvrages de mademoiselle Williams la font re- gaider tour Ă  tour comme poĂšte et comme historien. (M“»« BrkĂźĂŒet.) Les passions sont les seuls orateurs qĂŒi persuaÂŹ dent toujours. (LAROCnHFOUCAULD.) Les femmes poĂštes sont mauvaises mĂ©nagĂšres ; la rime s'accorde mal avec l’économie. (Boiste.) ChimĂšne dit Ă  Rodrigues : Va, je suis ta partie et non pas ion.bourreau. (Corneille.) Venez, mesdames, ĂȘtre tĂ©moins du triomphe de la philosophie. (Marmontel.) J'apprends avec plaisir tout ce qu’on publie Ă  la gloire d’une fille cĂ©lĂšbre, Anne de Beris, et aujourÂŹ d’hui PROFESSEUR dc rhĂ©torique. (M“¼ Briquet.) Elle fut sa nourrice , elle devient son guide. (LhgouvĂ©.) Vabbesse de Fontevrault est chef et gĂ©nĂ©ral de tout Tordre. (AcadĂ©mie.) , Mademoiselle d’Eon fut mise Ă  U ans au collĂšge Mazarin. Ori ignore les raisons qui engagĂšrent ses paÂŹ rents Ă  lui donner Thabit d’homme. Elle fut reçue docteur en droit civil et en droit canon, et enfin AVOCAT au Parlement de Paris. , (BiOGR. 'DES FEM. CÉlÈB.) ' Les femmes polissent les maniĂšres, elles donnent le sentiment des biensĂ©ances, elles sont les vrais prĂ©cepteurs du boa ton et du bon goĂ»t. (Legouvh.) Hypathi'a enseignait elle-mĂȘme la doctrine d'Aris- tote et de Platon ; on Tappelait le philosophe. (Chateaubriand.) La sagesse est le tyran des faibles. (VaĂŒvenargues.) PlutĂŽt versificateur que poĂšte, madame de Man- delot a chantĂ© dans des piĂšces gĂ©nĂ©ralement assez brĂšves les plaisirs champĂȘtres. (Mahul.) Madame Dacier est un des plus fidĂšles traducÂŹ teurs d’HomĂšre. (Gi a ault-DĂŒv i v ier .) Ici se prĂ©sente une grande difficultĂ© dont le manque de solution a toujours Tai/ Ă©poque dans les annales grammairiennes. Gomment se fait-il, s’écrient nos grammai riens, que la langue française se soit mise en opposition avec toutes les autres langues, en laissant au masculin tous ces noms auteur, amateur, docteur, gĂ©omĂštre, gĂ©nĂ©rai, graÂŹ veur, professeur, philosophe, poĂšte, traducteur, etc., lors mĂȘme que ces noms dĂ©signent des femmes? ' ■ Avant d’essayer de rendre raison de cette masculinitĂ© qui paraĂźt inexacte, qu’il nous soit permis d’expliquer quelques exemples bien connus, oĂč le genre fĂ©minin a Ă©tĂ©
( 93 ) employĂ©, et dont on s’est toujours servi pour accuser d'erreur ou d'arbitraire la masÂŹ culinitĂ© prĂ©cĂ©dente. Vais-je Ă©pouser ici quelque apprentie auteur. [Boileau.) «A Paris, le riche sait tout; il n'Ăż a d'ignorant que le pauvre. Cette capitale est « pleine d’amaieurs et surtout Ă 'amatrices qui font leurs ouvrages', comme M. Guil- « laumefaisait ses couleurs. » Rousseau.) « J'aime mieux m’abstenir de caresser les enfants que de leur donner de la gĂȘne ou « du dĂ©goĂ»t. Ce motif, qui n'agit que sur les Ăąmes vraiment aimantes, est nul pour « tous nos docteurs et doctoresses. » ( Idem. ) De lui sourire au retour ne fit faute, Ce fut la peintre. On se remit en train, A votre fille aĂźnĂ©e On voit quelques dĂ©goĂ»ts pour les nƓuds d’hymĂ©nĂ©e : C’est une philosophe enfin, (AfoliĂšre.) La fiĂšvre ardente, Ă  la marche inĂ©gale, Fille du Styx, kuissiĂšre d’Atropos, Porte le trouble en leurs petits cerveaux. {La Fontaine.) {Voltaire.) Dans ces exemples, souvent citĂ©s, le fĂ©minin est Ă  sa place; l’ironie explique tout. Le but des auteurs est d’exprimer un ridicule ; or, lĂ  masculinitĂ© annonce toujours une idĂ©e grande et noble; elle eĂ»t Ă©tĂ© dĂ©placĂ©e ici sous la plume satirique de nos grands Ă©crivains. Le fĂ©minin est donc venu lĂ , parce que le masculin n’y pouvait ĂȘtre. Les exemples d’expressions fĂ©minines, dans l’ironie, sont trĂšs nombreux. En effets veut-on peindre d’un seul trait un guerrier qui manque de courage, on l’appelle iroÂŹ niquement une femme! Celte ironie est de la derniĂšre injustice, il est vrai, mais enfin elle explique les peuples qui s’en servent et les langues qui l’emploient. En France, l’ironie est fĂ©minine, parce que le masculin est toujours noble dans son emploi. Du reste, l’ancienne grammaire avait admis cette vĂ©ritĂ©, en lui donnant cette forme si connue : Le masculin est plus noble que le fĂ©minin. ^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. - Agi este ur. Censeur. Ecrivain. IngĂ©nieur. Philosophe. RĂ©gisseur. Agriculteur. Compositeur. Editeur. Imposteur. PrĂ©dĂ©cesseur. RhĂ©teur. Amateur Confesseur. Escroc. Laboureur. PrĂ©dicateur. Souscripteur Artisan. Fat. Facteur. Libraire. PrĂ©varicateur. Successeur. Assassin. DĂ©fenseur. Fauteur. LittĂ©rateur, Professeur. Vainqueur. Auteur (>). DĂ©tracteur. Fossoyeur. MĂ©decin. Prosateur. SecrĂ©taire. BotĂ nisif; (3). Disciple. GĂ©omĂštre. Orateur. Proviseur. ÂŁte , etc., etc. Capitaine. Distillateur. Graveur. -Partisan. Questeur. Charlatan. Docteur. Imprimeur. Peiotre. RĂ©dacteur. (l) On comn.eiK:e Ă  dire amairtce ; Ăč Parit /c riche tait tout, U n'y ad'ignorani quĂȘ le pauvre. Celle capitale cet pleine tPamateure et eurtout d’iKATKicES, qui font teure ouvraget comme JU. Guillaume fattail tet couletiri. Ce mot eat approuvĂ© par Ica rĂšglea de la uĂ©ologĂźe. Linguet. Do- nicrgue > l plubieur^ Ă©crivaius l'ont employĂ©. It se trouve au>si dans le Dictionnaire de rAcadĂ©raie. u uu puuiuai AĂŻkiciaiiu^ iu auteur 0 wursAat uieni uv mourir* ij fallait ipiriĂźuel auteur. Ce qui a fait illusion Ă  celui qui a Ă©crit cette phrase ,et l’a portĂ©, selon nous, Ă  mettre tpirituelle ao fĂ©minin. c’est que le mol qui suit cet adicctĂźf commence par une voyelle; cela ne serait pas arrivĂ©, si au livu d’oulcur, il y eĂ»t en un mot commençant par une consonne En effet, ou ne dirait pas : Madame DacĂźer. fdĂšle, mait nome tsaddctbok d’BomĂšre, etc. fĂź] TĂźcriiai din do Saint-Pierre a employĂ© ce mot au fĂ©iniDlD : Jfa ekĂšre FirgĂźnie, ie ne veux point faire de toi une botisutb.
( w ) NÂź XL. NOMS QUI, AYANT UN* FÉMININ, S'EMPLOIENT GËPBN PAN T AU MASGUUN. La mĂšre est le premier instituteur de son enfant. (Bernardin de St-Pierrb.) L'expĂ©rience qui ne s acquiert que par des fautes, esi- iin liiĂ tire qui coĂ»te trop chĂ©r: (StanistÂs.) La colĂšre est Ă  la fois le plus aveugle, le plus vioÂŹ lent et le plus vÜ des conseillers, (de SĂ©gur.) La vanitĂ© est le plus intime de nos conseillers ; et celui dont les avis prĂ©valent le plus souvent. (OXBNSTIHRN.) L’histoire renferme l'expĂ©rience du moqde et la raison des siĂšcles; c'est un, maĂźifĂą unpĂ rtiĂąi dont nous ne pouvons rĂ©futer les raisonnements, appuyĂ©s sur des faits ; il nous montre le passĂ© pour nous anÂŹ noncer l’avenir : c’est le miroir de la vĂ©ritĂ©. * (de Segur.) . . . L[angoisse, la tristesse, Sont compagnons de JĂ  prospĂ©ritĂ©. ^ . (Lombard de Langres.) Les nourrices, sont nos maĂźtres dans la langue naÂŹ turelle* elles eritenùÚnt tdht cS qiiĂš disĂ©h't lĂ©iirs iibĂ»r- rissoiĂźsi. elles Jeur rĂ©pondent et ont .Ăąvçc^,eux des diaÂŹ logues trĂšs bien suivis. (J.-J, Rousseau.) ^*Jt/ r I. . i »C* ‱ Telle femme que nous connaissons, s'est reveillee nSiUntĂš ùù fĂšĂŒtĂšs: lÂmm.) li^'.lola sont les souverains ĂŻĂ©s'koiĂźvmins. (Louis XIV.) IlĂ hs les scĂ©nfe dĂš la vie rriorĂ ie ; l'Ă me est tout Ă  la fois dĂ©feur et tĂ©moin: (dĂš GĂ©rando:) Les petites-maĂźtresses sont de grands maĂźtres en coquetterie. (Boiste.) Votre exemple ih’instriiit, votre bontĂ© m'accable; Ninon dans tous les temps fut un homme estimable. (Voltaire.) Elle de^en( son maĂźtre, au moment oĂč sa voix ËégaiĂ« Ă  peiqe^ un jiom qu'Ü entendit cent fols ; Ma mĂšre est le premier qu'elle l’enseigne Ă  dire. Elle est son maĂźtre encor dĂšs qĂŒil s’essaie Ă  lire- (LegoĂŒvĂ©.) V 4 ■ * Un fanatisme aimable Ă  leur Ăąme enivrĂ©e Disait : la femme est Dieu, puisqu’elle est adorĂ©e. Et les infortunĂ©s que leur bontĂ© soulage ‱; Sentent ĂąvĂšc bonheur, peut-ĂȘlte avec amour^ Qu’une femme est l’aint ijui les ramĂšne au jour. (Jd.) Oti voit qu il Ăż d des Circonstances oĂč', mĂȘme en parlant de femmes; ou d*ĂȘtres du gĂ©nrĂš fĂ©miniUy on dort; dans lĂ©s noms qĂŒi ont unĂ© terminaison propre pour lĂ© fĂ©mi- ifiri; ĂȘfĂŻĂźplĂŽĂżer plutĂŽt lĂš masculin: Ainsi; biĂ«n que* les mcits m; tnaĂźtre. Dieu, souveÂŹ rain, ami, aient leur fĂ©minin reine, maĂźtreĂ©se, soĂŒveraiûÚ; dĂ©eĂ se; amtĂš; etc., il faut dire : Marie-ThĂ©rĂšse Ă©tait un grand roi. Les petites-maĂźtresses sont de grands maĂźtres en coquetterie. La femme est Dieu, puisqu'elle ééi dk'SféÚ: LĂšS tbis sont tes souverains des souverains. Une femme est l'ami qui ramĂšne les infortunĂ©s au jour, etc. C’est ainsi qu’une femme qui disÂŹ puterait a son mari rĂąĂŒiĂŽrĂźtĂ© qu’il doit avoir dans le mĂ©nage, dirait : le maĂźtre ici, c'est moi, bien qii’ellejpĂ»t dire aussi : la mmtTeĂšse ici, cest moi. Mais ĂŒ y Ă  entre ces deĂŒx ■ locutions une diffĂ©rence bien sensible, Ăšt qui rĂ©sulte entiĂšrement de la diffĂ©rence qu’ont pour le sens les mots maĂźtre et rnaĂźiresse. Nous avons Ă©puisĂ© toutes les rĂšgles de syntaxe relatives au genre des substantifs; il nĂš nous restĂ© plus qii’à faire connaĂźtre cĂ©lles qui ont rapport au nombre, partie si diffiÂŹ cile et qui n’a pas encore Ă©tĂ© bien traitĂ©e jusqu’ici daiis aĂŒciine girammĂąirĂš.
(95) 1 SYNTAXE DE XLI, * eu DBS ADJECTIFS PRIS SUBSTANTIVEMENT ,** ET' DES NOMS GÉNÉRALEMENT EMPLOYÉS AU SINGULIER. **‱- ' - ‱ ' ■ ’i f i ifr Cii. NOMS DE METAUX, D AROMATES, DB VERTUS ET DE * VICES. 11 y a des conjonctures oĂč la prudence mĂȘme orÂŹ donne de ne consulter que le chapitre des accidents, (de Retz.) L’encem lointain, cachĂ© dans la Libye, Yaut-il les fleurs dont se couvrent nos vins? (Cas. Dklavigne.) J Vargent est comme le temps; n’en perdez pas, vous en aurez assez, ' (Lkvis.) pans tous les temps, Vor a Ă©tĂ© regardĂ© comme ie mĂ©tal le plus parfait et le plus prĂ©cieux. ‘ . . . (Buffon.) AprĂšs le fer, le cuiure est le mĂ©tal le plus diffiÂŹ cile Ă  fondre. ' {id.) ha paresse donne eiitrĂ©e Ă  tous les vices. ^ (Maixkbranche-) La crainte du Seigneur commence la sagesse,^, La charitĂ© l’achĂšve. (La" Uabfe. ‱) ADJECTIFS PRIS SUBSTANTIVEMENT, Heureux qui, daiis ses vers, sait, d’une voix lĂ©gĂšre, Passer du grave ou doux, du plaisant au sĂ©vĂšre! ■ (Boileau.) Quand Vabsurde est outrĂ©, Ton lui fait trop d’honneur ' De vouloir, .par raison, combattre son erreur ; EnchĂ©rir est plus court, sans s’échauffer la bile, ^ (La FoxNtainÊ.) 11 faut, dans le savoir, prĂ©fĂ©rer Vutile au brĂ»lant. (Girard.) DesprĂ©aux , en traitant le passage du Rhin dans le goĂ»t de quelques-unes de ses Ă©pĂźlres, a joint le plai- ' sant Ă  VhĂ©roĂŻque. (Voltaire.) Assez de gens ont toujours daril la tĂ©te iin faux merveilleux y enveloppĂ© d’ftiie obscuritĂ© qu’ils respecÂŹ tent. (Fontenelle.) l e vrai peut quelquefois n’ĂȘtre pas vraisemblable. (Boileau.) - . ...1 . * C’est le nouveau seul qui peut plaire Aux goĂ»ts blasĂ©s sur le vrai beau.. (F. DE NeUfchateau.) Le grand vous plaĂźt, eTla gloire vous flatte. (Voltaire.) Vous y cherchiez le vrai, vous y goĂ»tiez le beau. {Id.) Tout plaĂźt mis Ă  sa place : aussi gardez-vous bien D’imiter lĂš faux goĂ»t, qui mĂȘle en son ouvrage ' Vinculte, VĂ©lĂ©gant, le peignĂ©, le sauvage. (Delillk.) , Il y a* trĂŽi's* observations Ă  faire : 1° Les adjectifs abstraits, tels que beau, vrai, ĂŒtitĂ©, etc., quand* ils sWt pris subs- taniivemenl, ne s’emploient jamais^ au pĂźurieT; , , 2° On peut en dire autant des noms de mĂ©taux et d’aromates, quand ils signifient chacun Ăčne seule substance composĂ©e de'pĂŻĂŒsieĂč^ ou, si l’on veut,dorsqu’ils dĂ©signĂ©nt , com’me individfĂŒĂ©Ă™e, la massĂ© de chacun de ces niĂ©taĂŒx et de ces aromates ; leur nom est , Ăą la vĂ©ritĂ©, fe nom d’une espĂšce considĂ©rĂ©e mdividuellĂȘmĂ©nt, et qui nĂš renferme point d’indiridĂ»s distincts. Si, au contfĂ ire, ĂŽn lĂ©s considĂšre comme mis en oeuvre, divisĂ©s en plusieurs parties, et qu’on y distinguĂ© dĂ©s qualitĂ©s qui permettent de les ranger en diverses classes, ils prĂ©nnent alors labiarque dĂ» plĂčfiĂ©l. Dans ce cas, on dit trĂšs bien : des ors, des cuiirres dĂ© diffĂ©rentes couleurs; des fĂ©rs, Ăšes Ă©hcciis Se diffĂ©rentes qualitĂ©s ; . " ^ On pardonne tout , hors Vorgueil.,, \ (Voltaire.) L’avarice est la plus yile^,* mais hon.pas^ lĂą plus malheureuse de nos passions. \^(DĂŒclos.) . t - X ■ ‱ , . 1»/ J i Sa piĂ©tĂ© et sa droiture lui attirait le respect. , (Bossuet.)
(.96) 3Âź Ce que nous venons de dire des mĂ©taux et des aromates doit Ă©galement s’appliÂŹ quer aux mots dĂ© vertus et de vices, en ce sens que, si ces mots n’expriment que la passion ou le sentiment, iis restent invariablement au singulier, parce que ce sentiÂŹ ment, celte passion ne sont chacun qu’un ĂȘtre unique. Hors de lĂ , on s’en sert quelÂŹ quefois au pluriel ; mais alors ils signifient les actes ou les effets de nos passions, de nos sentiments. Exemple : Choisissez des sujets dignes de vos bontĂ©s. (Corneille.) EXERCICE PHRASÉOlOGJQÜE. ADJECTIFS PRIS SUBSTANTIVEMENT. NOMS DE METAUX ET D AROMATES L'or. L’argent Le cuivre. Le plomb. Le fer. L'ctoin. 1.0 tiuc. Le ii.ercure. Le platine. Le vif-argent. NOMS DE VERTUS. NOMS DE VICES. Le faux. L'utile. Le comique. Le possible. L'impossible. - L'horrible. Le monstruciis Le certiiĂźn. L’incertain. ..h L’absurde. Le facile, j.e diflicile. Le eimple. Le composĂ©. Le classique. Le romantique.. Le nouveau. Le doux, o Le sublime. Le vrai. La cannelle. La constante. La luxure. Le baume. La tempĂ©rance. La p Bref se. La myrrhe. La sagesse, L'ivrognerie. ,Le atorax. La foi. L’intempĂ©rance, L'encciia. La juElIce, L’orgueil. L’obsiutlie.^ La chastetĂ©. L'elTrooterie. Le'geniĂšvre La pudeur. L’avorice. Le girofle. La clĂ©mence. La gnurmaudise. La vanille. I,a candeur. L'oisivetĂ©. La lavande. La sobriĂ©tĂ©. . La Doncbalance. XLII. f SUBSTANTIFS QUI SONT TOUJOURS EMPLOYÉS AU PLURIEL. Et qui peut contiamncr les pleurs de la nature ? , (La Harpe.) Toute la doctrine des mƓurs tend uniquement Ă  nous rendre heureux-. (Bossuet.) Il y a plusieurs martyrs enterrĂ©s dans les cala- combes, ^ (AcadĂ©mie.) La nature est pour l’homme un livre ferme , et ie crĂ©ateur, pour confondre l’orgueil humain, s’est plu Ă  rĂ©pandie des tĂ©nĂšbres sur la face de cet ahĂźme. J (Massillon.) Aux dĂ©pens dĂŒbons sens gardez de plaisanter. / (Boileau.)' Ils allaient insulter aux mĂąnes de nos rois. ' . ‱ Ud.) Beaucoup de gens se prĂ©parent des remords, des maladies , la mort Ă  grands frais. (Nicole.) Je sens que, malgrĂ© ton offense, Mes entrailles pour toi se troubient par avance. , (Racine.) Toujours la tyrannie a d’heureuses prĂ©mices. (Racine.) VoilĂ , voilĂ , messieurs, l’effrayante chronique Qu’on tourne, Ă  vos dĂ©pens, en rĂ©cit prophĂ©tique. (Cas, DelavĂŻgne.) La distinction la moins exposĂ©e Ă  l’envie'est celle qui vient d'une longue suite d’ancĂȘtres. (La Fontaine.) 11 y a dans noire langue des noms qui, exprimant plusieurs choses distinctes rĂ©unies sous la mĂȘme dĂ©nomination, n'ont point de singulier, ou du moins, s’ils en ont un, il n’est usitĂ© que dans des circonstances plus, ou moins rares. Parmi les noms que Ton cite comme n’étant jamais employĂ©s qu’au pluriel, on compte les mots tĂ©nĂšbres, pleurs, moeurs, dĂ©pens, mĂąnes.et prĂ©mices. Ce sont lĂ  des dé cisions de grammairien», dont les Ă©crivains font souvent justice; car il suffit qu’un nom soit nom pour qu’il subisse tous les accidents du nombre; et, Ă  proprement parÂŹ ler, il n’y a pas de substantifs qui, employĂ©s au pluriel, ne puissent l’ĂȘtre au singuÂŹ lier. Écoutons lĂ -dessus M. Arnault, ancien prĂ©sident de l’AcadĂ©mie; ses paroles auÂŹ ront plus de poids que les nĂŽtres. « L’AcadĂ©mie n’a-t-elle pas dĂ©cidĂ©, par exemple, que le substantif masculin jo/eurs ne pouvait pas prendre le singulier? Bossuet, cependant, cc grand Ă©vĂȘque, dont la statue est placĂ©e dans le local mĂȘme oĂč l’AcadĂ©mie tient ses sĂ©ances, dit, dans Torai- Ă 
(97.) son funĂšbre d’Anne de Goiizague : La commencera ce pleur Ă©ternel; lĂ  ce grincement de dents qui n'aura jamais de fin (1). VoilĂ  donc pleur employĂ© au singulier dans une phrase que tout le monde trouvera peut-ĂȘtre assez belle, et oĂč le pluriel ne le remÂŹ placerait pas. VoilĂ  un exemple concluant; et," n'en dĂ©plaise Ă  l’AcadĂ©mie, l’autoritĂ© de Bossuet en vaut bien une autre. L’AcadĂ©mie ne fait pas la langue; elle en tient reÂŹ gistre sous la dictĂ©e des hommes de gĂ©nie. Ce n’est pas Ă  elle Ă  nous faire la loi. » Intimement convaincus de la vĂ©ritĂ© de ces derniĂšres paroles et de l’insuffisance de toutes les grammaires, nous avons entrepris ce grand ouvrage, oĂč nous ne pouvons jamais induire en erreur, parce que nous nous appuyons Ă  chaque pas sur les grands, Ă©crivains, qu’on doit regarder, avec nous, comme les seuls lĂ©gislateurs de notre belle langue. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. Accorda illes, ConfĂźtis. Frais. Nipcs. AgtKlIS. DĂ©combreĂ . Bardes, PrĂ©mloes. ArrĂ©rageSL . . FienqaiUe* FunĂ©railles. Pleurs. Armoiries Epousailles. MƓurs. ObsĂšques. Annales. Entrailles. Matines. Catacombes. Alentours. DolĂ©ances. MatĂ©riaux. VivresL Fonts, DĂ©pens. MĂąnes. TĂ©nĂšbres. fiesieles. Meaehettes. NÂź XLIII. » NOMBRE DES NOMS ETRANGERS. r Âź SÉRIE. —SANS 5. Vous chanterez TexcƓlsis gloria, Et des noĂ«ls et des allĂ©luia. (Parny.) Les lazzaroni forment une grande partie de la poÂŹ pulation de Naples. . . (De Jour.) Dans les gros in-quarto qu'on nous donne sous le titre de mandements, on remarque d’abord des.ar- prjoiries avec de beaux glands ornĂ©s 'de houppes. (Voltaire.) La rigueur de la saison qui dĂ©truisit les biens de la icrre, cn ce temps, apporta la famine. On pĂ©rissait dĂ© ' misĂšre au bruit des Te deum et parmi les rĂ©jouisÂŹ sances. (Voltaire.)' Plusieurs hermeum conduisaient de la MessĂ©nie dans la Laconie et dans TArcadie. - (Chateaubriand.) AprĂšs tant d’orcmus, chantĂ©s si plaisamment, AprĂšs cent requiem, entonnĂ©s si gaĂźment, Pour nous, je l’avouerai, c'est une peine extrĂȘme Qu’il nous faille aujourd’hui prier Dieu pour vous-mĂȘme- . (Voltaire.) Les liehen ont en gĂ©nĂ©ral pour racines des giĂąffes Imperceptibles qui s’accrochent aux rochers les plus dors et les plus polis. (Bernardin de St-Pihrrb.) sĂ©rie. — AVEC s. . . . J'ai comme un autre marquĂ© ' Tous les dĂ©ficits de ma table. (Voltaire.) L'abbĂ© Cahusac mettait le Cantiquo des Cantiques au rang des meilleurs opĂ©ras de TantiqultĂ©. (J.-J. Rousseau.) Louis XIV se plaisait et se connaissait aux choses ingĂ©nieuses, aux impromptus, aux chansons agrĂ©a- , bles. (Voltaire.) Fuyez encor les tours trop dĂ©licats, Des coneettis l'inutile fracas. (de Berhis.) R met tous les malins six impromptus au nef,' (Boileau.) ' Anglais, il faut nous suivre en tout. Pour les lois, la mode et le goĂ»t, , MĂȘme aussi pour l'art militaire. Vos diplomates, vos chevaux N'ont i>a3 Ă©puisĂ© nos bravoz, * (BĂ©ranger.) DĂš belles dames qui convoitaient le quine de la loÂŹ terie royale, allĂšrent trouver un fou aux Petitcs-Mai- sons, dans l'espĂ©rance qu’il nonamerait les numĂ©ros gagnants. (MfiRGfaR.) (i) M. Victor Hugo ne semble-t-il pas avoir imitĂ© BosĂ©uet dans les vers suivants Combien vivent Joyeux qui devaient; sƓurs ou frĂšres, Faire ur» pleur Ă©temel de quelques ombres chĂšres I -Ăź' .11 < (J * ■v; \ÂŁk' t>. ~ V. 15
( 98 ) ta vSfla^ffÈst'est lĂ  VeidĂš vifta moderne qTii lĂč'ifil , lĂŻĂŻtĂ©t%:ssĂ©'ati feiĂŻĂźeĂą des dĂ©bris 'des villa de tant d'em- ' pereuis et -de consulaires. (Chateaubriand.) Oe tous.les'ana> 'celai qui mĂ©rite le plus d*ĂȘtre mis au rang des piensonges imprimĂ©s , et surtout des mensongéà^Ăźn&pidĂšs/eft lĂ© 'sĂ©gfaisiaria. {Voltaibb) FĂŽSnùÚnl, (Castel.) Les çoĂŒrtisans sont dĂšs jetons, Leur valeur dĂ©pend de leur place i Dans la'faveur, des millions, Et des I^Ă©ros, dans la disgrĂące; (BRBBOKDFi) Ce fut Mazarin qui fit reprĂ©senter Ă  Paris les .preÂŹ miers opĂ©ras, et c’étaient des opĂ©ras italiens. (La HĂ rpk.) Les concertos, de teclerc eurent en .France une ĂźgMd TĂ©^tĂ ftion. '^{Gi nguenh .) Il n’exisie pas encore de rĂ©glĂ©s fikĂ©s sĂčr lĂš plĂčriéß afes noms qui dĂ©rivent des lanÂŹ gues Ă©trangĂšres. Bien souvent c’est Tarbitraire seul qui en dĂ©cide, et cela est si vrai, qu’il ne aĂ©rait pas difficile "d’accumuler les autoritĂ©s 7pour et contrĂ©-sur ce point dĂ© grammaire-, et, ajouterĂŽhs-nous, dfoppbsĂ©r les Ă©crivains Ă  eux-mĂ©hies (1). Dans un tel Ă©tat de choses, ce que nous pouvons faire de mieux, c’est d’offrir Ă  nos lecteurs les rĂšgles qui nous paraissent les plus ration'nenéç sur cette grande difficultĂ©. r ESSAI . sua L'oRTBOGBAFBB des mots empruntĂ©s aux langues "ANCIENNE ou ÉTRANGÈRES, ET DE QUELQUES AUTRES . . MOTS ANALOGUES (2). . Ăą ' Nota. *I)aris'üù‘fravĂ iDqni Ă«uit, on ne s’est pas -toujours attachĂ© Ă  donner la liste enÂŹ tiĂšre "des "mots'et‘des expressions que chaque rĂšgle embrasse : on a cherchĂ© seulement àƞéuriir assez 'ù’ëxĂ«rnplĂ©sTpoVr qu’il ne restĂąt aucun doute sur la maniĂšre d’entendre et d'appliquer la rĂšgle.— Parmi les termes citĂ©s, il s’en trouve plusieurs qui, ^n’a'yatĂŻl point de voyelles auxquelles on puisse donner l’accent, et qui, ne s’employant presque jamais au pluriel, senablent allonger inutilement la sĂ©rie qui les renferme on a dĂ» cependant les admettre, parce qu’ils servent Ă  ^montrer que lĂ©s mots de ceĂŒic^espĂšce doivent ĂȘtre en caractĂšre romain ou en caractĂšre italique , selon qu’ils ont perdu ou conservĂ© leur nature Ă©trangĂšre. MOTS LATINS. 1Âź On devra toujours*Ă©crire en'ifa/iqtie, et sans*aucun des signĂ©s accessoires propres aux mots français,MĂšsÜerrnes etiĂ«VĂšxpression§ Ă©videmment Ă©mployĂ©s avec rin’tĂ©nlion de faire un emprunt Ă  la langue latine, soit qu’ils n’aient pas encore Ă©tĂ© assez frĂ©quem- ĂŻriĂ©int usitĂ©s poĂŒr-se franciser'complĂštement, soit‘que leur forme mĂȘme oĂŒ que deur sĂ©iis s’dppî’se Ăą" cfe''qĂŒâ€™ il s ‘^iĂ©viĂ©iinĂšli t ^j ĂąmĂąis tou t-Ă -fai t fra nçais. — Parmi ces mots , il (1) La Harpe et Voltaire ont Ă©crit des opĂ©ras tantĂŽt avec-un s, tantĂŽt sans s. *
(99) faut ranger tous ceux qui, par une sorte d’abrĂ©viation, servent Ă  dĂ©signer la priĂšre, le exte dont ils sont le commencement. Alibi. AngĂ©lus. Ave Maria, ou simplement Ave. Benedicite. Bis. Compendium. Confiteor. Credo. CritĂ©rium. Deleatur (terme d'imprimerie). Dictamen. Ergo (1). Exeat (2). Exequatur Idem. Item, Iterato. (priĂšre Ă©t -meĂŒble). Magnificat. Maximum. Minimum. Miserere (priĂšre et maladie). Nota bene ou simplement Nota Pareatis. ^Pater (le), ’ . Peccavi. primo, secundo, tertio, etc. Quasimodo (la). Requiem. Retmtum. Scdve. ^ ’ Stabca. Te Deum. Veto. Ah intestat. Ah irato. Ad patres. A latere. - A remoĂźis.. ' Ecce homo. Ex professa ^(3), In extremis, in globo* In paee. Inpartibus. Inpuris. Nec plus ultra (le). Quos ego. Sine qua non. Statu jquo. 'Pluriel ; Des fdilfi, des Ave Maria, Aes BenediĂ te, deS'compendium, des Confiteor, des Credo, des deleatur > .des dictamen, des exeat, des exeqmtur, etc., etc. Nota. L’expression grecque kyrie eleison, et les mois hĂ©breux.sont analogues, par le rĂŽle qu'ils jouent dans notre langue, aux mots latins qui pĂźrĂȘcĂšdent. Les mots et cƓtera, quoique latins, sont presque toujours lorsqu’on les Ă brĂšge/etc.), en mĂȘme caractĂšre que le texte OĂč ils ;se trouvent ; c’est une exception -bien connue. 2° Ou devra Ă©crire en romain., len jeur donnant le signe du pluriel, et en les accenÂŹ tuant, s’il y a lieu, tous les mots latins qui rĂ©pugnent Ă  entrer dans la sĂ©rie prĂ©cé dente. Un accessit, — Des accessits. Un agenda. — Des agendas. Un album. —Des .albums. Un alinĂ©a (4). — Des alinĂ©a Un appartĂ© Des apartĂ©s. CicĂ©ro. * ĂŒn dĂ©ficit. — Des dĂ©ficits. Ün.dictom (ou mĂȘme un.dicton).— Des dictums. Un duo. — Des duos. Un duplicata. — Des duplicatas.. (1) Les bons Ă©diteurs lejettent aujourd'hui l'accentuation latine, ou prĂ©tendue telle. Faut-il compliquer Tor- Ihographe franç^se en conservant ces signe? inutiles sur les mots fatins qui se montrent quelquefois dans notre langue ? Je ne le pense :pas ; aussi n'ai-je point balancĂ© Ă  les retrancher entiĂšrement. (2) Ce mot, quoique depuis long-temps employĂ© en français, ne,Ta guĂšre Ă©tĂ© que panni les gens d’Égli^ ou de collĂšge, et a dĂ», pour eux, garder toujours sa physionomie originelle, <0n peut en dire autant tur, qui n'a jamais franchi l'enceinte du palais ou des chĂźmcellcries. .(3) Quel parti doitron prendre pour le classement, dans des dictionnaires français, des locutions‘adverbiales latines qui sont formĂ©esune prĂ©position et d'un autre mot,dĂ©liĂ©s que ex professa, in extremis, d6 intes- ' tĂŽt, etc ? TantĂŽt TAcadĂ©mie des place au rang quĂŒndique la prĂ©position {wyĂ©z ex-professo); .tantĂŽt Ă -celul que le second mot rĂ©clame (voyez extremis [m])."ElIe a ordinairement prĂ©fĂ©rĂ© ce dernier mode, qui seiribleen effet le plus naturel. . . ... (4) Si Ton n'admettait pas Ys au pluriel à’alinea, à’apariĂ©, dĂ©jĂ  francisĂ©s'Ă  demi par Taccent ; Ă  plu^ffofte raison, fnudrait-il le refuser au mot français alentour, qui est bien certainement Texpression Ă  Vcntour, et qui cependant reçoit toujours le signe du pluriel : les alentours.
( 100 ) ĂŒn errata (i). — Des en-atas. Uii factotum (ou mĂȘme un factoton). — Des facÂŹ totums. Un factum. — Des factumg. Folio. — Des folios. Forum. — Des forums. Unfrater. — Desfraters. Le gaster. Un impromptu. — Trois impromptus au net t (Boileau). Incognito. ? IntĂ©rim. Un magister. Le mĂ©dium de la voix. Un mĂ©mento — Des mĂ©mentos. Mordicus, (adv.) . Un musĂ©um. — Des musĂ©ums. Un omnihua.— Des omnibus. Le palladium. — Des palladiums. Le pallium. —Des pafiiums. Un peccata. — Des peccatas. Un pensum. — Des pensums, ĂŒn populo.—Des petits populos. (Aeadl) Quasi, (adv.) Un quatuor, — Des quatuors. Un quiproquo. —Des quiproquos. Recta, (adv.) — Payer recta. Le recto et le.verso. — Les rectos et les versos d’un registre. ' Du spermacĂ©ti. Tacet. ^ Garder le tacet. Le typhus. Un ultimatum. — Des ultimatums. Une virago, ^ Des viragos. Un visa. — Des visas. Observation,—Rejeter Forthographe qui vient d’ĂȘtre indiquĂ©e, ne serait-ce pas conÂŹ damner celle que l’usage et l’AcadĂ©mie elle-mĂȘme ont donnĂ©e Ă  plusieurs mots latins qui certes ne sont pas plus usitĂ©s, comme Des dĂ©bets Des quolibets Des veriigos qui sont analogues Ă  | Des quiproquos. Des dĂ©ficits, des accessits. : Des quiproqi Des viragos. Les termes d’anatomie, de.mĂ©decine, de chimie, de botanique, etc., employĂ©s frĂ©^ quemment dans les ouvrages et dans les cours publics oĂč Ton traite de ces sciences, appartiennent Ă  la classe des mots latins devenus français. Tels sont, par exemple : Cancer, (chir.) — Des cancers. Coagulum. (chim.) Dahlia. —Cultiver des dahlias. DuodĂ©um. (anat.) FĂ©mur, (anat.) —Les deux fĂ©murs. GĂ©ranium, etc. —Cultiver des gĂ©raniums. Lumbago, (mĂ©d.) Rectum, (anat.) Potassium, (chim.) Sodium, (chim.) Sternum, (anat.) JĂ©junum, (anat.) Liber, (botan.) TĂ©nia, (mĂ©d.) Tibia, (anat.) — Les deux tibias. ‱ MĂ©conium, (mĂ©d.) Pollen, (botan.) 3Âź Les mots formĂ©s de deux mots latins unis par un tiret ne prennent jamais le signe du pluriel, ni d'accent, et doivent s’écrire en italique; tels sont : CftoĂŻera-morbus. (CAoleraf lorsqu’il est employĂ© seul, prend l’accent et s’écrit en romain.) Ex-voto. —Des ex-voto. In-folio, m-quarto, etc. —Des in-foHo, des tV quarto (2). Post-scriptum. — Des post-scriptum. Vade-mecum. Veni-mecum. * ( 1) Par une distinction tout-Ă -fait contraire Ă  l’esprit de notre langue, quelques-uns emploient le mot errata lorsqu’ils indiquent plusieurs fautes Ă  corriger, et le mot erratum, lorsqu’il ne s’agit que d’une seule faute. Que ne disent-ils, pour ĂȘtre consĂ©quents, un duplicaium, au lieu de un duplicata, des facta pour''des facturas etc.? D’ailleurs, si, pour eux, errata est un pluriel, ils devraient Ă©crire tes errata d’un volume, et non l’errata. — Pirata, signifie une tablĂ© destinĂ©e Ă  indiquer les fautes qu’un livre peut contenir : s’il ne s’en trouve qu’une, tant mieux ; mais cet heureux accident ne saurait obliger Ă  transporter la syntaxe latine dans notre langue. Je pense donc qu’il faut, dans tous les cas, Ă©crire au singulier un errata, et au pluriel des erratas : Chaque volume est accompagnĂ© d’un errata. L’errata du 3Âź volume ne signale qu’une faute. Tous les erratas de ces volumes sont faits avec soin. (2) L’usage n’est pas ici touUi-lait d'accord avec notre rĂšgle : U laisse le mot toujoUTB invariĂ©. mais ordiÂŹ nairement Ü ne l’écrit point en Italique.
(101 ) ' ' ’ ^ MOTS GRECS. Les mots grecs introduits dans notre langue sont en gĂ©nĂ©ral complĂštement francisĂ©s par le changement de dĂ©sinence, et ne peuvent donner matiĂšre Ă  aucune discussion. Les dĂ©nominations de Panorama, ' | GĂ©orama, ĂŒiorama, . l NĂ©orama, etc. ne sauraient faire exception, puisqu’elles ne sont que fabriquĂ©es, et que la langue grecque*ne les rĂ©clame pas. Écrivez ; Des panoramas, des dioramas, etc. \ . MOTS ITALIENS. * » t i ‘ - , ‱ * * , Les mots empruntĂ©s Ă  la langue italienne peuvent ĂȘtre classĂ©s comme les mots laÂŹ tins; c’est le mĂȘme principe qui prĂ©side Ă  la dĂ©termination du caractĂšre qu'on doit leur attribuer. i° Exemples de mots italiens qu’un long usage ou l’oubli du sens original a rendus français, et qui sont dĂšs lors soumis aux rĂšgles de notre orthographe. Alto, (instr.) — II y a quatre altos dans cet orÂŹ chestre. ' Apoco. Bravo. — Des bravos. Concerto. ^ Des concertos. Domino. — Des dominos. Finale, — Des finales. imbroglio, — Des imbroglios. ‱ / NumĂ©ro. — Des numĂ©ros. OpĂ©ra, — Des opĂ©ras. Oratorio.—Des oratorios. Piano (siĂ©bsL instrument). — Des pianos.,—'(Voyez le paragraphe suivant.) ‱ Soprano. — Des sopranos. TĂ©nor. (Ce mot a mĂŽme perdu Te final.) — Des té nors. Trio, — Des trios. Zanni. (Nom d’un personnage de la comĂ©die itaÂŹ lienne.) ^ZĂ©ro (1) — Des zĂ©ros. — Etc. 2" ÊxemplĂšs de mois italiens employĂ©s avecTintention marquĂ©e de faire un emprunt Ă  la langue italienne, et qui n'admettent aĂŒcun des signes accessoires propres aux mots français. * \ m . * ' idagto. (subst. et adv.)—Des adagio. Largo, Allegro, (id,) — allegro. ^ | Piano (subst. et adv. Voyez/brtĂ©.) Andante. (subst. et adv.). Des andante. ■ Piano-forte ou Forte piano (instr.) Crescendo, (id.) i Nota. 11 est Ă©vident que l’adjonction de forte rend Far niente (le). In petto. (loc. adv.) Forte, (subst. et adv.) — Observer les piano et les forte. Franco. au premier mot sa physionomie italienne. Presto, (subst. et adv.) OpĂ©ra sĂ©ria et opĂ©ra buffa. — MĂȘme motif que pour piono-forte. Yivace, dolce, etc. . Observation. Les mots italiens employĂ©s comme termes de musique, tendent peu Ă  peu Ă  devenir français, parce que la langue Ă  laquelle ils appartiennent est plus ou moins familiĂšre aux .personnes qui cultivent cet art. On affecte mĂȘme assez gĂ©nĂ©ralement (t) Les mots concetti, lazzi, tout-Ă -fait natura^sĂ©s dans notre langue, sont des pluriels en italien. Si l'on dit quelquefois abusivemeiit un concetli, un lazzi, la grammaire doit s’efforcer de justifier cet emploi par l'ellipse, un de ces mots qu’on appelle concetti, un de ces gestes qu’on appelle lazzi], plutĂŽt que d’avouer une entiĂšre gnorance de la langue qui est, aprĂšs la nĂŽtre, la plus rĂ©pandue des langue europĂ©ennes. Ainsi, jamais ces deux mots, quoique devant s’écrire en romain, ne prendront le signe du pluriel. — IHlettanti n’est pas, il's’en faut, d’un usage aussi gĂ©nĂ©ral ; plusieurs mĂȘme le considĂšrent comme un mot purement italien, et disent au singuÂŹ lier dilettante : doit-on les imiter? — Il ne faudrait pas Ă©tendre ce qui vient d'ĂȘtre dit, aux mots latins dupliÂŹ cata, agenda; car Tusage, en les employant aussi souvent au singulier qu’au pluriel sans aucun changement de forme, a, pour ainsi dire., consacrĂ© l’oubli de leur origine.
( 102 ) d’employer les mots italiens pour certaines indications auxquelles les mots français conviendraient tout aussi bien, et mieiiti peut-ĂȘtre; ainsi la plupart de nos composiÂŹ teurs Ă©crivent sur leurs partitions '.flauti, oboe,fttgotd, corrĂ , vioUni, etc,, au lieu de flĂ»tes, hauĂ©ois, bçtesĂŽns,.cors, vwlons, etc. A tout prendre, ce genre d’affectation n’est pas saris utilitĂ© pour la grammaire, puisqu’ii-sert Ă  dĂ©terminer le vĂ©ritable caractĂšre des mots plus frĂ©quemment usitĂ©s. MOTS E8PA6N0LS ET ANGI.A1S. * * Quant aux mots espagnols ou anglais, et Ă  tous ceux des langues oĂč 1*5 est, comme ' dans la nĂŽtre, le signe ordinaire dii pluriel, ce signe ne peut leur ĂȘtre refusĂ©, mĂȘme lorsqu'ils restent Ă©trangers. Il faudra donc se contenter de distinguer ceux qui n'ont pu encore devenir français, de ceux qui se sont acclimatĂ©s, en ne leur attribuant jaÂŹ mais d'Ă ccentĂŒĂ tion, et en les Ă©crivant avec le caractĂšre italique. iÂź ÉxĂ©mplĂ©s de mots espagnols Ăšt anglais considĂ©rĂ©s comme français, et qui obĂ©isÂŹ sent aux rĂšgles de notre orthographe. ESPAGNOLS. « AlguazU..— Des alguazils. Aviso. — Des avisos. HldĂ lgĂŽ. » Des hidalgos; Bifteck (pour Beef-sUĂ k?) —Des biftecks. Bill. — Des bills. Budget; Des budgets; Constable. — Des constables. Jury (1).— Des jurys; Lady (1). — Des ladys. Embargo. — Des embargos. Paroli. — Des pareils. AHOLAXS. Schelling— Des schelUngs. Sterling (^, — Mille livres sterling. * Toast. — Des toasts. Tilbury (1). —Des tilburys. Toiy (1) et whig. — Les whigs et les torys. Yacht. — Des yachts. 2Âź Êxemjples de mots qui sont restĂ©s espagnols et anglais, quoique, assez souvent usitĂ©s en français. ESPAGNOLS. Auio-dofe (3). — Des autos-dorfe. Bol&ro. — Des bolĂ©ros. La camartTla. — Des camartllas. Le fandcmgo. — Des fmdangos. Sanrbenito. — Des sanrbenitos. ANGLAIS. Gentleman (4). — C’est un gmtleman accompli. Watehman (4). Warrant, — Des warrants. Verdict. — Des verdicts, Yeomanry, MOTS DES LANGUES SEPTENTRIONAJUBS , AUTRES QUE LA LANGUE ANGLAISE. 11 est bien peu de mots, parmi ceux que nous avons empruntĂ©s aux idiomes septenÂŹ trionaux, autres que la langqe anglaise ^ qui n’aient Ă©tĂ© prĂŽipptement soumis aux rĂšgles de notre syntaxe d'accord, ou mĂȘme qui ne se soient altĂ©rĂ©s de façon Ă  perdre complĂštement leur physionomie Ă©trangĂšre, comme rdtre (pour reuter, cavalier)/ ui- * * I . (t) Eii anglais, les mots terminĂ©s par un y grec, le changent en ie au pluriel j et prennent Ys. VĂŽyĂšfe l’obser- I vation qĂŒl suit la rĂšgle sur les mots tirĂ©s des langues orientales. (2) CĂ© inot he prend jamais le signe du pluriel Ă©ri anglais, et ne peut par consĂ©quent le recevoir, eh français. (3) Les mots auto-dor-fe, sanrbenito, et en’gĂ©nĂ©ral les motS'espagnols composĂ©s, devraient peut-ĂȘtre rester invariables, parce que la plupart des Français, ignorant la valeur de chacun de leurs Ă©lĂ©ments, ne pourraient reconnaĂźĂŒrĂ© auquel appartient le signe du pluriel. ' (4) En flQgiflift ces mots font au pluriel, par exception : gentlemen, watchmen; il Mralt hien hasardeux d’écrire autrement; je n’oserais prononcer sur cette difficultĂ©.
( 10.3 ) , dercome (de tuiederkommen, revenir), chcmcroutefie saucrkraut), etc. Cela vient, il faut le confesser, de ce que TĂ©tude de ces langues est fort nĂ©gligĂ©e en France : une trop petite minoritĂ© s’intĂ©resse Ă  la çonsejfvation ^ies. fp^^ nous donnent, pour que ses reprĂ©sentation^ aiç^tqqglque et peut-ĂȘtre faut-il s’en fĂ©liciter, quand on considĂšre TextrĂȘme diffĂ©rence"que prĂ©senÂŹ tent les systĂšmes orthographiques et syntaxiques du Nord, comparĂ©s avec le nĂŽtre, et quelles disparates auraient higĂąjrĂ©nptTe langue, si les emprunts-n’avaient subi auÂŹ cune transformation.-77^ Quoi qu'iĂź en soit, puisque la langue française agit presque toujours en ignorante, lorsqu’elle s’empare de mois allemands, hollandais, etc., la rĂšgle qu’on doit leur appliquer dĂ©yipnt trĂšs simple : il faut toujours |^4p^irĂš ,ei| po- .main, les accentuer comine leur prononciation Tindique, et oubliant si, on le conÂŹ naĂźt, le mode de formation du pluriel en ^Upipand, Iioll^ncfois, ptp., jfeur4gnper notre s, toutes les fois qu’on veut les employer au plurjpl. Hourrah. — Il fut accueilli par des hourrj^M.. Landamman.—Des landanunans. Landwehr. — Des landwehrs. Laudau. — Des landaus. Pplder (marais). — Les polders d’Anvers. StĂąthouder. — Les stathoudcrs de Hollande Taler. —- Bes talĂ©es. MOTS TIRÉS DES LANGUES ORIENTALES. Les rĂ©flexions et la rĂšgle qui prĂ©cĂšdent sont, en tout point, applicables ^aux mois tirĂ©s des langues de TOrient. Ainsi pn Ă©crit : . Alcali. —Les alcalis. Almanach. — Des almanachs. Bey. — Des beys. Cadi. — Des cadis. Pacha, -r- Des padias. Para (monnaie). — 50 paras. Paria. — Des parias. Osmanli. — Les osmanlis. SoÛ. — Les soiis de Perse. Etc. Observation importante. — La plupart des rĂšgles que nous avons Ă©tablies cessent Ă©n gĂ©nĂ©ral d’avoir leur utilitĂ©, quand un historien, un yoyageur, etc., traitant de choses particuliĂšres Ă  un pays, tient Ă  les dĂ©signer par les noms mĂȘmes qu’elles y reçoivent, sans admettre les altĂ©rations que npus ppus spmnaes permises 4aus plusieurs de ceux qui, venus jusqu’à nous, sĂ© sont prĂȘtĂ©s aux caprices de notre ignorance. Alors ces mots, ordinairement Ă©crits en italique, conservent presque toujours la forme qui leui’ est propre, et rĂ©pudient toute parentĂ© avec les nĂŽtres. Exemples : « En Angleterre, les « rĂ©publicains et Jes royalistes sont dĂ©signĂ©s par les noms de vĂŒhigs et de tories. Lesom- « brero espagnol est un chapeau Ă  larges bords qui ombrage la figure. Le caimaki des « Turcs est un mets qui ressemble Ă  de la crĂšme, mais dpnt Ig gpĂ»f est jnj5pimeqi « plus dĂ©licat. » , On peut rĂ©sumer ce qui prĂ©cĂšde en disant que les mots latins ou Ă©trangers, qui n’ont point Ă©tĂ© francisĂ©s, ^oiyent toujours s’écrire en caractĂšre italique, et ne peuvent recevoir aucun des signes accessoires qui indiquent en français la prononciation ou le nombre, sauf l’exception relative aux mots espagnols et anglais. Tous lĂ©s autres, quelle que soit leĂŒr prigine, seront Ă©crits en romain, Ăšt accentuĂ©s et pluralisĂ©s, quand il y aura lieu, selon les rĂšgles de nĂŽtre orthographe.
( 4 04 ) APPENDICE. Tous les mots dont l'origine semble Ă©trangĂšre, mais n^est pas biĂ«n constatĂ©e, sont rĂ©putĂ©s français, *et suivent la rĂšgle ordinaire. EXEMPLES. Âcacla. Des acacias. Bengali (oiseau). » Des nengalis. Agjo. ' Cacao. Coco. — Des cocos. Colibri. — Des colibris. . Fabago. Finlto de compte. Halo. — Des halos. Indigo. — Les Indigos se sont bien vendus cette semaine. Ratafia. " . Rhum. Silo. — Creuser des silos. — Etc. » A celle classe on peut rapporter, au moins comme analogues, certains mdts dont la dĂ©sinence est bizarre ou peu commune en français, tels que QUELQUES MOTS ENFANTINS: ‱ Dada. — Papa. — Bobo, etc.* x CERTAINES ONOMATOPÉES, PLUSIEURS TERMES DE MÉPRIS : Brouhaha. , BroulUomini. Écheno. . BĂ©charu. Falbala. Charivari. Hurluberlu, etc. BT DIVERS AUTRES MOTS : ZĂ©bu, etc. . Francatu. Harmonica. Pluriel : Les papas et les mamans, des charivaris, des hurluberlus, des falbalas, des zĂ©bus, etc. r XLIV. DU nombkEkDES noms pris matĂ©riellement. Les st, les car, les contrats sont la porte ■Par oĂč la noise entra dans l’univers. (La Fontaine.) Un jour se passe et deux sans autre nourriture Que ses profonds soupirs, que ses frĂ©quents hĂ©las. (fd.) Sans rien cacher, Lise, de bout en bout, De point en point, lui conte le mystĂšre, Dimensions de Tesprit du'beau-pĂšre, Et les encore, enfin tout lephƓbĂ©. (La Fontaine.) Strabon dit que les Perses Ă©pousaient leurs mĂšres; mais quels sont ses garants? des ouĂŻ-dire, des bruits vagues. (Voltaire.) Je n’aime pas les h aspirĂ©es : cela fÂŁfit mal Ă  la poiÂŹ trine ; je suis pour l’euphonie. (Id.) .... de ces dĂšux moi piquĂ©s de jalousie L’un est Ă  la maison, et l’autre est avec vous. (MoliĂšre.) Ami, je n’irai plus rĂȘver, si loin de moi. Dans les secrets de Dieu, ces commenl, cespourqitoi. (La Martine.) Les quand, les qui, les quoi pleuvent de tous cĂŽtĂ©s, Sifilent Ă  son oreille, en cent lieux rĂ©pĂ©tĂ©s, (Voltaire.) Les si, les mais, les oui, les non, Toujours A contre-sens, toujours hors de saison, Echappent au hasard Ă  sa molle indolence, Et souvent Ă  sa nonchalance. Donnent un air de dĂ©raison. (Delille.) Encor des non ? toujours ce chien de ton, Et toujours non ; quand on parle Ă  Rondon. (Voltaire.) Que le diable t’emporte avec tes si, tes mais. (Recward.) Il a Antoine en aversion n’est pas proprement le concours de deux a, parce que an est une voyelle naÂŹ sale trĂšs diffĂ©rente de a, (Voltaire.)
( 105 ) n est des noeuds secrets, il est des sympathies, Dont par le doux rapport les Ăąmes assorties , S’attachent l’une Ă  Tautre, et se laissent piquer Par ces je ne sais gttoi^qu’on ne peut expliquer. (Corneille.) Dans ses combinaisons notre langue est captive ; Elle n’a jamais eu de force imitative ; Son nerf vient se briser contre ses e muets. (de Pus.) Il ne demande pas les comment, les pourquoi : Les déÛnitĂźoas le font pĂąlir d’effroi. (Delille.) Plusieurs peu font un beaucoup. (Florian.) On aura quelque part omis une virgule; que sais-je? on n’aura pas mis les points sur les i, aussitĂŽt cela forme un procĂšs ridicule. (La ChaussĂ©e.) Je sais tous les si et les mat^ dont les petits spé culateurs ont enluminĂ© cette vaine science. (Mirabeau.) Trois un de suite font cent onze en chiffres arabes. ■ (AcadĂ©mie.) Mon clier philosophe et mon maĂźtre, les les pourgMOt, sont bien vigoureux. (Voltaire.) Dans le cas oĂč la somme des oui surpasse celle des non, alors la loi nouvelle doit Temporter; car enfin, quand la balance est juste, le moindre poids suffit pour la faire balancer de Tun des cĂŽtĂ©s. (Mirabeau.) Il faut se garder d’enseigner aux enfants ces phrases d’une politesse affectĂ©e dont ils surchargent leur? demandes, comme les je vous en prie, les petite maman, en grĂące. (Mâ€Â»Âź Campaw.) Les Italiens ont supprimĂ© toutes leurs h. (Volta'ire.) Un tiens, vaut, ce dit-on, mieux que deux tu Vauras. (La Fontaine.) Il pleut des monosyllabes. On m’a envoyĂ© les que, on m’a promis les oui, les non, les pour, les gui, les quoi, les 5». (Voltaire.) Immole'e Ă  mon pĂšre n’écorche point mon oreille, parce que les deux e font une syllable longue. (M.) Les si, les pourquoi sont bien vigoureux ; on pourra y joindre les que, les oui, les non, parce qu’ils sont* plaisants. (Voltaire.) ... De ces deux moi piquĂ©s de jalousie, L’un est Ă  la maison, et Tautre est avec vous. ((MoliĂšre.; Il est une classe.nombreuse de mots, tels que ceux des exemples que nous venons de citer, qui ne prennent pas la marque du pluriel, lorsqu’ils sont employĂ©s substanÂŹ tivement. La raison en est, que la plupart de ces mots sont invariables de leur naÂŹ ture, et qu’ils sont ici pris dans un sens tout-Ă -fait matĂ©riel (1). Voici les exceptions : 1Âź Quoique les verbes Ă  l’infinitif soient essentiellement invariables, ils prĂ©nnent le sigrie du pluriel, quand ils sont passĂ©s Ă  l’état de substantifs simples.; les dĂźners, Jes soupers, les pourparlers, les rires, les pouvoirs, etc. 2° 11 en est de mĂȘme des prĂ©positions devant et derriĂšre; on dira : les devants, les derriĂšres de l’armĂ©e. EXERCICE PURASÉOLOGIQUE. Les quoi qu’on eo dise. Les commept. Lea je ne ajis paa. Les parce que. Tj9» ou!. Les non. Les chut (s). Des a , des b, des c. Des sols, des si, des fa. Des mi, des le , des ut. Trois quatre. trois sept. Trois huit, trois neuf. Des certaine meut. Les compte sur moi Des oui-dire. Les pourquoi. Des ii, des moi. Des toi, des pour Des par.' Del avec. Des peu. Des trop. Des beoucoup , des comme. De» prenez (farde Ă» vous. Dca qui vivcB? ' (1) Voici deux exemples de MoliĂšre dans lesquels cette rĂšgle a Ă©tĂ© violĂ©e Veux-tii toute ta vie offenser la grammaire ? — Qui parle d’offenser grand-mĂšre ni ^and-pĂšre P Ociel ! Grammaire est prise Ă  contre-sens paf toi. ^ Grammaire, Ă©tant pris matĂ©riellement, devait ĂȘtre employĂ© ou masculin, car on veut dire que ce moi grammaire, est pris Ă  contre-sens, etc. DĂ©cider en chef et faire du fracas A tous les beaux endroits qui mĂ©ritent des ha$ ! Far la mĂȘme raison, il fallait des ha sans s ; mais ce signe Ă©tait nĂ©cessaire pour la rĂ©gularitĂ© de la rUne. (2) Piron a dit cA«l« OTeo i : Pot»/ ekutf —Fa le pramtnar «mc t«i caiĂŻ «t Ut chdts. 14
( 1Q6 ) N - XLV. ' DU ^QMBBE DES NOMS PROPRES. . NOMS PROPRES EMPLOYÉS COMME TELS. Washington n’appartient pas, comine Buonaparte, Ă  cette race des Alexandre et des Ce'sar, qui dĂ©passe la stature de l’espĂšce hunaaine, . . ' (GHATBAUBRlAriP.) Ce qu-il y Ă  de certain, c’est que lĂ©s plus savants des hommes, les SĂŽcraĂźe, les'Platon^ les Newton ont Ă©tĂ© aussi les plus religieux. (Bernardin de St-Pikrre.) , Les Platon, le§ Pythagore^ m se trouvent plus ; ou, s’il y en a, c’est bien loin de noas^ , . ■ . , * * r (J.-J. Rousseau.) * ' Les vrais gens de lettres-et les yrais philosophes ont beaucoup plus mĂ©ntĂ© du genre hum^- que les OrphĂ©e, lĂše.Hercule, et ies ThĂ©sĂ©e. (Voltaire.). Il n’y eut en aucune province d'Italie d’orateurs comme les DĂ©mosthĂšne, lĂšs PĂ©ricUs, les Éschine. ' . {Id.} Les Locke ^ les Jffontesqpieu, les J.r/j Rousseau, en se/evant en Europe ] appelĂšrent lĂšs"peuples moÂŹ dernes Ă  la libertĂ©, ' (Chateaubriand.) Les Xa Fontaine, les Boileau, les Racine, les ilJĂŽ- h'Ăšre, vivaient entre eux. {Bernardin de St-Pierre.) Ce n’est que de loin en loin, et dans les intervalles lucides des nations, qu’on voit paraĂźtre des HĂ©rodote, des Varron, des Spanheim et des BarthĂ©lĂ©my. (de Boufflers».) Nous avons quelques bons philosophes; mais, il faut l’avouer, nous ne sommes quelesdicisples des Newton, des Locke, des GalilĂ©e. (Bernardin ^dk St-Pierre.) RĂ©alisez une hĂ©roĂŻne de roman, elle goĂ»tera des voluptĂ©s plus exquises que les LaĂŻs et les ClĂ©opĂątre. - (J.-J. Rousseau.) Laissons donc Ă  MolĂ©, cet acteur plein de grĂące, Aux Fleuri, aux Sainval, ces artistes chĂ©ris, L’art d’emhellir la scĂšne et de charmer Paris, (DhlillÂŁ.) LĂ , pour 1 anaes iHdot; Annonay voit paraĂźtre Les feuilles oĂč ces vers seront tracĂ©s peut-ĂȘtre. (Delille.) NOMS PROPRES DEVENUS NOMS COMMUNS. Il n’y a si petite nation moderne qui n’ait ses Alexandres ei ses CĂ©sars, et aucune ses Bacchus et sesCĂ©rĂšSi (Bernardin de ST-jPiERRE.). f , Si les qualitĂ©s morales se transmettaient par la naissance, pn verrait des racps invar^les de So- crates, de Cotons, de NĂ©rons, de f ibĂšres. (Bernardin de St-Pierrk.) Si tous les hommes Ă©taient (les SacrĂątes, Ip science alors ne leur serait pas nuisible ; mais ils n’auraient aucun besoin d’elle. (J.-J. Rousseau.) C'est en HoUandq que l’on trouve communient des enfants au teint frais, les.plus beaux blonds, les plus belles carnations, et des hommes semblables Ă  des Hercules. (Bernardin de SttPierre.) Il est sĂ»r qu’il pe se trouve plus dp .'ces Ăąmes viÂŹ goureuses ou raides de l’antiquitĂ©, des ArisUdes, des PhociotĂči, dĂšs PĂ©riclĂšs, ni enfin des ^cratesl (Fontenelle.) Oh ! combien de CĂ©sars deidenint Laridqns. . (La Fontaine.) .... Si la troupe invlsiblĂ© Des froids cen^urs, des ZqĂŻles secrets, Lance sur tĂŽi ses inutiles traits/ Di couK Ă©gal poursuis ton vol paisible. (QbÇ^sst.) . L’art peut produire des milliers de ThĂ©ocrites ei de Virgiles, mais la nature seule crĂ©e des milliers de paysages nouveaux en Europe, en Afrique, aux Indes, dans les deux mondes. (Bernardin de St-PibrrĂ©.) On aura beau faire et refaire cent fois la vie des rois, nous n’aurons plus de SuĂ©tones. (J.-J. Rousseau.) La plupart des MĂ©cĂšnes ont Ă©tĂ© des hommes peu instruits, tĂ©moin Auguste et Louis XIV, (Bernardin de St-Pierre.) Les Titus craignent-ils le destin .des NĂ©rons? (De Belloy.) La nature n’approvisionne ce monde que.par assorÂŹ timent ; il faut recevoir mille Cotins pour un BoiÂŹ leau, et cept erreurs pour ime vĂ©ritĂ©. (Lemontky.) Et vous, nouveaux Davids, sur vos harpes mystiques. J’entends pour l’Éterael retentir vos cantiques. Ô)ucis.) V i
MOT), Ce furent les vices et les flatteries des Grecs et des Asiatiques, esclaves Ă  Rome, qui y formĂšrent les CVz- tillnay les CĂ©sar, les NĂ©ron. ' - . ‱ {Bernardin de St-Pierre.) Le mĂȘme roi qui sut employer les CondĂ©, les Tu- rmne , les LuxĂ©mlĂ©Utij ; les CrĂ©qui, les Catiiiai et les VÜlars dans ses armĂ©es; les CblĂŽert et les Lou- vois dans son cabinet, choisit les Racme et les Roi- leau pour^Ă©crire son histoire; Bossuet et les Fe- nolon pour instruire ses enfants-, les FlĂ©chier y les Gourdaloue et lĂ©s Massillon pour Tinstruire lui- mĂȘme. ' ' (MauĂ©y.) Illustres conjurĂ©s, les Brute, les Cdssie, Frappent le grand CĂ©sar saris sauver la patrie. ( DE St-ViCTOR.) Les grĂąces, la beautĂ©, les Saphos de notre Ăąge, Ne sont pas Ă  l’abri de son humeur sauvage. (Royou.) Il est lĂ  des tyrans , des mimstres cruels, 'Ët dĂšs Soloris d’un jour qu’oh'proclame immortels. (Michaud.) Un Auguste aisĂ©ment peut faire des Virgiles, (Boileau.) Aux siĂšcles de Midas on ne vit point ĂŽ^OrphĂ©es. ' ' (VOLTAlliE.) Qui nous a dit que, de nos jours, parriii les naÂŹ tions policĂ©es ou barbares, on ne trouverait pas des HomĂšres et . des Lycurgues occupĂ©s des plus viles fonctions ? (BABTHiiEMy.) Les Stentors des salons sont pour nous im supplice. (Delille.) L’ù nom.pTopre, quand il reprĂ©sente le seul individu pour lequel il a Ă©tĂ© créé, est invariable; mafo il prend la marque du pluriel, lorsque, par extension^ il .se dit de plusieurs individus semblables Ă  celui dont on cite le nom (1). ‘ * Ainsi, dans les exemples de la premiĂšre colonne, les noms Socrate, Platon, FĂ©ne- lĂŽn, Catinaty etc., dĂ©signant, nialgrĂ© les adjectifs pluriels qui les accompagnent, So-. crate, Platon, FĂ©nelon, Cafmaf-eux-mĂȘmes, n’ont pas pris d’5; il n’én est pas de mĂȘme dans les exemples de la seconde colonne, oĂč les mots Tacites, Scipions, Nestors, Ăšni- ployĂ©s pour signifier des hommes semblables Ă  ces trois grands personnages, devaient se pluraliser, . . < EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. NOMS QUI SE RAPPORTENT AUX EXEMPLES DE LA 1« COLONNBi Les Voltiiire. Les BacĂźoe, Les Corneille. Les NĂ©ron. Les CicĂ©ron. Les VasĂ©ai. Les Buffon, Les David. 2Âź CbLONNÊ. LĂ * (VoUaircj. Les Racines. Les Corneilles. Les NĂ©rons. Les CicĂ©rons. Les PaseĂ li. Les BulToiis. Les Davids. UÂź COLONNE, Les Shakespeare. Les Toung. ' Les Virgile. Les JurĂ©nal. Les Caton, Les Boileau. Les Bayard. Les Talma. 2" COLONNE. Les Shakespeares. Les Toungs. Les Virgiles. Lea JuTĂ©nais. LĂ©s Cotons. Les Botleaux. Les Bayordi. Les Talcaas. 1"Âź COLONNE. Des MĂźtton. Les Rayoal. Lea NapolĂ©on. Les Alexandre. Les MoliĂšre^ Les ĂŻn'reunĂȘ. r.ea HoinĂšre. * Les Martial. 2» COLONNE.' Lee MĂźltonĂ . Les Baynals. Les NapolĂ©ons. Les Alexandres. t.es MoliĂ©res., Des Turennes Les BonriĂąres.' Les Mariiati. (1) Cette rĂšgle n’a pas toujours Ă©tĂ© scrupuleusement observĂ©e par nos meilleurs ccriyaips. Yoici plusieurs exĂ«mpieĂą oĂč eUĂ© Ă  Ă©tĂ© violĂ©e, Ă©t qu’il faut sĂ© garder d’imitĂ©r. . ' . ' Tous les peuples ont le sentiment de l’existence de Dieu , non pas en s’élevant Ă  lui Ă  la maniĂšre des iVeiDfons et des Socrates, par l’harmonie gĂ©nĂ©rale de ses ouvrages, mais en s’arrĂȘtant Ă  ceux de ses bienÂŹ faits qui les intĂ©ressent le plus. (Bernardin’de St-Pierre.) Ces belles Montbazons, ces ChĂątillgns brillantes, . Ces piquantes Bouillons y ces iVĂ©mowrjsi touchantes,. Dansant avec Louis sous des berceaux.de fleurs... (\’oltaire.)' Tes Miliiades, tes Socrates Sont livrĂ©s au plus triste sort. (Gresset.) Tu parles comme au temps des DĂšce's, des ÉmilĂ©s, . (Voltaire.) Clio viiit Tautre Jour se plaindre au dieu des vers Qu'en certain lieu de Tunivers, On traitait d’auteurs froids, de poĂštes stĂ©riles, Les HomĂšres et les Virgiles. (boiLEAU.) . * Je sais cĂ© qu’il coĂ»ta de pĂ©rils et de peines Aux CondĂ©s, aux Sullys, aux Colberts, aux Turmms, Pour avoir ĂŒiie place au haut de THĂ©licon. (Voltaire/) Peut-ĂȘtre un successeur des MolĂ©s, des PrĂ©villes, Peint lĂ©s travers des champs, qui peindrait ceux dĂšs villes. (Delillk.)
( 108) m N“ XLVI. c^»— NOMS PROPRES DÉSIGNANT PLUSIEURS INDIVIDUS D’UNE MÊME FAMILLE. \ 1” SERIE. —SANS 5. C’est dans Pascal, Corneille, Racine, DesprĂ©aux, Bossuet, FlĂ©chier, FĂ©nelon, M“* de SĂ©vignĂ©, les deux Rousseau, etc,, qu’on doit Ă©tudier la langue française, si l’on veut en connaĂźtre Ă  fond toutes les beautĂ©s. (LĂ©vizac.) Par la vertu des deux Antonin, ce nom devint les dĂ©lices des Romains. (Bossuet.) L’Espagne s’honore d’avoir produit les deux 5e- nĂšqae, (Raynouard.) Les Villani ne sont pas Ă  l’abri du reproche de suspicion, dans l’histoire qu’ils ont Ă©crite. (l’Écuy.) Jamais les deux Calon n’ont autrement voyagĂ©, ni seuls, ni avec leurs armĂ©es. (J.-J. Rousseau.) Les deux Corneille se sont distiuguĂ©s dans la ré publique des lettres ; les deux CicĂ©ron ne se sont pas Ă©galement illustrĂ©s. (Beauzhk.) Les deux Orloff, en attendant la premiĂšre escadre russe , avaient tout prĂ©parĂ©. (Villemain.) Des deux Richelieu sur la terre Les exploits seront admirĂ©s. ^ (Voltaire.) HĂ©las! c’est pour juger,de quelques nouveaux airs, Ou des deux Poinsinet lequel fait mieux les vers. (RulhiĂšrk.) SERIE. — AVEC s OĂŒ X, % Des deux Rousseaux, dont jamais L’un n’aura fait ses PĂąques , Le plus fameux dĂ©sormais N’est plus Jean-Baptiste , 'mais Jean-Jacques. (Piron.) La gloire de Trajan, la vertu des deux Aniont'ns, se firent respecter des soldats. (Montesquieu.) Et pourquoi ne dirait-on pas les deux SĂ©nĂšques, comme on dit les deux Catons, les deux Tarquins? (LeMarb«) La renommĂ©e eĂ»t Ă  l’ÂcadĂ©mie Sous les SĂ©guiers, deux fois fait son adieu. ' (Piron.) Les deux Mithridates, pĂšre et fils, fondĂšrent le royaume de Cappadoce. (Bossuet.) Deux ou trois Grignans vinrent me voir hier matin. (M“¼ DE SÉVIGNÉ.) Dans ce pays trois Bernards sont connus. ' (Voltaire.) Sire Guillaume Ă©tait armĂ© de sorte Que quatre AndrĂ©s n’auraient pu l’étonher, (La Fontaine.) Deux Rouillons, tour Ă  tour, - ont brillĂ© dans le monde Par la beautĂ©, le caprice .et l’esprit. (Voltaire.) Comme les exemples qui prĂ©cĂšdent en font foi, les auteurs varient sur la plurali- ,sation des noms propres, lorsqu’ils dĂ©signent plusieurs individus d’une mĂȘme famille. NĂ©anmoins, suivant presque tous les grammairiens, et principalement l’estimable Boniface, le substantif propre, en pareil cas, ne se pluralise jamais, parce qu’il n’est pas employĂ© par extension, comme dans ce vers : Un coup-d’Ɠil de Louis enfantait des Corneilles. C’est un nom de famille que l’addition d’une lettre dĂ©figurerait, et pourrait mĂȘme faire prendre pour un autre. Dupui eĂŻ Dupuis, LĂ©viei LĂ©vĂźs, LĂ vau et LavauXy Villar et Villars, Andrieu et An- drieuxy sont des noms de diffĂ©rentes familles; changez-en l’orthographe, vous les conÂŹ fondez; chacun de ces noms doit donc rester invariablement tel qu’il est. Il faut Ă©crire : les DupĂŒi se sont alliĂ©s aux DupĂŒis; les Villars ont intentĂ© un procĂšs aua; Villak,’ qui avaient ajoutĂ© un s Ă  leur nom. Lemare, seul peut-ĂȘtre; s’oppose Ă  ce qu’on Ă©crive les deux Raciney les deux CorÂŹ neille, 11 faudrait un volume, dit-il, pour rassembler tous les passages oĂč les aĂ»tĂšiirs , ont suivi presque invinciblement l’analogiĂš et la voix qui leur criait que les deux
(m Gracques, que les deux Antoiiins, que les trois Bernards, les quatre AndrĂ©s, etc., ne sont pas un seul Gracqne, un seul Antonin, un seur^emard, un seuV AndrĂ©. Selon lui, les mots Gracques, Antonins, etc., servent Ă  dĂ©signer plusieurs individus d’une mĂȘme famille, du mĂȘme nom, et par consĂ©quent ce ne sont pas vĂ©ritablement des noms propres. Pour ne pas laisser d’incertitude Ă  cet Ă©gard, nous dirons que notre opinion, Ă  nous, est que, bien qii’în parle de plusieurs Tarquin, do plusieurs Caton, on doit Ă©crire sans le signe caractĂ©ristique du pluriel : Les deux Tarquin, les deux Caton, etc., attendu que le singulier est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ©, et qu’il est important de conserver Ă  ces sortes de substantifs leur physionomie propre. EXERCfCE PHRASÉOLOGIQVE. detix Corneille. Les deux Bacine. Les trois Boileau. Les deux Tarquin. Les deux Delavigne Les deux Hugo. Les deux Rousseau. Les deux SĂȘuĂšque. Les deux Caton. Les deux Scipion. Les deux Villani.' Les deux Mithridate. Les deux Ricbeiieu. Les deux CicĂ©ron ' Les deux Pisarre. Dca deux DtipĂźo PRÂŁMIÂŁBÂŁ EXCEPTION A LA REGLE PRECEDENTE. Les pyramides de TEgypte s’en vont en poudre, et les graminĂ©es du temps des Pharaons subsistent enÂŹ core. (Bernardin de St-Pierre.) Dans le deuxiĂšme livre des GĂ©orgiques , le poĂšte salue l’Italie, mĂšre des hĂ©ros, Tltalie qui a portĂ© dans son sein les DĂ©cius, les Camilles, les Marius, les infatigables Scipions et CĂ©sar-Auguste , le plus grand des Romains. (Tissot.) La Seine a ses Bourbons, le Tibre a ses CĂ©sars. (Boileau.) Enfin, pour sa clĂ©mence extrĂȘme, Buvons au plus grand des ffenris y A ce Roi qui sut, par lui-mĂȘme, ConquĂ©rir son trĂŽne et Paris. (BĂ©ranger.) Les deux Gracques, en flattant le peuple, comÂŹ mencĂšrent les divisions qui ne finirent qu’avec la ré publique. (Bossuet.) France , du milieu des alarmes, La noble fllJe des Stuarts, ' Comme en ce jour qui voit ses larmes Vers toi tournera ses regards. (BĂ©ranger.) Ma gloire a disparu comme une ombre lĂ©gĂšre ; Autour de moi je vois Ă©pars Les antiques dĂ©bris du trĂŽne des CĂ©sars, Ensevelis dans la poussiĂšre. (Cas. Delavigne.) Tels Ă©taient ces d’Aumonis, ces grands Montmorencys, Ces CrĂ©guis si vantĂ©s renaissants dans leurs fils. (Voltaire.) Ces braves chevaliers, les Givris, les d’Aumonis, ' Les grands Montmorencys, les Sancis, les Crillons^ Lui jurent de le suivre aux deux bouts de la terre. W-) Des Guises cependant le rapide bonheur Sur son abaissement Ă©levait leur grandeur. (Id.) Dis-lui que l'amitiĂ©, l'alliance et Tamour Ne peuvent empĂȘcher que les trois Curiaces ■ Ne seryent leur pays contre les trois Horaces. (Corneille.) Quoique le substantif propie ne doive point varier, on Ă©crit cependant, avec le signe de la pluralitĂ©, les CĂ©sars, les Gracques, les Horaces, Jes Scipions, les Stuarts, les Guises, les CondĂ©s, les Bourbons, et quelques autres, soit Ă  l’imitation des Latins, qui, dans tous les cas, employaient le pluriel, soit parce que la plupart dc ces mots soni plutĂŽt des titres, des surnoms que des noms; plusieurs mĂȘme ne sont plus des noms individuels, car ils dĂ©signent certaines classes d’individus, certaines familles. 'N
( 1^0 ) DEUXIEME EXCEPTION. M. Adry n'hĂ©site pas Ă  qualifier de faux ElzĂ©virs les MĂ©moires de la Rochefouciiuld, Amsterdam, 1665. (Biog. universelle.) Les premiers PUnes que possĂšde la bibliothĂšque du Roi, sont d'une conservation parfaite. ’ (ValĂ©ry.) D’innombrables pieds carrĂ©s ( Ă  la biblioĂŒiĂšque de Rouen ) sont tapisses de Lahires et de Jouvenets que l’on paraĂźt estimer, plutĂŽt par leur dimension que par leur mĂ©rite. (Crapelet.) A la vente de M. B*** il y avait deux RaphaĂš'ls d'une rare beautĂ©. (ValĂ©rie.) OĂŒ Ă©crit dĂšs’ElzĂ©virs*, des Plines, des Lahires, des Jouvenets, etc., pour des Ă©ditions di ElzĂ©vir, de Pline, de Lahire, de Jouvenet, etc. On Ă©crit de mĂȘme des RaphaĂ«ls, dos Poussins, des Pedtots, des Callots, etc., pour des tableaux de RaphaĂ«l, de Poussin, des gravures de Callot, etc. Le frĂ©quent usage que Ton fait de ces noms propres les a rendus communs; c’est ainsi qu’on dit des calepins, des barĂšmes, des spencers, des guinqitĂ©is. des carcels, diCS cfĂŒirlottes, etc. Ces noms doivent donc prendre, en pareille circonsÂŹ tance, le signe du pluriel (1), ,NÂź XLVII. . DU NOMBRE DANS LES NOMS COMPOSES. DEUX NOMS RÉUNIS PAR UN TIRET, COMME chef-lieu. I" SÉRIE. — SINGULIER. Tous deux, pour Ă©lecteurs, furent choisis d-Ă©mblĂ©e ; Et satisfaits d’eax-mĂȘihes, ainsi que du scrutin, Pour se rendre au çkef-lieu se mirent en .chemin. (AndrieĂŒx.) La flear de la reine-marguerite est trĂšs belle, et fait, -en .automne, de principal ornement des jardins. (AcadĂ©mie.) LewĂ rIin-pĂ©cActPr,‘^i'vc>le le long dĂ©s TiviĂšres, est Ă  lĂ -fois couleur de musc et glacĂ© d’azur. /(Bernardin de ST-PtERRE.') ♩ DÉns le temps que le pigeonr-paon Ă©tale sa queue , il agite fiĂšrement et constamment sa tĂ©te et sonicoĂŒ. * ‘ :(BuĂźFf:oN.) Une fenfllĂš 'suffit au nid de VoiseaX/mouche. - ■ (Bernardin de St-Pierrb.) Buffon avait ,un sipge, un grave orang-outang, Qui de valet faisait l’office, Et qui, sut ses deux pieds sans peine se tenant, Avait la taille et le flegme d'un Suisse. (Lemontey.) SÉRIE. — PLURIEL. Il faut encore savoir grĂ© Ă  la convention, lĂ  demi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e par la journĂ©e de thermidor, d’avoh' orgaÂŹ nisĂ© des Ă©coles centrales dans tous les chefs-Ueux de la rĂ©publique. (JIillot.) LĂ©s reines-marguerites , et des asters , le souci, les soleils et les poires vde terre portent tous des fieurs radiĂ©es. (L-L Rou'ssea;;,.) Les martins-pĂȘcheurs.Ă©t:\mQ foule d’oiseaux riveÂŹ rains embellissent, par TĂ©mail de leurs couleurs, les bords des fleuves de l’Asie et de l’Afrique. (Bernardin de St-PĂźbrre.) Les pigeons polonais sont plus gros que lĂ©s pigeons- paons. , (Buffon.) C’est dans les contrĂ©es‘les plus chaudes du NouÂŹ veau-Monde que se trouvent toutes les espĂšces d’oĂŻ- seaux-mouches. {Id.) Les orangs-outangs sont extrĂȘmement sauvages ; mais il paraĂźt qu’ils sont peu mĂ©chants, et qu’ils parÂŹ viennent assez promptement Ă  entendre ce qu’on leur commande. (Buffon.)* (1) DansÆalTaduction.du Voyage bibliograpkigue en France, \de Dibdin, M. Crapelet a donc eu tort d’écrire': pour un connaisseur^ le premier aspect de la seconde piĂšce de la RibliothĂšque du Roi, oĂč se trouvent les Ă©ditions princeps, est vĂ©ritablement magique FotlĂ  le premier HomĂšre !... que le couteau du relieur n’a jamaĂčfouc/iĂ©... Vnpeu au-dessus des Virgile, des Ovide, dciPline et, par-dessus tout, des Bibles! 11 fallait des Virgiles, des Ovides, des Plines. En laissant ces noms au singulier, M. Crapelet est tombĂ© en contradiction avec lui-mĂȘme, puisque, quelques lignes auparavant, Ü avait Ă©crit : des Lahires, des Jouvenets. C
(111) liri jeune coq^faisĂ n a Ă©tĂ© rehfennĂ© avĂ©c de jeunes poulĂ©s dont le plumage approchait de celui de la fai sane. (id.) . Le martirupĂȘcheur agite rapidement ses ailes d’azur pour fasciner sa proie. (Chateaubriand.) hofaucon-pĂ©lerin ne mue qu’au mois d’aoĂ»t. m Les toqs-faisans sont moins ardents que les coqs ordinaires. (/d.) La pintade au plumage maillĂ©, les paons, les ca - nards, les martins-pĂȘcheur&t, et une foule d’autres oiseaux riverains, embellissent, par l’émail de leurs couleurs, les bords des fleuves de l’Asie et de l’A- ĂŻrĂźque. (Bernardin de St-Pierrk.) Les lieux oĂ» Von prend le plus de faucbns-pĂ©lerins sont non seulement les cĂŽtes de Barbarie, mais toutes les Ăźles de la MĂ©diterranĂ©e. (Id.) 4- Deux substantifs formant un nom composĂ©, sont- variables tous deux, comme on peut s’en convaincre par les exemples que nous venons de rapporter. Ünckef4iĂšu, des dhefs-tieux ; une reine-marguerite, des rdnes-marguerites, etc. ÉXERCTCÉ PBRASÉOLOGIQVE. singulier. ĂŒn aigle-pĂȘcheur. ĂŒn cmĂȘn-loup. Un chĂźen-IioD, Un cnstal-topaEe. ^fl.damĂȘ-jeairne. ' Üoe fonrmi-lion. Un garde-boĂźa (i), ĂŒn lavter-row. un ßùrùßo-pĂȘptDiĂȘre.' Un lieutenant.colonel. ĂŒn maUre-ante). ÜD tAenir^jean. (Poire.) PLURIEL. ‱ Des atgles-pĂȘcbeurs. Des eliiensĂ onps. Des chien sffiona. ,Des cnstaĂŻU'top'azes, Des dameS'j eannes. Des' fourmis-lions. Des gardes-bois. Des lauriers-rose^ Des jardtns'pĂȘpĂźniĂšrĂ©s. Des lieutenants-colonels. Des mattres-autels. * Des me'ftsi s. SINGULIER. Une borne-fontaine. Un cbou-DaTet. Un balIon-naTÎre. Un garde-magasin. Une ^omme-resine; Üne goQtte-crampĂš. Üne gomme-laque, ĂŒn {irĂȘtre-cardinal. Un 'poÎBSob-femme. Une reine-Claude. (PruneJ Un sabro-poĂźpnard. Un 'tĂ upeĂżilloti. (IiĂ»edtĂš. ) PLURIEL Des bornes-foDtĂ ines. Des choux-narets. Des ballons^narires De» gardes-magasins. Des gommes-rĂ©sines DĂą gouttes-Ă©rĂąmpĂȘs I>e8 gommes-laques. Des prĂ©trea-cardinaux. Dm poiĂŽoos-feiĂąmes. Des reĂźnes-CUndes. Des sabres-poignards. Des taupest^iRoas. EXCEPTIONS. 1” ‘SÉRIE; SlKGtrLIEB. Le marquis de X... s'Ă©tant Ă©veillĂ© pendantßànuit, et entendant chanter le rossignol, fit venir, son garde- xbasse-, 'Ă©t lui oirionifia d’àUer tuer "cette vilaine bĂȘte. (de JĂŽĂŒy.) Puis-je oublier l'Ɠillet de la vallĂ©e, Le bouton-d’or, la pĂąle'giroflĂ©e, ie chĂšvre-feuille Ă  l’ode ĂŽr parfumĂ©e ? ' (Brugnot.) ♩ TiBs ^Ă©Ăčk politiques sont Inverse Ă h '^c<^in-ihiaĂźl- (Boiste.) Dans d'fle "de ^Cùÿenne, *6n ^appĂšlle FohjĂ Ă»r-cbfn- mandeur une e^Ăšte de bruant -qui a coutume de chanter au point du jour, et que les cĂŽlons sont Ă  portĂ©e d’entendre, parce qu’il vit autour des maisons. (Buffon.) . ^LĂš bĂ©e figues '^ui, comme l’ortolan, fait les'dĂ©lices de nos tables,' n’est.pas aussi ‘beau quâ€™ĂŒ Ăšfet “‘bon. ' Le porc-Ă©pics, quoique originaire des climats les puis chauds de l’Afrique et des Indes, peut vivre Ă©t se multiplier dans les pays moins chauds. (Buffon.) 2« SERIE. PLURIEL. Les sables de l’Afrique, oĂč nous n’avons pas de gardes-chasse, nous envoient des nuĂ©es de cailles et d’oiseaux de passage, qui traversent la mer au prinÂŹ temps , pour 'Couvrir nos tables en automne. (Bernardin de St-Pierre.) La fameuse madone Chekka, dans Vile de Chypre est 'situĂ©e dans 'im .'Canton dĂ©licieux. Des chĂšvreÂŹ feuilles , des roses, et quantitĂ© d’arbrisseaux d’une odeur aromatique , parfument VaEir des environs. (L’abbĂ© de la Porte.) Nous 'courons, Ɠn coUn^maĂŒlard, .aprĂšs le plaisir ; et, lorsqu’aprĂšs l’avoir saisi, nous ĂŽtons le bandeau, ce n’est plus ce que nous avons pensĂ©. (Boiste^ Lhs (bĂčnjouT-xorhmandeKrs iont le cri aigu de mos moineaux de France ; ils sont le plus Souvent Ă  terre comme les bruants, et presque tcfujomrs deuxĂą^dĂšhx. (Buffon,J hesbecfigues larrivent en-Lorraine'en f avril:, et en partent au mois d’aoĂ»t, mĂȘme quelquefois plusĂŻtĂŽt. . . mĂ  Nous avons vu des porcs^^pics ’nvants , et jaihais nous ne‘les avons Vus, quoi(iue violemment excitĂ©s, darder leurs piquants. (Id.) t » (1) Le mot garde, sigtiiOant gardien, est substantif et doit prendre la marque du pluriel ; des gardet-boU, des gardUnedei boU; mais sll re- prĂ©senteun ĂȘtre inanimĂ© , un objet, on le cODSÎdĂšre alors comme verbe , eL par consĂ©quent, il demeure invariable t des garde-manger , des armoitogoĂč l’on garde le manger.
( 112 ) On appelle distillation.au 6aĂ»i-maric (1), celle qui se fait en mettant dans un vaisseau plein d’eau chaude, qui est sur le feu, le vase oĂč sont les matiĂšres que l’on veut distiller, (AcadĂ©mie.): L’usage des bains-marie date de la plus haute anÂŹ tiquitĂ©; c’est, diLon , la prophĂštesse Marie qui en fut l’inventrice. (....) Ces exemples prĂ©sentent quelques difficultĂ©s que nous ne pouvons rĂ©soudre par des rĂšgles gĂ©nĂ©rales ; car l’accord des substantifs composĂ©s qui fixent notre attention en ce moment, dĂ©pend des vues de resprlti Nous allons donc avoir recours Ă  la dĂ©comÂŹ position de ces substantifs, et de quelques autres semblables, pour dĂ©terminer, d’une maniĂšre, positive, sur lequel des deux mots repose TidĂ©e du singulier ou du pluriel. Un gardĂčHihasse : Un garde ( ou gardien ) qui veille SUT la chasse. Un garde-marine : C’est-Ăą-dirĂš un garde de la marine. Un garde-vaissĂšlle : Signifie un garde ( ou garÂŹ dien ) de la vaisselle du roi. Un appui-main : Un appui pour la main. Un chĂšvre-feuille : Un arbrisseau dont la feuille grimpe comme la chĂšvre. Un colinmatllard : Un jeu oĂč Colin, les yeux bandĂ©s, cherche Ă  attraper Maillard. Un bec-figues : Un'oiseau dont le bec pique les figues. Un chĂšvre-pieds : Un animal fauve ou satyre, qui a dcs pieds de chĂšvre. Un brĂšche-dents : Une personne qui a une brĂšche dans les dents. garde-malades : Un garde (ou gardien) dc malades. Un porc-Ă©pics : Un animal qui a le grognement du porc et des Ă©pies ou piquants sur le corps. Des gardes-chasse : Des gardes {ou gardiens) qui veillent sur la chasse. Des gardes-marine : C'est pour des gardes de la marine. Des gardes-vaissĂ©lle : Pour des gardes ( ou garÂŹ diens de la vaisselle du roi. Des appuis-main : Des appuis pour la main. Des c/iĂši;re-/ewilles .**Des arbrisseaux dont Ica feuilles grimpent comme la chĂšvre. Des colin-maillard : Des Jeux oĂč Colin, les yeux bandĂ©s, cherche Ă  attraper jWdillard. Des bec-figues ; Des oiseaux dont le bec pique les figues. Des chĂšvre-pieds : Des animaux fauves ou satyres, qui ont des pieds dc chĂšvre. Des brĂȘche-dentsDes personnes qui ont chacune une brĂšche dans les dents. Des gardesmaĂźades : Des gardes (ou gardiens) de malades, N. Des porcs-Ă©pics : Des animaux qui ont le grogneÂŹ ment des porcs et des Ă©pies ou piquants sur le corps. D’aprĂšs Texamen que nous venons de faire, on peut conciur.e : 1° Que, si TidĂ©e du singulier repose sur Tun des deux substantifs, comme dans des GARDES-CHASSE, des chĂšvre-feuilles , ou mĂȘme sur les deux Ă  la fois, comme dans colhir-mĂ tllard, ces substantifs, quoique prĂ©cĂ©dĂ©s de Tarticle pluriel, demeurent inÂŹ variables. . , . 2Âź Que, si TidĂ©e de la pluralitĂ© se fixe sur le second substantif, ce substantif se met au plĂčriel, sans avoir Ă©gard Ă  Tarticle singulier qui le prĂ©cĂšde, et avec lequel il semble ĂȘtre en contradiction. — Exemple : un bec-figues, un chĂšvre-pieds, un brĂšche* dents, etc. (1) Quelques grammairiens pensent qnelialnĂ©um Maris (bain de mer) est Torigine dc bain-Marie; mais, comme il n’existe aucune analogie entre ces deux expressions, il n’est pas prcsuniable que Tusage se-soit Ă©cartĂ© Ă  ce point de la vĂ©ritĂ© ; au surplus, quelle que soit TĂ©tymologie de ce nom* compose, le second substanÂŹ tif se trouvant au singulier dans les deux versions qĂŒon lĂŒi attribue, on peut Ă©crire avec certitude dc? bains- Marie ; cn effet TidĂ©e du pluriel ne tombe que sur le mot bains.
8INGDUER Ud ‱ppaĂź-main. Dn bec-figues. Üu bricbe-deiits. Un bain-marie. .Un cotin-maiHard. Dn cbĂȘTre-reuille (l). Dn garde-ebasse. ( 118 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. PLimiEL. Del apputi-maĂźn. Des bec-figues. Des brĂšche-dents. Des bains-marie. Des coltn-maUIard, Des cbĂšvre-feuilles. Des gardes-chasse. SINGULIER. Un garde-marine, ĂŒn garde-malades. Une garde-malades. Un garde-Taissellc. Dn porc-Ă©pics. ' Un cbĂšvre-piedi. ĂŒn garde-scel. " PLUHISL, Des gardes-marine. Des gardes-malades. Des gardes-malBde& Des gardes-Talsselfab Des porcs-Ă©pies. Des cnĂ©vre-pieds Des garde-seel. N" XLVIII. *3^ ÜN ADJECTIF ET UN NOM RÉUNIS , COMME plainr-ehonU I'« SÉRIE. — SINGULIER. Ambroise, archevĂȘque de Milan, fut, Ă  ce que Ton dit, l'inventeur du plain-chant. (J.-J. Rousseau.) L’homme social vit plus p6\ir l’avenir, que pour le prĂ©sent ; pour Vamour-propre, que pour l’amour ; pour la puissance, que pour le bien-ĂȘtre. (Le comte de SĂ©gur.) Un secrĂ©iaire-gĂ©nĂ©ral doit rester Ă©ternellement dans sa prĂ©fecture, comme un chef de division dans son ministĂšre, pour y conserver les traditions. (NapolĂ©on.) Vous pouvez donner aux enfants le spectacle Ă©tonÂŹ nant de l’électricitĂ© atmospliĂ©rique par un cerf-volant. (Bernardin de St-Pikrre.) En vĂ©ritĂ© l’on prendrait ces lettres pour les sarÂŹ casmes d’un petit^aĂźtre, plutĂŽt que pour les relaÂŹ tions d’un philosophe. (J.-J. Rousseau.) Nous vĂźmes un poisson-volant. (Bernardin de St-Pierre.) Le gros-bec est un oiseau qui appartient Ă  noire climat tempĂ©rĂ©, depuis l’Espagne et l’Italie, jusqu’en SuĂšde. (BĂŒffON.) Une chauve-souris donna tĂȘte baissĂ©e Dans un nid de belette : et, sitĂŽt qu’elle y fut, L’autre, envers les souris dĂšs long-temps courroucĂ©e. Pour la dĂ©vorer accourut. (La Fontaine.) Du latin! de mon temps du latin! un gentilÂŹ homme en eĂ»t Ă©tĂ© dĂ©shonorĂ©. ^ (Saint-Evremont.) Chacun,' mĂȘlant les souvenirs du passĂ© aux joies prĂ©sentes, croit reconnaitre le vieillard dans le nou- veau-nĂ© qui fait revivre sa mĂ©moire. ■ (Le comte de SĂ©gur.) L’oiseau de basse-cour, conime l’oiseau du Pinde, Doit, pour rĂ©ussir ici-bas, Louer surtout les gens des vertus qu’ils n’ont pas. (GĂŒinguenĂ©.) Ce pĂ©dant ridicule, connu par sa fatuitĂ© et son ou- tre-cuidance, Ă©tait convaincu que son image en taille- iouce ferait un merveilleux effet au frontispisce des . Hommes Illustres. (de Jour.) H 2* SERIE. — PLURIEL. On peut dire qu’il n’y a rien de plus ridicule et de plus plat, que ces plains-chants accommodĂ©s Ă  la moderne. (J.-J. Rousseau.) Voltaire eut Part funeste chez un peuple capricieux et aimable, de rendre l’incrĂ©duhlĂ© Ă  la mode ; il enÂŹ rĂŽla tous les amours-propres dans cette ligue inÂŹ sensĂ©e. (Chateaubriand.) On ne peut permettre que les secrĂ©taires-gĂ©nĂ©raux soient en mĂȘme temps dĂ©putĂ©s. (NapolĂ©on.) Enfants, hĂątez-vous de rassembler vos ballons, vos volants et vos cerfs-volants. (Bernardin de St-Pikrre.) ‱ * Les dames et les petits-maĂźtres ont toujours ré vĂ©rĂ© la mode et mĂȘme enchĂ©ri sur elle. (Voltaire.) Nous vĂźmes des poissons-volants. (Bernardin de St-Pierre.) Les loriots mangent la chair des cerises, et les gros- becs cassent les noyaux et en mangent l’amande. (Buffon.) Il est au Louvre un galetas, OĂč, dans un calme solitaire,- Les'cĂąauues-soum et les rats Viennent tenir leur cour plĂ©niĂšre. (Le marquis de Villetth.) - Autrefois on ne faisait Ă©tudier les gentils-hommes que pour ĂȘtre d’église, encore se contentaient-ils le plus souvent du latin de leur brĂ©viaire. (Saint-Evrkmont.) . On dit que plusieurs sages-femmes, en pĂ©trissant la tĂȘte des nouveaux-nĂ©s, lui donnent une forme plus convenable*; et on le souffre ! (J.-J. Rousseau.) Les civettes cherchent, comme les renards, Ă  eia - ' trer dans les basses-cours pour emporter les volailles. (Buffon ,) Chauveau , Nanteuil, Meulan, Audran, etc., ont rĂ©ussi dans les tailles-douces, et leurs estampes orÂŹ nent, dans l’Europe, les cabinets de ceux qui ne peuÂŹ vent avoir des gravures. (Voltauw./ AaĂŻonrdliui on Ă©crit thitrtftuUt* en uo leul mot : Un thhvrtftuĂźlit, da ckivr«feuilU$. (ACASiMlB.} 15
( .) On reconnaĂźtra le chal-huant d'abord Ă  ses *yetix bleuĂątres, cl ensuite Ăą la beautĂ© et Ă  la variĂ©tĂ© disÂŹ tincte de son plumage, et enfin Ă  son cri : hĂŽhohĂŽhĂŽ, par lequel il semblĂ© huer. (Buffon.) Une femme hel-esprit (1) est le flĂ©au de ses eii- fants, de son mari, dĂ© ses valets et de tout le niond'Ă©. (.I.-J. Rousseau.) On ne trouve guĂšre les chats-huants ailleurs que dans les bois y en Bourgogne, ils sont bien plus comÂŹ muns que les hulottes ; ils se tiennent dans les arbres creux. (BuFFotid Point de ces gens, que Dieu confonde. De ces sots dont Paris abonde, Et qu'on y nomme beaux-esprits. Vendeurs de fumĂ©e Ă  tout prix. (J.-J. Rousseau.) Le substantif et Tadjeciif qui concourent ensemble Ă  former un nom composĂ©, sont susceptibles de prendre, Tun et Tautre, la marque du pluriel, comme nous venons de le voir : un plain-chant, des plains-chants, etc. SÏNGULIEB. Cn arc-boutent. Un firn-doubteau. Un bù«>r«l'rt!r. Une bafse-foase Une bossL-lisse. Une bù«ie-tailte. One basse-Toile. Un bcau-fll^.. Un beau-iicre. Un bon-IIeiiri. On bou-chrĂ©ticn. Un bnut-riinĂ©. Une courbĂź'boUei ĂŒn eourt'bouillon. Jn cordon-bleu.. Un eoiire-iaune. Un cliirhe-face. Une couple paille. Une rourlc-poinle. Un rerf-volaiit. Une doulple-feuille. Une eau-forte. Une fau»se-braie. Ud frain>*nlĂ©. Une folle-eiiebĂšre. Un foui-fuyant. Un garde-champĂȘtre Un gta—doubla. Ud garde-forestier. Uo grand-niaitre. Ùd garde-national Ua garde-impĂ©rial. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. PLURIEL. Des arcs-boutants. Ûes arcs-cloubleaux. ÎDes bai-relitfs. Des basses-fosses. Des baasKS-ItgacSi Des basses-tailles. Des basses-roiles, Ues bcniJs-lils. Des beaux TiĂšres. Des bons-Heiiris Des bons-cbrĂ©tiens. Des bouts-riniĂ©s. De Ci-urles-botles. Dc courts-bouillons Des onrdoiis bleus. Des coiffes jaiĂŻnes. Des cbidies-faccs. DĂšs courtcs-poĂźlles* Des courles-poiiilcs. Des ccrfs-folLinls. Des dou b les T<: utiles. Des eaux-fortes. Des ftiusses-braics. Des fruncs-salĂ©s. Des folles-enchĂšres. Des faux-fuyants. DĂ©s pordes-cbampĂȘtrc».' Des gras-doubleĂ . Des gardes-forestier». Des prands-iitaĂźtres. Des gnriiei-naiiouaux. Des gardes-impĂ©riaux. SINGULIER. Une belle-Ă»lle. Une belle-mĂšre, ĂŒn beau-pĂšre. Une be lie-sƓur. ,Un blanc-bec. ĂŒn garde-royal. Une garde-nationale. Une gardc-intpĂ©riale- Une garde-royale. Un grand-oncle. Un gros-texte. Un bout-bord. Une haute-futaie. Une haute-paye. Une haute Itee. Un loup-marin Un plat-bord. , Une plate-bande. Une plate-forme. Un petit-lait. Une petile-maĂźtressc: _ Un pont-neuf. Un pied-poudreux. Un pied-plut ou un plat-pieo. Un pot-pourri, ĂŒn rouge-gorge. Un laint-augustin. Une sainte-barbe. Un sauf-conduit. Une sage-femme. Ud lĂ©natus-couBulte. Un ver-luisant PLURIEL. Des belles-filles. Des belles-mĂšres. Des beaui-pĂšrĂȘs. Des beiles-sƓurs. Des biancs-becB. Des gardes-royaux. Des gardes-nationalĂȘs.' pes garde-impĂšriules. DĂ©s gardei-royales. Des grands-oncles. Des gros-textes. Des bauls-bordi. Des hautes-futaies. Des hautes-payei. Des hautes lices. Des loups-morias. Des plats-bordi. DĂ©s plates-bandes. Des plaleB-forniea. Des pctits.laits. Des petites-maltrcsses. Des ponts-neufs. Des piedfr-poudreux. Des pieds-plats. Des pots-pourris. Des rouges-gorges. Des saints-augusliua. Des saintes-barbes. Des saufs-cooduits. Des sages-femmes. Des sĂȘnatus-coDsultef. Des veri-lĂčtsantf. EXCEPTIONS. SÉRIE, SINGULIER. Celui qui a eu la facilitĂ© de IhTcr un blanc-seing, ae doit s’en prendre qu’à lui-mĂ©me, si l’on en abuse. (Merlin.) On appelle bure, la partie supĂ©rieure du fourneau qui s’élĂšve au-dessus du terre-plein. (Buffon.) Quand j’étais cĂ cvawa:-legers de la^reine, j’avais une tante chanoine.ssĂ©, et eUe voulait, parbleu ! nous faire beaucoup de "bien. (Revue de. Paris.) .. .Vous ĂȘtes un sot, en trois lettres, mon fils, ' C'est moi qui vous le dis, qui suis votre grand’mĂšte.' (MoliĂšre.) 2Âź sĂ©rie. PLURIEL. Des blartc-seings sont des armes perfides dans lea mains d’un fripon. ' (Anonyme.) Les terre-pleins sont des terres rapportĂ©es entre deux murs; ils sont employĂ©s pour fortifier les villes de guerre. ' (/d.) Le pape. Ou plutĂŽt Avignon, entretenait pour la garde du vice-consul et de la ville '60 chevaux-lĂ©- gers vĂ©lus de rouge, et lOO hommes d’infanterie vĂȘÂŹ tus de bleu. (L'abbĂ© de la Porte.) Louis XII revendiquait le duchĂ© de Milan, parce qu’il comptait parmi ses grand-mĂšres une sƓur d’un Yisconli ‱ lequĂši avait eu celte principautĂ©. (VoLTAIRBi) (I) Dans un jouriial intitulĂ© la MĂšre de Famille, on trouve cette phrase sĂźhiguliĂȘre ; MoliĂšre, Ă nĂ ibmisiĂȘ et peintre moral, devait attaquer le pĂ©dantisme des savants de son temps, et Jear^Jacques, ph^opkĂš sentimental, les ]^Ă©tentions des Ă©gbiveusbs BËL-ËSPRIT du sien.
(115 ) Nous gĂątions les outils de mon bon vieux granĂ r- pĂšre pour faire des montres Ă  sĂŽh imitation. (J.-J, Rousseau.) Les juments produisent des poulains qui ressemÂŹ blent assez aux granĂ©f-pĂšres, (Buffon.) Pour rendre compte des motifs qui ont dĂ©terminĂ© l’orthographe des noms composĂ©s qu’on vient de lire, nous nous servirons ĂŽjx seul principe qui existe en grammaire, et par le moyen duquel on peut rĂ©soudre les plus grandes difficultĂ©s : c’est de ramener les mots Ă  leur Ă©tat primitif; de les voir dans toute leur acception, dans toute leur valeur, soit en remontant Ă  leur origine, soit en cherchant l’ellipse. Un blano-seing : Un setnĂż, ou signature sur paÂŹ pier blanc (i). Un terre-plein : Un espace pĂŻetn de terre. . ĂŒn chevaux-le'gers (2) ; Un cavalier du rĂ©giment des chevaua>-le'gers. Un cent-suisses : ĂŒn soldat du rĂ©giment des cent- suisses, Ün courte-haleine : Un homme qui a VhaĂźeine courte. Vne douce-amĂšre (plante) : En latin dulcamara. Üne toute-bonne, une ioute-saine : ĂŒne plante tout-Ă -fait bonne - une plante tout-Ă -fait saine. Une toute-Ă©pice : Une plante qui a tout-Ă -fait le goĂ»t de VĂ©pice. Une grand’-tante, une grand’-mĂšre : C’est par euÂŹ phonie que l’apostrophe remplace l’e de grande dans grand/-tanie, grand’-mĂšre. Des blanc-seings : DĂšs seings, ou signatures sur papier blanc. Dp terre-pleins : Des espaces pleins de terre. Des chevaux-lĂ©gers : Des cavaliers du rĂ©giment des chevaĂŒx-lĂ©gçrs. Des cent-suisses: Des soldats du rĂ©giment des cent-suisses. Des courte-haleine : Des hommes qui , ont l’Aa-. leine-courte. Des douces-amĂšres : Le premier mot, conserve l’invariabilitĂ© du latin Ă uĂŻc. Le second, venant d’a- mara, varie. Des toute-bonnes, des ioute-saines : Des plantes tout-Ă -fait bonnes, des plantes tout-Ă -fait saines. Des toute-Ă©pice : Des plantes qui ont tout-Ă -fait le goĂ»t de VĂ©pice. Des grand’-tantes, des grand’-mĂšres : Sont des . titres qui marquent les liens du sang. ■ EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. singulier. Un Lbno-settig. Un courte-baleine. ĂŒn cheTaux-lcgera. ĂŒn cent*«uims. Une (louce-amĂšre. Üne grand'-chambre, ĂŒoe grand'iKcsse Une giiiud’-mĂšre. PLURIEL. Des blanc-seings. Des courte-haleine. Des chera ux-lĂ©gera. Des cent-suisses. Des douce-amĂšres. Des crand’-chambres. Des grand'-meascs, ‱ Des grand’-ctiĂšres. SINGULIER. Un grand-pĂšre. Une grand'-rue. ĂŒne grand’^arde. Une grand'-tante. Une toute-bonne. Un terre-plein. Une toute-saine. * Une toute-Ă©pice. PLÜRIBL. Des grand ^Ăšres. Des grand’-rues. Des grand'-gardes. Des grHid'-tantes. Des toute-boanea, Des terre-pjeÎDs. Des loate-saines. Des toute-Ă©pice. (ĂŻ) L’AcadĂ©mie Ă©crit Ă  tort des blancs-seings ; l’analyse le prouve jusqu’à l’évidence. (2) Cette ortliographe est la seule que l’on doive adopter, parce qu’elle est en harmonie avec la pensĂ©e. On Ă©crit bien des tĂȘte-Ă r^tĂȘte, un essuie-mains, pourquoi n’écrirait-on pas un chevaux-lĂ©gers, cela doit paraĂźtre aussi naturel Ă  quiconque craint de choquer la raison. Nous repoussons donc cette orthographe : un chevau- leyer, des chevau-lĂ©gers, Ă  moins de supprimer le trait d’union. Autrement, il y a touLA-la-fois barbarisme et solĂ©cisme. C’est donc Ă  tort que l’AcadĂ©mie, dans son dictionnaire, Ă©dition de 1835, Ă©crit : Un çhevau-4eger, des chĂšvau-ßégers.
( <<S') N° XLIX. NOMS COMPOSÉS DONT L’UN , PRIS ADJECTIVEMENT, NE S’EMPLOIE PLÜ9 SHOL. % I” SÉRIE. SINGULIER. (ta est toujours Ă©tonnĂ© de voir TintrĂ©piditĂ© avec laÂŹ quelle une petite pie-griĂšche combat contre les pies, les corneilles, les crĂ©cerelles, tous oiseaux beaucoup plus grands et plus forts qu'elle. (Buffon.) Sous la plus sale porte-cocftĂšre, sous la plus miÂŹ sĂ©rable allĂ©e, nous voyons Ă©crit en gros caractĂšres : Parlez au concierge... ah! rions, mes amis , rions dc la vanitĂ© humaine. (Anonyme.) Les plus belles peaux de lynx viennent de SibĂ©rie , sous le nom de loup-cerviery et de Canada, sous ceÂŹ lui de chaLcarvter. (Buffon.) Un pied de forme ronde, et qui qui fait que l’on marche avec peine, est un pied-6oL (AcadĂ©mie.) Le velours de la tĂȘte du calybĂ© est d’ûn beau bleu changeant en vert, dont les reflets imitent ceux de Tatgue-marine, " (Buffon.) Un franc-aUau Ă©tait un bien patrimonial hĂ©rĂ©ditaire. (Boiste.) Un franoalteii Ă©tait un fonds de terre , soit noble, soit roturier, exempt de tous droits seigneuriaux, ' ' (AcadĂ©mie.) La chasse du petit-gris est si gĂ©nĂ©rale parmi les Lapons, que cette peau est de toutes-les fournies la plus commune et la moins chĂšre. Un paquet de cinÂŹ quante Ă©cureuils ne coĂ»te guĂšre plus de trois Imes. (L'abbĂ© de la Porte.) ߟ SERIE. PLURIEL. . Les femmes sont des oiseaux qui changent de pluÂŹ mage piusieurs fois par jour : ce sont des pies- griĂšches dans le domestique, des paons dans les promenades, et des colombes dans le tcte-Ă -tĂ©te. (Dufresny.) A l’heure des spectacles, toutes les portcs-cocAĂšres s’ouvrent, les voitures s’élancent, les théùtres et les cafĂ©s se remplissent. (de Jouy.) * Les loups - ccrvier5 de Canada sont seulement, comme je Tai dĂ©jĂ  dit, plus petits et plus blancs que ceux d’EĂŒrope ; et c’est cette diffĂ©rence qui les a fait appeler chals-cervters. (Buffon.) Les gens de mauvaise foi sont des pieds-6ofs en afÂŹ faires ; ils marchent diilicUement. (Anonyme.) Les pierres prĂ©cieuses, les Ă©meraudes bleues , mĂȘÂŹ lĂ©es de doux ' reflets verts, semblables Ă  de Teau de mer, sont des aigues-marines. (Anonyme.) Comme le gouvernement fĂ©odal, Ă©tabli sous cette deuxiĂšme race, n’obligeait pas moins les seigneurs Ă  dĂ©fendre les vassaux, que les vassaux Ă  combattre pour les seigneurs, on avait Ă©changĂ© en fiefs la pluÂŹ part des terres libres ou des francs-aUeux, afin de se mĂ©nager une protection nĂ©cessaire. (L'abbĂ© Millot.) Il n’y a point de iharchandises oĂč l’on soit plus trompĂ© qu'Ă  ces petits-gris Ăšt aux hermines, parce quç vous achetez la marchandise sans la voir, et que la peau est retournĂ©e, en sorte que la fourrure est en- dedans. (Regnard.) * s On rencontre quelquefois des noms com-posĂ©s dans lesquels il entre un mot qui ne s’emploie plus seul, parce qu’il a vieilli et qu’il n’a de sens et de force que joint au nom qui le prĂ©cĂšde. Ce mot, jouant le rĂŽle d’adjeciif, doit nĂ©cessairement en subir les accidents grammaticaux. C’est pourquoi l’on Ă©crit : des Loups-garous, des portes- cochĂšres, des pies-griĂšches. Le dernier des exemples citĂ©s, nous prĂ©sente deux adjec- tife dont l’ensemble forme un nom composĂ© : petit-gris. Quelque rares que soient ces noms, il est bon de les connaĂźtre et de rechercher, surtout, par l’analyse, la raison de leur orthographe. Quant Ă  leur Ă©tymologie, nous n’avons que des donnĂ©es inexactes ; nĂ©anmoins nous allons dire, Ă  cet Ă©gard, ce qui nous paraĂźtra de plus juste et le plus raisonnable. Loup-garou (i). Ce mot, au propre, signifie un loup qui mange les cadavres et ai- (1) Quelques personnes pensent que le mot garou est une altĂ©ration du verbe garer, et qĂŒun loup-garou esi un loup dont il faut se garer. D’autres, tout en conservant au mot garou la mĂȘme origine, l'analysent diffé remment, et prĂ©tendent que voilĂ  un loup-garou est pour voilĂ  un LOUP, GARE Ă  vous, OU lĂ© pĂ©ril vous menace. Suivant Borel, garou viendrait du vieux mot français garo ou garau, qui signifie rapide. Noua
( 117 ) .1- taque les hommes. C'est aussi*, suivant la croyance populaire, un sorcier qui a le don de pouvoir se changer en'loup. Au figurĂ©, on dit en parlant d'un homme bourru, faÂŹ rouche, insociable, que c'est un loup-garou. Loup-cervier. Animal qui n’a que ie hurlement du loup, et dont Itf peau est tachetĂ©e comme celle des jeunes cerfs. C’est ce qui lui a fait donner l’épithĂšte de cervier. Pie-griĂšche signifie pie-grisĂątre, nous disent quelques grammairiens; mais comment se fait-il que Buffon et les naturalistes aient ajoutĂ© au substantif pie-griĂšche l’épithĂšte inutile de.^fme, ce qui fait pie-griĂšche grise (1). Ce serait Ă©videmment un plĂ©onasme; nous croyons donc que la pie-griĂšche, ayant quelque chose de la pie et de la grive, on a formĂ© son nom de celui de ces oiseaux. k Les dictionnaires Ă©tymologiques pensent toutefois que griĂšche ou griesche est un adÂŹ jectif altĂ©rĂ© qui signifiĂ© venant de la GrĂšce, originaire de la GrĂšce. / * Pied-bot. L’adjectif bot vient sans doute de ce que le pied qui a cette infirmitĂ© esf ordinairement chaussĂ© d’une espĂšce de botte ou brodequin; ainsi i&of est une abrĂ©viaÂŹ tion de bottĂ©., ^ t * Aigue-marine vient de deux mots latins aqua marina, eau de mer. Franc-alleu. Alleu est un vieux mot qui signifie Ă  peu prĂšs un bien, une terre, ĂŒn franc-alleu est donc un bien ( noble ou roturier ) qui est franc ou exempt de tous droits seigneuriaux. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. SINGULIER. Ud0 Bigue-mBriDC. Une branche-urai ne. One Ă©pine-Tinette. Un fraoc-alleu. ' Un franc-rĂ©aL Une gomme-guUe. Une gomme^aquo. PLURIEL. Des Bigaet-marines. Del branches-unines. Des Ă©pines-TiDettei. Des franes-alleux. Des francs-rĂ©als. Des gommes-guttes. Del gommes-laquei. SINGULIER. Une gomme-rĂ©sine. Un guet-apens. Un loup-cerrĂźer. Un lĂ»up-garou. Une ortie-priĂšche. Une pie-griĂ©cbe. Une porte-GOchĂšre. PLURIEL. Des gommes-rĂ©unes. Des guets-apens Des loups-cervieri. Des loups-garous. Des ortiefr^riĂšches. Des pies-griĂšehes. Des portes-cocbĂ©res. I - NÂź' L. DEUX NOMS UNIS PAR UNE'PRÉPOSITION, GOMME chef-d’Ɠuvre. * 1” SÉRIE. — SINGULIER. Une femme charmante et sage, VoUĂ  d’un Dieu puissant le chĂ©f-d’Ɠuvre enchanteur; Kt dans sa plus parfaite'image, J’adore son divin auteur. (De SĂ©gur.) 2Âź SÉRIE. PLURIEL. Nous n’attribuons aucun des chefs-d’Ɠuvre de l’homme au hasard; pourrions-nous croire que lui- mĂȘme en serait l’enfant? (Chateaubriand.) croyons, nous , qu’il est infiniment plus raisonnable de faire dĂ©river ce mot du celtique garo ; et ce qui nous porte Ă  croire que c’est lĂ  sa vĂ©ritable Ă©tymologie , c’est que le mot garo, en celtique, veut dire Ăąpre, rude, aigre d’humeur et de paroles, sauvage, cruel. (1) On en trouve d’absolument blanches dans les Alpes, et ces pies-griĂšches blanches, aussi bien que celles qui ont une teinte de roux sur le ventre , sont de la mĂȘme grandeur que la pie-griĂšche grise, qui n’est elle- mĂȘme pas plus grosse que le mauvis, autrement la grive-mauviette. (Buffon). Au figurĂ©, pie-griĂšche n’est point une petite-maĂźtresse, comme bien des personnes se l’imaginent; mais une femme mĂ©chante , acariĂątre, qui pince, mord et Ă©gratigne ; enfin une femme du naturel de l’oiseau, et telle que Pigaut-Lebrun l’a fort bien dĂ©peinte dans un des exemples rapportĂ©s ci-dessus.
(118 > Depuis le dĂ©luge, Vare-en-eiel a Ă©tĂ© un signe de la ClĂ©mence de DiĂ©u. (Bossubt.) Peut-ĂȘtre ne voit-on pas trĂšs clairement du preÂŹ mier coup d’Ɠil, le rapport qu’il y Ă  entre une lettre- de-change et un feuilleton. C’est une Ă©nigme que i’abandonriĂš Ă  lĂ  sagacitĂ© dĂ© mes lecteurs. (de. Jouy.) Outre que la femme-de-chambre, une fois dĂ©posiÂŹ taire du secret de sa maĂźtresse , iui fait payer cher sa- discrĂ©tion; elle agit comme Tautre pense, et dĂ©cĂšle toutes ses maximes en les pratiquant maladroitement. (J.-J. RĂŽĂčsskaĂŒ.) II prononça, en frĂ©missant, ces mots terribles de commis et de rat-de-coxei W me. fit entendre qu’il cachait son vin Ă  cause des aides; qu'il cachait son pain Ă  cause de la taille, et'qii’Ü serait un homme perdu, si Ton pouvait se douter qu’il ne mourĂ»t pas de faim, ' (id.) * ‱ La belle-de-nuit n’ouvre ses flĂ©ĂŒrs lĂ©s plus parfuÂŹ mĂ©es que dans TohscurĂźtĂ©. (Bhrnabdin de St-Pibrre.) Le pot-au-feu du peuple est ia hase des empires; (Mirabeau.) On se ferait une fausse idĂ©e de la queue du coq- d’Jnde, si Ton s’imaginait que toutes les plumes dont elle est formĂ©e fussent susceptibles de se relever en Ă©ventail. (Buffon.) Vous souvient-il ; monsieur, quand ma maudite mule Mc jebj, par malice, en ce trou si profond ? Je fus prĂšs d’un qĂŒart-d’heure Ă  rouler jusqu’au fond. . (Uegnard.) C’est avec de Veaurde-vie # ■ de la poudre Ă  canon , des fusils, des sabres, du fer, que nous commerçons principalement avec les AmĂ©ricains et les Africains. (Bernardin de St-PĂŻerre.) La matiĂšre fluide du ver-Ă -soie, de TaraignĂ©e et de plusieurs espĂšces de chenilles, acquiert tout Ă  coup de la soliditĂ© en sortant de leur corps, et se change. en soie par le simple contact de Tair. (Bernardin de St-Pikrre.) Si Ton veut donner beaucoup d’intĂ©rĂȘt Ă  un paysage riant et agrĂ©able, il faut qu’on Taperçoivu au travers d’un grand arc-de-triomphe, ruinĂ© par le temps. (Èernardin'de St-Pikrre.) Le bec-d’argent est de tous les tangaras celui qui est le plus rĂ©pandu dans Tile de Cayenne et Ă  la Guyane. . (Buffon.) Comme un aide-de-camp je viens en diligence appeler du sĂ©coiirs. (Regnard.) Allez dans la prairie, et vous pourrez admira' Ă  la fois mille arcs-en-ciel peints sur chaque goutte de rosĂ©e , et qui mĂȘlent leurs riches couleurs Ă  la ĂźiarurĂ« des champs, (AfMÉ-MÂRTiN.) J’ai toujours eu pour principe de ne Jamais faire . des lettres-de-change, et* Je me -suis toujodrĂ  dit, 'avec nos meilleurs poĂštes comiques : C’est jouer trop gros jeu que jouer le par-corps. (de Jouy.) A Paris, je jugeais des mƓurs des femmes de ma connaissance par Tair et le ton dĂ© leurs fcrmhes-d&- chambre, Ă©t cette rĂšgle nĂš m’a jamais trompĂ©, (J.-J. Rousseau.) Que sous le joug des lihrairĂ©s On livre encor nos auteurs ; Aux censeurs, aux inspecteurs, Rats-de-cave littĂ©raires ! (BĂ©ranger,) Les bĂ©lles-demuit du PĂ©rou, Tarbre triste des MĂŽ- luques, ne fleurissent que la nuit. ^ (Bernardin de St-Pibrrb.) Les paysannes mangent moins de viande et plus de lĂ©gumes que les femmes de la ville ; ce rĂ©gime vĂ©gĂ©tal parait plus favorable que contraire Ă  elles et Ă  leurs enfants. Quand elles ont dĂšs nourrissons bourgeois, on leur donne despofs-dtt-/*ew.' (J.-J. Rousseau.) Le son grave que font entendre les coqs-d’IndesyaĂŽi leur cri, le roucoulement des pigeons qui s’exĂ©cute sans qu’ils ouvrent le bec, sont des sons de mĂȘme nature. (Buffon) Je vous assure, mesdames, qu’à moins dĂ© voler, ou ne peut pas faire plus de diligence; U n’y a pas, en vĂ©ritĂ©, trois quarts-d’heure que je suis parti de VerÂŹ sailles. (Uegnard.) Je ne puis douter que Tusage immodĂ©rĂ© du cafĂ©, du thĂ©, du chocolat, -des Ă©piceries , n’aient chez les EuropĂ©ens une partie des effets que nos eaux-de-vie ont chez les sauvages. (St-Lambert.) Les vers-Ă -soie sont si communs au Tonquin, que cette Ă©toffe n’y est pas plus chĂšre que le coton, et les plus pauvres en sont vĂȘtus;, (L’abbk de la Porib.) Tout ce qui frappe nos regards dans les citĂ©s nous parle des hommes, de leurs injustices, de leurs criÂŹ mes , de leurs misĂšres ; leurs palais sont Tasile .de la bassesse, et leurs arcs-de-triomphe, des souveoiFs glorieux de leurs forfaits, (AimĂ©-MĂ rtin.)’ Les becs-d!argent ne vont pas en troupes, mais toujours par paires. (Buffon.) J’ai passĂ© ma JournĂ©e avec des aides-de-camp et de jeunes militaires. (Chateaubriand.) Lorsque deux substantifs sont unis par une prĂ©position, le premier seulement est suscepliblĂ© de prendre la mĂ rqiie du pluriel : Un arc-en-ciel, de arcs-en-cieL
8TNGÜLIKB. Dn aro-en-ciel Ud arc-de-lriompbe. Uoe belle-de-nuiL Une belIe-de^our. Une barbe-de-bouc. Une barbe-de-Jupiter. Une barbe-de-chĂšfre. Une barbe-de-moine. . . Une barbe-de-renard. Un bec-de-corbm. Un bec-de-grue Un blanc-de-baleine. Un ciel-deJlL , Un cou-de-f ied. Uu croc-eti-jambe. Un culKle-batse-fofSĂ©. Un rut-^e-lampe. Un cut-de-jatlc. Un cbef-d'oeuTre Un eoq-d'lnde. Uu equpKl’cetl. Ub raWe-caTĂ©. ( 119 ) EXERCICE PBRA9É010GIQ0B. FLDBIBL. ,PĂ©l arcM^ieL Des ares-de-triomphe. Des belles-de-nuit Des belles-de-jour. Des barbes-de-boue. Des barbes-de-lupiter. Des barbeaJe-cbevre. Des barbes-de-moine. Des borbes-de-renard. Des bec»-de-corbio. DĂ©s becs-de-grue. Des blancs-de-baleine. Des cĂźelsKle-lit Des cous-de-pied. Des croçMii-jambes. Des rulb-de-basse-Tosse. Des culs-de-Iamp*. Ses ruls-de-jatte. Des cbefs-d’Ɠufre. pes coqs-d'lnde. Des coupt^'ƓiU Des ratMe-caTe. SINQÜLIEft. Une Ă©pi-J’eau. .Ùne femme-de-chambre. Uu jet-d’eau- ĂŒne lettre-de-cbange. Un maĂźtre^lliĂŽteL . ,Un inont-de-piĂ©tĂ©. Un pain-de<oucou. Un paln-de-pourceau. Un pied-de-c liĂšvre. Uu pĂźed-dc-b>ehe. Un pied-dtt-bƓuf. On pied-d'oioueltĂ©. Un pĂźed-de-çbat Un pied-de-veau. Un pied-de-lion. Un pied^e-liĂšvro Un pied-de-pigeon. Un poUde-viti. Un pied-de-mouche. On ratil'Ă©gliieu Un raUd'eau* PLURIEL. Des Ă©pis-d*eĂąa Des femraes-dfrcbambre. Des jets-dVau. Des lettrts-de-ehango. Des mait/es-d’bĂąteL Des mouts-de-piclĂ©. Des pains-de^oticou. Des paÎDS-de-pourceau. De; pied»de-rliivre. , Des pieds-de-biche. Des pied*Kl(*-b«uf. Des pieds-d’alouette. Des'pieds-de-chat Des pieds-de-veau. Des pieds-de-lioo. Des pied»-de-IßÚvre. Des p’cdvde-pigeOD. Des pot»-de-vin. Des pteds-de-mouche. Des rati-d'Ă©glise. Des rats-d’eau, EXCEPTIONS. ri* SÉRIE. — SINGULIER. Le coq-Ă -VĂąne ne se compose pas d’une sottise isolĂ©e, comme le quolibet ; comme le calembourg, mais d’une sĂ©rie de sottises rassemblĂ©es sans liaisons. (de Jouir.) Les bons bourgeois louent un pied-Ă -terre Ă  Passy, Ă  Cliaillot ou Ă  Boulogne , et les artisans passent leur dimanche aux PrĂ©s-Saint-Gervais ou aux bois de Ko^ mainvilie. (de JoĂŒy.) L’amour s’éteint ; et il n’est pas d’esprit assez fé cond pour remplir l’illusion, et servir de ressource contre.la longueur d’uu tĂȘte-Ă -tĂȘte continuel. (Pigault-Lebrun.) Le serpenf-Ă -sonneffas, cachĂ© dans les prairies de l’AmĂ©rique, fait bruire sous l’herbĂš ses sinistres greÂŹ lots. (Bernarnin de St-PieÂŁRÂŁ.) Je me suis arrĂȘtĂ© quelquefois dans les rues de Paris Ă  considĂ©rer avec plaisir de petites vignes dont les racines sont dans le sable et sous le pavĂ© ; elles tapissent de leurs grappes toute la façade dĂŒn corp^- de-garde. (Id.) J’avais un manteau qui traĂźnait Ă  terre, avec un pourpoint et ĂŒn haut-de-chausses quatre fols plus longs Ă©t piĂŒ9 larges qu'il ne fallait. . (Lesage.) Je lue sĂŒis avisĂ©, aprĂšs en avoir confĂ©rĂ© avec quel- quesruiis dĂ© nos confrĂšres de l'AcadĂ©mie, de proposer Ă  l’assĂ©biblĂ©e d’envoyer Ă  Monsieur l’Archevcque de Paris 1,200 livres, au nom de la compagnie, pour les pauvres de ÏUĂŽtel Dieu. (Voltaire.) La conversation de J.-J. Rousseau Ă©tait trĂšs inté ressante , surtout dans le tĂȘte-Ă -tĂȘte y mais l’arrivĂ©e d’un Ă©tranger sufiisait pour l’interdire. (Bernardin de St-Pierre.) C’est dans les fentes des rochers que se rĂ©fugient plusieurs oiseaux de marine, entre auties le paille- enr^queue. (Bernardin de St-Pierre.) 2* SÉRIE. — pluriel. La plupart des gens font des coq-Ă l’ñnĂš, comme monsieur Jourdain faisait de la prose. ' (de JoĂŒy.) Je voudrais avoir autant de pied-Ă  terre qu’il y a de saisons; l’hiver, j’habiterais l’italic; Ăźc printemps, l’Angleterre; l’étĂ©, la France.; et l’automne, lĂ  Suisse, afin de ne coĂŒtempler la nature que dans son Ă©clat. (Anonyme;) Dans les maisons, j’imaginais des festins rustiques; dans les prĂ©s, de folĂątres jeux; sur les arbres, des fruits dĂ©licieux; sous leur ombrage, de voluptueux tĂȘte-Ă -tĂȘte. (J.-J. Rousseau.) Les serpenis-Ă -sonnettes, sur lesquels on dĂ©bite tant de contes, ne sont pour l’ordinaire, ni plus gros, ni plus longs que nos plus grandes couleuvres de France. (de la Porte.) Dans tous les temps, les murs des prisons, des corps-de-garde, des Ă©coles, des auberges, ont Ă©tĂ© des registres ouverts aux impromptus des hommes. (de JĂŒuĂż.) t ^ ■ Ces grands hauts-de-chausses sont propres Ă  devenir les receleurs des choses qu’on dĂ©robe. (MoliĂšre.) Ce nom de lĂ©proserie n’était pas donnĂ© indiftĂ©rem- ment aux hĂŽpitaux ; car on volt par le mĂȘme testaÂŹ ment que le roi lĂšgue cent livres de compte Ă  deux cents DĂŽteĂźs-Dieu. (Voltaire.) I Dans les tĂȘte-Ă -tĂȘte les plus secrets, Emile ii’psc- rait solliciter la moindre faveur, pas mĂȘme y pai-altre aspirer. (J.-J. Rousseau.) Des paille-en-queue parcourent tous les jours deĂ« trois ou quatre cents lieues entre les tropiques, d’oÂŹ rient en occident, sans jamais manquer de retrouver, le soir; le rocher d’oĂč ils sont partis le matin. (Bernardin de St-Pierre.)
c 120 ) Les noms composĂ©s qui prĂ©cĂšdent,offrent une grande variĂ©tĂ© dans leur accord. CeÂŹ pendant, si nous avons recours Ă  la dĂ©comporition, nous serons bientĂŽt convaincus que leur orthographe, qui paraĂźt si bizarre au premier coup-d’Ɠil, est en harmonie avec la pensĂ©e. Un coq-Ă r-VĂąnĂȘ: Un discours oĂč Ton saute du coq Ă  TĂąne, c’eslrĂ  dire oĂč Ton passe d’une idĂ©e Ă  une auÂŹ tre idĂ©e sans raison et sans suite. Cn pied-Ă -terre : Un logement oĂč l’on pose seuleÂŹ ment un pied Ă  terre. Figure par laquelle on veut faire entendre que l’on ne s’y arrĂȘte qu’en passant. Ün tĂȘte-Ă -iĂȘte : Un entretien ou deux personnes sont tĂ©te-Ă -tĂ©te -, oĂč Ton est seul-Ă -seul; espĂšce de locution adverbi^e. ÏJn serpent-Ă -sonnettes : Un serpent couvert d’é- cailles dont le bruit est semblable Ă  celui des sonÂŹ nettes. JJh corps-de-garde : Un corps qui est de garde pour la dĂ©fense d'un camp ou d’une ville. Ün hĂŽtel-Dieu : Un hĂŽtel de Dieu. On voit que la prĂ©position de est sous-entendue. ' Des coq-Ă -VĂąne : Des discours oĂč Ton saute du coq Ă  TĂąne. Des pied-Ă -terre : Des logements oĂč Ton pose seu- teniĂ©nt un pied Ă  terre. * Des tĂȘte-Ă -tĂȘte : Des entretiens oĂč deux personnes sont tĂȘte-A-tĂȘte. * Des .serpents-Ă -sonnettes : Des serpents couverts d’ccailles dont le bruit est semblable Ă  celui des sonÂŹ nettes. Des corps-de-garde : Des corps qui sont de garde pour la dĂ©fense d'un camp ou d’une ville. Des hĂŽtels-Dieu : Des hĂŽtels de Dieu. EXERCICE PHRASÉOtOGJQĂŒE. SINGULIER. Un coq-Ă -l'Ăąne. On. cfirpKie^arde. Une fĂąte-Dieu. Un hautpde-cbauiM. Ud bĂ tebUicu. PLURIEL. Ded coq-Ă 'VĂąne. Des corps-Ă e-garde. Des fĂštes-Dieu. Des bauU-de-chausse. Des bĂ tels-Dieu. SINGULIER, ^Un cbar-Ă -baaca. Un pĂźed-Ă -terre. Un tĂ te-Ă -tĂ te. Un serpent^oiniettei. PLURIEL. Des cbarf-Ă .bsncs. Del pied-Ă -lerrĂ . Del lĂȘte-Ă -tĂȘte. Des ■erpcntt'Ă -sonnettes ÜOMS JOINTS A UN MOT INVARIABLE , COMME COnfre-COUp. U* SÉRIB. *— SINGULIER. Tout animal flaire ce qu’il veut manger : la thĂ©orie de la botanique est dans son odorat. Ce sens exquis est Vavant-coureur du goĂ»t. (Bernardin de St-Pikrrk.) ' Ët de monsieur GĂ©ronte il s’en faudrait bien peu Que par lĂ  je ne fusse iin arriĂšre-neveu. (Regnard.) ‱ Pendant un hiver assez rude, au mois de fĂ©vrier, J’allais tous les jours passer deux heures le matin, et autant VaprĂšs-dXnĂ©e, dans un donjon tout ouvert, que j’avais “au bout du jardin oĂč Ă©tait mon habitation. (J.-J. Rousseau.) Les mousses composent un sous-genre de plantes si nombreux, que ie botaniste Vaillant en a comptĂ© cent trente-sept espĂšces dans les seuls environs de Paris. . (Bernardin de St-Pierrs.) I..es Hongrois sont superbes et magnifiques en diaÂŹ mants. Le palatin de Hongrie ou vice-^oi est le plus opulent. (Regnard.) 2Âź SERIE. — PLURIEL. n est de ces instants oĂč TĂąme anĂ©antie D’un sinistre avenir paraĂźt ĂȘtre avertie ; Et souvent, en effet, ces secrĂštes terreurs Des dĂ©sasti'es prochains sont les avant-coureurs. (CuÉNIBR.) . Dans la progression des lumiĂšres croissantes, nous paraĂźtrons nous-mĂȘmes des barbares Ă  nos arriĂšre - neveux. (Chateaubriand.) Pour les aprĂšs-dĂźnĂ©es, je les livrais totalement Ă  mon humeur oiseuse et nonchalante, et Ă  suivre sans rĂšgle l’impression du moment. (J.-J. Rousseau.) Les vĂ©gĂ©taux aquatiques sont aussi des sous-genres harmonies avec l’ocĂ©an glacial, souterrain, aquatique et aĂ©rien. (Bernardin de St-Pikrre.) 4 * Les vice-rois des provinces de la Chine Ă©taient tenus de fournir Ă  l’empereur" chacun mille chariots de guerre attelĂ©s de quatre chevaux. (Voltaire.)
121 ) Mes aĂŻeux sont connus, et ma race est ancienne ; Mon trisaĂŻeul Ă©tait vice-bailli du Maine. (Regnard.) Alaric se donna le plaisir de crĂ©er dans Rome un empereur nommĂ© Attale, qui venait recevoir ses orÂŹ dres dans son anti-chambre. (Voltaire.) On voudrait trouver,un cheval pour une demi-forÂŹ tune, qui pĂ»t servu' en mĂȘme temps Ă  la selle. Âź (de. Jouy.) Je suis prĂȘt Ă  parier que, si Ton met un quinze- vingt dans la bibliothĂšque du roi, et qu’on lui laisse prendre un livre au hasard, la premiĂšre page de ce livre oĂč il mettra la main, contiendra une erreur. (Bernardin de St-Pikrre.) U faut voir sur-le-champ si les vice-baillis Sont si francs du collier que vous Tavez promis. (Rkgnard.) Il y eut deux anti-papes dĂšs le milieu du qua triĂšme siĂšcle. (Voltaire.) On ne gouverne point par des demi-mesures une ,nation Ă©clairĂ©e; il faut de la force, de la suite et de TunitĂ© dans tous les actes publics. (NapolĂ©on.) Quand, par cette piĂšce Ă©loquente, A la couronnĂ© tu parvins : Fut-ce au jugement des quarante? , Fut-ce Ă  celui des quinzemngt ? (Piron.) ' Lorsqu'un nom composĂ© est combinĂ© avec une prĂ©position, un adverbe ou un autre mot invariable et un substantif, le dernier prend seul le signe de pluriel : Une arÂŹ riĂšre-pensĂ©e, dQS arriĂšre-pensĂ©es, ' * ‱ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. SINGULIER. Udc aprĂšwlĂźnĂše ‱ Une arriĂšre-garde. Ün arriĂšre-goĂ»t. Un arriĂšre-nereu. Une arriĂšre-pensĂ©e. Un arriĂšre-petU-CIs. Un arriĂšre-point. Une BrriĂšre-«aisoD. Un arriĂšre-rafisaL Vn avant-bec. Une aranUcour. Un avBDt.coureur. Un aTant-dernier. ' Un aTanl-foĂ»t, Une arant-garde. Un aTant-niur. Un avaol-pieu. Une aTant-tcĂšne. Un avant-lrain. Une aTant-veille. Un contre-amiral. PLURIEL. Des aprÚ».d!nĂ©es. Des arriĂšre-gardes. Des ariiĂšre-goĂ»ts. Des arrierfr-nereux. Des arriĂšre-pensĂ©es. Des arriĂšre-petits-fils. Des arriĂšre-points. Des arrlĂšre-saifons. Des arriĂšre-vassaux. Des avant-becs. Des avant-cours. Des avant-coureurs. Des avant-derniers. Pes avant-goĂ»ts. Des avantgardes. Des arant-cnurs. x Des avant-pieux. Des avant-scĂšnes. Des avant-trains. Des avant-veilles. Des contrMmĂźraux SINGULIER. Un contre-appel. Une contrefasse. Une contre-batterie. Une contre-charge,' Une contreflĂ©. Un contre-coup. Une contre-danse. Une contre-Ă©preuve.. Une contre-lettre. Un cootrcHinaĂźtre. Une contre-marche. . Une contre-marque. Un contref rdre. Une coiiire-rĂ©rolĂŒtion. Une contre-vĂ©ritĂ©. Une sous-entente. Une sous-ferme. Un sous-lieutenant. Un sous-prĂ©fet. Un sur-arbitre. PLURIEL. Des contre-appels. Des contre-basses. Des contre-balte ri es. Des contre-charges. Des contre-clĂ©s. Des contrecoup). Des contredanses. Des contre-Ă©preuves. Des contre-lettres. Des eontreHnaitres, Des contre-marches. Des contre-marqueiL Des contrecrdres. Des contre-rĂ©volutions Des contre-vĂ©ritĂ©s. Des sous-enlentes. Des sous-fernies. Des sous-lie menants. Des sous-prĂ©fets. Des tur-«rbitrea. EXCEPTIONS. SERIE. — SINGULIER. La fleur da pcrce-netge est blanche, et elleĂ©clot dans des saisĂŽns et des lieux froids. . (Bernardin de St-Pierke.) Comme je ne fus jamais un grand croque-notes, je suis persuadĂ© que sans mon dictionnaire de musique on aurait dit.Ă  la Un que je ne la savais pas. (J.-J. Rousseau.) De guerrier fameux qu’il Ă©tait, le sauvage, du CaÂŹ nada est devenu berger obscur ; espĂšce de pĂątre exÂŹ traordinaire conduisant ses cavales avec un casse-tĂȘte, et ses moutons avec des flĂšches. (Chateaubriand.) Le gobe-mouches noir Ă  collier est la seconde des deux espĂšces de go6e-moucAes d'Europe. (Buffon.) Tous les bateaux rentrĂšrent dans VaprĂšs-midi, sans avoir Ă©prouvĂ© aucun dommage. (Bernardin de St-Pikrre.) 2“¼ SÉRIE.PLURIEL. Je regarde Ă  mes pieds si mes bourgeons en pleurs Ont de mes perce-neige Ă©panoui les fleurs. (Lamartine.) Si les manƓuvres et les croque-notes relĂšvent sou* vent des erreurs, j’espĂšre que les vrais artistes et les hommes de gĂ©nie y trouveront des vues utiles dont ils sauront bien tirer parti. (J.-J. Rousseau.) Nous* dĂ©couvrĂźmes de loin une troupe nombreuse d’habitants des montagnes bleues qui descendaient dans la plaine, armĂ©s de casse-tĂȘte. (Voltaire.) J’allais avec la foule des gobe-mouches attendre sur la place TarrivĂ©e des courriers. (J. J. Rousseau.) m’allant promener avec lui les aprĂšs-midi, je mettais quelquefois dans ma poche deux gĂąteaux d’une espĂšce qu’il aimait beaucoup. (J.-J, Rousseau.) 16
( .122 ) Le moine qui m’aecompagnait me dĂźt : Monsieur , ue soyez pas Ă©tonnĂ©, c’est ĂŒn pauvre capitaine qoĂź'u perdu l’esprit, Ă  causĂ© d’un passe-droit qu’oii ĂźĂŒi a fait dans son rĂ©giment. (Bernardin de St-Pisrbs.) Nons donnons le nom de casse-noisettes Ă  cet oiÂŹ seau , parce que son cri reprĂ©sente exactement le bruit du petit outil avec lequel nous cassons des noiÂŹ settes, (Buffon.) Ne laissez pas trainĂ©r tout cela, et portez-le dans ma garde-robe. (MoliĂšre.) Le gouverneur aimait Ă  se faire Ă©couter; Ce fut un passe-temps de l'entendre conter Monts et merveilles de la damĂ©, Qui riait sans doute en son Ăąme. ' (La Fontaine.) Ün garde^fouB est une balustre, ou barriĂšre, que l’on met sur le bord des ponts, 4es quais ou 4gs terÂŹ rasses poĂŒr empccher de tomber. (AcadĂ©mie.) Si vous vous avisez de vouloir faire tout de bon votre mĂ©tier, vous serez mĂ©prisĂ©, haĂŻ, chassÔ ^eĂŒt^Ă©irĂš , tout au moins acĂ©ablĂŽ aepai5Ă«-4rmi? (J.-J. Rousseau.) Les casseAioisettes vivent en petites troupes. (Buffon.) 0 , La neige couvre le pont et le toit de notre navire et foi me nos observatoires et nos garde-manger. (CUÀTEAUBRIAND.) je prĂ©sente au grand-prĂȘtre oĂŒ l’ençens, on le seĂźt j’entends chanter de Dieu les grandeurs infinies; Je vois l’ordre pompeux de ses cĂ©rĂ©monies. —HĂ© quoi! vous n’avez point depassc-femps plus doux? (Racine.) Petitr-Jean, ramenez votre maĂźtre, Çouchez-rle dans son lit ; fermez porte, fenĂȘtre ; QĂŒâ€™on barricade tout, afin qu'il ait plus chaud ; —Fai tes donc mettre au moins ÙQBjgardes-fous lĂą-haut. (Racine.) Lorsqu'un nom composĂ© est formĂ© d'un verbe et d'un substantif, le premier reste toujours invariable, et le second ne se met au pluriel que quand il peut se prendre dans un sens collectif : un hoche-queuey des hoche-queue; ĂŒn cure-dents, des cure-dents. i Bien que la plupart des noms composĂ©s qui ont rapport Ă  cette exception se trouÂŹ vent dans l’exercice, nous allons toutefois donner l'analyse de ceux qui offrent quelÂŹ que difficultĂ©; ils serviront de guides pour la dĂ©composition des autres. Un ou des abat-jour : Sortes de fenĂȘtres dont l’apÂŹ pui en talus abai le jour. ĂŒn ou dĂšs boĂŒte^en train : Tout homme qui boute (ou met} les gens en train de s’amuser ou do traÂŹ vailler. Un ou des brise-cou : Des escaliers si raides que l’on s’y brise lĂ© cou, quand on n’y prend pas garde. Ün ou des fier-Ă -bras : Des hommes semblables Ă  celui qui fier (ou frappe) Ă  tour de Ăšras. Fier, auÂŹ trefois fiert, vient du mot latin ferit, Ü frappe. ĂŒn ou des serre-tĂȘte : Des bonnets avec lesquels on ae serre la tĂȘte. Üh ou dĂ©s çàsse-tĂȘte : fespĂšces de massuĂ©s avec lesquelles le sauvage cassĂ© la tĂȘte de son* ennemi. Un ou des gĂągne-pam : Outils aveç lesquels un ouvrier gagne son pain. ĂŒn casse-noisettes : Instrument , avec lequĂ©l on casse des noisettes. Ün cure-dents, un cure-oreilles : Instruments avec lesquels on se cure les dents, on se cure les oreilles. ĂŒh chasse-mouchĂšs Petit balai avec lequel oĂŒ chasse les mouches. Vn couvre-pieds : Étoffe qui couvre les pieds. ÏM essuie-mains : Un linge avec lequel on s’essuie les mains. Ün porte-mouckettes : Un plateau qĂŒi portĂ© Tes mouchettes. Vh serre-papiers : Un meuble oĂč l’on serre des papiers. EXÉRCICE PHRASÉOLOGIQVE. UN oti DES ÀbĂ t.{aur. Abat-vent. AbaV-TQjy,' AprĂšf-dtimaln SrIaB-touU Briie-rçtit. BrĂ»le-tout. Ca rĂȘm c-prcfi RDt. Caiie-oou. j Cfaauet«oaUif CiiatsermarÚà. Obaag«o-pted; Ooupa-gorg*. UN oĂč DÉS CoupĂ«-^arret Goupe-tĂšte (jeu d'enfĂ nU). CouTre-cbef (ou Ute). Couvre-Teu. CrĂȘTe^ƒur. ÂŁqtre*«ot. FĂ©sko-mathieu. Fouilte-au-pot. Gagne-denier. GagnƓ-petĂźt. Gagna-paÎD. Gard»>TÙ^. Gard4«ciaBgw; Gorda-faa.' ' UN ou DES Garde-bouliquc. Gile-mĂ©tier. Grippe-cou. Hauwe-coi. Paue-poĂŒ. Une ou dei perco.^eigs (plantej. PiquĂ©-niqufl Portf'-clguille. Porte-dropeau. Paue-droit. Porte-eoBcIgtie. Portr-ĂȘtendard. Porte-huilier. Porte-fualheur. UN ou DES Porte-manteau-, Porte-reipect. Rabat-joie. RĂ©mue-tnĂȘDOÈ». BĂšTeille-oiatiti. Serre-file. Serre-tĂȘte. SoulTre-doalçur . TĂątĂȘ-rio. Tire-bourre. Tire-boueboii TirĂš-picd. Tuerchies. VolM^ent.
( 1S5 (Jafse-noisetto. Cbassc-moucUci. Croque-ootef. Cureo reille^ Cure-denti» fnĂŒie-tnaisi. Garde-fous.^ Garile-robes. Carde-meubles. Gobe-mouches. Puso-parelts. jPĂšfĂš-HquĂȘMrSi ÎPorte-manteaux. Po rte-cn o u cbe ttei. Serre-papierik Tire-balUa. Tire-bottes. Va-DU-pieds Vitle-bouteillei. ‹«w NÂź LU. MOTS INVARIABLES, COMME pOUr-bOire. 1« SERIE. SINGULIER. Le suisse et le bedeau se trouvĂšrent Ă  leur poste, et furent mbihs Ă©tonnĂ©s de la magnificence du pourÂŹ boire , en apprenant que le hĂ©ros de la fĂ©te Ă©tait ĂŒh marchand de vins. (de JoĂŒv.)' Il me fallait ce tour de passe-passe pour entrer dans le mgnde, et poiivoÜ* figufĂ©f parini les honnĂȘtes gens du jour, (Piron.) yoir Paris, sans voir la Çourtille, ' OĂč le peĂŒple joyeux fourmillĂ© ; Sans frĂ©quenter les Porcherons, Le renĂ ez-vous des bons luron^. - G’ést voir Rome sans voir le tJĂąpĂš. (Vadk.) . 2Âź sĂ©rie! —i PLURIEL. Un autre racontait toutes les petites ruses qu’il met-, tait en usage pour multiplier ses courses et pour augÂŹ menter ses poUt-boirĂ©\ (de Jody.) Oh I ph ! mon petit ami Guaman , mĂ©diteriez-vous; par hasard, quelqu’un de ces tours de passe-^passe que vous savez si bien faire? (LĂ«sagk.) Les rendez-vous. ^ » t . ; : . Ne lui manquaient npqplus que l’eau du puite.; (La Fontaine.) Pour-boire, passe-passe, etc., se formant de tous mots invariables; c’est-Ă -dirĂ© dâ€™ĂŒii verbe joint Ă  un autre verbe, ou Ă  un adverbe, pu Ă  une prĂ©position, ne §ont pas sus- cĂšptĂźblĂ©s de Ăše piĂŒralisĂ«i*. * ‱ EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE SINGULIER Un doll-ct-QTi<ir. Un entre-deux. Un Ă©route-e'il-pleut. Un meurl-de-falni. Ün ouĂŻ-dire. Un qu’envlira-tofi. ' . PLUniBÎi Des doit-vt-avoĂźk Dea entre-deux. De* Ă©coute-*’it-pteuL Des rpiurLde-f«i|n, P«s ouwlirĂš. Del qu'éà-dira-t-on. J _ ĂątNGULÏER. Un qui-vadĂ . Un tee-tac. Un paise-paue. Uo pa^iefpiHoUii tju plpep^ttneifirĂš.' PLURlEi Def qui-vt4i. Dia tae-tao. Del paiie-paue. Pea paĂŻae-partout. Del piDCoeani-rĂźre. NÂź LUI. NOMS COMPOSÉS RENFERMANT UN MOT PEU CONNU ET QUI N’EST ÉAS d’USAGE JSOLÉMJBN^ , COMME maUre-Ăšs-arĂźs. 1"Âź SÉRIE. SINGULIER. Nous autres.du barreau, nous sommes des gaillards. Vous ĂȘtes avocat ? Et de plus maĂźtre-Ăšs-arts. (Rkgnard.) Les prĂ©paratifs du dĂ©part des Ă©poux furent bientĂŽt faits, le utce-roi ayant expressĂ©ment dĂ©fendu Ă  son Ă»ls d'avoir une noinbreuse Ă©t fastueuse suite. (Lbsagh.) ' Le semt-ton moyen, ‘ Ă©tant substituĂ© au semf-ton maxime, donne des intervalles faux partout oĂč U est employĂ©. (Roussrav.] 2Âź SERIE. « PLURIEL. On pourrait prĂ©sumer qu’il y a dans le ciel ĂŒnĂ© faÂŹ cultĂ© de mĂ©decine oĂč les saints passent maĂźtrĂ©s-Ăšs- arts ; car les chrĂ©tiens s’adressent Ă  eux pour toutes les maladies. (L'espion Chinois.) Contre mes utce-rois sa haine se dĂ©clare, Songez-y, vous d’abord, excellence en siniarre, Vous, CorbiĂšre, chĂ©ri des bons ignorantins! (MĂ©ry et BarthĂ©lĂ©my.) Une division meilleure et plus naturelle, serait donc de partager le ton ihajeur en deux jcmt-tohi, (Rousseau.)
(124) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. SIN6UUEB. Dr mattrc-Ú»-arti. Da vice-roi. Dne vice-amiral. Un vice-oouauL Uii vice-lĂȘgaU Un co-ĂšUL PLĂŒHIBi:., D«a mattret-Ăšs-arU. * Dei vice-roii. Dea vice-amiraux. Del vice-consuli. Del vicedĂ©gats, De« co<Jtau. - SINGULIER. Uo viee-prĂ©iideuL Uoe vice-reiue. Do lemi-ton. Un quati-dĂȘlil. Un quasi-cootrat. Un co-dvĂšquo. PLURIEL. Del viee-prĂšildeati. De» vice-reiiict. Des semi-ton». Oes quasi-dĂ©lits. Des quasi-contrat». De» oo-Ă©vĂȘques. MaĂźtre-Ăšs-arts. Le mot Ăšs, qui est formĂ©, par contraction, de la prĂ©position met de l'article les, signifie dans les. Ainsi, maĂźtre Ăšs-arfĂŽ peut se dĂ©composer par maĂźtre dans les arts. C’est pourquoi le substantif arts se met toujours au pluriel. Vice-roi, vice venant d'une prĂ©position latine, le mot roi seulement se pluralise. Le semi-ton. correspond Ă  demi; mais il est plus doux, et ne s'emploie qu’avec certains mots : Une fleur semi-double, une semi-preuve. On dit aussi Ă  mi-corps, Ă  'mi- jambes. Tous ces mots sont pour une fleur demi-double, une demi-preuve, Ă  demi- corps, etc. ' LĂšse-majestĂ©. Le mot lĂšse signifie : qui blesse, ĂŒn crime de lĂšse-majestĂ© est donc un crime qĂŒi blesse, qui offense la majestĂ©. Co-Ă©vĂȘque, co-Ă©tat. La premiĂšre partie de ces mots se rĂ©unit gĂ©nĂ©ralement : coexisÂŹ tence, coĂ©temel. EspĂ©rons que le tiret disparaĂźtra bientĂŽt dans co-Ă©vĂȘque, co-Ă©tat y ainsi que dans quasi-dĂ©lit, quasi-contrat y etc. MalgrĂ© les rĂšgles que nous avons Ă©tablies, nous ne croyons ‘pas inutile de donner la liste,alphabĂ©tiquedes noms composĂ©s. LISTE ALPHABÉTIQUE DES NOMS COMPOSÉS. SINGULIER. Un abat-faim. Un abatpfoio. Un abat>jour. Un abal-vent. Un abat-voix. Un aide-dMamp. ' Una aigre-douce. Une aigue-niarine. Un apptĂ»-maln. Un aprĂšt-demain. ĂŒne aprp»-dĂźnĂ©e. Vne aprĂšs midi. Une apré» soupĂ©e. Un arc-bouiant. Un arc-doubleaC. Un arc-en-ciel. Un arriĂšre-ban. Une anĂŒre-boutique. Un arriĂšre-rorp». Une arriĂšre-garde. Un arrßÚre-goĂ»l. Une airlĂšre-)lgne. Due arriĂšre-maiti. Un arriĂšre-neveu. Une arriĂšre-niĂšce. Un arriĂšre-pelil-Tila. Une arriĂšpe-petite-Cllc. Une arriĂšre-pensĂ©e. Uo arriĂšrc-poiiiL Une arriĂšrc-tatsoti. ' Un arriĂšre-vassal. Un avale-tout. PLURIEL. De» abaHhiai. De» abat-fom. Des abat-jour. De» abat-vent Des abat-voix. Des aides-Je-oainp. Des aigre-douce». Dea aigues-marines. Des appuis-main. Des aprĂšs-demain. De» aprĂšs-dĂźnĂ©e». Des apr^s-midi. Des «prÚ»-aoupĂšca. Des arcs-boutants. Des arcs-doubleaux. Des arcs-eii-clel. Des arriĂšre-ban. Des arriĂšre-boutiques. Dea appiĂšre-i;orp». Des arriĂšre-gard*;S. Des arriĂšre-goĂ»ts. Des arriĂšre-lignes. Des arriĂšre-mains. Des arriĂšremeveux. Des arriĂšre-tiiĂšces. Des arriĂšre-petits-Gli. Des arriĂšre-petiles-QUeJ. Dea arriĂšre-pensĂ©es. Des arriĂšre-points. Des arriĂšre-saison». Des arriĂšre-vassaux. Des avale-tout. singulier. Ud aotoJa-fĂ©. r Ud avant-bec. Un avant-bras: Un avant-corps. Une avant-cour. Un avant-coureur, ĂŒoe avant-courrtĂšre. Un avant-dernier. Üne avant-derniĂšre. Ub avant-duo. Un avant-fa ire-droit. Une avani-fosse. Uoe ovaiit-gitrde, .Un avant-goĂ»t. Un avant-hier. Uo avant-main. Un avant-tnur. Un avanl-picd,' Un avant-pieu. Un avant-propos. Un avant-quart Une avant-scĂšne. Un avant-toit. Un avant-train. Une avant-veille. ' Une ave-maria. Une ayant-cause. Un ayanUdroit. Un bain-marie. Une barbe-de-bouc. Une bĂ rbe-de-capucin Une barbe-dc-chĂšvf c. PLURIEL De» aoto-Ja-fĂ© De» avanMtee». Des a vent-bras. De» avanUcorp». Des avant-cours. Des avaol-coureurik De» QTsnt-courriĂšfCD Des aveu t-derui ers. Des avant-derniĂšres. Des avant-ducs. De» avant-fa ire-droit. Des avant-fusies. Des avant-gardes. De» avaol-goÛtP De» avant-hie Des avant-mains. Des avantmurs. Des avant-pieds. Des avant-pieux. Des avatil-propos. Des avant-quarts. De» avaot-aeĂšne». Des avaut-toits. Des avant-trains. Des avant-veilles. Des ave-maris. Des ayant-cause. De» ayant-droit. Des bainMnaric. Des barbes-dc-bouc. Des barbes-de-capuciii Des barbes-de-G lĂšvre.
( m ) SlNdUtlKH. tJtafl barbevle-Jupiier. ĂŒae barbe de-rtoard. Une barbe^e-moine. Uo bas-fond). Ud bawelief. Un boa-veiitre. Une baiie-eontre. Une basse-eour. Une boue-foue. Une basse-tisse. Une basse-taille. Une basse-roile. Un beau-fils. Un beau-frĂšre; Un beau-pĂšre. Un becvl'Ăąne. Un bce-de-cane. Un b f<le-corbin. Un bec-de-grues. Un bec-figues- Une bellc^ame. Une belle-de-jour. Une belle-de-nuit. Une belIe-mie. Une belle-tnĂšre. Une belle-sƓur. . Un bieu-dire. Un bien-ĂȘtre. Un blanc-bec. Un blanc-de-baleine. Un blanc-manger. Un blauc-seing. Un blanr-stgnĂ©. Un boo-cbrĂ©tien. Un bcD-henri. Une bonne-avĂȘnture. Une bonne-Tortune. Un boucbe-trou. Un bout-arant. Un boul-d’aile. Un boute-en-train. Un boute-tout-cuire Un boute-feu. Un bnute-lof. Un bout-rimĂ©. Une brancfae-uraine- Un brĂ©che-dents. Un brise-cou. ĂŒu brise-glace. Un brise-raison. Un brise-scellĂ©. Un brise-tout. Un brise-rent. Un brdie-tout. Un caille-lait. Un caillot-rosat. Un carĂšme-prenant Uo casse-cou. Un casie-lĂ«te. \ Un rassevĂŻut. Un cassefiolte. Uo caise-noisettcB. Un caste-noix. Un cent-fuissi-, on un Un « erf-Tolant. Un cl)ar.Ă -banrs. Un ehanip-Ă©lysĂše. Un cbaufTe-pieds, Un chasse-chien. Un cbasse-coquiii. Un chasse-cousin. Un chasse-tnarĂ©c. Un chasse-n 10 ucb..* ĂŒn chasse'.poignee. Un chat-huant. Dn cbaufTc-cIre- Un rbaulTe-lit. Un cbausse-pied. . Une cbauve-sDurĂŻs. Un chef-d'Ɠuirc, Cn chef-lieu, Uu chevaux-lĂšgers. Un cliĂšTre-feuille. Un chicn-lgu p. Un cbicn-marÎD. Un cliou-fleiir Un chou.naseu Un chou-rave. UĂŒ cĂźel-de-lit cent-suisses. pluriel. Des barbet-de-Jupitei, Des barbes-de-renard. Des barbes-de-moina. De* bas-fonds. Des bas-reiieflL Des bas^entre. Des baisea-contre; Des basses-cours. Des basses-fosses. Des basses-Iisses. Des baĂŻaes-laille*. Des basses-voiles. Des beaux-fils. Des beaux-frĂšres. Des beaux-pĂšres. Des becs-d’ñne. Des bec»-de-cane. Des becs-de-corbin. Des becs-de-grue. Des bec-figues. Des beites-dames. Des belles-dc-joiir. Des belles-de-ouit De» belles-filIes, Des bellesfiĂšres. Des belles-eƓurs. Des bien-dire- Des bien-ĂȘtre. Des blanos-becs. Des blanrs-de-bale Ăźne, .Des blanofnaDger. Des blanc-eeiugi. Des btaoo-sĂźgnĂšs. Des bons-cbrĂ©tiens. Des bons-benris. Des boones4ventures. Des bonnes-forlunes. Des bouche-trous. Des bouts-evant. Des.boutsvl'aile, Des b'oute-en-train. Des boute-tout-cuire. Des boute-feu. De» boutes-lof. Des bouts-rimĂ©s. Des brancbes-ursinei. Des brĂšcbe-dcnts. Des brite-cou. Des brite-glace. Des brite-raisoik Des brite-scellĂ©s. Des brise-tout Del brise-Tent. Des brĂ»le-lout De» caiÜe-lait. Des caillols-rosats. 'Des carime-prenant. Des casse-cou. Des casse-tĂȘte. Des casse-cul. Des casse-motte. Des easse-noisetles. De# casse-noix. Des cetit-suisses. Des Cerfs-volants. Des cbars-Ă 'bancs. Des ebamps-Ă©lysĂ©es. Des efaaulte-pĂźeds. Des chassc-c lien. Des chasse-coquin. Des cbasse-cousin. De» chasse-marĂ©e. Des cbasse-moui'liei. Des chasse-poignee. Des cbats-huants. Des cbaufie-cire. Des cbaufTe-lĂźt Des cbau'sse-pled. Des chauves-souris. De* chefs-d’Ɠuvre. Des ebefft-lieux. De# cbevaux-lĂ©gers Des chĂšvre-feuilles. Des chiens-loups. Des cbiens-marint. Des choux-fleurs I>ea cboux-navets. Des choux-ravei; De» ciels-de4)t SitCGtiLlEĂ . Us ciel-de-tableau. Un eialr-aemĂ©. ' Une clairf'Toie. Dn cUqoe-K>reilles. Un clii^’Ɠil. Dn co-atsociĂ©. Un co-Ă©tat. Dn eo-ĂšvĂȘqne. Un co-lĂšgatoire. Uu colin-maillard. Doe contre-allĂ©e. Dn contre-ami rat ĂŒn contre-appeL Une contre-approches* Une contre-basse. Une contre-batterie. Une contre-charge, ' Un eoutre-chevron. Une contre-clĂ©. , Une contre-cƓur. Un contre coup. Doe contre-danse. Une contre-Ă©change, ■ ■ Une contre-enquĂȘte. Une contre-Ă©preuve. Dn contre-espalier. Une contre-fenĂȘtre. Une contre-tente. Une contre-finesse. Du contre-fort Une contre-fugue. Ud eontre^our. Une contre-lettre. Un contre^naĂźtre. Une contre-marche. I Une contre-marĂ©e. Une contre-marque Une contre-mine. Un contre-mur. Un contre-ordre. Un contre-pal. Une contre-partie. Une contre-police. Un contre-poinçon. Un contre-poiut Un contre-poison. Une contre-porte. Une contre-rĂ©volution. Un contre-rĂ©volutionnaiic. Une contre-ronde. Une contre-ruse. Du coutre-ecel. Un contre-cens. Un contre-temps. Une contre-vĂ©ritĂ©, etc. Un co-propriĂ©taire. Un co-religioooaire. Un coq-Ăš-l’ñne. Un cordon-bleu. Un corps-degarde. ■ Un corps-de-logis. Un cou-de-pied. Uu coupe-gorge. Un coupe-jarrets. Un coupe-pĂąte. Un coupe-tĂȘte. Un court-bouillon. Une eourte-botte. Une courte-pailte. Une dburte-pointe. Un couvre-feu. , Un couvre-cbet Un couvre-pieds, ĂŒq crĂšve-cƓur. Un cric-crac. Un croc-en*jambej. Un croque-notes. Ün cul-de-jatte. Un cul-de*basse-fo,<(ie Uo cul-de-lampe. Un cul-de-sac. Un cure-oreilles. Uu cure-dents. Une dame-jeanne Une dĂ©mi-aune Une demi-bouteille. Un demi-dito. Une demi-doosninr. Une demiJifure, Pluriel. Des cĂźeli-de-tableau. Des elair-semĂ©s. Des claires-voies. Des claque-oreilles. Des clins-d’ƓüL Des co-associĂ©i. Des co-etats. Des cu-Ăšvfiques. Des cudfgataires etc. Des cotinvmaillards. Des contre-oliĂ©es. Des contre-amiraux. Des contre-appels. Des contre-approcbc» Des contre-basses. Des contre-batterie». Des contre-charges. De# conlre-rhevrons. Des contre-clĂšs. De# contre-cƓurs. Des contre-coups. Des contre-danses. De» contre-Ă©chaugcs. Des contre-enquĂȘte». Des contre-Ă©preuve». Des contre-e»palier». De» contre-fenĂȘtres. Des contre-fentes. Des contre-finesse». Des cuntre-forts. Des contre-fugues. Des contre-jour. Des contre-lettre». Des contre-maĂźtres. Des contre-marches. Des contre-marĂ©es. Des contre-marques. Des contre-mines. Des contre-murs. Des contre-ordres. Des contre-pal). Des contre-parties. Des contre-polices. Des contre-poinçons. Des contre-points. Des contre-poisons. De» contre-portes. Des contre-rĂ©volutions. De» contre-rĂ©volutionnaires Des contre-rondes. Des contre-ruses. Des contre-ecels. Des contre-sens. Des contrerienips. Des contre-vĂ©rité», etc. Des co-propriĂ©taires. De» co-rellgioonaire». De» coq-B-l’àoe. , Des cordonsjileas. Des corps-de-garde. Des corp»<le-logis. Des cou-de-pled. Des coupe-gorge. De» coupe-jarrets. Des coupe-pĂąle Des coupe-tĂȘte. Des cou rts-boui lions. Des eourtes-boltca. Des courtes-pailles. Des courtes-pointe*. De» couvre-feu. Des couvre-chef. Des couvre-pieds Des crĂšve-cƓur. Des cric-crac. Des croGS-en-jambes. Des croque-notes. Des culsJcHofte' ' Des culs-de-basse-fosiv Des euls-de-larape. Des culs-de-sac. Des cure-oreilles. Des cure-dents. Des dames.qeannes. Des demi-aunes. Des demi^outeillfßß. Des demi-dieux, 'Des demi-douKtines. Des demi-heures
( 126 ) SINGULIER. Ur.c demĂź-piĂ©cc. Un demi-quart. [Jn dcnii-quarteran. Un doit-et-avoir. Une double-feuille; Une double-lleur. Une eau*de-»ie. Une eau-fcrle. Un Ăšcuute-i’il-pIeuL Un entr'actes. Un entre-cul on iiĂši; Un cntre-cĂ»tes. Un entre-deux. Un entre-lignes. Un entre-sourcils. - Un etitre-»oJ. Une Ă©pIne-TÎnette. Un essuie-mains. Un Ă©tat-major. Un ex-etiiployĂ©. Uu e*-Toto. Une fauise-braie. Un faux-Tuyau t. Un fesse-cabier. Un fesse-matbieu. Une fĂȘte-Dieu. Un lier-Ă -bras. Une folle-enchĂšre. Un fouille-au-poC Un Cournii-liiin. Un franc-alleu. Un franc-maçon. Uue franomaçonnerie. Un fratic-rĂ©aL ' Un fripe-sauce. Uu gagne-dcnier. Un gagne-pain. Un gagne-petit, ĂŒn garde-champĂȘtre, ĂŒn garde-chasse. Un garde<ĂŒtes. Un garde-forestier. Un garde-magasin. Un garde-manger. Un garde-maladei. Un garde-marine, ĂŒn garde-marteau. Un garde-française Une garde française. Une garde-battouaĂźr. Un garde-national, Une gardr-royale. Un garde-royab Un garde-du-corps. Dn garde-vente. Un garde-boutiqua. Un garde-feu. Un garde-fous; Un garde-mĂ nger. Un garde-meubles. Un garde-notes. Uoe gard^-robes. Un garde-vaUsetle. Un garde-vo«. ‱ Un gĂątemiĂ©tĂźer. Un gĂąte-pĂąte. Un gĂąte-«auce. Un gnbe-moucbes. ĂŒne gomme-gutte. Une goonne-rĂ©iiĂŽe. Une goutte-crampe. Uu grand-maĂźtre. Une grond’-tnĂšix. ''' Dne grand'mcsse. ĂŒn grand-oncle. Un grand-pĂšre. Une grand’-tante, ĂŒn gras-double. ’ On grattxml. Un grippe-tou. ÜD gros-blaue. Uo gros-texte, Dn guet-Ăš-pens. ^ Ud hausse-col. ' Un faaul-Ă -braa. Un hauUbord. Une haute-contre. Uo bauHl»«baB«se|k PLURIEL De» demi-piĂšces. Des demi-quarts. Des denii-quarterons. Des doit-ct-avoĂźr. Des douhtes-feuilles. Des doubles-fleurs. Des eaux-de-vie. De» eaux-fortes. Des Ă©coute-e’il-pleuU De» entr’actes. Des entre-colonnei. Des entre-cĂŽtes. Des entre-deux. Des entre-ligné». De» entre-soureita. Des entre-sol. Des Ă©pines-vinette#. Des esĂźuic-mains. Des Ă©tals-innjors. Des ex-empĂŻoyĂȘs. Des ex-voto. Des faiisses-brates. De» faux fuyant». De» fesse-cahier. Dea fesse-mathieu. Des fĂȘtes-Dieu. Pus ficrs-Ă -bras, ‱ De» folles-enchcrrs. Des foullle-au-poU ' Des rourmis-lions. De» francs-alteux. < De» fraiU!s-ma<;oii«. Des franc-maçomie-it Des fraiics-rĂ©als. Des fripe-sauec. ) ’c» gagnedenier. Des gagne-pain. Des gagne-petit. Des gardes-champĂȘtt is De» gardes-chasse. . Des gardes-cĂ»tes. Des gardes-forestlcr*. Des gardes-magastn». Des garde-manger. Des gardei-malade*. Des gardes-marine. Des piirdes-marteau. Des gardes-françaiie.. Des gnrdes-française^ ‱ Des gardcs-nationaies. De» gardes-natiiinaitx. De» gardes-royales. De» garde»-royaus. De» gardĂ©s-du-corps. De» gardes-vente. De* garde-boutique. Des garde-feu. De» garde-fous. De# garde-manger. Des garde-meubles, ĂŒe» gorde-siotes. Des garde-robes. Des garde-vaĂźsielle. De» garde-vue. De» g&temaĂ©tier. Des gĂąte-pĂąte. De» gĂąte-»auce. De» gobe-enouche». Del gommes-guttes. De» gommes-rĂ©sĂźue», Des'goulles-cratnpe# Des graiids-mattre». Des grand’-mĂšrea. Des grand’-meises. Des grands-oncles. Des grands-pĂšre».' Des grand’-tantei. Des grasdoublea. Des gralte-cul. Des grippe-sou. Des gros-blancs. Des gro*-textei. Des gueU-B-pens. Des bausse-Gol. Des haut-B-brai. Des hants-bords. Des hautes-contre. Des bautedƓ-cbaasssĂȘ. SINGOLI Un haoUle-corps. Un. haut-Ifl-pied. Un haut-mal. Une baute-coun ' Dne haute-justice. Une baute-Iice. Dn Itaule-licier, Dne haute-futaie, ĂŒne haute-paye. Une haute-taille. Dn horsd'Ɠuvre. Uo hĂŽtel-Dieu. Dn in-folio. Un in-quarto. Ün indoute. Un tn-huit. Un in-octavo. Un in-sf-ite. Dn indtx-huit. Un in-trentedcux, etc; Un jetd’eati. ĂŒn ialĂźset-passer. Dn lave-mains ou lave-main: Dn IaurĂźer-ro»e. Dn loup-cervier. Un louf>-garou. ĂŒn loup-marin. Une maiii-tevĂȘe- Un mat-aise ou malaise, ĂŒn mal-ĂȘtre, ĂŒn maltre-Ăšs-orts-, etc. Un marlin-see. Dn mes*Ăźre-jeon. Un meurtde-fiiim. Un meiEo-tcrmine. Üne rni-aoÛt. Une mi-carĂȘme. Un a-ml-jambc (loc. ) Une mi-iaiiĂŻicr, ĂŒn milIc-feuillcs. Une niille-flcurs. Une mouĂźlk-boucLc. Une nerf-ferrure. Un non-paie nie lit. Une non-valeur. ' Un nu-jambes. Un nu-pieds. Un nu-lĂȘle. Dn oeilde-bƓuf. Dne ortie-griĂšche. Un ou!-dire. ĂŒn 'painde-coucou. Un painde-pourceau. Un passe-avant ou paiiovani. ' Dn passe^dehout. Un passe-ilix. Un passedroit. Un passe-parole. Un passe-partout ou passe par) ou L Un passe-passe. Un passe-pied. Un passe-poil, ĂŒn passe-port ou passeport. Un passe-temps. Un pavse-tclours. Un paler-noster. Un perce-neige. Ün perce-orcitleS" ' Un pĂšse-liqueurs. Un pelil-Ialt. Un pctil-maĂźtrc. Une petite-maĂźtresse. Un petit-neveu. Une pelite-DÎùce. Un petit-pĂątĂ©. Un pctii-texie. Un pĂźed-Ăą-terre. Un pied-bot. Un ^iedd’alouetta. Un piedde-tiĂźcbe. ĂŒn piedde-bƓuf Un pied-dc-rhat. Un pĂźedde-cheval. Un piedde-chĂšvrc. Un pledde-moueh^ Un pieddroiU Un'piedde-roi. Un piad-forL PLURIEL Des htQt4«-eorps. Des baut-le-pied. Des haut-mal. De» hautes-cour». Des hautes-justices. Des hautes-licca. Des baute-liriers. Dea hautes-futaies. De» hautcB-paye». ' Des hautei-taillos. Des horsd’Ɠuvre. De» bĂŽtels-Dieu. Des in-folio. De» in-quarto. Des in-douze. Des in-fauit Des in-octavo. De» in-eeize. De» indix-hoĂźt.' Des it>-trentedcuz. De» jetsd’eau. Des laissez-passer. ^ De» ĂŻave-main» ou IsTe-maĂźn, Des lauriers-roses. Des loup»*cervieri. De» loups-garous. Des loups-nnirini. Des mains-levĂ©e. Des mol-oise ou malaises. De» maWtre. De» maĂźtres-Ăšs-art». De» marlinMec,». Des mesiires jean, ' > Des meurtde-faim. De» mezzo-termine. Des mi-BoOt. De» mi-carĂȘme. .Des Ă  mi-jambei. De» inĂź-janvicr. Des mille-feuilles. Des mille-fleurs. Des mouille-houcite. De- nerf-ferrure. Des non-paiement: Des non-valeur». De» nu-jambe» Des nu-pieds. De» nu-tĂȘte. Des Ɠilsde-bƓuf. Des orlies-griĂšcfaes. De» onĂźdirc, De» painsde-coucou De» painsde-pourcc.TU. De» paase-ovantou paiiavant. Des pasaedebout Des passediz. De» passedroit. De» passe-parole, Del passeqiĂąrtout ou passepaxtotit. Des passe-passe. Des passe-pied. Des passe-poil. Des passe-ports ou passeport». De» paase-tenipi. Des pai-se-velour». Üe» pater-tiostcr. De» perce-neige. De* perce-oreille». De» pĂšse-liqueur». Des petils-Ioits. De» petils-maĂźlre#. De» petites-maUrr.sĂŻct De» petita-neveux. De» pctites-oiĂšce.''. De» petils-pĂ tĂ©s, Oes petits-textes. De» pled-A-terre. Dea pieds-bots. Des piedsd’ilonette ' De» piedsde-biehe. Des pĂźedsde-bƓuL Des piedt-de-chaL Des pieds-de-cheval. De» pĂźedsde-cbĂšvce. Des pĂźeds de-mouche- De» pieds-droits. De» piedsde-roi. DĂšs pieds-fbrts-
o ( 12T ) SmGĂŒLĂźFR. tTn pied-plat, ITo pied-poudreux. 'Une pie-griĂšche, ĂŒn piiice-tnaille. Un pince-«8n*-rire. Ün piqu«-a«iette. Ün pique-nique. Un plain-chant, Ün plat-bord. Une plate-bande: Uue plate-forme. Un plat-pied. Un pleure-misĂšre. * Un pont-neut Un pĂŽnNĂ©vĂźJ. Un porc-Ă©pics. Un porte-clefs/ Un porte-aiguille ou porte-Ăąiguitles. Un porte-balle. Un porte-chape, Ăšlc. Un porte-drapeau. Un portç-crajçn. Un porte-enseigne, etc. Un porte-feuille, TJn porte-manteau. Dn pĂŽrte-mĂ lfaeur. Un porte-huilier. Un porte-mouchettes. Un pĂŽHe-mĂšu^Ăčeton. Un porte-respect; Uo porte-vent. Un porte-vcrgp bu porte-bĂąleibe. Un porte-faix. Un porte-Tpix; Un post-ecriptum. Un pot-Ă -lleur. Un pnt-au-fcu: ĂŒn pot-de-vin. Un pot-pourri. Un pouf-boire. Un pousse-cul. Uii poĂ»iûé-pieĂąi. Dn prie-Dieu. Un prud'homme. Un qualre-yeux; Da quasi-contrat. U« quasi-dĂ©lit. U»* quartier-maĂźtre. Ui quartier-mestre. ÜD ^u en-dir»-wĂŽĂŽ. Un quatre-vingts ans ; etc. Un ouat e-vingt-uo , etc. Un qoinze-vingts. Un qui-va-lĂ . Un rabat-joie. Une reine-claude. Un relĂšve-mouftacbe. Un rcUTĂȘ-quavliĂ©r. Un remvo-mĂ©nĂąge. Un rex-de-cbau^e. Ud rĂ©veille-matin. Un revenant-bon. Un rose-croix. Un rĂŽuge-gĂŽrge. Une sage-femme. Un saiiit-ougustin. Une sainte-barbe, ĂŒn saiig-de-drĂ gon. Un sauf-conduit. Un savoir-faire. Dn savoir-vivre, ĂŒn semi-double. Une temi-peuston. Une If mi^veuve. Un semi-lbn. Un sĂšnatus-consullet Un sergent-major. Un serre-file. Un serre-pĂąpters. ĂŒn serrc-tĂšte. PLUÏIIEU. Des pieds-plats, ^ Des pieds-poudreuf. Des pies-griĂšeiics. Des pince maille. Des pinee-sans-rire. Des ptquQ-assieUes. DĂ©s piquĂ©-nique. De» plaints-chant». Des plats-bords. Del plates-bandes. Des plates-formes. . Desplats-pieds. Des pleure-misĂšre. De» ponts-neufs. De» p'-nts^evisi Des porcs-Ă©pics. Des porte-clefs. Des porte-aĂźguille*. De» porte-balle. Des porte-chapĂȘ. De» porte-drapeau. De» portc-rrayon. De» porte-cnse-gne. De» porte-feuilles. De» porte-manteaux. Des porte-malbeur. Des'porte-builicr, ■ Des porteHTiouchcltes. Dé» portcnaiousquetĂ©h. Des porte-respect. Des porte-vent, ÏJes porte-verge ou porte-baĂŻeme- Des porte-faix. Des porte-voix. De» post-scriptum. ' Des pot^-Ûeurs. Des polMu-feu. De» pot5-de-TÎn. De» pots-pourris. Des pour-boire. . De* p6u»»e-cuU De» pousse-pieds. De» prie-Dieu. Des prud'homme*. Des quatre-yeux. Des quasHTontrats. Des quasi-dĂšiits. Des quartiers-maĂźtres. Des quartier-mestre. Des qu'en-dira-l-on. Des quatre-vi"gls ans. Des quatre-vingt-un. De» quinze-vingts. ^ Des qui-va-lĂ . Des rabat-joie. De* reitifs-elaadefl. De* relĂšve-moustache. De* relĂšve-quartier, Dc* remue-mĂ©nage. De» rez-de-chaussĂ©e. De* rĂ©veille-matiD. De» revenant-bon. Des rose-croix. De» rouges-gorges. Des sages-femmes. De* aaints-eugustĂźns. Des saintes-barbes. De» sBtigf-de-drngon- Des saufs-cĂŽnduits. Des savoir-faire. DĂšs savbir-vivrĂ«. Des KĂ©mi-doublet. Des seihi.pensiOD». Des seml.preuves. De» semi-tons. etc. Des sĂšnatus-cĂŽhsuUet. DĂ©* BĂšrgenls-major». Pea serre-file. Pei sĂ©rre-papiera. De* «erre-tĂ to. SINGULIER. Un serre-point. Un soi-disant. Un souffre-douleur. Un sous-arbrisseau. Un sous-bail. Du MU*diaere. Un ioiti-cbeÊ Un Bouj-entendu, etc. Du sous4ieutetianL Un soui-fermier. Dn foui-Iocalaire. Un sous-maĂźtre. Une sous-maĂźtresse. Un sous-multiple. Un sous-prĂ©fet « etc. Un Boui-ordro ou sous-ordres. Un soUKpied. Un sous-seing privĂ©. Une sous-ventriĂšre. Un iur-arbitre. Une sus-dominante. Un tac-tac.. Une taiUe-doucĂ«. Un lĂ le-viii. , Un taupĂȘ'^riĂŒon. Un Te-Deum. Un lerrc-noix. Un terre-plein. Un tĂšte-Ă -lĂȘle. Un licrlac. Un tire-balle. Un tire-bottes. Un tine-boucbon. Un tire-bourre. Un tire-boutons. Un ^re-fond. Un tire-ligne- Un lĂźrc-moeliĂ© Un tire-pied. Une tire-lire. Un tire-Iiardi Un tire-taisse. Un tire-larigot. Un lireur-d’or. Un lourne-feuiUet». Un lout-puissant. Une toutĂ©-bonnĂš. Une toute-Ă©pice. Une toute-saine. Un tou-toĂč oĂč toutou. > Un tout-ou-rien. Un traiirhe-lard. Un trente^t-Ă»n. Un tripe-nindame, ĂŒn irompe-roeil. Un trou-madame. Un Irouble-fite Un tu-outem. ‱ Ün tue-chien. Un vade-mecunt. Un va-et-vient. Un va-nu-pieds. Un va-tout. Un veni-meeum. ĂŒh ver-coquin. Un verUde-gris. ĂŒn ver-IuĂźsant ĂŒn ver-B-soie. ĂŒh virĂš-’amiral. ĂŒu vice-' onsul. Un vieĂš.^craht. JJn victJĂ©gat ĂŒtĂŻ vice-prĂ©sident. Une vicc-feine; ÜD vice-roi. Un vide-bouteĂźUe* tĂŻn vis-Ă -vis. Un ToIe-ao-vĂȘnV Un ToUĂ©-faeĂš. PI-ĂŒMEÎ.. De» serre-point. Des soi-disant ' Des souffre-douleur- . Des sous-arbrisseaux. Des sous-baux. De» sous-diacres. Des sĂŽus-chefs. Des sous-entendus. Des sous-lieu tenants. Des sous-fermiers. De» coui-locataires. Des sous-maitrr». De» eous-maĂźtressc». De» sous-multiple». ' De» sous-prĂ©feU, etc. DĂšs sĂŽĂŽs-ordre ou sous-ordres. Des sous-pied. De» sous-seing» privus De» sous-vehtriĂšrÚ». Des suisirbilres. Des sus-dominantes. De» tĂąc-tac. De» tailles-douces. Des tĂąte-vin. De» taupe#-griilĂŽb*. Des Te-Üeum Des terre-noix. De» terre-plein». DĂšs tĂšte-Ă -tĂ«te. Des tic-tac. DĂšs tire-bailĂȘs. Des tire-bottes. De» tire-bouchon. De» tire-bourre. De» tire-boutons. Des tire-foud. Bas tire-ligne. De» tire-moeUe. Des tire-pied. De* tire-lirĂ©. Des tĂźre-liard. Des tire-taisie. De# tire-larigot. De» tĂźreurs-d’or. Des toume-^euillet*. Des tout-puilsaots. DĂšs toute-bonneĂ . De# toute-Ă©pice. ' Des toute-saines. Des tou-tou ou toĂčtoĂčs* Des tout-ou-rĂźeo; DĂšs Irauehe-lard. ' De» Irente-et-un. De» tripes-madamc. Des trompe-l'Ɠil. Des trous-madĂąme DĂ©s trouble-fĂšte. Des tu-autĂ©m. De* tue-chien. Des vade-mecum. De* va-et-vient. Des va-nu-pieds. ‱ Des va-toul. De# vetit-mecurn; DĂ©s vers-coquin». Des verU-de-gHs. ■ Des veri'luisants. Des vers-Ă -Roie. Des vice-amtranx. Des vice-consul s. DĂ©s vice-geranti. Des ftce-lĂ©gatfc Des vicc-prĂ©iĂźdent*. Des vice-reines- DĂ©s vice-rois. Des vide-bootĂšlile». De* vis-Ă -vis. , De* vole-aa-vent. . Des VoltĂȘ-fae*. > ' I
& ( 128.) N LIV. DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS, COMPLÉMENTS d’UNE PRÉPOSITION OU d’UN YËRBE. riÂź SÉRIB. — SINGULIER. Les peaux de lĂ©opard sont toutes prĂ©cieuses, et font de belles fourrures. (Buffon.) Aujourd’hui encore, dans les PyrĂ©nĂ©es, les paysans, lorsqu’il tonne, se couvrent de branches de laurier pour se garantir de la foudre. (M“¼ DE Genlis.) Le castor, qui habite les eaux et se nourrit de POISSON, porte une queue couverte d’écailles. (Buffon.) La pensĂ©e d’une providence conduit le sage de dé couverte en DÉCOUVERTE. (AimĂ©-Martin.) Disons-nous nos secrets, De COMPÈRE Ă  COMPÈRE. (PiRON.) Lorsque les blĂ©s sont en. fleur , y voit-on des pé tales colorĂ©s ? (J.-J, Kousseau.) Nous Ă©tions Ă©paule contre Ă©paule, pied contre pied; tous les nerfs tendus et les bras entrelacĂ©s comme des serpents, chacun s’efforçant d’enlever de terre son ennemi. (FĂ©nelon.) Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frĂšre, de prochain, d’omf, de sociĂ©tĂ© que moi-mĂȘme. (J.-J. Rousseau.) 2* SERIE. — PLURIEL.- A Rome, on se servait de peaux d’ANCuiLLEs pour chĂątier les enfants des citoyens. (GuĂ©roĂŒlt.) Le jeune garçon Ă©tait suivi d’un cliƓur de jeunes Ûlles, portant des branches de lauriers , chantant des hymnes, en Ă©quipage de suppliantes. (M“¼ de Genlis.) La saricovicnne vit de crabes et de poissons. (Buffon.) LĂ©s Ă©lĂ©ments de gĂ©omĂ©trie ont passionnĂ© des jeunes gens, mais jamais des vieillards, si ce n’est quelques fameux gĂ©omĂštres qui ont Ă©tĂ© de dĂ©couvertes en DÉCOUVERTES, (Bernardin de St-Pierre.) De VALETS Ă  VALETS On ne se doit pas taire. (Piron.) Une brise lĂ©gĂšre apporta jusqu’à nous les suaves odeurs qui s’exhalaient d’un plant de pommiers en FLEURS. (de JoUY.) Les voilĂ  aux prises, pieds contre pieds, mains contre mains ; les deux corps entrelacĂ©s paraissent n’en faire qu’un. (FĂ©nelon.) Tout ce qui m’est intĂ©rieur m’est Ă©tranger dĂ©sorÂŹ mais. Je n’ai plus 'en ce monde ni prochain, ni semr blables, nĂŻ frĂšres. (J.-J. Rousseau.) Faut-il dire des peaux de LĂ©opard; ou de lĂ©opards; des branches de laurier y ou de lauÂŹ riers; se nourrir de poisson y ou de poissons; de compĂšre Ă  compĂšre y ou de compĂšres A comÂŹ pĂšres, etc., etc., etc.? Telle est Timportante question que font naĂźtre les citations qui ^ prĂ©cĂšdent. De tous les points de grammaire, il en est peu qui prĂ©sentent de plus grandes diffiÂŹ cultĂ©s que remploi du nombre des substantifs, lorsqu'ils sont prĂ©cĂ©dĂ©s d'une prĂ©poÂŹ sition ou d'un verbe. Plusieurs grammairiens, il est vrai, ont essayĂ© de l’éclaircir, mais leurs traitĂ©s sont loin d'ĂȘtre pour nous le fil d'Ariane. VĂ©ritables dĂ©dales, on n'y trouve, au contraire, que des observations fausses, jetĂ©es pĂȘle-mĂȘle, et souvent mĂȘme contradictoires; en sorte qu'on est plus incertain, Ă  cet Ă©gard, aprĂšs les avoir lus, qu'on ne l’était auparavant. D'ailleurs, les rĂšgles qu'ils posent sont presque toutes controuvĂ©es, et ont le malheur d’ĂȘtre en opposition avec l'usage des grands Ă©crivains, dont l’autoritĂ©, en ce point comme toujours, doit seule ĂȘtre invoquĂ©e. La matiĂšre est donc, pour ainsi dire, encore vierge.. C'est escortĂ©s des chefs-d’Ɠuvre de notre littĂ©rature, et, quand il y a incertitude, appuyĂ©s sur la raison, le goĂ»t et la logique, que nous allons entreprendre Ă  notre lour de jeter quelque lumiĂšre sur une question aus$Ăź Ă©pineuse ; et si, ce qui pourrait fort bien arriver, nous n’étions pas plus heureux que nos devanciers, nous prions nos lec-
' ( 129 ) . ^Ă©urs de vouloir bien nous tenir compte au moins de nos recherches et des peines que nous nous sommes donnĂ©es pour leur prĂ©senter cette matiĂšre avec le plus d’ordre et de clartĂ© possible. Afin d’éviter toute confusion, nous diviserons ce paragraphe en plusieurs parties, et nous consacrerons un article spĂ©cial aux prĂ©positions de> en, n, pour, sans, avec, etc. N“ LV. DU NOMBRE APRÈS LA PRÉPOSITION dC. SKHIK. — SINGULIER. Les menuisiers et les Ă©bĂ©nistes se servent de la gĂ©latine ou de la colle, pour tenir rapprochĂ©es les piĂšces de bois ; les fabricants de papier en font une grande consommation. (Dict. des sc. mĂ©d.) Sardanapale, si fanieux par son abandon aux voÂŹ luptĂ©s, fut le premier qui fit usage de lits do plume. (Sallentin.) H y a au moins 900 cuves dans le royaume, dont chacune emploie environ 40 milliers de chiffon. (Dksmarets.) J’aime le bon vin, mais oĂč en prendre ? chez un marchand de vin? Comme que je fasse, il m’empoiÂŹ sonnera. (J.-J. Rousseau.) TĂ©lĂ©maque et Mentor.le suivirent environnĂ©s d’une grande foule de peuple qui considĂ©rait avec empresÂŹ sement et curiositĂ© ces deux Ă©trangers. (FĂ©nelon.) On voit dans Paris des multitudes de femmes porÂŹ ter d’énormes paquets de linge sur le dos. (Bernardin de Sr-biERRE.) 'On assure que les BĂ©nĂ©dictins, qui possĂšdent enÂŹ viron, neuf millions de livres tournois de reste dans le royaume de France, fourniront aii moins neuf vaisseaux de haut bord. (Voltaire.) Je prĂ©fĂšre une branche de lilas Ă  un pot de giroflĂ©e. ' (Bernardin de St-Pikrre.) I ' 2"*" SÉRIE. — PLURIEL. Pour consumer autrui, le monstre se oonsume, Et, dĂ©vorant maisons, palais, chĂąteaux entiers,/ Rend pour des monceaux d’or de vains tas de papiers. (Boileau.) Il n’est pas rare de trouver, je ne dirai pas des enÂŹ fants , mais de grandes personnes mĂȘme, qui, pour Ă©crire seulement quelques lignes, usent presque un paquet de plumes. (Anonyme.) Quelques fabricants distinguent jusqu’à neuf lois de chiffons, les superfins , les fins, les mi-fins , les moyens, etc. (Desmarets.) Les vins qu’on vent en dĂ©tail chez les marchands de vins de Paris, quoiqu'ils ne soient pas tous fi- ÜiargĂ©s, "sont rarement exempts de plomb, parce que les comptoirs de ces marchands sont garnis de cc mĂ©tal. , (J.-J. Rousseau.) - Je ne m’arrĂȘterai pas ici aux productions du palÂŹ mier qui servent aux besoins journaliers d’une multiÂŹ tude de peuple. (Bernardin de St-Pierre.) G’esl une obligation morale de rendre aux femmes les mĂ©tiers qui leur appartiennent, comme ceux d’acÂŹ coucheuses, de coiffeuses, de couturiĂšres, de marÂŹ chandes de linges et de modes. (Bernardin de St-Piehre.) ĂŒn pĂšre de famille qui vit dans sa terre avec douze mille livres de rentes aura besoin d'une grande atÂŹ tention pour vivre Ă  Paris , dans la mĂȘme abondance avec quarante mille. (Voltaire.) De l’urne sortent au lieu de plantes fluviatiles celles qui se plaisent dans les lieux les plus secs, des touffes de giroflĂ©es jaunes, de pissenlits et de longues gerbes de graminĂ©es saxatils. (Bernardin de St-Pikrrb.) Ces exemples sont rapportĂ©s pou?montrer qu’il y a des cas oĂč, lorsque deux noms sont liĂ©s par la prĂ©position de, le dernier se met tantĂŽt au singulier, tantĂŽt au pluriel*, selon le point de vue de Fesprit. Nous allons faire sentir, au moyen de Fanalyse, la diffĂ©rence de l’emploi de ces deux formes. Fabricants de papier. On parle du papier en gé nĂ©ral, sans faire aucunement attention aux diffĂ©rentes qualitĂ©s. C’est parce que ce mot est pris dans sa plus ^ande extension, qu’il est et doit'ĂȘtre au singulier. Tas de papiers. Ici l’on ne parle pas du papier en gĂ©nĂ©ral, mais bien de pĂźttsieurs papiers, d’un tas de papiers ; pn compte en quelque sorte tous les papiers. Dans ce cas, il faut donc, comme on le voit, le pluriel. IT
( 130 ) I , De cette.analyse nous pouvons tirer ce principe gĂ©nĂ©ral ; 1Âź Lorsque deux noms sont unis par la prĂ©position de, le second reste toujours Ă i3 singulier, toutes les fois quil est pris dans un sens absolu, gĂ©nĂ©ral. * ' 2Âź 11 se met aĂŒ pluriel, s’il est pris dans une acception individuelle ou collective. L’application que nous allons faire, dans les numĂ©ros suivants, du principe que nous venons d’établir, cn prou,v3ra Jusqu’à l’évidence la justesse et la vĂ©ritĂ©.. ÆXLVX/CjE PBRASÈOLOGIQUE. SINGDLIER. S^es marchand» de ptumc. Des gens d’épĂ©o. Des roulettes de lit. De la gelĂ©e dc pomme. De la tccule de pomnie de terre. Mannclsilo de pomme. Du sirop de groseille. ^ ^ De» eonlitures de prune. De l’eau de poulet. De la gelĂ©e de poisson. De la conserve dc violette. Une fricassĂ©e de poulet. A coups d’ongle. A coups de fusil A coup» de marteau. PLURIEL. Un marchand de plumes. Un fabricant d'Ă©pĂ©es. Des bots de lits. Une corbeille do pommes. Un ragoĂ»t de ponnues de terre. Compote dc pommes. Un panier de groseilles. Un quarteron de prunes. Une paire de poulets. Une quantitĂ© de poissons. Un bouquet de violettes. Une fricassĂ©e dc poulets. A coups d’ongles. A coups de fusils. A coups de marteaux. SINGULIER. Dix rames de papier. Cent livres de glace. Un panier de fruit. De l'buile de rose. De l’buile d’olive. De la marmelade d'abricoL Des confitures de grosqille. Des confitures de cerise. De la gelĂ©e de viande. De ta conserve de mauve. De la gelĂ©e de veau. De la gelĂ©e de mou ton. A coups de pied. A coups de poing. A coups de nĂątoD. PLURIEL. Une liasse de papiers. Un marchand de glaces. Un panier de fruits. Un bouquet dĂš roses. Un baril d’olives. Üne 'douzaine d'abricots. Une livre ^de groseilles. Un panier de cerius. UnĂŽ itiGoĂźtĂ© de viandes. Dn champ de mauves. Un troupeau de veaux. Une centaine de mĂŽutĂ»iis. A coups de piedh A coups de poings, A coups de bĂątons NÂź LVI. «i DU NOMDRU DÂŁS SUBSTANTIFS PRÉCÉDÉS DES EXPRESSIONS pluĂźs de , ’tnoins de , beaucoup de, etc. 1” SÉRIE. — SINGULIER. La proie est peu de chose et ne plfdt aux chassem Qu’autant qu’elle a coĂ»tĂ© de course et de sueurs. (Piron.) Quand on n’est plus sensible Ă  Tamour, on a plus de repos et moins dĂ© plaisir, moins de-vie. (Duclos.) Nous avons si peu de verĂŒi, que nous nous trouÂŹ vons ridicules d’aimer la^gloire. (VaĂŒvenargues.) l)e tous les secours dont on peut soulager les malÂŹ heureux , TaumĂŽne est Ă  la vĂ©ritĂ© celui qui coĂ»te le moins de peine ; mais il est aussi le plus passager et le moins solide. (J.-J. Rousseau.) Le ridicule a acquis tant dc force en France, qu’il y est devenu Tarme la plus terrible qu’on y puisse employer. (Bernardin de St-Pierre.) Le montagnard trouve piws de charmes Ă  sa monÂŹ tagne que Thabitant de la plaine Ă  son sillon. (Chateaubriand.) . Il y a .des gens dont la haine et le mĂ©pris font plus phonncur que les louanges et TamitiĂ©. . (Oxenstiern.) 2Âź SERIE. — PLURIEL. On dit peu de choses solides, lorsqu’on cherche k en dire d’extraordinaires. (VaĂŒvenargues.) Le plus heureux est celui qui souifre le moins de peines ; le plus misĂ©rable est celui qui sent le moins de plaisirs, (J-tJ. Rousseau.) Non, je ne croirai point qu’un cƓur si magnanime Parmi faul Ă e ucrfus ait laissĂ© place au crime. > (Chamfort.) Il faut plaindre les rois et les excuser. Ne sont-ils pas Ă  plaindre d'avoir Ă . gouverner tant d’hommes ^dont les besoins sont infinis et qui donnent tant de peines (\ ceux qui veulent les bien gouverner. (FĂ©nelon.) Ce sont nos passions qui nous rendent faibles ; parce tfli’il faudrait pour les 'contenter plus de forces que ne nous ,en donne la nature. . (J.-J. Rousseau.) La flatterie n’a tant de charmes que parce qu’elle ‱nous paraĂźt iconfimicr le jugement de notre amour- propre. * (De LĂ©vis.) . Apollon Tencense ; Car il est mùßlre en Tart de flatterie ‱ Diable n’eut onc \ant d’honneurs en sa vie. (La T'ontaink;)
( 131 ) . D’aprĂšs ces exemples, oa voit qu'avec les expressions plus de, moins de, beaucoup de, etc., le nom qui suit se met tantĂŽt au singulier, tantĂŽt au pluriel, selon le sens. Pour se rendre bien compte de Tun et de l'autre nombre, il faut non seulement conÂŹ naĂźtre exactement la valeur des termes, mais aussi recourir Ă  l'analyse; nousyoulons* dire l’analyse de lĂ  pensĂ©e : c'est ce que nous allons faire. Peu de chose. Peu de chose ^ signifie quelque chose de peu de valeur; il est pris dans un sens gĂ©- hĂ©ral et indĂ©fini ; d’oĂč le singuĂŒer. Peu de choses. C’est-Ă -dire un petit nombre de choses. On sent bien qu’il faut le pluriel. Cette analyse nous amĂšne Ă  conclure que, conformĂ©ment au principe dĂ©jĂ  Ă©tabli, les substantifs en rapport immĂ©diat avec plus de, moins de, beaucoup de, etc., se miet: tent au singulier ou au pluriel, selon qu'on a dans l'esprit l'idĂ©e de l'unitĂ© ou de la pluralitĂ©; ce qu’on peut vĂ©rifier en traduisant sa pensĂ©e par des mots dont la fĂŽrme nous aide Ă  en pĂ©nĂ©trer le sens. On voit clairement que, si le mot est pris dans un sens vague, gĂ©nĂ©ral et indĂ©terminĂ©, ou bien encore si c'est un nom de vertu, il faut mettre le singulier, Ă  moins que, comme dans les exemples de la deuxiĂšme colonne, il ne s’agisse des actes ou effets de nos qualitĂ©s, de nos passions, de nos sentiments; alors il faudrait le pluriel. ‱ ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. SINGULIER Peu 3e chose/ TrĂšs peu de chose. Trop de peine. Plus d’oTaolagc, Beaucoup d’art. Tant de hpctA Beaucoup d’honneur. Trop de Tcau. Beaucoup de mouton. TrĂšs peu de liĂšrre. Moioa d’icjustice. Beaucoup de soin. Peu d’expĂ©rience. UdÎQS d’indisclĂ©tioD. QĂźk de Tertu. PLURIEL. Peu de choses. TrĂšs peu de choses. Trop de peines. Beaucoup d’arantagea Beaucoup d’arts. Tant de DontĂšs. Beaucoup d'honneurs. Beaucoup de Veaux. Beaucoup dĂ©moulons. Beaucoup de liĂšvres. Plus d’injustices. Beaucoup de soins. Beaucoup d'expĂ©riences.- Moins d indiscrĂ©tions. Que de vertus. SINGULIER. Bien peu de chose. Si peu de chose. Peu de curĂźositĂ©- Bcaueoup de tort. Que de peine. Tant de prĂ©caution. Peu de raison. Trop de boeuC Peu de tapin. Peu de cherrcuĂźl. Moins d'indiscrĂ©tion. Peu de talent. Beaucoup de fruit. Plus dlmprudenee.' Que de lĂąchetĂ©s. ' PLURIEL. Bien peu de choses. Beaucoup de choses. Une infinitĂ© de curiositĂ©s. Bea'ucoup de torts. Que de peines. Tant de prĂ©cautions* Trop de raisodsl '* Beaucoup de bƓufs. Beaucoup de lapins. Beaucoup de chevreuils. Plus d’indiscrĂ©tions. Beaucoup de talents. Moins de fruits. ’BeĂąĂŒc ou p d'imprudeneu; Que coup d' de i&ch< Ă©tĂ©s. N° LVII. 9 NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRÈS plein de, rempli de, ornĂ© de, etc. t" SÉBIH. — SINGULIER. Il a ses greniers pleins de blĂ©, et ses caves pleines de ut». - (AcadĂ©mie.) . Ses Ă©crits pleins de feu partout brillent aux yeux. (Boileau.) C’est un homme plein de vĂ©ritĂ©. (AcadĂ©mie.) 2* SERIE, — PLURIEL. Ce qui consolait un peu c’était quantitĂ© de grands pots d’argent, faits Ă  l’antique, pleins, les uns, de vtns de France, d’autres de vins d’Espagne, qu’on avait soin de ne pas laisser long-temps vides. (Reonabj).) ... Je ne savais pas que, pour moi plein de feux, XipharĂšs des mortels fĂ»t le plus amoureux. (Bacine.) JuvĂ©ual, Ă©levĂ© dans les cris dĂ© l’école, Poussa jusqu’à l’excĂšs sa mordante hyperbole. Ses ouvrages, tout pleins d’afireuses vĂ©ritĂ©s. Étincellent partout de sublimes beautĂ©s. (BolLBAO.j
{m ) La loutre est un animal vorace, plus avide de poisson que de chair* (BurroN.) En traversant Lorient, nous avons vu toute la place couverte de poisson. (Bernardin de St-Pierre.) La'mĂšche en feu dont la clartĂ© s’émousse Se couvre en pĂ©tillant de noirs flocons de mousse. (Delille.) Je me trouve dans mon lit ; accablĂ© de fatigue, et trempĂ© de sueurs et de larmes. (J.-J. Rousseau.) Neptune fait triompher IdomĂ©nĂ©e du guerrier Al- cathoQs, rĂ©pand un nuage Ă©pais sur ses yeux perçants, et enchaĂźne ses'membres pleins de grĂące et de-souÂŹ plesse. (Bitaubke.) Vit-on jamais une Ăąme, en un jour, plus atteinte, De joie et de douleur, d’espĂ©rance et de crainte ? (Racine.) Son silence Ă©tait plein de charme; mais rien n’é galait Tinqiression que produisait le son de sa voix. ,(Ballanche.) Supposons que nos yeux aient le pouvoir de distinÂŹ guer les objets qu’ils ne sauraient voir sans le mi croscope ; une goutte d’eau dans laquelle ou aurait fait tremper du poivre, une goutte de vinaigre nous paraĂźtrait comme un lac, ou une riviĂšre pteme de poissons. (Chateaubriand.) La nuit lorsque le vaisseau fait route et qĂŒil est environne de poissons qui le suivent, la mer parait comme un vaste feu d’artifice tout brillant de serpenÂŹ teaux et d’étincelles d’argent. (Bernardin de St-Pierre.) Il me promena tout autour de son vaste enclos jusÂŹ qu’à un espace considĂ©rable qui n’était couvert que de moussee^ de prĂȘles et de chardons. (Bernardin de St-Pierre.) Cet homme est excĂ©dĂ© de fatigues. (AcadĂ©mie.) « Cependant toutes les nymphes assemblĂ©es autour de Mentor prenaient plaisir Ă  le questionner ; il ré pondait Ă  toutes avec douceur, et ses paroles, quoiÂŹ que simples, Ă©taient pleines de graves. (Fbnklon.) Il vit chargĂ© de gloire, accablĂ© de douleurs. (Racine.) ' On vous aurait parlĂ© en vain des trahisons de l’Amour, qui flatte pour perdre, et qui, sous une apÂŹ parence de douceur, cache les plus affreuses amertuÂŹ mes. U est venu cet enfant plein de charmes, par les jeux, les ris et les grĂąces. (FĂ©nelon.) Avec les expressions plein de, rempli de, ornĂ© de, etc., le substantif, comme on le voit, se met, selon le sens, au singulier ou au pluriel. Pour que l’on saisisse parfaiÂŹ tement la nuance qui distingue les exemples de l’une et de l’autre colonne, nous alÂŹ lons aussi les soumettre Ă  l’analyse. Pleines devin. On parle de lĂ  liqueur en gĂ©nĂ©ral qĂŒon appelle vin, sans faire attention aux diffĂ©rentes qualitĂ©s qui existent. L’idĂ©e est une, gĂ©nĂ©rale, abÂŹ solue ; Ü fallait donc le singulier. Pleins de vins. L’idĂ©e est ici individuelle, collecÂŹ tive , parce que l’on considĂšre toutes les espĂšces de vim. On parle de plusieurs vins, de tous les vins de France. De lĂ  le pluriel. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. singulier. l'iein do talent. Rempli do tin. Rempli de peuple. AccablĂ© de fatigue. OrnĂ© de grĂące. Plein de charme. Plein de bonne volontĂ©. Exf^do de plaisii PLURIEL. Plein de talents. Rempli de tins. Rempli de peuples. AccaolĂ© de fatigues. Orne de grĂąces. Plein de charmes. Plein de volontĂ©s. AccablĂ© de plaisirs. SINGULIER. Plein de chagrin. Plein de poisson. Rempli de bontĂ©* Rempli de'beoutĂ©. ExcĂ©dĂ© de fatigue. TrempĂ© de sueur. Rempli de passion. Rempli de soin et d’attention. pluriel. Plein de chagnns Ftein do poiasons. Rompu do bontĂ©s. ItempU do beautĂ©s. ExcĂ©dĂ© de btĂźgues. TrempĂ© de sueurs. Rempli dc passions, . Rempli de soins et d’atleutions.
(133) N LVIII. NUAIBUE DES SUBSTANTIFS AVEC LES VERBES SUIVIS DE LA PRÉPOSITION Ô$, 1” SÉRIE. — SINGULIER. Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frĂšre Ă e prochain, d’ami, de sociĂ©tĂ© que moi-inĂšme. (J.-J, Rousseau.) JĂ©sus-Christ ayant faim, s’approcha d’un figuier, et voyant qu’il n’avait pas de finit, il le condamna Ă  n’en porter jamais. (M“*Âź de Genlis.) Certains peuples, par leur position, sont rĂ©duits Ă  vivre presque uniquement de poisson. (BrillĂąt Savarin.) Le castor, qui habite les eaux, qui se nourrit de poisson, porte une,queue couverte d’écailles. (Buffon.) Plus un arbre est ĂągĂ©, plus il produit de fruit ou de graine. (Id.) Il n’est point de plaisir sans honneur et sans vertu. (PrĂ©vĂŽt.) L’homme entiĂšrement seul est celui qui* n’a point d’ami. (La BruyĂšre.) On ne vit en ce pays que de fruit ou de lait,' rareÂŹ ment de viande, . ' (FĂ©nelon.) Il n’y a point de vertu sans combat, il n’y en a pas sans victoire. (J.-J. Rousseau.) Fh! dans quels lieux le ciel, mieux qu’au sĂ©jour des [champs ' Nous instruit-il d’easemple aux gĂ©nĂ©reux penchants? (Delille.) Plus les disgrĂąces sont cruelles, plus il faut s’enÂŹ velopper de vertu. (La Roche.) 2Âź SÉRIE. — pluriel.. Pour moi, seigneur, qui n’ai point de femmes ; Ă  enfants, Ă  qui mon secours soit nĂ©cessaire, ce qie je dĂ©sire uniquement, c’est de servir Votre MajestĂ©. (La Harpe.) Le bon arbre ne peut produire de mauvais fruits ni le mauvais arbre produire de hon^ fruits. (M“« DE Genlis.) Le Tartare vit de chair crue de cheval, le HollanÂŹ dais de poissons, un autre peuple de racines, un auÂŹ tre de laitage, et par tout pays on trouve des vieillards. (Bernardin de St-Pierrk.) Les saricoviennes se nourrissent de crustacĂ©es, de coquillages, de grands polypes en autres poissotis mous qu’ils viennent ramasser sur les grĂšves et sur les rivages fangeux. (Buffon.) Un beau naturel nĂ©gligĂ© ne porte jamais de fruits mĂ»rs. (V AUVKN ARGUES.) C’est lorsqu’on a du moins un peu connu le monde, Qu’on peut dans la retraite avoir de vrais plaisirs. (La ChaussĂ©e.) Je plains le cƓur superbe au sein de la grandeur; Il n’aura point d’amis dans les jours de malheur. (GhĂ©nier.) Les roussettes sont des animaux carnassiers, voÂŹ races et qui mangent de tout, car lorsque la chair* ou le poisson leur manquent, elles se nourrissent de vĂ©gĂ©taux et de fruits de toute espĂšce. (Buffon.) La gloire remplit le monde de vertus, et, comme un soleil bienfaisant, elle couvre toute la terre de /leurs et de/'ruils. . (Vauv en argues.) Ceux qui donnent des conseils sans les accompa- ‱ gner d’exemples, ressemblent Ă  ces poteaux de la campagne qui indiquent les chemins sans les parcouÂŹ rir. (Rivarol.) En vain vous plantez de vertus tout le champ df votre vie, le calomniateur, par son souffle empoi sonnĂ©, les fait toutes faner sur leur tige. (Livry.) C’est encore en vertu du principe gĂ©nĂ©ral Ă©tabli plus haut, que les substantifs, comÂŹ plĂ©ments d’un verbe et de la prĂ©position de, gardent le singulier, quand ils sont pris dans uu sens gĂ©nĂ©ral; et se mettent au pluriel, lorsqu’ils sont considĂ©rĂ©s d’une maÂŹ niĂšre collective, individuelle. L’analyse va le prouver de la maniĂšre la plus palpable,
( <34) Noyant plus de frĂšre, deptochaivi, d’ami. Le sin^ier est de rigueur, parce i, J, Rousseau n'a en vue qu’uu seul frĂšre, son prochain, un ami, la moindre sociĂ©tĂ©. Aussi tous ces mots soni^ils au sin- guRer. Qui n’ai point de femmes, ni (Penfants. Femmes et enfants sont au pluriel, parce que dans l’esprit de celui qui parle il s’agit de plusieurs femmes de pluÂŹ sieurs enfants. L’IdĂ©e Ă©tant collective, il fallait donc le pluriel. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. SINGULIER. Pailer de Uieo. Parler d’amour. Parler do crime. N avoir pas de fuiil. N'avoir pas de drapeau. K’avoir pas d’enTapt. N’avoir pas d’amu N’avoir pas d'habit. N’avoir pas de raison. Ne pas manger dĂ© poisson. N’ovoir pas do ebevot PLURIEL. Parler des dieux. Parler d’amours. Parler de crimes, N’avoir pas de fusils. N’avoir pas de drapeaux. N’avoir pas d’enfants. N'avoir pas d’amie N’avoir pas d'babits. N’avoir pas do bonnes raisons. No pas manger de poissons. ' N'avoir plus de ehoToux. singulier. parler de religion. Parler de vertu. ‱ Accuser d’assassinat. N’ovoir pas d’enseigne. N’avoir pas de fortune. N’avoir pas d’ennemi. N’avoir pas de robe. Ne pas dire d’injure. N'avoir pas de raisonnement. Vivre de poisson. Servir de guide. PLURIEL. Parler de religions. Parler de vertos. Accuser d’assauĂźnats. N’avuir pas d’enseignei. N'avoir pas de bonnes fiurttmes. N'avoir pas d’ennemis. N’avoir pas de robes. Ne pas dire d’injures. N’avoir pas de raisonnements. Vivre’ de poissons. Servir de guides. NÂź LIX. NOi^RE DES ÎSUBSTANTIFS APRÈS f Otite «Îrffl de, toute espĂšce de, toute fome fte^eto. 1T« SERIE. SINGULIER. La gĂ©latine demande du mĂ©decin deux ^ sortes d’eajgmen. (Diction, des sc. mĂ©d.) Toutes iĂ©s sortes de greffe sont susceptibles d’étre pratiquĂ©es avec succĂšs sur le pommier. (Tff*) Il y a plusieurs sortes de rtre .* d’abord le rire insiÂŹ pide,c^est celui des gens qui rient de tout, sans lien Ă©prouver, etc. (MmHAUD.) ' H y Ă  deux sortes de contenance. (Larochefoucauld.) Daiis le monde morffi, comme dans le monde phyÂŹ sique , Ü est une sorte de beautĂ© qui vient des oppoÂŹ sitions et des contrastes. (FrayssinoĂŒs.) Il Ăż a dans tout ouvrage de poĂ©sie deux sortes d*ĂŻntĂ rĂ©t .* celui du sujet , et celui de la coriiposltion. (Delille.) n y Ă  chaque Ă©tat plusieurs espĂšces de monÂŹ naie. (Anonyme). Nous sqvQGS quand et pourquoi les diverses formes de goĂčv&m&ment se sont Ă©tablies chez les peuples. 2Âź SÉRIE. — pluriel. Avant d’étre reçu licenciĂ© en droit, 11 faut subir tontes sortes d’examens. (Anonyme.) Parmi les monuments des hommes, je ne connaisÂŹ sais encore que deux sortes d'anftgutfes, l’antiquitĂ© celtique et TantiquitĂ© romaine. (Chateaubriand.) i Les bouvreuils se nourrissent en Ă©tĂ© de toutes sortes de graines, de baies, d’insectes, dq prunelles ; et Thiver, de grains de geniĂšvre, des. bourgeons du tremble, de Taude, du chĂȘne et des arbres fruitiers. (Castel.) L’mtĂ©rĂȘt met en Ɠuvre toutes sortes de vertus et de vices. (Larochefoucauld.) Une Ăąme bien touchĂ©e des charmes de la vertu, doit Ă  proposition ĂȘtre aussi sensible Ă  tous les genres dĂ© beautĂ©s. (J.-J. Rousseau.) L’mtĂ©rĂȘt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, mĂȘme celui de dĂ©sinté ressĂ©. (Larochefoucauld.) Comme nous, les anciens avaient plusieurs espĂšces de vins. (Ehgyclopkdie.) Les politiques ont cru voir la cause des malheurs publics dans les diffĂ©rentes formes de gouverneÂŹ ments ; niais la Turquie est tranquille, et l’AngleÂŹ terre est souvent agitĂ©e. (Bernardin de ST-Piebrb.) ‘ Pour connaĂźtre Ăą quel nombre ĂŽn doit mettre les siibstantifs en alliance avec toute sorte de, toute espĂšce de, toute forme de, il est essentiel de bien se rendre compte de TidĂ©e qu’on veut exprimer; si c’est une idĂ©e d’unitĂ©, il faut le singulier; et le pluriel, si c’est, au contraire, une idĂ©e de pluralitĂ©. Ce n’est qu’en dĂ©composant ces expn*,s-
( 135 ) siorjs, qu’on peut arriver Ă  cette connaissance. Afin de mettre tout le monde sur la voiej nous allons doiic japulyser les exemples qui prĂ©cĂšdent. D,&dx ^orfĂ©s d’examen. Examen est au singulier, parce qu’il n’est question qĂŒe d’un seul examen. Deux sortes d’examen revient Ă  dire un exĂąmeii de deux'sortes. Il est Ă©vident qu’il Ăż a idĂ©e d’unitĂ©. t Toutes sortes d’examens. Examens se voit au pluriel, parce qu’il s’agit de plusieurs examens. ToutĂ©s sortes d’examens, c’est-Ă -dire des examens de toutes sortes. Comme il faut subir plusieurs examens, ce mot doit donc ĂȘtre au pluriel, puisqu’il y a idĂ©e de pluTĂźditĂ©. d C’est donc en traduisant la pensĂ©e, en analysant, en dĂ©composant, comme nous venons de le faire, l’expression qui la renferme, que l’on peut exactement connaĂźtre le nombre que doivent revĂȘtir les substantifs construits avec toute sorte de, toute esÂŹ pĂšce de, etc. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. SINGULIER. Toutes soHes de plume. Toutes sortes de monde. Plusieurs sortes de droĂźC Toutes sortes de bonheur. Tous les genres d’écriture. Tous tes genres de friponnerie. Toutes sortes de nourriture. Plusieurs espĂšces de gibier PLURIEL. Toutes sortes de plumes. Toutes sortes de mondes. Plusieurs sortes de crimes. Toutes sortes de malheurs. Toutes sortes d’écritures. Toutes sortes de friponneries. Toutes sortes de lĂ©gumes. Plusieurs espĂšces.de inots. SINGULIER. Toutes sortes de peuple. Toutes sortes d’esprit Toutes sortes de mal. Toutes sortes de papier. Tou» les genres de malice. Tou» les genres d’escroquerie. Toutes sortes de volaille. Plusieurs espĂšces de cuivre. PLURIEL Toutes sortes de peuples. Toutes sortes de vices. Toutes sortes de nauz. Toutes sortes de papiers. Toutes sortes de malices. Toutes sortes d’escroqĂŒerics. Toutes sortes de fruits. Plusieurs espĂšces de reptiles. N'’ LX. DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRÈS LES EXPRESSIONS tĂȘtes de, jeux de, VOIX de, feuilles de, troncs de, peaux de, et autres semblables. SÉRIE. — SINGULIER. . 0^ dit que les rameaux portĂ©s p^ les disciples de JĂ©sus^Çhrist Ă©taient des rameaux d’olmer et de saule. (MŸŸ DE Genlis.) ^ La partie supĂ©rieure de leurs habits Ă©tait de peau, et le bas de feuilles de palmier de diffĂ©rentes' çou- lĂ©ĂŒrL ' ' (Walckenae'r.) Les principales espĂšces de graminĂ©es sont les ga- zpns proprement dits, les pholaris, les queues de rĂšnĂ rd, les queues de chat, les chiendents, les queues de cĂ ie», etc. '(Bernardin de St-Pierre.) On dĂ©pose aux pieds de la femme les prĂ©sents du mari et de sa famille, savoir : une parure complĂšte, le jupon d’écorce de mĂŒrter, le corset pareil, la mante de plumes d’oiseau ou de peaux de martre, les mocassines brodĂ©es en poil de porc-Ă©pic, etc. (Chateaubriand.) On reprĂ©sentait l’hiver sous les traits d’une vieille femme, enveloppĂ©e de peaux de tnpulon. (Demoustier.) Les 08 de poispyn broyĂ©s avec TĂ©corce des arbres, servent de pain Ă ox Lapons. (REsaARs.) 2Âź SÉRIE. —PLURIEL. Nous faisions rĂŽtir des poulets sur des branches d’o- Uviers, ou bouillir avec du riz pour en faire un pilau. (Cha-teaubriand.) Ces sauvages Ă©taient nus jusqu’à la ceinture, et ic reste de leur corps Ă©tait couvert de feuilles de palÂŹ miers. (Walckenaer.) Son fils le suivait chargĂ© de peaux d’ours, de casÂŹ tors et d’orignaux. (Chateaubriand.) ' Les marchandises que les Lapons apportent aux foires sont ces rennes et des peaux de ces animaux ; ils y dĂ©bitent aussi des peaux de renards, noires, rouges et blanches; de loutres, de martres, de casÂŹ tors, d’hermines, de loups, de petits-gris, et d’ours; des habits de Lapons ; toutes sortes de poissons secs, et des fromages de rennes. (Regnard.) Si l’on en croit Diodore de Sicile, les'Gaulois emÂŹ ployaient, pour siĂšges, des peaux de chiens ou des peaux de loups. (Legrand d'Aussy.) Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons. Os de 08 de pigeons. ' (La Fontaine.)
( <36) Les loutres font leurs petits sur un lit fait de bû chettes et d’herbes, et Von trouve dans leur gĂźte des tĂȘtes et des arĂȘtes de poisson. (Buffon.) ‱"Les Hongrois ne sont pas grands, mais leur habit sert Ă  les faire paraĂźtre de bonne mine, aussi bien que les plumes de cog qĂŒils portent sur la tĂȘte. (Regnard.) Les petits cerfs trapus n’habitent guĂšre les futaies, et se tiennent presque toujours dans les taillis, oĂč ils peuvent se soustraire plus aisĂ©ment Ă  la poursuite des chiens : leur venaison est plus fine, et leur chair i’st de meilleur goĂ»t que celle des cerfs de plaine. (Buffon.) Le cerf de Corse paraĂźt ĂȘtre le plus petit de tous ces <’orfs de montagne, il n’a guĂšre que la moitiĂ© dc la hauteur des cerfs ordinaires. (Id.) Il faut avouer qu’il y a des mines d'homme et dc femme pour qui Tart ne peut rien. (Lesage.) On m’a assnrĂ© que la pĂȘche de la sardine rapporÂŹ tait quatre millions de renenii Ă  la province de Lo- rienti (Bernardin de St-Pierre.) 11 faudrait qĂŒune chose eĂ»t passe bien des Ăąges d’/iomme, rais bout Ă  bout, pour commencer Ă  donner quelque signe d’immortalitĂ©. (Fontenelle.) L’autel est dĂ©pouillĂ©. Tous vont s’armer de flamme, Et le bois porte au loin des hurlements de femme. (A. ChĂ©nier.) B ^ * L’IĂŒrondelle de fenĂȘtre a la bouche jaune, et les pieds couverts jusqu’aux ongles d'un duvet .blanc. (Castel.) Les draps de maĂźtre sont toujours de la mĂȘme lonÂŹ gueur ; ils varient seulement pour la largeur du lit, (Encyclop. mod.) Ces fossoyeurs chantent des airs Ă  boire, en jouant avec des tĂȘtes de mort. (Voltaire.) Cette cabane qu’ils appellent la cabane des sueurs, est construite avec des branches d’arfcre plantĂ©es en rond et attachĂ©es ensemble par la cime,- de maniĂšre Ă  former un cĂŽne. (Chateaubriand.) La conserve de troncs de laitue Ă©tait si estimĂ©e au siĂšcle, qĂŒon l’appelait pour son excellence bouÂŹ che d’ange. (Legrand d’Aussy.) Les semences ou pĂ©pins de pomme pourraient ĂȘtre employĂ©s Ă  prĂ©parer des Ă©mulsions, si leur petiÂŹ tesse n’en rendait l’usage peu commode. (Dict.' des sc. mĂ©d.) Les vins se divisent en vins blancs et vins rouges , vins secs et vins de ligueurs, etc. (Dict. ses sc.. mĂ©d ) Ponlappidan, qui souvent donne dans le merveilÂŹ leux, prĂ©tend qn’un renard avait mis par rangĂ©es pluÂŹ sieurs tĂȘtes de poissons Q^quelque distance d’une caÂŹ bane de pĂ©cheurs ; qu’on ne pouvait guĂšre deviner son but; mais que peu de temps aprĂšs, un corbeau, qui vint fondre sur ces tĂȘtes da poissons, fut la proie du renard. ‱ (Buffon.) C’est Ă  l’amour pour le merveilleux qu’il faut atÂŹ tribuer les prĂ©tendus serpents que renferment les Ɠufs sans jaune, que l’on appelle dans les campagnes Ɠufs de cogs. * (Encyclop. mod.) Les cerfs de plaines, de vallĂ©es, ou de collines abondantes en grains, ont le corps beaucoup plus grand et les jambes plus hautes que les cerfs des monÂŹ tagnes sĂšches, arides et pierreuses. . (Buffon.) I La ciguĂ« de jardins, qui a beaucoup de ressemÂŹ blance avec le persil, a occasionĂ© plus d’une fois de dangereuses mĂ©prises. (Castel.) Tristan continua dc s’avancer jusqu’au Cap Blanc; et n’y ayant trouvĂ© personne, quoiqu’il y dĂ©couvrĂźt des traces d'hommes, il remit Ă  la voile vers le PorÂŹ tugal. (Walckhnaer.) Cet hospice fut dotĂ© de cinq mille livres sterling de revenus. (Pichot.) Et voilĂ  qu’elle tombe (la croix), et c’est quelques bras "[d'hommes Qui s’en vont l’attaquer jusque sur ces, vieux dĂŽmes, OĂč l’antique ferveur tant de fois Ă©clata. (Turqubty.) Les femmes souriaient des maniĂšres de l’étranger; mais c’était de cc sourire de femmes qui ne blesse point. (Chateaubriand.) Ce n’est pas le lieu de traiter ce qui regarde nos vitrages de/'enĂ©fres. ' ^ (Legrand d’AĂŒssy.) Les draps de domestiques se. font avec de la toile de 3/4 ou de de largeur, suivant la dimention du lit. (Encyclop. mod.) Le trĂŽne de Dagobcrt est d’argent dorĂ©, et repose sur des pieds dc lion ; a sa partie supĂ©rieure on voit des tĂštes de monstres. (Spallart.) Les anciens ont Ă©crit d’abord sur des feuilles de paltniers, puis sur des Ă©corces d'arbres, ensuite sur des tables enduites dc cire. (Pridkaux.) » L’ours est extrĂȘmement friand du miel que les abeilles font dans les troncs d’arbres ; il monte; attirĂ© par l’odeur dc la proie, au sommet des arbres les plus Ă©levĂ©s. (Regnard.) Les semences des ombeliifĂšres, telles que lea pé pins de concombres, de melons, de citrouilles, do courges, d’oranges , de citrons, de pommes, de poires, de coings, etc,, ne produisent ordinairement leur huile-que mĂąangĂ©e a plus ou moins d’huile esÂŹ sentielle. ' (Dict. des sc. mĂ©d.) Le vin de liqumsrs est celui oĂč cette matiĂšre sucrĂ©e est excĂ©dante. (/rf.)
( 137 ) Au 16Âź siĂšcle, les zestes de 'citron , de limon et . i En distillant des amandes amĂšres, aprĂšs en avoir exprimĂ© la premiĂšre huile, on en obtient une autre huile rouge qui a l’odeur et le goĂ»t des noyaux d’a- bricots, (JaĂŒmk . St.-Hilairk.) Le peu de cas qu’ils firent' de ces richesses, marÂŹ quant assez qu’ils n’en avaient aucune connaissance, il leur donna des sonnettes, des pendants ĂŽ/oreiĂźles et d’autres bagatelles qui leur plurent merveilleuseÂŹ ment. ^ (Walckenaer.) Les femmes s’armaient d’une crosse de noyer metÂŹ taient sur leur tĂȘte des corbeilles Ă  compartiments remplies de semailles de mais, de graines de melon d’eau , de fĂ©veroles et de tournesols. (Chateaubriand.] d'orange, se confisaient au sec dans une Ă©tuve. (Legrand d’Aussy.) Mon petit page ! mon beau page ! Le jour qu’il revient, je m’engage A dĂ©corer ton noir visage De deux pendants d’oreille en or. (FoĂŒinht.) '. Des jeunes filles s’occupaient Ă  faire des couches d’une terre noire et lavĂ©e. : elles rĂ©pandaient sur ces couches des graines de courge, de tournesol. (Chateaubriand.) Les nombreuses citations que l’on vient de lire prouvent, de la maniĂšre la plus Ă©viÂŹ dente, que ies Ă©crivains ont employĂ© indiffĂ©remment le singulier et le pluriel dans des circonstances iqut-Ă -fait analogues. En pareil cas, cependant, les grammairiens veuÂŹ lent que l’on fasse usage seulement du singulier, parce que, disent-ils, dans les exÂŹ pressions des tĂȘtes d'iiOMiiE, des jeux ^'enfant, des voix femme, des feuilles et dĂ©s troncs d'ARBRE, des peaux de lion, des queuĂ©s de cheval, etc.les substantifs homme, enfant, femme, arbre, lion, cheval, etc., sont de vrais spĂ©cificatifs, c’est-Ă -dire que, pris , dans un sens indĂ©fini, ils servent, non Ă  dĂ©signer plusieurs individus, mais.Ă  dĂ©terÂŹ miner, par une idĂ©e gĂ©nĂ©rale .de classe, l’espĂšce des substantifs prĂ©cĂ©dents, Ă  en spé cifier la nature sans aucune idĂ©e de pluralitĂ©. Peut-ĂȘtre cette rĂšgle, qui nous paraĂźt juste et fondĂ©e en raison, est-elle un peu trop absolue. En effet, nous croyons que Ton peut Ă©crire des branches de laurier ou de lauriers, selon l’idĂ©e qu’on attache Ă  ce derÂŹ nier mot. Si, piar exemple, je veux faire entendre que les branches dont je parle proÂŹ viennent d’un seul laurier, je mettrai ie singulier ; mais si, au contraire, je veux dire que c’est le produit de plusieurs lauriers, il faudra de toute nĂ©cessitĂ© que je me serve du pluriel. Cependant, mĂȘme dans ce dernier cas, je puis employer le singulier, si je veux moins.rappeler l’idĂ©e des individus, que spĂ©cifier la nature du mot qui prĂ©cĂ©dĂ© la prĂ©position de, c’est-Ă -dire indiquer que ces branches sont plutĂŽt de tel arbre que de tel autre. Cette distinction est, selen nous, fort importante, et nous sommes Ă©tonnĂ©s de ne l’avoir rencontrĂ©e nulle part: Nous ajouterons que, si le second substantif est dé terminĂ© par quelque autre mot de la phrase, le pluriel est indispensable. On Ă©crira dbnc : Ces cannibales coupaient des tĂȘtes D’hommes tuĂ©s sur le champ de bataille, et ils en formaient d'horribles pyramides.—Que de tĂȘtes d’uoMMES coupables ont Ă©chappĂ© au glaive de la justice! Dans ces exemples, l’esprit, faisant abstraction de la classe, ne considĂšre que les individus: Pour bien orthographier le nom qui suit de, il est donc essentiel de s’attacher prinÂŹ cipalement Ă  distinguer le point de vue sous lequel ce nom est employĂ©. En consé quence, nous croyons qu'on doit Ă©crire des noms de princes au pluriel, parce que le' moi prince estons ici spĂ©clficatij; les noms de princes ne forment pas une espĂšce diffé rente des autres noms; de plus, les noms d’HOMMES'mĂšme ne forment pas une espĂšce particuliĂšre, c'est une simple classe parmi les noms en gĂ©nĂ©ral. Ainsi on Ă©crira avec le pluriel les noms propres d'uoMMES, de lieux et de fĂȘtes commencent par une capitale ; et on Ă©crira de mĂȘme des noms de saints, des peaux de bĂȘtes (1), d’ANiMAUx. Il faut (1) Les phrases suivantĂšs sont donc vicieuses : l)offrande aux'bons et aux mauvais gĂ©nies consistait en 18
(138) « cien distinguer le nom dĂ©terminatif du nom spĂ©cificatif; le nom spĂ©cificadf dĂ©signe une eĂąpÚçe particuliĂšre : les queues, 4u cheval sont, par essence, diffĂ©rentes des queĂŒĂ«s des autres animaux ; c'est pourquoi on doit dire des queues de cheval, etc. Le nom dĂ©temd- natif dĂ©signe une classe d’une espĂšce. En effet, les noms d'nosiMES, de princes, de SAINTS; sont de la mĂȘme espĂšce, ce ne sont que des classes diffĂ©rentes. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. SENS SPECIFiQUÉ. De* tĂštes d’homme. Dea peaux de lion. Des queues de cheval. Des branches d’olivier. Des tronc» d’orbre. Des traces d’homme. Des pĂ©pin# de pomme. Des ciels 3e tableau. Des jeux d'Ăšnrant. Des contes de vieille. SENS INDIVIDUEL. Des tĂštes d’homme^ Des peaux de fions. Des queues de chevaux. DĂšs branches d’oliviĂȘrs. De# troncs d’arbres Des traces d'homm s. Des pĂ©pins de pommes. Des ciels de tableaux. Des {eux d’enfants. Des contes de vieilles. SENS DÉTERMINATIF. Des tĂštes d’aniRiaux. Des noms de saints. DĂ©s noms de villes, pes noms de provinces. - Des troncs d'arbres abattus. Des tĂštes d’hommes tuĂ©s. De» tĂštes d’hommes coupable*. Des tĂ©te* d’hommes morts. Des noms de peuples. Des noms de lieux. N° LXL m * CAS OU LE SUBSTANTIF APRÈS de EST INVARIABLE. I. irÂź SÉRI^. — NOMS SINGULIERS. ^ Ces riqhes contrĂ©es offrent aussi des mines de /fet* dĂ© sow^re, d'anĂŻtmoine^ d’étain, de plomb ‘ dĂ©hif- argekt. * (Raynal:). ’ , Ces fils de Rpimilus , dont vingt siĂšcles de gloire ĂźtqtĂšgent les exploits passĂ©s , TremilĂ©ht de les voir Ă©clipsĂ©s. (Cas: Delavigne.) LĂ©s gens d’esprit seraient presque seuls, sans les 'Not's s’en piquent. ' (VaĂŒvenargues.) On appelle fruits d’hiver, les fruits qu’on ne mangĂ© irdinairement qp’en hiver. (AcadĂ©mie.) 2“6 sĂ©rie. — NOMS pluriels. La cour est une rĂ©gion de ifĂ©nĂš&res oĂč la vĂ©ritĂ© est Ă©touifĂ©e par le mensonge. ' , (FlĂ©chier.) - La mort de son pĂšre fut pour lui une source inta-j rissable ffe pleurs. ' (Anonyme)' Les disputes dps gens de lettres nĂ© servent qu’à faire rire les sote aux dĂ©pens des gens d’esprit, et Ă  dĂ©shonorer les talents qĂŒon devrait Vendre respectaÂŹ bles. {Voltaire.) Les Ă©tudiants , les avocats, les hommes d’affaires courent dĂšs le matin de l’autre cĂŽtĂ© dĂ© Loch-North. (Pichot.) II. Il a peu de mĂ©rite, mais il connaĂźt .des gens qui Ă©n ont beaucoup. (La BruyĂšre.) ' r Il y a beaucoup dc diffĂ©rence entre l’esprit de gĂ©oÂŹ mĂ©trie et Tesprit de finesse. (Planche.) Personne ne s’est conduit avec plus de sagesse que lui. , (Id.) Et Tart et le pouvoir d’affermir des couronnes Sont des dons qiie le ciel fait Ă  peu de personnes. (Corneille.) Les premiers saints ont fait beaucoup de miracles. ~ (Planche.) Faites-vouĂ  toujours plus d’amts que d’ennemis, (Anonyme.) III. L’églipe Ă©tait pleine dĂ© monde. (AcadĂ©mie.) JBien des gens n’ont pas le sens commun, d’autres «ont remplis d’esprU. (Anonyme.) peaux de bĂȘte. (Chateaubriand.) ^ Bautres entremĂȘlent des othemmis europĂ©ens Ă  dĂ©s ornements sauÂŹ vages, Ă  des plumes, Ă  des becs d’oiseau. (Le mĂȘme.)— Il fallait de bĂȘtes, d’otseawo;, parce qu’un oiseau n’? pas pjusjeprs peaux. La vie est pleine de miscr'cs. (AcadĂ©mie.) De princes Ă©gorgĂ©s la chanibre Ă©tait remplie. (Racine.)
( 189 ) IV. i/hĂŒiume se nourrit de patn. (AcadĂ©mie.; Combien de gens Visent Ă  la gloire, et ne se reÂŹ paissent que ĂąofvmĂ©e? ’ (Anonyme.) - Vivre dans l'attente dĂ© quelque bien, c'est vivre d’esperance. , j - (Planche.) VĂȘtu simplement et ne se nourrissant qpe de ĂŻe-7«- mes, ĂŻ\ n’accordait qu'Ă  l’hospitalitĂ© unĂ© nourriture plus dĂ©licate. (Massillon.) Je ne me repais point de pareilles chimĂšres. (Racine.) L’écureuil se nourrit de noisettes. (Buffon.) Nous avons dĂ©jĂ  dit que les noms de mĂ©taux, de vertus, etc., ne s'emploient gĂ©né ralement qu'au singulier; les trois premiers exemples de la premiĂšre colonnĂ© nous font encore voir que ces mois ne varient pas, quand ils sont complĂ©ments de la pré position de, et d'un substantif, lors niĂȘme que celui-ci est au pluriel : Des mines de fer, des siĂšcles de gloire, des gens d'esprit, 11 'est aussi d'autres noms qui, en rapport avec un substantif, un adjectif ou un verbe siiiyi de la prĂ©position demeurent constamÂŹ ment au singulier ; tels sont les subkantifs imprimĂ©s en italique de iR mĂȘme colonne, L’usage seul peut les faire connaĂźtre. A l'Ă©gard des noms de la seconde colonne, on doitremĂ rquĂšr que ceux qui ne sont usitĂ©s qu'au pluriel he changent point non plus, lorsqu’ils sont complĂ©ments d’un substantif et de la prĂ©position de : une rĂ©gion de tĂ©nĂšbres, une source de pleurs; qu’il en est d’autres qui, dans le mĂȘme cas, doivent toujours ĂȘtre et rester au pluriel, comme affaires, dans un homme d'affaires; personnes, dans peu de personnes, etc; Le sens indique suffisamment qu’il y a idĂ©e de pluralitĂ©, et que par "consĂ©quent le pluriel est indisÂŹ pensable (1). t (1) Nous signalerons donc comme autant de fautes, que la rime ou rinadvertance a fait commettre,- les mots imprimĂ© en italique dans les citations suivantes : Que ta fenĂȘtre s’ouvr'e I:., AhI si tu ihe repousses, 11 me faudra chercher quelques vieux nids de mĂ©tisses. (V, Hugo.) Et, colosses perdĂŒs dans ses largĂ©s contours, Les palmiers chevelus, pendant au front des tours ,* Semblaient d'en bas des touffes Ă  herbes. (V. Hugo.) Des hommes ingĂ©nieux ont imaginĂ© pour apprepT; dre Ă  lire et Ă  Ă©crire des bureaux et des mĂ©thodes simples, promptes et agrĂ©ables; mais les maĂźtres d’écoies ont eu grand soin de les rendre inutiles, parce qu’elles dĂ©truisaient leur empire, et que l’éduÂŹ cation allait trop vite pour leur profit. (Behnardin de St-Pibrre.) Dans un voyage vers ces lieux OĂč le Ûls de Latone habite, Une muse a mis sous mes yeux L’un de ces albums prĂ©cieux Rempli de cartes dĂ© vtsĂŒĂ©. (De JouY.j NĂ©ron devant sa mĂšre a permis le premier Qû’on portĂąt les faisceaux courohhĂ©s de ĂŻauWer: * * (Lamartine.) Viens Ăą l’ombre Ă©couter nos nouvelles 6/amours, Viens, tout aime au printemps, et moi j’aime toujours. (A. CpÉNlER.) QĂŒel coloris brillant et tendre I Non, non, Ă  ce charmant morceau Un estimateur de tableau Ne poutra jamais se rnĂ©prendre. (de JoĂŒy.) Le sucre, qu’aux jours de Loujs Xiy pp ne trouÂŹ vait que chez les apothicaires, Ă  donnĂ© naissance Ă  diverses professions lucratives, telles que les pĂątis7 siers du petit four, les cpnfiseprs, les liquoristes, et autres marchands de friandise. " (BrillĂąt Savarin.) J’aime fort les journaux quand ils sont bien Ă©crits. Ah, parbleu ! croyez-vous, rĂ©pondit l’hĂŽtellier, Que je m’amuse aprĂšs ce fatras de papier! Ce n’est pas en lisant que je fais mon commerce. (AndrIeux.) Semez, semez de narcisse eidç rose. Semez la couchĂ© oĂč lĂ  beautĂ© repose. (IjÀmĂ rtinE:)
( m ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. NOMS SINGULIERS De* chaĂźne*, d’or. De* cercueil» de plomb. De* cercueil* d’étain. De* odeur* de baume. De* bĂątons de cannelle. Des actes dc bassesse. Des rĂšgle* de biensĂ©ance. Des droits de uĂšage. _ De» homme» de mĂ©rite. ■ Des hommes de mer. Des pou de basilic. Dix mesures de froment Des boisseaux de blĂ©. Des robes d'Ă©tĂ©. Beaucoup de lait../ peu de vinaigre. Trop de dĂ©mence. Plus d'uudace. Uoins de fortune. ^ Combien de timiditĂ©. Que de viande. Plein dc rage. Rempli d’eau. Couvert de neige. EnvironnĂ© d’estime. Se oourrir.de gibier. Vivre d'amour. Se repaĂźtre de venl. So bercer d'espĂ©rance. Se nourrir de lait. Se couvrir de gloire. NOMS PLURIELS. Une haie dc broussailles. Un amas de dĂ©combres. Une note de frais. Un magasin de bardes. Un tas de matĂ©riaux. Une paire dc pincetle». Une nuit dc tĂ©nĂšbres. Une caisse d’épargnes. Un agent d’alTaireg. Une pension de femmes. Un pot de confitures. Une mesure de haricots. Un pied d’aĂźllets. Des bouquets de roses. Beaucoup de soldats. Peu d’olives. Trop d’amis. ■ Plus de citoyens. Moins de convives. 'Combien de racines. Que de bijoux. Plein do prĂ©jugĂ©s. Rempli de fautes, ('ouvert de haillons. KtivironuĂ© d’emhĂ»cbes Se nourrir de lĂ©gumes. Vivre de prĂ©jugĂ©s. Se repaitrĂȘ de chimĂšres. Se bercer d'idĂ©es riantes. Se nourrir de fruits. Se couvrir de dettes. " NOMS SINGULIERS. De» boutons d’argent. Des barres de fer. Des colonnes d'airain. Des eriraiti de geniĂšvre. Des sentiments d’smertume. Des tĂ©moignages de bontĂ©. Des compliments de condolĂ©ance. Des bottes de paille. Desvasesde terre. Des torrents de pluie. Des tonneaux de vin. Des paquets d’amadou. Des bouquets de iasiuĂźn. De» babils d’biver. Beaucoup d'eau. Peu de pain- Trop de monde. Pins de vin. Moins de blĂ©. Combien de lĂšvĂ©ritĂ©. Que de gibier. Plein d’orgueil. Rempli de poussiĂšre. Couvert de honte. EnvironnĂ© de monde. Se nourrir de fromage. Vivre de bonne chĂšre. Se repaĂźtre de fumĂ©e. . Se couvrir de confusion. Mourir de faim. Manquer de raisou. NOMS PLURIELS. Une paire de oiseaux. Un jour de fiançailles. Un jour de fuuĂ©raillei. Un lieu d’immondices. Un ,plateau de mouchettes. Un torrent de pleurs. Un magasin de vivres. Une caisse de retenues. Un combat de coqs Un pot d’cstlleta. Une salade d'oranges. Une botte d’allumelles. Une purĂ©e de lentilles. Un paquet de clefs. Beaucoup de pommes. Peu de maisons. Trop de personnes. Plus dp richesses. Moins de lĂ©gumes. Combien d’épines. Que d’herbages. Plein de dĂ©fauts. Rempli d’herbes. Couvert de diamauti., EovironnĂ© de tables. Se nourrir de lentilles. Vivre de racines. Se repaĂźtre d’illusions. Se couvrir dc haillons. Mourir de coup*. '.Manquer d’alimeuU. ■—NÂź LXII. NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRÈS LA PRÉPOSITION de PRÉCÉDÉE Dâ€™ĂŒN.NOM COLLECTIF. 1"Âź SÉRIE. — SINGULIER. Ciel! quel nombreux essaim d'innocentes beautĂ©s , S’offre Ă  mes yeux en foule, et sort de tous cĂŽtĂ©s ! (Racine.) Il me sembla voir dans un vaste portique une mulÂŹ titude d’HOMMES rassemblĂ©s ; ils avaient tous quelque chose d'auguste et de grand. (Thomas.) Henri, de tes enfants fais un peuple de frĂšres. (Cas. Delavigne.) Cent tonnerres qui roulent et semblĂ©nt rebondir sur une chaĂźne de montagnes , en se succĂ©dant Tun Ăč Tautre, ne formentqu’un mugissement qui s'abaisse, et qui sc renfle comme celui des vagues. (Marmontel.) Le lit profond des torrents Ă©tait bordĂ© d'un nombre effrayant d'ANiMAUx doux , cruels, timides, fĂ©roces, qui avaient Ă©tĂ© submergĂ©s et revomis par les eaux. («‹) . Sion, repaire affreux dc reptiles impurs, Voit de son temple saint les pierres dipersĂ©es. (Racine.) La multitude des IcĂąs est dans un Ă©tat ce qĂŒest le grand nombre de mĂ©decins, signe de maladie et dc faiblesse. (Voltaire.) SÉRIE. — PLURIEL. Les murs des corridors funĂšbres Ă©taient bordĂ©s d'un triple rang de cercueils, placĂ©s les uns au-dessus des autres. (Chateaubriand.) Une foule d'ENFANTs autour de lui s'empresse, Et Tannonce de loin par des cris d'allĂ©gresse. , * (St-Lambert.) . Le sort malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs (Boileau.) Et d’enfants Ă  sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie Ă  pleine coupe. (Racine.) Ce long amas d'AÏEUX que vous diffamez tous, Sont autant de tĂ©moins qui parlent contre vous, (Boileau.) La reine des nuits reposait sur des groupes de NUES, qui ressemblaient Ă  la cime des hautes monÂŹ tagnes couronnĂ©es do neige. (Chateaubriand.) L'histoire des nations est un rama* de crtmcj, de folies eide malheurs, parmi lesquels on voit quelÂŹ ques vertus, quelques temps heureux. (Voltaire.)
( Ù1 ) 11 y a une infinitĂ© d’efteuts politiques qui, une fois adoptĂ©es, deviennent des principes. (Raynal.) La vertu ne laisse pas que de rĂ©ussir quelquefois, mais ce n’est qu’à/*orce de temps ci 6’épreuves reÂŹ doublĂ©es. ' (Fontenelle.) Toute faction est un compose de dupes et de friÂŹ pons. (NapolĂ©on.) Le faux est susceptible d’une infinitĂ© de combiÂŹ naisons, mais la vĂ©ritĂ© n’a qu’une maniĂšre d’ĂȘtre. ' (J.-J, Rousseau.) La multitude des livres dans ime bibliothĂšque est souvent une nuĂ©e de tĂ©moins de l’ignorance du posÂŹ sesseur. (OXENSTIERN.) Que j’aime Ă  contempler cette chaĂźne sauvage De rocs qui, l’un sur l’autre au hasard suspendus. Couronnent vingt hameaux Ă  leurs pieds Ă©tendus. (Rouchkr.) Lorsque le substantif qui prĂ©cĂšde la prĂ©position de est un substantif collectif,’le nom qui suit cette prĂ©position se met toujours au pluriel : une multitude d'hommes, un peuple de frĂšres, une troupe d'enfants, etc. On excepte toutefois les noms qui s’emploient plus frĂ©quemment au singulier; tels que monde, peuple, etc., etc., on dit : uhefoxdedc monde, un amas de monde, unefoule de peuple, un amas de peuple. On pourrait dire Ă©gaÂŹ lement un amas de peuples, une infinitĂ© de mondes, si Ton voulait parler de plusieurs peuples, de plusieurs mondes. EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQXJE (1). Une coaimQDautĂ© d'bommcs. Udc commuDautĂ© de femmes. Un coQTent de jĂ©suites. Un cooTent de religieuses. Ud aims de pierres. Uue maison d*orpbelins. Un refuge de mendiants. Un asile de pauTres. Un hospice' d'enfants trouvĂ©s. Un las de pierres, ĂŒn chƓur de vierges'. Une multitude «Tenfants, . Une chaĂźne de mout.vgnes. Une borde de sauvages. Un miUIer de mourants. Une troupe d’hirondelles. Une foule d’indlridus. Une nuĂ©e de sauterelles. Un pays de uĂšgres. Une Ăźle d’anthropophages, ĂŒn nid d’oiseaux. Un chƓur de sĂ©raphins. I UnĂ© forĂȘt de mĂąts Une galerie de UiLIeauz. Ün torrent de larmes. Un essaim d’abeilles. Un repaire de voleurs. Une caverne de brigands.' Uue chaĂźne de galĂ©riens. Un grand nombre de soldats. Une douxaine d’ƓuC). Une collection d’estampes. Une foule d’hommes. Une longue suite de valets. Une grande quantitĂ© de Uvrcs . Une treutaine de poissons. Une quarantaine de fusils. Un groupe de femmes. Üne cinquantaine d’hommes.. Une centaine d’écus. Ün mille de bouchons. Un concours de musiciens -Une troupe de bandits. Une foule do femmes. â–ș*^^5 LXIII, t NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRÈS dc.„ CH, ri« SÉRIE, — SINGULIER, , L’homme flotte de sentiment en senftmenf, de pensĂ©e en pensĂ©e. (Chateaubriand.) ‱ » Les langues, les costumes et les formes des habits passent, en Asie, inviolablement de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, parce que les pĂšres s’y font aimer de leurs enfants, (Bernardin de St-Pierre.) Le dĂ©mon indiscret va frappant de cabane en caÂŹ bane, racontant le doux penchant de CĂ©luta po’jr RĂ©nĂ©/ (Chateaubriand.) Destin, tu l’as voulu! c’est d’oMme en abĂźme Que tu conduis ÂtrĂ©e Ă  ce comble du crime. (Voltaire.) 2Âź SÉRIE. — PLURIEL. Les animaux sauvages vivent constamment de la iriĂȘme façon ; on ne les voit pas errer de climats en cliipats. (Buffon.) Sous le tropique, des tourterelles et des perroquets ne voyagent que d’Ues en Ăźles', promenant Ă  leur suite leurs petits, et ramassant dans les forĂȘts les graines d’épiceries qu’ils font crouler de branches en branches. . (Bernardin de St-Pierre.) Les peiqiies qui n’ont plus maintenant ni autels, ni trĂŽne, ni capitale, sont jetĂ©s par les siĂšcles et les Ă©vĂ©nements de contrĂ©es en contrĂ©es. ' (Id.) Nous marchons Ăč’abĂźmes en abĂźmes. * (Voltaire.) (1) L’élĂšve pourrait aussi mettre en regard le pluriel des noms dont nous n’avons donnĂ© que le singulier dans cet exercice. Ainsi, aprĂšs avoir fait une phrase avec une communautĂ© d’hommes, il en ferait une autre avec des communautĂ©s d'hommes. Cette observation s’applique Ă  la plupart de nos exercices '
( <42 ) Quand les sottises spnt faites, on veut les soutenir par les calomnies; on perd la charitĂ© comme la raf- son ; on tombĂ© d’abĂźme en abĂźme, ainsi que de ridiÂŹ cule en ridicĂčlĂ©. (Voltaire.) C'est ainsi que de nous disposant Ă  son grĂ©, L’amour sait de nos cƓurs s’emparer par degrĂ© ; Et d’appĂąt en appĂąt conduisant la victimĂ©, Il la fait Ă  la fin passer de crime en crime. (CrĂ©billon.) Mon pĂšre est errant de dĂ©sert en dĂ©sert en Écosse. (Voltaire.) Vous-mĂ©me n’allez point de ‘contrĂ©e en contrĂ©e Montrer aux nations Mithridate dĂ©truit. De faute en faute on se fourvoie, on glisse, * On se raccroche, pn toinhe au prĂ©cipice. (Voltaire.) Mais le printemps, Doris, de moment en moment Apporte Ă  la campagne un nouvel ornement. (Saint-Lambkrt.) Gengis et ses Üls, allant de conquĂȘte en.conquĂȘte, crurent qu'ils subjugueraient toute la terre habitable. (Voltaire!)' Si la puissance vĂ©gĂ©tale rĂ©flĂ©chit et augmentĂ© la chaleur du soleil ; si elle vĂ«gĂ©talise l’atmosphĂšrĂ© et lĂšs eaux, elle n'a pas moins d’influence sur le globe soÂŹ lide de la terre, dont elle Ă©tend la cirçpnfĂ©teĂčce d’annĂ©e en annĂ©e. (Bernardin de St-PihrrĂȘ) De distance en distance la terre est percĂ©e par une multitude de bassins qĂŒon appelle des puits, et qui sont plus ou moins larges, plus ou moins profonds. (Chateaubriand!) Tombant dan^ l’avenir d’abĂźmes en abĂźmes. De malheurs en malheurs et de crimes en cHmes Un jour ou te verra couronner tes forfaits, En Ă©gorgeant Tagneau descendu pour la paix. (Chateaubriand.) De dĂ©serts en dĂ©serts errant, persĂ©cutĂ©, J’ai langui dans Topprobre et dans TobscuritĂ©. (Voltaire.) Celui qui ĂŒa rien senti ne sait rien apprendre ; Il ne fait que flotter d’erreurs en erreurs. ■ ‘ (j.-J. Rousseau.) De moments en moments sa tĂȘte s’égarait. (Lamartine.) Quand une fois lĂšs hommes se livrent Ă  la supersÂŹ tition , ils ne fon^ plus de pas que pour aller d’égareÂŹ ments en Ă©garements. (Condillac.) Quels yeux peuvent errer toujours de beautĂ©s en beautĂ©s sans jamais se fixer sur aucune ? (J.-J. Rousseau.) Buffon a dit, en parlant de nous ne savons "quel animal ; il crie comme un enragĂ© pour avertir les autres, qui, au signal, s'enfuient avec leur proie, sautant d'un arbre a l’autre avec une prodigieuse agilitĂ©. D'aprĂšs cela ne semblerait-il pas qu'il’faille touÂŹ jours le singulier avec les prĂ©positions de et en? Car de ville en ville, de colline en colline, n'est-ce pas pour d'une ville Ă  une autre ville, d'une colline Ă  une autre colline? C^es|; 40 moins la rĂ©glĂ© que prescrivent d'une maniĂšre absolue la plupart des grammairiens. Nous avons dĂ©jĂ  eu occasion d'attaquer cet absolutisme aveugle qui ne tend Ă  rien moins qu’à rpetlre des entraves Ă  la pensĂ©e et Ă  la çirconscrirje dans d'Ă©troites limites, Notre opinion est donc que .l'on peut dire, selon l'idĂ©e que l’on veut exprimer, de montagne en montagne, ou de montagnes en montagnes; de branche en branche, ou de branches en branches. En faisant usagĂ© du singulier, on veut indiquer qu’on passe d'une.chose Ă  une autre, d'une mpntagne Ă  une autre montagne, d'une branche Ă  une autrp branche. Mais, lorsqu’on emploie le pluriel, l'esprit, au lieu d’envisager les objets isolĂ©ment, et, pour ainsi dire, un Ă  un, les considĂšre par groupes, par masses : Ăź^Ăźa^ polpon marchait de victoires en victoires; le pluriel rĂ©veille ici une idĂ©e prĂ©cise dĂ© quantitĂ©, une multitude de victoires auxquelles en succĂ©daient bientĂŽt une foule d'auÂŹ tres. De victoire en victoire n'offrirait pl.us le mĂȘme sens, et rĂ©trĂ©cirait singuliĂšreinepl la pensĂ©e. D'ailleurs , il est des cas oĂč le pluriel est toĂčt-Ă -fait indispensable; sij par exemple, je veuX'parler d’un homme auquel il arrive chaque jour plusieurs malheurs
( ) Ă  la fois, je serai forcĂ© de 'dire : cei hĂŽiĂŻim'Ă© tombĂ© dĂ© malheurs en malheurs, et non dĂ© malheur en "malheur, '« 11 Ă©st temps de le reconnaĂźtre, les grammairiens, par leurs froides analyses et la sĂ©vĂ©ritĂ© plus que gĂ©omĂ©trique de leurs thĂ©ories, nont jarxiais assez tenii compte des riĂŒĂ nbĂ©s dĂŒ sentiment et de la pensĂ©e, ni des rapides Ă©lans du gĂ©nie. Qu’y a-t-il d’élĂŽnnĂ nt qu’ils aient regardĂ© 'comme barbares des iburnurĂ©s IVafh dies, dĂ©s ĂźnvĂ©rsions, des ellipses, des sĂżllepses qui dĂ©routaient la faible ni arche de' leurs idĂ©es et la leniĂ©ĂŒr d'Ă© leurs conceptions? Nous venons en quelque sorte reStiiĂŒ'Ă©r Ă  notrĂ« bel idiome des VichessĂ©s que nos prĂ©dĂ©cesseurs Ă©t quelques-uns de nĂ©s conÂŹ temporains ont cherchĂ© Ă  lui ravir (i). » Étudiants ! et vous tous que nous voulons iniÂŹ tier Ă  la langue des Voltaire et des Racine, laissez les grammairiens se disputer entre eux; laissez-les inventer des rĂšgles que ĂŒĂ©savou,ent l’usage et le bon sens, et marchez hardiment, avec nous, sur les traces des grands Ă©crivains qui sont en tout nos meĂŒ- . leur§ guides : Pour produire de bons Ă©crits, Nourrissez-vous de bons modĂšles. (Arnault.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, SINGULIER. De eĂźtĂš en'citĂ©- De Ville en Ville. D'erreur en erreur ‱ De famille en fanylte. De moment en moineAt. De chef eu chef. D’icoeil co Ăšcueil. De crime en‘crime. De cUmĂąt.'eD climat. De n^amne en royaume. pluriel. De citĂ©s en citĂ©s. De ville» en villes. D’erreur» eu erreurs. De familles en familles. De moment» en moments. De,chef» en chefs. D’écueil» en Ă©cueil». De crime» Ăšn crime». De climats en climat», pe royaumes en royaumes. SINGULIER. ‘D^Dosion Ăšn jÛĂčsiĂŽh'. ' ' DÂź village'ĂȘi» village. De dĂ©couverte en dĂ©couvertf. De nation en nation. D’écho en Ă©cho. De,plaine en plaine. De cime en cimcj De vertu en vcaĂč. De maison en maison. De jardin en jardin. , „ . PLURIEL D’illusio’ns en illusiobs. De villĂ gcB en village». De'dĂ©couvertes eh d^ouTertcfi. DĂš nation» eh nations.' D’écho» en Ă©ehos. De iilaine» en plaines. De cimes en cimes. De vertu» en Vertu». De maison» en maison». De jardin» en jardins/ N” LXIV. DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRES LA PREPOSITION a, . ■ . . * ^ i « .t Ăą. t t ' t**Âź SERIE.—SINGULIER. 4Dans le noisetier, les fleurs Ă  pistil :sont ^Ă©loignĂ©es des.autres, (J.-J. Rousseau.) Dans le bips, les fleurs Ă  Ă©tamine ont un calice Ă  trois feuiUĂšs, avec deux pĂ©tales Ă  la corolle. (la.) S’il y avait chez'Ies Grecs des prix pour la lutte, le pugilat, dĂš disque, 'lĂ  course Ă  pied et en‘chariot, c’^;qne ces exercices Ă©taient nĂ©cessaires Ă  la guerre. ?(Bernardin de St->Pieere.) 2“¼ SÉRIE. * PLURIEL. Dans le chĂątaignier, des fleurs k pistils sont remÂŹ placĂ©es par deux ou trois fruits trĂšs prĂšsdĂŒn de l’autre; (J.-J. Rousseau.) Le mĂ»rier porte les fleurs Ăą Ă©tamines sur un chaÂŹ ton. ' (Id,j te jeune homme, frappĂ© de l’objet qu’on lui pré sente, s’en occupe uniquement, et saute Ă  pifids .yotnfs* par-dessus vos discours prĂ©ĂŒmiuaires-, pour aller d’^ord oĂč vous le menez trop lentement Ă  son grĂ©. i(J.-J. Rousseau.) Des fleurs Ă  pistil, Ă  Ă©tarnine, sont des fleuis qui n’ont qu’un seul jkstil, qĂŒâ€™uriĂš .«Çylp Ă©tamine; des fleurs a pistils, Ă  Ă©tamines sont, au contraire, des fleurs qui ont plu- i* », (R Ces lignĂ©s, extraites de VExamen critique de la Grammaire dĂ©s grammaires, publiĂ© eh 1832 par QI.'HiesBiĂąax,'pronvent que nous ue soihxaespa& 'lfig seuls qui ayons senti le Vice jde toutes les grammaJw*
(iU) sieurs pistils y plusieurs Ă©tamines. D'aprĂšs cela, il est aisĂ© de sentir pourquoi, dans les exemples que nous avons rapportĂ©s, Rousseau a fait usage de Tun ou de Tautre nombre. -, 1 * . t Quant au dernier exemple, le mot pied est au singulier dans la premiĂšre colonne, parce qu’il est spĂ©cificatif, c’est-Ă -dire parce qu’il est pris dans ĂŒn sens gĂ©nĂ©ral, et ne rappelle Ă  Tesprit aucune idĂ©e de nombre. H est au pluriel dans la deuxiĂšme colonne, parce que Tadjectif pluriel joints rĂ©veille nĂ©cessairement TidĂ©e des deux pieds. Le nombre que Ton doit employer aprĂšs la prĂ©position Ă  Ă©tant toujours indiquĂ© par le sens, il n’y a donc aucune difficultĂ© Ă  cet Ă©gard. --oooo« N LXV. EXPRESSIONS AVEC LESQUELLES LES ÉCRIVAINS ONT FAIT INDIFFÉREMMENT USAGE DĂŒ SINGULIER OU DĂŒ PLURIEL. * UÂź SÉRIE. — SINGULIER. Nous passĂąmes un torrent dessĂ©chĂ© ; son lit Ă©troit Ă©tait rempli de lauriers-roses et de gatiliers, arbuste Ă  feuille longue, pĂąle et menue, dont la fleur lilas, un peu cotonneuse, s'allonge en forme de quenouille. (Chateaubriand.) Les arbres fruitiers qui doivent entrer dans la comÂŹ position d'un verger sont les fruits Ă  pĂ©pins, les fruits * Ă  noyaux, etc. (Encyclop. mod.) . Les branches Ă  fleur ( du genĂȘt ) sont courtes, n'ont point d’épines, et ont cinq ou six fleurs cn grappes au bout. (J.-J. Rousseau.) - Fais semer les capucines en bordures et par bouÂŹ quets vers le pavillon, de sorte qu'en grimpant, les tiges puissent s’accrocher aux arbrisseaux qui sont sur la crĂȘte. J'en excepte les arbres et arbrisseaux Ă  fruit. (Jd.) Les plus grands courants d’eaux vives qu’il y ait au monde sortent tous des montagnes Ă  glace. (Bernardin de St-Pikrre.) Nous avons des montagnes Ă  glace qui peuvent porter tous les vĂ©gĂ©taux du nord^, et des valle'es Ă  rĂ©verbĂšre, qui peuvent produire la plupart de ceux ‘ du midi. (Id.) Les Grecs et les Romains ont tirĂ© de l'Asie la pluÂŹ part des arbres Ă  fruit que nous cultivons aujourÂŹ d’hui. (Id.) Un ^and fleuve a pour chĂąteau-d’eau une monÂŹ tagne Ă  glace.avec un lac Ă  son pied qui en reçoit les fontes. * (Id.) f t * Jean-Jacqucs m’a fait observer au bas des feuilles de tous les fruits Ă  noyau deux petits tubercules qui les caractĂ©risent. ' (Id.) SÉRIE. — pluriel. Le bec-de-grue Ă  feuilles de vigne a des feuilles ovales, montantes et pubescentes, qui ont l’odeur du baume, quand on les frotte. (J.-J. Rousseau.) Les arbres du verger, chargĂ©s de fruits Ă  noyaux et Ă  pĂ©pins, sont encore une autre richesse, (Voltaire.) En AmĂ©rique, les plantes Ă  fleurs sont sans nomÂŹ bre (ChateaubItiand.) I Les flancs de la colline sont tapissĂ©s de groupes d’arbrisseaux Ă  fruits ou Ă  fleurs. (Bernardin de St-Pikrre.) La nature a multipliĂ© les montagnes Ă  glaces dam le voisinage des pays chauds. (Id.) Les fleurs Ă  rĂ©verbĂšres sphĂ©riques sont celles dont les pĂ©tales sont figurĂ©s cn portions de sphĂšre, (lĂ .) Les flancs de la colline sont tapissĂ©s dc groupes d'arbrisseaux Ă  fruits ou Ă  fleurs. , (Id.) J’ai vu en Bretagne quantitĂ© de terres incultes. Il n'y croĂźt que du genĂȘt et une plante Ă  fleurs jaunes qui ne paraĂźt composĂ©e que d’épines. (/d.) Les auteurs semblent avoir employĂ© indistincĂźemenjt les deux nombres avec les exÂŹ pressions h feuille, Ă  noyau, k fruit. En effet, on peut aisĂ©ment, en pareil cas, justifier le singulier et le pluriel. On dit k feuille ou k feuilles, k hoyau ou Ă  noyaux, k fleur ou Ă 
( 145 ) Jieursy Ă  Jndt ou Ă  frxdts, parce que l’on dit trĂšs bien la feuille ou [esfetdlles de cet arbre ; ces fruits ont un noyau ou des noyaux; ces arbres produisent du fruit ou des fruits. Celui qui se sert de la premiĂšre de ces formes envisage les objets en gĂ©nĂ©ral , tandis que celui qui emploie la seconde, les prend dans un sens particulier, individuel. Nous devons faire remarquer cependant que Fusage le plus gĂ©nĂ©ral est pour le sinÂŹ gulier. ExceptĂ© le mot noyau, que Fon pluralise toutes les fois que l’on parle de fruits qui ont rĂ©ellement plusieurs noyaux, tels que les nĂšfles, etc. LXVI. CONSÉCRATIONS ÉTABLIES PAR L’USAGE. 1^Âź SÉKIB. — singulier! Les bateaux <i vapeur aux États-Unis servent, non seulement au besoin du commerce et des voyageurs, mais on les emploie encore Ă  la dĂ©fense du pays. (Chatbaubriand.) Deux nations rivales de gloire industrielle se sont disputĂ© Thouneur d’avoir donnĂ© le jour Ă  l'inventeur des machines Ă  vapeur, (Encyclop. mod.) Au bout de quelque temps il fit quelques profits, Racheta des bĂ©tes Ă  laine, (La Fontaine.) S’agit-il d’exercer Émile au bruit d’une arme Ă  feu; je brĂ»le d’abord une amorce dans un pistolet. (J.-J. Rousseau.) La mouche Ă  viande aime Ă  se poser sur les cou-' leurs livides des viandes qui se gĂątent. (Bernardin de St-Pikrrk.) 11 faudrait, pour augmenter les subsistances natioÂŹ nales , remettre en terres Ă  blĂ© beaucoup de terres qui eont en pĂąturages. (Id,) Le goĂ»t du fruit de l’arbre Ă  pain se retrouve dans celui du cul d’artichaut. (Bernardin de St-Pierbe. On trouve des pierres Ă  rasoir dans presque toutes les carriĂšres dont on Ürc l’ardoise. (Buffon.) Les hommes Ă  tma^tnafton sont exposĂ©s Ăą faire bien des fautes. (Leyizag.) Les babouins Ăą museau de chien ont les jambes et tes bras fort Ă©pais et couverts d’un poil touffu. (Buffon.) 2o SÉRIE, — pluriel. Toutes ces femmes Ă  grands talenĂźs n’en Imposent jamais qu’aux sols. (J.-J. Rousseau.) Les meilleurs livres sont ceux que le vulgaire dé crie , et dont les gens Ă  talents profitent sans en parler. (Id,) C’est Ă  l’air que le sang des ouĂŻes du poisson doit sa couleur vermeille : elle est tout-Ă -fait semblable Ă  celle du sang veineux des animaux Ă  poumons,, (Bernardin de St-Pikrre.) Le nom de vertu dans la bouche de certaines perÂŹ sonnes fait tressaillir comme le grelot du serpent Ă ' sonnettes, (MŸŸ Necker.) J’ai rçncontrĂ© souvent de ces gens Ă  bons mots. De ces hommes charmants qui n’étaient que des sots. (Gresset.) Dans nos climats, les animaux sauvages qui apÂŹ prochent le plus du chien, et surtout du chien Ă  oreilles droites, du chien de berger, que je regarde comme la souche et le type de l’espĂšce entiĂšre, sont le renard et le loup. (Buffon.) Quels astres merveilleux, si toutefois ce sont des astres , que ces corps lumineux Ă  longues queues qui traversent les aires des planĂštes sans dĂ©ranger leur cours, et emploient des siĂšcles Ă  s’approcher et Ă  s’é loigner du soleil! (Bernardin de St-Pierre.) Les hommes Ă  cheveux noirs ou bruns commenÂŹ cent Ă  ĂȘtre rai*es en Angleterre, en Flandre, en HolÂŹ lande , et dans les provinces sĂšptentrionales de l’AlÂŹ lemagne. (Buffon.) J’aime mieux ĂȘtre homme Ă  j>oradoa;w qu’homme k prĂ©jugĂ©s, (J.-J. Rousseau.) On dit, dans le style familier, qu’un homme a des prĂ©tentions, que c’est un homme Ă  prĂ©tentions, pour dire qu’il prĂ©tend Ă  l'esprit, aux talents, Ă  la naissance, Ă  la considĂ©ration. (Planche.) Il est plusiem s cĂ©lĂ©britĂ©s ; Hommes de goĂ»t, gens Ă  scrupules, La vĂŽtre est dans vos qualitĂ©s, La nĂŽtre est dans nos ridicules. (ÂRNAULT.) 19
( ue ) Je mets au rang des ’ffibles les phases Ăą tĂȘte de cheval. ' (GuĂ©roult.) .Quelquefois les cloisons que construisent les fourÂŹ mis sont percĂ©es Ă  jour, et reprĂ©sentent une sorte de colonnade. (Hubkr.) J'ai dĂ©couvert qĂŒe les fourmis savent encore se faire servh* Ă  volontĂ©. ' (Id.) Je vous ai entendue raisonner mieux que dc vieux derviches Ă  longue barbe et Ă  bonnet pointu. (Voltaire.) LĂ , le chantre Ă  grand bruit arrive et se faitpßùcĂ©. (Boileau.) Les coquettes sont folles Ă©t n’întpoiiit do faiblesses; les femmes Ă  sentiments sont sages, et en ont. / (MĂ riĂżaux.) MĂŽi; ]b suis trĂšs souvent, ibterrbmpt l'EspĂ©rance, Chez les amants ou les gens Ă  projets. (Grainville.) Aux autels de son Dieu, dans les saints Ă©difices, ■ ta France est Ă  genoux. , (Cas; Delavigne.) Le froment Ă  barbes serrĂ©es est cultivĂ© dans Je dé partement dc Vaucluse. (Dict. des sc. mĂ©d,) » \ . . Sur ßù xtLÇT qui fiait et roule Ă  gros bouillons Bon rapide vaisseau fend les derniers sillons. (Delille.) Pour bien sentir pourquoi, aprĂšs la prĂ©position Ă , les auteurs ont fait usage tantĂŽt du singulier, comme dans les exemples de la premiĂšre colonne; tantĂŽt du pluriel, comme dans ceux de la Seconde, il faut soumettre ces exemples Ă  Tanalyse. En effet, Tanalyse, en rĂ©tablissant tous les mots que l'empressement de s’énoncera voulu qiTon supprimĂąt ', peut seule rendre compte de cette diffĂ©rence d’orthogTapbe. Des machines Ă  vqpĂšur. Analyse. : Des machines ( servant) Ă  (Ă©lever Teau par lĂ ; vapeur. Des pierres Ă  rasoir. Analyse : Des pierres (serÂŹ vant ) Ă  '( repasser un ) rasoir. Les hommes Ă  imagination. Analyse : Les hommes (qui se livrent) Ă  (leur) imagination. \ Les babouins Ă  museau de chien. Analyse : Les babouins (dont la houche ressemble) Ă  (un) museau de chien. Les pĂ©ggses Ă  tĂȘtĂš de cheval. Analyse : Les pe\ gases (dont la tĂȘte ressemble) Ă  (une) tĂȘte de cheval. ‱ . Cloisons percĂ©es Ă  jour. Analyse : Cloisons percĂ©es (de maniĂšre) Ă  (laisser pĂ©nĂ©trer le) jour. Savent se faire servir Ă  volontĂ©. Analyse : Savent se faire servir (conformĂ©ment) Ă  (lĂ«ur) volontĂ©. ' De vieux derviches Ă  longue bdrbe et Ă  bonnet pointu. Analyse : De vieux derviches (que Ton reÂŹ marque) Ă  (leur) longue barbe et Ă  (leur) bonnet pointu. Arrive Ă  grand 6rmf. Analyse : Arrive (en donÂŹ nant lieu) Ă  (un) grand bruit. . Les verres Ăč vitres. Analyse : Les verres (propres). Ă  (faire des) vitres. Homme Ă  paradoxes. AnalysĂ© : Hornme (qui se plaĂźt) Ă  soutenir (des) paradoxes. Un homme Ă  prĂ©tentions, Ă  prĂ©jugĂ©s. Analyse : Vn homme (dont l’esprit est Üvi’é) Ă  (toutes sortes de) prĂ©tentions, de prĂ©jugĂ©s. Gens Ă  scrupules. Analyse : Gens (qui s’arrĂȘtent) Ă  (desyscrupules, ou dont la conscience est livrĂ©e a des scrupules. Les femmes Ă  sentiments. AnalysĂ© : Les femmes (dont le cƓur est en proie) Ă  (une foule de) sentiÂŹ ments , ou (qui se laissent aller) 'd (leurs) sĂ©ntiments. Les gens Ă  projets. Amilysc : ÂŁcs gens (sans cesse occupĂ©s) Ă  (faire des) jwoje/5. La France est Ă  genoux. Analyse : La France est (dans ohĂ© position semblable) Ă  (celui qĂŒi a les) genoux (pliĂ«s et appuyĂ©s contre terre). Le froment Ă  barbes serrĂ©es. Analyse : Le froment (que Ton distingue des autres sortes de froment) a (ses) barbes serrĂ©es. Rouie Ă  gros bouillons. Analyse : Roule (de'mĂą- ‱iiiĂŽre) Ă  (former de) gros bouillons. Ces analyses, qui nous montrent si clairement la raison du nombre employĂ© aprĂšs la prĂ©position Ă  Ă ans les locutions qĂŒi prĂ©cĂšdent, n’étaient pas sans offrir queĂźqĂŒe dif- ĂŒcuUĂ©. 11 nous eĂ»t Ă©tĂ© sans doute plus facile de dire des hommes Ă  paradoxes, Ă .prĂ©- jugĂȘs, sont des hommes qui ont des paradoxes,des prĂ©jugĂ©s; mais une pareiile'explicaiion nous paraissait trop peu satisfaisante, et mĂȘme contraire Ă  la vĂ©ritable analyse, qui doit .se borner Ăą supplĂ©er Tnots sous-entendus sans rien changer aux mots exÂŹ primĂ©s. . '
( UT ) n“ LXVII. NOMBRE APRÈS dfl.... , Ă . riÂź SÉRIE. — SINGULIER. ^ ‱-* ■ * * * - * De voleur Ă  voleur on parle probitĂ©. (François de Neufchateau.) Disons-nous nos secrets De compĂšre Ă  compĂšre, (Piron.) Reviens becqueter dans ma main, A tes besoins toujours ouverte. Le millet choisi grain Ă  grain, (BoiSARp.) La 'diffĂ©rence^qui ise trouve d'Aomme Ă  homme se (ait encore plus sentir de peuple Ă  peuple, ^ (Marmontel!) 2Âź SÉRIE. pluriel. De larrons Ă  larrons il est lien des degrĂ©s ! Les petits sont pendus et les grands sont titrĂ©s. (François de NkĂŒfchateau.) DevĂ lets Ă  valets On ne se doit pas taire. (Piron.) . . Corsaires Ă  corsaires, L'un l’autre s’attaquant, ne font pas leurs affaires. (La Fontaine.) Le consistoire prĂ©tendait que Ja loi en question n’é tait que dĂ© calvinistes Ă  calvinistes, non pas de calÂŹ vinistes Ă  papistes, ;(Voltaire.) ‱ ^ II nous semble que le sens exigeait, dans les vers de M‘. François de Neufchateau, la diffĂ©rence qu’on y observe. Pour parler de probitĂ© entre voleurs, il suffit du voleur . qui porte la parole et du voleur gui Ă©coute. Mais pour Ă©tabjir bien des degrĂ©s entre les larrons, il faut comparer des larrons avec d’autres larrons. Dans les4erniers exemples, les auteurs se sont servis du singulier ou dti pluriel, selon qu’ils avaient dans l’esprit l’idĂ©e d’un ou de plusieurs. Nous ferons çependaaĂź observer que le singulier est peut-ĂȘtre plus ÇrĂ©quen|j ainsi que Je prouvent les exemples ci-aprĂšs : Les caractĂšres vifs ou lents, gais pu sĂ©rieux, se trouvent souvent dissĂ©minĂ©s dans la mĂȘme ville de frĂšre Ă  frĂšre, et sont Ă©galement utiles Ă  la sociĂ©tĂ©. (Bernardin de St-Pierre.) ■Le droit des gens tenant Ă  des .mesures d’instituÂŹ tions humaines , et qui n’ont point de terme absolu , varie et doit vaiier dĂš notion Ă  nation, - (j.-J. Rousseau.) Les magistrats doivent rendre la justice de citoyen Ă  citoyen : chaque peuple la doit'rendre lui-mĂȘme de lui Ă  un autre peuple. (Montesquieu.) De peuple Ă  peuple, il est rarement besoin de tiers pour juger, parce que les sujets de disputes sont presque toujours clairs et faciles Ă  terminer. (Montesquieu.) On ne sait si on doit placer plusieurs cartels de déû de roi Ă  roi, de prince Ă  prince, entre les duels juriÂŹ diques ou entre les exploits de chevalerie ; il y en eut de ces deux espĂšces. (Voltaire.) EXERCICE PHRÂSÉOLOfxIQVE. Hateaoz Ă  vapeur. Cabriolets Ă  volontĂ©. FenĂȘtres Ă  inur. A franc Ă©trier.  tĂȘte Ă©cerfelĂ©e. Fruits Ă  noyau. Aller Ă  cheval. Aller Ă  pied. Pas Ă  pas. Brin Ă  brin. Son Ăč sou. Froment Ă  grains de riz. Aller Ă  pas prĂ©cipitĂ©s. A pas lents. Homme Ă  prĂ©jugĂ©s. Fruits Ă  noyaux. A bĂąton rompu. Cbaadelier Ă  branches. Kcuelle Ă  oreilles. A mains jointes. A bras ouverts. Marcher Ăš petits pas. Marcher Ă  pted. Mettre quelqu’un Ă  bout. A bout portant. . A tĂȘte folle. A tĂȘte de [iiiotte. A tĂ©moin (i;. Mot Ă  mot. Manger morcean Ă  morceau. Couteau Ă  ressort. Clous Ă  crochet. Tenir Ă  injare. Voguer h pleines voiles. Aller Ă inurche forcĂ©e A couteaux lires. A tous risques. A pĂ©pins. Geus Ă  principes. Hommes Ă  sentiments. Hommes Ă  cheveux courte, Chapeaux agrandi bords. Aller Ă  t&tous. . DĂ©chirer Ă  belles dents; (I) Expression adverbiale qui siguifie en tĂ©moianaae. et demeure toujours invariable.
( <48 ) ĂąlĂŒirber Ă  petit bruit. Tenir & boaneur, A loDg cou. IIomDies Ă  soutane.» Armes Ă  feu. Crier Ă  tue-tĂšte. PrĂȘter Ă  intĂ©rĂȘt. Clous i tĂšte. Efial Ă  ĂȘpal GuuUe Ăą goutte. A long» p(fits. Un Ă©tui Ă  peignes. Botte a Ă pingles. awe/'Ă rĂȘouloos. A gros intĂ©rĂȘts. Uc rois i peuples. De tyrans Ăą tyrans. LĂ©gumes Ă  cĂŽtes. Flotter Ă  longs plis. A pleines mains. A dĂ©couvetL Moulin Ă  eau, Ă  bras. A brule-pourpoinĂź. Cannes Ă  dard. Poil Ă  poil. De femme Ăą bomme. Papier Ă  lettres. Contes faits & plaisir, A regret. Pierres Ă  fadU Viilcti gages. Plancbei Ă  bouteille. Do vilatosĂ  vilains. De riebea Ă  riches. De pauvres ĂŽ pauvres. A [Wtits pas. Gens Ă  scrupules. Boire & longs traits. Maebine & roues, BoqdoU Ă  poit NÂź LXVIII. ■ < nu NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRÈS LA PRÉPOSITION 6». SÉRIE, — SINGULIER. iĂŻ''":sicurs les sots, je dois cn bon chrĂ©tien. Vous siffler, car c’est pour votre bien. (Voltaire.) Du chicaneur exaspĂ©rĂ©, Qui se bat en dĂ©sespĂ©rĂ©, r;a vain, pour adoucir la sauvage rudesse, Du bon sens calme et tempĂ©rĂ© Vous prenez le ton modĂ©rĂ©. (Delille.) Les armĂ©es commencĂšrent tard Ă  entrer en action. (AcadĂ©mie.) « Pour conserver un Ă©tat en repos, il faut toujours tenir TĂ©pĂ©e de la* justice en mouumenf. (Boiste.) Lorsque les blĂ©s sont en fleur, c’est alors qu’ils sont revĂȘtus de toute leur magnificence. (Bernardin de St-Pihrre.) Le poisson volant est fort commun entre les deux tropiques ; il est de la grosseur d’un hareng ; il vole en troupe et d’un seul jet aussi loin qu’une perdrix. (id.) La superstition transforme l’homme en bĂȘte, le fanatisme en fait une bĂ©te fĂ©roce, et le despotisme une bĂȘte de somme. (La Harpe.) Pour vivre en honnĂȘte homme, il faut avoir du bien. (Boursault.) Le bon n'est que le beau mis en action, l’un tient Intimement Ă  Tautre, et ils ont tous deux une source commune dans la nature bien ordonnĂ©e. (J.-J. Rousseau.) ĂŒn grand fonds dc vertus rarement sc confisque : En faveur et disgrĂące, on est sĂ»r d’en jouir. (Boursault.) Dans les violents transports qui m’agitent, je ne saurais demeurer en place. (J.-J. Rousseau.) Une senslLUitĂ© gĂ©nĂ©reuse qui intĂ©resse le genre huÂŹ main dans ses pleurs, s'ennoblit et se transforme en vertu. (Le Tourneur.) Je prĂ©tends n’ĂȘtre point obligĂ©e Ă  me soumettre en esclave Ă  vos bontĂ©s. . (MoliĂšre.) - 2* SÉRIE. — pluriel. 0 mes amis, vivons en bons chrĂ©tiens, C’est le parti, croyez-moi, qu'il faut prendre. (Voltaire.) Ceux-ci avaient fui en dĂ©sespĂ©rĂ©s; ceux-lĂ , comme s'ils Ă©taient stupĂ©faits de leur victoire, n’en profitڏ rent pas. (Anquetil.) La comĂ©die est l'art d’enseigner la vertu et les bienÂŹ sĂ©ances en actions et en dialogues. (Voltaire.) Ne vous fatiguez.pas en mouvements, s’il n’en rĂ©sulte une action. (Boiste.) L’or de la primevĂšre a percĂ© les gazons, Ët les arbres en fleurs blanchissent les vallons. (Michaud.) Je les vois en troupes lĂ©gĂšres S’élancer de leur lit natal, (Hacinb.) En voyant la quatriĂšme partie de mes semblables changĂ©e en bĂȘtes pour le service des autres, j’ai gĂ©mi d’ĂȘtre homme. (J.-J. Rousseau.) Les Dieux du paganisme se changeaient trĂšs souÂŹ vent en hommes, (Voltaire.) Souvenez-vous qu’en toute chose vos leçons doiÂŹ vent ĂȘtre plus en actions qu’en discours. (J.-J. Rousseau.) t Dc tous les usuriers, la flatterie est celui qui fait les plus gros profits ; quand les grands manquent de vertus, elle leur en prĂȘte, et sc voit payer largqnient cn pensions, cn faveurs, en places et en cordons. (De SĂ©gur.) En gĂ©nie, en vertus, nos pĂšres Ont conservĂ© sur nous le pas. (de Jouy.) Guillaume le ConquĂ©rant avait traitĂ© les Anglais en esclaves qu’il ne craignait pas. (Voltaire.)
( 149 ) La conscience nons avertit en atnt avant de punir en jugC:. (Stanislas.) Chacun me fuit: voilĂ  le fruit peut-ĂȘtre De cette humeur dont je ne fus pas maĂźtre, Qui me rçndait diflicile en amis Et confiant ponr mes seuls ennemis, (Voltaire.) Dans ces phrases le mĂȘme mot est au singulier et au pluriel. C’est au moyen de Fanalyse logique que nous pouvons rendre raison de cette diffĂ©rence, et montrer que, dans le premier cas, il y a idĂ©e d’unitĂ©; dans le second, idĂ©e de pluralitĂ©. Ce prinÂŹ cipe, qui nous a servi pour les prĂ©positions de et Ă , va encore nous servir pour lu prĂ©position en, ' . , Je dois en bon chrĂ©tien. Analyse : Je dois en (ma qualitĂ© de) 6on chrĂ©tien. Ă  Vn chicaneur qui se bat en dĂ©sespĂ©rĂ©. Analyse : Qui se bat en (homme) dĂ©sespĂ©rĂ©, A entrer en action. Analyse : A entrer dans {!’) ocfion (du combat.) . , Vivons en bons chrĂ©tiens. Analyse : TĂŻuons en (maniĂšre de) bons chrĂ©tiens, autrement dire, vivons comme doivent vivre de bons chrĂ©tiens. Ceux-ci avaient fui en dĂ©sespĂ©rĂ©s. Analyse : Ceux-ci avaient fui en (hommes) dĂ©sespĂ©rĂ©s. En actions et en dialogues] Analyse : En (une suite d’) actions et en (une suite de) dialogues. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, SINGULIER. En roi. En ennemi. En bouquet. En homme konnfitĂȘ. En officier. En pnncMie. En main. En etpalier. En ermitp. En fleur. En groupe. * ‘ En oĂ©terroinĂš. En enfant. PLURIEU En rois, - En ennemis. En bouquets. "En'hommes honnĂȘtes. En officiers. En princesses. ‱ En mains. En espaliers. En ermites. En fleurs, Kn groupes. En dĂ©terminĂ©s En enfants. SINGULIER. En ami. En principe. En paquet. En Ă©tourdi. En amazone. En reine. En femme. En saurage. En piĂšce. En pierre. En brique. En soldat. En troupe. PLURIEI. En amis. En principes. En paquets. En Ă©tourdis. En amazones En reines. En femmes. En sauvages En piĂšecs. En pierres. Eu briques. En soldats. En troupes. N“ LXIX. CONSÉCRATIONS FAITES PAR Lâ€™ĂŒSAGE. ri* SÉRIE. — SINGULIER. I On B’aBBemble en tumulte, en tumulte on dĂ©cide. (Voltaire.) I Ce que le fer atteint tombe rĂ©duit en poudre, Et chacun dea partis combat avec la foudre. (Id,) Monsieur, oĂč courez-vous? c’est vous mettre en danger, (Racine.) t U y eut Ă  peine de la rĂ©sistance ; en Ăčn moment TarmĂ©e française fut mise en dĂ©sordre, enfoncĂ©e et dispersĂ©e, (Anquetil.) Vois-tu ; Je ne veux pas ĂȘtre un Juge eh peinture, (Racine.) Il signe un bon contrat Ă©crit en bonne forme, (Id,) 2Âź SÉRIE. T— PLURIEL. MaĂźtres de tout le camp, fierç de Vavoir conquis . les Troyens Ă©clatent en cris forcenĂ©s de triomphe, (BitaubĂ©e.) LĂ , le froid Hollandais devient impĂ©tueux ; Il dĂ©chire en morceaux deux frĂšres vertueux. f (Voltaire.) L'attaquer, le mettre en quartiers, Sire loup l’eĂ»t fait volontiers. (La Fontaine.) Le superbe animal, agitĂ© de tourments, Exhale sa douleur en longs mugissements, (Boileau.) La Normandie, comme vous savez, est une terre .fertile en pommes, (Regnard.) ' Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets, * Mon amour enfermĂ©, et son*bien en procĂšs. (Racine.)
( 150 ) En gĂ©nie, en vertus , nos ĂŻ^res ‱ Ont conservĂ© sur nous le pas. (de Jouy.) ĂȘ » A force de travailler pour augmenter notre bonÂŹ heur , nous le changeons en misĂšre. (J.-J. Rousseau.) La nature fait le mĂ©rite, la fortune.le met en Ɠuvre. (Larochefoucauld.) Les pyramides de TÉgypte s'en vont en poudre, et les graminĂ©es du temps des Pharaons subsistent^en- rore. (Bernardin de St-Pierre.) Puisque nous' sbmmĂšs eri butte Ă  des inaux inĂ©viÂŹ tables , lĂ  sagĂ©ssĂ« est Tait de trouver des compensaÂŹ tions.. * (Lkvis.) Les ioiianges qu'ori donne aux gens en^ place doivent peu flatter leur Ă mour-propre. (VaĂŒvenargues.) Plus on sĂšme en dĂ©sirs, moins on recueille en bonheur. (Sanial-ĂŒĂŒbay.) C’est une adresse en amitiĂ© que de tromper quel quefois sou ami pour lui rendre un service. (Oxenstiern.) Le ciel nous prĂ©servĂ©' dĂ© l’ekclavagĂȘ Ă«h gUĂȘire t et en unĂźfonnĂ© et dĂš la fatalitĂ© disciplinĂ©e I (Chateaubriand.) En flatteurs caressĂ©s cet univers abonde. (COLLIN d’HaRLEVIIXE, Les plus grandes ùçaes sont celles qĂŒi s’arrangent le mieux dans la situation prĂ©sente, et qui dĂ©pensent le moins en projets pour l’avenir. (Fontenelle.) Bien des gens Ă©puisent leur fonds philosophique en conseils pour leurs aniis et en demeurent dĂ©pourvus pour eux-mĂȘmes. (Larochefoucauld.) Que l’amoĂŒr-propre abondĂ© en mauvaises dĂ©faites. Quand il faut rĂ©parer les fautes qu’on a faites. (La ChaussĂ©e.) La plus grande partie des espĂšces d’animaux est moins abondante en individus que les espĂšces do plantes. (Buffon.) d’est ainsi que Tamour, trop fertile en excuses, Aveugle par son charme, et sĂ©duit par ses ruses ; MĂȘme en nous^ Ă©garant ĂŒ feint de nous guider, De ses piĂšges flatteurs songez Ă  vous garder. (Longepierre.j Beaucoup de noms en alliance avec la prĂ©position en restent constamment aĂŒ sinÂŹ gulier; de ce nombre sont les mots tumulte, danger, dĂ©sordre, etc. L’usage les fera connaĂźtre. Il est d'autres substantifs qui, joints Ă  la mĂȘme prĂ©position, se trouvent toujours au pluriĂšl; tels sont les mots en italique dans la seconde colonne. De plus, nous ferons remarquer que les substantifs, complĂ©ntents de la prĂ©position en, doiÂŹ vent, sans exception, prendre le pluriel avec les verbes se rĂ©pandre, Ă©clater, se conÂŹ sumer, et les adjectifs abondant, fertile, cĂ©lĂšbre, fĂ©cond, etc., parce que ces verbes et ces adjectifs rĂ©veillent par eux-mĂȘmes des idĂ©es collectives ou de pluralitĂ©. 11 y a donc une faute dans ces vers de Regnard : ■ C’est un nom d’une nouvelle espĂšce Qui part de mon esprit fĂ©cond en gentillesse. 11 fallait un s Ă  gentillesse; mais la rime Ta emportĂ© sur la syntaxe. Cet exemple ne doit pas ĂȘtre suivi, mĂŽme en poĂ©sie. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. SINGULIER. Etro en vio. ^ BlĂ© en herbe. Etro on colĂšre* Etre on affaire. PĂ©cher on çan trouble. Parler en pleine assemblĂ©e. Aller en peute. AnnĂ© en gnerre. Enfeot en maillOL Etre eo toUette. Bmnme en fuMur. M.UHIBL. ÊtrĂŽ en souliers. Armes en fsisceaox. Être en priĂšres. Fondre en larmes. Être rtcbe en promesses. 6e rainer en folles dĂ©penses. Eclater en reproches. S'Ă©puiser en eflbrts. Fertile en images. Être en cheveui. StĂ©rile en idĂ©e». SINGULIER. Etre en bonne santĂ©. En&nt en nourrice. Etre en extase. Vivre en espĂ©rance. Tomber en dĂ©radenee; Etre en deuil. Etre en colĂšre. Aller en course. Etre en crainte. Etre en nĂ©gligĂ©. ArmĂ© eo bataille. PLURIEL Stro en bottes. Homme en baillons. Etre cn brmes. S'Ă©tendre en paroles. Se perdre en raĂźsonnemenu. Abonder en injures. Se rĂ©pandre en invectives. NĂ© pas tarir en Ă©loges. FĂ©cond en raisonnements payer eo mauvais propos. Abondant en brgeuei.
t15Ăź ) N” LXX. OBSERVATION PARTICULIÈRE SUR LES MOTS cendtes, couckes, otc. ' 2* SÉglB. — PLURIEL. N’entendez-vous pas Hector animer toute son ai’- mĂ©e, plein de la rage impatiente de rĂ©duire les vaisÂŹ seaux en cendres ? (BitaubĂ©e.) On ne doit jamais placer des fleurs ni aucune odeur prĂšs des fenunes en cpucAes, ni prĂšs des malades ; et moins encore en laisser dans la chambre Ă  coucher pendant la nuit. (Encyclop. mod.) Les rhinocĂ©ros ne se rassemblent pas entroupes, ni ne marchent en noinbre comme les Ă©lĂ©phants ; ils sont plus solitaires, plus sauvages, et peut-ĂȘtre plus difllciles Ă  chasser et Ă  vaincre. (Buffon.) Troie est en cendres, il est vrai ; mais il vaudrait mieux pour les Grecs qu’elle fĂ»t encore dans toute sa gloire. (FĂ©nelon.; L’homme est de tous les animaux celui qui peut le moins vivre en troupeaux', ((J.-J. Rousseau.) D’immenses roches pendaient en ruines au-dessus de ma tĂȘte; (fd,) riÂź SÉRIE. — singulier. Lieux, teints de ce beau sang que l’on vient de rĂ©pandre, Murs que j’ai relevĂ©s, palais^ tombez en cendre, (Voltaire.) Ainsi que PromĂ©thĂ©e, mon grand pĂšre, ils se perÂŹ pĂ©tueront sans «avoir jamais chez cmc de femmes en cotxcAe. ‘ (Piron.) Le poisson-volant est fort commun entre les deux tropiques ; il est dfr la grosseur d’un hareng ; il vole en troupe et d’un seul jet aussi loin qu’une perdrix. (Bernardin de St-Pierre.) Votre conquĂȘte est juste ; ĂŒ la faut entreprendre, BrĂ»lez le Capitole et mettez Rome en cendre. (Racine.) Nous sommes, s’il est permis de le dire, au preÂŹ mier rang des animaux qui vivent en troupe, comme les abeilles, les fourmis, les oies, les poules, les moutons, etc. * . . (Voltaire.) La villa du cardinal d’Est tombe en ruine comme celle du ministri^ d’Auguste : G’est rfflstpĂźre de toutes les choses et de tous les hommes. (Chateaubriand.) ArrivĂ©s au bord du fleuve, nous passĂąmes Ă  guĂ© les* eaux limpides, au travers de grands,roseaux, de beaux lauriers roses en pleine fleur. (Id,) yffsç[ae les blĂ©s sont en fleur, c’est alore .qu’ils sonVrevĂ©tus "de toute la magiificĂȘ^ / (Bernardin de St-Pierrk.) Vols ces arbres en fleur leur cime agitĂ©e Verser siir les sillons une pluie argentĂ©e,. (St-Lambert.) Et dĂ©jĂ  nous foulons sur le bord opposĂ© Ün vallon d’herbe en fleur F.Ă©cume an*osĂ©. (Lamartine.) Sous un maronnier en fleur, je me repose sous les riches ombrages de l’AmĂ©rique. (Be^ardin de St-Pie^b.) ' * I On voit que les auteurs se sont servis indiffĂ©remment du .singulier et du pluriel. Cependant, en prose, on Ă©crit gĂ©nĂ©ralement ceiidre avec s. Quant au mot couche, quelÂŹ ques grammairiens veulent qu’il se mette toujours au pluriel. Nous pensons qu’on peut faire Ă©galement usage du singulier, par la raison qu’on demande Ă  une femme nouvellement accouchĂ©e si sa comhe a Ă©tĂ© bonne, L’AcadĂ©mie est de cet avis. L’eau changĂ©e en sĂšve se transforme ensuite, par la mĂ©diation du soleil et de l’air/en feuilles, en fleurs, tĂčfruits, en Ă©corce et en bois. (Bernardin DE St-Pierrk.) La vigne m fleurs exhale au loin de doux parÂŹ fums. (J.-J. Rousseau.) « L’alouette a chantĂ© mon rĂ©veil ; mon royaume, Sous un’jour de prmtomps en fleurs m’est apparu. ‱ (Lamartine.) Le merle noir vole en sifflant vers la cerise pourÂŹ prĂ©e, et le taureau, semblable Ă  un rocher, mugit de joie et hĂąte son pas pesant Ă  la vue des prairies fleurs, ' (Bernardin de St-Pierre.)
, ( 152 ) ‱-oo.t^ssa NÂź LXXI. NOMfiKJB DES SUBSTANTIFS APBÈS LES PRÉPOSITIONS pOT, ionS, av6C, pOUT, flur, COnfrĂą, ETC. t /« SÉRIE. — SINGULIER. Les grands hommes ont par moment des idĂ©es triÂŹ viales. ‘ (Anonyme.) t Oh ! qui pourra jamais voir, sans ĂȘtre attendri, Ce ciel qui par degrĂ© se peint d'un gris obscur ! (Michaud.) C’est loi qui le formas dĂšs ses plus jeunes ans : Son mĂ©rite sans tache est un de tes prĂ©sents, (Boileau.) Il n'est point de plaisir sans honneur et sans uerfw. (PrĂ©vĂŽt.) Je veux t'entretenir un moment sans tĂ©moin. (Racine.) Chat avec chiĂ©n no s'accorde pas. (Anonyme.) Le ciel sait qu'au milieu des honneurs qu'il m’envoie, Je n’attendais que vous pour tĂ©moin de ma joie. (Racine.) Autrefois mon cƓur eut la faiblesse De rendre Ă  votre fils tendresse pour tendresse. (RegnĂ rd.) ' Le sorcier devant nous a fait Prodige sur prodige. (Piron.) Nous Ă©tions Ă©paule contre Ă©paule, pied contre pied, tous les nerfs tendus ' et les bras entrelacĂ©s comme des serpents, chacun s’efforçant d’enlever de terre son ennemi. (FĂ©nelon.) Le jeune fakir qui voit le bout de son nez en faisant ses priĂšres, s’échauffe par degrĂ© jusqu’à croire que , s'il charge de chaĂźnes pesant cinquante livres, l’Etre suprĂȘme lui aura beaucoup d’obligation. (Voltaire.) On commence par amusement; on commue par avarice ; et l'on finit par passion. (BruĂ©ys .) s i .a dispute a la vraisemblance pour principe dans scs commencements, l’opiniĂątretĂ© dans ses progrĂšs, et Temportcment la termine. , (Oxenstiern.) Sur sa propre innocence un mortel affermi A la vertu pour juge et le ciel pour amt, (Ducis.) Heureux les peuples chez lesquels on peut ĂȘtre bon sans effort et juste sans vertu! Bousssau.) 2" sĂ©rie. — PLURIEL. Et je sens par momente sur mon Ăąme calmĂ©e Passer avec le son une brise embaumĂ©e» (Lamartine.) La nature est le trĂŽne extĂ©rieur do la magnificence divine : l’homme qui la contemple, qui i’étudie, s’é lĂšve par degrĂ©s au trĂŽne intĂ©rieur de la toute-puis- sance. (Buffon.) On prĂ©fĂšre les agneaux blancs et sans taches, aux agneaux noirs ou tachĂ©s ; la laine blanche so vendant mieux que la laine noire ou mĂȘlĂ©e, (Buffon.) Quelque jour un autre HomĂšre Doit au fond d'une Ăźle Ă©trangĂšre ' Mourir aveugle et sans honneurs. pe Fontanes.) Ainsi donc sans tĂ©moins je no lui pals parler. (Racine.) Dans les sociĂ©tĂ©s anglaises on ne volt qu’hommes avec hommes, femmes ayĂ©o femmes. (Anonyme.) Quoi 1 cet Antiochus, disais-je, dont les soins Ont eu tout l'Orient et Rome pour tĂ©moins (Racine.) L'Ă©vangile prescrit de ne pas rendre injures pour injures. (Anonyme.) Mes amis, on soi-disant tels, m’écrivaient lettres sur lettres pour m'exhorter Ă  venir me mettre Ă  leur tĂȘte. (J.-J. Rousseau.) Les voilĂ  aux prises, pieds contre pieds, mains contre mains, les deux corps entrelacĂ©s paraissant n’en faire qu’un. (FĂ©nelon.) On ne monte Ă  la fortune que par degrĂ©s / il n'en faut qĂŒun pour en descendre. (Stanislas.) Les hommes sans passions, »ans vertus et sans vices n’ont qu’un seul sentiment : la vanitĂ© mal dé guisĂ©e. ' (CONDORCET.) Un homme qui n’aime que lui et son plaisir est un homme vain avantageux, mĂ©chant mĂȘme par prinÂŹ cipes. (VaĂŒvenargues.) Les Hollandais Ă  qui il avait toujours importĂ© d’aÂŹ voir les Français pour amis, frĂ©missaient dcles avoir pour voisins. (Voltaire.) On se fait des illusions pour jouir, sans vertus, du calme de la conscience. (St-Lambert.)
( 153 Qu’eĂ»t il fait? c’eĂ»t Ă©tĂ© Iton contre lion. (La Fontaine.) Si l’on combattait de prĂšs comme autrefois , une mĂȘlĂ©e do neuf heures de bataillon contre bataillon, d’escadron contre escadron, et Ă 'homme contre homme, dĂ©truirait des armĂ©es entiĂšres. (Voltaire.) Fin contre fin ne vaut rien pour doublure. (Fabre d'Églantine^ - Titus, ayant pris JĂ©rusalem la deuxiĂšme annĂ©e du rĂšgne de Vespasien, il ne resta pas pierre sur pierre du temple oĂč J.-C. avait fait tout de choses glorieuses. (Chateaubriand.) A-t-on vu quelquefois dans les plaines d’Afrique, DĂ©chirant Ă  l’envi leur propre r^ublique, Lions contre lions, parents contre parents Combattre follement pour le choix des tyrans P (Boileau.) Notre histoire ne prĂ©sente que des dĂ©bats de moines contre moines, de docteurs contre docteurs, de grands contre grands, de nobles contre vilains, (Voltaire.) JansĂ©nistes contre MoUnistes, gens du parlement contre gens d’église, gens de lettres contre gens de lettres, courtisam contre courtisans, financiers conÂŹ tre le peuple, femmes contre maris, parents contre parents ; c’est une guerre Ă©temelle. (Voltaire.) BohĂ©mond, qui Ă©tait en Slcfte, envoyait courriers sur courriers Ă  Godefroy pour l’empĂȘcher de s’accorÂŹ der avec l’Europe. (Voltaire.) Nous nous abstiendrons de donner l’analyse de ces phrases ; car si l’on a bien‘com- pris jusqu’ici et le principe fondamental que nous avons posĂ©, et les consĂ©quences qui en ont Ă©tĂ© dĂ©duites, on concevra facilement la raison pour laquelle, dans les exemÂŹ ples ci-dessus, les mots en italique sont au singulier ou au pluriel. Pour peu qu’on y fasse attention, on verra que, dans les premiers, il y a une idĂ©e dominante d’unitĂ©; et, dans les seconds, une idĂ©e collective ou de pluralitĂ©. En effet, quand on dit par moment, par degrĂ©,.pax intervalle, par troupe, etc., ces mots s’écrivent au singulier, parce que c’est comme s’il y avait un certain moment, chaque moment, chaque intervalle, chaque degrĂ©, chaque troupe, etc.; tandis qu’en mettant ces mĂȘmes mots au pluriel,. l’esprit embrasse plusieurs objets Ă  la fois. Quoique les Ă©crivains emploient indistincÂŹ tement les deux nombres, ce qui est lĂ©gitime, par l’observation que nous venons de faire, nĂ©anmoins l’usage est de so servir du pluriel dans ces sortes de cas, surtout en prose. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, Pat bterralle. par degre. par cinquiĂšme. Par doDzaÎDO. par centaine, par tĂ©moin, par rangĂ©e. Sans preuve. Snna prĂ©texte. Sarii lumiĂšre. Sans enfant. Sans vertu. Sans chagrin. Homme avec homme. f iifanl avec enfant Garçon avec garçon. , Avare avec avare. Loup avec agneau. Pour rĂ©compense. Pour cadeau. Injure pour injure. PlĂšcĂš pour piĂšce. Critique pour critiqua Message sur message, v Montagne sur moiUignc. Sottise sur sottise. BlasphĂšme sur hiasphĂšme. J.ivre sur livre Par inlerTnItes. Par degré». Par eĂŻnquiĂšraes Par douzaines. Par centaines. Par tĂ©moins. Par rangĂ©es Sans preuves. . Sans prĂ©tcxles. Sans lumiĂšres. Sans enfants. Sans vĂ©rin,», aaiis chagrins. Hommes nver. homme.». Enfants avi;c enfani.». Garçons .nvec garçons. Avares avec avare». Loups avec agneaux. Pour rĂ©compenses. Pour cadeaux. Injures pour injures. PiĂšces pour piĂšces. Critiques pour critiques. Messages sur niessagc.s. Montagnes sur inontugnes. Sottises sur sottises. BlasphĂšmes sur l>laspliĂšmc'- Livres sur livies. Par momeiil. Par instant Par BÎziĂ©md. Par vingtaine. Far millier. Par troupe. Par livraison Sans exemple. Sans cause. ' Sans latent. Sans idĂ©e. Sans effort Sans peine. Femme avec femme. Fille avec fille, l.oop avec loup. Pauvre avec pativin. Paible avec puissant Pour prĂ©sent Pour dot Don mot pour bon mol. Trait pour Irait. Courrier pour courrier. Lettre sur lettre. Victoire sur victoi.e. Erreur sur erreur. HĂ©ritage sur hĂ©ritage. Main sur inaĂźo. Par moments. Par instauts. Par MxßÚmcs. Par yio^aines Par miniers. Par troupes. Par livraisons. Sans axeiwplus. Sans causes. Sans talents. Sans idĂ©es. Sans efforts, oana peinas. .Femmes ovne femmes. Filles avec ĂŒllet. r.oup8 avec loupa. Pauvre* avec pauvre*. Faibles avno puissant». Pour prĂšsCfWi. _ Pour dots. fions mot* pour bons otota. Traits pour traits. Courriers pour courrier». Lettres «»r letues. Vicloires sur victoires. Erreur» sur erreurs. HĂ©ritages sur hĂ©ritages Mains sur mahiiv 20
Bomme cçotre borhme. Reoard eontre renard. Knoemi contre ennemi. Peuple contre peuple. Uoi contre peuple.. ( 1W ) Hommes contre bomnws. Renards contre renards. Ennemis cĂŽnire ennemi», peuples contre peuples. Rois contre peuples Femme eonlre femme. Fin eontre Go. Pauvre contre riche. Roi contre roi. PygmĂ©e <»>alre gĂ©ant. Femmes contre femme. Fins contve Sus. Pauvres contre riebet. Bois contre rois. PygmĂ©es contre gĂ©ants. —ogoo NÂź LXXII. DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS COMPLÉMENTS DE VERBES , ET NON DÉTERMINÉS. 1« SÉRIE. —SINGULIER. Le jea est un gouffre qui n’a ni fond ni rivage. (Thomas.) Cette nombreuse jeunesse, qui Ă©tait nĂ©e hors dĂŒ mariage, nĂš connaissant ni pĂšre ni mĂšre, vĂ©cut avec une licence sans bornes. (FĂ©nelon.) Dans cette Ăźle il n’y a ni port, ni commerce, ni hosÂŹ pitalitĂ©, ni homme qui y aborde volontairement. * (Id.) Et je sacrifierais Ă  de si puissants nƓuds Amis, femme, parents, et moi-mĂȘme avec eux. (MOLIHRfa.) QĂŻiel est le plus malheureux de tous les hdmmes? GiacĂŻin 4*sait ce qui lui venait Ă  l’esprit. L’un disait : (Test un homme qui n’a ni biens, ni santĂ©, ni honÂŹ neur, etc. ' (FĂ©nelon.) Ün ancien disait autrefois que lĂ©s femmes n’étaient nĂ©es que pour le repos et pour la retraite ; que toute leur vertu consistait Ă  ĂȘtre inconnues, sans s’attirer ni blĂąme ni louange. (FlĂ©chier.) n l’appelle son frĂšre, et l’aime dans son Ăąme Cent fom plus qu’il ne fait mĂšre, fils, fille et fetpme. (MoliĂšre.) Le lait topbe ; adieu veau, vache, cochon, couvĂ©e. (La Fontaine.) Quand tu ne m’as laissĂ© pĂšre, mĂšre, ni frĂšre. Que j’en fasse ton fils lĂ©gitime hĂ©ritier. (Corneille.) ... Le fougueux prĂ©lat que ce songe Ă©pouvante, Querelle en sc levant et laquais et servante. , (Boileau.) Je suais sang et eau pour voir si du Japon Il viendrait Ă  bon port au fait de son chapon. . (Racine.) Je n’ai jamais vu de paysans, ni homme, ni femme, ni enfant, avoir peur des araignĂ©es. ' (J.-J. Rousseau.) Le corsaire Abdaffa tout- enlĂšve et tout pille ; On enchaĂźne Ă  la fois pĂšre, enfant, femme, fille. (Voltaire.) SecrĂ©fatre, greffier, procureur ni sergent N’ont jamais pu, dit-on^ tenir contre l’argent. (Campistron.) n n'y a ni vertu ni vrat courage, ni gloire solide sans ThumanitĂ©. . ’ (FĂ©nelon.) 2“¼ SÉRIE. — PLURIEL. On n’a trouvĂ© en AmĂ©rique ni panthĂšres, ni lĂ©oÂŹ pards , ni guĂ©pards, ni onces, ni «ervate. (Bufton.) On n’a trouvĂ© ni chevaux, ni Ăąnes, ni zĂšbres ni mulets dans le Nouvequ-Monde. (/d.) il n’existait en AmĂ©rique ni brebis, ni chĂšvres, ni gazelles, ni chevrotins. ' (Id.) Et mon homme d’ayoir chiens, chevaux et carrosses. (La Fontaine.) L'homme vĂ©ritablement sage est celui qui, vivant daps une humble et paisible obscuritĂ©, ne recherche ni fortune, ni dignitĂ©s, ni honneurs. (Anonyme,.) Les enfants des sauvages n'ont ni.caprices ni huÂŹ meur, parcÆ qu'ils ne dĂ©sirent que ce qu’ils savent pouvoir obtenir. (Chateaubriand.) Vous le haĂŻssez tous, et je vois aujourd’hui Fenune, enfqnts et valets jjĂ chaĂźnĂ©s contre }ui. (MoliĂšre.) ...... A prĂ©sent le jeu n’est que fureur : On joue argent, bijoux, maisons, contrais, honneur. (Regnard.) Il aura pu jusqu’ici brouiller tous les chapitres, Diviser cordeUers, carmes et céïesftns. (Boileau.) Elle surmonta tout, jeĂ»nes, priĂšres, armes. Et tourna tous mes vƓux du cĂŽtĂ© de vos charmes. (MoliĂšre.) Qui ne fait chĂąteaux en Espagne? (La Fontaine.) Les avares sont comme les mines d’or qui ne proÂŹ duisent ni fieurs ni feuillages. (Voltaire.) Qu’une fois les femmes redeviennent mĂšres, bienÂŹ tĂŽt les hommes redeviendront pĂšres et maris. (J.-J. Rousseau.) - I , La nature ne fait ni princes ni riches ni grands seiÂŹ gneurs. (Id.) L’espĂ©rance est une divinitĂ© qui n’a ni tmples rĂ» autels que dans nos cƓurs. (FĂ©nelon.)
( <55 ) La douĂźeur a peu de prise sur quiconque, ayant peu rĂ©flĂ©chi, n*a ni souvenir ni prĂ©voyance. (J.-J. RoĂŒsShĂ ĂŒ.) U est des chagrins qui n’oni uiplatnfes ni larmes (M“« COTTIN.) Lorsque plusieurs substantifs, complĂ©ments de verbes, ne sont accompagnĂ©s d'auÂŹ cun dĂ©terminatif, les uns se mettent au singulier, ßÚs autres au pluriel, et vice versĂą. C'est ce que les exemples qui prĂ©cĂšdent tendent Ă  dĂ©montrer. Nous n'en donnerons pas Tanalyse, parce qu’il suffit du simple bon sens pour comprendre que les substantifs, dans la premiĂšre colonne, ne se trouvent au singulier que parce que les auteurs ne voulaient dĂ©signer qu'une seule chose, qu'une seule personne; au lieu qu'ils les ont mis au pluriel dans la seconde, par la raison qiTiis avaient cn vue plusieurs objets, plusieurs individus (1). EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ni chat ni chien. Ni homme , ni femme. PĂšre, mĂšre, frĂšre etsƓiir. Orps et Ăąme. iVĂź seigneur ni rentier; NI bien ni mal. Soir et matin. Parler peinture. Ni lĂźrres nĂźtahleauz. Ni hommes ni femmes. FrĂšres et SƓurs: Corps et biens. Nl'bĂštes ni gens. Ni dignitĂ©s ni richesses. Que montagnes, que collines. Parler proierbcs. Ni bien ni maison. Ne parler que^jeu. Oncle et tante. Ni roi ni prince; Ni jugement ni raison. Ni tsieni ni Tertu. Jour et nuit. Parler musique. Ni cnevauz ii! domestiques. Ne parler que bijoux. Oncles et tantes. Ni magistrats ni juges. Ni excuses lii bonnĂȘa raisoba Que dĂ©fauts et qiie xices. Que plaisirs, que spectaeleik Parier a flaires. ' " « Ici s'arrĂȘte ce que nous avions Ă  dire sur le nombre. Nous aurions bien Ă  en parler enÂŹ core avec tout, leur, quelque, l'un et l'autre, le premier et le dernier; mais nous croyons devoir rĂ©nvĂŽĂżer pour cela aux chapitres qui traiteront dĂ© ces diffĂ©rents mots. (1) Les Ă©crivains mettent au singulier ou au pluriel indiffĂ©remment le mot grĂące : BalĂ©azar, dĂ©livrĂ© de co monstre, rendit grĂąces aux dieux par d'innomhrables sacrifices. (Fenbion.) En Tendre grĂące Ă  ta tendresse, ' C’est assurer Ă  ma faiblesse ĂŒn nouveau droit Ă  tes secours. (UacĂŻne.) Cependant, en prose, le pluriel est gĂ©nĂ©ralement plus usitĂ©. 1
( 156 ) CHAPITRE II DE L'ARTICLE .4^0 N° LXXIII. NATURE ET DÉFINITION DE L'aRTICLE. ' 1»Ÿ SÉRIE. — SENS GENERAL. L'homme est mortel. (AcadĂ©mie.) La femme doit prendre soin du mĂ©nage. (Haumont.) Le monde Ă  nos regards dĂ©roule scs merveilles. (Delille.) Le soleil demeurĂ© constamment Ă  la mĂȘme place. (Berquin.) La cerise rougit aux rameaux suspendue. (Michaud.) Varbrc est de nos jardins le plus bel ornement. (Delille.) Les bienfaits peuvent tout sur une Ăąme bien nĂ©e, (Voltaire.) 3*“* SÉRIE. — SENS PARTICULIER (elliptique). Le roi garnit sa couronne au saint-siĂ©ge. (Voltaire.) Stanislas hasarda, pour abdiquer le pouvoir, plus qu’il n’avait fait pour s’en emparer. (Id,) 2ŸŸ SÉRIE. — SENS PARTICULIER (sans elUpse), La justice divine a toujours son rĂ©veil. (du Tremblay.) La puissance de Dieu n’a pas besoin de celle des hommes. (Massillon .) La douleur qui se tait n’en est que plus funeste. (Racine.) /.^autoritĂ© qu’on mĂ©prise est bientĂŽt bravĂ©e. (SĂ©gur.) Les jours donnĂ©s aux Dieux ne sont jamais perdus. (La Fontaine.) Le plaisir dont on est assurĂ© de se repentir, ne peut ĂȘtre tranquille. ^ (MÂź* DE LA ValLIÈRK.) Dans le siĂšcle oĂč nous sommes, il faut fuir dans les bois. ' , (Rkgnard.) S“* SÉRIE. — SENS particulier (elliptiquc). Le berger voit dormir la riviĂšre indolente. (La Fontaine.) L’homme arrive au Mogol. On lui dit qu’au Japon La fortune pour lors distribuait ses grĂąces. Il y court. (/d.) L’article, s’il nous est permis de le dire, prĂ©cĂšde un autre mot, comme le licteur prĂ©cĂ©dait le consul, comme signe de sa dignitĂ© et de son importance. Sa propriĂ©tĂ© unique est de dĂ©terminer le nom; mais il ne produit pas seul cet effet, il lui faut le concours d’une autre expression qui complĂšte la dĂ©termination qu’il ne fait qu’annoncer. Ainsi, dans ies exemples delĂ  premiĂšre sĂ©rie, l’article dĂ©termine les mots homme, femme, monde, soleil, etc., avec le concours de la dĂ©finition mĂȘme de ces mots. Dans les exemples de la seconde sĂ©rie, au contraire, l’article dĂ©termine les mois justice, puissance, douleur, autoritĂ©,four s, plaisirs, siĂšcle, avec le concours du mot ou des mots imprimĂ©s Ă  dessein en italique. Il y a donc deĂŒx sortes de dĂ©terminations. Les unes, particuliĂšres, ne sont que des dĂ©terminations accidentelles ou dĂ©pendantes de telle ou telle circonstance; les autres, gĂ©nĂ©rales, rĂ©sultent de l’ensemble des idĂ©es qui expriment des propriĂ©tĂ©s essentielles
. ( 157 ) I distinguant une espĂšce ou un individu d’un autre; propriĂ©tĂ© incommunicable Ă  toute autre espĂšce, Ă  tout autre individu. Dans la premiĂšre sĂ©rie des exemples citĂ©s, les dĂ©terminations sont sous-entendues, parce que, n’étant qĂŒe la dĂ©finition mĂȘme de l’ĂȘtre dĂ©signĂ© par le nom, elles se pré sentent d’elles-mĂšmes, plus ou moins imparfaitement, Ă  notre esprit avec TidĂ©e do TĂȘtreou de la chose dont il est question. Dans la seconde sĂ©rie, au contraire, les dĂ©terminations sont ou doivent ĂȘtre expriÂŹ mĂ©es, parce qu’elles concourent avec l’article Ă  dĂ©terminer le nom de telle ou telle maniĂšre accidentelle. . . Quant aux exemples de la troisiĂšme sĂ©rie, ils nous apprennent que Texpression au moyen de laquelle l’article dĂ©termine le nom peut ĂȘtre sous-entendue, toutes les fois que Tesprit, Ă  Taide des antĂ©cĂ©dents, peut aisĂ©ment supplĂ©er celte ellipse commanÂŹ dĂ©e souvent par TĂ©lĂ©gancĂ©, par Tusage ou par d’autres motifs. Il est facile, en effet, de comprendre que les exemples citĂ©s sont un abrĂ©gĂ© des suivants ; 4 J 1. Stanislas hasarda, pour abdiquer/e pouvoir ( qit’iZ avafr), etc. 2. Le roi (qtd rĂ©gnait alors) soumit sa couronne, etc. 3. L’homme ( dont ĂŒ est question ) arrive au Japon, etc. *■ I ‘ Celte partie du discours est peut-ĂȘtre la plus importante, eu Ă©gard Ă  son usage fré quent et continuel, et sa qualitĂ© d’ĂȘtre particuliĂšre Ă  certaines langues. Ces deux raisons doivent nous faire considĂ©rer Varticle commedevant surtout caracÂŹ tĂ©riser le gĂ©nie de notre langue, et comme la source, ou de ses plus grands avantages sur les langues qui sont privĂ©es de ce secours, ou de ses dĂ©fauts les plus sensibles; aussi est-ce par lĂ  que ses dĂ©tracteurs veulent prouver sa prĂ©tendue lenteur, son'dé faut de concision et de force, et,que ses partisans prouvent sa nettetĂ©, sa prĂ©cision, sa clartĂ©. D’aprĂšs cette premiĂšre observation, on conçoit que les grammairiens ont dĂ» faire de Varticle un des principaux objets de leur Ă©lude et de leurs discussions; aussi est-ce le point qu’ils ont le plus embrouillĂ©, et sur lequel iis sont le moins d’accord. Le mot article vient du latin arĂŒculus, diminutif Ă 'artus, qui veut dire membre. Par le mol article, pris dans le sens propre, on entend les jointures des os dans le corps des animaux, unies de diffĂ©rentes maniĂšres; et", par extension,, on a donnĂ© ce nom Ă  la partie du discours dont la fonction est de modifier le substantif commun en Ă©tendant, en dĂ©terminant ou en restreignant sa signification. Noire langue a beaucoup empruntĂ© au latin; il y a lieu de penser que nous avons formĂ© notre le et notre la du pronom ille, ilia, illud. De la derniĂšre syllabe du mol masÂŹ culin i//e, nous avons fait le, et de la derniĂšre du mot fĂ©minin ilia, nous avons fait la; c’est ainsi que de la premiĂšre syllabe.de cet adjectif, nous avons pareillement fait notre pronom dont nous faisons usage avec les verbes, comme du fĂ©minin ilia, nous avons fait elle. i . La plupart des anciens grammairiens ne regardaient Varticle que comme un mot destinĂ© Ă  faire connaĂźtre le nombre et le genre des noms qu’il accompagne. Mais si tous ces auteurs s’accordent si peu sur le principe gĂ©nĂ©ral, sur la dĂ©finition de Varticle, on peut croire qĂŒils ne se rapprochent pas plus dans les dĂ©tails. Port-Royal, lies tau t, le pĂšre BuffĂŻer Ă  la suite de La Touche, nous ont donnĂ© plusieurs espĂšces d'articles. Resiaul en compte jusqu’à cinq : le dĂ©fini, le, la, les; l’indĂ©fini, de, Ă ; ie
(158) partitif dĂ©fini, du, de la, de l', des; le partitif indĂ©fini, de; et enfin VarĂźicle, un, une. D’autres ont rejetĂ© toutes ces divisions fausses. Girard a eu le courage de les attaquer le premier, et la gloire de Tavoir fait avec tout le succĂšs possible. Duclos, Fromant et Dumarsais se sont rangĂ©s de son cĂŽtĂ©; mais ce dernier n’a retirĂ© Varticle de la foule des prĂ©positions avec lesquelles on l’avait confondu, que pour le confondre lui-mĂȘme avec d’autres mots qu’il appelle prĂ©positifs, et qui sont : tout, chaque, nul, aucun, quelque, certain, un, ce, cet, mon, etc., deux, trois, etc. Nous regrettons que le Dictionnaire de TAcadĂ©mie ne dĂ©finisse pas Varticle. Est-ce en effet le dĂ©finir de dire que c'est celle des parties du discours qui prĂ©cĂšde ordinairement les substantifs? * Varticle a de'grands avantages dans les langues oĂč il est en usage. Il leur donne plus de douceur, de dĂ©licatesse et de prĂ©cision dans l’expression, ce qui compense bien ce qu’il leur ĂŽte en Ă©nergie. La langue latine a une duretĂ© qu’on ne trouve ni dans la langue grecque, ni dans la langue italienne, ni dans la langue française. D’ailleurs, ce qu’elle ne rend que d’une seule maniĂšre peut ĂȘtre rendu de plusieurs façons par le moyen de Varticle. C’est ce que Dumarsais a -dĂ©montrĂ© d’une maniĂšre victorieuse, en faisant voir que, sans Varticle, il n’est pas toujours facile de dĂ©velopper les diffĂ©rentes vues de l’esprit, et que ce n’est quĂš par son moyen qu’on peut exprimer bien des nuances d’iÂŹ dĂ©es; d’iPÙ il conclut en empruntant les expressions de l’àbbĂ© RĂ©gnier, « qu’il est cer- » tain que Varticle, mis ou supprimĂ© devant le nom, fait une si grande diffĂ©rence de » sens, iqu’nn pe peu^idojiter qne les langues qui adroeiitent Varticle n’aient un gi'.and y> .avantage sur la langue latine poim exprimer claiçemep^t eil nettement certains rap- » ports ou certaines vues 4e l’esprij, que l’arffc/eseujpeut distinguer, sans que le lec- « » teur soit exposĂ© Ă  se mĂ©prendre. » On doit donc considĂ©rer l’arric/e comme un caractĂšrĂ© propr.e et distinctif des langues dans lesquelles il est en usage; il y forme une classe de motsĂč part. Il y a ses fonctions et ses rĂ©gies. Tous les substantifs, exceptĂ© les noms propres, dit Estarac, sont des noms de clasÂŹ ses, de genres ou d’e&pĂšces. Pour pouvoir approprier le nom d’une classe Ă  un geni e infĂ©rieur, ou .celui d’un genre Ă  une espĂšce particuliĂšre, ou enfin celui d’une espĂšcf^ particuliĂšre Ă  un individu, on a besoin de l’accompagner de quelquĂ©s modificaiifs qui dĂ©terminent ce nom commun Ă  n’exprimer que prĂ©cisĂ©ment ce que l’on a en vue. Les articles sont au nombre des modificatifs nĂ©cessaires pour produire cet effet; mais ils ne suffisent pas tout seuls. Dan^ la proposition ; Thomme .est mortel, Thomme ( pour le homme) dĂ©signe l’espĂšce,; .c’est ime proposition universelle. Dans celle-ci : Thorame est noir, Thomme ne dĂ©signe que les individus de l’espĂšce qui habitent une partie des cĂŽtes occidentales de l’Afrique ; c’est une espĂšce con^prise dans la ,prĂ©cĂ©dente, infĂ©rieure Ă  la prĂ©cĂ©dente, et la proposition est une proposition particuliĂšre: Enfin dans cette autre ; Thomme que j'ai vu ce matin, Thomme indique un individu; c’est une proposition indiviÂŹ duelle, Dans ces trois propositions, Varticle est le mĂȘme,X/e), le substantif, le sujet est aussi le mĂȘme {homme) : donc, si la,premiĂšre est universelle et convient Ă  toute l’esÂŹ pĂšce; .la seconde, particuliĂšre et applicable seulement Ă  une partie de cette espĂšce; et la troisiĂšme, singuliĂšre et propre Ă  un seul individu, ce n’est pas par l’influence de y article et des autres. modificatifs de la phrase.-L’arric/e se borne donc.Ă  marquer Ăźe . mouvement de l’esprit vers tel objet, et Ă  fixer Tattention des autres sur cet objet. Il marque l’importance du mot qui vale suivre.
( 159 ) ♩ Aussi n’y a-t41 que les substantifs, c’est-Ă -dire les seuls mots qui puissent ĂȘtre suÂŹ jets d’une proposition ; qui soient gĂ©nĂ©ralement prĂ©cĂ©dĂ©s de Varticle; et si les verbes et les adjectifs prennent Varticle, par cela seul ils changent de nature et deviennent de vrais substantifs. Uavare se refuse Le boire et le manger, VoilĂ  un adjectif et deux verbes devenus substantifs, Ă©t qui sont prĂ©cĂ©dĂ©s de Varticle. On peut se convaincre facilement que cette observation s'applique Ă  tous les adjectifs ou participes devenus substantifs par ellipse : le heau, le bon. Le vrfd, le plaisant, Ă©tĂ©* Ou dit aussi, en termes de peinture, le faire, et voilĂ  un autre infinitif devenu subsÂŹ tantif par l’apposition de Y article. Les noms propres', n’étant ni des noms de classe? ni des noms d’espĂšjee, rmis des noms individuels,; -n’ont besoin ni de Varticle, ni de la phrase dĂ©terminaliye, pour ĂȘtre appropriĂ©s Ă  l’individu auquel ils appartiennent chacun respectivement; ils le dé signent exclusivement, ils lui sont propres, et ne peuvent pas convenir Ă  d’autres ; aussi Tusage constant est-il de ne pas mettre A\article devant un nom propre. Si l’on dit quelquefois la Dugazon^ ia l^ainval, etc.-, il y a ellipse, et c’est comme si Ton disait : l'cCctrice, ou ta ^çomĂ©diefme Dugazon, etc.:; si nous disons : le Tasse , l'Arioste, le Dante, le etc., nous sous-entendons poĂšte ou peintre. Ces locutions sont imitĂ©es des Italiens. D’autres fois nous exprimons une qualitĂ© Ă©minente, dans laquelle un indiyidu a excellĂ©, par le nom propre de cet individu; alors,ce nom propre devient figurĂ©ment nom d’espĂšce; et, lorsqu’on veut l’appliquer Ă  d’autres individus, on est forcĂ© de le faire prĂ©cĂ©der de Varticle, et d’y ajouter la phrase dĂ©terminatiye. Ainsi nous disons : Washington a Ă©tĂ© le Fabius-Cunctaior de son {patp.; Fabius-Cunctator signifie ici celle esÂŹ pĂšce particuliĂšre de capitaines, qui, (par leur prudence, par leur sage lenteur , et malgrĂ© TinfĂ©riorilĂ© de leurs forces;, ont su rĂ©sister Ă  un ennemi victorieux et puissant. Washington a Ă©tĂ© ce capitaine-lĂ  pour, son pays; il lĂŒ Ă©tĂ© le Fabius-Cunctator de spn pays. Mirabeau a Ă©tĂ© le DĂ©mosthĂšne de La France; le 'C’esHĂ ndi'Te, C orateur ie plus vĂ©hĂ©ment et Le plus Ă©loquent. Buffon est le Pline français, etc. ' J’ai lu chez un conteur de fables, Qu’un second Rodillard, Y Alexandre des chats, 'L’A m7Ă , *le lĂŻĂ©aĂ» Ăźdes rats,, Rendait ces derniers misĂ©rables. .(La Fontaine.) Bans ces exemples, "et dans tous lĂ©s autres semWables, les noms propres ne sont plus noms ptopres, ils sont noms d’espĂšce; Ă©t voilĂ  pourquoi Tartic/e prĂ©cĂšde, et quo la phrase dĂ©terminative vient aprĂšs : le Fabius-Cunctator de son pays; le DĂ©mosthĂšne dc la France; L* Alexandre dĂ©s Ă©hdts; t Attila des rats. Ainsi "ces exceptions confirment !:i rĂšgle, loin de la dĂ©truire. La langue française, dit un .grammairien , n’avait point article dans son origino. Ce ne fut qu’ail temps de Henri I".qĂŒon y introduisit ce mot qui la rend plus douce et plus coulante (1). Depuis cette Ă©poque jusqu’au temps oĂč messieurs de Port-Royal s’en occupĂšrent, on ne se douta mĂȘme pas qu’il put offrir quelque difficultĂ©. Tout ce * I (1) Cette assertion, dit-M. Dessiaux, n’estpas trĂšs exacte. Henri 1Âź'monta sur le .trĂŽne, eu I03i.-Or Rorel, dans la prĂ©face de son Dictionnaire, cite laphrase suivante-, tirĂ©e d’une huile d’Alhcvon , cyĂ©giie dc Metz, en Ăź>40; entre en 'joie de ton Seigneur ; nous croyons y voh- l’article 'la. Il est cependant certain qĂŒĂ lon U-article ,Ă©tait beaucoup moins employĂ© qu’il
( 160 ) ^u’on avait Ă©crit Ă©tait un vrai chaos. Ces cĂ©lĂšbres solitaires, faits pour porter la luÂŹ miĂšre dans toutes les branches des connaissances humaines, cherchĂšrent Ă  le dĂ©brouilÂŹ ler; mais on voulant Ă©claircir la question, dit Duclos, ils ne liront que marquer la difficultĂ© sans la rĂ©soudre. Ils n’avaient distinguĂ© que deux sortes d/articles, Varticle dĂ©fini le, et Varticle indĂ©fini un; pas immense et bien propre Ă  conduire Ă  la vĂ©ritĂ©. Mais La Touche, imbu de tous les anciens prĂ©jugĂ©s, brouilla de nouveau toutes les idĂ©es. DĂ©daignant de travailler d’aÂŹ prĂšs la Grammaire raisonnĂ©e, il voulut avoir une marche Ă  lui. Pour cet effet, il rĂȘva cinq sortes d'articles, et crĂ©a, pour les faire passer, le systĂšme absurde des cinq dé clinaisons. Ce fut en 1696, c’est-Ă -dire trente-six ans aprĂšs la publication de la GramÂŹ maire de Port-Royal, qu’il en lit prĂ©sent Ă  la langue française. Ce galimatias, revĂȘtu de dĂ©nominations latines, fut accueilli sans examen par l’abbĂ© Vallard, et ne tarda pas Ă  passer dans les Ă©coles. Le pĂšre Buffier, accoutumĂ© au jargon des collĂšges, l’adopta. Restaut suivit son exemple, mais en s’efforçant de dĂ©gager ce systĂšme de la confusion, de l’embarras et des difficultĂ©s qui en sont insĂ©parables, et, pour y mieux rĂ©ussir, il distingua, 1Âź T article dĂ©fini le; 2Âź V article indĂ©fini de et Ă ; 3° Y article partitif dĂ©fini; 4Âź l’ar- ticle partitif indĂ©fini; 5Âź enfin, Varticle un. S’il y a peu de vĂ©ritĂ© dans cette division,on est du moins forcĂ© de convenir qu’il y a une apparence de mĂ©thode et de conviction bien propre Ă  en imposer aux personnes qui ne se donnent pas la peine de rĂ©flĂ©chir, et pour qui tout examen de principes serait un tourment. Ces notions, quoique rejetĂ©es par un petit nombre d’esprits justes, prĂ©valurent jusÂŹ qu’en 1744, A cette Ă©poque, elles furent vigoureusement attaquĂ©es de toutes paris, et victorieusement combattues. La raison imposa silence aux prĂ©jugĂ©s de l’école; les grĂ©cistes et les latinistes n’osĂšrent plus se montrer, et ce systĂšme, qui ne portait que sur des idĂ©es vagues, s’évanouit, ou fut l'Ă«lĂ©guĂ© dans quelques collĂšges de province. Depuis ce temps, il n’y a pas eu en France un seul grammairien ayant quelque autoÂŹ ritĂ© qui ait osĂ© le reproduire ou le dĂ©fendre, et mĂȘme qui n’ait pas aidĂ© Ă  le renÂŹ verser. ' En effet, on regarde oomme un principe incontestable qu’il n’y a en français qu’un seul article qui est le. La nature de Varticle est d’ĂȘtre dĂ©fini, puisque sa fonction est d’annoncer la dĂ©terÂŹ mination. S’il y avait plusieurs articles en français, la qualitĂ© de dĂ©fini conviendrait Ă  tous. Ainsi on ne doit pas appeler le, la, les, Varticle dĂ©fini, puisque cette dĂ©nomination suppose qu’il y a plusieurs articles, et que, parmi ces articles, il y en a qui ne sont pas dĂ©finis. Regarder un, une, comme des articles, c’est confondre toutes les notions, puisque, s’ils en sont, on sera forcĂ© de donner ce nom Ă  tous les autres adjectifs prĂ©positifs, tels que tout, chaque, nul, aucun, quelque, certain (dans le sens de quidam), ce, mon, ton, son, et un, deux, trois, etc., puisque ces derniers ont, ainsi qu’eux, une force modi- fĂźcative. Les regarder comme des articles indĂ©terminĂ©s est une absurditĂ©; puisque leur . fonction est de dĂ©terminer, en particularisant, individualisant, et modifiant les objets par une indication de rapport; indication, Ă  la vĂ©ritĂ©, vague, mais vraie. « Ï7n exprime » l’unitĂ©, dit l’abbĂ© Girard. Il est vrai que ce n’est pas cette unitĂ© calculative qui, prc- » sentant une idĂ©e numĂ©rale, fixe la dĂ©nomination Ă  un sujet unique, ainsi qu’elle so » prĂ©sente dans cette phrase : fai perdu un louis au jeu ; c'est une unitĂ© vague, qui prend » indistinctement dans la totalitĂ© de l’espĂšce un individu comme exemple, pour la
(161) J ^ prĂ©senter par l’un des sujets qui la composent, et non pour exclure les autres; de » façon que, si ce mot n’est pas alors nombre, il est encore moins article, d’autant qu’il » est lui-mĂȘme susceptible de Varticle; ce qui sĂ»rement n'arriverait pas s’il Ă©tait de » cette espĂšce, Tinslitution d’un article pour un autre article ayant quelque chose de » ridicule. » D’ailleurs le mot un n’a^ pas dans nĂŽtre langue une autre nature et une autre destination que dans la langue latine qui nous Ta fourni. Or, dans cette langue oii il n’est point article, il a le mĂȘme sens que nous lui donnons. Varticle parĂŒtifvVe^i pas plus fondĂ© en raison. Bu, des, sont des mots composĂ©s de la prĂ©position et de Varticle, qui retiennent la double valeur des deux mots dont ils sont formĂ©s. De n’y change pas de nature; il est toujours prĂ©position, faite pour figurer Ă  la tĂȘte de la dĂ©nomination qui lui sert de complĂ©ment, et sa fonction y est d’extraire de la gĂ©nĂ©ralitĂ© de T espĂšce. Quand on dit : des gens trĂšs habiles sont quelquefois dupĂ©s par des sots, c’est comme si Ton disait : un nombre de trĂšs habiles gens sont quelquefois dupĂ©s par une autre partie des sots, oĂč Ton voit qu’à Taide de la prĂ©position de on rĂ©duit l’espĂšce gens aux trĂšs habiles seulement, et la masse gĂ©nĂ©rale des sots seulement Ă  une partie. Ainsi la fonction de ces mots ne sert qĂŒĂ  marquer qĂŒil y a ellipse dans ces sortes de phrases. Les mois le, la, les, ne sont.pas toujours articles; ils ne le sont que lorsqĂč’ils sont immĂ©diatement suivis d’un substantif. Par exemple, si Ton dit : que pensez-vous de la nouvelle piĂšce? je ne la connais pas; que disent les journaux? je les ai, on je ne les ai pas lus. Le premier la et le premier, to sont articles; ils sont suivis immĂ©diatement d’un substantif. Le second la et les deux autres les ne sont point articles; ils sont complé ment direct, celui-lĂ  du verbe je connais {je ne la connais pas, pour je ne connais pas elle (la piĂšce), et les deux autres du verbe/ai lu (j'ai lu eux, on je n'ai pas lu eux (les journaux). On appelle communĂ©ment ces mots pronoms, parce qĂŒils sont mis Ă  la place d’un nom, comme dans ces exemples, La, pour elle, est mis Ă  la place de la nouvelle piĂšce, et les, pour eux, est mis Ă  la place do journaux, co qui dispense de rĂ©pĂ©ter ces subsÂŹ tantifs. e y NÂź LXXIV. GENRE ET NOMBRE BE L’ARTICEE. - 1ŸŸ SERIE. — SINGULIER, fs temps, un cercle en main, plane sur Tunivers, (Delille.) Le vent fracasse un chĂȘne ou caresse une fleur. (/d.) La terre Ă  nos besoins prodigue ses largesses. (Lemierre.) La flamme en jets brillants s’élance dans les airs. pELlLLH.) 2Âź SERIE, — PLURIEL, Les hommes ne sont que ce qu’il plaĂźt aux femmes, JLa Fontaine.) Les conseils du courroux sont toujours imprudents, (Saurin.) Les femmes de ce siĂšcle ont besoin d’un modĂšle, (de Bikvre.) Les filles n’aiment pas les hommes trop sincĂšres. (Regnard,} On voit que Tarticle est susceptible de genre et de nombre. Le se met devant un nom masculin singulier; le temps, le vent, etc. Le se change en la devant un nom fĂ©* fil / -Ăź, V
( 162 ) minin singulier : la terre^ la flamme, etc. Et, comme la lettre s, selon, l’analogie de la langue, marque le pluriel quand elle est ajoĂ»lĂ©e au singulier; nous avons i'orniiĂ© le du singulier masculin le. Les se place devant les noins pluriels des deux genres : ies hommes, les conseils, les femmes, les filles. Les articles le, la, les sont appelĂ©s "Tir tec/es simples. ■ EXERCICE ANALYTIQUE. Le lion. L« chien. Le ekat ^ Lerio«i%iot La fauTetto. La pie. La riifiiictie. La rose. Les moutons. Les boeuR. Les cerfs. Les cbcTrcuiĂźs. I.cs brebis. Le» TDcheĂą. Les bicbcB. Les cliCTruUes, N" LXXV. DES ARTICLES COMPOSES. 1. MÀ'SGULIN SINGULIER. Le mĂŽmĂ©ht'dĂ  )?Ă©ril Ă©st cĂšlui dĂ» courage. ' ' (La Harpe.) Le remords se rĂ©veille au cri de la nature; (de Belloy.) MASCULIN PLURIEL. ✓ On peut ĂȘtre honnĂȘte homme et faire mal des vers. (ÎÆoliĂšre.) La moitiĂ© des humains vit aux dĂ©pens de rautre. (biĂźSTÔUCIlÉS.) FÉMININ 'singulier. Éh ! doit-ori accomplir les serments de la haine. (La Harpe.), On juge d la rigucui* une Ăąme indiffĂ©rente. (De Bievrb.) ĂŒ. FÉMININ PLURIEL. Des sottises d’un pĂšre un fils n’est pas garant. (Piron.) « ... Aux Ăąmes bien nĂ©es LĂ  valeur S’attend -pas lĂ© nombrĂ© des annĂ©es.' (Corneille*.)- i Vartlcle se dĂ©guise par la contraction; elle consiste en ce qu’il se joint aux prĂ©posiÂŹ tions Ă  et de, avec lesquelles il forme des mots composĂ©s,' qui'retiennent la double valeur des deux mots dont ils sont formĂ©s. Ces mots sont au, aux, du, des; au est pour Ă  le; aux pour Ă  les; du pour de le; et des pour de les. On voit par lĂ  que des trois formes de Varticle, dont nojus avons parlĂ©, il n’y a que le et les qui soient susceptibles de contraction; la ne se contracte jamais. Au et du sery'ent pour lĂš inasculin singulier. * t / 1 ■ Aux et des servent au pluriel pour les deux genres; on dit des hommes, aux hommes , des femmes, aux femmes. Nos pĂšres ne connaissaient point la contraction. Us Ă©crivaient et disaient : al temps dTnhĂ cent III, pour au temps d'Innocent III; TapostoilĂš manda al prodome, pour Le pape manda au prud'Homfke; lĂ  fin Ùel cĂŽnsĂ©il si fut tel, pour l'arrĂȘtĂ© du conseil fut. L’euphonie a dĂ©cidĂ© ces contractions. « G’est, fait observer Dumarsais, le son obscur de Ve muet, » et le changement de / eil u.; comme mal, maux, cheval, chevaux, qui ont fait dire au .> au lieu de d U ou a/.i.C’est Ă©galement le son obscur des deux Ăš tnĂŒets 'de suite, de r \ y
(163) ^rle, qui a amenĂ© la contraction du. » Ainsi ces mots composĂ©s : au, aux, du, desj, Ă©quivalent Ă  la prĂ©position et Ă  Varticle. Mais la contraction est Ă  prĂ©sent une rĂšgle, dans les cas dont nous avons parlĂ©, et celte rĂšgle n’est sujette qĂŒĂ  une seule exception; c’est celle que nĂ©cessite Temploi de Tadjectif tout, et l’usage veut qĂŒon le place entre la prĂ©position et Varticle. On dit sans contraction : de tout le monde, Ă  tout ie monde; de tous les hommes, Ă  tous les hommes. D’oĂč il suit que ces contractions ne sont pas des articles, mais simplement des mots composĂ©s de la prĂ©position et de Varticle. EXERCICE PHRASÈÙLOGIQVE. Âtoir du cƓur. Sfi donner au diable Se donner dĂ©s airs: Marcher aux ennemis Dire des tendresses. Aller aux voix. Avoir du dĂ©goĂ»t. 3e livrer au jeu. Prendre des avis. - Vivre aux frais de. Dire des billevesĂ©es. Croire aux sorciĂšres. Avoir du fieL Se livrer au cĂ©libat. Recevoir des couseils. Chasser aux oiseaux. Conter des sornettes. Croire aux fĂ©es. —NÂź LXXVI. PLACE ET ELISION BE L’ARTIGLE. Avoir du ressentiment Se donner au travail- Avoir des amis. Chasser aux ours. Raconter des histoires. Se mettre aux feoĂ©trea. I. Le. Le bonheur des mĂ©chants comme un torrent s’écoale. (Racine.) Le hasard m’a toujours mieux servi que les hommes, (CollĂ©.) La, o T*a faveur populaire est un flux et reflux. (Dufresny.) La honte suit toujours ĂŒn lĂąche dĂ©sespoir. (CRÉBlLLOĂźt.) Du. Tout le pouvoir du trĂŽnĂ© est fondĂ© sur Tautel. (ChĂ©nier.) On connaĂźt peu Tamour; on craint trop son amorce, C’est sur nos lĂąchetĂ©s qu’il a fondĂ© sa force. C’est nous qui .sous sdii hohi troublons notre repos; 11 est tyran.du faible,- Ă©sclave du hĂ©ros. (Voltaire.) : . ! AĂźi. Aux travers des pĂ©rils,un grand cƓur se fait jour. (Racine;) Le vulgaire est content s’il remplit son devoir, Il faut plus au hĂ©ros, il faut que sa vaillance, Aille au-delĂ  du terme et de notre espĂ©rance. (Voltaire.) L\ L’arbrisseau le plus,^ain a besoin de culture. (Fabre d’Églantine.; ...L’honneur aux grands cƓurs est plus cher que la vie. (Corneille.), II. L\ L’amitiĂ© dans nos cƓurs verse un bonheur paisible. (Desmootihr.) Toujours VhumanitĂ© plaint ceux qu'il faut dĂ©truire. (De BellĂŽy.) III. De l\ De l’argent qĂŒon a pris fait de la peine Ă  rendrĂ©, (Boursault.) .. La fiertĂ© souvent Ă©gare une grande Ăąme. Soutien de l’hĂ©roĂŻsme , elle en devient TĂ©cueij, (La Harpe,) IV, A l\ On ne saurait donner de bornes Ă  Vamour. (Saurin.) .... La libertĂ©, quertout le monde adore ; ,Donne Ă  l’homme fecourage, inspire une grandeur, Qu’il n’eĂ»t jamais trouvĂ©s dans le fond de son cƓur. (Voltaire.)
(164.) DĂšs que la langue, sortie de sa premiĂšre barbarie, eut commencĂ© Ă  se perfectionner, on chercha Ă  lui donner toute la douceur qu’un heureux mĂ©lange de voyelles et de consonnes semblait lui promettre, en proscrivant, autant qu’on le pouvait, tout ce qu’il y aurait de dur et de dĂ©sagrĂ©able dans le choc des sons. De lĂ  Y Ă©lision, son euÂŹ phonique qui Ă©vite l’hiatus ou bĂąillement que produirait la rencontre de deux voyelles qui devraient se prononcer sĂ©parĂ©ment et de suite. Aussi n’a-t-elle pas lieu avant les noms qui commencent par une consonne ou un h aspirĂ©, ou lorsque Y article est au pluriel, parce qu’on n’a pas alors ce clioc de voyelles Ă  craindre. On Ă©crit Le vice. La tempĂ©rance, le hĂ©ros, la harangue, les histoires; les histrions, les hĂ©rons, etc. Le et la se placent devant les .mots commençant par une consonne ou par un h asÂŹ pirĂ© : le bonheur, le hasard, la faveur, la honte; mais l’e et l’a de ces articles s’élident et sont remplacĂ©s par une apostrophe, si le mot suivant commence par une voyelle ou- un h muet : L'arbrisseau, L'honneur, l'amitiĂ©, l'humanitĂ©. Cependant on dit : C'est aujourÂŹ d'hui LE ONZE ; je suis le onziĂšme. Du et au se mettent Ă©galement devant les mots dont l’initiale est une consonne, ou un h aspirĂ© : du trĂŽne, du hĂ©ros, au travers, au hĂ©ros; on emploie au contraire de T, Ă  T, toutes les fois qĂŒe la premiĂšre lettre du mot est une voyelle ou un h muet : de L'argent de T hĂ©roĂŻsme, Ă  Tamour, Ă  Thomme. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Lo malheur. Le vulgaire. Le hasard. Le hĂ©ros. Lq vie. La vertu. La haioe. ' La Du bois. Du feu. Du hĂȘtre. Du hibou. Au feu. Au combaL Au hasard. Au hĂ©ros. Le houhloa. Le haillon. Le hanneton. Le hangar. Le haquct. Le hareng. Le hautbois. Le heuiiissemcni. Le huitiĂšme. Le hussard. ' h * ■ L'orgueil. L'arU L’hĂ©ritier L’hĂ©rolsme. Lq trĂŽne. Le cultivateur. Le failbleur. Le hĂ©ron. n. L’ordre. . L’excĂšs. L’honneur. L'hippopotame L’amitiĂ©. L’inimitiĂ©. L'humanitĂ©. L’hospitalitĂ©- La grandeur. La richesse. La herse. La huche. La vigilance La beautĂ©. L’heure. L’hĂ©sitation. 1 III. De l'op. De l’argent. De l’hĂ©ritage. De l’hippoorome. Du plomb. Du fer Du homard. Du hareng. De l'Ă©tain. De l’émail. De rbomme. De rhouneuY- IV. A l’oubli.- A l’opprobre. A l'horizon. A l’hĂŽpital. -Au ciel. Au meurtre. Au hasard. Au hĂ©raut. A l’ordre. A l’intĂ©rĂ©t. A rbospiee. Al’huUo. V. t L’air. L’ùcolier. L’artiste. L’artisan. L’avocat. L’élĂšve. L’ftge. L’étĂ©. L’hiver. L'instruction. De l'habitude. De l'herbe. De l'histoire. De l'horreur. De l’hĂ©ritiĂšre. De rfaabitatiou. '1 De 1 hĂ©rĂ©sie. De l’hĂ©roĂŻne. A l’écureuil. A rorĂŒcbaut. La hache. La haie. La haine. La halle. ^ Lo balte. La hanche. La harangue. La huche. La hotte. La hoolett». O . .L
( 165 SYNTAXE DE L’ARTIGLE LXXVII. BUPLoi DES ARTICLES du, des, de V, delĂ , ou simplement de la prĂ©position de* 1. 1 AVEC du, des, etc. \ ^ En France la forme du. gouvernement est monarÂŹ chique. ' (Montesquieu.) l/esprit des enfants est presque toujours rempli de tĂ©nĂšbres. . (Nicolle.) ... Ce n’est point l’amour qui fait l’hymen des rois; Les raisons de IVfar rĂšglent toujours leur choix, (Corneille.) AbĂźme tout plutĂŽt : c’est l’esprit de Ve'glise. (Boileau.) Vos intĂ©rĂȘts ici sont conformes aux nĂŽtres ; Les ennemis du roi ne sont pas tous les vĂŽtres. (Racine.) L’adresse des nĂšgres ne paraĂźt pas moins dans loiites les fonctions du commerce. ' " "La Harpe.) avec la prĂ©position de. On a beaucoup disputĂ© sur la meilleure forme de gouvernement. - (J.-J. Rousseau.) Vos grandeurs sont des mascarades ; Jeux d’enfants que tous vos projets. (Favart.) Le grand homme d’état est celui dont il reste de grands monuments utiles Ă  la patrie. * (Voltaire.) Rien ne se perd entre les gens d’église. (La Fontaine.) , Rodrigue, ta valeur te rend digne de moi, Mais pour ĂȘtre vaillant tu n’es pas fils de roi. (Corneille.) Le progrĂšs de leurs connaissances est si prompt dans les affaires de commerce, qu’ils l’emportent bientĂŽt sur les EuropĂ©ens mĂȘmes, , . . . (La Harpe.) Pour bien saisir la diffĂ©rence qui existe entre la forme du gouvernement et la forme de gouvernement, l'esprit des enfants el les jeux n'enfants, etc., ii faut savoir auparavant quelle est la nature des articles du, des. Leur propriĂ©tĂ© est de dĂ©terminer les noms, c’est- Ă -dire de prĂ©senter les objets Ă  notre esprit dans toute leur essence, dans toute leur Ă©tendue; tandis'que la simple Ă©nonciation de la prĂ©position de nous fait envisager les objets exprimĂ©s par les substantifs qui suiyent celte prĂ©position d’une maniĂšre vague et indĂ©terminĂ©e. D’oĂč il suit qĂŒon doit employer du, des, etc., comme dans les exem* pies de la premiĂšre colonne, toutes les fois qĂŒon veut dĂ©signer rĂ©ellement les perÂŹ sonnes et les choses; au lieu qĂŒon se servira simplement de la prĂ©position de, conÂŹ formĂ©ment aux citations de la seconde colonne, si l’on ne veut exprimer qĂŒune idĂ©e qualificative. Ainsi i lorsque l’on dit : La forme j>\} gouvernement, L'esprit des enfants, l’article nous fait considĂ©rer le gouvernement, les enfants comme des ĂȘtres tout-Ă -fail dĂ©finis. Mais dans : la forme du gouvernement, les jeux j>'enfants, les mots gouverneÂŹ ment, enfants n’offrent rien de dĂ©terminĂ©; ils n’éveillent Ă  Taide de la prĂ©position de qĂŒune seule idĂ©e de qualification, puisque aussi les adjectifs gouvernementale, puĂ©rils, pourraient remplacer les expressions de gouvernement, d'enfants. H. , Seigneur, je cherche, j’envisage Ue» ffwmrques persans la conduite et l’usage. (Racine.) Du chagrin le plus noir Ă«Ue Ă©carte les ombres, Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres. (Racine.)
( 166) ...Du Dieu d/IsraĂ«l les fĂ©tea sont cessĂ©es. . (Racine.) Du Dieu qui nous crĂ©a la iostlce inĂŒnie, eto. '' (Voltaire.) Pendant que du dieu d/Âtkalie . Chacun court encenser Tautel, ĂŒn enfant coĂŒragçux publie Que Dieu loi seul est Ă©temel. (Racine.). Lorsqu’un mot est suivi d’un adjectif ou d’une expression qualificative qui en resÂŹ treint l’étendue, ce mot doit toujours ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de rarticle. On ne pourrait donc pas dire ; La 'conduite et TusagĂ© de monarques persans, les fĂȘtes de Dieu d/IsraĂ«l, etc. ; il faut absolument la conduite et Tusage des monarques persans, les fĂȘtes du Dieu dTsrael, parce que les mots persans, d'IsraĂ«l concourent avec l’article Ă  dĂ©terminer les monarÂŹ ques, le Dieu dofit on veut parler. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. I..-' ■ f.es feux dei enfanti. Les rois de la terre. Les rayons du spleĂźl. Un homme de la cour. Kau de la Seine. Kau du puits. MinistĂšre de rĂźntĂšnetir. MinistĂšre du commerce. MinistĂšre des finances. Les chaleurs de 1 Ă©tĂ©. Le palais du roi- Les feox d'enfant Les pots de terre. Les coups de soleil, TTn homme de cour. Eau de Seine. Eau de puits. AfTaires d’intĂ©rieur. Affaires de commerce. Lois de finances. Les fleurs d'Ă©tĂ©.' Uu palais de rois. Iji clĂ©mence du Dieu" misĂ©ricordieux. Une table du marbre qu’on tire de Carrare, Uue fantaisie du prince royal. Un lit des feuilles qui sont tombĂ©es. Les d^oltĂ©i de FAgÈiA Les iutĂšrĂȘts dĂȘ fĂšUt Les fils du roi. Un homme du gĂ©nie. Eau de la nier. Bau de la rirtĂšre. Les droits du seigpeur. MinistĂšre de la guerre. Ministre de la marine. Ministre de la justice. Un passei-temps du prinoei n. Lh hommes d*Ă©s^e. Les hommes d’état Jjea fils de roi. Des hommes de gĂ©nie. Eau de mer. Eau de ririĂšre. U ne table de seigneur. ’ Homme de guerre. Termes'de marine. Homme de justice* ' Un amusemeat de prlnee. Ün bouquet des fleurs cjue tous arei cueilfles. Une tabatiĂšre de l’or qui vous vĂźnt d'Esptgae. Uhe bourse de l'argent qu’on m’o donnĂ©. Une salade des oranges que vous eveib —oooo N“ LXXVIII. O^Se^eee— EMPLOI OE au OU SIMPLEMENT OE LA PRÉPOSITION Ù* ON DIT AVEC au, ETC. Perrette, sur sa tĂȘte ayant un pot au lait. Bien posĂ© sur un coussinet, - PrĂ©tendait s^s encombre arriver Ă  la ville. (La Fontaine.) 1 s' L’homme aupot fut plaisant,Vhommc au fer fut habile. Quand l’absurde est'outrĂ©. Ton lui fait trop d’honneur De vouloir, par raison, combattre son erreur. ( ’) DĂšs que ThĂ©tis chassait PhĂ©bus aux crins dorĂ©s. Tous rets Ă©talent en jeu, fuseaux Ă©taient tirĂ©s. im La dĂ©esse cent bouches, dis-je. Avait mis partout la terreur, [Idl) ON OIT AVEC Ă . ' Le pbaĂ©ton d’une'voiture Ă  foin .Vit son char embourb ■ (La Fontaine.) I Un cerf s’étant sauvĂ© dans une Ă©teble Ă  bceufs. Fut d’abord averti par eux,* Qu’il cherchĂąt uq meilleur qsile. (/dr) % Tu te prends Ă  plus dur que toi, PeĂŒt serpent Ă  tĂȘte folle: (lĂ .) A Le goĂ»t du fruit de l’arbre Ă  pain se retrouve dans celui du'cul d’artichaut. (Bernardin de St-Piebre.) Ce que nous avons dit dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, relativement Ă  l’emploi de l’article ■du ou de la prĂ©position de, s’applique naturellement Ă  l’emploi de auo\\ de Ă . Quand on 4\[ Ăź ThçjnmĂȘ au pot, le pot au lait', l’article au dĂ©terminĂ© les mots lait et pot; tandis"'"
i ( 16T ) que dans voiture Ă  foin, une Ă©table Ă  bƓufs, foin et bƓitfs ne sont nullement dĂ©terminĂ©s; ils indiquent seulement, Ă  Taide de la prĂ©position Ă , la qualitĂ© de la voiture, de TĂ©- table. Toutefois il est des consĂ©crations Ă©tablies par Tusage, et que Tusage seul peut faire connaĂźtre; Nous nous contenterons d'en donner quelques exeniples dans Texer- cice suivant. Le pot au beurre. Le pot Ă  Teau. La b urette Ă  l’huile. 1/bomme aux cheveux noirs. L'homme Ă  la longue barbe Boite aux IçUre». EXERÇICÉ PHRASÉOLOGIQUE. - X ^ t Le pot Ă  beurre. Le ĂźnQultn Ă  eau. Le moulin Ă  huile. L'hominc Ă  prĂ©jugĂ©s. Un homme a longue barbe. Papier Ă  lettres. Le marchĂ© aux bƓufs. Le panier au charbon. La poaĂŻe aux Ɠufs d’or. L’homme aux grands sentiments, SlarrhĂ© aux grains. Des gĂąteaux aux fruits. Une Ă©table Ă  bƓufs. Le sac Ă  charbon, ĂŒn panier Ă  Ɠufs. Un homme Ă  grands senlimcnis. Fruits Ă  pĂ©pins. Un arbre Ă  ÂŁ^l, , NÂź LXXIX. DE l’article devant ÜN SUBSTANTIF, QUAND LA PHRASE EST NÉGATIVE OU AFFIRMATIVE. U PHRASES AFFIRMATIVES. En vain la crainte de la honte et dn chĂątiment emÂŹ pĂȘche de faire du mal. (J.-J. Rousseau.) ... Toujours la patrie a des charmes pour nous. (La Harpe.) Quand on a de Vesprit on se tire d’affaire. (pĂŒFRKSNY.) En donnant Ă  vos peuples les vĂ©ritables biens, vous vous ferez du bien Ă  vous-mĂȘme. (FĂ©nelon.) II y a des lois pour la sociĂ©tĂ© des abeilles ; comÂŹ ment a-t-on pu penser (ju’il n’y eii avait pas pour la sociĂ©tĂ© des hommes? (de Ronald.) phrases NÉGATIVES. Le monde est si corrompu qn’on acquiert la rĂ©pu-' talion d’homme de bien seulement en ne faisant pas de mal. (LĂ©vis.) Ma grandeur, Ă  ce prix, n’a pas pour moi de charmes. (Voltaire.) L’on ne dit jamais que l’on n’a point d’esprit. (Boursault.) On ne fait jamais de bien Ă  Dieu en fesant du mal aux hommes. (Voltaire.) Il n’y a jamais de lois observĂ©es que celles qui tiennent Ă 'la nature du gouvernement. (J.-J. Rousseau.) ' A quelques exceptions prĂšs, on peut Ă©tablir, comme rĂšgle, qu'il faut employer du, des, -etc. j devant les substantifs, complĂ©ments de verbes, lorsque la phrase est affirÂŹ mative; et seulement la prĂ©position de, si la phrase est nĂ©gative. Nous disons, Ă  quelques exceptions prĂšs, car il se trouve des exemples oĂč, dans les phrases mĂȘme nĂ©gatives, on a fait Ă©galement usage de Tarticle : Je ne prendrai pas de la peine pour rien. (Montesquieu.) Il ne se faut jamais moquer des misĂ©rables. (La Fontaine.) Mais franchement je ne fais pas des vers ni mĂȘme de la prose quand Je veux. (Boileau.) Il n’avait pas des outils Ă  revendre. (La Fontaine.) Quelquefois la phrase a un ton nĂ©gatif et un sens positif. Dans ce cas, le substantif complĂ©ment de la prĂ©position de doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle. Je n'ai pas de l'argent pour le dĂ©penser follement, signifie : j'ai de ('argent,' mais ce n'est pas pour le dĂ©penser follement. — Si Ton disait : je n'di pas d'argent pour faire telle chose, cela signifierait au contraire, qĂŒon manque d'argent. MĂȘme dififĂȘrence existe encore entre les phrases suivantes :
( 168) AVEC l’article : * N’avez-vous pas des enfants ? N’avea-vous pas du pain? N’avez-vous pas de la fortune? N’avez-vous pas du plaisir ? N’y a-t-il point des chevaux, des voitures? AVEC la prĂ©position SEULEMENT : N’avez-vous pas d’enfants ? ‱ N’avez-vous pas de pain? N’avez-vous pas de fortune? N’avez-vous pas de plaisir? N’y a-t-il point de chevaux-, dç voitures ? Avec l’articlĂš on fait entendre que vous avez des enfants, du pain., de la fortune, du plaisir, qu’il y a dĂ©s chevaux/des voitures. Sans l’article, l’interrogation n’est qu’une simple question; on exprime seulement un doute; EXERCICE PHRASÉOLOGiQVE. Du pain. Des bommei. Du jugement. Des efforts. De pain.’ D'bommes. De jugement. D'effoils. Du TÎn. Du goĂ»t. Du plaisir. De rĂ©mulation* De TÎn. De goĂ»t. De plaisir. D’ùmuIatioD. JV“ LXXX. EMPLOI DE l’article DEVANT UN SUBSTANTIF SUIVI D’UN ADJECTIF. AVEC L ARTICLE. Je ne vous ferai point des reproches frivoles. Les moments sont trop chers pour les perdre en [paroles. (Racine.) Il est des gens de bien sous diffĂ©rents climats (CnÉNIER.) Madame, je n’ai point des sentimens si bas/ (Racine.) Albin, ne me tiens pas des discours superflus. (Corneille.) sans l’article. Ne me fais point ici de contes superflus, L’effet Ă  tes discours ĂŽte toute croyance. (Voltaire.) II n’y a pas de gms au monde qui tirent mieux parti de leur machine que les Français. (Montesquieu.) Le mensonge n'a point de douleurs si sincĂšres. (Voltaire.) Locke n’admet point d’idĂ©es innĂ©es. (M.) L’emploi des articles du, des, de l’, de la, ou simplement de la prĂ©position de, est * souvent difficile avec un substantif suivi d’un adjectif ou d’une expression Ă©quivaÂŹ lente, lorsque la phrase est nĂ©gative. Mais Ă  l’aide du principe fondamental que nous avons Ă©tabli, savoir, que l’article a seul la puissance de dĂ©terminer, de dĂ©finir les obÂŹ jets , nous pouvons rendre raison de la diflĂ©rence qui caractĂ©rise les exemples de l’une et de l’aiilre colonne. ' ' ‘ , Je n’ai point des sentiments si bas. Des, pour dĂ©signer que les sentiments, loin d’ĂȘtre si bas, sont plus Ă©levĂ©s. Le sens est gĂ©nĂ©ral. Ne me tiens pas des discours superflus. Des, parce que tous les discours qu’Âlbin pourrait tenir seraient superflus. Le sens est gĂ©nĂ©ral. N’a point de douleurs si sincĂšres. De exprime que parmi les douleurs il n’en est point ' de telles qu’on dit. Le sens est particulier. ' N’admet point d’idĂ©es innĂ©es. De, pour dire que les idĂ©es innĂ©es ne sont pas au nombre de celles qu’admet Locke. Le sens est partiÂŹ culier. ^ .f.
' ( 169 ) D'aprĂšs cette analyse, noussommes fondĂ©s Ă  Ă©tablir ce principe : Dans les phrases nĂ©gatives, lorsqu'un substantif, suivi d’un adjectif ou d'une expression Ă©quivalente, est complĂ©ment d'un verbe, on fait usage des articles du, des, etc., si le substantif est pris dans un sens partitif et gĂ©nĂ©ral; on se sert seulement de la prĂ©position de, si le sens est particulier. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. N’avoir poĂźiil des... Ne recevoir pas des... Ne pas manger des... N'avoir point de... Ne recevoir pas de... Ne pas manger de... . Ne tenir pas deiL«. N'admettre pas des. Ne pas dire des... Ne tenir pu de. M N’admettre pas des... Ne pas dire de *‱* NÂź LXXXI. EMPLOI DE l’article OU DE LA PRÉPOSITION de APRÈS DN SUBSTANTIF PRÉCÉDÉ OU SUIVI d’un adjectif. AVEC L ARTICLE. La perfection d’une chose consiste dans son esÂŹ sence; il y a des sce'lĂ©rats parfaits, comme U y a des hommes d’une parfaite probitĂ©. (La Roche.) L’amour n’a que des fers honteux, Lorsque le sentiment n’épure point ses feux. (Favart.) Il n’y a rien de si bornĂ© et de si vain que la pluÂŹ part des bourgeois; c’est chez eux que la sottise jette des racines profondes. ^ (Bernardin de St-Pihrre.) Les plus grands esprits n'ont que des. lumiĂšres bornĂ©es. (Nicole.) Le bonheur nous expose Ă  des dehors trompeurs. (Bestouches.) Pour qui ne les craint pas, il n’est pas de prodiges. Ils sont l’appĂąt grossier des peuples ignorants. L’invention du fourbe et le mĂ©pris des grands. (Voltaire.) SANS l’article. De faibles gĂ©missements, de sourds meuglements, de doux roucoulements, remplissent les dĂ©serts d’une sombre et sauvage harmonie. (Chateaubriand.) Proposons-nous de grands exemples Ă  imiter pluÂŹ tĂŽt que de vains systĂšmes Ă  suivre. (J.-J. Rousseau.) Il y a d’étranges pĂšres et dont toute la vie ne semble occupĂ©e qu’à prĂ©parer Ă  leurs enfants des raiÂŹ sons de se consoler de leur mort. (La BruyĂšre.) Un peuple que protĂšgent de bonnes lois n’est pas inquiet, ne s’agite ni se soulĂšve .comme celui qui souffre et de ses lois et de ses magistrats. (Montgaillard.) Dans un mĂ©nage il faut de petites gtierelles. (COLLIN d’HaRLKVILLK.) 11 y a de mauvais exemples qui sont pires que les crimes ; et plus d’états ont pĂ©ri, parce qn’on a violĂ© les mƓurs, que parce qu’on a violĂ© les lois. (Montesquieu.) Lorsqu’un substantif, employĂ© dans un sens partitif, est suivi d'un adjectif, il est dĂ©terminĂ© par. du, de de la, des : des lumiĂšres bornĂ©es, des racines profondes, etc. ; mais si l’adjectif prĂ©cĂšde au contraire le substantif, il faut faire simplement usage de la prĂ©position de : De faibles gĂ©missements, de grands exemples, etc. V * EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Des palais tnagniriquei. Des liĂ»tels gariiii. Del fleurs fanĂ©es Des supplices alTrsus. Des menaces funĂšbres. Des cris plaintifs. De» lances meurtriĂšre». De» rameaux verdoyant». De mauvaises affaires. De superbe* Ă©difices. De belle» flears. D’affreux supplices. De funĂšbres menaces. De plaintives ombres. De meurtriĂšres armes. De verdoyauls rameaux. Des plaines immenses. Des bois touffus. Des Ă©toile» scintillantes. Hcs droits fondĂ©s. Des murmures borriblet. Des traits divini. De.', esprits Ă©perdu». Des ricbesies immenses
—»₏X=>© ( 1TQ ) V N. LXXXII. EMPLOI' DE du, des, de V, de la ou simplement de la prĂ©position de, devant un nom PRÉCÉDÉ d’un adjectif. . SANS l’ARTICLK. r i. V Quoi! tu prends pour (Zu bon argent co que jo viens de dire? ' * (MoliĂšre.) . Pour rĂ©tablir la brebis aprĂšs qu’elle a mis ba^, pn lu nourrit de bon foin et d’orge moulue. (BĂŒffon.) Je veux la campagne, du petit-lait, de bon potage. (Voltaire.) ~ On lui donne abondamment de la luzerne, du sainÂŹ foin ou de bonne herbe bien mĂ»re. (BUFFpN.) TqujQura la tyrannie a d/heureuses pre'mices. . (Racine.) La vieillesse, ombrageuse et sĂ©vĂšre, En de vagues soupçons sp plaĂźt Ă  s’égarer. (GhĂ©nier.) . Beaucoup d’bommes sont de vieux enfants. (de SĂ©gur.) t De jeunes enfants semblaient flĂ©cbir sous le poids des habits et des ornements. (Albert 1\ĂŻontĂ©mont.) avec l’article. Quelquefois ĂŽo» or je sĂ©pare lĂš. faux. Et des auteurs grossiers j’attaque les dĂ©fauts, (Boileau.) Comme la peau de l’ñne est trĂšs dure et trĂšs Ă©lasÂŹ tique J on en lait du gros parchemin. (Buffon.) Je veux’la campagne , du petit-lait, de bon poÂŹ tage. - (Voltaire.) Heureux si, de son temps, pour de bonnes raisons. La MacĂ©doine eĂ»t eu des petitesrmaisons ! (Boileau.) Lo louange languit auprĂšs des gratuU noms. (Bossuet.) On prend Ă  toutes mains dans le siĂšcle oĂ» nous sommes, Et refuser n’est plus le vice dǼ bppimes, (Corneille.) Cela ne vaut pas le diable; mais cela rĂ©ussira, parce , qu’il y a des danses et des petits enfgnts. . (Voltaire.) Le plus dangereux ridicule des vieilles personnes qui ont Ă©tĂ© joUĂšs,.c’est d’oublier qu’elles ne le sont plus. ' (La Rochefoucauld.) L’examen de ces exemples nous conduit Ă  Ă©tablir les deux rĂšgles suivantes : 1Âź Lorsqu’un adjectif est placĂ© devant un substantif pris d'ans un sens gĂ©nĂ©ral et partitif, cet adjectif doit toujours ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position de, s’il ne forme pas avec le nom qu’il qualifie une expression substantive. Ainsi, quand on dit ; Il a chez lui toujours de bon pain, de bon vin, de grand papier, ces locutions bon pain, bon vin, grtind papier Ă©tant prises d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale et indĂ©terminĂ©e, refusent l’article. 2° Si le substantif Ă©tait pris dans un sens individuel et partitif, ou bien encore qu’il fĂ»t tellement liĂ© Ă  l’adjectif qui le prĂ©cĂšde, qu’il ne formĂąt, en quelque sorte, avec lui, qu’un seul mot, il.faudrait, dans ce cas, employer du, des, de T, de la. Aussi, lorsÂŹ que l’on dit ; voilĂ  du bon pain, du bon vin, du grand papier, ces mots bon pain, bon vin, grand papier sont employĂ©s individuellement et avec dĂ©termination ; par consĂ©quent ils doivent admettre l’article. Il en est de mĂȘme dans a\o\r du petit-vait, du petit vin, dit gros parchemin, du gros poisson, puisque l’adjectif et le substantif ne font pour ainsi dire qu’un seul mot. C’est encore par la mĂȘme raison qu’on dit : VoilĂ  du vĂ©ritable honneur, voilĂ  de Ict belle rnusique, voilĂ  de la vraie poĂ©sie, par opposition avec le faux honneiir, etc. Enfin, il y a cette diffĂ©rence entre tirer de-meilleur vin et ĂŒrer du meilleur vin, c’est que la prerniĂšre locution exprime simplement et indĂ©terminĂ©ment une idĂ©e de comparaiÂŹ son : Tirer ( une ou plusieurs'bouteilles) de vin (quel qu’il soit, mais) meilleur ( que celui qui a Ă©tĂ© tirĂ©'); dans. la seconde expression, au contraire, on prĂ©cise la sorte de vin que Ton dĂ©sire, et Ton dit que c’est du meilleur qui soit dans la cave que l’on veut.
( (7< ) 9 EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. i''e grand papier Ue bon tabac; Te bon sucre. De Iran potage. De bon fromage. De bonne crĂšme. Ce belle musique. De certaines vĂ©ritĂ©s. De bonnes choses. De belles chansons. Du grand papier.* Du bon tabac. Du bon sucre. Du bon potage. Du bon fromage. De ta bonne crĂšme. De la belle musique. De vieiix enfants. De jennes gens. De petits enfants. Du gros cuir. Du petit-Jait Du petit vin. pu gros YĂźp, . Du petit poisson. Du gros fouet Des petits-maĂźtres. Des petits pois. Des {eunes gens, Pes netits enfuitU. » NÂź LXXXIIL KMPLOI DE l’article APRÈS LES ADJECTIFS ET LES VERBES SUIVIS DE LA PRÉPOSITIO.V de. SANS l’article. Il est vrai'que le monde est plein de me'disants. (QĂŒinaĂŒlt.) l.’liymen n’est pas toujours entourĂ© de (lĂ mbequx. (Racine.) I.a gloire remplit le monde de vertus, et, comme an soleil bienfitisant, elle couvre toute la terre de //:.* ii rs et de fruits. (Va uv en argues . ) i.es cƓurs nourm de sang et de projets terribles, N’ont pas toujours Ă©tĂ© les cƓurs les moias sensibles. ^ (CrĂ©billon.) I/hymen rHest pas un dieu qu’on repaisse de fables. (Boursault.) Bans la Virginie on trouve des chevaux qui, quoi- 1] ue sortis de cavales privĂ©es, sont devenus si farou- flies dans les bois qu’il est difficile de les aborder. (Buffon.) On parle souvent de courses de chevaux en An- ■ (lĂą.) ■ gleterre. AVEC l’article. Toutes les histoires et tous les Ă©crits sont pteĂčĂŒ des miracles que leurs secours implorĂ©s et leurs tombeaux honorĂ©s opĂ©raient par toute la terre* (Bossuet.) La terre est couvertĂš des hommes que TĂ©lĂ©mnqxie renverse. ' (FĂ©nelon.) Les Francs, peuple sauvage, ne viyaient que de lĂ©gumes, de fruits, de racines, et des anĂ»naux quHls prenaient Ă  la chasse. (Andrieux.) Nous sommes presque toujours coupables de ia haine qu’on nous porte. (VaĂŒvenargues.) Les chevaux arabes viennent des chevaux sau ÂŹ vages des dĂ©serts d’Arabie. (Buffon.) Quelques auteurs parlent des chevaux sauvages , çt citent mĂȘme les lieux oĂč ils se trouvaient. {Id.) AprĂšs les ndjectifs et les verbes suivis de la prĂ©position de, le complĂ©ment, si ToiĂź ne fait que T ex primer indĂ©finiment, iTadmet pas rariicle^ jnais il faut Ă©noncer l'arÂŹ ticle si le complĂ©ment est dĂ©terminĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. plein de OrnĂ© de EnvironnĂ© de Las 3c JonchĂ© de Vivre de Se repaĂźtre de Se soulager de Plein des OrnĂ© des EnvironnĂ© drs Las des JonchĂ© des Vivre des Se repaĂźtre du Se soulager des P.impli de ’ EntourĂ© de L.'ouvert dc IlĂ©rissĂȘ de ScniĂ© de Sc nourrir de Se dĂ©soler de Mourir de Rempli de la EntourĂ© des Couvert des FlĂ©rissĂ© des SemĂ© des Se nourrir des Se dĂ©soler de Mourir de.»
( 172 ) N” LXXXIV. EMPLOI' DE l’article AVEC LES NOMS DE CONTRÉES, DE ROYAUMÂŁS, DE PROVINCES, ETC. i. AVEC L ARTICLE. , Charlatans, feseurs d'horoscopc, Quittez les cours des princes de VEurope. (La Fontaine.) Depuis la dĂ©vastation de VArfiĂ©riguey les EspaÂŹ gnols , qui ont pris lĂ  place de scs anciens habitants, n’ont pu la remplir. (MoiNtesquieu.) Roland fut entendu sur l’état de la France et de la capitale. (Tuiers.) Ceux qui vivent dans le continent de VEspagne et Ăąu Portugal se sentent le cƓur extrĂȘmement Ă©levĂ©, lorsqu'ils sont ce qu’ils appellent de vieux chrĂ©tiens. (JĂŻontksquiku.) L’ennemi Ă©tait repoussĂ© de la Champagne et de la Flandre, (Ïhiers.) SANS l’article. lis venaient changer leur or contre de l’eau-de-vio et des quincailleries d’Europe. " (La Harpe.) Dans quelques Ă©tats d’AmĂ©rique, le parricide est dĂ©clarĂ© folie. Le criminel est condamnĂ© Ă  la rĂ©clusion perpĂ©tuelle et Ă  avoir la tĂȘte voilĂ©e le reste de sa vio. (Chateaubriand.) J.e gĂ©nie du grand CondĂ© ne put rien contre les meilleures troupes de 'France. (Voltaire.) Les chevaux d'Espagne qui tiennent le second rang aprĂšs les barbes, oui rcncolurc longue , Ă©paisse ci beaucoup de crins. (IÏukfo.n.) Pour l’amiral, au milieu des plaisirs, il ne s’ocÂŹ cupait que de sa chimĂšre, la guerre de Flandre. (.\nquetjl.) Avec les noms de contrĂ©es, de royaumes et de provinces, on fait ou non u^age de Tarticle, selon qiTon veut ou qu'on ne veut pas dĂ©terminer ces noms. On dit donc Ă©gaÂŹ lement bien : Les peuples d'Asie ou les peuples de L'Asie, Les peuples d'AmĂ©rique ou les peuÂŹ ples de L'AmĂ©rique,^ etc. 11 est des cas cependant oĂč il.n’est pas indiffĂ©rent d’exprimer ou de ne pas exprimer Tarticle. En gĂ©nĂ©ral, on ne TĂ©npnce pas toutes les fois qĂŒĂ  Taide de la prĂ©position de et de son complĂ©ment, il s'agit d’indiquer un rapport de qualifiÂŹ cation, c'est ce que nous font voir les exemples de la seconde colonne, puisque çhĂźh- cailieries d'Europe, c'est pour qĂźilncailleries curopéémies; Ă©tats d'AmĂ©rique, pour Ă©tats amĂ©rl- caviis, etc. Mais Temploi de l'article est indispensable, si raisonnablement Ton ne peut iraduire la prĂ©position de et son complĂ©ment par un adjectif. 11 faut donc dire la dé vastation de L'AmĂ©rique, l'Ă©tat de la France, repoussĂ© de la Champagne et de la Flandre. avec l article. Les anciens voyageurs ont dit que les chiens natuÂŹ rels du Canada avaient les oreilles droites comme les renards. (Buffon.) Les chiens du Kamischatha sont grossiers, rudes et demi-sauvages comme leurs maĂźtres. [Id.) La plupart des chiens du Groenland sont blancs, mais il s’en trouve aussi de noirs et d'un poil trĂšs Ă©pais. ' [Id.) Suivant ensuite le cours du Rhin jusqu’en HolÂŹ lande, on prenait le due Albert Ă  revers. ‱ . ' (Thiers.) On leur avait imputĂ© de vouloir sc rĂ©fugier dans les dĂ©partements et au-delĂ  de la Loire. (Id.) II. I SANS l’article. . Le pilote, homme fier et ignorant, persista dans son dessein avec tant d’opiniĂątretĂ©, qu’on continua la route de Marseille. (Regnard.) Le parlement de Bordeaux servait alors le prince de CondĂ©. * (Voltaire.) En comparant la mortalitĂ© de Paris Ă  celle de la campagne on voit qĂŒil meurt constamment plus de monde Ă  Paris qu’à la campagne. (Buffon.) La place importante de Dunkerque fut reprise par les Espagnols. (Voltaire.) Pour le repas du soir, la fille d’IsraĂ«l, MĂȘle aux flots d’un lait pur les sucs dorĂ©s du miel. (ÂLLETZ.)
(m) Les noms de fleuves> de riviĂšres, sont, ainsi que quelques nonis d’üles et de pays, toujours prĂ©cĂ©dĂ©s de Tarticle : Chiens du Canada, du Kamtschatka, cours du Rhin, expé dition de la JamaĂŻque. Il n’y a guĂšre que l’usage qui puisse faire acquĂ©rir cette connaisÂŹ sance. , Les noms de villes ne sont jamais^accompagnĂ©s de l’article : La route de Marseille, le parlement de Bordeaux, etc.. 11 faut excepter Le Havre, La Rochelle, Le Mans, etc. En gĂ©nĂ©ral , les noms de provinces, de royaumes, d’empires, etc., sont prĂ©cĂ©dĂ©s de 4u, lorsqu’ils sont masculins : Histoire du Languedoc, du Roussillon, du Poitou, du Dau- phinĂ©, du Portugal, du Mogol, du Japon, du PĂ©rou; et seulement de la prĂ©position de, quand ils sont fĂ©minins : Histoire de Gascogne, de Bourgogne, de Picardie, de France, de Russie, de Turquie, etc. * EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. 1. Lm oatloDS de l'Europe. Le carte de ta France. Les guerres de rAmĂšrique. Veniia de la Chine. LVtal de la Huuie. La dĂ©cadence do la Turquie. Castor du Canada. L'or du PĂ©rou. Lee caui du Tibre. Les Tillei d’Europe. La carte de France. Les guerres d’AmĂ©rique. Encre de Chine. L’empire de Russie. Du blĂ© de Turquie. Cachemire de Lyon. Les curiositĂ©s de Paris. Les habitants de Rome. Les productions de la France La carie de l’Europe. Topaze du BrĂ©sil. La situation de l’Allemagne. La position de l'Autricfae. Les fruits de la Normandie. II. Rhum de lĂ  JamaĂŻque. Les eaux du Rliin. Les eaux du RhĂŽne. Les Tins de France. La carte d'Europe. Bois du BrĂ©sil. .L"histoire d’Allemagne. L’empereur d’AutricĂŒe. Cidre de Normandie. Vin de Bordeau^ HuĂźtre d'Osteude. Vin de Beaune. N" LXXXV. EMPLOI DE l’article APRES LES ADVERBES DE QUANTITE ET LES NOMS COLLECTIFS, SANS L ARTICLE. ... A quoi bon tant d’amis ? ^ Un 'seul suffit quand il nous aime. (Florian.) Les premiers saints ont fait beaucoup de miracles. (Pascal.) Combien de favoris de la fortune, sortis tout-Ă - cbup du nĂ©ant, vont saisir les premiers postes. (Massillon.) Que de biens, que de niaux sont prĂ©dits tour Ă  tour! (Racine.) Sully avait autour de lui un nombre prodigieux de domestiques, une foule de gardes, d’écuyers, de genÂŹ tilshommes. (Thomas .) Elle savait wne quantitĂ© prodigieuse d’airs et de chansons qu’elle chantait avec un filet de voix fort douce. ‱ (J.-J. Rousseau.) Ils sont transportĂ©s doucement sur la riviĂšre dans nne contrĂ©e oĂč toutes sortes de plaisirs abondent. (La Harpe.) AVEC L’aRTIC Celui qui sait renoncer Ă  une granae autoritĂ©, se dĂ©livre en un moment de ĂŽten des peines, de bien des veilles, et quelquefois de bien des crimes. (La BruyĂšre.) La plupart des femmes n’ont guĂšre de principes ; elles se conduisent par le cƓur. (La BruyĂšre.) De bien des gens, il n’y a que le nom qui vaille quelque chose. (Id.) Les mĂ©chants ont hien de la peine Ă  demeurer unis, (Fenelo'n.) Les Anglais et les Hollandais se sont disputĂ© longÂŹ temps le commerce de la CĂŽte-d’Or, et cette guerre d’avarice a produit bien des perfidies et des crimes. (La Harpe.) Je ne me flatte pas d’avoir donnĂ© une idĂ©e juste de la multiplicitĂ© dej maux que j’ai soufferts., (Buffon.) La multiplicitĂ© des lois est la source des infracÂŹ tions. (Laveaux.)
Comme on le voit, les subsldniifs refusent TarticlĂŽ lorsqu’ils sont sĂŽus la dĂ©penÂŹ dance de Tun de ces mois : Combien, que, peu, beaucoup, moins, plus^ tant; ĂąutĂ ht, esÂŹ pĂšce ^ genre, sorte, portion, noinbre, foule, quantitĂ©, infinitĂ©, etc. Cependant si le subs=Ăź-‘ laniif Ă©tait dĂ©ierniinĂ© par quelque circonstance particuliĂšre, il faudrait faire usage de l’article, exemples : Un grand nombre des personnes que fai vues hier m'ont dit dĂźt bien de vous ; U reste peu des fruits qu'on a cueillis. ‘ * La seconde colonne nous fait voir qu'aprĂšs le mot bien ; et les expressions la pluÂŹ part-, lĂš plus grand nombre, la plus grande partie, etc., dn emploie toujours Tartiele. Combien d'bointnea. Que de gent. Peu de personne». Beaucoup de soldats. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Moins de fautes. Plus d’égards. Tant d’amis. Autaut de richesses. Plusieurs espĂšces de fleurs. Difers genres d’antmaux. Toutes sortes d’agrĂ©mcnti. Uue portion de maisou. Bien des Ă©coliers. La plupart des hommes. Bien des masques. * Le plus grand nombre des babt tanta. NÂź LXXXVI. ARTICLE RÉPÉTÉ OU NON RÉPÉTÉ DEVANT DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR AVEC l’article. Il faudrait commencer toutes les leçons par uu hymne adressĂ© Ă  la divinitĂ©, et chantĂ© alternativeÂŹ ment cn chƓur par les filles et les garçons. - ■ (Bernardin de St-Pierre.) Ils croient que les sorciers.et les sorciĂšres ont lĂš pouvoir d’attirer les esprits. (La Harpe.) s . D’abord il faut remarquer qĂŒil n’y a de vacances complĂštes que le dimanche ; seulement le mercredi et le samedi il y a quelques leçons de moins. (Cousin.) . Le besoin Ă©leva les trĂŽnes ; les sciences et les arts les ont affermis. , (J.-j, koussEAU.) Le goĂ»t des lettres et des hedux-arts anĂ©antit l’aÂŹ mour, de nos premiers devoirs et de la vĂ©ritable gloire; [Id.) Si.les ouvrages des religieux nous paraissent grosÂŹ siers aujourd’hui ; n’oublions pas que , sans eux, la chaĂźne de la iiaditiĂŽh dĂšs leltres et des arts eĂ»t Ă©tĂ© totalĂȘment interrompue. (Chateaubriand,) Les soldats et les habitants dĂšviendraiĂ©nt enriĂ©mis les uns dĂšs autres. (J.-J* Rousseau.) Les sciĂšnçés, les lettrĂ©s et tes Ă ris etehdĂšht des giiifiaiides dĂ© fieurs sur lĂšs chaĂźnĂ©s dĂš fĂ©f dont tes honimĂ©s sont chargĂ©s. (Id.) NĂ© dĂ© i^oisivetĂ© et .dĂ© la vanitĂ© dĂšs IfommĂ©s, le luxe va rarement'sans les sciences et tes Ă©t jamais ils nĂš vont sans lui. (Id.) Un arnbassadĂ©iir est ĂŒnĂ© espĂšce de facteur, par le canal duquel les faussetĂ©s et les tromperies passĂ©iit d une cour Ă  l’autre. (Voltaire.) sÂNĂ  l’article. Ils laissaient passer CornĂ©lie, Les ducs et pairs, le chancelier Et les cordons bleus d’Italie. (Voltaire.) Je me hĂąte d’an’iver aux renseignements et docuÂŹ ments positifs que j'ai recueillis sur l’état de l’instrucÂŹ tion populaire Ă  Francfort; (Cousin.) Le minimum des leçons de toute Ă©oole populaire est de cinq leçons d’une heurĂš chaque jour, les lundi, mardi, jeudi et vendredi. (Id.) AprĂšs hien des marches et contre-marches les Français arrivent dans Pamphilie, prĂšs Üune petite ville sur la mer. (Anquetil.) Le pĂšre FeuillĂ©e est le seul de tous les naturalistes et voyageurs qui ait donnĂ© une description dĂ©taillĂ©e du condor. (Buffon.) Il serait bon qĂŒon obéßt aux lois et. coutumes, parce qu’elles sont lois, et que le peuple comprĂźt que c’est lĂ  cĂ© qui lĂ©s rĂ©hd jĂŒstĂ©s. ^ (Pascal.) Je rie sĂšrĂ is pas d’avis d’épĂ rpiller les feoldats pour maintenir l’ordre dans les bourgs et villages. (J.-J. RdĂŒssBArik) LĂšs ‘rubdm et bijoux qĂŒi Ăšii sbrit la ÜiarfiĂŒĂ© ont un air de coliĂ»chĂšt et de parure fĂ©minine qu’il faut Ă©viter dans notre institution. (Id.) Il ne faut pas que les pHx Ă©t rĂ©compenses soient distribuĂ©s Ă fbitrĂ irĂ©ment. m ; * il en Ă©tait dĂ© mĂȘme dĂ©s nUriisirĂ©s Ăšt ff^ands offi- eiefs. (W*)
( 175 )■ IjC pĂšre et la mĂšre semlilaient exciter leur petite compagne Ă  s’en repaiĂŒe la premiĂšre. (Buffon.) Jusqu’à l’àge de sept ans , l’enfant , chez les Spar- liates i Ă©tmt laissĂ© aux soins du pĂšre et de la mĂšre. . ‱ (BARXnÉLEfllY.) Le malheur du pĂšre et de la mĂšre ne passe point Ă  leur postĂ©ritĂ© ; les Muscogulges n’ont point voulu que la servitude fĂ»t hĂ©rĂ©ditaire. (Chateaubriand.) La nature y pourvoit par l’attachement des pĂšres et des mĂšres. (J,-J. Rousseau.) , ĂŒn beau matin, le fils s’engage ; le pĂšre et la mĂšre .sont au dĂ©sespoir, (Bernardin de St-Pierrk.) Les pĂšres et les mĂšres des enfants Ă©tranglĂ©s ouÂŹ vraient la mai’che, portant leurs enfants morts dans leurs bras. (Chateaubriand,)' C’était une opinion universelle que la religion proÂŹ testante ordonne aux pĂšres et aux mĂšres de tuer leurs enfants s’ils veulent ĂȘtre catholiques. (Voltaire.) Les pĂšre et mĂšre continuent de les nourrir et de veiller sur eux. (Buffon.) L’homme qui veut se marier offre aux pĂšre et mĂšre de la jeune personne un sac de cuir ou quelque autre objet tout aussi prĂ©cieux, ‘ (Albert MontĂ©mont.) Les pĂšre et mĂšre ont pour objet le bien, Tout le surplus ils le comptent pour rien. (La Fontaine.) Le pĂšre dĂ» Tertre dit que si tous les nĂšgres sont camus J c’est que les pĂšres et mĂšres Ă©crasent le nez Ă  leurs enfants. (Buffon.) L’union des pĂšres et mĂšres aux enfants est natuÂŹ relle puisqu’elle est nĂ©cessaire. (Id.) Le calcul des pĂšres et mĂšres a peut-ĂȘtre encore plus de danger que l’inexpĂ©rience des jeunes gens. (de Boufflers.) ĂŒn troisiĂšme dit que la religion protestante ordonne aux pĂšres et mĂšres d’égorger ou d’étrangler leurs enÂŹ fants quand ils veulent se faire catholiques. (Voltaire.) Parce que, voilĂ  tantĂŽt deux siĂšcles, il a plu Ă  nous ne savons quel grammairien^ Yaugelas peut-ĂȘtre, de voir un barbarisme dans ces locutions : les pĂšre etmĂšre^ tous les grammairiens de rĂ©pĂ©ter aprĂšs lui, et sans trop savoir pourquoi, que les pĂšre et mĂšre est un barbarisme. Mais, loin d’ĂȘtre intimidĂ© par cette rĂ©probation, l’usage, depuis ce temps, n’a cessĂ©' d’aller son train, et, en dĂ©pit de tous les Vaugelas du monde, il permet que l’on dise, Uomme il y a deux et trois siĂšcles : les pĂšre et mĂšre. C'est que l’usage sent bien qu’il a raison. En effet, il est facile de voir que cette locution, qui scandalise si fort nos puristes, n’est pas sans fondement,,Ăšt qu’elle a sa source dans la logique la plus rigoureuse. Nous allons essayer de le prouver. Celui qui dit les pĂšre et mĂšre sait qĂŒâ€™il doit parler de deux individus : que ce soit le pĂšre et la mĂšrĂ©, peu importe; toujours Ă©st-il qĂŒâ€™il a l’idĂ©e de deux ĂȘtres, de deux inÂŹ dividus*. Or, n’es t-il pas naturel qĂŒâ€™il fasse Usa ge. dĂ© P article plurielqui, Ă©h pareil cas, est eu rapport avec lĂš mot individus soĂŒs-enteridu-, et nullement avec les mois pĂšre et mĂšre? (ies derniers nĂ© s'orit lĂ , poiir ainsi Üire, que l’explication du moi iĂ»dĂź- vidus. En sorte que les pĂšre et mĂšre, ç’est'pour les individxis que je vais dĂ©signer, c'est-Ă - dire le pĂšre et la mĂšre. ‱ Cette locution abrĂ©viative et toutes celles qui lui sont analogues, rĂ©pondent donc parfaitement au besoin qu’éprouve celui qui parle, de rapprocher le plus possible l’expression de la rapiditĂ© de la pensĂ©e. Aussi leur concision doit-elle les faire prĂ©fĂ©rer en certaines circohĂȘlĂ nces. D’ailleurs, ces façons de parler, qui remontent, pour ainsi dire, Ă  ü’origine de notre langue, et qui sont descendues Jusqu’à nous, aprĂšs avoir traversĂ© plusieurs siĂšcles, n’ont-elles pas reçu leurs lettres-paientes, et leur Ăąge ne les met-il pas au-dessus des attaques de quelques esprits qui ne peuvent ou ne veuÂŹ lent pas comprendre ce qu’elles ont de logique ? Que les grammairiens se rĂ©voltent et crient au barbarisme, au solĂ©cisme et Ă  pis, s’il est possible, nous nous en inquiĂ©tons peu. Nous croyons que se faire entendre
c <76 ) ., Ă©tant la premiĂšre condition du langage, il est permis d'employer toutes les locutions possibles, dĂšs que Ton y rĂ©ussit, sans blesser Tusage, normaetjusloquendL Nous terminerons en faisant remarquer que ces formes elliptiques n’appartiennent pas seulement au style administratif ou judiciaire, ainsi qĂŒon a cherchĂ© Ă  le faire croire jusqĂŒici, mais que les plus grands Ă©crivains enx-mĂŽmes n’ont pas craint de les employer. EXERCJCE PHRASÉOLOGJQVE, Les maires cl les sous-pi cfi;is. Les lettres et les paquets. Aux filles et aux Tillages, Au pĂšre et Ă  la mĂšre. A ux pĂšres et aux mĂšres. ' Les sciences et les arts. Les arts et les mĂ©tiers. Les maires et sous-prĂšfel». Les lettres et p;it|ut.*ts. Aut Tilles et villLiges. Aux pĂšre et tnĂšix. Aux pĂšres et mĂšres, i.es sciences et arts. Les arts et mĂ©tiers. N . LXXXVII. DE L’e>U>LOI de L’aKTICLE DANS LES DATES. ""avec l’auxiclĂ«. Le 9 et le 10,'"l’air me parut sensiblement plus chaud et le ciel plus intĂ©ressant. ‱ (Bernardin de St-Pierre.) Le $ et le d, on prit un requin, des sucets et deux thons. {Id.) Le 20, 21 et 22 J continuation de calme et d’ennui. Le vaisseau Ă©tait entourĂ© de requins. {Id.J Le Z elle A, les passages Ă©taient occupĂ©s pat. nos soldats, et le salut de la France Ă©tait fort avancĂ©. (Tbiers.) On a vu le nommĂ© Maillard figurer Ă  la tĂ©te des femmes soulevĂ©es dans les fameuses journĂ©es du 5 et 6 octobre. ' {Id^) Les collĂšgues ignorants et aveugles de Marat Ă©taient Panis et Sergent, dĂ©jĂ  signalĂ©s au 20 et au 10 aoĂ»t. Les premiĂšres discussions s’engagĂšrent le 28 et le 29 aoĂ»t. (Id.) SANS L ARTICLE. Les 17, 18 et 19, nous passĂąmes au milieu des Ăźles, laissant TĂ©nĂ©riffe Ă  gauche et Palma Ă  droite. (Bernardin de St-Pierre.) Les 28 et 29, nous vĂźmes dĂ©s poissons-volants et une quantitĂ© considĂ©rable de thons. (Id.) Les 14, 15 eM6, les vents variĂšrent; U fit de grandes chaleurs. Les 17, 18 et 19, les calmes conÂŹ tinuĂšrent avec la chaleur. (Id.) Aux 5 et 6 octobre, on Va vu amasser secrĂštement des moyens pour accabler le peuple. (Thiers.) Se conduisant ici comme aux 2 et 3 septembre, les Girondins hĂ©sitaient Ă  se compromettre pour un roi qu’ils regardaient comme un ennemi. (Id.) 11 faut, pour l’honneur de la rĂ©volution, distinguer entre la bravoure civique, qui a bravĂ© le despotisme au 10 aoĂ»t, et la cruautĂ© servant auÂź 2 et 3 sepÂŹ tembre une tyrannie muette et cachĂ©e. (Id.) Ainsi, on peut dire : 1Âź le 9 et le 40 ; 2Âź le 20, 21 et 22; 3Âź to 17, 18 et 19, etc. En effet, il serait bien difficile de rĂ©sister au besoin d’abrĂ©ger. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Le O et le 0. Le 9 et le 10. Le 6 et 9. Le 9 et 10 Les 6 et 8. Les 9 et 10
( 177 ) A' >‱00 N*’ LXXXVIII. EMPLOI DE l'article AVEC DEUX SUBSTANTIFS UNIS PAR OU. AVEC L ARTICLE. Tant que les Ă©tats s’assembleront et que les nonces changeront frĂ©quemment, il sera difficile que’ïe sĂ©nat Ou le roi oppriment ou usurpent l’autoritĂ© lĂ©^slative. (J.-J. Rousseau.) Ces oiseaux volent trĂšs haut et en grandes troupes; ils passent la nuit sur des arbres ou des rochers trĂšs Ă©levĂ©s. (BurroN.) Dans la dĂ©cision la plus importante de la vie^ n’orÂŹ donnez pas Ze oui ou le non/'laissez le libre arbitre. (BoĂŻstk.) C’est un calcul trĂšs fautif que d’évaluer toujours en argent les gains ou les pertes des souverains, (J.-J. Rousseau.) SANS t ARTICLE. On trouve des condors sur les bords de la mer et des riviĂšres, dans les savanes ou prairies naturelles.^ " (Buffon.) Ze$ joues ou cĂŽtĂ©s de la tĂȘte du condor sont couÂŹ verts d’un duvet noir. (fd.) ■V L’abus du gouvernement a fait imaginer la voie des dĂ©putĂ©s ou reprĂ©sentants du peuple.. (J.-J. Rousseau.) On distinguait parmi les nobles, les palatins ou gouverneurs dĂ©s provinces. VM.) Son neveu Loth est Ă©tabli dans la ville ou bourg de SodĂŽme. (Voltaire.) Dans la premiĂšre colonne on a exprimĂ© l'article devant chacun des substantifs, parce qu’ils reprĂ©sentent des objets diffĂ©rents : le roi ou le sĂ©nat, des arbres ou des rochers. Mais , dans lĂ  seconde, oĂč le'substantif qui suit la conjonction ou n’est, en quelque sorte, que l'explication de celui qui prĂ©cĂšde, l'article n’est exprimĂ© qu’une seule fois : Les savanes ou prairies naturelles, les joues ou cĂŽtĂ©s. Tel est le principe que les Ă©crivains nous paraissent avoir assez gĂ©nĂ©ralement suivi. Le mettre oa rescUra, L« cifll ou la terre. La mire ou la fille. Le pire oa le fila. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. t Les profesaeurs ou lea Ă©lĂšres. La rose «u l’Ɠillet. La riolette ou le jasmin. Les classiques ou les romaniiques. Des cheretix ou poils. Des collines ou montagnes tris Ă©levĂ©es. Des herbes ou plantes aromatiques. Les habitants ou indigĂšnes. N" LXXXIX. » , \ DE l’emploi de l’article. AVEC DEUX ADJECTIFS LIÉS PAR LA CONJONCTION et. , SANS l’article. A ces mots, il lui tend le doux et tendre ouvrage. (Boileau.) Le long e^gros bec du toucan, et sa langue faite " en plume, Ă©taient nĂ©cessaires Ă  un oiseau qui cherche les insectes Ă©parpillĂ©s dans les sables humides des rivagbE de l’AmĂ©rique, (Bernardin de St-Pierrb.) . Vous n’avez faim que des bĂȘtes tnnocenZes et douÂŹ ces, qui ne font de mal Ă  personne, qui s’attachent Ă  vous, qui vous servent, et que vous dĂ©vorez pour prix de leurs services. (J.-J, Rousseau.) ; AVEC L ARTICLE. Les 60m et les mauvais conseils. (Bossuet.) * Le vieux langage se fait regretter quand nous le retrouvons dans Marot, dans Amyot, dans le cardinal d’Ossat, dans les ouvrages les plus enjouĂ©s et dans les plus sĂ©rieux, (FĂ©nelon.) 4 Je crois que les lecteurs seraient charmĂ©s de voir sous leurs yeux la comparaison de quelques scĂšnes de la PhĂšdre grecque, de la latine, de la française et de Vanglaise. (Montesquieu.) 23
* 3 ( 1T8 ) Jusqnes ici, madame, aucun ne met en doute Les longs et grands travaux que notre amour vous coĂ»te. (Corneille.) Les Ă»ons et vrais dĂ©vots qu’on doit suhTe Ă  la trace, Ne sont pas ceux non plus qui font tant de grimaces. (MoliĂšre.) Si nous voyageons, les belles et fertiles plaines nous ennuient. (De SĂ©gur.) Le grand et le petit e'pngneul, qui ne diffĂšrent que parla taille, transportĂ©s en Angleterre, ont changĂ© dĂŒ blanc au noir. (Buffon.) VancĂźen et le nouveau continent paraissent tous les dĂ©iix avoir Ă©tĂ© rongĂ©s par l’OcĂ©an. m. La Providence permit que la gloire de sa conversion ne fut pas douteuse aux yeux du bon et du rnauvais parti. " ^ \ (FlĂ©chier.) Dans la premiĂšre colonne, pn a dit : /e doux et tendre ouvrage, le long et gros, bec, des bĂȘtes innocentes et douces, les longs et grands pavaux, les bois et vrais dĂ©vots, les belles et fertiles plaines, parce que c’est le mĂȘme ouvrage quj est doux çt Iq qiĂȘme bec, qui osi long ox gros, les mĂŽmes hĂŽtes qui sont innocente^ douces, les mĂŽmes travaux qui sont longs et grands, les mĂȘmes dĂ©yots qui sont bons et vrais, les mĂŽmes plaines qui sont belles et fertiles. , ' Dans la colonne opposĂ©e on a dit, en rĂ©pĂ©tant .l’article devant \§ sepond adjectif : . les bons et les mauvais conseils, les ouvrages les plus enjouĂ©s et Les plus sĂ©rieux, la PhĂšdre grecque, la (atine, la française et ^anglaise, etc., pa^G pcirle dp diffĂ©rents conseils, dont les uns sont bons et les autres mauvais; et qĂŒi! s’agit de plysipurs ; de la PhĂšdre grecque, de la PhĂšdre latine, etc. Nous pouvons donc Ă©tablir ce principe : Lorsqu’on ne veut dĂ©terminer qu’un seul substantif, c’est-Ă -dire lorsque les deux adjectifs exprimĂ©s servent Ă  qualifier un seul et mĂŽme substantif, comme dans la premiĂšre colonne, on n’emploie qĂŒune seule fois Tarticle : Le simple et sublime La Fontaine. Si, au contraire, on veut dĂ©terminer pluÂŹ sieurs substantifs, il faut rĂ©pĂ©ter Tarticle devant chacun des adjectifs Ă©noncĂ©s : Les bons et les mauvais conseils. * . . Les Ă©crivains, cependant, n'ont pas toujours Ă©tĂ© fidĂšles Ă  ce principe. Voici quelÂŹ ques exemples oĂč il a Ă©tĂ© violĂ© : * AVEC l’article. Nul mets n’excitait leur.envie : NI loups, ni renards n’épiaient La douce et l’innocente proie! (La Fontaine.) Vutile et la louable pratique de perdre en ifrais de noce le tiers de la dot qu’une femme apporte. * ‘ (La BruyĂšre.) . Il s’était proposĂ© pour modĂšle le sage et Vhumble saint Augustin. (BoĂŒrdaloĂŒk.) ‱ ■ * SANS l’article. ^ J’aĂź fait, dans ma jeunesse, mĂȘ disait un jour FonÂŹ tenelle , des vers latins et grecs aussi beaux que cçux de Virgile et d’HomĂšre ; vous jugez bien comment, ajoutait-il, c’est qu’ils en Ă©taient pris. (Duclos.) ■ Pendant le sĂ©jour que je fais en Europe, je lis les historiens anciens et modernes. (Montesquieu.) ' . Les oiseaux domestiques et sauvages nourrissent rhomtne ou deviennenj: la proie des animaux carÂŹ nassiers. ' (Buffon.) La douce et l'innocente proie, l'utile et la Louable pratique annoncerait deux proies, deux pratiques ; savoir la douce proie et l'innocente proie,^ Vutile pratique et la louable praÂŹ tique (i)., , tjÇS aufçurs sont rarement tombĂ©s dans la premiĂšre de ces fautes, si tant est qĂŒil y ' ait faute; mais ils fournissent de nombreux exemples de la derniĂšre, dans laquelle ils (!) Il y a çependjmt des cas oĂč la rĂ©pĂ©tition dc l’article est indispensable, et ajoute Ă  l’énergie, comme dans cette ’ ‘ « Cet ordre d’équitĂ© et de justice, cette compensation de grandeur et d^abaissement ne parut jamais mieu^ que dans la vie def humble, du pauvre et toutefois du grand et de Villustre François de Paule.' (FlĂ©chiÉr.)
( 179 } * ont Ă©tĂ© entraĂźnĂ©s par le besoin d’abrĂ©ger : des vers latins et grecs; les historiens anciens et modernes, ' ' , Voyez Je chapitre des adjectifs/oĂč cette question sera traitĂ©e, quoique sous un autre point de vue. EXERCICE PBRASÈOtOGIQVE. L« Mnnt et modeste aatear. 1m jeunes gens instruits et modettes. Les livre» bien Ă©crits et bien pensĂ©s. Les belle» et vertueute» femme». Lm jeunes ÇJIis iDstruiles etmodestes. Lm sables brĂ»lant» et arides de la Lybie. Le» bon» et les mauvais chrĂ©tien». Le» bons et les inauvuia Ă©colier^. Le» ouvrages einouĂ©s et les sĂ©rieux. J.a langue française et l’anglaise. La nation portugaise et l'espagnole. Les enfants obĂ©issants et les indocile».. XC. \ 0B l’emploi de l’article AVEC PLUSIEURS ADJECTIFS UNIS PAR fif. PREMIERE MANIERE. Les vents alizĂ©s cessent en mars et avril entre lĂš cinquiĂšme et le deuxiĂšme degrĂ© de latitude nord, (Bernardin de St-Pierrk.) La France du dixrseptiĂšme et du dix-huitiĂšme siĂšcle Ă©tait infĂ©rieure Ă  beaucoup d'autres pays de l’Europe. (Goizox.) Les comĂ©dies saintes Ă©taient des espĂšces de farces sur des sujets de piĂ©tĂ©, qĂŒon reprĂ©sentait publiqueÂŹ ment dans le quinziĂšme et le seiziĂšme siĂšcle,. (de Jaucourt.) Les vents alizĂ©s cessent en aoĂ»t et septembre entre le quatorziĂšme degrĂ© et le treiziĂšme, (Bernardin de St-Pierrk.) L’ñge de la premiĂšre et seconde enfance ne nous prĂ©sente qu’un Ă©tat de misĂšre. (Buffon.) Les actes des conciles du quatriĂšme et du cinÂŹ quiĂšme siĂšcle sont pleins de canons qui dĂ©fendent Ă ' un simple clerc d’eiUcr se faire ordonner dans un autre diocĂšse que le sien. (GĂŒizot.) seconde MANIERE. Les Hottentots ne permettent ni le mariage ni la fornication* entre les cousins au premier et second ‘ degrĂ©, (La Harpe.) Les vents alizĂ©s cessent en janvier entre le sixiĂšme et quatriĂšme degrĂ© de latitude nord. , (Bernardin de St-Pierrk.) TROISIEME MANIERE. Les bons auteurs du dix-septiĂšme et dix-huitiĂšme \ La situation du Monomotapa est entre le quatorr siĂšcles serviront toujours de modĂšles. (Voltaire.) ziĂšme et le vingt-cinquiĂšme degrĂ©s de latitude mĂ©riÂŹ dionale. (La Harpe.) QUATRIEME MANIERE. On trouve ordinairement les vents du sud-est aux troisiĂšme et quatriĂšme degrĂ©s de latitude nord. (Bernardin de St-Pierkk.) Personne n’ignore quel prodigieux .mouvenient a travaillĂ© l’Angleterre aux seiziĂšme et dix-septiĂšme siĂšcles, (Guizot.) AujpurdTiul un dĂ©bat est engagĂ©, non plus entre deux religions, comme aux IGÂź et ilsiĂšcles , mais entre deux esprits opposĂ©sl’esprit occidental et l’esÂŹ prit du nord. (St-Marc Girardin.) L’intĂ©rĂȘt particulier, des deux ordres a Ă©tĂ© mis au premier et second rangs, (J.-J. Rousseau.) Qui ignore qu’awa? douziĂšme et treiziĂšme*siĂšcßÚsAe pouvoir spirituel Ă  rĂ©clamĂ© comme son droit, tantĂŽt l’exercice direct, tantĂŽt la domination indirecte du pouvoir temporel.^ (Guizot.) Quoique au treiziĂšme et au quatorziĂšme siĂšcles quel ‱ ques Italiens commençassent Ă  soilir des tĂ©nĂšbres, toute lĂ  populace y Ă©tait toujours plongĂ©e. (Voltaire.)
(180) On peut donc, dans les cas analogues Ă  ceux dont nous venons de donner des eiem-** pies, s’exprimer de cinq façons diffĂ©rentes : iÂź Le cinquiĂšme et sixiĂšme 2Âź Le cinquiĂšme degrĂ© et Le sixiĂšme ; 3Âź Le cinquiĂšme et sixiĂšme degrĂ© ; 4° Le cinquiĂšme et Le sixiĂšme degrĂ©s; 5Âź Les cinquiĂšme et sixiĂšme degrĂ©s. Dans la premiĂšre, on rĂ©pĂšte Tarticle devant chaque adjectif; dans la deuxiĂšme, au lieu de finir par le substantif, comme dans la-premiĂšre, on le place immĂ©diatement aprĂšs le premier des adjectifs Ă©noncĂ©s; dans la troisiĂšme, on supprime Tarticle devant le second adjectif ; dans la quatriĂšme, on exprime Tarticle devant chaque adjectif, comme dans la premiĂšre, mais on met le substantif au pluriel; enfin, dans la cinÂŹ quiĂšme, on n’emploie qĂŒune seule fois Tarticle qĂŒon'met au pluriel, ainsi que le substantif, en laissant toutefois les adjectifs au singulier. EXERCICE PHRÀSÉOLOGrQVE. Le quinziĂšme et le aeiztĂšme siĂšcle. Le premier et le second Ă©tage. Lq premiĂšre et la seconde dÎTiiioo. Ira quÎDiiĂšme siĂšcle et te seiziĂšme. Les premier et second Ă©tages. Les premiĂšre et seconde diviilotis. NÂź XCI. BMPLOl DE l’article AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR LA CONJONCTION Ott, AVEC LABTICLB. Dieu s’est choisi uu peuple, dont la bonne ou la mauvaise fortune dĂ©pendĂźt de sa piĂ©tĂ©. . " (Bossuet.) ' Il y a des jeunes gens qui ne grandissent plus aprĂšs la ou la 15* annĂ©e. (Buffon.) * Les bonnes ou les mauvaises conversations gĂątent l’homme. . (Pascal.) * On ne doit pas juger du bon ou du mauvais natuÂŹ rel d’unc personne par les traits de son visage. (Buffon.) II. SANS l’article. L’Égypte se vantait de rĂ©gler par son fleuve la bonne ou mauvaise destinĂ©e de ses vainqueurs. (Rollin.) L’enfant peut naĂźtre de parents durs, et ĂȘtre livrĂ© Ă  des maĂźtres ennuyeux ou barbares ; ira-t-il cherÂŹ cher des guides parmi, ceux qui lui ont fait haĂŻr l’insÂŹ truction .p (Bernardin de St-Pikrre.) Il est digne de remarque que les formes les plus laides ont Ă©tĂ© donnĂ©es aux animaux nuisibles ou incom^vodes Ă  l’homme, et les plus beUes Ă  ceux qui Aoivent vivre dans son voisinage ou sous son empire. m Pendant Iw sept ou huit annĂ©es suivantes, l’hisÂŹ toire ne nous prĂ©sente que quelques guerres peu conÂŹ sidĂ©rables. (Rollin.) Tout ce qui a Ă©tĂ© . dit de Corneille sur les caracÂŹ tĂšres vertueux ou mĂ©chants. (Voltaire.) Les Gaulois n’écrivaient ni lois, ni histoires, ni les mystĂšres de leur religion, ni ce qu’ils enseignaient dans leurs Ă©coles des sciences morales ou naturelles: (Duclos.)
( 181 ) Quant aux diamants, je n’al pas om dire qu’on en eĂ»t encore trouvĂ© dans les zones tempĂ©rĂ©es ou-glaÂŹ ciales, peut>-ĂȘtre faute de les y avoir cherchĂ©s. (Bernardin de St-Pierre.) Qu’importe du bonheur la source fausse ou vraie? (Piron.) Les remords vrais ou faux de l’évĂȘque en donÂŹ nĂšrent au peuple. (Voltaire.) Chacune des fibres ligneuses ou nerveuses de la plante paraĂźt un vĂ©gĂ©tal, qui correspond depuis la racine jusqu’à la feoĂŒle qu’il nourrit. (Bkrnarimn de St-Pierre.) 'Lemare ne veuf'pas que Ton dise ta bonne ou mauvaise fortune, la bonne ou mauvaise destinĂ©e, etc., etc. Qu'est-ce que cela fait? Sans doute nous ne contestons pas Ă  Lemare le droit de s’exprimer comme bon lui semble ; mais ce que nous lui contestons, Ă  lui,' ainsi qu’aux autres, c’est le droit d’imposer son langage Ă  toute'une nation. Or, comme les meilleurs Ă©crivains ont fait usage des locutions prĂ©citĂ©es,, nous pouvons donc, au risque d’encourir l’anathĂȘme de Lemare et de tous les grammairiens ensemble, nous en servir aussi. Ces locutions ont Ă©tĂ© introduites dans le discours par le besoin de s’énoncer avec briĂšvetĂ©, et chercher Ă  les proscrire, c’est vouloir nous condamner Ă  n’employer qu’une seule forme, lorsque nous en avons deux. V ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Les bonnes oa lea manvaUes miTref. Les boanea ou les mauvaises actioos. Des lo eu fions correctes ou fies locutions incorrectes. Dos Ă©ooUets laborieux ou des Ă©coliers paresseux. Les bonnes ou maiivaises Ɠuvres. Les bonnes ou mauvaises actions. Des locutions correctes ou incorrectes. Dea Ă©coliers laborieux ou paresseux N“ XCII. EMPLOI DE l’article AVEC LES SUPERLATIFS. EXEMPLES. La puissance des rofĂą est fondĂ©e sur la raison et sur la folie du peuple, et bien plus sur la folie. La plus grande et la plus importante chose du monde a pour fondement la faiblesse. (Pascal.) ĂŒne des plus essentielles et des plus nobles foncÂŹ tions des souverains, c’est de rendre la justice aux peuples. (Flkchier.) La meilleure de toutes les Ă©ducations est la plus ordinaire, la moins sĂ©vĂšre et la plus proportionneĂ©y je ne dis pas aux forces, mais Ă  la faiblesse de l’enÂŹ fant. (Buffon .) ConsidĂ©rĂ©s tous ensemble, marchant avec ordre sous un grand capitaine, les soldats forment le specÂŹ tacle le plus fier et le plus imposant qui soit dans l’univers. (Voltaire.) Le moyen le plus court et le plus sĂ»r de faire passer la loi serait de s’en rapporter absolument Ă  la dĂ©cision du sĂ©nat. (Rollin.) Je vois revivre le siĂšcle d’Auguste, et les temps les plus polis et les plus cultivĂ©s de la GrĂšce. (Massillon.) Les dogmes les plus vrais et les plus saints peuvent’ avoir de trĂšs mauvaises consĂ©quences. (MontesqĂŒieu.J Achille est reprĂ©sentĂ© comme le pim impĂ©tueux et le plus politique Aes hommes, ' (Voltaire.) L’article doit toujours ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ© quand le substantif est prĂ©cĂ©dĂ© de deux adjectifs Ă©nonçant la qualification au plus haut degrĂ©, comme dans les exemples citĂ©s: la plus grande et la plus importante chose, ‘ EXERCICE PHRÂSÉOLOGJQVE, La personne la plus jolie et la plus aimable. L’écrivain le plus pur et le plus correct Les femmes les plus jolie? et les plus sages. Les actions les plus hounĂȘtes et les plus inciviles. Les Ă©coliers les plus assidus et les pins xĂ©lĂ©s. Les pins brillantes et les plus estimables sociĂ©tĂ©?. Les livres les mieux Ă©crits er, les mieux pensĂ©s. Les vers les plus touebants «t les plus barmonieiu.
1) > ‱^5 N“ XCIIL BMPliÔk Ă»iÈs ARTICLES Ûu', des, ETC., ipRÈS LES PREPOSITIONS, QUAND LÉuMS GOMPLÉMENfĂą SONT PRIS DANS UN. SENS PARTITIF. * V Jfe fis mettre ces petits chiens dans du lait au lieu de les laisser dans Teau. (Buffon.) ... t AprĂšs avoir nourri l’enfant avec dĂ© la farine dé layĂ©e et^ cuite dans, du'lait, oh lui donne du pain trempĂ© dans une liqueur convenable. (/d.) . pn rencontre sa destinĂ©e Souvent pĂ r des chemins qu’on prend pour l’éviter. (La FontaĂźne.) Je ne ,puis vous imaginer dans ce tĂ©te-Ă -tĂšte sans des mouvements de colĂšre. Ce n’est pas ions des considĂ©rations MĂ©s gravĂ©s que j’ai pu me dĂ©terminer Ă  un parti si peu de nion goĂ»t. . - ‘ . . . Le sot fait grĂąbd bruit en deis jours ñ’hboridĂ nce; Et devient plus modeste eh des temps moins.hĂ©ureux* (kiGAun.) . . . C’est vouloir perdre lin sĂ©rvicĂ«,' QĂŒe dĂ© iĂ© fĂ©iidrd d dĂ©s ih(/rĂą(s, (Lenoblh;) L’on dĂ©shonore sa plume ËQ la trempant dans du potson. (Florian.) AprĂšs les prĂ©positions ; on exprime dit, des, etc., toutes lĂ«S fĂŽi§ qĂŒĂ« lÚûrS CdmplĂ©- menis sont emplĂŽyĂ©s daiis ĂŒii Sens partitif. EXERCICE PHRABÈOLOGÏQIJE. Avec de rargeot. A dei malheurenz. En dea tempa heureux. Sans argenL Sanejbrtune. Sans pasiioni. Pour ds l’argent Par des fripons. ' Dans des priions. Sans amli. ' Sans lumiĂšres. Sans esprit NÂź XCIV. EMPLOI DE l’Article avec les noms propres. L’aveugle d’Àübioa lui doit (Ă  la religion) son beau dĂ©lire ; L’aigle de Meaux sa fdĂčdfĂ© ! Ăšt le fossĂ© sa lyre. (Soumet.) Èn a fait, sous son nom, verser.la ChampmeslĂ«. (Boileau.) Nous avons,vu,Ă  la fois Ă  la tĂȘte des escadrons imÂŹ pĂ©riaux Us Marat, les Lassalle, les KelĂŻermann, les Montorun, , Les ouvrages des CoĂźlins, des Tindal ^ des Shaf- teshury, des Rolingbroke , afllchaient. le plus spiriÂŹ tuel et quelquefois le jilus çoupable’mĂ©pris des lois austĂšres dĂ© lĂ  religion Ă©t dĂ« la inorale. (VlLLEMAlN.) Quarid le Poussin a voulu faire un tableau dĂŒ dé luge univĂ©rsel, Ü n’a reprĂ©sente qu’imĂš famillĂ©.^^ , (Bernardin de St-Pibrre.) , i, I. I « I ( Errant et proscrit^ ĂŻe Dante flĂ©trissait avec Ă©nergie les vices des papes et des princes. (yiLLKĂ lAIN.) IL Que de hĂ©ros ! Je crois entendre dans AthĂšnes, Discourir les Platons, tonner les DĂ©mosihĂšhĂȘs'. (L. RÀcĂŻSik.) ■ Contemplez ces armets, ces casques, ces ouissĂ rds Des Nemours, des Clissons,des Couds, des Rayards. (Delille.) .
- ( 1B3 ) Ce qĂŒil y a de certain, c’est que les plus savants des homines, les Socrate, les Platon, les Newton ont Ă©tĂ© aussi les plus religieux. (BEfiNARDlN DK St-PiERRB.) Les PlĂ lpn, hesÈyihagorĂ© ĂźiĂ© se trbuvĂ«ht plus; ■ ou, s’il Ăż en Ăą, c’est bien loin de nous. (J.-J. RoDĂ sEÀu;) Vit-on les Duguesclins, les Nemours, les Boyards, De VlncFĂ©duUtĂ© suivre les Ă©tendards P (Soumet.) , ‱ F , Les GéÚr, lĂšs BĂ©aumur ont dĂ©crit ce's merveilles. Et le chantre d’Âuguste a chantĂŽ les abeilles. (Deulls.) m. i, H est lĂ  des tyrans^ des rainistres cruels, . Et des Solons d'un jour qĂŒon proclame immortels. . (Michaud.) Il est dans nos hameaux des Socrates champĂȘtres. (L.-P. Lombard.) Le dĂ©sir de la gloire enfante les Socrates, ,, ^ (L. Racine.) oh pĂ©ut, donc l’expliquer par ce livre qditorĂąble, . Aux PlĂ ĂŻĂŽnscomme Ă  moi, l’éhigmĂ© Ăźhcohceviabio I (L. Racine.) - Ici, nos ElzĂ©virs ont fixĂ© la pensĂ©e. (M“¼ Tastu.) De mĂȘme que tous les conquĂ©rants sont devenus des Alexandres, tous les tyrans, ont hĂ©ritĂ© du nom dĂ© NĂ©ron. (CnATHAOBRiANn.) Bieii qiie les noms propres soient dĂ©terminĂ©s par Ă©ĂŒx-niĂ©mes et qu’ils rejettent par consĂ©quent toute espĂšce d’adjectif dĂ©lerminaiif, on voit cependant, 1Âź Qu’il y en a plusieurs qui, venant de langues Ă©trangĂšres; et principalement de. l’italiĂšri, ddmettĂ©ht devant Ă«ĂŒx rarticlĂ©; tels sont ceux de l«à premiĂšre sĂ©riĂ©. ' ' .. — i,.' ... 2° Que souvent les poĂštes et les prosateurs, emportĂ©s, pour ainsi dire, hors d’eux- iriĂȘmes par un mouvement oratoire, et-voulant donner Ă  leun expression plus de force, plus d’énergie, emploient rarlicie pluriel les, lors mĂȘme qu’il ne s’agit qĂŒe d’une seule peisonne, comme dans les exemples de la deuxiĂšme sĂ©rie. 3° Que toutes les fois qu’un noin propre est employĂ© par antonomase ; c’est-Ă -dire pour un nom commun, et Ă  l’effet de dĂ©signer des individus semblables Ă  ceux dont on Ă©nonce le nom, il faut faire usage de rarlicie pluriel les, ainsi quĂ© dans la troiÂŹ siĂšme sĂ©rie. ' . , On se permettait autrefois de mettre l’article devant le nom propre des actrices SurÂŹ tout : la CampmĂȘlĂ© ; cette façon de parler n’est plus que bassement populaire; 4 ?.. - if V . EXERCiCÉ PHRASÉOLOGIQVE. Le Dante, t, Le CamoĂ©oi. Le CorrĂšge. La Ducbeinoia. Le ĂŽoerchin. Le Titien. Le Bernin, Le lÎDtoreL Z.ei Voltdire. Les Roucsean. Les Milton. Les BuIToq. Lm SĂŽiij-' ' Les Bayard. Le» TorĂąnoe: Les JeĂ o-fiut xcv. DE LA SUPPRESSION DE L’ARTICLE DANS CERTAINES PHRASES. I. Mieux vaut powjat debout qu’empereur enterrĂ©. (La Fontaine.) ‱ 1 4 , l , ' , . Pour moi je prĂ©fĂšre Laideur affable Ă  beautĂ© rude et ĂŒĂšre. (Voltaire.) MĂ©fiance est toujours mĂšre de sĂ»retĂ©. (Fabre d’Eglantine.)  geris d’honneur promesse vaut serment, ^ (Voltaire*) Patience Font plus que force ni que rage, (La FontawĂȘ.) Tmmte n’est pas prudence. (Rioaud.)
( 184 y H. Justice, Ă©quitĂ©, providence J vains mots dont on nous abuse. . (P.-L. Courier.) Tombeaux, trĂŽnes, palais, tout pĂ©rit, tout s’écroule. (Dbullk.) Centurions et soldats, chacun murmurait contre lĂ©s ordres du gĂ©nĂ©ral. (Vbrtot.) Serments, romans, physique, ode , histoire, opĂ©ra. Chacun peut tout Ă©crire ; et siffle qui voudra. (Voltaire.) Ftet'UarĂąi, hommes, enfants, tous vouliaient me voir. (Montesquieu.) SecrĂ©taire, greffier, procureur ni sergent,' N’ont jamais pu, dit-on, tenir contre l’argent. . . (Campistron.) m. Flatteuse illusion / doux oubli de nos peines I Oh ! qui pourrait compter les heureux que tu fais P (Collin-D’Harlkville.) Mortels, tout doit pĂ©rir, et tout a son trĂ©pas! (Delille.) Fureuraccumuler,, monstre de qui les yeux Regardent comme un pointtous les bienfaits des dieux, Te combattrais-je en vain sans cesse en cet ouvrage ? (La Fontaine.) Fortune des hĂ©ros, ce n’est pas sur les cƓurs Que l'on te vĂźt toqjours mesurer tes faveurs. (CrĂ©billon.) France, en les divisant, on perd tous tes hĂ©ros. (De Belloy.) Bois,prĂ©s, fontaine, fleurs, qui voyez mon teintblĂȘme, Si vous ne le’ savez, je vous apprends que j’aime. (MoliĂšre.) On voit qu'on supprime Tarticle, 4Âź dans certaines phrases sentencieuses ou proÂŹ verbiales; 2Âź dans les Ă©numĂ©rations, Ă  cause du besoin de s'exprimer avec le plus de rapiditĂ© et de concision possible; 3Âź dans les circonstances oĂč Ton apostrophe les personnes ou les choses. ' . On ne saurait nier que, dans certains cas, les langues qui ont des articles ne Tem- porient, pour la.clartĂ© et la prĂ©cision, sur celles qui en sont dĂ©pourvues. 11 faut avouer aussi que souvent la langue française les prodigue jusqĂŒĂ  la satiĂ©tĂ©; et cet atÂŹ tirail d'articles et de prĂ©positions qui accompagne presque tous nos mots, rend souÂŹ vent la marche du discours traĂźnante et pĂ©nible. Dans le style familier, oĂč Ton se ' permet quelquefois de les supprimer, nous ne voyons pas que cela nuise Ă  la clartĂ©, . et souvent Texpression y gagne de la grĂące et de la vivacitĂ©. La Fontaine, entre autres, en offre une infinitĂ©â€ d'exemples : Esb-ce la mode Que baudet aille Ă  Taise et meunier s’incommode ? Bon appĂ©tit surtout, renards n’en manquent point. Dans la plupart des proverbes et des façons de parler populaires, comme dans ces phrases : pauvretĂ© n'est pas vice, — contentement passe richesse, — plus fait douceur que vioÂŹ lence, etc., qu'on essaie de mettre des articles, et Ton verra comme elles perdront de leur Ă©nergie, comme elles paraĂźtront traĂźnantes et embarrassĂ©es sans ĂȘtre plus claires. C'est que Thomme du peuple, uniquement occupĂ© d’exprimer vivement et clairement ce qĂŒil pense et ce qĂŒil sent, n’est point arrĂȘtĂ© par ce respect superstitieux de Tusa'ge qui enchaĂźne la plume de l’écrivain.
( 185 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. I. #rxiTretĂ© n'eit pm vice. Uomcni'S , fcmniui, enratiti, tout pĂ©rĂźt. Citoyen», que la concorde rign« entre vous. II. 111. CharitĂ© bien ordonqĂ©e commence par aoi-mĂ©me. Honneur», chargea, justice te vendaient Ă  NInWe. Femmes , voiuĂȘte» de» divinitĂ©s sur la terre. N" XCVI. SUPPRESSION DE L’aRTICLE QUAND LES SUBSTANTIFS SONT LIÉS AUX VERBES, J’ai pitiĂ©, Ibben, de l'extravagance humaine. (Montesquieu.) 0’une esclave orgueilleuse on sait dper utfnj/eance, , Et Ton y sait de plus rĂ©primer l’inĂšolence. (Regnard.) M. de ChoĂźseul a eu beaucoup* d'amis et beaucoup d’ennemis ; peut-ĂȘtre que lĂ©s uns et les autres lui font honneur, * p«TTr.r.rt,,>c \ (De Boufflers.) , Combien de gens dans la vie Se conduisent en fous, et qui parlent raison ! (Imbert.) Quelquefois on a peine Ă  surmonter, la honte. (Corneille.) Vous le voulez, madame, et je vous ferais tort. Si je m'intĂ©ressais plus que vous Ă  son sort, (Regnard.) -NoMs ferons tĂȘte Ă  tout et de cette aventure Je conçois dans mon cƓur un favorable augure. (Id,) Gens debien^ qui souffrez un peu trop sur la terre, Cherchez dans le travail remĂšde Ă  la misĂšre, Et ne vous lassez point de votre probitĂ©. (Dblabouthj^.) Mais en bomme au-dessus des vulgaires mortels, 'Prends'conseil de la gloire, et choisis ses autels. (Chatraubriand.) Quel plaisir ont les rois de pouvoir faire grĂące ! (BoĂŒrsault.) Dans les locutions telles que avoir pitiĂ©, faire tort, ĂŒrer vengeance, avoir peine, parler raison, etc., les substantifs restent indĂ©terminĂ©s, parce qu'ils sont si Ă©troitement liĂ©s auxiverbes, qu'ils forment avec eux un sens absolu, une expression verbale. Ces loÂŹ cutions sont en trĂšs grand nombre. ' Demander raison. Demander grĂące Tenir tĂšte. Faire fortune. Avoir faim. User d'adrcise.' Payer de front. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, Rendre raiion. Rendre grĂące. Avoir horreur. Chercher fortune. Avoir soif. Agir de ruse, . Payer de mine. Avoir raison. Avoir tort. Prendre courage. Faire bonne cbĂšrt'. Etre en peint'. Etre en crĂ©dit. Se Caire gloire de... Donner raison. Donner tort. Perdre courage. Faire affront. Prendre soin. Imputer & crinio. Tirror parti de...' 24 -, X
( <86 ) ENTENDRE RAILLERIE, ENTENDRE LA RAILLERIE, ETC^ AVEC l’articlĂȘ. sans l’articlh, n y aune sorte de politesse qui est nĂ©cessaire dans J'ai oui dire qĂŒen Espagne et en Italie Ü y a do ’ le commerce des honnĂȘtes gens ; elle leur fait entĂ©nr certains dervis qui n’entendent point raillerie, et qui drs la raillerie, et elle les empĂȘche d’ctre chocjuĂ©s font brĂ»ler un homme comme dĂš*la'paille, et de choquer les autres par do certaines façons de ' (Montesquieu.) parler. {La Kochefoucauli).) Si les hommes se quittaient et 'se fuyaient Jes uns Je demandai raison d’un acte si perfide; les autres il faudrait en demander la raison. (Doilbao.) (Montesquieu.) I Le sens de certaines phrases change quelquefois entiĂšrement par Temploi ou. par la . suppression tiĂ« Tariiplc, nihsi : Ă©htehdrĂšla raillerie', c’ĂȘst Ă©hiĂ«ndrĂš Tart dĂš railIĂ«F, c’est savoir railler; entendre raillerie, c’est savoir supporter la raillerie, c’est ne s’en point fĂącher : demander raisĂŽn d’une chose, c’est en demander jtstice; mais demander la raiÂŹ son dâ€™ĂŒriĂ« chose, c’ëst Ă«ii demahder la cause. ÈXEneitE PilIUS'ÉOLOGfQVE. KntelidÂź rbtll.‘rie. i ij Entendre la raillerie. OfiĂźcier de ppiiĂźe. Oflieier du gĂ©nie. Toute maiiou eat occupĂ©e. Toute Ja mai»ou «»L occupĂ©e. Homme d'Ă©tat. Uomme de l'Ă©tit. ■ OBSERVATIONS PARTICULIÈRES. l * Dans la Graihmaire des Grammaires on trouve les remarques suivantes : « 4Âź LÚù hdiris nĂ© prennent pas Tarticle.... quand ils sont sous le rĂ©gime de U pré position eh. » ' . - Oui, lorsqu’ils sdht pris iridĂ©ierminĂ©ment; mais quand ils sont suivis de mots comÂŹ plĂ©mentaires, ils prennent Tarticle : J’ose pourtant vous dire , en VĂ©tat oĂč je suis ^ Peut-ĂȘtre assez d’honneur environnait ma vie. (Roc., Iph. IV, 4.) « 2Âź Les noms Ăšohxmuns sont sans article... avec ni... avec redoublĂ©... ĂąvĂ«c jamais. » ^ . Tout cela est faux quand les substantifs sont dĂ©terminĂ©s : Jamais ni le souffle empestĂ© du midi.... ni le rigoureux aquilon, 7i'ont osĂ© effacer les vives couleurs qui ornent ce jardin. (FĂ©nelon, TĂ©lĂšm.lW.) Quelquefois il arrive qu'une pĂ©riode exprime soit L'exclamation, soit l'interrogation. (Gram. des Gram., p. 4400—3.) « 3Âź- AprĂšs tout : tout alors pouvait ĂȘtre embĂ»che. » Mais tout, dans cette phrase, est substantif, et Tarticle ne se met jamais aprĂšs le nom. On dit aussi tout le monde, quoique tout soit adjectif. Ce n’est que devant toux adjectif indĂ©fini que Tarticle se supprime. '
. < 187 ) 4 » CHAPITRÉ III. ÎÜÈ L'ADJECtlF. N” XCVIII. ri* SERIE. L'astre brillant du jour gouverne les saisons. % (Rosset.) Les Ăąmes faibles sont cruelles. - , (Fr. de Neufchateau.) ' Partout sont de beaux champs qu’éclatrent de beaux cieux. (Delille.) Lesaule aime une eau vive, etl'Ă iiiie unĂ© eau dormante, RliĂ©tie, on vahie ad loin tes vins deVcieux* , , (ri.) J’aime des hivers secs et des Ă©tĂ©s humides, m , 2* SÉRIE. Chassez ces intrigants dont l’aspect m'importane. (Mollevaut.) Pour un Ăąne enlevĂ© deux voleurs se battaient. (La Fontaine.) Chaque animal excelle dans son art. (Delille.) Nul bien sans ndid, tiĂŒi plaisir sans mĂ©idrigĂ«. (La Fontaine.) Aucun chemin de flĂȘurĂ  hĂš conĂźillit Ă  Lk gloire. . \U:) i ! Quel tableau ravissant prĂ©sentent les campagnes ! (bELlLLÈ.j Lorsqu'on nĂŽĂŒs montre bu qliĂ© hoiis apercevons un objet qĂŒĂ©lcohqĂŒĂ«, ribds voyons en mĂȘme temps : iÂź quelle eri est la forme, s'il est long 6a fond ; 2Âź quelle en est la couÂŹ leur, s’il est noir qu blanc, rouge ou vert; 3Âź quelle en est la taille, s'il est grand ou petit. Nous pbĂŒvdns donc dire : Cette table est longue ; cette table ’eĂ i ĂźidikE ; cet eÀfĂ flj est grand; cet enfant est petit. Ces mots longue, noire', expriment chacun une maniĂšre d'ĂȘtre, une qualitĂ© de la table; de mĂŽme que grande petite sont signes d’une maniĂšre d’ĂȘtre; d'une qualitĂ© de l'enfant. . Eh Ă©xĂ hiihant les mĂȘhiÚà objets; nous dĂ©couvrbris en eux beaucoup d’autres maÂŹ niĂšres d’ĂȘtre, dâ€™ĂąĂŒires qualitĂ©s^ ainsi ime table peut ĂȘtre neuve ou vieĂźllĂš, hĂ ute ĂŽii basse, commode ou incommode; un enfant peut ĂȘtre beau ou laid, bon oxx mĂ©chant, stuÂŹ dieux ou paresseux, caressant on rusĂ©, exc. Comparez les mots imprimĂ©s en italique dans les dĂ©ĂŒx sĂ©riĂšS d’ĂȘxĂ©mples'qiiĂ« hdiis avons citĂ©es, et vous remarquerez qu’ils djouient IbĂŒs Ă  l’idéÚ ides objets auxquels ils sont unis, soit une idĂ©e de qualitĂ©, soit une idĂ©e de dĂ©termination appropriĂ©e aux diffĂ©rentes maniĂšres d’ĂȘtre sous lesquelles nous considĂ©rons ces objets. En effet, quand nous disons : habit bleu, °vert, neuf, usĂ©; mon habit; cet habit; les mots bleu, vert, neuf, usĂ©, vfion, cet, expriment certaines qualitĂ©s ou maniĂšres d’ĂȘtre de l’objet habit, comme celle d’ĂȘtre bleu, vert, neuf, usĂ© (habit bleu, vert, neuf, usĂ©); d’ĂȘtre en ma possession (mon habit); d’îire prĂ©sent Ă  mes yeux (cet habit). Tous les mots qui servent Ă  ajouter^ aux signes d’objets l’idĂ©e d’une qualitĂ© ou d'une maniĂšre d'ĂȘtre quelconque, d'une dĂ©termination individuelle, s’appellent adjectifs -, du mot latin adjfcere (ajouter). Puis, pour distinguer l’idĂ©e particuliĂšre exprimĂ©e par ces deux sortes d'adjectifs; o'n api^eW^adjecdfs qualificatifs ceux qui ajoutent Ă  l’idĂ©e;de l’objet celle.d’une qualitĂ© qui lui est propre, comme bon, beau, noble, virginal', doux, tendre, vieux, toiHfu, altien; hospitalier, timide, sensible, etc. ; et cffijecĂŒfs dĂ©terminaĂŒfs, ceux qui ajoutent Ă  l’idĂ©e de l’objet celle d’une dĂ©termination particuliĂšre, tels que/e, la, les, quelque, tout, toute,
(188) chaque, quel, plusieurs, autre, mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses, nul, nulle, nuls,, nulles, aucun, aucune, aucuns, aucunes, un. deux, trois, quatre, ce, cette, ces, eic. N” XCIX. * S ' SUBDIVISIONS DES ADJECTIFS QUALIFICATIFS 1" sÉaiE, — adjectifs qualificatifs proprement DITS. Un grand homme commet souvent de grandes fautes. (Voltaire.) A leur tĂȘte est le chien, aimable autant qu’tifiic^ Superbe ou caressant, courageux, mais docile. (Delille.) Une Ă©troite chaumiĂšre, antique et dĂ©labrĂ©e, D’un pauvre tisserand Ă©tait Vhumble rĂ©duit. (Florian.) Par toi {grand Dieu I ) l'air est seretn et la terre est fĂ©conde, - (PĂ©lisson), La vertu malheureuse, en ces jours criminels, Annonce Ă  ma raison des siĂšcles Ă©temels. ' ' (Gresset.) La patience ( est ) insĂ©parable De la paix, son aimable sƓur. ' * (J.-J. Rousseau.) L’homme laisse vivre les bĂȘtes fĂ©roces et exter- ' mine les castors. (Chateaubriand.) Le castor est noir, rarement blanc ou brun. (Jd.) La femelle est plus grosse que le mĂąle, et son poil est plus grisĂątre sous le ventre. ' {Id.) La peau du castor est^ne, sans ĂȘtre chaude. {Id.) Les ours sont de trois espĂšces en AmĂ©rique : Tours ĂŽrun ou jaune, Tours noir et - Tours blanc. L’ours brun est petit et frugivore; Ü grimpe aux arbres. (Id.) En examinant ces exemples, on voit que le mot homme est qualifiĂ© par le mot grand; fautes par grandes; chien aimable, utile, superbe, etc. ; chaumiĂšre par Ă©troite et antique; tisserand par pauvre; rĂ©duit pdx humble; Diewpar grand; air par serein; terre par fĂ©conde; vertu par malheureuse; jourscriminels, etc., etc. Les mots grand, grandes, aimable, utile, superbe, courageux, docile, Ă©troite, et autres semblables, servant Ă  marquer une qualitĂ© en quelque sorte inhĂ©rente Ă  TĂȘtre-ou Ă  Tobjet dĂ©signĂ© par le nom auquel ils se rapportent, sont des adjectifs qualificatifs proÂŹ prement dits. Mugissante qualifie mer : mer mugissante; abandonnĂ©s qualifie dĂ©bris : ces dĂ©bru abandonnĂ©s. Il;en est de mĂȘme de blanchissante, fuyante, tremblante, mourante, errante, flĂ©trie, perdue, prĂ©fĂ©rĂ©e, Ă©closes, etc. Tous ces mots qualifient les substantifs par un attribut d’évĂ©nement, c’est-Ă -dire par une qualitĂ© accidentelle et survenue, qui paraĂźt ĂȘtre Teffet d’une action qui se passe ou qui s’est passĂ©e dans la chose. Ils tirent 2« SÉRIE. — ADJECTIFS VERBAUX. A trave/s deux rochers oĂč ft mer mugissante Vient briser eri courroux son onde blanchissante, Dieppe aux yeux du hĂ©ros offre son heureux port. (Voltaire.) L’un poursuit inutilement. La fortune toujours fuyante. (Ducerckau.) La jeune biche errante sur ce bord, Entend au loin le son mourant du cor. (Millkvoyk.) Tous les hommes vivants sont ici-bas esclaves. (RĂ©gnier.) Qui peut voir sans effroi ces couches d’ossements, Tous ces dĂ©bris de Thomme abandonnĂ©s aux vents? ’ (Lemierre.) Ses lauriers Ă©taient flĂ©tris par ses faiblesses. (Massillon.) Ma vengeance est i^erdue, et mes desseins trahis. (Corneille.) ^La brebis perĂąwe -Ă©tait prĂ©fĂ©rĂ©e par le bon pasteur Ă  tout le reste du troupeau. (Bossuet.) Il trouve sous sa main des fleurs toujours Ă©closes. (Boileau.) Moi, je suis Ă  Paris, triste, pauvre et reclus. Le chemin est toujours ouvert au repentir. (Racine.)
( 189 ) leur origine des verbes : mugissant, de mugir; abandonnĂ©, Ă 'abandonner ; blanchissant, de blanchir; perdue, de perdre, etc. C’est pour ce motif qu’on les appelle adjectifs «er- baux, c’est-Ă -dire adjectifs dĂ©rivĂ©s de verbes (1). EXERCICE ANALYTIQÜE ( Distingaer les adjectifs qualificatifs des adjectifs verbaux. ) Des bouleaux ggĂŒes parles brises, et dispersĂ©s çà et lĂ  dans la savane, formaient des Ăźles d’ombres (louantes sur une mer imrnense de lumiĂšre. * '* (ChateaubrianDo) [/homme sage met sa confiance en Dieu La vĂ©ritable sagesse.rĂ©side en Dieu. Regardez ces dĂ©bris dispersĂ©s par les vents : Croyez-vous tous ces morts Ă©trangers aux vivants? Non : d’un tendre intĂ©rĂȘt sources toujours fĂ©condes, Les tombeaux sontploceVaux confins des deux mondes.. (Delille.) Ses lambeaux, dĂ©chirĂ©s par l’aile de Taurore, Flottent livrĂ©s aux vents dans l’orient vermeil. (Lamartine.) NÂź C. ' DU GENRË ET DU NOMBRE DANS LES ADJECTIFS. If* SERIE. — MASCULIN.. L’homme, image d’un Dieu seul bon et seul aimable. (Boileau.) Son cou Ă©tait plus blanc que la neige. (FĂ©nelon.) t” SÉRIE. — SINGULIER. Que Dieu est bon ! que sa misĂ©ricorde est Ă©ternelle. . * (Bossuet.) L’auteur chez qui l’on dĂźne est sĂ»r d'un beau succĂšs. (Cas. Delavigne.) . 2* sĂ©rie. .— FÉMININ. Bonne action , dit-on, a toujours son salaire. (Ricaud.) / Quand deux hommes voient de la neige, ils affirment qu’elle est blanche. (Pascal.) 2Âź SÉRIE. — PLURIEL. Nous devons suivre les tons exemples de nos pĂšres. ( (Bossuet.) MĂ©nageons FamitiĂ©, mĂȘme dans nos beaux jours. (Do Tremblay.) La distinction que Ton avait faite des substantifs en masculins et on fĂ©minins, singuÂŹ liers et pluriels, devait nĂ©cessairement s’appliquer aussi aux adjectifs. Le bon sens l’exigeait, autrement on n'aurait pas su si Ton parlait du mĂąle ou de femelle, d'un ou de plusieurs. En vertu de ce principe qĂŒe Tadjectif et ie nom pris*ensemble ne prĂ©sentent Ă  TesÂŹ prit qĂŒun seul et mĂȘme objet, ils doivent donc Tun et Tautre avoir les mĂȘmes signes de vues particuliĂšres sous lesquelles on considĂšre la chose qualifiĂ©e; c’est-Ă -dire qĂŒe Tadjectif doit emprunter le genre et le nombre du substantif avec lequel il est en rapÂŹ port. C’est ce qu’on appelle concordance ou accord de Tadjectif avec le nom, accord fondĂ© sur TidentilĂ©.physique du premier de ces mots avec le second. Le substantif n’est, Ă  l'exception d’un petit.nombre de mots, que d’un seul genre. (1) Les grammairiens les appellent aussi participes, parce que ces mots participent Ă  la fois de la nature du verbe et de l’adjectif ; mais c’est Ă  tort qu’ils en ont fait un des Ă©lĂ©ments essentiels du discours. La classe des adjectifs qualificatifs doft renfermer au nombre de ses espĂšces le participe , attendu que le participe n’exÂŹ prime, comme Tadjectif, qu’une qualitĂ©, qu’une maniĂšre d’étre du sujet, et que, comme Tadjectif, il rempbt les fonctions d’attribut ou- se joint immĂ©diatement aumom ; s’il s’en distingue, c'est parce que Tadjectif proÂŹ prement dit exprime une qualitĂ© comme inhĂ©rente Ă  une substance ou comme permanente, tandis que le parÂŹ ticipe exprime on Ă©tat, une maniĂšre d’ĂȘtre transitoire, et causĂ©e par quelque action Ă©trangĂšre. '
L’adjectif, au contraire, exprimant la qualjlĂ© de Tobjet dĂ©signĂ© par le subsiaptif, doit ĂȘtre susceptible des deux genres : le masculin et fĂ©minin; il faut donc qu’il en (;§YĂȘle ' la forme. Aussi voyons-nous, dans les exemples citĂ©s plus haut, que les adjectifs masculins bon; blanc, beau, se sont changĂ©s en bonne, blanche, belle, pour se mettre en rapport avec les substantifs fĂ©minins qu’ilç accompagnent La variĂ©tĂ© des terminaisons que cette loi rend nĂ©cessaire, contribue singuliĂšremenl Ă  rbannonie du langage : Un jour seul ne fait pas d’un mortel vertueux ■ Un perfide assassinun lĂąche incestueux, etc. Et ! qui, voyant un jour la douleur vertueuse De PhĂšdre /malgrĂ© soi coupable, incestueuse, eie. (Racinb.) On reproche, avec raison, Ă  notre langue une trop grande uniformitĂ© dans la termiÂŹ naison de ses adjectifs au fĂ©minin, ou plutĂŽt une vĂ©ritable monotonie; c’est toujours le son eu qui revient, et ce son n’est pas par lui^ĂȘme trĂšs agrĂ©able. C’est, je crois, ce qui a donnĂ© lieu Ă  la rĂšgle que suiyenf nos poĂštes, dĂ© mettre alternativement deux rimes masculines aprĂšs deux rimes fĂ©minines : Tart en est devenu plus difficile, et nos grands Ă©crivains en sont plus admirables d’avoir produit des chefs-d’Ɠuvre si parÂŹ faits avec des moyens aussi bornĂ©s.^ N" CL FORMATION DĂŒ FÉMININ DANS LES ADJECTIFS, t'* SERIE. — MASCULIN. AprĂšs un bon repas le sommeil profond. (Agniel.) ĂŒn ami vrat souvent peut guĂ©rir bien des maux. ■ (Desforges.) L’homme civil naĂźt, vit et meurt dans l’esclavage. (J.-J. Rousseau.) Un pauvre qui sollicite est presque, toujours m- poftum ’■ ’ ' * (FlĂ©chier.) Le roi Charles XII Ă©tait d’autant plus allier qu’il Ă©^t-pn?lhe,u,Ăźeu^Ăź. (Yoi-TAiRB.), L’amour, soleil divin, peut dorer d’un fen par Le nuage errant de la vie. (V. Hugo.) Rien ne contribue tant Ă  la perte de lq rĂ©putation d’une femme qu’un air mrfecertf. ‘ ' ‱ ’ (MÂź? de Puysieux.) t ‘ J’apc^ßçpis^ danç les corps ijeux sortes de rnouve- ments , skyoii; : moĂ»yemçnt cqgimuniqqĂ© et rnouve- ' ment jpontĂ nc’ou yolontaire. (J.-J. Rousseau.) 2Âź SÉRIE. — FÉMININ. La douleur la plus vraie, la plus profonde a, cpmmq lĂ  ĂŒĂšvre, ses intermittence^. - (bs Chabanon.) 4. La vraie dĂ©votion est tolĂ©rante comme la vraiq philosophie. ' ' ' (kficuR.) La guerre civile est le rĂšgne du crĂźmĂȘ. (P. CORNHILLÇ.) HĂ©las I aux gens heureux la plainte importune. ‘ (CnÉNlEB.) LĂšve, JĂ©rusalem, lĂšve ta tĂȘte Ă ltiĂšre; Regarde, tous ces rois de ta, gloire Ă©tonnĂ©s. (R4ci;ie.) Tel en un secret vallon, ' Sur le bord d’une onde pure. CroĂźt, Ă  l’abri de l’aquilon, Un jeune lis, l’amour de la nature. (Racine.) La raillerie est toujours t'firfecenfc. (MÂź> DE PUYS.IEUX.) Si lĂ  gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e des animalcules Ă©tait rĂ©/lle, pourquoi n’en serait-il pas de mĂȘme des oiÂŹ seaux , des poissons, des animaux Ăź' Qu’importe le volume Ă  la nature P (Boiste.) J
( 191 ) D’un discours ambigu craignez la perfidie. ’ ’’ '* V (Ânonymh.) C’est Ă  regret qu’on voit cet auteur si charmant, Chez toi toujours cherchant quelque finesse digue. PrĂ©senter au lecteur sa pensĂ©e ambiguĂ«. ‘ (Boilbau.) Tous les adjectifs, quelle qĂŒen puisse ĂȘtre d’ailleurs la terminaison, forment, comme on le voit, leur fĂ©minin en prenant seulement un e muet. C’est ainsi que potĂŻ {'dit polie; grand, grande, etc. Toutes les exceptions que peut souffrir celte rĂšgle, seront traitĂ©es dans les numĂ©ros suivants : ' OBSERVATIONS PARTICULIÈRES. 1Âź Dans le fĂ©minin des adjectifs terminĂ©s en er, comme aider, Ă©tranger, amer, lĂ©ger, on marque d’un accent grave Ve qui prĂ©cĂšde la lettre r : AltiĂšre, Ă©trangĂšre, amĂšre, /Ă©- gĂšre, etc. 2° On surmonte d’un trĂ©rna Ve qu’on ajoute au fĂ©minin des adjectifs terminĂ©s en gu. —Exemples ; Aigu, aigu'Ă©; ambigu, ambiguĂ«; exigu, exiguĂ«; contĂŻgu, contiguĂ«, etc. 3° DĂą et çrw"perdent Vaccent circonflexe au fĂ©minin ; Cette somme est due; cette riÂŹ viĂšre est CRUE. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE: MASCULIN. ÜD rĂȘve charmant. Un air commum Uu son clair. Un tempĂ©rament dĂ©licat Un deruier loupir. Un accĂšs instantanĂ© U; FEMTNl^. Une comĂ©die charma tĂźle. Une tournure commune. Une eau rlaire. Une santĂ© dĂ©licate. Une derniĂšre plainte. Une colĂšre iiistantaiiĂ©c. '*1 - f, 1 p MASCULIN. ÏJn maurais eicmple; Un rang.obscur. . Un accent aigu. Un discours ambigu. , Un Ta tu'son gt. . Un Trai saTtinL FEMININ. Une mauTsise aUdIrĂš. Une chambre obscure. Une douleur aiguĂ«. Une rĂ©ponse ambigup Pns vaine glolra. La Vraie religion" t. ' N*' CII. FÉMININ DES ADJp^TpS TEimiNÉ^ UN e MUET. 1« s'krie. MASCULIN, Rien n est si dangereux qu’un ignorant ami, Mieux vaudrait an .sage ennemi. - , (La Fontaine.) f Le vĂ©ritable esprit doit avoir les qualitĂ©s du (flaÂŹ mant , U doit ĂȘtre brillant et solide. ' (Marin.) L’ennemt le plus terrible est celui qui parle le moins. ‱ ' (JaĂŒffret.) 2e SÉRIE. — FÉMININ. a Une SAGE politique conseille toujours la clĂ©mence. (i?éûPS-) ♩ Sau3 l’estime il ĂŒest point de solide amitiĂ©. (Demoustieb.) 0 ! des vertus derniĂšre amie, Toi ĂŻ qĂŒon ypp(lrait en vain Ă©viter ou tromper, Conscience terrible, on ne fieut t’échapper. (Florian.) (1) On trouve dans quelques auteurs les adjectifs Ă©tkĂ©rĂ©, ignĂ©, instantanĂ©, momentanĂ©, spontanĂ©, simulÂŹ tanĂ© avec deux E au masculin comine au fĂ©minin; mais quelques grammairiens maintenant ne laissent ces deux E qu’au seul mot simultanĂ©, distinction puĂ©rile qĂŒaucun motif ne justifie. Nous pensons qu’il est mieux d Ă©crire cet adjectif par un seul jE, comnie s’écrivent les autres. La mcnie observation doit s’appĂźjquer au.x qçlr- jecĂŒfs cĂ©tacĂ©, testacĂ©, crustacĂ©. L’illustre Cuvier, Ă©crivain aussi pur qu’élĂ©gant, n’écrivait jamais autrement que les animaux cĂ©tacĂ©s, testacks, crustacĂ©s, et non cĂ©iacĂ©es, testacĂ©es, crustacees.
( 192 ) L’avcmV sĂ©vĂšre , inexorable, Juge Ă  son tour des rois les arrĂȘts absolus. (Soumet.) Les maux sont Ici-bas, les biens sont dans les cieux; LĂ  disparaĂźt enfin l’orgneil du rang suprĂȘme. (GhĂ©nier.) HĂ©las ! Ă  s’enflammer la passion la plus lente, Dans une Ăąme sĂ©vĂšre en est plus violente. (De Belloy.) > .... Si j’ai bien conçu Vautorißé suprĂȘme. Un monarque, un hĂ©ros, dĂ©jĂ  grand par lui-mĂȘme. Devient plus grand encore en sachant pardonner. (GhĂ©nier.) Les adjectifs qui se terminent par un e muet, s’emploient, pour les deux genres, sans ''subir le plus lĂ©ger changement : un homme aimable, tme/emĂźnc aimable. Ainsi, ce n’est que le nom auquel se rapportent les adjectifs de cette terminaison , qui puisse en faire connaĂźtre le genre. EXEnCTCE PHRASÉOLOGIQÜE. MASCULIN. Un air agrĂ©able. Un homme biĂŻarre. Un prince barbare. Uu regard cĂ©leste. Un auteur comique. Un cheval docile. Un double visage. Ud «nii fidĂšle. FÉMININ. Une voix agrĂ©able. Une femme bizarre. Une nation barbare. Une bontĂ© cĂ©leste. Une piĂšce eomique. Une Ă©coliĂšre docile. Une fleur double. Une Ă©pouse fidĂšle. Masculin. Un sang ĂŒluatre. Un jeune homme. Un peuple libre. Un regard modeste. Un mĂ©rite mĂ©diocre. Un roi magnanime. Un noble courage. Un esprit superbe. FEMININ ĂŒne naissance illustre. Une jeune personne Une volontĂ© libre. Une beautĂ© modeste. Une fortune mĂ©diocre. Une reine magnanime. Une noble candeur. Une maison luporbe. EXCEPTIONS. Crois-tu qu’il soit permis D’ĂȘtre injuste, InfidĂšle et traĂźtre h ses amis? (Voltaire.) Et s'il n’est pas en nous, Satan, toujours vainqueur, Ne demeure-t-il pas maĂźtre de notre cƓur ? ' (Boileau.) Il n’est pas si diable qn’il est noir. (AcadĂ©mie.) Que ne sait point ourdir une langue traĂźtresse Par sa pernicieuse adresse? (La Fontaine.) Cette ville autrefois maĂźtresse de la terre^ Rome, qui par le fer et le droit de la guerre, Domina si long-temps sur toute nation, Rome domine encor par la religion, (Racine.) Je veux une vertu qui ne soit pas diablesse. (MoliĂšre.) Comme on vient de le voir, les adjectifs terminĂ©s'par un e muet souffrent quelques exceptions ; mais, pour ne pas rĂ©pĂ©ter ce qui a Ă©tĂ© dit a ce sujet, au chapitre des subsÂŹ tantifs , nous renvoyons nos lecteurs Ă  la page 31 de cet ouvrage. Ils y trouveront des,observations importantes et de nombreux exemples. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Un ami tndtra. on« fima tnltrene. Vb mari maltrv, noa Mirante moltretse. Un enfant diable, une femme diablesse. FEMININ DES ADJECTIFS TERMINÉS EN X. \ ■ 1" SÉRIE. — MASCULIN. Un ami ♩naĂŻAeurewx est plus propre qu’un auĂŒ*c Ă  soulager les peines que nous Ă©prouvons. - (FĂ©nelon.) 2* SÉRIE. — FÉMININ. L’avarice est la plus vile, mais non la plus maĂźheu reusc de nos passions. (Duclos.)
( <98) Partout la jalousie'est un ĂȘtre odieux. (MoliĂšre.) Des deux surleurs gonds d’or s’ouvrent les vastes portes, Et rendent en s’ouvrant des sons harmonieux; Les cĂ©lestes concerts sont moins mĂ©lodieux. (Delille* L’accord de J’amour et de l’innocence semble ĂȘtre le paradis de la‘terre; c’est le bonheur le plus doux et TĂ©tat le plus dĂ©licieux de la vie. (J.-J. Rousseau.) Un sot n’est qu’ennuyeux ; un , pĂ©dant est insupÂŹ portable, (NapolĂ©on.) J SaĂŒl est impie, il devient superstitieux; destin 'assez ordinaire *aux incrĂ©dules. (Massillon.) ' L’homme public n’est point vertueux, s’il n’a'que les vertus de Thomme privĂ©. (/d.) ... De tout vƓu forcĂ© la chaĂźne est odieuse. , ^ , {La Harpe.) Dans le .monde Thomme ne trouve pas de voix plus harmonieuse que celle qui chante ses louanges. . ^ (Fontenelle.) < Quelle condition vous paraĂźt la plus deHcieuse et la plus libre, ou du berger oĂŒ des brebis ? (La BRÜYKREi) Enfin t’ai-je dĂ©peint la superstitieuse. La pĂ©dante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, Celle qui de son chat fait son seul entretien, Celle qui toujours parlĂ© et ne dit jamais rien? U en est des milliers.. (Boileau.J Une famille vertueuse est un vaisseau tenu penÂŹ dant la tempĂȘte par deux ancres : la religion et les mƓurs. ' (Montesquieu.) Le fĂ©minin des adjectifs terminĂ©s par la syllabe eux se forme en changeant la lettre X en se: Heureux, heureuse; odieux, odieuse. ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. - MASCULIN. Ub eƓur TerUieuz. Va aoteor orgueillenz. Vii ami malheurauz. Üa coaquĂ©raot andacieui. Cd coDsail dangereux. Ud ĂȘtre odieux. FEMININ. ' Doe Ă©pouse vertueuse. Voe rĂ©ponse orgueilleuse. Une Biisteoce malheureuse. Une politique ambitieuse. Une sociĂ©tĂ© dangereuse. Une sĂ©vĂ©ritĂ© odieuse. ; MASCULIN. Un mari soupçonneux. Un air harmonieux. Un exemple ceolagieux Un soldat ennuyeux. Un rival gĂ©nĂ©reux. Ud enfant vicieux. FEMININ. . Une Dme soupçonneuse. Une voix harmomeuse. Une maladie contagieuse. Une armĂ©e courageuse. Une conduite gĂ©nĂ©reuse. Une lot vicieuse. FÉMININ DES ADJECTIFS TERMINÉS PAR f. 1“ SÉRIE. MASCULIN, Ce n’est point un grand avantage d’avoir Tesprit vif, si on ne Ta juste; la perfection d’une pendule n’est pas d’aller vite, mais d’ĂȘtre rĂ©glĂ©e. (VaĂŒvenargues.) Interrogeons le peuple ailĂ© des airs, le peuple muet des ondes, le peuple fugitif de?, forĂȘts et des rochers; tous sc montrent sensibles Ă  Tharmonie. (Gresset.) Un cheval naturellement hargneux, ombrageux, rĂ©tif, produit des poulains qui ont le mĂȘme naturel. (Buffon.) ‱ Son pĂšre restĂ© veuf chercha fortune aux Ăźles ; Uortense, loin de lui, coulait des jours tranquilles. * (Dklavigne.) Il faut parler, il faut, monsieur le comte, Vous expliquer nettement sur mon compte ; NI vous, ni moi n’avons un cƓur tout neuf. (Voltaire.) 2* SÉRIE. — FEMININ. ’ « L’amour est un tourment; moins vive et plus sensible. L’amitiĂ© dans nos cƓurs verse un bonheur paisible. (Dbmoustier.) ** Quelle voix salutaire ordonne que je vive, Et rappelle en mon seHv mon Ăąme fugitive ? (Racine.) Mais je voudrais, dans ces nouveaux adeptes, Voii* une humeur moins rĂ©tive aux prĂ©ceptes Qui du théùtre ont Ă©tabli la loi. (J.-B. Rousseau.) N’élevez point TĂ©chafaud sur'la maison du criminel; quelle part ont Ă  son crime sa veuve et ses orphelins? (Boiste.) Le gĂ©nie est le don d’inventer et d'exĂ©cuter d’une maniĂšre neuve, originale et qui paraisse sinon tout ^dĂ©passer, du moins s’égaler Ă  «e qu’il y a de plus grand. (Lacbbteixe.'’' 25
(194) Tout adjectif qui se termine au masculin par un / change au fĂ©minin cette finale et s ^ ' t * * ^ ve : craintif, craintive; veuf, veĂ»vĂ©, Ă©tc. On Ă©crivait autrefois vĂšdfvĂš, etc; (4). < : MASCULIN. ÜD OTen naĂŻF. ÜD accent plaintif. Ud enfant craintif. Un discours persuasif. Un homme veuf. Ud cheval neuf. Ud iangage bref. EXERCICE PHRASEOLOGIQVE. FEMININ. Une jeune personne naĂŻve. Une Tolic plaintive. Une biche prĂąintive. Une Ă©loquence persuasive. Une femme veuve. Une maison neuve. Une parole brĂšve. MASCULIN* Un ouvrage Ăźnitructif. Uo prĂ©texte Ă©vasif. Un remĂšde tardif.. Un regard expressif. Un pouvoir excessif. Un Ă©colier rĂ©tif ÜD CDDemi vindicaUf, FEMININ. Une mĂ©thode initractive. Une rĂ©ponse Ă©vĂ©sivĂ©; Udb leçon tardive. Une figure «spressirc. Une jalousie eĂčessi/c. Une mule rĂ©tive Une Dation vindicative. N” CVĂź * FÉMININ DES ADJECTIFS EN CUf. 1. i*Âź éËRÜüi—MÂSCÜLIN. Que rien n’est plus trompeur que les promesses dn monde ! PĂŻassillon.) / Du sort des malheureux adqucir la rigueur, C’est de l’autorilĂ©Je droit le plus flatteur. (GressĂ«I'.) ' . Le monde Ă©stinĂ©hßéwr * ti promet un bonheur qĂŒ'il ne peut donner, (MŸ« de Pompadour.) ' n. Vengeur de Statlra, protecteur d’Olympie, Je dois, ici, l’exemple aĂč reste de l’Asie. (Voltaire.) Le singe est nĂ© pour ĂȘtre imitateur. Et l’homme doit agir d’aprĂšs son cƓur. (Voltaire.) Tyran et usurpateur sont deux mots parfaitement synonymes. (J.-J. Rousseau.) Il est des jours heureux , il n’est point deylĂ© lifcĂŒ- reusfej ce serait un songe enchanteur sans rĂ©vĂ©ii. (Duclos.) Le feu vengeur s’allume, et le bruit des trompttcs Va rĂ©veiller ies morts dans leurs sombres retraites ; Ce jour est le dernier des jours de lĂŒnivĂ©rs. ‘ (L. Racine.) Fils ingrats; fils pĂ©cheurs, victimes du supplice, Nous naissons tous marquĂ©s au sceau de lh justice. (Id,) IIR 2Ÿ« SÉRIE.—FÉMININ.- ' h- L’espĂ©rance, toute trompeuse qu’elle est, sert au moins Ăą nous mener Ă  la fin dĂ© la vie pal* un chbnĂźin agrĂ©able. (La Rochefoucauld.) L’idĂ©e du bonheur, est souvent plus flatteuse que le bonheur mĂȘme, (Stanislas.) En amour^ la colĂšre est toujours menteuse. (PensĂ©e de P: SĂżrus.) Ainsi de nos tyrans la ligue protectrice D’une gloire prĂ©coce enfle unrimeur novice. (Gilbert.) Cette jeune fille est imitatrice des vertus de sa mĂšre. (AcadĂ©mie.) Quand les abus sont accueillis par la soumission , bientĂŽt lu puissance usurpatrice les Ă©rige en lois. (Malesherbes.) Ènchantercsse des sens, l’harmonie excite un bruit brillant dont rbrĂ©ille est flattĂ©e, mais que le vent oin- ^ porte bientĂŽt. (Gresset.) Le glaive Ă©tait sa loL, les combats ses plaisirs; 11 dĂ©lia quinze ans la foudre vengeresse, Et quinze ans la victoire efitretint son ivresse-. (DroĂŒineau.). JĂ©sus-Ciirist pardonne Ă  la femme pec/tercsse dont le repentir est sincĂšre. ' (SaintĂ©-Bible.) IV. L’ĂčaivĂ©fsalitĂ© dĂšs connaissances est nĂ©cessaire pour cire Àïipertetir daris une partie quelconque, (MŸŸ DE StaĂ«l.) . Tour les fĂ©mfriĂ©s, la douceur est lĂš meilleur moyen d’àvoĂźf raison. (M**Âź de FoNTainĂšs.) L’erreur de ceux qui n’ont que de la prudence, est de la croire supĂ©rieure Ă  tout. (Li'ngrĂ©k.) ConsidĂ©rez la condition d’un homme qui a la w?effÂŹ leura part Ă  la faveur et Ăč la conduite des alVaires. . (FlĂ©chie*r.) (1) Eu la guerre que le roi Ferdinand fait contre la veufve 'de JeĂąri, roi de Hongrie. (Montaigne.) — En la vifve et plus cuysante chaleur de l’accez. (Ip.)
(195) Ces quatre sĂ©ries d’exemples nous dĂ©montrent que le fĂ©minin des adjectifs qui ont pour terminaison la syllabe mr, se forme de quatre maniĂšres diffĂ©rentes; savoir, en changeant la finale eur : 1Âź En euse: Menteur, menteuse; grondeur, grondeuse; voyageur, voyageuse. 2Âź Ennce: ImitatĂšdr, imitatricĂš; accusateur, aĂšcusĂątricĂ©; spbĂźiĂ teĂŒr, spohamce. 3Âź Én et'esse : PĂ©cheur-, pĂ©cheresse; enchanteur, enchanteresse; singeur, singe- resse (4). 4° Enewr^; supĂ©ritĂźur. supĂ©rieure; majeur, majeure; antĂ©rieur, antĂ©rieufĂȘ. f Quelques grĂ hirnairiĂȘns orit cherchĂ© Ă  Ă©tablir des rĂšgles sur ces sortes d’adjectifs ; mais comme ces rĂšgles sont obscurcies par de nombreuses Ă©xcĂšplions, elles deviĂ«nneni insuffisantes, pour ne pas dire nulles. En effet, comment Ă©tablir des principes sur une matiĂšre vouĂ©e Ă  Tusage? Afin de ne pas tomber dans le vice que nous signalons ici, nous nous bornerons Ă  donner dans Texercice suivant la liste complĂšte des adjectifs qui apparĂŒĂȘhrieht ĂąĂŒx quatre sĂ©ries prĂ©cĂ©dentes, en retranchant toutefois ceux que nous aurions dĂ©jĂ  citĂ©s au chapitrĂ© dëë sĂŒbstanlifĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ‱ ^ ' ‱ h* SÉRIE : MehtĂšUr-MĂšhlÚùsĂš. . MASCULIN. ÙaĂŽ Ă©eftilĂȘr boudeur. Ud portier cauteur. Ud eourtiaan flatteur. Ud mari grondeur. ^ , FEMININ. Une teirinie boudeuse. Uue portiĂšre causeuse. Une promesse flatteuse.. Une maĂźtresse grondeuse. MASCULIN. Un enfant menteur, ĂŒn valet parleur. Un accueil trompeur. Uu ver rongeur. ^FEMININ Une petite fille mĂšiitenso. Uiie servante parieuse. Une amorcĂ© iroiU|'eusĂš. Une pensĂ©e rongeuse. II* SÉRIE : Imitateur-Imitatrice i ÜiĂ  ĂȘrinßé accusateur. Uu disoours adulateur: Ud gĂ©nie crĂ©ateur. Une parole acbusalrice. Une femme adulatrice. Uue imaginatiou crĂ©atrice. Un souvenir cons'olateur. Un pouvoir exĂ©cuteur. Un regard protecteur. Uue pĂ©risĂ©ĂȘ éÎniolatvice. Une puissance exĂ©rutiice. Une loi protectrice (3), III* SÉRIE : Pe'cheur-Pe'cheresse., Va rentier bailleur (de fonds). Un Ă©colier chasseur. Un bohĂ©mien devineur. Un plaideur demandeur. Un crime antĂ©rieur. Un mur extĂ©rieur. Un mĂ©rite infĂ©rienr. Un aentiment intĂ©rieur. Un meilleur goĂ»t Une hĂ©ritiĂšre baillercssĂȘ., Une nymphe chasseresse {3}. Une sorciĂšre devineresse. Une plaideuse demanderesse. Un client dĂ©fendeur. Ün regard enchanteur. Un dĂ©vot pĂ©cheur. Le foudre vengeur. IVÂź SÉRIE : SupĂ©rieur-SupĂ©rieure. Une peine intĂ©rieure. Une porte extĂ©rieure. Une place infĂ©rieure. Une paix intĂ©rieure. Une meilleure condition. Un ofBcierstipĂ©rIeDr. .Un droit postĂ©rieur. Un ton majeur. Un mode mineur. Uo chapitre ultĂ©rieur. Une cliente dĂ©fenderesse. Une voix Ă©ncbanteresse: La fenime pĂ©cheresse. L’indiffĂ©rĂȘnce vengercssb. .Une qualitĂ© supĂ©rieure. Une date postĂ©rieure Une fille majeure. Une pupille mineure. , ÜnĂ© demande ultĂ©rieure (4). (1) Montaigne dit quelque part qu’il y a en lui une condition aucunement singeresse et imitatrice. (2) Ajoutez : DĂ©prĂ©dateur,^ Ăąe^preĂąqfrice ; iiiiprobateur, trnpro&afncĂȘ; scrtitĂątcĂŒi*, sĂ©futĂ tricĂš; dĂ©sĂ ppfĂŽlib- teur, dĂ©sapprohairicĂ© inMructeur, instrĂčctrice ; tentateur, tentatrice ; dĂ©sorganisateur, dĂ©sorganisatrice murmĂŒratedr, murmuratrice; tergiversateur, tergivcrsatrice; dĂ©vastateur, dĂ©vastatrice; prĂ©varicateur, pré varicatrice; exagĂ©rateutj eĂ agĂ«ratficĂ©; prdfanateur, profanatrice; rĂ©probateur, rĂ©probatrice ,* etc; ' . ‘ '(3) On dit chasseuse dans le style ordinaire : Cette femme est une grande chasseusĂȘ. (XcAvimi.) (A) Ajoutez citĂ©rieur : La Calabre citĂ©rieure ; on dit aussi la Calabre ultĂ©rieure.
(196) CVI* FÉMININ DES ADJECTIFS TERMINÉS PAR el , en, et, <m\ C: 1” SÉRIE. — MASCULIN. Heureux qui peut au sein du vallon solitaire, NaĂźtre, vivre et naourir dans le champ paternel ! (V. Hugo.) Lorsqu’on dĂ©truit un ancien prĂ©jugĂ©, l’on a besoin d’une nouvelle vertu. (MŸŸ de StaĂ«l.) Sols muet quand tu as donnĂ© ; parle quand tu as reçu, (Proverbe espagnol.) Il 11 n’est pas de bon mot qui vaille un 6on office. pBLAViGNK.) 2ŸŸ SÉRIE. FEMININ. Ne me prĂ©parez pas la douleur Ă©ternelia De l’avoir fait rĂ©pandre ( vĂŽtre sang) Ă  la main pater nelle. (Racine.) L’ingratitude la plus odieuse, mais la plus anÂŹ cienne , est celle des enfants envers leur pĂšre. (Vauvenargues.) Et votre bouche encor, mtierte Ă  tant d’ennui, N’a pas daignĂ© s’ouvrir pour se plaindre de lui? - (Racine.) La bonne comĂ©die est celle qui fait rire. (Andrikux.) Tous les adjectifs terminĂ©s par eÂŁ, en, et, on, forment leur fĂ©minin en doublant la derniĂšre consonne : paternel, paternelle; ancien, ancienne; muet, muette; bon, bonne. On excepte toutefois complet, concret, discret, indiscret, inquiet, replet, secret, qui font complĂšte, concrĂšte, discrĂšte, indiscrĂšte, inquiĂšte/replĂšte, secrĂšte, ainsi qu’on le voit par les citations ci-aprĂšs : Un homme indiscret ' est une lettre dĂ©cachetĂ©e, tout le monde peut la lire. (Ghamfort.) Nous avons naturellement un secret dĂ©pit contre les personnes qui nous effacent. (La Roche.) La curiositĂ© indiscrĂšte marque presque tonjonrs quelque lĂ©gĂšretĂ© d’esprit. (La Roche.) Quand radminislration est secrĂšte, on peut conÂŹ clure qĂŒâ€™il se commet des injustices. (Malesherbes.) LĂ©s adjectifs suivants : pareil, vermeil, nĂŽnpareil, gros, gras, bas, genHl, las, Ă©pais, profĂšs, exprĂšs, bellot, sot, vieillot, paysan, doublent Ă©galement la derniĂšre consonne au fĂ©minin. Exemples : ‘ - Pal vu l’impie adorĂ© sur la terre ; Pareil au cĂšdre, il cachait dans les cieux Son front audacieux, (Racine.) * ^ . * Te voilĂ  citadin, le luxe t’environne, Un gros suisse est lĂ  bas qui garde ta personne, Et tout cela, pourquoi? ta femme l’a voulu 1 (DelavĂŻgne.) Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas degrĂ©. (Boileau.) 11 est certains esprits dont les sombres pensĂ©es, Sont d’un nuage Ă©pais toujours embarrassĂ©es. (Id.) La nature donne Ă  l’orgueilleux une taille raide, une tĂšte haute, un ceil fier ; elle Ă©crit sur son front : ’ü Sot I n (Boiste.) J’aurai toujours pour vous, Ô suave merveille Ăź Une dĂ©votion Ă  nulle autre pareille. (MoliĂšre.) Une puce paraĂźt plus grosse qu’un mouton dans le microscope solaire. (Bernardin de St-Pierre.) Un esprit nĂ© sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la mĂ©disance. (BoilĂ©au.) ... La penséé, Ă©clatante lumiĂšre, Ne peut sortir du sein de VĂ©paisse matiĂšre. (L. Racine.) ' S’enorgueillir de la beautĂ©, C’est ridicule et sotte vanitĂ©. (Lebrun.)
( <97 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. MASCULIN. Ud sneicD prĂ©jugĂ©. Ün boa domestique. Ün bis fTitteur. Un homme coquet. Un usurpateur criminel Un Btni discret. ÜD ouvrage compleL Un voleur inquiet. FEMININ. Une ancienne coutnme. Une bonne idĂ©e. Une basse extraction. Une mise coquette. Une action criminelle. Une femme discrĂšte. Une traduction complĂšte. Une mĂšre inquiĂšte. ' MASCULIN. Un langage muet. Un amour materneL Un luxe paysan. Un intcrĂšt partieL Un avis paternel. Un gastronome replet. Un tribunal secret. Un bomme indiscret. FEMININ. Une jeune fille muette. Une indulgence maternelle. Une coilTure paysanne. Une somme partielle. Une bontĂ© paternelle. Une nourrice replĂšte. Une affaire secrĂšte. Une parole indiscrĂšte. CVII. FÉMININ DES ADJECTIFS DONT HLE MASCULIN A DEUX FORMES. I” SÉRIE. —MASCULIN. Le secret pour ĂȘtre approuvĂ© en France, est d’ĂȘtre nouveau. (Le gr. FrĂ©dĂ©ric.) Ce nouvel Adonis Ă  la blonde criniĂšre Eat l’unique souci d’Anne la pemiqulĂšre. (Boileau.) L’auteur chez qui Ton dĂźne est sĂ»r d’un heau succĂšs. (Delavigne.) Le bel Ăąge n’est qĂŒune fleur qui passe. (FĂ©nelon.) Le vieux temps n’est beau qu’en peinture. (Bernis.) Un vieux poĂšte, un vtetl amant, un vieux chan- . teor et un vieux cheval ne valent rien. (Voltaire.) Cet homme paraĂźt fort et robuste ; mais il est mou an travail. (AcadĂ©mie.) Sur le mol Ă©dredon dormez-vous plus tranquille? (ClĂ©ment.) Ma foi, sur l’avenir bien fou qui se fiera. (Racine.) ■ Gardez qĂŒun fol orgueil ne vous vienne enfumer. (Boileau.) . 2me sĂ©rie. — FEMININ. L’exception d’une loi gĂ©nĂ©rale est souvent, .daR3 la nature, le fondement d’une loi nouvelle. (Bernardin de St-Pikrre.) Une belle figure n’est point un avantage indiffĂ©rent pour les souverains ; leur visage rĂšgne. (DĂŒpatv.)' Quand une vieille femme Aime encor les plaisirs, pour eux elle est de flamme, (Delavigne.) La jeunesse en sa fleur brille sur son visage ; Son menton sur son sein descend Ă  double Ă©tage, Et son corps ramassĂ© dans sa courte grosseur. Fait gĂ©mir les coussins sous sa molle Ă©paisseur. , (Boileau.) Travaillez Ă  loisir, quelque ordre' qui vous presse, Et ne vous piquez point d’une folle vitesse. (Id.) Les adjectifs auxquels Tusage a donnĂ© deux formes pour le masculin singulier sont : nouveau, beau, vieux, mou, fou, qui ont pour double forme nouvel,, bel, vieil/ mol, fol, d’oĂč est dĂ©rivĂ© le fĂ©minin nouvelle, belle, vieille, molle, folle. Il est Ă  observer que nouÂŹ veau, beau, etc., ne s’emploient que devant des mots commençant par une consonne : Un nouveau maĂźtre; un beau succĂšs, etc., tandis que nouvel, bel, etc., prĂ©cĂšdent les mot qui ont pour initiale une voyelle : Ce nouvel Adonis; le bel Ăąge; etc. (1). (1) Toutefois cette rĂšgl'e«|i’est applicable qu'au singulier. Le pluriel n’ayant qu’une terminaison, dites : de uveaux amis, de- beaux habits, etc. Nous ferons remarquer aussi que l’AcadĂ©mie Ă©crit un homme mou et effĂ©minĂ©, parce qu’il semble que Thiatus soit moins sensible par le lĂ©ger repos que la coqjonction Ă©tablit entre les deux qualificatifs. Mais cette phrase de Buffon ne nous paraĂźt plus ĂȘtre autorisĂ©e par l’usage : Les Chinois sont des peuples mois. Maintenant on ne se servirait que de l’adjectif mous. . ~ '
( i'ja ) Ud Domeati inalbeur Ua foo mariage. Ud beao drame, Ud vieof garçqii. Ud eaiacUre mpa. MASCULIN.' EXERCICE PHRÂSÉOlOGIQOE. Uo DÔQTel ODTraga. Un fol etpoir. Uu bel arbre. Ud vieil atnC Ud mol Ă©setave. FEMWriN. Une nourelle fareur, Uoe folle idde. Une belle fortune. Une vieille nervante. Une vie moUo. , N“ CVIII. t FÉMININ DÂŁS ADJECTIFS QUI, ,AU MASCULIN., SE TERMINENT PAR UN C. SÉBIK. — MASCULIN. Le bonheur pwĂŽĂŻtc vaut mieux que la victoire. (Arnault.) Ün Jeune gentilhomme grec e^ assurĂ©ment TĂ©tre le plus superbe et le plus content le lui-mĂ©me que je connaisse.. ' . (Guis.) ' « Ainsi, lorsqu’un palmier dont l’orgueilleuse tĂȘte Long-temps brava les ans , la foudre et la tempĂȘte, Offre son front caduc, ses rameaux languissants Aux baisers amoureux des lierres caressants, Sa vigueur Ă©puisĂ©e Ă  cet effort succombe ; Il se fane, jaunit, s’effeuille, meurt et tombe. (DKSFAUCnERKTS.) On ne peut ĂȘtre franc avec ceux qĂŒon redoute. (/Ă».) Ma'femme est une perle : Lui chercher un pendant G’est dĂ©sirer un merle Qui soit tout-Ă -fait blanc. (De SĂ©gur.) La mĂ©fiance poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme est toujours la preuve d’un cƓur sec et d’un esprit Ă©troit. Ă©vis.) 2ŸŸ SÉRIE. — fĂ©minin. La justice est mĂšre de la paix publique et de l’ordre privĂ©. (Lacrhtelle aĂźnĂ©.) Les belles Françaises sont vers Marseille, Avignon et dans la plupart des endroits de l’ancienne Provence qui furent jadis peuplĂ©s par une colonie grecque da PhocĂ©ens. ' (Vibky.) En morale comique, Il est permis, je crois, Aux Frontins de punir l’avarice des tantes, Et de berner un peu les caduques amantes. /Ă».) Tout bien considĂ©rĂ©, franche coquetterie Est un vice moins grand que fausse pruderie. . (ÜÜFRESNY.) Sur les lisiĂšres des bois, le bouyreuil, cachĂ© dqns l’épine blanche, charme, par son doux ramage, sa compagne dans son nid. (Bernardin de St-PikrreJ On accompagne la misĂ©ricorde de tant de duretĂ© envers les malheureux qu’un refus serait moins accaÂŹ blant pour eux qu’une charitĂ© si sĂšche et si farouçfie. (Massillon.) Quelques adjectifs terminĂ©s par un c au masculin forment leur fĂ©minin par le chanÂŹ gement du €y 4^ en que : Public, publique; caduc, caduque; turc, turque; grec, grecque ( seul mot qui conseirvelec); ' . ‱ . 2“ en che* ffanc, franche; blanc, blanche; sec, sĂšche. En style histoHque on dit les peuplades franques, les races franque^, pour dĂ©signer les tribus qui eiivahirĂšnt les Gaules, sous Pharamond. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. MASCULIN. Ub «ndntt poblio. Ud vialUard caJoe. Uo aoldat turc. FÉMININ. Una place publique. Une icDoeiM eiauque. Une femme turque. MASCULIN. On prĂątre grec. Un fraiio poltron, Uu tempe etc. JUÎUININ, Üuç flotte grĂȘeque. Une franebe anitliA Une rĂ©ponie lĂšobe.
( 199 ) NÂź CIX. ADJBCTIF9 DONT LE FÉMININ IRRÉGÜLIKR N’EST SOUMIS A AUCUNE DBS RÉGUA PRÉCÉDENTES. SÉBIB. — MASCULIN. L’un traĂźne en longs'fredons une voix glapissante. Et Tautre, Tappuyant de son aigre fausset, Semble un violon faux qui jure sous Tdrchet, (Boileau.) J’éveillerai poar toi la pitiĂ©, la justice De l’incorruptible avenir. Eux-mĂȘmes Ă©pureront par un long artifice Ton hpnneur qĂŒils pensent ternir. (Gilbert.) La vertu qui jette un si doux parfum dans la mé moire des hommes ne meurt jamais. (FĂ©nelon.) ^.En France, 11 n’y a que des moutons blancs, bruns, noirs et tachĂ©s; en Espagne, il y a des moutons roux; on Écosse, ITy en a de jaunes.' (Buffon.) La contradiction paraĂźt ĂȘtre Taliment favori de TesÂŹ prit humain. (Sanial-Dubay.) L’univers, plus jeune et plus frais. Des vapeurs du malin sort brillant de rosĂ©e. (Delavigne.) Mais si d’un oeil 6emn vous voyez mes hommages. Pourquoi m’en refuser d’assurĂ©s tĂ©moignages P ^ (MoliĂšre.) A quels discours malins le mariage expose Ăź (Boileau.) On appelle le diable Tesprit malin. (Laveaux.) L'orgueil est un des vices le plus jaloux de se venger des abaissements qu’il Ă©prouve. (RoĂŒbaud.) Des trois chambres qui coniposent les Ă©tats-gĂ©nĂ©- ,raux, la chambre du iiers-Ă©tat est toujours celle contre laquelle la cour est le plus en garde. (De Limiers.) On voit que les adjectifs/awo;, long, doux, roux, favori, frais, bĂ©nin, malin, jaloux, tiers, ont pour fĂ©minin fausse, longue, douce, rousse, favorite, fraĂźche, bĂ©nigne, maligne, jalouse, tierce. 11 faut y ajouter : oblong, coi, muscat, absous,^ dm^us, qui Ăźoiii oblongue, coite, muscade (rose muscade), Ă bsoute, dissoute. ^ " Mais fat, chatain, tĂ©moin, dispos, rĂ©sous, f\Ă©breu, partisan, artisan, vĂ©tin, n'ont pus fie fĂ©minin (4). OcĂ©ane n’a point de masculin : Mer ocĂ©ane. 2* SÉRIE. lÉMII^Ili * La flatterie est une fausse monnaie qui n’a de cours que par notre vanitĂ©. (Larochefoucauld.) Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine ? A-t-on par quelque Ă©dit rĂ©formĂ© la cuisine ? Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-t-elle fait couler vos vins et vos melons ? (Boileau.) Saint ! champs que j’aimais, et vous, douce verdure, Et vous riant exil des bois ; Ciel, pavillon de Thomme, admirable nature. Salut pour la derniĂšre fois 1 (Gilbert.) A barbe rousse et noirs cheveux Ne t’y fie pas si tu ne veux. (Dict. Comique.) Il n’est point, ■ nous dit-il, de race favorite ; Dieu sait de cet enfant quel sera le mĂ©rite. Dieu lit dans l’avenir ce qu'il doit ĂȘtre un jour, Et s’il se rendra digne ou de haine ou d’amour. (L. Racine.) C’est d’une ronce Ă©pineuse que Thonime a fait Ă©clore, comme par enchantement, la rose/raĂźcfte et parfumĂ©e. (AimĂ©-Martin.) ... Si vQus contemplez d’une Ăąme un peu bĂ©nigne. Les tribulations de votre esclave indigne. (MoliĂšre.) La paresse est de toutes les passions celle qui nous est la plus inconnue Ă  nflus-mĂ©mes; nulle autre n’est plus ardente ni plus rnaligne. (Larochefoucauld.) Une femme doit ĂȘtre jaZowse de son honneur jusÂŹ qu’au scrupule. (AcadĂ©mie.) » ' Je me lasse de parler en tierce personne, et c’est un soin fort superflu ; car vous seritĂšz bienV clier citoyen, que ce malheureux fugitif c’est mpi-mĂȘmĂš! (J.rJ. Rousseau.) ’ " (1) Voltaire a tependant Ă©di partisane. — RĂ©sous a pour fĂ©minin rĂ©solue : Vhe tumeur rĂ©solue. Quelques ao.
(Jn faux ami. ĂŒn long espoir. On format obloug. ĂŒn temps doox. A poil roux. Le tierif ni. 200 ) EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Vw fume prar. Une longue lettre. D'utie forme ofalongue. Une douce consoUtion. La lune rousse. Une tierce partie. Un afr RtoH. Rester coi. Un temps frais. Un mari bĂ©nin. Un esprist malin. Cet homme est absout, Uoe eltansoti fivorhe. Une chambre coite. Une matinĂ©e firatche. Une inflaenee bĂ©nigne. Une fiĂšvre maligne. Cette femme est absoute N” ex. ADJECTIFS EXPRIMANT DES QUALITÉS ATTRIBUÉES AUX HOMMES. riÂź SÉRIE. — MASCULIN. Quand vous vous donnez pour auteur En auteur souffrez,, qu’on vous traite. (Arnault.) Je devais ĂȘtre tĂ©moin des hommages que lui prodiÂŹ guerait sur la route une foule empressĂ©e. ' (De SĂ©gur.) 2Âź sĂ©rie. —- FÉMININ, Les femmes d*Ă -prĂ©sent sont bien loin de ces mcBurs t Elles veulent Ă©crire et devenir auteurs. (Molikrk.) _ Venez, ^mesdames, ĂȘtre du triomphe de la philosophie.. (Marmontel.) Certains adjectifs exprimant des qualitĂ©s qui appartiennent spĂ©cialement aux homÂŹ mes, s’emploient quelquefois avec des noms fĂ©minins, mais sans changer de forme': comme le prouvent les exemples ci-dessus. (Voir aux substantifs, oĂč cette particularitĂ© se trouve amplement dĂ©veloppĂ©e. ) ‱ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Un jeune homme Ă©crivain, peintre, Une femme Ă©crivain, peintre, «culpteur, graveur. sculpteur, graveur. * Un amant vainqueur. Une vertu vainqueur. Un publie tĂ©moin. Un guerrier auteur, poĂšte, artiste. Dne ville tĂ©moin, ĂŒne dame lateor, poĂšte. artiste. N*’ CXI. FORMATION DU PLURIEL DANS LES ADJECTIFS. 8ÉR1B. — SINGULIER. Tout riche qui n’a pas la noblesse en partage Ne doit point s’allier avec de grands seigneurs. On lui fait tĂŽt ou tard payer cher les honneurs Dont Ü a recherchĂ© le frivole avantage. (Lebrun.) 2* SERIE. — PLURIEL. Pour contenter ses frivoles dĂ©sirs, , L'homme insensĂ© vainement se consume i Il trouve l’amertume Au milieu des plaisirs. (Racine.) teurs ont ditĂ e&rcwa : Xa toilette d'une femme, hebreue {Revue europĂ©enne). On ne pourrait, dans ce cas emÂŹ ployer Ă eĂ rmqua qui ne se dit guĂšre qu’en fait de langage : gramm^re hĂ©braĂŻque, langue htraZe. Les^lexicographes refusent aussi le feininm Ă  l’adjectif aqwiĂźi«; mais nous pensons avec Boniface qu’on pourrait trĂšs bien dire : la forme aqutltne du nez est assez agrĂ©able. ’ On Ă©trilla langue indou, la;langue «anicril; exemple : le docteur allait commencer un fort beau discourt m langue isnoo, lors^e son introducteur le prĂ©vint qu'il devait attendre que le grand prĂȘtre VinterroHeĂ l. (Bcrn. de St-Pierre). Toute vĂ©ritĂ© est renfermĂ©e dans les quatre'beths, Ă©crits il y a 120.mille ans dans la
Seigneur, je me flattais, espĂ©rance frivole, De ramener ZaĂŻre Ă  cette heureuse cour OĂč'Louis des vertus a fixĂ© le sĂ©jour. ' (Voltaire.) Que fait dans la prison flottante le rameur captif, le forçat infortunĂ©? que font tant d'autres mortels dĂ©vouĂ©s Ă  la solitude et au malheur ? ils chantent, et par le chant ils Ă©cartent le chagrin. (Grhsset.) L'Ăąme heureusement captive, ■Sous ton joug trouve Ja paix, Et s'abreuve d'une eau vive Qui ne s'Ă©puise jamais. (Racine.) tin propos sĂ©duisant et flatteur Est le plus sĂ»r chemin du cƓur. (Aumont.) 0 fortune ! ĂŽ grandeur ! dont l'amorce flatteuse Surprend J touche , Ă©blouit une Ăąme ambitieuse, De tant d’honneurs reçus c’est donc lĂ  tout le fruit? Un long temps les amasse, un moment les dĂ©triiit. (T. Corneille.) Le monde, Ă  mon avis, est comme un grand théùtre OĂč chacun en public, l’un par l’autre abusĂ©, Souvent Ă  ce quâ€™ĂŒ est joue un rĂŽle opposĂ©. (Boileau.) La trop grande subtilitĂ© est une fausse dĂ©licatesse ; et la vĂ©riuSble dĂ©licatesse est une solide subtilitĂ©. (Larochefoucauld.) Crols-mĂŽi, nul ne sait mieux combien vaut la vertu Que l’homme criminel quand il s’est reconnu. (Gilbert.) Philippe, de Mayenne embrassant la querelle. Soutient de nos rivaux la cause cnmtnelle ; Et Rome qui devrait Ă©touffer tant de maux, Rome, de la discorde allume les flambeaux. (Voltaire.) . Tout acte d’autoritĂ© exercĂ© par un homme sur un autre homme, est tyrannique, s’U n’est pas absoluÂŹ ment nĂ©cessaire au bien public. Beccabia.) Compagnes fidĂšles de l’homme policĂ©, objets de leurs affections les plus chĂšres, c’est Ă  vous, ĂŽ femÂŹ mes , que nous devons la fĂ©licitĂ© publique. (Virey.) Les simples et les ignorants Peuvent se laisser prendre Ă  de belles paroles; Celui qui sait percer leur voilĂ©s transparents MĂ©prise ces phrases frivoles. ■ (Fr. de Neufchateau.) L’influence du climat, si puissante sur toute la ture, agit avec bien plus de force sur des ĂȘtres capt que sur des ĂȘtres libres. (Buffon.) na- LĂ , des chars fracassĂ©s, du fer courbĂ© des faux, Des panaches flottants, de l’airain des vaisseaux, Et des arcs dĂ©tendus et des lances oisives, Pendaient pompeusement les dĂ©pouĂŒles captives. (Delille.) Jamais Ă  vous chanter un poĂšte empressĂ© De petits vers flatteurs ne vous a caressĂ©. (Gilbert.) La galanterie de l’esprit est de dire des choses flatÂŹ teuses d’une maniĂšre agrĂ©able. (LarochefoucaĂŒij).) Mon appĂ©tit s’en va lorsque Je vois siĂ©ger Tout rennui des grands air» dans ma salle Ă  mangeri (DelavĂŻgne.) Les grandes pensĂ©es viennent du cƓur. (Vauvenargues. Rois, chassez la calomnie : Ses criminels attentats, ' Des plus paisibles Ă©tats Troublent l’heureuse harmoniep / ‘ (Racins.) Plus terrible pour nous que les lois solennelles, La conscience parle aux Ăąmes criminelles. (Lemercirr.) Le jour m^e du couronnement, les vainqueurs offrirent des sacrifices en actions de grĂąces. Us lurent inscrits dans les registres publics des ÉlĂ©ens, et maÂŹ gnifiquement traitĂ©s dans une des salles du PrytanĂ©e. (BarthĂ©lĂ©my.) Les lois, les mƓurs antiques, Sont l’appui de l’étafdans les choses publiques. (GhĂ©nier.) Ces nombreuses citations nous permettent d’établir comme rĂšgle gĂ©nĂ©rale, que le pluriel des adjectifs, quels qu’en soient d’ailleurs la terminaison et le genre, se forme, ainsi que le pluriel des substantifs, par l’addition d’un s : Un joli cheval, de jolis cheÂŹ vaux; une y o/ie femme, de jo/iea femmes. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. singulier. ĂŒn tĂšrme absolu. Une reine absolue. Un aernieut antĂ©rieur. Une promesse antĂ©rieure PLURIEL. Des termes absolus. Des reines absolues. Des serments antĂ©rieurs. Des promeues antĂ©rieures. SINGULIER. Ud air modeste. Une jeune (lllu mudesle. Un noble regard. Une Ăąme noble. PLURIEL. Des airs modestes. Desjeunes filles modestes. Do nobles ro{;ards, Des Ăąmes nobles. 26 c’
Un bon conaeiL Une bonne ceuTre. Un principe'd«ir. Une Toix claire. Un cher imi. Une cbĂ©ri «mi*. Uei boni conaeili. Ue bonnei tcuTrei. Des principes clair» Des Toix claires. De chcra amĂźs. De chĂšres amies. 202 ) Un babit noir. Une croix noire. Ud chagrin profond, Une ploie profonde. Un sage prĂ©cepteur. Une sage loi. 'Des hablU poln, Des croix noire». Des cÈa^ini profonds. Des plaies' profondes. De sages prĂ©cepteors. De sages lots. EXCEPTIONS. ĂŻ. Tout en tout est divers : ĂŽtez-vous de l'esprit Qu’aucun ĂȘtre ait Ă©tĂ© composĂ© sur le vĂŽtre. (La Fontaine.) L'imprudence n’est pas daps la tĂ©mĂ©ritĂ© ; Elle est dans'un projet faux et mal concertĂ©. (CrĂ©billon.)' De la beautĂ©, tel est ĂŻheureux pouyoir : Elle sĂ©duit souvent sans le savoir. ' ^ ' ' (Andrieux.) Les divers langages des grands Ă©crivains sont auÂŹ tant de domaines diffĂ©rents que la langue gĂ©nĂ©rale rĂ©unit au domaine de sa couronne et qui composent son empipe. (Dupaty.) Il.‘ Les esprits faux sont insupportables, et les cƓurs faux sont en horreur, - (Voltaire.) HĂ©las ! aux gens heureux la plainte est importune! (ChĂ©nier.) 111. Rien de mieux, J-cn conviens, qu’un heau nom bien MĂ©nageons TamitiĂ©, mĂȘme dans, nos beaux jours ; portĂ©; .(Delavigne.) Quand le temps dĂ©truit les amours, Elle mĂ»rit pour la vieillesse. (DUTREMBLAy.) Ces exemples nous dĂ©montrent qĂŒon doit excepter de la rĂšgle prĂ©cĂ©dente : , 1Âź Les adjectifs qui se terminent par un 5 au singulier comme au pluriel : un homme pervers, des hommes pervers. 2° Ceux qui, finissant par un x, ne sauraient subir aucun changement, lorsqu’on les pĂźuralise : Un enfant studieux, des enfants studieux. 3Âź Enfin, les qualificatifs terminĂ©s par la syllabe att,~dontle pluriel prend toujours un X : un beau garçon, de beaux garçons. Quant au fĂ©minin de tous ces adjectifs, leur pluriel se forme, comme nous l’avons dĂ©jĂ  dit, par la simple addition d’un s ; Une coutume perverse, des mƓurs perverses i line personne studieuse, des personnes studieuses. / - Observation.—Les adjectifs bleu, fou et mou prennent un s au pluriel : bleus, fous, mous. 5ÏNGULIEÏL beau coursier. Up Ɠil doux. Ün tro’upeau Ă©pars, ĂŒn^irfaux. Uu poisson fraÎB. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. PLURIEL. De beaux coursiers. De# yeux doux, ' Des troupeaux Ă©pars. Des air» faux. Des poissĂŽus frais SINGULIER Un mari jaloux. Un nouTcau procĂ©dĂ©. Un faquin orgueilleux. Un poil roux. Un vieux soldat PLURIEL. Des maris jaloux. De nouveaux procĂ©dĂ©s. Des faquins orgueilleux. Des poils roux. De vieux soldats.
( 203 ) NÂź mi- . ADJECTIFS EN al. l**SĂ©RlH,—SINGDtlBR. Travailler est un devoir indispensable Ă  l’homme sqçiqlq ‱ (f.rj. RoĂŒsse,au.) ; L'aiglp ço0fie sonpid au rocher qui se perd dans la nue ; Tautruche aux sables arides des dĂ©serts ; le flaÂŹ mant , couleur de rose, aux vases de TOcĂ©an mĂ©ri- dionqL ‱ (Bsrnarpin de STrPiE^E:) Le rĂšgne vĂ©geiq}- paraĂźt Ă©trelç fpnderpent.nĂ©cesr saire, indispensable Ă  la vie animjale. (Virey.) Le Français est l’enfant gĂątĂ© de TEurbpe. SI Ton a* quelquefois vu parmi nous des crimes oiĂŒeux, ils ont disparp plutĂŽt que le çaraçtefp natioml, (Duclos.) 2°** SERIE. — pluriel.^ Le premier grain conĂŒĂ© aux entrailles do la terre a fait germer les-jiens sfiqauÂź. (VĂŻPby.) L’oranger passe la qier, et borde fie ses fruits dorĂ©s les rivages meWĂąionauÂź de TEuropĂ©. (Bernardin de St-Pierre.) « . Le pƓn est Iç meiUbup de tqu^ les aliments uege- Ăźaux, (Kicherand.) La raison est commune, l’esprit en chaque langue a sa forme particuliĂšre, diffĂ©rence qui pourrait bien ĂȘtre en partie la cpuse pu l’effet des carar4Ăšres natioÂŹ naux.^’ (J'-J* Rousseau.) IL - Dans la plupart des affaires, il y a un moment fatal: . ' ‘ (AcadĂ©mie.) Les habitants des Ăźles KurUes laissent beaucoup 4e parties du cpips dĂ©nudĂ©es a un air glacial. ‘ ÇVirey.) L’acadĂ©mie a jugĂ© que matinal doit s’appliquer Ă  celiĂŒ qui se lĂšve matin, et wqttneuÂź, Ă  peiui qui es| dans l’habitude de se lever naatin. (Rçubaud.) Un louangeur fcanal DĂ©plaĂźt en cherchant Ă  nous plaire.' .‱ (Delille.) Fuyez, volez, instants fatals Ă  mes dĂ©sirs 2 * . ' . (St-Lambert.) Les vents du Nofd sont, glacials, (ÜÛNIfACB.) Ăźtfessieurs, nous ne sommes pas aussi mafinals que VpuSf . [Id.) D y a dans beaucoup de villages des fours banals. Les adjectifs terminĂ©s en a/Jqrmeni leur pluriel ipasçulin par le changement do cette terminaison, les uns en aux, les autres en als. Mais quels sont ceux qui doivent se changer en atux, et ceux qui doivent prendre als? « Grand tumulte, dit M. Lemare, parmi les grammairiens Ă  cette occasion; TAca- » dĂ©mie elle-mĂȘme ne peut s’y faire entendre. Buffon a dit : des habitants brutaux, des - » mouvements macAmaMu;; Jean-Jacques: des compliments triviaux; Regnard : des liens A conjugaux; TAcadĂ©mie : des offices vĂ©naux, tandis qu’elle rejette tous les mois prĂ©cĂ©- , » dents. M. Chapsal, qui cite et adopte les exemples ci-dessus, se glisse dans la mĂȘlĂ©e, » et, augmentant le dĂ©sordre, il. veut qu’on dise : les sons nqsals, [es spius//?a/s,'les ' D ciseaux/aia/5. LeTellier accourt, s’escrime Ă  droite et Ă  gauche, s’attaque aux habi- » tants brutaux de Buffon; arrĂȘte ses mouvements machinaux; rit des compliments trlr D vĂźawoĂŻ de Jean-Jacques; foule aux pieds les liens conjugaux de Regnard; Ă©touffe Jes ‱ » sonsnojo/jde M. Chapsal; et sans respect pour TauioritĂ© qui lient notre langue en » tutelle, proscrit ses offices vĂ©naux. Quel parti prendre dans une aussi grande affairĂ©?
( 20-i ) . i> —Celui de l’analogie, ou s’abstenir, lorsqu’on craint de choquer l’oroille.par un son i> ĂźoutrĂ -fait inusitĂ©. » * Ce conseil de M, Lemare est trĂšs sage, et nous avons cru ne pouvoir mieux faire que de le rĂ©pĂ©ter, au lieu de nous jeter dans les interminables discussions qui se sont Ă©leÂŹ vĂ©es Ă  cet Ă©gard. Seulement nous ajouterons que nous avons dans notre langue enviÂŹ ron trois cents mots terminĂ©s en al; que sur ces trois cents mots il y en a prĂšs de deux cent quatre-vingts qui se changent au pluriel en aux; et que par consĂ©quent il n’y en a tout au plus que vingt qui fassent a/s, ou dont la terminaison plurielle ne soit pas enÂŹ core bien fixĂ©e (1). Voir l’exercice suivant. * Quelques grammairiens se souciant fort peu d’appauvrir notre langue en lui impo-. sant des entraves sans nĂ©cessitĂ©, ont proscrit le pluriel 'de certains adjectifs en a/. C’est ainsi que, selon eux, iln^est pas permis de pluraliser les adjectifs idĂ©al, trimai, patriÂŹ cial, fatal, iniĂŒal, adverbial, dĂ©loyal, mĂ©dical, musical, senĂŒmenial, et une infinitĂ© d’autres. En quoi donc les expressions suivantes blessent-elles l’euphonie? Des ĂȘtres idĂ©atcx {Buffon); des buffles brutaux (idem) (2); des chiffres triviaux(3); des honneurs patri- claux (4); des instants/ata/j (St-Lambert) ; des cierges pascals (TrĂ©voux et Gattel); des sons finals, initiais et nasals (BeauzĂ©e et plusieurs auteurs); des repasfrugals, des codes pĂ©nals, Aes combats navals (Girault-Duvivier); des effets (Gattel); les feux verticaux du soleil (Bernardin de Saint-Pierre) (5). Nous le demandons, quel serait le puriste as^ez scrupuleux pour rejeter des expresÂŹ sions approuvĂ©es par tant d’autoritĂ©s diffĂ©rentes? Comment, par dĂ©fĂ©rence pour les dĂ©cisions de quelques grammairiens peu observa- leurs et dont l’unique plaisir est de forger des rĂšgles, on ne dirait pas des hommes dĂ©loyaux, des contes pastoraux, des avis prĂ©ceptoraux, des cerclĂ©s iwrizonttxu^, des amants sentimentals, des habits doctorals, des soinsfilials, des vents glacials, des devoirs maritals, etc., etc. En vĂ©ritĂ©, il est par trop ridicule de vouloir ainsi interdire l’acte de t t la pensĂ©e, en proscrivant des mots essentiellement nĂ©cessaires. Aussi, forts de l’autoÂŹ ritĂ© des bons Ă©crivains, nous pensons, avec M. Boniface, qu’on doit faire justice de celte absurde proscription ; IpsƓ res verba rapiunt{\es choses entraĂźnent les paroles, ÇlCÉRON ). EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. KN' aux. BINGULTER. PLURIEL SINGULIER. PLURIEL. Un pĂ©ehĂš capital. Des pĂ©chĂ©s capitaux. Da verbe pronominal. Des verbes pronominaux. Un ouvrage tinmoral. Des ouvrages immoraux. Un bĂźftorien partial. Des historiens partiaux. Un prince ItbĂ©raL Des piioees libĂ©raux. Uo remĂšde pectoraL ' Des remĂȘdei pectoraux. . *- « (1) Sans doute il eĂ»t Ă©tĂ© plus convenable de ne donner qu'une seule terminaison plurielle aux adjectifs cn al mais lĂŒsage, plus puissant que toutes les rĂšgles, en a dĂ©cidĂ© autrement, et Ton est contraint de se soumeltf aveuglĂ©ment Ă  ses lois. (2) Il paraĂźt aussi que les buflles sont plus doux et moins brutaux dans leur pays natal, et que plus le clima est chaud, plus ils sont dociles, ' . . (3) Une basse ainsi hĂ©rissĂ©e de chiffres triviaux rebute l'accompagnateur, et lui fait souvent nĂ©gliger les chiffres nĂ©cessaires. ’ (4) On voyait devenir officiers de TempirĂ© les mĂȘmes conquĂ©rants qui l’avaient avili; les plus grands rois ac cepter, briguer mĂȘme les honneurs patriciaux. . ■ , (5) Lorsque le soleil au millieu de sa carriĂšre embrase les campagnes de ses feux verticaux^ les arbres nous offrent de magnifiques parasols. . "
( 205 ) O Üd p«u[i1« mĂ©ridionaU Ud coDtc moral. Ud garde municipal. Ud faoinme original. Un eonteil amleai. ĂŒn eofant bancal. Un instant fatal. Ud air final. Un repas frugal. Uo aentitnent final Un vent glacial ‱ Ud ton initial. Les peuples mĂ©ridionaux. Des contes moraux. Des gardes municipaux. DĂšs hommes originaux. . Des conseils amicals. Des enfants bancals. Des instants fatals. Des airs finals. Des repas frugals. Des sentiments filiaU. Des venu glacials. Des sons inĂźtiaU. Un prince royal. Un bien rural. Un pays septentrional, Uo adjectif rerbal ^ EN als. Un son labial. Un homme matinal. Un son mĂ©dial. Un combat nsvat. Un cierge pascal. Un code pĂ©nal. Un effet tbcitral. Des princes royaux. Des biens rnranz. Dej pays scptentrionoiut. Des adjectif! rerbauz. Des sons lablals. Des hommes matinals. Des sons niĂ©dials. Des combats navals. Des cierges pascals. Des codes pĂ©nals. Des gestes tbĂ©fttrals. SYNTAXE DES ADJECTIFS QUALIFICATIFS. ]\“ cxiii. ACCORD DE l’adjectif AVEC UN SUBSTANTIF. SINGULIER. — MASCULIN ET FEMININ. AussitĂŽt que les mƓurs se perdent, tous les dĂ©fauts d'un gouvernement paraissent au grand jour* (RulhiĂšrb.) La grande naissance est un prĂ©sent de la fortune qui ne devrait attirer aucune estime Ă  ceux qui le reÂŹ çoivent, puisqu’il ne leur coĂ»te ni Ă©tude ni travaux. (La BruyĂšre.) PLURIEL. — masculin KT FEMININ. l.es grands noms abaissent au lieu d’élever ceux qui ne les savent pas soutenir. * ‱ * ‱ (Larochefoucauld.) La mort donne les plus grandes leçons pOur dĂ©saÂŹ buser de tout ce que le monde croit m'crvcilieux. ‘ (FĂ©nelon.) Dans toutes les circonstances, Tadjeclirs’.iccorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte et qĂŒil qualifie : grand jour, grande naissance, grands noms, grandes leçons. , Cet accord doit avoir, lieu, non seulement quand Tadjectif suit ou prĂ©cĂšde immĂ©diaÂŹ tement le nom auquel il sĂ© rattache, mais encore lorsqu’il en est sĂ©parĂ© par un verbe ou par d’autres mots, comme dans ces exemples : Plaise aux^dieux de te rendre assez Aon pour mé riter la vie heureuse ! (FĂ©nelon .) L’honneur de passer pour bonne, TcmpĂȘchaitde sk montrer mĂ©chante. (Marivaux.) ' Jamais, en quoi que ce puisse ĂȘtre, les mĂ©chants ne sont bons Ă  rien de bon, ^ {J.-J. Rousseau.) Loin de nous raidir contre les inclinations qui sont bonnes, il faut les suivre pour servir Dieu: (M"^Âź LE MaihtĂ©non.) ' EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. UĂ©cfaaot bomme. MĂ©cbante femme.- Joli cbertL Jolie personne. Homme publie.- OpÎDÎoo publique. Le rosier est fleuri. Le roM est fleurie. MĂ©chants hommes. MĂ©chante? femmes. Jolis chevaux. Jolies personnes. Monuments publics. Places publiques. Les rosiers sont fleuris. Les roses sont fleuries. Travail Important AfTaĂŻre importante. Doux loisirs. Douce habitude. Beau palais. Belle maison. Un jardin cultivĂ©. Une terra cultivĂ©e. Travaux importants. Affaires iinportaiitcs. Doux loisirs. Douces habitudes. Beaux palais. Belles maisons. ‱ Des jardins cultivĂ©s. De» terres cdlUvéï».
( 206 ) N” GXIV. ADJECTIFS APRÈS PEUSrEUÈS SUBSTANTIFS DU MÊME GENRE. Le HICBK et l'iNDIGENT , l’iMPRUDENT et le SAGE , Sujets Ă  mĂȘme loi, subissent mĂȘme sort, (J.-B. Rousseau.) Oh h’y voyait que ‘colonnes de marbre, que pyraÂŹ mides , que statues colossales, que meubles d'oR et d’argent massifs. . (FĂ©nelon.) Avec une gradation lente et mĂ©nagĂ©e, on rend Thomme et Tknfant intrĂ©pides Ă  tout. (J.-J. Rousseau.) J’ai remarquĂ© sur plusieurs personnes qui avaient Toreille et la voix fausses^ qĂŒellcs entendaient mieux d’une oreille que d’une autre. (Buffon.) Ün esprit raisohriablĂȘ ne doit chercher, dans une vie frugale et laborieuse, qu’à Ă©viter la honte et I’in- jĂŒSTicE attachĂ©es Ă  une conduite prodigue et ruineuse, (FĂ©nelon.) La SCIENCE qui instruit et la mĂ©decine qui guĂ©rit sont bonnes sans doute. Mais la science qui trompe et la MÉDECINE qui tue sont mauvaises. (J.-J. Rousseau.) Lorsqu’un adjectif est prĂ©cĂ©dĂ© ou suivi de plusieurs substantifs de mĂȘme genre liĂ©s par la conjonction et, il se met ordinairement au pluriel et au mĂȘme genre que les subsÂŹ tantifs exprimĂ©s : . * Le RICHE et Findigent sujets; Toreille et la yoix faussĂ©s, etc. ttf EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Un tnantĂ©id «t an habit Dao&. Une robe et une pelisse neuves. Un drame et ĂčĂ  iroman intĂ©fes- Une comĂ©die et une tragĂ©die in- Ud cbteo et un cbat mĂ©chants. Une chatte et une cbieooe cares* sants. tĂ©ressantes. Un homme et un enfant intrĂ©pides, santĂ©s. Un jardin et un jiarc trĂšs grands. Une rue et une plaça trĂšl griiidei. Ud pantalon et un gilet noirs. Une table et une planche noires. Du pain et du vin excellents. Une gelĂ©e et uoe compote ezcelientei N“ CXV adjectifs AVEC PLUSIEURS SUBSTANTIFS DE DIFFÉRENTS GENRES. L’or^'eil aveugle se supposĂ© une GRANbÉtiR et uri MÉRITE dĂ©mesurĂ©s. (SĂ©gur.) Dans la Laponie, la ronce, ßé GÈNiĂšvRÉ et la MOUSSE ßÎhi seuls la verdure de TĂ©tĂ©. (Buffon.) C’est sur la naissance que sont fondĂ©s les prĂ©ro- 3ATIVES et les RESPECTS accordĂ©s aux castes nobles ÂŁt religieuses de l’Asie et de TEurope-. (Bernardin de St-Pierre.) L’ordre et VutiĂŒtĂ© publics ne peuvent ĂȘtrfe le fruit du crime. (JIassillon.) ’ On voyait, rangĂ©s dans le plus grand ordre, aux parois de la muraille, des rateaux, des haches , des BECHES. * (Bernardin de St-Pierre.) Phllippfe montra partout un courage Ăšt driĂ© pruÂŹ dence supĂ©rieurs Ă  son.Ăąge, (Rgllin.) Paul Ă©t Virginie Ă©taient ignorants éÎnimĂ© des crĂ©oles, et ne savaient ni lire ni Ă©crire. (Bernardin de St-Pikrre.) Charles XIL, ayant reçu Targent et Tescorte né cessaires pour son retour, soutint contre une armĂ©e entiĂšre, aidĂ© de ses seuls domestiques; ce combat malheureux dĂš Bender. (VdlTAihE.) Il ne faut pas prendre pour des vertus, des actions et des INTÉRÊTS arrangĂ©s avec industrie, (MassiAsi) * - : Je tĂąche de rendre heureux, ma femme , mon enÂŹ fant , et mĂȘme mon chat et mon chien. ' (Bernardin de St-PiĂ©rre.)
( SOT.) Ces exĂ«rhplĂ«s nous proĂŒvĂȘnt Ă ssĂ«z qliĂ«, quand il y a plusieurs sĂŒbstĂąruifs dĂ« diffé rents gĂ«hrĂ«S; Tadjectif se hiĂ«t aĂŒ mĂąsciiiin pluriel; qĂŒĂ« cĂ©t adjectif prĂ©cĂšde OU suive immĂ©diatement les substantifs Ă«xpfimĂ©s; ou qĂŒil en soit sĂ©parĂ© par un vĂ«rbĂ©., Observation; — Lâ€™Ă«ĂŒphĂŽniĂ« Ă©xigĂ© qĂŒĂ« Ton Ă©nonce quelquefois lĂ«'sĂŒbstĂąhtif hiascĂŒliil avant le fĂ©minin, quand Tadjectif ĂŒa pas la mĂȘme terminaison pbĂŒf les dĂ«ĂŒx gferlÈéet Ainsi, Ton dira : Cet acteur joue avec une noblesse et un goiĂźt parfaits, plutĂŽt que : avec un goĂ»t et une noblesse parfaits, parce que, dans cette derniĂšre construction, la renÂŹ contre du substantif fĂ©minin noblesse et de Tadjectif masculin parfaits est Ă  la ĂŻois dure ‘ et dĂ©sagrĂ©able. Cependant les auteurs ne se sont pas toujours astreints Ă  ĂšettĂ« rĂ©glĂ© ; Buffon a dit : En Égypte, les jeunes filles de la campagne ont les bras et lĂšs jambes biĂšh FAITS, et Massillon : Tordre et TutilitĂ©PUBLICS; etc*. ‘ . / EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Le frĂšre et la lƓar sont cbĂ©rß». La colĂšre et l’orgueil sont odieux. Le teiut et la joue sont vermeils. La procĂ©dure et Pacte sout nuls. Un chat et on ehieu amis. Le .oup et jb chien ennemis. Insectes et animaux dangereux. Les bras et les jambes trĂšs gros. . Lo citron et la grenade sont acides. LĂ© tigre et la hyĂšne sont cruels. Un maĂźtre et une maĂźtresse ver* Une robe et un voile blancs. Le pain et la viande sont nĂ©ces- tueuz. La trompelle et le clairon sont re- saires. Le faisan et la caille sont dĂ©licats, tcntissants. La carafe et le bocal sont cassants. L'opale et le rubis sont recbercbĂ©s, Une chatte et un chien caressants. Une rue et une place publiques. La bouche et les yeux ouverts. La piĂšce et l’auteur sifllĂ©s. Une carte et un tableau charmants. Une femme et un homme heureux, Une cbauve-eouris et un crapaud La piĂšce et l’auteur huĂ©s. Un garçon et une fille AgĂ©s, bideux. La frangipaoe elle gateau sont sucrĂ©s. Une maia et un bras trĂšs nerreux. NÂź €XVl. J ( UN ADJECTIF ET DEUX SUBSTANTIFS LIÉS OU NON. LIÉS PAR LA MÎTtICÜLE SU EXEMPLES SANS LA PARTICULE. Tonte sa Vie n’a Ă©tĂ© "qĂŒâ€™tin frĂąvail, qu’une occwpa- iion continuelle. (Massillon.) Au'gustĂ« goĂŒvĂ«niĂ  RbmĂš avec ĂŒn ĂŒmpĂ©rdmĂšhty une douceur soutenue, Ă  laquelle il dut le pardon de ses anciennes cruautĂ©s. (Doaiergue.) H honora les2«ttres de cet attachement, de cette protection capable de les faire fieufir. {lĂ .) Je ne connais point de roman, point de comĂ©die espagnole sans combats. (Florian.) ‱.. Lo fer, le bandeau, la flamme est toute prĂȘte. (Racine.) EXEMPLES AVEC LA PARTICULE, ; J’eus, sujet de me plaindre de mon taiUeur ;^ qul m’avait fait perdre en ĂŒn instant VĂąĂœĂ©hĂźion eĂŻ ü’es- iime publiquĂš. ({MontesqĂŒĂźĂ«Ă»;) Quiconque Ă«st assez aimĂ© dĂ©s dieux pour trouvĂ©r deux ou trois vrais amis, d’une sage^sĂš et d’une bontĂ© constance, trouve bientĂŽt par eux d’autres persoimes qui lĂ©ĂŒr .rcssĂ©mblent. (FĂ©nelon .) ‱. C’est une puissance orgueilleuse qui est souvent ^contraire h VhumilitĂ© et Ă  la simplicitĂ© chrĂ©tiĂ©pue* ,(FLÉcnüÉR.) La chastetĂ© est la source de la force et de la beautĂ© physique et morale dans les deux sexes. (Bernardin de St-Pierre-.) La placĂ© fut remplie de six-vingt Ufeleurs'(Jul Ă©'cĂ r taient la multitude ĂąVĂ©c ĂŒh faste et ĂŒn ‘îr'guĂ©il tnsĂ»R portable. ^[VertĂŽt.) ‱ ‱ OuĂš deux substantifs soient ou non liĂ©s par laparticĂŒle Ă©t, il Ă«sl manifeste quĂȘ Tad- *. s ‱ jectif qĂŒi s’ÿ rapporte peut quelquefois, comme dĂąns lĂ©s exemples ci-deksus, s’accprdĂ©r avec le dernier ; cela est jpermis dans deux ĂȘirconsiahces : La premiĂšre; lorsque les substantifs prĂ©sentent entre eux quelque synonymie, et queTĂ©crivain n’én veiit réélle- ment qualifier qu'un seul ; Üh ĂŻrĂ vdii, une 'ĂŽ'Ă©cĂ»pĂ Ă»on continuelle ; la ‘BĂȘĂ§ĂŒĂ»ffe; toutes les fois qĂŒil y a gradation dans les mots \ de fer, le bandeau, la fidmmĂ© est touteou
( 9.08 ; ' . ‘.. bien que Tesprit, plus particuliĂšrement prĂ©occupĂ© du dernier substantif, oublie celui ou ceux qui prĂ©cĂšdent : je ne connais point de roman, point de comĂ©die espagnole sans combats; T humilitĂ© ^et la simplicitĂ© chrĂ©tienne: Dans tous ces cas Tellipse sous-entend Tad- jectif Ă  chaque substantif. C’est donc Ă  tort que. Girault-Duvivier blĂąme les exemples de la seconde colonne (1). EXERCICE PHRASÉOtOGJQVB. Vn talent, une habiletĂ© admirable. CJne alliance, une paix inviolable. Une force, une Ă©nergie peu commune. Une modeslie et uu savoir peu commun. Ud pouvoir, un ascendant terrible. La religion et la morale chrĂ©licnne, la sĂ»retĂ© * Une humeur, un naturel fĂ©roce. et la salubritĂ© publique. Son esprit, sa douceur, sa beautĂ©, son ĂźngĂ©- Une force et une Ă©nergie eitraordinaire. DuitĂ© mĂȘme est charmante. Uue sagesse ut une prudence surprenante. Il IlIbA innn^FAPiAn ^ ^n*\AalAaiMnSir AWnrttfvAlkf- Une sagesse, une bontĂ©, intti douceur proib' gicuse. Les pieds et In lĂ©te nue. l.cs yeux et la boucbe ouverte, Ün satoir et une modestie peu romninne. Une noirceur et une perversitĂ© inouĂŻe. Le naitiauce , la fortune, la couronoe mime D'une modĂ©ration etd’unedouccur Ă©vangĂ©lique. Uue arrogance et une sufiisanee intolĂ©rable, est une chimĂšre. —' D'un sentiment et d'une expresslou naturelle. Uu feu et uu enthousiasme incroyable. incroyable. —CXVII. ADJECTIFS PRÉCÉDÉS DE DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS ET NE SE RAPPORTANT QU’aĂŒ DERNIER. ). EXEMPLES. Le bon goĂ»t des Égyptiens leur fit aimer la soliditĂ© et la BÉGULARits toute nue. (Bossuet.) Voici des ĂȘtres dont lĂ  taille et Pair sinistre InspiÂŹ rent la terreur. (BarthĂ©lĂ©my.) Le sourire est une marque de bienveillance, d’ap- ■plaudissĂȘment et de satisfaction tnfeWeure. (Buffon.) De leurs dĂ©pouilles Ă©levez de magnifiques trophĂ©es Ă  la gloire de la religion et de la nation française. (AilQUETIL.) Quelquefois,l’adjectif, prĂ©cĂ©dĂ© de deux ou de plusieurs substantifs, joints par la conjonction et, ne qualifie rĂ©ellement que le dernier; en pareil cas, il faut se garder dĂ© le-mettre au pluriel ou de croire que Vellipse le sous-entende devant chaque nom. » EXERCICE PHRÂSÉOIOGIQVB. Un habit et nn pantalon blanc. Un bouquet et un vate dorĂ©. Un habit et un pantalon coUaat. Uo manteau et un chapeau rond. Les lois et l'autoritĂ© publique. Le gouvernement et la CorĂ©e publique. Une faim et une chaleur brĂ»lante. Ma pensĂ©e et la vĂ©ritĂ© toute nue. ' Leurs maniĂšres et leur visage hideux. (1) Aux exemples citĂ©s nĂŽus ajouterons les suivants : On doit Ă©viter les mots et les actions dĂ©fendue.s'. (Voltaire.) — Le vent fut contraire : le ciel et la mer belle. (Bern. de St.-Pierre.)— Ce peuple a le cƓur et la bouche OUVERTE Ă  vos louanges. (Vaugelas.) — Tous les mots de la langue et toutes les sxjllabes nous paraisÂŹ sent PRÉCIEUSES. (Racine.) — Cette opinion inspire aux uns un orgueil intolĂ©rable, en leur persuadant qu’ils sont revĂȘtus d/une origine et d’une puissance cĂ©leste. (Bern. de St.-Pierre.) —Auguste honora Us lettres de *cette protection et de cet attachement rĂ©el qui dans un souverain, est si ca-pable de les faire fleurit. (Domcrgue.) ^Cest comme une espĂšce d’enthousiasme et de fureur noble qui anime l’oraison, et qui lui donne un feu et une vigueur toute divine. (Boileau.) —Les Grecs appelaient du nom de satires des drames d’une licence et d’une gaĂźtĂ© burlesque. (La Harpe.) — Le jour mĂȘme que, sur l’autel de notre pĂšre, ' lu consentiras avec moi, Ă  nous jurer une aiUance et une paix inviolable , fon trĂŽne, fon empire, tout te sera rendu. (Marmonteh) — Armez^ous <fun courage et efune foi nouvelle. (Racine.) — Quand cet enfant esclave et tyran, pltin de science et dĂ©pourvu de sens, est jetĂ© dans le monde, ĂŒ fait dĂ©plorer la mtsĂšre et la perv&rsitĂ© humaine. (J.-J. Rousseau.) —Songez ce que c’est que d’avoir des bras et des Jambes CASSÉES. (MŸŸ de SĂ©vignĂ©.)
( tl09 ) N" CXVIII. ADJECTIFS PHÉCÉDÉS DÂŁ PLUSIEURS SUBSTANTIFS SEPARES PAR LA PAETIGULB Ott* ACCORD AVEC LE’dBRNIER NOM. Rome n’était plus libre et ne pouvant plus l’étre, Qu’importait que PompĂ©e ou que CĂ©sar fut maĂźtre ? (L*--*;) C’est une aire ou un plancher tout plat comme cĂšlui du grand aigle. ‱ (Buffon.) Ce duvet ou ces sotcs sont trĂšs serrĂ©es, trĂšs fourÂŹ nies et trĂšs douces 'au toucher. (/</.) C’est un homme ou une femme noyĂ©e. (Bonifacb.) accord avec les deux noms. Les SamoßÚdes'se nourrissent de chair ou de poisÂŹ son crus. (Buffon.) - Les sauvages de la baie d’Hudson vivent fort longÂŹ temps , quoiqu’ils ne se nourrissent que do chair ou de poisson crus. (Id.) Quel est en effet le bon pĂšre de famille qui ne gé misse de voir son fils ou sa fille perdus pour la soÂŹ ciĂ©tĂ© ? (Voltaire.) On demande un homme ou \mo femme ĂągĂ©s. (Boniface.) Lorsqu’un adjectif est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substantifs sĂ©parĂ©s par la conjonction ow, cet adjectif s’accorde avec le dernier, si Ton ne veut qualifier que l’un des deux, comme dans les exemples de la premiĂšre colonne. En effet, il ne peut y avoir qĂŒun seul maߏ tre, qĂŒune seule personne noyĂ©e. Dans Jes exemples opposĂ©s, Taccord avec les deux noms est, au contraire, indisÂŹ pensable, parce que la qualification s’applique Ă  la fois Ă  deux objets, Ă  deux individus. C’est par cette raison que Voltaire a dil : QuĂ©l est en effet le bon pĂšre de famille qui ne gé misse de voir son fils ou sa fille perdus pour la sociĂ©tĂ©? ‘ . Ud chltein ou uno fortereua ruinĂ©e.. Un homme ou une femme affligĂ©e. Ud« qucui ou pĂ©ridicult fort court EXERCICÈ PHRASÉOLOGIQVE. C'etl uu loup ou un chien enragĂ©. Un bomme ou une femme dĂ©vote. Il a U jambe ou le brai caiiĂ©. I<e frĂšre ou la Ă©oNir itnĂ©e. Vivre d'herbes ou de racines eruei. Uu ancien chĂąteau ou tour abaudooDio. NÂź 'CXIX. PARTICULARITÉS RELATIVES AUX ADJECTIFS. Peut-on, dire Ă©galement bien : 1 o L’Église grecque et l’Église latine ; _ 2° L’Église grecque et la latine ; 3Âź L’Église grecque et latine ; 4» Les Églises grecque et latine. Selon les grammairiens, sur ces quatre maniĂšres de s’exprimer, il n’y a que les deux premiĂšres qui soient bonnes. Mais comme ce ne sont pas les grammairiens qui font les langues, et qĂŒil leur est mĂȘme Ă  jamais interdit d’en faire, on ne doit pas s’en rapporter Ă  eux. Ce qĂŒil faut avant tout consulter, c’est Tusage suivi en pareille 2T
( 210 ) circonstance par les grands Ă©crivains : Ils sont pour nous la loi et les'prophĂštes. Or, si ,ious ouvrons les chefs-d’Ɠuvre de notre littĂ©rature, nous y trouvons : PREMIÈRE MANIÈRE ; Corneille a rĂ©formĂ© la scĂšne- tragique et la scĂšne eomique par d’iieureuses imitations. (Voltaire.) Dans la langue parlĂ©e et dans la langue Ă©crite, La clartĂ© du discours est le premier mĂ©rite. (François de Neufchateau.) Quand donc il la prend (sa femme) dans un rang- infĂ©rieur, Tordre naturel et Tordre civil s’accorÂŹ dent , et tout va bien. (J.-J. Rousseau.) Lo GENERAL persan etĂŻe GÉNÉRĂŽLindĂŻcn s’empresÂŹ sĂšrent de donner bataille. (Voltaire.) Chez les Polonais ; dont la langue est mĂȘlĂ©e de grec et de ĂźaĂŒn, il y a Tcpitse grecque et VĂ©glise latine. (Bernardin de St-Pierre.) Tous les vƓux se partageaient entre le chevalier blano et le chevalier bleu. (Voltaire.) deuxiĂšme bianiĂšre : On a toujours peint Dieu avec une grande barbe dans TEglise grecque et dans la latine. (Voltaire.) Milord Bolingbroke possĂšde Virgile comme Milton ; U aime la poĂ©sie anglaise, la française et l’itaÂŹ lienne. (Id.) Les nouveaux citoyens et les anciens ne so reÂŹ gardent plus comme les membres d’une mĂȘme rĂ©puÂŹ blique. (Montesquieu.) En effet, chaque jour, la boUche; Ă  plus grands frais, DĂ©vore les produits des lacs et des forĂȘts, Engloutit les vins blancs , les rouges, les clairets. Le Vougeot et TAi, le Chypre et le XĂ©rĂšs. (François de Neufchateau.) Il est trĂšs sĂ»r que le seiziĂšme et le dix-septiĂšme SIÈCLE furent marquĂ©s par de grands changĂȘnients et de grandes dĂ©couvertes. (Thomas.) ~ TROISIEME MANIERE : Trois ii^es Ă  reprendre et qui sont tirĂ©es des plus grands auteurs de TEglĂźsk grecque et latine: (Pascal.) ' La femrne seule peut imiter tous les chants des oiÂŹ seaux mĂąies et femelles. (Bernardin de St-Pikrrk.) Les sons des langues se sont formĂ©s d’abord des SONS masculins et fĂ©minins. (Id.) Le mĂ©lange d’AUTORiTÉ ecclĂ©siasiiquĂš et civile dans cette prohibition avait quelque chose de contraire aux droits du souverain. (Anquetil.) La dicte pylhagorique, prĂ©conisĂ©e par les philoÂŹ sophes anciens et nouveaux, n’a jamais Ă©tĂ© indiquĂ©e par la nature. (Buffon.) Les honnĂȘtes gens qui lisent quelquefois Virgile ou les Lettres Provinciales ne savent pas qu’on tire vingt fois plus d’exemplaires de TAImanach de LiĂšge et du Courrier-Boiteux que de tous les bons livres anciens etmodemes. - (Voltaire.) Tout fut Ă©tats-gĂ©nĂ©raux dans les rĂ©publiques grecques et romaines. , (Id.) Je n’iraTpoint, si je puis, demeurer dans TĂźle de ProtĂ©e, malgrĂ© les beaux vers des gĂ©orgiques franÂŹ çaises et latines. (Chateaubriand.) QUATRIEME MANIERE : Les PUISSANCES vĂ©gĂ©tale et animale se mettent en Ă©quilibre par des flux et reflux; .(Bernardin dk St-Pibrrb.) Le renouvellement partiel change le principe du gouvernement reprĂ©sentatif, composĂ© dĂšs trois pouÂŹ voirs monarchique, aristocratique, dĂ©mocratique. (Chateaubriand.) Le fer donne aux vĂ©gĂ©taux et aux animaux les coo^ leurs rouge et blÚûÚ. (Bernardin de St-Pierrk.) Dans lĂš rĂ©gime viril de TEurope, les puissances temporelle et spirituelle se rapprochent ou se divisent Ă  proportion de la maturitĂ©.des nations. (Id.) Ces deux conjugaisons heltraĂŻque Ă©l grecque semÂŹ blent porter Temprcinte de l’esprit et des peuples qui les ont formĂ©es. (Chateaubriand.) Quel homme eut jamais plus d’éclat que J.-C.? Lo peuple juif tout entier le prĂ©dit avant sa venue. Le peuple gentil Tadore aprĂšs qu’il est venu. Les deux peuples gentil ci juif le regardent comme le centre. ‱ (Pa'scal.) Les langues romane et tudesque furent les seules en usage jusqu’au rĂšgne de Charlemagnc. (Duclos.) Les deux puissances temporelle et spirituelle, ou mt7i(atrĂŽ et ecclĂ©siastique se disputent la dominaÂŹ tion des hommes. (Bernardin de St-Pikrrb.) « En prcsence de ces nombreuses citations et des puissantes autoritĂ©s qui nous les ont fournies,, nous pouvons hardiment dĂ©cider qu’il est permis de .dire : 1Âź TÈglise grecque et TÈglise latine; 2° TÉglise grecque etjg latine; 3Âź TÉglise grecque et latine; 4Âź les Églises grecque et latine, malgrĂ© lĂ©s scrupules de certains grammairiens, qui rej'etlent les deux derniĂšres expressions comme vicieuses, par la peur, bien ridicule sans doute, que
( 211 ) dans Tune on n’entende que f Église est Ă  la fois grecque oxdatme, et parce que dçins Tautre ; les Ă©glises grecque et latine, leurs yeux, douĂ©s d’une sensibilitĂ© si irritable, sont choquĂ©s de voir deux adjectifs singuliers accplĂ©s Ă  un,substantif pluriel. Boniface est le premier, nous lui devons celte justice, qui ail osĂ© soutenir celte hĂ©rĂ©sie grammaticale, car c’en est une que d’avancer qu’on peut dire : (a (ixtĂ©rature française et anglaise ou Les littĂ©ratures française et anglaise; l'autoritĂ© civile et ecclĂ©siasĂŒque, oxx les autoritĂ©s civile et ecclĂ©siastique. «Boniface, dit un grammairien, a raison d’ap- » prouver ces locutions, car nos Ă©crivains les plus renommĂ©s en font usage journelle- » ment. M. LĂ©vi lui-mĂȘme ne les condamne plus, bien qĂŒil m’ait fait, il y a quelques >j annĂ©es, une querelle d’Allemand, Ă  la SociĂ©tĂ© grammaticale, pour avoir mis dans » un rapport \-les Ă©crivains anciens et modernes, attendu, gisait-il, que les Ă©crivains ne » peuvent ĂȘtre tout Ă  la fois anciens et modernes. Vainement je rĂ©poi\dais,que c’était » prĂ©cisĂ©nient celle opposition, cette incompatibilitĂ© dĂąns les idĂ©es qualilicalivĂ©s^ qui J) rendait Tellipse naturelle, comme on dit sans cesse des dĂ©jeuners chauds et froids, » parce que des dĂ©jeĂ»ners ne pouvant ĂȘtre chauds et froids en mĂȘme temps, il est im- » possible qĂŒon ne comprenne pas que cette phrase signifie, sous une forme concise, » des dĂ©jeĂ»ners chauds, et des dĂ©jeĂ»ners froids. MalgrĂ© mon plaidoyer, la SociĂ©tĂ© a con- » daninĂ© tes Ă©crivains anciens et modernes, aussi bien que les dĂ©jeĂ»ners chauds et froids. » ÀiijoĂčrd’hui, ces juges, si rigides sur les principes, se sont amendĂ©s tant soit peu, » et la plupart d’entre eux sont les premiers Ă  employer la locution qĂŒils combat- » taieni avec tant de chaleur. Tant mieux, c’est un progrĂšs. » Lemare lui-mĂȘme, quoiqu’il ne soit pas de cette opinion, ne peut s’empĂȘcher de reconnaĂźtre qĂŒil est souvent bien difficile de rĂ©sister au besoin d’abrĂ©ger, surtout lorsque le danger de l’équivoque est presque nul, comme dans cette.expression : Les philosophes anciens et nouveaux. % EXERCICE PBRASÈOLOGiQVE. extrait des auteurs. Le< Terlus civiles et ehrĂ©liennĂ©i. FacultĂ©s sensitive et intellectuelle. FĂȘtes grecques et romaĂźnei Les langues rĂ tine, grecque et hĂ©- Le^ seigneurs caiboliques et hĂ©rĂ©- AcadĂ©mies française et de belles- Barons sĂ©culiers et coclĂ©siastiques. braĂźque. rĂ©tiques. ‘ leltres. Lois ailemandei «t bavaroises. ’ Les langues grecque, romain^, liĂ©; Corps administratifs et judiciaires Escadres française et espagnole. Marchands maures et nĂšgres. braique, arabe et Ă©thiopienne. La grande et petite Ă©curie. ^ . Marine hollandaise et anglaise. ExtrĂ©mitĂ©s orientale et occidentale. Puissances temporelle et fpiritueUe. Les animaux frugivores et cartii- Lignes masculines et fĂ©minines. Les lois civile et ecclĂ©siastique. Inversions latines et grecoues Tores. N“ CXX ADJECTIFS QUALIFIANT TANTOT LE PREĂźflIËR , TANTÔT LÈ SECOND SUBSTANTIF, LORSQU’IL s’en TROUVE PLUSIEURS UNIS PAR LA PRÉPOSITION dC. ACCORD AVEC LE MOT QÜI PRECEDE de. Le roi d’Ëgypte Ă©tait suivi de deux mille prĂ©tfes vĂȘtus de robĂ©s de lin pĂźĂŒs biĂ nches que la neige. (Voltaire.) Le pain des. Lapons n’est que de la farine d’os do poissons BROYÉE ET MELEE avec dc l’écorce tendre^ de pifi on de bouleau. {BÜFËîür.)" ' ACCORD AVEC LE MOT QUI SUIT de. ^ L’étendard royal de France Ă©tait un bĂąton dorĂ© avec un drĂąpĂ©aii de sdiK blanche, semĂ© de fleurs de' lis. ĂźVOLTAIRK.*) . LĂ© roi des Scythes prĂ©senta cent chevaux de baÂŹ taille couverts-de housses de peaux Ăąe renards noirs. ' (VoLfAÏsÉr;
c m ) Üh d6i'hlet‘ oriiĂšmetit qui leĂŒt‘ est pĂ rticĂŒliei*,,c’est r'me espĂšce de brodequins de toile de coton, garnis dc rassade. (Id,) J'avais fait venir dc Paris une petite caisse conteÂŹ nant... six paires de bas dc soie blancs. (J.-J. Rousseau.) On a trouvĂ© une'pARTiE du pain mangĂ©e. (RonĂŻfack.) One itĂčrtpĂ© de snsûàs vĂ©tĂŒs Ăą fespagholCi (Vkrtot*.) Des rrowpes ĂŒiiommes grotesquement vktus d’ba bits de guerre, apparaissaient çà cl lĂ , (Albert-MontĂ©mont.) On a cuit uncparftc du pain destinĂ© aux pauvres. (Boniface.) Le rapport de Tadjectif est quelquefois difficile Ă  saisir; il faut alors se bien pĂ©né trer du sens qĂŒon veut exprimer, et voir auquel des substantifs convient la modifiÂŹ cation. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Anneaux d’or ma**Ăźf. Bouton# do mĂ©tal jaune. Cbapffuux de paille cousue^ Soulier# de veau cirĂ©: Bai de coton Ă©cru. Anneaux d’or lĂ©geri.’ Bouton# de mĂȘtul rond#. Chapeaux de paille garni#. Souliera de veau cirĂ©t. Bas de soie blanc#. GĂąteaux d'amende exeellenti. Boite# d'herbe e ni barra iianttl. Ruban# de gaxe brocbĂȘi. Ruban# de gaxe roules. Ea# de loie rbcrt. NÂź CXXI. â–ČDJÂŁGTIF PRÉCÈDE DE PLUSIEURS SUBSTANTIFS SÉPARÉS PAR LES EXPRESSIONS flĂŻn#» gtifl, , comme, avec, aws*t bien que/de mĂȘme que, non plut que. accord avec un seul substantif. Le CARACTÈRE primitif d’une nntion, ainsi que celui d’un homme, est souvent altĂ©rĂ© parle corn- O merco de ses voisins. (Bernardin de St-Pierre.) Ces assemblĂ©es , ainsi que les repas et les exerÂŹ cices publics, sont toujours xio.norĂ©es dc la prĂ©sence des vieillards. (BarthĂ©lĂ©my.) La CHAIR du lynx, comme ceRe delous les ani- raaĂŒx de proie , n’est pas bonne Ă  manger. (Buffon.) La vĂ©ritĂ©, commela lumiĂšre j est inaltĂ©rable, imÂŹ mortelle. ^ (Bernardin de St-Pierre.) Presque toute la Livonie, avec I’Estonie entiĂšre, avait Ă©tĂ© abandonnĂ©e par la Pologne au roi de SuĂšde. (Voltaire.) Le capitaine, avec cinquante hommes seulement, Ă©tait PARVENU Ă  se rendre maĂźtre de la ville. ' (Bomfacb.) ACCORD AVEC PLUSIEURS SUBSTANTIFS. La tĂȘte en entier, ainsi que la gorge et la moitiĂ©, ' supĂ©rieure du cou, en dessus et en dessous, sont Ă©galement couuerfes d’un duvet court. (Buffon.) Dans TÉgypte, dans l’Asie et dans la GrĂšce, Bac- CHus, ainsi qĂŒHERCULK, Ă©taient reconnus pour demi- dieux, (Voltaire.) Vaigle, reine des airs, avec margot la pie. DiffĂ©rentes d’humeĂŒr, de langage et d’esprit Et d’habit. Traversaient un bout de prairie. (La Fontaine.) Bertrand avec Raton ^ Tun singe et Tautre chat, Commensaux d’un logis, avaient un commun maĂźtre. \Id.) ĂŒn capitaine avec cinquante hommes qui Ă©taient venus pour sauver Élie,.sont consumĂ©s par le feu du ciel. (Jour, grammat.) On voit, par les citations de la premiĂšre colonne, que Tadjectif, prĂ©cĂ©dĂ© de deux ou de plusieurs substantifs sĂ©parĂ©s par les mots ainsi que, comme, avec, etc., s’acÂŹ corde avec le premier seulement, quand Tesprit veut Ă©tablir une comparaison, ou indiquer un moyen, comme dans le dernier exemple. Mais, dans les citations opposĂ©es, les mots ainsi que; avec, ne.marquent plus, Tun, la comparaison, Tautre, un moyen; ils indiquent tous deux la simultanĂ©itĂ© de Tac- lion, et cette simultanĂ©itĂ© entraĂźne invinciblement la pluralitĂ©. La SociĂ©tĂ© grammaÂŹ ticale Ta tellemSni senti que, dans Tune de ses derniĂšres sĂ©ances, elle a dĂ©cidĂ©,
(215) contre Topinion de Lemare, qu’în pouvait imiter La Fontaine, Buffon et Voltaire, dans les phrases analogues Ă  celles que nous avons empruntĂ©es Ă  ces Ă©crivains (1). Cependant Tavant-dernier exemple de la premiĂšre colonne nous-fait voir que, dans ce dernier cas, on met aussi Tadjectif au singulier : La Livonie, avec f Estonie, avait Ă©tĂ© abandonnĂ©e, etc. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Dtturel du loup, comme celui de> animaux laurage», est fĂ©roce, eliair du lapĂźii, de mĂ©aie que celle du llĂšfre , est bonne Ă  mam L« La Le cbant de la faufetle, eonime celui de Talouette, est agrĂ©able. L'eipĂȘraoce, arec Thomme, fut dĂ©truite. Le pĂšre, ainsi que les enfants, ont Ă©tĂ© malheureux. Le prix, ainsi que les frais, seront payé» par vous. Le plan , comme TexĂ©cutton de l'ouvrage, lulsont dna. La maison, avec le jardin et les dĂ©peiidanees, ont Ă©iĂšvendustrop cher. Le cb&teau, avec toutes ses dĂ©pendances, ont Ă©tĂ© vcudus comptant. N° CXXII. DE l’accord de l’adjectif feu. INVARIABLE. Je viens de mettre en vers dans le moment feu Af. le duc d’OrlĂ©ans et son systĂšme avec Law. (Voltaire.) J’ai ouĂŻ dire Ă  feu ma sƓur que sa fille et moi naÂŹ quĂźmes, la mĂȘme annĂ©e. (Montesquieu.) variable. ĂŒn service solennel pour les feus rois Louis XVI et Louis XYII eut lieu Ă  Notre-Dame le 14 mai 1814. (Boniface.) Le duc de *** doit Ă  la bienveillance dont l’honorait la feue reine les bonnes grĂąces de Tempereur. (De Salvandy.) Feu est invariable quand il est placĂ© avant Tadjectif qui dĂ©termine le substantif; il prend Taccord, s’il en est prĂ©cĂ©dĂ©. C’est Ă  tort que les grammairiens refusent le plu riel Ă  ce mot. Rien n’empĂȘche de dire : les feus Dauphin et Dauphine; mes feues tantes. Cet emploi n’est pas commun, il-est vrai; mais, ainsi que le remarque fort judiÂŹ cieusement Boniface, raretĂ© d’une expression n’en doit pas faire condamner Tusage (2). EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE, Fan mon pĂšre, Feo la raÎDik. Hen feu pĂšre. La feue reiue. Feu aesonclei. Feu leiprÎDcesaet. 6ea fpui eouiina. Les feuea priocesieh (1) Sans doute ces phrases paraissent en contradiction avec la grammaire; mais, comme l’a trĂšs bien obÂŹ serve* un littĂ©rateur plein de tact et de goĂ»t, ce qui peut n’étre pas conforme Ă  la rĂšgle grammatiÂŹ cale est souvent d’accord avec la raison. Si Ton regardait le nom qui prĂ©cĂšde ainsi que, avec, comme l’idĂ©e dominante, on altĂ©rerait le sens des mots et les vues de celui qui parle. (2) « L’adjectif/eu, dit Lemare, vient du latin functus, d’oĂč defanctus, dont nous avons fait aussi dĂ©funt, B La maniĂšre extraordinaire dont il est pincĂ© dans feu mon pĂšre, feu ma sƓur^ a fait croire qu’il n’est point ad- » jectif ‘ et peut-ĂȘtre est-ce la cause'qĂŒil reste invariĂ©. » Lemare nous semble ĂȘtre tout-Ă -fait dans Terreur. Feu ne tire point-son origine de functus ni de defuncius ; il vient du latin fuit ou plutĂŽt de TUalien fa. En effet, les Italiens pour dire feu mon pĂšre disent padre chefu. Exemple : In quesli tempiy <ĂŒVentrante d’ot- ei signifie qui fut , il n’en est pas moins devenu dans notre langue un vĂ©ritable adjectif; et nous avons lieu d’ctre Ă©tonnĂ©s qu’on ne le fasse pas toujours accorder, ainsi que la raison Texigc. Aussi est-ce avec plaisir que nous avons vu derniĂšrement la SociĂ©tĂ© grammaticale porter atteinte Ă  la rĂšgle des grammairiens, en ap- .prouvant le fĂ©minin dans cette phrase : Vn des salons est entiĂšrement ornĂ© de tĂštes d’étude d’aprĂšs Tarifi- que, toutes dessinĂ©es par la princesse royale, FEUE remerfe Wurtemberg, etc. -
( 211 ) N«' CXXIIÏ. DE l’accord de L’ADJEpTÏF nw. INVARIABLE. â–ș r » II-Ă©tait nu-/ĂȘte et nu-jambes, les pieds chaussĂ©s de petites s^nd^es. (Voltaire.) Premier peuplede la terre, songez que vous^avez dans votre royaume environ deux millions de per- onnes qui marchent en sabots six mois de TannĂ©e, qui sont nu-pted5 les autres six mois. (/R) TABIABLS. ‘ - f ’ » Accoutumez vos enfants Ă  demeurer Ă©tĂ© et hiver . jour et nuit, toujours tĂȘte nĂ»e. (J.-J. Rousseau.) Puisque ces saints sont assez humbles pour marÂŹ cher pieds nus, ils seront assez charitables pour me donner Ă  diner. (Voltaire.) L'adjectif nit, prĂ©cĂ©dant le substantif, reste invariable; il varie, s’il vient aprĂšs. Toutefois, lorsque le substantif qualifiĂ© par Tadjectif nu est dĂ©terminĂ© par Tarticle la, cet adjectif, quoique placĂ© avant le nom, subit Taccord, comme dans cet exemple : Le donateur s'est conservĂ© la nue PROpaiÉTÉ de ses biens. y Observation. La rĂšgle prĂ©cĂ©demment posĂ©e n’est applicable Ă  nu, que lorsque cet adjectif est joiqt Ă  un nona dĂ©sjgnant une partie du corps humain ordinairernent couÂŹ verte : pieds, jambes, bras, cou, tĂȘte. On dirait plutĂŽt les mains nues que nu-mains. Observez encore qĂŒon ne dit point nu-pied, nu-jambe, au singulier; on dit : un pied nu, etc. Nurpieds, nu-tĂȘte, elC-, sont des locutions adverbiales elliptiques. Nn-tĂŽte. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. La tĂȘto nue. Los Jambes nues. No'bras. Nu-pleds. L«b hrtii no^ Les jpleds dus. NÂź CXXIV. 1 I ^ T I “ ACCORD pç t/'ApjECTiP demi. INVARIABLE. Les grands ne se croiraient pas des demi-dieusç si les petit ne les adqraient pas. (Boiste.) Une demi-heure aprĂš^ avoir quittĂ© le vaisseau, Je foulai le sol ainĂ©ricĂąin. ' (Chateaubriand.) On ne gouverne pas une nation par des demi-meÂŹ sures. (Montaigne.) VARIABLE. Le soleil tourna sur sou axe en vingt-cinq jours et demi. , ’ ‘ (Voltaibb.) Hier, Ă  dix heures çt le rpl dĂ©clara qu’il Ă©pousait la princesse de Pologne.* * ' (Id.) Opimius paie la tĂȘte de CaĂźus Gracchus dlx-sept livres et demie d’pr. (Vhrtot.) Demi, lorsqu’il prĂ©cĂšde immĂ©diatement un subslnntif, demeure invariable et forme avec lui une expression subsianliye qui est indiquĂ©e par un tiret. S’il le suit, il en prend seulement ie genre, parce qĂŒen exprimant une demie il ne saurait prendre le pluriel, Ă  moins qu’il ne soit employĂ© comme noin. Exemple : Ceue pendule n'a pas sonnĂ© la demie , parce qu'elle ne sonne pas les demies. , .
( 215 ) Dot? s’emploie aussi avec ies adjectifs, on dit demi-mauvaises, demi-pĂąmĂ©e, demi-pourris, etc. demi-fou, demi-mort, demi-bonneB, Observations sur les adjectifs nu et demi. Est-il vrai que les expressions demi-science, nu-tĂȘte, nu-pieds, et autres semblables, aient Ă©tĂ©, aipsi qup Iç dit Lemare, ç}es né gligences qui sont devenues ensuite usuelles? Les adjectifs demi et nu ne seraientT;ils pas, au contraire, pris adverbialement, et ne pourrait-on pas, d’aprĂšs cela, analyser ces expressions ainsi qu’il suit : exemple pouf demi : ĂŒne rfemi-science est la plupart du temps pire que l’ignorance. Analyse : Une science ( acquise Ă ) demi est la plupart du temps pire que l’ignorance. Exemple pour nu : Les courtisans vont nu-tĂȘte, les esclaves vont nu-pieds, le citoyen va entiĂšrement vĂȘtu. Analyse : Les courtisans vont (ayant la) tĂȘte (Ă ) nu, les esclaves vont (ayant les) pieds (Ă ) nu, le citoyen va entiĂšrement yĂȘtu. Ces analyses nous paraissent suffisamment justifiĂ©es par les phrases suivantes : Des vertus \ DEMI EFFACÉES de Leur mĂ©moire, (La BruyĂšre). ■—Ses sanglots qu'on n entend qiTh DEMI. (Massillon). Ces lumiĂšres que nous n'avons jamais qu'k demi, et Ă  force de veilles. (Le mĂȘme). — Rallier le Français a demi vaincu, (Bossuet). — Monter }in chevql a nu. (Planiche).—Faire voir son cceur a nu. (Le mĂȘme). Üae ĂąeniMĂźeuc. Deux demi-pĂźeds. Les dcnii-eonnai??ances. EXERCICE PffRÂSÉOLOGlQVE. Deux lieues et demie. Midi et demi. Quatee au nĂ©s et demie. Demi-journĂ©e. Demi-KĂŻODGdence. ^ Uue demi-fortune. Minuit et demi. Une bouteille et demie. Six livres et dqmit. N" CXXV. ExceptĂ©, passĂ©, supposĂ©, vu, y compris, ci-joint, ci-inclus, franc de port, etc. invariable. % ^ 11 ExççpiĂ© fa çotir qui s’élĂšve quelquefois au-dessus des prĂ©jugĂ©s vulgaires, il n’y a point un Égyptien qui voulĂ»t manger dans un pjat dont un Ă©tranger se seÂŹ rait servi. ^ (Voltaire.) Vpu^ trouverez ctVjotnf la copie de la lettre de re- mercĂźment que M, C... m’a Ă©crite. (J.-J, Rousseau.) Vous trouverez ci-inclus copie de ma lettre. (DomergĂŒes.) J’ai teçn franc de port une lettre anonyme. (J.-J. Rousseau) ' ■ % Ce n’est que passĂ© trois mois que ces jeunes oiÂŹ seaux poussent le reuge, (Buffon.) variable. Les traits des habitants de Bondou approchent de ceux des EuropĂ©ens, beaucoup plus que ceux dĂšs autres habitants dĂ© l’Ouest, les Maures exceptĂ©s, ' (Albert-MontĂ©mont.) Le dessin de ce conguar m'a Ă©tĂ© envoyĂ© d’AngleÂŹ terre par feu M. CollinsĂŽn, avec la description ci- jointe, (Buffon.) ' t * Je vous recommandĂ© les cinq lettres ci-incluses, (Bernardin de St-Pierre.) Le Contrat social est imprimĂ©, et vous en recevrez douze'exemplaires francs dĂ©port. (J.-J. Rousseau. ) Je lis TelTort, ces jours passĂ©s, d’aller Ă  la comé die du passe; du prĂ©sent et de l’avenir, (Voltaire.) ■ De ces exemples il rĂ©sulte clairement que les mots passĂ©, excepU, cifoint, ci-inclus, ! franc de port, parmi lesquels nous devons ranger vu, supposĂ© ety compris, sont invariaÂŹ bles lorsqu’ils prĂ©cĂšdent le substantif, et variables quand ils sont placĂ©s aprĂšs Iqi.
( 216/ ExceptĂ© tes bomtnes. PniiĂ© ccuĂȘ ipoaue. SupposĂ© cette chose, y compris 1# valise. Cinticlus la note. ^ Fiano de port leurs lettres. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Les hommes czeeptĂ©i. Cette Ă©poque passĂ©e. Cette chose supposĂ©e. La valise ^ comprise. La Dote ciwDclĂ»se. Leurs lettres franches de port. ExceptĂ© les femmes. PauĂ© eei jonn-ci. SupposĂ© ces projetu Ci-ioint ma lettre. Ci^nelui leurs lettres. Franode port leurs mirchandUet, Los femmes exceptĂ©es. Cas Jours-ci passĂ©s. Ces projets supposĂ©s. 21a lettre ct-jointe. Leurs lettres ei-iaeluses Leur t marchandises franches de port. O N CXXVI. Proche et possible. VARIABLE. ' Les maisons qui sont proches dc la ville sont suÂŹ jettes aux inondations. (AcadĂ©mie.) Nous devons dire qu’on peut rĂ©duire en trois classes tous les monilm possibles. ^ (Buffon.) Faisons d’abord respecter notre malheur; car de toutes les calamitĂ©s possibles, la plus insoutenable est le malheur mĂ©prisĂ©. (De SĂ©gur.) invariable. Une difficultĂ© d’importance a fort embarrassĂ© Tycho* BrahĂ© et Kepler, touchant les Ă©clipses centrales de la lune qui sc font proche de l’équĂ teur. (Bernardin de St-Pierrs.) Les missionnaires pensaient qĂŒe leur propre intĂ©rĂȘt Ă©tait d’avoir le moins de rapports possible avec le gouvernement du Cap. (Albkrt-MontĂ©mont.) Un conquĂ©rant, afin de perpĂ©tuer son nom , exterÂŹ mine le plus d’hommes possible, (Fontenelle, ) Ils ne songent qu’à payer le moins d’impĂŽts posÂŹ sible. (De SĂ©gur.) Dans la premiĂšre colonne les mots proches et possibles, Ă©tant adjectifs, revĂȘlent le signe du pluriel, parce qĂŒils se rapportent aux substantifs maisons, monstres et cala*- mitĂ©s, , - ■ Mais, dans la seconde colonne, si les mĂȘmes mois demeurent invariables, c’est que le premier semble ne plus jouer le rĂŽle d’adjectif, et que le second est l’élĂ©ment d’une proposition elliptique. En effets proche paraĂźt faire l’office de prĂ©position et signifie prĂšs (1). Quant au mot possible, voici l’annlyse de la derniĂšre citation : lis ne songent qu'Ă  payer le moins d'impĂŽts (qu'ih leur est) possible, ou {que cela leur est) possible. On voit donc que l’adjectif possible s’accorde avec ĂŒ ou cela sous-enieridu. D’ailleurs , cet adÂŹ jectif reste invariable toutes les fois qĂŒil y a dans la phrase plus, moins, te plus, le moins, et, dans ce cas, ce serait logiquement une faute que de le mettre au pluriel. Habitations proches. Maisons proches. Personnes proches. Ceux qui sont proches. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, Habitations qui sont proche d«* Maisons proche de. Personnes proche de. Ceux qui sont proche de* Tontes les-bontĂ©i possibles. Toutes Jes idĂ©es possibles. Tous les avantages possibles. A toutes les Ă©poques possibles. Le plus de bontĂ©s possible. Le moins d'extravagances possible.'^; Aux plus longaesĂ©cbĂ©aiicGB possible. Aux Ă©poi^ues les moins longues pos* sihlc. (1) Nous disons que proche, en pareil cas, parait ĂȘtre une prĂ©position, car ce n’en est rĂ©ellement pas une, quoi qu’en disent les grammairiens; c’est tout simplement un adjectif qualifiant,1e mot lieu sous-entendu, ainsi que le prouve l’analyse suivante : Les Ă©clipses centrales de la lunĂ© qui se font (dans un lieu) proche de VĂ©qu<Ă eur,
( 217 ) N“ CXXVII. osgsawÂź*-.- MOTS QUI, JOUANT EN APTARENCE LE ROLE d’aDJECTIFS, RESTENT SUBSTANTIFS ÂŁX INVARIABLES.' VARIABLES. Un homme vĂȘtu d’une robe violette, vint nous fé liciter sur notre anlvĂ©e. (Voltaire.) 'Un autre caractĂšre distinctif du mĂąle, et qui n’avait pas encore Ă©tĂ© saisi, c’est une espĂšce de demi-collier autour de l'occiput, formĂ© par de longs poils oii^ SOIES powrprc5, (Buffon.) La bergeronnette de printemps est la premiĂšre Ă  reparaĂźtre dans les prairies et dans les champs oĂč elle niche au milieu des blĂ©s verts. (Id,) La H ON NETTE ccndrĂ©e se tient dans les bois plus que dans les vergers et les jardins. {Id.) invariables. \ Les couleurs du grand casque sont aurore. (Bernardin de St-Piebre.) Les sous-bergers et sous-bergĂšres, en longues robea blanches, ceintes de garnitures aurore, lui servirent dans cent corbeilles de simple porcelaine cent mets dĂ©licieux. (V olta ire.) La gorge et tout le dessous du corps Ă©tait d’un blanc sale, variĂ© de taches marron. (Buffon.) Le colibri Ă  gorge carmin a quatre pouces et demi de longueur. ' (la.) Dans les exemples de la premiĂšre colonne, les mots violette, pourpres, verts, cendrĂ©e, Ă©tant de vrais adjecrifs, s’accordent avec les noms auxquels ils ont rapport. Dans les exemples en regard les mots aurore, marron, carmin, doivent rester invaÂŹ riables, parce qu’ils sont de fait substantifs, et qu’ils font partie d’une expression qualificative et elliptique dont la construction pleine est : de la couleur de Taurore, de la couleur du marron, du carmin; tĂ©moin ces autres exemples de Buffon : * » ‱ , . Les uns ont les yeux bruns et les autres couleur de vert de mer. Les pieds et les ongles de la perruche aux ailes ' d’or sont couleur de chair pĂąle. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Del rubftDi biens. Des ch&lei cramoisis. "Des cbapeaui DtrS goici blaticlittS. Del draps bruns. Des rubsni paĂźiĂŻo. Des ganls loufre. Des Ă©charpes poneeao. Des gatei cerise. D«s robes noisetl*. Des teffeUs noirs. Des souliers mordorĂ©s. Des «rintures bleues. Des ptpiers blancs. Des cheveux blancs. ' Des taffeUs {onqnRl^, Des souliers pislaebe Des ceintures orange Des papiers vĂ©iiti. Des velours puce. N"CXXVIII. DBS ADJECTIFS COMPOSÉS hleu-cĂźair, chĂątaini^lair, etc. .variables. La PERDRIX ^rtse-WaiĂźc/te et la perdrix rouge- blanche font variĂ©tĂ©s dans ces deux espĂšces de per- drix. (Buffon.) Je lui offris donc cinq livres pesant de grains en verre et en porcelaine de couleurs que j’espĂ©rais deÂŹ voir lui plaire davantage , blanche, noire et bleue- claire. (Albert-MontĂ©mont.) Les CHEVEUX de cette petite fille Ă©taient chĂątains- bruns et fins. ÇBuffon.) INVARIABLES. L'azurou est originaire du Canada; II a le dessus de la tĂ©te d’un roux-obscur, le bec et les pieds gris- brun. (Buffon.) Le poisson qu’ils prirent avait presque trois pieds de long et Ă©tait entiĂšrement couleur- de plomb ; ses YEUX Ă©taient jaune pĂąle et d’une extrĂȘme petitesse, (Albert-MontĂ©mont.) L’hyĂšne a le poil dĂ» corps et la criniĂšre d’une couÂŹ leur gris-obscur. (Buffon.) 28
( 218 ) ’ Les pieds du grand bĂ©froi ont dix-huit lignes de longueur, et sont, ainsi que les doigts; d’une cov- LEmplombĂ©e-claire, (Buffon.) C’était comme autant de gros points d’une couleur /atin^-6rune et obscure, , (JdJ) Les Arabes sont dans l’usage de se faire appliquer une couleur hlme-foncĂ©e aux bras, aux lĂšvres et aux parties les plus apparentes du corps, ' (M.) Quand on se couche on a des pensĂ©es qui rie sont que g rts-brun. (MŸŸ de SĂ©vignĂ©.) t * Lorsque les yeux sont tournĂ©s Ă  contre-jour, ils paraissent noirs, parce que la couleur jaune-6run tranche si fort sur le blanc de Tceil qu’on le juge noir par rĂŽpposition du blanc. (Buffon.) La gorge est aussi revĂȘtue de plumes veloutĂ©es ; mais celles-ci sont noires ; avec des reflets uer/- dore. (/d.) Dans la grammaire de MAf. NoĂȘĂź et Chapsal, oĂč les rĂšgles-sorit presque ipujpqrs en contradiction avec les faits, nous lisons : « Deux adjectifs; dont le premier est qualifiĂ© » par le second, restent tous les deux invariables : des cheveux chĂątain-clair/des Ă©toffes » rqse-tendre. La raispn en psi que le ppemiep adjeptif pst prjs subiitaniiyement; c’e§t » comme s’il y avait d'un chĂątain clair, d^un rosĂ© tendre, » Les exemples de la premiĂšre colonne nous prouvent cependant que deux adjectifs rĂ©unis peuvent aussi varier : c’est quand ils qualifient l’un et Tautre le substantif auquel ils se rapportent. D’pprĂšs Buffon, on Ă©crira donc avpç la pluralitĂ© : des cheveux chĂątainsrbruns, des cheveux chĂątains-clairs f parce qu’ils sont Ă  la fois chĂątains et bruns, chĂątains et clairs. 11 y a celle diffĂ©rence, dit trĂšs bien Boniface, entre des Ă©toffes bleues-claires-çX des Ă©toffes bleu-clair, que les premiĂšres sont de couleur bleue et d’un ĂŒssu clair, et que les^ secondes sont d'un bleu-clair, , pBSERVATiON.—On dit : un beau couleur de ro'se , un beau couleur de feu. BarthĂ©lĂ©my a fait usage dĂš cette expression oĂč ĂŒeaM.est au masculin, soit parce que couleur de rose est ici au masculin, comnie le rose; soit ellipse du substantif teint. I EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE 00 TOUTES LES Ă©piTHKTES SOMT TIHKBS DE BDEFON. Une caille grtBe-blenebe. Cheveux cbĂątaini-bruos. Une couleur bleue-claĂźre. Des aĂźlei jauoea-brune». Une couleur plornbĂšc*cIaĂźre. ĂŒnĂ© couleur noire‘foneĂȘfc’ ’ Une eonteur grie-btine. Haoteau rĂŽuge-bai vif. Une couleur blĂ©u'tendre. Uea ailes grivbruo. Une couleur jaune-oraog^. Une couleur gri> de fer. Upe Ă©toffe bteuerataire. Une couleur jaĂčne-brune. Une couleur bleue foncĂ©e. Des Ă©toffes jaunes-claires. Une couleur blanche-pĂąle. Del plume? bleue^ineK Une Ă©toffe bteueralalr Des habits tnarron-foncĂ©. Des becs jaune-pĂąle. Des yeux bruD-oItrĂątre>fooeĂ©. Une eouleur rouge-bai. Des plumes rouge^oramoisi. jVÂź CXXIX. BKS ADJECTIFS COMPOSÉS TELS QVE nouv€oux-converti$, ivres-morts, etc., bt nouveau-nĂ©s, demi-morts, etc. VARIABLES. Le gĂ©nĂ©reux Freind paya la dot des deux mariĂ©s, 11 plaça bien tous ses nouveaux convertis. ' (Voltaire.) On m’apporta une couvĂ©e de trois ou quatre petits de la mĂȘme espĂšce : elje ( la jeune alouette) .se prit d’une affection singuliĂšre pour ces nouveaux venus. (Buffon.) Si les femmes cherchent Ă  dopner du f idicule Ă  une nouvelle venue, il est sĂ»r qu’elle ert piii§ jolie qu’çUes. (Voltaire!)" INVARIABLES. P’pn regard Ă©tonnĂ© j’ai vu sur ces remparts ' Ces gĂ©ants çourt-vĂȘtus, automates de MarĂą- (Voltaire^ Les enfants nouveau-nes des NĂšgres sont si susÂŹ ceptibles des impressions de Tair, qu’on est obligĂ© dc le.s tenir pendant les neuf premiers mois dans de.«ß chambres bien fermĂ©es et bien chaudes. ' (Buffon.)
( 919 ) Je remarquais touti’étalage ÂŁt Tair de ces nouveaux venus : Ce sont seigneurs de haut hgnage, Car ils descendent de Janus, Ayant tous un double visage. (VoltaibĂš.) Peu d’heures avant que Montesquieu expirĂąt, on renvoya Routh et son compagnon ĂŻvres-morts. . (Id.) Desiructeurs-nĂ©s des ĂȘtres qui nous sont suborÂŹ donnĂ©s , nous,Ă©puiserions la nature si elle n’était iné puisable. , (Buffon.) , Pour moi, je ne vois rien de plus sot, Ă  mon sens, Qu’un auteur qui partout va gupuscr des encens, Qui des premiers venus, saisissant les oreilles, En fait le plus souvent les martyrs de ses veijles. (MoliĂšre.) .... Il tua plus d’à moitiĂ© La volaiitlc malheureuse Qu!, maudissant sa curiositĂ©, TraĂźnant Taile et tirant le plĂ©. Demi-morte et demĂčboĂźtettse Droit au logis s’en retourna. ' (La Fontaini. LĂ©gĂšre et court-^ĂȘtue, elle allait Ă  grands pas, Ayant mis ce jour-lĂ , pour ĂȘtre plus agile, Cotillon siiqple et souliers plats. ’ (Id.) Les soies de TĂ©lĂ©pbant sont trĂšs clairsemĂ©es sox- Ăźe Ăšorps, mais assez nombreuses aux cils des pan- piĂšres. > (Buffon.) Je hais ces fort-vĂȘtus qui, malgrĂ© tout leur bien, Sont un jour quelque chose , et le lendemain rien, ■ (Rhgnard.) Il y a lĂ  un rendez-vous gĂ©nĂ©ral de toute Tharmonie de la ville ; les femmes y apparaissent lĂ©ger-vĂ©tues, dans un lointain vaporeux qui lĂ©s fait paraĂźtre char^ mantes. ; # 'J k ‘ (Jules Jahiii.) Parmi les adjectifs composĂ©s il s’en trouve oĂč les deux mots prennent le signe du pluriel; tels sont ceux des phrases de la premiĂšre colonne: Dans ies unes, le dernier ou le premier mot est pris substantivement, et Tadjectif qui le prĂ©cĂšde ou le,suit s’accorde en genre et en nombre avec lui : ces nouveaux convertis, ces nouveaux venus, destru^ teurs-nĂ©s. Dans les autres, chaque mot exprimant une qualitĂ© attribuĂ©e au substantif qualifiĂ©, doit s’accorder Ă©galement avec celui-ci en genre et en nqnibre : Routh et son compagnon ivres-morts. Mais on apprend par les exemples de la seconde colonne qu’il est aussi d’autres adÂŹ jectifs composĂ©s oĂč le premier reste toujours invariable ; gĂ©ants courhvĂ©tus, enfants nouveau-nĂ©s, des soies clairsemĂ©es, demi-morte; c’est qu’en pareil ças cet adjectif est pris adverbialement, ainsi que le fait voir cet exemple de Buffon : L'urubu a la tĂȘte et une partie du cou rouges, chauves et charnus comme celui d'un dindon, clairement semĂ©s de poils noirs. Il aurait pu aussi bien diTQ clairsemĂ©s. D’aprĂšs cĂ©iĂ  gĂ©ants conrp^ĂȘtus, etc., c’est donc pour gĂ©ants coartement vĂȘtus, enfants nouvellement nĂ©s, soiĂ©s clairement semĂ©es, matelots Ă  demi-nus, ou plutĂŽt (avec un vĂȘlement) court; nĂ©j (dans un temps) NOĂŒVEÂu, etc. - EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. MASCULIN PLURIEL. Nouveaux venus. Nouveaux convertia. Nouveaux dĂ©liarquĂ©a. Nouveaux mariĂ©s. ' ' ' ĂŻuteurs-nĂ©f. PrĂ©fidents-i.Ă©B. ' Deslructeura-pcf. Ivres-mortA, Ai oi'ts-ivre*. rrais-cueillif. FEMININ PLUIUXL. NoutoII** venues. Nouvelle* converties. Nouvelles dĂ©barquĂ©e^ No'uvĂšiiei mariĂ©es. Tutrices-nĂ©es. PrĂ©ftidentei'nĂ©es. Deittructrieei-oĂ©e«, Ivres-mortc*. Mqrtes>ivreS. FraĂźebes^ueillies (1). MASCULIN NouTetU'ĂŽ^ ^ NoiivĂšau-iĂŻrĂȘB (8). NqaveĂ ti'fereA Morts-itĂ©t. Premieri-pĂ©s.' Demi-barbares. Demi-sauvages. Demi^ivilisĂ©s. Mi-partis. Aigre^oux. plurteia PEHmm pluriel Point de UmlDtik ' ' ' ^ Idem, IdĂ©m. Idem.- Idem. Demi-barbare t. Demi-sauvages. DemMÎvilisĂ©es. Mi-parUes. Aigres.dotioef (Sj. (/) Plusieurs grammairiens veulent que fraĂźches, dans des roses ftaiches-çuĂȘillies, s’écrive sans $, comme Ă©tant employĂ© dĂŒrie façon Ă dverbiaiĂ© : fraĂźchement cueillies ; par la raison.qu’on dit au masculin et au fĂ©minin singulier : frais-cueilU, fraĂźche cueillie, U s’ensuit qu’on doH Ă©crire au pluriel ; frais cueillis et fraĂźches cueillies. C’est le sentiment de TAcadĂ©mie. (2) Bien que TAcadĂ©mie Ă©crive ici nouveau avec un x, nous pensons que cet a^^etif doR rester invariable puisqu’il est pris adverbialement." ' v (3) On pourrait, selon nous, Ă©crire : des fruits aigres-doux, des oranges Ăąi^^^^-dquces, comme nous avons prouvĂ© que Ton pouvait Ă©crfre : des cheveux chĂątains-clairs; parce que oranges aigres-douces sont Ă  la fois aigres et douces, deux qualitĂ©s inhĂ©rentes Ă  ce fruit Ăšt tempĂ©rĂ©e^ |’Me i>ar Tautre ; mais Ie§ grammairiens jusqu’à prĂ©sent ont laissĂ© le mot aigre, dans cĂ  cas, invahabĂŻĂš/' ' 'i \
( SSO") NÂź CXXX. GENRE DES ADJECTIFS AVEC LE MOT atf. Je ne suis point d’avis qu'on vous peigne en amaÂŹ zone : vous avez Tair trop doux, (Fontenelle.) Elles ont Tair hautain, mais Faccueil familier. (Voltaire.) Les barbares n’ont de respect et do vĂ©nĂ©ration que pour ceux qui ont Pair grand et majestueux. * (JoĂŒbert.) Les’habitants de la presqu’üle de Malaca et de i'Ue de Sumatra ont Tair fier : les femmes de Java or t" Tair doux. Tous ces sauvages ont Pair rĂ©uctir. (Buffon.) Quelqu’un disait que les partisans de CĂ©sar avaient Pair inquiet et chagrin. * (K.card.) La vertu toute nue Ă  Pair trop indigent ; Et c’est n’en point avoir que n'avoir point d’argent. (Boursault.) Il semblerait au premier abord que Taccord des adjectifs en rapport avec le mot air ne prĂ©sente aucune difliculiĂ©, et que ces adjectifs dussent toujours, comme dans les citations prĂ©cĂ©dentes, revĂȘtir les mĂȘnies accidents de genre et de nombre que ce mol. Mais malheureusement il n’en est pas ainsi, et cette question, souvent agitĂ©e parmi les grammairiens, n'est pas encore entiĂšrement jugĂ©e : Adhuc sub judice lis est. En effet, de ce qĂŒon j)eut dire : , sans ellipse. Cette maladie a Pair d’ÈTRE sĂ©rieuse. , (AcadĂ©mie.) Celles-ci cependant m’ont Pair d’ÊTUE efficaces. (La ChaussĂ©e.) AVEC ellipse. Celte proposition n’a pas Pair sĂ©rieuse. (Voltaire.) C’était de ces visages qui ont Pair plus anciens que vietia; (1). (Marivaux.) Il s’ensuit qĂŒil est permis de dire, selon les vues de Tesprit : Eh bien, Sylvia, vous avez Pair tout embarrassĂ©. (Marivaux.) Cette femme a Pair fier, (Laveaux.) Cette personne a Pair content. \ , (AcadĂ©mie.) Eh bien, Sylvia, vous avez Pair tout embarrassĂ©e. ^ (Marivaux.) Cette femme a Pair fiĂšre, (Laveaux.) Cette personne a Pair contente. (AcadĂ©mie.) Mais c’est ce quĂš contestent certains grammairiens, Ă  cheval sur ce principe si connu, que tout adjectif doit nĂ©cessairement prendre le genre et le nombre du nom avec lequel il est en relation. Ainsi, suivant eĂčx, on ne pourrait pas dire avec LaÂŹ veaux : cette soupe a Tair bonne, celte dame a Valr coquette ; avec Favre ; cette terre a Tair cultivĂ©e, ensemencĂ©e; cette robe a Tair bien faite; avec Lemare, Bescher, Maugard, LĂ©yizac, Sicard et tant d’autres : Madame, vous avez Tair si bonnei cette femme a Tair campagnarde; elle a Tair belle; elle a Tair laide; elle a l’air'bien/aite; elle a l’air bossue; elle a Vzxt vieille ; elle a Tair interdite; cette volaille a Tair cuite; ce< huĂźtres ont Tair/raĂźc/ies, etc. Ces expressions sont cependant assez familiĂšres, mĂȘme aux gens de la bonne coni- " ) (4) Voici encore d’autres exemples semblables : Ces naturels, hommes et femmes, avaient tous Vair conÂŹ tents et mĂȘme heureux; (Albert Montkmont.) —: Tout au loin se dĂ©couvrent les vastes plaines et les montagnes moins hautes , et les grands arbres, parmi lesquels circule le grand fleuve, et les petits villages qui ont Vair sicalmes etsiwosi&vus deloin, (J. JaninJ
( m ) pĂ gnĂźe. Paut-il dĂ©cidĂ©ment y renoncer? PuisqĂŒon parle cette jangĂŒe, poĂŒrqĂŒoi nĂ© TĂ©crirait-on pas? Nous rapporterons iĂ©i Topinion de Bescher. Celte opinion, sancÂŹ tionnĂ©e par Tusage, sera sans doute partagĂ©e par la majoritĂ© dĂ© nos lecteurs. Elle a l’air campagnard signifie que, pour ĂȘtre de la ville, cette femme n’en a pas moins.le ton, les gestes, Tattiiude, le langage d’une habitante de la campagne.—Elle a Tair parisien: elle a le ton, les maniĂšres, les grĂąces d’une femme de Paris; cepenÂŹ dant elle a toujours habitĂ© une ville de province.—Elle a Tair campagnarde veut dire que cette femme a lĂ  mine, l’apparence d’ĂȘtre de la campagne; que peut-ĂȘtre, en effet, elle est de la campagne.—Elle a Tair Parisienne : Ă  son air, Ă  ses discours, on juge qu’elle est nĂ©e ou qu’elle a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e Ă  Paris. Les significations ne sont pas les mĂȘmes. Deux figures, Ă©galement usitĂ©es en grammaire, concourent Ă  justifier celle derniĂšre maniĂšre de s’exprimer ; la syllepse et Y ellipse. -Lorsqu’un adjeclif est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substantifs, il se met en rapport avec celui de ces deux substantifs qui domine dans la phrase. Ce principe est gĂ©nĂ©ralement reconnu. Or, si Taccent, les maniĂšres, les discours d’une femme font naĂźtre en moi TidĂ©e qu’elle est nĂ©e ou qu’elle rĂ©side Ă  Paris, Ă  la campagne; plulĂŽt qĂŒailleurs, jeTexprimĂš par ces paroles : elle a Vaiv Parisienne, elle a Tair campagnarde. 11 est Ă©vident que Tobjet princiÂŹ pal de ma pensĂ©e n’est point de constater Tair ou la physionomie de cette femme, dont l’impression fugitive s’est affaiblie dans mon esprit,.mais bien de mettre en Ă©vidence la dĂ©duction que j’en ai tirĂ©e. Le rapport de Tadjectif au sujet est alors sylleplique. On peubde mĂȘme Ă©tablir ce rapport par Tellipse : elle a Tair d'ĂȘtre Parisienne, camÂŹ pagnarde. Le besoin d’abrĂ©ger Texpression et de la rapprocher de la vitesse de lapensĂ©e, fait supprimer d'ĂȘtre, mais on le supplĂ©e facilement. Rien de plus commun dans le discours que ces sortes d’abrĂ©viations. (Messieurs), vous avez Tair un peu gascon. (Voltaire). Le poĂšte ne veut nullement donner 5 entendre qĂŒil pense que ceux Ă  qui il adresse la parole soient nĂ©s sur les bords de la Garonne. S’il eĂ»t dil : Vous avez Tair Gascons, il aurait annoncĂ© que rĂ©ellement ils peuvent ĂȘtre de la Gascogne. Lemare admet aussi les deux locutions, et il en Ă©tablĂźt la diffĂ©rence par des raiÂŹ sonnements et par des exemples. ' / Fabre dil : Celle robe a l’air bien faite.—Cette terre a Tair cultivĂ©e, ensemencĂ©e. G’est Ă  la chose mĂȘme et non Ă  Y air qĂŒil fait rapporter les adjectifs, et il lui Ă©tait impossible d’écrire autrement sans changer la construction. On dit d’une femme qĂŒelle a Tair bon, Tair doux, Tair charmant, Yslitspirituel, lorsÂŹ qu’on ne consulte que l’impression que fait sur les sens le jeu de la physionomie. Mais je-dirai ; Elle a Tair bonne, elle a Tair douce, Tair charmante, Tair spirituelle, Tair mstruite, Tair intelligente, Tair obligeante, si, sans m’arrĂȘter aux traits de son viÂŹ sage, Ă  l’expression de ses regards, je juge de cette femme par ses paroles affectueuses, par ses raisonnements justes et par ses actions. Je vois une personne qui fronce les sourcils, serre les lĂšvrĂ©s, et jĂšlte çà et lĂ  des reÂŹ gards de dĂ©dain, je dis : Elle a Tair bien mĂ©content. Mais si je Tentends, sans la voir, adresser des reproches Ă  quelqu’un, lui parler sĂšchement, je dirai alors : Elle a Tair mĂ©chante, fĂąchĂ©e, irritĂ©e, etc., car je ne puis juger d’une physionomie qui est hors de me
( 222 ) vue. a/*a/r Ă©quivaut Ă  elle semble ĂȘtre; elle a Tair (TĂȘire, Le mol air n’est pĂŽint pris jci dans son acception propre et rigoureuse; il se prĂȘte aux vues de l’esprit; Ce n’est pas que je ne reconnaisse que, dans plusieurs circonstances^ la simplicitĂ© et la clartĂ© de Texpression demandent que le verbe ĂȘtre soit exprimĂ©, ou mĂȘme qu’on prĂ©fĂšre semblĂ©r, paraĂźtre Ăą avoir Tair. Je suppose Ă  TĂ©crivain. assez de goĂ»t pour savoir faire un. choix. ' . Fldi'ian a Ăšu raison de dire : Elle cultivait son esprit pour son plaisir, et'non pas f' ' * * pour pĂ raĂŒre instruite. J.-J. Rousseau : Les Yalaisannes ont des corps de robe si Ă©levĂ©s, qii’elles en pafĂąissent bossues. Marmontel ; Vous m’aVez l’air d'ĂȘtre bien aimĂ©e. Le fnĂȘmĂš : J’aurai l’air ù’éfre jouĂ©e, et je le serais en effet. L’AcadĂ©mie : Cette maladie a - Tair d’étre sĂ©rieuse. Mon but a Ă©tĂ© seulement de mettre le lecteur en garde contre ces rĂšgles exclusives sorties du cerveau Ă©troit dĂš quelques grammairiens qui mesurent les mots au compas et les phrases Ă  la toise, sans rien accorder Ă  Tessor du gĂ©nie. En bannissant de notre langue des locutions correctes et usitĂ©es , ils croient TĂ©purer, et ils l’appauvrissent. >000 N”CXXXI. ADJECTIFS QUI SoNt VARIABLES QUAND ÜS QUALÎFiENt tN SUBSTANTIF*, ET iNVÂBÏÀBtÉS lorsqu’ils modifient Ăčn VÈtibÉ. VÀRIÂBLHS. La chair du lion est d’un goĂ»t dĂ©sagrĂ©able et fort ; cependant les NĂšgres et les Indiens no lĂ  trouvent pas mauvaise et'en mangent souvent. (Buffon.) . Les Polonais ne trouvent pas YhuiĂźe bonne, si elle ne sent bien fort. (RegnĂąrd.) , Dans la saison dĂ© l’étĂ©,- les cĂšrfs marchent la tĂȘte basse, crainte de la froisser contre les branches. {Id.) ‱ Les gerboises et les kĂąngurods se tiennent droits sur leurs pattes de derriĂšre. (Aimk-Martin.) ^Dans plusieurs femmĂšs et filles de condition, les cĂŽtes infĂ©rieures se trouvent plus basses que dans les filles du bas peuple. (Buffon.) U n’y a point de sculpteur qui puisse faire une statue Ă  fimitallĂŽn de l’homme, plus large Ăšt plus pesante par le haut que par le bas, laquelle puisse se soutĂšnlr droite et immobile sur une base aussi petite que ses piĂȘdùï (Bernardin de St-Pierre.) Ces esclaves nĂ© sont pas fort chers ; car les hommes ĂągĂ©s depuis vingt-cinq ans jusqu’à quarante ne coû tent que quinze Ă©cus: (Buffon.') Nous ressemblons Ă  ce {ĂżrĂ n de SicilĂš qui appliÂŹ quait les passants sur son lit de fer : il allongeait de force les jambes de ceux, qĂŒi les avaient plus couriez que son lit. (Bernardin dh St-Pierrk.) 0 Un de notre compagnie dit un mot si plaisant et nous obligea Ă  Ă©clater de rire si long-temps et d’une maniĂšre Ü haute, que toute l’assemblĂ©e en fut extrĂȘÂŹ mement scandalisĂ©e. (Regnahd.) INVARIABLES. En Laponie, ĂŒne peau d’hermine cĂŽĂ»lĂš quatrĂš oĂŒ cinq sous. La chair de cet animal sent trÚà mauvais. < - (Hkgnard.) Au moins c’est une affaire . . . Que vous trouverez bon, MoĂŒsleur, qĂŒĂ© jĂ© diffĂšre. (QuInAult.) Ils dirent .que TarmĂ©e, Investie de tous cĂŽtĂ©s, et, comme assiĂ©gĂ©e, serait obligĂ©e de mettre les armes bas, si on ne lui donnait un prompt secours. (VĂȘrtĂŽt.) Le disciple aussitĂŽt droit au çpq s’en alla, Jetant bas sa robe de classe. (La FontAĂźnĂ©.) MĂšre Ă©crevisse, un jour, Ă  sa fille disait : Comme tu vas, bon dieu ! tu ne peux marcher droit. («‹) MĂšre Ă©crevisse qui reproche Ă  sa fille de ne pas aller droit J et la fille qui lui reproche que sa mĂšre va tortu, n’a point paru une fable agrĂ©able. (Voltaire.) Les manchons de genelte Ă©taient Ă  la mode U Ăż a quelques annĂ©es, et se vĂ©ndĂ ient fort cher. (Buffon.) ‱ AprĂšs avoir avancĂ© quelques pas, ils s'arrĂȘtĂšrent court. (Albert-MontĂ©mont;) ■ Je ne saurais plus Ă©crire depuis que mes lettres ne vont point Ă  vous. Me voilĂ  demeurĂ©e louf court. (MÂź*’ DE SÉViGNÉ.) De ma vie jĂ© n’a! entendu dĂ©s voix de Ăźeriim'es mon- ter si haut. [ldi)
- ■ ( 25>5 ) Ces exemples nous dĂ©montrent que le mĂȘme adjectif peut varier dans un cas et deÂŹ meurer invariable dans un autre : Il varie (1*^Âź colonne) toutes les fois qu’on veut, non modifier le verbe, mais qualifier le substantif; et il devient et reste invariable (2Âź coÂŹ lonne) si, n’ayant aucunernent rapport au substantif; il ajoute une modiiication au verbe seulement; en pareille circonstance; cet adjectif fait partie d’une expression adverbiale, et le substantif auquel il se rapporte est'toujours sous-entendu, comme Taitesie l’analyse des phrases suivantes (i) : De ma vie je n’ai entendu des-voix de femmes monÂŹ ter si haut. . Les manchons de genette se vendaient fort cher. f Ils s’arrĂȘtĂšrent court. C’est-Ă -dire si hautement ou ( Ă  wn ton ) si haut. C’est-Ă -dire fort cfiĂšrement ou ( d «n prix ) fort cher: C’est-Ă -dire courtemerU ou {d’un pas) court. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Jui trouvĂ© ces Ă©toffes cbĂšres. Ou a veodu ces Ă©toffes cher. Le tailleur a pris ses mesures bien Les marcbaudites furent pesĂ©es ' juttea. , iml«. Les cbalj out les oreilles courtes. Quelques oraiéßiirs sont rĂšslĂ©s Oo a tĂ©ourĂš toutes les poĂ©sies Ces Qeuri senleut etlrĂ©mcmeut court. V bODDCI. boD. rcxxxĂŻi. ADJECTIFS AYANT RAPPOUT A ÜN SUBSTANTIF EXPRIMÉ OU SOÜS-ENTENDÜ. SUBSTANTIF EXPRIME. Antre par la nouveautĂ©, mais esclave de l’habi- lude, l’homme passe sa vie Ă  dĂ©sirer le changement et Ă  soupirer aprĂšs le repos. (LĂ©vis.) Au pied des tribunaux une fois amenĂ©e L’accuse, s’il est pauvre, est dĂ©jĂ  condamnĂ©. (ChĂ©nier.) Tortement.appuge' sur des oracles vains, Üh Pontife est souvent terrible aux souverains. (Voltaire.) SUBSTANTIF SOUS-KNTÉNDU.* Endormi sur le trĂŽne, au sein de la moĂźlesso, Le poids de sa couronne accablait sa faiblesse. (Voltaire.) ObĂ©i dans sa vie, Ă  sa mort adorĂ©, Son palais fut un temple, etc. {Id.) EnvironnĂ© d’enfants, soutiens dĂ© ma puissance, U ne manquĂ© Ă  mon front que le bandeau royal. (Racine.) Tout qualificatif, soit adjectif, soit participe passĂ© ou prĂ©sent, doit tĂŽĂŒjoĂčrsi se rapÂŹ porter Ă  un mot exprimĂ© dans la phrase; telle est la rĂšgle posĂ©e dans la grammaire de MM. NoĂ«l et Chapsal, et d'aprĂšs laquelle ils approuvent la construction des exemples de la premiĂšre colonne, et signalent comme vicieusĂš et ne devant pas ĂȘtre imitĂ©e, celle des exemples en regard. Nous ne sommes pas tout-Ă -faii de l’avis de MM. NoĂ«l et Chapsal, et les trouvons d’une excessive rigueur Ă  condamner les citations de la seÂŹ conde colonne : Que veulenf-ils Ă©viter? C'est l’équivoque. Or, on sent bien qĂŒil est (1) Cette analyse pourrait ĂȘtre aisĂ©ment justifiĂ©e par un nombre infini de citations ; nous nous illĂš-ci. Bossuet, dans ses ÉlĂ©vations sur les mystĂšres, dit, avec la construction pleine : J bornerons Ă  celle-ci. Bossuet, dans ses ElĂ©vations sur les mystĂšres, dit, 1° avec la construction pleine : Pour parler <fĂŒN TON plus aigu, OU plĂ»s GROS, OU plus HAUT, OU plus BAS, je dilate encore ou je resserre une autre partie dans le gosier qu’on appelle trachĂ©e ariĂšte, quoique je ne sache pas mĂȘme si j^en ai une; 2Âź avec ellipse : Il suffit guejĂȘ vĂ©tiUle parler haut ou bas afin que tout, se fasse comme de soi~m&m.
(SĂą4) ItnpossĂźble de faire rapporter.endormi avec poids, obĂ©i avec palais, environnĂ© avec froiii ; que ces,adjectifs et ces substantifs s’excluant les uns les autres, le mot en rapport avec les premiers est Ă©yidemment sous-entendu ; et ce,qui aide singuliĂšrement Tesprit Ă  le saisir, c'est qĂŒil est implicitement contenu dans Tadjectif possessif qui se trouve toujours dans la phrase : le poids de si couronne, c’est-Ă -dire le poids de la couronne de lui, endormi, etc. Au reste cette construction, qui rĂ©pond Ă  Tablatif absolu des Latins, a Ă©tĂ© et est encore employĂ©e par les meilleurs Ă©crivains; on ne doit donc pas craindre de suivre en cela ces excellents modĂšles de goĂ»t et de clartĂ©. * EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Bien examinĂ©e, cette cboie eatTraie. ObĂ©ie, aimĂ©e, cbĂ©rie , rexiltenee fait tout >od Kndarmi contre un arbre, le poĂźdi de «e« BallolĂ©s nar le# Tenti. nous faillĂźmes pĂ©rir. dĂ©lice. armes brisait ses infinbres. EselsTe oc votre parole, remplĂźuex toi pro* EntouiĂȘ de tous les biens, il ue manque i mon Dne fois mort, mon bien tous appartient. messes. ^ bonheur que votre amiltĂ©. Une fois nĂ©s, la douleur est notre partage. Instniiteel Ă©';UirĂ©e, la jeUDeue est l'espĂ©rance EnvironnĂ© de toutes les horreurs de la mort ^ ArrivĂ©s Ă  la premiĂšre Ă©tape, leur seule peosĂ© de la patrie. * mes iamhea tremblaient anus mnĂź. fut de lo renoaer. mes jambes tremblaient loui moi fut de M reposer. NÂź cxxxm. 05^ GALLICISMES PRODUITS PAK LES ADJECTIFS htOU, beUe, hOTXne. BELLE. Quand-tout le monde fut sorti de table, il se mit Ă  boire encore de plus belle. (AcadĂ©mie.) ... Vous nous la donnez bonne ; J’ai six cousines, moi, que ]e vous abandonne. (Voltaire.) Nous rayons, en dormant, madame, Ă©chappĂ© belle. (MoliĂšre.) Entre les deux oiseaux il arriva querelle, Et Raton dĂš prendre parti' Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle, D’insulter ainsi notr,e ami ! (La Fontaine.) On a belle de draper les gens en leur absence. (Anonyme.) BEAU. Nous avons heau enfler nos conceptions, nous n'enÂŹ fantons que des atomes. (Pascal.), On a beau Ă©tudier les hommes et les approfondir, on s’y trompe toujours. (FĂ©nelon.) On a beau dire, Il faut avouer que la religion cbré» tienne a quelque chose d’étonnant. (Pascal.) Ôn Ă  beau faire , la vĂ©ritĂ© s’échappe, et perce touÂŹ jours les tĂ©nĂšbres qui l’environnent. (Montesquieu.) Dans toutes ces locutions, qui sont amant de gallicismes, on a sous-entendu les mots avec lesquels les adjectifs beau, belle sont en rapport; mais Tanalyse que nous allons, essayer d’en donner fera voir quels sont les substantifs ellipses. 1Âź i/ se mit Ă  boire encore de plus belle , c’est-Ă -dire : il se mit Ă  boire encore Ü (une) plus belle (maniĂšre). 2Âź Nousi'avons Ă©chappĂ© belle, c’est-Ă -dire : ncms avons Ă©chappĂ© le (malheur cn quesÂŹ tion) ĂŒ(une) belle (maniĂšre). S** Il nous la vient donner belle, c’est-Ă -dire ĂŒ vient nous la donner (la fĂȘte) belle. \ * 4Âź On a BELLE de draper, c’est pour on a (une) belle (occasion) de draper, etc. On a beau. Celte locution est un peu plus difficile Ă  expliquer, MM. NoĂ«l et Chapsal
' . ( 225 ) prĂ©tendent que c’est un abrĂ©gĂ© de on a beau jeu, et que, par consĂ©quent, on a beau pleurer est pour on a beau jeu pour pleurer. M. Lefranc Tanalyse ainsi : On a beau champ pour pleurer. M. DeshoulliĂšres pense qu’il n’y a pas d’ellipse et que Tadjectif beau quaÂŹ lifie rinfinitif suivant qui, dans ce cas, est pris substantivement : On a beau faire^ on a beau dire, c’est, selon lui, pour : On a U7i beau faire, on a un beau dire. Quant Ă  nous, nous sommes pour Tellipse,.et nous croyons que vous avez beau est un abrĂ©gĂ© de vous avez tm beau sujet de (1).. fl) Nos lecteurs nous sauront sans doute grĂ© de mettre sous leurs yeux la lettre suivante, que nous devons Ă  l extrĂȘme obligeance du savant Ă©diteur de Rabelais, et qui est remplie d’observations fort judicieuses» Paris, 17 janvier 1835. Vous voulez bien, monsieur, vous adresser Ă  m6i pour savoir quelle peut ĂȘtre l’analyse de ces expressions avoir beau dire, avoir beau faire. « C’est en vain, dites-vous, que vousj’avez cherchĂ©e : vous n’avez rien trouvĂ© de satisfaisant dans l’explication qu’on a donnĂ©e de ce gallicisme, qui paraĂźt se soustraire Ă  toute espĂšce d’analyse, ». Cette question , monsieur, est donc plus neuve pour moi que pour vous, car je n’y avais jamais songĂ© avant que vous m’ayez fait la proposition dĂ© l’examiner ; et je vous avoue que je ne sais pas , et que je n’ai pas cherÂŹ chĂ© mĂȘme depuis la solution que d’autres grammairiens ont pu donner de cette locution, qui est en effet assez singuliĂšre. L’explication que je vais vous en soumettre sera donc bien mienne, et je vous prie de l’accueillir avec indulgence, car ce n’est pas pai* choix que je vais essayer de rĂ©soudre cette question, mais pour vous ĂȘtre agrĂ©able. Voyons le fait d’abord. « Quand beau est joint avec avoir, disent les lexicographes, il signifie quoique, enÂŹ core que. » ♩ Je lis dans les mĂ©thodes latines, c’est-Ă -dire dans les traitĂ©s français pour rendre en latin les gallicismes : « avoir beau devant un infinitif, se tourne par en vain, frustrĂ , on quoique, quamvis', vous avez beau crier, tousser, vous criez en vain, ou quoique vous criiez, vous avez beau faire, tournez, quelque chose que vous fassiez, quidquid agas. » « On dit, remarque le dictionnaire de l’AcadĂ©mie au mot beau, vous avez beau faire et beau dire, pour c’est inutilement que vous faites, que vous dites. » D’oĂč je conclus 1° quebeau, dans ces phrases, esten effet une locution elliptique, dans laquelle on peut entendre affaire on chose; comme dans la phrase latine, pulchrum est pro palriĂą mori, on sous-entend negotium, et mĂȘme, comme dans la phrase française , faite sur le modĂšle du latin, ĂŒ est beau de mourir pour sa par trie y 2Âź que la locution fai beau dire revient Ă  celle-ci : fai belle affaire Ă  dire, dire est pour moi une belle chose; mais inutile et vaine. C’est ainsi,' monsieur; que nous disons, il fait beau voir, pour Fest une belle chose de voir ou Ă  voir; Ü n’est pas beau de jurer, pour ce n’est pas une belle chose de jurer; il Ăż a du beau dans cette affaire, pour il y a de belles choses, de beaux cĂŽtĂ©s; le beau, le plus beau et le meilleur de l’affaire, pour la chose la plus belle et la meilleure de l’affaire. C’est ainsi encore que nous sous-entendons temps dans les locutions, tĂź fait beau chasser, il fait beau se promener ; jeu ou coups, quand nous disons au jeu de paume ĂŽu de volant, donner beau coup, pour un coup facile Ă  prendre : occasion, quand nous disons figurĂ©ment, le donner beau Ă  quelqu’un, pour dire lui donner beau jeu, lui procurer belle occasion, une occasion favorable de faire un bon coup ; tjows l’avez beau, ponr vous avez une belle occasion ; l’occasion est belle pour vous. Je dĂ©sire, monsieur, que cette explication analytique, et ces rapprochements puissent vous satisfaire, et vous prouver au moins la haute opinion que le plan et l’exĂ©cution de votre Grammaire nationale m’ont fait * concevoir de votre mĂ©rite, de vos immenses recherches et de votie esprit d’analyse. J’ai l’honneur d’étre, dans ces sentiments bien sincĂšres, monsieur, avec dĂ©vouement et reconnaissance, pour le service que vous rendez Ă  notre belle langue, Votre confrĂšre, Éloi Johanneau* f, 29
( 226 ) .ioĂŠsQ NÂź cxxxrv. 03^** DE LA PLACE DES ADJECTIFS, ADJECTIFS QUI SK METTENT AVANT LES SUBSTANTIFS. La vertu est plus belle dans un beau corps. (PensĂ©e de Virgile.) On doit rĂ©compenser une bonne action. {Racine.) Le mauvais exemple entraĂźne. (FlĂ©chier.) Parler en docte jansĂ©niste. . (Boileau.) APRES LES SUBSTANTIFS. Il faut retrancher dans les arbres fruitiers le bois inutile. (FĂ©nelon.) Frappez Tarbre infructueux qui , n’est plus bon que pour le feu. ' (Bossuet^ Les hirondelles ont le vol raide. (Planche.) Il oppose Ă  Tamour un codur inaccessible. ÜIacine.) IL ADJECTIFS QUI PEUVENT SE METTRE AVANT OU APRÈS LES SUBSTANTIFS. Jainais nous ne goĂ»tons de parfaite allĂ©gresse. (Corneille.) On sait que le lendemain, Ă Theure marquĂ©e, U fallut rĂ©veiller d’un profond sommeil cet autre Alexandre. (Bossuet.) ‱ ..a... ‱ Craignez D’un vain plaisir les trompeuses amorces. (Boileau.) ...... Qu’a-t-il dit, qu’a-t-il fait Qui ne jiromette Ă  Rome un empereur par/ail.^ (Racine.) Dans un sommeil profond ils ont passĂ© leur vie. (Boileau.) Le monde est une figure trompeuse qui passe. (Buffon,)' ilL adjectifs dont la signification change selon la place qu’ils occupent. AVANT. ĂŒp BpN homme signifie le plus souvent un homme sipaplq , crĂ©dule, qm se laisse dopainer, tromper. (AcadĂ©mie.) Un brave bomme est un homme de bien, de proÂŹ bitĂ©, dont le commerce est sĂ»r. (Id.) \ Vn grand homme est un homme d’un grand mé rite moral! (Id.) . Le grand air indique les maniĂšres d’un grand sei- ^neur. ’" ' (Jd.) Vn galant homme est un homme poli, qui a des dons et des talents, et dont je commercĂ© est sĂ»r et ĂčgrĂ©able.' ' (Boiste.) APRES. Vn homme bon se dit d’un hornme plein de canÂŹ deur, d’affection, d’un homme charitable, compatisÂŹ sant.' (AcadĂ©mie.) Vn homme brave est un homme intrĂ©pide, qui affronte le danger sans crainte. (Id.) Vn homme grand est un homme d’une grande taille. (id.) L’air grand se dit d'une physionomie noble. tjd.) ’ Vn homme galant est un homme qui cherche h plaire aux dames. ^Boiste.) La qualitĂ© est inhĂ©rente Ă  la substance ; il est donc de toute nĂ©cessitĂ© que Tadjectif accompagne le nom auquel il ajoute une qualification quelconque. Cet adjectif peut bien se placer avant ou aprĂšs le substantif; mais il ne saurait en ĂȘtre sĂ©parĂ©, si ce n’est par le signe de la propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de tous les ĂȘtres, et celui de leur existence, c’est-Ă -dire par le verbe.
( 227 ) Mais puisque, ainsi que nous venons de le dire, les adjecUf]5 doivent prĂ©cĂ©der ou suivre immĂ©diatement les substantifs qu'ils qualifient, est-il ))ermis Ă  celui qui Ă©crit de les mettre Ă  son grĂ© avant ou aprĂšs? Non sans doute, et Tusage, guidĂ© par Toreille, le goĂ»t', le bon sens^et le sentiment, a dĂ©sormais fixĂ© la place qu'ils doivenToccuper ; de telle sorte qu'enfreindre aujourd'hui cette loi, ce serait non seulement pĂ©cher contre la grammaire, mais encore dĂ©naturer bien souvent le sens des mots, comme on le voit par le 3Âź paragraphe. Noas ne nous Ă©tendrons pas davantage sur cette matiĂšre, qui appartient essentielle- * ment aux dictionnaires. C'est un irait honteux de Thisloire du langage, dit M. ValĂ©ry, que d’avoir fait du mot bon une injure. Ce mot Ă©tait synonyme de beau chez le peuple qui eut jamais le plus vif sentiment de la beautĂ©. L'admirable inscription Jovioptimomaximo,, si heureuÂŹ sement traduite dans la langue religieuse du peuple par le bon Dieu, prouve encore comÂŹ bien la raison profonde de Rome Ă©tait loin de noire sottise. Rousseau a prĂ©tendu qĂŒil y aurait plus d'exactitude Ă  dire maximo puisque, d’aprĂšs lui, Dieu ne peut ĂȘtre bon s’il n’est grand. Cette subtilitĂ© ĂŽterait Ă  Texpression antique son vrai et toueliant caractĂšre : ĂŻe.senliment de nos misĂšres nous dit qĂŒil y a plus de'divinilĂ© dans la bontĂ© que dans la puissance; Ton aime Ă  voir dans le ciel le mot trĂšs bon prĂ©cĂ©der celui de trĂšs grand, comme, sur la terre mĂȘme, ie bon HomĂšre est cĂ©lĂšbre avant tous les grands hommes. Tel est dans nos cƓurs Tinstinçi de la morale et de la reconnaissance, qu'ils aiment Ă  cpnsacrer l’emploi bienfaisant du gĂ©nie; cette immortalitĂ© appartient aussi au bon Virgile, au bon La Fontaine; on les aime autant qĂŒon les admire, et le surnOrn de bon est Ă  la fois le.plus ancien et le plus durable. Dans nos vieux auteurs, le mot bon a toute sa dignitĂ©. « Les Sarrasins le tenaient, dit le confesseur de la rĂšine MarÂŹ guerite, qui a Ă©crit la vie de saint Louis, pour bon homme et loyal. » Le chancelier"' de l’HĂŽpital, dans son testament, lĂšgue sa bibliothĂšque Ă  celui de ses enfants qui lui semble le plus propre et le plus affectionnĂ© aux bonnes lettres. » La BoĂ©tie mourant supplie son fraternel anji de soigner ses parents, « et de prendre garde qus le deuil de » sa perte ne pousse ce bon horiime et-cet te bonne femme hors des gonds de la raison. » « Guy-Paiin parle'du bon homme, M; de Sully, du bon homme Casaubon », pour vanÂŹ ter leur habiletĂ© et leur vertu. Madame de SĂ©vignĂ© dĂ©signe souvent par la mĂŽme exÂŹ pression les hommes qĂŒelle aime et respecte le plus, tels que Arnaud d’Andilly, Boucherai et Chapelain. L'acception nouvelle du mot bon homme se trouve dĂ©jĂ  dans Bussy, et la dĂ©finition qĂŒil en donne ne surprend point de la part de ce vil caractĂšre. Ainsi donc la syntaxe, inflexible pour Thomme', cĂšde au temps, et ses variations sont une preuve de notre faiblesse : telle est notre misĂšre, nous ne saurions rien fixer, les mots mĂȘme nous Ă©chappent; et, par une moquerie de la fortune, leurs destinĂ©es ont des vicissitudes aussi incertaines que les nĂŽtres. Ainsi les^uots qui exprimaient Tlionneur, la grandeur ou, la dignitĂ©, n’expriment plus, Ă  d'auires'Ă©poques, que la servilitĂ©, la petitesse ou le ridicule. Celte mĂ©tamorphose subie par les Ă©lĂ©ments d’un langage, dit M. PhilarĂšie Chasles, est un phĂ©nomĂšne aussi digne de remarque qĂŒil est peu observĂ©. Tous les peuples voient ainsi leĂ»r idiome les fuir et leur Ă©chapper, comme un fleuve qui passe et s’écoule, toujours le mĂȘme, et toujours changeant. JXu temps de Marot, la prude femme, par exemple, c’étaitfemme, et une coquette Ă©tait quelque chose de pis. On sait qu’aujourd’hui cette double signifiealion a bien changĂ©. Si l’étude des mots, dans leurs racines grammaticales, dans leur emploi et a
( S28 ) dans leurs.inflexions? est'Ă©puisĂ©e, cĂ©lle du langage, dans ses mutations et dans le rapport de ces mutaliods avec les mƓurs, est encore Ă  faire; et certes, elle est plus importante. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. I. (7d beau cbevaL Un grand capitaine. Un gros arbre. On bon ouvrage. Une mauvaise habitude. Uon cher ami. AVANT. Un bravo soldat Une belle situation. Un petit chien. Un sot orgueil. Un bon ouvrier. Un jeune hnmine. Une voix harmonieuse. Une humeur pucinque. Une laine blanche. Un air indolent. Un ckcinin raboteui. Un lavĂąnt bomme. Un ami vĂ©ritable. L’inteUIgeoce suprĂȘme. Une couleur jaune.' Uo discours concis. Un Heu innaccGSsible. L’ange gardien. Jj’cmpire ottoman. II. APRES Une figure ronde. Une forme ovale. Un arbre vert. Un bonnet btauc- Etoiles fixes. 111. AVANT OU APRES. Un homme savant. Un vĂ©ritable ami. La suprĂȘme tntelligeoce. Un habile avocat. De tendres regrets. Ud lavoir^prorood. IV. Un gĂ©nie supĂ©rieur. Un lieu Ă©minent. Une (leur Ă©panouie. Un chapeau noir. Fables choisies. Un avocat habile. Des regards tendres. Uu profond savoir. r:) AVANT OU APRES , MAIS AVEC UN SENS DIFFERENT. D'une commune voix. Un cruel bomme. Une fausse corde. Un faux accord. Un faux jour. Une fansse'clĂ©. Une&UBSe porte. Un furieux menteur. Une grosse femme. Un honnĂȘte bomme. D’honnĂȘtes gens. Un malboDuĂȘto homme. Une voix commua Un homme cruel. Une corde fausse. Un accord faux. Un jour faux. Une clĂ© fausse. Une porte fausse. Un lion furieux. Une femme grosse. Un boimne faoonĂȘte. Des gens houoĂȘtes. Un homme malhonuĂȘte. Un mauvais air. Une mĂ©chante Ă©ptgramme. Un nouvel habit. Un pauvre bomme Une pauvre langue.. Cn plaisant bomme Un petit homme. Les propres termes. Un seul mot Un'simple homme. On unique tableau. Ud viUio tableau. L'air mauvais. Une Ă©pigramme mĂ©cbaote. Un babit nouveau ĂŒn homme pauvre. Uue langue pauvre. Un homme plaisant. Un bomme petit. Des termes propres. Un mot seul. Un homme simple Dn tableau uni^un. Un booune vilavi. K CXXXV. COMPLEMENT DES ADJECTIFS. ADJECTIFS DONT LE COMPLEMENT EST PRECEDE DE LA PREPOSITION O. L'ignorance toujours est prĂȘte'Ă  s’admirer. (Boileau.) Mon cƓur toujours rebelle et contraire Ă  lui-mĂȘme, Fuit le mal qu’il dĂ©teste, et fait le bien qu’il aime. (L. Racine.) il est tlaas le saint temple un sĂ©nat vĂ©nĂ©rable, Propice Ă  l’innocence, au crime redoutable. (Voltaire.) 11 se rend accessible Ă  tous les janissaires, (Racine.) Insensible Ă  la vie, insensible Ă  la mort, Il ne sait quand il veille, il ne sait quand il dort. (L. Racine.) Du titre de clĂ©ment rendez-le ambitieux ; C’est par lĂ  que les rois Bout semblables aux dieux. (La Fontaine.)
( 229 ) Et ce roi, trĂšs souvent sujet au repentir, Regrettait le hĂ©ros qu’il avait fait partir. (yOLTAIRK.) Croyez un homme qui doit ĂȘtre agredble aux dieux, puisqu’il souffre pour la vertu. (Montesquieu.) ' Parmi les adjectifs qui ont un complĂ©ment, Jes uns le prennent accidentellement, les autres ne peuvent s’en passer (4). Ceux qui font Tobjet de ce numĂ©ro ont leur comÂŹ plĂ©ment toujours prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position Ă . \ EXEnaCK PERAS^ÈOLOGIQUE. Proitipi a. AgrĂ©able a. Cher Ă . Favorable Ăą. ImpĂ©nĂ©trable A. Odieux A Semblable Ă . Facile Ă . Invincible i. Enclin Ă . Accessible Ă . Conforme Ă  Formidable ĂŒ. Invisible Ă  PrĂ©fĂ©rable Ă . Sujet A Oifiicile Ă . InvuliiĂ©iable Ă . Propre Ă . Attentif Ă . Contraire A Funeste Ă . Visible Ă . Propice Ă . AntĂ©rieur Ă . AisĂ© Ă . Indispensable Ă . Accoutume A AiUĂźQt À' l'ixact Ăą. - Importun A Nuisible a Reaoutable a. PostĂ©rieur A NĂ©cessaire Ă . Bon A N” CXXXVI. ADJECTIFS DONT LE COMPLÉMENT EST PRÉCÉDÉ DE LA PRÉPOSITION de. Tous ces pompeux amas d’expressions frivoles Sont d’un dĂ©clamateur amoureux de paroles. (Boileau.) De quel crime un enfant peut-il ĂȘtre capable ? (Racine.) Il n’est pas de Romain Qui ne soit glorieux de vous'donner la main. (Corneille.) Et desireux de gloire Son char rase les champs et vole Ă  la victoire. (Delille.) Joyeuse, nĂ© d'un sang chez les Français insigne, D’une faveur si haute Ă©tait le moins indigne. (Voltaire, Qui vit content de rien possĂšde toute chose. ' (Boileau.) Mais un esprit sublime Est toujours mĂ©content de ce qu’il vient de faire. {Id.) Lorsque, vide de sang, le cƓur reste glacĂ©, . Son Ăąme s’évapore ; et tout Thomme est passĂ©. ^ (L. Racine.) On voit par ces exemples qĂŒil est aussi des adjectifs dont le complĂ©ment est prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position de. L’usage et les dictionnaires les feront connaĂźtre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Digi.o de. plein de. UifTĂ©reiit de. Kiclave de. Glorieux de. FatiguĂ© de. BaiiaiiĂ© de. Absent de. Jaloux d*.> IndignĂ© de. Rempli de. , Envieux dc. Exempt de. Honteux de. LassĂ© de. Soigneux de. EloignĂ© de. DĂ©sespĂ©rĂ© de. Content de. Capable de. Ambitieux de. Fier de. Complice de. Las de. SĂ»r de. Avide de. AffligĂ© de. MĂ©eontent da Incapable da. Impatient de. Fou de. Tributaire de Ivre de. ’ Victime de. DĂ©solĂ© de. Curieux de. (1) Voici quelques exemples oĂč les mĂȘmes adjectifs que ceux citĂ©s dans ce numĂ©ro et dans le numĂ©ro suiÂŹ vant , ne sont accompagnĂ©s d,’aucun complĂ©ment : Celui qui aime son travail trouve son plaisir toujours PRÊT. (Boiste.) — Fabricius demandait aux dieux que les ennemis de Rome fussent athĂ©es pour n’ĂȘtre pas REDOUTABLES. (Mably.) — Cest ĂȘtre faible et timide que d’ĂȘtre inaccessible. (Massillon.)-r On se croit disÂŹ pensĂ© d’ĂȘtre homme de bien pourvu qu’on soit un homme agrĂ©able. (J.-J. Rousseau.) — Cest une grande difformitĂ© dans la nature qu’un vieillard amoureux. (La BruyĂšre.) — Les jeunes gens cachent leur ignorance sous un air capable. (Boiste.)—Voulez-vous que tout ce qui vous entoure vous montre un air content? Soyez libĂ©ral. (VaĂŒvenargues.) — Les mĂ©disances et les calomnies sont les ressources des tĂȘtes vides. (Boiste.)
c '^50 ) N CXXXVII, ADJECTIFS DONT LE COMPLEMENT eSt PUÉCÉIIÉ DE blFFÊKENTES PllisPOSÎTlONS. On est aveugle sur ses dĂ©fauts^ clairvoyant sur ceux des autres. (Larochefoucauld.) I Lo nom d’animal est commun Ă  l’homme et Ă  la bĂ©te! (AcadĂ©mih.) Les biens de ce monde ne' sont pas eomparabĂźei Ă  ceux dq TĂ©leroitĂ©. (FĂ©raud.) Tous les grands divertissements sont dangereux pour la vie chrĂ©tienne. (Pascal.; La haine est aveugle dans sa propre cause. (AcadĂ©mie.) L’amour a cela de commun avec les scrupules qĂŒil s’aigrit par les rĂ©flexions. (La BruyĂšre.)* L’esprit n’est pas comparable avec la matiĂšre. (Laveaux.) Aman trouva la puissance et la religion des Jdifs dam/ereuse5 d l’empire. (Massillon.) On voit encore qĂŒil y a des adjectifs dont le complĂ©ment se construit avec dilßé- renies prĂ©positions. Nous n’en donnons qĂŒuh trĂšs lĂ©ger aperçu, parce que ces remarÂŹ ques sont plutĂŽt du ressort des dictionnaires que de cet ouvrage, dont ies limites sont (Tailleurs fixĂ©es. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Assidu au trufOiL Constant dans ies opioUnSi Cruel Ă  tes edncmis. Affable svee tous. Itijurieus sox mogiitrati. Ailtdu BoprĂšl dĂ© quelqu'un. CoDitaat a toutei choses. Criiel cnTcra ses eonooiis. Affable enfers tous. lo|arieos ponr le prince. Rebelle i bob roi. Bebella oneers son roi. IngĂ©uiecz pour une cbose. logĂ©aieax A tout faird: Endurei aux coups ou contre les Endurci dans le criuie. ' coupa de radfersitĂš. Ignorant en eu sur toutes cboiei. Inquiet de moir. Inquiet sur son sort N** CXXXVIII, ADJECTIFS CONSTRUITS AVEC fi CSU Il est si facile ol si commode de douter de tout; (COKDORCBT.) /I est plus difficile pour lea nations que pour les individus de recouvrer l’estime de leurs voisins, quand elles l’ont perdue. (Boiste.) .. Il est plus aisĂ© d'ĂȘtiĂš sage pour les autres qĂŒe de l’ĂȘtre pour soi-mĂȘme. (LarochkpoĂŒcaĂŒi.d.) JZ C5t moins dangereux de prendre un mauvais parti que de n’en prendre aucun, ^Ă©nelon.) N’est-il pas prĂ©fĂ©rable de chercher les talents dans toute une nation que dans telle ou telle autre classe ? , (Boiste.) Il est plus glorieux de se vaincre soi-mĂȘme que de vaincre les autres, (Scudkry.) Dans le premier numĂ©ro de cette section, on a vu que certains adjectifs exigeaient la prĂ©position Ă . Le prĂ©sent numĂ©ro nous apprend cependant que tout adjectif consÂŹ truit avec ĂŒ est; appelle aprĂšs lui la prĂ©position de: ÈXERCiCE PHRASÉOLOGIQÜE. H «it beaĂŒ do faire dĂą bien. Il est agrĂ©able de s'coteodre louek Il est ebarmant d’étrĂš ,riche Ăšt puissaDt. Il est DĂ©ceuĂąire d'Ă©tddiĂ©L n est doux de mourir pour sou pays. IL est sĂ»r de se voir xuĂ©prlsĂš. Il est utile de voyager.. Il est injuste de tyranuiser les hommes.
(231 ), NÂź CXXXIX. SUBSTANTIFS PRÉCÉDÉS DE DEUX ADJECTIFS DEMANDANT APRES EUX DES PRÉPOSITION^ DIFFÉRENTES. Ce pĂšre est uiilĂš et cfter Ă  sa famĂźUĂš.. ' ' (GiraĂŒlt-DÛvivier.) La religion est nĂ©cessaire et naturelle k ITiomnieu (Anontme.) Un substantif peut ĂȘtre accolĂ© Ă  deux adjectifs, pourvu que les rapports qui les lient soient exprimĂ©s par la mĂȘme prĂ©position, oĂŒ, ce qui est la mĂȘme chose, pourvu que ces adjectifs demandent aprĂšs eux la mĂȘme prĂ©position : Ce pĂšre est utile et cher Ă  sa famille. Cette phrase est correcte, parce que les adjectifs utile et cher exigent la pré position Ă ; on dit utile Ă , cher Ă . Mais on ne pourrait pas dire : CĂ©t homme est utile et CHÉRI de sa famille, parce que utile et chĂ©ri ne veulent pas la mĂȘme prĂ©position ; dans ce cas, il faut faire suivre chaque adjectif de la prĂ©position qui lui convient, et dire : Cet homme ejt utile a sa farmlle et en est chĂ©ri. NÂź GXL. ADJECTIFS QUI ONT QUELQUE RESSEMBLANCE , MAIS DONT LA SIGNIFICATION EST DIFFERENTE. La dĂ©esse des bois n’ùst pas si matinale. (LÀ FoNTÀlNKi) Les coqs, lai disait-11, ont beĂ ii islianter inatin. Je suis plus niĂ tineux encore. ‱ (La Fontainb.) 11 faut bien se garder de confondre certains adjectifs qui ont un air de ressemblance^ mais dont la signification est tout-Ă -fĂ it diffĂ©rente. ' consomme', signifie achevĂ©, accompli : Ze crime, ĂŻe sacrifice est consomme, c’est une affaire consommĂ©e. qĂŒi ri’ñ.pĂ s d’interruption : 6ĂŽsse,coN- TiNUE, fiĂšvre continue. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. CONSUME, CONTINd i MATINAL, qui s’est levĂ© matin. En poĂ©sie, aube matinale , fraĂźcheur matinale. MONACAL, qui tient du moine : ton, chant monaÂŹ cal, oisif, Sans occupation suivie ou momenÂŹ tanĂ©e. / . PLUVIALES, provenantdes pluies : eauo; pluviales, aoMANESijUE, esprit, style, tournure romanesque. ne s’emploie qu’avec l’idĂ©e de destrucÂŹ tion : cet Ă©difice a Ă©tĂ© consume par le feu. CONTINUEL, qui Ă  une durĂ©e mĂȘlĂ©e d’intervalles : pluies coNTJNUELLKS,pZamtes con* TINÜBLLES. MATiNEux, qui est dans l’habitude de se lever matin. - MONASTIQUE, qui tient du monastĂšre : habit, vie discipline, vƓux monastiques, OISEUX, vie oiseuse; goĂ»t oiseux, occupation oiseuse. PLUVIEUX, ’ abondant en pluie. ROMANTIQUE, wn site , une vallĂ©e, un coteau, un paysage romantique.
STOMACAL ,, SULFUREUX, VENIMEUX, (2/2) qui fortifie restomac. Stomachiques s’emploie aussi dans ce sens. plein de soufre, se dit des animaux. se dit des animaux. STOMACHIQUE, terme d’anatomie, qui appartient Ă  Tes- tomac, veine# stomachiques. suLFĂŒRiQĂŒH, obtenu par la combinaison du soufre avec d’autres bases. ne se dit que des vĂ©gĂ©taux : tue# vé nĂ©neux. VÉNÉNEUX Nota. 11 y a encore ; ÉhontĂ© et effrontĂ©; Ă©minent et imminent; ennuyant et ennuyeux, fortunĂ© et riche; membrĂ© et membru; mousseux iti.rmussu; ombrageux et ombreux; passant et passager; sourd-muet et sourt-et-muet; capable et susceptible; consĂ©quent (1) et considé rable, etc., etc. Voir les dictionnaires de synonymes. V ‱ NÂź CXLI.' ADJECTIFS CONVENANT LES UNS AUX PERSONNES , LES AUTRES AUX CHOSES. AUX PERSONNES. Sa perte esVsi grande qĂŒil n’en est pas consolable. (AcadĂ©mie.) ĂŒne circonstance imaginaire que nous ajoutons Ă  nos afflictions, c’est de croire que nous serons inconr- solabUs. (Fontenelle!) * AUX CHOSES. C’est une dĂ©plorable gloire que celle dont les enÂŹ nemis ont le profit. ' , (Boiste.) On ĂŒa guĂšre de dĂ©fauts qui ne soient plus pardonÂŹ nables que les moyens que l’on emploie pour les caÂŹ cher. ‘ (Larochefoucauld.) H est des adjectifs qui conviennent exclusivement aux personnes, comme cotiso/aĂą/e, inconsolable, et d'autres qui ne peuvent s'appliquer-qĂŒaux choses, tels que pardonÂŹ nable, dĂ©plorable, etc. Cependant Racine a dit un prince dĂ©plorable : Vous voyez devant vous un prince dĂ©plorable, ObsĂ©rvation.—Les adjectifs qui dĂ©rivent des vĂ©rbes, covanaQ pardonnable, consolable, formĂ©s de pardonner, et de consoler, se disent des personries et des choses, selon que les verbes, d'oĂč ils dĂ©rivent ont pour rĂ©gime direct un nom de personne ou un nom de chose. Comme on ne dit pas pardonner quelqu'un, consoler quelque chose, il en rĂ©sulte qii’on ne saurait dire que quelqu'un est pardonnable, ni que quelque chose est consolable. EXERCICE rnRASÉOWGĂŻQUE. P«rsonne conaclable. ‱ f «mine ĂźucoDsolable. Temps Ăątiplorable. Faute pardonnable. Homme intelligent ^ Homme tempĂ©rant. TrĂ©sor ineslĂźmable. tiouTeriiement te npĂ©ri. (1) CoUin-d’Harlev:lle , dans sa comĂ©die des MƓurs du jour, a signalĂ© le ridioule du mot consĂ©quent que la vulgaire emploie pour considĂ©rable, de consĂ©quence, parce qu’il est plus court : BASSET. ‱ Votre domaine est-il consĂ©quent? FORMONT. ConsĂ©quent! ^ ' BASSET. ConsidĂ©rable? Eh oui, c’est clair. FORMONT (avec malice).' En l’expliquant.
( 233 ) NÂź CXLII. MODIFICATIONS QUE SUBISSENT LES ADJECTIFS POUR EXPRIMER LES DIVERS DEGRÉS DB SIGNIFICATION OU DE QUALIFICATION. 0 !‱* DEGRE. —POSITIF. / C'est un homme menu. (AcadĂ©mie.) * 2Âź degrĂ©. — COMPARATIF. Ăč Ce n'est pas ĂȘtre petit que d'Ă©tre moindre qu'un grand. (Boiste.) 8Âź DEGRÉ. — SUPERLATIF. Cette faute est mtmme ou mtnuttsstme. (AcadĂ©mis.) s En disant ; C'est un homme menu, je ne fais qĂŒĂ©noncer simplement la maniĂšre d’ĂȘire de Thomme; mais si je dis : Cet homme est moindre que vous, cette faute est minime, uiNUTissiME, les adjectifs moindre, minime, tmnuĂŒssime, outre TidĂ©e fondamentale de qualification, expriment une idĂ©e accessoire de comparaison, soilen plus, soiten moins, ou de la qualitĂ© portĂ©e au plus haut ou au moindre degrĂ©. En effet, moindre signifie plus menu ou plus petit; minime ou minutissime, trĂšs-menu ou trĂšs-petit. ' Quand la qualitĂ© est simplement Ă©noncĂ©e, comme dans : ĂŒn homme menu, une femme menue, le degrĂ© de signification s’appelle positif, parce qĂŒalors Tadjectif exprime la qualitĂ© d’une maniĂšre positive, c’est-Ă -dire sans aucun rapport de comparaison. Lorsque la qualitĂ© est Ă©noncĂ©e avec comparaison en plus ou en moins, comme quand on dit : Ce n'est pas ^tre petit que d^Ă©ire moindre qu'un grand, le degrĂ© de signification s’appelle comparatif Si la qualitĂ© est Ă©noncĂ©e Ă  un trĂšs-haut degrĂ© de supĂ©rioritĂ© ou d’infĂ©rioritĂ©, comme dans cette faute est minime ou minutissime, le degrĂ© de signification reçoit le nom de superlatif ĂŒn trĂšs-petit nombre d’adjectifs en français expriment par eux-mĂšmes, c’est-Ă -dire par le moyen de leurs finales, les trois degrĂ©s, dits positif, comparatif , mperlatif De fait, nous n’avons que trois mots qui aient le sens et la forme de comparatifs; ce sont : Moindre, c^esi-Ă -dire plus menu ou plus petit. jqui ne dĂ©rivent d’aucun adjectif connu; . ‱ car, quoiqu’ils aient le sens de plus bon et de plus mauvais, ni bon ni mauvais n’entre dans leur composition. En faits de superlatifs, nous avons : i AmpUssime (trĂšs-ample). Excellentissime (trĂšs-excellent). Bellissime (trĂšs-beau). Nobilissime {trĂšs-noble). Clarissime (trĂšs-clair), SavanĂŒssime (trĂšs-savant), CorpulentissĂźme (trĂšs-corpulent). Puissantissime (trĂšs-puissant). ‱ Eminentissime (trĂšs-Ă©minent). FidĂ©lissime.(trĂšs-fidĂšle'. 50
, ( 234 ) FoQTbissltne (trĂšs-fourbe). ' ‱ Illuslrissime (trĂša-lllustre). GĂ©nĂ©ralissime (trĂšs-grand gĂ©nĂ©ral). ^ PrudenUssime (trĂšs-pmdent). Grandisslnae (trĂšs-grand). Rarissime (trĂšs-rare), Habillssime (trĂšs-habile). VĂ©risslme (trĂšs-^Tai). c Ignorantissime (trĂšs-ignorant). SĂ©rĂ©nissime (trĂšs-serein). Petitissime (trĂšs-petit). Parvulissime (trĂšs-petit). 11 est vrai que dans le discours familier on ne se fait point faute de ces formes, lorsqu’on a cette idĂ©e Ă  peindre, et l’on ne craint point d’en crĂ©er, selon le besoin. Nous allons voir de quelle maniĂšre on exprime ces idĂ©es accessoires de comparaison ou de la qualitĂ© portĂ©e au plus haut ou au moindre degrĂ©. ‱ ■ - . i _;o N“ CXLIII. 9 bu COMbÂRÀ'tiF. 1. — DU COMPARATIF d’ÉGALITH. L'Allemagne est aussi peuplĂ©e que la France,, (VoltaĂźre.) Rien ne doit ĂȘtre si sacrĂ© aux hqinmes que ies lois destinĂ©es Ă  lĂ©s rĂšnĂŻlre bons, 'sages eiheuirĂšĂŒx. (M.) .. / 2. — DÛ COMPARATIF d'iRFÉBIORITB. Ha gloire vous serait moins chĂšre qĂŒĂ© ma vie. (RĂ cinh.) LĂš naufrage et la mort sont moins fuiiĂ©stĂšs que les plaisirs qĂŒi attaquent la verta. (FĂ©nelon.) 3, — bu COMPARATIF DE SUPÉRIORÎTÉ. Les actions sont plus sincĂšres que les paroles. Le pied dn cerf est mieux fait que celai dn bƓuf. ‱ (M“¼de ScĂŒdĂ©ry.) . (BĂŒffĂ»n.) * * % Le comparatif s'expriime, comme on le voit, par iĂ«s adverbfes aussi, autant, moins, plus, mieux, que l’on place devant ies adjectifs : et, selon qĂŒĂ« la comparaisbh prĂ©sentĂ© l’idĂ©e Ă 'Ă©galĂźtĂ©, dĂč supĂ©rioritĂ© ou d’infĂ©rioritĂ©, le comparatif est lui-mĂȘme appelĂ© comÂŹ paratif d'Ă©galitĂ©, de supĂ©rioritĂ©, ^infĂ©rioritĂ©. N° CXLIV» » DĂŒ SUPERLATIF. DÜ SUPERLATIF ABSOLU. Ce n’est pas dans ĂŒn moment dâ€™ĂŒriĂ« Ă©motion trĂšs- vive que l’on jouit lĂ© plus de ses sĂ©nlUhĂȘnts. (ChĂąteau BRI AND.) U Ă©tait extraordinairement nchĂš. ,, (AcadĂ©mie.) Il y a Ă  la ville, comme ailleurs; de fort sottes gena. (LĂ  BruyĂšre.) Je trouvĂ© qiie Ăźe cbĂąlĂšaĂč dĂ© GdgnĂ n est parfaiteÂŹ ment beau, (MŸ« de SĂ©vignĂ©.)
( 235 ) Je vous prie 4e croire que je ne, songe qu'Ă  vous, et que vous m’ĂȘtes eaĂźZrĂȘmemenr.chĂšre. ... (MŸ« DE SbvĂźgnk.) Les infinirhĂ©nt petits ont un orgueil «n/SntmĂ©ni grand. ^ (Voltaire.) DU sopbrlatif relatif^ C’est le meiZleur de tous les hommes. (AcadĂ©mie.) La pire des bĂȘtes est le tyran, parmi les animaux sauvages; et parmi les animaux domestiques, c’est le flatteur. (Marmontel.) La probitĂ© reconnue Ăšst le plus sĂ»r de tous lĂšs serÂŹ ments. ,(M“« Neckkr.) Un bienfait reçu est la plus sacrĂ©e de tontes les dettes. Les plus justes ressentiments doivent cĂ©der au rĂ© - penĂŒr. * (PrĂ©vĂŽt.) Le superlatif s'exprime au moyen dĂ©s adverbes irĂšs,forti exirĂ brdincĂąremĂ©rit, pdirfĂ ite- merit, Ă«cctrĂ©hiĂ«ment, infiniment, le plus, le moins, le meilleur, le pire, le rnoindre. Si le superlatif exprime une idĂ©e de comparaison, comme dans la deuxiĂšme sĂ©rie des exemples citĂ©s, on Tappelle siiperlaĂŒf relatif ; on lĂš nomme superlatif absolu, lorsqu’il n’y a pas de comparaison, ainsi que dans Ja premiĂšre sĂ©ri. ■ ' NÂź CXLY. * » DÂŁS MOTS EXPRIMANT PAR EUX-MÉMES UNE IDÉE DÂŁ SUPÉRIORITÉ OU D'INFÉRIORÏTÊ. MBILLRUB. / Il n'est meilleur ami ni parent que soi-mĂȘine; (La Fontaine.) Le travail est une meilleure ressource contre l'en- nui que les plaisirs.t (TrĂŒblet.) ^. Certainement l'athĂ©isme ne rena pas les hommes rneilleufs, (Voltaire.) Ün ton poli rend les bonnes raisons tneiZZeure^, et fait passer les mauvaises. (Chateaubriand.) PIRE, Le remĂšde parfois est pire que le mal. (LknoblÉ.) La coiulitidn l iĂ©s honimĂ©s serait pire‘que celle dĂšs bĂȘtes, si la soĂŒtiĂ©' jpliiĂźosdphie et la religibri ne les sbii- tenaien L (FĂ©n klĂŽn . ) Les hommes seraient peut-ĂȘtre pires, s’ils veÂŹ naient Ă  manquer de censeurs. (La BruyĂšre.) Lhmictiori et Ja langueur Soht pires ijud Torage. (Nivernais.) MOINDRE. Ce n’est pas ĂȘtre petit que d’ĂȘtre moindre qĂŒun grand. (Boiste^) , * ^ . », Ma honte en serait moindre, ainsi que votre crime. (RacinĂš.) Sans implorer des rois moindres que vous. (Racine.) A de moindres fureurs je n’ai pas dĂ» m attendre. lid'.y PIS, MIEUX. C’est un homme rare celui qui ne peut faire pis que de.se tromper, (Fontenelle.) On ne fait rien de mieux que le bien. (Barruel.) Nous n’avons, dans notre langue; que cinq mois qui expriment par eiix-mĂȘmĂ©s une
( 236 ) idĂ©e de comparaison; ce sont : meilleur, pire, moindre, pis, mieux, qui signifient plus bon, plus mauvais, plus petit, plus mal, plus bien. Le tableau qui prĂ©cĂšde nous fait conÂŹ naĂźtre les autres particularitĂ©s relatives a chacun de ces mots. Plus bon et plus bien ne se disent pas; mais on peut employer plus petit, plus mauvais ou plus mĂ©chant et plus mal, au lieu de moindre, pire et pis. Les citations suivantes le prouvent Ă©videmment : ’ Cette prĂ©tendue Ă©mulation, inspirĂ©e aux enfants, les rend pour toute leur vie intolĂ©rants, vains, chanÂŹ geants au moindre blĂąme ou au plus petit Ă©loge dĂŒn i / Inconnu, (Bernardin de St-Pierre.) il Ă©tend ses soins jusqu’au moindre de ses domesÂŹ tiques. (Bossuet.) On a souvent besoin d’un plus petit que soi. (La Fontaine.) Est-il vrai que nous soyons plus mĂ©chants que ne l’étaient nos pĂšres ? (Lemare.) Le plus petit d’entre nos disciples. (Massillon.) Cependant il y a une diffĂ©rence entre plus petit et moindre. > Plus petit se dit des choses qui se mesurent : Ifa cousine est plus petite que sa sƓur. / . Moindre se dit des choses qui s’évaluent : La moindre difficultĂ© vous arrĂȘte; /e moindre bruit vous Ă©tonne. * EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Ce mtloD eat meilleur qut... Cette poire est meilleure que... Ces meloDS sont meilleurs que... Cm poires sont meilleures que..r Ce caractĂšre est pire que... Ces eufants sont pires que... Cette faute est pire que... Ces plumes sont pires que... Votre douleur en sera moindre. Son mal n’est pas moindre que... Rendre de moindres serTiees que.. Ces fins-lĂ  sont moitidret que... N“ CXLVI. FORMATION DES SUPERLATIFS. Le faible est destinĂ© pour servir Ăźe plus fort. (Voltaire.) Des amants les mieux faits et les plus vertueux. Une fdle^Ă  seize ans souffre Ă  peine les vƓux. (BoĂŒrsault.) La distinction la moins exposĂ©e.Ă  l'envie est celle qui vient dĂŒne longue suite d’ancĂȘtres. (FĂ©nelon.) C’est le meilleur de tous les hommes. (AcadĂ©m'ĂŻi.) Xa ptre des bĂȘtes est le tyran, parmi les animaux^ sauvages ; et parmi les animaux* domestiques, c’est le flatteur. (Marmontel.) Le tĂ©moin le plus vil et les moindres claitĂ©s, Nous montrent quelquefois de grandes vĂ©ritĂ©s. (Voltaire.) Le superlatif, comme on voit, se forme en faisant prĂ©cĂ©der plus, mieux, moins ou \meĂŒleur, pire, moindre, de le, la, les. Ces mots peuvent ĂȘtre Ă©galement prĂ©cĂ©dĂ©s des adÂŹ jectifs possessifs mon, ma, mes, notre, votre, leur, etc. CĂŒsz mon meilleur ami, ce sont vos MEILLEURS parents. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. L'agneau est le plus doux des animaux. Vous ĂȘtes mon plus mortel ennemi. C\ctaitL mieux faite de son temps. Vdnui et! la planĂšte la moins Ă©loignĂ©e du soleil. Le chien est te meilleur amt de l'boinmc. Il lui a donnĂ© de son meilleur vin- C'est bien le pire de tous les hommes. Au moindre bruit oTertiii«x<nous.
( 237 ) NÂź CXLVII. MAMBRES D ENONCER LE SUPERLATIF RELATIF. PREMIERE MANIERE. iJn bienfait reçu est la plus sacrĂ©e de toutes les dettes, (MÂź* Necker.) La probitĂ© reconnue est le plus sĂ»r de tous les serments, (MŸŸ Necebr.) SECONDE MANIERE. Le plus grand art est de cacher Tart. (Diderot.). Les plus brillantes fortunes ne valent pas souÂŹ vent tes petitesses qu’il faut pour les acquĂ©rir. (Laroche.) > 4 Les plus grands maux viennent souvent de l’abua des plus grands biens. (Boiste.) Les plus justes ressentiments doivent cĂ©der au reÂŹ pentir. (PrĂ©vĂŽt.) TROISIEME MANIERE. Les qualitĂ©s les plus brillantes deviennent inuÂŹ tiles, lorsqu’elles ne sont pas soutenues par la force du caractĂšre, (Skgur.) L’incertitude des Ă©vĂšnemĂ©nls trouble les jouisÂŹ sances les plus pures, . (LÉvis.) Les questionneurs les plus impitoyables sont les gens vains et dĂ©sƓuvrĂ©s. (La Rochefoucauld.) Les jouissances les plus douces sont celles qui n’é- puisent pas l’espĂ©rance. (LĂ©vis.) Ces exemples prouvent qĂŒil y a trois maniĂšres d’exprimer le superlatif relatif : 4° le plus sĂ»r de tous les serments; 2° les plus brillantes fortunes; 3Âź les qualitĂ©s les plus brillantes, A T Ă©gard de cette derniĂšre forme, ia rĂ©pĂ©tition de l’article devant l’adverbe de comparaison est indispensable. Ainsi dans ce vers de MoliĂšre : \ Mais je veux employer mes efforts plus puissants, y l’exactitude demandait mes efforts les plus puissants. Si Ton dit Ă©galement bien : Les fortunes les plus brillantes ou les plus brillantes fortunes, c’est que Tadjectif se place devant ou aprĂšs le substantif : Une fortuite brillante, une brillante fortune; mais si Tadjectif ne pouvait prĂ©cĂ©der le substantif, sans blesser To- reille, alors la premiĂšre maniĂšre serait seule employĂ©e : L'ĂȘtre le plus faible a aussi L'instinct de La rĂ©sistance. (J.-J. Rousseau.) 11 serait choquant de dire : Le plus faible ĂȘtre, etc. Enfin, si Tadjectif, placĂ© avant ou aprĂšs le nom, lui donnait un sens diffĂ©rent, il fauÂŹ drait avoir soin de ne pas employer une forme pour Tautre : L’homme le plus honnĂȘte de la cour n'est pas toujous le plus honnĂȘte homme du monde. (D’Alembert.) Üly»M le pins rußé des Grecs. HomĂšre Je plus graud des poĂštes. NĂšroo le plus cruel des tyrans. Aleibiide le plus beiu des hommes. EXERCICE PURASÉOLOGÏQVE. Le fcinalisine le plus ardent. Le conseiller lu plus aveugle. Le monarque le plus puissant. La saison la plus belle. Le plus ardent fanatisme. Le plus areugle conseiller. Le plus puissant monarque. La plus nelle saisou.
( 258 ) CXLVIIÎ. Xfl, TANTÔT VARIABLE, TANTÔT INVARIABLE, AVANT LES EXPRESSIONS COMPARATIVES pltf# , mieux, moins, suivies dĂŒn adjectif, d’un participe, etc. VARIABLE. Les romans sont les livres les plus agrĂ©ables, les plus universellement lus, et les plus utiles, (Bernardin de St-Pierrk.) ...L’inflexible airain de l’àme la plus dure. S'Ă©branle et s’amollit au cri de la nature. (De Belloy.) Les Français sont les plus Ă  craindre: comme ils^ aiment passionnĂ©ment les femmes, ils savent partout les intĂ©resser Ă  leurs projets. , V (Bernardin dk St-Pierre.) La ruse la mieux ourdie ' , , Peut nuire Ă  son inventeur. (La Fontaine.) Des amants le# mieux faits et les plus vertueux, Une fijle Ă  seize ans souffre Ă  peine les voĂšux; Son orgueil en rebute autant qu’il s’en prĂ©sente, Et tout lui paraĂźt bon quand elle en a quarante. (BoĂŒrsault.) II prit congĂ© d’eux en les embrassant, en leur faiÂŹ sant accepter les diamants de son pays les mteua; montĂ©s. (Voltaire.) Les coeurs nourris de sang et de projets terribles, N’ont pas toujours Ă©tĂ© les cƓurs les moins sensibles. (CrĂ©billon.) Les peuples qui vivent de vĂ©gĂ©taux sont, de tous les hommes, les moins exposĂ©s aux maladies et aux passions. (Bernardin de St-Pibrre.) INVARIABLE. Nous avons l’altenlion d’offrir Ă  nos divinitĂ©s les fleurs qui leur sont le plus agrĂ©ables. (BarthĂ©lĂ©my.) A ces mots, dans les airs le trait se fait entendre ; A l’endroit oĂč le monstre a la peau le plus tendre, U en fessent le coup, se sent ou’VTir les flancs. (La Fontaine.) Les animaux que l’homme a le plus admirĂ©s sont ceux qui lui ont paru participer de sa nature. (Buffon.) Ceux qui seraient le mieux organisĂ©s ne feraient- ils pas leurs nids, leors cellules ou leurs coques dĂŒne maniĂšre plus solide? - (Buffon.) , Dans le temps oĂč nous sommes, 0 L’on doit peu compter sur les hommes, MĂȘme sur ceux qu’on a le mieux servi#. (CollĂ©.) 11 Ă©tait fort surpris que les choses qu’il avait le mieux aimĂ©es n’étaient pas celles qui Ă©taient le plus agrĂ©ables k ses yeux, (Buffon.) II y a un tour Ă  donner Ă  tout^ mĂȘme aux choses qui en pruaissent le moins susceptibles. (Montesquieu.) Les passions ont un intĂ©rĂȘt qui fait qu’on doit s’en dĂ©fier, lors mĂȘme qu’elles paraissent le plus raisonÂŹ nables. (La Rochefoucauld.) BĂŒprĂšs çes^exemples, rien dĂ© plus facile que de savoir quand Le doit subir tous les accidents du genre et du nombre devant plus, moins, mieux, ou rester invariable. Toute la difficultĂ© rĂ©side dans le point de vue de l’esprit. Veut-on Ă©tablir une compaÂŹ raison de supĂ©rioritĂ© ou d’infĂ©rioritĂ© entre les mĂȘmes personnes, entre les mĂȘmes choses, qu’on se serve alors de^/e plus, les plus, lemolns, lesmoins, etc. En effet, dans loys les exemples de la premiĂšre colonne, si Ton dit : Les livres les plus agrĂ©ables, T Ăąme a plus dure, la ruse la mieux ourdie, etc., c’est pour Les plus agrĂ©ables de tous les livres, la plus dure de toutes les Ăąmes, la mieux ourdie de toutes les ruses, ainsi que ie prouve le dernier exemple de Bernardin de Saint-Pierre : Les peuples qui vivent de vĂ©gĂ©taux sont de tous les hommes les moins exposĂ©s, etc. La comparaison portant sur ies mĂȘmes objets, l’adjectif dĂ©terminatif/e prend dĂšs-iors le. genre et le nombre des substantifs auxquels il est joint. Mais l’article/e doit au contraire rester invariable; si, au lieu de modifier un substantif, il modifie m adjectif ou un participe, et forme avec plus, moins, mieux.
( 239 ) une expression adverbiale. En pareille circonstance, le plus signifie davantage, et est un abrĂ©gĂ© de : au plus haut point, au plus haut degrĂ©. Les phrases suivantes sont donc incorrectes : Il est rare que nos cerfs portent plus de vingt ou vingt-deux andouillers, lors mĂȘme que leur tĂȘte est la plus belle. (Buffon . ) Maman, je sĂšmerai autour de' la pierre de mon frĂšre, les fleurs que vous aimez les mieux. (Bernardin de St-Piebrk.) Grammaticalement, il eĂ»t fallu le plus belle et Le mieux; mais on doit pardonner Ă  Buffon d’avoir dit/a p/tts belle, le plus belle Ă©VJni une expression qui rĂ©pugne et qui, choque. Dans ce cas il n’y a rien de mieux Ă  faire que d’employer un autre tour. ■ *. ÈXERCJCE PBRÂSÈOLOGIQVE. Les plus savants ont Ă©tĂ© les plus religieux. Sur ia partie la plus haute. ^ Le» plus beaux sont les plus fĂȘtĂ©s. Les belles femmes sont les plus recncrcbĂ©es. Dans les moments les mieux choisis. Les plus Ăč craindre sont les plus tranquilles. Les montagnes les moins elevĂ©es. Ceux qui Ă©taient le plus religieux. Chez ceux qui sont le plus haut placĂ©s. Les plus beaux ont Ă©tĂ© le plus fĂȘtĂ©s. Les belles femmes ont Ă©tĂ© le plus recbercbĂ©ei. Celle qui a Ă©tĂ© ie mieux servie. Des femmes qui Ă©taient le plus considĂ©rĂ©es . Ceux qui se sout le moins appliquĂ©s. NÂź CXLIXo ADJECTIFS SUSCEPTIBLES OU NON SUSCEPTIBLES DE COMPAKAISON. ĂŻ ‱ V , ĂŻ . - ' - i i susceptibles de comparaison. Sans la langue, en un mot, Tauteur ĂŻe plus divin Est toujours, quoi qĂŒil fasse, un mĂ©chant e'crivain. (Boileau.) Britannicus est comptĂ© parmi les plus excellents ouvrages dont s'honore la scĂšne française. (Geoffroy.) Fontenelle fut Thomme le plus universel de son siĂšcle. - (Voltaire.) NON susceptibles. Apprends que, dans les fers, la probitĂ© suprĂȘme Commande Ă  ses tyrans, et les juge elle-mĂȘme. (Gresset.) C'est Ă  nous de chanter, nous Ă  qui tu rĂ©vĂšles Tes clartĂ©s Ă©ternelles. (Racine.) m ' Le dernier irioment qui terminera ma vie dĂ©cidera de mes destinĂ©es immortelles, - * (Massillon.) Les adjectifs qui exprimeiu une qualitĂ© absolue ne sont pas, dit Girault-Duvivier, susceptibles de comparaison, et il cite comme tels les suivants : divin, Ă©ternel, excelÂŹ lent, extrĂȘme, mortel, immortel,'immense, impiini, intime, parfaitunique, universel, suprĂȘme; mais comme on peut trĂšs-bien dire, d’aprĂšs les Ă©crivains et TAcadĂ©mie : le plus excellent, le plus divin, le plus immense, le plus intime, le plus parfait, le plus unique, le plus universel, il en rĂ©sulte .qu’il n’y a qn’étĂ©rnĂ«l, immortel, suprĂȘme, immense, preÂŹ mier, etc., qui n’admettent point les degrĂ©s de comparaison en plus et en moins. En effet, il y a une excellence, une perfection, une tmiuersa/ifĂ© relatives, voilĂ  pour- quoi'les Ă©crivains ne se font aucune difficultĂ© de mettre ces adjectifs en comparaison : Le bon sens est la facultĂ© }g plus excellente de Thomme. ’ (La Roche.) Le courage de Tesprit, infiniment plus rare qĂŒe ia valeur, suppose des vertus bien plus Ă©minentes. (Diderot.)
( 240 ) Ăźmage du courtisan d'autant plus parfaite. ' (La BruyĂšre.) Une erreur si stupide n’était pas seulement Za plus universelle, mais encore, etc. (Bossuet.) Les plĂ»s sublimes esprits ont eux-mĂȘmes des et. droits faibles. (VaĂŒvenargues.) Les plus excellents ouvriers. (La BruyĂšre.) Quant Ă  plus divin, on entend par lĂ  une qualitĂ© qui approche davantage de ia perÂŹ fection que nous nous figurons dans les attributs de la DivinitĂ© : - 11 faut que je dĂ©clare Ă  ArchidĂ©mus ce qui est enÂŹ core plus divin. (Dacier.) ' Rien n'est plus divin que la morale du christiaÂŹ nisme. (Chateaubriand.) U auteur le plus divin, c’est-Ă -dire qui approche ie plus de la DivinitĂ©. Il y a des circonstances oĂč Texpression semble s’écarter de Tordre naturel; mais ce sont des dĂ©licatesses qui Ă©chappent Ă  ceux qui ne connaissent point les ressources de la langue. II n’y a ni infinitĂ©, ni impossibilitĂ© relatives; cependant les phrases suivantes sont trĂšs-bonnes : Je crois mĂȘme qu’en faisant mes lettres moins in- /Ăźme5, je'vous jetterai moins de pensĂ©es, et moins d’envie d’y rĂ©pondre. (MÂź* DE SĂ©vignĂ©.) Non, cela est plus impossible que vous ne T imaÂŹ ginez. . (D'Alembert.) Cette excellente mĂšre, comme le remarque M. Dessiaux, pouvait dire moins longue, mais que devenait le sentiment? Une chose me paraĂźt impossible sous quelques rapÂŹ ports; celui qui dĂ©couvre encore plus de raisons d’impossibilitĂ©, la juge p/us impossible que je ne puis le faire. La Rochefoucauld avait ses raisons pour dire : L'envie est plus IRRÉCONCILIABLE que la haine. Tout le monde passera condamnation sur la phrase suivante : La carriĂšre de l'histoire est cent fois PLUS immense qu'elle ne l'Ă©tait pour les anciens* (Voltaire.) Vaste Ă©tait le mot propre. Nous ne nous Ă©tendrons pas davantage sur celte matiĂšre. Ce que les grammairiens appellent comparatĂż*et super/aiĂż* se formant en gĂ©nĂ©ral au. moyen des adverbes, c’est au chapitre qui traite de cette partie du discours que nous entrerons dans tous les dĂ©veÂŹ loppements nĂ©cessaires. DES ADJECTIFS DÉTERMINATIFS N CL. NATURE DES ADJECTIFS DETERMINATIFS. — DEFINITION. Voyez ce papillon Ă©chappĂ© du tombeau. (Delille.) Ma main de quelque fleur esquisse la peinture. (Castel.) Dix tribus ont fui la dtĂȘ sainte. (De Fontanes.) Tout homme a son grĂ© peut gouverner le sort, (DuchĂ©.) j~
( 241 ) ton einpire s'Ă©tend du couchant Ă  Taurore. (Castkl.) Leurs coteaux ont redit lĂšs chansons des bergers. (La Harpe.) Trois animaux en arbalette, Tiraient la pesante charrette. (Almanach des Fabulistes.) Chaque peuple a ses lois. (Chhnikr.) Aucun chemin de fleura ne conduit Ă  la gloire. (La Fontaine.) OĂč lĂŒsage prĂ©vaut nulle raison n'est bonne. (Quinault.) Tel deuil n'est fort souvent qu’nn changement d’habits. (La Fontaine.) On appelle adjectifs dĂ©terminatifs tous les mots qui servent Ă  dĂ©terminer ies substanÂŹ tifs, c’est-Ă -dire qui marquent, non les qualitĂ©s physiques des objets, mais seulement certaines vues de l’esprit, ou les diffĂ©rents aspects sous lesquels Fesprit considĂšre le mĂȘme mot ; tels sont tout, chaque, nul, aucun, quelque, un, deux, trois, etc. ; mon, ma, mes, etc.; ce, cette, ces, etc. Dans les expressions tout homme, nul homme, quelque homme, votre homme, cet homme, etc., tout prĂ©sente homme dans un sens gĂ©nĂ©ral affirÂŹ matif; nul l’annonce dans un sens gĂ©nĂ©ral nĂ©gatif; quelque lĂ© prĂ©sente dans un sens particulier indĂ©terminĂ©; votre le montre associĂ© Ă  une idĂ©e d’appartenance; ce marque un individu dĂ©terminĂ© qĂŒil met sous les yeux, ou le reprĂ©sente Ă  l’imagination, et ainsi de suite. Ily a quatre sortes d’adjectifs dĂ©terminatifs : les adjectifs dĂ©monstratifs, les adjectifs numĂ©raux, les adjectifs possessifs et les adjectifs indĂ©finis. CLI. DES ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS. Voyez ce papillon Ă©chappĂ© du tombeau ; Sa mort fut un sommeil, et sa tombe un berceau. (Delille.) ... Cet admirable don, L’Instlnct, sans doute est loin de l’auguste raison. m LĂ , cette jeune plante, en vase disposĂ©e, Dans sa coupe Ă©lĂ©gante accueille la rosĂ©e. (Delille.) ... Ces honneurs que le vulgaire admire RĂ©veillent-i!s les morts au sein dea monuments? (SOULIÉ.) Les mots ce, cet, cette, ces dĂ©terminent les substantifs papillon, don, plante, honneurs, qĂŒils prĂ©cĂšdent. Ce sont donc des adjectifs dĂ©terminatifs. Mais indĂ©pendamment de cette propriĂ©tĂ©, ils sont signes d’une idĂ©e accessoire, c’est-Ă -dire qĂŒils servent Ă  monÂŹ trer les objets reprĂ©sentĂ©s par les substantifs auxquels ils sont joints. Aussi est-ce pour ce motif que les grammairiens les appellent adjectifs dĂ©monstratifs, EXERCICE ANALYTIQUE. Cette Ă©lite guerriĂšre, amante de la paix, Ne poursuit qĂŒune plante Ă  travers lĂšs forĂȘts. (Castel.) Cultivons avant tout ces vĂ©gĂ©taux fertiles, Qui, nĂ©s dans nos forĂȘts, croissent prĂšs de nos villes. (Id.) Flore, sois ma dĂ©esse, et rĂ©pands sur mes vers Ces poĂ©tiques flĂ©urs qui charment l’univers. (Id.) Ces soins dĂ©licieux, il ne les connaU pas, L’homme que la mollesse enlace dans ses bras! (Castel.) Cet air pur, cc# gazons, cette voĂ»te mobile, Ccf troncs multipliĂ©s Ă©lancĂ©s vers les cieux. Ici tout plaĂźt au cƓur, tout enchante les yeux. {Id.) Vois ce jeune Ă©glantier dont la fleur vient d’éclore, (Michaud.) 31
( 242 ) NÂź CLll. DES ADJECTIFS POSSESSIFS. >Ma malD de quelque ftenr esquisse la peinture. (Castel.) SobriĂ©tĂ© dans tonte chose, Mon ami, c’est Tart de jouir. (DĂŒ Trembla Y.) JIffes sens sont glacĂ©s d’effrol. i (J.-B. Rousseau.) ton empire s’étend du couchant Ă  Taurore. (Castel.) Ta prĂ©sence embellit Teau, la terre, les airs. (U.) Tes vallons sont couverts do superbes troupeaux. m De «on propre arĂŒlice on est souvent victime. (Collin d'Harlevillb.) A ea vocation chaque ĂȘtre doit rĂ©pondre. (Fb. de NbĂŒfchatbaĂŒ.) II faut de ses amis endurer quelque chose. (MoliĂ©bi.) Noire vie est une maison j' Y mettre le feu c’est folie. (Nitebnais.) Nos vergers sont sans dieux, nos forĂȘts sans miracles. (Delille.) Votre Ă©loquence est naturelle. pucis.) Vos mailles se rompront sous la charge pesante. (Castkl.) Leur fleur y montre au jour lĂ©s grĂąces de son sein. [Id.) Leurs fleurs suivent mes pas en rĂ©crĂ©ant ma vue. [Id.) Leur flanc est dĂ©chirĂ©, le sang rougit leur mors. (Michaud.) Les mots mon, nia, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses, noire, nos, votre, vos. Leur, leurs, sont des adjectifs dĂ©terminaiifs. Mais ils expriment en outre une idĂ©e accessoire, celle de possession, de propriĂ©tĂ©. Pour dĂ©nommer cette idĂ©e accessoire, les grammairiens les adjectifs possessifs. Du moment oĂč la notiĂŒrĂŻ de propriĂ©tĂ© a Ă©tĂ© introduite parmi les hommes, ii est Ă©vident que la qualitĂ© d’appartenir Ă  tel ou tel individu, fut une chose essentielle Ă  connaĂźtre pour chacun ; et de lĂ  les mots mon, ton, son, etc. Ces mots sont dĂ©rivĂ©s des pronoms persoiĂźnĂšls. Èn effet, mon bras est poiir le bras dĂ© moi; ton enfant est pour l'enfant de toi; son cheval est pour le cheval de lui, etc. EXERCICE ANALYTIQUE. Soutiens md foi chancelante, Dlea puissant 1 inspirĂš^moĂź dette crainte vigilante Qui fait pratiquer ta loi. ^ ÂŁot sainte, loi dĂ©sirable, Ta richesse est prĂ©fĂ©rable A la richesse de Tor, Ët ta douceur est pareille Au miel dont la jeune abeille Compose son cher trĂ©sor. Mais, sans tes clartĂ©s sacrĂ©es; Qui peut connaĂźtre, seigneur, Les faiblesses Ă©garĂ©es Dans les replis de son cƓur? PrĂȘle-moi tes feux propices ; Viens m'aider Ă  fuir lĂ©s vices Qui s'attachent Ă  mes pĂ s; Viens consumer pĂ r ta flamme Ceux que je vois dans mon Ăąme, Et ceux que Je n’y vois pas. SI de leur triste Ă©sclavage Tu viens dĂ©gager mes sens, Si tu dĂ©truis leur pĂŒmgc, Afe# jours seront innocents. J'irai puiser, sur ta trace, Dans les sources.de ta grĂące; Et, de ses eaux abreuvĂ©, Ma gloire fera connaĂźtre Que le Dieu qui m'a fait naĂźtre ‱ Est le Dieu qui m'a sauvĂ©. (i.-B. Rousseau.)
( 2%3 ) GLIIL DES ADJECTIFS NUMERAUX. ADJECTIFS CARDINAUX. Quatre chats des deux parts, animĂ©s par la gloire, Sans savoir ni pourquoi, ni comment, . Se vont tuer tout bonnement. (Aubhbt.) Depuis soixante ans un Français, Etudiant toujours avec succĂšs. Vivait aux champs comme un vrai solitaire. (Imbert.) Depuis quatre-vingts ans, de tout le voisinage, On venait Ă©couter et suivre ses avis. (Florian.) On peut aller Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© Par mille routes diffĂ©rentes. (Fabulistes.) De cent plaintes importunes Tous Tes jours (Ăč) fatiguait les dieux. (Lamotte.) ... Dix tribus ont fui la citĂ© sainte. (Fontanes.) Deux vrais amis vivaient au Monomotapa. (La Fontaine.) ADJECTIFS ORDINAUX. f Le quatorziĂšme siĂšcle avait produit deux rats, A longue queue, Ă  grand corsage, Friands au dernier point, admirablement gras. (Almanach DES Fabulistes.) Il prend le premier sac, le sac du rang suprĂȘme. (Lamotte.) . Il y a trois choses qui rendent une Ăąme Ă©clairĂ©e : le recueillement, l’humilitĂ© et Ja charitĂ©. La premiĂšre empĂȘche les tĂ©nĂšbres; la seconde attire la lumiĂšre; ta troisiĂšme les produit. (FlĂ©cuisb.) Les mots un, deux, trois, quatre, cinq, premier, second, troisiĂšme, quatriĂšine, cinÂŹ quiĂšme, etc., sont des adjectifs dĂ©terminatifs; mais TidĂ©e accessoire qii’ils expriment est celle d’indiquer un nombre prĂ©cis, dĂ©terminĂ©. C’est cette idĂ©e qui les a fait nommer adjectifs numĂ©raux. On en distingue de deux sortes : les adjectifs de nombre cardinaux et les adjectifs de nombre ordinaux. \ Les adjectifs de nombre cardinaux servent Ă  marquer la quantitĂ© des personnes ou des choses, et rĂ©pondent* Ă  cette question : combien y en a-l4l7 ce sont un, deux, trois, quatre, vingt, soixante, etc. Les adjectifs de nombre ordinaux dĂ©terminent les noms dĂšs personnes et des choses, sous le rapport de l’ordre et du rang qu’elles occupent entre elles ; telles sont : preÂŹ mier, second ou deuxiĂšme, troisiĂšme, quatriĂšme, etc. i ^ ___ EXERCICE ANALYTIQUE. Deux sĂ»retĂ©s valent mieux quĂŒne. (La Fontaine.) Fingi fois sur le mĂ©tier remettez votre ouvrage. (Boileau.) Il y a trots choses que la plupart des femmes jettent par la fenĂȘtre, leur temps, leur santĂ© et leur argent. (M“¼ Gkoffrin.) Èn vivant continuellement ensemble, on.se dé couvre mutuellemeut mille petits dĂ©fauts dont on ne se doutait pas. (M“* Riccoboni.) Tout un peuple Ă  la fois Ă©clos de toutes parts, DĂšs le huitiĂšme jour fourmille Ă  vos regards. (Rosset.) Philippe mourut dans sa soixantiĂšme annĂ©e. (Anquetil.)
( m ) NÂź CLIV. DES ADJECTIFS INDEFINIS. , OÙ,Tusage prĂ©vaut, nulle raison n'est bonne. (QuinaĂŒlt.) .., Toute trahison est indigne et barbare. (Voltaire.) Tout homme Ă  son grĂ© peut gouverner le sort. (DucuÉ.) Maint rocher Ă©crase, en tombant, AĂźaint philosophe qui raisonne. (Aubert.) Chaque peuple a ses lois. (ChĂ©nier.) Quelle mĂšre PrĂȘte Ă  perdre son fils, peut le. voir et sc taire? (Voltaire.) Quelque soin qu'il sedonne, et guc/guebien qĂŒil fasse. Quel ministre est aimĂ© pendant qĂŒil est cn place? (Boursault.) ...Certains prĂ©jugĂ©s, sucĂ©s avec le lait, Deviennent nos tyrans jusque dans la vieillesse. (CllÉNlER.) Plusieurs hommes valent mieux, et beaucoup plus valent moins qu’ils ne paraissent. (Boiste.) Aucun chemin de fleurs ne conduit Ă  la gloire. (La Fontaine.) TeZ deuil n'est fort souvcntqu’un changement d’habits. (Id.) Les mois tel, quelque, plusieurs, chaque, certain, tout, auun, nul, maint, sont des adjectifs dĂ©terminaiifs, qui indiquent que le substantif est appliquĂ© Ă  un nombre vague, indĂ©terminĂ©, indĂ©fini d’individus; c’est pour celte raison qĂŒon les appelle indĂ©terminĂ©s ou indĂ©finis. Quelques grammairiens pensent qĂŒil n’y a point d’adjeclifs dĂ©terminaiifs ndĂ©finis. Ils considĂšrent comme adjeclifs muÈi\x\]x,^ quelque, plusieurs, maint, nul, etc., parce que ces mois expriment une idĂ©e de quantitĂ©; et comme adjeclifs qualificatifs les mois quel, quelconque, qui expriment une qualitĂ© indĂ©terminĂ©e; tel, qui indique une idĂ©e de similitude Tel pĂšre, tel fils; et mĂȘme, qui marque une idĂ©e d’identitĂ© : Cest cet homme meme. EXERCICE ANALYTIQUE. Quel pĂšre dc sĂŽn sang se plaĂźt Ă  se priver? (Racine.) Quelques charmes d’abord que la vengeance Ă©tale, Songez qu’à ses auteurs elle est toujours fatale. (La Fosse.) Chaque mĂ©tier a son apprentissage ; Rien de moins gai que les commencements. (LOiMBARI) DE LaNGRES.) Que de gens Icl-bas semblent vivre au hasard 1 Nul soin de Tavenir, jamais de prĂ©voyance. (Stassart.) Tout ĂȘtre sage se contente De son Ă©tat, et supporte ses maux, Puisqu’il ne peut changer son existence. (Haumont.) 0 premiers mouvements d'une aveugle colĂšre, De quel long repentir n'ĂȘtes-vous pas suivis ! (Fr, de Nkufchatkau.)
(246) EMPLOI ET SYNTAXE V DES ADJECTIFS' DÉTERMINATIFS. N” CLV. DES ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS. gknrh et nombre. SINGULIER. MASCULIX. Voyez ce papillon Ă©chappĂ© du tombeau ; Sa mort fut un sommeil, et sa tondbe un berceau. (Delille.) ... A ce mot, ce hĂ©ros expirĂ©. N'a laissĂ© dans mes bras qnĂŒn corps dĂ©figurĂ©. (Racine.) C’est le fruit du Tuba, do cet arbre si grand, QuĂŒn cheval au galop met toujours en courant Cent ans Ă  sortir de son ombre. (V. lĂźUGO.) Imagination, fĂ©e active et lĂ©gĂšre, Pars, et d’un vol hardi, parcours cet hĂ©misphĂšre. (Castel.) FEMININ. Voyez cette mouche qui luit dĂŒne clartĂ© semÂŹ blable Ă  celle de la lune; elle porte avec elle le phare qui doit la guider. (AimĂ©-Martin.) C'est Tainville : on le voit, au nom de la patrie, Convier aux forfaits cette horde flĂ©trie D’assassins, juges Ă  leur tour. (V. Hugo.) ‘ Un riche marchandait le chien d’uĂ» malheureux; Cette offre l’aflligea : « Dans mon destin funeste. Qui m’aimera, dit-il, si mon chien ne me reste ? » (Delille.) Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine? A-t-on par quelque Ă©dit rĂ©formĂ© la cuisine ? (Boileau.) PLURIEL. C’est lĂ , prĂšs de ces murs, par le lierre vieillis. Sous ces ormes, ces ifs, au lugubre feuillage, Dans ces sillons Ă©troits, que les morts du village DĂŒn Ă©ternel repos dorment ensevelis. (J.-B.-A. Soulik.) Cet encens, ces honneurs, que le vulgaire admire, RĂ©veiltenl-ils les morts au sein des monuments? ' (Id.) . ‱. Sont-ce lĂ  ces grands cƓurs, Ces hĂ©ros qu’Albe et Rome ont pris pour dĂ©fenseurs? (Corneille.) ÉternitĂ©, nĂ©ant, passĂ©, sombres abĂźmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez P (Lamartine.) A ces heures de joie^ Ă  ces riants destins, De vos jours nĂ©buleux opposez les chagrins. (Castel.) Ces haies de chĂšvre-feuilles, de framboisiers, de groseillers et de lilas, sont toutes verdoyantes de feuilles, de boutons et de fleurs. (Bernardin de Saint-Pierre.) 4- Ce tableau nous apprend que les adjectifs dĂ©monstratifs ont trois formes au singulier; Deux pour le masculin : ce, qui se place devant tout mot commençant par consonne ou par h aspirĂ© ; ce papillon, ce hĂ©ros; cet, qu'on met devant les mots ayant une voyelle pour initiale, ou un h muet : Cet arbre, cet hĂ©misphĂšre (Ăź) ; (1) Oa dit cependant ce qui est hien faible -, ce onze janvier; ce un est mal fait, comme on dit le oui et le non, le onze, le tm. .
( 246 ) Et une seule pour le fĂ©minin, qui est cette : cette vie, cette horde, cette offre, cette humeur. Le pluriel, tant pour le masculin que pour le fĂ©minin, n’a Ă©galement qĂŒune forme unique; ces, qui se joint Ă  tous les noms, quelle que soit d’ailleurs leur lettre initiale: Ces murs, ces ormes, ces hĂ©ros, ces honneurs, ces plaines, ces Ăšxtases, ces haies, ces heures.' EXEiiCicE rnnASÉOLOGiQim. ijQ paysuffe.. Cette prairie* Ce fleave. Cette rose, Ce valloa. Ces paysages. Ces prairies; Ces fleuves. Ces rosefl. Ces vnllons. Cet arbre. Cet Ă©tau g. Cet Ilot. Cet ceiltet. Cet usage. Ces arbres. Ces Ă©tangs. Ces Ilots. Ces Ɠillets. Ces usages. Ce brmeau. Ce hanneton Cette harmonie. Cette hĂ©rĂ©sie. Cette ItĂąie. Ces hamoanx. Ces hannetons. Ces harmonica. Ces hĂ©rĂ©sies. Ces haies. 1^0 CLVf. Ce SUIVI UE ci ou DE lĂ . a. Ce mond$r€i n'est qn’une loterie De biens, de rangs, de dignitĂ©s, de droits ; BriguĂ©s sans titre et rĂ©pandus sans choix. (VOLTAinE.) CĂ©rtaine.fllle un peu trop fiĂšre PrĂ©tendait trouver un mari, Jeune, bien fait et beau) d’agréàble maniĂšre, Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci. ^ (La Fontaine.) Cettevie-ci n’eii qĂŒun songe. (Yoltaibk.) LĂ . ' Lorsqu'on lui reprĂ©sentait (Ă  NapolĂ©on) une chose impossible, Il prĂ©tendait quo ce mot-lĂ  n’étaĂźt pas français, , ‘ ‘ (Sav.) ... Que de dĂ©fauts elje a, Cette jeunesse ! on Tairae avec ces dĂ©fauts-lĂ . (Dufhbsny.} Ton humeur est, Catherine, Plus aigre qu’un citron vert o Toutes les Catherines ne sont heureusement pas do cette humeur-lĂ . (Ăąrnault.) ' > Quelquefois on ajoute ci ou lĂ  au substantif prĂ©cĂ©dĂ© de ce, cet, cette, ces, comme cet homme-ci, cet homme-lĂ ; cette Jemme-ci, cette femme-lĂ , etc. Ces expressions sont un abrĂ©gĂ© de cet homme qui est ici, cet homme qui est la; CETTis/cnime qui est ici, cette femme qui est LX, etc. Les particules ciel lĂ  ne font alprs; comme on le voit, qu’exprimer, par ellipse, une phrase incidente, une circonstance ou de lieu ou de temps, et le plus ou moins de. proximitĂ© rĂ©elle ou idĂ©ale de Tobjet en question. Celi€uc\,c€temps-ci, ce monde-ci, indiquent le lieu, le temps, le monde oĂč Ton se trouve au moment pĂč Ton parle. Celieu-Lx, ce temps-Lx, ce monderLx, dĂ©signeni le iie.u, le temps, le monde oĂč Ton n’est point. Beaucoup de personnes font la faute de dire ; Cet hornme-Ăźci, ce moment~ici; et du temps de Vaugelas, tout Paris disait ; Cet homme-ci, cetcmps-ci; mais la plus grande partie delĂ  cour disait : Cethomme-ici, ce'tempsAci, et Vaugelas lui-mĂȘme Ă©tait pour cette façon de parler. Aujourd’hui ii n’y a plus de choix : la premiĂšre est la seule bonne; Tautre h’ést que dans lĂ  bouche du peuple. t EXRmCE PHRASÉOLOGIQUE. Ce ptys-çi. _ Cflb: Viflerv, Ce Cm fle.irMÎ. Ces botiquet»-ci. Ces votumewi. Ces fleur»>IĂ©. Ces bouqueĂźt-!Ă . , CĂšs »uItii;ies-U.
( 247 ) N“ CLVII. Ce, SUIVI DE PEUSIEURS SUBSTANTIFS OĂŒ DE PLUSIEURS ADJECTIFS LIÉS PAR et OU PAR OU. t / I. Ce RKPÉTB. Vous croyez qu’avec ces moyens et ces mesures, les dĂ©clarations'despropriĂ©taires seront fidĂšles. . (Dupont ds Nemours.) Tous ces aventuriers ne devaient pas regarder ces arts et ces mĂ©tiers comme au-dessous d’eux. - (Rollin.) Pour savoir comment tous ces cultes ou ces suÂŹ perstitions s’établirent, U faut suivre la marche de l’esprit humain. . (voltaire. Ce , NON REPETE. Ces questions et propositions sont la plupart exÂŹ traites du traitĂ© du Contrat social. (J.-J. Rousseau.) On ne doit jamais charger aucun comitĂ© particuĂŒer d’expĂ©dier ou refuser ces certificats ou approbations. (Id.) Tous ces prĂ©tendus cerfs ou Ôfc/iesiie sont quĂš des chevreuils, (BuFiro/.) lĂź. Ces bons et ces mauvais conseils que nous receÂŹ vons dans ie monde jeftent notre esprit dans le plus grand embarras , et nous erapĂȘchĂ«rit souvent de prendre un parti. (Anonyme.) k ’ Chassez-moi tous ces anciens et ces nouveaux amis qui ne voient en vous que votre position et votre forÂŹ tune. ' (Id.) Les matelots ajoutent Ă  ces bonnes et ces mauÂŹ vaises qualitĂ©s les vices de leur Ă©ducation. (Bernardin de St-Pierrb.) GrotĂźus lui-mĂȘme a rĂ©pĂ©tĂ© que Mahomet, ce grand et faux prophĂšte, avait instruit iiriĂ© colombe Ă  voler auprĂšs de son oreille, et avait fait accroire que l’esprit do Dieu Venait Tinstruire sous cette forme. (Voltaire.) Je vous sais, en particulier, iih grĂ© InÜnl d’avoir osĂ© dĂ©pouiller notre langue de ce sot et prĂ©cieux jargon qui ĂŽte toute vĂ©ritĂ© aux images et toute vie aux sentiments. (7d.) Cette immense et tumultueuse rĂ©publique avait pour chefs le pape et l’empereur. (VoltAibe.) Ce doit se rĂ©pĂ©ter devant chaque substantif (1^Âź colonne de la 1" sĂ©rie). Cependant quelquefois il est permis de le sous-entendre devant le dernier, lorsqu’on veut donner plus de rapiditĂ© au discours, ou quand ce sont deux mots Ă  peu prĂšs synonymes (2« colonne de la sĂ©rie). . ' ■ . Il doit Ă©galement se rĂ©pĂ©ter devant chaque adjectif, lorsque les adjectifs exprimĂ©s dans la phrase n’appartiennent pas au mĂȘme substantif (l*"Âź colonne de la sĂ©rie); si, au contraire, les adjectifs se rapportent Ă  un seul et mĂȘme nom, on doit n'exprimer ce qĂŒune fois (2Âź colonne delĂ  2Âź sĂ©rie). On dirait cependant sans et : ces jeunes, ces jolies personnes ont tout ce qu'il faut pour plaire. Cette rĂ©pĂ©tition de ces est trĂšs-Ă©nergique; r EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Ces dĂ©crets et ees arrĂȘtĂ©s. ‱ Ces dĂ©creU et arrĂȘtĂ©s. Ces ordonnances et ces dĂ©cisions. Ces ordoonaoces et dĂ©cisions. Ces arts et ces mĂ©tiers. Ces arts et mĂ©tiers. Ces dimensions et ces pn^ortioos. Ces dimensions et proportions. Ces rubans et ces bijoux. Ces rubans et bijoux. Ces grands et ces petits opparte- Ces grands et soadaĂźnt ^change-' ments. menti. ^ Ces fieux et ces noureaux abus. Cette sage et aimable dame. Ces anciens et ces Doufeaiix prĂ©- Ces jeunes et jolies personnes^ jugĂ©s. Ces fieillea eteharmantes Darrationa.
( 248 ) DES ADJECTIFS NUMÉRAUX. N CLVIII. ADJECTIFS IVUHÉRAUX CARDINAUX. 1. EMPLOYÉS COMME TELS. SI je faisais une religion, je mettrais TintolĂ©rance au rang des sept pec/ies w.orteĂŻs. (Voltaire.) ,.. TtoU ou quatre mots en hĂąte barbouillĂ©s Font souvent embrasser des amants bien brouillĂ©s. (Regnard.) Vn «ou, quand U est assurĂ©, Vaut mieux que cinq en espĂ©rance, (La Fontaine.) Vingt-quatre livres de pain blanc, valaient un deÂŹ nier d’argent, par les capitulaires. (Voltaire.) Gaston de'Folx fut tuĂ© de quatorze coups, Ă  la cé lĂšbre bataille de Ravenne, (/d.) ĂŒn homme en vaut un autre. (Dbstouchks.) u ĂŒn guerrier gĂ©nĂ©reux que la vertu couronne , Vaut bien «n rot formĂ© par le secours des lois ; IĂŠ premier qui le fut n’eut pour lui que sa voix. (CrĂ©billon.) ... tTne ardente vengeance A souvent confondu le crime et l’innocence ; A des yeux prĂ©venus le mal paraĂźt un bien, Et la haine est Injuste et n’examine rien. (W.) EMPLOYÉS substantivement.’ Aux magiques accents que sa bouche prononce, Us Seize osent du ciel attendre la rĂ©ponse. (Voltaire.) Qui es-tu P— Je suis le geĂŽlier, le valet des Onze. (Bern. de Saint-Pierre.) La commission des Neuf n’en continuait pas moins ses travaux. ‱ ' (Thiers.) Sa lettre est renvoyĂ©e au "comitĂ© des Douze pour en constater TauthenlicitĂ©. ( Id.) On les nomma les Seize, Ă  cause des seize quarÂŹ tiers de Paris qĂŒils gouvernaient (Voltaire.) ‱ Bon ! voici MĂ©litus, le chef des Onze. m Les- dieux qui ont refusĂ© aux mĂ©chants des yeux pour connaĂźtre les bons, ont donnĂ© aux bons de quoi se connaĂźtre ĂŻcs uns les autres. (FĂ©nelon.) Il n'y a que deux sortes de guerres justes : les unes qui se font pour repousser un ennemi qui attaque; les autres pour secourir un alliĂ© qui est attaquĂ©. (Montesquieu.) Les exemples de Tune et de Tautre colonne nous font voir : 1Âź que les adjectifs, nuÂŹ mĂ©raux, dits cardinaux, ne revĂȘtent aucun genre, et qu’ils ne prennent jamais le signe du pluriel, lors mĂŽme qĂŒils sont employĂ©s substantivement; 2Âź qĂŒil faut excepter Tadjectif wn, qui fait une au fĂ©minin, et qui a le pluriel, quand il est prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle. Le tiret, dans Texpression des nombres, est un signe d’addition ; ii remplace la conÂŹ jonction et, exceptĂ© dans quatre-vingts, dont nous verrons Torthograplie ci-aprĂšs. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Quttr« parote». Neuf blesiĂ©s. Quatnrifi Tataieauz. Ùüx-buit piedi. Quarante-cept vois. Cinq lettre!. Onze tuĂ©i. Quinze tonneauj; DiX'-neuf aunei. Cioquanie-tiuit auffregei. Les quarante. Lea douze. Seize ans. Vingtrainq pouces. Soiiante-neuf jours. Les leĂźir. Un hoininr. Une elioie, Lm un». Les imPB,
( 249 ) r CLIX. ADJECTIFS NUMÉRAUX ORDINAUX. EMPLOYES COMME TELS. Levez aussi la main, monsieur lepremtcr pr^sidenf / (Anquetil.) Le monarque se fortifia sous les murs de Dieppe, rĂ©solu d’y soutenir les premiers efforts de rcimemi. (IL) Philippe mourut dans sa soixantiĂšme anitĂ©e. {Id.) 11 y a trois choses qui rendent une Ăąme Ă©clairĂ©e : le recueillement, l’humilitĂ©, et la charitĂ©. La preÂŹ miĂšre empcclie les tĂ©nĂšbres, la seconde attire les luÂŹ miĂšres, lcr rroisĂŻme les produit, (FlĂ©chier.) Catherine de MĂ©dicis survĂ©cut Ă  trois de ses fils, et vit le sceptre prĂȘt Ă  Ă©chapper des mains du quatriĂšme. (Anquetil.) Si quelque pape sur la fin du huitiĂšme siĂšcle, prĂ©tendit ĂȘtre au rang des princes, il paraĂźt que c’est Adrien I". (Voltaire.) EMPLOYÉS SUBSTANTIVEMENT. Le premier qui fut roi, fut un soldat heureux. (Voltaire.) Les sages de la GrĂšce envisageaient la sociĂ©tĂ© sous les rapports moraux ; nos derniers philosophes l’ont considĂ©rĂ©e sous les rapports politiques. Les premiers voulaient que le gouvernement dĂ©coulĂąt des mƓurs ; les seconds, que les mƓurs dĂ©rivassent du gouverneÂŹ ment, (Chateaubriand.) ^ * Les femmes de Perse sont plus belles que celles de France ; mais celles de France sont plus jolies : il est diflicile de ne point aimer les premiĂšres et de ne se point plaire avec les secondes. (Montesquieu.) ‱ La livre de Charles V ne fut donc en effet qu’environ deux treiziĂšmes de l’ancienne livre. (Voltaire.) Le nombre moyen des morts pendant ces cinq anÂŹ nĂ©es, est de soixante-quinze et trois cinquiĂšme#. (Buffon.) Les adjectifs numĂ©raux, appelĂ©s ordinaux, prennent les deux genres et les deux nombres ; ils se forment tous, Ă  l’exception de premier et de second, des nombres carÂŹ dinaux, en ajoutant la dĂ©sinence iĂšme Ă  ceux qui finissent par une consonne : deux, deuxiĂšme, trois, troisiĂšme, etc. ; et en changeant en iĂšme Ve muet de ceux qui ont cette terminaison : quatre, quatriĂšme, seize, seiziĂšme. Quant Ă  cinquiĂšme et k neuviĂšme, le preÂŹ mier se forme de cinq en y mettant uiĂšme, et le second de neuf en changeant la lettre f en V. ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. La premiĂšre atiiiĂše;. Lo leconrio fois. Le huitiĂšme siĂšcle. La vioftiime degrĂ©. Le premier. Lee seconds. Les huitiĂšmes. Les fingtiĂ mes. Les premiĂšres, fois. Le second degrĂ©. La dixiĂšme heure. La buitiĂšme partie. Las premiĂšres. Les secondes. Les dixiĂšaies. Les trentiĂšmes. —N" CLX. VINGT ET CENT. INVARIABLE. Le fanatisme aveugle d’un sot, honnĂȘte homme, peut causer plus de maux que les efforts de vingt fidpons rĂ©unis. . (Grimm.) VARtARLB. L’homme vĂźt qaatre'Vingts ans, et le chien n’en ^t que dix. (Buffon.) 32
( 280 ) AndrĂ© Doila vĂ©cut jusqu'Ă  qmtre- vingt-quatorze ans Thomme le plus considĂ©rĂ© de l'Europe. (VotTAIRB.) Dne chose arrive aujourd'hui et presque sous nos yeux, cent personnes qui Tont vue la racontent en cent façons diffĂ©rentes. (La BruyĂšre.) Nous avons une Ă©poque certaine de la science des ChaldĂ©ens ; elle se trouve dans les dix-neuf cent trois ans d’observations cĂ©lestes envoyĂ©es de Babylone par GallĂźsthĂšae au prĂ©cepteur d'Alexandre. (Voltaibh.) Il reprĂ©senta d'abord qu'il y avait quarante ans qu'il portait les armes; qu'il a'Ă©talt trouvĂ© dans six vingĂźs combats. (Vertot.) Les lois prohibitives, promulguĂ©es Ă  Rome sous les empereurs, AxĂšrent Ă  cinq cents arpents le terme de lĂ  plus grande propriĂ©tĂ© individuelle. (Bernardin de St-Pibrrh.) Pour les honoraires qui m'Ă©taient dus et que je n'avais pas demandĂ©s, on m’apporta chez moi douze cents francs. (J.-J, Rousseau.) k Vingt et cent sont invariables quand ils n’indiquent que vingt ou cent unitĂ©s, ou bien encore lorsqu’ils sont multipliĂ©s par un nombre et suivi d’un autre ( 1'Âź coÂŹ lonne); Ăźnais ils prennent le signe du pluriel, si, Ă©tant multipliĂ©s, ils n’ont aprĂšs eux aucun adjectif numĂ©ral (2Âź colonne). U. Charlemagne fut proclamĂ© empereur d'Occident, le jour de NoĂ©i, en huit cent. , (Voltaibe.) L'Allemagne Ă©tait dĂšs Tan quinze cent divisĂ©e en dix cercles. (Id*) Vers l’an douze cent de noire Ăšre, Alexis lit crever les yeux Ă  sori frĂšre Isaac TAnge, et s’empara du trĂŽne de Constantinople. (Voltaire.) AprĂšs la mort d’Alfred, arrivĂ©e en neuf cent, TAri- gleterre retomba dans la confusion et la barbarie. (Id.) BiĂšh qxxe cent soit, dans cĂšs quatre exemples, multipliĂ© et. qĂŒil ne soit pas suivi d’un autre adjectif numĂ©ral, il ne se met pourtant pas au pluriel, parce qĂŒil est employĂ© comme nombre ordinal. En effet, en huit cent,, en l’an douze cent, c’est pour en Tan huit centiĂšme, en l’an douze centiĂšme. 11 en est de mĂȘme de quatre-vingt, qu’on Ă©crit sans s dans : l*an quatre-vingt. EXERCICE PBRĂąSÉÔLÔGIQUE. Vingt MDf. , Qqatre-TÎngMrqis YCiX. Quatre-Tingti bommet. NumĂ©ro quatr^vingt Vingt francs. Quatreraingt^eui tfitĂ©s. Six Tin gts remmes. Pijgo Luit cenL Cent piĂšces d’or. Deux cent dix-neuf moutons. Quinze cents personnes. Chapitre deux cent. Cent ducats. Cent treize bƓufs. 11 cn 0 des cents. An trois cent. N“ CLXI. Mille. ĂŻ. INVARIABLE. On a mille remĂšdes pour consoler un honnĂȘte homme et pour adoucir son malheur. (La BruyĂšre.) . Louis XII avait donnĂ© pour Tinvestiture de Milan, cent mille Ă©cus d'or. (Voltaire.) VARIABLE. On prĂ©tend que le territoire de Rome ne compreÂŹ nait au plus que cinq ou six mtZtej d’étendue. Il faut un peu plus de deux milles pour faire une de nos lieues de poste. (AcadĂ©mie.) 3IiUe, exprimant le nombre dix fois cent, est invariable; mais mi/fĂŽ, indiquant une mesure itinĂ©raire, est un substantif qui prend un « au pluriel.
■( s-rn- ) Mil et mille. U. MIL. En mil sept cent quatre-vingt, Phili^ipĂ© II fut dé clarĂ© tyran et solennellement dĂ©chu de son autoritĂ© dans les Pays-Bas. (GĂŒidb de l'Histoirb.) MILLB. La prĂšnĂ lĂšrĂš Irruption des Gaulois arriva sous le rĂšgne de Tarquln, environ l’an du monde trois mille quatre cent seize# (Vertot.) Par abrĂ©viation Oii Ă©crit mil dĂ ris la supputation otdiiiĂ irĂš dĂ©s annĂ©es depuis l’ùre chrĂ©tienne, l’àn mil sept cent quatre-vingt; orthographe qĂŒi subsistera sans doiUe jusqu’à l’an deux mille. Mais on Ă©crit l’an du monde trois rmlle quatre cent seize, en parlant des annĂ©es qui ont prĂ©cĂ©dĂ© notre Ăšre et de celles qui suivront le millĂ©siriife oĂč nous sommes. ^ EXÉnCICÉ PBRASÉOLOGÏQVÈ. Mille hommes. Une distance dr quatre milles. Mil huit Ă©crit trente-cinq. L'atJ mille de la crĂ©ation. Quarante mille chevaux. T.«s milles dlulie. Mil huit cent iingt. L’an cinq mille. I. XrontMrois mille chariots. Les milles d'AngteUrre, U. L'on mil six eent. L’ñn deux mille qĂčatrĂŽ cent. Vingt mille soldats, l.es milles d’AUecia^oe. L'annee mil huit cent quatorze. L’an quatre mille huit eeuL CLXII. Douzaine, millier, millibn, etc. , Qui pourra croire que par chacune des portes de Thcbes it sortait deux cents chariots armĂ©s en guerre et dix mille combattants ? Gela fait vingt mille clia- riols et un million de soldats. (Voltaire. An bout de quelque temps la compagne revient, La lice lui demande encore une qitinzaine. (La Fontaine.) Quoi que l’on dise, quoi que Ton fasse, une nation sera toujours plus* quĂŒn homme, qĂŒune famille*, qĂŒun mtttter de familles. (Boistk.) Diodore, aĂŒ livre premier, dit que l’ÉgyptĂš olait si peuplĂ©e, qĂŒelle avait eu jusqĂŒĂ  sept imitions d'habi lants.. (VÜLTAIRE.) . Chaque poule peut faire Ă©clore environ deux douÂŹ zaines d’Ɠufs de perdrix. (Buffon.) ‱i Point de solitude plus affreuse pour l’étranger, i’homrhe.i3olĂ©, qu’une grande ville; tant de milliers d’hommes, et pas un ami ! (Boiste.) T Un million, un millier, un milliard, une douzaine, etc., employĂ©s au pluriel, c’est- Ă -dire indiquant plusieurs plusieurs rmiliers, plusieurs douzaines, prennent le signe de la pluralitĂ©^ car ce sont de vĂ©ritables substantifs. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Une douxaine. Un million. Un trĂźllion. Un milliard. Deux douzaines. Deux millioni. Trois trilIfODs. Quatre miUierds. Une dizaine. Un millinrd. Ud trillioQ* Ud millier. Quatre dizaines. Deux milliards. Trois trillions.' Deox milliers.
(SUS) N" CLXIII. EMPLOI DES ADJECTIFS CARDINAUX. POUR DESIGNER LES SOUVERAINS. Louis onze avait trente-huit ans quand il monta sur le trĂŽne. (AnqĂŒhtil.) L'Ă©poque de la paix d'Aix-la-Chapelle, fut aussi celle de la paix dite de ClĂ©ment neuf. (Id.) Henri quatre, devenu majeur, se vit empereur d’Italie et d’Allemagne, presque sans pouvoir, (Voltaire.) . La mort de GrĂ©goire «epf n'Ă©teignit pas l'incendie qĂŒil avait allumĂ©. ' (Id.) FOUR DÉSIGNER LES JOURS DBS MOIS: L'ouverture des Ă©tats-gĂ©nĂ©raux eut lieu le cinq mait 789. (Thiers.) La rĂ©conciliation du sept juillet et le serment qui Tavalt suivie n'avaient calmĂ© aucune mĂ©ĂŒance. (Id.) Le parlement fut exilĂ© Ă  Troyes le quinze aoĂ»t et rappelĂ© lĂ©^ vingt septembre. (Anquetil.) Les Ă©tals s’ouvrirent le cinq mai par una procesÂŹ sion solennelle. (Id.J On fait usage des adjeclifs cardinaux, au lieu des adjectifs ordinaux, pour qualifier, par, rapport Ă  l’ordre, un individu dans la sĂ©rie des empereurs, des rois, des princes, etc. Ainsi Louis onze. ClĂ©ment neuf, etc., c’est pour LoztiJ onziĂšme. ClĂ©ment neuÂŹ viĂšme. Mais on ne dit pas Henri un, François un, pour Henri premier, François premier. On dit assez indiffĂ©remment JĂŻenridetw; et Henri second. On dit aussi Charles cinq, PhiÂŹ lippe cinq, etc. Mais on dit Charles-Quint, empereur contemporain de François premier, Slxte-Quint, pti'pQ conietn^orain de Henri quatre. Cependant ori se sert aussi dans les mĂȘmes circonstances, mais plus rarement, dc l’ordinaiif; dans ce cas, il doit toujours ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de l’article; comme dans ces exemples : Lambertinil'aimait (la raison); ClĂ©mentleguatomĂšmfl La faisait quelquefois toucher Ă  l'encensoir ; En plein conseil d’état Turgot la fit asseoir. (Chenieh.) Le cinquiĂšme ou sixiĂšme avril cinquante-six, j’écris sur nouveaux frais. (Racine.) On emploie Ă©galement les adjectifs de nombre cardinaux, pour dĂ©signer les jours de chaque mois, \e cinq mai, le sept juillet. Toutefois, on dit avec l’adjectif cardinal le preÂŹ mier mai, le premier juillet, et non le un mai, \e un juillet. Voltaire disait le deux de mars, le quatre de mai, et Racine le deux mars, le quatre mal. , Sous le rapport de la correction grammaticale, la premiĂšre construction est certaiÂŹ nement prĂ©fĂ©rable, puisque deux et quatre sont lĂ  pour deuxiĂšme, quatriĂšme, et que Ton dil toujours avec la prĂ©position de : le deuxiĂšme jour de mai, le quatriĂšme jour de juin. Ensuite les Latins disaient avec le gĂ©nitif : primas februarii, secundus aprilis. Ainsi, la grammaire Ă©t Tanalogie sont pour le deux de mars, le quatre de mai; mais si Ton consulte Tusage, qui en fait de langage est la rĂšgle de Topinion, on dira iedetix mars, le quatre mai. t EXERCICE PBRA SÈOLOGlQĂŒE. Loui» leÎT.o. Ueori troia. La riogUept iuiUat LoĂŒia quinze. Henri quatre. Le vingt ha)t{uillet. Louia treif*. Pie BIX. La TÎDgt-Deuf Juillet, Louib qu atone. Charlei lepL Le trente juillet.
( 263 ) ■>^0' N" GLXIV. EMPLOI DBS EXPRESSIONS NUMERALES vingt et vn OÜ vifigt-un, trente et «n ou trente-un, etc. I, VINGT ET UN, ETC, Louis fut condamne Ă  mort, Ă  la majoritĂ© de trois cent soixante-six voix sur sept cent vingt et une. (Anquetil.) Il meurt plus d’hommes que de femmes, dans la proportion de trente-trois Ă  trente et un. (BĂŒffon.) Le roi Lombard Astolfe s’empara de tout l’exarchat de Ua venue en sept cent cinquante et un. (Voltaire.) VINGT-UN , ETC. ‱ A vingt-un ans vous m’écriviei du Valais des desÂŹ criptions graves et judicieuses. (J.-J. Rousseau.) Le livre de JosuĂ© rapporte que ce chef, s’étant rendu maĂźtre d’une partie du pays de Canaan, fit pendre ses fois au .nombre de trente-un. (Voltaire.) Un seul mot prononcĂ© par cent cinquante-un inÂŹ dividus pourrait arrĂȘter le roi. . (Mirabeau.) II. Palawski... au'temps dont nous parlons, Ă©tait ĂągĂ© de soixante et deux ans. (RulhĂŻĂšres.) AgĂ© comme je suis de plus de soixante et trois ans. (BoilkaĂŒ.) Marius, ĂągĂ© de plus de soixante et dix ans, aprĂšs six consulats qu’il avait exercĂ©s avec autant d’autoritĂ© que de gloire, se vit rĂ©duit Ă  se sauver de Rome Ă  pied. / (Yertot.) Les mahomĂ©lans ont eu «omme nous des sectes et des disputes scolastiques ; il n’est pas viai qu’il y ait soixante et treize sectes chez eux, c’est une de leurs rĂȘveries. Ils ont prĂ©tendu que les mages en avaient soixante et dix, les juifs soixante et onze, les chrĂ©tiens soixante et douze^ et que les musulÂŹ mans , comme plus . parfaits , devaient en avoir soixante et treize. (Voltaire.) Le pape interrogea lui-mĂȘme soixante et douze ‱ chevaliers. (Id.) Mahomet mourut Ă  l’ñge de soixante et trois ans et demi... (Id.) La GenĂšse, aprĂšs avoir racontĂ© la mort de TharĂ©, dit qu’Abraham son fils sortit d’Aran, ĂągĂ© de soixante et quinze ans. (Id.) La premiĂšre irruption des Gaulois en Italie .arriva sous le rĂšgne de Tarquin l’ancien, environ l’an du monde trois mille quatre cent seize, et de la fondation de Rome le soixante-cinquiĂšme. (Vertot.) Marius, ĂągĂ© de plus de soixante-dix ans, n’avait pas soutenu dans cette derniĂšre guerre cette haute ré putation qu’il avait acquise dans celle des Teutons et des Cimbres. (Vertot.) Au nombre de trois cent soixanie-onze seulement interprĂ©tĂąt le vƓu des trois cent soixante-quatorze outres dĂ©putĂ©s qui formaient Je complĂ©ment de l’as- senablĂ©e, ils se constituent convention nationale. (Anquetil.) Les premiers hommes ont vĂ©cu neuf cents, neuf cent trente, et jusqu'Ă  neuf cent wiĂŒanfe-neu/’ans. (Buffon.) Le nommĂ© Patrick MĂ©riton, cordonnier Ă  Dublin , paraĂźt encore fort robuste, quoiqu’il soit actueilement (en 1773) ĂągĂ© de cent quatorze ans ; il a Ă©tĂ© mariĂ© onze fois, et la femme qĂŒil a prĂ©sentement a soixante- dix-huit ans, (BĂŒffon.) Les vieillards ont encore Ă  soixante-dix ans l’espé rance de six ans deux mois; Ă  soixante-quinze l’esÂŹ pĂ©rance tout aussi lĂ©gitime de quatre ans six mois de vie. (Id.) III. Une livre sterling d’Angleterre vaut environ vingt^ deux francs de France. ' (Voltaire.) Le marc de huit onces, qui valait vingt-six francs et dix sous dans les premiers temps du ministĂšre de Colbert, vaut depuis longtemps quarante-neuf livres seize sous. (T^ĂŻ*) Yingt-quaire livres de pain valaient un denier d'arÂŹ gent par les capitulaires. Marius, Ă  la tĂȘte de quatre-vingt-cinq cohortes prĂ©senta la bataille Ă  Sylia. (\’ertot.) Toute la nation n’étant composĂ©e que de cent quatre-vingt-treize centuries, il s’en trouvait quafre- vingt-dix huit dans la premiĂšre classe; s’U y en avait seulement quatre-vingt-dix-sept du mĂȘme avis, c’est-Ă -dire une de plus que la moitiĂ© de cent ^atre-vingt-treize, l’affaire Ă©tait conclue.
( 251 ) Abroliain aurait eu cent trente-cinq ans quand il quitta la ChaldĂ©e. (Voltaire.) Les chrĂ©tiens tinrent cinq conciles dans le premier siĂšcle, seize dans le second, et trente-sia: dans le troisiĂšme. (Id.) Rome commença Ă  ĂȘtre regardĂ©e comme la pins puissante ville de Tltalie; on y comptait avant la fia du rĂšgne de Romulus jusqu’à quarante-sept mille habitants. (Vertot.) Rpmulus, ĂągĂ© de cinquante-cinq ans, et aprĂšs trenie-scpt ans de rĂšgne, disparut sans qu’on ait pu dĂ©couvrir de quelle maniĂšre on Tavait fait pĂ©rir. m ■ L’homiue qui est trente ans Ă  croĂźtre vil quaire- vingt-dix ou cent ans. (Buffon.) ' Si Ton peut parier un contre un qĂŒun homme di quatre-vingts ans vivra trois ans de plus, on peut ie parier de mĂȘme pour un homme de quatre-vingt- trois, de quatre-vingt-six et peut-ĂȘtre encore pour un homme de guaĂŻre-uingĂŻ-c/ia; ans. ‘ (/rf.) La mort termine ordinairement avant Tage dc quatre- vingt-dix ou cent ans la vieillesse et la vie. (Jd.) Le roi invita Ă  souper dans son palais deux Ă©vĂȘÂŹ ques, tout le sĂ©nat, et quatre-vingt-quatorze seiÂŹ gneurs, (Voltaire.) Dans la Grammaire des Grammaires, voici ce qĂŒe nous lisons ; On dit vingt et un, trente et un, quarante et un, jusqĂŒĂ  soixante et dix incinsivemeni *. maison dit, sans la con}OnciĂŻon, vingt-deux, vingt-trois, trente-deux, irentc-irois, soixante- deux, etc. D’aprĂšs nos exemples, on s’aperçoit aisĂ©ment que cette rĂšgle est non seulement trop resÂŹ treinte, mais qĂŒelle est encore inexacte; elle doit ĂȘtre formulĂ©e de la maniĂšre suivante : 1Âź On dit vingt et tin.ou vingt-un, trente et un ou trente-un, et ainsi jusqĂŒĂ  soixante. L’analogie avec les autres nombres composĂ©s, l’avantage d’une syllabe inutile sup- a primĂ©e, l’autoritĂ© des meilleurs Ă©crivains, tout est favorable Ă  la seconde maniĂšre de s’exprimer, que quelques grammatistes regardent Ă  tort comme une faute, 2Âź A partir de soixante et jusqu’à quatre-^vlngts, en parcourant toute la sĂ©rie, on peut encore trĂšs-bien dire : soixante et un ou sotxante-un, soixante et deux ou soixante-deux., soixante et troisoxx soixante-prois. L’autoritĂ© seule de Voltaire ne laisserait d’ailleurs auÂŹ cun doute Ă  cet Ă©gard. ‱ 3Âź Riais il faut dire : vingt-deux, vingt-trois, etc.; trente-deux, trente-trois, etc. ; qua- rnnte-deux, quarante-trois, etc.; cinquante-deux, cinquante-trois, etc,; quatre-virĂźgt-un, quatre-vingt-deux, etc., jusqĂŒĂ  cent. Enfin, malgrĂ© Topinion de Girault-Duvivier, nous penson’s qĂŒon s’exprime Ă©'gale- inent bien en disant centun ou cent et.un, deux cent un ou deux cent et wn, etc. ExemÂŹ ples : Paris, ou le livre des cenLet un ; une pĂ©riode de deux cent et un ans., Vingt et un. Quarante cl un; Trente-un. Cinquante-un, Vingt-un. Quarante-un. Trente cL un. Cinquante et uu. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Vingt-d -ur. Trente-deui. CinquButc-trois. Quatre-ringt-un. Vingt-trois. Trente-cinq. Cinquante-quatre. Quatre-ringUdeux. Vingt-quatre*. Quurante-dstiz. Cinquante-cinq. Qualrc-ĂŻingt-diĂŻ, Vtngl-liĂŒĂŽĂ‰. Quarante-neuf. ‱ Cinquante-4iz. Quatrc-Tingt-oaze. N” CLXV. Un RÉPÉTÉ OĂŒ NON RÉPÉTÉ AVEC DEUX OĂŒ PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR et. REPETE. La vie est comme un terme et'un de'lai pour Tem- ployer Ă  autre chose. (Charron.) Vn Français, un Anglais,-xtri Espagnol, un ItaÂŹ lien, un Ru««e sout tous Ă  peu prĂšs les mĂȘmes hommes. (J.^. Rousseau.) NON rĂ©pĂ©tĂ©. LĂ , sans distinction, on voit aller de pair, Le laquais d’un commis avec un duc et pair. (Regnard.) Je sais combien il faut s’humilier devant un empeÂŹ reur et roi. * (id.)
( 255 ) Il faut rĂ©pĂ©ter Tadjectif numĂ©ral un devant deux ou plusieurs substantifs liĂ©s par et, Ă  moins que ces noms ne dĂ©signent deux qualitĂ©s attribuĂ©es Ă  un seul individu, comme daris les exemples de la seconde colonne : alors l’adjectif ne se rĂ©pĂ©tĂ© pas. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Ua roi flt on empereur. Un empereur et roi. Ud seignenr et vm payiao. Ud aeignear et maĂźtre. N“ CLXVI. Ün RÉPÉTÉ ou NON RÉPÉTÉ AVEC DEUX OĂŒ PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR OU. REPETE. La longueur des poils dans les saricoviennes est d’environ un pouce ou un pouce et demi sur le dos, la queue et les cotĂ©s du corps. (Buffon.) C’était lĂ  qu’on eĂ»t pu trouver non pas seulement un Longus, mats un Piutarque , un Diodore ou un PoĂźybe, plus complets que nous ne les avons. (P.-L. Courier.) Comment un homme ou un peuple peut-il s’emÂŹ parer d’un territoire immense et en priver tout le genre humain autrement que par une usurpation puÂŹ nissable^ (j.-J. Rousseau.) 'NON RÉPÉTÉ. On arrive Ă  un moyen terme indivisible, c’est-Ă - dire Ă  un seul chef ou magistrat suprĂȘme. (J.-J. Rousseau.) Quand le confĂšrent est nommĂ©, il en fait donnei avis'Ă  l’ambassadeur, en y joignant un complimcntr et lui propose en mĂȘme temps un couvent ou autre lieu neutre. (Id.) Il se trouve au-dessous de ses poils qui sont long? et fermes un duvet ou feutre trĂšs-doux et fort touiÏL: d’un blanc jaunĂątre. (Buffon.) Dansles exemples delĂ  premiĂšre colonne il a fallu de toute nĂ©cessitĂ© rĂ©pĂ©ter Tadjeciif numĂ©ral un, parce qĂŒon Ă©nonce deux ou plusieurs objets distincts ; mais dans ceux do la seconde, TadjeĂŽtif ĂŒest pas rĂ©pĂ©tĂ© et ne doit pas l'ĂȘtre, par la raison bien sensible qĂŒĂŽh ne ve'Ă»t dĂ©terminer qĂŒĂŒne seule chose. Dans ce dernier cas, si les substarflirs Ă©taient de genre diĂŻTĂ©rĂ©ntj Tadjectif s’accorderait seulement avec le premier. Exemple C'est UNE PETITE MACHINE OU INSTRUMENT de physĂźque dont la description se trouve dans tous les dictionnaires ou traitĂ©s Ă©lĂ©mentaires de cette science. (J.-J. Rousseau.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ud bomme ou ane femme, Dn roi ou une reine. Dd rot on migiitret saprĂąmc. Dn boarg eu TÎÜago. Un garçon ou une fille. Ud eiiten ou un ebat Do paiteur ou berger. Un chef ou gourerueur. N“ CLXVII. I7n RÉPÉTÉ ou NON RÉPÉTÉ AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR et. BÉPSTB. Il y a un bon et mauvais goĂ»t, et l'on dispute des goĂ»ts avec fondement. (La BruyĂšre.) Dire Ă©galement du bien de tout le monde est une petite Ăšt une mauvaise politique. (Vauvenargues.) NON REPETE. Me considĂ©rant moi-mĂȘmc, Je ne vis quĂŒn triste et infortunĂ© mortel. . (BĂŒffon.) Saint Augustin nous enseigne que toute la vie d’un chrĂ©tien ne doit ĂȘtre qĂŒu/i long et pieux souvenir. (FlĂ©chier.)
/ ' ( 25Ô ) , Si l^on rĂ©pĂšte l’adjectif numĂ©ral dans les exemples de la premiĂšre colonne, c’est que l’on parle de deux choses, dont Tune esi bonne ou petite, et l’autre mauvaise. Au conÂŹ traire, dans les citations opposĂ©es, l’adjectif numĂ©ral ne saurait se rĂ©pĂ©ter, parce que les deux adjectifs qui suivent concourent Ă  qualifier le mĂȘme objet* EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Un grand at un petit appartement. Une triite etfaible lumiĂšre. Va boa et un niĂ©cbaut homme. Une belle et brillante carriĂšre. Un beau et vilain habit. Oo riche et pauvre parent. Une bumids et fervente «riifon. Une premiĂšre et charmante entreÂŹ vue ■«a NÂź GLXVm. Un RÉPÉTÉ ou NON RÉPÉTÉ AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR OU. REPETITION- Nul ne pourra Ă©lic Ă©lu nonce une seconde ou une troisiĂšme (ois. (J. J. Rousseau.) Que lui importe, au reste, une bonne ou une mauÂŹ vaise administration {Id^ NON REPETITION. Sous un prince faible ou peu laborieux, une admi- - nistration est mauvaise. (J.-J. Rousseau.) Sous un tnjusfe ou tyrannique gouvernement, TĂ©tat dĂ©pĂ©rit. (Anonyme.) C’est donc toujours en vertu du mĂȘme principe Ă©tabli dans les numĂ©ros prĂ©cĂ©dents, que Tadjectif un, une est qu n’est pas rĂ©pĂ©tĂ© dans les exemples citĂ©s. On le rĂ©pĂšte dans ceux de la premiĂšre colonne, parce que les deux adjectifs liĂ©s par ou qualifient Tun un nom exprimĂ©, Tautre un nom sous-entendu. En effet, une seconde ou Une troisiĂšme fols ; une bonne ou une mauvaise administration, c’est pour une seconde fois ou une troisiĂšme fois ; une bonne administration ou une mauvaise administration. Mais dans les exemples opposĂ©s, un, une, ne doivent pas se rĂ©pĂ©ter, attendu que les adjectifs liĂ©s par ou et .placĂ©s aprĂšs ou avant le substantif, qualifient tous les deux ce mĂȘme substantif. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. * * ‱ . Une oGTen#ante ou iujuricuao pa- Ut'.e bonne ou une mautaise opi- Un bon ou cbarltublc prince. Un bon ou mouviiis ouvrage. ■ rĂŽle, ' ' “ niou. Up bomme ignorant ou peu Ă©clairĂ©, .Une vraie ou fausse idĂ©e. Un homme violent ou emportĂ©. Une grande pu uue petits affaire. NÂź CLXIX. -©ooo— EMPLOI OU SUPPRESSION DE UD, UXie, DEVANT UN SUBSTANTIF PRÉCÉDÉ D’UN ADJECTIF. BMPLOl. Depuis la rĂ©volution, le commerce et la culture du tabac sont libres en France, oĂč il croit d'une exÂŹ cellente qualitĂ©. (Bernardin de St-Piebre.) La chair de ces oiseaux est Ütm meĂŒletur goĂ»t. (BuFroN.) SlfFPRBSSlON. La caille se trouve partout, et partout on la regarde comme un fort bon gibier, dont la chmr est de bon goĂ»t. * (Buffon.) Les liĂšvres ladres ont la chair de fort mauvais goĂ»t. Ud.)
( isr ) Faisons gaiement notre chemin ; n sera dĂŒn bien court espace. ‱ (DĂŒ Tremblay.) ĂŒn ne doit.prondre un parti quelconque, qu’aprĂšs unmĂ»r exaincii. (Anonyme.) ... LĂącher ce quĂŒn a dans la main, Sans espoir de grosse at^enture. Est imprudence toute pure. (La Fontaine.) AprĂšs mĂ»r examen le sage dĂ©libĂšre. (DĂŒ Tremblay.) Dans ley exemples de la premiĂšre colonne, si, devant un substantif prĂ©cĂ©dĂ© d’un adjectif, 0:i exprime Tadjectif dĂ©terminatif un, une, les exemples de la colonne latĂ©rale montrent :{u;on peut'aussi, dans les cas analogues, le sous-entendre. Il est donc Ă  peu prĂšs loisib!e de dire : d’un bon goĂ»t ou de bon goĂ»t, d’un court espace ou de court es^^ pace, aprĂšs un nAr examen ou aprĂšs mĂ»r examen, etc. Être d*Dn bon gL"U AprĂšs un mĂ»r ex‘ D DD boa aloi. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Être de bon goÛt. AprĂšs mĂ»r exameu. De bon aloi. Être d’un excellent goĂ»t. . D'une joyeuse vie. D*uae grande gaitĂ©. N"Ăštre pas d'exeelleDt goÛt. De joyeuse via. De grande galtĂ©. N" CLXX. EMPLOI ou SUPPRESSION DE un, une, DANS CERTAINES PHRASES. EMPLOI. Une chaĂźne rforee est toujours une chaĂźne Dont le poids se'fait trop sentir. (AĂŒbert.) ĂŒn auteur gĂąte tout, quand il veut trop bien faire. (La Fontaine.) Vne femme fidĂšle est digne qu’on l’admire. (Poisson.)/ Le moindre bruit Ă©veille un mari soupçonneux. (La Fontaine.) Il faut faire Ă  ses vices une guerre continuelle. (BossĂŒet.) Dh bonheur trop constant devient insupportable. (Ddhoussay.) ... Vne fille bien nĂ©e Ne peut permettre au plus que d’étre devinĂ©e. (Brkt.) Vne femme est souvent plus heureuse que sage. (Hochon DE ChabĂ nnes.) SUPPRESSION, TĂȘte creuse et folle, souvent. Fait plus de bruit que la plus sage. (Fr. de Neufchatead.) Fripon est dĂ©pouillĂ© par un plus grand fripon. (M'”'’ JOLIVEAU.) Jeune fillette a toujours soin de plaire. (La Fontaine.) Mari sans yeux et sans oreilles, Convient aux femmes Ă  merveilles. (Nivernais.) II faut faire aux mĂ©chants guerre continuelle. (La Fontaine.) Bonheur trop vif dure si peu de temps ! (M“e JOLIVEAÜ.) Fille qui pense Ă  son amant absent, Toute la nuit, dit-on, a la puce Ă  l’oreille. (La Fontaine.) Femme sage est plus que femme belle. (Voltaire.) * Dansles pensĂ©es, maximes, proverbes ou sentences, Tadjectif dĂ©terminatif un, «ne, peut, de mĂȘme que l'arĂŒcle, ĂȘtre ou non exprimĂ©. C’est ce que nous enseignent les exemples prĂ©citĂ©s. Voir.pagel84. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Un trompeur raĂšrito d’ĂȘtre trompĂ© Ă  soo tour. Vdo femmo fidĂšle eit une douce chose. A bon fripon fripon et demi. Femme qui trompe est chose'Indigae; 33
( 288 ) N“ CLXXI. Vun de et un de. 1. * !Jun de, un de, au commencement d’une phrase incidente et prĂ©cĂ©dĂ©s d’un nom. Vunde. . ■ Ducis, Vun des quarante de VAcadĂ©mie française, vient d’obtenir un nouveau triomphe sur la scĂšne. (Domergue.) Cinna engagea les Marses, Vune des plus puis- sartfes nations de l’Jtalie, Ă  se dĂ©clarer en faveur des Romains. . (Vertot.) Plusieurs auteurs, et entre autres StĂ©sichorus, Vun des plas anciens poĂštes lyriques, ont Ă©crit qu’il Ă©tait bien .vrai qĂŒune princesse de ce nom avait Ă©tĂ© sacriÂŹ fiĂ©e. (Racine.) Un nommĂ© Battkus, Vun de ces savants qui savent consulter de vieux livres et les citer mal Ă  propos, prit le parti du diable contre Fontenelle. (Voltaire.) Il se rend complice du pernicieux dessein* du comte de Shaftesbury, Vun des hĂ©ros du parji philosoÂŹ phique. (/d.) La Motte; Vun des esprits les plus anti-poĂ©tiques qui aient jamais existĂ©, s’est Ă©puisĂ© en frivoles soÂŹ phismes. (La Harpe.) * La GrĂšce et TAsle-Mineure Ă©talent remplies de la mĂ©moire de ce fameux siĂšge de Troie, Vune des preÂŹ miĂšres Ă©poques des temps fabuleux. {Id.) Entre ces deux golfes s’avance VArabie, Vune des plus grandes pĂ©ninsules du monde connu. (Raynal.) Un de. Arnaud de Brescia, un de ces hommes Ă  enthouÂŹ siasme, aĂŒx autres etĂą eux-mĂȘmes, prĂ©- cliait de ville en ville contre les richesses immenses des ecclĂ©siastiques. (Voltaire.) Cinna et Carbon, un de ses iieutenants, se cam pĂšrent sur les bords du Tibre. (N'ertot.) C. Claudius,un des consuls, se leva, et adressant la parole Ă  Yirgjnius, lui dĂ©clara qĂŒil ne s’opposait point Ă  Tinformation qu’il demandait. (Id.) Perpcnna, un de ses officiers, i’y vint joindre avec les dĂ©bris de son armĂ©e. (Id.) Sylla avait fait dĂ©fĂ©rer le gouvernement de ces grandes provinces Ă  MĂŒettin, un de ses lieutenants. (Id,) J’ai tĂąchĂ© d'assister de temps Ă  autre Ă  quelque comitĂ© de mon district, un des plus petits et des plus sages de Paris. (Bernardin de St-Pierre.) Catulus Luctalius, uri des principaux de rassemÂŹ blĂ©e, s’écria que ce n’était plus par des dĂ©guisements cachĂ©s qu’on allait Ă  la tyrannie. (Vertot.) Sartorius donna au roi de Pont un corps de troupes sous le commandement de Marins, «n de ces scna- ' ieurs proscrits par Sylla. (Id.) Les grammairiens se sont Ă©vertuĂ©s Ă  Ă©tablir des rĂšgles pour l’emploi des locutions - un de bu Vun de. ^ Il faut voir si ces rĂšgles sont justes. Et d’abord examinons les exemples que nous veÂŹ nons de rapporter. Si nous en croyons Domergue et tous ceux qui l’ont rĂ©pĂ©tĂ©, on doit mettre Vun entre un substantif et un nombre prĂ©cis : Ducis^ Vun des quarante dej'AcadĂ©mie française. ,Mais M. Marie, dans un article insĂ©rĂ© au Journal grammatical, battant en ruiiĂźe cette ioctriiie, soutient que le nombre ne fait rien Ă  l’emploi de Vun de, aprĂšs un nqiii; que cet emploi n’a lieu que parce que la phrase est incidente : VoilĂ , dit-il, toute la rĂšgle. AprĂšs avoir citĂ© neuf exemples Ă  l’appui de cette opinion, il ajoute, pour la rendre enÂŹ core plus imposante, qĂŒil pourrait en fournir deux mille autres; en sorte qĂŒil n’en faut pas davantage Ă  bien des esprits pour ĂȘtre persuadĂ©s. Mais le reproche que nous
( 259 ) , pouvons adresser, nous, Ă  M, Marie, comme Ă  Domergue, c’est d*avoir Ă©tĂ© tous les ■ deux soiis l'empire et sous lecharme d'une idĂ©e exclusive. En ciĂŻet, il sunU de jolcr les yeux sur les citations delĂ  seconde colonne pour se convaincre que un de sa trouve aussi en tĂšte dĂŒne proposition/ncidenlĂ©. M. Marie dira pcui-Ă©tro que ces exemples sont incorrects; et nous, pour les justifier, nous proclamerons Ă  notice tour qu’il s’en trouve en foule de^semblables dans tous les meilleurs Ă©crivains, et qu’il nous serait facile d’en rapporter, non des centaines, mais des milliers. Que conclure de lĂ ? C’est que Tiin de ou mi de se mettent Ă©galement, aprĂšs un nom, au commencement dĂŒne proposition incidente, avec cette diffĂ©rence toutefois que la premiĂšre locution est plus expressive que Tautre, puisqu’elle est dĂ©terminĂ©e, et que la seconde au contraire est vague, privĂ©e qĂŒelle est de Tarlicle. Quoique vraisemblablement on ne puisse guĂšre Ă©tablir de rĂšgle Ă  TĂ©gard de ces deux formes, cependant, pour lĂącher de faire saisir la nuance qui existe entre elles, nous dirons qĂŒil faut faire usage de un de, conformé ment aux exemples de la seconde colonne, si Ton veut exprimer TunilĂ© pure et simple; de Tun de, comme dansles phrases de la premiĂšre colonne, lorsque, indĂ©pendamment de l’unitĂ© qĂŒon Ă©nonce, on y ajoute encore une idĂ©e de dĂ©terminarton. IL Un de, Vun de, dans des phrases «on incidentes. - ' Vn de. Vn des quarante do VAcadĂ©mie françàise a bien voulu ĂȘtre de mon avis. (DombrgĂŒb.) Madame Du pin Ă©tait une des trois ou quatre jolies femmes de Paris>, dont le vieux abbĂ© de Saint- Pierre avait Ă©tĂ© l’enfant gĂątĂ©. (J.-J. Rousseau.) L’enfant JĂ©sus, entre'les bras d’une mĂšre charÂŹ mante et modeste, est en mĂȘme temps im des plus touchants et des plus agrĂ©ables spectacles que la' dĂ©votion chrĂ©tienne puisse offrir aux yeux des fidĂšles. (Id.) Vne de mes chances Ă©tait d’avoir toujours dans mes liaisons des femmes auteurs. (7rf.) Un des inconvĂ©nients qui m’ont le plus Ă©loignĂ© de nos assemblĂ©es, et je parie des plus grandes, c’est la lĂ©gĂšretĂ© de leurs Jugements. . - (Bernardin de St-Piebre.) Vun de. Vun de ces deux bandits qui se disaient maures me prit en affection. ' (J.-J. Rousseau.) Le bruit courut que d’elle ou de lui, Vun des deux expulserait l’autre. (Id.) Le bec-croisĂ© est Vun des oiseaux dont les couleurs sont les plus sujettes Ă  varier. ■ (Buffon.) Louis de Maugiron, baron d’Ampus, Ă©tait Vun des mignons pour qui Henri III eut le plus de faiblesses. (Voltaire.) La cruelle perte de Vun des auteurs de mes jours m’a trop appris Ă  craindre d’alĂŻliger l’autre. (J.-J. Rousseau.) L’un des principaux moyens j’ai employĂ©s a Ă©tĂ©, comme je vous Tai dit, de le bien convaincre de l’impossibilitĂ© oĂč le tient son Ăąge de vivre sans notre assistance. (Jd*) On se sert de m» dfe, nous disent'encore les grammairiens, quand cette expression ĂŒesipas immcdialemeni prĂ©cĂ©dĂ©e dĂŒn nom et qĂŒelle n’est pas en tĂšte dĂŒne phrase incidente. L'examen des exemples de Tune et de Tautre colonne nous prouve combien cette rĂšgle est mensongĂšre. DI. Vun de, un de, suivis dĂŒn pronom. Ce berger et ce roi sont sous mĂȘme planĂšte; Vun d’eux porte le scepti e, et l’autre la houlette. (La Fontaine.) Vn d’eux, prĂšs du Gange autrefois, Cultivait le jardin dĂŒn assez bon bourgeois. (t.A Fontaine.) y .
{àéÎ ) 4 ‱ ‱ i a * CĂ« jĂŽĂŒr. Jetait sur Vun de nous trĂŽt> dĂš honte ou d'envie: (Corneille.) Et j’y vois Vun dĂ© vous prendre une destinĂ©e. (MoliĂšre.) * ' » Cet instinct qiTont .les. geais de se rappeler, de se rĂ©unir Ă  la voix de Vun d eux, et leur violente antiÂŹ pathie contre la chouette, offrent plus d'un moyen pour les attirer dans les piĂšges. (Buffon.) Qu*on s'iihagine ces douze homhies assemblĂ©s apréù la mort de JĂ©sus Christ, faisant le complot de dire qu’il est ressuscitĂ©; si peu qu’un deux se fĂ»t dé menti par les prisons, par les tortures et par ia mort, ils Ă©taient perdus. (Pascal.) Comme si les petits paysans choisissaient la terre bien sĂšche pour s'y asseoir ou pour s’y coucher, et qu’on eĂ»t jamais oui dire que Pliumiditc de la terre eĂ»t fuit du mal Ă  pas un d’eux. (J.-J. Rousseau.) M. Marie, dans Tarticle dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© ^ avance encore qu’avec les proÂŹ noms il faut epiployer / de. Nous ne nous faisons pas un secret et malin plaisir de combattre M. Marie; mais, en conscience, il nous semble que sa rĂšgle n’est pas touÂŹ jours suivie par les Ă©crivains, qui ont fait usage, comme on voit, tantĂŽt de un de, tantĂŽt de l'un de devant les pronoms; ' IV. . * L’un de ou un de, prĂ©cĂ©dĂ©s d’un mot terminĂ© par une voyelle. 5» Vun de vos amis a besoin de faire loucher de Targent Ă  SmyrnĂ©, la poste fera son affaire. (Voltaire.) Le plus grand intĂ©rĂȘt du rĂŽle de PhiloctĂšte n’avait pas Ă©chappĂ© Ă  Vun des plus illustres Ă©lĂšves de l’antiÂŹ quitĂ©. (La tiARPE.) Le prince Henri de Prusse distingua' particuliĂšreÂŹ ment la comtesse de Sabran et l’un de mes plus inÂŹ times amis. (De SĂ©gur.) Croirait-on que les historiens ont pris plaisir Ă  faire un magnifique Ă©loge de l'un de ces chiens appelĂ©s BĂ©- rĂ©zillo. (Marmontel.) Un esclave juif, intime ami du roi des rois! c’est Ă  peu prĂšs comme si un dc nos historiens nous disait qu’un fanatique des CĂ©vonnes, dĂ©livrĂ© des galĂšres, est l’intime ami de Louis XIV. (Voltaire.) Je touche Ă  un de ces traits caractĂ©ristiques qui me sont propres. (J.-J. Rousseau.) Un des plus vilains hommes et un des plus grands fous que j’aie jamais vus. (Id.) t Yous choisirez d’clever les enfants d’un de vos amis, ou d’accompagner Tautre dans sa solitude. (J.-J. Rousseau.) 9 Écoutons toujours M. Marie : « Les lois de Teuphonie, dit-il, qui ont proscrit les hiatus produits par le choc d’une voyelle contre le mol on, comme dpns si on, et on, proscrivent aussi ceux qui rĂ©sulteraient de si un de, et un de, Ă  un de, etc. » M. Marie ajoute : « Si Toreille craint les hiatus, elle redoute bien plus encore les cacophonies : D'un de, par exemple, serait insupportable. » Celte opinion, pour cire de M. Marie, n’en est pas moins erronĂ©e. De mĂŽme'que nous avons Ă©iabli au chapiire des Pronoms indĂ©linis, que les Ă©crivains Ă©taient libres, en prose, de se servir de si on. et on, si l'on, et l'on, etc.; dc mĂȘme les citations qui prĂ©cĂšdent nous montrent indubilablemĂšnt que les Ă©crivains ont dit aussi indiffĂ©remment si L'un de, et Vun de, Ă  Vun de, de Vun de, ou bien si un de, et un de, Ă  un de, et mĂȘme d'un de qui offense si fort Toreille de M, Marie! EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. L'un dea dix. L'un dei liuU t / Une lettre d'un des quarante. Une des ptiĂŻs belles pierres. L'un de nous. L'un d’eux. Si l'iin de mes amis. A Tud de noua. Madame, une-des tiois ou quatre L'un des plus grands rapitaines. Un des plus cĂ©lĂšbres fcrirains. belles feinmei de Faris. L’uiie dus plus rĂšuoiuniecs. Une des plus vertueuses femmes. y * m La perte de 1 un de. nos parents. L’un des plus beaux oiseaux. Un de nous. ĂŒn d’eux- ' Si un de ces ouvrages. A un de vos secrets. Un des deux. Un des principaux magistrats. L‘un de Tous- L'une d'elles. Et l’un des plus braves. De l u lie de nos qualitĂ©s. li'un des deux. L'uti des deux brigauds. Un de vous. Vue d'elles. Et un de mes amis. D'un de uos sens.
(2M ) DES ADJECTIFS POSSESSIFS N" CLXXIL Mon, ma, mes. 6BRBB, NOMBRE, PLACE. Mon esprit gĂ©nĂ©reux ne hait pas tant Ja yle, Qu’il 'en veuille sortir par ĂŒne perfidie. . (Corneille.) ... Ma prompte obĂ©issance. Va d’un lui redoutable allVonter la prĂ©sence. (Racine.) Et chacun Ă  mes pieds, conservant sa malice, N’apporta de vertu que l’aveu de son vice. (Boileau.) Et moĂź, pour toute brigue et pour tout artifice, De mes larmes au ciel j’offrais le sacrifice. (Racine.) Les adjectifs possessifs mon, ma, mes expriment un.rapport d’appartenance ou de proÂŹ priĂ©tĂ© avec la premiĂšre personne du singulier dont le nom est implicitement conĂźenii en eux : mon respect, ma fortune, mes pieds, mes larmes, c’est pour le respect, la fortune, les pieds, les larmes de moi. Mon sert pour le masculin singulier;.7ĂŻ2a, pour le fĂ©minin singulier; eimes, pour les d;:ux genres et les deux nombres. Ces adjectifs se placent toujours devant les substantifs qu'ils dĂ©terminent, qu'ils soient ou non prĂ©cĂ©dĂ©s d’un adjectif qualilicalif. C’est alors en effet que mon Ăąme Ă©clairĂ©e, Contre les passions se sentit assurĂ©e. (Voltaire.) C'en est fait, mon heure est venue. (ÜOILEAU.) Oui, puisque je retrouve un ami si fidĂšle, Ma fortune va prendre une face nouvelle. (Racine.) Levez-vĂŽns et quittez un entretien fĂącheux, Qui redouble ma honte cl nous pĂšse Ă  tous deux. (Voltaire.) I Ces exemples nous font voir que mon sert aussi bien que ma Ă  dĂ©terminer des subÂŹ stantifs fĂ©minins, mais dans ce cas, cet emploi est absolunent euphonique. Mon se met devant un substantif ou un adjectif commençant par voyelle ou h muet ; ma, devant un substantif ou un adjectif commençant par consonne ou k aspirĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Mon pĂšr*Ăź. Mon cher atnĂź M <n bĂšrot. Mon babit Mon ami. Ma mĂš^e. Ma rbĂšre amie. Ma baine. Mon habitude. Mon amie. Bles amis. Ble» petltsenfanls. Ue.« Itotiteux plaisirs. Mes hĂ©ritages. Mes amours. Mes fleurs. Mes petites Ă©pargnes. Mes- haies. Mes herbes. Mes ĂȘtrenues. Mes hĂŽtes. Mes hĂ©liotropes. Mrs baĂŻuietons. Mes dĂ©lires. Met pensĂ©es.
/ 262 ) CLXXIII Ton, ta, tes. 'V 4 . ' 4- MA5CDUN ET FÉMININ SINGULIER. .., Que tu dis des folies, Et choisis mal ton temps pour de telles saillies. (MoliĂšre.) En cet aveuglement ne perds pas la mĂ©moire Qu’ainsi que de ta vie U y va de ta gloire. (Corneille.) MASCULIN et fĂ©minin PLURIEL. T$s Ă©crits, il est vrai, sans art et languissants. Semblent ĂȘtre formĂ©s en dĂ©pit du bon sens. (Boileau.) Reprends ta libertĂ©, remporte tes richesses, A l’or de ces rançons join^ mes justes largesses. (Voltaire.) Les adjectifs possessifs ton, ta, tes indiquent un rapport de possession avec la seconde personne du.singulier : Ton temps, ta vie, tes Ă©crits, tes richesses se traduisent par le temps, la vie, les Ă©oits, les richesses de toi. Ton se place devant un substantif masculin singulier; (a devant un nom fĂ©minin singulier; tes sert pour le pluriel des deux genres. Ces adjectifs prĂ©cĂšdent toujours les'substantifs auxquels ils sp rapportent. - 4 Que ton affection me soit alors sĂšvĂšre. Et tienne, comine il faut, la main Ă  nia colĂšre. (MoliĂšre.) Mon Dieu, voicvfon heure, on t’amĂšne ta proie. (RĂ©gnier.) Va, je verrai pcut-clrc Ă  mes pieds abattu, Cet orgueil insultant de ta fausse vertu. (Voltaire.) Ta veux ma mort, chblen 1 Jo vais remplir ta haine. W Par ces exemples on apprend que pour Ă©viter rhiaiusqui rĂ©sulterait de la rencontre de deux voyelles on emploie ton, au lieu de fa, devant les substantifs ou les adjectifs fĂ©minins dont l’initiale est une voyelle ou un h rnĂ»et : ton affection pour ta affection, ton heure pour ta heure. On fait usage de ta si le mot commence par consonne ou par h aspirĂ© : ta vertu, ta haine. Ton bien. Ton argent. Ton hamac. Ton bonheur. Ton air. EXERCICE PERA^ÈOipGJQVE. Ta fortnn©. Ta chĂšre imago. Ta honte Ton hamenr,' Ton envie. Tel fili. Tel bona oSieea, Tei hĂ©ros. Tel humeurs. Tea cxploiU'. Tm loiblciiei. Tcibennei intentiona. Tesbamet. Tçi liĂ©roĂźnes, Tc3 idĂ©es. Tes bon>icides. Tes iiypolbĂšiea. Tes bĂŽteik. Tes autrli. Tes bĂ©liotropea. CLXXIV. Son, sa, ses. Mascttlin et fĂ©minin singulier. De #on propre artifice on est souvent victime. (Collin d’Harlkvillk.) L'amour devient suspect s’il n’a sa libertĂ©. (F A v art.) masculin et fĂ©minin pluriel. H faut de scs amis endurer quelque chose. (MoliĂšre.) DĂ©mĂȘlez la vertu d’avec ses apparences. {Id.) t
( 265 ) Les adjectifs possessifs son, sa, ses marquent un rapport d’appartenance avec la troisiĂšme'personne du singulier : son ami, sa libertĂ©, ses amis, ses apparĂ©nces, c’est pour Vami, la libertĂ©, \e% amis, apparences de lui ou d-elie. Son sert pour le masculin singuÂŹ lier; sa, pour le fĂ©minin singulier; et ses, pour le masculin Ăšt Je fĂ©minin pluriel. Du reste, ces adjectifs se placent toujours devant les noms qĂŒils dĂ©terminent, quĂš cesmoms soient ou non prĂ©cĂ©dĂ©s d’un adjectif qualificatif. ... L'amour est dĂ©chu de son autoritĂ©, DĂšs qĂŒil veut de l’honneur blesser la dignitĂ©, (CrĂ©billon. Mon Polyeucte touche Ă  son heure derniĂšre. (Corneille.) Il est, Ă  mon sens, d’un pĂźus grand homme de savoir avouer sa faute, que de savoir ne la pas faire. (Cardinal de Retz.) * Qu'il est accablant de parler de sa honte ! (Voltaire.) L’euphonie exige qĂŒon mette son devant les mots commençant par voyelle ou par h non aspirĂ© : son [autoritĂ©, son 'heure; et sa devant ceux dont la premiĂšre lettre,est une consonne pu un h aspiĂŻĂ© : sa faute, sa honte. \ \ EXEnaçE PBRÂSÈOLOGIQVE. Son crime. Son Ă©poux. Son haut rang. Son honneur. Sa fa reur. Son Injustice. Son heure derniĂšre. Sa honte. Ses ennemi». Ses dĂ©faut». . Ses hĂ©ros. Ses honorables lenrieet. Ses bontĂ©s. Ses allures. Ses honteuses passions. Ses honorables intentions. NÂź CLXXV, Notre, nos. MASCULIN ET FÉMININ SINGULIER. La bienfaisance est un besoin de TĂąme : Heureux, elle nous rend notre bonheur plus doux. . (de Belloy.) .,. Notre Ăąme a bien plus de ressort Pour supporter le mal, quand on sait qu’il arrive. (Fabre d’Eglantink.) MASCULIN ET FEMININ PLURIEL. Amour, que sur nos cƓurs ton pouvoir est extrĂȘme Ăź (Lefranc.) Le ciel de nos raisons ne sait pas s’informer. '( AÇINE.) L’adjectif nofre, dont le pluriel est nos, indique un rapport de propriĂ©tĂ© avec la pre. miĂšre personne du pluriel : Notre bonheur, notre Ăąme, nos cƓurs, nos raisons, rĂ©pondent Ă  le bonheur, l'Ăąme, les cƓurs. Les raisons de nous. On voit qn^noire seri pour Je masculin et le fĂ©minin-singulier; nos, pour le masculin et le fĂ©minin pluriel. Ces adjeclifs se mettent toujours devant les noms. EXERCICE PERASÉOLOGIQVE. Notre inUrĂąL Notre boobeor. Notre Ăąme. Notie fortune. Nos usages. Nos biens. Nos intention». Nos passions.
( 264 ) —NÂź CLXXVÎ. 93 Votre, vos. MASCULIN BT FEMININ SINGULIER. ... Tout le camp vainqueur pleura votre trĂ©pas. (Racine.) Il me'fallut depuis gĂ©mir de votre absence. (Voltaire.) MASCULIN BT FEMININ PLURIEL. ‱ ' Sans cesse, en Ă©crivant, variez vpi discourj. (Boileau.) ‱.. Consultez longtemps votre esprit et vos forces, [Id.) L’ndjectif votre, qui fait au pluriel vos, marque un rapport de possession avec la seÂŹ conde personne du pluriel : votre trĂ©pas, votre absence, vos discours, vos forces, c’eist pour Le trĂ©pas, l'absence, les discours, les forces de vous. Votre est pour le masculin ou le fĂ©miÂŹ nin singulier; vos, pour le masculin ou le fĂ©minin, pluriel. Ces adjeclifs se placent toujours devant les substantifs. Votre Ă©lĂ©ment. Votre pĂšre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Votre amitiĂ©. Votre peine. Vos amouri. Voi pleuri. Voa attention». Voa plaintes. NÂź GLXXVIL Xewr, leurs. MASCULIN ET FEMININ SINGULIER. Les dieux doivent leur ĂȘtre aux faiblesses des hommes. (Boursault.) .,. Les cƓurs pour aimer ont leur maturitĂ©. (QĂŒinault.) MASCULIN ET FÉMININ PLURIEL. Les auteurs se peignent dans leurs ouvrages: (Lesage.) Les maĂźtres des humains cachent-ils leurs faiblesses? (La Harpe.) Les adjectifs leur, leurs dĂ©signent un rapport de possession avec la troisiĂšme perÂŹ sonne du pluriel : Leur ĂȘtre, leur rnaturitĂ© , leurs ouvrages, leurs faiblesses, c’est pour l'ĂȘtre, la maturitĂ©. Les ouvrages, les faiblesses d'eux. Leur s’emploie pour le masculin et le fĂ©minin singulier, leurs, avec un 5 pour le masculin et le fĂ©minin pluriel. Ces adjectifs prĂ©cĂšcioni toujours les substantifs qĂŒils dĂ©terminent, * EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE: Leur auteur. Leur plaisir. Leur Ăąme. Leur voluptĂ©. l.«urs alimeuU. Leur» maĂźtres. Leurs amĂ©llorationfl. Leurs flatteries.
( 265 ) >^0 N** CLXXVIIL EMPLOI DES ADJECTIFS POSSESSIFS DEVANT'DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIES PAR et. REPETITION DE L ADJECTIF POSSESSIF. Une Ülle de Saint-Pierre ayant perdu son pĂšre et sa mĂšre, et se trouvant maitrcsse dĂŒne petite forÂŹ tune, fut envoyĂ©e par ses parents Ăą Conslantinople. (ChatkaĂŒrriand.) Souvent nos malheurs et nos torts sont la faute de nos mentors. (Gi^oulnĂ©.)' Quand un jeune homme perd son argent et son temps Ă  courir aprĂšs une maĂźtresse, on le ramĂšne Ă  l’économie et Ă  sa maison, en le mariant avec une honnĂȘte femme. (Bernardin de St-Pikrhe.) Les enfants qui avaient Ă©gorgĂ© leurs pĂšres et leurs mĂšres souffraient moins que ces hypocrites. (FĂ©nelon.) NON rĂ©pĂ©tition DE L’aDJEÇTIF POSSESSIF. Ces deux jeunes animaux ne se ressemblaient pas plus que leurs pĂšre et mĂšre, par leur naturel. (Buffon.) Ressemblez Ă  vos pĂšres et mĂšres, et soyez comme eux la bĂ©nĂ©diction du pays. (J.-J. Rousseau.) Presque tous les oiseaux qui paraissent ne vivre que de graines, ont nĂ©anmoins Ă©tĂ© nourris, dans le premier Ăąge, par leurs pĂšres et mĂšres avec des in * sectes. (Buffon.) Les nĂšgres crĂ©oles, de quelque nation qu'ils tirent leur origine, ne tiennent de leurs pĂšres et mĂšres que Fesprit de servitude et la couleur. (Id.) Nous avons Ă©tabli (page 175) que si la grammaire exige que Ton dise ; le pĂšre et la mĂšre, lĂŒsage permet cependant de dire aussi : les, pĂšre et mĂšre. C’est par une consé quence rigoureuse de ce principe que, dans les exemples citĂ©s, les Ă©crivains, ont Ă©crit : son pĂšre et sa mĂšre, ses pĂšre et mĂšre. EXERCICE PTIRASÉOLOGIQVE. Bon pĂšre et »a mĂšre. Koi frĂštes et nos lƓuri. Ses pĂšre et mĂšre. Mes frĂšrei et sƓurs. Tes parents et tes amts. Nos cousins et nos cousines. Tes parents et amis. Nos cousIds et eousioes. N" CLXXIX* EMPLOI DES ADJECTIFS POSSESSIFS DEVANT DEU SUBSTANTIFS LIES PAR OU. ADJECTIF POSSESSIF REPETE. Le peuple n’arrĂȘte son attention et ses respects que sur des projets immuables ou qĂŒil croit tels, et qui lui imposent par leur grandeur ou- leur Ă©loigneÂŹ ment. (Bernardin de St-Pihrre.) ADJECTIF POSSESSIF NON RÉPÉTÉ. t ' Les Indiens et les Juifs, si attachĂ©s Ă  leurs castes ou tribus i ont mĂ©prisĂ© les autres peuples, au point de ne jamais s’allier avec eux par des mariages. (Bernardin de St-Pierre.) Si Bernardin de St-Pierre a Ă©crit : Leur grandeur ou leur Ă©loignement, en rĂ©pĂ©tant l’adjectif possessif leur,aprĂšs la conjonction oĂč, c’est que les substantifs reprĂ©sentent des objets diffĂ©rents ; au lieu qu’il n’a exprimĂ© l’adjectif possessif qĂŒune seule fois dans leurs castes ou tribus, parce qu’il ne veut rĂ©ellement dĂ©signer qĂŒune seule et 34 '
( 266 ) mĂȘme chose, et qu’ainsi le second substantif devient l'explication ou la dĂ©finition du premier. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Sa modĂ©ration ou la conitaiiee. Sa joio on la tristesse. SoQ gĂ©nie pu ion esprit. Ses vertus ou ses qualitĂ©s. Ses poils ou crins. Leurs maria ou Ă©poux. Ses mandateirea ou reprĂ©sentants. Leurs camarades ou amis. NÂź CLXXX* EMPLOI d'un adjectif possessif AVEC DEUX ADJECTIFS QUALIFICATIFS LIÉS PAR fll. ADJECTIF POSSESSIF NON REPETE. En rĂ©compense de dos 6ons et utiles offices, que Pieu Ă©loigne de vous .tout chagrin domestique. (Bernardin de St^Pierre.) Nos sages et doctes aĂŻeux ont brĂ»lĂ© religieusement des gens dont le crime Ă©tait d’avoir eu des illusions, et de le dire. (Condorckt.) J’avais Ă  cƓur la publication de mon dernier et meilieurouvrage. (J.-J. Rousseau.) Plein de mon anctenne et aveugle confiance, j’étais bien loin de soupçonner le vrai motif de ce voyage. . ■ ' \ld.)' FF* ADJECTIF POSSESSIF REPETE, La voilĂš, me dis-je en moi-mcme, la voilĂ  celle que Dieu m’a promise. Elle a Ă©tĂ© mise sur la terre pour partager ma bonne ou ma mauvaise fortune, pour donner un motif Ă  mes actions et un but Ă  mes penÂŹ sĂ©es, (Ballanchk.) Chaque homme eut sou 6ori et son mauvais gĂ©nie, comme chacun eut son Ă©toile. (Voltaire.) Nous prenons sur no.9 bons et nos mauvais sucÂŹ cĂšs, et nous nous accusons ou nous louons des caÂŹ prices de la fortune. (VaĂŒvenargues.) Dans le premier cas, vos bons et utiles offices, nos sages et doctes aĂŻeux, la rĂ©pĂ©tition de Tadjectif possessif ne doit pas avoir lieu, parce qu’il n’y a qĂŒun substantif de dĂ©terÂŹ minĂ©, que cc sont les offices qui sont Ă  la fois bons et utiles, tes aĂŻeux, qui sont Ă  la fois sages et doctes. ' . , Dans le second cas, si Ton rĂ©pĂšte Tadjectif possessif, c’est qĂŒil y a deux substantifs Ă 'dĂ©terminer, dont l’un est exprimĂ© et Tautre sous-entendu. En effet, ma bonne et ma mauvaise fortune, ses bons et ses mauvais moments, c’est pour ma bonne (fortune) et ma mauÂŹ vaise fortune, ses bons (moments) et ses mauvais moments. On sent bien que la mĂȘme forÂŹ tune ne peut ĂȘtre bonne et mauvaise, les mĂȘmes moments bons .et mauvais ; la rĂ©pé tition de Tadjectif possessif est donc indispensable. Cependant les .Ă©crivains se sont- quelquefois Ă©cartĂ©s de ce principe, surtout quand lĂšs adjeclifs qualificatifs suivent les substantifs : - Leurs diffĂ©rends prĂ©sents et futurs seront toujours terminĂ©s sans aucune guerre. (J.-J. Rousseau.) Pour me bien connaĂźtre, il faut me connaĂźtre dans tous mes rapports, bons et mauvais. (J;-Jf. Rousseau.) 0 A vrai dire, il nous sembl'e qĂŒon ne peut guĂšre, dans ce dernier ca&, s’exprirner autrement, Ă  moins de rĂ©pĂ©ter le substantif et Tadjectif possessif. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. [«on ancienne et ovengle conHanee. bon digne ami. Mon grand et mon petit appartemeoL Ma bonne et ma mauvaise humenr.
t, ( 26r ) N“ CLXXXI EMPLOI DES POSSESSIFS AVEC DEUX-ADJECTIFS LIÉS PAR OU. RÉPÉTITION »H l’adjectif POSSESSIF. Hs voulaient partager avec leur capitaine sa bonne ou sa mauvaise fortune. (Vertot.) Notrehonne ou notre mauvaise fortune dĂ©pend de* notre conduite. ' (de CailliĂšres.). NON RÉPÉTITION DE L’ADJECTIF POSSESSIF. Chacun sera jugĂ© selon ses bonnes ou mauvaises Ɠuvres. (AcadĂ©mie.) Sur ce plan graduĂ© dans son exĂ©cution par une marche successive, qu’on pourrait prĂ©cipiter, ralentir ou mĂȘme arrĂȘter selon so/i bon ou mauvais succĂšs, on n’avancerait qĂŒĂ  volontĂ©. (J.-J. Rousseau.) Sous Je roppprt grammatical, les exemples de la premiĂšre colonne sont plus corrects que ceux de la seconde, puisqu’aprĂšs la conjonciion ou, placĂ©e entre deux adjectifs qualifiant chacun un substantif, Tadjectif possessif_se trouve rĂ©pĂ©tĂ©; nĂ©anmoins on voit que J.-J. Ilousseau, dans les cas analogues, ne s’est pas fait scrupule d’ellipser cet adjectif, et que par consĂ©quent on peut, sinon autoriser cette ellipse, du moins la toÂŹ lĂ©rer (Voir page 180, nÂź XGl.) EXERCICE PURASÉOLOGIQUE. Sa bonne ou mauvaise conduite. Scsiustes ou ses injuste* reproches. Ses grandes oa ses petites colĂšres. Leurs bouDĂ©tes ou leurs mithonnites procĂ©dĂ©s. ^50 r cLxxxii. S!) EMPLOI DE leur, notre, votre, etc. Leur, ETC, Les homrnes ont toujours leur intĂ©rĂȘt pour hase, On les voit, avant tout, consulter le plaisir, (MontesqĂŒiou.) Le renne et le vigogne refusĂšrent de vivre dans nos climats, oĂč ils nĂ© trouvaient pas mĂȘme les plantes de leur pays, (Ege^ahdin de St-Pikrhh.) La plupart des hommes emploient la premiĂšre partie de leur vie Ă  rendre l’autre misĂ©rable. (La BruyĂšre.) Il ne faut pas s’étonner de TavlditĂ© de noire cƓur Ă  dĂ©sirer de nouvelles fĂ©licitĂ©s. . . (PaJQa?-!) Leurs, ETC. 11 ne faut jamais faire balancer les hommes entre, leur# inierĂšfs Ă©l leur conscience. (Bernardin de St-Pikrre.) Les Grecs cMes Romains, si fameux par Ieui\pa- triolĂźsme, ont regardĂ© les aulres nations comme des barbares; ils ne les nommaient pas autrement, et ils irdrenl toute leur gloire Ă  s’emparer de leurs pays. . U ) Je vous al dit un mot sur Aristide et sur Epami- nondas, mais je vous ferai connaĂźtre leurs vies. (Girault-Duvivier.) Le ciel, je le vols trop, met au fond de nos cƓurs, Un sentiment secret, au-dessus des grandeurs. (Voltaire.) Maintenant voyons pourquoi le mĂȘme mot qui est au singulier dans les exemples de. la premiĂšre cplonne^ se |rouve au pluriel dans ceux de la seconde. En premier lieu les Ă©crivains ont Ă©crit au singulier leur intĂ©rĂȘt, leur pĂ ijs, leur vie, notre cƓur, parce qĂŒils ont envisagĂ© dĂŒne nfianiĂšre gĂ©nĂ©rale TintĂ©rĂšt, la vie, le cƓur de ceux dont ils parlent, et qĂŒil ĂŒest question que d’un seul pays. D’un autre cĂŽtĂ©, ils ont dit, au pluriel,
( 268 ) V leurs intĂ©rĂȘts, leurs pays, leurs vies, nos cƓurs, par la raison qu’ils voulaient exprimer collectivement plusieurs intĂ©rĂȘts, plusieurs pays, plusieurs vies, plusieurs cƓurs. Iienr pire. Leur enfant. Leur front. Votre coeur. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. LĂ©on pĂšre». Leurs enfanti. . Leur» fronts. Vos cƓura. Leur mĂšre. Leur voiture. Notre tĂšlĂȘ. Iraur offrande. Leurs mĂšreiL Leur» .voitures.. No» tĂštes. Leurs oOroiides. NÂź CLXXXIII. Leurs, adjectif, comparĂ© avec leur, pronom. Leurs, adjectif. Il faut autant de frais pour conserver les femmes, Qu'on en a prodiguĂ© pour allendrir leurs Ăąmes. , (Dfi BiĂšvre.) Songez donc qĂŒau grand homme il faut beaucoup de [ place ; Des cĂšdres rassemblĂ©s dans un petit espace Se nuisent l’un Ă  Tautre et gĂȘnent leurs rameaux. (CnÉNlER.) ‱.. Tels sont les vrais guerriers ; Rivaux au champ de Mars, amis dans leurs foyers. (De Belloy.) En tĂąchant d’usĂčrper vos avantages, elles abanÂŹ donnent fes leurs. Ăź J.-J, Rousseau.) Leur, PRONOM. Les grands perdent toujours Ă  se glorifier, Et rien ne /eur sied mieux que de s’humilier. lDestoticiiks.) Le vrai contentement dĂ©ride tous les traits : La brillante gai tĂ©, cc-fard de la nature,* Rajeunit Jes vieillards, tewr donne un air plus frais, (Favart.) Les dieux, comme il ĂŻeur plaĂźt, peuvent cn un moment, Nous mettre dans Ja gloire ou dans l’abaissement. (l'abbĂ© Gknest.) En leur peignant les hommes, peignez-/es-leur tels qu’ils sont. (J.4. Rousseau.) La diffĂ©rence qui caractĂ©rise leurs, adjectif pluriel, et/dur, pronom, c’est que le preÂŹ mier se joint toujours Ă  des substantifs, qui, mis au pluriel, lui font consĂ©quemment revĂȘtir le signe de la pluralitĂ© : leurs Ăąmes, leurs rameaux, leurs foyers; leur, au contraire, employĂ© comme complĂ©ment indirect d’un verbe, le prĂ©cĂšde immĂ©diatement, exceptĂ© Ă  l’impĂ©ratif, et ne prend alors jamais d’5 : leur sied, leur donne, leur plaĂźt. Observez enÂŹ core que Tadjectif/durj se traduit toujours par un rapport de qualification, et leur, proÂŹ nom, par un rapport d’attribution : leurs Ăąmes, c’est pour les Ăąmes d'elles; leur sied,leur donne, c’est pour sied Ă  eux, donne Ă  eux.' L«tira eri». L«ur» clameur». ' C« sont le» leur». EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Leur eit agrĂ©able. Leur est cuiivenable^ r>onDez-lc»>leur, Lear» aUnit». Iraur» qualité». ' Voici le» leur». LeĂŒr naĂźt ‱ Leur fait plaisir. Voui 1»» leur donneres. **^9 NÂź CLXXXIV. Mon, ton, son, suivis de que ou de qui. Ton Dieu que lu trahis, ton Dieu que tu blasphĂšmes. Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui t’éclairc. (Voltaire.) (Voltaire.) Dans plusieurs gramrriaires, et notamment dans celle deM. NapolĂ©on Landais^ on lit
( ) . Ă©ette rĂšgle : «On ĂŒemploiĂš iAMAts les adjectifs posĂ©essifs aVant ĂźeS nĂŽmS qui dolvĂȘrtt ĂȘtre suivis de que ou de qui.)> Voltaire a donc multipliĂ© les barbarismes dans Je disÂŹ cours de Lusignan Ă  ZaĂŻre, oĂč Ton trouve les deux vers que nous avons citĂ©s. ^ N" GLXXXV. o. EMPLOI DE l’article OU DE l’aDJECTIF POSSESSIF. N J. AVEC l’adJECTIP TOSSESSlf. J'ai mal Ă  ma tĂȘte, je souffre Ă  ma jambe, mon bras me fait mal. (Dessiaux.) Quoiqu’il soit im peu incommodĂ© de son bras. (M“* DE SÉVIGNÉ ) avec l’auticle. ' Nous ne nous fĂąchons pas si on nous dit que non# avons mal Ă  la tĂȘte, et nous nous fĂąchons de ce que l’on dit que nous raisonnons mal. (Pascal.) Le sang Pincommode, il a les yeux rouges et mal Ă  la tĂȘte. (Boniface.) « * ‱ I ^ * Dans ies deux exemples de la premiĂšre colonne on a dit : nous avons mal Ă  la tĂšte, LE sang t’incommode, il a les yeux rouges, parce que la prĂ©sence des noms personnels nous, le, il, indiquent assez, que c’est de notre tĂȘte, de son sang, de ses yeux que l’on veut parler : d’oĂč il suit que, dans tous les cas analogues, on doit seulement employer Tar- ticĂźe. Cependant si, comme nous le voyons dans les citations de la seconde colonne, on parle d’une partie du corps habituellement ou pĂ©riodiquement malade, on se sert alors des adjectifs possessifs. C’est dans ce sens que madame de SĂ©vignĂ© a dit : Quoiqu’il soit un peu incommodĂ© de son bras.~ Cependant les cheveux me dressaient Ă  la tĂȘte. (Boileau.) ■ïe lis les bons auteurs pour me perfectionner le goĂ»t. (Domergue.) . Je m’attachai Ă  me perfectionner le goĂ»t. (Le Sage.) Sinon s’était fait couper les narines et les oreilleSy pour mieux tromper les Troyens. (CitĂ© par M, Lemare.) Se meurtrissant le sein, arrar.hant ses clieveux, Malheureuse, elle part avec des cris aftreux. (Delille.) Mais l’éclat des grandeurs leur a tournĂ© la iĂȘfe. (Etienne.) Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux. (Racine.) .te rĂ©solus de me rendre Ă  Madrid, comme au centre des beaux esprits, pour y formerwon goĂ»t. » ‱ . (Le Sage.) Je remplissais ma tĂȘte d’accompagnements, d’acÂŹ cords et d'harmonie. (J.-J. Rousseau.) ... L’ours boucha sa narine, U sc fĂ»t bien passĂ© de faire cette minĂ©. (La Fontaine.) Tout son corps a frĂ©mi ; dans son dĂ©sordre affreux, Elle meurtrit son #cm, arrache ses cheveux. (Delille.) Quand mes bras me manqueront, je vivrai si l’on me nourrit, je mourrai si l’on m’abandonne. (J.-J. Rousseau.) D’àprĂšs ces exemples, on peut dire Ă©^aĂźement les ckevetix me dressaient Ă  la tĂȘte et mes cheveux se dressaient sur ma tĂȘte; pour me former le goĂ»t et pour former mon goĂ»t; VĂ©clat des grandeurs leur tourne la tĂȘte et T Ă©clat des grandeurs tourne leur tĂȘte; je me remplissais la tĂȘte d’accompagnements et je remplissais ma tĂȘte d'accompagneihents, etc. Ces deux conÂŹ structions sont uneconsĂ©quence du principe Ă©lnbli plu6 haui. En efi'et, dans les citations de la premiĂšre colonne, l’article seul dĂ©termine ies mots tĂȘte, goĂ»t, etc., parce que les pronoms me ,etc., employĂ©s comme complĂ©ments indirects, font suffisamment connaĂźtre la tĂȘte, le goĂ»t de la personne qui parle ou dont on parle.
( 270 ) * Mais dans les exemples de la seconde colonne on comprend qiTen Tabsence des mĂȘmes pronoms jouant le rĂŽle de complĂ©ments indirects, ou plutĂŽt que^ces proÂŹ noms Ă©tant implicitement contenus dans les adjectifs possessifs, les Ă©crivains ont dĂ» Ă©iremonfront, mes cheveux, mon goĂ»t, etc.*, autrement on ne pourrait savoir de quel front, de quels cheveux, de quel goĂ»t il est question. m. Elle baissĂątes yeux sans rĂ©pondre, rougit et se mit Ă  caresser ses enfants. (J.-J. Rodssbau.) Baissez vos yeux vers la terre, chĂ©tifs vers que vous ĂȘtes, et regardez les bĂȘtes dont vous ĂȘtes le compagnon. (Pascal.) 0 ' Il est des cas oĂč l’on peut se servir indiffĂ©remment de l’article ou de l’adjectif posÂŹ sessif, ainsi que l’attestent ces deux exemples. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Avoir mal & la tĂȘte. Souffrir d« la tĂšte. Avoir ta nrigraĂźiie. t Se faire la barbe. Se couper les mouslaehes. Se boucher les oreilles. Lever les yeuĂŻ. Baisser la tĂȘte. Plier la jambe. A'voir mal Ăą sa tĂšte. Souffrir de sa lĂšte. Avoir sa migraine.'. Faire sa barbe. Couper scs mouMacbcs, Boucber ses oreilles. Lever ses yeur. Baisser votre tĂšte. Plier votre jambe. Avoir mat au bras. Souffrir de la jambe. Avoir ta goutte. Se couper lea cheveux. Se remplir l'esprit de... Se meurtrir te sein. FlĂ©chir le genou. FlĂ©cLIr le corps. Porter lea yeux. Avoir mat Ă  son bras. Souffrir de sa jambe. Avoir sa goutte. Couper scs cheveux. Remplir son esprit d& ., Meurtrir son sein. FlĂ©chir son genou. FlĂ©ebiuex votre corps. Porter scs youz. NÂź CLXXXVI. 9^ EMPLOI DE «on, sa, ses, etc. ou de en. AVF.C son. Mais la moIZeĂźse est douce et sa suite est cruelle. (Voltaire.) Toute rassemblĂ©e jeta les yeux sur Mentor. Je racontais... les malheurs qui Ă©taient venus fondre sur rriĂŽi, dĂšs que j’avais cessĂ© de suivre ses conseils. ■ * (FĂ©nelon.) La joie du cƓur est la vie de l’homme, la joie de Vliomme rend sa vie plus longue. ‘ (EcclĂ©siastk.) Mais qĂŒil fout peu compter sĂ»r la faveur des rois! Un instant dĂ©termine ou renverse leur choix. (Lefranc.) ■ AVEC en. Nourri dans le «eraiĂŻ, Ăżen connais les dĂ©tours. (Racine.) Pourquoi craindre la mort, si l’on a assez bien vĂ©cu pour n’en pas craindre les suites P (Buffon.) L’auteur d’un bienfait est celui qui en recueille le fruit le plus doux. (Duclos.) Quand on est dans le pays des fictions, il est diffiÂŹ cile de n’en pas emprunter le ĂŻangar/e. (BarthĂ©lĂ©my.) ' 11 rĂ©sulte de ces exemples qiTen gĂ©nĂ©ral il faut employer son, sa, ses, leur,.Leurs, toutes les fois que les subslaniifs dĂ©terminĂ©s par ces adjeclifs sont en rapport avec des noms de personnes ou d’objets personnifiĂ©s (premiĂšre colonne). Au contraire, si les substanÂŹ tifs se rapportent Ă  des noms de choses (deuxiĂšme colonne) on voit que ce ne sont,plus les adjectifs possessifs qui doivent les dĂ©terminer, mais bien les articles /e. La, Les, pré cĂ©dĂ©s de la particule en. Cependant cette rĂšgle est loin d’ĂȘtre absolue; car on verra au chapitre des Pronoms, qĂŒil est des circonstances oii Ton emploie les adjectifs posÂŹ sessifs, avec des substantifs relatifs aux objets, et quand ces noms ont rapport
(271) aux personnes. Afin de ne pas nous rĂ©pĂ©ter, nous y renvoyons le lecteur : c’est lĂ  que le point qui nous occupe sera traitĂ© Ă  fond. Suivre sei cODieĂźU. Recevoir tes reproches. Eodurcr tes caprices. EXERCICE PHRASEOLOGIQVE. En suivre les traces. En recevoir les loyers. En avoir les profits. Avoir son langage. Avoir ses pas>ioos. GoĂ»ter tes arls. En rerueillĂźr le fruit. En reconnaitre la bontĂ©. En admirer la beautĂ©. N” CLXXXYII. EMPLOI DE mon, ion, son, ou de mien, tien, sien, peĂ©cedĂ©s de un. AVEC mon, ton, son. II m’est, disait-elle, facile, D’élcver des poulets autour de ma maison. (La Fontaine.) J’ai ouĂŻ raconter Ă  feu milord Ilyde qu’un de ses amis, revenu d’Italie, aptos trois ans d’absence, voulut examiner les progrĂšs de son fils ĂągĂ© de neuf Ă  'dix ans. (J.-J. Rousseau.) Cinna et Carbon, un de ses lieutenants, se camÂŹ pĂšrent sur les bords du Tibre. (Vertot.) m Perpenna, un de ses officiers, l’y vint joindre avec les dĂ©bris de son armĂ©e. ' (Id.J ' AVEC mien, tien, sien. Au travers d’un mien prĂ© certain Ă non passa. (Racine.) Il ne reste de toute la maison de Latour, que maÂŹ dame de Warens et une sienne niĂšce. (J.-J. Rousseau.) - Un sien ami, voyant ce somptueux repas, Lui dit : Et d’oĂč vient donc un si bon ordinaire? (La Fontaine.) ITn mien couJin est juge maire. , (Id.) Vn mien parent me fit apprenti maltĂŽtier. (RĂ©gnard.) Vous avez en vos mains un sien portrait ? Oui. (Voltaire.) Un mien valet qui du soir Ă©tait ivre. (Id.) Dans le style Ă©pisloĂźaire et dans le style de Tapologiie, dans le badin et dans le burÂŹ lesque, au lieu de 7ÏÎ0ÎI, ton, son, on peut se servir de mien, tien, sien, prĂ©cĂ©dĂ©s de U7i, U7ie. Dans ce cas il faut observer que cet emploi n'a lieu que pour ces trois adjectifs.masÂŹ culins ou fĂ©minins. Remarquez en outre que quand ĂŽn dit : Ü7i mien prĂ©, un sien prĂ©, on fait entendre deux choses : ou qĂŒon ne possĂšde quĂŒn seul prĂ© ou qĂŒon en indique un parmi plusieurs. Dans-Ia premiĂšre hypothĂšse , unmien prĂ©, un sien prĂ©, signifie simÂŹ plement , mais dĂŒne maniĂšre beaucoup plus expressive, mon prĂ©, so7i prĂ©; dans la seÂŹ conde , Ăźin mien prĂ©, un sien pi:Ă©, a le sens de un de mes prĂ©s, un de ses prĂ©s; c’est pour rendre cette difiĂ©rĂ©nce palpable que nous avons opposĂ© les exemples de la premiĂšre coÂŹ lonne Ă  ceux de la seconde. Les pronoms possessifs ne peuvent pas ordinairement ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s des adjectifs dĂ©- rnonslralifs cc, m, ceite : c'est un dĂ©savantage de notre langue, comparĂ©e Ă  d'autres idiomes. NĂ©anmoins, Voitaire a dit : Les impies en C07icluant par consĂ©quent que la nĂŽtre, fo7idĂ©e sur la juive, est fausse; et que cette nĂŽtre Ă©tant la meilleure, etc. (Voltaire, Hist. de Jenni.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Bloi) jardin.; Tod ami. Son portrait. Un mien jardin. Un tien ami, Ud slan portrait. Ha pareoto. Ta niĂšce. Sa robe. Une mienne parente. Uoe tienne niĂšce. Udo «ienne robe.
( ) NÂź CLXXXVlII, isf^s^oo— Le mien, le tien, le sien, le nĂŽtre, le uĂŽĂŻre, comparĂ©s avec mien, tien, sien, nĂŽtre, vĂŽtre» AVEC le mien, le tierĂ», etc. Mon erreur sera la mienne. (J.-J. Rousseau.) Vous ignorez encor quel bonheur est Ăźe vĂŽtre. (Uegnabd.) Occupez votre Ă©lĂšve Ă  toutes les bonnes actions qui sont Ă  sa portĂ©e ; que TintĂ©rĂ©t des indigents soit toujours le sien. (J.-J. Rousseau.) Faitcs-lui bien comprendre que le sort de ces malÂŹ heureux peut ĂȘtre le sien. (Jd.) .Quel caquet est le vĂŽtre, Tirez de cette part; et vous, tirez de Tautre. (MoliĂšre. Vos intĂ©rĂȘts ici sont conformes aux nĂŽtres. Les ennemis du roi ne sont pas tous les vĂŽtres. (Racine.) AVEC mien, tien, etc. Julie, ĂŽ Julie ! ĂŽ toi qĂŒun instant j'osai appeler t mienne. ^ (J.-J. Rousseau.) \ Oui, tendre et gĂ©nĂ©reux amant, ta Julie sera touÂŹ jours tienne. (Id.) L'intĂ©rĂȘt du prince serait que le peuple fĂ»t puissant, aĂŒn que cette puissance Ă©tant sienne, le rendit redouÂŹ table Ă  ses voisins. (Id.) Frisch rapporte que lorsqu'on met les petits de la draine dans le lit de' la litornc , celle-ci les adopte, les nourrit et les Ă©lĂšve comine siens. (Buffon.) Que cet objet est beau ! Yous en ĂȘtes tentĂ©. Qu’il sera laid, s’il devient iiĂŽtre. (Lamotte.) Je ne comprends pas comment vous pourriez disÂŹ poser en sa faveur de propriĂ©tĂ©s qui ne sont pas vĂŽtres. (Mirabeau.) Dans le style comique, comme dans le style^sĂ©rieux, qn peut employer le mien, le tien, le sien, te nĂŽtre, le vĂŽtre, ou simplement mien, tien, sien, nĂŽtre, vĂŽtre: La suppression de Tarticle donne Ă  TidĂ©e de possession plus de force, plus d’énergie. En pareille cirÂŹ constance , ces adjeclifs sont d’usage pour les* deux genres et pour les deux nombres. Il n’y a que le leur, la leur dont Tarticle ne peut jamais ĂȘtre ellipsĂ©. ' I L>c mien, la mienne. Le tien, la tienne. Le sien, la sienne. Le nĂŽtre, la nĂŽtre. L« vĂŽtre, la vĂŽtre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Mien, mienne. Tien, tienne. Sien, sienne. NĂŽlre. VĂŽtre. Les miens, les miennes. Les tiniii, tes tiennes. Les siens , les sieiiiies. Les nĂŽtres. Lea vĂŽtres. Miens, miennes Tiens, tiennes. Siens, siennes. NĂŽtres. VĂŽtres. DES ADJECTIFS INDÉFINIS. NÂź CLXXXIX. TOUT. GENRE ET NOMBRE; SINGULIER. . Tout le monde se plaint de sa mĂ©moire et personne ne‘se plaint de son jugement. ' (LarocmefĂŽucauld.) Toute la doctrine des mƓurs tend uniquement Ă  nous rendre heureux. (Bossuet.) PLURIEL. Le plus prĂ©cieux de mus les dons que nous puisÂŹ sions recevoir du ciel est une vertu pure et sans tache. (FĂ©nelon.) La coquetterie dĂ©truit et Ă©touffe presque (ouĂŻes les vertus. (Mau. de Genlis.)
( 273 ) On perd tous ses amĂźs en perdant tout son bien. (Destouches.) C'est sur les bords des riviĂšres que les vĂ©tĂ©gaux se montrent dans toute leur beautĂ©, (Bern. de Saint-Pierre.) Pendant (ow( ce temps de fatigue et de tourment, l'Arabe laisse ses chameaux chargĂ©s; il ne leur donne , chaque jour, qu’une heure de repos. (BĂŒffon.) Un cƓur qui nous oublie engage notre gloire ; Il faut Ă  l'oublier mettre aussi tous nos soins. (MoliĂšre.) Dans la solitude Ă©ternelle toutes nos attaches sont rompues. ‱ (Port-Roval.) Le doge et le sĂ©nat doivent visiter dimanche proÂŹ chain cet hĂŽpital, et dĂ©jĂ  on s’occupe de parer tous ces lits, de parfumer toutes ces salles. (Dupaty.) ' Tout prend constamment le genre et le nombre da nom avec lequel il se trouve en rapport et qu’il dĂ©termine; que ce nom soit prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle, d’un adjectif possessif ou.de tout autre mot Ă©quivalent. Tout runÎTer». Toute la terre. Tout le monde. Toute l'annĂ©e. Tout le jour. Toute la Duit. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Tous les bommes. Toutes les femmes. Tous les animaux. Toutes tĂ©s plantes. Tous les lĂ©gumes. Toutes les herbes. Tout son peuple. . Toute nia famille. Tout ce feuillage. Toute cette maison. Tout mon ouvrage. Toute ta maison. Tons tes amis. Toutes mes ricbesses. Tous ces jardiui. Toute» ces fontaines. Tous tes conseils. Toute» T03 craintes. NÂź CXC. Tout EN RAPPORT AVEC UN PRONOM. MASCULIN. Le temps nous trompe tous ; sur ses ailes lĂ©gĂšres Il nous porte Ă  la fois nos biens et nos misĂšres. (de Boufflers.) Tous ceux qui s'acquittent des devoirs de la reÂŹ connaissance ne'peuvent pas pour cela se 'flatter d'ĂȘtre reconnaissants. (Larochefoucauld.) , Nous danserons, no«« serons teu« heureux. (Voltaire.) CĂźomme je vous Ă©cris tout ceci, madame la duÂŹ chesse de SuUi m’apprend votre prochain voyage Ă  Bruxelles. (Id,) [ FEMININ. Cependant je trouve ZoraĂŻde plus aimable qu'aucune de nous toutes. (Bern. de Saint-Pierre.) Pour ĂȘtre heureux avec les passions , il faut que. toutes celles que l’on a s’acommodent les unes avec les autres. (Fontenelle.) Des dettes ! moi, heureusement, je me suis dĂ©barÂŹ rassĂ© de toutes les miennes. (Regnard.) Toutes celles qui sont mortes de cette redoutable maladie, vivraient encore, si elles avaient Ă©tĂ© traitĂ©es comme moi. (Voltaire.) L'adjectif tout est variable lorsqu'il est en relation avec les pronoms nous, vous, eux, elles, Le, la, les, ceci, cela, le nĂŽtre, le vĂŽtre, le leur, le mim. Le tien, le sien, et toutes les diffĂ©rentes variations de ces mots. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Noas tons. Voua toa». Eux tons, Je le» ai vtu teni. Tools II nĂŽtre. Tout le vĂŽtre. Toute U vĂŽtre. Tout» la'leur. Noos toute», Voo» toute». Elles toutes. Je les ai rues toutes. Toute» les nĂŽtres. Tous les vĂŽtres. Toutes les vĂŽtre* Toutes les leur» Tous ceux. Tous ceux-ei. Tout le mien. Toute la mienne. Tout le tien. Toute la tienne. Tout le «eu. Toute laitenne Tonte* celles. Toutes celles-ci- Tou» le» mien». Toutes les mĂźeoP**> Tous les tiens. Toutes les tieones. Tous les siens. Toute* les ■icnoa*. 35
( 274 ) 0 —««s N” CXCI. V r ‱ Toirt. SIGNIFIANT totaleraenU INVARIABLE. ‘ Devant une prepoĂą iHon. On peut n'ĂȘtre quĂŒn sottowi en eyant du,cƓur. (Lombard DE Langres.) i .. ‱ L'animal porte-sonnette , Avec ses ongles tout d'Ă cier, Prend le nez du chasseur. (La Fontaine.) ThĂŽbcs qui croit vous perdre est dĂ©jĂ  tout en larmes. (Racine.) J'aperçois Ces vastes plaines toujours calmes et . tranquilles, mais tout aussi dangereuses. (BĂŒffon J- Et dans' ce bourg une veuve fort sage, Qui demeurait tĂŒui Ă  VexlrĂ©mitc... (La FoNTAĂŻisn.) Demnt un adverbe. La joie de ĂźaĂźre du bien est tout autrement douce que la joie de le recevoir. (Massillon.) Quoique la noblesse de TĂąne soit moins illustre', elle est touf aussi bonne, tout aussi ancienne que celle du.cheval. (Buffon.) Ces ouvrages Ă©taient tout ensemble Tadmiration des savants et la consolation de toutes les personnes de piĂ©tĂ©., ' (Racine.) Devant un substantif. Le chien n'a nulle ambition, nul intĂ©rĂȘt, nul dĂ©sir de vengeance, nulle crainte que celle dĂš dé plaire il est tout zĂšle y tout ardeur et tout obĂ©isÂŹ sance. (BĂŒffgn.) Ces gens sont dĂ©fiants, ils sont tout y&ux et tout oreilles. (AcadĂ©mie.) Dans nos souhaits innocents, nous dĂ©sirons ĂȘtre lotit DUC, pour jouir des riches couleurs de T aurore; tout odorat, pour sentir les parfums de nos plantes ; tout ouĂŻe, pour entendre le chant de nos oiseaux ; tout cƓur, pour recormaitre ces merveilles. (Bern. dk Saint-Pierre.) Ce cƓur se rĂ©veille, tout poudre qu'il est; ' (Bossuet.)^ Le lion est tout nerfs et muscles. (Buffon.) Devant un adjectif masculin commençant' par une* consonne. Marot A des refrains rĂ©glĂ©s asservit les rondeaux, Et’montra pour rimer des chemins tout nouveaux. ^ILBAU.) VARIABLE PAR EUPHONIE. “ Devant un adjectif fĂ©minin commençant par une consonne. L'espĂ©rance, toute trompeuse qĂŒelle,est, sert au moins ĂŻi nous mcner.Ă  la fin de la vie par un cLeinin agrĂ©able. (LARocnEFoucAULD!) C’est en vain qu'Ă  travers les bois, avec sa cavaÂŹ lerie toute fraĂźche, Bcck prĂ©cipite sa mai'che pour tomber sur,nos soldats Ă©puisĂ©s. (Bossuet.) ‱ Les sauvages de l’AmĂ©rique brĂ»lent leurs ennemi^ vivants, et dĂ©vorent leurs chairs toutes sanyldrircs,. (Bern. de Saikt-PieĂŻĂŻre.) -J * * f ^ Pour mes allĂ©es de vignes, de pommiers , de poiÂŹ riers , de pĂȘchers, de pruniers, de cerisiers , d’abriÂŹ cotiers , elles Ă©taient toutes fleuries. [fd.) Les-louanges toutes pures no mettent pas un. homme Ăč son aise; il faut y mĂȘler du solide. (MoliĂšre.) , Les plaisanteries ne sont bonnes que quand elles sont servies toutes chaudes. (VoltaĂźre.) Quand la discorde, encor toute noire de crimes Sortant des cord'eliers pour aller, aux mininics. (Boileau.)^' Et jeti’ouve.Ă  propos que toute cachetĂ©e. Cette jettre lui soit promptement reportĂ©e. (MĂŽliĂšre.) Mes haies de chĂšvre-feuille, de^ framboisiers ,* de groseillers , de rosiers et dcJiias, Ă©taient toutes verÂŹ doyantes de feuilles et de boutons de fleurs. (Bern. de SAiNx-PiERas.)! Autour d'elle volaientr les vengeances- toutes dé gouttantes de sang, (FĂ©nelon.) J’en suis bien fĂąchĂ©, dit-il, car il y avait une gé nisse ĂźouĂźe- blanche, que je voulais olTrii* aux* dieux. (MĂ»n.tesquiku.)- Sa face Ă©tait dĂ© pleurs toute baignĂ©e. : * (LĂ ^ FontainĂš.) La vanitĂ© est sortie toute parĂ©e de la tcle des femmes, comme Minerve est sortie tout armĂ©e de la lĂ©le de Jupiter. (Saint-Lamberx.), La GrĂšce , toute polie et toute sage qu’elle Ă©tait avait reçu .les cĂ©rĂ©monies des dieux immortels et leurs mystĂšrea impurs- (Bossuet.); En temps dĂ©. pluie;et de dĂ©gel, les raaisensy-' 1er pierres, les vitres,*,' deviennent tout humides, pĂ ffcfe qĂŒelles attirent les vapeurs. (Bern. de St.-Pierre.) ^ J’ai vii une prairie voisine de mon habitation , sur lĂ©s bords de la riviĂšre d’Essonne, toute criblĂ©e de trous faits par une espĂšce de scarabĂ©e. (W.) ‱
( 275 ) Sous cea mura tout famantĂą dnssĂ©-|e ĂȘtre Ă©crasĂ©e, Je ne trahirai point l'innocence accusĂ©e. ^ (Voltaire.) Nos vaisseaux sont tout prĂȘts et le vent nous appelle. (Racine). Dans les pays du nord, on trouve des loups tout blancs et tout noirs. (Buffon.) Nous ne nous prisons pas, (owĂŻpettte que nous sommes, D’un grain moins que les Ă©lĂ©phants. ( (La Fontaine.) » Devant un adjectif masculin commençant par voyelle Ou par h muet. ,. - Quand la paix Yiendra-t-elle Nous rendre comme vous tout entiers aux beaux-arts? (La Fontaine.) Les hommes tout ingrats qĂŒils sont s’intĂ©ressent toujours Ă  une femme tendre, abandonnĂ©e par un ingrat. (Voltaire.) Celle-ci fit un choix qu’on n'aurait jamais cru ; Se trouvant Ă  la fin tout aise et tout heureuse De rencontrer un malotru. (La Fontaine.) La valeur foĂźit hĂ©roĂŻque qĂŒĂ«Ue est ne suffĂźt pas pour faire des hĂ©ros. (Massillon.) Mes bordures de fraisiers, de violettes, de thyms et de primevĂšres, Ă©taient (ow(es diaprĂ©es de vert, de blanc, de bleu et de cramoisi. (Bernardin de Saint-Pierre.) Les pensĂ©es de l'homihe juste sont foutes nues. (Caminade.) Elle sacrifia sa santĂ©, toute faible et toute usĂ©e qĂŒelle Ă©tait, Ă  Thonneur d'ĂȘtre auprĂšs d’une grande reine. . (FlĂ©chier.) Devant un adjectif fĂ©minin commençant par H aspirĂ©. \ Celte jeune personne est toute honteuse de s'ĂȘtre exprimĂ©e comme elle l’a fait. - (AcadĂ©mie.) Eo vĂ©ritĂ©, je suis toute honteuse. (Voltaire.) Au milieu d’une sociĂ©tĂ© d’hommes une petite fille ira toute honteuse se rĂ©fugier auprĂšs du plus aimable. (Bernardin de St-Pierbe.) Les montages de VĂ©nus sont plus Ă©levĂ©es que celles de la Idne ; c’est-Ă -dirĂ© quelles ont plus de ti'ois lieues de hauteur perpendiculaire; VĂ©nua en parait toute hĂ©rissĂ©e, (7d.) Lorsque tout aie sens dĂš totalement, tout-Ă -fait, entiĂšrerĂ Ă©nt, i\ est invariable. Cependant on.voit, par les exemples de ia seconde colonne, que, devant un adjectif fĂ©minin commençant par une consonne ou uri h aspirĂ© j il prend le genre et le nombre de ce mĂŽme adjeclif. Mais cet accord est purement euphonique, et tewf n’en reste pas moins ce qĂŒâ€™il est, le fragment de l'expression adverbiale : De tout point, ainsi que le prouvent de la maniĂšre la plus incontestable les citations suivantes., oĂč cette mĂȘme locution, adverbiale est ĂšntiĂšremeĂŻit Ă©noncĂ©e: L’accĂšs de jalousie que j’éprouvai ensuite n'Ă©tait que la confusion d’un orgueil humiliĂ© de tout point. (Madem. DelaĂŒnay.) On lui eust faict ung tour si trĂšs-moieste que de tous poinctz elle eiist Ă©tĂ© frippĂ©e. (Rabelais.) Quand de tous poincts armĂ© seras. {Degdillevillk , poĂšte du 14« siĂšcle.) 0 1 , ♩ Il importe pourtant, et plus qu'on ne pense, que ceux qui doivent un jour commander aux autres se montrent dĂšs leur jeunesse supĂ©rieurs Ă  eux de tout point, ou du moins qu’ils y tĂąchent. (J.-J. RoÙSS'EAĂŒj De tout point est une façon de parler pour dire totalement, entiĂšrement. C’est un homme accompli dĂš tout pOiril. (AcadĂ©mie.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVEi .Tout Taineufl que nous eommÚ». Us sont tout mouillĂ©s. Ils Ă©taiĂ©nltout tremblants. Vous fĂ»tes tout autres. Us sont tout entiers. Tout sincĂšres qu'ÎU paraissent. Tout en ay:iut du ĂšcĂ©ur. ils aoĂ»t tout eu nage. Une conduite toute nooTĂ©llĂ©; TJnc peiifĂȘe toute sublime. Une fidĂ©litĂ© toute dĂ©siutĂȘrcssĂ©e. Une Ăąme toute ueuVe. INVARIABLE. La torlob EemblĂ© tout engotirdĂźĂȘ. Tout instroiieS qu’on les croie. Tout ĂąimĂąblĂ©s qu’elles soiiL Tout agrĂ©ables qu’on les trouve. Elles Ă© ta (eut tout entiĂšres. Une amiiiĂ© tout intĂ©ressĂ©e. ‱ Elles sont tout fĂ©u, tout fiaoime. Ils sont tout oreilles. Des bomtnee tout Ă©tonnĂ©s. Des enfants tout pleins d’esprits. Des vins but tout purs. Des Boldata tout prĂȘts. Des habits tout usĂ©s. Ils Ă©taient tout puissants. Vous ĂȘtes tout ausĂ i grands. Ils (ont tout yeux. VARIABLE PAR EUPHONIE. .Pes ouvrlĂ©rĂ©s^toĂčiĂȘs" lĂ ĂźiĂŽriĂ©uscsl Des amitiĂ©s toutes franches. Des Ă©pouses toutes plaintives. 2Î8I priĂšres toutes ferventes. UnĂ© voix toute fratĂŻcb^ One province toute dĂ©vastĂ©e. Une vieille Ă»lte toute seule. Une porsonne toute bontenso. Des femmes tout ĂŽtĂŽnnĂ©s. Tont infaillibles qu’elles sont. Tout ingrats qu’oo le» dise. Tout Ă©toDoaotei qu’elles paraĂźasent. Des amaiĂŻtĂ©s tout Ă©mues. Elles sont tout otses, ' Elle's sont tout aussi belles. Des jeunes tilles tout en riant et tout eu fdlĂźtraut Des lois toutes sagĂ©*. Des Ă©coliĂšres toute? craintives. Elles aoĂ»t toutes aeulu. Elles sont toutes bardies.
( 27 '6) N° CXCII. Tout INVARIABLE OU VARIABIÆ DEVANT ttUfre, INVARIABLE. Pour VOUS, VOUS mĂ©ritez tout une autre fortune. * ^ ^ (La Fontaine.) Bien vous prend que mon frĂšre ait tout une autre hu- [meur. (MoliĂšre.) Bien que sa vertu jeUit un fort grand Ă©clat au dehors, c’était* tout autre chose au dedans. (Boileau). Je me suppose riche , il me faut donc des^plaisirs exclusifs , des plaisirs destructifs ; voici de tout autres affaires. Urne faut des tcn*es, des bois, des gardes, des honneurs seigneuriaux, surtout de l’encens et de l’cau bĂ©nite. (J.-J. Rousseau.) fl produit en nous une certaine admiration mĂȘlĂ©e d'Ă©tonnemont et de surprise , qui est tout autre chose que de plaire seulement. [M.) Je m’imaginais quĂŒn honnĂȘte homme devait songer Ă  tout autre chose 'qu’à ce qui s’appelle philosophie 1 (Racine.^ San? mentir, ils ont tout une autre maniĂšre d’écrire que les, faiseurs de romans ; ils ont tout une autre adresse pour embellir la vĂ©ritĂ©. (Id.) . Vous ne sauriez croire combien celte maison de Mariy est agrĂ©able. La cour y est, ce me semble, t(nit autre qu'Ă  Versailles. ' ' (Id.) Vous mĂ©ritez sans doute une tout autre destinĂ©e. ‘ (ĂąlOLlÈRE.) VARIABLE. . Cette libertĂ© a ses bornes, comme toute autre espĂšce de libertĂ©. (Voltaire.) Toute autre aurait pour moi pris les mĂȘmes ombrages. (Racine.) Quand je n’aurais que cet avantage dans ma mé thode, par cela seul il faudrait la prĂ©fĂ©rer Ă  toute autre. (J.-J. Rousseau.) L’intolĂ©rance ecclĂ©siastique consiste Ă  regarder comme fausse, toute autre religion que celle que l’on professe. (Le Chev. de Jaucourt.) Un homme qui a,vĂ©cu dans Tintriguc un certain temps, ne peut plus s’en passer; toute autre vie pour lui est languissante. (La BruyĂšre.) Ah ! seigneur, songez-vous que toute autre alliance Ferait honte aux CĂ©sars... (Racine.) De toute autre victime if refuse l’oflrande. (Id.) Toute autre voix que la voix unanime des pasÂŹ teurs doit leur ĂȘtre suspecte, (Massillon.) Toute autre place quĂŒn trĂŽne eĂ»t Ă©tĂ© indigne d’elle. ' (Bossuet.) ClĂ©opĂątre aima mieux mourir avec le titre de reine, que de vivre dans toute autre dignitĂ©. (Boileau.) Lorsque tout est suivi de Tadjectif autre, il n'est pas toujours facile de se rendre compte de sa vraie signification. Nous avons mis en regard les deux genres d’acception. Dans la premiĂšre colonne, tout se traduit par tout-Ă -fait, entiĂšrement; il modifie Tadjec- lif awtre, et doit par consĂ©quent demeurer invariable : Vous mĂ©ritez tout une autre forÂŹ tune, c'esi-Ă -dire vous mĂ©ritez une fortune autre (de) TOyx (point que celle dans laquelle vous ĂȘtes); une fortune entiĂšrement, ou tout-Ă -fait autre. 11 n'en est pas ainsi dans les exemples de la seconde colonne; toute autre espĂšce de liÂŹ bertĂ©, c'est-Ă -dire toute espĂšce de libertĂ© autre que celle en question (i). Ici toute est adÂŹ jectif et modifie le subsiaiitif espĂšce. Quelquefois le substantif inodifiĂ© par toute est sous-entendu, comme dans le deuxiĂšme et le troisiĂšme exemple : Toute autre aurait pour moi pris les mĂȘmes ombrages; il faudrait la prĂ©fĂ©rer Ă  toute autre; c’est comme s'il y aVait: toute (femme) autre que moi, etc. Il faudrait la prĂ©fĂ©rer Ă  toute (mĂ©thode) autre (que la mienne). " . Plus on se livre Ă  TĂ©tude de notre langue, plus on rencontre de ces nuances dĂ©licates (1) Celte analyse est suffisamment justifiĂ©e par l’exemple suivant de Laveaux ; Dans la uerfu est le souve- rainhien, toute richesse autre que celle-lĂ  est illusoire.
( 277 ) . qui en font ie charme et la beautĂ©. H n’appartient qĂŒĂ  celui qui sait se familiariser avec les principes de la science grammaticale, et s’habituer Ă  en faire une juste apÂŹ plication, de les pouvoir saisir et de savoir les apprĂ©cier. Il est tout autre, Elle est tout autre. Ils sont tout autres. Btlei sont tout autres. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Une tout autre idĂ©e. Tout une autre idĂ©e. Tout autre chose. D'une tout autre façon. Toute autre mĂ©thode. Toute autre grammaire. Toute autre place. Toute outre personne. NÂź CXCIII. 9^ Tout PRIS ADVERBIALEMENT ET fOU( ADDJECTIF COMPARÉS. Tout INVARIABLE. Des avirons encor tout couverts de feuillage. (Delille.) La* premiĂšre partie de ses jours s'Ă©tait passĂ©e tout en expĂ©riences , la seconde tout en rĂ©flexions. (Chateaubriand.) A qui devons-nous l’usage du sucre, du chocolat, de tant de subsistances agrĂ©ables et de tant de reÂŹ mĂšdes salutaires ? Ă  des Indiens tout nus. (Bern. de Saint-Pierre.) Mais que veut ce soldat? son Ă mc est toute Ă©mue. (L. Racine.) La paresse tout engourdie qu'elle est, fait plus de ravages chez nous que toutes .les autres passions ensemble. ^ (Larochefouca uld.) Tant que les masques s’égaient ils se trouvent charmants; lorsqu’ils se dĂ©couvrent ils sont tout honteux de se reconnaĂźtre. (MĂ©ry.) Il a commencĂ© son rĂšgne par une conduite tout opposĂ©e Ă  celle de Pygmalion. (FĂ©nelon.) I LĂ , bornant son discours, encor tout Ă©cumante, Elle souille aux guerriers Tesprit qui la tourmente. (Boileau.) La dĂ©esse gueniĂšre De son pied trace en Tair un sillon de lumiĂšre, Rend aux trois champions leur.intrĂ©piditĂ©, El les laisse tout pleins de sa divinitĂ©. (Boileau.) Et tout Ă»ers des lauriers dont Ü les a chargĂ©s, gis) vaincront Ă  son exemple ou pĂ©riront vengĂ©s. . . (Racine.) C'est lĂ  ce qui fait peur aux esprits de ce temps, Qui tout blancs au-dehors, sont tout noirs au-dedans. tBoiLKAU.) Tout variable. Je vais trouver cet homme, qui me reçoit dans une maison , oĂč, dĂšs Tescalier, je tombe en faiblesse d'une odeur de maroquin noir, dont ses livres sont tous couverts. (La BruyĂšre.) Leur thĂ©ologie est toute en sentiment, comme celle de la nature , et leur morale toute en action, comme celle de l’Evangile. (Bern. de Saint-Pierre.)', La libertĂ© de TInde est toute entre vos mains. (Racine.) Notre troupe s’élevait Ă  deux cents hommes tous montĂ©s. (Albert-MontĂ©mont.) Les premiers Romains Ă©taient tous laboureurs, et les laboureurs Ă©taient tous soldats. (Vkrtot.) Eh bien ! puisque mon sort ne saurait l'Ă©mouvoir, Laisse-moi dĂ©sormais toute k mon dĂ©sespoir. (MoliĂšre.) Les planĂštes forment toutes autour de toi un chƓur de danse, comme des filles autour d’un pĂšre. (Bern. de Saint-Pierre.) Ne parlons plus de torts, ils sont tous effacĂ©s. (Colin-D’Harlev ille.) Sa physionomie? — Toute honnĂȘte et pleine d’esprit. (MoliĂšre.) Ne me parlez plus de mes lettres, ma fille, je viens d’en recevoir une de vous qui enlĂšve, toute aimable , toute brillante, toute pleine de pensĂ©es , toute pleine de tendresse. (M“e DE SĂ©vignĂ©.) 11 voit de saints guerriers une ardente cohorte, Qui, tous remplis pour lui d’une Ă©gale vigueur. Sont prĂȘts,-pour le servir, Ă  dĂ©serter le chƓur. (Boileau.) Les principes de tous les arts qui dĂ©pendent de Timagination, sont tous Ă©galement simples, tous puisĂ©s dans la nature et dans la raison. (Voltaire.) Oh ! que les voilĂ  hien tous formĂ©s Tun pour l’autre ! {Id.)
( 278 ) Je V0U3 trouve aujourd’hui TĂąme tout inquiĂšte. ■ . m Ma famille vengĂ©e et les Grecs dans la joip, Nos vaisseaux tout chargĂ©s des dĂ©pouilles de Troie, (hACIKH.) Il se soumet lul-mĂ©me aux caprices'd’autrhß» Et ses Ă©crits tout seuls doivent p^ler pour lui. (BoilĂŻĂŻaĂŒ.) Eucharis, rougissapt baissant les yeux, deÂŹ meurait derriĂšre, mui interdite, sans oser so monÂŹ trer. (FĂ©nelon.) Ces lois qu’il a protĂ©gĂ©es l’ont rĂ©tabli presque toutes seules, (Bossuet.) Vous verrez nos statuts quand ils seront tous faits. Us ne peuvent manquer d'ĂȘtre tous bons et sages. (MoliĂšre.) . On y voit les portraits vivants de ces illustres perÂŹ sonnages, GrecsRomains , Italiens , Anglais , rous habillĂ©s, si j’ose le dire, Ă  la maniĂšre de leur pays. (Delille.) Les habitants des presqu’üles de l’Inde sont presque 2oti# noirs. (Behnardin de St-Pierre.) On peut dire, selon les vues de Tesprit : Nos oiseaux sont encore tous en vie ; nous sommes tous Ă  vous, ou bien nos oiseaux sont encore tout en vie; nous sommes tout Ă . vous. ‱ 4 * En disant : Nos oiseaux sont encore tous en vie, nous sommes tous Ă  vous, on fait enÂŹ tendre qu'il n’en est mort aucun; que tous, sans exception, nous sommes Ă  vous ; il n'Ă©n est pas de mĂȘme lorsqu’on dit : Ils sont encore tout envie, nons sommes tout Ă  vous, cela signifie qu'ils sont encore bien dispos, bien portants, qu'ils promettent de vivre; et que nous vous sommes entiĂšrement dĂ©vouĂ©s. On voit assez que le mot tout, dans les deux*positions, n'a pas la mĂŽme signification. Dans le premier cas, tout exprimant la gĂ©nĂ©ralitĂ©, la totalitĂ©, a dĂ» varier; dans le second, au contraire, tout marquant ie degrĂ© d’intensitĂ© et Ă©quivalant Ă  tout-Ă -fait, entiĂšrement, a dĂ» rester invariable. Aussi madarne de SĂ©vignĂ© Ă©crivait-elle avec raison Ă  sa fille : Je suis toute Ă  vous, et Ă  de simples connaissances : Je suis tout Ă  vous. Le cƓur se peint tout entier dans ,1a preÂŹ miĂšre de ces expressions. Quand le mot towçes prĂ©cĂšde un adjectif fĂ©minin qui commence par une consonne pu par un h aspirĂ©, le sens est ordinairement Ă©quivoque. Elles fitrent toutes surprises, elles furent TOUTES honteuses; on ne sait s! cela signifie que toutes sans exception furent surÂŹ prises, furent honteuses; ou bien si elles'furent grandernent surprises, grandemeni honteuses. C’est une amphibologie contre laquelle rĂ©clanao le gĂ©nie de noire langue, dont la clartĂ© Ă©sl le caractĂšre le mieux marquĂ©. EXERCiCE PHRASÉOLOGIQVE. 11* sont tdut Ă©tonnĂ©*. Elle* sont touf Ă©tonitĂ©e*;' II» sont tout interdits. ERes «ont tout interdite*, lia lont tout surpris. Tout oiliDiables qu’elles scoL sont tons Ă©tonnĂ©R. Elles sont tontes dtonnĂšos II* sont tous intcrdita Elles sont tuiitçB interdites. Ils sont tous surpris. Elles sont toutes estimables. Ils Ă©taient tout monillĂ©s. Elles Ă©taient tout habiliĂ©aa. Tout aimables qu'on les dise. Elles ont paru tout humbles. JIs sont tout habillĂ©s. 'Ils niaient l'air tout humbles. Ils Ă©taient ton* monillĂ©s. Elles Ă©taient toutes habillĂ©es. Elles sont toutes aitnebles. Ils sont tous humbles. Ils sont tous habillĂ©s, files son; tontes hnmbles. N“ .CXCIV-, * / Tout DANS LE SENS DK chaque. AVEC LK ^jNCULlÇB. J’ai, Marianne, en vous- De tout temps reconnu un esprit assez doux, Et de tout temps aus^i vous iq’avez Ă©tĂ© chĂšre. (MouĂšrk.) AVEC LE pluriel. L’envie etTinlĂ©rĂ©t, inflexibles tyrans, Chez nous ont Ă©tĂ©, de temps, L.es ministres de la di^rde. (Lebrun.)
( 279 ) Et lei, dont en tout lieu chacun vante Tesprit, Voudrait pour son repos n'avoir jamais Ă©crit. (Boileau.) ' Chacun conte Tinnocence de ses mƓurs, la puretĂ© de ses intentions, son humilitĂ© Ă©loignĂ©e .de tQuU sorte d'affectation. ^ DE SÉVIGNÉ.) ‱ La sotte gloire est de tout pays. (La MÊME.) Des arbres pliant sous le poids de leur impĂ©né trable feuillage, reposaient de 'toute part ]a vue de l’éclat des rayons du soleil. (Albert Montkmont.) TrempĂ©s par la prĂ©voyance mĂȘme, les hommes se livrent Ă  Tinlrigue, aux affaires , au travail et aux privations de tout genre. (de Boufflers.) En toute chose il faut considĂ©rer la fin. (La Fontaine.) S'il faut qu’à tout moment, je tremble pour vos jours ; Si vous ne me jurez d’en respecter le cours , Madame, Ă  d’autres pleurs vous devez vous attendre. * (Racine.) - Se vantant soi-mĂ©me Ă  tout propos. (Boileau.) La volontĂ© de Dieu soit faite en toute chose. (MoliĂšre.) Vous portez, en tous lieux, l’auguste nom de reine. On re^ecte toujours le mĂ©rite abattu, (Regnard.) Elles m'aimĂšrent avec lĂ  vĂ©hĂ©mence que la soliÂŹ tude et T.oisiy.etĂ© .dpnpent A ioiUes sortes de sentiÂŹ ments, > - ■ StaĂ«l.) 'Èh. tous pays tous les bons cƓurs sont frĂšres. (Florian,) Ils se forment aussitĂŽt et attaquent les Grecs de toutes parts. LĂ«onidas tombe sous une grĂȘle de traits. ... (BarthĂ©lĂ©my.) t i Les dresseurs en tous genres ont tort devant Dieu et devant les hommes. (Voltaire.) Ceux que nous appelons anciens Ă©taient vĂ©ritaÂŹ blement nouveaux en toutes choses. (Pascal.) ‘ n faisait des soupirs, de grands Ă©lancements, Et baisait humblement la terre Ă  tous moments : Et lorsque je sortais, il me devançait vite , Pour aller,- Ă  la porte, m’offrir de Teau bĂ©nite. (MoliĂšre.) Enfin, il en est fou, c’est son, tout, son hĂ©ros ; 11 Tadmire Ă  tous coups, le cite Ă  tous propos. (MoliĂšre.) Chez iui sirops exquis , ratafias vantĂ©s. Confitures surtout voient de tous cĂŽtĂ©s. (Boileau.'; Ces citations nous font voir qĂŒon peut dire : AiĂ Ăźit moment et Ă  tous moments, en tout ‱ ' Ă© * lieu et en tous lieux, etc. Les grammairiens blĂąment, en pareille circonstance, Temploi du pluriel. Mais Tusage est contre eux, et, quelqĂŒe bizarre qĂŒil leur paraisse, il faut bien qĂŒils s’y soumettent. Nous allons essayer de Texpliquer, et peut-ĂȘtre le trouvera t-on un peu moins condamnable. En tout lieii est la mĂȘme chose que dans cliacfue lieu; en tous lieux signifie dansions les lieux. Tottf/dans le premier cas, marque Ja distribution comme chaque; il prend, a lors le genre du nom qui le suit et doit ĂȘtre nĂ©cessairement au singuliĂ©r. Dans le second cas, tous exprime la gĂ©nĂ©ralitĂ©, la^tolalitĂ© des lieux. Ainsi employĂ© ii revĂȘt le genre du subÂŹ stantif qu’il prĂ©cĂšde, et devant lequel Tarticle pluriel to est sous-entendu (1). Cette distinction nous paraĂźt justifier pleinement Tusage suivi Ă  cet Ă©gard par nos plus grands Ă©crivains. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. En tout genrĂȘ. ÂŁd tout lieu. A tout moment. De toute pari. Ed tout po'iDt Atout coup. De tous geores. En tous lieux. A tous moments. De toutes part?. De tous points, A tous coups. En toute chose. ÂŁn toute occasion. A tout propos. En tout pays. Tout flatteur. A tout Ă©TĂ©nemeiit En toutes choses. En toutes occasions* A tous propos. ^ ' En tous pays. Tous flatteurs. A tous Ă©vĂ©nements (s) i (1) Voici un exemple sm- mille qui le prouve : Dans tous les temps le ventre a tout gĂątĂ©. (2) A touts Ă©vĂ©nements le sage est prĂ©parĂ©. (MoliĂšre.) (Gosse.)
( 280 ) N“ CXCV. Tout SE BAPPORTANT A UN NOM PRÉCÉDEMMENT EXPRIMÉ. EXEMPLES. Il en est des hommes comme des plus vils aniÂŹ maux; tous peuvent nuire. (Voltaire.) L’ambition est la sƓur mnĂ©e de toutes ies passions, et toutes tiennent d’elle, (Larochefoucauld.) Le salut de tous est dans l'harmonie sociale et dans l’anĂ©antissement de l’esprit de parti. (Mirabeau.) Tout culte a, dit-on-, ses dĂ©vots ; mais tous n’ont pas inĂ©me pratique. ANALYSE. n en est des hommes comme des plus vils aniÂŹ maux , 20US (lea hommes) peuvent nuire. L’ambition est la sƓur aĂźnĂ©e de toutes les passions, et toutes (les passions) tiennent d’eJie. Le salut de tons (les peuples) est dans l’harmonie socialeetc. ' K I Tout culte,a , dit-on , ses dĂ©vots ; mais tous (les cultes) n’ont pas mĂȘme pratique.- Lorsque se rapporte Ă  un nom dĂ©jĂ  exprimĂ©, on voit qĂŒil peut s’employer avec ellipse de de mĂȘme nom; mais il en prend le genre et le nombre. * EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. La paren« est innĂ©e dans tous les hommes, et cependant tous la |>1A- Toutes les filles aiment la toilette, mais toutes ii*oiinent pas la proÂŹ meut. prĂȘtĂ©. Tous les cƓurs ont quelques dĂ©fauts, et tous ne sont pas vertueux. Les sciences ne conduisent pas toutes Ă  la fortune^ mais toutes sont estimĂ©es. r CXGYI. Tout PRIS SUBSTANTIVEMENT. Il y a de beaux endroits dans cette piĂšce, mais le tout ensemble n’en vaut rien. (AcadĂ©mie.) I ' Le tout est plus grand que la partie. (La mĂȘme.) On peut diviser un tout en plusieurs parties. (La mĂȘme.) ‱ Que d’un art dĂ©licat les piĂšces assorties, N’y forment qu’wn seul tout de diverses parties. (Boileau.) Les mots sont des touis syllabiques. (DarjoĂŒ.) Elle bĂątit iin nid , pond, couve ,.fait Ă©clore A la hĂąte. Le tout alla du mieux qu’il put. (La Fontaine,). Enfin chacun prit son inclination. Le tout Ă  l’estimation. (Id.) Les Ă©vĂȘques n’ont tous' quĂŒn mĂȘme troupeau , dont cliacun conduit une partie insĂ©parable du tout, (Bossuet.) On dit de deux choses que l’on veut comparer ensemble, et qui sont pourtant extrĂȘmement diffé rentes , il y a la diffĂ©rence du tout au tout (AcadĂ©mie.) Le mot tout peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© des adjectifs dĂ©terminatifs te, un, ou autres semblables. Alors il est pris substantivement. Le dernier exemple de la premiĂšre colonne nous fait voir qĂŒil peut aussi , dans le mĂŽme sens, s'employer au pluriel. Dans ce cas, il conÂŹ serve toujours le‘ü : Des tof.s. . ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Former un tout agrĂ©able. Le tout n’pQ vaut rien. ' Diviser un tout. Le tout ensemble. ijo tout syllabĂźquf. Des tout! syUabiquet.
( 281 )‱ r GXCVII. Tout DEVANT PLUSIEURS SUBSTANTIFS OU ADJECTIFS. Tout RÉPÉTÉ. Les oiseaux ont rĂ©uni autour de leurs petits toute rintelligence et toute la bienveillance dont ils Ă©taient capables. (Bernardin de St.-Pierre.) En vain les nations Ă©clairĂ©es se vantent d'avoir rĂ©uni chez elles (ous les arts et toutes les sciences. ■ m Les premiers chrĂ©tiens, tous Ă©gaux et tous obsciits, .liĂ©s ensemble par la crainte commune des magistrats, gouvernaient secrĂštement leur sociĂ©tĂ© pauvre et sainte Ă  la pluralitĂ© des voix. (Voltaire.) La terre prĂ©sente au soleil routes les mamelles et tous les enfants de notre hĂ©misphĂšre. (Bern. de Saint-Pierre.) Il Ă©tait au-dessus de tous ces vains objets qui forment tous les dĂ©sirs Ă«t toutes les espĂ©rances des hommes* (Massillon. ; JĂ©sus-Christ est venu de tous les peuples ne faire qu’un peuple , de tous les Ă©tats et de toutes les conÂŹ ditions, ne former qu'un corps. [id.) Les geais imitent (ous les sons, tous les bruits, fous les cris d’animaux qu’ils entendent habituelÂŹ lement, et mĂȘme la parole humaine. (Buffon.) J’ose dĂ©fier tous les moralistes et tous les lĂ©gislaÂŹ teurs, et je leur demande Ă  tous s’ils ont dit rien de plus beau et de plus utile que i'exorde des lois de Za- leucus. (Voltaire.) I/amqur anime en ces retraites Tous les regards et tous les cƓurs. (Id.) Tout ELLIPSE. L'athĂ©isme est une opinion dĂ©naturĂ©e et monÂŹ strueuse , difficile Ă  Ă©tablir dans l’esprit humain, towr insolent et ĂąeregĂŻĂ© qu'il puisse ĂȘtre. (Voltaire.) Mais l’idĂ©e de voir des tĂȘtes humaines, toutes noires et hideuses qĂŒelles fussent, rouler Ă  nos pieds , n’était pas de notre goĂ»t. (Albert MontĂ©mont.) Presque fOM« les petits Ă©tats, rĂ©publiques et moÂŹ narchies indiffĂ©remment, prospĂšrent par cela seul qu’ils sont petits. (J.-J, Rousseau.) La loi est la reine de tous les mortels et immortels. (PensĂ©es de PlutarqĂŒe.) M. de ... me proposait de rĂ©diger des mĂ©moii-es et remontrances, offrant de me fournir fous les doÂŹ cuments et matĂ©riaux dont j’aurais besoin. (J.-J. Rousseau). Il ne fallait pas une fois dire que j'avais abanÂŹ donnĂ© fous mes droits et prĂ©tentions, (J.-J. Rousseau.) ConsidĂ©rez l’homme assis , couchĂ© , debout, dans un fond, sur une hauteur, vous dĂ©couvrirez dans toutes ses attitudes et ses positions de Nouvelles beautĂ©s. (Bern. de Saint-Pierre.) Toutes nos erreurs et nos divisions dans la morale viennent quelquefois de ce que noĂ»s considĂ©rons les hommes comme s’ils pouvaient ĂȘtre tout-Ă -fait viÂŹ cieux ou tout-Ă -fait bons, (VaĂŒvenargues.) Toutes les religions ont empruntĂ© tous leurs dogÂŹ mes et leurs rites les uns des autres. (Voltaire.) Il est indispensable de rĂ©pĂ©ter Tadjectif tout, nous dit Girault-Duvivier, non-seule* ment lorsque les substantifs sont de diffĂ©rent genre, mais encore quand ils ont un rapÂŹ port de synonymie. Les exemples de la seconde colonne prouvent qĂŒil est des circonÂŹ stances oĂč les auteurs ont cru pouvoir se dispenser de cette rĂ©pĂ©tition, pour donner plus de rapiditĂ© au discours. Cette ellipse de fowf n'est donc pas une faute, ni mĂȘme une né gligence. Toutefois, nous ne saurions Ă©tablir une rĂšgle prĂ©cise Ă  ce sujet. Le choix de Tune ou de Tautre de cĂšs constructions est entiĂšrement laissĂ© au goĂ»t de TĂ©crivain. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Tous les vices et toutes es vertus. Tous les linmmes et toutes les femmes, l'ous |t:s Ă©lĂšves eltous les maĂźtres. Tou» les prlncL-Ăź! et toute» les princesses. Toute ia bonne volontĂ© et toute la complai- ‱aaee. Tous les soldats et tous les ofOciers. Tout ie ciel et toute la terre. Tous les rois et tous les peuples. Tonte l:i sĂźtnplicitĂ© et toute lu modestie. Toute la bontĂ© et toute la douceur. Tous les soldats et les officiers. Tout le ciel et la terre. Tous les rots et les peuples. Toute la simplicitĂ© et la modestie. Toute la bontĂ© et la douceur. 36
( 282 j r cxcviiL Tout DEVANT UN NOM DE VIIXE. Tout Rome le sait-, ĂŽti Ta vu^ ■ (Le cardinal d’Ossat;)* Tout Florence ch fut abreuvĂ©. (7«ï.) Tout Smyrne ne parlait que d’elle, (La BruyĂšre.) Tout Rome est consternĂ©. (Vertot.) Toute rjĂŻurqpesait quelamera ehgloiiti lĂ  moitiĂ© de la Frise. . (Voltaire.) Tout le peuple de Rome se portait Ă  cette guerre avec la mĂȘme ardeur. (Rollin.) Tout Lisbonne vit partir avec Indignation et avec larmes ces aventuriers (Vasco de Gama et ses comÂŹ pagnons) et les pleura comme morts. (Voltaire.) ‱Toute Vltalie avait les yeux tournĂ©s sur les RoÂŹ mains et les Volsques. (V ertot.) Ce choix divisa'bientĂŽt tout Madrid, (Voltaire.) On dit.avec la construction pleine : Tout le peuple de Rome, et avec, la construction elliptique : Tout Rome. Tout, dans ce dernier cas, se rapportant au mot peuple ellipsĂ©, doit se mettre aĂŒ masculin, bien qu'il soit suivi du mot Rome, fĂ©minin. II n’en serait pas de.mĂȘme si tout Ă©tait joint Ă  un nom de ville prĂ©cĂ©dĂ© de l'article; il faudrait employer le fĂ©minin. Ainsi Ton dirait : Toute La France, toute La Russie, toute la Prusse, etc. 7'out Avignon est dĂ©solĂ©. Tout Marseille eut la peste. Tout Bonie fut persĂ©cutĂ©. Tout Avignon fut rebflti. Tout Rotiie fut brdiĂ©:. Tout Florence fut saccagĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Tout Nsples. Tout Bordeaux. ‱ Tout OrlĂ©ans. Tout Venise. Toiit CoustantinopĂŻo. Tout JĂ©rusalem, Toute la sainte Avignon. Toute la belle Marseille. Toute la superbe Rome. Toute la eavaiite AthĂšnes. * Toute la florissante Venise. Toute la belliqueuse Sparte. N“ CXCIX. Tous deux et tous les deux; tous trois etAous les trois, etc. TOUS DEUX. CĂ©sar; ei ambitieux, si dĂ©bauchĂ© , et Caton , si vertueux , Ă©taient tous deux dĂŒne faible santĂ©. (Bern. de Saint-Pierre.) Julien et Marc-AurĂšle furent tous deux philoÂŹ sophes; mais leur philosophie ne fut pas la mĂȘme. (Thomas.) 11 faut avouer que François est comparable Ă  Alexandre , en ce qu’ils allĂšrent fou# deux aux Indes. (Voltaire.) Tous deux (Dufresny et Destouches) brillĂšrent Ă  peu prĂšs dans le mĂȘme temps sur la scĂšne. (D’Alembebt.) Bacchus et NoĂ© passent tous deux pour avoir culÂŹ tivĂ© la vigne. (Voltaire.) f A I ' ■ TOUS LES DEUX. * , Les deĂŒx peuples s’unissent et se corrompent fou# les deux. (Montesquieu.) LĂ© mĂ©lange du goĂ»t acquis et du goĂ»t naturel est la perfection de tous les deux. (KĂ©ratryQ Les Samnites ne se dĂ©clarĂšrent pour un parti que pour les perdre tous les deux plus facilement. (Ybrtot.) Pendant qĂŒun philosophe assure Que toujours par leurs sens les hommes sont dupĂ©s, Un autre philosophe jure QĂŒils ne nous ont jamais trompĂ©s. Tous les deux ont raison. . . . , (La Fontaine.) U
( 285 ) Tous deux (SuUy et Colbert) trouvĂšrent Ăźe peuple accablĂ© d'impĂŽts ; fotw deusç cofflaiencĂšrent Ă  liÂŹ quider les dettes de l’État ; tous deux diminuĂšrent lĂ©serais Ă©normes de la perception ; fous deux travailÂŹ lĂšrent Ă  faciliter les communications, ‘ (Thomas.) Ils n'ont fait tous deux (Archiloque et DĂ©mosÂŹ thĂšne) , que tirer et ramasser, pour ainsi dire, de grandes circonstances. (Boileau.) Tous fro»9 (Galba, Yitellius , Othon)pĂ©rirent dans 'les guerres civiles. [Id.) MpĂŻse, Lycurgue et Nurna,* tous trois ont eu des BoccĂšs qu’on jugerait impossibles s’ils Ă©taient moins attestĂ©s. (J.-J. Rousseau.) MĂšs deux livres Tiennent d’exciter la plus grande feripeutation dans GenĂšve. On dit que la voix puÂŹ blique est pour moi; cependant ils y sont dĂ©fendus tous les deux. ^ (J.-J. RoussĂȘac.) Nous avions tous les deux un peu de tristesse au fond du cƓur : Nous tenions cela de Dieu ou de notre mĂšre. " (Chateaubriand.) La conduite rĂ©ciproque de tous les trois peut servir d’exemple de la maniĂšre dont les honnĂȘtes gens se sĂ©parent quand il ne leur convient plus de se voir. (J.-J. Rousseau.) y a-t-il une diffĂ©rence de signification enlre tous- deux et tous les deux,'tous trowet tous les trois, etc. ? ' Voici comment Sicard s’explique Ă  ce sujet : «Tous deux signifie que deux personnes (et pourquoi pas aussi deux choses?) font ensemble et Ă  Ja fois la mĂȘme action. Tous les deux signifie que deux personnes font la mĂȘme action, sans marquer prĂ©cisĂ©ment qĂŒelles la fassent ensemble et dans Le mĂȘme temps, ou dans le mĂȘme lieu.» ' De lĂ  une distinction enlre : Pierre et Paul iront tous deux Ă  lĂą chasse, et Pierre et Paul iront tous les deux Ă  la chasse. Voyez Le tel lier, Chapsal et presque toutes les gramÂŹ maires. / ' « Mais, dit M. Dessiaux, je le deniande aux dĂ©fenseurs, aux copistes de cette obserÂŹ vation de Sicard, sur quelle raison plausible, spĂ©cieuse mĂȘme, repose cette distincÂŹ tion? Quelle est la cause de cet effet? QĂŒils parlent, la main sur la conscience; ils ne peuvent invoquer le raisonnement en faveur de leur doctrine, et je les entends seuleÂŹ ment murmurer Vusage. L'usage! messieurs, vous vous abusez Ă©trangement. Non, Tusage et la raison rĂ©prouvent d’un commun accord la distinction que Sicard a Ă©tablie, et que les grammairiens parasites ont rĂ©pĂ©tĂ©e avec complaisance. » Ouvrons nos auteurs lĂšs plus corrects; consultons-les, et nous nous convaincrons que leur autoritĂ© n’a point servi Ă  Ă©tablir la distinction que Sicard a cru apercevoir entre les deux locutions qui nous occupent. En effet, les exemples que nous avons citĂ©s nous prouvent que les grands Ă©crivains ont employĂ© la premiĂšre dans le sens de la seconde, et vice versĂą. » Sans doute tous deux peut, dans bien des cas, exprimer une idĂ©e de simultanĂ©itĂ©, soit de temps, soit d’action; mais il ne l’exprime pas nĂ©cessairement; les circonstances supplĂ©ent souvent aux termes supprimĂ©s; et quand il pourrait y avoir quelque chose de douteux ou d’obscur, les Ă©crivains ajoutent les complĂ©ments nĂ©cessaires, ainsi qĂŒon le yoit par les exemples ci-aprĂšs ; ie les al vus toua deux ensemble. (AcadĂ©mie.) Tous deux (BlroiL et Keyserling) avaient comÂŹ mencĂ© ensemble leur fortune. (RĂŒlhiĂšrks.) C'Ă©tait un homme furieux, par zĂšle ou par esprit de parti, eu par tous les deux ensemble. (Voltaire.) Je Tons les enverrai tous les deux en.mĂȘme temps. (Corneille.) Beaucoup d'honnĂȘtes gens souhaitaient de les voir toutes trois^ensemble. (Boileau.) Cette clĂ©mence dont on fait une vertu sĂ© pratique tantĂŽt par vanitĂ©, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble. (La Rochefoucauld.) » SLnous ne sommes pas infatuĂ©s de l’opinion de Sicard, nous conclurons que touz
( 284 ') G deux et tous les deux n’offrent aucune diffĂ©rence de sens, d’aprĂšs lĂŒsage et la raison, seuls guides en matiĂšre de langage. Aussi* Lemare et Laveaux ne parlent-ils point de celle distinction. Mais ce dernier grammairien proscrit Ă  tort toiis deux y tous trois, c’est* ■ Ă -dire qĂŒil exige l’article avant l’adjectif numĂ©ral. LĂŒsage des bons Ă©crivains est la loi suprĂȘme, quand la raison n’y est point dĂ©favorable. Maintenant, voyons ce que pense FĂ©raud, assez amateur d’inutiles subtilitĂ©s : «Tousdeux, pense-l-il, vaut mieux dans le style familier, et tous ies deux, dans le discours soutenu.» Nos exemples rĂ©futent celte opinion. , )> II rĂ©sulte de nos lectures et de nos observations personnelles que les Ă©crivains emploient rarement l’article avec les nombres infĂ©rieurs, tous deux, tous trois, tous quatre, mis en sujet; que l’article accompagne plus frĂ©quemment ces nombres, quand, ils sont en rĂ©gime. On peut, je crois, supprimer l’article quand le noinbre n’atteint pas la dizaine; au-dessus de dix, l’article est nĂ©cessaire, il fixe mieux l’attention. Au reste, dans le doute, on peut s’en servir dans tous les cas. » Eri recueillant des exemples pour celte question, nous avons trouvĂ© celui-ci, de La Rochefoucauld (Max. XVI) : » Cette clĂ©mence dont on fait une vertu,. se pratique tantĂŽt par vanitĂ©, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble. Tous est masculin , et cependant 11 se rapporte Ă  trois substantifs fĂ©minins, vanitĂ©, paresse, crainte. 11 me semble quĂš celte phrase peut se justifier. Ces trois substantifs sont pris dans un sens vague; l’esprit ne les embrasse pas dans leur entiĂšre signification ; il effleure Ă  peine les idĂ©es qu’ils expriment respectivement, si je puis m’exprimer ainsi. Si l’auteur eĂ»t mis toutes les trois, le vague des premiers membres de la phrase eĂ»t conÂŹ trastĂ© dĂ©sagrĂ©ablement avec CCS expressions si complĂštement dĂ©terminatives; cette né cessitĂ© de rester dans le sens indĂ©terminĂ© a forcĂ© TĂ©crivain Ă  s’exprimer comme il l’a fait. II eĂ»t mieux valu prendre un autre lour.» EXÉRCICE PHRÂSÉOLOGJQÜE. Tou* dtĂźux. Toui quBtri Tous 1rs deux. Toui les quatre. . Toui trois. . Toutes deux. Toutes les trots.' Toutes tes deux. PLUSIEURS. Plusieurs habitants ont fait Ă  ITle-de-France des essais inutiles pour y faire croĂźtre la lavande , la marguerite des prĂ©s , la violette et d’autres herbes de nos climats tempĂ©rĂ©s. (Bern. de Saint-Pierre.) Les synonymes sont plusieurs discours ou pluÂŹ sieurs phrases diffĂ©rentes qui signifient une mĂȘme chose/ (La BruyĂšre.) Un jeune poĂšte, membrĂ© de plusieurs lycĂ©es et acadĂ©mies, vint me voir. (Bernardin de St-Pierre.) Il faut bien qĂŒil y ait plusieurs raisons d'ennui, quand tout le monde est d'accord pour bàÜJer.' . (Florian.) Plusieurs, comme adjectif, prĂ©cĂšde toujours le nom qĂŒil dĂ©termine.
( 988 ) ‘ Il se dil des personnes et des choses, et est des deux genfes. 11 lie s'empioĂźe qu‘att pluriel, et peut ou non se rĂ©pĂ©ter devant chaque substantif quand il y en a plusieurs d’énoncĂ©s. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Pluiieon amit. Plusieurs fiours. Plusieurs princes. . PluBieora victoires. ■««O NÂź CCI. CHAQUE. GENRE KT EMPLOI. Chaque pays, chaque degrĂ© de tempĂ©rature a ses plantes paiticuliĂšres. * (Buffon.) Chaque climat a ses oiseaux bienfaiteurs. ' (AimĂ©-Martin.) Chaque homme, en particulier, s’instruit par ses disgrĂąces. (Duclos.) Chaque soir^ le sommeil vient nous ĂŽter notre fardeau pour nous faire voltiger dans le pays des songes ; chaque matin, l’impitoyable nĂ©cessitĂ© nous le recharge sur les Ă©paules. (Boiste.) Chaque nouveau guerrier sur l’angora s’élance ^ Et rĂ©veille le chat qui dort. (Florian.) r L’agile papillon, de son aile brillante Courtise chaque fleur, caresse chaque plante. (Michaud.) La nature, fĂ©conde en bizarres portraits, Dans chaque Ăąme est marquĂ©e Ă  de diffĂ©rents traits. (Boilbau.) Les inventeurs , en chaque science, sont les plus dignes de louange, parce qu’ils en ouvrent la carriĂšre aux autres hommes. (Bern. de Saint-Pierre.) Si l’on considĂšre encore chaque espĂšce, dans difÂŹ fĂ©rents climats, on y trouvera des variĂ©tĂ©s sensibles. (Buffon.) Comme tous les adjeclifs terminĂ©s par un e muet, chaque est des deux genres et peut par consĂ©quent prĂ©cĂ©der des noms masculins ou fĂ©minins. 11 n’a point de pluriel. On comprend en effet que, par le singulier, la distribution est plus complĂšte. On l’emÂŹ ploie dans tous les rapports; mais il doit se rĂ©pĂ©ter devant chaque subsiantif : Chaque coup, ciixQVE trait blesse un sĂ©ditieux. (Voltaire.) Girault-Duvivier et presque tous les grammairiens avec lui se trompent en avançant que chaque prĂ©cĂšde toujours le subsiantif et qĂŒil n’en peut ĂȘtre sĂ©parĂ© par aiicim adjectif. Ne dit-on pas : chaque nouvel avis, chaque nouveau printemps, Ă  chaque nouvelle femme ? On peut aussi ne pas le rĂ©pĂ©ter devant chaque subsiantif : CAaçwe gentilhomme ou chanoine aura pour sa part mille arpents, Ă  charge de dormir; et s’il ronfle, le double. (P.-Louis C 1ER.) ÉXEROICE PHRASÉOLOGJQXIE. Chaque hiver. Chaque printemps. Chaque soldat Chaque paysan. Chaque science. Chaque saison. A chaque instant De chaque sorte. Chaque femme. Chaque rose. Chaque fleur. Chaque loi. Chaque mode. De chaque pays. Chaque village. A chaque Ă©leve. t
( 286 ) N“ CCII. 8^— Chaque ÈT chĂ cuti compĂ uĂȘs. .CHAQUE. ... Chaque homme a son gĂ©nie, Pour l’écialrer et pour guider ses pas Dans les sentiers de celte triste vie. (Voltaire.) Chaque condition a ses dĂ©goĂ»ts, et Ă  chaque Ă©tat sont attachĂ©es des amertumes. (Massillon.) Chaque Ăąge a ses humeurs, son 'goĂ»t et ses plaisirs.* (RĂ©gnier.) Chaque Ăąge a ses plaisirs; chaque Ă©tat a ses charmes; Le hien shccĂšdĂ© au mal, les ris suivent les lariiies. (Delille.) ChaquepassiĂŽri Ăżarle ĂŒh dlffĂ©tent langage.' (BoilkĂ Ă».) PlĂ»t aux dieux que chacun de nous eĂ»t son proÂŹ phĂšte. . .(FLÉCfliKR.)- . CHACUN. Chacun ici-bas fait son rĂŽle ; Chacun vend son orviĂ©tan. (Du Tremblay.) Quel spectacle do voir et d’étudier ces deux homÂŹ mes, et d'apprendre de chacun d’eux toute PesÜrae que mĂ©ritait l’autre! (Bossuet.) * Votre conduite pĂšche contre chacune de ces rĂš ■ gles. (Pascal*.) VoilĂ  les douze Ă©poques... J'ai attachĂ© Ă  chacune d'elles les faits principaux qui en dĂ©pendent. (Bossuet.) Elle pouvait faire sortir dix mille combattants par chacune de ses portes. (id.) V- Il faĂ»t, dit-on, juger chacun de nous par ceux qĂŒil hante. (GuingĂŒbnĂ©.) Chaque ne doit pas ĂȘtre confondu avec chacun. En' gĂ©nĂ©ral, chaque doit toujours se niĂštire avec un substantif aĂŒquĂ©l il ĂŒ.rapport. ChĂ ciiri, au contraire, employĂ© dans un sens absolu ĂŽu relatif, est toujours sans substantif. A chaque saint De chaque' rue Chaque acte. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Chaque homme. Chaque pefsdbnĂš. Pour chat^ue jour: Chacun pense. Cbacun dĂ© ces objets. Chacune de ces personnes. Cbacuu de nous. Chacun dĂš vous. Chacun d’eux. —eooO-O N“ CCIII. ‱ Chaque jbm'plĂŽyĂ© pour chacun. CHACUN. D y avait dans Ancyre sept vierges chrĂ©tiennes d’environ soixante-douze ans chacune., (Voltaire.) , * Nons attendions qu’il fit’ clair, quand nous entenÂŹ dĂźmes passer quatre chariots avec deux bƓufs chaÂŹ cun. (RegnĂąrd.) A l’instant mĂȘme nous vĂźmes arriver, aux deĂŒx bouts de la terrasse, mie multitude de chars attelĂ©s chacun de quatre chevaux. (Bernardin de St-Pikrrk.) L’Asie allait ĂȘtre dĂ©solĂ©e par quatre armĂ©es de trois mille combattants chacune. (Voltaire.) Je doute fort, repartit le roi, qu’avec ces trois cents licornes il soit en Ă©tat de percer tant d’annĂ©es de trois cent mille hommes choQune. (/d.) CHAQUE. \ Salomon avait douze mille Ă©curies de dix chevaux chaque. (l’abbĂ© GĂŒknĂ©e.) Mille arpents, sous un seul propriĂ©taire, ont chaÂŹ que annĂ©e un tiers de leur Ă©tendue en jachĂšres, et sont mis en valeur tout au plus par dix familles do* mestiques de cinq personnes chaque. ' (Bernardin de St-Pierrk.) En 1825, l’Angleterre, d’aprĂšs les Ă©tats d'impor- talion, a tiiĂ© de l’Indoustan 59,350 balles de coton du poids commun de 340 livres chaque. (J.-B. Say.) ' L’importation, en Angleterre, du coton d’Ègypte s’est Ă©levĂ©e, en 1826, Ă  103,400 balles qui, Ă  la vé ritĂ©, ne sont pas trĂšs-fortes, puisque leur poids comÂŹ mun ne va pas Ă  150 Rvres chaque. m
r- ( 287 ) Les grammairiens, .. Du rigorisme embouchant la trompette, t Vont rĂ©pĂ©tant Tun aprĂšs Tautre qĂŒil est incorrect de s’exprimer ainsi : Ces voÂŹ lumes coĂ»tent 6 francs cuxqxje. Suivant eux, il faut absolument dire : Ces volumes coĂ»tent % francs chacun. Et si vous leur demandez pourquoi, ils vous rĂ©pondent que c’est parce que le mot chaque veut toujours aprĂšs lui un substantif. Belle raison ! comme s’il n’était pas permis d'employer im adjectif avec ellipse du nom auquel il se rattache. Aussi, plusieurs de nos Ă©crivains se sont tellement cru ce droit, qĂŒils ne se sont pas fait scrupule de faire usage indistinctement, en pareil cas, de chaque ou de chacun; et nous croyons qĂŒon peut sans crainte les imiter, surtout dans la conversation et dans le style Ă©pistolaire. D’ailleurs, qu’on fasse emploi de chaque ou de chacun, il y a touÂŹ jours: ellipse. Ces volumes coĂ»tent o francs chaque, c’est pour ces volumes coĂ»tent 5 francs (non pas tous ensemble, mais) chaque (volume sĂ©parĂ©ment).. Ces volumes coĂ»tent 5 francs CHACUN, est un abrĂ©gĂ© de ces volumes coĂ»tent ^ francs (non pas tous ensemble, mais) CHACUN (d’eux sĂ©/?arcmen/). Or, ellipse pour ellipse, autant vaut se servir de chaque que de chacun. Ainsi, de mĂȘme qĂŒon dit : chaque volume coĂ»te 5 francs, ou chacun de ces volumes coĂ»te S francs, on peut dire Ă  son grĂ© : ces volumes coĂ»tent 6 francs chaque, ou ces volumes coĂ»tent 5 francs chacun. Cette opinion est partagĂ©e par plĂŒsieurs grammairiens. EXERCICE FBRASÉOLOGIQ UE. YotcĂź trois volume» qui m'ont coĂ»tĂ© 6 francs cliacuD. Ces tableaux valent loo francs chacun. Nos robes coĂ»tent 60 francs chacune. 11 a achetĂ© deux maisons de ao^uoo francs chaenne. Voici trois volumes qui m’ont coĂ»tĂ© 6 francs chaque. Ces tableaux valent 100 francs chaque. Nos robes coĂ»tent 60 francs chaque. Il a achetĂ© deux maisons de so,ooo francs chaque. NÂź CGIV. 9^ NUL. GENRE BT XlOMBRB. SINGULIER. MASCULIN. Nul Aommc n’est heureux; nulle chose ne peut le rendre tel. (Boiste.) Nul accident ne troubla mon voyage. (J.-J. Rousseau.) U est indubitable que, lorsqu’une sociĂ©tĂ© a basĂ© son existence morale sur une opinion, nul membre n’a le droit, de l’attaquer, (Ji-J, Rousseau.) Nul ornement royal ne couvre sa poitrine, Et son front imposant devant qui tont s’incline Sous un chapeau sans art s’élĂšve radieux. (DroĂŒineaĂŒ.) AuĂŻ bien sans mal, nul plaisir sans mĂ©lange. (La Fontaine.) FEMININ. L’homme ne trouve^nuĂŻte part son bonheur, sur Ja terre. (Massillon.) ... Quand le cƓur brĂ»le d’Ăčn noble feu, On peut, sans nulle honte, en faire un noble aveu. (MoliĂšre.) Tenez toujours dirisĂ©s les mĂ©chants. Semez entre eux la guerre, Ou yous n’aurez avec eux nulle paix. (La Fontaine.) A la pauvrette il ne fait nulle grĂące Du talion. * ^ (Id.) Elle n’a nulle part Ă  la guerre ni Ă  la paix des nations. . ‱ (FlĂ©chier.) Nulle paix pour l’impie; Ü la cherche, elle fiilt. ‱ (Racine.)
( m ) PLURIEL. MASCULIN. Nuls traits Ă  dĂ©couvert n’auront ici de place. , (La Fontaine.) II n’y a nuls vices extĂ©rieurs et nuls dĂ©fauts qui je soient aperçus des enfants. (La BruyĂšre.) Ils prĂ©tendent que nul* malheurs ne doivent abat- vc Thomme, ces ridicules dĂ©clamateurs qui ne conÂŹ naissent pas la vĂ©ritable infortune ni le vrai bonheur. (Mirabeau.) FEMININ. Nulles actions remarquables, nuls hommes dignes d’ùlre distinguĂ©s, ne peuvent se dĂ©rober longteriips aux regards d’une assemblĂ©e qui veut et peut tout voir. (J.-J, Rousseau.) Celles qui ne nous mĂ©nagent sur rien, et ne nous Ă©pargnent nulles occasions de jalousie, ne mĂ©riteÂŹ raient de nous aucune jalousie. (La BruyĂšre.) L’adjectif nul prĂ©cĂšde toujours le substantif qĂŒil dĂ©termine et en revĂȘt tous les acciÂŹ dents de genre et dĂ© nombre : nul homme, nulle part, nuls traits, nulles actions. Dans la Grammaire des Grammaires on lit que nul ne peut jamais ĂȘtre mis au pluriel. Les exemples que nous avons citĂ©s dĂ©montrent combien cette assertion est erronĂ©e. D’ailleurs, le moyen de ne pas mettre nul au pluriel devant des substantifs qui, par exemple, ĂŒont pas de singulier, tels que frais, dĂ©combres, etc. ? EXERCICE ANALYTIQUE. Nul SDUCÎ. Nulle crainte. Nul ornement. DoouUe coDiĂ©quence. Nul plaisir. Nulle espĂ©rance. Nulle parure. ÂŁa nulle maniĂšre. Nuls besoins. Nuls devoirs. Nuls frais. Nulles mƓurs. Nulles troupes. Nulles passions. Nuls artifices. Nulles annales. NÂź CCV. Nul PLACÉ APRÈS LE SUBSTANTIF. ' Les auteurs de livres nuls sont responsables enÂŹ vers Dieu du temps qĂŒils font perdre aux lecteurs. ‱ ' (Boiste.) Celui qui est nul aujourd’hui sera peut-ĂȘtre demain tout puissant. » (Id.) ' Si mon autoritĂ© est nulle dans Tavenir, peu imÂŹ portera que je me sois trompĂ© sur ce point. (Bernardin de St-Pierrk.) Nos dĂ©sirs sont Ă©tendus, notre force presque nulle* (J.-J. Rousseau.) Nul sepren'd aussi, comme on le voit, dans une acception absolument Ă©trangĂšre Ă  aucun ; il marque TinvaliditĂ©, la nullitĂ© d’un acte.et autres choses semblables. On dit aussi en ce sens, qĂŒun homme est nul, quand il ĂŒa ni vertu ni caractĂšre. Celte accepÂŹ tion sert encore Ă  confirmer la force nĂ©gative du mot, qui rĂ©duit les choses Ă  rien, qui fait comme si elles ĂŒĂ©taienl pas. Pris dans ce sens, nul se met toujours aprĂšs le substantif. Un ode nul. Ud dĂźhcours'iiul, Uii homme nul. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Une personne nulle. Une procĂ©dure nulle. Une action nullt. Des procĂ©dures nulles. Des actes nuls. Des testameoU nuls. O
( 289 ) r ccvi. AUCUN. GBNRK ET NOMBRE. SINGULIER. MASCULIN.. ^uctm cAemtn de fleurs ne conduit Ă  la gloire. (La Fontaine.) Aucun physicienne doute aujourd’hui que la mer n'ait couvert une grande partie de la terre habitĂ©e. (D’Alkmbert.) On rendit une loi qui dĂ©fendait Ă  aucun philosophe d'enseigner dans les Ă©coles. (La BruyĂšre.) L'athĂ©isme ne peut faire aucun hien Ă  la morale, et peut lui faire beaucoup de mal, (Voltaire.) Quiconque cherche la vĂ©ritĂ© ne doit ĂȘtre d'aucun pays. (Id.) J . * Les orages ne ravagent guĂšre que les cultures de Fhomme; ils ne font aucun tort aux forĂȘts et aux prairies naturelles. (Bernardin de St-Pierre.) FÉMININ. Un malheur instruit mieux qu’aucune remontrance. (La ChaussĂ©e,) L’homme est si malheureux qu'il s'ennuierait mĂȘme sans aucune cause Ă©trangĂšre d'ennui. (Pascal;) Aucune loi n’est bomie, si elle ne pose sur les lois de la nature. ' (Bernardin de St-Pihrre.) On mĂ©prise tous ceux qui n'ont aucune vertu. - (La Rochefoucauld.) Plus l'esprit est naturel, plus il est incapable de conserver aucune force quand l'appui de conviction lui manque. , (M”^e de StaĂ«l.) Cette innocente amitiĂ© Ă©tait connue de tout le village, Ă©tait respectĂ©e de tous les bons cƓurs, et les parents d’Estelle n’en prirent aucune .alarme. (Florian.) PLURIEL. masculin. ‱ Profitant‘de cette disposition, les nobles catho- Rques, en grande majoritĂ©, s’obstinaient Ă  n’accorÂŹ der aux dissidents aucuns droits politiques. (J.-J. Rousseau.) 4 . Le droit public de l’Europe n'ayant aucuns prinÂŹ cipes gĂ©nĂ©raux, et vaiiant incessamment, selon les temps et les lieux, est plein de rĂšgles contradictoires. {Id.) Il m'est impossible de me livrer ici Ă  aucuns traÂŹ vaux littĂ©raires. (Bernardin de St-Pikrre. Les rois d'Angleterre, depuis saint Édouard jusÂŹ qu’au roi Guillaume III, firent journellement un grand miracle, celui de guĂ©rir ies Ă©crouelles, qu’aw- cwns mĂ©decins ne pouvaient guĂ©rir. (Voltaire.) Aucuns appointements ou gages n’étaient attachĂ©s aux charges et fonctions publiques. (J.-J. Rousseau.) Aucuns monstres par moi domptĂ©s qu’au aujourd’hui, Ne m’ont acquis le droit de faillir comme lui. (Racine.) ✓ Il est un singe dans Paris A qui Ton avait donnĂ© femme; Singe, en effet, d’aucuns marts, 11 la battait. (La Fontaine.) FEMININ. On ne garda plus alors aucunes mesures, les plé bĂ©iens s’assemblĂšrent jiubliquemcnt. [(Vertot.) \ Je ne me mĂȘlai plus Y aucunes affaires, et je me retirai dans une maison de campagne. (Montesquieu.) La rĂ©publique n’avait ni aucunes troupes rĂ©guÂŹ liĂšres aguerries, ni aucuns officiers expĂ©rimeutĂ©s. (Voltaire.) Ces oiseaux sont d’une admirable lĂ©gĂšretĂ©, ont la vue trĂšs-perçante, et sont fort propres pour nettoyer les citĂ©s, d’autant qĂŒils n’y laissent aucunes chaÂŹ rognes, ni choses mortes. (Buffon.) Ils ne peuvent souffrir aucun empire lĂ©gitime, ne donnent aucunes homes Ă  leurs attentats. ! (Bossuet.) Rien n’imposant aucunes lois gĂ©nĂ©rales, les peuÂŹ ples ne faisaient corps que par une obĂ©issance comÂŹ mune, et, sans ĂȘtre compatriotes, ils Ă©taient RoÂŹ mains. (Montesquieu.) Le ministre de la police envoie les dĂ©positions, sans y ajouter aucunes rĂ©flexions. (Bernardin de St-Pikrre.) 37 ht..* t
(^90) L'adjectif dĂ©terminatif aucun prĂ©cĂšde toujours le substantif auquel il est joint et en subit toutes les^modifications de genre et de nombre : Aucun chemin, aucune remonÂŹ trance, aucuns droits, aucunes mesures. Tous les grammairiens sont d’un parfait accord lĂ -dessus; mais un point sur lequel ils sont loin de s’entendre, mĂȘme aujourd’hui, c’est celui de savoir si Ton peut emÂŹ ployer aucun au pluriel. Suivant les uns, cet adjectif, signifiant pas un, exclut toute idĂ©e de pluralitĂ©; d’auÂŹ tres, moins rigoristes, veulent bien nous permettre d’en faire usage au pluriel, mais seulement devant des substantifs qui n’ont pas dc singulier, tels que frais, ancĂȘtres^ funĂ©railles, etc. D’Olivet dit qĂŒil n’est usitĂ© au pluriel qĂŒen style marotique; et, enÂŹ fin, Boiste prĂ©tend qĂŒon ne l’emploie Ă  ce nombrĂ© que dans le style burlesque ou ceÂŹ lui de pratique, qui lui ressemble beaucoup. Nous ne chercherons pas Ă  niettre les grammairiens d’accord. Ce serait une trop grande entreprise! Seulement nous prendrons la libertĂ© de leur faire remarquer 1° Que, par exemple, rien n’empĂȘchait Racine de dire : Aucun monstre par moi domptĂ©, etc.; mais c’est quelques monstres, c’est plusieurs monstres qu'n domptĂ©s ThĂ©sĂ©e, et qui lui ont donnĂ© le droit que n’a pas Hyppolite. D’oĂč le pluriel; 2o Que les Ă©crivains sont pleins de ce pluriel, et cerlĂ inement'ce n’est ni dans le style de Cujas, ni dans celui de Marot qĂŒils ont Ă©crit. La saine idĂ©ologie reconnaĂźt le pluriel aucuns, aucunes, et les exemples de son emploi ne manquent pas; ils sont plus rares que ceux du singulier, parce qĂŒon a bien,plus souvent besoin de ce dernier nombre, qui est plus exclusif. VoilĂ  tout. Auenn plaisir. \ Aucun malheur. Aucun agrĂ©ment. Aucun peuple. EXERCICE PHRASEOLOGIQVE. Aucune plaine. Aucune montagne. Aucune prairie. Aucune prorioce. Aucun* droiti. Aucuns soini. Aucuns frais. Aucuns magistrats. Aucunes mesures. 'Aucunes affaires. Aucunes bornes. Aucunes mƓurs. NÂź CCVII. Aucun PLACÉ APRÈS LE SUBSTANTIF. La nation, comme si elle Ă©tait toujours assemblĂ©e, recuĂ©illeTes voix et ne cesse de dĂ©libĂ©rer sur chaque l)oiĂŒt d’intĂ©rĂȘt commun, et forme ses rĂ©solutions de l’opinion qui prĂ©vaut dans le peuple tout entier, sans exception aucune. (P.-L. Courier.) Aussi sans troMe aucun, couchĂ© prĂšs de ma caisse, Je m’éveille Ă  la hausse et m’endors Ă  la baisse. (Cas. Delavigne.) Ne lui ferez-vous grĂące aucune ? (Boileau.) Concevez ce que peuvent des hommes qui Ă©crivent dans des journaux de localitĂ©, sans responsabilitĂ© aucune. * (Thiers.) Le temps presse, ĂŒ fait nuit; allons, sans crainte au-  la foi d’un amant commettre ma fortune, (cune, (MoliĂšre.) Dans le premier numĂ©ro nous avons dit que aucun doit toujours prĂ©cĂ©der le nom qĂŒil dĂ©termine. On voit cependant par ces exemples que quelquefois on peut le placer aprĂšs; mais cette transposition paraĂźt mieux convenir au style de la comĂ©die. Aujour- lOurd’hui nĂ©anmoins la plupart de nos Ă©crivains politiques ou autres en font un assez frĂ©quent usage. *
( 291-) fiani Ă acQDo rĂ©scrro, §am aaonne piUA . EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Saol rĂ©terre BDcana. Sani pĂźlii aneuae. Na ÂŁriro aaenne chose. Ne fiĂ»re chose ooeune. Sans aneaiie eicefAĂźon- Sans exception aucooe. N“ CCVIII MAINT. SINGULIER. MASCULIN. Dans maint auteur de science profonde, J’ai lu qu’on perd Ă  trop courir,le monde. (Gressbt.) Amour vend tout, et nymphes et bergĂšres ; Il met le taux Ă  maint objet divin. (La Fontaine.) FEMININ. Mainte veuve pourtant fait la dĂ©chevelĂ©e, Qui n’abandonne point le soin du demeurant. Et du bien qĂŒelle aura fait le compte en pleurant. (La Fontaine.) . Mainte pistole se glissait Dans l’escarcelle de notre homme. ild.) PLURIEL masculin. Il arriva qu’au temps que la chanvre se sĂšme (I), Elle vit un manant en couvrir maints sillons. {La Fontaine.) . C’était apparemment le bien des deux partis, Car si les loups mangeaient mainte bĂȘte Ă©garĂ©e, Les bergers, de leur peau, se faisaient maint# habits. > FEMININ. Car, en quelque façon, les malheurs sont propices ; Puis les gueux, en gueusant; trouvent mainte# dĂ©lices. (RĂ©gnier.) Il Ă©tait lĂ  maintes filles savantes. (Gresset.) ' Le pasteur Ă©tait Ă  cĂŽtĂ©, et rĂ©citait Ă  ^ordinaire maintes dĂ©votes oraisons. (La Fontaine.) L’adjectif maint, qui ne s’emploie guĂšre que dans la poĂ©sie familiĂšre et dans la conversation, subit tous les accidents de genre et de nombre du substantif qĂŒil dĂ©ter^ mine. Q&elquefois il se rĂ©pĂšte : Par maints et maints travaux; maintes et maintes conÂŹ quĂȘtes : Gronder maint et maint procureur, (Boileau.) C’est Ă  tort que M. Landais assure que cet adjectif rejette l’inflexion plurielle. Maint homme. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. MĂ»nle femme. ZffaĂźnte lÎTrex Maintei fois. r ccix. CEETAXN. GENRE, NOMBRE ET EMPLOI. - PLACE DEVANT LE SUBSTANTIF. Certain pcCien chez lui gardait un dieç .de bols. (La Fontaine.) Certain esprit de libertĂ© Leur fait chercher fortune. ' (/d.) place APRES LE SUBSTANTIF. Don Pourceau raisonnait en subtil personnage. Mais que lui servMt-Ü P Quand le mal est certain. La plsdnte ni la peur ne changent le destin. (La Fontaine.) (1) Aujom'd’huile mot chanvre est masculin; on dit : lie chanvre.
( m ) Moyennant ceftaim somme, Un fermier vendit son chien. (Lemontsy.) Chacun s'envisage toujours par certains cĂŽtĂ©s fa- vorabies. ^ (Massillon,) Certaines gens ont une grossiĂšretĂ© qui leur tient lieu de philosophie. ‘ (Boiste.) ta vertu d*un cĆ“ĂŒr noble est la marque certaine* (Boileau.) Et ne devrait-on pas Ă  des signes certains, Reconnailre le cƓur des perfides humains? (Racine.) L’ñnier l’embrassait dans Taltente d’une prompte et ceilaine mort. (La Fontaine.) PlacĂ© devant le substantif, certain est pour quelque; placĂ© aprĂšs, il a le sens de indubiÂŹ table, sĂ»r, vrai, assurĂ©, etc. Une certaine, chose n est pas une chose certaine. Dans les deux cas, certain prend le genre et le nombre dunomqĂŒil affecte. L’exemple de La FonÂŹ taine nous prouve que certain dans le Ăąens ĂŽ'assurĂȘ, peut quelquefois prĂ©cĂ©der le subÂŹ siantif. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ua «artato fait. Um certaio« cbotc. Un fait certain, ÜDc chose certaine. Ue eertĂąio) signes. De certaines vues. Des lignes certains. Des Tues certaines. NÂź GGX. CdWatn prĂ©cĂ©dĂ© OU NON prĂ©cĂ©dĂ© de un ou de la prĂ©position de. AVEC un. Un certain loup, dans la saison Que les tiĂšdes zĂ©phirs ont Therbe rajeunie, Aperçut un cheval qu’on avait mis au vert. (La Fontaine.) Ils s’assemblent tous les jours Ă  une certaine heure dans un temple. (La BruyĂšre.) I II y a, sans mentir, de certains mĂ©rites qui ne sont pas faits pour ĂȘtre ensemble, de cerf a mes vertus inÂŹ compatibles. (La BruyĂšre.) Ils ne doivent ce titre qĂŒĂ  de certaines actions d’é clat. (Massillon.) SANS un. Certain loup aussi sot que le pĂȘcheur fut sage, Trouvant un chien hors du village, S’ĂȘn allait l’emporter. Le chien reprĂ©senta Sa maigreur. (La Fontaine.) f Pour moi, jlai cerf aine affaire... Qui ne me permet pas d’arrĂȘter en chemin. Certains prĂ©jugĂ©s, sucĂ©s avec le lait, Deviennent nos tyrans jusque dans la vieillesse. (ChĂ©nier.) La fortune Ă  beau Ă©lever certaines gens, elle ne leur apprend pas Ă  vivre. (Bussy Rabutin.) On voit que certain, certaine, s’emploient avec ou sans le dĂ©terminatif un, une; et qu’au pluriel certains, certaines peuvent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s ou non prĂ©cĂ©dĂ©s de la prĂ©posiÂŹ tion de. . Tel est Tusage. Mais de ce que Tusage permet de dire : De certains hommes, de certaines femmes, ou bien certains hommes, certaines femmes, il ne faut pas en conclure avec M. Lemare, que ces derniĂšres expressions soient ellipÂŹ tiques. Selon nous, elles sont aussi complĂštes qĂŒelles peuvent ĂȘtre, et tout aussi comÂŹ plĂštes que les expressions latines et italiennes : Quidam liomines, certi uomini. Il ĂŒen est pas de mĂȘme lorsqu'on dit,: De certains hommes, de certaines femmes. Ces locutions, queM. Lemare nous donne comme types, renferment incontestablemeniune ellipse ei sont un abrĂ©gĂ© de : Plusieurs D'entre certains hommes, plusieurs D'entre certaines femmes.
( 293 ) EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. 0D eertalo [ug«. ' Une certaine perionne. Certeln fage. Certaine perfODoe. De certaines gena. De oerteins 1 gem btu. CertaiuM geni. Certain» faite. CCXI* TEL GENRE ET NOMBRE, MASCULIN ET FÉMININ SINGULIER, AprĂšs un tel exemple, les faux politiques oseront- ils encore mettre parmi leurs maximes impies, que la religion chrĂ©tienne n’est pas propre Ă  faire de- grands hommes de guerre ? (FlĂ©chier.) Fuir les occasions de combattre et de vaincre est une chose si rare, si singuliĂšre, si hĂ©roĂŻque, qĂŒon peut dire qu’une telle action n’a point eu de moÂŹ dĂšle, et qĂŒelle ne sera point imitĂ©e. - , m masculin et FEMININ PLURIEL. Si nous rĂȘvions toutes les nuits que nous sommes poursuivis par des ennemis, on apprĂ©henderait de dormir, comme on apprĂ©hende le rĂ©veil, .quand on craint d’entrer rĂ©ellement dans de tels malheurs. . (Pascal.) Pour bien peindre de telles choses, il faut avoir un gĂ©nie capable de les faire, et la postĂ©ritĂ© ne saurait jamais bien tout ce que ce grand homme fit voir de sagesse, de capacitĂ©, de pĂ©nĂ©tration, d’activitĂ© et de vigueur. (FlĂ©chier.) Ces citations montrent que Tadjectif tel peut se joindre Ă  des substantifs des deux genres et des deux nombres : un tel exemple, une telle action, de tels malheurs, de telles choses. Tel, employĂ© dans les comparaisons, est toujours suivi de que. Dans les citations qui prĂ©cĂšdent, fe/est Ă©galement comparatif; seulement le second terme delĂ  comparaison est sous-entendu ; AprĂšs un tel exemple, c’est pour : aprĂšs un exernple tel que celui que JE VIENS DE RAPPELER. U y a donc tout Ă  la fois ellipse et inversion, .Avec des noms de choses on peut employer tel aĂŒ singulier, en rapport avec pluÂŹ sieurs substantifs de ce nombre : Telle est la faiblesse et Tinconstance des hommes. ( Fé nelon.) Avec des noms de personnes, il faudrait absolument le pluriel : Telles sont la fille et la mĂšre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Ud tel pÚïB. Une telle mĂšre. De tels homme» De telles fime». ÜD tel 61». Une telle fille. De tels monstre?. De telles sciions. Dn tel enfant. Une telle enfant De tels hĂ©ros. De telles occasion?. Un tel Ă©Tcnement Une telle sTeoture. De tels tpectacle». De telle» peniĂ©ei. —N“ CCXII. QUEL. GENRE ET NOMBRE DE CE MOT. Ăź DANS LES INTERROGATIONS, Quel vous suspendit, innombrables Ă©toiles ? ^ . . (L, Racine.) Quelle force Invisible a soumis lĂŒnivers? (W-) DANS LES EXCLAMATIONS. Quel tableau ravissant prĂ©sentent les campagnes i (Delille.) Quelle sĂ©rĂ©nitĂ© se peint sur ton visage !' (Florian,)
( 294 ) QueU sons harmonieux, quels accords ravissants, De la reconnaissance Ă©galent les accents ? (Delille.) Par toi.ce chĂȘne en feu nourrit ma rĂȘverie; Quelles mains Tont plantĂ©? quel sol fut sa patrie ? ■ («.) Quels cadavres Ă©pars dans la GrĂšce dĂ©serte 1 (L, Racine.) s. Quelles montagnes que celles qui nous apparaissent dix-huit cent fois plus grosses que notre terre ! (Bern. de Saint-Pierre.) L’adjeclif quel suppose toujours aprĂšs lui un nom auquel il se rapporte, et dont il prend le genre et le nombre l'quel bras, quelle force, quels sons, quelles mains. Il s'emÂŹ ploie dans les interrogations et dans les exclamations, et se dit des personnes et des choses : quel tableau! quel homme! Qael homme ? Qoel plaisir 7 Qnela mets? Quels fruits ? EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Quelle femme ? Quelle main ? Quelles nouToIles? Quelles fleurs Quel triomphe 1 Quel carnage ! Quels transports! Quels coDcerts ! Quelle heouti I Quelle grandeur 1 Quelles clameurs) Quelles fĂȘtes 1 N“ CCXIII. Quel NON SUIVI immĂ©diatemĂȘnt d*ĂŒn substantif. Quel plus sublime cantique Que ce concert magnifique ' De tous les cĂ©lestes corps ? (Jf.-B. Rousseau.) Quei barbare mortel reforgea pour la guerre Le fer qui dans nos mains fertilisait la terre P (LemiĂšrĂš.) 0 que tes ƓuArres sont belles, Grand Dieu ! quels sont tes bienfaits! (J.-B. Rousseau.) Quelle est cette dĂ©esse Ă©norme, ' Ou plutĂŽt ce monstre difforme, Tout couvert d'oreilles et d’yeux? (J.-B. Rousseau.) Quel sera le destin de tant de malheureux, EchappĂ©s par hasard Ă  ce dĂ©sordre affreux ?. (Castel.') Nil ! quels sont ces dĂ©bris sur tes bords dĂ©vastĂ©s? C’est ThĂšbe aux cent palais, l’aĂŻeule des citĂ©s. (CrĂ©nedollk.) Dans le numĂ©fo prĂ©cĂ©dent, quel Ă©tait immĂ©diatement suivi d’un substantif. Dans celui-ci, on voit que quel peut ĂȘtre sĂ©parĂ© du substantif par un ou plusieurs mots. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Quel est ton fige ? Qoeflo est ta pensĂ©e ? Quels furent mes chagrins ? Quelles seraient nos peines? Quel n’a pas Ă©tĂ© mon souet ? Quel no fut pas mon ennui ? NÂź CCXIV., a Tel ET quel comparĂ©s. Tel. Telle fut Ćžadresse dĂ© madame de Montansier, que sans user d’àucun art indigne de son grand courage, elle se conserva toujours dans ia confidence dĂšs princesses de la cour. (FlĂ©chier.) Quel* Quelle fut sa modĂ©ration, lorsque Rome, IrritĂ©e contre l’empire, Jui proposa de le mettre sur Je trĂŽne de l’empereur par un droit qui ne lui parut pas lĂ©giÂŹ time J (FlĂ©chier.)
( 295 ) Telle Ă©tait YhabĂŒetĂ© de Turenne , que lorsqu’il Ă©tait victorieux, on nĂ© pouvait attribuer l’honneur qĂŒĂ  sa prudence, et lorsqu’il Ă©tait vaincu, on ne pouvait en imputer la faute qĂŒĂ  la fortune. (Jd.) La voilĂ  cette princesse si admirĂ©e et si chĂ©rie ; la voilĂ  telle que la mort nous l’a faite. (Bossuet.) Tel est du prĂ©jugĂ© le pouvoir ordinaire : Il soumet aisĂ©ment le crĂ©dule vulgaire. (LkFRAWC de POMPIGNAN.) Telle est Yinjustice des hommes : la gloire la plus pure et la mieux acquise les blesse, ^ ’ (FlĂ©chier.) Tel est le caractĂšre de l’avarice , de se manifester de tous les cĂŽtĂ©s. (Massillon.) ... Il Ă©tait malheureux ; Dans les rigueurs du sort son Ăąme Ă©tait plus Üùre, Tels sont tous les grands cƓur#. ^ (Ghamfort.) Agamemnon, revenant'Ă  la tĂȘte des Grecs du siĂšge de Troie, n’a pas eu le temps de jouir en paix de la gloire qu’il avait acquise : Telle est la destine'e de presque tous les conquĂ©rants. (FĂ©nelon.) Quelle fut sa fermetĂ©, lorsqu’aprĂšs avoir essayĂ© d’apprendre Ă  vivre Ă  un roi de Naples, il vint enÂŹ seigner Ă  un roi de France Ă  bien mourir. (FlĂ©chier.) VoilĂ  quel fut le caractĂšre de celui dont nous pleuÂŹ rons la mort. [Id.) Les pĂšres craignent que l'amour naturel des enÂŹ fants ne is’efface : Quelle est donc cette nature suÂŹ jette Ă  ĂȘtre effacĂ©e ? (Pascal.) Quelle esf cette valeur, qui, ne cherchant qu’àmuire, Embrase tout sitĂŽt qu’elle commence Ă  luire? (Racine.) I Quel fut alors VĂ©tonnement de ces vieilles trouÂŹ pes et de ces braves offlciers, lorsqu’ils virent qu’il n’y avait plus de salut pour eux que dans les bras du vainqueur. . (Bossuet.) Quelle splendeur funeste a succĂ©dĂ© Ă  la simplicitĂ© romaine ! Quel est ce langage Ă©tranger P Quelles sont ces mƓur# effĂ©minĂ©es ? (J.-J. Rousseau.) . Egalant les plus belles, Et surpassant les plus cruelles, N’ayant trait qui ne plĂ»t, pas mĂȘme en ses rigueurs. Quelle l’eĂ»iUon trouvĂ©e au fort de ses faveurs ! (La Fontaine.) Il faut bien prendre garde de confondre tel avec IpieL Les exemples qui prĂ©cĂšdent suffisent sans doute pour montrer Temploi de lĂŒn et de Tautre. Voici la diffĂ©rence caractĂ©ristique de ces deux adjectifs : tel amĂšne toujours aprĂšs lui un que, comme on le voit dans les trois premiĂšres citatioi^s de la premiĂšre colonne; quel, au contraire, n’en a pas besoin. j Il est vrai que souvent Tusage permet de sous-entendre le que aprĂšs tel, comme le prouvent les cinq derniers exemples de la premiĂšre colonne; mais il n’en est pas moins nĂ©cessaire pour TintĂ©gritĂ© de la pensĂ©e : Telle est l’injustice des hommes; la gloire la plus pure les blesse, c’est pour : T injustice des hommes est telle que la gloire la pim pure tes blesse. Tel fat son cooroge qae... Telle fut son adresse. Telle est mon «spĂȘraoce. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Quel fut BOD courage 7 Quelle fat son adresse? Quelle est ton espĂ©rance 7 Quelle fat sa gloire? Quels forent ses rcTors? Quel est ton espoir? N” CCXV. Quel EMPLOYÉ AVEC ELLIPSE DĂŒ SUBSTANTIF. L’honneur partout, disais-je, est du monde admirĂ© : Mais l’honneur en effet qĂŒil faiit que l’on admire. Quel est-il.^ (Boileau.) Elle est de l’humeur du monde la plus douce. Je ne lui connais qu’un seul petit dĂ©faut. — Quel est-il ? (Regnard.) Quel peut, comme on le voit, s’employer avec ellipse du nom auquel il se rapporte et dont il rĂ©veille l’idĂ©e ; quel est-il? c’est-Ă -dire quel honneur est-il? quel dĂ©faut est-il?
( 206 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Quel oflt-il ? QueU >0Dt-iU? Qaelte CaUelle ? Quelles sonUeUes ? Quel Ă©taiUl ? .Quels fureoUils? NÂź CCXVI. Quel SUIVI de PLUSIEURS NOMS. AVEC LE PLURIEL. Quels sont les Ziewx, les temps, les images chĂ©ries, OĂč se plaisent le mieux scs douces rĂȘveries? (Delille.) AVEC LE SINGULIBB. -HĂ©las ! durant ces jours de joie et de festins, Quelle Ă©tait en secret ma honte et mes chagrins ? (Racine.) Lorsque. Tadjectif'çwe/ est suivi de plusieurs substantifs de diffĂ©rent genre unis ou non par- et, il se met au masculin pluriel, ainsi qĂŒbn le voit par le premier exemple. Cependant on peut aussi, comme dans Texemple opposĂ©, laisser quel au singulier et le faire rapporter seulement au premier des noms exprimĂ©s. Si ces-mĂȘmos noms Ă©taient liĂ©s parow, quel s'accorderait Ă©galement avec le premier. Exemple : On pourrait dĂ©terminer quelles rĂ©flexions ou jugements ferait un homme en consĂ©quence des faits qu'il a dans La mĂ©moire. (HelvĂ©tiĂŒs.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Quels sont les peines et les dĂ©goĂ»ts que vous Ă©prouves ? Quels sout les peines, les dĂ©goĂ»ts qiie vous Ă©prouves. Quel Ă©tait son fige et son Ă©tat? Quelle est n professiou et ses rcMOurees' NÂź CCXVII. 9^^Âź-— fonctions de quel. EXEMPLES. Le peuple entra en fureur quand il eut appris quels discours avait tenus Coriolan. (Rollin.) t ... Dirai-Je Ă  quels dĂ©sastres De Tautomne orageux nous exposent les astres ? Ou gwe/9 torrents affreux Ă©panche le printemps? (Delille). Quel s’emploie dans tous les rapports. Dirai-je Ă  quels dĂ©sastres est la mĂȘme chose, pour le sens, que dirai-je Les dĂ©sastres auxquels, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Dis-moi que) jour. Db-moi Ă  quelle heure. Do quels dĂ©putĂ©s parlea-tu? Puur quelles femmes? A quels plaisirs tous lĂźvre»-Tous? Sache quelles sont mes peines.
(29=7) CCXVIII. OÜEL QUE. , GENRE ET 1 SINGULIER» Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, C’est l'acheter trop cher, que Tacheter dĂŒn bien , Sans qui les autres ne sont rien, (La Fontaine.ĂŻ Quelle qĂŒait Ă©tĂ© la gloire des grands sur la terre, elle a'toujours Ă  craindre Tenvie qui cherche Ă  Tobs-r ’curcir. (Massillon.) NOMBRE. PLCTBIEL. Quels que soient ordinairement lea avantages de la jeunesse, un jeune homme n’est pas bien vu dea femmes jusqĂŒĂ  ce qĂŒelles en aient feit un fat, (Vauvenargues.) Quelles que soient les opinions qui nous troublent dans la sociĂ©tĂ©, elles se dissipent presque toujours dans la solitude. (Bernardin de Saint-Pierre.) Quel suivi de que et dĂŒn verbe prend , comme on le voit, le genre et le nombre du nom ou du pronom qu’il modifie. L’analyse de quel que soit le plaisir que cause la venÂŹ geance, est celle-ci : le plaisir que cause la vengeance (Ă©tant un plaisir tel ) quel (notre nature v^ui) que (il) soit Cette analyse, qui peut s’appliquer Ă  tous les exemples anaÂŹ logues, nous montre pourquoi, en pareille circonstance, quel que doit s’écrire en dĂ©ux mots. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE: Que) que loit le gĂ©nie d'uu Ă©crÎTain. Quelle que soit la douceur de cet enfant Quel que soit votre chagrin. Quelle que soit l'ambition d’un gĂ©uĂ©rBi. Quel que soit le lĂšle de vos amis. Quelle qu’ait Ă©tĂ© sa fidĂ©litĂ©. Queb que soient les eaprices de ces dames. Quelles qu’elles soient, quelles qu’elles puisseut ĂȘtre. Quels que soient nos soupçons. Quelles que soient mes craintes. Quels que soient vos projets. Quelles que soient les erreurs de la jeunesse. r ccxix. Quel que suivi de plusieurs noms. avec et, ' ^ L’étude de Thistoire est la plus nĂ©cessaire aux hommes , quels que soient leur Ăąge et la carriĂšre Ă  laquelle ils se destinent, ' (Segur.) MĂŒs, quels que soient ton culte et ta patrie, Dors sous ma tente avec sĂ©curitĂ©. (Camphnon.) Quelle# que fussent habituellement la douceur et VĂ©galitĂ© de Thumeur de Montesquieu dans la sociĂ©tĂ©, la vivacitĂ© mĂ©ridionale de son tempĂ©rament Ten faisait quelquefois sortir. (Augkr.) Quel que soit son pouvoir, et Vorgueil qui Tanime, Va, le cruel du moins n’aura point sa victime. (Voltaire.) Quelle que soit la pente et VÎnclination Dont Teau par sa course Temporte, X'esprit de contradiction L'aura fait flotter d'autre sorte. (La Fontaine.) AVEC OU. La figure d'une femme, quelle que soit la force ou VĂ©tendue de son esprit, quelle que soit l'importance des objets dont elle s’occupe, est toujours un obstacle ou une raison dans Thistoire de sa vie. (M“* DE Stakl.) Ün meurtre, quel qu'en soit le prĂ©texte ou Vobjet. Pour les cƓurs vertueux fut toujours un forfait. (CrĂ©billon.) Cet homme, quelle que fut sa fortune ou son mé rite , ne put rĂ©ussir dans ses entreprises. (Boniface.) A la Chine, on rend ceux qui gouvernent responÂŹ sables des troubles, quelle qu’en soit la cause ou Ăźe prĂ©texte. ^ , (Voltaire. Quel que soit le but ou l’avantage d'une chose, lorsqu’elle porte un cachet d’infamie; on ne saurait la faire sans en recevoir l’empreinte. (I.IVRY.) 38
( 298 ) Suivi de plusieurs noms unis par et, quel accompagnĂ© de que se met au masculin pluriel, quand les noms sont de diffĂ©rent gĂšrire; Ăšt au fĂ©minin pluriel, s’ils sont fé minins (i'e colonne). Cependant les deux derniers exemples de cette colonne nous font voir qu’on peut, mĂȘme en ce cas, ne faire accorder qĂŒavec le premier des noms exprimĂ©s, mais il faut que ces noms aient entre eux quelque ressemblance de signiÂŹ fication. Mais, lorsque quel est suivi de quĂš et de plusieurs noms liĂ©s par ou, il prend le genre et le nombre du premier nom (2Âź colonne). EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE* Quels que soient votre courage et votre vertu. Quela que soient votre vertu et votre courage. Quelles que soient votre fortune et votre position. Quel que soit votre courage ou votre vertu. Quelle que soit votre vertu ou votre courage, t Quelles que soient vos vertus ou votre mĂ©rite. r ccxx. Tel que soit et quel que soit comparĂ©s. . Tel que. Ce grand choix,' tel gĂŒil soit, peut n’offenser personne. (Voltaire.) On prouve trĂšs-bien Ă  cet enfant que cette reliÂŹ gion , telle gĂŒelle soit, est la seule vĂ©ritable. (J.-J. Rousseau.) Une jeune fille, telle innocente qu’elle soit, a touÂŹ jours un grain de coquetterie. (Maugard.) Qu’y a-t-il de plus Ă©vident que cette vĂ©ritĂ©, qu’un nombre tel gĂŒil soit, peut ĂȘtre augmentĂ©? (Pascal.) Le plus fin -, tel qĂŒil soit , en est'toujours la dupe. (Regnard.) I Quel que. Un trĂŽne quel qĂŒil soit, n’est point Ă  dĂ©daigner. (CrĂ©billon.) Une femme, quelle qu’elle puisse ĂȘtre, est une dĂ©esse pour des prisonniers. (M“¼ DE StaĂ«l.) VoilĂ  , mon pĂšre , un point de foi bien Ă©trange, qu’une doctrine est hĂ©rĂ©tique, quelle qu’elle puisse ĂȘtre. (Pascal.) Le prĂȘtre, quel qĂŒil soit, quelque Dieu qui l’inspire, Doit prier pour ses rois, et non pas les maudire. (Raynouard.) « Tel que, dit M. NapolĂ©on Landais, rĂ©git Tindicatif, parce que les phrases dans les- » quelles ils entrent, exprimant qĂŒune chose est, excluent toute idĂ©e d’incertitude ou » de dĂ©sir. Il n’est pas inutile d’en prĂ©venir les Ă©trangers, qui, ne connaissant point le » gĂ©nie de notre langue, ne voient pas des nuances qui souvent mĂȘme Ă©chappent aux ; » Français. » . ' Certes, dit M. Dessiaux (1), les Ă©trangers pourront bien renvoyer la balleĂ  M. Lat^dais ; ils pourront bien lui dire : Mais, monsieur le grammairien, les voyez-vous bien, vous" ' mĂȘme, ces nuances que vous croyez Ă©chapper Ă  notre sagacitĂ© ? Votre vueĂšst-elle bien claire, votre jugement bien sain? ou n’ĂȘtes-vous encore ici, sur cette difficultĂ©, qĂŒun Ă©cho banal de vos prĂ©dĂ©cesseurs? Cependant, monsieur, la civilisation marche; la langue, sans perdre de sa puretĂ©, fait, n’en doutez pas, de notables acquisitions; les nuances de la pensĂ©e ont amenĂ© des nuances dans Texpression, et celle que vous con-» damnez aujourd’hui, celle que vous nous engagez ici Ă  Ă©viter avec soin, dĂ©jĂ  ĂŒn peu usitĂ©e autrefois, est maintenant frĂ©quemment employĂ©e avec le subjonctif, (1) M. Dessiaux a publiĂ© derqßÚrement, dans le Journal de la langue française, unq Ăšxcellente critlqae de la Grammaire de fiapolĂ©on Landais*
( 299 ) Nous avouerons d’abord que Laveaux et Boniface blĂąment, comme M. Landais, la locution tel qu’il soit; mais Lemare, qui sentait avec tant de justesse lorsqu’il se donÂŹ nait le soin de mĂ©diter, dit Ă  ce sujet : « 11 n’est pas trĂšs-certain que Voltaire, Rous- )) seau,. Massillon, Regnard, eussent voulu reconnaĂźtre la faute que leur reprochent » ici les grammairiens, quoique pourtant il faille avouer que cet emploi de tel que » est extraordinaire. Mais qui sait si ce n’est pas cette raison mĂȘme qui l’a fait prĂ©fĂ©- » rer dans ces passages par ces maĂźtres en l’art de penser et d’écrire.? » En effet, qui empĂȘchait ces Ă©crivains d’employer ici çwe/ que, ainsi qĂŒils Tont fait tant de fois? Cela ne nuisait ni Ă  Tharmonie de la pĂ©riode, ni Ă  la mesure du vers. Ils ont senti, leur jugement exercĂ© a reconnu qĂŒune sage analyse ne pouvait condamner cette expression. Comment! parce qĂŒon a coutume de dire quel qu'il soit, on ne pourÂŹ rait dire tel qu'il soit ! Mais pourquoi? Quel sens attribuez-vous Ă  ce mot tel? Tel signifie : Avec toutes les qualitĂ©s remarquĂ©es dans l'objet qualifiĂ© par cet adjectif, et, par extension, pareil, semblable; rien de plus naturel. Quand je dis : Cet homme tel qu'il est me plaĂźt; j’énonce que cet homme m’est agrĂ©able avec les qualitĂ©s physiques et morales que j’ai dĂ©couvertes en lui. Et si je dis : Cet homme, tel qu'il soit, me plaira toujours, j’énonce une autre idĂ©e que chacun conçoit. Pourquoi voudriez-vous m’astreindre Ă  changer mon adjectif te/'conlre un quel, dont je trouve Temploi moins juste? Quelles sont vos raisons; enfin, vous n’avez allĂ©guĂ© que Tusage le plus gĂ©nĂ©ral; ce n’est lĂ  qĂŒune pré somption, et non une preuve : un jury Ă©clairĂ© ne peut condamner sur de pareilles alÂŹ lĂ©gations. Nous allons plus loin. Si Ton rĂ©prouvait tel qu'il soit, ce ne serait que par exÂŹ ception; car avec un autre verbe Ton ne pourrait substituer quel Ă  tel : Mon fils, tel qiiil paraisse, tel que vous le jugiez dans la suite, n’en sera pas moins un bon fils. Si cette phrase blesse en quelque chose les lois de notre syntaxe, nous passons condamÂŹ nation SUT tel qu'il soit. La langue latine et la langue grecque ont leurs adverbes et leurs adjectifs corrĂ©latifs; twm’a pour corrĂ©latif cum, tam a quam, tantus a quantus, tĂŽt a quot et talis a qualis; talis est QUALEM nosti, dit CicĂ©ron. Dans,notre langue, tel a aussi pour corrĂ©latif quel; la phrase suivante et toutes celles qui lui ressemblent prouvent cette vĂ©ritĂ© : Ils ont Ă©tĂ© contraints de prendre une proposition telle quelle, et de la condamner. (Pascal, Pro- vinc, 3Âź.) Mais, par un abus dĂ©plorable, quel s’est changĂ© insensiblement en que; et quand on dit : Je le reçois tel qu'il est, la phrase Ă©quivaut Ă  ceile-ci : Je le reçois tel quel il est. Par un abus pncore plus criant on a laissĂ© le mot çue/prendre la place de son cor-. rĂ©laiif tel; de sorte que quand on dit : Je le reçois quelqu'il soit, on rĂ©pĂšte quel mot réÚl- lemenl reprĂ©sentĂ© par que, ce qui forme un plĂ©onasme vicieux parfaitement caracté risĂ©, sur lequel Tusage a Ă©tendu sa prescription. Mais si le sens commun des maĂźtres en Tart d’écrire veut rĂ©tablir Je mot tel dans ses droits usurpĂ©s, pourquoi crier au barÂŹ barisme ? C’est un acte de justice et de raison qui rĂ©volte votre esprit! A* quoi pensez- vous donc? Pans le vers de Voltaire (SĂ©miramis, iii, 6) : f Ce grand choix, tel qu’il soit, peut n’offenser que moi, il y a ellipse. Voici la construction pleine : Ce, grand choix, Ă  le considĂ©rer tel quel le destin voudra qĂŒil soit. / EXERCICE PHRASÈOLOGJQVE. Tel ou qnel qu’il toit. i Tels ou quels qu’üli soient. Telle ou quelle qu’elle soit. Telle* ou quelle* qu’elle* aoiept.
( 800 ) JVÂź CCXXI» Tel que dans les comparaisons. On volt sur les remparts, avancer Ă  pas lents Ce# corps inanimĂ©s, livides et tremblants, Tels qu’on feignait jadis que des royaumes sombres, ,Les mages Ă  leur grĂ© faisait soilir les ombres. (Voltaire.) IdomĂ©nĂ©e n'a point recours Ă  la fuite comme un enfant ; il reste Ă  son poste de pied ferme, tel que sur une montagne un vieux sanglier, connaissant sa force, attend en un lieu dĂ©sert Ja bruyante arrivĂ©e des chasseurs. (BitaubĂ©e.) Essex monte Ă  la brĂšche, oĂč combattait d’Aumale, Tous dfiuƓ jeunes, brillants, pleins dĂŒneardeur Ă©gale, Tels qu’aux remparts de Troie on peintles demi-dieux. fVÜLTAIRE.) Ereuthalionj tel qu'un dieu nous bravait Ă  la tĂȘte de ses armĂ©es. (BitaubĂ©e.) Tels qu'on voit des gascons, soupirant par mĂ©tier, Flairer de loin une riche hĂ©ritiĂšre, Ainsi.viĂšn'nent, en chƓur, les matous du quartier Donner concert Ă  notre prisonniĂšre. (Lemontby.) Tel qu'on voit un taureau, quĂŒne guĂȘpe en furie A piquĂ© dans les flancs aux dĂ©pens de sa vie ; Le superbe animal, agitĂ© de tourments, Exhale sa douleur en longs gĂ©missements, Tel le fougueux prĂ©lat, que ce songe Ă©pouvante, Querelle en se levant et laquais Ă©t servante. (BoiLEAf.) Telle qu'une bergĂšre, au plus beau jour de fcte. De superbes rubis ne charge point sa tĂ©te ; Et sans mĂȘler Ă  Tor l’éclat des diamants, Cueille en un champ voisin sesplus beaux ornements ; Telle, aimable en son air, mais humble dans son style, Doit Ă©clater, sans pompe^ une Ă©lĂ©gante idylle. fJd.) Tel que, dans les comparaisons, est pour tel quel, en latin talis qualis, et non pour tellement queilement, comme Tavance faussement M. Lemare, puisque l’antĂ©cĂ©dĂ©nt tel, qui n’est autre chose qĂŒun adjectif, se rapporte constamment Ă  un substantif exprimĂ© dans le premier membre de la comparaison, et qĂŒil en prend tous les accidents de genre et dĂ©nombrĂ©. Cela, posĂ©, examinons, d’aprĂšs l’analyse et nos exemples, quel est ce substantif ; il ĂŒest pas toujours celui qĂŒon suppose. Dans les citations de la premiĂšre colonne, nulle difficultĂ©. Tel et tels se trouvent pré cĂ©dĂ©s des substantifs qĂŒils qualifient, lesquels sont : Ces corps inanimĂ©s, il (IdomĂ©nĂ©e), tous deux, Ereuthalion. ' . Dans les exemples en regard, ce serait Ă©trangement se mĂ©prendre que de faire rap* poYlantels, tel, telle, Ă  Gascons, k taureau et Ă  bergĂšre, puisqu’ils qualifient au contraire les mots matous, prĂ©lat, idylle, jetĂ©s Ă  la fin de chaque comparaison. C’est ce que prouvent du moins la rĂ©pĂ©tition de tel, telle, et TanaĂźye suivante, oĂč la construction est rĂ©taÂŹ blie selon Tordre direct. Les matous du quartier viennent... tels qu’on voit des Gascons,<c\c. Le fougueux prĂ©lat... querelle, etc., (Ă©tant) tel qu’on voit un taureau, etc. Une Ă©lĂ©gante idylle doit Ă©clater sans pompe, (devant ĂȘtre) telle qu’une bergĂšre, etc. C’est '>inai que dans : Tel qu'une fleur que frappent les autans, Penche en tremblant sa tĂ©te vers la terre, On voyait marcher son vieux pĂšre. CourbĂ© sous le lourd poids des ans. * * , \ ^ * Tel se rapporte Ă  pĂšre, c’est-Ă -dire qu’on voyait son vieux pĂšre marcher courbĂ©, etc., Tel qu’une fleur penche, etc. Au lieu que dans : r ■
(8Ô4 ) On voyait marcher son vieux pĂšre, CourbĂ© sous le poids des ans; Telle jane fleur que frappent les autans, Penche en tremblant sa tĂȘte vers la terre. * Telle se rapporte Ă  /eur, c’est-Ă -dire que la fleur qui penche sa tĂȘte vers la ten*e est TELLE, etc. NÂź CCXXII. QUELQUE. GENRE BT NOMBRE. SINGULIER. n y a do mĂ©rite sans Ă©lĂ©vation, mais U n’y a pas d’élĂ©vation sans guelgue mĂ©rite. (La Rochefoucauld.) I Sur quelque prĂ©fĂ©rence une estime se fonde, Et c'est n’estimer rien qĂŒestimer tout le monde. (MoliĂšre.) * II. De quelque cĂŽtĂ© que Ton se tourne , ce monde est rempli d’anicroches. ■ > * (Voltaire.) Quelque raison qĂŒon ait de se plaindre d’un serÂŹ viteur, il est de l’humanitĂ© de le traiter avec bontĂ©. (Bernardin de Sx-Pierrh.) . Quelque sujet qu’on traite, ou plaisant ou sublime, Que toujours la raison s’accorde avec la rime, (Boileau.) Quelque vanitĂ© qu’on nous reproche, nous avons besoin quelquefois qĂŒon nous assure de notre mé rite. (VaĂŒvenargues.). PLURIEL. Des fruits et quelques mets que la ferme a fournis, PosĂ©s prĂšs d’un ruisseau sur les gazons fleuris. Nous procurent sans frais un repas dĂ©lectable. (Castel.) Si la loi est juste en gĂ©nĂ©ral, il faut lui passer quelques applications malheureuses. (Fontenelle.) Quelques soins qu’on apporte pour entendre une langue , il faut qu’un usage constant et uniforme concoure avec les rĂšgles. _ (Duclos.) Prince, quelques raisons que vous me puissiez'dire, Votre devoir ici n’a pas dĂ» vous conduire. (Racine.) Quelques prix glorieux qui me soient rĂ©servĂ©s, Quels lauriers me plairont de son sang arrosĂ©s. (Racine.) Avec quelques couleurs qu’on aient peint ma ĂŒertĂ©, Croit-on que dans ses flancs un monstre m’ait portĂ© ? (id.) Quelque, placĂ© devant un subsiantif suivi ou non suivi de que, s’écrit en un seul mot, et, comme tous les adjeclifs terminĂ©s par un e muet, s’emploie, sans subir aucun changement, avec des noms masculins et fĂ©minins. 11 prend seulement un s au pluriel. Il en est de mĂȘme quand quelque est prĂ©cĂ©dĂ© de l’article. Exemple : Les quelques objets que nous envoyĂąmes au chef, si faible qu'en fĂ»t la valeur, lui causĂšrent une vive satis^ faction. (Albert-MontĂ©mont.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Quelque aeToIr. Quelque douceur. Quelque mĂ©rite Quelque beautĂ©. Quelque e*pn't. Quelque embitiou. Quelques amis. Quelques richesses. Quelques soldats. Quelques vertus. Quelques talents. Quelques femmes. Quelqae courage que Quelque patience que... Quelque orgueil que... Quelque forluoe que... Quelque pouvoir que... Quelle prudeoce que... Quelques bieuCsits que... Quelquesconuaissaoces que... Quelques conseils que... Quelques Ă©trenues que... Quelques services que... Quelques Urmei que...
( 302 ) N“ ccxxra.ii^' Quelque placĂ© devant un adjectif suivi immĂ©diatement de que. variable. I^eĂŻques grands avantages que la nature donne, n'est pas elle seule, mais la fortune avec elle qui fait les hĂ©ros. (Larochefoucauld.) De quelques superbes dĂŻsttnca’ons que se flattent leshommes, ils ont tous mĂȘme origine. (Bossuet.) ... quelques vains lauriers que promette la ‘guerre, On peut ĂȘtre hĂ©ros sans ravager la terre. (Boileau.) ĂŒne femme, quelques grands 6ten# gu'elle apporte dans une maison, la ruine bientĂŽt si elle y introduit le luxe... (Fkhelon.) Quelques nouveaux malheurs qui nous doivent at- V , ’ [teindre, Vous ne m’entendrez pointmurmurer ni vous plaindre. (Ancelot.) Mms quelques fiers projets qu'elle jette en mon cƓur, L amour, ah ! ce seul mot me range Ă  la douceur. (Corneille.) invariable. Quelque mĂ©chants que soient les hommes, Us n'oseraient paraĂźtre ennemis de la vertu. (Larochefoucauld.) Pourquoi Tair et Teau , quelque agitĂ©s qĂŒils soient, ne s’enflamment-ils pas P (Bernardin de St-Pierre.) Les jeux de hasard, ^guelque mĂ©diocres qĂŒâ€™ils paÂŹ raissent, sont toujours chers et dangereux. (M“¼ de Genlis.) Quelque Ă©troites que soient les bornes du cƓur, on n'est pas malheureux tant qu'on s'y renferme. (J.-J. Rousseau.) La grĂące de la nouveautĂ© et la longue habitude, quelque opposĂ©es qu'elles soient, nous empĂȘchent Ă©galement de sentir les dĂ©fauts de nos amis. (Larochefoucauld.) 'Quelque corrompues que soient nos mƓurs, le vice n'a pas encore perdu toute sa honte. , (Massillon.) PlacĂ© devant un adjectif, quelque Ă©st variable ou invariable. iÂź Il est variable, toutes les fois que Tadjectif qui vient aprĂšs lui est immĂ©diatement suivi dĂŒn nom : Quelques grands avantages, quelques grandes distinctions. En pareille circonstance, le nom et Tadjectif ont une liaison tellement intime entre eux, qĂŒils semblent ne faire quĂŒn seul et mĂȘme mot, dĂ©terminĂ© par quelque. C’est comme si 1 on disait : Bien que la nature donne quelques grands-avantages; quoique les hommes se flattent de quelques grandes-distinctions. ùŸ l\ esi invariable, lorsqu’il prĂ©cĂšde un adjectif ou un participe (1) immĂ©diatement ' suivi de que : Quelque mĂ©chants qxje soient les hommes. Quelque alors modifie Tadjectif qui suit, et est TĂ©lĂ©ment dĂŒne expression adverbiale dont toutes les autres parties sont sous-entendues, ainsi que le prouve incontestaÂŹ blement Tanalyse suivante : A quelque degrĂ© que les hommes soient mĂ©chants. C’est pour rendre Texpression plus rapide qĂŒon a supprimĂ© la prĂ©position Ă  et le mot degrĂ© EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Quelque Caible gĂ©nie que. Quelque bel enfant que. Quelque grande rĂ©compense que. Quelque doux espoir que. Quelque folle entreprise que. Quelque ricbe moÎMOD que. Quelques lĂ©gers xĂ©phtrs que. Quelques mĂ©cbauts hommes que. Quelques Tertueuses filles que. Quelques bonnes lois* que. Quelques prĂ©cieux bijoux que. Quelques fidĂšles amU que. Quelque spirituelles quo soient ces dameSL. Quelque bonnes qu’oo les dise. Quelque saTOnts qu’ils paraissent. Quelque certains que soient nos projets. ‱ Quelque flotteuses que soient vos espĂ©rances. Quelque jolis que soient ces enfants. Quelque, fins politiques que fussent Burrhus et SĂ©nĂšque, Us ne purent- dĂ©couvrir le fond du cƓur de NĂ©ron. (Saint-RĂ©al.) EXEMPLES. » Quelque bons traducteurs qĂŒUs soient, -Us ne cpinpreadront pas ce passage. ' * (Boniface.) (i) Nous pourrions ajouter et un nom employĂ© adjectivement»
( 303 ) nÂź CCXXIVe QuehlllO DEVANT UN ADVEBBE. EXEMPLE. ANALYSE. (A) quelque (degrĂ©) que nous' soyons heureusement douĂ©s, nous ne devons pas en tirer vanitĂ©. Quelque heureusement douĂ©s que nous soyons, nous ne devons pas en tirer vanitĂ©. (Boniface.) Quelque suivi immĂ©diatement d’un adverbe est invariable, et Tanalyse que nous avons donnĂ©e nous en montre la raison. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Quelque adroitement qu’ila aient agi. Quelque bien qu’elles se couduĂźseat, Quelque mal que noua agissions. Quelque prudemment qu’ils s’y prennent. Quelque grandement qu’ils aiect Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s. Quelque savammeut que vous parlĂźes. NÂź CCXXV. Quelque dans le seivs D’environ* EXEMPLES. Alexandre perdit quelque trois cents hommes , lorsqu’il dĂ©fit Porus. (d’Ablancourt.) Quel Ăąge avez-vous ? Vous avez bon visage ! ÂŁh i quelque soixante ans. (Racine.) analyse. Alexandre perdit trois cents hommes (Ă ) quelque (nombre prĂšs). Quel Ăąge avez-vous? vous avez bon visage. Eh! (j'ai) soixante ans (Ă ) quelque (tempsprĂšs)! Celte analyse nous rĂ©vĂšle le sens prĂ©cis de ces expressions elliptiques, et nous fait connaĂźtre que le mot quelque n’est jamais autre chose qĂŒun adjeclif qui, dans quelÂŹ que cas que ce soit, doit toujours se rattacher Ă  un nom. En se bornant Ă  dire que quelque, dans les exemples citĂ©s, signifie environ, on ĂŒapprend rien aux Ă©lĂšves; il faut absolument leur en faire voir l’analyse complĂšte. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il y a quelque huit cents ans qu’ilTivait. EUe Q dĂ©pensĂ© quelque trois cents louis. 11 a vĂ©cu quelque quatre-vingt# aOi. GegĂ©nĂ©ral a perdu quelque cents hommes. NÂź CCXXVI. QUELCONQUE. MASCULIN. Toutes les jouissances sont toujours prĂ©cĂ©dĂ©es d'un travail quelconque* (M“* Campah.) FEMININ, On peut exprimer Ă  volontĂ© des silences d'une durĂ©e quelconque. (J.-J. Rousseau.)
( 3Ô4 ) LĂ  vie Ă©tant dans chacune des parties, elle peut se trouver dans un tout, dans un assemblage quelconque de ces parties. (Buffon.) Deux points quelconques Ă©tant donnĂ©s. (Acadkmib.) On veut s'entendre', dlton, sur la marche Ă  suivre dans la sĂ©ance de mercredi. S'entendre ! On dĂ©libĂ©rera ‘donc; ĂŒ y aura donc une discussion et une dĂ©cision quelconque ; ĂŒ y aura donc un prĂ©sident pour doimer la parole. ' (J. des DĂ©bats.) L'adjeciif çue/conçwe s’écrit en uii seul mot et quel ne varie pas ; il sert pour les deux genres et les deux nombres, et se place toujours aprĂšs le substantif. Au pluriel il prend seulement s. ' . EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. 11 n*y a homme quelconque. Il n’est priĂšre quelconque. Il n’y a mal quelconque- Il n'y a raison quelconque. Un projet qneloonqne. Une idĂ©e quelconque. Deux termes quelconqnet. Deux lignes quelconques. N* CCXXVII. PAS UN, Je regarde les nations modernes : j'y vois force lois et pas «n lĂ©gislateur. , ‘ (J.-J. Rousseau.) Nous avions dĂ©jĂ  tous interrogĂ© notre chance de royautĂ© ; pas un de nous n'avait trouvĂ© la fĂšVe. (Jules Janin.) Il se trouva que sur tous essayĂ©e, Kpasun d’eux elle ne convenait. (La Fontaine.) Peu de volumes paraissent, de gros livres pas un, et poui-tant tout le* monde lit. (P.-L. Courier.) * * Pas un ne le dit, (Laveaux.) Pas une expĂ©rience ne lui a rĂ©ussi. (AcadĂ©mie.) Il faut absolument qĂŒon m’ait ensorcelĂ©. Si j’en connais pas Ăčn, je veux ĂȘtre Ă©tranglĂ©. (Racine.) Combien mon cher, avez-vous bien d'annĂ©es? Pas une, reprit-il. — J'aime fort ses pensĂ©es. Nous n’avons pas celles qui sont passĂ©es. Et l'avenir n’est pas encore Ă  nous, (LamahtĂŻniĂšre.) Tous, sans exception, regardent la taniĂšre. Pas un ne marque de retour. (La Fontaine.) On a mille remĂšdes pour consoler un honnĂȘte homme et pour adoucir son malheur, mais on n'en trouve pas un pour allĂ©ger celui du mĂ©chant. (La BruyĂšre!) Il n’y a pas un homme qui ose dire cela. (Laveaux.^ 11 n’y avait pas unĂ© Ă mc. (AcadĂ©mie.) J Les expressions pas un, pas une, indiquent une exclusion plus gĂ©nĂ©rale qĂŒawcun, - aucune. Elles peuvent ĂȘtre suivies ou non suivies dĂŒn substantif, et s’emploient aussi dĂŒne maniĂšre relative, comme dans pas un de nous. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Fai un Ă©lĂšfc. AĂŒii) savant que pas un. Pas une actrice. Pas unĂ© fvmme Je n’f;n ai pas une. Aussi modesleque pas une. Je n’eu ai pas une. Foi nno fleur.
( SOS ) N“ ccxxvni MÊME. GENRE BT NOMBRE. DEVANT LE SUBSTANTIF. Tons les galĂ©riens , en effet, se voient absolument du mĂȘme Ɠil; car le malheur est comme la mort, il met de niveau tous les hommes. (Dupaty.) Est-il bien facile de mettre de l’IntĂ©rĂȘt dans une scĂšne, entre deux ou trois interlocuteurs qui parlent tous de la mĂȘme chose ? (Florian.) Le peuple et les grands n’ont pi les mĂȘmes vertus , ni les mĂȘmes vices. (VaĂŒvenargues.) Les souverains peuvent avoir plus ou moins de puissance ; mais" ils ont partout les mĂȘmes devoirs Ă  remplir, (Maleshkrbes.) APRÈS LE substantif. C’est du sein mĂȘme du mouvement que naĂźt l’équiÂŹ libre des mondes et le repos de l’univers. (Buffon.) Si la uertu rriĂ©me, et si la gloire ne nous rendent heureux, ce qu’on appelle bonheur vaut-il nos reÂŹ grets ? (VaĂŒvenargues). DĂšs que deux amants sont d’accord, les montagnes mĂȘmes se sĂ©parent pour leur ouvrir un passage. (Lesage.) Les Ă©corces mĂȘmes des vĂ©gĂ©taux sont en, harmonie avec les tempĂ©ratures de l’atmosphĂšre. (Bernardin de St-Pierrk.) PlacĂ© avant ou aprĂšs un nom, le mot mĂȘme est adjectif et prend le nombre du sub sianlif auquel il est joint ; mais sa position, devant ou aprĂšs le substantif, lui donne un sens bien diffĂ©rent, et si Ton disait : C'est lamĂȘme vertu pour c'est ta vertu mĂȘme, on ferait entendre tout le contraire de sa pensĂ©e. Dans les exemples de la premiĂšre colonne, mĂȘme marque la similitude : le mĂȘme homme, la MÊME/emme; les mĂȘmes hommes, l'es mĂȘmes/cmmes. Dans ceux de la seconde it exprime un rapport d’identitĂ© : les hommes mĂȘmes, les femmes mĂȘmes. C’est-Ă -dire les hommes eux-JxtJSES, les femmes c//es-MÊMES. MĂȘme ne varie pas sous le rapport du genre. Le mĂȘme habit. Ta mĂȘme plante. Le mĂȘme Ă©loge. La mĂȘme loi. Ira mĂȘme ouvrage. La mĂȘme raiton. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Lei mĂȘmes habita. Les mĂȘmes plantes* Les mĂȘmes Ă©loges. Iras mĂȘmes lois. Les mĂȘmes ouvrages. Les mĂȘmes railODS. Ira roi mĂȘme. Ces murs mĂȘmes. 'La croix mĂȘme. Les soldais mĂȘmes. Iras femmes mĂȘmes. Les of&ciers mĂȘmes. Le roi lai-mĂȘme. Ces murs eux-mĂȘmes Les croix ellcs/.niĂȘmes. Les soldats eux-mĂȘmes. Les femmes elles-mĂȘmes. Los oRicieri eux-mĂȘmes. NÂź CCXXIX. MĂȘme joint a un pronom. filNCULlER. m Je dis quelquefois en moi-mĂ©me : La vie est trop courte pour que je m’en inquiĂšte.. (Vauvenarguks.) PLURIEL. Comment prĂ©tendons-nous qu’un autre garde potre secret, si nous ne pouvons le garder nous-mĂ©me^. (Larochefoucauld.) 59
( 506 ) ToinnĂȘme, ĂŽ mon fils, mon cher fils I toi-mĂȘme qui jouis maintenant dĂŒne jeunesse si vive et sifĂ©condc en plaisirs, souviens-td que te bel ĂągĂ© n’est qu’une fleur, - . ; ' (FĂ©nelon.) Qu'il est grand d’étre toujours plus fort que soU mĂȘme, , (Massillon.) Pour la passion de Tavarlce , l’avare ne se la cache qu’à lui-mĂȘme, {Id.) PhĂšdre, atteinte d’un mal qĂŒelle s’obstine Ă  taire, Lasse enfin Ô!elle-mĂȘme et du jour qui TĂ©claire, Peut-elle, contre vous, former quelques desseins ? (Racine.) Vous qui mĂ©prisez les opinions religieuses , et qui yous dites supĂ©rieurs en lumiĂšres, venez et voyez idvi-'meniĂšs ce que peut valoir, pour le bonheur, votre prĂ©tendue science. (Necker.) 11 se trouve toujours des hommes qui ont assez de courage ou de mĂ©pris ĂȘ/euĂŠ-mĂȘmes pour exposer leur vie par l’appĂ t du plus vil intĂ©rĂȘt. (BĂŒffon.) Le prince de CoudĂ© demandait que les Ă©glises ré formĂ©es fissent sur elles^ĂȘmes une imposition. (Anquetil.) Lorsqu’il se trouve placĂ© aprĂšs un nom personnel ou pronom/ mĂȘme est encore adjectif et s’identifie, en quelque sorte, avec son antĂ©cĂ©dent, dont il prend le nombre: Nous-mĂȘfnĂ©s, eux-mĂȘmes, toi-mĂȘme (4). Dans cette circonstance, on ne saurait se dispenser de mettre le trait dĂŒnioh qui rend ces deux mois comme insĂ©parables. * ^ « EXERCICE PBRASÉOLÔGÏQVÉ. ^’ai Ă©tĂ© moLmĂȘme Bur tĂš poiot de me fĂ cheiw Toi-mĂąme tu m’as iniuriĂ . FetiUoa sa conĂčaJtrĂŽ soi-mĂŽme. Cet bomme prononça lui-mĂŽmo sa condamnation. Cette jeune fille demanda clie-inĂȘmc 1n grĂące de son pĂšre. GĂȘi enfant* se sont corrigĂ©) eux-mĂȘmes. Ce* dames elles-mĂȘmes sont descendues. Ces princes se sont expatriĂ©s d’eui-mĂšmes. Nous ne voyons pas uous-niĂšracs nos dĂ©fauts. Nousnousnme# tort □ nous-mĂȘmes en parlant trop. ‱ooooi N“ CCXXX* NoĂŒs-mĂȘmei vous-mĂȘme exprimant l’idef. d'unitĂ©. Va ; maisnous-mĂȘme, allons , prĂ©cipitons nos pas. Qu’il me voie attentive au soin de son trĂ©pas. (Racine.) Mais vous-mĂȘme, ma sƓur, est-ce aimer votre pĂšre, Que do lui faire eu vain cette inj uste priĂšre ? (Id.) G’est votre temps j ce sont vos soins, vos affections, c’cst vous-mĂąme qĂŒĂ™ faut donner. (J.-J.^RĂšfUSSBAĂŒ.) Vous seul pouvez parler dignement de vous-mĂȘme. (Voltaire.) Dans ces exemples, mĂȘme.est invariable, quoiqu’il se trouve en rapport avec les pronoms nous, vous. En effet, il ne s’agit, dans cha que phrase, que d’une seule per^ sonne qui se parle Ă  elle-mĂȘme ou Ă  qui Ton parle. Lorsque Roxane dit : Va; mais noĂŒs-mĂȘmb a/ZoĂŻis,* prĂ©cipitons nos pas, elle ne songe qĂŒĂ  elle seule; elle ĂŒa qĂŒelle seule en vue. (1) Les poĂštes ne se sont pas toujours astreints Ă  cette rĂšgle, soit par nĂ©gligence^ soit Ă  cause de la rime ou de l’élision des voyelles. En voici quelques exemples^ : Elles-mĂȘme aux railleurs dĂ©nonçant leurs maris. (Gilbert.) ' Soyons vrais, de nos maux n’accusons que nows-mcme. Votre amour fut aveuglĂ© et mon orgueil extrĂȘme. (La Harpe.) ' Loin de moi Içs mortels assez audacieux, Pour, juger, par eux-mĂȘme et voir tout par leurs yeux* ' (Voltaire.) On porte jusqu'aux cieux leur justice suprĂȘme : AdorĂ©s de leur peuple, ils sont des dieux Ăšux’^inĂȘme, ■ (W.)' \
( 30T ) NptiĂȘ-mĂ©me signifie moi-mĂȘme, comme vous-mĂȘme dans les autres exemples > veut dire toi-mĂȘme* L’idĂ©e dâ€™ĂŒnitĂ© est donc spĂ©cialement attachĂ©e ici aiĂźx ndms personnels rious, vous* ^ C^est ce qui a dĂ©terminĂ© Tin variabilitĂ© de l’adjectif mĂȘme* 9 EXERCICE PERASÈOLOGIQVEi Noiurmtiiie eotiraĂŻui la teconn de notre enftnt. 9 Econtoni noueindaie afin de urprendie notre mari. ‱ Tona-mĂąmo, jeune fille, ci&Ăźgnea l'amooi, EcrÎTex voae-m6me co billet. NÂź CCXXXI. MĂȘme se rapportant a un nom prĂ©gĂ©dbhmbnt bxphimĂ©. EXEMPLES. Le noinbre des galĂ©riens est Ă  peu prĂšs le mĂȘme tous les ans. (Dupaty.) Les symptĂŽmes ne furent' pas partout les mĂȘmes. (SĂŻsmondi.) La maniĂšre d’amener ces petits morceaux de poĂ©sie est malheureusement toujours la mĂȘme. (Florian.) Mais depuis le moment qu’Élisabeth eĂ»t dĂ©couvert la tristesse de ses parents , ses pensĂ©es ne furent plus les mĂȘmes* (Ă»l“¼ Cottin.) ANALYSE. Le nombre des galĂ©riens estĂą peĂŒ prĂšs le mĂȘme (noinbre) tous les ans. Les symptĂŽmes ne forent pas partout les mĂȘmes (symptĂŽmes). La maniĂšre d’amener ces petits morceaux- dĂ© poĂ©sie est malheureusement toujours la mĂȘme ' (maniĂšre). Mais depuis le moment qĂŒElisabcth eĂ»t dĂ©couvert la tristesse de ses parents, ses pensĂ©es ne furent plus les mĂȘmes (pensĂ©es). Ă© Le mĂȘme, la mĂȘme, les mĂȘmes entraĂźnent aprĂšs eux l’idĂ©e d’un substantif sous-enÂŹ tendu. ff C’est donc Ă  tort que les grammairiens les supposent employĂ©^ substantivement; car notre analyse prouve, d’une maniĂšre convaincante, que ce sont de vĂ©ritables adjectifs. Les symptĂŽmes ne furĂšnt pas partout les mĂȘmes* Sans contredit, Tesprit ne fait aucun effort pour trouver que le mot stjmptĂŽmes est sous-entendu, et que Tadjectif les mĂȘmes s'y rapportant, doit en prendre le nombre. Cet homme n'est pins le mĂȘme. Elle n’îtoit plas la mĂŽme. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE* 'Set talents ne sont plus les mĂŽmes. Sa folie n'est plus la mĂŽme. . Cet homme n’esl plus le mĂŽme. Ses grftces sont tes mĂŽmes. Gesminiatresnesont pas les mĂŽmes. Son Ôeritare n'est plus la mĂŽme. NÂź CCXXXII. MĂȘme employĂ© adverbialement. APRES UN VERBH. Npus ne devons pas frĂ©quenter les impies, nous devons mĂȘme les Ă©viter comme des pestes publiques. (CitĂ© par Girault-Duvivier.) devant un substantif. Leurs vertus et mĂȘme leurs noms Ă©talent ignorĂ©s (Bernardin de St.-Pierre.) \
( m ) 5n eesĂąe dĂš s'occuper d'infortunĂ©s ffii'on ne voit point, et ĂŽU finit mĂȘme par les oublier touUĂ -fait. (Mme Cottin.) Comment croire que les besoins physiques , qui ebranlent mĂȘme les saints, ne sont que de faibles accessoires de la vie humaine ? (Bernardin de St-Pierre.) Us s’exerçaient Ă  faire usage des armes Ă  feu, et Ă  exĂ©cuter mĂȘme des manƓuvres prises dc la tactique des Grecs, qĂŒi sont nos maĂźtres presque en tout genre. {Jd.) ' Nos dogĂŒles, mĂȘme ceux ^ĂŒe la ratsoU ne peut comprendre, Sont rendus croyables par la raison. (De la Luzerne.) Les hommes , les animaux , et mĂȘme les plantes sont sensibles aux bienfaits. (CitĂ© par Girault-Ddvivikr.) Frappez et Tyriens et mĂȘme IsraĂ©lites. (Racine.) Ici mĂȘme ne se rapporie Ă  aucun subsiantif Ă©noncĂ© dans la phrase; il modifie les verbes ou les adjeclifs, et est un abrĂ©gĂ© de Texpression adverbiale : (de la) mĂȘme (maniĂšre), ou plutĂŽt du vieux .mot français mĂȘmement. Nous^ devons mĂȘme Ă©viter, c’est, donc, pour nous devons mĂȘmement, ou de la mĂȘme' maniĂšre Ă©viter, etc. — Leurs vertus, et MÊME leurs noms Ă©taient ignorĂ©s, c’est comme s’il y avait : Leurs vertus Ă©taient ignorĂ©es et (leurs noms Ă©taient) ignorĂ©s de mĂȘme. MĂȘme, comme on le voit, ne rĂ©veille ici aucune idĂ©e de similitude ni d’identitĂ©; il inÂŹ dique une idĂ©e d’extension, de modification, qui tombe ou sur un verbe ou sur un adÂŹ jeclif, et a pour Ă©quivalent les mots awssz, de plus, jusqu'Ă , etc. Ainsi employĂ©, mĂȘme est constamment invariable, quels que soient les mots qui ie prĂ©cĂšdent ou le suivent. EXERCICE PBRASEOLOGIQVE. Je dois mĂȘme les secourir, ’ Ils vont mĂȘme les congĂ©dier. Kotts vouIoDi mĂȘme les gronder. Vous pour» mĂȘme les prendre. Lears vices et mĂȘme leurs verlui. Les hommes et mĂȘme les dieui. Les animaux et mĂȘme les plantes. Les diaux al mima .es homme* *^9 NÂź CCXXXIII. MĂȘme placĂ© devant ou aprĂšs un adjectif ou un participe. avant. II faut ĂȘtre en garde contre les Ă©crivains mĂȘme acÂŹ crĂ©ditĂ©s* (Bernardin de St.-Pierre.) On fait souvent vanitĂ© des passions , mĂȘme les plus criminelles* (Larocuefoucauld.) Tout citoyen doit obĂ©ir aux lois, mĂȘme injustes* (Bernardin de St.-Pierre.) J APRÈS. Nos mĂ©thodes savantes nous cachent les vĂ©ritĂ©s naturelles connues mĂȘme des simples bergers. ‱ (Bernardin de St.-Pierre.) Les animaux, les plus sauvages mĂȘme, nous ofÂŹ frent (les exemples de la reconnaissance. (CitĂ© par Boniface.) Ses remords ont paru mĂȘme aux yeux dc Narcisse. (Racine.) ' 3ĂŻĂȘme est Ă©galement invariable toutes les fois qĂŒil est placĂ©.devant ou apiĂšs un adjeclif, et la raison de celle invariabilitĂ©, c’est qĂŒil exprime une mo.dification qui, au lieu de tomber sur le substantif, s’applique au verbe ou Ă  Tadjectif Ă©noncĂ© dans la phrase, comme va le prouver notre analyse. Il Jaut ĂȘtre en gardĂ© contre Les Ă©crivains mĂȘme accrĂ©ditĂ©s* Analyse : il faut ĂȘtre en garde contre les Ă©crivains, (et il faut) mĂȘme (ĂȘtre en garde contre ceux qui sont) accré ditĂ©s, Nos mĂ©thodes savantes nous cachent les vĂ©ritĂ©s naturelles connues mĂȘme des simples bergers* Analyse : nos mĂ©thodes savantes nous cachent les vĂ©ritĂ©s naturelles (connues non
( 309 ) seulement dĂŒne certaine classe d'hommes, mais) connues mĂȘme' des simples bergers. On fait souvent vanitĂ© des passions, mĂȘme les plus criminelles. Analyse : on fait souvent vaÂŹ nitĂ© des passions (et Ton fait) mĂȘme (vanitĂ© des passions) les plus criminelles. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. ht» Ă©erÎTBÎns mĂȘme lei plui eĂ©lĂšlirei. Les Ă©eoliert mĂȘme le* plu* docile*. ht» fruits mĂȘme les plus mÛrt, Les fleuri mime les plus jolies. Les jeune* filles les pins sages mĂȘme. Les Ă©coliers tes plus dociles mĂȘme. Les fruits les plus mĂ»ri mĂȘme. Les fleurs les plus jolies mĂȘme. N° CCXXXIV. MĂȘme variable ou invariable aprĂšs un substantif. variable. Ce mensonge n’a rien qui ne soit Innocent. Les dieux mĂȘmes ne peuvent le condamner, il ne fait aucun mal Ă  personne. (FĂ©nelon.) _ Il est aisĂ© Ă  un traducteur de se tirer des endroits mĂȘmes qu’il n’entend pas. (Boileau.) Oa ne donnerait pas aujourd’hui un soufflet sur la joue dĂŒn hĂ©ros. Les acteurs mĂȘmes sont trĂšs-emÂŹ barrassĂ©s Ă  donner ce soufflet. (Voltaire.) Les rockers mĂȘmes et les plus farouches animaux sont sensibles Ă  de touebants accords. ‱ (Gresset.) INVARIABLE. La faiblesse aux humains n’est que trop naturelle ; Les dieux mĂȘme, les dieux de l’Olympe habitants, . Qui dĂŒn bruit si terrible Ă©pouvantent les crimes. Ont’brĂ»lĂ© quelquefois de feux illĂ©gitimes. . (Racine.) Je crois en trouver la raison jusque dans les beaux endroits mĂȘme de la Sophonisbe de Corneille. . (Voltaire.) On ne mĂ©prise point un charpentier, au contraire , il est bien payĂ© et bien traitĂ© ; les bons rameurs mĂȘme ont des rĂ©compenses sures et proportionnĂ©es Ă  leurs services. (FĂ©nelon.) Les divertissements mĂȘme de Pierre-le-Grand furent consacrĂ©s Ă  faire goĂ»ter le nouveau genre de vie qu’il introduisit pai’mi ses sujets. (Voltaire.) Nous avons dit, page 303, que mĂȘme, placĂ© aprĂšs un substantif, est variable. CeÂŹ pendant nous voyons qĂŒen ce cas il peut ou non varier selon les vues de l’esprit. - Dans le premier exemple de la premiĂšre colonne, les dieux mĂȘmes signifie en effel les dieux eux-mĂȘmes. Ce mĂȘmes modifiant le substantif dieux a dĂ» nĂ©cessairement en prendre le nombre. En latin il s’exprimerait par ipsi,"et n’éstjĂ  que pour TĂ©nergie. Dans Texemple opposĂ© : les dieux mĂȘme ont brĂ»lĂ© il y a inversion ; c’est pour les dieux BRÛLÉ MÊME, DE LA MÊME MANIÈRE, aussl, elc. (1). MĂȘme modifie, non le substantif dieux, mais le verbe onĂŻ brĂ»lĂ©, ont brĂ»lĂ© mĂȘme. Il doit donc ĂȘtre invariable. On peut appliquer le mĂȘme raisonnement Ă  tous les aulres exemples de lĂŒne de Tautre colonne. Ainsi,* pour nous rĂ©sumer, nous dirons que, quelque place que mĂȘme occupe dans la, (l) Lemare ne paraĂźt pas avoir mieux compris que les autres grammairiens la vĂ©ritable fonction de mĂȘme adverbe. L’analyse qu’il en donne le prouve jusqu’à l’évidence. Dans les dieux mĂȘme ont brĂ»lĂ©, mĂȘme n’est point, dit-il, un plĂ©onasme qui ajoute Ă  la force de l’expression, mais c’est un mot nĂ©cessaire pour montrer la gradation : Les mortefs ont brĂ»lĂ© de faux illĂ©gitimes, et mĂȘme owmĂȘmement les dieux. MĂȘme ne marque nullement la gradation ; il modifie seulement le mot brĂ»lĂ©; les dieux ont brĂ»lĂ© de mĂȘme que les mortels de feux illĂ©giiimes. Lemare est sans contredit le plus profond de nos grammairiens, mais il s’en faut que Tanalyse lui ait rĂ©vĂ©lĂ© tous ses jSecrets.
phrase, il doit ĂȘtre inyariabie, s’ij [)eut se tourner par mĂȘrpfmmt, aussi, jusqtfĂ , de plus; et variable dans tout autre cas (1). Lei dieux mĂȘmes. Lei Ă©criToini mĂȘmes. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Les dieux mĂŽme/ . Les Ă©orÎTaĂźui mSme. Les poĂštes mgmes. Les plaisirs mĂȘtneL Les poĂštes mĂȘme. Les plaisirs mĂŽme. NÂź CCXXXV. Ceux mĂȘmes, ceux mĂȘme, celles mĂȘmes, celles mĂȘme, etc. . / Ceux mĂȘmes. Respectons cette grandeur dangereuse Ă  ceux qui s’en approchent, et cette autoritĂ© fatale Ă  ceux mĂȘmes qui l'exercent. (La BhaĂŒmellb.) ^ Le sĂ©nat ae trouve composĂ© de ceux mĂȘmes qui «'opposaient le plus Ă  la loi. ' (Saint-RĂ©al.) G’est unĂ© maladie contagieuse qui a flĂ©tri ceux lĂ  mĂȘmes Ăźx qui elle n’a pas donnĂ© la mort. ’ (FflAYSSmOTTS.) Ceux mĂȘme. Ni les motifs de la religion, ni ceux mĂȘme du monde ne peuvent nous dĂ©tacher. (Massillon.) Ceux mĂȘme qu’il servit ne le dĂ©fendront pas. (Grhsset.) . lis » ne suivent donc pĂ s conrtamment leurs lois primitives et ceZĂŻes mĂȘme qĂŒils se donnent, ils hc les suivent pas toujours. (Montesquieu.). 3ĂŻĂȘme, lorsqu'il est prĂ©cĂ©dĂ© de ceux, celles, ceux-lĂ , celles-lĂ , varie ou ne varie pas sfelon le point de vue de l'esprit. Il varie si on le considĂšre comme adjeclif; et reste invariable, employĂ© comme adverbe. Dans nilesmoĂŒjs de la religion, ni ceux uĂȘbiĂ«, etc., il y a inversion ; c’est pour ; ni les motifs de la religion, ni mĂȘme ceux, etc. Cenx mĂŽme. CeĂŒei mĂȘmos. EXERÇIÇE PBRÂSÈOLOGIQVE. Cfloz mĂȘmea. CeUei mĂšmei. Gflnx-tĂš mĂ©mcf. CeUes-lĂ  mĂȘmei. Geax-IĂš mĂȘme. CellaB-lĂš mĂŽmo. N" CCXXXVI. AUTRE. SUIVI d’dn substantif. Les anciens ne croyaient pas qu’il y eĂ»t nn autre monde. ' ' ' (CitĂ© par GiEADLT>DuviviKa.) OBN&B, NOMBBB ET EMPLOI. NON SUIVI p'ĂŒN substantif. . Le temple de Salomon ayant Ă©tĂ© dĂ©truit, on en rebĂątit un autre par l’ordre de Cyrus. (CitĂ© par Girault-Duvivier.) (1) Cette rĂšgle a souvent Ă©tĂ© violĂ©e par les poĂštes, et U n'en pouvait guĂšre ĂȘtre autrement, Ă  cause de la rime. En voici plusieurs exemples. Jusqu’ici la fortune .et la victoire mĂȘmes, Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadĂšmes. (Racine.) Ici, dispensez^moi du rĂ©cit des blasphĂšmes Qu’ils ont vomis tous deux contre Jupiter mĂȘmes. (Corneille.) ^tmour ‱ ‱.. 9 C’est l’inventeur des tours et stratagĂšmes. J’en ai bien lu, j’en vois pratiquer mĂȘmes, Et d’assez bons. (La Fontaine.)
( 511 ) Une femme ne communique jamais si prompteme it la perversitĂ© de §pn cƓur-qu’à une autre femme. , ‘ ‘ . . (HkloĂŻse.) . ĂŒn jour en aveugle U (Thomme) refuse Ce que, mal Ă  propos, il veut en Fautres temps. (Lewoble.) Il faut purger son Ăąme de la colĂšre , de la crainte, de la tristesse et des autres passions qui y portent le trouble ; c’est le moyen de montrer de la constance et dexonserver de la dignitĂ©, - (Le pĂšre de Louis xyi.) .. .QĂŒune femme pleure , une autre pleurera, Et toutes pleureront, tant qu’il en surviendra. (DESTOUCnES.) Ainsi une premiĂšre victoire doit en amener d/autre$» (BarthĂ©lĂ©my.) Quand une passion forte s’allume en nous, elle en fait quelquefois naĂźtre d'autres, comme la chaleur fait Ă©clore plusieurs germes. -. . (LiugrĂ©b.) et Uadjectif autre, des deux genres et des deux nombres, sert Ă  distinguer les personnes les choses, et s’emploie avec Tarticle ou ses Ă©quivalents. Cependant il y a une diffĂ©rence bien marquĂ©e entre autre prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle et autre prĂ©cĂ©dĂ© de Tadjectif numĂ©ral un. Les exemples suivants justifieront celte observation. Le ciel s’enflamma d’un pĂŽle Ă  Tautre.^ Si Ton disait d’un pĂŽle Ă  un autre, cela signifierait d’un pĂŽle Ăčwu des autres pĂŽles, ce qui ĂŒest pas possible. Un autre a donc le sens de un parmi plusieurs autres, et L’autre veut dire un second. L’article le restreint TidĂ©e et inÂŹ dique le cercle oĂč elle doit se renfermer. AprĂšs avoir demandĂ© un livre, je dirai fort bien : DĂŽnnez-m’en un autre, c’est-Ă -dire un livre diffĂ©rent, ce qui ne limite pas le nombre. Au contraire, aprĂšs avoir dit : .Donnez-moi une main, je dirai ; Donnez-moi Tautre, et non pas une autre, parce que Ton n’a que deux mains. Autre marque aussi la ressemblance. C’est un autre Alexandre, cette ville est un autre Paris. GĂ©nĂ©ralement autre est suivi d’un substantif ; mais la seconde colonne nous montre que ce mĂȘme substantif se supprime quand il a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, ou bien quand autre est pris dans un sens vague et indĂ©terminĂ©, comme dans les exemples suivants ; , . Je suis pĂšre, seigneur, et faible comme un autre. (Racine.) D'autres me rĂ©pondront et d’elle et de Burrhus. .[Id.) Une autre cependant a flĂ©chi son audace. (Racine.) Nous avons beau jeter nos fautes sur les autres. TĂŽt ou tard nous en palissons. (Lamotte.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Un antre parapluie. D’autres lits. Un autre le dira. D*autres en auront soin. Une autre chambre.. D’autres maifons. Une autre m’aimera. Quand les autres rient. Donnea-m’en un autre. J’en veux une antre. En voici d’autres, Prenea-cn d’autres. N“ CCXXXVII Autre HEPÉTJÈ. SUIVI IMMÉDIATEMENT d’uN SUBSTANTIF. ^ Autre chose est l’administration passagĂšre et souÂŹ vent orageuse d’une rĂ©gence , et autre chose une forme de gouvernement durable et constante qui doit faire partie de la constitution de TÉtat. fJ.'-J. Rousseau.) NON SUIVI IMMÉDIATEMENT d'ĂŒM SUBSTANTIF. Autres sont les temps de MoĂŻse, autres ceux de JosuĂ© et des Juges, autres ceux des Rois, autres ceux oĂč le peuple a Ă©tĂ© tirĂ© d’Egypte, autre# ceux oĂč il a conquis la terre promise , autres ceux oĂč il a Ă©tĂ© rĂ©tabli par des miracles visibles.. (Bossuet.)
( 312) On parlait latin et longtemps devant des femmes et des marguilUers; autre temps, autre usage. (La BruyĂšre.) D’autres temps, d’auires soins. (Racini.) Autre est la ville de Vienne en Autriche, Ăšt autre est la ville de Vienne en DauphinĂ©. fAcADKMIH.) Autre est le plaisir que nous donne une comĂ©die, autre celui que nous donne une tragĂ©die. (Bernardin de St-Pierre.) . t Autre, lorsqu’il se rĂ©pĂšte, peut, comme on le voit, ĂȘtre oĂč non immĂ©diatement suivi d’un substantif. Dans l’un et l’autre cas il y a tout Ă  la fois inversion et ellipse : Autre chose est l'administration passagĂšre d'une rĂ©gence et autre chose une forme de gouverÂŹ nement durable, c’est-Ă -dire L'administration passagĂšre d'une rĂ©gence est autre chose qĂŒune forme de gouvernement durable) etune forme de gouvernement durable (est) avtrb CHOSE (que l'administration passagĂšre d’une rĂ©gence). La mĂȘme analyse peut s’apÂŹ pliquer Ă  toutes les phrases semblables. N . . , EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Autre eboxe «it... autre enoie... D’autrex cbefx... d'autrti... Antre eit le plaltir... astre eelsl... Atttrex iont lex tempt... «utrex e«ux... ' /
( 313 ) CHAPITRE IV, DĂŒ PRONOM N« CCXXXYIII. nature du pronom. — SA DÉFINITION, L’ñne se mil Ă  paĂźtre : n Ă©tait alors dans un prĂ©, Dont l’herbe Ă©tait fort Ă  son crĂ©. (La Fontaine.) Pends-toi, brave Grillon, nous avons combattu Ă  Arques et tu n’y Ă©tais pas. (Henri iv.) <. ‱ Au lieu de dire : LMne se mit Ă  paĂźtre : il Ă©tait alors dans un prĂ©, dont V herbe Ă©tait fon ^.Ă  son grĂ©, on pourrait dire : VĂąne se mit Ă  paĂźtre, VĂąne Ă©tait alors dans un prĂ©, T herbe DU PRÉ Ă©tait fort Ă  son grĂ©. Le mot il lient donc la place du substantif prĂ©. Le mot dont lient Ă©galement la place de ce substantif. Les mots.t/ et dont sont des pronoms, c’est- Ă -dire des mots tenant la place d’un nom ou substantif. Ainsi le pronom est un mot qui tient la place du nom ou substantif. A en juger pur l’étymologie, le pronom proprement dit est un mot qui n’a par lui- mĂȘme aucune signification, et qu’on met Ă  la place d’un nom prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, pour le remplacer, et en Ă©viter la rĂ©pĂ©tition. ^ DĂšs que le pronom lient la place d’un nom, c’est une consĂ©quence qĂŒil en rĂ©veille ridĂ©e telle qĂŒelle est, telle que le nom la rĂ©veillerait lui-mĂȘme, c’est-Ă -dire sans y rien ajouter, et sans en rien retrancher, ĂŒn mot employĂ© au figurĂ© peut ĂȘtre substituĂ© Ă  un mot pris dans le sens propre ; voile, par exemple, Ă  vaisseau..Dans ce cas on subsÂŹ titue d’autres idĂ©es, et voile est employĂ© pour une tout autre raison que pour tenir la place de vaisseau; voile n’est donc pas un pronom. Mais lorsqĂŒaprĂšs avoir parlĂ© d’Alexandre et de son passage en Asie pour combattre les Perses, on dit qĂŒi/ les subjugua, et qĂŒi/ renversa leur empire, les moisi/ et les, mis Ă  la place des noms Alexandre, Asie, Perses, ont chacun la mĂȘme signification que les noms dont ils rappellent l’idĂ©e : ce sont des prĂ©noms. Quelquefois encore le pronom , lient lieu dĂŒne phrase entiĂšre; par exemple, si l’on me dit : Avez-vous vu labellemai- S071 de campagne que M. le comte a achetĂ©e? et que je rĂ©ponde je h’ai vue, le proiiom T ne tient pas la place du seul mol maison, mais de ce mot accompagnĂ© de toutes ses moÂŹ difications, de La belle maison de canipagn'e que M. ie co7nte a achetĂ©e. Le sens exige encore que, dans quelques cas, le pro7iom tienne lieu dĂŒne phrase construite diffĂ©remment de celle dont il prend la place : Voulez-vous que j’aille vous voir? je Le veux, c’est-Ă -dire, je veux que.vous ve7iiez me voir. Les pronoms sont d’un grand avanĂŻago dans les langues : ils Ă©pargnent des rĂ©pĂšti- 40
( 314 ) lions qui seraient insupportables; ils rĂ©pandent sur tout le discours plus de clartĂ©, de variĂ©tĂ© et de grĂące. —>o»i^a8g NÂź CCXXXIX. % \ DES DIFFERENTES SORTES DE PRONOMS. Le chien, raonrant de faim , Lui dit : Cher compagnon, baisse-toi, je te prie, Je prendrai mon dĂźner dans le panier au pain. (La pONTAINE.) Une hirondelle en scs voyages Avait beaucoup appris.. .. CeZZe-ct prĂ©voyait jusqu’aux moindres orages. (La Fontaine.) Je ne puis me rĂ©jouir, disaiL-tĂź, de voir mes sujets tomber morts en se battant pour moi ou contre moi je perds lors mĂȘme que je/gagne. (Henri iv.) TĂ©moin ces deux mĂątins qui, dans l'Ă©loignement, -Virent un Ăąne mort qui flottait sur Içs ondes, Aini, dit l’un, tes yeux sont meilleurs que les miens. (La Fontaine.) C’est Ă  l’ñne que s’adresse le chien mourant de faim; Iç çhieri lui dit, c’est pour dit a l'Ăąne : baissĂš-foi, c’est l’ñne qui doit se baisser, toi dĂ©signe TĂąne; je te prie, c’est comme s’il disait le chien prie l'Ăąne. Le mot je dĂ©signe le chien qui parle; le mot te dĂ©signe TĂąne Ă  qui le chiĂ©n parle. Les mots je, te, toi, lui, sont des pronoms, puisÂŹ qu’ils tieiinent lĂ  place des substantifs ; mais ce n’est pas lĂ  leur unique fonction. Le chien parle, et jpour se dĂ©signer lui-mĂȘme il dit je, comme je prie, je prendrai. Il parle Ă  TĂąne, et pour dĂ©signer TĂąne, Ă  qui il parle, il dit te, toi : je te prie, baisse- toĂč Enfin nous-mĂȘmes nous parlons de TĂąne, et pour le dĂ©signer nous disons il, lui; comme ĂŒ Ă©tait dans un prĂ©, le chien lui dit! , Le pronom je dĂ©signe donc celui qui parlĂ©, ou le premier rĂŽle. Les pronoms te, toi dĂ©signent celui Ă  qui Ton parle, ou le second rĂŽle. - Les pronoms il, lui, dĂ©signent la personne ou Tobjet dont on parle, ou le troisiĂšme rĂŽle* Ainsi non seulement les mots je, te, toi, il. Lui, tiennent la place chacun d’un subsÂŹ tantif, mais encore ils indiquent le rĂ©le que le substantif joue dans le discours; car ils servent, les uns pour Tindividu qui parle, les autres pour celui Ă  qui Ton parle, lĂ©s autres pour celui dont on parle. Ces pronoms sont appelĂ©s personnels du mot latin persona, qui signifie rĂŽle d’acÂŹ teur, personnage de théùtre. Quand La Fontaine dit : Üno hirondelle en ses voyages Avait beancoup appris ^ Celle-ci prĂ©voyait jusqu’aux moindres orages. Celle-ci est pour cette hirondelle, l’hirondelle que je montre, que Je prĂ©sente Ă  votre attention. Le mot lient la place du substantif hirondelle accompagnĂ© de Tadjectif dé monstratif cette; celle-ci est donc un pronom dĂ©monstratif.
(315:) Dans celte phrase, citĂ©e plus haut : o f ir'rtT/ 7 *T.-> ) , 1 J Ami, dit Tun , tes yeux sont meilleurs que les miens. - t t -Y ^ . -tj- in t ^ 1 f . J, t Que les miens veut dire que mes yeux,^ les yeux que j’ai : l’expression les mĂźen^ tient ia place du sqbstaniif Ăżeu/ç acçornpqgnĂ© (Je Tadjectif possessif mes.; (es miens est ^onc un pronom possessif. ' ' Reprenant ces deux autres vers Ă©galement citĂ©s prĂ©cĂ©demment : TĂ©moin ces deux mĂątins qui, dans i’élĂŽignement. Virent un Ăąne mort qui flottait sur les ondes. Nous voyons que ces deux mĂątins qui, est pour ces deux mĂątins lesquels mĂąti^is. Le - mot qui tenant la place d u substantif matins, est un pronom que quelques grammairiens ont appelĂ© pronom relatif, et d’autres, avec plus dĂ© raison, ' pronom conjonctĂż'. ■ Anii, dit Twn/tes yeux sont meillpurs que Içs miens. : Uun, c’est-Ă -dire Tun des des deux chiens; on parle d’un chien, mais duquel? L’tm rappelle ici TidĂ©e cl’un chien dĂŒne maniĂšre mdĂ©finie, c’est-Ă -dire non dĂ©lĂ©rminĂ©e ; Tun est donc un pronom indĂ©fini ou mdĂ©terminĂ©^ Il y a donc cinq sortes de pronoms : , Ăą? Les pronoms personnels; 2Âź Les pronoms dĂ©monstratifs; ' 3? Les pronoms possessifs ; 4Âź Les pronoms relatifs ou mieux conjoncĂ»fs. 5Âź Les pronoms indĂ©finis ou indĂ©terminĂ©s. Nous ferons pour chacune de des sortes de pronoms un article sĂ©parĂ©. DES PRONOMS PERSONNELS, NATUBE DES PRONOMS PERSONNELS. Lorsqu’un arrĂȘt sanglant aura frappĂ© ton pĂšre, 0 mon fils 1 c’est Ă  tĂŽt de consoler la çnĂšre. Tu vois oĂč Ta conduit sa tendressĂ© poiir nous/ Tu connais tes devoirs ; tu lĂšs rĂšmpliras tous. (Ancelot.) Qu’ïü va lentement le navire A qui J’ai confiĂ© mqn sprt! Àu rĂŻvagĂ© oĂč mon cĂŻeur aspire, QnHl est lent Ă  trouver un port. (BĂ©ranger.)
(816) Nous voici deux enfants, nou« n'avons plus de mĂšre : ' Elle mourut hier en nous donnant son pain. Elle dort oĂč dort notre pĂšre. Venez ; nous ayons froid, nous expirons de faim. (Belmoßïtkt.) Sur tes bords embaumĂ©s, tout est amour et vie ; Et le printemps Vp suit de saison en saison. (BĂ©ranqer.) Vers l’église portant ses paĂą, Un prĂȘtre, au jour naissant, allant Ă  la priĂšre. Les voit, blanchis de neige et couchĂ©s sur la pierre, Les appelle en pleurant... t*Ăźs ne se lĂšvent pas. (Bklmoktet.) Les gens qui dans l'État, rouages nĂ©cessaires, Occupent des emplois, j’en fais beaucoup de cas- (Cas. Bonjour.) Les pronoms personnels sont ceux qui dĂ©signent spĂ©cialement les rĂŽles ou personnes grammaticales. 11 y a dans Tacte de la parole trois personnes ou rĂŽles. Ces relations ont pris le nom de personnes grammaticales. Dans ce sens, la premiĂšre personne est celle qui parle; la seconde est celle Ă  qui Ton parle; la troisiĂšme personne est celle de qui Ton parle. Les pronoms de la premiĂšre personne sont .je, me, moi, pour le singulier, et nous pour le pluriel, lis sont des deux genres : masculins, si c’est un homme qui parle; fé minins, si c’est une femme :je parle, vous me parlez; on parle de moi; nous parlons. Les pronoms de la seconde personne sont fw, te, toi, pour le singulier, et vous pour le pluriel. Ils sont des deux genres : masculins, si c’est Ă  un homme Ă  qui Ton parle ; fĂ©minins, si c’est Ă  une femme : tu parles, on te parle; on parle de toi; vous parlez. Les pronoms de la troisiĂšme personne sont : il, elle, lui, le, la, pour le singulier, et ils ou eux, elles, leur, les, pour le pluriel. 11, le', ils, eux, sont toujours masculins; elle, la, elles, toujours fĂ©minins ; lui, leur et les, masculins ou fĂ©minins, selon les per?* sonnes de qui Ton parle. © . Il y a encore un pronom de la troisiĂšme personne, soi, se; il est des deux genres. Nous en parlerons bientĂŽt quant au nombre. On Tappelle pronom rĂ©flĂ©chi, parce qu’il marque lerapport d’une personne Ă  elle-mĂȘme; 11 y a deux mots qui servent de pronoms, savoir ; En, qui signifie de lui, d'elle, d'eux, d'elles; ainsi, quand on dit :j*en parle, on peut entendre : je parle de Lui, d'elle, d'eux, etc., selon Ja personne ou les personnes, la chose ou les choses dont le nom a Ă©tĂ© auparavant exprimĂ©. 2° y, qui signifie Ă  cette chose, Ă  ces choses, comme quand on dil : je m'y applique , c’est-Ă -dire, je m'applique Ă  cette chose, ou Ă  ces choses. Ily a donc vingt-deux pronoms personnels, qui sont : je, me, moi, nous, tu, te, toi, vous, il, ils, elle, elles, se, soi, lui, eux, leur, le, la y les y en et y. Quelques grammairiens mettent/o, la, les, en et y, dans la classe des pronoms relaÂŹ tifs; c’est une erreur. Quoiqu’ils aient toujours rapport Ă  un antĂ©cĂ©dent, et qu’ils semÂŹ blent diffĂ©rer par lĂ  des autres pronoms personnels en rĂ©gime qui ne font ordinairement que la fonction de substituts, ils n’en appartiennent pas moins Ă  cette classe. En effet, ces cinq pronoms sont privĂ©s des deux propriĂ©tĂ©s qui caractĂ©risent et distinguent esÂŹ sentiellement les pronoms relatifs; la premiĂšre, celle de limiter, de restreindre ou d’exÂŹ pliquer les mots auxquels ils se rapportent; et lĂ  seconde, celle de lier souvent de petites phrases entre elles, et dĂ« faire ainsi la fonction de conjonctions. Tout ce que ces pronoms ont donc de commun avec les pronoms relatifs est une relation gĂ©nĂ©rale Ă  un antĂ©cĂ©dent, ce qui ne suffit pas pour les ranger dans la mĂȘme classe. Ces mots je ou moi, te, toi y il, etc., que les grammairiens ont si improprement apÂŹ pelĂ©s PRONOMS, ont dĂ» ĂȘtre, en toute langue, les premiers dont pn ait fait usage; et si les grammairiens s’y sont trompĂ©s, cela vient de ce qĂŒayant fait leurs premiĂšres ob-
(Ml) 0 eĂ©rvations sur des langues dĂ©jĂ  perfectionnĂ©es, ils se soĂčt contentĂ©s de rĂ©duife. ceĂȘ observations en systĂšme, sans s’appliquer Ă  remontera Torigine des langues, et Ă  reÂŹ chercher les lois qui ont dĂ» prĂ©sider Ă  leur formation. Les poĂštes, quelquefois plus philosophes et presque toujours meilleurs observateurs de la nature, parce qĂŒils la sentent mieux, les poĂštes n’ont pas donnĂ© dans la mĂȘme erreĂŒr. Le premier mot que prononce GalatĂ©e, ouvrant ses yeux Ă  la lumiĂšre et son Ăąme au doux sentiment de l’existence, c’est MOI. Les grammairiens, qui trouvent dans l’invention de ce mot une'mĂ©taphysique si fine et si profonde, nous paraissent avoir assez mal saisi la chose. Ce mot moi ne tient jamais la place des noms Pierre, Henri, etc., et l’exemple dont ils s’autorisent ne prouve absolument rien; car si un enfant dit Ă  sa mĂšre ; donne cela Ă  Henri, c'est pour Henri, ou telle autre phrase, c’est qu’accoutumĂ© Ă  s’entendre apr peler ainsi, le nom Henri est dans son idĂ©e synonyme du mot moL L’invention de ce mot est, sans contredit, trĂšs antĂ©rieure Ă  celle des noms propres,‘et^es premiĂšres phrases en toute langue ont dĂ» ĂȘtre : aidez-moi, secourez-moi,'vengez-moi;^ et souvent aussi aimez-moL ij La dĂ©nomination vulgaire de pronoms donnĂ©e aux mots je, me, moi, toi, etc.,- pré sente une idĂ©e qui est, selon nous, directement contraire Ă  celle qĂŒon doit se faire de cette espĂšce de mots. Car les grammairiens supposent que les pronoms ont Ă©tĂ© substiÂŹ tuĂ©s aux mots moi, toi, Ü, etc. Nous avouons mĂȘme qĂŒil nous est impossible de conÂŹ cevoir comment un homme qui aurait voulu parler de lui-mĂȘme aurait imaginĂ© de se donner les noms de Pierre, de Jacques, ou tout autre nom indirect, plutĂŽt que de s’appeler moi ou je. Cette" observation n’a pas Ă©chappĂ© Ă  Court de GĂ©belin, qui dit afÂŹ firmativement : « Ces mots existent depuis la plus haute antiquitĂ©, et ils forment » nĂ©cessairement une classe sĂ©parĂ©e, parce qĂŒils ont une fonction unique qui ĂŒa rien » de commun avec celles d’aucune autre espĂšce de mots. » Ces mots je, ou moi et iw, auront Ă©tĂ© long-temps accompagnĂ©s d’un geste qui d’aÂŹ bord avait servi seul Ă  indiquer qĂŒon Ă©tait soi-mĂȘme Tobjet du discours; enfin ils ont Ă©tĂ© entiĂšrement substituĂ©s au geste. On pouvait aussi avoir Ă  parler de plusieurs perÂŹ sonnes et de soi-mĂȘme en mĂȘme temps, et de lĂ  l’invention du mot nous; on peut vouÂŹ loir aussi adresser la parole Ă  plusieurs individus prĂ©sents, de lĂ  le mot vous; parler de plusieurs individus absents, Ă  quoi on employa le moi ils. Une propriĂ©tĂ© trĂšs remarquable des noms personnels, c’est que, dans plusieurs langues modernes, telles que le français, Tanglais, l’italien, l’espagnol, ils sont les seuls qui aient ce qĂŒon appelle des cas (i). En effet, dans notre langue, les noms personnels je, tu; il, deviennent me ou moi, te ou toi, lui ou le, lorsqu’ils sont consiÂŹ dĂ©rĂ©s comme terme ou comme objet de l’action, on bien lorsqu’ils sont subordonnĂ©s Ă  quelque mot de l’espĂšce de ceux que nous avons appelĂ©s prĂ©positions. (1) On donne le nom de cas Ă  certaines terminaisons que les mots prennent Ă  raison du poIot de vue sous leÂŹ quel on lea considĂšre dans le discours. Ainsi, dans le latin, par exemple^ oĂč Jop U'S noms ont des cas , si la chose dont on parle est considĂ©rĂ©e comme idĂ©e principale de la phrase , ' conĂŻmĂ©/sĂźijet du discours , on emploie le mot qui l’exprime dans sa terminaison simple et primitive ; mais si l’on considĂšre cÆlte chose comme l’objet de rĂąclion du verbe, alors le mol qui l’exprime affecte une terminaison particuliĂšre. Nous nous expliquons par un exemple : le mot patria, en latin signifie patrie, et cette phrase : La patrie m’est cfiĂšre, dans laÂŹ quelle la patrie est TidĂ©e principale, s’exprime par ces mots : Patria mihi est xara, si au contraire nous voulions rendre la mĂȘme idĂ©e par ces mots : Jaime la patrie, nous dirions :Ülmo patriam, oĂč Ton voit que la terminaison a du mot patria se change en am, Ă  raison dn point de vue sous lequel lapatrie est conÂŹ sidĂ©rĂ©e dans la phrase , c’est-Ă -dire comme l’objet du verbe. ^
( 318) CCXLL GENRE ET NOMBRE JDE jĂ© , ĂŻhĂš, Ûioi. MASCULIN. Je me suis t>laint aĂŒx Dieux dĂ© voir qu’un si grand [homme FĂ»t Ă  la fois lĂ  gloire et le flĂ©au de Rome. (Voltaire;) Sire, rĂ©pond l’agieau ', que votre megestĂ© Ne se mette ps en colĂšrĂ© ; ‘ Mais plutĂŽt qĂŒâ€™elle considĂšre Que je me ^as dĂ©saltĂ©rant Dans le courant’,. ' Plus de vingt pas au-dessous d’elle.' (La Fontaine.) Tout se tait, et moi seul, trop prompt Ă  me troubler, J’àvancĂš dĂšs .mĂ iheurĂą quĂš je puis reculer. (Racine.) FEMININ. Je m’en vais seule au temple oĂč leur hymen s’apprĂȘte, OĂč vous n’osez aller mĂ©riter ma conquĂȘte. (Racine.) ' Mon ami, je me suis instruite avec soin.de ce qui s’est passĂ© entre yous et milord Édouard. (J.4. RousseĂ ĂŒ.) Un noble orgueil m’apprend qĂŒĂ©tant flllc de roi, Tbul ùûtrĂš qu’un monarque est indigne de moi. ' (Corneille.) Le nom dĂ© la premiĂšre personne a trois formes poĂŒr le singulier; ce sont ; je; me, moi. Ces trois mots,“ comme on le voit, sont de;s deĂŒx genres : masculins; quand c’est un homme' qui parle; fĂ©minins^ si c’est une femme. : Nom. A yec la libertĂ© Rome_ s’en va renaĂźtre Et nous mĂ©riterons lĂ© lioiri de vrais RĂŽmĂ ins, Si le joug qui l’accable est brisĂ© par nos mains. (Corneille.) * ^ i* Que vous semble, mes sƓurs, de l’état oĂč nous sommes ? (Racine.) LĂ© nĂŽifri pluriĂšl delĂ  premiĂšre personnd, nous, est Ă©galerrient clĂŒ masculin et du fĂ©minin. ' . N“ CGXLIL * ' / / GENkÈ ET NOMBRE DÉ Ûl, te, tOi. . Ă . .k. MASGUhmK.' . Jeune Grec, fĂ» vĂ s entrer ÙAns mon empire; iĂč ahiverĂąs bientĂŽt dans ,cette Ăźle fortunĂ©e oĂč les plĂšU” sirs; les HĂš, lĂšs JeĂŒi folĂątres naissent sous nos pas. ^ (FĂ©nelon.) RespectahlĂš eiinĂšmi qĂŒestiment les chrĂ©tiens, Je reviens dĂ©gager mes serments et les tiens ; J’ai satisfait Ă  tout, é’est Ă  toi d’y souscrite; Je U fais apporter la rançon de ZaĂźre> (Voltaire.) ËÉMIHIN. Nature 1. tĂ» nĂš pĂšux pas mentir. Dieu ne se conÂŹ tredit jamĂ i§ dans sĂšs Ɠuvres. , (Boiste.) ^ 0 J’ai,.ma chĂšre cousine, Ă  te donner un avis qui t’importe. Hier au soir,, ton ami eut avec milord Ëdouard un dĂ©mĂȘlĂ© qui peut devenir sĂ©rieux. (J.-J. Rousseau^)
( 319 ) Je ne te dis plus rien ; vengez-moi, venge-ZoĂŻ, Moritre-toi digne fils d’Ăčn pĂšre tel que moi, (Corneille.) Funeste ambition C’est toi dont les fureurs, toujours illĂ©gitimes. Firent naĂźtre Ă  la fois les sceptres et les crimes, . ' (CrĂ©billon.) On apprend par ces exemples 1Âź que le nom de la seconde personne a trois formes Kl singulier, qui sont tu, te, toi; 2Âź qu’ellĂ«s servent toutes les trois aussi bien pour le masculin que pour le fĂ©minin. Foms, f Romains, Ă»ows m’entendez, vous savez mon espoir. Songez Ă  mes bienfaits, sdngĂšz Ă  mon pouvoir. (YoltĂ irb.) . Prudes, vous vous devez dĂ©fier de vos forces. (La Fontaine^) On voit que le nom pluriel de la seconde personne, vous, est aussi des detix genres. CGXLIII. c GENRE EX NOMBRE DE tZ, elU, U, la, lui, Se, SOi. FÉMININ. Stocicliolm est une viilĂ© qUĂ© sa situation JiĂąkiĂ©ulßÚre rĂšrid admirable. Elle&e troĂŒve situĂ©e presque aĂŒ miÂŹ lieu de la mer Baltique, au commencement du golfe BoUiorque. (Regnard.) Sire, prononce* donc. Je suis prĂȘt d’obĂ©ir; D’autres aiment la vie - et je la dois haĂŻr. (Corneille.) On dit que la noblesse a la vertu pour mĂšre ; S'il est vrai, ses enfants rie Zwi ressemblent guĂšrĂ«. (Boursault;) Une Ăąme accoutumĂ©e aux grandes actions, Ne se peut abaisser Ă  des soumissions. (Corneille.) Grand Dieu Ăź des opprimĂ©s oĂč serffit l’espĂ©rĂ ncĂ© ; Quel prix dans Ăźe malheur soutiendrait leur constance; Si notre Ăąme eĂŒ quittĂątit ce monde criminel Ne trouvait devant toi qu’un nĂ©ant Ă©temel ? (CHÉNlBRi) Par ces Ă«xĂ©ihplĂ©s, il est aisĂ© de reiriĂčrquer 1Âź qĂŒau singulier le nom de la troiÂŹ siĂšme personne a sept formes, qui sont : il, elle, le, la, lui, sĂ©, soi; 2“ que il et le sĂšr- vent pour le masculin, elle et la poiir le fĂ©minin; 3Âź que lid, se, soi s’emploient pour les deĂŒx genres* MASCULIN. Ün HorairiĂš qui s’ñlrnait sĂ ns avoir dĂ© rivaux, Passait dans son esprit pour le plus beau dĂŒ monde ; Jl accusait toujours les miroirs d’ĂȘtre faux, ^ Vivant plus que content dans son erreur profonde; (La Fontaine.) Il est clair que notre Ăąme a bien plus de ressort, Pour supporter lĂ© riiĂ l quand on sait.qĂŒil arrive ‱ Comme pour le parer, elle est bien plus active. (FabrĂ©- d’Églantink.) ... Le plus innocent devient souvent coupable, Quand aux yeux de sori pfirice il parait condamnable | ' C’est crime qu’envers lai se vouloir excuser; (Corneille.) Les Dieux savent forcer, lĂ© crime Ă  se trahir. (de BelloV*) Je vous dis que mcri fils n’a rien fait de plus s^Ă© Qu’en recueiUant chez soi Ce dĂ©vot personnage; (MoLiÉËñ.)
C 320 ) NÂź CCXLIV. GENRE EN NOMBRE DE ÜS, $UX, cUeS, ICS , leur, S6 , SOi: ‱ MASCULIN. Les hommes veulent tout avoir, et tls se rendent malheureux par le dĂ©sir du superflu. (FĂ©nelon.) Les amants sont entre eux uu peuple bien bizarre. (LachaussĂ©e,) ‱ Des plus tendres amants voilĂ  quel est le sort Ăź Toujours leur passion trouve un injuste obstacle ; Et pour les rendre heureux il faut quelque miracle. (Dkstouchks.)* Il faut compter sur Tingratitude des hommes et ne laisser pas de leur faire du bien. (FĂ©nelon.) Les vrais ambassadeurs, interprĂštes des lois, Sans se dĂ©shonorer savent ^rvir leurs rois. (Voltaire.) Y a-t-il des corps subtils en soi ? (CONDiLLAC.) rÉfttlNIN," En AmĂ©rique; les guerres sont frĂ©quentes et trĂšs, cruelles parmi les sauvages. Elles naissent de TĂ©tat de faiblesse de ces petites nations, qui proportionnent toujours leurs vengeances Ă  leurs craintes. ' ^ (Bernardin de St-Pierre.) , Les grandes passions naissent dans un grand cƓur ; Qui les sent fortement sait eƓ ĂȘtre vainqueur. ' (Dk Belloy.) ^ Les femmes doivent ĂȘtre attentives, car une simple ' apparence leur fait quelquefois plus de tort quĂŒne faute, rĂ©elle. - (Girard.) La sagesse et la puissance du CrĂ©ateur , aussi viÂŹ sibles dans la structure du limaçon que dans celle du lion, se manifestent dans toute la nature. (BĂŒffon.) Seigneur, que tant de profanations que les armes traĂźnent aprĂšs soi, vous fassent enfin jeter des yeux de pitiĂ© sur votre Ă©glise. (Massillon.) Le nom pluriel de la troisiĂšme personne a donc ils, eux pour le masculin, elles pour le fĂ©minin, et les, leur, se, soi pour les deux genres. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. MASCULIN et FÉMININ. ■tRCULtlX Je luis heureux (i). Je suis beureufo. Je suis bon. Je suis bonne. Je suis roi. Je euis reine. Me dire gourmand. Me dire gourmande. Moi, ingrat Mot, ingrate. Tu es Ă©tranger. ‱ Tu es Ă©trangĂšre. Tu es orpliclin. Tu es orpheline. Te montrer gĂ©nĂ©reux. ‱ Te montrer'gĂ©nĂ©reuse. Toi, mon ami. Toi, mon «mie. Il boit Elle boit- Lui.Ăštre bonteui. Elle, ĂȘtre honteuse. Le cbĂ©rfr. La chĂ©rir. Liii donner assistance ( Ă  son prochain. ) Lui adresser des priĂšres { Ă  la DiTinitĂš.) L'bomme se dĂ©shonore. La femme se dĂ©shonore. Vn arare n*aimc que soi. Une femme qui no pense qu'Ă  sot. MASCULIN et FEMININ. PLDRtBL, 'MASCULIN et FEMININ. ElKOOLUl. Nous sommes grands. Je Biiis petit. Nous sommes grandes. Je suis petite. Nous sommes mĂ©chants. Je SUÎ.S fĂąchĂ©. Nous sommes mĂ©chantes. Je suis fĂąchĂ©e. Nous sommes amis. Je suis garçon. Noua sommes amies. Je suis Glle. Nous dire parents. Me croire instruit. Nous dire parentes. Me croire instruit* Nous, Français. Moi, vindicatif. Nous, Françaises. Moi« vindicative. Vous ĂȘtes friands. Tu es fainĂ©ant' Vous ĂȘtes friandes. Tu es fainĂ©ante. Vous ĂȘtes ouvriers. Tu es extravaganl. Vous ĂȘtes OuvriĂšres. Tu es eitravagante.' Voua rendre savant. Te dire ignorant Voua rendre savautea. Te dire ignorant*. Vous, mes frĂšres. Toi, mon pĂšre. Vous, mes sƓurs. Toi, ma mĂšre. Iis dorment. Il aime. Elles dorment Elle «ime, Eux, rougir. Lui, pleurer. Elles, rougir. Elle, pleurer. Les aimer, les mĂšres. Le voir. Les respecter, les parents. La voir. Leur faire la guerre Lui souhaiter longue ri* aux prĂ©jngĂ©t. ( Ă  son pĂšre ). Leur ĂȘtre lidĂȘle Lui ĂȘtre dĂ©vouĂ©. (Ă  ses promessesl. (Ă  sa patrie ). Les citoyens se sacrifient. Le printemps sc passe. Les roses nĂ©trissent. Lo violette se cache. Des corps pesants en soi. L’animul ne vit que pour soi. Des choses indilTĂ©rcntcs en soi. Une chose mĂ©prisable en soi. MASCULIN et FEMININ PLOBIIL. Nous sommes laborieux. 'Nous sommes laborieuses. Nous sommes furieux. Nous sommes furieuses. ' Nous sommes contents. Nons sommes eontcbtO. Nous faire paurre. Nous faire paurrei. ‱ Nous, ennemis. Nous, ciinctniei. Vous ĂȘtes Toisins. Vous ĂȘtes Toisiues. Vous ĂȘtes dĂ©vots. Voua ĂŽtes dĂ©votes. Vous faire riche. Vous faire riches. Vous, hommes. Voua, femmes. Us rivent E l'es Tivent * Eux, donner. Le» haĂŻr, les criidei. Les craindre, les passions. Leur tendre des piĂšges ( aux oiseaux). Leur voir des parures (aux femmes). Les hommes se disputent Les armĂ©cs se iiiccĂšdcut Les Tices sont honteux en sot. Les dĂ©bauches traĂźnent aprĂšs sol des infirmitĂ©s. - (1) Les phrases que les Ă©lĂšves ont Ă  faire doivent ĂȘtre semblables Ă  celles-ci : Je suis heureux quand je fais tme b<mne act ion ; nous sommes grands envers nos mfĂ©rieurs ; nous sommes petits avec nos supĂ©rieurs, etc.
(321) N” CCXXV. <»«»<" i JffoUS ET VOUS EMPLOYÉS POÜK je ET tU EXEMPLES. Nous jowsjjgnĂš, dĂ©clarons que le liommĂ© Pierre a Ă©tĂ© pris les armes Ă  la main. (Anonyme.) Nous ne nous sommes pas cru -dans TolĂŻtigation Ăčc commencer par examiner si l’on doit instruire le peuple. (Naville.) Nous sommes trop persuadĂ©e du peu d’intĂ©rĂȘt qu'offrent ces AlĂ©moires pour croire qu’ils mĂ©ritent jamais l’attention de personne. (Mad. deP’*'.) Ehl qui vous a chargĂ© du soin de ma famille? (Racine.) Songez bien dans quel rang vous ĂȘtes Ă©levĂ©e. (Id.) ANiXTSE. Je soussignĂ©, dĂ©clare que le nommĂ© Pierre a Ă©tĂ© pris les armes Ă  la main. Je ne mĂ© suis pas cru dans l'obligation de comÂŹ mencer par examiner si l’on doit instruire le peuple. Je suis trop persuadĂ©e du peu d’intĂ©rĂȘt qu’ofÂŹ frent ces MĂ©moires, pour croire qĂŒils mĂ©ritent ja- mais l’attention de personne. Eh! qui t*a chargĂ© du soin de ma famille? Songe bien dans quel rang iu es Ă©levĂ©e. f II y a, comme on le voit, deux formes pour reprĂ©senter TunitĂ© au moyen du pronom personnel; ce sont: je einous, tu etuous. La politesse, Torgueil ou l’importance de celui qui parle ou de celui Ă  qui le discours s’adresse, ont fait supposer qĂŒun seul valait autant que plusieurs. De lĂ  Tadmission, pour ce seul individu, des mots vous et toi, nous eimoi. Ainsi, l’enfant, parlant Ă  son pĂšre, dit en 'français : vous ou te, tu, toi; et le roi, qui est le chef de la nation et la reprĂ©sente, dit : nous^ comme Ă©tant en quelque sorte plusieurs, Ou plutĂŽt tous en un seul. , - Nous'pont moi on je se met dans les actes. Un auteur remploie aussi en .parlant de lui- mĂȘme; Ă©t cette façon de parler est plus modeste que la derniĂšre. Cependant elle est parÂŹ ticuliĂšrement rĂ©servĂ©e pour les actes Ă©manĂ©s d'un chef suprĂȘme. Nous, employĂ© dans certaines circonstances, dit M. Arnault, n'est vĂ©ritablement qĂŒune multiplication du mot. Il ne dĂ©signe pas plusieurs personnes, mais une personne qui croit Ă©quivaloir Ă  plusieurs. ^ Tous les princes chrĂ©tiens se servent du wows dans leurs actes, tous, exceptĂ© le roi d’Espagne, dont la signature est prĂ©cĂ©dĂ©e de cette formule [yo el rey), moi, le roi. Comment un individu a-t-il Ă©tĂ© amenĂ© Ă  employer le pluriel de prĂ©fĂ©rence au singuÂŹ lier, en parlant de lui? Cela ne viendrait-il pas desRomains? Chez eux, les magistratures, Ă  commencer par le consulat, Ă©taient exercĂ©es collectivement par plusieurs magistrats. Le nom Ă©st donc le pronom qui, dans leurs acteS) devait dĂ©signer ce genre d'autoritĂ©. Lorsque, par le seul fait de la rĂ©union des grandes magistratures dans Ă»n seul individu, on eut changĂ© la rĂ©publique en monarchie, Tempereur, qui, tout Ă  la fois consul, tribun , souverain pontife et gĂ©nĂ©ralissime, Ă©tait prince du sĂ©nat, reprĂ©sentant du peuple, chef de la religion, chef de TarmĂ©e, et que ĂŒĂ©tak-il pas ? l’empereur, dis-je, ĂȘtre collectif s’il en fut, ne devail-il pas se croire fondĂ© Ă  se servir du nous pour dĂ©signer le dĂ©positaire de tant de pouvoirs, le reprĂ©sentant de tant d’intĂ©rĂȘts? En sĂš servant du moi, n’aurait-ij pas fait une faute de grammaire ? Le protocole dĂšs princes s’est rĂ©glĂ© sur celui des CĂ©sars, Ă©t les autoritĂ©s infĂ©rieures n'ont pas nĂ©gligĂ© de se rĂ©gler sur les princes.Le plus petit magistrat, le maire d'AsniĂšres, 41
( 322 J par exemple, se sert aujourd'hui du nous tout bounement, sans vanitĂ©, sans'se douter qu'il parle comme les maĂźtres du monde. Est-ce par suite de Tusage que les princes de l’Eglise ont adoptĂ© aussi Temploi du nous ? Je serais tentĂ© de 1§ croirç, car les apĂŽtres auxquels ils succĂšdent ne s'en servaient pas dans leur correspondance avec les premiers fidĂšles. Saint Paul, dans ses Ă©pĂźtres, parle toujours au singulier, Ă  moins qĂŒil ne soit assistĂ© de quelques disciples, tels que Sylvain et TimothĂ©e. L'emploi du noiis, introduit originairement par Torgueil, est aujourd’hui recommandĂ©' par la modestie, et le moi est proscrit par deux grandes autoritĂ©s, par un moraliste et un chansonnier, par Pascal el Boufflers, comme portant un caractĂšre" insoutenable de pré somption. et de personnalitĂ©. , Cela est-il bien juste? serait-il absolument impossible de dĂ©montrer que le moi, qui ne caractĂ©rise pas moins la franchise qĂ»eTĂ©goĂŻsme, est peut-ĂȘtre aussi souvent que le nous Texpression de la modestie ? Laissons de cĂŽtĂ© les circonstances oĂč le nous est adoptĂ© par Tusage, oĂč le nous entre de droit dans les formĂŒes, comme certains personnages gothiques dans certaines cĂ©rĂ©moÂŹ nies oĂč ils figurent sans qĂŒon y fasse attention. Le nous ĂŒindique lĂ  ni modestie ni orgueil ; mais est-ce par modestie que plusieurs gens l’emploient en Ă©nonçant une opiÂŹ nion ou une volontĂ© particuliĂšre, Ă  laquelle ils prĂȘtent aussi TautoritĂ© de plusieurs ? !Non sans doute, pas plus que ce n'est par courage qĂŒils cherchent Ă couvrirla nullitĂ© de leur moi de l'importance de ce nous, derriĂšre lequel ils se rĂ©fugient, comme un poltron derriĂšre une ligne de grenadiers. Quand je vois le membre d'une association quelconque se servir du nous dans un Ă©crit qĂŒil ne signe pas, soit en attaquant des idĂ©es reçues, soit en soutenant des paradoxes, soit en dĂ©nigrant des hommes estimĂ©s, soit en prĂŽnant des hommes discrĂ©ditĂ©s: je crois qu’il cherche moins Ă  se dĂ©rober Ă  Thonneur d’avoir Ă©mis des vĂ©ritĂ©s nouvelles, qu’à faire retomber sur la coterie sous la raison de laquelle il correspond la responsabilitĂ© de ses hĂ©rĂ©sies; le nous est lĂ  oĂč il n'oserait mettre le moi. Ce nows-lĂ  ne couvre-t-il pas ce mot contre lequel Blajse Pascal montre tant d'humeur; ce moi qĂŒil hait comme injuste en soi, en ce qu'il se fait centre de tout, et comme incommode aux autres, en ce qu il veut les asservir. (Pascal, art. 9, ps. 23.) Cenows-lĂ , pronom du lĂąche comme de'TĂ©goĂŻste, Ă©quivaut au mot on, mot d'usage tout aussi commode, mot sous la protection duquel tant de braves s'embusquent aussi, mot si bien qualifiĂ© par le proverbe : on est un sot: ' On emploie vous au lieu de lu envers ses supĂ©rieurs, ses Ă©gaux et ses infĂ©rieurs. Notre courtoisie est mĂȘme si grande, que nous ne dĂ©daignons pas de donner du vous et du monsieur Ă  l’homme de la condition la plus vile (1). On peut tutoyer : 1° Les personnes avec lesquelles nous avons la plus intime familiaritĂ©; telles que nos parents, nos enfants, nos frĂšres, nos sƓurs, etc. Le tu, en pareille circonstance, est le lanÂŹ gage de Tamour, de TamitiĂ© et de la fraternitĂ©. 2Âź Ses infĂ©rieurs, s’ils sont beaucoup au-dessous de soi : un maĂźtre peut donc fort bien utoyer son laquais. 3Âź Ceux que Ton mĂ©prise ou que Ton insulte ; quelle que soit alors leur condition, .ou se ,(1) Ma, Dio melperdoni, s’écrie un Italien, quel titolar dame, per sino le portinaje, gente vile, dispetta, e villana, mi strazia propriamente V orecchio, e parmi grande oltraggio'di cortesia. Nous ne croyons pas devoir traduire ces paroles en français.
‱ * ( 323 ) met bien au-dessus d’eux. C’est ainsi que le grand-prĂȘtre Joad n’ayant plus besoin de disÂŹ simuler, dit Ă  la reine Athalie : Tu seras satisfaite, Je U les vais montrer lĂŒn et Vautre Ă  la fois. Ce qĂŒil y a de plus grand, de plus vĂ©nĂ©rĂ©; mais cela n’a lieu que dans le style Ă©levĂ© : \ /Grand Dieu! fesjugements sont remplis d’équitĂ©. (Desbarreaitx.) 0 mon souverain roi! Me voici donc tremblante et seule devant toi. (Racine.) O toi qui vois la honte oĂč je suis descendue, ' \ Implacable VĂ©nĂčs, suis-je assez confondue! (Id.) Le tutoiement, qui rend, dit Voltaire, le discours plus serrĂ©, plus vif, a de la noblesse et de la force dans la tragĂ©die; mais il doit ĂȘtre banni de la comĂ©die, qui est la peinture de. nos mƓurs.- Il est bon de remarquer que lorsqu’on fait usage de vous et de nous, au lieu de tu et de je, les adjectifs ou participes se mettent au singulier, et revĂȘtent le genre du nom de la personne qui parle ou Ă  laquelle on parle, comme on peut le vĂ©rifier par les exemples que nous avons citĂ©s plus haut. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. * p ^ UN HOMME PARLANT DE LUI. UNE FEMME PARLANT D’ELLE. EN PARLANT A UN HOMME. A ÜNE FEMME. Nous sommes convaincu que. Nous sommes convaincue que. Vous ctes estimĂ©. estim^. Nous sommes persuadĂ© que. Nous sommes persuadĂ©e que. Vous ĂȘtes Ă©tonnĂ©. Ă©tonnĂ©e. Nous sommes assurĂ© que. Nous sommes assurĂ©e que. Etes-vous persuadĂ© ? persuadĂ©e. Nous sommes Ă©tonnĂ© que. Nous sommes Ă©tonnĂ©e que. , Vous ĂȘtes cruel. cruelle. Nous sommes surpris que. Nous sommes surprise que, - Vous ĂȘtes savant. savante- Nous soussignĂ©. Nous soussignĂ©e. Etes-vous bien portant? bien portante. On verra, au chapitre du verbe, lorsque nous parlerons de l’impĂ©ratif, que trĂšs-souvent une personne se parlant Ă  elle-mĂȘme , fait usage de la premiĂšre personne du pluriel de l’impĂ©ratif, et qu’en pareil cas on ne met pas l’adjectif au pluriel : Soyons digne de notre naissance; soyons sage. Certainement si l’on employait le pluriel, ce serait ĂŽter tout le charme, tout le piquant de cette façon de parler, ce serait faire mĂȘme un contre-sens. « * N" CCXLVI. FONCTIONS DE je, «16 , WOL SUJET. Je puis faire les rois, je puis les dĂ©poser. (Racine.) /e mourrai tout ensemble heureux et malheureux. (Corneille.) Moi seule Ă  votre amour ai su la conserver. (Racine.) Personne ne souhaite plus que moi. monseigneur, que vous soyez un trĂšs-grand nombre d’annĂ©es loin des pĂ©rils insĂ©parables de la royautĂ©. (FĂ©nelon.) complĂ©ment direct. Me laisserai-je Ă©ternellement ballotter par les soÂŹ phismes des mieux disants? ‱ (J.-J. Rousseau.) Laissez-moi chez les morts descendre sans rougir. (Voltaire.)
f Ăą2i ) cĂŽĂŻĂąprÉMĂŻiKt ßÿrĂ»iriĂ©ct. Vous me parlez toujours d'inceste, d’adultĂšre; , (Racine.) Muse, raconte-mot ces grands Ă©vĂ©nements. (Delille.) Mais il est mon Ă©poux, et tu parles Ă  moi. . (Corneille.) COMPLEMENT DE PRÉPOSITIONS. Homme rare, sur ma parole ! Avec moi vous en conviendrez, (Arnault.) Quoi‘qĂŒils fassent, mes contemporains ne seront jamais rien pour moi, (J.-J, Rousseau.) Une grande rĂ©volution venait de se faire en moi. i (J.-J. Rousseau.) Vous verrez vos Ă©poux d’abord indiffĂ©rents, Attendre de moi seul la fin de leurs tourments. (Aubert.) Le pronom de la premiĂšre personne a deux formes au singuliĂ©r, pour reprĂ©senter le sujet ; ce sont je et moi. La premiĂšre, je, ne peut entrer dans le discours qĂŒappuyĂ©e sur le verbe dont elle dĂ©signe le sujet : Je chante, je lis, je pleure. La seconde, au contraire, moi, peut se passer de cet appui, et le plus souvent mĂȘme elle n'est employĂ©e que lorsque le verbe est sous-entendu : Personne ne souhaite plus que MOI, c’est-Ă -dire : personne ne souhaite plus que moi ne souhail'e. Dans cette phrase, oĂč le nom personnel moi est le sujet du \QvhQ souhaite non exprimĂ©, on ne pourrait pas se servir du je. La raison en est, ce nous semble, que la forme je n’ayant pas un son aussi Ă©nergique que la forme moi, exige nĂ©cessairement l’appui d'un verbe. Le complĂ©ment direct est reprĂ©sentĂ© par me et moi; mais la diffĂ©rence que ces mots offrent dans leur emploi, c'est que me se place avant le'verbe : Il me flatte, il me frappe ; tandis que moi se. met toujours aprĂšs les verbes ; flatte-moi, crois-moi ; frappe-- moi. ' Les mĂȘmes formes me et moi servent Ă©galement pour le complĂ©ment indirect; la premiĂšre prĂ©cĂšde les verbes : Il me parle, il me donne, il me dit; la seconde les suit : Parle-moi, donne-moi, dis-moi. Le complĂ©ment indirect peut aussi ĂȘtre indiquĂ© parla forme Ă  moi ; et mĂȘme, suivant Lemare, dans ces phrases : Donne-moi, dis-moi, parle-moi, la prĂ©position Ă  est sous-entendue : Parle-moi est donc pour parle Ă  moi. Et ce qui le prouve, c’est que si l’on veut attirer davantage l’attention, on rĂ©tablit Tel- lipse: * " ‘ / Avez-vous oubliĂ© qĂŒe vous parlez Ă  moi ? Messala, songez-vous que vous parlez Ă  moi ? (Corneille.) (Voltaire.) Quant Ă  la forme que l'on doit employer aprĂšs les prĂ©positions, les exemples que nous avons citĂ©s nous font voir qu’il n’y en a pas d’autre que moi. De toutes les observations que nous venons de faire , il rĂ©sulte que le nom personnel moi peut s'employer dans tous les rapports possibles, ce quine peut pas arriver de je ni de me, , EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. sujEt: Je pats rĂŽtupre. < Je Tcox mourir. ‱ AnssĂź modesto qae moi. Moi uni dois. COMPLEMENT DlIĂźiCCT. Me comblera. Me punissait. Mc rccomprtisi r- Me tromper. COMPLEMENT INDIRECT. Me donner. !Me nuÎÂait. Me refusait. Ne me retirer pa*. COMPLÉM. DE riiEPOSIT. Par mt». Contre moi. Chez moi. Avtnl moi.
325 ) ^ < I —*g»eooc)Ăź>g^^ggg> N" CCXLVIl..ffi»«« FONCTIONS DE umiS. SUJET. Nous ne vivons jamais, nous attendons la vie. Personne ne connaĂźt mieux nos dĂ©fauts que nous. (Voltaire.) * (Anonyme.) I COMPLÉMENT DIRECT. Le sentiment de l’innocence nous Ă©lĂšve vers la divinitĂ©, et nous porte Ă  la vertu. (Bern. de Saint-Pierre.) Aidons-nous mutuellement, La charge des- malheurs en sera plus lĂ©gĂšre. (Florian.) COMPLEMENT INDIRECT. Il faut aimer ceux qui nous font du bien. i Nous nous assimilons volontiers aux hommes su* . (Gosse.) i pĂ©rieurs Ă  nous. ' (Boiste.) complĂ©ment de prĂ©positions. Qui de nous, en posant une urne cinĂ©raire, N’a trouvĂ© quelque ami pleurant sur un cercueil? (V. Hugo.) Examinons un peu, sans tĂ©moins, sans jaloux, Tout ce que la fortune a prodiguĂ© pour nous. (Voltaire.) Le pronom pluriel de la premiĂšre personne, qui n’a quĂŒne seule forme, nous, peut, ainsi que le prouvent ces exemples, se trouver dans tous les rapports possibles. i)ans le premier exemple de la deuxiĂšme colonne, il est employĂ© avec ellipse du verbe : Personne ne connaĂźt mieux nos dĂ©fauts que NOUS ; analyse Personne ne connaĂźt mieux nos dĂ©fauts que NOUS les connaissons. Le pronom personnel nous est Ă©videmment le sujet du'verbe connaissons sous-entendu. ‘ t ' EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. SUJET. COMPLÉMEPH’ DIRECT. COMPLÉMENT INDIRECT. COMPLÉM. 0E PRÉPOSIT. Nous laissons. ‘ Nous dĂ©daigne. Nous dĂ©fendre de. Avec nous. Nous approuvons. Nous attaquait. Nous ĂŽter de. Gontre'aou.s. Aussi indulgentsque nous, Condamnei-nous. Rendez-noua, par nous. ^ Plus malheureux que nous. OSensez-noas. ‱ Donnez ji nous. Devant nous. N" CCXLVm. FONCTIONS DE tU, te, toi. Tu rĂ©gnerais encor si tu l'avais voulu! Fils de la libertĂ©, tu dĂ©trĂŽnas ta mĂšre, ArmĂ© contre ses droits d’un pouvoir Ă©phĂ©mĂšre, » Tu croyais l’accabler, tu l’avais rĂ©solu., (Cas. DelavĂŻgne.) SUJET. / Comment as-tu perdu le goĂ»t de ces plaisirs quai fot seule Ă©tais capable de sentir et de rendre? (J.-J. Rousseau. Oh! mon ami, je dĂ©fie qu’on trouve dans les quatre cantons un hoimne plus amoureux que toi. {Id.) . COMPLÉMENT DIRECT. A qui du bien d’autrui veut te gratifier, Tu ne dois pas trop te fier. (Perrault.) Garde-^f, tant que tu vivras, De juger les gens sur la mine. (La Fontaine.,)
( 3M f COMPLÉMENT INDIRECTE. Lyre! qui te rendra ta divine influence, Et tes magiques sons qui soumettaient nos cƓurs? (Madame Tastu.) Rappelle-tot, rappelle-toi ce sentiment si calme et si doux que tu connus une fois et que tu dĂ©crivis dĂŒn ton si touchant et sĂź tendre, (J.-J. Rousseau:) Ne t’attends qu’à toi seul. (La FontaipĂźe.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. On ne deniande pas de toi beaucoup de paroles, on n’exige de toi que la vĂ©ritĂ©. . (PensĂ©e de DĂ©mocrate.) Pour toi, ma fille, alarmĂ©e et tremblante, Puis-je avec calme envisager la mort? (Madame Tastu.) Le pronom de lĂ  deuxiĂšme personne a donc : lÂźP6ur le sujet, deux formes : Tu, qui demande toujours aprĂšs lui un verbe ; Tu es heureux, Tu chantes, Tu dors; et toi, qui peut s’en passer : Un homme plus amoureux que TOI; c’est-Ă -dire : Un homme plus amoureux que TOI ES amoureux, oĂč Ton voit que toi est le sujet du verbe es soĂŒs-eiitendu. 2° Pour le complĂ©ment direct : te et toi ; Tun se place avant le verbe, Tautre aprĂšs. 3° Pour le complĂ©ment indirect : te, toi, et Ă  toi; le premier seul prĂ©cĂšde le verbe. Quant aux formel tĂŽiĂ©iĂ  toi, elles sont les mĂŽmes, si ce n’est que la premiĂšre s’emploie par ellipse pour la seconde. Ppur le complĂ©ment des prĂ©positions : /oi, qui ne varie jamais. On peut, comme on Ta vu, se servir de cette derniĂšre forme toi dans tous les rapports possibles ; ce qui n’a pas lieu avec tu ni te, EXËRCICÈ PHRASÉOLOGIQÜE. SÜJET. Ta appartiens. Tu reliras. , Plus savant que toi. Toi seul penses. COMPLÉaiENT DIRECT. Te dĂ©shonorer. Te contraindra. DĂ©fend-s-loi. Kends-toi. COMPLÉMENT ÏNDlhÈCT, COMPLÉM. DÈ PRÉÉOStT, * Te nnira. Avec toi. Te sera funeste* Contre toi- Rappelle-toi. Devant toi. Epargne-toi, AprĂšs toi. —OCX30( -5^0 N" CCXLIX. FONCTIONS DE VOUS, SUJET. Prodiguez les bienfaits, vous ne parviendrez pas A changer le coeur des ingrats. .(CoupĂ© de Saint-Donat.) Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes; Quelque Ă©levĂ©s qĂŒils soient, ils sont ce que nous sommes. Si vous ĂȘtes mortels, ils le sont comme (J.-B. Rousseau.) COMPLÉMENT DIRÈCT. On vous nomme des rois lĂ© plus grand, leplus juste. (Lemonnibr.) ... Filles' de Sion, florissante jeunesse, Joignez-vot*# Ă  nos chants sacrĂ©s. (/d.) complĂ©ment INblRÉCt. Je vous donnerai un cbtiieil sĂąlĂŒthirĂ« ; Ă«t, jpour rĂ©compense, je ne vowi dethande qĂŒe le sect'Ă©t. . (FĂ©nelon.) ‱ 4 Avant que je la demande Ă  lui, souffrez que je la demande Ă  vous, (Marivaux.)
( 327 ) COMPLÉMENT DB PRÉPOSITIONS. Connaissez donc le monde, et songez qu’aujourd’hui^ Il faut que vous viviez pour vous moins que pour lui., (Voltaire.) Ce sont, en un mot, les charmes des sentiments, bien plus que ceux de la personne, quĂ© j’adore en vous. Rousseau.) Si mon mauvais destin Me condamnait Ă  voyager sans vous. (Delille.) De vous adroitement je veux l’entretenir. (Voltaire.) Le pronom pluriel de la deuxiĂšme personne^ peut remplir tontes les fonctions. Le premier exemple de la deuxiĂšme colonne est elliptique : Si vous ĂȘtes mortels, ils le sont comme Y0\iĂš, c’est-Ă -dire, ils te sont comme VOUS Vhes ;t70ttĂąest le sujet du verbe ĂȘtes non exprimĂ©. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. SUJET. VoD3 croyez. Vons avez dit. Aussi riche que vous. 11 Test comme vous. COMPLÉMENT DIRECT. Il vous accuse. Il vous rei^arde. DĂ©fiez-vous. Corrigez-vous. COMPLEBtÉNT INDIRECT. je vous dis; 11 vous assure que. S^adresse Ă  vous. A vous tout ie honhehr. ' COMPLÉM. DEPRÉPOSIT. Parmi vous. Chez vous. DerriĂšre vous. Selon vous. CCL. FONCTIONS DE il, le; lui. SUJET. L’histoire est un bon livre; il guide'sans rudesse, Il montre aprĂšs le crime un rĂ©sultat moral, Et nous prescrit le bien par les dangers du mal. (A. bE Monxesquiou.) Lui seul aux yeux d’un Juif dĂ©couvrit le dessein De deux traĂźtres tout prĂȘts Ă  vous percer le sein. (Racine.) Et je suis mille fois plus criminel que Ăźui. m COBfPLÉMENT DIRECT. L’amour avidement croit toĂŒt ce qui le flatte. (Racine.) L’égoĂŻste n’aimant que Zm n’est aimĂ© de personne. (Gaston.) complĂ©ment indirect. MaĂŒs nous lui devons tout. Il est notre sauveur. (ChĂ©nier.) Cette curiositĂ© du roi fĂźt qĂŒon nous prĂ©senta Ă  Ăźui. (FĂ©nelon.) COMPLÉMENT DE PREPOSITIONS. ...Et quel intĂ©rĂȘt contre lui vous anime? (Racine.) Le mĂ©chant a beau fuir la peine de son crime, il la porte avec lui. (Fontenelle.) Ce tableau donne lieu aux observations suivantes : f . 1Âź Au masculin singulier le pronom de la troisiĂšme personne, pour reprĂ©senter le sujet, a deux formes, qui sont il et lui. La premiĂšre, comme la plus faible, a besoin de l’appui d’un verbe ; la seconde peut en ĂȘtre privĂ©e. Dans le deuxiĂšme exemple de la deuxiĂšme colonne : Et je suis mille fois plus criminel que LUI, le nom personnel lui est employĂ© avec ellipse du verbe est : et je suis mille fois plus criminel que UJl n'est criminel. 2Âź Lorsque le pronom de la troisiĂšme personne est complĂ©ment direct, il se montre enÂŹ core avec deux formes qui sont le, lui; eM^vdiffĂ©rence qui les caractĂ©rise, c’est, comme on
{ 328 ) ' le verra plus loin, que la premiĂšre se place toujours avant les verbes, et que la seconde vient toujours aprĂšs : Il le flatte; j’aime lui et son frĂšre, 3° Pour le complĂ©ment indirect il n’y a quĂŒne seule forme, qui est lui; cette forme peut s’employer avec ou sans la prĂ©position Ă . 4*° Enfin, quand le pronom de la troisiĂšme personne est employĂ© comme complĂ©ment de prĂ©positions, il n’y a point Ă  se tromper : c’est toujours la forme/ut. SUJET. fl craint que* 11 joue avec. Lui raille. Plub spirituel que lui. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. COMPLÉMENT DIRECT. Qui le caresse. Qui le loue. N’écouter'quelni. N'avoir que loi. COMPLÉMENT INDIRECT. COMPLÉM. DE PRÉPOSIT, Lui devoir. Pour lui. Lui promettre. Envers loi. Laisser Ă  lui. En lui. Donner A lui. Vers lui. N” CCLI. FONCTIONS DE tls, etujo, les, leur. SUJET. Les lauriers sont infertiles ; ils ne donnent Ă uplus que de l’ombre, et ne valent pas les moissons et les fruits dont la paix est couronnĂ©e. (Lemoine.) Eux seuls seront exempts de la commune loi I (La Fontaine.) Les peuples du Canada ressemblent Ă  ceux du Mexique, du PĂ©rou et du BrĂ©sil, en ce qu’ils sont privĂ©s de poil comme eux, (VOLTAIRB.) COMPLÉMENT DIRECT. A mes nobles projets je vois tout conspirer; H ne me reste plus qu’à vous les dĂ©clarer. (Racine.) Les avares ne voient dans le monde qu’ewƓ et leurs trĂ©sors. (Anonyme.) COMPLÉMENT INDIRECT. Seigneur, tous vos soldats refusent de partir. Pharnace les retient, Pharnace /e«r rĂ©vĂšle Que vous cherchez Ă  Rome une guerre nouvelle. (Racine.) Certains peuples de l’Afrique, au moins aussi raisonnables que nos dĂ©vots, prĂ©tendent que tout ce qu’ils souhaiteront dans le ciel viendra d’abord se , prĂ©senter Ă  eux, (Mirabeau.) Ô COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. Sans distinguer entre eux qui je hais ou qui j’aime, Allons, et commençons par XipharĂšs lui-i>56me. (Racine.) Les gens dĂŒmonde aiment les gens qui ont pluÂŹ sieurs sortes d'esprit, parce qu’ils croient avoir plus d’analogie avec eux, (HELVÉTIUĂą.) Le pronom de 1a troisiĂšme personne, au masculin pluriel, a donc deux formes pour reÂŹ prĂ©senter le sujet: ce sont ils et eux. ' Le complĂ©ment direct en a Ă©galement deux, qui sont les et eux. La premiĂšre prĂ©cĂšde les verbes, lĂ  seconde les suit. Le complĂ©ment indirect en possĂšde aussi deux, dont la premiĂšre est leur et la seconde Ă eux. ; Èt lorsque le pronom de la troisiĂšme personne est complĂ©ment dĂŒne prĂ©position , on voit que c’est toujours le mot eux qu’il faut employer. Du reste, ce que nous avons dit sur la fonction deil,le,luiy doit s’appliquer Ă  ils, eux, hs, leur.
( 329 ) SlĂźJE'r. Ils Ă©conteat. ris racoDtent. Eux fcculs font. Plus grand quVux. EXÉRCICE PHRASÉOLOGIQVE. COMPLÉMENT DIRECT. Les craindre. Les observer. N’aimer qu’eux. Ne voir qu’eux. COMPLÉMENT INDIRECT. COBIPLÉBI. DE PRÉPOSIT. Leur parler. Sur eux, I^eur cn»eignei'- Cbcz eux. C’est Ă  eux. Selon rux. App.iitcoirĂ  eux. Sans eux. ' ■ ■■ooƓ ]\“ CCLII. » FONCTIONS DE elle, la, lui. SUJET. Jamais la vĂ©ritĂ© n’entre mieux chez les rois Que lorsque de la fable elle emprunte la voix. " (Boursault.) Pour moi, qui suis aussi malheureux qu’eZ/e, mais qui ai moins de droit Ă  l’indĂ©pendance, je sens, autant que jĂ« le dois, monsieur, combien il entre de bontĂ© dans la permission, quoique limitĂ©e, que j’ai reçue de vous ue m’entretenir avec elle. (Mirabeau.) complĂ©ment direct. Qui chĂ©rit son erreur ne la veut point connaĂźtre. , , (Corneille.) t t , , N’avoir qĂŒune femme et ne chĂ©rir qu’elle, est une loi de Dieu. (Anonyme.) COMPLEMENT INDIRECT, Quand sur une personne on prĂ©tend se rĂ©gler C’est par les beaux cĂŽtĂ©s qu’il lui faut ressembler. (MoliĂšre.) Venez avec moi, je vous ferai parler Ă  elle. (MoliĂšre.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. On ne peut guĂšre avoir une femme fidĂšle Qu’en attirant Tamusement chez elle ; Le manque de vertu vient quelquefois d’ennui, (Favart.) ’ D’autres d'une voix immortelle Vous peindront d’heureux jours en de joyeux accords : Moi, la douleur m’éprouve, et mes chants viennent Ă»eĂźle. (V. Hugo.) On doit remarquer ; 1Âź Que le pronom delĂ  troisiĂšme personne au fĂ©minin singulier n'a qĂŒune forme pour sujet : elle. Sa fonction est de toujours prĂ©cĂ©der les verbes ; cependant ce mot peut s'emÂŹ ployer dans les comparaisons avec ellipse du'verbe : Qui suis aussi malheureux qu'elle, c'est-Ă rdire, qui suis aussi malheureux qw'ELLE est malheureuse. 2Âź QĂŒil y a deux formes pour le complĂ©ment direct, ce sont la et elle; la prĂ©cĂšde touÂŹ jours le verbe, et elle le suit. 3Âź Que pour le complĂ©ment indirect on a encore deux formes, lui et Ă  elle'. 4Âź Que le complĂ©ment des prĂ©positions est toujours elle. 42
( 330 ) SUJET. ÂŁlle s'imftgiae. Elle travaille. Plus laborieuse qu'elle* Bloius savante qu’elle- EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. COMPLEBIENT DIRECT. La rendre. La sentir. N’avoir qu’elle. Ne possĂ©der qu’elle. COMPLÉMENT INDIRECT. Lui ressembler. Lui conter. Venir b elle. * S’adresser Ă  elle. COMPLÉM- DE PRÉPOSIT. Sans elle. AprĂšs elle. Avec elle. Par elle. CCLIII. ' FONCTIONS DÉ elUs, les, leur. SUJET. Honorez les femmes 1 elles sĂšment des roses cé lestes sur le cours de notre vie terrestre. (Boiste.). Si les femmes cherchent Ă  donner du ridicule Ă  une nouvelle venue, il est sĂ»r qĂŒelle est plus jolie qu'e/teJ. (Voltaire.} . COMPLÉMENT DIRECT. Les grandes passions naissent dans un grand cƓur; Qui les sent fortement sait en ĂȘtre vainqueur. '(De Bellot.) Ces bonnes mĂšres, elles ne sont pas Ă©goĂŻstes; car elles aiment elles et leurs enfants. (Anonyme.) complĂ©ment INDIBEGT. Ce qui fait qĂŒe les femmes sont peu touchĂ©es de l’amitiĂ©, c’est qu’elle leur paraĂźt fade aprĂšs l’amour. (La Rocuefoucauld.) Ôn me dit que ma femme et mes filles Ă©taient Ă  la promenade dans la forĂȘt; je les cherchai, et dĂšs que je les vis, j’allai, je courus d elles. {Id.) COBIPLÉMENT DB PRÉPOSITIONS. H ne dĂ©pend point de nous d’avoir ou de ne point avoir de passions ; mais il dĂ©pend dc nous de rĂ©gner sur elles. , (J.-J. Rousseau.) Toi, fille dc la nuit, quand les ombres fidĂšles Des champs aĂ©riens rembrunissent l’azur ^ Sans Ă©clipser tes sƓurs, tu rĂ©pands auprĂšs d’elles Vu feu tranquille et pur. (Madame Tastu.) Ainsi, pour le rĂŽle de sujet, le pronom delĂ  troisiĂšme personne n'a Ă©galement au fĂ©miÂŹ nin pluriel qĂŒune seule forme, elles : mais il a pour complĂ©ment direct les ei elles. Pour complĂ©ment indirect leur et Ă  elles; ^ Et pour complĂ©ment des prĂ©positions, elles. Du reste, les observations que nous avons faites pour le fĂ©minin singulier du pronom de la troisiĂšme personne sont applicables aĂŒ fĂ©minin pluriel. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. ‱ SUJET. Elles trBvailleiit. E'ĂŽcs vont. Plus gentille!; qu’elles. Plus douces qu’elles. COMPLÉMENT DIRECT. Les Ă©couter. Les plflludre. N’assister qu’elles. Ne gonveraer qu’elles. COMPLEMENT INDIRECT, Leur sembler. Leur convenir. Appartenir ft elles. Aller Ă  elles. COMPLÉM. DE PRÉPOSIT. Devaot elles. An pied d’elles. MalgrĂ© elles. Quant Ă  elles.
( 331 ) —~«ew» N" CCLrV. FONCTIONS DE S6, SOI, SUJET. t On a besoin souvent dĂŒn plus petit que soi. complĂ©ment direct. (La Fontaine.) Sans se voir, quand on s’aime, on peut se deviner. (La ChaussĂ©e.) Ne rĂ©gler que sot et sa famille, ĂȘtre simple, juste et modeste, sont des vĂ©rtus pĂ©nibles, parce qĂŒelles sont obscures. (FÔntbnbllb.) COMPLEMENT INDIRECT. On le propose en vain de quitter ce quĂŒn aime. (Campistron.) IdomĂ©nĂ©e, revenant Ă  soi, les remercie de l’avoir arrachĂ© dĂŒne terre qu’il a arrosĂ©e du sang de son fils, et qu’il ne saurait plus habiter. (FĂ©nelon.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. La vieillesse chagrine incessamment amasse ; Garde, non pas pour sot, les trĂ©sors qu’elle entasse. (Boileau.) Il est des nƓuds formĂ©s sous des astres malins, Qu’on chĂ©rit malgrĂ© sot. (Regnard.) Le pronom personnel sot. marquant un rapport d’identitĂ© avec le sujet, ne peut pas reÂŹ prĂ©senter le sujetlui-mĂȘme. Cependant, lorsqu’il entre dans le second terme dĂŒne compaÂŹ raison, on voit qĂŒil joue alors Toffice de sujet; mais hors delĂ  il ne peut remplir cette fonction, RĂ©tablissant donc le second terme de la comparaison, on trouve : On a besoin d'un plus petit que SOI n est petit. Quand il est complĂ©ment direct, il se montre sous deux formes diverses : se et sot ; la premiĂšre se place toujours devant le verbe et la seconde aprĂšs. La mĂȘme observation a lieu pour le complĂ©ment indirect se et Ă  sot. Toutefois cette derniĂšre forme peut, par inversion, prĂ©cĂ©der le verbe. Enfin, le complĂ©ment des prĂ©positions est toujours sot. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, SUJET. Pin* riche que soi. Plus malin que soi. Moins pntivreque soi. Moins prodigueque soi. COMPIJ-MENT DIRECT. Se disT-imuler. Se disputer. Se souffrir. Sc vaincre. COMPLÉMENT INDIRECT. COMPLÉM. OE PRÉPOSIT. Sc promettre. Sur soi. Se plaire. MalgrĂ© soi. .Se pcrsuntler Ă  soĂź. Avant loi. Se convenir Ăą soi. Apres soi. NÂź CCLY. DE l’élision de lĂŒ DANS je, me, te, se, Ăźe. / SANS ÉLISION. Je te verrai sans ombrĂ©, ĂŽ vĂ©ritĂ© cĂ©leste! (Toltaire.) Me voilĂ  seul portant la haine universelle. ^(LegouvĂ©.) AVEC ÉLISION, J’avais encor tes vƓux; j’avais encor ton cƓur. (Corneille.) Ne m’îtez pas ce bien dont je suis si jaloux. (Voltaire.)
( .332 ) r Te montrerai-je les objets tels qu’ils sont? (J.-J. Rousseau.) Se vaincre appartient aux hĂ©ros. (Lombart de Langres.) Ze.voilĂ  donc rempli cet oracle exĂ©crable ! (Voltaire.) T’attendre aux yeux d’autrui, quand tu dors, est erreur. ‱ (La Fontaine.) S’étonner est du peuple, admirer est du sage. (Delille.) X'a-t-on vu (le coursier) paissant l’herbe fleurie, Contempler les tableaux de la terre embellie ? (AimĂ©-Martin.) Les pronoms personnelsje, me, te, se, placĂ©s devant un mot commençantpar une voyelle ou par k non aspirĂ©e; occasionneraient un hiatus dĂ©sagrĂ©able. C'est pour Ă©viter cet hiatus qu'en pareille rencontre on supprime la lettre finale, et qu'on la remplace par l'apoÂŹ strophe. Ainsi, au lieu de je avais, ne me ĂŽtez pas, etc., on dit :f avais, ne m'ĂŽlez pas, etc. TouteÂŹ fois cette suppression n'a pas lieu avec je et le, lorsque, ces mots suiventle verbe : ExemÂŹ ples :Le dirai-jE Ă  mon pĂšre? Menez-LE Ă  Paris. ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. SANS ÉLISION. Je dĂ©teste. Il me supplie. Je te comprend». Il se vante. Vous le cajolez. Ai-je Ă©tĂ© dupe ? . AVEC ELLSIÜiV. J’applaudis. Il m Ă©gratigne, ĂŻl t’irrite. Ils s’observent. Vous rutili.-crez. J’ai Ă©tĂ© clupc. SANS ELISIO.V. Je lis. Je me fatigue. T» te ruines. Elle se perdra. On le trfihĂźt. Conduis-le Ă  la vr'iture. AVEC ÉLISION. PĂ»cceple. V011.S m’étourdisse». Ün t'en promet. La loi s’y oppose. Vous rbonorcĂŻ. Il l'use. Tu i’iras condtiin:. N“ CCLYI'. PLACE DÉS PRONOMS PERSONNELS REMPLISSANT LA FONCTION DE SUjeL PHRASES ÉNONCÏATIVES. J’aĂź des rĂȘves de guerre en mon ame inquiĂšte. J’aurais Ă©tĂ© soldat, si je n’étais poĂšte. Ne vous Ă©tonnez poinfque j’aime les guerriers. [V. Hugo.) . ‘ O fortune Ăź iu fais de nous ce que tu veux. (Anonyme.) fl vaut mieux courir le risque de faire une guerre malheureuse, que de donner de l’argent pour avoir la paix. * (Montesquieu.) . Vo«« sommes taxĂ©s d’hommes singuliers par ceux qui noiit pas Tesprit ou le courage dc TĂȘtre. (Sanial Dubay.) ous avez dit avec vĂ©ritĂ© que les personnes qui raisonnent toujours sont ennuyeuses. En effet, si elles,raisonnent continuellement, elles ne sont pas raisonnables, car il oe faut pas toujours raisonner, (Madame de Mainte non.) phrases interrogatives. Quelles raisons aurai-je de croire en vous, plaisirs du monde, vous qui ĂȘtes faits pour tromper? ' {BaLLANCHE.) Ossian, barde sauvage, que fais-tu, assis sur la pierre des tombeaux? songes-tu aux hĂ©ros des temps passĂ©s?' (AimĂ©-Martin.) Souvent, pour le chaume rustique, Du Louvre fuyez la prison. Ah! le fauteuil acadĂ©mique VĂąut-i7 un siĂšge de gazon? (Florian.) Sommes-nous sages, nous qui nous confions sans cesse Ă  des espĂ©rances qui sont sans cesse trompĂ©es? et nallbns-nous pas chaque jour au-devant d’un fantĂŽme créé par notre imagination? (Ballanche.) Avez-nou* partagĂ© le repos de votre hĂŽte? avez- vous reçu le pain et le sel de sa main? votre perÂŹ sonne est sacrĂ©e pour lui, quand mĂȘme il dĂ©couvriÂŹ rait que vous ĂȘtes son ennemi. (Pichot.)
( 333 ) t;. Parmi tant d’ingraU quelquefois il s’en trouve i)e la pĂąte qĂŒil faut pour faire des amis, Et c’est au besoin qu’on Ă©prouve S’t7s tiennent ce qu’tis ont promis. (Lbnoble.) PoĂŒrqĂŒoi vĂ nlĂ©r des ĂȘirĂ ti^ĂȘfs Les forĂȘts, les dĂ©serts sauvages ? Ont-t7s de plus riants vergers. D’autres roses, d’autres bocages? (AimĂ©-Mahtin.) En comparant les Ăšxemples de la premiĂšre colonne avec ceux de la seconde, on voit que dansles phrases interrogatives les pronoms personnels remplissante fonction de sujet se transportent immĂ©diatement aprĂšs le verbe, auquel ils se lient par un trait dĂŒnion : suisfe? ai-je? etc. Comme la construction de cette sorte de mots prĂ©sente d’assez grandes difficultĂ©s non seulement aux Ă©trangers, mais encore Ă  un grand nombre de Français, nous croyons deÂŹ voir la figurer dans l’exercice suivant. « EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. PHRASES ENONCIATIVES. PÎÏRASÎ-.S IXTERKOGAVIVES. sam» ri'ÊcATioK. Je’reTÎcndi-ai. Tu diras. Il croit. Elle vient. Nous parlerous. Vous Ăź'Orttrei. Ils paieront. Elles s’imaginaient. AVEC NECATIOW. Je ne revieudrai pas. - Tu ne diras jamais. ' 11 ne croit pas. Elle ne vient pas. SAKS pfhr.AllO.S , Reviendrai-je? Dii a>.ti) ? (Voit-il ? Vient-elle? Nous ne parlerons qu’» notre tour. Parlcrons-nou.s? Vous ne sortirez pas. S'irtirez-vous ? . Ils ne paieront jamais. PaicrontVils ? Elles ne s'imagioaient pas. , S’imaginaienl-ellrs ? I AVEC KÉCATIKN. Ne reviendrai-je pas-? Ne dirar-Lu pas ? Ne croll-il pas ? Ne vient-elle pas ? Ne par'.erons-ooMs pas? Ne .sOrtireK-vous pas ? Ne paieront-ils pa.s ? Ne s’imaginaient-e.llf:.*' )>a.s ĂŻ CCLYII. PHRASES EXCLAMATIVES. SANS NÉGATION. Ab, Rome! ab, BĂ©rĂ©nice! ah, prince malheureux! Pourquoi suis-je empereur? pourquoi suis-je amouÂŹ reux? ' (Racine.) Faut-tl qĂŒun deuil se mĂȘle aux plaisirs des mortels! (Madame Tastu.) Quand votre Ɠil dĂ©daigneux S'attache au vĂȘtement, Dieu regĂ rde.le cƓur. Il-lit au fond du mien ce qu’il a de souffrance; Ah I puisse-t-»7 au vĂŽtre inspirer la pitiĂ© ! (M"«Mercoeor.) Dussiez-vous prĂ©senter mille morts Ă  ma vue. Je nĂš saurais chercher une fille inconnue ! (Racine.) AVEC NÉGATION. ' Oh ! que n’ai-je aussi, moi, des baisers qui dĂ©vorent^ Des caresses qui font mourir! (V. Hugo.) Que ne puis-je aĂčssj presser sur mon sein mon vertueux et bon pĂšre! (Florian.) Quen’airje pu voiler le soleil, et faire qu’il restĂąt pour moi comme il Ă©tait le jour dn 2) janvier! 0”e ne puis-je dĂ©fendre Ă  ta lune d'Ă©clairer mes pas duÂŹ rant la nuit, ou de pĂ©nĂ©trer dans mon odieuse deÂŹ meure! ^ (Dallancjie.) ... Quand un homme est riche, il vaut toujours son prix ; N’eĂ»t-t7 de son vrai nom ni titre ni mĂ©moire, D’Hosier lui trouvera des aĂŻeux dans l'histoire. T (Boileau.) Dans les phrases exclamaUves, les pronoms personnels je, tu, nous, vous, il, etc., se placent aussi aprĂšs le verbe, qĂŒil y ait ou qĂŒil n’y ait pas nĂ©gation. EXERCICE PERÀSÈOLOGIQÜE. SANS NEGATION. DĂ»t-il : Poiisiei-vons Ăź SaU-ie malhcnretu! Fant-iU AVEC'NÉGATION. Ne dĂ»t-il pas ! Ne puissiez-vous pas ! Ne ?uis-jc pa.-Ăź malheureux ! Ne faut-il pas ! SANS NÉGATION. Ai-je assez priĂ© ! EĂ»t-elle! PuĂźsseot-iis ! Dossioas-ugni ! AVEC nĂ©gation. N'ai. Je pas assez priĂ© ! N’eĂ»t-ellepas! Ne puissent-ils pas ' Ne aussiou»-aoas pas !
( ) N“ CCLYin. PHRASES INTERJETEES. PHRASES ÉNONCIATIYKS. « Dieu d’Abraham, Ă©coute ma priĂšre 1 » Il dit: soudain cent voix religieuses Chantent de Dieu les merveilles nombreuses. (Campenon.) HĂ©las ! je vous connus, vous Ă©tiez jeune et belle ; De toutes les vertus jĂ© cherchais le modĂšle, Je m’écrtai; Je Tai trouvĂ© ! (AimĂ©-Martin.) Et moi, je lui disais d’une voix douloureuse : « 0 vous, Tamour, l’espoir et Torgueil des Troyens, ■» Hector, quel dieu vous rend Ă  vos concitoyens?^ » Que nous avons souffert de votre longue absencoĂź (Delille.) Il rĂ©pond: «Faut-il donc qu’une Ă©pouse si chĂšre » M’accable du reproche et de Tinjure amĂšre 1 » MĂ©nĂ©las m’a vaincu. PaU'as guidait scs coups.» (MlLLEyOVE.) phrases interjetĂ©es. Mon fils, dit-il, Ă  ce voeu de ton cƓur, Va, ne crains pas qu’un pĂšre aigri s’oppose: Tu peux partir,' je ne le maudis pas. ' (Campenon.) «Eh bien, sage PanthĂ©,*Pergame existe-t-elle?» M’écriai-je ; «peut-on sauver la citadelle? » N’avons-nous plus d’espoir?» (Delille.) Apollonius de Thyane, dĂ©barquĂ© dans la capitale du monde pour voir, disait-il, quel animal c’était qu’un tyran, s’en fit chasser avec les autres phiÂŹ losophes. (Chateaubriand.) Pour le coup, voilĂ  de vos folies. Eh bien ! conW- nua-t-elle avec une vivacitĂ© charmante, quand nous serons dans TobscuritĂ©, qu’y verrons-nous? (AimĂ©-Martin.) I On voit par lesexemples de la deuxiĂšme colonne, que si Ton interjette dans la phrase un des temps des verbes dire, rĂ©pondre , reprendre, interrompre, ajouter, s Ă©crier, contiÂŹ nuer, etc., etc., les pronoms personnels se transportent aprĂšs ces mĂȘmes verbes, quoique la phrase ne soit point interrogative. * w EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. dis : Parle. Tu dis : ArrĂȘte. , 11 s’écria ; 0 Dieu ! Elle rĂ©pond : Sors d'ici. Vousajuutcz : Qu’il s’éloigne! Parle, dis-je. ArrĂȘte, dis-tu. . O Dieu ! s’écria-t-il. Sors d’ici , rĂ©pond-ctlc. \ Qu'il s’éloigne! ajoiitcz-vous. Il murmurait : Onsfic jnfnpiie ! Il interrompit : Tu meus. Elle reprit : Je le sois. Ils s’écriĂšrent : Horreur! Nous rĂ©pĂ©tions ; InfĂąme ! infamie} murm u alu /. Tu mens ! interrompĂźt Je le sais , reprit-elle. Horreur! s’écrtĂšrent-ii-‱ infĂąme ! rĂ©pĂ©tions-nott>. —N- CCLIX. PLACE DES PRONOMS PERSONNELS DANS LES PHRASES COMMENÇANT PAR aWSSt, ĂȘ.7 vain, peut-ĂȘtre, toujours, et autres mots semblables. NOMS PERSONNELS PLACÉS AVANT LE VERBE. A peine il Ă©tait nĂ©, que d’Enghien §urla poudre Mourut, sous Ăčn arrĂȘt que rien ne peut absoudre. (Y. Hugo.) . Vainement ils iront s’écriant dans les villes : « Plus de rĂ©bellions ! plus de guerres civiles. » (V. Hugo.) APRÈS LE VERBE. A peine la saison d’aimer est-elle passĂ©e, que les oiseaux se dĂ©pouillent de leurs couleurs'. (AimĂ©-Martin.)* En vain c/iercAeries-vows TÉternel jusqu’aux exÂŹ trĂ©mitĂ©s du monde ou dans la vaste Ă©tendue des cieux; il habite prĂšs de vous, il est en vous. (ÉCRITURE-SÂINTE.)
( 335 ') Les honneurs sont instituĂ©s pour rĂ©compenser le mĂ©rite, pour exercer la sagesse, et poĂŒr ĂȘtre des occasions de faire du bien : aussi ils n'appartienÂŹ nent de droit qu’à des ames modĂ©rĂ©es, justes et charitables. (FlĂ©chier.) Peut-ĂȘtre je devrais, plus humble en ma misĂšre, Me souvenir du moins que je parle Ă  son frĂšre. (Racine.) Combien j'af dĂ©jĂ  vu tomber de nobles et dignes crĂ©atures! avant de succomber, elles ont beaucoup souffert. C’est une espĂšce de soulagement de penÂŹ ser que le plus souvent, hĂ©las! la mort est une dé livrance. (Ballanche.) Ft sous son voile noir cette image immortelle ( La nuif) cache les attraits les plus doux ; Âussi les savants Vont-tV# toujours beaucoup aimĂ©e. ' (AimĂ©-Martin.) Peut-ĂȘtre, Sophie, vous entretiendrai-je de Tastro- nomie ; et si jamais, comme le galant Fontenelle, je puis ĂȘtre entendu delĂ  beautĂ© au milieu des ombres de la nuit et dans un bosquet dĂ©licieux. (Idem.) L’homme est ainsi bĂąti; quand un sujet l’enflamme, L’impossibilitĂ© disparaĂźt Ă  son ame. Combien perd-il de vƓux, combien fait-il de pas, S’outrant pour acquĂ©rir des biens ou de la gloire 1 (La Fontaine.) ' Avec les mots aussi, en vain, Ă  peine, peut-ĂȘtre, au moins, encore, toujours, comÂŹ bien, etc., les pronoms se mettent avant ou aprĂšs les verbes. C’est le goĂ»t, la grĂące, l’harÂŹ monie et l’élĂ©gance qui doivent prĂ©sider Ă  l’emploi de l’une ou de l’autre façon d'Ă©crire. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Aussi vuulut-ll. En vain voiilonĂ -nous, A peine sumnies-noti». Peut-ĂȘtre avez-vous. Vainement pensent-iLs. Du motos ajoutez-vQus. Aussi il voulut. En vain nous partons. A peine nou,.; somntes. Peut-ĂȘtre vous avez. Vaincinent iis pensent. Uu moins yous ajoutez. Au moins devons-nous. Encore eoscigne-t-clli;. Toujours dirai-je. Combien disons -nous. VJUI1JUIV3I IIUU3 uiauiiB. A plus forte rai.son croyons-nous. A plus forte raison nous croyons. Si grand soit-Ăźl. Si grand qu’il soit. Au moins nous devons. Encore elle enseigne. Toujours je dirai. Combien nous disons. W CCLX. ‱y CONSIDÉRATIONS PARTICULIÈRES. r. Vous ĂȘtes aujourd’hui coiffĂ©e Ă  faire horreur. —- Quoi 1 suis-je donc si mal ? (GRBSSEXd Votre genre d’esprit me plaĂźt infiniment; Et je ne ^ais que vous avec qui j’ñie envie De penser, de causer et de passer ma vie. C’est un goĂ»t dĂ©cidĂ©. — Puis-je m’en assurer? (W.) Ne tiens-je pas une lanterne en main ? (MoliĂšre.) Vaux-je cela? disait en soi la belle. (La Fontaine.) Viens-je donc dans ces lieux te servir de trophĂ©e? (J.-B. Rousseau.) Que ne puis-je t’exprimer ce que je sens si bien ! et comment sens-je si bien ce que je oe puis t’expriÂŹ mer? (Montesquieu.) Nous avons dit que dans les phrases interrogatives et admiratives .les pronoms perÂŹ sonnels se plaçaient aprĂšs les verbes. Nous devons faire observer cependant que si ces verbes'se terminaient par deux consonnes sonores, que leur rĂ©union au mot je donnĂąt lieu Ă  une Ă©quivoque,il faudrait, en pareille circonstance, prendre un autre tour. Ainsi,' au lieu dĂ© cours-je? dors-je? rends-je? mens-je? romps-je?^ sers-je? qui affectent dĂ©sa-. grĂ©ablement l’oreille, et se prononcent comme courge, dorge, range, mange, ronge, serge, on doit dire : est-ce que je. cours ? est-ce que je'dors ? (1). Cette observation est particuliڏ rement applicable aux verbes dont la premiĂšre personne se termine par s prĂ©cĂ©dĂ© d’une (1) MM. ^rreau et Roussi prĂ©tendent qu’il faut dire : CourĂ©-je? perdĂ©-je? sentĂ©-je? dormĂ©-je.^ vendĂ©- jef etc., et analysent ainsi : Est-il possible que je coure? que je perde? etc.
dùÎ J Ăąutre consonne, quel que soit le nombre des syllabes : Èépands-je ? interromps-je ? Ôn excepte toutefois attends-je? dis-je? suis-je? fais-je?dois-je?puis-je? vais-je? etc., ainsi qĂŒon le voit par lĂšs exemples ci-dessus citĂ©s. H. Par quel charme secret laissĂ©-je retenir Ce courroux si sĂ©vĂšre et si prompt Ă  punir? (Racine.) PuissĂ©-je Ă  la race future Montrer comme on punit l’hOle ingrat et parjure, Onvir un grand exemple, et d’avance effrayer Quiconque outragerait le seuil hospitalier! (Milleyove.) HĂ©las 1 Ă  peine osĂ©-je encore y penser, (Mirabeau.) " Qui dĂ©signĂ©-jOy Ă  votre avis, Par ce rat si peu secourable? Un moine? non, mais un dĂ©rvis< Je suppose qĂŒun moine est toujours charitable. (La Fontaine.) Mais pourquoi m'arrĂ©tĂ©-je Ă  ces circonstances? (FlĂ©chieb.) J Moi, fwssĂ©'je vaincu, j’aimerai ta victoire! Tu le sais, pour mon cƓur ami de toute gloire Les triomphes d’autrui rie sont pas un affront. (V. Hugo.) DussĂ©-je, aprĂšs dix ans, voir mon palais eu cendre! (Racine.) Me trompĂ©-je ? (MoliĂšre.) . Est-il bien vrai, Frosine, et ne rĂ©vĂ©-je point? (Id.) A moins que de cela VeussĂ©-je soupçonnĂ©? (W.) Pour Ă©viter l’hiatus qui rĂ©sulterait, dans les phrases interrogatives ou exclamatives, de la rencontre des deux syllabes sourdes : laisse-je, parle-je, etc., on altĂšre l'orthographe, comme on vient de le voir, et l’on change l’e muet en Ă© fermĂ© des verbes Ă  la premiĂšre personne du prĂ©sent del’indicatif et du subjonctif, et de l’imparfait de ce dernier mode. Les grammairiens, qui semblent avoir pris Ă  tĂąche de vouloir tout dĂ©naturer, prĂ©tenÂŹ dent que dans aimĂš-je, demandĂ©-je, Ye est fermĂ© ; mais Tusage et TautoritĂ© des personnes qui parlent le mieux, dĂ©mentent journellement cette opinion ; elles prononcent : aimĂš-je, veĂŒlĂš-je, etc., avec un accent grave. III. Que pourrai-je vous dire et quel remerctmcnt ! (MoliĂšre.) HĂ©las ! pensai-je alors, la tristesse dans Vame, - Humbles hommes, l’oubli sans pitiĂ© nous rĂ©clame. (Sainte-Beuve.) Par oĂč pourrais-je, hĂ©las! dans ma vaste disgrĂące. Vers vous de quelque plainte autoriser l’audace! (MoliĂšre.) Ce petit nombre d’heures que la multitude semble vouloir disputer aux pensĂ©es sĂ©rieuses, pourquoi les consumerais-je comme elle? ' (Ballanche.) ♩ Il ne faut pas confondre les temps, ni se laisser induire en erreur par la mĂȘme conson- nance. Dans la premiĂšre colonne les verbes pourrai, pensai-sont au futur et au prĂ©tĂ©rit, tandis que dans la deuxiĂšme ils sout.aĂč conditionnel : pourrais, consumerais. IV. Aimable fille, n’es-tu point un ange du ciel, ou . Dieu mc'montre-t-i7 en toi l’épouse qui embellira ma solitude? (Ballanche.) Dieu a-t-il promis Ă  Thomme d’obĂ©ir Ă  tous, scs dĂ©sirs 7 (Jd.) Grands dieux ! votre clĂ©mence RĂ©pare-t-elle enfin soixante ans de souffrance? (Voltaire.) Le kanguroos Ă©chappe-t-il mieux Ă  ses enneÂŹ mis en faisant des bonds Ă©pouvantables, que les grillons et les sauterelles qui sautent avec tant d'a ‱ gilitĂ© ? (AimĂ©-Martin. ) Lorsque le verbe se termine par un a ou par un e muet, l’euphonie exige qĂŒon Ăźnter-
* 1 ( 337 ) Cale, entre le verbe et les pronoms personnels elle, un /qu*on feit suivre et prĂ©cĂ©der d’un trait-dĂŒnion. OoĂźs'je le dire ? Puis*jc le savoir? Vais-je y aller ? Fais'je mal ? EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. VeillĂ©-ie? OsĂ©-je ? ParlĂ©-je ? AimĂ©-je. Dirai-je 7 Dirais-je ? Croirai-je ? Groirai$-je ? N” CCLXI. Dira-t-il ? Croira-t-il ? Continue-t-il 7 Âjoute-t-elle. BE LA PLACE. DES PRONOMS PERSONNELS EMPLOYÉS COMME COMPLÉMENTS DIRECTS. AVEC l'impĂ©ratif. SANS NÉGATION. Rends-mot chrĂ©tienne et libre, Ă  tout je me soumets. (Voltaire.) LĂšve-toi, Alcione, ceins tes habits de deuil, livre- toi Ă  ta douleur, et ne laisse point ton Ă©poux desÂŹ cendre aux enfers privĂ© de tes larmes. (de Boufflers.) DĂ©pouillons-nous aussi dĂŒne vaine fiertĂ©; Nous naissons, nous vivons pour la sociĂ©tĂ©. (Boileau.) Allez, conduisez-ta dans la chambre prochaine. (Racine.) AVEC NÉGATION. Dissipe tes douleurs. Et ne fĂŻie trouble pas par ces indignes pleurs. (Boileau.) Ne t’étonne donc plus, sĂź mon ame gĂȘnĂ©e Avec impatience attend leur hymĂ©nĂ©e. (Corneille.) Du lutrin, disent-ils, abattons lĂ  machine; Mais ne nous chargeons pas tout seuls de sa ruine. (Boileau.) Si Ton vous propose de faire une mauvaise, action, ne la faites point. (Anonyme.) Lorsque les pronoms personnels sont le complĂ©ment direct dĂŒn verbe Ă  l’impĂ©ratif sans nĂ©gation, ils se placent aprĂšs ce verbe, comme l'attestent les exemples de la premiĂšre colonne. Dans ce cas, on fait usage des formes moi, toi, le, la, les. Mais si la phrase Ă©tait nĂ©gative, comme dans les exemples de la seconde colonne, on voit qĂŒen pareille circonstance les pronoms personnels prĂ©cĂšdent toujours le verbe, et qĂŒalors ce sont les formes me, te, se qĂŒil faut employer. NÂź CCLXn. OQOO— 1 ( hors de l'impĂ©ratif. sans nĂ©gation. Madame, enfin le ciel prĂšs de vous me rappelle, Et, secondant du moins mes plus tendres souhaits, Vous rend Ă  mon amour plus belle que jamais. (Racine.) ... Pauvre science humaine ! Un fil t’arrĂȘte, hĂ©las I cojnme le moucheron Du bon Jean La Fontaine. (AimĂ©-Martin.) f AVEC NÉGATION. Il suffit: je conçois vos raisons et vos craintes ; Je ne m’emporte plus^en d’inĂŒtiles plaintes. (Voltaire.) Je ne te puis blĂąmer d’avoir fui l’infamie ; Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs, Je ne t’accuse point, je pleure mes malheurs.* (Corneille.) 43
C’est Dieu qui nous fait vivre ; C’est Dieu qĂŒil faut aimer. (Malherbe.) ( 338 ] Si la douleur de notre captivitĂ© ne nous eĂ»t renÂŹ dus insensibles Ă  tous les plaisirs, nos yeux auraient Ă©tĂ© charmĂ©s de voir cette fertile terre d’Éevpte,' À A J* ’ T Je vous Tai dĂ©jĂ  dit, aimez qu’on vous censure, El, souple Ă  la raison, corrigez sans murmure. Mais ne vous rendez pas des qĂŒun sot nous reprend. (Boilead.) Lisez Virgile, heureux qui sait goĂ»ter ses charmes! Malheureux qui le lit sans verser quelques larmes! (Delille.) Les cƓurs remplis d'ambition Sont sans foi, sans honneur et sans affection ; OccupĂ©s seulement de Tobjet qui les guide, Ils n’ont de TamitiĂ© que le masque perfide. (CrĂ©billon.) Les amants, j’ose Tassurer, Se plaignent de la jalousie, ÂŁt sont ravis de Tinspirer. [(IlttBERT.) semblable Ă  un jardin dĂ©licieux arrosĂ© d’un nombre infini 4e canaux. (FĂ©nelon.) Ce discours me surprend, il le faut avouer: Je ne vous cherchais pas pour l’entendre louer. (Racine.) Et, ne Ăźe voyant plus dans ces rochers dĂ©serts, Des ombres du trĂ©pas mes yeux se sont couverts. (Voltaire.) AussitĂŽt il crie Ă  Hippias: ArrĂȘte, ĂŽ le plus lĂąche de tous les hommes,'arrĂȘte ! nous allons voir si tu pourras m’enlever les dĂ©pouilles de ceux que j’ai vaincus; tu ne les conduiras pas Ă  Tarente. (FĂ©nelon.) Songeons plutĂŽt, quelque amour qui nous flatte, ' A dĂ©fendre du joug et nous et nos Ă©tals, Qu’à contraindre des cƓurs qui ne se donnent pas. (Racine.) On voit donc par ces exemples que, dans les phrases Ă©nonçiatives avec op sans n^ga? lion, les pronoms personnels me, fe, se, nous, vous, le, la, les, quand ils sont complĂ©ments directs, se placent toujours devant le verbe. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. A L’IMPERATir. HORS DE L’IMPEUATir. BAN» NEGATION. Ailmire-moi. Dcjioi.ii lie-toi. C4*n»uret-voua. Evei tuez-vous. Condamnons-le. K laitons-la. Exhortons-lcB. AVEC NEGATION. Ne me crois pas. Ne t'abuse pas. Ne vous brouillez pas. Ne vous gĂȘnez pas. Ne la gĂątez point. Ne le grondez point. Ne les dcrangeous point. BANS NEGATION. Je mc rĂ©jouis. Tu te promĂšnes. ,0n se respecte. Vous nous dĂ©sirez. Nous vous avons attendus. jQu’on le console. 11 la caresse. AVEC NEGATION. Je ne me Batte pas. Il ne te regarde pas. Ils ne s'aimaient point. On ne nous trabiia pas. Vous tie TOUS dĂ©chiriezpa§. Qu’on ne l'Ă©pargne point. Il ne la veut pas. W GCLXIIL1 DE LA PLACE DES PRONOMS PERSONNELS EMPLOYES COMME COMPLEMENTS INDIRECTS. A L’impĂ©ratif. SANS NÉGATION. Tardonnez-mot mon transport, madame; les granÂŹ des choses amĂšnent les grandes idĂ©es, et les grandes idĂ©es les grands mots. (De Bodfflbrs.) Demande-toi* le soir avant de te coucher le bien nue tu auras fait dans la journĂ©e. (Franklin.) DĂšs intĂ©rĂȘts du ciel pourquoi vous chargez-vous? ‘ Pour punir le coupable, a-t-il besoin de vous? Laissez-i«i, laissez-twi le soin cTc sa vengeance; Ne songez qu’au pardon qu’il prescrit de Tofl’ense. (MoliĂšre.) AVEC NÉGATION. Ne me parlez donc plus de ces sociĂ©tĂ©s, De ce ramas confus d’esprits, de cƓurs gĂątĂ©s, ■ De ces hommes sans frein, de ces femmes flĂ©tries; A la Honte, aux Ă©clats, aux vices aguerries, -Qui d’un naufrage affreux consolent leur orgueil. En poussant tous les cƓurs contre ie mĂȘme Ă©cueil. ' (Langue.) Ne ,te reproche jamais Tassislance que tu jauras donnĂ©e Ă  un malheureux. (Anonvme.) Voulez-vous que votre enfant soit bien Ă©levĂ©? ne lui laissez contracter aucune mauvaise habitude. {Idem.}
f 339 Prince, aprĂšs cet adieu, vous jugez bien vous-mĂšme Que je nĂš consens pas de quitter ce que j’aime, Pour aller loin de Ùomc Ă©couter d’autres vƓui; Vivez, et faites-vous un effort gĂ©nĂ©reux. (Racine.) Ne vous figurez point que dans celte journĂ©e, ' D'un lĂąche dĂ©sespoir ma vertu consternĂ©e Craigne les ‘soins dĂŒn trĂŽne oĂč je pourrais monte: (Racine.) Les exemples de la premiĂšre colonne nous font voir que les pronoms personnels, quand ils sont le complĂ©ment indirect d’un verbe Ă  l’impĂ©ratif, se placent, comme les complé ments directs, aprĂšs ce verbe, si celui-ci n’est pas accompagnĂ© de la particule nĂ©gative ne; car dans ce dernier cas, ils se mettent toujours devant lui. On verra, dans l’exercice suivant, qĂŒ aprĂšs les verbes Ă  l’impĂ©ratif les formes qĂŒil faut employer lorsque les pronoms personnels se montrent comme complĂ©ments indirects, sont moi, toi, lui, leur ; mais quand l’influence de la nĂ©gation les reporte devant les verbes, on fait usage des formes me, te, etc. ■‱-OOOQI CCLXIV. HORS DB l'iMPÉRATIP. SANS NÉGATION. Je me fais de sa peine une image charmante, Et je l’ai vu douter du cƓur de son amante. (Racine.) Heureux cultivateur, que je te porte envie Ăź Ton air est toujours pur, ainsi que tes plaisirs. (Collin d’Harleville.) J’entends du bruit; on ouvre, allons subitement Lui demander raison de cet enlĂšvement. (Racine.) DĂšs qu’il faut obĂ©ir, le parti le plus sage Est de savoir se faire un heureux esclavage. ' ’ ' (CrĂ©billon.) J’ai jurĂ© que mes soins, ma juste complaisance f^ous rĂ©pondront toujours de ma reconnaissance. (Racine.) AVEC NÉGATION. QĂŒon ne me vante plus l’éclat de la gaĂźtĂ©; Rien n’égale en pouvoir les pleurs de la beautĂ©.. (Langue.) Consulte ta raison, prends la clartĂ© pour guide; Vois si de te.s soupçons l’apparence est solide: Ne dĂ©mens pas leur voix; mais aussi garde bien Que, pour les croire trop, iis ne t’imposunt rien. (MoliĂšre.) L’imagination est un vaste pays ; celui qui le parÂŹ court s’égare aisĂ©ment, si la raison nertui sert de guide. ' (Boiste.) Le lis des jardins, dit l’Évangile, ne s’est pas filĂ© sa parure. . ' (AimĂ©-Martin.) Je ne vous ferai point de reproches frivoles, Les momens sont trop chers pour-les perdre en paÂŹ roles. (Racine.) Il n’existe donc point de difficultĂ© pour les cas hors de l’impĂ©ratif. Que la nĂ©gation soit ou ne soit pas exprimĂ©e dans lĂ  phrase, on voit que les pronoms personnels, comme comÂŹ plĂ©ments indirects, prĂ©cĂšdent toujours les verbes. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. ‱ AVEC LUMPERĂ Tir. HORS DE L’IMPERATir, fins ncoiTioK. Dis-moi. Fais-toi des chimĂšres. J.ure-lui le cootraire. Epargnons-noii» des peines. Faites-vous des amis. ' * Adressn-leur des rĂ©prĂźmandes. AVEC KEOATlOIt. Ne me parle pas. Ne me porte pas envie. Ne lui rĂ©pondons pas. Ne nons faĂźtes pas de reproches. Ne vous faĂźtes pas tort. Ne leur donnez rien. fAKl MEOATIOH. Il me ressemble. 11 te sullit. On se parle. Nous lui obĂ©issons. Il nous faut cela. Il vous propose. Il leur impose des devoim. AVEC NEGATION. Il ne me semble'pas. Il ne te plaĂźt pas. On ne se dit rien. Nous ne lut demandons pas, 11 ne nous fallait rien. On ne vous rĂ©pond pas Il ne leur recommande rien .
— ( Ăškd ) 0^4^ CCLXY. DEÜX PRONOMS PERSONNELS ENSEMBLE. A l’impĂ©ratif. SANS NEGATION Montrez-moi celui qui a pu arriver Ă  trente ans sans ĂȘtre dĂ©trompĂ©. Montrez-te-wiot, ce mortel priviÂŹ lĂ©giĂ©. (Ballanche.) Mets-/e-to< dans l’esprit: qui fait mal trouve mal. (Anonyme.) L’ùnfant aperçoit-il une araignĂ©e? au lieu de vous empresser de la tuer, iaissez-m-iwi prendre dans sa maĂźn. (fciem.) tes pĂ©chĂ©s que nous avons commis, ĂŽ Dieu! par- donnez-Zes-nous comme nous les pardonnons aux autres. (Idem.) LĂ , regardez-moi lĂ , durant cet entretien ; Et jusqu’au nioindre motimprimez-te-uows bien. (MoliĂšre.) Vos amis ont-ils des vices? reprochez-tes-tewr: ‱ Le vice partout doit ĂȘtre combattu ; Mettons Ă  le poursuivre un zĂšle infatigable. (Agniel.) AVEC NÉGATION. Du sang de tant de rois c’est Tunique hĂ©ritage, Ne me Tenviez pas, laissez-moi mon partage. (Voltaire.) Ne te le dissimule pas, ĂŽ roi ! tu es aussi mortel que le dernier de tes sujets. (Anonyme.) Un pauvre vous demande-t-il TaumĂŽne? Ne la lui refusez pas. Dieu vous rendra dans le ciel le bien que vous aurez fait sur la terre. (Idem.) Quelques torts que nous ayons envers vous, nĂ© nows les pardonnez pas; ils en entraĂźneraient d’auÂŹ tres Ă  leur suite. ' [Idem.) Ce plaisir, Ô prince, quelque attrait qu’il ait Ă  vos yeux, refusez-te-uous; il coĂ»terait la vie Ă  plusieurs milliers d’hommes. {Idem.) Avez-vous quelques vĂ©ritĂ©s Ă  faire entendre aux rois ? ne les leur dites pas ; vous Ă©prouveriez bienÂŹ tĂŽt les effets de leur injuste courroux. ‱ {Idem.} En jetant les yeux sur ces exemples, il est impossible de ne pas remarquer l’influence qĂŒexerce la nĂ©gation sur la construction des pronoms personnels, complĂ©ments d’un verbe Ă  l’impĂ©ratif. En effet, n’y-a-t-il pas nĂ©gation ? Les deux complĂ©ments, le direct et l’indirect, se transportent immĂ©diatement aprĂšs le verbe, et on emploie les formes moi, toi : dis-LE- Moi; mete-LE-TOi ; oĂč l’on voit que le mot U prĂ©cĂšde moi et toi. An contraire, s’il y a nĂ©gation, ces mĂȘmes complĂ©mejits se placent avant le verbe, et au lieu de moi, toi y on se sert des formes me et te : Ne me Venviez pas; ne te le dissimule pas. En pareille.cir- constance,lesmots Zc,/a, to, se mettent aprĂšs le complĂ©ment indirect, exceptĂ© pourtant aprĂšs lui et leur, qui doivent toujours en ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s.' N“ CCLVI. HORS DE l’impĂ©ratif. SANS NÉGATION. Quand je puis obliger, ma joie est assez* grande, Pour n’attendre jamais que Ton me le commande. (Boursault.) Je te Ăźe dis dĂ» fond de mon cƓur, j’honore le Français comme le seul peuple qui aime vĂ©ritableÂŹ ment les hommes et qui soit bienfaisant par caracÂŹ tĂšre. (J,-J. Rousseau.) AVEC NEGATION. On n’agĂźt pas franchement avec moi, et les secrets un peu importants, on ne me les confie pas. ‘ (Anonyme.) Je ne te Taurais pas dit autrefois, parce que j’auÂŹ rais craint d’avoir Tair du despotisme. (Mirabeau.)
{341 ) Le plus sĂčr appui de Thomme est Dieu ; vous vouÂŹ lez le lui ravir Ăź (Boiste. ) La rigueur n’a jamais produit le repentir : - Ce n’est qu’en pardonnant qĂŒon nous le fait sentir. (CrĂ©billon.) \ Je vous le dis encore : vous n’aurez Testime des hommes que par une solide vertu. (Madame de Maintenon.) ĂŒn jour deux pĂšlerins sur le sable rencontrent Une huĂźtre que le flot y venait d’apporter: Ils Tavalcnt des yeux, du doigt ils se la montrent ; A TĂ©gard de la dent, il fallut contester. '(La FONTAiNE.) Vive les jeunes gens I tout est feu, tout est grĂące ; Ils ont quelques dĂ©fauts ; ma foi, je les leur passe. . (Brbt.) Tour M. de Grignan, il peut bien s’assurer que si je puis quelque jour avoir sa femme, je ne la lui rendrai pas. (Madame de SĂ©vignĂ©.) Mesdames, comment vos maris font-ils donc pour que leurs secrets soient si bien gardĂ©s ? — Ils ne fiows les confient pas. (Anonyme.) Je nĂ© vous le rĂ©pĂšte plus; mais si cela vous arÂŹ rive encore, vous aurez affaire Ă  moi. (Idem.) Si les hommes pensent mal les uns des autres, du moins ils ne se le disent pas. ' [Idem,) Les fautes, mĂȘme lĂ©gĂšres, que commettent mes enfants, je ne les leur passe pas. (Idem.) QĂŒil y ait ou non nĂ©gation, on voit que les mots me le, te le, etc., sĂȘ placent toujours devant le verbe lorsqu’il n’est pas Ă  l’impĂ©ratif : on me le commmande; on ne me les confie pas ; et que le pronom le suit toujours les formes me, te, etc.', exceptĂ© avec lui et leur, qui en sont prĂ©cĂ©dĂ©s. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. A LUMPÉRATIF. SANS NfĂšaATIOH. Donoe-le-moi. Essuie-les-toi. ^ends-la-Iui.; Epa rgn er-1 es-non 3. Figurcz-Ie-vous. Dites-le-leur. Renvoyez-les.moĂź. Pardonne^le-tui. ' AVEC NEGATION. Ne nie le donne pas. Ne te les essaie pas. Ne la lui rends pas. Ne nous les Ă©pargnez pas. Ne. VOUS le figurez pas. Ne le leur dites pas. Ne me les renvoyez pas. Ne le lui pardonnez pas. ‱ HORS DE SANS NEGATION. II me l'assurait. Je te l’offre. On le lui paiera. Elle se le reproclie. On nous les fera goĂ»ter. Ils vous les casserunt. Je le leur ĂŽterai. Ils se le diront. L'IMPÉRATIF. AVEC n4oation. Il ne me l’assurait pas. Je ne le l’offre pas. On ne le lui paiera pas. Elle ne se le reproche pas. On ne nous les fera pas goĂ»ter. Ils ne vous les casseront pas. Je ne le leur ĂŽterai pas. Elles ne ae le diront pas. N” CCLXTII. PRONOMS PERSONNELS COMBINÉS AVEC en. A l'impĂ©ratif. SANS NÉGATION. RĂ©pondez-m’cn, vous dis-je : ou, sur votre refus, ^ D’autres me rĂ©pondront et d’elle et de Burrhus. (Racine.) Va, va-f’en commencer, il ne me faut plus rien. (MoliĂšre.) Il est un peu trop tard pour enlever CĂ©lie", Dispensez-Ten ce soir, elle vdus en supplie. (Idem.) —Je prĂ©tendais te dĂ©couvrir Ă  lui. —Gardez-vous-en, mĂ©nagez mon ennui. (Voltaire.) avec nĂ©gation. Puisque c’est une chose qui doit vous faire tant de plaisir, ma chĂšre, ne m'en veuillez donc pas. (Madame DE SĂ©vignĂ©.)' En toute chose fais ce que tu dois, et quelle que soit Topinion du vulgaire, ne fen inquiĂšte pas. (Boiste.) L’enfant prend de bonne heure des dĂ©fauts; mais ne Ten blĂąmez pas, et vous en ferez un jour un ĂȘtre bien malheureux. (Anonyme.) Quand quelqu'un vous veut et vous fait du bien, ne vous en montrez pas indigne par-ce qu’il y a de plus commun, Tingratitude. [Idem.) Nous ĂŒavons autre chose Ă  dire, si ce n'est que les pronoms personnels, combinĂ©s avec
( 342 ) la particule en, la prĂ©cĂšdent toujours immĂ©diatement. Du reste, il est facile de voir que cette particule n’exerce aucune influence sur l’ordre des pronoms personnels, qui suiventle verbe, quand il n'y a pas de, nĂ©gation exprimĂ©e, et qui, au contraire, se mettent devant lui, si la piirase est nĂ©gative. Une derniĂšre remarque Ă faire, c’est que; dans les phrases oĂč le verbe est Ă  l’impĂ©ratif sans nĂ©gation, au lieu des formes moi et toi, on fait usage des formes les plus faibles me et te, lorsqu’elles se trouvent combinĂ©es avec en : c’est que, dans cĂ© cas, elles sont Ă©gales en force Ă  moi et Ă  toi, et que moi en ou moi-s~en serait inÂŹ supportable Ă  toute oreille française. ' 0 N’ CCLX VlĂŒ HORS DE l’impĂ©ratif. SANS NÉGATION. Je reçois sbuvĂȘnt de petits billets de ce cher carÂŹ dinal ; je lui eri Ă©cris aussi; je tiens Ă  ce lĂ©ger comÂŹ merce trĂšs-mystĂ©rieux et trĂšs-secret : il m’en est plus cher. (Madame de SĂ©vignĂ©.] Tu peux t’en reposer sur le cƓur d’une mĂšre. (Voltaire.) Je n'ai garde; monsieur, d’oser vous en dĂ©dire. (Do RAT.) ta'mort est un remĂšde Ă  trouver quand on vciit, Et Ton s'eri doit servir le plus tard que Ton peut. (MoliĂšre.) Je vous remercie de la peine que vous avez prise de narrer cette folie : c’est ĂŒd style qĂŒe^ vous n’aiÂŹ mez pas, mais il m’a bien rĂ©jouie: M.de Coulanges vous en parlera. (Madame de SĂ©vignĂ©.) Le pauvre homme et la pauvre femme tombaient des nues : j’ai ajoutĂ© beaucoup de choses honnĂȘtes, et je m’en suis allĂ© emportant leurs bĂ©nĂ©dictions. (De Boufflers.) avec NEGATION. Je ne m’en prends qĂŒau vice, et jamais Ă  la loi. (FabrĂ© d’EglantĂźne.) Je vous entends, Burrhus, le mal est sans remĂšde. Mon cƓur s’en est plus dit que vous ne m’en direz. (Racine.) Ah ! clßÚre Marinelte, Ton discours de ton ccĂ©ur est-il bien TinterprĂšle? Ne me dĂ©guise point un mystĂšre fatal; Je ne t’en voudrai pas pour cela plus de mal. (MoliĂšre.) Un affront vit toujours sur le front qui TeiidĂŒre,' Qui ne s’en venge pas est nĂ© pour le souffrir. (CrĂ©billon.) , Adieu, ma belle petite soeur, souhaitez-moi un heureux voyage : je crains bien que Tame intĂ©ressĂ©e de M. de Grignan ne vous en empĂȘche. (Madame de SĂ©vignĂ©.) A mon arrivĂ©e dans cette petite ville, je descendis chez les meilleures gens du monde, et je crois que je ne m’en serais pas allĂ© si facilement sans la nĂ©cesÂŹ sitĂ© qui m’obligeait Ă  continuer mon voyage. (Anonyme.) On voit donc qu’ici les formes m'en, tien, s en, lui, en, etc.; prĂ©cĂšdent toujours le verbe dans les phrases nĂ©gatives ou non nĂ©gatives. Appliquons ce principe Ăąu dernier exenffplĂ© de l'une et de l’autre colonne : Je m’en suis allĂ© ; je ne m’en serais pas allĂ©. Quel est le verbe? N’est-ce pas suis et serais ? C’est donc avant ce verbe que doit se plaÂŹ cer la forme m'en, et l’on s’exprimerait mal en disant comme les gens peu instruits de leur langue : je me sim en allĂ©; je ne me serais pĂ s en allĂ©. ^
( 343 ) ‱ i EXERCICE PHRASEOLOGIQVE. COMPLÉMENT DIRECT. SAKS tkr.ATinN. Dispense* m’en. InquiĂštc-t’en. lĂźlĂąme-l’en. Etonnons-noos-en. DĂȘtĂŽiirtiez-vous-en. Retirci-les-cn. Parlez-m'rn. Donne-t-en. KĂ©ponĂŽe2.Iut^o, Pmmets-nous-en. Mettet-vous-en. Poriez-leur-en. A ltmperatif. avkc MKCATioN. Ne m'en dispense pas. Ne t’en inqniĂšle pas. Ne l’cn blome pas. Ne nous en Ă©tonnons pas. Ne vous en dĂ©toinnez pas. Ne tes en retire* pas. HORS DE L’IMPÉRATIF. SANS KtGATlOK. Je m’cn vengerai. Tii t’en vas. Il ou elle s’eti rĂ©jouit. Nous l’en gronderons. Il nous en aurait prĂ©venus. Nous vous en empĂ©clierons. Ils ou «lies s’«n garderont. "Voiis lefe Ă©ii empĂȘcherez. COMPLÉMENT INDIRECT. Ne m'en parlez pas. Ne t’en donne pas: Ne lui en rĂ©pondez pas. Ne nous en promets pas. Ne vous en meltex pas. Ne leur en portez pas. Vous m’en parlerez. Il t’en enverra, 11 ou eile s’en promettait. Vous lui en adresserez. 11 nous en doit. H vous en plaĂźt. Ils ou elles s’en donnent. Nous leur en ĂŽterons.'' AVBC NEGATION, Je ne m'cu vengerai pas. Tu nĂ© t’en iras pas. Il ou elle ne s’en rĂ©jouit pas. Nous ne l’en avertirons pas 11 ne nous en aurait pas prĂ©venu’'. Nous ne vous en empĂȘcherons pa>. Ils on elles ne s’en g.arderoiit p.ir' 'Vous be les ch emjĂźAhercz pĂ i. Vous ne m’en auriez pas parlĂ©. 11 ne t’en eftl pas envoyĂ©. Il ou elle ne s’en estpas promis. Vous ne luĂź en eussiez pas adressĂ© Il ne nous en doit pas. Il ne vous eu,plaĂźt pas. Ils ou elles ne s’en donnent pas Nous ne leur en ĂŽterons pas- N” CCLXIX. PRONOMS PERSONNELS CONSTRUITS AVEC y. A LTMPERATIF. SANS NÉGATION. Le mari de madame aujourd’hui m’a promis De faire ma fortune.—Est-il bien vrai, Lisette? — Et je t’épouserai dĂšs qĂŒelle sera faite;— . , , Bon! attendons-n'ous-y/ quand le bien te viendra, D’autres amants viendront, tu me planteras lĂ . (VOLTÀIRÈ.) Dans ce rĂ©duit cachez-vous tout le soir; Vous trouverez un anople manteau noir ; Eourrez-uous-y. (Idem.) AVEC NÉGATION. Ame vĂ©nale! crois-tu donner Ă  ton fils un autre pĂšre avec de l’argent? ne t'y trompe point; ce n’est pas mĂȘme un maĂźtre que tu lui donnes, c’est un vaÂŹ let. (J.-J. Rousseau.) Un homme vous flatte-t-il? ne vous-y fiez pas. Il veut vous tromper. (Anonyme.) N’y a-t-ĂŒ pas nĂ©gation? les formes nons-y, vous-y, etc., se placent aprĂšs le verbe Ă  FimpĂ©ratif / comme on le voit par les exemples de la premiĂšre colonne. Y a-t-il, au conÂŹ traire, nĂ©gation? ces mĂȘmes formes se mettent devant lui, ainsi que cela a lieu dans la seconde colonne. L'exercice fera connaĂźtre les autres particularitĂ©s. t ĂȘ —N" CCLXX. HORS DB l’impĂ©ratif. , SANS NÉGATION. Je n’ose plus voir le monde, et quoi qu’on ait lait pour m'y remettre, j’ai passĂ© tous ces jours-ci comme un loup-garou. (Madame db SĂ©vignĂ©.) avec NÉGATION.. Mais ce qĂŒil y a de plus intĂ©ressant, c’est la simplicitĂ© des moeiirs de la ville de Vevay : on ne m'y connaĂźt que comme peintre, et j y suis traitĂ© pourtant comme Ă  Nancy. (De BboFFLEks.)
( 3W ] Qni ne s’y fĂ»t trompĂ©? jamais Tair d’un visage, Si ce qu’il dit est vrai, n’imposa davantage. (MoLiÈnE.) »... Un autre sort au trĂŽne vous appelle: Conscntez-y, madame; et, sans p us rĂ©sister. Achevez un hymen qui vous y fait monter. (Racine.) ‱ Ce fat va-t-il dans cette maison? — Je Ty ai vu louvent; mais Ü n’a pas l’air de s’y plaire beau- ĂŻoup. (Anonyme.) L’or est comme une femme; on n’y saurait toucher, Que le cƓur, par amour, ne «y laisse attacher. (Regnaud.) Adieu, ma chĂšre petite, j’achĂšverai cette lettre Ă  Paris; voilĂ  ce que vous aurez de Livry. Si j’avais eu la force de ne vows y point Ă©crire et de faire un sacrifice Ă  Dieu de tout ce que j’y ai senti, cela vauÂŹ drait mieux que toutes les pĂ©nitences du monde. (Madame de SĂ©vignĂ©.) Hors de l’impĂ©ratif, qu’il y ait ou non nĂ©gation, les formes m’y, fy, s’y, etc., prĂ©cĂšdent toujours le verbe. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. COMPLÉMENT DIRECT. A I/IMPERATIF. HORS DE 1/IMPÉRATIF; SANS NKCATION. Portez-y-moi (1). Jettes-y-toi. Jetle-i y (peunsitĂ©). Jette-l'y. JetoDS-noas-y. Jetcz-vouft-y. Jetcz-les-y. . Dis-le-m'y. Parle-t’y.' ParUz-nous.y. Parlez-vous-y. Parlez-lcur-y. AVEC NEGATION. Ne m’y jette pas. Nfi t'y jette pas. Ne l'y jette pas. Ne nous y jetez pas. Ne vous y jetez pas. Ne les yjetczpas. SANS NEGATION. On m'y volera. Ou t'y prendra* On l'y plantera. Il s'y perdra. Vous nous T laisserez. Vous vous y ruinerez. Elles s'y placeront. COMPLÉMENT INDIRECT. Ne m’y parle pas. Ne t'y parle pas. Ne nous y parlez pas. Ne vous y parlez pas. Ne leur y parlons pas. On m'y parlera. On't’y parlera. On s'y parlera. On nous y parlera. On TOUS y parlera. On leur y parlera. Ils s’y parleront. AVEC nĂ©gation; On ne m’y a pas jetc- On ne t’y prendra plus. On ne l'y plantera pal. il ne s’y perdra pas. Vous ne nous y laisserez pas. Vous ne vous y ruinerez pas. Elles no^’y placeront pas. On ne m'y parlera pas; On ne l'y parlera pas. On ne s y parlera pas. On ne nous y parlera pas. On ne. vous y parlera pas. On ne lenr y parlera pas. Us ne s'y purleront pas. N" CCLXXI., PLACE DES PRONOMS PERSONNELS AVEC DEUX IMPÉRATIFS. Cessez, vous dis-je, et laissez-tnot, Madame, exĂ©cuter les volontĂ©s du roi. (Racine.) Marche, et suis-nows du moins oĂč Thonneur nous atÂŹ tend. (Boileau.) Soldats, suivez leurs, pas et me rĂ©pondez d’eux. (Voltaire.) 0 vous, lecteurs curieux de la grande histoire du noyer de la terrasse, Ă©coutez-en Thorrible tragĂ©die, et vous abstenez de frĂ©mir si vous pouvez. (J.-J. Rousseau.) (1) Quoique la plupart des grammairiens approuvent les expressions suivantes : Donnez-y-moi une place, pottez-y-moi, jettes’y, et autres semblables, le goĂ»t Ă©t Tharmonie se rĂ©unissent pour les faire reÂŹ jeter. En effet, elles ont un son dur et dĂ©sagrĂ©able. Portez-y-moi ne vaut pas mieux que portez-m’y. On doit plutĂŽt se servir d’une circonlocution polie, comme : Faites-moi Ăźe plaisir de me porter, de me mener lĂ , en cet endroit, ou, si Ton rĂ©pugne Ă  la priĂšre, on prcnd-un autre tour : Portez-moi lĂ ; donnez-moi une place dedans, jette-moi dedans, ou toute autre locution que ce sifflant et bĂąillant donnez-y-moi une place, « LĂšs Ă©trangers, dit Boiste, doivent apporter une attention particuliĂšre Ă  Temploi de cet y, souvent contraire aux lois de la grammaire gĂ©nĂ©rale, et pouvant former, par sa consonnance, des locutions trĂšs- ridicules; Des Français mĂȘmes s’y mĂ©prennent, surtout dans la conversation; il n’est pas rare d’entendre, mĂȘme dans la capitale, des personnes instruites en apparence dire : Menez-m’y, et plus souvent encore menez-y-moi, moins blĂąmable, il est vrai, quoique de style sauvage.
( 345 ) Nous avons dit, et nous avons fait voir que les pronoms personnels, employĂ©s -comme complĂ©ments directs ou indirects , simples ou combinĂ©s avec le, la, les, en et y, se plaçaient aprĂšs le verbe, quand ce dernier Ă©tait Ă  FimpĂ©ratif et qĂŒil n’était point accompagnĂ©'dĂŒne nĂ©gation ; mais, par les exemples qui viennent d’ĂȘtre citĂ©s, il faut remarquer que, lorsqu’il se trouvĂ© deux impĂ©ratifs de suite, ces noms peuvent pré cĂ©derai) le dernier, ou le suivre ; c’est une chose entiĂšrement facultative. Toutefois nous ferons observer que les constructions de la deuxiĂšme colonne commencent Ă  ĂȘtre moins en usage, et qu’on dit plutĂŽt : Sortez et laissez-mi dormir, que sortez et me laissez dormir. Nous n’avons parlĂ© que de deux impĂ©ratifs; cependant, s’il y en avait plusieurs, il en serait de mĂȘme, exemple : Allez, partez, et laissez-moi dormir, ou me laissez dormir. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Doime* et 13ÎSCM0U3. Marche et suis-nous. Prends et donne-lui. Ăź>onnez et inontrez-moi. Vois-le et donne-le-mol Ecriti-la et eiiToieaa-Ini. Reste ou Ta-t-en. Luisse-le ou relire-l’eo.' Saute ou ictte-t'y Donne* et tous taisez. Marche et nous suta. Prends et lui donne. Donnez et me motUrez. Vois-le et me le donne. Écris-la et la lui envoie. Reste ou t'en va. Laisse-le ĂŽu l’en retire Saute et t’y jette. Allez et laiiiezHiĂŽua. Vois et abstiens-toi Entends et ohĂ©is-Ieur. Ecotite-lc et pardonne-Iul l'rends-le et reods-Ie-moĂź, Tais-les et adresse-Ies-lui. Asseyec-rous ou allcz-vous-cu. Approuvez-le ou moquez-vous-en. Ëmmine-les ou latsse-lei v. Allei et Qoui laÎMCL Vois et t'abstiens. Entends et leur obĂ©is. Ëcoutez-le et luĂź pardonnez. Prends-la et me le rends. Fais-les et les lui adresse. Asseyez-vous ou vous en niiez.' Approuvetrle ou vous en nioquci. EmmĂšoe-leB ou les y laiise. JV". CCLXXII. - l / PLACE DES PRONOMS PERSONNELS COMPLÉMENTS DÜN INFINITIF. !*■* SERIE. De quelle trahison pouvez-vous donc vou# plaindre ? (MoliĂšre.) Viens m'Ă©clairer, source de lumiĂšre ; foudroie avec ta plume divine les difficultĂ©s que je vais te proposer. (Montesquieu.) Vous tremblez Ă  sa vue, et vos yeux s’attendrissent. Vous voulez we cacher les pleurs qui les remplissent. (MoliĂšre.)- 2«e SERIE. Soleil ! je te viens voir pour la derniĂšre fois. (Racinkm Est-il un moment Qui vous puisse assurer d’un second seulement ? (La Fontaine.) Je connais votre cƓur, vous devez vous attendre Que je le vais frapper par l’endroit le plus tendre. iIU4 (1) Voici dĂŒalres exemples Ă Tappuide ceux que nous avons citĂ©s. Laissez-moi cette chaĂźne, ou m'arrachez le jour. (La Harpe.) Vingt fois sur le mclicr remettez votre ouvrage; Polissez-le sans cesse et le repolissez. (Boileau.) Conservez bien votre courage, et m'en envoyez un peu dans vos lettres. (M>»« de SĂ©vignĂ©.) Dites-lui ma pensĂ©e, et Ăź'averlissez bien Qu'elle ne vienne pas m’échauffer les oreilles. (MoliĂšre.) i'eignez-les-moi, dit l’aigle, ou bien me les montrez. ' (La Fontaine.) Finissons d’abord votre affaire, et me dites qui est çeile que vous aimez. (MoliĂšre.) , Sortez donc, je vous piie, et me laissez l’attendre. (MoliĂšre.) Passez votre chemin, la Ă»Ue, et m’en croyez. , (La Fontaine.) Et puisque Jean Lapin vous demande la vie, Donnez-la-lul de grĂące, ou i'otez Ă  tous deux. {id.] ■ Vons attendez le roi. Parlez et Ditjnonlrez Contrele fUs d’Hector tous les Grecs conjurĂ©s. (Racine. Tenez, monsieur, hattez-moi plutĂŽt, et me laissez rire tout mon saoul ; cela me fera plus de bien. (MoliĂšre.) ....... Par mon trouble apprenez, L’excĂšs de vos malheurs, et me les pardonnez. (Guymont de la Touche.) U
( 346 ) LĂ  Jeunesse est si aimable qĂŒâ€™il faudrait Tadorer. ^ (M“^« DE Skvignk.) J’ai encore quelques jours devant mol, je veux les vivre tout entiers. , * (de Jour.) Viens, suis-indl; lĂ sultĂ nĂš en ces lieux doitse rendre. (Voltaire.) 1 , t Trajan, dans sa rĂ©ponse au gouverneur, dit qĂŒon ne;doit pas chercher les chrĂ©tiens; mais que s'ils, sont dĂ©noncĂ©s et vaincus, il les faut punir. (Chateaubriand.) Vieris voir un nid de tourtereaux Que j’ai dĂ©couvert sur ce chĂȘne : , Je ie le veux donner : hĂ©las ! c’est tout mon bien. (FlorIan.) Quel profane Ă©ii ces lieux s’ose( avancer vers moi ? (Racine.) Dans la premiĂšre colonne, les formes me, te, sĂ©, le, etc., sont placĂ©es Ă  cĂŽtĂ© de l’inÂŹ finitif, dont elles sont le complĂ©ment; dans la seconde, au contraire, elles s’en trouvent sĂ©parĂ©es par un verbe. Cette transposition, empruntĂ©e aux Italiens, est, dans notre langue, comme dans la leur, trĂšs-gracieuse et trĂšs-Ă©lĂ©gante. Cependant elle n’est pas de rigueur, et l’une et rĂ iilre construction sont Ă©galement bonnes. Nous l’avouerobs toutefois, nos re'chĂ«rcliĂšs bous ont fourni un bien plus grand nombre d’exemples de la seconde, surtout dans les Ă©crivains du siĂšcle de Louis XIY, qui nous 'Ont laissĂ© des modĂšles du goĂ»t le plus piir. Dans les citations de la seconde colonne, on doit remarquer, avec un grammairien : 1Âź le respect pour ce principe fondamental : Rapprocher le plus quĂŒ est possible les corn-* plĂ©ments des noms qu'ils reprĂ©sentent; 2Âź l’union de deux verbes, dont le second est le complĂ©ment immĂ©diat du premier ; 3Âź qĂŒil ĂŒy a pas une seule des constructions ci- dessus rapportĂ©es, qui ait Ă©tĂ© commandĂ©e par ia mesure des vers, ‘Car le nombre de pieds serait le mĂȘme si Ton disait : Soleil, je viens te voir pour la derniĂšre fois. Afin de prouver la supĂ©rioritĂ© de la construction du texte sur celle-ci, faisons l’analyse de la premiĂšre phrase. Racine a Ă©crit : Soleil, je te viens voir pour la derniĂšre fois ; si nous Misons : Soleil, je viens te voir pour la derniĂšre fois, nous aurons rompu l’union nĂ©cesÂŹ saire de viens avec voir, sans laquelle le motif de PhĂšdre semblerait ĂȘtre de s’approÂŹ cher du soleil, quand elle n’entend que jouir du radieux aspect de cet astre; nous aurons coupĂ©, obscurci le sens de la phrase par une disjonction de mots, dont les uns appartiennent aĂŒ sujet et lĂ©s autres Ă  l’objet de Taction; enfin, en ne rapprochant pas, le plus qĂŒil est possible, le pronom personnel te de soleil, nous aurons violĂ© un principe qui a sa source dans la clartĂ© de TĂ©locuiion et dans l’enchaĂźnement si naturel des idĂ©es. Cette analyse peut se reproduire avec autant de force sur tous les autres exemples de la mĂȘme colonne. 1 TJun voulait lu garder, Vautre le voulait vendre. / NĂ©anmoins, diffĂ©rentes circonstances peuvent dĂ©terminer TĂ©crivain Ă  prĂ©fĂ©rer tantĂŽt Tune, tantĂŽt Tautre construction ; et, pour le prouver, M. Lemare cite cet exemple de La Fontaine : Uun LE voulait, dit cet habile grammairien, aurait trop rapprochĂ© les sons l'un Le Lait. Dans l'un voulait le garder, le se lie plutĂŽt avec garder qĂŒavec voulait, de sorte que si Ton faisait un repos , on ferait cette coupe , L'un voulait... le garder. Mais si La ‱Fontaine avait dit : L'un le voulait garder, l'un le voulait serait inĂ©vitable. Dans le second hĂ©mistiche, L'Ă Ă»tre le voulait vendre, l'autre peut se dĂ©tacher; de sorte qu’on a d’abord l'autre, et ensuite le voulait vendre, oĂč le lait se trouvent sĂ©parĂ©s par une
( 347 ) syllabe. H est trĂšs-probable que Tauleur n’a point fait tous ces calculs, mais l’oreille exercĂ©e est pour la construction un guide plus sĂ»r que les principes. Nous ferons une derniĂšre observation. On doit se garder de confondre : IL ME/awi faire; me faut donner quelque chose, avec il faut me faire; il faut donner quoique chose. Ces deux constructions prĂ©sentent un sens bien diffĂ©rent. Dans la premiĂšre!*/ me faut faire, U me faut donner, on veut dire que c’est moi qui dois faire, c’est moi qui dois donner; dans.Ja seconde, au contraire, c’est a moi qĂŒil faut que l’on fasse, que l’on donne ; me est ici le but vers lequel tend Taciion du seconde verbe. Voici deux exemples Ă  l’appui de cette distinction : Je subis mon destin, vous voyez sa rigueur : 11 ME faut faire un choix, il est fait dans mon cƓur. ■ (Voltaire.) Il faut vous dire coi^e ce prĂ©lat disait Ă  la reine- mĂšre : Ceci est histoire. (M“C DE SeVIGNK.) EXERCICE PnRASEOLOGIQVE. Pour ne point le troubler. Je ne puis le croire. J’dĂź cru lui devoir donner ce gage. Rien ne peut toub le ravir. Je ne puis'lui rien dire. A mes pieds elle vient s'humilier. Je ne pi is tne connaĂźire. Rien qui puisse liti dĂ©plaire. On ne peut y rĂ©pliquer. Pour ne plus la revoir. Iis n’osent se parler. Je VLiis'Ie consulter. D'oĂč i'tii sii le tirer. On peut sVii reposer sur ma fol Rien n’a pu me parer. Quelque raison que vous puissiez nie dire. T| faut la dĂ©tester. Je ne puis vous dĂ©guiser ma surÂŹ prise. T] faut y renonrer. Pour ne le point troubler. Je ne le puis croire. J’ai cru luĂź devoir donner ce gage. Rien ne vous le peut ravir. Je ne lui puis rien dire. A mes pieds elle se vient humilier. Je ne me pui.s roniiai tre.. ilii'ii qui luj puisse dĂ©plaire. On n’y peut rĂ©pliquer. l'OLir itk la plus revoir. l!i ne s’o.srut parler. Je le vais consulter. D’oĂč je I’hI su tirer. Ou s'en peut reposer sur nia foi. Rien ne ni’a pu parer. Quelque raison que vous me pui.s- . siez dire. 11 la faut dĂ©tester. Je ne vous puis dĂ©guiser ma sur? prise. 7j y faut renoncer. La leçon que |e vais te donner. Il veut tes traiter de fuble. Pour bien te louer. On peut les vaincre, Eile vient te coercher. On ne saurait ie lire. Je veux, le croire ainsi. Quel mal vient nous menacer. Aller nous chercher l'or. Ou veut se cacher. Ils croiraient se faire bflVoiit. II va me fendre la tĂȘte. Cbacun peut le traiter de fat. Il ne saurait jamais Je croire. Ne point s'abandonner soĂź-uiĂšine. Le feu qui doit la dĂ©vorer. Je viens les appeler. 11 faut le taire. HĂ©lĂšne n’avait osĂ© l'avouer. 11 vient me reprocher ma pitiĂ©. i La leçon que ie te vais donner. Il les veut traiter de fable. Pour te bien louer. On les peut vaincre. Llli; te vient rhercher Ott ne le saurait lire., Je veux le croire ainsi. Quel mal nous vient ntebacÈr. Nous aller chercher l'or. On-se veut cacher. Us se croiraient faire aCTrOnU II-me vu fendre la tĂ©te. Chacun te peut traiter de fut. Il ne le saurait juniais croire. Ne se point abandonner soi-t.iĂ©iiic Le feu qui la doit dĂ©vorer. Je les viens appeler. Il le faut taire. HĂ©lĂšne ne l’avaĂźt osĂ© avouer. ■H mĂš vient reprocher ma pitiĂ©. CGLXXI UÉ0ÉTITION DES ÇRONOMS PERSONNELS SUJETS, exprimĂ©s; Fable que tout cela; propos des enrieux, Jq le connais, je L’aime et je lui rends justice. (Gresset.) * Tu aimeras tes ennemis, tu bĂ©niras ceux qui te maudissent, tu feras du bien Ă  ceux qui te persĂ©cuÂŹ tent, tu prieras pour ceux qĂŒi te calomnient. (BeauzĂ©e.) Dieu, maĂźtre de son choix, ne doit rien Ă  personne ; Il Ă©claire, il aveugle, il condamne, ĂŒ pardonne. (Voltaire.) Jl s’écoute, il se plaĂźt, il s’adonise, il s’arme. (J.-B, Rousseau.) DUS n’ĂȘtes pas mĂ©chant, Ăšt vous ne pouvez l’éti c. (Gresset.) SUPPRIMÉS. J’entretins la sultane, et, cachant rĂźioii dessein, ■ Lui montrai d’.Âinurat le retour incertain. (Racine.) Tu es le gardien fidĂšle des plus belles femmes de Perse. Tu leur commandes et leur obĂ©is ; lu exĂ©cutes aveiiglĂ©mĂ«nt toutes leurs volontĂ©s, eLleur/uts exĂ©cuÂŹ ter de mĂȘme les lois du sĂ©rail. (Montesquieu.) L’Eternel est son nom ; le monde est son ou\Tage; il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage, Juge tous les mortels avec d'Ă©gales lois, Et du haut de'son trĂŽne interroge les rois. ' (Racine.) Je vous imite en tout. Vous, d’une ardeur extrĂȘme, Buvez, jouez, aimez; je bois, je joue et j’aime. ^ (Regnard.) U serait trĂšs-difficile de dire quand on doit.rĂ©pĂ©ter ou ne pas rĂ©pĂ©ter les pronoms
( 348 ) personnels, lorsqu’ils sont employĂ©s comme sujets. L’ellipse rend le discours plus rapide; la rĂ©pĂ©tition donne plus d’énergie Ă  la pensĂ©e. , EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Jo ne l'oi iatnais Ă©tĂ© el je prie Dieu de ne l'Ă©tre jamait. Il pleure, il hĂ©site, il hĂ©gole, il tremble. Il pleure, il rit, il chante. Elle reul et elle ne rcut pas. Vous ne gagnes rien et tous dĂ©penses beaucoup# Je ne l'at jamais Ă©tĂ© et prie Dieu de no l'Ă©tre jamais. Jl pleure, hĂ©site, bĂ©gaie et tremble. Il pleure, rit el chaule. Elle veut et ne veut pas. Vous ne gagnes rieĂč et dĂ©penses beoucoup N° CCLXXIV. RÉPÉTITION DES PRONOMS PERSONNELS COMPLEMENTS. On peut, sans s’avilir, S’abaisser sous les dieux, Us craindre et les servir. ' (Voltaire.) Un flls audacieux insulte Ă  ma ruine, Traverse mes desseins, m'outrage, m^assassine ! (Racine.) Ah ! mon enfant, que je voudrais bien vous voir un peu, ĂŒouj entendre, vous embrasser, vous voir passer. (M“¼ DE SÉVIGNÉ.) Dans ses dĂ©sirs l'homme Ă©bloui, Voudrait bien s’élever, s’enrichir et paraĂźtre ; Mais il se rend esclave en cherchant de l’appui. (Lenoble.) ĂŒn fils ne s’arme point contre un coupable pĂšre ; II dĂ©tourne les yeux, le plaint et le rĂ©vĂšre. ■ (Voltaire.) Les deux hĂ©ros fiĂšrement se relĂšvent ; Les yeux en feu, se regardent, «'observent. ' (/d.) Le suprĂȘme et Je parfait gouvernement consiste Ă  gouverner ceux qui gouvernent; il fauttej observer, les Ă©prouver, les modĂ©rer, les corriger, les animer, tes Ă©lever, tes rabaisser, tes changer de place, et les tenir toigours dans la main. (FĂ©nelon.) Un auteur qui nous flatte et nous loue, est sĂ»r de nous plaire. (Anonyme.) La rĂ©pĂ©tition des pronoms personnels faisant office de complĂ©ments est indispenÂŹ sable devant chaque verbe : Je veux le voir, de prier, le presser, ^importuner, lk flĂ©chir. Mais on ne les rĂ©pĂšte pas devant un temps composĂ© : U nous a flattĂ©s et louĂ©s. Je la crois et le croirai toajours. Je l'ai dit etie rĂ©pĂ©tĂ© encore. Jl le fait et le dĂ©fait sans cesse, lime dit et me rĂ©pĂšte Ă  chaque instant Iras Juifs m’ont trahi, m’ont trompĂ©! Je la cherche et ne la troure plus. ^ EXERCICE PHRASÉOLOGÏQVE. Il m'honore et me caresse. Jl t’aime, te chĂ©rit, t’idolĂątre. Elle le regrette et le regrettera longtemps, lime l'a dit et me Ta rĂ©pĂ©tĂ© cent fois. Je voudrais te voir, t'entendre, t’embrasser. Je dĂ©sire vous voir et vous parler. Il le loue et se fait do tort. Elle se tourmente et se donne bien do mal. Je les dĂ©teste et ne puis les souffrir. Jo Tai aimĂ© el l'aime encore. Jl m'a volĂ© et mo vote tous les jours. ' Il m'insulte, m’outrage et me calomnie. W CCLXXV. r!t*©©0« DES PRONOMS PERSONNELS DIOÎ, tOi, lui, ETC., PLACÉS DEVANT je, (U, il, ETC. CONSTRUCTION PLEINE, pour moi, j’avoue que je ne pouvais pas imaginer qu’il fĂ»t possible de faire bouillir de l’eau dans des marmites de bois, (Bernardin de St-Pierre.) CONSTRUCTION ELLIPTIQUE. Je dois , moi qui ne suis rien et qui ne peux rien , tendre au moins de tous mes vƓux vers la fĂ©licitĂ© (!u peuple. (Bernardin de ST.-ltiERRE.)
( BĂ« ) pour moi, /ai toujours regardĂ© cotiĂ tne le plus Êstimable de tous les hommes ce Romain qui roulait que sa maison fĂ»t construite de maniĂšre qu’on vit tout ce qui s’y faisait. (J.-J. Rousseau.) II n’est pour voir que l’Ɠil du maĂźtre. Quant Ă  moi, fy mettrais encor l’Ɠil de l’amant. (La Fontaine.) Quant Ă  moi, si j’ai complĂ©tĂ© le texte de Longus, tant qu’on lira du grec, il y aura toujours quatre ou cinq hellĂ©nistes qui sauront que j’ai existĂ©. (P.-L. Courier.) Pour moi, bien loin de convenir de la grande suÂŹ pĂ©rioritĂ© que nous nous attribuons sur les anciens , je soutiens que plus on remonte dans l’antiquitĂ©, plus on retrouve les principes de la galanterie,. (Id.) Pour moi, j’aĂź toujours vu les honnĂȘtes gens assez tranquilles, mais les fripons toujours alertes. (Bernardin de St.-Pierbe.) Pour mi, tire ta plus aimable parure des fleurs, (Id.) Pour lui ( ThĂ©sĂ©e ), quelle que fĂ»t la forme du gouvernement, it ne pouvait perdre l’empire que lui assuraient ses vertus, (P.-L. Courier.) Pour elle (HĂ©lĂšne) , Ă  qui sa patrie ne cessa jamais d’ĂȘtre chĂšre , elle protĂšge LacĂ©dĂ©mone , oĂč son culte est Ă©tabli. ' (Id.) pour nous y soyons francs et sincĂšres ; nous n’aÂŹ vons rien Ă  perdre Ă  nous montrer tels que nous sommes aux honnĂȘtes gens. (Mirabeau.) C’est une question de savoir si les bĂ©tes n’ont pas quelque IdĂ©e de la divinitĂ© : pournous, nous croyons qu’elles en sont incapables. (Bernardin de St.-Pierre.) Quant Ă  vous, uous devez voir ici une preuve du vif intĂ©rĂȘt que je prends Ă  vos succĂšs. (Cn. Nodier.) Pour vous, vous ĂȘtes la soubrette de la prĂ©cieuse, qui se mĂȘle de temps en temps dans la conversation, et attrape, comme elle peut, tous les termes de sa maĂźtresse. (Molikrh.) 3iol, je combattrais ie jĂ©ĂŒ ^ariĂ»l lĂšs joUeĂŒrs , et jriurals plus de plaisir Ă  me moquer d’eux en les voyant perdre, qu’à leur gagner leur argent. (J.-J. Rousseau ) Moi, j’irais mĂ©riter, par un lĂąche attentat, Les titres d’assassin, de perfide, d’ingrat Ăź (Regnard.) Moi, je reçus du ciel un moins riche hĂ©ritage : Mais les Grecs m’ont transmis leur lyre avec leurs Et, satisfait de mon partage, [chants ; Je sais rire des sots et me passer des grands. , (Boufflers.) Moi, je liens que toujours un peu de dĂ©fiance, En ces occasions', n’a rien qui nous offense, Et qu’il est dangereux qĂŒun cƓur qu’on a charmĂ© Soit trop persuadĂ©', madame, d’ĂȘtre aimĂ©. (MoliĂšre.) Depuis que l’univers est sorti du chaos , Ai-je donc trouvĂ© , moi, quelque jour darepos ? (Regnard.) Toi y tu vivras vil et malheureux , et je mourrai trop vengĂ©e. ‱ (J.-J. Rousseau.) Il croyait, lui, qĂŒil devait faire parler tout l’uniÂŹ vers. (Montesquieu.) Quoi ! de contes d’enfants son peuple s’embarrasse » Et du pĂ©ril qui le menace, Xm seul entre les Grecs ,'Ăźl nĂ©glige l’effet ! . (La Fontaine.) Nous autres juges, nous ne nous enflons pas d’une vaine science, . (Montesquieu.) Souvenez-voMs bien, uous , de venir comme je vous ai dit, lĂ  , avec cet air qĂŒon nomme le bebair, peignant votre perruque , et grondant une petite chanson entre vos dents. (MoliĂšre.) Et vous, madame, et vous, l’objet de ma faiblesse, VoilĂ  donc de quel prix vous payiez ma tendresse ! , (Regnard.) Fous, vous reprĂ©sentez une de ces femmes qui, pourvu qu’elles ne fassent point l’amour, croient que tout le reste leur est permis. (MoliĂšre.) Pour moi, dit Bernardin de Saint-Pierre, je prĂ©viens mes lecteurs que j'emploierai tous les termes qui me conviendront pour rendre mes idĂ©es. Or, qu*y a-l-il d’étonnant qu’en vertu du privilĂšge accordĂ© au gĂ©nie, de choisir non-seulement les expressions, mais aussi les tournures qui lui paraissent le plus propres Ă  peindre ses pensĂ©es, le graÂŹ cieux auteur de Paul et Virginie ait dit, avec la* construction pleine : Four moi , f avoue que je ne pouvais pas imaginer qu'il fĂ»t possible de faire bouillir de L'eau dans des marmites de bois, ou, avec la construction elliptique : Je dois, moi quine suis rien et ne peux rien, tendre au moins de tous mes veaux vers la fĂ©licitĂ© du peuple. Et Rousseau iTavait- il pas Ă©galement le droit de dire ; Moi, je combattrais, ou pour moi, je combattrais? Regnard : Moi, j'irais, ou pour moi, j'irais? Boufflers : Moi, je reçus, ou quant a
. ( 350 ) MOI, JE reçus? Et, enfin, MoliĂšre ; Pour vous, vous ĂȘtes ta soubrette de la prĂ©cieuse, et vous, vous reprĂ©sentez une de ces femmes, qui,,.? etc., efo. En prĂ©tendant depuis des siĂšcles que, dans ces sortes de phrases, les noms perÂŹ sonnels moi, toi, lui, elle, nous, vous, etc., sont des plĂ©onasmes, des doubles sujets , des PÉRissoLOGiEs, des.... que sais-je? les grammairiens font donc preuve.de la plus complĂšte ignorance Ă  cet Ă©gard, et le savant M. Lemare lui-mĂšme ne nous semble pas trop savoir ce qĂŒil veut dire, en avançant que, dans ces vers de Racine: Et MOI, qui l’amenai triomphante, adorĂ©e, JE m'en retournerais seule et dĂ©sespĂ©rĂ©e. \ Il serait impossible de construire qui sans moi, qui le prĂ©cĂšde, et que ce moi est un plĂ©onasme, puisque qiii est aussi nĂ©cessaire, remplit dĂ©jĂ  les fonctions de sujet ou de nom primordial. . . Non, moi, ainsi employĂ©^ n'est point un plĂ©onasme. C’est^ un mot aussi nĂ©cessaire pour ridĂ©e que pour la construction. Le regarder cornme surabondant, c’est lui ĂŽter toute sa force, toute son Ă©nergie; c’est le dĂ©pouiller de sa valeur, c’est mĂ©connaĂźtre sa vĂ©ritable fonction, en un mot, c'est ignorer le but de sa prĂ©sence dans le discours. Écoulons ce que pense Ă  ce sujet un cĂ©lĂšbre grainmairiĂ©n : « Les pronoms personnels moi, toi, nous, vous, etc. sont quelquefois, dit BeauzĂ©e, » le cornplĂ©ment d’une prĂ©position sous-entendue : Exemple : Vous prĂ©tendez que le » soleil tourne, et moi, je soutiens que c’est la terre. ( Voltaire). Analyse : et, par » DES raisons connues DE MOI, JE soutiens que c’est la.terre. » <( Mais', peut-on dire, pourquoi s’écarter de la mĂ©thode des grammairiens, dont » aucun n’a vu l’ellipse dans cet exemple? et pourquoi ne pas dire avec tous, que » quand on dit, par exemple, etuoi , je soutiens, ce moi est un mot redondant? » .C’est qu’une redondance de celte espĂšce me paraĂźt une pure pĂ©rissologie, si elle ne » fait rien au sens ; si elle y fait, ce n’est plus une redondance, le moi est nĂ©ces- » saire , et s’il est nĂ©cessaire., il est soumis aux rĂšgles de la syntaxe. Or, on ne peiit » pas dire que moi, dans la phrase en question, soit nĂ©cessaire Ă  l’intĂ©gritĂ© gĂ©nĂ©rale » de la proposition;6 soutiens que c’est la terre; j’ai donc le droit d’en conclure que » c’est une partie intĂ©grante dĂŒne autre proposition ou dĂŒn complĂ©ment logique » de celle dont il s’agit, que par consĂ©quent il faut supplĂ©er. Dans ce dernier cas, » n’esĂź-il pas plus raisonnable de tourner le supplĂ©ment de maniĂšre que moi y soit » employĂ© selon sa destination ordinaire et primitive, que de l’esquiver par le prĂ©texte » dĂŒne redondance?» N’esbce pas lĂ  le langage de la raison? et ces paroles remarquables n’auraient-elles pas depuis long-temps dessillĂ© les yeux de tous nos grammairiens , si la vĂ©ritĂ© n’était le plus souvent pour eux un flambeau qui luit dans le brouillard, sans le dissiper? Le langage, comme le dit trĂšs-bien Dumarsais, n’est que l’expression de la pensĂ©e. Il y a essentiellement dans le discours, de quelque assernblage de sons dont il puisse ĂȘtre composĂ©, un certain ordre qui, a Ă©tĂ© dans l’esprit de celui qui a parlĂ©, et auquel son discours peut toujours ĂȘtre rĂ©duit. Le^besoiri ou la commoditĂ© d’abrĂ©ger, et plus encore l’empressement de l’imagination Ă  rendre ses pensĂ©es, ont fait dire en un mot ce qui se disait ou pouvait se dire en plusieurs. Moi, je pense, c’est la mĂȘme chose que POUR MOI ou quant a moi, je pense. Moi,, toi, etc*, dans lĂ©s exemples delĂ 
( 351 ) seconde colonne, sont donc le complĂ©ment de la prĂ©position pour, ou bien de l’expresÂŹ sion quant Ă , sous-entendue ; et celte ellipse ne saurait ĂȘtre.mise un seul instant en doute, puisque, .clans la premiĂšre colonne, ces mĂȘmes prĂ©positions sont toujours exprimĂ©es. D’ailleurs, que ceux qui ne* seraient pas encore entiĂšrement convaincus de cette vĂ©ritĂ©, veuillent bien lire Vlmpromptn de Versailles. Ils verront (scĂšne PÂź,) que MoliĂšre fait tour Ă  tour usage de la construction pleine et de la construction elliptique. EXERCICE PJIRASÉOLOGIQÜE. SANS ELLIPSE, pour moi, je crois. Quant Ă  toi, tu lĂ©sais, pour lui, il viendra. Quand Ă  elle, elle dit. ELLIPTIQUEMENT. Moi. je crois. Toi, tu le >aisj Lui, il Tiendra. Elle. eUe dit. SANS ELLIPSE. Pour nous, nous sommes riches. Quant Ă  tous, tous tous trompes. Quanl Ă  eux, ils-oiit tort. Quaut Ă  elles, elles mentent. elliptiquement. Nous, nous sommes riches. Vous, vous TOUS trom'pez. Eux, ils ont tort. Elles meulent, elles. NÂź CCLXXVI. Je, tu, ETC., SOUS-ENTENDUS APRÈS mOt, tOl, ETC. SANS ELLIPSE. Moi, je pourrais trahir le Dieu que j’aime! (Racine..) Moi, je pourrais encore te voir, te reconnaĂźtre!... (AiNDRlEÜX.) AVEC ELLIPSE. Moi, rĂ©gner! moi, ranger un Ă©tat sous ma loi. Quand ma faible raison ne rĂšgne plus sur moi J (Racine.) Aidi, vous abandonner ! Pouvez-vous un instant, ĂŽ ciel ! le soupçonner ! (Andrieux.) Ces citations nous font voir que quelquefois les noms personnels Je, tu, etc., el le verbe dont ils sont le sujet peuvent ĂȘtre sous-eniendus. Cette ellipse ne dĂ©truit pas ce que nous avons dit dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, relativement au mot moL Dans l’un comme dans l’autre cas, il est toujours le fragment d’une expression elliptique qu’il faut nĂ©cĂšssairement rĂ©tablir pour l’intĂ©gritĂ© de la pensĂ©e. L’analyse des exemples de la seconde colonne, qui nous est suggĂ©rĂ©e en partie par Racine lui-mĂȘme et par Andrieux, est donc celle-ci : (Quant a) moi, (je pourrais) rĂ©gner! ,etc. ( Quant a) MOI, {iE pourrais) ranger un Ă©tat sous ma loi !^ etc. (Pour) moi, ou (quant a) moi, (je -pourrais) vous abandonner! OĂč donc est-il ce prĂ©tendu plĂ©onasme dont nous parlent chaque jour les grammairiens, et principalement MM. NoĂ«l et Chapsal ? Comme DuÂŹ marsais, nous dirons que si, dans les analyses qui prĂ©cĂšdent, les mots que nous resÂŹ tituons, nous les ajoutions de notre propre gĂ©nie, pour faire une langue selon nos itj.Ă©es, nous ne mĂ©riterions aucune attention ; mais nous ne supplĂ©ons ces mots dans les phrases de la seconde colonne que parce qĂŒils sont exprimĂ©s dans celles de la ' premiĂšre , qui jolXrent absolument le mĂȘme sens : . nous expliquons donc la langue française par la langue française mĂȘme , et par consĂ©quent d’aprĂšs ses vĂ©ritables principes. Majs, il faut l’avouer, ce n’est pas ainsi que les grammairiens ont coutume de procĂ©der. DĂšs qu’ils rencontrent quelque difficultĂ©, ils ,crient Ă  Varbitraire, au plĂ©onasme, el ne se (donnent pas la peine de rĂ©flĂ©chir. -C'est Ă  cette insouciance que nous sommes rĂ©deyabl.es de la plupart ries errĂ©urs qui encombrent encore aujourd’hui le domaine de la science granamaticale.
CONSlflDCTION PLEINE. Moi, je pourrais trahir le meilleur de mes amis I Je pourrais faire une lĂąchetĂ©, moi 1 Toi, tu voudrais me calomnier t Tu pourrais inĂ© calomnier, toi ! l.ui, it Toudruil vous abandonner ! Il voudrait vous abandonner, lui l Nous, nous pourrions la dĂ©shonorer! Nous pourrions la dĂ©shonorer, nous! Vous, voua seriez capable de le renier* Vous seriez capable de le renier, vous 1 Eux, ils pourraient ĂȘtre esclaves ] Ils pourraient ĂȘtre esclaves, eux 1 ( ) p* ÈXERCICE PHRASÉOLÔGIQVË. CONSTRUCTION Moi. trahir le meilleur de mes amis [ Faire une lĂąchetĂ©, moit Toi, me calomnier ‱ Me calomnier, toi I Lui, vous abaudooncrl Vous abandonner, lui t Nous, la dĂ©shonorer 1 La dĂ©shonorer, nous! Vous, le renier 1 Le renier, vous 1 Euxl esclaves 1 Esclaves, euxl ELLIPTIQOE Eux, se tuerl Se tuer, euxl Elles, l’aimer I L’aimer, elles 1 Soi, s’avilirl S'avilir, soi L Elle, me railler I ,■ Me railler, ellel Elle, le direl Le dire, elle I Nous, oous en dĂ©dire 1 Nous en dĂ©dire, nous 1 ■ Nota.— Cet exercice nous montre que les pronoms personnels moi,toi, etc., peuvent commencer la phrase ou la finir. «*^8* NÂź CCL XXVII DU PUONOM PERSONNEL nOUS EXPRIMÉ OU SOĂŒS-ENTENDU. 'exprime. Votre pĂšre et moi, nous avons Ă©tĂ© longtemps enÂŹ nemis lĂŒn de Tautre. (Fknklon.) Nous allons , monsieur BeiprĂ© et moi, dans toutes les assemblĂ©es sous le mĂȘme nom ; et nous voyons plus dĂŒonnctelĂ©s dans une ville de trois mille haÂŹ bitants quĂŒn n’en trouverait dans les villes de proÂŹ vince de ia France. (De Boufflers.) Ail ! bachelier du diable , un peu plus d’indulgence, iN’ous avons vous et moi besoin de tolĂ©rance. (Voltaire.) 11 ne sait pas Tamour qui vous parle pour lui, Que , vous et Bajazet, vous ne faites quĂŒne Ăąme. (Racine.) ' Je ne saurais vous dire dĂŒĂč ils viennent, lui et son pĂšre. (Anonyme.) NON EXPRIMÉ. Albert et mol sommes tombĂ©s d’accord. (MoliĂšre.) Rica et moi sommes peut-ĂȘtre les premiers parmi les Persans , que Tenvie de savoir ait fait sortir de leur pays , et qui aient renoncĂ© aux douceurs d[une vie tranquille pour aller chercher laborieusement la sagesse. ' (Montesquieu.) Vous avez , comme vous le dites , monsieur, des syllabes longues et brĂšves dans votre belle langue italienne ; nous en avons aussi : mais ni vous, ni nous, ni aucun peuple n’avons de vĂ©ritables dactyles et de vĂ©ritables spondĂ©es, (Voltaire.) Vous et les miens avez mĂ©ritĂ© pis. (La Fontaine.) Dttes-moi oĂč sont passĂ©s le pĂšre et les enfants. — Madame, je he sais ; mais eux et les domestiques viennent de sortir. (Anonyme.) Tous les grammairiens disent quĂ©, dans cette, phrase : Votre pĂšre et moi, nous avons Ă©tĂ© longtemps emiemis l’un de Tautre, le pronom personnel nous est un plĂ©onasme. Quant Ă  nous, qui sommes les. ennemis nĂ©s du plĂ©onasme proprement dit, nous pensons que les grammairiens se sont fait ici, commĂš partout*, ĂŒlusion; et ce qui les a entraĂźnĂ©s dans cette erreur, c’est qĂŒils ont cru qĂŒil n’y avait aucune diffĂ©rence entre : votre pĂšre et moi, nous avons Ă©tĂ© longtemps ennemis Tun de Tautre y et votre pĂšre et moi AYONS Ă©tĂ© longtemps ennemis Tun de Tautre, et que lĂŒnalysĂš en Ă©tait la mĂȘme. Mais ces deux phrases diffĂšrent autant, selon nous, -que les suivantes : Alfred et Victor SONT malheureux, et Alfred et Victor, eux seuls sont malheureux. L’une est infini-
( 853 ) , XTĂ cnt plus Ă©nergique que l'autre. VbĂźcĂź donc commĂŽnt doivent s'analyser les phrases prĂ©cĂ©demment citĂ©es : PHRASE. — (Quant Ă ) votre pĂšre et (Ă )moL nous avons Ă©tĂ© longtemps ennemis Vun de Vautre. 2« phrase. — Foire pĂšre (a Ă©tĂ© longtemps mon ennemi) et moi (ai Ă©tĂ© longtemps son ennemi), nous avons Ă©tĂ© longtemps ennemis Vun de Vautre. \ Dans le premier cas, nous doit s’exprimer, comme je, dans : moi, je prĂ©tends. Et ce qui prouve que les grammairiens sentent, malgrĂ© eux, la force de ce mot, c’est que, tout en le qualifiant de plĂ©onasme, ils ajoutent que c’est un plĂ©onasme utile. Dans le dernier cas, au contraire, nous doit s’ellipser, ainsi que cela a lieu pour le sujet pluriel du verbe sont dans les phrases suivantes : Henriette et Julie som aimables; le roi et la reine sont partis. - Nous ferons une seconde observation. Dans les phrases que nous avons rapportĂ©es plus haut, il faut remarquer que le nom personnel moi se place toujours Ăšn dernier ordre. La grammaire n’est pour rien dans celle construction, qui est tout arbitraire, et dont TurbanitĂ© française a fait presque une loi. La personne qui parle doit donc se nommer la derniĂšre : vous et moi , et non pas MOI et vous; cependant, dans le cas d’une grande infĂ©rioritĂ©, cette derniĂšre conÂŹ struction peut ĂȘtre employĂ©e. Un pĂšre dira : moi et mon fils; un maĂźtre : moi et mon domestique. ^ ' C’est sans doute pour la mĂȘme raison qĂŒon dit : toi et lui, vous et eux. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Vous et TOtrc frĂšre, tqu» lo dite». Voa» et TOtre frĂšre le dĂźtci. Nou> sortiroDi, lui et moi. Lui el moi sortiron». ' Vous et te roi, tous ÂŁtei Ă©gaux. Vous et le roi ĂȘtes Ă©gaux, lu sont CD nage, eux et leurs cbe- Eux et les puit^n sout morts, vaux. Nous et ton ami, nous le croyons. Noos et ton ami le croyons. Tous et Tos amis, tous n’y eoten- Youset tos amis u’y enteudearieD* dea rien. > Elles le Tsotent, elle et sa mĂšre. Elle et sa mĂšre le veulent. Vous et lui, TOUS ne Talez pas mieux. Tous et lui ne Taleub mieĂŒxr ‱*^9 NÂź CCLXXVm. il, <l«, tlU, elles, P&ECÉBÉS d’autres substantifs, et considĂšres comme plĂ©onasmes dans EES INTERROGATIONS ET LES EXCLAMATIONS. Comment les rayons d’un astre un million de fois plus gros , que la terro ont-ĂŻl« des harmonies si surÂŹ prenantes avec les tableaux de la nature ? (AimĂ©-Martin.) La vie n’est-cWe pas un songe ? («‹) Les armes du sanglier sont-cltes plus dangereuses que celles de la guĂȘpe ou du moustique ? m Le 6rutf harmonieux que produit le feuillage, Et le bruit sourd des flots soulevĂ©s par l’orage, Plaisent-iÏ5 au coursier qui, fler et plein d’ardeur, DĂ©ploie en s'Ă©lançant sa gi Ă ce et sa vigueur ? m Oh ! pourquoi la fortune vous a-t-elte refusĂ© comme Ă  moi un peu de terre dans votre terre natale i (Bernardin de St-Pierre.) ‱ Pourquoi un chien de basse-cour hurle-t-tZ la nuit Ă  la simple odeur d’un loup qui lui ressemble ? Le spectacle des affaires humaines ne vaut-il pas mieux que la contemplation de nos propres douleurs? (Ballanche.) Oe doux rĂȘve est^tĂź un mensonge P Ce doute affreux me fait mourir ; Si je ne suis aimĂ© qĂŒen songe, Dites-le moi, je retourne dorm:/. (Florian.) US
( 354 ) LĂ  iiĂ uĂŻĂš n'Ă©lt-ĂȘlßÚ iiĂ Ăą cbHiHlĂ© lĂ  foĂąĂȘ? feÜ'e se LĂ  b/Ă©n ĂȘsUil 'dbricĂ«i diMcÜeĂ  taire? Prenons ĂŻe flĂ©trĂźt au souĂ»le du plaisir. m contre-pied de ce que font les ambitieux, et les mé chants. (BHaHAEDlN DK St-PiHRHH.) Par ces exemples on voit que dans les interrogations on exprime d’abord le nom de l’ĂȘtre ou de la chose dont on veut parler, puis les mois il; elle, ils; elles, qui se placent aprĂšs le' verbe : Les animaux. ont-iLS des universitĂ©s? Mais/ demanderĂą-t-on, quel est, dans cette phrase, le sujet du verbe ont? Est-ce le substantif animaux, ou ie pronom zVĂ ; ou sont-ce tous les deux Ă  la fois? Écoutons un peu les gramniairiens Ă  cet Ă©gard. Dans Les anirĂ aux ont-ils des univerÂŹ sitĂ©s; le verbe / disent-ils/ a pour sujet ahiniaux et ils ensemble; mais ce dernier est rĂ©pĂ©tĂ© par plĂ©onasme; Ainsi ils est un plĂ©onasme. Mais qĂŒest-ce qĂŒun plĂ©onasme; je vous prie ? C’est ĂŒn mot surabondant, inutile quant au sens. Donc ils est uh rriot surabondant; inutile, une espĂšce d’intiĂŒs qĂŒil faudrait presque bannir de la phrase. HĂ©ureuse trouvaille que celle du plĂ©onasme, et qĂŒils sont a plaindre vraimeni les animaux de n’avoir pas dĂŒniversitĂ©s oĂč on leur enseignĂ© la belle thĂ©orie du plĂ©onasme! Ün mot prĂ©sente-t-il quelque difficultĂ©; et ne pĂŽut-on l’expliquer, ni eh rendre compte? c’est un plĂ©onasTh/ei Avec une pareille rĂ©ponse, l’igriorance, comme on le voit; est fort Ă  son aise. " « * Quant Ă  nous , qui avons pris nos degrĂ©s Ă  l’école des Dumarsais et des Biagioli. nous ne pouvons nous rĂ©soudre Ă  penser, avec les grammairiens, qĂŒil y ail, dans une phrase, des mots vides de sens, des mots qui ne puissent se^soumettre Ă  aucune analyse; et nous avons trop de vĂ©hĂ©rati'oh pour nos grands Ă©crivains pour leur faire l’injure de'croire qu’ils laissent tomber les mots de leur plume. Nous pensons, au ĂŻbh'trĂ ire, quĂ© iĂŽĂŒt ce que rĂąvĂšĂŒ'gl'e rbutine ne compr'Ă©n'd pas Ă«t ne maiiquĂ« jjĂ k d’at- iribuer Ă  VuMpe; aĂŒ caprice, Ă  VĂ bus, ail hasĂąfd, feSt lĂ© rĂ©sultat des m'Ă©ditĂ tidns lĂ©S plus (irofondes. ‱ ‱ ’ ‱ . ArmĂ©s du flambeau de l’analyse, ce scalpel de la pensĂ©e, nous allons donc cherÂŹ cher Ă  dĂ©voiler lĂ« mystĂšre dont s’enveloppent lĂ©s prĂ©tendus doublĂ©s sujets des gramÂŹ mairiens. Lorsque Bernardin de Saint-Pierre dit : Oh! pourquoi la fortune vous h-f-ELiiE refusĂ© comme Ă  moi un peu de terre dans votre terre MtĂ lĂ©? ĂŒ Ă  d’abord dans la pensĂ©e l’idĂ©e de la fortune; il sait d’avance qĂŒil va en parler. 11 pourrait donc, tant il est prĂ©occupĂ© de cette idĂ©e, supprimer ce mot, et dire tout simplement : Oh! Pourquoi .vous a-t-ELLE refusĂ© comme^Ă  moi un peu de terre dans votre terre natale? Mais comme, au moment oĂč il va pout exprimer sa pensĂ©e, il s’aperçoit qu’en eilipsant' le mot fortune; le lĂ©'cteĂŒr poĂŒrrĂ»it ĂŽĂ« pas le comprendre, il jette eh avant ce rh'ot, ‘et dit : Ôh! pĂ ĂčrqĂčĂŽi la FORTUNE vous Ă»-t-ELLE rcfusĂ©? ctc. En sorle que \e moi fortune n’est lĂ  que l’expiicateur du pronom elle, Ă©t il se trouve interjetĂ© dans la phrase pour avertir qĂŒil va en ĂȘtre question. La phrase de Bernaudin de Saint-Pierre peut donc ĂȘtre aĂŒalyséé ainsi : Oh! .poĂčrqĂčĂ©i vous, a-ÂŁ-EtLE (je veux dire la forTune) refusĂ©, elc. Le mĂȘme raisonnement doit s’appliquer Ă  tous les autres exemples du numĂ©ro. Quand bien mĂȘme le substantif, au lieu de commencer la phrase, lĂ  terminerait, comme dans cet exempl'Ă© : Que vous ont-iLsfait, les troglodytes? Cela ne changerait rien Ă  l’analyse, qui serait Ă©galement (Ă  propos des) troglodytes, (je vous demande ce) qu’iis vous ont faiu^ *
i 355 ) - La thĂ©orie des doublĂ©s sĂŒjĂ«ts ; dĂ©s plĂ©dnasméëj est donc une thĂ©orie creuse, el qĂŒâ€™il faut laisser Ă  ceux qĂŒi l’chit iinagihéé; car, Ăšn prenant uri pĂȘĂŒ lĂ  peine d’enirer dans la penùéé des Ă©crivains; oh VditqĂŒĂ« les prohorfis ii; Ule; elC., sĂ»til lĂ©s vĂ©ritables sujĂ©is dĂšs phrases citĂ©es, et que lĂ©s mois raifoni; vie, armes ; fortune, chiĂšn, etc. > ne sont aulrĂ© chose que des frĂągmĂ«nts dĂ« k^oposilions ĂšUiptiques. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L’homme c»t-il mortel ? Les onĂźmauz onUils une ftme? Le ciel é»t>il toujours serein? Pourquoi l’AmĂ©rique a-t-elle Ă©tĂ© dĂ©couverta ? Pourquoi la houssolĂȘ.a-l-ellĂ© Ă©tĂ© iiirĂ©iitĂ©et Le» priĂšres loiitralles doue sans vertu ? En cĂŽiiibien de jours Dieu Ct*il le.monde ? De quoi Cidypso ue pjutait-elle se cousolur? Par qui Rorrie fut-elle fondĂ©e? ConibĂżit la France a-tralle de dĂ©partements? OĂč NĂąpĂŽlĂ©on vil-ii ie jour ? Les songes ont-ils en effet uo sens? W CGLXXIX^ 9^ / DÈÉ pkoNÔMĂ  PERSONNELS QÜI, EN -AÜPÀRENCÈ , JOtÉNT ÉE RÔLE I)È DOÜÈLES SUJETS , APRÈS LES MOTS ow5«*,‘ peut-ĂȘtire, en vain, Ă  peine, etc. SUJET UNIQUE. A peine ces funestes parĂ lĂšs frappent leurs ufeilles, qĂčHls courent ĂąĂŒx armes j assemblent les capitaines ,'et ordonnent- qu’on se hĂąte de sortir du camp pour Ă©viter cet incendie. (FĂ©nelon.) Aussi les bons rois jouissaient dans les Champs^ ‱ElysĂ©es d’un bonheur infiniment plus grand que celui dĂŒ rĂ«sle 'deĂ  hommeĂ  qui avaient aiinĂ© lĂ  vĂ©ilu sur la terrCi J’avais profitĂ© de toutes les occasions pour mahdĂšr la cause du dĂ©sordre en Angleterre ,'mais en vain. Aussi le dey ne voulait point croire qu’elle fĂ»t telle que je le lui disais. (Albkrt-MontĂ©mont.) Dans cette Ăźle, on n’y voit que les malheureux que les tempĂȘtes y ont jetĂ©s, et on n'y peut espĂ©rer de sociĂ©tĂ© que par des naufrages ; encore mĂȘme ceux qui venaient en ce lieu n'osaient me prendre pour me ramener. (FĂ©nelon.) - C’est une grande question parmi les hommes , de S'ivoir s’il est plus avantageux d’îter aux femmes la libertĂ© , que de la leur laisser. Peut-Ă©ĂŒe wn homme plus sage que moi serait embairassc de dĂ©cider. '(Montesquieu.) Combien les (etĂŻips de troubles rĂ©vĂšlent d'inquiĂ©tudes et de traĂźtres ! . (Anquetil.) PRÉTENDU DoublĂ© Sujet. À péßnĂ© wnĂ© rĂ©solution Ă©tĂźĂŒt-eiĂŻĂ© prise dans ie conÂŹ seil; que les Dauniens faisaient prĂ©cisĂ©ment ce qui Ă©tait nĂ©cessaire pour en empĂȘcher le succĂšs. (FÉNÈiiONO Il rĂšgne presque toujours Ă  Waldubba des. fiĂšvres trĂšs-dangereuses ; aussi les habitants bni-Us le teint d’une couleur cadavĂ©reuse. (Albert-MontĂ©mont.) L’Évangile ne prĂȘche que la tolĂ©rance et la paix. Aussi/es cĂąrehĂ©ns supportĂŽrent-j/s pendant 764 ail? tous les maux que le fanatisme des Sairasins leur voulut faire souffrir; (Chateaubriand.) Quelque effort que fassent les hommes, dit BosÂŹ suet , leur nĂ©ant paraĂźt partout : les pyramides Ă©taient des tombeaux ! Encore les ro'is qui les ont bĂąties' n’ont-Ăź7s pas eu le pouvoir d’y ĂȘtre inhumĂ©s , et ils n’ont pas joui de leur sĂ©pulcre. {Id.) Peut-ĂȘtre les ennemis de JĂ©sus-Clirist choisirent- ils , pour ajouter l’insulte au chĂątiment, une plante approchant de celle dont on se servait pour couÂŹ ronner les empereurs et les gĂ©nĂ©raux d’armĂ©e. (Id.) Combien ĂŒn avocat bien payĂ© par avance troĂŒvĂš-l-il plus.justĂ© Id cause dont il Ăšst chargĂ©! (Pascal;) Dans lĂšs ĂȘxĂširiples Ăši-dĂšssĂŒs ori voit que, quand les expressions amst., Ă peine^ peut- ĂȘtre., envairi'^ etc; , sont immĂ©diatĂ©rriĂ©ht suivies dâ€™ĂŒh sĂŒbĂątĂ nlif, lĂ©s pronoms personnels de la troisiĂšme personne, employĂ©s comme sujets, sont tantĂŽt exprimĂ©s et tantĂŽt ne 0 ' < t ■ ' le sont pas ; question toute neuve et que les graminairiehs ont oubliĂ© de traiter. Nous l’abordons les fĂźrĂšmiersj et voici lĂ -dĂ«ssus ce qĂŒĂ© nous pù’nsoilĂ . Et d’abord, voyons la premiĂšre phrase de ia premiĂšre colonne. Celle-ci, comme les
, ( 858 ) Suivantes, Ă©st consti'ulte d’aprĂšs l'ordre direct et nĂ© prĂ©sente aUCutte difficultĂ©. Ă  peine ces funestes paroles frappent teurs oreilles, etc., ces funestes paroles, voilĂ  le sujet. En esi-ii de mĂȘme dans les exemples de la seconde colonne, et devons-nous y voir deux sujets au lieu dĂŒn? Les pronoms personnels qui suivent le verbe forment-ils ce quĂŒn.appelle un plĂ©onasme? A coup sĂ»r, les grammairiens seront de cet avis; mais nous, qui combattons leurs erreurs et leurs prĂ©jugĂ©s, qui ne cherchons en toutes choses que la vĂ©ritĂ©, nous ne pourrons jamais nous faire illusion au point d apercevoir deux sujets dans une phrase non plus que deux tĂȘtes dans un homme. Or, quel est le sujet dans Ă  peine une rĂ©soliuion Ă©tait-elle prise dans le conseil, etc. ? Le sujet unique esi elle. En effet, analysons la pensĂ©e. FĂ©nelon, en exprimant le mol rĂ©solution, ne le fait que par apposition ; il est lĂ  comme interjetĂ© et nĂ©cessite const- quemmeni l’emploi du mot elle. C’est comme s’il y avait Ă  l Ă©gard d une rĂ©solution, Ă  peine Ă©tait-elle prise dans le consei/. VoilĂ  l’ordre logique , voilĂ  l’analyse d aprĂšs la-, quelle il n’y a qĂŒun sujet, qui est elle. 11 faut raisonner ainsi pour toutes les phrases analogues. Mais qĂŒen^yont penser les grammairiens? Cela ne nous importe guĂšre, car ce n’est pas pour eux que nous Ă©crivons. A quoi bon d’ailleurs vouloir persuader des hommes qui, toute leur vie, se sont traĂźnĂ©s dans l’orniĂšre, .et s en sont rapportĂ©s servilement Ă  la foi d’aulrui? Revenons Ă  nos exemples. Dans quel cas, nous demandera-t-on, faut-il exprimer les pronoms personnels aprĂšs ces sortes de phrases? Nous rĂ©pondrons que c est une chose entiĂšrement facultative, de pur sentiment, et oĂč la grĂące et l’harmonie doivent surÂŹ tout prĂ©sider. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. A peine «on otĂźs Ă©lait donnĂ©. Kucorc le* choses ne sedouiientpas. Combien cet homme est fin I Vaiuemeulla rorlutiu luiestdoonĂše. A peine l'homme est nĂ©. A peine les roseĂŻ sont Ă©closes. Peut-Ă©lre l'bomine est Immortel. Combien ceux-lĂ» lout Ă  plaindre I A peine son otIs est-)l donnĂ©. Kncore les cboses ue se donoentp- elles pas. Combien cet bomme est-il Onl Vainement la forlutie lui est-elle donnĂ©e, A peine l’iiomme eit-il nĂ©. Apeine les roses sont-elles Ă©closes. I*eul-Ă©tre l'homme est-il immortel. Combien ceux-lĂ  eool-iis Ă  plaindre] Aussi les hommes se dĂ©chirent. Peul-Ă©ire il le pardonne. ÂŁn Tain la fĂ©niĂ© se montre. Aussi le combat est acharnĂ©. A peine l'homme est mort. . A peiiie la raison fut Tenue. Peut-ĂȘtre cet homme est bon. Combien ca carnage dura. Aussi les hommes se dĂ©chirent-ÎIa. Peut-ĂȘtre le pardonne-Hl- Ëii Tain la rĂ©rltĂš se monlre-t-eilo. Aussi le combat fut-il acharnĂ©. A peine rhonmie est-il mort. - A peine la raison esUelle Tenue. Peut-ĂȘtre cet homme est-il bon. Combien ce carnage duraH-Ăźl. N“ 'CCLXXX. ■ EMPLOI DU PRONOM PERSONNEL il, elle, ETC., APRÈS UN PARTICIPE PRÉSENT. AVEC il, elle, ETC. LiciNius Ă©tanf vena Ă  Antioche, et se doutant de Timposture ^ il fit mettre Ă  la torture les proÂŹ phĂštes de ce nouveau Jupiter. (Fontenelle.) Les Romains se destinant Ă  la guerre et la regarÂŹ dant comme le seul art, ils avaient mis tout leur esprit et toutes leurs pensĂ©es Ă  la perfectionner. (Montesquieu.) r Le Peuple , voyant sans peine dĂ©pouiller toutes les grandes familles, i l jouissait des fruits de la tyrannie, et il en jouissait pui*ement, car ii trouvait sa tyrannie dans sa bassesse. (idi) SANS il, elle, etc. Catilina se voyant environnĂ© d’ennemis, et n’ayant ni retraite en Italie, ni secours Ă  espĂ©rer do Rome, fut rĂ©duit Ă  tenter le sort d’une bataille. . (Vertot.) AprĂšs la bataille de Leuclres , Épaminonpas ayant rendu la libertĂ© Ă  la MessĂ©nie quo les 'Spartiates tenaient asservie depuis longtemps, leur ĂŽta les moyens de se recruter dans celte province. (BarthĂ©lĂ©my.) Les CONSULS , ne pouvant obtenir Thonneur du triomphe que par une conquĂȘte ou par une victoire, FAISAIENT ia guerre avec une impĂ©tuositĂ© extrĂȘme. (Montesquieu^
( 557 ) Les GRANDS des provinces d’Orient s’étant^ assemÂŹ blĂ©s, ILS voulurent couronner ses deux autres frĂšres (de Constantin le Barbu), soutenant que , comme il faut croire Ă  la TrinitĂ©^ aussi Ă©tait-il raisonnable d’avoir.trots empereurs. (MokitksquieĂŒ.) ^ Les Romains , accoutumĂ©s Ă  se jouer de la nature humaine dans la personne de leurs enfants et de leurs esclaves", ne pouvaient guĂšre connaĂźtre cette vertu que nous appelons humanitĂ©. (Id.) 11^ dans les phrases de la premiĂšre colonne, est encore, suivant les grammairiens, liuplĂ©onasme. Mais, suivant les uns, c’est un plĂ©onasme vicieux; et, selon les autres, un plĂ©onasme utile. . - Nous (ou quant Ă  nous), qui avons dĂ©vorĂ© toute la littĂ©rature, nous pouvons assurer que les auteurs fournissent presque autant d’exemples de l’une que de l’autre tournure. Et Tanalyse va nous prouvertjĂŒen effet elles peuvent s’employer toutes deux, mais avec quelque diffĂ©rence. Pour mieux faire sentir cette diffĂ©rence, nous choisirons le preniier exemple de chaque colonne. EXEMPLES. Liginius Ă©tant venu Ă  Antioche, et se doutant de rimposlure, il fit mettre Ă  la torture les prophĂštes de ce nouveau Jupiter. Catilina se voyant environnĂ© d’ennemis , et n'ayant ni retraite en Italie, ni secours Ă  espĂ©rer de Rome, fut rĂ©duit Ă  tenter le sort d’une bataille. ANALYSE. C’est comme s’il y avait : ( Pour ce qui est de LICINIUS , (Ou quant Ă  ce gui touchĂ©) LICINIUS, ( je dis de lui qu’ ) Ă©tant venu Ă  Antioche, etc., IL fit mettre Ă  la torture les prophĂštes de ce nouveau Jupiter, Dans cet exemple Fauteur n’insiste pas avec la mĂȘme force sur le mot Catilina ; il dit simplement : CATILINA FUT rĂ©duit Ă  tenter le sort d'une bataille, et cela aprĂšs qĂ»il se vit environnĂ© d’ennemis. t La pensĂ©e'n’étant pas la mĂȘme dans les deux phrases que nous venons d’analyser (et la ponctuation seule en fait assez foi), l’expression ne saurait ĂȘtre non plus la mĂȘme. C’est donc Ă  tort que Lemare invoque en pareil cas -la syllepse : La syllepse n’a rien Ă  faire ici, non plus que le plĂ©onasme. H faut de toute nĂ©cessitĂ© que Fontenelle et Vertot aient eu une inieniion quelconque, aient voulu peindre quelque circonstance, quelque accident de plus, en exprimant bu en n’exprimant pas le pronom U. S’il en Ă©tait autrement, les mois, au lieu d’ĂȘtre les signes de nos pensĂ©es, ne seraient plus qĂŒun vain assemblage de sons ou un barbouillage sans intelligence. « C’est en vain, dit .Lemare, que les grammairiens se prononceraient contre les » exemples de la premiĂšre colonne, sous prĂ©texte qĂŒils renferment un sujet de trop ; » ce plĂ©onasme ( Lemare voir lĂ  un plĂ©onasme !!) est quelquefois nĂ©cessaire ou utile r pour la clartĂ©, ou ajoute Ă  TĂ©nergie. Nous osons prĂ©dire qĂŒil ne sera point aban- » donnĂ©. » (Pas plus que la logique.) N” CCLXXXI. osi»!. PRETENDUS DOUBLES SUJETS TRANSPOSES. ON DIT: Elle n’est pas taiie, la source de nos larmes^ chĂšre Sophie. (Mirabeau.) Il n’est donc plus, ce temps ou mille sentiments dĂ©licieux coulaleut de ma plume comme un intarisÂŹ sable torrent 1 (J.-J. Rousseau.) ON FOURRAIT DIRE ÉGALEMENT: La source de nos larmes, hĂ©las 1 chĂšre Sophie, ELLE n’est pas tarie. Ce temps oĂč mille sentiments dĂ©licieux coulaient de ma plume comme un intarissable torrent, hĂ©las ! XL n’est donc plus !
( 558 ) Ils toquent, ces palais que Fart en vain dĂ©core ; Et de ces i)ol3 en fleurs, oĂč de tendres serments ' Hier retentissaient encore, ' ’ ' " portent de long gĂ©missements. * (Cas. DelavĂŻgne.) Ces paĂŻats que Tart en yffin dĂ©cqre, ils et de cesl)bĂŻs"(^‘fl'eurs, etc. ' ' ‘ ' ’ ’■ i : Çomfiig le vpjf, on peut, lorsque Je nom sur lequel roule le discours est exprimĂ©, exprirperĂ©galement les mptsi/, elle, etc., destinĂ©s Ă  en rappeler Tidee; et ces mots, ainsi que le verbe qui suit, peuvent commencer ou terminer la phrase au grĂ© de rĂ©cpiy^in. 3\Jai^ il faut bien se garder de croire, avec les grammairiens-, que lĂ©s pro- noniszY, efle,, etc., soient, en pareille circonstance, des doubles sujets, des plĂ©onasmes, . et quç, par gxemple, dans les vers de Casimir DeiavignĂš; ils tombent ces palais, il y ait inyĂšrsipn et que ce soit pour ces palais tombent. Entre ils tombent ces palais et ces palais tombent, il y a .une diffĂ©rence bien grande. Dans ce dernier cas, non-seulement on Ă©nonce simplement un fait, mais on indique aussi, ou Ton paraĂźt indiquer du moins que ce fait est assez ordinaire. Dans le premier, au contraire, outre la grandeur et TĂ©nergie de la phrase, le poĂšte marque TĂ©tonnemeni qĂŒiTĂȘpfOuve Ă  la'pgnsĂ©e que cespatcds, ces pat^if pĂ©cores avec, tant d’art, puissent tomber; iĂź lui semblq que les orÂŹ nements dont Tart les couvre devraient les mettre Ă  Tabri de tout accident. Et comme Ces derniers mots, ce n’est pas pour lui qĂŒil Jes exprime ; iis lui sont inutiles, car il ces PALAIS que Tart en vain dĂ©core, ils tombent : oĂč Ton voit que le mqj, pala^ pĂŒst . pas, ainsi qĂŒâ€™on le prĂ©tend, le sujet du yerhetomb.ent, rnais bipn Jp jr^^mept d’qnp / expression elliptique qĂŒil faUt rĂ©tablir pour comprendre toute la pensĂ©e de TpcrivĂź^jp. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Elle approche nitanmoms, cette mort (nexoraUe, Qu'il cal beau^ ce temple Ă©leȎ Ă  l’amitiĂ© I Uoe reTieodra'plĂ»aj cet bĂ©ĂčreĂŒx tĂ©nipi. IleatlĂ , cet enfant. Cette amitiĂ©, oĂč eat-elle 7 * >, ' I ‘ : t ■ , . , ( *|d ' Cette mort inexorable, elle approche nĂ©anmoini. Ce temple Ă©lerĂ© Ă  i’atiiitßé, qu'il est beau J bct Keiireux temps; hĂ©las'.' il ne revieiidra plus. Cet enfant, Î1 eat lĂ . OÙ estpelle, cette amitiĂ© ĂŻ VJfj ‘t ; 1 t 1,1- tj ... N" CCLXXXn. « 4 t Il EHPLOTÉ ABSOLUMENT , CÜST-A-DIRE SANS RELATION A UN SUBSTANTIF PRÉCÉDEMMENT EXEMPLES J H est dangereux de conseiller les grands. (La Roche.) Semez les bienfaits, il. en naĂźtra d’heureux sou- venirs. ‱ - (Paboui^sk.) Les hommes ont le droit d’adorer Dieu comme il leur plaĂźt. (Boiste.) I.. L. ana'lyse (1). Il [c'est-Ă -dire cela] est dangeçeux ; (je veux dire Tacte) de conseiller les grands. Semez les bienfaits, il [c'est-Ă -dire cela] en naĂźtra; ()*e yeuxffire)^Ăźheureux souvenir^.' ' ' ' Les hommes ont le droit d’adorer Dieu comme il [c’esM-dire cela] leur plfĂŒt. ’ ; (I) Les mots entre parenthĂšses carrĂ©e^ servent Ă  expliquer celui qui prĂ©cĂšde.
( 859 ) H y a bien peu de gens peur, qui la yĂ©ritĂ© ne soit une sorte d’injure'. ' " ’ (Skgub.) II y a beaucoup d’occasions ou il vaut mieux se taire que de parler. (AcadĂ©mie.) HĂ©las l il est trop tard pour rentrer dans ma rose ! ' ' ' ‘ * (V. Hugo.) » * I 11 Lo peuple croit qĂŒtl pleut quelquefois des gre- noĂčilles et d’autrĂ©s insectes en dĂ© certains terhps. ’ (Planche.) . Il [c'est-Ă -dire le monde] y a (ici ou en 5oi)blen peu dĂ©'gens pour qui, etc. ' ■ ^ Il y a beaucoup d’occasibns oĂč il [c’est-Ă -dire cela] vaut mieux ; (je yeux (lire) se taire, etc. * HĂ©las ! y. [c’est^^^re le temps] est trop tard popt (que je puisse) rentrer dans ma rĂŽse. ' Le peuple croit qĂŒiL [c’est-Ă -dire le ciĂšl] pleut. ' / . Il,', t' 1* T Par ces exemples on apprend que le mot U s’emploie quelquefois d’une maniĂšre ■ ' \ i'T’\ ‱ V- * .'b' ■■ r -‱ h <*r^ .r,' absolue, c’est-Ă -dire sans relation a un substantif prĂ©cĂ©demment exprimĂ©. L’analvse nous rĂ©vĂšle le reste (1). * Ouant aux grammairiens qui seyaient tentĂ©s de nous contester l’explication du dernier exemple , nous leur donnons ces deux passages Ă  mĂ©diter : Pieu fait luire son ' ' ‱ ' / * - I ‱ ^ 'T ' ’ ‘ . * * ‘ * / I J " ‱ * ' * ‘ ‘ ‱ *^.i < I. t' \ 1 r soleil sur les bons et sur les mauvais, et pleut sur le champ au juste comme sur celui du t f, * ' / ' ' * " ' ' ' \ \ ' r r» kV » ■ I \M M* ' ' I ( » pĂ©clieiir. (Bossuet, ElĂ©vations sur,les mystĂšres.) . ‘ Ce est 7/AIR qui pleut et tonne (roman de la Rose). , ff'~ !:'■ f.'*' itii */ Dans les autres exemples, en traduisant il par cela, nous ne faisons que suivre l usage. , * En effet, ne dit-on pas tous les jours : ça fume, ça sent-mauvais, etc., etc., pour U ' .»* ■ 't t 1 ' / ‘ ' r ' ■ . i' ' I'* ' r -.'iV if fume, etc.? E:ƒRÇrCE Bja.RA.SÈOLO^GIQVE. 11 est des malbonaetfS geos. 11 y a des inalhounĂątes geos. 11 est trop tĂŽt. ■ ' Il fait nuit. II toinbe de l'eau.. 11 est blĂȘu de le faire. Il faut du talent. II Taut mieux lĂš*taire. 11 coĂ»vient de lĂš 'dire'.' r Il pleut: II tonne, li neige,^ ‱>^9 N° CCLXXXIII. SUITE DU NUMERO PRECEDENT, PRETENDU DOUBLE SUJET. 11 aperçoit bientĂŽt assez prĂšs de lui le noir Tartare : il en sortait une fumĂ©e noire et Ă©paisse dont l’odeur empestĂ©e donnerait la mort ; si elle se rĂ©pandait'‘dans la demeure des vlvantsl (FĂ©nelon.) 7t se fait «ne revoĂŻwfton universelle de tout ce qui est au-dcdans de lui, comme si on bouleversait toutes ses entrailles. ‱ (Id.) Il se trouva lĂ  par hasard un jeune homme: (Montesquieu.) n est une Ăźle, affreux rivage, MoitiĂ© peuplĂ©, moitiĂ© sauvage. (Gresset.) Rarement il arrive Ăąes reuolMltons chez les peuples heureux. (Boiste.) SUJET UNIQUE. ‱ De cette caverne sortait de temps en temps une fumĂ©e noire et Ă©paisse qĂŒi faisait une espĂšce de nuit ‘'* (FĂ©nelon.) au milieu du jour. ‱’ ‘i I i Rien ne s’est fait sans la volontĂ© du CrĂ©ateur. (Boiste.) Quelques rayons de miel sans maĂźtre se trouvĂšrent. (La Fontaine.) Non loin des bords du Cher et de l’Auron, Dans un climat dont je tairai le nom, Est un vieux bourg, dont l'Ă©glise sans vitres, A pour clergĂ© ie plus gueux des chapitres. (Gresset.) Cependant une maladie cruelle ravageait la contrĂ©e: un mĂ©decin habile y arriva du pays voisin, (ijJOHTKSilĂŒKÜ.) (1) il, en pareil cas, n’est autre chose quo YiUud des Latins. . ' .C ' ** '
( ) Quand Lemare dit que dans ces sortes de phrases, it sortait une fumĂ©e, ĂŒ se fait une tĂ©voLuiion, ce mot il ne joue plus son rĂŽle ordinaire, qui est d’ĂȘtre relatif Ă  un substantif masculin, prĂ©cĂ©demment exprimĂ©, nous sommes d’accord avec lai, et nous pensons kussi que, dans cette circonstance, il est ĂŻillud des Latins et signifie cela, ce que je vais dire; mais quand plus loin Lemare ajoute que le mot qui suit Je verbe est un double nominatif dont le verbe est toujours sous-entendu, nous le croyons tombĂ© dans une grande erreur. Nous qui attaquons les plĂ©onasmes comme une autre hydre, nous croyons que les mois fumĂ©e, rĂ©volution, etc., loin d’ĂȘtre des doubles sujets, sont au contraire les complĂ©ments de verbes sous-entendus, et quezY, comme/a, a la Vertu d’indiquer toute une proposition. Ainsi, dans celle phrase : je le savais, que vous mentiez, le signifie cela, ce qui suit, Ă  savoir que vous mentiez; de mĂȘme dans, ĂŒ sortait une fumĂ©e noire et Ă©paisse ; il se fait une rĂ©volution universelle, il, cela sortait, cela se fait, je veux dire une fumĂ©e, une rĂ©volution, le mot il indique un groupe de mots qui est je veux dire une fumĂ©e, je veux dire une rĂ©volution, oĂč Ton voit que fumĂ©e et rĂ©volution sont comÂŹ plĂ©ments du verbe dire sous-entendu. D’aprĂšs cela qĂŒc^ reconnaisse donc avec nous qĂŒil ne peut y avoir de doubles sujets, et que les plĂ©onasmes n’existent rĂ©ellement pas. Quant aux phrases de la seconde colonne, elles ne peuvent donner lieu Ă  aucune difficultĂ©, puisqu’elles sont construites suivant Tordre direct. Il arrÎTe des troupes. U se fait beaiicoup d’affaire* Il sort une fumĂ©e. Il surrient un orage. 1) l’agite une question. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. 11 «urfient un Ă©rĂ©nement. Il se dĂźt de belles choses. Il part en ballon. Il naĂźt un incendie. 11 se dĂ©cide une grande affaire. Il pleut des pierres. U se raconte de grandes histoires. Il part un feu d’arlifiee. Il surgit une rĂ©Tolulion. UseTide une querelle. Il est une TÎlle. Il le donne un grand combat. Il le jette toutes sortes de choiea. U se trouTe des hommes. Il se tient UQ marchĂ©. N" CCLXXXIV. 83^ ÉQUIVOQUES OCCASIONÉS PAR LES PRONOMS f*L Ă©lU, xU, ellCS , ETC. ‘ PHRASES VICIEUSES. Tous les autres Ă©crivains no sont au-dessous de MoĂŻse, d’HomĂšre, de Platon, de Virgile et.d'Horace , que parce qu’tis ont Ă©crit naturellement, fortement, dĂ©licatement ; en un mot, parce qu’ils ont exprimĂ© le vrai. Sans vouloir diminuer la gloire de Newton, on peut remarquer qu’il doit beaucoup Ă  GalilĂ©e,' il lui a donnĂ© la thĂ©orie de la pesanteur. ■ . I Samuel offrit son holocauste Ă  Dieu , et il lui fut si agrĂ©able qu’il lança au mĂȘme instant la foudre contre les Philistins. HypĂ©ride a imitĂ© DĂ©mosthĂšne en tout ce qn'il a de beau. PHRASES CORRECTES. MoĂŻse t HomĂšre, Platon , Virgile et Horace ne sont au-dessus des autres Ă©crivains que parce qu'ils ont Ă©crit naturellement, fortement, dĂ©licatement; en un mot, parce qu’ils ont exprimĂ© le vrai. (La BruyĂšre.) Sans vouloir diminuer la gloire de Newton , on peut remarquer qu’il doit beaucoup Ă  GalilĂ©e; car celui-ci lui a donnĂ© la thĂ©orie de la pesanteur. . (Fontenelle.) Samuel offrit son holocauste, et Dieu le trouva si agrĂ©able qu’Ăč lança au mĂȘme instant la foudre conlre les Philistins, (Condillac.) HypĂ©ride a imitĂ© DĂ©mosthĂšne en tout ce que De- wĂźosrAĂšne a debeau. (Boileau.) Dans Temploi des pronoms il, le, la, les, etc., ce qĂŒil faut Ă©viter avec soin, ce sont les Ă©quivoques auxquelles ils peuvent donner lieu. On ne doit pas oublier que la clartĂ© est le principal mĂ©rite du discours. Les phrases de la premiĂšre colonne sont donc vi-
( 361 ) cienses, en ce que le rapport du pronom ĂŒ n'y Ă©tant pas sensible, le lectepr est obligĂ© de deviner lequel des noms exprimĂ©s ce mot i/ reprĂ©sente. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ' Li eonverution est on pliiiir, m&ls elle doit... et non il doit. Virgile o imiti HomĂšre dans tout ce que cetuMt a..., ou dans tout ce qu'HoniĂȘre a', et non dans tout ce qu’il a. J*ai reneontrĂ© madame votre mĂšre et mademoiselle votre sƓur, cette derniĂšre oucelle^i... et non elle. MoliĂšre a surpassĂ© PUute dans tont ee que eelntral a..,,'etooti dans tout ce quM «... Eu allant chex le gĂ©nĂ©ral, j'ii vu le colonel, et je lui ai.... et non i'aĂź vu le colonel, {e lui ai. LĂ© gĂ©nĂ©ral Ă©tait Ă  quelques lieues de l'eDDeaii, et voulait,., et non il voulait NÂź CCLXXXV. DE L*ÂŁMPLOI DES PRONOMS PERSONNELS mol, tOt, lui, ETC., CONSIDÉRÉS COMME PLÉONASMES. EXEMPLES. On n’attend plus rien que la signature; PrĂ©sse-moi donc celte tardive allure. (Voltaire.) Ah ! que je hais leur insipide joie !. Que leur babil est un trouble importun : Chassezrles-moi. (/d.) N’approfondis jamais rien dans la vie, Et glisse-moi sur la superficie. {Id.) Prends-mot le bon parti, laisse lĂ  tous les livres. (Boileau.) On lui lia les pieds, on vous le suspendit. (La Fontaine.) ANALYSE. Presse cette tardive allure , pour me faire plaisir, pour faire plaisir Ă  moi. . Chassez-les pour m’obĂ©ir, pour obĂ©ir Ă  moi. Et glisse sur la superficie, pour m’étre agrĂ©able, pour ĂȘtre agrĂ©able Ă  moi. Si tu peux dĂ©fĂ©rer Ă  moi, prends le bon,parti, etc. On le suspendit, comme je vous le dis , comme Je le dis Ă  vous. On voit que dans ces sortes dĂ© phrases le pronom personnel se trouve toujours employĂ© comme complĂ©ment indirect, et Tanalyse nous montre comment il faut rĂ©intĂ©grer les mots que le besoin de s’exprimer avec autant de briĂšvetĂ© que d’énergie a fait sous- entendre. Les grammairiens, qui n’ont presque jamais rendu raison de rien, parce que le flambeau de Tanalyse leur a toujours manquĂ©, se sont seulement contentĂ©s d’avancer que, dans toutes ces locutions, il y avait piĂ©oriasme. Ce n’esl pas plĂ©onasme, qĂŒil fallait dire, mais bien ellipse, el Ton devait rĂ©tablir la construction pleine, comme nous venons de le faire. Toutefois, nous rendrons justice Ă  Lemare, qui lui seul s’est approchĂ© de notre analyse, et nous consignerons ici ses derniĂšres paroles Ă  ce sujet : de quelque maniĂšre, dit-il, que cette tournure s’explique, par le plĂ©onasme ou par Tellipse, elle ajoute Ă  l’énergie; mais elle ne sort guĂšre du style familier. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Prcise-moi cette bourrique. On vous te tatiçi. Je te.les fi» partir. Je vous le lui fis taire. PousiCHiioi ce cadet. Pretids-moi ton paquet. MĂšne-le*moi en prison. FuĂźtes-nous-en un bon chrĂ©tien. Alme-moi cet air. On vous le fustigea. Nous te les arraugeĂąmei. Je roua la leur lis accroire. Tleni-nioi ce dĂ©montĂ©. Cherche-moi la vertu. Em m en ez-la-n ous. Faites-m'en un bon boorgeoisl Cbaste-nioi cette bĂ©te. On vous le rĂ©primande. Nous te les reçûmes. Je vous la lui ferai passer. Brise-moi ces outils. Suis-mni te droit cbemĂźo. Faites-le-inoi roir Faite»-nous-en un homme tont simple. Imite-moĂź les aocicDS. On TOUS le retourna. 11 te la secoua. Je vous la lui porterai. Brise-nous tout' cela. Corrige-nioi ce drÔte, Paites-le-nous baron. Faites-nous-cD uu bon 46
eOLXSXVI. C8W— RÂź, B *1S?.PÇWÂź^’ï^83 ŸŸŸ coMPL|ÉM?ri|8 piRBCff, EXEMPLES- II me verra , moi et mon domestique, (RĂącinh.) La fortune nous a persĂ©cutes, Ăźui et moi. (FĂ©nelon.) Ne voyage pas de nuit : on pourrait t’arrcler sur les grands chemins, et te dĂ©trousser, toi et te? comÂŹ pagnons. (Anonyme.) Ce silence odieux Ăźa fit soupçonner, lut et les siens. (Vertot.) ANALYSE. jÇI MK verra, [je le rĂ©pĂšte, il TCira ] moi et [Il yeira mon domestique. La fortune nous a persĂ©cutĂ©s, [ je le rĂ©pĂšte, elle a persĂ©cutĂ©] lui et [el(e a persĂ©cutĂ©] moi. On pourrait te dĂ©trousser, [je le rĂ©pĂšte, on pourrait dĂ©trousser] toi et (on pourrait dĂ©trousser] tes compagnons. Ce silence odieux le fit soupçonner, [je le rĂ©pĂšte il fit soupçonner] lui et [il fit soupçonner] les siens. C’est donc Ă  tort que jusqĂŒĂ  prĂ©sent les grammairiens ont vu dans toutes ces phrases des plĂ©,qnasnie|, gncp|e qn (;pqp., np.us n’en reconnaissons pqjnt, eiJ’gpalyse, gui vient Ă©clairer Ă  chaque instant nos pas, nous prouve jusqu’à l’évidence qu’il ne saurait en exister. Et, en effet, quand on dit : Urne verra, moi et mon domestiquĂ©, il doit y , . ' ‘. 11 I f /»' '»‹ J ‱ r ^ .T*. ■'jf / p ‱ 1* , I'. ^ avoir, dans cette phrase, Upispropositions,.puisqu’il y a trojscqmplĂ©inpnis : nxe, n\oi et mon domestique. La premiĂšre est complĂšte : Ü me verra; les deux autres sont ellipÂŹ tiques, et, pour les rĂ©tablir, il ĂŒy a qĂŒĂ  rĂ©intĂ©grer les mots sous-entendus. Or, la construction pleine est : il verra moi, Ü verra rnon domestique. VoilĂ  pour l’analyse logique. Donnons maintenant la rĂ©glĂ© grammaticale. Lorsque, dans les phrases analogues Ă  celles que nous avons citĂ©es, il se trouve deux ou plusiĂȘ^fs pqqipjĂ©mqnts, ion\ Tun est un proppm personnel, celui-crse rĂ©pĂšte pour d^nqer plus^’ép^ergie Ăą. fo phrase et Ă  lapensĂ©e; mais, dans ce cas, on epiploie deux formes diff^rgpje§, et la plus faible se rpet devant le verbe, et la plus grave apyĂšs : il ME v^rra, s^qi ei TjjprĂź 4qmesJtiq^e. petto yĂšgjp [l’est pas iel|emeni rigpqreu^e que de bons Ă©crivains ne s’en soient Ă©cartĂ©s, et ij qous semlale que Girault-Duvivier et Wailly ont condamnĂ© un peu trop i’égĂšreine[i{ ces deux phrase^, parce que les auteurs ont ellipsĂ© lea et nous devant ait sĂ©duit ei voyant revenir. Il semble que Valdo ait eu un bon dessein, et que la gloire de la p{ulĆžrete'(Ă©YĂ néëliĂżiĂš) bit sĂ©duit fut Ă©t ses g^sans. v * (Bossuet.) PĂ©nĂ©lope, ne voyant revenir ni lut ni moi, nĂźaura puĂŻĂ©sker à’tiit dri prĂ©t^^^^^^ ■ ’ ' ' ■ (FĂ©nelon.) Chose Ă©trange ! les grammairiens, qui voient partout des plĂ©onasmes, signalent comme vicieuses des phrases oĂč ils ĂŒen sauraient dĂ©couvrir, et qĂŒils devraient trouver, comme nous , trĂšs-correctes et trĂšs-françaises. ’ . ' Il nous reste une derniĂšre observation Ă  faire yelatiyerpPPt aux deux premiers exemples de la premiĂšre colonne. Racine a dit : il me verra, moi et mon doruestique; et FĂ©nelon : LayortuiiĂš nous a persĂ©cutĂ©s^ lui et moi. Dans la premiĂšre phrase, il y a me; dans ia seconde nĂŽtw, 11 suit de lĂ  que Ton peut dire : il me verra, ou ĂŒ nous verra^
( 363 ) moi et mon dormsticpis; la primĂ© m'a persĂ©cutĂ©, ou nous a persĂ©mtĂ©s, lm et tĂź^oĂź. La mĂȘme remarque s’appliquĂšptQnoms de ia secondĂ© et de la troisiĂšme personne. Il me prit, moi et mes eompagnoos. II me satoQ, moi et mon frĂšre. Noua tĂȘ rimes, toi et les tiens. U le battit lui et ses gens. Je ia remarquai, elle et sa serrante. Il 1« loua, lui e| ses camarades. ' ! . '■ lu*',' EJEBJRÇIÇE RffRÂSÉOLO^IQUE. Noas la rtmes, elle et son escorte. Nous le Terrons passer, le roi et lui. ' 11 nous attaqua, nies compagnons et moi. Il nous reconnut, mol et lut. ^ * Je oe TOUS aperçus, ni toi, ni les autres. Il me loua beaucoup, moi et ma fitie. n' .-i (O'f ) ‘ t '■! f' I'* Il nous Terra, nous et nos gens. Nous les poursuirĂźmeL elle et ses amies. If les inViiai luĂź, ses parents et ses amis. Nous les remarquĂąmes, cite et sa famille. Nous les Terrons passer, le roi et eux. 11 nous loua beaucoup, moi et ma fille. .11 : I ** ■\f; ^ :» .-t . 1 1. n” CGLXXXVII, ■ DE LA UÉDÜPLICATION DES COMPLÉMENTS INDIRECTS. EXEMPLES, Ăź * , * ANALYSE, I M " ' * ■ Il ME parut, [je le rĂ©pĂšte , il parut] a moi et [Ü / .-l'.r ^ ‱ * ‱(.»«.,» ‘if;, k -t 'M parut] a mes compagnons , elc. * n me parut, Ă  moi et Ă  mes compagnons, que notre arrivĂ©e avait jetĂ© une grande terreur dans le pays. ■ (Albekt-MontĂ©mont.) Il nous doit cette somme , Ă  nous et Ă  nos associĂ©s. (Girault-Duvivier.) M * ' k . y N’insulte jamais la yieillcsse.^ Nq te semble-t-elle [ Ne te semble-t-elle pas respectable , [jelcrqpĂšte, pas respectable^, Ă  toi commĂš Ă  tbut TĂ© 'monde? ' ne senilile/t-elle pas respectable] Toi ,.*commĂš [eirĂȘ ' ■ 1 Jl NOUS doit cette, somme, [je lq rĂ©pĂšte, jl la doit] A NOUS et [il la doit] Ă  nos associĂ©s. (Anonyme.) TouchĂ© de pitiĂ©.pour cps ĂȘtreq infortunĂ©s, il leur -donna Ă  eux et Ă  leurs enfants de quoi faire leur ‘ t ■ ♩ . n '{Id.) route. semble rçspcclablej Ă  to^( le mondĂ©e. H LEUR donna, [ je le rĂ©pĂšte , il donna] a eu? «{ fil donna] Ă  leurs enfants de quoi faire leur route, *■ n J t ^ I f ' ■ »* T)* Tout ce que nous avons dit ppur la rĂ©duplication des complĂ©ments directs, devient, applicable, dans les cas analogues, au redoublement des complĂ©menis indirects; avec., celle diffĂ©rence que le pronom personnel rĂ©pĂ©tĂ© aprĂšs le verbe est toujours accomÂŹ pagnĂ© de la prĂ©posilion Ă . EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. is lui dirons, Ă  ell« et Ă  ies compagnons. Il tous nuira; Ă  tous comme aux autres. LIS le leur remeltrex, aux rois et aux ministres. Il leur plĂ»t, Ă  lui et Ăą son pĂšre. n me semble, Ă  moi et aux autres. . Nous Il me parut, Ă  mo' et Ă  mon fiĂšre Vousi ^ , . Nous te domiĂźinie», Ă  loi comme aux autres, 11 nous semble, Ă  moi et a^x autres. ,Nou* leur eu coulerons, Ă  elle et Ă  toutes les li nous eu apportera, Ă  nous et Ă  tout le monde. 11 nous parut, Ă  Jui et Ă  moi. autres. II le lui dira, Ă  lui et Ă  nous. Il ne tous parlera, ni Ă  toi, ni Ă  tes «mis. Je le leur apprendrai, Ă  elles et Ă  Içurs pareotSi N' CCLXXXVIII. DES COMPLÉMENTS DIRECTS le, la, Ăźes CONSIDÉRÉS JUSQU’A PRÉSENT COMME PLÉONASMES. Le bien, nous Ăźe fesons ; le mal, c’est la fortune. On a toujours raison, le destin, toujours tort. , (La Foistaine.) Et la plus belle chose, ils la gĂątent souvent Pour la vouloir outrer et pousser trop avant. fMOLIKRK.) Prince , je vous entends ; Ce soin de me venger^ ces nobles sentiments , 'Ces transports, ces fureurs dont votre Ă me est saisie, Je les dois Ă  Tamour moins qu|Ă  la jalousie. , # ' IĂź , ĂŻ * *J. /-rv X , (Regnard.) Un jeunq homme peut bien ptre Ă©tourdi, lĂ©ger; Aux travers de Tesprit aisĂ©ment'on fait grĂące ; Mais les fautes du cƓur jamais on ne les-passe. (AndhieĂŒx.)
(S64 ) Ce quĂ© pense ĂŒn amant Ă e ses feux pĂ©nĂ©trĂ©, Ma houche le disait quand vous ĂȘtes entrĂ©. (Regnabd.) La voix de mon Ă©poux, i’avez-vous Ă©coutĂ©e, Cotte plaintive voix qui suit partout mes pas, Kt vous reproche un sang que vous ne vengez pas. (Id.) Je . Fai aussi sentie, cette soif vague de quelque chose y elle m’a traĂźnĂ© dans les solitudes muettes de l’AmĂ©rique, et dans les villes-bruyantes de l’Europe. (Chateaubriand.) Cette justice qui nous est quelquefois refusĂ©e par nos contemporains, la postĂ©ritĂ© sait nous la rendre. m Dans toutes ces phrases, les complĂ©ments directs le, la^ les, sont, suivant Topinion de Lenfare, des plĂ©onasmes, mais des plĂ©onasmes utiles. Vous Tentendez ! des plĂ©onasmes utiles, c’est-Ă -dire des choses Ă  la fois superflues et nĂ©cessaires. Nous en demandons 'bien pardon Ă  Lemare et Ă  tutti quanti, mais nous ne trouvons pas que, dans les phrases citĂ©es, les verbes qui ont pour complĂ©ments le, la, les, doivent Ăšn avoir d’autres ;..et nous sommes encore Ă  penser comment un aussi habile, un aussi profond grammairien que Lemare ait pu y voir rien de plus. Prenons, entre toutes» cette phrase de La Fontaine : Le bien, nous le faisons; le mal, c'est la fortune. Quoi! vous voulez que ce verbe/aisons ait deux complĂ©ments , dont le bien est le premier, et le second le; de sorte que votre analyse est celle-ci : Nous faisons le bien, nous le faisons. C’est en vĂ©ritĂ© par trop Ă©trangement s’abuser; c’est avoir une ignorance complĂšte du mĂ©canisme de cette phrase. Ne doit-on pas reconnaĂźtre, au contraire, comme nous Tavons clairement dĂ©montrĂ© en d’autres circonstances, que ces mots le bien, sont les Ă©lĂ©ments d’une proposition ellipsĂ©e, dont la construction pleine est : en ce qui touche, en ce qui concerne, en ce qui regarde le bien, ou d’une maniĂšre abrĂ©viative, pour le bien, nous le faisons; pour le mal, c'est la fortune. C’est lĂ , certes, la seule et vĂ©riiable^analyse, d’aprĂšs laquelle TexpresÂŹ sion le bien doit ĂȘtre complĂ©ment soit d’un verbe, soit d’une prĂ©position sous-entendue, et non pas du verbedont le seul et unique complĂ©ment est le. Et cette analyse est inattaquable, car elle est fondĂ©e sur l’usage et sur TautoritĂ© de tous les Ă©crivains. Ne dit-on pas; en effet : Pour votre frĂšre, si je le vois, je le prĂ©viendrai, ou avec ellipse de la prĂ©position pour ; Votre frĂšre, si je leĂź;o/s, je le prĂ©viendrai. Dans Tun cohinae dans l’autre cas, le molle n’est point un plĂ©onasme; et c’est parce que les grammairiens n’ont pas vu Tellipse, qĂŒils sont lornbĂ©s dans une aussi grave erreur. Le monde, peu de geuf le eoooeiiieot. Le ‱antĂš, (out le monde le dĂ©lire. Le niifĂšre, noua l'evoni (oui en horreur. Dieu, tioui deTone l'edorer. Le Tcrlu, il fiut le cuttÏTer. Le mĂ©chant, il le faut plaindre. Le fortune, toui lea bommea le eberehenl. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Le tageiae. heureux qui le poaiĂšda. La vie turbulente, je la dĂ©leite. L'aniour de la patrie, je l’ai.daoa uon eoeur. Nos vices, noui voua tes cacbonu Les opinions, reipectons<les. Les jeunes persunnei, on les doit surveilter. Scs dĂ©fauU, ou ne les voit pas. Les parente. Il faut lea aimer. Les bons. Dieu un jour les rĂ©compeniere, Lea riehfties, tons les bommea ue lea pcuveut avoir. Les diguitĂ©a. heureux qui tes fuit- Lea pUiiira purs et simples, ;c les recbercbe. Les grauds exploita, je les admirĂ©. NÂź CCLXXXIX. CHPLOi DB le, la, les en rapport avec des noms dĂ©terminĂ©s oĂč indĂ©terminĂ©s. AVEC le, la, les. Si c’est effacer les sujets de haine que vous avez contre moi, que de vous recevoir pour ma fille, je veux bien que vous la soyez. {U Fontaine.) AVEC le SIGNIFIANT CELA. HĂ©las I madame , vous me traitez de veuve,* U est trop vrai que je le suis. (Voltaire.)
( 8ĂąS ) llilracle ! drlait-oo ! VettĂȘt Voir dahs 168 ĂŻue4 Passer la reine des tortues, La reine ! — vraiment oui ; je la sĂŒis ĂȘĂ» effet. m Ne me trompĂ©-je pas, en vous croyant ma m*Ăšc«. — Oui, monsieur, je la suis. (Boissy.) Êtes vous les trois Romains quĂŒn a choisis pour le combat P — Nous les sommes. (Mabmontel.) Êtes-vous les prisonniers que Ton a amenĂ©s d’AU lemagne ? — Nous les sommes. (M«n« Vadvillikrs.) Il nĂŒn est pas en foule. Il sĂŒn trouve pourtant, Gens instruits et profonds , qui n’ont rien de pĂ©dant, Qui ne s’appellent pas la bonne compagnie, Qui la sont en effet. (Voltaire.) Vous ĂȘtes non pas la femme, car vous ne pouvez pas PĂȘtre ; mais l’esclave d’un esclave, qui a Ă©tĂ© dĂ©gradĂ© de l’humanitĂ©, (Montesquieu.) ■LĂą ViiiĂŽ dĂ© SoleĂŒtĂ© dĂ©VleĂŒi lĂ© Màëß-VeĂŒs toute la Suisse ; les femmes y sont charmantes , je sefais mĂȘme tĂ«niĂ© de leĂą ciroĂŒe coquette#, si les femmes pouvaient l ĂȘtre. (Dk Boufflers.) Je veux ĂȘtre mĂšre, parce que je le suis, et c’est en vain que je ne le voudrais pas ĂȘtre. (Molikre.) ‱ Les pauvres sont moins,souvent malade#, faute de nourriture, que les riches ne le deviennent pour en prendre trop. (FĂ©nelon.) — Mais ne mĂŒs-tu pas fiancĂ©e ? — Je le suis Ă  quelqu’un. C’est un fait bien certain, (Dk Boufflers.) Pourquoi les riches sont-ils si durs envers les pauvres ? — C’est qu’ils n’ont pas peur de le devenir. (J.-J. Rousseau.) Catherine de MĂ©dicis Ă©tait jalouse de son autoritĂ©, et elle id devait ĂȘtre. (L. P. Daniel.) Les exjemples de la premiĂšre colonne,nous font voir, que, lorsqu’il y a, dans une phrase, des substantifs dĂ©terminĂ©s, les pronoms personnels qui s’y rapportent doivent revĂȘtir le mĂȘme genre et le mĂȘme nombre que ces substantifs,'et qĂŒalors on se sert de/e, /a, les; mais si, comme dans les exemples de la colonne latĂ©rale, il y a des adjectifs ou des substantifs pris adjectivement, indĂ©terminĂ©s, quel que soit leur nombre et leur genre, le pronom personnel qui les reprĂ©sente est toujours le, 1 illud des Latins et signifiant cela.: vous me traitez de veuve; il est trop vrai que je le suis; que je suis cela, c’est-Ă -dire veuve. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Étea^TÔus le roi ? — Je le suif. Je tous croyais ma ÛUe.— Je la suis aussi. ÂŁtei-TOui la reĂźoe ? — Je la suis. Je vous preuais pour mon amie. —Je ne la suis Êtef.Tous 1a matlresse du logis ? — Je la suis. . P“*' Êtes-Tous les maĂźtres» - Qui, nous les sommes. Xtes-rous le roi > - Oui, i« le suis. Vo us u'ĂȘte* pas les maĂźtres, et tous do le* sere» **«*"« ^ “ Uui, je le suis, jimais, Etea-Ăźous maĂźtresse iei? — Oui, je le suis. Je serai la malade, et toi, tu la feras, Etea-vouamaĂźtres?— Oui, nous le somme*. Vous n'ĂȘtes pas mallres, et tous ne la seres jaÂŹ mais. Quapd je serai malade, tu le deTÎendrat. Je TOUS croyais femme.—Non. je ne le luĂź* pas. Si tous me preoies pour amie, tous Terrie» que je le suis. Vous les crĂŽye» eoupaUes. «t Us ne te sont pas. —N° CCXC. ADDITION AĂŒ NUMEBO PBBCÉDENT. I. Voyez Aigoes-Mortes , FrĂ©jus, Ravenne, qui ont Ă©tĂ© des ports et qui ne le sont plus. (Voltaire.) Qu’appelez-vous douze hommes de bonne volontĂ© — Nous le sommes tous. - (Marmontel.) Ces belles choses le sont moins hors de leur place. (La B&uybrs.) Est-ce que nous sommes la cause qu’ils s’en Ă©loigaeat P oui, nous le sommes. (Marmontel.) les objets de nos voeux le sont de nos plaisirs. (Corneille.) Les Romains avaient des oracles qui promettaient Ă  Rome d’étre la'capitale du monde, et elle le devint. (Bernardin de St.-Pwrre.)
( 366 ) Par cesexempleSj Ăčn apprend qu'en violation de la rĂšglfe fondamentale; prĂ©cĂ©dem-, meht Ă©tĂ bliĂ©, il est des cas oĂč, lots mĂȘme que les substantifs sont dĂ©tĂ©rminĂ©s, le relaiif qui le reprĂ©sente doit ĂȘtre toujours le. Eri cela, voici le conseil que nous donÂŹ nerons; Ce qĂŒil y a de mieux Ă  faire, c'est de se consulter sur ce qĂŒon a Ă  expriÂŹ mer. Si l’on veut rĂ«prĂ©seriler ĂȘxpÿéssĂ©ment le sĂŒbĂ tahlif dĂ© la proprosition prĂ©cé dente; la consiruciiĂŽn est naturelle, et Ton emploie le pour le masculin singulier, la pour le fĂ©minin singulier, et les poĂŒr le pluriel. Si Ton rie veut pas exprimer TidĂ©e d’un substantif, lĂ  cdrislrĂŒctioii est figdrĂ©e, il y a syllepse, et Ton fait toujours ĂŒsage du mot indĂ©terminĂ© le. 11. Il est dĂ©s grands hommes ne le sont que par des vertĂŒS; D A^uesseau Ă©tait destinĂ© Ă  FĂ©tre par les tĂąlĂ©nts; (Thomas.) Ah Ăź je le sens, je n’ai pas Ă©tĂ© seul malheureux; et toi, .Sophie, malgrĂ© les distractions qiii t’obsĂšdent, tu ne l’étais guĂšre moins que moi. (Mirabeau.) ‘ Ces deux exemples servent Ă  dĂ©nionirer qĂŒe Je relatif/Ă« peut reprĂ©senter un substantif oli ĂŒh adjectif diffĂšrĂąri't Ă©h genre Ă«t eh nombrĂ© avec te\ik qui sont exprimĂ©s. Eri effet, dans la premiĂšre çolonnĂ©, le remplace les mots grands hommes; et, dans la seconde colonne, il tient lieu de Tadjectif malheureuse. EXERCICE VBRASÉOlOGIQVE. s . * * l)fe» fabmtlies d’e5pri(, roiia ne tĂ© ser'ei jĂąniaii. Une femme de mĂ©rite, tu ne le teras jamais. UnĂ© damç^dfi tnaĂźton, tĂŒ lĂ© kcras Ă 'n jour. Ceux qui Ă©taient des dieux pour les aiieiens oe . te soiil pa* pour nob& ' . . , Direx-Tou* que iicui en tommes les aaleurs? ‱— Oui; vĂąĂŒs l|%les. Soyex brave, je le eerĂ©i. Si Vous Ă©iel bilardĂ©, iĂŽtrĂ© fVĂšre ĂŻiĂ© i’est pas moins. < , , / . 1* ^ * Puisque lĂ© mĂ rl est jalotiĂź, li femine doit 1 ĂȘtre. Quand une chose est juste^ les consĂ©quences doivent l’ĂȘtre. fille, que fu le seras Ă©galemeol - ... prodigues, je ne le suis pai.^ ■i lĂ©s hommes ne sobt pbi vertĂœĂ©iĂą; les femmea FaVii que vous %tej mĂ©uteursi taul-il que nous dolveot l’ĂȘtre. le soyons Ăź Les cĂ asĂ«i dĂ© notre ĂȘtĂšvBtion lĂ© VontsobVcot de notre fiine. JjĂši pĂąu vreĂš ne le sVrbht pas teojoht». Nous avons Ă©tĂ© riches, ma fille, tu lĂ©seras aussi. PĂȘs'qdĂš nbÜÏ avbns Ă©tĂ© heureux^ espĂšre, 'ma S ivÂź ccxci. Le SIGNIFIANT cela et remplaçant une proposition. 9 * t. e » , * Petits esprits, ce que je viens de dire, C’est bien pour' vous que je l’ai dit : Ce n'est pas assez de tĂŽtit lire, U faut digĂ©rer ce qu’on lit. (de Boufflers.) Le mĂ©chant peut trouver un complice ; Mais il n’est ici-bas, etle Ciel l’a permis, Que les honnĂȘtçs gens qui puissent ĂȘtre amis. (Colin l’Harleville;) Autant que je le puis, je cĂšde Ă  les raisoi-s ; Elles calment un peu l’erinui qui me dĂ©vore. ^ (Racine.) Si lĂš public a eu quelque indulgence pour mĂŽi ; je le dois Ă  votre protecĂŒoni . * t (Condillac.) Vous devez trembler Ă  l’ouverture de cette lettre ; ou plutĂŽt vĂŽus le deviez, lorsque vous soullrilĂȘs la pĂšrĂŒdie de Nadir. (Montesquieu.) NbĂŒs sommes entourĂ©s d’hommes plus forts que rious ; lis peuvent nous nuire de mille mĂ niĂ©res diffĂ©rentes ; les trois quarts du temps ils peuvent le faire impunĂ©ment. {Id.) L'homme est, je vous l’avoue, un mĂ©chant animal. (MoliĂšre.) Plus que l’î'ii tib Ăźe croit ; ce nĂȘln d’époux khgage. Et l’amour est souvĂ©nt un fruit du mariage. m ^ ’ĂȘĂšs exemples on voit que, quand le relatif le tient la place d’une proposition ou d’un verbe, il reste toujours invariable, et la raison en est aisĂ©e Ă  comprendre, c’esĂź que les propositions et les verbes n’ont en soi ni genre ni nombre. Dans les phrases rapportéés ; lĂš Ăšst relatif Ă  tous les ihĂŽTs qui en sont italique, et en tient la place.
J» TOUS lo dis. Il le pense. Nons roussie disons. Vons poĂčTeil lĂš faire: Je le Tent.. Je ne le puis (30t .)' -1 . ~ EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE-. Je vous ] avoue, n l’aTaiice. Vous nous le dites. Voiis dĂšVei le dire. Tu Je voulais. Je ne le saurais dire. Ăźe l’cfpfcrĂȘ. 11 le raconte. ‱Nous ie croyons. Nous pourrions lĂš Savoir. Noua le TouloĂŒi. Vous nous le mandes: Je le croit. Je le sais. Ne le croyes pas. ApprĂšoc^tĂš. lis lĂš poĂŒvĂšiĂȘĂąL . Nous le jugeons ainsL N” CCXCll. EMPLOI i>ÂŁ le APRÈ^ UN VERBE. OÙ le NE SE TROUVE PAS. /n#rmi#ez-le comme vous voudriez que fut instruit l’ami d’un monarque. (Marmontel.) On hĂš' iotiĂš d’ordinaifĂš qĂŒ'e pour ĂȘtre louĂ©. (LARÔfcnkFoucAĂŒtb.) I , Laissez-moi pleurer mon pĂšre. Vous savez mieux que moi combien il mĂ©rite d’ĂȘtre pleurĂ©. (FĂ©nelon.) Un tombeau est un ibtĂši'vĂąlJfe ĂźHimĂ©nse feritre tin homme qui juge et un homme qui est jugĂ©. (thOMAS.) « oĂč le est exprimĂ©. Le bƓuf remplit ses premiers estomacs tout autant quÜs peuvent l’ĂȘtre, ' (Buffon.) Il est dimcilĂ© ĂŽ/ĂȘmbelltr ce qui nĂš 'doit l’étre que jĂŒsqd’à ĂŒn certain degrĂ©. (Thomas;) On ne peut vous estimer et vous aimer plus que vous ne VĂȘtes du-vieux' solitaire. (Voltaire, Cette femme est belle .j fet j’aurais un grand penÂŹ chant Ă  Vaimer, si ce qu’on m’a dit de son inconstance ne la rendait indigne dĂ© TĂȘtrĂ©, * (Cohneillh;) « Ainsi qĂŒon le voit; oh peut* dire i L'intention de ne jamais tromper now5 expose sou- uenÂŁiĂ  l'ĂȘtre, ou.d ÊTĂčE trompĂ©s; Cependant la seconde maniĂšre est prĂ©fĂ©rable, comme plus claire et plus conforme Ă  lĂŒsage des meilleurs Ă©crivains. EXERCICE yÙRÂSÊdibGIQVÈ, Je n'ainie pas i tromper personne, et ne vĂ©oipai l’étrei ou ne reux pas ĂȘtre trompĂ©. Ou nç doit jaoiaii loĂčer ceux qui ce mĂ©ritcut pus de l'Ă©tre, ĂŽu d’ĂȘtre lĂŽĂčei; Il a Ă©tĂ© reçu comme il mĂ©rite de l’ĂȘtre ou comme il le mĂ©rite, il veut (ju’o'n l’enlerrĂš cpmiVie il lAĂ©rĂźte dĂš rĂȘlfe, ou d’ĂȘtrĂ« Ă«nteVrĂ©. Vous.deves le critiquer comme il doit l'ĂȘtre, ou comme il doit ĂȘtre 4' y* a, » * crĂŻliquĂ©. Èù N" CCXCÎÏb 'S II, elle, le, la,les, etc., se rapportant a des noms indĂ©terminĂ©s. Üne Ăąme noble rend justice mĂȘme Ă  ceux qui la lui refusent. (Condorcet.) Si les Français qui sont aux Ăźles font en effet for- ttme , ilspartenĂŻ, et mĂ©me souvent sans lĂ  fairĂ©, el ils s’en* retĂŽĂŒr'nent non pas dans leur province ou dans IfeĂŒĂ‰ village^, mais Ă  Paris*. (Bernardin de St-Pierrk.) Etrange mĂ©pris de tous les principes ! On achetait le droit de. jusĂŻicĂȘ ; on la faisait rendre ou vendre par son valet affublĂ© d’une robe. (BĂŽistb.) Cessez pourtant, cessez de prĂ©tendre Ă  Pharnace; Quand je me fais justice, il faut qu’on se la fasse. (Racine). Je ne me consolerais point de nĂŒvoir pas fait forÂŹ tune, si j'Ă©iĂąiĂ© ne Ă©Ăœ AhĂżeterrĂ©; je nĂ© suis poirit fĂąchĂ© 'dĂ© nĂš f avoir pas faite en .France; ÇÜONTESQUIEÜ.) Vous me rendrez jusĂŻicc en me connaissant mieux, “ Gui, je te la rendrai, cruel, je m’-yprĂ©pare. (LÔNGSPikBÉÉ.)
( sĂ©s ) 6Ă  Ăą ratsoĂŒ d^appetĂȘir don bien fbriunĂ© y car tm moment la donne, un moment TĂŽte». (VoLTAiBE.) * Je disais vĂ©ritĂ©. Quand un menteur la dit En passant par sa bouche eUe perd son crĂ©dit, (Corneille.) Ne jouez pas avec Tamour-propre de Thomme ou son honneur : sur eux il n'enlend pas raillerie; elle le rend furieux, fĂ©roce, implacable. (Boiste.) Je suis en bonne santĂ©, je la dois Ă  Texercice et Ă  la tempĂ©rance. (Marmontel.) D’un enlĂšvement fait avec trop d’audace, Vous demandez raison, il faut qĂŒil vous la fasse. (Corneille.) 11 ne suffit pas d*avotr raiion; c*est la gĂąter, c*eat la dĂ©shonorer, que de la soutenir d’une maniĂšre brusque et hautaine. (FĂ©nelon.) GrĂące ! GrĂące ! Seigneur que Pauline Tobtienne. (Corneille.) Vous dites que ce ĂŒest pas votre faute que de mau - quer de foi , puisqu’elle ne dĂ©pend pas de Thomme. (^Massillon.) Tandis que nous Voguions Ă  pleines voiles , tout Ă  coup le vent tombe, et nous les voyons s’abaisse'r. (Marmontel.) J’ai mal connu les dieux, j’ai mal connu les hommes; J’en attendais juĂ©lĂŻce, Us la refusent tous. (Voltaire.) / i Les mots lĂ©, la, les, il, elle, ils, elles doivent toujours se rapporter Ă  des noms suffiÂŹ samment dĂ©terminĂ©s. Cependant, comme Tavance Boniface et comme le prouvent les cilaliops qui prĂ©cĂšdent, l’emploi de ces mots peut ĂȘtre tolĂ©rĂ© dans les cas oĂč il est impossible ou difficile de s’exprimer autrement, et pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition fati-, gante des mĂȘmes mois. C'est donc Ă  tort que Lemare s’élĂšve contre ces sortes de phrases, qui se renconÂŹ trent Ă  chaque pas dans tous nos meilleurs Ă©crivains, et qui peuvent, Ă  la rigueur, se justifier par la syllepse. La premiĂšre qualitĂ© du langage, dit Boiste, est la clartĂ©; toute locution, fĂ»t-elle mĂȘme incorrecte, est bonne, du moins dans le style familier, lorsque le sens est clair; et la suppression mĂŽme des parties inutiles appartient Ă  Tart de le. rendre plus Ă©lĂ©ganl ou plus rapide, qualitĂ© nĂ©cessaire chez un peuple dbnt Tesprit lĂ©ger, impatient, inatieniif, n’aime pas Ă  se traĂźner lentement sur des mots redondants. Au contraire, la phrase la plus grammaticalement correcte devient vicieuse, si loiues les parties du discours, les adverbes, les articles, les particules, les conjonctions, les prĂ©positions qĂŒelle traĂźne avec elle, nuisent Ă  sa clartĂ©, alourdissent, suspendent sa marche; et c’est Tobservation rigoureuse des rĂšgles qui donne au style des gramÂŹ mairiens, en gĂ©nĂ©ral, celle allure, lourde, contrainte, languissante, qui contraste avec la marche hardie du style des gens du monde, dont Tunique but est de se faire entendre el de plaire. ( NÂź CCXCIV. « 0 * EMPLOI VICIEUX DB le, la, let. L'allĂ©gresse du coeur s'augmente Ă  la rĂ©pandre. (MoliĂšre.) Le Ă»ls d’Dlt/isc le surpasse dĂ©jĂ  en Ă©loquence , en sagesse et en valeur. (FĂ©nelon.) Le temps passerait sans le compter. (J.-J. Rousseau;) * Les fourbes croient aisĂ©ment que les autres le sont* (La BruyĂšre.) Les pronoms le, la, les, ne peuvent se rapporter qĂŒĂ ,un mot Ă©noncĂ© dans un proÂŹ position prĂ©cĂ©dente, c'est-Ă -dire qĂŒils ne peuvent se rapporter ni au sujet ni au
( 369 ) complĂ©ment clu sujet de la proposition oĂč ils figurent. Ainsi les phrases qui prĂ©cĂšdent sont incorrectes. La faute, dit M. Dessiaux, est plus apparente encore dans cette phrase de La BruyĂšre, oĂč le est relatif Ă  les fourbes, substantif pluriel : Les fourbes croient aiÂŹ sĂ©ment que les autres le^sont. Cependant M, PhilarĂšte Chasles n’est pas de cet.avis. II pense que la phrase de La BruyĂšre est excellente. Qui peut rien reprendre» dit-il, Ă . cette phrase, d’unĂ© clartĂ© parfaite, et oĂč le pronom le est Ă©videmment pour illud, cela? Voyez PrĂ©face, p. 6. . ‱^9 N” CCXCV. ELLIPSE DU MOT te. EXPRIMÉ. La cour a quelques ridicules , J’en demeure d’acÂŹ cord ; et je suis, comme on le voit, le premier Ă  les fronder; mais, ma foi, il y en a grand nombre parmi les beaux-esprlts de profession. (MoliĂšre.) J’ai passĂ© ici (Ă  LĂźvry) le temps que j’avais rĂ©solu, de la maniĂšrje dont je l’avais imaginĂ©, Ă  la rĂ©serve de votre souvenir qui m’a plus tourmentĂ©e que je ne l’avais prĂ©vu. (M“' DB SÉVIGNKi) Ce fut donc lundi que ia chose fut dĂ©clarĂ©e , comme je vous Vai mandĂ©. m NON EXPRIMÉ. Ce serait une belle chose si Je remplissais mes lettres de ce qui me remplit le coeur. Ah ! comme t;ou« dites, il faut glisser sur bien des pensĂ©es et ne pas faire semblant de les voir. (MÂź* DE SÉVIGNÉ.) Madame, je viens un peu tard ; mais il m’a fallu lire ma piĂšce chez madame la marquise, dont Je vous avais parlĂ© ; et les louanges qui lui ont Ă©tĂ© donnĂ©es m’ont retenu une heure de plus que je ne crojjais. ' (MoliĂšre.) Vous aimez mieux m’écrire vos sentiments que vous n’aimez Ă  me les dire ; de quelque façon qu'il me viennent, ils sont reçus avec une sensibilitĂ© qui n’est comprise que de ceux qui savent aimer comme je fais. (M“î de SĂ©vignĂ©.) En citant cette phrase iquand je ne serais pas votre serviteur comme je le suis, Girault- Duvivier, dans sa Grammaire des Grammaires, fait observer que la suppression du reÂŹ latif le serait condamnable. La remarque est jusie, njais elle est trop gĂ©nĂ©rale; car les exemples citĂ©s nous prouvent que, dans des phrases analogues, si ce mĂȘme relatif/s reprĂ©sente une proposition, au lieu d’un subsiantif, quelquefois le est exprimĂ© (1’’¼ colonne), quelquefois il peut ne pas l’ĂȘtre (2Âź colonne). La phrase n'en est pour cela ni vicieuse ni incorrecte. EXEKCrCE PHRASÉOLOGIQUÊ. Comme on le p*nie. Comme on le dit. Comme on le voit. Comme it le fauL Comme U la doit. Comme on pense. Comme on dit. Comme tm voit. ' Comme il Tatit. Comme il doiL Plus qu’on ne le sait. Moins qu’on le croirait, Beaucoup plus que tu ne le fais. Bien moins que lu te le figures. Plus qu’il ne le pense. Plus qn’on ne sait. Moins qu’on croirait. Beaucoup plus que ta ne faUf Bieu moins que tu te figttrei. Plus qu’il ne pense. N CGXCVI. GALLICISMES OGCASIONÉS PAR le. Enfin, vous t emportez, el la faveur du roi Vous Ă©lĂšve en un rang qui n’était dĂ» qu’à moi. (CORNHILLÊ.) Rien ne doit l’emporter sur la fol dea serments. (Piron.) 47
( 570 ) Aux lois de la nature, amis, soumettons-nous ; Toujours sa volontĂ© remporte sur la nĂŽtre. (ArnaĂŒi-t.) Je pense que ce visage est assez passable ,‱ et que , pour le bel air, dieu merci, nous ne le cĂ©dons Ă  perÂŹ sonne. ‱ (ĂąlOLlÈRB.; Telle est ma volontĂ©, Tel est ie sort du monde entre nous arrĂȘtĂ©; Vous remportez sur moi dans un nouveau partage. ' (Voltaire.) Je suis nĂ©, tu le sais , assez prĂšs de PĂ©ronne, DĂŒn sang dont la valeur ne lo cĂšde Ăč personne. (Rkgnard.) ‱ On apprend par ces exemples que jians les expressions : x/emporter mr quelqu'un, neh^ cĂ©der Ă  personne, le mot le est employĂ© dĂŒne maniĂšre absolue, sans relation aucune avec un antĂ©cĂ©dent exprimĂ©. C'est ce qui constitue ce qu'on appelle un galii- cisme. Nous aurions Ă©tĂ© curieux de voir ce qĂŒen.’disaient les grammairiens; mais aucun d'eux, 'que nous sachions, 'n’en a parlĂ©. Les premiers nous essaierons donc de l'analyçer; car/ en grammaire surtout, les idiotismes doivent ĂȘtre Ă©claircis. Quand Piron dit : Rien ne doit L'emporter sur la foi c/essemeĂŻifj^lesubsiantifauquel le se rapporte est indubitablement le poids, l'avantage. Il existe moralementdans notre esprit une cerÂŹ taine balance Ă  l'aide de laquelle nous pesons le pour et le contre des choses; or, cĂŒsf en mettant dans l'un des bassĂźns de la balance toutes les considĂ©rations possibles , et dans l’autre la foi des serments, que nous pouvons affirmer que rien* ne saurait l’emÂŹ porter sur celte derniĂšre. Ce raisonnement, s'il est aussi juste ^gĂŒil nous le paraĂźt, s’applique Ă  tous ies exemples de cette nature (1). pans la derniĂšre phrase de l'une et dĂ© l'autre colonne le se rapporte Ă  le pas : Nous ne cĂ©dons le pas Ă  personne pour lĂ© bel air; je suis d'un sang dont'la valeur ne cĂšde le pas Ă  personne. Nous ne pensons, point qĂŒon puisse/nous contester ces analyses, qui expliÂŹ quent ce qui Ă©lait demeurĂ© jusqĂŒĂ  ce jour inexplicable. QĂŒon ne nous dise donc plus Ă  prĂ©sent qĂŒil est inapossible de rendre raison des gallicismes. EXERCICE PHRASEOLOGIQVE, Vous r«mportet tur moi. Tu l’emportes sur noua. Nous femportoos sur eux, llsl'omporteDt tur nous. Je ne le cĂšde Ă  persocae. II remportait sur sou frĂšre. Vous ne me le cĂ©dex en rien. Tu De le cĂšdes Ă  qui que oe soit Ils l’emportaient sur leurs ennemis. Ils no le cĂšdent Ă  personne, n ne le cĂ©derait Ă  ^me qui tÎto. Je l’emportais sur loi, ÂŁlte ne le cĂ©dait Ăš oucuno. Voua d1b le ÚÚdĂȘs ni ĂŻ luf ai i moL Elle l’emportait sur toutes. Ëltea ne le eĂ©clĂ ient qu’à une seule. r Gcxcvii. EMPLOI DE le, la, les bt db lut, elle,, eux, .§lles. AVEC la, les. Ce carrosse parut ĂȘtre celui de mon fils, ce Tait en efiTet. ((M“¼ de SĂ©vignĂ©.) AVEC lui, elle, eux, etc. Monsieur, c’estlĂ  Crispin. —C’est IwtjĂȘ lĂ©sais bien. Nous avons eu lĂ -bas un moment d’entrĂ©tien. * (Ukgnard.) (1) Les vers suivants confirment notre analyse, et la rendent, pour ainsi dire, inattaquable Nous verrons qui des deux emporte la balance , Ou de ton artifice, ou de ma vigilance. (Voltaire.) Celui-ci sur son concurrent voulait emporter l’aÂŹ vantage, (La Fontaine.) Et ta beautĂ©, sans doute, emportait la balance. (Corneille.) Ma gloire intĂ©ressĂ©e emporte la balance. {Id.) Voltaire aurait pu dire elliptiquement : Nous verrons qui des deux l’emporte, ou de ton artifiice ou de ma vigilance.
( 571 ) - " , HĂ©l sont-ce lĂ  vos gante ? Est-ce lĂ  votre Ă©pĂ©e? i - Je crois que voilĂ  mon aimable invisible dont ja — Oui, ce les sont. te parlais. — C’est elĂŻĂš-mĂȘrae. (Regnard.) (Id.) Parle-t-on d’objets inanimĂ©s, comme cela a lieu dans la premiĂšre colonne, on doit rĂ©pondre par : ce l'est, ce les sont. Est-il, au contraire, question d'ĂȘtres animĂ©s, de personnes, ainsi que dans la seconde colonne, on se sert des formes c'est lui, c'est elle, ce sont eux, etc. Cependant Regnard (LĂ©gataire, acte v, scĂšne vu) a, sans y ĂȘire aucunement forcĂ© par la mesure du vers, employĂ© elle, en parlant d’un objet inanimĂ©. Voici le passage : f 11 faut donc que mon mal m’ait otĂŽ la mĂ©moire, Et c’est ma lĂ©thargie. — Oui, c’est elle, en effet. Est-ce votre habit? — Oui,ce l’est. Sout'Cc vos livres? — Oui, ce les sont. ÂŁst-cĂȘ ma moDtre? —Ce l’est. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Esteo ton canif? — Oui, ce l’ot. EbI-cc votre pĂšre ? Oui, c’est lui. Est-ce ta femme ? — C’est elle. Sont-ce vos parents? — Oui, eatont Est-ce ta mĂšre? — Oui, c’esl elle. N'est-ce pas ton oncle? — Oui, eVitfad» N” CCXCVIII O BU PRO\OM soi. On peut toujoura trouver plus malheureux que soi, (La Fontaine.) f Quiconque rapporte tout Ă ' soi n’a pas beaucoup d’amis. (AcadĂ©mie.) Heureux qui vit chez soi De rĂ©gler ses dĂ©sirs fesant tout soh*emploi ! ' , (La Fontaine.) Celui qui hait le travail n’a assez ni de soi nĂź des autres. ' ' (Boiste.) Des passions la plus triste de la vie, C’est de n’aimer que soi dans Tunivers. (Florian.) il dĂ©pend toujours de soi d’agir honorablement. (Girault-Duvivier.) 'On peut mettre Ă  profit un lĂ©gitime hommage, Lorsque Ton tient sur soi les yeux toujours ouverte. . (J.-B. Rousseau.) Aucun n'est prophĂšte chez soi. (La Fontaine.) jÉfrctrop mĂ©content de soi est une faiblesse; ec ĂȘtre trop content est une sottise. (Mme DE SaBLÉ.) ...... Ici-bas le seul honneur solide, C’est de prendre toujours la vĂ©ritĂ© pour guide ; De regarder en tout la raison et la loi ; D’ĂȘtre doux pour tout autre et rigoureux pour soi. (Boileau). Il est beau de triompher de soi. Quand on peut hautement donner Ă  tous la loi. (Thomas Cornksm.ÂŁ.) Chacun ne songe plus qu’à soi. (J.-3. Rousseau.) V On fait usage du pronom 50/ dans les propositions gĂ©nĂ©rales ou indĂ©termiÂŹ nĂ©es, c'est-Ă -dire lorsque le sujet de la phrase ĂȘst on, quiconque, aucun, qui, celui qui, chacun, ce, personne, tout homme, etc. ; ou bien, lorsque ce mĂȘitie mot, sol, est en rapÂŹ port avec un verbe Ă  T infinitif, comme dans les deux derniers exemples de la premiĂšre colonne, et les trois derniers de la seconde : n'aimer que soi, agir honorablement dĂ©pend de soi; ĂȘtre mĂ©content de soi, ĂȘtre rigoureux pour soi, triompher de soi. On trouve nĂ©anmoins des phrases oĂč cliacun est suivi ie.hii et non de soi. Telles sonl^ celles-ci ; Chacun de nous porte au dedans de lui un rayon divin qui l*Ă©claire, (de SĂ©gar.). Ce divin modĂšle, que chacun de nous porte. avec lui, nous enchante. (J.-J. Rousseau.) Comme le fait observer Boniface, soi eĂ»t Ă©tĂ© aussi bien; mais chacun de nous pré sentant une idĂ©e moins vague que chacun, justifie l’emploi de lui. Dans les exemples-
& { 572- ) suivants, il Ă©tait impossible de s’exprimer autrement Ăź CiiacĂŒN trouve a redire en at0ui^ ce qu'on trouve Ă  redire en lui. (Larochefoucauld.) Peu d'amitiĂ©s subsisteraient si chacun savait ce quĂš son ami dit de lĂ»i lorsqu'il n'y est pas. EXEnacE pnnASÉowGiQVE, On ni! doit pertier que pour sĂŒĂŽ. On np parle jntnnt» mal de soi. QijH-nii(]iie I».- ppii'fqu’à 501... Qtiicoitquf iie Hutht qtte noi. Aik'iiI) tiV'l niiiilri: que clu x soi. Qui M>le clit-z (ini... CpIuI ÇU) ii'uinit; que »oi > Chncuii veut pour «ol. Persaiiiie ue l'iittribuera Ă  aoĂź. Aur'uti ti'eii parle qu’eti soi. Qtii Totl aut<iur de soi. Criul-lĂ  (|ut fait loiil poqr loi Cliaruii rrpfiii(] pour toi. Personne ii'eii veui autour de sol. Flre content de lOÙ Vivre pour voi. Etre de soi gĂ©iiĂ©reuĂŻ. Parler loujoi n de ioi. Veiller «ur soi. S'occuper de iqU Penser Ă  soi. Compter itir soi. Indigne de soi. TrettiMer pour soi, Sotiger A soi. N’aimer que sel. Parlrr de eoi. Sentir pour soi. N° CCXCIX. EMPLOI DU PRONOM 50Î AVEC DES SUBSTANTIFS DÉTERMINÉS. Lui, elle, eux, elles. HĂ©las ! s’écriait TclĂ©mnque, voilĂ  donc les maux que la guerre entraĂźne aprĂšs-ciie I G ^ (FĂ©nelon.) Le ffere d’Amclie, revenant Ă  lui et rougissant de son trouble, pria son pĂšre de lui pardonner. (Chateaubriand.) Meltcz ce qu’il en coĂ»te Ă  plaider aujourd’hui ; Comptez ce qu’il en reste Ă  beaucoup de familles: Vous verrez que Perrin tire l’argent Ă  lui. Et ne laisse aĂčx plaideurs que le sac et les quilles. . (La Fontaine.) Ah ! quel supplice entraĂźne aprĂšs lui plus d’horreur Que de se voir forcĂ© de haĂŻr cc qu’on aime? (La ChaussĂ©e.) L’Anglais porte partout sa pairie avec lui, (Bernardin de St-Pierrh.) V . On a "VU une nation entiĂšre chassĂ©e de son pays, traverser les mers pour s’établir en France, n’emÂŹ portant avec elle, pour parer aux nĂ©cessitĂ©s de la Vie, qu’un redoutable talent pour la dispute. '(Montesquieu.) ^ Que de germes dĂ© mort traĂźnent avec eux les pauvres humains ! (De Boufflers.) Sot. ‱.. La cuerre aprĂšs sot traĂźne tant de malheurs, Qu’il est peu de lauriers qui ne coĂ»tent des pleurs. (Boursault.) IdomĂ©nĂ©e revenant Ă  sot, remercia ses amis. (FĂ©nelon.) Le chat ne paraĂźt sentir que pour soi, (Buffon.) Un malheur toujours traĂźne un malheur aprĂšs soi, (Piron.) V L’ardeur de s’enrichir chasse la bonne foi : Le courtisan n’a plus de sentiments Ă  soi. (Boileau.) HĂątons-nous , le temps fuit, et nous trmne avec Le moment oĂč je paiIe est dĂ©jĂ  loin de moi. *' (Boileau.) L’enseigne fait la chalandise. J’ai vu dans le palais une robe mal mise . Gagner gros : les gens l’avaient prise Pour maĂźtre tel, qui traĂźnait aprĂšs sot Force Ă©coutants. Demandez-moi pourquoi. (La Fontaine.) La sagesse aprĂšs sot laisse un long souvenir. (Aubert.) D'aprĂšs ces exemples, que devient la rĂšgle des grammairiens, qui prĂ©tendent que le nom personnel n’est jamais dĂŒsage qĂŒavec un sujet, indĂ©terminĂ©? N’cst-il pas Ă©vident, au contraire, que soi peut trĂšs lĂŻien s'employer avec un sujet dĂ©terminĂ©, et que la rĂšgle posĂ©e par MM. NoĂ«l et Chapsal, Girault-Duvivier, Wailiy, etc., est tout- Ă -fait fausse? Nous venons, les faits Ă  la main, de prouver que l'on peut se servir du mot.Ă©foiau lieu de lui, d'elles, d'eux, d'elles. Cependant, comme le remarque judicieuÂŹ sement Boniface, ces dernier^ pronoms sont d’un usage plus gĂ©nĂ©ral avec des subÂŹ stantifs dĂ©terminĂ©s; mais il n'est pas moins certain que l’emploi de soi, dans ce cas, n’esi point vicieux. Nos meilleurs auteurs, tels que Corneille, Racine, Boileau, La BruyĂšre, Voltaire, Marmontel, Bossuet, Massillon, FĂ©nelon, Buffon, etc., nous en olTrent de nombreux exemples, qui donnent un dĂ©menti formel Ă  la rĂšgle dĂ©s gramniairiens.
( srs) NÂź CCC. ÉQtJlVOQUES AUXQUELLES POURRAIENT DONNER LIEU SOi ET lut. n n’ouvre la bouche que pour rĂ©pondre ; il tousse, il se mouche sĂŒĂŻk son chapeau, il crache presque (La BruyĂšre.) sur «ot. Dieu Ă©tait dans J.-C., rĂ©conciliant le monde avĂ©s soi. (lĂźoURDALOUE.) 0 DĂšs qĂŒil peut y avoir Ă©quivoque, il faut toujours se servir du pronom 50/. En effet, si Ton mettait lui dans ia phrase de La BruyĂšre, on nesiuraii pius si c’est Ă  // ou Ă  chapeau que soi se rapporte. Il cn est de mĂȘme dans la phrase de Bourdaloue; soi, Ă  ia place Ă o Lui, ĂŽte l’ambiguitĂ© qni pourrait rĂ©sulter, avec ce dernier mot, entre Dieu etJ.-Cf . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L'Ă©tĂ© apporte avec tui bien dei rlebessei. I.e printemps ramĂšne avec lui les beaux jouri. L'hiver traĂźne avec lui les frimai. L'autĂ»mne apporte avec lui des fruits. Les Ă©pidĂ©mies enlraĂźtieiit aprĂšs elles bien des caUmĂźtĂ©i. Les guerriers ont en eux quelque chose de graud. Il me donna 1 argent et jeta les yeux sur soi. 11 no lui donna rien et prit tout pour soi. L'Ă©tĂ© amĂšne avec soi les grandes ebaleurt. Ira printemps ramĂšne avec soi les fleurs et la verdure. L'hiver traĂźne arec soi les longues soirĂ©es. L'automne apporte avec soi toutes sortes de fiuits. Les Ă©pidĂ©mies caebeiit en soi des Ă©lĂ©ments de mort. Les nobles guerriers doivent porter eu sol le mĂ©pris de U vie. Il partit avec son frĂšre, el mĂźt sur soi le bagage. Il sortit aveo son chien, ayant sur soi les cleCk NÂź CCCI. Soi EN RAPPORT AVEC UN NOM PLURIEL. n est un certain travail dn temps qui donne aux choses humaines le principe d’existence qu’elles n’ont point en 50t. ‱ (Chateaubriand.) Tous les animaux ont cn soi un instinct qui ne les trompe jamais. (Uuffon.) ])e «oĂŻ-dlsant docteurs. (AcadĂ©mie.) Seigneur, que tant de profanations que les guerres trament aprĂšs sot, vous fassent enfin jeter des yeux de pitiĂ© sur votre Eglise, (Mas.sillon.) V a-t-il des corps subtils en «ot (Condillaj:.) Les nouveaux enilchis se ruinent Ă  se faire moÂŹ quer de «ot. (La BruyĂšre.) L’AcadĂ©mie et un grand nombre dc grammairiens disent quelle pronom soi est seuÂŹ lement du singulier. Cependant les exemples qui prĂ©cĂšdent nous prouvent la faussetĂ© de celte assertion. On voit, en effet, que le.pronom soi peut se trouver cn rapport avec un nom pluriel, tout aussi bien que le pronom se. II est mĂȘme dos cas oĂč l’on ne pourÂŹ rait se dispenser de faire usage de soi nu pluriel, tĂ©moin ia phrase suivante ; Ces entreÂŹ preneurs, qui jusqu alors n'avaient travaillĂ© que pour les autres, ne travaillent plus que pour soi. Essayez de mettre eux Ă  la place de soi, et la phrase devient Ă©quivoque. NÂź CCCII. DES PRONOMS PERSONNELS «lot-wicme, toi-mĂȘme, etc. SINGULIER. Je cherchais Ă  m’expliquer Ă  moi-mĂȘme cc qui a pu porter lĂ©s hommes Ă  quitter l’abri des bois, l’air pur des montagnes et le charme Ă©texnellement atÂŹ tachĂ© aux belles prairies. (Bs Boufflers.) PLURIEL. N'allons point nous appliquer Ă  nous-mĂȘmes les traits d’une censure gĂ©nĂ©rale; et profilons de la leçon, si nous pouvons, sans faire seniblant qĂŒon parle k nous. (MoliĂšre.)
c ÔU ) 11 me semble que Jes choses ne sont en elles-mĂȘmes ni pures ni Impures : je ne puis concevoir aucune qualitĂ© inhĂ©rente au sujet qui puisse les rendre teUes, (Montesquieu.) ÔéUx qui se font gratuitement des ennemis ne savent pas qu'ils se font Ă  soi-mĂȘmes de trĂšs-grands torts. File d'Aaron, dans Tespolr de te perdre toi-mĂȘme, J’avais , pour mon supplice, eu la faiblesse extrĂȘme De me vouloir sauver en me donnant Ă  toi ; Mais cet eflbrt Ă©tait trop au-dessus de moi. (CilATEAUBBIAND.) Pendant qu'on ne pouvait se lasser de l’admirer, TĂ©lĂ©maqne se retira dans sa tente, honteux de sa faute ; et ne pouvant plus se supporter lui-mĂȘme, Il gĂ©missait de sa promptitude.. (FĂ©nelon.) Sauvons-le malgrĂ© lul de ce pĂ©ril extrĂȘme, Pour nous, pour vos amis , pourRoxane elle-mĂȘme. (Racine.) Je vols qu’il faut Ici cacher ses sentiments; Etre contre sot-mĂȘme eh garde Ă  tous moments; EriiĂ»tĂšk sans Hen croire, et parler sans rien dire. (Destouches.) L’adjectif mĂȘme ne se lie aĂŒx pronoms personnels qĂŒavec mot, toi, etc., et non avec me, te, etc. ; ainsi Ton a, pour le singulier de la premiĂšre personne, moi-mĂȘme; de la seconde personne, to-memc; de la troisiĂšme personne, lui-immc, elle-mĂȘme, soi-mĂȘmĂš; Ăšl, pour le pluriel de la premiĂšre personne, nous-mĂȘmes; de la seconde, vous-mĂȘmes; et de la troisiĂšme, eux-mĂšmes, elles-mĂȘmes, soi-mĂȘmes. L'adjectif mĂȘme doit se rapporter en nombre avec le nom auquel il est joint. On Ă©crira donc nous-mĂȘmes, vout-mĂȘmes, s’ii s'agit de plusieurs personnes; mais on Ă©crirĂ it nows-mĂ©me, vous-mĂȘme, s'il n'Ă©tait quesÂŹ tion que d'une seule. Voici deux exemples Ă  J'appui de cette derniĂšre remarque : Que deviendriez-voĂŒs, JeiinĂ©s filles, si, laissĂ©es Ă  vous-mĂȘmes, vous n’aviez pas de bons pĂ©rents pour vous enseigner les leçons de l’expĂ©rience? ^ (ANonymĂ©.) Les remĂšdes sont eux-mĂȘmes de vĂ©ritables mauĂźc qiii Usent lĂ  nature , Ăšt^dont H ne faut se servir que Ăźians les prĂȘssants besbiris. (FĂ©nelon.) Va, mais nous-mĂ©me allons : prĂ©cipitbris nos pĂ s, ' Du’il me voie attentive aux soins de son trĂ©pas. (Racine.) Non, pour vous reprocher votre injustice extrĂȘme, Je. ne veux exciter contre vous que vous-mĂȘme. (Regnard.) RĂ©lĂątivĂȘmeni au genre et a Temploi de ces pronoms noĂŒs n’eri parlerons pas, parce que toĂŒtes lĂšs observations que ribĂŒĂą rivons faites sut* moi, toi, lui, etc., deviennent apÂŹ plicables Ă  mobmĂ©me; iĂŽi-fnĂȘmĂš; iui-mĂȘ'WtĂš, etc. 11 n'y a d'autre diffĂ©rence que l’addition du mot miMfe, OBSisRVATÏbN. — Lui-mĂȘme el soi-mĂȘme offrent dans leur emploi une nuance Ă  laÂŹ quelle il faut bien prendre garde. Il s'est sawiiĂ© soi-mĂȘme veut dire il a sauvĂ© sa prĂŽprĂš personriĂ©. il s'est sauvĂ© lui-mĂȘme BigniĂŒe, au contraire; qĂŒil s’est sauvĂ© sans lesecĂŽĂŒrs d'autrui. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. singulier. Mei-mCme. Toi-mĂŽme. loii-mĂ©niĂ©. Soi-niAme. ^ PLUBIEL. NouHnĂȘmei. you^mĂŽmes, Suz-mĂŽnies. Soi-mSmeii. SINGULIER. Moi-mĂȘme, Nous-mĂ©me, Vous-mĂȘme. Elle-meme. PLtmiEL. Par nouMnĂȘtnes. De vous-mĂȘmea. D’etiz-mĂšmea. D’ellea-mĂ©raea. NÂź CCCIÏÎ. DES EXPRESSIONS uH aĂ»tre ihoĂź-mĂȘme, linĂ© autre mĂŽi-mĂȘme, krc. . . Pauvre garçon I ea douleur est extj Ă©me. Venez, embrasscz-moi, c’est un autre ĂšUe-mĂȘme. (MoliĂšre.) RĂ©vĂ©lez vos secrets Ă  celle qui vous aime. Parlez, que craignez-vous? c/esivut autre vous-mĂȘme. : (M“* Tastu.) I)oil-on dire, en parlant d'une femme, c'est m autre nini niĂȘmel Cette question a Ă©tĂ©
( 3T5 ) soumise Ă  la SociĂ©tĂ© grammaticale, et la commission chargĂ©e de Texaminer a prĂ©tendu OffYunautre moi-mĂȘme offrait Ă  Tesprit, dans tous les cas, le genre masculin. - « Mais, a dit M. Marrasl avec son Ă©loquence ordinaire, il me semble que la comÂŹ mission n'a pas mis le doigt sur le point de la difficultĂ©. Nons avons une foule d'exÂŹ pressions qui ne tiennent qĂŒĂ  la dĂ©licatesse du langage. Remontons Ă  la source de la parole, qui est la pensĂ©e. N'y aurail-il pas une espĂšce de monstruositĂ© Ă  faire dire Ă  une mĂšre, parlant de sa fille : C'est mi autre moi-mĂȘme. Si le sexe disparaĂźt, que reÂŹ prĂ©sente ce mot moi-mĂȘme? MoĂź, dira-t-on, dĂ©signe Tindividu abstrait, TĂȘtre moral. Ce ĂŒest lĂ  qĂŒune pure chicane. 11 ne s'agit ^las uniquement de TĂȘtre moral, il sĂŒgit aussi de la ressemblance physique. Vous voulez donc que la mĂšre, parlant de sa fille, trompe sa propre pensĂ©e, qĂŒelle renie son sexe? Vous faites jurer les mots; vous les mettez en opposition avec ce qĂŒils doivent exprimer, avec ce qĂŒils expriment. Peut- on mĂ©connaĂźtre dans Texpression Tinfluence de la pensĂ©e? C'est dans rimagination, dans la conception, et non dans quelques rĂšgles grammaticales, qĂŒil faut chercher la vĂ©ritable imagĂ© de la pensĂ©e. Employez tantĂŽt le masculin, tantĂŽt le fĂ©minin, selon les vues dĂ© vĂŽtre esprit. Une femme dira de son mari ; Cest m autre moi-mĂȘme. Un mari s’exprirnera de mĂȘme Ă  TĂ©gard de sa femme. PĂŽurqĂŒĂŽi? Parce qĂŒe, dans le premier cas, la femme parlĂ© de son mari, et que, dans le second, c'est ie mari qui porte la paÂŹ role. Le genre masculin est toujours dans la pensĂ©e. Mais si lĂšs deux personnes sont du genre fĂ©minin, malgrĂ© vous Texpression lutterait contre Teniploi’ dii masculin.' Ainsi n'Ă©tablissons pas de rĂšgle gĂ©nĂ©rale, absolue. Toute rĂšgle qui tend Ăą faire dire le contraire de ce qiTon a dans Tesprit, ne peut ĂȘtre admise, c'est une mauvaise rĂšgle. Nous ĂŒavons pas besoin d'ajouter que nous partageons entiĂšrement Tavis d'un aussi bon juge. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, t MASCULIN. ev BOHIIB PAltLAlTT D'OITB FIHBS, OÙ VUE fMwm» VÀXLAWt D*1W HOMI». Un autre moi-tnĂȘms. frn outra moi-mĂȘnio. Un autre toi>mĂȘme. XJn autre TouB-mĂȘmet. Un autre loHoiAine.. TTn autre ioi>mĂȘmo. Un autre nouft-mĂ©mĂȘ.. Un autre «ux-mĂ©mes. Ud antre nona-mĂ©moe. antre ellea-niĂ©inea. FEMININ. vn nsn piblutt d'vjte autbs nxin. Une autre moMnĂ©me. ' Uue autre Tous-mĂȘme. Une autre toi-mĂȘme. Une autre Tou».mĂȘmei. Une autre etle-mĂȘme* Une autre soi-mĂȘme. Une autre noUMnĂȘme. Une autre elle-mĂȘme. Une autre vous-mĂȘme. Une autre elJes-mĂȘmei. N" CCCIY. 8^ DES PRONOMS PERSONNELS , QUAND ILS SONT EMPLOYÉS PAR APPOSITION. EXEMPLES. Frappez, aucun respect ne doit vous retenir: J’ai tout fait, et cĂŒst moi que vous devez punir. (Racine.) C’est donc toi qui dĂ©truis la libertĂ© romaine ? ArrĂȘter des Romains siir tes lĂąches soupçons ! (Voltaire.) PhiloctĂšte recevra dans son sein mon Ăąme prĂȘte Ă  s’envoler : c’est lui qui recueillera mes cendres. (FĂ©nelon.) Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et qui n’aura point d’imitateur. Je veux montrer Ă  mes semblables un homme dans toute la vĂ©ritĂ© d^ Ja nature, et cet homme, ce sera moi, (J.-J. Rousseau.) L’ai-je bien entendu? Qcoi ! monstre sanguinaire ! Quoi! c’est ÂŁot, c'est ta main qui massacre mon pĂšre? (Voltaire.) C’est lui qui ra’a ravi l’amitiĂ© de mon pĂšre, Qui le fit mon rival, qui rĂ©volta ma mĂšre. (Racine.)
( b76 ) Toutes les lois que les pronoms personnels sont employĂ©s par apposition, comme dans les expressions cest moi, c'est toi, c'est Lui, c'est nous, etc., il n’y a point de diffiÂŹ cultĂ©, il faut faire usage de moi, toi, etc., et non de me, te, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Cest moi, CĂ«st lui. C’est nous. Ce soDl eux. C’est toi. C’est elle. C'est vous- Ce loot cUei. NÂź CCCV. # EMPLOI DES Vl^omm YBHSONNELS AVEC tiCSt, ce sera, ETC. Ce m'Ă©tU . Ma tante est si mal que je ne crois pas qu’elle reÂŹ tarde mon voyage. Vous savez con^e je Tai toujours aimĂ©e; ce m’eĂ»t Ă©tĂ© une grandc^joie de Ja laisser dans l’espĂ©rance d’une guĂ©rison. (MÂźo DE SÉVIGNÉ ) Jamais ma franchise ne m’a^ndonnera, quand elle devrait me nuire. Ce m'est une qualitĂ© trop naÂŹ turelle , et dont Je ne me mĂ©ĂŒe -point assez avec mes ennemis ou les gens indignes de confiance. (Mirabeau.) Cest pour moi. Des moutons*, un boeuf, du miel et de la graisse, ce fut une agrĂ©able perspective pour nous, qui n’avions pas mangĂ© depuis quatorze ou quinze jours d’autre viande fraĂźche qĂŒe du chameau. (Albkrt-MontĂ©mont.) Il fallut qu’un peu de rĂ©putation me tint lieu de tout. Si c’est un dĂ©dommagement pour ceux qui sont toujours loin d’eux-mĂȘmes, ce n’en fut jamais, un pour moi. (J.-J. Rousseau.) D’aprĂšs ces phrases, on peat dire : CĂ© me futune grand joie, once fut pour moi une grande joie, ou encore ce futune grande joie pour moi. Ces trois constructions sont Ă©galement bonnes, elles sont au choix de celui qui parle ou qui Ă©crit. Ce m'eit Ce te fut Ce lui fut. Ce nous eĂ»t Ă©tA Ce TOUS Ă©tait Ce leur sera. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. C’est pour moi. Ce fut pour toi. Ce serait pour lui. C’eĂ»t Ă©tĂ© pour noua. C’était pour vous. Ce sera pour eux. Ce m’était Ce te sera. Ce lui soit Ce Qous est Ce Vous sera. Que ce leur soit.. C'Ă©tait pour moi. Ce sera pour tou Ce scit pour lui. CĂ«st pour nous. jCfl serait pour vous. 'Queca soit pour elle. ‱>^^0 NÂź CCCVI* GENRE ET NOMBRE DU PRONOM y. Y RELATIF AÜX PERSONNES.' EXEMPLES. , On me dit tant de mai de cet homme, et j’g en vois si peu. (La BruyĂšre.) A chaque moment qĂŒon la voit, on y trouve nn nouvel Ă©clat. (FĂ©nelon.) La haine entre les grands ^o calme rarement; La paix souvent n’y sert que d’un amusement. (Corneille .) analyse. On me dit tant de mal de cet homme , et j'y en vois si peu, c’est-Ă -dire J’en vois si-peu en lui. A chaque moment qu’on la voit, on y troĂŒve un nouvel Ă©clat, c’est-Ă -dire on trouve en elle, etc. La haine entrĂ© les grands , etc. ; la paix souvent n'v sert, etc., c’est-Ă -dire nĂš sert entre eux.
( 577 ) Si toutes les femmes Ă©taient inconstantes et lĂ©gĂšres, ce serait folie que de 5’y attacher. (Anonyme.) . Si toutes les FEMMES , ctc,, CC scralt folie que de s’y attacher, c’est-Ă -dire de s’attacher a elles. r RELATIF AUX OBJETS. C’est lorsque nous sommes Ă©loignĂ©s de notre pays, que nous sentons surtout rinstinct qui nous y attache. (Chateaubriand.) Tous les jours vont Ă  la mort, le dernier y arrive. (Montaigne.) Voit-on du cƓur humain les replis tortueux ? Est-il un moyen sĂ»r pour ne pas s'y mĂ©prendre. (CollĂ©.) Les choses de la terre no valent pas qu’on s’y atÂŹ tache. ~ (Nicole.) C’est lorsque nous sommes Ă©loignĂ©s de notre pays , que nous sentons surtout l’instinct qui lious y atÂŹ tache , c’est-Ă -dire qui nous attache a lui. Tous les jours vont Ă  la mort, le dernier y arrive, c’est-Ă -dire arrive a elle. Est-il un moyen sĂčr pour ne pas s’y mĂ©prendre , c’est-Ă -dire pour ne pas se mĂ©prendre a eux. * Les CHOSES de la terre ne valent pas qĂŒon s’r atÂŹ tache, c’est-Ă -dire qu’on s’attache A elles. y, qui est essentiellement adverbe, joue ici, comme on voit, le rĂŽle de pronom, puisqu’il a la vertu de rappeler, de reprĂ©senter les personnes et les choses dont on a parlĂ©. Les exemples rapportĂ©s nous montrent qu'il a tout Ă  la. fois les deux genres et les deux.nombres, et qu’iLse traduit toujours par un pronom personnel, complĂ©ment dĂŒne prĂ©position, qui peut ĂȘtre Ă , en, dans, sur, entre, elc. Nous venons de dire que celte particule y rappelait, reprĂ©sentait les personnes aussi bien que les choses; nous ajouterons queTemploi est plus frĂ©quent pour celles-ci que pour les premiĂšres. Nous le dĂ©montrerons bientĂŽt. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE: I RELATIF AUX PERSONNES. MiSCVLIir BT rÉUIIft!f — fUreULISB bt tldr/bb. Cet homme ett malade, n'y loucheB pai. C'eit une femme folle, n’y faites pas attention. Quand les gens sont mĂ©elianti, it ne faut pas s'y frotter. Quand les femmes sont frmichei, on peut s’y fier. T RELATIF AĂŒX OBJETS. HBscvLiN BT raviaiir. — twoutm bt plobibi.. L'avare ■ de l'or et n’y touche pas. Si l’on vous dit une grosse injure, n’y faites pas attention. Quand on vous menace de coups de bĂąton, ne voua yCrotteipia, DĂšs que vous me faĂźtes des promeisea, je m'y fie. N" CCCVII. Y SIGNIFIANT cela. Ne vous y tromper pas, avec l'appui de Dieu dont on ne saurait se passer, on trouve de la force et du courage pour soutenir les plus grands malheurs. (M*“« DE SĂ©vignĂ©.) Peignez donc, j’ÿ consens, les hĂ©ros amoureux , Mais ne m’cn formez pas des bergers doucereux. (Boileau.) , Cependant tous les Grecs qui. m’avaient accom- ])agnĂ© ne pouvant plus y tenir, s’avancĂšrent au coin de l’alcĂŽve. ' (Albert-MontĂ©mont.) ĂŻ ' Ă© Nous allons’, quand le beau temps nous y invite, faire des voyages de long cours, pour connaĂźtre la grandeur de nos Ă©tats. (M'"* DE SÉVIGNÉ.) * ^ , Lorsque la particule xj signifie cela, elle indique alors, comme dans les exemples ci- dessus, ou ce qui prĂ©cĂšde ou ce qui doit suivre. 48
( 378 ) EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. paite*40, ly lousorii. AIme»4e, IV conieni. fTyCaĂźteipai ottentmn. Mai» j’y pense,la fereE-TOusĂź Je 07 tieoi plui, roui m’avetfĂąchĂ©. Repose-toi, je t’y invite. Ne t’y trompe pas, tu es fou. Tu en tiens, no t'y trompe pas. Parlez, [e ne m’y oppose pas. PrenĂši, je vous y autorise. Je t’y invite fort, laisse-moi. Tu le veux, j'y adhĂšre. Pr«ne>-y garde, le volli. J’y cooieut, allex-vous-en. Je t'y fais penser, ne l'oublie jp«e- Tu le dis,/e m’y rends. =>«^^9 NÂź CCC VIII. Y A l’impĂ©ratif. SANS NÉGATION. - Prenez-y garde , ma fille, vos louanges et vos approbations sont dangereuses. (Mℱ* DE SÉviGNÉ.) Vous avez peu de bien , ]olgnez-y ma fortune. (DorĂąt.) AVEC NÉGATION. N’y songeons plus , allons, cher Paulin; plusj’y pense, Plus je sens chanceler ma cruelle constance. (Racine.) Comte, n’y pensez plus, ma gloire vous l’orcionne. (T. Corneille.) Comme les pronoms personnels; la particule ij se place aprĂšs le verbe, qupnd celui- ci esta TimpĂ©raiif, Ă  moins quela phrase ne soit nĂ©gative. Dans ce cas, y prĂ©cĂšde le verbe. , Si ce dernier se terminait par une voyelle, comme ajoute, donne, apporte, au lieu de â–ș - . * ' ' ' ajoute'y, donne y, apporte y, il faudrait dire : ajoute-s-y, donne-s-y, apporle-s-y, en interÂŹ calant la lettre euphonique s. 9 N°- CCCIX. Y HORS DE L’IMPÉRATIF. , J’aĂź connu le malheur, et j’y sais compatir. (Guichard.) Quand'vous aurez pour vous la voix des sages, Les fous bientĂŽt y joindront leurs suffrages. (J .BusseaĂŒ.) Ne soyez Ă  la cour, si vous voulez y plaire, NI fade adulateur, ni parleur trop sincĂšre. (La Fontaine.) Tirer vanitĂ© de quelque chose , c’est prouver qu’on n'y est pas encore accoutumĂ©. (Boiste.) ‘ Entre les qualitĂ©s du cƓur, 11 n’en est point qui fasse honneur, Si l’on n’y joint la modestie. (Piron.) Le nocher, dans son art, s’instruit pendant l’orage ; Il n’y devient expert qu’aprĂšs plus d’un naufrage. Hors de TimpĂ©ratif, qĂŒil y ait ou non nĂ©gation, la particule y se place toujours deÂŹ vant lĂ© vĂšrbe. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. A L’IMPÉRATIP. txsa nĂ©cATioiT. Vcillex-y. M«tte».y du aoio. Apporte-«^y tes soins. Apportera^y quelque chose. Porte'»7 la maĂźn. Fourr*-s-y le bras. ATKC nioATIOir. 115* KÈOATIOK. N’y faites nulle attention. J’y prends intĂ©rĂȘt. N’y mettez pas tant d’importance. J’y mets ma main au feu. N’y donne pas les mains, H y plonge ll^brBB. N’y ajoute aucune crĂ©ance. Vous y pensez. ‱N’y mets pas la tĂȘte. Vous y joindrez cela. N'y eofoocei pas le couteau. J’y r«vt tous les jours. ’ HORS DE L'IMPÉRATIF. Avtc KĂ©aiTroiT. Jo n’y ai pas de gain. Je n’y peux rien faire. Il y enfonce le pied. Vous u’y songez pas. Voua n’y prĂ©tendes pas. Je n’y croirai jamais.
( 379 ) N" CCCX. PtACE DE y, COMPLÉMENT INDIRECT DÜN VERBE A L’INFINITIF. A CÔTÉ DE l'infinitif. PhaĂźante, qui voit le pĂ©ril de plus prĂšs qdĂŒn autre, \\a peut y remĂ©dier, ' (FĂ©nelon.) Dans, ces malheureux moments oĂč Fon ne peut ni pratiquer les vertus ni vaincre les vices, on tombe entre les mains de la justice de Dieu , avec le dĂ©sespoir de ne pouvoir y satisfaire. (FlĂ©chier.)* En quelque pays que j’aie clĂ© , j’y ai vĂ©cu comme S! j’avais dĂ» y passer ma vie. (Montesquieu.) PRÈS DU VERBE QUI PRECEDE l’iNFINITIF. Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir; Et quand je le pourrais, je ri’y puis consentir, (Boileau.) En sortant de l’état de nature, nous forçons nos semblables d’en sortir aussi; nul n’y peĂ»i demeurer malgrĂ© les auĂŒ'cs. ■ (J.-J. Rousseau.) Le bec de la cieogne y pouvait bien passer. Mais le museau du sire Ă©tait d’autre mesure. . (La Fontaine.) Nous devons conclure de ces exemples que le mot y, complĂ©ment indirect dĂŒn verbe il rinfinitif peut, bu le piĂ©cĂ©der immĂ©diatement colonne), ou en ĂȘtre sĂ©parĂ© par un autre verbe sous la dĂ©pendance duquel se trouve le premier (2Âź colonne). Du reste, . nous renvoyons, pour Ă©viter toute rĂ©pĂ©tition, Ă  ce que nous avons dit sur la transpoÂŹ sition des pronoms personnels, p. 345. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE: Jti ne puis y cOnieutlK Je n*y puis consentir. Je nu saurais y souscrire Je ne veux point y rĂ©pliquer. Je n’y veux point rĂ©pliquer. Je no veux point y croire. Il ne faut plus y penser. 1! o’y faut plus penser. On doity faire ottentioii. On'ne saurait y prendre trop de Ou n’y saurait prendre trop de prĂš> On Ta y rĂ©pondre. prĂ©cautions. caution). Qn croit y songer. Je tais y rcilĂšcbĂźr. J’y #ail rĂ©flĂ©chir. Je fais y objecter. Je n*y saurais touserĂźre. Je n'y veux point crĂŽirĂȘ. Ou y doitfaire attention. On y.Ta rĂ©poudre,’’^ 0» y croit soDgor. J’y Tais objecter. N*’ CCGXI. DE l’emploi de y ET DES PRONOMS PERSONNELS lui, Ă  lui, Ă  elle, d eux, Ă  elles. . AVEC Ăż. AprĂšs les ordres doriques Ăšt lĂ©s titres de votre tnatson, il n’y a rien Ă  souhaiter que l’ordre que vous y aUez mettre. - de SĂ©vignĂ©.) Je reçois vĂŽtre ^lettre, ma chĂšre enfant, et j’y fais rĂ©ponseavec prĂ©cipitation. (Id.) Chargei-vous de cette affUire ] doĂźiriez-Ăź) vos soins* (Boniface.) Le roi demanda alors des conseils pour discuter lĂ©s . c/idryes et y rĂ©pondre. (Anquetil.) ' AVEC lui, leur, Vhonirhe, en ses passions toujours eirant sans guide, A besoin qĂŒon lui mette et le mors et la bride. (Boileau.) Que peuvent contre Dieu tous les rois de la terre ? En vain ils s’uniraient pour lut faire la guĂ«rre. ' (Racine.) ‱ Chargez-vous de cet enfant, dohnĂšz-lm vos soins. (BoNIFACEi) Le vrai contentement dĂ©ride tous les traits : La briUante gaĂźtĂ©, ce fard de la nature. Rajeunit les vieillards, leur donne un air ptiis frais, (Favart.)
( 380 ) Les majheurs sont tous Tapanage de rhumanitĂ©. li y en a'pour tous les Ă©tats de la vie [ personne ne peut 8 y soustraii-e. (Le chevalier de Jaucourt.) Les passions des hommes sont autant dc chemina ouverts pour aller d eux. (VaUVBII ARGUES,) On apprend par ces exemples, qĂŒen gĂ©nĂ©ral, la particule y doit se rapporter Ă  des noms do choses, tandis que/ai, leur, Ă  lui, Ă  elle, d eux, Ă  elles ne peuvent ĂȘtre en reÂŹ lation qu’avec des noms de personnes ou d’ùires animĂ©s.' Telle est la rĂšgle Ă©tablie par les grammairiens, mais que Tusage a souvent enfreinte dans une foule de cas, comme nous Je ferons voir ci-aprĂšs. EXERCICE PnRASÉÔLOGĂźQVE. \ Votre lellre, i*y rtpondi. Cette perranne, je luĂź rĂ©pondi. Sur m maÎQ. gr.TeĂŻa‘ e» ch3L H ordomii qu’on lu*, grevĂąt an* 'Voie! une muiiOD, il faut l'y ar-Je rencontrai une pauvre femme, fre. « .A.» ^ et ie m’arrĂȘtai Ă  ellĂŻ. La loi e.t pour iont CD ne peut y Vous ĂȘle. entre ses nu.ui, »oui M ei Jw ■■ i Pliet celte lettre, et y apposeĂŻ uu Couret' Ă  lui et donneiduĂź ee pe. Ă©chapper, eeehet. quwL lui Ă©chapperez pas. NÂź CCCXII. Lui, leur, etc., en rapport avec des noms de choses, et y en relation avec des noms DE personnes ou d’ÈTEES ANIMÉS. EHFLoi DB lui, leur, etc., avec des noms de choses. BrĂ»ler un livre de raisonnement, c’cst dire : nous n’avons pas assez d’esprit pour lui rĂ©pondre. ‱ (Voltaire.) Nous trouvĂąmes votre procession admirable ; je ne crois pas qu’il y en ait une en France qui lui ressemble. (M*"* de SĂ©vignĂ©.) Je n’ose vous dire Ă  quel style il compare le votre, ni les louanges qĂŒil lui donne, (Id.) r SI on veut rendre la critique utile, Il faut avoir grand soin de-lui donner la louange pour passeport (ClRCÉ.) Quand le mĂ©rite est vrai, mille fameux exemples Ont fait voir que le temps ne Tui fait pas de tort. (MÂź* DbshoĂŒliĂšrksJ Un uoi.t«eau trop chargĂ© n'est pas loin du naufrage, Au lieu qĂŒil vogue Ă  Taise et nĂ© craint nul assaut. Quand il n’a justement que le poids qu’il lui faut. (Boursault,) EMPLOI DE y AVEC DES NOMS DE PERSONNES OU d'ĂȘtres animĂ©s. Quoique je parle beaucoup de vouf, ma fille, j y pense encore davantage jour et nuit. (Mℱ* DE SĂ©vignĂ©.) On me parle de t)0W5 trĂšs-souvent, et je ne cherche point longtemps mes rĂ©ponses, car j’y pense Ă  Tinstant mĂȘme. (Jd.) La pauvre Babonneiie, hĂ©las ! lorsque j’y pense, Elle ne manquait pas une seule audience. (Racine.) Plus on approfondĂźt Yhomme, plus on y dĂ©couvre de faiblesse'et de grandeur. (Boniface.) C’est un hormĂ©te homme / fiez-vous-y. (AcadĂ©mie.) ^ » C’est Marie qĂŒalme le petit chien; il ne mange que du pain ; je ne m’y attache point, mais il comÂŹ mence Ă  m'aimer ; je crams de succomber. (M“* DE SĂ©vignĂ©.) ' * * Les grammairiens, et nommĂ©ment Girault-Duvivier, ĂŒont rien de mieux Ă  dire, pour justifier les phrases oĂč lui, leur, se trouvent en rapport avec des noms de choses, qĂŒen pareille circonstance les obj'ets sont personnifiĂ©s. Or, nous le demandons, oĂč est la personnification dans les mots en italique de la premiĂšre colonne? Ne se prĂ©- senieni-ĂŒs pas tous, au contraire, sous leur forme trĂšs-naturelle? Dira-t-on alors que les phrases sont fauiivcs? Nous ne le pensons pas, car il s’en trouve de semblables, et en trĂšs-grand nombre, Ă  chaque page de nos meilleurs Ă©crivains*, et quelquefois mĂȘme on ne pourrait les construire autrement.
( U\ ) A quoi ont donc tendu jusqu'Ă  prĂ©sent les rĂšgles des grammairiens? Le plus souvetil Ă  contrarier rĂ©mission libre de la pensĂ©e, Ă  presque empĂȘcher de parler el d'Ă©crire. Quant aux exemples de la seconde colonne, voici ce que dit encore Girault-Duvivier : « Lorsqu’il s’agit de personnes, on ne fait ordinairement usage du pronom relatif xj ^ que lorsqu'on les assimile en quelque sorte aux choses. » Cela n'est ni vrai ni poli, rĂ©pondrons-nous, pour madame de SĂ©vignĂ© et madame de Grignan; il faut dire tout simplement qĂŒil est des cas oĂč l’emploi de y est indispensable, comme dans ies trois , premiĂšres citations, et d'autres oĂč* il peut entrer, surtout quand il se rapporte Ă  des noms qui expriment toute une espĂšce. L’usage doit, ĂȘtre ici le seul guide. Toutefois, dans c'estun honnĂȘte homme, attachez-vom-xj, ou attachez-vous Ă  lui, les grammairiens se lĂšvent en masse pour condamner la premiĂšre, et nous, nous la lenons bonne. Nous ne * voyons pas pourquoi l’on dirait avec f'AcadĂ©mie : c'est un honnĂȘte homme, fiez-vous^-y ou fiez-vous Ă  lui, et que l'on ne dirait pas attachez-vous-y aussi bien q\i'attachez-vous Ă  lui. Selon nous, il ĂŒy.a pas de diffĂ©rence. Le dernier exemple de madame de SĂ©vignĂ© fait voir que la raison est de notre cĂŽtĂ©. (Voy. la PrĂ©face, l’opinion de M. PhilarĂšte Chasles). EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE^ J’ai fait rĂ©parer mtmBiton, je tuiti donnĂ© un itr Peoses-TOQS Ă  moi? Oui, penie. A Toir celle femme, ony Uoure un air de . .... . Cet homme est mon ami, je m> ntlBche tous grandeur. J ai porte le fusti a i armurier, il (ui a mis une lea jours. Quand ou approfondit le monde, on y deeouTra baĂŻonnette, ^ .... En regardant cet homme, on y Toit un aĂźr‘de toute# lorlei dĂ©goisme. Lo Taisteau fini, on lui mit dea mftU et des fĂ©rocitĂ©. Obserrea le chat, tous y trourexl eir de lo trn- hiion. JVÂź CCCXIII. EMPLOI DK y OU DE lui,elle, ETC., AVEC DES PRÉPOSITIONS. . . AVEC y. e . L'honneur est comme une Ăźle escarpĂ©e et sans bords ; On n’y peut plus rentrer, dĂšs qĂŒon en est dehors. (Boileau.) La santĂ© dans le monde Ă©tant le plus grand bien , Un homme de bon sens ĂŒy doit mĂ©nager rien. (Regnard.) avec lui , ETC. Un cƓur noble est content de ce qĂŒil trouve en lui, Et ne s’applaudit point des qualitĂ©s d’autrui. (Boileau.) . Heureux qui du ciel occupĂ©, Et d’un faux Ă©clat dĂ©trompĂ©, Met de bonne heure en lui toute son espĂ©rance 5 (J.-B. Rousseau). É Les exemples de la deuxiĂšme colonne nous apprennent qu'il est des cas oĂč, au lieu dey, il faut absolument employer les noms personnels/wi, e//e, eiLU, ri/e5, que l’OĂŒ fait prĂ©cĂ©der d’une prĂ©position, EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, ^ , remporte mon ViTr*>. ne puit m« promener «ans lui Je le ei* «urua ebeeal de bois, tĂź entra «.ce loi.
( 582 Âź NÂź cccxrv. ANALYSE nu GALLiciSMis il y va de ma vie, de mon honneur, etc. EXEMPLES, ' Si je le hais, ClĂ©one i tl y va de ma gloire. (Racine.) Il y va de ma gloire ; il faut que je me vxnge. (Corneille.) Jl y allait de la vie non-seulement Ă  fuir, Ă  quitter ses ai'mes, mais encore Ă  se reniuer, pour ainsi dire, sans le commandement du gĂ©nĂ©ral. * (Bossuet.) ANALYSE. U (cela, l’intĂ©rĂȘt) de ma gloire va (tend) y (Ă  cela, c’est-Ă -dire Ă  ce que je le haĂŻsse.) ' Il (cela, le salut) de ma gloire ua (tend) y (Ă  cela ' qui est ; que je me venge.) Il (cela, le salut) de la yie allait (tendait) y (Ă  cela qui Ă©tait i Ă  fuir, Ă  quitter ses Ă rmes.) Ce n’est que par lĂ  voie de Tanalyse que Toii peut expliquer les gallicismes occasio- nĂ©s par le pronom y, et les rameper, comme nous venons de le faire, Ă  un sens clair. Il ne s’agit pour cela que de rĂ©tablir les mots ellipsĂ©s, et de donner Ă  ceux qui sont exÂŹ primĂ©s leur vĂ©ritable valeur (4). V u y T» de ma fortune, n y va de mon existence. Il y Ta de mon lalut. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. n y Ta ds Tempire. n y Ta de mon honneur. Il y Ta de ea perte. U y Ta de la monarchie. Il y Ta de sa fie. Ily Ta de ma tĂ©te. Il y TO de l intĂ©rĂąt publie. 11 y Ta de sa renommĂ©e. Il y TD de sa couronne. NÂź CCCXV. 9^ GENRE ET NOMBRE BU PRONOM en. En RELATIF A BBS FEBSONNES. EXEMPLES. Lorsqu’on a sujet de se plaindre d’un ami, il faut s’hn dĂ©tacher peu Ă  peu, et dĂ©nouer plutĂŽt que rompre les liens de l’amitiĂ©, (PensĂ©e de Caton.), Cette femme qu’on remarque par sa lĂ©gĂšretĂ©, fait la passion des gens, et son mari en est jaloux. (Marivaux.) analyse. Il faut s’en dĂ©tacher ; c’est-Ă -dire 11 faut se dĂ©tacher de lui, de cet*ami.' Kt son mari çn est jaloux, c’est- Ă -dire est jaloux d!elle , de cette femme. (1) Une personne prĂ©tendait que, dans les locutions : U y va de ma gloire, il y va de ma vie, et autres semblables, le mot y ne rappelait pas la proposition antĂ©cĂ©dente, et signifiait dans cette affaire, dam cette cirÂŹ constance, dans cette occasion. ÉJe analysait consĂ©quemment le vers de Racine : Si je le hais, ClĂ©one! il y va de ma gloire, de cette maniĂšre : Si je le hais, Ctebne,' il y va de gloire, y, c’est-Ă -dire, dans cette CIRCONSTANCE; je U hĂŒis, paTcB qito DANS CETTE OCCASION ma gloite est comprorhise, Ă lais le cĂ©lĂšbre auteur de Sylla, M. de Jouy, Ă qm nous crĂ»mes devoir soumettre cette^question, fut d’un avis contraire. Nous pensons faire plaisir Ă  nos lecteurs en reproduisant ici le peu de lignĂ©s qu’il rĂ©pondit Ă  notre adversaire; elles leur prouveront le vif intĂ©rĂȘt que cet acadĂ©micien daigne prendre Ă  notre publication : « Il est certain, monsieur, que, dans le vers de Racine, il y va de ma gloire, veut dire il va dc ma gloire Ă  B le haĂŻr. L’opinion que vous avez soutenue pourrait grammaticalement se dĂ©fendre, mais le sens qu’attache » Racine Ă  son hĂ©mistiche y serait moins clair et moins poĂ©tique. Voici le cas oĂč le sens que vous donnez Ă  ces » nwts ne serait susceptible d’aucune autre interprĂ©tation : Quoi ! vous rentrez dans ce lieu ott tant d'ennemis D vous attendent. — 7Ï y va de ma gloire.
( Ô85 ) LÚ» princes sont surtout ceux quĂŒn peut le moins se flatter de bien connffitre.. La renomniĂ©o EN parle rarement sans passion. (Raynal.) - Si nous repoussons les femmes avec ingratitude , aprĂšs HN avoir reçu tant de soins. elles s’éloignent sans se permettre un murmure. (SĂ©gur.) La renommĂ©e en parle ; c'est-Ă -dire* parle d’eux, des princes ^ etc. AprĂšs en avoir reçu ; c*est-Ă  -dir bprĂšs avoir reçu d’eUes, des femmes, etc. JSn RELATIF A DES CHOSES. EXEMPLES. En moissonnant trop tĂŽt les roses du bel Ăąge. On n'EN recueille point les fruits. (Bernis.) La fortune a son prix : l’imprudent en abuse, L’hypocrite EN mĂ©dit, et l’honnĂȘte homme en use. (Delille.) Le fou vers les plaisirs s’élance avec ardeur ; , Le sage en prend le miel, mais sans blesser la fleur. (Delille.) Les limites des sciences sont comme l’horizon ; plus-on EN approche, plus elles reculent. (M“« Necker.) ANALYSE. On n’en recueille point les fruits ; c’est-Ă -dire on ne recueille point les fruits de lui, du bel Ăąge. . ;.. L’imprudent en abuse ; c’est-Ă -dire abuse d’elle , de la fortune , etc. ' J ;. Le sage en prend le miel ; c’est-Ă -dire prend le miel d’eux, des plaisirs, elc. Plus on en approche; c’est-Ă -dire plus on approche d’elles, des limites des sciences, ctc. 8 Le pronom ewy qui signifie proprement ce/a, peut, comme on le voit, remplacer des noms de personnes ou de choses dĂ©jĂ  exprimĂ©s, que ces noms soient masculins ou fé minins, du singulier ou du pluriel. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, l>u tabac... j’en prend». De» pastille»... j’en mange. De» Ponbons.., j’etĂź donne. De la joie... j’cii ai. Del aouciB... qui n en a pas? De» feniDie»,,. on en mĂ©dĂźt. De la fortune... on en dĂ©sire. Des richotset... tout le monde eu veut. Des cbagrinĂą... perMnne n'en est exempt. De l’argent... je rn'ep procurerat.' Des amis-., les ricbe» seuls en ont. Du bon cens... on en manque qaelquefoĂźs. N- CCCXVI. En RAPPELANT DES PROPOSITIONS ENTIERES, OU DES PARTIES DE PROPOSITIONS. f f EXEMPLES. Le temps , semblable au vol de l'oiseau, passe et s'Ă©coule stms que nous nous en apercevions, (Trad. d’Ovide.) Tout donner au plaisir n’est pas de la sagesse ; Tel qui pense autrement, raĂ©nie avant sa vieiÛesse, §.’çu. repentira lot ou tard.’ (Arnault.) -.. J’aime miçux, n’eu dĂ©plaise Ă  la gloire, Vivçe monde deux jours", que mille ans dans l’his- ^ ‱ (MoliĂšre.) [toire. ... L'on ne saurait voir, sans en ĂȘtre piquĂ©, PossĂ©dĂ© par un autre un cƓur qĂŒon a manquĂ©. ' ’ {Id,) . ANALYSE. Sans que nous nous en apercevions, c’est-Ă -dire sans que nous nous apercevions de cela, de ce que nous venons de dire ; savoir : que le temps passe et s’écoule. S’en repentira ; c’est-Ă -dire se re-* pentira de cela, de ce que nous yehons de dire; savoir; de penser-: auhement. » N’eu dĂ©plaise Ă  la gloire ; c’est-Ă -ffire ne dĂ©plaise Ă  la gloire de cela, de ce que je vais dire ; savoir : d’aimer mieux vivre, etc. Sans eu ĂȘtre piquĂ©; c'est-Ă -dire sans ĂȘtre pique de cela, de cc que je vais dire ; savoir : de ce qu’un cƓur qu’on a iiumquĂ© soit possĂ©dĂ© par un autre. DouĂ© de la facultĂ© de rappeler des noms de personnes el des noms de choses, le pro-
. ( 384 ) nom en a encore la propriĂ©tĂ© de rappeler mĂȘme des propositions entiĂšres. Dans les deux premiers exemples, il reporte l’esprit sur ce qu’on a dit; et, dans les deux clci- tiiers, Il le fixe sur ce qui va ĂȘtre Ă©noncĂ©. TOUS en dĂ©plaise. Ne vous «n rĂ cbez pai. FĂ©eh».rou»ran. VĂ»usfoui an rapantire': EXERCICE PriRÀSÉOlOGIQVE. Sans en ĂȘtre fĂąchĂ©. Sans s’cn ĂŒouier. lit en auront la preuve, Vousau aurez ta certitude. On TOU) en donnera des preuves. Je t’eti donne ma parole. Je t‘cn certifie. H m’en Cait foi. Oo VOUS en accusera. Tu mĂ«n fais serment. Ils eu ont l'aiiuraiicek le nĂ«n doute pas. NÂź CCCXVII. CONSTRUCTION DB en A L’iMPÈRATlF. SANS NEGATION* Mais ne m’enlevez pas ces fruits de nos amours. — Eh I bien, jouissez-en, possĂ©dez-les toujours. (Longepierre.) AVEC NEGATION. N’en disputons plus. Chacun a sa pensee. (MoliĂšre.) N’y a-l-il pĂŽint de nĂ©gation? le pronom en se place aprĂšs le verbe, et, si celui-ci est terminĂ© par un e muet, on intercale un s entre le verbe et le pronom, qĂŒon rĂ©unit par un tiret : donne^s-en, mange-&~en. Lorsque la phrase est nĂ©gative le pronom en se met toujours devant le verbe. EXERCICE pnRÂSÈOLCGlQVE. Parleeran. Donnezran. Han|;e.9ran. Frenoni-en. Vcraez-en. BrÙlewn. N’eu parlez pas. N’en donne pat. NĂ«n mange pas. NĂ«n prenoua pas. N’en vertez pas. NĂ«n brĂ»lez pat. prĂȘtez-en. Jugezran bien. UiteMn du bien* LItez-cn. Laitte-e-en. Donne>|.«Q. N*en prĂȘtez pas. NĂ«n )ugcz pat ma). N’en ditei point de mal. N’en lisci pas. NĂ«n laisie pat. NĂ«o donne pas. NÂź CCCXVÏII HORS DE l’impĂ©ratif. Qui peut de son secret me cacher la moitiĂ©, . En dit trop el trop peu, m’olĂŻ'cnse et me soupçonne. , (Voltaire.) ... L’IntĂ©rĂȘt commun veut qĂŒon se rĂ©unisse Pour flĂ©trir un mĂ©chant, pour en faire justice. (Id.) Quelle amie oserait m’ouvrir une retraite ? Je n’cn ai pas besoin... Partout on peut souffrir. (Andrieux.) L’homme consomme, engloutit lui seul plus de chair que'tous les animaux ensemble n’a» dĂ©vorent* (BuFfON.) Le pronom en prĂ©cĂšde toujours le verbe, hors de TimpĂ©raiif, que la phrase soit ou uon nĂ©gative.
585 ) J’en pense Lien. Pour eo mĂ©dire. Il en veut. J’en dĂ©lire. EXERCWE PBRASÉOLOGIQXm, Jen’cn pense pas bien. Ponr n>Q pas dire de mal. Il n’en veut pas. JeVen dĂ©lire pas. Nous en demandons. Vous en aures. On vous en promet Vous eu aures l'Ă©trennek Nous n'en demandons pu Vous oVq aurei pas, Oo ne TOUS en protcet pas Vous n'«D lurei pul’étrenne. «r»- N CGGXIX ,1’LACE DE en AVEC BEUX VERBES, DONT LE DERNIER EST A L’iNFINlTlF. PLACÉ A CÔTÉ DK lTnFINITIF. Quand un soldat français, au pĂ©ril va s’offrir, Daigne-t-il s’informer s’il peut en revenir ? (dk Bellov.) Le temps ne paraĂźt long qu’à ceux qui ne savent qu’EN faire* (Sanial DubaĂŻ.) [place a CÔTÉ DU VERBE QUI PRECEDE l’INFINITIF. Demain 1 le temps est court et le terme est procliain ; Il KN faut profiter, (Longkpierrk.) La mort est un remĂšde Ă  trouver quand on veut, Et l’onss’en doit servir le plus tard que l’on peut. (MoliĂšre.) Lorsque le pronom relatif en se trouve en rapport avec les verbes pouvoir, vouloir., devoir, falloir, etc., Ă  un mode personnel, et un autre verbe Ă  l’infinitif, lĂŒsage ordiÂŹ naire, surtout en prose, est de le placer entre ces deux verbes. Cependant ce pronom peut aussi se transporter devant le premier verbe; mais cette transposition nous semble plus particuliĂšrement rĂ©servĂ©e au style poĂ©tique ou oraÂŹ toire. D’ailleurs, en ceci, comme en toute autre chose, lĂŒreille, le go.Ă»t, Tharmonie el quelquefois aussi TĂ©nergie, peuvent seuls dĂ©terminer la place que doit, Ăšn certaines circonstances, occuper le pronom en. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, Je dois en parler. II faut en profiter. 'Vous pouvez en jouir. Elle veut en ĂȘtre instruite. J’en dois parler. Il CD faul profiter. Vous en pouvez jonir. Elle en veut Atro iiutnrite. Vous croyez en venir Ă  bout. Il pensait en redevenir maĂźtre. Nous devons en ĂȘtre satisfaits. Us peuvent en user. Vous en croyez venir Ăš bout, lien pensait devenir matlre. Nous en devons ĂȘtre satisfaits. Ils en peuvent user. N CCCXX» V0NCT10N8 DB en. COMPLÉMENT DIRECT. l Ceux qui'donnent des conseils doivent aussi en reÂŹ cevoir volontiers. (PensĂ©e de Caton.) Pour avoir de vrais amis, il faut ĂȘtre capable d'en faire et digne d’en avoir. (La Roche.) N’y a-t-il pas assez de terre dans Tunivers pour en donner Ă  tous les hommes plus qu’ils n’en peuvent criĂŒyer? ' (FĂ©nelon.) COMPLÉMENT INDIRECT. , Le premier Ă©lan du peuple est prĂ©cieux j il faut savoir en profiter. (NapolĂ©on.) La servitude abaisse les hommes jusqĂŒĂ  s’en faire* aimer. > (Vauvenargues.) Je vois une troupe de femmes laissĂ©es presque Ă  elles-mĂȘmes ; je n’ai que des Ăąmes lĂąches qui m’en rĂ©pondent. * (Montesquieu.) 49
( 586 ) Lo glaive a tuĂ© bien des hommes, La langue en a tuĂ© bien plus. ‱(Franç.de NeĂŒfchateau.) Quel fardeau qn’une grande fortune, quand on fait son unique affaire d’m jouir! (Boiste.) Le but de ces citations est de nous montrer que le pronom en remplit deux fonctions diffĂ©rentes : celle de complĂ©ment direct, comme dans les exemples de la premiĂšre coÂŹ lonne, et celle de compfĂ©rhĂ©nE mtfirect, comme dans ceux dĂ© la seconde. Mais, ainsi que le fait observer trĂšs-judiciĂ©usement Bescher (1), il ne faut pas croire avec plusieurs grammairiens, que, dans le premier cas, le pronom en reprĂ©sente Ă  lui seul le complĂ©ment direct; il ĂŒen est qĂŒune partie. En effet,' ce mot se dĂ©comÂŹ posant toujours par de ce, de cet, de cette, de ces^, avec renonciation du nom dĂ©jĂ  exprimĂ© ou sous-eniendu, il ne saurait venir immĂ©diatement aprĂšs un verbe dans Tanalyse loÂŹ gique; ii y a nĂ©cessairemenc entrĂ© lui et ce verbe un nom que Tellipse permet de sous- entendre, mais que Ton doitrĂ©iabliF dans la construction pleine. Ainsi, lorsqĂŒcn parÂŹ lant de fruits, je dis : fen mange, en, qui se traduit par de ces objets en question, est le fragment decette expression: pkmeurs; quelques-uns de ces objets dĂ©nommĂ©s et c'est ceĂź\c expression entiĂšre qui est le complĂ©ment direct diĂŻ verbe mange : je mange quelques-uns de ces objet dont fai parlĂ©. En COMPARÉ AVEC ùç lui, d'elle. AVEC en. La vie est un dĂ©pĂŽt confiĂ© par le ciel ; Oser EN disposer, c’est ĂȘtre criminel. (Gresset.) 1 * Le zĂšle est une vertu qu’on n’estime plus : on s’en moque cornme d’un usage qui convenait Ă  la grosÂŹ siĂšretĂ© de nos pĂšres. . (Flkciiier.) J’aime trop la vatewr pour en ĂȘtre jaloux. (La Harpe.) .On revient d’une eneur Ă  force ĂŒen rougir.’ ' (De Belloy.)' Celui qui est dans la prospĂ©ritĂ© doit craindre ĂŒen abuser. (FĂ©nelon.) AVEC de lui, d’elle, etc. Numa avait de longues conversations avec ĂŻa nymphe EgĂ©rĂźe ; on ne voit pas quĂ© CĂ©sar en- eĂ»t avec VĂ©nus, quoiqu’il descendĂźt d’EixE cn droite ligne.. (Voltaire.) Hercule , qui avait vaincu tant de pionstres, ne pouvait vaincre cette passion (l’amour), et le cruel enfant Cupidoa-: se. jouaitr n k lu i. (FĂ©nelon.) Timocratc ne perdait pas un moment pour me faire remarquer cette intelligence , et pour m’obliger Ă  perdre PkĂŒoclĂšs pendant que je pouvais encore m'assurer de lui. (Id.) Nous pouvons dire qu’en gĂ©nĂ©ral on se sert du pronom en, lorsqu’il est question d’ĂȘtres inanimĂ©s, de choses; et que, s’il s’agit, Ăąii Contraire, de personnes, on doit employer de lui, d'elle, d'eux, d'elles, etc. pour en rappeler TidĂ©e. Dans la plupart des gramÂŹ maires, celte rĂšgle est posĂ©e absolument, mais nous verrons*, daris"fe* numĂ©ro suivant, que Tusage, ici comme ailleurs, ne reconnaĂźt point de rĂ©gie absolĂŒe. s. © (1) Tout le monde connaĂźt l’excellent TraitĂ© dĂšs< participe^' qu’a publiĂ© ce grammairien,, aussi savant que modeste,-Cet ouvrage se recommande Ă  tous, ceux qui aiment Ă - voir lesi rĂšgles- appuyĂ©es de, TautoritĂ© des Ă©criÂŹ vains, qui seuls sont nos maĂźtres. '
ÂŁ> VinLiRT DB CBOSCI. Je m'en «ri. On en parle. Pourquoi en rire ? Ils en ont peur. SLe ‱'en Ă©loigoa. i: 88T y ÉXERaCE PBRÂSÉOLOGIQVE. DB -PKBSORRU' Je me sers de lui. On parle d’elle. Pourquoi rire dVui? lu ont peur d'elles. Elle s'Ă©loigna de lui. DB CBOIBS. On s'en debarrasse. Pourquoi s’en moquer ? Mon pĂšre s'en pa«r^‘ Le roi s’en dĂ©liL Tu t’en empareras. NÂź CCCXXIL DB PtBSOBRlS. 'On se dĂ©barrasse d'elle. Pourquoi se moquer deux? Mon pĂšre se passa d'elle*. Le roi se dĂ©fit d’eux. Xu t’emxiarerw de >hil KMFLoi DÂŁ en OU de lui, d’elle, ÂŁtc., AVÂŁC des noms de personnes. AVEC en. Ün vieillard amoureux mĂ©rite qu’on en rie. (Corneille.) AuprĂšs Ă ! Anselme encor nous vous excuserons, Pour en pouvoir tirer ce que nous dĂ©sirons. (MoliĂšre.) Amiens ,,Beauvais . Langres et Autun , dĂ©peuplĂ©s par les vexations des exacteurs, en reçurent des colonies. (Anquetil.) AVEC de luĂŻ, Ütc. .1. Put rit d’autrui, Doit craindre qu’en revanclie on rie aussi de lui. (MoliĂšre.) Ce qu’on donne aux mĂ©chants toujours on le regrette. Pour tirer d’eux ce qu’on leur prĂȘte, 11 faut qu’on en vienne aux coups. (La Fontaine.) -Eh! qui pourrait compter les bienfaits d’une mĂšre / A peine nous ouvrons les yeux Ă  la lumiĂšre, Que nous recevons d’elle, en respirant le jour, Les premiĂšres leçons de tendresse et d’amour, (DĂŒcis.) Dans toutes ces phrases, il n’est question que de personnes, et cependant les Ă©criÂŹ vains, malgrĂ© la rĂšgle des grammairiens, ont employĂ©, Ă  leur grĂ©, en ou deM, d'elle, ietc. Rien ne nous empĂȘche de les imiter. J’en reçus. ‱J’en approcherai. Jl 'en Ă©uit'cbĂ©ri. tl l’en fit un alliĂ©. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Je reçus de lui. J’approcbai d'elle. Il Ă©tait chĂ©ri d’eux. II se fit de lut ud alliĂ©. Elle n’en fut pas entendue. Il t'eii servit. Vous en ĂȘtes jaloux. Ils eu sort tiers. Elle ne fui pas enleudueilĂȘ lai. Il te servit rt'cllei. Vous ĂȘtes jaloux d’eux. Us sont Gers d’elle. cccxxrii* .^ SS ĂźRAPPORTANT A DES NOMS DE PERSONNES , ET de lui, d’elle, ETC. A .DES NOMS ,DB CUOSES. EN. D’un vaillant homme mort la gloire se publie , «Maisjßé» fais moins de cas que d’un poltron en vie. (T. Corneille^) Ai ' * j . <TĂźh‘sĂ©nl jour^!t‘pĂ©rir’ThĂ©mar et sa-mĂ©moire:; veuve ,;Ă  des dƓĂčÆ-sourds ayant ses-vƓux offerts, N’en fut,pas entendue et tomba dans nos fers. (GhĂątkaĂŒbriand.) Les TrĂŽgĂźodites aimaient leurs femmes et en Ă©taient tendrement chĂ©ris. {Montesquieu.) DE LUI, etc. DĂšs que le faible oiseau peut essayer ses ailes, ‱Loin du sein de sa ihĂšre il vole .sans «appui ; Il est seul dans le monde, et Dieu prend soin de lui, ‱(GhknĂšĂȘr.) ■ De cesicƓûrs dĂ©fiants d’espĂšce atrabilaire -Res.semble, je le vois,, aux chevaux ombrageux; Il faut les aguerrir pour venir Ă  bout d’Eux. «(Piron.)-' On ne saurait dire si Esope eut sujet de remercierila nature ou .de-se^plaindre d’^LE. (La Tontaink.)
( 388 ) ' Ici, il s’agĂźt de personnes et de choses, et, pour en rappeler l’idĂ©e, les Ă©crivains oiit fah usage, pour les unes, de en, et de rie lui, d'elle, ffeux, etc,, pour les autres. Nouveau dĂ©menti Ă  la rĂšgle des grammairiens. .. . NĂ©anmoins, on ne doit pas c&clure de toutce que nous avons dit, qiTon peut indisÂŹ tinctement se servir du pronom en, et des expressions rie lui, d'elle, d'eux, d'elles, pour les personnes et pour les choses. Plusieurs consĂ©crations ont Ă©lĂ©^Ă©tablies par Tusage, et l’usage seul peut lesfaire connaĂźtre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. EiT PABLlirr DI PBIROHRKS. JĂ«n. fais beaucoup de cas. On en dĂźt beaucoup de mal* On CD eat toujours mal reçu.^ Towacn seres toujours estimĂ©. ÂŁn PlILAXT DI CHOSES. Je ne mc plaindrai pas d'elle. Ayez surtout bien soin de lui. Vous croyez venir a bout d euz Pourrex-Toug vous rendre maltrf dĂ«ll* ? NÂź ’CCCXXIV. EMPLOI DE en ET DE son, sa, ses, etc. . AVEG en. HĂ©las ! on Ă©teignit en moiTeffet des passions sans en Ă©teindre la cause. (Montesquieu.) Maitres de l’uniyers, les Romains s’en attribuĂšrent tous les trĂ©sors. (/ri.) AV.. C'est parce que l’or est rare que Ton a inventĂ© la dorure , qui , sans en avoir la soliditĂ© , en a tout le brillant. Ainsi, pour remplacer la bontĂ© qui nous manque , nous avons imaginĂ© la politesse, qui en a toutes /es-apparencfcs. (De Lkvis.) La GrĂšce aimait la guerre , elle en connaissait Tart. (Montesquieu.) Ces vĂ©ritĂ©s ne doivent pas ĂȘtre prĂ©sentĂ©es avec des couleurs qui en altĂšrent la majestĂ©. (BarthĂ©lĂ©my.) Quand on est dans le pays des fictions , il est difÂŹ ficile de n’en pas emprunter le langage. (Jd.) Quand on est dans un pays, il faut en suivre Z’usage. (Montesquieu.) , Au moment oĂč le gĂ©nie s’éveille chez une nation ^ les premiers'qui en ressentent ^inspiration puissante , s’emparent nĂ©cessairement de ce que l’art a de plus heureux, de ce que la nature a de plus beau. (La Harpe.) AVEC son^ sa, ses. Il ne se sert Ă  table que de ses mains, !I manie les viandes , les remanie, dĂ©rnembre , dĂ©chire , et en use de maniĂšre qu’il faut que les conviĂ©s , s’ils veulent manger, mangent ses restes. (La Bruykrk.) Socrate , qui ’ prĂ©vit de bonne heure qu’Alcibiade serait le plus dangereux des citoyens d’AthĂšnes ,* s’il n’en devenait le plus utile , rechercha son amitiĂ©, l’obtint Ă  force de soins, et ne la perdit jamais. (BarthĂ©lĂ©my.) Les Arabes Ă©taient autrefois un peuple doux , amoureux de la libertĂ©. Mahomet changea leurs idĂ©es ; mais il neieur reste plus rien de l’impulsion qu’il leur avait donnĂ©e. (Raynal.) ' CicĂ©ron pĂ©rit,,. Trois siĂšcles aprĂšs , un empereur plaça son image dans un temple domestique , et l’hoHora Ă  cĂŽtĂ© des Dieux. (Thomas.) On vit alors PĂ©riclĂšs se retirer de la sociĂ©tĂ©... Les maĂźtres cĂ©lĂšbres qui avaient Ă©levĂ© son enfance, conÂŹ tinuant Ă  TĂ©clairer de leurs conseils, remontaient avec lui aux principes de la morale et de la politique. (BarthĂ©lĂ©my.) Au lieu de dire : Le soin cju'on apporte au travail empĂȘche de sentir sk fatigue, on dĂźt : le soin qu'on apporte au travail empĂȘche d'B^ sentir la fatigue, en substituant Ă  sa le pronom en, parce que le mol fatigue est en rapport dĂš possession avec.un nom de chose : travail, la fatigue du travail; et c’est aussi par raison de clartĂ©, .car Tadjectif possessif ferait naĂźtre ici une Ă©quivoque : on ne saurait pas s’il est question de sa propre fatigue, ou de la fatigue du travail. Tels sont les motifs qui ont dĂ©terminĂ© Temploi de en dans tous les exemples de la premiĂšre colonne. Si, au contraire, le mot complĂ©ment du verbe est en rapport d’appartenance avec .un
( S89 ) nom de personne, on se sert alors des adjectifs possessifs son, sa, ses, etc. : et homme est fort aimable, chacun recherche sa sociĂ©tĂ© . (2« colonne.) Nous verrons si ces rĂšgles ne souffrent point d’exception. Avsc en. J>D eounaii Ici usages- J*en ai tu Jes monuments. J'eD admire la beautĂ©. J'en parcourus les promeuadeg. J'flO coonaĂźj Jci dĂ©fauts. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. AVEC son, sa, ses. Ja eonuals son pĂšre. Je sais ses finesses. Nous suivrons ses avis. J’emprunterai son langage. Je connais ses dĂ©/auts. AVEC en. ^ Tu en Terras les beaux sites. Î1 en contemplera le pittoresque. Nous en clierclierotis la cause. Vous en voyez Tetret. Vous eu verrex le rĂ©sultat AVEC son, sa,- ses, * L'Ă©tude fait sel dĂ©lices. Nous devons suivre ses command»> ment». Bien ne peut changer ses idĂ©fg J'aĂź Ă©tudiĂ© son caractĂšre. N“ CCCXXV. En POUR LES PERSONNES, ET SOn, Sa, ses, ETC. POUR LES CHOSES. AVEC en. De mes sujets sĂ©duits qu’il comble la misĂšre; 11 en est i’ennemi, j’en dois ĂȘtre le pĂšre, (Voltaire.) Il connaĂźt NicomĂšde, il connaĂźt sa marĂątre ; 11 en sait, il en voit la haine opiniĂątre. (Corneille.) Le chef des deux Ă©poux en doit ĂȘtre l’exemple. (La ChaussĂ©e.) AVEC #on, sa, ses, etc. La ucrft* d’elle-mĂȘme est partout respectable ; Vous doublez son empire en la rendant aimable. . (GhĂ©nier.) L’art et les soins, ajoutent Ă  nos jours; - Mais rien ne peut Ă©terniser leur cours. (Lombard de Langres.) Le rĂ©cit de nos maux adoucit leur rigueur. (Guymon de la Touche.) II suffĂźt de lire ces citations pour se convaincre qu’il est des cas oĂč l’on peut faire usage de en, lorsqu’il s’agit de rappeler l’idĂ©e de personnes, eh de son, sa, ses, leur, etc,, lorsqu’on parle de choses. Cet emploi n’a rien de vicieux, quoi qĂŒen disent plusieurs grammairiens, et nos meilleurs Ă©crivains se sont servis trĂšs-frĂ©quemment de ce tour, pour rendre Texpression plus Ă©nergique. Aux exemples que nous avons dĂ©jĂ  citĂ©s, nous ajouterons les suivants : Que fait la renommĂ©e au coeur qui la dĂ©ment ? En paix avec soi-mĂȘme, on la brave aisĂ©ment ; Mais on souffre en tremblant sa faveur infidĂšle, Lorsqu’un tĂ©moin secret vient dĂ©poser contre elie, (De Belloy.) Quand on n’ose parler, Quand Vamour avec art prend soin de se voiler, 5es feux sont Ă©touffĂ©s par l’extrĂȘme prudence, Et l’on est quelquefois victime du silence. (Fagan.) On ne guĂ©rit jamais dĂŒn violent soupçon ; L’erreur qui le fit naĂźtre en nourrit le poison. (CrĂ©billon.) Malheur au talent jeune encor, Lorsqu’il ne prend conseil que de sa jeune audace ! Mais qu’une habile main dirige son essor, It est plus sĂ»r^d’atteindre au sommet du Parnasse. (Lk Bailly.) Le commerce est comme certaines sources ; si vous voulez dĂ©tourner leur cours, vous les faites tarir, (FĂ©nelon.) Combien ceux qui ont cru anĂ©antir lĂ© christiaÂŹ nisme , en allumant des bĂ»chers, ont mĂ©connu son esprit ! (Chateaubriand.) 0 vous qu’avait trompĂ©s une fausse apparence, DĂšs que vous dĂ©couvrez un esprit vicieux, Rompez-en vite avec prudence Le commerce contagieux. ' (Lenoble.) Quelque aveugle que soit Vamour-propre, on conÂŹ naĂźt bientĂŽt ses dĂ©fauts quand l’intĂ©rĂȘt s’en mĂȘle. (Duclos.) ‱ La nĂ©cessitĂ© parle, il faut suivre sa voix. (Delatouche.) On hĂ©rite du crime en recueillant ses fruits. (De Bellov.)
imt ‱^8» CCCXXYI* EMPLOI DE en ou DE son, sa, ses, etc., avec le sujet d’une proposition. AVEC en. - I Si la mollesse est douce, la suite en est cruelle. (Marmontel.) Les sciences ont des racines amĂšres, mais les fruits en sont doux. (BoĂŻsth;.^ La gaĂźtĂ© est la santĂ© de TĂąme ; la tristesse en est le poison. (Stanislas.) L’esprit est la fleur de l’imagination ; le jugement en-est le fruit. (Livry.) La sincĂ©ritĂ© est, le visage de l’ñme, comme la disÂŹ simulation en est le masque. (Sanial Dubay.) Mentor remarqua un de leurs vaisseaux qui Ă©tait presque seiribl^l’e au nĂŽtre, Ăšt que ja tempĂȘte avait Ă©cartĂ©., LĂ  pĂŽqpĂš en Ă©tait courĂŽrmĂ©e de‘certaines fleurs. (FĂ©nelon.) AVEC son, sa, ses, etc. Mais la mollesse est ĂŒĂŒVtÇ? Ăš.t «a suite est cruelle. Je vois autour de moi cent rois vaincus par elle, (Voltaire.) La patience est amĂšre, mais son fruit est doux, (J.-J. Rousseau.) L’aloĂšs cubullin est le plus impur des aloĂšs de comÂŹ merce : son odeur est forte et dĂ©sagrĂ©able ; sa poudre est verdĂątre. - - . (Dict. de mĂ©decine.) L’amidon pur est rarement employĂ© comme aliment. Ses usages dans les arts sont trĂšs-nombreux. , {Id.) Ces arbres sont bieii exposĂ©s , mais leurs fruits ne mĂ»rissent pas. ’ ' / ' (Boniface.) Dans la premiĂšre colonne, le mot suite, sujet d*une proposition, est en rapport de possession avec un nom de chose : la mollesse. En pareil cas les substantifs ne sont point ordinaĂźremĂ©htprĂ©cĂ©dĂ©e de Tadjectif possessif, qĂŒon remplace par le, la. Les, suivis du prppom ' Nous disons ordinairement, car les ciĂźatjons de la deuxiĂšme colqnnp nous font ypir qĂŒil y q des cirponsfances oĂč, pour rnieux prĂ©ciser TidĂ©e de possession, et donner plus de vivacitĂ© Ă  la pensĂ©e, plus de grĂące Ă  l’expression, pn peut subsiituer son, sa, ses au pronom eri. Tant il est difĂŻiciiq, dit trĂšs-bien Lemare, d’établir dus rĂšgles qui n’exiÂŹ gent pas de nombreuses restrictions, d’éternelles explications ! Les faits et Tanalogie, voilĂ  peut-ĂȘtre les seuls moyens d’enseignement et de succĂšs. AprĂšs s’ĂȘtre donnĂ© toutes les peines du monde pour poser quelques* pauvres principes sur Temploi de en, les grammairiens finissent par avouer’qĂŒpn doit se servir de ce pronom toutes les fois qĂŒon peut en faire usage, et que Ton ne doit employer l’adjectif possessif que lorsquĂŒl est impossible de mettre en. Cette naĂŻvetĂ© est Ă©chappĂ© Ă  Lemare lui-mĂȘme. Dans ce vers de Voltaire : ■ r t ' Mais la mollesse est douce, et sa suite est cruelle. rien n’empĂȘchait de construire en. Eh bien! essayez de placer ce pronom; vous aurez, il est vrai, une phrase bien correcte, bien grammaticale : mais quelle diffĂ©rence Ăźle cette phrase lourde, languissante, au vers harmonieux du poĂšte 1 Ainsi donc la clartĂ©, Tharmonie, la grĂące obligent Ă  prĂ©fĂ©rer quelquefois, mĂȘme en prose, Tadjectif possessif au pronom en* Presque toutes les exceptions, dit Caminade, sont fondĂ©es sur des nuances souvent
( 391 ) trĂšs-dĂ©licaies, el c’est parce qĂŒĂŽn ne les aperçoit pas qĂŒon est tentĂ© de calomnier une langue dont la dĂ©licatesse a toujours fait Tessence. La lĂȘt« en est belle. Ira lit en est profond. J.ea mnpi.struts rn sont ĂźntÚçre». L'odeur cil c*t dĂȘĂŻ.i^rĂ©ablei La racine en est bonne. EXERCICE PHRÀSÈOtOGIQVE. 5a tĂȘte est belle. Son lit est profond. Ses magistrats sont intĂšgres. Son odeur est dĂ©sagrĂ©able. Sa racine est bonne. La situalloii en est agrĂ©able. Les munumeiits en sont beaux. Les citoyens en sont rerlueux. ^ Les usages en sont nombreux. La poudre en est utile. Sa situation est agrĂ©able. Ses monuments sont beaux. Ses citoyens sont TertuĂȘux. Ses usages sont nombreux. Sa poudre est utile. NÂź eCGXXVII. RAPPORT DE en AVEC DES NOMS DÉTERMINÉS OU INDÉTERMINÉS. NOMS DÉTERMINES. Les efforts pour augmenter sa fortune empĂȘchent ÜEN jouir. ' '‱ (Boisth.) Ceux qui ont des torts ne peuvent souffrir Üek avoir. (Lemare.) NOMS INDETERMINES. n est fĂąnx qu'on ait fait fortune, quand oD ne sait pas KK jouir. (VaĂŒvenargues.) n n’y a point de gens qui aient plus souvent tort que ceux qui ne peuvent souffrir d’KN avoir.' (Larouiefoucauld,) EmployĂ© comme pronqm, c’est-Ă -dire comme relatif, le mot en ne peut rappeler qĂŒun nom dĂ©terminĂ©, el la rĂšgle que nous avons donnĂ©e, page 368 sur le, la, les, lui devient applicable. Les phrases de la seconde colonne ne sont donc pas exemples de reproche. Les vers suivants de Corneille sont dans le mĂŽme cas : Et dĂ©jĂ  vous avez fait maĂźtresse ? ’ —Si je n’en avais fait, j’aurais bien peu d’adresse. Le pronom en ne doit se rapporter ni au sujet ni au complĂ©ment du verbe de la proÂŹ position oĂč il figure. Ainsi cette phrase de la Rochefoucauld est incorrecte ; Im civilitĂ© est un devoir cf en recevoir, , NÂź CCCXXVIII. En, NE SE RAPPORTANT A AUCUN MOT EXPRIMÉ. Eh 1 peut-on ĂȘtre heureux sans qu'il en coĂ»te rien ? (Lafosse.) Je ne sais point encore comme ces gens de guerre EN «sent Ă ; l’égard des pauvres bourgeois. (Ă»l*“e DE SÉVIGNÉ.) PrĂ©sentement je ne sais plus oĂč j'HN suis ,* les hon- ,nem*8et les reprĂ©sentations me feront pĂ©rir, si vous n'avĂ©z soin de mol. (Jd,) Je ne m’EN prends qu’au vice et jamais Ă  la loi. (Fabre d’Eglantine.) C’en est fait, mes amis, il n’est .plus cle patrie , Plus d'honneur, plus de lois, Rome est anĂ©antie. (Voltaire.) Camille rĂ©partit Ă  Brennus , qu’étant dictateur, oi, n’avait pu rien arrĂȘter sans sa participation. La dis pute s’échauffant, on en umt bientĂŽt aux armes. (Vkrtot.)
( 392 ) Soupçonner mon amour Ăź J'kn appelle Ă  vous-mĂȘme. (Chateaubriand.) Il y a du danger Ă  trop approfondir, il faut le plus souvent s’en tenir aux surfaces. (Mℱ“ du Deffand.) Le théùtre doit en imposer aux yeux, qĂŒil faut toujours sĂ©duire les premiers. . (Voltaire.) La vertu malheureuse en est plus respectable. (ChĂ©nibr.) Il EN est de l'esprit des hommes par rapport Ă  celui des femmes, comme du rouge Ă  l'Ă©gard du rose. (Saint-Foix.) Il en tient le bonhomme , avec tout son phĂ©bus ! (MoliĂšre.) Le pronom en s’emploie avec plusieurs verbes, dont il change ou modifie la signiĂŒ- cation, et donne lieu Ă  une foule de gallicismes qĂŒil ĂŒest pas toujours trĂšs-facile d’exÂŹ pliquer. Nous ne nous arrĂȘterons que sur les principaux EN VOULOIR. EXEMPLE. L’hĂ©rĂ©sie nĂŒn voulait d’abord qu’aux? prĂ©tendus abus du culte, elle a depuis attaquĂ© le culte lui- mĂ©me. (Massillon.) EXPLICATION. QueVĂ©clat de la plus belle victoire paraĂźt sombre ÂŁ qu’on en mĂ©prise la gloire, et qu'on veut de mal Ă  ces faibles yeux qui s'y sont laissĂ© Ă©blouir ! (Bossuet.) Bossuet nous donne lui-mĂȘme le vĂ©ritable sens de en dans les expressions en vouloir, en avoir Ă  quelqu'un. EN FAIRE ACCROIRE. EXEMPLE. Les lĂ©gislateurs nous en ont fait bien accroire. (FĂ©nelon.) EXPLICATION. . Combien on fait accroire de choses au peuple I (FĂ©nelon.) Ces deux phrases de FĂ©nelon s’expliquent naturellement l’une par l’autre. EN GOUTER. EXEMPLE. D’un penchant dangereux que notre Ăąme s’épure : Craignons de le laisser mĂ»rir; Il en coĂ»te pour s’en guĂ©rir, Autant qĂŒĂ  vaincre la nature. (Du Tremblay.) EXPLICATION. Un seul rocher ici lui coĂ»te plus de tĂȘtes, plus de soins, plus d’assauts etpresquepiw# detemps, , Que n’en coĂ»te Ă  son bras l’empire des Persans. (Racine.) //en coĂ»te autant pour F en guĂ©rir, c’est, comme le dit Racine, // coĂ»te autant de soins, autant de peine; en tient donc ici la place de peine, soins, etc., qui est dans Tesprit de celui qui parle. On peut dire il en coĂ»te de ou simplement il coĂ»te de, ainsi que le prouÂŹ vent les citations ci-aprĂšs : ■ - 11 en coĂ»te bien moins de remporter des victoires sur lea ennemis, que de se vaincre soi-mcme, (Massillon.) Il coĂ»te moins de s’enrichir de miJle vertus , que de se corriger d'un seul dĂ©faut. (La BruyĂšre.) EN IMPOSER. EXEMPLE. La majestĂ© de la nature en impose. (J.-J. Rousseau.) EXPLICATION. Les titres ne servent de rien pour la postĂ©ritĂ© ; le nom dĂŒn homme qui a fait de grandes choses impose plus de respect que toutes les Ă©pithĂštes. * (Voltaire.) Mais en imposer ne veut pas toujours dire imposer du respect ;\\ signifie aussi mentir, tromper, abuser, surprendre, en faire accroire, comme:, dans Jes vers suivants :
( 395 ) La dame qui, depuis longtemps ■, ConnaĂźt Ă  fond votre personne , A dit : hĂ©las! je lui pardonne jyen vouloir imposer aux gens. (Voltaire.) ... L'art d’en imposer est le seul art utile.' (La ChaussĂ©e.) QĂŒelle ne pense pas que, par de vaines plaintes Des soupirs affectĂ©s , et quelques larmes feintes, Aux yeux d’un conquĂ©rant on puisse en imposer, (Voltaire.) L’AcadĂ©mie et presque tous les grammairiens font une distinction entre en imposer et imposer, et prĂ©tendent que en imposer a ie sens de mentir, tromper, et que imposer se dit pour inspirer du respect, de La crainte, ainsi que dans les vers qui suivent : D’oĂč rient qĂŒune bergĂšre, assise sur les fleurs, Simple dans ses habits , plus simple dans ses mƓurs , Impose Ă  ses amants surpris de sa sagesse ? (Bernis.) L'exemple d'un grand prince impose et se fait suivre : Quand Auguste avait bu, la Pologne Ă©tait ivre. (Voltaire.) Sa fermetĂ© m’impose, et je l’excuse mĂȘme De condamner en moi l’autoritĂ© suprĂȘme. («‹) Loin du faste de Rome et des pompes mondaines, Des temples.consacrĂ©s aux vanitĂ©s humaines. Dont l’appareil superbe impose Ă  l’univers, L’humble religion se cache en des dĂ©serts. (Voltaire.) Ils demandent un chef digne de leur courage, Dont le nom seul impose Ă  ce peuple volage. {Id*) Lui qui traĂźne aprĂšs lui tant de rois ses suivants, Dont le nom seul impose au reste des vivants. {Id,) Mais les faits, dit Lemare, de mĂȘme que la saine idĂ©ologie, n’établissent point TidĂ©e Ă©trange que en m/?05er signifie tromper, tandis que imposer signifierait imposer du respect. En effet, si nous consultons les Ă©crivains, nous voyons qĂŒils ont dit dans le sens DE TROMPER, De bien des gens , il n’y a que le nom qui vaille quelque chose : quand vous les voyez de fort prĂ©s, c’est moins que rien ; de loin ils imposent, (La BruyĂšre.) Hier, j’avais espĂ©rĂ© de briller avec trois ou quatre vieilles femmes qui certainement ne m’imposent point, et je devais dire les plus jolies choses du monde. (Montesquieu.) Tu m’imposais ici pour me dĂ©shonorer, (Voltaire.) U nous accuse de lui imposer. (Bossuet.) On craindra de vous imposer, quand l’imposture n’aura plus Ă  attendre que votre colĂšre. (Massillon.) Loin d'ici ces riches du monde qui, par des fondaÂŹ tions qui n’ont d’autres fonds que leur rapine, veulent imposer Ă  la postĂ©ritĂ© ! (FlĂ©chier.) Je demandais Arsace , afin de Topposer Au complice odieux qui pense m’imposer, (Voltaire.) ‘t u ne peux m’imposer, perfide ; ne crois pas Kviter l’Ɠil vengeur attachĂ© sur tes pas. (Id,) d’inspirer dĂŒ RESPECT. Sa dignitĂ© qui en imposĂ©, ai rĂ©te toutes les passions. (Thomas.) Notre fiĂšre contenance en imposa aux ennemis. (Planche.) TantĂŽt on supposait des prodiges, mais ce moyen, qui pouvait en imposer au peuple, n’cn imposai*! pas Ă  ceux qui le gouvernaient. (J.-J, Rousseau.) Je la voyais environnĂ©e de son Ă©poux et de ses enfants ; ce cortĂšge m’en imposait, (Tb,) 11 n’y avait pas lĂ  de quoi en imposer au vulgaire grand et petit. (Voltaire.) Ils veulent bien plus en imposer aux autres et faire valoir leur talent, que se rendre meilleurs el plus sagesi ' (J.-J. Rousseau.) Sa conduite en impose, (Voltaire.) Tu m’en imposes, tu me subjugues, tu m’attires, ton gĂ©nie Ă©crase le mien, et je ne-suis rien devant toi. (J.-J. Rousseau.) NĂ©anmoins, pour ne pas laisser nos lecteurs dans Tincertitude Ă  cet Ă©gard, nous diÂŹ rons que nous pensons, avec Laveaux, qu’il faut se servir d'imposer toutes les fois que ce 50
( 394 ) S- verbe renferme un sens d’illusions, de fausses apparences, et que les rnoyens d’illusions opĂšrent sans intention delĂ  part de celui qui les possĂšde; mais que, si les moyens d’illusion sont mis en usage Ă  dessein de tromper, d'abuser, on doit faire usage de en imposer, qui, gĂ©nĂ©ralement se prend en mauvaisepart. 11 suit de lĂ  qĂŒil faut dire : L'air noble et simple de l'innocence impose. L'air composĂ© d'un hypocrite en impose. — La majestĂ© du trĂŽne IMPOSE. Quelquefois le fĂ sted'un sot en impose. L'honnĂȘte homme qui dit franchement la vĂ©ritĂ© impose. Le fripon qui cherche Ă  se tirer d'affaire par des mensonges en impose. Il nous resterait encore Ă  expliquer les locutions ; s'en prendre Ă  quelqu'un, en venir aux mains, s'en tenir Ă  quelque chose, etc., etc.; mais, dans ces expressions, le mot en joue moins le rĂŽle de pronom que celui d’adverbe. En effet, en venir aux mains, c’est pour venir de la aux mains; de lĂ , c’est-Ă -dire, du point oĂŒ en est restĂ©e la dispute, la querelle. Ces gallicismes trouveront naturellement leur place au chapitre des adverbes, et nous y renvoyons le lecteur. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. En imposer.^ . En user faniillĂšremenl. II etv coĂ»te beoiicoup. Il TOUS eti coĂ»tera. En imposer eus autres. S’en imposer Ă  soi^ĂȘtne. OĂč en sommes-nous ? C’en estfaiL C’en est trop. Ils #>n veulent. Imposer par son air grave. N'en faire jamais assez. Je m'en veux. Vous m’en contez. U TOUS en fait accroire. En conter de belles. En avoir Ă  quelqu’un. 11 en tient. ÂŁn savoir plus qu'un autrcw En savoir user. Il en coĂ»te toujours de... U en coĂ»te moins pour... En donner Ă  garder. C’en eĂ»t Ă©tĂ© faiL 9 DES PRONOMS DÉMONSTRATIFS. N" CCCXXIX. NATURE DES PRONOMS DÉMONSTRATIFS. — LEUR DÉFINITION, Celui qui met un frein Ă  la fureur des flots, Sait aussi des mĂ©chants arrĂȘter les complots. (Racine.) Les dĂ©fauts de Tesprit augmentent en vieillissant, comme ceux du visage. ’ (Lenoblk.) La leçon des exemples instruit beaucoup plus que celle des prĂ©ceptes. (Saiht-Evremont.) CrĂ©anciers et voisins reviennent aussitĂŽt, Ceux-lĂ  sur une erreur, ceux-ci sur un dĂ©faut. (La Fontaine.) Par combien de motifs n’est-on pas portĂ© Ă  jouer? Aussi n’y a-t-il point de passion plus commune que celle-ci. (Vauvenargues.) Tant que le jour est long, il gronde entre ses dents : a Fais ceci, fais cela; va, viens, monte -, descends I» (Rkgnard.) Les pronoms dĂ©monstratifs sont ceux qui servent Ă  montrer, Ă  indiquer les personnes et les choses dont ils rappellent TidĂ©e. Les mots que les grammairfons regardent comme pronoms dĂ©monstratifs sont:ce, celui, cela, celle, ceux, celles. ' Celui, celle, est la rĂ©union de ce et do Mi, etc. En ajoutant les particules ci et lĂ , on a les nouvelles formes celui-ci, celle-ci, ceux-ci, ceux-lĂ , etc. ; r*' « ■ . ‱ .
( 395 ) NÂź GCCXXX. » GENRE, NOMBRE ET CONSTRUCTION DES PRONOMS DÉMONSTRATIFS. POUR LES CHOSES. sujet. MASCULIN. SINGULIER. PLURIEL. Les inconvĂ©nients du silence sont quelquefois plus graves, que ceux de la parole. (Livrt.) . Vesprit de servitude paraĂźt naturellement amÂŹ poulĂ© ; celui de la libertĂ© est nerveux, et celui de la vraie grandeur est simple. (Yoltairhj) FÉAUNIN. La meilleure leçojfi est celle des exemples. Les plaies du corps se ferment ; celles de VĂ me (La Harpe.) restent toujours ouvertes. (Livry.) ■ . COMPLÉMENT DE VERBE. MASCULIN. Le monopole du pouvoir n'implique pas celui des j N'oublie jamais les bienfaits que tu as reçus , lumiĂšres. (Benjamin Constant.) j oublie promptement ceux que tu as accordĂ©s. I (Boiste.) FÉMÎNIN. - . Il est plus aisĂ© de dire des c/ioses nouvelles que de concilier celles qui ont Ă©tĂ© dites. (VaUVKN ARGUES.) Le peuple a toujours la souueramele d'opinion , Jamais celle d’action, (Boiste.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITION. MASCULIN. Le suffrage de la nature L’emporte sur celui de l’art. (Gresset.) H n’est point de pardon que ne puisse obtenir L’amour mĂȘlant ses pleurs Ă  ceux du repentir. ^ (De Belloy.) FÉMININ. Les Gaulois soutinrent un combat meurtrier qui aboutit Ă  leur ruine et Ă  celle de leurs femmes, de leurs enfants et de leurs vieillai'ds. (Anquetil.) Dans les grandes affaires on doit moins s’appliquer Ă  faire naĂźtre des occasions qu’à profiter de celles qui se prĂ©sentent. (LAROCnEFOUCAULB.) Celui, dont le pluriel masculin Ă©st ceux, fait au fĂ©minin celle, qui forme son pluriel par la seule addition d’un s. Ces mots, comme on voit, se construisent dans tous les rapports possibles; et, appliquĂ©s aux choses, TantĂ©cĂ©dent avec lequel ils sont en relaÂŹ tion doit toujours ĂȘtre Ă©noncĂ©. Dans les lettres, et notamment dans les lettres commerÂŹ ciales, on ne peut donc dĂ©buter par/ai celui de vous informer, etc. Il faut fai le plaisir, . j'ai l'honneur de vous informer, etc.
( 396 ) POÜR LES PERSONNES. ANTECEDENT EXPRIME. De deux hommes de lettres , celui qui est le plus riche est ordinairement celui Ă  qui on marque le plus d’égards. (D’Alkmbest.) On a observĂ© que les Juifs Ă©trangers qui se fixent Ă  JĂ©rusalem vivent peu de temps. Quant Ă  ceux de la Palestine, ils sont si pauvres quĂŻls envoient chaque annĂ©e faire des quĂȘtes pai*mi leurs frĂšres en Egypte et en Barbarie. (Chateaubriand.) Une femme insensible est celle qui n’a point encore vu celui qĂŒelle doit aimer. (La BruyĂšre.) f Les filles de l’Egypte Ă  Suse comparurent ; Celles mĂȘmes du Parthe et du Scythe indomptĂ© Y briguĂšrent le sceptre offert Ă  la beautĂ©. (Racine.) ANTECEDENT NON EXPRIME.' Celui qui compte dix amis n’en a pas un. (Malesherbes.) \ Il y a un goĂ»t dans la simple amitiĂ© oĂč ne peuvent atteindre ceux qui sont nĂ©s mĂ©diocres. (La BruyĂšre.) L’harmonie la plus douce est le son de la voix de celle que Ton aime. (/^.) Celles qui ne nous mĂ©nagent sur rien , et ne non» Ă©pargnent. nulles occasions de jalousie, ne mĂ©riteÂŹ raient de nous aucune jalousie, , (/</,) Celui, celle, ceux, celles peuvent s'appliquer Ă©galement aux personnes, mais avec ou sans antĂ©cĂ©dent exprimĂ©. Dans ce dernier cas, ils sont toujours dĂ©terminĂ©s, comme dans les exemples de la seconde colonne, par un des.adjeclifs conjonctifs qui, que, dont, lequel, laquelle, lesquels, etc. Lemare, qui n’est pas toujours juste apprĂ©ciateur des faits, nous dit qĂŒil n’y a que le masculin celui et ceux qui puisse ĂȘtre employĂ© sans rapport Ă  un substantif pré cĂ©demment Ă©noncĂ©. Les deux,derniers exemples de la seconde colonne prouvent que Lemare est Ă  cet Ă©gard dans une complĂšte erreur. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. I. MASCULIN ET FEMININ. — SINGULIER. Votre lilenee etcelui de votre pĂšre mVii disent assez. Votre opinion est celle de (oui le monde. Vous avez ic pouvoir de parler, nuis non celui de m'outrager Un prisonnier a la libertĂ© de penser, mais non celle d’agir. Le sullrage de tous l'emporte sur celui d'un seul- C’est une affaire qui tend Ă  ma ruina.et Ă  celle de ma famille II. ANTECEDENT EXPRIME. De tous eei jeunes gens c'est celui qui est te plus raisoniuiblo. Do toutes les femmes c'est celle qui est la plus aimable. Ces soldats sont ccuz que vous demandez- , Les personnes'que vous flattez sont celles que vous accuitea. Je eoiinais mon domestique, {c ne connais pas ceux des autres. 11 ne fautpas en vouloir Ă  cette prrsoutie, mais Ă  celle qui i fait tout le mal. MASCULIN ET FÉMININ. — PLURIEL. Vos pleurs et ceux de votre amie me toucbent. Vos paroles et celles de v,tire mur sont d lerĂȘtcs. N'oubliez ni les bienfaits de Dieu, ni ceux de toi parents. Je vois vos Intentions, mais je ne connais pas celles des autres. II u'etl pas question de ces objets, mais de ceux que vous Tciyei. Des circonttances semblables Ă  celles oii nous vivons sont farorablea. ANTÉCÉDENT NON EXPRIME. Celui qui TOUS parle est votre bienfaiteur. . Celle qui a fait cela o bĂźeu agi. Ceux qui vivront verront. Celles qui aiment Oleu doivent le prier. Il faut li&Ăźr celui qui dit du mal d’autrui. La faute doit retomber sur celtes qui l'ont commlsa N’ CCCXXXI. Celui, celle, mtc., immĂ©diatement suivis db qui, d’un adjbgtif, dĂŒn participe ou d’une EXPIÏESSION ÉQUIVALENTE. ‱ ON DIT: Les grandeurs naturelles sont celles qui sont indé pendantes de la fantaisie dos hommes. (Fontenelle.) * PEUT-ON dire: Cette remarque, ainsi que cette# purement ^ranw maticales, sont pour les Ă©trangers principalement. (Voltaire.)
( 397 ) I tĂ©s actions qui Ă©chappent dĂš la ihain de l’ouvrier ont bien plus de grĂące que celles qui sont Ă©tiidiĂ©es, (Montaigne.) Nulle religion n’a pris soin des mƓurs des hommes plus que la religion chrĂ©tienne et celles qui ont Ă©tĂ© dressĂ©es sur son modĂšle. (Nicolle.) La sagesse ne consiste pas Ă  prendre indiffĂ©remment toutes sortes de prĂ©cautions , mais Ă  choisir celles qui sont utiles et Ă  nĂ©gliger celles qui sont superflues, (J.-J. Rousseau.) Dans quelque contrĂ©e que le moineau habite , oƓ ne le trouve jamais dans les lieux dĂ©serts, ni mĂȘme dans ceux gui sont Ă©loignĂ©s du sĂ©jour de Thomme. (Buffon.) Pline dil que CarĂšs Inventa les augures tirĂ©s des oiseaux, et qu’OrphĂ©e inventa ceux tirĂ©s des autres animaux. (Legendre.) J’ai joint Ă  ma derniĂšre lettre celle Ă©crite par le prince. (Racine.) Le goĂ»t de la philosophie n'Ă©tait pas alors celui dominant, (Voltaire.) On confondait sous Taction de la loi aquibenne la blessure faite Ă  une bĂ©te, et celle faite Ă  un esclave. . (Montesquieu.) Les AthĂ©niens ont de trois espĂšces de monnaies ; celles en argent sont les plus communes. (BarthĂ©lĂ©my.) Vos succĂšs prĂ©sents ine rĂ©pondent de ceux Ă  venir* (Boniface.) La question est donc de savoir si les exemples de la seconde colonne sont aussi corÂŹ rects que ceux de la premiĂšre, et si Ton doit les imiter. Si nous Ă©coutions les gramÂŹ mairiens, tels que Girault-Duvivier, MM, NoĂ«l et Chapsal, et avant eux Maugard etDƓ mergue, les phrases dont il s’agit seraient vicieuses; mais quelle que soit TautoritĂ© de ces grammairiens, elle devient nulle comparĂ©e Ă  celle des plus grands Ă©crivains de la France, tels que Voltaire, Racine, Montesquieu, BarthĂ©lĂ©my et une foule d’autres. Il est vrai, dit Boniface, qu’aprĂšs celui, celle, etc., nos meilleurs Ă©crivains ont gĂ©nĂ©raÂŹ lement exprimĂ© le pronom çui suivi du verbe ĂȘtre; mais Tellipse de ces mots, nĂ©cessiÂŹ tĂ©e dans les actes publics, dans les ordonnances, commence Ă  ĂȘtre aujourd’hui en faÂŹ veur, et elle finira sans doute par ĂȘtre gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e, malgrĂ© les rĂ©clamations des grammairiens. De bons auteurs en font maintenant usage, et nous n’en donnerons pour preuve que la phrase suivante;* elle a Ă©tĂ© prononcĂ©e tout rĂ©cemment du haut de la tribune nationale par un historien distinguĂ©, un Ă©loquent et spirituel orateur, auÂŹ jourd’hui ministre (M. Thiers) : Ilfaut du courage et du dĂ©vouement pour accepter, dans des circonstances comme celles actuelles , un pouvoir Ă©crasant par son poids. D’ailleurs, la SociĂ©tĂ© grammaticale a donnĂ© son approbation Ă  ces sortes de phrases. Par consĂ©quent nous pensons qĂŒelles sont irrĂ©prochables. - a EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Vo» exetopiM et ceui tjiii ont Ă©tĂ© fait* par to» caiiiarade», »oni bon*. Remeticit-moi cette lettre et celle qui est adressĂ©e Ă  mon ami. Ce* corrections ne «ont pa* celle* qui ont Ă©tĂ© Ă©crite* par l'auteur. Dana les circonstances comme celles oĂč uou* tÎtod*, le* emplois puÂŹ blic* lont diflielles Ă  remplir. Votre goĂ»t D est pa* celui qui est dominant. Dans Totre critique les questions littĂ©raires sont mieux rĂ©solues que fsUes qui sont grammaUcale*. i V Vos exemples et ceux faits par tos camarades sont boni. E emettex-moi cette lettre et celle adressĂ©e Ă  mou ami. Ces correcliotis ne sont pas celles'Ă©crites par Tauteur, Dans le» circonstances comme celles actuelles^ lesemploia publies sont. difficiles Ă  remplir. Votre goĂ»t n'est pas celui dominant. Dans Totre critique les queitious littĂ©raires sont mieux rĂ©solues que celles grammaticales. , . 5^» NÂź CCCXXXII. ELLIPSE DE celui, celle, etc. EXEMPLES. Si la fin de Socrate est d'un sage, la mort de JĂ©sus est d’ua Dieu. (J.-J. Rousseau.) Voyex 81 mes regards 8ont (Tun juge sĂ©vĂšre. (Racihe.) analyse. Si la fin de Socrate est (celle) d’un sage, la mort de JĂ©sus est (celle) d’un Dieu. Voyez si mes regards sont (ceux) d'un juge sĂ©vĂšre.
( 398 ) Dans toutes les phrases analogues, TelĂźipsĂ© do celui, celle, etc., donne tout Ă  la fois Ă  Texpression plus de concision, d’élĂšgahce et d’énergie. Cette construction, aussi bien que ia construction pleine, est en prose comine en vers trĂšs en usage, quoi qĂŒen dise Giraali-buvivier. EXERCICE PBRASÈQtOGIQVE* Cei aenticnenTs sont dĂŒn bon pĂšre* Celle pensĂ©e est dĂŒne bonne et tendre mĂšre. Cel'Ă©rutrĂ ge éïldĂŒn habile h6'm(ne. Cet sentiments font cĂšni dĂŒn bon p&ite. Cette pensĂ©e est celle d'une bonne et tendre mĂšre. Cet ouvroge est celui d'un Labile bomme, U’ CCCXXXIII. CÙui, celle, etc,, en rapport avec un substantif pluriel ou singulikĂźi. '\ Celui’, celle avec un 'SUBSTANTiF'ritmiEL. ^ . L’amour est celui de tous les Dieux qui sait le mieux le chemin du Parnasse, (Racine.) -. fimyez-vous que le peuple ait lu et raisonnĂ© dans tes guerres civiles de la rose rouge et de la rose hlan- *(ihe, dans celle qui *Ă»t ĂżiĂ©i^ Charles 1**^ ? (VoiTAIER.) Be toutes les choses esnlreprises par Bonaparte, 'celle qui lui coĂ»ta lĂ© plus fut indubitablement son Concordat'. (CĂšAi^AirBRÏAbĂźD.) LMntĂŻĂčence du luxe Ăše rĂ©pand ^sĂčr t'outeĂ  lĂ©s -classĂ©s ' .de l’état,, mĂȘme sur cette du laboureur. (Marmontel;) *€eĂŒx, céßles*, avec un substantif ĂźsiNGuUikR^. Vous serez seul de votre parti -, petut-ĂȘtre ; mais vons porterez en vous-mĂȘme un tĂ©moignage qoĂŻ voua dĂźfepĂ©nsĂ©Va db ĂŒeĂčĂ Ăź des hĂ©nimls. (J.4. 4tîÜSSEAU.) L’honnĂȘtetĂ© ,(dĂŒne/mme n’est pas‘dans les gii- maces. 11 sied mal de vouloir cire pliis sage que celles qui sont sages. ' . (MoliĂšre.) ’J’ai'ajoutĂ© Ă  MĂ©gare une personne de plus Ă  celles qĂŒi peuvent me souhaiter un peu de bien. (Ch’ateAubriand.) Oh rĂ©pĂ©tait hvĂ«c admiration le nom des Solon et'des Lycurgue avec ccuÂŁc des Miltiade et des LĂ©onidas. (Thomas.) .il r V fca Dans les exemples de la premiĂšre colonne, celui, celle, se trouvent en relation avec des Substantifs pluriels, et dans les exemples opposĂ©s, ceux, celles le sont avec des noms singuliers. Celte construction, quoique contraire aux lois de la grammaire, qui veuÂŹ lent que 1e pronom prenne le genre et le nombre du nom qu’il reprĂ©sente, peut ĂȘtre justifiĂ©e par lasyllepse, figure dont les Ă©crivajns se servent frĂ©quemment, et particu- liĂšrementy dircms-noeis, pour le cas en question. « li est vrai, dit‘CriTauU-DuviviĂšr, qĂŒon peut Ă©viiĂšr cette construction eh TĂ©pĂ©iaĂŒt » le substantif, et qĂŒe ^souvent mĂȘme celte rĂ©pĂ©tition est Ă©lĂ©gan'tĂȘ'; par exemple, Mar- » montel aurait pu dire ; L'influence du luxe se rĂ©pand sur toutes les c\asso$ deTĂ©tĂŒt,'mĂȘrfie » sur la classe du laboureur. Mais ce ĂŒest pas lĂ  un motif pour proscrire la premiĂšre » construction. » Girault-Duvivier a parfaitement raison, et nous sommes entiĂšrement de son avis. EXERCICE FilRASÈOLOGÏQVE. l'e tous «'est celui qui est le meilleur. De toutes ses compagnes c est celle qui est la plu* douce. Tou* ros talents ttu ynleut pn's celui quĂź'lc distingue. L’iastruction doit se rĂ©pamlre dans toutes les classes, mĂȘme dauf celle du pou*rtf. Votre reprocbe ne me tourbe po» plus que ceux des aulres. Cette personne est plus belle que toutes celles que nous aroni rues. Votre tĂ©inoipiiage n'infirme pJS'cĂ©ĂŒx dĂ»s autres. Cet impĂŽt est,plus juste que tous ceux qui oQtjatnais'etĂ© ĂštaO.is.
( S'ÜO ) NÂź CCCXXXIV. 9^ ijË L’EMPOi DE celui, celle, etc., dans les phrases comparatives N EXEMPLES OÙ celui, celle doivent ĂȘtre exprimĂ©s. Le nombre des espĂšces d’animaux est plus grand que celui des espĂšces de plantes: (Buffon.) La voix du phoque est plus expressive et plus modulĂ©e que celle des autres animaux. (Id,) La chair du renard est moins mauvaise que celle du loup. (Jd,) La fĂ©conditĂ© du lapin ’ est encore plus grande que celle du liĂšvre. Jd,) EXEMPLES oĂč celui, cellC , PEUVENT NE PAS ÊTRE EXPRIMÉS. ' Le buffle a la peau plus Ă©paisse et plus dure que le bƓuf, (Buffon.) Les chevreuils bruns ont la chair plus fine que tes roux. ' (76.) . Le renard a les sens aussi bons que le loup, Jd.) Il est probable que Torfraie n’a pas la vue aussi nette nt aussi perçante que les aigles. (Id,) Dans le premier exemple de la premiĂšre colonne, pour comparer le nombre des esÂŹ pĂšces d’animaux avec le nombre des espĂšces de plantes, on ne pourrait pas dire : Le nombre des espĂšces d'animaux est plus grand que les espĂšces de plantes parce qu’alors on -donnerait Ă  entendre que Ton compare le nombre des espĂšces d’animaux avec les esÂŹ pĂšces mĂȘmes de plantes; ce qui rendrait la comparaison et lĂ  phrase Vicieuses; tandis que dans le premier exemple de la seconde colonne, pour comparer la peau du buffle avec celle du bƓuf, Buffon a dit trĂšs-bien et irĂšs-correctem'ent ; Le buffle a la peau plus Ă©paisse et plus dure que le bƓuf, sans pour cela Ă©tablir de comparaison entre la peau du buffle el le bƓuf lĂ»i-mĂȘme. Nous allons donner la raison! des deux constructions,- et en prĂ©senter d’abord.l’analyse. . . . Le nombre riĂ«J espĂšces d?animaux'est plus grand que cĂšlui ries espĂšces de plantes {n'est grand). 2? Le buffle a la- peAu plus Ă©paisse et plus dure que le bƓuf (n’a la pĂ©Au Ă©paisse et dure;*) Dans* la premiĂšre, le nombre est comparĂ© Ă  un autre nombre; et ces deĂŒx nTĂšts sonÊ Tun et Tautre sujets d’une proposition. Dans la-seconde, qui est trĂšs-elliptique', cornmĂȘ on voit, puisque le second 'terme de la' comparaison est toujours sous-ĂȘntendĂŒ, les deux termes comparĂ©s sont complĂ©ments de verbes, dont l’un est exprimĂ© el TĂ ĂŒ-tÉĂȘ ellipsĂ©. D’oĂč nous tirerons les deux principes suivants . Quand les deux termes de la comparaison sont identiques; comme' un nombre avec un aulrĂ© nombre, une voix avec une autre voix, si Tun est sujet de la premiĂšre propoÂŹ sition, Tautre doit ĂŽtresujet delĂ  seconde, el dans ce cas, ce dernier est rĂ©pĂ©tĂ© ou remplacĂ© par celui, celle : Le nombre des espĂšces d'animaux est plus grand que le nombre ou que CELUI des espĂšces de plantes. Mais si l’on veut comparer la peau du buffle avec la peau du bƓuf, la chair des cheÂŹ vreuils bruns avec la chair des chevreuils roux, et que le premier terme de la compaÂŹ raison soit complĂ©ment du verbe, celui, celle peuvent ne pas ĂȘtre exprimĂ©s, et cette construction est mĂȘme plus logique, plus usitĂ©e que celle oĂč le pronom est Ă©noncĂ©, comme dans cet exemple de Montesquieu : PompĂ©e avait une ambition plus douce et plus lente que cĂšlle de CĂ©sar,
( 400 ) Ainsi, de nos observations il rĂ©sulte que la mĂȘme comparaison pĂŽut ĂȘtre exprimĂ©e de trois maniĂšres diffĂ©rentes : La TEAU du buffle est plus Ă©paisse et plus dure que la peau oz! qite celle du bƓuf. Le buffle a la peau plus Ă©paisse et plus dure que lĂš bƓuf. Le buffle a la peau plus Ă©paisse et plus dure que la peau om que celle du bƓuf. EXERCICE PHRASÉOIOGIQUE. Le ebaot du rossignol est beaucoup plus agrĂ©able que celui. des auÂŹ tre* oiseaux. T.a eliair du Veau est plus blaucbe quo celle du boeuf. Ln taille dc Sophie est plus sTetlc que celte d’Elisa. La fĂ©rocitĂ© de l’hyĂšiie est plus grande encore que celle du tigre. L'ainitiĂ© di^s fenunes est moins suspecte que celle des hommes. La morale de J.-C. est plus belle que celle des paĂŻens. La fortune de mon pĂšre estaussĂź considĂ©rable que celle de TOtre oncle. Le rossignol a le chant beaucoup plu* agrĂ©able que tcui lo* autre», oiseaux. Le fcnu a la chair plus blanche quo le boeuf, Sophie a la taille plus sTelte qu’t'llsa. L'hyĂšne a une fĂ©rocitĂ© plu* grande que le tigre. Les femmes ont une amitiĂ© moins suspecte que le* bominei' J.-C. axait une morale plus sublime que le* paĂŻen*. Mon pĂšre a uue fortune aussi considĂ©rable que la vĂȘtre. -^9 NÂź CCCXXXV. Celui, celle, exprimĂ©s ou ellipses. jC KXEAIPLES OÙ LE PRONOM EST EXPRIMÉ. L'aigle tjTannise Ă©galement les habitants de Tair et ceux de la terre. (Buffon.) On voyait Ă  la cour d'Attila les ambassadeurs des Romains, d’Orient et ceux d'Occident, qui venaient recevoii* ses lois ou implorer sa clĂ©mence. ^ (Montesquieu.) EXEMPLES OU IL EST ELLIPSE. Les pontifes d’AthĂšnes et de Rome Ă©taient juges des piĂšces tragiques.. (Voltaire.) Les querelles de religion et.de politique, qui font verser tĂźinl de sang par des gens de bonne foi, naissent souvent de Tamour mĂȘme pour la vĂ©ritĂ©. (Bernardin dĂš Saint-Pierre.) En se fondant sur ces exemples, on voit que Ton peut trĂšs-bien dire : les habitants de l'air et ceux de la terre; les'pontifes d'AthĂšnes et ceux de Rome, ou les habitants dc la terre eide L'air; les pontifes d'AthĂšnes et de RomĂš; en sous-entendant le pronom ceux. Nous sommes extrĂȘmenient fĂąchĂ©s d’ĂȘtre en opposition avec Boniface; mais Ja vĂ©ritĂ© nous fait un devoir de dire que nos meilleurs Ă©crivains ont fait trĂšs-souvent usage de celte derniĂšre construction, qui, par sa briĂšvetĂ©, peut ĂȘtre quelquefois prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la premiĂšre. La concision, en gĂ©nĂ©rai, doit ĂȘtre recherchĂ©e, quand elle ne donne lieu Ă  aucune Ă©quivoque, Ă  aucune obscuritĂ©. L’expression ĂŒen acquiert que plus de charme et plus d’élĂ©gance. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L’ambassadeur d’Espogne et celui de Portugal. L'autorilc du pape et celle du roi. L'ordre du Saint-Esprit et celui de la ToĂź*on-d'Or, L*. ministre* de France et ceux d'Angleterre. Le clergĂ© de France et celui d’Eapagne. L«i peuple* de l’Afrique etceui de l'AmĂ©rique. Les ambassadeurs d'Espagne et de PorUigal. L’autoritĂ© du pape et du roi. L’ordre du Saint-Esprit et de ta 'l'oison^d’Or. Les ministres de France et d’Angleterre. Le clergĂ© de Franco et d'Espagne. Les peuples de l’ÀfrĂźque et de 1 AmĂ©rique.
( 401 ) CCCXXXVI. r- Celui-ci, celui-lĂ , rappelant deux SUbstatĂźties* Corneille nous assujĂ©tit Ă  ses caractĂšres et Ă  ses IdĂ©es, Racine se conforme aux nĂŽtres. Celui-lĂ  peint les hommes comme ils devraient ĂȘtre; celui-ci les peint tels qĂŒils sont. (La BrovĂšre.) La comĂ©die qu’on a eu dessein d’attaquer- n’est point du tout la comĂ©die que nous voulons dĂ©fenÂŹ dre ; il se faut bien garder de confondre celle-lĂ  avec ceUe-ct. ' (MoliĂšre.) Les PhĂ©niciens avec les troupes de l’üle de Cypre se retirĂšrent aprĂšs avoir fait alliance avec le nouveau roi. — Celui-ci rendit tous les prisonniers phĂ©niciens. (FĂ©nelon.) AussitĂŽt les anges et les dĂ©mons se rĂ©pandent dans le sĂ©nat, les premiers pour calmer, les seconds [K)ur soulever les passion? ; ceux-ci pour Ă©clairer les esprits , ceuxHĂ  pour les aveugler. (Chateaubriand.) C’est raison qu’on fasse si grande diffĂ©rence entre les fautes qui viennent de notre faiblesse , et cette# qui viennent de notre malice; car en celles-ci nous nouj sommes bandĂ©s'en notre escient contre les rĂšgles de la raison que nature a empreintes en et en celles-lĂ  , il semble que nous puissions appeler Ă  garant cette mĂȘme nature, pour nous avoir laissĂ©s en telle imperfection et dĂ©faillance. .(Montaigne.) Tous les riches comptent l’or avant le mĂ©rite. Dans la mise commune de l’argent et des services , ils trouÂŹ vent toujours que ceux-ci n’acquittent jamais l’autre. (J.-J. Rousseau.) Celui-ci, celui-lĂ , etc., servent Ă  distinguer aussi bien les objets que les individus; le premier, dont ci est une altĂ©ration de ici, indique la personne ou la chose la plus pro- * che; tandis que celu 4Ă  rappelle la personne ou la chose ia plus Ă©loignĂ©e. EXERCICE PHRASÉOtOGiQVB. J’eui celui-ci, mon frĂšre celui-lĂ . ' Prenez eeux-cĂź el reux-tĂ . L'un aime mieux ce(lc.ct, l’autre celle-U. ' Erilex celles-lĂ  «t imiiez cclle*.cĂź. Le roi et son escorte suiTaĂźent, celui-lĂ  Ă©tait graxe et pensif. La mĂšre et.tes etifauts Ă©taient en deuil ; ceuxrci Ă©taient tristes. Les offieiers aecorapagniieut le gĂȘucral, celui-ci Ă©tait i efaefal. Les rirlies et les pauvres sont Ă©gaux; ceux-lĂ  ooVils plus que la . fortune ? rcccxxxvii. CSĂ©ItiĂź-ci, celui-lĂ , n’ayant rapport qu’a un seul substantif exprime. AVEC celle-ci: AprĂšs sombre hiver gai printemps ; AprĂšs joli temps triste pluie ; AprĂšs celle-ci le beau temps. (Piron.) AVEC celui-lĂ . Si j’avais Ă©crit les Provinciales d'un style dogmaÂŹ tique , il n’y aurait eu que les savants qui les auÂŹ raient lues, et ceux-lĂ  n’en avaient pas besoin. (Pascal.) a Quand le pronom dĂ©monstratif n'est prĂ©cĂ©dĂ© que d'un seul substantif, comme dans les e.\emples citĂ©s, nous croyons qu’on peut indiffĂ©remment employer celui-ciou celui-lĂ . En effet, Piron, au lieu Ă o celle-ci, aurait pu mettre celle-lĂ , oi Pascal ceux-ci Ă  la place de ceux-lĂ ? . ' ^ , EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. De teui Ici lÎTres, Ici iromaoa eeuli loi plaiiant t il n’y a que ceux-ci qui l'tmoscuL Da toaelcf gcuraa il u'aime que la (antasllquc; it a uo coĂ»t dĂ©cidĂ© f*«V calat-oi. De tous les livres, les romans seuls lui plaUciit; il ny a qua caax-U qui l'amusent. Dt- tous les genres il oVtTie qua lo ftotastiqua; il ‱ un goĂ»t dĂ©cidĂ© pour etiui-lĂ . 81
( 402) N o 7 Celui-ci, celumĂ» N'AYANT rapport a aucun SĂŒBSTANtÎF EXPRIMÉ. » k â–ș ‱ ĂźlĂ«sĂŽff&iïßé; Ă©t les uns et le^ Ăąiifres d(5rmiront enÂŹ semble dans la mĂȘme poussiĂšre. (FLÉCniER.) Applaudie 8e tous, mais Ăą son tour aiTĂąlile et civile Ă  loĂŒs , elle prĂ©venait ceuĂ Ăź-ct, rĂ©pondait honnĂȘteÂŹ ment Ă  cĂšuÆ-ĂŻdi jd.) Les chrĂ«liĂ«ns sĂ© prĂ©cipitent 8Ă« leurs cavales ou de leurs chameaux. CeuÆ-f;i sĂ© prosternent trois fois ; ceuĂŠ-Ăźd sĂ© frappent Ăźe sein cn poussant des sanglots. (Chateaubriand.) On la vit tĂŽuiĂ©s les semaines essuyer jes larmes de ceĂźuĂź^ct, pourvoir aux besoins de ce(«»-td. ^ '(FlĂȘchĂźeb.) w * ^ Gelui-cii celui-lĂ  pĂ«uvĂ«hl n’avĂŽir rapport a aucun substantif exprimĂ©. En ce cas ils ne s’ëhabĂŻbiĂšrit qĂŒĂ© dans TĂ©numĂ©ratibn des objets et des individus, comme dans les citaÂŹ tions que nous venons de rapporter; ce/wi-ci dĂ©signe ce qui esfplacĂ© en premier ordre daĂŒs notre esprit, Ă©t cĂ©lui-lĂ , ce qui viĂȘht en second lieu. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE, Cehii-eiDatt, celui-lĂ  meurt, OĂŒlc-ci eit pzuTre, celle-lĂ  eit ricbc. Ceux-ci font bien, ceux-lĂ  font mal. Cellcs-ei aiment la lecture, cellea-lĂ  ta toilette. CCCXXXlX* Celui-ci, hĂšlle-ci, ayant rapport a ce qui suit. On ne peut dĂ©finir un mot sans commencer par celui-ci : (fest, soit qĂŒon l’exprime ou qu’on le sous- entende. 1 (Pascal.) C’est une belle priĂšre que celle-ci; mon'Dieti, gardes-rrioi de moi-mĂȘme, (Boniface.) Ces deux exemples nous font voir que les pronoms dĂ©monstratifs celui-ci, celle-ci peuÂŹ vent aussi avoir rapport Ă  une chose qĂŒon va immĂ©diaiemenf indiquer. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE, C’Mtantolt mot queçÚluLci : amour. . 11 b'7 axait d'Ă utrt DoĂ»rrĂźturo que cellerai ; du paiik Il n'y B pas ds mĂ©tal .qui pldtse comme cdĂŒĂź-ci : l'argent.. 11 n’y a pas de plus crĂ»eU ennemis que ceux-ei : les TĂźtoii NÂź CCCXL. EklĂ»i-ci, celui-lĂ , ire, suivis dĂ© qui ou dĂš que. Les femmes ont coutume d’oublier Tous leurs adorateurs, exceptĂ© le premier ; C'est oelui-lĂ  qui sert d’époque Ă  la tendresse. (Dsuoostixr.) Il n’y a point de doctrine plus proprç Ă  l’hoinmc que reĂŻte-Ăźd qui TihstrdÜ de sa double capacitĂ© dĂš recevoir et de perdre la grĂące. (Pasual:)
U05 ) 5 11 est des misĂšres sur la terre, prouvent-elles rinjusticedela providence, qui donne si libĂ©ralement aux riches les moyens de les soulager, ou rendurcisÂŹ sement de ceux-lĂ  mĂȘme qui s'en fdnt ĂŒn {itfe contre* ^ (V AUVKNARGUES.) Mais qĂŒil soit une amour si forte Que celle-lĂ  que je vous porte, Cela ne se peut nullement. (Malherbe.) k 6nyi 1 A a , i ĂŒiĂŒp Notre galant vous lorgne une fillette, De.ce/le#-ld que jo viens d'ĂšxprirĂŒĂšr (La Fontaine.) * X > Le feu qui brĂ»la Gomore ■ Ne fut Jamais.si. '^Ă©hĂ©raqnt,, Que celui'iĂ  gui me dĂ©vore. (Voiture 1) Girault-Duvivier, se fondant sur l’autoritĂ© (Ăźe Wailly, Restaut/ Regnier-Desmarals el 1 AcadĂ©mie elle-mĂȘme, se prononce contre Temploi de qui ou ,de que aprĂšs les proÂŹ noms celui-ci, celui-lĂ , en ce qu’ils sont dĂ©jĂ  dĂ©terminĂ©s par ci et LĂ . II iTapprouve celte construction que dans une seule circonstance; c’est lorsqueçuf est le sujet d’ûne pro^ position incidente, explicative, c’est-Ă -dire qu’on peut retrancher, sans allĂ©rer^le sens ' de la proposition qui a pour sujet celui-ci ou celui-lĂ  : celui-ci, qui est dĂ©jĂ  usĂ©, vaut mieux que celui-lĂ , qui est tout neuf. Nous ne partageons en aucune rhaniĂšre les scrupules de ce grammairien, et nous penson's que les exemplĂ©sj citĂ©s sont irĂšs-frĂ nçais Ă©l qĂŒils peuÂŹ vent ĂȘtre imitĂ©s. Celui-lĂ  que,'celle-lĂ  que, sont des expressions beaucoup plus Ă©nergP ques, selon nous,* que ce/ui çMc; C*«ttcelut.«ß que j'aime. C'ait crlle».ei qui eit Ă  Ce aoitt rellĂš-ci que je eoĂ»a donnĂ©; Prcnci celui ci qui petit voiu lenrir. kXËRCiCÈ PBRASÉOLOGldĂŒjE. C'eit celtiĂźw*! tnĂ©me qui me Ta dit ÇVst celiĂźi-lĂ  que j'aĂź tu. C'est celle-lĂ  que j’alteudaĂźil y... raceepte celle-lĂ  mĂȘme que tous oTottrĂ©t. Ce.sont ceux-lĂ  qui nrelTrai^nt ^ Ce lont cellĂȘs-tĂ  iiiĂ©mĂ« que je roula'ta fuir. CCCXLL- Celui-lĂ  SUIVI ou \oiv suivi de qui, etc, . suivi de qui. Le plus sage , en sa vie, A quelquefois scs accĂšs de foÜe : Chacun s'Ă©gare ,,et le moins imprudent Est celui-lĂ  qui plus tĂŽt se repenl. ' (Voltaire.) (klĂči-iĂą qui viĂŻ i^orĂ© viV heureux: (Boniface.) NON SUIVI DE qui* Celui-lĂ  est riche qui reçoit plus quĂŒ ne çopsmnĂšj celui-lĂ  est pauvre, dont la dĂ©pense excĂšde ja reÂŹ cette. (LÀ BrÜvkrk.) ' CeĂźwi-ĂŻd vĂźt ignorĂ© qui vit heureux. (Boniface.) En vĂ©rtu du principĂš erronĂ© par eux posĂ©, que cĂ©lui-lĂ  he saurait ĂȘtre suivi de qui ou de que, tous les grammairiens, BoWĂźface exceptĂ©, condamnent Jes exemples de la premiĂšre colonne. D’aprĂšs euX/VolfairĂ© ĂŒĂčrĂ it dĂ» cĂŽhsiruirĂ© son vers* de celte façon ; Celui-lĂ  est le moins imprudĂšftt’ qui plus tĂŽt $Ăš rĂ©penU Nous he cohĂŻĂ©sfons pas que celle conslruciion ne soit bonne; mais nous sommes loin de penser,* p6u*r cela; qĂŒe celle adoptĂ©e par le poĂšte lĂš soit moins. On a donc deux formes au lieu d’une ; seulement, on sera correct en disant : Celui-LĂ  qui vit ignorĂ©, vit heureux, et Ton sera Ă©lĂ©gant en Ă©criÂŹ vant ce/«i-/Ă uiÂŁ/ĂźeMretĂȘa;, qui vit ignorĂ©. La pensĂ©e est absolument la mĂȘme. H ĂŒy a de diffĂ©rence que dans la construction. Il en est de mĂȘme dans ces phrases : Tei homme, qui, dans un excĂšs de mĂ©lancolie, se tue aujourd'hui, aimerait Ă  vivre, s'il attendait huit jours;
. ( Ă«i ) tel vditi iĂ©tablĂȘ applaudir, ^ui voĂŒi raille ei vous teurfe. Mais ft'anticĂźpoiis pas, cĂ«st ce qĂŒe l’on verra Ăšn son lieu. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. CeluWĂ  qui pense bien troiiTcra bien. Celui-U quieit rirbe nĂ«st pas toujour-< heureux. CcBe'lĂąqui me veut du bien est mon amie. Ceux-lĂ  qui sont vos enuetnis, ue soutj>as mes amis. CeluĂź-IĂą Irouvera bien qui pense bien. ^ ■ Celui-lĂ  nĂ«st pas toujours heureux qui e>t riche. ^ Celle.la eat mon amie qui me veut du bien. Ceux-lĂ  ne sont pas nies amis qui sont vos ennemis. so N CCCXLII. 9^»-^ Ce SUIVI ou NOM SUIVI ĂŒâ€™UN SUBST.VNTIF, SUIVI d’un nom. Cet objet qui les avait transportĂ©s, les occupait sans cesse. (Bossuet.) ' Pour jouir de cet objet gĂŒil aimei ^ (FlĂ©chier.) Cet acctrfenf giĂŒ de^Tait nous pĂ©nĂ©trer jusqu’au fond de l’ñme ne fait que nous Ă©tourdir' pour quelÂŹ ques moments. ^Bossuet.)- Quand j’aurais obtenu tout ce que je croyais cherÂŹ cher, je n’y aurais point trouvĂ© ce bonheur dont mon 'cƓur Ă©tait avide. (J.-J. Rousseau.) Je me souviens de cet instant plein de joie et de trouble oĂč Je sentis , pour la premiĂšre fois, ma singuÂŹ liĂšre existence. ' (Buffon.) * ... Oui, seigneur, elle ose Dans ses beaux compliments appuyer «ur ce point. (PironI) employĂ© seul. Ce qui m’a frappĂ© comine poĂ©tiquene serait-il que bizarre .f» . (D»- Chas les.) Heureux ceux qui aiment parfaitement el librement ce quHls sont obligĂ©s d’aimer nĂ©cessairement. (Pascal.) Je me trouvai entre les bras de trois ou quatre jeunes gens qui me racontĂšrent ce qui venait de m’arriver. (J.-J. Rousseau.) Ce dont je me flatte, du moins, c’est que la criÂŹ tique , dont le talent duil ĂȘtre l’objet, ne s’étendra pas aujourd’hui sur les intentions. (Arnault.) Cest l’heure oĂč la nature un moment recueillie. Entre la nuit qui tombe et le jour qui s’enfuit, S'Ă©lĂšve au crĂ©ateur du jour el de Ja nuit. (Lamartine.) Écrivez-moi, de grĂące, vos petites rĂ©flexions «ur ce. (VoLTAlKK.) L’adjeciif dĂ©monstratif ce, ordinairement suivi du nom qĂŒil dĂ©termine, peut s’emÂŹ ployer avec ellipse de ce, mĂȘme nom. ' > Mais voyez oĂč ne conduit pas Toubli des principes mĂȘmes les plus simples ! De ce que Tusage permet de dire : Cet objet qui m'avait frappĂ© ou ce qui m'avait frappĂ©; cet acciÂŹ dent qui venait de m'arriver ou ce qui venait de m'arriver; ce bonheur dont mon cƓur Ă©tait avide ou ce dont mon cƓur Ă©tait avide; cet instant est l'heure ou c'est l'heure; cet homme est mon ami oix c'est mon amij grammairiens et professeurs ou soi-disant tels, en concluent que le mol ce ĂŒest pas le mĂȘme dans les deux cas, et qĂŒil est tout Ă .la fois adjectif et pronom: adjeclif, lorsqu’il est suivi de son subsiantif; pronom, quand il est employĂ© seul ; comme si un mot pouvait changer de nature en changeant d’emploi ! Le bon sens public fera justice, nous TespĂ©rons, die celte doctrine absurde enfantĂ©e par des esprits Ă©troits ou superficiels, r
( 405 ) NÂź CCCXLIII. EMPLOI DE ce DIT PRONOM. CE QUI. Ce qui fait le hĂ©ros, dĂ©grade souvent ITiomme. (Voltaire.) Tout ee gui n'est pas Dieu ne saurait remplir notre attente. (Pascal.) Eile Ă©tait captive des ennemis de sa maison , et (ce gui Ă©tait pius dĂ©plorable) captive des ennemis de TEglise. (Bossuet.) Mais ee qui me choque de ces beaux esprits, c'est gu'iis ne se rendent pas utiles Ă  leur patrie. (Montesquieu.) Ce n’est pas ce qui nous Ă©lĂšve au-dessus des autres hommes qui nous rend heureux; c’cst ce guĂŻ nous rĂ©concilie avec Dieu. (Massillon.) Ce qui est certain, c’est que le monde est de traÂŹ vers. (FĂ©nelon.) . Ce gui s’emploie dans tous les rapports possibles, c’est-Ă -dire comme sujet et comme complĂ©ment de verbes ou de prĂ©positions. Il se dit des choses, el mĂȘme des personnes, qĂŒil dĂ©signe d’une maniĂšre vague. 11 sert aussi Ă  former une purcnthcse, et, comme dans le 2* exemple de la 2Âź colonne, se rĂ©pĂšte lorsqu’on veut marquer une opposiÂŹ tion. CE QUE. Ce qu'on gagne en amour, ne vaut pas ce qu'on perd. (Bemoustier.) Et nous appellerons bonheur de notre vie ce qu’il faut quitter, ce gĂŒil faut haĂŻr, ce gĂŒil faut expier ! (Flkciiier.) Ce gĂŒil y a de vrai, c'est que Tagriculture Ă©tait extrĂȘmement honorĂ©e chez les anciens Romains. (Rollin.) Ce que la discipline de l’Église avait Ă©tabli, la proÂŹ vidence de Dieu l’a exĂ©cutĂ© sur votre vertueuse sƓur. (FlĂ©chier.) On aime sans façon tout ce qu'on voit de belles, (T. Corneille.) On ne peut dĂ©sirer ce qu'on ne connaĂźt pas. (Voltaire.) On approcha d'elle tout ce que l'Espagne avait de plus vertueux et de plus habile, (Bossuet.) Ce gĂŒnne judicieuse prĂ©voyance n’a* pu mettre dans l’esprit des hommes , une maĂźtresse plus impé rieuse, l’expĂ©rience , les. a forces de le croire. (Id,) CĂšgue s’emploie, comme ce qui, pour les personnes, pourles choses, et dans tous les rapports possibles. 11 peut aussi avoir un complĂ©ment : Onaime sans façon tout cë’qĂŒou voit DE BELLES *, CC qiCĂŒ a d’intelligence. AbrĂ©gĂ© de : on aime sans façon tout ce ( nombre ) i»E BELLES quon voit; ce (degrĂ©) d'intelligence qu'il a. ^ - « Ce, antĂ©cĂ©dent du que relatif, dil Marmontel, peut ĂȘtre Ă©galement nominatif ou » rĂ©gime direct de quelque verbe.qĂŒe ce soit. Mais s’il est rĂ©gime du second verbe, et » qĂŒil prĂ©cĂšde le premier, il faut que le entre deux verbes en indique la relation. Yous » le voyez dans cet exemple : ce qĂŒe j'avance, je le prouve; au lieu que ce, entre les » deux verbes, ne demande plus rien qui en marque le rapport ; je prouve ce que » j'avance. » A part le faitd’usage, qui est vrai, il y abien des erreurs dans ce peu de lignes. D’abord nous ne concevons pas comment ce peut ĂȘtre.rĂ©gime du second verbe et pré cĂ©der le premier, et cela pour deux motifs : c’est que le second verbe a dĂ©jĂ  un rĂ©gime, qui est le, et qĂŒun verbe, quel qĂŒil soit, ne saurait avoir-deux rĂ©gimes.
‱ 1 /i06 ) Ce qui a trompĂ© Marmontel, c’est qĂŒil a considĂ©rĂ© ce comme un plĂ©onasme; mais nous avons fait voir qu'il n’y a, dans aucune langue, de plĂ©onasmes proprement dits. Ce, dans celte phrase : ce que j'avance f je'lĂ© piiouvĂ©, n'est donc pas.un ifiol inutile, mais au contraire un mol nĂ©cessaire; seulement il est employĂ© d’une maniĂšre elliptique.. En voici l’analyse complĂšte : (quant a) ce (fait) que j'avance, je lb prouve; analyse qui nous prouve que ce n’est ni rĂ©gime ni sujet, mais bien le complĂ©ment de l’expression qiiant Ă  ou toute autre semblable sous-eniendue. c’est. cMf <un mĂ©chant mĂ©tier que celui de mĂ©dire. (Boileau.) * Cerf est que par les sens que^’ñme peut s’instruire. ' . T' ‱''(ÊONfANES.) Ce «ont nos mĂ©thodes qui nous Ă©garent. (BeriN. le Saint-Pierre.) Chez les anciens, FĂȘtaient les vieillards qui gou- Tcmaientt chez*nĂŽus,* cessant lefe jĂ©irncs^gen'^. ‘ ■ m . Ce fut d’une retraite de pĂątres et d’aventuriers que BortirĂ©htlĂšs conquĂ©rants ‘de lĂŒnivĂ©rs*. ^ f - 'i * I* (Rollin.) Cs furent les PhĂ©niciens qui inventĂšrent l’écriture* (Bossuet.) Qu’ai-je fait ici-bas ß» jetais fait pour vivre, et je meurs sans avoir vĂ©cu,' Au^moins"cĂ© nĂŒ pas Ă©tĂ© ‘ma faute. ‱' (J.-J. Rousseau.) Apprendre les langues Ăźes plus difflciies ,^*cohnaĂźtre les livVes ct'les’auleurs, etc., Font Ă©tĂ© vos premiers plaisirs. (Fleçiiier.) Ce nĂ©zera ni la force de vos armĂ©es, niYĂ©tĂ©n^uc de votre empire , qui vous' rendront cher Ă  vos pĂ©ii- ples ; cĂ© seront les vertus qui font les bons rois. Ce seraient paroles exquises, Si c'Ă©iĂ lt-ĂŒn*gi^d"qui parlĂąt. ' " ' (MoliĂšre.) ' Qu’eĂ»up f^t? ĂŒeĂ»r Ă©tĂ© lion contre lion. (LÀ F'ontaiwk.) ie partis sans lumiĂšre; si j'en avais Ăšu, Faurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© pis encore. « -i t - n - ^ si : n* (J.-J. Rousseau.) Entre la veuve d’jine annĂ©e Èt ih Veuve d’uhe journĂ©e, . La diffĂ©rence est grande Toh nĂ©' croirait jamais Que ce fĂ»t la mĂȘme perconne. ' (La Fontaine.) t? y* : Le grand usage de ce employĂ© sans substantif, c’est, comme on le voit, de se placer EST-CE ? « Est-ce un si grand malheur que de cesser de vivre? 'Ăź r: *. *‱ f- « ' * :^**(RaÇINK;) Dire qu’on ne saurait haĂŻr, Nest-ce pas dire qu’on pardonne? V ‱ ' ‱ (MoliĂšre.) Sont-ce des religieux qui parlent ainsi ? ' " (Pascal.) Etait-ce des palais ? (Delille. NĂ©tĂ iĂ©nt^e pas lĂšs mĂȘmes hommes? ' ’ ' ^ ’ - . - (Chai kaubbianp.) ‱ Quoi donc, Ă  votre avis, fut-ce un fou qu’^Iexandre? ‱ ^ ' ‘ '** " (Boileau.) Fut-ce des avis Ă  dĂ©daigner ? (Planche.) Peut-ĂȘtre nĂŒ-ce pas Ă©tĂ© par hasard que les sciences se sont tenues entre lemont Atlas et la mer Batliquef ^ (Fontenelle.) Sont-ce des fiĂšvres qui vous ont pris ? * 3V. DE SÉVIGNÉ.) » * ■ (iij <’px Ol^ Qui jugp çe ^ani| prorts ? sera-çe Ăźa raifon^» . A 1.G Ăź (VOLfAIRH.7 t Scra-ee vos frĂšres que l’o'h choisira? .«Ui: Uu. I - s .■ ‘(Planche.) Moi l’emporter ! et que $erqit-ce , Si VoĂčs portiez uhĂš 'maison ? * ‘ - ‘-'(La Fontaine.) , Si l’homme a une raison universelle , ne serait-ce point parce qĂŒil a des besoins universels ? , ‘ (Bern- dh'Saint-Pihbrb.) Qui que c’ait Ă©tĂ© qui vous l’ait dit, il sjest trompĂ©. * - ' ’ - . “ (Planche.) Si voua aviez demandĂ© quelqu’un, cĂ»f-^Ăš, auratt- ceĂ©tĂ© moi'^P: ! ’ ' v (Dessiaux:) tJn Irlandais ne conclut pas'de marchĂ©, fĂ»t-ce pour un spi penny, sans Ă©lopence , sps discussion, sans clSmeurs,’ sans cbhtĂŽrsions vĂ©hĂ©mentes/ (PhilarĂšte Chasles.) voudrait que) ce fĂ»t (mdmc), etc.
Mais ia transposition de ce, aprĂšs le verbe ĂȘtre, soit par interrogation, soit par excla- ination, peut-elle toujours avoir lieu? M. Botfiiface trouve sont-ce trop dur et va jusqĂŒĂ  le proscrire. Tous les Ă©crivains en I f ' ĂŻ J . Nt .Ti » »3* c.- . '-J » . ' ^ * .. M H ‘V> ,'t« S » .MU. , vers et en prose protestent contre cet iniiiste arrĂȘt. ' " On dit fĂ»t-ce, au singulier comme au pluriel : furent-ce,fussent-ce ne seraient pas supÂŹ portables.- . . Ont-ce Ă©tĂ© est inusitĂ©^ pn y supplĂ©e par Ip prĂ©sent ^ontice? — §gWT-CE des fiĂšvres qui vous ont pris? * ^ ^- A-ce Ă©tĂ© est peu usitĂ© ; on y substitue est-cef? Seront'Ce est trop dur,- il ĂŒest pas usitĂ©". ' - On Ă©lide Ve de ce et on le remplace par l'apostrophe devant est, Ă©tait, Ă©taient, a Ă©tĂ©, ont ‘ Ă©te. Ainsi on dĂźt : c'est, c'Ă©tait, Ă©taient, c'a Ă©tĂ©, c'ont Ă©tĂ© (1). Gette Ă©lision a lieu aussi deÂŹ vant le pronom en. Exemples : ‘ Narcisse, cten est fait, NĂ©ron est amoureux. Madame, c'en est fait, et vous ĂȘtes servie. (Racine.) ' . ‱ ' (Racine.) Nous disons suivi du verbe Ă©/re, car si en avait pour suite tout autre mot, ee ne subi- I ^ 'i ^ * f * rait point d’élision. Exemple : ce eri quoi il faut imiter La Fontaine, c'est en ce fĂ»'Ăźrna imitĂ©''personne, ' ^ (Arnault.) , L’analygĂȘ de ce vers : c'est un mĂ©chant mĂ©tier que celui de mĂ©dire, est celle-ci : ce (mé tier). que (je yaiĂ© dĂ©signer,, c'est-Ă -dire) celui de mĂ©dire, est un mĂ©chant mĂ©tier. Tous les'cas analogues peuvent ĂȘtre soumis Ă  la mĂȘme analysĂ©. % CE PEUT, CE DOIT, ETC. Figurez-vous quelle joie ce peut ĂȘtre que de relever la fortune d'une personne quon aime. (MoliĂšre.; Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins, Ce doit ĂȘtre celui d’éviter la famjne. ■ (La Fontaine.) Les Portugais auraient dĂ», ce semble, Ă©tablir toute leur puissance dans cette Ăźle (de Ceylanj. (Raynal.) La noblesse et l’argent sont brouillĂ©s, ce me semble, A ne pouvoir jamais se bien remettre ensemble. * ’ ' (Boursault.) C’est un dĂ©faut capital qĂŒil faut Ă©viter dans quelÂŹ que sujet que ee puisse ĂȘtre. (Voltaire.) Je devais, ce dĂźs-tu, te donner quelque avis QuJ te disposĂąt Ă  la chose. (La Fontaikh.) Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux lu l’auras. ■ " ‱‱ ‱ ‱ , Doux frĂ©sors, ce dĂźt-il, chers gages qui jamais N'attirĂątes sĂ»r vous l’envie et le mensonge. (W.) ... Soit fait, 'ce dit le fi'Ăšre, (/Ăą.) Il lui fallait quelquĂ©'simple bourgeoise, ■ ' Ce disaUrelke. pu petit trafiquant, Traiter ainsi Tes filles de mon rang ! (Id.) Il emprunta. Quand ce'vint Ă  p'ayer, Et qu’à sa porte il vit le crĂ©ancier. Force lui fut d’esquiver par la fuite. (Id.) Ce peut aussi se placer devant les verbes pouvoir, devoir, suivis de ĂȘtre, el devant les . r , ■* : ■ ‱ ■ ‱ * ‱ ...... m'--, '..f . , verbes dire et sepfibler. parce que Tauteur de la Grammaire des Çrgmmaixes a faii, comme lous les autres, son ouvrage en Tabsence des faits, qĂŒil a avancĂ© que « quand » ce est pronom dĂ©monstratif, il n'est joint qĂŒau verbe ĂȘtre, » (1) On doit Ă©crire c’a Ă©tĂ©, c'ont Ă©tĂ©, et non p’a Ă©tĂ©, ç'oni Ă©tĂ©, l’apostrophe dispensant de la cĂ©dille : Chacun a ses fantaisies : c’a toujours Ă©tĂ© la mienne, et je ne pense pas comme JEToroce sur ce point lĂ . (J.-J. Roussead.) ; J ‘i’ *
{ 408) Ca qol^rd leifeanei ^eoi. A M qui doit Dous MiTir. De ee qui le (tĂšue. A Hions ce qai doit ĂȘtre eimĂ©. Ce peut ĂȘtre Trat. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Ceqnevoui dĂźtea. A ee qu'il fait. De ce qu'il pen^e. Faites cc qu'au fouS dit Ce doit ĂȘtre {aux. CĂ«st mon amĂź. C'Ă©tait son idĂ©e Gxe. Ce fut un fcratid homme. Ce sera un hĂ©ros. Ce me semble. Bstrae Totre «mt ÂŁtait*ce un sarant. FuUce uu habile homme } Sera-ce un hĂ©ros Ce ditĂŒL NÂź CCCXLIV' Ceci, cela. Ceci. s Ceci ne me plaĂźt pas, dit elle aux oisillons. (La Fontaine.) Je suis un peu surpris de tout ceci, (Massillon.) (Id.) Apprenez bien ceci. Cela, Cela dit, maĂźtre loup s’enfuit et court encore. (La Fontaine;) La grenouille Ă  cela trouve un trĂšs-bon remĂšde. Vous n’avez pu dĂ©savouer cela. (Pascal.) Cccfet cela s’emploient dans lous les rapports el ne se disent que des choses. Ces deux mots, qui sont une contraction du dĂ©monstratif ce et les adverbes ci et/«, suppoÂŹ sent toujours entre eux un nom que Tellipse sous-entend. Ceci, cela, c’est pour cet ob- jet-ci, ce discours-ci, ce propos-ci, ce fait-cl; cet objet-lĂ , ce discours4Ă , ce propos-lĂ , ce fait-lĂ (\). ' . *IL Ceci ET cela compares. Ceci. Quant aux riches , mon cher petit Pollux, dis-leur ceci en mon nom : Ah ! insensĂ©s , pourquoi gardez- vous soigneuscmiĂżit cet or, et vous lourmcnlez-vous Ă  calculer vos usures ? (Belin de Balu.) Cela, ' J’aĂźhie cette maxime chinoise : TĂąme n’a point de secrets que la conduite ne rĂ©vĂšle. Cela est vrai Ă  Paris comme Ă  PĂ©kin. (Suard.) On se sert de ceci pour indiquer ce que Ton va dire, et de cela pour rappeler ce qĂŒon a dit. CĂ©pendant Tusage permet souvent d’employer indiffĂ©remment l’un pour Tautre. Exemple : On'voit des femmes qui, sans ĂȘtre ni vieilles ni. laides, nen plaisent pas davantage; et CECI s'applique Ă  la voisine du chevalier. (Lemontey.) / lll. Cela DÉSIGNANT UNE PERSONNE. Il aurait bien besoin de deux grains d’ellĂ©bore. II Ă©tait moins distrait hier qĂŒil n’est aujourd’hui : Ce/a croĂźt tous les jours, je me gĂąte avec lui. (Kkgnard.) , Elle est de ces beautĂ©s qui, malgrĂ© leur me'rite, Ne sauraient pour longtemps s’assujettir un cƓur* Tiens ! cela ne sait pas rappeler son buveur. (Piron.) Bien que cela ne se dise que des choses, cependant on peut l’employer aussi Ă  TĂ©gard (I) La preuve, c’est que ĂŻe plus souvent, comme le dit Marmontel, ces mĂȘmes particules, ci et lĂ , se dĂ©taÂŹ chent de ce pour se placer aprĂšs le verbe : Cest ici ce que f examine; ce fut la ce gui me surprit. On dl- ĂŒait en un seul mot : Cest cela que f examine ; ce fut cela qui me surprit.
( 409 ) des personnes, mais familiĂšrement, sur le ton du mĂ©pris : Cela parte, gela veut raison^ ner, cela se croit habile, cela se fait valoir, cela promet, cela se flatte, cela 5e croit jolie, CELA est heureux, cela ne fait que jouer. IV. Ceci ET cela sans la mĂȘme phrase. LĂŒn n'avait en l'esprit nulle dĂ©licatesse , L'autre avait le nez fait de cette façon-lĂ , C'Ă©tait ceci , c'Ă©tait celo. (La Fontaine.) J'ai dĂ©jĂ  dit'ce qu’il faut faire quand un enfant pleure pour avoir ceci ou cela. (J.-J. Rousseau.) Vous l'abrutiriez, si vous alliez toujours le diriÂŹ geant , toujours lui disant : va, viens, reste, fais ceci, ne fais pas cela. (J.-J, Rousseau.) Avec l'Ă©pĂ©e, je tue; avec Ăźa plume, je ruine; ('prenant son petit collet) avec ceci, je subjugue les belles; (prenant sa calotte) avec cela. Je coiffe tout «le monde. ‘ , (Piron.) Ceci, cela se trouvent quelquefois dans la mĂȘme phrase, et en opposition; alors ceci dĂ©signe Tobjei qui est plus prĂšs de nous, el cela, Tobjel qui en est plus Ă©loignĂ©, comme je il aime pas CECI, donnez-moi de CEE k, v. . a POUR cela. Ça sera comme ça voudra , monsieur Gros-Jean'; mais ça sera pourtant comme çà. (Piron.) Ça me fera un peu mal au coeur, mais que faire? (Piron.) Dans le style tout-Ă -fait familier, surtout dans la conversation, on dit ça au. lieu do cela : ça fait toujours plaisir; çà ira, ça ira; comment ça va-t-il? VI. , . ‘ , emploi extraordinaire dk cela. Ses plaies ont cela qu'elles peuvent ĂȘtre sondĂ©es jusqu’au fond. (Bossuet.) L’histoire de XĂ©nophon , plus suivie et plus vraiÂŹ semblable en elle-mĂȘme, "a encore cet avantage , qu’elle est plus conforme Ă  l’Ecriture. (Bossuet.) Cet emploi de cela n’est pas commun. II est le produit d’une ellipse: ses plaies ont cela qu'elles peuvent ĂȘtre sondĂ©es jiisques au fond, c’esl pour : ses plaies ont celx (d'avantaÂŹ geux, de particillicr) qu'elles peuvent ĂȘtre sondĂ©es jusqu au fond. L’exemple opposĂ© : L'hisÂŹ toire de XĂ©nophon a cet avantage quelle est, etc,, n’cn est-il pas une preuve Ă©vidente? EXERCJCE PHRASÉOLOGIQÜE. Ceci tne ptalt. Cela tnt dĂ©plaĂźt. Peii«ei i ceci. Oi'cupta-I'o::» d.: Qoe diles-Tous de ceci ? Que p«ti»ez-rous de cc7a ? Ceci m’arrĂȘte.'* - Cela m'ioquiĂšti. Cela l'appelle Ăźniivr. Ce point ioiĂźcf, cela. Comme cela, Je aĂ©rai heareux. Cela veut j?arler. n2
(419) / g? rpccw. Ceci, cela et- ce comparĂ©s* Ceci, cela, Ăą \ * i Oh l Monsieur, avoir un carrosse Ă  soi ou ĂȘtre obligĂ© d’emprunter ceux de ses amis , cela est bien diffĂ©rent. (Lesage.) Jdais non , cela n'est point, on vous trompe, Julie. (CoRNKiLLE.) Eh bien ! dĂ©fendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisii; d’autrui? Cela mĂȘme est un bien que je goĂ»te aujourd’hui. (La Fontaine.) Ce sont des phrases outrĂ©es et dĂ©goĂ»tantes , nui- . Bibles Ă  cela mĂȘme qui est louable, (La Druyere.) Et l’envie , mon pĂšrĂ©, sera-t-elle plus diflicile'Ă  excuser ? ceci est dĂ©licat, dil le* pĂšre. (Pascal.) Le succĂšs du C»ù, tragĂ©die de Corneille , fut tel que , pour louer en ce temps-lĂ  une belle chose , il Ă©tait passĂ© en proverbe de dire ; cela est beau comme le Cid. '' 1 . r ' <■ . (CitĂ© par Bon iracÈ.) Ce, i ; 1 LĂšve la tĂ©te, et regarde-moi fixement, — c'est bon ; —11 me faut quinze annĂ©es de la vie. — cn effet bien cher. (Lemontey.) Je ne puis guĂšre espĂ©rer d'Ă©tre en Ă©tat d’aller en Corse. Quand je pourrais entreprendre ce voyage, ce ne serait que dans la belle saison. (J.-J. Rousseau.) Quand un guerrier souhaite la gloire, c'est la guerre qĂŒil dĂ©sire.' - ■ - ('ÉNÊQĂčE.y La mode fait applaudir Ă  ee qui est honteux. (Boiste.) Elles ont la fureur de me croire fidĂšle, — Cest malheureux, monsieur, (de BiĂšvre.) Du palais d’un jeune lapin, ’ Dame belette, un beau malin , S’empara , c’est une rusĂ©e: Le maĂźtre Ă©tant absmt, ce luKfut chose aisĂ©e. * (La Fontaine.) Dans le langage soutenu, on emploie ce/a et ceci; dans le langage ordinaire, on peut le remplacer par ce; mais Temploi de cela et de ceci est plus exact el prĂ©sente un sens plus prĂ©cis. ' ‘ , EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Cela e*t Trai. Crta e»t bien'; Cela est bien difficile. Cela doit ĂȘtre facilo. CĂ«st Trai. \ CĂ«sl bien. C’est bien difficile. Ce doit ĂȘtre Lcile. ‱ V'.' Cela est faax, CelueĂŒtbien ffiebeuz. Cela est malheureux. Cela peut ĂȘtre «roi. CĂ«st faux, CĂ«st bien r&cfaeux. CĂ«sl niaJheureux. Ce peut ĂȘtre vrai. NÂź CCCXLVÏ. Ce COMPARÉ A ßï, elle, etc. Cest, Ce n’était pas un sot, non, non, et croyez m’en, Que le chien de Jean de Nivelle. (La Fontaine.) Bien loin d’ctre des demi-dieux, ce ne sont pas mĂȘme des hommes. (FĂ©nelon.) Platon disait de l’homme que c'Ă©tait un animal Ă  deux jambes et sans plumes. (Pascal.) La modestie est belle enchĂąssĂ©e Ă  propos, Mais hors de son endroit c'est la vertu des sots. ^ .(Boursault). Il est. On lui fait voir qĂŒtt est un sot. (LĂ  Fontaine.) f ^ Regarde ce mouton , a-t-il dit un «seul mot? U est sage. — Il est un sot, Repartit le cochon. (/ri.) . Loin d’ctre les protecteurs du peuple , ils cn sout les oppresseurs. (Massillon.) L’homme n’est point homme, parce qĂŒtl est animal raisonnable, mais parce qĂŒtl est animal religieux. (Bernardin de St.-Pierre.)
( Mi ) L'animal diffĂšre beaucoup de la plante, puisqu’il esf douĂ© de sentiment : Fest un- ĂȘtre sensible qui , pendant sa vieVĂ«st sans cesse agitĂ© par le deslr de l'entretĂšnir et la crainte de la perdre. ’ '«‘‘VBEnKXRDlj/ DK St-Pibrre.) L'amitiĂ© des enfants , qu’est-ce ? pure habitude. ^ 7 Ăźit-iii ; (FAbre* d’Egl'Ântine.) X . 1 L „ . J i. .. Ăš - > . j i,; 7 Je lis et relis Lafontaine : Fest mon auteur favori, il est admiiablc. (BoriifACK.) ^ . .i.-jh 1- ‱ h ‱ .i J... f L'Ă©tendue de la mer est aussi grande que celle de la terre ; ce n'est point un Ă©lĂ©ment froid el stĂ©rile : Fest un nouvel empire aussi riche, *ĂąbssĂź peĂŒp.'é’'que le premier. ^ ^ * (BuffoxN.) Le l’homme des seul caractĂšre qui distingue essentiellement ne des animaux, c’est qu’i/ est un ĂȘtre religieux^ (Bernardin de St.Pierrk.) Le dĂ©sespoir n’est point d’une Ăąme magnapjme; SeĂŒvenĂŻti csLfaiblessV, et toujours il est crime, (Gresset.) La mort est-elle un mal? la vie çst-e/ĂŻe un bien ? ^ (CREBJLLpN.) L'Ă©loquence de la chaire avait Ă©tĂ© presque barbare jusqu’au pĂšre. Bcurdaloue; il fut un des premiers qui firent parler lĂ 'raison.' '*'* (^ÜLTA^E.) Puisque la raison n'est que la relation des objets avec nos besoins, elle n’est donc que notre intĂ©rĂȘt personnel. (Bernardin de St-Pierre'.) ‘ « On emploie gĂ©nĂ©rnlement ce pour U, elle, ils, elles, comme sujet d’une proposition dont Tallribut iTest pas un adjectif. Cjn peut aussi, dans ce cas, faire usage de zY, elle, etc., ainsi que le prouvent les citations de la secondĂ© colonne; pais Temploi de ce est plus conforme au gĂ©nie de notre Ipigue. " . II va une grande diffĂ©rence onivo qĂčĂšllc heure est-ce? et quelle heure est-il : Quelle heure est-ce signifie quelle osi Tbeure qui sonne en ce moment, ou que] entends sonner f - - i Âź jt ‘ ‘ 5 , * ■ I. T ‱ f i»| A*' ‘ * Quelle heure est-il? peut se dire dans toute circonstance oĂč 1 on ignore 1 h^urc. ^.insi quelle heure est-ce? ne s’emploie que dans la seule circonstance oĂč Ton entend une pen- dule ou ĂŒne horloge sonner. A la question aiielle heure est-ce on doit rĂ©pondre cest : . *■ Mt J; ĂźV* 4 - p ‘ A I i *; t ■ * ‘ ■ i - V « . * ‘ . "1 ■ Ăź ' midiy et Ă  la question quelle heure est-il? on doit dire ĂŒ est midi, H n’v a guĂšre que cer-: lains provinciaux qui cohfondĂšnl ces deux locutions. . -1 ^ k 1 .1 h '' ^ EXERCICE phrasĂ©ologique. Co n'Ă»it pni an lot. Cr n'ekl pa* un gĂȘoĂźe. C’*st mou lutetir fnrori. II n'eftt pas.un *ot. 11 ti'e»l pas un gĂ©nie. Il eit mon auteur favori. La vie , qu'csl-rr Ăź Le monĂŽe, qu esl-ce? Les Ă©toile*, ce aoĂ»t autant, de loleila. L Vie. qu'ejt-elle'r Le moitcte, qu esl-il? Les «toiles, elles aoĂ»t autant de soÂŹ leils. iv° CCGXLVII. CfĂȘMt vrai, Fest juste, etc., et tl est vrai, il est juste, etc, ' r T': " ' m ♩ » I Cest vtai, etc. Nous spmmes rentrĂ©s lard, Fest vrai ; mais en reÂŹ vanche nous nous sommes levĂ©s matin. (Journal grammatical.) Vous avez beaucoup Ă©crit, c’est vrai ; hiais que d'erreurs dans vos'ouvragĂ©s'! ' " ' ‘ (frf-) ü”*’ ’ r ^ '■ 1 ) Il ett juste , etc. Je suis jeune, il est vrai; mais aux Ăąmes bien nĂ©es, La valeĂčr n’attend pas le nombre des annĂ©es. (Corneille.) Je suis bien agitĂ©e, il est vrni ■ mais mon çceur De vos sages avis rechefche'lĂądoĂŒceur. ‘ ' ‘‘ H- --'' Ăź''*’‱ '{de BiĂšvre.) II. Vous soutenez que vous n’ĂȘtes pas sorti, cest faux; car je vous ai vu au théùtre. ' (Journal grammatical.) U est faux que les dĂ©marches soient indiffĂ©rentes quand on a le cƓur pur. (M»« d'ÉpĂŻnay.)
( m ) Cest. Vous dĂ©clarez que vous m’avez payĂ© , c'est Jusie ; mais qui vous le conteste? (Jd.) Je te'laisserai choisir.—Cest commode, il est vrai ; mais je vous avoue que tant de pĂźaisĂźrs m’effi aient. (Lemontey.) t Les Maniotes ou Mainotes n’étaient-ils pas les des- II est. Tl est juste, grand roi, qu'un meurtrier pĂ©risse. (Corneille.) H est bien plus aisĂ© de conquĂ©rir des provinces que de dompter une passion. (Massillon.) Il Ă©tait clair que tous ceux qui feignaient de ne le pas connaĂźtre, en agissaient ainsi par jalousie. j cendants des Spartiates? cela est incontestable: (Lemontey.) j (Id.) Il est si malaisĂ© de se dĂ©faire du vice qui plaĂźt! i Mes dĂ©fauts sont connus , pourquoi m’en affliger? (Massillon.) | Affichons-les ; Cest si commode.^ . i ' . ■ (Arnault.) C’est, suivi d’un adjectif, ne souffre pas de complĂ©ment commençant par que ou par de. Ainsi on peut dire : c'Ăšst vrai, c'est faux, c'est juste,.c'est commode, c'est incontestaÂŹ ble, etc. 51ais on s’exprimerait incorrectement si Ton faisait suivre immĂ©diatement chaÂŹ cune de ces locutions d’un que ou d’un de. Il est, veut au contraire, aprĂšs Tadjectif qui le suit, un complĂ©ment exprimĂ© : il est juste Qv'il pĂ©risse; ĂŒ est vrai Qv'il a menti; il est faux que son pĂšre soit exilĂ©; il est inconÂŹ testable Qv'ils sont morts. Nous Remarquerons cependant que Ton peut trĂšs-bien sbus-en- tendre ce complĂ©ment, mais devant Tadjectif vrai seulement. (2Âź colonne de la !*■* sé rie.) La prĂ©sence de tout autre adjeclif exigerait Temploi de c'est^ dans le discours faÂŹ milier, et de cela est dans le discours soutenu., Voici la diffĂ©rence qui existe, selon nous, entre il est el c'est: il est a une significaÂŹ tion gĂ©nĂ©rale, indĂ©terminĂ©e, el extrĂȘmement vague. Au contraire, la signification de c'est, loin d'ĂȘtre vague comme celle de 7/Ă©sf, est dĂ©terminative, Ă©nergique mĂȘme. Il rĂ©sulte de ce raisonnement que Ton ne doit substituer cto! ou cela est Ă  il est que lorsÂŹ qu’on veut donner plus de prĂ©cision, de force et de vivacitĂ© Ă  la pensĂ©e que Ton exÂŹ prime (1). ^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. % ' ‱ Il i‘»t ieuii«, c «it Trai; mat* fort inctruiU II e*t ieunr, il est TraĂź ; mal* fort instmit. i lus! Trai On dit que { ai de» dette* ; il est Tra! que fen ai; mai*.,. 'Il est aisĂ© de... Uiflicile I au contraire, cĂ«st trĂš*facile. * Ă© fl)M. Marie regarde i7 comme un mot mperjonnel, un terme o6scwr, un gallicisme inexplicable. Nous Fommes loin dc partager celte opinion, qui, du reste, est celle de tous les grammairiens. Il, pas plus que ce, n’est un ßß7ĂŻ/>er50/incl, un terme obscur, un (/allids.tte inexplicable. Ei nous allons le prouver. Quand on dit : Nous sommes rentrĂ©s fard, c’est vrai, c'est vrai, Ă©quivaut Ă  cela est vrai, l'analyse de la , phrase entiĂšre est : Nous soinmcs rentrĂ©s tard, ce fai t-la est vrai. Ce reprĂ©sente avec Ă©nergie toute la proÂŹ position qui prĂ©cĂšde : aussi est-ce ce qui a portĂ© les grammatistes, qui ne s’arrĂȘtent qu’à la surface des choses, Ă  considĂ©rer en iforci! cas'rc comme un pronom. Mais l’analyse nous dĂ©montre, de la maniĂšre la plus Ă©viÂŹ dente/que ce n'est autre chose qu'un adjectif employĂ© ici avec ellipse du substant f fait qu’il dĂ©termine. VoilĂ  pour c'est. Maintenant, nous allons tĂącher d’expliquer l’inexplicable il est. M. Marie cite cette phrase : Nous sommes rentrĂ©s trĂšs tard, il est vrai, et l’analyse de celte maniĂšre : Nous sommes rentrĂ©s tard, il est vrai que nous SOMMES RENTRÉS TARI). Cette analysc, nous l’avouerons franchement, ne nous paraĂźt pas aussi naturelle qu’à lui, el nous croyons que celui qui dit : Je suis rentrĂ© tard, il est vrai, avance-un fait, et ce fait estqĂŒii estrenĂźrĂ© tard : ensuite il affirme de ce fait qu’iL est vrai. C’esl comme s’il disait : Je suis rentrĂ© tard ( et ce tait, je ne chercherai pas Ă  le contester, car, il est vrai.Or, il, rĂ©veillant l’idĂ©e du fait Ă©noncĂ©, n’esl pas, - comme on l’appelle improprement, un impersonnel, c’est-Ă -dire un mot qui ne se rapporte Ă  aucun individu, ni Ă  aucune chose; c’est au contraire un mot trĂšs personne/, s’il est permis de le,dire, puisqu’il se rattache Ă  un nom, toujours sous-entendu en pareil cas. . '
o ■ ( m i r cccxLVin. «s»»-.- y A % Cest ET il est en rapport avec un adverbe ou un adjectif» Cest, Cest peu d’ĂȘtre agrĂ©able et charmant dans un livre, Q faul savoir encore et conserver et vivre. ' (BoilkaĂŒ.) Cest beaucoup que de savoir commander. (AcadĂ©mie.) Cest assez pour soi dĂŒn ami ; Fest mĂȘme beauÂŹ coup de l’avoir rencontrĂ©. (La BrĂŒtere.) CĂ©tait assez pour animer Jes braves de Sparte, de leur montrer les trophĂ©es. (FlĂ©chier.) Ce n'est pas assez que d’entrer ainsi dans les honÂŹ neurs , si l’on n'en use avec modĂ©ration, quand on les possĂšde. (/d.) n est. Dans l’état .oĂč je .suis, tĂź est peu apparent que je soutienne un si long voyage. (J.-J. Rousseau.) . n est doux de revoir* les murs de la patrie. (Corneille.) - H est bon avoir de la vertu. (DĂŒckrceaĂŒ.) A. ' , i /I est rare d’aimer sans avoir de rival. (La ChaussĂ©e.) Il est beau de pĂ©rir pour sauver l’innocence, (Voltaire.) Il n^est pas toujours bon d’ĂȘtre trop politique. (BOTROUi) Lorsque le verbe ĂȘtre se trouve modifiĂ© par un adverbe, comme peu, assez, beaucoup, trop, etc., il doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de ce doni on Ă©lide Te (voir la 1^Âź colonne); mais si, au coniraire/ il esten rapport avec un adjectif ayant aprĂšs Jui un auire verbe ou un que, on emploie il (2Âź colonne). Dans U est peu apparent, peu modifie Tadjectif a/7;?ar^n5 et non le verbe. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. CVst peu que <fe C*e*l beaucoup que de..... C’eit trop que'de C'«5t iHcs que de..... n e,t peu eertain que Il est inalbeureusemeut trop vrai que «‹tel Il est bien peu sÛr que.'... Il est assez probable que..,.. ‱^'0 N'' CCCXLÏX. C’est.,* de ou que de. C’est,.» que de» Cest une maladie d’esprit que de souhaiter des choses impossibles. (FĂ©nelon.) .., Cest imiter les dieux , Que de remplir son cƓur du soin des mallieurcux.-. (CrĂ©billon.) Est-ee sĂ©duction que de se faire aimer ? (La ChaussĂ©e.) Cest crĂ©er les talents que de les mettre en place. (Voltaire.) Cest obliger tout le monde , que de rendre service « un lionnĂȘte hommsi. (Publ. Svrus.) ' Cest,., que ou Fest de. Ce n’est point assez de pardonner les offenses , il faut aussi les oublier. de Stael.) Cest un second crime de tenir un serment criminel. (J.-J. Rousseau.) Cest mĂ©riter la mort, que Tattendre d’autrui. (Decaux.) Cest louer plus que nous que louer notre amant., : (Saurin.) ... Cest une imprudence assez commune aux rois, D’écouter trop d’avis et se tromper au choix. {Corneille.)
( 414) Cest ĂȘtre criminel que ri'Ă©tre misĂ©rable. (GĂŒym. de la Touche.) Ce n’est pas une hĂ©rĂ©sie que de ne pas croire cerÂŹ tains faits particuliers. - (Pascal.) 11 croit que c'est une justice quĂŻl doit Ă  ses sujets, que de leur montrer le chemin de l’honneur. (FlĂ©chier.) Cest abuser de son esprit que d’établir de telles propositions ; c’est en ahĂŒsĂši* encore de vouloir les ' expliquer. (Voltaire:) ... C’est du ciel attirer fa vengeance, QuĂ© dĂ© laisser soupçonner l'innocence. (Lombard de LakcrĂšs.) Cest un pesant fardeau cf avoir un grand mĂ©rite, (Rkgnard.) Le mĂ©rite a toujours droit de charmer nos yeux , Et c'est presque en avoir que savoir le connaĂźtre. (Langue.) Cest un grand spectacle pour un mahomĂ©tan de voir pour la premiĂšre fĂŽis une ville chrĂ©tienne. (Montesquieu.) Cest une hĂ©rĂ©sie de RĂ©sister aux dĂ©cisions de foi ; parce quc'c’est opposer son esprit propre l’esprit de DiĂ©ti; i s J (Pascal.) ^ ' C^est une Ă©n*eĂčr de regarder la naissance et le rang comme un privilĂšge. (Massillon.) Ouvrez la GratnhtĂ irĂ© HĂšs GranimkĂźfĂšs;et vous Ăż lirez que le' riĂŒffiĂ©fj Va^ugelnSj FĂ©- raud, c’ësl-Ăą-dire tous les grammairiens, observent que Fomission du de ou du que, dans ces phrases,- serait une/a«te. ^ Ouvrez Voltaire, Pascal, Corneille', Racine, Montesquieu, c’esl-Ă -dirĂš lous les Ă©criÂŹ vains, Ă«f voĂŒs Ăż vĂšrfĂšz q'ĂŒe" rbhiii^iofi du de ni du gue n’ùst une faute* C’ĂȘst donc Ă  vous de choisir entre lĂ© P. Buffier; Vaugelas, FĂ©raud, etc., et VdItairĂ«J Pascal,^ Corneille, Racine, etc. . Girault-Duvivier pense qĂŒon doit considĂ©rer la prĂ©position de comme une particule explĂ©iiye commandĂ©e par Teuphonie et que Tusage exige. Encore une erreur Ă  ajouter Ă  des milliers d’autres qĂŒil nous a dĂ©jĂ  fallu combattre, ou qĂŒil nous reste encore k rĂšlever. - . . .k,-/'» J '■ ^ Dans c'est crĂ©er les talents que de les mettre en place, le de se rapporte Ă  un nom sous- entendu, qui peut ĂȘtre/’act/oji, le tact, le talent, ou tout autre mot semblable : C'est crĂ©er les talents que (le talent) de to mettre Ăšn placĂ©. Celle ĂšllipsĂȘ n’a rien que de trĂšs-natuÂŹ rel, el, c’est faute de l’aVĂŽir soupçonnĂ©e que Girault-Duvivier a regardĂ© de comme un mot mutile. Le que n’ùst pas moins nĂ©cessaire : C est un vilain dĂ© faut QĂŒk de mentir* AnaÂŹ lyse : Ce ( dĂ©faut ) que (je vais nommer, c’est-Ă -dire celui ) de mentir est un vilain dé faut. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. * t GĂ«it uo pĂ©obĂ© que de... (Te»t uo pĂ©chĂ© que « CĂ«it an pĂ©ebĂ© de.,. NÂź CCCL. Est-ce ceci? et est-ce ci? Est-ce cela? et est-Ă©e lĂ ? Ceci, cela. Marianne Ă©tait le nom de votre Ă©pouse^, . Lonsoiez-vous, pour une , en voicr dix* oĂč Ûîuze; Et vous ne pouviez mieux vous adresser qĂŒici. Voyez ; est-ce cela? Tenez : est-ce ceci? ^ , (Piron.) Qu’€5!-co donc que ceci? qui nous paiera, nous autres ? ('MoliĂšre.) Ă e ci, çé tĂ . Passez vofrcL chemin , moQ, ^ mon chemin ? — Oui. Oui ,'’qui le pourrait. — Quel maraud ert-cĂŽ ci ? (Regnard.) ;.. Elle disait toiĂŻt basV Qu'crtrce Cl donc.Âź ce compagnoffh* _ Tel que j’al cru. (La Fontaine.)
i 445 )- En conduite, en proifios, Je^suls assez lĂ©gĂšre, , Coquette comme on TĂ©st, parfqiSiĂŒhpeii colĂšre; Mais qu’ëst-ce que cela ? — C’est behiicoup trop, ma IçhĂšre. . [FlĂŽriIn.) .., Qu’est-ce dĂŽhb ? mĂš voilĂ . Ma maĂźtresse se meurt ! — Quoi ! n’esUce que cela? (MojliĂȘrb.) Ravi comme cn^ exta^ Ă  cet objet charmant. Qu’ëst-cc lĂ , ditnl Ă  son pĂšre, Qui porte un si gentii habit? (La Fontainh.) Oh ! oh ! Ăąit-iĂź ; i^ĂŒ'esĂź-fce lĂ  qiiĂš je vbis ?' Le plaisant saint ! {Id.) Il est bien facile de conclure de ces exemples, 1Âź que, dans les interrogations, on Ă©crll (ju'.esi-ce ci? qiTest-ce lĂ ? saris uriir lĂšs particules ĂšiaiM au mot ce; 2!Âź que iiĂ©an- nidiiis si entre cĂš el ci, ce et /Ă , il se irbtive un que, cornme dans les trois derniers exemÂŹ ples de la premiĂšre colonne, i! faiii Ă©crire ceci Ă©t cela en un seul mot; 3“ quĂ© la niĂšiuĂš chose a lieu qiiand ceci el cela sont pris comme noms, ainsi quĂš dans les vers dĂ© Piron. YoilĂ  trois rĂšgles, et trois rĂšgles fondĂ©es sur des faits. Mais suiĂŻiraienl-elles? Non; 1! nĂŽĂŒs reste Ă©hcore, selon nous, Ă  en faire connaĂźtre la raison. Pour cela, nous ap- pelierbHs, Ă©ommĂ© toujours, TariĂźiiyse Ă  notre aide- Or, dans ce vers : Voyez: fist-ce cela? tenez: est-ce ceci? ceci et cela ont du s’écrire ainsi, parce que nous d’avons dĂ©jĂ  dit, ce sont des noms. G’est comme s’il y avait : Votjez : est-ce ceci [cette FEiiiiE-ci] ( qui est votre Marianne )? TĂšncz : est-ce cela [cette femue-la] ( qui est votre Marianne)? Dans les exemples suivants, ceci et cela ont dĂ» s’écrire en un seul mot par la mĂŽme raison. En effet, on dirait en comrnĂšnçànt pa'r ceci bĂŒ celĂ  : ceci, qu'est-ce donc? cela , qu'est-ce? Mais il n’en est pas de mĂȘme dans les citations de la seconde colonnĂš : Quel mdrĂ ud est-ce cl? ce et ci sont deux mots entiĂšrement distincts : iQuel ntaraud est-ce (que je vois) CI [ici]? ou bien (cet homme que je vois) ci [ici],* quel maraud est-ce{i)? il esi donc bien important, comme ori le voit, de ne pas confondre ces deux ëÎries d’orlogrnphes, ainsi que le font journellement les typographes. C’est Ă  eux qĂŒil faut reprocher les fautes qui existent dans les passages suivans: Quelle diable de visite est ceci? (Piron.) Qu’est ceci? dit Ăźe financier : Comment! les cliantres du bocage Pour leur juge ont choisi cet animal sauvage? (Florian.) Il failail ; QĂŒĂ©llĂ© diable de visite est-ce ci ? abrĂ©gĂ©e dĂ© : QuĂ©llĂ© diable dĂš visitĂ© est-ce (que nous allons avoir) ci [ici]? Ă©t qii est-ce ci? dit le financier, abrĂ©gĂ© de : Qu est-ce (que je vois) et [ici]? La Fontaine a commis une autre sorte de faute dans ces vers : ‱ . 1 ’ (1) MoliĂšre va* se charger dĂ© justifier notre analyse. Dans lĂšs Pre'cieuses ridicules il a dit : Quel diable de jargon entmds ' " ’ * ^ quel diable de jargon entends-je ici ? votci bien du haut style. Il aurait pu dire : Qiiel diable de jargon cs/-ck. ci ? ou qitel diable de jargon est-ce que j’eritends ici ? Ailleurs il avait dit aussi} Par rna foi ! je ne «n/ç yjĂŽiM/ quelle bĂȘte c’est la. li aurait Ă©galement pu dire avec l’interrogatiĂ©fi : QĂčelie bĂȘte est-cĂš ix ? Les parlicĂčlĂ©s ci eĂčĂą sont Ă©videmment des mots qui expriment une circonstance ou de lieu ou de temps, et qui, par consĂ©quent ne doivent pas ĂȘtre unies au mot ce. Et ce qui achĂšvera sans doute de prouver que ces pai'licules ont uu sens tout-Ă -fait indĂ©pendant de ce, c’est qu’on peut les supprimer ; exemples : Quel homme csÂŁ-ce ? (Regnard.) Comment ? jQu'wf-ce.^plaĂźWl? parlez, expliquez-vous. {Jd.) Qu’est-ce? eh bien? qĂŒavez vous? vous ĂȘtes tout [changĂ©. (Regnard.)
( m ) lyabord la peĂŒt sĂȘ saisit de notre hoitiriiĂŽ, Qute5/-ce cela? songe-t-il; cst-ilmort? .‱* 0 dieux ! qĂŒcs!-ce cela? il dit en sol : ftustic, qĂŒe sals-tu faire? Veiller, prier, jeĂ»ner, porter ĂŻa haire. QĂŒertoe cela? moins que rien, tous le font* Mais on sent qĂŒil ĂŒy a Ă©tĂ© entraĂźnĂ© que par Ja mesure du vers, car partout ailleurs il a dit : Qu'est-ce lĂ ? La mĂȘme cause a produit Tincorrection suivante : Une dame demande Ă  vous parier. — Son nom ? — Marianne. ^—Comment! que ceci veut-il dire? (Piron.) En terminant ce numĂ©ro,-qui nous a coĂ»tĂ© de longues recherches (1), peut-ĂȘtre nous pardonnera-l-on de, dire que nous sommes les premiers, nous le croyons du moins, qĂŒi ayons abordĂ© un point aussi important el aussi difficile. Car on doit regarder comme presque nul ce qĂŒen a dit Lemare. En effet, nous le demandons, quelle analogie y a- l-il entre ces quatre exemples qĂŒopposece grammairien? C’était ceci, c’était cela. (La Fontaine.) Cela dit, maĂźtre loup s’enfuit et court encore jd.) Ah ! dit-il, qu’e«l-ce ci ? ma femme est-elle veuve? (La Fontaine.) Qu’esl-ce lĂ ?lui dit-il. — Rien. —Quoi! rien. — Peu de chose. , jd.J Et ĂŒesi-ce pas vraiment se moquer deses lecteurs, et dĂ©couvrir son propre embarras, que d’njouler, comme il le fait assez souvent : « Les amateurs de rĂšgles en peuvent faire Âź * fv ^ 6 une Ă  vue de ces exemples, au risque de trop gĂ©nĂ©raliser selon leur coutume. » (?uĂ«st-ce que cccĂź xeut dire? Qu e.kt c« que ligtiiUo ? QcĂ«ftl-ce que ctrci ? QuĂ«slrac que cela ? EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. (JirĂ«sl'ce ci? QuĂ«st-rae lĂ  ? Quel bomtne esUee cĂź? Quelle femme eiirae lĂ  ? Quels imbĂ©ciles sont-cc lĂ  ? Quel fou c»t-ce ri Ăź Quel» coules sont-ce lĂ ? Quelles histoires lotU-ce tal . (1) Les bornes dans lesquelles nous nous faisons un devoir de nous renfermer-ne nous ont pas permis de citer lous les exemples que nous avons recueillis. NĂ©aumoins, comme ce cas pourrait embarrasser plus d’un lecteur, nous croyons devoir ajouter les suivants Ă  ceux dĂ©jĂ  citĂ©s. Ils serviront Ă  faire voir l’usage constamÂŹ ment suivi eu pareille circonstance par les Ă©crivains. Lors le.prince en son Ăąme QĂŒeĂŒ-ce ci donc? (La Fontaine.) Vous vous taisez ! pas un mot l qĂŒcst-ce lĂ ? jd.) Que diable est-ce lĂ  ! je fais toujours tien le preÂŹ mier vers ; mais j’ai peine Ă  faire les autres." (MoliĂšre;) Universel Ă©tonnement. Est-il fou ? qu’est-ce lĂ  ? vienWl de voir quelqu’une ? (La Fontaine.) Mon Dieu 1 quels amants sont-ce lĂ ? jd*) Supposons l’impunitĂ©, je le veux ; et les remords ? — Les remords! quelle hĂ©te est-ce lĂ ? (PlROW.) Le jeune homme tombĂ© des nues. Demandait : QĂŒe.H-ce lĂ ? Ce sont des gens de cour... Et lĂ ?.. Ce sont palais... Ici? — Ce sont statues. (La Fontaine.) ... QĂŒesf-ce ci ? dit la bĂȘte ; Une Ă©crevisse rouge I... Ah ! bon Dieu, quel Ă©clat Ăź ■ (Lemontey.) QĂŒe«<-ce ci? disait-il, je ne vis de ma vie Chose de telle Ă©toffe. (La Fontaine.) / Ce vers de La Fontaine ; Mon Dieu! quels amants sont-ce lĂ ! nous donne occasion de remarquer que lors ĂźhĂ©me que le verbe est au pluriel, «onf-ce, on doit dans les interrogations Ă©crire ce c», ce lĂ  sĂ©parĂ©ment.
( M7 ) . t GCCLl. Ce EMPLOYÉ PAR ÉNERGIE. . AVEC ce. o seie charmant! c'est dans vos vertus quest votre puissance. (Bern. db SaĂŻnt-Pierre.) Eh: seigneur, c'est fort peu de chose quĂŒn dieu quand il est mort ! (VetTDRE.) Cest un sĂź vaste champ que le champ de la gloire, Qu’on y peut arriver par diffĂ©rents endroits. (BoĂŒrsault.} . . . Quand on est misĂ©rable, Cest un fardeau de plus quĂŒu nom considĂ©rable. (La CuaussĂ©e.) E#ÂŁ-cadonc pour veiller qu’on se couche Ă  Paris? (Boileau.) Par ma foil Fest une charmante chose quĂŒne femme. (Regnard.) ON POURRAIT DIRE SANS C0. 0 sexe charmant l votre puissance est dans vos vertus. Eh ! seigneur, un dieu quand il est mort est fort peu de chose. ~ Le champ de la gloire est si vaste, qĂŒon y peut arriver par diffĂ©rents endroits. Quand on est misĂ©rable, uq'nom considĂ©rable esf un fardeau de plus, A Paris se couche-t-on pour veiller? Par ma foi! une femme est une chose charÂŹ mante Mais quelle diffĂ©rence entre ces deux sortes de construction, et combien la premiĂšre est plus Ă©nergique 1 Ce est donc propre Ă  donner aux phrases plus de variĂ©tĂ© et plus de force. Il est surtout merveilleux par les moyens qu’il fournit de mettre sur le devant du tableau ce qĂŒon veut faire le plus remarquer. Par ce seul mot, l’un des’plus caractĂ©ris-^ tiques de notre langue, beaucoup de phrases peuvent ĂȘtre doublĂ©es et prendre un tour plus pittoresque et plus Ă©nergique. C’est Dieu qui a fait le monde. C'est la souris qui i’a mangĂ©. Ce n’est point par eSbrt qu’on aime. Dieu a fait le monde. La souris l'a mangĂ©. Ott n’aime point par effort. JV" CCCLII. Ce EHPLOTÉ PAB P1ÊÔNAS9IB. ' AVEC ce. Son unique dĂ©sir, crois-moi, Fest de charmer. (DorĂąt.) Le plaisir des bons cƓurs, Fest la reconnaissance. (La Harpe.) SANS ce. Le premier commandement de la religion esf d'aiÂŹ mer Dieu, (Bern. de Saint-Pierre.) La premiĂšre qualitĂ© d’un bon roi est la fermetĂ©. (Louis XJV.) « Les vers de la premiĂšre colonne, disent Lemare et Boniface, prĂ©sentent deux plĂ©oÂŹ nasmes, l’un nĂ©cessaire et l’autre utile (1). Dans le premier, on ne peĂŒt supprimer le ce ; dans le second, au contraire, cette suppression peut sĂ« faire : l’expression n’y perd que son Ă©nergie. » Nous croyons que ces deux savants grammairiens se sont fait illusion. En effet, Son unique dĂ©sir est de charmer, et Son unique dĂ©sir, c'est de charmer, ne sont pas deux phrases identiques ; elles diffĂšrent essentiellement, et quant au sens, el (1) Nous avons peine Ă  nous,expliquer comment un mot que l’on gratifie de deux natures, en le regarÂŹ dant ici comme ewĂŻ/ecft/, lĂ  comme pronom, ne soit plus ailleurs ni lĂŒn ni l’autre, et devienne, par une de ces bizarreries .dont aucune langue ĂŒoffre d'exemple, un signe purement euphonique, une lettre morte, telle que le t dans parle t-on. Bien certainement, il y a lĂ  quelque mĂ©prise de la part de nos doctes grammairiens, et nous les invitons Ă  y rĂ©flĂ©chir. ' . 53.
, . ■ ( 418 ) . SOUS le rapport de la construction et de la fonction des mois, il est facile de s’en conÂŹ vaincre en les comparant attentivement. En disant ; Son unique dĂ©sir est de charmer, on Ă©nonce simplement un fait, et un fait trĂšs-ordinaire , ou du moins auquel on semble n’attacher aucune importance. Mais en disant: Son unique'dĂ©sir, c’est de charmer, ce tout* elliptique marque bien plus Ă©nergiÂŹ quement la pensĂ©e do celui qui parle, Ăšn mĂȘme tem'ps qĂŒelle lui donne plus d’intĂ©rĂȘt et de vivacitĂ©. C’est comme si l’on disait : « Cet homme, peut-ĂȘtre croyez-vous qu’il ambiÂŹ tionne les richesses, qĂŒil veut obtenir des honneurs, des distinctions, des places? DĂ©sÂŹ abusez-vous. Cet homme n’a qu’un dĂ©sir, un .seul dĂ©sir , et cet unique dĂ©sir qui possĂšde son Ăąme, qui absorbe son ĂȘtre, cest de charmer. » Quelle foule d’idĂ©es 1 Et ĂŒesUce pas vraiment une chose remarquable qu’il soit possible de les peindre toutes au moyen du seul petit mot ce / Dans son unique dĂ©sir est de charmer, le verbe est a pour sujet son unique dĂ©sir; il n’y a d’ellipse que devant la prĂ©position de : son unique dĂ©sir est ( le dĂ©sir) de charmer. Mais dans son unique dĂ«stV, c’est dĂ© charmer, est n’a plus pour sujet son xmique dĂ©sir^ ainsi que le pensent Ăą tort Lemare et Boniface; le seul (1) et vĂ©ritable sujet de ce verbe estcc, et ee qui le prouve d’une maniĂšre palpable, c’est la ponctuation, qui, d’accord avec la pensĂ©e, a voulu qu’on sĂ©parĂąt son unique dĂ©sir de cest de charmer ^ sĂ©paration qui n’a pas lieu dans la premiĂšre,phrase. Mais si ces mots ; son unique dĂ©sir, ne sont point le sujet du verbe, quelle peut ĂȘtre leur fonction ? Car il faut de toute nĂ©cessitĂ© ou qu’ils soient sujet ou qu'ils soient complĂ©ment. Analysons cette seconde construction, et nous aurons : (quant Ă ) son unique dĂ©sir, ou (si vous voulez connaĂźtre) son unique DÉSIR, [eh bien!) cet (unique dĂ©sir) est (celui) de charmer. Celte analyse, en nous montrant clairement Ăźe rĂŽle que remplit chaque mot, nous prouve de plus que ce ĂŒest point de trop dans la phrase, et que, par consĂ©quent, il n’est pi un double sujet ni un plĂ©onasme. D’ailleurs, un principe incontestable pour nous, et pour tout esprit que les prĂ©jugĂ©s n’ont point viciĂ©, c’est que la prĂ©sence ou l’absence d’un mot quelconque dans une phrase doit nĂ©cessairement lui faire subir quelque modification, soit sous le rapport du sens, soit sous le rapport de la construction ou de la^fonclipa grammalicale des mots. C’est Ă  dĂ©couvrir cette modification que doivent tendre les efforts du grammairien philosophe, et c’est ce que n’ont fait ni Lemare ni lloniface. Nous n’avons envisagĂ© jusqĂŒici cette question que sous son point de'vue analytique , nous allons Texaminer maintenant sous le rapport de l’usage. * / EMPLOI DE ce ENTRE DEUX SUBSTANTIFS. AVEC ce. La loi de l'univers, c’est malheur au vaincu. ’ . (Saurin.) Le miel, c’est le doux.fruit que produit la science. (Naudet.) . . . AprĂšs la bienfaisance, Le plus grand des plaisirs, c’est la reconnaissance. (De Belloy.) Celui qui dit qĂŒil connaĂźt Dieu et ne garde pas ses commandements, c’est unraerilenr., (Bossuet.). ' ^ SANS ce. L'enfef des femmes est la vieillesse. (La RocuefoĂŒcauli),) ' W ■ - -t » V - / Le grand ouvrier de la nature est le temps. (Buffon.) Le plus grand des biens, sans doute, est le repos. (pEMOUSTlBR.) Un ennemi, pour l'humainĂ© faiblesse, Est un mentor qui ne lui coĂ»te rien. (Naudet.) (1) Nous disons le seul sujet, car nous ne sommes point de ceux qui s'imaginent qĂŒun verbe peut avoir deux sujets, pas plus qu'un corps deux Ăąmes, ou une Ăąme deux corps.
(M9 ) Le gibier du lion, ce ne #onf pas moineaux; MaĂŻs beaux el bons sangliers, daims et cerfs bons [et beaux. (La Fontaink.) ' Le plus beau prĂ©sent qui ait Ă©tĂ© fait aux hommes aprĂšs la sagesse, c'est l’amitiĂ©. (La Rocue.J ‱ Le sage Ésope dans ses'fables, Nous en donne un exemple ou deux: Celui qu’en ces vers je propose Et les siens, ce sont mĂȘme chose; {Id.} . Le vrai jour pour voir un -bon cƓur est la clartĂ© d’un incendie. (Ddpatt.) . , . Ces sĂ©ductions Qui vont au fond des cƓurs chercher nos passions, Ce poison prĂ©parĂ© des mains de l’artifice. L’espoir qu’on donne Ă  peine afin qu’on ie saisisse, Sont les armes dĂŒn sexe aussi trompeur que vain. (VOLTAIUB.) Lorsque le verbe ĂȘtre se trouve entre deux substantifs, on peut, comme on voit, expriÂŹ mer ou ne pas exprimer le mot ce : La vraie noblesse est la vertu, ou la vraie noblesse, c’est la vertu; celte derniĂšre expression est plus Ă©nergique. La rĂ©pĂ©tition de ce est indispensable, dit la Grammaire des Grammaires, dans le cas oĂč le verbe ĂȘtre est suivi d'un substantif du nombre pluriel. Le dernier exemple de la seconde colonne nous prouve que celte rĂšgle, comme la plupart de celles qu’on trouve dans ce volumineux ouvrage, n’a eu pour base que le caprice do son auteur, et non les faits. , n. ENTRE UN SÜBSTANTIP ET UN VERBE. AVEC ce. L*un des meilleurs remĂšdes contre nos propres chagrins, cest de chercher des consolations pour les chagrins des autres. * (Dufresnb.) Le vrai moyen d’ĂȘtre trompĂ©, c'est de se croire plus fin que les autres. (La Rocuefoucauld.) La fureur delĂ  plupart des Français, c’est d'avoir de resprii; et la fureur de ceux qui veulent avoir de Tesprit,' c'est de faire des livres. (Montesquieu.) . . . Le secret de rĂ©ussir, Ç'f^t ĂŒĂ©fre adroit, ngn d’ĂȘtre utile. (Florian.) Mon grand secret pour ĂȘtre heureux, C'est de vivre dans l’ionocençe. (W.) SANS ce. Le premier moyen de diminuer Tindigence du peuple est d'affaiblir Vopulence extrĂȘme des riches. (Bern, DE Saint-Pierre.) ' Le seul moyen de lui ressembler est de se remplir de sagesse, de justice et de saintetĂ©. (BartuĂ©lemy.) Le bonheur parfait n’est pas sur la terre, mais le plus grand des malheurs, et celui qu’ou peut touÂŹ jours Ă©viter, est d'Ă«trc malheureux par sa faute. (J.-J. Rousseau.) Le devoir le plu§ saint, la loi la plus chĂ©rie, Est d’oublier la loi pour sauver la patrie. ^ (Voltaire.) DĂšs qĂŒil faut obĂ©ir, le parti le plus sage Est de savoir se faire un heureux esclavage. (CrĂ©billon.) Tous lĂšs grammairiens, sans exception, disent que quand le verbe ĂȘtre se trouve entre un infinitif et un nom, on doit toujours le faire prĂ©cĂ©der de ce. Encore une rĂšgle Ă©taÂŹ blie en l’absence des faits ; car ceux que nous avons rapportĂ©s dĂ©montrent assez qu’on peut dire, Ă  son g;rĂ© : la vraie,noblesse, c’est d'ĂȘtre vertueux, ou la vraie noblesse est d'ĂȘtre vertueux. III. KNTSB ce qui, c$ que, et un substantif pu un verbe. AVEC ce. Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement. (Racine.) Ce çu on souffre avec le moins de patience, ce sont les perfidies, les trahisons, les noirceurs. (T. Corneille.) Ce gui donne le plus d;Ă©Ioignement pour les dé vots de profession, c’esl cette ĂąpretĂ© de mƓurs qui .1^ Ăź?Ăź?d iRscu^ibles Ă  J’hurequitĂ©. gftp»§LKAU.) SANS ce. AprĂšs les bonnes leçons, ce qĂŒil y a de plus inÂŹ structif sont les ridicules. (Duclos.) Ce qui parait aux uns Ă©tendue d’esprit n'est aux yeux des autres que mĂ©moire et lĂ©gĂšretĂ©. (Vauvenargues.) Ce qui m’étonne le plus est de voir que tout le monde n'est pas Ă©tonnĂ© de sa faiblesse- (B|»cal.) T : i
( im ) Dites ce cpit est vrai » faites ce qui est bien : ce qui importe Ă  l’homine, c’est de remplir ses devoirs sur la terre; et c’cst en s’oubliant qu’on travaille pour soi. (J.-J. UoĂŒSSEAU.) Ce qui rend la taille et tous les impĂŽts onĂ©reux au cultivateur est qu’ils sont pĂ©cuniaires, et qu’il est premiĂšrement obligĂ© de vendre pour parvenir Ă  payer. (J.-J. Rousseau.) Suivant Tauteur de la Grammaire des Grammaires, la rĂ©pĂ©tition du pronom ce est inÂŹ dispensable quand le verbe ĂȘtre se trouve placĂ© entre ce qui, ce que et un substantif ou un verbe; et celte rĂ©pĂ©tition est impĂ©rieusement exigĂ©e si le substantif est du noinbre pluriel. Nos. citations donnent un dĂ©menti formel Ă  cette rĂšgle, et font suffisamment sentir comÂŹ bien la Grammaire des auteurs Temporte sur celle des grammairiens, sous le rapport de la vĂ©ritĂ© et de la juste apprĂ©ciation des faits qui constituent notre langue IV. ENTRE UN OU PLUSIEURS INFINITIFS ET ÜN NOM, AVEC ce. 4 ĂŻtegwcr l’impossible aux rois, c’est un abus. (La Fontaine.) Être alliĂ© de Rome Ă©t s’en faire un appui, C’est l’unique moyen de rĂ©gner aujourd’hui. (Corneille.) * Apprendre les langues les plus difficiles, connaߏ tre les livres et les auteurs, etc., ç’ont Ă©tĂ© scs preÂŹ miers plaisirs. (FlĂ©chier.) SANS ce. Punir EST un tourment, pardonner, un plaisir. [CllÉNlBR») MĂ©priser le mĂ©pris, rendre haine pour haine, Est icparti qĂŒil faut qĂŒun honnĂ©le homme prenne. ' (QĂŒinault.) Savoir manier les chevaux et les armes «ont de» talents communs au chasseur et au guerrier. (Buffon.) PlacĂ© entre un ou plusieurs infinitifs et un nom, le verbe ĂȘtre peut ĂȘtre ou non accomÂŹ pagnĂ© de ce. Il en est de mĂȘme de la forme composĂ©e ont Ă©tĂ©. Quant Ă  la phrase de Buffon, que nous avions soumise Ă  la SociĂ©tĂ© grammaticale, elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e. On a prĂ©tendu que : quand les sujets sont exprimĂ©s par des infinitifs,^ 011 doit les rappeler devant le verbe, parce que ces' sujets n’ont pas la mĂŽme prĂ©cision que si c’étaient des substantifs..., et on a remarquĂ© en outre que Tun des sujets Ă©tant ellipsĂ©, il Ă©taitindispensable de les prĂ©senter tous deux Ă  Tesprit. Par ces considĂ©rations, la SociĂ©tĂ© a dĂ©cidĂ©que Buffon auraitdĂčdire: Savoir manier les chevaux et les armes, ce sont des talents communs au chasseur et au guerrier. Sans pourtant vouloir nous mettre mal avec la SociĂ©tĂ© grammaticale, Ă  laquelle nous nous faisons honneur d’appartenir, et dont nous savons mieux que personne, peut-ĂȘtre, apprĂ©cier les immenses services, nous ne pouvons nous empĂȘcher de lui faire ici Tappli- cation des belles paroles de M. Arnault : <c La SociĂ©tĂ© grammaticale, pas plusque VAcaÂŹ dĂ©mie, pas plus qu aucune sociĂ©tĂ© du monde, ne fait la langue; elle en tient registre sous la dictĂ©e des hommes de gĂ©nie. Ce n'est pas Ă  elle Ă  nous faire la loi. » /C’est lĂ  une de ces vĂ©ritĂ©s profondes qĂŒon ne saurait trop rĂ©pĂ©ter et -que nous vouÂŹ drions voir enfin universellement comprise. Son premier bienfait serait de nous dĂ©livrer, peut-ĂȘtre pour toujours, de ces misĂ©rables livres oĂč les auteurs, ibfatuĂ©s d’eux-mĂȘmes, nous donnent, comme des lois absolues, leurs propres opinions, leurs croyances, leurs prĂ©jugĂ©s. ENTEE DEUX VÎFINITIFS. AVEC ce. VĂ©gĂ©ter, c’est mourir; beaucoup penser, c’est vivre. (FrĂ©dĂ©ric IL) Epargner/l&s plaisir», c’e«f le» multiplier. (F ONXENELLB.) AVEC ce. RĂ©duire Thomme Ă  son corps, c’est le rĂ©duire Ă  ses scos. (ÂiMÉ Martin.) Voyager Ă  pied, c’est voyager comme ThalÚ», Platon,.Pytbagore. (J.-J. Rousseau.)
DĂ©choir du premier rang, c’est tomber au dernier. (La Harpe.) . . . Obliger ceux qu’on aime, QĂŒon estime surtout, c’est s’obliger soi-mĂȘme. (COUN d’HĂ rleville.) Ne citer qĂŒune traduction d’un poĂšte, c’est ne montrer que l’envers d’une belle Ă©toffe. (Bern, de Saint-Pierre.) Vivre content de peu, c’est ĂȘtre vraiment riche. (Gaudin.) (>21 ) ' ' PrĂ©venir le besoin, e*est.doithĂźer le bienfait. (MarĂ©chal.) La vie est un dĂ©pĂŽt confiĂ© par le ciel ; Oser en disposer, c’est ĂȘtre criminel. (Gresset.) BlĂąmer la vanitĂ© de ceux que l’on flatte, c'est se plaindre du feu que l’on a attisĂ©. (De LtngrĂ©e.) DĂ©sirer d’ĂȘtre utile au monde, cest dĂ©sirer d’ĂȘtre Ă©clairĂ©. ‱ (Marmontel.) Lo seul cas oĂč le verbe ĂȘtre doit toujours ĂȘtre construit avec ce, c’est, comme on le voit, lorsqu’il sc trouve placĂ© entre deux infinitifs. Nos immenses lectures ne nous ont fourni que ces deux exemples oĂč ce n’ait pas Ă©tĂ© exprimĂ© : Soufflern'est vas jouer (AcaÂŹ dĂ©mie) ; se parer et farder ti’kst pas, je Vavoue, parler contre sa pensĂ©e (FlĂ©chier). Peut- ĂȘtre bien cette suppression est-elle permise quand la nĂ©gation prĂ©cĂšde le verbe ĂȘtre. exercice PBRÂSÈOLOGIQVE. Lft TÎe, c’est la penjĂȘe. La jeunesse, ce nĂ«st que lĂ©gĂšretĂ©. , Ce que je sais le mieux, c’est la {in. Ce qui mĂ«Oligc, cĂ«st de voir que... La TiĂ©cst la pensĂ©e. La jeunesse n est que lĂ©gĂšretĂ©. Ce que je sais le mieux est la lia. Co qui m’afflige est de voir que... Le vrai moyen de parvenir, c’est de. Le vrai moyen de parvenir est de... SĂȘ marier sans amour, cĂ«st folie. Se marier sans amour est folie. DES PRONOMS POSSESSIFS. N* CCCLUi. NATURE DES PRONOMS POSSESSIFS. — DÉFINITION â–ș t On voit les maux d’autrui d’un autre oeil que les ' [siens. (Corneille.) Ton dieu, c’est l’intĂ©rĂȘt; le mien, c’est l’équitĂ©. Enlre ces ennemis il n’est point de traitĂ©. (Voltaire.) La musique des anciens,Grecs Ă©tait trĂšs-diffĂ©rente de la nĂŽlre. (Voltaire.) f ' Ne jetons pas la pierre aux autres; [nĂŽtres? , Car s’ils ont leurs dĂ©fauts, n’avons-nous pas les (Arnault.) Les pronoms possessifs ceux qui marquent la possession 'des personnes ou des choses dont ils rappellent TidĂ©e. Les mots que les grammairiens regardent comme pronoms possessifs sont le mien , le tien, le sien, le nĂŽtre, le vĂŽtre, le leur ; la mienne, la tienne, la sienne, la nĂŽtre, la vĂŽtre, la leur. I. — Le mien. MASCULIN ET FÉMININ SINGULIER. L’ambition ni la fumĂ©e ne touchent point un cƓur comme Ăźe mien. (L-J. Rousseau.) Madame, en ce moment je reçois celte lettre. Qu’en vos augustes mains mon ordre est de remettre, Et que jusqĂŒĂ©n la mienne a fait passer Tarquin. (Voltaire.) MASCULIN ET FÉMININ PLURIEL. Ami, dit l’un, tes yeux sont meilleurs que les miens. Porte un peu les regards sur ces plaines profondes. (La Fontaine.) Le temps des vengeances publiques est Ă rrivĂ©;de pouvais y associer les miennes, mais je fus fidĂšle Ă  ma devise. (Bern. de Saint-Pierre.) II. — ÂŁe tien. Le secret du soudan doit encor se cacher ; Mais mon cƓur dans le tien se plaĂźt Ă  s’épancher. (Voltaire.) . Tu es un ange du ciel, ma Julie! Sans doute, avec tant d’autoritĂ© sur mon Ăąme, la tienne est plus divine qĂŒhumaine. (J.-J. Rousseau.) Le cƓur plein dc ce que nous lui devons, je vouÂŹ lais lui montrer mes sealiments et les tiens, (J.-J. Rousseau.) Je ne prĂ©tends pas te donner mes raisons pour inÂŹ vincibles, mais te montrer seulement qĂŒil y en a qui combattent‘tes tiennes. [Id.)
( 422 ) III. — Le sien» ĂŻphis voit Ă  TĂ©glise ĂŒn soulier d'ĂŒhĂ« nouveĂœĂ© mode ; il regarde le sien et en rougit, il ne se croit plus habillĂ©. (La BruÿÚrĂ«;) Plusieurs de nos ministres choisis par le foi se pĂ©nĂštrent de son palfioiisme, et ils sentent que leur gloire, comine la sienne, est dans le bonheur naijo- nal. (Bern. de Saint-Pierre.) Dans ses projets ĂŒh faquin rĂ©ussit. Tandis que dans les siens un honnĂȘte homme Ă©choue. (LebudnO L’homme heureux n’a qu’à s'abandonner Ă  sĂšs vertus, et il faut que le malheureux se sacrifie aitx Siennes» (Saint-Evremont.) IV. — Le nĂŽtre» Danioti, quel malheur est ĂŻe nĂŽtre! Ou ne ridĂŒĂš croit ni l’un iii rautrc; (Ueonard.) Beaucoup de familles Ă©trangĂšres qui meurent de regret hors de leur patrie, se naturaliscraietit dans (Bern. de Saint-Pierre.) la nĂŽtre. Ne jetons pas la pierre aux gĂ©iis; Excusons leurs dĂ©faiitĂą; n’avons-nous pas les nĂŽtres? (Arnault.) Je soutiens qĂŒil n'y a point de lecture aussi dé licieuse, mĂȘme pour qui ne te connaĂźtrait pas, s’il avait uue Ăąme semblable aux nĂŽtres. (J.-J. Rousseau.) ‱V. — Le vĂŽtre» Un cƓur pour qui le vĂŽtre avait quelque tendresse, N'a point appris de vous a montrer de faiblesse, (Voltaire.) Il n'en faut point douter, je les plains l’nn et l’autre, Jamais crainte ne fut plus juste que la vĂŽlre. (Racine.) CĂ©leste Julie 1 vous vous contentez de charmer iibs sens, et ĂŒĂŽtes point en guerre avec les vĂŽtres. (J.-J.Rousseau.) Vous ignorez encor mes pertes et les vĂŽtres; Mais, hĂ©las! apprenez les unes et le* autres. (Racine.) VI. — Le leiir. Les journaux attendent le jugement du public pour y conforuier le leur: (Beun. de Saint-Pierre.) Des princes mes neveux j’entretiens la fureur, Et mon ambition autorise la leur. (Bacine.) De tous les’auleurs, il ĂŒy en a point que je mé prise plus que les compilateurs, qui vont de tous cĂŽtĂ©s chercher des lambeaux des ouvrages-des auÂŹ tres quĂŻls plaquent dans les leurs, (Montesquieu.) VoilĂ  des raisons, cher Émile; pesez les leĂŒrs, s'ils eu ont, et comparez. (J.-J. Rousseau;) ^ I Dans toutes les citations qui prĂ©cĂšdent, nous ne voyons pas que les expressions le mien, le tiĂȘn, lĂȘĂ©ien, etc., soient des pronĂŽins possessifs, ainsi qu’ils ont Ă©tĂ© impropreÂŹ ment qualifiĂ©s par les grammairiens, mais bien d’autres adjectifs possessifs variant dans. leur forĂźne; selon le genre et lĂ© nbmbre dĂŒ substaiitif aĂŒqĂŒĂ©l ils ont rapport, et qui est toujours sous-entendu. En effet, un cƓur comme lĂ© mien, tes,yeux^sont meilleurs que les miens, etc., s’analysent de cette maniĂšre : un cƓur comme le [cƓur] mien, tes yeux sont meilleurs que les {yeux) miens, oĂč l’on voit que mien et miens ne jouent d’autre rĂŽle que celui d’adjectifs, puisqu’ils se rapportent Ă  un nom constamment ellipsĂ©. La propriĂ©tĂ© des termes dĂ©rive ici de l’esprit d’analyse, et c’est faute d’avoir Ă©tĂ© Ă©clairĂ©s de cet esprit que les grammairiens ont donnĂ© aux adjectifs mien, tien, sien, etc., des appellations fausses. Ces adjectifs, toujours placĂ©s aprĂš^s les substantifs qu’ils qualifient, sont : 1Âź En rapport avec la .premiĂšre personne du singulier, pour les deux genres Ă©t les deux nombres, mien, mienne, miens, miennes; 2Âź En rapport avec la seconde personne du singulier, pour les deux genres et les deux nombres, tieU', tienne, tiens, tiennes; - ' .3Âź En rapport avec la troisiĂšme personne du singulier, pbĂŒr les deux genres et les deut nombres, stĂ«n, ri'enne, siens, riennes; . , 4° En rapport avec la premiĂšre personne du pluriel, nĂŽtre, pour le masculin et le minin singulier ; nĂŽtres, pour le niĂ scĂ»lia Ă«t le fĂ©minin plĂŒf iĂ«l ;
( 423 ) ' 5Âź En rapport avec la seconde personne du pluriel, vĂŽtre, pour le masculin et le fĂ©minin singulier ; vĂŽtres, pour le masculin Ăšt le fĂ©minin pluriel; 6Âź En rapport avec la troisiĂšme personne du pluriel,^pour les deĂŒx genres et les deux nombres; /ewf; leurs. * ' , Remarquez que nĂŽtre, vĂŽtre^ prĂ©cĂ©dĂ©s d’un article, prennent un accent circonflexe, et que, dans ce cas, Vo est long. Le mien. Le tien. Le sien. Le nĂŽtre. L» vĂŽtre. Le leur. EXERCICE PHRASÉÔiOGiQÙË. Le ntiennĂš: La ti<;nne. La’sienne* La nĂŽtre. La yĂŽlre. La tetr. Les triiens. Les'tiens. Le» siens. Les nĂŽtres. Les vĂŽtres. Les leurs. Les mienncf. Les tiennes. Les siennes. Les nĂŽtres. Les vĂŽtres: Les leurs. N* ÇCCLIV. Le miĂ©n, h tien, lĂ© sien, etc. pris substantivement Et le mien Ă©t le tien, deux frĂšres pointilleux, Par son ordre amenant les procĂšs et la guerre, ^ En tous lieux, de ce pas, vont partager la terrĂ©. (BoilĂšac.) Si j’ajoute du mien Ă  son invention, C’est pour peindre nos mƓurs; et non point par envie. (La Fontaine.) IL 0 ciel ! et quel est donc l’excĂšs de ma misĂšre, Si le trĂ©pas des miens me devient nĂ©cessaire ! (Voltaire.) Mais j’ai les miens, la cour, le peuple Ă  contenter. (La ËojĂźtaine.) Le dieu lui rĂ©pondit: les tiens cesseront de ré gner quand un Ă©tranger entrera dans ton lie pour y faire rĂ©gner les lois. (FbnĂ©lon.) Malheureux le vengeur entourĂ© de tombĂȘĂąĂŒx Qui porte chez les siens le glaive et les flambeaux. (ColarĂŒead.) . C’est Ă  nous Ă  payer pour les crimes des nĂŽtres. (Racine.) C’est en vain que d’Aumale arrĂȘte sur ces rives Des siens Ă©pouvantĂ©s les troupes fugitives. (Voltaire.) Ori voit par ces citations : 1Âź que mien, tien, etc., dans le inien, Ăźe tien, lĂ© sien, le . nĂŽtre, le vĂŽtre, le leur, s'eriiploient substantivement pour dĂ©signer ce qui nous apparÂŹ tient; ce qui nous est propre : le mien, le tien, ĂŒest-Ă -dire mon biĂ©n, ton bien. Or ori conçoit que cet emploi doit ĂȘtre essĂšiitiellement restreint au masculin singulier. 2Âź Que les mĂȘmes adjectifs sont encore employĂ©s substantivement au masculin pluriel, seulement quand on parle des personnes qui noĂ»s sont attachĂ©es par les liens du sang ou de TamitiĂ©, ou qui sont sous notre dĂ©pendance. Girault-Duvivier se trompe en avanÂŹ çant qĂŒalors on dit : moi et les miens, toi et les tiens, etc., le pronom personnel devant toujours prĂ©cĂ©der le pronom possessif, qui sans cela ĂŒaurait plus la mĂȘme signification. Nos exemples prouvent-Tinexaclitude de ces paroles. D’abord la prĂ©sence du pronom personnel, puisque pronom il y a, n’est pas indispensable devant Tadjectif possessif. En second lieu, il peut ĂȘtre transposĂ© aprĂšs en poĂ©sie. C’est ainsi que La Fontaine a dit, pour Ă©viter un hiatus : Les tiens et toi pouvez vaquer Sans nuUe crainte Ă  vos affaires. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L* mß«n, l« nĂŽtr». Ira ti«B, la TÔtr». Ira sien, le leur. La nĂŽtre. Les miens, lĂšs nĂŽtres. Les tiens, les vĂŽtrae. LĂšs siens; Les leurs.
^ l k% ) N” CCCLV. «8^» \ EMPLOI DE le mien, le tien, etc., avec des noms indĂ©terminĂ©s. Je ne dis ni bien ni mal des gens en place, pourvu que je conserve la mienne. (D’Alembeet.) « . . Mais le monstre en furie DĂŒn seul coup, Ă  mes pieds, vous a jetĂ© sans vie. Et mĂŒ ravi la mienne avec le mĂȘme effort. (CrĂ©billon.) 0 Suivant M. Landais, les pronoms possessifs ne peuvent pas se rapporter Ă  des noms pris dans un sens indĂ©fini, et ce serait une faute de dire : il n'est pas humeur Ă  faire plaisir, et la mienne est bienfaisante parce que, selon ce grand principe de VaugeÂŹ las « tout nom employĂ© sans article ou sans quelque Ă©quivalent de Tarticle, ne peut avoir » aprĂšs soi un pronom qui se rapporte Ăą ce nom. » Ce grand principe de Vaugelas, que les grammairiens nous rebattent depuis des siĂšcles, est trop absolu; les rĂšgles absolues en grammaire, dit M. Dessiaux, ont au moins le petit inconvĂ©nient de fausser le jugeÂŹ ment. Heureusement les grammairiens philosophes ont fait bonne justice de ce grand principe de Vaugelas. Nous demanderons d’abord Ă  M. Landais lui-mĂȘme si les phrases que nous avons citĂ©es en tĂ©te de ce numĂ©ro, et qui sont dans Tanalogie de celle qu’il a critiquĂ©e, sont vicieuses ou choquantes. S’il soutient que oui, pour rester fidĂšle Ă  VauÂŹ gelas, nous soutiendrons que non, pour rester fidĂšles au bon goĂ»t, Ă  Tusage des meilleurs Ă©crivains, qui ont frĂ©quemment employĂ© cette syllepse dans les cas oĂč il serait, difficile ou mĂȘme impossible de s’exprimer autrement sans dĂ©naturer la pensĂ©e ou sans nuire Ă  la concision. N" CCCLTl. DES PRONOMS RELATIFS. Le bien que Ton fait la veille Fait le bonheur du lendemain. (Le Baillt.) Heureux le sage roi qui connaĂźt sa faiblesse! (CUENIER.) Il est des maux dont une loi sĂ©vĂšre Nous impose eu naissant le fardeau nĂ©cessaire. (La Harpe.) La douceur du ton et des maniĂšres a un ascenÂŹ dant Imperceptible auquel on ne rĂ©siste pas. (M“¼ DE Pdisieux.) C’était presque la seule chose Ă  quoi ils distinÂŹ guaient les catholiques des luthĂ©riens. (Voltaire.) Un souverain abdique le jour oĂŒ son autoritĂ© est mĂ©connue, (NapolĂ©on.) Les pronoms relatifs çwtVçwc, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, quoi, dont, oĂč, servent non seulement Ă  dĂ©terminer Tobjel dont on a parlĂ©, Ă  en rappeler TidĂ©e, mais encore Ă  joindre une autre pensĂ©e Ă  ce mĂȘme objet. C’est cette derniĂšre propriĂ©tĂ© qui les a fait nommer pronoms conjonctifs. On les appelle aussi pronoms relatifs, Ă  cause de la relation qĂŒils ont avec les noms ou les pronoms qui les prĂ©cĂšdent. ÈXERCICE ANALYTIQUE. Je blĂąme nn bienfaiteur dont l’ñme mercenaire Veut mettre un prix Ă  son bienfait. (Mme Jouvsxu.) Gloire immortelle au bienfaiteur Qui protĂšge notre faiblesse! (Stasiaut.) Recevoir aes bienfaits de l'ĂȘtre nu'on mĂ©prise, N’est-ce pas se dĂ©shonorer? (ÂŁ^^0 Laissez entre U colĂšre Et l'orage qui la suit LĂŻiotervalle d'une nuit. Il n’est auĂŒune espĂšce d'herbe Qui ne soit chĂšre au crĂ©ateur, ÂŁn voulant se hntcr de jouir Oa perd souvent uh bien que J'uo allait cueillir, (AratRT.) fL* FoHTAINa.) (IIadiioiit.)
( 425 ) N" CCCLVIl. «*— EMPLOI DES PRONOMS RELATIFS. QUI. RELATIF. Le fer qui tranche tout n’est qĂŒun moyen Vulgaire. ( Cas. Delavigne. ) Je mĂ©connais les grands qui ĂŒont pas TĂąme grande. (BoĂŒrsaĂŒlt.) La.rioutewr qui se tait ĂŒen est que plus funeste. (Racine.) Loin des personne» qui nous sont chĂšres, toute demeure est un dĂ©sert el tout espace est un vide. (M°*Âź Necker.) ABSOLU. Qui veut rĂ©gner en paix veut un peuple dĂ©vot. (ChĂ©nier.) Qui cherche le malheur, malheur trouve en amour. ' . {id.) Qui sert les malheureux sert la divinitĂ©. ‱ (Guym. de la Touche.) Qui veut ĂȘtre aimĂ©e doit ĂȘtre aimable. (Anonyme.) Le pronom qui est relatif ou absolu : relatif, il se dit des personnes et des choses et est des deĂŒx genres et des deux nombres, selon que son antĂ©cĂ©dent est du masculin ou du fĂ©minin singulier, du masculin ou du fĂ©minin pluriel ; il est pour lequel, laquelle, lesquels, lesquelles colonne). Absolu, c’est-Ă -dire n’ayant rapport Ă  aucun antĂ©cé dent exprimĂ©, qui ne peut se dire que des personnes, et alors il est du masculin ouvdu fĂ©minin singulier; mais presque toujours du premier : Qui veut rĂ©gner en paix, qui veut ĂȘtre aimĂ©e, c’est pour (celui) qui veut rĂ©gner, [celle] qui veut ĂȘtre aimĂ©e, oĂč Ton voit que celui et celle antĂ©cĂ©dents de qui sont sous-entendus. EmployĂ© dans les interrogations, qui absolu peut aussi ĂȘtre du masculin et du fĂ©minin pluriel. Exemples : Dites-moi, je vous prie, lui demanda Clorinde,. qui sont ces jeunes gens. (J.-J. Rousseau.) Il y avait hier chez vous beaucoup.de personnes; qui sont-elles ? (Girault-Duvivier.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L'Lomme qui. La femme qui. Les jeunes gens qui. Les jeunes personnes qui. >ui est vertueux. )ui est vertueuse, iui est franc. Oui est fraoctie. Le clieval qui. L'enfant qui. Qui est brave. Qui est bonne. Qui e«-il ? Qui est-elle? Qui sont-ils ? Qui aiment-elltfi ? **^3 N” CCCLTIII.«8^«**Âź~ QUI dans les Ă©numĂ©rations. . ' Qui lui prĂ©sente des gĂąteaux, qui des chĂątaignes, qui des noisettes. (M“*Âź de SĂ©vignĂ©.) Nos gens faisant main basse sur tout, s'en vont qui deçà, qui delĂ . ‘ (P.-L. Courier.) . . . Certains saints , Pour mieux vaquer Ă  leurs pieux desseins, Se sĂ©questraient, vivaient comme des anges, Qut çà, guilĂ , portant toujours leurs pas En lieux cachĂ©s. (La Fontaine.) EmployĂ© dans les Ă©riumĂ©rations, qui signifie les uns, les autres, et est toujours du masÂŹ culin singulier, * ^ EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. On ae rĂ©pandit dans les prairies, qui çà , qui Qui lui donne des gĂąteaux , qui du vm , qui Qui dormait, qui mangeait, qui buvait, qaf lĂ . des liqueurs. fumait, qui dansait. .54
(*M) N‘ CCCLÏX. o»««- QÜB. I. UASCCLm BT FÉMININ SINGULIER. L’esprit Ă©bauche le bonheur que la vertu achĂšve. (HblvĂ©tiĂŒs.) n n’est point de ÛertĂ© gue le sort n’humilie,^ (CrĂ©billon.) MASCULIN ET, FÉMININ TLURIBL. Bravez des ennemis gue voiis pouvez combattre. (Lamotte.) Des lois que nous suivons, la premiĂšre est Thonneur. (Voltaire.) II. Au fond de son tombeau, trop hcureui le mortel QuĂŒn jour de plus, pĂšut-Ă©lre, eĂ»t rendu criminel. (Ducis.) L’autoritĂ© gĂŒon mĂ©prise est bientĂŽt bravĂ©e. (SÉGUR;) Il est certains esprits gĂŒil faut prendre dĂš biais, Et que, heurtant de'frontj voiis ne gagnez jamais. (Rbgnard.) La gloire prĂȘte un charme aux horreurs gu’on af- [fronte. (DelavĂŻgne.) Oh voit : 1° que le pronom relatif que est des deux genres et des dĂ©ux nombres, qĂŒil est pour lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, selon le substantif qu’il modifiĂ© : le bonheur que la vertu achĂšve, les ennemis qu'e voiis pouvez combattre, etc., s’analysĂȘht ainsi : te bonÂŹ heur que (lequel) la vertu achĂšve, Ăźes ennemis que (lesquels) vous pouvez combattre. 2Âź Que devant une voyelle Te iriuet de Tadjectif conjonctif que s’élide et Ă©st rĂȘtaplacĂ© par une apostrophe. « EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Le fiToir qae je lui ronnoĂźs. La vcrtii que cette daino prĂ©fĂšre. Le Imo cnsur qii'il fait paraĂźtre en tonte occasion. LĂ  douceur qu'elle a montrĂ©e. Les talents que l’instruction fait Ă©clore. Les qualitĂ©s que la modestie gaze. Les serTÎces qu’on a rendus. Les espĂ©rances qu’un seul jour a dĂ©truite*. N“ CCCLX. DONT. MASCULIN ET FÉMININ SINGULIER. L’esprit est un flambeau dont la douce lumiĂšre Ne doit point offusquer les regards qĂŒil Ă©claire. (DBSTOUCaES.) 0 fortune, ĂŽ grandeur, dont Tamorce flatteuse Surprend, touche, Ă©blouit une Ăąme ambitieuse! (Corneille.) XJn plaisir dont on est assurĂ© de se repentir ne peut jamais ĂȘtre tranquiĂŒe; (MŸŸ DE LA ValLIÈRE.) La vie de Tavare est une comĂ©die dont on n’apÂŹ plaudit que la scĂšne qui la termine. (Sanial-DubĂ t.) masculin et fĂ©minin pluriel. Fuir n'est un dĂ©shonneur Que pour ceux dont on peut soupçonner la valeur. (CrĂ©billon.) ... Il est des blessures Dont un cƓur gĂ©nĂ©reux peut rarement guĂ©rir. (Voltaire.) 11 est des maĂŒx dont une loi sĂ©vĂšre Nous impose Ă©n naissant Ib fardeau nĂ©cessairĂŽ; (La Harpe.) 11 n’y a pas.de contradictions dont les hommes ne soient capables. . (Vauvenargues.) Dont, de tout genre et de tout nombre, convient aux personne? et aux choses. Il siÂŹ gnifie duquel, de laquelle, desquels,desquelles, et mĂŽme de gwot,comme dans cet exemple* VoilĂ  justement cĂ© dont il s'agit ; ce de quoi il s'agit.
■l 427 ) ÈXEkĂ«lCÈ PHRASÉÔLvtilQbĂą. Ira malliear dont tous attendĂšx U Cn. La considĂ©rĂątioa dont il jouĂźt.. LĂȘt dommages dont noos tommn aceaMĂ©ik LĂšs Ăą initiĂ©s dont elles sĂš HĂȘCent. N» CCCLXI. Lequel; ßàquĂ©llĂ©; dĂŒqxiĂšl, dĂ© lĂ quĂ©llĂ©, auquel, Ă  laquellĂ©, Ăštc* UASCUL1N KT fĂ©minin SINGULIER. Le 13 mai fut donnĂ© le fameux arrĂȘt d’unibti, qu’on peut regarder comme l’étendard sous lequel se rangĂšrent par suite tous ceux qui voulurent moÂŹ lester le ministĂšre. ' (Anquetil.) Toute affectation est ridicule, mĂȘme celle par laquelle on prĂ©tend s’éloigner de l’affectaiion, (Brisson.) Cette fumĂ©e ou vapeur qui brĂ»le n’a jamais la mĂȘme quantitĂ©, la mĂȘme intensitĂ© de chaleur que le corps combustible duquel elle s’échappe. (Buffon.) La bontĂ© du Seigneur, de laquelle nous ressenÂŹ tons tous les jours les effets, devrait bien nous enÂŹ gager Ă  pratiquer ses commandements. (Waillt.). . LĂ  douceur du ton et des maniĂšres a un ascenÂŹ dant imperceptible auquel on ne rĂ©siste pas. (M"‘¼ de Puisieux.) Chaque matiĂšre Ă  laquelle lo feu ĂŽte ou donne quelque chose n’est plus la substance simple que l’on voudrait connaĂźtre. (Buffon.) . MASCULIN BT FEMININ PLURIEL. Ces temjis dĂ» l’homme perd son domaine, ces siĂšcles de barbarie pendant lesquels tout pĂ©rit, sont toujours prĂ©parĂ©s par la guerre. ( Buffon. ) ; Les guerres continuelles dans lesquelles les rois furent engagĂ©s suspendirent les soins qu’ils auraient dĂ» prendre aux lettres. (Duclos.) Les paysans attachĂ©s Ă  la glĂšbe Ă©taient la propriĂ©tĂ© de leurs seigneurs, au pouvoir desquels rien ne pouÂŹ vait les soustraire. (J.-J. Rousseau.) TĂ©lĂ©maque suivait la dĂ©esse environnĂ©e d’une foule de nymphes au-dessus desquelles elle s’élevait. (FĂ©nelon.) L’odorat subtil du chien est indiffĂ©rent Ă  une mulÂŹ titude de parfums auxquels l’horilrhĂš est sensible. (Bern. de Saint-Pierre.) J’ai vu un homme qui sort des galĂšres auxquelles ce porte-chaiidelier l’avait bien ridiculement conÂŹ damnĂ©. ' (Dupatv.) On voit que de tous les pronoms.relalifs, quel est le seul qui prenne Tarticle : leÂŹ quel, laquelle, etc., Ă©t que cet article lui est si Ă©troitement ĂŒiii qu'il eri est insĂ©parable, soit dans son Ă©tat naturel, soit dans son Ă©tat de contraction. Lequel, laquelle^ duquel, de laquelle, auquel, Ă  laquelle, etc. , ipemĂ«ni se dire, tant au singulier qĂŒau pluriel, des personnes ou des choses. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE^ L'ami nur lequel je compte. La joie ovec laquelle j’ai re<ju votre lettre. Le malade au rĂ©tablissement duquel je m’intĂ©resse. La personne aux soins de laquelle je dois tout: Le bonheur auquel ou aspire. LĂ«apĂ©raace i laquelle on se livi'e. Jras riches sur lesquels les pauvres s’appuient. Les lois soUs lesquelles nous vivons. , Les amis auprĂšs desquels nous nous plaisons. Les contrĂ©es loin desquelles nous nous trouvons. Les gens auxquels cela convient. Les rĂ©compenses auxquelles vous avez droit. N“ CCCLXll t QÜOL ABSOLU. On est assez parfait quand on Ă  de qttoi plaire. (Montel.) II y a je pe- sais quoi de turc Ă  proscrire l’impriÂŹ merie; et c’est ia proscrire que la trop gĂȘner. (Voltaire,) relatif. Au milieu de ce dĂ©sordre il fallait cependant adopter un ordre, sans quoi la confusion de la maÂŹ tiĂšre eC^ encore ajoutĂ© Ă  l'insuflisance de l’auteur. (Bern. db Saint-Pierre.) 11 y eut plusieurs dtners Ă  quoi l’on ne s’était pas attendu. db SĂ©vignĂ©.)
( 428 ) Il y a je ne sais quoi de futble dans la simplicitĂ©, et moins Thomme est superbe, plus il est vĂ©nĂ©rable. (TLÉCHIEft.) Hippies se trouble ; il sent je ne sais quoi de'diuin qui l’étonne et qui Taccable. (FĂ©nĂ©lon.) C'Ă©tait presque ia seule chose Ă  quoi ils distio- guaieut les catholiques des luthĂ©riens. (Voltaire.) C'est encore ici une des taisons pour quoi je veux Ă©lever Émile Ă  la campagne. ^ , (J.-J. Bocssbau.) \ ConsidĂ©rĂ© comme absolu, c’est-Ă -dire comme ne se rattachant Ă  aucun antĂ©cĂ©dent exÂŹ primĂ©, le pronom quoi toujours du masculin singulier (1” colonne). S’il est au contraire relatif, c’est-Ă -dire qĂŒil ait rapport Ă  un nom prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, ii est pour lequel, laquelle, etc., et peut par consĂ©quent s’associer Ă  des noms des deux genres et des deux nombres (2* colonne). Du reste, quoi ne se dit jamais que des choses. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. A quoi pensei-vous ? T» ne fais quoi d’aimable, ' Le point sur quoi. La raison pourquoi. De q^uoi vous plaignez-vous? Quoi de plus beau? Les motifs pourquoi. Les choses a quoi. K CCCLXIIl. OĂč, d'oĂč, par oĂč. SINGULIER. L'abdication d'un souverain est une ironie; il abÂŹ dique le jour oĂŒ son autoritĂ© est mĂ©connue. (NapolĂ©on.) Sans les.insectes, les oiseaux n’auraient pas de quoi nourrir leurs petits, dans une saison oĂč il n’y a pas encore de grains ni de fruits mĂ»rs, (Bern. de Saint-Pierre.) C’est dans la nature qĂŒjl faut chercher la subÂŹ stance d’un peuple, et dans sa libertĂ© le canal oĂč elle doit couler. (Id.) L’opinion publique ne retourne jamais en arriĂšre qu’au moment oĂč elle a atteint les extrĂȘmes du point d’oĂč elle est partie. . (DefbrriĂšre.) pluriel. Dans lĂ©s pays oĂč il y a des lĂźpns, il y a des races de chiens capables de les combattre corps Ă  corps. (Bern. de Saint-Pierre.) . Q^nd les longues feuilles des palmiers des Indes sont'sĂšches, on s’en sert comme de tablettes oĂč Ton Ă©crit avec un poinçon. (id.) O ‘ > Fst'il Ă©tonnant que nos maux se multiplient dans tous les points par oĂŒ Ton peut nous blesser? (J.-J. Rousseau.) IT arrive quelquefois dans la vie des accidents d'oĂč il fj^ut ĂȘtre un peu fou pour se bien tirer. (La RocuefodcaĂŒld.) OÙ, d'oĂč, par oĂč, ne se disent jamais que des choses ; ils sont des deux genres et .des deux nombres, et ont souvent, dans le discours, plus de grĂące que diiquel, dans lequel, par lequel, dont ils font les fonctions. Dans ces vers de Racine, ... Il ne reste que moi OĂč l’on dĂ©couvre encor les vestiges dĂŒn roi ; oĂč pour en qui est une licence poĂ©tique qui n’est guĂšre permise, mĂȘme en poĂ©sie. EXERCICÉ PBRÂSÉOLOGIQVE. Le bonheur oii j’aspiro. La viJle d’ou j’arrive. Les regards ob la colĂšre est peinte. Les provĂźntes par oti vous passerez. N' CCCLXIV. l DES EXPRESSIONS qui que ce soit, qui que ce fĂ»t, quoi que ce soit, quoi que ce fĂ»t, etc. Qui que ce soit. Qui que ce soit qui me demande, dites que je suis occupĂ©. (GlRAULl-DCVIVIER.) 11 recommande le secret Ă  ses filles, leur fait exÂŹ presses dĂ©fenses d'en parler Ă  gui que cĂ© fĂ»t. (P.-L. Courier.) SANS NÉGATION. Quoi que ce soit. Quoi que ce soit qĂŒelle dise, elle nç me persuaÂŹ dera pas. (Girault-Duvivier.) Quoi que ce puisse ĂȘtre, j'en tiendrai le secret. (Planche.)
{ 429 ) AVBC nĂ©gation. % Je n*envĂźe la fortune de qui que ce soit. (GinAĂŒLT-DoVlVIER.) On ne doit jamais mal parler de qui que ce soit. jd.) Je n’y ai trouvĂ© qui que ce soit. (Plancue.) Quelque mĂ©rite que Ton ait, on ne peut, si l'on n'a ni bonheur ni protection, rĂ©ussir Ă  quoi que ce soit. (Girard.) I / Ceux qui ne s’occupent Ă  quoi que ce soit me paraissent fort mĂ©prisables. (Girault-Duvivier.) Dans les expressions qui que ce soit, qui que ce ffit, quoi que ce soit, quoi quĂš ce fut, etc., que les grammairiens ont Ă  tort considĂ©rĂ©es comme des pronoms indĂ©finis, le qui et \equoi ^ ne sont autres que les adjectifs conjonçtifs qui et quoi, employĂ©s d'une maniĂšre absolue. Qui que ce soit, pour les personnes, et quoi quĂ© ce soit pour les choseĂą, se,mettent touÂŹ jours au masculin singulier avec ou sans nĂ©gation et dans lous les rapports possibles. EmployĂ© sans nĂ©gation, gui que ce soit a le sens de quiconque, ou de quelque personne que ce soit ; mais employĂ© avec nĂ©gation, il signifie personne ou aucune personne. 'Qui que ce soi/, employĂ© nĂ©gativement, a la signification de quelque chose que; avec nĂ©gation, il signifie rien. ‱ « EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Recourez qui que ce soit. K’accordez pas votre cooGaoce Ă  Donnez-moi quoi que ce soit. Ne rĂ©ussir en quoi que ce.soiU Être jioli envers qui que ce soit. qui que ce soit, S’occuper Ă  quoi que cc soit. We valoir quoi que ce soit. WCCCLXY. EMPLOI DE qui relatif comme sujet. POUR LES PERSONNES. Loin des personnes qui nous sont chĂšres, toute demeure est un dĂ©sert et tout espace est un vide. (M'”« DE Necker.) Il y a des gens qui regardent leurs amis comme des victimes dĂ©vouĂ©es Ă  leur rĂ©putation. (Saint-Évremont.) Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas D’un savant qui se tait. (MoliĂšre.) POUR LES CHOSES. i La colĂšre dans les vieillards est le seul vice dc la jeunesse qui se ranime par Textinction des autres. (Duclos.) Le vĂ©ritable courage est trĂšs-opposĂ© Ă  la tĂ©mĂ©ritĂ© qui n’examine rien. (Fontenelle.) Pour prĂ©venir les maux gut vous glacent de crainte, On peut, sans s’abaisser, aller jusqu'Ă  la feinte. (CrĂ©billon.) Lorsque qui est construit en sujet, comme dans ces citations, on voit qĂŒil peut se rapÂŹ porter aux personnes et aux choses. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. L'homme qui. La chose qui. Les femmes qui. Les objets qui. N" CCCLXVI. 9^. » EMPLOI DE qui, OU DE lequel, lorsque ces mots sont complĂ©ments de prĂ©positions, I. POÜR LES PERSONNES, Phalante, Ă  qui la honte et le dĂ©sespoir donnent encore un reste de force et de vigueur,, Ă©lĂšve les mains et les yeux vers le ciel. (FĂ©nĂ©lon.) FOUR LES CHOSES. La terre est un globe d’environ 3,000 lieues de diamĂštre: elle est situĂ©e Ă  trente millions de lieues du soleil, autour duguei elle fait sa rĂ©volution en 365jours. (Rigaud.) \
( 430 ) La trompette *a soimĂ©, les traits sifflent : MoTse, Sur un mont Ă  TĂ©cart, debout, les bras levĂ©s, Priait le Dieu par qui les flots sont soulevĂ©s. (Chateaubriand.) La conversation devient plate Ă  proportion que ceux avec gui on la lient sont plus Ă©levĂ©s en dignitĂ©. (HelvĂ©tios.j 0 rochers escarpĂ©s l c’cst Ă  vous que je me plains, car je n’ai que.vous Ă  gui je puisse me plaindre. (FĂ©nelon.) ĂŒn livre curieux serait celui dans lequel on ca trouverait pas de mensonge. (NapolĂ©on.) Le cruel intendant de tes jardins, depuis ton dé part, m’oblige Ă  des travaux insurmontables, dans lesquels j’ai pensĂ© mille fois laisser la vie, (Montesquieu.) . . . Notre vie est un pĂšlerinage Auquel nous condamne le sort. (Stassart.) Le but de ces exemples est de nous apprendre gĂŒen gĂ©nĂ©ral, toutes les fois qĂŒun pronom relatif est complĂ©ment d’une prĂ©position, on se sert de qui poĂŒr les personnes ou les objets personnifiĂ©s, de lequel, lat^uelle, etc., pour les choses. II. I Quoique certains Lapons aient, pendant Thiver, certaines terres fixes, U y en a beaucoup davgntagĂ© qui courent toujours, etdesgue/# on ne saurait trouÂŹ ver Tbabitation. (Regnard.) Quand tout le monde est parti, Ton parle de ce qui s’est passĂ©. L’homme rapporte ce qĂŒoii lui a dit, ce qu ont dit .et fait ceux avec lesquels il s’est, entretenu, (J.-J. Rousseau.) Je tiens pour maxime incontestable que quiconÂŹ que n’a vu qu’un peuple, au lieu de connaĂźtre les hommes, ne connaĂźt pas les gens avec lesquels U a vĂ©cu. {id.) Soutiendrez-vous un faix sous gui Rome succombe (Corneille.) Je pardonne Ă  la main par gui Dieu m’a frappĂ©. ‱ (Voltaire.) Je t’amĂšne, aprĂšs tant d’annĂ©es, ' Une paix de qui les douceurs, Sans aucun mĂ©lange de pleurs, Feront couler les destinĂ©es. (Racine.) Du haut de la montagne oĂč sa grandeur rĂ©side 11 a brisĂ© la lançe et VĂ©pĂ©e homicide Sur qui TimpiĂ©tĂ© fondait son ferme appui. (J.-B. Rousseau.) Lequel, laquelle, complĂ©ments d’une prĂ©position, peuvent aussi, comme le prouvent les exemples de la premiĂšre colonne, se dire des personnes. Mais ii n’en est pas de mĂȘme de qui, pour Jes choses, bien que les exernples de la seconde colonne semblent Ă©tablir le conÂŹ traire; il faut ies regarder comme autant d’infractions au principe que nous avons Ă©tabli plus haut, et comme des licences que Ton peut so permettre seulement en poĂ©sie ou dans le style figurĂ© : lĂ . tout s’anioie, se personnifie. ‱ EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Les homnies avec qui,.. Les Lomatca avec lesquels. Celles avt'c qui. Celles aTCC lesquelles. Les rsUons par lesquelles. Le pris auquel. La chose Ă  laquelle. Les pensĂ©es auxquelles. L'enfant Ă  qui. Les personnes auxquelles. Les gens pour qui. Les geus pour lesquels. Le portrait auquel. Lahagiiesur laquelle. La vallĂ©e dans laquelle. La fortune vers laquelle. r cccLxvii. EMPLOI DE dont ET DE duquel, COMPLÉMENTS D'ĂŒN SUBSTANTIF. Dont. Les personne? dorit (es orefĂź/c# sont inĂ©gales oq insensibles-se trompent souvent sur le cĂŽtĂ© d’oĂč vient le son. (Buffon.) 11 faut plaindre le sort du prince infortunĂ© Dont ie coeur endurci n'a jamais pardonnĂ©. (CUÉNlKR.] ArriĂšre ceux dont la pauche Soqffle Ig çjigĂŒd et lĂ© froid. y ... - FoNTA!^.) Duquel. ' Sous )es ctnpereurs romains, celui-lĂ  seul avait le droit de demander le triomphe, sous les ausÂŹ pices duquel la guerre s’était fiitc. (Montesquieu.) Le nombre du petit peuple devenant incommode,> on en ĂŒt des colonies, par le moyen desquelles on s’assura de la fidĂ©litĂ© des provinces. .{Journal grgmmaftco/,) Les paysans attachĂ©s Ă  la glĂšbe Ă©taient la propriĂ©tĂ© de leur? seigneurs, aupouvqir desquels rieu ne pouÂŹ vait les soustraire. (J.-J. Rousseau.)
( ) li'homme, dont Vestomao et les intestins ne sont f»as d’une trĂšs-grande capacitĂ© relativement ou vo- ume de son corps, nepourrait pas vivre d’herbe seule. (Buffon.) On attribue Ă  la cigogne des vertus morales dont Vimage est toujours respectable : la tempĂ©rance, la fidĂ©litĂ© conjugale, piĂ©tĂ© liliale et paternelle. jd.}. Hier futnn jour sur les Mnements duquel il faut peut-ĂȘtre jeter un voile,' (Tuiers.) Il le montra entourĂ© de satellites Ă  la violena desquels il livrait ses contradicteurs. (li.) L’emploi de don/ et de duquel est ici bien facile Ă  comprendre. On doit se servir du preÂŹ mier toutes les fois qĂŒil est suivi d'un substantif dont il est complĂ©ment ; dont ßÚs oreilÂŹ les, dont le coeur endurci, etc. colonne). Au contraire, si le substantif vient avant, sous la dĂ©pendance d’une prĂ©position, il faut ditquel, de laquelle, etc. : Sous les auspices duquel, par le moyen de laquelle, etc. (2Âź'' colonne). EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. r/Ăąne dont les oreilles. L’nne dans les oreilles duqnel. Cenx dont l’esprit. l'a tempĂȘte dont la violence. La tempĂȘte Ă  la violence qe‘laquelle. Celle dont ta beaUtĂ©. Lr rossignol dont le chant. Le rossignol ait cliauĂź duquel. Les hommes dont les Ceux dans Tesprit desquels. Celle Ă  la beautĂ© de laquelle. le» passions. Les hommes aux passions desquels. N" CCCLXYIII. EMPLOI DE dont, COMPLÉMENT Dâ€™ĂŒN VEKBE OD D’DN ADJECTIF. J’approuve la maniĂšre dont vous dt»frt6«e« votre temps et vos Ă©tudes. (Racine.) ' Nous sommes trĂšs-contents de la maniĂšre natuÂŹ relle dont vous Ă©crivez. jd.) L'air dont U m’a repu m’a surpris. (Marmontel.) Les sujets d’Âceste, animĂ©s par Texemple et par les ordres de Mentor, curent une vigueur dont ils ne se croyaient point capables. (FĂ©nĂ©lon.) TĂ©moigne? Ă  M. de Bonnac ma reconnaissance pourramiliĂ© donMl vous honore. (Racine.) Vous ne connaissez pas la personne il «’p- gissait. {Id.) Le sĂ©nat attachait Ă  Rome des rois dont elle avait peu Ă  craindre. ^Montesquieu.) Il prĂ©voyait l’avenir par la profonde sagesse qui lui faisait connaĂźtre les hommes et les desseins dont ils sont capables. (FÉr^ÉLoN.) Dans ces exemples, dil Boniface, Ă  qui nous devons en partie ce numĂ©ro, dont se rapporte tantĂŽt Ă  un nom de personne, tantĂŽt Ă  un nom de chose. Il est complĂ©ment d’un verbe ou d’un adjectif qui veulent aprĂšs eux la prĂ©position de ; Distribuer son temps d'une ĂźnamĂ©re; honorer de VamitiĂ©, capables d'une vigueur, etc. Dans ce cas, dont est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable Ă  duquel et Ă  de qui ; mais il y a cepenÂŹ dant des circonstances oĂč duquel et de qui doivent ĂȘtre employĂ©s au lieu de- dont ; c'est quand le sens peut prĂ©senter une Ă©quivoque, ce que Ton verra un peu plus loin. , EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Le» Ă©loges dont von» ĂȘtes digne». Les caresses dont von» m’accablez. Les chimĂšres dont vons vous rc- Les conseils dont vous profites. La pauvretĂ© dont je m’honore. La maniĂšre dont U parle, paissez. ^ L’ordre dont il est parlĂ©. —N'CCCLXIX, ^ a EMPLOI DE dont POUR OU moyen duquel, avec lequel, etc. Je ne m’étonne plus de cette violence DontW. contraint Auguste Ă  garder sa* puissance. (Corneille.) Et leurs livres, un dĂ©, du fil et des aiguilles,' Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles> (MOLlftRB.)
( 432 ) Les six pattes armĂ©es de griffes avec lesquelles le papillon rĂ©siste aux vents dans le.repos, la trompe roulĂ©e dont il pompe sa nourriture... , (Bbrn. db Saint-Pibrre.) H a la voix perçante et rude, Sur la tĂȘte un morceau de chair. Une sorte de bras dont il s’élĂšve en Tair, Comme poUr prendre sa volĂ©e. (La Fontaine. ĂŻ On apprend, par ces exemples, que dont peut s’employer quelquefois pour au moyen duquel, avec lequel, etc. ; mais, dit M. Dessiaux, cet emploi est plus particulier Ă  la poĂ©sie. . t EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Ce que j’adniire le plus dans l’élĂ©phant, c’est cette pompe dont il saisit sa nourriture. La maniĂšre dont vous manifestez votre joie. Le ton dont vous nous recevez. C’cst cette violence dont vous me contraignez Ă  garder vos secrets qui, etc. La maniĂšre dont vous nons avez reçus. L’air dont il accueille tout le monde. ‹«e»» N° CCCLXX EMPLOI DE OU. Autrefois PrognĂ© l’hirondelle De sa demeure s’écarta, Et loin des villes s’emporta ' ’ Dans un bois oĂč chantait la pauvre PbilomĂšle. . (Ua PbNTAlNE.) A' ces bords oĂč mes pas et mes destins s’enchaĂźnent, L’amour et le remords tour Ă  tour me ramĂšnent. (CĂŒATEAĂŒBRIAND.) AussitĂŽt il conduisit TĂ©lĂ©maque vers la porte d'iÂŹ voire, par .oĂč l’on peut sortir du lĂ©nĂ©oreux empire dePluton. , (FĂ©nĂ©lon.) Dans Ăźe siĂšcle oĂč nous sommĂ©s, 11 faut fuir dans les bois et renoncer aux hommes. (Regnard.) . Ah ! prince, dĂšs longtemps par le sort poursuivie, J’ai prĂ©vu les malheurs qui menaçaient ma vie, Et j’ai toujours bien cru qu’il fallait m'exercer Au mĂ©pris des grandeurs oĂč j’allais renoncer. (Regnard.) Reine, l’excĂšs des maux oĂč la France est livrĂ©e Est d’autant plus affreux que leur source est sacrĂ©e. (Voltaire.) Heureux qui, satisfait de.son humble fortune, Libre du joug superbe oĂč je suis attachĂ©, Vit dans l'Ă©tat obscur oĂč les dieux Tont cachĂ©. (Racine.) C’est un mal oĂč mes amis ne peuvent porter de remĂšde. (Honxesquied.) f Ces citations nous permettent d’établir qĂŒen prose, comme en poĂ©sie, on peut employer oĂčde prĂ©fĂ©rence Ă  duquel, auquel, par lequel, quand il y a localitĂ© physique (1^Âź col.) et en quelque sorte localitĂ© morale (2Âź col). Toutefois, dans les exemples qui suivent, celte localitĂ© morale ne se dĂ©couvre pas ; il faut donc les considĂ©rer comme des licences dont le privilĂšge est seulement rĂ©servĂ© aux poĂštes. A quoi sert le mĂ©rite oĂč manque la fortune! (Corneille.) Et’moi, par vu bonheur oĂč je n’osais penser. L’un et Tautre Ă  la fois je puis vous embrasser. (Racine.) Vraiment, c’est une grĂące oĂč je n’osais prĂ©tendre. (Campistron.) Libre des soins cruels oĂč j’allais m’engager, Ma tranquille fureur n’a plus qĂŒĂ  se venger. (Racinb.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. L'cndioit oĂč ĂŒâ€˜est. La place oĂč elle est. Le rivage oĂč je cours. La boĂźte oĂč je l’ai mis. Le pĂ©ril oĂč il s’engage. Le piĂšge oĂč il tombe. La misĂšre oĂč ils sont. La carriĂšre oĂč l’on s’enga^
f 433 ) W GCCLXXÏ. EMPLOI DE dont, d’oĂč. Dont. L’hymen vous lie encore aui dieux dont vous sortez, (Racine.) . Du sang dont vous sortez rappelez la mĂ©moire. jd.) MisĂ©rable ! et je vis ! et je soutiens la vue De ce sacrĂ© soleil dont je suis descendue ! jd.) Sans respect des aĂŻeux dont elle est descendue. (Boileau.) Le corps, nĂ© de la poudre, Ă  la poudre est rendu; L’esprit retourne au ciel, dont il est descendu. (L. Racine.) IToĂč. VĂ©nus remonte dans un nuage d'oĂŒ elle Ă©tait sorÂŹ tie. . . (FĂ©nelon.) Comment avez-vous pu entrer dans cette Ăźle d'oĂŒ vous sortez? {Id,) Rappeler aux anciennes formes de son origine un peuple Ă©clairĂ©, puissant, immense, c’est vouloir renfermer un chĂȘne dans le gland d’oĂč il Ă©st sorti. (BĂ©rn. de Saint-Pierre.) VoilĂ  notre belle enflammĂ©e D’un feu qu’on ne connaĂźt que quand on l’a senti, Et qui, tout Ă  la fois interdite et charmĂ©e, Cherche des yeux la main d’oĂč le trait est parti. ' (De Boufflers.) Nous pauvons infĂ©rer des exemples de Tune et de Tautre colonne qiTavec les verbes descendre, sortir, les Ă©crivains ont gĂ©nĂ©ralement employĂ© dont, lorsqu’ils ont voulu exÂŹ primer Taction morale d’ĂȘtre issu ; et d’ow, toutes les fois qu’il s’est agi d’énoncer une acÂŹ tion physique desortie, (le dĂ©part ou d’éloignement: D’aprĂšs ce principe, c’est.donc avec raison que les grammairiens condamnent Temploi de dont dans les citations suivantes : Rentre dans le nĂ©ant dont je t’ai fait sortir. (Racine.) Les alliĂ©s de Rome, indignĂ©s et honteux tout Ă  la fois de reconnaĂźtre pour maĂźtresse une ville dont la liÂŹ bertĂ© paraissait ĂȘtre bannie pour toujours, commencĂšrent Ă  secouer un joug qu’ils ne portaient qĂŒavec peine, (Cité’par Girault-Duvivier.) Il aurait fallu d’oĂč. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Les parents dont vous descendez. La iamilic dont Ü est isso. Les peuples dont nous sommes descendus. La ville d’oU je viens. Le lieu d'oĂč je sors. LĂ  maison d'oĂč il sort N" CCCLXXII. Lequd, laqmlle, prĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs. AVEC et. On connaĂźt des nations entiĂšres-et des ordres d'hommes auxquels la religion dĂ©fend de manger de rien qui ait eu vie. (Buffon.) Le zĂšle et Xexactitude avec lesquels je me suis acquittĂ© de l’emploi que S. Exc. m’avait .confiĂ©, n’ont pas dĂ» m’inspirer plus de dĂ©fiance. (J.-J. Rousseau.) SANS et ou AVEC OU. Louis XIV accorda aux savants et aux artistes cette faveur, cette protection sans laquelleXcs arts ne peuvent fleurir, (CitĂ© par NoĂ«l et Chapsal.) Il montra un courage ou une prudence Ă  lUquelle on prodigua des Ă©loges.. (Les mĂȘnies.) PrĂ©cĂ©dĂ© de deux substantifs de diffĂ©rent genre et unis par et, lequel se met, comme dans les exemples de la premiĂšre colonne, au masculin pluriel. Mais si, d’aprĂšs les citations de ia seconde colonne, lequel est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substan- lifs ayant entre eux quelque synonymie et non liĂ©s par la conjonction et, il prend alors le genre’et le nombre du dernier : c’est ce qui a encore lieu lorsque les substantifs sont joints 55
(4E) par la particule ou. Comme on le voit, lequĂ©l, laquelle; etc., sont soumis aux mĂȘmes rĂšgles syntaxiques que les adjectifs qualificatifs. EXeAcFCE PnÉisÈotĂŽGlQUE. r.e courage et l’atlrcsse avec lesquels ÎI se tira d’affaire, t’e sont des Ijonnncs el des femmes auxquels je conviens. II y a des hommes et^iies femmes uiis.tjuels on ne peut plaire. Voila les termes et les couililioiĂźs d’aprĂšs lesquels tl veut Irai ne rcsistc. traiter. DĂ©ployer une bravoure, une intrĂ©piditĂ© Ă  lamielle rien Il fallait voir l’art ou l’adresse avec laquelle n s’y prit. Ayez ce zclc, cette assiduitĂ© avec laquelle il travaille. Puissiez-vous avoir cette habiletĂ©; ce talent sans lequel on n’est rien. N» cccLxxili. EMPLOI DE qui; DE que OU DE lequel, laquelle, etc. QĂŒi Ôû qĂŒĂš: Les oisĂšawaĂź dĂ© paradis, gui nous viennent des Indes.ne sont pas tous Ă©galement conservĂ©s ni tous pĂ i*hlitemĂ©rit s'emBlablĂ©s. (Bd'pfĂŽn.) Les Français.ne parlent presque jamais de leurs femmes : c’est qu’ils ont peur d’en parler devant des gens gui les connaissent mieux qu’eux. (Montesquieu.) L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune par* les ihĂȘines moyens qui lĂ©s y avaient fait monter. (La BruyĂšre.) , La paresse de Tesprit et dd corps est un vice que les hommes surmontent bien quelquefois, mais qĂŒils n’étĂŽuffent janiais. (Diderot.) Les louanges que nous donnons se rapportent tou- jdiirs par quelque chose Ă  nous-mĂȘmes. (Massillon.) 11 y a dans la mĂ©ditation des pensĂ©es honnĂȘtes une sorte de bien-ĂȘtre que les mĂ©chants n’ont jaÂŹ mais connu ; c'est celui de se plaire avec soi-mĂȘme. (J.-J. Rousseau.) Lequel» J'Ă©tais ce‱ matin> dans ma, chambre, laquelle, comme tu sais, n’est sĂ©parĂ©e des aulres que par une cloison fort mince. , (Montesquieu.) ClusiĂŒs rapporte; sur le tĂ©moignage de quelques marins, lesquels n’étaient instruits eux-mĂȘmes que par des ouĂŻ-dire, qu'il y a deux espĂšpes d’oiseaux de paradis. (Buffon.) . . . Un chien vient dans une cuisine, 11 y troĂŒvĂ« ĂŒn ckĂ pon, lequel a bonne mine. (kACINE.) Quant Ă ĂŒ inarcHahd, il se dĂ©fit dĂ© toĂčs ses escla- Vesj.Ă la ré§erve d’un grammairten, d’un cAanfre et d’Ésope, lesquels il alla exposer en vente Ă  Samos. (La Fontaine.) Il n’acheta que des langues, lesquelles il fit acÂŹ commoder Ă  toutes les sauces. ^ . (La Fontaine.) Le jour suivant, que les vapeurs de BacchĂŒs fuÂŹ rent dissipĂ©es, Xanthus fut eitrĂȘmemĂ©nt surpris de ne plus trouver son anneĂąw, lequel il Tenait fort cher; (Jd.) Girault-Duvivier, en parlant de lequel, laquelle, etc.-, nous dit qu'on ne s*en sert presÂŹ que jamais en sujet ou eii rĂ©gime direct ; qu’en pareille circonstance, il faĂŒt toujours emÂŹ ployer qui ou que, comme le montrent les citations de la premiĂšre colonne. Nous concevons qu’en l’absence de faits, Girault-DuViviĂ«r Ăąit posĂ© uhe rĂ©glĂ© trop rigdĂŒ'reuse ; car les exemÂŹ ples de la seconde colonne prouvent manifestement qu’en sujet ou en rĂ©gime lequel, laÂŹ quelle sont quelquĂ©fĂŒis prĂ©fĂ©rablĂ©b Ă  qĂŒi bĂč 'que ; c'eĂąt qĂŒĂąlbfs i\Ă  rendĂ©nt la phrase sinon plus Ă©lĂ©gante, au moins plus soutenue. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. C’est l’espĂ©rance qui soutient tons les hommes. Les animaux qui rampenl sont les ^lus vils. La joie qu’il raanirestait Ă©tait sincere. ^ Les personnes que nous aurons seront en graoJ nombre. LĂ  libertĂ© convient aux hommes j nbtammeiil aux princes, lesÂŹ quels , ' Je rencontrai un homme, lequel, comme je vous di», me parut suspect. ^ N” CCCLXXIY. ÉQUIVOQUE DE qui, que, dont, remplacĂ©s par lequel, laquelle, duquel, etc. . t ^. La mĂ©disance est une pente secrĂšte , de TĂąme Ă  pĂ«hker mal dĂ© touĂą lĂšs hommĂ©s, laquelle se roani- leste pĂąr les paroles. (PensĂ©es de Thbophraste.) La seconde considĂ©ration dĂ©pend de rapports donnĂ©s dans cĂ©rtaines situations, rapports accidenÂŹ tels Ă  la chose, lesquels, par consĂ©quent, ne sont point nĂ©cessaires et peuvent varier Ă  Tinfini. . (J.-J. Rousseau.)
( 435 } « . Voici un exemple tirĂ© des papiers anglais, lequel jĂ© ne puis m’empĂȘcher de rapporter. (J.-J. HoussbaĂŒ.) Outre les vtn» destinĂ©s pour la vente et poĂŒr lĂ©s provisions ordinaires, lesquels n’ont d’autre façon que d’ĂȘtre recueillis avec soin, la bienfaisante fĂ©e fen firĂ©pĂ re d’autres plus fins pour nos buveurs. jd.) Je me flatte que vous mettrez le comble Ă  votre gĂ©nĂ©rositĂ© en me faisant part de la lettre de Louis XIV au cĂ rdihal de Bouillon, laquelle doit ĂȘtre des premiers jours d’avril 1699. (Voltaire.) Ce qui n/iutĂ©resse, moi,et tous mes semblables, c’est que cliacun sache qii’il existe un arbitre du sort des humain^, duquel nous soinmĂ©s tous les enÂŹ fants. (J.-J, Rocssbad.) Vous savez, madame la marĂ©chale, qu’il y Ă  une Ă©dition contrefaite de mon livre, lĂ qûélle doit paÂŹ raĂźtre ces fĂȘtes. (J.-J; Rousseau.) Je plains beaucoup les auteurs de tant de tragé dies pleines d’horreurs, lesquels passent leur vie a faire agir et parler des gens qu’oĂŒ ne peut Ă©couter ni voir sans Souffrir. jd.) AussitĂŽt que je fus dĂ©barrassĂ© des affaires de la cour, j’allai trouver Vhomme qui m’avait parlĂ© du mariage de.madame de MirĂ niion, lequel me parut dans les mĂȘmes sentiments. (B. Babutin.) C’est une pĂ©danterie insupportable et un soin des plus superflus de s’attacher Ă  corriger dans les enÂŹ fants toutes ces petites fautes contre Tusage, desÂŹ quelles ils ne manquent jamais de se corriger d’eux- raĂȘmes avec le temps. (J.-J. Rousseau.) Il rĂ©sulte de toutes ces citatidhs qu'il faut faire usage do lequel, laquelle, duquel, etc., aĂč lieu de qui, que, dont; toutes les fois que Tadjectif conjonctif est prĂ©cĂ©dĂ© d'un substanÂŹ tif qui le sĂ©parĂ© nĂ©cessairement de celui avec lequel il se trouve en relation. En pareil cas, Temploi de qui, que, dont, serait vicieux, attendu que ces mots produiraient ou unĂ© Ă©quiÂŹ voque ou un mauvais effet ; ce qĂŒil faut Ă©viter avec soin, comme nous Tenseignent les Ă©criÂŹ vains, en ayant recours Ă  lequel, laquelle, duquel. quand la construction ne manque pas d’harmonie, ni le sens de clartĂ©, on peut aussi se servir dĂ© qui, que, dont, comme dans ces exemples : On voit des ouvrages critiquĂ©s du peuple qui ne lui en plaisent pas moins. (VaĂŒvenargues.) On peut rapporter Ă  cette espĂšce, comme variĂ©tĂ©, le arouge Ă  tĂȘte jaune d’AmĂ©rique, de M. Brisson, qui a en effet le sommet de la tĂȘte, les petites couÂŹ vertures de la queue, celles des ailes et le bas de la jambe jaunes. ^ (Buffon.) X’est un effet de la divine Providence qui est con- iforiaie Ă  ce qui a Ă©tĂ© prĂ©dit. (Boniface.) Un malheur inconnu glisse parmi les hommes, Qui les rend ennemis du repos oĂč nous sommes. , - (Malbbrbe.) C'est la main des ingrats qui blesse uo cƓur sensible. (La Uarpb.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. J*aĂź reçu une lettre de mon firirĂ©, laquelle ‱ ‱ ‱ Je suis sensible aux conipUmĂȘnts de votre ami, lesquels. .. Telles sont les calamitĂ©s de ce peuple, desquelles... C’est tout le secret de cette lettre, duquel.. ‱ Voici deux lettres dc mon pĂšre, lesquelles. J'ai reçu vingt francs de quelqu'un, lesquels... Tel est le sort de riiumanĂźtĂ©, duquel... Je prends part aux malheurs de ces persoĂ»nes; desquelles,,. N" GCCLXXV. Qui, que, dont, sĂ©parĂ©s de leur antĂ©cĂ©dent. Ah ! qu’un pĂŽra est heureux, qui voit en un moment ĂŒn cher fils revenir de soii Ă©garement. (Regnard.) Un loup survint Ă  jĂšĂŒri, qui cherchait aventure. (La Fontaine.) Que les mƓurs du pays oĂč vous vivez sont sainÂŹ tes, qui vous arrachent Ă  Tattentat des plus vils esÂŹ claves 1 (Montesquieu.) ĂŒn homme restait seul , qui avait Ă©tĂ© employĂ© sousrte ministĂšre des Ă©trangers. (RulbiĂ«res.) La dĂ©esse, en entrant, qui voit la nappe mise,* Admire un si bel ordre et reconnaĂźt 'Ă©glise. (Boileau.) Une fille en naquit, que sa mĂšre a cĂ©lĂ©e. (Racine.) II nĂ© peut pĂ s dire que ces grands hommes aie failli, qui ont combattu pour la mĂȘme cause da les plaines dĂ© Marathon. (Boilbau.) Un pn'nca nous poursuit, dont le fatal gĂ©nie..* (J.-B. Rousseau.) lit AprĂšs avoir posĂ© en principe que les adjectifs conjonctife, vulgairement dits pronorri relatifai ue doivent jamais ĂȘtre sĂ©parĂ©s de leur antĂ©cĂ©dent, les grammairiens, comnie
( 436 ) i^envt les uns des atttfĂŽs, condamnent toute construction qui s*Ă©carte de ce principe. Ainsi, de par d’Olivet, LĂ©vizac, Girault-Duvivier et MM. NoĂ«l et Chapsal, qu'on est tou- 'piirs sĂ»r de rencontrer quand il y a quelques erreurs Ă  conserver, il ne fĂźiut pas imiter Regnard, Boileau, La fontaine, Racine, Montesquieu, J.-B. Rousseau, RulhiĂšres, dans :Ies exemples prĂ©citĂ©s, attendu que les adjectifs conjonctifs qui, que, dont, se trouvent sé parĂ©s des noms auxquels ils ont rapport. N'en dĂ©plaise Ă  tous les d'Olivets du monde, nous Ă©crierons-nous avec M. Dessiaux, tous ces exemples sont non seulement corrects, mais encore Ă©lĂ©gamment construits, et nous venons nous en constituer les dĂ©fenseurs. Examinons : Quand MM. NoĂ«l et Chapsal Ă©tablissent que le pronom relatif doit touÂŹ jours ĂȘtre placĂ© prĂšs de s'on antĂ©cĂ©dent, ils ajoutent aussitĂŽt que toute autre place renÂŹ drait sa correspondance louche et Ă©quivoque. Nous le demandons, dans les citations qui prĂ©cĂšdent, aucune Ă©quivoque, aucune ambiguitĂ© est-elle Ă  craindre? Le sens, au contraire, n'est-il pas parfaitement clair, puisque les relatifs qui, que, dont, ne sont distraits de leur antĂ©cĂ©dent que par des verbes ou des adjectifs avec lesquels il est impossible de les faire rapporter? Concluons donc que les Ă©crivains se sont bien exprimĂ©s, que la construction attaquĂ©e, loin d’ùtre vicieuse, est bonne et peut ĂȘtre imitĂ©e ; enfin, que le principe des grammaiÂŹ riens ne doit ĂȘtre observĂ© qu’autant que les adjectifs conjonctifs qui, que, dont, sĂ©parĂ©s de leur antĂ©cĂ©dent, donneraient rĂ©ellement lieu Ă  un sens louche ou Ă©quivoque. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. lin autre qui avait l’air piteux. Que ccux-lĂ  vivent qui nous sont chers. Que ces hommes sont nuls dont on n’attend aucun service. Des ombres apparurent qui nous effrayĂšrent. Des enfants y yinrent qui se noyĂšrent. Ors femmes entrĂšrent qui nous plurent beaucoup. W cecLxxvi. CONSTRÜCTION DE qui ET DE que. ^ PHRASES VICIEUSES. C’est un procĂšs gĂŒon a crĂ» gĂŒon perdrait. C’est une entreprise gwe.je ne peux croire gwi rĂ©ussira. Quelques-uns ajoutent mĂȘme des dĂ©tails gĂŒil seÂŹ rait Ă  souhaiter qui fussent vrais. La pluralitĂ© des dieux est une chose gĂŒon ne peut s’imaginer gut ait Ă©tĂ© adoptĂ©e par des. hommes de bon sens. PHRASES CORRECTES. J’ai lu que Salomon possĂ©dait lui seul vingt-cinq milliards d’argent comptant; et certainement il n’y a pas deux milliards quatre cents millions d’espĂšces circulantes dans la France, gĂŒon m’a dit ĂȘtre beauÂŹ coup plus grande et plus riche que le pays de Salo* mon. (Voltaire.) SĂŻl m'appartenait de vous donner des conseils, le premier que je'voudrais vous donner serait de ne )oint vous livrer Ă  ce goĂ»t gue vous dites auo*r pour a vie contemplative, (J.-J. Rousseau.) Quand on dit : C'est un procĂšs Qu’on a cru Qu'on perdrait; cest une entreprise QUE je ne peux croire qui rĂ©ussira, etc., la tournure de ces phrases est vicieuse; car ces que et ces qui Ăšn cascades produisent un trĂšs-mauvais effet; il faut alors prendre un autre tour et dire, conformĂ©ment aux exemples de Voltaire et de J.-J. Rousseau :c’es/ un procĂšs qu'on a cru perdre; c'est une entreprise Ă  la rĂ©ussite de laquelle je ne puis croire, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. C’est Une chose qu’on ne peut s’imaginer... C’est une affaire qu’on a pen.sĂ©... Ce sont des dĂ©tails qu’on croit... Ce sont des femmes qu’on m’a dit.
( 437 ) ' W GCCLXXYIL *3^' RÉPÉTITION DE qui. PHRASES CORRECTES. Que veux-tu que devienne une femme qui t’aime, qui Ă©tait accoutumĂ©e Ă  te tenir dans ses bras, qui n’était occupĂ©e que du soin de te donner des preuves de sa tendresse?- (Montesquieu.) Un auteur qui est sensĂ©, qui sait bien sa langue, qui mĂ©dite bien son sujet, qui travaille Ă  loisir, qui consulte ses amis, est presque sĂ»r du succĂšs. (Girault-Duvivier.) PHRASES VICIEUSES. J’ai lu avec plaisir cet ouvrage, qui a Ă©tĂ© comÂŹ posĂ© par une personne gut est versĂ©e dans les sciences gui ont pour objet l’étude de ia nature. Ne recherchez jamais les plaisirs qui corrompent les cƓurs qui ont l’amour de la vertu, qui est la chose la plus prĂ©cieuse. On apprend par les exemples de la premiĂšre colonne que lorsque les propositions d’une phrase sont liĂ©es par plusieurs qui, il taut, pour que la phrase soit correcte et harÂŹ monieuse, que tous ces qui aient une mĂȘme relation. Ici Ton voit que chaque qui se rapÂŹ porte soit au mot femme, soit au substantif auteur. Mais dans les citations opposĂ©es, les phrases sont vicieuses et insupportables en ce que les rapports des adjeclifs conjonctifs sont diffĂ©rents. En effet, le premier qui de chaque exemple est relatif Ă  ouvrage ou Ă  plaisirs, le second Ă  personne ou Ă  cƓurs, et le troiÂŹ siĂšme Ă  science ou Ă  vertu. Dans les propositions incidentes ou subordonnĂ©es les unes aux autres, il faut soigneuÂŹ sement Ă©viter Temploi des adjectifs conjonctifs en rapports divergents. Il peut cependant s>n trouver deux, comme dans cet exemple : c< Il n’y a point Ă 'affection saine qui n’ait sa place dans votre cƓur, qui ne s’y distingue par lasensiéÆ/Ăš gm vous est propre. (J.-J. Rousseau.) Mais un plus grand nombre nĂ© serait pas tolĂ©rable. , EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Une femme qui est riche , qui est aimable , qui «st spirituelle , qui est instruite, est une femme accomplie. ĂŒn enfant qni est paresseux, qui est gourmand , qui est joueur, se prĂ©pare une alTreuse destinĂ©e. 11 :rv a point d’hommes qui mĂ©prisent rĂ©ellement les richesses et qui ne les recherchent pnur tout ce qui' est nĂ©cessaire Ă  leur besoin. Celui qui vous p.irle et qui vous veut ‘dtt hico ne fera que des choses qui vous seront fa%’orables. —NÂź CCCLXXYIII. 9^— Qui suivi ou non suivi de ĂźL NON SUIVI DE il. Qm* vit aimĂ© de tous Ă  jainais devrait vivre. (Pradon.) Qui reçoit un pardon souffre un soupçon infĂąme. (Th. CoRiVlĂźILLE.) Qui pardonne aisĂ©ment invite Ă  l’offenser. (Corneille.) Qwt sert bien son pays sert souvent un ingrat. (Volt a; RE.) SUIVI DE t7. En un mot, qxti voudrait Ă©puiser ces matiĂšres, Peignant de tant d’esprits les diverses maniĂšres, Il compterait plulĂŽt combien, dans un printemps, Gucnaud et l'antimoine ont fait mourir de gens, . (Boileau.) Un bienfait perd sa grĂące Ă  le trop publier; Qui veut qĂŒon s’en souvienne il e doit oublier. * (Corneille.) Kelativement aux exemples de la premiĂšre colonne, consignons ici ce que nous lisons dans la &t'ammaire des Grammaires.
( 438 ) . (( Qui, employĂ© absolument, c'est-Ă -dire sans antĂ©cĂ©dent Ă©noncĂ©, est le sujet du verbe suivant; et le second vepbe n'^ ni pe saurait avoir de sujet expriinĂ© : TantĂ©cĂ©dent sous-entendu du pronom qui en est le sujet, et cet antĂ©cĂ©dent est celui. » D'oĂč Girault-Duvivier infĂšre naturel|pmenf que les exemples de la seconde colonne ne sont pas Ă  imiter, en ce qu’ils renferment un t7 de trop. A notre tour, voyons ce qu’il y a de juste dans ces observations : D’abord, pour ce qui est des premiĂšres citations, il n'est pas exact d’avancer que dans Jes phrases oĂč qui est employĂ© d’une inaniĂšre absolue, le second verbe ne saurait avoir de sujet expriipĂ© ; ce^ qui le prouve, ce sont les phrases suivantes : 4 Qui ne mourrait pour conserver son honneur, ce- Qui persĂ©vĂ©rera jusqu'Ă  la fin, celui-lĂ  sera sauvĂ©* lui-lĂ  senĂ»t infĂąmq. (Pascal.) (FlĂ©chier.) Nous le demandons, quel est le grammairien qui voudrait condamner ces phrases ? Qui ne sent, comme nous, qu’elles sont trĂšs-françaises, et qĂŒelles perdraient toute leur force, toute leur Ă©nergie, si le sujet du verbe de la seconde proposition, celui-lĂ , p'Ă©tait pas Ă©noncĂ©, ou bien encore s’il se trou^wait immĂ©diatement transposĂ© deyant qui yelatif? Et dans ce dernier cas, la construction, d’inverse qĂŒelle est, devenant naturelle, directe, combien ne perdrait-elle -pas aussi de son Ă©lĂ©gance I Il faut donc le reconnaĂźtre, Tauteur de la Grammaire des Grammaires a dit Ă  tort qĂŒaprĂšs le qui absolu, le verbe du second membre de la phrasp ne pquvait ayoir de sujet exprimĂ©^ nous venons de dĂ©montrer matĂ©riellement le contraire. Passons maintenant aux exemples oĂč qui est suivi de il. Nous ne phercherons pas Ă  jes justifier : car il paraĂźt presque Ă©vident que cet il n’y est incorporĂ© qpo parcp qu’il est né cessaire Ă  la mesure du vers; mais si la clartĂ© du discours ou TĂ©nergie de la pensĂ©e en rĂ©clamait Temploi, nous croyons qĂŒalors i7 ne serait pas condamnable. L’analyse serait, dans ce cas, la mĂȘme que celle de ces deux exemples qui nous paraissent corrects : ...Qui se fqit hrebj^, toujours le loup Ăźe mange. (Fabrb d'Fglantine.) Quf peut faire un complot, lui-mĂȘme en est coupable. (GtmssET.) Analyse : (celui-lĂ ) qui se fait brebis (je dis que) le loup Ăźe mange,* Analyse : {celui-lĂ ) qui peut faire un complot, (je dis que) /ut-mĂ©me en est coupable. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Qai aime bien ehfttie bien. Qui sort bien son pajs peut se rendre immortel. ■ I, ‱ >ni traliiraii sou pays* celui-lĂ  serait infĂąme. ;ui endurerait un affront, celaĂź-fĂ  poarrait en sopnorter tnillo antre,. ' —NÂź CCCLXXIX. * / EMPLOI DE qui OU DE quel, DE qui des deux ou dĂ« lequel des deux. I. Qui qy quel pour lbs personnes. Or qui est le salariant ou quels sont les salaÂŹ riants? (Dupont de Nemours.) Mais, madame, un moment, songez ce que je puis, Qui vous ĂȘtes, quel Ă©st Sapor, et qui je suis, (Rrgnard.] sont ces gens en robe? Étes-vous avocats? Çà, parlez. (Racine.) Quel seulement pour les choses. Mais il est nĂ©cessaire de savoir vos desseins. Quels sont-ils donc? (MoliĂšre.) Vous avez plusieurs ratson» Ă  allĂ©guer contre ce que je dis ; quelles sont-elles ? (Girault-Duvivier,) Quelle est donc cette facultĂ©, appelĂ©e raison, quĂȘ j’emploie Ă  observer la nature? (Bern. de Saint-Pierre.)
( 439 ) est le sot qui l’a dit?. (Racine.) ‘ ĂŻl y a de bons remĂšdes ; il ne manque que de bons mĂ©decins. — Volontiers/mai s gwt seront-i7s ces bons mĂ©decim? (Piron.) Vous moquez-vous? dit Vautre : Ahl vous ne savez ‘"QuettaJesuiV. ' ' [guĂšre ^ (La Fontaine.) Quel ei-tuf — Je çuis roi du peup.jç sputerrkn.' ' ' ^ - ■ >‱ (Thomas.) Quel est donc votre mal ? (MoliUre.) ' Plusieurs d’entre eux ne voulaient que faire un livre, n’importait quel, pourvu quĂŻl fĂ»t accueilli. (J.-J. Rousseau.) Eh bien! de vos soupçons, quel est l’o&jet?. (V9LTAIRB.) Quel est le projet oĂč vous vous arrĂȘtez ? . « V «n-r * « 1 ‱ - ■ ‘ tw .x (Lo.) De Texamen de ces exemples nous sommes fondĂ©s 4 conclure qufo,p einploie gwipu quel pour les personnes, et qmĂź seulement pour les choses. Ainsi pn peut dire ; qui est le sor^ lariant ou QĂŒel estle salariant? qĂŒi est Sapor ou QĂŒel est Sapor? QĂŒi sont ces gens ou QUELS sont ces gens? qĂŒi est le 'sot qui Va dit ou quel est le sot qui Va dit ? etc., parce que, dans toqs çes cqs, il s’agit de personnes ; mais on dira : quels sourit vos desseim ? puELLEg sont vos raisons ? quel est votre mal ? etc., parce qĂŒil ĂŒest ici question que de choses. C'est lĂ  un principe gĂ©nĂ©ral que Girault-Duvivier n'a feit qu'effleurer, et que du reste on ne trouve Ă©tabli- dans aucune grammaire. Toutefois, dans l’emploj de qui qu quel pour les personnes il existe une nuance trĂšs- dĂ©licate qĂŒil est peut-ĂȘtre assez difficile dĂš saisir. Nous aiderons sans doute Ă  la faire bien sentir, en disant que qui exprime une idĂ©e de dĂ©termination, et quel, une idĂ©e de qualification. Si donc quelqu'un frappe Ă  la porte, je demande qui est-ce? C'est un homme. Pour savoir sqq qqpi, je cli^ Qpi est-il? Pour savoir son Ă©fet, son rang,^e demande qu'est-il? Pour connaĂźtre son rnĂ©pite, ses qualitĂ©s, jĂ© dis quĂą esHZ? cpjte Ăżs- tinction, on dit souvent qui Ă©st-dl pour quel est-il? GĂ©nĂ©ralement on se sert de qui, lorsque ce mot esten alliance avec un pronom personnel : je sais qui je suis, qui tu es, qui il est, qui nous,sommes, fl^ui voy^s ĂȘtes, qui iis son/.'Si dans les deux derniers exemples de la premiĂšre colonne nous Voyons quelle je, q^e]^ es-tu? pour qui je suis, qui es-tu? c'est que dans le premier cas La Fontaine ayait besoin d'une syllabe de plus, et que dans l’autre U ferait Ă©viter un hiatus. * II. Qui des deux ou lequel des deux, . POUR LE? PERSONNES. Qui passera de nous deux? qui cĂ©dera sa place Ă  Vautre? le moins habile? mais je suis aussi habile que lui. (Pascal.) Lequel est le plus heureux dĂšs ce monde, du sage avec sa raison, ou du dĂ©vot dans son dĂ©lire? Ik I t.i. 1 . /T T 'wi ' V (J.-J. Rousseau.) Que vous semble, mes sƓurs, de VĂ©tat oĂč nous [sommes? WEsther, d’Aman, qui le doit emporter ? (Racine.) Lequel des deux est prĂ©fĂ©rable ; dĂŒn cĂŽtĂ©, un roi conquĂ©rant et iqvincible daqs la guerre; de’Vautre, un roi saris expĂ©rience dĂš la guerre, mais propre Ă  policer sagement les peuples dans la paix ? ' (FĂ©nelon.) Qui peut de son vainqueur mieux parler que Vingrat ? Voyons qui son amoĂŒr accusera'^# deux ? ‘ ' - ' «u- '^Racine.) Savant prĂ©cepteur, voyons lequel de nos deux Ă©lĂšves ressemble au sauvage, et lequel ressemble au paysan. ' ' ‘ (J.-j. Rousseau.) Lequel des deux, POUR LES CHOSES. Les acadĂ©mies sont cq possession Ăąe tout temps de remporter le prix de toutes sortes de bassesses, et jamais cour ne'proscrivit un abbĂ© de Saint-Pierre pour avoir parlĂ© sous Louis Xy ĂŒn peu*librĂšment de Louis XIV, ni ne s'avisa d'examiner TaquĂšlTe des vertus t|u roi mĂ©ritait les plus fajtos Ă©loges. * (P/-L. ÇOĂŒj^lER.] Laquelle prĂ©fĂšres-tu, d'AthĂšnes ou de Rome? ^((iitĂ© par Lemare.) Laquelle de ces deux villes est la plus illustre. AthĂšnes oxx Rome? [Id.) Lequel vaut mieux, de cultiver un art funeste ou de Ăźe rendre inutile? (J.-J, Rousseau.) Laquelle de ces deux rĂ©publiques, de Sparte ou de Syharis, fut subjuguĂ©e par une poignĂ©e-de payÂŹ sans; et laquelle fit trembler VAsie?"'' (fd.) AprĂšs cela, tu jugeras toi-mĂȘme lequel vaut le mieux de ce que tu dis ou de ce que tw fais. . (Id.)
( 440 ) On jugea qu'il importait de vĂ©rifier lequel Ă©tait le Lequel vaut le mieux d'un gouvernement si sim- fripon des deux. (J.-J. Rousseau.) pie oud’un gouvern&ment (J-.JRousseau.) Ajnsi donc, en parlant des personnes, on peut dire gwtou lequel: Qui ou lequel pasÂŹ sera de nous deux ? qui ou lequel est le plus heureux, du sage ou du dĂ©vot ? etc. Mais si Ton ne parle que des choses, c'est toujours lequel qĂŒil faut employer ; Laquelle de ses vertus mĂ©rite le plus d'Ă©loges ? lequel vaut le mieux d'un gouvernement simple ou d*un gouverÂŹ nement mixte? Un point si important et maintenant si clair n'a pourtant Ă©tĂ© traitĂ©, que nous sachions, par aucun grammairien. Lemare Ta bien abordĂ©, mais la profonde obsÂŹ curitĂ© dont il s'est plu Ă  l'entourer doit faire regretter qu'il en ait seulement parlĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Qui ou quel est votre pĂšre? Qui ou quels d'entre eux sont vos parents? Quelle est votre raison ? )nel est votre Ă©tat ? Qui ou lequel des deux ira? Qui ou laquelle des trois ment? Lequel des deux prĂ©fĂ©rez-vous ? Laquelle des contrĂ©es ave^^ous paroiuruc? N“ CCCLXXX. C'est Ă  vous que, c'est Ă  vous qui, c'est Ă  vous Ă  qui. I. — Cest Ă  vous que. Cessez de tourmenter mon Ăąme infortunĂ©e ; Je sais que c'est Ă  vous que\e fus destinĂ©e. (Racine.) C’est d moi gĂŒon en veut. (Piron.) C’est Ă  toi, Julie, gw’il faut Ă  prĂ©sent rĂ©pondre. (J.-J. Rousseau.) Amour, tu perdis Troie,* Et c’est de toi que vient Cette querelle envenimĂ©e. (La Fontaine.) . C’est Ă  Rome, mes fils, que je prĂ©tends marcher. (Racine.) C’est Ă  tes magots d’enfants que je veux m'en prendre. (Piron.) Vous savez, messieurs, que cest de Louis XI que je parle. (FlĂ©chier.) C’est hien d Momus que j'ai l'honneur de parler? (Piron.) C’est souvent du hasard que naĂźt l’opinion. Et c'est l’opinion qui fait toujours la vogue. (La Fontaine.) Nous n'appellerons point des docteurs pour enseiÂŹ gner la botanique aux enfants; c’est aux femmes qu'il appartient de leur parler de ce que les vĂ©gé taux ont de plus intĂ©ressant. (Bern. de Saint-Pierre.) II. — Cest DOW» d qui. Cest vous, digne Français, d qui je viens parler; Le Soudan le permet, cessez de vous troubler. (Voltaire.) Ce n’est pas vous, c’est l’idole A qui cet honneur se rend. Et que la gloire en est due. (LÀ Fontaine., Cest vous seul, 6 mon cher Narbal, pour qui mon cƓur s’attendrit. (FĂ©nelon.) Cest elle dont je tiens cette illustre naissance Qui flatte mes dĂ©sirs d’une illustre espĂ©rance. ' . (Corneille.) C’est votre illustre mĂšre d qui je veux parler. (Racine.) Est-ce Dieu, sont-ce les hommes, Dont les Ɠuvres vont Ă©clater? (Id.) Ce n’est pas le bonheur aprĂšs quoi je soupire. (MoliĂšre.) ^ % Est-ce une tigresse dont il a sucĂ© la mamelle dans son enfance? (FĂ©nelon.) III. — C’est Ă  nous Ă  qui. Cest Ă  vous, mon esprit, Ă  qui je veux parler. (Boileau.) Ce n’est pas de ces sortes de respects dont je vous parle. (MoliĂšre.) MalgrĂ© les pleurs amers dont j’arrose ces lieux, Ce n’est que du tyran dont je me plains aux dieux, (CrĂ©billon.) Cest Ă  vous d qui i\ appartient de rĂ©gler ces sortes d’affaires. (Bouhours.) * . . , Était-ce dans mon Ăąme OĂŒ devait s’allumer cette coupable flamme ? (Racine.) 11 rĂ©sulte de ces nombreuses citations que les auteurs ont dit : c'est a vous que je parle, c'est tĂźows A qui je parle, c'est a vous a qui je parle. Mais ces trois maniĂšres de s'ex- "7
primer sont-elles Ă©galement bonnes? Non, sans doute. La premiĂšre est assurĂ©ment celle que Ton doit prĂ©fĂ©rer, comme Ă©tant la plus usitĂ©e et la plus conforme au gĂ©nie de notre langue. La seconde est plus expressive, peut-ĂȘtre Ă  cause de Temploi peu frĂ©quent de ce tour de phrase. Quant Ă  la troisiĂšme, elle est gĂ©nĂ©ralement rĂ©prouvĂ©e, et les exemples que nous avons citĂ©s sont Ă  peu prĂ©s les seuls que Ton puisse en donner. Ces observations s'appliquent non seulement Ă  la prĂ©position Ă , mais Ă  toutes les prĂ©positions. ‱ EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. C’est Ă  TOUS quĂš Je oi'adresse. C’cst pour vous que je parle. C’est par vous que j’ai obtenu ma grĂące. C’est de moi seul qu’il s’agit. C’est devant lui que je veux me placer. C’est avec son pĂšre qu’eile se promĂšne. C’est sur toi qu’il veut dĂ©charger sa colĂšre. C’est vons Ă  qui je m’adresse. ' C’est vous pour qui je parle. C’est vous par qui j’ai obtenu ma grĂące. C’est moi seul dont il {’agit. C’est lui devant qui je veux me placer. C’cst son pĂšre avec qui elle sc promĂšne. ■ C'est toi sur qui eile veut dĂ©charger sa colĂšre. -«oo© N“ CCCLXXXI. Ce qui, ce que. I. AVEC LE VERBE plaite. Ce qui. CĂ©der ce qui nous plaĂźt, entre nous, ĂŒest sottise. (Langue,) A ce qui plaĂźt la jeunesse est docile. (Haumont.) Je sais, dit-il, votre secret, mesdames: Ce qui vous plaĂźt en tous lieux, en tout temps, N’est pas toujours d’avoir beaucoup d’amants. (Voltaire.) Ce qui me plaĂźt le plus dans votre histoire, c’est qu’il ĂŒy a pas un mot qĂŒi soit vrai. (Boufflers.) Si l'on cousait ensemble toutes les heures que Ton passe avec ce qui plaĂźt, Ton ferait Ă  peine, d’.un grand nombre d’annĂ©es, une vie de quelques mois. (La BruyĂšre.) Ce que» Les hommes ne sont que ce quHl plaĂźt aux femmes. (La Fontaine.) Vous me la promettez? — Tout ce qu'il vous plaira. (Montfleory.) CroyĂ«z-en ce guĂŻl vous plaira, et pleurez encore sur moi si vous avez des larmes de reste. (FĂ©nelon.) Vous avez le corps fauve et la tĂȘte Ă©carlate, Le bec... Oui, dit l’oiseau, j’ai ce gĂŒil vous plaira. (Florian.) Je leur abandonne de bon cƓur mes ouvrages, ma figure, mes gestes, mes paroles, mon ton de voix et ma façon de rĂ©citer, -pour en faire et dire tout ce gĂŒil-leur plaira. (MoliĂšre.) ' Pour sentir toute la diffĂ©rence qui existe entre les citations de la premiĂšre colonne et celles de la seconde, il suffit en quelque sorte de les comparer : CĂ©der ce qui nous plaĂźt a le sens de cĂ©der cet objet qui nous plaĂźt actuellement, qui nous est agrĂ©able, qui nous charme. ĂŻl en est de mĂȘme des quatre exemples suivants : A ce qui plaĂźt, ce qui vous plaĂźt, CE QUI «1(3 plaĂźt, avec ce qui plaĂźt, peuvent se traduire par df ce qui la charme, ce qui vous charme, CE qui me charme, avec ce qui nous charme. Mais dansles citations opposĂ©es, plaire n'a-plus le sens de charmer .Les hommes ne sont que CE QĂŒ'il plaĂźt aux femmes, tout CE .qu'il vous plaira, croyez-en ce qu'il vous plaira, fai ce qu'il uows plaira, pour en faire et dire tout ce qu'il leur plaira, sont des phrases plus ou moins elliptiques : Les hommes ne sont que ce qu'il plaĂźt aux femmes (qĂŒils soient) ; (je ferai) tout ce qu'il vous plaira (que je fasse) ; croyez-en ce quTl vous plaira (d'en croire) ; fai ce qu'il uows plaira (que j'aie) ; pour en faire et dire tout cÈ‘qu’il leur plaira (d'en faire et d’en dire)^. Nous pouvons donc dĂ©duire ce principe : Toutes les fois que ce qui plaĂźt, ce qui me plaĂźt, etc., peuvent se traduire par ce qui charme, ce qui me charme, etc., on,doit emÂŹ ployer ce qui. 56
Ay^c moi, pn ne ppr^e jamais ce qui sied, on ne vajainĂ isoĂŒ Ton doĂŒ, on I nĂš fait jamais ce qui platU (Lemontey.) f W2 ) ^ Mais si, au contraire, on a Tinveniion d’exprimer la volontĂ©, et qĂŒaprĂšs le verbe plaire il y ait ellipse d’un autre verbe, tel que fajre, dire, etc., il faut faire usage de ce qu'il. Les auteurs, il est vrai,* p’oqt pas toujours tenu compte de cette distinction, et il ne seÂŹ rait pas difficile de trpiiver (jes ĂȘxemples oĂč ils aient employĂ© ce qui pour ce qu'il et vice versĂą. En voici quelques-uns : - * ' ' ■ J Que faites-vous le soir, ayant qu'on se retire? — CĂš qui me plaĂźt.' ' * ‘ (MoliĂšre.) Qui peut ce qui lui plaĂźt commande alors qu'il prie. (CokNÉiaÊÔ^ Et c’est en partant de cette distinction assez subtile, mais rĂ©elle, que les grammairiens reprochent Ă  Racine ce vers : ' . Tu prĂ©tends faire ici de moi ce qui te plaĂźt. II fallait, disent-ils, ce qu'il te plaĂźt pour ce que iu veux. Si Racine et tous les grands Ă©crivains eussent pu prĂ©voir les innombrables reproches que leur font les grammairiens, sans doute ils eussent dit : c< De quoi se mĂȘlent-ils? veulent- ils enchaĂźner le gĂ©nie? Connaissent-ils sa nature et sa puissance? La langue peut-elle ĂȘtre pour lui rien de plus qu’un docile instrument, qu’une palette de couleurs, qĂŒil mĂȘle Ă  son grĂ© ? Ceux dont, par nature et par Ă©tat, la tĂšte doit ĂȘtre penchĂ©e sur les mots qu’ils Ă©pluÂŹ chent, oseraient-ils le suivre dans son vol audacieux (1)? » EXERCICE PHRAfiÉOLgçIQĂŒE. Je ferai tout oc qu’il mc plaira. Il fait et! qu’il lui plaĂźt. * Nous dirons tout ce qu'il nous plaira. Nous savons ce qui plaĂźt aux dames. Qu’est-ce qui lui plait? Tout ce qui plaĂźt n’est pas... Les poĂštc^ ne peuvent pas faire tou t.ce qui lenr Les poĂštes pe peqyent pas faire tout ce qp’i} |eur plaĂźt. AVBC d'autres verbes. Le sage n’esf pas celui qui fait beaucoup, mais ce qui cqavientr ' (Stobeb, CitĂ© par b6istb.‘) Q]:te|que aip(|p[eux q||’pn soit, Donne, Dieu sait Quatre mois de rigueur dĂ©couragent un homme. * ■—C’est'cĂŽ qui m’a semblĂ©. (DĂŽrat.) Jfe ne veux pas fqire ici sottement jĂš modeste, je sens bien cĂ« que j’ai, mais je sĂ©ns encore mieux ce qui me manque. (J.-J. Rousseau.) Encore si cet intĂ©rĂȘt Ă©tait toujours vrai, la conÂŹ naissance Ă©fĂ« ce gĂŒt7 leur convient de faire pourÂŹ rait faire prĂ©voir ce qĂŒelles feront. (J.-J. Rousseau.) Je voulais de MĂ©lise, en (‘elte occasion, Couvrir T Ă©tourderie et rindĂźscrĂ©tioh A çe 'qu’il me paraĂźt, ce zĂšle est inutile, (DorĂąt.) Je les trouvai Ă©chauffĂ©s sur une dispute, la plus mince’gû’i7 »Ú p«»’»se ♩maginer. (Montesquieu ) On voit que la distinction entre ce qui et ce quHl n’a pas lieu avec le verbe plaire seuÂŹ lement, mais encore avec d’autres verbes. Dans la premiĂšre colonne, ce qui convient a le sens de ce qui est convenable; dans la seconde, ce qu'il leur convient de faire, signifie çe quĂŒ leur plaĂźt de faire, ce quils veulent faire. On devra dire aussi :je vous manderai ce QUI m'en semble, et non ce qu’il m'en semble; ce qui m'en semble, c'est-Ă  dire la chose qui: m'en semble. . , De mĂȘme Qn dira : Yous n'ignorez pas CE Qmvous importe, parce que, dans cette phrase, il n’y a aucun verbe Ă  Tinfinitif qui soit exprimĂ© ou sous-entendu; mais on devra dire : vous n’ignorez pas CE Qc'IL vous irdporte de faire. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Je sais ce qui me manque. Paites ce qui convieoL A ce i^ui semble honnĂȘte. Ce' qui ^rùßt juste.' Je sais ce qu'il me manque d'argent. Faites ce qu’il von» conviendra. A ce qu'il me semble. ' A ce qu'il te parait. (1) Boiste*
( U8 ) N” CCCLXXXll. Qui est-ce qui? et Qu est-ce qui\ Qui est-ce qui? Des principes... qui est-ce qui n’en a pas? (Condillac.) Eh, bon Pi^u! qui- est-ce qyi yout mieui que rous? * * ' (M“« DÉ SĂ©vignĂ©.) Qui est-ce qui çajtip^ttire exactoment le lecteur au lieu/de la scĂšne, poiir voir uh ĂšvĂ©nement tel qĂŒil s’est passĂ©?" ' ' '(J.-J, Rousseau.) Qu'est-ce qui ? Qu*est-ce qui la rĂ©veille au milieu de la nuit? (Chateaubriand.) Qm*est-ce donc qui yous trquhle? pourquoi vouÂŹ lez-vous mourir?' ... . - Qu’ai-je dit, et gĂŒesÂŁ:ce gue j’espĂšre? Je ne me connais plus.i. (Voltaire.) QĂŒesÂŁ-ce gue j'entends? (fd.) Il y a une diffĂ©rence entre qui est~ce qui? et quksFce qui? Pour une persopne on dit : f lui est-ce qui? ponr une chose qu'est-ce qui?, Girault-Duvivier a donc commis une faute des plus grossiĂšres, page de sagram- n-airĂš, en disant : «Pour connaĂźtre le sujet, il suffit de mettre qui est-ce qui? avant le \. rbe Mentir est honteux. Qui est-ce qui est honteux? RĂ©ponse : mentirl n II fallait : - Ou’qsÂŁ-cc qui est honteux? Cette critique peut Ă©galement s'appliquer Ă  M. Landais : voir son ouvrage sur VEducation, oĂč la faute que nous signalons se trouve rĂ©pĂ©tĂ©e plusieurs fois. EXEnCiÇÇ PHRASÈOLOGIQUE. r Qui csl-cc qui to l'a dit? (Jiui esl-t'c qui frappe? Oui est-ce qui vous poursuit ? que VQua dites? (,^'u’est-ce qui vous chegrinr! Qu’esl-ce^ui vous atti iste? —N" CCCLXXXIH. ’ ♩ ‱ 1 ■ ; C’e$t lĂ  que. La retraite est un port tranquille : C'est lĂ  que, loin des envieux. L’homme est parfaitement heureux. (Haumont.) N'est-ce pas lĂ  que s’établit enfin et se mĂȘle aux hitoitants indigĂšnes ce peqnle illustre qui condamna jadis AgĂ«s'UĂ s Ă  une amenai (Lemontey.) Ne votis refusez donc point k la royautĂ©... c'est lĂ  qu'on peut soi-mĂȘme servir magnifiquement les dieux. (Rollin.) OĂč courez-vous? ce n'est pas /d que sont les ennemis. (Voltaire.) C'est par lĂ  gĂŒil doit commencer Ă  se rapprocher du reste des hommes. (Lemontey.) 9 i On dit c'est lĂ  que, c'est par lĂ tjue, c'est de^ lĂ  que, et non c'est lĂ  oĂč, c'est par lĂ  oĂč, (Fest de lĂ  oĂč ; du moips c'est ainsi que se sont toujours exprimĂ©s les bqps auteurs. i i. } EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. G'csi lĂ  qne je l'ai vu. C'est par la'qu'iLvieudra, C'est de lĂ  qu'ils sont partis. C'est par lĂ  qu'il doit partir.
( hkh ) N” CCCLXXXIV. <Ăź^8e«eee^ Que ET combien comparĂ©s. Que, Que la vengeance est douce Ă  l’esprit d’une femme ! (Corneille.) Qw’il est doux de vivre dans un pays oĂč les lois nous mettent Ă  couvert de la volontĂ© des hommes I (Saint-Évuemont.) Que la religion est terrible et puissante ! (Voltaire.) Combien. Combien le trĂŽne tente un homme ambitieux t (Racine.) Combien de trĂŽnes sont remplis Par les usurpateurs qui s’y sont Ă©tablis! (CrĂ©billon.) Ah! combien de CĂ©sars deviendront Laridons! (La Fontaine.) Commençons par rendre justice Ă  Lemare. A Tendroit oĂč ce savant grammairien traite du que, dans son Cours de langue française, il dĂ©truit les mille et une transfiguraÂŹ tions que la routine lui fait ordinairement subir, et montre jusqĂŒĂ  TĂ©vidence que cet adÂŹ jectif se rapporte toujours Ă  un mot exprimĂ© ou sous-entendu. Nous sommes parfaitement d’accord lĂ -dessus avec Lemare, exceptĂ© quand il attribue Ă  que, signifiant comĂ©im, une valeur relative qĂŒil ĂŒa pas. Pris dans ce sens,ce motn’est autre chose quĂ©lo quantĂ»m des Latins. Et ce qui le prouve, ce sont les exemples de Tune et de Tautre colonne, oĂč que pourrait ĂȘtre remplacĂ© par combien et vice versĂą. Vouloir donc, comme Ta fait Lemare, analyser : gwe la vengeance est douce, etc., qu'il est doux de vivre, etc., par (je dis ceci) 'gwe la vengeance est douce, etc. ; (je dis ceci) qu'il est doux de vivre, etc., c’est enlever au que sa vĂ©ritable signification, puisque alors il ne signifie plusco?n6ien; c’est changer le sens delĂ  phrase, en un mot, c’est faire une fausse analyse. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Que vous ĂȘtes grand ! QirclltĂź est belle Ăź «t sot! Combien vous ĂȘtes grand ! Cooibieo clic est belle ! Combien il est sot ! )uc vous ĂȘtes jolie ! )uĂ«lle est bonne!' lu’iU sont spirituels ! Combien vous ĂȘtes, jolie ! Que vous ĂȘtes gĂ©nĂ©reux ! Combien elle est bonne I Qu’Il est riche! Combien ils sont spirituels! Qu’il est doux ! —CCCLXXXV. s Au moment que, au moment oĂč. Au moment que. Tout cela est le vif portrait que chacun de vous se fait, ati moment que jĂš parle, du prince que nous avons perdu. (FlĂ©chier.) Plus je veux du passĂ© rappeler la mĂ©moire, Du jour gue je la vis jusqu’à ce triste jour, Plus je vois qĂŒon mc peut reprocher trop d’amour. (Racine.) Un temps viendra que tous les hommes, soumis Ă  la seule pensĂ©e, se conduiront par les clartĂ©s de l’esprit, (Chateaubriand.) > Approchez, mes enfants. Enfin Vheure est venue QĂŒil faut que mon secret Ă©clate Ă  votre vue : A mes nobles projets je vois tout conspirer ; Il ne me reste plus qu’à vous les dĂ©clarer. (Racine.) ‱ Au moment oĂč. Dans Je moment oĂč ils allaient commencer leur repas, cette vieille dont j’ai parlĂ© fit tout-Ă -coup du bruit Ă  une porte. (FĂ©nelon.) H n’y a pas de jour oĂč je ne reçoive des vers et oĂ  je n'en rende. (Boufflers.) Le temps viendra, je l’espĂšre, oĂč les Français libres dĂ©clareront, par un acte solennel, qu’ils n’ont point pris de part a ces crimes de la tyrannie. (Chateaubriand.) ■ Le temps approche oĂč la vie d’Antoine aura pour le jeune homme une instruction plus prochaine que celle d’Auguste. (J.-J. Rousseau.)
( m ) Dans ces exemples, quand on dit : au moment que ou a\t moment oĂ , dans te temps qUĂȘ, dans le temps oĂč, du jour que, du jour oĂč, etc., on s’exprime donc Ă©galement bien. Dans ces expressions, que se traduit comme oĂč, par dans lequel : Àu moment que, c'est- Ă -dire att «lomen/dans tegweL- Kii moment que... L’heure ejt venue que. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Au moment^oii... L’heure est venue ou. Ou jour que... Le temps s’approche que. N” CCCLXXXYI. Quoi que et quoique. Q Du jour oĂźi... Le temps s’approche oh. < Quoi gue. Quoi que vous prĂ©sumiez de la voix populaire, Par de secrets rayons le ciel souvent TĂ©claire. (Corneille.) L’iionneur est dans notre Ă me; et quoi quĂ n entre- [prenne, C’est avec notre aveu qĂŒil faut qu’on Ty surprenne. (Colardeau.) Quoi qu'on fasse, Propos, conseil, enseignement, Rien ne change un tempĂ©rament. / (La Fontaine.) Quoique. Quoique l’ambition soit un vice, elle est souvent la mĂšre et la cause de plusieurs vertus. (ÀMBLOT.) Quoique la justice ne se vende pas, il en coĂ»te beaucoup, et il faul ĂȘtre irĂšs-riche pour l’obtenir. (Stanislas.) La paix, guotgwe dĂ©savantageuse, qui procure du repos, vaut mieux que la victoire qui n’achĂšve point la guefre. (BAlzac.) Il ne feut pas confondre quoi que, de la premiĂšre colonne, avec quoique, de la seconde. Le premier signifie quelque chose que, et alors il s'Ă©crit en deux mots ; le second, au conÂŹ traire, a le sens de bien que, et doit s’écrire en un seul mot. Ce n'est que de l'opposition, de la comparaison des termes, que nous pouvons apprĂ©cier leur vĂ©ritable valeur. _ EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Quoi que vous disiez. Quoi qu’il pense. )uoique pauvre. Quoiqu’il soit grand. Quoi que vous prĂ©sumiez. Quoi que je fasse. Quoique riche. Quoique je le pense. N” CCCLXXXYIl. Que POUR Ă  quoi, de quoi. Que. Que sert une sagesse Ăąpre et contrariante? (La ChaussĂ©e.) Que sert la politique oĂ» manque le pouvoir? (Voltaire.) Que sert Ă  qui ĂŒest plus ĂŒn vain titre de gloire? (F. DE Neufchateau.) Que sert de se parer Du repentir, aprĂšs lĂŻnjure Qui ne peut plus se rĂ©parer? {Pd.) Contre deux cƓurs Ă©pris que sert la vigilance ? (La ChaussĂ©e.) A quoi. Dans ce siĂšcle coupable Ă  quoi sert la vertu ? (De Bellov.) A quoi sert Tcxamen avant le mariage? A rien. (La ChaussĂ©e.) Si la mode empoisonne un naturel heureux, A quoi sert le bonheur d’étre nĂ© vertueux? (Id.) A quoi sert d’avoir un roi qui sache bien gouÂŹ verner en paix, s’il ne sait pas gouverner le pays quand la guerre vient? ' (FĂ©nelon.) 0 La seule observation que nous ayons Ă  faire ici, d'aprĂšs les citations de l'une et de Tautre
( , c’oibrlhĂ«, 'c’est qu'oii pĂ©ĂŒt remplacer Ăą quoi, de quoi, par quĂ©, et dire, qĂ»e sĂ©rt ? gw'Ă vezr vous Ă  vbĂŒs plaindre ? dii bien Ă  quoi sert? de quoi avez-vous Ă  vous plaindre?' ' t EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. * f Que sert? A quoi sert? Qu’avcz-vous a vous tourmenter? De quoi avez-vous Ă  vous tourmenter? DES PRONOMS INDÉFINIS. N‘ CCCLXXXVni. aÂź NATURE DES PRONOMS INDÉFINIS. — LEUR DÉFINITION. On pardonne aisĂ©ment le mal involontaire. (De lĂ  Boutraye.) La comĂ©die nous a^pireiid Ă  nous rnbijĂčer d’aufrut*. (Bern. de Saint-Pierre.) n 'Ă©st toujours quelqu'un qui ctiĂ©rche Ă  nous trahir. (LagrangĂ©.) Quiconque flatte ses mattres les trahit. {MÀñsiLtbN*.) Personne ĂŒfe vĂ©ĂŒt ĂȘtre jilĂąint de ses ferreĂŒrs. (VaĂŒvenargues.) 'Chacun fĂ lt ici-bĂąs lĂ  figure qui) peut. (MoliĂšre.) Les pronoms indĂ©finis sont ceux qui dĂ©signent dâ€™ĂŒnĂ© maniĂšre vague les personnes ou les chdsĂ©s dont ils rappellent TidĂ©e. Les mots que les grammairiens regardent bomme pronoms indĂ©finis sont on, quicĂŽnque, chacun, l'un l'autre; les locutions pronominales qĂŒi 'que 'ce sdit, quoi que ce soit. Quelques grammairiens y joignent les adjectifs indĂ©finis nul, tel, employĂ©s seuls, et mĂȘme les mots autrui, personne. D autres grammairiens nomment ces pronoms subistantifs indĂ©finis, et nous sommes de ce nombre. NÂź CCCLXXXIX. 1 On ou Von. On cherche les rieurs, et moi, je les Ă©vite. (La FontaiĂ©e.) On pardonne aisĂ©ment le mal involontaire. (De la Boutraye.) On se flatte jusqu’à la mort. (JĂąuffret.) On finit par oĂč Von devait commencer. (DorĂąt.) m L’origine du mot indĂ©fini on ne paraĂźt pas encore ĂȘtre bien connue de nos grammaiÂŹ riens. LĂ©s uns prĂ©tendent qu’il dĂ©rive de l’anglais one, un, bu du celtique en, qui signifie Ă©ga- ■ lement wn. Les autres pensent que c'est une corruption du mot français homme. Ce sont lĂ  deĂŒx erreurs qu’il importe de rĂ©futer; poĂŒr ne pas les voir accrĂ©diter par des graihmhiriĂ©ns dont Ifes bpinibhs pourraient faire autoritĂ©. Le mot on nĂ© vierit pas de TĂ riglais onĂ©, uii. Il n’esl pas non plus une corruption du mot homme; el pour avancer une pareille opinion, il faut, en vĂ©ritĂ©, n’avoir jamais ouvert aucun dĂ©s vieux monuments de notre langue. Mais les grammairiens ont bien le leirips d’aller fouiller nos vieilles arÂŹ chives pour y chercher la vĂ©ritĂ© 1 Ils trouvent infiniment plus commode de dire ce qui leur passe par lĂ  iĂ©ih.
( 447 ) Ofi Ă©st uhe ùßtĂšratiĂŽh dĂ« son primitif latin homo, dont TĂŽ final s'esimutisĂ©; de lĂ  les Ăź transfofmalioHs Âëm, ÂotÎ?, Aoms, kon, hons, om,ome, omme,ohs, en, on (1). L'euphonie * ' a, dans certains cas, fait prĂ©cĂ©der ces mots de TarticlĂš l\ Chez les Francs^ tout Tart de la parole se borna d'abord Ă  l'abrĂ©viation Ă«t Ă  la conÂŹ traction. C’est ainsi que de damnum ils n'ont pris que la premiĂšre syllabe dont ils ont fait dam; de troncus; tronc; de donum, don; donomen, nom; de Aomo/ hom; qĂŒon Ă©criÂŹ vait d'abord sans e muet, d'oĂč est venue la particule on (2). Tout lecteur peut reconnaĂźtre la vĂ©ritĂ© dĂ© ce fait Ă©n parcourant les viĂ©ĂŒx manuscrits gaulois. Pluche, dans son Spectacle de la nature; donne le symbole de saint AthahasĂ© en latin, puis les traductions gauloises qui en ont Ă©tĂ© faites successivement, jusqĂč'Ă  ce qu'il arrive Ă ,une traduction française; Torigine et les transforniations du motow s'y trouvent Ă©tablies d'une maniĂšre authentique. Mais, pour Ă©pargner au lecteur Ja peine de recourir Ă  ces documents, nous croyons deÂŹ voir rapporter ici quelques exemples des diverses transformations du mot Aomme ou otu Ces exemples sont tirĂ©s d’écrivains des dixiĂšme, onziĂšme, douziĂšme et treiziĂšme siĂšcles, , Li vileins dist en son proverbe Que mains hom a le tort requis (3). (Tom; iV des FÂbÛAUX.) Qui ainsi muert, Yen nous tesmoingne Que Diex ses pechiez li pardoigne (4), (Id.) Si cum om per dreit. son fradra salvar dist (5). 842. Sehn. de Louis le Gcrman Ă  Charles le Chauve. Li crĂ©eres et li sires de totes choses vint, et as homes vint, et pour les homes vint, et home vint. (Sermons de Saint Bernard.) (1) Les Italiens ont dit de mĂȘme hom, om, et uom, uomo. Les exemples suivants en font foi : Volendo prendere om con lui hattaglia. (Dante.) Traduction. Si Von voulait se batde avec lui. f Messo Ă© che viene ad invit'ar ch* uom sagUa. (Id.) Traduction. C’est ĂŒn raĂ©ssager qui vient inviter que Ton monte. Sempre a quel ver ch* ha faecia di menzogna DĂš V uom chiuder Ăźe Ăźabhra quant*ei puote, PerĂŽ che, senza coĂźpa, fa vergo'gna. (Ïd.) TRÀDbcTÎbN. On Boit toujours; autant quĂŻl est possible, fermer 'sa bbucbĂ© Ă  celle vĂ©ritĂ© qui a TaĂąpect du mensonge, parce qĂŒelle nous attire la honte; sans qu’il Ăż aifrde notre faute. (2) Plus tard, c’est-Ă -dire quand on s’occupa de perfectionner la langue, et de remĂ©dier aux nombreux dĂ©savantages qu’avait entraĂźnĂ©s TabrĂ©viĂ tion ou contraction des syllabes dans les mots ĂȘroprĂŒntĂ©s des aĂčtrĂšs langues, Ăšt suHoiit de la langue latihe, premier instinct de notre idiome franc, ori substitua aux consonnes dures Ă©t ingrates deĂą terminaisons plus sonores et plus brillantes; Ce fut Tfe muet qui commença Ă  donner une forme plus humaine Ă  Tidiome sauvage des Francs; il servit Ă  distinguer les genres; Ă  diminuer TĂ pretĂ© des contractions, surtout dans les verbes et les adverbes; Ă  lier les mots entre eux d une maniĂšre quoi ohserVatiOh » homo, cela vieht probablemĂ©rit de ce quĂ© tous les noms <le la troisiĂšme dĂ©clinaison se sont formĂ©s de' » TabiĂątif hominĂš, 'et qĂŒe l’on a fait dĂȘ Tt et de Tn le second m; dĂ© inĂ©mĂ© le,mot femme de femina, nomrĂ er de nomtnare. » ^ t Que femmĂš Ă ĂŽil venu de fĂ©mina; nommer de nomtnĂąre, cela se conçoit; mais cĂ© qui paraĂźt un peu spĂ© cieux; b’est liiie pour f)rmer homme on ait Ă©tĂ© obligĂ© dĂ© recourir prĂ©cisĂ©ment Ă  Tablalif latin homine OĂč ne conduit pas Tesprit de systĂšme ? (3) Le vilain dit en son proverbe Que maint homme a le tort requis. (4} Qui meurt ainsi, Ton ndĂŒs tĂ©moignĂ©, . Que Dieu lui pardonne ses pĂ©chĂ©s. (5) Ainsi qĂŒâ€™on doit sĂ uVer son frĂšre par droit.. (' I
( kk% ) SI uns hom eust guerre h un autre. Bon fit Ăą preudĂŽrrtfi parler. Et preudon» n’esconduira mie. (Ordonnance de Louis IX de 1^0.) (L’OrdĂšnb de chevalerie, Fabliau.) (Ii>d Les explications dans lesquelles nous venons d’entrer nous dĂ©montrent que puisque le mot on, contraction de homo, ne rĂ©vĂšle d’autre idĂ©e que celle empreinte dans ce mot, et ne se trouve pas Ă  la place d’un autre nom, ce n’est pas un pronom, mais bien le nom d’une personne reprĂ©sentĂ©e dans Tesprit de celui qui parle par TidĂ©e de TunitĂ©, ou par celle d’une pluralitĂ© et, par consĂ©quent, annoncĂ©e d’une maniĂšre indĂ©finie, indĂ©terminĂ©e. C’est donc Ă  tort queM. Raynouard a dit, dans sa Grammaire de la Langue romane, que le mot on est un pronom qui, se rapportant Ă  un substantif non exprimĂ© dans le disÂŹ cours, en remplit lui-mĂȘme les* fonctions. Le mĂȘme reproche s’adresse Ă  presque tous les grammairiens ainsi qĂŒĂ  TAcadĂ©mie elle-mĂȘme. EXERCICE ANALYTIQUE. \ On se rit d'une menace Qu'on ne peut efiectuer. (Agniel.) Quand on est mĂšre , on aime tendrement. (Hadmont.) ÂŁn ornant trop la nature , Ort en Ă©teint lea facultĂ©s. (Nivbrhah.) L'oisivetĂ© , dit-on , des vices est la mĂšre. On n’ofl'ense jamais les dieux impunĂ©ment (Lb BAtLLT,) J (Lebmin.) Car que faire cn un gĂźte, Ă  moins que l'on ne songe? Nous serions tous bien empĂȘchĂ©s, Si l'o/i parlait comme l'on pense. (La FoNTAtNB (Lamotte.) J CCCXC. GENRE ET NOMBRE BU MOT OU, \ On rencontre sa destinĂ©e Souvent par des chemins qĂŒon prend pour rĂ©viter. [La Fontaine.) Quand on est chrĂ©tien, de quelque sexe qĂŒon soit, il n’est pas permis d’ĂȘtre lĂąche. (FĂ©nelon.) On n’est pas criminel toujours pour le paraĂźtre. (Th. Corneille.) Ne faut-il que dĂ©libĂ©rer ? La cour en conseillers foisonne : Est-il besoin d’exĂ©cuter? L’on ne rencontre plus personne. (La Fontaine.) L’on fit, pendant notre sĂ©jour Ă  Stockholm, de grandes rĂ©jouissances pour la naissance d’une prinÂŹ cesse. (Regnard.) L’on hait avec excĂšs lorsque Ton hait un frĂšre. (Racine.) Le mot OTi est destinĂ© Ă  indiquer l’universalitĂ© des personnes d’une maniĂšre vague et indĂ©terminĂ©e, et sans distinction de sexe (1). Sa nature est d’ĂȘtre essentiellement du masÂŹ culin et du singulier : aussi le verbe qui le suit ne se met-il jamais au pluriel. (1) Nous trouvons dans les MĂ©langes de littĂ©rature dc VabbĂ© Morellet, des remarques philosophiques grammatico-moraleV sur le nom indĂ©terminĂ© on; nous n’en extrairons que les passages suivants, afin de montrer l’abus qĂŒiKest possible de faire de ce mot. « Ceux qui se servent de ce monosyllabe dans ces » phrases, on dit. orvmit, on pense, veulent communĂ©ment appuyer leur çpinion de l’autoritĂ© d’on; et, » pour la rendrĂ«'plus imposante, ils lui font signifier un nombre de personnes le plus grand, et lui donnent )) le plus d’étendue qu’ils^euvent.-A n’entendre par on qu’un seul homme, ou un petit nombre d’hommes, >> celui qui cherche Ă  Ă©tablirreneopinion ou un fait, Ă  dĂ©crier un livre, Ă  dĂ©crĂ©diter un ministre, Ă  rĂ©pandre )) une calomnie, ne trouve pas son compte. Il faut qĂŒil donne Ă  entendre que son on dit comprend la » ville, le royaume, l’Europe,^ s’il se peut, le monde entier » Les grammairiens disent qu^cette particule^est indĂ©finie; mais ils pourraient dire avec plus de raison ĂŻ) qĂŒelle est infinie, puisqu'elle comprend souvent, dans l’opinion de celui qui Temploie, ou du moins qu’il » veut lui faire comprendre, un nomtae infini d’individus. De sorte que ce mot si court, comme le char- » mant quoi qu’on die, deBĂ©lise et (fa^PhĂźlaminte, dit beaucoup plus qĂŒil ne semble, qu’on entend lĂ - » dessous un million de mots, et qĂŒil d\plus de choses qĂŒil n'est gros. » Tome 4, page 219.
(W9.) ^ ■ , Les exemples de la seconde colonne nous montrent que ce mĂȘme mot, on, peut ĂȘtre pré cĂ©dĂ© de la lettre l, qui est, non pas un signe euphonique,' mais bien l'article le, dont la voyelle se trouve Ă©lidĂ©e. Les grammairiens ont donnĂ© pour rĂšgle qu'au commencement des phrases il fallait mettre on et non pas Ton; mais nous, qui faisons moins une grammaire que Thistorique du langage, nous devons Ă  la vĂ©ritĂ© de dire que nos meilleurs'auteurs ne se sont pas asÂŹ treints Ă  cette loi. Toutefois, aujourd'hui les Ă©crivains mettent gĂ©nĂ©ralement au commenÂŹ cement des phrases on plutĂŽt que Von, influencĂ©s par la rĂšgle qĂŒil a plu aux grammaiÂŹ riens d'imaginer. , ' On Teut. On dit. On est lĂ©ger. On pense. On rftconte. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. On peut. On juge. On est fou. On ment. On trompe. On sait. On va. On est prudent. On vient. On rencontre. , On ignore. On plaĂźt. On est sot. On dĂ©plaĂźt. On invente. On dort. On meurt. On vit- On mange. On boit. GCCXCI. Gn KN RAPPORT AVEC UN ADJECTIF MASCULIN OU FÉMININ. SINGULIEU. ‱On peut ĂȘtre Ă©tourdi, iĂ©ger^,. inconsĂ©quent et brave en mĂŽme temps. (Rochon db Chabannes.) Ce qui ne plaĂźt qu’aux yeux dans un instant s’oublie, Le charme dure peu quand on n’est que joh'e. (Gosse.) PLURIEL. Le commencement et le dĂ©clin dĂ© Tamour se font sentir par Tembarras oĂč fon est de se trouver seuls. (La BruyĂšre.) Quand on est jeune#, riches et jolies, comme vous, mesdames, on iTen est pas rĂ©duites Ă  Tarti- fice. (Diderot.) MalgrĂ© ce que nous avons dit, on voit, par les exemples qui prĂ©cĂšdent, que si le mot on dĂ©signe expressĂ©ment un homme ou une femme, ou plusieurs individus de Vun ou de Vautre sexe, Tadjectif en rapport avec lui prend alors le masculin ou le fĂ©minin, le singuÂŹ lier ou le pluriel. Il ne faut pas croire cependant que, dans ce cas, Tadjectif qualifie le mot on ; ce serait lĂ  une grande erreur, puisque on est toujours du masculin ; Tadjectif ne peut donc qualifier qĂŒun nom sous-entendu : Ainsi, on peut ĂȘtre Ă©tourdi; on n'est que jolie; Vembarras oĂč Von est de se trouver seuls ; on est jeunes, riches et jolies; c'est pour ^ on peut ĂȘtre [un homme) Ă©tourdi; on est [une femme) jolie; Tembarras oĂč Ton est de se trouver [deux individus] seuls ; on est [des femmes) jeunes, riches et jolies; oĂč Ton voit*qu'Ăš- tourdi s’accorde avec homme; jolie avec femme; seuls avec individus ; et jeunes, riches et jolies, avec femmes. Ceite construction est dite sylleptique, parce qĂŒelle se fait plutĂŽt selonia pensĂ©e que suivant les rĂšgles de la syntaxe. Ce qui justifie surtout nos observaÂŹ tions, c'est qĂŒil faut Ă©crire avec les deux nombres : o?i s'Ă©tait cru amts, et Ton s'est trouvĂ© rivaux. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE" On avec un adjectif MASCULIN BT FÉMININ tmcuLixa. On est bĂ mme. On est femme. On s’est cm bon. On s’est cru jouĂ©e. MASCULIN BT FÉMININ PLTIBtIL. On est jennes. On est coquettes, y On s’était cru battus. On's’est donnĂ© pour grandes. MASCULIN ET FEMININ SIKGUUBR. On est vif,- On est vive. On est savant. On est spiritneUe. MASCULIN ET FEMmiN PLURIEL. On est maĂźtres.' Ou est maĂźtresses. Ou est ennemis. . On est deux amies. f 57
( 450 ) N" CCCXCII. ra»»—=— Ùn RDIVI dâ€™ĂŒn substantif singulier ou pluriel. SINGUUBH. Vous parlez d’obĂ©ir, et cependant on n’est pas votre esclave. (Anonyme.) PLUniBIt. * On n’est pas des esclaves pour essuyer de si mauÂŹ vais traitements. (AcadĂ©mie.) Le mot on peut ĂȘtre suivi d’un substantif soit singulier, soit pluriel. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. On suivi d’un substantif MASCULIN ET FEMININ inioĂŒuxE. Oa n'est p«5 an Turc. 'On est une dame. MASCULIN BT FÉMININ PLtIRIBL. On n'est pas des Juifs. On est des bourgeoises. MASCULIN BT FEMININ SIIfOUUKR. On n'est pas un barbare. On n'est pas une avare. MASCULIN ET FEflllNIN ELORISL. On n'est pis des richards. On n'est pas des princesses N* CCCXCIIL PHRASES ÉNONCÏATIVES SANS NÉGATION. On gagne les esprits par beaucoup de douceur. (MoliĂšre.) On peut ĂȘtre honnĂȘte homme Ă©t faire mal des vers. ' jd.) On peut voir l’avenir dans les choses passĂ©es. ' (Rotrou.) On voit les maux d’autrui d’un autre Ɠil que les siens; (Corneille.) Ôn aime peu celui qui n’ose aimer personne. (Delille.) On commence par ĂȘtre dupĂ«, < On finit par ĂȘtre fripon. (Mℱ** DeshouliĂšres.) On perd tout le temps qu’on peut mieux emÂŹ ployer. (J.-J. Rousseau.) AVEC nĂ©gation. On ne peut tromper l’Ɠil vigilant des dieux. (Voltaire.) On n’excite au travail qu’en offrant des amorces. (Favart.). On n’est pas vertueux pour n’avoir aucun vice. (Aubert.) On n’a jamais pu apprivgiser l'hirondelle, qui, de temps immĂ©morial, bĂątit son nid dans nos, maiÂŹ sons. (Bern. de Saint-Pierre.) Quand les canons ont tirĂ© de suite une vingtaine de coups, ON n’y peut supporter la main. {Id.) L’antiquitĂ© avait observĂ© sept Ă©toiles dans les PlĂ©iades. On n’cn voit plus que sri aujourd’hui, la septiĂšme disparut au siĂšge de Troie. jd.) Le pronom indĂ©fini <m ne peut jainais apparaĂźtre dans le discours que comme sujet de la proposition : il ne saurait donc ĂȘtre complĂ©ment de verbe ni de prĂ©position. Dans les phrases purement Ă©nonçiatives, telles que celles que nous venons de rapporter, on prĂ©cĂšde toujours le verbe ; mais si les phrases sont nĂ©gatives, comme celles de la seconde colonne, il est sĂ©parĂ© du verbe par la nĂ©gation. Il faut bien prendre garde, dans ce cas et lorsque Ton retranche l’e de la nĂ©gation, de se laisser tromper par la prononciation et d’omettre cette mĂȘme nĂ©gation ; ce serait une faute trĂšs-grave. On doit Ă©crire : on n'aime point, si Ton N'es/ aitnĂ©, et non : on aime point, si l'on est aimĂ©. Prononcez les deux phrases snw vantes : Nous sommes perdps, si l'on en dĂ©cide autrement (l'o-n-en]. Nous sommes perdus si l'on n'en dĂ©cide autrement [Von n'en).
( 451 ) Ou dit. On sait. Oa croit. Oa pense. On assure. On soupçonne. On suppose. On s'imagine. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. On a tort. On a raison. On se trompe. On ignore. On ne dit pas. On ne sait pas. On ne croĂźt pas. On ne pense pas. On n'assnre pas. On n'en sait rien. On n’y pense pas. On nĂ«n parle pas. cccxav. On n'tgnore pas. On n'y peut rien. On n'en croit rien, On n'y croit pas. PHRASES INTERROGATIVES ET EXCLAMATIVES. Peut-on prĂ©voir sa destinĂ©e? (Agniel.) Dans la peur rĂšflĂ©chit-<)n.? (Lenoble.) Eh! connatt-on Torgueil auprĂšs de TamitiĂ©! (Chamfort.) A-t-on jamais pleurĂ© d’avoir fait son devoir? jd.) En riant de ses fers cesse-t-on d’en porter? (ChĂ©nier.) Que ne fait-on passer avec un peu d’encens! (Florian.) Eh ! que ne doit-on pas Ă  qui Ton doit la vie I (Boursault.) N’est-pn jamais tyran'qĂŒavec le diadĂšme? (ChĂ©nier.) N’a-t-on jamais dansĂ© pour secouer sa peine Ăź (Arnault.) AisĂ©ment, pour jamais, quitte-t-on cĂš qu’on aime? (Blin de Sainmorb.) Dans les phrases interrogatives ou exclamatives, le pronom indĂ©fini on se transporte immĂ©diatement aprĂšs le verbe : peut-on? sait-on? doit-on? que peut-on? Mais si Je verbe qui prĂ©cĂšde on commence par une voyelle, il faut, pour Ă©viter rh\atus qui rĂ©sulterait des expressions a-on? n'a-onpas? intercaler un t entre deux tirets : À-t-on? n'a-t-on pas? ainsi que cela a lieu dans les deux derniers exemples de chacune des colonnes ci-dĂȘssus. — La nĂ©gation n’exerce aucune influence. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Peut-on ? Doit-on ? Sait-on ? Dit-on ? A-t-on ? Corrige-t-on ? Aime-t-on ? Pense-t-on ? Croit-on ? Attaque-t-on ? ConnaĂźt-on ? Soupçonne-t-on ? Ne peut-on pas? Ne doit-on pa.s? Ne sait-on p-is ? Ne dit-on pas ? N'a-t-on pas ? ’Ne croit-on jias ? Ne corrige-t-on pas ? N'attaque-t-o» pas? N'aime-t-on pas ? Ne connaĂźt-on pas ? . Ne pense-t-on pas? Nesoupçonne-t-ou pas? N" CCCXCV PHRASES INTERJETEES. La vengeance, dit-on, est un morceau de roi. (Aubert.) C’est le dix-huitiĂšme siĂšcle, s’écrie-t-on, qui est le siĂšcle penseur par excellence. (Chateaubriand.) Mais, dira-t-on, que signifie cette communion mystique oĂč la raison est obligĂ©e de se soumettre Ă  une absurditĂ©, sans aucun profit pour les mƓurs ? jd.) Bonne action, dtf-on, a toujours son salaire. (RigaĂŒd.) 'Les animaux Ă©trangers, ajoute-t-on, perdent leur caractĂšre dans la captivitĂ©. (Beiin. de Saint-Pierre.) Les colliers de quelques-uns des habitants de Musgow (en Afrique) avaient cinq ou six rangs, et n’étaient autres, m*assura-t-on, que les dents d’ennemis qu'ils avaient tuĂ©s dĂąns les batailles. (Albert-MontĂ©mont.) Lorsqu’une proposition se trouve interjetĂ©e dans une phrase, le mot on, comme dans les interrogations, se met toujours aprĂšs le verbe; et si ce dernier se termine par une voyelle, on intercale.un / entre deux tirets.
M’assnre-i-on. ftTobjecta-tpoa. Pense-t'On, Repartira-t-on. ( iSĂą) ÉïÈmcË paAASÉdtdĂŒiQĂŒĂ‰ Me demanda-t-OD.'" Me manda-t-on. RĂ©pliquait-on. Avancerai t-on. Me crĂźa-t-oa. Trouve-t-on. Soutiendra-t-on, RĂ©pĂ©terait-on. Me rĂ©pondit'OĂ». Ooit-on. Murmnrait-on. Ajouterait-on. —CCCXCVI.»^^"^- ' . '■ PLACE DE on DANS LES PHRASES COMMENÇANT PAR aussĂŻ, pewÂŁ-Ăš/re, en vuiu, toujours, ' ET AUTRES MOTS SEMBLABLES. "APRÈS LE VERBE. Aussi doif-on prĂ©senter Ă  Tesprit des jeunes gens des choses de toute espĂšce, des Ă©tudes de tout genre, des objets de toute sorte, afin de reconnaĂźtre le genre auquel leur esprit se porte avec plus de force, ou se livre avec plus de plaisir. (BĂŒffon.) La BĂ©tique est un pays dont on raconte tant de merveilles, qu’à peine peut-on les croire, (FĂ©nelon.) . - AVANT LE VERBE. Aussi Von doit regarder le, dĂ©luge universel comme un moyen surnaturel dont s’est servie la toute-puissance divine pour le chĂątiment des hommes. (Buffon.) A peine Von me fĂ©licitait de mon heureuse Ă©vaÂŹ sion, que le misĂ©rable Ă©tat dans lequel j’étais, sans mĂŽme un haillon pour me couvrir, se prĂ©senta Ă  mon esprit pour me jeter dans TinquiĂ©tudĂ«. (Axbert MontĂ©mont.) Depuis plus d'un siĂšcle Tardeur pour dĂ©couvrir de nouvelles terres s’e.st extrĂȘmement ralentie: peut-ĂȘtre on a prĂ©fĂ©rĂ© avec* raison TuiifitĂ© qu’on a trouvĂ©e Ă  faire valoir celles qu’on connaissait, Ă  la gloire d’en conquĂ©rir de* nouvelles. (BĂŒffon.) Ce que nous avons dit, page 254, relativement Ă  la place des pronoms personnels dans les phrases commençant par aussi, en vain, peut-ĂȘtre, etc., s’applique naturellement Ă  on. Comme eux, ce mot se met devant ou aprĂšs le verbe ; c’est le sentiment, c’est l’oreille qui doivent dĂ©terminer la prĂ©fĂ©rence. Nous dirons cependant que les exemples analogues Ă  ceux de la seconde colonne sont plus frĂ©quents. QĂŒon imagine en effet des cathĂ©drales et des chù teaux qui surgissent aux yeux dans mille positions, sous mille.formes diverses; et peut-ĂȘtre ne s'Ă©tonÂŹ nera-t-on plus qu’un peuple ignorant et superstiÂŹ tieux y attache des idĂ©es surnaturelles. (Albert MontĂ©mont.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE» A peine on naĂźt qne... Au,ĂŻsi l'on doit. En vain on parle. Tooioars on verra. A plus forte raison on fait. Encore on dit quelque ehose. A peine uaĂźt-on que... Aussi doit-on. ÂŁn valu parle-t-on. Toujours verra-t-oo. A pins forte raison fait-on. Encore dit-on'quelque chose. A peine on meurt que... Peut-ĂȘtre on dira. Du moins on objectera. Combien on intĂ©resse. Au moins on pense. Si bon qu’on soit. . A peine meurt-on que... Peut-ĂȘtre dira-l-on.' Du moins obpcctcra-l-on. Combien intcresscra-t-on. Au moins pense-t-on. Si bon soit-on. N* CCCXCVII. I DE LA RÉPÉTITION DE On. La marĂ©e arrive cependant de tous cĂŽtĂ©s; on cherche Vatel pour la distribuer, on va Ă  sa chamÂŹ bre, on heurte, on enfonce la porte; on le trouva noyĂ© dans son sang. (MŸ« DE SĂ©vignĂ©.) On dit que c'Ă©tait Ăč force d’avoir de Thonneur Ă  sa maniĂšre : on le loua fort, on loua’ et Ton blĂąma son courage. ‱ (La iUÊaiE.) ĂŻl Ă©lĂšve sa voix; on murmure, on s’empresse, * On Ten toute, on TĂ©coute, et le tumulte’ cesse. (Voltaire.) Ceux mĂȘmes qui n’ont pas de bien veulent paÂŹ raĂźtre en avoir : ils en dĂ©pensent comme s’ils en avaient : on emprunte, on trompe, on use de mille artifices indignes pour parvenir, (FĂ©nelon.) On lĂšve Tancre, on part, on fuit loin de la terre. On dĂ©couvrait dĂ©jĂ  les bords de l’Angleterre. (Voltaire.) On l’interroge, on doute, on l’observe long-temps ; On craint sous cet babit un funeste mystĂšre. (W.)
( 453 ) La fraude et TinhumanitĂ© frappent peu Ă  peu tous les plus solides fondemĂšats de l’autoritĂ© lĂ©gitime : on Tadmire, on la craint, on tremble devant elle jusqu’au moment oĂč elle n’est dĂ©jĂ  plus. (FĂ©nelon.) On accourut; on enfonça la porte; on dĂ©gagea PhiloclĂšs des mains de ces trois hommes, qui, Ă©tant troublĂ©s, Tavaient attaquĂ© faiblement. (FĂ©nelon.) Lorsque dans une phrase il se trouve plusieurs propositions ayant pour sujet on, ce derÂŹ nier se rĂ©pĂšte. C'est en l’absence d’autres faits que nous Ă©tablissons cette rĂšgle; car cerÂŹ tainement il est des cas oĂč la suppression de on ne serait ni choquante ni condamnable, comme dans Texemple suivant : Quand on va, vient, retourne, revient, comme vous faites, on est bien insupportable. Des phrases semblables doivent indubitablement se rencontrer dans nos comiques. La rĂšgle donnĂ©e par Girault-Duvivier est donc trop absolue quand il dit : c( Sans la rĂ©pĂ©tition de on, l’oreille ne serait pas satisfaite : aussi le gQÙt en a-t-il fait une loi. » EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. On V3, on vient, on s'Ă©chanfie. On parle, on ne s'entend pas. On vent, on ne veut pas. On dit une cliose, on en dĂźt nno autre. On vient, on le presse,'on l'Ă©coute. On naĂźt, on vit, on meurt. On mange, on boit, on chante. On rit, on s'amnse. On s’assemble, on murmure. On soupçonne, on s’assure, on Ă©clate. On sait, on ne sait ce qu'on dit. On pleure, on rit tout Ă  la fois. N* cccxcvm. IDENTITÉ DE RAPPORT AVEC On REPETE. dites: Quand on sent que Ton plaĂźt, on en est plus aimable. (Collin d’Harle ville.) On n’a point d’encens, on ne passe point pour immortel; mais on sĂš porte bien, on rĂšgne sans trouble, et l’on fait beaucoup de bien aux hommes qĂŒon gouverne. (FĂ©nelon.) Quand on.a aimĂ© avec emportement, il faiit qĂŒon haĂŻsse avec fureur. (FĂ©nelon.) NE DITES pas: t ' Quand on sent que Ton vous aime, on en est plus aimable. On ĂŒa point d’encens, on ne vous fait pas passer pour immortel ; mais on se porte bien, on veut qu’on rĂšgne sans trouble, et l’on fait beaucoup de bien aux hommes qĂŒon gouverne. Quand on a Ă©tĂ©' aimĂ© avec emportement, il faut qu’on vous haĂŻsse avec fureur. Lorsque le motbn est rĂ©pĂ©tĂ© dans une phrase, il faut faire attention, autant pour l’inÂŹ telligence que pour la clartĂ© du discours, Ă  ce quo le rapport soit identique, comme dans lesexemples de la premiĂšre colonne, c’est-Ă -dire qu’il ne doit s’appliquer qu’à la mĂȘme personne ; car dans lĂ©s exemples de la deuxiĂšme colonne, on sent bien que la divergence de rapports rend les phrases obscures, fatigantes, insupportables.'D’aprĂšs cela, FĂ©neloii n’aurait pas dĂ» Ă©crire : _, i On s’attendrissait sur Hippias, dont on racontait les grandes actions. Cependant on voyait le corps du jeune Hippias Ă©tendu, qĂŒon portait dans un cercueil ornĂ© de pourpre, d’or et d’argent. Le premier on est relatif Ă  une portion d’individus, et le second s applique Ă  une autre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Quand 00 est aimable, on est aimĂ©. Quand on bat, on risqifĂ© d'ĂȘtre battu. Quand on trompe, on est trompĂ©. Quand on va sur mer, on peut faire naufrage. Quand on est humain, on fait du bien aux pauvres. DĂšs qu'on vons le dit, c'est qu'on le soit. ‱ . Quand on est Joueur, on se ruine. Puisqu'on l'atteste, c'est qu'on en est certain.
( 454 ) N“ CCCXCIX. ©©Ÿo On EN RAPPORT AVEC LES NOMS PERSONNELS TlOWS, VOttS, Qu on haitnin ëûûemi quand il est prĂšs de nous] (Racine.) Au moins, en pareil cas, est-ce un bonheur bien doux, Quand oh sait qĂŒon n’a point d’avantage sur nous» (MoliĂšre.) Quand leboiiheur vous guidĂ©, on doit suivre ses pas, ÂŁt toujours s’élever sans regarder en bas. ’ (Desxouchbs.) On souffre, on jouit, non par ce qui existe, mais par ce qui nous parait exister. ‘ (De SĂ©gur.) Les pronoms personnels nous, vous, quand ils sont employĂ©s dans un sens gĂ©nĂ©ral, indé terminĂ©, peuvent ĂȘtre mis, comme on voit, en relation avec on, qui n’a pour corrĂ©latif spĂ©cial que se ou soi. Exemple : ON a souvent besoin d'un plus petit que SOL EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Oa gĂ©mit des malheurs qai tombent sur vous. On mĂ©prise les mĂ©chancetĂ©s qui se disent de vous. On parle ainsi quand ĂŻl vous ennuie. On repoussera les ennemis qui marcheront sur On s’applaudit des Ă©loges qui nous revicnc'uu. On lui dit cela pour qu’elle nous laisse en ] K CCCC. EMPLOI DE on POUR je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles. EXEMPLES. On a certains attraits, un certain enjĂŽueraenL Que personne ne pĂ©ut me disputer, je pense. (REGNAnn.) Tti m’avais promis, lĂąche, et j’avais lied d’attendre Qu'on tĂš verrait servir mes ardeurs pour LĂ©andre. (MoliĂšre.) Lcoute ..a Je prĂ©tends qĂŒon soit sourde Ă  tous lĂ©s damoiseaux. -(/d.) Je veux croire les gens, quand on me dit, je t’aime. \ (Id.) — QuĂ© voulez-vous de moi ? — Je veux que l’on m’écoute, Vous ai-je dit vingt fois, quand je parle. {Td.) QĂŒon appelle la reine; et vous, qĂŒon se retire. (Voltaire.) Et vous, Ă  m’obĂ©ir, prince, qu’on se prĂ©pare. (Racine.) ANALVSR. ON a, etc., c’csl pour: J’AI certains Ăčttroitfi. uh certain enjouement, etc. Qw'ON ie verrait servir mes ardeuts est pour : JE ÂŁo verrais servir, Ă«tc. Je prĂ©tends gĂŒON soit sourde est pour : je pré tends que TÜ SOIS sourde, etc. Je veux croĂźYe Ăźes gens quand ON me dit, c’est pour ; ‘guandt ILS me disent, elc. Je veux que VON m'Ă©coute est pour : je vetix que VOUS m’écoutiez. Et vous qu*ON se retirĂ© est pour : et vous, il faut que VOUS vous reft’rte^. Et vous, qu'ON se prĂ©parĂ©, est poĂŒr : etvbus, il faut que VOUS vous prĂ©pariez. Le mot on peut donc s’employer pour jĂ«, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, et alors ĂŒĂ©st une maniĂšre dĂ©tournĂ©e et dĂ©licate de s'exprimer, puisque du particulier on passe tout de suite au gĂ©nĂ©ral. C’est lĂ  une figure qĂŒon nomme euphĂ©misme. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. oir pooa Jl. ĂœÂ« POUR TO. OJt POUR IL. OK POUR SLLS. On n de Targeot, je j>cosc. On a de l’esprit, je crois. Od 0 de l’oudoce, je dis. Dis, on est sourd, je crois. J'aime un enfant, quand on est J’aĂźme une fille , quand on est at- Montre ici : Ob ! on a de» mains sage. tentive. blaocbe». J'otmo un fili, quand on aime sa Je chĂ©ris une enfant, quand on mĂšre. Ă©coute ses parents.
{ 455) OH POU& HOVI. OH MUR VOCl, OH voua IL3. OH rODE KL1.BI. On a d« U gaue^ ibiĂąme nobs vous Vons, qĂč'oĂŒ sĂ«n le disions. Vons, qn'on vienne ici. On a l'amour de la patrie, comme Vous, qu'on se taise. TOUS voyez. Vous, qu'on me laisse en paix. C'est lorsqu'on, est sages, que J’admĂźrĂ©la femdiĂȘi/qiuinĂ bn est j'aime les enfants. . vertueuses.^ Je veux des amis, quand on est JĂ© h'aĂźme pas les sĂ©fVaĂŒles *, dĂšs francs. qu'on n'est pas soumises. —CGCCI. EMPLOI DE on OU DE Von APBÉS UH MOT TÉBMINÉ PÂB UNE CONSONNE. « ÉN PROSE. On n’est guĂšre jaloux de la prĂ©sĂ©ance, quand on ne la doit qĂŒĂ  sa vieillesse. (PbĂ©yĂŽt.) Selon vousĂż on est coupable dĂšs qu’on est accusĂ© ; un soupçon mĂ©rite la mort. (FĂ©nelon.) 1 Artistes, poĂštes, Ă©crivains, si vous copiez tou- jours, ON ne vous copiera jamais. (Bern. be SĂ int-Pierrb.) BN VERS. Quand on a mĂȘme but rarement on s’accorde. (Lebrun.) 11 n’est affection dont on ne vienne Ă  bout. (La Fontaine.) En tous temps, en tous lieux, on a dit qĂŒun bienfait Porte avec lui sa rĂ©compense. (De la Boutraye.) Entre amt'a, on n’a point de rĂ©serve. jd.) ' Reprocher lĂš bienfait, on en perd l’avantage. (Haumont.) Lorsque le mot qui prĂ©cĂšde on se termine par une consonne, c’est presque toujours on qĂŒon emploie au lieu de Von (1). EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Kntre parents on se doit.., Lntrc amis on ne se. .. Quand on peut, tl faut... Jamais on ne doit... Toujours on dĂźt qiiç:. ^ Quelquefois ba se trompe. Sonvent on ignore. A la mort on pdrdoone. Cependant on s'abuse. Ponrtant on se piqnc de... En le voyant, on peut dtr«.*. En tous lieux on peut vivi*. N CCCCII.Âź^'^ EMPLOI DE on APBÈS UN MOT TEBHINÉ PAB e MUET. EN PROSE. Quand on aime, on cherche Ă  plaire, et qui sait plaire est sĂ»r de persuader. (Bern. de Saint-Pibrre.) On eĂ»t vu Ă  Rome, sous les empereurs, la statue de Jeanne d’Arc soutenant le trĂŽne; on l’eĂ»t vue, sous les consuls, au Capitole, aĂŒ-dessus de celle de Manlius. [Id.) Lorsque les vestales marchaient dans la ville, on portait devant elles la masse des prĂ©teurs. jd.) en VERS. D’un bonheur sans mĂ©lange on se lasse Ă  la fin. (Agniel.) On relit tout RactnĂš, on choisit dans Voltaire. (Delille.) Sans se voir, qĂŒand oiĂź ^'Ăąime, bn pĂ©ĂŒt se deviner. (La ChaussĂ©e.) De son propre Ă riifieĂ© Ăšsi Ă buvĂšĂŒt victimĂ©. (CbiilN b'HARLBVILLE.) On ne sait ce que C’ùñt que de pĂ yĂ©r ses dettes ; Et de sa bienfaisance oĂż( rĂ©inplit les gazettes. jd.) AprĂšs un mot qui Ă  pĂŽĂŒf filiale un e muet, on se sert presque toujours, Ăšh prose, de on i (1) Nous disons presque tptuburs, car les auteiirs ont aussi fait usage de Von. Eu voici deux exemples : Quand on sĂ© combat bien l’on est sÙr de se vaincre. L’on compte deux fots quand l’on compte sans l’hĂŽte. (De Belloy.) (Fabre d’Eglanxinb.)
( 450 ) * i de prĂ©fĂ©rence Ă  Ton. En poĂ©sie, c'est toujours on, surtout quand ce mot commence le seÂŹ cond hĂ©mistiche du vers. , " EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Dans la jeunesse on aime Ă ... Dans la vieillesse on n’aime pas Ă ... Dans la joie on se plaĂźt Ă .. Dans un moment d’ivresse on donne. Dans la misĂšre on ne peut. Dans l’inTortune on hait. . w ccccm. t â–ș ' EMPLOI DE on APRÈS UN MOT TERMINÉ PAR UNE VOYELLE AUTRE QUE L'e MUET. EN PROSE. Dans les arts mĂŽme du dessin, qui semblent l’empire dĂ© la rĂ©alitĂ©, on n’arrive au beau qu’en le corrigeant. (ValĂ©ry.) / On doit Ă©viter dans les vers la rencontre des voyelles : Ainsi l’on ne pourrait jamais faire entrer dans des vers ces mots : Ăźa loi Ă©vangĂ©liqueDieu Ă©ternel, etc. (Boiste.) EN VERS. Ce qu’on a bien aimĂ©, l’on ne peut le haĂŻr JusqĂŒĂ  le pouvoir perdre ou jusqu’à le trahir. (Corneille.) ... Le pĂ©ril passĂ©, l’on ne se souvient guĂšre De ce qĂŒon a promis aux dieux. ^ (La Fontaine.) ' A tout accord forcĂ© l’on a droit de manquer. (Franç. de NkufchateaĂŒ.) Tel que pour ami l’on suppose, Montre dans le besoin qu’il ne Test nullement. (Lenoble.) Si lĂ«mot qui prĂ©cĂšde on a pour finale un Ă© fermĂ© ou un i, on peut, en prose, faire usage de on oude Z'o«;maisen vers ii n'est permis de se servir que de cette derniĂšre forme, Von. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Ainsi on pense. C'est pourquoi on dĂźt. Pour un ami on doit. A. la vĂ©ritĂ©, on croit. Ainsi l’on pense. C’est pourquoi l’on dit. Pour un ami l’on doit. A Ja vĂ©ritĂ©, l’on croit. Aussi on a tort. Aussi l’on a tort. Lorsqu’on est fatiguĂ©, on ne peut. Lorsqu’on est fatiguĂ©,Von ne peut. DĂšs qu’on est refusĂ©, on craint. DĂšs qu’on est refusĂ©, l’on craint. Blesse, on vous soignera. Blesse, Ton voĂźis soigneia. N” CCCCIV. e DE l'emploi en prose DE OU OU DE Von APRÈS et, si, oĂč, que, qui, e rc. AVEC Von. Jadis, dans l’antiquitĂ©, on fit dans Syracuse le procĂšs Ă  toutes les statues des anciens rois, et Von n'en conserva qĂŒune seule, celle deGĂ©lon. (MÂźe Genlis.) Partout on a dissĂ©quĂ© l’homme, et Von ne nous montre plus que son cadavre. Ainsi le plus digne objet de la fcrĂ©ation a Ă©tĂ© dĂ©gradĂ© par notre savoir comme le rĂ«ste de la nature. (Bern. de Saint-Pierre.) Si Von faisait le procĂšs, aux livres de la biblioÂŹ thĂšque du roi, combien. aprĂšs un jugement Ă©quiÂŹ table, elle aurait de tablettes vides! (M“‘¼ DE Genlis.) Si nous nous Ă©garons dans le dĂ©sert, une sorte dĂŻristiiict nous fait Ă©viter les plaines, oĂŒ Von voit tout d’un coup d’oĂ©il. " (Chateaubriand.) AVEC on. . .L’usage du vin est permis aux princes chrĂ©tiens, et on ne remarquĂ© pas qĂŒil leur fasse faire aucune faute. (Montesquieu.) Le ridicule fait malheureusement plus d’impresÂŹ sion sur les ames honnĂȘtes et sensibles que sur les vicieux; parmi eux, on en donne, on en reçoit, et on en rit. , (Duclos.) Les insectes ne paraissent susceptibles d'aucune sensibilitĂ©. Si on arrache la jambe d’une mcmche, elle va et vient comme si elle n'avait rien perdu. (Bern. dĂȘ Saint-Pierre.) Les Ă©coles primaires, oĂč l’on enseigne les preÂŹ miers devoirs de la morale, doivent ĂȘtre gratuites; mais les Ă©coles secondaires, oĂŒ on apprend ies scienÂŹ ces, les arts et les mĂ©tiers, doivent ĂȘtre payĂ©es. (W-)
( 457 ; -11 y a autant de vices qui viennent de ce qĂŒon On craint la vieillesse qu’on n’est pas sĂ»r de pou- ne s’estime pas assez, que de ce que Von s’estime voir atteindre. trop. (Montesquieu.) (La BruyĂšre.) . Les grammairiens, confondant, selon leur coutume, et la prose et les vers, disent qĂŒaÂŹ prĂšs les mots suivants, et, si, oĂč, que, qui, quoi, etc., il faut toujours, pour Ă©viter Thiatus. employer Von au lieu de on. Les exemples que nous avons citĂ©s dĂ©montrent la faussetĂ© de cette rĂšgle, qui, comme la plupart de celles qĂŒon trouve dans les grammaires, mĂȘme les plus estimĂ©es, a Ă©tĂ© plutĂŽt imaginĂ©e que dĂ©duite des faits ; nous voyons que TĂ©crivain peut Ă  son grĂ© seiservir, en pareil cas, de on ou de Von. Ce qu’il doit consulter alors, c’est moins la rĂšgle des grammairiens que son oreille : Cet oracle est plus sĂ»r que celui de Restaut. Et il faut bien se garder de croire que les exemples de la seconde colonne soient les seuls que nous aient fournis nos lectures ; nous pourrions, au besoin, en rapporter des milliers. TouÂŹ tefois nous devons observer que les Ă©crivains ont plus souvent fait usage de Von que de on aprĂšs les mots .citĂ©s plus haut, exceptĂ© cependant avec le mot que et ses composĂ©s : lorsque, parce que, quoique, etc., qui peuvent ĂȘtre suivis indiffĂ©remment de oti ou de Von, ainsi que le prouve cette phrase, oĂč l’auteur a employĂ© l’une et Tautre forme : ^ » On n’est jamais si ridicule par les qualitĂ©s que Von a, que par celles qu’on affecte d’avoir. (La Rochefoucauld.) ÂŁt Ton dit. Ou Von voit. - A qui Ton doit. Ce que Ton sait. Si l’on savait. A qui on.plaĂźt. A qui l'on plaĂźt. ÂŁt on dira. OĂč on a vu. A qui on doit. Ce qu’on sait. Si on savait. Et J’on s’amuse. Aussi ou doute. EXERCICE PÜRASÉOLOGIQUE. A quoi l’on pense. Que l’on nĂ©glige. .Si l’on pouvait. Et l’on disait pourtant. OĂč l’on aimait Ă  dan.scr. Et ou s'amuse. Aussi l’on doute. A quoi on pense. QĂč on nĂ©glige. Si on pouvait» Et on disait pourtant. OĂč on aimait Ăą danser. Et on en rit. Et l’on s’en moque. N” CCCCY. DE l’emploi, en poĂ©sie, DE OU OD DE Von, APRÈS et, si, oĂč,qui, quoi, etc. EXEMPLES. Le ciel parfois seconde un dessein tĂ©mĂ©raire, Et l'on sort comme on peut d’une mauvaise affaire. (MoliĂšre.) Le vĂ©ritable Amphitryon Est TAmphitryon oĂč l’on dĂźne. {Id.) Une vertu parfaite a besoin de prudence, Ét doit considĂ©rer» pour son propre intĂ©rĂȘt, Et les temps ow'i.’on vit, et les lieux ow l'on est. (CORNEILI.ÏÏ.) On ne doit pas, . A TĂąge ow Von fait des faux pas, Qiiitterun seul instant sa mĂšre. (MontĂȘsquioĂŒ.) Ami, si tu n’as rien, n’attends rien de personne: Les riches sont ici les gueux Ă  qui l'on donne. (De Boufflers.) ĂŻl est bon de voir avec qui l'on s’allie. (Lenoble.) Ne vous entĂȘtez point d’ĂȘtre chez vous le maĂźtre; Mais, st l’on veut bien le souffrir, Contentez-vous de le paraĂźtre. (Regnard.) . Aujourd’hui On passe sur ThonnĂȘte, et Von songe Ă  Tutile. (Destouches.) Aller en Tautre monde est trĂšs-grande sottise, Tant'que dans celui-ci Von peut ĂȘtre de mise. (MoliĂšre.) k ' * Si, comme nous Tavons fait voir dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, lo prosateur Ăšst libre d’emÂŹ ployer ow ou Von, suivant qu’il veut donner Ă  son expression ou plus d’harmonie ou plus de force, une telle libertĂ© n’est pas laissĂ©e au poĂšte, qui doit de toute nĂ©cessitĂ© se servir de la seule forme Von, afin d’éviter ce bĂąillement qui, dit l’AcadĂ©mie, fait un mĂ©chant effet dans la poĂ©sie. 58
( 458 ) N“ CCCCVI. EMPLOI DE on OĂŒ DE Von AVANT UN MOT COMMENÇANT PAR l. EN POÉSIE. On offense un brave homme alors gtie Ton Tabusé» (MoliĂšre.) Un loup disait que Ton Tavait volĂ©. (La Fontaine.) Ce que je vous dis lĂ , Von le dit Ă  bien d’autres. ’ {td.) Quand l’absurde estOMfrd,roN /Ă»Cfait ttopd’hDDDĂ©ur De vouloir, pour raison, combattre son erreur. . (td.) On refuse aux vivants des temples QĂŒon leur Ă©lĂšve aprĂšs leur mort. (M“¼ DeshouliĂšres.) Moins on mĂ©rite un bien, moins ON /’ose espĂ©rer. (MoliĂšre.) A raconter ses maux souvent on les soulage. (Corneille.) EN prose. Ôn cĂ©lĂšbre la mort du cerf par des fanfares, ĂŽn le laisse fouler aux chiens, et on Ăźes fait jouir pleiÂŹ nement de leur victoire en leur faisant curĂ©e* (Buffon.) C’est pour ne pas exclure les vices gĂŒon les revĂȘt dĂźun nom honnĂȘte. ' (MalEsuerbes.) Le chien, bien plus intelĂŒgent que le singe, té moin chaque jour des effets du feu, accoutumĂ© dans nos cuisines Ă  ne vivre que de chair cuite, ne s’aviÂŹ sera jamais, .vi on lui en donne de crue, de la porter sur les charbons du foyer. , , (Bern. de Saint-Pierre.) Ceux qui veulent achalander une foire, y apporÂŹ tent des animaux Ă©trangers; et la partie oĂč on Ăźes ĂŻnontre en est la partie la plus frĂ©quentĂ©e. {Id.) Le cafĂ© est trĂšs en usage Ă  Paris : il y a un grand nombre de maisons ĂŻubliques oĂč on Ăźe distribue. Dans quelques-unes ue ces maisons on dit des nouÂŹ velles, dans d’autres on joue aux Ă©checs. (Montesquieu.) Pour Ă©viter la cacophonie que produiraient certaines phrases, telles que celles-ci : Si Von Ven louait, si Von T enluminait, si Von la lisait, etc., il faut employer on au lieu de Von, aprĂšs les mots si, et, oĂč, que, ni, ainsi, quoi, etc., et dire : si on Ven louait, si on Venlumi- nait, si on la lisait, etc., ainsi qu’on le voit par les exemples de la premiĂšre colonne. CeÂŹ pendant ceux de la seconde, du moins les quatre premiers, nous montrent qu’en poĂ©sie il est des cas oĂč Ton ne peut guĂšre faire autrement que de se servir de Von. On ne pourrait pas dire : On offense un brave homme alors quon Va&Use, un loup disait qu'on l'avait volĂ©. Sans doute ces tournures seraient prĂ©fĂ©rables, mais ĂŒ n’y aurait plus de vers, il manÂŹ querait une syllabe. Les poĂštes doivent nĂ©anmoins se garder avec soin de construire leurs vers de .maniĂšre Ă  ĂȘtre obligĂ©s de faire usage de Von. Les trois derniers exemples de la seconde colonne sont, sous ce rapport, exempts de reproche. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. DITBS KR DITl'.S TAS DITES RE DlT&i ris Si on le Voit, , OĂźi on l’envoie. Ou on l'attend. ^ quoi on le destine. Si l’on le voit. Oii l’on l’envoie. Ou l’on l’attend. A quoi l’on le destine. ÂŁt ou le louera. Ni on le laisse. Qu’on le lira. Et on le lapidera. Et l’on le louera. Ni l’on le laisse. Que l’on le lise. Et l’on le lapidera. N” CCCCVU. *0» ©OCX»— EMPLOI DE que Ton AVANT UN MOT COMMENÇANT PAR LA LETTRE C. Il arrivĂ© quelquefois que des talents mĂ©diocres, de faibles connaissances, que l’on ne compterait pour rien dans les .personnes obligĂ©es par Ă©tat Ă  en avoir de cette espĂšce, brillent beaucoup dans ceux que leur Ă©tat n’y oblige pas. (Fontenelle.) Quand on veut changer et innover dans une rĂ©puÂŹ blique, c’est moins les choséÚ que le temps que l’on considĂšre. (La BruyĂšre.) On trouve peu de livres qui soient utiles aux femmes, mĂȘme parmi ceux que l’on croit bons. (Bern. de Sainx-Pibbbe.)
( 459 ) On doit se garder de dire : qu'on considĂšre, qu’on compterait, qu’on comprend, etc. En pareil cas, il faut prĂ©fĂ©rer que Von, pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition du mĂȘme son. EXERCICE PHRASÈOtOGIQOB. WTM : HR DITRS PAS : DtTU Hx Drrxi PAt Von comprend. Que Ton connaĂźt. Que l'on convient. Qn'on comprend. Qu’on connaĂźt. Qu'on convient. l’on qualifie. )ue l’on conserve, ^ue l'on compose. Qn'on qualifie. Qn'on conserve. Qu'on compose. % PARTICULARITÉ RELATIVE AĂŒ PRONOM PERSONNEL se, EMPLOYÉ POUR OÙ. i AVEC se. Tout ce qui se mange avec plaisir se digĂšre avec facilitĂ©. (Bern. de Saint-Pierre.) Le pic de TĂ©nĂ©riffe se voit de quarante lieues. (id.) AVEC on. On digĂšre avec facilitĂ© tout ce qu’on mange avec plaisir. On voit de quarante lieues le pic de TĂ©nĂ©riffe. Suivant TAcadĂ©mie, le pronom personnel se sert aussi Ă  donner au verbe actif une signiÂŹ fication passive, quand le sujet est un nom de chose; ainsi, d’aprĂšs ce raisonnement, lĂšs expressions suivantes : tout ce qui se mange, le pic de TĂ©nĂ©riffe se voit, seraient pour tout ce qui est mangĂ©, le pic de TĂ©nĂ©riffe est vu. L’AcadĂ©mie a bien pu trouver une grande analogie entre le pic de TĂ©nĂ©riffe sĂ© voit et le pic de TĂ©nĂ©riffe est vu ; mais il nous semble qĂŒil y en a une plus grande encore entre le pic de TĂ©nĂ©riffe se voit et on voit le pic de TĂ©nĂ©riffe. ILne faut pas croire pour cela que le pronom, personnel se tienne la place de on, ainsi que le prĂ©tendent quelques grammaiÂŹ riens. La seule diffĂ©rence qui distingue ces deux phrases, selon nous, c’est que dans la* premiĂšre le mot on ou homme est sous-entendu, et qu’il est exprimĂ© dans lĂ  seconde, comme le prouvent les analyses suivantes : Tout ce qui se mange avec plaisir (par Vhomme) se digĂšre avec facilitĂ© (par lui). Le pic de TĂ©nĂ©riffe se voit (par Vhomme Ă  la disÂŹ tance) de quarante lieues. ' On [ou rAomme] digĂšre avec facilitĂ© tout ce qĂŒon [ou l’homme] mange avec plaisir. On [ou l’homme] voit de quarante lieues le pic de TĂ©nĂ©riffe. Ces analyses, en nous dĂ©voilant le mĂ©canisme de ces sortes de phrases, nous apprenÂŹ nent en mĂȘme temps que dans les exemples de la premiĂšre colonne le mot homme est complĂ©ment (1), tandis qĂŒil est sujet dans ceux que renferme la seconde. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Le.bois se vend tant. On vend lb boĂźs tant. Les livres se relient. Le pain se vend tant. On vend ie pain tant- Les couteaux sc repassent. Cette bibliothĂšque se vendra bien. On vendra bien cette bibliothĂšque- (Ă«tte maison se finira. Ira signal se donne. On dorme ie signal. Cela s'appelle ainsi. Ôn relie les livres. On refasse les couteaux. On finira cette maison. On appelle cela ainsi. (1) Cette ellipse du mot homme n’ést-elĂźe pas plus que justifiĂ©e par ces vers si connus de Éoileau Ăź / t Cependant on apporte un potage. Ün coq y paraissait en pompeux Ă©quipage; Qui, changeant, sur ce plat, et d’état et de nom. Par tous les conOtVs s’est appelĂ© chapon.
6 ( 460 ) QUICONQUE. N“ CCCCIX. NATURE UE CE MOT Quiconque flatte ses mallres les trahit. (Massillon.)- Quiconque est nĂ© envieux et mĂ©chant esi natuÂŹ rellement triste. (PoĂŒiLLY.) Quiconque est honnĂȘte et travaille Ne saurait offenser les dieux. ‘(Voltaire.) - Quiconque est soupçonneux invite aie trahir, (fd.) Quiconque est vivement Ă©mu voit les choses d’un autre Ɠil que les autres hommes. '(W*) Quiconque de vous, mes amis, bravera le danger, sera, couvert de gloire. (Boistk.) Quiconque de vous, mes filles, osera broncher, sera punie. . (/d.) Quiconque a pu franchir les bornes lĂ©gitimes Peut violer enfin les droits les plus sacrĂ©s. (Racine.) Quiconque est capable de mentir est indigne d’ĂȘtre comptĂ© au nombre des hommes. (FĂ©nelon.) Les grammairiens mettent ordinairement ce mot au nombre des pronoms. Mais de quel nom quiconque tient-il lĂ  place? C’est une vraie mystification. Quoi ! s’écrie M. Dessiaux, dans la plupart des ouvrages qui nous sont prĂ©sentĂ©s comme le rĂ©sumĂ© de ce que les grammairiens ont pensĂ© de mieux dan^ la science du langage, nous retrouvons encore les traces de la barbarie du moyen Ăąge ! Quiconque n’est point un pronom. G’ésttout bonnement un adjectif conjonctif employĂ© elliptiquement comme substantif. PoĂŒr s’en convaincre, il suffit de connaĂźtre les Ă©lĂ©ments qui le composent. Or, quiconque est un composĂ© du mot qui et de l’ancien adverbe franÂŹ çais onque, qui signifieyamats, et dĂ©rive du latin unquĂ m. Voici deux exemples qui prouÂŹ vent qĂŒanciennement quiconque s’écrivait eri deux mots, qui onque : Et si ne mece (mette) nusbome,nefeme,boure, ne flocon, nelaneton, ne gratuisedepeaus, neestonturebatue, ne Ă  batre, et ki onkes feroit tiretaine lĂ  Ăč il y eust meslĂ©avoec auqunĂšs deces-coses ; il perderoit le tiretaine malvoise et boine toute ensanle et si seroiten forfait de 10 liv. (Ban des Tiretaines de 1253.) Et ki ongMcspĂŽrteroit xvaine (gaĂźne) sans coutiel et sans broke, de coutiel ameureu de broke, il seroit Ă  10 livres et banni de la vile. (Ban des Eschevins dĂ© Douai. 1262.) Qui oncques ou quiconque (la lettre c est intercalĂ©e dans le second de ces mots par eu- .phonie) est donc un abrĂ©gĂ© de qui que ce soit jamais, tout homme quel qu il soit jamais ; et ce qui le prouve, c’est que nos anciens Ă©crivains disaient souvent quiconque il soit. On trouve dans les Essais de'Montaigne cette phrase qui vient Ă  l’appui de notre assertion : « Notre justice ne nous prĂ©sente que l’une de ses mains, encore est-ce la gauche. Qui- )) conque il soit, il en sort avec perte. » Il ne nous reste qĂŒĂ  donner Tanalyse des exemples citĂ©s plus haut. , t ANALYSES. 1. Tout homme, quel qĂŒil'soit jamais, qui flatte ses maĂźtres, les trahit. 2. Tout homme, quel qĂŒil soit jamais, qui est nĂ© envieux et mĂ©chant, est naturelleÂŹ ment triste. 3. Tout individu au milieu de vous, quel qĂŒil soit jamais, qui bravera le danger, sera couvert de gloire. 4. Toute femme au milieu de voĂ»s, quelle qu’elle soit jamais, qui osera mĂ©dire de moi, sera punie.
(4Ô1 ) GENRE ET NOMBRE OE CE MOT. MASCOLIN" SINGULIER. . Qutcongue est nĂ© envieux et mĂ©chant est natuÂŹ rellement triste, (POÜILLY.) FEMININ SINGULIER. Qutcongwe de vous sera assez Ăčardte pour mé dire de moi, je Fen ferai repentir. (AcadĂ©mie.) Le mot quiconque, rĂ©pondant an quicumque, quƓcumque des Latins, et signifiant qui que ce soit, est par consĂ©quent aussi, bien du fĂ©minin que du masculin. Une peut se dire que des personnes, et n’a point en français de pluriel. Dans toutes les phrases oĂč il se rencontre, ce n’est, le plus souvent, que le sens qui peut en rĂ©vĂ©ler le genre. Disons ceÂŹ pendant qĂŒil est presque toujours employĂ© au masculin, comme dans les exemples suiÂŹ vants : Quiconque a beaucoup de tĂ©moins de sa mort» meurt toujours avec courage. (Voltaire.) r , pwicongwe n’a pas de caractĂšre n’est pas un I homme; c’est une chose. (Chamfort.) . Quicongue est capable de mentir est indigne d’ĂȘtre comptĂ© au nombre des hommes; et quiconque ne sait pas se taire est indigne dc gouverner. (FĂ©nelon.) Quiconque rĂ©flĂ©chit attentivement sur les devoirs du ntonarque, tremble Ă  la vue d’une couronne. (De CĂ©vis.) Quiconque lira TÉvangile avec un peu d'attenÂŹ tion» y dĂ©couvrira Ă  tous moments des choses admiÂŹ rables. (Chateaubriand.) Quiconque a fait une grande perte a de grands regrets; s’il les Ă©touffe, c’est qĂŒil porte la vanitĂ© jusque dans les bras de la mort. (Voltaire.) EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. SINGULIER MASCULIN. Quiconque est nĂ© roi. ĂŻuiconqtie est savant. Liiconque est bavard. SINGULIER FEMININ. )niconque est nĂ©e reine. Quiconque est jolie. Quiconque est bavarde. SINGULIER MASCUUN. aiiiconque est nĂ© prince, uiconque eat auteur. Quiconque rast menteur. Quiconque est Cep de son talent. Quiconque est fiĂšre de sa beautĂ©. Quiconque est jaloux. SINGIULIER FÉMININ. Quiconque est nĂ©e femme. Quiconque est actrice. Quiconque est menteuse. Quiconque est jalouse. N” CCCCXI. «»‹ CONSTRUCTION. SUJET. Quiconque dĂ©sire toujours, passe -sa vie Ă  attenÂŹ dre; et guicongwe ne dĂ©sire plus, attend la mort. (Boiste.) Quiconque veut ĂȘtre homme doit savoir redesÂŹ cendre. (J.-J. Rousseau.) COMPLÉMENT DE VERBES. Exterminez, grands dieux, de la terre oĂč nous sommes Quiconque avec plaisir rĂ©pand le sang des hommes! (Voltaire.) .. .Le grandjoursertmalgutcongus veut mal faire, ' (De Boufflers.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. DĂšs que l’impression fait Ă©clore un poĂšte, Il est esclave nĂ© de quiconque Tachete. (Boileau.) Mourir pour sa patrie est un sort plein d’appas Pour quiconque a des fers prĂ©fĂšre le trĂ©pas. (T. Corneille.) Ainsi quiconque peut ĂȘtre employĂ© soit coipme sujet, soit comme complĂ©ment de verbes ou de prĂ©positions. ^
SUJET. Quiconque pense. Quiconque «lit. Quiconque croit. ( 462 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. COMPLÉMENT DE VERBES. Aimer quiconque tous aime. Nuire Ă  quiconque tous nuit. Offenser quicoaqne ne tous offense pas. N” ccccsn. SUIVI ou NON SUIVI DE H COMPLÉMENT DE PRÉPOSmONS. Être Ă  quiconque,vous achĂšte. Être pour quiconque vous flatte. Tomber sur quiconque tous moleste. NON SUm DE il Quiconque Ă  vingt ans ne sait rien, ne travaille pas Ă  trente, n’a rten acquis Ă  quarante, ne saura» ne fera et n’dura jamais rien. (Oxenstiern.) Quiconque est descendu dans les pĂąles demeures n’est jamais revenu de l’éternelle nuit Ă  la lumiĂšre du jour. (De Boufflers.) Quiconque rejette le bouclier de la religion, se trouve sans dĂ©fense au moment du combat. (Bossuet.) SUIVI DE il* Quiconque n’est pas sensible au plaisir si vrai, si touchant, si digne du cƓur, de faire des heureux, t7 n’est pas nĂ© grand, il ne mĂ©rite pas'mĂȘme d'ĂȘtre homme. (Massillon.) Quiconque dĂ©couvrit les diverses rĂ©volutions des astres, il fit voir par lĂ  que son esprit tenait de celui qui les a formĂ©s dans le ciel. ' (D’Olivet.) Quiconque, sans l’ouĂźr» condamne un criminel, Son crime eĂ»t-il cent fois mĂ©ritĂ© le supplice. D’un juste chĂątiment il fait une iDjĂ»stice. (T. Corneille.) Ăź * Quiconque Ă©tant nn abrĂ©gĂ© de tout homme qui, ne permet plus d’employer le pronom il dans le second membre de la phrase; car si l’on disait : Quiconque dira... il sera menteur, c’est comme s’il y avait : Tout homme qui dira.. . tout homme sera menteur. Cependant notre langue permet souvent l’emploi du il, pour mieux rattacher l’idĂ©e de l’action Ă  la personne ; on en trouve de frĂ©quents exemples dans nos meilleurs Ă©crivains, et rien n’est plus commun dans la* conversation des personnes qui parlent le mieux : ce sont des façons de parler admises par l’usage, introduites par le dĂ©sir de donner de la vigueur au style. Quiconque tendra la main Ă  VĂ©tranger, il sera traĂźtre Ă  sa patrie. Cet il reporte fortement l’odieux de la trahison sur le quiconque. Ce mouvement de style apÂŹ partient au commandement, Ă  l’imprĂ©cation, au code pĂ©nal : Quiconque commettra telle faute, IL sera frappĂ© de telle peine. Avouons cependant qu’il n’est pas exempt d’une teinte gothique ; mais il se rapproche de la natiire, dont nous nous Ă©loignons en nous perfecÂŹ tionnant. Voici comment nous croyons que l’on peut justifier l’emploi de il aprĂšs quiconque. Nous prendrons les deux premiers des exemples citĂ©s plus haut, ANALYSES. ‱ 4 ' Ăź 1. Quant Ă  tout homme, quel qĂŒil soit, qui condamme un criminel sans l’entendre, je dis de cet homme qn'il fait une injustice. 2. Quant Ă  tout homme, quel qĂŒil soit, qui ĂŒest pas sensible au plaisir de faire des heureux, on peut dire de cet homme qĂŒi7 n’est pas nĂ© grand, qĂŒti ne mĂ©rite pas mĂȘme le nom d’homme. La mĂȘme analyse s’applique Ă  tous les cas semblables. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. QUICONQUE SUIVI DE IL. QUICONQUE NON SUIVI DÈ IL, QutconquĂš, quand la patrie W rĂ©clame, n’est pas sensible Ă  son Quiconque a'immoĂźe pour le pays se vend immortel. appel, je le dis, il est un mauvais citoyen. I
( 463 ) AUTRUI. N“ CCCCXIII. CONSTRUCTION. COMPtÉBfBNT DE VERBES. ' Pour consumer autrui le monstre se consume. (Boileau.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. Sans dessein de. tromper autm* elle se trompe sans doute elle-mĂȘme. (FlĂ©chier.) La comĂ©die nous apprend Ă  nous moquer cPauÂŹ trui , et rien de plus. " , (Bern. de Saint-Pierre.) La premiĂšre source de nos divisions vient de notre Ă©ducation ; elle nous enseigne dĂšs l’enfance Ă  nous prĂ©fĂ©rer Ă  autrui. {Id.) Et tel qui n’admet point la probitĂ© chez lui. Souvent Ă  la rigueur l’exige chez autrui. (Boileau.) Un cƓur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice > QuĂŻl ne sent point en lui. (Racine.) Qui choisit mal pour soi, choisit mal pour autrui. (T, Corneille.) Ceux de qui la conduite offre le plus Ă  rire. Sont toujours sur autrui les premiers Ă  mĂ©dire. (MoliĂšre.) C’est par erreur que les grammairiens ont placĂ© ce mot au nombre des pronoms ; car il ne tient jamais la place d’aucun nom. La signification du mot homme est renfermĂ©e dans ce mot, et de plus, par accessoire, celle d’un autre. Ainsi quand on dit : Ne faire aucun tort Ă  autrui: ne dĂ©sirez pas le hien Ăąf autrui, c’est comme si l’on disait: Ne faites aucun tort Ă  un autre homme, ou aux autres hommes ; ne dĂ©sirez pas le bien d'un autre homme, ou des autres hommes. Or, s’il est Ă©viÂŹ dent que la signification du mot autrui osi celle 6/homme, ce mot doit ĂȘtre de mĂȘme naÂŹ ture et de mĂȘme espĂšce que le mot homme lui-mĂȘme, nonobstant l’idĂ©e accessoire rendue pĂ rttn autre. On a disputĂ© pour savoir si autrui pouvait s’employer comme sujet. Qu’on nous perÂŹ mette de rapporter une discussion que nous avons soulevĂ©e nous-mĂȘmes Ă  cette occasion au seiri de la SociĂ©tĂ© grammaticale. Voici l’extrait du procĂšs-verbal de la sĂ©ance oĂč cette discussion eut lieu. On lit dans un Ă©crivain la phrase suivante : Il est beau d'appuyer l'opinion d'autrui, quand autrui a raison. Le mot autrui peut-il ĂȘtre employĂ© comme sujet? M. Bescherelle jeune, rapporteur de la commission d’examen, lit un long rapport qui se rĂ©sume en ceci : Tusage et la grammaire s’élĂšvent contre Temploi du vaoi autrui comme sujet, mais Tanalyse et la raison Tadmettent. M. Thouvenel. La phrase est bonne ou elle est mauvaise ; il n’y a pas de moyen terme, pas de juste milieu. Il n’y a pas de grammaire lĂ  oĂč il n’y a pas d’usage et de raiÂŹ son : la grammaire n’est et ne peut , ĂȘtre que TĂ©cho de Tusage, et Tusage en grammaire, c’est la raison ; c’est Ă  vous de la dĂ©couvrir. Les locutions, ou les façons de parler, en d’autres termes, ne passent dans les-habitudes et les mƓurs de la langue qu’autant qu’elles sont un besoin, une nĂ©cessitĂ© de cette langue. Les gallicismes ne doivent leur existence et leur force qĂŒĂ  un motif.qĂŒil faut dĂ©mĂȘler; Tusage en grammaire a toujours pour lui la raison, ou plutĂŽt c’est au grammairien philosophe Ă  retrouver la raison de Tusage. Dans la phrase citĂ©e, qui un fait incontestable, comment peut-on s’élever contre Temploi Ă o autrui comme sujet, Ă  quel titre? Tout bagage d’érudition plie et s’écroule en prĂ©sence de ce fait : autrui a tous les titres qui constituent un sujet dans toutes les langues. Autrui, dites-vous, n’a pas frĂ©quemment cet emploi; qu’est-ce que cela prouve?
(kok)' ■ Rien 'Ă©n grammaire, et il suffit qĂŒon ne puisse lui opposer rien contrĂ© Ce qui caractĂ©rise un sujet, pour qĂŒon soit dans la nĂ©cessitĂ© de le reconnaĂźtre parfaitement placĂ©. M. QĂŒitakd. Quoi qĂŒil en soit, Tusage lui-mĂȘme invoquĂ© par le prĂ©opinant donne- t-il raison au rĂŽle du mot autrui comme sujet, c’est prĂ©cisĂ©ment une question ; Teuphonie, qui exerce aussi sa puissance, rĂ©pugne Ă  TaccueilUr; j’avoue qĂŒen raison,*et philosophiÂŹ quement parlant, autrui peut ĂȘtre, comme beaucoup de pronoms, tels que ow et d’autres, employĂ© comme sujet ; mais enfin Tiisage de autrui comme sujet ne paraĂźt pas constant, et je pense qĂŒen accordant qĂŒil peut jouer ce rĂŽle dans la phrase proposĂ©e, on ne pourÂŹ rait le lui concĂ©der en rĂšgle gĂ©nĂ©rale. M. Bescher. II ne s’agit pas de poser une rĂšgle gĂ©nĂ©rale et de dĂ©cider si autruipeni ou non remplir constamment le rĂŽle de sujet, il s’agit de dĂ©cider si dans la phrase donnĂ©e autrui joue lĂ©gitimement lo rĂŽle de sujet. Eh bien l dans mon opinion, je ne vois rien qui s’y oppose, et la phrase sur laquelle nous sommes appelĂ©s Ă  prononcer est bonne sous ce rapport. / . M. Vanier, Je reprendrai Topinion de M. Thouvenel. Si autrui peut ĂȘtre sujet ici, il peut TĂȘtre lĂ , et nous pouvons parfaitement reconnaĂźtre que non seulement ici autrui peut ĂȘtre sujet, mais qĂŒen principe il peut revĂȘtir ce rĂŽle. M. Bescherelle aĂźnĂ©. La question se dĂ©place, messieurs. Aw/nri peut-il, dans la phrase, ĂȘtre grammaticalement rĂ©putĂ© sujet? voilĂ  la question. La grammaire dit non, mais le fait que nous avons sous les yeux, et qui parle haut, prouve le contraire; tout le monde reconnaĂźt ce que cette phrase a de verve et de force, construite, comme elle Test. Voudriez-vous, sous prĂ©texte d’une loi grammaticale fort incertaine, lui ĂŽter ses titres si puissants Ă  Texpression vive et Ă©nĂšrgique delĂ  pensĂ©e? Non, elle est douce, bonne ; mais si elle est bonne ici, elle le sera toutes les fois, qĂŒun bon esprit saura l’employer. Attendez, pour condamner l’emploi de autrui comme sujet, que des phrases Ă©videmment en oppoÂŹ sition avec le gĂ©nie de la langue, et mises en oeuvre par des Ă©crivains inhabiles, vous en fassent l’obligation. ' ‱ , M. DĂŒhĂąloe. Les premiĂšres lois du bon sens, de la logiqrĂŠ la plus candide, vous metÂŹ tent dans l’obligation de reconnaĂźtre ici le lĂ©gitime emploi de aw/rwi comme sujet. Vous n’avez pÂźint d’autre oracle Ă  prononcer. Pronoricez-le; quand d’autres phrases se pré senteront, si le mot autrui ĂŒy est point placĂ© avec la mĂȘme raison, avec le mĂȘme goĂ»t, vous saurez bien vous dĂ©cider. La SociĂ©tĂ©, consultĂ©e, prononce que, dans la phrase citĂ©e, autrui est employĂ© comme sujet, sans contrarier les rĂšgles grammaticales. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Tromper atilrui. ObtiĂŻ^ef auLriii. Le bien d'autrui. Ju^er autrui. Se moquer d'autrui. Faire le plaisir d'autrui. Voir des dĂ©fauts eu autrui. Se juger eo autrui. Dire du mal d'atUrui. Mal juger d'autrui. Reprendre eo autrui. Exiger chex autrui. niĂąnier ea autrui. Reiirqrlier Ă  autrui. Apjtartenir Ă  autrui. Donner Ă  autrui. N" CCCCXIV. SYNTAXE. . Autrui ET les autres comparĂ©s. AVEC les autres. QĂŒil te pare, s’il veut, des dĂ©pouilles des autres. (Racine.) Comme ils possĂ©daieut leur propre bieu sans inÂŹ quiĂ©tude, ils regardaient celui des autres sans envie. (pLÉcniBa.) AVEC autrui. (II) se pare insolemment des dĂ©pouilles d’autrui. (Racine.) Pour conserver notre bien, et non pas pour usurÂŹ per celui d’autrui. (Bossubt.)
( 4;)5 ) _ , Rarement le malheur des autres tourne Ă  notre profit. (VlLLIERS.) Souvent dans le malheur des autres . Nous trouvons la source des nĂŽtres. (M“« DE Lambert.) Elle juge des autres par elle-mĂȘme. , (Massillon.) L*homme vraiment estimable.est celui qui, faisant parler Ăźes autres de son mĂ©rite, n’en parle lui-mĂȘme jamais. (FlĂ©chier.) Le vieillard qui ne peut plus prendre de plaisirs, les condamne dans les 'autres. . (La Roche.) La rigueur dont il use envers Ăźes autres est blù mable. (Massillon.) » . <( Autrui signifiant un autre ou des, autres, il ne faut pas en conclure, disent tous les » grammairiens, apr^s Wailly etGirault-Duvivier, qu’à ces expressionsĂ  autrui, D on puisse indiffĂ©remment substituer des uw/to, aux autres. Autrui ne se dit que des pct - » sonnes absolument, et autres indique une relation avec les personnes ou les choses dont » on a parlĂ©. » = D’oĂč les grammairiens ont-ils tirĂ© cette rĂšgle? Ce n’est pas des faits assurĂ©ment, car ceux que nous avons citĂ©s nous prouvent de la maniĂšre la plus Ă©vidente qu’on peut indisÂŹ tinctement employer les attires ou autrui. Il songeait plus Ă  profiter des maux d'autrui qu'Ă  les soulager. (FlĂ©chier.) . Chacun, occupĂ© de ses propres craintes, oublieles malheurs d’autrui. m Par soi-mĂȘme on peut juger d’mitrui. (Corneille.) Vanter sa race, c’est louer le mĂ©rite d'autrui. (M“¼ DE Lambert.) Par quelle autoritĂ© ChĂątier en autrui ce qu’on souffre chez toi? ‘ (Corneille.) On va mĂȘme jusqu’à la rigueur envers autrui sur l’observance des devoirs.* (Massillon ) EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Resaemblcr ati* antres. Mal parier des autres. Ressembler Ăą autrui. Mal parler d'autrui. Donner des louanges aux autres. Donner des louanges Ă  a Reprendre les dĂ©fauts des autres* Reprendre les dĂ©fauts d' autrui. ['autrui. Juger mal des autres. Condamner dans les autres. .Travailler au salut de* autres. Prendre le bien des autres. Juger mal d’autrui. Condamner dans autrui. Travailler an salut d’autrui. Prendre le bien d’autrui. N” CCCCXY. Un autre et autrui comparĂ©s l*an voit aux mains d'autrui ce quĂŻl croit mĂ©riter. (Corneille.) ...Voir tout ce que j*aime entre les bras d'autrui. {Id.) Il verrait avec moins de regret les affaires publiÂŹ ques pĂ©rir entre ses mains, que sauvĂ©es par les soins et par les lumiĂšres d'un autre. (Massillon.) Et loin de me le peindre entre les bras d’une autre. (Racine.) Il vaut mieux dire, avec Racine, entre les bras d'une autre, ou d'un autre, le mot autrui ayant un sens trop Ă©tendu. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Entre les mains d’un autre. Entre la brai d'un autre. Dans les matus d’une autre. Dans les bras d’une antre. N“ CCCCXTi; Autrui EN RAPPORT AVEC 50», $a, ses, leur, leurs: PATJT-IL dire; Épousant les intĂ©rĂȘts d’autrui, nous ne devons pas Ă©pouser ses passions. Nous reprenons les dĂ©fauts d'autrui sans faire attention leurs bonnes qualitĂ©s. ou bien: En Ă©pousant les intĂ©rĂȘts d'autrui, nous ne devon.s pas en Ă©pouser les passions. Nous reprenons les' dĂ©fauts d'autrui, sans faif t* attention Ă  ses bonnes qualitĂ©s. 59 V
. , , ( 466 ) ■ Wailly et Girault-Duvivier blĂąment les phrases de la premiĂšre colonne et approuvent celles delĂ  seconde. Nous croyons, nous, qĂŒil vaut infiniment mieux remplacer a u/rwt par les autres, ainsi que le fout presque tous les Ă©crivains en pareille occurrence. En voici deux exemples : La vanitĂ© est la mĂšre d’une injustice continuelle ; elle s’attribue sans façon tout ce qui n’est point Ă  elle» et refuse presque toujours aua; 'autres ce qui peut leur appartenir. ^ (La Boche.) Ne nous emparons ][)as exclusivement de la conversation » comme d'un bien qui nous appartienne en propre ; il faut dans l’entretien, comme en toute chose, laisser aux autres leur part. (PbNSÉB ÛB ClCÉRQN.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Bçndez ^ax «ntrea oe qqi leur... No mĂ©priser pas lea antres parce gu'Us... Ne souffrez pĂ s qu'on dise dn mal des antres quand ils... Pourquoi medire des autres lorsqu'ils... PERSONNE. N“ CCCCXVII. 9^ OOOff ■ GENEE ET NOMBRE DE CE MOT. MASCULIN ET SINGULIER SEULEMENT. La vanitĂ© de Vhomme est la source d& ses plus grandes peines ; et il n’y a personne de si parfait et de si fĂȘtĂ© Ă  qui elle ne donne encore plus de chaÂŹ grin que de plaisir. (J.-J. Rousseau.) Il n’est personne qui ne cherche Ă  se rendre Ae«- reiMJ. (PensĂ©e chinoise.) Personne ne veut ĂȘtre plaint de ses erreurs. (VaĂŒvenargues.) Chacun dit du bien de son cƓur, et personne n’en ose dire de son eçprit. (Larochefoucauld.) P^simne ne se croit propre, comme un sot, Ă  duper les gens d’esprit. (VaĂŒvenargues.) Je doute que personne ait mieux peint la nature dans son aimable simplicitĂ©, que le sensible Gessner, (ĂźtÇSTAUX.) Personne a-t-il jamais racontĂ© plus naĂŻvement que La Fontaine? (Id.) FEMININ ET DES DEUX NOMBRES. On croit que lo persifflage rend ridicule : oui, sû rement; mais c'est la personne qui ççrt; car plus le persifûé aura d’esprit, moins il aura l’air de croire qu’on emploie ce mauvais genre contre lui. (De Ligne.) (juand sur une personne on prĂ©tend se rĂ©gler, Ç'e^t pçr hoAux cĂŽtĂ©s qu’il lui faut ressembler. ' (MoliĂšre.) Les personnes faibles ne peuvent ĂȘtre sincĂšres. (La Rochefoucauld.) Les personnes MirĂ©es, libres de tout engageÂŹ ment avec lĂš monde, ne s’occupent que du soin des choses du Seigneur. (Massillon.1 Les personnes qui sont incapables d’oublier les bienfaits sont ordinairement gĂ©nĂ©reuses. (Th. La modĂ©ration des ^personnes heureuses vi^( dĂŒ calme que ia bonne fortune donnĂ© Ă  lĂšur hĂŒmeuri (La Rochefoucauld.) Si Ton demandait aux grammairiens qui classent le mot personne parmi les pronoms, de quel nom il tient la place, ils seraient certes fort embarrassĂ©s; car il ne tient la place d’aucun nom. Ce mot exprime principalement VidĂ©e d'homine, et pat accessĂŽĂźte VidĂ©e de la totalitĂ© des individus pris distributivement : Personne ne Va dit, c’est-Ă -dire, aucun homme ne Va dit, ni Pierre, ni Paul,ni, etc. Puisque VidĂ©e d'homme est la principale dpns la signiÂŹ fication du mot personne, ce mot est donc un nom comme homme. Quand noue dirons : Une personne m'a dit, c’est trĂšs-Ă©videmment le mĂȘme mot, non seulement quant au ma^ tĂ©riel, mais quant au sens ; c’est comme si l’on disait : ĂŒn individu de VespĂšce des hommes w?a dit; et tout le monde convient que personne, dans cette phrase, est un nom; mais
( 467 y dans : Personne ne Va dit, c'est encore le mĂȘme mot employĂ© sans article, afin qĂŒil soit pris dans un sens indĂ©terminĂ© on gĂ©nĂ©ral : Nul individu de VespĂšce des hommes ne Va dit. Voici donc Tanalyse des exemples citĂ©s : 1. Aucun ĂȘtre ĂŒest plus heureux que vous. 2. Il ĂŒy a point parmi les ĂȘtres d*(Ă©tre) si parfait et si fĂȘtĂ© Ă  qui la vanitĂ© ne donne plus de chagrin que de plaisir. 3. Aucun individu ne veut ĂȘtre plaint de ses erreurs. 4. Aucun individu ĂŒest tĂ©mĂ©raire quand il n'est vu de personne. Dans la premiĂšre colonne, le mot personne n’est prĂ©cĂ©dĂ© ni de Tarticle ni d'aucun adÂŹ jectif dĂ©terminatif; il offre ĂŒn sens vague, et signifie nul homme, nulle femme, quand dans la phrase se trouvĂ© la particule ne; et quelqu'un, lorsque lĂ  nĂ©gation n'est pas exprimĂ©e. En ce cas, personne est toujours du masculin et du singulier. Dans la seconde colonne, au contraire, ce mot Ă©tant aĂšcompagnĂ© de Tarticle ou d'un adjectif qui le dĂ©termine, est fĂŽininin et prend les deux nombres. EXERCICE PHRASÉOIfiGlQĂŒS. Personne a’eit content. Une personne ĂŒScfaĂ©e. Personne n’est parfait. Une personne accomplie. Personne n’est plos mĂ©disant. Des personnes ingĂ©nues, Y a*t-il personne de meilleur. La personne est bararde. Je ^uto qu’il y ait penonne d’ar- Des personnes sont -ronues. rivĂ©. Personne n’est prĂȘt, Personne n’est moins vif, Personne n’est plus firanc. 11 n’j a perwnne d'aussi gai. Personne n’a Ă©tĂ© blassĂ©. Des personnes intelligentes. Cette personne est bonne. Quelle personne charitable. ! Je n’ait jamais tu une personne aussi savante. Cent personnes fureut tuĂ©es. CCCCXTiil. Personne en rapport avbc na pbokom ou uir assectip. RAPPORT GRAUUATICAL. Personne n*est tĂ©mĂ©raire quand t7 n’est vu de personne. (Stanislas.) Per5onne ne sait s’t7 est digne d’amour ou de haine. (Restaut.) rapport stllbptiqĂŒr. Les personnes consommĂ©es dans la vertu ont en toute cbose ttne droiture d’esprit et une attention judicieuse qui les empĂȘchent a’ĂȘtre mĂ©disants. (Vaugelas.) ■w , Dans la premiĂšre colonne, le mot personne Ă©tant du masculin, il est naturel quo le proÂŹ nom en rapport avec lui soit il ; ce rapport est tout-Ă -fait grammatical. Mais dans la seconde colonne, personne Ă©tant du fĂ©minin, les adjectife et le pronom qui s'y rapportent devraient, grammaticalement parlant, ĂȘtre aussi du mĂȘme genre. Cependant il ĂŒen est pas ainsi, et la raison, c'est que le rapport se fait plutĂŽt avec la penÂŹ sĂ©e qu’avec lĂ©s mots, et que TidĂ©e dominante est celle d'honames, mot auquel viennent se rattacher Tadjectif qui le qualifie et le pronom qui le reprĂ©sente. Le rapport est donc sylleptique. Toutefois, pour que cette construction puisse ĂȘtre bonne, il faut que TadÂŹ jectif en rapport divergent avec lĂ© mot personne en soit Ă©loignĂ© et ne fesse pas partie de la mĂȘme proposition. Ainsi, on ne pourrait dire sylleptiquement : les personnes qui sont consommĂ©es dans la vertu et ^i ont en toute chose une droiture d'esprit et une attention judicieuse, sont mé disants; il fendrait absolument mĂ©disantes. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE.' FcrBoune n’est st habile qa’il ne paisse se tromper. Fersonno ne nuirait Ă  ses amis, s’il connaissait ses intĂ©rĂȘts, personne ne manquera, tant qu’il travailler». Les personnes qm sont Ă©clairĂ©es comme toqr, niĂȘssieurv, se garÂŹ dent'bien do dĂ©cider toate chose, par ccln mĂ©mo qu’ils sont tn> atmit»;
( 4i;8 N” CCCCXIX. CONSTRUCTION. SUJET. Personne ne connaĂźt mon nom ni ma vertu. (Boileau.) Personne iic peut mieux prĂ©tendre aux grandes places, que ceux qui en ont les talents. {VaĂŒvenargues.) COMPLEMENT DE VERBES. L’amour est un tyran qui n’épargne personne. (Corneille.) Toutefois en ces lieux je ne connais personne Qui ne doive imiter l’exemple que je donne. (Racine.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. Vous n’ĂȘtes comptable Ăą personne de vos actions. [ Le souverain ne dĂ©pend de personne. (Massillon.) | i 0 Le mot personne peut donc ĂȘtre employĂ© dans tous les rapports. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. (Massillon.) SUJKT Ffersonne n'ira lĂ . Personne ne tremble. Personne n’en veut. COMPLEMENT DE VERBES. N’épargner personne. N’onenser personne. Ne plaindre personne. COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. Ce n’est utile Ă  personne. Ce ne sera pour personne. Insolent euTeri personne.. QUELQU’UN. N’ CCCCXX. — . I IDÉE GÉNÉRALE DE CE MOT. EXEMPLES. SENS ABSOLU. Envier quelqu'un, c’est s’avouer son infĂ©rieur. (M**Âź DE l’Espinasse.) Il est toujours quelqu’un qui cherche Ă  nous trahir; Et plus on est puissant, plus on se fait haĂŻr. . (Lagrange.) ... Apprends-moi donc, de grĂące, Qui le fait me chercher. — Quelqu’un, en vĂ©ritĂ©, Qui pour VOUS n’a pas trop mauvaise volontĂ© ; Ma maĂźtresse, en un mot. (MoliĂšre.) BANS RELATIF. Quand quelqu’un de nos matelots venait pour quelque service dans la chambre ou sur l’arriĂ©re, nous y faisions moins d’attention que si c’eĂ»t Ă©tĂ© un chat ou un chien. (Bern. de Saint-Pierre.) S’est-il passĂ© une seule annĂ©e, un seul jour presÂŹ que, oĂč Dieu ne vous ait avertis .par quelqu’un de ces grands exemples ? (Massillon.) Quelqu'un ne tient la place d’aucun nom, ce n’est donc point un pronom. Il se comÂŹ pose des trois mots suivants : quel, que, un.Or, quel est le corrĂ©latif de tel sous-entendu. Nous aurons donc pour analyse de cette expression : un (individu tel) que le hasard veut que ( il soit), analyse qui nĂŽus rĂ©vĂšle le sens complet de ce substantif elliptique, et lĂš rĂŽle de chacun des mots qui entrent dans sa composition. Les grammairiens font une distinction dans l’emploi de ce mot. Qnand quelqu'un n'a
( 469 ) rapport Ă  aucun nom exprimĂ©, il est dit absolu; lorsqu'au contraire il est employĂ© avec relation Ă  un nom exprimĂ©, il est dit re/a/i/*. Cette distinction est pour le moins inutile, et nous allons le prouver. Dans la premiĂšre sĂ©rie des exemples citĂ©s, quelqu'un est employĂ© avec ellipse de Tex- pression des hommes; en effet, envier quelqu'un, c'est pour envier quelqu un des ĂȘtres apÂŹ pelĂ©s hommes. ^ Dans la seconde sĂ©rie, l'expression qualificative dont quelqu'un doit toujours ĂȘtre suivie dans la construction nnalytique, est expressĂ©ment Ă©noncĂ©e. Donc tout se rĂ©duit Ă  dire que quelqu'un s'emploie avec ou sans ellipse de l’expression dĂ©terminative delĂ  classe ou de l'espĂšce en question. Le mot quelqu'un a deux significations diffĂ©rentes et que les citations qui prĂ©cĂšdent font assez sentir. Il peut ĂȘtre employĂ© ou absolument, c'est-Ă -dire sans rapport Ă  un substanÂŹ tif; ou relativement, c’est-Ă -dire avec relation Ă  un nom dĂ©jĂ  exprimĂ©. Dans le premier cas, il^ne se dit que des personnes, qĂŒil dĂ©signe d’une maniĂšre vague et sans distinction de sexe. Dans le second, au contraire, il peut indiquer les personnes aussi bien qĂŒe les choses : quelqu'un de nos matelots; quelqu’un de ces grands exemples. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. SENS ABSOLU. SENS RELATIF. Quelqu’un m’a dit. Tai TU quelqu’un. Quelqu’un le sait. Accuser quelqu'un. Quelqu’un de mes amis. Quelqu’un de mes soldats- Quelqu’un de tes livres. Quelqu’un de vos cahiers. ‹«we N" CCCCXXI. GENRE, NOMBRE ET CONSTRUCTION DU MOT quelqu'un PRIS ABSOLUMENT. SUJET. SINGULIER. Quelqu’un a-tril jamais doutĂ© sĂ©rieusement de Teilstence de Dieu? (Girault-Dutivier .} PLURIEL. Quelques-uns ont fait, dans leur jeunesse, Tap- preotissage d'un certain mĂ©tier, pour en exercer un autre, et fort diffĂ©rent, le reste de leur vie. (La BrĂŒtRre.) COUPLÉMENT DIRECT. SINGULIER, Plus on aime quelqu'un, moins il faut qu’on le flatte ; A ne rien pardonner le pur amour Ă©clate. (MoliĂšre.) SINGULIER. Un rapport clandestin n’est point d’un honnĂȘte [homme ; Quand j’accuse quelqu'un, je le dois et me nomme. , (Gresset.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. SINGULIER. \ On est toujours mĂ©content; on aime Ă  se plaindre partout oĂč l’on est; on crie toujours contre quelÂŹ qu'un ou contre quelque chose. (De Ligne.) SINGULIER. Nous pardonnons plus aisĂ©ment Ă  quelqu'un de ne nous avoir jamais estimĂ©s, que d’avoir cessĂ© de nous estimer. (LingrĂ©e.) Pris dans un sens absolu, le mot quelqu'un, qui a pour pluriel quelques-uns, est touÂŹ jours masculin (1) ; mais, au pluriel, il ne remplit jamais que la fonction de sujet; tandis qu’au singulier, il peut se trouver dans toutes les positions possibles. Ainsi on ne dirait (1) CĂ«st donc Ă  tort que Girault-Duvivier, et, aprĂšs lui, presque tous les grammairiens, ont avancĂ© que quelqu'un prenait le fĂ©minin lorsqu’il Ă©tait sujet. On ne dit pas dans le sens absolu : quelqu’une m'a dit. QUELQU’UNE panse. En parlant d’un homme ou d’une femme, c’cst toujours quelqu'un qu’on emploie.
( 470 ) b pas : je connais qdelqĂŒes-ĂŒns; /ai parlĂ© Ă  ouelqĂŒes-ĂŒns; ni :je eonnm QUELQUEs- UNp 5 jai 'parlĂ© Ă  QĂŒelqĂŒes-ĂŒnes ; mais on dirait trĂšs-bien au masculin singulier : je çon- mats quelqu’un ;/aipar/Ă« Ă  quelqu’un, etc. ^ E^RCICE PHRASÉOLOGIQUE. SINGULIER. PLURIEL. Quoiqu’un aoutĂźcDl, Inculper (Quelqu'un. Ën Touloir Ă  quelqu’un, pire du mal de quelqu’un. Qoel^n’nn a dit. Mipnser quelqu’un. ParW Ă  quelqn’an. Mal penser de quelqu’un. _ lĂšlqnefruns ^utĂźfnpept. Quelques-uns pensent. ^ >nelq«e%-uns Mat d’aTÎs, Ăźuelqae^nns jugent. Qnelqnes-ttns out dji. Quelques-uns s’imaginent. QuelquĂ©^uns dautenf. Quelques-uns croient* N” ccccxxn. » * a GENRE, NDJUBEE ET ÇONSTRÜCTION DE q\ielgu’m EMPMTÉ RELATIVE^ÏRNT SUJET. MASCULIN. , SINGULIER. QueĂźques^ns de ces singes se familiarisĂšrept au point d’envoyer des branches sĂšches aux soldats, qui leur rĂ©pondirent Ă  coups de fusil. (La Parps,) pluriel. QtteĂźques-Ăčps de ces sublimes solitaires gravisÂŹ saient les pyramides de granit qui bordent leur che- miPj pour y dĂ©couvrir un convoi dans la dĂ©tresse. (Mallkt DU Pan.) FÉMININ. . Il n’y a point de terrain, fĂ»l-il de sable totit pur ou de vase, oĂč, par un bienfait particulier de la ProÂŹ vidence, quelqtVune de nos plantes domestiques ne puisse rĂ©ussir. (Id.) 11 n’y avait pas moins de variĂ©tĂ© dans les ailes de ces mouches ; quelques-unes en avaient de' longues et de brillantes comme des lames de nacre- (Bern. db -Saint-Pierre.) complĂ©ment direct. MASCULIN. Si je trouvqis panni ygus quelqu’un d’assez juste pour avoir pitiĂ© de moi. (FĂ©nelon.) Avec quel zĂšle exbortaiHI quelques-uns de ses domestiques Ă  rentrer comme lui dans le bercail de JĂ©sus-Christ. (FlĂ©chier.) FÉMININ. Quel plaisir n'Ă©proqvons-nous pas en yoyant les autres approuver quelqu’une de nos idĂ©es! (Anonyme.) Op gftgne Ă  modĂ©rqr son imagination de yojr au ' nioins se rĂ©aliser quelqueS’^unes de ses espĂ©rances (tlNGRÉB.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. MASCULIN. Dieu est partout. Tous les lieux sont marquĂ©s par quelqu’un de ses prodiges, ' (Massillon.) Si les princes acquiĂšrent que(ques-uns leurs sujets en les achetant, ils en perdent une infinitĂ© d'autres en les appauvrissant. (Montesquieu.) FÉMININ. U ne leur donna jamais la çpn^qletĂźon de sa ré jouir de quelqu’une de ses fautes 1 (FlĂ©chier.) A. quelques-unes des mouches que j’avais obserÂŹ vĂ©es, ia tĂȘte paraissait obscure comme un point noir; elle Ă©tincelait Ă  d’autres comme nn rubis. (Bern. de Saint-Pierre.) On le voit, lĂ© mot quelqu'un, quand il se rapporte Ă  un substantif, prend les deux genres et les deux noi^res, et peut remplir toutçs les fpnçtions.
( 471 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. SINGULIER. PLURIEL. MASCnUH. l’on de ces messieurs. A qu^qu’tin d’eux. Je connais quelqu’un de ses amis. J’en connais quelqu’un. rsuurm. HlSCDLin. Quelqu’i A auĂ»q Quelqu’une de ces dames. A quelqu’une d’elles. Je connais quelqu’une de ses amies. J’eo connais quelqu’une. Quelques-uns de ces messieurs. A quelqucs-tms d’eux. Je connais quelques-uns de ses amts. J’en connais quelques-uns. N* CCCCXXffl. Ɠ Quelqu'un PRÉCÉDÉ d'un dĂ©terminatif. . rbiiirm. Quelques-unes de ces dam'eĂ . A qnelqne,-qnes d'elles. Je connais quelques-unes de ses amies. J’en connais quelques-unes. MASCULIN. . S’il est quelqu'un que la vanitĂ© a rendu heureux, a coup sĂ»r ce quelqu’un Ă©tait un sot. (J.-J. Rousseau.) FÉMININ, * A ce plaisant objet si quelqu'une recule, Cette quELQu’UNB dissimule. (La Fontaine.)* Le nom indĂ©fini quelqu'un, quelqu'une peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de l'adjectif dĂ©terminatif ce, cette. C'est lĂ  une de ces mille'observations qui ne se rencontrent dans aucune gramÂŹ maire. CHACUN. N* CCCCXXIV. NATĂŒkP Cg MOT. Chacun a son dĂ©faut oĂč toujours il revjent. (La Fontaine.) Chacun est prosternĂ© devant les gens heurcux; (Destouches.) ChacunĂźexi ici-bas la figure quĂŻl peut. Chacune de nous se prĂ©tendait supĂ©rieure aux autres en beautĂ©; (Montesquieu.) Cfiaçun reux rĂ©solut de vivre en gentilhomme. , (l Fontaine.) Chacun des chefs commande Ă  ses troupes. * ' (BitaurĂ©.) Cependant que chacune, aprĂšs cette tempĂȘte, @pqge Ăš cacher aux yeux la honte de sa tĂȘte. (Moudre.) Ils ont apportĂ© des offrandes au temple, chacun selon ses moyens et sa vertu. (AcadĂ©mie.) La loi lie tous les hommes, chacun en ce qui le concerne, (Laveaux.) Comment cAacM» serait-il un pronom, puisqu'il ne tient la place d'aucun nom? C'est donc Ă  tort que les grammairiensmetten| cp mot parmi les prpnoms. Chacun est composĂ© des mots chaque et un ou une; et ce qui le prouve, c’est qu’anÂŹ ciennement il s'est Ă©crit ainsi ; chaque un, chaque une. Les grammairiens font encore une distinction dans l'emploi de ce mot : suivant eux, il est absolu toutes les fois qu'il est employĂ© dans un sens gĂ©nĂ©ral ; et relatif quand, au conÂŹ traire, il est suivi ou prĂ©cĂ©dĂ© d'un nom avec lequel il est en relation. , L'analyse va^nous dĂ©montrer la puĂ©rilitĂ© de cette distinction. PREMIÈRE SÉRIE. 1. Chacun [de nous) a son dĂ©faut; 2. Chacun [de nous) est prosternĂ©. 3. Chacun (de nows) fait ici-bas la figure qĂŒil peut.
■ ( 472 ) » DEUXIÈME SÉRIE. I ' * 1. Chacune de nous se prĂ©tendait supĂ©rieure aux autres en beautĂ©. 2. Chacun d'eux rĂ©solut de vivre en gentilhomme. 3. Chacun des chefs commande Ă  ses troupes. TROISIÈME SÉRIE. » 1. Cependant que chacune [de vous), aprĂšs cette tempĂȘte, songe Ă  cacher... ,2. Ils ont apportĂ© des offrandes au temple, chacun [d'eux en ayant apportĂ©) selon ses moyens et sa vertu 3. La loi lie tous les hommes (et elle lie) chacun [d'eux) en ce qui le concerne. D’aprĂšs ces analyses on voit que chacun peut s’employer avec ou sans ellipse de Tex- pression dĂ©terminative de la classe ou de l’espĂšce en question. N" CCCCXXV. — GENRE ET NOMBRE DË CE MOT. Chacun a son dĂ©faut oĂč toujours il revient : Honte ni peur ĂŒy remĂ©die. (La Fontaine.) Croyez-vous qu’à la cour chacun aW. son vrai nom? De tant de grands seigneurs dont le mĂ©rite brille, ' Combien ont abjurĂ© le nom de leur famille! (Boursault.) Le monde ne prĂ©sente que de belles, mais fausses apparences; personne n’en doute, et cĂ acwn s’y laisse prendre. (Sanial Ddbat.) Chacun de l’équitĂ© ne fait pas son flambeau; Tout ĂŒest pas Caumartin, Bignon, ni d’Âguesseau. (Boileau.) Chacun est prosternĂ© Devant les gens heureux... Sont-iU dans la misĂšre? On les plaint tout au plus,.et l’on croit beaucoup faire. (Destoocubs.) Si chacun faisait tout le bien qu’il peut faire sans s’incommoder, il n’y aurajt pas de malheureux. (DĂŒclos.) Chacun, employĂ© dans un sens gĂ©nĂ©ral, comme dans les exemples qui prĂ©cĂšdent, s'apÂŹ plique indĂ©finiment et spĂ©cialement aux personnes des deux sexes. Ce nom, dans son esÂŹ sence, n’est pas susceptible de la pluralitĂ©. Chacun parle. Chacun prend part. Chacun le ^Ă©fend. Chacun s’y intĂ©resse. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Chacun s'arile* Chacun le dit. Chacun le sait. Chacun veut. Chacun se ment. Chacun pense. Chacun danse. Chacun peut. Chacun chante. Chacun juge ainsi. Chacno imite. Chacun l'irrite. CCCCXXVI.. t , Chacun employĂ© dans ĂŒn sens relatif,. SINGULIER MASCULIN. De travailler pour lui les membres se lassant, Chacun d'eux^ rĂ©solut de vivre en gentilhomme, Sans rien faire, allĂ©guant l’exemple de Gaster. (La Fontaine.) Chacun d’eux, an milieu du sang et du carnage. MaĂźtre de son esprit, maĂźtre de son courage. Dispose, ordonne, agit, voit tout en mĂȘme temps. Et conduit d’un coup d’Ɠil ces affreux mouvements. (Voltaire.) SINGULIER FÉMININ. Chacune de nous se prĂ©tendait supĂ©rieure aux autres en beautĂ©. (Montesquieu.) I *‱ Les historiens parlent de leurs armĂ©es comme trĂšs- considĂ©rables, en disant qu’elles consistaient chaÂŹ cune en 500 hommes d’armes. (Anquetil.)
(473) . Si iemol chacun est suivi ou prĂ©cĂ©dĂ© d'un terme avec lequel il est en relation; comme dans CHACUN d'ewx, hs armĂ©es ont, CHACUNE, 500 Aommes, il prend alors Tun ou l'autre genre, selon que le terme de sa relation est masculin ou fĂ©minin ; dans ce cas cha- CM» dĂ©signe aussi bien les objets que les individus '. Chacun de ces enfants ; chacun de ces portraits; chacune de ces personnes; chacune de ces choses; et le verbe qui suit reste inÂŹ variablement au singulier. Ce serait donc une faute de dire ou d'Ă©crire : Chacun d'eux en^ furent d'avis. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Chacun de noua. Chacun de ces hon^nets. Chacun de vos amts. . ' Ua ont, chacun, de la fortune. Chacune de vous. Chacune de ces roses. Chacune de vos femmes. Elles * passent, chacune, pour belles. ' Chacun d’eux. Chacun de ces tableaux, ('bacun de leurs bienfaits. Ib sont, chacun, mon espoir. Chacune d’elles. Chacun de ces bagues. Chacune rie ses paroles. Elles sont, chacune, tris-bĂźen. —^3 N“ CCCCXXVII. CONSTRUCTION. SUJET, Chacun fait Ici-bas la figure qu’il peut. , (MouĂšre.) Cependant que chacune, aprĂšs cette tempĂȘte, Songe Ă  cacher aux yeux la honte de sa tĂȘte. (MoliĂšre.) COMPLÉMENT DE TERBES. Nous allons disposer selon Tordre des temps les grands Ă©vĂ©nements de Thistoire ancienne et les ranger, pour ainsi dire, chacun sous son Ă©tendard. (Bosscex.) COMPLÉMENT DE PRÉPOSITIONS. Enjoignons aux pĂšres de famille de faire la diÂŹ minution aur chacun dĂ«ux aussi juste que faire se pourra, (Montesquieu.) ‘ Nestor s’adressant Ă  chacun d’eux et surtout au roi d’Ithaque, il le conjure de tenter tous les moyens de flĂ©chir le noble fils de PĂ©lĂ©e. (BitaubĂ©e.) Sept chefs conduisent les gardes: et sur les pas de cAacun d’eux marchent cent jeune.s guerriers teÂŹ nant en main de longues piques. (BitaiibĂ©r.) Des hommes la plupart voilĂ  le faible a (freux ; Ils blĂąment dans chacun ce qui domine en eux. (Poisson.) Chacun, chacune peuvent s'employer dans tous les rapports possibles, EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. SUJET. Chacun raconte. Chacun propose. COMPLEMENT DE -VERBES. Traiter chacuti. Aimer chacun. COMPLÉMENT DF. PHÉPOSlTlONS Aller.chez chneiin d'eux. , Dnuiicr Ă  chaciiii. N” CCCCXXYIII. SYNTAXE. Chacun en relation avec son, sa, ses, lui, le, la. Les femmes font .le charme de uos sociĂ©tĂ©s, soit qĂŒelles forment entre elles des chƓurs de danse, soit que chacune d’elles se promĂšne avec son Ă©poux, ou entourĂ©e de nombreux enfants. (Bern. DE St-Pierre.) Chacun des chefs commande Ă  ses troupes : lo reste de TarmĂ©e avance sans profĂ©rer une parole. (BitaubĂ©.) Appius reprĂ©senta que sĂŻl avait imposĂ© silence Ă  ValĂ©rius, ce n’avait Ă©tĂ© que pour l’obliger Ă  se conÂŹ former Ă  l’usage ordinaire, gĂč chacun devait parler Ă  so» rang. (Vertot.) Chacun regarde son devoir comme un maĂźtre fù cheux dont il voudrait pouvoir s’affranchir. < (La Ro^b.) 60''
^ Chacun, dans tout ce qui le Concerne, doit veiller au soin de sa propre vie. ^ (Anonyme.) (474) n 7 e des anecdotes littĂ©raires sur lesquelles II est toujours bon d’instniire le public, afin de rendre Ă  oĂ actm ce qui lui appartient. (Voltaire.) i Chacun Ă©tant essentiellement du singulier, comme nous Tavons dĂ©jĂ  dit, les adjectifs possessifs et les pronoms qui s'y rattachent doivent ĂȘtre en rapport identique avec lui, cest-Ă -dire que Ton doit se servir, conformĂ©ment aux exemples qui prĂ©cĂšdent, de son, sa, ses, lui, te, la. EXERCICE PURASÈOLOGIQVE. Chaean le tien. Chtcnn en f» qni le concerne. Chaeiin son ĂŽcot. Chaenne en ce qui U regarde. Chaenn son rang. A chacun co qai Int rerient. Chaenn ta bonrte. Chaenne ce qni hii eƓrimt. N" CCCCXXIX. PHRASES oĂč chacun Ă©tant prĂ©cĂ©dĂ© d'un nom pluriel, les adjectifs possessifs ET les pronoms SE RAPPORTENT TANTÔT A l'ĂŒN, TANTÔT A L'AÜTRB. PRBMIBR POINT DB TUE. Chacun SUIVI db son, sa, ses, btg. Les deux rois faisaient chanter des TĂ©-Deum, chaÂŹ cun dans son camp. (Voltaire.) AprĂšs la cĂ©rĂ©monie, toute la compagnie se reÂŹ tira, chacun chez soi. (Laveaux.) Ils ont apportĂ© des offrandes au temple, chacun selon ses moyens et sa dĂ©votion. (AcadĂ©mie.) Scipion marqua sa reconnaissance aux troupes, qĂŒil combla de louanges, dc rĂ©compenses et de marque d’honneurs, chacun selon son Ă©tat et son mĂ©rite. (Rollin). La loi lie tous les hommes, chacun en ce qui le concerne. (L'AVEAUX.) Voulez-rvous savoir ce que c’est que l’ode? ConÂŹ tentez-vous d’en dire de belles ; vous en verrez d’exÂŹ cellentes, chacune dans son genre. (D’Alemrert.) Chacun suivi de leur, etc. Les deux partis regardĂšrent, chacun, cette Ă©lecÂŹ tion comme leur ouvrage particulier. (Vertot.) Les abeilles dans un lieu donnĂ©, tel qĂŒune ruche ou le creux d’un vieil arbre, bĂątissent, chacune» leur cellule. (BpFFpNĂź) Les langues ont, chacune, /eurs bizarreries. (Boilrau.) L? nature semble avoir partagĂ© des talents divers aux hommes pour leur donner, Ăą chacun, leur emÂŹ ploi, sans Ă©gard Ă  la condition dans laquelle ils son/ nĂ©s. (J.-J. Rousseau.) Ils s’y trouvĂšrent, chacun, avec leurs milices que Ton fait monter, dans le compte le moins exagĂ©rĂ©, au nombre de 300,000 hommes. (Anquetil.) Les dix tribus de l’Attique avaient, chacune, leurs prĂ©sidents, leurs officiers de police, leurs tribunaux, leurs assemblĂ©es et leurs intĂ©rĂȘts. (BarthĂ©lĂ©my.) . % Selon nous, il n'est guĂšre facile d'Ă©tab)ir des rĂšgles absolues sur Temploi de son, sa, ses, le, lui, les, leurs, il, elle, etc., aprĂšs chacun, quand celui-ci est prĂ©cĂ©dĂ© d'un substanÂŹ tif pluriel ; parce que, s’il y a deux exemples qui suivent les rĂšgles qui ont Ă©tĂ© posĂ©es sur cette partie vraiment inextricable, il y en a huit qui y dĂ©rogent. Cependant, d'accord cette fois avec les grammairiens, nous dirons que gĂ©nĂ©ralement les auteurs font usage de son, sa, scs, etc., aprĂšs chacun, chacune, %\, dans lĂ  proposition antĂ©cĂ©dente, le verbe a un complĂ©ment qui prĂ©cĂšde le pronom indĂ©fini,"de telle sorte qne la phrasĂ© Ă frivĂ©e JĂ pffre un sens complet. C'est^ce qui rĂ©sulte des exemples dĂ© la premiĂšre colonne. Mais si le verbe Ă©tait distrait de son complĂ©ment par le mot chacun, ou bien encore qne ce dernier, formant une incise, sĂ©parĂąt une des parties de la proposition antĂ©cĂ©dente, ii faudrait alorĂ  se servir de les, leur, leurs. C'est ce qui ^Ă©coule des citations rapportĂ©es
( 475 ) . : , ■ dans ia Ă econde colonne (1). Bien qne, dans ce cas» les grammairiens ne mettent pas chacun entre deux virgules, nous croyons cette ponctuation nĂ©cessaire pour indiquer que ce mot, chacun, est TĂ©lĂ©ment d'une proposition ellipsĂ©e et tout-Ă -fait indĂ©pendante de celle oĂč elle est incorporĂ©e. Au reste, nous allons donner l'analyse des deux construcÂŹ tions; nous nous bornerons au premier exemple de Tune et de l'autre^ colonne. Ex. ; Les deux partis regardĂšrent, chacun, cette Ă©lection comme Ăźmr ouvrage particulier. Ân. : Les deux partis regardĂšrent cette Ă©lection comme leur ouvrage particulier, chacun (la regarÂŹ dant comme son ouvrage particulier.) Ex. : Les deux rois faisaient chanter des Te-DeĂŒm, chacun dans son camp. An. : Les deux rois faisaient chanter des TcrDeum, ehacun{on faisant chanter) dans son camp. SECOND PQINT PB VÜB. Ils sont venus, chacun avec ses gens. (TrĂ©voux.) Tous les juges ont opinĂ©, chacun selon ses luÂŹ miĂšres. (Laveaux.) LĂ©pidus ayant faille signal donton Ă©tait convenu, les deux gĂ©nĂ©raux ' passĂšrent dansTUe, chacun de son cĂŽtĂ©. (Vertot.) Us sont venĂŒs, chacun, avec leurs gens. (TrĂ©voux.) Tous les juges ont opinĂ©, chacun, selon leurs luÂŹ miĂšres. (Laveaux.) Tous les animaux logĂ©s, chacun, Ă  leur place dans ce grand Ă©difice, sentent trĂšs-bien que le fourrage, Vavoine quĂŻl renferme leur appartiennent de droit. (Voltaire.) MalgrĂ© ce qu’avancent Girault-Duvivier et MM. NoĂ«l et Chapsal, fidĂšles Ă©chos du preÂŹ mier, nous pensons avec Laveaux et TrĂ©voux qĂŒon peut trĂšs-bien' dire : Tous les juges ont opinĂ©, chacun selon ses lumiĂšres, ou chacun selon leurs lumiĂšres; ils sont venus, chacun avec ses^gens, ou chacun avec leurs gens. Nous le savons, c’est dĂ©truire la rĂšgle des gramÂŹ mairiens, qui veulent'que chacun soit toujours suivi de son, sa, ses, etc., quand le verbe de la proposition principale ĂŒa pas de complĂ©ment, et que celle-ci offre un sens fini avant chacun; mais pourquoi donc Ă©tablir des rĂšgles qĂŒon ne saurait suivre? pourquoi gĂȘner et circonscrire la pensĂ©e? A notre avis, la diffĂ©rence des deux maniĂšres d'Ă©crire est toute dans la ponctuation, Voulons-nous dire : J^s juges ont opinĂ©, chacun, selon leurs lumiĂšres, nous mettrons chacun entre deux virgules; si, au contraire, nous voulons nous exprimer de cette maniĂšre : Les juges ont opinĂ©, chacun selon ses lumiĂšres, il n’y aura qĂŒune virÂŹ gule aprĂšs opinĂ©. Cette ponctuation doit, ce nous semble, faire sentir la diffĂ©rence des deux constructions Ăšt conduire Ă  reconnaĂźtre que l’une et Tautre sont trĂšs-correctes. L’aÂŹ nalyse, d’ailleurs, va, nous en montrer le mĂ©canisme. La premiĂšre, les juges ont opinĂ©, chacun, selon leurs lumiĂšres, se dĂ©compose par les juges ont opinĂ© selon leurs lumiĂšres, chacun opinant selon les siennes; et la seconde : les juges ont opinĂ©, chacun selon ses luÂŹ miĂšres, ç'est pour ies juges ont opinĂ©, et ils ont opinĂ©^ chuçun selon ses lumiĂšres. TROlSfeVE PpINT DE VUE. ÊtĂ©ocle et EolynĂźce conviennent ensemble de te- Les citoyens, ekaeun selon /etire facultĂ©s, tenaient nir, chacun Ă  son tour, les rĂȘnes du gouvernement, table ouverte. pendant une annĂ©e entiĂšre. (BarthĂ©lri^V;] (Vertot.) (1) Voici quelques exemples sur mille qui dĂ©truisent entiĂšrement non pas nos rĂšgles, mais celles des grammairiens ; ce serait se montrer par trop sĂ©vĂšre quç de les trouver vicieux. Bans toute TassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du peuple romain, tous les citoyens, de quelque rang quĂŻls fussent, avaient droit de donner leurs suffrages, cAacun dans leur tribu. . (Vertot.) Je suppose deux hommes qui ont vĂ©cu si sĂ©parĂ©s du genre humain, et si sĂ©parĂ©s l'un de l'autre, quĂŻls se croient, chacun seul, de leur espĂšce. (Condillac.) Paris Ă©tait partagĂ© en districts qui avaient chacun son conseil et une compagnie de gardes nationales Ăą ses ordres. (Anquetil.) Il n'y a si chĂ©tif village qui n'ait au moins deux ou trois fontaines; les maisons isolĂ©es ont presque chacune la #ten»e. (J.-J. Rousseau.)
( ) Les deux gĂ©nĂ©raux dominant sur . les Romains, chacun de son cĂŽtĂ©, nettoyaient les ret/ancbements Ă  force do traits. (Ă nqdetil.) Le HiĂ©ge de Calais et le siĂšge de Troie t les plus beaux esprits, chacun dans leur siĂšcle, n’ont-ils pas rapportĂ© leurs principaux talents Ă  cette anÂŹ cienne et brillante Ă©poque Ă  jamais mĂ©morable? (BĂŒffon.j ^ Dans les phrases oĂčTincise se trouve forcĂ©ment placĂ©e entre deux virgules, ainsi que chacun Ă  son tour, chacun selon leurs facultĂ©s, etc., et oĂč, d'ailleurs, elle vient immĂ©diaÂŹ tement aprĂšs le nom pluriel, comme dans trois des exemples rapportĂ©s ci-dessus, les Ă©criÂŹ vains expriment, aprĂšs c/tacwn, tantĂŽt TidĂ©e collective, tantĂŽt TidĂ©e distributive. Boniface dit qu'oii ne saurait regarder comme vicieuses les citations de la premiĂšre colonne, parce que I incise est entiĂšrementdndĂ©pendante du reste de chaque phrase, Ă  la fin de laquelle elle pourrait ĂȘtre rejetĂ©e. Quoiqu'il en soit de mĂȘme des exemples de la seconde colonne, nous pensons qu'ils sont inattaquables, par la raison qu'ils se rencontrent trĂšs-souvent dans les auteurs les plus estimĂ©s. \ ■ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. 1. Les mĂšres Ă©lĂšvent lears enfants, chacune Ă  sa maniĂšre. Les hommes ont ua caractĂšre, chacun sou tempĂ©rament. Ib ont donnĂ© leur avis, chacun selon ses vues. Les jeunes gens cherchent les plaisirs, chacuĂč suivant ce qai le flatte. TjCS enfants s’amusent, chacun avec ce qui lul plaĂźt. Nous conduisĂźmes nos femmes au bal, chacun ayant la sienne. Ces deux peuples vainquirent leurs ennemis, chacun comme il la trouva. Les femmes ont, chacune, leurs caprices. Le» peuples ont, chacun, leurs coutumes et leurs lois. Lra deux armĂ©es retournĂšrent, chacune, dans leur camp, ib trouvĂšrent, chacun, des amis qui les flattaient. lb menĂšrent, chacun, U vie qui leur plut. Nous partĂźmes, chacun, avec nos enfants. Ces deux nattons battirent, chacune, leurs ennemis. n. Nous avons parlĂ©; mais chacun Ă  son tonr. Les bateaux ont passĂ©, chacun Ă  son tour Ces deux enfants sont tombĂ©s, chacun de son cĂŽtĂ©. Les ans et les autres, chacun selon ton opinion, prirent psrli. Les hommes, chacun dan» son intĂ©rcl, doivent .l'Ăźnstrulre. Les Ă©crivains': chacitu dans son inlciĂ©l, sc doivent Ăą ta morale. Nous avons parlĂ©, chacun, Ă  notre tour, Iras hommes ont passĂ©, chacun, Ă  leur tour. Ces deux enfants sont tombĂ©s, chacun, de leur cĂŽtĂ©. III. Iras uns et les antres, chacun, suivant lenr opinion, prirent parti. Lea femmes, chacune, dans leur intĂ©rĂȘt, doivent ĂȘtre aimable*. Les Ă©aivains, chacun, dans leur tiĂšde, ont leur systĂšme. N" CCCCXXX. Chacun dĂ©terminĂ© par l'adjectif possessif sa. Repos vaut mieux qĂŒhonneur sans fortune : Que chacun prenne sa chacune. (Almanach des Fabulistes.) A voir chacun se joindre Ă  sa chacune ici, J’ai des dĂ©mangeaisons de mariage aussi. (MoliĂ«bb.) On voit que Tadjectif possessif sa peut dĂ©terminer le pronom indĂ©fini chacune; mais cette expression, tout-Ă -fait familiĂšre, ne peut entrer que dans le style comique ou dans fa conversation. EXERCICE PURASÈOtOGĂźQVE. Chacun prendra sa chacune. Chacun ira avec sa chacune. Chacun a sa chacune. Chacun tedĂ©livradesa chacune. Chacun paiera pour sa,chacune. Chacun cl sa chacune. Chacun veut sa chacune. Chacun dĂ©fendra sa chacune N“ CCCCXXXI. — Un chacun. Chose Ă©trange de voir comme avec passion Ün chacun est chassĂ© de son opinion t (MoliĂšre.) J'Ă©ludais un chacun d'un- deuil si vraisemblable, Que les plus clairvoyants Tauraient cru vĂ©ritable. (MoliĂšre.)
L'expression de m chacun Ă©tait en usage du temps de MoliĂšre; aussi la reiicontre-t*on chez beaucoup d’écrivains du dix-septiĂšme siĂšcle; mais aujourd'hui elle est tout-Ă -fait abandonnĂ©e, mĂȘme dans la conversation. TEL. W CCCCXXXII. Tel MÉDIATEMENT OU IMMÉDIATEMENT SUIVI DE gw OU DE quĂŽ. MÉDIATEMENT. Tel donne Ăą pleines mains, gui n'oblige personne. La façon de aonner vaut mieux que ce qu'on donne. (Corneille.) ..... Tel est pris, qui croyait prendre. (La Fontaine.) Tel souvent se croit Ă  la noce, . Qui s'en retourne sans danser.- (Scribe.) voudrait se faire soldat, A qui le soldat porte envie. (La Fontaine.) Qui tĂŽt ensevelit bien souvent assassine, Et tel est cru dĂ©funt gui n’en a que la mine. (MoliĂšre.) Tel TOUS semble applaudir gui vous raille et vous joue. ‘ (Boileau.) Tel eĂ»t Ă©tĂ© toujours vertueux, gui ne Test plus, parce que son maĂźtre lui a donnĂ© trop d'autoritĂ© et trop de richesses. (FĂ©nelon.) Tel brave les tourments qu’un bienfait peut sĂ©duire. (De Bbllot.) Tel vĂźt se dĂ©robant Ă  la vengeance humaine, Que le ciel en courroux, par des ressorts secrets, Conduit, pas Ă  pas, Ă  la peine - Que mĂ©ritent ses forfaits. (Lenoble.) Tel brille au second rang gui s’éclipse au premier. (Voltaire.) \ Telles femmes pendant le rĂšgne de la terreur avaient donnĂ© des preuves multipliĂ©es d’hĂ©roĂŻsme, de gui la vertu est venue Ă©chouer contre un bouÂŹ quet de fleurs, une fĂȘle, une mode nouvelle. (Cbatbaubriand.) IMMÉDIATEMENT. Tel qui n’admet point la probitĂ© chez lui. Souvent Ă  la rigueur l’exige chez autrui. (Boileau.) ....Tel qui tend un piĂšge y peut tomber soi-mĂȘme* (BpISSY.) Tel abbĂ© qui s’intitule frĂšre se fait appeler mon<« seigneur par ses moines. (Voltaire.) Tel qui hait Ă  se voir peindre en de faux portraits, Sans chagrin voit tracer sĂšs vĂ©ritables traits. (Boileau.) Tel qui rampait s’élĂšve et nous Ă©tonne. ^ (Lamotte.) s ^ Tel qui rĂ©siste Ă  l’art se rend Ă  ia nature. (Demoustieb.) Tel qui rit vendredi dimanche pleurera. (Racine.) Tel gua pour ami Ton suppose, Montre dans le besoin qu’il ne l'est nullement. (Lenoble.) Tels que l’on croit d’inutiles amis, Dans le besoin rendent de bons ^services. (Boursault.) Oui, tel dont la critique aujourd’hui vous accable, Peut-ĂȘtre Ă  votre place eĂ»t Ă©tĂ© plus coupable. (Boileau.) Telle sans aucun attrait pour la retraite, se con- «acre au Seigneur par pure fiertĂ©. (Massillon.) Telle personne gut cherchait Ă  vous plaire s'y est pris beaucoup plus mal, et a moins bien rĂ©ussi que telle autre dont le cƓur Ă©tait libre et indiffĂ©rent. (Scribe.) « Il n'est sorte d'erreurs que les gramairiens n’aient avancĂ©es sur tel employĂ© comme dans les exemples ci-dessus. Ils ont dit : ^ % 1Âź Que c’était un pronom indĂ©fini ; 2Âź QĂŒil ne pouvait jamais ĂȘtre suivi immĂ©diatement de qui ni de que, etc.; 3Âź QĂŒil n Ă©tait d us'age qĂŒau singulier. 4Âź Qu’on ne Temployait qĂŒau masculin.
( 478 ) ^ 4 Il n’y a pas un seul mot de vrai dans tout cela, et nous allons le prouver. 1° Td n’est pas un pronom indĂ©fini, c’est tout simplement un adjectif qui se rapporte au mot homme, mot qui peut ĂȘtre exprimĂ© ou sous-entendu : Tel donne Ă  pleines mains est donc un abrĂ©gĂ© de tel homme donne Ă  pleines mains. L’exemple de Voltaire : Tel abbĂ©, en est une preuve convaincante (1). D’ailleurs un adjectif suppose toujours un nom; c’est lĂ  un principe qui est commun Ă  toutes les langues, et qĂŒil ne faut jamais perdre de vue. 2° Tel peut ĂȘtre immĂ©diatement suivi non seulement de qui, mais encore de que, de dont . et autres mots semblables. Les citations de la seconde colonne en font foi, et c’est ^ faute d’avoir consultĂ© les Ă©crivains qne les grammairiens ont Ă©tabli une rĂšgle tout-Ă -feit contraire, ^ 3° Tel est d’usĂ ge au pluriel : Tels que Von croit d'inutiles amis, etc. ; telles femmes, etc.; 4° Enfin Tel, comme on le voit par les deux derniers exemples de la deuxiĂšme colonne, peut aussi s’employer en parlant d’une femme : Telle sans aucun attrait pour latetraite, etc. G’est pour Telle femme, telle personne qui est sans aucun attrait pour la retraite, etc. Ainsi, somme totale, quatre erreurs sur un seul mot 1 EĂź voilĂ  pourtant comme la gramÂŹ maire a Ă©tĂ© feite jusqĂŒĂ  de jour^ AprĂšs cela, ayez donc confiance aux grammairiens EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Tel flatte qui... Tel qpi flattei ‱. Tel dit nons aimer qui... Tel qui dit nous aimer.. i Tel loue devant,qui... ' Tel qui noua loue devant... Tel travaille qui... Tel qui travaille... Tels font les savants qui... Tels qui font les savants. ‱. Tels trompent qui,.. Tels qui trempent... Tel fait le brave que... Tel que l’on croit son ami... Tels sont arrogants qne... Tels que l’on oblige... N” CCCCXXXIII. Tel EMPLOTÉ SUBSTANTIVEHENT «XBHPLBS : ‱ « Un tĂŒ a composĂ© la plus jolie piĂšce du monde sur un tel sujet. (MoliĂšre.) On n’a pas Ă  souffrir mille rebuts cruels ; On n’a pas Ă  louer les vers de mesnewr# tels. Adonner de l’encens Ă  madame une telle. (In.) - Nous jugeons sur l’habit, TĂ©tat et la Qgure, . Qu’un tel a de Tesprit, qĂŒil est homme de bien, ■ Quand fort souvent il n’en est rien. (MaD. JOLlVEAU.) Tel sĂȘ dit des personnes qu’on ne veut ou qu’on ne pĂ©ut dĂ©signer que d’une maniĂšre jndĂ©terminĂ©e.^En çe cas tel est pris substantivement, et,se trouve prĂ©cĂ©dĂ© de Tadjectif dĂ©terminatif MĂŒ, wne, adjectif qu j quelquefois peut se supprimer, comme dans ces exemples : Monsieur «n tel Ă©crivit hier au soir yn sixain Ă  mademoiselle une telle. (MoliĂšre.) Un tel laissĂ© un poste vacant, et on s’empresse de le demander. (Massillon.) ■ » * * ĂŒne telle a fait des paroles sur un tel air. (MoliĂšreO N’est-cepas vous, monsieur/qui vous nomtnezun tel7 (Regnard.) J’en sais telle ici Qui, comme moi, ma foi, le vaudrait bien aussi. (MoliĂšre.) -’L’ofage tombera sur tel qui n’y pense pas, (AcadĂ©mie.) Tel est .riche ayec ĂŒn arpent de terre, tel est gueux au milieu dĂȘ ses monceaux d’or. (J.-J. Rousseau.) f - ' EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. t Moi\sicuf un tel. Madame une telle. Messieurs tels. Mesdames telles. % (J) Nous pouvons y ajouter cet autre exemple : — Les talents les plus heureux restent ordinairement dans VobscuritĂ©, et tel homme qui aurait pu illustrer sa patrie; rampe dans le triste atelier d’un arÂŹ tisan. (Stanislas.)
( 479 ) » TOUT. N» CCCCXXXIY. Tout EMPLOYÉ COMME PRONOM, AVEC ELLIPSE. Tout ĂŒest pas Caumartin, Bignon ni d’Aguesseau. (Boileau.) Tout s’ébranle, tout sort, tout marche en diligence. (ID.) Soq grand gĂ©nie embrassait touU (Bossuet.) Tout fuit, tout se refuse Ă  mes embrassements. (Racine.) ' La mort nous sĂ©pare de tout. , (Bossuet.) ‱ Recueille tes esprits. Sois attentif ; je vais dicter, Ă©cris... ^ Sans examen je dois donc tout Ă©crire Ăź . * (PARNT.) A la seule vertu soiĂ© sĂ»r que tout prospĂšre. (F. de NedĂ©chĂ tEaĂŒ.) SANS ELLIPSE. ^ ToMf homme est sujet Ă  la mort, (AcadĂ©mie.) Aux noces d’un tyran fo«f le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots. (La Fontaine.) Dieu a créé, conserve et gouverne tout Vunivers. (Planche.) Elle croit que c’pst aimer Dieu qoe .halr tout le monde. . (Boileau.) 11 est affreux de perdre tout ce qu’on aime. (Du TremblĂąt.) Tout ce qu’il dit est yĂ©ritĂ©. (Massillon.) ' Tout ce qu’on entreprend ne rĂ©ussĂźt pas toujours. (Anonyme.) - Les grammairiens, habituĂ©s Ă  tout confondre, Ă  tout dĂ©naturer, diçeut que le mot tout, employĂ© fieql GopamĂš dans les citations de la premiĂšre colonne, est un pronom. Mais les citations de la colonne opposĂ©e, tout en nous donnant les moyens de rĂ©tablir les laÂŹ cunes de la premiĂšre, nous dĂ©montrĂ©nt que tout n'est et ne peut ĂȘtre ni un pronom ni un substantif. C'est tout simplement un adjectif employĂ© avec ellipse du nom auquel il se rapporte. Tout n'est pas Caumartin, c’est-Ă -dire tout homme nest pas Caumartin; tout s'Ă©hranle, tout sort, tout marche; c'est-Ă -dire tout [le peuple) s'Ă©branle, tout [le peuple) sort, tout (Ăźe peuple) marche; son grand'gĂ©nie embrassait tout, c’est-Ă -dire son grand gĂ©nie embrassait tout l'univers, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGÏQVE. Tout meurt. Tout se confond. Tout se renourelle. il oime tout. Voir tout. Dire tout. 'J'out me convient. Tout est neuf. Tout me plaĂźt. Donnez-moi tout. (I vous cĂ©dera tout. S'accommoder Ă  tout. PLUSIEURS. N” CCCCXXXV. EKPLOTÉ COMUE PRONOM. SUIVI D UN SUBSTANTIF, Plusieurs habitants ont fait Ă  l’IIe-riie-rrance des essais inutiles pour y faire croĂźtre la lavandei la marguerite des prĂ©s, la violette Ă©t d’autres herbes de nos climats tempĂ©rĂ©s. (Bern. de Saint-Pibrbb.} NQN SUIVI p'UN SUBSTANTIF, Parfois plusieurs valent mieux qu’un* (Piron.)
( ,430 ) Un critique n'est formĂ© qu’aprĂšs plusieurs an- Ă©s d’observalio du soir au matin. qĂŒa[ nĂ©es d’observations et d’études ; un critiqueur naĂźt (La BrutĂšrb.) Plusieurs hommes valent mieux, et beaucoup plus valent moins quĂŻls ne paraissent. (Boiste.) « 11 y a plusieurs remĂšdes qui guĂ©rissent de Ta- mour; mais il n’y en a point dĂŻnfaillibles. (La Rochefoucauld.) 11 faut bien qu’il y &\t plusieurs raisons d’ennui, quand tout le monde est d’accord pour bĂąiller. (Florian.) SĂŻl fait un voyage avec plusieurs, il les prĂ©vient dans les hĂŽtelleries; et il sait toujours se conserver la meilleure chambre et le meilleur lit. (La BruvĂšrb.) C'est une des merveilles de la religion chrĂ©tienne de faire que la solitude et le repos soient plus agrĂ©aÂŹ bles k plusieurs que l’agitation et le commerce des hommes. (Pascal.) LĂšs bergĂšres sont sur leur passage; plusieurs d’entre elles versent des larmes. (Florian.) Plusieurs des prisonniers qĂŒon avait renvoyĂ©s de Rome accompagnĂšrent les ambassadeurs et se rĂ©pandirent en diffĂ©rents quartiers de la ville, i (Rollin.) Voici ce qu’on lit dans la Grammaire des Grammaires : <( Plusieurs est ou pronom » ou adjectif. Comme pronom, il ne se .dit que des personnes; comme adjectif, il prĂ©^ » cĂšde toujours le nom qu’il dĂ©termine. » Cela est faux, ainsi que Ta remarquĂ© le savant auteur de VEƓamen critique de la GramÂŹ maire des Grammaires. 1Âź Plusieurs n’est jamais qu’adjectif ; quand il est seul, c’est qu’il y a ellipse du subÂŹ stantif, cela est clair. Plusieurs valent mieux quun est pour plusieurs (individus) valent mieux quun seul. Plusieurs d'entre elles ; plusieurs des prisonniers, c’est pour plusieurs (bergĂšres) d'entre elles ; p/MsrĂȘurs (prisonniers) des prisonniers. . 2Âź Plusieurs, quoique sĂ©ul, quoique pronom (pour parler ce triste langage), peut se dire des choses : , * 4 * Ce qui nous empĂȘche de nous abandonner Ă  un seul vice, c’est que nous en avons plusieurs. (La RocHBFoncAĂŒtD.) Plnsienn amis. Plusieurs fleurs. Plusieurs princes. Plusieurs victoires. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Plusieurs pensent. Plusieurs regardent. Plusieurs s’imaginent. Plusieurs prĂ©tendent. En avoir plnsienrs. Plusieurs de mes valets, n J en a plnsienrs qui.. n en est mort plusieurs. NUL. W CCCCXXXYI. » ‱* Nul EMPLOYÉ GOMME PRONOM. EXEMPLES : Nul Ă  Paris ne se tient dans sa sphĂšre. (Voltaire.) Nul n’aime Ă  frĂ©quenter les fripons sĂŻl n’est friÂŹ pon lui-mĂšme. (J.-J, Rousseau.) Sous un tyran grossier le talent est un crime,* Et nul ĂŒen peut ĂȘtre accusĂ© Sans en devenir la victime. (JaĂŒffrbt.) Nul presque de tous ceux qui m’écoutent ici, n’est content de sa destinĂ©e. (Massillon.) Nul de nous de sang-frold, avouons-le sans honte, N’envisage la mort. (L. Racine.) Nul ĂŒest si bien soignĂ© qĂč’un directeur de femmes. (Boileau.) Nul n’est content de sa fortune. Ni mĂ©content de son esprit. (Mad. DeshouliĂšres.) Ce que nul n’aperçoit, heureux effet d’amour I Ne saurait Ă©chapper aux regards d’une mĂšre, (Mad, Jolivkau.) Nulles des expressions qui se prĂ©sentent ne mo satisfont sur cet article. (J.-J. Rousseau.) Nul presque de tous ceux qui m’écoutent ici n’est content de sa destinĂ©e. (Massillon.)
(481) ^ ÊmployĂ© seuĂź, nul, disent tous les granlmaĂźriĂ©ns, est pronom. Les exemples citĂ©s nous font voir que nul, comme aucun, comme pas un et comme une infinitĂ© d’autres adjectifs, peut ĂȘtre ou non suivi d’un substantif; voilĂ  tout. Ainsi il est permis de dire, en exprimant le substantif : Nul homme n'a Ă©tĂ© exempt du pĂ©chĂ© oriÂŹ ginel (TrĂ©voux), ou en le supprimant : Nul n'a Ă©tĂ© exempt du pĂ©chĂ© originel. Girault-Duvivier se trompe encore en avançant que nul, lorsqu’il est seul, n’est d’usage qu’on sujet. Voici un exemple qui prouve le contraire : - A nul Tambition n'est, je crois, Ă©trangĂšre. (Stassart.) Nul peut aussi, comme on le voit, s’employer d’une maniĂšre relative ; Nul de ces hommes, nulle de ces femmes. Girauld-Duvivier assure qĂŒalors il n’a point de pluriel Rousseau a cependant dit : Nulles des expressions. * " EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Nul homme nĂ© peut. Nul homme ne doit. Nul de nou« ne le voit. A nul Pour nul. Nul de vous. .Nul ne peut. Nul ne doit. Nulle dVlies ne le pense. Nulles de nos qualitĂ©s. Nuls de nos amis. Nulles de nos passions. AUCUN. w ccccxxxvn. /* ‱ . Aucun DIT SUBSTANTIF, DIT PRONOM, DIT ADVERBE, ETC. SINGULIER. Aucun n’est prophĂšte chez soi. (La Fontaine.) ^ On doit ne se rendre isuspect Ă  aucun, et se faire aimer de tous. (FĂ©nĂ©lon.) Que chacun se retire, et qĂŒaucun n’entre ici. (Corneille.) PLURIEL. Aucuns ont dit qĂŒĂ€lix fit conscience < De n’avoir pas mieux gagnĂ© son argent. ( La Fontaine.) Aucuns, Ă  coups de pierre, Poursuivirent le dieu , qui s’enfuit Ă  grand erre. (Id.) PhĂšdre Ă©tait si succinct qĂŒaucun» Ven ont hlĂ mĂ©. (li>.) On doit avoir grĂ© aux grammairiens de n'avoir commis ici que cinq erreurs, en avanÂŹ çant, les uns, que aucun, dans les exemples citĂ©s, est un substantif ; les autres un proÂŹ nom ; d’autres encore, un adverbe ; ceux-ci, qĂŒil ne s’emploie jamais sans ĂȘtre suivi d’un nom; ceux-lĂ , qĂŒil ne se met pas au pluriel. Aucunn’estet lie peut ĂȘtre autre chose qĂŒun adjectif, qui, comme la plupartdes mots de celle nature, s’emploie avec, ou sans ellipse du nom qĂŒil dĂ©termine. On dit : aucun homme n'est prophĂšte on aucun n'est prophĂšte. ^ On peut aussi, comme on le voit par les citations de la seconde colonne, faire usage de aucun seul au pluriel; il a alors le sens de quelques-uns. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Aucun nĂ«st exempt de la mort. Qu'aucun ne le dise. Aucun n'avait d'arscnt. Aucuns disent. Aucona soutiennent. Aucuns blĂąment. Aucuns pensent. Aucuns prĂ©tendent. Aucuns Jugent. 61
( 482 ) / L'UN... L’AUTRE. r N* CGGCXXXYill. L’un... Vautre en .relation avec divers substantifs qui prĂ©cĂšdent. AVEC DES NOMS DE PERSONNES. Tous deux (Bossuet et FĂ©nĂ©lon) eurent un gĂ©nie supĂ©rieur; mais Tun avait plus de cette grandeur qui nous Ă©lĂšve, de cette force qui nous terrasse*, Vautre, plus de cette douceur qui noVis pĂ©nĂštre, Ă©t de ce charme qui nous attache, (La Harpb ) Osons opposer Socratc mĂȘme Ă  Caton ; Vun Ă©tait plus philosophĂ©; el rĂ ĂčlYe plus citoyen. (J.-J.Rousseau.) Si Vhomme monte Ă  un arbre pour abattre des fruits, la femme reste au pied etles ramasse : Vun trouve des aliments, Vautre les prĂ©pare. (Bern. de Saint-Pierre.) AVEC DÈ^ noms rih choses. Charles XII, roi de SuĂšde, Ă©prouva ce que la prbspĂ©ritdĂ dĂ©plus igrahd,Ă©t cĂ© queTadhersitĂ© a de plus cruel, sans avoir Ă©lĂ©amolli par /'une ni Ă©branlĂ© pat Vautre. (Voltaire.) Cette, boMc/ie, cet Ɠt7 qui sĂ©duisent les cdĂ©urs, Vune par un sourire, et Vautre par des pleurs. ^ (LegoĂŒvĂ©.) ĂŻl a toujours cru que le mĂ©rite pouvait se passer de la fortune. Il s’est contentĂ© de Vun, et ne s’est pus inquiĂ©tĂ© pour Vautre. (PLÉCHiER.) Lorsque dans les parallĂšles, dansles comparaison^, on parle de deux personnes ou de deux choses, Vun, Vune sont relatifs au premier des substantifs exprimĂ©s; Vautre, au seÂŹ cond. Tel est TusĂ ge constant des bons auteurs. Cependant on lit dans Marmontel : comme le geste suit la parole, ce que fai dit de l’one peut s'appliquer Ă  l’autre. Dans RaĂżrial : les fortunes particuliĂšres tiennent esÂŹ sentiellement Ă  la FÔRTONE publique ; l'ĂŒne m saurait ĂȘtre Ă©branlĂ©e sans que les autres en souffrent. ConiraĂ© le fait remarquer trĂšs-judicieusement M. DessiaĂŒx, la diffĂ©rence des genres et des nombres dĂ©truisant toute Ă©quivoque, la concision peut faire excuser jusqĂŒĂ  un certain point celte lĂ©gĂšre infraction Ă  la rĂšgle. . EXERCICE PHRÀSÉOLOGÎQXJE. Corneille et Racine... l’un... l’autre... CĂ©iar 'et Henri IV... l’un'... raĂčĂ»e... Auguste et Louift XIV... l’un... l’autre. Le talent et l’intrigue... l'un... l’autre... Le lis et la rose... l’un... l’autre... DĂ©mocrite et HĂ©raclĂźte... l’un... l’autrç... La science et lĂ  fausse Ă©rudition... de l'une... Ă  l’niltrĂȘ. Le serin et le rossignol... l’un... l'autre... N' GGGCXXXIX. VĂčn, l'autre en relation avec ĂŒadjectif numĂ©ral deux. De Sparte Ă  Argos , il y a deux chemins : TiĂšn s'enfonce dans le vallon de TĂ©gĂ©e*, Vautre traverse les montagnes qui bordenl.le golfe d'Argos. ( CUATEAUBUIAND.) Deux mulets cheminaient, Vun d’avoine chargĂ©, Vautre portant l’argent de la gabelle. (La Fontaine.) I! y a deux sortes de ruines : Vune ouvrage du temps, Vautre ouvrage de riiommc. (Chateaubriand.) peux enfants Ă  l’autel pr'Ăš'tĂ i'Ăšnt leur ministĂšre: Vun est fils de Joad, Josabet estsa mĂšre; Vautre m’est inconnu. (Racine.) Dans ces exemples Vun, Vautre, l'une, Vautre, dĂ©signent deux ĂȘtres ou deux objets qui ne sont pas nommĂ©s individuellement, comme dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, mais quisont^ reprĂ©sentĂ©s seulement par Tadjectif numĂ©ral deux
( 483J EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Deux roses.» fane.,, fantre... A deux enfants... fun... fautre... Deux serins... l'un..: fantre... A deux comĂ©dies... l'uue... l'autre. Deux diamants'... i'ttn... faĂŒtre». De deux robes... Vune... l'autre... rr ccccxL. L'un, Vautre en rappokt avec un nom pluriel. ' Les uns, les autres. Parmi les arts libĂ©raux, les uns s’adressent plus directement Ă  l’ame; comme la poĂ©sie, l'Ă©loquence; les autres plus directement Ă  l'esprit. (Marmontel.) Vun, Vautre, Mes gens Ă  la science aspirent pour vous plaire. Vun me brĂ»le mon rĂŽt en lisant une histoire ; Vautre rĂȘve Ă  des vers quand jĂ« demande Ă  boire. (MoliĂšre.) Dans les Ă©numĂ©rations, on met le singulier ou le pluriel, selon que le sens est distribuÂŹ tif oĂŒ collectif. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, Mes domestiques... fun... l'autre... Mes domestiques... les uns... les autres... Les enfants.. . l'un... l'autre... Les enfante. .. les uns... les au trĂšs... , Les Ă©coliers... l'un..', l'autre... Les Ă©coliers... les uns... les autres... Les demoĂźseUes... l'une... l'autre... Ces demoiselles... les unes... Icsautrcs..* J ’ N" CCCCXLI. L’m, Vautre; les um, les autres en relation avec un nom collectif. L’un, Vautre, Tout le monde se confiait Vun Ă  VautrĂ© cette confidence. (RulhiĂ«rbs.) Les uns, les autres. Tout lo peuple suivit Virginie, les uns par cuÂŹ riositĂ©, te» autres par considĂ©ration pour Icitius. (Vertot.) Les mots Vun, Vautre, les uns, les autres, peuvent, au moyen d’une syllepse, se mettre en relation avec un nom collectif, quand il Ă©nonce une collection d’étres dĂ©terminĂ©s. Mais on ne peut dire comme Voltaire : Tournez vos.yeuoo vers la terre et les mers ; tout se correspond, tout est fait l’un pour l'autre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. On se disait l'un Ă  l'autre... Toute la mc... les uns.., les autres... Tout lĂ© villĂ©ge.. . les uns ... les autres... Tout le ^ys... les uns... les autres. ., Toute la ville... les uns. ;. lĂ«s autres... . ‱ Toute la France... les uns... les autres. .. r ccccxLii. RËPETrilĂŽN DE VautrĂ©, lĂ©s autres, d'autres, dans les Ă©numĂ©rations dĂ© plus de DEUX TERMES. Des connaissances qui sont Ă  notre,portĂ©e, les unes sont fausses-, les autres sont inutiles, les auÂŹ tres servent Ă  nourrir l’orgueil de celui qui les a. (J.-J. Rousseau.) Les uns roulaient leurs eaux claires avec rapiÂŹ ditĂ©, d'awfre» avaient une eau paisible et dormante, d’autres par de longs dĂ©tours revenaient sur leurs pas. (FĂ©nelon.) Quand TĂ©numĂ©ration s'Ă©tend au-delĂ  de ces deux termes, on rĂ©pĂšte indĂ©finiment Vautre, Us autres, d'autres. Ôn rĂ©pĂšte aussi Vun ou les,uns, mais plus rarement ; Il voit de toutes parts les hommes bigarrĂ©s, - £«# t«n» gris, te» ima naire chamarrĂ©s. (BoĂźleau.)
( Ü84 É'XÉRCiÚÈ PÉRAÚÈOtÙGiQVÉ. L«s «lifanU.. lea uns... les autres... Des fleurs... les unes. ‱. les autres. .. De.* livres... Icsuns... les autres... Des amis... les uns... les autres... l.es uns... d’autres... d'autres.V. ! .es unes... d’autres. .. d.’aatres... Les uns... les iitis... les autres... Les unes... les unes,.. les autres.‱< N* CCCCXDII. Lun, Vautre, les uns, les autres, marquant opposition ENTRE DES ÊTRES OU DES OBJETS INDÉTERMINÉS. OĂč Vun voit des chardons, Vautre aperçoit des roses. (RigaĂŒd.) Les uns veulent que les bergers aient l’esprit lin el galant; les autres recommandent, au contraire, de ne jamais s'Ă©loigner de la simplicitĂ©. (Florian.) LĂ©s im# ne semblent ĂȘtre sur la terre que pour y jouir d’un indigne repos, et se dĂ©rober par la diÂŹ versitĂ© des plaisirs Ă  l’ennui qui les suit partout, a mesure quĂŻls le fuient: Ăźes autres n’y sont que pour chercher sans cesse dans les soins dĂŻci*bas des agitations qui les dĂ©robent Ă  eui-mĂŽmcs. (Massillon.) On emploie les uns, les autres, poĂŒr.marquer une opposition, entre deux collections dĂŻii- dividus non dĂ©terminĂ©s. Alors ces mots ne se rapportent Ă  aucun substantif exprimĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. L Ci. 11113 meurent jeunes... les autres tris-vicux. Les uns pensent... les autres pensent le contraire.. > Les ups disent... les autres s’asbtiennent de... Les uns sont assez^Ăźinpies... les autres n’osent pas. L’UN L’Autre. N" CÇCCXLIV. Uun Vautre, les uns les autres, complĂ©ment de verbes et de prĂ©positions. AVEC DES VERBES. Dans ce monde il se faut Vun Vautre secourir. ' - (La Fontaine.) Les hommes sont faits pour se secourir les uns Ăźes autres. (Voltaire.) Si les hommes ne se flattaient pas les uns les auÂŹ tres, il n’y aurait guĂšre de sociĂ©tĂ©. (Vauvenargues.) Les victoires, les conquĂȘtes s’effacent les unes Ăźes autres dans nos histoires. (Massillon.) AVEC des PREPOSITIONS. Dans leseia runde Vautre ils cherchent un passage (Racine.) Ses rapports (de l’économie politique) avec l’é* conomie privĂ©e sont si intimes, qĂŒon a souvent confondu Vune avec Vautre. (Say.) Tout est perdu si nous n’avons pas les un# pour Ăźes autres un peu plus de fraternitĂ©. (Palissot.) Les aventures se succĂšdent Ăźes unes aux autres, et la poĂšte n’a d’autre art que celui de bien conter les dĂ©tails. (Voltaire.) Les expressions Vun Vautre, les uns les autres, Vun de Vautre, les uns aux autres, elc., qui s’emploient lorsque Ton veut exprimer une action rĂ©ciproque, sont elliptiques. Ils s'aidaient Vun Vautre, c’est pour : ils s’aidaient (tous deux), Z'un (aidant) Vautre; ils senui- sent Vun Ă  Vautre, c’est un abrĂ©gĂ© de ils se nuisent (Ă  tous deux), Vun (nuisant) Ă  Vautre. En pareil cas, Vun est Ă©videmment sujet, et Vautre complĂ©ment. Lemare a essayĂ© d’analyser ces sortes d’expressions : L'un Vautre, dit-il, est le » reste d’une grande ellipse, a L'un Vautre ils sembĂźent «6 Ă aĂŻr, c’est-Ă -dire Vun semble haĂŻr » Vun, Vautre semble haĂŻr Vautre, »
( 483 ) Celte analyse n'a qĂŒun dĂ©faut, c’est quelle ne reproduit pas les mots de la phrase. En effet, nous ne voyons reparaĂźtre ni le sujet ils ni le verbe semblent. Suivant nous, Vun VauÂŹ tre ils semblent se haĂŻr est pour ils semblent se AaĂŻr (tous deux) Vun (semblant haĂŻr) Vautre. Les pronoms se, nous, vous, etc., communiquant seuls au verbe l'idĂ©e de rĂ©ciprocitĂ©, ne peuvent jamais ĂȘtre sous-entendus ; ce vers de Voltaire est donc dĂ©fectueux : Nous devons Vun Ă  Vautre un mutuel soutien. La Harpe, tout en convenant que la grammaire exige nous nous devons, permet cepenÂŹ dant cette suppression en poĂ©sie. Nous ne saurions ĂȘtre de son. avis. » / EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. II5 se dĂ©testent l'un Fantre. Elles se consolent l'une l'autre* Ils s'aiment les uns les antres. ÂŁUes se corrompent les unes les autres. Ces enfants sont jaloux l'un de l'autre. Ces deux plantes se nuisent l'une Ă  l'autre. Ayons un peu d'indulgence les uns pourles autres. Mesdemoiselles, ne sortez pas l’une sans l'autre. N' CCCCXLV. EMPLOI DE Vun Vautre, Vun Ă  Vautre, etc., ou de les uns les autres, les uns aux autres, APRES UN NOM PLURIEL. AVBC LB SINGULIER. L’amour de Dieu leur sert d!eicuse (aux dĂ©vots) pour n’aimer personne. Ils ne s’aiment pas mĂȘme Vun Vautre. (J.-J. Rousseau.) Les ■ perfectionnements industriels s’entraĂźnent Vun Vautre. (Say.). Les citoyens se fuyaient Vun Vautre, (SlSMONDI.) Il n’est pas possible que les petits vers n’enjamÂŹ bent Vun sur Vautre, (J.-B. Rousseau.) Lebruitde nos trĂ©sors les a tous attirĂ©s (les Romains). Ils y courent en foule, et, jaloux Vun de Vautre, DĂ©sertent leur pays pour inonder le nĂŽtre. (Racine.) ‱ AVEC LE PLURIEL. , Les hommes ne sont faits que pour se consoler les uns les autres. (Voltaire.) Les hommes ne sont que des victimes de la mort, qui doivent se consoler lĂ©s uns les autres. (Id.) De peur de faire enjamber les vers les urĂźstsur les autres. (Id.) TĂ©lĂ©maque trouva de grandes difficultĂ©s pour se mĂ©nager parmi tant de rois jaloux les uns des autres. (FĂ©nĂ©lon.) Le spectacle du monde physique nous prĂ©sente une suite de phĂ©nomĂšnes enchaĂźnĂ©s les uns aux autres, ‱ (Say.) ‘ * * Lorsque aprĂšs un verbe rĂ©ciproque, dont le sujet reprĂ©seSte un certain nombre d'inÂŹ dividus, on Ă joute, soit pour la clartĂ©, soit pour 1 harmonie et l'Ă©nergie, l'expression de Vun Vautre, tic,, celte expression se met au singulier ou au pluriel, selon que le sens lo rĂ©clame, et assez souvent selon la volontĂ©.de l’écrivain, ce que l'on affirme de plusieurs a ĂŒĂ©gard de plusieurs ayant nĂ©cessairement lieu de chacun Ă  l'Ă©gard de chacun, dans les deux groupes opposĂ©s. Dans cette phrase : Us citoyens se fuyaient Vun Vautre, le singuÂŹ lier est plus expressif : Chaque citoyen fuyait son semblable. La mĂȘme observation s’applique Ă  Vun Vautre, etc., lorsqu'il est complĂ©ment d'une.pré position. C'est donc bien Ă  tort que Girault-Duvivier condamne le singulier dans ces vers de RaÂŹ cine : . . -, Puisse le ciel verser sur toutes vos annĂ©es - , Mille prospĂ©ritĂ©s VunĂ© Ă  Vautre enchaĂźnĂ©es I ' . ■/k Nous croyons que toutes les fois qu'il s'agit d'une chaĂźne, d'une suite, d'une succesÂŹ sion, etc., oĂč les objets vont un d un, le singulier mĂ©rite la prĂ©fĂ©rence, oĂč plutĂŽt devrait ĂȘtre seul permis. Si Racine, au lieu de mettre Vune Ă  Vautre , eĂ»t mis les unes aux autres, il aurait ex—
( 486 ) primĂ© l’agglomĂ©ration et non la succession. La pensĂ©e n’eĂ»t pas Ă©tĂ© la mĂȘme, et le sentiÂŹ ment , si nous ne nous trompons, aurait perdu de sa vivacitĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. AĂźdons-nons l*un l’autre. Les citoyens s’évitaient l’un l’autre. Ces arbres se nuisent l'un Ă  l'autre. Aidons-nous les uns les autres. LĂ©s citoyens s’évitaient'les uns les autres. Ces arbres se nuisent les uns aux autres. L’UN ET L’AUTRE. , * M '‱^3 W CeCGXLVI. SUJET, Vun et Vautre Ă  mon sens ont le cerveau troublĂ©. (Boilead.) ’ La poĂ©sie ne doit ses avantages sur la peinture ou’aux harmonies des objets. Vune et Vautre se « ‹» A ‘ * fr '4. servent des mĂȘmes lois: (Bern. de SaĂŻnt-Eikrrk.) . HĂątons-nous, Vun et Vautre, D’assurer Ă  la fois mon bonheur et le vĂŽtre. (Racine.) Étudiez la cour, et connaissez la ville : Vune et Vautre est toujours en modĂšles fertile. '* (Boileau.)' complĂ©ment. Le destin qui fait tout, nous trompe Vun et Vautre. (Voltaire.)' LĂš sort vous y voulut Vune et Vautre amener : Vous pour Ijor^er des fers; ell^, pt^ur en tiopqer. .. .. . , w . y Grippeminaud, le bon apĂŽtre, Mitlesplaideursd’accord en croquant Z’tin et Vautre. (La Fontaine.) . Je veux Les percer Vun et Vautre, et moi-mĂȘmc aprĂšs eujc. " J ' ‘ ' ‘ '[HĂ cinb.) L'un et Vautre expriment Tassemblage de plusieurs personnes ou de plusieurs choses; ils ont les^deux genres et les deux nombres. Girault-Duvivier prĂ©tend que quand Vun et Vautre sont employĂ©s comme rĂ©gimes ou complĂ©ments, ils doivent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s de les, qĂŒon place avant le yerbe ; ainsj, suivant lui, il faut dire en parlant de deux personnes, il veut les satisfaire l’u.ne et l’autre, et non il veut satisfaire Vune et Vautre. Nous croyons, nous, qĂŒon peut ellipser le proiiom Ăźes; il y en a de nombreux exemples. La Fontaine a dit : Il met les plaideurs d'accord en croquant Vun et Vautre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. " L’un et l’antre... L’uae ct'l’àuire... Les uns et les autres... Les unes et les autres... A l’un et Ă  l’autre. A l’uue et Ă  l’autre. Aux uns et aux autres. Aux unes et aux autres. r ccccxLVii. L’un et l’autre suivis bâ€™ĂŒn substantif. ‘ -t'- SUJET. L’tin et Vautre rival, s’arrĂȘtant au passage. Se mesure des yeux, s’observe, s’envisage. (Boileau.) Vun et Vautre consul suivaient ses Ă©tendards. (Corneille.) COfJPLÉMENT. Ce conseil adroit qui semble ĂȘtre sans fard, Jette dans le panneau Vun et Vautre vieillard. ‘ ’ ■ > (MoliĂšre.) La Condamine a parcouru Vun et Vautre hĂ©miÂŹ sphĂšre. (BĂŒffon.) f L'un et Vautre rival, c’est comme sĂŻl y avait Vun (rival) et Vautre rival. VoilĂ  pour- ■ 1 I Ht* f > . 11 Ăź ^ t ^ *i I'.. Il . Ă  . 4 Ă© .Jl . ^ ‘ ĂŻ t I f lit?'». quoi le substantif qui suit Vun eĂź Taw/rr.-^oit toujours rester au singulier, Jjjos njeijleur^' Ă©crivains observent cette rĂšgle. , . . i, i . J » . . . U
( 487 1 EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L'un et Tautre marchaud. L'ua et l'outre Ă©lĂšve, 'L'un et l’autre'prqfcasenr L'une et l’autre vertu. ‘ .8 * ‘ Ăź' V " ! - Tromper Tun et l’autre marrh.Tnd. Punir Tun et Tautre’écolier. ' ** Estimer l’un et Tautre professeur. PossĂ©der Tune et Tautre Vei tu. N- CCCCXLTIII. iOOQO-- Lun et Vautre, Vune et Vautre, employĂ©s avec ou sans rĂ©pĂ©tition de la ' . u Ăź *. Ăź ’ ' '.tir '»! PRÉPOSITION. * * , hTi II V p < 1 AVEC SANS. Faire fortune est une si belle phrase, et qui dit ■'l. tl* 1*. ' >*11 a iiMl’ une SI prile chose, qu elle est q un usage quiversel; eUe a percĂ© les cloĂźtres et les abbayes'de 7’tin et dĂš Vautre sexe. (LaBruyĂšee.) Tous les Ă©tats que nous connaissons participent de Vun et de Vautre. (d’Àlesibkut.) L’art de feindre daĂźis Vune et dans l'autre fortune, N’est rien que Tart Üune ame ou perfitlĂȘoĂ»'cqmmunçu '(PlUON.) Lorsque Vun et Vautre, Vune et Vautre, sont employĂ©s sĂ©parĂ©ment et en rĂ©gime de la mĂȘme prĂ©position, on rĂ©pĂšte cette prĂ©position devant chacun de ces mots : ils participent DE Vun et DE Vautre.' Telle est la rĂšgle posĂ©e dans toutes les grammaires. Cependant La BruyĂšre a dit : de Vun et Vautre sexe, en supprimant la prĂ©position de deyant Vautre, et les exemples de cette suppression ne sont pas rares. En voici plusieurs : Il s’était informĂ© ensuite plus en dĂ©tail de ce qui Vurie etdĂ nsl’aĂ»tre an s’était passĂ© dans armĂ©e. (Voltaibb.) Et qui parle le mieux de Vun et raufre.ouvrage, - ’ ’ UlOUfcRE.j Sous Vune et Taufra Ă©poque il pĂ©rit un trĂšs-grand, nombre de citoyens; ‱ -1 (BarthĂ©lĂ©my.) Et par Ttine et Vautre ouverture, L’onde entre et fuit Ă  flots Ă©gaux. 7 ■TLamotte.) Nous pensons qĂŒil faut laisser, aux poĂštes surtout, la libertĂ© de supprimer la prĂ©position. Bien mieux, dans certains cas, on ne doit point la rĂ©pĂ©ter; c'est quand les ĂȘtres dĂ©sigriĂ©s par Vun et Vautre sont unis de maniĂšre qu’ils ne forment qĂŒun tout. Ainsi, nous dirons d'un homme qui se sĂ«rĂąit battu contre deux individus Ă  la fois : Il s'est battu contre Vun et Vautre. S'il avait eu un duel avec chacun d'eux sĂ©parĂ©ment, nous dirions : H s'est bajĂŒ contre Vun et contre Vautre. . Nous ajouterons que la rĂ©pĂ©tition de la prĂ©position ne saurait avoir lieu lorsqu'elle se compose de plusieurs syllabes, telles que suivant, malgrĂ©, nonobstant, moyennant, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. La beautĂ© de Tnne et de Taatre. Nonobstant Tnn et Tautre de ces obstacles. . La beautĂ© de Tune et l’antre femme. Le courage de Tun et de Tautre. CCCCXLIX. » Vun Vautre et Vun et Vautre» AVEC Vun Vautre. Pierre et Paul se louent Vun Vautre, ( Laveaux.) Ces deux hommes se trompent Vun Vautre. (Id.) Hun Vautre vainement ils semblent se haĂŻr. (Boilbau.) AVEC Vun et Vautre. Pierre et Paul se louent Vun et Vautre. (TrĂ©voux.) Le destin qui fait tout nous trompe Vun et Vautre. (Voltaire.) Noussommes Tun et rautra Ă  plaindre. (CitĂ© parWAiLLv.)
( 488 ) Vun Vautre ne doit pas ĂȘtre confondu avec Vun et Vautre. Quand je dis : Pierre et Paul se louent Vun Vautre, Vun Vautre marque ici une idĂ©e de rĂ©ciprocitĂ©; mais U ĂŒen est pas de mĂȘme, si je dis : Pierre et Paul se louent Vun et Vautre : il n’y a pas lĂ  dĂŻdĂ©e do rĂ©ciprocitĂ© : Vun et Vautre exprime seulement'le nombre deux. Ainsi ce vers de Piron : m Et nous nous encensons tous les mois Vun et Vautre, Üest dĂ©fectueux que parce qĂŒau lieu de TidĂ©e de rĂ©ciprocitĂ©, ii exprime TidĂ©e de rĂ©flexion : c’est-Ă -dire quĂŻl donne Ă  entendre que les individus dont il est question font cette action chacun en particulier, tandis qĂŒils la font rĂ©ciproquement. Il en est de mĂȘme dans les citations suivantes : Nous nous soulagions Vun et Vautre dans les travaux de la servitude, et j’étais charmĂ© lorsque j’avais pu faire Touvrage qui Ă©tait tombĂ© Ă  ma sƓur. (Montesquieu.) Aidons-nous Vun et Vautre Ă  porter nos fardeaux. (Voltaire.) Ils allĂšrent dans une forĂȘt fort Ă©paisse, oĂč, Ă  dix pas de distance, on ne se voyait pas Vun et Vautre. (Perrault.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. PromenoQs-nous ĂŻes une» et le» autres. AidoD»-nou» le» unes le» autres* 11» ae battent l'un et l'autre. Ils se battent l’un Tautre. N* .CCCCL. EMPLOI DE r«n et Vautre, Vun Vautre, etc., ou de Ăźes uns et les autres, les uns les autres, etc., quand il s’agit de trois individds. AVEC LE SINGULIER. On sent assez que les trois genres rentrent souÂŹ vent Vun dans Vautre, (Voltaire.) Nous trouvons, dans les animaux les trois caracÂŹ tĂšres tie la beautĂ© (la force, la richesse, rintelli- gçncc'i quelquefois rĂ©unis, et souvent subordonnĂ©s Vun Ă  Vautre. (Marmontel.) AVEC LE PLURIEL, (Coriolan, sa femme et sa mĂšre...) Les wn# et Ăźes autres n'exprimĂšrent d'abord la joie qĂŒils avaient de se revoir que par des larmes. (Vertot.) On voyait dans le mĂȘme royaume, et pour ainsi dire sur le mĂȘme trĂŽne, trois souverains indĂ©penÂŹ dants les uns des autres. (lo.) / * ^ ^ En gĂ©nĂ©ral, soit en sujet, soit en rĂ©gime, le pluriel est plus usitĂ© que le singulier, quand le sens ne rĂ©clame pas impĂ©rieusement Texpression distributive. VoilĂ  Tusage; mais si Ton consultait le raisonnement, il rĂ©pondrait qĂŒil ne faut s’exÂŹ primer ni de Tune ni de Tautre maniĂšre, parce que la premiĂšre ne peut dĂ©signer que deux individus, rĂ©pondant Ă  deux singuliers, et que la seconde ne peut convenir Ă  moins de quatre, Ă©tant Texpression de deux pluriels. Mais c’est Tusage, rĂ©pĂ©tons-nous : Tusage pe7ies qucm est jus et norma loquendi. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. II y n trois soldats, Tun et l’autre sont blessé». Trois renimes : l’une et Tautre. Trois enfants qui »e sont battus Tun TavUre. [1 y a trois soldats, les uns et les outres sont blessé». Trois femmes, les unes et les autres. Trois cufauts qui se sont battus les uni tes autres,-
( 489 ) CHAPITRE V DĂŒ YEEBE. ' i >^3^0 CCGCLL NATÜRE DĂŒ VERBE. — SA DÉFINITION. SIG^'ES d Ă«TAT , DE STATION. SIGNES d’action, de'mouvement, etc. Je pense, donc je suis. (La BruyĂšre.) J’entends le bƓuf gĂą/niV sous l’aiguillon. (Delille.) Je suis celui qui suts. ' (Bergasse.) ĂŒn soc long-lemps rouillĂ© 6riZ/edans le sillon, (/d.) Pieu e*( celui qui (Id.) Dans ces riches vallons la moissoninumVa. (Id.) „ . . r c A * coteaux riants la grappe noircira. (Id.) Ce mont est parfumĂ© d un safran prĂ©cieux, L’Euxin voit le castor se jouer dans ses ondes. Id.) (Delille.) L’Inde prod«t7 l’ivoire, f/d.) Le peuple lĂšve sans cesse les mains vers Dieu, et' , vous doutez mĂȘme s’il existe. (Massillon. prod«t7 l’ivoire, (/d.) Dieu mĂȘme força l’homme Ă  cultiver la terre, (/d.) L’acier cowpe le bois que dĂ©chiraient les coins, (/d.) La ronce naU en foule, et les Ă©pis pĂ©rissent, (/d.) Nous voici parvenus Ă  l'espĂšce de mots la plus importante du discours, aux mots qui expriÂŹ ment l’action ou l'Ă©tat des ĂȘtres, avec rapport au temps et aux personnes. Les grammairiens anciens les ont appelĂ©s verbes, du mot latin verffum, qui signifie mot ou parole, voulant donner Ă  entendre que c’était le mot essentiel, le mot par excellence, parce qu’en effet c’est celui qui joue le principal rĂŽle dans l'expression de la pensĂ©e ; c’est celui qui donne le mouvement et la vie. Les autres mots ne sont que les signes isolĂ©s des ĂȘtres ou de leur qualitĂ©s sensibles ; ce sont des matĂ©riaux Ă©pars, que le verbe vient lier entre eux, en quel-, que sorte, et qĂŒii coordonne pour une fin commune. Les objets existent; mais leur nom seul ne suffit pas pour affirmer leur existence; il faut donc un mot propre Ă  exprimer cette affirmation. Tel est l’office des mots suis, est, existe, dans les exemples de la premiĂšre sĂ©rie. . Mais indĂ©pendamment de cette affirmation de l’existence des objets , nous avons bien souvent besoia d'exprimer si telle ou telle qualitĂ© leur convient ou ne leur convient pas. Ce sont encore les mots est, sms; sommes, sont, es, Ă©tait, etc., qui sont destinĂ©s Ă  indiÂŹ quer cette convenance ou cette disconvenance. Dans les phrases suivantes : Ce mont est parfumĂ©, les moments sont chers, la terre est traitable, les mots est, sont forment le lien entre les signes de qualitĂ© , chers, traitable, et les signes des objets mont/ moment et tciTe.; ils prononcent sur leur convenance ou sur leur disconvenance. Deux fonctions sont donc, comme on le voit, attribuĂ©es aĂŒx mots est, suis, sommes, sont, Ă©tait, etc. Dans le sens absolu, ils signifient l’existence : je pense, donc j'e suis.' Devant un signe de qualitĂ©, ils forment le lien de ce signe avec celui de l'objet, et proÂŹ noncent sur leur convenance ou sur leur disconvenance. ' Nos besoins ne se bornent pas Ă  dire que les ĂŽbjets existent, et qu'ils existent avec telle ou tellc'qualitĂ©; nous avons encore besoin d'indiquer leurs divers mouvements, les actions sans nombre qĂŒils peuvent produire. Quels sont, dans les exemples de la seconde sĂ©rie, les mots qui peignent les mouvements, les actions des objets? Ce sont les mots balance, amollit, entends, gĂ©mir, hriĂŻle, jaunira, noircira, voit, jouer, produit, força, cultiver, coupe, dĂ©chiraient, naĂźt, pĂ©rissent. Ces mots renferment en eux - mĂȘmes la nature du G2
( 490 ) mouvement ou de Taclion sous laquelle ils font considĂ©rer les objets. Balancer fait naĂźtre lĂŻdĂ©e du mouvement appelĂ© balancement; gĂ©mir, celle, du gĂ©missement; jouer, celle du jeu; cultiver, celle de la culture. Il y a donc dans notre langue une espĂšce de signes destinĂ©s Ă  exprimer, outre Tac- tion des objets, les actes deï’esprit ou de Tame, Texistence, la possession, la station, la position, etc. Le verbe mĂ©rite effectivement le titre qu’on lui a donnĂ©, puisqu’on lui rĂ©side tout le sens du discours. Sa prĂ©sence seule dĂ©termine la forme de la'pensĂ©e, et donne une existence positive au langage, qui sans lui ne serait qĂŒune suite incohĂ©rente de sons. Il suffit, pour s’en convaincre, de dĂ©pouiller une phrase quelconque du verbe qui Tanime, pour tomber immĂ©diatement dans un vague dont lui seuTpeut nous tirer. Par exemple, VenÂŹ fant sage. L’embarras du lecteur ou de l’auditeur sera manifeste, si aucune autre donnĂ©e ne vient Ă  son secours. On ne peut dĂ©terminer si ces deux mots veulent dire quo Vertfant est sage, ou nest passage: si Teiifant a Ă©tĂ© sage, s’il a promis d'ĂȘtre sage, ou s’il deviendra sage, etc., ces deux mots pouvant ĂȘtre modifiĂ©s par une multitude de circonÂŹ stances que le verbe seul peut indiquer. EXERC(CE ANA L VTIQVE. (Indiquer si les mots imprimĂ©s en italique sont signes d'action ou d'existence.) Un avare^ encliaĂźnant son prodigue appĂ©tit, Sur nn pro.srrit yilana’it le danger le plu5 grand , De faim prĂšs de son or succombe, ĂŒn Ă©tranger lĂȘçoĂźt sa vertu poursuivie f ‘ On gcatia sur sa maigre tombe : Un parent le dĂ©noncĂ©, et Varrache k la vie. Gripord enfin mourut, c'est le seul bien qu’il Jtt. (Molletsut.) La plus terrible haine est celle d’ua parent. (>Iolliv*ut.) N» CCCGLII. DU SUJET DU VERBE. I . 1 Je 8ENS de jour en jour dĂ©pĂ©rir mon gĂ©nie. ^ (DOILIÎAÜ.) 7’u'FRÉtends faire ici de moi ce qui te plaĂźt. ■ ' ‘ ' ' ' ' ‘{Racine.) H MONTRE aprĂšs le crime un rĂ©sultat moral. (A. r.K ĂźMontesoĂŒiou.) Nous GATIONS les outils dĂš mon bon vieux grand-pĂšre. (J;-J. Rousseau.) Vous DEVIEZ trembler, lorsque vous souffrĂźtes la perfidie de Nadir. (Montesquieu.) Ils combattirent pour ^savoir de qui ils sĂȘraientles esclaves. (Voltaire.) EĂźlĂ© SOUFFLE au guerrier Tesprit qui le tourmente. ' ‘ ' ‘ * ' (Boileau.) Chacun se trompe ici-bas. * ( La Fontaine.) Tout CHANGE avec le temps. ‘ '( Bossuet.) Tant de soins accablent mes esprits, . (Voltaire.) fumme doit prendre soin du mĂ©nage, (Haumont.) Le mĂ©rite fait tout. (Lemonnikr.) TM'mort ne surprend pas le sage. . (La Fontaine.) Les morts n'EMPORTENT rien au tĂ©nĂ©breux sĂ©jour. (Lebrun.) Les rats sont gouvernĂ©s parla raison d’état. (Delille.) jDteu tient le cƓur des rois entre ses mains puissantes. (Racine.) Jildmer le CrĂ©ateur est d’un malavisĂ©. (Gossb.) Jlien ne peut des mortels arrĂȘter TappĂ©tit. (Stassart.) Chaque mĂ©tier a son apprentissage. (Lombard de Langres.) ' CornMen de gens profanent le nom de TamitiĂ©. (J.-J. Rousseau.) Nulle action ne peut avoir lieu Ă  moins que quelqu’un ne la fasse; nul Ă©tat ne peut ĂȘtre que quelqu’un ne soit dans cet Ă©tat. On*‘àppelle sMjéß du verbe la personne ou la chose qui fait Taction ou qui est dans TĂ©tat exprimĂ© par lĂ© verbe. On reconnaĂźt mĂ©caniquement le sujet en faisant la question qui est-ce qui? pour les personnes, et çw’esĂź-ce pour les choses. . ' ^ - ' Qui est-ce qui doit prendre soin du mĂ©nage? C’est la femme. Le mot femme est donc le sujet du verbĂš doit. . ' QĂŒest-ce^quĂŻ fait tout? C’est le mĂ©rite. Le mot mĂ©rite est donc le sujet du verbe fait.
{4on ; Qu’est-ce qui ne surprend pas le sage ? CĂźest la mort. Çe mot est donc le sujet du verbe surprend. / T' Qui est>Ăźe qui n'emporte rien au tĂ©nĂ©breux sĂ©jour? Ce sont les morts. Le verbe empor- 7en/a donc pour sujet les morts. ' . - . - - ;jr.- Dans les langues qui ont des cas, tous les mots imprimĂ©s en caractĂšre italique seraient au nominatif. Ces mots rĂ©pondent Ă  des verbes que nous avons "distinguĂ©s par un autre caractĂšre. Ôr, chacun de ces mots a son verbe propre avec lequel il liĂš fait qĂŒun. C'est pour montrer cette identitĂ© qu’on les a mis au mĂȘme nombre-. La mort ne surprend pas le sage. Qu'est-ce qui ne surprend pas le sage? La mort. La mort est au singulier, surprend est au mĂȘme nombrĂ©. ' Les mor/s Remportent riçn au 'tĂ©nĂ©breux sĂ©jour. Les morU, ces mots sont au p|ĂŒ-: riel, empor/en/y est Ă©galement. ’ " . i < ' : ; Les citations placĂ©es en tĂȘte de ce numĂ©ro nĂŽus montrent que le sujet d'un verbe peut ĂȘtre : ^ r c, .t. ,. 1Âź Un pronom J'e sens de jour en jour dĂ©pĂ©rir mon gĂ©nie. 2Âź Un substantif. ..... . Diew xiENT Ăźe cƓur des rois entre ses mains "puissantes -3“ Un infinitif. ^/dmer-le CrĂ©ateur EST^ d’ûn'malavisĂ©. ^ 4Âź' Un adverbe de quantitĂ©. . Tant de soins accablent mes esprits. » ' ‱ : ^ ' .i V EXKfĂźCfCE AjYALYTÏQUE. (DcsigncĂź- je sqjet du verbe.) La cnnfC (lu faible est un objet saerĂ©. LcĂ  nilcs n’aiment ]>as le? Iionimes .ki sincĂšres. Si je hais les tyrans, je liais plus les Üalteurs. La foi (ü’uii ennemi doit ĂȘti e suspectĂ©e. La gloire des Français cgatc leiir_yaleiir. l,a fermetĂ© modeste bonorc riimoccncc. Un moment quelquefois re.nverse un grand courage. Jamais les jeunes gens n’approfondissent rien. Iras mortels sont Ă©gaux. L'analyse est ta source des dĂ©couvertes. Je puis faire les rois . je'puis les dĂ©poser. Aimer est un besoin de l’ame. > Tant de coups imprĂ©viis m’accablent Ă  la fois. Nous invenlons'cbĂąijtic jour des modes riditfalc'. Je chanterai le maĂźtre que j’adore. IL me tira de mon obscuritĂ©. Jugurtha fut vaincu , ĂźMilbridate est soumis. Il tourne au moiiidVe vent, il tombe an moindn’ t li jc. Llle a vĂ©cu l’espace d'un rn;itin. Ils ne reverront plus leur pays natal. Ibil enfant ! lu dor.s d'un sommeil paisible. ltfc.iucĂŒujp d'honĂąmes y sont pris. * . N» (3CGCLIII. DĂŒ RÉGIME OU COMPLÉMENT DU VERBE. RÉGIME DIRECT. Ăź La superstition cause mille occidente. {La Fontaine.) La sympathie unit nos destinĂ©es. (Lebrun.) Ne prĂ©cipitons rien. (Le Baillt.) Le temps tout seul amĂšne la sagesse. (Nivernais.) Chacun sent ici-bas son tourment. (La ï’ontaine.) Travaillons, le travail entretient la santĂ©: ' V (Lombard de Langres.) Les tyrans ont toujours un misĂ©rable sort. (JĂąuffret.) Chaque homme a son gĂ©nie. ■ (Voltaire.) Pour TROMPER le chemin, on converse en voyage. (M“¼ Joliveau.) Laissons lĂ  les honneurs, et comptons les vertus. (F. pK Ü^EÙFCnATEAU)"’ Le ciel protĂšge la vertu. (Lebrun.) Un grand vouloir enfante un grand courage. ' (D’Ăč TremblaV.) La modĂ©ration embellit le mĂ©rite. (Gosse.) Le lion de Barca ravage la Nubie. (Delille. Le chameau voyageur traverse l’Arabie. {Jd.) Un long Ăąge blanchit la carpe centenaire, (id.) rĂ©gime indirect. Les froids ont nui Ă  la rĂ©colte des vins. ' ' ' ‘ * (Laveaux;) Il ne faut pas mĂ©dire de son prochain. {Id, ) L'inimitiĂ© succĂšde Ă  VamitiĂ© trahie. '‱ (Racine.) MisĂ©rable, tu cours Ă  ta perte mfailĂźible. ' jd.) Une merveille qui ajoutait Ă lĂŻllusion. (Voltaire.) Rome n’A point combattu contre ces detix grands capitaines. (Bossuet.) Tout m’afflige Ă©t wie nuit et conspire dmetiuir.^ (Racine.) it r . - Vous MEDISEZ de tout le monde, ȧ(AcadĂ©mie.) ' -c rai:r ĂŻttr. i La religion veille sur les crimes secrets. Un Ă©clat de lumiĂšre sortit de ses yeux:'’'' (FftNÉLpN.) De ces antres muets sort un triste murmure, (Volt'airb.)^
( 452 ) Examinons les phrases de la premiĂšre sĂ©rie. QĂŒest-ce que la superstition cause? elle cause mille accidents. Accidents est donc lo rĂ©gime ou le complĂ©ment du verbe cause. Qu’est-ce que la sympathie unit? ce sont nos destinĂ©es. Ce dernier mot est donc le complĂ©ment ou rĂ©gime du verbe unit. Ne prĂ©cipitons rien. Le mot rien est le complĂ©ment direct du verbe prĂ©cipitons. Dans toutes ces phrases,* le complĂ©ment est nĂ©cessaire , en ce qĂŒil est impossible do concevoir les verbes cause, unit, prĂ©cipitons, sans un substantif qui les complĂšte. On no peut point unir sans qĂŒil y ait quelque chose d'urii. L’action d’wmr doit nĂ©cessairement se porter sur un objet quelconque, et c’est prĂ©cisĂ©ment le mot reprĂ©senfent cet objet qu’on appellp le complĂ©ment du verbe. Pour trouver ce complĂ©ment, il suffit de faire cette question : qu est-ce que? Ă  laquelle on ajoute le verbe employĂ© dans la phrase. Le. ciel protĂšge la vertu. QĂŒest-ce que le ciel protĂšge? Xa vertu. Le mot vertu est donc le complĂ©ment, l’objet, le rĂ©gime direct du verbe protĂšge. Passons maintenant aux citations de la deuxiĂšme colonne. OĂč l’oiseau chante-t-il? Sous la feuillĂ©e. Sous la feuillĂ©e est donc le complĂ©ment indiÂŹ rect du verbe chante. A quoi faut-il obĂ©ir? Aux lois. Aux lois est donc le complĂ©ment indirect du verbe ohĂ©ir. Comme on le voit, lO'rĂ©gime d’un verbe est le mot ou les mots qui dĂ©pendent de ce verbe et qui en complĂštent le sens . Les verbes admettent deux sortes de rĂ©gimes : le rĂ©gime direct et le rĂ©gime indirect. Le rĂ©gime direct est celui qui complĂšte directement le sens d’un verbe, c’est-Ă -dire sans le secours d’aucun autre mot intermĂ©diaire. Il rĂ©pond Ă  la question qui ? pour les personnes, et quoi? pour les*choses. J’ame Tktcde, on estime les gens vertueux. J’aime quoi? L’étude ; on estime, les gens vertueux. L'Ă©tude, les gens vertueux sont donc les rĂ©gimes directs des verbes j’aimĂȘ, on estime. Le rĂ©gime indirect nsi celui qui complĂšte la signification du verbe au moyen d’un mot intermĂ©diaire, tels que Ă , pour, de, avec, dans, etc. ; il rĂ©pond Ă  Tune des questions Ăč qui? de qui? pour qui? avec qui? pour les personnes ; et Ă  quoi? de quoi? pour quoi? etc., pour les choses. Nmre Ă  ses intĂ©rĂȘts, mĂ©dire de quelqu'un; nuire Ă  quoi? Ă  ses intĂ©rĂȘts; mĂ©dire de qui? de quelqu'un. À ses intĂ©rĂȘts, de quelqu'un sont donc les rĂ©gimes indirects des verbes nuire et mĂ©dire. Les mots qui peuvent servir de rĂ©gimes directs sont : les substantifs, les pronoms, les infinitifs, etc Dieu crĂ©a le monde * Dieu crĂ©a quoi? Le monde. Nous nous flattons Nous flattons qui? . Nous. Cet enfant veut Ăź/re., Il veut quoi? Lire» EXERCICE ANALYTIQUE. * ■ » I (Distinguer le rĂ©gime direct du rĂ©gime indirect.) " ‘ ' L'ingratitude lk» Xa^hienfatsance. ' La dĂ©tresse svcckde a la protpĂ©ritĂ©. MÂŁme infortune assoetit ĂŻes humeurs. On cocar h sa perte quand on soaT d* son Aat. ^ux intĂ©rĂȘts d'antrui nous ĂŻakriaoif» Us nĂŽtivs. La modestie ijoutk au mĂ©rite. Sans intĂ©rĂȘt obligeons les humains^ CĂ©sar cohsattit contre PommĂ©e. II faut Mxif Aoia tous les hommes. Apelle axcttLsiT dans la peinture. r Le mĂ©rite fait tout. La jeunesse est emb&llik par les griĂŻces. 11 tknt oiitCEE tout te monde. Trois cents Spartiates pĂ©eieekt pour la pairie. L'oisean CBANTE sous la Jeuillre. Le doute condoit Ă  la vĂ©riU. Les taiireanx bohdisseut de joie. La force cĂ ot Ă  la vaUur, It faut OM» aux lou.
i fco.'Ăź s K“ CCCCLIV. DĂŒ NOMBRE ET DE LA PERSONNE DANS LES VERBES Xadmiuais tes bienfaits, divine agriculture. (Saint-Lambert.) Tu SAIS multiplier les dons de la nature, jd.) L’esprif s’aigdisb Ă  la ville; il s’attendrit aux champs. (Malesherbes.) Nous n’ÉcouTONS d’instincts que ceux qui sont les nĂŽtres. (La Fontaine.)- Soyez l’homme du jour, et vous serez charmant. (Boissy.) fis (les rats), sont gouvernĂ©s par la raison d’état. ' (La Fontaine.) La cause du faible est un objet sacrĂ©. (La Harpe.) Les filles n’aiment pas les hommes si sincĂšres. (Regnard.) Si je HAIS les tyrans, je hais plus les flatteurs- ( Volt AIRE.) La foi d’un ennemi doit ĂȘtre suspectĂ©e. . (Racine.) La gloire dcs Français Ă©gale leur valeur. , (De Belloy.) La fermetĂ© modeste honore Vinnocence. (La Harpe.) Un moment quelquefois renverse un grand courage. ^ (Voltaire.) Jamais les jeunes gens n’APpROFONDissENx rien. - (CollĂ©.) Divers accidents modifient la signification et la forme des verbes, et il y en a de deux sortes. Les uns sont communs aux verbes et aux autres espĂšcĂ©s de mots dĂ©clinables : tels sont les nombres et les personnes, qui varient selon la diffĂ©rence des mĂȘmes accidents dans le nom ou le pronom qui exprime le sujet dĂ©terminĂ© auquel on applique le verbe. On distingue donc, dans un verbe, les nombres, c’est-Ă -dire le singulier, quand une seule personne fait l’action, comme : cet enfant lit; et le pluriel, quand plusieurs personnes font Faction, comme : ces enfans lisent. Il y a quelque diffĂ©rence dans la signification du mot personne, selon qĂŒil est appliquĂ© au sujet du verbe, ou au mĂȘme verbe. La personne, dans le sujet, c’est sa relation Ă  l’acte de la parole ; dans le verbe, c’est une terminaison qui indique la relation du sujet Ă  l’acte de la parole, et qui sert Ă  mettre le verbe en concordance avec le sujet considĂ©rĂ© sous cet ■ aspect. En parlant du sujet, il faut dire qĂŒil est defelle personne, et en parlant du verbe, qĂŒil est Ă  telle personne; de mĂȘme qĂŒil faut dire qĂŒun nom est dĂš tel genre, et qĂŒun adjectif est Ă  tel genre. - - ^ On dit qĂŒun verbe est Ă  la premiĂšre personne, quand c’est l’individu qui parle qui jPait l’action, comme : je chante, nous chantons ; il est Ă  la seconde personne, quand c’est la personne Ă  qui l’on parle qui fait l’action, comme : tu chantes, vous chantez ; enfin, il est . Ă  la troisiĂšme personne , quand c’est celle de qui l’on parle qui fait l’action, comme : il chante, elle chante; ils chantent, ellĂ©s chantent. Tout verbe devant lequel on met je, nous, est Ă  la premiĂšre personne : j'admirais, nous Ă©coutons. Tout verbe devant lequel on met tu, vous, est Ă  la seconde personne : tu sais, vous serez. ‱ - * . Tout verbe devant lequel on met il» elle, ils, elles, ou un substantif quelconque, est Ă  la troisiĂšme personne : il s'attendrit, ils sont gouvernĂ©s; un moment renverse un grand, courage, etc. EXERCICE ANALYTIQUE. (Dire Ă  quel nombre et a quelle personne sont les verbes suivants.) Ne TOUS fiez pas Ă  la premiĂšre apparence. Je puis faire les rois , je puis le., dĂ©poser. Noite ne vivons jamais, nous attendons la vie. Tu rĂ©gnerais encor si tu l’avais voulu 1 Viiu.s ne parviendrez pas Ă  cbangĂ«r le ccenr des ingrats. Il accusait toujours les miroirs d’étre faux. Elle Ă©tait Ă  genoux au pĂźed d’un vieux chĂȘne. Ils vont oĂč l’honneur les appelle. Elles simeol de ruses cĂ©lestes le cours d« notre vie. Les rois tiennent leurs droits de Dieu. L’iiomme est nĂ© pour rĂ©gner sur tous les animani* Les hommes sont encore enfants Ă  soixante ans. La colombe attendrit les ecbo.» des forĂȘts. Les cƓurs ambitieux ne s’attendrissent pas. ^ L’hiiile coule Ă  flots d’or aux bords de la Durance. La }>lante a son hjmen , la plante a ses amours. La religion veille sur les crimes secrets. Les lois veilleut sur le^crimes publics.
.( W4 ) MODIFICATIONS DES VERBES. UODIFICATIONS QUB SUBISSENT LES VERBES SOUS LE RAPPORT DE LA PERSONNE, DĂŒ NOMBRE, DBS MODES ET PES TEMPS. N» CCCCLV. bĂŒ NOMBRE ET DES PERSONNES. SlNGULIEk. < . % * \, J’ñt loiijĂŽĂŒrs aimĂ© mes sujets comme mes enÂŹ fants. , (FĂšneLon.) 2.N'Ăąs-tii‘dĂŽricpas, Seigneur, assez d’anges aux cieux? . , ‱ (V. Hugo.) 3. Louis Ă  donnĂ© son nom Ă  son siĂšcle pour ja- ■ mais. ^ (FrayssinoĂŒs.) pluriel. 4. NoĂŒs avons quelquefois des dĂ©sirs bien Ă©tranges. (Rigaud.) 6. Yous avez fait la guerre avec de grands succĂšs. '‱ (FĂ©nelon.) 6. Nos actions parfois ont un air de vertus. (Lamotte.) Dans un des chapitres prĂ©cĂ©dents, nous avons vu que Tadjectif emprunte le genre et ie nombre des substantifs oii "des nohis personnels avec lesquels il est en rapport. Cette influence que les substantifs Ă©t les noihs personnels exercent, souslo rapport du Ă©enrééldĂŒ nombre, sur les adjectifs, ils TexercĂ«nt Ă©galement, sous le rapport de la perÂŹ sonne et dii noĂšibrĂ«, sur les verbes dont ils sont sujets. En effet, le nom personnel, en se joignant Ă ĂŒ verbĂ©; TĂ«mpreint, sĂŻl lĂ« faut aiiiĂ i dire, de sa propre vie. DĂ hs iĂ«s exemples que lious venons de citer, la cause des changements do terminaisons que subit le verbe avoir rĂ©sulte du nombre et de la personne des diffĂ©rents substantifs coininuns ou personnels qui lui servent de sujets. Ai est Ă  la premiĂšre personne du sinÂŹ gulier Ă  cause dĂš jĂš; ai est Ă  la seconde personne dĂŒ singulier Ă  cause de tu; a est Ă  la troisiĂšme pĂȘrsonne du sin'guliĂ«r Ă  causĂ© de LĂŽĂŒis; Ăčvbiis est Ă  la premiĂšre personne dii pluriel Ăą cause dĂ© nous ; avez est Ă  ßà deuxiĂšme personne du pluriel Ă  cause de vous ; ont Ă©sl Ă  la troisiĂšme persontiĂ© dĂŒ pluriĂ«i Ăą causĂ© de nos actions. Ainsi le VĂ©rbĂ« emprunte lĂ© nombrĂ© et lĂ  pĂ©rsorino dĂ« son sujet. On trouve le sujet d’un verbe en faisant avec ce verbe la question gm’ est-ce qui? Jf'ai hujours aimĂ© mes sujets. Otiveil-cĂ© "qui Ă  toujours aimĂ© sĂ©s sujets? C’est moi oĂŒ je; jĂ« est donc le sujet de ai. * EXERCICÉ ÂNÀLYTJQUÉ. Je iuis esclave. — Non , ta ne le sĂšrĂąs plû»ß Jeunesse, trop souvent, juge sur rapjiarence. (Stassaut.) Je i;ieaf te-dcUvrer. (VoLTAiaa.) Les malheureux nVni «oint d’amis. (Jauffaet.) Si vous eiei dans la dĂ©tresse, Que de gens jugent sur parole ! (Stassart.' Noua jugeons par rĂ©vĂ©nement: (LĂ uotti. N» GÇCGLVl. DES TEMPS. Oa vous charge dĂš tous les torts. (M*»« Juuvbau.) r TEMPS PRÉSENT. y aime mieux mon repos qu’un embarras illustre. (Boileau.) TEMPS PASSÉ.. J’aimaw, seigneur, j’atmats; je voulais ĂȘtre aimĂ©e. (ÜACINE.) TEMPS FUTUR. Je ne le verrai plus... Je ĂŻaimerai toujours. ' (Racine.) J'aime, j'aimais, j'aimerai, ces trois formes du'verbe aimer sont en rapport avec un sujet singulier de lĂ  prĂ©miĂšTĂ© personne je, et consĂ©quemment sont du mĂȘme nombre Ăšt de la mĂȘme pers'ĂŽnĂŒĂ«.En qĂŒbi donc diffĂšrent-elles? et d’oĂč proviennent les changements que nous apercevons dans leurs Terminaisons? / y
( 495 ) La premiĂšre prĂ©sente Faction comme se faisant au moment oĂč l’on parle ; la deuxiĂšme exprime la mĂȘme action comme faite avant l’instant de la parole, et la troisiĂšme cUmme devant se faire aprĂšs le moment oĂč l’on parle. La mĂȘme cause qui faisait du verbe un mot exprimant des actions, defe sentimehts; etc., . rapportĂ©s Ă  une personne, Ă  un ĂȘtre douĂ© de vie, a dĂ» le rendre Ă©galemĂ©nt susceptible des modifications qui expriment les diverses pĂ©riodes de la durĂ©e. DĂ© lĂ  les formes ĂŽĂŒ termiÂŹ naisons diverses que le verbe prend, en effet, dans toutes les langues, et aĂŒxqĂŒĂ©lles on a donnĂ© le nom de temps bu formes temporelles. LeĂŒr effet est de marquer si l’action exÂŹ primĂ©e par le verbe sĂ© rapporte Ă  une pĂ©riode passĂ©e, oĂŒ prĂ©sente; oĂŒ Ă  venir. NĂŽĂŒs disons nne pĂ©riode, et non'pas un moment ou un instant; car il faut bien remarquer que c’est lĂ  ce qu’on doit entendre; quand on parle des temps des verbes. Le prĂ©sent ou le temps prĂ©senteslh pĂ©riode de la durĂ©e dans laquelle celui qui parle se considĂšre comme existant actuellement; le passĂ©, la pĂ©riodĂš dĂ« lĂ  durĂ©e dans laqĂŒĂ©llĂ© il se bbnsidĂšre Ă©oirimĂ© n'Ă©tant plus aĂŒ moment ĂŽĂŒ il paHe; 'eiifih, le futur est la pĂ©riode dans laquelle il 'sĂš considĂ©rĂ© comme n'Ă©taiĂŒ pĂ»s'encore. Au reste, ces pĂ©riodes diverses sont marquĂ©es, tantĂŽt d’une maniĂšre prĂ©cisĂ© Ă©t par les noms usitĂ©s pour c'elĂ , comme jour, mois, annĂ©e, siĂšcle; tantĂŽt elles sont simpleÂŹ ment indiquĂ©es par les accessoires du discours, ompar lĂ©s circonstances dans lesquelles se trouve c'Ă©lĂŒi qui parle, nßàiĂą toujours d’une lĂŒĂąniĂšre suffisante pour lĂ©bĂ©sĂŽiri qĂŒoii pĂ©ut eĂŒ avoir. CCCCLVII. DES iiODÉS. 1. JĂš vais Ă»ans mon palais Ă ĂŒĂ©ridrĂ© ton rĂ©lĂŽur. (Racine.) 2. Tirais chez lui j si j’étais sĂ»r d’ĂȘtre bien reçu. (Regnard.) 3. jusqu’en Orient planter tes pavillons. (Cornei'llĂ©.) 4. Il “nĂ© nie plaĂźt pas que vĂŽus cilliĂ©z lĂ . (AcadĂ©mĂŻb-.) 5. Il fallait^a/ter Ă  la guerre, quand la rĂ©publique l’ordonnait.' (Bossitet.) « I Allant oĂč le mĂšne le hasard. (Bos'suĂšt.) * V Peut-ĂȘtre est-on ùßld trop loin. (Pascal.) ‱ VoilĂ  diffĂ©rentes formĂ©s dĂŒ verbĂ© allĂšr/dĂŽht il faut examiner la significatiori avec attention. Comparons d’abord les deux premiĂšres. - 1. Je vais dans mon palais. * _ * 2. J’/rats chez lui J j’étais sĂčretc, . , La deuxiĂšme forme exprime une idĂ©e de condition qui n’est pas dans la premiĂšre. Quarid on dit ; je vais, on affirme positivement qu’ori fait l’action d'aller; en disant ; j'irais, si..., on subordonne l’affirmation Ă  une condition. VoilĂ  donc encore de nouvelles idĂ©es accessoires exprimĂ©es par lĂš verbe : l’idĂ©e d’afÂŹ firmation positive et^celie d'affirmation soumise Ă  une condition. 3. Va, forme du commandement. Cette nouvelle forme peut aussi exprimer l’idĂ©e de priĂšre : FAiXES-mot l'aumĂŽne, s'il vous plaĂźt; dit un pauvre en s’approchant de vous. 4. Il ne me plaĂźt pas quo voĂŒs alliez lĂ . Ici la forme du verbe a cela de particulier qĂŒelle ne peut s’employer seule ; elle est toujours sous la dĂ©pendance d’un premier verbe exprimĂ© ou sous-entendu, et sans lequel elle ne peut former un sens complet. 5. Aller. Cette formĂ© diffĂšre de toutes les autres en ce qĂŒelle n’exprime par elle-mĂȘme ni l’idĂ©e de la personne, ni cellĂ© du nombre, ni celle du temps. Oh peut dire : Avec les trois personnes ; * Je veux Tu veux I aller . Il veut
■ filial t ^ ÂVdC lea dm nofflbrĂ©fi i Je veuĂčÉ ) ^iu Nous voulons j ‱ ' Avec les trois temps : . . Je veux 'j Je voulus > aller - Je voudrai ) Et la forme aller se prĂȘtera Ă  toutes ces combinaisons sans changer de terminaison; elle a donc bien plus d’étendue; elle exprime une idĂ©e bien plus gĂ©nĂ©rale que toutes tes autres formes verbales. * f Allant. AllĂ©, Ces formes ont une ressemblance frappante avec les adjectifs qualificatifs; elles marÂŹ quent la maniĂšre d’ĂȘtre, la qualitĂ© des objets. On peut donc dire que ces formes verbales tiennent de la nature du verbe et de celle des adjectifs. Aussi est-ce poĂčr celte raison que nous les avons fait figurer parmi cette derniĂšre classe de mots. (V. page 70.) Il nous reste Ă  connaĂźtrĂ© le nom que les grammairiens ont inventĂ© pour dĂ©signer les diffĂ©rentes idĂ©es accessoires dont les formes verbales peuvent ĂȘtre les signes. Et d’abord, comme ces idĂ©es accessoires varient selon la forme des verbes ou la maniĂšre donHIs s’emÂŹ ploient, ils leur ont donnĂ© le nom commun de .modes, du nom latin modus, qui veut dire maniĂšre. Ainsi, comme, dans la langue vulgaire, la mode est la maniĂšre de se vĂȘtir, dans la langue grammaticale, le mode est la maniĂšre d’employer, d’habiiler en quelque sorte le verbe selon TidĂ©e que Ton veut ajouter Ă  sa signification principale.. En Jetant les yeux sur les exemples citĂ©s, on voit qu’il y a six modes : 1Âź Mode indicatif oxx mieux affirmatif, celui qui exprime TidĂ©e d’affirmation positive : je vais, 2Âź Mode conditionnel, celui qui exprime TidĂ©e d’affirmation soumise Ă  une condition : j'irais, si... 3Âź Mode impĂ©ratif, celui qui exprime TidĂ©e du commandement ; va. 4Âź Mode subjonctif, cĂšlui qui est toujours placĂ© sous la dĂ©pendance d’un autre verbe je veux que vous ALLIEZ lĂ . 5Âź Mode infinitif, celui qui s’étend, sans changer de forme, Ă  toutes les personnes, Ă  tous les nombres et Ă  tous les temps, Ă  cause de cette Ă©tendue illimitĂ©e : aller. 6Âź Participe, celui qui tient de la' nature du verbe et de celle de. Tadjectif. On Ta nommĂ© participe pour exprimer cette participation de deux espĂšces demots : allant, allĂ©. D'aprĂšs tout ce que nous venons de dire, on peut aisĂ©ment conclure que le mode n’est autre chose que les diffĂ©rentes formes que prend le verbe pour satisfaire aux besoins de rĂ©nonciation. En effet, comme il arrive la plupart du temps qĂŒune seule proposition ne suffit pas Ă  Texpression complĂšte de la pensĂ©e, d’autres propositions, qui servent Ă  en modifier une plus essentielle ĂŽu plus importante, Ă  laquelle elles se rapportent, ou Ă  dĂ©terminer avec plus de prĂ©cision quelques mots, quelques idĂ©es de cette proposition principale, concourent avec celle-ci Ă  former un tout, un ensemble, dont les diverses parties, liĂ©es entre elles et subordonnĂ©es les unes aux aulres, sont indispensables pour donner Ă  la pensĂ©e tout le dĂ©veloppement nĂ©cessaire. VoilĂ  pourquoi Ton remarque, dans les langues qui ont Ă©tĂ© le plus perfectionnĂ©es, outre le mode qui sert Ă  Texpression des propositions absolues, directes ou principales, et qu’on appelle indicatif, trois autres modes propres Ă  exprimer les propositions relaÂŹ tives, accessoires ou subordonnĂ©es : Tun, tel que le subjonctif, qui marque plus spĂ©ciaÂŹ lement que la proposition oĂč il se trouve dĂ©pend d'une autre proposition, Ă  laquelle elle doit ĂȘtre jointe pour en complĂ©ter et en dĂ©velopper le sens ; Tautre, exprimant un ordre»
CW7] ' - . une volontĂ©, un dĂ©sir, une priĂšre, et so rapportant moins Ă  quelque proposition prĂ©cé dente et expressĂ©ment Ă©noncĂ©e, qu’à ces mouvements mĂȘmes de l’ame ou de la facultĂ© intellectuelle, qu’on nĂ©glige d’énoncer d’une maniĂšre plus explicite : c’est le mode appelĂ© impĂ©ratif. Enfin, le troisiĂšme, nommĂ© conditionnel, se trouve dans les propositions subordonnĂ©es, qui renferment quelque supposition ou condition, quelque vƓu on dĂ©sir dont l’accomplissement est incertain, ou au moins dĂ©pendant de ces conditions mĂȘmes. ' . CCCCLYIIl DES FORMES OĂŒ EXPRESSIo'nS VERRALES SIGNES DU TEMPS. MODE INDICATIF OU AFFIKMATIF. PRESENT. T abandonne Solyme, et votre frĂšre et vous. (Yoltaire.) passĂ©. PassĂ© simultanĂ©, ou imparfait. y abandonnais' Ă  la cruautĂ© de ProtĂ©silas ceux qui parlaient contre lui, (FĂ©nelon.) PASSÉ DÉFINI. J'ai afiandonnd Ithaque pour chercher mon pĂšre. (FĂ©nelon,) PASSÉ ^DÉFINI. Christine abandonna, le trĂŽne pour les beaux-arts, (voltaire) passĂ© antĂ©rieur. Les habitants eurent abandonnĂ© la ville avant que l’ennemi y entrĂąt. - (Anonyme.) PLUS-QUE-PARPAIT. La fortune. Vavait abandonnĂ© au commencement de la campagne. (IVIassillon.) FUTUR. Futur absolu. Je vous abandonnerai Ă  vos anciens malheurs. (FĂ©nelon.) FUTUR ANTÉRIEUR. Les habitants auront abandonnĂ© la ville lorsque l’ennemi y entrera. (Yertot.) Nous avons dĂ©jĂ  fait connaĂźtre la division du temps ou dĂ© la durĂ©e en trois parties : le prĂ©sent, le passĂ© et le futur; il nous reste Ă  examiner les formes et les expressions verbales signes de cette idĂ©e accessoire dans les verbes. Le prĂ©sent est, comme nous ravons dit, le moment oĂč Ton parle; mais ce moment cst-il divisible? Non, certes ; c’est un point indivisible, car tout ce qui le prĂ©cĂšde ou le suit appartient au passĂ© ou au futur. Aussi les verbes 'n’ont-ils quâ€™ĂŒne forme dans chaque mode pour exprimer l’idĂ©e du temps prĂ©sent : faime, je travaille. Il n’en est pas de mĂȘme pour le passĂ© et le futur, qui se composent d'une multitude infinie d’instants , et qui peuvent ĂȘtre envisagĂ©s soit d’une maniĂšre absolue , soit d’une maniĂšre relative Ă  d’autres circonstances , comme on le voit par les exemples citĂ©s. Ainsi, outre les formes du verbe destinĂ©es Ă  exprimer les diverses pĂ©riodes de la durĂ©e, il y a encore, dans toutes les langues perfectionnĂ©es , d’autres expressions employĂ©es Ă  marquer des degrĂ©s d’antĂ©rioritĂ© relalive Ă  quelque moment dĂ©terminĂ© de chacune de ces pĂ©riodes. Telles sont, en français, les formes composĂ©es avec les auxiliaires ĂȘtre et avoir, comme j'ai fait, j'avais fait, j'eus fait, j'aurai fait; expressions qui marquent chacune un degrĂ© d’antĂ©rioritĂ©, par rapport aux expressions je fais, je faisais, je fis, je ferai. Nous pouvons mĂȘme exprimer un degrĂ© de plus d’antĂ©rioritĂ©, Ă  l’aide des formes doubleiqent composĂ©es j'ai eu fait, j'avais eu fait, etc. ; mais les besoins de l’énoncia- tion vont rarement jusque lĂ . Au reste, c’est, Ă  ce qĂŒil nous semble, faute d'avoir observĂ© que les formes temporelles des verbes , dans toutes les langues, se rapportent Ă  des pĂ©riodes, et non pas Ă  des Ă©poques de la durĂ©e, que les grammairiens ont Ă©tĂ© si peu d’accord entre eux, et ont quelquefois mis si peu de clartĂ© et de prĂ©cision dans cc qĂŒils ont Ă©crit sur ce sujet. Examinons maintenant quelques faits : 1. Los habitants a&anĂąonnaten/ la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts. 63
( 498 ) - 2- Les habitants abandonnĂšrent la ville peu d'instants aprĂšs l'arrivĂ©e des ennemis, 8. Les habitants ont abandonnĂ© la ville. 4. Les habitants eurent abandonnĂ© la ville bien avant que lĂ«nneini y entrĂąt. 8. Les habitants avaient abandonnĂ© la ville lorsque Terinemi est arrivĂ©. Ces diffĂ©rentes formes verbales, dont les deux premiĂšres sont simples et les trois autres composĂ©es, expriment toute lĂŻdĂ©e du temps passĂ©, mais avec des circonstances variĂ©es. Dans le premier exemple, Taction est prĂ©sentĂ©e comme faite dans un temps passĂ©, mais en mĂȘme temps qĂŒune autre action : Les habitants abandonnaient la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts. Dans le second exemple, le passĂ© est dĂ©terminĂ© par lĂŻdĂ©e d’une Ă©poque prĂ©cise : Les habitants abandonnĂšrent la ville peu dĂŻnstants aprĂšs VarrivĂ©e des ennemis. Dans le troisiĂšme, TidĂ©e du passĂ© est prĂ©sentĂ©e d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, indĂ©terminĂ©e : Les habitants ONT abandonnĂ© la ville. Dans le quatriĂšme, TidĂ©e du passĂ©, est modifiĂ©e par une circonstance d’antĂ©rioritĂ© : Les habitants eurent abandonnĂ© ĂŻa ville bien longtemps avant que Vennemi y entrĂąt. Enfin, dans le cinquiĂšme, Taction est prĂ©sentĂ©e comme faite dans un temps passĂ© relativement Ă  une autre circonstance qui est elle-mĂȘme passĂ©e : Les habitants avaient abandonnĂ© la ville lorsque Vennemi est arrivĂ©. Les grammairiens ont donnĂ© des noms Ă  ces diffĂ©rentes formes verbales. 1Âź J'abandonnais et ses analogues sont appelĂ©s imparfait, ou mieux passĂ© simultanĂ©. PassĂ©-simultanĂ© veut dire passĂ© en mĂȘme temps qu’une autre chose : Les habitants abanÂŹ donnaient la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts. L’action d'abandonÂŹ ner s’est faite en mĂȘme temps que les secours arrivaient. 2Âź Ils abandonnĂšrent et ses analogues se nomment passĂ© dĂ©fini ; dĂ©fini veut dire dĂ©terÂŹ minĂ© par TidĂ©e d’une Ă©poque prĂ©cise; on ne pourrait pas dire : les ennemis abandon- nĂškent la ville, sans dĂ©terminer TĂ©poqne Ă  laquelle Tabandon a Ă©tĂ© fait ; ils l'abando7i- nĂšrent peu d’instants aprĂšs l’arrivĂ©e de l’ennemi. 3Âź Ils ont abandonnĂ© et ses analogues sont dits passĂ© indĂ©fini, c’est-Ă -dire passĂ© non dĂ©fini, non dĂ©terminĂ©. On dit trĂšs-bien : Ăźes ennemis ont abandonnĂ© la ville, saqs pré ciser TĂ©poque Ă  laquelle Taction s’est accomplie. NĂ©anmoins nous devons faire remarquer que cette forme j’ai abandonnĂ© et ses analogues peuvent s’employer Ă©galement avec TidĂ©e d’une Ă©poque prĂ©cise. On dit ; J'ai fait un voyage la semaine derniĂšre; l'annĂ©e derniĂšre. Mais elle n’en diffĂšre pas moins essentiellement du passĂ© dĂ©fini ; 1Âź en ce que celui-ci ne peut s’employer qu’avec TidĂ©e d’une Ă©poque prĂ©cise ; 2Âź en çe qĂŒil ne peut exprimer qu’une action faite dans un temps entiĂšrement passĂ©. On ne dit pas JE fis aujourd'hui une promenade, parce que la journĂ©e n’est pas encore Ă©coulĂ©e. On est forcĂ©, dans çe cas, d’employer le passĂ© indĂ©fini, et de dire : j’ai fait une bonne promenade aujourd'hui. . ^ 4Âź Ils eurent abandonnĂ© et ses analogues oqt reçu le nom de passĂ© antĂ©rieur; antĂ©rieur exprime TidĂ©e d’une action qui s’est faite avant une autre : les habitants eurent abanÂŹ donnĂ© la ville hien .avant que l'ennemi y entrĂąt. L’abandon avait eu lieu avant TarrivĂ©e de rennemi. 5Âź Ils avaient abandonnĂ© et ses analogues sont appelĂ©s plus-que-parfait. Ce mot ne rĂ©poud pas bien Ă» lĂŻdĂ©e qĂŒil reprĂ©sente. On considĂšre cette forme comme exprimant doublement TidĂ©e du passĂ©, 1Âź relativement au moment qĂč Ton parle ; 2Âź relativement Ă  une autre action foite dans un temps passĂ© ; d’oĂč elle a Ă©tĂ© appelĂ©e assez improprement plus-que-parfait, c’est-Ă -dire plus que passĂ©. II est Ă  remarquer que les temps composĂ©s , c’est-Ă -dire ceux qui se forment d’un des temps des verbes ĂȘtre ou avoir, unis aĂč participe passĂ© des verbes qu’on conjugue, ne
^ ) sont, Ăą proprement parler, que des expressions verbales, dans lesquelles on a combinĂ© ridĂ©e des deux temps dont on veut exprimer lĂ  relation. Ainsi le passĂ© indĂ©fini j’at dtmĂ© se compose du passĂ© combinĂ© avec j'at, forme du prĂ©sent, parce qĂŒen effet le passĂ© indĂ©fini exprime seulement l'idĂ©e du passĂ© relativement Ă  Tacte de la parole. Le passĂ© antĂ©rieur feus aimĂ© se compose du passĂ© aimĂ© combinĂ© avec feus, forme du passĂ©. Il en est de mĂȘme de f avais aimĂ©, oĂč Ton retrouve encore la combinaison d’un passĂ© avec un passĂ©. Toutes les fois que les verbes avoir et ĂȘtre entrent ainsi dans la combinaison des temps composĂ©s, les grammairiens leur donnent le nom dĂ« verbes auxiliaires. Le futur peut, comme le passĂ©, ĂȘtre Ă©galement envisagĂ© relativement Ă  Tacte de la parole et relativement Ă  une autre circonstance. Si je dis : je ferai mon devoir, cette forme verbale je ferai exprime TidĂ©e du futur relativement Ă  Tacte de la parole, mais sans aucune relation avec une autre circonstance. Les grammairiens appellent cette forme futur absolu. Si je dis : j’aurai fait mon devoir, lorsque le maĂźtre viendra, Texpression.verbale f aurai fait exprime Ă  la fois TidĂ©e d’un futur relativement au moment oĂč Ton parle, et TidĂ©e d’antĂ©rioritĂ© relativement Ă  TarrivĂ©e du maĂźtre. Cette expression verbale a reçu chez les grammairiens le nom de futur antĂ©rieur. Ainsi les diffĂ©rentes formes ou expressions verbales que nous avons examinĂ©es sont au nombre de huit ; savoir : une pour le prĂ©sent; cinq pour le passĂ©; deux pour le futur. Ces diffĂ©rentes formes ou expressions verbales expriment toutes l’idĂ©e d’affirmation positive, et consĂ©quemment appartiennent au mode indicatif ou affirmatif. N“ CGCGLIX. MODE CONDITIONNEL. PRÉSENT OÜ FUTUR. ^abandonnerais tout, si je savais ne pas rĂ©ussir. (M“¼ DE SÉVIGNÉ.) PASSÉ. Je y aurais entiĂšrement abandonnĂ©, s’il n’avait pas voulu suivre mes cdnseils. (Diderot.) Quand on dit :f Ă©crirais, si f avais une plume, f Ă©crirais euptime une action qui se ferait si une certaine condition Ă©tait d’abord remplie ; cette forme verbale est Ă©videmment signe du futur. Mais lorsqu’on dit : si f eusse rĂ©ussi dans mon entreprise, je ferais aujourd'hui bonne, figure dans le monde, la forme verbale je ferais est signe d’un futur relatif Ă  une condiÂŹ tion , mais Ăšlle est signe du prĂ©sent relativement Ă  Tacte de la parole. Les grammairiens appellent celte forme verbale prĂ«sen/ ou futur, parce qĂŒen effet, bien qĂŒelle soit le plus gĂ©nĂ©ralement le signe du futur, elle peut, dans certaines circonstances, ĂȘtre employĂ©e comme signe du prĂ©sent. Dans cette phrase \ f aurais o\xf eusse terminĂ© ma lettre, si je n'avais pas Ă©tĂ© interÂŹ rompu, Texpression verbale j*awr«is terminĂ© est le signe du passĂ©. Quant Ă  la forme j’’oiĂąraw eu terminĂ©^ on j'eusse eu terminĂ© , elle est peu usitĂ©e; elle exprime uii passĂ© antĂ©rieur, - " Ainsi le mode conditionnel ĂŒa que deux temps usitĂ©s : un temps pour exprimer lo prĂ©sent ou le futur; un temps composĂ©, qui exprime toujours le passé»
( 500 ) & N“ CCCCLX. MODE IMPÉRATIF. pdxĂŒr. Ne m'abandonne^ pas dans l’état oĂč je suis. (Racine.) FÜTDR antĂ©rieur. Ayez abandonnĂ© la ville quand lĂ«nnemi y en trera. (Jcnonyme!) Les formes verbales abandonnez, ayez abandonnĂ©, sont toutes les deux signes du temps futur, puisqu’on ne peut commander qu’une chose Ă  faire ; mais la seconde forme exprime Ă 'la fois le futur relativement Ă  l’acte de la parole, et une idĂ©e de passĂ© ou d'antĂ©rioritĂ© relativement Ă  une autre circonstance. , . UimpĂ©ratif a donc deux temps : 1Âź un temps simple qui exprime l’idĂ©e du futur, et que les grammairiens appellent improprement prĂšsenĂź ou futur; car aucune forme du mode impĂ©ratif ne peut exprimer l’idĂ©e du prĂ©sent ; 2Âź un temps composĂ©, qui ne figure dans presque aucune grammaire, et qui est cependant d’un usage assez commun dans la langue. Cette derniĂšre forme serait justement appelĂ©e futur^antĂ©rieur. N** CCCGLXI. i MODE SUBJONCTIF. PASSÉ INDÉFINI. Philippe Arabe est le premier qui ait abandonnĂ© par traitĂ© quelques terres de Tempire. (Bossubt.) ' PLÜS-QÜE-PARFAIT OU PASSÉ ANTÉRIEUR. On eĂ»t dit qĂč’ils Ă©taient possĂ©dĂ©s par un esprti Ă©tranger, et que leur lumiĂšre naturelle les eĂ»t abanÂŹ donnĂ©s. (Bossuet.) PRÉSENT OU FUTUR. Seigneur,' dans cet aveu dĂ©pouillĂ© d’artifĂźco, J’aĂźme Ă  voir que dumoins vous vous rendiez justice; Et que, voulant bien rompre un nƓud si solennel,. Vous vous abandonniez au crime en criminel. (Racine.) imparfait. ĂŻl fallut que, dĂšs le commencement de la guerre, PompĂ©e abandonnĂąt TĂŻtalie. (Montaigne.) Le mode subjonctif, nous Tavons dĂ©jĂ  dit, est ainsi appelĂ© parce qĂŒil ne s’emploie jamais, seul, et quĂŻl ne figure qu’aprĂšs une proposition sous la dĂ©pendance de laquelle il est placĂ©; d’oĂč il rĂ©sulte que les inflexions qui appartiennent Ă  ce mode expriment TidĂ©e de temps, non pas relativement Ă  Tacte de la parole, mais relativement au verbe de la proposition principale. 1Âź Quelqu’un travaille, et on lui demande : Pourquoi travaillez-vous? II rĂ©pond : Il faut bien que je travaille , ou je serais puni. Le verbe travaille exprime le temps prĂ©sent, parce quĂš Taction de travailler marche de pair avec la nĂ©cessitĂ© de Taction exprimĂ©e par le verbe il faut. 2Âź On dit Ă  quelqu’un : Pourquoi ne travaillez-vous pas? et il rĂ©pond : Il faut pourtant que je travaille , ou je serais puni. Ici le verbe travaille marque le temps futur, parce que Taction de travailler ne peut ĂȘtre que postĂ©rieure Ă  la nĂ©cessitĂ© de travailler, exprimĂ©e par le verbe il faut. Ainsi la mĂȘme forme exprime tantĂŽt le prĂ©sent, tantĂŽt le futur, selon les vues de Tes- prit. Les grammairiens appellent cette forme verbale prĂ©sent ou futur.’ 3Âź On demande Ă  une personne : Pourquoi travailliez-vous hier avec tant d’ardeur? et elle rĂ©pond : Il fallait bien que je travaillasse, ou j'aurais Ă©tĂ© punie. Le verbe travaillasse dĂ©signe le passĂ©, parce que Taction de travailler a eu lieu dans le mĂȘme moment que la nĂ©cessitĂ© de Taction, qui s’est fait sentir elle-mĂȘme dans qn temps passĂ©.
( 501 ) 4* Si quelqu’un dit : * Il faudrait que je travaillasse ; mais je n'ai pas Vesprit libre. Le verbe travaillasse dĂ©signe le futur, parce que l’action de travailler ne peut ĂȘtre que postĂ©rieure Ă  la nĂ©cessitĂ© de Taction. Ainsi la mĂȘme forme exprime tantĂŽt le passĂ©, tantĂŽt le futur, selon les vues de Tesprit. Les grammairiens appellent cettĂš ĂźovvaQ imparfait. 5Âź Quelqu’un dit : - , Il a bien fallu QUE j’aie travaillĂ© , autrement f aurais Ă©tĂ© puni. Quel temps exprime le verbe que j'aie travaillĂ©? La nĂ©cessitĂ© de Taction et Taction ont eu lieu simultanĂ©ment dans un temps passĂ©. 6“ Mais si Ton dit Il faut QUE j’aie travaillĂ© avant VarrivĂ©e du maĂźtre, autrement je serais puni. Ici Taction est postĂ©rieurĂš Ă  la nĂ©cessitĂ© de Taction ; mais elle est antĂ©rieure Ă  une autre circonstance qui est elle-mĂȘme Ă  venir : d’oĂč suit que le verbe exprime TidĂ©e du futur antĂ©rieur. Cette forme verbale, qui exprime tantĂŽt TidĂ©e du passĂ©, tantĂŽt celle du futur, selon les vues de l’esprit, est communĂ©ment appelĂ©e dans les grammaires prĂ©tĂ©rit on parfait 7Âź Il aurait fallu QUE j’eusse travaillĂ©, avant VarrivĂ©e du maĂźtre, et je n'aurais pas Ă©tĂ©.puni. Quel temps exprime le verbe que j'eusse travaillĂ©? L’action ei la nĂ©cessitĂ© de Taction sont simultanĂ©es ; elles ont eu lieu dans un temps passĂ©, mais antĂ©rieurement Ă  une autre circonstance qui est elle-mĂȘme passĂ©e : d’oĂč suit que le verbe que j'eusse travaillĂ© exprime TidĂ©e d’un prĂ©tĂ©rit ou passĂ© antĂ©rieur. 8Âź Il faudrait que j’eusse travaillĂ© avant l'arrivĂ©e du maĂźtre, autrement je serais puni. Ici Taction est postĂ©rieure Ă  la nĂ©cessitĂ© de Taction, mais antĂ©rieure Ă  une autre cirÂŹ constance qui est elle-mĂȘme Ă  venir : consĂ©quemment le verbe que j'eusse travaillĂ© exprime TidĂ©e d’un futur antĂ©rieur. Cette forme, qui exprime tantĂŽt TidĂ©e du passĂ©, tantĂŽt celle du futur, selon les vues de Tesprit, est appelĂ©e communĂ©ment dans les grammaires plus-que-parfait. Ainsi, les diffĂ©rentes formes verbales, considĂ©rĂ©es comme signes du temps, qui apparÂŹ tiennent au mode subjonctif sont ; . 1Âź Le prĂ©sent ou futur, ainsi appelĂ© parce qu’il exprime tantĂŽt TidĂ©e du prĂ©sent, tantĂŽt celle du futur ; 2Âź L'imparfait, qui exprime tantĂŽt TidĂ©e du passĂ© , tantĂŽt celle du futur ; 3Âź Le prĂ©tĂ©rit on parfait, qui exprime soit TidĂ©e du passĂ©, soit celle du futur, selon les vues de Tesprit ; 4Âź Enfin ; le plus-que-parfait, qui reprĂ©sente Taction comme faite dans un temps passĂ©, ou comme Ă  faire dans un temps Ă  venir, mais toujours avec une idĂ©e d’antĂ©rioritĂ© Ă  une autre circonstance. 8sf No CGGCLXII. MODE INFINITIF. PRESENT. Abandonner sa vie Ă  un extrĂȘme relĂąchement. (FĂ©nelon.) PASSÉ. !‱ AprĂšs avoir abandonnĂ© la maison de ses proÂŹ ches» (Massillon.) 2. La justice que Dieu exercera sur nous pour nous ĂȘtre abandonnĂ©s Ă  nous-mĂȘmes. (Bourdalode.)
( 502 ) * * * t ' A \ * „ Le mode infinitif prĂ©sente la signification du verbe d’une maniĂšre vague et gĂ©nĂ©rale. Ce n’est vĂ©ritablement qie le nom de l’action. En effet, si nous Ă©tions dans un pays dont la langue ne nous fĂ»t pas familiĂšre, et que nous voulussions savoir comment s’appelle telle action nous ferions nĂ©cessairement par des gestes le simulacre de cette action, et nous dirions : Comment appelle-t-on cela? Et on nous rĂ©pondrait : boire y manger, dorÂŹ mir, etc., selon le signe que nous aurions ÎFait. Souvent mĂȘme nous mettons l’article devant l’infinitif, et nous disons : Ze boire, le manger, etc. Cette forme verbale n’exprime aucune des idĂ©es accessoires qui se trouvent dans les modes personnels, ni VidĂ©o de personne, ni celle du nombre, ni celle, du tençs. ' W CCCGLXJIJ. PARTICIPES. PASSIF. 1, J'ai pi-Ă©fĂ©rĂ© PompĂ©e', errant, abĂ ndonnĂ©, Ă  CĂ©sar tĂŽut-pĂŒissarit. (Voltaire.) 2. L'appris sous uue mĂšre abandonnĂ©e k supÂŹ porter l'exil. jd.) PRÉSENT. Abandonnant pour toile soin de l’univers. (Voltaire.) PASSÉ ACTIF. Les enfants ayant abandonnĂ© la maison de leurs pĂšres pour aller rivre dans les dĂ©serts. (Pascal.) Les grammairiens appellent jĂźar/tctpes prĂ©sents les formes verbales terminĂ©es par ant, qui sont toujours invariables, et participes passĂ©s les formes y exhales abandonnĂ©, dormi, perdu ; etc., qui peuvent, comme les adjectifs-, prendre le genre el le nombre des subÂŹ stantifs auxquels elles se rapportent. L’idĂ©e de temps n’existe dans aucune de ces formes, et consĂ©quemment les dĂ©nominations adoptĂ©es par les grammairiens manquent d’exactitude. Le prĂ©tendu participe prĂ©sent se combine avec tous les temps. On dit au prĂ©sent : je vous trouve Ă©crivant; au passĂ© : je vous ai trouvĂ© Ă©crivant; au futur : jo vous trouverai ccTOan/. C’est donc une erreur grossiĂšre, malheureusement consacrĂ©e par presque toutes les grammaires , que de prĂ©tendre que cette forme en ant exprime l’idĂ©e du temps pré sent. Il en est de mĂȘme du prĂ©tendu |)ar/icipe passĂ©, qui n’est par lui-mĂȘme, comme nous l’avons dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ©, qĂŒun adjectif, et qui ne peut guĂšre devenir verbe que lorsque, combinĂ© avise un des auxiliaires ĂȘtre ou avoir, il sert Ă  former lĂȘs temps composĂ©s dii verbĂ©. Ainsi', Xinfinitif ei le participe ne sont pas, Ă  proprement parler, des modes du verbe, bien que presque tous les grammairiens anciens et modernes aient rangĂ© ces deux formes verbales parmi les modes. Ils ne sont rĂ©ellement que des noms et des adjectifs, qa’on peut appeler verbaux, pour les distinguer dĂšs noms et des adjeclifs proprement dils, dont ils diffĂšrent, en effet., sous plusieurs rapports essentiels; Ă  moins que, considĂ©rant ce qĂŒils ont de commun avec le verbe dans leur maniĂšre de signifier, et, pour ainsi dire, dans leur essence, et prenant la dĂ©nomination de mode dans un sens plus Ă©tendu que celui que nous lui avons donnĂ©, on ne prĂ©fĂšre appeler l’infinitif mode substantif, et le participe mode adjectif des verbes. Mais, quelque dĂ©nomination que l’on croie devoir Ă dopter, ce qui Ă©st surtout imporÂŹ tant dans la considĂ©ration de ces sortes de mots, c’est de dĂ©terminer avec prĂ©cision leur naliifĂ© ; c’ùst-^Ă -rdĂźfĂ© leur niahiĂšre de signifier. Or les formes de la premiĂšre espĂšce, telles que courir, crĂ irĂš, aimer, lĂŽĂŒer, 'dormir, etc. , diffĂšrent 3es noms ’qĂŒi exjprĂźiriĂ«ht les mĂȘmes idĂ©es, comme course, croyance, amour, louange, sommeil, etc., en ce que d’abord ils conservent virtuellement, s’il le faut ainsi dire, le principe de vie, d’action, et * en quelque maniĂšre, d’existence > qui appartient, en gĂ©nĂ©ral, aux autres modes; ils conÂŹ servent dĂ©plus, comme les modes essentiels et proprement dits, dans les verbes qui
t 503 ) expriment une action, lĂŻndication d’une teridancĂš Ă  transmettre ĂŽu Ă  Ă©prĂŽĂŒVĂ©f cette action. Enfin, comme les modes dont nous avons parlĂ©, ils sont susceptibles dĂȘ prendre, par la conjugaison , des formes applicables ou relatives aux divĂ«rsĂšs pĂ©riodes dĂȘ la durĂ©e. ĂŻl en faut dire autant des participes, soit celui qu’în appelle actif, comme coĂŒtarit, croyant, louant, Ă«tc., soit celui qĂŒĂ« Toii homme passif, comme couru, cru, louĂ©, etc. Non seulement le premier prĂ©sente lĂŻdĂ©e d’état, de situation, mĂȘme d’action, cĂŽihiriĂš transmissible Ă  uri sujet, oĂŒ, suivant Texpression des grammairiens, Ă  un rĂ©gime, ce qui caractĂ©rise Ă©ssentieĂźlement le verbe ; mais il prĂ©sente cette action comme se contiÂŹ nuant pendant une portiĂŽii de la pĂ©riode Ă  laquelle on lĂ  rapporte et n’étant pas termiÂŹ nĂ©e dans cette pĂ©riode-iĂ . Quant au participe passĂ©; il prĂ©sente, au contraire, Taclion comme terminĂ©e et accomplie' dans la pĂ©riode Ă  laquelle elle se rapporte. On voit, par ce que nous venons de dire de la natĂŒre et de la maniĂšre de signifiĂšr des verbes, comment cette^espĂšce de mots ĂšntrĂȘ toujours dans une proposition, puisque, Ă  l’exception de lĂŻnfinitif et dĂŒ participe, qui sont inĂȘmĂŽ plutĂŽt des formes d’expression qĂŒĂ« d’énoncialioh, toutes les autres formes constituent presque seules de vraies projposi- tions : les unes directes ou principales (mode indicatif); les autres diversement suborÂŹ donnĂ©es (modes subjonctif, conditionnel, etc. ' « Sur quoi nous remarquerons qĂŒâ€™Ă  proprĂ«ment parler, Tindicatif seul a dĂšs temps, ou formes temporellĂȘs, dont la signification soit expresse et rigoureusement dĂ©terminĂ©e, et que les autres hiodĂȘs n’ĂȘh ĂŽnt que par imitation de ce mode essentiel et principal. Aussi leur rignificĂ tioh, par rapport au temps, Ăšst-elle toujours indĂ©terminĂ©e en elle-mĂȘme et entiĂšrement dĂ©pĂ«ndĂ hte dĂ©s autres accessoires du discours. N» C'CCCLXIV. DÉS DIFFÉRENTES ESPÈCES DÊ VERBES. La coloilibe ATTENDRIT Us Ă©clios des forĂȘts. (DĂšlillĂ©.} Il veut ÊTRE coNNĂŒ €t ADORÉ de Sa crĂ©ature. (Massillon.) Les fats sont gouvernĂ©s par la raison d'Ă©tat. (La Fontaine.) Abstenez-vous de nuire Ă  votre eririĂ©mi. (^lASSItLON.) Il fait, sans se flatter , le procĂšs Ă  son vice. (Boileau.) Il y a long-temps qĂŒĂŻ/ n’A plu. (AcadĂ©mie^ En examinant attentivement les phrases citĂ©es en tĂȘte de ce numĂ©ro, on voit que lĂ©s verbes n’ont pas tous le mĂȘme complĂ©ment.ni le mĂȘme sujet, et que d’autres h’aaĂźhettĂ«rit point de complĂ©ment aprĂšs eux. Attendrit est suivi d’un complĂ©ment ou rĂ©gime direct : La colombe attendrit quoi? . lĂšs Ă©chos<ks forĂȘts. Dieu veut ĂȘtre adorĂ© de qui? dĂ© sa crĂ©ature; les rats sont gouvernĂ©s par (judi? J3ar ta faiSoĂŒd'Ă©tat. De sĂ  crĂ©ature, par lĂ  raison d'Ă©tat, sont les complĂ©ments oĂŒ rĂ©gimes indiÂŹ rects des verbes ĂȘtre adorĂ©, ĂȘtre gouvernĂ©, qui expriment le contrairĂȘ dĂ©s verbes adorer, gouverner. . , ’ ‱ Abstenez-vous de nuire Ă  votre ennemi. Nuire diffĂšre des verbes que noĂŒd vĂšrions d’ëxaminer eh ce qĂŒil h’adhiet jamais aprĂšs lui de rĂ©gime direct, et qĂŒil ne peĂŒt sĂš tourner par ĂȘtre nm. Son coinplĂ©ment est Ă  votre ennemi, qui est un complĂ©ment indirect. Condillac, d’àccord avec bien dĂšs grammairiens, ne reconnaĂźt qĂŒun verbe;lĂ« verĂŒĂ« - ĂȘtre, exprimant le rapport aperçu par Tesprit, Taction du jugement qui compare. Seldh ces nombreuses Ă ĂŒtoritĂ©s, toiit verbe, soif actif, soit passif, soit rĂ©flĂ©chi, he serait qĂŒuh composĂ© de ce verbe ĂȘtre, et d’un adjectif exprimant la maniĂšre d’ĂȘtre. Ainsi, je peiue, serait uhe traduction abrĂ©gĂ©e de je suis pensant. LĂ  conjugaison grecque, composĂ©e prĂšs-
:( 504 ) . que toujours d'un radical invariable uni aux terminaisons du verbe ĂȘtre viendrait Ă  l'apÂŹ pui dĂš cette assertion. ' Nous avons Ă  ce sujet quelques doutes aussi peu importants que le sujet lui-mĂȘme. Nous allons les exposer briĂšvement. Ce verbe ĂȘtre, le seul de la langue, exprime-t-il VidĂ©e d'existence ou VidĂ©e du rapport seulement ; car ce sont deux idĂ©es distinctes ? S'il exprime seulement VidĂ©e d'existence, il nous semble qĂŒil n'est pas l'expression de la pensĂ©e; car nous croyons impossible d’analyser ces rĂ©flexions : jepense, jeveux, je me souviens ; elles sont simples, selon nous, indĂ©composables, et ne peuvent rĂ©ellement, dans Vesprit, se diviser en ; j'existe pensant,'j'existe voulant, j'existe me souvenant. Quand je songe que Dieu est bon, je ne songe pas le moins du monde Ă  la question de Vexistence de Dieu, mais tout bonnement au rapport entre les idĂ©es dĂ©jĂ  acquises sur Dieu, et une nouvelle idĂ©e que je leur associe, par le moyen du mot est. Le verbe ĂȘtre n’exprime-t-il que ce rapport? Alors nous demanderons oĂč est le verbe qui exprime l’existence ; car il est absurde de traduire ces mots : Dieu est, par ceux-ci : . Dieu est existant. Or, il est Ă©vident que dans cette phrase. Dieu est, ce'mot est n’a pas du toutlĂš mĂȘme sens que dans Vautre : Dieu est bon. Enfin ce verbe ĂȘtre exprime-t-il les deux choses, selon l’occasion? Alors il y a deux verbes dans la langue ; alors pourquoi pas vingt, pourquoi pas cent? , Nous croyons que chaque verbe est rĂ©ellement et d’une maniĂšre indivisible l’expression d'une pensĂ©e indivisible ; qĂŒil ĂŒy a pas d’intermĂ©diaire entre le sujet et sa maniĂšre d’ĂȘtre, sa situation, son action ; que lorsqu’on dit : Henri IV mourut i^sassinĂ©, on ne renferme qĂŒune IdĂ©e sous ce mot mourut, et qĂŒon ne veut dire ni Henri IV fut mouranV, m Henri IV exista mourant. . * ‱ Nous soumettons aux maĂźtres Vart de parler en cette opinion que nous partageons * entiĂšrement, et qui est celle d’un de nos pĂźus savants professeurs de philosophie, M. Oza- neaux, auquel on doit un nouveau systĂšme d^Ă©tudes philosophiques Nous ajouterons que cette opinion est aussi celle de Lemare, de Bescher, et de quelques autres gramniairiens philosophes, et nous terminerons par ce passage d’un acaÂŹ dĂ©micien distinguĂ©, qui vient la confirmer. On,a cru dĂ©couvrir l’origine des conjugaisons dans quelques inflexions des verbes grecs. On a dit que les Grecs n’avaient fait qu’ajouter Ă  la fin du monosyllabe qui exÂŹ prime une'action ou un sentiment, les temps du verbe eĂŽ, qui signifie ĂȘtre . Ainsi, les mots fhileĂŽ, phileeis et phileei, qui signifient en grec j'aime; tu aimes, il aime, ne seÂŹ raient que le mot phil, qui exprime l’amour, joint aux mots eĂŽ, eis et ei, qui signifient je suis, tu es, il est. On a donc voulu simplement dire : Je suis aimant, tu es aimant. Au premier coup d’Ɠil, cette explication est satisfaisante ; mais elle aurait de la peine Ă  soutenir l’examen. Voici quelques-unes des objections qĂŒon peut y faire Il faudrait que les inflexions du verbe grec eĂŽ, qu’on remarque au prĂ©sent de VinÂŹ dicatif de certains verbes, se trouvassent aussi dans les autres temps : ainsi, par exemple, les Grecs disant ĂȘn pour exprimer fĂȘtais, il faudrait qĂŒils eussent dit : phileĂȘn, et non pas Ă©phileon, pour exprimer f aimais. 2° Pour supposer que ce sont les temps du verbe eĂŽ qui ont servi Ă  former les conjuÂŹ gaisons grecques, il faut commencer par admettre que les Grecs avaient dĂ©jĂ  conjuguĂ© ce mĂȘme verbe eĂŽ, c’est-Ă -dire qu’ils avaient dĂ©jĂ  conçu l’idĂ©e de donner diffĂ©rentes inÂŹ flexions au mot radical du verbe, pour lui faire exprimer les diffĂ©rents rapports du temps ; or c’est cette premiĂšre conception qui fait tout le merveilleux. DĂšs qĂŒon a su conjuguer un verbe, il est aisĂ© d’en conjuguer cent ; et quand les inflexions du verbe eĂŽ auraient Ă©tĂ© ensuite appliquĂ©es Ă  tous les temps des autres verbes, ce qui est bien Ă©loignĂ© d'ĂȘtre
( 505 ) vrai, cela prouverait seulement qu'on aurait suivi la mĂȘme forme pour la conjugaison de tous les verbes, 3Âź Si Von fait la rĂ©flexion que le verbe ĂȘtre, exprimant une idĂ©e trĂšs-abstraite, qui supÂŹ pose dĂ©jĂ  d’autres idĂ©es abstraites et une langue trĂšs-avancĂ©e, a dĂ» ĂȘtre ĂŒn des derÂŹ niers INVENTÉS, on trouvera peu vraisemblable que ses modifications aient, pu servir Ă  former celles des autres verbes. On peut assurer que la plupart des peuples sauvages n’ont point de mots pour exprimer cette idĂ©e abstraite : nous avons une grammaire et un dictionnaire de la langue des Galibis, et nous y trouvons que, pour exprimer jĂ«suis maÂŹ lade, ils disent simplement moi malade. Ce ne serait que par une connaissance exacte des langues sauvages qĂŒon pourrait espĂ©rer d’arriver aux vĂ©ritables principes de la forÂŹ mation des langues ; mais cette connaissance est difficile Ă  acquĂ©rir, les rapports des voyageurs sont trop vagues et trop suspects (1). Se flatter prĂ©sente aussi un caractĂšre particulier ; cĂ«st que, s’il admet aprĂšs lui un rĂ©gime direct, ce rĂ©gime-est le plus souvent reprĂ©sentĂ© par un pronom personnel ; il se flatte, cĂ«st- Ă -dire i7/Îaßße SOI. Enfin il a plu, il pleut, etc., se distingue des autres verbes en ce qĂŒil ne s’emploie guĂšre qu’à la troisiĂšme personne du singulier, et qu’il a presque toujours pour sujet le pronom ĂŒ. Il y a donc cinq sortes de verbes : le verbe actif, le verbe passif, le verbe neutre, le verbe rĂ©flĂ©chi et le verbe impersonnel. Nous allons examiner sĂ©parĂ©ment chacune de ces sortes de verbes. NÂź CCCCLXV. Is DĂŒ VERBE ACTIF. (Racine.) (Voltaire.) Dieu protĂšge lĂŻnnogencb. L’habit change les moeurs. Le travail entretient la santĂ©. (Lombard de Langres.) Les cygnes ne chantent point leur mort. (Buffon.) Carthage a toujours aimĂ© les ricqesses. (Bossuet.) La fraise vermeille embaume les gazons. (Castel.) L’argent rĂ©pare toute chose. (La Fontaine.) Chaque peuple a ses lois. (ChĂ©nier.) f Le verbe actif (2) est celui qui exprime une action faite par le'sujet, et qui retombe sur un objet qui est le rĂ©gime direct de ce verbe. Tout verbe aprĂšs lequel on peut mettre quelqu'un ou quelque chose est un verbe actif . Ainsi protĂ©ger, changer, entretenir, chanter, aimer, embaumer, rĂ©parer, avoir,, soni des verbes actifs ,, parce qĂŒon peut dire protĂ©ger quelqu’un , changer quelque CHOSE , etc. « EXERCICE ANALYTIQUE. (Souligner et analyser les verbes actifs.) Ne cherche* pas Ăą connaĂźtre les cccrcts d’autrui. Vaincre ses passions est glorieux. Rien ne peut arrĂȘter le temps. Il cherche Ă  mĂ©riter votre estime. 11 craint d'immoler une fille chĂ©rie. Il commence Ăą dĂ©tester les faux biens. Il nĂ©glige de remplir ses devoirs. CĂ©rĂša euseigna Ă  TriptolĂšme Ă  cultiver la terre. Ne conserve* pas le souvenir des injures. Cr.vĂźgne* de compromettre votre rĂ©putation Soulage* les malheureux. Dieu permet niix rois de punir les hommes. Ou perd souvent sa rĂ©putation pour avoir mal €1101,31 ses amj., Vn in.'ilant peut dĂ©truire un stccle do bonheur. Chaque homme a quelques qualitĂ©s dout 11 est fier. (1) SuARD, MĂ©langes de littĂ©rature. tome II. (2) La dĂ©nomination d’actt/est sans doute dĂ©fectueuse, puisque presque tous les verbes expriment des actes ; mais celle de transitif (pi’on voudrait lui substituer ne serait pas plus logique. Teuons-nous-«n donc aux anciennes dĂ©nominations jusqu’à ce qu’on en ait trouvĂ© de meilleures.
( 506 ) N" CCCCLXVI. DU YEilBÈ PÀSSiF. Il Ă©tait entourĂ© des seigneurs de sa cour. (AcadĂ©mie.) Les petits espjitS sohi trop blessĂ©s des petites choses. (LÀROfcllÈFĂ”ĂŒCAULD. ) n est cruel d’ĂȘtre trompĂ© par ses amis. (AcadĂ©mie ,) ĂŻl Ă©tait guidĂ© paf lĂ  forte de son gĂ©nie. (Massillon.) Il est fascinĂ© par les grandeurs du nioiidĂ©: (AcadĂ©mib,) On aimĂ© Ă  faire voir qÜori est favorisĂ© dĂš Dieu. (FlĂ©cuier.) Nos campagnes ont Ă©tĂ© fĂ©condĂ©es par la pluiĂ©. (AcadĂ©mie.) La venue de jĂ©sus-Christ d Ă©tĂ© prĂ©dite par les proÂŹ phĂštes. jd.) Le verbe passif est le contraire du verbe actif. Le verbe actif prĂ©sente lĂ© sujet comnie agissant, comme faisant une action qui se dirige directement vers son objets au lieu que ‱ le verbe passif prĂ©sente le sujet comme recevant, comme souffrant une action qĂŒi n’a point d’objet direct. bans la proposition ; La loi protĂšge Ă©galement tous les citoyens, la loi, qĂźii eĂ t le sujet, exerce l’action exprimĂ©e par le verbe protĂšge; et ces mots,* tous les citoyens, soAi le rĂ©gime direct du verbe. Dans cette autre : Tous les citoyens sont Ă©galement protĂ©gĂ©s par la loi; lo sens est le mĂȘme que dans la prĂ©cĂ©dente ; les mots tous les citoyens, qui' toĂŒt-Ă -l’heure Ă©taient le rĂ©gime direct du verbe, sont maintenant le sujet de la proposition ; mais ils n’exercent pas l’action exprimĂ©e par le verbe sont protĂ©gĂ©s ; elle est au contraire exercĂ©e sur eux par la loi; ils la souffrent, au lieu d’en ĂȘtre la cause ou le moteur. . Dans la premiĂšre proposition, le verbe protĂšge est appelĂ© actif, parce qĂŒil suppose de l’activitĂ©, de l’énergie dans Ăźe sujet, puisque c’est lui qui exerce l’action sur autrui. Dans la seconde, le verbe sont protĂ©gĂ©s est passif, parce que le sujetloin d’avoir dĂš l’activitĂ©, loin d'exercer l’action, est dans un Ă©tat passif, puisque c’ùst sur lĂŒi que cette action est exercĂ©e par autrui. , ^ Dans l’une comine dans l’autre, l’action part toujours du mĂȘme principe, du mĂȘme moÂŹ teur, la loi; elle tombe toujours sur le mĂȘme objet, (otis les citoyens; il n’y a de diffĂ©rence quo dans k construction de la phrase. Ainsi les verbes sont actifs ou passifs, selon que lĂ© sujet de la proposition exerce sur autrui, ou souffre lui-mĂȘme de la part d’autrdi, Ttiction exprimĂ©e par le verbe. A la rigueur, nous ne devrions pas' admettre dĂ© verbes passifs dans notre lĂ iiguĂ©, puisÂŹ que nous n’avons pas de formes particuliĂšres, d’inflexions distinctes pour les cas oĂč l’acÂŹ tion est exercĂ©e par autrui sur le sujet de la proposition. Les Latins exprimĂ«iit par ĂŒh seul mot, et au moyen d’une inflexion diffĂ©rente, ĂȘtre aimĂ©, je suis aimĂ©, etc., etc. ; mais nous ne pouvons exprimer toutes les formes relatives au jpassif que par la combinaison des formes du verbe ĂȘtre avec le participe passĂ© d’un autre verbe : ce n’est donc pas, rigoureusement parlant, pour nous une voix diffĂ©rente; et ĂȘtre aimĂ©; je suis aimĂ©, n’est pas plus un verbe passif que ĂȘtre malade, je suis malade. ■ ' Quoi qĂŒil en soit, tout verbe passif a nĂ©cessairement un verbe actif; et tout verbe actif a son verbe passif; de sorte qĂŒon peut Ă©tablir en principe qĂŒon reconnaĂźt iin verbe actif quand on peut le tourner en passif, et un verbe passif lorsqu’on peĂŒt le changer en actif. En français , on fait peu d’usage du verbe passif ;'on prĂ©fĂšre employer le veri3e actif, parce qĂŒil dĂ©gage la phrase de petits mots qui gĂȘnent la construction ; c’est en cela tjue le gĂ©nie de la langue française diffĂšre beaucoup de celui de Ăźa langue latine. On ne dirait
(.507 ) pas"bien \ Tous les jours ceux qĂŒi m'ont donnĂ© VĂȘtre sont vĂŒs par moi; mais on doit dire : Je vois tous les jours ceux qui m'ont donnĂ© l'ĂȘtre» ' Le verbe passif se conjugue dans tous les temps avec le verbe ĂȘtre » ÈXERCICE ÂNALYTIQVE, M (Souligner et analyser les verbes passifs.) Son mĂ©rite eat IgnorĂ© de tout le monde. Une mauvaise action est suivie dn repentir. La jeunesse est embellie par les grĂąces. Son caur est Ă©tonnĂ© de ses nouveaux’dĂ©sirs. ^ Toujours par un malheur un antra est amenĂ©. La jenaes.e est asses parĂ©e de Ja jeunesse. Toujours ou est puni par oĂč l'on a pĂ©chĂ©. Le tyran est craint de ses sujets. Le sage est estimĂ© des gens vertueux. Le puissant est toujours favorisĂ© des grands. Le faible est Ă©crasĂ© par le fort. Noua Ă©tions observĂ©s par l’ennemi. CCGCLXVII. DĂŒ VERBE NEUTRE (1). Il ne faut point mentir, ma juste impatience yoiĂŻs accusait dĂ©jĂ  dĂ© quelque nĂ©gligence. (Racine.) ÉnĂ©e Ă  cet aspect tressaillo de plaisir. (Delille.) Ainsi qĂŒon voit, soĂŒs cent mains diligentes, Choir les Ă©pis des moissons jaunissantes. (Voltaire.) Socrate passa le dernier jour do sa vie Ă  discouYir dĂ© lĂŻmmortalitĂ© dĂ© Tame. (AcadĂ©mie.) Le fĂ©uqĂŒi sĂ©inblĂ© Ă©teint dort souvent sous la cendre. (Corneille.) Les RlatĂ©ens citĂšrent les LacĂ©dĂ©moniens Ă  eompq- irattrĂ© devant les aitiphycĂŒohs., (LĂšgendre.) Le verbe «éwĂźre diffĂšre du verbe actif en ce que cdlui-ci exprime ĂŒiie actiori qui se di^ .rige direclĂšraent vers son objet, tandis que celle du verbe newĂźre n’aboutit vĂ©rs rdbjet indirectement, cĂ«st-Ă -dire qĂŒĂ  l'aide d'une prĂ©position. D’oĂč il suit que le vĂ©fbe neutre ĂŒa jamais de rĂ©gime direct, et qu’on ne peut jamais par consĂ©quent le faire ĂąĂŒivrb d’un dĂšs mots quelqu'un , quelque chose: de mĂȘme qnĂŻl ne peut jamais adopter lĂ»vĂčicc- passive, puisqu’il n’y a que les verbes qui aient un rĂ©gime direct qui en soient stiscĂ©p- tibles, G’est pourquoi marcher, et tous ceux de ce genre sont des verbes neutres, puisÂŹ qu’ils nĂ© peuvent ĂȘtre suivis des mots quelqu'un ou quelque chosĂ©, et qĂŒilĂą ne peuvent pĂąs non plus se tourner par le passif. Agir quelqu'un, marcher quelqu'un, ĂȘtre agi, ĂȘtrĂ© marÂŹ chĂ©, ue sont d’aucune langue. Les verbes neutres sont de deux sortes'; les uns, dont Taction peut se porter au dehors, et consĂ©quemment qui ont un rĂ©gime indirect, mais que quelques grammairiens rioiiiinĂȘnt a cause de cela verbes neutres transitifs, comme venir, nuire, etc.; car il faut nĂ©cessaiÂŹ rement dire : venir de la campagne , nuire, Ă  sa rĂ©putation; les autres dont TactioR sĂš concentre en eux-mĂȘmes, qui n’ont donc pas dĂ© rĂ©gime, et auxquels, pour cette rĂąisĂŽn, on a quelquefois donnĂ© le nom d'intransitifs ; tels sont : dormir, vivre, rire, marche^, etc. Parmi les verbes neutres, il y en a qui se conjuguent avec avoir ; commĂš ré§ner^ tivh, languir, elci; d’autres avec l’auxiliaire ĂȘtre; comme : tomber, arriver; et enfin il y Ăšn a un certain nombre qui, selon Toccurrence, prennent tantĂŽt avoir et tantĂŽt ĂȘtre ; telĂą sont : : cesser, grandir, passen, etc. Nous indiquerons, dans un instant^ dans quels cas cela a Ăźieli. ĂŻlemarque, — Dans ces verbes, Tauxiliaire ĂȘtre est employĂ© pour le verbe dttoir. AiiisĂź je suis tomtĂ©,je suis arrivĂ©, Ă©quivalent, pour le sens, Ă  j'ai arrivĂ©, j'ai tombĂ©; Üùst tifiĂš irrĂ©gularitĂ© particuliĂšre au gĂ©nie de notre langue. Il est aisĂ©, d’aprĂšs.cela, de distinguer un verbe passif dâ€™ĂŒh verbe neutre conjuguĂ© avec ĂȘtre. En Ă©ffet, je suis encouragĂ© n’équiÂŹ vaut nullement Ă  j'ai encouragĂ© : c’est donc un verbe passif, (1) Neutre signifie qui Üest ni Vun ni l'autre, c’est-Ă -dire ni actif ni passif. Sous le rapport du sens, il ĂŒy a en effet que ces Itois sortes de verbes.
( 503 ) EXERCICE ÂNALXTIQUË. (Souligner et analyser les verbes neutres.) Lo /eu follet paraĂźt et disparaĂźt. L’homme naĂźt, vit et meurt. L»emprcssĂ© va , vient et revient. Le regĂ©tal croĂźt et vit. Jene puis rĂ©sister Ăą ses douces amorces., Jen'en puis plus douter, le traĂźtre s’est (ralii. Tout genre d’excĂšs nuit Ă  la santĂ©. Louis XIII a succĂ©dĂ© Ă  Henri IV, Louis XIV a rĂ©gnĂ© soixante-douze ons. NapolĂ©on monta sur le trĂŽne en 1804. Il y a des montagnes ou la glace ne fond jainais. Rien ne plait de la part de quelqu’un qu’on n’aime pa! N“ CCCCLXVIII. DES VERBES RÉFLÉCHIS. Les peuples se fĂ©liciteront d'avoir un roi qui lui ressemble. (Massillon.) Il ne faut pas se flatter; les plus expĂ©rimentĂ©s dans !cs affaires font des fautes capitales. (Bossuet.) D’un espoir si charmant je me flattais en vain. (Racine.) Vos prĂȘtres. . Des bontĂ©s d’Alhalie ont lieu de se louer, {Id.) On se mĂ©fie des autres, on se dĂ©fie de soi. (AcadĂ©mie.) Il ne faut pas permettre Ă  l’homme de se mĂ©priser toutentier, (Bossuet.) Prenez-garde dc vous mĂ©prendre. (AcadĂ©mie.) Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas impuÂŹ nĂ©ment de Dieu. (Bossuet.) Les grammairiens divisent encore les verbes d'action en verbes rĂ©flĂ©chis et en verbes rĂ©ciproques. Ils appellent rĂ©flĂ©chis les verbes qui expriment que celui qui fait Taction la fait sur lui-mĂȘme , comme dans je me frappe, je m'achemine, tu te repens, il se mĂ©fie, elle se plaĂźt ; mus nous Ă©crions , vous vous empares , etc.et rĂ©ciproques les verbes qui expriment que plusieurs sujets agissent rĂ©ciproquement les uns sur les-autres, comme dans ils se frappent Vun Vautre , ils se percĂšrent Ă  coups d'Ă©pĂ©e, elles s'Ă©pargnent Vune Vautre, etc. Mais ces distinctions sont parfaitement inutiles, et appartiennent Ă  une idĂ©ologie fausse et oiseuse ; car du moment qĂŒun verbe a un complĂ©ment, que ce complĂ©ment soit un nom personnel, autrement dit un pronom , ou un substantif commun , peu importe , la syntaxe du verbe'Ă©tant toujours Ja mĂȘme. D’ailleurs, qĂŒimporte surqui ou sur quoi se fait Taction? que je dise : je me frappe, ou je frappe ma tĂȘte, me et tĂȘte ne sont-ils pas Ă©galement Tobjet de Taction de frapper, et frappe change-t-il pour cela dĂ©naturĂ©? Et puis, quand, par exemple, en me frappant la tĂȘte, je dis : je me frappe, c'est une c partie de moi-mĂȘme , comme ma main, qui en frappe une autre ; je ne vois lĂ  qu'une action. C’est Ă  la physique, dit Lemare, qĂŒon a empruntĂ© le mot rĂ©flĂ©chi. Or, pour qu’il y ait rĂ©flexion, il faut, comme on sait, qu’il y ait action et rĂ©action. Mais lorsque je me frappe, j’agis sur moi-mĂȘme, et je ne rĂ©agis en aucune maniĂšre. La dĂ©nomination de rĂ©ciproques donnĂ©e Ă  certains verbes n’est pas plus heureuse. Quand je dis simpleÂŹ ment nous nous frappons, il est impossible de dĂ©mĂȘler si nous nous frappons nous-mĂȘmes, ou si nous nous frappons mutuellement ; ce n’est donc pas le verbe qui marque la rĂ©ciproÂŹ citĂ©; et si cette idĂ©e s’éveille dans Tesprit, ce ne peut ĂȘtre que par l’intervention d’un autre mot, ou par Tensemble de Ăźa phrase. On'ne peut donc pas dire qĂŒil y ait des verbes rĂ©ciproques, des verbes rĂ©flĂ©chis, et l’idĂ©ologie qui les crĂ©e est aussi fausse qu’elle est inutile. NĂ©anmoins nous allons donner la liste des verbes essentiellement ou accidenÂŹ tellement accompagnĂ©s d’qn pronom personnel, afin de familiariser les Ă©lĂšves avec ces’ sortes de verbes. S'abstenir. S’accouder. S’accroupir. S’acharner. S'acheminer. S'adonner. S’agenouiller. S’agriffer. S’aheurter. S’amouracher. S’arroger. S’attrouper. So blottir. Se cabrer. Se carrer. Se comporter. Se dĂ©fier. Se dĂ©dire.
Se dĂ©mener. Se dĂ©sister. Se dĂ©vergonder. S’ébahir. S’ébouler. S’écrouler. S’embusquer. S’emparer. S’empresser, S’en aller. S’encanailler. S’enquĂ©rir. S’enquĂȘter. S’en retourner. S’escrimer. S’estomaquer. S’évader.. S’évanouir. S’évaporer. S’évertuer. ( 500 ; S'extasier. Se formaliser. . Se gargariser. Se gendarmer. S’immiscer. SĂŻndustrier. , S'ingĂ©nier, S'ingĂ©rer. Se mccompter. Se mĂ©fier. Se mĂ©prendre. Se moquer. S’opiniĂątrer. Sc paijurer. Se prosterner. Se racquitter. Se ratatiner. Se raviser. Se rĂ©beller. Se rĂ©bĂ©quer. NÂź CCCCLXIX. Se rĂ©crier. Se rĂ©dimer. Se refrogner. Se rĂ©fugier. Se reinpaver. Se rengorger. Se repentir.' Se souvenir. S’attacher. S’apercevoir. S’attaquer. S’attendre. S’aviser. Se disputer. Se douter. Se louer (se fĂ©liciter)^ Se plaindre. Se prĂ©valoir. Se taire. Se servir. DES VERBES IMPERSONNELS OU ÜNIPERSONNELS. 11 pleut Il tonne. (AcadĂ©mie.) ' Ud.) ■ Il gĂšle. Il fait du vent. (ÂCADÉMIB.) W On nomme impersonnels ou unipersonnels les verbes qui ne peuvent ĂȘtre employĂ©s qĂŒĂą la troisiĂšme personne du singulier, commet? pleut, il neige, il importe, il faut. Ceux qui les appellent unipersonnels leur donnent ce nom parce quĂŻls ĂŒont qu’une seule personne, et ceux qui les appellent impersonnels le font parce que le pronom il, sujet de ces verbes, ne dĂ©signe aucune personne ; cĂ«st le vĂ©ritable genre neutre ; ainsi ces deux dĂ©nominations sont Ă©galement justes. Dans les verbes unipersonnels, le pronom il ne tient en effet Ăźa place dĂ«ucun nom ; cĂ«st une espĂšce de mot indicatif, qui Ă©quivaut a ceci, et qui annonce simplement le sujet du verbe ; exemple; Il est nĂ©cessaire que je sorte, il convient que vous suiviez mes conseils; cĂ«st-Ă -dire, ceci, que je sorte, est nĂ©cessaire ; ceci, que vous suiviez mes conseils, con- vient* II en est de mĂȘme Ă  TĂ©gard des phrases suivantes : Pour bien juger des grands, il faut les approcher. (L’abbĂ© Aubert, fable 19. liv. 111..) Il faut rendre meilleur le pauvre qu'on soulage ; C’est l’effet du travail, en tout temps, Ă  tout Ăąge. (Somf-Xam&crf, les Saisons, THiver.) Parmi les verbes unipersonnels, il y»en a qui le sont de leur nature, cĂ«st-Ă -dire qui ne s’emploient jamais qiTĂ  la troisiĂšme personne du singulier, comme il pleut, il neige ; et d’autres qui sont tantĂŽt unipersonnels, et tantĂŽt personnels, selon que le pronom il y est employĂ© avec un sens vague, et comme tenant lieu de ceci, ou dans un sens prĂ©cis et ayant rapport Ă  un substantif quĂ«n peut substituer Ă  ce pronom. Convenir, arriver, sont unipersonnels,dans ces phrases : Nous tenons tout de Dieu, ih convient que nous lui rapÂŹ portions toutes nos actions; il arrive souvent que, etc.; mais ils sont personnels dans celles-ci : Pardonnez Ă  votre fils, il convient de son tort, il arrivera plys tĂŽt une autre fois : effectivement on peut dire votre fils convient de son tort, elc. Les verbes unipersonnels se conjuguent les uns avec avoir, comme ßß a plu, il a tonnĂ©I les autres avec ĂȘtre, comme il est. important, il est rĂ©sultĂ©.
(510) EXERCICE ANALYTIQUE. (Souligner et analyser ĂŻcs verbes unipersonnels.) Jl fait du yfrit. n fait beau. Il tonne. Il faĂźt nnĂŻĂŻ. 11 laut. Il rĂ©sulte. 11 fait du brouillard. Il gĂšle. Il Ç. “ü* ’ n fait froid. U imuorle- Il sied. 11 degele. Il grcle. Il fait chaud. Il convient CCCCLXX. DES VERBES AUXILIAIRES. VERBE Ă©trĂš. HĂ©las! qu'e»f devenu ce temps, cet heureut temps? (Boileau.) Sous le joug des ligueurs le peuple est abattu. ' (Baynouard.) Nous sommes menacĂ©s, et je m’en applaudis. jd.) C'est pour notre repos que les cƓurs sont cachĂ©s. (Lamotte.) Les jours donnĂ©s aux dieux ne son/jamais perdus. (La Fontaine.) Les petits sont faits pour les grands. (Lebrun.) VERBE auot’r. Certes, je n'm* jamais dormi d’un si bon somme. (Racine.) Pradon, comme un soleil, en nos ans a paru. (Boileau.) Les religions et les sectes ont rĂ©gnĂ© tour Ă  tour sur la terre. (Massillon.) Non, non, avant ce coup, Sabine aura vĂ©cu.' (Corneille.) Esther a triomphĂ© des filles des Persans. (Racine.) Vos pĂšres ont pĂ©chĂ©, vous en portez la peine. (Racine fils.) Il y a deux verbes que Ton appelle auxiliaires, parce qu'ils servent Ă  conjuguer tous les autres ; ce sont ĂȘtre et avoir. ' ^ . Qu'il noĂŒs soit permis de faire ici une rĂ©flexion: c'est que quelques grammairiens se trompent en regardant comme une imperfection dans les langues la nĂ©cessitĂ© du recours aux auxiliaires. Ce recours donne, au contraire, plus de douceur, de variĂ©tĂ© et d’harmonie Ă  l’cxpressiori, et a en outre un avantage bien prĂ©cieux, celui de lui donner plus de vivacitĂ© et de force, en sĂ©parant Y auxiliaire, pour incorporer, en quelque sorte, l’adverbe dans le verhe dont il modifie la signification. N° CCCCLXXÏ. DES CONJUGAISONS. 1- Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers. (Boileau.) 2. Punir un rival tĂ©mĂ©raire. (Racine.) 3. Bcceuoir la mort avec courage. (Bossuet.) 4. Rendre meurtre pour meurtre, outrage pour ou- ‱ ' (Racine.) [trage.} Les mots, produits de l'alphabet,, dĂ©terminĂ©s par le vocabulaire, ne reçoivent que de la grammaire la circulation et la vie ; de mĂȘme que nulle idĂ©e ne peut subsister isolĂ©ment et sans relation avec une autre idĂ©e, nul mot ne peut ĂȘtre admis dans Tusage habituel sans ĂȘtre soumis Ă  une foule d’influences qui rĂšglent et multiplient ses rapports. Pour exprimer ces combinaisons de la pensĂ©e par des Ă©quivalents d'ans le langage, on a dĂ» employer, dĂšs la plus haute antiquitĂ©, certains signes convenus, certaines syllabes caractĂ©ristiques qui, ajoutĂ©es d’abord aux autres mots et sĂš confondant insensiblement avec eux, ont constituĂ© ce qĂŒon appelle les flexions ou les dĂ©sinences mobiles du langage. A ce principe s’en rattache un autre, que Ton peut considĂ©rer comme accessoire, et qui consiste Ă  faire subir ces changements aux voyelles radicales de chaque mot. Le verbe , Ă©cho naturel de chaque action , est originairement monosyllabique ; mais ce ĂŒest point sous cette forme radicale qĂŒil nous apparaĂźt dans Tusage habituel. PlacĂ© dans des rapports variĂ©s, influencĂ© par une foute de circonstances,-il est appelĂ© Ă  spĂ©cifier Ă  la fois les personnes,* les temps et les modes ; et, tandis que chez beaucoup dĂ©peuples
( 511 ) ces nuances sont marquĂ©es par des mois isolĂ©s, qui, dissĂ©minĂ©s dans la phrase, laissent la racine dans toute sa nuditĂ©, d'autres nations, choisissant, dĂšs la plus haute antiquitĂ©, une sĂ©rie de modifications pronominales propres Ă  exprimer Taction dans toutes ses phases, les ont liĂ©es et fondues avec le verbe d'aprĂšs une mĂ©thode positive, dont Tensemble conÂŹ stitue chez elles ce qu’on appelle conjugaison. La base de la conjugaison, la premiĂšre modification du verbe est celle des personnes, correspondantes aux trois personnes pronominales, celle qui parle, celle Ă  qui Ton parle et celle de qui Ton parle. Cette distinction partout Ă©tablie s'exprime soit par des terminaiÂŹ sons spĂ©ciales et adhĂ©rentes au verbe, comme dans les langues anciennes, soit par la simple apposition des pronoms, comme dans la plupart de nos idiomes actuels. On a remarquĂ© que tous les verbes français sont terminĂ©s, au prĂ©sent de Tinfinitif, de Tune de ces quatre maniĂšres : en er, comme charnier ; en ir comme punir ; en oir, comme recevoir; en rĂš, comme rendre. Cette observation a conduit Ă  partager lĂšs verbes en quatre grandes classes sous le nom de conjugaisons ( verbes sous le mĂȘme joug). La premiĂšre conjugaison comprend tous les verbes qui ont le prĂ©sent de Tinfinitif en er, comme chanter, aimer, prier, parler, manger, danser, etc. La seconde conjugaison embrasse tous ceux qui ont le prĂ©sent de Tinfinitif en ir, comme pxmir, finir, bĂ©nir, accomplir, adoucir, aigrir, appauvrir, appesantir, approfondir, assujettir, attendrir, bcmnir, Ă©claircir, etc. - . ‘ La troisiĂšme conjugaison renferme tous ceux dont le prĂ©sent de Tinfinitif est terminĂ© en oir, comme recevoir, percevoir, concevoir, apercevoir, etc. La quatriĂšme conjugaison contient tous ceux dont le prĂ©sent de Tinfinitif se termine eu re, comme rendre, attendre, confondrĂ©, corrompre, dĂ©fendre, descendre, entendre, fondre, mordre, perdre, interrompre, tordre, feindre, peindre, etc. ' - Conjuguer un verbe, c’est le faire passer par tous les accidents de nombres, de perÂŹ sonnes , de modes et de temps. On divise les verbes en rĂ©guliei's, irrĂ©guliers ou dĂ©fectifs. 1Âź Les verbes rĂ©guliers sont ceux' qui se conjuguent dans tous leurs temps comme le verbe modĂšle de la conjugaison Ă  laquelle ils appartiennent. 2Âź Les verbes irrĂ©guliers sont ceux qui ne se conjuguent pas comme le verbe modĂšle. 3“ Les verbes dĂ©fectifs sont ceux auxquels Tusage a refusĂ© certains temps ou certaines personnes. RĂ©sumons tout ce que nous avons dit sur le verbe. Le verbe, admet quatre sortes de modifications ou changements de forme, pour quatre causes : la personne, \c nombre, le mode et le temps. 1Âź La personne est la propriĂ©tĂ© qu'a le verbe de marquer par sa forme son rapport Ă  un sujet de la premiĂšre, de la seconde ou de la troisiĂšme personne : j'abandonne, (u abandonnes, il abandonne. 2Âź Le nombre est la propriĂ©tĂ© qĂŒa le verbe de marquer par sa forme son rapport Ă  ujĂź sujet singulier ou pluriel ; j'abandonne, nous abandonnons. 3Âź Le mode esf la propriĂ©tĂ© qu'a le verbe de marquer par sa forme la maniĂšre de signiÂŹ fier dans laquelle on l'emploie [mode signifie maniĂšre), 4Âź Le temps est la propriĂ©tĂ© qĂŒa le verbe de marquer par sa forme les diverses pĂ©riodes do la durĂ©e. ' . — Il y a six modes : Tindicatif, le conditionnel, TimpĂ©ratif, le subjonctif, Tinfiqitif et le participe. ' 1Âź Vindicatif prĂ©sente la signification du verbe d'une maniĂšre positive, absolue, quel que soit le temps : j'abandonne, j'ai abandonnĂ©, j'abandonnerai.
( 512 1 2Âź Le conditionnel prĂ©sente la signification du verbe sous TidĂ©e d’une condition ou d'ĂŒnĂš supposition : j'abandonnerais, st. - 3Âź L’mpĂ«ra/i/* prĂ©sente la signification du verbe sous TidĂ©e du commandement, de la priĂšre, de l’exhortation : abandonnez ce malheureux. 4Âź Le subjonctif prĂ©sente la signification du vĂ©rbe d’une maniĂšre subordonnĂ©e Ă  une . idĂ©e de nĂ©cessitĂ©, de doute, d’indĂ©cision, etc. : ilfaut que je Vahandonne. 5Âź Vinfinitif prĂ©sente la signification du verbe d’une maniĂšre vague et gĂ©nĂ©rale : abandonner son ami dans la peine 6° Le participe prĂ©sente la signification du verbe d’une maniĂšre qualificative : abanÂŹ donnant son pĂšre; abandonnĂ© de tout le monde. — Les quatre premiers modes se nomment modes personnels, parcĂ© qu’ils admettent la distinction des personnes ; les deux derniers modes, n’admettant pĂ s cette distinction, se nomment modes impersonnels. — Tous les jugements que nous portons se rapportent ou Ă  la pĂ©riode de la durĂ©e dans laquelle celui qui parle se considĂšre comme existant actuellement, ou Ă  une pĂ©riode de la durĂ©e dans laquelle il se considĂšre comme n'Ă©tant plus, au moment oĂč il parle; ou enfin, Ă  la pĂ©riode dans laquelle il se considĂšre comme n'Ă©tant pas encore. De lĂ  trois temps principaux : le prĂ©sent, le passĂ© et le futur. Le prĂ©sent, rapide comme TĂ©clair, est indiviÂŹ sible ; mais le passĂ© peut ĂȘtre plus ou moins Ă©loignĂ© ; le futur plus ou moins prochain. De lĂ  plusieurs sortes de passĂ©s et de futurs. L'indicatif a huit formes temporelles : 1. Le prĂ©sent :/aJandownc; 2. Le passĂ© simultanĂ© ou imparfait : j'aiawdonnaĂźs; 3. Le passĂ© dĂ©fini : j'ai abandonnĂ©; 4. Le passĂ© indĂ©fini \ f abandonnai ; 5. Le passĂ© antĂ©rieur : j'eus abandonnĂ© ; 6. Le plus-que-parfait : j'avais abandonnĂ©, . 7. Le ĂŻnixxx ahsoln \ j'abandonnerai ; 8. Le futur antĂ©rieur : j'aurai abandonnĂ©-. Le conditionnel a trois formes temporelles : 1- Le prĂ©sent ou futur : j'abandonnerais, st.,. 2. Le passĂ© : j'aurais ou j'eusse abandonnĂ©, si. 3. Le passĂ© an tĂ©rieur ;j’attrois eu ou j'eusse eti abandonnĂ©, si.. I L'impĂ©ratif a deux formes temporelles ; 1. Le prĂ©sent : abandonnez ; 2. Le futur antĂ©rieur : ayez abandonnĂ©. Le subjonctif a quatre temps : . Le prĂ©sent ou Ăźutur : que j'abandonne ; 2. L’imparfait : que j'abandonnasse ; 3. Le passĂ©'indĂ©fini : que j'aie abandonnĂ© ; 4. Le plus que parfait ou passĂ© antĂ©rieur : que j'eusse abandonnĂ©. L'infinitif ou indĂ©fini a deux formes temporelles : 1. Le prĂ©sent relatif : aiandowner; . . 2. Le passĂ©: avoir abandonnĂ© ; Le participe a trois formes temporelles : 1* Le prĂ©sent relatiĂŻ: abandonnant ;. 2: Le passĂ© actif : ayant abandonnĂ©; 3. Le passif: abandonnĂ©, abandonnĂ©e, etc. Chaque verbe, exceptĂ© ceux qui sont dĂ©fectueux, a donc en tout vingt-deux formes. Sous le rap'port de Texpression, les temps des verbes sont simples ou composĂ©s.
' ■, ( ) Lts temps simples sont ceux qui s’expriment en un seul mot : f abandonne. Les temps composĂ©s sont ceux qui empruntent le secours du verbe avoir ou du verbe ĂȘtre : j’ai abandonnĂ©, je me suis abandonnĂ©. . , EXERCICE ANALYTIQUE. analyser les verbes suivants.) Se plĂątre Ă  la campagne. Se nourrir de lĂ©gumes. PrĂȘter serment. j4ttein(Ăźre le but. Se suwneltrr Ă  l.i PrnvüÔenre. ‱ Pendre Ă  Dieu rc qui est Ă  Dieu. Creuser &e^ trous profonds. JĂźeceFoird’Jnjustes reprucbcs. (Souligner et ObĂ©ira Dieu. jĂ©Uumrr Ă o feu. HeeVĂŒir des m.nllieui’». BenaĂźtre Ă  la rie. .dcheterde lau» bijoux. 7'ressnilHr de joie. Faire valoir .«es droits. Convenir du fait. Bespecter parents. Vire la vrritĂȘ. ‘ C«ei7/iVde.« fruits. Ptaiudre les mallieurenx. Se com^-erde ?es dĂ©fauts. JUaudire les importun?. Prier Dieu. Aller a la ville. Se nre des menaces. Aimer \e travail. Faire une banne' action. Pretidie un p.irti saue. Se dĂ©fendre courageusement. Hair les hommes orgueilleux. Concevoir un lie.iii projet. Former un projet. N" CCCCLXX IL MODÈLE DE CONJUGAISON DES VERBES AUXILIAIRES. ■ ÊTRE. ■ AVOIR. MODE INDICATIF. MODE INDICATIF. Temps simples. Temps composĂ©s. Temps simples. Temps composĂ©s. prĂ©sent. PASSÉ INDÉF M. PRÉSENT. ' PASSÉ INDÉFINI. Je suis. J’ai Ă©tĂ©. J’ai. J’ai eu. Tu es. TĂŒ as Ă©tĂ©. Tu as. Tu as eu. Il est. Il a Ă©tĂ©. 11 a. Il a eu. ' Nous sommes. Nous avons Ă©tĂ©. Nous avons. Nous avons eu. Vous ĂȘtes. Vous avez Ă©tĂ©. Vous avez. Vous avez eu. Ils sont. Us ont Ă©tĂ©. Ils ont. Iis ont eu. IMPARFAIT. PLÜS-QÜE-PABFAIT. imparfait. PLUS-QUE-PARFAIT. J’étais. J'avais Ă©tĂ©. J’avais. J’avais eu. ‘ Tu Ă©tais. Tu avais Ă©tĂ©. Tu avais. Tu avais eu. Il Ă©tait. Jl avait Ă©tĂ©. Il avait. 11 avait eu. Nous Ă©tions. Nous avions Ă©tĂ©. Nous avions. Nous avions eu. Vous Ă©tiez. Vous aviez Ă©tĂ©. Vous aviez. Vous aviez eu. Ils Ă©taient. Ils avaient Ă©tĂ©. Us .avaient. Us avaient eu. passĂ© DÉFINI. ,PASSÉ ANTÉRIEUH. PASSÉ DÉFINI. PASSÉ ANTÉRIEUR. , Je fus. ' J’eus Ă©tĂ©. J’eus. - J’eus eu. Tu fus. Tu eus Ă©tĂ©. Tu eus. ? Tu eus eu. Il fut. 11 eut Ă©tĂ©. li eut. Il eut eu. Nous fĂ»mes. Nous eĂ»mes Ă©tĂ©. Nous eĂ»mes. Nous eĂ»mes eu. Vous fĂ»tes. Vous eĂ»tes Ă©tĂ©. Vous eĂ»tes. Vous eĂ»tes eu. Ils furent. Us eurent Ă©tĂ©. Us eurent. 11$ eurent eu. ' FDTCR. ' FUTUR ANTÉRIEUR. FUTUR. FUTUR ANTÉRIEUR. Je serai. J’aurai Ă©tĂ©. J’aurai. J'aurai eu. Tu seras. Tu auras Ă©tĂ©. Tu auras. Tu auras eu. Il sera. Il aura Ă©tĂ©. Ij aura. II- aura eu. Nous serons. Nous aurons Ă©tĂ©. Nous aurons. Nous aprons eu. Vous serez. Vous aurez Ă©tĂ©. Vous aurez. Vous aurez eu. Us seront. Us auront Ă©tĂ©. Us.auront. Us auront eu. MODE CONDITIONNEL. MODE CONDITIONNEL. PRÉSENT. PASSÉ. PRÉSENT. PASSÉ. Je serais. J’aurais Ă©tĂ©. < J’aurais. J’aurais eu. Tu serais. Tu aurais Ă©tĂ©. Tu aurais. Tu aurais eu. 11 serait. 11 aurait Ă©tĂ©. 11 aurait. 11 aurait eu. Nous serions. Nous aurions Ă©tĂ©. Nous aurions. Nous aurions eu. Vous seriez. Vous auriez Ă©tĂ©. Vous auriez. Vous auriez eu. Us seraient. Ils auraient Ă©tĂ© (1). Us auraient. Us auraient eu (1). (1) Ou dit auasi : JV.u55e ct«. — Ta eusses Ă©tĂ©. ■—11 «6t Ă©tĂ©. ^ (1) On dĂźt aossl : J>u5?e eu. — Tu eai>ses eo. — Il eĂ»t M. Ifeds ruseiens Ă©tĂ©. — Vens «ussiw «tĂ©. — Ils eussent Ă©tĂ©. MOUS «nsiionĂŻ *u. — Voua i eus?iec eu. Ils «uiseat eu.
(514) MODE IMPÉRATIF. tRÊBÉNt: FOTDR ANTÉRIEUR. Sols. Aie Ă©tĂ©. Soyons. Ayons Ă©tĂ©. Soyez, Ayez Ă©tĂ©. MODE SUBJONCTIF; Aie. Ayons. Ayez. PRÉSENT. Que je soii Que.tu sois. QuĂŻl soit; Que nous soyons. Que vous soyez. QuĂŻls soient. IMPARFAIT. Que je fusse. Que tu fusses; QĂčĂŻl fĂ»t. Que nous fussions. Que vous fussiez/ QuĂŻls fussent. PASSÉ. Que j’aie Ă©tĂ©., Que tu aies Ă©tĂ©. QuĂŻĂŻ ait Ă©tĂ©. Que nous ayons Ă©tĂ©. Que vous ayez Ă©tĂ©. QuĂŻls aient Ă©tĂ©. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j'eusse Ă©tĂ©. Que tu eusses Ă©tĂ©, QuĂŻl eĂ»t Ă©tĂ©. Que nous eussions Ă©tĂ©. Que vous eussiez Ă©tĂ©. QuĂŻls eussent Ă©tĂ©. Être: Etant. EtĂ©: MbDE INFINITIF. PREBÈnL PASSÉ. Avoir Ă©tĂ©. PARTICIPE. PRÉSENT. PASSÉ COMPOSÉ. Ayant Ă©tĂ©. PASSÉ. MODE IMPERATIF. PRÉSENT. FUTUR ANTÉRIEUR* eui. Ayons eu. Ayez eu.. MODE SUBJONCTIF. PRESENT. Que j’aie. ^ Que tu aies. QuĂŻl ait. Que nous a^ons. Que vous ayez. QuĂŻls aient. IMPARFAiT. PASSÉ. Que j’aie eu. Que,tu aies eu. Qu’il ait eu. Que nous ayons eu. Que vous ayez eu. QuĂŻls aient eu. Que j’eusse. Que tu eusses. QuĂŻl eĂ»t. Que nous eussions. Que vous eussiez. Qu’ils eussent. PRESENT PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse eu. Que tu eusses eu. Qu’il eĂ»t eu. Que nous eussions eu. Que vous eussiez eu. QuĂŻls eussent eu. lĂ©biÊ iNtinraF. pAssiS. Avoir, Avoir eu. PARTICIPE. Ayant. Eu. PRÉSENT. PASSÉ: PASSÉ COMPOSÉ. Ayant eu. Le verbe auxiliaire avoir sert non seulement Ă  se conjuguer lui-mĂȘmĂš dans les tempĂŒ composĂ©s', mais Ăšricore Ă  conjuguer les temps composĂ©s du verbe ĂȘtre, ceux de ioĂŒs les verbes actifs et unipersonnels et ceux de la presque totalitĂ© des verbes neutres. Le verbe auxiUaiĂźre ĂȘtre sert Ă  conjuguer tous les verbes passifs, les temps composĂ©s des verbes rĂ©jlĂ©cliis, et ceux de quelques verbes neutres. Co nĂ«st pas ici le lieu dĂ«n rĂ©gler Temploi ; nous nous en occuperons dans la SynidxĂš. On voit, par lĂ© dĂŽiible tableau prĂ©cĂ©dent, que le verbe avoir, sĂ« suffit Ă  lui-mĂȘme,,quĂŻl nĂ«mprunle rien d’aucun autre, et que les formes composĂ©es fen sont formĂ©es par la )rĂ©ĂŒ- nion des fĂŽriûéS Ăąini{)les du mĂȘme verbe avec un participĂ© passĂ© ; au lieu que lĂšs formĂ©s composĂ©es du verhe ĂȘtre exigent lo concours des formes duuerĂše avoir. On verra bientĂŽt quĂŻl Ă©n est do mcme pour les autres verbes. Il faut distinguer soigneusement le futur simple ou ahsblii de Vindicatif, et le pfĂ©s'Ăšnt et futur du condĂŒiohnel {f aurai, f durais; je serai, je serais}. Ohconfond souvent TĂŒh avec TalitfĂ«, soit en parlant, soit en Ă©crivant, ce qui est une faute qui expose Ă  des cohtrĂ«- sens graves. On doit appliquer la mĂȘme remarque Ă  touĂ© les' aĂŒtfĂ«s verbes. 11 faut Ă ĂŒsĂ i distihgiiĂ©r avec soin lo passĂ© dĂ©fini de Vindicatif \ dĂ© Vimparfait du subjonctif [je fus, je fusse; tu fus; tu fussĂšs, etc. ; feus ; f eusse...., nous eĂ»mes, nous eussions, etc.); La secondĂ© pĂȘfsdnne du singulier, d’iinĂš forme quĂ«icĂŽnqĂŒĂ©, Ăšst terqiinĂ©e pĂąr ĂŒh s, exceptĂ© Ă  VimpĂ©ratif ; observation utile pour Torthographe. - Nous allons maintenant donner un modĂšle de chacune des quatre conjugaisons. Les 'vĂ©i'be^ rĂ©guliers se conjuguĂšnt tous de la ihĂȘhie maniĂšre que leurs mddĂšlĂ«s fÚë- cetifs 5 soit en er> soit en ir, soit en oir, soit en re ; et on ies appelle rĂ©guliers parce
(515) qĂŒils suivent dans toutes leurs formes le modĂšle de leur conjugaison ; d'oĂč il suit Ă©videmÂŹ ment qu'ils ne sont ni rĂ©guliers ni irrĂ©guliers par leur nature, mais relativement au modĂšle que Ton a choisi ; en sorte que, si ron prfenait un autre modĂšle, ce qui est absolument arbitraire, ceux qui Ă©iaionUrrĂ©guliers dans le premier cas pourraient ĂȘtre rĂ©guliers dans le second, et rĂ©ciproquement. iN“ CCCCLXXIIL MODÈLE DES DIFFÉRENTES CONJUGAISONS. iN cr. J’aime. Tu aimes. Il aime. Nous aimons. Vous aimez. Ils aiment. J’aimais. Tu aimais. 11 aimait. Nous airnion^; Vous aimiĂšz. lis aimaient. J’aimai. Tu aimaĂą. Ii aima. . Nous aimĂąmĂ«/. Vous aimĂątes. Ils aimĂšrent. J’ai aimĂ«. , Tu as aimĂ©' Il a aimĂ©; Nous avons aimĂ©. Vous avez aimĂ©. Ils ont aimĂ©. J’eus aimĂ©. Tu eus aimĂ©. 11 eut aimĂ©. Nous eĂ»mes aimĂ©. Vous eĂ»tes aimĂ©. Ils eurent aimĂ©. J'ai eu aimĂ©. , Tu as eu aim'Ă«: Il a eu aimĂ©. Nous av6n» Ăšu aime. Vous avez eii aimĂ©. Us ont eu aimĂ©. EN tr. * EN oir. MÔi)E INDICATIF. EN te ou mieux en dre. PRÉSENT. Je finis. Tu finis. 11 finĂźt. Nous finissons. Vous finissez. Us finissent. Je finissais. Tu finissais. 11 finissait. Nous finissions; Vous finissiez. Ils finissaient. Je finis. Tu finis. IL finit. Nous finĂźrncs. Vous finĂźtes. Us finirent. J’ai fini. Tu as fini* U a fini. NoĂŒs avons fini. Vous avez fini. Us ont fini. Je reçois. Tu reçois. U reçoit. Nous recevons. Vous recevez, lis reçoivent. Imparfait . Je recevais. Tu recevais. Il recevait. Nous recevions Vous receviez, ils recevaient. PASSÉ DÉFINI. Je reçus. .Tu reçus. Il reçut. Nous reçûmes. Vous reçûtes., Ils reçurent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai reçu. Tu as reçu. Il a reçu. Nous avons reçu. Vous avez reçu. Ils ont reçu* PASSÉ ANTÉRIEUR DÉFINI. J’eus fini. Tu eus fini. Il eut fini. Nous'eĂ»mes fini. Vous eĂ»tes fini. Us eurent fini. j'eus reçu. Tu eus reçu. Il eut reçu. Nous eĂ»mes reçu. Vous eĂ»tes reçu, ils eurent reçu. PASSÉ ANTÉRIEUR INDÉFINI. J’afeu fini. Tu as eu fini. Il a eu fini. Nous avons eĂŒ fini, Vous avez Ă«ĂŒ fini; Us ont eu fini; J’ai eu reçu. Tu as eu reçu: U a eu reçu. Nous avons Ă©ĂŒ reçu. Vous avez eu reçu, liront eu reçu/ Je rends. Tu rends. Il rend. Nous rendons. Vous rendez. Ils rendent. Je rendais. Tu rendais* Il rendait. Nous rendions. Vous rendiez. Us rendaient. Je rendis. Tu rendis. Il rendit: Nous rendĂźmĂšsi Vous rendĂźtes, lis rendirent. J’ai repdii.^ Tu as rendu. Il a rendu. Nous avons rendu. Vous avez rendu. Us ont rendu. J’eus rendu. Tu eus rendu* IL eut rendu. Nous eĂ»mes rendu. Vous eĂ»tes rendu. Us eurent rendu. J’ai eu rendu. " Tu as eu rendu: . U a eu rendu. , Nous avons eu rendu. Vous avez eu rendu, ils ont eu rendu; V
. ( 5J6 ) FtUB-QÜK-FARFAlX. J'arals aimĂ©. Tu avais aimĂ©. Il avait aimĂ©. Nous avions aimĂ©. Vous aviez aimĂ©. Ils avaient aimĂ©. J’aimerai. Tu aimeras. Il aimera.. Nous aimerons. Vous aimerez. Ils aimeront. J’aurai aimĂ©. Tu auras aimĂ©. 11 aura aimĂ©. Nous aurons aime. Vous aurez aimĂ©. Iis auront aimĂ©. Que j’aime. Que tu aimes. Qu’il aime. ' Que nous aimions. Que vous aimiez. Qu’ils aiment. .Lavais fini. Tu avais fini. ‱ Il avait fini. Nous avions fini. Vous aviez fini. Ils avaient fini. Je finirai. Tu finiras. .11 finira. Nous finirons. Vous finirez. Us finiront. J'aurai fini. Tu auras fini. 11 aura fini. * Nous aurons fini. Vous aurez fini. Ils auront fini. J’avais reçu. Tu avais reçu. Il avait reçu. Nous avions reçu. Vous aviez reçu. Ils avaient reçu. FÜTOR. Je recevrai. Tu recevras. Il recevra. Nous recevrons. Vous recevrez, ' Ils recevront. l'UTIĂźR ANTÉRIEUR, J’aurai reçu. Tu auras reçu. Il aura reçu. Nous aurons reçu. Vous aurez reçu. Ils auront reçu. MODE CONDITIONNEL. PRESENT, MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que je finisse. Que tu finisses. Qu’il finisse. Que nous finissions. Que vous finissiez. Qu’ils fĂźnissent. , Que je reçoive. Que tu reçoives. QuĂŻl reçoive. Que nous recevions. Que vous receviez. Qu’ils reçoivent. J’avais rendu. Tu avais rendu. Il avait rendu. Nous avions rendu Vous aviez rendu. Ils avalent rendu. Je rendrai. Tu rendras. Il rendra. Nous rendrons. Vous rendrez. Ils rendront. J’aurai rendu. Tu auras rendu. II aura rendu. Nous aurons rendu. Vous aurez rendu. Ils auront rendu. J’aimerais. > Je finirais. Je recevrais. Je rendrais. Tu aimerais. Tu finirais. Tu recevrais. Tu rendrais. Il aimerait. ][ finirait. Il recevrait. U rendrait. Nous aimerions. Nous finirions. Nous recevrions. Nous rendrions. Vous aimeriez. Vous finiriez. Vous recevriez. Vous rendriez. Us aimeraient. Us finiraient. Us recevraient. Us rendraient. J'aurais aimĂ©. J’aurais fini. PASSÉ. J’aurais reçu. J’aurais rendu. Tu aurais aimĂ©. Tu aurais fini. . Tu aurais reçu. Tu aurais rendu- Il aurait aimĂ©. U aurait fini. Il aurait reçu. 11 aurait rendu. Nous aurions aimĂ©. Nous aurions fini. Nous aurions reçu.' Nous aurions rendu. Vous auriez aimĂ©. Vous auriez fini. Vous auriez reçu. ' Vous auriez rendu. Ils auraient aimĂ©. Us auraient fini. ^ Us auraient reçu. Us auraient rendu. On dit encore: * 1 JYusse aimĂ©. J’eĂŒsse fini. J'eusse reçu, c J’eusse rendu. Tu eusses aimĂ©. Tu eusses fini. Tu eusses reçu. Tu eusses rendu. Il eĂ»t aimĂ©. U eĂ»t fini. Il eĂ»t reçu. 11 eĂ»t rendu. Nous eussions aimĂ©. Nous eussions fini. Nous eussions reçu; Nous eussions rendu Vous eussiez aimĂ©. , Vous eussiez fini. Vous eussiez reçu. Vous'eussiez rendu. Ils eussent aimĂ©. Us eussent fini. Us eussent reçu. Us eusseut rendu. MODE IMPÉRATIF. 1 * PRKSENT- Point de premiĂšre personne. Aime. Finis. Reçois. Rends. Aimons. Finissons. . Recevons. Rendons. ' Aimez. Finissez. ' . Recevez. Rendez. Que je rende. Que tu-rendes. Qu’il rende. Que nous rendions. Que vous rendiez Qu'ils rendent.
( 517 ) IJHrABFAlT. Que j’aimasse. Que .tu aimasses. Qu’il aimĂąt. Que nuus aimassions. Que vous aimassiez. Qu’ils aimassent. Que j’aie aimĂ©. Que tu aies aimĂ©. Qu'il ait aimĂ©. Que nous ayons aimĂ©. Que vous ayĂšz aimĂ©. Ou’ils aient aimĂ©. Que j’eusse aimĂ©. Que tu eusses aimĂ©. Qu’il eĂ»t aimĂ©. Que nous eussions aimĂ©. Que vous eussiez aimĂ© Qu'ils eussent aimĂ© Que je finisse. Que tu finisses. Qu’il finĂźt. Que nous finissions. Que vous finissiez. Qu’ils finissent. Que je reçusse. Que lu reçusses . Qu’il rpçût. Que nous reçussions. Que vous reçussiez. Qu’ils reçussent- . PRETERIT ou PAsSE. Que j’aie fini. Que tu aies fini. Qu’il ait fini. Que nous ayons fini. Que vous ayez fini. Qu’ils aient fini. ■ Que j’aie reçu. Que tu aies reçu. Qu’il ait reçu. Que nous ayons reçu. Que vous ayez reçu. Qu’ils aient reçu. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse fini. Que tu eusses fini. Qu’il eĂ»t fini. Que nous eussions fini. Que vous eussiez fini. Qu’ils eussent fini. Que j’eusse reçu. ' Que tu eusses reçu. Qu’il eĂ»t reçu. Que nous eussions reçu Que vous eussiez reçu. Qu’ils eussent reçu. Que je rendisse. Que tu rendisses. Qu’il rendĂźt. Que nous rendissions. Que vous rendissiez. Qu’ils rendissent. Que j’aie rendu. Que tu aies rendu. Qu’il ait rendu. Que nous ayons rendu, Que vous ayez rendu. Qu’ils aient rendu. Que j’eusse rendu. ^ Que tu eusses rendu. Qu’il eĂ»t rendu. Que nous eussions rendu. Que vous eussiez rendu. Qu’ils eussent rendu. Aimer. Aimant. AimĂ© ou aimĂ©e ou ayant aimĂ©. Avoir aimĂ©. Finir. Finissant. Fini ou finie ou ayant fini. Avoir fini.. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Recevoir, PARTICIPE PRÉSENT. , Recevant. . PARTICIPE PASSÉ. Reçu ou ' reçue ou ayant reçu. PASSÉ. Avoir reçu. Rendre. Rendant. Rendu ot# rendu» ou ayant rendu. Avoir rendu. Robert Etienne nous apprend dans sa Grammaire qu'autrefois les premiĂšres personnes des tjerftcs ne prenaient point s au singulier; cette lettre Ă©tait rĂ©servĂ©e aux secondes perÂŹ sonnes , et l’on mettait un t aux troisiĂšmes. Ainsi chaque personne avait sa lettre caracté ristique , ce qui rendait nos conjugaisons plus rĂ©guliĂšres. Mais le temps a apportĂ©, depuis trois cents ans, des changements Ă  ces inflexions Ă©videmment calquĂ©es sur la grammair- latine. «D’abord, observe TabbĂ© d’Olivet, les poĂštes s’enhardirent Ă  mettre un s aux pre- » miĂšres personnes des verbes dont la terminaison n'Ă©tait pas en e muet, afin d’évĂźier ia «frĂ©quente cacophonie qĂŒelles auraient occasionnĂ©e sans cela devant les mots qui com- )) mencent par une voyelle. Comme ils n'avaient rien de semblable Ă  craindre des verbes « qui finissent par un e muet, parce que ceux-LĂ  s’élident, ce sont les seuls qu ils ont lais- )) sĂ©s sans s; et insensiblement Tusage des poĂštes est devenu si gĂ©nĂ©ral, qu’enfin Toniis- )) sion de Ts aux premiĂšres personnes des verbes qui finissent par une consonne, ou par )) toute autre voyelle que Te muet, a Ă©tĂ© regardĂ©e comme une nĂ©gligence dans la prose et )) comnie une licence dans les vers.» Le verbe avoir est le seul de son espĂšce qui n'ait pas Ă©prouvĂ© ce changement. On a toujours Ă©crit j’nt, quoiqu'on Ă©crive je fats, etc.
( 518 ) MÛriÈLE DES DIFFÉPENTES CONJUGAISONS. EN eĂźer. va yer. EN ner. EN ger. J'appelle. Tu appelles, ĂŻl appelle.' " Nous ap )clons. Vous ap lelez.*’ Ils appe lent. J’appelais. Tu appelais ^ t t f G* ‱ 'V t Il appelait. Nous appe Vgus appe Ils appelaient. ions. »«flif Icz* J’appelai. Tu appelas. 11 appela. Nous appelĂąmes. Vous appelĂątes. Ils appelĂšrent. J’ai appelĂ©. Tu as appelĂ©. Il a appelĂ©. iVous avons appelĂ©. Vous avez appelĂ©. Ils ont appelĂ©. J’eus appelĂ©. Tu çus appelĂ©. Il eut appelĂ©. Nous eĂ»mes appelĂ©. Voi^s eĂ»tes appcjĂ©. Us 'eurent appelĂ©/ J’ai eu appelĂ©. Tu as eirappĂ©lĂ©. Il a eu appelĂ©. * Nous avons Ăšu appelĂ©. Vous aviez eu appelĂ©. Ils. ont eu appelĂ©. ‘ * » J’avais appelĂ©. ’fu avais appelĂ©. Il aĆžaitĂ«ppelĂ©. Nofis’àvßÎ us* appelĂ©. Vous aviez appelĂ©: Us avaient appelĂ©. J’appellerai, Tu appelleras. . U appellera. J’emploie. Tu emploies. . n’emploie. Nous employons Vous employez. Ils emploient. MODE INpipA’fĂźF. PRÉSENT. i ** Je joue. Tu joues. Il joue. . Nous jouons. Vous jouez. Us jouent. J!pmpl oyais. Tu employais; I|‘empioyait. Nous employions. Vous employiez.’ Us employaient. J’employai. Tu employas. Jl employa. Nous employĂąmes. Vous employĂątes. Us employĂšrent. IMPARFAIT. Je jouais. Tn jouais. Û'jouaif. Nous jouions. Vous jouVĂ©z.' lis jouaient. PASSÉ DÉFINI. Je jouai. Tu jouas. Il joua. Nous jouĂąmes. Vous jouĂątes. Us jouĂšrent. ,1’ai employĂ©. Tu as crnployĂ©, il a employĂ©. Nous avons employĂ©. A^'ous avez employĂ©. Us ont employĂ©. J’eus employĂ©, Tii eu s employĂ©. IlĂ«ĂŒtĂ«mployĂ©. Nous eĂ»mes,employĂ©- Vous eĂ»tes employĂ©., ils'eurent employĂ©. V J ' * r PASSÉ INDÉFINI. J’ai jouĂ©. Tu as jouĂ©. U a jouĂ©. Nous avons jouĂ©. * Vous avez jouĂ©. Ijs ont jouĂ©. PASSÉ ANTÉRIEUR DÉFINI, J’eus jouĂ©. ■ Tu eus JouĂ©. U eut'jouĂ©. . Nous eĂ»mes jouĂ©. Vous eĂ»tes jouĂ©. ' Ils eurent jouĂ©'. PASSÉ ANTÉRIEUR INDÉFINI, 'G .* ^ ir J’ai eu jouĂ©. , Tu as eu jouĂ©. U a eu jouĂ©., Nous ayons eu jouĂ©. Voiis avezĂ«u jouĂ©/' Us ont eu jouĂ©. J’ai eil employĂ©. Tu as eu'employĂ©. ' U a eu employĂ©. Nous avons eu employĂ©. Vous avez eu cmp Us ont Ă©u employĂ©.’ < ' I PLUS-QUE-PARFAIT. OYC. J’avais employĂ©. Tu avais employĂ©. Il avait employĂ©. NoiĂźs* avions employĂ©. Àfous aviez crriployĂ©- lis avaient employĂ©. J’emploierai. Tu emploieras. Il emploiera. J'avais jouĂ©. Tu avais jouĂ©. Il avait jouĂ©. Nous avions jouĂ©. Vous aviez joĂŒĂ©. Ils avaient jouĂ©. FUTUR. Je jouerai. Xu joueras. U jouera. Je venge., Tu venges. U’ venge. Nous vengeons. Vous vengez/' Us vengent- Jc vengeais. Tu vengeais. iVvengeĂąit. Nous vengions. Vous vengiez*. Us vengeaient. Je vengeai. Tu vengeas. Il vengea. Nous vengeĂąmes. Vous vengeĂątes. Us vengĂšrent. % * J’ai vengĂ©. Tu as. vengĂ©. U a vengĂ©. Nous avons vengĂ©. Vous avez vengĂ©. Us ont ven^Ă©. J’eus vengĂ©. Tu eus vengĂ©. Il eut VengĂ©. ' NoĂŒs eĂ»riies vengĂ©. .Vous eĂ»tes vengĂ©. Ils eurent vengĂ©/ J’ai eu vengĂ©. Tu'as eu ven’gĂ©. U a eu vengĂ©. Nous avons eu vengĂ©. Tous avez eu vengĂ©. Ils'ont eu vengĂ©. J’avais vengĂ©. Tu avais vengĂ©. t\ avait vengĂ©.* Nous avions vengĂ©. Yous aviez vengĂ©/ Ils avaient vengĂ©. Je vengerai. Tu vengeras. U vengera.
Nous appellerons Vous appellerez. Ils appelleront.". J’aurai appelĂ©. Tu auras appelĂ©. 11 aura appe Ă©. Nous aurons appelĂ©. Vous aurez appelĂ©: lis auront appelĂ©. J’appellerais. Tu appellerais. Il appellerait. Nous aj)pellerions. Vous appelleriez. Ils appelleraient J’aurais appelĂ©e Tu aurais appelĂ©. Il aurait appelĂ©'.' Nous aurions appelĂ©. Vous auriez appelĂ©. Ils auraient appelĂ©. t ' J’eusse appelĂ©. Tu eusses appelĂ©. Il eĂ»t appelĂ©. Nous eussions appelĂ©. Vous eussiez appelĂ©'. Ils eussent appelĂ©. Appelle. Appelons. Appelez. Que j’appelle. Que tu appelles. Qu’il appelle. Que nous appelions. Que vous appeliez. QĂŒils appellent, 4 * Que j’appelasse. Que tu appelasses. QÜU appelĂąt. Que nous appelassions, Que vous appelassiez. Qu’ils appelassent. Que j'aie appelĂ©. Que tu aies appelĂ©. Qu’il ait appelĂ©. (519) Nous emploierons. Nous jouerons. Vous emploierez. Vous jouerez. Ils emploieront. ‘ Ils joueront. . FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai employĂ©. Tu auras employĂ©. II aura employĂ©. Nous aurons employĂ©. Vous aurez employĂ©. Ils auront employĂ©. ' J’aurai jouĂ©. Tu auras jouĂ©. Il aura jouĂ©. Nous aurons jouĂ©. Vous aurez jouĂ©. Ils auront jouĂ©. MODE CONDITIONNEL. J’emploierais. Tu emploierais. ' Il emp oierait. Nous emploierions. Vous emploieriez.. Ils emploieraient. J’aurais employĂ©. Tu aurais employĂ©. Il aurait employĂ©. Nous aurions employĂ©, Vous auriez emp oyĂ©. Ils auraient employĂ©. PRESENT. Je jouerais. Tu jouerais. Il jouerait. . - Nous jouerions. Vous joueriez. Ils joueraient. PASSÉ. J’aurais jouĂ©. Tu aurais jouĂ©. Il aurait jouĂ©. Nous aurions joue. Vous auriez jouĂ©. Ils auraient jouĂ©. On dit encore : J’eusse employĂ©. Tu eusses employĂ©. Il eĂ»t employĂ©. Nous eussions employĂ©. Vous eussiez ĂȘmpTo’yĂ©. Us eussent employĂ©. J’eusse jouĂ©. Tu eusses jouĂ©. Il eĂ»t jouĂ©. Nous eussions jouĂ©. Vous eussiez’jouĂ©.’ Ils eussent jouĂ©. MODE IMPERATIF, ‱ PRÉSENT. Point de premiĂšre personne. Emploie. ' Joue. Employons. Jouons. . Employez.. Jouez. MODE SUBJONCTIF. f» i. ' PRÉSENT. Que j’emploie. Que lu emploies, Qu’il emploie. ‘ Que nous employions. Que vous employiez.. ' ' QĂŒils emploient. QĂŒe je joue. Que tu joues. QĂŒil joue. Que nous jouions. Que vous jouiez. QĂŒils jouent. IMPARFAIT. Que j’employasse. ' Que je jouasse. Que tu employasses. Que tu jouasses. QĂŒil employĂąt.' ' , ' QĂŒil jouĂąt. Que nous employassions. Que nous jouassions. Que vous employassiez. ' Que vous jouassiez. QĂŒils employassent. QĂŒils jouassent. PASSÉ. Que j’aie employĂ©. Que tu aies employĂ©, pu’il ait employĂ©. Que j’aie jouĂ©. Que tu aies jouĂ©, QĂŒil ait jouĂ©. Nous vengerons. Vous vengerez. Ils vengeront; ' J’aurai vengĂ©. Tu auras vengĂ©. Il aura vengĂ©,' ^ Nous aurons vengĂ©. Vous aurez vengĂ©, ‘ ils auront vengĂ©. Je vengerais. Tu vengerais, vengerait. Nous vengerions. Vous vengeriez. Us vengeraient. J’aurais vengĂ©. Tu aurais vengĂ©. Il aurait vengĂ©l'’ Nous aurions vengĂ©. Vous auriez vengĂ©. Us auraient vengĂ©. J’eusse vengĂ©. Tu eusses vengĂ©. Il eĂ»t vengĂ©. Nous eussions vengĂ©. Vous eussiez vengĂ©. Us eussent vengĂ©. Venge Vengeons. Vengez, Que je venge. Que tu venges. QĂŒil venge. Que nous vengions. Que vous vengiez. QĂŒils vengent. Que je vengeasse. Que tu vengĂȘasto. Qu'il vengeĂąt.’ ^ Que nous vengeassions. Que vous vengeassiez, QĂŒils vengeassent. Que j’aie vengĂ©. Que tu aies vengĂ©, QĂŒil ait vengĂ©.
Que nous ayons appelĂ©. Que vous ayez appelĂ©. QuĂŻls aient appelĂ©. QuejĂ«usse appelĂ©. Que tu eusses appelĂ©. QuĂŻl eĂ»t.appelĂ©. Que nous eussions appelĂ© Que vous eussiez appelĂ©. QuĂŻls eussent appelĂ©. ( o2'J ) Que nous ayons empIoyĂ©.Que nous ayons jouĂ©. Que TOUS ayez employĂ©! Que vous ayez jouĂ©. QuĂŻls aient employĂ©. Qûïls aient jouĂ©. , PLOS-QUK-PARFAIT. Que j'eusse employĂ©. Que j’eusse jouĂ©. Que tu eusses employĂ©. Que tu eusses jouĂ©. Qu’il eĂ»t employĂ©. QuĂŻl eĂ»t jouĂ©. .QuenouseussionsemployĂ©.Que nous eussions jouĂ©. Que vous eussiez-empIoyĂ©.Que vous eussiez jouĂ©. QuĂŻls eussent employĂ©. QuĂŻls eussent jouĂ©. Que nous ayons vengĂ©. Que vous ayez vengĂ©. QĂŒils aient vengĂ©. Que j'eusse vengĂ©. Que tu eusses vengĂ©. QuĂŻl eĂ»t vengĂ©. Que nous eussions vengĂ©. Que vous eussiez vengĂ©. QuĂŻls eussent vengĂ©. Appeler. Appelant. appelĂ© Étant ou appelĂ©e ou ayant appelĂ©. Être ou appelĂ©, avoir Employer. Em'pĂźoyant. employĂ© Étant ou employĂ©e ow ayant "employĂ©. Être ou employĂ©, avoir MODE INFINITIF. PRÉSENT, Jouer. PARTICIPE PRÉSENT. Jouant. PARTICIPE PASSÉ. jouĂ© Etant ou jouĂ©e ou ayant jouĂ©. PASSÉ, Être ou jouĂ©, avoir Venger. Vengeant. vengĂ© Etant ou vengĂ©e ou ayant vengĂ©. Être ou vengĂ©, avoir IN Ă©er. ■N cer. EN ier, MODE INDICATIF. IN ur. J’agrĂ©e. Tu agrĂ©es. Il agrĂ©e.' Nous agrĂ©ons. Vous agrĂ©ez. Ils agrĂ©ent. Je perce. ‱ Tu perces. Il perce. Nous perçons. Vous percez. Ils percent. J’agrĂ©ais. . Je perçais. Tu agrĂ©ais. Tu perçais. U agrĂ©ait] Il perçait. Nous agrĂ©ions; Nous percions. Vous agrĂ©iez.* Vous perciez. Us agrĂ©aient. Ils perçaient. F J’agrĂ©ai. Je perçai. Tu agrĂ©as. Tu perças. 11 agrĂ©a. 11 perça. Nous agréùmes. Nous perçùmes. Vous agréùtes. Vous perçùtes. Iis agréÚrent. Ils percĂšrent. ‱ * J'ai agréé. J’ai percĂ©. ^ Tu as agréé. Tu as percĂ©. U a agréé. U a percĂ©. Nous avons agréé. Nous avons percĂ©. Atous avez agréé. A'^ĂŒus avez percĂ©. Ils ont agréé. Ils ont percĂ©. PRÉSENT. Je prie. Tu pries. Il prie. Nous prions. Vous priez. Ils prient. . IMPARFAIT. Je priais. Tu priais. Il priait. Nous priions. Vous priiez. Iis priaient. PASSE DÉFINI. Je priai. Tu prias. Il pria. Nous priĂąmes. Vous priĂątes, lis priĂšrent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai priĂ©. . Tu as priĂ©. Il a priĂ©. Nous avons priĂ©. Vous avez priĂ©. Us ont priĂ©. Je jette. Tu jettes. Il jette. Nous jetons. Vous jetez. Ils jettent. Je jetais. Tu jetais. 11 jetait. Nous jetions. Vous jetiez. Ils jetaient. Je jetai. Tu jetas. Il Jeta. Nous jetĂąmes. Vous jetĂątes. Ils jetĂšrent. J’ai jetĂ©. Tu as jetĂ©. Il a jetĂ©. Nous avons jetĂ©. Vous avez jetĂ©. Us ont jetĂ©.
{ ) PASSÉ antĂ©rigor dĂ©fini. J'eĂčb agree. Tu eus agréé. Il eut agréé. Nous eĂ»mes agréé. Vous eĂ»tes agréé. Ils eurent agréé. J’ai eu agréé. Tu as eu agréé. II a eĂŒ agréé. Nous avons eu agréé. Vous avez eu agréé. Us ont eu agréé. J’avais agréé. Tu avais agréé. Il avait agréé. Nous avions agréé. Vous aviez agréé, lis avaient agréé. J’agrĂ©erai. Tu agrĂ©eras. Il agrĂ©era. Nous agrĂ©erons. Vous agrĂ©erez. Ils agrĂ©eront. J’aurai agréé. Tu auras agréé. 11 aura agréé. Nous aurons agréé. Vous aurez agréé, lis auront agréé. J'eus percĂ©, Tu eus percĂ©. II eut percĂ©. Nous eĂ»mes percĂ©. Vous eĂ»tes percĂ©. Ils eurent percĂ©. J’eus priĂ©. * Tu eus priĂ©. Il eut priĂ©. Nous eĂ»mes priĂ©. Vous eĂ»tes priĂ©. Ils eurent priĂ©. PASSE ANTERIEUR INDEFINI. J’ai eu percĂ©. Tu as eĂŒ percĂ©. 11 a eu percĂ©. Nous avons eu percĂ©. , Vous avez eu percĂ©. Ils ont eu percĂ©. J’ai eu priĂ©. Tu as eu priĂ©. Il a eu priĂ©. Nous avons eu priĂ©. Vous avez eu priĂ©. Ils ont eu priĂ©. PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais percĂ©. Tu avais percĂ©. II avait percĂ©. Nous avions percĂ©. Vous aviez percĂ©. Ils avaient percĂ©. * Je percerai. Tu perceras. Il percera. Nous percerons. Vous percerez. Ils perceront. s J’avais priĂ©. Tu avais priĂ©. Il avait priĂ©. Nous avions priĂ©. Vous aviez priĂ©. Us avaient priĂ©. FUTUR. Je prierai. Tu prieras. Il priera. Nous prierons. Vous prierez. Ils prieront. FUTUR antĂ©rieur. J’aurai percĂ©. Tu auras percĂ©. Tl aura percĂ©. Nous aurons percĂ©. Vous aurez percĂ©. Ils auront percĂ©. J’aurai priĂ©. Tu auras priĂ©. Il aura priĂ©. Nous aurons priĂ©. Vous aurez priĂ©. Us auront priĂ©. J’eus jetĂ©.. Tu eus jetĂ©. .1! eut jetĂ©. Nous eĂ»mes jetĂ©. Vous eĂ»tes jetĂ©. Us eurent jetĂ©. J’ai eu jetĂ©. Tu as eu jetĂ©. U a eu jetĂ©. Nous avons eu jetĂ©. Vous avez eu jetĂ©. Ils ont eu jetĂ©. J’avais jetĂ©. Tu avais jetĂ©. Il avait jetĂ©. Nous avions jetĂ©. Vous aviez jetĂ©. Us avaient jetĂ©. Jejetterai. Tu jetteras, II jettera. Nous jetterons. Vous Jetterez. Us jetteront. J’aurai jetĂ©. Tu auras jetĂ©. Il aura jetĂ©. Nous aurons jetĂ©. Vous aurez jetĂ©. Us auront jetĂ©. MODE CONDITIONNEL. PRESENT. J'agrĂ©erais. Tu agrĂ©erais. Il agrĂ©erait. Nous agrĂ©erions. Vous agrĂ©eriez. Ils agrĂ©eraient. .T’aurais agréé. Tu aurais agréé. Tl aurait agréé. Nous aurions agréé. Vous auriez agréé. Ils auraient agréé. J'eusse agréé. Tu eusses agréé, 11 eĂ»t agréé. Nous eussions agréé. Vous eussiez agréé. Us eussent agréé. Je percerais. Tu percerais. II percerait. Nous percerions. Vous perceriez. Ils perceraient. J'aurais percĂ©. Tu aurais percĂ©. Il aurait percĂ©. Nous aurions percĂ©. Vous auriez percĂ©. Ils auraient percĂ©. Je prierais. Tu prierais. Il prierait. Nous prierions. Vous prieriez. Ils prieraient. PASSÉ. J’aurais priĂ©. * Tu aurais priĂ©, ĂŻl aurait priĂ©. Nous aurions priĂ©. Vous auriez priĂ©. Ils auraient priĂ©. On dit encore : J’eusse percĂ©. Tu eusses percĂ©. Tl eĂ»t percĂ©. Nous eussions percĂ©. Vous eussiez percĂ©. Ils eussent percĂ©. J’eusse priĂ©. Tu eusses priĂ©. II eĂ»t priĂ©. Nous eussions priĂ©. Vous eussiez priĂ©. Ils eussent priĂ©. .Te jetterais. Tu jetterais. Î1 jetterait. , Nous jetterions.' Vous jetteriez. Us jetteraient. J’aurais jetĂ©. Tu aurais jetĂ©. U aurait jetĂ©. Nous aurions jetĂ©. Vous auriez jetĂ©, lis auraient jetĂ©. J’eusse jetĂ©. Tu eusses jetĂ©. Il eĂ»t jetĂ©. ‱ Nous'eussions jetĂ© Vous eussiez jetĂ©, llç eussent jetĂ©. 66 *
( 522 ) AgrĂ©e. AgrĂ©ons. AgrĂ©ez. MQDÉ IMPÉRATIF. PRÉSENT. Êoint de premiĂšre personne; Perce. Prie, Perçons. Prions. Percez. ' Priez. r i MODR SPBJONCTIF. Que j’agrĂ©e. Que tu agrĂ©es. QuĂŻl agrĂ©e. Que nous agrĂ©ions. Que vous agrĂ©iez. QuĂŻls agrĂ©ent. * Que j’agrĂ©asse. Que tu agrĂ©asses. QuĂŻl agréùt. Que nous agrĂ©assions. Que vous agrĂ©assiez; QuĂŻls agrĂ©assent. Que j'aie agréé. Que lu aies agréé. QuĂŻl ait agréé."^ * Que nous ayons agréé. Que vous ayez agréé. QuĂŻls aient agréé. M Que j’eusse agréé.* Que tu eusses agréé. QuĂŻl eĂ»t agréé; Que nous eussions agréé. Que vous eussiez agréé. QuĂŻls eussent agréé. Que je perce. Que tu perces, ' QuĂŻl perce. *'* Que nous percions, Que vous perciez. ' QuĂŻls percent. Que je perçasse. Que tu perçasses. QuĂŻl perçùt. Que noua perçassions. Que vous perçassiez. QuĂŻls perçassent. PRÉSENT. r f Que je prie. Que tu pries. , QuĂŻl prie. Que nous priions. Que vous priiez. QuĂŻls prient. IMPARFAIT. . ' Que je priasse. Que tU'priassĂ©s. QuĂŻl priĂąt. ’ Que nous priassions. Que vous priassiez, QuĂŻls priassent. 1 PASSÉ. Pue j’aie percĂ©. Que tu aies peVcĂ©. QuĂŻl ait percĂ©. Que nous ayons percĂ©. Que vous ayez percĂ©. . QuĂŻls aient percĂ©.*" PLUS-QUE Que j’eusse percĂ©. Que tu eusses percĂ©., QuĂŻl eĂ»t percĂ©. Que nous eussions percĂ©. Que vous eussiez percĂ©. QuĂŻls eussent percĂ©; Jette. Jetons. Jetez, Que j’aie priĂ©. Que tu aies priĂ©. JuĂŻl ait priĂ©. 2ue nous ayons priĂ©. Jue vous ayez priĂ©, JuĂŻls aient priĂ©. -PARFAIT, Que j’eusse priĂ©.’ ' Que tu eusses priĂ©. QuĂŻl eĂ»t priĂ©, r ' ' Que nous eussions priĂ©. Que vous eussiez priĂ©, QuĂŻls eussent priĂ©. Que je jette. . Que tu jettes. QĂŒil jette, Que nous jetions. Que vous jetiez. QuĂŻls jettent. * Que je jetossq. Que lu jetasse§, QuĂŻl jetĂąt. " Que nous jetassions. Que vous jetassiez. Qu’ils jetassent. Que j’aie jetĂ©, Ăźue tu aies jetĂ©. QĂŒil ait jetĂ©. ' Que nous ayons jetĂ©. Que vous ayez jetĂ©. QĂŒils aient jetĂ©. Que j’eusse jetĂ©. Que tu eusses jĂštĂ©. QuĂŻl eĂ»t jetĂ©. ‘ ' Que nous eussions jetĂ©. Que vous eussiez jetĂ©. QuĂŻls eussent jetĂ©. AgrĂ©er. Percer. 1 ‘ AgrĂ©ant. Perçant. 1 Étant Ott ayant agréé. ou agréée agréé*. Étant ou ayant percĂ© ou percĂ©e percĂ©. Être ou avoir agréé. Être ou avoir percĂ©. MODE INEINÏTIF. PRÉSENT. ' -r. . - Prier. Priant. PARTICIPE PASSÉ. priĂ© Etant ou priĂ©e 'ou ayant priĂ©. PASSÉ. Être ou priĂ©, avoir Jeter. Jetant. i Etant ou jetĂ©e. Ott ayant jetĂ©. Être OM jetĂ©, avoir OBSERVATIONS. Oes verbes sont rĂ©guliers quant Ă  leur conjugaison; mais ils offrent quelques difficultĂ©s orthographiques» Ă«t c’est pour les aplanir que nous eh avĂ©as donnĂ© le modĂšle.* * ' '
{ 523 ) Les «çrĂŽcs terminĂ©s Ă  Vinfinitif prĂ©sent en eler; doublent la lettre l quand, apirĂšs cette lettre, on entend le son d'un, e lURpt, ils appellent, ils Ă©tinçell§nf ; mais ou Ă©crit ayec un seul Z, ils appelaient, nous nivelons'. Les verbes en eter suivent la mĂȘme rĂšgle, c'est-Ă -dire que le t se redouble dans les sylÂŹ labes muettes : je jette, et que Ton n-en inĂšt qĂŒun seul dans les autres cas, nous jetons. Les verbes tenir, venir, prendre, et leurs composĂ©s, dqublĂ©nt ou ne doublent; pas la lettre n dans les mĂȘmes circonstances! * ^ . . ' , f ' t Tous les verbes dont Vinfinitif prĂ©sent est en yer conservent Vy gui se trouve dans Yin- finitif, toutes les fois qĂŒon doit entendre le son de deux i, je payais, et ceci a lieu devant toutes les voyelles sonnantes ; mais deyant les syllabes muettes e, es, ent, on ne fait usagq que de Yi simple. Cette orthographe est aujourd'hui gĂ©nĂ©rale et repose sur la rajton. En effet, devant les syllabes muettes on'qlentond que le son §jmpje d'un i. L'AcadĂ©niie conÂŹ serve toutefois l'y dans toute fa conjugaison des verbes en ayer, tels que payer, essayer,etc. Dans les uer&es Ă©n ger, onne met un e inuet aprĂšs le y que lorsque cette consonne est suivie des voyelles a ou o, et seulement pour conserver aĂč g le son doux de je. Les autres verbes ne prĂ©sentent aucune espĂšce de difficultĂ©, parce que leur orthographe est toute rĂ©guliĂšre. Nou§ invitons seulement Ă 'cpmparer leurs terminaisons les unes aprĂšs les autres, et l’on sera convaincu de ce que nous avançons. Dans les verbes en cer, le c prend une cĂ©dilje devant a, 0 ei u : Nous plaçons, je menaçais, MODÈLE DES DIFFÉRENTES CONJUGAISONS. KN rir. EN tir. EN entr* T I EN vtr. ÏNpĂźCAÎil*. PRESENT. * * ‱ J’ouvre. Je sens. Je tiens. Je sers, Tu ouvres. , Tu sens. Tu liens. Tu sers. 11 ouvre. Il sent- 11 lient. Il sert. -Nous ouvrons.' . Nous sentons. Nous tenons. Nous servons. Vous ouvrez. Vous sentez. Vous tenez. yous servez. Ils ouvrent. Ils sentent. ils tiennent. Us servent. IMPARFAIT. J’ouvrais. Je sentais. Je tenais. Je servais. Tu ouvrais. Tu sentais. Tu tenais. 'fu servais. Il ouvrait. ĂŻl sentait. Il tenait. Il servait. Nou ouvrions. Nous sentions. Nous tenions.’ Nous servions. Vous ouvriez. Vous sentiez. Vous teniez. Vous serviez. Us ouvraient. *jls sentaient. Us tenaient. Ils servaient. m PASSÉ DÉFINI. J'ouvris. Je sentis. Je tins. ' Je servis. Tu ouvris. Tu sentis. Tu lins. Tu servis. Il ouvrit. fl SCIlljt. II tint. ĂŻlservit. Nous ouvrĂźmes. Nous sentĂźmes. Nous tĂźnmes. ' Nous servĂźmes. Vous ouvrĂźtes. Vous sentĂźtes. Vous tĂźntes. Vous servĂźtes. Ils ouvrirent. Ils sentirent. t t Ils tinrent. PASSÉ INDÉFINI. Ils servirent. J’ai ouvert. J’ai scnli. J’ai tenu.- J’ai servi. ' Tu as ouvert,. Tu as senti. Tu as tenu. Tu as serv:. Il a ouvert. Il a senti. U a tenu. Il a servi. Nous avons ouvert. Nous avons senti. Nous avons tenu. Nous avons seni Vous avez ouvert. Vous avez senti. Vous avez tenu. Vous avez servi. Us ont ouvert. Us ont senti. Us ont tenu. Ils ont servi. PASSÉ ANTÉRIEUR DÉFINI. J’eus ouvert. JJeus senti. J’eus tenu. J’eus servi. Tu eus ouvert. 'Tu eus senti. Tu eus tenu. Tu eus servi. Il eut ouvert. ĂŻ| eut senti. «J . 11 eut tenu. Jj eut servi.
Nous eĂ»mes ouvert. Vous eĂ»tes ouvert. Ils eurent ouvert. J’ai eu ouvert. Tu as eu ouvert, II a eu ouvert. Nous avons eu ouvert. Vous avez eu ouvert. Ils ont eu ouvert. J’avais ouvert. Tu avais ouvert. Il avait ouvert. Nous avions ouvert. Vous aviez ouvert. Us avaient ouvert. J’ouvrirai. Tu ouvriras. Il ouvrira. Nous ouvrirons. Vous ouvrirez. Ils ouvriront. J’aurai ouvert. Tu auras ouvert. II aura ouvert. Nous aurons ouvert. Vous aurez ouvert. Ils auront ouvert. J’ouvrirais. Tu ouvrirais. Il ouvrirait. Nous ouvririons. Vous ouvririez. Ils ouvriraient. J’aurais ouvert. Tu aurais ouvert. U.aurait ouvert. Nous aurions ouvert. Vous auriez ouvert. ‱Ils auraient.ouvert. J’eusse ouvert. Tu eusses ouvert. Il eĂ»t ouv**r», Nous eussions ouvert. Vous eussiez ouvert. Ils eussent ouvert. Ouvre, Ouvrons. Ouvr«. Nous eĂ»mes senti. Vous eĂ»tes senti. Us eurent senti. PASSÉ ANTÉRIEUR INDÉFINI. ( 524 ) Nous eĂ»mes tenu. Vous eĂ»tes tenu. Ils eurent tenu. J’ai eu senti.* Tu as eu senti. U a eu senti. Nous avons eu senti. Vous avez eu senti. Ils ont eu senti. J’ai eu tenu. Tu as eu tenu, U a eu tenu. Nous avons eu tenu. Vous avez eu tenu. Us ont eu tenu. PLUS-OÜE'PARFAIT. J’avais senti. * Tu avais senti. U avaitsenti. . Nous avions senti. Vous aviez senti. Ils avaient senti. Je sentirai. Tu sentiras. U sentira. Nous sentirons. Vous sentirez. Us sentiront. J’avais tenu. i Tu avais tenu. Il avait tenu. Nous avions tenu. Vous aviez tenu. Ils avaient tenu. FUTUR. Je tiendrai; Tu tiendras. U tiendra. Nous tiendrons. Vous tiendrez. Ils tiendront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai.senti. Tu auras senti. 11 aura senti. Nous aurons senti. Vous aurez senti. Ils auront senti. J’aurai tenu. Tu auras tenu. U aura tenu. Nous aurons tenu. Vous aurez tenu. Us auront tenu. MODE CONDITIONNEL. Je sentirais. Tu sentirais. 11 sentirait. Nous sentirions. Vous sentiriez. Ils sentiraient. J’aurais senti. Tu aurais senti. Il aurait senti. Nous aurions senti. Vous auriez senti. Ils auraient senti. PRÉSENT. Je tiendrais. Tu tiendrais. U tiendrait. Nous tiendrions. Vous tiendriez. Us tiendraient. PASSÉ, J’aurais tenu. Tu aurais tenu U aurait tenu. Nous aurions terni, Vous auriez tenu. Us auraient tenu. On dit encore: J’eusse senti. Tu eusses senti. U eĂ»t senti. Nous eussions senti. Vous eussiez senti. Ils eussent senti. J’eusse tenu. Tu eusses tenu. II eĂ»t tenu. Nous eussions tenu. Vous eussiez tenu. Ils eussent tenu. Sens. Sentons. Sontez. MODE IMPERATIF. » PRÉSENT. Point de premiĂšre personne. Tiens. Tenons. Tenez.' Nous eĂ»mes servi. Vous eĂ»tes servi. Ils curent servi, - J’ai eu servi., Tu as eu servi. I! a eu servi. Nous avons eu _servi. Vous avez eu servi. Ils ont eu servi. J’avais servi. Tu avais servi. Il avait servi'. Nous avions servi. Vous aviez servi. Us avaient servi. K Je servirai. Tu serviras, ĂŻl servira. . Nous servirons. Vous servirez. Ils serviront. J’aurai servi. * Tu auras servi. Il «aura servi. Nous aurons servi. Vous aurez servi. Ils auront servi. Je servirais. Tu servirais. II servirait. Nous servirions. Vous serviriez. Ils serviraient. J’aurais servi. Tu aurais scyvi. Il aurait servi. Nous aurions servi. Vous auriez servi. Us auraient servi. J’eusse servi. Tu eusses servi. Il eĂ»t servi. Nous eussions servi. A'ous eussiez servi. Us eussent servi Sers. Servons. ftflTW. 0
( 825 ) MODE SUBJONCTIF. PRESENT. Que j’ouvre. Que tu ouvres. - QuĂŻl ouvre. Que nous ouvrions. Que vons ouvriez. QuĂŻls ouvrent. Que j’ouvrisse. Que tu ouvrisses. QuĂŻl ouvrĂźt. Que nous ouvrissions. Que vous ouvrissiez. QuĂŻls ouvrissent. Que j’aie ouvert. ' Que tu aies ouvert. Qu’il ait ouvert. Que nous ayons ouvert. Que vous ayez ouvert. QuĂŻls aient ouvert. Que jĂ«usse ouvert. Que tu eusses ouvert. Qu’il eĂ»t ouvert. Que nous eussions ouvert. Que vous eussiez ouvert. QuĂŻls eussent ouvert. Que je sente. Que tu sentes. QuĂŻl sente. Que nous sentions. Que vous sentiez. Qu’ils sentent. Que je tienne. Que tu tiennes. . Qu’il tienne. Que nous tenions. Que vous teniez. QuĂŻls tiennent. IMPARFAIT. Que je.sentisse. Que tu sentisses. QuĂŻl sentĂźt. - Que nous sentissions. Que vous sentissiez. QuĂŻls sentissent. Que je tinsse/ Que tu tinsses.’* QuĂŻi tĂźnt. Que nous tinssions. Quea’ous tinssiez. QuĂŻls tinssent. PASSÉ. Que j’aie tenu. Que tu aies tenu. QuĂŻl ail tenu. Que nous ayons tenu. Que vous ayez tenu. QuĂŻls aient tenu. Que j’aie senti,' Que tu aies senti. Qu’il ait senti. Que nous ayons senti. Que vous ayez senti. QuĂŻls aient senti. PLDS-QDE-PABFAIT. Que j’eusse senti. Que j’eusse tenu. Que tu eusses senti. Que tu eusses tenu. QuĂŻl eĂ»t senti. QuĂŻl eĂ»t tenu. . Que nous eussions senti. Que nous eussions tenu. Que vous eussiez senti. Que vous eussiez tenu. QuĂŻls eussent senti. QuĂŻls eussent tenu. MODE INFINITIF. Ouvrir. Ouvrant. Étant ouvert ou ouverte ou Ayant ouvert. Être ou ouvert. ÀVoir Sentir. « Servant. Etant senti ou sentie ou Ayant senti. Être ou senti. Avoir PRESENT. 'Tenir. PARTICIPE PRÉSENT. Tenant. PARTICIPE PASSÉ. Étant tenu ou tenue ou Ayant tenu, PASSÉ. Être ou tenu. Avoir Que je serve. ' Que tu serves. QuĂŻl serve. Que nous servions. Que vous serviez. QuĂŻls servent. Que je servisse. 'Que tu servisses. Qu’il servit. Que nous servissions. Que.vous servissiez. QuĂŻls servissent. « Que j’aie servi. Que tu aies servi. QuĂŻl ait servi. Que nous ayons servi. Que vous ayez servi. . Qu’ils aient servi. Que j’eusse servi. Que tu eusses krvi. QuĂŻl eĂ»t servi. Que nous eussions servi. Que vous eussiez servi. QuĂŻls eusseut servi. Servir, Servant. Étant servi ou servie ou Ayant servi. Être ou servi. Avoir SN chra. Je plais. Tu plais. Il plait. Nous plaisons. Vous plaisez. IU puisant. EN uire. . EN aiftctre. MODE INDICATIF. Je rĂ©duis/ Tu rĂ©duis. Il rĂ©duit. Nous rĂ©duisons. Vous rĂ©duisez. IU rĂ©duisent. PRESENT. Je crains. Tu crains. Il craint. Nous craignons. Vous craignez. Ils craignent. EN aĂŻtre Je parais. Tu parais. II paraĂźt. Nous paraissons- Vous paraissez. Us paraissent.
( 526 ) Je plaisais. Tu plaisais. 11 plaisait. Nous piaisionĂ©; Vous plaisiez.' Ils plaisaient. ‘ Je plus. Tu plus. ' 11 plut. Nous plĂ»mes^ Vous plĂ»teĂ : Us plurent. J’ai plu. Tu as plu. Il a plu. Nous avons plĂŒ; Vous avez plu: Ils ont plu. J’eus plu: Tu eus plu. Il eut plu. « Nous eĂ»mes plĂŒ; Vous etitĂšs plĂŒ: Us eurent plĂŒ: J’ai eu plu: Tu as eu plu. Il a eu plu. Nous avons eu plu. Vous avez eu plu. Ils ont eu plu. J’avais plu. Tu avais plu. U avait plu. Nous avions plii; Vous aviez plu. Ils avaient plu: Je plairai. Tu plairas. U plaira. Nous plairons. Vous plairez. Ils plairont. J’aurai plu. Tu auras plĂŒ. Il aura plĂč. Nous aurons plu. Vous aurez plu. Us auront plu. Je rĂ©duisais. Tu rĂ©duisais. ' Il rĂ©duisait. Nous rĂ©duisions; Vous rĂ©duisiez. Us rĂ©duisaient. Je rĂ©duisis. ^ Tu rĂ©duisis. Il rĂ©duisit, NousTĂ©duisĂźmes. Vous rĂ©duisĂźtes. Us rĂ©duisirent. J’ai rĂ©duit. Tu,as rĂ©duit. 11 a rĂ©duit. Nous avuns Vous avez rĂ©duit; Us ont rĂ©duit: IMPARFAIT. Je craignais. Tu craignais, li craignait. Nous craignions. Vous craigniez. . Us craignaient. PASSÉ DEFINI. Je craignis. Tu craignis. Il craignit. ' Nous craignĂźmes. ' Vous craignĂźtes. Ils craignirent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai craint: TĂŒ as craintv il a craint. ^ ^ Nous avons cfĂ ini. Vous avez craint. Us ont craint. J’eus rĂ©duit. Tu eus rĂ©duit. U eut rĂ©duit.^ Nous eĂ»mes rĂ©duit Vous eĂŠĂœĂ«s rĂ©dĂŒit. Us eurent rĂ©duit. PASSÉ ANXÉRIEÜR DÉFINI. - J’eus craint. Tu eus craint, il eut craint. Nous eĂ»mes craint. Vous eĂ»tes craint. Us eurent craint. PASSÉ antĂ©rieur; indĂ©fini. J’ai eu rĂ©dĂŒit. Tu as eu rĂ©duit. U a eu rĂ©duit. Nous avons eu rĂ©duit. Vous avez eu rĂ©duit. Us ont eu rĂ©duit. PLUS* J’avais rĂ©duit. Tu avais rĂ©duit. Il avait rĂ©duit. Nous avions rĂ©duit: Vous aviez rĂ©duit. Ils avaient rĂ©duit. Je rĂ©duirai. Tu rĂ©duiras. Il rĂ©duira. Nous rĂ©duirons. Vous rĂ©duirez. Us rĂ©duiront. J’aurai rĂ©duit. Tu auras rĂ©duit. 11 aura rĂ©duit. Nous aurons rĂ©duit. Vous aurez rĂ©duit. Us auront rĂ©duit. J’ai eu craint. Tu as eu craint. Il a Ă«d creint. Nous avons eu craint. Vous avez eu craiut. Us ont eu craint. que-parfait. J’avais craint. Tu avais craint. U avait craint. Nous avions craint. Vous aviez craint, lb avaient craint. FUTUR. Je craindrai. Tu craindras. Il craindra. Nous craindrons. Vous craindrez. Us craindront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai craint. Tu auras craint. Il aura craint. Nous aurons craint. Vous aurez craint. Ils auront craint. Je plairais. Tu plairais. U plairait. Je rĂ©duirais. Tu rĂ©duirais. 11 rĂ©duirait. MODE CO'NDITIONNEl. PRÉSENT. Je craindrab. Tu craindrais.’ Il.craindrait. Je paraissais. Tu paraissais. 11 paraissait. Nous paraissions. Vous paraissiez. Us paraissaient. Je parus. Tu parus. Il parut. Nous parĂ»mes. Vous parĂ»tĂ«s, lb parurent. J’ai paru. Tu as paru. U a paru. Nous avons paru. Vous avez paru. Us ont paru. J’eus paru: Tu eus paru. Il eut paru. Nous eĂ»mes paru. Vous eĂ»tes paru. Us eurent paru. J’ai eĂŒ paru. Tu as eu paru. II a eu paru. Nous avons eu paru. Vous avez eu paru. Ils ont eu paru. J’avais paru. Tu avais paru. 11 avait paru. Nous avions parĂŒ. Vous aviez paru. Us avaient paru. Je paraĂźtrai. Tu paraĂźtras. 11 paraĂźtra. Nous paraĂźtrons. Vous paraĂźtrez. Us paraĂźtront. J’aurai paru. Tu auras paru: Il aura paru. Nous aurons paru. Vous aurez paru. Us auront paru. Je paraĂźtrais. Tu paraĂźtrais. Il paraĂźtrait.
Nous plairions. Vous plairiez. Ils plairaient. J’aurais plu. Tu aurais plu. Il aurait plu. Nous aurions plu. Vous auriez plu. ils auraient plu: J’eusse plu. Tu eusses plii. Il eĂ»t plĂŒ: Nous eussions plu Vous eussiez plu. Ils eussent plu. Plais. Plaisons. Plaisez. Que je plaise. Que tu plaises. QuĂŻl plaise. Que nous plaisions. Que vous plaisiez. QuĂŻls plaisent. Que je plusse. Que tu plusses. QuĂŻl plĂ»t. Que nous plussions. Que vous plussiez, QuĂŻls plussent. Que j’aie plu. Que tu aies plu. QuĂŻl ait plu. Que nous ayons plu; Que vous ayez plu. QuĂŻls aient plu. t Que j’eusse plu; Que tu eusses plu: QuĂŻl eĂ»t plu: Que nous eussions plu; Que vous eussiez plu. QuĂŻls eussent plĂŒ: Plaire. Plaisant. Nous rĂ©duirions. Vous rĂ©duiriez. Us rĂ©duiraient; ( 527 ) Nous craindrions. Vous craindriez. Ils craindraient. J'aurais rĂ©duit. Tu aurais rĂ©duit. Il aurait rĂ©duit. Nous aurions rĂ©duit. Vous auriez rĂ©duit. Ils auraient rĂ©duit. Ori J'eusse rĂ©diut. . Tu eusses rĂ©duit. Il eĂ»t rĂ©duit: Nous eussions rĂ©duit. Vous eussiez rĂ©duit. Ils eussent rĂ©duit. PASSE, J'aurais craint. Tu aurais craint. Il aurait craint. Nous aurions craint. Vous auriez craint. Ils auraient craint; dit encore : J'eusse craint; Tu eusses crainl. 11 eĂ»t craint: . Nous eussions craint. Vous eussiez craint. Us eussent craint. MÔbĂźi IMPERATIF. PRÉSENĂŻ ou FUTUR. Point de premiĂšre personne. RĂ©duis. RĂ©duisons. RĂ©duisez. Crains. Craignons. Craignez. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT OU FUTUR. Que jĂ© rĂ©duise. Que tu rĂ©duises., QĂŒil rĂ©duise, * QĂŒe nous rĂ©duisions. Que.vous rĂ©duisiez. Qu'ils rĂ©duisent. Que je craigne. Que tu craignes. Qu'il craigne. Que nous craignions: Que vous craigniez. QĂŒils craignent. IMPARFAIT. (^ĂŒĂ© jĂ© rĂ©duisisse. QĂŒĂ© tĂŒ rĂ©duisisses. Qu’il lĂ«dĂŒisiL Que n'Ă h.'Ăš rĂ©duisissions. Que vous rĂ©duisissiez. QdĂŻiĂš rĂ©duisissent. Que je craignisse. Que tu craignisses. QuĂŻl craignĂźt. Que nous craigiiisrionl Que vous craigiiisMcz. QuĂŻls craignissent. PASSÉ. Que j'aie craint. Que lu aies crainl . Qu’il ait craint. Que nous ayons chiint. Que vous ayez craiiil. QuĂŻls aient waiiit. Nous paraĂźtrions. - Vous paraĂźtriez. Us paraĂźtraient. J’aurais paru. Tu aurais paru. 11 aurait paru. Nous aurions paru. Vous auriez paru. ' Ils auraient paru; J’eusse paru: TĂ» eusses paru, li eĂ»t paru: Nouseusrions pafo; Vous eussiez paru. Us eussent paru. PĂąrdiĂą. Paraissons. Paraissez. QuĂ© j'aie rĂ©duit. QĂŒĂš tĂŒ aies rĂ©duit. QĂŒâ€™il ait rĂ©dĂŒit. QĂŒe nous ayons rĂ©duit. QĂŒĂš VoĂŒs ayez rĂ©duit. QĂŒĂŻis aient rĂ©duit. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j'eusse rĂ©duit. Que j’eusse craint. QĂŒe tu ĂšĂŒsùës rĂ©duit. Que tu eusses craint; QĂŒĂŻl eĂ»t rĂ©duit. Qu’il eĂ»t craint. Que nous eussions rĂ©duit. Que nous ĂšĂŒs'sidhĂą Ă©rĂŻiiht. Que vous Ăšu§sicz rĂ©duit. Que vous eĂŒÂ§Ă iez ĂšrĂ int: Qu’ils eussent rĂ©duit. Qu’ils eussent cĂŻĂąint. MODE INFJNITIP. PRÉSENT. RĂ©duire: Craindre. PARTICIPE PRESENT. t RĂ©duisant. Craignant Que je paraisse. Que .tu paraisses. QĂŒil paraisse. QuĂ© nous paraissions. Que vdus paraissiez. QuĂŻls paraissent. Que je. parusse. QĂŒe.lĂŒ'parusses. QĂŒâ€™ii parĂ»t. Que-nbus parussions. Que vbĂŒs parussiez. QĂŒâ€™ils parussent. t QĂŒe j’aie paru; QĂŒĂ© tĂŒ aies jiaru. QuĂŻi ait paru. Que nous Ă fous paru. QĂŒe vous ajĂšz paru. Qu’ils aient paru. / QĂŒĂ© jâ€™ĂšĂŒssĂȘ paru. QĂŒĂ© tĂŒ eĂŒsses paru. QĂŒâ€™il eĂ»t paru: QĂŒe nous eussions paru. QliĂȘ vous ciiSsiez paru, QliĂŻĂŻs Ă©ĂŒssĂšiit paru. ÊdfĂąitfĂš'. Paraissant:
Elu. Ayant plu. Être ou plu. Avoir Étant rĂ©duit ou rĂ©duite ou ■ Ayant rĂ©duit. Être ou rĂ©duit. Avoir (528) 1 FARTICIPB FA6SÉ. Étant craint ou crainte ou Ayant craint. PASSÉ. Être ‘ ou craint. Avoir Étant paru ou parue ou Ayant paru. Être ou paru. Avoir Nota. Nous n'avons multipliĂ© les modĂšles de conjugaison des verbes rĂ©guliers qne pour en rendre Torthographe plus facile, el pour rĂ©duire le nombre, qui serait presque illimitĂ©, des verbes irrĂ©guliers dans notre langue. N“ CCCCLXXiy. C8 MODÈLE DE CONJUGAISON DES VERBES PASSIFS. PRONOMINAUX. MODE INDICATIF. PRÉSENT, Je suis aimĂ© ou aimĂ©e. Tu es airnĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle est aimĂ© ou aimĂ©e. Nous sommes aimĂ©s ou aimĂ©es. Vous ĂȘtes aimĂ©s ou aimĂ©es. Us ou. elles tont aimĂ©s ou aimĂ©es. IMPARFAIT. J’étais aimĂ© ou aimĂ©e. Tu Ă©tais aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle Ă©tait aimĂ© ou aimĂ©e. Noys Ă©tions aimĂ©s ou aimĂ©es. Vous Ă©tiez aimĂ©s ou aimĂ©es. Ils ou elles Ă©taient aimĂ©s ou aimĂ©es. PASSÉ DÉFINI. Je fus aimĂ© ou aimĂ©e. Tu fus aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle fut aimĂ© ou aimĂ©e. Nous fĂ»mes aimĂ©s ou aimĂ©es. Vous fĂ»tes aimĂ©s ou aimĂ©es. Us ou elles furent aimĂ©s ou aimĂ©es. PASSÉ INDÉFINI. J|ai Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. .Tu as Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. . ĂŻl ou elle a Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Nous avons Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Vous avez Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Ils ou elles ont Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. PASSÉ ANTÉRIEUR DÉFINI. J’eus Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Tu eus Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle eut Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e, j Nous eĂ»mes Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Vous eĂ»tes Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Ils ou elles eurent Ă©tĂ©^aimĂ©s ou aimĂ©es. MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je me flatte. Tu te flattes. Ù ou elle se flatte. Nous nous flattons. Vous vous flattez. Us ou elles se flattent. ' * IMPARFAIT. Je me flattais. Tu te flattais. II ou elle se flattait. Nous nous flattions. Vous vous flattiez. Ils ou elles se flattaient. PASSÉ DÉFINI. Je me flattai. Tu te flattas. Il ou elle se flatta. Nous nous flattĂąmes. Vous vous flattĂątes. Ils ou elles se flattĂšrent. PASSÉ INDÉFINI. Je mc suis flattĂ© ou flattĂ©e. Tu t’es flattĂ© ou flattĂ©e. Il ou elle s’est flattĂ© ou flattĂ©e. Nous nous sommes flattĂ©s ou flattĂ©es. Vous vous ĂȘtes flattĂ©s ou flattĂ©es. Ils ou elles se sont flattĂ©s ou flattĂ©es. ' PASSÉ ANTÉRIEUR INDÉFINI. Je me fus flattĂ© ou flattĂ©e. Tu te fus flattĂ© ou flattĂ©e. Il ou elle se fut flattĂ© ou flattĂ©e. Nous nous fĂ»mes flattĂ©s ou flattĂ©es. Vous vous fĂ»tes flattĂ©s ou flattĂ©es. Ils ou elles s« furent flattĂ©s ou flattĂ©es.
( 529 .) VLUS-QĂŒE-PARFAlT. J’avais Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Tu avais Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle avait Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Nous avions Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es* Vous aviez Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Us ou elles avaient Ă©tĂ© aimĂ©s oĂŒ aimĂ©es, FUTUR. Je serai aimĂ© ou aimĂ©e. Tu seras aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle sera aimĂ© ou aimĂ©e. Nous serons aimĂ©s ou aimĂ©es. Vous serez aimĂ©s ou aimĂ©es. Ils ou elles seront aimĂ©s ou aimĂ©es. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Tu auras Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle aura Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Nous aurons Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©cs; Vous aurez Ă©tĂ© aimĂ©s ow aimĂ©es. Ils ou elles'auront Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. MODE CONDITIONNEL. . PRÉSENT. Je serais aimĂ© ou aimĂ©e. Tu serais aimĂ©e ou aimĂ©e. Il ou elle serait aimĂ© ou aimĂ©e. Nous serions aimĂ©s ow aimĂ©es. Vous seriez aimĂ©s ow aimĂ©es. Tls ou elles seraient aimĂ©s ow aimĂ©es. ^ PASSÉ, J’aurais Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e. Tu aurais Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Il ou elle aurait Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e. Nous aurions Ă©tĂ© aimĂ©s ow aimĂ©es. Vous auriez Ă©tĂ© aimĂ©s ow çimĂ©es. Ils ow elles auraient Ă©tĂ© aimĂ©s ow aimĂ©es, On dit'encore: t J’eusse Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e. Tu eusses Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e. Il ow elle eĂ»t Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e. Nous eussions Ă©tĂ© aimĂ©s ow aimĂ©es. Vous eussiez Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Ils ow elles eussent Ă©tĂ© aimĂ©s ow aimĂ©es. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT ou FUTUR. Point de premiĂšre personne. Sois aimĂ© ow aimĂ©e. Soyons aimĂ©s ou aimĂ©es. Soyez aimĂ©s ow aimĂ©es. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT OU FUTUR. Que je sois aimĂ© ou aimĂ©e. Que tu sois aimĂ© ow aimĂ©e. Qu’il ow qu’elle soit aimĂ© ow aimĂ©e. Que nous soyons aimĂ©s ou aimĂ©es. Que vous soyez aimĂ©s ou aimĂ©es. Qu’ils ou qu’elles soient aimĂ©s ou aimĂ©es. PLDS-QUE-PARPAIT. Je m’étais flattĂ© ow flattĂ©e. Ju t’étais flattĂ© ow flattĂ©e. Il ow elle s’était flattĂ© ow flattĂ©e. Nous nous Ă©tions flattĂ©s ou flattĂ©es. Vous vous Ă©tiez flattĂ©s ow flattĂ©es. Ils ow elles s’étaient flattĂ©s ou flattĂ©es. FUTUR. Je me flatterai. XĂ» te flatteras. Il ow elle se flattera. Nous nous flatterons. Vous vous flatterez. Ils ow elles se flatteront. FUTUR ANTÉRIEUR. Je me serai flattĂ© ow flattĂ©e. Tu te seras flattĂ© ow flattĂ©e. Il ow elle se sera flattĂ© ow flattĂ©e. Nous nous serons flattĂ©s ow flattĂ©es. Vous vous serez flattĂ©s ow flattĂ©es. Ils ow elles se seront flattĂ©s ow flattĂ©es, MODE CONDITIONNEL. PRÉSENT. Je nie flatterais. Tu tĂš flatterais. Il ou elle se flatterait. Nous nous flatterions. Vous TOUS flatteriez. Ils ow elles se flatteraient. PASSÉ. Je me serais flattĂ© ow flattĂ©e. ’ Tu te serais flattĂ© ow flattĂ©e. Il ow elle se serait flattĂ© ow flattĂ©e. Nous nous serions flattĂ©s ou flattĂ©es. Vous vous seriez flattĂ©s ow flattĂ©es. Us ow elles se seraient flattĂ©s ou flattĂ©es On dit encore : Je me fusse flattĂ© ow flattĂ©e. Tu te fusses flattĂ© ow flattĂ©e. Il ou elle se fĂ»t flattĂ© ou flattĂ©e. Nous nous fussions flattĂ©s ow flattĂ©es. Vous vous fussiez flattĂ©s ou flattĂ©es. Us ow elles se fussent flattĂ©s ow flattĂ©es. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT OU FUTUR. Point de premiĂšre personne. Flatte-toi. Flattons-nous. ' Flattez-vous. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT OU FUTUR. Que je me flatte. Que tu te flattes. Qu’il ow qu’elle se flatte. Que nous nous flattions. Que vous vous flattiez. Qu’ils ou qu’elles se flattent. 07
( 530 ) IMPARFAIT. Que je fusse aime ou aimĂ©e. Que tu fusses aimĂ© om aimĂ©e. QuĂŻl OM quelle fĂ»t aimĂ© om aimĂ©e. aue nous fussions aimes om aimĂ©es, ue vous fussiez aimĂ©s om aimĂ©es. QuĂŻls OM qu’elles fussent aimĂ©s ou aimĂ©es. PASSÉ. Que j’aie Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Que lu aies Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. QĂčĂŻl ou qĂŒelle ait Ă©tĂ© aimĂ© om aimĂ©e. Que nous ayons Ă©tĂ© aimĂ©s om aimĂ©es. Que vous ayez Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. QĂŒilsouqu’elles aienf Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. PLĂŒS-QUE-PARFAIT. Que j'eusse Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Que tu eusses Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Qu’il ou qu’elle eĂ»t Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. Que nous eussions Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. Que vous eussiez Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es. QuĂŻls ou qĂŒelles eussent Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es,. MODE INFINITIF. * PRÉSENT. Être aimĂ© ou aimĂ©e. PARTICIPE PRÉSENT. Étant aimĂ© ou aimĂ©e. PARTICIPE PASSÉ. Ayant Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. » PASSÉ. Avoir Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e. IMPARFAIT. Que je me flattasse. Que tu te flattasses. Qu’il ou qu’elle se flattĂąt. Que nous nous flattassions. Que vous vous flattassiez. QuĂŻls ou qĂŒelles se flattassent. PASSÉ. Que je me sois flattĂ© ou flattĂ©e. Que tu te sois flattĂ© ou flattĂ©e. QuĂŻl ou qu’elle se soit flattĂ© ou flattĂ©e. Que nous nous soyons flattĂ©s ou flattĂ©es. Que vous vous soyez flattĂ©s ou flattĂ©es. QuĂŻls ou qu’elles se soient flattĂ©s ou flattĂ©es. PLUS-QUE-PARFAIT. Que je me fusse flattĂ© ou flattĂ©e! Que tu te fusses flottĂ© ou flattĂ©e. Qu’il ou qu’elle se fĂ»t flattĂ© ou flattĂ©e- Que nous nous fussions flattĂ©s ou flattĂ©es. Que vous vous fussiez flattes ou flattĂ©es. Qu’ils ou qu'elles se fussent flattĂ©s ou flattĂ©es, MODE INFINITIF. PRÉSENT. ' . . Se flatter. PARTICIPE prĂ©sent. Se flattant. PARTICIPE PASSÉ. FlattĂ© ou flattĂ©e. S’étant flattĂ© ou flattĂ©e. PASSÉ. S’ître flattĂ© ou flattĂ©e. RĂšgle. Il n’y a qĂŒĂŒne seule conjugaison pour les^verbes passifs. Elle se forme avec l’auxiliaire ĂȘtre ', dans tous ses temps, et avec le participe passĂ© du verbe actif que l’on veut conjuguer passivement. La conjugaison des verbes pronominaux suit la rĂšgle du verbe que l’on conjugue ; seuÂŹ lement on y ajoute deux pronoms qui se rapportent Ă  la mĂȘme personne. . J ^ * ' DE LA FORMATION DES TEMPS. Nous avons dĂ©jĂ  dit que les temps sont simples ou composĂ©s. On appelle temps simples ceux qui n’empruntent pas un des temps des verbes auxiliaires avoir et ĂȘtre; et temps composĂ©s, ceux qtii se forment des temps d'avoir ou d'ĂȘtre, et du participe passĂ© d’un verbe. Parmi les temps'simples, il y en a cinq qĂŒon nomme primitifs, parce quĂŻls servent a former les autres temps dans les quatre conjugaisons. Ce sont lepx'Ă©sent et le prĂ©tĂ©rit dĂ©fini de Vindicatif, et le px'Ă©sent, le participe prĂ©sent et le participe passĂ© de Yixifinitif. I. Du prĂ©sent de Vindicatif se forme ia seconde personne de l'impĂ©ratif, en ĂŽtant seuleÂŹ ment le pronom 7’e, comine j’amc, impĂ©ratif, aime. Il n’y a que quatre verbes dont Vim- pĂ©ratif ne suive pas cette formation ; savoir, dans la premiĂšre conjugaison, je vais, impé ratif, ua; dans la troisiĂšme, fat, impĂ©ratif, aie; je sais , impĂ©ratif, sache; et dans la . quatriĂšme, jĂ« suis, impĂ©ratif, sois. IL Du prĂ©tĂ©rit de Vindicatif se forme Vimparfait du subjonctif, en changeant ai en asse, pour la premiĂšre conjugaison, comme j'aimai, f aimasse, et en ajoutant seulement se aux
autres terminaisons dn prĂ©lcrit dĂ©fini, comme je finis, je finisse; je reçus, je reçusse] je devins, je devinsse. ‘ ^ III. Dn prĂ©sent de Vinfinitif se forme le futur de Vindicatif et le prĂ©sent du conditionnel.^ - ,eg changeant r ou re en rai et rais, comme çimer, j-aimerai, j'aimerais; rendre, je renÂŹ drai, je rendrais. Exceptions. Dans la premiĂšre conjugaison, aller h\i j'irai, j'irais. Dans la seconde conjugaison, courir fait je courrai, je'courrais ; mourir, je mourrai, je mourrais; acquĂ©rir, j'acquerrai, j'acquerrais; conqriĂ©rir, je conqiierrai, je conquerrais Cueillir hit je cueillerai, je cueillerais. Saillir, signifiant dĂ©border le nu du mur, fait i saillera, il saillerait. Assaillir et tressaillir forment rĂ©guliĂšrement, suivant l’Acadomie, leur futur et leur conditionnel. Voir plus loin la conjugaison de tressaillir. Tenir cl venir, avec leurs composĂ©s, font^e tiendrai, je tiendrais; je viendrai, je viendrais. TroisiĂšme conjugaison : avoir fait j'aurai, j'aurais; recevoir, je recevrai, je recevrais; dĂ©choir, Ă©choir, j'Ă©cherrai, j'Ă©cherrais ; falloir, il faudra, il faudrait; pouvoir, je pourrai, je pourrais; savoir, je saurai, je saurais; s'asseoir, je m'assiĂ©rai ou m'asseierat.^ je m'as-, siĂ©rais ou fn'asseierais] voir, je verrai, je verrais. MĂȘme formation pour les composes de ce dernier verbe ; exceptĂ© pourvoir et prĂ©voir, dpnt ces deux temps se forment rĂ©guÂŹ liĂšrement. Pleuvoir, il pleuvra, il pleuvrait; valoir, je vaudrai je vaudrais vouloir, je voudrai, je voudrais. QuatriĂšme conjugaison : faire, je ferai, je ferais; ĂȘtre, je serai,'je serais. Remarque. Les grammairiens forment du futur le prĂ©sent du conditionnel en chanÂŹ geant rai en rais. Dans cette formation, il n'y a aucune exception. IV. Du participe prĂ©sent se forment : . * , 1Âź L'imparfait de Vindicatif, en changeant ant en ai$, comme aimant, j'mmais ; finisÂŹ sant, je finissais. Il n'y a que deux exceptions ; savoir : ayant, j’avais ; sachant, je savais. 2Âź Les trois personnes du pluriel du prĂ©sent de Vindicatif, en changeant ant en ons, ez, ent, comme aimant, nous aimons, vous aimez, ils aiment. Exceptions. Dans la troisiĂšme conjugaisonon excepte ayajit et sachant, qui font nous avons, vous avez, ils ont; nous savons, vous savez, ils savent; et dans la quatriĂšme conjugaison, faisant et ses composĂ©s, qui font vous faites, ils font; disant et son composĂ© redisant, dont la seconde per^nne du jsrdsen/ est vous dites, vous redites; Ă©tant, qui lĂŻiii nous, sommes, vous ĂȘtes, ils sont. La premiĂšre et la seconde personne de YirnpĂ©ratif sont semblables Ă  la preipiĂšre et Ă  la seconde personne du pluriel du prĂ©sent.de Vindicatif, ei ont, par consĂ©quent, la mĂȘme formation. 3Âź Le prĂ©sent du subjonctif, en changeant ant, selon la personne et Ăźe nombre, en e, es, e, ions, iez, ent, comme aimant, que j'aime, que tu aimes, qu'il aime, que nous aimions, que vous aimiez, qu'ils aiment. „ , ‱ Exceptions. Dans la premiĂšre conjugaison, on excepte allant, qui fait que faille, que tu ailles, qu'il aille, qu'ils aillent. Dans la seconde conjugaison , tenant, ei venant, et leurs composĂ©s que je tienne, que tu tiennes, qu'il tienne, quils tiennent; que je ‘ vienne, etc. La premiĂšre et la seconde personne du pluriel se-forment rĂ©guliĂšrement. Dans la troisiĂšme conjugaison, on excepte les verbes en evoir, comme recevant, que je. reçoive, que tu reçoives, qu'il reçoive, qu'ils reçoivent; pouvant, que je puisse; que lu puisses, qu'il puisse, que nous puissions, que vous puissiez, qu'ils puissent; valant, que je vaille, que tu vailles, qu'il vaille, qu'ils vaillent; voulant, que je veuille, qxte tu veuilles, qu’il veuille, qu'ils veuillent mouvant, que je meuve, que tu meuves, qu'il meuve, qu'ils meuvent. Falloir, sans participe prĂ©sent, qu'ĂŒ faille. j ■ ■ Dans la quatjiÚïne conjugaison* fakmt que je fasse, que tu fasses, qu'tl fasse, que nous fassions, que vous fassiez^quHh fussent,MĂšmcconjugaisonf buvant, que je boive, que lu
{ 532 ) . boives, qu'il boive, qu'ils boivent: MĂȘme conjugaison, prenant, que je prenne, que tu prennes, qu'il prenne, qu'ils prennent ; Ă©tant, que je sois, que tu sois, qu'il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient. s Les troisiĂšmes personnes de VimpĂ©ratif Ă©tant semblables aux troisiĂšmes personnes du prĂ©sent du subjonctif, ont la mĂȘme formation. Remarque. Cette formation ne doit pas empĂȘcher le changement de Vy en i- dans les vei'bes oĂč l’usage Ta introduit, comme voyant, que je voie; employant, que j'emploie: essayant, que j'essaie, etc .-L’AcadĂ©mie Ă©crit gue/essaye, queje paye, etc., c’est-Ă -dire qĂŒelle conserve l’y dans toute la conjugaison des verbes en ayer. Du participe passĂ© se forment tous les temps composĂ©s et swr-composes qui se trouvent dans les verbes, en joignant Ă  ce participe les diffĂ©rents temps des auxiliaires, amV ou ĂȘtre, comme/ai aimĂ©, j'eus aimĂ©, fai eu aimĂ©, que j'aie aimĂ©, que J'eusse aimĂ©, avoir aimĂ©, ayant aimĂ©; je suis tombĂ©, je fusse tombĂ©, que je sois tombĂ©, Ă©tant tombĂ©, etc. NÂź CCCGLXXY. DES VERBES IRREGULIERS. I Nous avons dit que les verbes irrĂ©guliers sont ceux qui s’écartent de la rĂšgle des conÂŹ jugaisons oridinaires. PREMIERE CONJUGAISON MODE INDICATIF. PRÉSENT.'' Je vais, ou je vas. Tu vas. U va. ^ Nous allons. Vous'allez. Ils vont. J'envoie, Tu envoies. Il envoie. Nous envoyons. Vous envoyez. Ils envoient. J’allais. Tu allais, ĂŻl allait. Nous allions. Vous alliez. Us allaient. J’allai. Tu allas. II alla. - Nous allĂąmes. Vous allĂątes. Ils allĂšrent. IMPARFAIT. J’envoyais. Tu envoyais. Il envoyait. Nous envoyions. Vous envoyiez. Ils envoyaient. PASSÉ DÉFINI. J’envoyai, Tu envoyas. Il envoya. Nous envoyĂąmes. Vous envoyĂątes. Ils envoyĂšrent. PASSÉ INDÉFINI. Je suis allĂ©, etc. J’ai envoyĂ©, etc. Nous sommes allĂ©s, etc. Nous avons envoyĂ©, etc. PASSÉ ANTÉRIEUR. <■ Je fus allĂ©, etc. J’eus envoyĂ©, etc. Nous fĂ»mes allĂ©s, etc. Nous eĂ»mes envoyĂ©, etc. PLUS-Q ÜE-P A R F A IT. J’étais allĂ©, etc. J’avais envoyĂ©, etc. Nous Ă©tions allĂ©s, etc. Nous avions envoyĂ©, etc. FUTUR. J’irai. J’enverrai. Tu iras.^ ĂŻu enverras. Il ira. ^ Il enverra. Nous irons. Nous enverrons. Vous^irez. Vous enverrez. Ils iront. ' ^ Ils enverront,/ FUTUR ANTÉRIEUR. Je serai allĂ©, etc. J’aurai envoyĂ©, etc. Nous serons allĂ©s, etc. Nous aurons envoyĂ©, etc. J’irais. , Tu irais. Il irait. Nous irions. Vous iriez. Ils iraient. MODE CONDITÏONN’EL. PRÉSENT. J’enverrais, , Tu enverrais. Je serais allĂ©, etc. Il enverrait. Nous enverrions. Vous enverriez. Us enverraient. PASSÉ. J’aurais envoyĂ©, elc. Nous serions allĂ©s, etc. Nous aurions envoyĂ©, etc. On dit encore : Je fusse allĂ©, etc. J’eusse envoyĂ©, etc. Nous fussions allĂ©s, etc. Nous eussions envoyĂ©, etc, . MODE IMPÉRATIF, PRÉSENT. Envoie. Envoyons, > . Envoyez. MODE SUBJONCTIF. Va. Allons. AUez. Que j’aille. Que tu ailles. Qu’il aille. Que nous allions. Que vous alliez. Qu’ils aillent. PRÉSENT. Que j ’envpie. Que tu envoies. QuĂŻl envoie. Que rious envoyions. Que vous envoyiez. QĂŒils envoient.
( 533 ) Que j'allasse. Que tu allasses. QuĂŻl allĂąt. Que nous allassions. Que vous allassiez. QuĂŻls allassent. IMPARFAIT. Que j'envoyasse. Que tu envoyasses. QuĂŻl envoyĂąt. Que nous envoyassions. Que vous envoyassiez. QuĂŻls envoyassent. PASSÉ. Que je sois allĂ©, etc. Que j'eusse envoyĂ©, etc. ‘Que nous soyons allĂ©s, Que nous ayons envoyĂ©, etc. etc. PLUS-OUE-PARFAIT. Que je fusse allĂ©, etc. Que j'aie envoyĂ©, etc. Que nous fussions allĂ©s, Que nous eussions en- etc. voyĂ©, etc. ' ' Aller. MODE INFINITIF. PRÉSENT. * Envoyer. PASSÉ. Avoir envoyĂ©. Être allĂ© ou allĂ©e. ' PARTICIPE PRÉSENT. Allant. Envoyant. PARTICIPE PASSE. Étant allĂ©. Ayant envoyĂ©. Conjuguez sur. Aller, s'en aller. Envoyer, renvoyer. Observation. Aller, envoyer et renvoyer sont les seuls verbes irrĂ©guliers de celte conÂŹ jugaison. Puer nĂ«st plus un verhe irrĂ©gulier. On Ă©crit maintenant au prĂ©sent de lĂŻndi- catif : jĂ« pue, tu pues, il pue, et non pas je pus, tu pus, il put, que Ton pourrait confondre avec le passĂ© dĂ©fini du verhe pouvoir SECONDE conjugaison. On conjugue comme finir les verbes unir, punir, ‘munir, et tous ceux qui ont la preÂŹ miĂšre personne du singulier du prĂ©sent de Tindicatif en is, j'unis, je punis, je munis, etc., et leurs composĂ©s. ACQUERIR. BOUILLIR, MODE INDICATIF. J’acquiers. 'Tu acquiers. Il acquiert. Nous acquĂ©rons . Vous acquĂ©rez. Us acquiĂšrent. J'acquĂ©rais. Tu acquĂ©rais. Il acquĂ©rait. Nous acquĂ©rions. Vous acquĂ©riez. Us acquĂ©raient. J’acquis. Tu acquis. U acquĂźt. Nous acquĂźmes. Vous acquĂźtes. Us acquirent. J’ai acquis, etc. PRÉSENT. Je bous. Tu bous. ‱Il bout. Nous bouillons. Vous bouillez. Ils bouillent, IMPARFAIT. Je bouillais. Tu bouillais. U bouillait. Nous bouillions. Vous bouilliez. Us bouillaient. PASSÉ DÉFINI. Je bouillis. Tu bouillit. U bouillit. Nous bouillĂźmes. Vous bouillĂźtes. Us bouillirenL: PASSÉ INDÉFINI. J’ai bouilli, etc. Nous avons'acquis, etc. Nous avons bouilli, etc. PASSÉ ANTÉRD^DR. J’eus acquis, etc. J’eus bouilli, etc. Nous eĂ»mes acquis, etc. Nous eĂ»mes bouilli, etc PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais acquis, etc. * J’avais bouilli, etc. Nous avions acquis, etc. Nous avions boĂŒilli, ctc. J’acquerrai. Tu acquerras. Il acquerra. Nous acquerrons. Vous acquerrez. Us acquerront. FUTUR. Je bouillirai. Tu bouilliras. U bouillira. Nous bouillirons. Vous bouillirez. Ils bouilliront. * FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai acquis, etc. J'aurai bouilli, etc. Nous aurons acquis, etc. Nous aurons bouilli, etc. MODE CONDITIONNEL. J’acquerrais. Tu acquerrais. U acquerrait. Nous acquerrions. Vous acquerriez. Ils acquerraient. prĂ©sent. 'Je bouillirais. Tu bouillirais. U bouillirait. Nous bouillirions. Vous bouilliriez. Us bouilliraient. PASSÉ. J'aurais acquis, etc. J!aurais bomlli, etc. Nous aurions acquis, etc. Nous aurions bouilli^ etc. On dit encore : J’eusse acquis, ctc. Nous eussions acquis, etc. J'eusse bouilli, etc. Nous eussions bouilli, etc. Acquiers. AcquĂ©rons. AcquĂ©rez. MODE piPÉRATIF. PRÉSENT. Bous. Bouillons. Bouillez.
. ‱ ■ , ■ ( MODE SĂŒllJĂŒiN'CTiF. PRÉSENT; Que j’acquiĂšre. Que je bouille. Que tu acquiĂšres. QUe tu bouilles. ‘ Qu’il acquiĂšre. Qu’il bouille.- Que nous acquĂ©rions. Que nous bouillions. Que vous acquĂ©riez; QĂŒe vous bouilliez. Qu'ils acquiĂšrent. Qu’ils bouillent. IMPARFAIT. Que j’acquisse. Que je bouillisse. Que lu acquisses. QĂŒĂ© m bouillisses. Qu’il acquit. Qu’il bouillit. Que nous acquissions. Que nous bouillissions. Que vous acquissiez. . . Que vous bouillissiez. Qu]ils acquissent. Qu’ils bouillissent. PASSÉ. Que j’aie acquis, etc. QĂŒe j’àle bouilli, etc.. Que nous ayons acquis, QuĂš ĂŒous ayons bdĂŒlÜi, etc. etc. PLÜS-QUK-PARFAIT. Que j’eusse acquis, etc. Que j’eusse bouilli, etc. Que nous eussions ac- Que nous .eussions quis, etc. ' bouilli, etc. MODE infinitif; PRÉSENT. AcquĂ©rir. Bouillir. PASSÉ. Avoir acquis. Avoir bouilli. PARTICIPE PRÉSENT. AcquĂ©rant. Rouillant. PARTICIPE PASSÉ. Acquis, acquise^ ayant Bouilli, bouillie i ayant acquis. bouilli. COURIR. MOURIR. MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je cours. Je meurs. Tu cours* Tu ineurs. Il court. Il meurt. Nous courons. NoĂŒs mourons. Vous courez. VĂŽus mourez, lis courent. Iis meurent; iĂčĂšAÙ^ÀiT. Je courais. Je mourais. Tu courais. ^ TĂŒ mourais. 11 courait: Il mourait. Nous courions^ Nous fnouriotig. Vous couriez. Vous mouriez. Ils couraient. Ils mouraient. PassĂ© dĂ©fini. Je courus. Je mourus. Tu courus. ^ TĂŒ mourus. Il courut. Il mourut. Nous courĂ»mes. Nous rnourĂ»mes. Vous courĂ»tes. ■ Vous mourĂ»tes. Us coururent. Ils moururent. ' PASSÉ INUÉFIM. J’ai couru, etc. JĂ« suis mort, etc. Nous avons couru, etc. Nous sommes morts, etc. 534 ) PASSÉ ANTÉUIBÜr. ' j’eus couruj Ă«lc; . jĂš fus mort, etc. Nous eĂ»mes couru, elĂŽ. Nous fĂ»mes ifiĂŽrts, fetc. Plbs-QOE-PABFAIT. J'avais couni; etc. j’étais mort, etc. * Nous avions couru; etc. Nous Ă©tions morls; etc. FUTUR. .le mourrai. ‱Tu mourras, ii mourra. Nous mourrons. Vous mourrez. Us mourront. * FĂŒttm AntĂ©rieur. J’aurai couru, etc. Je serai mort, etc. Nous aurons couru, etc. Nous serons morts, etc. Mode conditionnel. je courrai, ĂŻu courras. Il courra. Nous courrons. Vous courrez. Us courront. Je courrais. Tu courrais. Il courrait. Nous courrions. Vous courrions. Ils courraient. J*aurais couru, etc. pUĂ©sĂȘnt. Je mĂŽĂŒrrĂąisi Tu mourrais. Il mourrait. Nous mourrions. Vous mourriez. Us mourraient. PAÉSÉ. Je serais mĂŽn^ etc. Nous aurions couru, etc. Nous serions morts, etc. On dit encore : J’eusse couru, etc. Je fusse mort, etc. Nous eussions couru, etc; Nous fussions morts, etc. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. Cours. ^ Meurs. Courons. Mourons. Courez. Mourez. MODE SUBJONCTIF. Que je coure. Que tu coures. Qu’il coure. Que nous courions. Que vous couriez. Qu’ils courent. PRÉSENT. Que je meure; Que tu meures; Qu’il meure. Que nous mourions. Que vous mouriez. Qu’ils meurent. IMPARFAIT. Que je mourusse. QĂŒe tu mourusse^; ‱ QĂŒil mourĂ»t. eue nous mourussions, ue vous mourussiez. QU’ils mourussent. Que je courusse; Que tu courusses; Qu’il courĂ»t. Que nous courussions. Que vous courussiez. Qu’iis courussent, -PASSÉ. Que j’aie couru, etc. Que je sois mort, etc. Que nous ayons couru, Que nous soyons iiibfts, etc. etc. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse couru, etc. Que je fusse mdfl, etc. Que nous eussions couru, Que noĂŒs fĂŒssibhs mbrts, etc, - etc.
iiofiÉ mFĂźNitiF. PRÉSENT. Mourir. PASSÉ. Être mort, PARTICIPE PRÉSENT. Mourant. PARTICIPE PASSÉ. Couru, cĂŽiirĂŒc, Ă©yant Mort, morte, Courir. Avoir couru; Courant. ( 535 ) Vous offririez. Vous mentiriez. Us offriraient. Us mentiraient. PASSÉ. J’aurais offert, etc. J’aurais menti, ete. Nous aurions offert, etc. Nous aurions menti, etc. Ôn dit encore : ' - J’eusse offert, etc. J’eusse menti, etc- Nous eussions offert; etc. NoĂŒs eussions menti, etc. Ă©tant couru. mort. OFFRIR. MËNtlR. moRe indicatif. PRÉSENT. Je mens. J‘offre. Tu offres. Il offre. Nous offrons! Vous offrez: Us offrent. J’offrais. Tu offrais. Il offrait. Nous offrions. Vous offriez. Us offraient. Tu mens. U ment. Nous mentons. Vous mentez. Us menlent. IMPARFAIT. Je mentais. Tu mentais. U mentait. Nous mentions. Vous mentiez, ils mentaient. J’offris. Tu offris. U offrit. Nous offrĂźmes. Vous offrĂźtes. Us offrirent. J'ai offert, elc. PASSE DEFINI. Je mentis. Tu mentis. U mentit. Nous mentĂźmes. Vous mentĂźtes. Us mentirent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai mentii etc. Nous avons offert, etc. ^ Nous avons menti, etc. PASSÉ ANTÉRIEUR. J'eus offert, elc, JĂ«us menti, etc. Nous eĂ»mes offert, etc: ' Nous eĂ»mes mĂ«nti, etc. PLUS-QOE-PAHFAIT. J’avais offert, etc. J’avais menti, etc. ' Nous avions offert, etc. Nous avions menti, etc. FUTUR. JĂ© mentirai. Tu mentiras. U mentira; Nous mentirons. Vous mentirez. Us mentiront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai offert, etc. j'aĂŒrai menti, etc. Nous aurons offert, etc. Nous aurons menti, elc. J’offrirai. Tu offriras. Il offrira. Nous offrirons. Vous offrirez. Us offriront. J’offrirais. Tu offrirais. U offrirait. Nous offririons. - MODE CONDITIONNEL. PRESENT. Je mentirais. Tu mentirais. 11 mentirait.' Nous mĂ©ntirions. MODE IMPERATIF. PRÉSENT. Offre. Mens. Offrons. Menions. Offrez. Mentez. ItfODÉ SÜBJONCTIF. Que j'offre. Que tu offres. Qu'il offre. Que nous offrions. Que vous offriez. Ou’ils offrent. Que j’offrisse. ’ Que tu offrisses. Qu’il offrit. Que nous offrissions. Que vous offrissiez. QĂŒâ€™ils offrissent. PRÉSENT. Que je mente. Que tu mentes. QĂŒil mĂ©nie, ' Que noĂŒs mentions. «Que vous meniiĂ«z. Qu’Us mĂ©ntent. IMPARFAIT. Que je mentisse. Que tu mentisses. Qu’il mentĂźt. Que nous mentissions. Que vous mentissiez. QuĂŻls mentissent. PASSÉ. Que j’aie offert, etc. Que j’aiĂ© inenll, etc. Que nous ayons offĂ©rt; Que nous Ăąyoris mĂ©nli» ' etc. - elc; PLÜS-QÜB-PARFAIT. Que jĂ«usse offert, eic. , Que jĂ«usse mcnlr, etc. Que nous eussions offert, Que nous eussions menti» etc. Offrir. ‱Avoir.offert. Offrant. etc. INFINITIF. PRÉSENT. Mentir. PASSÉ.' Avoir menti. PARTICIPE PRÉSENT; Mentant. PARTICIPE PASSÉ. Offert, offerte, ayant Menti, mentie^ aypnt offert. menti. CUEILLIR. FAILLIR. ' MODE INDICATIF, Je cueille. Tu cueilles, ,11 cueille. Nous cueillons. Vous cueillez. Us cueillent. PRÉSENT. Je faux. Tu faux. Il faut. ,, Nous failloDS; ^ Vous faillez. Us faiileĂŒt. fi
( 536 ) > ^ Je cueillais. Tu cueillais. Il cueillait. Nous cueillions. Vous cuĂ©illiez. Ils cueillaient. Je cueillis. Tu cueillis. Il cueillit. ' Nous cueillĂźmes. Vous cueillĂźtes. Ils cueillirent. IMPARFAIT. Je faillais. Tu faillais. ĂŻl faillait. Nous faillions. Vous failliez. Ils faillaient. PASSÉ DÉFINI. Je faillis. Tu faillis. 11 faillit. Nous faillĂźmes. Vous faillites. Us faillirent. PASSÉ INDÉFINI. J'ai cueilli, etc. J’ai failli, etc. Nous avons cueilli, etc. Nous avons failli, etc. PASSÉ ANTÉRIEUR. J'eus cueilli, etc, ' J’eus failli, etc. Nous eĂ»mes cueilli, etc. Nous eĂ»mes failli, etc. PtUS-QUE-PARFAIT, J'avais cueilli, etc. ' J*’avais failli, etc. Nous avions cueilli, etc. Nous avions failli, etc. Je cueillerai. ' Tu cueilleras. Il cueillerai Nous cueillerons. Vous cueillerez, ĂŻls'^ cueilleront. FUTUR. Je faillirai. Tu failliras. II faillira. Nous faillirons. Yous faillirez. Ils'failliront (1), FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai cueilli, etc. J’aurai failli, etc. Nous aurons cueilli, etc. Nous aurons failli, etc. MODE CONDITIONNEL. Je cueillerais. Tu cueillerais. 11 cueillerait. Nous cueillerions. Vous cueilleriez.' Us cueilleraient. PRÉSENT. - Je faillirais. Tu faillirais.' Il failliraĂźL Nous faillinons. Vous failliriez. ,11s failliraient. PASSÉ. J'aurais cueilli, etc. J’aurais failli, etc. Nous aurions cueilli, etc. Nous aurions failli, etc. On dit encore : J’eusse cueilli, etc. J’eusse failli, etc. Nous eussions cueilli, Nous eussions failli, etc. etc. f MODE ITÉRATIF. ' 1 PRÉSENT. Cueille. Faille, (inusitĂ©.) Cueillons. Faillons. Cueillez- Faillez. ineat cftiet, nous scnilile avoir tort de donner au verhcy'ail/ir JĂš*mĂȘme futur et le mcnie prĂ©sent conditionnel qu’au vcrheyĂč//oir. (nuiMviLLiUHS.) MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT, Que je cueille. Que tu cueilles. Qu’il cueille. Que nous cucilUonsT Que vous cueilliez, QĂŒils cueillent. Que je faillje. (inusitĂ©. Que tu failles. Qu’il faille. Que nous faillions. Que vous failliez. Qu’ils faillent. IMPARFAIT. Que je cueillisse.' Que je faillisse, (inusitĂ©. Que tu cueillisses. Que tu faillisses. Qu’il cueillĂźt. ' Qu’il faillĂźt. Que nous cueillissions. Que noiis faillissions. Que vous'cueillissiez. Que vous faillissiez; QĂŒils cueillissent. QĂŒils faillissent. PASSÉ. Que j’aie cueilli, etc. Que j’aie failli, etc.(i««s.) Que nous ayons cueilli, Que nous ayons failli, etc. etc. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse cueilli, etc.* Que j’eusse failli, etc.(in.) Que nous eussions cueil- Que nous eussions failli, Il, etc._ etc. y MODE INFINITIF, PRÉSENT. Cueillir. 0 , Faillir, J PASSÉ. Avoir cueilli. . Avoir failli. PARTICIPE PRÉSENT. Cueillant. Faillant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant cueilli. Ayant failli. FÜIB HAIB. MODE INDICATIF. PRÉSENT. ' Je fuis. Je hais (prononcez je hĂšs). Tu fuis. Tu hais. Il fuit. Il hait. Nous fuyons. Nous haĂŻssons. : Vous fuyez. Nous haĂŻssez. Ils fuient. Us haĂŻssent. IMPARFAIT. Je fuyais. Je haĂŻssais. Tu fuyais. Tu ha'issais. 11 fuyait. 11 haĂŻssait. Nous fuyions. Nous haĂŻssions. Vous fuyiez. Vous haĂŻssiez. Us fuyaient. Us haĂŻssaient. ■ PASSÉ DÉFINI. Je fuis; Je haĂŻs. Tu fuis. Tu haĂŻs. Il fuit. Il haĂŻt. Nous fuĂźmes. Nous haĂŻmes. ' Vous fuĂźtes. Vous haĂŻtes. Us fuirent. Us haĂŻrent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai fui, etc. J’ai-ha'ĂŻ, etc. Nous avons fui i, etc. Nous avons haĂŻ, etc.
{ 537 ) . PASSÉ ANTÉRIEUR. JĂ«us fui, etc. JĂ«us haĂŻ, etc. Nous eĂ»mes fui, etc. Nous eĂ»mes haĂŻ, etc. PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais fui, etc. Nous avions fui, etc. Je fuirai. Tu fuiras. Il fuira. ^ Nous fuirons. Vous fuirez. Ils fuiront. J’avais haĂŻ, etc. Nous avions haĂŻ, ctc. FUTUR. Je haĂŻrai. Tu haĂŻras. 11 haĂŻra. Nous haĂŻrons. Vous haĂŻrez. Ils haĂŻront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai fui, etc. , J’aurai haĂŻ, etc. Nous aurons fui, etc. Nous aurons haĂŻ, etc. MODE CONDITIONNEL. Je fuirais. Tu fuirais. Il fuirait. ' Nous fuirions. Vous fuiriez. Us fuiraient. PRÉSENT. Je haĂŻrais. Tu haĂŻrais. U haĂŻrait. Nous haĂŻrions. Vous haĂŻriez. Us haĂŻraient. J’aurais fui, etc. PASSÉ. - yr J’aurais haĂŻ,' etc. Nous aurions fui, etc. Nous aurions haĂŻ, elc. On dit encore : J’eusse fui, etc. J’eusse haĂŻ, etc. , Nous eussions fui, etc. Nous eussions haĂŻ, etc. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT, Fuis. ^ Hais. Fuyons, ' HaĂŻssons. Fuyez. HaĂŻssez. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que je fuie. Que tu fuies. Qu’il fuie. Que nous fuyions. Que vous fuyiez. QĂŒils fuient. Que je fuisse. Que tu fuisses. QĂŒil fuĂźt. Que nous fuissions. Que vous fuissiez. Qu’ils fuissent. Que j’aie fui, etc. Que nous ayons fui, Que je haĂŻsse. Que tu haĂŻsses. QĂŒil haĂŻsse. Que nous haĂŻssions. Que vous haĂŻssiez. Qu’ils haĂŻssent. IMPARFAIT. Que je haĂŻsse. Que tu haĂŻsses. QĂŒil haĂŻt. Que nous haĂŻssions. Qut? vous haĂŻssiez. QĂŒâ€™ils haĂŻssent. f PASSÉ. Que j’aie haĂŻ, etc. elc. Que nous ayons haĂŻ, ctc. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse fui, etc. Que j’eusse haĂŻ, etc. Que nous eussions fui, Que nous eussions haĂŻ, ’ etc. etc. Fuir. Avoir fui. Fuyant. Ayant fui. MODE INFINITIF. PRÉSENT, HaĂŻr. PASSÉ. Avoir haĂŻ, PARTICIPE PRÉSENT. HaĂŻssant. PARTICIPE PASSÉ. ‘ Ayant haĂŻ. TRESSAILLIR. VETIR. MODE INDICATIF. Je tressaille— Tu tressailles, U tressaille. ^ Nous tressaillons.. Vous tressaillez. Us tressaillent. Je tressaillais. Tu tressaillais. Iltressaillalt. Nous tressaillions. Vous tressailliez. Ils tressaillaient. Je tressaillis. Tu tressaillis. Il tressaillit. Nous tressaillĂźmes. Yous tressaillĂźtes. Us tressaillirent. PRÉSENT. Je vĂȘts. Tu'vĂŽts. U vĂȘt (1). Nous vĂȘtons. Vous vĂȘtez. ‱ 'Ils vĂȘtent. IMPARFAIT. Je vĂȘtais. Tu vĂȘtais. U vĂȘtait. Nous vĂȘtions. Vous vĂȘtiez. Us vĂȘtaient. ‱ PASSÉ DÉFINI. Je vĂȘtis. " Tu vĂȘtis. U vĂȘtit. ‱ Nous vĂȘtĂźmes. Vous vĂȘtĂźtes.'* Ils vĂȘtirent. J V PASSK I>DÉFINI. * J’ai tressailli, etc. J’ai vĂȘtu, etc. Nous avons tressailli, etc. Nous avons vĂȘtu, etc. PASSÉ ANTÉRIEUR. J’eus tressailli, ctc. J'eus vĂȘtu, etc. Nous eĂ»mes tressailli. Nous eĂ»mes vĂȘtu, etc. ctc. PLUS-QUE-PARFAIT. J'avais tressailli, etc. J'avais vĂȘtu, etc. Nous avions tressaiili, Nous avions vĂȘtu, etc. etc. FUTUR. Je vĂȘtirai. Je tressaillerai (2}. Tu tressailleras. U tressaillera. Nous tressaillerons. Vous tressaillerez. Us tressailleront. Tu vĂȘtiras. U vĂȘtira. Nous vĂȘtirons. Vous vĂȘtirez. Us vĂȘtiront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurais tressailli, ctc. J’aurai vĂȘtu, ctc. Nous aurions tressailli, Nous aurons vĂȘtu, ctc. etc. (1) Les grands Ă©crivains font ce verbe rĂ©gulier, et disent : // veUty ils vĂȘtissent, il vĂ©lissait, etc. : Le cocotier ombrage, loge , vĂȘtit , nourrit tes enfanls de Uralima. (Voltaibk.) ' (2) L’AcadĂ©mie Ă©crit : je tressaillirai et je tressaillirais ; nous penÂŹ sons qu’on doit dire: je tressaillerai, je tressaillerais, et non pas tressaillirai , tressaillirais , parce (^iic le prĂ©sent est je tressaille. Doraeigucet plusieurs bons grammairiens partagent notre opinion. 68
MODE CONDITIONNEL. Je tressaillerais. Tu tressaillerais. Il tressaillerait. Nous tressaillerions. Vous tressailleriez. Ils tressailleraient. PRÉSENT. Je vĂȘtirais. Tu vĂȘtirais. 11 vĂȘtirait. Nous vĂȘtirions. Vous vĂȘtiriez. Ils vĂȘtiraient. PASSÉ. J’aurais tressailli ; elGi J ’aurais vĂȘtu, etC; Nous aurions tressailU, Nous aurions vĂȘtu, etc. . etc. On dit encore : J’eusse tressailli, etc. . J’eusse vĂȘtu, etc. Nous eussions tressailli. Nous eussions vĂȘtu, etc. etc. -MODE iMPÉRATIF. PRÉSENT. ' VĂȘts. VĂȘtons. VĂȘtez. » ( 538 ) Que nous tressaillions. Que nous vĂȘtions. Que vous tressailliez. Que vous vĂȘliez. Qu’ils tressaillent; Qu’ils vĂ©tentt IMPARFAIT, Que je tressaillisse. Que je VĂȘtisse. Que tu tressaillisses. Que lu vĂȘtisses. Qu’il tressaillit. Qu’il vĂȘtit. Que nous tressaillissions.- Que nous vĂȘtissions. Que vous tressaillissiez; Que voĂŒs vĂȘtissiez. Qu’ils tressaillissent. Qu’ils vĂȘtissent. PASSÉ ANTÉRIEUR. Que j’aie tressailli, etc,. Que j’aie vĂȘtUj ctC;. Que nous ayons tressai!- Que nous ayons vĂȘĂźu, etc. li, eto. PLUS-QUE-PARFAIT. Quej’eusse tressailli, etc. QĂŒe j’eusse vĂȘtu, etc. Que nous eussions trĂšs- Que nous eussions vĂȘtu^ sailli, etc. ' etc. . MODE INFINITIF. Tressaille. Tressaillons. Tressaillez. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT, QĂŒe je tressaille. Que je vĂȘte. Que tu tressailles. Que tu vĂȘtes. Qu’il tressaille. . Qu’il vĂȘte. PRÉSENT. Tressaillir. VĂȘtir. PASSÉ. V Avoir tressailli. Avoir vĂȘtu. PARTICIPE PRÉSENT, Tressaillant. VĂȘtant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant tressailli. Ayant vĂȘtu. . Les autres verbes irrĂ©guliers de celte classe, qu'il n’est pas nĂ©cessaire de conjuguer, fediit : BĂ©nir, qui a deux participes diffĂ©rents, bĂ©nit, bĂ©nite, pain bĂ©nit, eau bĂ©nite; et bĂ©ni, bĂ©nie : vous ĂȘtes bĂ©nie entre toutes les femmes. Voir plus loin pour la diffĂ©rence qui existe entre ces deux participes. ‘ Fleurir, qui est rĂ©gulier dans toutes ses formes, lorsqu'il est employĂ© dans le sens proÂŹ pre ; mais qui, au figurĂ©, est irrĂ©gulier Ă  l'irtiparfait et au participe prĂ©sent : le commerce florissait, et non pas fleurissait; les arts sont florissants, et non pas fleurissants. Consentir, ressentir, pressentir, dormir, endormir, se repentir, sei'vir, desservir, sortir, ressortir (lorsqu'il signifie sor/zV de nouveau], partir, impartir (lorsqu'il signifie rĂ©pliqtler et partir de nouveau,), se conjuguent comme sentir. Mais ressorter (lorsqu'il signifie ĂȘtre dans la dĂ©pendance, dans le ressort] oXrĂ©partir (lorsÂŹ qu'il signifie partager) se conjuguent comme finir : celte affaire ressortissait Ă  tel tribunal, et non pas ressortait; il ressortit Ă  ma juridiction, et non pas^zZ ressort, etc. (1) H repartait pour VarmĂ©e; en consĂ©quence, il rĂ©partissait ses biens entre ses amis. N'oublions pas que repartir s’écrit, dans le premier cas, par un e muet, el dans le second par un Ă© fermĂ©. OuĂŻr. Indicatif prĂ©sent : j'ois, tu ois, il oit; nous oyons, vous oyez, ils oienti Ni ce temps, ni l'imparfait j'oyerais, ni le futur j'oiteVai, ne sont en usage, non plus que les temps qui en sont formĂ©s. On ne se sert maintenant de cet;er6e qĂŒau passĂ© dĂ©fini de Tindicatif, j'owĂŻs, il ouĂŻt; Ă  Timparfait dĂ» subjonctif, que j'ouĂŻsse, qu'il ouĂŻt; Ă  Tinfiilitif, ouĂŻr; et dans les temps composĂ©s, on se sert du participe otĂŒ, ouĂŻe, et de l’auxiliaire avoir. (L'AcadĂ©mie, Wailly, Restadt, FĂ©raud, TrĂ©voux.) Le 'verbe ouĂŻr a une signification beaucoup moins Ă©tendue que le verbe entendrĂ©; il ne se dit proprement que d’un sdh passager, et qĂŒon entend par hasard et sans dessein. On ne doit pas s’en servir quand il est question d'un prĂ©dicateur, d’un avocat, d'un (1) Le mĂ©tropolitain Ă  qui cette affaire ressortait de droit. Voltaire aurait dĂ» dire : ressortissait. Toutouyrage, toute doctrine Ressortit Ă  son tribunal. {Voltaire.) (J.-B. Rousseau.]
' ( 539 ) ^ discours public; mais Ori dit trĂšs-bien iouir la messeSeigneur', daignez ouir nos pnĂš*> res; Us dimanches lĂ  messe oiiiras; et au palais : owĂŻr des tĂ©moins. (FĂ©uaud et Gattel.) FĂ©rir. Ce verbe; qui signifie frapper; nĂ«st plus en usage que dans cette phrase : sans coup fĂ©rir, pour dire : sans en venir aux mains, sans rien hasarder. FĂ©ru, fĂ©rue, ne se dit,qĂŒe dans ces phrases badines : il est fĂ©ru de cette femme, pour dire : il Cri est bien amoureux ; je suis fĂ©ru, jĂ«n ai dans TailĂš. (L'ÀcadĂ©iviie, FĂ©- BAUD et TitÉvoĂŒx. ) QuĂ©t'ir nĂ«st usitĂ© qu'Ă  Tinfinitif prĂ©sent. Saillir, lorsqu'il signifie s'avancer eri dehors, n'a guĂšre quo cettĂš forme et le participe prĂ©sent saillant.i. Lorsqu'il signifie s'Ă©lancer ou s'Ă©lever, il a le participe passĂ© sailli, el par consĂ©quent toĂŒtes lĂšs formes qui se composent de ce participe et des formes du verbe avoir. On dit Ă iissi : les eaux sdillisseht. « " GĂ©sir n’est plus en usage Ă  Tinfinitif; il signifiait ĂȘtre couchĂ©; ori dit cependant encore : il'gĂźt, nous gisons, ils gisent; ĂŒ gisait, gisant. (L’AcadĂ©mie, Wailly, FĂȘraĂŒd, LĂ©vizac, Gattel, etc.) THOÎS5ÈME CONJÜGAÎSOK. ASSEOIR. DECHOIR. MODE INDICATIF. PUÊSENT. Je dĂ©chois. TĂŒ dĂ©chois, li dĂ©choit. Nous dĂ©ehoyofis; Vous dĂ©choyez, lis dĂ©choient: iMPÀRFAIT. Je dĂ©choyais. 'TĂŒ dĂ©choyais. Il dĂ©choyait. Nous dĂ©choyions. Vous dĂ©choyiez. Ils dĂ©choyaient. PASSÉ DÉFINI. Je dĂ©chus. Tu dĂ©chus, li dĂ©chut. Nous dĂ©chĂ»mes. Vous dĂ©chĂ»tes; Ils dĂ©churent. PASSÉ INDÉFINI. Je suis dĂ©chu, etc. Nous avons assis, etc. Nous sommes dĂ©chus, etc. PLUS-QUE-PARFAIT, J’avais assis, etc. J'Ă©tais dĂ©chu, etc. Nous avions assis, etc. Nous Ă©tions dĂ©chus, etc. FUTUR. Je dĂ©cherrai. TĂŒ dĂ©cherras. II dĂ©cherra. NoĂŒs dĂ©cherrons. Vous dĂ©cherrez. lisdĂ©cherront. J’assieds. Tu assieds. Il assied. Nous assĂ©yoĂŻis. Vous asseyez; Ils asséÿciit; J’assĂ©yais. Tu assĂ©vuis. II asseyait. Nous assĂ©yiohs. Vous assĂ©yiez. TU assĂ©yaient, / t J’assis. Tu assis. 11 assit. Nous assĂźmes. Vous assĂźtes. Ils assirent; J’ai assis, etc. J’assiĂ©rai (1). Tu assiĂ©ras. 11 assiĂ©ra. Nous assiĂ©rons. Vous assiĂ©rez. Us assiĂ©ront. (1) L’AcaHĂ©mie Ă©crit aussi \ a<!st^erai el fasseyerms. "Elle,‱perÂŹ met encore de conjnguer ce vĂȘrbe aln.«i : farsois/ tu astois, il ai- soit; nous assoyons y voua aMoyei, t(* assoient. J'ass or ais, f asÂŹ soirai, y assoirais, assois \ Ă©saoyss , que f assoie , assoyant. Cette derniĂšre ccojagaiBon n*est guĂšre usitĂ©e figurĂ© : asseoir les impoiĂ«. FUTUR ANTERIEUR. J’aurai assis, etc. JĂ« serai dĂ©chu, etc. Nous aurons assis, etc. Nous serons dĂ©chus, etc, ; MODE. CONDITIONNEL. J’assiĂ©rais. Tu assiĂ©rais. Tl assiĂ©rait. Nous assiĂ©rions. Vous assiĂ©riez. Ils assiĂ©raient. PRESENT. Je dĂ©cherrais. Tu dĂ©cherrais. II dĂ©cheruait. Nous dĂ©cherrions. Vous dĂ©clierriez. Us dĂ©cberraient. je serais dĂ©chu, ,etc. Nous serions dĂ©chus, etc. PASSÉ. J’aurais assis, etc. Nous aurions assis, ctc. Oh dit encore : J’eusse assis,etc. Je fusse dĂ©chu, etc. Nous eussions assis, etc. Nous fussions dĂ©chus, etc. MODE I1VIPÉRAT1F. / » PRÉSENT. Assieds; DĂ©chois. AssĂ©yons. DĂ©choyons. . . AssĂ©yez. DĂ©choyez. MODE SÜBJONCTIF. Que j’assĂ©ye. Que lu assĂ©yes. Qu’il assĂ©ye. Que nous assĂ©yions. Que vous assĂ©yiez. Qu’ils assĂ©yent. Que j’assisse. Que tu assisses. Qu’il assit. Que nous assissioiiL Que vous assissiez. Qu’ils assissent. PRÉSENT. Que je dĂ©choie. Que tu dĂ©choies; Qu’il dĂ©choie. Que nous dĂ©choyions. Que vous dĂ©choyiez. Qu’ils dĂ©choient. IMPARFAIT. N Que je dĂ©chusse. Que tu dĂ©chusses. Qu’il dĂ©chĂ»t. Que nous dĂ©chussions. Que vous dĂ©chussiĂšz. Qu’ils dĂ©chussent.
( o4Ă» } PASSÉ. Que j'aie assis, etc. Que je sois dĂ©chu, etc. Que nous ayons assis, Que nous soyons dĂ©chus, etc. etc. PLÜS-QUE-PAUFAIT. Que j’eusse assis, etc. Que je fusse dĂ©chu, etc. Que nous eussions assis, Que nous fussions dĂ©chus, etc. Asseoir. Avoir assis. etc. MODE INTINTTIE, PRÉSENT. DĂ©choir. PASSÉ. Etre dĂ©chu. PARTICIPE PRÉSENT. DĂ©chĂ©ant. PARTICIPE PASSÉ. Étant dĂ©chu. AssĂ©yant. Ayant assis. MOUVOIR. POURVOIR. MODE INDICATIF. Je meus. Tu meus*. Il meut. Nous mouvons. Vous mouvez, lis meuvent. Je mouvais. Tu mouvais. 11 mouvait. Nous mouvions. Vous mouviez. Ils mouvaient. Je mus. Tu mus. 11 mut. Nous mĂ»mes. Vous mĂ»tes. Ils murent. PRÉSENT. Je pourvois. Tu pourvois. . Il pourvoit. Nous pourvoyons. Vous pourvoyez. Ils pourvoient. IMPARFAIT. Je pourvoyais,. Tu pourvoyais. Il pourvoyait. Nous pourvoyions. Yous pourvoyiez. Ils pourvoyaient. PASSE DÉFINI. Je pourvus. - Tu pourvus. Il pourvut. Nous pourvĂ»mes. Vous pourvĂ»tes. Ils pourvurent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai pourvu, etc. J’ai mu, etc. Nous avons mu, etc. Nous avons pourvu, etc. PLUS-OÜE-PARFAIT. J’avais mu, etc. Nous avions mu, etc. Je mouvrai. Tu mouvras, ĂŻl mouvra. Nous mouvrons. Vous mouvrez. Ils mouvront. , J’avais pourvu, etc. Nous avions pourvu, etc. FUTUR. Je pourvoirai. Tu pourvoiras. Il pourvoira. Nous pourvoirons. Vous pourvoirez. Ils pourvoiront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai mu, etc. J’aurai pourvu, etc. Nous aurons mu, etc. Nous aurons pourvu, etc. MODE CONDITIONNEL. Je mouvrais. Tu moĂŒvrais. Il mouvrait. Nous mouvrions. Vous mouvriez. Us mouvraient. PRESENT. .Je pourvoirais. Tu pourvoirais. * ĂŻl pourvoirait Nous pourvoirions. Vous pourvoiriez. Us pourvoiraient. PASSÉ. J’aurais pourvu, etc. J’aurais mu, etc.^ Nous aurions mu, etc. Nous aurions pourvu, etc. On dit encore: J’eusse mu, etc. J’eusse pourvu, etc. " Nous eussions mu, etc. Nous eussions pourvu, etc. MODE EVIPÉRATIF. PRÉSENT, Meus. Pourvois. Mouvons. Pourvoyons. Mouvez. Pourvoyez, ÏUODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que jĂ© meuve. Que tu nieuyes. Qu’il meuve. Que nous mouvions. Que vous mouviez. Qu’ils meuvent. ■Que je pourvoie. Que tu pourvoies. Qu’il pourvoie. Que nous pourvoyions. Que vous pourvoyiez. Qu’ils pourvoient. IMPARFAIT. Que je musse, . Que tu musses. Qu’il mĂ»t. Que nous mussions. Que vous mussiez. QĂŒils mussent. Que j’aie mu, etc. Que je pourvusse. Que tu pourvusses. Qu’il pourvĂ»t. Que nous pourvussions. Que vous pourvussiez. Qu’ils pourvussent. PASSE. Que j’aie pourvu, etc. Que nous ayons mu, etc. Que nous ayons pourvu, etc. PLUS-OUE-PARFAir. Que j’eusse mu, etc. ^ Que j’eusse pourvu, etc. Que nous eussions mu, Que nous eussions pour- etc. vu, etc. » MODE INFINITIF, ' PRÉSENT. Mouvoir. Pourvoir, PASSÉ. Avoir mu. Avoir pourvu. * PARTICIPE PRÉSENT. Mouvant. Pourvoyant. : PARTICIPE PASSÉ. Ayant mu. Ayant pourvu.
( 541 ) POUVOIR. PREVOIfi. MODE INDICATIF. Je peux, ou je puis. Tu peux. Il peut. Nous pouvons. Vous pouvez. Ils peuvent. Je pouvais. Tu pouvais. Il pouvait. Nous pouvions. Vous pouviez. Ils pouvaient. Je pus. Tu pus. Il put. Nous pĂ»mes. Vous pĂ»tes. Ils purent. J’ai pu, etc. PRÉSENT. Je prĂ©vois. Tu prĂ©vois. . Il prĂ©voit. Nous prĂ©voyons. Vous prĂ©voyez. Us prĂ©voient. IMPARFAIT. Je prĂ©voyais. Tu prĂ©voyais. Il prĂ©voyait. Nous prĂ©voyions. Vous prĂ©voyiez. Ils prĂ©voyaient. PASSÉ DÉFINI. Je prĂ©vis. Tu prĂ©vis- 11 prĂ©vit. Nous prĂ©vĂźmes. Vous prĂ©vĂźtes. Us prĂ©virent. PASSÉ INDÉFINI. - J,.., J'ai prĂ©vu, etc. Nous avons pu, ctc. . Nous avons prĂ©vu, etc. PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais prĂ©vu, etc, etc. Nous avions prĂ©vu, etc. FUTUR. ‱ Je prĂ©voirai. Tu prĂ©voiras. U prĂ©voira. Nous prĂ©voirons. Vous prĂ©voirez. Ils prĂ©voiront. FUTUR ANTÉRIEUR. JĂ«urai prĂ©vu, etc. Nous aurons prĂ©vu, etc. J’avais pu, etc. Nous avions pu Je pourrai. Tu pourras. U pourra. Nous pourrons. Vous pourrez. Us pourront. J’aurai pu, etc. Nous aurons pu, etc MODE CONDITIONNEL. Je pourrais. Tu'pourrais. U pourrait.' Nous pourrions. Vous pourriez. Us pourraient. PRÉSENT. Je prĂ©voirais. " Tu prĂ©voirais. Il-prĂ©voirait. Nous prĂ©voirions. Vous'prĂ©voiriez. Us prĂ©voiraient. PASSE. J’aurais pu, etc. J’aurais prĂ©vu, etc. Nous aurions pu, elc. Nous aurions prĂ©vu, etc. On dit encore : JĂ«usse pu, ctc. J’eusse prĂ©vu, etc. Nous eussions pu, etc. Nous eussions prĂ©vu, etc. MODE UVlPÊRATiF. PRÉSENT. Peux. PrĂ©vois. Pouvons. PrĂ©voyons. Pouvez. 0 ' PrĂ©voyez. I^ÏODE SÜBJONCTIF. PRÉSENT. Que je prĂ©voie. Que tu prĂ©voies. Qu’il prĂ©voie. Que nous prĂ©voyions. Que vous prĂ©voyiez. QĂŒils prĂ©voient. IMPARFAIT. Que je prĂ©visse. Que tu prĂ©visses. Qu’il prĂ©vĂźt. Que nous prĂ©vissions. Que vous prĂ©vissiez. QĂŒils prĂ©vissent. Que je puisse. ' Que tu puisses. . Qu’il-puisse. Que nous puissions Que vous puissiez. Qu’ils puissent. Que je pusse. Que tu pusses. QĂŒil pĂ»t. Que nous pussions. Que vous pussiez. Qu’ils pussent. PASSÉ. Que j’aie pu, etc. Que j’aie prĂ©vu, etc. Que nous ayons pu, etc. Que nous ayons prĂ©vu, etc, PLUS-QUE-PABF AIT. Que jĂ«usse pu, etc. „ Que j’eusse prĂ©vu, etc. Que nous eussions pu, Que nous eussions prĂ©vu, etc. etc. « MODE INFINITIF. PRÉSENT. Pouvoir. PrĂ©voir. PASSÉ. Avoir pu. Avoir prĂ©vu. PARTICIPE PRÉSENT, Pouvant. PrĂ©voyant. - PARTICIPE PASSÉ. Ayant pu. Ayant prĂ©vu. 9 SAVOIR. SURSEOIR. MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je sais. Je sursois. Tu sais. Tu sursois. Ii sait. II sursoit. Nous savons. Nous sursoyons Vous savez. Vous sursoyez. . Us savent. Us sursoient. IMPARFAIT. Je savais. Je sursoyais. Tu savais. Tu sursoyais. U savait. U sursoyait. Nous savions. Nous sursoyions. Vous saviez. Vous sursoyiez. Us savaient. Us sursoyaient. PASSÉ DÉFINI. Je sus. Je sursis. Tu sus. Tu sursis. U sut. ' U sursit. Nous sĂ»mes. Nous sursĂźmes. Vous sĂ»tes. Vous sursĂźtes. Us surent. Us sursirent. PASSÉ INDÉFINI, J’ai su, etc. J’ai sursis, etc. Nous avons su, etc. Nous avons sursis, etc.
' PLÜS-QDE-PARFAÎT. J’avais su, etc. v J’avais sursis, etc. Nous avions su, etc. *9 t ■ Ăź i V Je saurai. Tu sauras. II saura, Nous saurons. Vous saurez. Us sauront. J’aurai su, etc. Nous avions sursis, etc. t FÜTOR, Je surseoirai. Tu surseoiras. Il surseoira. Nous surseoirons. Vous surseoirez. Ils surseoiront. FOTDR ANTÉRIEUR. J’aurai sursis, etc. Je saurais. Tq saurais, llsaurait. Nous saurions. Vous sauriez. Ils sauraient. Nous aurons su, etc. Nous aurons sursis, etc, MODE conditionnel. . PRÉSENT. Je surseoirais. Tu surseoirais. Il surseoirait. Nous surseoirions. - - Vous surseoiriez. Ils surseoiraient. t PASSÉ. J’aurais su, etc. J’aurais sursis, etc. Nous aurions su, etc. Nous aurions'sursis, etc. On dit encore : J’eusse su, etc. J’eusse sursis, etc. Nous eussions su, etc. Nous eussions sursis, etc. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT, Sursois. Sursoyons. Sursoyez. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que je sursoie.’ Que .tu sursoies. Qu’il sursoie. Que nous sursoyions. Que vous sursoyiez. Qu’ils surscolent. ^ IMPARFAIT. Que je sursisse. Que tu sursisses. Qu’il sursĂźt. Que nous sursissions. Que vous sursissiez. Qu’ils sursissent. PASSÉ. , Que j’aie sursis, etc. Que nous ayons su, etc. Que nous ayons sursis, etc. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse su, etc. Que j’eusse sursis, cto. Que nous eussions su, Que nous eussions sursis, etc. - etc. Sache. Sachons Sachez. ^ Que je sache. . Que tu saches. Qu’il sache. Que nous sachions. Que vous sachiez. Qu’ils sachent'. Que je susse. Que tu susses. Qu’il sĂ»t. Que nous sussions. Que vous sussiez, QĂŒils sussent. Que j’aie su, etc. Savoir. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Surseoir. > ^ 2 ) . PASSÉ. Avoir su. Avoir sursis. PARTICIPE PRÉSENT. Sachant. Sursoyant. PARTICIPE PA^SÉ. Ayant su. Ayant sursis. VOIR, VOULOIR. MODE INDICATIF, ‱ ‱PRÉSENT, Je vois.. 'Je veux. Tu vois. Tu veux. II voit. 11 veut. Nous voyons. NoĂ»s voulons. - Vous voyez. Vous voulez. Ils voient. Ils veulent. ‱ lÛlPARFAIT. Je voyais. Je voulais. Tu voyais. Tu voulais,. Il voyait. II voulait. Nous voyions. Nous voulions. Vous voyiez. Vous vouliez. Ils voyaient. Ils voulaient. ‱ pASSÉ DÉFINI.- Je vis. Je voulus. Tu vis. Tu voulus, Il vit. Il voulut. Nous vĂźmes. Nous voulĂ»mes. Vous vĂźtes. . Vous voulĂ»tes. Us virent. 0 ' Us voulurent. r PASSÉ INDÉFINI* J’ai vu, etc. J’ai voulu, etc. Nous avons vu. etc. Nous avons voulu, otc. PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais vu,, etc. ' J’avais voulu, etc. Nous avions vu , etc. Nous avions voulp, etc. FUTUR. Je verrai. ' Je voudrai. Tu verras. Tu voudras. Il verra; U voudra. Nous verrons. ^ Nous voudrons. Vous verrez. Vous voudrez. Ils verront. Us voudront. FUTUR antĂ©rieur. J’aurai vu, etc. J’aurai voulu, etc. Nous aurons vu , etc. Nous aurons voulu, etc.. MODE CONDITIONNEL. ‱ PRÉSENT. Je verrais. Je voudrais. Tu verrais. Tu voudrais. Il verrait. Il voudrait, ■ Nous verrions. Nous voudrions. Vous verriez. * Vous voudriez. Ils verraient. Us voudraient. .. PASSÉ. J’aurais vu, etc. J’aurais voulu, etc. Nous aurions vu, etc. Nous aurions voulu, etc. On dit encore: J’eusse vu, etc. J’eusse voulu, etc. i Nous eussions vu, etc. Nous eussions voulu, etc.
MODE IMPÉEATIF. PRÉSENT. Vois. ' Veuille (1). Voyons. Veuillons. Voyez, Veuillez. MODE SUBJONCTIF. ( 543 ) Que nous vissions. Que vous vissiez. Qu'ils vissent. Que je voie. Que tu voies. Qu’il voie. . Que nous voyions. Que vous voyiez. Qu'ils voient. Que je visse. Que tu visses. Qu’il vĂźt. PRÉSENT. Que je veuille. Que «tu veuilles. Qu'il veuille. Que nous voulions. Que vous vouliez. Qu’ils veuillent. IMPARFAIT. Que je voulusse. Que tu voulusses. Qu’il voulĂ»t. (l) Le verbe vouloir a deux impĂȘraiih'. veuille, veuillons,veuil~ le», expresBÎonN de politesse; et veux, voulons, voulez, exprcs- eioas de commandement ; voulons, et nous 'pourrons. L'abbĂ© de I.a Mennais a dit : FaĂźtes un effort, voulez seulement i celui qui dorme le bon vouloir vous donnera aussi de l’accomplir. Que nous voulussions. Que vous voulussiez. Qu’ils voulussent. PASSÉ. Que j’aie vu, etc. - Que j’aie voulu^ ctc. Que nous ayons vu, etc. Que nous ayons voulu, ctc. PLUS-QUE-PARFAIT, Que j’eusse vu, etc. Que j’eusse voulu, etc. Que nous eussions vu, Que nous eussions voulu. etc. Voir. Avoir vu. Voyant. Ayant vu. etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Vouloir. PASSÉ. Avoir voulu. PARTICIPE PRÉSENT. Voulant. s PARTICIPE PASSÉ. Ayant voulu. Seoir, quand il signifie ĂȘtre convenable, n*a que la troisiĂšme personne des formes simples : il sied bien ou’ mal, il sĂ©yait, il siĂ©ra, il siĂ©rait, qu'il siĂ©e. Point de prĂ©tĂ©rit dĂ©fini, et par consĂ©quent point d’imparfait du subjonctif. r Lorsqu’il signifie prendre sĂ©ance, i\ n’a que l’infinitif seoir, le participe prĂ©sent sĂ©ant, et quelquefois le participe passĂ© SZ5. ' ' ' / Choir n’est usitĂ© qĂŒĂ  celte forme et au .participe passĂ© cĂ w, chue, autrefois chute. Ço dernier fĂ©minin s’est conservĂ© dans les proverbes chercher chape-chute, trouver chape- chute, pour dire profiter de la nĂ©gligence de quelqu’un. . . ^ Echoir. Participe prĂ©sent, Ă©chĂ©ant; participe passĂ©, Ă©chu, Ă©chue; passĂ© dĂ©fini, fichus ( et son dĂ©rivĂ©, imparfait du subjonctif, que fĂ©chusse). A la troisiĂšme personne du singuÂŹ lier du prĂ©sent de l’indicatif, on dit il Ă©choit ou ĂŒ Ă©chet; hxixxT, f Ă©cherrai ; prĂ©sent du conÂŹ ditionnel, fĂ©cherrais; prĂ©sent du subjonctif, que f Ă©choie. - Apparoir n’est d’usage qĂŒĂ  l’infinitif avec le verbe faire, et Ă  la troisiĂšme personne singuliĂšre de l’indicatif, oĂč il ne s’emploie qu’uniperson'nellement, et oĂč il fait ĂŒ appert. [Dictionnaire de l'AcadĂ©mie, FĂ©raud et Gattel.) Comparoir a le mĂȘme sens que comparaĂźtre ; mais comparoir ne se dit qu’au palais et dans ces phrases ; assignation Ă  comparoir, ou ĂȘtre assignĂ© Ă  comparoir. Ravoir ne s’emploie qu’à l’infinitif : Elle a piis Ă  VAmour.ses tpaits, et h dieu, pour Ăźes ravoir, vole toujours, auprĂšs d’elle. (Voiture.) RĂ©u, ou, ainsi que prononcent certaines personnes, ru; et je le raurai, je me raurai, comme on le dit en quelques endroits,"sont des barbarismes. (L'AcadĂ©mie, FĂ©raud, TrĂ©voux, etc.) Souloir, qui signifie amir coutume, a vieilli et ne s’est guĂšre dit qĂŒĂ  l’imparfait : U ou eßßesowĂźart. (Girault-Duvivier.)
5U ) QUATRIÈME CONJUGAISON. lĂźArrRE. BOIRE. MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je bats. Tu bats. . ' Il bat. Nous battons. Vous battez. Us battent. Je battais. Tu battais. Il battait. Nous battions. Vous battiez. Us battaient. Je battis. Tu battis. Il battit. Nous battĂźmes. Vous battĂźtes. Ils battirent. Je bois. 'Tu bois. Il boit. Nous buvons Vous buvez. Ils boivent. imparfait. Je buvais. Tu buvais. Il buvait. Nous buvions. Vous buviez. Ils buvaient. PASSE DEFINI. Je bus. Tu bus. ĂŻl but. Nous bĂ»mes. Vous bĂ»tes. Us burent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai bu, etc. J’ai battu, etc. Nous avons battu, etc. Nous avons bu, eic. PLDS-QUE-FARFAIT. J’avais battu, etc. J’avais bu, etc. Nous avions battu, etc. Nous avions bu, etc. Je battrai. Tu battras.'^ Il baitra. Nous battrons. Vous battrez. Ils battront. FUTUR. Je boirai. Tu boiras. Il boira. Nous boirons,, Vous' boirez. Ils boiront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai battu, etc. J’aurai bu, etc. Nous aurons battu, etc. Nous aurions bu, etc. MODE CONDITIONNEL. Je battrais. Tu battrais. Il battrait. Nous battrions. Vous battriez. Us battraient. PRESENT. Je boirais. Tu boirais. Il boirait. . Nous boirions. Vous boiriez. Us boiraient. PASSÉ. J’aurais battu, etc. J’aurais l)u, etc. Nous aurions battu, etc. Nous aurions bu, etc. On dit encore : J’eusse battu, etc. J’eusse bu, etc. Nous eussions battu, etc. Nous eussions bu, etc, MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. RatsI Bois. Battons. Buvons, Battez. Buvez. MODE SUBJONCTIF. PRESENT. Que je batte. Que tu battes. Qu’il batte. Que nous battions. Que vous battiez. Qu’ils battent. Que je boive Que tu boives. Qu’il boive. Que nous buvions. Que vous buviez. Qu’ils boivent. I5IPARFAIT. Que je battisse. Que tu battisses. Qu’il battĂźt. Que nous battissions. Que vous battissiez. Qu’ils battissent. Que je busse. Que tu busses. QĂŒil bĂ»t. Que noĂ»s bussions. Que vous bussiez. Qu’ils bussent. PRÉTÉRIT ou PASSÉ. Que j’aie battu, etc. Que j’aie bu, etc. Que nous ayons battu; Que nous ayons bu, etc. etc. PLUS-QUE-PARFAIT. . Que j’eusse battu, etc. Que j’eusse bu, etc. Que nous eussions battu, Que nous eussions bu» etc. etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT, Boire. PASSÉ. Avoir bu. s PARTICIPE PRÉSENT. Blivant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant battu. ' Ayant bu. Battre. Avoir battu. Battant. CLORE. CONCLURE MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je clos. Tu clos. Il clĂŽt. Nous closons. Vous closez, (inusitĂ©.) Ils closent. Je conclus. Tu conclus. Il conclut. Nous concluons. Vous concluez. Ils concluent. ‘ imparfait. Je closais, (inusitĂ©.) Tu closais. Il closait. Nous closions. Vous closiez. Ils closaient. Je concluais. Tu concluais. ' Il concluait. Nous concluions. Vous concluiez. Us concluaient.
PASSÉ DÉFINI. Je closis (1). {jnusitĂ© ) Je conclus. Tu closis. Iljclosit, Nous closĂźmes. Vous closĂźtes. Us closirent. Tu conclus. Il conclut. Nous conclĂ»mes. Vous conclĂ»tes; Us conclurent. J’ai clos, etc. PASSE INDEFINI. J’ai conclu, etc. Nous avons clos, etc. Nous avons conclu, etc. PLUS-QÜE'PAEFAIX. J’avais clos, etc. J’avais conclu, etc. Nous avions clos, etc. Nous avions conclu, etc. FUTUR. ' Je conclurai. ( 545 ) PASSÉ. Que j’aie clos, etc. Que j'aie conclu, etc. Que nous ayons clos, etc. Que nous ayons conclu, ^ etc. PlĂŒS-QDE PARFAIT. Que j’eusse clos, etc. Que j’eusse conclu, etc. Que nous eussions clos. Que nous eussions^con- etc.' Je clorai. Tu cloras. Il clora. Nous clorons. Vous clorez. Us cloront. Tu concluras. Il conclura. Nous conclurons. Vous conclurez. Ils concluront. FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai clos, etc. J’aurai conclu, etc. Nous aurons clos, etc. Nous aurons conclu, etc. MODE CONDITIONNEL. PRÉSENT. Je conclurais. Tu conclurais, ĂŻl conclurait. Nous conclurions. Vous concluriez. Ils concluraient. PASSÉ. J’aurais conclu, etc. Nous aurions clos, etc. Nous aurions conclu, etc. On dit encore : J’eusse clos, etc. J’eusse conclu, etc. Noiis eussions clos, etc. Nous eussions conclu, etc. Je clorais. Tu clorais. Il clorait. Nous clorions. Vous cloriez. Ils cloraient. J’aurais clos, etc. Clos, {inusitĂ©.) Closons. Closez. MODE IMPERATIF, PRÉSENT. Conclus. Concluons. Concluez. MODE SUBJONCTIF. PRESENT, Que je close, (inusitĂ©.) Que je conclue. Que tu closes. Que tu conclues. Qu’il close. Qu’il conclue. 'Que nous closions. Que nous concluions. Que yous closiez. Que vous concluiez. QĂŒils closent. Qu’ils concluent. IMPARFAIT. Que je closisse. (inusitĂ©.) Que je conclusse. Que tu closisses. QĂŒil closĂźt. ' Que nous closissions. Que vous closissiez, QĂŒils closissent. Que tu conclusses. Qu’il conclĂ»t. j Que nous conclussions. Que vous conclussiez. Qu’ils conclussent. (1) AcadĂ©mie ne donne pas ce temps ; nous ne comprcnon? pas poar<jaoi l’on ne dirait pas bien ; je lui eloiis la bouche. du, etc. MODE INFINITIF, % PRÉSENT. Clore. Conclure. PASSÉ. Avoir clos. Avoir conclu. PARTICIPE PRÉSENT. Closant, (inusitĂ©.). Concluant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant clos. Ayant conclu. CONNAITRE COUDRE. MODE INDICATIF. Je connais. Tu connais Il connaĂźt. Nous connaissons. Vous connaissez. Us connaissent. prĂ©sent! Je couds. Tu couds. U coud. Nous cousons. Vous cousez. Ils cousent. Je connaissais. Tu connaissais. Il connaissait. Nous connaissions. Vous connaissiez- Ils connaissaient. Je connus. Tu connus. Il connut. Nous connĂ»mes. Vous connĂ»tes. Us connurent. J’ai connu, etc. IMPARFAIT, Je cousais. Tu cousais. 11 cousait. Nous cousions. Vous cousiez. Ils cousaient PASSÉ DÉFINI. ' Je cousiĂą. Tu cousis. Il cousĂźt. Nous cousĂźmes. Vous cousĂźtes. Us cousirent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai cousu, etc. Nous avons connu, etc. Nous avons cousu, etc. PtUS-QĂŒK-PARFAIT. J’avais connu, etc. J’avais cousu, etc. Nous avions connu, etc. Nous avions cousu, etc. FUTUR. Je connaĂźtrai. Tu connaĂźtras. U connaĂźtra. Nous connaĂźtrons. Vous connaĂźtrez. Us connaĂźtront. Je coudrai. Tu coudras. Il coudra. Nous coudrons. Vous coudrez. Us coudront. FDTÜR ANTERIEUR. J’aurai connu, etc. J’aurai cousu, etc. Nous aurons connu, etc, Nous aurons cousu, etc. ' . 69
( 546 ) MODE CONDITIONNEL. PRESENT. Je connaĂźtrais. Tu connaĂźtrais. Il connaĂźtrait. Nous connaĂźtrions. Vous connaĂźtriez. Ils connaĂźtraient. Je coudrais. Tu coudrais. Il coudrait. Nous coudrions; Vous coudriez. Ils coudraient. PASSE. J’aurais connu, etc. J’aurais cousu, etc. Nous aurions connu, etc. Nous aurions cousu, etc. Ôn dit encore : J’ùusse connu, etc. J’eusse cousu, etc. Nous eussions connu, Nous eussions cousu, etc. etc. ‘ MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. Connais, Connaissons. Connaissez. Couds., Cousons. Cousez. ; MODE SÜBJONCTIF. . ÉRÉSENX. Que je connaisse. - Que je couse. Que tu connaisses. Que tu couses. Qu’il connaisse. Qu’il couse. Que nous connaissions. Que nous cousions. Que vous connaissiez. Que vous cousiez. Qu’ils connaissent. Qu’ils cousent. IMPARFAIT. Que je connusse. Que tu connusses. QĂŒil connĂ»t. Que nous connussions. Que vous connussiez. . Qu’ils connussent. Que je cousisse; Que tu cousisses. Qu’il cousit. Que nous*cousissions. Que vous cousissiez.' QĂŒils cousissent. PASSÉ. Que j’aie connu, etc. Que j’aie cousu -, etc; * Que nous ayons connĂŒ, Que nous ayons cousu, etc. " etc. ' * PtÜS-QÜE-PARFAIT. Que j’eusse connu, etc. Que j’eusse cousu, etc. Que nous eussions con- Que nous eussions cou- nu, etc. ConnaĂźtre. Avoir connu. Connaissant. Ayant connu. ( su, etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Coudre. PASSÉ. Avoir cousu. PARTICIPE PRÉSENT, Cousant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant cousu. FEINDRE; ÇROIRE, MODE INDICATIF. Je feins. Tu feins, 11 feint. Nous feignons. Vous feignez. Us feignent. Je feignais. Tu feignais, II feignait. Nous feignions. Vous feigniez; Us feignaient. Je feignis. Tu feignis. Il feignit. Nous feignĂźmes. Vous feignĂźtes; Us feignirent; PRÉSENT, Je crois. Tu crois. Ii croit. Nous croyons. Vous croyez. Us croient. IMPARFAIT.' , Je croyais. Tu croyais. II croyait. Nous croyions. Vous croyiez. Us croyaient. PASSÉ DÉFINI. Je crus. Tu crus. U crut. Nous crĂ»mes. Vous crĂ»tes. Us crurent, PASSÉ INDÉFINI J’ai feint, etc. J'ai cru, etc. Nous avons feint, etc. Nous avons cru, etc. PttS-QUE-PARFAIT. J’avais feint, etc. J’avais cru, etc. Nous avions feint, etc. Nous avions crUj etC; Je feindrai. Tu feindras. Il feindra. Nous feindrons. Vous feindrez. Us feindront. FÜTÜR. Je croirai. Tu croiras. U croira. Nous croirons. Vous croirez. Iis croiront. PÜTUR ANTÉRIEUR. J’aurai feint, etc. - J’aurai cru, etc Npus aurons feint, etc. Nous aurons cru, etc. MODE CONDITIONNEL. . Je feindrais. Tu feindrais. U feindrait. Nous feindrions. Vous feindriez. Us feindraient. J’aurais feint, etc. PRÉSENT. Je croirais. Tu croirais. U crĂŽifĂąit. Nous croirions. Vous croiriez. Us croiraient. PASSÉ. J’aurais cruj etc; Nous aurions feint, etc.' Nous aurions cruj Ă«tc. ,0n dit encore : J’eusse feint, etc. J’eusse cru, etc. Nous eussions feinta elc; Nous eussions cru, Ă«tc. MODE ÏMFÉRATIF. PRÉSENT. Feins. . Crois. Feignons. Croyons. Feignez. Croyez.
0 MODE SUBJONCTIF. Que je feigne. Que lu feignes.' Qu’il feigne. Que nous feignions. Que vous feigniez. Qu’ils feignent. Que je feignisse. Que tu feignisses, ' Qu’il feignĂźt. Que nous feignissions. Que vous feignissiez. Qu’ils feignissent. PRÉSENT. Que je croie. Que tu croies- Qu’il croie. , ‘ Que nous croyions. Que vous croyiez. Qu’ils croient. imparfait. Que je crusse. Que. tu crusses. Qu’il crĂ»t. Que nous crĂ»ssions. Que vous crussiez. Qu’ils crussent. PASSÉ. Que j’aie feint, etc. Que j’aie cru, etc* Que nous ayons feint, Que nous ayons cru, etc. etc. PLUS-QUE-PARFAIt. Que j’eusse feint, etc. Que j’eusse cru, etc. Que nous eussions feint, Que nous eussions cru, etc. etc. MODE INTINITIF. ■ PRÉSENT. Feindre. . Croire. ■ PASSÉ. Avoir feint. Avoir cru. PARTICIPE PRÉSENT. Feignant. g CroyĂ ntl PARTICIPE PASSÉ. Ayant feint. Ayant cru. DIRE. ÉCRIRE MODE INDICATIF. PrĂ©sent. Je dis. J’écris. Tu dis. Tu Ă©cris. Il dit. Il Ă©crit. Nous disons. Nous Ă©crivons. Vous dites. Vous Ă©crivez.' Us disent. Iis Ă©crivent. - IMPARFAIT. Je disais. J’écrivais. Tu disais. Tu Ă©crivais- 11 disait. 11 Ă©crivait. Nous disions. Nous Ă©crivions, Vous disiez. Vous Ă©criviez, ■ Us disaient. Us Ă©crivaient. : PASSÉ DÉFINI. Je dis. J’écris. Tu dis. ‘ Tu Ă©cris. Il dil. 11 Ă©crit. Nous dĂźrries. Nous Ă©crivĂźmes. - Vous dites. Vous Ă©crivĂźtes. Us dirent. Ils Ă©crivirent. PASSÉ INDÉFINI. jai dit, m*. j’ai Ă©crit, etc. Nous avonË dit^ etc; Nous avons Ă©crit> 547 ) PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais dit, etc, J’avais Ă©crit, etc, Nous avions dit, efc. Nous avions Ă©crit, etc. FUTUR. J’écrirai, ' Tu Ă©criras, ĂŻl Ă©crira. Nous Ă©crirons. Vous Ă©crirez. Us Ă©criront. FDTÜR ANTÉRIEDR. J’aurai dit, etc. J’aurai Ă©crit, etc. Nous aurons dit, etc. > Nous aurons Ă©crit, etc. MODE CONDITIONNEL. PRÉSENT. J’écrirais. . Je dirai. Tu diras, - Il dira. Nous dirons. Vous direz. Us diront. Je dirais. Tu dirais. Il dirait. Nous dirions. Vous diriez. Ils diraient. J’aurais dil, etc. * Tu Ă©crirais. U Ă©crirait. Nous Ă©cririons. Vous Ă©cririez. Ils Ă©criraient. PASSÉ. J’aurais Ă©crit, etc. Nous aurions dit, etc. Nous aurions Ă©crit, etc. On dit encore : J’eusse dit, etc. J’eusse Ă©crit, etc. Nous eussions dit, etc. Nous eussions Ă©crit, etc. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. Dis. Écris, Disons. ^ Écrivons, Dites. Écrivez. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que j’écrive. Que tu Ă©crives. Qu’il Ă©crive. Que nous Ă©crivions. Que vous Ă©criviez, k Qu’ils Ă©crivent, IMPARFAIT. Que j'Ă©crivisse. Que tu Ă©crivisses. Qu’il Ă©crivĂźt. Que nous Ă©crivissions. Que vous Ă©crivissiez. ' QĂŒils Ă©crivissent.' PASSÉ. Que je dise. Que tu dises. Qu’il dise. Que nous disions.' Que vous disiez. Qu’ils disent. i Que je disse. Que tu disses. Qu’il du. Que nous dissions. Que vous dissiez. Qu’ils dissent. Que j’aie dit, etc. Que j’aie Ă©crit, etc. , Que nous ayons dit, etc. Que nous ayons Ă©crit, etc. plus-que-parpait. Que j’eusse dit, etc. Que j’eusse Ă©crit, etc. Que nous eussions dit, Que nous eussions Ă©crit, etc. ' etc. t>ire. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Écrire.
( ,548 ) PASSÉ. Avoir dit. * , Avoir Ă©crit, * ‘ t PARTICIPE PRÉSENT. Disant. - Écrivant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant dit. Ayant Ă©crit. FAIRE. LIRE. 3 MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je fais. Je lis. Tu fais. Tu lis. U fait*. U lit. Nous faisons. Nous lisons. Vous faites. Vous lisez. Us fOHt. Us lisent. IMPARFAIT. Je faisais. Je lisais. TĂ» faisais. Tu lisais. U faisait. U lisait. Nous faisions. Nous lisions. , Vous faisiez. Vous lisiez. Us faisaient. Us lisaient. PASSÉ DÉFINI. Je fis. Je lus. Tu fis. Tu lus. Il fit. U lut. Nous fĂźmes. Nous lĂ»mes. Vous fĂźtes. Vous lĂ»tes. Us firent. Us lurent. * PASSÉ INDÉFINI. J’ai fait, etc. J’ai lu, etc. Nous avons faitj , etc. Nous avons lu, PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais fait, etc: J’avais lu, etc. Nous avions fait , etc. NĂŽus avions lu FUTUR. Je ferai. , Je lirai. Tu feras. Tu liras. U fera. 11 lira. Nous ferons. Nous lirons. Vous ferez. Vous lirez. Us feront. Ils liront. ( FUTUR ANTÉRIEUR. J’aurai fait, etc. < J’aurai lu, etc. Nous aurons fait, etc. Nous aurons lu, etc. MODE CONDITIONNEL. « PRÉSENT. Je lirais. TuTirais. Il lirait. Nous lirions. Vous liriez. Ils liraient. PASSÉ. J’aurais lu, etc. Nous aurions fait, etc. Nous aurions lu, etc. ^ On dit encore : J’eusse fait, etc. J’eusse lu, elc. Nous eussions fait, etc. Nous eussions lu, etc. Je ferais. Tu ferais. Il ferait. Nous ferions. Vous feriez. Ils feraient. J’aurais fait, etc. Fais, Faisons, Faites. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. Lis, Lisons. Lisez. MODE SÜBJONCTIF. Que je fasse. Que tu fasses. Qu’il fasse. Que nous fassions. Que vous fassiez. Qu’ils fassent. Que je fisse. Que tu fisses. Qu’il fĂźt. Que’nous fissions. Que vous fissiez. Qu’ils fissent., Que j’aie fait, etc. PRÉSENT. Que je lise. Que tu lises. QĂŒil lise. Que nous lisions. ■Que.vous lisiez. Qu'ils lisent; IMPARFAIT, Quei je lusse. Que tu lusses, QĂŒil lĂ»t. Que nous lussions. Que vous lussiez. Qu’ils lussent. PASSÉ. Que j’aie lu, etc. Que nous ayons fait, etc. Que nous ayons lu, etc. PLUS-QÜE-PARFAIT. Que jĂ«usse fait, etc. Que j’eusse lu, etc. Que nous eussions fait, etc.Que nous eussions lu, etc. Faire. Avoir fait. Faisant. Ayant fait. METTRE. MODE INFINITIF. * PRÉSENT. Lire. PASSÉ. Avoir lu. PARTICIPE PRÉSENT. Lisant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant lu. MOUDRE. Je mets. Tu mets. Il met. Nous mettons, Vous mettez. Us mettent. Je mettais. Tu mettais. Il mettait. Nous mettions. Vous mettiez. Ils mettaient. MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je mouds. ‱ Tu mouds. U moud, , ^ Nous moulons. Vous moulez. Us moulent (1)., IMPARFAIT. Je moulais. Tu moulais. Il moulait. Nous moulions. Vous mouliez- Ils moulaient. (1) Nous sommes forcĂ©s de suivre ici l’orttographe de l’Acadé mie. Mais ee verbe devrait faire au pluriel du prĂ©seaC de l’indicaÂŹ tif ; nous moudons , vous moudes, ils moudent; et Ă  l’imparfait t je moudais; et Ă  l’impĂ©ratif : moudons, moude»; et au prĂ©sect da subjonctif ; que je moude; et enfia an participe prĂ©sent de l’iaiĂź- nitif ; moudant. Alors on ne pourrait plus confondre les temps de moudre avec ceux de mouler.
( 549 ) PASSÉ DÉFINI. Je mis. Tu mis. 11 mit. Nous mĂźmes. Vous mĂźtes. Ils mirent. Je moulus. Tu moulus. Il moulut. Nous moulĂ»mes. Vous moulĂ»tes. Ils moulurent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai mis, etc. ^ J’ai moulu, etc. Nous avons mis, etc.* Nous avons moulu, etc. PLUS-QUE-PARFAIT. J'avais mis, etc. J’avais moulu, etc. Nous avions mis, etc. Nous avions moulu, etc. Je mettrai. , Tu mettras. Il mettra. Nous mettrons. Vous mettrez. Ils mettront. FUTUR. Je moudrai. Tu moudras. Il moudra. Nous moudrons. Vous moudrez. Us moudront. , FUTUR ANTÉRIEUR. 1. J’aurai mis, etc. J’aurai moulu, etc. Nous aurons mis, etc. Nou^ aurons moulu, etc. MODE CONDITIONNEL. Je mettrais. Tu mettrais. Il mettrait. Nous mettrions. Vous mettriez. Us mettraient. J’aurais mis, etc. PRESENT. ' Je moudrais. Tu moudrais. Il moudrait. Nous moudrions. . Vous moudriez. Ils moudraient. PASSÉ. J’aurais moulu, etc. Nous aurions mis, etc. , Nous aurions moulu, etc. On dit encore : , J’eusse mis, etc. J’eusse moulu, etc. Nous eussions mis, etc. Nous eussions moulu,* etc, MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. Mets.- Mouds. Mettons. Moulons, Mettez. Moulez, MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que je mette. Que tu mettes. Qu’il mette. Que nous mettions. Que vous mettiez. QĂŒils, mettent. Que je moulĂ©., Que tu moules. QĂŒil moule. Que nous moulions. Que vous mouliez. Qu’ils moulent. IMPARFAIT, Que je misse. Que tu misses. Qu’il mĂźt. Que nous missions. Que vous missiez. Qu’ils missent. Que je moulusse. Que tu moulusses. Qu’il moulĂ»t. Que nous moulussions. Que vous moulussiez. Qu’ils moulussent. , . PASSÉ. Que j’aie mis, etc. Que j’aie moulu, etc. Que nous ayons mis, etc. Que no us ayons moulu,etc. PLUS-QUÉ-PARFAIT. Que j’eusse mis, etc. Que j’eusse moulu, etc. Que nous eussions mis, etc.Que nous eussions moulu, etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Mettre. Moudre. PASSÉ, Avoir mis. Avoir moulu. PARTICIPE PRÉSENT. Mettant. Moulant. I PARTICIPE PASSÉ. Ayant moulu. Ayant mis. NAITRE. * \ NUIRE. Je nais. Tu nais. Il naĂźt. Nous naissons. JVous naissez. Ils naissent. MODE INDICATIF. PRÉSENT. Je nuis. Tu nuis. Il nuit. Nous nuisons. Vous nuisez. Ils nuisent. Je naissais. Tu naissais. Il naissait. Nous naissions. Vous naissiez. Us naissaient. Je naquis. Tu naquis. Il naquit. Nous naquĂźmes. Vous naquĂźtes. Ils naquirent. IMPARFAIT. Je nuisais. Tu nuisais. 11 nuisait. ' Nous nuisions. Vous nuisiez. Ils nuisaient. PASSÉ DÉFINI., Je nuisis. Tu nuisis. Il nuisit. Nous nuisĂźmes Vous nuisĂźtes. Ils nuisirent. PASSÉ INDÉFINI, Je suis nĂ©, etc. J’ai nui, etc. Nous somme| nĂ©s, etc. , Nous avons nui, etc. PLUS-QUE-PARFAIT. J’étais nĂ©, etc. Nous Ă©tions nĂ©s, etc. Je naĂźtrai. Tu naĂźtras. Il naĂźtra. Nous naĂźtrons. Vous naĂźtrez. Ils naĂźtront. J’avais nui, etc. , Nous avions nui, etc. FUTUR. Je nuirai. Tu nuiras. Il nuira. Nous nuirons. Vous nuirez. Us nuiront. FUTUR ANTÉRIEUR. 0/ Je serai nĂ©, etc. J’aurai nui, etc. Nous serons nĂ©s, etc. Nous aurons nui, etc.
'( MOI)E CONDITIONNEL. PRÉSENT. Je nuirais. Tu nuirais. 11 nuirait. Nous nuirioris; Vous nuiriez, lis nuiraient. PÀS5É. JĂ«urais nui, etc. Nous serions nĂ©s, eto. Nous aurions nui, etc. On dit encore : Je fusse nĂ©, elc. JĂ«usse nui, etc. Nous fussions nĂ©s, etc. ' Nous eussions nui, etc. * MODE IMPÉRATIF. * PRÉSENT. Nais. Nuis. Naissons. Nuisons. Naissez. Nuisez. MODE SUBJONCTIF. Je nattrais. Tu naĂźtrais. Il naĂźtrait. Nous naĂźtrions. Vous naĂźtriez. Ils naĂźtraient. Je serais nĂ©, etc. 550 ) Nous paissons. Vous paissez. Us paissent. PRÉSENT. Que je nuise. Que tu nuises. Qu’il nuise. Que nous nuisions. Que vous nuisiez, Qu’ils nuisent. ' IMPARFAIT, Que je nuisisse. Que tu nuisisses. Qu’il nuisĂźt. Que nous nuisissions. Que vous nuisissiez, Qu’ils uuisisseĂčt. Que je naisse. Que tu naisses. Qu’il naisse. Que nous naissions. Que vous naissiez. Qu’Us naissent. Que je naquisse. Que tu naquisses. QĂŒil naquit. Que^nous naquissions. Que vous naquissiez. Qu’iis naquissent. PASSÉ. Que je sois nĂ©. etc. Que j’aie nui, etc. Que nous soyons nĂ©s,' etc.Que iious ayons nui, etc. PLÜS-QÜE-PARFAIT. Que je fusse nĂ©, etc. Que j’eusse nui, etc. . Que nous fussions nĂ©s,etc,Que nous eussions nui,etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT. NaĂźtre. Nuire. H ' ‱ PASSÉ. ç ^ Être nĂ©. Avoir nui. PARTICIPE PRÉSENT. Naissant. - Nuisant. PARTICIPE PASSÉ. Étant nĂ©. Ayant nui. PAITRE. PRENDRE. fi ■ MODE INDICATIF. Je pais. Tu pais. U palL PRÉSENT. Je prends. Tu prends, il prend. Nous prenons. Vous prenez. . 11^ prennent. IMPAIIFAIT. Je prenais. Tu prenais. U prenait. NoĂŒs prenions. ' Vous preniez. Us prenaient. PASSÉ DÉFINI. Je pris. ^ Tu pris. Il prit. Nous prĂźmes. Vous prĂźtes. Us prirent. PASSÉ INDÉFINI. * t t ' T»..: — je paissais. Tu paissais. U paissait. Nous paissions. Vous paissiez. Ûs paissaient. V£» Je pĂ»s (l),(mMSĂŻ7Ă©.) t^pĂ»s. II pĂ»t. Nous pĂ»mes. Vous pĂ»tes, lis pĂ»rent. J’ai pĂ», etc. J’ai pris. elc. Nous avons pĂ», etc. Nous avons pris, etc. ^ PLÜS-QDE-PARFAIT, J’avais pĂ», eto. ' J’avais pris, etc. Nous avions pĂ», etc. ■ Nous avions pris, eto. FÜTÜR. Je prendrai. 'Tu prendras. Il prendra. Nous prendrons. Vous prendrez. Us prendront: ÉÜTÜR ANTÉRIEUR. J’aurai pĂ», elc. J’aurai pris, etc. . Nous aurons pĂ», etc. Nous aurons pris, etc. Je paĂźtrai. : Tu paĂźtras. U paĂźtra. Nous paĂźtrons Vous paĂźtrez. Us paĂźtront. MODE CONDITIONNEL. Je paĂźtrais. Tu paĂźtrais, il paĂźtrait. Nous paĂźtrions. Vous paĂźtriez. Ils paĂźtraient. PRÉSENT. Je prendrais. Tu prendrais. U prendrait. Nous prendrions. Vous prendriez. Us prendraient. PASSE. I J’aurais pĂ», etc. J'aurais pris, etc. Nous aurions pĂ», etc. Nous aurions pris, etc, On dit encore : J’eusse pĂ», etc. JĂ«usse pris, etc. Nous eussions pĂ», etc. Nous eussions pris, etc. MODE IMPÉRATIF. # * PRÉSENT. Pais. Prends. Paissons. Prenons. Paissez. Prenez. MODE SUBJONCTIF. PRÉSENT. Que je paisse. Que tu paisseis. Qiiâ€™ĂŒ paisse. Que je prenne. Que tu prennes. Qu’il prenne. [1) Noas plaçons po aĂ»nt circonllexe sur cette forme pour qu'pp distingue ;‱ fu* dh VaiM paittv» ci [» put du verbe pouvoir. '
(551) Que nous paissions. Que nous prenions. Que vous paissiez. Que vous* preniez. Qu’ils paissent. QĂŒils prennent. IMPARFAIT. Que je pĂ»sse. (inusitĂ©.) Que je prisse.. Que tii pĂ»sses. Que tu prisses. Qu’il pĂ»t. QĂŒil prĂźt. Que nous pĂ»ssions. Que nous prissions. Que vous pĂ»ssiez. Que vous prissiez. Qu’ils pĂ»sscnt. Qu’ils prissent. PASSÉ. Que j’aie pĂ», etc. Que j’aie pris, etc. . Que nous ayons pĂ», etc. Que nous ayons pris, etc. ^ plĂŒs-quĂȘ-parfait'. Que j’eusse pĂ», etc. Que j’eusse pris, etc. Que nous eussions pĂ», Que nous eussions pris, etc. etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT. PaĂźtre. Prendre. PASSÉ. Avoir pĂ». Avoir pris. PARTreiPE PRÉSENT. Paissant. . Prenant. participe PASSÉ, Ayant pĂ». Ayant pris. ^ RESOUDRE (1). RIRE. MODE INDICATIF. Je rĂ©sous. Tu rĂ©sous. Il rĂ©sout. Nous rĂ©solvons. Vous rĂ©solvez. Ils rĂ©solvent. Je rĂ©solvais. Tu rĂ©solvais. Il rĂ©solvait. Nous rĂ©solvions. Vous rĂ©solviez. Ils rĂ©solvaient. r Je lĂ©solus. Tu rĂ©solus. 11 rĂ©solut. Nous rĂ©solĂ»mes. Vous rĂ©solĂ»tes. Ils rĂ©solurent. J’aĂź rĂ©solu, etc. PRÉSENT. ’ ' Je ris. Tu ris. Il rit. Nous rions. Vous riez, Ils rient. imparfait. Je riais. Tu riais. Il riait. Nous riions.' Vous riiez. Ils riaient! passĂ© DÉFINI. Je ris. Tu ris. Il rit. Nous rĂźmes. Vous rĂźtes. Ils rirent. passe INDÉFINI. J’ai ri, etc. Nous avons rĂ©solu, etc. Nous avons ri, etc. FLVS-QÙE-PARFAIT. J’avais rĂ©solu, etc. J’avais ri, etc. Nous avions rĂ©solu, etc. Nous avions ri, ert. (1) RĂ©soudre est pria ici d^ns le «oa de f/eĂŻemitner. Je rĂ©soudrai. Tu rĂ©soudras. Il rĂ©soudra. Nous rĂ©soudrons. Vous rĂ©soudrez. Ils rĂ©soudront. FUTUR. Je rirai. Tu riras. Il rira. Nous rirons. Vous rirez. Ils riront. FUTUR ANTÉRIEDR. J’aurai rĂ©solu, etc. J’aurai ri, etc. 4 Nous aurons rĂ©tolu» etc. Nous aurons ri, etc. MODE CONDITIONNEL. PRÉSENT. Je rĂ©soudrais, Tu rĂ©soudrais. Il rĂ©soudrait. Nous rĂ©soudrions. Vous rĂ©soudriez. Us rĂ©soudraient. Je rirais. Tu rirais. Il rirait. Nous ririons. Vous ririez. Ils riraient. a k PASSÉ. J’aurais rĂ©solu, etc, . J’aurais ri, etc. Nous aurions rĂ©solu, etc, Nous aurions ri, etc. On dit encore : J’eusse rĂ©solu, etc. J’eusse ri, etc. Nous eussions rĂ©solu, Nous eussions ri, etc. etc. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. RĂ©sous. Ris. RĂ©solvons. Rions. RĂ©solvez, Riez. MODE SUBJONCTIF. « . PRÉSENT. Que je rie. Que je rĂ©solve. QuĂš tu rĂ©solves. Qu’il rĂ©solve.' Que nous rĂ©solvions. Que vous rĂ©solviez. Qu’ils rĂ©solvent. Que je rĂ©solusse, Que tu rĂ©solusses. Qu’il rĂ©solĂ»t. Que nous rĂ©solussions. Que vous rĂ©solussiez. Qu’ils rĂ©solussert. ‱ Que tu ries. Qu’il rie. Que nous riions. Que vous riiez. Qu’ils rient, IMPARFAIT. Que je risse. Que lu risses. Qu’il rĂźt. Que nous rĂźssionsc Que vous rissiezt Qu’ils rissent. PASSÉ. Que j’aie rĂ©solu, etc. Que j’aie ri, etc. Que nous ayons rĂ©solu, Que nous ayons ri, etc. etc. PLUS-QUE-PARFAIT. Que j’eusse rĂ©solu, etc. Que j'eusse ri, ete. Que nous eussions rĂ©solu, Que nous eussions ri, etc. etc. ' ' MODE INFINITIF. PRÉSENT, RĂ©soudre! Rire. PASSÉ. Avoir rĂ©solu. Avoir ri.
( 552 ) PARTICIPE PRÉSENT. RĂ©solvant. Riant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant rĂ©solu. Ayant ri. SUIVRE. VAINCRE. MODE INDICATIF., ,PRÉSENT. Je vaincs. Tu vaincs. Il vainc. Nous vainquons. Vous vainquez. Ils vainquent. IMPARFAIT. < Je vainquais. Tu vainquais. Il vainquait. Nous vainq[uions. Vous vainquiez. Ils vainquaient. PASSÉ DÉFINI. Je vainquis. Tu vainquis, ĂŻl vainquit. ^ Nous vainquĂźmes. Vous vainquĂźtes. Ils vainquirent. ' PASSÉ INDÉFINI. . J’ai vaincu, etc. Nous avons suivi, etc. Nous avons vaincu, elc. PLÜS-QÜE-PARFAIT, J’avais suivi, etc. J’avais vaincu, etc. Nous avions suivi, elc. Nous avions vaincu, etc. FĂŒTĂŒR, Je vaincrai. Tu vaincras. Il vaincra. Nous vaincrons. Vous vaincrez. Ils vaincront. , * FÜTÜR ANTÉRIEUR. J’aurai suivi, etc. J’aurai vaincu, etc. Nous aurons suivi, etc. Nous aurons vaincu, etc. MODE CONDITIONIVEL. Je suis. Tu suis. Il suit. Nous suivons. Vous suivez. Us suivent. Je suivais. Tu suivais. U suivait. Nous suivions; Vous suiviez. Us suivaient. Je suivis. Tu suivis. U suivit. Nous suivĂźmes. Vous suivĂźtes. 'Ils suivirent. J’ai suivi, etc. Je suivrai. Tu suivras. Il suivra. Nous suivrons. Vous suivrez. Us suivront. PRÉSENT. Je vaincrais. Tu vaincrais. U vaincrait. Nous vaincrions. Vous vaincriez. Us vaincraient. PASSÉ. J’aurais vaincu,Ă«tc. Nous aurions suivi, etc. Nous aurions vaincu, etc. I On dit encore : J'eusse suivi, etc. J’eusse vaincu, etc. Nous eussions suivi, etc. Nous eussions vaincu, etc. Je suivrais. Tu suivrais. U suivrait. Nous suivrions. Vous suivriez. Us suivraient. J’aurĂąis suivi, etc. Suis. Suivons. Suivez. MODE IMPÉRATIF. PRÉSENT. Vaincs. Vainquons. Vainquez. « MODE SÜBJONCTIF. PRÉSENT. Que je vainque. Que tu vainques, . QĂŒil vainque. Que nous vainquions. Que vous vainquiez. Qu’ils vainquent. IMPARFAIT. Que je vainquisse. Que tu vainquisses. Qu’il vainquĂźt. Que nous vainquissions. Que vous vainquissiez. Qu’ils vainquissent. PASSÉ. Que j’aie suivi, etc. Que j’aie vaincu, etc. Que nous ayons suivi, QuĂš nous ayons vaincu, etc. etc. PLUS-QUE-PARFAIT.. Que j’ousse suivi, etc. Que j’eusse vaincu, etc. (^ue nous eussions suivi, Que nous eussions vaincu, etc. etc. Que je suive. Que tu suives. Qu’il suive. Que noos suivions, Que vous suiviez. QĂŒils suivent. Que je suivisse. Que tu suivisses. QĂŒil suivĂźt. Que nous suivissions Que vous suivissiez. Qu’ils suivissent. Suivre. Avoir suivi. Suivant. Ayant suivi. MODE INFINITIF. PRÉSENT, Vaincre. PASSÉ. * Avoir vaincu. PARTICIPE PRÉSENT. ' . Vainquant. PARTICIPE PASSÉ. Ayant vaincu. VIVRE. TRAIRE. Je vis. Tu vis. Il vit. Nous vivons. Vous vivez. -Ils vivent.' Jerivais., Tu vivais. II vivait. Nous vivions. Vous viviez. Us vivaient. MODE INDICATIF. PRÉSENT. . Je trais, ĂŻu trais, ĂŻl trait. Nous trayons. Vous trayez. Us traient. IMPARFAIT. Je trayais. Tu trayais. Il trayait. Nous trayions. Vous trayiez. . , Us trayaient.
( 553 ) PASSÉ DÉFINI. (Point de passĂ© dĂ©fini. ) Je vĂ©cus. Tu vĂ©cus. Il vĂ©cut. Nous vĂ©cĂ»mes. ' yous vĂ©cĂ»tes. Ils vĂ©curent. PASSÉ INDÉFINI. J’ai vĂ©cu, etc. . J'ai trait, etc. Nous avons vĂ©cu, etc. Nous avons trait, etc. PLUS-QUE-PARFAIT. J’avais vĂ©cu, etc. J’avais trait, etc. Nous avions vĂ©cu, etc. Nous avions trait, etc. Je vivrai. Tu vivras. 'U vivra. Nous vivrons. Vous vivrez. Bs vivront. FUTUR. Je trairai. Tu trairas. Il traira. Nous trairons. Vous trairez. Ils trairont. FUTUR ANTERIEUR. J’aurai vĂ©cu, etc. - ‱‱ J’aurai trait, etc. Nous aurons vĂ©cu, etc. Nous aurons trait, etc. MODE CONDITIONNEL. Je vivrais. TĂŒ vivrais. E vivrait. Nous vivrions. Vous vivriez. Ils vivraient. PRÉSENT. Je trairais. Tu trairais. Il trairait. Nous trairions. Vous trairiez. Ils trairaient. PASSÉ. J’aurais vĂ©cu, etc. J’aurais trait, etc. Nous aurions vĂ©cu, etc. . Nous aurions trait, etc. On dit encore : J’eusse vĂ©cu} etc. J’eusrĂš trait, etc. Nous eussions vĂ©cu, etc. Nous eussions trait, etc. MODE IMPÉRATIF. Vis. Vivons. Vivez. Que je vive. Que tu vives. Qu’il vive. Que nous vivions. Que vous viviez. Qu’ils vivent. PRÉSENT. Trais. Trayons. * Trayez, MODE SUBJONCTIF. I PRÉSENT. Que je traie. Que tu traies. /‱ Qu’il traie. Que nous trayions. Que vous trayiez. Qu’ils traient. IMPARFAIT. Que je vĂ©cusse. Que tu vĂ©cusses, QÜeUuĂźvĂ©cussions. ' d’imparfait.) Que vous vĂ©cussiez. QĂŒils vĂ©cussent. PASSÉ. Que j’aie vĂ©cu, etc. ^ Que j’aie trait, etc. Que nous ayons vĂ©cu, Que nous ayons trait, etc. etc. PLUS-QDE'FARFAIT. ’ Que j’eusse vĂ©cu, etc. .Que j’eusse trait, etc. Que nous eussions vĂ©cu, Que nous eusrions trait, etc. Vivre. Avoir vĂ©cu. Vivant. Ayant vĂ©cu. etc. MODE INFINITIF. PRÉSENT. Traire. PASSÉ. Avoir trait. PARTICIPE PRÉSENT. Trayant. PARTICIPE PASSÉ, Ayant trait. Les autres verbes irrĂ©guliers de cette classe, et que nous n'avons pas cru nĂ©cessaire de conjuguer, sont : Absoudre. J'absous, tu absous, il absout; nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent. — J'absolvais, nous absolvions. — Point dĂ© pass'Ă© dĂ©fini. — J'absoudrai, nous absouÂŹ drons. — J'absoudrais, nous absoudrions. — Absous, absolvons. — Que j'absolve, que nous absolvions. — Point d'imparfait du subjonctif. —Absoudre. — Absolvant. — Absous, abÂŹ soute. ' Braire. Il ne s'emploie guĂšre qĂŒĂ  l'infinitif et aux troisiĂšmes personnes du prĂ©sent de l'indicatif, du futur et du conditionnel : Braire; il'brait, ils braient; il braira, ils brai- ‱ vont ; ĂŻl brairait, ils brairaient. . - Bruire, bruyant, il bruyait. Point d'autre forme. Circoncire. Je circoncis, tu circoncis, il circoncit; nous circoncisons, vous circoncisez, ils circoncisent. — Je circoncis, nous circoncĂźmes.—J'ai circoncis. — Je circoncirai. — Je circoncirais.—Circoncis, circoncisons.‱^Queje circoncise, que nous circoncisions. — CirÂŹ concire. — Circoncis, circoncise. L'AcadĂ©mie ne donne que ces seules formes Ă  ce verbe. Pourquoi ne dirait-on pas : je circoncisais et circoncisant? 70
( 554 ) DĂ©dire, contredire, interdire, mĂ©dire, prĂ©dire, font Ă  la seconde personne du pluriel du prĂ©sent de Tindicatif vous dĂ©disĂšzy vous contredisez , etc. ; les autres formes comme cçlles de dire. Maudire fait nous maudissons, vous maudissez, ils maudissent; au lieu de nous maur- disons, etc. ; maudissant, participe actif ; le reste comme dire. Éclore; Ă©clos; il Ă©clot, ils Ă©closent; ĂŒ Ă©clora, ils Ă©cloront; il Ă©clorait, ils Ă©cloraient; qu'il Ă©close, qu'ils Ă©closent. Confire. * je confis, tu confis, ĂŒ confit ; nous confisons, vous confisez, ils confisent. confisais, nous confisions. —Je confis, nous confĂźmes. — Je confirai, nous confirons. —Je confirais, nous confirions. — Confis, confisons. — Que je confise ,,que nous confisions.— Confire.—Confisant.—Confit, confite. Nous ajoutons en toute sĂ»rĂštĂ© de conscience, avec Wailly et LĂ©vizac, Timparfait du subjonctif, que je confisse. CroĂźtre. Je croĂźs, tu croĂźs, il croĂźt; nous croissons, vous croissez, ils croissent.';—Je croissais, nous croissions. — J'ai crĂ». — Je crĂ»s, nous crĂ»mes. — Je croĂźtrai, nous croir irons. — Je croĂźtrais, nous.croĂźtrions, rrr- Crois, croissez. — Que je croisse, que nous crois-, sions.—Que je crĂ»sse, que nous crĂ»ssions. =—Croissant. —CrĂ», crĂ»e. Nous croyons devoir nous servir de Taccent circonflexe dans tous les temps et pour, toutes les personnes qui pourraient ĂȘtre confondues avec celles du verbe croire. Frire Ce verbe nĂ«st en usage qĂŒau singulier du prĂ©sent de Tindicatif : je fris, tu frĂŒ; il frit; au futur, je frirai, etc. ; au conditionnel, je frirais; Ă  la seconde personne singuÂŹ liĂšre de TimpĂ©ratif, jris; aux temps formĂ©s du participe, frit, frite. Pour supplĂ©er aux temps qui manquent, on lui adjoint le verbe faire : nous faisons frire, vous faites frire, ils font frire, je faisais frire, etc. (Wailly, Restaut, FĂ©rauDjJ Luire . Je luis, tu luis, il luit ; nous luisons, vous luisez, ils luisent. — Je luisais, nows luisions. — Je luirai, nous luirons. — Je luirais, nous luirions.— Que je luise, que nous* luisions. —Luire, luisant, lui, devant luire. (L’AcadĂ©mie, Restaut, Wailly, LĂ©vi^aĂŒ et FĂ©raud.) Ce verbe luire ĂŒa ni passĂ© dĂ©fini, ni impĂ©ratif, ni imparfait du subjonctif, et son parÂŹ ticipe passĂ© n’a pas de fĂ©minin. Les temps composĂ©s se forment avec Tauxiliaire avoir. ( Girault-Duvivier. ) Oindre. J'oins, tu oins, il oint: nous oignons. — J'oignaisir:-J'oignis.J'ai oint. — J'oindrai. —J'oindrais. — Oins, oignez. — Que j'oigne, que nous oignions.—Que j'oiÂŹ gnisse.— Oignant ; oint, ointe. (L’AcadĂ©mie, TrĂ©voux et FĂ©raud.) Taire. Je tais, tu tais^ il tait; nous taisons, vous taisez, ils taisent. —Je taisais, nous taisions. —Je tus, pous tĂ»mes. —J'ai tu, nous avons tu.—:Je tairai, nous tairons.—Je taiÂŹ rais, nous tairions.—Tais, taisons. r:^Que je tajse, que ngus taisions. —Que je fusse, que nous tussions..—Taire, taisant, (ft, devant taire. (L’^ÇAPÇüMp,) ] 'Tistre, synonyme de tisser, dit J’AcadĂ©mie, nĂ«st plus en usage que dans Jes temps composĂ©s ; et il fait tissu, tissue, au participe. Cependant Voltaire a employĂ© ce verfee au passĂ©, dĂ©fini, oĂč il ne npus paraĂźt nullement choquant; 1Âź sens prppre: R'Iudo Ă  grands frais tissut ses yĂštements ; 2Âź sens figurĂ© : Une femme hardie fissuf le fil de cette perfidie.
t ( 555 ) CCCCLXXYI. 9^*—- MODÈLE DE CONJUGAISON DES VERBES UNIPERSONNELS, P , < , 4 * Les verbes unipersonnels n’ont pas de conjugaison qui leur soit particuliĂšre. Ils se conÂŹ juguent suivant les inflexions qĂŒexige la forme de conjugaison Ă  laquelle ils appartienÂŹ nent rĂ©guliĂšrement. La seule chose qui les distingue, c’est qu’ils n’ont pas tous les temps et qu’ils ne s’emploient qu’à la troisiĂšme personne du singulier. VERBES UNIPERSONNELS. rĂ©guliers. IRRÉGULIERS. MODE INDÎGÂTIF. ‱ ' » PRBSBMT. 11 neige. W pleut. Il faut. IMPARFAIT. ‘ Il neigeait. Il pleuvait. [1 fallait. PASSÉ DÉFINI. 11 nejgea. 11 plut. il fallut. PASSÉ iNDÉvnn.. t 11 a neigĂ©.. 11 a plu. PASSÉ ANTÉRIEUR. 11 a fallu. Il eut neigĂ©. n eut plu. Il eut fallu. PLUS-QU^rPARFAIT. Il avait neigĂ©. Il avait plu. FUTUR. 11 avait fallu. X 11 neigera. il pleuvra. Il faudra. FUTUR ANTÉRIEUR. Il aura neigĂ©. n aura plu. MQi)E CONIIIXIONNÈL. PRÉSENT. 11 aura fallu 11 neigerait. Il pleuvrait. PASSÉ* 11 faudrait. Il aurait neigĂ©. Il aureit plu. 11 aurait fallu. ‱ (Point d’iMPÉRATIF.) MODE SUBJONCTIF. ‘ PRÉSENT. Qu'il neige. Qu'il pleuve. QĂŒfl fĂ Ule. IMPARFAIT. Qu'il neigeĂąt. Qu'il plĂ»t. QĂŒĂŒ fallĂ»t. ■ PASSÉ; Qu’il ait neigĂ©. QĂŒil ait plu. Qn’UaitfaUn.
( 55G ) ' Qu’il eĂ»t neigĂ©. Neiger. ÂToĂźr neigĂ©. Neigeant. NeigĂ©. PLÜS-QUB-PARFAIT. Qu’il eĂ»t plui MODE INFINITIF. PRÉSENT. Pleuvoir. PASSÉ. Avoir plu. PARTICIPE PRÉSENT. «> Pleuvant. PARTICIPE PASSÉ* Plu, QĂŒil eĂ»t fallu. Falloir. Ayoir fallu. {InusitĂ©.) Fallu. —N" CCCCLXXVn MODÈLE DES VERBES CONJUGUÉS INTERROGATIVEMENT. Le langage par interrogation Ă©tant trĂšs-nsitĂ©, nous pensons qĂŒil est nĂ©cessaire de donÂŹ ner un modĂšle des verbes conjuguĂ©s sous cette forme. VERBE ĂȘtre CONJUGUÉ INTERROGATIVEMENT. MODE INDICATIF. PRÉSENT, Suis-je Ăź Es-tu Ăź Esl.il? Sommes-nous ? Étes-vous? ‱ Sont-ils ? IMPARFAIT. Étais-je? Étais-tu ? Était-il? Étions-nous ? Étiez-vous? Étaient-ils? PASSÉ DÉFINI. Fus-je? Eus-tu ? Fut-il? FĂ»mes-nous ? FĂ»tes-vous ? Furent-ils ? PASSÉ INDÉFINI. Ai-je Ă©tĂ©? Ais-tu Ă©tĂ© ? A-t-il Ă©tĂ© ? Avons-nous Ă©tĂ©? Avez-vous Ă©tĂ©? Ont-ils Ă©tĂ©? PASSÉ ANTÉRIEUR. Eus-je Ă©tĂ©? Eus-tu Ă©tĂ©? Eut-il Ă©tĂ©? EĂ»mes-nous Ă©tĂ©? EĂ»tes-vous Ă©tĂ© ? ^ Eurent-ils Ă©tĂ©? PLUS-QUE-PARFAIT Avais-je Ă©tĂ©? « Avais-tu Ă©tĂ©? Avait-il Ă©tĂ© Ăź Avions-nous Ă©tĂ©? Aviez-vous Ă©tĂ©? Avaient-ils Ă©tĂ©? FUTUR SIMPLE. SeraĂź-je? Seras-tu? Sera-t-il? - Serons-nous ? Serez-vous ? Seront-ils? FUTUR ANTÉRIEUR. Aiirai-je Ă©tĂ© Ăź Auras-tu Ă©tĂ©? Aura-t-il Ă©tĂ©? Aurons-nous Ă©tĂ© ? Aurez-vous Ă©tĂ©? Auront-ils Ă©tĂ© ? * MODE CONDITIONNEL PRÉSENT. Serais-je ? Seraxs-tu ? Serait-il ? Serions-nous ? Seriez-vous ? Seraient-ils? PASSÉ. Aurais-je Ă©tĂ© ? Aurais-tu Ă©tĂ© ? Aurait-il Ă©tĂ©? Aurions-nous Ă©tĂ©? Auriez-vous Ă©tĂ© ? Auraient-ils Ă©tĂ© (1)? N" CCGCLXXYIIl. VERBE avoir conjuguĂ© INTERROGATIVEMENT. MODE INDICATIF. PRÉSENT, Ai-je ? As-tu? A-t-il? a-t-elle? Avons-nous Ăź Avez-vous? Ont-ils? ontrclles? IMPARFAIT. Avais-je? Avais-tu? Avait-il? avait-elle? Avions-nous Ăź Eut-il ? eut-elle ? Aviez-vous ? EĂ»mes-nous ? Avaient-ils ? avaient-elles? EĂ»tes-vous? ' ■ PASSÉ DÉFINI, Eurent-ils? eurent-elles? PASSÉ INDÉFINI. Eus-je? Eus-tu? Ai-je eu? (1) On dit aussi : EussĂ©-je Ă©tĂ©? Eusses-tu Ă©tĂ©? EĂ»t-il Ă©tĂ©? Eussions-nous Ă©tĂ©? Eussiez-vous Ă©tĂ©? Eus. sent-ilsĂ©tĂ©? '
( 557 ) As-tu eu? A-t-il eu ? a-t-elle eu Ăź Avons-nous eu? Avez-vous eu? Ont-ils eu? ont-elles eu? PASSÉ ANTÉRIEUR. Èus-je eu ? Eus-tu eu? Eut-il eĂŒ? eut-elle eu ? EĂ»mes-nous eu? EĂ»tes-vous eu Ăź Eurent-ils eu ? eurent-elles Aurez-vous ? ' eu? Auront-ils? auront-elles? Aurais-tu? PLUS-OĂŒE-PARPAIT. Avais-je eu? Avais-tu eu? Avait-il eu? avait-elle eu? .Avions-nous eu? Aviez-vous eu? Avaient-ils eu? avaient- elles eu? FUTUR SIMPLE. Aurai-je? Auras-tu ? Aura-t-il? aura-t-elle? Aurons-nous ? FUTUR ANTÉRIEUR. Aurai-je eu? Auras-tu eu ? ' Aura-t-il eu? aura-t-elle eu? Aurons-nous eu ? Aurez-vous eu? Auront-ils eu? auront- elles eu? MODE CONDITIONNEL X PRÉSENT. Aurais-je? Aurait-Ăźl? aurait-elle? Aurions-nous? Auriez-vous ? Auraient-ils? auraient- elles? PASSÉ. Aurais-je eu? Aurais-tu eu? Aurait-il eu? aurait-elle eu? Aurions-nous eu? Auriez-vous eu? Auraient-ils eu? auraient* elles eu (1)? N* CGCCLXXIX. MODÈLE DES QUATRE CONJUGAISONS INTERROGATIVES. MODE INDICATIF. AimĂ©-je ? Aimes-tu? Aime-t-il? Aimons-nous ? Aimez-vous Ăź Aiment-ils 7 -x Aimais-je? Aimais-tu? AĂźmait-il ? Aimions-nous ? Aimiez-vous Ăź Aimaient-ils 7 Aimai-je? Aimas-tu ? Aima-t-il ? AimĂąmes-nous? AimĂątes-vous Ăź AimĂšrent-ils? Ai-je aimĂ©? As-tu aimĂ©? A-t-il aimĂ© ? Avons-nous aimĂ© 7 Avez-vous aimĂ©? Ont-ils aimĂ©? EĂŒs^je aimĂ©? Eus-tu aimĂ©? Eut-il aimĂ© ? EĂ»mes-nous aimĂ©? EĂ»tes-vous aimĂ©? Eurent-ils aimĂ©?' Finis-je? Finis-tu? Finit-il ? Finissons-nous ? Finissez-vous ? Finissent-ils ? Finissais-je? Finissais-tu? Finissait-il? Finissions-nous Ăź Finissiez-vous ? Finissaient-ils? Finis-je? Finis-tu? Finit-il ? FinĂźmes-nous? FinĂźtes-vous ? Finirent-ils Ăź Ai-je fini ? ^-tu fini? A-t-il fini? Avons-nous fini ? Avez-vous fini? Ont-ils fini ? . PRÉSENT. Reçois-je? Reçois-tu ? Reçoit-il ? - Recevons-nous? Recevez-vous ? Reçoivent-ils ? IMPARFAIT. Recevais-je? Recevais-tu ? Recevait-il ? . Recevions-nous? Receviez-vous ? Recevaient-ils ? PASSÉ DÉFINI. Reçus-je? Reçus-tu? Reçut-il ? Reçûmes-nous ? Reçûtes-vous ? Reçurent-ils ? PASSÉ INDÉFINI. Ai-je reçu? As-tu reçu? A-t-il reçu? Avons-nous reçu ? Avez-vous reçu Ăź Ont-ils reçu? PASSE ANTERIEDR. Eus-je fini Ăź Eus-tu fini ? Eut-il fini? EĂ»mes-nous fini? EĂ»tes-vous fini ? Eurent-ils fini? Eus-je reçu ? Eus-tu reçu? Eut-il reçu ? EĂ»mes-nous reçu? EĂ»tes-vous reçu? Eurent-ils reçu? Rends-je? Rends-tu? Rend-il? “Rendons-Ă»ousĂź Rendez-vous ? Rendent-ils? Rendais-je? . Rendais-tu ? Rendait-il ? Rendions-nous? Rendiez-vous ? Rendaient-ils? Rendis-je ? Rendis-tu? Rendit-il? RendĂźmes-nous ? RendĂźtes-vous ? Rendirent-ils? Ai-je rendu? As-tu rendu? A-t-il rendu ? Avons-nous rendu ? Avez-vous rendu ? Ont-ils rendu? Eus-je rendu? Eus-tu rendu ? Eut-il rendu ? EĂ»mes-nous rendu? EĂ»tes-voĂŒs rendu? Eurent-ils rendu? (1) On dit aussi : EussĂ©-je eu? Eusses-tĂŒ eu? EĂ»t-il eu? EĂ»t-elle eu? Eussions-nous eu? Eussiez-vous eu? Eussent-ils eu? Eussent-elles eu?
Avais-je aimĂ©? Avais-tu aimĂ© ? Avait-il aimĂ©? Avions-nous aimĂ©? Aviez-vous aimĂ© ? Avaient-ils aimĂ©? ,ÀimĂ©fai-je? Aimeras-tu? Aimera-t-il ? Airaerons-riÔus ? ÀimĂšrĂ©z-vĂŽĂŒsĂź AimeronUls ? Aurai-je aimĂ©? Auras-tu aimĂ©? ‘ Aura-t-il aimĂ©? Aurons-nous aimĂ©? Aurez-vous aimĂ© ? Auront-ils aimĂ©? Aimerais-je? Aimerais-tu? Aimerait-il ? AĂźmerions-nbĂŒs ? Aimeriez-vous ? Aimeraient-ils ? Aurais-je aimĂ©? Aurais-tu aimĂ©? Aurait-il aimĂ©? 'Aurions-nous aimĂ©? Auriez-vous aiinĂ©? Auraient-ils aimĂ©? EussĂ©-je aimĂ©? Eusses-tu aimĂ© ? EĂ»t-il aimĂ©? Eussions-nĂŽĂ»s Eussiez-vous ĂąiniĂ«? Eussent-ils aimĂ©? ( 558 ) PLÜS^-QÜB-PAEFAIT.. Avais-je fini? Avais-tu fini? Avait-il fini? ‘ Avions-nous fini? Aviez-vous fini? Avaient-ils fini? Finirai-je? Finirasnu ? Finira-t-il? Finirons-nous? Finirez-vous? Finiront-ils? Avais-je reçu? Avais-tu reçu? Avait-il reçu? Avions-nous reçu? Aviez-vous reçu? Avaient-ils reçu? FUTUR. Recevrai-je? Recevras-tu ? Recevra-t-il ? Recevrons-nous? Recevrez-vous ? Recevront-ils ? FUTUR ANTÉRIEUR. Aurai-je fini? Âuras-tu fini ? Aura-t-il fini? Aurons-nous fini? Aurez-vous fini? Auront-Ils fini ? AiirĂčĂź-je reçu ? Auras-tu reçu? Aura-t-il reçu ? AurĂŽns-nĂŽus reçu? Aurez-vous reçu? Auront-ils reçu? MODE CÔNbltlOPÎNEL. PÎÛñSBNt. FinirĂąis-je? Finirais-tu ? FiniraĂźt-ll Ăź * FioiriODS-noĂŒsĂż Finiriez-vous ? Finiraient-ils? Aurais-je fini? Aurais-tu fini? Aurait-il fini ? Aurions-nous fini ? Auriez-vous‘fini? Auraient-ils fini Ăź Recevrais-je? Recemis-tu Ăź Recevrait-Il ? RecevrioDs-noĂŒs? Recevriez-vous? Recevraient-ils? PASSÉ. Aurais-je reĂ§ĂŒĂź Aurais-tu réçu? , Aurait-il reçu Ăź. Aurions-noUs reçu? Auriez-vous reçU? Auraient-ils reçu? On dit encore : EussĂ©-je fini ? Eusses-tu fini? EĂ»tril fini ? Eussions-nous fini ? Eussiez-vous fini? Eussent-ils fini? 2ussĂ©-je reçu ? Eusses-tu reçu? EĂ»t-il reçu? Eussions-nous reçu? Eussiez-vous reçu ? Eussent-ils reçu? Avais-je fĂ©ndĂŒ? Avais-tu rendu? Avait-il rendu? Avions-nous rendu? Aviez-vous rendu? Avaient-ils rendu? Rendrai-je? Rendras-tu? ‱ Rendra-t-il? Rendrons-nous Ăź Rendrez-vous ? Rendront-ils ? Aurai-je rendu?. Auras-tu rendu Ăź *‱ Aurart-il rendu? AĂŒfĂŽhs-nous rendu? Aurez-vous rendu T Auront-ils rendu? Rendrais-je? Rendrais-tu? Rendrait-il? Rendrions-nous? Rendriez-vous ? Rendraient-ils? Aurais-je rendu ? Aurais-tu rendu ^ Aurait-il rehdĂŒ? Aurions-nous rendu? Auriez-vous rendu? Auraient-ils rendu? EussĂ©-je rendu ? Eusses-tu rendu ? EĂ»t-il rendu? Eussions-nous rendu? Eussiez-vous rendu Ăź Eussent-ils rendu? 4 RemarquĂ©s : 1Âź YimpĂ©ratif,\es temiis Au subjonctif, et Vinfinitif, ne sont pas employé» , interrogativement. 11 en est de mĂȘme de la premiĂšre personne du singulier du prĂ©sent de rindicĂątif, Ă  TĂ©- * gard de qtiĂȘĂźgues verbes qui n’ont qu’une syllabe. Ainsi on ne dit pas ; rends-je ? lis-je ? mens-je? Il faut alors donner une autre forme Ă  la phrase; par exemple, on pourrait dire : est-ce que je rends? est-ce que je lis? etc. Les verbes avoir, ĂȘtre, aller, voir, devoir , faire, etc., sont exceptĂ©s; car on dit bien : ai-je? dois-je? fais-je? sais-je? vais-je? vois-je? etc. ' 2Âź Les pronoms personnels sont placĂ©s aprĂšs le verbe dans les temps simples, et aprĂšs l’auxiliaire dans les temps composĂ©s, et sont liĂ©s Ă  l’un ou Ă  l’autre par un trait d’union : reçois-JB; ai-JE aimĂ©; ieçoit-iL? '
( 559 ) 3Âź LĂ« muet se change en Ă© fermĂ© quand il est suivi du pronom je : aimĂ©-je ? donnĂ©-je (l) ? 4Âź Pour ne pas confondrĂ© Ăźe prĂ©sent de l’indicatif aimĂ©-je avec le passĂ© aimai-je, il faut examiner si, en faisant perdre au verbe la forme interrogative, on obtient le prĂ©sent ou le passĂ© sans changer Tobjet de la pensĂ©e ; ainsi on n’écrira pas aimai-je maintenant? aimĂ©-je hier ? car, en faisant disparaĂźtre la forme interrogative on obtient : /aime mainteÂŹ nant; f aimai hier. ĂŻ)onc il feut AiMÈ-je maintenant? aimai-/ hier? 5” Quand le verbe est terminĂ© par une voyelle et suivi de l’un des pronoms il, elle, on, on les fait prĂ©cĂ©der delĂ  lettre euphonique f, placĂ©e entre deux traits d’union : donne-T-il? aime-T-elle? a-T-on fini? SYNTAXE DES VERBES. N'CCCCLXXX. CONCORDANCE DÜ VERBE AVEC SON SUJET SOÜS LE RAPPORT DÜ NOMBRE I. ACCORD AVEC ÜN SEUL SUJET. SINGULIER. Dieu tient le coeur des rois entre ses mains puis- (RAcinĂȘ.) [santĂ©s. L’homme est nĂ© pour rĂ©gner sur tous les animaux. (Voltaire.) La COLOMBE attendrit les Ă©chos des forĂȘts. (Michaud.) L’huile coule k flots d’or aux bords de la Durance. (Castel.) La PLATfTE a son hymen, la plante a ses amours. (Delille.) La RELIGION veitle sur les crimes secrets. (Voltaire.) L’htsope croit dans les plus profondes vallĂ©es. . (Massillon.) Le hibou fait son nid dans Vif des cimetiĂšres. (Bern. de Sainx-Pierre.) PLURIEL. Les ROIS tiennent leurs droits dĂ© Dieu, leur puis- sancĂ© dĂŒ peuple; * , (Boiste.) Les HOMMES sont encore enfants Ă  soixante ans. (Aubert.) Les CƒURS ambitieux ne s’attendrissent pas; (La Harpe.) Mes VERS comme un torrent coulent sur le papier. (Boileau.) Les arbres ont leur vie, et les bois leurs prodiges. (Delille.) Les lois veillent sur les crimes publics. (Volt AIRE.f Les MARÉES croissent dans l’équinoxe. (AcadĂ©mie.) Les PASSEREAUX ardcnts, dĂšs le lever du jour, Font retentir les toits de la grange bruyante. (Michaud.) Dans la premiĂšre colonne, les verbes tient, est, attendrit ; coule, a, veille, croĂźt, fait, sont au singulier, Ă  cause des mots Dieu, homme, coloriibĂ©, huile, plante, religion, hysope, hibou, qui sont du singulier. Mais dans la secoride colonne, ces mĂȘmes verbes sont au pluriel, Ă  cause des mots pluÂŹ riels rĂŽts, hommĂ©Si coeurs, vers; arbres, lois, marĂ©es, passereaux. (1) Nous nous conformons ici Ă  Torthographe adoptĂ©e par les grammairiens, qui veulent qu’on fasse enÂŹ tendre un Ă© fermĂ© dans ces sortes de verbĂ©s ; mais Tusage universel et TautoritĂ© des personnes qui parlent le mieux dĂ©mentent journellement cette opinion; elles prĂ©noncent : Ă imĂš-jĂš, vĂ©illĂšje, rĂ©gnĂ©-je, avec TÚéceni grave;
( 560 ) Telle est la loi Ă  laquelle tous les verbes sont soumis, et cette loi ne souffre point d’exÂŹ ception. ' D’oĂč ce principe : Le verhe Ă  un mode personnel doit toujours prendre le nombre de son sujet, c'est-Ă -dire du nom avec lequel.il est en relation; que ce nom le prĂ©cĂšde comme dans les exemples que nous ayons citĂ©s, ou qu’il le suive, ainsi que dans les exemples ci-aprĂšs. * . o II. SUJET PLACE APRES LE VERBE. SINGULIER. LĂ , rougit la cerise; ici, noircitla mure. (Delille.) DĂ»t le PEUPLE en fureur pour ses maĂźtres nouveaux, De mon sang odieux arroser leurs tombeaux. "(Corneille.) Me prĂ©seroe le ciel de soupçonner jamais Que d’un prix si cruel vous payiez mes bienfaits 1 (Racine.) VoilĂ  ce Capitole, et ce beau PanthĂ©on, OĂč semble encore errer Tombre d’un peuple libre. (Bertin.) 0 terre de Saturne 1 ĂŽ doux pays Ăź beau ciel Ăź Lieux oĂč cĂ an/q Virgile, oĂč peignit RaphaĂ«l. (Saint-Victor.) OĂč souriait Tenfance , e»/ assis le trĂ©pas. (Soumet.) PLURIEL. Rome,c’est toi surtout qu’appellent nos transports. (Saint-Victor.) Mais dussent-ihs encore, en reprenant les eaux. Demander votre fils avec mille vaisseaux. (Raci^.) Me prĂ©servent les cieux d’une nouvelle, guerre ! (Voltaire.) Par ces portes »or/aten( les fiĂšres lĂ©gions. (Saint-Victor.) Dans leurs yeux entr’ouverts brillent d’humides (Saint-Lambert.) [flammes. Eh! qui n’a parcouru, d’un pas mĂ©lancolique, Le dĂŽme abandonnĂ©, la vieille basilique OĂč devant TÉternel s'inclinaient ses aĂŻeux ? (Soumet.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Le ebĂźea aboie. La brebis bĂąle. VabeiUe boordomte. Le cheral hennit. Les chiens aboient. Les brebis bĂȘlent. Les abeilles bourdonnent. Les chevaux heonissent. LĂ  , fleurit la rose. Ici, jaunissent tes gazons. Le printemps (Qu’annonce l'hiron* Dusseut-ils pĂ©rir! delle. LĂ , s’agitait ce peuple ambitieux. Mc prĂ©servent les dieux ! NCƓCLXXXI. NOMBRE DU VERBE AVEC PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR et. I. VERBE AU Parmi les lataniers qĂŒagite le zĂ©phyre, La PERRUCHE bruyante et le lori vermeil, Sautent sous la feuillĂ©e, Ă  Tabri du'soleil. (Castel.) Dans la saison d’amour, El TĂ©poĂŒse et TĂ©poux ont le mĂȘme sĂ©jour, (Delille.) Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage. (La Fontaine.) Nous"* attendons chaque hiver que T hirondelle et le ROSSIGNOL nous annoncent le retour des beaux jours. (Bern. de Saint-Pierre.) La COLÈRE et la prĂ©cipitation sont deux choses fort opposĂ©es Ă  la prudence. (FĂ©nelon.) PLURIEL. V Le SAULE, ami de Tonde, et la ronce Ă©pineuse. Croissent au bord du fleuve, en longs groupes ran- (Delille.) [gĂ©s. Quand Lucullus vainqueur triomphait de VAsie, L’airain, le marbre et Tor frappaient Rome (Jd.) [Ă©blouie. Plus loin, le tambourin,'le fifre et la trompette, Font entendre des airs que le vallon rĂ©pĂšte. (Saint-Lambert.) Je soutiens qu’il n’y a qĂŒun gĂ©omĂštre et un sot qui puissent parler sans figures. (J.-J. Rousseau.) La violence et la vertu ne peuvent rien Tune sur Tautre. (Pascal.)
(561) Oui, 5Î la VIE et la mort de Socrate son? d’un sage, la vie et ta mort de JĂ©sus son? d’un Dieu. (J.-J. Rousseau.), La VERTU et Tambition sont incompatibles. (Bern. de Saint-Pierre.) La MUSE et la bergĂšre ont le mĂȘme langage. (Saint-L ambert. ) Le TONNERRE et les vents dĂ©chirent les nuages. {Id.) L’or et I’argent s'Ă©puisent ; mais la vertu , CONSTANCE et la pauvretĂ© ne s’épuisent jamais. (Montesquieu.) Seigneur, quand par le fer les choses sont vidĂ©es. La JUSTICE et le droit sont de vaines idĂ©es. (Corneille.) La RAPINE et Tobgueil sont les dieux de la terre. (Voltaire.) L’ambition et Ta varice des hommes sont les seules sources de leurs malheurs.. (FĂ©nelon.) Que disent la plupart des grammairiens au sujet dĂ© ces sortes de phrases? Que a toutes les fois qu'un verbe a deux nominatifs singuliers, on met ce verbe au pluriel, parce que deux nominatifs valent un pluriel, ii ^ Nous ne nous arrĂȘterons pas Ă  fairasentir tout le ridicule de cette rĂšgle ; d'autres Tont, fait avant nous ; nous nous bornerons aux observations suivantes : Dans cette phrase : L'hirondelle et le rossignol nous annoncent le retour des beaux jours, il est Ă©vident que je verbe annoncent ne se rapporte ni Ă  hirondelle, qui est du sinÂŹ gulier, ni Ă  rossignol, qui est du mĂȘme nombre. Or, si annoncent nĂ© convient ni Ă  l'un ni Ă  Tautre de ces deux mots, comment pourrait-il, nous le demandons, se rapporter Ă  tous les deux ? Le moindre dĂ©faut de la rĂšgle des grammairiens est donc, comme on le voit, de pĂ©cher contre la logique. Dans la phrase que nous examinons : L'hirondelle et le rossignol annoncent le retour des beaux jours, le verbe annoncent est au pluriel, non pas prĂ©cisĂ©ment Ă  cause des deux mots hirondelle et rossignol,'maĂŻs parce que ces deux mots singuliers font naĂźtre nĂ©cessaiÂŹ rement TidĂ©e d'un troisiĂšme, avec lequel le verbe annoncent s'accorde ; et ce mot est celui d'oiseaux, d'animaux, ou tout autre semblable, mot toujours sous-entendu, et destinĂ© Ă  indiquer que les individus ou les choses reprĂ©sentĂ©s par les deux noms qui prĂ©cĂšdent ce verbe concourent ensemble Ă  faire Taction exprimĂ©e par ce mĂȘme verbe. CĂ«st comme s'il y avait : l'hirondelle (annonce le retour des beaux jours) et le rossignol (annonce aussi le retour des beaux jours ; donc ces deux oiseaux) annoncent le retour des beaux jour s. \oi\k la seule raison, Tunique raison de Taccord pluriel du verbe, pré cĂ©dĂ© de plusieurs substantifs, liĂ©s par et. A la trUte et pitoyable rĂšgle des grammairiens, nous substituerons donc celle-ci : lorsque Z'iDÉE exprimĂ©e par le verbe est affirmĂ©e de plusieurs substantifs singuliers liĂ©s par 'et, ce verbe se met au pluriel, que ces substantifs le prĂ©cĂšdent, ainsi que dans les exemples que nous avons citĂ©s, ou qu'ils le suivent, comme dans,ceux-ci : Ils meurent : de ces lieux s’exilent pour toujours La douce rĂȘverie et les discrets amours. (Delille.) . . . Cette illusion et ce charme magique, QĂŒon? reçus TĂ©popĂ©e et la muse tragique. (Id.) La foudre Ă©clate, tombe; et des monts foudroyĂ©s Descendent Ă  grand bruit les graviers et les ondes. (Saini-Lambert.) Et partout oĂč coula le nectar enchantĂ©, Coururent le plaisir , Taudace et la gaItĂ©. (Delillb.) U. VERBE AU SINGULIER. Le BIEN et le mal est en ses mains. (La BruyĂšre.) La politesse et TaffabilitĂ© est la seule distincÂŹ tion qĂŒil^ affectent. (Massillon.) L’ambition et Tamour de la fortune, dans les , autres hommes, partage Tamour du, plaisir. («0 La GLOIRE et la prospĂ©ritĂ© des mĂ©chants est courte. (FĂ©nelon.) Le SAVOIR-FAIRE et ThabiletĂ© ne mĂšne pas jusÂŹ qu’aux Ă©normes richesses. (La BruyĂšre.) Avouons que la force et le courage a Ă©tĂ© comme le manteau royal qui Ta parĂ©e. (MĂąscabon.) 71
( 562 ) . Souvent la vĂ©hĂ©5ĂŻexce et la triste sĂ©vĂ©ritĂ© de son discours protĂ©gera la vertu opprimĂ©e,'et.fera trembler ie vice triomphant. (D’AgĂŒesseaĂŒ.) Le TDMDLTE scul ct T A CITATION qui cnviroone le trĂŽne, en bannit les rĂ©ilexioris, et ne /atsse jamais un instant le souverain avec lui-mĂȘme. ' (Massillon.) Je sais que chaque science et chaque art a ses termes propres inconnus au commun des hommes. ‱ (FlbĂŒut.) L’arueur de leurs disputes insensĂ©es et leur reÂŹ ligion arbitraire est devenue la plus dangereuse de leurs maladies. , (Bossdet.) La gua'ndeur et la taille des cerfs, en gĂ©nĂ©ral, dĂ©pend absolument de la quantitĂ© et de la qualitĂ© dc la nourriture. (Massillon.) s Il s’agit de choisir un Ă©tat de vie : choisissez-le cornme devant un jour mourir ; et vous verrez si la tentation et le dĂ©sir de vous Ă©lever vous y fera prendre un vol trop haut. (Pascal.) Sans se donner la peine de descendre dans la pensĂ©e de TĂ©crivain, de sonder les vues de son esprit el lestoOTi'^^nients de son ame, sans tenir compte de ces deux lois puissantes , I’habmonie et Toreille*, qui prĂ©sident s! souvent aux concordances, la plus grande parÂŹ tie des grammairiens prononcent l’anathĂšme contre les phrases que nous venons de citer ct celles qui leur ressemblent. Ce fameux principe : un et un font deux, renferme Ă  leurs yeux tous les agrĂ©ments, toutes les grĂąces, toutes les gentillesses de la Grammaire. Ils ne souffrent pas qu’on s’en Ă©carte, et en font un vĂ©ritable lit de Procuste, oĂč phrases et locuÂŹ tions sont tenues de s’étendre bon grĂ© ipal grĂ©. Cependant, lorsque des Ă©crivains tels que Voltaire, Bossuet, Racine, FĂ©nelon, Pascal, Rousseau, Massillon, La BruyĂšre et d’Aguesseau, jettent de cĂŽtĂ©^ dans certaines circonÂŹ stances, les rĂšgles des grammairiens, il faut croire qĂŒils ont eu leurs motifs poiur agir ainsi. . Or, comme, Ă  notre sens, ce n’est ni par hasard ni par caprice que ces Ă©crivains, modĂšles de goĂ»t et de puretĂ© de style, ont prĂ©fĂ©rĂ©, dans les phrases citĂ©es, mettre le verbe au sinÂŹ gulier, nous allons chercher quelle peut ĂȘtre la cause d’une telle prĂ©fĂ©rence. Quand Voltaire a Ă©crit ; . L’homme ct la femme est chose bien fragile, il a considĂ©rĂ© Yhomme et la femme comnqe un tout Ă©quivalant Ă TAwmam/^.NQn seulement la Iqçution est correcte, mais Tauteur ne pouvait s’exprimer autrement, puisque, dans le chant qui commence par ce vers, il n’est question que de la fragilitĂ© d’qne femme- C’est uniquement par dĂ©licatesse envers le beau sexe que le poĂšte a dit : Yhomme et la femme, car \l n’avait en vue qĂŒun seul ĂȘtre (1). Dans cette phrase de J.-J. Rousseau : Chaque Ă©tat et chaque Ăąge A ses devoirs, il y a ellipse : Chaque Ă©tat a scs devoirs, chaque Ăąge a ses devoirs. Le sens Ă©tan^ distributif, le singulier Ă©tait nĂ©cessaire. (1), Pourquoi ne pas convenir, dit un grammairien, que Voltaire a mis le singulier pour faire son vers t Qu’on nous cite des prosateurs qui aient mĂ©connu ce principe Ă©lĂ©mentaire, que deux singuliers valent un pluriel. » Les exemples que nous avons donnĂ©s plus haut, Ă©t ceux que nous allons donner encore, tous tirĂ©s des Ă©crivain^en prore» rĂ©futent cette objection : Plaçes que Taut el la nature a fortifieĂ«s, (Flechier.) Le boniieur ct le malheur des hommes ne dĂ©pend pas moins de leur humeur que de ia fortune. (La Rochefoucauld.) T/ignorance et Taveuglement s'Ă©tait prodigieusement accru depuis le-temps d’Abraham. ‱ (BossUET.) L'*univers, me dis-je, est un tout immense, dont toutes les parties se correspondent'. La GRANDEUR el la simplicitĂ© de celte idĂ©e Ă©leva mon ame. (Thomas.) I/intempĂ©rance et Tincohebence des imaginations orientales «jt un faux gout; mais cĂ«st plutĂŽt un manque d’esprit qu’un abus d’esprit, * (Voltaire.) , Son abdication de (a dictature fĂźt voir que PAMniTiON et l'ENyiE de rĂ©gner n’atiait pas Ă©tĂ© sa passion dominante. La sagesse et la PIÉTÉ du sourerain peut faire toute seule le bonheur du sujet. (Massillon.) Mais Ă  celte derniĂšre fois, la taleus et le grand NOM de Cyrus JĂźt que les Perses ses sujets eurent la gloire de cette conquĂȘte. - . (Bossuet.) La DOUCEUR et la mollesse de la langue italienne s'est insinuĂ©e dans le gĂ©nie des auteurs italiens. (Voltaise.) Sa PIÉTÉ et sa droiture lui attire ce respect. (Bossuet.) Le faste et le mĂ©pris qu’on fait paraĂźtre pour les autres n*a jamais rien produit de bon. (FĂ©nelon.) Du reste, leur dĂ©faite et leur ignominie leurJĂźt plaisir. ' (Rollin.) Bien re'gner, c’est rendre b Dieu le service et Phommage qui lul Mt le plus agrĂ©able. C^Ăą.) passion (Vertot.)
. . ( 563 ) ' , . Dans cette phrase de MassOlon : La politesse et TaffabilitĂ© est la seule distinction qĂŒils affectent, il y a synonymie, et les deux sujets n’offrent, en quelque sorte, qu’une seule idĂ©e. La BruyĂšre a dit : ' Un peu dĂ«sprit et beaucoup de temps Ă  perdre, lui suffit pour conserver son empire sur une femme. Ici Tauteur a voulu dire que Tune des choses ne suffĂźt pas, mais que leur rĂ©union sufÂŹ fit. Remarquez que dans la locution il n'y a qĂŒun sujet. Si La BruyĂšre eut mis suffisent, il aurait reconnu deux sujets distincts, auxquels le verbe aurait Ă©galemĂ©nt convenu. Ùn peu d'esprit SUFFIT, et beaucoup de temps Ă  perdre suffit, ce qui eĂ»t Ă©tĂ© Ă©videmment contre sa pensĂ©e, et aurait fornaĂ© un contre-sens. Les deux idĂ©es he pouvant se sĂ©parer pour former chacune le sujet du verbe, le singuliĂšr Ă©tait indispensable. Dans cette phrase : . Pour avoir voulu exiger de ses sujets au-delĂ  de çe qĂŒils lui devaient, Salomon perdit leur amour et leur fidĂ©litĂ© qui lui Ă©tait due, . . . le dernier substantif fidĂ©litĂ© ayant attirĂ© Ă  lui seul la modification, par une figure qĂŒon peut nommer affracfzon, .Massillon a dĂ» mettre le verbe Ă©tait au singulier. Enfin, dans cette derniĂšre phrase de Massillon : «L’agrĂ©ment et Tavantage que nous trouvons dans un pareil commerce doit nous porter Ă  resserrer les liens... » il y a idĂ©e de rĂ©capitulation ; c'est comme s'il y avait ; VagrĂ©ment et VavaUitagĂ©, etc., CELA doit nous porter, etc. Nous ne pousserons pas plus loin cet examen. Il doit suffire pour faire comprendre que Temploi du pluriel ou du singulier, dans les verbes, dĂ©pend entiĂšrement des yuGS de l'esÂŹ prit , et que vouloir contraindre les Ă©crivains Ă  n’employer jamais que le premier, c'est mettre des entraves au gĂ©nie, c'est priver la langue de ses ressources, de son infinie va-- riĂ©tĂ© ; en un mot, c'est vouloir que les pensĂ©es se jettent dans le mĂȘme moule, Comrne. je dit avec beaucoup de sens un Ă©crivain, il y a deux classes d’hommes, ceux qui ont du gĂ©nie et ceux qui en sont privĂ©s. Laissons Ă  ces derniers la stricte observation des rĂ©gies, et permettons aux premiers dĂš s’élever au-dessus ef de s’en Ă©carter. Non s ajouterons qĂŒil est des cas oĂč, avec la meilleure volontĂ© du monde, on ne pourrait appliquer la rĂšgle des grammairiens; cĂ«st lorsque plusieurs sujets se fondent dans un mĂȘme individu, comme dans ces deux passages de Massilloii : * CĂ«st un imposteur et un traĂźtre, qui annonce les malheurs et la ruine entiĂšre de JĂ©rqsalçm. CĂ«st un ministre et un envoyĂ© de son pĂšre, qui rend tĂ©moignage par son sang Ă  la vĂ©ritĂ© de sa mis* sion et de ton ministĂšre. Le pluriel, dans cette circonstance, serait une vĂ©ritable monstruositĂ©, Nous terminerons en Ă©tablissant ce grand principe auquel la* SociĂ©tĂ© grammaticale a eu la sagesse de donner sa sanction : Lorsque Von considĂšre sĂ©parĂ©ment chaque partie d'un sujet multiple, on met le verbe au singulier ; mais si les parties du sujet multiple sont considĂ©rĂ©es simultanĂ©ment, le verbe doit prendre le pluriel. Ce principe, fondĂ© sur la raison et sur les faits, s'applique mĂȘme lorsque les sujets sont. exprimĂ©s aprĂšs le verbe, et qĂŒe celui qui le suit immĂ©diatement est au singulier, comme dans ces phrases (1) : ‱ A Paris rĂšgne la libertĂ© et TĂ©galitĂ©... la jaÂŹ lousie des rangs y est mĂ©connue. (Montesquieu.) Mais pourquoi, dira-t-on, cet exemple odieux? Que peut servir ici TÉgypte et ses faux dieux ? (BouĂŠau.) (i) Bescher croit,-Ă  tort, que, dans ceite position, le verbe doit toujours se mettre "au singulier. Les exemples citĂ©s plus haut prouvent qĂŒil peut aussi sĂ«mployer au pluriel.
o \ Ce n'est pas Ă  leur nation seule que se borne i'iAi- PRESSION et Teffet de leurs exemples. (Massillon,) Le UARCBAND, ToDVRIER, le PRÊTRE, le SOLDAT, Sont tous Ă©galement des membres de TĂ©tat. (Voltaire.) ( 364.) ... Quel nouveau trouble excite eu mes esprits Le SANG du pĂšre, 6 ciel, et les larmes du fils? (Racine.) La-PEUR, Tairain sonnant,' dans les temples SacrĂ©s Font entrer Ă  grands flots les peuples Ă©garĂ©s. (Saint-Lambert.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Le hanneton et la mouche bourdonnent. La colombe et le ramier roucoulent. L’epervier, le lapin et le renard glapissent. Le loriot, le merle , le serpent et les oies sifflent. Le perronuct ct la pie «ont bavards. Le renard et le singe sont rusĂ©s. , Le lis et 1.1 roflc sont odorants. L’hermine et la zibeline se nourrissent dc rats. Le bonbeur et la tĂ©mĂ©ritĂ© ont pu faire des bĂ©ros. L’ordre et l’utilitĂ© publique ne peuvent ĂȘtre les fruits du criiiir, A votre porte ei Ăą votre salut sont attachĂ©s la perte et le salut de tous ceux qui vous environnent. C’est de lui que dĂ©pend le bonheur et le salut des nations. * C’est dans les chaumiĂšres qu’habitent la paix ct le bonheur. Tou Ă©tat et le mien ne. permet plus la plainte. N" CCCCLXXXn. NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS PLUSIEURS SUBSTANTIFS NON LIÉS PAR et. 1. — Aveo le singulier. SYNONYMIE. Si notre ĂȘtre , si notre substance nĂ«s/ rien, tout ce que nous bĂątissons dessus, que peut-il ĂȘtre ? (Bossuet.) Dans tous les Ăąges de la vie, Tamour du travail, le GOUT de TĂ©tude ejf ĂŒn bien. (Marmontel.) La douceur , la bontĂ© du grand Henri, a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e de mille louanges, (PĂ©lisson.) . . . Son crĂ©dit, son sacrĂ©.cARACTÈRE, Peut appuyer le choix que vous prĂ©tendez faire. (Voltaire.) ‱ Le CIEL Ă©blouissant, ce dĂŽme lumineux, Laisse Ă©chapper vers moi, du centre de ses feux, Un rayon prĂ©curseur de la gloire suprĂȘme. (COLAUDEAU.) Le noir venin , le fiel de leurs Ă©crits N-excite en moi que le plus froid mĂ©pris. (Id.) GRADATION. Une OMBRE, un Dieu peut-ĂȘtre Ă  mes yeux s*est mon^ (Voltaire.) [trĂ©. Louis, son fils, TĂ©tat, TÈurope est dans vos mains. ild.) Le ciel, tout Tunivers est plein de mes aĂŻeux. (Racine.). Le PÉROU, le Potose, Alzire est sa conquĂȘte. (Voltaire.) Que TamitiĂ©, que le sang qui nous lie Nous tienne lieu du reste des humains. {Id.) La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge. m SENS DISTRIBUTIF OĂŒ ELLIPTIQUE. Il ne faut aux princes et aux grands ni efforts ni Ă©lude pour se concilier les coeurs. Une parole, Ăčn SOURIRE gracieux, un seul regard suffit. (D’AgĂŒesseau.)' Le VERS le mieux rempli, la plus noble pensĂ©e NĂ© peut jp/aire Ă  Tesprit quand Toreille est blessĂ©e. (Boileau.) La vanitĂ© est si ancrĂ©e dans le cƓur de Thomme, qĂŒun GOUJAT, un marmiton, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs. (Pascal.) L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; iUne faut pas que Tunivers entier s’arme pour TĂ©craser; une vapeur , un grain de sable pour le tuer. (Pascal.) Quels sont donc ces forfaits que Tenfer en furie, Que Tombre de Ninus ordonne qu’on expie ?‱ (Voltaire.) Le besoin, la raison! Tinstinct dot/ nous porter A faire nos moissons, plutĂŽt qu’à les chanter. {Id.) II. — Avec le pluriel. 1 Ce petit coin de Tunivers Rit plus Ă  mes regards quĂš le reste du monde. L’olive, le citron , la noix chĂšre Ă  Pales, Y rompent de leur poids les branches gĂ©missantes. (Bertin.) Et de ces vĂ©gĂ©taux Tadmirable structure, Leurs nerfs si dĂ©licats, leur flexibilitĂ©, Leur repos , leur rĂ©veil , leur sensibilitĂ© , Semblaient les rapprocher de la nature humaine. (Delille.)
/ Le PLAISIR turbulent, la joie immodĂ©rĂ©e, Des heureux vendangeurs terminent la soirĂ©e. ^ {Id,) Tous suivent cette loi : Tanimal, TarbrisseaĂŒ, Vivaiew' jontemporains, cachĂ©s dans leur berceau (Delille.)- Jeune bomme, la vertu, la paix de l’innocence, Te rendront plus heureux qu’une vaine science. (Bernis.) ĂŒne CHAUMIÈRE, un champ ne font pas le bonheur (Lombard de Langres.) 565 ) Le timide bouvreuil , la sensible fauvette SĂŽus la blanche aubĂ©pine ont choisi leur retraite. (Michaud.) On part: Tair du matin , la fraĂźcheur de l’aurore. Appellent Ă  Tenvi les disciples de Flore. (Delille.) L’ambition , Tamour , Ta varice , la haine , Tiennent^ comme un forçat, notre esprit Ă  la chaĂźne. (Boileau.) Une petite monnaie , un morceau de pain valent mieux que : Dieu vous bĂ©nisse! (J.-J- Rousseau-) Lorsqu'un verbe est prĂ©cĂ©dĂ© de plusieurs substantifs qui ne sont pas liĂ©s entre eux par et, il se met au singulier ou au pluriel. Au singulier, 1° si les substantifs ont une sorte de synonymie : Son courage, son intrĂ©piditĂ© Ă©tonne les'plus braves; son amĂ©nitĂ©, sa douÂŹ ceur EST connue de tout le monde ; 2Âź si Tesprit s'arrĂȘte sur ledernier des substantifs expriÂŹ mĂ©s, soit parce qĂŒil a plus de force que ceux qui prĂ©cĂšdent, soit parce qu'il est d'un tel intĂ©rĂȘt qu'il fait oublier tous les autres : Ce sacrifice, votre intĂ©rĂȘt, votre homieur, Dieu vous le commande ; Dieu rĂšgne seul dans une ame oĂč domine la piĂ©tĂ© ; l'intĂ©rĂȘt s'efface devant Thonneur, Thonneur devant Dieu. Dieu reste seul, et doit seul imposer la loi au verbe; 3Âź quand les substantifs, ne convenant pas tous au verbe de la mĂȘme maniĂšre, doivent y ĂȘtre joints chacun Ă  part ; ce qu’annonce-le verbe au singulier, qui rend la proÂŹ position elliptique, et marque que, pour la rendre pleine, il faut qu’il soit rĂ©pĂ©tĂ© autant de fois qĂŒil y a de sujets, et avec des formes analogues Ă  chacun d'eux. Ainsi, ce vers de Voltaire : Un seul mot, un soupir, un coup d’Ɠil nous trahit, a la force de ces trois propositions : un seul mot nous trahit, un soupir nous trahit, enfin un coup d'oeil nousHrahit; ces trois choses-lĂ  nous trahissent, non pas simultanĂ©ment, mais chacune d’elles sĂ©parĂ©ment : d'oĂč le singulier. On met le verbe au pluriel lorsque TidĂ©e exprimĂ©e par ce verbe est affirmĂ©e de tous les substantifs, et que celui qui Ă©crit et qui parle a intention de lier le verbe Ă  tous les sujets ensemble, et non Ă  chacun d’eux en.particulier. (Voyez la deuxiĂšme sĂ©rie des exemÂŹ ples citĂ©s.* ) ' ' Les mĂȘmes rĂšgles s’appliquent au verbe suivi de plusieurs sujets singuliers, comme dans ces phrases : ' D'oĂč peut venir alors cet ennui, cc dĂ©goĂ»t ? (Coll. d’Harleville.) A quoi sert ce transport, ce dĂ©sespoir extrĂȘme? (Th. Corneille.) Que maudit soit ton champ, ton pavillo^, ton lit! (Chateaubriand.) Que dira Tavenir, tout Tempire, un Ă©poux Ăź . (Campistron.) On danse pour danser, pour obĂ©ir Ă  l’activitĂ© naÂŹ turelle oĂč nous met la jeunesse, la santĂ©, le REPOS, la JOIE, et que le son d’un instrument invite Ă  se dĂ©velopper. (Marmontel.) Si cependant parmi les substantifs qui accompagnent le verbe il y en avait un qui fut au pluriel (celui qui le suit ou celui qui le prĂ©cĂšde immĂ©diatement), il faudrait nĂ©cessaiÂŹ rement mettre le verbe au mĂȘme nombre ; exemples : . ,. La DOUCEUR, les soupirs de cette femme inforÂŹ tunĂ©e ne pwren? le flĂ©chir. (Wailly.) Quel bruit, quels chants d’hymen ont frappĂ© mon (Longepierre.) [oreille? Son repentir, ses pleurs le flĂ©chirent. (Girault-Duvivier.) Bajazet vous est cher, savez-vous si demain Sa /Ăź6erÂŁĂ©, ses joĂŒrs seron? en vĂŽtre main? (Racine.) ■ Nous n'avons pas besoin d’ajouter que si tous les substantifs Ă©taient au pluriel; le verbe devrait ĂȘtre forcĂ©ment au pluriel, ainsi qĂŒon le voit par les phrases suivantes :
( 566 ) Les jours, jes le§ siĂšcles ĂŽoĂčten/ inseii- siblemĂ©iiL (AcADÉMiE.) Cependant ses palais, sĂ©s temples, see portioĂŒes , Attestent ses grandeurs, dans leurs restes confus. (Saint-Victor.) ÉXÈRCiCÉ PHRÂSÉOLOGIQÜÉ. La trahison, le meurtre est le seeau du meosoage. Son amciiilĂ© > 90 iloiiceiir est couniie de tout le inoĂźide. Le fer^ le bnudĂ©att, lit Uaihme est toute prĂȘtĂ©. Mon repos, mon bonheur semblait ĂȘtre affermi. Je tremblĂ© ([ii’Ăčn regard , qu’un soupir ne vons dompte. . Le pĂ mpre \ le laurier^ lĂš mjrtĂš suit tĂ©s pas. ' Sa beautĂ©, son eiijĂčueinent j sa ooble fiertĂ© s'eufayait loin de lui. Le RhĂŽne, la Loire} font les riviĂšres les pins remarquables delĂ  Lrance. . L’or; la grandeur peuveut-ils rendre heureux ? La crainte, lĂ«spcrance troublent mon cƓtir- Son orgueil, tous ses dĂ©fauts me le font haĂŻr. Le devoir, mon repos me le commandent. La raison , la dĂ©cence m’empĂȘchaient de parler. N"* CCCCLXXXIII. NOMBRE Ï)Ü VERBE APRÈS PLUSIEURS SUBSTANTIFS RÉCAPITULÉS PAR LES MOTS tout, rien, personne, nul, chacun, aucun, etc. i avec le singulier. Biens, fortune» intĂ©rĂȘt, gloire, sceptre» grandeur» Rien ne saurait bannir CiaricĂš de mon cƓur. (Rkgnard.) La grandĂ©ĂŒri les richesses, lĂ©s victoires et tout ce qui excite les plus, violents dĂ©sirs, n’est pas caÂŹ pable, aprĂšs quelque temps, de surmonter les moinÂŹ dres chagrins. (Essais de morale.) Femmes, filles, valets, gros messieurs, tout enfin Allait» comme autrefois, demande? son destin. (La Fontaine.) Remords» crainte, pĂ©rils, rien ne m'a retenue. , (Racine.) Femmes, moines, vieillards, tout Ă©tait descendu. (La Fontaine.) . ; J OErope,Bippodamie» Ma cour,., la terre entiĂšre est donc mon ennemie? (Voltaire.) I La racine i le bois» la tige, les festons,. ‱ Tout sert Ă  distinguer leurs nombreux rĂ©jetons. (Delille.) Le tombeau du martyr,; le rocher, la retraite OĂč dans un long exil vieillit l’anachorĂšte, Tout par/e Ă  qplre cƓur. ^ . (Soumet.) Facteurs, associĂ©s, chacun lui fut fidĂšle ; Il vendit son tabac, son sucre, sa cannelle. ^ . , (La Fontaine.) Avant tdiit, compte tor toi. Voisins, amis, paÂŹ rents, chacun prĂ©fĂšre son intĂ©rĂȘt Ă  celui de tout autres. . (Voltaire.) * On ne suit pas toujours ses aĂŻeux ni son pĂšre ; Le peu de soin, le temps, tout fait qu’on dĂ©gĂ©nĂšre. (La Fontaine.) Un souffle, une ombre, un nĂ«n; tout lui donnait {id.) [la fiĂšvre. Hommes, dieux, animawx, tout y fait quelque {lĂ .) [rĂŽle. Accusateurs et faiseurs d’écriture, ' Juges, tĂ©moi//s, ennemis, protecteurs, Aucun de vous nĂ«st sorcier, je vous jurĂ©. (CitĂ© par Lemare.) Sa tendresse pour mĂŽi, VintĂ©rĂȘt dĂš to gloire, 'Sa vertu, tout enfin me dĂ©fend de le croire. (Corneille.) Grands, richĂ©s, petits et paĂŒvrĂ©S', PÊRSÔNNfi du NUL ne peut se toiirtfaire Ă  la mort. (Wailly;) LĂŽrsqiiĂ© aprĂšs plusieurs substantifs il y en a un qui totalise ou rĂ©capitule} Vaccord du verbe se fait avec celui-lĂ  seul. . Telle est Ăźa rĂšgle que donnent tous les grammairiens, et qu'ils croient sans exception. Cependant on trouve : "t ~ * avec le pluriel. Ces conditions sont que leurs plaisirs et leurs peines, leurs accidents et leurs avantages, en un mot leur destinĂ©e, deviennent communs. (Mirabeau.) Nous convenons que l’Essai sur l’homme, de i’il- lustre Pope, Ă©st un trĂšs-bon ouvrage, et que ni' Horace, ni Boileau, ni aucun poĂšte, n'ont rien ait dans co genre. (Voltaire.) Que ie crible, le vasi. . , La hersĂ©, les traĂźneaux, tout Tattirail champĂš- Sans crainte Ă  nies regards osent ici paraĂźtre, [trĂš, (Delille.) QuĂ© la iiĂźort, Vexil, enfin'tout ce qui effraie le plus les hommes, soient devant tes yeux. Par ce moyen, tu n’auras aucune pensĂ©e basse, et lĂąche. (PensĂ©es d’ÉpicxÈxE.) C'est une syllepse trĂšs-riatiirelle. C’est comme si les mots en italique Ă©taient renfermĂ©s
( 567 ) dans une parenthĂšse. Ces exemples prouvent donc le danger des rĂšgles absolues. NĂ©anÂŹ moins nous conviendrons, avec M. Dessiaux, Ă  qĂŒi nous devons ces prĂ©cieuses citations, que le plus souvent il est mieux de sĂ«n tenir au principe des grammairiens. Ce principe doit s'appliquer au verbe, lorsqu'au lieu d’étre prĂ©cĂ©dĂ© des snbstĂąnlifs,il en est suivi. Ainsi on dirait Ă©galement -: ToĂŒt y fait quelque rĂŽle, hommes, dieux, aniÂŹ maux; RIEN ne m'x retenue, remords, crainte ni pĂ©rils. Racine n’a-t-il pas dit : Tout parlera pour vous; le dĂ©pit, la vengeance, Vahsence de Titus, le temps, votre prĂ©sence, Trois sceptres que son bras ne peut seul soutenir, Vos deux Ă©tats voisins qui cherchent Ă  sâ€™ĂŒnif. EXERCICE PBRASËOLOGIQÜE. Hommes , femmes , enfante , tent fut tuĂ©. Tout fut tuĂ©, hommes femmes et enfants. Homme:;, femmes , enfants , rien ne fut Ă©pargnĂ©. Rien ne fut Ă©pargnĂ© , ni farommes , ni femmest ni enfants. Pauvres , riches , sayants ; ignorants, personne n’est exempt rie la' Personne n’est exempt de la inort, pauvres, riches, savants oa mort. , ' ignorants, N' CCCCLXXXlt. i NOMBRE Dtr VERBE APRÈS tout, chaqĂŒĂ© ET quelqĂŒe rĂ©pĂ©tĂ©s. TOUT. Tout plaisir, tout repos par lĂ  mĂ«xf arrachĂ©. j Tout rang, tout sexe, tout Ăąge, (MoliĂšre.) | * Doit aspirer au bonheur. (Yoltairb.) r CHAQUE. Chaque mot, chaque regard est un trait plein de (MoliĂš ue . ) [flamme. Chaque jour, chaque instant, pour rehausser ma [gloire, Met laurier sur laurier, victoire sur victoire. (Corneille.) Je sais que'chaque science et chaque art a termes propres. (Fleury.) CiUiiĂŒE Ăąge et cHAQUE'nation a vu des esprits vains et superbes. (Massillon.) Chaque vers, chaque ^mot court Ă  FĂ©vĂ©nement. (Boileau.) QUELQUE. Quelque brĂčlantdĂ©sir, quelque ardeur qui le presse. Madame^ jĂ«n rĂ©ponds, il tiendra sa promesse. * (Campistron.) Mais quelque ambition, quelque amour qui me ; ■ , [brĂ»le. Je ne puis plus tromper ĂŒne amante crĂ©dule, (RÀciNE.j On voit qu’aprĂšs tout, chaque et quelque rĂ©pĂ©tĂ©s, le verbe se met toujours aĂŒ singulier. Nous en avons donnĂ© la raison plus haut. Cependant rien nĂ«mpĂȘche de le mettre au pluriel : . * ^ t Chaque nuit et chaque aurore nous apportent de nouveaux journaux de la sagesse et de Ăźa bontĂ© de la Providence divine. (Bbrn. de Saint-Pierre.) Aucun corps, aucune attaque n'avaient pu entamer la colonne, parce que rien ne s’était fait de conÂŹ cert et Ă  la fois. (Voltaire.) Quant Ă  TĂ ccord du verbe aprĂšs quel et quel... que, cet accord Ă©tant le mĂȘme qĂŒavec lĂšs adjectifs, nous prions le lecteur de recourir au chapitre des pronoms indĂ©finis ; car nous ne pourrions guĂšre que noĂŒs rĂ©pĂ©ter. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Tout objet ; tent ĂȘtre.. ;. ; ' Toute ambitioa , toute passion Chaque jour, chaque instant.,,.. Chaque art et chaque science Quelque envie, quelque dĂ©sir qui ^ - . Quelque mĂ©rite, quelque talent qoi
( 568 ) N" CeCCLXXXV.ƓKÈ«~~- f NOMBRE DO VERBE APRÈS PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR ni RÉPÉTÉ. POETES. AVBC LE SINGULIER. Âllons du moins chercher quelque antre ou quelque [roche D’oĂč jamais ni Thuissier ni le sergent n'approche. (Boileau.) Sans que ni la raison, ni le temps qui sĂ«nvole, Puisse faire tarir ses pleurs. (Malherbe.) Je reçus et je vois le jour que je respire, Sans que pĂšre ni mĂšre ait daignĂ© me sourire. (Racine.) Sainte ni saint n'Ă©tait en Paradis, Qui de ses vƓux n'eĂ»t la tĂȘte Ă©tourdie. (La Fontaine.) Ni CRAINTE ni RESPECT ne mĂ«n peut dĂ©tacher; De mes bras tout sanglants il faudra l’arracher. . (Racine.) Ni le SEXE ni Vage Ne peut flĂ©chir les dieux que TinfĂźdĂšle outrage. (Voltaire.) Ni son COEUR ni le mien ne peut ĂȘtre perfide. {fd.) Ni I’homme ni aucun, animal n’apĂŒ se faire soi- mĂȘme. ’ {Id.) AVEC LE PLURIEL. Ultssb ni Calchas n’ont point encor parlĂ©. (Racine.) Quoi ! le ciel ni I’enfer n’ont rien qui l’épouvante! (Th. Corneille.) Ni l’OR ni la grandeur ne nous rendent heureux. (La Fontaine.) L’absence ni le temps n’effaceront iamais De son cƓur affligĂ© le prix de vos bienfaits. (Longepierre.) Dans son cƓur malheureux son image est tracĂ©e.' La vertu ni le temps ne l’on? point effacĂ©e. (Voltaire.) Sinon, ton corps ni ton ame N’appartiendront plus Ă  ta dame. (La Fontaine.) . . . Quand le mal est certain, La PLAINTE ni la peur ne changent le destin. {Id ) ... En vain l’ñge s’avance : Ni Page ni I’expĂ©riencb , Ne peuvent corriger nos moeurs. (Le Baillt.) PROSATEURS. i I. AVEC LE SINGULIER. Il n’est ni rang, ni naissance, ni fortune, qui ne disparaisse devant une ame comme la tienne. ‘ (Marivaux.) . % Ni le reproche, ni la crainte, ni FambĂŻtion ne trouble les instants d’un honnĂȘte homme en place. (Marmontel.) Nulle COURBE, ni nulle droite rĂ©elle, ne peut passer entre deux lignes rĂ©elles qui se touchent. (Voltaire.) Comme il n’avait ni titre militaire ni magis- TRATĂŒRE qui rau?on*5d? Ă  commander une armĂ©e, surtout contre un consul, il tĂącha de mettre te sĂ©nat dans ses intĂ©rĂȘts. . (Id.) Il n’y a ni plaisir ni voluptĂ© mondaine ç[ui, Ă  la longue, ne nous vienne Ă  dĂ©dain et contre-cƓur. (PensĂ©e de Plutarqde.) AVEC LE PLURIEL. Le tigre est peut-ĂȘtre le seul de tous les animaux dont on ne puisse flĂ©chir le naturel; ni la force, ni la contrainte, ni la violence ne peuvent le dompter. (Buffon.) Le maĂźtre ni I’esclavb n’ont plus de famille, chacun des deux ne voit que son Ă©tat. (J.-J. Rousseau.) Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. , (La Rochefoucauld.) I Je demanderai si vous voudriez que ni votre dé biteur, ni votre procureur, ni votre notaire, ni votre juge, ne crussent en Dieu. (Voltaire.) Ni LUI ni son conseil n’y peuvent rien comprenÂŹ dre. ’ (Id.) Ni le BONHEUR, ni le mĂ©rite seul, ne font l’élé vation des hommes. (Vauvenargues.) Quand les substantifs sont liĂ©s par ni rĂ©pĂ©tĂ©, le verbe, suivant les grammairiens, se met toujours au pluriel. ^ . Encore une rĂšgle qui a Ă©tĂ© prisĂ© nous ne savons oĂč ; mais bien sĂ»rement ce nĂ«st ni dans les Ă©crits de nos poĂštes ni dans ceux de nos prosateurs, car les citations qui prĂ©cĂšdent prouvent quĂ«n peut aussi mettre le verbe au singulier.
( 569 ) Nous le rĂ©pĂ©terons donc, si les parties constitutives du sujet sont considĂ©rĂ©es sĂ©paré ment, on emploie le singulier ; et si elles sont considĂ©rĂ©es dans leur ensemble et sous le mĂȘme point de vue, on fait usage du pluriel. Avec ce principe-lĂ , on peut se passer de toutes les recettes grammaticales. Faisons-en Tapplication. En disant : Il n'est ni rang^ ni naissance, ni fortune, qui ne disparaisse devant une Ăąme comme la tienne, Marivaux veut faire entendre, nen pas que le rang, la naissance et la fortune disparaissent devant TĂąme dont il parle, mais bien qu’il n’est aucune de ces choses qu’il vient de nommer, qui ne disparaisse devant elle. C’est comme s’il disait : Il n'est pas de rang, quelque Ă©levĂ© qu'il soit, quine disparaisse devant une Ăąme comme la tienne ;il n'est pas non plus de naissance, quelque illustre quelle soit, etc., ĂŒ n'est pas enfin de fortune, quelque brillante qu'elle soit, qui ne disparaisse Ă©galement. L’auteur considĂšre donc ici chaque chose isolĂ©ment. H n’en est pas de mĂȘme dans cette phrase : le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement; Ici La Rochefoucauld n’envisage pas Ă  part le soleil et la mort ; il les embrasse, et dit : le soleil ni la mort (ces deux choses) ne se peuvent regarder fixement. C’est par ce motif qu’il a mis le verbe au pluriel. 11. Ni ma santĂ©, ni mon goĂ»t, ni mes travaux ne me permettent de quitter ma douce retraite'. (YoltĂ irb, ) Le temps ou peu dĂ«au nettoie les taches du corps, le TEitfPs ni les badx d’aucun fleuve ne peuvent enÂŹ lever les taches de l’ñme. (Dict. de maximes.) in. Supposons-y ce que ne peut rendre ni la peinÂŹ ture , ni la poĂ©sie, l’odeur des herbes et mĂȘme celle de la marine, le frĂ©missement des feuilles, etc. (Bern. de Saint-Pierre.) Ils se trouvaient plus horribles et plus monstrueux que nĂ«sf la^cuiMÈRE, vaincue par BellĂ©rophon, ni I’htdre de Lerne, abattue par Hercule, ni CerbĂšre mĂȘme. ‱ - . (FĂ©nelon.) Ces exemples sont destinĂ©s Ă  nĂŽus apprendre : 1° QĂŒon met le verbe au pluriel, lorsque le substantif qui le prĂ©cĂšde immĂ©diatement est au pluriel ; 2Âź Que iquand il y a inversion, le verbe prend le singulier ou le pluriel, selon que le nom qui le suit est de l’un ou dĂ© l’autre nombre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Ni lui ni son frĂšre ne,sera nommĂ© dĂ©putĂč. Ni la poĂ©sie ni Ja peinture n’a de charmes pour lui. Ni lui ni son frĂšre ne seront nommĂ©s dĂ©putĂ©s. Ni la poĂ©sie ni la peinture n’ont de charmes ponr lui. K CCCCLXXXYl. ^ NOMBRE DÜ VERBE APRES PLUSIEURS SUBSTANTIFS UNIS PAR OU. AVEC LE SINGULIER. Usez, D’abusez point, le sage ainsi l’ordonne. L’abstinence ou I’excĂšs nç fit jamais d’heureux. (Voltaire.) Nous somnies si peu faits pour ĂȘtre heureux ici- bas, qĂŒil faut nĂ©cessairement que Tame ou le corps souffre, quand ils ne souffrent pas tous deux. (J.-J. Rousseau.) Une FROIDEUR ou une incivilitĂ© qui vient de ceux qui sont au-dessus de nou s,ous les fait haĂŻr, mais un salut ou un sourire nous les rĂ©concilie. (La BruyĂšre.) avec le pluriel. L’ignorance ou I’erreur peuvent quelquefois servir d’excuse aux mĂ©chants. - (Bern. de Saint-Pierre.) Les enfants n’auraient garde de respecter un maĂźtre que son mauvais Ă©quipage ou une vile suÂŹ jĂ©tion rendmĂ«nf mĂ©prisable. . (J.-J. Rousseau.) Le bonheur ou la tĂ©mĂ©ritĂ© ont pu faire des hĂ©ros ; mais la vertu toute seule peut former de grands hommes. (Massillon.) 72
( 570) Si I’amour ou la philosophie vous porte dans cette solitude, vous.y trouverez un asile plus doux Ă  habiter que les palais des rois. (Bern. de Saint-Pierre.) Le BIEN ou le mal se moissonne. Selon qu’on sĂšme ou le mal ou le bien. (Lamotte.) Toiit le BIEN ou le mal qĂŒon dit d’un homme qĂŒon he connali pas, ne signifie pas grandĂ«hose. (J.-J! Rousseau.) Les jeux que les enfants aiment le mieux, sont ceux oĂč iĂš corps est, en mouvement ; ils sont conÂŹ tents pourvu qu’ils chan/nt souvent de place : un VOLANT ou une BOULE Suffit. (FĂ©nelon.) La LIBERTÉ de publier scs pensĂ©es, ou la libertĂ© de la presse, doit ĂȘtre rĂ©glĂ©e sur la libertĂ© thĂšme d’agir. (Bern. de Saint-Pierre.) Le CALMÉ ou I'agitatĂŻon de notre humeiir ne dĂ©pend pas tant dĂ© ce qui nous arrive de plus conÂŹ sidĂ©rable dans la vie, que d’un arrangement com^ mode ou dĂ©sagrĂ©able de petites choses qui arrivent tous les jours. ' (La Rochefoucauld.) Innocents animaux, avez-vous oubliĂ© Et les piĂšges mortels, et l'homme sans pitiĂ©? HĂ©las ! Thomme ou la faim vont leur ĂŽter la vie. (Saint-LĂ mbert.) La peur ou le besoin font tous les mouvements de la souris.- ^ (Buffon.) Nos maux physiques se dĂ©truisent oĂŒ nous dĂ©lrui- ront. Le temps ou la mort sont nos remĂšdes. (J.-J. Rousseau.) L’enthousiasme ou la haine des sols * Sont ies deux malheurs du gĂ©nie. (Dorat.^) DĂ©niĂ©trius Ă©prouva un sort bizarre, il fut souvent relĂąchĂ©, et autant de fois retenu, que TespĂ©rance ou la CRAINTE prĂ©valaient dans Tesprit de son beau- pĂšre. (Bossuet.) On instruit les enfants" Ă  craindre Ăšt Ă  obĂ©ir : Ta- vARicE, ou Torgueil oÜ la, TIMIDITÉ des pĂšres leur enseignent TĂ©cĂŽnomiĂ© oii ta souniiĂ siorl. (Vauvenargues.) Ici est en dĂ©faut la rĂšgle absolue des grammairiens, qui veulent que lorsque deux substantife singuliers sont liĂ©s par ou, on mette le vĂ«rbe Ă ĂŒ singulier. Car lĂšs citations de la seconde colonne nous dĂ©montrent qu’on peut aussi faire usage du pluriel. Dans ces phrases, dit trĂšs-bien,Lemare, pn exprime sans doute une idĂ©e d’alternaÂŹ tive , mais qui n’exclut point celle de pluralitĂ©. Les deux choses dont on parle agissent , il est vrai, successivement; mais elles agissent en effet toutes deux, tantĂŽt l’une, tantĂŽt l’autre. Le pluriel peut donc ĂȘtre employĂ©. * Rousseau, en disant que le temps ou la mort sont nos remĂšdes, veut dire que beux CHOSES sont nos remĂšdes, le temps ou la mort ; c’est donc comme s’il y Ăąvait : le temps ou la mort (ces deux choses) sont nos remĂšdes. UnĂ© semblable ellipsĂ© expliquĂ© lĂ« pluriel. ^ . ■ La vĂ©ritĂ© ou Terreur..., La sagesse ou le vice... Le chien oo le chat EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Le chagrin ou Tennui. L’homnie ou la femme.. Lo serin ou le rossignol. N' CCCCLXXXVII. NOMBRE DU VERBE APRÈS Vun et Vautre, Vun ni Vautre, ni Vun ni Vautre, Vun ou Vautre. I. — L’un et Tautre. AYEC LE SINGULIER. Pour ne pas croire les apĂŽtres, il faut dire qu’ils ont Ă©tĂ© trompĂ©s ou trompeurs. L’on et l’autre est difficile. ‱ (Pascal.) 4 * L’on Ét l’àûtre excĂšs choque, et tout homme bien Doit fĂ irĂš des habits ainsi quĂ© du langage. [sage (MoliĂšre.) A suivre ce grand chef l’un et l'autre y apprĂȘte. (Boileau.) Étudiez la cour et connaissez la ville : L’un ex l'autre esl toujours en modĂšles fertile. Ud.) AVEC LE PLURIEL. L’un ET j/AXjraE* supposaient qĂŒe Thoinniepeul se contenter de soi-mĂȘme et de ses biens prĂ©sents. (Pascal.) Leur conduite fit voir dans lĂ  suite que l’on et l’autre ne cherchaient qu’à.s'Ă© dĂ©truire. ' (Vertot.) L’un et l’autre Ă  mon sens ont le cerveau troublĂ©. . (Boileau.) Plus Thomme et*lĂ  femme s’àttacHfefoiiT Tun Ă  Tautre, plus l’un ex l’ñuxrb seront hĂšlirĂ©dx. (Franrlin.)
■ ( 371 ) L’une ex l’autre de ces deux factions ne cherÂŹ chait vĂ©ritablement Ă  dominer en Pologne, que sous la protection de la Russie. (RuLiiifeRE.) Emilie et CĂ©sar, l’un et l’autre me gĂȘne, '(Corneille.) A demeurer chez soi l’un et l’autre s’obstine. (La Fontaine.) L’un et l’autre consul vous auat/prĂ©venue. (Racine.) Le physicien et le poĂšte sont dignes d’ĂȘtre comÂŹ parĂ©s ; l’un -ET l’autre remontent au-delĂ  de toutes les traditions. (Fontanes.) L’un et l’autre Ă  ces mots ont levĂ© le poignard. (Voltaire.) L’un et l’autre avant lui s'Ă©taient plaints de la (Boileau.) [reine# On peut mettre MoliĂšre en parallĂšle avec Racine, l’un et l’autre ont parfaitement connu le cƓur de l’homme. > (Vauvenargubs;) II. — Ni Fun nĂź Fcmtre, Fun nĂź Fantre. - .. . Affectant IHionneur de cĂ©der le dernier, L'un Ni l’autre ne veut s’embrasser le premier. (Racine.) Ni l’un ni l’autre des deux frĂšres ne peut inÂŹ tĂ©resser. (La Harpe.) Ni l’un ni l’autre (Corneille et Racine) ne doit ĂȘtre mis en parallĂšle avec Euripide et avec Sophocle. (Boileau.) La Fontaine fut oubliĂ©*; ainsi que Corneille; m l’un ni l’autre n’était courtisan. . (La Harpe.) Ni l’une ni l’autre maniĂšre nĂ«sf Ă©lĂ©gante. (Voltaire.) III. — L’un ou l’autre; Je tremble qu’opprimĂ©s de cĂ© poids odieux, L’un ni l’autre jamais n'osent lever les yeux. (Voltaire.) Ni l’une ni l’autre , Ă  ce qĂŒĂ©llĂ«s me dirent, n'avaient jamais vu d’hommĂš blĂŒric. (BibliothĂšq. des voyages.) Ni l’on ni l’autre li'ont eu la mdindrĂ© part au grand changement qui va se faire, (Voltaire.) Ici l’un ni l’aĂŒtUb nĂ© c/tĂšfc/iejii Ă  exposer lĂ«uir vie. ’ (La BRUvÈkE.) L’un OD l’autre fit-il une tragique fin ? . (Boileau.) J’aurai de vous ma grĂące, t)u lĂ  mort dĂš thĂ  main; Choisissez : L’un ou l’autre achĂšvera mes peines. (Corneille.) AprĂšs les mots Tun et Vautre, ni Vun ni Vautre, Vun ni Vautre, seuls ou joints Ă  un substantif, il est permis, comme ou le voit, de mettre le verbe au singulier ou au pluriel, selon le choix que TĂ©crivain fait du sens distributif ou du sens collectif. AprĂšs Vun ou Vautre, nous nfavons trouvĂ© que le singulier, Aujourd’hui les Ă©crivains prĂ©fĂšrent le pluriel avec’ /wrt et Vautre. EXERCICE PnRASÈOWGÏQĂŒĂ‰. L’un et l’autre fut boo. Ni l’un ni l’autre ne fat mĂ©chant. L’un ou l’autre sera nommĂ© cardinal. —oc>c>oȧ Ăźi'iin ct l’uutre furent bons. Ni l'un ni l'atitre ne furent mĂ©chants: ««W N" CCCCLXXXVIII. nombre du verbe aprĂšs les EXPRESSIONS comme; ainsi que, de mĂȘme que, aussi ’ ' bien que, avec, etc. AVEC LE singulier. Coquette avec coquet ne trouve pas son compte, Et COQUET de coquette a toujours de la honte. (SCARRON.) Le farouche Phalante, avec ses LacĂ©dĂ©mo- NiENS, fut surpris de trouver ses entrailles attenÂŹ dries. (FĂ©nelon.) Le FER avec le feu vole de toutes parts , Des mains des assiĂ©geants et du haut des remparts. (Voltaire.) ■k ^ Ce malheureux pĂšre, avec sa fille dĂ©solĂ©e, pleu- rai/ sori Ă©pouse dans ce moment. (Florian.) AVEC LÈ PLURIEL; VertĂŒmnĂ« avec Pomone ont embelli ces lieux; (Saint-Lambert.) Le comte Piper, avec quelques officiers delĂ  chancellerie, Ă©taient sortis de ce camp. (Voltaire.) Bacchus, avec CĂ©rĂšs, de qui la compagnie Met VĂ©nus en train bien souvent. Devaient ĂȘtre ce coup de la cĂ©rĂ©monie. (La Fontaine.) , Le SINGE avec le lĂ©opard ^ Gagnaient de l’argent Ă  la foire, Ils affichaient chacun Ă  part. ' [Id.)
.( 5T2 ) CĂ«st Phalante avec ses LacĂ©dĂ©moniens qui a fondĂ© ce nouveau royaume. (FĂ©nelon.) La gloire de TEurope est de laisser partout des trophĂ©es, TAfriqĂŒe, comme la nature, met ia sienne Ă  les renverser, (Bern. de Saint-Pikrre.) L’ame, comme le corps, ne se dĂ©veloppe que par l'exercice. (Id.) Le nourrisson du PInde, at'nst que le guerrier, A tout l’or du PĂ©rou prĂ©fĂšre un beau laurier. (Piron.) Le prodigue comme Tavare abuse de ses biens, et s’en fait de vrais maux. [Le Noble.) La CUPIDITÉ, ainsi que les autres passions, est comme un chariot qui descend une montagne; si vous ne Tcnrayez dĂšs le dĂ©part, vous ne l’arrĂȘterez pas dans le milieu de sa course. (Bern. de Saint-Pierre.). La VÉRITÉ, comme la lumiĂšre , est inaltĂ©rable, immortelle. [Id.) L’histoire, ainsi que la physique , n’a comÂŹ mencĂ© Ă  se dĂ©brouiller que sur la fin du seiziĂšme siĂšcle. ‱ (Voltaire.) L'omission de ce ne, avec la transposition de pas un, font que la phrase n’est pas française. . (Voltaire.) La SANTÉ, comme la fortune, retirent leurs faÂŹ veurs Ă  ceux qui en abusent. (Saint-Évremont.) Votre PÈRE, cn mourant, ainsi que votre mĂšre. Vous laissĂšrent de bien une somme lĂ©gĂšre. (Regnard.) La vĂ©ritĂ©, ainsi quela reconnaissance, m'o- bliffent Ă  dire que j’ai Ă©tĂ© privĂ© de ces bienfaits, en tout ou en partie, Ăą mesure que la rĂ©volution s'apÂŹ prochait. (Bern. de Saint-Pierre.) Le JAGUAR, ainsi que le couGĂŒAR,*AaĂšitent dans les contrĂ©es les plus chaudes de l’AmĂ©rique mĂ©riÂŹ dionale. ' (Buffon.) ‱ ^ Louis XiV, comme NapolĂ©on , chacun avec la diffĂ©rence de leur temps et de leur gĂ©nie, substiÂŹ tuĂšrent l’ordre Ă  la libertĂ©. (Chateaubriand.) Les sages quelquefois, ainsi que VĂ©crevisse , Marchent Ă  reculons, tournent le dos au port. (La Fontaine.)' DansI’Égypte, dans l’Asie et dans la GrĂšce, BacÂŹ chus, ainsi gĂŒHERCULE, Ă©taient reconnus comme demi-dieux. (Voltaire.) MalgrĂ© la rĂšgle absolue posĂ©e par Lemare, Boniface, Chapsal et tous les grammaiÂŹ riens, nous pouvons, d'aprĂšs les nombreuses citations qui prĂ©cĂšdent et que nous pourÂŹ rions multiplier encore, Ă©tablir en principe : Que toutes les fois que plusieurs substantifs sont joints par les expressions comme, ainsi que, de mĂȘme que, aussi bien que, etc., on peut .mettre le verbe au singulier ou au pluriel, selon les vues de Tesprit. Veut-on exprimer uniquement une comparaison, on emploiera le singulier, et c’est lĂ , en effet, Tusage le plus gĂ©nĂ©ral. Mais on mettra le verbe au pluriel, si les expressions comme, ainsi que, de mĂȘme que, etc., sont considĂ©rĂ©es moins comme des mots conjonctifs qui lient une proposition incidente Ă  une proposition principale, que comme des mots copulatifs ou additionnels qui des deux propositions n’en font qu’une, et amĂšnent par consĂ©quent la pluralitĂ©. ReprĂ©senter, en pareil cas, le premier subsiantif comme TidĂ©e dominante, ce serait altĂ©rer le sĂ©ns des mots et les vues de celui qui parle. Il en est de mĂȘme d'avec. On met le verbĂ© au singulier toutes les fois qu’on a Tintentioiv d’indiquer une simple idĂ©e d’accompagnement, de moyen ; mais on fait usage du pluriel, si, Ă  TidĂ©e d’accompagnement, de moyen, on ajoute celle de coopĂ©ration. C’est pour ce motif que Saint-Lambert a dit : I Vertumne avec Pomone ont embelli ces lieux. ^ ‘ Lemare pense que c’est une faute d’employer ici avec dans le sĂ©ns de et; il condamne Ă©galement le pluriel ont embelli. «H n'y a, dit-il, qu’un sujet dans la phrase; c’est le mot ‱ Vertumne, c’est lui'qui a embelli ces'lieux avec Pomone. L’inversion n’y change rien. On juge de la rĂ©gularitĂ© d’une phrase par la nature mĂȘme des mots et non par les idĂ©es . « Lemare est tombĂ© lĂ  dans une bien grande erreur. Comment, on n’irait pas des idĂ©es aux mots? A la vĂ©ritĂ© celui qui lit va des mots aux idĂ©es ; mais celui qui Ă©crit ne va-t-il pas des idĂ©es aux mots? En voyant ont embelli dans le vers de Saint-Lambert, ne suis-je pas obligĂ© de me rendre compte des motifs qui ont portĂ© cet Ă©crivain Ă  employer de prĂ©fĂ©rence la forme plurielle, Ă©t d’examiner si ces motifs sont justes? Les mots ne sont que lĂ  peinÂŹ ture de la pensĂ©e. Or, si, malgrĂ© la particule avec, Saint-Lambert a voulu placer sur la
( 373 ) . , . mĂȘme ligne Fer^wmne et Pomone, s’il a eu l’intention de les reprĂ©senter comme concouÂŹ rant ensemble Ă  l’action exprimĂ©e par le verbe, il a eu raison d’écrire : Vertumne avec Pomone ont erabelli ces^lieux. ^ Que dirait donc Lemare, s’il lisait dans J.-J. Rousseau (traduction de Tacite) : La lĂ©gion qu'il amenait d’Espagne, jointe Ă  celle que NĂ©ron avait levĂ©e, remplirent la ville de nouvelles troupes, qu'augmentaient encore les nombreux dĂ©tachements d'Allemagne, d'Angleterre Ă©t d’Illyrie? Bien certainement il condamnerait cette phrase, et il aurait tort ; car elle exprime parfaitement la pensĂ©e de Rousseau, qui est de faire entendre que les deux lĂ©gions dont il parle remplirent toutes deux la ville de nouvelles troupes. Ces phrases, si irrĂ©guliĂšres en apparence, ne sont-elles pas une nouvelle preuve que la saine logique l’emporte toujours sur ce qĂŒon appelle forme grammaticale? Au surplus, peu importe Topinion de Lemare et celle de tous.les grammairiens. Une phrase est bonne si elle est claire, si elle se comprend facilement. La forme n’y faitrien. Un seul exemple, puisĂ© dans un bon Ă©crivain, suffit pour la justifier! EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. La peste, ainsi que la guerre, a riĂ©solĂ© Le pĂšre , comine le fils, se conduit sagement. La peste, ainsi que la guerre, ont dĂ©solĂ©.. :.. Le pfere , comme le fila , se conduisent sagement- N” CCCCLXXXIX. NOMBBE DU VEBBE APBÈs plutĂŽt que, non pim que, moins que, non seulement, mais, ETC. ACCORD DU VERBE AVEC LE PREMIER SUBSTANTIF. . , /. . C’est la raison, ÂŁt non pas ThabĂźt, qui fait Thomme. (Le Brun.) CĂ«st la loi, et non pas Thomme, qui doit rĂ©-, gner. .(FĂ©nelon.) La .nation des belettes, Non plus que celle des chats, Ne veut aucun bien aux rats. (La Fontaine.) CĂ«st le bon ordre, et non cĂ©rtaines Ă©pargnes sorÂŹ dides , qui fait le profit. (Voltaire.) Quel bonheur de penser Que si lĂš corps pĂ©rit, Tame Ă©chappe Ă  la mort ; Et que Dieu, non les rois, dispose de mon sort! (Bernis.) Je veux que la vertu, plus que Tesprit, y brille. -j La mĂšre en prescrira la lecture Ă  sa fille. ! ' ■ * (Piron.) CĂ«st son ambition, plus encore que ses revers qui a causĂ© sa perte, (Jourih gramm.) Ce sont ses revers, plus que son ambition, qui ont causĂ© sa ruine. {Id.) Ce sont, ses revers, mais moins encore que son ara- ‱ bition, qui ont causĂ© sa ruine. [Id.) CĂ«st son ambition, mais moins encore que ses revers, qui a causĂ© sa perte. (/d.) ACCORD DU VERBE AVEC LE DERNIER SUBSTANTIF. CĂ«tait moins la naissance que les dignitĂ©s curules qui dĂ©cidaient de la noblesse. (Vertot.) Ce nĂ«st pas ce quĂ«n apelle esprit, cĂ«st-le sw- blime et le simple qui font la vraie beautĂ©. (Voltaire.) Ah! madame, ce ne seront,pas mes souhaits, mais votre inclination qui dĂ©cidera de la cbose. (MoliĂšre.) Non seulement'toutes-ses recherches et tous ses honneurs, mais toute sa vertu s’évanouit. (Vaugelas.) Non seulement le peuple romain, mais encore les peuples les plus Ă©loignĂ©s doivent ĂȘtre de rigides obÂŹ servateurs de cette loi. (CitĂ© par Boinvilliers.) Cc sont ses revers, plus que son ambition, qui ont causĂ© sa ruine. * (Journ. gramm.) * Ce sont moins ses revers que son am6t?tĂ«n qui Ta perdu. . {Id.) CĂ«st moins son ambition que ses revers qui Tont perdu, ' (Id.) Ce sont moins ses attraits que sa vertu qui sĂ©duit les cƓurs.' .{!(/‱) CĂ«st moins sa beautĂ© que ses vertus qui sĂ©duisent les cƓurs. (Id.) Quand on veut porter un jugement sur deux objets que Ton met en parallĂšle, on y pro-
(>74 ) ‱ ‱ ■ cĂšde par deux propositions, Tune principale, Tautre secondaire, qui se rapportent chaÂŹ cune Ă  Tun de ces objets. Dans cette sorte de construction, la comparaison s’établit par un de ces mots plus que, plutĂŽt que, non moins que, non plus que, non seulement, ou autres Ă©quivalents, qui se placent en tĂȘte de la proposition incidente, et le verbe revĂȘt alors le nombre, soit du sujet dc la proposition principale, soit de celui de la proposition subÂŹ ordonnĂ©e. Pour connaĂźtre la maniĂšre d’orthographier ces sortes de phrases, il est essentiel de saÂŹ voir distinguer la proposition principale dc la proposition incidente. ‱ Dans les exemples de la premiĂšre colonne, le verbe s’accorde partout avec le premier substantif, parce que c^est sur ce substantif que se fixe particuliĂšrement Taltention. Quand Voltaire dit : O’est le bon ordre, e/ non certaines Ă©pargnes sordides, qĂŒi fait le profit, il rapporte le verbe fait Ă  bon ordre. La construction directe des mots est celle-ci : Ç'est le bon ordre qui fait le profit, et non certaines Ă©pargnes sordides. Le bon ordre produisant le profit, voilĂ  la pensĂ©e dominante de Tauteur. Dans les citations de la seconde colonne, le verbe s’accorde partout, au contraire,'avec le dernier substantif, parce que le sens logique le piet sur le premier plan, et que c’est sur ce mot que le jugement prononce spĂ©cialement. Lorsque Vertot dit ; C'Ă©tait mçins la' naissance que les dignitĂ©s curuĂźes qui dĂ©cidaient de la noblesse, dĂšs les premiers mots, il annonce son dessein d’atta'cher une idĂ©e d’infĂ©rioritĂ© Ă  la naissance, relativement aux diÂŹ gnitĂ©s curules, et c’est ce qu’exprime sa phrase, oĂč Taccord du verbe a lieu avec ce derÂŹ nier mot pluriel.. En comparant les exemples que* nous avons citĂ©s, on ne peut s’empĂȘcher d’admirer la flexibilitĂ© de notre langue, qui se prĂȘte merveilleusement Ă  la peinture des nuances les plus dĂ©licates de la pensĂ©e. Nous pouvons donc Ă©tablir en principe que le verbe, dans les phrases analogues Ă  celles qui font Tobjet de ce numĂ©ro, s’accorde toujours avec le nom qui exprime TidĂ©e princiÂŹ pale,TidĂ©e dominante. ^ ' Nous-ferons observer que si les expressions plutĂŽj que, non moins que, etc., Ă©taient prĂ©- cĂ©dĂ©es de depx ou plusieurs substantifs, le verbe devrait se mettre au.pluriel, ainsi qu’on le voit dans la phrase suivante : , Il faut que ce soit la sagesse et /a vertu, plutĂŽt que la prĂ©sence de Afentor, qui vpw» inspirent ce que vous devez faire. * * ■ % * ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE^ Oest lui, Ct non ses frires, qui esi coupable. ‱C’cst l’intrigue, non le mĂ©rite, qui rĂ©ussit.' C’est le gĂ©nĂ©ral, que les officiers, qui est blĂąmabl. CĂ«st autant la fille , que le fils , qui n cic dĂ©shĂ©ritĂ©e. Ce sont.ses frĂšres , et non lui, qni sont coupables. Ce sont les'talents, et non rintriguc, qui conduisent Ăą la gloire. C’est moins le gĂ©nĂ©ral, que lĂ©s officiers , qni sont blĂąmables. Ce sont autant les fils , que la fille , qui ont Ă©tĂ© dĂ©shĂ©ritĂ©s. N’ CCCCXC. NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS DEÜX INFINITIFS. - SINGULIER. Vivre ou mourir, n'eĂ»t Ă©tĂ© rien pour elles, si elles avaient pu rester ou partir ensemble. ‱ (J.-J. Rousseau.) Se TAIRE et souffrir en silence Est souvent le parti que dicte la prudence. * (Haumont.) BĂźon Ă©couter et bien rĂ©pondre est une des plus grandes perfections que Ton puisse avoir dans la conversation. ‘ ! (La Rocuefoucauld.) pluriel. Être juste ou ĂȘtre vertueux, ne sont qu'une mĂȘme chose. (De Jaucourt.) Voir les choses comme elles sont, et les estimer ce quĂ«lles valent, donnent, sinon Je bonheur, du moins lĂ© rcpoSi (M‘“' CĂ©cile FĂ©e.) Vivre et jouir seront pour lui la mĂȘme chose. (J.-J. Rousseau.), Produire et conserver soiU Facte perpĂ©tuel de la puissance. (/Ăą.)
Le FUIR ,et le bannir esi tout ce que je puis, (Campistron.) Vivre libre et peu tenir aux choses humaines esi le meilleur moyen d’apprendre Ă  mourir. (J.-J. Rousseau.) ( 575 ) Bien dire et bien penser ne son? rien sans bien faire (La CuaussĂ©e.) Vivre chez soi; ne rĂ©gler que soi et sa famille; ÊTRE simple, justeetmodçste, sont des vertus pĂ©niÂŹ bles parce qûëlles sont obscures. (Fontenelle.) « Il y a peu dĂ«xemp|es, dit Lemare, oĂč rinfinitif soit ainsi.le (fiujet du verbe; car presque toujours aprĂšs Vinfinitif ori ajoute le substantif çe devant le verbe personnel. » 1! ne s’agit pas de savoir s’il y. a peu ou beaucoup d’exemples oĂč rinfinitifsoit le sujet du yerbe; "ce qu’il importe de savoir, c’est le"nombre auquel on doit mettre le verbe, lorsqu’il est prĂ©cĂ©dĂ© de'plusieurs infinitifs, et c’est justement cĂ© que Lemare ne dit Les autres grammairiens, Domergue en tĂȘte, pensent que les infinitifs, n'ayant pas par eux-mĂȘmes Ăźa propriĂ©tĂ© du nombre, ne sauraient, lorsqu’ils sqnt employĂ©s comme sujets, communiquer au verbe la forme plurielle. Le verbe, dans ce cas, reste au singulier (i). Encore une rĂšgle plutĂŽt imaginĂ©e que dĂ©duite des faits. ^ ' Car nos citations prouvent qu’on peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel, lorsÂŹ qu’il est prĂ©cĂ©dĂ© de plusieurs infinitifs liĂ©s par et pu par ou. Tout cela dĂ©pend des vues de . l’esprit. Envisage-t-on chaque acte sĂ©parĂ©ment, pn emploie le singulier. Si, au contraire, on les considĂšre simultanĂ©ment, on se sert du pluriel. ' . BarthĂ©lĂ©my a eu tort de dire : Cracher ou se moucher dans les temples ou aux théùtres, aurait passĂ© pour DES ACTES d*incivilxU OU d’irrĂ©vĂ©rence. Il aurait dĂ» dire : Cracher ou se moucher dans les temples ou aux théùtres auraient passĂ© pour des actes d'incivilitĂ© ou d'irrĂ©vĂ©rence, ou bien cracher ou se moucher dans les temples ou aux^ théùtres aurait passĂ© pour un acte d'incivilitĂ© ou d'irrĂ©vĂ©rence. Dans le premier cas, Tauteur fait rapporter le verbe aux deux sujets, et dit cracher ou se moucher, ces deux actes auraient passĂ© pour des actes d'incivilitĂ© ou d'irrĂ©vĂ©rence. Dans le isecond cas, il y a alternative, c’est-Ă -dire il y a incivilitĂ© d’upe payt, irrĂ©vĂ©- ' rence de Tautre. L’upp est nUribuĂ©e au premier infinitif, Tautre au ^eçond. Le singulier est nĂ©cessaire. EXERCICE PHÀSÈOLOGIQĂŒE. Manger, boire et riormir est leur unique occupatiou. Venir, voir et vaincre fut la mĂȘme chose pour lui. Cracher ou se moucher rians l’église sont ries actes d’irrĂ©vĂ©rence* L’aimer ou le haĂŻr sont la mĂȘme chose pour luĂź. N” CÇCÇXCL «8^Âź* NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS plus d'un. OOOo— SINGULIER. Plus d’un Achille sentirait, h la vue d’une Ă©pĂ©e, son sang s’enflammer; plus d’un Vaucanson, Ă  Tas- pect d’une machine, mĂ©diterait d’organiser le bronze ou le bqis: (Bern. de Saint-Pierre.) Aux temps les plus fĂ©conds en PhrynĂ©s, en LaĂŻs, ' Plus d’une PĂ©nĂ©lope honora son pays. (Boileau.) ■ Plus d’un pays #erat? peut-ĂȘtre devenu une soliÂŹ tude, si des vertus souvent ignorĂ©es ne combattaient sans cesse les crimes et lesĂ«rreurs de la politique. (La Harpe.) Plus ñ’une HĂ©lĂšne au beau plumage Éut le prix du vainqueur. (La Fonxainl-/ (1) Cette opinion erronĂ©e a Ă©tĂ© tout rĂ©cemment encore renouvelĂ©e par la SociĂ©tĂ© grammaticale, qui a eu Ă  s'occuper de çette question. « Il est de principe, a-t-elle dit,' que plusieurs infinitifs placĂ©s pour sujets ne sont j'qjnqw smiuis du verbe au d (V. joitrnal gram., 7^, tom. 1, 1834.) Ôn voit par lĂ  que les SociĂ©tĂ©s savantes, tout comme les grammairiens, peuvent aisĂ©ment se tromper, ne prenant pas les faits pour guides. en
( 576 ) A vouloir trop voler de victoire en victoire, PlusĂ un ambitieux diminua sa gloire. (Piron.) _ Plus d’un Matthieu Garo s'Ă©rige en novateur, Lucas est usurier, Colas agioteur. (Delille.) . . Plus d’un charmant ouvrage Etait perdu pour moi. (Delille.) Plus d’un hĂ©ros Ă©pris des fruits dĂ© mon Ă©tude Vient quelquefois chez moi goĂ»ter la solitude. (Boileau.) ' Bien que Texpression plus d'un rĂ©veille une idĂ©e de pluralitĂ©, elle exige le verbe au singulier. Cependant Marmonte] a dit avec le pluriel : A Paris on voit plus dâ€™ĂŒn fripon ^ qui se DUPENT Vun Vautre, parce que TidĂ©e de rĂ©ciprocitĂ© appelle nĂ©cessairement le pluriel. Voltaire a Ă©galement dit, en employant le pluriel : Nous avons plus d’une ancienne piĂšce qui Ă©tant corrigĂ©es pourraient aller Ă  la postĂ©ritĂ© [ÉpĂźt. dĂ©die, de Sophonisbe), et dans son Dict. philos., au mot Alcoran : C'est ainsi que parmi nous on a reprochĂ© Ă  plus d'un prĂ©lat d'avoir fait composer leurs sermons et leurs oraisons funĂšbres par des moines. ' . Lorsque plus d'un est rĂ©pĂ©tĂ©, le verbe peut admettre le pluriel ‱ . Plus d’un brave guerrier, plus d’un vieux sĂ©nateur, Rappelaient vos beaux jours,. (Destouches.) J'ai connu p/ws d’un Anglais et plus d’un Allemand qui ne trowvatĂ«ntd'harraonie que dans leur langue. (Voltaire.) ^ * Si, au lieu de plus d'un, il y avait pluç de trois, plus de cinquante, fflus de cent, etc., on mettrait alors le verbe au pluriel ; JĂ«n connais plus de vingt qui font figure en France, ‘ . Qui doivent, comme moi, ce titre Ă  la finance. (Destouches.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Plus d’une rose... Plus d'un savant... Plus d’un Ă©colier... Plus d'un ami,., Plus d’une femme... Plus d’une'bergĂšre... NOMBRE DU VERBE APRÈS LES NOMS COLLECTIFS. t N“ CCCCXCII. NOMS COLLECTIFS GÉNÉRAUX PRÉCÉDÉS DE L ARTICLE. Si LE NOMBRE DES CULTIVATEURS propriĂ©taires Ă©tait doublĂ© dans le royaume, les terres en rapÂŹ porteraient au moins une fois davantage. (Bern. de-Saint-Pierre.) L’infinitĂ© des perfections de Dieu m’accable. (AcadĂ©mie.) Tandis que la foule des hommes s’enrichit et s'illustre par l’agriculture, le commerce, la navi;; galion et les arts, bien souvent ceux qui en ont frayĂ© les routes ont vĂ©cu dans l’indigence et dans Toubli de leurs contemporains. (Bern. de Saint-Pierre.) Pison rapporte qĂŒau BrĂ©sil, et-mĂȘme dans les terres humides du PĂ©rou, la quantitĂ© de fourmis Ă©tait si grande, quĂ«lle dĂ©truisait tous les biens que Von confiait Ă  la terre. (Buffon.) Le nombre ' prodigieux de vĂ©gĂ©taux jetĂ©s comme au hasard dans les prairies et dans les forĂȘts, nous prĂ©sente un spectacle trĂšs-agrĂ©able. . (Bern. de Saint-Pierre.) La totalitĂ© des enfants sacrifie Tavenir au prĂ©sent. (CitĂ© par NoĂ«l.) Si le nombre des vertus morales de monsieur de Turenne Ă©tait plus grand que celui de scs, exÂŹ ploits, sa religion le rend encore plus admirable que toutes les qualitĂ©s naturelles de son ame. (FlĂ©chier.) Des enfants qui naissent, la moitiĂ© tout au plus parvient Ă  Tadolescence. (J.-J. Rousseau.)
I 5T7 ) La seconde moitiĂ© des paroles, sĂ«#f constamÂŹ ment refusĂ©e Ă  tous mes efforts pour me la rappeler. (J.-J. Rousseau.) La MULTITUDE DES BONNES CHOSES qu’OD trOUVC quelquefois dans un ouvrage , fait perdre de vue la multiplicitĂ© des mauvaises. (CitĂ© par Caminade.) Cette foule de nobles rĂ©unis dans la Prusse, se crut assurĂ©e d’un appui, (RulhiĂšres.) La mort du gĂ©nĂ©ral rĂ©pandit la consternation parmi les PhĂ©niciens, et la multiplicitĂ© des chefs y mit une confusion qui accĂ©lĂ©ra leur perte. (BarthĂ©lemt. Le parfait orateur ne nĂ©gligera pas ces sciences abstraites que le commun des hommes ne mĂ©prise que parce qu’il les ignore, (d’AgubsseaĂŒ.) La pluralitĂ© de maĂźtres v/Ă©st pas bonne. (AcadĂ©mie.) L’armĂ©e des infidĂšles fut entiĂšrement dĂ©truite. C/d.) Tout verbe qui a pour sujet un nom collectif gĂ©nĂ©ral prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle, comme la totaÂŹ litĂ©, VinfinitĂ©, etc., prend ordinairement le nombre de ce nom, parce qĂŒil exprime une idĂ©e totale, indĂ©pendante des termes qui le suivent; enfin, parce qu’il exprime TidĂ©e prinÂŹ cipale sur laquelle s’arrĂȘte Tesprit : LTnfinitĂ© des perfections de Dieu m'accable. Nous disons quĂ«n pareil cas le verbe se met ord^naiVemen^ au singulier ; car Ăźes Ă©crivains ont quelquefois fait indiffĂ©remment usage du singulier ou du pluriel, ainsi que le prouvent les exemples ci-aprĂšs : singulier. La MOITIÉ dĂšs passagers affaiblis, expirants de ces angoisses inconcevables, n’avait pas mĂȘme la force de sĂŒnquiĂ©ter du danger. (Voltaire ) L’immensitĂ© des eaux qui environnent ce globe", a quelque cbose d’incomprĂ©hensible. ' (CitĂ© par C am'inadb .) PLURIEL. La moitiĂ© de nos concitoyens Ă©pars dans le reste de l’Europe et du* monde, vivent et meurent loin de la patrie. (J.-J. Rousseau.) VinfinitĂ© des perfections de Dieu sont InexÂŹ primables. (CitĂ© par Caminade.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Le nombre des professeurs s’accroĂźt de jour en jour. ' Le commun ries bommes est ai enclin au dcrĂ©glcaieiit. La foule des affaires l’accable. _ - Le nombre des gens fa profession du cclil-.it c,:t prodigieux. L’armĂ©e des rebelles fut mise en dĂ©route. La majoritĂ© des membres s'y est opposĂ©e. La gĂ©nĂ©ralitĂ© des auteurs pense ainsi. La moitiĂ© des arbres sont morts. N" ccccxcm. NOMBRE BU VERBE APRÈS la plupart, ETC., ET LES ADVERBES DE QUANTITÉ SUIVIS d’un substantif pluriel. Far tous pays, la plupart des fruits destinĂ©s Ă  la nourriture de Thomme, flattent sa vue et son odorat. (Bern. de St-Pierre.) La plus grande partie des votageĂŒrs s’accorÂŹ dant Ă  dire que les habitants naturels de Java sont robustes, bien faits, nerveux. (BĂŒffon.) Avouons la vĂ©ritĂ© : peu d’HOMMES , dans les conÂŹ seils des rois, s’occupent dĂŒ bonheur des hommes. (Bern. de St-Pierre.) Beaucoup de maladies de nos villes sortent des voiries qui sont placĂ©es dans le voisinage, et des ciÂŹ metiĂšres situĂ©s autour de nos Ă©glises et jusque dans le sanctuaire.' (fd.) Bien des gens ne peuvent rendre compte de leurs voyages que par les bornes' des grands chemins, ou .par le nom des..auberges, des villages et des villes qui se rencontrent sur leur route. ■ {Id.) ĂŒne infinitĂ© de familles entre les deux tropiÂŹ ques, ne vivent que de bananes. [ĂŻd.) Seigneur, tant de bontĂ©s ont lieu de me confondre. (Racine.) Pour la santĂ©, trop de prĂ©cautions, trop de SOINS, trop d’ATTENTION, nuisent quelquefois Ă  Ja vie. (Lebrun.) Tant de coups imprĂ©vus m’accablent Ă  la fois I (Racine.) Combien de gens s’imaginent avoir de TexpĂ©- rience par cela seul qu’ils ont vieilli ! (Stanislas.) Assez de gens mĂ©prisent le bien, mais peu savent le donner, (La Rochefoucauld.) Dieu sait que de livres, de discours et d’ÉLOGES ont Ă©tĂ© faits sur les vertus des plantes. Cependant une multitude de malades meurent l’estomac plein de ces merveilleux simples. (Bern. de Sx-Pierre.) Une infinitĂ© d’noMMES sont dans des Ă©tats qu’ils ont raison de ne pas aimer. (Fontenelle.) 73
( 578 ) Lorsque les collectifs partitifs, tels que la plupart, une infinitĂ©, un nombre, une sorte, une nuĂ©e, une foule f etc., elles adverbes qui expriment la quantitĂ©, comme peu, beaucoup, assez, moins, plus, trop, tant, combien et que rais pour combien, sont suivis d’un nom pluriel, le verbe revĂȘt toujours le nombre de ce nom, qui exprime TidĂ©e principale, celle qui fixe le plus Tattention. Lo verbe se mettrait Ă©galement au pluriel, si Tadverbe de quantitĂ© Ă©tait suivi de pluÂŹ sieurs noms singuliers, ou s’il Ă©tait lui-mĂȘme rĂ©pĂ©tĂ©. Exemples ; -Trop de longueur et trop de hriĂšvetĂ© obscurcisÂŹ sent an discours. ' ‘ . (Pascal.) BbaĂŒcoup de modestie et BEArcoĂŒP-de bontĂ©, gijt des.chqrmes plu» grands que nĂ«n a la beautĂ©. " (Boursault.) Tant de &ar6ariĂ« et tant d’acharnement mĂ«nt surpris au dĂ©pourvu. (J.-J. Rousseau.) Trop de jeunesse et trop de vieillesse empĂȘchent Tesprit,, trop et trop peu de nourriture troublent scs actions, trop et trop peu d’instruction VabĂ©tii- sent. ’ ^ (Pascal.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. 'Le ÔC9 Ă©colĂ«rs sont indociles. Xa plupart des hommes nĂŻeurent sans le savoir. Peu'd’mpinnies Toient ta moet sans edroi. Une Ăźoliniii d’étoiles sont invisiLles. Beaucoup d’irlandais ont conservĂ© leur religion. Que d’en^anis meurent en naissant Ăź Combien de gens s’imaginent avoir du talent ! l'ant de maux l’accablent. ooOO( W CCCCXCIY. jNOjĂżBRE pu VERBE APRÈS la plupart, beaucoup, peu, etc.y non suivis p'ĂŒn SUBSTANTIF. La plupart, emportĂ©s d'une fougue insensĂ©e, Toujours loin du droit sens vont chercher leur pen- (Boileau.) [sĂ©e. Combien votĂ«nf encore avec une tendre Ă©motion les berceaux dĂ«sier et les poĂȘlons rustiques qui ont servi Ă  leurs premiĂšres couches et Ă  leurs premiĂšres tables, et ne peuvent voir sans aversion un Turser lin ou un DespautĂšre Ăź (Bern. de St-Pierre.) fPeu d’hommes ont autant gĂ©mi que moi, peu ont autant versĂ© de pleurs dans leur vie. (J.-j. Rousseau.) Les dieux dans leur sĂ©jour reçurent ces grands hora- [mes ; XetpssTE, confondus dans la foule oifnous sommĂ©s, “JojiissatĂ«nt des travaux de leurs sages aĂŻeux. (J.-B. Rousseau.) Assez de gens mĂ©prisent-le bien, mais peu savent le donner. (La.Rocuefoucauld.) Combien saignent du nez, dans le moindre besoin, Quitous les jours vous font cent promesses nouvelles I (Lenoble.) * Rien nĂ«st plus incertain que la durĂ©e de la vie de chaque homme en particulier, trĂ©s-PEU parviennent Ă  ce plus long terme. (J.-J. Rousseau.) Un petit nombre s’échappĂšrent et se sauvĂšrent dans les marais. ' (Id.) Quand chacun connaĂźtrait son talent et voudrait le suivre, combien le pourraient? Combien surmonÂŹ teraient d’injustes obstacies? Combien vaincraient d’indignes concurrents? (J.-J. Rousseau.) Personne n’oublie ses plaisirs; mais peu se souÂŹ viennent de leurs devoirs. (Oxenstiern.) Tous souhaitent la prospĂ©ritĂ© ; peu savent en jouir. Le bonheur!... tout le monde eĂŒ parle, le connaissent. ‘ (M“>Âź Roland.) Les horĂ mes semblent ĂȘtre nĂ©s pour l’infortune, la douleur el la pauvretĂ© ;peu en Ă©chappent. (La BruyĂ«rb.) Bien peu sont honorĂ©s d'un don si prĂ©cieux. (Racine.) Le petit nombre n’envisageaient que leur propre intĂ©rĂȘt. (Rollin.) » * Lorsque les mots peu, beaucoup, la plupart, etc., sont relatifs Ă  un substantif pluriel sous-entendu, le verbe se met Ă©galement au pluriel : La plupart pensent; c’est pour la plupart [des hommes) pensent. L’accord a lieu avec le mot hommes ellipsĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. La plupart sont sojets 4 l’errear. Peu. aiment l’étude. Beancoup'sont hors d’état de swvir. Nombre se sont prĂ©cipitĂ©s.' Fen se^ sont expos^ Combien conrent & lenr raine. TrĂšs-peo rĂ©ussissent. Un petit nombre prirent la rnite, QuautitĂ© ae sont enfois. Bisaucoup sont malades.
{ W9 ) N" CCCCXCXV. NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS la plupart, une infinitĂ© y etc., suivis d'un nom SINGULIER. La plupart du monde ne se soticfe pas de Tinlen- tlon ni de la diligence des auteurs. (Racine.) ... La moiftV du monde a toujours mangĂ© Tautre. Ainsi Dieu le voulut, et cĂ«st pour noire bien. (Voltaire.) Une irt^nĂŻt^ de monde pensaque la vie des courÂŹ tisans est une comĂ©die perpĂ©liiclle, qu’ils sont touÂŹ jours sur le théùtre, et ne quittent jamais le masque. (La Rocuefoucaulo.) Un nombre infini de monde assistait Ă  ce specÂŹ tacle. (AcadĂ©mie.) Quand le collectif partitif est suivi d'un nom singulier, comme dans les exemples qui prĂ©cĂšdent, le verbe se met au singulier. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, Une infinitĂ© de monde accourut... La moitiĂ© du monde assure... La plupart du monde s’imagine... La plus graude partie du monde snp|>ee«. N" CCCGXC^l.ĂŒw»»*^ NOMBRE DU VERBE APRÈS force gens y nombre dTAommes, etH- Force gens font du bruit en France, Par qui cet apologue est rendu familier. (LÀ Fontaine.) QuantitĂ© d’ï,TALiENS, d’EspACNOLS, (TAlle- MANDS, d’Anglais, se #onf Ă©tablis chez nous et s’y Ă©tablissent encore tous les jours. (Bern. de St-Pierre.) AprĂšs quelques noms employĂ©s sans dĂ©terminatif, tels que force gens, nombre Ă©Thomme$, quantitĂ© d'Ă©trangers, etc., le verbe se met toujours au pluriel. Force brillants sur sa robe fcfatatent. ' (La rONTAINB.) Force gens ont Ă©tĂ© Tinstrument de leur mai. (M.) QuantitĂ© de gens redoutent le jugement puDilc, mais trĂšs-peu. se soucient des reproches Ăąe leur con science. (PensĂ©e de SĂ©nĂ«que.) Force gens pensent.,. QuantitĂ© de gens s’cflTraient. EXÉRCICE PHRASÉOLOGIQÜE, f. ■ Nombre infini de gens sont... Nombre dĂ© gens se conduisent. ■ -^0 CCCCXCVII. 0 NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS LES NOMS COLLECTIFS PARTITIFS. AVEC le singulier. Une multitude de pawures barnabotes n’appro- cAa jamais d’aucune magistrature. (J.-J. Rousseau.) - Ce peuple de vainqueurs, armĂ©s de son tonnerre, A-t-il le droit affreux de dĂ©peupler la terre ? (Voltaire.) Le PEU de rimes de notre langue, fait que pour rimer Ă  bommes, ou fait venir, comme on peut, le siĂšcle oĂč nous sommes. (Voltaire.) AVEC LE PLÜÉIÉL. Une multitude de passions divisent les bommes oisifs dans les villes. (Bern. de St-Pierrb.) Ün peuple de beautĂ©s, un peuple de vainqueurs , Foulant d’un pied lĂ©ger les gazons et les fleurs, Entrelacent leurs pas dans les riants dĂ©dales. (Tuomas.) » Le peu de jours que les dieux me destinent enÂŹ core Ă  passer sur la terre, seront environnĂ©s de gloire et 4'honneurs. (VertoĂŻ.''' ^
Ciel I quel pompeux amas 6/esclaves Ăą genoux, Est aux pieds de ce roi qui les fait tomber tous. (Voltaire.) Une FOULE FĂ©crimins Fest Ă©garĂ©e dans un style recherchĂ©, violent, inintelligible, ou dans la nĂ©gliÂŹ gence totale de la grammaire. [Id.) Un grand nombre d’hommes peut ĂȘtre nuisible Ă  TElat. - (Marmontel.) Celte espĂšce de paons paraĂźt avoir Ă©prouvĂ© les mĂȘmes effets par ĂŻa mĂȘme cause. (BĂŒffon.) Une Partie de ses amis ne peut apprendre sa mort que Tautre nĂ«n soit dĂ©jĂ  consolĂ©e. (Chateaubriand.) Çn grand nombre d’hommes, lorsque leur raison est libre, ne domie jamais son assentiment complet Ă  toutes les opinions d’un seul. ^ (Mℱ¼ DE Stael.). Une troupe de pauvres montagnards dont toute TaviditĂ© se bornait Ă  quelques peaux de moulons, aprĂšs avoir domptĂ© la fiertĂ© autrichienne, Ă©crasa cette opulente et redoutable maison de Bourgogne, qui faisait trembler les potentats de TEurope. (J.-J. Rousseau.) Le reste de# musulmans vit dans une sĂ©curitĂ© firofonde, sans craindre ni pour leurs vies ni pour eurs fortunes, ni pour leur libertĂ©. , (Voltaire.) Une TROUPE d’assassin# entra dans la chambre dĂ©Coligny. ^ (/d.) Une NUÉE de iraiis obscurcit Tair. (FĂ©nelon.) Ciel! quel nombreux ESSAIM d’innocentes beautĂ©s S’offre Ă  mes yeux en foule, et sort de tous cĂŽtĂ©s ? ' (Racine.) V Ceux qui aiment la dĂ©pense et le luxe forment uue SORTE d’avares qui est infiniment nombreuse. (Nicole.) ( S80 ) Ce long amas d’AiEUx que vous diffamez tous , 5onÂŁ autant de tĂ©moins qui parlent contre vous. (Boileau.) Vne foule de citoyens ruinĂ©s remplissaient \es rues de Stockholm, et venaient tous les jours Ă  la porte du palais pousser des cris inutiles. (Voltaire.) Un nombre infini d’oiSEAUX faisaient rĂ©sonner ces bocages de leurs doux chants. ’ (FĂ©nelon.) - Cette espĂšce de chiens qu’on appelle chiens do Laconie, ne vivent que dix ans. (Boileau.) Ün homme alla pendant la nuit annoncer de sa part aux chefs de la flotte ennemie qu’une partie des Grecs, le gĂ©nĂ©ral des AthĂ©niens Ă  leur tĂȘte, Ă©taient disposĂ©s Ă  se dĂ©clarer pour le roi. Un nombre infini de maitbes de langues, d’arts et de sciences, enseignent ce qu’ils ne savent pas. (Montesquieu.) , Üne troupe de soldats ‘qui regardaient Siccius comme leur pĂšre, Ă©tant allĂ©s dĂ«ux-mĂȘmes sur le lieu du combat, pour enlever son corps et lui rendre les derniers devoirs, s'aperçurent que ceux qui avaient Ă©tĂ© tuĂ©s dans cette occasion Ă©taient tous Romains. (Vertot.) En parlant des soldats : ils sont bien fous, dit-on; et les autres, au contraire : il n’y a rien de grand que la guerre; le reste des hommes sont des coquins. (Pascal.) Üne troupe de nymphes couronnĂ©es de fleurs naÂŹ geaient en fouie derriĂšre le char. (FĂ©nelon.) Üne nuĂ©e de barbares dĂ©solĂšrent le pays. (AcadĂ©mie.) Üne vingtaine de petites filles , conduites pas une maniĂšre de religieuse, vinrent les unes s’asÂŹ seoir, les autres folĂątrer auprĂšs de nous. (J.-J, Rousseau.) Toutes sortes de livres ne sont pas Ă©galement bons, (AcadĂ©mie.) Lorsqu'un nom collectif figure daris une proposition en sujet grammatical, le verbe s'accorde avec ce sujet, s'il occupe le premier rang dans la pensĂ©e de TĂ©crivain, si TatÂŹ tention se porte particuliĂšrement sur ce mot (1” colonne). Le verbe s'accorde, au contraire, avec le substantif pluriel qui suit le collectif, si ce colÂŹ lectif ne joue qu'un rĂŽle secondaire, s'il nĂ«st employĂ© que pour ajouter une idĂ©e accessoire de nombre, d’agglomĂ©ration (2* colonne). Rien de plus commun dans notre littĂ©rature, dit M. Marrast, que ces divers rapports attribuĂ©s tantĂŽt Ă  un premier substantif, tantĂŽt Ă  un second. CĂ«st ainsi que se peignent les nuances de la pensĂ©e. Pour bien s’en rendre compte, il faut se mettre Ă  la place rie celui qui Ă©crit. C’est par la variĂ©tĂ© des accords que se manifestent les vues de son esprit. NĂ©anmoins, quand rien no force TĂ©crivain Ă  faire rapporter le verbe au premier des substantifs, le second doit dĂ©terminer Taccord, puisqu’il dĂ©signe les ĂȘtres sur lesquels retombe Taffirmation. D’aprĂšs cette considĂ©ration, peut-ĂȘtre le pluriel eĂ»t-il Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable dans les exemples qui suivent : Une/bufe d’INTÉRÊTS, de prĂ©ventions, de pré jugĂ©s corrompt toujours le jugement des compaÂŹ triotes. (Condorcet.) Ces STATUES, dont le plus grand nombre Ă©tait brisĂ©. (Thomas.)
( 581 ) En effet, malgrĂ© l’inversion, Ă©taient brisĂ©es conviendrait mieux, parce qn’un nombre brisĂ© ne prĂ©sente pas une idĂ©e claire. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. UnĂ«imultitude de paysans fat... Une foule de jeunes gens sc perd* .. Un graud nombre d'Ă©coĂŒers a clĂ©... Une partie de ses biens fut confisquĂ©e. - Une tronpe de singes vint nous assaillir. Une multitude de paysans furent... Une foule de jeunes gens se perdent... Un grand nombre d’écoliers ont Ă©tĂ©... Une partie dc ses biens furent confisquĂ©s. Une tronpe de singes vinrent nous assaillir. NOMBRE DU VERBE APRÈS qui. K CCCCXCVIII. I. — QdĂź prĂ©cĂ©dĂ© d'un seul nom. singulier. ( Un Jeune homme gui aime Ă  se parer comme une femme, est indigne de la sagesse et de !a gloire. (FĂ©nelon.) Les homines alimentĂ©s de carnage et abreuvĂ©s dĂ© liqueurs fortes, ont tous un sang aigri et aduste qui les rend fous en cent maniĂšres diffĂ©rentes. (Voltaire.) L'Ă©conomie est la chose qui a le plus contribuĂ© Ă  ma fortune. {Id.) PLURIEL.. Heureux ceux qui aiment Ă  lire ! (FĂ©nelon.) Les peuples n’aiment guĂšre dans les souverains que les VERTUS qui rendent leur rĂšgne heureux. (Massillon.) La vertu souffrante attendrit tous les coeurs qui ont quelque goĂ»t pour la vertu. (FĂ©nelon.) II. — Qui prĂ©cĂ©dĂ© de plusieurs noms. ' SINGULIER. Ces beautĂ©s immortelles montrent une innocence, une modestie, uue simplicitĂ© qui charme. (FĂ©nelon.) L’histoire va apprendre par quel 'moyen les rois de la troisiĂšme race ont donnĂ© Ă  la monarchie une consistance, un Ă©clat, une force gut aurait dĂ» la rendre indestructible. (Anquetil.) PLURIEL. C’cst votre orgueil et votre emportement qui voĂŒs trompaient. (FĂ©nelon.) J’ai une femme et une fille gui gĂ©missent de mon absence. ' ' (Marmontel.) 11 avait une hauteur et une majestĂ© gut n'a- vaient jamais paru si grandes en lui que quand 11 domptait les monstres. (FĂ©nelon.) III. — Qui prĂ©cĂ©dĂ© d’un nom oolleotir SINGULIER. Perceral-je cet essaim d'hommes de tout Ăąge, de tout rang, qui roule dans ce vaste salon I (Lemontey.) Partout encore le petit nombre de citoyens gui gouverne, cherche Ă  se maintenir contre le grand nombre des citoyens qui obĂ©it. (BarthĂ©lĂ©my.) PLURIEL. En quelque endroit que j’aille, il faut fendre la [presse B’Ăčn peuple d'iMPORTUNS qui fourmillent sans (Boileau.) [cesse. On voit dans les cercles un petit nombre d’HOMHBS et de FEMMES gui pensent pour tous les autres, et par qui tous les autres parlent et agissent. (J.-J. Rousseau.) . Tout ce que nous avons dit jusqu’ici sur l’emploi du nombre s’applique, comme r voit, Ă  tous les cas oĂč le verbe a pour sujet Tadjectif conjonctif qui. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L’oiseau qui vole. L’agneau qui bĂ©le. Le chien qui aboie. Le loup qui hurle, colombe La qai roucoule. Iras oiseaux qui volent. Les agneaux qui bĂȘlent. Les chiens qui aboieut. Les loups qui hurlent. Les cotomtjes qui Toncoolent. . L’intempĂ©rance et l’oisivelĂ© (jtiĂź nous perdent. .Sa douceur, son amabilitĂ© qui me charme. CĂ«st sou pĂšre ou sa mĂšre qui viendra. C’est cĂš pea de mots ^ui fit impression. Le peu de tronpe» qui loi rssUieot...
',( 582 ) CCCCXCIX. NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS qui PRÉCÉDÉ Dâ€™ĂŒN NOM SDIVI DE deS SINGULIER. ThalĂšs est4e premier des Grecs qui ait enseignĂ© que les Ăąmes Ă©taient immortelles. (FĂ©nelon.) ThalĂšs a Ă©tĂ© le premier de tous les Grecs qui sĂ« toit appliquĂ© Ă  la physique Ăšt a rastrononuĂ«. : > Ud.) Le pĂšre de famille est en droit de’ punir cuacun de ses enfants ou pelits-cnfauts qui fait une mauÂŹ vaise action. (FĂ©nelon.) Saint François d’Assise, monsieur, serait bien Ă©tonnĂ© de voir un de ses enfants qui fait de si bons vers français. (Voltaire.) pluriel. L’Égypte se venge, par la peste qui sort de ses canaux, dc l'oppression (h;s turcs qui empĂȘchent les habitants de les entretenir. (Bern. de St-Pierre.) Le cerf Ăšst «ri de ces animaux innocents, doux el iranqfiiltes, qĂčt ne semblent ĂȘtre faits que pour embellir, animer la solitude des forĂȘts. (Buffon.) Aiuiroinaquc est uns des piĂšces les plus parfaitee gui existent chez aucun peuple. (Benj; Const.) ^ i Une des cnosES qui me charment dans le caracÂŹ tĂšre de .lĂ©sus n’est pas seuiemĂšiii la douceur des iniL'urs, la simplicitĂ©, mais la facilitĂ©, la grĂące, et niĂȘriui rĂ«lĂ©gance. (J.-J. Rousseau.) Dans la premiĂšre colonne les verbes sont au singulier, parce que le qiti se rapporte, non aux substantifs pluriels Grecs el enfants, mais aux mots pi'eĂźhier et chacun. Dans la colonne opposĂ©e, les verbes, au contraire, sont au pluriei, par la raison que le qui est on rapport direct avec.le mol pluriel dont il est prĂ©cĂ©dĂ©; et non au substantif singulier Ă©noncĂ© auparavant. 11 est donc trĂšs-important de bien savoir si le gwĆžest en relation avec le noin qui prĂ©cĂšde la particule des , ou avec celui qui la suit. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. * .9 Chacun des Ă©coliers qui ment. Cbscune des demoiselles qui parlera. C’est r*lçé de mes enfant» qm*a... ’ C’est le premier des Français qui se soit La tyrannie des rois qui ne veulent pas. Le joug des tyrans qui empĂȘchent... LĂ© caractĂšre des enfants qui sout. La libertĂ© des peuples qui doivent... NOMBRE DĂŒ VERBE APRÈS Un de ceux qui, un des premiers qui, etc. AVEC LE SINGULIER. Euripide et ArchĂźppus avaient traitĂ© ce sujet do Iragi-cbmĂ©die clicz les Grecs : CĂ«st une des piĂšces de PiĂąutĂš qui a eu le pliis de succĂšs. ^ (Voltaire.) Vous savez qu’uN de ces malheureux juges gui avait tout embrouillĂ© dans raffairc d'Abbeville, vient (l’ĂȘtre llĂȘtri par la cour des aides de Paris comme 11 le mĂ©ritait. (VoLTAiRE.) On peut consulter la brochure de M. dc B. sur le divorce; cĂ«st un des meilleurs ouvrages qui ait paru depuis long-temps. (Chateaubriand.) ' A montons fut l’un dĂšs physiciens qui ait le mieux coniiu Tail Ăźle* mĂšltrc lĂ  uature en action par lĂ«xpĂ©rieuce. “ (Hauy.) AVEC LE PLURIEL. Le passage du Rhin est une des plus merveilÂŹ leuses ACTIONS qui aĂŻent jamais Ă©tĂ© faites dans ia guerre. . (Boileau.) NĂ© serons-nous pas encore plus ardents et plus favopsĂ©s des dieux quand nous combattrons pour UN*DES HEROS GRECS qui ont rciivcrsĂ© la viilc,dĂ© Friarn? (Fenelon-) LĂ«mpereĂčr Antonin est un des sikiLLÉutts princes qui aient rĂȘguĂ©. (Rollin.) L’ouvrage de St-Lambcrt sera toujours, parla bĂ«aiitĂ© du langage et la puretĂ© du goĂ»t, un de CEUX gĂ»i, depuis la Uenriade, ont >fait le plus d’honneur Ăą notre langue. (La Harpe.)
Je m’étols retirĂ© depuis plusieurs annĂ©es dans un DES FAUBOURGS de ParĂźs qui Ă©tait le moins fré quentĂ©. (BerĂź(. DÉ St-PieuuĂ©. C’cst UNE des PRITfCIPALES RAISONS (jĂŒi a fait rĂ©volter contre TÉglise une grande partie de l’Ku- ropĂ©. (Pascal.) Voici, messieurs, une des Actions de sa vie qtii est si belle et si extraordinaire que je ne puis me rĂ©soudre Ă  la passer sous silence. (FlĂ©chier.) La poĂ©sie française manque de fixitĂ©. Est-ce une des PKiNciPALES raisons qui empĂȘche de faire des vers français sans rime? (Le comte de St-Leu, Louis NapolĂ©on.) Un des puejiĂŻbrs qui se prĂ©senta Ă  mes. adoraÂŹ tions fut un descendant de ThalĂšs, nommĂ© Tellia- mĂšdc, qui m’apprit queles montagnes et les hommes sont produits pur les eaui de la mer.' (Voltaire.) L’astronomie e§t une des sciences, gui fait le Ă  i’esnrit humain. (AcadĂ©mie.) { 583 ) Un des plus ufetwc lions qui sortent du sominet de l’Atlas, retournant, au point du jour, dans la caÂŹ verne, s'Ăšst Ă©lancĂ© sur moi. (Bern. de St-PikrrL) M. de Turenne Ăą eu tout ce qĂŒil fallait pour faire un des plus grands capitaines qui furent jaÂŹ mais. (FlĂ©chier.) lĂ«rdon ,* monsieur le marĂ©chal, je suis dans tN de ces moments qui doivent tout excuser. (J.-J. Rousseau.) plus d’honneur Ă  l’esiirit Un jour je vis entrer chez moi un jeune homme DE MES AMIS qui SB destine aux lettres. (Bern. de St-PĂŻerrĂȘ.) CĂ«st UNE DES CHOSES qui tn’oriHeplĂ»s dĂ«courĂȘgĂ© durant ma courte carriĂšre littĂ©raire, de sentir que, mĂȘme me supposant tous les talents dont j’avais beÂŹ soin , j’attaquerais sans fruit des erreurs funestes. HomĂšre est un des plus grands, gĂ©nies qui aient existĂ© jamais-; Virgile est un déé plus accomplis. (Trublbt.) Le Tasse eut ppĂčf pĂšrĂ© un hĂ©s Ă©crivains qui contribuĂšrent le plus efficacement Ă  mettre en honÂŹ neur la poĂ©sie italienne. (Suard.) Je suis peut-ĂȘtre un- de ceux qui cultivent let lettres en France avec moins de succĂšs. (Voltaire.) « Croira-t-on, dit Lemare, quĂš le qui des phrases prĂ©cĂ©dentes ait embrouillĂ© le monde grammatical, jusqu’au point de h’en pas savoir faire le rapport Ă  son substantif absolu?» * Et Lemare, qui sait bien faire ce rapport, de s’én prendre Ă  Restant, Ă  Wailly, Ă  d’Alembert et Ă  tous les Ă©crivains prĂ©sents, passĂ©s et futurs. A quoi bon tant de fracas? N’était-il pas plus simple de dire : «Quelques grammairiens, Thomas Corneille, d’Alembert, l’AcadĂ©mie et tous nos Ă©criÂŹ vains, prĂ©tendent qĂŒdri pĂ©rit dire : L astronomie est une des sciences qui FAIT ou qui FONT le plus d’honneur Ă  Vesprit humain ; et moi, qui me crois plus que Thomas Corneille, que d’Alembert, que l’AcadĂ©mie et que toĂŒsles Ă©crivains erisemble, je ne veux pas que Ton dise autrement que : L'astronomie est une des sciences qui FONT le plus d’honneur  l'humĂ nitĂ©.yi Si Lemare sĂ«n .est pris, bien Ă  tort, au pauvre monde grammatical, Boniface ri’à pas Ă©tĂ© non plus trĂšs-consciencieux, el nous en sommes vraiment fĂąchĂ©s, car cĂ«st lĂ  le prinÂŹ cipal mĂ©rite de cet infatigĂąblĂ« grammairien. «Rollin, dit-il, a Ă©crit au pluriel : L'empereur Antonin est un des meilleurs princes qui aient rĂ©gnĂ©, et, en gĂ©nĂ©ral, c’est ainsi que se sont exprimĂ©s tous nos bons Ă©crivains. » Boniface aurait dĂ» ajouter, coinmo Lemare : « CeÂŹ pendant il ne faudra pas. s’étonner si l’on rencontrĂ© quelques exemples dĂš cette faute dans les auteurs; elle a pu leur Ă©chapper dans la chaleur de la composition. » _ Quoi qu’en dise Lemare, d’Alembert a trĂšs-bien prouvĂ© que rien ne s’oppose Ă  lĂ«m- pldi du singulier dans les phrases semblables Ă  celles que nous avons citĂ©es. 11 y troĂŒve mĂŽme une nuance dĂ©licate. «En disant : C'est un des hommes QVi A fait le plus de bien Ă  sa patrie, on fait entendre ce qĂŒon n’ose pas Ă©noncer, que cĂ«st l’homme qui a fait le plus de bien Ă  sa patrie. » L’accord est alors sylleptique et non grammatical. C’est, en quĂšlque sorte, comme si l’expression des hommes, que Vauteur n’ajoute^que par euphĂ©misme, par dĂ©licĂ tĂšsse, Ă©tait renfermĂ©e dans une parenthĂšse ; car son intention est de dire simplement : C'est un homme qui a fait le plus de bien Ă  sa patrie. .
- ( 5S4 ) f.emare se trompe encore en avançant que cette phrase de d'Alembert et celles que nous avons rapportĂ©es dans la premiĂšre colonne offrent un assemblage de mots et d'iÂŹ dĂ©es qui se repoussent. Cette erreur vient sans doute de Timpuissance oĂč il s'est trouvĂ© de les analyser; car, ramenĂ©es Ă  leur construction pleine, ces phrases n’ont rien que de trĂšs-naturel. En effet, c est un des hommes quia fait le plus de bien Ă  sa patrie, est un abrĂ©gĂ© de : cest un (homme pris dans la classe) des hommes qui a fait le plus de bien Ă  sa patrie. D’aprĂšs cela, et en se reportant Ă  nos citations, chacun de nos lecteurs peut donc dire Ă  son grĂ© un des hommes qui a ou un des hommes qui ont, et ajouter : ' Moi, des grammaires je me moque, Quand les faits sont parlants (1). Il n'y a d’exception, selon nous, qu'avec un de ceux, qui demande toujours le pluriel : un de ceux qui ont. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. CV.«t une des pins b«lles actions qui ait... CVst un de» plus grands malheurs qui ait. C'est un des ineĂźlleara princes qui sit... C’est un des philosophes qui a... CVst une des plus belles action» qui aient... CĂ«st un des plus grands malheurs qni aient C’est ua des meilleurs princes qui aient. .. C’est un des philosophes qui ont... NOMBRE DU VERBE elre PRÉCÉDÉ DE ĂŻ.‘ — Hors de T interrogation. C’est. Jamais l’ambition ne voit ses vƓux remplis, C’est le TONNEAU des Danaldes. (Lebrun.) C’était un homme qui faisait Beaucoup de chemin en peu d’heures. (La Fontaine.) Ce fut ici le commencement des miracles dc JĂ©sus; il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. - (Bossuet.) Le bien pour l’avare est un mal, ' - Et tĂŽt ou tard enfin, c’est le bien qui le tue. (Lenoble.) Ce fut bien lĂ  le comble. 0 science fatale ! Science que Darnon eĂ»t bien fait d’éviterĂź (La Fontaine.) C’était lĂ  le seul aliment QuĂ«lle prit cn cc moment (/d.) LĂ«mour-propre nous perd; c’est un Ă©cueil flatteur Qui porte Ă  la raison de fĂącheux prĂ©judices, (Le Brun.) Ce sont les moeurs qui font la bonne compagnie. (La ChaussĂ©e.) C’étaient les rĂ©compenses terrestres que cherÂŹ chait le peuple de Dieu dans l’observation de sa loi. (De la LĂŒzerxNE.) Ce /"«ren/lesPrĂ©niciens qui, les premiers, inÂŹ ventĂšrent l'Ă©criture. (Bossuet.) Il semblait que ce fussent de nouveaux dĂ©cem- viRS prĂȘts a rĂ©tablir leur tyrannie. (Vertot.) Ce furent nos rĂ©fugiĂ©s français qui donnĂšrent une partie de notre industrie et de notre puissance Ă  la Prusse et Ă  la Hollande. ^(Bern. de St-Pierrb.) Les ariettes de Lulli furent trĂšs-faibles ; c Ă©taient des baucaroi.es de Venise. (Voltaire.) Ce sont nos cartes qui, .comme la plupart de» instruments de'nos sciences, nous induisent en erÂŹ reur. (Bern. de St-Pierrk.) II.,— Dans les interrogations* Est-ce ? Q\i’est-ce qu’une voix ? un souffle qui se perd en Vair. ' (Bossuet.) Sont-ce ? D’un courage naissant sont-ec lĂ  les essais? (Racine.) (1) François de NeufchĂąteau.
( 585 ) Le DESSEIN de, Tarchitecte du temple d’ÊphĂšse Das les mĂȘmes hommes? nVÂŁa»t-ce pas de faire revivre son nom? (Fonten.) Serait-ee point quelque espĂšce de sort ? (La Fontaine.) (Chateaubriand.) De mon aveugle amour seratĂ«nt-ce lĂ  les fruits? (Racine.) Le verbe ĂȘtre, prĂ©cĂ©dĂ© de ce, se met au singulier ou au pluriĂ©l, selon qu’il est suivi d’un nom singulier ou-pluriel : c'est un homme, ce sont des hommes (1). Dans ce dernier cas, l’accord du verbe est sylleptique ; il se fait, non avec le sujet ^am- matical ce, qui est du singulier, mais avec Tattribut pluriel de la proposition. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE, C’est une flevr. C’est un bel oisean. C’est une jolie femme. C'est un Ă©colier studienic. C’est une demoiselle instruite. Ce sont de.i ĂŒeurs. Ce sont de beaux otseanx. Ce sont de jolies femmes. Ce sont des Ă©coliers studieux. Ce sont des demoiselles instraitw. N“ DU. C’est ET ce sont, etc., suivis d’un nom pluriex. I. — Sans interrogation. C’est, c’était. LĂ«ccaslon prochaine de la pauvretĂ©, c’est de grandes richesses. (La BruyĂšre.) Ce ne fut que plaintes et que larmes. — Ce n’était plus que jeux et que festins. ' (Marmontel.) Comme les seigneurs Ă©taient multipliĂ©s Ă  l’infini, ce n’était partout que violences et brigandages. (Anquetil.) Les meilleurs endroits pour Ă©lever les paonneaux, FĂȘtait les petites Ăźles qui se trouvent en quantitĂ© sur les cĂŽtes d’Italie. - (Buffon.) Si l’on voulait ne point se tromper daris sa conÂŹ duite, ce serait d’habiles gens que Ton irait conÂŹ sulter. (Th. Corneille.) Ce n’était pas, Ă  la vĂ©ritĂ©, des morts resstiscitĂ©s, mais les aveugles avaient vu, les boiteux avaient marchĂ©, les malades avaient Ă©tĂ© guĂ©ris. (Voltaire.) C’était tous les jours de nouvelles accusations. (Id.) Ce sont, c’étaient. L’honneur parle, il suffit; ce sont lĂ  nos oracles. (Racine.) Ce ne furent plus les soldats de la rĂ©publique, mais de Sylla, de Marius, de PompĂ©e j de CĂ©sar. ^(Montesquieu.) Ce n’étaient que bals, que festins. ' (Caminade.)^ C’étaient les Marseillais qui avaient arrĂȘtĂ© de lui fermer leurs portes. (Anquetil. La pr'erhiĂšre nourriture des perdreaux, ce sont les Ɠufs de fourmis, les petits insectes qu’ils trouvent sur la terre et les herbes. (Buffon.) Ce seraient paroles exquises, . SI c’était un grand qui parlĂąt. - (MoliĂšre.) Nos,vrais biens sont ceux de la nature : c’est le ciel, c’estla terre, ce sont ces campagnes, ces plaines, ces forĂȘts dont elle nous offre la jouissance utile, inĂ©puisable. (Buffon.) U. — Avec interrogation. Est-ce ? Est-ce ces moments que vous accordez Ă  la reliÂŹ gion sur le point d'un combat, qui flattent votre esÂŹ pĂ©rance? (Massillon.) . Est-ce les Anglais que vous aimez ? (AcadĂ©mie.) Est-ce les sons graves de Torgue que j’entends tandis que des sons plus lĂ©gers errent dans les voĂ»tes de verdure? (Chateaubriand.) Sont~ce? Sont-ce des religieux et des prĂȘtres qui parlent de cette sorte ? Sont~ce des chrĂ©tiens ? (Pascal.) Sa haine ou son amour, sonf-ce les premiers droits Qui font monter au trĂŽne ou descendre les rois ? (Racine.) Seraient-ce ses maĂźtres qui Tauraient façonnĂ©? (Saint-Marc Girardin.) (1) Cependant on dit par exception : c'est onze heures qui viennent de sonner; c’était quaireheure. qui sonnaient. ‱ ■ 74
( ). Ce, devant le verBĂ© itlre, &ĂšmiĂźidĂš-t-ii toujdurs'qĂčĂš cĂ© verbe soit Ă u pluriel qĂŒand il Ă©^t suivi d’un substantif de ce nombre Ăź , . Les exemples que nous venons de citer dĂ©montrent suffisamment qĂč’în pĂšĂŒi aussi, dans ce cas, faire usage du singulier, tant dans les phrases interrogatives que dans les phrases non interrogatives. ^Cependant, nous le ferons obsĂ«iref, quoique les Ă©crivains dii siĂšcle de Louis XÎV Ă iĂšnf employĂ© souvĂšrit indiffĂ©remment Tun bĂŒ Tautre nombre; le pluriĂšl paraĂźt gĂ©nĂ©ralĂšiiiĂ©n! aujourd’hui en usagĂ©. (( Ce qu’il y a dc particulier, dit Boiste, c’est qĂŒĂ  Timparfait et au conditionnel, on mel plutĂŽt c Ă©tait, ce serai/, que c Ă©taient, ce seraient, avec un pluriel ; ainsi on dit : si c'Ă©taii eux, ce serait d'habiles gens, etc. La raison en est bien simple, TidĂ©e dĂ© Taction est colÂŹ lective, gĂ©nĂ©ralisĂ©e ; le si c Ă©taient la particulariserait pour chacun d’ùux.« Nous ignorons jusqu’à quel point cette observation est juste. Une chose non moins digne de remarque, c’est que dans les phrases interrogatives on met est-ce, si le mot pluriel est suivi de que, Ăšt sont-'ce, s’il est suivi de qui. On peut s’en convaincre par les exemples que nous avons citĂ©s. Dans la phrase de ChĂąteaubriand 8ont-ce les sons eĂ»t prĂ©sentĂ© une cacophonie insĂ»pportablĂ©. »» III. — Cas partiottlĂźers. Il n’y aura que trop d’intĂ©rĂȘts qui diviseront les hommes dans la mĂŽme sociĂ©tĂ©, ne fĂ»t-ce que ceux de la fortune. (Bern. db Saint-Pibrrb.) Ce sera nos descendants qui nous jugeront. (Plancbe.) Sera-ce vos frĂšbes que Ton choisira ? (Id,) On dit ; N'Ă©pargnez personne, fut-ce vos meilleĂŒrs amis: L’harmonie s’oppĂ©sĂš ii ĂŒe s [ceci fĂ»l- reprend son empire quand TorĂ©illo ĂŒest pas blessĂ©e. On fie croyait pas que ce fussent vos frĂšres qui se seraient chargĂ©s de cette entreprise. La mĂȘme chose a lieu pour sera-ce, qĂŒon substituĂ© Ăą serdnt-çe qui ne serait pas tolé rable. Nous revoyons d’ailleurs pour cĂ© sujet Ă  lĂ  page 415 (ij. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Ce seraient d’habiles gens. CĂ© sera nos ami». CĂ«taĂźent (les imprudenU. Sera-ce vos amis ? Co furent de» in»«tiȎs. FĂ»t-ce vos amis. © —N° T)TTT, C’est ET ce sont, etc., dans les oppositions. I. C’est, Ce n'est pas les .TROƾÉNS, c’est Hector qu'on pour- (Bacine.) [suit. Ce sont. Et ce rie sont point les louanges. C’est la vertu que tu chĂ©ris. (J.-B. BousseXu.) (1) Nous saisissons avec empressement cette occasion de rectifier une petite erreur que nous avons comÂŹ mise Ă  cet endroit au prĂ©judice de Boniface. Nous y disons que cet estimable grammairien proscrit la forme sont-ce. C’cst faux, Boniface, dans la troisiĂšme Ă©dition de sa grammaire, avait bien dit, il est vrai, que sont-ce serait insupportable ; mais depuis ii s’est rĂ©tractĂ©, et cela parce que de nouveaux faits sont venus lui apprendre qu’il avait eu tort de condamner une forme qui est journellement employĂ©e par DOS meilleurs Ă©crivains. AprĂšs une telle rĂ©tractation, qĂŒon vienne donc nier la puissance des faits?
Ce n’cit point tous ses droits, cĂ«st le procĂšs quĂ«lle (BoilkaĂŒ.] [aime. D’ailleurs ce n’est pas bux qu’il faut punir, ce sont les barbares sĂ©dentaires... qui ordonnent le massacre d’un million d’hommes. (Voltaire.) * C’est donc les dieux, et non pas la mer qu’il faut Ăźraindre. (FĂ©nelon.) khi cen'est pas des pleurs qĂŒâ€™il s’agit de rĂ©pandre. (CUÉNIER.)' Ce n’est pas des conseils, c’est des secours qu’il nous faiit. (CitĂ© par la Gramm. univ.) Ce fut moins des batailles que dĂ©s fuites conÂŹ certĂ©es. (Vertot.) Ce n’esf plus lajsagesse djintĂ©rĂ©t public qĂŒi prĂ©sident aui conseils, c’est l’intĂ©rĂȘt des passipns. (Massillon.) Ce ne sonf pas les pierres qui font le tempie, c'est la pensĂ©e. (A lletz . ) (587) Ce ne sont point les mĂ©decins qu’il joue, cĂ«st la mĂ©decine. .(MoliĂšre.) Ce nesont pas des statues, ni des vases inutiles, mais ĂŒne. vigne chargĂ©e de belles grappes ou des buissons de roses. (Bern. de Saint-Pierre.) Ce ne sont point des admirateurs que j>mbU tienne, mais des amis indulgents. ,(fd.) Ce ne sont pas tant les passions qui sont fortes, que les hommes qui sont faibles. . . (Sanial-DĂŒbay.) , Ce sont moins leurs ennemis que les animaux fuient, que la prĂ©sence de Thomme. (Buffon.) Ce ne sera ni /a force de vos armĂ©es, Üi l'Ă«tĂ©hdĂčĂ« de votrc empirĂ© qui vous rendront cher Ă  vos peuÂŹ plĂ©s, ce seront les vertus qui font les bons rois. (MassillOiS.) J Nous formons notre logique, et. souvent notre morale,,des prenĂŻiĂšres notions que nous donne la nĂą ture. CeJojtt elles, et non les raisonnements dĂ© ja mĂ©taphysique,- qui dĂ©veloppent Tentendement huÂŹ main. * (Bern. de Saint-Pierre.) Suivant Boniface et quelques autres grammairiens, ĂŽn doit dire c'est et non ce sont, quand Tesprit est dĂ©tournĂ© du substantif pluriel, poĂŒr Úë porter sĂčr iin autre substantif.- Les citations que lious avons fĂčssĂ«rfibiĂ©es, et qiii orit Ă©tĂ© Ă  dessein tirĂ©es non seulement des poĂštes, mais Ă ussi des prosateurs; font assez sentir le peu dĂ«xaçtitude de cette rĂšgle Nous lui substituerons celle-ci : Toutes les fois qlie Tesprit est fra'ppĂ© avec force pĂčr iĂȘ ihdt pluriel qui suit Ăźe verbe, le verbe sĂš met au plĂčriĂ©i ; si ce mot, ĂčĂč contraire, n’attire que faiblement i attention, s'il n'occupe qĂŒun rang secondaire dans la phrase et ĂŽans la pensĂ©e, le verbe sĂš met lĂš plus souvent au singulier. Ce principe trouvera plĂŒĂ  d'ĂŒnĂš fois son application. il CĂšst, Ce n’est pas ma cabane, c’est mes terres que j’ai voulu agrandir. (Berquin.) N Outre !a siiiritetĂ© et l’innocence de JĂ©sus-Christ, Ü y a un troisiĂšme point, c’est ses miracles. (CitĂ© par la GuAMM. univ.) Quel projet se prĂ©sente Ă  mes yeux? ce n’est pas seulement des hommes Ă  combattre, c’est un marais Ă  franchir, etc. (/d.) Ce sont. Ce ne fut pas une certaine invasion qui perdit i’empire, ce furent toutes les invasions. (Montesquieu.) Uri homme inĂ©gal, ce n’est pas un seul homme, c'esont PLUSIEURS. - (La BruyĂšre.) Oh! lĂ  vĂ©ritable fĂ©erie. Ce sont Tesprit et les talents. (CitĂ© par SicĂąrd.) Dans les exemples de la premiĂšre sĂ©rie, le premier c'est ou ce n'est est suivi d'un nom pluriel; ici, au contraire, ces formes verbales ont pour attribut un nom singulier, Ă«t le" second c'est est suivi d'un nom du nombre pluriel. Dans ce dernier cas, on voit que les Ă©crivains mettent Ă©galement lĂš verbe au singulier ou au pluriel. Ils le mettent au singulier, si, comme dans la phrase de Berquin, le nom pluriel qĂŒi vient aprĂšs est suivi de que. Au PLURIEL, si le nom qui suit termine la phrase,* ainsi que dans iĂ«s exemples dĂ« Mon -, tesquieu et de La BruyĂšre/ i EXERCICE PHRÀSÉOLÔGIQĂŒE. fc. 0 . . * C« n*eit pa> le* flatterie», c'eit... €‱ n’eil p»» Je* richesses; c’est. ‹« C* n'est pas des pleurs, c'est. >. Çe ce sont pas des llalierleĂą , c'est..! Ce oe Sont pas les richĂšsses , c'ea't!!. Ce ne sont pas des pleurs, e'ert...
( 588 ) N" DIY. C’est ou ce sont suivis de plusieurs substantifs. Cest. L’aiimenl de l’ftnie, c’est la vĂ©ritĂ© el la justice. (FĂ©nelon.) 4 * C’wf Torgceil et la mottESSE de certains homÂŹ mes qui en mettent tant d’autres dans une affreuse pauvretĂ©. ‘(FĂ©nelon.) Cest la PLUIE et la chaleur qui fĂ©condent la. terre. (Descartes.) pans cent ans le monde subsistera encore, ce sera le mĂȘme théùtre et les mĂȘmes dĂ©corations. (Voltaire.) Ahl ce sont des tourterelles dĂ©mon paĂżs;Ve5t le MALE ct la FEMELLE. * (Bern. de Saint-Pierre.) Vos lettres doivent passer par Lyon pour venir ici ; ainsi c’est les mercredi et samedi de bon maÂŹ tin quĂ«lles doivent ĂȘtre mises Ă  la poste. (J.-J. Rousseau.) Ce qui se trouvait naturellement dans l’ñme de Descartes, c'Ă©tait la douceur et la bontĂ©. (Thomas.) Ce n’était toujours que plaines, vallĂ©es et montagnes se succĂ©dant les unes aux autres. (Bibl. des Voyages.) On allait au temple* pour demander les faveurs des dieux; ce n'Ă©tait pas les richesses ct une heuÂŹ reuse abondance. (Montesquieu.) Aujourd’hui on accuse Marat, Danton, RobesÂŹ pierre; demain ce sera Santerre, Chabot, Meii- LIN, etc. (Thiers.) Ce n'Ă©tait plus cesjĂ«wa;, ces festins et ces fĂȘtes OĂč de myrtc ct de rose ils couronnaient leurs tĂȘtes. (Voltaire.) Était-ce des palais? c'Ă©tait des verts bocages, C’était des prĂ©s fleuris. (Delille.) *. La SociĂ©tĂ© grammaticale consultĂ©e sur cette phrase de FĂ©nelon : C est Vorgueil et la mollesse de certains hommes qui en mettent tant d'autres dans une affreuse pauvretĂ©, ré pondit que dans cette phrase Texpression ce sont peut se justifier, et ne constitue pas une FAUTE contre la langue, mais que TempToi du verbe au singulier est pĂźus conforme Ă  Tusage gĂ©nĂ©ralement suivi par les bons Ă©crivaias. Nos nombreuses citations donnent un petit dĂ©menti Ă  la dĂ©cision de la SociĂ©tĂ© gramÂŹ maticale , car elles nous prouvent d’une maniĂšre irrĂ©fragable que dans cette circonÂŹ stance on peut dire c'est ou ce sont. Les deux locutions sont Ă©galement justifiĂ©es par Tusage, et nous pourrions ajouter par la logique. ' , Pour rendre compte de la diffĂ©rence qui existe entre ces deux formes verbales c'est et ce sont, il faut entrer, en quelque sorte, dans le mystĂšre de Tart de s’énoncer et d’écrire. M. Thiers a dit : Aujourd'hui on accuse Marat, Danton, Robespierre; demain CE sera Santerre, Chabot, Merlin, etc., en employant le singulier ce sera, parce que son esprit. Ce sont. ’V. Quelles senties trois vertus thĂ©ologales? Ce sont la FOI, I’espĂ©rance et la charitĂ©. (Condillac.) Ce n’était pas de Tor et de Targent qui me manÂŹ quaient; c’étaient du cafĂ© et de la cannelle. (Voltaire.) Quels sont lĂ©s quatre points cardinaux? Ce sont le LEVANT, le couchant, le nord, le midi. (L’abbĂ© Gaulthibr.) Le prix des denrĂ©es, comparativement Ă  ce qu’il est en Arigleterrre, est excessivement bas Ă  la ville du Cap. Ce sont la main-d'oeuvre, le loyer et le BOIS de chauffage. (Bibl. des Voyages.) Ce n’étaient ni le mĂȘme homme , ni les mĂȘmes JUGES. (Mirabeau.) Quand Louis XIV donnait des fĂȘtes, c’étaient les Corneille, les MoliĂšre, les QĂŒinault, les Lulli, les Lebrun qui sĂ«n mĂȘlaient. (Voltaire.) Il appelle Ă  lui quatre courriers qu’il destinait au message; c’étaient I’ane, le chien, le corbeau ct le pigeon. (V oltairk.) Les juges se placĂšrent C'Ă©taient le linot, le serin, Le ROUGE-GORGE Cl IC TARIN. (FlORIAN.) Ces deux jeunes gens couronnĂ©s de violettes et de roses, ce sont Varius et'PLOTius. (Pn. Chasles.) Ce qui m'attache le plus Ă  la vie, ce sont mes ENFANTS et ma femme. [Marmontel.) r* C'Ă©taient des Ă©pis et des grains dont ils enriÂŹ chissaient TAttique. ' (BarthĂ©lĂ©my.)
. ( 389 ) embrassant difficilement l'idĂ©e collective de plusieurs substantifs qui ne s'Ă©noncent que successivement, reste frappĂ© de Fimpression du premier, et le verbe obĂ©it au nombre que celui-ci indique. De telles phrases sont elliptiques; ia rĂ©pĂ©tition du verbe se suppose devant chacun des substantifs : Ce sera Santerre, ce sera Chabot, ce sera Merlin. Cette ellipsĂ©, dans notre langue, est d'un usage trĂšs-frĂ©quent. Mais Voltaire a dit : On voit sortir de ce bateau trois graves personnages Ă  demi vĂȘtus de lambeaux dĂ©chirĂ©s, mais conservant sous les livrĂ©es de la pauvretĂ© VĂ ir le plus majesÂŹ tueux : C’ÉTAIENT Daniel, EzĂ©chiel et JĂ©rĂ©mie, eri mettant le verbe c'Ă©taient au pluriel, parce que les trois substantifs qni suivent, considĂ©rĂ©s simultanĂ©ment, emportent l'idĂ©e de la pluralitĂ©. Souvent les auteurs ont employĂ© le singulier et le pluriel dans la mĂȘme phrase et daii» la mĂȘme analogie : tĂ©moin cet exemple de J.-J. Rousseau : ‱ « Pour le poĂšte, c'est Vor et Vargent; mais pour le philosophe, ce sont le fer et U blĂ© qui, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. C'est Voltaire et Ronssean qui ont... > N'est-ce pas Voltaire et Rousseau qui ont? C'est le bon ton et la dĂ©cence qui... C'Ă©taient Racine et MoliĂšre qui... Ce,furent le duc et son Ă©pouse qui... C'Ă©taient le bon ton et UdĂ©cence qui, N" DV.ksm*K’ooo.- C'est ou ce sont aprĂšs plusieurs infinitifs. C’est. , Prendre les choses comme elles sont, et les BMPLOVER comme les circonstances le permettent, cĂ«st la sagesse pratique de la vie. - ^ (Lacretelle aĂźnĂ©.) Vivre libre et peu tenir aux choses humaines, cĂ«sÂŁ le meilleur moyen d’apprendre Ă  mourir. (J.-J. Rousseau.) * Voir et Ă©couter les mĂ©chants, c’est dĂ©jĂ  un commencement de mĂ©chancetĂ©. (PensĂ©e de Confucius.) Punir rarement et toujours Ă  propos, rĂ©comÂŹ penser quelquefois et'cARESSER souvent, c’esf un moyen sĂ»r pour les pĂšres de se laire aimer et resÂŹ pecter. (LaboĂŒisse.) Ce tont. Écouter les cantiques, respirer l’encens, alÂŹ lumer les cierges, suivre les processions, c’étaient leseulplaisir et toute l’occupation de Moran Shitelah. (pH. Chasles.V Faibe du bien, entendre dire du mal de soi patiemment, ce sont lĂ  des vertus de roi. ‱ (Louis XVI.) Apprendre les langues les plus difficiles, conÂŹ naĂźtre les livres et les auteurs, etc.. Font Ă©tĂ© vos premiers plaisirs. (FlĂ©chier.) Vieillir, ĂȘtre malade et mourir, ce sont lĂ  les plus grands maux de la vie. (Dict. de Maximes.) Compatir aux erreurs des hommes, ĂȘtre indulÂŹ gent pour leurs faiblesses, ce sont lĂ  les devoirt de chacun de nous. SĂ©gur.) Lemare, comme on l’a vu page 395, dit qĂŒil y a peu d'exemples oĂč l'infinitif soit ainsi le sujet du verbe ; car, presque toujours aprĂšs l’infinitif, on ajoute le substantif ce devant le verbe personnel. D'abord il n'est pas vrai qu'il y ait peu d'exemples de cet emploi de l'infinitif; il y en a au contraire beaucoup, et il suffit d’ouvrir le premier livre pour en avoir la preuve. Ensuite il n'est pas vrai non plus qu'on ajoutĂ© toujours ce devant le verbe ĂȘtre. Voir page 420. Enfin, qu’on ajoute ce ou qu’on ne l'ajoute pas, toujours est-il qu'il faut savoir si aprĂšs plusieurs infinitifs on dgii dire c'est ou ce sont: Lemare n'en parle pas. NoĂ«l et Chapsal prĂ©tendent qĂŒen cĂš cas il faut toujours se servir de cest, et ils citent Ă  l'appui celle phrase de Domergue, oĂč c'est est suivi d’un nom singulier qui demande de toute nĂ©cessitĂ© le vĂ©rbe au mĂȘme nombre ; Manger, boire et dormir, c’est leur unique . occupation. . . Nos citations, qĂŒil nous serait facile de multiplier, prouvent la faussetĂ© de cette asserÂŹ tion, et dĂ©montrent qĂŒon dit cĂ«sÂŁ si le mot qui vient aprĂšs Ăšst au singulier, et ce sont
( 890 ) s’il est an pluriel. On voit par lĂ  combien il est dangereux de mettre .entre les mains des jeunes gens des livres qui ne contiennent quo des eireurs. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. * - -L. ^ Bien Ăšcoater et bien rĂ©pondre, ceeontlĂ  deux qualitĂ©s prĂ©cieuses. VÎTre et jouir, ce ne sont pour lui... Se taire et souffrir, ce sont... ' ■ ' Se'fier Ă  tout le monde et ne se Cer Ă  persoaae, ce sont deux excĂšs N" DVI. C'est nous, c'est vous, etc. Cest. Âź Le temps passe, disons-nous; nous nous trom- pons : le temps reste, ç'fst nous qui passons. ' (AimĂ©-Martin.) Cest vous, braves amis, que Tunivers contemple- (Voltaire.) Si jamais le destin a fait Deux ĂȘtres vraiment Tun pour Tautre, Cest vous et moi : le rapport est complet Entre nous deux; mĂȘme allure est la nĂŽtre. (De Nivernais.) Est-çe nous qui avons fait cela? (AcadĂ©mie.) Cest vous qu’il faut remercier. (Id.) ' C est. Nous croyons que tout change, quand c'est nous qui changeons. (GrĂ©coĂŒrt.) Dans le champ de la vie il faut semer des fleurs ; Et c’esĂź nous trop souvent qui faisons nos malheurs. (CUÉNIER.) Dieux vengeurs de nos lois, vengeurs de mon pays, Cest vous qui, par mes mains, fondiez sur la justice De notre libertĂ© TĂ©ternel Ă©difice. (Voltaire.) C est vous-mĂȘmes que tous les peuples accuseront avec raison de vouloir usurper la tyrannie univerÂŹ selle. ' ’ ' (FĂ©nelon.) II. Cest. C.est eux que j’en atteste, ils sont tons trois mes gui- ĂŻls vous arracheront aux mains des parricides, [des; . (Voltaire.) Cest eux qui .ont bĂąti ce superbe labyrinthe. (Bossobt.) ' Ce sont. ‱ Ce sont eux que Ton voit, d’un discours insensĂ©, Publier dans Paris que tout est renversĂ©. (Boileau.) Les chevaux de Hollande sont fort bons pour le carrosse, et ce sont ceux Üont'on sc sert le plus communĂ©ment cn France. (Buffon.) Chose bizarre ! on dit ce sont eux, ce sont elles, et il n'est pas permis de dire : ce sont nous, ce sont vous, comme Texigerait rigoureusement la raison. Mais ici Tusage Temporte sur la syntaxe, et il faut bien se soumettre Ă  ses lois. , Ainsi on dit : c'est moi, c'est toi, c'est Ăźui, c'est elle, c'est nous, c'est vous; .et c'est toi et moi, c'est lui et elle, c'est nous et vous, etc. Il n’y a d’exception que pour Jes pronoms eux, elles, avec lesquels on peut employer lo singulier ou le pluriel! Encore Tusage a-t-il Ă©tabli quelque distinction. On dit : c'est eux OUE l'on appelle et ce sont eux qui viennent, en mettant le singulier si le pronom eux es! suivi de que, et le pluriel s’il est suivi de qui. NĂ©anmoins Bossuet a dit ; C'es/ çux qui, ei Boileau : Ce sont eux que, ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. CĂ«st toi quo jĂ«ime, CĂ«st lui seul qui me plaĂźt. CĂ«st nous quile roulons. Cist TOUS qui rordonnes. CĂ«st eux que l’on tlemando. Ce sont eus cjue l'on tnrite. CĂ«st elles que l’on insulte. Ce sont elles qui seront riatimes.
( 591 ) DVn. ^ 0 0 C'est SÜIVl'ÜUNE PRÉPOSITION. Cest des contraires que rĂ©sulte rharmonie du monde. ' (Bern. de Baint-Pierre.) Ce$t aux MAINS de Tamour Ă  parer la victoire/ (Racine.) Cruel Ăź c’est Ă  ces dieux que vous sacrifiez. (De Bellov.) ' CTĂ©latthiende chansons qu’alors il s’agissait! ' (La Fontaine.) CĂ«sf parKux que Ton voit la vĂ©ritĂ© suprĂȘme De mensonge et d’errour accusĂ©e elle^mĂȘme. . (Boileau.) Cest d’EDx que j’alt/ds tout ; ils sont plus forts que (Voltaire.) [moi. C est des rĂ©coltes que dĂ©pend ta subsistance-de Thomme. (CitĂ© par Caminade.,) C’est AUX Ă©diles Ă  donner des'jeux publics. (Voltaire.) Quand ce et ĂȘtre sont suivis d'une prĂ©position et d'un nom pluriel, le verbe se met toujours aĂč singulier (1). « Le^motif de cette rĂšgle, dit M. Chapsal, est que, dans ces sortes de phrases, il y a inversion, et que le substantif pluriel, mis Ă  la suite du verbe ĂȘtre, appartient Ă  un verbe qui est aprĂšs : Dans la phrase de Bernardin de Saint-Pierre, cĂ«st rĂ©sulte; et dans le vers de Racine, cĂ«st sacrifiez. En Ă©ffet, la dĂ©composition donne : Vharmonie rĂ©sulte des contraires; sacrifiez'Ă  des dieux. Ce se rapporte Ă  la prĂ©position qui suit le yerbe ĂȘtre; il est par consĂ©quent du nombre singulier, et oblige lĂ© verbe Ă  prendre ce nombre. » Tout le monde a lu ou avpu lire cette explication , qui a Ă©tĂ© reproduite textuellement par Girault-Duvivier dans sa Grammaire des gramniftires; mais nous doutons que perÂŹ sonne y ait jamais rien compris, pas mĂȘme M. Chapsal. CĂ«st un vĂ©ritable grimoire. Laissant donc de cĂŽtĂ© M. Chapsal et son inexplicable explication, nous nous contenÂŹ terons de donner Tanalyse de quelques-unes de nos phrases, afin dĂ«n faire saisir tout le ' mĂ©canisme. ■ C'est des contraires que rĂ©sulte l'harmonie du monde. , Nous ne dirons pas comme M. Chapsal, que dans cette phrase il y a trois mots de trop, ce, est et que. CĂ«st une singuliĂšre maniĂšre de rendre compte des mots que de dire qĂŒils sont inutiles. Et pourtant voilĂ  ce que font tous les jours les grammairiens. Faut-il, aprĂšs cela, s'Ă©tonner que la science ait fait jusquĂ« prĂ©sent si peu de progrĂšs? Plus hardis que nos devanciers, et surtout plus consciencieux, nous aborderons franÂŹ chement cette difficultĂ© qui leur a paru insurmontable. . ‱ Prenons le premier mot de la phrase citĂ©e, ce. L’attribution de cet adjectif est, comme nous Tavons dĂ©montrĂ© page 24t, de mettre sous les yeux de celui Ă  qui Ton parle, ,ou bien de prĂ©senter Ă  son imagination un objet qu'on a devant soi ou dans la pensĂ©e. Or, le mot qui reprĂ©sente cet objet n'Ă©tant pas ici exprimĂ©, ii est clair qĂŒil est sous- entendu. Quel peut ĂȘtre cĂ© mot? Supposons que ce soit celui d'assemblage, et nous aurons cet assemblage; mais ces mots ne prĂ©sentent qĂŒun sens vague et ont besoin dĂ«tre dĂ©terminĂ©s. La proposition suivante.; que [pour duquel] rĂ©sulte l'harmonie du monde, exprime cette dĂ©termination. Nous avons donc : Cet assemblage duquel rĂ©sulte Vharmonie du monde. 11 ne reste plus qĂŒĂ  frouyer ce gu'on affirme de cet assemblage, et nous * ^ * ' (1) Mais pour cela il faut .qu’il y ait inversion, car, dans le cas contraire, le verbe se met au pluriel. Exemples : On ne se lasse pas de lire Boileau, .Racine et VolÂŹ taire, parce qqe ce sont dp grands poĂštes. ' ’ ' ' ‘ (CiĂŻĂ«'par CÀMiNAi>B.) Lamorale^et la philosophie triomphent de toutes les peines ; ce sont de sĂ»rs garants de la sagesse " ,-r 1 Y* - , Ă  W
( 592 ) aurons es/ceZm'des con/razm. L'analyse complĂšte de la phrase que nous examinons est donc celle-ci : Cet (assemblage) d'oĂč rĂ©sulte l'harmonie du monde est (l'assemÂŹ blage) des contraires. Ce vers de Racine : , 'CĂ«st aux mains de Vamour Ă  parer la victoire, s'analysera de .mĂȘme : Ce (soin qui nous oblige) Ă  parer la victoire est (un soin rĂ©servĂ©) aux mains de Vamour. Nous pensons avoir dissipĂ©, par ces analyses rigoureuses, TobscuritĂ© dont semblaient s'envelopper ces sortes de locutions, regardĂ©es jusqĂŒici, mĂȘme par les plus habiles, comme des gallicismes inexplicables. Or, dans ces phrases le dĂ©monstratif ce se rapportant aux mots singuliers assemblage et soin sous-entendus, n’est-il pas naturel que le verbe ĂȘtre soit au mĂȘme nombre? EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. C’est avec des soins et des prĂ©venances qn’on se fait aimer. C’est jiar de faux bruits qu’on sĂšme l’alarme parmi lo peuple. J ■ * . Qu'est~ce gwe suivi bâ€™ĂŒn nom plĂŒriee. Qu’est-ce que cĂ«st que ces petits boutons jaunes comme des tĂȘtes dĂ«pingles, qui sont au milieu de la marguerite? Ce sont des fleurons. (Bern, de Saint-Pierre.) HĂ©! qu’est-ce que les poĂšmes Ă©piques? en vĂ©ritĂ©, me dit-il, je nĂ«n sais rien. (Montesquieu.) Qu’est-ce que les conquĂȘtes d’Alexandre, en comÂŹ paraison de celies de Gengis-Kan? (/d.) Qu’est-ce que la vie et ses prospĂ©ritĂ©s, aux yeux de Thomme tout occupĂ© de son Ă©ternel avenir? (Marmontel.) On voit que dans ces sortes d’interrogations on met toujours le verbe ĂȘtre au singuÂŹ lier, bien qĂŒil soit suivi d'un nom pluriel. f EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Qu’e$t~ce que les. richesses publiques, sinon la somme des richesses privĂ©es? (Dupont de Nemours.) Qu’esUce que uos principes naturels, sinon nos principes accoutumĂ©s? ' (Pascal.) Qu’est-ce donc que les cfioses les plus graves de Thistoire, foi des autels, saintetĂ© des mƓurs, dignitĂ© de l’homme, indĂ©pendance, civilisation mĂȘme, si elles doivent passer plus promptement que les staÂŹ tuts de la vanitĂ© et les Chartres d’un caprice? (Chateaubriand.) Qu’est-ce que nos vertus? Qu’est-ce que nos talents ? Qu’est-ce que vos richesses? Qu’est-ce que ces peĂźnlures? W DIX. Cest PRÉCÉDÉ DE DEUX NOMS. Pierre et CĂ©phas, c’est le mĂȘme apĂŽtre. Chacun admire DĂ©mosthĂšne et CicĂ©ron, parce qne (AcadĂ©mie.) ce sont les deux plus grands orateurs de Tanti- quilĂ©. . (CitĂ© par Caminade.) Quand deux noms se trouvent devant ce et ĂȘtre, le verbe se met au singulier, s’il y a identitĂ© de personnes, cĂ«st-Ă -dire si les deux ĂŒen font qĂŒune, comme Pierre et Cé phas; il se met au pluriei, s’il ĂŒy a point identitĂ© de personnes. » , EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. AbaioU et Gustave, c’est le mĂȘme homme. Racine et Voltaire, ce senties deux plus srandspoĂštes delĂ  Pranca.
( 593 ) >0^883 N* DX. NOMBRE DU VERBE APRÈS. SI Ce ÜCS/. Si ce n’est. QuĂ«sl'Ce que le fils de l’homme, ce n’est du FUMIER et de la boue? (Bossuet.) Qui m'aidera, si ce n’est mes amis? (CitĂ© par Boniface.) Si ce ne sont. Les Chinois ne savent point que leur pays s'apÂŹ pelle la Chine, st ce ne sont ceux qui trafiquent avec les EuropĂ©ens. Ils rappellent Chium koa» le royaume du milieu. (Bern. de Saint-Pierre.) Suivant Boniface et Bescher, si ce n'est, signifiant exceptĂ©, ne prend jamais le pĂźu- riei. Lorsque ces messieurs ont Ă©tabli cette rĂšgle, ils n'avaient probablement pas lu la phrase de Bernardin de Saint-Pierre. EXEUCrCE PHRASÉOLOGIQUE. Si ce n’est les Français. Si ce nVst mes tulipes. Si ce n’est toi frĂšres. Si ce ne sont les Français. Si co ne sont ses tulipes. Si ce ne sont tos frĂšres. N° DXI. Cest lĂ , ce sont lĂ . Le bonhomme disait ; ce sont lĂ  jeux de prince. (La Fontaine.) 11 est assez de geais Ă  deux pieds comme lui, Qui sĂ©parent souvent des dĂ©pouilles d’autrui. Et que l'on nomme plagiaires. Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui : Ce ne sont pas lĂ  mes affaires. (Id.) Tout aveugle et menteur quĂ«st cet art, n peut frapper au but une fois entre mille. Ce sont lĂ  des effets du hasard. (Id.) Ce sont lĂ  les exploits que tu dois avouer. (Boileau.) Regardez bien. Ne sont-ce pas lĂ  vos tablettes? — Ce les sont lĂ  elles-mĂȘmes. (Boilbau.) Dites-moi, sont~ce lĂ  des signes d'opulence ou d’indigence? (D’Olivet.) Va porter tes prĂ©sents aux autels des furies, Conjure leurs serpents prĂȘts Ă  le dĂ©chirer; Va, ce sont lĂ  les dieux que tu dois implorer. (Voltaire.) Ce sont lĂ  les leçons dont un pĂšre manceau Instruit son fils novice au sortir du berceau. (La Fontaine.) Simples lecteurs, ces phrases, que vous venez de lire, peut-ĂȘtre avez-vous la bonhoÂŹ mie de penser qĂŒelles sont correctes, et qu'il n’y a rien Ă  reprendre? DĂ©trĂŽmpez-vous, voici venir un . grammairien ou soi-disant tel, qui affirme que ce sont autant de fautes. Les grands noms de Voltaire, de Racine, de Boileau, etc., ne l’arrĂȘtent pas et ne lui imposent en aucune façon. Que sont ces gens-lĂ  auprĂšs d’un grammairien ! u Dans ces phrases les Ă©crivains, dit-il, oublient que ce, suivi de la particule lĂ , Ă©quiÂŹ vaut Ă  cela:i\$ trouvent que Tattribut est au pluriel, et ils mettent le Verbe au pluriel Mais ce n’est pas Tattribut, c’est le nominatif qui rĂšgle le nombre'du verbe; cest lĂ  siÂŹ gnifie comme cela est, (5h doit donc dire : cest lĂ  les leçons, c'est lĂ  des jeux d'enfants. L’AcadĂ©mie, ajoute-t-il, Ă©crivait, en 1698 : Ce sont la de ces formes dont on ne peut rien retrancher. Il faut lire ; C’est la une de ces formes ; c'est une des formes auxquelles on ne peut pas toucher. » Nous sommes vraiment honteux d’avoir Ă  rĂ©futer une assertion aussi singuliĂšre, et qui tendrait Ă  faire croire que Racine, Voltaire, etc., Ă©crivaient au hasard. 75
( 594 ) OĂč ce monsieur a-t-il donc vu que c'est lĂ  Ă©quivaut Ă  cela ? S'il avait su tant soit peu 'de grammaire, il saurait que cela esi une expression Ă©quivalente Ă  cet objet qui est lĂ . Et ^ que de mĂŽme qu'on dit:, ce des savants, c'Ă©taient de beaux jours, on dit trĂšs-bien ce sont LA des savants, c'Ă©taient LA de beaux jours, sans que l'addition ou la suppression de la particule lĂ  influe en rien sur lĂš nombre du verbe. Du moin^, c'est ce que prouvent nos citations, qui valent mieux que les plus beaux raisonnements du Ăźnonde. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ce font lĂ  de grands hommes. Ce sont lĂ  vos affairĂ©s. S,ont-cc lĂ ' des fleurs Ăź Etaient-cc lĂ  des palais? DXU. C'est SUIVI DE qui. OOOO- ■ SINGULIER APRÈS qui. t * Ce n’est pas tant la pompe et la majestĂ© qui fait les rois. ^ ' (FlĂ©cuier.) C’est la force et lĂ  libertĂ© qui fait les excellents hommes. (J.-J. Rousseau.) C’est la duretĂ©, la hauteur des rois et leur molÂŹ lesse qui les rend incapables de veiller sur tous les membres de TĂ©tat. (FĂ©nelon.) Cest le goĂ»t, la vanitĂ© ou TintĂ©rĂ©t qui les lie. (Massillon.) Cest cette foi, cette dĂ©votion gui la conduisit et la rĂ©gla dans tous les offices de la vie chrĂ©tienne. ^ ' (FlĂ©chier.) ^ , pluriel aprĂšs qui. C’est le nombre du peuple et Tabopdance des aliÂŹ ments qui forment la vraie force el lĂ  vraie richesse des royaumes. - (FĂ©nelon.) Ce n’est plus la sagesse et TintĂ©rĂ©t public qui pré sident aux conseils, cĂ«st TintĂ©rĂ©t des passions. (DIassillon.) Ce ne sera ni la force de vos armĂ©es, ni TĂ©tendue de votre empire, qui vous rendront cher Ă  vos peuÂŹ ples, ce sont les vertus qui font les bons rois. ^ (Id.) C’est la mollesse et ToisivetĂ© gui rendent lĂ©s peuÂŹ ples insolents et rebelles. (FĂ©nelon.) Ce n’est ni Terreur ni la vanitĂ© gui ont inventĂ© ces noms magnifiques. (FlĂ©chier.) . Voyez quelle bizarrerie! s’écrient les grammairiens. On dit: C'est la mollesse et l'oisivetĂ© qui rendent, en mettant c'es{ au singulier et rendent au pluriel. Quelques-uns ont cherchĂ© Ă  expliquer cette espĂšce de contradiction. Lorsqu'on Ă©nonce le pronom cĂ©, diùérit-ils, les substantifs singuliers qui doivent suivre ne sont pas encore connus ; souvent mĂȘme celui qui parle ignore s'il en Ă©noncera plusieurs, et en attendant, il fait usage de Texpression c'est, qui reste correcte, soit qĂŒil n'Ă©nonce qĂŒun substantif, soit qĂŒil se dĂ©cide Ă  en Ă©noncer plusieurs; car, dans ce dernier cas, lo verbe singulier "est naturellement sous-entendu devant chaque substantif singulier. Il n’en est pas de mĂȘme lorsqu’on arrive au mot qui ; alors rien n'est incertain, l’énumĂ©ration est con- ; sommĂ©e et TidĂ©e plurielle qui en rĂ©sulte passe nĂ©cessairement au second verbe. Mais ces* raisons sont plus spĂ©cieuses que vraies, bien qĂŒelles appartiennent Ă  LeÂŹ mare, qui les a Ă©mises Ă  l’occasion des participes; comme on le verra plus tard. En effet, dit trĂšs-bien M. Marie, est-^ce que la pensĂ©e ne doit pas toujours devancer Texpression? Est-ce qĂŒau moment oĂč Ton prononce le mot ce les substantifs dont ce mot est le signe prĂ©curseur ne doivent pas ĂȘtre prĂ©sents Ă  la mĂ©moire? Depuis quand est-il permis d’al- lĂ«r des mots aux idĂ©es, et non des idĂ©es aux mots 1 Gardons-nous d'approuver des docÂŹ trines qui lĂ©gitimeraient ainsi la violation de tous les rapports grammaticaux, et dont le premier effet serait de rĂ©pandre d'Ă©paisses tĂ©nĂšbres dans le discours . D’ailleurs, une chose Ă  laquelle les grammairiens n'ont pas songĂ©, c'est qu'aprĂšs qui les auteurs oĂŒt mis tantĂŽt le singulier, tantĂŽt le pluriel, comme on le voit par nos cita- ^ons.
( 595 ) Pour ne pas nous rĂ©pĂ©ter, nous renverrons Ă  la pa^e 586 et suivantes, oĂč 1 on trouÂŹ vera la raison dĂ© cet usage. . . Les Ă©crivains ont mis aussi le verbe ĂȘtre au pluriel, tĂ©moin Texemple suivant : Seigneur, ce sont la femme et les enfants de Socrate, qui demandent qu'on les laisse entrer. (Bern. de Saint-PibrrbO EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. CV$t sa fiertĂ© cl son arrogance qni le font dĂ©tester. Cet places, c’est Tart et la natnre qui les a fortifiĂ©es. CĂ«st la sagesse et la piĂ©tĂ© dĂ  soiiTeraßÚ qnĂź fait le bonheur do C’est sa piĂ©tĂ© et son bon cƓur qui lui attirent ces hommage». 'NOMBRE DES VERBES vivre, importer, pĂ©rir, pouvoir, mourir, tomber, etc. ' Vive. Vive les jeunes gens! tout est feu, tout est grĂące; Ils ont quelques dĂ©fauts; ma foi, je les leĂŒr passe. (Brbt.) Yive le Seigneur et^ GĂ©^dĂ©on ! (Sacy.) Si je n’ñi plus de fils, que m’importe un empire? Que xsfimpQTte le ciel, ce jour que je respire? (Voltaire.) Que mHmpoftĂŽ Ă  prĂ©sentĂ©e peuple et son outrage, Et sa FAVĂŠĂŒR crĂ©dule, et sa pitiĂ© volage? (W.) QĂŒimporte sa pitiĂ© , sa joie et sa vengeance ? Ud.) Tombe Argos et ses mursI (Lemercibr.) Puisse la perfidie et la division Être le digne fruit d’une telle union I (Voltaire.) Que vous importe TĂ©terjutĂ© ou la crĂ©ation de ia matiĂšre, pourvu que vous rĂšconnaissiez un Bieu, maĂźtre de la matiĂšre et de vous ? {Id.) - T ‱ Vivent. - CĂ«st le Vestris de la voĂŻaiĂŻto, ^ Et vivent les canards pour apprenare a Ăąanief T (L^ontby.) Il est charmant, ma foi; vivent les o^s ĂŒespnt! (rALISSOT.) Je suis souris : vivent les rayet ‱ Jupiter confonde les chaUt (La roNTAnm.) Vivent la Champagne et la BouRGoOTna pour les bons vins I (AcadĂ©mie.) Dans cette solitude champĂȘtre qĂŒont nabiiee vi» ■ jĂšres, que vous importent les vains discours dee lommes, et leurs lĂąches intrigues, et leurs naines mpuissantes, et leurs trompeuses promesses ^ (Bergasse.) Qn’importent les plaintes et les muĂšmurks aci auteurs, si le public sĂ«n moque? (fĂ©raud.) Meurent plutĂŽt*les Grecs, moi, toi-mĂź|Mb et Cas- .(LeMERCIER.) [SANDEEt Puissent ces efficaces et saintes paroles ĂȘtre Ă©ternellement gravĂ©es dans votre esprit 1 (FlĂ©chier.) LĂ  plupart des grammairiens veulent que Ton dise : Vive les gens d esprit! et con damnent le pluriel sans prendre la peine de motiver leur opinion. Nous nous ornerons Ă  leur rĂ©pondre que les faits sont encore ici contre eux, et que, de mĂȘme quon Ă©crit pĂ©rissent les mĂ©chants! meurent les tyrans! il faut Ă©crire : vivent les gens espn e ' non VIVE les gens d'esprit! Bret a donc eu tort de dire : vive les jeunes gens. Toutos ces phrases sont Ă  la fois elliptiques et inverses. Vivent les gens d esprit! c’est-Ă -dire : je veux que les gens d'esprit vivent ; que vous importent es vains is cours des hommes? C’est pour : Je demande ce que les vains discours des hommes imÂŹ portent, etc. ; ce qui prouve, selon nous, la nĂ©cessitĂ©, ou plutĂŽt 1 indispensa ‱ pluriel. Quelle que soit la place du sujet, le verbe doit toujours en revĂȘtir e nom le ( ). (1) Cet accord du verbe ĂąvĂ©c son sujet ĂŒest pas particulier Ă  notre langue seule. H a Ă©galement lieu en itaiien. CĂ«st ainsi que le Tasse a dit : JHfuojono le cittĂ , rwMoyono i regnir (Quo les villes tombent, que les royaumes tombent !) C’esl donc Ă  tort que Voltaire a mis importe au singulier dans les vers suivants . Qu^mpor/e Ă  notre amour ou leurs moeurs ou leurs droits ? Qu’importe des remords Ă  mon juste courroux? Il faut qu’importent. L’AcadĂ©mie et tous les autres Ă©crivains font accorder ce v«rbe^ 'T
( 596 ) voit que quand les vĂ©rbes vivre, importer, pĂ©rir, etc., sont suivis, par inversion, asieurs substantifs singuliers, les Ă©crivains ont mis tantĂŽt le singulier, tant le plu- On de plusieurs substantifs singuliers, „ , riel. La raison de cet usage est la mĂȘme que celle que nous avons donnĂ©e au comÂŹ mencement de la syntaxe du verbe. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Vivent les sotlĂź PĂ©rissent les tyrans ! Meurent les traĂźtres ! Tombent ces superbes palais ! Puissent les dieux ! Qu’importent leurs cris? VERBE AU PLURIEL AVEC UN SUJET SINGULIER Tout ce qui reste encor de fidĂšles HĂ©bbeĂŒx Lui viendront aujourd’hui renouveler leurs vƓux. (Racine.) Et ce qu'il y avait de plus grands hommes dans la rĂ©publique se faisaient un plaisir et tenaient Ă  honneur de rendre ces sortes de services Ă  leurs concitoyens. (Rollin.) Tout ce qĂŒil y a d’noMMES sont presque toujours emportĂ©s Ă  croire, non pas par la preuve, mais par l’agrĂ©ment. . (Pascal.) Tout ce qĂŒil y a d’HABiTANTs nĂ©s libffes, mĂȘme ceux de condition la plus basse, ont accouru. * (D’Olivkt.) AprĂšs les bonnes leçons, ce qĂŒil y a de plus instructif sont les ridicules. (Duclos.) Tout ce qĂŒil y a'd'agrĂ©able jonf effectivement fes idĂ©es qui ont Ă©tĂ© prises de MoliĂšre. (MoliĂšre.) II. Ce que je vous dis lĂ  ne sont pas des chansons. (MoliĂšre.) 1 V Veffet du commerce sont les richesses. (Montesquieu.) Savoir manier les chevaux et les armes, sont des talents communs au chasseur, au guerrier. (Buffon.) Cc poison prĂ©parĂ© des mains de l'artifice, Sont les ARMES d’un sexe aussi trompeur que vain. (Voltaire.) La nourriture ordinaire de l’écureuil sont des FRUITS, des amandes, des noisettes, de la fatne et du gland. - (BĂŒffon.) Sa maladie sont des vapeurs. (Mℱe DE SĂ©vignĂ©.) La partie la plus piquante des contes sont les SCÈNES dialoguĂ©es. (Marmontel.) Cette espĂšce de chiens qĂŒon appelle chiens de Laconie, ne vivent que dix ans. (Boileau.) (( De mĂȘme qĂŒun sujet pluriel ne peut gouverner un verbe au singulier, de mĂȘme un sujet singulier ne peut s’accorder avec un verbe au pluriel, quel que soit 1e nombre de l’attribut. » ' CĂ«st coque rĂ©pĂštent Tun aprĂšs Tautre la plupart des grammairiens. Suivant cette rĂšgle, qĂŒils se sont faite,les phrases qui prĂ©cĂšdent seraient trĂšs-vicieuses. Sur quoi nous remarquerons que, dans les exemples de la premiĂšre sĂ©rie, ce Ă©tant une espĂšce de collectif, tout ce qui s’y rapporte peut ĂȘtre Ă©noncĂ© au pluriel de mĂŽme qĂŒau singulier. On met le pluriel quand TidĂ©e collective est plus frappante que TidĂ©e distributive. Quant aux phrases de la seconde sĂ©rie, ce qui prouve qĂŒelles sont bonnes, c’est qĂŒil serait impossible de substituer le singulier au pluriel sans que notre dclicatcsso en fĂ»t blessĂ©e. On doit en rendre compte par la direction de la vue de Tesprit qui se porte plus sur le mot qui suit le verbe que sur celui qui le prĂ©cĂšde. En effet, dominĂ©s par TidĂ©e de ce mot, qui est au pluriel, les auteurs ont mis le verbe aĂŒ mĂȘme nombre, sans s’apercevoir qĂŒils violaient les lois de la grammaire, et peut-ĂȘtre bien sans sĂ«n inÂŹ quiĂ©ter.
( 597 ) Ils ont prĂ©fĂ©rĂ© se laisser aller Ă  la nature des idĂ©es plutĂŽt que de se traĂźner pĂ©nibleÂŹ ment sur les mots. C’esl pour la mĂŽmĂ« raison que MoliĂšre a dit : Quatre ou cinq mille Ă©cus est un denier considĂ©rable y en mettant le verbe est en rapport plutĂŽt avec le mot denier qu'avec le vĂ©- ritable sujet quatre mille Ă©cus. D’ailleurs, les nombreux exemples que fournit notre liUĂ©rature suffisent pour faire admettre ces sortes de locutions. ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Tout ce qu’il y avait de braves soldats furent .. Tout ce qu’ily a de savants euFrance partagent cette opinion- Ce qu’il a chantĂ© sont des airs choisis. Tout ce qu'il vous a dit ne sont que dea contea. CONCORDANCE DU VERBE AVEC SON SUJET * \ \ SOUS LE RAPPORT DE LA PERSONNE. N” DXIIL ACCORD DU VERBE AVEC ÜN SEUL PRONOM. ♩ SINGULIER. Jf*ai songĂ©, comme vous, qu’à la GrĂšce, Ă  mon pĂšre, A moi-mĂȘme, en un mot, je devenais contraire. (Racine.) Tu n’as pas un sentiment, mon bon ami, que mon cƓur ne partage. (J.-J. Rousseau.) ĂŒn homme est assez beau quand t7 a l'Ăąme belle. (Boursault.) LĂ«nvie ne saurait se cacher. EUe accuse ct juge sans preuve; Ăšlle grossit les dĂ©fauts; elle a des quaÂŹ lifications Ă©normes pour les moindres fautes. (VaĂŒvenargues.) pluriel. Nous avons vu passer ces ombres fugitives. FantĂŽmes d’empereurs Ă©levĂ©s sur nos rives. (Voltaire.) SiuoMS avez perdu, dans ce combat funeste. Un empire, un Ă©poux, que la vertu vous reste. Ud.) Comme ils ont peu de part aux biens dont ils or- [donnent. Dans le cbampdu public largement ils moissonnent. (Corneille.) Peu de femmes ont assez de raison pour sentir le besoia quĂ«//es ont d’ĂȘtre gouvernĂ©es. (De LĂ©vis.) On voit, par ces citations , que le verbe avoir apparaĂźt sous six inflexions ou termiÂŹ naisons diverses : J'ai, tu as, il ou elle a, nous avons, vous avez, ils ou elles ont. Au singulier, on a, pour la premiĂšre personne, j'ai; pour la seconde, tu as; pour la troisiĂšme, il on elle a. Au pluriel, la premiĂšre personne est nous avons ; la seconde vous avez ; et la troisiĂšme, ils ou elles ont. Il peut donc y avoir Ă  chaque temps personnel d’un vĂšrbe six formes, dont trois pour la premiĂšre, la deuxiĂšme et la troisiĂšme personne du singulier, et trois pour la premiĂšre, la deuxiĂšme et la troisiĂšme personne du pluriel. ^ D’oĂč ce principe : Quand le verbe est Ă  un temps personnel, il s’accorde avec son sujet en nombre et en personne. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. J’aime. Je pensais. Tu aimes. Tu pensais, n ai .Tie. Il pensait. Nous aimons. Nous pensions. Vous aimex. Vous pcnsiex, lia siniĂŒQt. lia pcuiaieot. Je chantai. Tu cliaolas. Il ou elle chanta. Nous chantĂąmes. Vous clianLÛlcs, lia ou elles chanterant. Je plairai. Tu pl.a iras. 11 ou elle plaira. Nous plairons. Vons j)lairci.. Ils OU elles plairout. Qne je me promĂšne. Que tu te promĂšnes. Qu’il se promĂšne. Que nous nous ]>romeriions. Que vous vous pruijtcuiev.. Qu’ils se promĂšnent. Je dirais. Tu dirais. Il ou elle dirait. Nous dirions. Vous diriez, Ua ou elles diraient.
(5{)8) X DXrV. AÇCORD DĂŒ. VERBE AVEC PLÜSIEURS NOMS DE DIFFÉRENTES PERSONNES. ' Nous., Narhal et moi, nou# admirĂąmes la bontĂ© des dieux qui rĂ©compensaient notre sincĂ©ritĂ©. (FĂ©nblon.) Nous nous quittĂąmes, moi et VIndienne, aprĂšs nous ĂȘtre serrĂ© Ja main.. (Chateaubriand.) Je vous assure que twm# sympathisons, vous et moi. (MotiÈRE.) Prenons, vous et moi, un de ces grands bancs de rameurs. ' (FĂ©nelon.) Si de meilleurs conseils avaient Ă©tĂ© suivis, Ma fille, vous et moi, nous serions tous pĂ©ris, PlutĂŽt qu'un lĂąche aveu fĂ»t sorti de sa bouche. (Re GNARD.) Vous. Il* faut que toi et cetix qui sont ici fiissies les mĂȘpies serments^ pu je vous tuerai tous. / ' " ' (Vertot.) Vous et votre owuroge mĂ©ritez d’ùtre parfaits?. (VoltaĂŻrb.) Ni vous ni Vempereur ne voulez courir au. BosÂŹ phore. {Id.) Allez, vous et vos semblables n'ĂȘtes point faits pour ĂȘtre transplantĂ©^. (Montesquieu.) Il faut, madame, que vous dĂ©cidiez un pari que j'ai fait : i’a| gagĂ© .que cette dame et vous Ă©tiez de mĂȘme Ăąge. (Jd.) Nous devons induire des exemples de Tune et de Tautre colonne, que toutes les fois que le verbe se,rapporte^ non Ă  plusieurs sujets, comme le disent improprement les grammairiens (1), mais bien Ă  plusieurs substantifs de diffĂ©rentes personnes, il se met alors au pluriel et s’accorde avec la personne qui a la prioritĂ© dans le discours. On voit que la premiĂšre personne l’emporte sur la seconde , et que celle-ci, Ă  son tour, fait la loi Ă  la troisiĂšme. . En pareille circonstance, le seul sujet est nous ou vous; il peut ĂȘtre ou non exprime, et alors cĂ«st le goĂ»t, cĂ«st TĂ©nergie qui en dĂ©cident. Voici d’autres exemples Ă  l’appui de cette derniĂšre observation : AVEC nous. Votre pĂšre et mot', nous avon# long-temps Ă©tĂ© en- nernis Tun de Tautre. (FĂ©nelon.) PĂ©nĂ©lope, sa femme, et mot, qui suis son fih, nous avons perdu TespĂ©rance de le revoir. {Id.) SANS nous. . Ni vos nymphes ni mot n’avons jurĂ© par les ondes duStyx. ^ ‱ (FĂ©nelon.) ,J’ai ouĂŻ dire Ă  feu ma sƓur, que sa fille ci moi naquĂźmes la mĂȘme annĂ©e. (Montesquieu.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Toi et*moi nons sommes d’accord. Toi et moĂź nous sommes amis. Lui et nous sommes yiarents*. Kilo ctmoiBomines Ă©conomes. Vous et votre pĂšre vous vous portez bien. Vous et votre frĂšre vons ĂȘtes mes amis. Vous et lui n’ctes pas musiciens, Vous et eUe n'Ă©tes pas raisonnables. ACCORD DĂŒ VERBE APRÈS qiĂč. .coo.^ems N” PXy, Qui PRÉCÉDÉ dâ€™ĂŒN pronom PERSONNEL. C'est mo< qui suis Guillot, berger de ce troupeau. (La Fontaine.) Dans le champ de la vio U faut semer des fleurs. Et c’est nous trop souvent gut /atsons nos malheurs. (ChĂ©nier.) * (1) Dans les phrases dont il s'agit le verbe n'a et ne saurait avoir qĂŒun seul sujet; cĂ«st ce que nous avons dĂ©montrĂ© au chapitre des Pronoms personnels, oĂ» nous renvoyons tant pour TanalysĂ© de cefj sortes de phrasest que pour ia place que doiveut ĂŽcouper les prouomi pereotinale.
( 599 ) CĂ«st toi qui, ce matin, par des soins imprudents, As voulu me parer de ces vains ornements. (Regnard.) CĂ«st lui qui m’a ravi TamitiĂ© de mon pĂšre, Qui le fit mon rival, qui rĂ©volta ma iqĂšre. (Racine.) T O Neptune! cĂ«st vous gut' excitĂątes, pair votre superbe trident, toutes les eaux de votre empire. (FĂ©nelon.) CĂ«st eux qui ont bĂąti ce superbe labyrinthe. (Bossuet.) L’adjectif conjonctif qui, n’ayant par lui-^mĂȘme ni nombre ni personne, communique au verbe dont il est le sujet le nombre et la, personne du mot auquel il se rapporte. Ainsi, d’aprĂšs les ĂšxĂ©mplĂšs citĂ©s, il faut dire : moi qi(i suĂźs,‘ Ăźdi qui es, tui qui est, nous qui sommes, vous qui ĂȘtes, eux qui sont.' Ce principe posĂ©, les exemples qui suivent sont-ils corrects : Britannicus est seul ; quelque ennui qui le presse, Il ne voit dans son sort que moi qui s’intĂ©resse, ■ _ (Racine.) Je ne vois plus que votw gwt la puisse dĂ©fendre. * Ud,) VoilĂ , monsieur, de grands embarras, et il n'y a que vous seul qui puisse dĂ©brouiller une affaire si embarrassĂ©e. (FĂ©nelon.) Il n’avait que moi qui pĂ»t le secourir. (Voltaire.) Lemare approuve cette construction, oĂč^il ne voit qu’une ellipse trĂšs-simple, et il a raison. En effet, dans ces phrases, qĂŒi se rapporte au mot personne, individu sous- entendu, La construction pleine est donc : il ne voit (aucune personne, aucun individu autre) que moi qui s'intĂ©resse; je ne vois plus (d’autre personne, d’autre individu) que vous qui la puisse dĂ©fendre, etc. Ainsi, dit M. Dessiaux, toutes les fois que Ton peut sous-entendre personne, nul, inÂŹ dividu, il est permis, dans des phrases semblables, d’imiter Voltaire, Racine, FĂ©nelon. Je trouve donc, ajoute-t-il, qĂŒil existe une diffĂ©rence entre les deux phrases suivantes: Il n’y a que moi qui aime mon Ă©pouse. Il n’y a que moi qui aime son Ă©pouse. , LĂ  premiĂšre signifie : mon Ă©pouse n'est aimĂ©e que de moi. ' , La seconde : nul homme n'aime son Ă©pouse, exceptĂ© moi. Madame de' SĂ©vignĂ© s’est donc bien exprimĂ©e en disant : Il n'y d que moi qui PASSE . SA VIE Ă  ĂȘtre occupĂ©e et de la prĂ©sence et du souvenir de la personne aimĂ©e. VoilĂ  pour le singulier ; mais peut-on imiter ce passage de MoliĂšre : - Nous chercherons partout Ăą trouver Ă  redire, .Et ne verrons que nous qui sachent bien Ă©crire. Nous ne sommes pas mĂ©diocrement surpris que M. Dessiaux Tait condamnĂ© ; il nous semble que la construction Ă©tant exactement la mĂȘme que cĂ©lle des exemples que nous venons d’analyser, on ne saurait justifier Tune, sans aussi, pour ĂȘtre consĂ©quent, jusÂŹ tifier Tautre. La diffĂ©rence du pluriel n’y fait absolument rien. Or, en rĂ©intĂ©grant les . mots ellipsĂ©s, voici quelle est Tanalyse : Nous ne verrons (d’autres personnes, d’autres, auteurs) que nous qui sachent bien Ă©crire. Qui se rapporte, comme on le voit, au mot pluriel personnes ou auteurs sous-entendu, et MoliĂšre ne peut ĂȘtre blĂąmĂ© d’avoir mis le verbe Ă  la troisiĂšme personne du pluriel. NĂ©anmoins, dirons-nous en terminant, il faut, dans toutes les phrases analogues, suivre la construction gĂ©nĂ©ralement en usage, celle oĂč Ton fait accorder le verbe avec le pronom personnel qĂŒi prĂ©cĂšde le qui relatif, comme dans ces deux exemples : Je ne vois que nous deux qui soyons raisonnables. H n’y eut que moi qui espĂ©rai la victoire. (Collih-d’BUrlbville.) (FĂ©nelon.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. qaeVoM qttl.t, U'n’y a qVeax qui. «. CĂ«st moi qui,.. CĂ«st toi qui, *. CĂ«st lui qui... CĂ«st nous qui... CĂ«st tous qui . Cesont çnx qui.. n n*7 A quĂ© moi qui.,. Il n’y Ă» que toi qdi. *. U n’y a que loi qui*. * Il n’y a que nous qn!... Il n’y a
( 600 ) ■ «■o»»PiC80g N" DXVĂŻ. C883WHÂź Qui PRÉCÉDÉ Dâ€™ĂŒM adjectif. fVaccma point mon sort, c'est toi seul gui Vas fait. (Corneille.) C'est moi seul qui suis coupable. (Marmontel.) ' 0 CĂ«st vous seuls qui donnez Ă  la terre des poĂštes lascifs, des auteurs pernicieui, des Ă©crivains proÂŹ fanes. (Massillon,) Nous Ă©tions deux qui Ă©tions du mĂȘme avis. (Jacquemard.) Nous sommes ici plusieurs qui nous souvenons des grands succĂšs que nous eĂ»mes dans ta derniĂšre guerre. * (Dacier.) CĂ«st vous seuls qui vous chargez, par cet Ă©clat, de publier et de confirmer tous les propos de milord Édouard. (J.-J. Rousseau.) Lorsque le conjonctif qui suit immĂ©diatement un adjectif, comme dans ces exemples, le verbe prend le nombre et la personne du,pronom qui prĂ©cĂšde. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. C'ckt mol seul qui... C’eit toĂź-mĂȘme qui... Ocst luĂź seul qui... C'est nous seuls qui... C’cst vous seul qui... Ce sont eux seuls qui. .* > N“ DXYII. Qui PRÉCÉDÉ d’un adjectif PRIS SUBSTANTIVEMENT. ACCORD A LA OU A LA 2*^ PERSONNE. Vous ĂȘtes Je seul qui paraissiez me conduire de toute façon Ă  la fĂ©licitĂ©. (J.-J. RoussaeĂŒ.) CĂ«st mot qui le premier montrai aux Français quelques perles que j’avais trouvĂ©es dans son Ă©norme fumier. (Voltaire.) Je suis le premier qui ai fait connaĂźtre ShakesÂŹ peare aux Français. {Id.) Vous fĂ»tes les premiers qui Ă©levĂątes de grands théùtres. . [Id.) FiĂŒe d'Agamemnon, c’esl mot qui la premiĂšre. Seigneur, vous appelai de ce doux nom de pĂšre. (Racink.) Pour moi, qui le premier secondai vos desseins. {Id.) C’est vous qui le premier avez rompu nos fers. (Voltaire.) I Vous ĂȘtes Ăźcseul qui vous plaigniez qu’on ne sait Ă  quoi s’en tenir., (Massillon.) accord a la PERSONNE. Tu Ă©tais le seul qui pĂ»t me dĂ©dommager de l’abÂŹ sence de Rica. (Montesquieu.) Mais je ne suis pas Ăźe premier Qui prend pour femme, et sans mĂ«n mĂ©fier, Une ĂŒlle dĂ©pareillĂ©e. (Rkgnard.) Je suis, je crois, le premier auteur modĂ©rĂ© qui ait donnĂ© la description de la Laconie. (COATKAUBRIAND.) Souvicns-toi que 'je suis le seul qui Va dĂ©plu, (FĂ©nelon.) J'ai Ă©tĂ© malheureusĂ©ment leprcmtĂ«r qĂŒi ait fait connaĂźtre en France la poĂ©sie anglaise. (Voltaire.) S’il vous souvient pourtant gue jĂ« swtĂ« Ăźa premiĂšre, Qui vous ait appelĂ© de ce doux nom de pĂšre. (Racine.) Ma destinĂ©e a,encore voulu que je fusse le preÂŹ mier qui ait expliquĂ© Ă  mes concitoyens les dĂ©couÂŹ vertes du grand Newton. (Voltaire.) Vous ĂȘtes Ăźe premier qui ait commandĂ© son souÂŹ per chez soi. ' \ (/d). .O A l'occasion de ces exemples, les grammairiens nous disent que toutes les fois que le conjonctif qui est relatif Ă  Ăźe seul, le premier, il est prĂ©fĂ©rable de mettre le verbe Ă  la troisiĂšme personne (2Âź colonne), parce que, disent-ils, il y a ellipse du mot homme. PerÂŹ mis donc aux grammairiens d’agir ainsi, eux et tous ceux qui les croient sur parole ; mais la vĂ©ritĂ© est que ces mots h seul, le premier, sont tellement identifiĂ©s avec le proÂŹ nom qui les prĂ©cĂšde, que le verbe peut Ă©galement en prendre le nombre et la perÂŹ sonne (!'■« colonne).
( 601 ) EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Jo suis le premier qui... Je suis le premier qui... Tues le seul qui.., Tu es ie seul qui... Yous ĂȘtes te mĂȘme qui... Vous ĂȘtes la mĂȘme qul..v N" Dxvm. Qui PRÉCÉDÉ dâ€™ĂŒn substantif. ACCORD a la ou A LA 2Âź PERSONNE. Je suis DiomĂšde, roi d’Étolie, gut blessai VĂ©nus au siĂšge de Troie- (FĂ©nelon.) Je suis une 5ourgeotse Qui sais me mesurer justement a ma toise. (Regnard.) Et gut ĂȘtes-vous, que de vils instruments que je puis briser Ă  ma fantaisie; qui n'existez qu’autant que vous savez obĂ©ir, (Montesquieu.) En France, vous Ôtes tous honnĂȘtes gens, trente millions A'honnĂȘtes gens qui voulez gouverner le peuple par la morale et la religion. (P.-L. Courier.) Nous sommes deux religieux de Saint-Bernard gut voyageons pour nos affaires. (Florun.) Vous ĂȘtes un couple de fripons qui me jouez d'intelligence. (J.-J. Rousseau.) CĂ«st lĂ  que vous me vĂźtes, ĂŽ grande dĂ©esse qui habitez cette Ile. ' ' . (FĂ©nelon.) Nous sommes cinq amis que la joie accompagne, Qui travaillons ce soir au bon vin de Champagne. ‘ ‱ (Regnard.) Vous ĂȘtes des enfants qui, dans vos jeux, ne saÂŹ vez que faire du mal aux hommes. (J.-J. Rousseau.) Vous ĂȘtes un jeune chĂȘne qui essuyez une temÂŹ pĂȘte, et moi je suis un vieux arbre qui n’a plus de racine. (Voltaire.) 'Je ne suis gĂ©ant ni sauvage, Mais chevalier errant, qui rends grĂąces aux dieux, D’avoir trouvĂ© dans ce bocage Ce qu’à peine on pourrait rencontrer dans les cieux. (La ItoNTAINK.) ACCORD A LA 3Âź PERSONNE. Êtes-vous encore ce mĂȘme grand seigneur qui venait souper chez un misĂ©rable poĂšte? (Boileau.) Vous ĂȘtes toujours ce modeste Virgile qui eut tant de peine Ă  se produire a la cour d’Auguste. * (FĂ©nelon.) Nous sommes, au milieu de Tltalie, comme des enfants abandonnĂ©s qui errent parmi les ruines des palais de leurs aĂŻeux. (Villkmain.) Notre premier soin fut de nous habiller fort proÂŹ prement; puis, nous donnant pour deux' frĂšres galiciens qui voyageaient par curiositĂ©, nous conÂŹ nĂ»mes bientĂŽt de fort honnĂȘtes gens. (Lesage.) Mais 'Aceste, nous prenant pour des Ă©trangers qui cachaient leur dessein, ordonna quĂ«n nous en-' YoyĂąt dans une forĂȘt voisine. (FĂ©nelon.) Vous ĂȘtes venu, en vrai philosophe, en homme qui a Tesprit Ă©clairĂ© et un cƓur bienfaisant, (Voltaire.) Paris est fort bon pour un homme comme vous, monsieur, qui porte un grand nom et qui le sou-*’ tient. Ud'Y Je suis Vhomme qui accoucha d’un Ɠuf. Ud.) Vous ĂȘtes un gĂ©nie tutĂ©laire qui est venu conÂŹ solider la paix. (Laveaux.) Je suis ce TancrĂšde qui a ceint TĂ©pĂ©e pour JĂ©sus- Christ. (TradĂčct. de la JĂ©rus.) ...Oui, connais-moi, je suis ce Grec enfin Qui, dans ces mĂȘmes murs, balança ton destin. (Langue. ) A la suite de ces citations, que nous avons cru devoir multiplier, la dĂ©duction qĂŒil faut tirer devient facile, car, en prĂ©sence des faits clairement rassemblĂ©s, les difficultĂ©s, . quelque grandes quĂ«lles soient, s’évanouissent. Nous dirons donc ; . (1^* colonne.) Quand un pronom personnel et son attribut ne prĂ©sentent pas Ă  l’esprit deux ĂȘtres distincts, le conjonctif qui se rapportant nĂ©cessairement au premier, le, verbe se met Ă  la premiĂšre oĂč Ă  la seconde personne, soit du singulier, soit du pluriĂšl. (2Âź colonne.) Mais si le pronom personnel et son attribut, quoique identiques, forment Ă  TidĂ©e comme deux ĂȘtres sĂ©parĂ©s, dans ce cas qui est relatif Ă  l’attribut, et demande conÂŹ sĂ©quemment le verbe dont il est le sujet Ă  la troisiĂšme personne. 76
ĂŻl en est de mĂȘme lorsqu’il y a deĂŒx individus diffĂ©rents, comme dans ces exemples : Tu n>s ni David qui tua le gĂ©ant Goliaib, ni Judith qni immola Holopherne. (Le ch. D.) Si vous Ă©tiez fort comme Samson, qui fit Ă©crouler les voĂ»tes du temple, etc. (Girault-DĂŒvivikr.) L’ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par tu n’est pas celui que dĂ©signe le mot David, et comme cĂ«st ce dernier qui Ăą fait Faction de tuer, c’est Ă  lui seul que doit se rapporter le verbe qui marque cette action. Le raisonnement ^gt le mĂȘme pour tous les exemples semblables. Enfin le verbe se met encore Ă  la troisiĂšme piersbnne lorsque la proposition est nĂ©ga- . Iive, car alors il n’y a plus d’identitĂ© : Je ne suis pas un orphelin qui n’eut jamais con- Je ne suis pas jci un historien qui doit vous dé naissance de ses p/ents. (Boniface.) veloppĂšr les secrets des cabinets. (Bo^ssupr.) 'exercice PHRASÉOLOGIQÜE. 4 Je Ânta tin bon boargcois qni... Je vis en bon beurgcdi» qui... Vous ĂȘtes un protĂ©e qui... Vous ĂȘtes comme un prĂȘtĂ©e qni... Je suis un homme qui,,. Je suis l’homme qui;^ ^ ' Vous ĂȘtes un bon pĂšre qui... Vous ĂȘtes çe bon pĂšre ,,, Nous sommes deux amjs qui... Nous sommes ces denx amis qui... Tu es nn bon frĂšre qui... Tu es ce bon frĂšre qut... TLAÇI pu SUJET. DXIX. i28im3e»eeee- SUJET BÇVANT LE VERBE Tout esprit devient fort par TĂ©ruditlon. (Destouches.) Le destin rarement favorise Ă  demi. (PlRpN.) L’homme le plus obscur aime la libertĂ©. (Chateaubriand.) L’espĂ©rance tient lieu des biens qĂŒetta promet. (La CuaussĂ©e.) Nos destins sont prĂ©vus, no# moment# sont comptĂ©s. (ChĂ©nier.) La malĂ©diction suit les enfants rebelles. (La Harpe.) Il rĂ©sulte de ces citations qĂŒen principe gĂ©nĂ©ral le sujet doit toujours prĂ©cĂ©der le verbe, parce qu’ayant de dire qu’une chose est, il faut d’abord Ă©noncer cette chose. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L'hoTpmĂš pense' |j’eufant çrie. Les oiseaux chantent. Les champs verdissent. —00.9^0 DXX. SUJET APRÈS LE VERBE. li’air mĂ©pliitiqae des marais se trouve couTerti en air pur, comme Vont prouvĂ© des expĂ©riences utiles et curieuses. ■ (Bern. de Saint-Dierre.) H nĂ«st point de noblesse oĂč manque la vertu. (CrĂ©billon.) La fortune Ă©st Ă  craindre oĂč fnanque la sagesse* (Bourbault*) Il faut ĂȘtre heureux, cĂ«st la fin de tout ĂȘtre senÂŹ sible, cĂ«st le premier dĂ©sir que nous imprime la nature et le seul qui ne noĂŒs quittĂ© jamais. (J.-J. Rousseau.) Plus haute est la faveur et plus prompte est la chute. (Destouches.) Et ce nĂ«st point ainsi que parle la nature. (Saurin.)
f 603 ) ])e tous les sentiments quĂŻnspt're Ăźa nature, LĂ«mpur est le plus beau quand TamitiĂ© l’épure. (Fenouillot de Falb.) Les roaui sont ici-bas, les biens sont dans les cieux. LĂ  disparaĂźt enfin Vorgueil du rang suprĂȘme. . {Gb^NIĂȘr,) Nou^ venons de dire que le sujet doit toujours prĂ©cĂ©der le Verbe; cependant noĂŒs voyons par ces exemples que quelquefois aussi il pĂšut ĂȘtre mis aprĂšs; Ăšdit Ă©n prose, soit en poĂ©sie. Dans celle-ci Tinversipu est plps frĂ©quente, parce quĂ«lle donne au vers plus de rapiditĂ© et quĂ«lle en rend la cadence plus agrĂ©able et plus harmonieuse. En prose, on place surtout'Ie sujet aprĂšs le verbe, quand le premier est composĂ© de plusieurs mĂ«ts qui en dĂ©pendent, comme dans lĂ«xemple de Bernardin de Saint-Pierre. Du reste, cĂ«st le goĂ»t, cĂ«st roreille qu’il faut consulter. JSXERCïÇg PHRASÉOLOGIQUE. Comme ont vĂšcn nos pĂšres. Comme ont fait nos aĂŻeux. Ainsi que le public Ta voulu. Comme le rent Vasage. NÂź DXXI. 9^^ PLACE DĂŒ SĂŒJET DANS LES PI|RJ>SES INTEREQGATIVES . SANS UN PRONOM. V' . ’ '■ Que fera VamitiĂ© quand Tamour ne peut rien ? (La ChaussĂ©e.) De quoi n'est pas .capable une amante adorĂ©e? (Piron.) ...Quand Tamour rĂšgne avec violence, Que peut Ăźa faible voix de la reconnaissance? (Longepierre,) Mais que sert un long rĂšgne, Ă  moins qĂŒil ne soit (Boursault.) [beau? AVEC UN PRONOM; Le cƓtir des malheureux est-Al fait pour Tamour? . . (Decaux.) La mort esUelĂźe un mal ? La vie est-elle un bien ? (CRÉBILLONi) Ah! pourquoi Vhomme libre a-t-il créé des rois,- Si ce nĂ«st pour dĂ©fendre et protĂ©ger ses droits? ' ■ - (Saurin:)' Un cƓur dĂ©naturĂ© respecte-rtM les dieux ? (De Belloy.) Dans les phrases interrogatives, comme on le voit, le sujet, quel qĂŒil soit, se met tou- jouri s aprĂšs le verbe. A cet Ă©gard, Girault-Duvivier nous dit : c< EmployĂ© comme sujet, le nom ne se place aprĂšs le verbe que quand il est seul : OĂč est votre pĂšre? Mais il conservĂ© sa place avant le verbe, si le pronom correspondant doit marquer Tinterrogation: OĂč votre pĂšre est-il? « Quant au fait en lui-mĂȘme, il est vrai ; il n’y a erreur que dans la maÂŹ niĂšre dĂ«nvisager les deux constructions. Dans la premiĂšre, oĂč est votre pĂšre? votre pĂšre, voilĂ  le sujet; dans la seconde, ad contraire, oĂŒ votre pĂšre est-il? le seul sujet est il; car nous avons dĂ©montrĂ©, dans des phrases analogues, que t?o/re pcre ne pouvait ĂȘtre que lĂ«lĂ©ment d’une proposition elliptique. Ypyez au chapitre des Pronoms. EXERCÏCÉ PHRASÉOLOGIQUE. OĂč est votre domicile? Votre domicile oĂč est-il? Pourquoi yen&it cette fpmme? Pourquoi cette femme venait-elle? DXXII. PLACE DĂŒ SĂŒJET BANS LES PHRASES INTERJETÉES. 9 , , * e -, # r-, Heureux, disait Mentor, le peuple qui est conÂŹ duit par un sage roi | (FĂ©nelon.) Que j’ai pitiĂ© de yous I rĂ©pondit Mentor : votre passion est si furieuBe que yous ne la sentez pas/ (W Quoi donc! rĂ©pondit TĂ©lĂ©maque, pouvais-je reÂŹ fuser Ă  Calypso de lui raconter nĂ«s malheurs ? (FĂ©nelon.) O fils d'Ulysse 1 me dit Aceste, je ne puis refuÂŹ ser votre sang aux mĂąnes de tant de Troyens. * ■ m
( 604 ) Lorsque Ton rapporte les paroles de quelqu’un, et que dans une phrase interjetĂ©e on exprime le nom de la personne, le sujet de cette phrase se place toujours aprĂšs le verbe : Disait Mentor, rĂ©pondit TĂ©lĂ©maque, etc., sont des phrases interjetĂ©es, ainsi appelĂ©es parce qĂŒelles se trouvent enchĂąssĂ©es dans une autre et qĂŒelles y forment une incise. CoQtiotuit cet homme. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. [nteiTOispU quelqu’un. Reprit cette personne. Objecta mon pĂšre. N° DXXIII. PLACE DU SUJET APRÈS UN VEBBE AU SUBJONCTIF. Vive Ăźa libertĂ©! pĂ©rissent les tyrans! (COLABDEAU.) Vivent les collĂšges, d’oĂč l’on sort si habile hommel (MoliĂšre.) PĂ©risse Ăźe mortel, pĂ©risse le cƓur bas. Qui, portant dans ses mains le destin des Ă©tats. Plein des vils sentiments que l’intĂ©rĂȘt inspire, Immole Ă  sa grandeur le salut d'un empire I (Saurin.) ...Puisse ce jour ne pas apprendre Ă  Rome Tout ce que peut coĂ»ter la perte d’un grand hommel (La Harpe.) Puissent les dieux vous conserver Ă  nos enfants, et leur faire sentir la joie devivresous un si bon pĂȘrel (FĂ©nelon.) PĂ©rissent les beautĂ©s aux empires fatales, Qui, de nobles vertus indignement rivales. Plongent les jours des rois dans ToubU flĂ©trissant. Et n’osent s’illustrer qĂŒen les avilissant l (Poinsinet.) f PĂ©rissent Ă  jamais ces beautĂ©s malheureuses. Qui, loin de tempĂ©rer les rigueurs du pouvoir, Des peuples suppliants osent trahir l’espoir I (Langue.) Quand on exprime un souhait, un dĂ©sir, une volontĂ©, et que le verbe exprimant ce souhait, ce dĂ©sir, cette volontĂ©, est sous-entendu, dans ce qas, le verbe qui est au subÂŹ jonctif prĂ©cĂšde toujours son sujet, comme dans les .exemples ci-dessus : Vive la libertĂ© ! pĂ©rissent les tyrans l etc., cĂ«st-Ă -dire je dĂ©sire, je veux que la libertĂ© vive, que les tyrans pĂ©rissent, etc. Mais quelle diffĂ©rence entre la construction pleine et la construcÂŹ tion elliptique 1 L’une est faible et sans action sur les esprits; l’autre, au contraire, par sa concision, a tant de force, tant d’énergie, quĂ«lle est capable de soulever les plus grandes passions, ^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Vivent les bonnes gens ! PĂši-isscntles mĂ©chants ! ' Fasse le ciel que... Puisse la France.., N“ DXXÏV. i PLACE DU SUJET DANS LES PHRASES COMMENÇANT PAR tel, ainsi, voĂŒĂ  comment, voilĂ  quel, etc. Tel esf d'un cƓur Ă©pris l'aveuglement extrĂȘme, Il se fait un plaisir de s’abuser lui-mĂȘme. (Lefuanc.) Des plus tendres amants voilĂ  quel est le sort! Toujours leur passion trouve un injuste obstacle; Et pour les rendre heureux il faut quelque miracle. (Destoucues.) ■Je sais quel est le peuple : on le change en un jour ; 11 prodigue aisĂ©ment sa haine et son amour. (VOLTAIttO.) Tel est du prĂ©jugĂ© le pouvoir ordfnai're, H soumet aisĂ©ment le crĂ©dule vulgaire. (Lefranc.) Telle est la multitude, et sans frein et sans lois. Injuste, sans pudeur et sans remords ingrate, EUe hait qui la sert, et chĂ©rit qui la flatte. (La Harpe.) VoilĂ  ce Ă§ĂŒenfreprtf sainte ThĂ©rĂšse, ouvrage plein de difticuUĂ©s qui paraissaient insurmontables (FlĂ©chier.)
( ti05 ) Dans les phrases commençant par tel, ainsi, voilĂ  comment, voilĂ  quel, etc., le sujet se place aprĂšs le verbe. Tel est l'osiÀg** Pe lĂ  eat vesa ce broh. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ainsi finĂźt cette rixe. VoilĂ  comme se termine ce drame. VoilĂ  quels sont ses prindpM. D'oĂč est venu un pareil conte ? VoilĂ  comment agissent ces Iriponi. Ainsi va le monde* CONSTRUCTION. '‹«^83 N“ DXXV. 0^se«©e~- ELLIPSE OD REPETITION DU SUJET. ELLIPSE PU SUJET. Vhomme s’incline, s’agenouille, rampe, glisse, nage, se renverse en arc, fait la roue sur les pieds et sur les mains, se met en boule, court, marche, saute, s’élance, descend, monte, grimpe, Ă«t est Ă©gaÂŹ lement propre Ă  gravir au sommet des rochers et Ă  marcher sur la surface des neiges, Ă  traverser les fleuves et les forĂȘts, Ă  cueillir la mousse des fonÂŹ taines et le fruit des palmiers; Ă  nourrir Tabeille et Ă  dompter TĂ©lĂ©phant. (BĂšrn. PE Saint-PieiÎre.) rĂ©pĂ©tition PU SUJET. VĂ©tat d’un roi est bien malheureux. Il est lĂ«s- clave de tous ceux auxquels il paraĂźt commander; il est fait pour eux ; il se doit tout entier Ă  eux ; il est chargĂ© de tous leurs besoins; t7 est l’homme de tout le peuple et de chacun en particulier. Il faut qu’»7 s’accommode Ă  leurs faiblesses, qu’i7 les corrige en pĂšre, qu’t7 les rende sages et heureux, (FĂ©nelon.) Il se lĂšve, il regarde, U voit de tous cĂŽtĂ©s Courir des assassins Ă  pas prĂ©cipitĂ©s. (Voltaire.) Ces citations suffisent pour dĂ©montrer qĂŒil est permis d’exprimer ou de sous-entendre le sujet devant chaque verbe, selon les circonstances. Si on le sous-entend, comme l’a fait Bernardin de Saint-Pierre, la marche du discours en devient alors plus rapide; si, au contraire, on le rĂ©pĂšte, comme dans les exemples de FĂ©nelon et de Voltaire, cette ré pĂ©tition rend Ă  la fois la phrase el la pensĂ©e plus Ă©nergiques. EXERCICE PHRASÉOLOGIQ UE. Les animaux boivent, mangent, dorment, et n'ont aucun soucĂź. La femme que je connais est pleine de talents : elle peint, elle brode, et elle touche du piano. DXXVI. VERBE SÉPARÉ DE SON SUJET PAR UNE PuÙaSE INCIDENTE. Peuf-ĂȘti’E un malheureux, mourant sur son fumier, Du dernier des humains deviendrait \q premier, ^ (Delille.) Le ciel en divisant la France et VAngleterre, Sauve la libertĂ© du reste de la terre. (De Bellot.) la terreur comprimant VhonnĂȘte homme abattu. SĂšche rhuma-nitĂ©, fait taire la vertu. (CuĂ©nier.) « La raison d'aujourd’hui, semanf pour l’avenir. Versant ds tous cĂŽtĂ©s sa lumiĂšre fĂ©conde. Vaincra les prĂ©jugĂ©s, ces vieux tyrans du monde. Ud.) Quand un verbe est sĂ©parĂ© de son sujet par une phrase incidente, comme dans les exemples qui prĂ©cĂšdent, il faut avçir "soin, tant en prose quĂ«n vers, de ne pas lui en
( 606 ) donner ĂŒh second. D’aprĂšs cette rĂšgle, h’y aurĂ it-il pas ĂŒnĂš faute dans ce jpassĂ gĂ© de la Henriade : ' Louis, en ce gapment; prenant #oĂź> diadĂšpie, Sur le front du vainqueur t*ÂŁ le posa lui-mĂŽme, <( Si le poĂšte, dit Besçherj avait besoin d’un mot de trois syllabes pour faire son vers, ne pouvait-il pas dire : le dĂ©posa lui-mĂȘme, sans se servir de ĂŒ, qui semble superflu et donne une redondance nuisible Ă  la clartĂ© du sens? Nous rĂ©pondons que, dans les phrases un peu longues, lorsque l’idĂ©e du sujet Ă©noncĂ© d’abord commence Ă  s’affaiblir, jeg aufeurs peuvent le rappeler par il ou elle, relever ainsi l’expression, et lui donner de la vigueur. Louis plaça lui-mĂ©me le diadĂšme; il n’employa pas une main Ă©trangĂšre.: rien de plus convenable que le pronom il ppur . rendre cette idĂ©e, qui dĂŽtriiĂźie dĂ nsioutĂ© lĂ  phrasĂ©. Nous trouvons dans Buffon un exemple de la rĂ©pĂ©tition d’un mĂȘme sujet sous une double forme : ' La terre Ă©tant partout en friche, et couverte, dans toute son Ă©tendue, d’herbes grossiĂšres, Ă©paisses et touffues, elle ue s’échauffe, nĂ© se sĂšche jamais. Pour quel Ăźhotif rejeter de la langue cette maniĂšre de s’exprimer, qui lui, est nĂ©cesÂŹ saire ? Il ne' faudrait pourtant pas eh abuser. » . Cette opinion de Bescher est conforme Ă  celle que nous avons Ă©mise aĂŒ chapitre des Pronoms personnels. Nous ne pouvons mieux faire que d’y renvoyer le lecteur ; il verra Ă  quelle analyse sont soumises ces phrĂ ses en apparence si irrĂ©guliĂšres. EXÉRCICE, PBRÂ^ÉOLOGÏQiJÉ, Cet homme; ptenant son tç mit stir sa tĂȘte: Le roi, ayant vaincu ses eoocmis, leur pardonna. ÉnĂ©e, chargeant son pĂšre et ses dieux pĂ©nates siir son dos, soi tit de Troie. ' « N" BXXVII. * * * RËÈÉtltiON OD ELLIPSE Dtl VERBE, QUAND LES SUJETS SONT DE MÊME NÔMBBE. VERBE RÉPÉTÉ. VespĂ©rance anime le courage, la crairUp anime l’activitĂ©. (EdgĂ©worth.) VinquiĂ©tude des dĂ©serts produit la curiositĂ©, l’inconstance; le vide des turbulents plaisirs proÂŹ duit Tennui. Rousseau.) La fiertĂ© du cƓur est Tattribut des honnĂȘtes gens ; la fiertĂ© des maniĂšres est celle des sots; la fiertĂ© de la naissance et du rang est souvent la fiertĂ© des dupes. (Duclos.) VERBE ÉLLIFSÉ. On/‘ofpnne les plantes par la culture, et les homÂŹ mes par TĂ©dĂ»cĂątion, (J.-J. Rousseau.) La constance vient de la stabilitĂ© du caractĂšre, comme Vinconstance de la lĂ©gĂšretĂ©. (Livnv.) L’imposture esf le masque de lĂ  vĂ©ritĂ© : la fausÂŹ setĂ©, une imposture naturelle; la dissimulation, une imposture rĂ©flĂ©chie; la fourberie, une imposÂŹ ture qui veut nuire; la duplicitĂ©; une imposture qui a deux faces.' (Vauvenargues.) D’aprĂšs ces exemples, on voit qu’il est des phrases oĂč, lorsque ies sujets sont de mĂȘme' nombre, bn peut rĂ©pĂ©ter le verbe, et qĂŒil en est d’autres oĂč l’on peut le sous-enteudi e.V A cet Ă©gard, il n’y a de rĂšgle Ă  suivre que le goĂ»t, l’élĂ©gance et la clartĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. s. La route des prĂ©cepies est longue; celle des exemples est plus Le travail conduit Ă  lu piospĂ©iĂŻiĂ©, la paresse a la misĂšre. * courte et plus sĂ»re. . Les livrĂ©s anciens sont pour les auteurs, les nouveaux ^>our tes lac- L'hommc est uu ĂȘtre raisonnable, Tanimal est un Ă©tro sans raison. leurs.
(.6.07) N° DXXVIII. - RÉPÉTITION OU ELLIPSE DĂŒ VERBE QUAND LES SUJETS NE SONT PAS DE MÊME NOMBRE. TÊRBB RÉPÉTÉ* La prĂ©sence d’esprit, la pĂ©nĂ©tration, les Ă bseii>a- tiĂ fis fines, sont la science ides femmes; VhahilĂ©tĂ© dĂ© sĂ«n prĂ©valoir est leur talent. (J.-J. Rousseau.) La conscience est la voix dĂ© TĂąme, les passions sont la voix du corps. \(4*) Son culte est avili, sa» lois sont profanĂ©es. (Gilbert.) VEĂ BÉ ÊLLiPSÉ.' La vie nous parait courte, Ă©t les heures longues ; nous voudrions allonger la chaĂźne et rĂ©trĂ©cir les anneaux. (PensĂ©e d'AppissoN.) Son regard est brĂ»lant, ses pas dĂ©sordonnĂ©s, Ses^ chants sont la nature, et son poĂšme un monde. (Delille.) TousrĂ©gnez;Xoi^fas asMibire; etuos/pts florissantes. (Voltaire.) Oa apprend par ces exemples que lorsque les propositions d’une phrase ont des sujets de nombre diffĂ©rent et qĂŒelles sont toutes construites avec le mĂȘme verbe, celui-ci peut ou non ĂȘtre ellipsĂ©. QĂčĂ«lquĂ©s grammairiens voudraient que dans ce cas on rĂ©pĂ©tĂąt touÂŹ jours le verbe; mais, en prOse comme en vers, le besoin de prĂ©cision permet de ne pas tenir compte de cette rĂšgle. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Dans cette bataille le gĂ©nĂ©ral fut tuĂ©, et Jes troupes taillĂ©es cn Tous les mĂŽmĂ©otĂ  oĂč repose sa lyre sont <Ju8 Ă  FrĂ©dĂ©ric, le reste Ă  piĂšces. Tunivers. DU COMPLÉMENT DES VERBES. N“ DXXIX. DU COMPLEMENT DIRECT ET DU COMPLÉMENT INDIRECT APRÈS LE VERBE. Dans les malheurs publics, uu monarque Ă©conome Doit-il prodiguer Vor aux besoins d’un seul homme ? (De BĂ©Lloy.) NĂš fais jĂŻOÎDt de mal au prochain; Ji retomberai^ sur loi-mĂȘme. ‱ (Du Tremblay.) ^ Met tout le monde contre 'soi Qui fait Ăąu mal Ă  tout le monde, (Du Cerceau.) AVANT LE VERBE. Le malheur vainement Ă  la mort nous dispose .* On la brave de loin ; de prĂšs cĂ«st autre chose- (J.-B. Rousseau.) De valets ĂŽn peut se passer Quand on est sous les yeux du maĂźtre. (Voltaire.) Dans la pasrion qui le guide, -L’homme par lĂ  raison devrait se modĂ©rer. (Lenoble.) \ Ces citations nous montrent : ,1Âź QĂŒun verbe peut avoir deux complĂ©ments; l’un direct, l’autre indirect. Dans pro- digĂŒer Vor aux besoins d'un seul homme, Vor est le complĂ©ment direct, et aux besoins Aomwe, le complĂ©ment indirect. 2Âź Que ces compiĂ©ments se construisent ordinairemeui aprĂšs le verbe, comme l’indi-
( 608 ) qnent les exemples de la premiĂšre colonne; mais que, d’aprĂšs ceux de la seconde,il peut y avoir inversion, n suit de lĂ  que Racine n’aurait pas dĂ» dire : Ne tĂźoti# informcz'pas ce que je deviendrai. ni Boileau: « CĂ«st Ă  vous, mon esprit, Ă  qui je veux parler. parce que dans le premier vers le mĂȘme verbe a deux complĂ©ments directs, vous et ce; et que dans le second il a deux complĂ©ments indirects : Ă  vous, Ă  qui. Il aurait fallu : Ne vous informez pas de ce que, etc.; c'est Ă  vous que, etc. Au reste, pour cette derÂŹ niĂšre construction, nous renvoyons au chapitre des Pronoms relatifs, oĂč cette difficultĂ© a Ă©tĂ© traitĂ©e. ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. / m. 0 DĂšetarer la guerre aux ennemis. ^ Donner son bien aux pauvres. Se dĂ©pouiller de la souveraine puissance. S'honorer de l'estime des gens de bien. —DXXX. UN SEUL COMPLÉMENT AVEC PLUSIEURS VERBES. PHRASES COnRECTKS. Toujours, pour Ă©clairer et charmer Vunivers, La raison emprunta le prestige des vers. (Delille.) Qui se venge Ă  demi court lui-mĂȘme Ă  sa peine. Il faut ou condamner ou couronner sa haine. (Corneille.) Heureux le sage roi qui connaĂźt sa faiblesse, Et qui, laissant flĂ©cbir sa douce autoritĂ©, Cherche, accueille, encourage, entend la vĂ©ritĂ© ! (CUÉNIEU.) La force fonde, Ă©tend eimaintient un empire. (Saurin.) PHRASES VICIEUSES. Le roi de ErancĂš avait su connaĂźtre et #e servir de ses avantages. ‱ «i. Le souverain crĂ©ateur prĂ©side et rĂšgle le mouveÂŹ ment des astres. Un grand nombre de vaisseaux enfrenf et#orfenf tous les mois de ce port. ĂŻl attaqua et s’empara de la vĂ»le. Pour quĂŒn nom puisse ĂȘtre en rapport avec^plusieurs verbes, il faut que ces verbes appellent aprĂšs eux le mĂȘme complĂ©ment. Ainsi les phrases de lĂ  premiĂšre colonne sont correctes, parce que Ton a pu dire: Ă©clairer, charmer Vunivers ; condamner, couronner sa haine, etc., le mĂȘme complĂ©ment convenant Ă  chaque verbe. ‱ Mais les phrases de la seconde colonne sont vicieuses , en ce que les verbes demanÂŹ dant les uns un complĂ©ment direct, les autres un complĂ©ment indirect, ou se construiÂŹ sant avec diffĂ©rentes prĂ©positions, Tellipse de lĂŒn des complĂ©ments ne saurait avoir lieu; il faut, dans ce cĂżs, qĂŒils soient exprimĂ©s tous les deux. ConsĂ©quemment, ces phrases, pour ĂȘtre correctes, devraient ĂȘtre construites ainsi: i Le rui de France avait su connaĂźtre ses avantages et s'en servir. V Le souverain crĂ©ateur prĂ©side au mouvement des astres et le rĂšgle. Un grand nombre de vaisseaux entrent dans le port et en sortent tous les mois. Il attaqua la ville eis'en empara. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. . Le joleil ccbaufle el «nitne toutes choses. Prenez l’argent et disposez-en. Cette mĂšre aime, adore let enfante.' Je snĂźe eenaible Ă  votre procĂ©dĂ©, et j'en enis plus que eatiifait.
( 609 ) ^ N‘ DXXXI. PLACE DĂŒ COMPLÉMENT DIRECT AVANT LE COMPLÉMENT INDIRECT. Tout le monde adore la fortune, et tout le monde 8’cn plaint. Nous attribuons ses faveurs Ă  notre mé rite, nous la rendons coupable de nos fautes, (De SÉGUR.) \ Le malheur ajoute un nouveau lustre Ă  la gloire des grands hommes. (FĂ©nelon.) L’ambĂźtion, qui est prĂ©venante, sacrifie le prĂ©^ sent Ă  Tavenir; la voluptĂ©, qui est aveugle, sacrifie Vavenir au prĂ©sent; mais lĂ«nvie, l’avarice et les autres passions empoisonnent le prĂ©sent et Tavenir. (Terrasson.) Le dernier degrĂ© de la perversitĂ© est de faireser- vir lĂ©s lois Ă  Tinjustice. (Voltaire.) Si un verbe a deux complĂ©ments diffĂ©rents et qĂŒils soient de mĂȘme Ă©tendue, le comÂŹ plĂ©ment direct doit, d’aprĂšs l’ordre des idĂ©es, venir avant le complĂ©ment indirect, Ă  moins cependant qu’il ne faille Ă©viter une Ă©quivoque. Ainsi l’on ne dira pas: Ce phyÂŹ sicien arrache tous ses secrets Ă  la nature; tĂąchez de ramener ces esprits Ă©garĂ©s par la douceur, parce qu’alors le sens serait Ă©quivoque ; mais on dira : Ce physicien arÂŹ rache Ă  la nature tous ses secrets ; tĂąchez de ramener par la douceur ces esprits Ă©garĂ©s. On met encore le complĂ©ment direct avant le complĂ©ment indirect, quand le preÂŹ mier est plus court : PrĂ©fĂ©rer la mort Ă  une honteuse servitude. (FĂ©nelon.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il ffiut dire la vĂ©ritĂ© aax hommes. Faites dn bien aux pauvres. PrĂ©fĂ©rez la pauvretĂ© Ă  la fortune acquise par des bassesses. Donner son temps Ă  l'Ă©tude. Menacer les ennemis de la gnerre. Signaler un crime Ă  la vindicte publique. N“ DXXXII. PLACE DĂŒ COMPLÉMENT INDIRECT AVANT LE COMPLÉMENT DIRECT. LĂ«rgueil et la vanitĂ© ne pardonnent pas Ă  Vami- HĂ© la connaissance quĂ«lle acquiert de leurs faiÂŹ blesses. (Saint-Évrbmont.) Les hypocrites parent des dehors de la vertu les vices les plus honteux et les plus dĂ©criĂ©s. (CitĂ© par NoĂ«l.) Les femmes sont comme les princes, souvent elles accordent Ă  VimportunitĂ© ce que la faveur n’aurait pas obtenu. (De LĂ©vis.). ^ Nous prĂ©fĂ©rons Ă  une heureuse mĂ©diocritĂ© les riÂŹ chesses , qui sont, hĂ©las ! la source de toutes nos infortunes. (Boinvilliebs.) Par ces exemples on apprend que si le complĂ©ment indirect a moins d’étendue que le complĂ©ment direct, celui-ci se place alors le dernier. En gĂ©nĂ©ral, le complĂ©ment indirect vient le premier, toutes les fois que le goĂ»t en fait une loi, et que la phrase en est plus coulante. Exemple : Vos vaisseaux rendront Ă  son fils un service signalĂ©; ils rĂ©pandront dans Ithaque et dans les pays voisins le prochain retour d’Ulysse. (FĂ©nelon.) V * ' EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. PiĂ©rĂ©ierĂ  la fortaae une. vie tranquille el douce. Donner 4 nn ami de meiUenrs conseil». Attribuer 4 quelqu'un de» fautes qu’il n’a pas commises. Pardonner Ă  quelqu’un les offenses qu’il nous a faites, 77
(610 ) Dxxxni. COMPLÉMENTS DE HÉHE NATURE. PHRASES CORRECTES. Charlemagne aimait les lettres et la sociĂ©tĂ© de ceux qui Ves cultivaient, f (CitĂ© par NÔEt.) Saint-LoĂŒis aitnĂ it Ă  rendrĂ© lĂ  justice et Ă  chĂ n- « ter les loĂŒĂąngĂȘs du Seigneur. (BoiNviLLiERs.) Ii ri’ùSt pas nĂ©cessaire d’apprendre Ă  tirer de.Varc m Ă  mafĂŒer le jdvelot. _ (JTd.j Je vbiis souhaite du bien, et jĂ© dĂ©sire qu'il vous profite. (Le François.) PHRASES INCORRECTES. Charlemagne aimait les Zeffres et Ă  vivre avec ceux qui lĂ©s cultivaient. Saint-LoĂŒis aimait lĂ  jusĂŒcĂš et Ă  chanter les louaiiges du Seigneur. ^ Il n’est pas nĂ©cessaire d’apprendre Ă  tirer de l’àrc, ni lĂš mariierfiĂ©rit dĂ» javelot. JĂ© Vous souhaite du bien, et qĂčil vows profite. Lorsqu’un verbe a plusieurs complĂ©ments de mĂȘme naturej les parties qui les constiÂŹ tuent doivent ĂȘtre semblables ; elles se composent de substantifs, de vĂŒrbĂ©s ou de prĂ©poÂŹ sitions. Il rĂ©sulte de lĂ  que les phrases de la premiĂšre colonne sont correctes, et que celles de la seconde Ă©tant vicieuses j lie doivent pas ĂȘtre imitĂ©es: On dira donc : ^limcr LES LETTRES et LA SOCIÉTÉ DE CEUX qut Us Cultivent; apprendre attirer dĂš Varc et A MANIER le javelot, etc.; et non : aimer les lettres et a vivre avec ceux qui les culÂŹ tivent; appreridre a tirer de Varc et le maniement du javelot, etc. ÉïÉkciCÊ PhrasĂ©ologique. Aimer le jeu et l’ctudc. Se plaire au spectacle et Ă  la promenade*. Aimer Ă  chasser et Ă  monter Ă  cheval. Condamner Ă  Tamende et Ăą la prison. Jccrois'que vos raisons Sont excellentes et que vous le conv.nin- ctcz. Je vous rĂ©ponds de votre libertĂ©, et je vous assure que vous n’anrcx aucune crainte Ă  avoir. —W DXXXIV. VERBES QUI ONT FOUR COMPLÉMENT UN AÜTKE VERBE A l’iNFINITIF. H n’y a rien que les hommes aiment mieux conÂŹ server, et qĂŒils mĂ©nagent moins que leur propre vie. (La ErutĂšre.) Je ne condamne plus un courroux lĂ©gitime ; - , Et Ton vous va, seigiieĂŒf, Hbfer votre victime. (RAciNEi) ‘ LĂšs grands ne croient ĂȘtre nĂ©s que pBĂŒr eut-mĂŽ- meĂ©. (Massillon:) JĂ©ptĂ©thnds voĂŒs ir'aitĂšr comme mbri propre fils. (Racine.) ... On ne voit guĂšre Les hommes; en ce siĂšcle; accueillir la misĂšre. (PlRON.> Je «eni de jour eh jour dĂ©pĂ©rir mon gĂ©nie. (BOÜEAt.) J’aime mieux voir en compagnie exquise Mou lils au bal qĂŒen mauvaise Ă  TĂ©glise. (J.-B. Rousseau.) Et le Rhin de ses flots tra grossir la Loire, Avdnt tiĂŒĂš les fĂąVedfs sbherit^de ma mĂ©moire. (Boileau.) Un seul jdiir petdu devrait nous, donner des reÂŹ grets. (ĂąlASSiLLÔN.) C’est lui quĂ© \ĂšprĂ©tendĂ© honorĂ©r aujourd’hui. (Racine.) . yĂ©ulez-vous du public mĂ©riter les amours? Sans cesse, en Ă©crivant, variez vos discours. ' . (Boileau.) Je senfts tout mon corps et transir et hrĂ»ler. (Racine.) w — Il est de» verbes qui peuvent avoir pour complĂ©ment un autrĂ« verbe a l’infinitif, Ă«t ce sans le secours d’une prĂ©position : tels sont aimer mieux, aller, croire, prĂ©tendre, voir, Sentir, etc. L’usage les fera connaĂźtre; U fera connaĂźtre aussi parmi ces verbes ceux qui quelquefois prennent l’une des prĂ©positions Ă  ou de. EspĂ©rer, souhaiter, par exemple, se constriiisĂ©nt avec oĂč sans la prĂ©positibn de.
{ 611 ) SANS de. .‱.yespĂ©rĂ iĂȘ y rĂ©gner sans effroi. (Boileau.) 11 ne souhaitait ĂȘtre son collĂšgue que pour ĂȘtre son disciplĂȘ. (Vertot.) AVEC de. PeutMin Ă©spĂ©reir dĂ© voĂŒs revoir aujourd'hui Ăź (AcadĂ©mie.) Il souhaitait avec passion de s’emparer de sa personne et de ses trĂ©sors. (Bollin.) Girault-Duvivier pense que ce serait une faute de ne pas faire suivre toujours de la prĂ©position de le verbe espĂ©rer quand il est Ă  rinfinitif. Voici entre inillĂ©,uri Ă©xĂ©tople du contraire : Quand dĂŽis-jĂ© donc espĂ©rer vous vd/f V (Voltaire.) * * «On peut juger par lĂ  combien il faut ĂȘtre incessamment Ă©h gardĂ© contre lĂšs.dĂ«ciBions des grammairiens, ihĂȘmĂ« sĂ»r les choses lĂšs plus simplĂ©s: ÈXÉnClùÉ PBRASÉOLOGIQÜE. » 1 Compter voir quelqu’un. Daigner parler Ă  qaĂ«lqu’nn. Devoir faire quelque cnosç: Entendre nommer quelqu’un. Faire foire quelque chose. Faire taire quelqu'un. Laisser fotrĂ« quĂąqĂŒ'tĂźQ. Venir dire quelque cHbsĂ©. Penser voir quelque cituse. Pouvoir faire quelque chose. PrĂ©tendre parler. Savoir Ă©crire.* Sembler voir. ^ S’imaginer ĂȘtre. Valoir mieux te taire. .Voir souffrir.. Vouloir travailler. Aller voir quelqu’un. ParaĂźtre avoir. Âimer mieux rester. N“ DXXXV. VERBES QUI EXiGÈNT LÀ- 'pjSÉPÔSiTiOÎT Ă  DÈVÂNT ÔN ÀOTRE VËRBE A l’iNFIOTTIF, L’honneur, 1& probitĂ©, le sens et la raison. Demandent qĂŒon s’applique avec attention A remplir sĂ©s devoirs, Ă  tiĂ© riĂŒii*Ă« Ă  personne. (Voltaire.) Les mourants qui parlent dans leurs testaments peuvent s’àiiendre Ă  ĂȘtre Ă©coutĂ©s comme des oraÂŹ cles. (La BruyĂšre.) La religion ĂŒa pas, comme la philosophie, bornĂ© toute sa gloire Ă  essayer de former un sage dans chaque siĂšcle; elle en a peuplĂ© toutes les villes. (Massillon.) Dieu se complaĂźt, ma fille, Ă  voir du haut des cieux Ces grands combats d’un cƓur sensible et vertueux. (Voltaire.) Il y a dans certains hommes une certaine mé diocritĂ© d'esprit qui confrtdtie Ă  les rendre sages. (LaBrutĂšrk.) Tel excelle Ă  rimer qui juge sottement. (Boileau.) La religion nous apprend Ăą obĂ©ir aux puissances, Ă  respecter iibs maĂźtres, Ă  souffrir nos Ă©gaux, Ă  ĂȘtre affable envers nos infĂ©rieurs, Ă  aimer tous les homÂŹ mes oommĂš nous-mĂȘmes. (Massillon.) Nous n’auons jamais qu’un moment a uivre, et nous avons toujours des espĂ©rances pour plusieurs annĂ©es, (FĂ©nelon.) L’homme dĂŒ meilleur esprit parle peu. n’écrit point ; il ne cherche point d imaginer ni d plaire. (La BruyĂšre.) La libĂ©ralitĂ© consiste moins Ă  donner qu’d donÂŹ ner Ă  propos. Ud.) - Il y a dans le cƓur de celui qui prie un fonds de bonne volontĂ© qui le disposĂ© Ă  embrasser Ăšt d senÂŹ tir lĂ  vĂ©ritĂ©. (FlĂ©cuier.) Qui pardonne aisĂ©ment invite Ă  l’offenseri (Corneille.) / 11 y a dĂšs verbĂ©^ gĂči ĂšxigĂ©ht lĂ  prĂ©position Ă , lorsqu’ils sont suivis d’un autre verbe Ă  l’infinitif; tels sont ceux qui figurent dans l'exercice suivant EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. .S’abaisser. S'abandonner. Aspirer. Avilir. Condamner. Donner.^ Emplovcr, ExceUer. HĂ©aitor* Aboutir., Accoutnmer. Assigner. ‱ Avoir, Consentir. DĂ©sapprendre. S’amifoer. Exciter. Inviter. S’acbavner. S’adonner. Assujettir. Balancer. Consister, DĂ©terminer. Encourager. Vouer.' Manquer* Aimer; S'attacher. Se borner. Conspirer. DĂ©vouer, S’enhardir. Exposer. Mettre. S’évertuer. S'animer, S’appliquer. S’attendre. Chercher. DĂ©cider. Disperset. Enseigner. Former. Montrer. . Apprendre. ApprĂȘter. Autoriser. Concourir. Demander. Dresser. S’étadiftr; Habituer. NĂ©cesiiier.
(612) N" DXXXtI. VEBBSS QUI EXIGENT LA PRÉPOSITION de DEVANT UN AUTRE VERBE A l’iNFINITIF. On croit faire grĂące Ă  des malheureux quand on n’tiekĂšve pas de les opprimer. (FlĂ©chier.) ^ On ne sĂ«st jamais peut-ĂȘtre avisĂ© de s’affliger de n’avoir pas trois yeux, mais on est inconsolable de - nĂ«n avoir quĂŒn. (Pascal.) Sans cesse on prend le masque, et quittant la nature, On craint de se montrer sous sa propre figure. (BoileaĂŒ.) . Le timide chevreuil ne songeait plus Ă  fuir. Et le daim si lĂ©ger s’étonnait de Zangwir. (Delille.) Un auteur nĂ«st jamais parfait Quand il nĂ©glige d’ĂȘtre aimable. (Bernis.) Recommandes Ă  vos enfants de fuir le vice, d’aiÂŹ mer la vertu. (AcAnÉMiE.) Nous affectons souvent de louer avec exagĂ©ration des hommes assez mĂ©diocres. (La BruyĂšre.) Tant qu’Alexandre eut en tĂȘte un si grand capiÂŹ taine, il put se glorifier d’avoir vaincu un ennemi digne de lui. (Bossuet.) Le ciel protĂšge Troie; et par trop de prĂ©sages Son courroux nous dĂ©fend d’en cher cher les passages, (Racine.) ĂŒn vers Ă©tait trop faible, et vous le rendez dur. J’évite d’ĂȘtre long, et je deviens obscur. (Boileau.) Des maux que nous craignons pourquoi nous assurer? L’incertitude au moins nous permet d’espĂ©rer. (Racine fils.) ĂŻl faut rougir de commettre des fautes et non de les avouer, ' « (Voltaire.) Certains verbes prennent la prĂ©position de, lorsqu’ils sont suivis d’un autre verbe Ă  l’infinitif ; tels sont entre autres ceux qui se trouvent dĂ©signĂ©s CMprĂšs : EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. S'abstenir. ApprĂ©hender. Charger. Craindre. DĂ©libĂ©rer. DĂ©serter. _ Dispenser. S'enorgaeillir. S’excuser. Accuser. Avertir. Commander. Ordonner. Se dĂ©pĂȘcher. DĂ©tourner. Dissuader. Enrager. S’exempter. Achever, S’aviser. Conjnrer. DĂ©daigner. DĂ©sa ccoutn mer. DiffĂ©rer. Se douter. Entreprendre. Éviter. Affecter. BlĂąmer. Conseiller. Sc dĂ©dire. DĂ©sespĂ©rer. Dire. Épargner, Feindre. NĂ©gliger. S’affliger. BrĂ»ler. Se contenter. DĂ©fendre. Se dĂ©shabituer. Discontinuer. EmpĂȘcher. Essayer. Se fĂ©liciter. Ambitionner. Cesser. Convenir. DĂ©sirer. Se dĂ©sister. Disconvenir. Enjoindre. S’étonner, FrĂ©mir. N“ DXXXVII. VEBBES qui prennent la prĂ©position Ă  OU de devant un autre VERBE A l’infinitif. Je commence Ăą rougir de mon oisivetĂ©. (Racine.) Pourquoi conftnwer Ă  vivre pour ĂȘtre chagrin de tout, et pour blĂąmer tout depuis le matin jusqu'au soir? ' (FĂ©nelon.) Laissez-moi m’efforcer, cruel, Ă  vous haĂŻr. (Voltaire.) Il a fallu une loi pour rĂ©gler lĂ«xtĂ©rieur de Ta- vocat et le contraindre ainsi Ă  ĂȘtre grave et plus respectĂ©. [La BruyĂšre.) Forces votre pĂšre Ă  rĂ©voquer ses vƓux. , (Racine.) C’est h mon tour Ă  parler. (AcadĂ©miĂš.) Tout lĂŒnivers S'empresse Ă  l'effacer de votre souvenir. (Racine.) Puisque }’ai commencĂ© de rompre le silence. (R’acine.) Quoique j’aie Ă  me plaindre de madame, je conÂŹ tinue de la voir, elle conftnwe de m’écrire. [Td.) Ah! Ton s’efforce en vain de me fermer la bouche. {Id.) , Deux horribles naufrages contraignirent les RoÂŹ mains d’abandonner Tempire de la mer aux CarthaÂŹ ginois. (Bossuet.) Ce dernier jour oĂ» la mort nous forcera de con~ fesser toutes nos erreurs. {Id.) C’est Ă  moi d’obĂ©ir, puisque vous commandez. (Corneille.) Vos gĂ©nĂ©reuses mains s’empressent d^effacer Les larmes que le ciel me condamne Ă  verser. (Voltaire*)
( 613 ) Ainsi que le montrent ces citations^ plusieurs verbes prennent indiffĂ©remment, et sans changer de signification, la prĂ©position Ă  ou de, quand ils sont suivis d’un verbe Ă  l’inÂŹ finitif. Dans l’emploi de ces prĂ©positions, ce n’est que le goĂ»t, ce nĂ«st que l’oreille qĂŒil faut consulter. Quelques grammairiens, il est vrai, ont imaginĂ© des cas oĂč l’on doit se servir, tantĂŽt de la prĂ©position Ă , tantĂŽt de la prĂ©position de ; mais ce qĂŒils ont dit Ă  cet Ă©gard tĂ©moiÂŹ gne plutĂŽt de la chaleur dĂ« leur zĂšle que de la soliditĂ© de leurs raisons. En effet, Ă©couÂŹ tons un instant leurs graves et doctes dĂ©bats sur le verbe ĂȘtre joint au mot ce; il n’esl vraiment pas peu curieux de voir ces messieurs aux prises. Les uns veulent que l’on prĂ©fĂšre de, quand le verbe Ă  l’infinitif commence par une voyelle; d’aprĂšs cela, il faut dire : cest Ă  nous d'obĂ©ir, et non pas : c'est Ă  nous Ă  obĂ©ir. Les autres prĂ©tendent qu’on doit employer cest Ă  vous Ă , toutes les fois qĂŒon exprime une idĂ©e de tour : c'est Ă  votre tour Ă  parler; et c'est Ă  vous de, lorsqu’on fait entendre une idĂ©e de droit ou de devoir; c'est au maĂźtre de parler, et au disciple d'Ă©couter. Enfin Laveaux, descendant dans la lice, veut qĂŒon mette Ă , quand il s’agit d’une acÂŹ tion Ă  faire par le sujet, et de, si le sujet est dans un Ă©tat pasisif. Suivant Ini, on doit dire: c'est au maĂźtre Ă  parler et au disciple d'Ă©couter. On le voit, ici comme ailleurs, les grammairiens ne sont guĂšre d’accord entre eux, et ce qĂŒil y a de singulier, c’est que chacun pĂšche dans son opinion : aussi ne doit-on se ranger Ă  aucune : Iliacos intrĂ  muros peccatur et extrĂ . Nous viderons ce conflit, nous, en disant : Employez l’une ou l’autre construction, car l’une ou l’autre est au libre choix de celui qui parle ou qui Ă©crit. Les exemples qui suivent en font foi : Cest Ă  vous Ă . C’est Ă  la mi Ăźque Ă  ponctuer les paroles, (JT.-J. Rousseau.) ' Ce n’est pas aux militaires Ă  prendre garde : Ă©chappe qui peut, on tire toujours. (Lemontey.) S'il arrivait qĂŒon leur intentĂąt quelque procĂšs, c’était au patron Ă  dĂ©fendre ses clients et Ă  plaider pour eux. (Rollin.) Cet homme avait un fils de dix-huit ans, nĂ© para- ^ lytique et imbĂ©cile : Dieu me Ta donnĂ©, dit-il, c’est Ă  moi Ă  en prendre soin. (Bern. de Saint-Pierre,) C’est Ă  vous de. C’est au copiste de rapprocher ces deux termes le plus qu’il est possible. (J.-J. Rousseau.) Oiseau jaloux et qui devrais te taire, Est-ce Ă  toi d’envier la voix du rossignol ? (La Fontaine., .... C’est Ă  toi de prouver Si ce que tu ravis tu le sais conserver. (Racine.) Vous attaque-t-on sur le style, ne rĂ©pondez jaÂŹ mais ; c’est Ă  votre ouvrage seul de rĂ©pondre. (Voltairb.ĂŻ EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Commencer. Essayer. Se rĂ©soudre. C’est Ă  moi de. Consentir. Forcer. S’ennnyer. C'est Ă  TOUS Ă . Continuer. Se hasarder. Solliciter. Cest Ă  lui de. Contraindre. Obliger. TĂącher. C’est Ă  nous Ă . S’efforcer, S’occuper. Tarder. C’est Ă  nous de. Engager. Refuser. Se tuer. C’est Ă  eux k. DXXXYIÎL PARTICIPES DONT LE COMPLÉMENT EST PRÉCÉDÉ DE LA PRÉPOSITION de OD par. AVEC de. % Nous sommes moins offensĂ©s du mĂ©pris des sots, que d’ĂȘtre mĂ©diocrement estimĂ©s des gens d’esprit, ^ f(VAUVENARGUES.) LĂ«n gagne Ă  mourir d’ĂȘtre louĂ©s de ceux qui nous survivent, souvent sans autre mĂ©rite que celui de n'ĂȘtre plus. Le mĂȘme Ă©loge sert alors pour Caton cl, pour Pison. (La BrĂŒtĂšbe.) . AVEC par. La poudre Ă  canon fut inventĂ©e, dit-on, par ? cordelier Berthold Sohwartz, vers la fin du treiziĂšme siĂšcle. (LĂ©vizac.) Les caractĂšres les plus doux, lorsqu’ils sont perÂŹ sĂ©cutĂ©s PAR rtiĂżwsftce, deviennent souvent les plus intraitables. (PensĂ©e de Richardson.) Les Gaules furent conquises par CĂ©sar. (Wailly.)
( eu ) Il y a des participes dont le complĂ©ment est prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position de ou por. C'est la nature de l’action exprimĂ©e par le verbe qui dĂ©termine le choix de l’une ou de l’autre, A ce sujet voici la rĂšgle posĂ©e par les grammairiens. S’agit-il d’un sentiment, d’une passion, ou, pour tout dire, d’une opĂ©ration de l’ñme, employez la prĂ©position de: Il est chĂ©ri de ses parents ; les mĂ©chants sont dĂ©testĂ©s de tout le monde, etc. Est-il question, au contraire, non d’une passion, d’un sentiment, mais d’une action Ă  laquelle l’esprit ou le corps a seul part, faites usage de la'prĂ©position par: Le premier roÂŹ man français en lettres a Ă©tĂ© composĂ© par madame de Graffigny ; Henri IV fut assassinĂ© PAR un fanatique, etc.. Il s’en faut bien que cette rĂšgle soit toujours observĂ©e par les Ă©crivains, tant poĂštes que prosateurs, car si l’on peut citer beaucoup d’exemples Ă  l’appui, les exemples con- traires ne manquent pas non plus; en sorte que ce n’est guĂšre que l’usage qui puisse ici faire loi. On s’en convaincra par les citations suivantes : Vaincu DĂŒ pouvoir de vos charmes. (Racine.) Et D’uf» sceptre de fer veut ĂȘtre gouvernĂ©, [Id.) Ja suis vaincu du temps ; je cĂšde Ă  scs outrages. (Malherbe.) Je sais qĂŒil m'appartient, oe trĂŽne oĂč tu te sieds, Que c'est Ă  moi d’y voir tout le monde Ă  mes [lieds ; Mais comme il est encor teint du sang de mon pĂšre, S'il nĂ«st lavĂ© 'DU tien, il ne saurait me plaire, (Corneille.) On nĂ«st mĂ©prisĂ© par les autres que lorsqu'on a commencĂ© par se mĂ©priser soi-mĂȘme. ^ (PensĂ©e de SĂ©nĂ«qĂŒe.) D|eu et les rois sont mal louĂ©s et mal servis par Ăźes ignorants, (Voltaire.) Si vous avez Ă©tĂ© offensĂ© par un lĂąche, soyez sĂ»r qĂŒil voudra Ă©ternellement votre perte. (De LĂ©vis.) La flatterie grossiĂšre offense un homme dĂ©licat au lieu de lui plaire, et elle est ordinairement punie par le mĂ©pris. (Fontenelle.) Suivant la rĂšgle des grammairiens, il aurait fallu de dans les exemples de la premiĂšre colonne, et par dans ceux de la seconde. ‱ ’ Voltaire, qpi a blĂąmĂ© Corneille pour ayoir dit lavĂ© du Hen, a commis la mĂȘme faute dans ces vers de MĂ©rope : Quelle est donc cette tombe en ces lieux Ă©leyĂ©e, Que j’ai vue de vos pleurs en ce moment lavĂ©e? EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Étra aimĂ© de quelqu’un. Etre bonorĂȘ de quelqu'un. Être bai de quelqu'un. Être adorĂ© de quelqu’un. 0 };:tre battu par quelqu’un. Être vengĂ© par quelqu’un. ftre maltraitĂ© par quelqu’un, tre tiattĂ© par quelqu’un. N“ DXXXIX. VERBES DONT LA SIGNIFICATION CHANGE SUIVANT LEUR COMPLEMENT, OTTBliiBR A. ' ' En ne lisant jamais dn oublie Ă  mĂ©diter. (AcadĂ©mie.) AICBR QÜBLQÜUN. t Aider un malheureux de sa bourse. ' ,(M.) * ATTEINDRE QUELQUE CHOSE. ĂźL'homme et son imagination ne peuvent atteindre ^Ă onheur que dans les cieux, (Boiste.) OUBLIER DB. J*ai oubliĂ© de faire cette visite. AIDER A quelqu'un. * \ Aider Ă  cet Aomme Ă  se relever. (Laveaux.) (ÂCADÉfinE.) ATTEINDRE X QUELQUE CHOSE. Il vaut mieux exceller dans le mĂ©diocre, quo de s'Ă©garer en voulant atteindre au grand, au sublime. (LaBrutĂ«rb.)
(615 ) CROIRE QUELQUE CHOSE. Impie I tu ne croyais pas la religion. (FĂ©nelon.) COMPARER A. Comparons les oeuvres delĂ  nature auƓ ouvragĂ©s de Thomme. (Buffon.) CROIRE A QUELQUE ÇHpSB. ... O ciel ! qu'on doit peu croire Aux dehors imposants des humaines vertus. (Gresset*) COMPARER AVEC. Que Ton compare la docilitĂ©, la soumission du chien avec la fiertĂ© et la fĂ©rocitĂ© du tigre. (Buffon.) Il est des verbes dont la signification change selon lenr complĂ©ment ; nous nous borÂŹ nerons Ă  en rapporter quelques-uns dans Texercice qui suit; car cet objet est moins du domaine de la grammaire que du ressort des dictionnaires, auxquels ; d’ailleurs, nous renvoyons. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Aiosa qnel(]n'un, cĂ«st l’assister, Appucbta quelqu’un,,c’est battre des mains pour lui tĂ©moigner son approbation. ArrsiifnRB signifie'Ă©galer, toucher, qu’il y oit ou non difficultĂ© Ă  vaincre. IirsuLTsa quelqu’un, c'est Ini dire des paroles insultantes. OuoLisa A, c’est ne plus savoir, , Rktkahchbh a, c’est priver quelqu’un Je quelque chose : retraw- caea la vis a un malade. Ne servir a rien Ă©veille ane idĂ©e de nullitĂ© relative. SupplĂ©er quelqu’un, c’est le remplacer; supplĂ©er quelque chose, c’est le remplacer ou ajouter ce qui manque. Croire une chote, c’est l’estimer vĂ©ritable. CoMPASBR A, se dit lorsque le rapport de la comparaison doit ĂȘtre un rapport de ressemblance. Aider a quelqu’un, c’est partager sa fatjgue, ses son travail. ^PLAUDtR A quelqu’un, c’est le fĂ©liciter du tnccrĂ , des moyens qu’il a employĂ©s pour faire une chose. ■ * *"■ ' < * ; ■' Atteindre a suppose toujours un obstacle Ă  sur^opjer. Insttlter a quelqn’an, c’est manquer aux Ă©gards qui loi sont-dos : N’iNSULTBZ pas aux MALnEURECx! Oublier de, cĂ«st ne plus sc rappeler. BoTRANcnER DE, c’cst diminuer^ ĂŽter quelque chose d’un tont ; Retrancher un couplet d’unr chĂ nsoiĂŻ. . . ‱ ; Ne sertir de rien exprime une idĂ©e de nullitĂ© absolue. SupplĂ©er a quelque chose, c’est le remplacer par nn Ă©quivalent Ăź L’audace supplĂ©e a la faiblesse. Croire a quelque chose, c’cst y ajouter foi., . * Comparer avec, se dit lorsque le rapport' de la comparaison doit ĂȘtre un rapport de difierence. ' DE L’ÈMPLOI DES VERBES AVOIR OĂŒ ÊTRE AVEC LES PARTICIPES DERIVES DES VERBES NEUTRES. . DXL. PARTICIPES QUI PRENNENT L’AUXILIAIRE WOOir. Ôn a toujours assez vĂ©cu quand on a bien vĂ©cu, (Henri IV.) Pradon, comme un, soleil, en nos ans a paru. (Boileau.) L'art de flatter, mon cher, est vieux comme le monde. Ève a pĂ©chĂ©, pourquoi? parce qĂŒon la flatta. (Collin d’Harleville.) . AprĂšs avoir marchĂ© deux lieues, nous vĂźmes sur une hauteur une belle maison de pierre. (Bern. de Saint-Pierre.) Philippe m mourut Ă  quarajite ans, aprĂša en avoir rĂ©gnĂ© quinze. ‘ (Anquetil.) Madame, y ai couru par votre ord|-e au rivage. (Corneille.) Si Minerve ne lëût conduit pas k pas, combien de fois aurat'Ml succombĂ© dans les pĂ©rils? (FĂ©nelon.) On ne pouvait lui reprocher en toute sa vie que d'avot’r frtompW avec trop (}e faste des rois qu'il avait vaincus. ‘ ' (FĂ©nei^n.) La plupart des participes dĂ©rivĂ©s des verbes neutres prennent T auxiliaire avoir, comme vĂ©cu, paru, pĂ©chĂ©, rĂ©gnĂ©, couru, triomphĂ©, succombĂ©; fai vĂ©cu, fai paru, fai pĂ©chĂ©, etc. Cependant Racine a dit avec le verbe ĂȘtre : n en Ă©tait sorti lorsque j’y suis couru.
(610) Et Parny avec ie mĂȘme' verbe : Ce digne loi sous l'Ăąge est succombĂ©. Mais ni l*un ni Tautre ne sont Ă  imiter. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE» Uonni. MarchĂ©. Menti. DtnĂ©. SonpĂ©. Repara. CrachĂ©. Joui. RĂ©flĂ©chi. Subvenu. Contrevenu. Bondi. N“ DXLI. PARTICIPES QUI PRENNENT LE VERBE Être,. eus les arts et toutes les sciences sont nĂ©s parmi des nations libres. (PensĂ©e de Hume.) J'ai souhaitĂ© Tempire et j'y suis parvenu; Mais, en le souhaitant, je ne Tai pas connu. (Corneille.) Strabon, malgrĂ© le tĂ©moignage d'Apollodore, {laralt douter que les rois grecs soient allĂ©s plus oin que SilĂšne et Alexandre. (Montesquieu.) Tous les maux sont venus de la triste Pandore. (Voltaire.) Pudeur, sagesse, lois, moeurs, principes, vertus, A Taspect du plaisir, qĂŒĂ©tes-vous devenus? (La ChaussĂ©e.) Mentor, qui craignait les maux avant qĂŒils arriÂŹ vassent, ne savait plus ce que c’était que de les craindre dĂšs qu’ils Ă©taient arrivĂ©s» (FĂ©nelon.) Quelques participes, dĂ©rivĂ©s de verbes neutres, ne prennent que le verbe ĂȘtre. Parmi eux il faut remarquer nĂ©, parvenu, allĂ©, venu, devenu, etc. : je suis nĂ©, je suis parÂŹ venu, je suis allĂ©, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. AllĂ©. ArrivĂ©. DeTCDU. QĂ©cĂ©dĂ©.* Éclos. Parvenu. Mort. NĂ©. Advenu. Venu, Revenu. DĂ©chu. N“ DXLII. V PARTICIPES QUI PRENNENT ĂȘtre OĂŒ avoir. Avoir. J’ai restĂ© plus dĂŒn an en Italie, oĂč je n’ai vu que le dĂ©bris de cette ancienne Italie, si fameuse autre- ; fois. (Montesquieu.) La procession a passĂ© soĂčs mes fenĂȘtres. (Condillac.) Les dieux nous ont conduits de supplice en supplice : La famine a cessĂ©, mais non leur injustice. (Voltaire.) .. . . Ma langue embarrassĂ©e Dans ma boucbe vingt fois a demeurĂ© glacĂ©e. (Racine.) Que peut contre le roc une vague animĂ©e? Hercule o-t-il pĂ©ri sous Teffort d'un pygmĂ©e? (Piron.) Les feux de la jeunesse ont passĂ©; je suis vieux, et je me trouve Ă  cet Ă©gard dans un Ă©tat tranquille. (Montesquieu.) . Être. Elle donnerait pour vous sa vie, le seul bien qui lui soit restĂ©. (Marmontel.) La foi du cĂ©ntenĂźer, la foi du charbonnier, smt passĂ©es en proverbe. (P.-L. Courier.) Sion, repaire affreux de reptiles impars. Voit de son temple saint les pierres dispersĂ©es, Et du Dieu d’IsraĂ«l les fĂȘtes sont cessĂ©es. (Racine.) . . . Ces horribles secrets Sont ^cor demeurĂ©s dans une nuit profonde. (Voltaire.) Les Ă©crits impies des Leucippe et des Diagora sont pĂ©ris avec eux. (J.-J. Rousseau.) 0 divine harmonie ! .. . , Tu charmes le travail, tu distrais ĂŻa misĂšre... Ils chantent, Theure yole, et leurs maux sont passĂ©s (Delille.)
( 617 ) Parmi les participes dĂ©rivĂ©s de verbes neutres, il en est. qui se construisent tantĂŽt avec le verbe avoir, tantĂŽt avec le verbe ĂȘtre : cela dĂ©pend absolument de TidĂ©e qu’on veut exprimer. Ils prennent le verbe avoir, comme dans les exemples de la premiĂšre co- tlonne, si Ton a en vue Taction mĂȘme, si notre esprit embrasse le moment oĂč cette action a eu lieu. Ainsi Ton a dit : J’ai restĂ©, la procession a passĂ©, la famine a cessĂ© , etc.,. parce que Ton n’envisage que Taction. Mais on se sert du verbe ĂȘtre, conformĂ©ment aux citations de la seconde colonne, quand c’est TĂ©tat qu’on veut pĂ©indre. VoilĂ  pourquoi les Ă©crivains ont dit: Le seul bien qui lui SOIT RESTÉ ; la fotdu centenier et la foi du charbonnier SONT passĂ©es en proverbe; les fĂȘtes du Dieu d'IsraĂ«l sont cessĂ©es, etc. Ce principe vrai, lumineux et fĂ©cond, a Ă©tĂ© violemment attaquĂ© dans une grammaire moderne. On a prĂ©tendu dans cet ouvrage que avoir cessĂ© et ĂȘtre cessĂ© expriment tous les deux une action, et s’emploient indiffĂ©remment Tun pour Tautre. Les faits suivants suffiront pour renverser cette Ă©trange doctrine : AVBC aVOXT. Quand Mentor eut cessĂ© de chanter, les PhĂ©niÂŹ ciens se regardĂšrent.- (FĂ©nelon.) L'administration a cessĂ© de correspondre avec eux. (Ratnal.) Le sang avait cessĂ© de couler. (Boiste.) AVEC ĂȘtre. Quand la contagion fut cessĂ©e, saint Charles Bor- romĂ©e fit rendre Ă  Dieu de solennelles actions de grĂąces. (Griffet.) OĂč sont-ils ces maris? la race en est cessĂ©e. (La Fontaine.) . Ce grand bruit est cessĂ©. (MŸŸ ue SĂ©vignĂ©.) S'il Ă©tait vrai que avoir cessĂ© et ĂȘtre cessĂ© s’employassent indiffĂ©remment Tun pour Tautre, on pourrait donc substituer ĂȘtre Ă  avoir dans les. exemples de la premiĂšre coÂŹ lonne, et dire : Quand Mentor fĂ»t cessĂ© de chanter; le sang Ă©tait cessĂ© de couler; Vadministration est cessĂ©e de correspondre. On sent les absurdes consĂ©quences d’un pareil principe. Plusieurs grammairiens avancent qu’avec le participe tombĂ© on ne doit faire usage que du verbe ĂȘtre. Boniface combat cette opinion, et proĂŒve par les exemples suivants, tirĂ©s de nos meilleurs Ă©crivains, qĂŒon peut aussi se servir du verbe avoir. Jamais Voltaire n'avait Ă©tĂ© plus brillant que dans Âüzire, et Ton a peine Ă  concevoir qu'il ait tombĂ© de si haut jusqu'Ă  Julienne, ouvrage mĂ©diocre. (La Harpe.) Suivez l'histoire des superstitions.de chaque peuÂŹ ple et de chaque pays; elles ont durĂ© un certain nombre d'annĂ©es, et tombĂ© ensuite avec la puisÂŹ sance de leurs sectateurs. j (Massillon.) DĂ©jĂ  dans les.forĂȘts voisines, les pins, les ormes touffus, Tantique Ă©rable, le chĂȘne superbe, ont tombĂ© de toutes parts sous le fer des Castillans. (Florian.) OĂč serais-je, grand Dieu I si ma crĂ©dulitĂ© EĂ»t tombĂ©'dans le piĂšge Ă  mes pas prĂ©sentĂ©? (Voltaire.) Le coup que je lui porte aurait tombĂ© sur moi. Ud:) I Laveaux, contre Topinion de la plupart des grammairiens, pense, avec raison, qĂŒon peut dire Ă©galement d’une personne et d’une'chose ; elle a expirĂ©, elle est expirĂ©e, selon qu’on a en vue Taction ou TĂ©tat, et il justifie Racine d’avoir dit : . A ce mot, ce hĂ©ros expirĂ© N’a laissĂ© dans mes bras qĂŒun corps dĂ©figurĂ©. f . Expression que dĂ«utres Ă©crivains n’ont pas craint d’imiter, malgrĂ© la critique de d’OÂŹ livet : Et d’un pĂšre ea?pirĂ© j’apportais en ces lieux La volontĂ© derniĂšre et les derniers adieux. . (Voltaire.) Faibles, muets, de remords dĂ©chirĂ©s, Ils contemplaient leurs amis expirĂ©s, (Parny.) Le pĂȘcheur Ă©c/iO«é sur le rivage peut-il se plainÂŹ dre eu voyant sur la rner irritĂ©e des flottes dispersĂ©es? Bern. de Saint-Pierre.) Les Latins sont vaincus, Camille est expirĂ©e. (Delille.) 78
' -‱ { 618 ) D’ailleurs, Voltaire lui-mĂȘme n’a-t-il pas fait justice de cette critique? On reproche Ăą Racine, dit-il, le hĂ©ros expirĂ©. Quelle misĂ©rable vĂ©tille de grammaire! Pourquoi ne pas dire ce hĂ©ros expirĂ©, comme on dit : il est expirĂ©, il a expirĂ© ? Il faut remercier Racine d’avoir enrichi la langue, Ă  laquelle il a donnĂ© tant de charmes, en ne disant jamais que ce qu’il doit, lorsque les autres disent tout ce qĂŒils peuvent. EXERCICE PHRÂSÉOlOGiQĂŒE. Cette femme a accouchĂ©. La procession a passĂ©. La riyiĂšre a baissĂ©. J'ai descendu. J’ai sorti. Ma Tamitlea pĂ©ri. r>ette femme est accouchĂ©e. La procession est passĂ©e. La riviĂšre est baissĂ©e, je suis dĂȘsccndn. Je suis sorti. L'Ă©quipage est pĂ©ri. Mon caur a changĂ©. La riviĂšre a crĂ». Les cris ont cessĂ©. J’ai montĂ©. J’ai entrĂ©. Ces hqmmes ont passĂ©. Mon cƒur est changĂ©. La riviĂšre est crĂ»e, 'Les cris sont cessĂ©s. Je suis montĂ©. Je suis entrĂ©. Ces hommes sont passtĂ©s DXLIII. V - - - EMPLOI DE ĂȘtre ET avoir avec les participes Ă©chappĂ©, convenu. ÉCHAPPÉ. AVEC avoir. J’ai retenu le chant, les vers m’onf Ă©chappĂ©. (J.-B. Rousseau.) Cette diffĂ©rence ne m’a pas Ă©chappĂ©. (J.-J. Rousseau.) AVEC ĂȘtre. Ce mot m’eat Ă©chappĂ©, pardonnez ma franchise. ' (VOLTAIRB.)- Je suis bien aise dĂ«xçpser pay les fautes de la traÂŹ duction latine, celles qui pourront va’ĂȘtre Ă©chappĂ©es dans la française. (Boileau.) CONVENU. Cette maison lui aurait convenu. (FĂ©raud.) Ils sont convenus d’attaquer Vennemi le naĂšme jour. (Laveaux.) On dit qĂŒune chose a Ă©chappĂ©, pour faire entendre qĂŒon ne Ta pas remarquĂ©e, qu’on ĂŒy a pas fait attention; et qĂŒelle est Ă©chappĂ©e, pour exprimer qĂŒelle a Ă©tĂ© faite par inadvertance. Convenu avec arotr rĂ©veille une idĂ©e de convenance, et avec ĂȘtre une idĂ©e de convention. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Ce mot m’a Ă©chappĂ©. Ce mot m’est Ă©chappĂ©. Cette personne a convenu. Cet homme est convenu de ses torts. EMPLOI DES MODES ET DES TEMPS INDICATIF. \ . N“ DXLIV. J LE prĂ©sent employĂ© pour le futur. i: PRÉSENT, Soyez secrĂšte, ou bien voĂŒs ĂȘtes morte. (La Fontaine.) FUTUR. Ton sang va me venger, lĂąche et perfide Ă©poux ; Tu mourras, (Longepierre.)
( 619 ) Ah i monsieur, m*a-Uil dil, je vous attends demain. (Boileau.) Et bientĂŽt dans ces murs vous ĂȘtes assiĂ©gĂ©s. (Racine.) Milord Fabridge estril Ă  Londres ? — Non, mais il revient bientĂŽt. (Voltaire.) ‘Je suis de retour dans un moment. (MoliĂšre.) Son procĂšs se juge demain. (AcadĂ©mie.) AĂźbe et Rome demain prendront une autre face. (Corneille.) JĂ©rusalem sera bientĂŽt assiĂ©gĂ©e par les Romains. ' ' ' (Bossuet.) Tu arriveras bientĂŽt dans cette Ăźle fortunĂ©e. (FĂ©nelon.) CĂ©sar viendra bientĂŽt. (Corneille.) Je seroi jugĂ© demain. (AcadĂ©mie.) t t r Souvent, pour rendre Texpression plus vive, plus animĂ©e, pn emploie figurĂ©ment le prĂ©sent Ă  la place du futur. CĂ«st ainsi que nous disons : tu es mort, pour tu mourras; je vous attends dernain, au lieu dn je vous attendrai demain. Toutefois, cet emploi du prĂ©sent n'a lieu que lorsqu’il s’agit d’un temps prochain, car on s’exprimerait mal si Ton disait ; je succĂšde Ă  mon pĂšre dans deux ans. La figure serait ici un peu trop forte. . IL Si Ton vous trouve ici. vous gĂąterez l’affaire. (Regnard.) f 4 tu ne me VarrĂȘtes, je te donnerai ma fpalĂ©^ diction. ' ! " (MoliĂšre.) Si du sort des tyrans vous bravez les hasards, 11 naĂźtra des Brutus autant que des CĂ©sars. (CrĂ©billon.) S’il me voit, ce vieillard m’éçonduira peut-ĂȘtre Fort incivilement. (Regnard.) Notre vivacitĂ© nous porte aussi quelquefois Ă  dĂ©sirer de pouvoir rapprocher le temps futur (1). VoilĂ  pourquoi nous disons : si uows m’AiMEZ, je vous aimerai, au lieu de rĂ©gaMĂšrement: si vous m'AIMEREZ, je vous aimerai. Les Italiens, selon leur naturel politique, se sont mĂ©nagĂ© les deux maniĂšres avec si. Ils disent : vi andrĂ , sepotrĂ  (j'irai, si je pourrai), lorsque la chose dont il est question leur est indiffĂ©rente, ou qĂŒils voudraient TĂ©loigner ; et ils disent vi andrĂ , se posso (j’irai, si je puis), toutes les fois qĂŒils veulent tĂ©moigner le dĂ©sir qĂŒijs ont de voir dĂ©jĂ  accompli ce qui doit arriver, ou lorsque Taction peut suivre Ă  peu prĂšs Tinstant de la parole (2). Mais la phrase française : si vous m'aimez, je vous aimerai, prise isolĂ©ment, nĂ«n pré sente pas moins dĂ©ux sens ; elle signifie : si vous m'aimez maintenant, je vous aimerai, ou bien SI vous m'aimez Ă©lus tard, je vous aimerai aussi. Le verbe aimez dĂ©signe donc, comme on le voit, tantĂŽt un prĂ©sent, tantĂŽt un futur. Dans ce dernier cas, TidĂ©ologie rĂ©^ clame le futur ; mais Tusage ne permet pas en français de Temployer, la vivacitĂ© de TimaÂŹ gination a franchi Tespace. Ainsi nous nous sommes privĂ©s d’une nuance dans TexpresÂŹ sion de la pensĂ©e. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Dans une heure elle est morte. Dans ooe heure elle expire. Demain tous ĂȘtes libre. Demain la trĂšxe expire. Demain le doctenr vient dĂźner chez moi. Si TOUS Ă©tndiex, vous deviendrez savant. Si vons venez, j'en serai enchantĂ©. Dans une henre elle lera morte. , Dans ane heure elle expirera. Demain vons serez libre. Deiutn la trĂȘve expirera. Demain le docteur viendra dĂźner chez moi. Si tu te conduis bien, tu mĂ©riteras l'estime publique. Si vous me le donuez, j'en prendrai bien soin. ^ (1) Et non de rapprocher Vaction exprimĂ©e par le verbe, comme le dit Boniface, car dans demain je suis libre, il n’y a pas d’action proprement dite. (2) CĂ«st aĂźnri que Bqccace dit : AVEC LE PRÉSENT, Che farai tu, se ella il dice a’ fratelli? Traduction ; Que feras-tu si elle le dix Ă  ses frĂšres? Se io infra otto gionii non vi guarisco, fatemi bniciare. Traduction : Si dans huit jours je UQ vous guĂ©ris pas, fĂ ites^moi brĂ»ler. AVEC LK FUTUR. NoĂź gĂŒelo farem fare, o voglia ella, o no, se tu vorrctt. Traduction : Nous le lui ferons faire, qu’elle le veuille ou non, si tu yovon A s. Se tu la toccherai con questa jscrĂźtta, ella ti verra incontanente dietro. Traduction : Si tu la toucheras aveo cet Ă©crit, elle te suivra aussitĂŽt. \
( 620 ) DXLY. LE prĂ©sent pour le passe. ©©oe— PRESENT. Turenne meurt, tout se cĂŽn/bnd, la fortune cAan- celle, la victoire se/asse, la paix s’éloigne, les bonnes intentions des alliĂ©s se ra/enfissenf, le courage des troupes est abattu par la douleur. Tout le camp demeure immobile ; les blessĂ©s pensent Ă  la perte qu’ils ont faite, et non aux blessures qu’ils ont reÂŹ çues. (FlĂ©chier.) PASSE. Le roi amĂŒa jeudi au soir; la collation dans uu lieu tapissĂ© de jonquilles, tout cela fut Ă  suuhait. On soupa. Il y eut quelques tables oĂč le rĂŽti manÂŹ qua. Cela saisit Vatel... Minuit vient : le feu d’arÂŹ tifice ne rĂ©ussit point ; il fut couvert dĂŒn nuage. A quatre heures du matin, Vatel s’en va partout; il trouve tout endormi. (M“‘« de SĂ©vignĂ©.) Beaucoup d’écrivains, dit Boiste, voulant donner Ă  leur style plus de rapiditĂ©, peindre plus vivement les faits en les mettant sous les yeux du lecteur au prĂ©sent, emploient ce temps, au lieu du passĂ©, dans leurs narrations. On nevpeut que leur applaudir, lorsqu’ils n’abusent pas de ce moyen ; mais ce prĂ©sent, trop rĂŽpkĂ©, mis avec Von, fait courir lĂ«s- pritĂ  perle d’haleĂźne, et si vite, qĂŒil arrive Ă  la fin dĂŒn alinĂ©a sans savoir ce qĂŒil a vu. Les faiseurs d'analyses sont trĂšs-sujets Ă  ce vice de style; et l’imagination, quelque vive qĂŒelle soit, s’étonne de voir toute une famille, toute une nation voltiger ainsi devant ses yeux, sur des on : On s habille, on se hĂąte, on s'avance, on se prĂ©cipite, on se heurte, ON se perd, etc., employĂ©s du commencement Ă  la fin dĂŒne histoire des temps passĂ©s. Cet effort de Timaginaiion la fatigue, et la lecture des livres devient insupportable par sa ressemblance avec une lanterne magique dont les figures fuiraient sans laisser aux yei]x le temps de les reconnaĂźtre. Lorsque l’auteur, lassĂ© lui-mĂȘme de cette tension de Tesprit, revient par mĂ©garde au passĂ©, ce mĂ©lange de prĂ©sent et de passĂ© jette inĂ©vitaÂŹ blement du dĂ©sordre dans la gĂ©nĂ©ration des idĂ©es ; le lecteur ne sait plus oĂč il en est ; et si les personnages TintĂ©ressent vivement, il lui dĂ©plaĂźt de les voir apparaĂźtre un moÂŹ ment sous ses yeux, pour s’enfoncer dans les tĂ©nĂšbres du temps qui n’est plus. ‱ Il faut donc user sobrement de cette figure de style, en imitant les peintres, qui ne mettent pas tous les personnages, toutes les scĂšnes sur le premier plan du tableau, mais rejettent les moins importants dans le lointain ; ce lointain, dans le style, est le passĂ© ; le premier plan est le prĂ©sent. La plupart des grammairiens disent que lorsqu’on emploie ainsi le prĂ©sent pour le passĂ©, il faut que les verbes qui sont en rapport dans la mĂȘme phrase soient aussi au prĂ©sent; dĂšs lors les phrases suivantes ne sont pas correctes : Le centurion envoyĂ© par Mucien entre dans le port de Carthage; et dĂšs quil fut dĂ©barquĂ© il Ă©lĂšve la voix. Il fallait et dĂšs qu'il est dĂ©barquĂ© il Ă©lĂšve la voix. — Tandis que le cardinal Mazarin gaÂŹ gnait des batailles contre les ennemis de l'Etat, les siens combattent contre lui. Dites gagne, combattent, ou gagnait, combattaient. Nous pensons cependant que rien n’empĂȘche d’employer diffĂ©rents temps dans lĂ© mĂȘme tableau, selon le rapport qĂŒon veut exprimĂšr. Les Ă©crivains nous en prĂ©sentent de frĂ©quents exemples. Nous ne citerons que les suivants : Cependant ces chaleurs excessives Ă©levĂšrent de rOcĂ©an des vapeurs qui couvrirent TUe comme un vaste parasol. Les sommets des montagnes les rassemblaient autour d’eux, et de longs sillons de feu sortaient de temps en temps de leurs pitons embrumĂ©s. BientĂŽt des tonnerres affreux firent retentir de leurs Ă©clats les-bois, les plaines et les vallons ; des pluies Ă©pouvantables, semblables Ă  des pataractes, tombĂšrent du ciel. Des torrents Ă©cu- A quatre heures du matin, Vatel s’en va partout ; il trouve tout endormi, li rencontre un petit pourÂŹ voyeur qui lui apportait seulement deux charges 'de marĂ©e. Il lui demande : « Est-cc lĂ  tout? — Oui, monsieur. » Il ne savait pas que Vatel avait enÂŹ voyĂ© Ă  tous les ports de mer. Vatel attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne vinrent point. Sa tĂȘte F Ă©chauffait; il crut qĂŒil. n’y .ourot'f point d’autre marĂ©e. Il trouva Gourville ; il lui dit :
( 621 ). « Monsieur, je ne survivrai point Ă  cet affiont-ci. » Gourville se moqua de lui. Vatel monte Ă  sa chamÂŹ bre, met son Ă©pĂ©e contre la porte, et se la passe au travers du cƓur ; mais ce ne fut qu’au troisiĂšme coup (car il sĂ«n donna deux qui n’étaient pas morÂŹ tels) qu'il tomba mort. La marĂ©e cependant arrive de tous cĂŽtĂ©s; Qu'therche Vatel pour la distribuer; on va Ă  sa chambre, on heurte, ou enfonce la porte, on le trouve noyĂ© dans son sang. On court Ă  M. le prince, qui fut au dĂ©sespoir. M. le-duc pleura; c'Ă©tait sur Vatel que tournait tout son voyage de Bourgogne. M. le prince le dit au roi fort tristeÂŹ ment. On dit que c’était Ă  force d'avoir de l'honÂŹ neur Ă  sa maniĂšre. On le loua fort, on loua et BLAMA son courage. (M'"Âź de SĂ©vignĂ©.) meux prĂ©cipitaient le long des flancs de cette montagne; le fond de ce bassin Ă©tait, devenu une mer, le plateau oĂč sont assises les cabanes une petite lie, et 1 entrĂ©e de ce vallon une Ă©cluse, par oĂč sor- taient pĂȘle-mĂȘle, avec les eaux mugissantes, les terres, les arbres et les rochers. Sur le soir la pluie CESSA , le vent alisĂ© du sud-est reprit son cours ordinaire; les nuages orageux furent jetĂ©s vers le nord-ouest, et le soleil couchant parut Ă  Tborizon. (Bern. de Saint-Pierre.) Les Romains, malgrĂ© l'inĂ©galitĂ© du lieu oĂč ils COMBATTAIENT, repoussent de tous cĂŽtĂ©s les GauÂŹ lois. Brennus les rallie, lĂšve le siĂšge, et campe Ă  quelques milles de Rojne. Camille le suit avec la mĂȘme ardeur, l'attaque de nouveau et le dĂ©fait. La plupart des Gaulois furent tuĂ©s sur la place. (Vertot.) V f Transposez .ces formes variĂ©es, ou peignez tout des mĂȘmes couleurs, et le charme est dĂ©truit. Ce mĂ©lange des formes du prĂ©sent et du passĂ© produit dans ces tableaux une pittoresque diversitĂ©.. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE» AussitĂŽt je cours, je vole, je traverse la foule, j’arrive... Que vois- je ? je vois une femme assassinĂ©e. AussitĂŽt je cours, je vole, je traverse la foule, j’arrĂźve... Que vĂźs-jof je vis nne femme assassinĂ©e. N“ PXLYI. « * # C'est moi qui parlerai ou ce sera moi qui parlerai, etc. , C’est. \ C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui arriva Ă  la premiĂšre reprĂ©sentation de VOEdipe de Voltaire. (La Harpe.) C’est lĂ  que s'allumera le premier flambeau du gĂ©nie europĂ©en. (Villemain.) Est-ce par l'amour du bon goĂ»t que Des prĂ©aux se croyait forcĂ© Ă  louer Segrais? (Voltaire.) C’est Boileau qui, le premier, enseigna l'art de parler toujours convenablement. [Id.) ^ Ah ! c’est ici seulement qĂŒil fallait faire reÂŹ tentir la parole sainte dans toute la force de son tonnerre, et placer avec moi, dans cette chaire, d'un cĂŽtĂ© la mort qui nous menace, et de l'autre, mon grand Dieu qui vient vous juger. (Bridaine.) C’est alors que FĂ©nelon fit voir que les cƓurs sensibles, Ă  qui l’on reproche d’élendre leurs affecÂŹ tions sur le genre humain, ĂŒen aiment pas moins leur patrie. (La Harpe.) On voit qu’on peut trĂšs-bien dire c'est lui qui le fera, ou ce sera lui qui Ăźe fera, c'est lui qui le fit,' ou ce fut lui qui le fit. Ces deux maniĂšres sont Ă©galement en usage. NĂ©anÂŹ moins c'est moi qui parlerai, c'est moi qui parlai, prĂ©sentent des expressions plus prĂ©cises que ce sera mot qui parlerai, ce fut moi qui parlai. y ^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Ce fut, ce sera, etc. « Ce ne fut qu'Ă  l'Ăąge de trente ans que CrĂ©billon COMPOSA sa premiĂšre tragĂ©die. (Voltaire.) ^ Ce sera yous qui de nos villes Ferez lĂ  beautĂ© refleurir. (Malherbe.) Ouais.! serait-ce bien moi qui me tromperais, et serais-je devenu mĂ©decin sans m’en ĂȘtre aperçu? * , (MoliĂšre.) La scĂšne et le dialogue ne furent inventĂ©s que dans la suite, et ce fut Ă  Eschyle qĂŒon en eut l’oÂŹ bligation. (La Harpe.) C’était pourtant la seule maniĂšre de critiquer dont Corneille s'Ă©tait servi contre ses rivaux, et ce fut la seule que Racine employa contre Corneille mĂȘme. (Voltaire,.} Ce'fut alors qu’Annibal reconnut que dans les affaires de la guerre, il y a des moments favorables et dĂ©cisifs qui ne reviennent jamais. (Vertot.) Castalors que j'appris... C’est Ă  cette Ă©poque qu’il revint. C’est Ăą l’ñge de trente ans que je me mariai, ÂŁst-oe lĂ  le sort qui m’ottĂčidait? Ce fat alors que j'appris... Ce fut Ă  cette Ă©poque qu’il revint. Ce fut Ă  l’ñge de trente aus que je me mariai. Etait-ce lĂ  le sort qui m’attendait 7
( 622 ) . IMPAllEAÎT. —DXLYII. ' . On m'a dĂŒ gweÜEST, on m'a dĂźt que c'Ă©tait. AVEC LE PRÉSENT. \ Je le PRIAI dĂ© me dire ce qĂŒĂ© c’est que le pouvoir prechain. (Pascal.) DĂ«rgĂ«nt* point de cachĂ©: Mais le pĂšre put sĂ©ge De leur montrer, avant sa mqrtj, ^ Que lĂ© travail est un trĂ©sor. (LĂ  ÉoNTÂiüïÉ.) J’at toujours remarquĂ© que les gens faiix sont sobres, Ă©t que lĂ  grande .rĂ©serve de la table annonce assez soĂŒveiit des moĂ©ĂŒ'rs fĂ©intĂ©s et des Ăąmes douÂŹ bles. ' (J.-J. Rousseau.) Tous ceux qui ont mĂ©ditĂ© sur l'art dĂ© goĂŒverher les hommes ont reconnu que c’esf de riiistruction delĂ  jeunesse que dĂ©pend lĂš toift dĂ©s empires. (L'AbbĂ© BarthĂ©lĂ©my.) Il CONCLUAIT que sagesse vaut mieux qu’éloquence. (VoltaIrb.) Il reconnaissait que la vĂ©ritable gran'dfeĂŒr ti'Ă©it quela modĂ©ration, la justice, Ăźa modestie et l’hu- manitĂ©. (FĂ©nelon.) M“« du GuĂ© A mandĂ© a M. de Coulanges que vous ĂȘtes belle comme un ange. (Mℱ'e i)Ë ùÉVÎGNÉ.) Ceux quĂ«n voit s'Ă©iĂŽnhĂ©f de ce nouvel amour N'ont jamais bien conçu ce que c’est que la cour. (Voltaire.) (JĂŒ'ëàt-ce (jĂŒe vous inĂ© voulez, mon papa ? Ma belle-mĂąmĂ b ih’A bix ijiife vous mĂȘ demandez. (MoliĂšre.) On  DIT depuis long temps que les extrĂȘmes se yucJiĂ©ht; c’est lĂą vĂ©ritĂ© dĂ© cĂ«tie pensĂ©e qĂŒi l’ñ ren- 110 fpivßßiid ' sĂ©gur aĂźnĂ©.) fo?*c/iĂ«nt due triviale. CĂ« fut alors qĂŒAnnibal reconnut que dans les affaires de la guerre il y a des monients favorables et dĂ©cisifs qĂŒi ne reviennent jamais. (Vertot.) li TÉNAit pour maxime qĂŒun habile capitaine peut bien ĂȘtre vaincu, mais qĂŒil ne lui Ăšst pas per ÂŹ mis d’ĂȘtre surpris. (Bossuet.) C’est alors qĂŒon APPRIT.qĂŒĂ vec un peu d’adresse, Sans crime liii prĂȘtre peut vendre trois fois la messe, PouVvu que, laissant lĂ  son salĂŒt Ă  l’écart. Lui-mĂȘme en la disant n’y prenne aucune part, CĂ«st alors que l’on sut qĂŒon peut pour une pomme Sans blesser lĂą justice assassiner un homme. (Boilbau.) avec ltmparfait. Je le SUPPLIAI de me dire ce qĂŒĂ© c Ă©tait que le pouvoir prochain de faire quelque chose. (Pascal.) J’ai ouĂŻ dire Ă  plusieurs de nos chastoufs, que rien n’était plus propre Ă  dĂ©saltĂ©rer, que les feuilles du gui qui croĂźt dans nos arbres. (Bern. de Saint-Pierkb.) J’ai loujoĂŒre vu qiie les jeunes gens cdlrdmpus de bonne heure, et livrĂ©s aux femmes et Ă  lĂą dé bauche, Ă©taient inhumains Ăšt,cruels.^ (i.-J, RbûësBAÜ.) Assez et trop longtemps l’arrogance de Borne A cru qĂŒĂštre Romain eVtait ĂȘtre plus qĂŒhomme. (Corneille.) , Il faut un corps d’Hercule pour vivre ici; mais J'y sĂŒiĂą libre, et j'ai trouvĂ© que la libertĂ© valait encore mieux que la santĂ©. (Voltaire.) J'Ai cdÀlĂźĂŒ qĂŒĂŒ n’y Ă vĂąit de bon pour la vieilÂŹ lesse qĂŒune occupation dont on fĂ»t toujours sĂ»r, {Id.) M“= de Coulanges m'À ^andĂ© que vous m’aimiez, et que vous parliez de mois. (MÂź* de SĂ©vignĂ©.) Tout ßë monde criait pour la libertĂ© et la justice, mais on ne savait point ce que c’était qĂŒe d’ĂȘtre libre et juste. (Voltaire.) Oh ! mon ami! ne m’avez-vous pas dit qĂŒe vous n’aviez point de naissance ? (Bern. de Saint-Pierre.) Le lynxĂź dont les anciens ont dit qĂŒe la yue Ă©tait assez perçante pour pĂ©nĂ©trer les corps opaques ^ est -un animal fabuleux. (Buffon.) L’instinct ne montre Ă  l’animal que ses besoins ; mais l’homme seul, du sein d’une ignorance prb- fonde, A coNNU-qĂŒil y avait un Dieu. (Bern. de Saint-Pierre.) Jean-Jacques disait que rien ne rendait les mƓurs plus Ă imables que l’étude de la botanique. {Id.) Oti entendit prĂȘcher dans l’école chrĂ©tienne, Que sous le joug du vice un pĂ©cheur abattu Pouvait, sans Ă imer Dieu ni mĂȘme la vertu. Par la seule frayeur au sacrement unie. Admis aĂŒ Ciel*, jdĂŒi'r dĂ© la gloire infinie ; Et que, les clefs en main; sur ce seul passeport. Saint Pierre Ă  tout venant devait ouvrir d’abord. (BĂŽileĂ d.) 11 serait difficile, rĂ©pĂ©terons-nous avec Letoare, de dire de quel cĂŽtĂ© U y a le plus dĂ«xemples. , Cependant les grammairiens sont divisĂ©s en deux partis, qĂŒon peut appeler les absoÂŹ lus et les relatifs.
( 623 ) Les premiers, Ă  la tĂȘte desquels est Urbain Domergue, veulent que toutes les fois qu'on Ă©nonce une qualitĂ© habituelle ĂŽu essĂ©ritlĂ«lle; il faut toujours se servir du prĂ©sent, mĂȘme lorsque le verbe est employĂ© complĂ©tivement aprĂšs un passĂ©. Pour eux, toutes les« phrases de la seconde colonne oĂč l’on fait usage du passĂ© sont des violations de la raison Ă©ternelle, qui veut qĂŒon exprime comme prĂ©sent ce qui est existant dans tous les temps. Les relatifs disent : « C'est une rĂšgle gĂ©nĂ©rale que Ioi;sque dans une phrase il y a deux verbes corresÂŹ pondants, dont le premier est au passĂ©, le second doit ĂȘtre Ă  l'imparfait. » Et pour eux tous lĂšs exemples de la premiĂšre colonne sont des fautes. LĂŒne et l'autre de ces rĂšgles sont Ă©galement contraires aux faits. LĂą raison Ă©ternĂ©lle veut sans doiitĂ© que lorsqu’on Ăą l’intention d’exprimer une vĂ©ritĂ© habituelle ou essentielle comme telle, c’est-Ă -dire comme une maxime invariable, on emploie le prĂ©sent ; mais elle n’exige point que nous la considĂ©rions toujours comme maxime, elle n’empĂȘche pas que nous ne la fassions correspondre Ă  tine Ă©poque passĂ©e, et quĂ© pour peindre cette idéé nĂŽĂŒs ne nous servions de l’imparfait. Par exemple, de ce que Dieu est toujours essentiellement bon, s'ensuit-il que je ne puisse pas dire qu'il Ă©tait bon hier dĂŒne maniĂšre particuliĂšre, Ă  telle pu telle occasion? ^ Quant Ă larĂšgjfe des relĂąlifs; ĂšllĂ« doit ĂȘtre classĂ©e parmi cĂ«s recettes dont leurs livres sont pleins , et dont le pHncipĂąl effet est de dĂ©formçr l’intelligence et de convertir les homtfies en automates. ' Qu’importe, en effet, que le temps qui prĂ©cĂšde soit passĂ© ^ si l'idĂ©e du second est une idĂ©e du prĂ©sĂ«iit? car c'est toujours ce qĂŒil faut savoifi Nous ÈiĂš poĂŒvPris ici Que rĂ©pĂ©ter ce quĂ© ĂźibĂčĂą Ăąvofis reproduit dĂ©jĂ  sous tarit de formes. ^ ' Reployez-vous sur voufe-mĂȘme, cherchez ce qui se passe en vous, si c’est un sentiment plutĂŽt quĂŒne maxime, un fait particulier plutĂŽt qĂŒune vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale, que voĂŒs voulez exprimer. Dans ce cas, vous mettrez l'imparfait. Mais si c’est plutĂŽt une maxime quĂŒn sentiment, qĂŒun fait, vous emploiĂ©rez le prĂ©sent. Ainsi tantĂŽt ce sera le prĂ©sent, tantĂŽt l'imparfait, qĂŒil conviendra de prĂ©fĂ©rer. Rien ne peut apprendre Ă  faire ce choix, il dĂ©pend uniquement de l'organisation de celui qui parle. QĂŒerqĂčĂšfois lĂšs Ă©crivĂąins ont employĂ© les dĂ«ĂŒx temps dans Ta inĂȘfflĂš phrù§é. En voici quelques ĂȘxemplĂ©s : * Ayant FAIT rĂ©flexion, depuis quelques annĂ©es, qĂŒbri nĂ© gagnatf rien Ă  ĂȘtre bon tiomnie, je me suis mis Ă  ĂȘtre iiri peu gai, parce qu’on m’à dit que cela est bon Ă  la santĂ©.. (Voltaire.) TVitnc La Fayette m'a mandĂ© quĂ«lle allait vous Ă©crire, mais que la migraine lĂ«n empĂȘche. \ (Mme DE SÉVIGNÉ;) Si Ton eĂ»t prĂ©tendu quĂ«n savait que la terre ne tournait pas,~ on nëût point puni GalilĂ©e pour AVOIR i)ÎT qu'elle tourĂŒĂši Rousseau.) JĂ© t'AĂŻ souvent ouĂŻ dire que les hĂźinimĂ©s Ă©taient nĂ©s pour ĂȘtre vertueux; et que la justice est une qualitĂ© qui leur est aussi propre que lĂ«xisteuce. ÊxpliqĂŒe-moi ce que tu veux dire. (Montesquieu;) EXERCICÉ PHRASÉOLOGIQÜE. il eĂąvĂ it v6as ĂȘtes mon ĂąmĂź. ^ On m’a dit que mon amitiĂ© tous incommo'dc: Dn m’a dit qĂŒe l’amour fait des hĂ©ros. J’ai toujours cru que Dieu est bon. Il savait quĂš vous Ă©tiez mon ami. Oo m’a dit que mon amitiĂ© vous incommodait. On m’a dit que Tamour faisait des hĂ©ros. J’ai toujours crn que Dléû Ă©Ult boa. J
( 624 1 N” DXLTIII. o EMPLOI DB l’imparfait OU DU PRÉSENT APRÈS «. I. AVEC l’imparfait, * Si mon cƓur Ăš/ai( libre, U pourrait ĂȘtre Ă  vous, k (Regnard.) Si l’arL et le travail n’aidaient pas la nature, On verrait fort souvent les champs les plus fĂ©conds Ne pousser, faute de culture, ' Que des ronces et des chardons. (Lenoble.) . X. ... Au barreau l'on serait maladroit Si l’on n’y savait pas, suivant qu’on se rencontre, Soutenir le pour et le contre. (Id.) Si je ne laimais plus, tĂ«n PARLERAis-je encore? (Demoustier.) Si je vous aimais moins, je serais plus tranquille. (Regnard.) St nous vog/ons VĂ©tendue des montagnes en proÂŹ fondeur, les cheveux nous en dresseraient a la tĂȘte. (Bern. de Saint-Pierre.) AVEC le prĂ©sent. ... Si Louis l’ordonne, Ces arbres parleront mieux que ceux de Dodonc. (MoliĂšre) . . . Elle PERDRA la vie St, son Ăąme n’obtient T effet de son envie, (fd.) S’il est vrai qĂŒelle ait dit ce que je viens d’entendre, I’avocerai que mes feux n’ontplusrien Ă  prĂ©tendre, (fd.) Si vous n’éclatez fort contre un trait si hardi. Ou ne trouvez bientĂŽt moyen de me dĂ©faire Des persĂ©cutions d’un pareil tĂ©mĂ©raire, J’abandonnerai tout. (/d.) St vous voulez satisfaire mes vƓux, Un saint nƓud dĂšs demain nous unira tous deux. (Id.) , Vous CAUSEREZ de terribles Ă©clats. Si vous ne mettez ĂŒn Ă  tout cet embarras, (/d.) ... St vous avez tant soit peu de cervelle. Vous PRENDREZ d’autres soins. (W.) Le Journal grammatical avait proposĂ© cette question : (( Quelle rĂšgle peut-on poser pour enseigner que dans : si vous m'atmez, je vous aime- « rai, le premier verbe doit ĂȘtre au prĂ©sent de Vindicatif, et que dans : si vous m'aimiez,. D je vous aimerais, il doit ĂȘtre Ă  Vimparfait? » Voici la rĂ©ponse qĂŒy fit M. Dessiaux, et que nous croyons devoir reproduire. 1° Lorsque aprĂšs avoir reconnu la possibilitĂ© d’une action, oh affirme simplement que, si cette action a lieu, elle produira, comme rĂ©sultat certain et infaillible, une autre action ' qui' en dĂ©pend, ainsi que lĂ«ffet dĂ©pend de la cause; alors il n’y a aucune incertitude dans la pensĂ©e, lĂ«xpression doit donc ĂȘtre positive, et dans çe cas, cĂ«st du mode indiÂŹ catif qĂŒil faut faire usage. Mais, puisque les deux actions ne peuvent avoir lieu que dans un temps futur, relativement au moment de la parole, les verbes doivent se mettre au futur, selon la construction idĂ©ologique . Cependant en français (1), par propriĂ©tĂ© de lanÂŹ gage, le verbe de Vaction principale se met au prĂ©sent. Il faut chercher la cause de. cette anomalie dans la vivacitĂ© de l’imagination, qui, franchissant lĂ«space, nous fait considĂ©rer comme prĂ©sent Vobjet de notre crainte ou de notre dĂ©sir. 2Âź S’il y avait doute, crainte ou dĂ©sir prononcĂ© relativement Ă  Vaction primordiale, et qĂŒon voulĂ»t seulement affirmer-quĂ«Jle produirait Vaction secondaire conditionnellement, on mettrait Ă  Vimparfait la proposition subordonnĂ©e, et au conditionnel la proposition principale ; et alors, selon le point de vue de VĂ©crivain, cet imparfait dĂ©signerait ou un prĂ©sent ou un futur; il a donc perdu sa signification propre. En effet, comme tout est vagĂčc dans la pensĂ©e, l’expression devraitporter le mĂȘme caractĂšre d’indĂ©cision; VidĂ©o- (1) V. p. 619.
( 625 ) . . logie rĂ©clame donc le mode subjonctif (l);tbais ce ne sont pas des logiciens qui prĂ©sident Ă  la formation des langues. - En gĂ©nĂ©ral, aprĂšs la conjonction si, nous mettons toujours Tindicatif [\e prĂ©sent ou Yimparfait, selon le cas) ; cĂ«st un idiotisme (2). Cette rĂšgle convient surtout aux Ă©trangers, et aux habitants de quelques provinces de la France, qui, dans ce cas, se servent du conditionnel, et disent si j'aurais, au lieu de si j'avais, etc. IL IMPARFAIT ET PLÜS-QUE-PARFAIT DE l’iNDICATIF OU DU SUBJONCTIF APRÈS sL AVEC LE SOBJONCTIf! Si mon oncle fĂ»t mort, j'aurais, Ă  mon retour. DisposĂ© de mon cƓur en faveur de l’amour, (Regnard.) Il est vrai, s’il m’eĂ»t cru, qĂŒil nëût point fait de vers. ^ (Boileao.) Si madame eĂ»t gardĂ© son cƓur pour le plus tendre, Plus que tout autre amant j'aurais pu l'espĂ©rer. (Regnard.) Et je pouvais pour vous gagner cette victoire, ^ St le ciel nĂ«tlt voulu m'en dĂ©rober, la gloire. (MoliĂšre.) St j’eusse Ă©tĂ© surpris, quels traitements cruels nĂ«ussĂ©-je point essuyĂ©s ! (J.-J, Rousseau.) AVEC L INDICATIF, . Ah ! s’t7 n’était pas mort, c’était de l’or en barre. (Regnard.) Si l’on m'en avait cru, tout ĂŒen irait que mieui. {Id.) Si les ĂŻiians avaient chassĂ© du ciel Jupiter, les poĂštes eussent chantĂ© les Titans, (Voltaire.) ,‱ Si on avait pu rire dans une si triste occasion, quels portraits n'aurail-on pas faits de l'Ă©tat oĂč nous . Ă©tions tous? (M“¼ de SĂ©vignĂ©.) Si ces observations avaient Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ©es, si elles s’étaient trouvĂ©es justes, l’expĂ©rience eĂ»t pu, au bout de quelques milliers de siĂšcles, former ĂŒn art dont il eĂ»t Ă©tĂ© difficile de douter. (Voltaire.) . , , S’iis avaient suivi mes conseils et mes vƓux. Je les auraĂźs^sauvĂ©s ou combattus tous deux. ‘ {Id.) ĂȘ Les poĂštes eussent chantĂ© le diable, si, par imÂŹ possible, le diable Ă©tait restĂ© vainqueur. (Voltaire.) Il aurait dĂ», s’il avait Ă©tĂ© innocent, se mettre en prison, (M“¼ de SĂ©vignĂ©.) Heureuse mille fois,st ma douleur mortelle Dans la nuit des tombeaux m’eĂ»f plongĂ©e avec elle 1 (Racine.) ^HĂ©las! st je fusse mort enfant, j’aurais dĂ©jĂ  joui de la vie, et n’en aurais pas connu les regrets. (GĂźtĂ© par Lemare.) Si c’eĂ»t Ă©tĂ© l’Ɠil droit, je l’aurais guĂ©ri; mais les plaies de VƓil gauche sont incurables. ■ . (Voltaire.) Devant les-verbes auotret ĂȘtre, on se sert de Tindicatif ou du subjonctif, et Ton dit Ă  volontĂ© : si j'avais, ou si j'eusse reçu votre lettre ; mais la premiĂšre tournure est beauÂŹ coup plus usitĂ©e. III. INDICATIF ET SÜBJONCTIF DANS LA MÊME PHRASE. .. . Mais si; sans vouloir rire. Tout allait comme j’ai l’honneur de vous le dire, . Et gĂŒAngĂ©lique enfin pĂ»t changer ? (Regnard.) Si dans l'assemblĂ©e tout-Ă -coup paraissait un orateur, et qu’il voulĂ»t se faire entendre ? (Thomas.) , (1) Comme cela a lieu dans d'autres langues. Les Italiens disent : si je susse, si je pusse, si je dusse, et non si je savais, si je pouvais, si je devais. Seio japesst pur chi l’ha avuto, mi parrebbe essere mezzo consolato. (Bocc. g. 8, n. 6.) Se io non avessi paura di mio padre, io gli in- segnerei la risposta. (Macchiavelli, Com.) Se io avessi questi denari, io gli ti prestereĂź in- contanenle. (Bocc. g. 8, n. 10.) Se cosi non fosse, io non vi potrei prĂšs tare un grosso. (Bocc. g. 8, n. 6.) Si je susse cependant qui Ta eu, il me paraĂźtrait d’ĂȘtre Ă  moitiĂ© consolĂ©. Si je n'eusse pas peur de mon pĂšre, je lui enseiÂŹ gnerais la rĂ©ponse. Si j’eusse cet argent, je te le prĂȘterais sur-le- champ. Si ce ne fĂ»t pas ainsi, je ne pourrais pas vous prĂȘter un liard. ‱ Les Latins disaient, comme les Italiens, si je susse : aĂźiud si scirem, id polHcerer tihi (TĂ©rbnce), Traduction : Si je susse autre chose, je te Ăźe promettrais. (2) Les Grecs employaient aussi la mĂȘme tournure : d fpvjv. (Si j’étais Alexandre.) (Plutarqoe.) 79 ' V c
( 626 ) Pn doit encore remarquer que, dans le cas oĂč Ton remplace la conjonction si par gue, lorsqu’il y a Ă©numĂ©ration d’actions, la construction idĂ©ologique reprend ses droits, et que l’on fait usage du subjonctif, quoique le premier verbe soit Ă  l’indicatif. Ainsi on dit avec le prĂ©sent: Si vous m’aimez, et que vous vouliez me le persuader; et avec le passĂ©: Si vous m’aimiez et que vous voulussiez me'le persuader, EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Si tu HÎmes Dieu, tu seras heureux. Si tu meurs, je meurs. S’il Ă©tait parti. S’il le veut, et qu’il me rĂ©ponde d'en avoir soin, je le lui donne. .Si tu aimais Dieu, tu serais heureux. Si tu mourais, je mourrais. - — S’il fit parti. S’il le voulait, et qu’il me rĂ©pondit d’en avoir soin ,je le lut donÂŹ nerais. DXLIX. EMPLOI DE l’imparfait DE l’iNDICATIF AĂŒ LIEU DU CONDITIONNEL AVEC l’imparfait. Si j’avais dit un mot, on vous donnait la moft. (Voltaire.) lime jurait que jusques Ă  la mort .Son amour me laissait maĂźtresse de son sort. (Racine.) Jaloux de ces prĂ©sents que convoitait tcfn cƓur, Si tu n’avais pas nui, tu mourais de douleur. (Tissot.) : ' Il y en a de tels, que, s’ils eussent obtenu six mois de dĂ©lai de leurs crĂ©anciers, ils Ă©taient nobles! (CitĂ© par Lemare.) ' Et jepouĂŒai* pour vous gagner cette victoire, Si le ciel n’eĂ»t voulu m’en dĂ©rober la gloire. (MoliĂšre.) avec le conditionnel. Si j’avais dit un mot, on vous aurait donnĂ© ta mort. Il me jurait que jusqu’à la mort son amoĂŒr me laisserait maĂźtresse de son sort. * * ■ Si tu n’avais pas nui, tu serais mort de douleur. Il y en a de tels, que, s’ils avaient obtenu six mois de dĂ©lai dc leurs crĂ©anciers, ils auraient Ă©tĂ© nobles. Et/aurais pu pour yous gagner cette victoire, si le ciel, etc. Pans ces sortes de phrases on emploie l’indicatif ou le conditionnel ; mais l’indicatif est plus Ă©nergique. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. S’il votu avait trouvĂ©, il vous tuait. S’il vous avait trouvĂ©, it vous aurait tuĂ©. PPETÉRIT DEFmi ET PRETERIT INDEFINI. I. PRÉTÉRIT DÉFINI, Je ĂŒte HIER une chose assez singuliĂšre, quoiqu’elle se passe tous les jours Ă  Paris. (MontEsqĂŒieo.) Je te parlai lâ€™Ă‚ĂŒtre jour de l’inconstance proÂŹ digieuse des Français sur leurs modes, '(/d.) Je vous envoie, mon cher frĂšre, une lettre qnefĂ©- crivis hier pour madame de Laval. (FĂ©nelon.) Je me/roĂŻKĂźtt/un pçuincomniddĂ©avec de l'Ă©motion avant-hier ; mais cela n’a point eu de suite, (/d.) prĂ©tĂ©rit indĂ©fini. Le roi m’a nommĂ© aujourd’hui archevĂȘque de Cambrai. (FĂ©nelon*) Ce matin j’at trouvĂ© le pavĂ© si glissant que j’ai pensĂ© que si je venais Ă  tomber sur le bras droit, je serais tout-Ă -fait dĂ©semparĂ©. (Bern. de Saint-Pierre.) ■Je vous ai Ă©crit ce matin, ma chĂšre sƓur, sur ma conversation avec M. le marĂ©chal. (FÉNÉLciN.) Le citoyen Didot a renvoyĂ© hier au soir son do- roestique ayeç des paroles dures, et ce matin ori a trouvĂ© ce* malheureux qui s’étei't pendu dans sa chanabre.' * (Bern. de SAiNT-PiBRRE.)
( 627 ) Hier au soir jĂ«ws en me couchant un frisson de fatigue; huit lieues dans un jour sont trop. (BerT^. de SAINT-y.IERRB.) En rentrant chez moi ce soir, j’ai appris que Ăźe citoyen Didot venait d’éprouver un grand sujet de chagrin. (Bern. de Saint-Eibrre.) Les formes jĂ« vis, je parlai, je trouvai, ne doivent s’employer que pour exprimer une chose qui s’est passĂ©e dans une pĂ©riode de temps entiĂšrement Ă©coulĂ©e colonne), de sorte que ce serait une faute de dire: Je yis cette annĂ©e, je parlai ce mois-ci, je trouÂŹ vai cette semaine, j’eus ce matin. Il faut alors faire usage des formes,j"ai vu, faipaidĂ©, 7’ai/routßÚ,/ai eu, etc. (2Âź colonne). Cette distinction est observĂ©e dans la phrase suivante : Je t’ai dĂ©fendu cent fois de rĂącler ton maudit violon; cependant ie t'ai entendu ce ma- TIN. Ce matin I ne vous souvient-il plus que vous me le mito hier en mille piĂšces? j (Palaprat.) , Les granamairiens disent qĂŒe pour employer le prĂ©tĂ©rit dĂ©fini il faut que le temps soit Ă©loignĂ© au inoins d’un jour, qu’il y ait eu une nuit depuis l’évĂ©nement ; la moindre de toutes les pĂ©riodes admises pour l’emploi de ce temps Ă©fant celle d’hier (1). Une heure suffit, pourvu que l’on ne soit plus dans lĂ«poque dĂ©signĂ©e.- D’ailleurs, il nous semble qĂŒun homme qui le soir raconterait un Ă©vĂ©nement remarquable, une ba- * 'taille qui aurait eu lieu le matin, pourrait bien dire : Nous n’étions que cinq cents, mais, par un prompt renfort, . . Noiis nous vĂźmes trois mille en arrivant au port. (Corneille, le €id, lY, iii.) Et VoUairĂ© souhaite que celte licence soit permise Ăšn poĂ©sie..Racine n’a pas craint non plus de faire dire Ă  ThĂ©ramĂšne : ^ ‱ 4 Le flot quil’appor/a recule Ă©pouvantĂ©. . , Combien celte expression est plus vive ! Le temps qu’ont durĂ© de pareils Ă©vĂ©nements est comme une Ă©poque particuliĂšre. Bien plus, comme le fait observer M. Dessiaux, il y a des cas oĂč l’on ne pĂȘuLsĂ«xpri- mer qĂŒavec ce temps : Ce matin nous nous sommes rendus chez le ministre : il ny Ă©tait pas; nous rĂ©solĂ»mes de l’attendre. II. PRÉTÉRIT PÉFINL Je fus bien fĂąchĂ© hier, ma chĂšre cousine, devons avoir quittĂ©e avec tant de prĂ©cipitation. (FĂ©nelon.) Nous partĂźmes hier de Paris Ă  neuf heures du, matin. (Bern. de Saint-Pierre.) , Il prĂ©tend que je lui dois tout le blanchissage du. linge que vous eĂ»tes la bontĂ© de faire faire pour, moi, iL^Y A CINQ ANS, lorsquc je m*ns"ici. (FĂ©nelon.) Il y a environ ^n mop que madame Mes nard m'offrit dĂ«lle-mĂȘmĂ© de me prĂȘter l’argent hĂ©ces-* saire Ă  l'Ă©dition de mon ouvrage.. (Bern. de Saint-Pierre.) Huit jours aprĂšs son dĂ©part, il m’écrivit une lettre remplie de lamentations. (Id.) PRÉTÉRiy ]^pÉFlNI. Hier, en travaillant Ă  nqon quatriĂšipe dialogue, j’ai Ă©prouvĂ© un vrai p|aisir, ' ’, (Mirabeau.)' J’ai* tenu hier ma seconde sĂ©ance Ă  l’école norÂŹ male; j’ai Ă©tĂ© comblĂ© d’applaudissements. . *. (BEjlN. DE SAlNT:Pl||lljE.) „ Il Y A UN an j’af obtenu la somme de cent Ă©cus sur le» secours rĂ©servĂ©s aqx pauvres gens de lettres. " Ud.) S'ai pw l’AUipE J QĂŒfl Ă  r^euilly fuir un larron Ă  travers champs, aprĂšs lequel toĂŒt le village criait. ' . ’ [Id.) Je vous ai Ă©crit il y a une QUIi^zaine jo.qps (1) Aussi M“¼ de SĂ©vignĂ© Ă©crit-elle : M. de Courtrai revient de Saint-Qermaini Ce fut le soleil qu\ Ă©claira ce mariage, la  étĂ© du reste. Ce qui veut dire \ Le sojeil (d’hier) Ă©c|.^ira Ăźe ma- riage, et la lune (qui a lui peiidant la ni^it jusqu’à ce matin) a Ă©tĂ© tĂ©moin du reste,, '‱ ! Les curieux, dit plaisamment q ce sujet Lemare, peuvent consulter les almanachs du temps, pour savoir si le jour qĂŒĂ©cnvait de.SĂ©vignĂ© il v avait eu lune depuis minuit.
{ 628 ) On voit par ces exemples que si Von parle d’une chose arrivĂ©e dans une pĂ©riode de temps dĂ©terminĂ©e, mais oĂč Von nĂ«st plus, on peut Ă  volontĂ© faire usage du prĂ©tĂ©rit dĂ©fini ou indĂ©fini, et dire VIS hier, ou j’aĂŻ vĂŒ hier ; je ĂŽows Ă©crivis Vautre jour, ou je vous Ai ÈcaiT Vautre jour, eic» III. PRÉTÉRIT DÉFINI. CĂ«st Boileau qui le premier enseigna Part de parier toujours convenablement, (Voltaire.) GrĂąces Ă  mon amour, je me suis bien servie Bu pouvoir qĂŒAmurat me donna sur sa vie. (Racine.) ... Ce jour que tu repus de moi. {Id.) Dieu ne crĂ©a que pour les sots Les mĂ©chants diseurs de bons mots. (La Fontaine.) Dieu crĂ©a deux grands luminaires, le soleil et la iune. (Pascal.) . PRÉTÉRIT INDÉFINI. Quelques animaux nous ont enseignĂ© Ă  bĂątir des maisons. (AcadĂ©mie.) Je ne me souviens plus dĂ©jĂ  de tous les dĂ©plaisirs que vous m’ave;Ăź donnas. (MoliĂšre.) Cruelle, quand ma foi vous a-t-elle déçue? Songez-vous quĂ«n naissant mes bras vous ont reçue f (Racine.) Dieu a créé le genre humain, et en le crĂ©ant i! nĂ« pas dĂ©daignĂ© de lui enseigner le moyen de le servir et de lui plaire. (BossĂŒet.) Les poĂštes ont créé les dieux. (AcadĂ©mie.) ' Lorsqu’il s’agit dĂŒne chose arrivĂ©e dans une pĂ©riode de temps indĂ©terminĂ©e, mais , entiĂšrement Ă©coulĂ©e, on peut, comme lo prouvent ces citations, employer le prĂ©tĂ©rit dĂ©- fini oxx Ib'prĂ©tĂ©rit indĂ©fini. On fait usage du premier, si Von ne songe qĂŒĂ  la semaine, Ă  la journĂ©e, Ă  l’instant mĂȘme oĂč l’évĂ©nement dont on parle a eu lieu. . On se sert du second, si lĂŒn veut faire entendre que la pĂ©riode de temps oĂč cet Ă©vé nement sĂ«st passĂ© dure encore. C’est ainsi que CrĂ©billon a dit : La crainte fit les dieux, Taudace a fait les rois. En mettant fit les dieux, CrĂ©billon, comme le fait observer Lemare, nous suppose hors de la pĂ©riode oĂč se faisaient les dieux, oĂč ils furent tellement multipliĂ©s quĂ«nfin, selon la noble expression de Bossuet : Tout Ă©tait Dieu, exceptĂ© Dieu lui-mĂ©me, Depuis longtemps on ĂŒen fait plus,. Au contraire, CrĂ©billon a dit a fait les rois, parce que l’audace fit, fait et fera encore, plus ou moins longtemps, des rois ; nous sommes encore dans cette pĂ©riode. La Harpe remarque, Ă  Toccasion de ce vers de Voltaire ; ‱ ^ BrisĂątes mes liens, remplĂźtes ma vengeance, qĂŒil faut Ă©viter ces sortes de prĂ©tĂ©rits, dont la prononciation lourde et emphatique dĂ©-* plaĂźt Ă  Toreille; il faut surtout se garder d’en mettre deux de suite, Tun prĂšs de Tautre, cĂ«st une nĂ©gligence de style. Le prĂ©tĂ©rit dĂ©fini s’emploie quelquefois pour un futur : J’ai fini dans un moment, au lieu de ; J’aĂŒrai fini dans un moment EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je vi» hier, je vis Tautre jour.. Je trouvai avant-hier... Je perdis beaucoup TanuĂ©e derniĂšre. 11 plut ce jour-lĂ . J» le payai sur-le-champ, et le congĂ©diai. J’ai vu aujourd’hui.. . J’ai trouve ce matin. .V J’ai beaucoup perdu cette anDee n Ăą pin cette semaine. Je Tai paji ce ynoU-ct.
( 629 ) FUTUR. AVBC LB FUTUR. Dieu en vain tu ne jurera#. (AcadĂ©mie.) I, - AVEC L’iUPÉRATIF. Évite de rien faire qui puisse t’attirer Tenvie. (Dict. de maximes.) On voit qĂŒon pĂ©ut faire indiffĂ©remment usage du futur ou de VimpĂ©ratif: mais il faut bien se garder de croire avec Jes grammairiens que lĂŒn soit pour Tautre. II. AVEC LE FUTUR. Rendez fidĂšlement le dĂ©pĂŽt qĂŒon vous aura conÂŹ fiĂ©, et ne rĂ©vĂ©lez jamais un secret. (FĂ©nelon.) Ne manquez jamais de tenir exactement tout ce que vous aurez promis. (/d.) AVEC LE PRÉTÉRIT. Rendez fidĂšlement le dĂ©pĂŽt qĂŒon vous a confié» Ne manquez jamais de tenir exactement tout ce que vous avez promis. On peut employer le futur ou le prĂ©tĂ©rit; mais le premier est plus usitĂ©. III. * -i Croira qui voudra Thistorien Capitolin et quelÂŹ ques autres Ă©crivains qui font danser les Ă©lĂ©phants sur la corde. (FĂ©raud.) Expliquera, morbleu, les fenames qui pourra, (Babthe.) Boira qui voudra, larirette : Paiera qui pourra, larira l (Chanson connue.) «11 y a, dit la Grammaire des Grammaires, un tour de phrase assez particulier, oĂč le futur se place au commencement, avant le sujet exprimĂ© par un qui relatif : Croira qui voudra. » Girault-Duvivier se trompe grossiĂšrement ; mais ce n’est pas la premiĂšre fois (^ue ce compilateur nous donne occasion de remarquer jusqĂŒĂ  quel point il ignorait la science grammaticale, dont pourtant if s’était occupĂ© toute sa vie. D’abord, dans ces phrases, qui n’est pas le sujet des verbes croira, expliquera, mais de voudra, pourra, ainsi qĂŒon le voit en rĂ©tablissant le mot celui, sujet sous-entendu de croira, expliquera : (Celui) qui voudra croira; (celui) qui pourra expliquera. ‱Ensuite, ce tour de phrase n’est pas particulier seulement au futur, il est permis avec tous les temps simples, des verbes : Se sauve qui peut, travaillait qui voulait, viendrait qui voudrait. r Mais veille qui voudra, voici mon oreiller. (Racine.) IV. AVEC LE FÜTÜR. ... Ces lieux sont solitaires. Elle est rentrĂ©e au camp... Oui, j’aurai trop tardĂ©. (Chateaubriand.) * Mais dĂ©jĂ  dans le camp il owra pĂ©nĂ©trĂ©.- (/d.) avec LB PRÉSENT. ... Ces lieux sont solitaires. Elle est rentrĂ©e au camp... HĂ©las Ăź j'ai trop tardĂ©. Mais dĂ©jĂ  dans le camp peut-ĂȘtre a-f-ii pĂ©nĂ©trĂ©. On voit que quelquefois, pour marquer le doute dans lequel nous sommes Ă  TĂ©gard dĂŒn Ă©vĂ©nement, nous employons la forme du futur. Nous disons donc jĂŒwrai trop tardĂ©, au lieu de fai trop tardĂ©, ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, t f Uo seul Dieu adorer&s. Adore uo seul Dieu. _ N’oubliez jamais la bitnfail qn'oo vous aura rendu. N’oublieÂź jnmois le bieufaĂźi qu’on tous a rendu.
( 63Îf )' FUTUR ET cdĂź^DmONNEL. N“ DL. 9^^- PHRASES NON INTËrROGATIVES. É t -C iJa * * , I. FUTUR. CĂ«st par trop vous hĂąter, monsieur, et votre mal, Si vous sortez sitĂŽt,* pourra bien vous reprendre. . (MoliĂšre.) Mais peut-ĂȘtre qu'un jour je dĂ©pendrai de moi. ' : (Corneille.-) Non, je ne Vaurai point amenĂ©e au supplice. (fÎÂCINE.) Peut-ĂȘtre avec le temps j’oserai davantage. (Racine.) Mes pleurs...,. . i Ne ttendronif pas longtemps contre les soins d'A- (Id,) [chĂŒle. CONDITIONNEL. Elle pourrai/bien^djre avec je prophĂšte : mon pĂšre et ma mĂšre m’ont abaÎKyinnéÚ. (Bossuet.) Et de rĂ©vĂ©hĂšment d’un combat piĂčs humain^ DĂ©pendrait aujourd’hui l’horiiieur du nom romain ! (Corneille.) J’aurais trop de regret, si quplque autre guerrjçr^ AĂŒ rivage tri^yeli dĂšscĂ©ilddit le ptĂ«mier. (Racine.) Je n’osarais l’aller interrompre. (AcadĂ©mie.) « J’ai cru que mes torrilents me i'iĂ«ndraĂ»^l ^’a- (Racine.) [mour. IL PHRASES iNTÈRROGATIvÉS. m Pourrai-je sans trembler lui dire : je vous aime? (Racine.) /“V . ' ' ' ? V t» » f i. * 'J i * ,'Ăź ‘ Ou pourrai-je trouver ce prince trop Ă»dele? (fd.) Croiror-i-il mes pĂ©rils et vos larmes sincĂšres? ■ Pourrais-je a ce penchant abandonner moti Ăąme? (Longepierre.) Pourrais-je Ă  cette loi ne pas me conformer? (Racine.) Crbt*rai/-H madouleuf moins vive que la tienne? {m ■* 1 II, suffit (ßÚ lirĂš uĂ« tableau pÔĂčf voir lĂ  diffĂ©rence qui existe entre le futur et le condiÂŹ tionnel, et sentir combien, il esl essentiel de ne pas confondre ces deux temps, surtout dans les phrases iHtĂšrrogatĂźyes. , . ^ Celiii qui dit : Si j'Ă©tais rĂ i, je voudrais ĂȘtre juste, hĂ© veut pas faire croire qĂŒil espĂšre ĂȘtre roi; il fait donc une supposition qui ne doit pas se rĂ©aliser; mais celui,qui dit : Si je suis roi, je serai juste, est fils dĂš roi; on croit que, d’une maniĂ©rĂ© ou d’une autre, il deviendra roi. D’oĂč ce principe : ^ Le futur s’emploie lorsqu’on veut indiquer qu’une chose arrivera ou pourra arriver dans un temps plus oĂŒ ihbiris Ă©joignĂ© du moment de la parole. On se sert du conditionnel toutes les>ois qu’on exprime iihe action, un fait dĂ©pendant d’une condition Ă  l’exĂ©cution ‘ de .laquelle on liĂš s’attend point : en français, le second meioabre de phrase qui renferme cette condition commence toujours par si, quand, quand mĂȘme; ĂŽĂŒ jpar quelquĂ© terme Ă©quivalent. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE: l'avouerai. Je dirai. On verra. Tu seras. Il pourra. Vous voudrez. Noua croirooB. ' J'avouerais. Je dirais. Ou verrait. Tu serais. Il pourrait, Xouj youdriert. Noua croirious. Avouerai-je ? Dirai-je? y erra-t-on 7 Seras-tu ? PourrĂą-l-il? Voudrez-vous? Croirons-nous? Avouerais-je? Dirais-je? Verrait-on? Serais-tu ? Pourrait-il?... ' Voudriez-vous.? Croirioas-oous ?
(631 ) N“DLI;- fLAGE DU FÜTÜR ET BÎJ CONDÎTIONNÈI. ÀtÉC M. AVANT si. Oui, je triompAerai, sĂź Nadab amoureux Au culte d’Abraham arrache les HĂ©breux. ^ (Chateaubriand.) 11 ftapperĂ  JacîÜ, si Jacob TabandonDe. (Id.) APRÈS Si. Si vous ne changez pas, vous Ă©prouverez des malheurs. (Laveaux.) Oui, si je' lĂš rencontre, on verra du carnage. (MoliĂšre.) IL Je ne craindrais pas tant, hĂ©las! si j’aimais^moins. (LonoĂšpierre.) En tfĂšs-bbnnĂš sĂ htĂ© f arriverais ici, Si je n’étais porteur d'une large Ă©corchure. (Begnard.) Si je vous aimais moins; je serai# plus tranquille. (RegnarÎ).) , ♩ V - A * ^ ‘ ' I ‘ ‘ ' * . , . S’il avait quelques deniers comptants, Ne me paierait-il pas mes gages de ,ciDq,.ans ? (Le mĂȘme.) f Le futur et le conditionnel peuvent ĂȘtre, comme ori voit, placĂ©s avant ou aprĂšs lĂ  phrase complĂ©mentaire commençant par la conjonction st. / EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Je viendrai, si je puis. Dieu vous punira, si vous medtez. Je le ferais, si je pouvais. _ , Vous seriez puni, si voiis mentiez. Si je puis, je viendrai. Si vous mentez, Dieu voiis punira. Si je pouvais, je le ferais. . Si vous mentiez, vous seriez puni, N“ DLII CONDITIONNEL ACCOMPAGNE OU NON ACCOMPAGNÉ DĂŒ SECOND MEMBRE DE PHBASÉ. avec la particule si. Si le papier qui sert aux amoureux billets CoĂ»tait comme celui qĂŒon emploie au palais, Cette ferme en un an produirait plus de rente Que le papier timbrĂ© ĂŒen peut rendrq en quarante. ' ^ (Regnard.) SI nous n’avioiis pas de dĂ©fauts, riotis ne pren^ driohs pas tant de plaisir Ă  Ăšn remarquer chez les autres. (La RocdÉroucAULD.) SI les morts,revenaient ou d’en haut ou d]en bas, Les pĂšres et les fils ne se connaĂźtraient pas. (Boursault.) . . . J’eh sais qĂŒon verrait pester au dernier point, SI de leurs soupirants on ne mĂ©disait point. (Colin-d’Harlevillb.) , SANS LA particule St. N Pour appui dĂ«n dattier empruntant un rameau, . Le jour j’aurais guidĂ© ton paisible chameau. Le soir, au bord riant dĂ«ne sOurce ignorĂ©e, JĂ«wrats offert la coupe Ă  ta bouche altĂ©rĂ©e, . , , (Chateaubriand.) Soyez persuadĂ© que, par .mon goĂ»t, yous seriez ‱tout le beau premier Ă  la fĂȘte! Que vdiis y .RenÂŹ driez bien votre place ! (M“¼ de SĂ©vignĂ©!) Vos lettres me pidiraient d'iin inconnu. (La mĂȘme.) Ün enfant supportera des CliahgemĂ©nts qĂŒĂ© ne supporterait pas un homme. (J.-J. RĂŽossĂȘaĂŒ.)' Comme TidĂ©e exprimĂ©e par le conditionnel est vague, elle a besoin d’étre dĂ©terminĂ©e par un second membre de phrase; mais ce second membre de phrase, ainsi qĂŒon le voit, peut ĂȘtre exprimĂ© ou sbus-enlehdu : Vos lettres me plairaient d'un inconnu, c’est- Ă -dire : vos lettres'me plairaient (mĂȘme si elles venaient) d'un inconnu; — vous seÂŹ riez fowi le premier Ă  la fĂȘte, sous-entendu, si les choses se dĂ©cidaient d’aprĂšs MON GOÛT, vous y tiendriez bien votre place! ajoutez : si voĂčs y veniez ; —
{ 632 ) enfant supportera des changements que ne supporterait pas un homme, cĂ«st pour : un enfant supportera des changements qu'un homme ne supporterait pas, s'il y Ă©tait exposk; — Le jour, f AURAIS guidĂ© ton paisible chameau, en sous-entendant : si tu AVAIS RÉPONDU A MON AMOUR OU SI TĂŒ AVAIS VOULU DEVENIR MA COMPAGNE. ĂŻ EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Si j'Ă©tais roi, je voudrais ĂȘtre juste. S’il ne me craignait pas, je le craindrais. Je serais mardi chez vous, si Dieu le voulait. 11 Ă©pouse une femme tjui serait digne de vous. Ce piano vous plairait-il? Auriez-vous cette bontĂ© ? W DLIIl. PRÉTENDU EMPLOI DU CONDITIONNEL POÜR l’IMPARFAIT DE t’iNDICATIF. ; t' ‘ EXEMPLES. i Deux taureaux combattaient Ă  qui possĂ©derait Une gĂ©nisse avec lĂ«mpire. (La Fontaine.) Et prenez-vous, seigneur, leurs caprices pour guides? Avez-vous prĂ©tendu qĂŒils se tairaient toujours? Est-ce Ă  vous de prĂȘter Toreille Ă  leurs discours ? (Racine.) Je les voyais tous trois se hĂąter sous un maĂźtre, Et tous trois Ă  Tenvi s’empresser ardemment A qui dĂ©vorerait ce rĂšgne d’un moment. (Corneille.) ANALYSES. Deux taureaux combattaient Ă  Teffet de savoir quel serait celui qui, s’il Ă©tait vainqueur, possé derait une gĂ©nisse avec Tempire (1). Avez-vous prĂ©tendu qu’ils se tairaient toujours, mĂȘme s’il se prĂ©sentait une occasion favorable de parler ? Je les voyais s’empresser Ă  Teffet de savoir que serait, celui qui le dĂ©vorerait, s’il Vemportait sur ses rivaux, ce rĂšgne d’un moment. Parce que dans toutes ces phrases le conditionnel peut se traduire ainsi : deux tauÂŹ reaux combattaient Ă  qui devait possĂ©der une gĂ©nisse ; — avez-vous prĂ©tendu qu'ils DEVAIENT se taire toujours? — ils s'empressaient Ă  qui devait dĂ©vorer ce rĂšgne d'un moment, les grammairiens se sont imaginĂ© (car que ne s’imaginent-ils pas ?) qĂŒainsi em- plçyĂ© le conditionnel Ă©tait un nouveau temps ; mais l’analyse nous fait voir que ce mode sĂ«xplique naturellement par la rĂ©intĂ©gration des mots supprimĂ©s par lĂ«llipse. Il en est de mĂȘme dans les vers suivants : ' Savez-vous pourquoi JĂ©rĂ©mie A tant pleurĂ© pendant sa vie ? C'est qu’en prophĂšte il prĂ©voyait QĂŒun jour Le Franc le traduirait. (Voltaire.) Nous sommes encore Ă  nous expliquer comment Lemare, qui attaque les gramÂŹ mairiens poĂŒr avoir vu un nouveau temps dans iZscowĂ©ateatĂ«n/ Ă  qui POSSÉDERAIT,atjcz- vous prĂ©tendu qu'ils se tairaient toujours, vient nous dire, quelques pages plus loin, que,, dans les vers prĂ©citĂ©s: Il prĂ©voyait qu'un jour Le Franc le traduirait, c’est pour : il prĂ©voyait qu'un jour Le Franc DEVAIT LE traduire, cĂ«st tomber s(»i-mĂ©me dans le'vicequĂ«n signale. ConsĂ©quents Ă  ce principe, qu’un temps ne saurait ĂȘtre employĂ© pour un autre, noua dirons que traduirait est ici au conditionnel, en vertu de Ăźa phrase sous-entendue s'il pleurait. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. [Is se disputaient Ă  qui l'emporterait. Ils jouaient Ăą qui perdrait- Us couraient Ă  qui arriverait le premier. Avez-vous cru que je garderais toujours le silence ? (1) Cette analyse ĂŒest-elle pas suffisamment justifiĂ©e par la phrase suivante .* Ils combattirent podr SAVOIR de qui ils seraient les esclaves. (Voltaire.)
( 633 ) N“ DLIV. PRÉTENDU EMPLOI DĂŒ CONDITIONNEL POÜR LE PRÉSENT DE l’iNDICATIF. I. — Emploi lĂ©gitime. exemples . Je souhaiterais que les philosophes s'appliquasÂŹ sent Ă  dĂ©montrer combien la paix serait avantaÂŹ geuse aux peuples de l’Europe. (CitĂ© par Wailly.) 3’aimerais qĂŒon travaillĂąt Ă  former le cƓur et l’esprit de la jeunesse. Ce devrait ĂȘtre le principal objet do l'Ă©ducation. (CitĂ© par Wailly.) On dirait qu'il va pleuvoir. {Id.) explications. C’est-Ă -dire, si j’avais des-vƓux Ă  faire, ou si mes vƓux pouvaient, avoir quelque influence, je souhĂ iterais, etc. CĂ«st-Ă -dire, si j*’ai;ais des vƓux Ă  faire, y aimeÂŹ rais, etc. ' c? C'est-Ă -dire, si Von considĂ©rait les nuages, etc., comme je le fais, on dirait qĂŒil va pleuvoir. Ces phrases, dit Wailly, sont les mĂȘmes que celles-ci : Je souhaite que les philosoÂŹ phes s'appliquent Ă  dĂ©montrer, etc.;/aime qu'on travaille Ă  former le cƓur et l'esprit de la jeunesse, etc. Ainsi, exprimer par une forme spĂ©ciale une idĂ©e de supposition,./ souhaiterais, j'aimerais, etc., et ne pas exprimer cette idĂ©e, .serait Ă©gal et prĂ©senterait le mĂȘme sens I Une idĂ©e pour une autre; et mĂȘme plusieurs idĂ©es pour une? .VoilĂ  cepenÂŹ dant comme, de temps immĂ©morial, on fait de la grammaire, et comme on en fera encore dans des milliers d’annĂ©es, tant cette science est entre bonnes mains. Celui qui dit ; J'aime qu'on travaille Ă  former le cƓur et l'esprit de la jeunesse, et ce doit ĂȘtre le but principal de VĂ©ducation, veut dire quĂ«n y travaille ou qu'on y doit traÂŹ vailler, et que c'est lĂ  positivement ce qu'il aime. Mais celui qui dit J'aimerais qu'on travaillĂąt, etc., parle dĂŒn ton moins absolu, plus modeste; il ne prĂ©tend Ă©noncer ni un fait ni un principe, c’est un simple dĂ©sir qu’il exÂŹ prime : J'aimerais, si cela dĂ©pendait de moi. Cet emploi du conditionnel est donc lĂ©gitime; il ne diffĂšre de lĂŒsage ordinaire que par l’ellipse; il en est de mĂȘme dans les phrases qui suivent : On nĂ«st point malheureux, quand on peut ignorer Tout ce que l'on pourrait avoir Ă  dĂ©plorer. (La ChaussĂ©e.) La faiblesse est le seul dĂ©faut qĂŒon ne saurait corriger. (J.-J. Rousseau.) Ne sawrats-tM trouver quelque moyen pour me tirer dĂ«mbarras? - (MoliĂšre.) Jamais jeune garçon n'aspira de lui-mĂȘme Ă  ĂȘtre tailleur. Il faut de l'art pour porter Ă  ce mĂ©tier de femme le'sexe pour lequel il n'est pas fait. L’aiÂŹ guille et l'Ă©pĂ©e ne sauraient ĂȘtre maniĂ©es par les mĂȘmes mains. (J.-J. Rousseau.) Ah! NĂ©bĂ©e, Ă  ce coup je ne saurais survivre. (Chateaubriand.) Je ne salirais peut souvent se traduire, par / ne puis, et paraĂźt alors nĂ«xprimer que l’idĂ©e d’un temps indicatif. Cependant, pour la forme, c’est un conditionnel; il faut donc chercher Ă  y retrouver TidĂ©e attachĂ©e Ă  ce mode. La faiblesse est le seul dĂ©faut qu'on ne saurait corriger, c’est-Ă -dire qu'on ne saurait corriger, si mĂȘme on faisait pour cela tous ses efforts. Tout ce que Von pourrait avoir Ă  dĂ©plorer, sous-entendu : si Von envisageait sa poÂŹ sition. C’est donc faute d’avoir vu Tellipse que les grammairiens ont trouvĂ© un barbarisme dans ces vers de Racine : Frappe, et si tu me crois indigne de tes coups, Si ta haine m’envie un supplice si doux, Ou si d'un sang trop vil ta main SERAIT trempĂ©e, . Au dĂ©faut ĂŒe ton bras, prĂȘte^moi ton Ă©pĂ©e. . 80
( 634 ) Si ta main serait trempĂ©e, cĂ«st pour.: si en me frappant tu croyais que ta fnain serait trempĂ©e d'un sang trop vit, etc. Il n’y a dans ce prĂ©tendu barbarisme de Racine qĂŒune ellipse hardie peut-ĂȘtre, Ă  la vĂ©ritĂ©, Tuiie dĂ©s|)iĂŒs fottes que se soient permises nos Ă©crivains, niais aussi peut-ĂȘtre l’une des plus heureuses, car la pensĂ©e de Racine est facilement comprise, et son ex- ^ pression est aussi rapide qĂŒil est possible quĂ«lle le soit. Mais il y a Ă©videmment une fautĂ© dĂąns .ces vers, qĂŒi ont Ă©tĂ© critiquĂ©s par Voltaire lĂŒi-mĂšme : - Tes plaisirs sont les biens les seuls Ă  dĂ©sirer. Si tes heureux transports pduvaient toujours durer. Il faut tes plaisirs seraient et non tes plaisirs sont. II. —' Emploi vioĂźĂšĂŒx: . . . Ün soufflet, Ă©crivons. Lequel HiĂ©rome, aprĂšs plusieurs rĂ©bellions, Aurai/atteint, frappĂ© moi sergent Ă  la,joue, El fait tomber d'un coup mon chapeau dans la boue. (Racine.) * i»' 'i 1 i * i . ,. Et de ce non content. Aurai/ avec le pied rĂ©itĂ©rĂ©. — Courage ! — Outre plus, le susdit serait venu de rage Pour lacĂ©rer ledit prĂ©sent procĂšs-yerbai... — ÂUoris; mon cher monsieur, cela rie va pas mal. (Racine.) Dans ces vers Racine Ăą voulu parodier le style des enfants dĂ© Barthqle. Le sens appeÂŹ lait lĂ© prĂ©sent : A atteint, a rĂ©itĂ©rĂ©, est venu, aĂŒ lieu de Ulirait atteint; aurait rĂ©itĂ©rĂ©; serĂąil venu: Ce style barbare, disait Voltaire, cdtamĂ©lice Ă  sĂ© glissĂ©r dans lĂ©s pĂąpiĂ©rs publics. On imprime que sa majestĂ© iuĂŒĂ‚iT rĂšioMĂŒ fu'ĂŒn'Ă© telle province aurait Ă©tĂ© endoinmagĂ©e par les ihĂŽndĂątibm. EXERcicÉ PBRASÉOLOGÏqĂŒĂ‰. Je dĂ©sß«ra«,que vous fuuĂźn plua^ poli. ’ , , j i Pg dirait qu'il va neiger. . Il sĂ«nii a soiibaitĂ©r que ces gens ftisseni pins toIeriLiits. Ou dirait qĂŒ'U va faire nuit- ‘ - Ă© » ‱ ' —N" DLV. r ^ * PRÉTENDU EMPLoi DU ÜBl^DitioiiNÊL ÂÜ ÜÉU DU FUTUR. AVEC LE CONDITIONNEL. JĂ©sufi-Christa promis qĂŒil uienĂąraif jiigĂšr lĂšs ViÂŹ vants et les morts. (Wailly.) Vous m’avez dit que vous reviendriez Ae lendeÂŹ main, ' (j:-J; RdussÈAu.) - : * * . . ■ . Vous avez bien prĂ©vu que cette lettre m’attendriÂŹ rait. {Id.) * J’ai toujours diffĂ©rĂ© Ă  vous faire rĂ©ponse jusqu’à prĂ©sent, que j’ai appris que .vous nv,. reviendriez point. (>iŸÚ Î)B SÉVÎGNÉ'.J Vous me direz que ces conditions vous paraߏ traient merveilleuses, si voĂŒs pouviez vous Ă ssĂŒrĂšr qĂŒldomĂ©nĂ©c les accomplirait de bonne foi. ' (FĂ©nelon.) AVEC LE PUTUR. k -J Quiconque, leur promet qu’ils trouveront JĂ©sus- Christ dans lĂ© dĂ©sert, ou dans le secret dĂ© leur paÂŹ lais, est un faux prophĂšte. (Massillon.) Ceux qui se portent bien deviennent malades; il lĂšur faut dĂšs gens dĂ©rit le mĂ©tier soit de leur assuÂŹ rer qĂŒils ne mourront point. (La BrĂŒyĂ«re.) Mais qui peut t’assurer qu'invincibfe au plaisir, ËllĂ© conservera sa premiĂšre innocence? (BbltEAU.) * Je h’ûserais me promettre que vous rĂąe ferez cet honneur: (AcadĂ©mie.) Il y a plaisir d’ĂȘtre dans un vaisseau battu de TĂ©- rage, lorsqu’on est assurĂ© qu’il iiĂšpĂ©rtrd pas! (Pascal.) On voit qĂŒon peut dire il m'a prorniĂš qu'il viendra ou il m'a promis qu'il viendrait, et l’usage prĂ©fĂšre mĂȘme le conditionnel, parce que lĂ«xĂ©cution de ce quĂ«n promet dé pend toujours de quelques conditions exprimĂ©es ou SupposĂ©es.
( 636 j Celui dit ; Je lui di pfqihiVqdĂ© jĂ© viendrai; pĂ rlĂ« ĂąĂŒn ton Ă BĂ©blĂč el ’^Ă©Ăčt dire qu’il viendra positivement, que c’est une chose certaine et sur laquelle on peut compter ; il nĂ© pensĂ© pas, il ne suppose pas mĂȘme que rien pourra y apporter obstacle ; mais celui qui dit : Je lui ai promis que je viendrais; fait voir Thommç prudent; Thomirie Ă ccĂŽh- tumĂ© Ă  andar co cdli'Ăąri dt piĂŽniBĂŽ; comme oh dit en italien, et qui, sachant par expĂ©r rience que souvent nos entreprises tournent dĂŒne maniĂšre opposĂ©e Ă  nos projets et Ă  nos espĂ©rances, a prĂ©sent Ă  TĂȘsprit le |)rQĂżefbĂ© : L'homme propose Ăšt ÎHĂ©u disposĂ©; ion expression Ă©quivaut ai celle-ci : Je lui aipfĂŽfnis que je vĂźehdrais si rien nĂš m’ĂȘn empĂȘÂŹ chait, si rien ne s’y opposait. C’est donc Ă  tort, selon nous, que Lemare et quelques autres ^ainmairiens condamnent l’emploi du conditionnel dans cette circonstance. Il nbiis semblĂ© parfaitement rĂ©pondrĂ© aux vues de Tesprit. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, On aous a dĂźt que vous consentiriez Ă  faire cette dĂ©marche. On nous a dit que vous consentirez Ă /aire cette dĂ©marche. Votre frĂšre m’a assurĂ© quft vous iriez Ă  lĂą campagne. Votre frĂšre m’o assurĂ© que vous irez Ă  la campagne. . bruit a coiiru que je quitterais ce pays incessamment. Le briiit a couru que je quitterai ce pays iucĂ©ssammĂšnt. N“ DLVI. *3^^' PKÈTÉNDD EMPLOI DD CONDITIONNEL PÔDB LE SÜBjdNCTÎF. AVBC LB SUBJONCTIF. ‘ ^ i ^ «' J * 4- Il nĂ«st espoir de bien, ni raison, ni maiime, Qui pĂ»t en ta faveur m’arracher ĂŒnĂš rime. * (Boileau.) Il n’y a que la discorde qui put### troubler la fé licitĂ© quĂ© les dieux nous prĂ©parent. (FĂ©nelon.) 11 n’y a aucun de ses sujets qui ne hasardĂąt sa propre vie pour conserver celle d’un si bon roi. \ {Id.) On obtint du prince qĂŒil consentĂźt de traiter d’é gal avec l'archiduc. (Bossuet.) AVEC LE CONDITIONNEL. Il semble que le roman et la comĂ©die pourraient ĂȘtre aussi utiles qu’ils sont nuisibles. , (LÀ BkuTÈRE.) 11 pourrait arriver qu’en voulant perfectionner la scĂ©im française on la gĂąterait entiĂšrement. (Voltaire.) 11 semble que l’on aurait pu tirer un plus grand parti de l’invention de CaldĂ©ron. (Id.) Il obtint de lui qu’Eurydice retournerait parmi les vivants. . (FĂ©nelon.) Dans les exemples de la premiĂšre colonne et autres semblables, la condition sous- entendue, s’il est permis de parler ainsi, va presque sans dire. La comĂ©die et le roman poubraient ĂȘtre aussi utiles;..: s’ils Ă©taient traitĂ©s comme il convient; —Il obÂŹ tint de lui qu'Eurydice retournerait parmi les vivants...:, s’il ne regardait pas DEÈRÎÈRÉ LUI, jĂŒSQĂŒâ€™Ă€ CE bĂŒâ€™lL tûß SORTI DE^ ÈNFÉRS... ; Comme on le voit, on peut, en pareille occasion, se servir du subjonctif ou du condiÂŹ tionnel. exercice phraÚéologique. I n semble que l’on pourrait le faire. Il semble que l’on pnissc ,le^ ra|re> Il semble qu’ou pĂ Ă»rrĂąit le dire. ^ . ĂŻl semble qiie Ton pĂźitsse lĂ© dire. IMPERATIF. * DLYIIfr EMPLOI CIRCONSPECT QU’ON DOIT FAIRE DÉ CE MODE. ivÉ'c t’iAlhERÀTip. Connais-rĂ oi tbut ^entiĂšre. ' (CoRlÎBiLiE:) AVEC ilNB ÂÜ^RB TOURNDBB. Daigne Ă©hĂ«dr iĂ»e ÚÚnnĂ©ktrl eU Iria saison derniĂšre. (BoilbĂ u.)
Ah! sire, Ă«coutez^nous, (Boilbau.) Accordez cette grĂące aux larmes d’une mĂšre. (Racine.) Cieux, r^jHinde-s votre rosĂ©e. (/d.) ( 636 ) Ah ! demeurez, seigneur, et daignez m’écouter. (Racine.) Daignez Ă  mon amour accorder cette grĂące, (/d.) Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elle RĂ©pandre cet esprit d’imprudence et d’erreur. Ud.) k » L’impĂ©ratif, dit Lemare, est le mode le plus rapide, celui qui est le plus propre Ă  aniÂŹ mer, Ă  Ă©lectriser l’auditeur. C’est surtout le mode de Jean-Jacques. Il convient trĂšs-bien dans le style Ă©levĂ©; les rois, les dieux mĂȘmes ne s’en offensent point. C’est principaleÂŹ ment le mode de la familiaritĂ©; cĂ«st celui qui'est le plus usitĂ© dans la famille. Les enfants eux-mĂȘmes, Ă©levĂ©s avec l’aimable libertĂ© qui est seule capable de former des hommes, remploient avec grĂące envers les auteurs de leur ĂȘtre. Ce mode exprime non seulement que l’action doit se faire, mais qÜELLE est voulue PAR CELUI QUI PARLE, CĂ«st donc le mode que les infĂ©rieurs, et mĂȘme les Ă©gaux qui ne sont pas bien fanriiliers entre eux, doivent employer avec circonspection. L’idĂ©e du moi, et surtout du moi qui commande, pourrait souvent effaroucher. Pour adoucir ce que le commandement peut avoir de trop dur, on emploie des impé ratifs qui, par eux-mĂȘmes, expriment une idĂ©e de soumission, tels que : veuillez, daignez, faites-nous le plaisir ou Vhonneur, ayez la bĂŽntĂ©, etc., etc., ainsi qĂŒon le voit dans la deuxiĂšme colonne. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Écoutez-nous. Laissez-nous parler. Veuillez nous Ă©couter. Daignez nous laisser parler. DLYIIL Faisons, courons, etc., au lieu de fais, cours, etc. I. Faisons, courons. ' ’ ^ Courons chercher ma proie au fond du sanctuaire. Osons Tcn arracher; Dieu me laissera faire. (Cas. Delavigne.) Mourons ; de tant d’horreurs qu’un trĂ©pas me dĂ©livre. ' (Racine.) ' Ne tardons plus, marchons; ets’il faut que je meure, Afowrons. * (Racine.) Mai.s jouissons plutĂŽt nous-mĂȘrne de sa peine ; Et si Rome nous hait; triomphons de sa haine. (Corneille.) " Fais, cours. Ils t’ont rendu cruel, perfide, ingrat comme eux : Renonce Ă  ton vieux pĂšre, achĂšve, et sois heureux. (Cas, Delavigne.) Octave, n’attends pas le coup d’un nouveau Brute, Meurs, et dĂ©robe-lni la gloire de ta chute. . (Corneille.) Meurs, puisque c’est un mal que tu ne peux guĂ©rir ; Meurs enfin, puisqu’il faut ou tout perdre ou mourir, (Corneille.) Rentre en toi-mĂȘme. Octave, et cesse de Te plaindre. Quoi, tu veux qu’on t’épargne, et n’as rien Ă©pargnĂ©! {Id.) Dans les deux colonnes, le personnage se parle Ă  luiTmĂȘme; cependant, comme on peut le remarquer, il emploie deux formes diffĂ©rentes. Dans la premiĂšre, il dit : Coui'ons, osons, mourons, marchons, jouissons, triomphons, etc. , et dans la seconde : Renonce , achĂšve, meurs, etc.* Il serait difficile de dire laquelle de ces deux maniĂšres est la plus usitĂ©e. - « Le premier et le dernier exemple de la premiĂšre colonne, donnent lieu Ă  une autre observation.. On voit qĂŒaprĂšs courons, C. Delavigne a fait usage de ma proie, tandis que Corneille a dit : Jouissons NOus-mdmc. D’oĂč nous pouvons conclure qu’en cette circon-
{ 637 ) stance, on peut Ă  son grĂ© se servir oes adjectife possessifs ou des noms personnels de la premiĂšjre personne du singulier ou du pluriel. , IL A LA PREMIÈRE PERSONNE. Soyons vrais, de nos maux n’aeeuson# que nous- (ViLLEFRÉ.) [mĂȘmes. Retirons-mns, sortons. (Racine.) Faisons notre devoir ; les dieux feront le reste. g (Voltaire.) ChrĂ©tiens, en priant pour son Ăąme, songeons Ă  nous-mĂȘmes. ' (BossĂŒet.) A LA DEUXIÈME PERSONNE. Soyez sobre, attentif Ă  placer votre argent, Ne donnez jamais rien et prĂȘtez rarement. (Voltaire.) Viens, rentrons. (Cas. DelavĂŻgne.) Commencez par rĂ©gler vos mƓurs. (J.-B*. Rousseau.) Songez, messieurs, qu’il y va de votre honneur, de votre intĂ©rĂȘt. (AcadĂ©mie.) ' Quelquefois, pour tempĂ©rer la sĂ©cheresse de TimpĂ©ratif, au lieu des formes soyez, sortez, faites, etc., on emploie la premiĂšre personne plurielle, soyons, sortons, faisons. Par lĂ  on a Tair de se commander Ă  soi-mĂȘme comme aux autres. Cependant, ĂŒ est des cas oĂč les convenances exigeraient la pĂ©riphrase. Par exemple, un subalterne, voyant ses supĂ©rieurs engagĂ©s dans une discussion, ne dira pas: Messieurs, dĂźnons; on a servi; il ‱ dira: Messieurs, veuillez vous mettre Ă  table, le dĂźner est servi. Mais ce sont plutĂŽt lĂ  des leçons de politesse que de syntaxe. exercice phrasĂ©ologique. Sortons'. Sortez. Partons. Partez. ]\^ DLIX. Vas-y, parles~en, etc. sans s. Va, vole, Gorasmin, montre-lui cet Ă©crit. (Voltaire.) , Va, enfant, va parmi les ombres chercher ton pĂšre, ' (FĂ©nelon.) Ah ! de grĂące! un moment souffre que je respire. (Boileau.) Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes (Voltaire.) [veines. Va, les honnĂȘtes gens se connaissent d’abord. ‱ ^ (Coll. d’Harleville.) Regarde ce palais, contemple cette tour. (Voltaire.) As-tu dit Ă  la mer : brise ici ton orgueil? (Chateaubriand.) Commence ici par moi, et si tu veux rĂ©gner, frappe. (Voltaire.) Si tu veux goĂ»ter le repos. Sache vivre avec tes Ă©gaux. Jouveau.) AVEC#. Puisqu’on lui disait : vas-g, pourquoi n’aurait-il pas dit irai-je-t-y f Remarquez de plus avec quelle adresse il Ă©vitait l’hiatus de trot-je y, ou y irai-je f (J.-J, Rousseau.) Respecte ces tendres penchants, mon aimable ami; tu leur dois trop pour les haĂŻr, mais sou/fre-s-en le cher et doux partage. (/d.) Cousine, songe-s-y bien : voilĂ  quel est le mari dont tu mĂ©dites sans cesse de troubler indiscrĂšteÂŹ ment le repos.. (/d.) Pense-s-y bien, jeune homme; que sont dix, vingt, trente ans pour un ĂȘtre immortel? (Id,) Aime Cirina, ma fille, en cet illustre rang ; PrĂ©fĂšres-en la pompe Ă  celle de mon sang. (Corneille.) Pense-s-y mieux, mon aimable amie; toi dont la morale est aussi facile et douce qĂŒelle est honnĂȘte et pure. (J.-J, Rousseau.) , Fais un grand feu bien ardent, jette-s-y toĂŒt ce fatras. {Id.) Toute seconde personne singuliĂšre de TimpĂ©ratif qui, par la conjugaison, nĂ«st pas terÂŹ minĂ©e par un s, prend cette lettre pour cause dĂ«uphonie, lorsquĂ«lle est suivie du proÂŹ nom en ou du pronom y; Penses-y, vas-y ^ rappĂŒrtez-en des fruits, mangez-ĂȘn dans ia route, MÈNES-Y des ouvriers, etc. .
638 MajĂ», {lan? le cas oĂč \fs pronoins et y sqnt cggiplĂ©niepts du verbe qui suit TinipĂ©ratif, il peut y avoir-une pause entre cet impĂ©ratif et ces pronoms.; dĂšs Ifirs on ne dqjt pas faire usage de la lettre euphonique : Va y mettre ordre, sache en trouver, daigne y meÂŹ ner ton pĂšre, etc. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Pense Ă  ton affaire. SongĂ© Ă  l’avenir.* Ne donne'de conseils a personne. Va 7 mettre ordre. * L «■ PĂ©nses-y bien SohgeV-y sans cesse. Donnes-en Ă  tes amis Vas-y tont seul. SÜBJPNCTIÇ, Verbes toigours suivis du subjonctif. N° DLX. . ,v V'_l. u t ■ ' N, VERBES EXPRIMANT UNE IDÉP: DE priĂšre, de'dĂ©sir, DE commandement, etc ObĂ©is, si tu veux qĂŒon t’o&Ă©isse un jour. (VpLTA]RE.) J’aime mieux qĂŒAcantĂš sot'f'mĂ©chant que si je TĂ©tais. , (FĂ©nelon.) Pierre le Grand ordonna qĂŒon n’entrerait dans les cloĂźtres qu’à cinquante ans, et U dĂ©fendit qp’on y rcpĂŒf, Ă  quelque Ăąge que ce fĂ»t, un homme r&Ăź vĂȘtu d’un emploi public. (Voltaiue.) . . . Vous BRULEZ que je ne sots partie. (M.) Je CONSENS que mes yeux soient toujours abusĂ©s. (fd.)*" s Souffrez que Bajazet voie enfin la lumiĂšre. {Id.) Je ne mIĂ©ionne p}us qĂŒil craigne de.me voir. . ' ' ' (Corneille.) Les devoirs de la sociĂ©tĂ© exigent que Ton ait quel que'mĂ«iiagern ent pour l’amour-propre des homÂŹ mes. ' ■ . ' ' ' (AcadĂ©mie.) Faot-il que les mortels ne soient heureux qu’en (Voltaire.) [songe. H souhaite en son cƓur que ce Dieu ne soĂŻt pĂ s. ^ (Boileau.) Prends garde que jamais Tastre qui nous Ă©claire Ne te.uote en ces lieux mettre un pied tĂ©mĂ©raire. (Racine.) . . , Qui rit d’autrui Doit CRAINDRE qĂŒeu revanche on rte aussi de lui. (MoliĂšre.) Combattant Ă  vos yeux, permettez que je meure. (Racine.) puisque vous le,voulez, j’AccoRDE qu’il le fasse. (Corneille.) Amilcar mĂ©ritait qu’on lui confiĂąt le comniaii- deraent de TannĂ©e qui devait agir en Espagne. (Rollin.) EmpĂȘchez qĂŒun rival vous prc'utenne et vous Ă raue. ^ (Corneille.) Nous ne vous demandons pas qu’il deutenue le vainqueur de TEurope; nous vous demandons qu'il soit le pĂšre de soi^ peuple. (Massillon.) Gardez ce dĂ©part ne leur soit rĂ©vĂ©lĂ©. (Racine.) Je dĂ©sire que vous soyez plus heureux, ' (AcadĂ©mie.) LĂ«mploi da subjonctif est une des plus grandes difficultĂ©s de la langue française. Tous les cas oĂč l’on doit faire usage de ce mode ne sont pas spĂ©cifiĂ©s dans la plupart des grammaires ; on se tromperait mĂȘme singuliĂšrement si l'on regardait comme infail- ' libles les rĂšgles qĂŒelles Ă©tablissent sur cette importante question. Nous allons remplir une partie de ces lacunes. Dans la (hĂ©grie, nous ferons voir_, ap moyen dp npmhi’puses analyses, que le vĂ©ritable gĂ©nip du su^jqnçdf esl df indiquer une action ou une chose cotnme terme d'une volontĂ© annoncĂ©e dans une proposition antĂ©cĂ©dente, proposition qui peut ĂȘ.tre exprimĂ©e ou sous- entendqe. - . Ainsi, pour recqqnqUre. ^ans gqpl cas on doit fajrç \i§age du subjonctif, il faqt consiÂŹ dĂ©rer. \a naturp mot an ^c^ent dont pp iBpdg dĂ©pen^fl, et examiner l’esprit qp l’in- tention dans laquelle aura Ă©tĂ© conçue la phrasĂ© entiĂšre"^ C’est dqnc pay sqite, ĂŒq PTĂŽĂŒ-
( 630 ) ■ , cipq quc! nops vçnpn? dĂ«tablir que, dans j’ps e^erpplef pitĂ©s plus haut, yer^eg qpi suivent la"conjonction que sont tous ap subjoncUF. En pffet, pp ne peut dĂ©sirer, ordonner, souhaiter, etc., sans vouloir que ce qui est l’objet de ces mouvements de TĂąme soit effectuĂ©. On voit par lĂ  que, quelle que soit la forme par laquelle la volontĂ© est exprimĂ©e, soit de priĂšre’, do dĂ©sir, de commandement, etc., notre principe nĂ«n est pas moins vrai. EXEmÇM P^RASÉOtmQÜ?* ‱Te YeuT que,.. Je dĂ©sire que.*. Je souhaite que... .Vexigc que... Il prĂ©tend que... 11 aime.mieux que... TS - - *■*-*- JTl Il consent que. ». 11 craint que... Nous permettons que,,, Nous souhaitons que... lioĂčs VoulodsĂ«ĂčÂź ' ' Nous demandons qm;... Vous empĂȘchez que*. ‱ Gardez que... M faut que*.. Ne vousYtounez pas que.* K DLXI. SÜBJONCTIF APRÈS ĂȘtre SUIVI uâ€™ĂŒN NOM OU Dâ€™ĂŒN ADJECTIF. I. 4 Il est jĂŒstb, grand roĂź, qĂŒun meurtrier pĂ©risse. ‘ ^ ' (CORNEILLE.y ‱ Il k'est vas vqssiBLK qĂŒun esprit toujours raÂŹ baissĂ© vers dp petifs objets produise quelque chosp - qui soit dign’ù ĂŒĂ cimirĂątion Ă©t fait pour la postĂ©ritĂ©. ' ' ’ (Lesage./ *: Il est difficile, quand on aime la vĂ©ritĂ©, qĂŒon n’qit aussi dq zĂšle pour la justice. (Xd.) Monsieur, il est impossible que vous voyiez ■ prĂ©sent ma maĂźtresse; elle est dans lĂ«fflictĂźbn'l’a plus cruelle. (Voltaire.) Sans prendre avis, il est rare qĂŒon plaise. {Id.) Ces vĂ©ritĂ©s sublimes, qĂŒil importe tant Ă  rhqmm^ de connaĂźtre, il Ă©tait essentiel que Bien dg^g^Ă t les lui communiquer. (De la Luzerne.) Il serait bon qĂŒon obéßt aui lois. (Pascal.) Il Ă©tait convenable que la nouvelle lumiĂšre se rĂ©pandit par ioiit TĂ»nlvĂ«rs/ ' ’ (Bossuet.). Il Ă©tait nĂ©cessaire Ă  la gloire’de la religion que toute la raison humaine fĂąt Ă©puisĂ©e, pour renÂŹ dre les hommes vertueux. (Massillon.) 'iICj . r "i :o‘ .t .1 ^ ' I > Il Esy triste pqqr la France, si fĂ©conde en Ă©prĂź- vains*eĂźcell/is‘J qĂč’ùlle sflt je seul pays qui proÂŹ duise de paVeils rĂšcueils Ă 'ĂŽVdĂ»rĂ©s. * (N’'oltÀ1re!) Il est temps qĂŒil paraisse et qu’on tremble Ă  sa vut (Voltaire.) Est-il naturel Qu’Alaric voulĂ»t lasser les AlÂŹ pes et l’Apennin, lorsqueConstahlin, p us’ tremblant, s’offrait Ă  sa conquĂȘte? (Voltaire.) AprĂšs ces locutions : Il est juste, il est bon, il est nĂ©cessaire, il est essentiel, il est im^ portant, il est possible, il est convenable, il est rare, il est temps, il est difficile, il est inÂŹ dispensable, il est facile, il est impossible, il est urgent, et autres semblables, qui marÂŹ quent une nĂ©cessitĂ©, on se sert toujours du subjonctif; l’analyse va nous faire voir la raison de cet usage. Il est juste qu'un meurtrier pĂ©risse, est un abrĂ©gĂ© de : Il est juste (le pouvoir qui veut) qu'un meurtrier pĂ©risse. — Il Ă©tait n^ccs^airc que toute la raison humaine se fĂ»t Ă©puisĂ©e, est pour il Ă©tait nĂ©cessaire (l’actk qui voulait) que toute la raiÂŹ son humaine se fĂ»t.Ă©puisĂ©e, etc., etc. Ces anajyses sont rigouyeuges et ne ressemblent en rien Ă  celles de Lemare, qui, selon sa coutume, suhstitup Ă  il est juste, la justice veut ; k il est nĂ©cessaire, la nĂ©cessitĂ© VEifr. Lemare doit gavoir aussi Jiien que .nous que substituer une phrase Ă  une autre phrase, cĂš nĂ«st pas lĂ«nalyser, cĂ«st doubler ja diffiÂŹ cultĂ©, car au lieu dĂŒne phrase Ă  examiner on en a "deux. ' * II. Je pris congĂ© de ces deux Ă©poux en leur protesÂŹ tant que j'Ă©tais ilavi que I hymeu eĂ»t succĂ©dĂ© Ă  leurs longues apioufs, .. (Lesage.) HippolytCEST heureux qu’aux dĂ©pens de nos jours Vous-mĂȘme, en expirant, appuyiez ses discours,- (R4ÇIWB.) Toutes les fois que lĂ© verbe ĂȘtre a pour attribut un adjectif marquant jĂŻuelqae Ă©motion Ne SOYONS pas surpris non plus que Lycur^e ait regardĂ© l’éducationĂ«omme l’affaire la plus im- portanio du lĂ©gislateur. (BarthĂ©lĂ©my/) Je ne suis point Ă©tonnĂ© que votre projet soit encouragĂ© par M. de Sartines. (Voltaire.)
( 640 ) ^ ou opĂ©ration de TĂąme, telle'que celle produite par \ajoie, la tristesse, lĂ  satisfaction, le mĂ©con/en/emen/ou la surprise, le verbe qui suit doit ĂȘtre au subjonctif. 11 est juste /[ne... 11 est bon que.. ■ tl Ă©tait temps qne... 11 serait possible que. Je suis ravi que... EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. n est facile qne... Il serait difficile que... Il est rare que. .. Il est heureux que... Je suis enchantĂ© que... S*il Ă©tait possible que.. - 11 serait convenable que.. Il est bien que... Il est malbeurcux que... Je suis dĂ©solĂ© que. ‱ ‱ U est honteux que... n est biensĂ©ant que. ■ Il est urgent que... Il est nĂ©cessaire quti.. Je suis surpris que... N“ DLXII. SUBJONCTIF APRÈS LES VERBES DITS impersonnels. Il fallut qu’au travail son corps rendu docile'. Dans le vulgaire obscur si le ciel Ta placĂ©, Forçùt la terre avare Ă  devenir fertile. (BoiLeau.) QĂŒimporte qĂŒau hasard un sang vil soit versĂ© ? (Racine.) Il ne hĂš plaĂźt pas que vous alliez lĂ . Il arrive bien difficilement qĂŒon sot/ malheu- (AcadĂ©mie.) reux pour ne pas savoir ce qui se. passe dans le cƓur ' des autres. (Marc-AurĂšle.) Lorsqu’un verbe est prĂ©cĂ©dĂ© de l’un des impersonnels il faut, il importe, il convient, il vaut mieux. Use peut, il plaĂźt Ă , il peut se faire, etc., il se met toujours au subjonctif, parce que ces impersonnels font naĂźtre l’idĂ©e d’une volontĂ©, dĂ«ne nĂ©cessitĂ©. Aussi est-ce parce que les verbes impersonnels suivants , il rĂ©sulte, il s'ensuit, il paraĂźt, et autres semblables , n’expriment aucune idĂ©e de volontĂ© , de nĂ©cessitĂ© , que le verbe qui vient aprĂšs eux se met Ă  Vindicatif et non au subjonctif. Il faudrait que. Il importe'que. 11 «e peut que.. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. ConimçQt se peut-il que? Il convieudrait que... n vĂąut>mieux que... Ne vaut-il pas mieux que. Il ne convient pas quo. . Il me .plaĂźt que... Expressions aprĂšs lesquelles on emploie toigours le subjonotiF. W DLXIII. f Quelque, quel que, quoi que, etc. Quelque effort ([vie fassent les hommes, leur nĂ©ant paraĂźt partout. (Bossuet.) Qui que ce soit, parlez, et ne le craignez pas. (Racine'.) Mais dans quelque haut rang que vous sogei placĂ©, Souvent le plus heureux s’y trouve renversĂ©. (Th. Corneille.) Si mince qĂŒil puisse ĂȘtre, un cheveu fait de l’ombre. (VlLLKFUÉ.) Du maĂźtre, quel qu’il soit, peu, beaucoup, ou zĂ©ro, Le valet fut toujours et le singe et TĂ©cho. (Piron.) Quoi que vous Ă©criviez, Ă©vitez la bassesse. (Boileau.) Quoi Qu’on dise, uii Ăąnon ne deviendra qu’un Ăąne. (Grozelier.) On met toujours le subjonctif aprĂšs les expressions quelque que, quel que, qui que, quoi que, si que, Ă  quoi que, de quoi que. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Quelques richesses que voua ayei. 'sllĂ©s que soient vos richesses. 1 qne c« puim Ă©tra. Juoi qu'il puisse arriver. Quelque grand que soit ton mĂ©rita. Si ridia qu'il «oit.
{ 641 ) W DLXIY. Afin que, Ă  moins que, avant que, en cas que, etc., etc LĂ«n est mort avant QĂŒĂ«n ait aperçu quĂ«n pouÂŹ vait mourir. (FlĂ©chier.) Bien QuĂ« ses dĂ©plaisirs mon Ăąme compatisse, (Corneille.) Combien de fois a-t-on vu des hommes publics faire Ă©chouer des entreprises glorieuses Ă  TĂ©tat, de PEOR QDK la gloire nĂ«n rejaillĂźt sur leurs'rivaux. ^ (Massillon.) Quoique le ciel soif juste, il permet bien souvent Que l'iniquitĂ© rĂšgne et marche en triomphant, (Voltaire.) Dieu vous place au-dessus des autres, afin'que vous sogez les pĂšres des peuples,' (Massillon.) Âu CAS QUE ce quĂ«n en dit soif vĂ©ritable. (Pascal.) Les hommes ont la volontĂ©' de rendre service jusqd’a ce Qulls en aiĂ«nf le pouvoir. (Vauvenargues.) Pour QuĂ«n vous obĂ©isse, obĂ©issez aux lois. (Voltaire.) Les puissances Ă©tablies par le commerce sĂ«lĂšvent peu Ă  peu et sans que personne sĂ«n aperçoive. (Montesquieu.) Il fait bon craindre, encor que Ton soif saint. (La Fontaine.) PooRXTJ quĂ«n sache la passion dominante de quelquĂ«n, on est assurĂ© de lui plaire. (Pascal.) Soit que Julie eĂ»t Ă©tudiĂ© sa langue, et qûëlle la parlĂąt par principes, soit que Tusage supplĂ©e k la connaissance des rĂšgles, elle me semblait sĂ«xprimer correctement. (J.-J. Rousseau.) L’amour-propre vit et rĂšgne absolument en nous, A MOINS QUE Dieu n’ait dĂ©truit son empire en vei^ sant un. autre amour dans noire cƓur. (Nicole.) Loin que les peuples soient faits pour Ăšux, ils ne sont eux-mĂȘmes tout ce. qĂŒils sont que pour les peuples. , ‘(Massillon.) On Afin que. A moins que Avant que. Au cas que. Bien que. (Voltaire.) emploie toujours le subjonctif aprĂšs les expressions suivantes : ue. De peur que. Loin que. 1 De peur que De crainte que En cas que. Encore que. Si tant est que Loin que. Nonjque. Non pas que. Nonobstant que. OĂč que. Pour que. Pourvu que. Quoique. Sans que. Soit que. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Afin que vous soyez content. A moins que je oe sorte. AvAnt que son pĂšre revienne. Quoique je le lui aie dĂ©fendu. Pour que tu puisses rĂ©ussir. Pourvu qu’elle me plaise. N" DLXy. SÜBJONCTIF APRÈS que EMPLOYÉ, DIT-ON, POÜR afin que, avant que, soit que, pour que, sans que, Ă  moins que, jusqu'Ă  ce que, ET pour st., Si les hommes Ă©taient sages et QÜils suiufssan# les lumiĂšres de la raison, ils s’épargneraient bien des chagrins. (CitĂ© par Wailly.) En vendange autrefois dans les lieux oĂč nous sommes, Peu de jours se passaient qu’il n’arrivĂąt-mort (Regnard.) [d'hommes. ... Je ne vous quitte point, Seigneur, que mon amour nĂ«if obtenu ce point, (Corneille.) Que Ton approuve ou non ma fermetĂ© sĂ©vĂšre, Qu’à Tunivers surpris celte grande action Soif un objet d’horreur ou d’admiration, Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mĂ©moire, Ne considĂšre point le reproche ou la gloire. (Voltaire.) « On voit que toutes les fois que la conjonction que semble employĂ©e pour afin que, avant que, soit que, sans que, pour que, Ă  moins que, etc., Je verbe qui suit cette conjoncÂŹ tion se met toujours au subjonctif. Pour Tanalyse de ce que, nous renvoyons le lecteur au chapitre des Conjonctions. ‱ 81
{ 642 ) * EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Si VOUS revenez ici, et que je n*y boÎs pas... Appliquez-vous, que vos parents soient contents; Ne commencez pas ^Ăš-jĂȘ vous ĂąvĂȘrĂŒsse. Attendez que votre ^re revienne. Que je lise ou que j’écrive, on j trouve toujours Ă  redire. I punit qu'il ne Vdlt mĂ©ritĂ©. Jo ne puis rien dire que tu ne le saches. Jamais on ne le punit qu’il ne Vdlt mĂšri C’était une satisfaction pour moi que vous vinssiea me voir. W DLXVI SUBJONCTIF APRÈS que DIT IMPÉRATIF. Qu’aux accents de ma voix la terre se rĂ©veille. (J.-B. Rousseau.) Que celui d’entre vous qui est sans pĂ©chĂ© lui jette la premiĂšre pierre! (Le Maistre de Sacy.) Qu’il pĂ©risse! aussi bien il ne vit pius pour noui. (Racine.) Lorsque vous ferez l’aumĂŽne, que votre main gauÂŹ che ne sache point ce que fait votre main droite. (Le Haistre de Sacy.) C’est-Ă -dire : jĂš veux, je commandĂ© qĂŒe la terre se RÈVEiLtE aux accents de ma voix, etc. Ce qui nous foit voir que dans ces sortes de phrases. le subjonctif est sous la dĂ©pendance du verbe vouloir sous-entendu. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Qu’il parle., Qu’il soit jugĂ©. Que votre pcrc ne Ic’sachc pas. Qu’il soit pendu. N" DLXYIL SÜBJONCTIF EMPLOYÉ AVEC ELLIPSE DĂŒ qUOi PlĂ»t aux dieux qĂŒon rĂ©glĂąt ainsi tous les procĂšs ; Que des Turcs en cela Von suivĂźt la mĂ©thode ! (La Fontaine.) PĂ©risse le Troyen auteur de nos alarmes ! (Racine.) DĂ»t ma muse par lĂ  choquer tout rtmivers, - - Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers. (Boileau.) Écrive qui voudra ; ctiacĂŒn Ă  ce mĂ©tier Peut perdre impunĂ©ment de lĂ«ncre et du papier. (Boilbau.) J Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge ! (Corneille.) Majestueuses forĂȘts, paisibles solitĂŒdeĂ©, qui plus d’une fois avez calmĂ© mes passions, puissent les cris dĂ© lĂ  guerre ne troubler jamais vos rĂ©sonnantes claiÂŹ riĂšres I . (Bern. de Saint-Pierre.) 4-Gë§t-Ă -diĂŠĂ« JB ĆžotrÛRÂiĂ  Qv'il p.lĂčt aux dieux; quand bien mĂȘme le sort voudrait QUE ma muse dĂ»t choquer tout VUnivers, etc. On voit par lĂ  pourquoi, dans ces phrases oĂč Ton manifeste particuliĂšrement un vƓu, un dĂ©sir, on met le subjonctif. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Vivent les gens d’esprit ! Meurent les Grecs ! PĂ©rissent les mĂ©chants ! DĂ»t-il cn mourir. N" DLXVm. — Je ne sache point, qĂŒe je sache. Je ne sache pas Üavoir TUy dans ma vie, un pĂąts plus antipathique Ă  mon goĂ»t que oelui-ci. (J Rocsseau.) Jene sache pas qu’il y ait Ă©ĂŒ jd’hdnitDĂ©s blaccA devenus noirs. * (Buffon.)
JĂ© nĂš sdeke pas quĂ«n ait jamais vu dĂ«nfĂąnt en libertĂ© se tuer.’»' (J.-J. Rousseau.) Je ne sache que trois peuples qui aient autrefois pratiquĂ© TĂ©ducation publique. (/d.) Nous en dirons bientĂŽt la raison,* dont/e nĂš sache pas que ses commentateurs se soient jamais occupĂ©s, quoiqu’ils l’aient ressassĂ© de toutes les maniĂšres. (Bern. de Saint-Pierre.) ( 643 ) ' Mais lĂą cĂąĂŒso Ăźa plus gĂ©nĂ©rale dĂŒ Strabisme, et dont personne, que je sache, n’ñ fait mention, c’est l'inĂ©galitĂ© de force dans les yeux. (Buffon.) ; . .Je ne sache point d’honneur si bien placĂ© iJont on ne vienne Ă  bout, dĂšs qu'on a financĂ©. (Hauteroche.) D’habiles anatomistes ont analysĂ© les organes de la vue et de l’ouĂŻe, et aucun, quĂ© je sache, n’a dĂ©veÂŹ loppĂ© le mĂ©canisme de l’odorat. (Bern. dk Saint-Pierre.) ‱On dit je nĂ© sache pas, nous ne sachions pas, pour ;Ă« ne connais pas, nous ne connaissons pas. Ces locutions rie sont dĂ«sage qu’avec ßù nĂ©gative, et appartiĂ©nriĂ«nt Ă ĂŒ style de la conversation ; de mĂȘme que les expressions que je sache, que nous sachions, qui s’emÂŹ ploient le plus souvent Ă  la fin d’une phrase : il n'y a personne que je sache. Ce qu’il y a de particulier, c’est que cette maniĂšre de parler, qui est un vĂ©ritable gallicisme, n’a lieu qĂŒĂ  la premiĂšre personne du singulier oĂŒ du pluriel, cĂ ron nĂ« dit pas tu fie saches pas, il ne sache rien. ■ . SĂ©iori Lemare, cette phrasĂ© unique est presque inexplicable. Un autre grammairien pense que cette expression est elliptique^ et quĂ«lle est pour/ suis atrivĂ© d cĂ© point de connaissance que je ne sache pas. Ce grammairien nĂ«ntend rien Ă  Tanalyse; car, malgrĂ© son explication, le subjonctif reste encore Ă  expliquer, Pourquoi le subjonctif? dit M. Marrast. Pourquoi cei Usage est-il propre au verbe sauozr et Ă  la premiĂšre personne ? ' . Il est toujours difficile d’expliqtiĂ«f des usages qĂŒĂ© des iĂŽiltatiĂŽns, dĂšs cifcoristĂąhcëÚ particĂŒiiĂšfes, l’influence du gĂ©nie, quelquefois mĂȘme que la mode a introduits. Dans les langues anciennes, on trouve quelques exemples semblables: Les Latins ne disaient pas voh, ils disaient velim. Quand on prononce la phrase en question, on suppose sans doute qu’on n’a pĂ s prĂ©sents Ă  l’ésprit tous les objets de comparaison qui pourraient s’offrir." On Ă©vite alors de donner Ă  l’expression une valeur trop affirmative , et Ton emploie le mode dubitatif, je ne sache rien... C'est une maniĂšre dĂ icate, un tour de convenance , et Ton voit facilement que Ton ne peut l’employer dans cĂ© sens que quand l’on parle de SOI. ' ■ VoilĂ  pourquoi aussi cette locution ne sĂ«mploie jamais qu’avec lĂ  nĂ©gation. — Ôn ne dit pas je sache, et quand cette phrase se trouve Ă  la fin dĂŒne autre proposition, c’est que celle-ci est dĂ©jĂ  nĂ©gative. Un'est venv/persdnne que je sache. A-t-il Ă©tĂ© Ă  la campagne? Non pas, que je sache. Ces exemples suffiront pour fairĂ© sentir que cette maniĂšre dĂ© sĂ«xpfimĂ©r indique touÂŹ jours une sorte d’hĂ©ritĂ tion dahs la pensĂ©e; on ne saurait la rendre que pĂąr le iriode du verbe le plus propre Ă  peindre cette nuance dĂ©licate entre raffirmatiori Ă©t lĂ© doute. Suivant Boniface, c’est Ă  VeuphĂ©misme qu’il faĂŒt rapporter cet emploi du subjonctif, et c’est aussi notrĂ© avis. EiĂź effĂ©t, / ne sache pas Ăšst ĂčnĂ© expression dtibitĂ tivĂ©, Ăšt en quelqĂŒe sorte palliĂ tive, qui affaiblit bĂ©aĂŒcoĂčp l’opiniori qĂŒon Ă©met, et lui ĂŽte ce quĂ«lie pourrait avoir de trop dĂ©cisif ou d’absolu= On peut s’en convaincre par l’analyse. Cette phrase de Buffon : Je ne sache pas qu'il y ait eu d'hommes M^ncs devenus noirs, n’est-elle pas pour : Il est possible quil y ait eu des hommĂ©s blancs devenus noirs, mais le hasard veĂŒt OUE je ne le sache pas? C’est une des nombreuses dĂ©licatesses de notre langue. Que je sache est un abrĂ©gĂ© de l’expression suivante : (Je ne pense pas) que je (le) sache. CĂ«st donc Ăą tort que Laveaux et presque tous les grammairiens ont avancĂ© que le subÂŹ jonctif, dans ces locutions, n’exige pas une proposition antĂ©cĂ©dente, car l’analyse que
( 6U ) nous en avons donnĂ©e nous prouve le contraire. Seulement Tusage veut que cette proÂŹ position soit toujours ellipsĂ©e. ^ ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je ne sacne rien de pins prĂ©cieux que la vertu. Il n'a point Ă©tĂ© 4 la campagne, que je sache. Nous ne sachions pas. Je ue sache rien de si beau. Il n’y a personne, que je sache. Est'd venu quelqu’un? Non pas, que je sache. DLXIX. s * EMPLOI DĂŒ SÜBJONCTIF DANS LES PHRASES NÉGATIVES OU INTERROGATIVES. PHRASES NÉGATIVES. Je n’ai employĂ© aucune fiction qui ne soit une image sensible de la vĂ©ritĂ©. (Voltaire.) Je NE VOUDRAIS PAS Hssurcr qu’on le dotĂ«e Ă©crire. \ (Boileau.) .. ‱ Ne crois pas quĂ«lle meure. (Racine.) , . , L4nnocence Ă©tonnĂ©e Ne peut s’imaginer quĂ«lle soit soupçonnĂ©e. (Corneille.) ... Je NE puis penser QĂŒĂ  feindre si longtemps vous puissiez vous forcer. (Racine.) 11 NE PENSE PAS quc personne veuille lui dresser des piĂšges. (La BruyĂšre.) PHRASES interrogatives. Ah! madame, est-il vrai qĂŒun roi fier et terrible AuĂŻ charmes dĂ© vos yeux soit devenu sensible? Que l’hymen aujourd’hui doive combler ses vƓuxĂź (CrĂ©billon.) Crois-tĂŒ que mes chagrins doivent s’évanouir A Taspect d’un bonheur dont je ne puis jouir? (Racine.) Crois-tu que dans son cƓur il ait jurĂ© sa mort? (fd.) L’homme, pour qui tout renaĂźt, skra-t-il le seul qui meure pour ne jamais revivre? (Le Tourneur.) Dieu juste ! serait-il vrai que tu visses avec inÂŹ diffĂ©rence le crime triomphant ella vertu souffrante? (fd.) Penses-tu quĂ«n effet ZaĂŻre me trahisse? (Voltaire.) Ou met le verbe de la proposition subordonnĂ©e au subjonctif, si la proposition princiÂŹ pale est nĂ©gative ou interrqgative, parce que cette sorte de proposition exprime le doute, Tincertitude, etc. (1). ' II y a quelques exceptions Ă  cette rĂšgle. On les verra plus loin. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je ne pense pas qn’il ait raison. Je ne soupçonne pas que cela soit aĂźosi! Je ne crois pas qu’il ait appris l’italien. Je ne gage pas que la girafe soit morte. Je ne parie pas qu’cUe soit encore vivante. Pensez-vous qu’il ait raison ? Soupçonnez-vous que cela soit? Croyez-vous qu’il oit appris l’italien? Gogez-vous que la girafe soit morte? Paricz-Tous qu’elle soit encore vivante ? (1) MoliĂšre, dans sa comĂ©die des FĂącheux (acte III, sc. iv), a dit : Tu penses quon te croie T Penser, employĂ© affirmativement, veut aprĂšs lui Tindicatif et non le subjonctif; c’est le contraire, quand il est emÂŹ ployĂ© nĂ©gativement ou interrogativement : Tu penses qu’on te croit ; ne pense pas qu’on te croie ; penses-tu qu’on ie croie? Dans la phrase de MoliĂšre, le sens est interrogatif: mais la forme ne Test pas, et elle devrait TĂŽtrc; il lui Ă©tait facile de mettre : Penses-tu qĂ»on te croie ?
( 645 ) i Tftbleaux comparatifs des verbes et des locations qui, dans certains cas, rĂ©clament le SUBJONCTIF, et dans d’autres TINDICATIF. N’ DLXX. - EMPLOI DĂŒ,SÜBJONCTIF OĂŒ DE l’indicatif APRÈS LES VERBES ordofintr, tisoudre, arrĂȘter, exiger, dĂ©cider, commander, etc. SUBJONCTIF. Un oracle fatal ordonne quĂ«lle expire ! Un oracle dit-il tout ce qĂŒil semble dire? (Racine.) Nous Tavons vu ordonner qĂŒon flĂ©chĂźt les geÂŹ noux devant la majestĂ© prĂ©sente. (FlĂ©chier.) Publius ValĂ©rius ordonna qĂŒon sĂ©parĂąt les haches des faisceaux que les licteurs portaient deÂŹ vant les consuls. . (Vertot.) Il faut bien que je pleure Mon insensible amant ordonne que je rnewre. (Corneille.) Il est injuste d’exiger des hommes qĂŒils fassent, par dĂ©fĂ©rence pour nos conseils, ce qĂŒils ne veuÂŹ lent pas faire pour eux-mĂȘmes. (VaĂŒvenargues.) INDICATIF OU CONDITIONNEL. OrdonnĂ© qĂŒil sera fait rapport Ă  la cour Du foin que peut manger.une poule en un jour. (Racine.) Il ORDONNA que les vĂ©tĂ©rans recevraient leurs rĂ©compenses en argent, et non en terres. (Montesquieu.) ‱ Pittaeus ordonna qĂŒun homme qui commettrait quelque faute Ă©tant ivre, serait puni doublement, (FĂ©nelon.) DioclĂ©tien ordonna que les chefs des ManiÂŹ chĂ©ens seraient brĂ»lĂ©s avec leurs Ă©crits. (Condillac.) On exigea dĂ«ĂŒx qĂŒils rmettraiĂ«n/ aux Romains la place et le port de LilybĂ©e, dans la Sicile. (Vertot.) Laveaux et la plupart des grammairiens disent qĂŒaprĂšs les verbes ordonner, rĂ©soudre, arrĂȘter, exiger, dĂ©cider, commander, on met toujours au subjonctif le verbe de la phrase subordonnĂ©e. Cette rĂšgle est fausse, car nos citations prouvent qĂŒon peut employer Tindicatif ou le subjonctif : Tindicatif, quand lĂ«xĂ©cution de Tordre est tellement sĂ»re, que Taction orÂŹ donnĂ©e, rĂ©solue, exigĂ©e, etc., peut ĂȘtre regardĂ©e comme un fait qui aura nĂ©cessairement lieu. Tels sont les ordres des souverains et ceux des cours de justice, qui, agissant au nom du souverain, en imitent le langage. OrdonnĂ© qu'il sera fait rapport, est plutĂŽt une dĂ©claration d’un fait quĂ«n ordre ; il est dĂ©clarĂ© qĂŒil sera fait, etc. (1). On se sert, au contraire, du subjonctif lorsque les verbes ordonner, dĂ©cider, exiger, etc., sont pris dans Tacception qui leur est propre, cĂ«st-Ă -dire qĂŒils marquent cette volontĂ© soudaine, seule, unique, indĂ©pendante et absolue, et qĂŒils sont Texpression de la volontĂ© d'une seule personne. (1) Bernardin de Saint-Pierre ĂŒa pourtant pas observĂ© cette distinction dans Texemple suivant ; Un homme criminel Ă©tait condamnĂ© Ă  mourir, de faim en prison; sa fille vint Ty trouver et Ty nourrit de son lait. Le SÉNAT, instruit de cet acte de Vamour filial, ordonna que le pĂšre fĂ»t rendu Ă  la fille, et qĂŒĂ  la place de la prison on Ă©levĂąt un temple Ă  la piĂ©tĂ©. Voici nĂ©anmoins un fait historique qui nous paraĂźt consacrer d’une maniĂšre irrĂ©vocable ce double emploi du verbe ordonner. M. le prĂ©sident B*** de TE'** eut le malheur de dĂ©plaire Ă  Louis XV; Sa MajestĂ©, pour le punir du peu de respect ou de dĂ©fĂ©rence qu’il avait montrĂ© envers la dignitĂ© royale, fĂźt ordonner, par la cour mĂȘme dont il'Ă©tait le prĂ©sident, son interdiction*pour deux mois. En consĂ©quence, le procureur du roi, eu pré sence de toute la cour, et aprĂšs les considĂ©rants d’usage, fut chargĂ© de prononcer la sentence suivante : La COUT ORDONNE quc ÏB S. R*** de TEsera interdit de ses fonctions de prĂ©sident» prĂšs de ladite cour» pendant deux mois. M, B*‘* de TE'** ne put dĂ©vorer cet affront, et, quittant son fauteuil, il s’écria : Et moi, messieurs» qui suis plus puissant que la cour» j’ordonne qĂ»il soit infĂ©rĂąt/ pour toujours.
(046) I ‘ 11 y a donc une grande diffĂ©rence entre U ordonna qu'on leur fĂźt grĂące, et il ordonna qu'on leur Ă©erĂ it grĂące, — Il ordonna qĂŒ'on leur eĂźt grĂące peut se traduire par il vouÂŹ lait, il dĂ©sirait qu'on leur fĂźt grĂące, etril Vordonna; — il ordonna qu'on leur ferait grĂące, a le sens de il dĂ©clara qu'au ferait grflce, n oVùÎhna qii’il fĂ»t JĂ©capĂźtĂ©. J’exige que vous le fassiez. f ■ ■ EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. La cour ordonne qu’on informera sur les lieux. Le sĂ©nat exigeai d’eux qu’ils l’indemniseraient. N” DLXXI. SUBJONCTIF ÔÜ INDICATIF APRÈS LES VERBES attendre, entendre, prĂ©tendre, se plaindre, supposer, douter. StjBJONCTIÈ. N’ATTENDEZ pas que jĂ© vous rĂ©ponde lĂ -dessus. (Pascal.) LĂ« bjĂŽ, pour se dpnner, saps peine ouvrant la terre, N'ATTpßßpAiT pgs qĂŒun bƓuf, pressĂ© par Taiguillon, Traçùt Ă  pas tardifs un pĂ©nible sillop. (Boileau.) * « - ' ’ ToptĂ© domination tend vers la tyrannie, car il est lĂŻ^turei Ă  rhpmmp de prĂ©tendre que sa yolontĂ© fasse loi. (Marmontel.) * De lui,seul je prĂ©tends qĂŒon reçoive la loi. (Boileau.) Non, s’il vous plaĂźt, je n’entends pas que vous' fassiez de dĂ©pense', et que Vous envoyiez rieri acheÂŹ ter pour moi. (MoliĂšre.) Supposons toutefois qĂŒencor.fidĂšle et pure, Sa vertu de ce choc revienne sans blessure. (Boileau.) Il n’à pù§ le droit de sĂȘ PLÀiNbRE que le roi nĂ© vienne pas Ă  son secours Ăź (CitĂ© par Appert.) * a JĂš DÔÙTÊ que le ris excessif convienne aux homÂŹ mes qui sont morteis. (La BruVĂšre.) indicatif. CĂ«st lĂ  que nous attendons que notre espĂ©rance ne sera pas déçue. (Pascal.) J’attends du moins, j’AixisNDs de votre complai- [sance Que dĂ©sormais partout vous fuirez sa prĂ©sence. (Racine.) ... Tu PRÉTENDAIS quĂ«n un lĂąche silence PhĂšdre ensevelirait ta brutale insolence. {Id.) ‱ 4 On PRÉTEND que ThĂ©sĂ©e a paru dans l'Épire, (/d.) Quand je vous ai dit cela, j’ai entendu que vous n’iriez pas le rĂ©pĂ©ter Ă  tout le monde. (Planche.) Je SUPPOSE qĂŒun moine esf charitable. (La Fontaine.) Nous nous sommes plaints que la mort, enneÂŹ mie des fruits que nous promettait la princesse, les a ravagĂ©s dans la fleur, (BossĂŒet.) Les tribuns disaient dans toutes les assemblĂ©es qĂŒils s’étaient toujours bien doutĂ©s que les pré sents du sĂ©nat cachaient un poison secret. (VertqtO On voit qu’à la suite deĂą verbes attendre, entendre, prĂ©tendre, supposer, se plaindre, douter, on emploie lĂŒn ou l’autre mode, selon l’idĂ©e qĂŒon a dans l’esprit. Nous renÂŹ voyons aux dictionnaires pour la diffĂ©rence d’acception dans laquelle ces verbes peuÂŹ vent ĂȘtre pris. EXERCICE PHRÀSÈOtOGIQĂŒE. * ^ J’attend» que vous me teniez parole. Il prĂ©tĂ«nd que tout vienne et dĂ©pende de lui, J’eotends que vous m’obĂ©issiez. ' Supposons qu’il revienne. Je m’.ittends qp’il mC manquera de parole. Il prĂ©tend que tout viĂ©nt et dĂ©pend de lui. On entend par lĂ  qn’il ferf*^ iÂź voiilai « Nous supposons qu’il reviendra. N“ DLXXII. ' VERBES SÜÏVIS DU SUBJONCTIF OĂŒ DE L’ïNDICATIF SUBJONCTIF. Penses-tu qu’en effet ZaĂŻre me trahisse ?' (Voltaire.) INDICATIF. Pensez-vous qĂŒil s’agit d’un forfait exĂ©crable ? Un vain bruit, ĂŒh soupçon vousle rend vraisemblable. (ChĂ©nier.)
Et CROIS-TU qĂŒaisĂ©meiit elle puisse quitter Le savoureux plaisir de t’y persĂ©cuter? (BoĂŻleau.) On PENSAIT, Ă  VitrĂ©, que ce /«ssen/des BohĂšmes. DE SÉVIGNÉ.) Elle semblait ou^ier son rang, et on ne s’aperÂŹ cevait PAS qĂŒon parlĂąt Ăą une personne si Ă©levĂ©e. (Bossubt.) IJ ne faut pas juger qĂŒune chose soit naturelle parce qu’une religion fausse Ta consacrĂ©e. (Montesquieu.) CĂ»ois-TĂŒ donc qĂŒe je sois insensible a i’oĂŒtrĂąge? “ (CorneillĂš.) Le CRpiRAirjE, seigneur qĂŒun reste de tendresse Vous fasse ici chercher une triste princesse? (Racine.) CuoYEz-vouB que cela soi7 d’ung nĂ©cessitĂ© i^bso- lue? ' '^(Bossuet.) Croit-on que dans ses Üaucs nn monstre m’ait portĂ©? ■ " (RACiNE.)* Je relisais suq» cesse cette lcUfe,,et ne pouvais me PERSUADER qu’eilo fĂ»t de EhiloclĂšs.* (FĂ©nelon.) Je savais bien que PhĂ©nice Ă©tait hors de Madrid depuis plus de deux ans; <mais j’ignorais qu’elle fat comĂ©dienne. » * (Le S>qe.) Il ne faut pas que vous pensiez, mon cher pĂšre, que je me sois donnĂ© si parfaitement Ă  la musique, que j’aie nĂ©gligĂ© toute aUlfĂš espĂšfce dĂ© travail. " o (J.-J. Rousseau.) ... Se peut-il que d’un cours si rapide La victoire vous ait ramenĂ© dans l’Auiide? (Racine.) On ne peut pas dire que Carthago eĂ»t entiĂšrĂ©r ment renoncĂ© Ă  la gloire do TĂ©tude et du savoir. (Rollin.) On ne tonrait nier qu’Un homme n’apprenne bien des choses quand.U voyage, et qĂŒĂŒ Ă©tudie sé rieusement les paceufa de tant de peuples. * ' " ■ (FĂ©nelon.) .( 647 ) Çrois-tu que, toujours ferme au bord du prĂ©cipice, ÊiiĂ© pĂŽwrrd marcher sans que le pied lui glisse? . (BoiLEACf.) JĂš pÈNSÀis qÜQ c’dtait un petit chien. (M“¼ DE SÉVIGNÉ.) Jei NE m’aperçus pas que je parlais Ă  lui; (j.-B. Rousseau.) Et sur quoi JugĂ©z-vĂŽĂŒs que j’en perds la mĂ©moire? (RĂ©prĂąi?.) CaoiRAi-rĂ© ^’un mortel, avant sĂ  derplĂšre heure, Peut pĂ©nĂ©trer dĂšs morts la profonde dĂšhaeĂŒre?(ĂŻd.) Croirai-je qu’tinĂȘ nuit a pu yous Ă©branler? ‘ . (Mi) . CnQTÈZ'Tpus qĂŒalors il acceptera vos hommages]? (Massillon.) ^ ; Crois-tu,^ gi Je l’épquse, QĂŒAndromaque e« son cƓur n’en sera pas jaĂźbusĂš? ‱ (Racine;) 11 ne pouvait se persuader qu’il leur Ă©tait imÂŹ portun. (LaBruyĂšbe.) Il ne pouvait ignorer qu’il Ă©tait le fils de David. (7d.) CĂ«st abrĂ©ger, et s’épargner mille discussions, que de PENSER de certaines gens qu’ils sont incapables de parler juste. ' ^ (Id.) HaĂŻssez vos ennemis avec modĂ©ration; car il se PEUT FAIRE qu’ils seront vos amis dans la suite. (FĂ©nelon.) Vous ne devez pas Dire qiiĂ© je voĂŒs ai baitĂŒ; mais qu’il vous semble que je vous ai battu. (MoliĂšre.) Je ne vous nierai point, seigneur, que ses soupirs M’on/ daignĂ© quelquefois expliquer ses dĂ©sirs. (Racine.) Comme ori levoitpar ces nombreuses citations, Ă lĂ sĂŒite dumĂȘirievet-béïtaritĂštoh eiri|)Ipie Tindicatif, tantĂŽt le subjonctif; Tindicatif, si la personne qui Ă©nonce ce verbe exprime une chose sur laquelle elle n'a point de doute, une chose certaine, positive, du moins dans son esprit; on met le subjonctif dans le cas contraire. ChĂ©nier a dit avec Tindicatif : Pensez-^ ' voxis qu'il s'agit d'Ăčh' forfait Ă«xĂ©cfĂ hle, parce qĂŒil Ăšst certain qu'il s agit rĂ©ellement de cela. C'est comme s’il eĂ»t dit ; Il s'agit d’un forfait exĂ©crable, je le sais, jĂ«n suis conÂŹ vaincu; mais vous, le pĂ©nsez-vous? Voltaire, au contraire, fait dire Ă  Orosmarie aVĂšc le subjonctif: Penses-tu qu'en effet ZaĂŻre me trahisse? parce qu’il est dans le doute Ă  cet Ă©gard, et qu’il dĂ©sire que cela ne soit pas. Ce vers est elliptique : Penses-tu qu'en effet (la fatalitĂ© ĆžĂŠĂŒt que) ZaĂŻre me trahisse? i)'aprĂšs cela, il est Ă©vident, cĂŽrniriĂ© le dit trĂšs-bien Boniface, qu’il ne faut s'arrĂȘter ni au matĂ©riel dĂšs iriĂŽtĂ©, rii Ă  la forme dĂ© la proposition primordiale, pour faire usage dĂ© l’indicatif ou du subjonctif; le sens qu’ori veut exprimer doit seul dĂ©terminer lĂ«mploi de Tun ou de Tautre mode. Interrogez-vous vous-naĂȘme ; commencez par sentir, et votre expression sera presque toujours Timage fidĂšle de votre pensĂ©e : Ce que l’on conçoit bien sĂ«iprime clairement, Et les mots pour le dirc arrivent aisĂ©ment, ' - . s
( 648 ) VoilĂ  la rĂšgle sĂ»re, la seule qui soit fondĂ©e sur la nature, et qui ait dirigĂ© nos bons Ă©crivains dans leurs immortels chefs-d'Ɠuvre, que la plupart des grammairiens n’ont pas assez profondĂ©ment Ă©tudiĂ©s pour Ă©tablir les lois du langage. Nous ferons observer, avec Lemare, que, dans lĂą seconde colonne, on n'interroge que pour Je seul effet oratoire, que pour communiquer aux autres le sentiment, l'opinion Ă  laquelle on est dĂ©jĂ  arrĂȘtĂ©. L'interrogation n'exprime point le doute, ne soumet point l’action qui suit Ă  une volontĂ© quelconque, libre ou nĂ©cessaire. C’est une simple formule, c'est l’interrogation des rhĂ©teurs : elle est extrĂȘmement frĂ©quente. Les grammairiens attribuent Ă  la nĂ©gation la mĂȘme vertu qĂŒĂ  l’interrogation ; mais les faits sont Ă©galement contraires Ă  cette nouvelle rĂšgle. Il y a mĂȘme beaucoup de phrases tout ensemble interrogatives et nĂ©gatives, comme : Ne trouves-tu pas que fai raison? oĂč le verbe qui suit est Ă  l'indicatif. * I ^ EXÉRCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Le peuple, moins superstitieux, ne croit plus qu’il y ait des rere- , nauts. Montrez-moi nne faute qne ^aie faite. Vous vous figurez que ce soit un jeu. Vous ne croyez pas que je puisse rĂ©sister Ă  cette douleur. Paiues>vous quo votre protection me soit nĂ©cessaire dans ce pays ? Qu’il est insensĂ© ! il ne croit pas qu'il j a un Dieu, Montrez-moi la faute qne j’ai faite. Figurez-vous que c’est un jeu. Vous ne croyez pas que je pourrai rĂ©sister Ă  cette douleur. Pensez-vous que votre protection m'est nĂ©cessaire dans ce pays ? N“ DLXXIII. Il suffit que, SUIVI no subionçtif ou db l’indicatif. SUBJONCTIF. Ehl KK suFFiT-ĂŻL PAS, scigneuF, Ă  vos souhaits QĂŒb le bonheur public soit un de vos bienfaits? (Racine.) ... Il SUFFIT QÜÉ voiis nous commandiez, Yous nous verrez combattre et mourir Ă  vos pieds. (Racine.) Je ne te dirai point oĂč.est ton pĂšre, il suffit que tu 50t« libre de le chercher. (FĂ©nelon.) Madame, qui vous presse ? Il suffit que sa vue DĂ©sormais Ă  vos yeux ne soif plus dĂ©fendue. (Racine.) Heureux ou malheureux, il suffit qĂŒon me craigne. (Id.) INDICATIF. QĂŒil te suffise donc, pour me justifier, Que je vis. que j’aimai la reine le premier. (Racine.) Et d’oĂč a-t-il pris cela? —H n’importe d’oĂč il l’ait pris. Il suffit que les sentiments de ces grands hommes-lĂ  sont toujours probables d’eux-mĂšmes. (Pascal.) Ne vous suffit-il pas que je Vai condamnĂ©? Ne vous suffit-il pas que ma gloire offensĂ©e Demande une victime Ă  moi seule adressĂ©e? Que je le hais enfin; seigneur, quejĂ« Vaimai? (Racine.) Il suffit que Ton est contente du dĂ©tour. (MoliĂšre.) Suffit que vous devez de vous ĂȘtre content. . (Regnard.) Il suffit, disent les grammairiens, est toujours suivi du subjonctif. Cependant, sans Ă©gard Ă  cette rĂšgle et Ă  deux autres, d’aprĂšs lesquelles le subjonctif est aussi de rigueur, savoir lorsque le membre de phrase qui prĂ©cĂšde est interrogatif ou nĂ©gatif, Racine a dit ; " t Ne vous SUFFIT-IL pas que je Toi condamnĂ©? Que je le hais ? * o CĂ«st-Ă -dire, ne vous suffit-il pas de savoir que je Vai condamnĂ©... que je le hais? Il ne s’agit lĂ  que de faits positifs, que de simples Ă©nonciations, et Racine aurait pĂ©chĂ© contre l’idĂ©ologie et fait plusieurs contre-sens, s’il n'avait Ă  la fois violĂ© les trois rĂšgles des gramÂŹ mairiens.
( 649 ) Pascal nĂ«n a violĂ© qu'une en disant : fl suffit que les sentiments des grands hommes sont probables d'eux-mĂȘmes ; c'est-Ă -dire, il vous suffit de savoir quĂ© de tels sentiments sont probables: Ainsi, quand on veut affirmer une chose positive, on emploie l'indicatif : Je Vai conÂŹ damnĂ©, cela suffit. On se sert, Ă u .contraire, du subjonctif, quand le verbe qui suit ĂŒ suffit que est sous la dĂ©pendance dĂŒne volontĂ© quelconque : Nous voulons que vous nous commandiez, il le faut y Gt cela seul suffit. - - M. Planche, dans son Dictionnaire de la langue oratoire, prĂ©tend que lĂ«llipse qu’enÂŹ traĂźne l’indicatif qu'il te suffise que je vis, pour qu'il te su ffise de savoir que je vis, est une ellipse que le style poĂ©tique seul peut souffrir. Les exemples de Pascal et de MoÂŹ liĂšre, et dWres que nous pourrions citer, prouvent assez qĂŒelle est Ă©galement permise en prose. ' ' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ĂŒ suffit qu'il le dise. Il suffit qu'il l'ait touchĂ©. U suffit que, cela soit permis.. II suffit qu’on me craigne. Il suffit qu'on l’a grondĂ©. Il suffit qu'on l'a averti. 11 sufliL qu'on l'a prĂ©venu. II suffit qu’on l'a condamnĂ© N“ DLXXIY.^?^' Est-il possible? suivi du subjonctif de l'indicatif. SUBJONCTIF. Est-il possible que vous vouliez ĂȘtre malade, en dĂ©pit des gens et de la nature? (MoliĂšre.) INDICATIF. Est-il possible que vous serez toujours embĂ©guinĂ© de vos a/tbicaires et de vos mĂ©decins? (MoliĂšre.) Ce nĂ«st donc pas la phrase ou le verbe qui prĂ©cĂšde qui cause le subjonctif, car voilĂ  les deux modes Ă  la suite de est-il possible? Si MoliĂšre avait suivi la rĂšgle absolue que donnent les grammairiens, il aurait dit: Est-il possible que vous soyez toujours embé guinĂ©, etc.? Mais il nëût point exprimĂ© sa pensĂ©e. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Eat-ii possible qu’il vcnilic se tuer? Est-il possible que vous serez toujours mauvais sujet? N" DLXXV. II semble que, suivi du subjonctif ou de l'indicatif. SUBJONCTIF. Il semble que les climats extrĂȘmement chauds soient contraires aux chevaux. (Buffon.) Il semble que la nature ait employĂ© la rĂšgle et le compas pour peindre la robe du zĂšbre. (Buffon.) .. Il semble que lĂ«sprit de mensonge que Dieu menaçait de rĂ©pandre sur ses prophĂštes rĂ©pandu sur tous les hommes. (Massillon.) Il semble Qu’on soit convenu que la bonne foi ne serait plus une vertu. (Massillon.) INDICATIF. A Il semble que la rusticitĂ© n’est autre chose qĂŒune ignorance grossiĂšre des bieusĂ©ances. (La BudvĂšre.) Il semble que l’abondance a Ă©puisĂ© une de ses cornes dans nos jardins et dans nos campagnes. (Bern. de Saint-Pierre, i Il semble QĂŒâ€™il est moins rare de passer de l’anÂŹ tipathie Ă  l’amour qĂŒĂ  l’amitiĂ©. (La BruyĂšre.) Ăš Il semble QĂŒâ€™une passion vive et tendre esf morne .et silencieuse. (La ÛuĂŒyĂŒre.) 82
.( 650 ) Il semble que de tout temps la vĂ©ritĂ© ait eu peur de se montrer aux hommes, et que les homÂŹ mes aten/ eu peur de la vĂ©ritĂ©. (La Harpe.) a Par la science Thomme ose franchir les horep^ Ă©troites dans iesquellĂšs il semble que.la nature T ai/* renfermĂ©. (Le BattĂˆĂŒx;) Il semblait Qu'un sujet ainsi traitĂ© nĂ© dĂ»t fourÂŹ nir qĂŒun acte ; mais cĂ«st le caractĂšre du gĂ©nie de rĂ©pandre sa fĂ©conditĂ© sur un sujet stĂ©rile, et de vaÂŹ rier ce qui semble uniforme. (Voltaire.) ÏL SEMBLE QÜE CE SOIT son plaisir favori De laisser entrevoir que je suis son mari. . (Destouches.) Toutes les fenĂȘtres brillĂšrent pĂ©hĂčarit tbĂŒtĂš la nuit d’un nombre infini de flambeaux et de bouÂŹ gies : IL SEMBLAIT QUE touie la ville fĂ»t en feu, (VertÔt.) Il SEMBLE QUE DOUS augmentom notre ĂȘtre lors,- qĂŒe nous pouvons le porter flans la mĂ©moire des autres : c'est Ăčne nouvelle viĂ« quĂš nous acquĂ©rons, (Montesquieu.) Il SEMBLE QUE Id prĂ©scnce d’un Ă©tranger retient le sentiment etĂ«omprime des amesqui s’entendraient si bien sans lui. (SÀintinÈ.) Il SEMBLERAIT du moins Qu’un homme qui se hagarde Ă  fĂ ue parler le lĂ©gislateur de notre poĂ©sie, devrait avoir lu l’Art poĂ©tique, (Voltaire.) Il semble QUE la nature sĂ«sf fait un plaisir de multiplier dans le mĂȘme endroit les grands homÂŹ mes, les grands artistes Ă©t la' matiĂšre la plus propre 'Ă  cdnsĂ«rvĂ©r le souvenir des uns et des autres. (BarthĂ©lĂ©my.) Il SEMBLÉ que le meilleur moyen Ă©tait d’équiper des vaisseaux. (Raynal.) Avec Tindicatif, il semble Ă©quivaut Ă  il est certain, cĂ«st une espĂšce dĂ«uphĂ©misme que Ton emploie pour ne pas avoir Tair tranchant; le mode du verbe suivant rĂ©vĂšle assez la pensĂ©e de Tauteur : cĂ«st Texpression de son jugement. Avec le subjonctif, ĂŒ semble exprinae une supposition, ou met en question la proposiÂŹ tion subordonnĂ©e; alors il semble a sa signification naturelle, il Ă©quivaut Ă  il peut ĂȘĂŻre vrai. Il semble, mĂȘme dans ce cas, est trĂšs-souvent suivi de Tindicatif; cĂ«st quand on a de fortes raisons pour croire que ce que Ton va dire est positif. II. Il me semble, il te semble que. subjonctif. Il ME’ semble que mon cƓur veuillĂ© se fendre par la moitiĂ©. ’ (M“« de SĂ©vignĂ©.) Vous SEMBLE-T-iL QUE Ic mohatrĂŒ soit une chose si vĂ©nĂ©rable, que ce soit un blasphĂšme de n’en pas parler avec respect? (Pascal.) V Eh quoi! ĂŻesem6te-f-iZ gue la tristeÉriphile Doive ĂȘtre do leur joie un tĂ©moin si tranquille? ' (Racine.) ‱' 0 toi qui me connais, te semblait-il croyable Qu’un cƓur toujours nourri d’amertume et de pleurs DĂ»t connaĂźtre Tamour? (Racine.) Il me semble que ce soit une crise que la naÂŹ ture ait souhaitĂ©e. (M“¼ de SĂ©vignĂ©.) ‱ IPÎSIÇAXIP. % Il me semblait QuĂ«ne flamme si belle M’élevait au-dessus du sort d’une mortelle. - ' . (Racine.) . , Il me semble que je uois l’accomplissement de cette parole d’un prophĂšte : le roi pleurera, et les mains tomberont au peuple de douleur et d’étoiuie- ment. - (Bossuet.) Il me semble Qu’un fils devrait, avec raison, Ignorer ou cacher la faiblesse d’un pĂšre. (L'a ChaussĂ©e.) Il me semble que qui sollicite pour les autres a la confiance d’un homme qui demande justice, (La BruyĂšre.) A mesure que jĂ«ntrais dans le pays de ces proÂŹ fanes, IL ME semblait QUE je devenais profane moi-mĂȘme. (Montesquieu.) ' L’AcadĂ©mie, FĂ©raud et quelques autres grammairiens, veulent qĂŒaprĂšs il me semble on mette le subjonctif. te pĂšre Buffier, MĂ©nage, Thomas Corneille et Wailly, pensent qĂŒon peut employer indiffĂ©remment le subjonctif ou Tindicatif. Ni Tune ni Tautre de ces rĂšgles ne sont exactes, et nos citations en font assez foi. CĂ«st Ă  celui qui parle de savoir ce qĂŒil veut dire, s'il veut reprĂ©senter une action dé pendante d'une volontĂ© quelconque, libre ou nĂ©cessaire, et partant comme plus ou moins hypothĂ©tique, ou comme un fait plus oĂŒ moins positif. Dans le jpremier cas, il se servira du subjonctif, et de Tindicatif dans le second.
{ 651 ) Quand de SĂ©vignĂ© dit:,// «le semble que mon cƓur veuille se fendre, elle nĂ«st point du tout convaincue de ce quĂ«lle avance j cĂ«st comme si elle disait : Je suis tentĂ©e de croire que mori cƓur veuille se fendre. Il nĂ«n est pas de mĂȘme lorsquĂš Voltaire dit : Jl me semble que Corneille x donnĂ© des modĂšles de tous les genres. Voltaire avance ici un fait positif, dont ii ne doute nullement; il en est convaincu ; il a examinĂ© et jugĂ©. D'aprĂšs ces observations, et plus encore d'aprĂšs nos citations, nous pensons, contre les grammairiens, qĂŒon doit faire usage : V de l'indicatif toutes les fois qĂŒon avance un fait positif, un fait dont on est entiĂšrement convaincu ; 2Âź du subjonctif dans le cas contraire, c'est-Ă -dire quand ßësprit est dans le doute, dans l'incertitude. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. n me semble qu'il fait jour. 11 me semblait que ce dĂ»t ĂȘtre ainsi. N" DLXXVL ss^ On dirait que, suivi du subjonctif oc de l'indicatif. SUBJONCTIF. N «On dirait que le livre des destins ait Ă©tĂ© ouvert Ă  ce prophĂšte. . - . (Bossuet.) On dirait que Tancienne Egypte ait craint que la postĂ©ritĂ© ignorĂąt un jour ce qiie c’était que Ja mort, et qĂŒelle ait voulu, Ă  travers les temps, lui faire parvenir des Ă©chantillons de cadavres. (Chateaubriand.) Le nouvelliste connaĂźt la marche de ces armĂ©es, il sait ce qu’elles feront ef ce qĂŒelles ne feront pas*; vous DIRIEZ,qĂŒil ait l’oreille du prince ou le secret du ministre. (La BruyĂšre.) On dirait QUE pour plaire, instruit par la nature, HomĂšre ait Ă  VĂ©nus dĂ©robĂ© sa ceinture. On dirait que le ciel, qui se fond toĂŒt en-eau, Yeuille inonder ces lieux dĂŒn dĂ©luge nouveau. (Boileau.) On dirait, Ă  vous voir assemblĂ©s en tumulte, ' Que Rome des Gaulois craigne encore une insulte. (CrĂ©billon.) . INDICATIF. On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, . . (Boileau.) On DIRAIT Qu’ils ont seuls l’oreillĂ© d’Apollon, -QĂŒils disposent de tout dans le sacrĂ© vallon. (Boileau.) % « Eoseigne-moi, MoliĂšre, oĂč tu trouves la rime. On dirait, quand tu veux, qu’elle te vient chercher, (Boileau.) * Cependant, Ă  le Voir, avec tant d’arrogance. Vanter le faux Ă©clat de sa haute naissance. On dirait que le ciel est soumis a sa loi, Et que Dieu l’a pĂ©tri d’autre limon que moi. (ĂŻd.) On dirait Qu’ils travaillent pour dĂšs annĂ©es Ă©ternelles. (Massillon.) ^ ' 4 * Lorsqu'on a de fortes raisons pour croire une chose, on emploie Tindicatif aprĂšs on dirait que. S’il n'y a que de lĂ©gĂšres apparences, on met le subjonctif. Avec Vindicatif, on a ellipse d'une phrase principale : Si Von croyait ces gens, on diÂŹ rait qu'ils ONT... A en juger parta facilitĂ©, ON dirait que la rime te vient .chercher. Avec le subjonctif, on dirait Ă©quivaut Ă  il semble dans sa primitive signification. On dirait que le livre des destins ait Ă©tĂ© ouvert Ă  ce prophĂšte : on ne croit nullement que ce livre lui ait rĂ©ellement Ă©tĂ© ouvert; mais on peut le supposer, surtout imaginairemeht. L'emploi du mode est si peu arbitraire aprĂšs on dirait, que souvent Ton ne peut remÂŹ placer Tindicatif par le subjonctif, comme dans les exemples citĂ©s. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. On airĂ it^qa'il le craigne. On dirait quo vous ayez Ă©tĂ© malade. On dirait qa'il le craint. On dirait que vous avez Ă©tĂ© malade.
( 652 ) r N“ DLXXYil. S’il est vrai que, suivi du subjonctif ou de l’indicatif. subjonctif. S'il est vrai QÜIÏîmĂšre ait fait Virgile, cĂ«sl son plus bel ouvrage. (Voltaire.) Mon bonheur ne finira pas mĂȘme avec cette vie monelle; et, s’il est vrai qĂŒil y ai/diffĂ©rents lieux pour les Ăąmes aprĂšs la mort, je n’ai rien Ă  crainÂŹ dre de ces endroits obscurs et tĂ©nĂ©breux oĂč sont reÂŹ lĂ©guĂ©s les mĂ©chants. (Vertot.) INDICATIF. S’il est vrai qiie fai chassĂ© les ennemis de votre territoire; que je leur ai tuĂ© beaucoup de monde_ dans deux combats; que fai forcĂ© les dĂ©bris de! leurs annĂ©es de s’enfermer dans leurs places... que vos tribuns se lĂšvent, (Vertot.) , Quand il s’agit d’une action certaine, positive, de quelque chose sur quoi il n’y a auÂŹ cun douteĂ« former, on emploie Tiridicatif ; quand il y a incertitude, on se sert du subÂŹ jonctif, EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. I S'il eit Trai y ait un Dieu. S^U est vrai qu'il y a un Dieu# ^ r DLXXVIII. - , t Ce n’esl pos gwe, SUIVI DU SUBJONCTIF ou DE l’indicatif. SUBJONCTIF. Ce n’est pas QĂŒaisĂ©mĂ©nt comme un autre Ă  ton char Je nepusje attacher Alexandre et CĂ©sar. (Boileau.) Ce n’est pas que ma plume injuste et tĂ©mĂ©raire .Veuille blĂąmer en eux le dessein de te plaire. (Boileau.) 11 est vrai que les CĂ©sars elles puissants du siĂšcle ne crurent pas d’abord en JĂ©sus-Christ, mais ce n'est pas que sa doctrine rĂšprouud/ leur Ă©tal; elle ne rĂ©prouvait que leurs vices. (Massillon.) INDICATIF. Ce n’est pas quâ€™ĂŒ faut pardonner quelquefois Ă  celui qui, avec un grand cortĂšge, s’en croit plus de naissance et plus dĂ«sprii. (La BruyĂšre.) Ce n’est pas que, depuis quelques annĂ©es, les acteurs on/ enfin hasardĂ© d’ĂȘtre ce qĂŒils doivent ĂȘtre, des peintures vivantes : auparavant ils dĂ©clamaient. (Voltaire.) On peut donc dire avec le subjonctif; Les enfants demandent Ă  ĂȘtre menĂ©s sĂ©vĂšrement. Ce nest pas gĂŒiL ne faille leur pardonner quelques petites fautes; ou bien avec l’inÂŹ dicatif; Les enfants demandent Ă  ĂȘtre menĂ©s sĂ©vĂšrement.,. Ce n'est pas qu il vaut leur pardonner quelques petites fautes, ^ L’analyse de la premiĂšre phrase est celle-ci : Ce n'est pas Ă  dire pour cela que je pousse la sĂ©vĂ©ritĂ© jusqu'Ă  prĂ©tendre qu'iL ne faille pas leur pardonner quelques petites fautes. La seconde phrase peut s’expliquer ainsi : Ce n'est pas que jene convienne qu'iLĂżav'ĂŻ leur,pardonner quelques petites fautes. On'dit positivement qa'il faut pardonner. Ce n'est pas que je ne pusse est un abrĂ©gĂ© de : Ce n'est pas Ă  dire pour cela qĂŒe, si je le voulais bien, je ne pusse... EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. « Ce n'est pas qu'il faille. Ce n'est pas qu'il soit. Ce n'est pas qu’il faut. Ce n'est pas qu'il est.
( C53 ) N- DLXXIX.«Ê^»«~ Le seul, Vunique, SĂŒiVis dĂŒ subjonctif ou de x'indicatif< SUBJONCTIF. On peut dire que le chien est le seul animal dont la fidĂ©litĂ© soif Ă  l’épreuve. (Bdffon.) Xe prĂ©sent est l’unique bien Dont l’homme soit vraiment le maĂźtre. (J.-B. Rousseau.) La religion est le seul mors que les rois puisÂŹ sent encore blanchir. (Marmontel.) \ L’hommfr est le seul des animaux qui soit obligĂ© de se vĂȘtir, (Bern. de Saint-Pierre.) L’homme est Le seul ĂȘtre qui ait honte de paraߏ tre nu. {Id.) Dieu tout-puissant, rends-nous l’ignorance, l’inÂŹ nocence et la pauvretĂ©, les seuls hiens qui puisÂŹ sent faire notre bonheur et qui soient prĂ©cieux deÂŹ vant toi. (J.-J. Rousseau.) Rome Ă©tait une ville sans commerce et presque sans arts, le pillage Ă©tait le seul moyen que les particuliers eussent pour s’enrichir. (Montesquieu.) Virgile est le seul poĂšte latin qui ait excellĂ© dans la pastorale. (HelvĂ©tius.) ' La mĂąchoire infĂ©rieure est la seule qui ait du mouvement dans l’homme et dans les animaux. * (Buffon.) L’homme est le seul animal qui sache qu’il doit mourir : triste connaissance, mais nĂ©cessaire, puisÂŹ qu’il y a des idĂ©es. (Bern. de Saint-Pierre.) Je suis LE seul qui vous connaisse, (FĂ©nelon.) La passion du devoir est la seule qui ait fait de grandes choses, des cboses qui durĂšnt. (De Bonalb.) indicatif. « L’amour-propre est la seule chose Dont on ne vient jamais Ă  bout. (Nivernais.) L’expĂ©rience tient une Ă©cole oĂč les leçons coĂ»tent cher; mais c’est la seule oĂč les insensĂ©s peuvent s’instruire. (Franklin.) Le Camoens fit naufrage sur les cĂŽtes de la Chine, ‱ et se sauva, dit-on, en nageant d’une main, et teÂŹ nant de Vautre son poĂšme, le seul bien qui lui restait. (Voltaire.) La tendre jeunesse est le seul Ăąge oĂč l’homme peut encore tout sur lui-mĂȘme pour se corriger. (FĂ©nelon.) Le gĂ©nie poĂ©tique de Torquato, la seule-riÂŹ chesse qu’il avait reçue de son pĂšre, se manifesta dĂšs lĂ«nfance. (Voltaire.) AnĂ©antir et crĂ©er sont les attributs de la toute- puissance; altĂ©rer, changer, dĂ©truire, dĂ©velopper, renouveler, produire, sont les seuls droits que Dieu a voulu cĂ©der. (Buffon.) s La seule chose que nous ne savons poinC c’est d’ignorer ce que nous ne pouvons savoir. (J.-J. Rousseau.) Nous sommes si imprudents que nous errons dans les temps qui ne sont pas Ă  nous, et ne pensons point AU SEUL qui nous appartient. (Pascal.) Ün lieu que vous seul connaissez. (Racine.) Souviens-toi que je suis le seul qui fa dĂ©plu. (FĂ©nelon.) Dans presque toutes les grammaires, oĂč il sĂ«n faut bien que Le sens et la raison y rĂšglent toute chose, on donne comme une rĂšgle constante, qu’aprĂšs le seul, Vunique, etc., on doit toujours employer le subjonctif ; de sorte que ceux qui les ont lues n’osent jamais se servir de Vindicatif en pareil cas,,exceptĂ© quand ils se trompent ou qu’ils y sont entraĂźnĂ©s par la force mĂȘme des choses. En vĂ©ritĂ©, il faut que les grammairiens n’aient jamais lu les auÂŹ teurs classiques avec soin ; car, autrement, ils auraient trouvĂ© des exemples sans nombre oĂč Vindicatif est employĂ©. Nos citations lious permettent donc de substituer Ă  la rĂšgle entiĂšrement fausse des grammairiens, le principe suivant : « AprĂšs ces mots le seul, Vunique, on met le verbe au subjonctif, quand VidĂ©e nĂ«st pas positive, quand elle tient du doute; mais on le met Ă  Vindicatif, lorsque VidĂ©e est affirÂŹ mative, quĂ«lle ne tient pas du doute. » EXERCICE PHRASÉOLOGIOUE. Il est le seul qui soit. ÂŁil« est la seule qui ait. L'nique objet qui m'appartienne. n est le eenl qui est. Elle est la seule qui a. L’unique objet qui m'appartient.
( 654 ) * N“ DLXXX. Le ‱pfĂ©rhĂčfj lĂ© dernier, suivis du sObJonctif ou be t’iNDiçÀtiF. ' ■ , SUBJONCTIF. NĂ©ron est le premier empereur qui ait persé cutĂ© VÈgXisQ, (Bossuet.) Les Égyptiens sont les premiers qui atĂ«n/bien connu les rĂšgles du gouvernement. (Rollin.) Vous serez le premier philosophe qui ait jaÂŹ mais excitĂ© un peuple libre, une petite ville et un Ă©tat pauvre, Ă  se charger d'un spectacle public. (J.-J. Rousseau.) Lucullus apporta du royaume de Pont les preÂŹ miers cerisiers qĂŒon ait tus en Europe. (CitĂ© par Boniface.) Racine est .le premier qui ait su rassembler avec art les ressorts d'une intrigiie tragique. (Thomas.) CĂ«st une des derniĂšres Ă©pĂźtres que saint Paul ait Ă©critĂšs. (TrĂ©voux.) Ma destinĂ©e a voulu que je fusse le premier qui ait expliquĂ© Ă  mes concitoyens les dĂ©couvertes du grand NĂšwton. (Voltaire.) 'S’il vous souvient pourtant que je suis la premiĂšre Qui vous dit appelĂ© dĂ© ce doux nom de pĂȘfĂ©. (RACiNÉ.) Les intĂ©rĂȘts de leur vanitĂ© sont les derniers quĂ«n doive mĂ©hĂ gĂ©r; (Geoffroy.) M. Genoude est le premier qui ait fait passer dans la langue française jĂą sublime poĂ©sie des Hé breux. (Lamartine.) INDICATIF. Malpighi est i-E premier qui a fait cettĂš dĂ©couÂŹ verte et qui a donnĂ© Ă  ces plantes le nOm qĂŒelles portent. (Bern. de Saint-PierrbO LĂ©s CĂ©ciniens furent les premiers qui firent Ă©clater leur ressentiment. Us entrĂšrent en armes sur le territoire des Romains; (Vertot.) La premiĂšre chose que dot/ faire aprĂšs l'Ă©taÂŹ blissement des lois Vinstituteur d’une rĂ©publique,' cĂ«st de trouver un fonds suffisant pour l’entretien des magistrats et autres officiers. (J.-J. Rousseau.) Le premier de tous les peuples oĂč Von toit des bibliothĂšques est celui d'Êgyptc. (Rollin.) Les Tyriens furent les premiers ^qui domptĂšrent les flots. (FĂ©nelon.) Voyez le livre du pĂšre Annat; oĂ«st le dernier qĂč'ti a fait contre M. Arnaud. (Pascal.) VoilĂ  LE premier livre'(le, firmament) que Dieu a mon/rĂ© aux hommes. (Massillon.) Les Égyptiens prĂ©tendent ĂȘtre les premiers qui ont Ă©tabli des fĂȘtes et des processions pour honorer les dieux. (Rollin.) J’ai fait voir que la grammaire grecque, qui est LA premiĂšre que nous connatssom, a Ă©tĂ© faite aussi par les Grecs. (Fleury.) Presque tous les grammairiens vous diront qĂŒaprĂšs' le premier, le dernier, on doit toujours faire usage du subjonctif; d’autres vous assureront aussi que quand le premier est immĂ©diatement suivi du relatif qui, il est constamment accompagnĂ© du subjonctif; mais que s’il est suivi du relatif que, le subjonctif nĂ«st guĂšre usitĂ©. Lisez les Ă©crivains, et vous n’y verrez rien de tout cela. En effets nos citations prouvent qĂŒon peut employer l’indicatif ou le subjonctif aprĂšs le premier, le dernier, suivis de qui ou de que. Cet em- ’ploi ne saurait ĂȘtrĂ© assujetti Ă  quelques rĂšgles mĂ©caniques'; il dĂ©pend entiĂšrement des vues de l’esprit. Bernardin de Saint-Pierre, en disant : Malpighi est le premier qui  fait cette dĂ©couverte, affirme positivement j et ne pense pas que le fait qĂŒil avance soit susceptible d’ĂȘtre contestĂ©; il en-parle comme d’une chose positive, et dont il est entiڏ rement sĂ»r ; voilĂ  pourquoi il sĂ«st servi du mode indicatif. Bossuet, en disant : NĂ©ron est le premier qui ait persĂ©cutĂ© VÉglise, fait entendre qĂŒil le croit seulement; il y a doute dans son esprit, c’est ce qui l'a portĂ© Ă  mettre le subjonctif. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE, C'est le premier tliĂšme qu’il ait fait. C’ést la premiĂšre faute qu'elle ait commise. C’est le premier tlicmc qu’il a fait. C’est lĂ  pretnicre faute qu elle a commise.
( 68# ) ' t N” DLXXXI. Le fins; la pius; le moindre, le meilleur, etC:, suivis du subjonctif bu de l'indicatif. subjonctif. La Ptirs tioblĂš conquĂȘte que l’homme at'f jamais faite, est cĂ«ilĂ© dĂ©cĂš fiei* Ă«t fOugueĂŒt anihial. (BuffON;)' L'Evangile est le plus beau prĂ©sent que Dieu ait pu faire aux hommes. (Montesquieu.) L'argent qu’il m’a coĂ»tĂ© m’a acquis le plus cher et le plus prĂ©cieux ami que/ata sur la terre. (FĂ©nelon.) Racine, lu par les connaisseurs, sera regardĂ© comme le poĂšte le plus parfait qui ait Ă©crit. (La Harpe.) En effet, si la voix de la natĂŒre est le meilleur conseil que dotue Ă©couter un bon pĂšre pour bien remplir ses devoirs, elle n’est pour le magistrat quĂŒn faux guide qui travaille sans cesse Ă  l'Ă©carter des siens. (J.-J. Rousseau.) Le meilleur usage qu’on puisse faire de son esprit est de sĂ«n dĂ©fier. (FĂ©nelon.) La meilleure satire qĂŒon puisse faire des mauÂŹ vais poĂštes, cĂ«st de donner d’excellents oĂŒVfages. (Voltaire.) Depuis plus dĂš trois Ăąiis vous h’ñvĂšz pas donnĂ© LA MOINDRE marque quĂš vous me connaissiez seuÂŹ lement, (Racine.) CĂ«tait LÀ PLUS belle dĂ©cotation qĂŒon puisĂ©e imaginer. Lebrun avait fait le dessin. (J.-J. Rousseau.) Le coup leplus cruel, lĂš plus irrĂ©parable. Que puisse nous porter le destin ennemi, CĂ«st de Ă»oĂŒs enlever un vĂ©titable ami, (CiiatkaubrĂŒn.) ., .La clĂ©mence est la plus belle marque Qui fasse Ă  l'Univers connaĂźtre un vrai monarque. (P. Corneille.) Les mouvements des planĂštes sont les plus ré guliers que rious connaissions. (Buffon.) ÏNDiCATIF.- CĂ«tait LA PLUS intrĂ©pide menteuse qiie j’ai conÂŹ nue. (Marivaux.) Ă© J’ai fait de mon hĂ©ros le portrait le plus brilÂŹ lant et LE PLUS majestueux que j'ai pu. (Voltaire.) *CĂ«st LA PLUS belle occasion que j’aurai jamais de voĂŒs peindre tant d’illustres originaux, et la seule peut-ĂȘtre que vous aurez de les connaĂźtre. (J;*J. Rousseau.) Je suis le fils du grand Ulysse, le plus sage des rois* de la GrĂšce qui ont renversĂ© la superbe ville de Troie. (FĂ©nelon.) Ces dĂ©sirs qui nous semblaient innocents ont reÂŹ muĂ© peu Ă  peu les passions les plus violentes qui nous ont mis dans les fers que nous avons tant de peine Ă  rompre. (Mad. de La ValliĂšre.) Le moins de servitude qu'on peut est le meilÂŹ leur. (Pascal.) Je fais LA MEILLEURE conteiiĂ ncB que je puis. (Mad. DE SĂ©vignĂ©.) La moindre louange qu’on ^ewf lui donner, cĂ«st d’ĂȘtre sorti de l'ancienne et illustre maison de La Tour d'Auvergne, (FlĂ©cuier.) C’est LE moindre sĂ©cret qĂŒ1l pouvait rioĂŒs Ăąp^ (Racine:) [prendre. LÉ PLUS grand mal que fait xin mihĂźrtre sans proÂŹ bitĂ©; c’est le nĂŻĂąuYĂąis Ă©xeiĂŒplĂ© qĂŒâ€™il donne, (Montesquieu.} Nous vivons dans la plus grande amitiĂ© qu’il est possible. (Voiture.) Madame ClĂŽt, bonne femme aĂŒ demeurant, Ă©tait bien la vieille la plus grognon que je connus de ma vie. (J.-J. Rousseau.) Autre rĂšgle des graĂŽiihĂąiriĂȘris : AprĂšs le superlatif , ĂŒ faut toujours employer le subjonctif. ' ' S'il en Ă©tait ainsi, que deviendraient nos classiques ?... de vastes recueils de fautes ; car ils sont pleins d'exemples oĂč l'on trouve l'indicatif. ‘ , Le moins de servitude que Voit peut est te meilleur, exprime ĂŒri principe, un fait. Le moins de servitude qu'on pĂźiisSÈ, etc., exprime plutĂŽt un effort, ĂŒh sduhĂ it. Le plus grand mal que fasse un ministre, et le plus grand mal que fait un ministre, ce n'est pas non plus la mĂȘme chose-
( 656 ) n. INDICATIF. C'est la MODĂźDRB^des choses que je lui dote. (Boileau.) Ce genre d'hommes, qui ne souffrent pas la moinÂŹ dre des injures qĂŒils peuvent repousser, font semÂŹ blant de souffrir trĂšs-patiemment celles dont ils ne peuvent se dĂ©fendre. (Pascal.) indicatif. Nourri dans la plus absolue libertĂ© , lb flub GRAND des maux qĂŒĂŒ conçoit est la servitude. (J.-J. Rousseau.) La monarchie de France, la, plus ancienne et la plus noble de toutes celles qui sont au monde, commença sous lui. (Bossubt.) Pourquoi nĂ«mploie-t-on pas ici le subjonctif? Parce qne dans ces phrases et autres semblables le verbe nĂ«st point le complĂ©ment du superlatif, mais du gĂ©nitif pluriel. La plus noble de toutes celles qui sont au monde, la moindre des injures quils peuvent receÂŹ voir, le plus grand des maux quĂŒ conçoit, etc. Supprimez ces gĂ©nitifs, et le subjonctif se produira naturellement. La France est la plus ancienne monarchie quLsoit au monde, la moindre injure qu'il puisse recevoir, le plus grand mal qu'il conçoive, etc. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Le plus ßçrttnd que j'aie. Les meilleurs que nous ayons. Le plus grand que j'ai. , Les meilleurs que nous avons. . ]>jo dlxxxii. k. Il n'y a que, ĂŒ ffest que, etc., suivis du subjonctif oit de l’indicatif. SUBJONCTIF. INDICATIF. La plupart des naturalistes ont cru quTu n’v AVAIT QĂŒune espĂšce d’animal qui fournĂźt le parÂŹ fum qu’on appel e civette. (Buffon.) Il n’est que trop d’esprits lĂąches et corrompus Qui font plier la loi sous le joug de Vusage. (La Harpe.) Il n'v A jamais eu que mademoiselle de Lange- roa Ă  qui madame la princesse a parlĂ©. (FĂ©nelon.) ■k » On ne voit que des gens qui font aisĂ©ment des choses mĂ©diocres; mais des gens qui en fassent, mĂȘme difficilement, de fort bonnes, on en trouve trĂšs-peu, (Boileau.) % AprĂšs il n'y a que, ĂŒ n'est que, il n'y a point, on ne voit que, les auteurs ont fait usage du subjonctif et de Vindicatif, selon VidĂ©e qĂŒils voulaient exprimer. NĂ©anmoins, le subÂŹ jonctif est le plus frĂ©quemment employĂ©. Le subjonctif est Ă©galement nĂ©cessaire lorsque il ny a, ĂŒ y a, ĂŒ n'est, ĂŒ est, sont suivis des mots personne, peu, guĂšre, rien, aucun, nul, etc. Exemples: J’ai remarquĂ© qĂŒiL ĂŒt a que l’Europe seule oĂč Von vende l’hospitalitĂ©. , (J.-J. Rousseau.) * \ Il n'y a jamais que la guerre et les combats effectifs qui fassent les hommes guerriers. (Rollin .) Il n'y a point de montagne dans les Ăźles de VArchipel qui n’ait son Ă©glise, ni de coteau Ă  la Chine qui n’ait sa pagode. (Bern, de Saint-PierrĂ©.) Il n'y a point de gens dont la conversation soit si mauvaise, gĂŒon ĂŒen jĂŻutese tirer quelque chose de bon. (FĂ©nelon.) Il n'y a personne qui, en pareil cas, ne nĂ©gliÂŹ geĂąt un intĂ©rĂȘt si important. (Voltaire.) Il t. a peu de rois qui sachent chercher la vĂ©riÂŹ table, gloire. (FĂ©nelon.) ... Il n'est point de peste Qui soit plus dangereuse et qui soit plus funeste, Que VappĂąt dĂ©cevant, le poison sĂ©ducteur Que rĂ©pand chaque jour la bouche d’un flatteur. (Boursault.) Il n'y a rien qui rafraĂźchisse le sang comme une bonne action.' ‱ (La BruyĂšre.) Il n'y a aucun de ses sujets qui ne hasardĂąt sa propre vie pour conserver celle d’un si bon roi. (FĂ©nelon.)- Il n'est passion qui nuise plus au raisonna ment que la colĂšre. (Montaigne.)
( 657 ) Âinsi tous ceux qui cherchent Dieu sans JĂ©sus- Christ ne trouvent aucune lumiĂšre qui les satisÂŹ fasse. (Pascal.) ... Il n'est que les sots Qui puissent regretter la vie. (JĂąuffret.) , Les changements d'Ă©tat que fait l'ordre cĂ©leste Ne coĂ»tent point de sang, n'ont rien qui soit (P, Corneille.) [funeste. Il n’y a guĂšre de mots qui, Ă©tant heureusement placĂ©s, ne puissent contribuer au sublime. (Voltaire.) Il T A PEU de conjonctures oĂč il ne faille tout dire ou tout cacher, (La BruyĂšre.) L’insatiable rapacitĂ© a cherchĂ© des dĂ©pouilles mĂȘme oĂč il n'y' avait guĂšre de richesses qui fussent Ă  son usage. (La Harpe.) EXERCICE PBRASÈOLOGIQĂŒĂˆ. Il n'y a qne lui Ă  qai je paisse. Il n'est personne qui ne le sache. 11 n'est point d'homme qui n'ait. U n’y a rien qnĂź ne soit. DLXXXni.«^«— 1 , Qui, que, dont, oĂč, suivis du subjonctif ou de l’indicatif. SUBJONCTIF. PompĂ©e aspirait Ă  des honneurs qui le distin- guassent de tous les capitaines de son temps. (Vertot.) On ne trouvera pas aux connaissances humaines une origine qui rĂ©ponde Ă  VidĂ©e qu’on aime Ă  s'en former. (J.-J. Rousseau.) * Elle ne prendra jamais pour Ă©poux qĂŒun homme QUI'craigne les dieux et qui remplisse toutes les biensĂ©ances. (FĂ©nelon.) Mentor voulait une grande quantitĂ© de jeux et de spectacles qui animassent le peuple, mais surÂŹ tout qui exerçassent les corps pour les. rendre plus adroits, plus souples et plus vigoureux. (FĂ©nelon.) Ne croyez-vous pas voir ce prince se mĂȘler dans la foule des courtisans et dans les assemblĂ©es mĂȘme de la ville, avec la bontĂ© et la familiaritĂ© d'un homme QUI n’eĂ»t pas Ă©tĂ© distinguĂ© par tant dĂ«ndroĂźts. (FlĂ©chier.) CaĂŻus proposa de faire construire des greniers publics oĂč l’on pĂ»t conserver une assez grande quantitĂ© de grains pour prĂ©venir la disette des anÂŹ nĂ©es de stĂ©rilitĂ©. (Vertot.) Si Ton prĂ©tend que j’ai commis quelque crirrie qui mĂ©ritĂąt un tel traitement, je suis prĂȘt Ă  m’en purger. (Voltaire.) Il n’y a point de piĂšce de théùtre qui ait excitĂ© en moi tant de sensibilitĂ©. {Id.) 4NDICATIP. CroĂźt-on que le dauphin regardĂąt les honneurs, le sang ou la naissance, comme un droit qui dis-- pense d’ĂȘtre vertueux? (Thomas.) De jaloux mouvements doivent ĂȘtrĂ© odieux, S’ils partent d’un amour qui dĂ©plaĂźt Ă  nos yeux. (MoliĂšre.) Il n’est pas juste qĂŒon soit exposĂ© aprĂšs sa mort Ă  des insultes QU’on aurait repoussĂ©es pendant sa vie. (BarthĂ©lĂ©my.) Solon voulut que Von donnĂąt par choix les maÂŹ gistratures civiles. QUI exigeaient une grande dé pense, et que les autres fussent donnĂ©es par le sort. (Montesquieu.) Nous voudrions que les places et les dignitĂ©s fusÂŹ sent disposĂ©es Ă  notre grc; que nos conseils rĂ©glasÂŹ sent la fortune publique ; que les faveurs ne tomÂŹ bassent que sur ceux a qui notre suffrage les atait destinĂ©es; que les Ă©vĂ©nements publics ne fussent conduits que par les mesures que nous avions nous- mĂȘmes choisies, (Massillon.) J ' * C'est l'usage constant de la Chine, le pays du monde oĂč les impĂŽts sont les plus forts et le mieux payĂ©s. ' (J.-J. RoosseaĂŒ.) Mon frĂšre croit qĂŒon ne donne le gouvernement de Salces qu’à une personne qui se chargera de la rĂ©compense de cet enfant, (FĂ©nelon.) Nous ne pouvons malheurĂ©usement jouer que des piĂšces oĂč il y a,peu d’acteurs. (Voltaire.) On dit avec Vindicatif ; J'habiterai un pays qui me plaĂźt, ou je serai tranquille; que je POURRAI parcourir sans crainte, et dont la tempĂ©rature est douce. Et avec le subÂŹ jonctif: J’habiterai un pays qui me PLAISE, oĂč je sois tranquille, que je puisse parcouÂŹ rir sans crainte, et dont la tempĂ©rature soit douce. Dans le premier exemple, on met Ă  Vindicatif les verbes des propositions complé tives, parce qĂŒon veut exprimer une idĂ©e positive, certaine; il n'y a pour celui qui parle aucun doute sur le plaisir que* lui procurera ce pays, sur la tranquillitĂ© dont il y jouira, etc. ^ Dans le dernier exemple, les mĂȘmes verbes sont au subjonctif, parce qu'on veut exÂŹ primer quelque chose d'tncer/am, de douteux^ sur quoi porte le dĂ©sir y la volontĂ©* 83
( 668 ) Dans lĂ« preihier cas, le [)ay^ esi connu de la persĂŽiinĂ« qui parlĂ©; elle sait quĂ«lle s’y plaira, quĂ«lle y sera tranquille, etc. Dans le secohdj il s’agit d’un pays quĂ«n ne connaĂźt point encore; qĂč’on cherche, dé sirant s’y plairĂ©, y ĂȘtre tranquille, etc. D’aprĂšs les exeihjrtes citĂ©s, qĂŒâ€™il nĂŽus eut Ă©tĂ© facĂœĂ© de iiiultiplier et d’ñppĂŒĂżĂ©r de faits incontestables, il est Ă©vident qĂŒil ne faut ni s’arrĂȘter au matĂ©riel des mots, ni Ă  la forme de la proposition primordiale, pour faire usage de l’affirmalif ou du subjĂ«netif ; le sens qĂŒon veut exprimer doit seul dĂ©terminer lĂ«mploi dĂš l’un ou de l’autre mode. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. J'Ă©pouserai une femme gui mĂš plĂ ieĂ©i J'irai dans une retraite oĂč je sois tranquillĂš. j|Ă©pouj>erĂąi une femme gui me plaira. J'irai dans une retraite ou je serai tranquille. N° DLXXXIV. Tout... que, suivi du subjonctif ou de L’iNDlCAtlF, SUBJONCTIF. LeĂą Ă©vĂȘques, tout successeurs dĂ©s apĂŽtres Qu’ils jotĂ«nf, semblent moins l’ĂȘtre que les missionnaires. (Arnault.) i’otit Ă utĂ©tif que je sois, je nĂ© suis pas jaloux QuĂš tiion travail lui soit utile. (Bkgnard.) Nous autres dieux, nous ne salirions mal faire. TĂŽ'ĂŒt ĂąiĂ«ui que Vous soyez, je soutiens le contraire. {Id.) Toute dĂ©gradĂ©e qĂŒe nous paraisse sa nature (de l’Esquimaux), on reconnait, soit en lui, soit dans les arts qĂŒil pratiquĂ©, quelque chose qui dĂ©cĂšle çn- cĂŽi'Ăš lĂą dignitĂ© de l’homme. (ChĂątĂšaubĂŒiand.) Tout mĂ©fiants que soient les Arabes dariĂą leurs relations domestiques, ils ont entre eux pour lĂš commerce une confiance absolue. (BibliothĂšque des Voyages.) Tout intĂ©ressante qĂŒe soit cette question; elle demeure presque insoluble d’aprĂšs les donnĂ©es communes- (Chateaubriand.) indicatif- QuĂ©lquefois un bruit sourd annoncĂ© un grand orage; Tout aveugle quâ€™ĂŒ esf, le peuple le prĂ©sage. (VotTAlRE.) Le TĂ©lĂ©maque, tout admirable Qu'il es/, n’a pas pu obtenir parmi nous le titre de poĂšme. (De lĂ  LbzERNÈ.) Tout inconstant qd’Ü esf, chevalier, entre noĂŒs, Je l’avouerai, j’aime encor mon Ă©poux. (Imbert.) Tout cassĂ© que je suis, je cours toute la ville. (Corneille.) Tout mort Qt’il esf ; ThĂ©sĂ©e est prĂ©sent Ă  vos yeux- (Racine.) ' Tout terrible Qu’il esf, j'ai l’art de l’affaiblir. . (Voltaire.) Tout infaillibles Qt’ils Sont, les gĂ©omĂštres eux- mĂȘmes sĂš trompent soĂŒYĂšht, (Pascal.) Les hommes, tout ingrats Qu’ils sohf, s’intĂ©resÂŹ sent toujours Ă  une femme tendre, ĂąbĂ ndonn'Ă©c pĂąf un ingrat. (VĂŽltairĂš.) Tout dĂ©crĂ©pit que vous ĂȘtes, bĂŒ ne difĂą pĂ s que vous ĂȘtes vieux comme un chemin. {Id.) L’éniploi du subjonctif Ăą pris ĂŒn grand dĂ©veloppement. Depuis quinze Ă  vingt ans, on en fait usage aprĂšs le mot tout, de mĂȘme qĂŒaprĂšs quelque. G’est une de ces nuances dĂ©licates qui s’effacent peu Ă  peu de notre langue. Doit-on la regretter? Il n’y a point de grammaires Ă©ternelles; il faut changer avec le temps et se soumettre Ă  lâ€™ĂŒsagĂš. Qu’y peut-on faire? On dit aujourd’hui : tout habile qu'il est et tout habile quil soit. Tel est lĂ«tat actuel de la langue. On peut employer l’un ou l’autre mode, et mĂȘme, dans le style oratoire, le subjonctif sĂ«ffre le plus souvent. Celui qui dit : Tout habile que vous ĂȘtes, est convaincu que vous ĂȘtes habile, et il exÂŹ prime son jugement par le mode consacrĂ© Ă ' l’affirmation, c’est-Ă -dire par l’indicatif ; mais celui qui dit : Tout habile que vous soyez, ne prĂ©sente pas votre habiletĂ© comme uhe chose positive, une chose qu’il reconnaisse comme Ă©vidente^ et il exprimĂ© son Juge-
. ( 659 ) ' ment par le moiie consacrĂ© au doute > le subjonctif. Cette expression est un abrĂ©gĂ© de ceile-ci : (Bien) que vous soyez habile (de) tout (point) (1). LĂ«mploi du mode aprĂšs tout nĂ«st donc pas une chose indiffĂ©rente. ÉXERCiCE PHRASÉOLOGIQUE. Tout savant qu'il est. Toute spirituelle qu'elle est. Tout incoQstauts qu'ils sont. Tout Savant qu’il soit. Toute spirituelle qu'elle soit. Tout inconstants qu’ils soient. N» dLXXXY. Jusqu Ă  ce que, SĂŒivi dd subjonctif oĂŒ de l'indicatif. SUBJONCTIF. Le sceptre ne sortira point de Juda jusqu’à ce que vienne celui qui doit ĂȘtre envoyĂ©. (Bossuet.) Des fosses profondes oĂč Ton prĂ©cipite chaque jour les femmes, lĂ«s enfants, les vieillards,jusgĂŒti ce gwĂ«lles soient remplies, (Bern. de Saint-Pierre.) INDICATIF. Lucaio fut d'abord ami dĂ© NĂ©ron, jusqu'Ă  ce gĂŒil eut la noble imprudence de disputer contre lui le prix de poĂ©sie. (Voltaire.) Ces trois grands hommes commencĂšrent Ă  meurer dans la terre de Chanaan ; mais comme des Ă©trangers, ji^qu’à ce que la faim attira Jacob en' Egypte. (BossuĂšx.) Existe-t-il une dĂ©pendance entre le verbe qui suit jwsgM'Ă  ce que? L’action exprimĂ©e par le second verbe est-elle le but auquel tend volontairement ou nĂ©cessairement le sujet ? employez le subjonctif. Cette action est-elle fortuite, imprĂ©vue, indĂ©pendante du premier verbe? employez l'indicatif. Voici d'autres exemples avec ce dernier mode : On ne voit plus que carnage; le sang enivre,le soldat, jusqu’à ce que ce grand prince calma les courages Ă©mus. (Bossuet.) Les Juifs osĂšrent s'y dĂ©fepdre contre l'armĂ©e de Titus, jusqu’à ce qu’un soldat romain ayant jetĂ© une solive enflammĂ©e, tout prit feu Ă  rinstant. (Voltaire.) Binet a dit, avec le prĂ©sent : On voit qĂŒil venait joindre ce guerrier et qu’il l’accompagne jusqu'a ce qu'il pĂ©rit en combattant. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Accompagnez>le jusqu'Ă  ce soit hors de la ville. Je fus sou ami jusqu’à ce que je m’aperçus qu’il disait du mal de moi. INFINITIF. N“ DLXXXYI. INFINITIF EMPLOYÉ COMME SĂŒJET ET GOMME COMPLÉMENT. sujet. JTaĂŻr est un tourment. (DĂ© SĂ©gur.) Ă imer est un besoin de l’ñme. ’ [Id.) COMPLEMENT. On ne. lui donne pas le loisir d'acĂąeuer. (T. Corneille.) L'ardeur de vaincre cĂšde Ă  la peur de mourir. (Corneille.) (1) Voyez Tout employĂ© adverbialement, au chapitre des Adjectifs dĂ©terminatifs.
( 660 ) Mourir nĂ«st rien; cĂ«st notre derniĂšre heure. (Sedaine.) Dissimuler nĂ«st pas mon caractĂšre. (Voltaire.) . ‱. Tenir vaut mieux mille fois que d’attendre. (Corneille.)  vaincre sans pĂ©ril on triomphe sans gloire. (Corneille.) Vouloir tromper le ciel, c’est folie Ă  la terre. (La Fontaine.) Je voudrais inspirer l’amour de la retraite. {Id.) Tout infinitif peut s’employer comme sujet (premiĂšre colonne), et figurer comme comÂŹ plĂ©ment d’une prĂ©position (voyez les trois premiers exemples de la deuxiĂšme colonne), ou comme complĂ©ment d’un autre verbe [voyez les deux derniers exemples de la deuxiĂšme . colonne). EXERCICE PHRÂSÈOLOGJQVE. Souffrir n'est rien. BĂŽtir est beau. Promettre est un. Tenir est un autre. Le dĂ©sir de plaire. Cela tend Ă  noos miner. Il voulait me tromper. Pourquoi TOuloir mentirl —N" DLXXXTII. I p INFINITIF EMPLOYÉ SUBSTANTIVEMENT. Ou plutĂŽt que ne puis-je au doux fomfter du jour... (Lamartine.) . La paix nous devenait nĂ©cessaire comme le manÂŹ ger et le dormir. (Voltaire.) Le raisonner tristement s’accrĂ©dite, (/d.) La saintetĂ© n’est chose si commune, Que le jeĂ»ner suffise pour, l’avoir. , (La Fontaine.) Le savoir-faire et l’habiletĂ© ne mĂšnent pas jusÂŹ qu’aux Ă©normes richesses. (La BruyĂšre.) Le voler des oiseaux frugivores nĂ«st pas seuleÂŹ ment destinĂ© Ă  leur faire traverser les airs, mais Ă  les conduire Ă  l’arbre dont ils mangent les fruits. (Bern. de Saint-Pierre.) Enfin, le nager mĂȘme des poissons est coordonnĂ© Ă  leurs aliments. * {Id.) La solitude lui a prĂ©parĂ©7a uiĂ«ra elle couvert. (Chateaubriand.) Xe rire est sans doute l’assaisonnement de l’inÂŹ struction et l’antidote de l’ennui. (LÀ Harpe.) Le long dormir est exclu de ce lieu, (La Fontaine.) En tout il prĂ©fĂ©rait VĂȘtre au paraĂźtre, et par lĂ  il s’attirait la considĂ©ration vĂ©ritable Ă  laquelle il ne s’attendait, pas. ^ (Voltaire.) J’aurai beau protester, mon dire et mes raisons Iront aux Petites-Maisons. (La Fontaine.) Rien nĂ«st encor perdu ; mon secret me demeure. — Pauvre ovot'r que cela I (DorĂąt.) Le marcher des quadrupĂšdes n’est pas seulement coordonnĂ© Ă  la terre, rnais aux herbes qui y croissent. (Bbrn. de Saint-Pjbrbe.) ^ I L’infinitif devient quelquefois un vĂ©ritable substantif, et alors il est susceptible d’ĂȘtre dĂ©terminĂ© et modifiĂ© comme les autres substantifs, . Il y a mĂȘme quelques infinitifs tellement assimilĂ©s aux substantifs, qu’ils s’emploient au pluriel comme au singulier. Tels sont le devoir et les devoirs, le pouvoir et les pouÂŹ voirs, le dire et les dires, le repentir et les repentirs, le souvenir et les souvenirs, Va- venir et les avenirs, le vivre et lĂ©s vivres, le sourire et les sourires. EmployĂ© comme substantif, l’infinitif a l’avantage de reprĂ©senter presque en action ridĂ©e du nom qu’il remplace. Nos anciens auteurs ont fait souvent usage de Tinfinitif de cette maniĂšre. Les modernes n’ont pas craint de les imiter, mais avec plus de rĂ©serve. Ainsi aujourd’hui on ne dirait pas un bon mourir, un triste vivre, etc. En gĂ©nĂ©ral, le gĂ©nie de notre langue rĂ©pugne Ă  cet emploi de Tinfinitif; mais ce sont souvent des dĂ©licatesses rĂ©servĂ©es aux plumes Ă©loÂŹ quentes et exercĂ©es. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Le boire. l<e manger. Lt dormir. Le vivre. Le mentir. La nager. Le marcher. Le jeĂ»nner. La rira. f '
(661) . 1 * DLXXXYIII.c^^- EMPLOI DE l’INFINITIF DE PRÉFÉRENCE A TOÜT AÜTRE MODE. AVEC l'infinitif. L’offre flattait trop un convalescent mal en espĂšces et accoutumĂ© aux bons morceaux pour Ă©fre rejetĂ©e. (Le Sage.) QĂŒon parle bien ou mal du fameux cardinal. Ma prose ni mes vers nĂ«n diront jamais rien : 11 mĂ« fait trop de bien pour en dire du mal; 11 m’a fait trop de mal pour en dire du bien. (Corneille.) Y^os raisons sont trop bonnes d’elles-mĂȘmes, sans Ă©/ra appuyĂ©es de ces secours Ă©trangers. (Racine.) Suis:je un de tes sujets pour me traiter comme eux ? (Voltaire.) La chose est de trop de consĂ©quence pour la traiter sĂ©rieusement. [id.) A ta faible raison garde-toi de te rendre. Dieu t’a fait pour Vaimer, et non pour le comprendre. Ud.) Le blaireau a les jambes trop courtes pour po'Ăčuoir bien courir. (Buffon.) ' Dites au roi, seigneur, de vous Vabandonner. (Racine.) Il croit pouvoir encor cacher sa trahison, (/d.) Je sens ses larmes baigner mon visage, (Marmontel.) Vous pensez tout savoir. (Pieyre.) Tout ce qĂŒelle s’imaginait tenir, lui Ă©chappait tout-Ă -coup. (FĂ©nelon.) Les hommeis croient ĂȘtre libres quand ils ne sont gouvernĂ©s que par les lois. (Massillon.) . Vos raisons sont trop bonnes d’elles-mĂȘmes, sans que vous les appuyiez de ces secours Ă©trangers. Suis-je un de les sujets, pour que ĂŻu me traites comme eux? La chose est de trop de consĂ©quence pour qĂ»on la traite sĂ©rieusement. > Dieu t’a fait pour que tu Vaimes et non pour que tu le comprennes. t Le blaireau a les jambes trop courtes pour qĂ»il puisse bien courir. Dites au roi, seigneur, gĂŒtZ vous Vabandonne. Il croit gĂŒil peut encore cacher sa trahison. Je sens que ses larmes baignent rpon visage. Vous pensez que vous savez tout. Tout ce quĂ«lle s’imaginait qĂŒelle tenait lui Ă©chapÂŹ pait tout-Ă -coup. Les hommes croient qûïls sont libres quand ils ne sont gouvernĂ©s que par les lois. Il est dans le gĂ©nie de notre langue de prĂ©fĂ©rer, quand on peut, l’infinitif Ă  tout autre mode; en effet, il dĂ©barrasse la phrase d'une foule de petits mois dont lĂ«mploi frĂ©quent rend la construction lourde et languissante. VoilĂ  pourquoi l’on dit ; Avez-vous peur de TOMBER?'//"UOU/ mieux ĂȘtre malheureux que criminel; mon fVÙre est certain de rĂ©ussir; je crois AYOIR fait ce que je devais, plutĂŽt que : Avez-vous peur que vous ne tombiez? Il vaut mieux qu'on soit malheureux que criminel; mon frĂšre est certain qu'il rĂ©usÂŹ sira; je crois que j'ai fait tout ce que je devais. avec l'indicatif ou le subjonctif. L’offre flattait trop un convalescent mal en espĂšces et accoutumĂ© aux bons morceaux pour qĂŒelle fĂ»t rejetĂ©e. . .... Il mĂ« fait trop de bien pour que fen dise du mal; il m’a fait trop de mal pour gue j’en dise ,du bien. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. 11 a penr de ee montrer, n craint de venir. Il croit avoir tont dĂźt. Elle est sĂ»re de rĂ©ussir. N’ DLXXXIX. «Ê»- PLUSIEURS INFINITIFS DE SUITE. CroĂźt-il le pottuoZr rompre?' (Th. Corneille.) 11 crut pouvoir saisir la couronne. (Corneille.) Vous avez cru devoir en user autrement. (Th. Corneille.) Je croyais ne devoir prendre pour rĂšgle que l’Écriture et la tradition. (Pascal.)
( 662 ) Une mĂšre pour vous croit devoir me prier. (BĂŒycinb.) Ma tendre amitiĂ© ne vous est pas suspecte, et je p’ai que trop acqpis 4e lumiĂšres pour faire Ă©couter (j.-J. RoĂŒssbatt.) mes avis. Nous crĂ»mes voir revenir le temps des ipiracles, (Bossupy.) Vous avez tort, mon ami, car vous n’ignorez pas combien vous m/ĂȘtes cher; mais vous aimez Ă ypu? le faire redire. (J.-J. Rousseau0 Il faut Ă©viter dĂ«mployer plus de trois infinitifs de suite, complĂ©ments Tun de Tautre, comme dans : Il ne faut pas croire pouvoir le faire sortir. Je pense pouvoir aller le VOIR, ne choque Toreille que par la consonriançe en otr ; car on dirait bien : Je crois POUVOIR ALLER le CHERCHER. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il croit pouvoir uou« faire sortir. Elle croit pouvoir nous faire rougir. Ils s'imaginent pouvoir nons faire boute. Il pense pouvoir aller se promener aujourd'hni. N“ DXC. h'iNflRlTlF RApPORy SOIT AVEC LE SUJET DE LA PROPOSITION, SOIT AVEC LE COMPLÉMENT. EMPLOI CORRECT. Eh quoi l m’attendiez-vous Ă  cette extrĂ©mitĂ© Pour m'oser librement dire la vĂ©ritĂ©? (Destouches.) Le ciel, pour les pwntr, voulut les exaucer. (Voltaire.) ..... Et pour Ă©freapprouvĂ©s, De serqhlables.projets veiijent ĂȘtre acbeyéç. ' ' " (Racine.) EMPLOI Qu’ai-je fait pour venir accabler en ces lieux ĂŒn hĂ©ros sur qui seul j’ai pu tourner les yeux ? (Racine.) QĂŒai-je fait pour uenfr troubler mon repos? (CitĂ© par Boniface.) La vie de PĂ©pin ne fut pas assez longqe pour mettre la derniĂšre main Ă  ses projets. {(d.) Nous avons dit, dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, que Tinfinitif est prĂ©fĂ©rable Ă  tout autre mode ; mais cet emploi ne doit pas se faire aux dĂ©pens de la clartĂ©. Ainsi Ton ne dit pas ; Qii ai-je fait po\ir venir troubler mon repos? ni c'est pour ĂȘtre utile Ă  Hs parents que je t'ai instruit. La premiĂšre phrase est louche, et la> seconde Ă©quivoque. Il faut dire : Qu'ai-je fait pour que vous veniez’/rowJZer mon repos? C'est pour que tu sois y^tUe Ă  tes parents que je Vai instruit. NĂ©anmoins, s’il n’y a dans la phrase aucune ambiguitĂ©, si la pensĂ©e est claire, et que l’on nĂ© puisse se mĂ©prendre sur le vĂ©ritable rapport de Tinfinitif, ce mode peut ĂȘtre employĂ©, quoiqu’il ne se rapporte point au sujet de la proposition principale. CĂ«st donc Ă  tort, selon qou^, que Lpmare regarde comme incorrects les passages suivants, qui, bien que contraires Ă  la rĂšgle, se font trĂšs-aisĂ©ment comprendre et n’ont rien d’équivoque : Les moments sont trop chers pour les perdre en pa- (Racine.) [rĂŽles. Sans tĂ«n avoir rien dit, toutes choses sont prĂ©- parĂ©e.s pour satisfaire mon amour,' (MoliĂšre.) 'Toutes les conventions se passaient avec solennitĂ© pour les rendre plus inviolabĂźes. (J.-J. Rousseau.) Tout, sans faire d’apprĂȘts, s’y prĂ©pare aisĂ©ment. (Boileau.) Pour Ă©viter les surprises, les affaires Ă©taient traiÂŹ tĂ©es par Ă©crit dans cette assemblĂ©e. (Bossuet.) Pour mieux cacher ton jeu, N’est-il pĂ s Ă  propos que je te rosse un peu? (AndrieĂŒx.) Cet emploi de Tinfinitif est trĂšs-frĂ©quent, non seulement dans le.s Ă©crivains du siĂšcle dĂš Louis XIV, mais encore dans ceux des siĂšcles suivants, et surtout ceux de nos jours. Ce serait pousser un peu trpp.loin le purisme quĂ© de le regarder commeunp faute. t * V EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Pour devenir savant, il faut etndier. Pour me tirer des pleurs, il faut que vons pleorĂźcx.
( 663 ) ^ k CONCORDANCE DES TEMPS ET DES MODES DES VERBES. CONCORDANCE DES TEMPS DE lTNDICATIF. Tandis que nous parlons, la mort est en ces lieux. (Voltaire.) Vous serez mon ami quand vous me quitterez. (MoliĂšre.) AussitĂŽt qu'il eut portĂ© de rang en rang Tardeur dont il Ă©tait animĂ©, on le vit presque en mĂȘme temps pousser Taile droite des ennemis. (Bossuet.) Pendant qu'ils Ă©taient aux Thermopyles, un Tra- chinien leur disait que le nombre de leurs traits suffirait pour obscurcir le soleil. (BarthĂ©lĂ©my.) Quand TĂąge leur eut donnĂ© Tinstinct de chercher eux-mĂȘmes leur proie, cette famille se dispersa dans les bois. (Raynal.) Lorsqu’il Ă©tait laquais, ĂŒ n’était pas si sage. (Quinault.) Quand ce corps o quittĂ© son armĂ©e, ç’a encore dM une dĂ©solation!, (M“« de SĂ©vignĂ©.) Pendant qu'avec un air assurĂ© il s’avance pour recevoir da parole de ces braves gens, ceux-çi, tour jours en garde, craignent la ^urpri»e de quelque nouvelle attaque, (Bossuet!) Quand j’avais tuĂ© quelque oiseau pour ma nourÂŹ riture, il fallait que je me traĂźnasse contre terre, avec douleur; pour aller ramasser ma proie. (FĂ©^lon.) Je ne serais p»§ venu Ă  bout d’acheyer, quand j’aurais travaillĂ© toute la journĂ©e. (AcadĂ©mĂŻb.) Il y a dans les temps des verbes un rapport de dĂ©termination qu'il p'est pas permis d’ignorer. Ce rapport, ou cette correspondance, est souvent fondĂ©e sur l'p^age, qui, lui seul, Ă©tablit toutes les rĂšgles. C’est .le temps du verbe pripcipal qui prescrit au second verbe le teinps qĂŒil jjpit prendre; et la correspondance dans les verbes ne peut avoir lieu que dans la pj?fase composĂ©e, oĂč,plusieurs verbes dĂ©pendent les uns des autres. La concordance des teinps de rindicĂątif entre eux n’qffre aucune difficultĂ©; elle est enseignĂ©e par l’usage. Voici nĂ©anmoins le tableau de» principaux rappopts des temps de l’indicatif et du conditionnel. * CONCORDANCE DES TEMPS DE L’INDICATIF ET DU CONDITIONNEE. Je LIS quand vous lisez. quand vous avez lu. Je I quand tous Ă©ceiyiez. ] quand vous ÉcrivĂźtes. LISAIS < ^ , I quand vous avez \ ÉCRIT. Je LUS iquand vous le voulĂ»tes. quand j'sus nni db ^ JOUEE. Quand J'eus lu AprĂšs que J’eus ĂŻ on LU ) commença DĂšs que J’eus lu /quand vous entriez. 1 quand vons entrĂątes. V A |q“3nd vous ÊTES entrĂ©. ** / quand vous fĂ»tes en- TRÉ. que vous d’étiez pas enÂŹ core ENTRÉ. Je URAI 'si vons le DÉSIREZ. Isi vous AVEZ FINI votre ouvrage, quand vons voudrez. quand vous rAOREs dit. aussitĂŽt qne vous Tavez VOULU. J’ai LU Ă© ^0ŸŸ ÉCRIÂŹ VIEZ. ' aprĂšs que vous AVBZ eu DÎNÉ. {quand vous^sbriez rem* TRÉ. si TOUS le voĂŒUEz. si vous aviez fini. Padrais ( pendant que vqqs au. 7 RIEZ ÉCRIT. LU J ‱ Mk f SI tu I'ata» toĂŒlu. CONCORDANCE DES VERBES LIÉS PAB f,A CONJOÏICTION que. ique vous ĂȘtes farti ce matin, que TOUS Étiez farti hier avant moi. que TOUS partiriez aujourd'hui, si, etc. qne vous seriez parti hier, si, etc. que TOUS fussiez parti plus tĂŽt, si^etc. /que vous partez aujourd’hui pour Paris Ique vous PARTiEEz demain. On m’ASSURE/que TOUS SEREZ* parti, si, etc. j que TOUS partiez hier, si, etc. f que TOUS partĂźtes hier.
( 66» ) N* DXCII. CONCORDANCE DES TEMPS DĂŒ SUBJONCTIF AVEC CEUX DE L’INDICATIF, Il veut que je le serve. (Racine.) Je voudrais que les philosophes voulussent bien nous dire pourquoi tant de cailloux, de pierres et de rochers, sont rompus, et par Ă©clats, dans presque toutes les parties du monde. (Bern. de Saint-Pierre.) Vous avez bien vou/m que je vous fisse attendre? (MoliĂšre.) Qoand ils eurent goĂ»tĂ© la douceur de la victoire, ‱ils voulurent que tout leur cĂ©dĂąt. (BossĂŒet.) Il est aisĂ© de voir que le second verbe se met au prĂ©sent ou au passĂ© , selon que le premier verbe exprimĂ© Tune ou Tautre de ces deux Ă©poques. Pour faire mieux saisir les divers rapports de concordance qui existent entre les temps du subjonctif et ceux de Tindicatif, nous allons les rĂ©unir dans le tableau suivant : CONCORDANCE DES TEMPS DU SÜBJONCTIF. Je veux Jo voudKĂŒi Quaud yaurai voulu que ta viennes. le voulait \ Je voulus, Tai voulu I ) que tu vinsses. 3*avais voulu Je vouilĂȘait 5'aurais voulu Je veux J'ai voulu Je.voudrai Quand j*aurai voulu que tu aies Ă©crit. Je voulais \ Je vĂčultu, jfni voulu | quo tu eusses Ă©crit. Quand j'eus voulu \ J'avais voulu f Je voudrais I que tu Justes venu. J'aurais voulu J Nous ne pouvons nous empĂȘcher de faire ici une observation. H faut bien se garder de croire que Ton doive toujours, et dans tous les cas, suivre les rĂšgles de concordance Ă©taÂŹ blies dans ce tableau : quĂ«n sente bien ce quĂ«n veut exprimer, si cĂ«st un prĂ©sent, un passĂ© ou un futur, simples ou modifiĂ©s par les idĂ©es accessoires de simultanĂ©itĂ©, d’anté rioritĂ©,,de postĂ©rioritĂ© ou de condition, et Ton trouvera sans peine la forme verbale desÂŹ tinĂ©e Ă  peindre chacune de ces idĂ©es. Les numĂ©ros suivants feront sentir toute l’importance de cette observation. N“ DXCIII EMPLOI DE je fusse AVRtS UN PRÉSENT OU UN FÜTÜR, KT DE jĂš SOis APRÈS UN PASSÉ OU UN CONDITIONNEL Je fasse. - Je ne crois pas que vous me jugeassiez sans m’enÂŹ tendre, et que vous me jugeassiez si sĂ©vĂšrement. (J.-J. Rousseau.) Je dowfe mĂŽme que le sieur Pissot poussĂąt l’imÂŹ pudence jusqu’à rĂ©clamer quelques droits sur les Ă©crits que j’ai eu la bĂȘtise de lui laisser imprimer. (Id.) Quoique je ne pense pas trop bien de nos mƓurs actuelles, je ne les crois pas encore assez mauvaises pour qu’elles gagnassent de remonter Ă  l’amour. (Id.) L’on ne voit aucun intĂ©rĂȘt sensible qui dĂ»t le porter Ă  faire ce qĂŒil fit. [Id.) Je sois. Vous avez exigĂ© qu’aux yeux de votre cour Ce grand Ă©vĂ©nement se cache encore un jour. (Voltaire.) J’aimerafs autant qĂŒon nous dĂ©fendit de boire, dans la crainte que quelqu’un ne.sĂ«ntvre. [Id.) Dieu a voulu que lĂ©s vĂ©ritĂ©s divines entrent du cƓur dans l’esprit, et non de l’esprit dans ic cƓur. (Pascal.) Et si nous ĂŒĂ©tĂźoms seuls, malgrĂ© ee que je voi, Je ne croirais jamais que Ton s'adresse Ă  moĂź. (CrĂ©billon.)
( 665 ) Je iioute qĂŒon osĂąt mettre Aristote et PtolĂ©mĂ«c en comparaison avec le chevalier Newton etM. Cas- sini. (J.-J. Rousseau:) Supposons qu'il expliquĂąt aprĂšs cela son systĂšme, ei proposĂąt son moyen prĂ©tendu. [Id.) Il n'est espoir de bien, ni raison, ni maxime, QuijjĂčĂŻ en la faveur m’arracher une rime. . (Boileau.) il y a plus de quarante ans qĂče je dis de la prose sans que jĂ«n sitsse rlĂšn. (MoliĂšre.) Crois-fw que je ne susse pas Ă  fond tous les senÂŹ timents de mon pĂšre? {Id,) Ce n’est pas qu’on disputĂąt rien aux rois, ou que personne eĂ»t droit de les contraindre. (Bossuet.) Ce n’est pas que J’eusse mieux fait que vous. (M“¼ DE SÉVIGNÉ.) On craint qu’il nĂ«ssugdf les larmes de sa mĂšre.. (Racine.) Vous avez beaucoup de grĂąces Ă  rendre Ă  Dieu de ce qu’il a permis qĂŒil ne vous sotf arrivĂ© aucun accident. (Racine.) Les Romains de ce siĂšcle n'ont pas eu un seul poĂšte qui vaille la peine d’ĂȘtre citĂ©. (Boileau.) Quelle raison Ă urait-on de vouloir que cette ex- ' pression sort malhonnĂȘte? ' (Id.) Depuis deux ans entiers qu’a~t~il dit, qu’a-t~il fait. Qui neprometle Ă  Ruine un empereur parfait? (Racine.) Allez dire Ă  ce vieillard : Pour qui plantez-vous? 11 vous rĂ©pondra : Pour les dieux immortels, qui ont voulu que je profite du travail de ceux qui m’ont prĂ©cĂ©dĂ©, el que ceux qui me suivront profitent du mien. (D’OlĂŻvkt.) L’empereur a cornmandĂ© qu'il meure. (Racine.) Je ne fis rien qui vaille. (J.-J, Rousseau.) QuĂ«n corrige ces passages sur les rĂšgles de nos grammaires, dit Lemare, voilĂ  autant de contre-sens que de phrases. ' . On craint qu'il n'essĂŒie les larmes de sa' mĂšre, changerait TidĂ©e d'Andromaque, et signifierait : Il essuiera les larmes de sa mĂšre, et on Ăźe craint. Mais la veuve d'Hector est bien loin dĂ«spĂ©rer un tel bonheur. On craint quĂŒ n'essuyĂąt, h\i penser Ă  la condiÂŹ tion tacite quĂ«lle y met. On craint qu'il n'essuyĂąt les larmes de sa mĂšre, si ĂŽn le Ăźui laissait, \ , i Depuis deux ans entiers, qĂŒ a-t-il dit, qu’a-t-il fait, Qui ne promĂźt Ă  Rome un empereur parfait? t * # eĂ»t aussi tout changĂ©, et nëût pu sĂ«ntendre de Titus qui doit rĂ©gner, et qui, en effet, rĂ©gnera. Ainsi Ton ne peut rĂ©gler le choix du temps du subjonctif sur le verbe qui prĂ©cĂšde. CĂ«st donc en vain quĂ«n se fatigue Ă  multiplier les recettes, elles sont toutes en dĂ©faut. CĂ«st Ă  TidĂ©e qu'il faut s'attacher. La mĂȘme phrase prĂ©sente quelquefois des temps diffĂ©rents sous la mĂȘme dĂ©pendance ; c'est que chacun de ces temps, comme nous Tavons dĂ©jĂ  remarquĂ©, est Texpression d'une idĂ©e particuliĂšre : Soit que Julie eĂ»t Ă©tudiĂ© la langue et qĂŒelle la parlĂąt par principes, soit que l’usage supplĂ©e Ă  la connaissance des rĂšgles, elle me semblait s’exprimer correctement. ' (J.-J. Rousseau.) L’affaire fut rĂ©solue par les suffrages d’une comÂŹ pagnie composĂ©e de trois cents hommes. Qui croirait que le secret eĂ»t Ă©tĂ© gardĂ©, et qĂŒon u’ait jamais rien su de la dĂ©libĂ©ration que quatre ans aprĂšs ? (Bossuet.) BalĂ©azar,est aimĂ© des peuples; i7 n’ÿ a aucune famille qui ne lui donnĂąt tout ce qĂŒelle a de biens! s’il se trouvait dans une pressante nĂ©cessitĂ©; t7 n’y a aucun de ses sujets qui ne craigne de le perdre, et qui ne hasardĂąt sa propre vie pour conserver celle d’un si bon roi. (FĂ©nelon.) Ces exemples, ainsi que la plupart des prĂ©cĂ©dents, suffisent pour prouver que les rĂšgles sur la correspondance des temps, qu'on s’obstine Ă  Ă©tablir dans la plupart des grammaires, loin d’ĂȘtre utiles, peuvent occasionner de graves erreurs, en mettant en conÂŹ tradiction Texpression avec la pensĂ©e. C'est sans doute Ă  ces rĂšgles erronĂ©es que nous autres, pauvres grammairiens, nous devons la qualification Ă 'enfileurs de mots. 84
, ( 666 ) EXERCICE PBEASÉOLOGIQUE. CroU-t* qae Je ne le snsse pas? Diea a voulu que nons,soyons mortels*.. Ce n'est pas que je voulusse. JouĂ© vois rien lit qui dĂ»t le porter Ă  cette extrĂ©mitĂ©. On craint qn'il ne se tnat. Supposons qu'il Vint. —DXCIV. s ESfPIOI DD PRÉSENT OD DE L’IMPARFAIT DD SDMONCTIF APRÈS DN PASSÉ OD DN CONDITIONNEE. Qu’on puisse. CĂ©tait lĂ  une des plus belles fĂȘtes que l'onptifsse voir. ' (M“’* de SĂ©vignĂ©.) Je n’ai pu encore aller Ă  Liyry, quelque envie que j’en aie. {Td.) Je la laissai seule dĂ©cider la plus grande affaire que je puisse avoir de ma vie. Qu’on pĂ»t. CĂ©tait la plus belle dĂ©coration qĂŒon pĂ»t imaÂŹ giner. (M“« de SĂ©vignĂ©.) Je n’ai pu encore aller Ă  Livry, quelque envie que j’en eusse. Je la laissai seule dĂ©cider la plus grande affaire que je pusse avoir de ma vie. ' (Montesquieu.) r Ici est encore en dĂ©faut la rĂšgle des grammairiens qui veut qĂŒaprĂšs un passĂ© ou un conditionnel on mette Timparfait du subjonctif. M"?Âź de SĂ©vignĂ© , en disant : C'Ă©tait lĂ  une des plus belles fĂȘtes que Von puisse voir, veut faire entendre qu'oN peut voir des fĂȘtes, et que c'Ă©tait lĂ  une des plus belles. Son intention est dĂ«xprimer un prĂ©sent ; elle a voulu , au contraire , exprimer un passĂ© lorsquĂ«lle a dit : C'Ă©tait la plus belle dĂ©coration qu'on pĂ»t imaginer ; ce qui peut se traduire par : On pouvait voir des dĂ©corations, et c'Ă©tait lĂ  la plus belle. Traduisez de mĂȘme : Je h ai pu encore aller Ă  Livry, quelqye envie quç j'en aie, par je n'ai pu aller Ă  Livry, et cependant j*en ai grande envie; et je n'ai pu encore aller Ă  Livry , quelque envie que fen eusse , par je n'ai pu aller Ă  Livry , et cependant j'en avais grande envie. CĂ«st Ă  TidĂ©e seule qĂŒon veut exprimer, rĂ©pĂ©terons-nous en terminant, qu’il faut s’atÂŹ tacher, et non Ă  la forme du verbe de la proposition primordiale : les paots, ainsi que lĂš dit trĂšs-bien Boniface, ne sĂ«nfilent point comme les perles. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ^ . * * C'Ă©tait le plus joli ^ . Je n’ai pn encore lo voir, quelque envie que j‘en eaew. CĂ©tait le plus joli garçon qn'on paisse voir. C'Ă©tait le plus joli garçon qu'on pĂ»t voir. Je n’al pu encore le voir, quelque envie que j'cn «ie.
( 667 ) CHAPITRE VI. DES PARTICIPES. B DXCV. t NATÜRE DU-PARTICIPE, — SA DÉFINITION. PARTICIPE PRÉSENT. Une horrible maigreur creuse leurs flancs avides, Qui toujours s’emp/tesqnldemeuteirt toujours vides. (pELILLÈd Des bataillons armĂ©s combattant dans les nues. ' (Voltaire.) Poignards Ă  double lapqe et frappant en deux seq». : " Ud.) Toutes sont donc de mĂȘme trempe. Mais agissant diversement. (La Fontaine.) QĂŒon ne vous trouve point tous deux par/anĂŻ en- (MoliĂšbe.) . [semble. Les Maures descendant de leurs montagnes parÂŹ couraient et pillaient l’Afrique, (De SĂ©gur.)". Us te prodigueront des vins dĂ©licieux, Des vins 6r»//anĂŻ dans Vor et versĂ©s par les dieux. (DĂ©lillb.) participe PASSÉ. Plusieurs personnes ont Ă©crit en prose sur les jardins. (Pblillb.) ... Les orages Ont CESSÉ de gronder sur ces heureux rivages. (Voltaire.) La jqstice a descendĂźt en ço liqu. (AcapĂ©^ie.) / Nos imprudents aĂŻeux n’ont vaincu que ppur luj. (Voltaire.) VoilĂ  quĂ«lle a fini, l’ouvragĂ© aux yeux sĂ«xpose, (MoliĂšre.) Les Français Maient ouvert une retraite gloÂŹ rieuse par iĂ  bataille de Fornoue, (Voltaire.) Il crut avoir vu des miracles, et mĂȘme en avoir FAIT. (Jd-j Les participes, telle est la partie importante du discours qui va nous occuper; les parÂŹ ticipes, TĂ©pouvantail des enfants, la ressource consolante de Vignorant pĂ©dadogue, le sujet des mĂ©ditations du vrai grammairien I CepĂ©ndant, comme Ta remarquĂ© M. LĂ©vi, Ă  qui nous empruntons ces rĂ©flexions, aucun point de notre, grammaire n'a Ă©tĂ© traitĂ© avec plus de dĂ©tails; des volumes entiers ont Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  l’examen des diffĂ©rents systĂšmes sur ce qu'on est convenu d'appeler lepartecipÉüprton/ et le participe passĂ©. Les ouvrages de Lemare, de Bescher et de tant d’autres, quoique lumineux et remplis de faits, einpĂȘ- chent-i'ls les professeurs timides ou ignorants de se courber devant Tidole de la routine? Nonl Quelques grammairiens Ă©tablissent des rĂšgles que dĂ«utres combattent et rejettent avec dĂ©dain ; coux-ci admettent des exceptions que ceux-lĂ  condamnent et proscrivent ; les doutes de quelques-uns se changent par d'autres en dĂ©cisions ; enfin chaque professeur veut avoir un systĂšme Ă  part. On rougirait d’écrire ou de penser comme son collĂšgue ; et s'il arrive qĂŒon ait fait imprimer une opinion erronĂ©e, on n'avoue sa faute que in petto, et Ton meurt, comme le dit Domergue, dans TimpĂ©nitence finale ! Mais d'oĂč vierit que nos grammatistes ne dirigent'pas leurs attaques vers la thĂ©orie compliquĂ©e, difficile et Dportante de la prĂ©position ; vers lĂ«mploi, souvent embarrassant, du subjonctif; vers la nature encore mal connue du verbe? C'est qĂŒil faut, mĂȘme pour exprimer ses doutes, de la capacitĂ©, des connaissances, et, plus que tout cela, le dĂ©sir et la volontĂ© de s’éclaiÂŹ rer ; et la plupart de nos maĂźtres ne sont pas assez instruits pour savoir qu'ils ne savent rien... Ce qĂŒils savent, c'est qu’il existe dans la langue française un petit mot appelĂ© pgr- ticipe sur lequel les meilleurs grammairiens ue s’accordent pas ; vite, ils s’en empareilt
o ( CC8 ) Te] savant a cru devoir se faire un systĂšme : ils sĂ«n crĂ©ent un aussi ; la question Ă©tait embrouillĂ©e : ils la compliquent davantage ; aux exceptions que prĂ©sente une rĂšgle, ils ajoutent d’autres exceptions; ils ont enfin leur traitĂ© des participes! Etles voilĂ , censuÂŹ rant avec orgueil ceux qui ne pensent pas comme eux, frayant une route nouvelle Ă  leurs Ă©lĂšves, qui, tout fiers d’ĂȘtre les seuls Ă  Ă©crire tel ou tel participe de telle ou telle maniĂšre, bondissent de joie sur ies bancs de la classe des participes; car, vous le savez, les jeunes demoiselles s’écrient : Nous sommes en participes ! avec le mĂȘme enthousiasme que nos collĂ©giens disent : Nous sommes en philosophie ! VoilĂ  comment nos Ă©ternelles discusÂŹ sions rĂ©pandent dans l’esprit des Ă©lĂšves l’incertitude et Terreur. Vingt professeurs, vingt systĂšmes. Serait-il donc impossible de fondre toutes les opinions sur les participes et d’en former un corps de doctrines sĂ»res et invariables qui fĂ»t Texpression de la majoritĂ© des grammairiens, et servĂźt dĂšs lors de guide et de rĂ©gulateur suprĂȘme? Sans aspirer Ă  un tel succĂšs, nous nous contenterons de dĂ©velopper cette matiĂšre im-. portante avec le plus de clartĂ© possible, afin de la mettre Ă  la portĂ©e de tous les esprits. Disons d’abord un mot de la nature du participe. Le participe est ainsi nommĂ©, en ce qu’il semble participer de deux natures : de celle du verbe et de celle de Tadjectif. Invariable sous le premier rapport, et, sous le second, prenant, comme tout autre adjectif, Taccord du nom ou pronom dont il modifie Tac- ception. La seule difficultĂ© est de savoir distinguer si le mot dont on cherche la valeur a la nature du verbe ou celle de Tadjectif. Quand il a la qualitĂ© de verbe, on le nomĂŻhe participe, non que Ton veuillç entendre que sa nature alors soit indĂ©cise, et qu’il participe d’aucune autre ; mais ce mot participe Ă©tant consacrĂ© par Tusage, nous Tadoptons, sans trop d’égard pour sa signification. Lorsqu’il a celle d’adjectif, comme susceptible d’une Ă©tude particuliĂšre, nous le tirons de la classe gĂ©nĂ©rale, et nous le dĂ©signons sous le titre d'adjectif verbal, adjectif ayant cerÂŹ taine analogie avec le verbe. On distingue deux sortes de participes, que les uns indiquent sous le nom de participe prĂ©sent, participe passĂ©; connus, suivant d’autres, sous celui de participe actif, participe passif. Il ne nous serait pas difficile de dĂ©montrer que ni Tune ni Tautre do ces dĂ©nomiÂŹ nations n’est exacte; mais, sans donner trop d’importance aux mots, nous emploierons la premiĂšre comme la plus usitĂ©e. Le participe prĂ©sent ajoute au mot dont il modifie l’acception, TidĂ©e d’une action faite par ce mot; ĂŒ est terminĂ© en an/, et est toujoursinvariable.il est nommĂ© pr^scn/, parce qĂŒil marque toujours un temps prĂ©sent par rapport Ă  une autre Ă©poque : aimant la poĂ©sie, je lis, je lus,/ lirai Racine et Boileau. Le participe passĂ© ajoute au mot qĂŒil qualifie TidĂ©e d’une action reçue par ce mot; il a sa terminaison : , . 1Âź En Ă©, comme aimĂ©, alarmĂ©, Ă©tĂ©, nĂ©, etc. 2° En i, comme fini, bruni, noirci, refroidi, etc. 3Âź En u, comme couru, vu, lu, reçu, etc. 4Âź En aint, comme plaint, craint, contraint, etc. SÂź En eint, comme peint, feint, ceint, astreint, Ăštc. 6Âź En is, comme surpris, compris, repris, pris, sursis, elc 7Âź En it, comme Ă©crit, inscrit, dĂ©crit, prescrit, etc. 8Âź En ait, comme fait, contrefait, extrait, etc. . 9 * En m, comme reclus, inclus, etc.' 10Âź En os, comme clos, Ă©clos, enclos, etc. 11Âź En ous, comme rĂ©sous, absous, etc. 12* En ort, comme mort, etc.
( 669 ) ‱' 13Âź En cri, comma ouvert, couvert, dĂ©couvert, etc. 14Âź En oint, comine joint, rejoint, etc. 15Âź En eu, comme ew dans/ai ew. *' Les participes passĂ©s joints au verbe avoir servent Ă  former les temps composĂ©s, ei cĂ«st sans doute ce qui leur a valu le nomade participes passĂ©s, car les temps composĂ©s sont des temps passĂ©s (1). Nous traiterons d'abord du participe prĂ©sent. DU PARTICIPE PRÉSENT. N“ DXCVI. ORTHOGRAPHE PRIMITIVE DU PARTICIPE PRÉSENT JUSQUE VERS LE MILIEU DU DIX-HÜITIÈME SIÈCLE. Ces enfants bienheureux, crĂ©atures parfaites, Ayants Dieu dans le cƓur, ue le peuvent louer. (Malherbe.) Estantes illec les,dames arrivĂ©es, A piteux cris et les mains Ă©levĂ©es, ^ Firent leurs vƓux. (Henri Etienne.) Petits ruisseaux y furent ondoyants, Toujours faisants autour des prĂ©s berbUs Un doux'inurmure. ' (Marot.) Pour ce (jue j’appellerai de leurs oreilles escou- tantes mal a elles-mĂȘmes, quand eljes escouteront bien, (Henri Etienne.) Ces corsaires incontinent s’approchĂšrent et vinÂŹ rent cĂŽtoyer notre navire, tenants le guĂ©. (Amtot.) Las! que dira la GrĂšce, Ă  mon retour, Tous ceux d’Argos ou du pays dĂ«ntour, Sachants ta mort? (Saiel, 1545.) Sur quoi le laisse, et vint droit rencontrer Les deux Ajax se faisants accoutrer De leurs harnois. {Jd.) AgaiĂŻicrrmon, grande injure te font * Tous les GrĂ©geois qui sous ta charge sont, EiUreprĂ©nants de retourner en GrĂšce. {Id.) On voit qĂče nos anciens Ă©crivains variaic.ĂŻt indistinctement les participes prĂ©sents, mĂȘme ceux des verbes avoir et ĂȘtre, ainsi qu^ l’attestent les deux premiers exemples de la premiĂšre colonne. Cependant quelques-uns s'Ă©cartĂšrent de la rĂšgle, et dĂšs lors grande rumeur au camp des grammairiens. Pierre LaramĂ©e, dit Ramus, meilleur observateur que Sylvius, au lieu de blĂąmer les auteurs qui se frayaient une nouvelle route pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition monotone de toutes ces syllabes traĂźnantes en ante, justifia, sous le double rapport du goĂ»t et de la raison, ceux que TĂ©cole de Sylvius taxaient d’infraction Ă  la rĂšgle. « Quand on exprime la qualitĂ©, dit Ramus, c'est Vadjectif; mais quand on exprime (1) NĂ«st-ce pas toujours au moyen du participe passĂ©, autrefois nommĂ© participe passif, qu’on exprime, dit un Ă©crivain, la maniĂšre d’ĂȘtre passive? Les anciens grammairiens ont raison : le participe passĂ© est un participe passif, tout le prouve, les fonctions de ce participe el TĂ©tymologie. Mais comment sc fait-il que le participe passif soit rĂ©uni au verbe avoir pour exprimer une maniĂšre d’ĂȘtre active : fai reçu une lettre, fai reçu des livres? Bouhours ne voit plus lĂ  un participe, mais plulĂŽt un substantif verbal, le supin des Latinsa CĂ«st comme si Ton disait habeo acceptum Ăźitteras, habeo accepium /tĂ ros. » Dumarsais et Condillac prĂ©tendent que le participe esl pris alors substantivement, cĂ«sl un substantif. Ce nĂ«st pas un substantif, dit Lemare, ce n’est pas un supin, c’est un adjeclif passif qui s’accorde avec un substantif sous-entendu (le negotium latin) : fai fait un peu de bien» c’est-Ă -dire fai quelque chose fait... savoir; un peu de bien. Puis il ajoute : « CĂ«st des Latins que nous avons empruntĂ© la construction dc Vadjectif passif a\ec avoir; car, lorsqu’ils voulaient donner plus d’énergie Ă  leur pensĂ©e, ils disaient Ă aĂ eo divisum, au lieu de divisi, habeo factum, au lieu de feci» etc. » On comprend que nous avons dĂ» nous borner Ă  faire remarquer ce fait grammatical, savoir ; que, dans TĂ©tat actuel de notre langue, le participe passĂ© construit avec otjotr exprime unĂ© maniĂšre d’ĂȘtre active. Nos mots en ant, dits parHcÈpss prĂ©sents, reconnaissent deux origines, et, sous une seule forme, ce
( 670 ) » l’action, c’est le cer 6e; plus d’accord. Servante, cĂ«st la qualitĂ©. 5ercan/ ses maĂźtres, » cĂ«st l'action.» Telle est,, selon nous, la question vitale du participe prĂ©sent. La rĂšgle est unĂ«, et sans exception ; elle a cĂŽ grand avantage ,dĂ© reposer sur un principe fondamental, et de parler Ă  la raison. Le seul prosateur moderne oĂč Ton trouve le participe prĂ©sent variable, est Pascal, dans sa premiĂšre Lettre provinciale (1); mais dĂšs lĂą seconde, qui fut publiĂ©e huit jours aprĂšs, on ne retrouve plus le participe prĂ©sent dĂ©clinĂ©. NĂ©anmoins, ce ne fut que le 3 juin 1679 que TAcadĂ©mie sanctionna la rĂšgle en ces termes : « La rĂšgle est faite, on ne dĂ©cliÂŹ nera POINT LES PARTICIPES ACTIFS. » 1 * —N" DXCVn. ^ t PARTICIPES PRÉSENTS MARQUANT l’ÉTAt ÔtJ É’ACĂŻiON: Etat. SĂŒĂŒs ĂŒn roi bienraisant parcourons celte ville, ObĂ©issante, heĂŒrĂ©use, agissante, tranquiĂŒe. (Voltaire.) II n’y a que les ames aimantes qui soient proÂŹ pres a TĂ©tude dĂ© la nature. (Bern. de SĂ int-Pierre.) . On vient d’y coiĂźstruire deux pompes foulantes et aspirantes qui donnent abondamment l’eau dont on a besoin. ' de Genus.) Quand l’Ɠil nĂš peut juger Vobjelde sa terreur, Alors tout s'exagĂšre Ă  notre kmĂ© tremblante. (Delille.) Les eaux dormantes sont meilleures pour les cheÂŹ vaux que les eaux vives. (Buffon.) Les peuples errants doivent ĂȘtre les derniers qui aient Ă©crit. (Voltaire.) Soyons bienbwuan/s, bien mangeants, Nous devons Ă  la mort de trois Tun en dix ans. (La Fontaine.) ^ Action. Toutes sont donc de mĂŽme trempe, Mais agissant diversement. (La Fontaine.) Ces deux infortunĂ©s, aprĂšs s’ĂȘtre liĂ©s l’un Ă  l’auÂŹ tre, se prĂ©cipitĂšrent dans le RhĂŽiie, aimant mieux mourir ensenible que de vivre sĂ©parĂ©s. (Le PrĂ©curseur de LtoN.) Tous les siĂšcles en deuil, Tun Ă  l’autre semblables, Courent sans s’arrĂȘter, foulant de toutes parts Les trĂŽnes, les,autels, les empires Ă©pars. (De Fontanes.) Combien de pĂšres, tremblant de dĂ©plaire Ă  leurs enfants, sont faibles et se croient tendres ! (Domergue.) Je connais des personnes dormant d’un sommeil si profond, que le bruit de la foudre ne les rĂ©veilÂŹ lerait pas. (CitĂ© par Bescber.) Les passions errant sur ce peuple assemblĂ© Offrent les vastes flots d’un ocĂ©an troublĂ©. (Delille.) Personne^assurĂ©ment ne s'aviserait aujourd'hui de reprĂ©senter dans un poĂšme une troupe d’anges et de saints buvant et r»an( Ă  table. (Voltaire.) sont rĂ©ellement deux mots diffĂ©rents. Quelques langues Ă©trangĂšres en sont une preuve incontestable. Les Latins voulaient-ils eifprimer une action, ils se servaient des mots ridendo, faciendo, reptando; avaient- ils, au contraire, Tintention d’indiquer un Ă©tat, ils employaient les mots ridens, faciens, reptans. Il en est de mĂȘme en italien, en espagnol et en portugais. Cette distinction avait Ă©galement lieu dans la langue romane, d’oĂč U est prouvĂ©, parles monuments les plus authentiques, que notre langue tire immĂ©diatement son origine. Le gĂ©rondif latin ando, endo, a fait le gĂ©rondif roman an, en, par la suppression de la finale do ; et Tadjectif latin, dit participe du prĂ©sent ans, ens, a fait Tadjectif roman ans, gnf, ens, en/. Exemples : Mas eu soi cei que temen muor aman. , (Arnauld de Mar.) Traduction. — Mais je suis celui qui, en craiÂŹ gnant, meurs en aimant. ~ S’ïcu de Tanar vas mi dons sui temens. (Ramb. de Vaq.) Traduction. — Si moi d’aller vers ma dame suis craignant. (1) Voici le passage : Je Ăźes lui offris tous ensemble, comme ne faisant^ qu’un mĂȘme corps, et n'agisÂŹ sants que par un mĂȘme esprit. (Pascal.)
( 671 ) JĂ«i passĂ© plus avant; les arbres et les plantes Sont devenus chez moi crĂ©atures parlantes. (La Fontaine.) Mais pour mieux rĂ©ussir, il est bon, ce me semble, QĂŒon ne vous trouve point tous deĂŒx porĂźahf en- (MoliĂšrb.)' [semble. Dans laprenriiĂšre colonne, les mots agissante, obĂ©issante, aimantes, foulantes, etc., exÂŹ primant VĂ©tat, la maniĂšre d’étre, la qualitĂ© inhĂ©rente de Vobjet dĂ©signĂ© par le substantif, subissent toutes les variations de genre et de nombre exigĂ©es par ce substantif. Dans la seconde colonne, au contraire, les mots agissant, aimant, foulant, etc., exÂŹ primant des actes, des actions instantanĂ©es, cĂ«st-Ă -dire d’Ăčne durĂ©e courte, limitĂ©e, sont restĂ©s invariables. DĂ©rivĂ©s des verbes agir, aimer, fouler, etc., ils en conservent la sighificatiori et le caractĂšre, Ăšt peuvent ĂȘtre remplacĂ©s par une autre forme verbale, sans quĂš ia pensĂ©e en soit altĂ©rĂ©e. Combien de pĂšres tremblant de dĂ©plaire, etc. ; ĂŽĂŒ bien combien de pĂšres Quj tremblent de dĂ©plaire, etc. Ainsi donc, toutes les fois que par la forme verbale en ant, comme souffrant, obĂ©issant^ on vĂšut exprimer un acte, une action instantanĂ©e; pure Ăšt simple, et non un Ă©tat, on em- ploiĂš le participe préÈent, qĂŒi-est toujours invariable : J'ai vu ces personnes souffrant cruellement. . Si, au contraire, on veut peindre un Ă©tat, une maniĂšre d’ĂȘtre; une disposition Ă  agir, plutĂŽt qĂŒune action, ou mĂȘme une action qui, par sa continuitĂ©, sa durĂ©e, devient perÂŹ manente, se transforme en Ă©tat, et nĂ«st accompagnĂ©e d’aucune des circonstances qui caÂŹ ractĂ©risent une action, on fait usage de Y adjectif verbal, qui est variable : J'ai vu des perÂŹ sonnes SOUFFRANTES et rĂ©signĂ©es. L’idĂ©e d'actualitĂ© caractĂ©rise le participe; celle de permanence, Vadjectif verbal. ÉXÉRCÏCÈ PHRASÉOLOGIQUE. La fciiille tremblonlfe. Une personne charmante. Une histoire amusante. Une lionne vivante. Des choses surprenantes. < Une chienne caressante. Des pierreries Ă©blouissantes. Une femme suppliante. Des eaux courantes. Une fille tremblant de daplaĂźre Ă  sa mĂč're. Charmant la sociĂ©tĂ© par son esprit. Une personne amusant ceux qui rĂ©coiitcnt. Vivant avec un chien dans la mĂȘme loge. La garde surprenant un voleur. Caressant tout le. monde. Kblouissant de toutes parts. Suppliant scs juge». Des biches courant dans les bois. OOOOQ^^ N* DXCVm. PARTICIPÉS PRESENTS EMPLOYÉS SANS AUCUN REGIME Etat. J'ai toujours vu ceux qui voyageaient dans de bonnes voitures bien douces, rĂȘveurs, tristes, gronÂŹ dants oĂč souffrants. (j.-J. RoosseaĂŒ.) C'est la disette d’idĂ©es qui les rend si affamĂ©s d’objets Ă©trangers, d’autant plus qu'il ne. leur reste rien, que tout passe en eux,♩ que tout en sort; gens toujours regardants, toujours Ă©coutants, toujours pensants. (Marivaux.) D’oĂč vient que tant de partisans de Rome, d’enÂŹ nemis de Rome, ont Ă©tĂ© si sanguinaires, si barbares, si malheureux, persĂ©cutants et persĂ©cutĂ©s? (Voltaire.) t Ils ont cependant eu la tĂ©mĂ©ritĂ© de s'embarquer sur cette mer mugissante', malgrĂ© la dĂ©fense que nous leur en avions faite. (Voyage dans le Levant.) Action, C'est une personne d'un naturel doux, jamais ne grondant» ne contredisant, ne dĂ©sobligeant. (CitĂ© par Bescher.) Blondins y sont beaucoup plus femmes qu’elles, ProfondĂ©ment remplis de bagatelles, D’un Ɠil hautain, d'une bruyante voix, CAanlant, dansant, minaudant Ă  la fois. (Voltaire.) , ... Ces ennemis des vers, Qni, hĂ©rissĂ©s d'algĂšbre et bouffis de problĂšmes. Au monde Ă©pouvantĂ© parlent par thĂ©orĂšmes. Observant, calculant, mais ne sentant jamais. ’ Ud.) La mer mugissant ressembl’ait Ă  une personne qui, ayant Ă©tĂ© longtemps irritĂ©e, n’a plus qu’un reste de trouble et d’émotion. (FĂ©nelon.)
( 672 ) . EmployĂ©s seuls, cĂ«st-Ă -dire sans ĂȘtre accompagnĂ©s d’aucun rĂ©gime, les mots en ant sont uanaĂ Zes lorsqu’ils marquent l’état physique ou moral du substantif auquel ils sont joints, et invariables quand ils expriment une action faite par lui. Dans la premiĂšre colonne, grondants, pensants, etc., Ă©quivalent Ă  grondeurs, penÂŹ sifs, etc. Ce sont donc des qualitĂ©s inhĂ©rentes au nom que ces mots accompagnent. Dans'la seconde colonne, ne grondant, ne contredisant, ne dĂ©sobligeant, etc., expriment des actions. C’est comme s’iLy avait ne grondant, ne contredisant, ne dĂ©sobligeant jamais personne. Une observation qui a Ă©chappĂ© Ă  presque tous les grammairiens, cĂ«st que les partiÂŹ cipes prĂ©sents, surtout ceux des verbes neutres, sont susceptibles de devenir simples adjectifs verbaux au besoin. Nous en citerons quelques exemples tirĂ©s d’écrivains recom- mandables : ‱ La canaille cĂ balante, la canaille Ă©crivante. (VOLTAIRB.) Elles ont besoin d'une puissance rĂ©glante pour les tempĂ©rer. (Montesquieu.) DĂ©crirai-je ses bas en vingt endroits percĂ©s, Ses souliers grimaçants vingt fois rapetassĂ©s? (Boileau.) ' Je vous trouve aujourd’hui bien raisonnante. (MoliĂšre.) TantĂŽt elle donne (Thirondelle) la chasse aui in< sectes voltigeants. (Buffon.) Les insectes changexmts qui nous donnent la soie. (Voltaire.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. C’cst une enfant douce, caressante, EUe jouit d'une santĂ© brillante. C'est avoir une dĂ©fiance outrageante Les ronces dĂ©gouttantes. Des regards mourants. Des mĂšres gĂ©missantes. La foudre Ă©tincelante. Des oiseaux dĂ©vorants. A ses yeux expirants. Toutes ses compagnes tremblatilo Les taureaux mugissants. Cette femme possĂšde un heureux naturel; jamais ne contrariant , ne m^isant, ne dĂ©sobligeant. Vous les verriez s’agiter, allant, venant, sortant, rentrant, et cela sans raison ni motif. Parfois anssi badinant, jouant, riant, folĂątrant, et l'instant d’apri s. tristes, rĂȘveurs, gĂ©missant, murmurant, contestant, contrariant, enrageant, menaçant. . N” DXCIX. ^ « PARTICIPES PHÉSKMS SUIVIS OU PRÉCÉDÉS dâ€™ĂŒN RÉGIME DIRECT, RĂ©gime placĂ© aprĂšs Ăźe participe. On n’cntcndit plus les coups des terribles marÂŹ teaux qui, frappant l'enclume, faisaient gĂ©mir les profondes cavernes de la terre et les abĂźmes de la mer. « (FĂ©nelon.) Les troubadours allaient chantant les amours et la gloire sous les fenĂȘtres des chĂątelaines. (De Marcuangt.) Je hais la cruautĂ© de ces peuples perfides Qui, donnant au hasard leur haine et leurs faveurs, S'immolent tour Ă  tour leurs plus chers dĂ©fenseurs. (Decaux.) CĂ«st lĂ  que, dĂ©plorant ĂŽe plus brill antes scĂšnes, La vie offre Ă  nos yeux ses plus beaux phĂ©nomĂšnes. (Delille.) Ces mobiles poumons, dont le jeu toujours sĂčr, Chassant l’air altĂ©rĂ© , rapporte un air plus pur. (W.) RĂ©gime placĂ© avant Ăźe participe. A force de douleur il demeura tranquille, Mais sa voix, s’échappant au travers des sanglots, Dans sa boucbe Ă  la fin fit passage Ă  ces mots. (Boileau.) Les dames, le voyant arriver Ă  la cour. Dirent d’abord : Est-ce lĂ  ce Narcisse Qui prĂ©tendait tous nos cƓurs enchaĂźner? Quoi! le pauvret a la jaunisse! (La Fontaine.) Le laurier, le jasmin s’arrondissant en voĂ»tes, De leur ombre odorante embĂȘllissaicnt les routes. (Castel.) J’entends des cris de guerre au milieu des naufrages, Et les sons de l'airain se mĂȘlant aux orages. ' . (La Harpe.) 4 Paris est plein de ces petits bouts d’homme, Vains, fiers, fous, sots, dont le caquet m’assomme, Parlant de tout avec Tair empresse, Ët SE moquant toujours du temps passĂ©. " (Voltaire.)
( 678 ) Ces arbres renversĂ©s façonnĂ©s avec art, De leur digue Ă  la vague opposant le rempaut. (Delille.) La nature De verdure et de fleurs Ă©gayant ses attraits. (id.) Tels, traversant les airs, des bataillons de grues,- De leur vol Ă  grands cris obscurcissent les nues. (/d.) Vois ces groupes dĂ«nfants se Jotiant sous Tombrage,, Qui de leur libertĂ© viennent te rendre hommage. (Delille.) Leur fouleau loin sĂ«mpresse.et leurs noirs bataillons. Par un Ă©troit sentier s’avançant sous les herbes, EntraĂźnent Ă  Tenvi les dĂ©pouilles des gerbes.*(/d.) Des malotrus soi-bisant beaux esprits. (Voltaire.) Lorsque le participe prĂ©sent est prĂ©cĂ©dĂ© ou suivi d’on rĂ©gime direct, il est toujours inÂŹ variable, attendu que', dans ce cas, il a, comme le verbe d’oĂč il dĂ©rive, la propriĂ©tĂ© de marquer l’action. L’adjectif, naturellement propre Ă  se placer Ă  la fin d’une proposition, n’est jamais suivi d’un semblable rĂ©gime. Bescher laisse aux poĂštes la libertĂ© de varier le participe prĂ©cĂ©dĂ© d’un rĂ©gime direct, el, en consĂ©quence, il approuve les vers suivants: N’étant point de ces rats qui les livres rongeants. (La Fontaine.) Et pour lier des mots si mal s’entf accordant s. (Boilead.) Et plus loin les laquais l'un l’autre s’agapants, (Boileau.) Les spectateurs en foule se pressants. (Voltaire.) Aucun grammairien, que nous sachions, ditM. Dessiaux, ne partage sĂ©rieusement une. pareille opinion, et les poĂštes modernes fournissent si peu d’exemples de cette infraction , Ă  la rĂšgle de l’invariabilitĂ©, qĂŒil faut considĂ©rer ceux qu’on en cite comme de rares né gligences ou des licences poĂ©tiques qu’il faut bien se garder d’imiter. Cette licence, les poĂštes ne se la permettent jamais qĂŒĂ  la fin des vers, car, partout ailleurs, ils ne font pas varier le participe. TĂ©moin ces exemples : Des milliers d'ennemis se pressant sous nos portes, Foudeol sur nos remparts. . (Delille.) Mais dĂ©jĂ  se jouant dans les airs qu'elle dore, Des bras du vieux Tithon sortait la jeune Aurore. (Delille.) On doit mĂȘme remarquer que d’ailleurs les poĂštes ne varient le participe qu’au pluriel masculin. Us n’ont jamais dit : Des spectatrices en foule SE pressantes, de jeunes rivales SE JOUANTES. EXERCICE PHRASÉOLOGÏQVE. Des bommes frappant des enfants. Des enfants tuant une pauvre bĂȘte. Des fĂźllrs caressant leur mĂšre. Des enfants aimant bien leurs parents. La itfne Ă©clairant nos pas. Ub aigla ravissant un mouton. Des enfants se battant avec violence. Des matlieureux se tuant de dcsesnotr. Des personnes s'intĂ©ressant au malbcmr Des frĂšres s'aimant avec tendresse. La bougie l'cteignaot. Les arbres se revĂȘtant de feuilles. NÂź DC. PASTICIPES PRÉSENTS SUIVIS S’UN RÉGIME INDIRECT. État. Il y a des peuples qui vivent errante dans les dĂ©serts. ' (Bern. de Sainx-Pierrb.) - f Les chanoines vermeils et brillants de santĂ©. (BoasAU.) I Ces serpents odieux de la littĂ©rature. AbreuvĂ©s de poisons et rampants dans l’ordurb, ' Sont toujours Ă©crasĂ©s par les pieds des passants. (VOLTAĂŻaS*) Action. . Seule errant Ă  pas lents sua l'aride rivage. La corneille enrouĂ©e appelle aussi Torage. (Delille.) La terre abonde De ces gens brillant au caquet. (Le Noble.) Dans TagitatĂźon consumant leurs beaux jours, Poursuivant la fortune, etrampan/dans les cours (Voltaire.) 85
(671) lL«s monstres bondissants sm cette affreuse me r , Et flĂŒil poursuit encor sous‘sa glace Ă©ternelle. (EsmĂ©nard.) CerlaĂźriement il ĂŒy a pas deux milliards d'argent quatre cent millions dĂ«spĂšces circwZan/es dans la Franck. ‘ ' (Voltaire.) t N'en tends-tu pas de loin la trompette guerriĂšre. Les cris des malheureux rou?an/s dans la poussiĂšre? (Id.) Il y a donc des peuples chrĂ©tiens gĂ©missants dans UN TRISTE ESCLAVAGE. (Id.) Et la ville de Mars triomphante des rois. EĂ»t dans ses jours de gloire enviĂ© tes exploits. ^ (Castel.) Nous eussions vu les jeux voltigeants sur vos TRACES. ' (Voltaire.) ’ Ces tonnerres d’airaiu grondants sur les remparts, Tout Ă©tonnants qĂŒils sont, ĂŒont rien qui m’ëpou- [Id.) [vante. 11 m'offrait une main fumante de mon sang. [Id.) Pleurante A mon dĂ©part, que Philis Ă©tait belle Ăź (Tissot.) Pleurante aprĂšs son char veux-tu que Ton me voie ? (Racine.) CĂ«st ainsi que devraient naĂźtre ces Ăąmes vivantes p'uNB VIE brute et bestiale. (Bossuet.) CĂ«st lĂ  qĂŒon voit errer les troupeaux qui muÂŹ gissent, les brebis qui bĂȘlent, avec leurs tendres agneaux bondissant sur l^erbe. (FĂ©nelon.) Toutes les planĂštes circulant autour du soleil, paraissent avoir Ă©tĂ© mises en mouvement par une impulsion commune. . (Buffon.) Ces sphĂšres... roulant dans l'espace des cjiedx, Semblent y ralentir leur cours siiencieux. (Lemierre.) Les grands pins gĂ©missant sous les coups des BAcnes, tombent en roulantduhautdes montagnes. (FĂ©nelon.) Ainsi notre amitiĂ© triomphant a son tour, Vaincra la jalousie en cĂ©dant Ă  l'amour.. (Corneille.) Et les zĂ©phyrs lĂ©gers voltigeant sur le thym. Vous rapportent le soir les parfums du matin. (Delille.) J'ai vu les vents grondant sur ces moissons supkr- DĂ©raciner les blĂ©s, se disputer les gerbes. [bes, (Id.) Et la CrĂšte fumant du sang du Minotaure. (Racine.) Les peuples empressĂ©s au bord de l'ArĂ©thuse, Pleurant de son dĂ©part, admirant sa beautĂ©, Chargeaient le ciel de vƓux pour sa fĂ©licitĂ©. (Voltaire.) Les animaux, vivant d’une maniĂšre plus conÂŹ forme Ă  la nature, doivent ĂȘtre sujets d moins de maux que nous. (J.-J. Rousseau.) Lorsque les mots en ant sont suivis d’un rĂ©gime indirect, ils varient s’ils expriment l’état, et sont invariables lorsqu’ils marquent l’action. NĂ©anmoins, quand le participe d’un verbe neutre a un complĂ©ment essentiel termi- nĂątif, marquĂ© par d, de, etc., ce participe, quoique prĂ©cĂ©dĂ© de ce complĂ©ment, doit rester. invariable, parce qĂŒil Ă©nonce nĂ©cessairement l’action. Mais les poĂštes, surtout ceux du siĂšcle de Louis XIV, ne se sont pas toujçurs astreints Ă  cette rĂšgle, ainsi qĂŒon peut s’en convaincre par les exemples qui suivent: On ne reconnut plus qu'usurpateurs iniques, Qu’infĂąmes scĂ©lĂ©rats  la gloire aspirants. (Boileau.) Plusieurs se sont trouvĂ©s qui d’écharpe changeants Aux dangers, ainsi qĂŒeux, ont souvent fait la figue. (La Fontaine.) De quel air penses-tu que ta sainte verra D’un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse. Entendra des discours sur l'amour seul roulants? (Boileau.) Mille usuriers fournis de ces obscurs brillants, Qui vont DE doigts en doigts tous les* jours circu- (Regnard.) [lants. Qui de ton sanctuaire au carnage courants, Rpvolaiçnt enhardis Ă  des forfaits plus grands. (Lemercier.) Qui veut qĂŒavec six pieds d’une Ă©gale mesure, De deux alexandrins cĂŽte a cĂŽte marchants. L'un serve pour la rime', et Tautre pour le sens. (Boileau.) . On ĂŒest pas aspirant Ă  une chose. Î1 es[ des caractĂšres changeants ,des personnes changeantes; mais pn ne dit pas qĂŒune personneĂ«st changeante d'une chose, quĂ«lle est changeante d’écbarpe. Les discours roulent sur tel ou tel objet; ils ne sont pas roulants. Des brillants qui vont de doigts en doigts circulent tous les jours. On court au carnage. Des vers ne sont pas marchant# cĂŽte Ă  cĂŽte, 'Tous ces mots annoncent des actions, et, par consĂ©quent, ne devraient pas prendre le signe du pluriel. CĂ«st pour Ăźa rime seule que les poĂštes leur ont donnĂ© ce signe; car dans le milieu du vers ils les ont laissĂ©s invaÂŹ riables. Exemples :
Un moment elle est gaie, un moment sĂ©rieuse, Enfin changeant d'homeor mille fois en un jour. (Destouches.) Ces sphĂšres qui roulant dans l’espace des ciĂ©ĂŒx Semblent y ralentir leur cours silencieux. (Lemiebre.) ( 675 ) Des touffes d’aubĂ©pine et de lilas sauvage. Qui courant en festons, pendent sur le rivage. ^ (Roocher.) Tous mes sots, Ă  l’instant changeant de contenance. Ont louĂ© du festin la superbe ordonnance, (Roi LE AU.) Et mĂȘme Ă  la fin du vers, quand la rime ne lĂ«xigeait pas, ils n’ont fait subir au participe aucun signe de pluralitĂ© : On verrait les soleils l’on sur l’autre roulant. Entrechoquer dans l’air leur front Ă©tincelant. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. (Soumet.) « Une personne obligeante par caractĂšre. Voyez-Tous ces feuilles dĂ©goĂ»t un tes de rosĂ©e? Voyez sa ligure ruisselante de suenr. Une personne obligeant plutĂŽt par vanitĂ© que par bienveillance. Oa voit la tendre rosĂ©e dĂ©groutUnt des ftuilies. On voit la sueur ruisselant sur leur visage. N° PCI. . PARTICIPES PRÉSENTS PRÉCÉDÉS OU SUIVIS dâ€™ĂŒN COMPLÉMENT ADVERBIAL. COMPLÉMENT PLACÉ APRÈS LE PARTICIPE, A ction. V Tu foules une terre fumant toujours du sang des malheureux mortels. (CitĂ© par Bescher.) PhĂšdre 6rĂŒ/anf encor d’illĂ©gitimes feui. (Racine.) On entondaĂźt au loin des clameurs retentissant par intervalle, retĂ©ntissant au loin. (CitĂ© par Bescher.) Vous verrez la paix renaissant par degrĂ©s dans son Ăąme abattue. (/d.) Les feuilles jaunissant chaque jour , commenÂŹ çaient Ă  se dĂ©tacher des arbres. {Id.) Ainsi notre amitiĂ© triomphant a son tour, Vaincra la jalousie en cĂ©dant Ă  Tamour. (Corneille.) COMPLÉMENT PLACÉ AVANT LE PARTICIPE. État. TĂ©lĂ©maque lui-mĂȘme arrose de liqueurs parfuÂŹ mĂ©es ses cendres encore/umantes. (FĂ©nelon.) Ils y trouvent une subsistance abondante, une pĂąture TOUJOURS renaissante. " ,(Buffon.) Ainsi lorsque la gfĂȘ|e, Ă  coups prĂ©cipitĂ©s, Tombe, frappe la plaine au loin retentissante. (Delille.) Ayx cris de nos besoins sans cesse renaissants, Ni CĂ©rĂšs, ni Bacchus n’apportaient leurs prĂ©sents. (Luce DE Lancival.) La reine-mĂšre, longtemps errante» mourut Ă  Cologne dans la pauvretĂ©. (Voltaire.)' Ces deux Ă©glises, Ă©galement gĂ©missantes, sont irrĂ©conciliables. [Id,] ĂŻe peindrai les plaisirs en foule renaissants » Les oppresseurs du peuple A LEUR TOUR gĂ©missants. (Boileau,). Conduite par Tamour, sa douceur bienfaisante, Partout inĂ©puisable et partout agissante, Vole, fi«anchii les airs. (Lefranc de Pompignan.) La place que le complĂ©ment adverbial, tel que encore, sans cesse^ toujours, continuelleÂŹ ment, constamment, au loin, partout, longtemps, Ă©galement, etc., occupe, relativement au participe, peut influer sur sa valeur, et le faire considĂ©rer sous deux points de vue difÂŹ fĂ©rents, comme l’attestent les exemples prĂ©citĂ©s; Voici comment le judicieux Bescher explique ce phĂ©nomĂšne grammatical : (C En rĂ©flĂ©chissant sur le mĂ©canisme des mots, on voit que celui qui prĂ©cĂšde se dĂ©terÂŹ mine ordinairement par celui qui suit. CĂ«st ainsi que l’adjectif modifie le nom ; c’est enÂŹ core ainsi que le complĂ©ment placĂ© aprĂšs le participe peut en restreindre le sens. Mais lorsqu’il le prĂ©cĂšde, il lui laisse la mĂȘme Ă©tendue d’expression qĂŒil aurait si le complé ment n’existait pas. NĂ«tant point limitĂ© dans sa signification, le mot est propre Ă  peindre l’habitude, la situation, etc. « ^ Nous ferons observer toutefois q|ue ce principe n’est applicable qu’aux verbes neutres. Toutes sont donc de mĂȘme trempe, Mais agissant diversement, (La Fontaine.)
( 676 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Lapliine an loin retaatiasaute. Las plaisirs en foule renaissants. Ses jeiiK dans l'onibre Ă©tincelants. Cas Ă©glises Ă©galemeat gĂ©missantes. La plaine retentissant ou loin. Les plaisirs renaissant en foule. Ses yeux Ă©tincelant dans l'ombra. Ces Ă©glises gĂ©missant Ă©galement. —üs» DQI. IDES PARTICIPES appartenant, tendant, approchant, descendant, dĂ©pendant pendant, etc. APPARTENANT. VARIABLE. Il apprit que quelques officiers de ses troupes appartenants aux premiĂšres familles d’AthĂšnes mĂ©ditaient une trahison en faveur des Perses. vDartuĂ©lemv.) Riga Ă©tait pleine de marchandises apparfenqnfes aux JHoiiandais. (Voltaire.) ^ t Les Anglais eurent la hardiesse de venir attaquer Surate, une des plus belles villes de Tlnde, et la plus marchande, appartenante Ă  l’empereur. ' [Id.) invariable. LesFidenates avaient pillĂ© des bateaux do vivres appartenant aux Romains. (De SĂ©gur.) Denys avait fait appeler secrĂštement .des Campa- niens en garnison dans les places appartenant aux Carthaginois. (/d.)> Fieury prit le parti de se retirer au village d'Issy, entre Paris et Versailles, dans une petite maison de campagne appartenant Ă  un sĂ©minaire. (Voltaire.) approchant. Plusieurs savants ont soupçonnĂ©â€˜que quelques races d’hommes ou d'animaux approchants de l’homme, ont pĂ©ri. (Voltaire.) Les Juifs apprirent la langue chaldaĂŻque, fort approchante do la leur. (Bossuet.) Les connaissances spĂ©culatives ne conviennent guĂšre aux enfants, mĂŽme approcAanf de Tadoles- cence. ’ (J.-J. Rousseau.) Je vis nos voyageurs approchant du sommet de la montagne. (CitĂ© par Bescher.) DESCENDANT. Les enfants de Louis descendants au tombeau. Ont laissĂ© dans la France un monarque au berceau. (Voltaire.) La famille des conquĂ©rants tartares descendants de Gcngis-Kan avait fait ce que tous les conqué rants ont tĂąchĂ© de faire. (Id.) Les rois des nations descendant de leurs trĂŽnes, T’allĂšrent recevoir. (L. Racine.) Les Maures descendant de leurs montagnes parÂŹ couraient et pillaient l’Afrique. (De SĂ©gur.) dĂ©pendant. Pise, qui n’est aujourd’hui qu’une ville dĂ©peuplĂ©e dĂ©pendante de la Toscane, Ă©tait, aux treiziĂšme et quatorziĂšme siĂšcles, une rĂ©publique cĂ©lĂšbre. (Voltaire.) Équilibre que Ăźes efforts des hommes, non plus que toutes les circonstances morales, ne peuvent vaincre, ces circonstances dĂ©petidant elles-mĂȘmes de ces causes physiques, dont elles ne sont que des effets particuliers. (Buffon.) PENDANTÂź L’arbre de ces vergers dont les rameaux fĂ©conds Courbent leurs fruits pendants sur l’ombre des ga- (La Harpe.) [zons. Voyez ces riants vergers remplis d'arbres qui plient, sous le poids de leurs fruits pendant jusqu'Ă  terre. ' (CitĂ© par Bescher.) tendant. Le comte de CharolaĂźs et le prince de Conti pré sentĂšrent une requĂȘte fendante Ă  faire annuler les droits accordĂ©s aux princes lĂ©gitimes. (Voltaire.) La politique de plusieurs princes servit Ă  Tac- croissement de cette secte, libre, a la vĂ©ritĂ©, de suÂŹ perstition, mais fendanf aussi iropĂ©iueusemeni Ă  /anarchie que... (Voltaire.)
( 677 ) RÉSULTANT. L’ñme de Thomme, selon^ plusieurs, Ă©tait un feu cĂ©leste; selon d’autres, une harmonie rĂ©sultante de ses organes. (Voltaire. ) Cette union rĂ©sultant de la nature des choses, Ă©tait la continuation de Touvrage du cardinal de Richelieu. (DÈ Pradt.) Les phrases de la. premiĂšre colonne, et quelques autres semblables, dit Lemare, ont Ă©tĂ© introduites dans la langue et sont devenues usuelles: cependant on sent quĂ«lles sont contraires Ă  Tanalogie. On dit qĂŒune chose appartient, approche, dĂ©pend, tend, et non quĂ«lle est appartenante, approchante, dĂ©pendante, tendante. Ce nĂ«st ni la qualitĂ©, ni la propriĂ©tĂ©, ni la nature de Tobjet que ces mots expriment. Il est peu de mots sur la nature desquels les auteurs aient plus variĂ©, ‱ Nous pensons nĂ©anmoins que rien nĂ«mpĂȘche de leur appliquer le principe quinousa servi jusqĂŒici. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Une maUĂ»n appartenant 4... Les eafants approchant de raJoUacence. Celte propriĂ©tĂ© attenant 4 la mien ne. Une maison appartenante Ă .., Une couleur fort approchante du rong*. Les circonstances dĂ©pendante* de... NÂź DCIII. PARTICIPES ET ADJECTIFS AYANT UNE ORTHOGRAPHE DIFFÉRENTE. Participes. Le vrai moyen d’éloigner la guerre, cĂ«st de culÂŹ tiver les armes, cĂ«st d'honorer les hommes excellant dans cette profession. (FĂ©nelon;) Les peintres nous reprĂ©sentent les Muses prĂ©siÂŹ dant Ă  la naissance d’HomĂšre, de Virgile, etc. (AcadĂ©mie.) Les Turcs ont toujours des ministres Ă©trangers rĂ©sidant contioueliement chez eux. (Voltaire.) . Adjectifs, Cette dame est d’un excellent caractĂšre. (Wailly.) i . " L’archevĂȘque de Narboune Ă©tait prĂ©sident nĂ© de» Ă©tals du Languedoc. (AcadĂ©mie.) La femme du rĂ©sident s’appelle madame la rĂ©si- dente. Le rĂ©sident de France Ă  GenĂšve. (ĂŻd.) . Quelques participes prĂ©sents ont pour correspondants des adjectifs dont VorthographĂ© est diffĂ©rente, et avec lesquels il faut bien prendre garde de les confondre.Tels sont les suivants : Participes prĂ©sents. Adjectift. Extravaguant. Fabriquant. Vaquant. Affluant. DiffĂ©rant. Excellant. PrĂ©cĂ©dant. . RĂ©sidant. Violant. Intriguant. Fatiguant. AdhĂ©rant. CoĂŻncidant. Équivalant. NĂ©gligeant. PrĂ©sidant. ExcĂ©dant. ExpĂ©diant, Extravagant. Fabricant, Vacant. Affluent. DiffĂ©rent., Excellent. PrĂ©cĂ©dent. RĂ©sident. Violent. Intrigant. Fatigant. AdhĂ©rent. CoĂŻncident. Équivalent, NĂ©gligent. PrĂ©sident. ExcĂ©dent. ExpĂ©dient. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Ctft un «nfuit nĂ©sHzent. Cet enfatttnĂ©glisent aes devoirt n« fera aaeun procrĂ©a.
( 678 ) . N“ DCIY. PABTIGIPES PRÉSENTS EMPLOYÉS COMME SUBSTANTIFS. SmOULIER. On Ă©lĂšve stir les dĂ©bris de la gloire du mort la gloire du vivant. (Massillon.) A plus dĂ«r) qçmbdtt&nt la ClĂ©lie est fatale. (BoileaĂŒ.) Los soupirs contagieux qui sortent du sein dĂŒn mourant peuvent faire mourir ceux qui vivent. (FlĂ©cuier.) La femme du gouverneur d’unc province s’appelle madame la gouvernante. (AcadĂ©mie.) ‱ ' PLURIEL. Les morts et les vivants se succĂšdent continuelÂŹ lement. (Massillon.) On dit que TfiĂšbes pouvait faire sortir ensemble dix mille çqmputtarits par chacune de ses portes, (Bos.euET.) ^ L’Église a instituĂ© des priĂšres pour les mourants. (FlĂ©chier.) Plusieurs princesses de la maison d’Autriche onl Ă©tĂ© gouvernantes des Pays-Bas. (AcadĂ©mie.) On voit que lo participe prĂ©sent peut devenir substantif, ou ĂȘtre employĂ© substantiveÂŹ ment, et qu’alors il prend les deux genres etles deux nombres. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Un dĂ©butant. Un intrigant. Un mĂ©disant. Un protestant. Une dĂ©butante. Une intrigante. Une mĂ©disamo. Une protestante. Des dĂ©butants. Des intrigants. Des mĂ©disants. Des protestants. Des dĂ©bntaotes. Des iotrigaotes. Des mĂ©disantes* Des protestantes. NÂź DCY-. PARTICIPE PRÉSENT EMPLOYÉ COMME ADVERHK. SANS ELLIPSE. J’aurais assez d’adr^^se pqur faire aççroire Ăš votre pĂšre que ce serait ĂčnĂ© perspune riche,,de ceqt mille Ă©cus en argent comptant. (MoliĂšre.) AVEC ELLIPSE. Mais pour mieux parvenir Ă  la leur faire cntçndre. Offrez de les payer comptant, et san# attendrç ; Ils sc.dĂ©cideront; ils sont gens Ă  savoir TrĂšs-bien ce que par heure un Ă©cu peut valoir. (AndriEĂŒx.) Le participe peut aussi, comme on le voit, s’employer d’une maniĂšre elliptique pour modifier un verbe, et remplir en quelque* sorte lĂ© rĂŽle d’adverbe. Offrez dehs payer comptant est un abrĂ©gĂ© da.offrez de les payer (en argent) comptant, ainsi que le prouve de la maniĂšre la plus incontestable la phrase de MoliĂšre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Pa^ea-htg} çont ù«u8 qçt et comptant. Le plaisir de faire du bien nous paye comptant de notre bienfait. N’ DCYI- PARTICIPES PRÉSENTS PRÉCÉDÉS OU WN PRÉCÉDÉS DE LA PRÉPOSITION eh, Voyant, disant, ZTC. Ce chien voyant en lĂ«au sa proie reprĂ©sentĂ©e, La quitta pour l’image, et pensa se noyer. (La Fontaine.) Envoyant, en disant, etc. Il pĂ©rit, en voyant de ses derniers regards BrĂ»ler son Ilion, Ă©crouler ses remparts. (Delille.)
( 67» ) HazaĂ«l me regardant avec un visage doux et hu- ’main, me tendit la main et me releva. (FĂ©nblon.) Disant ces mois, son gosier altĂ©rĂ©, Humait qn vin qui, d’ambre colorĂ©, Sentait encore la grappe parfumĂ©e. (Voltaire.) Il nĂ«st pour le vrai sage aucun revers funeste, Et, perdant toute chose, a soi-mĂȘme il se reste. , (Gresset.) Sophocle enfin, donnant lĂ«ssor Ă  son gĂ©nie. Accrut encor la pompe, augmenta l’harmonie. (Boilead.) Voulant ĂȘtre ce qu’on n’est pas, on parvient Ă  se croire autre choto quĂ«n n’est. (J.-J. Bodsseau.) J’y consens, dit.VĂ©nus souriant de la ruse. (Delille.) Enfin laissant en paix tous ces peuples divers, De propos en propos pn a parlĂ© de vers. (Boileau.) Mentor entendant la voix delĂ  dĂ©esse qui appe? lait ses, nymphes dans le bois, Ă©veilla TĂ©lĂ©maque. (FĂ©nelon.) Palmyre Ă  tes desseins va mĂȘme encor servir, Croyant sauver SĂ©ide, elle va t’obĂ©ir, (Voltaire.) , ĂŒn valet le portait, marchant Ă  pas comptĂ©s, Comme un recteur suivi des quatre facultĂ©s. . (Boileau.) Quand, de la citadelle arrivant Ă  grands pas, Laocoon, qu’entoure une foule nombreuse, De loin sĂ«crie... (Delille.) Chemin faisant, il vit le cou du chien pelĂ©. (La Fontaine:) Étant nĂ© souverain, je vois ici mon maĂźtre. (Corneille. Parlant ainsi, je vis que les convives Aimaient assez nos peintures naĂŻves. (Voltaire.) Il riait en me regardant. Sori ris Ă©tait malin, moÂŹ queur et cruel. (FĂ©nelon.) 'k En disant ces mots, Mentor prit une lyre. («‹) « Votre seule colĂšre a fait notre infortune, Nous perdons tout, madame, en perdant Bodogune. (Corneille.) N’ai-je pas bien servi dans celte occasion, Dit l’ñne, en se donnant tout l’honneur delĂ  chasse? (La Fontaine.) On hasarde de perdre en voulant trop gagner. Ud.) Neptune en souriant entend sa plainte amĂšre. (Delille.) En le laissant ainsi maĂźtre de ses volontĂ©s, vous ne fomentez point ses caprices. ' (J.-J. UOUSSEAÜ.) En entendant cet essaim bourdonner, On eĂ»t Ă  peine entendu Dieu tonner. (Gresset.) C’est ainri qu’en croyant reconquĂ©rir ses droitSj Tout ĂŒn peuple est puni du malheur de ses rois, (Raynouard.) Illustre porto-croix par qui notre banniĂšre N’a jamais, en marchant, fait un pas en arriĂšre, (Boilbau.) Sa muse, en arrivant, ne met pas tout en feu, Et pour donner beaucoup ne rious promet que peu. Ud.) On n’est pas oĂč Ton pense en me faisant injure. (MoliĂšre.) Vous ĂȘtes le vrai maĂźtre, en Ă©tant le plus fort. (Voltaire;) En parlant ainsi, de profonds .soupirs interromÂŹ paient toutes mes paroles. (FĂ©nelon.) Quelquefois le participe prĂ©sent peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position en. Mais dans quel cas doit-il en ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©? CĂ«st ce qĂŒil nĂ«st pas aisĂ© de dĂ©terminer Il est certain qĂŒil y a des circonsiaricĂšs oĂč il serait presque indiffĂ©rent dĂ«mployer la prĂ©position en devant le participe, et qĂŒil y en a d’autres oĂč il n’y a pojnt Ă  choisir. Il n’est pas extrĂȘmement difficile de dĂ©mĂȘler les diverses nuances de sens qui, dans des phrases faites, rĂ©sultent de Temploi ou du non emploi de la prĂ©position en, ni peut- ĂȘtre mĂȘme de donner des gĂ©nĂ©ralitĂ©s. Mais lorsquĂ«n Ă©crivant ou en parlant il faut se les rappeler, et en faireime juste application, tout cela, comme dit La Fontaine, Tout cela, c’est la mer Ă  boire. Toutes les fois que les nuances deviennent trop dĂ©licates, l’analogie seule peut instruire, et l’instinct dirige mieux que le raisonnement. Le participe prĂ©sent, prĂ©cĂ©dĂ© de en, doit donc convenir, lorsqĂŒon veut exprimer une action qui a une durĂ©e, dans TintĂ©rieur de laquelle, s’il est permis de le dire, on est censĂ© ĂȘtre; il indique le terme dans.lequel l’action principale est comprise, comme le contenu dans le contenant. Le participe seul ne montre que l’action sans rapport Ă  sa durĂ©e ; et si quelquefoiĂź Taction qu’il exprime est plus ou moins prolongĂ©e, ce n’est pas le participe qui cause cet effet, mais Tensemble de la phrase.
( 680 ) C'est surtout ici que, ... Laissant les docUurs librement pratiquer li’art de ne rien comprendre et de tout expliquer, et nous bornant Ă  renvoyer aux nombreuses citations que nous avons faites, nous dirons : Lisez et comparez 1 ' PrĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position en, le participe prĂ©sent est toujours invariable. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. parlaot. Disant. Grondant. ËtndUnt. En parlant. Î* isaat. En çrondant. En Ă©tudiant. Frappant. BlasphĂ©mant. Jurant. Travaillant. En frappant. En blasphĂ©mant. En jurant. En travaillant. N" Dcvn. En RÉPÉTÉ ou NON RÉPÉTÉ DEVANT PLUSIEURS PARTICIPES PRÉSENTS. En rĂ©pĂ©tĂ©. Leur subtil conducteur, qui, en combattant, en dogmatisant, bn mĂȘlant mille personnages divers, en faisant le docteur et le prophĂšte, aussi bien que le soldat et le capitaine, vit qu’il avait tellement enchantĂ© le monde, etc. (Bossuet.) De l’herbe parasite, en dĂ©gageant la fleur. En redressant l’arbuste, on voit dans la nature Des mƓurs du genre bumain la fidĂšle peinture. (Demoustier.) En faisant passer en revue devant un enfant les productions de la nature cl de l’art, 'eÙ excitant sĂ  curiositĂ©, en le suivant oĂč elle le porte, on a l’avantage d'Ă©tudier ses goĂ»ts. (J.^, Rousseau.) En NON RÉPÉTÉ. C’est ainsi qu’il apprend Ă  sentir la,pesanteur, la lĂ©gĂšretĂ© des corps, Ă  juger de leur grandeur, etc., EN regardant, palpant, Ă©coutant, surtout en com* parant [a vue au toucher. (J.-J. Rousseau.) Elle y serait encore, comme un arbrisseau que les passants font bientĂŽt pĂ©rir, en le heurtant et le pliant dans tous les sens, (J.-J. Rousseau.) En raisonnant de cette sorle, Et contre la fortune ayant pris ce conseil, 11 la trouve assise a la porte De son ami plongĂ© dans un profond sommeil, (La Fontaine.) Quand'il y a dans une mĂȘme phrasĂ© plusieurs participes prĂ©sents de suite employĂ©s avec ou sans la conjonction et, cĂ«st lĂ© goĂ»t et Toreille qui doivent dĂ©cider s’il faut rĂ©pĂ©ter ou non la prĂ©position en. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. n Taborda en jurant et en blasphĂ©mant le nom de Dieu. En lisant, en travaillant et en Ă©tudiant bien. II Taborda en jurant et bliApbĂ©maut le nom de DĂźt». En lisant, travaillant et Ă©tudiant bien. w DCVIU. PARTICIPES PRÉSENTS JOINTS OU NON JOINTS PAR LA CONJONCTION et. AVEC et. Je YOUS vois, monsieur, ne vous en dĂ©plaise, dans le grand chemin justement que tenait Panurge pour sĂ© ruiner, prenant argent d’avance, achetant cher, vendant Ă  bon marchĂ© ex mangeant son blĂ© en herbe, . (MoliĂšre.) Bref, se trouvant Ă  tout et n’arrivant h rien. (La Fontaine.) SANS et. Si cĂ«st VarrĂȘt du sort, ĂŻa volontĂ© des cieux. Que du moins assailli d'un peuple audacieux, Errant dans lĂšs climats oĂč son destin l’exile, " Implorant des secours, mendionf uu asile, Redemandant son fils arrachĂ© de ses bras, De ses plus chers amis il pleure ie trĂ©pas. (Delille.) L'autre, en fermantlesYcnts,les chassant tour Ă  tour, Trrite des brasiers les flammes paresseuses, (/d.)
- {681) Comme on le voit par ce numĂ©ro et par le prĂ©cĂ©dent, cĂ«st une rĂšgle imaginĂ©e et contraire aux faits que celle par laquelle Wailly et d’autres grammairiens prescrivent de ne pas employer deux participes prĂ©sents accompagnĂ©s ou non de en, sans les joindre par une conjonction. ^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Volant, pillant et assassinant. Volant, pillant, assassinant. N” DCIX. \ PARTICIPES PRÉSENTS PRÉCÉDÉS DE DEUX SORTES DE en. En PRÉPOSITION. En pronom. Ahl dit-i! au lion, jĂ« vois que la nature Ün vieux renard, mais des plus fins. Me fait faire en ce monde une triste figure; Fut enfin au piĂšge attrapĂ©. Je pensais ĂȘtre roi, jĂ«vais certes grand tort. Par grand hasard en ^fanf Ă©chappĂ©, Vous ĂȘtes le vrai maĂźtre,*bn Ă©tant le plus fort. Non pas franc, car pour gage il y laissa sa queue. (Voltaire.) (La Fontaine.) ' En usant de la sorte on ne peut vous blĂąmer. (Corneille.) Les participes prĂ©sents peuvent ĂȘtre, comme on le voit, prĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de en: Tun, prĂ©position ; Tautre, pronom. En Ă©tant, cĂ«st-Ă -dire, Ă©tant Ă©chappĂ© de lĂ , du piĂšge. C'est aussi le pronom qui se trouve dans le vers de Corneille: En usant de la sorte, cĂ«st pour usant de la sorte (Ă  TĂ©gard) de cela. On dit il en use fort bien avec moi ; on en use ainsi entre gens de bonne compagnie. EXERCICE PHRASÉOLOGIQ ÜE. ÂŁn Ă©tant bon. Tn tuant bien de ion amitiĂ©. ÂŁn ayant bien loin de lui, root lerĂąx rĂ©compensĂ©. En Ă©tant le propriĂ©taire. En tuant ainsi. ^ ' Vous aviez peu de talents ; mais i prĂ©sent, ta ayant acquis , vous ferez fortune. DCX. EMPLOI DU PRONOM eU DEVANT LES PARTICIPES PRÉSENTS. EMPLOI NON ÉQUIVOQUE. Je vous ai mis mon fils entre les mains, voulant EN faire quelque chose de bon. (Wailly.) EMPLOI Ă©quivoque. Je vous ai mis mon fils entre les mains, en voum lant faire quelque chose de bon. Il faut Ă©viter Temploi du pronom en devant les participes prĂ©sents, lorsqu’on peut craindre qĂŒil ne soit Ă©quivoque, ou qĂŒil ne rende la construction difficile. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. En pouvant faire quelque chose. En voulant faire quelque chose. En dĂ©sirant faire quelque chose. Eu devant faire quelque chose. ÂŁa croyant faire un homme d’esprit. Pouvant en faire quelque chose. Voulant en faire quelque cliose. DĂ©sirant en faire quelque chose. Devant en faire quelque chose. Croyant en faire un homme d’esprit. 86
( 682 ) DÇXI. EMPLOI DES DEUX SORTES DE en DEVANT UN PARTICIPE PRÉSENT. Tous les anciens manuscrits de Longus ont dĂšs lacunes et des fautes considĂ©rables, et ce nĂ«st que depuis peu qu’en en comparant plusieurs, on est parvenu Ă  supplĂ©er i’un par l’autre. (P.-L. Courier.) Je crus faire des vƓux pour la gloire de la France, EN EN faisant pour que M. de Choiseul triomphĂąt. (J.-J, Rousseau.) La plupart des grammairiens blĂąment les phrases oĂč sĂ© trouvent les deux en, CĂ«st en effet une rencontre qĂŒil faut Ă©viter. Les Ă©crivains en offrent cependant quelques exemples. EXERCICE PBRA SÉOLOGIQ ÜE. IV UEQ PK : niTM : Le prince tempĂšre U rigueur du pouvoir en en partageant les C’est en partageant Ie« fonctions du pouToir, qne U prinçe en teni- fonclioDi. ' pĂšre U riguetur. N“ Dcxn. ~— RAPPORT pu PARTICIPE PRÉSENT PIT gĂ©rondif. EN HBLATION AVEC LB SUJET. Ă© \ La graine en se gonflant boit le suc qui Tarrose ; CĂ«st un Ɠillet naissant, c’est un Us, une rose. (Delille.) Le boeuf, en paissant l’Herbe, acquiert autant de chair que l’homme ou que les animaux qui ne vivent que de chair et de sang. (Buffon.) En faisant des heureux, un roi lĂ«st Ă  son tour. (Voltaire.) Locke ne se doutait pas qĂŒenre/wsonf Ă  l’homme des idĂ©es innĂ©es, il fournissait des arguments Ăą l’anarchie et au matĂ©rialisme. (Bern. de Saint-PiĂšrhe.) L’avarice perd tout en voulant tout gagner. (La Fontaine.) LesTEUX, en la voyant, saisiraient mieux la chose. (Boileau.) I Les NONNETTES sans voix, Fout, m fuyant, mille signes de croix. (Gresset.) JĂŠ puissant foule aux pieds le faible qui menace, Rt rit, en VĂ©crasant, de sa terrible-audace. (Voltaire.) On pleure sĂ  victoire en domptant |a nature. Jamais un cƓur français Ue la peut Ă©touffer. [Id,] BN RELATION AVEC UN 8UR»TANTIF AUTRE QUE LE SUJET DB LA PURASB, ‱ Je voudrais pouvoir vous dĂ©crire les pleurs de Jacquine en voyant votre frĂšre monter Ă  cheval. > (M“« DE SĂ©vignĂ©.) Ce n’est pas ĂȘtre malheureux que d’occuper votre pensĂ©e, soit en dormant, soit en veillant, (MoliĂšre.) Je ne vous dirai point mes faiblesses et mes sotÂŹ tises en rentrant dans Paris. (M“¼de SĂ©vignĂ©.) En disant ces mots, les larmes lui vinrent aux yeux. ^ (FĂ©nelon.) . En disant ce» paroles, son regard Ă©tait farouche et ses yeux Ă©tincelants. ' {Id,) Mais si scul en mon lit je peste avec raison, C’est encor pis cent fois en quittant la maison. (Boileau.) ' ÂŁn Doyanfles homines, hĂ©las r il in’çn souvient bien davantage, (La Fontaine.) Leur venin qui sur moi brĂ»le de sĂ«pancher, Tousles jours, enmarchant, m’empĂȘche dĂš broncher. (Boileau.) Je vois qĂ» en m’écoutant vos yeux au ciel s’adressent. (Racine.) % Rare et fameux auteur dont la fertile veine Ignore en Ă©crivant le travail et la peine. (Boileau.) Dans les exemples de la premiĂšre colonne, Taction ou TidĂ©e exprimĂ©e par le participe prĂ©sent^ et celle quĂ«xprime le verbe personnel, se rapporte Ă  un mĂȘme substantif qui
( 683 ) remplit dans la phrase la fonction de sujet. En effet, cĂ«st la graine qui se gonfle et qui boĂŒlQ suc quiTarrose; cĂ«st le bƓuf qui acquiert de la chair et qui pal/ Therbe, etc. FrappĂ©s de cette analogie, les grammairiens aussitĂŽt de conclure que le participe dit gĂ©rondif doit toujours se rapporter au sujet ou au nominatif du verbe. Les citations delĂ  seconde colonne, en nous prouvant le contraire, nous montrent eri mĂȘme temps combien de phrases trĂšs-lĂ©gitimes cette rĂšgle proscrirait. Les pleurs de Jacquine en voyant, nĂ«st-ce pas la mĂȘme chose que: Les pleurs que Jacquine versa en voyant?— Ce n'est pas ĂȘtre malheureux que d'occuper votre pensĂ©e , soit EN DORMANT, soit EN VEILLANT, nĂ«st-cc pas pour : Ce n'est pas ĂȘtre malheureux que vous pensiez Ă  nous, soit en dormant, soit en veillant? —: En disant ces mots, les larmes lui vinrent aux yeux, nĂ«-t-il pas le sens de : Il se prit Ă  pleurer en disant ces mots?— C'est encore pis bn quittant la maison, nĂ«st-ce pas comme s’il y avait : Ce que j'Ă©prouve en quittant la maison est encore pis?— Mes faiblesses en rentrant dans i*aTO, n’offre-t-il pas enjĂ©suUat le mĂȘme sens que: Les faiblesses quej'eus'BN rentrant dans Paris ? — En voyant les hommes, il m'en souvient, n’est-ce pas idenÂŹ tique Ă  Je m'en souviens EN voyant hs hommes? Dans aucune de ces phrases, le participe dit gĂ©rondif ne sĂ© rapporte au sujet ou noÂŹ minatif du verbe. Cependant on ne peut en contester la lĂ©gitimitĂ©. Les pleurs de Jacquine, mes faiblesses, etc., dit Lemare, rĂ©veillent Ă  peu prĂšs les mĂȘmes idĂ©es que les pleurs qu'a ou que possĂšde Jacquine, c’est-Ă -dire quelle verse, les faiblesses que j'ai. , ' Telles sont aussi les propriĂ©tĂ©s dĂ©s autres substantife rĂ©gis par de, vulgairement appelĂ©s gĂ©nitifs, et des autres adjectifs possessifs, etc. Nous avons aussi coutume d’employer souvent des tournures impersonnelles, comme oĂč fuir? que faire? il faut voir, etc., oĂč notre esprit transforme avec une Ă©tonnante faÂŹ cilitĂ© ces phrases en personnelles. Par que faire? on entend que ferai-je ? VoilĂ  les causes secrĂštes qui ont dĂ©terminĂ© comme instinctivement les auteurs Ă  donner beaucoup plus d’extension au gĂ©rondif que ne leur en donnent les grammairiens. Nous Ă©tablirons donc en principe que le participe dit gĂ©rondif est bien employĂ© toutes les fois qu’il ne donne lieu Ă  aucune Ă©quivoque, Ă  aucune obscuritĂ©, et surtout que, soit par la construction, soit par Se sens de la phrase, il est facile de savoir Ă  quel substantif il se rapporte ; que ce substantif soit exprimĂ© ou sous-entendu, qĂŒil soit sujet ou rĂ©gime. * EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Ou perd souvent en voulant trop gagner. Si vous aviez vu son dĂ©sespoir en tronvant son pĂšre mon. lyo DCXIII. I PARTICIPE PRÉSENT DIT GÉRONDIF EMPLOYÉ Dâ€™ĂŒNE MANIÈRE ABSOLUE. i; Le deuil enfin sert de parure. La grĂące, en s’exprimant, vaut mieux que ce quĂ«n En attendant d’autres atours. (La Fontaine.) (Voltaire.) [dit. LĂ«mploi du participe prĂ©sent, dit gĂ©rondif, est quelquefois trĂšs-difficile Ă  justifier. Le grand usage quĂ«n en fait permet de sĂ«n servir d’une maniĂšre absolue, c’est-Ă -dire sans relation Ă  un substantif exprimĂ©. Dans les phrases citĂ©es, il est facile de rĂ©tablir le substantif ellipsĂ© auquel se rapporte le gĂ©rondif; car ces phrases sont un abrĂ©gĂ© de celles-ci: Le deuil enfin (nous) sert de
( 684 ) parure, fix attendant d'autres atours ; la grĂące (qu’on a) en s’exprimant vaut mxmx que ce qu'on dit, ' 11. Ce sont quelques idĂ©es sur le style que j*ai puiÂŹ sĂ©es dans vos ouvrages. C’cst en vous lisant, c’est en vous admirant, quĂ«lles ont Ă©tĂ© conçues; c’est en les soumettant Ă  vos lumiĂšres quĂ«lles se proÂŹ duiront avec quelque succĂšs. (Buffon.) Il y a une infinitĂ© de gens de qui Ton ne peut jamais croire du mal sans l’avoir vu; mais il n’y en a point dequiil doive nous surprendre en le voyant, (La Rocuefoucauld.) Rome retomba entre les mains de Marc-Antoine, de LĂ©pide et du jeune CĂ©sar Octavlen, petit-neveu de Jules CĂ©sar, ct son Ois -adoptif; trois insupporÂŹ tables tyrans, dont le triumvirat et le.«t proscriptions font horreur en les /t5«n/. (Bossuet.) Quand il serait vrai que cette bulle pourrait ĂȘtre reçue en ne la regardant quĂ«n elhc-mĂȘme, on ne devrait pourtant point la recevoir maintenant. V ' (Pascal.) t J Lemare regarde ces exemples comme vicieux, parce que, suivant lui, les gĂ©rondifs exÂŹ primĂ©s ne se rapportent Ă  aucun mot qui y fasse ni formellement, ni virtuellement, les fondions de sujet. Nous ne somnies pas tout-Ă -fait de Topinion de Lemare, et il nous semble pousser un peu trop loin le rigorisme en condamnant des phrases dont lesensest si clair. Ces phrases ne diffĂšrent de toutes celles que nous avons citĂ©es jusqĂŒici que par Tellipse. En effet, c'est EN vous LISANT qu'elles ont Ă©tĂ© conçues, ou c'est en vous lisant quelles ont Ă©tĂ© conÂŹ çues PAR MOI, ou que je les ai conçues; — il ny en a point de qui il r ou s doive surprenÂŹ dre EN LE VOYANT, OU il ny en a point de qui nous devions ĂȘtre surpris en le voyant; — dont les proscriptions font encore horreur en les lisant , ou dont les proscriptions NOUS font encore horreur en les lisant; — quand il serait vrai que cette bulle pourÂŹ rait ĂȘtre reçue en ne la regardant qu'en elle-mĂȘme, ou quand il serait vrai que cette bulle pourrait ĂȘtre r'eçuevAK nous’en ne la REGARDANTgwĂ«n elle-mĂȘme, ou bien encore quand il serait vrai que nous pourrions recevoir cette bulle en ne la regardant quen elle-mĂȘme, nĂ«st-ce pas Ă©videmment la mĂȘme chose? De pareilles ellipses n’ont rien quo de naturel, et ne sont permises dans toutes ces phrases que parce qĂŒelles n’entraĂźnent aucune obscuritĂ©. Il en est absolument do mĂŽme dans les exemples suivants, qui ont Ă©tĂ© injustement critiÂŹ quĂ©s, car le sens en est extrĂȘmement clair. Il quitte avec regret ce vieillard vertueux ; Des pleurs, en l’embrassant, coulĂšrent de scs yeux. (VOLTÀlttB.) Permettez-moi, madame, en vous dĂ©diant ma tragĂ©die, de raĂ«tendre sur cet art des Sophocle ct des Euripide.’ * (Id.) Mais l’appĂ©tit vient toujours en mangeant, (Guimond de Latouche.) Crois-tu qĂŒen me baignant dans le sang dc mes ennemis, cela mc rendit la jeunesse et la vue ? (Marmontel.) EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE, Dix Ă©cui font pl&titir cn attendant mieux. a faut bien la prendre en nltendant autre chnsn. N" DCXIV.ssts».». RAPPORT DIT IRRÉGULIER DU GÉRONDIF. RAPPORT REGULIER. La maison du Seigneur seule un peu plus ornĂ©e. Se prĂ©sente au dehors de murs environnĂ©e; Le soleil, en naissant» la regarde d’abord. (Boileau.) RAPPORT DIT IRRÉGULIER. i Si son astre, en naissant, ne l’a formĂ© poĂšte, Dans son gĂ©nie Ă©troit il est toujours captif: Pour lui PhĂ©bus est sourd et PĂ©gase esl rĂ©tif. (Boilbau.)
t 683 ) La tragĂ©die, informe et grossiĂšre #n naissant, ‱ N’était qĂŒun simple chƓur, oĂč chacun en dansant, Et du dieu des saisons entonnant les louanges, S'efforcait d’attirer de fertiles vendanges. (Boileau.) Enfin l’heure est venue, et la neuviĂšme aurore Des rayons d’un jour pur, en naissant, se colore., (Delille.) Oui, je voudrais qu’aucun ne vous trouvĂąt aimable. Que le ciel, en naissant, ne vous eĂ»t donnĂ© rien; Que vous ĂŒeussiez ni rang, ni naissance, ni bien. (MoliĂšre.) Cruelle! quand ma foi vous a-t-elle déçue ? Songez-vous qu! en naissant mes bras vous ont reçue? (Racine.) Flore mĂȘme, en naissant, le reçut dans ses bras. (Delille.) la premiĂšre colonne, le rapport se fait avec le sujet de la phrase : C est le soleil t et qui regarde la maison du Seigneur; c'est la tragĂ©die qui naĂźt et qui est in- 4 0.^ -m m It* m 1 i Dans qui naĂźt ^ ^ ^ , forme, etc. ; c'est la neuviĂšme aurore qui naĂźt et se colore des rayons d'un jour pur. Tel est Tusage le plus constant. Tous les Ă©crivains sont pleins de semblables exemples. avec naĂźt; c'est le ciel qui vous qui naquĂźtes. Mais comment sait-on, dit Lemare, que cĂ«st au poĂšte, plutĂŽt qĂŒĂ  son astre, qĂŒil faut rapporter en naissant ? CĂ«st le sens qui Tindique, et, par cela seul que personne ne s’y trompera, ces phrases sont bonnes, quoique le rapport du gĂ©rondif paraisse irrĂ©gulier. CĂ«st donc Ă  tort que Lemare les condamne. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Ud mal gu'on apporte rn naissant. Je vousai reçu, en naissant, dans mes bras. N'as-tu pas, en naissant, entendu cette voix? 11 eut ce dĂ©faut mĂȘme en naissant. DĂŒ PARTICIPE PASSE. N" DCXV. ORTHOGRAPHE PRIMITIVE DU PARTICIPE PASSÉ JUSQUE VERS LE MILIEU DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE. Nous AVONS admirĂ©e la vertu.. (Sylvian.) EUe avait faite sa journĂ©e. (Roman db la Rose.) Promelheus, qui moult savoit, De terre et d’eaue faite avoit Une imagette Ă  la semblance des dieux. (xui« siĂšcle. Trad. des MĂ©tam. d'Ovide.) Nous AVONS franchis et franchissons les devant dits Ă©t leurs hoirs. (1344, Coutume de Beauvoisis.) . Reçue avons l'humble supplication. (Ordonn. de Charles VII.) Et ChrĂ©mĂšs qui m’avoit promise Sa fille , et puis s’en Ă©toit dĂ©dit. (1549. Le grand ThĂ©uence en français.) O misĂ©rable que je suis D’avoir cette parole ouĂŻe / {Id.) Je Al vues vos lettres. (Villk-HardoĂŒin.) Comme elle eut mise sa main. (Alain Chartier!) Il Avoit, par commandement, presque Ă©nlerrĂ©e toute vive la plus belle personne du monde. (Amyot.) Ils ont tous occupĂ©s Les lieux voisins; ' (1545. Salel.) Les tables ont ĂŽtĂ©es Sergents et Ă©cuyers. (Roman de Grandor de Douay.) Il est de tout son sang comptable Ă  sa patrie. Chaque goutte Ă©pargnĂ©e A sa gloire flĂ©trie. (Corneille,)^ A son cĂŽtĂ© pendait la noble Ă©pĂ©e Qui d’Hoiopherne A la tĂ©te coupĂ©e, (Voltaire.) Que uo» anciens Ă©crivains fissent constamment varier le participe passĂ©, quelle que fut
( 686 ) . d’ailleurs la place qu’il occupĂąt dans le discours ; — que ce participe ne soit autre chose qu’un adjectif; c’est ce que tĂ©moignent au plus haut degrĂ© les citations qĂŒon vient de lire. Mais, bien que le participe passĂ© ne soit qu’un adjectif, et qu’en cette qualitĂ© il dĂ»t toujours revĂȘtir le genre et le nombre du nom avec lequel il est en relation, il n’en est pas moins vrai que depuis le rĂšgne de Henri III, et non pas depuis celui de François comme le prĂ©tend l’abbĂ© d’Olivet, nos auteurs ont fait et fout encore aujourd’hui varier ce participe dans certains cas, tandis qĂŒils le laissent invariable dans d’autres. De lĂ  les difficultĂ©s assez grandes qu’offre la syntaxe de cette partie importante du discours. On a Ă©crit sur ce sujĂ©t des traitĂ©s spĂ©ciaux; on a rempli des volumes entiers de rĂšgles, d’exceptions, d’exemples et d’applications, et, avec tout cet attirail dĂ© science, comme le dit VEncyclopĂ©die moderne, on a embrouillĂ© une matiĂšre fort simple; on en a fait la torture de l’enfance, TĂ©pouvantail des jeunes personnes et le dĂ©sespoir des Ă©trangers. , -Tout en passant en revue la plupart des distinctions Ă©tablies par les grammairiens, nous tĂącherons de rĂ©duire la difficultĂ© Ă  un petit nombre de cas, et de donner pour chaÂŹ cun dĂ«ux des rĂšgles simples et claires. D’abord, nous poserons en principe, quĂ«n tant quĂ«xprimanti comme Tadjectif, une qualitĂ©, le participe passĂ© remplit toutes les fonctions que nous avons assignĂ©es Ă  ce mot : il est susceptible de genres et de nombres ; en un mot, on peut lui appliquer tout ce que nous avons dit de Vadjectif, On verra plus loin les exceptions qui lui sont partiÂŹ culiĂšres. DCXVI. PARTICIPES PASSÉS EMPLOYÉS SANS AUCUN AUXILIAIRE. PLACÉ APRÈS LE SUBSTANTIF. ' Voyez ce papillon Ă©chappĂ© du tombeau, Sa mort fut un sommeil, et sa tombe un berceau. (Delille.) Quel Ɠil nĂ«st pas sensible au riant appareil De l’herbe rajeunie et du bouton vermeil ? (Castkl.) Dieux! avec quel plaisir, dans tes sentiers fleuris» J'aperçus, Ăč Meudon, ce ravissant ofris. {fd.) Bien souvent, dans la nuit, de subĂźtes gelĂ©es Frappent d'un coup mortel les plantes dĂ©solĂ©es, {id,) * Eh 1 que vois-je partout? La terre n’esl couverte Que de palais dĂȘWuits» de trĂŽnes renversĂ©s. Que de lauriers flĂ©tris, que de sceptres brisĂ©s, (Racine tils.) Comme une lampe d'or dans Vaim suspendue, La lune se balance aux bords de l’horizon : Ses BATONS affaiblis dorment sur le gazon. (Lamartine.) LĂ , celte jeune plante, en vase disposĂ©e. Dans sa coupe Ă©lĂ©gante accueille la rosĂ©e. (Delillk.) PLACÉS AVANT LE SUBSTANTIF. Quelquefois, consolĂ© par une chance heureuse, 11 (l'Ăąne) sert de BucĂ©phale Ă  la beautĂ© peureuse. (Delille.) LĂ , des Ɠufs maternels nouvellement Ă©close, Sur le plus doux coton la famille repose, {fd.) ... NĂ©s pour l’indĂ©pendance, Plusieurs (animaux) de leur instinct gardent la {Id.) [violence. Nourris Ă  la campagne dans toute la rusticitĂ© champĂȘtre, vos enfants y prendront Ăčne voix plus sonore. (J.-J. Rousseau.) FatiguĂ©s du butin qĂŒils traĂźnent avec peine, Dc faibles voyageurs arrivent sans haleine A leurs greniers publics. (Racine fils.) RevĂȘtu de la peau d’un Ă©norme lion, Énke emporte Anchise et les dieux d'IuiON. (Castel.) TouchĂ©s de mes accords, les chĂȘnes applaudissent. (Rosset.) EmployĂ© sans.aucun auxiliaire, le participe passĂ© s’accorde toujours en nombre et en genre avec le nom auquel il se rapporte, que ce nom le prĂ©cĂšde ou le suive ; en un mot, on peut, dans ce cas, lui appliquer tout ce que nous avons dit de Vadjectif.
( 687 ) EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Ln feuille arractiĂ©e de sa tige. Des enfants.mal Ă©leTts. Des roses flĂ©tries. Des plantes inconnne:^ ArraehĂ©e de sa tige cette fleur se fanera. ‱ Nourris dans rnpntenre, ces enfants,.. A peine Ă©closes, res llenrs.. Inconnues mĂȘme aux botanistes, ces plantes. ’- —-ooOO( N“ DCXYII. ■ooƓ- PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DĂŒ VERBE ĂȘtre. SE RAPPORTANT A UN SEUL NOM. Les mortels, plus instruits, en sont moins inhumains, Le FER est'Ă©moussĂ©, les bĂ»chers sont Ă©teints. (Voltaire.) Dans Tatelier bruyant oĂč rĂšgne l’industrie, Du luxe des citĂ©s l'indigence est nourrie. (Michaud.) Mais comme les Romains et son grave sĂ©nat, Les rats sont gouvernĂ©s par la raison d’état. (Delille.) Ces diffĂ©rentes phrases (du rossignol) sont enÂŹ tremĂȘlĂ©es de silences, de ces silences qui, dans tout genre de mĂ©lodie, concourent si puissamment aux grands effets. (BĂŒffon.) SE rapportant a plusieurs noms. L'innocence et la vertu sont souvent opprimĂ©es^ (CitĂ© par Boiste.) L’honneur et la justice sont entrĂšrement bannis de ce monde. {Id.) Si la VERTU et la vĂ©ritĂ© Ă©taient bannies de la terre, elles devraient toujours se trouver dans la bouche des rois. (/d.) Il semble que la vie et la beautĂ© ne nous aient Ă©tĂ© donnĂ©es que pour aimer. (AimĂ©-Martin.) Le participe passĂ© prĂ©cĂ©dĂ© du verbe ĂȘtr^, doit toujours prendre le genre et le nombre du nom avec lequel il est en relation. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Une fllle sage e»t aimĂ©e de tout le monde. Les vieillards Ă©taient honorĂ©s. L'hiver eit passe. L'or et ie fer sont tirĂ©s des entrailles de la terre. Les fleurs et les fruits sont multipliĂ©s Ă  rinfloi. ' L'Ă©quitĂ© et la droiture sont produites par l'aniG de Ja vĂ©ritĂ©. aniottr de U justice et N° DCXTIII. PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS BE VERBES AUTRES QÜE ĂȘtre ET UVOir PLACÉS APRÈS LE NOM. On dirait qu’échappĂ© des antres de NorvĂšge, L’hiver revient armĂ© de glaçons et de neige. (Castel.) Ainsi, sans votre appui, les Ă©lĂšves de Flore Tomberaient abattu# Ă  leur premiĂšre aurore. . W Oh ! qui mĂ«xpĂźiquera les mystĂšres des cieux? Mon ame Ă  leur aspect demeure suspendue. (AlMÉ-aiARTIN.} Et quand une fourmi bĂątit des pyrainides, Nos ARTS semblent bornĂ©s et nos travaux timides. (Delille.) L'oiseau-mouche, cet amant lĂ©ger des fleurs, vit ' Ă  leurs dĂ©pens sans les flĂ©trir; il ne'faitque pomper leur miel, et c’est Ă  cet usage que sa langoe parait uniquement destinĂ©e. (Buffon.) PLACÉS AVANT LE NOM. Je tiens Sylla perdu si vous laissez unie A ce puissant renfort votre Lusitanie. (Corneille.) Jusqu'au terme des temps devenus leur conquĂȘte, Voleront, respectĂ©s, les accords du prophĂšte. (Soumet.) L’oiseau montĂ© et descend dans une autre cellule, OĂč, cachĂ©s et bravant les piĂšges, les saisons, Reposent mollement ses tendres nourrissons. (Delille.) Je rends carrĂ©e une boule que lĂšs premiĂšres lois’du mouvement avaient faite ronde. (Montesquieu.) < Tenez toujours divisĂ©s les mĂ©chants , ^ La sĂ»retĂ© du reste de la terre DĂ©pend de lĂ ; (La Fontaine.)
( 688 ) . Tout participe passĂ© accompagnĂ© d*un verbe autre que le verbe avoir bu ĂȘtre, subit toutes les variations de genre et de nombre que lui impose le nom qĂŒil qualifie, que ce nom prĂ©cĂšde ou suive. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je tne eeas accablĂ©e. Je les croyais partis. Ils se virent forcĂ©s de se rendre. ÂŁUe te montra parĂ©e de riches vĂȘtements. Elle paraĂźt privĂ©e de mouvement. Ils semblent interdits. Je vous laisse unis. L'imagination reste Ă©pouvantĂ©e. NÂź DCXIX. È8^si.< PARTICIPES PASSÉS CONSTRUITS AVEC LE VERBE avoir. nÉGIME PI.ACĂ© APRÈS LE PARTICIPE. f < JĂ©sus-Christ n’a pas fait acception des blancs, ni exception des noirs. (CitĂ© par Boiste.) Quand on a ainsi distinguĂ© I’éloqĂŒknce du barÂŹ reau de la fonction de l’avocat, et l’éloquence de la chaire du ministĂšre du prĂ©dicateur, on voit qĂŒil est plus aisĂ© de prĂȘcher que de plaider. (La BbdyĂšbe;) Les dieux ont attachĂ© presque autant de malÂŹ heurs Ă  la libertĂ© qu’à la servitude. (Montesquieu.) C’est la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme qui lui a dictĂ© ces belles PAuoLEsl (Bossuet.) Vous serez heureux avec Ântiope,, pour avoir moins cherchĂ© la ebauxe que la sagesse et la vertu. (FĂ©nelon.) rĂ©gime placĂ© AVANT LE PARTICIPE. Eh! quel spectacle est prĂ©fĂ©rable Au spectacle touchant des heureux Qu’on a faits I . (LĂ©onaud.) Si Dieu nous a distinguĂ©s des autres animauxi c est surtout par le don de la parole. (QĂŒintilibn.) Pedro, qĂŒas-lu fait de nos montures? — SeiÂŹ gneur, je LES ai attachĂ©es Ă  la grille. (Le Sage.) Les meilleures harangues sont celles que le cƓur a dictĂ©es, (Marmontel.) Je LES ai cherchĂ©s (vos gants) dans tous les coins, et je ne les ai pas trouvĂ©s. (M“« de GenĂčs.) Construit avec le verbe arotr, le participe passĂ© est toujours invariable quand le ré gime le suit, et variable lorsqu’au contraire il le prĂ©cĂšde ; votre sƓur a Ă©crit une lettre; — la lettre que votre sƓur a Ă©crite. Dans ces deux cas, a Ă©crit, a Ă©crite expriment une action de votre sƓur; le participe ' est invariable dans la premiĂšre phrase, et nous venons d’en dire la raison; mais pourÂŹ quoi ne l’est-il pas dans* la seconde? Est-ce une exception? Pourquoi dit-on la lettre, que votre sƓur A Ă©crite, et non la lettre que votre sƓur A Ă©crit ? Ce n’est point lĂ  une bizarrerie, dit un grammairien, ce n’est point une exception ; ou si c’en est une, elle est imposĂ©e par les lois Ă©ternelles du langage, et Tusage est ici d’ac- ' cord avec la raison. - , Quel est le but de la parole? d’exprimer les idĂ©es, de peindre fidĂšlement ce qui se passe dans notre esprit (1). Si une idĂ©e se prĂ©sente Ă  nous cbmme la premiĂšre au milieu de plusieurs autres idĂ©es, si elle nous occupe plus particuliĂšrement, notre langage conÂŹ servera Ă  cette idĂ©e le rang que lui a donnĂ© notre attention, elle sera TidĂ©e dominante dans nos paroles, comme elle Test dans notre esprit. Lorsque nous avons dit -ĂŒo/re sƓur a Ă©crit une lettre pendant que voiis vous promeniez, quel tableau voulions-nous prĂ©senter, que voulions-nous peindre? Etait-ce la maniĂšre (l’étre de votre sƓur ou la maniĂšre d’ĂȘtre de la lettre? Évidemment c’était 1a maniĂšre d’ĂȘtre de votre sƓur; TidĂ©e de la lettre Ă©tait upe idĂ©e tout-Ă -fait secondaire : nous vouÂŹ lions exprimer cĂ« que faisait votre sƓur pendant que vous vous promeniez : elle a Ă©crit 0 (1) La proposition est un vĂ©ritable tableau, puisqu’elle prĂ©sente des personnes ou des objets existant d*un« certaine maniĂšre.
( 689 ) une lettre, deux lettres, une page de son cahier? Qu’importe ce quĂ«lle Ă©crivait; elle a Ă©crit pendant que vous vous promeniez, voilĂ  TidĂ©e dominante, cĂ«st la maniĂšre d’ĂȘtre . de votre sƓur. Cette maniĂšre d’ùtre est active ; a Ă©crit est doncnine forme du verbe-adÂŹ jectif ccnVe, et consĂ©quemment le participe reste invariable. Lorsque nous avons dit la lettre que votre sƓur a 'Ă©crite a-t-elle Ă©tĂ© mise Ă  la poste? voulions-nous peindre la maniĂšre d’ùtre de votre sƓur ou la maniĂšre/d’ĂȘtre de ia lettrĂ©? Sur quoi notre attention s’est-elle portĂ©e, sur la lettre, objet de noire demande, ou. sur votre sƓur ? Evidemment TidĂ©e de la lettre est TidĂ©e dominante ; nous nous occupons de cette lettre, nous voulons savoir ce qu’elle est devenue; TidĂ©e de votre sƓur et de sa maniĂšre d’ùtre nĂ«st ici que secondaire, elle n’arrive que comme complĂ©ment du sujet la lettre. Nous pouvons mĂȘme, sans mutiler "la pensĂ©e, ne point prĂ©senter explicitement la maniĂšre d’ĂȘtre de votre sƓur, nous pouvons dire*/a lettre Ă©crite par votre sƓur a-t-elle Ă©tĂ© mise Ă  la poste? C’est donc la lettre, ei par consĂ©quent sa maniĂšre d’exister, que notre esprit a principalement en vuĂ©, et le langage a traduit fidĂšlement les opĂ©rations de Tesprit lorsque nous avons dit la lettre que votre sƓur a Ă©crite; car Ă©crite.est prĂ©cisé ment le mol dont la fonction est dĂ«xprimer la maniĂšre.dĂ«tre passive de Tobjet lettre, qui en effet existe passivement. ' Puisque le participe passĂ© est employĂ© dans cette phrase plutĂŽt pour exprimer une maniĂšre dĂ«tre passive que pour former, au moyen de Tauxiliaire, un temps d’un verbe- adjectif, ce participe passĂ© est adjectif et doit s’accorder avec son substantif (1). 11 en sera de mĂȘme toutes les fois que le participe passĂ© construit avec avoir sera pré cĂ©dĂ© du substantif ou du pronom qui dĂ©signe la personne bu Tobjet existant passivement. En un mot, toutes les fois que le complĂ©ment passif (car le complĂ©ment passif nomme la personne ou Tobjet qui existe passivement) sera placĂ© avant le participe, on voudra exprimer la maniĂšre d’ĂȘtre passive, plutĂŽt que la maniĂšre d’ĂȘtre active, et le participe s’accordera avec ce complĂ©ment passif. Exemples : OĂč sont les livres que votre frĂšre a achetĂ©s (qui ont Ă©tĂ© achetĂ©s par votre frĂšre)? Je croyais vĂ©ritable Vhistoire qu'ĂŒ m'a contĂ©e (qui m’a Ă©tĂ© contĂ©e par lui). De toutes ces observations nous pouvons tirer celte rĂšgle gĂ©nĂ©rale sur Taccord du participe passĂ© : RÈGLE GÉNÉRALE DÉ L’ACCORD DĂŒ PARTICIPE PASSÉ. Si le participe passĂ© est employĂ© pour exprimer une maniĂšre d’ître oc/zĂ«c, point d’accord ; s’il est employĂ© pour exprimer une maniĂšre d’ĂȘtre non active, accord. Le rĂ©gime direct placĂ© avant le participe est ordinairement un-subslatUif joint aux mots quel, que de, combien de, ou reprĂ©sentĂ© par ?ne, te, se, nous, vous, le, la, les, que. Exemples: Quel. Quelle faute ai-je commise jusqu'ici? (Vertot.) Quels dangers n'a pas cowrus l’Autriche .pendant la tempĂȘte de vingt ans gĂŒelle a essuyĂ©e! (Dfi Phadt.) Quelle guerre intestine avons-nous allumĂ©e? (Corneille.) Quels obstacles a jamais trouvĂ©s lĂ -dessus la voÂŹ lontĂ© de ceux qui lieuuent en leurs mains la fortuiu* publique? ~ (Massillon.) (1) YoilĂ  donc une beautĂ© de notre langue, oĂ» le premier coup d’oeil ne fait apercevoir d’abord qu’une OQpricĂźeuse volontĂ© de l’us-^age. L’expression s’affranchit du rapport matĂ©riel di-s mois, mais c’est pour.sc soumettre au rapport plus puissant des idĂ©es, et peindre la pensĂ©e avec des couleurs plus vives el plus fidĂšles. Si j’at reçu une lettre vient effectivement de haheo acceptum litteras, que acccptum soit un subÂŹ stantif, comme le veulent BoĂčhours, Dumarsais, Condillac, ou bien qu’il soit un adjectif neutre, comme le prĂ©tend^Lemare, jamais on n’a pu dire litterƓ quas habeo acceptum; on aurait dit plutĂŽt littercs quas habeoMceptas ou quas acceptas habeo (que reçues nous avons, disent nos vieux Ă©crivains). 87
( 690 ) Quels paisibles ct dĂ©licieux jours nous eussions coulĂ©s ensemble 1 (J.-J. RoĂŒsseaĂŒO Nous ne savons si la matiĂšre raisonne ou ne raiÂŹ sonne pas, çt quelle sorte de petite-intelligence Dieu a donnĂ©e aux bĂȘtes. de SĂ©vignĂ©.) Que de. Que de vertus en vous un seul vice Ă  dĂ©truites ! ‱ (Saorin.) Que de filles, Ô dieux, mes piĂšces de monnaie pnt produites! (La Fontaine.) Que de cn’Tnes, de guerres, de meurtres, de misĂšres et d’horreurs n’eĂ»t point Ă©pargnĂ©s au genre humain celui qui aurait arrachĂ© les pieux ou comblĂ© le fossĂ© i (J.-J. Rousseau.) Que de remparts dĂ©truits! que de villes forcĂ©es! Que de moissons de gloirç, en courant, amassĂ©es! (Boileau.) Que d’autels on eĂ»t Ă©rigĂ©s dans l’antiquitĂ© Ă  un Grec qui aurait dĂ©couvert l’AmĂ©rique ! (Voltaibb.) Que de guerres aussi funestes qĂŒinjustes dç bons directeurs nous auraient Ă©pargnĂ©es! Ud,) Que de miracles les historiens ont prodiguĂ©s et contre les Turcs, et contre les hĂ©rĂ©tiques! (/d.)‘ Combien de. , Combien de lettres anonymes avez-vous reçues? Ud.) Combien de projets a-t-il faits ou rĂ©formĂ©s ! Combien d’ouvertures a-t-il donnĂ©es! Combien de services a-t-il rendus / (FlĂ©chier.) Je sais combien de disputes} ei essuyĂ©es en AnÂŹ gleterre sur notre versi/ication. (Voltaire.) Je sais tout ce que j’ai commis, Et combien de devoirs en un jour j’ai trahis. (fd.) Que. Les solides trĂ©sors sont ceux qu’on a'donnĂ©s. (Racine.) Pourquoi la nature n’aurait-elle pas mis sur la terre, dans les fleurs, les images des objets gĂŒelle a placĂ©s dans les cieux? (Bebn, de Saint-Pierre.) Je ne vois que des tours que la cendre a couvertes. (Racine.) Souvent les dons que la nature a suspendus aux arbres sont dĂ©posĂ©s dans de simples herbes. (Bern. de Saint-Pierre.) Me, te, se, nous, vous, etc. Sans espoir de pardon, m’avez-vous condamnĂ©e ? (Racine.) Mes chĂšres richesses, qu’ĂȘtes-vous devenues? HĂ©las! je vous ai perdues en moins de temps enÂŹ core que je ne vous avais gagnĂ©es! *. (Le Sage.) Les vents nous auraient-ils exaucĂ©s cette nuit? (Racine,1 Le bruit de nos trĂ©sors les a .tous attirĂ©s. (Racine.) Quel plaisir d’aimer la religion, et de ĂŻa voir crue, et soutenue par les Bacon, les Descartcs, les Newton, ■ les Grotius, les Corneille , les Racine, des Boileau, les Turenne, les d’Aguesseau, l’éternel nonneur de l’esprit humain I (La BruyĂšre.) Aux filles de cent rois je vous al prĂ©fĂ©rĂ©e. (Racine.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Il m'a fait de la peine. ÂŁlle a fondĂ© une colonie. Noos avons cultivĂ© les champs. La peine qu’il lui a faite. La colonie qu’elle a fondĂ©e. Les champs que nous avons cultives. >OOCO N" DCXX. \ 0 * PARTICIPES PASSÉS SUIVIS OU PRÉCÉDÉS DĂŒ SĂŒJET. Sujet placĂ© avant. Le moindre des tourments gue mon coeur a soufferts Égale lous les maux que l’on souffre aux enfers. (Racine.) ' Demandez-le, seigneur, Ă  cent peuples divers Que CETTE PAIX trompeuse a jetĂ©s dans les fers. Ud.) Sujet placĂ© aprĂšs. - ^ Qui pourra vou» sauver de l’immortel courroux, Lorsque vous rendrez compte au dieu de la mature Des tourments qu’a soufferts sa faible crĂ©ature? (ChĂ©nier.) (Il) veut savoir leur destin, (il) veut savoir en quels [lieux Les ont jetĂ©s les vents, les ont conduits les dieux. (Delillb.)
J^onime, gwĂ«n tes mains mon pĂšre avait laissĂ©e. Avec tous ses attraits revint en ma pensĂ©e. (Racine.) Enfin, pour achever ces tableaux de la natufej , je vous rappellerai les quatorze mille miroirs que Hook a trouvĂ©s sur l’Ɠil d’un bourdon. (AimĂ©-Martin.) { 691 ) Peut-ĂȘtre a-t-il dĂ» cette idĂ©e aux mĂ©moires graÂŹ vait laissĂ©s SA mĂšre, sous le titre modeste de sou- Venirs. (Ûe CavlĂŒs.) pĂ«st cetto Rodogune, oĂč l’un et l’autre frĂšre TrouvĂ© encĂŽr les appas gĂŒavait trouvĂ©s leur pĂšre. (Corneille.) Que ie sujet de la phrase prĂ©cĂšde ou suive le participe passĂ©, on voit que ce dernier s’accorde toujours avec le rĂ©gime. En effet, le sujet rejetĂ© aprĂšs le verbe ne peut nulleÂŹ ment empĂȘcher cet accord, comme l’ont avancĂ© quelques anciens grammairiens. Le seul mot qui exerce ĂŒne influence sur le participe passĂ© est le rĂ©gime direct du verbe avoir, lorsque ce rĂ©gime le prĂ©cĂšde. Dans ces .vers de Corneille : LĂ , par un long rĂ©cit de toutes les misĂšres Que pendant notre enfance ont endurĂ© nos pĂšres, on doit regarder le mot endurĂ© comme une licence de poĂšte. Il faut endurĂ©es. J ÈXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Les poisons qne ses mains ont prĂ©parĂ©s. Les rochers que le tonnerre a frappĂ©s. La fortune que mon pĂšre ra’a laissĂ©e. Les scĂ©lĂ©rats que cette main a punis. Les monstres que son courage a Le.s poisons qu’ont prĂ©parĂ©s ses mains. Les rochers qu’à frappes le tonnerre. La fortune que m’a laissĂ©e mon pĂšre. Les scĂ©lĂ©rats qu’î punis cette mairi. Les monstres qu'a domptĂ©s son'couragc. N" DCXXI. PARTICIPES PASSÉS SUIVIS IMMÉDIATEMENT Dâ€™ĂŒN ADJECTIF OU dâ€™ĂŒN AÜTRB PARTICIPE. Suivis dĂŒn adjectif. Le long usage des plaisirs Ăźes leur a rendus inuÂŹ tiles. ‘ ‱ (Massillon.) Pourquoi Dieu vous a-t-il fait cette dĂ©fense ? S’U vous a'faits raisonnables, vous devez avoir raison de tout. (Bossuet.) ... Assez de rois gue l’histoire a faits grands, Chez leurs tristes voisins ont portĂ© les alarmes. (Voltaire.) J'ai vu la mort de prĂšs, et je Z’ai vue horrible. ilU.) Il passa par des chemins gĂŒon avait toujours crus impraticables. (FĂ©nelon.) Les Perses, leurs ennemis, adorateurs du soleil, ne souffraient point les idoles .ni les rois g«’on avait faits dieux. (Bossuet.) Le salut de TĂ©tat nous a rendus parents. Ă«^Ol-TAIRE.) Et le sortZ’eĂ»t-il faite encor plus inhumaine, Üne iĂ rmed’un Bis peut amollir sa haine. (Corneille.) Suivis dĂŒn autre participe. Ses regards, il est vrai, n’étaient point enflammĂ©s Du courroux dont souvent je les ai vus armĂ©s. (Voltaire.) Dieu, en crĂ©ant les individus de chaque espĂšce d’animal et de vĂ©gĂ©tal, a non seulement donnĂ© la forme Ă  la poussiĂšre de la terre, mais il Ta rendue vivante et animĂ©e. (Buffon.) Si de quelques mortels on m’a vue adorĂ©e. Est-ce un crime pour moi? (Corneille.) ■n Ces bras gue dans le sang vous avez vus baignĂ©s. (Racine.) Vous m’avez crue attachĂ©e Ă  vous nuire: Dans le fond de mon cƓur vous ne pouviez pas lire. . ^ [Id.) Cette armĂ©e, se dĂ©fendant avec courage, ne put empĂȘcher les ImpĂ©riaux de pĂ©nĂ©trer dans l’Alsace, dont Turenne les avait tenus Ă©cartĂ©s. * (Voltaire.) QĂŒavez-vous fait? — HĂ©las I je me suis crue aimĂ©e , (Racine.) La GrĂšce en ma faveur est trop inquiĂ©tĂ©e. De soins plus importants je Z'ai crue agitĂ©e. (fd.)
( 692 ) LĂ© participe passĂ©, suivi dĂ«n adjectif ou d’un autre participe, doit toujours ĂȘtre conÂŹ forme en genre et en nombre au nom qĂŒil modifie, toutes les fois que le rĂ©gime direct prĂ©cĂšde. L’usage Ă  cet Ă©gard n’est plus partagĂ©. IL La mĂ©decine Ta Ă©chappĂ© belib. (MoliĂšre.) Ma foi, mon ami, je Tai Ă©chappĂ© belle depuis que je ne t'ai vu. (Le SagĂš-) « Ce participe Ă©chappĂ©, dit Bescher, dĂ©rive d’uri verbe peu propre Ă  transmettre une action directe, et Ton ne sait ce que reprĂ©sente le pronom. H faut regarder cette locution comme un gallicisme qui Ă©chappe Ă  tout examen grammatical. » D’abord, il nĂ«st point exact de dire que cette locution est un gallicisme, car elle existe dans d’autres langues. Les Italiens disent avcta a huon mercato (il Ta eue Ă  bon marchĂ©] ; ce Vavete fatta bella (vous nous Tavez faite belle.) Ensuite, nous ne croyons pas que le pronom le soit lĂ  un mot insignifiant, par cela seul qu’il ne se rapporte Ă  rien de ce qui a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment exprimĂ©. Celte locution, suivant nous, est tout simplement une expression elliptique, et ce n’est quĂ«n la ramenant Ă  son intĂ©gritĂ© qĂŒon en peut bien saisir la valeur. Je Vai Ă©chappĂ© belle doit ĂȘtre un abrĂ©gĂ© de jĂ« Vai Ă©chappĂ© d'une beĂźlemaniĂšre, ou bien par une belle peur, et le pronom le se rapporte au fait, Ă TĂšvĂ©nement, aĂč malheur en question ; je Vai Ă©chappĂ©, c’est-Ă -dire fai Ă©chappĂ© le malheur, V accident qui me menaçait. Ces mots malheur, acÂŹ cident, etc., bien qĂŒils ne soient pas formellement exprimĂ©s, n’en existent pas moins dans Tesprit el peuvent trĂšs-aisĂ©ment se supplĂ©er. Cette question a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ©e au chapitre des Adjectifs. I EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Tu m'as faite ta complice. Je l’ai toujours trouvĂ©e telle. Il fa trouvĂ©e fort grande ct fort jolie. Voua m’avez crue guĂ©rie. Mes affaires, quand Je 1rs ai eues terminĂ©es. Des hommes quo j’ai faits mes Ă©gaux. Les cruautĂ©s que nous avons vues txenĂ©cs par les ennemis. Cela est fondĂ© sur des observations que je n’aĂź jamais vues dĂ©men. lies. 3Ta lettre, Ă cs que je Tai eue finie. Votre lettre, quand on l’a eue lue. N” DCXXII. PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEUX RÉGIMES. RĂ©gime direct pĂźacĂ© avant Ăźe rĂ©gime indirect. Va lui jurer la foi que tu M’avais jurĂ©e. (Racine.) Aurai-je le bonheur de vous recevoir dans mon palais, ct de vous payer des soins que vous M’avez. donnĂ©s dans ma jeunesse? (BartĂŻiĂ©lemy.) Tu as joui de tous les biens que la nature t’avait donnĂ©s. (J.-J, Rousseau.) Je soupçonne violemment ce malheureux Italien d ĂȘtre l’auteur de toutes les noirceurs gu'on vous a ^COLLÉ.) RĂ©gime indirect placĂ© avant Ăźe rĂ©gime direct. Tout autre aurait voulu condamner ma pensĂ©e, . Et personne en ces lieux ne te TeĂ»t annoncĂ©e. ,(Uacine.) Et pour qui tiendrais-je Ă  la vie? C’est pour tous les Grecs, non pour vous seĂŒle, que vous me Tavez donnĂ©e. (Delaporte-Dutbeil.) J’entrevois en vous des sentiments dangereux, et je sais trop qui vous les a inspirĂ©s. (Voltaire.) Elle me parut comme vous me /'aviez dĂ©peinte. (M“e DE SÉVIGNÉ.) ^ Lorsque le participe est prĂ©cĂ©dĂ© de deux rĂ©gimes, Tun de*ces rĂ©gimes est direct, Tautre indirect; car un verbe ne peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de deux rĂ©gimes directs diffĂ©rents.
( 693 J jPour connaĂźtre quel doit ĂȘtre Taccord du participe, il suffit de savoir distinguer lequel des deux rĂ©gimes est en rapport direct. La phrase suivante de J.-J. Rousseau nĂ«st pas correcte : Je ne puis te dire quelle PEINE tout cela MĂ« fait, il faut quelle peine tout cela m'a faite. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Les dingrins qu’il m’a causĂ©s. L’amilßé que je vous ai portĂ©e. L’histoire qu’il m'a contĂ©e. Il me les a donnĂ©s. Je vous les ai portĂ©s. Ces histoires, il me les a contĂ©es cent foU. N" DCXXm PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DU VERBE avoÏT EMPLOYÉ SANS RÉGIME. OĂč la mouche a passĂ©, le moucheron demeure. (La Fontaine.) Vous riez? Écrivez quĂ«lle a ri. (Bacine.) Nos imprudents aĂŻeux n’oNT vaincu que pour lui, (Voltaire.) Son visage a changĂ©, son teint sĂ«st Ă©clairci. (MoliĂšre.) VoilĂ  quĂ«lle a fini, l’ouvrage aux yeux sĂ«xpose* (MoliĂšre.) Le Dieu qui vous inspire a marchĂ© devant moi. (Voltaire.) Mes amis ont parlĂ©, les cƓurs sont attendris. [td.) La fille, dit la loi, a criĂ© et nĂ« point Ă©tĂ© entendue. (J.-J. Rousseau.) Lorsque le participe passĂ© accompagnĂ© dd verbĂš avoir nĂ«st suivi ni prĂ©cĂ©dĂ© dĂ«ucun rĂ©gime, il est toujours invariable. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Elle a pleurĂ©. Ils ont chantĂ©. Mes frĂšres ont chassĂ©. Mes cousin as ont lu. Ma sƒur a Ă©crit. Elles ont CriĂ©.' Nous vous avons Ă©crit. Vous ne nous avez point rĂšpondo. Elle a trop parlĂ©. N" DCXXIV. PARTICIPÉS PASSÉS PRÉCÉDÉS DĂŒ VERBE ĂȘtre EMPLOYÉ, dit-on, POÜR avoir. Me, te, se, rĂ©gimes indirects. Autant que sa fureur sĂ«st immolĂ© ds tĂȘtes, Autant dessus la sienne il croit voir de tempĂȘtes. (Corneille.J Ils se sont donnĂ© l’un Ă  l’autre une promesse de mariage. ' (MoliĂšre.) Ils ne s’y sont proposĂ© pour exemple que la con* stiiutiĂŒn la plus simple des anciens. (Voltaire.) 11 est vrai quĂ«lle et moi nous nous sommes parlĂ© des yeux. (MoliĂšre.) Fous ĂȘtes-vous accordĂ© cette dĂ©finition? ou sorit-ce les loups, les singes et les lions qui vous l’ont passĂ©e? (La BruyĂšre.) NĂ©anmoins il s’était conservĂ© l’autoritĂ© principale. (Bossuet.) t J’admire, jĂ«n conviens, l’accord de ces trois frĂšres, Pluton, Neptune, Jupiter, Qui se sont divisĂ© sans tumulte et sans guerres, Le ciel et la mer et lĂ«nfer. (F. DE Nedfcbatbau.) . ‱ Jfe, te, se, rĂ©gimes directs. Je ne puis oublier qu’AriĂ ne exilĂ©e 5’est pour vos iotĂ©iĂȘls elle-mĂȘmeĂŻnmĂŻo/Ă©c. (Th. Corneille.) Je la vis massacrer par la main forcenĂ©e. Par la main des brigands Ă  qui tu Ces donnĂ©e. (Voltaire.) Elles se sont proposĂ©es comme modĂšles de douÂŹ ceur. (CitĂ© par Bescher.) La langue latine et la langue grecque sont deux langues qui se sont long-temps parlĂ©es, el qui ne sc parlent plus. [CitĂ© par Lemare.) Il n’y a rien en quoi les hommes se soient plus accordĂ©s qiie dans l’aveu de ce devoir, (Nicole.)’ La vie pastorale, qui s’cst conservĂ©e dans plu?" d’une contrĂ©e de l’Asie, n’est pas sans opulence. (Voltaire.) Il nĂ«st pas un point de thĂ©ologie sur lequel les hommes ne se soient divisĂ©s. {Id.)
( 6% ) * ti . , . Les RpmaiDs /Ă©taient faits Ă  la discipline. La ĂźdĂčs les peuples du monde, sans en excepter les Juifs, se sont fait des dieux corporels. {Voltaire.) Les Français s’étaient dwofir/une retraite glorieuse par la bataille de Fornoue. {Id.) CĂ«st par son dĂ©sintĂ©ressement que M. de Lamoi- gnon s’était rĂ©servĂ© cette l^ertĂ© dĂ«sprii si nĂ©cesÂŹ saire dans la place qĂŒil occupait, (FlĂ©chier.) sĂ©vĂ©ritĂ© de Manlius et lĂ«xemple de RĂ©gulus y ont beaucoup.contribuĂ©. (CitĂ© par Lemare.) Ils se sont ouverts de leurs desseins Ă  leurs enneÂŹ mis les plus dangereux. , (Voltaire.) A quel tourment nouveau je me suis rĂ©servĂ©e! (Racine.) Ils se SONT rĂ©servĂ©s pour une autre qccĂąridn. (CitĂ© par Bescher.) Ces exemples sont au nombre de ceux quĂ«n cite pour prouver ce principe absurde : Que le verbe ĂȘtre peut remplacer et remplace souvent le verbe avoir; car, dit-on, dans toutes ces cilĂątions, on peut substituer avoir Ă  ĂȘtre. Certes, ils se sont dit des injures et ils ont dit des injures Ă  eux, prĂ©sentent absolument le mĂȘme sens ; mais la premiĂšre de ces formes, moins Ă©nergique que la seconde, exprime un Ă©tat; ella seconde une action. ĂŻl est donc impossible que, ne fut-ce que pour la forme, ces expressions soient exacteÂŹ ment les mĂȘmes. En rĂ©flĂ©chissant un peu sur le mĂ©canisme de ces sortes de phrases, il nĂ«st pas bien difficile dĂ« s’apercevoir que, soit par Ă©lĂ©gance, soit par briĂšvetĂ© ou par toute autre cause, lĂ«llipse a sous-entendu le participe prĂ©sent ayant, et que ils se sorit dit des injures est un abrĂ©gĂ© de ils sont (ayant) dit des injures se (cĂ«st-Ă -dire Ă  soi, Ă  eux-mĂȘmes). Dans ce cas, ils sont ayant dit Ă©quivaut, pour le sens, Ă  ils ont dĂŒ. CĂ«st faute d’avoir vu cette ellipse que les grammairiens ont prĂ©tendu que le verbe ĂȘtre. dans toutes ces phrases, remplace le verbe avoir. Un mot ne peut ĂȘtre Ă  la place d’un autre; cette dĂ©plorable mĂ©thode des substitutions n’a fait que nuire jusqĂŒici aux proÂŹ grĂšs de la science grammaticale, et cĂ«st Ă  elle quo l’on doit surtout attribuer lĂ  pluÂŹ partdes erfĂ«urs qĂŒĂ« l’on a rĂ©pandues sur le participe passĂ©. Ce n’est pas en substituant une phrase Ă  une autre phrase qĂŒon parviendra jamais Ă  rendre raison des nombreuses difficultĂ©s qui se prĂ©sentent Ă  chaque pas dans TĂ©tude de la grammaire. Maintenant que nous avons envisagĂ© les exemples que nous avons citĂ©s sous le point de vue thĂ©orique, nous allons faire connaĂźtre les observations pratiques auxquelles ils donÂŹ nent lieu. Autant que sa fureur s'est immolĂ© de tĂȘtes, est pour autant que sa fureur est (ayant) IMMOLÉ de tĂȘtes A soi. ImmolĂ© Ă©tant suivi du rĂ©gime, a dĂ» rester invariable. Ariane s'est immolĂ©e elle-mĂȘme, est pour Ariane est (ayant) soi ellĂš-mĂȘme immoÂŹ lĂ©e. Le rĂ©gime soi prĂ©cĂ©dant, le participe a dĂ» en prendre Taccord. Toute la difficultĂ© consiste donc Ă  savoir quand les mots me, te, se, sont rĂ©gimes directs ou rĂ©gimes indirects. Or, on peut poser en principe quĂ«n fait de verbes dits pronominaux, quel que soit le sens de la phrase, le rĂ©gime qui les prĂ©cĂšde uoit ĂȘtre regardĂ© comme direct toutes les fois qĂŒil ne peut prendre une tdĂŒrhĂŒre indirecte. 11 suffit qĂŒon ne puisse dire : Elle est (ayant) emparĂ© A elle; tues {'ayant) repenti a toi; ils sont (ayant) Ă©criĂ©'a eux, pour que dans elle i'est emparĂ©e ; tu T'es repentie ; ils se sorit Ă©criĂ©s, les mots sĂš et lĂš soient considĂ©rĂ©s comme rĂ©gimes directs. . * Lorsque les mots me, te, se, remplissent dans la phrase la fonction de rĂ©gimes directs, le participe passĂ© doit en prendre Taccord ; si, au contraire, ils sont employĂ©s comme ré gimes indirects, le participe reste invariable. Cette rĂšgle si simple, une fois admise, suffit pour lever toutes les difficultĂ©s auxquelles peuvent donner lieu les verbes appelĂ©s vulgairement pronominaux, qui, du reste, sont soumis aux mĂȘmes rĂšgles que les participes prĂ©cĂ©dĂ©s du verbe avoir.
( 695 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Us se sont adressĂ© des lettres. Us se sont amassĂ© de la fortune. Us se sont assurĂ© un revenu. Elles se sont baisĂ© la main. Us se sont cassĂ© le cou. Ils se sont jetĂ© des pierres. Us se sont donnĂ© la main. Us se sont adressĂ©s Ă  moi. La foule s'est amassĂ©e. Elles se sont assurĂ©es delavĂ©rĂźtĂ©. Elles se sont baisĂ©es au front. Ils se sont cassĂ©s comme verre. Ils se sont jetĂ©s a l’eau, lis se sont donnĂ©s au diable. Us se sont abandonnĂ© leurs biens. Ils le sont arrachĂ© les cheveux, ils se sont avouĂ© leurs torts. Ils se sont barbouillĂ© le visage. Elles se sont coupĂ© le pouce. Ils se sont peint les sourcils. Ils se sont abandonnĂ©s Ă  la colĂšre, Ellçs se sont arrachĂ©es de nos mains, tisse sont avouĂ©s comme auteurs du dĂ©lit. Us se sont barbouillĂ©s de noir. Elles sc sont coupĂ©es Ă  la main. EUe s’est peinte elle-mĂȘme. DCXXY DES PARTICIPES coĂ»tĂ©, valu, pesĂ©, Que dĂš soins mëût coĂ»tĂ©s cette tĂȘte charmante! (Racine.) AprĂšs tous les ennuis que ce jour m’a coĂ»tĂ©s. Ai-je pu rassurer mes esprits agites? ‱ (id.) Vous n’avez pas oubliĂ© les soins que vous m’avez coĂ»tĂ©s depuis votre enfance. (FĂ©nelon.) Ne serait-il pas doux de retrouver dans l’elfet de nos soins les plaisirs gw’ils nous ont coĂ»tĂ©s ? (J.-J. Rousseau,) Je ne regretterais ni le temps, ni la peine gu’il m’a coĂ»tĂ©s. (Thurot,) VoilĂ  la charmante rĂ©ception que mon costume m’a value. (Jacquemart.) Que de veilles, que de tourments il m’a coĂ»tĂ©st (J.-J. Rousseau.) Il paraĂźt en effet digne de vos bĂŽntĂ©s, Il mĂ©rite surtout les pleurs gĂŒil m’a coĂ»tĂ©s. (Voltaire.) Ne goĂ»tons-nous pas mille fois le jour le prix des combats.gua notre situation npus & coĂ»tĂ©s? (J.tJ. Rousseau.) * ‘ i Mes manuscrits ĂŻatĂŒrĂ©s, barbouillĂ©s^ et ihĂȘrrie inÂŹ dĂ©chiffrables, aileslent la peine gĂŒils m’ont coĂ»tĂ©e. {IdJ Cinquante familles seraient riches des somines gue cette maison a coĂ»tĂ©es. {Id:) Les honneurs que j’ai reçus,^cĂ«st mon habit qui me ies Ăą valus. Dans quelque setis qĂŒils soient pris, au propre comine au figurĂ©, les participes coĂ»tĂ©, valu et pesĂ© s’accordent toujours avec le rĂ©gime lorsque ce rĂ©gime les prĂ©cĂšde. Les grammairiens, contre les faits et plus encore contre la raison, rie voĂŒlaient absoluÂŹ ment pas que ces participes prissent d’accord ; ils allaient chercher le verbe cqnstare, neutre ; aussi voyons-nous, dans tous les dictionnaires, le verbe co«/er marquĂ© de la lettre N, comme si neutre pouvait signifier quelque chose dans notre grammaire. Ni Vun ni Vautre, dites-vous. Eh bien! qĂŒest-il donc? 11 est actif, rĂ©pondrons-nous, parce qu’il faut parler pour tout Ăźe monde. Nous ouvronsRichelet [in-folio, Lyon, 1668), et nous y trouvons que « coĂ»ter est un verbe actif, rĂ©gissant le nom de la chose Ă  l’accusatif, et celui de la personne au datif. Exemple : Versailles a coĂ»tĂ© des millions Ă  Louis XIV. » Or, si Ton dit : La peine que m'a coĂ»tĂ©e mon travail, on peut dire aussi : Les millions QUE Versailles a coĂ»tĂ©s Ă  Louis XIV. . Les grammairiens, il est vr^i, se sont bien amĂ©ndĂ©s depuis, malgrĂ© Tinsignifiante el trompeuse lettre N dont ces verbes sont martelĂ©s dans tous nos lexiques, et cĂ«st Ă  la criÂŹ tique Ă©clairĂ©e de nos grammairiens philosophes que Ton doit leur retour Ă  la raison. EXERCICE PHRASEOLOGIQVE. Les cent francs qu’il a coĂ»tĂ©s. Le.s sommes qu’il a values. Les peĂźues qu’il m'a values. La considĂ©ration que cela m’a value. Les deux livres de cerises que cette femme a pesĂ©es. Les cent livres que ce ballot a pesĂ©es. Les vingt francs que ce livre a coĂ»tĂ©s. Les cent Jouis que ce cheval a valus. Les deux livres que cette boĂźte a pesĂ©es. La peina que cela m'i coĂ»tĂ©e.
( CM ) W DCXXVI. Ɠ PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEUX SORTES DE que Que RÉGIME DIRECT. Le zĂšle d’une pieuse sĂ©vĂ©ritĂ© reprochait Ă  La FonÂŹ taine une erreur gw’il a pleurĂ©e lui-inĂšme. (Ciiampfort.) L’évĂȘque de Meaux a créé une langue que\m seul t parlĂ©e. ' (Chateaubriand.) Elle n’oublie pas les dangers gĂŒil avait courus entre Scylla et Charybde. ’ (FĂ©nelon.) Vous rendrez compte un jour au dieu de la nrflure Des tourments gw'a soufferts sa faible crĂ©ature. (ChĂ©nier.] Comment dĂ©crire tous les maux que cette guerre avait traĂźnĂ©s api;Ăšs elle? (FlĂ©chier.) ' Que EMPLOYÉ AVEC ELLIPSE DE pendant. Il ne vous a pas dit tous les jours gĂŒil a pleurĂ© en secret. {Anonyme.) Toutes les fois gĂŒil a parlé» j’ai gardĂ© le plus profond silence. « {id.) Comptez-vous pour rien les deux heures gue j’ai couru? * (CitĂ© par Pons.) Que serait-ce s’il me fallait vous dire tous les moments gĂŒelle a souffert sans murmurer et sans se plaindre! (Phrase de FlĂ©chier arrangĂ©e.) De quoi vous ĂȘtes-vous occupĂ©s durant les dix- huit mois que les nĂ©gociations ont traĂźnĂ© en lonÂŹ gueur? (CitĂ© par Bescher.) Dans ces exemples, les mĂȘmes participes sont Ă©crits dĂ«ne maniĂšre diffĂ©rente, parce que \e que dont ils sont prĂ©cĂ©dĂ©s nĂ«st pas le mĂȘme dans les deux colonnes. Dans la premiĂšre, il fait les fonctions de rĂ©gime direct, et doit en consĂ©quence communiquer la variabilitĂ© au participe qui le suit.\Dans la seconde, au contraire, il est employĂ© avec elÂŹ lipse de la prĂ©position pendant: Tous des jours Qv'il a pleĂŒrĂ©, cĂ«sl-Ă -dire tous les jours pendant lesquels ii a pleurĂ©, ou bien tous les jours oĂč il a pleurĂ©; toutes les fois QĂŒ'U a PARLÉ, cĂ«st-Ă -dire toutes les fois oĂč il a parlĂ©; les deux heures qĂŒr j'ai COURU, cĂ«st-Ă -dire les deux heures pendant lesquelles j’oz couru; lotis les moÂŹ ments Qv'elle a souffert , cĂ«st-Ă -dire tous les moments pendant lesquels elle a SOUFFERT. La mĂȘme ellipse a lieu dans les exemples qui suivent : On croira que ces jours me durĂšrent huit siĂšcles; tout au contraire, j’aurais voulu qu’ils les eussent durĂ©, . ‘ (J.-J. Rousseau.) Oui, cĂ«st moi qui voudrais effacer de ma vie Les jours que j’ai vĂ©cu sans vous avoir servie. (Corneille.) Qui pourrait'dire combien de siĂšcles a vĂ©cu celui qui a beaucoup senti et mĂ©ditĂ©? (De MĂ«ilhan.) Que Je bien n’a-t-clle pas fait pendant le peu de jours gĂŒelle a rĂ©gnĂ©. (FlĂ©chier.) Toutes les heures que vous avez dormi, je les ai pdssĂ©es Ăą Ă©crire. (CitĂ© par Bescher.) Toutes les annĂ©es, toutes les heures f/ĂŒelle a lan- gui» gĂ©mi, pleurĂ©, soupirĂ©, lui ont paru des siĂšcles. {Id.) L’Allemagne a couru les plus grands dangers pendant les annĂ©es gĂŒa durĂ© cette guerre. (De Pradt.) Puisse le ciel, qui lit dans mon cƓur Ă©perdu, Ajouter Ă  vos jours ceux que j’aurais vĂ©cu ! (La ChaussĂ©e.) Je regrette les nombreuses annĂ©es que j'ei vĂ©cu sans pouvoir m’instruire. (J.-J. Rousseau.) C’est Ă  la mĂŽme Ă©poque que la Clairon a dĂ©butĂ©. (Voltaire.) Tous les jours que cette cheminĂ©e a fumĂ© ont Ă©tĂ© pluvieux. (CitĂ© par Bescher.) Toutes les annĂ©es que vous avez cro«pt dans une honteuse insouciance ont Ă©tĂ© perdues ppur vous. {Id.) Donc, toutesles fois que les mois'que, les, combien, sont employĂ©s d’une maniĂšre ellipÂŹ tique, et qu’ils ne font point les fonctions de rĂ©gimes directs, le participe qui suit doit ĂȘtre invariable. EXERCÎcĂ  PBRASÉOLOGIQÜE. Tons les maox qu'il a soufferts. C'est une gavotte qu'on a flansee. Tous les jours qu'il a souffert. . C'est toute la nuit qn'on a dansĂ©.
( 697 ) 4 -«SiÂź N DCXXVn. PARTICIPES PASSÉS CONSTRUITS AVEC LES VERBES DITS Ă»nipersonnels OU impersonnels,. Les chaleurs excessives gu’il a faitonl causĂ© beauÂŹ coup de maladies. (Condillac.) Que de pertes nous ont coĂ»tĂ©es les orages multiÂŹ pliĂ©s gĂŒil y a CM cette annĂ©e ! (CitĂ© par Boniface.) Les mauvais temps gĂŒil a fait ont nui aux viÂŹ gnes, et ruinĂ© beaucoup de marchands de vin. [Id.) Que de feuilles d'arbres il a fallu pour couvrir ainsi les chemins! [Id.) Charlemagne a gouvernĂ© avec gloire une des plus vastes monarchies gu’il y ait eu depuis celle des RoÂŹ mains. , {Id.) La disette gĂŒil y a eu cet hiver a causĂ© bien des maladies. (CitĂ© par Lemare.) Lorsque le gouvernement fut devenu monarchiÂŹ que, on laissa cet abus, Ă  cause des inconvĂ©nients gw'il y aurait eu Ă  le changer. (Vertot.) Que de temps, gwe de rĂ©dcxions n’a-t‘il pas fallu pour Ă©pjer et connaĂźtre les besoins, les Ă©carts et les ressources de la nature! (BartiiĂ©lemv.) Rappelez-vous, AthĂ©niens, toutes les humiliations gw il voĂŒs en a coĂ»tĂ©l (Voltaire.) CĂ«st en Egypte que Ton conçut une des idĂ©es les plus utiles Ă  la morale gu’il y ait jamais eu. (Tuomas.) Les pluies gu'il a fait ont nui aux productions de la terre. (CitĂ© par Bescher.) Que de maux il en est dĂ©jĂ  rĂ©sultĂ©! {Id.) Les participes des verbes dits unipersonnels ou impersonnels sont toujours invariables. Tel est Tusage. , Nous pensons toutefois que ces participes Ă©tant prĂ©cĂ©dĂ©s du rĂ©gime direct devraient varier tout comme les autres, et que c’est par un aveugle usage qu'on les a exceptĂ©s de la rĂšgle gĂ©nĂ©rale. Cette opinion, qui paraĂźtra peut-ĂȘtre hasardĂ©e, est partagĂ©e parplusieurs grammairiens d’un mĂ©rite reconnu. Mais, dira-t-on, toute action s’attribue Ă  un sujet. Dans les phrases citĂ©es, on ne dit pas qui a produit les pluies, qui a fait les chaleurs. L’ĂȘtre agissant n’est point reprĂ©sentĂ© par le pronom ^. D’autre part, le rĂ©gime n’est pas modifiĂ©. La dĂ©composition gramÂŹ maticale ne peut donc avoir lieu, et le participe conserve sa nature de verbe et son inÂŹ variabilitĂ©. Ce raisonnement est passablement faux. D’abord, il nĂ«st point vrai que TĂȘtre agissant ne soit pas reprĂ©sentĂ© par il; car, que ce mot remplace ou non un substantif prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, toujours est-il qu’il remplit dans la phrase les fonctions de sujet, et que Ton dit positivement que c’est lui qui a proÂŹ duit, qui a fait les chaleurs. Toute la difficultĂ© consiste Ă  savoir quel peut ĂȘtre VĂȘtre ou la chose que ce mot dĂ©signe. Nous avons dĂ©montrĂ©, au chapitre des Pronoms, que le proÂŹ nom il, dans ce cas, tient la place des mots Dieu, ciel, air, ou autres semblables, et que les chaleurs quih a fait est pour les chaleurs que le temps a fait. Ensuite, ĂŒ nĂ«st pas moins inexact de dire que le rĂ©gime n’est point modifiĂ©, et que la dĂ©composition gramitiaticale ne saurait avoir lieu; car Tanalyse de cette phrase, qui, selon nous, est celle-ci ries chaleurs, le /mps a* lesquelles chaleurs fai Ăź es, prouve au plus haut degrĂ© d’évidence que le rĂ©gime que signifiant lesquelles chaleurs, est modifiĂ© par faites, et que par consĂ©quent il doit ĂȘtre en rapport de genre et de nombre avec ce rĂ©gime. Lemare prĂ©tend que dans ces sortes de phrases, le mot que n’est poinf un accusatif; mais qĂŒil est le nominatif d'un verbe ellipsĂ©, et pour le prouver, il analyse les chaÂŹ leurs quil a fait de la maniĂšre suivante : Les chaleurs (ceci s’est fait), savoir, lesquelles chaleurs se sont faites, analyse, ou plutĂŽt galimatias, oĂč Ton chercherait en vain le nominatif de Lemare, qui, ne sachant qu’en faire, a cru devoir s’en dĂ©barrasser. Nous ferons remarquer, pour la centiĂšme fois peut-ĂȘtre, que substituer une phrase Ă  88
n ( 698 ) une autre, ce nĂ«st point Tanalyser. Or, dans la phrase citĂ©e, il y a qu'il a fait et non ceci s'est fait; ce qui nĂ«st pas du tout la mĂȘme chose. Loin de rĂ©soudre la difficultĂ© par une semblable substitution, Lemare ĂŒa donc fait que lĂ«mbrouiller encore daÂŹ vantage. ‘ * Biagioli nĂ« pas Ă©tĂ© plus heureux. Dans sa Grammaire française Ă©crite en italien, il dit qĂŒe lĂ«n doit Ă©crire les chaleurs QĂŒ'ĂŒ A fait, en laissant fait invariable, parce que ce participe est employĂ© comme signe Ă©lĂ©mentaire de la forme a fait, dont lesquelles chaleurs est ie rĂ©gime, comme le dĂ©montre la construction directe, qui, suivant lui, est celle-ci : Les chaleurs, IL, cĂ«st-Ă -dire lĂ© temps a fait lesquelles chaleurs. bans sa Grammaire française Ă©crite en français, le mĂȘme grammairien donne une autre analyse, et cherche Ă  justifier TinvariabilitĂ© du jparticipe, en substituant un rĂ©gime masculin au vĂ©ritable rĂ©gime, et en disant que les chaleurs qĂŒ'ĂŒ a fait est pour il, cĂ«st- Ă -dire lĂš temps a (cet acte) FÀiT: savoir : lesquelles chaleurs. Ces deux sortes dĂ«nalyse de notre savant maĂźtre ne prouvent qĂŒune chose, cĂ«st que dans cette phrase, le mot que est rĂ©ellement un rĂ©gime direct, qui, prĂ©cĂ©dant le patr ticipe fait, devrait de toute nĂ©cessitĂ© lui imposer Taccord' exigĂ© par la rĂšgle gĂ©nĂ©rale Ă©tablie plus haut. Mais laissons lĂ  les Biagioli et les Lemare . Voici venir un grammairien qui va trancher le nƓud gordien. Cet autre Alexandre est M. Pastelot. A lĂ«n croire, tous ses devanciers n*y ont vu goutte. Lui seul a dĂ©couvert tout ce que les phrases qui nous occupent renÂŹ ferment de mystĂ©rieux ; armĂ© de sa loupe, il y a vu presque un monde entier. « Dans ces )) sortes de phrases, dit-il, il y a'mĂ©tonymie, syllepse, ellipse et mĂŽme hyperbate. Les )) chaleurs qu'il a fait... prĂ©sente ce sens : qui ont existĂ©. Cette proposition imibĂ©diate; « dĂ©terminative; doit ĂȘtre dans Tordre grammatical reconstruite ainsi, en conservant la » forme de chaque mot : Les chaleurs que (touchant lesquelles) il(\e temps) a fait, pour » a agi. Il n’y a point de proposition qui ne renferme explicitement ou implicitement )) le sujet,'\p verbe et l'attribut. Il y a dans cette locution mĂ©tonymie, effet pour la cause, )) fait employĂ© pour existĂ©; syllepse ou conception, construction commandĂ©e par le sens )) plutĂŽt que par le rapport des mots ; il sujet indĂ©terminĂ©, pour le temps ou tout autre )) Ă©quivalent ; ellipse, omission du mot qui rĂ©git que.n Quelle foule de choses dans une phrase oĂč nous, pauvres aveugles quĂȘ nous sommes, nous ne voyons qĂŒune simple faute d’orthographe consacrĂ©e parTusage 1 Que n’avons-nous ĂŻa loupe de M. Pastelot 1 Loupe prĂ©cieuse, au moyen de laquelle on peut apercevoir mĂȘme des choses qui n’existent pas ! En altendĂąnt qu’éllĂ© nous tombe entre les mains, nous inÂŹ voquerons le bienheureux fiat lux ! en faveur de Texposition que M. Pastelot nous a faite de sa rare dĂ©couverte, car il nous est permis de douter qĂŒelle soit parfaitement saisie par les lecteurs mĂȘme les plus intelligents. ^ EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Les chaleurs ^u'Ăźl a fait. Les froids ijii’il y a eu. Les pluies qu'il a fait. Les sommes qu'il m'eu a coĂ»tĂ©. Les' livres ^u il a fallu. La grande inondation qui a eu Heu. oooo ^^«^9 N” DCXXYIIL PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEUX SUBSTANTIFS JOINTS PAR plutĂŽt que, non plus que, moins que, aussi bien que, non seulement, mais, etc. , Accord avec le premier substantif. CĂ«st moins son intĂ©rĂȘt que votre fĂ©licitĂ© gĂŒil a eu en vue. (CitĂ© par RnscaBR.) Accord avec le dernier substantif. Non seulement toutes ses richesses et ses honÂŹ neurs, mai» toute sa vertu «’est Ă©vanouie. (Vau'gblas.)
CĂ«st son intĂ©rĂȘt, gussi bien que votre, fĂ©licitĂ©, gw’il a consultĂ©. '' . (id.) CĂ«st §a glojre, plutĂŽt que le bonheur de la naÂŹ tion, gu il a ambitionnĂ©e. {Jd.) ( 699 ) On .raĂ« parlĂ© dĂ« deux doni^iques, mais rioĂźam- ment & Alexis; gĂŒĂ”h ‘a vm dans l’appartement oĂŒ le malheur est arrivĂ©. (CitĂ© par BEscnEK.) . Quand piusieurs substantifs sont joints par ies expressions coinparatives comme, ainsi que, de mĂȘme que, aussi bien que, autant que, nonmoins.que, non plus que; le participe rie s’accorde ordinairement qu’avec le sujet de la proposition principale. Lorsqu’au contraire les substantifs sont liĂ©s par mats ou 7tonsett/emen/,le participe prend l’accord du dernier. Voyez le chapitre du Yerbe et celui deYAdjectif, oĂč cette question a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ©e. EXERCiCE PBRÂSÉOLOGIQVE. C’ist son inlĂ©rĂȘtj'plus que la gloircj qu’it a ambitionnĂ©. C’est la gloire, plus qiiĂš son idtĂ©rĂȘt, qii’il a anibitĂźdnnĂ©e- ' —N” DCXXIX. ‱ ^ * ^ 4 PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEÜX SUBSTANTIFS UNIS PAR LA PRÉPÛSI’TION de* ■Accord çLVOc Ăźe premier substantif. Ce mal Ă©tait devenu nĂ©cessaire dans une ville immense, opulente et oisive, oĂč une partie des ciÂŹ toyens Ă©tait sans cesse occupĂ©e k accuser Tautre. (Voltaire.) Comment pourrai-je, madame, arrĂȘter ce torrent de larmes gue le temps nĂ« pas Ă©puisĂ©, que tant de sujets de joie n'ont pas tari? (BossĂŒet.) Le plus grand nombre des insulaires fut Ă©gorgĂ©. (Marmontel.) Quand les rois n’étaient pas encore parvenus au degrĂ© de puissance gĂŒils ont eu depuis, la veuve de Louis le Gros ne fit aucune difĂŒcultĂ© d’épouser Matthieu de Montmorency. (Voltaire.) Tous les hommes ont toujours quelque petit grain de folie mĂȘlĂ© k leur science. {Id.) J’eus une maladie assez sĂ©rieuse, causĂ©e par la trop grande quantitĂ© de liqueurs que j’avais buĂ©. (Florian.) Accord avec Ăźe ucgnd substantif, . Les uns coururent se jeter dans la riviĂšre de Narwa, et une foule dĂȘ soldats y furent noyĂ©s, (Voltaire.) J’évitai par unĂ© prompte fuite une grĂȘle de coups qui seraient tombĂ©s sur rnoi. (Le Sage.) Quels miracles un pĂ©tU nombre de soldais, perÂŹ suadĂ©s de l’habiletĂ© de leur gĂ©nĂ©ralrne peuvent-ils pas enfanter? (CĂčateaĂŒbiuand.) On voit qu’ils eurent dans leur langue un mĂ©lange harmonieux de consonne# douces et de voyelles qu’aucun peuple de l’Asie n’a jamais connues. (Voltaire.) I Cet ouvragĂ© d’Afistote sĂ«st prĂ©sentĂ©, Ă  mes yeux comme ĂŒne tablĂ© de matiĂšres gĂŒon aurait extraites de plusieurs milliers de volumes. (Buffon.) Que Voit-il, le pĂ©cheur, dans cette longue suite de jours qu'il a passĂ©s sur lĂ  terre? (Massillon.) m Quanrt un participe passĂ© est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substantifs unis par ßà prĂ©position de, il faut chercher, pour Taccord, celui qui est le plus en rapport d’idĂ©e avec lui; car c’est celui-lĂ  qui acquiert la principale influence; TaĂŒtre n’ofire qu’une idĂ©e secondaire sur laquelle Tatteritiou glisse facilement. C’est ce que nous avons dĂ©jĂ  observĂ© pour Tac- cord de Tadjectif et du verbe. Cette rĂšgle suffit pour rĂ©soudre toutes les difficultĂ©s. Si elle diffĂšre de celle posĂ©e par la plupart des grammairiens, cĂ«st que ceux-ci, au Heu de s’élever Ă  la hauteur des vues de Tesprit, ne consultent souvent, dans leurs rĂšgles de concordance, que Tarrangement matĂ©- . riel des mots. * . Cette rĂšgle s’applique Ă©galement au participe prĂ©cĂ©dĂ© des motspew de, ainsi quĂ«n le voit par les exemples qui suivent : ’ Mais d’oĂč viennent ces difficultĂ©s, si ce n’est du Le peu de talents et de' connaissances que Chris- peu d'application gĂŒon y a donnĂ© jusqu'ici? tine avait remarquĂ©s en lui ne Pavait pas empĂȘchĂ©e (BeauzĂ©ĂȘ.) de lui confier le soin de ses affaires. (D’Axbmbbbt.)
( 700 ) MalgrĂ© le peu d’approbation gĂŒa eu la saignĂ©e de M. le comte, j’ai trĂšs-grande fol Ă  La MĂ©trie. (Voltaire.) Le peu de sĂ»retĂ© gue j’ai vu pour ma vie Ă  re- tonrner uNaples, m’y a fait renoncer pour toujours. (Boilbau.) Les AmĂ©ricains sont des peuples nouveaux; il me semble qu'on nĂ«n peut pas douter au peu de progrĂšs que les plus civilisĂ©s dĂ«ntre eux avaient fait dans les arts. , (Buffon.) CĂ«st ce qui me paraĂźt difficile Ă  dĂ©cider, Ă  cause du peu de renseignements que nous ont laissĂ© les anciens. . (Buffon.) Le peu d’instruction gĂŒil a eu le fait tomber dans mille erreurs. (Marmontel.) Il ne laissa pourtant pas, en lui donnant des marques de son affection, de lui reprocher le peu de confiance gĂŒil avait eu en lui. (Le Sage.) Je ne crois pas que jĂ«usse besoin de cet exemple d’Euripide pour justifier le peu de libertĂ© que fai prise. - (Racine.) Je ne parlerai pas du peu de capacitĂ© que j’al acquise dans les armĂ©es. . (Vertot.) * Le peu de utĂ«res gu’on a conservĂ©s ou recueillis est portĂ© Ă  un prix qui effraie l’indigence, et qui pĂšse mĂȘme Ă  la richesse. (La Uarpb.) DĂ©jotanus gagne le port de PhasĂšte, petite ville oĂč il n’a point Ă  craindre le peu d’habitants que la guerre y a laissĂ©s- (Marmontel.) Elle regagne par une course rapide le peu de mo- mehts guĂ«lle a perdus. (Fontanelle.) Le peu de troupes gĂŒil a rassemblĂ©es ont tenu ferme dans leur poste. (Marmontel.) Le mĂȘme principe reçoit encore son application lorsque le participe passĂ© est pré cĂ©dĂ© d’un adverbe de quantitĂ©, quel qu’il soit, comme le tĂ©moignent les citations qui suivent : Tant de faiblesse vous avez eu! (CitĂ© par Bescubr.) Comment tant de vertu peut-il ĂȘtre ignorĂ© Ăź (CitĂ© par Bomfacb.) Jamais tant de vertu nĂ« Ă©tĂ© rĂ©uni Ă  tant d’intelÂŹ ligence. (Cn. Nodibr.) Si vous saviez com&tĂ«n de prudence et de retenue il atm'a dans cette entrĂ©vue dangereuse. (CitĂ© par Bescher.) Voyez gue d’herbe il a foulĂ©! {Id.) Que d’eau il a rĂ©pandu par terre^ {Id.) Jamais tant de vertu fut-elle couronnĂ©e? (Racine.) Jamais "tant de savants ne furent immolĂ©s. (Voltairb.) Autant de vertus gĂŒelle a pratiquĂ©es, sont auÂŹ tant de sujets de confiance en la bontĂ© de Dieu. . (FlĂ©chier.) Que d’herbes \\ a arrachĂ©es! (CitĂ© par Bescher.) Que d’eaux diffĂ©rentes il a mĂȘlĂ©es ensemble! {!d.) Tant de malheurs gue vous avez soufferts, ne vous ont point encore appris ce qĂŒil faut faire pour Ă©viÂŹ ter la guerre. (FĂ©nelon.) On reconnaĂźt encore l’influence du mĂȘme principe dans ces exemples ; C’est un des bons mĂ©decins de Paris gĂŒil a conÂŹ sultĂ©. (CitĂ© par Bescher.) Un de vos valets gue j’ai rencontré» mĂ« annoncĂ© votre dĂ©part. (/d.) Un de mes amis gue jĂ«i visitĂ© hier, mĂ« assurĂ© que vous restiez. {Id.) ‱C’est un des plus cĂ©lĂšbres mĂ©decins gue vous avez consultĂ©. {Id.) Un des droits les plus sacrĂ©s gue la constitution nous .1 garanti» que la rĂ©volution mĂȘme a consacrĂ©, c’est la libertĂ© de conscience. (Jd.) C’est une des pires Ă©ditions que vous avez achetĂ©e. {Id.) C’est un des moindres, un des plus lĂ©gers services gĂŒil.vous a rendu. {Id.) CĂ«sl un des plus jolis rĂȘves que j’ai fait. {Id.) Ce sera un des plus grands bienfaits gĂŒil nous aura procurĂ©. {Id.) ĂŒn de nos meilleurs Ă©crivains qui s’est prĂ©sentĂ© chez moi, m’a communiquĂ© votre manuscrit. Ud.) Quant Ă  Bayle, on sait que c’est un des plus grands hommes que la France ait produits. (Voltaire.) VoilĂ , parbleu, un des plus honnĂȘtes et des.plus consciencieux avocats gue j'aie uns de ma vie. (De Brueys.) Les Anglais Ă©taient sous les ordres d’un des plus singuliers hommes gĂŒait jamais portĂ©s Cc pays si fertile en esprits fiers, courageux et bizarres. (Voltaire.) La scĂšne de la conspiration me paraĂźt une des pĂźus belles et des plus fortes qu’on ait encore vues au théùtre. {Id.) C'est une des plus grandes fautes que la politique ait jamais/*attes. (De Pradt.) La raison de cette inaction Ă©tait un des desseins les plus difficiles Ă  exĂ©cuter guĂ«it jamais formĂ©s l’imagination humaine. (Voltaire.) FrançoisMansard, l’un des plus grands architectes gĂŒait cuv la France. {Id.) Vous ĂȘtes un des plus absurdes barbouilleurs do' papier qui se soient jamais mĂȘlĂ©s de raisonner. (Voltaire.)
( 701 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. troii|)e'{le nos Jeunes gens s‘est Ă©laticcc. Uq essaim d’abeilics s’est agglomĂ©rĂ©. Le reste de nos soldats s’est retirĂ©. Les sacs d’espĂšces que j’ai |iortĂ©s. Une foule de guerriers se sont offerts. Une foule, une troupe d’oiseaux se sont rassemblĂ©s. La plupart des bataillons que nous avons form«. ^ Il tomba sur un monceau de morts qu'il avait immolĂ©s Ă  sa fnrOBT* N" DCXXX. PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DU PRONOM en. En NON prĂ©cĂ©dĂ© D*ON RÉGIME DIRECT. HĂ©lfis ! j’étais aveugle en mes vƓux aujourd’hui; J'en ai fait contre toi quand jĂ«n ai fait pour lui. (Corneille.) II crut avoir vu des miracles etmĂšme en avoir fait. (Voltaire.) Il n’y a qu’une tontine qui soit onĂ©reuse; aussi les anciens n’en ont jamais fait. (Id.) Les publicistes ont fait de gros livres sur les droits au royaume de JĂ©rusalem. Les Turcs n’en ont point fait, (Id.) Je ne hais point les grands, jĂ«n ai vw quelquefois Qu’un dĂ©sir curieux attirait dans nos bois. {Id.) Il nĂ«st que trop vrai qĂŒil y a eu des anthropoÂŹ phages, nous en avons trouvĂ© en AmĂ©rique. [Id.) Que j’aĂź dĂ«nvie de recevoir de vos lettres ! Il y a dĂ©jĂ  prĂšs d’une demi-heure que je n’en ai reçu. (M»*« de SĂ©vignĂ©.) Les PhĂ©niciens, en dĂ©couvrant l’Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient Ă©tabli des juifs, qui servirent de courtiers, comme ils en ont servt partout. (Voltaire.) Tout le monde m’a offert des services, et personne ne m’en a rendu. (ÎVi“¼ de Maintenon.) En PRÉCÉDÉ d’un rĂ©gime direct. Croyons-le donc comme lui, malgrĂ© les railleries Qu’on en a faites. (Voltaire.) La traduction que j’en ai faite est loin d’atteindre Ă  la force et Ă  la bonne plaisanterie de l’original. {Id.) La derniĂšre scĂšne de la Afort de CĂ©sar est trĂšs- mal-imprimĂ©e et toute tronquĂ©e dans la misĂ©rable Ă©dition Qu’on en a/atte. i^d.) 11 n’y avait peut-ĂȘtre pas en Europe dix gentilsÂŹ hommes qui eussent la Bible ; elle n’était point traÂŹ duite en langue vulgaire, ou du moins les traducÂŹ tions Qu’on en a faites dans peu de pays Ă©taient ignorĂ©es. * , (Id.) Les rois qui les ont deyancĂ©s, SitĂŽt qĂŒils y montaient s’en sont dus renversĂ©s. (Racine.) Voyez comme vous vous en ĂȘtes bien trouvĂ©e avec ce vice-lĂ©gat. (M“¼ de SĂ©vignĂ©.) Cassius, naturellement fier et impĂ©rieux, ne cherÂŹ chait dans la perte de CĂ©sar que la vengeance de quelques injures qu'il en avait reçues. (Vertot.) Il y remarqua beaucoup d’impies hypocrites qui, faisant semblant d'aimer la religion, sĂ«n Ă©taient servis comme d’un beau prĂ©texte. (FĂ©nelon.) Les papes sĂ«n Ă©taient rendus insensiblement les maĂźtres usufruitiers. (Voltaire.) LĂ«mploi du pronom en devant le participe, tout simple qu’il paraĂźt, est peut-ĂȘtre Vune des plus grandes difficultĂ©s de la langue. Pour juger de Tinfluence de ce pronom sur le participe, il est essentiel de bien se rendre compte de sa valeur, et de le suivre dans ses dĂ©compositions analytiques, en consultant les vues de Tesprit, qui influent toujours sur les signes orthographiques, et qui marquent d’un sceau particulier les diverses nuances de signification des mots. Nous avons fait voir au chapitre des Pronoms, que le pronom en, qui se rĂ©sout toujours par de ce, de cet, de cette, de ces, avec TĂ©nonciation du nom dĂ©jĂ  exprimĂ© ou sous-entendu, remplit deux fonctions diffĂ©rentes : celle de complĂ©mentdirect, commedansles exemples de la premiĂšre colonne, el celle de complĂ©ment indirect, comme dans ceux de la seconde. Or, pĂ©ut-on dire, puisque dans les exemples de la premiĂšre colonne le pronom en fait Ja fonction de rĂ©gime direct, ou plutĂŽt, pour parler dĂ«ne maniĂšre plus exacte, renÂŹ ferme implicitement Texpression du rĂ©gime direct, et qĂŒil se trouve placĂ© avant le parÂŹ ticipe, pourquoi ne suit-il pas la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, et n’exerce-t-il pas la mĂȘme influence sur le participe que les autres rĂ©gimes de mĂȘme nature? D’oĂč vient qiTon ne dit pas, en
{ 702 ) parlant de fruits, jĂ«n ai mangĂ©s, et en parlant d’individus, jĂ«n'ai vus, jĂ«n ai renconÂŹ trĂ©s? L’analyse n’est-elle pas delle-ci : J’oi plusieurs de ces fruits mangĂ©s; jĂ«i pluÂŹ sieurs de ces genswjs, rencontrĂ©s? L’accord du participe, en cette circonstance, ne s’appuie-t-il pas d’ailleurs sur des autoritĂ©s? L’usagĂš des cloches est chez les Chinois de la plus haute antiquitĂ©; nous nĂ«n avons eues en France qu’au sixiĂšme siĂšcle de notre Ăšre (Voltaire.) Entre mille beautĂ©s, ces dĂ©lices des ames, En as-tu vue, Osmin, dont les attraits Égalent ceux d'Émilie? (Favart.) Vous critiquez nos piĂšces de théùtre avec Tavari- tage, non seulement dĂ«n avoir vues, mais encore dĂ«n avoir faites. (D’Alembert.) J'avais cherchĂ© ĂŒn moyen de donner Ă  mes obserÂŹ vations sur ces lois un air de nouveautĂ©. Comme je viens de le dire, Ă  plusieurs Ă©poques on en a proÂŹ posĂ©es et adoptĂ©es.. (Benjamin Constant.) Il est impossible de disconvenir que cette maniĂšre d’écrire ne rĂ©pondĂźt au vrai sens des mots. Si elle prĂ©valait, elle ferait disparaĂźtre toute difficultĂ©; Temploi du pronom en, suivi du participe, rentrerait dans la rĂšgle gĂ©nĂ©rale; mais il nĂ«n est pas ainsi. Le nombre des exemples que Ton vient de citer est bien faible eri comparaison de ceux qui leur sont opÂŹ posĂ©s. Quoique nous ne prenions pas lĂ  plume pour justifier un usage qui paraĂźt s’écarter des principes gĂ©nĂ©raux de la grammaire, nous sommes contraints de tracer la rĂšgle telle que cet usage Ta consacrĂ©e. En quittant les routes battues, nous pourrions sembler mé connaĂźtre TautoritĂ© de nos grands Ă©crivains, qui tous s’accordent sur ce point, et comÂŹ promettre ainsi TautoritĂ© de nos solutions. Nous poserons donc ainsi la rĂšgle : Toutes les fois que le pronom en n’est pas prĂ©cĂ©dĂ© d’un rĂ©gime direct, le participe qui suit est invariable : ĂŻaime les fleurs, j’EN ai cueilli. L’usage Ta Ă©tabli ainsi. Le participe, au contraire, varie si le pronom en se trouve prĂ©cĂ©dĂ© d’un rĂ©gime direct, comme cela a lieu dans tous les exemples de la deuxiĂšme colonne : Je n'ai point oubliĂ© ce pays ni les mervrilles Qu’on en o racontĂ©es , / EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Oc9 soupçons, Je n'*en ei point eu. DĂš lĂą jalousie, je n'eu ai point en, DĂš mes lettres, il n*en a jĂąmĂąU rÚçii. Deç compliments, tous ne m'en avez jamais fait. DĂ©s rĂ©venants, personne n'eh a fu. ' Les soupçons qne j’en ai conçus. La jalousie que j’en ai eue. Les lettres qu’il en a reçues. Iras compliments que vous m’en aTei faits. Iras Ă©chantillons que j'en ai vus. N° DCXXXi. PARTICIPES PASSÉS ACCOMPAGNÉS DE en ET D'uN ADVERBE DE QUANTITÉ Adverbe de quantitĂ© placĂ© aprĂšs le participe. Le glaive a tuĂ© bien des hommes, La langue en a tuĂ© bien plus. (Franç. de NeĂŒfchateau.) penai connu beaucoup qui, polissant leurs mƓurs, Des heaui-arts avec fruit ont fait un noble usage. (Voltaire.) I) sait beaucoup de choses, il en a inventĂ© quel- QĂŒbs-ones. ^ {Id.) Le TĂ©lĂ©maque a fait quelques imitateurs, les CaÂŹ ractĂšres de La BruyĂšre en ont produit davantage. , [Id.) Tous jurĂšrent alors dĂ«bĂ©ir aux ordres du bacba sans dĂ©lai, et curent autant d’impatience d’aller Ă  1 assaut qĂŒils en avaient eu peu le jour prĂ©cĂ©dent* (W.) Adverbe de quantitĂ© placĂ© avant le participe. Quant aux sottes gens, plus jĂ«n ai connus y MOINS jĂ«n ai estimĂ©s. ‘ (CitĂ© par Dessiaux.) Il y en a beaucoup d’appelĂ©s et peu dV/us. (CitĂ© par Besçuer.) Des pleurs, ma faiblesto en a tant rĂ©pandus I (Voltaire.) Ces terribles agonies effraient plus les spectateurs quĂ«lles ne tourmentent le malade; car combien n’en a-t-on pas vus qui, aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă  la derniere extrĂ©mitĂ©, n’avaient aucun souvenir de tout ce qut s’était passĂ©, non plus que de ce qĂŒils avaient senti.
( 70o ) Le roi avait quatre cent cinquante mille hommes cn armes; l’empereur turc, si puissant en Europe, en Asie et en Afrique, nĂ«n a jamais ew autant. . (Jd.) Les animaux que l’homme a le plus admirĂ©s sont ceux qui ont paru participer Ă  sa nature. Il s’est Ă©merveillĂ© toutes les fois qu’il 'en a vu qĂŒelqoes- UNS faire ou contrefaire des actions humaines. (Buffon.) Un seul physicien m’a Ă©crit qu’il a trouve une Ă©caille d'huĂźtre pĂ©trifiĂ©e sur le mont Cenis. Je dois le croire, ct je suis trĂšs-Ă©tpnnĂ© qu’il n’y en ait pas VW DÈS CENTAINES. " (YOLTAIRK.) Combien Dieu en a t-il exaucĂ©s! (Massillon.) Combien en'a-t-on vus, je dis des plus huppĂ©s, A soufÜer dans leurs doigts dans ma cour occupĂ©s! (Racine.) Combien en a-t*on vus jusqu’au pied des Ă»utqls, Porter lin cƓur pĂ©tri de penchants criminel»*Ăź ‱ (Voltaire.) Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tĂŽt ĂȘtre riches! (La Fontaine.) Autant dĂ«nnemis il a attaquĂ©s, autant il en a vaincus. (CitĂ© par Dessiaux.) Toutes les fois qĂŒun participe passĂ© accompagnĂ© du profiom en est suivi d’un adÂŹ verbe de quantitĂ©, il est.invariable; il varie, au contraire, si cet adverbe le prĂ©cĂšde, comine dans les exemples de la deuxiĂšme colonne: Autant d'ennemis il aattaquĂ©s, auÂŹ tant il EN a VAINCUS. Cet exemple, dit M. Dessiaux, prouve manifestement qĂŒil y auÂŹ rait contradiction, inconsĂ©quence absurde Ă  laisser invariable le participe dans le second membre de la phrase, car en se traduit nĂ©cessairement par d'ennemis, d’oĂč cette Ă©quation : Autant d’ennÈiMIS a autant d’ennemis il a vaincusÆe principe contraire Ă  celui que nous Ă©tablissons ne peut donc .ĂȘtre admis que par des gens irrĂ©flĂ©chis ou prĂ©venus. . ' EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. J'ca ai connn beaucoup. On en a vu tant qui... J'en ai beaucoup connus qui.,. Combien n'en a-t-on pas vus qui. b N” DCXXXII, t * ‱ participes , passĂ©s avec en prĂ©cĂ©dĂ© dâ€™ĂŒn adverbe de quantitĂ© pris DANS UN SENS intĂ©gral 0U NE PRÉSENTANT QĂŒâ€™ĂŒNE IDÉE FRACTIONNAIRE. Sens intĂ©gral. i Son supplice fit plus de prosĂ©lytes en un jour, que les livres et les prĂ©dications nen avaient faits en.plusieurs apnĂ©es. (Voltaire.) Que les grandes'puissances de l’Europe .apprenÂŹ nent qĂŒil leur faudrait beaucoup moins d’EFpoRTS pour cette riche conquĂȘte, qĂŒelles n’en ont faits depuis vingt ans pour dĂ©truire, en dernier rĂ©sultat, l’indĂ©pendance de quelques petits Ă©tats. (JULLIEN.) Les sĂ©nateurs accumulĂšrent sur sa tĂȘte p/us d’iioN- ITEURS qu’aucun mortel n’en avait encore reçus. ] (De SĂ©gur.) Il est probable que notre habitation a Ă©prouvĂ© autant de rĂ©volutions en physique, que la rapaÂŹ citĂ© et l’ambition en ont causĂ©es parmi les peuples. (Voltaire.) Sens fractionnaire. Par son analyse, il a fait faire plus de progrĂšs Ă  la gĂ©omĂ©trie qu’elle'n’en avait /’at/'depuis la crĂ©aÂŹ tion du monde. (Thomas.) Les Russes ont fait en quatre-vingts ans, que les vues de Pierre ont Ă©tĂ© suivies, plus de progrĂšs que nous n’en avons fait en quatre siĂšcles. (Voltaire.) VoilĂ  une partie des chimĂšres qu’une politique a mises sous le nom d’un grand ministre, avec cent fois moins de discrĂ©tion que J’abbĂ© de Saint-Pierre n'en a montrĂ©: (Id.) La thĂ©ologie scolastique, fille bĂątarde de la phiÂŹ losophie d’Aristote, mal traduite et mĂ©connue, fit PLUS de tort Ă  la raison et aux bonnes Ă©tudes que n’en avaient fait les Huns et les Vandales. (Voltaire.) Ce tableau est suffisant pour bien faire comprendre : ‱ 1Âź Que quelquefois le rĂ©gime est reprĂ©sentĂ© par un adverbe de quantitĂ© tenant lieu d’un collectif; et qu’alors, si le substantif auquel se rapporte le pronom en dĂ©signe des ĂȘtres distincts, des touts individuels, le participe varie (DÂź colonne) ; 2Âź Que si le pronom en est relatif Ă  unjsubstantif singulier pri#dans son sens gĂ©nc *
( 704 ) rtque, Tadverbe de quantitĂ© ne prĂ©sente plus qĂŒune idĂ©e fractionnaire, el dĂšs lors il ne peut imposer ni genre ni nombre au participe, puisque le sens nĂ«st pas intĂ©gral, puisque cet adverbe ne dĂ©signe point une collection d’ĂȘtres, Ă  chacun desquels peut convenir le nom commun, mais bien une partie de l’objet compris sous l’idĂ©e de ce substantif {2Âź colonne). II faudrait encore Ă©crire : Plus nous m'avez servi de coNFitURES, plus J'en ai mangĂ© , parce que le nom con/Ăź/wres, bien que pluriel, ne dĂ©signe pas des objets distincts. L’accord du participe prĂ©cĂ©dĂ© du pronom en offrait quelques difficultĂ©s. Nous croyons les avoir toutes rĂ©solues. Du moins la question est considĂ©rĂ©e sous tous ses aspects. Ce ne sont point les grammaires que nous avons consultĂ©es pour asseoir les bases de notre juÂŹ gement. En vain y aurions-nous cherchĂ© la solution des difficultĂ©s que fait naĂźtre cette question. Les grammairiens l’ont Ă  peine abordĂ©e. Nous avons moissonnĂ© dans un champ plus fertile. C’estla maniĂšre gĂ©nĂ©rale d’écrire de nos meilleurs auteurs qui nous a servi de guidĂ© et de point d’appui. C’esl dans notre bonne littĂ©rature que nous puisons ordiÂŹ nairement nos dĂ©cisions grammaticales, et que nous cherchons Ă  pĂ©nĂ©trer les motifs qui doivent dĂ©terminer Ă  choisir, dans des circonstances donnĂ©es, plutĂŽt tel signe orthograÂŹ phique que tel autre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Cet homme aTait une Ă©minente vertu. Combien il en a montrĂ© dans le cours de sa vie ! Cet arbre m'a donnĂ© beaucoup de fruit; plus il en a prodntt . plus j’en ai vendu. On ne peut se figurer sa peine, tant il en a ĂšpronvĂš ! Que de science Ăźf a acquise 1 ' Cet bomme avait de çrandes vertus. Combien il en a montrĂ©e* dans le cours de sa vie i Mon verger m'a donnĂ© beaucoup de fruits; plus il en a produits, plus j'en ai vendus. ' ‱ On ne peut se figurer ses peines, tant il en a Ă©prouvĂ©es ! Que de sciences il a Ă©tudiĂ©es ! «.*<0 N" DCXXXIII PARTICIPES PASSES SUIVIS D UN INFINITIF. Accord. Pour ĂȘtre plus sĂ»r delĂ  vĂ©ritĂ© de ces deux choses, U faut les avoir vues s’accomplir rĂ©ellement. (J.-J. Rousseau.) Je vous ai cSht fois entendue dire dans mou enÂŹ fance, que vous ne pardonniez point Ă  une jolie femme... (Le Sage.) Quant Ăą son mors, il doit ĂȘtre d’or Ăą vingt-trois karats, car il en a frottĂ© les bosselles contre une pierre que j’ai reconnue ĂȘtre une pierre de touche, et dont j*ai fait l’essai. . (Voltaire.) Ainsi des temples furent Ă©levĂ©s, avec le temps, Ă  tous ceux gĂŒon avait supposĂ©s ĂȘtre nĂ©s du coin- mKCo surnaturel de la divinitĂ© avec une mortelle. {id.) A peine Z’avons-nous entendue parler. (Id,) La dĂ©sobĂ©issance sĂ«st trouvĂ©e monter au plus haut point. - (D’Olivet.J I Ils nĂ«nt pas Ă©pargnĂ© les maisons de ceux gu’ils ont sus ĂȘtre acquĂ©reurs de biens dits nationaux. (CitĂ© par Bescuer.) Elle employait cette priĂšre gĂŒelle avait dite ĂȘtre celle du malade. " '{id.) InvariabilitĂ©. Ils ne nous ont pas vu Vun et Vautre Ă©lever. Moi, pour vous obĂ©ir, et vous, pour me braver, (Racine.) Pour ĂȘtre sĂ»r de la vĂ©ritĂ©, il faut ZĂ«voir entendu annoncer d’une maniĂšre claire et positive. (J.-J. Rousseau.) Il n'est pas croyable qu’HomĂšre et Virgile se soient soumis par hasard Ă  cette rĂšgle bizarre gue le pĂšre Le Bossu a prĂ©tendu Ă©tablir. (Voltaire.) Paul s’étant rendu par hasard dans ce lieu, fut rempli de joie en voyant ce grand arbre sorti d’une petite graine gĂŒil avait vu planter. (Bern. de Saint-Pierre.) C’était une prĂ©tendue profession de foi gue des polissons inconnus disaient avoir entendu prononcer. (Voltaire.) Il n’est pas Ă©tonnant que des princes qui avaient dĂ©trĂŽnĂ© leur pĂšre, se soient voulu exterminer l’un Vautre. . {id.) Asservie Ă  des lois gue j’ai su respecter. C’est dĂ©jĂ  trop pour moi que (le vous Ă©couler. (Racine.) L’alliance gue Judas avait envoyĂ© demander fut accordĂ©e. (Bossubt.)
(705 ) Comment savoir quand le participe prĂ©cĂ©dĂ© d’un rĂ©gime et immĂ©diatement suivi d’un infinitif est variable ou non? ĂŻl faut examiner si le nom qui le prĂ©cĂšde est le rĂ©gime du verbe avoir ou celui de Tinfinitif; dans lo premier cas, le participe varie ; dĂ ns le second, il est invariable. . On reconnaĂźt mĂ©caniquement que le nom ou le pronom qui prĂ©cĂšde le participe est le rĂ©gime du verbe avoir el non de IHnfinitif, lorsque ce dernier'peut se changer en partiÂŹ cipe prĂ©sent. On reconnaĂźt que. ce nom ou pronom est le rĂ©gime de Tinfinitif lorsque ce changement ne peut avoir lieu. Ainsi, dans les phrases suivantes : Les personnes qne j'ai Entendues chanter ; les enfants que j'ai vus dessiner, on peut dire : Les personnes que fai entendues chantant, qui chantaient; les enfants que fai vus dessinant, qui dessinaient; et Ton ne pourrait dire d’une romance : Je Vai entendu chantant ; mais bien fai entendu quelqu'un chanter cette romance. Les phrases suivantes : Les enfants que fai y vs jouer, la femme que fai vue peindre, Ă©quivalent donc, pour le sens, Ă  celles-ci : Les enfants que j'ai vus (en train de) jouer ; la femme que fai vue (occupĂ©e Ă ) peindre-. Celte explication suffit pour faire sentir la nĂ©cessitĂ© de Taccord du participe. . Quelquefois, entre le participe et Tinfinitif, il y a un mot sous-entendu, comme dans ces.phrases: Je les ai envoyĂ©s cueillir des fruits, puiser de l'eau, couper du bois, chercher des nids d'oiseaux, qui sont des abrĂ©gĂ©s de: J'ai eux envoyĂ©s,(pour, afin do) cueillir des fruits, etc. L’accord du participe n’en doit pas moins avoir lieu. 1 EXERCICE PERASÉOLOGIQĂŒE. Je In ai tus prendre la fnĂźte. Je les ai tus voler des fruits. Je les ai vus frapper. Le» enfants que /ai vus dessiner. Les personnes que j'ai entendues chanter. Je les ai vus vaincre. Je les ai entendus louer leurs ennemis* Ces Ă©lĂšves que j'ai vus Ă©crire. La maison que j'ai vue tomber en ruines. Je les ai vu prendre sur le fait. Je les ai vn' voler par des lilous. Je les ai vn frap|»er. Les paysages que j’ii vu dessiner. Les airs que j'ai entendu chanter. ^ Je lĂ©s ai vĂŒ vaincre. Je les ai entendu louer mĂȘme par leurs ennambv. La lettre que j'aĂź vu Ă©crire. La maison que j'ai vu bĂątir. N° DCXXXIV. DU PAUTICIPE laissĂ© SUIVI d’un INFINITIF. ACCORD. Son pĂšre sait bien que tout le menu linge nëût point eu d’autre blanchisseuse quĂ«lle, si on Z’avait laissĂ©e faire. {J.-J. Rousseau.) II est Ă©crit que Dieu nĂ« pas rĂ©vĂ©lĂ© ses jugements aux Gentils, et qu’il les a laissĂ©s errer dans leurs voies.’ {Id.) 0 Julie! si le destin fëût laissĂ©e vivre ! {Id.) Et je V0U5 ai laissĂ©s tout du long quereller, \ Pour voir oĂč tout cela pourrait aller... (MoliĂšre.) -NephtĂ© ne sĂ«st point laissĂ©e aller, comme bien des rois, aux injustices. (Terrasson.) INVARIABILITÉ, Ils Ă©taient punis pour les maux gĂŒils avaient laisse faire. (FĂ©nelon.) Rappelez-vous, AthĂ©niens, Ăźes humiliations qu’il vous en a coĂ»tĂ© pour vous ĂȘtre laissĂ© Ă©garer par vos orateurs. (Voltaire.) EUe rougissait de honte de «ĂȘtre laissĂ© vaincre au sommeil. (Amyot.) Ils avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s aux peines du Tartare, pour sĂ«tre laissĂ© gouverner par des hommes mé chants el artificieux. (FĂ©nelon.) Tous les soldats s’étaient laissĂ© vrendre en sa prĂ©sence. (Voltaire.) Comme dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, il faut bien examiner si le nom ou le pronom qui prĂ©cĂšde le participe est le rĂ©gime du verbe avoir ou do Tinfinitif qui suit. Dans le premier cas, il y a accord ; dans le second cas, le participe reste invariable. Je le* ai laissĂ©s partir, cĂ«st-Ă -direj’ot et«e /atisĂ©# au moment qu'ils partaient ; je 89
( 706 ) Us ai LAISSÉ emmener, c’est-Ă -dire j'ai laissĂ© emmener eux. Cette diffĂ©rence de construcÂŹ tion suffĂźt pour foire comprendre la diffĂ©rence d’orthographe du participe. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Je les ai laissĂ©s arnver, partir, venir, sortir, passer, marcher, courir, chanter, manger, boire, rire, pleurer. Je'lcs ai laissĂ©s gronder* Je les ai laisses chasser. Us sĂš sont laissĂ© tuer, sĂšdaire, TĂ inere, gouverner, conduire, renÂŹ fermer, assommer, voler. Je les ai laissĂ© gronder. Je les ai laissĂ© chasser. N“ DCXXXV. r- DU PARTICIPE fait SÜIVI dâ€™ĂŒN INFINITIF. Les serpents paraissent privĂ©s de tout moyen de se mouvoir, et uniquement destinĂ©s Ă  vivre sur la place oĂč le destin les a fait naĂźtre. (LacĂ©pĂšde.) Deux fois Ă  mon oreille ils se sont fait entendre. (VOLTAIBE.) Les bontĂ©s que vous m'avez fait sentir, me donÂŹ nent le droit de me servir d’un nom si tendre. (FĂ©nelon.) Par une Ă©trange facultĂ©, ĂŒ peut faire rentrer dans son sein les petits monstres que l’amour en a fait sortir. (Chateaubriand.) Le participe /a{/suivi immĂ©diatement d’un infinitif est toujours invariable, parce qĂče ce participe forme avec l’infinitif une expression insĂ©parable, du moins dans la pensĂ©e. On les a fait sortir, signifie on a fait sortir eux, on a expulsĂ© eux, ou mieux on a fait en sorte qu'ils sortissent. ' EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. Le hasard les ayant fait nqßïre dans le mĂȘme mois, tous deux moururent presque au mĂȘme Ăąge. , (HĂ©nault.) . Elle j’est fait aimer, elle m’a fait haĂŻr. (Corneille.) Rappellerai-je tous les maux que m’a fait souffrir Une mĂšre? (Delaportb-DĂŒtheil.) Dans cc mĂȘme temps, d’autres gĂ©nĂ©raux de Justi- nien, sortant d'ArmĂ©nie, s’étaient fait battre sur les frontiĂšres de Perse. (De SĂ©gur.) Elle s'eat fait mourir. Je l'ai fait Ă©lever au couvenL En quel rang le ciel les a-t-il fait naĂźtre? La piĂšce qu'ils ont fait jouer. Les disputes qu'Ăźl a fait naĂźtre. Les sentiments qu'il vous a fait entendre. La personne ^ue j'ai fait passer en Angleterre. Ceux qu'il a si bien fait parler. N" DCXXXVI. PARTICIPES PASSÉS SUIVIS dâ€™ĂŒN INFINITIF ET PRÉCÉDÉS DE DEUX RÉGIMES. ACCORD. Les secours que Ton vous a offerts, madame, et que je vous ai vue dĂ©daigner, vous auraient Ă©tĂ© ceÂŹ pendant fort utiles.- (CitĂ© par BEsĂ©nER.) VoilĂ , mon fils, le sujet des farmes que tu m'as vue verser. ^ (Florian.) * La France se montra dans Tatlitude qĂŒon Tavait toujours tĂźue garder. ‱ Il fallait, comme moi, Tavoir entendue dĂ©clamer Mahomet. (Voltaire. I INVARIABILITÉ. Les secours que vous avez implorĂ©s, madame, et gwe jevous ai vu refuser iphumainement, vous auÂŹ raient sauvĂ©e du danger. (CitĂ© par Bescher.) Il faut quâ€™ĂŒs mc chantent une certaine scĂšne d’une petite comĂ©die que je leur ai vu essayer. (MoliĂšre.) La France se montra dans l’attitude gĂŒon lui avait toujours vu garder. (De Pradt.) CĂ«sl une question que je leur ai laissĂ© dĂ©mĂȘler. (J.-J. Rousseau.) La diffĂ©rence dans la maniĂšre d’écrire ces phrases vient de ce que les pronoms dans la premiĂšre colonne offrent un rĂ©gime direct, et que dans la seconde ils sont construits en rapport indirect. CĂ«st en comparant entre eux les exemples dont le sens diffĂšre qu'on parÂŹ vient Ă  se rendre compte des motife de la variation orthographique
( 707 ) Qui ne sent la diffĂ©rence qu’il y a entre les offres de services que je leur ai vu faire, et les offres de services que je les ai vus faire ? Cette diffĂ©rence est telle qĂŒen confonÂŹ dant les deux façons d’écrire, on exprimerait souvent le contraire de ce qĂŒon voudrait faire entendre. , ^ ’ EXERCICE PBRÀSÉOtOGIQĂŒE. Les liq^neurs que je les et tos verser. Les objets qne je les at vus prendre, enlever, ravir. Ceux que je les ai vus offĂŻir, porter, prĂ©senter, donner, refuser. Les airs que je vous ai entenaus chanter. Les liqnenrs que je Icnr aĂź tu verser. Les objet» que je leur ai vu prendre, enlever, ravir. Ceux que je leur ai vu offrir, porter, prĂ©senter, donner, refuser. Les airs que je leur ai entendu chanter. N° DCXXXVII. PARTICIPES PASSÉS SUIVIS D’uNB PRÉPOSITION ET D’UN INFINITIF. INVARIABILITÉ. Partout les rayons perçants de la vĂ©ritĂ© vont venger la vĂ©ritĂ© gĂŒil a nĂ©gligĂ© de suivre. (FĂ©nblon.) Il entra en Italie, gĂŒil avait rĂ©solu de rendre le théùtre de lĂ  guerre. (Rollin.) Peut-ĂȘtre pouvait-on bien me l'Ă©pargner, aprĂšs les services que j’ai rendus et les charges qde j'ai eu l'honneur d’exercer. (M°'« de SĂ©vignĂ©.) Ne faites rien qui ne soit digne des maximes de vertu gue j’ai tĂąchĂ© de vous inspirer. (FĂ©nelon.) CĂ«st une fortification gue j’ai appris Ă  faire. ' (Vaugelas.) Je dois rendre compte au ciel des saintes rĂ©soÂŹ lutions gĂŒil a daignĂ© vous tnsptrcr. (MoliĂšre.) Nous ne te demandons pas que tu pardonnes Ă  ceux gue tu as rĂ©solu de faire mourir. (Vbrtot.) . L’on-'ne m’accusera pas de m’ĂȘtre fort occupĂ© jusqu'ici des critiques gĂŒon a trotivĂ© bon de diriÂŹ ger contre mes Ă©crits. (Benjamin Constant.) Quels travaux n'a-t-elje pas eu Ă  supporter avant de se reposer dans le port oĂč on la voit; (De Pradt.) Law revenant une seconde fois bouleverser la France avĂšc des billets, trouverait des ennemis plus acharnĂ©s qu’il nĂ«n avait eu Ă  combattre dans ses premiers prestiges. (Voltaire.) Il faut bien examiner, comme on voit, si le rĂ©gime direct qui prĂ©cĂšde le participe est celui du verbe avoir on bien celui de Vinfinitif. Lorsque le rĂ©gime appartient au verbe avoir, le participe varie; dans le cas contraire, il est invariable. Dans celte phrase : Etudiez la leçon que vous avez oubliĂ© d’apprendre, le que est le rĂ©gime direct d’apÂŹ prendre ; Yous avez oubliĂ© d’APPRENDRE laquelle leçon. Mais dans cette autre phrase: Etudiez la leçon Qxj'on vous a donnĂ©e Ă  apprendre, le que est rĂ©gime direct du verbe avoir; on vous a laquelle leçon donnĂ©e afin de Vapprendre , pour que vous VapÂŹ prissiez. . EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. accord. Toute la cour a Ă©tĂ© pendant trois jours en comÂŹ bustion au sujet d’une mauvaise comĂ©die gue j’ai empĂȘchĂ©e d’ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e. (Voltaire.) II a souffert la hardiesse gue j’ai prise de le conÂŹ tredire. . (/d.) On s’est Ă©levĂ© avec force contre la tĂ©mĂ©ritĂ© que nous avons eue de vouloir juger de cette cour orienÂŹ tale. (/d.) J’ai marchĂ© aux ennemis, que j’ai contraints de' se renfermer dans leurs places. (Vertot.) La plante mise en libertĂ© garde l’inclinaison qĂŒon l’a forcĂ©e Ă  prendre. (J.-J. Rousseau.) . En mĂ©moire de la grĂące que Dieu nous a faite d’avoir aboli la superstition et recouvrĂ© lĂ  libertĂ©. (Voltaire.) Il ne s’opposa point Ă  l’habitude que le parlement avait pma de l’appeler toujours Monsieur, (/d.) La permission que le czar avait donnĂ©e de vendre du tabac dans son empire, malgrĂ© le clergĂ©, fut un des plus grands motifs*des sĂ©ditieux. ~ (/d.) On sait assez quelles peines la sagesse du roi et du ministĂšre a eues Ă  calmer toutes ces querelles, aussi odieuses que ridicules. (/d.) Aimez toujours vos parents; .souvenez-vous de la peine gĂŒils ont eue a vous quitter. (Louis XIV.) Le» livres que j’aĂŻ cas Ă  lire. Les travaux que j’ai eus Ă  faire. Les mĂ©moires que j’ai eus Ă  rĂ©gler. ' Les yplnmes que j’ai eus Ă  transcrire. Les leçon» que j’ai eue» Ă  apprendre. La fobJe qne j’ai eue Ă  composer. Les obstacles que j’ai eu Ă  vaincre. Les eunemis que nous avons eu Ă  combattre. Iras pĂ©rĂźb quje nous avons eu a courir. ' Les injures qu’ils ont eu Ă  essnjer. Les ravins qu'ils ont en Ă  traverser* Les peines qu'ils ont su 4 souflĂźdi'.
( 708 ) ‹«oKo N* DCXXXVIII. PARTICIPES PASSÉS SUIVIS ÜUN VÉRBE A TOUT AUTRE MQUE QUE CELUI DR L INFINITIF. Les affaires gue vous aviez prĂ©vĂŒ gue vous auriez eont-cMes terminĂ©es? (BeauzĂ©e.) Je tne laissai enieverde l’hĂŽtellerie, au grand dé plaisir de l’hĂŽte, qui se voyait,par lĂ  sevrĂ© de la dĂ©pense gu il avait comptĂ© gue je ferais chez lui. (Le Sage.) Les mathĂ©matiques, gue vous n’avez pas voulu gue j’éZudtasse, sont cependant fort utiles. (Waillt.) Mes raisons» gue j'ai cru gĂŒon approuverait, me paraissent meilleures qĂŒelles n’étaient en effet. (CitĂ© par Bbscqer.) Dans ces sortes de phrases, le participe est toujours invariable. Quand on dit : Les affaires que j'ai prĂ©vu que vous auriez, on ne veut pas dire qĂŒon a prĂ©vu ces affaires, mais qu’on a prĂ©vu qu’on aurait ces affaires ; le mot que Ă©tant le rĂ©gime d’un autre verbe que celui qui prĂ©cĂšde le participe, ne saurait exercer sur ce dernier aucune espĂšce d’in- flueiicc. Il n’cn serait pas de mĂȘme si le participe, au lieu d’ĂȘtre immĂ©diatement suivi de que. TĂ©tait de qui; il varierait. Exemples : VoilĂ  les malheurs qĂŒe j’ai prĂ©vus qui nous ar- riveraient: les inconvĂ©nients que fai soupçonnĂ©s qui surviendraient. De pareils acÂŹ cords n’effarouchent que ceux qui ne sont pas habituĂ©s Ă  Tanalyse et aux principes, et qui n’ont jamais rĂ©flĂ©chi jusqu’oĂčTon peut Ă©tendre une rĂšgle qui ne souffre aucune exÂŹ ception. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. . Lfls embarras que j’aĂź au qĂźie von* avit*x. La Ifçon que voiij avrĂŻ vtuilii que j'Ă©tuiliasse. La cĂŒuduiie que j'ai »uj>po9ĂȘ que vous tteodricz. Les peines que j’ai prĂ©vu que voua causerait cette «{Taire. Les secours'^ue vous avei prĂ©tendu que j'obtiendrai». Quels sout les prĂ©paratifs qu'on a dit qu'Ü failail faire? N" DCXXXIX. PARTICIPES PASSÉS A LA SUITE DESQUELS L’iNFINITIF EST SUPPRIMÉ PAR ELLIPSB. Vous avez aimĂ© votre prochain si vous lui avez rendu tous les services que vous avez pu, que vous avez dĂ». (CitĂ© par Waillv.) Il a Ă©tĂ© libre de mettre Ă  cet abandon la condition qu’il a voulu. (Sirey.) / Ils ont donnĂ© Ă  leurs enfants toute TĂ©ducation que leur & permis leur fortune. (CitĂ© par Bescher.) N’est-il pas louable d’avoir cherchĂ© les plus noires couleurs gĂŒil a pu, pour donner de Thorreur d’un si dĂ©testable abus? (Arnault.) S’il avait demandĂ© M. de Fontenelle pour examiÂŹ nateur, je lui aurais fait tous les vers gĂŒil aurait voulu. ’ (Voltaire.) Je lui ai lu mon Ă©pĂźtre trĂšs-posĂ©ment, jetant dans ma lecture toute la force et tout l’agrĂ©ment que fax pu. (Boileau.) AprĂšs- Ăźes participes des verbes vouloir, pouvoir, devoir, permettre, on sous-entend quelquefois Tinfinitif, comirie dans les exemples qui prĂ©cĂšdent. Si vous.lui avez rendu tous les .^services que vous avez pu, que vous avez DÙ (sous-entendu lui rendre). — lia eu toutes ks grĂąces qu'il a voulu (sous-entendu avoir). — Les plus noires couleurs qu'il a pu (sous-entendu trouver). — Les vers quil aurait voulu (sous-entendu avoir). —^ Tout l'a- grĂ©hientquefai pu (sous-entendu y jeter).—Que leur a permis leur fortune (sous-entendu de donner). Dans ce cas, le participe reste invariable, parce que le mot que est le rĂ©gime des inft- nitifsellipsĂ©s. . *
(709 ) Mais oa doit Ă©crire : Elle m'a payĂ© les sommes guĂ«lle mĂ« dues. (Cite par BEScnER.) Il veut fortement les choses gĂŒil a une fois vouÂŹ lues. - (/d.) JĂ«i fait les dĂ©marches gue mes parents m'ont perÂŹ mises. (CitĂ© par Bescher.) Tous les maux gue je lui ai voulus lui sont arÂŹ rivĂ©s. Ici, il n’y a aucun mot sous-entendu. Il faut donc toujours bien concevoir ce quĂ«n veut dire : il n’y a que ce moyen d’infaillible. ‱J EXERCICE PHRASEOLOGIQVE. 3e roiis ai donnĂ© tons les agrĂ©ments qne fai pu. Mous lui avons donnĂ© tous les secours que nous avons pu. On a eu pour son Ă©ge et pour sa faiblesse tous les Ă©gards qu’on a dĂ». Ils m’ont donnĂ© tous les plaisirs qne fai voulu. ’ Elle a obtenu les grĂąces et les bienfaits qu'elle a voulu. Elles ont lait toutes les dĂ©penses que leur a permis leur fortnao* N” DCXL. PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE V PRONOM. ACCORD. Tai vue Ă  la fin, cette grande citĂ©. (J.-J. Rousseatt.) Ma cousine est toujours la mĂȘme que je Tai vue. (CitĂ© par Bescher.) Cette personne est coupable, depuis longtemps je Tai soupçonnĂ©e. (Id.) \ Cette difficultĂ©, je Tai reconnue comme impossible Ă  lever. (7d.) crue Cette personne est d’un bon caractĂšre; qui TeĂ»t ue sĂ«n serait bien trouvĂ©. {Id.) , Cette iufĂąme calomnie, Tavez-vous crue? Le signifiant cela. f JĂ«i vu mĂȘme prĂšs d'eux nos bergers, nos bergĂšrefly Affecter, je Tai* vu, leurs modes Ă©trangĂšres. (J.-B. Rousseau.) Cette querelle fut, comme nous Tavons vu, Tti- nique cause de la mort de Henri IV. (Voltaire.) Avec cette lot, plus sage et plus profonde que U ministĂšre ne/Ă« soupçonné» la puissance nationale est lĂ  oĂč elle doit ĂȘtre. (Benjamin Constant.) La chose Ă©tait plus sĂ©rieuse que nous ne Tavions pensĂ© dĂ«bord. (Le Sage.) Sa vertu Ă©tait aussi pure quĂ«n Tavait cru jusqu'aÂŹ lors. (Vertot.) Toutes les fois que le pronom Ăźe peut se traduire par cela, ou qu’il reprĂ©sente un adÂŹ jeclif ou une proposition, comme dans les exemples de la seconde colonne, le participe qui vient aprĂšs est invariable. Il varie dans toiite autre circonstance. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. La vĂȘrilĂ©. Je vous Pat dĂ©clarĂ©e, qne voulez-vous davantage? La nouvelle Ă©tait publique, et il oe t'a pas sue. Cette personne o peu de fraocbise; elle dissimule son caractĂšre; vous l’aviez bien jugee. Notre.perle n'a-pas Ă©tĂ© telle que vous vous l’ĂȘtes Gguree. Cette vĂ©ritĂ©, je vous l'ai dĂ©clarĂ©, doit rester ensevelie dans un profond secret Cetie ( luise est arrivĂ©e sans qu’il l'ail su. La nouvelle s'esl trouvĂ©e vraie, comme vous l'aviez jugĂ©. La bataille n'a pas Ă©tĂ© telle ([ue vous l'avez pentĂ©. „ N. B. — Voir au chapitre des Adjectifs les rĂšgles particuliĂšres auxquelles sont soumis les participes passĂ©s vu, attendu, exceptĂ©, ouĂŻ, etc. Le participe passĂ© du verbe d/re, Ă©tĂ©, ne varie jamais dans notre langue, quels que soient d'ailleurs les mots qui le prĂ©cĂšdent ou le suivent.
(7i6) / CHAPITRE Vil «DE L’ADVERBE. ' t I - N" bCXLI. NATÜRE DE ÜADVERBE. — SA DÉFINITION. DÉTERMINATIONS DE QUALITÉS. r Le vice sans pudeur est trop incorrigible. (Lamotte.) A vos moutons de ces feux consumĂ©s Sachez offrir des nuits rafraĂźchissantes, XJn air plus pur, un sol moins enttamraĂ©. (Campenon.) Et qĂŒâ€™uhe eau pure, Ă  la source puisĂ©e, S’offre Ă  leur soiĂŻaisĂ©ment apaisĂ©e. (fd.) Ce nĂ«st pĂ s un fort bon moyen Four payer quĂ© de n avoir rlert. (La Fontaine.) dĂ©terminations d’actions. On confond aisĂ©ment le vice et la vertu. ‱' (Lenoble.) Ne vous fiez pas trop Ă  la premiĂšre vue. (Franç. de NbofchateaĂŒ.) Les arbres, de la terre agrĂ©able parure, Sortent diversement des mains de la nature. (Delille.) Le riche est nĂ© pour beaucoup dĂ©penser ; Le pauvre est fait pour beaucoup amasser. ^ ( Voltaire. ) L’arbre nĂ© de lui-mĂȘme Ă©tale fiĂšrement De ses rameaux pompeux le stĂ©rile ornement. (Delille.) Les qualitĂ©s que nous apercevons dansles objets ou exiĂ ter en eux Ă  tel oĂŒ tel degrĂ©. 3Ă© juge que la qualitĂ© sage exis e ans o j e f * et je dis : Venfaht est sdgĂš; inĂčis si je veux dĂ©terminĂšr Ă .quel degrĂ© cette qualitĂ© exis e dans lĂ«nfant, je dirai iVenfarit est fĂȘĂŒ sage, assez sage, TRÈs-sĂ ge, N est pas sage, e e degrĂ© de la qualitĂ© sera exprimĂ© par les mots peu, assez, trĂšs, mpĂ s. ‱ c - j;. . Les actions produites par les objets sont Ă©galement susceptibles de ^ J . PĂŒrre travaille, nous marchons, ils courent, tu descends, vous montez, je ne ermine par aucune idĂ©e accessoire les actions dĂ©signĂ©es par les mots travail e, marc rent, descends, montez. Mais si je dis au contraire: Pierre travaille bien, pe j COUP, SOUVENT, NE travaille pas; nous marchons doucement, longtemps, i s coure VITE, RAPIDEMENT ; tu descends LENTEMENT ; VOUS moutez INUTILEMENT, CS DiĂč S teu, peu, beaucoup, souvent, nepas; doucement, longtemps, vite, rapidement, ^ tilement, dĂ©terminent les actions, soit par une idĂ©e de degrĂ©, soit par une i p » soit par une idĂ©e de maniĂšre. Cette quatriĂšme espĂšce de mots sert donc Ă  dĂ©terminer les qualitĂ©s ou les actions, soit par une idĂ©e de degrĂ©, comme trĂšs, fort, trop, plus, moins, peu, eaucoup, idĂ©e de maniĂšre, comme lentement, doucement, rarement, aisement, diversement, fi ment; soit par une idĂ©e d'Ă©poque ou.de temps, comme dcmam, qujourdhui, hier, touÂŹ jours, jamais ; soit enfin par une idĂ©e de lieu, comme ici, lĂ . Tous les mots qui servent Ă  dĂ©terminer les gradations, les nuances diverses d u e qualitĂ© ou d'une mĂȘme action, s'appellent adverbes, cĂ«st-Ă -dire mots destinĂ©s Ă  modiÂŹ fier les verbes, parce qĂŒils accompagnent plus ordinairement les verbes.
(711). EXERCICE ANALYTIQUE. (Dire si les mots imprimĂ©s en italique dĂ©terminent les action» ou les qualitĂ©s par une idĂ©e de degrĂ©, dĂš temps, de maniĂšre ou de lieu. ) * Mon malheur n’ùst que trop certain ; On me pousse et repousse, haut en bas on m’envoie, ÂŁt la raquette en rit de joie. ‱ Pauvres solliciteurs, voilĂ  votre destin. (Molletaut.) Un philosophe, en cour, esl d’un’trĂšr-mince aloi, ' (IIacmont.) . . . . . UĂ©llexion et jeunesse Ne s’unissent pas (Nivericais.) J’aimerais n/JM qu’on fĂ»t reconnaissant. (Lombard de Lakgem.) De tous les tourments le plus rude Ă  sentir, C’cst rinulilitĂ© d'un trop long repentir. (F. db NEVrCBATEAĂŒ.) Le repentir toujours Suit de folles amours, Mais jamais il n’oppresse Un coeur brĂ»lant du feu d'une chaste tendresse. (Du Hodllae.) . AprĂšs asmir Bien travaillĂ©,’ fait STO devoir, 11 est juste qu’on se repose. [Lb BbUM.] SUBDIVISIONS DES ADVERBES ET DES LOCUTIONS ADVERBIALES. N° DCXLIl. *28^- DES ADVERBES DE TEMPS. Alors j’ài fait pour fuir des efforts impuissants. (Racine.) HĂątons-nous aujourd’hui pour jouir de la vie, Qui sait si nous serons demain? {Id.) Notre bonheur bientĂŽt fait notre inquiĂ©tude. (Boileau.) Et du temple dĂ©jĂ  l’aube blanchit le faite. (Racine.) . Que de savants plaĂźdĂ©ĂŒrs Ă Ă©sorrhĂ is inutiles! (Boilbau^) o Il ne se faut jamais moquer des misĂ©rables, - Car qui peut s’assurer d’ĂȘtre toujours heureux? (La Fontaine.) Faut-il que la jeunesse Apprenne maintenant Ă  vivre Ă  la vieillesse? (Regnard.) Les adverbes de temps sont ceux qui, ainsi qĂŒon le voit, expriment quelque cirbbn- stance pu rapport de temps, et par lesquels pn peut rĂ©pondre Ă  lĂą question quand? Ils sont de deux sortes : Les uns dĂ©signent le temps d’une maniĂšre dĂ©terminĂ©e; ce sont, pour le prĂ©sent : auÂŹ jourd'hui, prĂ©sentement, maintenant, Ă  prĂ©sent, actuellement, Ă  cette heure, oie. ; pour le passĂ©; hier, avant-hier, jadis, naguĂšre, depuis peu', etc.; et pour le futur: demain, . bientĂŽt, tantĂŽt, Ă  l'avenir, dĂ©sormais, dans peu, etc. Les autres rie dĂ©signent le temps que d'une maniĂšre indĂ©terminĂ©e; ce sont : souvent, d'abord, Ă  Vimproviste, sans cesse, toujours, etc. LISTE DES PRINCIPAUX ADVERBES OU LOCUTIONS ADVERBIALES DB TEMPS. Alors. Demain. Longtemps. RĂ©ceranĂ ent. Anciennement. DerniĂšrement. ’ Lors. Souvent. Aujourd’hui. DĂ©sormais. Maintenant. Si tĂŽt. Auparavant. DorĂ©navant. NaguĂšre. SimultanĂ©ment. AussitĂŽt. Enfin. Nouvellement. TantĂŽt; Autrefois. ' Hier. Nuitamment. Tard. BientĂŽt. Incessamment. Parfois. . TĂŽt. Çà.' Incontinent. PrĂ©sentement. Toujours. Continuellement. Jadis. Quelquefois. Vite. DĂ©jĂ . Jamais. Rarement. . . A cette heure. A l’instant. Bien longtemps. De nouveau. A l’avenir. A prĂ©sent. Dans peu. Derechef. A jamais. AprĂšs-demain. D’avance. ; DĂ©s lors. A tout jamais. Avant-hier. De bonne heure. ‱ Depuis peu. _ , A rimproviste. Bien tard. «N De temps Ă©n temps. Depuis longtemps
( 712 ) DĂšs Ă  prĂ©sent. DĂšs demain. Fort tard. Jusqu’ici, ĂŻusqu’à prĂ©sent. Le lendemain. Le surlendemain. La veille. La surveille. L’autre jour. IVtoins souvent. Pas encore. Plus souvent. Peu souvent. Pour le prĂ©sent. Plus tard. Plus UH. Moins tard. Moins tĂŽt. Sans cesse. Sur-le-champ. Trop lard. Trop tĂŽt. TrĂšs-tard. TrĂŽs-souvent. Trop souvent. TĂŽt ou lard. Tout de suite. Une fois. Deux fois, Trois fois. Cent fois. —,..*85 N' DCXLUI. .■ DES ADVERBES DB LIEU OU DE SITUATION. Vous savez quel sujet conduit t’cf leurs pas. (Racine.) Je l’évite partout, partout il me poursuit, (fd.) Tourne ailleurs les efforts de ton bras triomphant. (Corneille.) ĂŻci-bos, toute crĂ©ature Entend tes sublimes accents. (Lamartine.) LĂ , dort d’un doux sommeil, mioique sans mausolĂ©e» Dans le sein de sa mĂšre un fils de la vallĂ©e. {Id.) Et les fils du hameau... sont restĂ©s en bas, OccupĂ©s Ă  choisir des fleurs aii sein des plaines. (Id.) Qui veut voyager loin mĂ©nage sa monture. . (Racine.) OĂŒ Tusage prĂ©vaut, nulle raison nĂ«st bonne. (Qdinaqlt.) Les adverbes de lieu sont, comme on le voit par ces citations , ceux qui dĂ©signent toutes sortes de lieux indiffĂ©remment, et qui servent Ă  exprimer la diffĂ©rence des disÂŹ tances et des situations, par rapport ou Ă  la personne qui parle, ou aux choses dont on parle. liste des adverbes et des locutions adverbiales db lieu ou db situation. Ailleurs. Alentour. ArriĂšre. AuprĂšs. CĂ©ans, Ci. A terre. A cĂŒlĂ©, A Las. Aux environ».- Bien loin. Bien prĂšs. CĂ  et lĂ . D’ici, De cĂ . de lĂ . De cĂŽtĂ©. De prĂšs- Dâ€™ĂŒu. Dedans, En {de lĂ ). Partout. Dehors. Jusque. PrĂšs. Devant. Ici. Proche. DerriĂšre. LĂ . Y. Dessus. Loin. Dessous. OĂč. / DĂ«n haut. Jusqu’ici. Par de lĂ . DĂ«n bas. Jusque lĂ . Par en hauL En dedans. Jusqu’oĂč. Par en bas. En dehors. LĂ -bas. PrĂšs d’ici. En deçà. LĂ -dedans. Quelque part. En bas, ' LĂ -dessus. Tout proche. En haut. LĂ -dessous. Tout auprĂšs. En arriĂšre. LĂ -haut. Tout contre. En avant. Nulle part. Tout le long.', Ici-bas. Par oĂč. Vis-Ă -viis, Ici dessus. Par ici. Toutduloni:. Ici prĂ©s.' Par lĂ . w N" DCXLIV. DES ADVEUBRS d’OBDKR ËT DË lĂŻANG. A ton auguste nom tout sĂ«uvrifa d’abord^ (Boileau.) Rome est encor telle qu’aupararaĂŻu. «Corneille. Il me promĂšne aprĂšs de terrasse en terrasse. ' (Boileau.) Elle fut destinĂ©e premiĂšrement par sa glorieuse naissance, et ertsmfe par sa malheureuse captivitĂ©, Ă  Terreur et Ă  ThĂ©rĂ©sie. (BossĂŒet.) Tout se dĂ©couvre enfin lorsque moins on y pense. (Imbert.)
{ 713 ) Les adverbes d'ordre et de rang sont cenx qui servent Ă  exprimer Tordre dans lequel les-choses sont arrangĂ©es les unes, Ă  l’égard des autres, sans attention au lieu. Les uns ont rapport Ă  Tordre numĂ©ral, tels que: premiĂšrement, secondement\ etc.; les autres dé signent le simple arrangement respectif, tels que : d'abord, aprĂšs, devant, etc. LISTE DES ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES INDIQUANT L'ORDRE ET LE RANG. Avant. AprĂšs. Auparavant., Enfin. Ensuite. Ensemble. De front. De rang. A la ronde. A l’avance. A la ĂŒn. Alternativement, A la fois. Par ordre. . Devant. Puis. PremiĂšrement. Secondement. De suite. Tout de suite. D’abord. Ci-aprĂšs. En ordre. ConfusĂ©ment. PĂȘle-mĂȘle. En foule. De fond en comble. Sens dessus dessous. Soudain. Successivement. Eo premier lieu. , t Tour Ă  tour. A la file. ^En dernier lieu. Sens devant derriĂšre. Tout Ă  rebours. Pareillement. Semblablement. De la mĂȘme maniĂšre. TroisiĂšmement. CinquiĂšmement. SixiĂšmement. SeptiĂšmement. BuitiĂšmement. N” DCXLV. DES ADVERBES DE QUANTITÉ ET DE COMPARAISON. Sommes-nous assez sĂ»rs de notre destinĂ©e Pour le remetlreĂ«u lendemain ? (J.-B. Rousseau.) Je vous laisse aussi libre et plus libre que moi. ' (Corneille.) La vĂ©ritĂ© ne peut ĂȘtre trop claire, (Boursault.) Je crains peu d’essuyer cette Ă©trange furie. (Boileau4 Ceux qui ont beaucoup sont obligĂ©s de donner beaucoup. (La BruyĂšre.) Rien n’est tant Ă  nous que notre volontĂ©. (Rotrou.) Oh ! combien la vertu souffre Ă  se dĂ©mentirI (La Uarpb.) Dans un terrain trop seq le grain ne germe guĂšre. (De BiĂšvre.) Ah ! de peur de tomber, ne courons pas 5» fort. (MoliĂšre.) LĂ«hus des vĂ©ritĂ©s doit ĂȘtre autant puni que l’in- troduction du mensonge. (Pascal.) J'aime mieux un vice commode , Qu’une fatigante vertu. (MoliĂšre.) AfrtJi que les rayons du soleil dissipent les nuages, ainsi la prĂ©sence du prince dissipe les sĂ©ditions. (AcadĂ©mie.) Les adverbes de quantitĂ© sont ceux qui modifient par une idĂ©e de quantitĂ©, soit phyÂŹ sique, soit morale : ils peuvent dĂ©signer Tune et Tautre de ces deux sortes de quantitĂ© de trois-maniĂšrcs: 1“ par estimation prĂ©cise, tels que: assez, trop, peu, beaucoup, bien, fort, trĂšs, au plus; au moins, tout, tout du moins, du tout, toiit-Ă -fait, etc, ; 2Âź par comÂŹ paraison, comme: plus, moins, davantage, aussi, autant, etc. ; 3Âź par extension, ainsi que : tant, si, presque, quelque, encore, etc. Les adverbes de comparaison sont ceux qui marquent une idĂ©e de comparaison ou de diffĂ©rence de degrĂ©s entre les personnes et les choses ; ce sont : comme, de mĂȘme, ainsi, plus, moins, etc. ’ Comme une chose ou une personne peut ĂȘtre Ă©gale, ou supĂ©rieure, ou infĂ©rieure Ă  une autre en qualitĂ© ou en quantitĂ©, il y a aussi trois sortes de comparaison, ou degrĂ©s de signification. Les comparaisons d’égalitĂ© s'expriment au moyen des adverbes : comme, de mĂȘme ainsi, pareillement, autant, aussi, si, etc. Les comparaisons de supĂ©rioritĂ© se rendent Ă  Taide des adverbes: pĂźus, davantage, de plus, pis, mieux, etc. . , . Les comparaisons d’infĂ©rioritĂ© s’énoncent par les adverbes: moins, presque, quasi, Ă  peu prĂšs, tout au plus, eta 90
(7U) LISTB DBS ADVBRBES BT EXPRESSIONS ADVBRB1ALBS DB QUANTITÉ ET DB COMPARAISON. Àbondamment. Absolument. Assez. Aussi. Autant. Ainsi. Bien. Beaucoup. Combien. Comme. A bon marchĂ©. A foison. A demi. Au plus. Au moins. ‱ A peu prĂšs. A peu de chose prĂšs. Davantage. Encore. EntiĂšrement. ExtrĂȘmement. Environ. Exclusivement. EntiĂšrement. Fort. GuĂšre. Infiniment. A Tinfini. A lĂ«nvi. A qui mieux mieui. A vil prix. De mieux en mieux. De plus. De mĂȘme. Mieux. Moins. MĂ©diocrement. Passablement. Peu. Pis. Plus. PlutĂŽt. Presque. Quasi. Du moins. Du tout. Ni moins. Ni plus. Pas beaucoup. Peu Ă  peu. Pour le plus. o°oo»»gi88g DCXLYI. Que. Quelque. Si. Suffisamment. Tant. Tout. TrĂšs. Trop. Pour le moins. Tout-Ă -fait. Tout au plus. Trop peu. Tant soit peu. Un grand nombre, ĂŒn peu. DES ADVERBES DÉ MANIÈRE ET DÉ QUAtlTÉ. Ayons la fermetĂ© De jouir pleinement de notre volontĂ©. (Langue.) AisĂ©ment de soupçon un vieux est susceptible. (Bret.) La seule valeur dĂ©fend mat un Ă©tat. (CrĂ©billon.) Un tyran nĂš sait pas rougir impunĂ©ment. (ChĂ©nier.) Allons, employons bien le moment qui nous reste. (Racine.) De ses habitudes premiĂšres On se dĂ©fait malaisĂ©ment. (Lebrun.) Les adverbes de maniĂšre sont ceux qui expriment comment et dĂ© quelle maniĂšre les choses se font. LISTE DES ADVERBES ET EXPRESSIONS ADVERBIALES DB MANIÈRE ET DB QUALITÉ. Autrement. Bien. Conjointement. Constamment. Ensemble. A tort. A travers. A regret. ExprĂšs. Gratis. Incognito. Instamment. Lentement. A la hĂąte. ‘ Â.la mode, et toutes les auÂŹ tres expressions sembla- MĂȘme. Nuitamment; Prudeminent, Sagement. Sciemment. Tellement. Vite.' VĂ©ritablement, et tous les autres adverbes terminĂ©s en ment. bles, formĂ©es de la prĂ©- Avec soin, position d et d’un suh- De biais, stantif. PĂȘle-mĂȘle. N” DCXLYII. DES ADVERBES D'AFFIRMATION , DE NÉGATION ET DE DOUTE. PĂšres, de vos enfants ne forcez point les vƓux; Le ciel vous les donna, mais pour les rendre heureux. (ChĂ©nier.) Certes, Ă  voir les hommes si occupĂ©s, sĂź vifs, on dirait qu’ils travaillent pour des annĂ©es Ă©ternelles. (Massillon.) Certainement, il n’y a rien de plus merveilleux que ce changement. (Bossubt.) Peut-pn mener une telle vie dans le monde? — Oui, sans doute. (Id.) Ferez-vous cela ? — FoZorĂ»t’m. (AcadĂ©mie.) Lui cĂ©derez-vous vos droits? — Nullement. (Id.) Au moment oĂč je parle, ils ont vjĂ©cu peut-ĂȘtre* (Voltaire.) Non, jamais les vertus ne sont assez nombreuses. (CbĂ©niĂšr.)
(715) Les adverbes d'affirmation sont ceux qui servent Ă  affirmer; tels sont doute, vraiment, oui, volontiers, soit, d'accord, etc. Les adverbes de nĂ©gation sont ceux qĂŒon emploie poĂŒr nier, comme pas, ne point, nullement,point du tout, etc. U n'y a qu'un seul adverbe de doute, c'est peut-ĂȘtre. certes, sans non, ne, ne DCXLVIII. DES ADVERBES D'INTERROGATÏON. >€>Ooe— Comment se faire aimer, sans perdre un peu de TautoritĂ© ? (Flkcuibr.) Quand verrai-je, ĂŽ Sion, relever tes remparts Ăź (Racine.} OĂč menez-TOus ces enfants et ces femmes T (Racine.) Par oĂč commencer? [ĂŻd.) D’oĂč lui vient celte impudente audace? {ĂŻd.) i Les adverbes d'interrogation sont ceux qui servent Ă  interroger. Ces adverbes sont : combien, oĂč, d'oĂč, par oĂč, comment, quand, pourquoi, etc. Telles sont les diffĂ©rentes classes adoptĂ©es par la plupart des grammairiens. Mais cette classification est difficile, souvent inexacte, et ne saurait guĂšre offrir d’utilitĂ© qu'aux Ă©trangers. Nous allons suivre une classification plus simple, et pour ainsi dire maté rielle. Nous placerons en premiĂšre ligne les mots qui ne peuvent ĂȘtre qĂŒadverbes, et qui ne se composent que d'un,seul mot; au deuxiĂšme rang seront les adverbes dĂ©rivĂ©s des adjectifs; au troisiĂšme rang , les locutions employĂ©es comme adverbes, et au quaÂŹ triĂšme rang, les mots pris adverbialement;., de lĂ  quatre classes : adverbes purs oĂŒ SIMPLES, ADVERBES DÉRIVÉS, MOTS PRIS ADVERBIALEMEiVT, et LOCUTIONS ADVERÂŹ BIALES. ; ^ TABLEAU GÉNÉRAL DES ADVERBES. DCXLIX. Classe. —‘adverbes purs ou simples et en un seul mot. Ailleurs Dedans. Jadis, PlutĂŽt. Ainsi. Dehors. Jamais. Pourtant. Alentour. ^ DĂ©jĂ . Jusque. Presque. Alors. Demain. LĂ . Puis. Assez. DĂ©sormais. Loin. ; Quasi. Aujourd’hui. ' Dessous. Lors. Quelquefois. Auparavant.. Dessus.. Maintenant. Sciemment. Aussi. DorĂ©navant. Mieux. * Souvent. AussitĂŽt. Encore. Moins. Surtout. Autant. Enfin. , NaguĂšre. Tant. Autrefois. Ensemble. Ne. TantĂŽt, Beaucoup. Ensuite. ’ NĂ©anmoins. Tard. Bien, Fort, Non, pour ne pas. TĂŽt. Çà. Gratis. Notamment. Toujours. Certes. GuĂšre- Nuitamment. Toutefois. CĂ©ans. 11 ier. OĂč. TrĂšs. Cependant. Ici. Parfois. Trop. Ci. Diçesjarrimerit. Partout. Volontiers. Combien. incognito. Peu.- Etc., etc., etc. Comment. Incontinent. Pis. Etc., etc., etc. Davantage. Instamment. Plu». Etc., etc., etc.
7iĂŒ ) Distinctement. MĂ©diocrement. Sagement. Poliment. Modestement. InconsidĂ©rĂ©ment. PremiĂšrement. Secondement. TroisiĂšmement. Utilement. Vraiment. IngĂ©nument. AisĂ©ment. ImpunĂ©ment. A jamais. A la fois. A Tenvi. A part. AprĂšs-demain. A prĂ©sent. A regret. A tort. A loisir. A peine, etc. Avant-hier. Avec soin. Avec peine. Avec raison, etc. Çà et lĂ . Ci-aprĂšs. Ci-inclus. UÂź Classe.'— adverbes dĂ©bivĂ©s d’adjbctips* VĂ©ritablemenL LĂ©gĂšrement. Doucement. ExtrĂȘmement. Bonncinent. Lourdement. Franchement. Hanliment. Civilement. Joliment. Gentiment. Conjointement. Lentement. Promptement. prĂ©sentement. Rarement. Prudemment, Lestement. ÉlĂ©gamment.' Nullement. Doctement. Autrement. Savamment. Éloquemment. FiĂšrement. Amplement. Étourdiment. EntiĂšrement. III* Classe.— i locutions adverbiales. Ci-jĂŽint. Du tout, etc. D’abord. En avant. ’D'accord. En arriĂšre. D’ailleurs. En vain, etc. De lĂ . En sus. De çà et de lĂ . De mĂȘme. De plus. De suite*. De nuit. De jour, etc. DĂ©s lors. D’ici. D’ordinaire. D’oĂč. Du reste. Du moins. Une fois pour toutes. Jusque lĂ . LĂ -dedans. Longtemps. NĂ« pas, ne point. NĂ« plus, etc. Ni plus ni moins. Nu le part. Par hasard. Par ici. Par lĂ ; ctc. PĂ©le-mĂȘle. Naturellement. Vivement, Audacieusement. Facilement. Silencieusement. Rapidement. InopinĂ©ment. Clandestinement. \ I OpiniĂ trĂ©ment. Ordinairement. Attentivement, et autres adverbes termhiĂ©s en. ment qui dĂ©rivent des adjectifs. Peut-ĂȘtre. Plus tĂŽt. Plus tard, etc. Quelque part. Sans doute. TĂŽt ou tard. Tour Ă  tour. Sens dessus dessous. Tout d’un coup. Mal Ă  propos. Coup sur coup. Tout-Ă -fait. Tout Ă  Theure. A l’amiable, etc., etauircs locutions sembiabies. IVÂź Classe.— mots pris adverbialement. Chanter/usta- Voir clair. Rester court. CoĂ»ter cher. Parler bas. « Frapper fort. Lire haut. Chanter faux. Rire 6a#. Tenir bon. Frapper ferme. Marcner droit. Marcher inclinĂ©. 11 en est de mĂȘme des adjectifs pris adverÂŹ bialement. Quelque grands. Demt-nus. Il ose mĂȘme. AĂ«-pieds. iVw-tĂŽte. II dit aprĂšs. Comme il parle. ,11 va derriĂšre. Il est proche. Mal fait. 11 vient exprĂšs. I! est quatre heures envi'ron. Il est prĂšs. OĂŒ vas-tu? J’en vici\^. V viens-tu? etc. Il parle avec. Je marche contre. Je plaide pour. Il sĂ«st en allĂ© avec. EXERCICE ANALYTIQUE. Les crimes sont pesĂ©s dans la juste balance ; 7ot ou iartl'lei forfaits trouvent leur rĂ©compense, (IIĂ Omoht.) Nous croyons quĂąl/junfois des choses bien Ă©lrauges. (Hicaoo.) (Haumoht.) Les curieux ont souvent tort. De scs habitudes premiĂšres Oa se dĂ©lait malaisĂ©ment: (Lebrcw.) (HiOMOWT.) (BooEsauLT.) Pour rbomme, le travail est toujours nĂ©cessaire.' Üo grand fonds de vertu» rarement se confisque. AprĂšs tant de rebuts qui t’ont fait soupirer, Vertu, Intp nĂ©gligĂ©e, ose te remontrer. (Destoocbes.) ffon, jamais les vertus ne sont a.rse» nombreuses. (Demoustier.) La vertu malheureuse en est plus respectable. (CbĂ©kiek.) La vertu d'ell&.mĂ©me est partout respectable, ' (^‘^0 SinguliĂšre monnaie (la vĂ©ritĂ©), elle a pu sembler beIKi Lorsqu'on PatiprĂ©ciait Ăą sa valeur rĂ©elle; Mais depuis aien longtemps elle a /brt peu de cours, Et sou ^ids est partout ignorĂ© dans les cour». (CuKHiaa.) Oh! que la vĂ©ritĂ© Se peut cacher longtemps avec difficultĂ©! Qui se venge Ă  lietni court lui-mcme Ă  sa perte. On aime encor quaud on veut se venger* . , . Jusqu'ici jamais La probitĂ© ne fut ia vertu de» valets. Qui veut vaincre est d/jh bien prĂšs de la victoire. . , . Aujourd'hui Oo'passe sur l'honnĂȘte, et Fou songe Ă  TotUe. Le trĂȘoe fut toujours un dangereux abĂźme. La foudre l'environne aussi bien que le crime. Qui ne trompe famais sera souvent trompĂ©. La vaoilĂ© nous rend aussi dupes que sots. La vĂ©ritĂ© ne peut ĂȘtre trop claire. Ah ! de peur de tomber, ne oourons^a/ /i fort ! Oh ! combien la vertu souffre Ăą se dementir ! Un bien qu’on n’attend ptuafacilemenS s’oubU», (Moeiush.) (CoAUEiLue.) (Favart.) (Quihault.) (Rotroo.) (DlSTOUCB&S.y (Kacihb.) ^PoVRUIfS.) (Kloriak.' i BoURlAfLT.' (Moi.iaaa.^ (La ItAUR. (CHÊanaa.
(717) - —o.aas^ N" DCL. C8sa<w««»»■« DE LA FORMATION DES ADVERBES EN meflU !<■« SÉRIE. — Ateemenf, poliment, ingĂ©nument On censure aisĂ©ment quand on est sans faiblesse. - (LĂ  ChaussĂ©e.) Certes, il nĂ«st rratmenf pire eau que lĂ«au qui dort. (Fabre d’Êglantine.) Ün financier jamais ne dort profondĂ©ment (JĂąuffret.) Outrageons hardiment qui nous ose outrager. (Campistron.) IIÂź SÉRIE. — Horriblement, terriblement tes premiĂšres amours tiennent terriblement Ün bien quĂ«n nĂ«ltend plus facilement s’oublie. (Quinault.) Rarement un valet dit du bien.de son maĂźtre. (Collin d’Harlkville.) (ChĂ©nier.) On ne saurait manquer de louer largement Les dieux. (L'a Fontaine.) IIIÂź SĂ©rie. — Bonnement, hautement» vivement ProtĂ©ger hautement les vertus malheureuses, ' CĂ«sl le moindre devoir des Ăąmes gĂ©nĂ©reuses. (Corneille.) , L’homme entiĂšrement seul est celui qui nĂ« point dĂ«mis. (Dict. DE Maximes.) Fortement appuyĂ© sur des oracles vains. Un-pontife est souvent terrible aux-souverains. (Voltaire.) NĂ«ns nous plaignons quelquefois lĂ©gĂšrement de ' nos amis pour justifier par avance notre lĂ©gcrelĂ«. (La Rochefoucauld.) Un savant philosophe a dit Ă©lĂ©gamment : Dans tout ce que tu fais, hĂąte-loi lentement. (Regnard.) Alors qĂŒi! veut entrer, lĂ«mi frappe Ă  la porte ; Le prince apparemment prend dĂ«ssaut la maison. (ChĂ©nier.) IVÂź SĂ©rie. — ÉlĂ©gamment» prtfdemment. Une femme doitiplutĂŽt juger sainement les livre» qĂŒen parler savamment. (Dictionnaire de Maximes.) . A la nise on peut bien se prĂȘter dĂ©cemment. Lorsque l’hymen en doit-ĂȘtre le dĂ©nouement. (Destouches.) Ces quatre sĂ©ries dĂ«xemples nous montrent que les adverbes en ment se forment, pour la plupart, des adjeclifs qualificatifs, de la maniĂšre suivante : ' 1Âź Quand Tadjectif masculin est terminĂ© par une voyelle sonore, on Ăż ajoute ment: aisĂ©ment, poliment, ingĂ©nument. On excepte impuni, qui fait impunĂ©ment, et les adjecÂŹ tifs beau, nouveau, fou et mou, dont les adverbes sont formĂ©s du fĂ©minin : bellernent, nouvellement, follement, mollement. ^ 2Âź Quand Tadjectif masculin est terminĂ© par un e muet, on y ajoute la finale ment: horriblement, terriblement; exceptĂ© aveugle; commode, conforme, Ă©norme, incommode, opiniĂątre et uniforme, qui changent Y e muet en Ă© fermĂ© : aveuglĂ©ment, commodĂ©ment, conformĂ©ment, etc. On excepte encore traĂźtre; qui fait traĂźtreusement. , 3*'Quand Tadjectif est terminĂ© au masculin par une consonne, Tadverbe en ment se forme de la terminaison fĂ©minine : bonnement, hautement, vivement, etc. Il faut excepter : 1Âź gentil,^ qui fait gentiment'; 2° commun, confuse, diffuse, ' expresse, importune, obsÂŹ cure, prĂ©cise, profonde, qui changent lĂ« muet en Ă© fermĂ© : communĂ©ment, confusé ment, etc. 4Âź Les adjeclifs en ant et en ent forment Tadverbe en ment par le changement de nt en mment: Ă©lĂ©gant, Ă©lĂ©gamment ; prudent, prudemment. Ou excepte lent, prĂ©sent et vĂ©hĂ©ment, dont les adverbes sont lentement, prĂ©sentement et vĂ©hĂ©mentement. Trois adverbes en mment dĂ©rivent d'anciens adjectifs qui ne sont plus usitĂ©s aujourÂŹ d'hui ; ce sont notamment, nuitamment et sciemment. Nota.— La finale ment, dans les adverbes, vient de Tablatif latin mente, qui veut dire
. (718). esprit, maniĂšre. Ainsi de tenerĂą mente, forti mente, nous avons fait tendrement, forfe- ment, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. SensĂ©ment. - Poliment. IngĂ©nument. Politiquement. Uniquement. OiĂąicilĂ©ment. Bonnement. ComplĂštement, Tardivement. MĂ©chamment. Imprudemment. I'*Âź SÉRIB. —‘AisĂ©ment, poliment, ingĂ©nument. InconsidĂ©rĂ©ment.' Hardiment. DĂ»ment. DcterminĂ©ment. Vraiment. RĂ©solument. PrivĂ©ment. Joliment. GoulĂ»ment. NommĂ©ment. Impoliment. Absolument. II« SÉRIE. — Horriblement» terriblement. Solidement. FidĂšlement. Habilement. SĂ©vĂšrement. Noblement. Épouvantablement. Sagement. Magnanimement. Rarement. Comiquement. Superbement. Largement. 111Âź SÉRIE. — Bonnement, hautement, vivement* Anciennement. SecrĂštement. Successivement. ÉlĂ©gamment. Prudemment. Paternellement. NaĂŻvement. Pareillement. Éternellement. Vivement, Grossement. DiscrĂštement. Fugitivement. Faussement. IVÂź SÉRIE. — ÉlĂ©gamment, prudemment. * Savamment. IndĂ©cemment. Galamment. Diligemment. Nonchalamment. DĂ©cemment. T^odĂ©rĂ©ment. Ëtourdiment- AssidĂ»ment. Docilement. MĂ©di ocrement. Horriblement. IndiscrĂštement. Évasivement. Sottement. Étonnamment. Evidemment. N“ DCLI. DE QUELQUES ADVERBES EN ment QUI ONT ÜN COMPLÉMENT. Le faux ami ĂŒaime que relativement a son PROPRE intĂ©rĂȘt; ct si la cupiditĂ© le lui conseille, il deviendra ingrat et parjure. (J.-J. Rousseau.) Je pense Ă  vous, ma chĂšre fille, prĂ©fĂ©rdhlement A TOUTES CHOSES. (M‘“' DE SÉVIGNÉ.) IndĂ©pendamment DUS grĂąces de son Ăąge et de SA GAÎTÉ VIVE ET CARESSANTE, cllc a daus le CaÂŹ ractĂšre un fonds de douceur et d’égalitĂ©. (J.-J. Rousseau.) Polyeucte parle comme il doit parler, conforÂŹ mĂ©ment AUX PRÉJUGÉS. (Voltaire.) Trois adverbes en ment s'emploient avec un complĂ©ment prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position de; ce sont dĂ©pendamment, diffĂ©reniment [i), indĂ©pendamment ; et douze autres, avec un complĂ©ment prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position Ă ; tels sont an/eriettremen/(2), conformĂ©ment, consĂ©quemment (3), convenablement (4), exclusivement (5), infĂ©rieurement, postĂ©rieureÂŹ ment [6], prĂ©fĂ©rablement, privativement, proportionnĂ©ment, ou proportionnellement, reZa- tivement et supĂ©rieurement fl). Chacun de ces adverbes a conservĂ© le mĂȘme complĂ©ment que celui de l'adjectif dont il est formĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE* Cette dette a Ă©tĂ© contractĂ©e antĂ©rieurement Ă  la vĂŽtre. Il Taut vivre conformĂ©ment Ă  son Ă©tat. L’nme agit souvent dĂ©pendamment dc! organes. Faire une chose indĂ©pendamment de (luelqu’un. Cc qu’il demandait lui fut accordĂ© privaliveinent Ă  tont autre. II a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© proportionnĂ©ment Ăą sou mĂ©rite. ' Kcgulus aimait la patrie exclusivement Ă  soi. parler convenablement au sujet. Il a conduit l’anaire consĂ©quemment 4 ce q^ui,avait Ă©tĂ© rĂ©glĂ©. Les princes agissent diOĂ«remment des particuliers. Aimer Dieu prĂ©fĂ©rablement Ă  toutes choses. . Cet acte 0 Ă©tĂ© fait posiĂ©tieurement » celui dontvous parlez. Cela a Ă©tĂ© dit relativement Ă  ce qui prĂ©cĂšde. L’un a Ă©crit bien infĂ©rieurement, bien supĂ©rieurement Ă  l’atitre. (1) DiffĂ©remment peut se mettre aussi sans complĂ©ment : Ils ont agi chacun diffĂ©remment, (2) AntĂ©rieurement s’emploie Ă©galement sans complĂ©ment: Ce gue je vous raconte eut lieu antĂ©rieuÂŹ rement. ' (3) ConsĂ©quemment n_e rĂ©git la prĂ©position ii que quand il signifie en consĂ©quence ; et lorsqu’il signifie d'une maniĂšre consĂ©quente il ne prend point de rĂ©giine: ConsĂ©quemment Ă  ce qui a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©. Il parle CONSÉQUEMMENT. (4) Convenablement peut s’employer absolument : Dans cette affaire vous n’avez pas agi convenaÂŹ blement, ' « (5) Exclusivement s’emploie presque toujours sans complĂ©ment: Penser Ă  quelqu’un exclusivement. (6) PostĂ©rieurement s’emploie aussi absolument : Cette affaire eut lieu postĂ©rieurement. (7) SupĂ©rieurement est Ă©galement en usage sans complĂ©ment : Il parle supĂ©rieurement.
(719) N° DCLII. r DEGRÉS DE SIGNIFICATION DANS LES ADVERBES EN mmt. \ I. — Positif. 'Les hommes ne louent jamais gratuitement et I Toute la doctrine des mƓurs tend uniquement Ă  sans intĂ©rĂȘt. (Saint-Évremont.) J nous rendre heureux. (Bossuet.) II. — Comparatif — DegrĂ© d’égalitĂ©. Est-il possible qu'une nation qui pense aussi dé licatement que la nation française, ne marque orÂŹ dinairement son esprit dans la sociĂ©tĂ© qĂŒĂ ux dé pens de la rĂ©putation de ses compatriotes. (Montesquieu.) PuissĂ©-je te revoir bientĂŽt, et retrouver avec .ioi ces jours heureux qui coulent si doucement entre deux amis. (Montesquieu.) DegrĂ© de supĂ©rioritĂ© ou d’infĂ©rioritĂ©. Le gĂ©nie consiste, en tout genre, a concevoir plus vivement tiplus parfaitement son objet. (Vauvenargues.) Le lierre s'unit moins Ă©troitement hVornxeau, le serpent au serpent, la jeune sƓur au cou d’une sƓur chĂ©rie. (Guateaubiuani).) III. — Superlatif Le, courage s’occupe frĂȘS'SĂ©nĂ«iweĂźnerĂŻt de sa pro-. Nous avons fort exactement les histoires des pre conservation. (Dict. DE Maximes.) peuples qui se dĂ©truisent; ce.qui nous manque est , celle des peuples qui se multiplient. (J.-J. Rousseau.) Les adverbes en ment sont, comme tous les adjectifs dont ils dĂ©rivjgnt, susceptibles des trois degrĂ©s de signification, qui sont U positif, le comparatif, et le superlatif. Le premier exprime la maniĂšre purement et simplement; le second l’énonce Ă  un degrĂ© d'Ă©galitĂ©, de supĂ©rioritĂ© ou d’infĂ©rioritĂ©, Ă©n ajoutant Ă  Tadverbe les mots si, aussi, plus, moins; le troisiĂšme, Ă  Taide des mots bien, trĂšs, fort, la porte au plus haut pĂ©riode. Comment, Ă©ternellement, tellement, sont les seuls adverbes an ment qui n’admettent aucun degrĂ© de comparaison. > EXERCICE PBItASÈOLOGIOUE. HonnĂȘtement. Anssi honnĂȘtement. Fins honnĂȘtement. Bien honnĂȘtement. Gracieusement. SĂź gracieusement. Moins gracieusement. Trcs^gracieusement. pouccment. Aussi doucement. Plus doucement. Fort doucement. Dipemeut. Si dignement. Moins dignement. Bien dignement. SYNTAXE DES ADVERBES, N“ DCLIII. Aujourd'hui. , Tel repousse aujourd’hui la misĂšre importune, Qui tombera demain dans la mĂȘme infortune. [La Harpe.) Il semble qu’aujoufXhui la fortune vous rie : Demain le ciel se brouille, et la scĂšne varie. (Dorax.)
( 720 ] Aujourd'hui dam ce monde on no connaĂźt qĂŒun " ' [crime, CĂ«st lĂ«nnui ; pour le tuir, tous ies moyens son t bons. (Gresset.) .. . De tous les emplois, le plus lĂącbe ati/otircTAui' Est d’ĂȘtre lĂ«spion des paroles d’aĂčtruĂź. (BoĂŒrsault.) L’abbĂ© Girard voulait que Ton Ă©crivĂźt aujourdhwi sans apostrophe; mais personne n’a adoptĂ© celte orthographe, et Ton Ă©crit aujourd'hui avec une apostrophe entrĂ© le d et le A EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Aujourd'hui l'on rit, demain l’on pleure. Les sentiments d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'autrefois. N’ DCLIT Jusqu'aujourd'hui. Jusques Ă  aujourd'hui. Jusqu'Ă  aujourd'hui. Jusques aujourd'hui. Jusqti’à aujourd’hui, jusguĂ©s Ă  aujourd’hui. JĂ«i diffĂ©rĂ© jusqu’à aujourd’hui Ă  vous donner de.mes nouvelles. (AcadĂ©mib.). Dans l’inlervalle de temps qui sĂ«st Ă©coulĂ© depuis votre naissance jusgues d aujourd’hui... (Massillon.) Jusqu’aujourd’hui, jusques aujourd’hui. Reine, jusqu’aujourd’hui vous avez pu connaĂźtre Quelle tidĂ©litĂ© m’attachait Ă  vos lois, (Voltaire.) . . . Ei jusques oMjowrd’Aui Je Tai pressĂ© de feindre. (Racine.) La guerre a rĂ©gnĂ© longtemps au sein du monde grammatical sur la question de savoir si les quatre expressions jusqu'aujourd'hui, jusques aujourd'hui, jusqu'Ă  aujourd'hui, jusques Ă  aujourd'hui, Ă©taient Ă©galement correctes, Ă©galement françaises. Les uns, Wailly et FĂ©raud en tĂȘte, ne voyant dans Tadverbe aujourd'hui qĂŒun com- posĂ©de plusieurs mots (au jour de hdi), dĂ©cidĂšrent qĂŒon devait toujours direjwsgw’ott- jourd'hui ou jusques aujourd'hiii, et, pat tant, proscrivirent les deux derniĂšres locutions. La meilleure et la plus solide raison qĂŒils en pouvaient donner Ă©tait que Ăźa prĂ©position Ă  se trouvant dĂ©jĂ  exprimĂ©e dans jusqu aujourd'hui (jĂŒsqĂŒâ€™a le jour de hĂŒi), on en faisait un double emploi en disant jwsgu’à aujourd'hui; dĂšs Ăźors ils prĂ©tendirent que celte rĂ©pé tition de la prĂ©position Ă©tait vicieuse. . Les autres, parmi lesquels il faut ranger Thomas Corneille et d’OIivet, sans rejeter abÂŹ solument les deux expressions jusqu'aujourd'hui, jusques aujourd'hui, voulaient qu’on prĂ©fĂ©rĂąt jusqu'Ă  aujourd'hui, jusques Ă  aujourd'hui ; et ils se fondaient sur ce que aujour- d'hui devait ĂȘtre un seul mot comme demain, hier. Ainsi, puisque Ton d'\sa'\i jusqu Ă  deÂŹ main on jusques Ă  demain, il s’ensuivait qu’il fallait dire aussi jusqu'Ă  aujourd'hui o\x jusques Ă  aujourd' hui. Ces deux opinions, motivĂ©es d’une maniĂšre si rationnelle, si pĂ©reniptoire, ont eu pour rĂ©sultat de faire consacrer les quatre expressions, qui en effet ont Ă©tĂ© sanctionnĂ©es et par Tusage et par TAcadĂ©mie. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je TOU» li attenda jusqn'aajotirj'hui. Je vons ai alleadu jusques aujourd'hui. Je vous ĂŒi attendu j Je voui» 01 attendu jnsqn'h aujourd'hui, atteudu jusque» k oujourd'hoL
( 721 ) DCLY.' Alentour comparĂ© avec autour. Alentour. Les plaisirs nonchalants folĂątrent alentour. (Boileau.) Les chagrins dĂ©vorants, etc. Troublent Tair d’a/e«/our de longs gĂ©missements. . ' * Ud.) - - Autour. La terre est emportĂ©e avec une rapiditĂ© Ăźnconccr vable autour nu soleil. (La BruvĂȘre.) Il Ă©tait sur son char. Scs gardes affligĂ©s ' Imitaient son silence, autour de lui rangĂ©s. (Racine.) Âlenlottr est un adverbe qui ne doit jamais prendre de complĂ©ment,. et autour, une prĂ©position qui, au contraire, en admet toujours un. Ainsi on ne dira pas *; Cette mĂšre a ses enfants alentour d'elle, mais bien autour d'elle. CĂ«sl parce que alentour ne s’écrit plus aujourd’hui qĂŒen en seul mot et qĂŒon en a fait un adverbe, que ce serait une faute de lui donner un complĂ©ment; mais, au siĂšcle de Louis XIV, les Ă©crivains, tant poĂštes que prosateurs, employaient entour comme substantif^ et alors ce mot pouvait ĂȘtre suivi d'un complĂ©ment. Aussi lit-on dans La Fontaine : Le mallieureuĂŻ lion se dĂ©chire lui-mĂȘme, Il tpurne Ă  Ventour uu troupeau. Fait rĂ©sonner sa queue Ă  Ventour de ses flancs. Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau. A Ventour de est une expression maintenant hors d'usage, et nĂ©anmoins Ă  regretter, comme le dit Boniface. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. J’allai voir ee monument, je me promenai Ăą Tentour. Uo rond »e forma, et U courut a l'entour. Je me promenai antonr de rr|[lĂźie. Je vis quelqu’un rĂŽder autour de le mtisoa* N° DCLYI. Auparavant comparĂ© av^ avant. Auparavant. 11 ne faut employer aucun terme dont on n’ait auparauonf expliquĂ© le sens. (Pascal.) De terribles globes de feu sortirent des fondeÂŹ ments, qu’ils avaient auparavant Ă©branlĂ©s par des secousses violentes. (Bossuet.) Avant. Peut-ĂȘtre avant lb temps Je saurai l’occuper de soins plus importants. (Racine.) Il faut que vous soyez instruits, mĂȘme ouanf tous, Des grands desseins de Dieu sur &o.n peuple et sur . (Id.) [vous. La diffĂ©rence qĂŒon doit remarquer entre auparavant et avant, c'est que le premier est un adverbe, et le second une prĂ©position ; Tun se construit sans complĂ©ment, l’autre avec un complĂ©ment. Il y a donc une faute dans ces vers de Corneille : Mon bras, dont ses mĂ©pris forçaient la retenue, Këût plus considĂ©rĂ© CĂ©sar ni sa venue. Et lëût mise (ClĂ©opĂątre) en Ă©tat, malgrĂ© tout son appui, De se plaindre Ă  PompĂ©e auparavant qu’a ldi. Auparavant oĂŒâ€™alĂŒi nĂ«st pas français, dit Voltaire. Il faut avant qu’a lĂŒi. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. J Voat *tm BĂ© fB 1760, «t moi rai* sĂš auparavant. ^ Ja Ind timt c« qua rtus comatandam, mat* j« forai aaU auparavant. Si vous ĂŽtes nĂ© «a iSOO, jo iu!» ai aveat voua. Je forai nia avant touta* choeesi 01
( 722 ) t —N° DCLYII. ium» non plus. Aussi. Telle est la loi de VunĂźvers : Si tu veux qu’ou t'Ă©pargne, Ă©pargne au.tii les autres. (La Fontaine.) L’indulgence affaiblit et perd la discipline; Trop de rigueur aussi quelquefois la ruine. (Saurin.) Si par la calomnie un homme a rĂ©ussi, Cent pour uu toĂŒt au moins s’y sont perdus ansst. (Boursault.) Puisque chacun ici prend ce'qui lui convient, Par droit d’aubaine aussi. Finette m'appartient. (Regnard.) Mila morte! RenĂ© mort! sa petite fille va bientĂŽt mourir! Chactas qui s’en va aussi! CĂ©luta, resteÂŹ rons-nous seuls? (Chateaubriand.) Non plus. Dire que la religion n’est pas un motif rĂ©primant, parce qu’elle ne rĂ©prime pas toujours, cest dire que les lois civiles ne sont pas un motif rĂ©primant non plus. (Montesouiku.) Je ne saurais passer pour femme, Ă  mon avis; Ni pour veuve non plus, puisqu’on elTet j’ignore Si le mari que j’eus est mort ou vit encore. (Regnard.) — Je ne comprends rien Ă  tout ce que vous dites. — Ma foi, ni moi non plus. (Regnard.) Lorsque je veux vous faire ma priĂšre, je ne sais en quelle langue je dois vous parler. Je ne sais pas non plus en quelle posture je dois me mettre. (Montesquieu.) Dans les phrases de la premiĂšre colonne on a fait usage de aussi, parce que ce mot exprime une idĂ©e de similitude ou d'Ă©galitĂ© entre deux propositions positives. Au contraire, dans,les exemples de la seconde colonne, les Ă©crivains ont mis et ont dĂ» mettre non plus, parce que les deux propositions similaires sont construites dans un sens nĂ©gatif. Nous Ă©tablirons donc en principe que atissi, signifiant Ă©galement, pareillement, sĂ«mÂŹ ploie quand il y a deux propositions positives; et non plus, si ces propositions sont nĂ©gatives. - Par consĂ©quent les phrases suivantes sont entachĂ©es d'incorrection : EMPLOI VICIEUX DE auSSt*. L’ñme de Mazarin. qui n'avait pas la barbarie de celle de Croinwell, nĂ«n av;iit pas aussi la grandeur. (CitĂ© par Girault-Duvivier.) La faveur dĂ» prince nĂ«xclul pas le mĂ©rite, et ne le suppose pas aussi. (La BruyĂšre.) H n’est pas juste qu’il puisse entrer dans les terres de ses voisins ; il n’ési pas juste aussi que scs voisins puissent entrer dans les siennes. (FĂ©nelon.) Nous ne voulons pas que les autres nous tromÂŹ pent; nous ne trouvons pas juste qu'ils vĂ«uillent ĂȘtre estimĂ©s de nous plus qu’ils ne mĂ©ritent : il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions* ^ (Pascal.) Dans tous ces exemples il fallait non plus. Qu'on remarque bien, toutefois, que quand aussi est employĂ© comme conjonction et dans le sens de consĂ©quemment, d'aprĂšs cela, le principe que nous venons de poser devient sans application ; car, dans ce cas, il n’importe que’ les propositions soient ou ne soient pas nĂ©gatives. Ces aulres phrases sont donc bonnes : Toutes les occupations-dcs bommes.sont Ă  avoir du bien ; el le titre pur leqin'l ils le pos>Ăšdenl nĂ«st. dans son origine, que la fantaisie de ceux qui ont fuit les fois. Us «n’ont au##i aucune force pour le possĂ©der sĂ»rement. (Pascal.) Ma douleur serait trop mĂ©diocre, si je pouvais vous la dĂ©peindre: je neTĂ«iitrepremirai pas aussi» DE SĂ©vignĂ©.) De pareils sentiments n’entrent pas dans mon Ăąme. — Monsieur ne pense pas aussi ce qu'il vous dit* (Regkaiu>*)
( 723 ) Dans ces phrases,-aussi se mettrait avec plus d'Ă©lĂ©gance en tĂ©te de la proposition. «t mai «lusi.. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Je n’irai pa*, ni lui non plus. Aime&-Ia et elle antsi. N* Tatmez pu, ni elle &(» pin*. W DCLVm. Comme, comment. Comme, La t*rovĂźdencĂ© est grande, et j’admire, en effet, Comme le bien succĂšde Ă  tout le mal qu’on fait. (Fabre'd’Eglantine.) < Quelque amoureux qĂŒon soit, Dorine, Dieu sait [comme Quatre mois de rigueur dĂ©couragent un homme. (DoH AT.) Je ne sais pas encor comme on manque de foi, (Voltaire.) Vous voyez comme les empires se succĂšdent les uns aux autres. (Bossuet.) ^ ĂŒn cƓur nĂ© pour servir sait mal comme on commande. (Corneille.) Comment, Il faut que je vous raconte comment on avait emÂŹ poisonnĂ© mon cƓur dĂšs ma plus tendre enfance. (Bbrn. DE Saint-Pierre.) Il est juste que vous sachiez comment est fait et comment se gouverne un coeur. (FlĂ©chier.) Quand* on se porte bien, , on ne comprend pas comment on pourrait faire si o» Ă©tait malade. (Pascal.) Voulez-vous savoir comment il faut donner, mel- tĂȘz-vous Ă  la place de celui qui reçoit. (M“¼ DE Puisieux.) Ainsi que le prouvent ces citations, comme s’emploie souvent pour comment; il signifie alors de quelle maniĂšre : La Providence Ăšst grande, Ăšt f admire en effet comme le bien succĂšde Ă  tout le mal quon fait; comme le bien succĂšde, cĂ«st-Ă -dire comment, de QĂŒelle maniĂšre Ăźe bien succĂšde, etc. On voit encore mieux que comme se dit pour comment dans cette phrase ; VoilĂ  comment il est pĂšre, voici gomme il esl ami. (Lacr'e- TELLEaĂźnĂ©.) Cependant on doit ĂȘtre trĂšs-rĂ©servĂ© sur cet emploi de comme au lieu de comment, parce-qu’ii peut en rĂ©sulter quelquefois une Ă©quivoque; par exemple, quand on dit : Voyez COMMENT il travaille, cela tombe sur la maniĂšre dont il travaille; et'si Ton dit : Voyez COMMEi/ travaille, cela tombe sur la personne et fait entendre quĂ«lie travaille beaucoup. Dans ce dernier cas, comme signifie Ă  quel degrĂ©. 11 n’y a guĂšre que certains provinciaux qui se servent de comine au lieu de comment dans le sens interrogatif: Comme vous portez^ous? disait un provincial Ă  lĂ«nteuelle. Comment vous voyez, lui rĂ©pondit' celui-ci. Voici cnmmo on gouverne. EXERCICE PBRASÈOLOGĂŻQVE. Voici comment on gouverne, VoUĂą comme va le monde. Volli comment va le monde. DCLIX. Dessus, dessous, dedans, dehors, comparĂ©s avec sur, sous, dans, hors. I. Dessus* n croit voir un prie-dieu : il se jette lourdement dessus. ‱ (La BbdtĂšrb.) Sur. Pour monter «ur un trĂŽne il nĂ«st rien quĂ«n ne quittĂ©. (Boursault.)
Il Ă©crit une longue lettre, met de dessu# k plusieurs reprises. (/d.) . ( 724 ) Four remonter au trĂŽne, il faut rĂ©gner sur #oL [De Bellot.) Les voyages #ur mer sont remplis’d’avenlures. (FaBEB^D ËGLANTIHB.) II. Dessous, t On Ă©tale le litre de bon citoyen, el on cache desÂŹ sous celui de jaloux. (Massillon.) Sous. La vertu sou# Ze chaume attire nos hdmmages. (Bernis.) III. Dedans. « Tous les maux sont depuis longtemps hors delĂ  botte de Pandore, mais TespĂ©rance est encore deÂŹ dans, (Marmontel.) .Dans, La gloire d’un souverain consiste moins dans ĂŻa grandeur de ses Ă©tats que dans le bonheur de ses peuples. (FĂ©nelon.) IV. Dehors, Sans doute que les Français, extrĂȘmement dé criĂ©s chez leurs \oisins, enferment quelques fous, dans une maison, pour persuader que ceux qui sont de/tors ne le sont pas. (Montesquieu.) Hier, j’avais mille affaires dans la maison, je sorÂŹ tis, et/ demeurai tout le jour dehors. [ĂŻd,] Hors. MisĂ©rables jouets de notre vanitĂ©, Nous cherchons hors de nous nos vertus et nos vices* (Boileau.) - Il y ayait.Aors la porte de la cour une terrasse. (J.-J. Rousseau.) AprĂšs avoir examinĂ© ce tableau comparatif, on voit que dessus, dessous, dedans, dehors, - sont de vĂ©ritables adverbes, el qu’ils ne sauraient ĂȘtre suivis d’un complĂ©ment comme leurs correspondants sur, sous, dans, hors, qui sont dĂ©s prĂ©positions. Toutefois il faut excepter les deux cas suivants : " o 1Âź Dessus, dessous, dedans, dehors, peuvent ĂȘtre suivis immĂ©diatement d’un substantif lorsqu’ils sont en opposition et que le complĂ©ment est placĂ© aprĂšs la derniĂšre prĂ©poÂŹ sition : ' 11 n’est ni dessus ni dessous ta table. (AcadĂ©mie.) Les ennemis sont dedans et dehors la ville. (AcadĂ©mie.) 2Âź Dessus, dessous, dedans, dehors, peuvent ou non, selon le cas, prendre aprĂšs eux un complĂ©ment toutes les fois qĂŒils sont prĂ©cĂ©dĂ©s de l’une des prĂ©positions Ă , de, ou par, comme dans les exemples suivants : Avec un complĂ©ment. Mettre la loi ai*-dessus de Vhonneur est un proÂŹ blĂšme insoluble eu politique. (J.-J. RousseauO Ces montagnes voisines du ciel voient les nuages se loTmrr'au-dessous d’elles. (La BhuyĂšre.) JĂ©sus-Chrl.rt peut-il demeurer au~dedans d’une idole abominable ? (Massillon.) La main du Seigneur s’arrachera de dessus ĂŻa terre, (Massillon.) On a tirĂ© cela de de#sou# la table. (AcadĂ©mie.) Tous nos avantages sont au-dehors de nous , par consĂ©quent nous appartiennent. (Massillon.) 5an# complĂ©ment» Les esprits de ce temps,- Qui loulblancs au-dehors sont toĂčt noirs au-dedans, (Boileau.) II occupe le:premier Ă©tage, et scs domestiques loÂŹ gent uu-tZesswj. _ (AcadĂ©mie.) Ainsi Ă©clataient au loin la grandeur et la rĂ©puÂŹ tation de la France, tandis qu'au-dedans elle s’afÂŹ faiblissait par ses propres avantages. (Massillon.) HĂ©rode fil tuer tous les enfans de TĂąge de deux ans et au-dessous. (AcadĂ©mie.) Du temps de Corneille et de MoliĂšre on employait indiffĂ©remment, comme prĂ©positions ou comme adverbes, dessus, dessous, dedans, dehors: On en trouve de nombreux exemples dans les chefs-d’Ɠuvre de ces grands Ă©crivains. Aujourd’hui ce serait, en prose comme
( 725 ) 6n poĂ©sie, autant de solĂ©cismes que de donner Ă  ces mots un complĂ©ment hors des cm qui viennent d’ĂȘtre spĂ©cifiĂ©s. .EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ;.tre dessus, pre dessous. ;,lre dedans, ĂŻtre dehors. Être sur le gazou. Être 50U.S le Ht- Être dans l'eau. Etre hors du pĂ©ril. ^ Au-dessus de Dieu. Pur-<lessotis la jambe, o Au-dedans de nous. Au-deliors de nous. ' N'DCLX. Beaucoup, bien. Être au-dessus.' Aller par-dessou». ' Regarder au-dĂȘdatts. Revenir de dehors. Bien. On fait sur ce sujet 6tĂ«n des rĂ©cits bizarres; 11 sĂ«n faut dĂ©fier, les esprits sont fort rares. (AndrikĂŒx.) 'Souvent on se donne hien du mal» pour n’ĂȘtre en dĂ©finitif que ridicules.. (Malesuehbes.) Bien DES GENS ont prĂ©tendu que la quantitĂ© des eaux souterraines surpassait celle de toutes les eaux qui sont Ă  la surface de la terre. (Buffon.) Beaucoup. On fait beaucoup de bruit, et puis on se console; Sur les ailes du temps la tristesse sĂ«nvole, (La Fontaine.) LĂ©s bommes de jugement ont souvent beaucoup d'ESFRit, cl les hoinnics dĂ«sprit ont pat fois peu de jugeinent. (Lacretelle aĂźnĂ©.) Le tempĂ©rament a beaucoup i»e part Ă  la j'a- lousie, et elle ne suppose pas toujours une grande passion : cĂ«st cepemianL un paradoxe qu’un violent amour sans dĂ©licatesse. (La BruyĂšre.) 0 Bien et beaucoup, dit Lemafe, substituĂ©s' Tun Ă  l’autre dans ces phrases et autres semblables, donnent Ă  peu .prĂšs le mĂȘme rĂ©sultat. Mais il nĂ«n faut pas conclure que rĂ©ellement ils ont le mĂȘme sens, et que si l’un est un nom de quantitĂ©, l’autre lĂ«st aussi. ■ Ils diffĂšrent essentiellement par TĂ©tymologie, par le sens, par lĂ«spĂšce, par Temploi et par la syntaxe; ^ o Par TĂ©tymologie \Bien est une altĂ©ration du latin Ă»enĂ©, altĂ©rĂ© lui-mĂȘme de bonĂš, de bonus, et signifie bonnement ou d’une bonne maniĂšre, tandis que beaucoup vient de bella copia (dĂ«Ăč le français copieux), qui signifie belle quantitĂ© ou abondance. Par le sens : Si jĂ«ntre dans un spectacle, et que j'y trouve, contre mon attente, une grande quautitĂ© de monde, je dirai : Il y a bien du monde ici, eX ce tour exprime une sorte d’étonnement. Je dirai; au contraire, il y a beaucoup de monde, si j’y arrive prĂ©venu d’y trouver une grande affluence. H a BEAUCOUP d'argent signifie seulement une grande quantitĂ© : Il a bien de l'argent paraĂźt de plus marquer la.çonfiance avec laquelle on assure la chose, ou mĂȘme la satisfacÂŹ tion que Ton aurait d’avoir la somme que possĂšde la personne dont on parle; et ĂŒ semble^ .qĂŒun avare ou un envieux dirait d’un homme riche : Il a bien de l'argent, lorsqu’un autre dirait : Il a beaucoup d'argent. . ^ Bien et beaucoup diffĂšrent aussi par lĂ«spĂšce.: Tun est adverbe de maniĂšre ou de quaÂŹ litĂ©, c’est-Ă -dife un mot qui n’a point de complĂ©ment ctqui n exerce dans la phrase auÂŹ cune influence sur un mot suivant; Tautre est un adverbe, ou plutĂŽt un nom ou un subÂŹ stantif, de quantitĂ©; aussi dit-on : Le peu ou le^beaucoup d]drgent fait la plus grande diffĂ©rence qui paraisse exister parmi les hornmes, eTl’on ne dirait pas Ăźe bien de l'arÂŹ gent» etc. Enfin par Ăźa syntaxe : La syntaxe elle-mĂȘme prouvĂ© quĂš biĂšh nĂ«st point ĂŒn adverbe de quantitĂ©; car, Ă  ce titre, il serait suivi de la seule prĂ©position sans dĂ©terminatif, et Ton . dirait iiĂ«n dĂš, comme on dit Ăšeawcowp de, peu de.» ^ j- BUn dM ptrsonaM. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. VMMoop d* penona*». Bi«b da mond«. Bcsacoup d* mo»ù«.
( 726 ) DCLXI. *BĂŒn ET trĂšs. JĂźtĂ«n, Il faut ĂȘtre 6/en fort ou bien fon pour oser ĂȘtre intolĂ©rant. ' (Voltaire.) Le vĂ©ritable courage est hien opposĂ© Ă  la tĂ©mé ritĂ©, qui nĂ«iamlne rien, (FontenĂȘlle.) Une louange peu commune et placĂ©e Ă  propos, a toujours un grand sel el flaito bien agrĂ©ablement celui qĂŒi la mĂ©rite. (Dict. ue Maximes.) Je-prĂ©sente mes respects a leurs excellences, et les prie 6iĂ«n instamment de me conserver leurs bontĂ©s. (Voltaire.) TrĂšs. Én quelque pays et en quelque condition qu’on soit, on est irĂšsrlibre, pourvu qu’on craigne les diçui, et qu’on ne craigne qu’eux, (FĂ©nelon.) CĂ«st une trĂ©^-mottuaise politique de changer par ies lois ce qui doit ĂȘtre changĂ© par les maÂŹ niĂšres. (MontesĂŽĂŒieu.) Adraste remonta trĂšs-promptement sur les bords du fleuve. (FĂ©nelon’.) Les hommes sont trĂšs-rarement dignes de se gouÂŹ verner euĂŻ-mĂȘmes. (Voltaire.) Quelques grammairiens pensent que bien et trĂšs ne doivent, comme dans ces exemples, motjifier que des adjectifs ou des adverbes. Cependant comme on dit avoir htcn/atm, auotV bien soif, pourquoi ne dirait-on pas avoir trĂšs-faim, avoir trĂšs-soif, aussi bien que quoir bien chaud, avoir bien froid, avoir trĂšs-chaud, avoir trĂšs-froid? Boniface voudrait que quand on a Ă  modifier ces locutions verbales avoir faim, avoir soif, on prĂ©fĂ©rĂąt toujours bien Ă  trĂšs ; mais trĂšs nĂ«st-il pas trois fois plus Ă©nergique que bien, et Tun peut-il ĂȘtre substituĂ© Ă  l’autre? D’ailleurs auoir trĂšs-faim, avoir trĂšs-soif sont des consĂ©crations Ă©tablies par l’usage, et auxquelles il faut bien se soumettre. Marivaux n’a pas craint do dire : Nous Ă©tions partis tkĂšs-matin de cette ville. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Biea Ă©levĂ©. Bien lioonĂȘt*. Bien poliment. Bien modĂ©rĂ©ment. TrĂšs-çénĂ©reuR. TrÚ»-ma gnanĂźme. TrĂ©s-gron Jument. TrĂšs-doucement. ‹«es» N" DCLXU. De loin Ă  loin, de loin en loin. De loin Ă  loin. 11 oe me vient,plus voir que de loin Ăą loin. (AcadĂ©mie.), Nous avions toujours continuĂ© Ă  nous Ă©crire de loin Ă  loin. , (D’Olivet.) Ces arbres sont plantĂ©s de loin Ă  loin. (AcadĂ©mie.) De loin en loin. Pour combiner plus sĂ»rement ma dĂ©marche, j’allai plusieurs fois dĂš Zotnen loin examiner l’élai des choses. (3--J- Rousseau.) A Aix, quel spectaçlel auberges fermĂ©es, cafĂ©s, restaurateurs fermĂ©s, Ă  peine quelques rares bouÂŹ tiques eiilrĂ«uvertes; partout silence et solitude; quelques hommes apparaissent de loin en loin /tristes et mornes, attendant tous d’heure fii heure la fatale atteinte. (National.) o De loin Ă  loin,,de loin en loin, sont deux locutions adverbiales que les Ă©crivains emÂŹ ploient indiffĂ©remment pburĂ«ignifier Ă  une certaine distance de temps ou de lieu. C’est donc Ă  tort que Boniface Ă©tablit une distinction entre Tune et Tautre de ces expressions, et veut que la premiĂšre se dise du lieu et lĂ  seconde du temps. CĂ«st aussi Ă  tort que M. Planche met dans son Dictionnaire oratoire que ces expressions sont familiĂšres. NĂ«us les avons rencontrĂ©es plusieurs fois dans des poĂ©sies fort estimĂ©es, et J.-J. Rousseau, La Harpe, Lacretelle, Linguet, en ont fait usage.
(727) EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Iras crtnds gĂ©nies apperaissent de loin Ă  loin. Établir des vedettes de loin Ă  loin. Voir quelqu'un de loin en IcHn. La foudre gronde de loin en loiJL K DCLXIII. ÀU moins, du moins. Au moins. Si Ton nĂ«st pas maĂźtre de ses sentiments, au moins on lĂ«st de sa conduite. (J.-J. Rousseau!) Il n’y.a point de famille un peu Ă  son aise qui n’ait sa provision Ăč’argent assurĂ©e au moins pour vivre un an. (Bern. de Saint-Pierre.) Si Lope de Vega el Shakespeare ne furent pas regardĂ©s comme de saints personnages , personne au moins» ni Ă  Madrid, ni Ă  Londres, ne reprocha Ă  ces deux cĂ©lĂšbres auteurs d’avoir reprĂ©sentĂ© leurs ouvrages selon Tusage des anciens Grecs, nos maĂźtres. (Voltaire.) La sagesse inutile au mondp est pire que cerÂŹ taines folies qui servent au moins Ă  l’amuser. (LingrĂ©e.) Si celui qui vise Ă  la singularitĂ© ne TatteĂźnt pas toujours, il est au moins assurĂ© d'attraper le ridiÂŹ cule. ' (Sanial Dubay.) Du moins. Puisque les dieux nous ĂŽtent lĂ«spĂ©rance de vous voir rĂ©gner au milieu de nous, du moins aidez- nous Ă  trouver un -roi qui fasse rĂ©gner nos lois. (FĂ©nelon.) ....J’aime Ă  voir quereller les mĂ©chants : CĂ«st un repos du moins pour les honnĂȘtes gens. iCOLl.IN d’Uahleville.) La plupart des enfants aiment le vin, ou du moins s’accoutument fort aisĂ©ment Ă  en boire. (Buffon.) Et si de t’agrĂ©er je n'emporte le prix. J’aurai du moins Thonneur de Ta voir entrepris. (La Fontaine.) Si Ton ne sait point divertir, il faut du moins ne point ennuyer. (Laroche.) Si ce n’est point un crime de ne. pouvoir rĂ©gler les mouvements de son coeur,- cĂ«st du moins un trĂšs-grand malheur. (Duclos.) Ainsi que le prouvent assez ces citations, au moins» du moins sont deux expressions adÂŹ verbiales qui s’emploient, au grĂ© des Ă©crivains, Tune pour Tautre, et n'offrent entre elles aucune diffĂ©rence de sens. Toutes deux signifient pour le moins, et servent Ă  restreindre. TidĂ©e qu'on a prĂ©cĂ©demment exprimĂ©e. H en est de mĂȘme de tout au moins, tout du moins : S'il nest pas riche, il a tout au MOINS, il a TOUT DĂŒ MOINS de quoi vivre. - (AcadĂ©mie.) EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. Sojex au moins sage. Soyez dtt moins sage. Soyez au moins honnĂšie homme. Soyez dti moins honnĂȘte homme. N" DCLXIV. * 0 Peut-ĂȘtre employĂ© avec ou sans le verbe pouvoir. phrases avec peut-ĂȘtre. Il n’y a peut-ĂȘtre pas de roi qui ne puisse ĂȘtre venu d’un esclave, ni d’esclave qui ne puisse ĂȘtre descendu d’un roi. (La Mothe le Yaver.) Mon Apollon m’a secouru ce matin, et, dans le temps que j’y pensais le moins, m'a fait trouver sur mon chevet deux lettres qui, au dĂ©faut de la mienÂŹ ne, pourront peut-ĂȘtre vous amuser agrĂ©ablement. (Boileau.) Mais peut-ĂȘtre qĂŒun jour je pourrat faire mieux ; Car je suis bien honteux dĂ«tre un oncle inutile.' (lUBBRT.) LES MÊMES PHRASES SANS peut-ĂȘtre, ‱ Il n'y a pas de roi qui ne puisse ĂȘtre venu d’un esclave, ni d’esclave qui ne puisse.Ă©ire descendu d’un roi. Mon Apollon m’a secouru ce matin, et, dans le temps que j’y pensais le moins, rn’a fait trouvf^rsur mou chevet deux lettres qui, au d< faut de lu mienÂŹ ne, pourront vous airiĂŒser agrĂ©ablemeiit. Mais un jour je pourrai faire mieux, car je suis bien honteux d’ĂȘtre un oncle inutile. N
( 728 ) CĂŽ qu'on pourrait encore reprocher peut-ĂȘtre Ă  ce songe, cĂ«st qu’il ne sert de rien dans la piĂšce. (Voltaire.) Il y a bien de la diffĂ©rence entre nĂ«tre pas pour JĂ©sus-Clirist et le dire, ou nĂ«tre pas pour JĂ©sus- Christ et feindre dĂ«n ĂȘtre. Lcs^prernicrs pourraient peu/'terefaire des miracles, non les autres. (Pascal ) ^ Puisqu’il nĂ«st point de jouissa?lce de cƓur, des sens, di‘ l'esprit, ilc l'irnagiiiiitioti, que l’on puisse supplrtr Ă  force de richesses, peut-ĂȘtre mĂȘtne auÂŹ cune nue l’on ne puisse obtenir sans leur secours, il esl dĂ©montrĂ©, ce me semble, que la ricliesse ifc saurait ĂȘtre regardĂ©e comme un premier moyen dc bonheur, (DiueĂźiot.) Les princes se privent du plus pur, f>eut-ĂȘtre de Punique plaisir qu ils pwissen} goĂ»ter. (ÜiCT. DES Maximes.) Si nous n’étions attae.hĂ©cs Ă  vous que par le deÂŹ voir, nuus [)Ourrions quelquefois l’uiiblier: si nuus n’y Ă©tions entraĂźnĂ©es que par le penchant, peut-ĂȘtre ua penchant plus fort pourrai/ l’affaiblir. (iVloNTESQUIEU.) Peut-ĂȘtre que cet argent et mes services pourront quelque jour obtenir de vous ce que je n’ose vous demander. (/c/.) Cela pourrait peut-ĂȘtre arriver aisĂ©ment, (KeONARD.) MoitiĂ© Français, moitiĂ© Romain, Je pourrais peut-ĂȘtre encor plaire, [Id.) Et nous en tirerons peut-ĂȘtre ĂŒn avantage Qui pourra bien servir Ă  noire mariage. ■(/d) Oh çà, mon fils, j*ai une nouvelle Ă  vous apÂŹ prendre; la prĂ©sence du musicien ne gĂątera rien et peut-ĂȘtre pourra-l^il nous ĂȘtre utile. (id.) Ce quĂ«n pourraĂŻf encore reprocher Ă  ce songe, cĂ«st qu’il ne sert de rien dans la piĂšce. I Il y a bien de la diffĂ©rence entre nĂ«tre pas pour JĂ©sus-Christ et le dire, ou nĂ«tre pas pour JĂ©sus- Christ, ct feindre dĂ«n ĂȘtre. Les premiers pourraient faire des miracles, non les autres. . Puisqu’il n’est point dc jouissance du cƓur, des sens, dc l’esprit, de l’imagination, que l’on puisse supplĂ©er Ă  force de richesses, aucune mĂȘme que l'on ĂŻie-pHĂźsse obtenir sans leur secours, il est dé montrĂ©, ce me semble, que la richesse ne saurait ĂȘtre regurdĂ©e comme un premier moyen de bon- lieur. Les princes se privent du plus pur, de l’unique plaisir qu’ils puissent goĂ»ter. Si nous n’étions attachĂ©es Ă  vous que par le deÂŹ voir, nuus pourrions quelquefois Toubiier; si nous n'y Ă©tions entraĂźnĂ©es que par le penchant, un penÂŹ chant plus fort pourrait TalTaiblir. % Cet argent et mes services po^irront quelque jour obtenir de vous cĂ« que je n’ose vous demander. Cela pourrait arriver aisĂ©ment. MoitiĂ© Français, moitiĂ© Romain, je pourrai» enÂŹ core plaire. Et nous en tirerons un avantage qui pourrait bien servir Ă  notre mariage. Oh çà, mon fils, jĂ«i une nouvelle Ă  vous ap prendre; la prĂ©sence du musicien ne gĂątera rien, ct il pourra nous ĂȘtre utile. S'il faut s'en rapporter aux grammairiens, on doit soigneusement Ă©viter lĂ«mploi de peut-ĂȘtre, qui s’écrit toujours avec un tiret, quand c'est une locution adverbiale, dans les phrases oĂč se trouve dĂ©jĂ  le verbe pouvoir. Suivant eux, les exemples de lĂ  premiĂšre colonne prĂ©sentant ce quâ€™ĂŒs appellent un plĂ©onasme vicieux, ne sont pas Ă  imiter. Pour les rendre corrects, il faut, nous disent-ils, les construire tels qu'ils sont rectifiĂ©s dans la seconde colonne. Ainsi Boileau, Voltaire,'Diderot, Montesquieu, Begnard, etc., se sont grossiĂšrement trompĂ©s quand ils ont accolĂ© le mot peu/-^/rc au verbe pouvoir. CĂ«st ce que nous allons examiner. . . D’abord, qu’ori s’interroge, qĂŒon se demande si les phrases oĂč le verbe pouvoir esl ' modifiĂ© par peut-ĂȘtre ne diffĂ©rent pas de celies oĂč cet adverbe est supprimĂ©? A notre avis, il est Ă©trange, pour ne pas dire plus, d’y apercevoir le mĂȘme sĂ©ns, la mĂȘme pensĂ©e, car il existe entre les unes et les autres la mĂȘme diffĂ©rence qĂŒenlfe sĂ»rement ei peut-ĂȘtre : les prernicrcs sont dubitatives, les secondes sont positives, absolues. Celui qui dit ; Ne ni attendez pas, car jene poĂŒuuai peut-ĂȘtre pas y aller, annonce d’une façon dubitative, incertaine, que Taction dont il parle n’aura pas lieu; il ne dit pas tout-Ă -fait que la chose ne se rĂ©alisera pas ; il exprime seulement qu’il peut en ĂȘtre empĂȘchĂ© dans la prĂ©vision de tels ou tels obstacles ; c’est aussi une maniĂšre modeste et dĂ©licate de dĂ©guiser ce qu’on est rĂ©ellemen.t dans Tintention de ne pas effectuer. Au contraire, celui qui dit : Ne m'attendez pas, car je ne pourrai pas y aller, ne doute plus de ce qĂŒil affirme; il est sĂ»r d’avance d’une chose, c'est qu’il ne pourra pas ac-
( 729 ) complir lĂ«ction qu’il exprime. Sa pensĂ©e est celle-ci : Ne m'attendez pas, car sĂ»rement je ne pourrai pas y aller. H y a donc une diffĂ©rence bien sensible, bien frappante, entre ne ni attendez pas, car je ne pourrai peut-ĂȘtre pas y aller, et ne m'attendez pas, car je ne pourrai pasy aller, diffĂ©rence qui nous paraĂźt exister aussi entre les phrases de la premiĂšre et de la seconde colonne. CĂ«st donc faute d’avoir assez mĂ»rement rĂ©flĂ©chi, que les grammairiens ont condamnĂ© l’alliance de avec le verbe pouvoir. Ce qui les a entraĂźnĂ©s dans l’erÂŹ reur, et notamment Lemare, c’esl qĂŒĂŒs ont considĂ©rĂ© cet adverbe moins comme un mo- dificatif que comme une proposition elliptique composĂ©e d’un temps personnel du verbe pouvoir et de l’impersonnel ĂȘtre, et qui, ramenĂ©e Ă  son intĂ©gritĂ©, veut dire : CelapeutĂȘtre. Mais, nous le demandons Ă  Lemare, qu’est-ce que cela fait? Dans TĂ©tat actuel de la langue, peut-ĂȘtre, abstraction faite des Ă©lĂ©ments qui le comÂŹ posent, ne doit plus faire qu’un seul mot, rĂ©pondant au latin forsan ou Ă  l’italien forse, et si Lemare avait Ă  traduire celte phrase : Forse potrĂ  fare quel che mi comandate, pour la rendre exactement, il serait obligĂ© de dire : Peut-ĂȘtre je pourrai faire ce que vous m'orÂŹ donnez. ^ ' Nous le dirons en terminant, Lemare s’est souvent Ă©levĂ© Ăą de trĂšs-hautes considĂ©raÂŹ tions philosophiques; il est aussi quelquefois tombĂ© plus bas que le plus humble gram- matiste. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je ne pourrais peut-ĂȘtre pas vous le dire. Je ne pourrais sans doute pas vous le 'dire. Vous ne pourriez peut-ĂȘtre pas marcher. Vous ne pourriez sĂ»rement pas marcher. . ‱N“ DGLXY PlutĂŽt; plus tĂŽt. PlutĂŽt. PlutĂŽt souffrir que mourir, CĂ«st la devise des hommes. {La Fontaine.) .....Le travail, aux hommes nĂ©cessaire. Fait leur fĂ©licitĂ© plutĂŽt que leur misĂšre, (RoileaĂŒ.) Les Rrachmanes font plutĂŽt une qu un peuÂŹ ple; et leur religion, quoique trĂšs-ancienne, ne s’est ‱ guĂšre Ă©tendue au-delĂ  de leurs Ă©coles. (Butfon.) BientĂŽt on dĂ©couvre deux hommes, ou plutĂŽt deux spectres, Tun co'uchĂ©, l’autre dehout. (CuATKAUBlĂŻIArSD.) Plus tĂŽt. Si Thomme en question est tel quĂ«n me Ta dit, Terminons au plus tĂŽt l’hymen dont il sĂ«git. (Regnard.) Mentor persuada Ă  IdomĂ©nĂ©e qu’il fallait au plus tĂŽt chasser ProtĂ©siĂŻas et Timocrate. (FĂ©nelon.) Tout ce qui se passe est bien dĂ©sagrĂ©able pour la phil050|>hie. TĂąchez de faire partir au plus tĂŽt vos deux Hollandais, (Voltaire.) Ăźllila n’eut pas plus tĂŽt appris cette nouvelle, (|u'(‘Ile dit Ă  CĂ©luta : 11 nous faut aller Ă  cette chasse. (Cuateaubriand ) PlutĂŽt n’est bien sĂ»rement qĂŒune contraction de plus tĂŽt. Ccp'mdant, quoique ces deux expressions soient originairement identiques, il n’est janiais permis de les employer . Tune pour Tautre. PlutĂŽt en un seul mot rĂ©veille une idĂ©e de choix, de prĂ©fĂ©rence : PlutĂŽt souffrir que mourir. Plus tĂŽt en deux mots rĂ©veille une idĂ©e de temps, et se dit en opposition Ă  plus tard: La vie On plus tĂŽt on plus tard doit nous ĂȘtre ravie. (RavnoĂŒard.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. VoTis it« venu tard aujourd'hui, venez plus tĂȘt demain. Venez plutĂŽt aujourd'hui que demain. Lej'excĂšn abrĂȘgtnt la vie et font mourir plus tĂŽt. Lea soldat» pĂ©rirent plutĂŽt que de se rendre, 92
( 730 —DCLXVI. Pourtant, cependant, nĂ©anmoins, toutefois. Pourtant. Le fanatisme, quoique sanguinaire et cruel, est pourtant une passion grande et forte qui Ă©lĂšve le cƓur de rhomine. (J.-J. Uoussbau.) Un auteur..... Qu’on blĂąme en le lisant, et pourtant qu’on veut lire. (Boileau.) Cependant toutes les nymphes, assemblĂ©es autour^ de Mentor, prenaient plaisir Ăą le questionner. (FĂ©nelon.) ‱ Cependant. On crie beaucoup contre les vices, et cependant on ne se corrige point. (Giuaro.) NĂ©anmoins. Le caractĂšre dĂ© railleur est dangereux; quoique cette qualitĂ© fasse rire ceux qu’elle ne mord point, elle ne nous procure nĂ©anmoins aucune estime. (OXENSTIERH.) Nous nous persuadons souVent d’aimer les gens plus puissants que nous, et nĂ©anmoins c’esl l’inté rĂȘt seul qui produit notre amitiĂ©. (La Rocuefoucauld.) Toutefois. Qui est semblable Ăą Tyr? Et toutefois elle s’est tue dans le milieu de la mer. (Bossubt.) C’est Ă  vos seuls remords que je vous abandonne; Si toute fois J'açrh de si lĂąches efforts, Un cƓur comme le vĂŽtre Ă©coute des remords.^ (Voltaire.) Voici sur ces quatre mots pourtant, cependant, nĂ©anmoins, toutefois, la distinction Ă©taÂŹ blie par l’abbĂ© Girard. Pourtant, dit-il, a plus de force et plus d’énergie; il assure avec fermetĂ©, malgrĂ© tout ce qui pourrait ĂȘtre opposĂ©. Cependant esi moins absolu et moins ferme; il affirme seuÂŹ lement contre les apparences contraires. iWanmoins distingue deux choses qui paraissent opposĂ©es, et il en soutient une sans dĂ©truire l’autre. Toutefois dit proprement une chose par ex.ception; il fait entendre qĂŒelle n’est arrivĂ©e que dans l’occasion dont on parle. Selon nos Ăšxemples, ces quatre adverbes peuvent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s de la particule conÂŹ jonctive c/, quoique le silence de Girault-Duvivier sur pour/an/* et nĂ©anmoins semble Ă  cet Ă©gard les priver de cette facultĂ©. ÈXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Je l'ai pourtant tu. Vous ) avez pourtant dit. ÂŁt pourUnt je le laii. Cependant je vous aĂźmu. Je le ferai cependant. ÂŁt cependant vous arrivez. NĂ©anmoins je le veux. Je le sais nĂ©anmoins. Et nĂ©anmoins vous ĂȘtes lĂą. Toutefois je vais vous le dire. Je ne l'ignore nai toutefois, ÂŁt toutefois il faut Ă©tro circonspect. K DCLXYII. Quand et quant comparĂ©s. Quand. L’amour e#t privĂ© de son plus grand charme quand ThonnĂȘtetĂ© l’abandonne. (J.-J. Rousseau.) J'estime d un guerrier la noble impatience Qui sait, quapd il ie iaut, cĂ©der Ă .la prudence. (La Harpe.) Quant. Quant au besoin de vivre, un vignoble, un verger, une laiterie, un potager, fourniront agrĂ©abiement Ă  nos plaisirs, ^ (Bern. dkSaint-Bierre.) Il n’est pour voir que l’oeil du maĂźtre; Quant Ă  moi, j’y mettrais encor TƓil de l’amant. (La Fontaine.)
Oo redoute TĂ©cueil quand on a fait naufrage, Et le malheur dĂ«n Ăźou sert Ă  le rendre sage. (Destoucues.) Si la tromperie en quelque cas s’excuse, CĂ«st quand on fait donner un ennemi qui ruse Dans le piĂšge malin que lui-mĂȘme nous tend. (DĂŒfresny.) ( 781 ) Le sage observe Je dĂ©sordre public qu'il ne p«ut arrĂȘter: il observe, el montre sur son visage attristĂ© la douleur qu’il lui cause; mais qua^it aux dĂ©sorÂŹ dres particuliers, il s'y oppose et dĂ©tourne les yeux, de peur qĂŒils ne s'autorisent de sa prĂ©sence. (J.-J. Rousseau.) II existe une si grande diffĂ©rence entre ^wanrf et çwanf, qu’il est presque impossible de confondre ces deĂŒx mots. Quand, s’écrivant avec un d, signifie lorsque ;ei quant, avec t, a la signification de relativement Ă , pour ce qui est de. Le premier se distingue encore du second en ce que celui-ci est toujours suivi de la prĂ©position Ă . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Quand le soleil se lĂšve. Quant Ă  moi. Quand les champs vendissent. Quant Ă  vous. N“ DCLXYIII. 9^- Au reste, du reste. Au reste. Nous sommes en Ă©tat de rĂ©sister, avec des forces inĂ©gales, Ă  cette multitude innumbrable dĂ«nnemis, qui nous environnent. Au reste, la pnix entre eux ct nous est devenue trĂšs-diflicile. (FĂ©nelon.) Toute TĂ©tude de Paul et Virginie Ă©tait de se comÂŹ plaire eldesĂ«ntr’aider, A m reste. Us Ă©taient ignorants comme des crĂ©oles, et ne savaient ni lire ni Ă©crire, (Bern. de Saint-Pierre.) Pygmalion ne mangeait que des fruits qu'il avait cueillis lui-mĂȘme dans son jardin, ou des lĂ©gumes qu'il avait semĂ©s, et qu’il faisait-cuire. Au reste, il ne buvait jamais d'autrĂ« eau que de celle qu’il puiÂŹ sait lui-mĂȘme. (FĂ©nelon.) . Du reste. Je ne demande Ă  mes lecteurs que de.lire tout, ct tout de suite, avant que dĂ©juger; du reste, qĂŒils usent de tous leurs droits. (Girard.) Cet homme est bizarre, emportĂ©; du reste, brave et intrĂ©pide. (Boubours.) JĂ© vous ai dit ce que je pensais sur cette affaire; du reste, consultez des personnes plus Ă©clairĂ©es que moi. - ‱ (AcadĂ©mie.) Du reste, il n'a rien fait que par votre conseil. (Racine.) Cet homme a'quelque chose d’extraordinaire dans sa mise et daus sou maintien; du reste, il est aiÂŹ mable. (Bouhours.) Ces deux expressions adverbiales, au reste, du reste, sont souvent prises l’une pour l’autre. Cependant elles ne sont pas tout-Ă -fait synonymes. Âureste s’emploie lorsque aprĂšs avoir exposĂ© un fait ou traitĂ© une matiĂšre, on ajoute quelque chose dans le mĂŽme genre, et qui a du rapport Ă  ce qu’on a dĂ©jĂ  dit : Madame doit dissimuler son mĂ©contentement, et attendre tout du temps; aĂŒ restĂ©, elle est maĂźtresse de sa conduite. ' * (Girard.) Du reste se dit quand ce qui suit n’est pas dans le mĂȘme genre que ce qui prĂ©cĂšde, et qĂŒil n’y a pas une relation essentielle : Il est capricieux ; dd reste honnĂȘte hornme. " (AcadĂ©mie.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. S* VOUS «uĂźv« mon consril, vous ne vous co repentirez pas; ou reste, vous ferez ee qui vous eonviendra. Selon ce que j'ai appris, Ăźl paraĂźt que votre onde a fait fortune ; au reste, vous pouvez le saroir mieux que moi en lui Ă©crivant. II n'y a personne de plus^imahle, de plus instruit, de plus enjoué» de plus spirituel que lui ; du reste, il est petit. C'Ă©tait Itieo i'Iionmie le plus lĂȘ^er, le plus Ă©tourdi que je connaisse; du reste, franc et loyal garçon.
(732) DCLXIX. p 4 De suite, tout de suite. De suite. Pygmalion ne coucha jamais deux nuits de suite dans ia mĂŽme chambre, de peur d’ĂȘtre Ă©gorgĂ©. (FĂ©nelon.) Un Ă©tourneau peut apprendre Ă  parler indiffé remment français, allemand, latin, grecĂŻ etc., et Ă  prononcer de suite des phrases un peu longues. (BĂŒffon.) Tout de suite. Il vole tout de suite au.camp des troupes du PĂ©loponnĂšse et les amĂšne au combat. (BarthĂ©lĂ©my.) Nous Ă©tions si accablĂ©s de fatigue, que nous gaÂŹ gnĂąmes tout de suite une habitation commode qui nous avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e. ‘ , (Biblioth. DES Voyages.) De suite signifie successivement, sans interruption: PygmalĂźonne coucha jamais deux nuits DE SUITE dans la mĂȘme chambre, etc. (1" colonne.) Tout de surte, signifie incontinent, aussitĂŽt, sur-le-champ : Il vole tout de suite au camp des troupes. (2Âź colonne.) Cependant il ne faut<ipas toujours s’attacher Ă  cette distinction rĂ©pĂ©tĂ©e dans toutes les grammaires et dans tous les dictionnaires, car de suite et tout de suite ne diffĂšrent que par le mot fou/, qui rend la pensĂ©e plus vive, plus Ă©nergique. Ces deux expressions signifient successivement, sans interruption, et peuvent ĂȘtre employĂ©es l’une pour Tautre. Essayons de le prouver par le raisonnement : 1Âź Si quelqu’un dit : Àllez-y de suite ou tout de SUITE, il fait entendre par Tune et Tautre façon de sĂ«xprimer qĂŒil veut que son ordre soit exĂ©cutĂ© immĂ©diatement aprĂšs Tacte de la parole, c’est-Ă -dire sans interruption de temps, Ă«t, dans ce cas, les deux locutions sont Ă©galement bonnes; 2Âź s’il Ă 'ii: J'ai fait vingt lieues de suite ou tout de suite, il Ă©nonce qu’il a parcouru vinf,t lieues succesÂŹ sivement, sans s’arrĂȘter, et ces deux maniĂšres de parler sont encore correctes. Au reste, voici quelques exemples qui viennent corroborer notre opinion ; , Tout de suite pour de suite. ITbut trois rasades tout de suite. (Planche.) Il a couru vingt postes tout de suite. {Id.) t de suite. (AcadĂ©mie."! II a fait trois courses de bague tout de suite. . De Suite pour tout do suite. Nous devons dĂ©mentir les vols qu’on annonce avoir Ă©tĂ© faits aĂŒ gĂ©nĂ©ral; il est vrai qu’on n’a pas retrouvĂ© de suite ses effets, mais rien n’a Ă©tĂ© pĂšrdĂ». (JouBNAi. DE Paris.) Maintenant il est essentiel de dĂ©rouler de suite le tableau des moeurs depuis Henri l! jusqu’à Henri IV. Ăźj (Chateaubriand.) Avant de terminer, nous ne passerons pas sous silence,Tanalyse que donne Lemare des locĂ»tions de suite et tout de suite. Selon ce grammairien, /ai/cs-Zcs marcAcr de suite, cĂ«st faites-les marcher ayant eu la suite; il d couru trois postes tout de suite, c’est il a couru trois postes ayant eu entiĂšrement la suite. Et Lemare appelle cela de i’aÂź nalyse l'/Ăź/sum tortca/is. , . " s . s EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. O Prononcer ÔMix mois Je suite. Passer trois nuits de suit*. Partez tout de suite. Allez-y tout de suite. Cailcs-les marrlier de suite. * Vous vons Ă©chauffez tout de suite. Étresurpiedtroisjoursdefuitfr. ObĂ©issez tout de suite.
( ) —«»Ê(N- DCLXX. 0 \ I Tout-Ă -coup, tout d'un coup, Tout-Ă -coup. ro«f-d-co«p je crus voir VĂ©nus qui fendait les nues dans son char volant, conduit par deux coÂŹ lombes. _ (FÉNEI-ON.) Tout-Ă -coup le pilote re^marquait que la terre paraissait encore Ă©loignĂ©e. {Id.) Tout-Ă -coup une noire tempĂȘte enveloppa le ciel, el irrita toutes les ondes de la mer. (Id.) Ă» * Ce mal lui a pris towf-d^coup, comme 11 y pensait Je moins.^ ; (AcadĂ©mie.) Tout d’un coup* La confiance etraniitiĂ© :;Alssent font d’un coup entre les mƓurs qui'se ressemblent par la bontĂ©_. iPrfvot.) Je ne lis^jamais les tnots de Flore ou d’HĂ©bĂ©, que je ne songe tout d'uri coup Ă  elle. (Marivaux.) ^ Il faut que tous ceux qui assistent Ă  une ;i'«ce de théùtre connaissent tout d’un coup les personnages qui se prĂ©sentent. (Voltaire.) Cet homme a gagnĂ© mille Ă©cus fowf dĂ«n coitp. ' (AcadĂ©mie.) Il fĂźt sa fortune tout d’un coup. (Id.) } Ne confondez pas tout-Ă -coup avec tout d'un coup. Tout-Ă -coup signifie, comine dans les exemples de la premiĂšre colonne, soudainement, inopinĂ©ment. ' Tout d'un coup, dĂ«prĂšs les citations de la seconde colonne, a lĂ© sens de en mĂȘme temps, tout Ă  la fois. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. La maison tomba tout-a-coup. Il perdit son argent tout d'un coup. La nuit survint tout-Ă -coup. Ûlattres et chevaux se noyĂšrent tout d’un coup., N" DCLXXI. g”»-"- /ci, B. ■ ‱ - I. Ici. €e titre de mari dĂ«ne jolie femme, qui se cache en Asie avec tant de soin, se porte ici sans inquiĂ©tude. (Montesquieu.) LĂą. Vos oisifs courtisans, que les chagrins dĂ©vorent, S’efforcent d’obscurcir les astres qu’ils adorent. LĂ , si vous en croyez leur coup d’Ɠi] pĂ©nĂ©trant, Tout ministre est un traĂźtre et loĂčt prince un tyran. (Voltaire.) II. Ici, le camp paraissait Ă©mu Ă  la vue dĂ«ne femme sĂ©duisante,'^ qui semblait implorer le secours d’une troupe de jeunes princes; lĂ , cette mĂȘme enchanteÂŹ resse enlevait un hĂ©ros dans les nuages. . ' (CUATEAÜBRIAWD.) LĂ , le vigneron effeuillait le ccp sur une colline pierreuse.: ici le cultivateur appuyait les branches ,du pommier trop charge. (Cuaxeaubuiand.) JciĂ«stle lieu mĂȘme oĂč est la personne; lĂ  est un lieu diffĂ©rent. Le premier marque et spĂ©cifie lĂ«ndroit; le second est plus vague; il a besoin, pour ĂȘtre entendu, d’ĂȘtre acÂŹ compagnĂ© de quelque signe de TƓil ou de la main, ou dĂ«vofr Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© auparavant dans le discours. On emploie ici et lĂ  dans les Ă©numĂ©rations : ici indique /e lieu le plus.,proche; lĂ , i«ëndroit le.plus Ă©loignĂ©.
AlUx U. ( '734 ) EXERCICE PBRĂąSÉOLOGIQĂŒB. Ici son casque, lĂ  son Ă©pĂ©e. Ici Je» eoteaiuc, li A*» pĂźsloei. N" DCLXXU. EN. NATURE DE CE MOT; lorsqu’il së» alla, r Je nĂ«tais qĂŒune enfant haute comme cela. (Regnard.) Adraste est semblable Ă  un lion affamĂ© qui, ayant Ă©tĂ© repoussĂ© d’une bergerie, s’en retourne dans les sombres forĂȘts. ' (FĂ©nelon.) * Le comte s’en vĂźnt Ă  Ăźa prison oĂč son fils Ă©tait. (Chateaubriand.) Le fils d’Éole parlait Ă  des gens qui n’avaient pas grande envie de rire: ils ne purent pourtant s en empĂȘcher: ce qui fitqĂŒii sĂ«n retourna bien confus. (Montesquieu.) somnres loreis. v- - En est le.tncf^ des Latins; il signifie proprement de lĂ . Ainsi lorsqu on dit : Ils en alla, ils en vint, il s'en retourna; en est pour de lĂ , de 1 endroit ou l on se trouve. En remplit ici la fonction d’adverbe. GĂ«st donc par extension qĂŒon a vu ce mot jouer ailleurs e rĂŽle de pronom . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, n» s'cn cUĂšrcDl. Il s'cn retourna. Je m’en rcvin».' IU s’en vinrent. ‱OOOO» N“ DCLXXI1I.Âź5Î^^ Je m'en vais me promener Et je vais me promener. Je m’en vais. AccablĂ© des malheurs oĂč le destin me range. Je m’envais les pleurer. Va, cours, vote et nous venge. (Corneille.) Je m’en vais, luĂź dit-il, Venvoyer Ă  Adraste par les mains d'un Lucaiiien, nommĂ© Polytrope, que vous connaissez. " (FĂ©nelon.) Et inni, avec le jns de ces grenades, je m’en vais vous faire des sorbets excellents comme ceux de Naples. (Bern. de Saint-Pierre.) Dame mouche #Ă«n va chanter Ă  leurs oreilles,- Et fait cent sottises pareilles. (La Fontaine.) - Je «lĂ«nuat# frauatY/er, moi, pour vous contenter, A vous faire, en raisons claires et positives, Le mĂ©moire succinct de nos dettes passives. (Rkgnard^) ' Je vais. Éclatez, mes regrets, trop longtemps retenus; Je vais mourir bientĂŽt, je ne me plaindrai plus. (Regnard.) 0 Troglodytes, je suis Ă  la fin de mes jours, mon sang est glacĂ© dans mes veines, je uats bientĂŽt revoir vos sacrĂ©s ateux. (Montesquieu.) 0 toi, sage dervis, dont resprit*curieux brille de tant de connaissances, Ă©coute ce que je vais te dire, {id.) Je lui uctfs prĂ©senter mon estomac ouvert, Adorant en sa main la vĂŽtre qui me perd; (Corneille.) Je vais ouvrir Ă  la clartĂ© divine des yeux fermĂ©s depuis longtemps Ă  la lumiĂšre terrestre. (Cuatbaubriand,)- D’aprĂšs ces exemples, et surtout d’aprĂšs ceux dont abondent nos poĂštes et nos prosa- leurs, il est permis de dire avec ou'sans ellipse du mot en: je m'en vais me promewer ou "je vais me promener, je m’en vais lui ouvrir ou je vais Un ouvrir. En exprimĂ© dĂ©signe alors le temps ou le lieu. Quand il dĂ©signe le lieu, il est pour de ce heu, de l endroit ou l'on parle; lorsqu’il dĂ©signe le temps, il signifie Ă  partir d’àprĂ©sent, de ce moment. EXERCICE PHRASÈOLOGIQVEi Je m’en vais vons le dire. Je m’en vais lai pari». Je m’en vai» le Mvoir. Je vais vous le dire. Je vais lui perler, J* vais lo savoir.
( 735 ) N» DCLXXIV. 9^^» GALLICISMES PRODUITS PAR en. Tousles guerriers parlaient Ă  la fois; des conÂŹ tradictions on EN vint aux insultes. (Chateaubriand.) Ils ne s’en tinrent pas lĂ  ; ils conservĂšrent Tun contre l’autre une haine implacable. -^(AcadĂ©mie.) AprĂšs plusieurs explications, on en vint aux ra- proches, ensuite.atiÂź menaces, et enOn aux coups. (AcadĂ©mie.) Les deux armĂ©es des Romains et des Éques en Ă©taient venues aux mains dans la plaine, (Vertot.) Il,existe une infinitĂ© de gallicismes occasionnĂ©s par en, comme en venir aux insultes, EN venir aux reproches, en venir aux mains, pas s’en tenir Ă  une chose. Dans toutes ces locutions, le mot en nĂ«st autre chose qu’un adverbe. Ainsi envemVawƓinsM/to, etc., cĂ«st venir de lĂ  aux insultes, cĂ«st-Ă -dire du point oĂč en est restĂ©e la dispute, la queÂŹ relle, fiien nĂ«st donc plus facile quo de se rendre compte de ces sortes*d’idiotismes. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. En venir »nx invectives. ÂŁn venir aux excĂšs. Ne pas sVn tenir Ă  ce qu’on a. . En venir ani mains. N” DCLXXV. 9^»— ' Y. NATURB DE CE MOT. TaĂźsez-vous. pĂ©ronnelle, Rentrez; et lĂ -dedans allez voir si j’j/ suis., (Regnard.) OĂč la chĂšvre estliĂ©e, il fautbien quĂ«lle g broute, t (MoliĂšre.) ... D’ici je ne veux point sortir; Je m’y trouve trop bien. (Regnard.) Ah! fuis ces lieux cruels, fuis cette terre avare: . J’y pĂ©ris immolĂ© par un tyran barbare. (Oblille.) r est un mot essentiellement adverbe qui signifie lĂ , et dont le rĂŽle devrait ĂȘtre touÂŹ jours de rappeler une idĂ©e de localitĂ©; ce nĂ«st donc que par extension que nous lui avons vu jouer ailleurs l’office de pronom. . ] EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Ycnei chez moi, j’y suis toujours. Allez lĂ , vous Ty trourerci, N“ DCLXXVI. Je.n'irai pas ou je n'y irai pas. Je n’irai pas. Un tel viendra-t-il Ă  la campagne ? — On mĂ« dit qu’tV tra. (AcadĂ©hie.) Je suis absolument dĂ©terminĂ© pour l'habitation du pays de Galles, et j’irai au commencement du printemps. (J.-J. Rousseau.) Je n’y irai pas. Notre cher chevalier Destouches ira d’ici Ă  BourÂŹ bon ue, cl tu y ‘iras. (FĂ©nelon.) Il ne me sert donc de rien d’avoir voulu troubler ces deux amants, enëéclaranl que je veux ĂȘtre de cette chasse! En serai-je?... 0 malheureuse! qu’ai-je fait? Non, je n’y irai pas; ils n’r iront pas eux- mĂšmes. (f<L)
(736) On dit gĂ©nĂ©ralement dans la conversation, si vous allez Ă  tel endroit, j*irai aussi, en supprimant Tadverbe y, qui est grammaticalement nĂ©cessaire : on veut par lĂ  Ă©viter Vhia- tus qui rĂ©sulte Ă©videmment de lĂ«xpression j'y irai aussi, et qui lui donne quelque chose dĂ«xlrĂȘmemenl languissant. Cependant on voit que l'harmonieux auteur de TĂ©lĂ©maqne ne sĂ«st pas fait scrupule dĂ«mployer Tadverbe y avec le verbe aller au futur. On peut donc aprĂšs lui sĂ«n servir sans crainte, soit dans le style Ă©pistolaire, soit dans le discours souÂŹ tenu ; mais il est encore mieux de lo supprimer. i exercice PHRASÉOLOGIQVE. Allez Ă  Ăźa rliasne, mot je n’irai pas. tn toi.9 allez la, j'iraĂź aussi. Si vous allez Ă  la chasse.^moi je n’y irai pat. Si vous ftjlez lĂ , j'y irai aussi. DES EXPRESSIONS NÉGATIVES ET DE LEUR EMPLOI.. —N’ DCLXXVII. DIFFERENCE ENTRE non ET ne. Non. « Je crains votre secours el non sa barbarie. (Voltaire.) Le vrai courage est de savoir souffrir, Aon d’aller exciter une foule rebelle A lever sur son prince une main criminelle, (fd.) Les hommes en seront-ils plus vertueux, pour ne pas^reconnaĂźtre un Dieu qui ordonne la vertu ? Aon» sans doute. (fd.) L’Innocence est timide, et non la trahison. (Boursault.) Ae. Il est peu de beautĂ©s que le temps ne dĂ©truise. (Langue.) L’histoire, qui punit et rĂ©compense, perdrait sa puissance si elle ne savait peindre. Xuateaubriand.) Ăźl est des souvenirs qui portent dans notre Ăąme Une douce jangueur, un charme attendrissant; Oo ne saurait alors exprimer ce qĂŒon sent. (Demoustier.) De tout temps les chevaux ne sont nĂ©s pour les (La Fontaine.) [nommes. 11 n’y a que deux adverbes qĂŒon doive regarder comme essentiellement nĂ©gatifs; cĂŽ sont non et ne. Une bien grande diffĂ©rence caractĂ©rise ces deux particules ; la premiĂšre se construit sans verbe, la seconde toujours avec un verbe; non reprĂ©sente tout ou partie d’une pro* position ; ne entre toujours compie Ă©lĂ©ment d’une proposition. Souvent il arrive que non et ne se trouvent dans la mĂȘme phrase pour imprimer plus de force Ă  la pensĂ©e : 0 dĂ©testable orgueil!... Aon, il n’est point de vice Plus funeste aux mortels, plus digne de supplice; Voulant tout asservir Ă  ses injustes droits, De ThumanitĂ© mĂȘme il Ă©touffe la voix. (Destouches.) p ^ Non rĂ©pĂ©tĂ© ajoute encore plus d’énergie : Aon, les divers flĂ©aux, tant de maux nĂ©cessaires, Dont le ciel en naissant nous rendit tributaires, Dont Thomme ne peut fuir ni dĂ©tourner les traits, Ae sont rien prĂšs des maux que lui-mĂȘme s’esl faits. (Lemierre.) Aon» non, le consulat n’est point fait pour son Ăąge. Aon» non, je n’y consentirai jamais. (Voltaire.) (AcadĂ©mĂŻb.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. fĂŻ*» rĂźch»? m« mIs. Étes-roasivai#? No».
— COO© ( 737 ) DCLXXYIII.»^3«< DIFFÉRENCE ENTRE pas ET point. Pas. Le# diĂšux nĂ«pousentpa# les passions des hommes. (Lafosse.) ... C’est un insensĂ© qu’un voyageur bien las Qui peut se reposer, el-qui ne le fait pas. XBotiRSAULT.) Le monde par vos soins ne se changera pas. (MOLlfeHE.) Un affront vit toujours sur le front qui lĂ«ndure ; Qui ne s’en venge pas est nĂ© pour le souffrir. (CrĂ©billon.) L'a sagesse n’est pas toujours inaltĂ©rable. (La CuaussĂ©e.) Le ciel sur nos souhaits ne rĂšgle pas les choses. (Corneille.) L’amour ne doit-il pas cĂ©der Ă  Ăźa raison? (Boissv-.) Il n’est pas toujours bon d'ĂȘtre trop politique. (Rotrou.) Savoir raisonner, ce n’est pas savoir plaire. (LanoĂŒe.) Point. ' ... Pour un vieux garçon iĂź n'est potnf^d'avenlr. PĂšres, de vos enfants ne forcez point les vƓux ; Le ciel nous les donna, mais pour les rendre heureux. (ChĂ©nier.) Contre la mĂ©disance il n’est point de rempart. (MoliĂšre.) Le sol opulent Aux sottises qĂŒil fait ne cherche point d'excuse. (Dufresny.) La Valeur ne met point Ă  Tabri d’un orage. (Legrand.) Les affronts de l’honneur ne se rĂ©parent point. (Corneille.) Et ce n’est point ainsi que parle la nature. (MoliĂšre.) Il nĂ«st point de noblesse oĂč manque la vertu. (CrĂ©billon.) Il n’est point de fiertĂ© que le sort n’humilie. {Id.) * Pas et point sont des substantifs exprimant des quantitĂ©s positives, mais dĂ«ne trĂšs- peiite Ă©tendue; ces mots n’indiquent pas la nĂ©gation, seulement ils la complĂštent, la pré cisent, la dĂ©terminent; ils montrent le degrĂ© dĂ«xclusion auquel on porte la chose dont on parle. Pas dit moins qae point : le premier achĂšve d’énoncer simplement le sens nĂ©gatif; le second Taffirme absolument, totalement, sans rĂ©serve. VoilĂ  pourquoi Tun se place IrĂšs-bien devant les modificatifs, et que Tautre y aurait mauvaise grĂące. On dira donc avec pas : N'ĂȘtre pas bien riche, n'avoir pas beaucoup d'argent, n'ĂȘtre pas fort heuÂŹ reux ; et avec point : N'ĂȘtre point riche, n'avoir point d'argent, n'ĂȘtre point heureux. Nous venons de dire que pas et point sont des substantifs : Tanalyse va le prouver. En effet, quand on dit : Ne bougez pas, c'Ă©st ne bougez d’un pas; ne bougez point, c’est ne bougez d’un point, ĂȘtre dans une immobilitĂ© complĂšte. Il en est de mĂȘme de personne, rien, goutte, mie, brin, dans il ne voit personne, il ne voit rien, il ne voit goutte, il n'en veut mie, il n'y en a brin : tous ces mots sont des substantifs qui ne font que moÂŹ difier la nĂ©gation. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. n n’a pas beaucoup do fortune. U n'a point de fortune. H n'a pas beaucoup d'esprit. -Il n'a point iTesprit. « —DCLXXIX.cm»»-— emploi ou suppression de pas ou point lorsqu’un verbe a plusieurs complĂ©ments liĂ©s par ni. Suppression. ' Mon bras est Ă  VendĂŽme, el ne peut aujourd’hui Ni servir, ni traiter, m changer qu’avec lui. (Voltaire.) Emploi. Une noble pudeur Ă  tout ce que vous faites Donne un prixqueĂŒontpointni la pourpre n/Tor. (Racine.) 93
( 738 ) Un vrai roi,ne connaĂźt ni protecteurs nt maĂźtres. (Db Belloy.) ĂŻl ne craint nt les dieux nt les reproches de sa conscience. (FĂ©nelon.) Yous ne connaissez potnf ni Tamour ni ses traits. (Corneille.) Oh nĂ« trouve point dans les humains ni les vertus ni les talents qĂŒon y cherche. (FĂ©nelon.) Lorsqu’un verbe a plusieurs complĂ©ments liĂ©s par m, on supprime gĂ©nĂ©ralement y?as et point, en ne faisant usage que de la nĂ©gative ne, conformĂ©ment aux exemples de la premiĂšre colonne. GĂȘjiĂȘndĂ dl, malgrĂ© la critique de Voltaire sur ce vers de Cbrrieille : Yous ne connaissez POINT NI Vamour ni ses traits, vers oĂč, Ă  l’instar des grammairiens, Voltaire condamne point comme y Ă©tant explĂ©tif, nous croyons, avec Boniface, que cet exemple Ă©t les analoÂŹ gues de lĂ  seconde colonne sont loin d’ĂȘire vicieux ; ils peuvent ĂȘtre imitĂ©s au contraire, soit eri prosĂ«, soit Ă©n poĂ©sie, parce qu’ils rendent Texpression beauboup plus Ă©nergique. Et certes , en puisant dans les chefs-d’Ɠuvre de Voltaire, il ne nous serait pas bien difficile de trouver des passages qui le mettraient ici eri contradiction avec lui-mĂȘme. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Je nĂ© coanaUsais ni son pĂšre ni sa mĂšre. On hc cotinaissait point ni son pĂšre ni sa mĂšre. r DCLXXX. SUPPRESSION DE pas ET DE p'oitit DANS LES PHRASES CONSTRUITES AVEC guĂšre, tiul, aucun, nullement, personne, rien, jamais ET plus. GuĂšre.' LĂ«mbĂźtion, seigneur, n’a guĂšre de limitĂ©s. (Boursault.) Quand on souffre en Thonneur, Tamour rie touche (Scarron.) [guĂšre. Nul, aucun, niillement. Nul ne peut ĂȘtre heureux; i’il nĂš jouit dĂš sa lĂźrĂŽ- pre estime; (J.-J. Rousseau.) Àucujie Ă©pouse, aucun fils, aucune soeur, aucune mĂšre, ne s’arrĂȘtera Ă  ma priĂšre funĂšbre. (CUATÉÀUBÉÎAND.) Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement, Les gens en parleront, n’en doutez nullement. (La Fontaine.) Aucun ne ferait doute de punir de mort le juge (Jui, par colĂšre, aurait condamnĂ© un crimineĂź. (Montaigne.) Personne. Personne n’aime Ă  recevoir de conseils. Personne ne veut ĂȘtre plaint de ses erreurs. (De SĂ©gur.) ‱ (VaĂŒvenargues.) » RĂźen (i). ..... Un pĂšre est toujours pĂšre; Rten n’en peut effacer le sacrĂ© caractĂšre. (Corneille.) Pour moi, je ne vois rien de plus sot; Ă  mon senSj QĂŒun auteur qui partout va gueuser des encens. (MoliĂšre.) Jamais (2j. Jusqu’ici jamais La probitĂ© ne fut la vertu des valets. (QĂŒinault.) DĂ©irx mĂ©deciris h’riht pĂč iÜü dohner lĂ« trĂ©pas ! Il ne mourra/awiate... (Destouches.) (1) Ce mot, qui nĂ«st pas par lui-mĂȘme nĂ©gatif, dĂ©rive du latin res, et signifie chose, quelque chose : Y a~t~il rim de plus beau! (2) Ce mot sĂ«mploie quelquefois dans les phrases affirmatives: C’est ce qu’on peut jamais dire de plus fort» de mieux. — XcĂ© j>«iisance 'des Normands Ă©tait une puissance exierminatricĂš, s’il Ă©n fut jamais. (ÂcAnÉMlB.)
{ 739 ) PlĂŒf. SI vous ne voyez plus votre auguste famĂźtle, Le Dieu que vous servez vous.adopte pour fille. (Voltaire.) I La mĂȘme nation nĂ«st p/tw reconnaissable au bout de trois Ă  quatre siĂšcles. (Voltaire.) On supprime pas et point, comme dans tous les exemples qui prĂ©cĂšdent, quand il entre dans la phrase Tun des mots guĂšre, nul, aUcun, nĂŒlUlhĂšnt, personne, tien, janiais et plus, considĂ©rĂ© comme adverbe de temps. EXERCICE PHRASÉÔLOGÎQVE. Nul v/j viendra. ' It n'en veut nullement. Il n’y allait personne. Rien ne lui fait. Jamais il ne ie fera. U ne vient plus. 11 n’est plus le mĂȘme. Jo n en ai gncre. Personne n’entra. Aucune personne no l’aime. 11 ne demande riĂ©n. Rien ne le ferait nĂ©der. Ancnn prix ne le toucbc. Je n’irai jamais. U ne cĂšde en rien. DCLXXXl. EMPLOI 00 SUPPRESSION DE pos ,0V point AVEC LES- VERBES pouvoir, oser, savoir, cesser, suiVxs d*ĂŒn Autre verbe a l*infinitif, Ă«t avec bouger* e Pouvoir. Pas SUPPRIMÉ. Noii, dĂ©esse, jĂ© ne puis souffrir qu’un de leurs vaisseaux fasse naufrage. (FĂ©nelon.) Je ne put# soutenir sa colĂšre. (Voltaire.) Pas EXPRIMÉ: Je ne puis po# m’imaginer que vous ayez d’autre objet que celui de me plaire. (Montesquieu.) Eh! ne pouviez-voiis point punir sa barbariĂš ? (VĂŽfcTAlftE.) Oser. Dans son appartement elle nĂ«sat/ rentrer. (Voltaire.) CĂ«st un lĂąche s’il n’o#a ou se perdre ou rĂ©gner. (Corneille.) Pourquoi, ,par un sot orgueil, voĂŒlĂ«i-vĂŽUs plonÂŹ ger votre faible raison dĂąn# ĂŒd Ă blmĂ© oĂč Bpinosa n'a pas osĂ© descendre? (Voltaire.) Savoir. Mon orgueilleux rival ne saurait tne troubler* (Corneille.) L’or est comme une femme, on n’y saurait toucher, Que le coeur, par amour, ne s’y laisse attacher. (Regnard.) Qui vit haĂŻ de tous ne saurait longtemps vivre. (Corneille.) SouVeĂ»t lĂ© meilleur droit ne sait pas se montrer. (La ChaussĂ©e.) Le politique rempli de* vues et de rĂ©flexions ne sait pas se gouverner. (La ËrotĂšre.) Je ne sais point blĂąmer la gĂ©nĂ©rositĂ©. (La CqaussĂ©e.) ... La libertĂ© nĂą cesse d’ĂȘtre Ă imĂ blĂ«. (Corneille.) de#sĂ©r. I ĂąoĂŒger. La pĂźĂŒiĂš ne cessepas de tomber depuis huit jours: (M“"« DE SÉVIGNÉ.) ' Je ne bougerai dĂ© lĂ , puisque vous l’ordonnez. (AcadĂ©mie.) NĂ© bougez pas, ĂŻnonsieĂŒr, le fol a besoin de vduL (CUATEADÈRiAND*) On lit dans presque toutes les grammaires, qu’avec les verbes pouvoir, oser, savoir., cesser, suivis d’un autre verbe Ă  Tinlinitif, et avec bouger, on supprime pas ou point, tl est vrai que cela a lieu gĂ©nĂ©ralement; mais il nĂ«st pas non plus moins vrai, comme lĂ«t- testent nos exemples, qĂŒon pĂ©Ăčl aussi quelquefois les exprimer, surtout lorsqu’on* veut appuyer fortement sur la nĂ©gation. Avec cesser, il y a des circonstances oĂč il serait im-
( 740' ) possible de supprimer pas. Nous dirons bien ; Cet ouvrier ne gesse de travailler; mais si l’on nous demande Ă  quelle heure cet ouvrier cesse de travailler, nous rĂ©pondrons.' Cet ouvrier ne cesse pas de travailler avant midi. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je ne puis le dire. Je ne saurais m'exprimer. Sfe bougez de Ja. Je ne puis pas te dire. Je ne saurais pas m'exprimer. Ne bougez pas de la. Je n'ose le dire. Je oe saurais me taire* 11 ne cesse de pleuvoir. Je n’ose pas le dire- . Je ,ne saurais pas me taire. U ne cesse pas de pouvoir DCLXXXII. SUPPRESSION DE pas ET point APRÈS ne SUIVI DE que Un vrai rĂ©publicain n’a pour pĂšre et pour fils Que la vertu, les dieux, les lois de son pays. (Voltaire.) Le malheur nĂ«st vaincu que par la rĂ©sistance. (CuĂ©nier.) Un mal dĂ«pinion ne touche que les sots. (MoliĂšre.) ... La'gloire ct la "prĂ©somption iV’attirent que la haine ct l’indignation. (Dbmousxibiu) On ne perd les Ă©tats que par timiditĂ©. (Voltairb.) Les fortes passions ne touchent qĂŒune fois, (Th. Corneille.) Quand ne est suivi Ă eque, on supprime constamment pas ou point. Dans ces sortes de phrases il y a ellipse de autre chose, autre personne: il ne fait que rire, il ne tient Qv'Ă  vous, cela ne sert Qv'Ă  embrouiller, cĂ«st pour il NE /ai/(autre chose) QUE rire; il NE tient (Ă  aucune personne) Qu’à uaus, cela ne sert (Ă  autre chose) Qu’à embrouiller. Ainsi, selon la remarque de Voltaire, point, dans les passages suivants de Corneille, offre une faute contre la langue : Ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vĂ©cu, Et nd l'auront point vue obĂ©ir gĂŒĂ  son prince. Ici, dis-je, oii ma cour tremble en me regardant, OĂč je n’ai point encore agi gĂŒen commandant. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. U n» connaĂźt qne mon devoir. Je n'aime que vous. U ne tient qu'Ă  vous- Il ne sert qu'Ă  cela. N- DCLXXXIII. Pardonne Ă  celui-ci, mais point Ă  celui-lĂ ; vot/s lui donnez tout, et Ă  nous rien. ... Un gĂ©nĂ©reux courage Pardonne Ă qui le hait, mais point Ă  qui l’outrage. (CrĂ©billon.) On doit tout Ă  Thonneur, et rtĂ«n Ă  la fortune. (Piron.) Les lois humaines, faites pour parler Ă  Tesprit, doivent’donner des prĂ©ceptes, et point de conseils. (Montesquieu.) Je ne m’en prends qu’au vice, et jainais h la loi, (Fabre d’Kglantinb.) Lorsque deux propositions sont liĂ©es ensemble, et que Vune est affirmative ct Tautre nĂ©gative, on peut dans celte derniĂšre ellipser la particule ne, en nĂ«xprimant que les au)is point, rien, etc., qui complĂštent la nĂ©gitiori. Cette construction, qui. rend Texpression plus concise, la rend aussi plus Ă©nergique. L'analyse de on doit tout Ă  l'honneur, et rien Ă  la fortune, est on doit tout Ă  l'honneur, et (Ton ne -doit) rien Ă  la fortune, EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. i'redda ceci, mais [loini cela. Faites tout, lui ri*u.
( 741 ) ‹«eĂ  N" DCLXXXIV. ' ' I PAS d*observations; point d'observations. AVEC pas. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. , ( La Fontaine.) Sous Louis XI pas un grand homme. Il avilit la nation; it n'y eut nulle vertu : l’obĂ©issance tint lieu de tout. (VoLTAĂŻuB.) AVEC pot’nf. Point de vraies tragĂ©dies sans grandes passions* (La Harpe.) Le peuple seul enfin de TĂ©tat est Tarbitre; Ses flatteurs peuvent tout: point de rang, point Ă©e [titre. De services, dĂ«xploits qu'il ne mette en oubli, Si devant ses tribuns on ne rampe avili. {id.) Dans les propositions elliptiques, dit Boniface, on fait gĂ©nĂ©ralement usage de point. Ajoutons qu’on peut Ă©galement se servir de pas. . ‱ EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. ■ Pa.i d'argent, pa» de Suisse. Point d'argeot, point de Suisse. r DCLXXXV. i SUPPRESSION DE ne DANS LES PHRASES A LA FOIS INTERROGATIVES BT NÉGATIVES. Voyez-vous pas Ă  ce rĂ©cit L’amour irritĂ© qui gĂ©mit? (Voltaire.) VoilĂ -t-il pas de vos jĂ©rĂ©miades! {fd.) ... Voudrals-tu point encore Me nier un mĂ©pris que tu crois que j’igrioreT (Racine.) Voyez-vous pas s’enfuir les hĂŽtes du bocage? (Delille.) Dans le style badin, dans le style comique et mĂȘme dans le style noble, les classiques ‱ nous offrent une infinitĂ© dĂ«xemples oĂč la particule ne est supprimĂ©e dans les phrases Ă  ia fois nĂ©gatives et interrogatives : c’est une licence accordĂ©e aux poĂštes. Girault Duvi- vier n’aurait donc pas dĂ» blĂąmer les exemples qui prĂ©cĂšdent, ni dire qĂŒaujourd’hui ce serait une faute de les imiter EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Voyei -TOUS pas... VoudraU-tu poiot. N” DCLXXXYI. PLACE DE pas ET DE pOÎnt. I. AprĂšs un temps simple. On ne voyagerait pas sur la mer pour ne jamais en rien dire. (Pascal.) l,e ciel sur nos souhaits ne rĂšgle pa# les choses. (Corneii.le.) Rome n’attache point le grade Ă  la noblesse, [id.) AprĂšs un temps composĂ©. On est rarement maĂźtre de se faire aimer; on Test toujours de se faire estimer. Cette estime est le vrai 'principede la considĂ©ration, qui nVsi pas toujours attachĂ©e'hu'ĂŒ dignitĂ©s. (Fontenelle.) ... Les rois ne sont point protĂ©gĂ©s par les lois. (CĂŻrÉvĂŻErw)
( 742 ) n. Àvant un verhe d l'infinitif. « * k # Tous nous apprenez des choses grandes et utiles ; il serait honteux Ă  nous de ne le pas avouer. (Voltairb.) Quoi! lu m’aimes assez pour ne le pas venger, Pour ne pie punir pas de Tp§er outrager I (Id.) Nous avons trop d’amis, trop dtillustres complices, TJn parti trop puissant pour ne pas Ă©clater. [Id.) Je Ăźne respecte assez pour ne le point trahir. Ud.) AprĂšs un verhe Ă  Vinfinitif. Il faut compter sur Tingralitude des hommes, et ne laisser pas de leur faire du bien. (FĂ©nelon.) On pleure pour ĂȘtre pleurĂ©; enfin on pleure pour Ă©viter la honte dp ne pleurer pas, (La Rochefoucauld.) . On pardonne rarement aux rois d’avoir des amis ou oe nĂ«n avoir pas. (Chateaubriand.) ... C’est ne rĂ©gner pas qĂŒĂȘtre deux Ă  rĂ©gner. (Corneille.) / On voit 1Âź que pĂ s et point se construisent aprĂšs le verbe quand il est Ă  un teinps simple ; entre rauxiliaire et le participe, s’il est Ă  un temps composĂ©; Que pas et point se construisent indiffĂ©remment avant ou aprĂšs lo verbe, s’il est Ă  Vinfinitif; pour ne point soulfrtTj pour ne souffrir point. En cela cĂ«st Toreille qui doit guider. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE* On ne le dĂźt ^ On ne parle point. On ne l’a pas dit. On n'on a pa» parld. Appf-çojn Ă  ne le point haĂŻr, h faut ne le point cĂ©der. Apprenex Ă  ne le haĂŻr point. 11 font ne le cĂ©der pas. DE L’EMPLOI DE LA NÉGATIVE A APRÈS CERTAINS VERBES ET CERTAINES LOCUTIONS. N" DCÛXXXVIl. Çl'aindre, apprĂ©hender^ avoir peur, trembler, il est dangereux. ' - ‹» PHRASES AFFIRMATIVES AVEC 110. Je craindrais que bien des gens n’aussen/ pas assez de prĂ©sence d'esprit pour se servir de ces mé thodes. (Pascal.) Les pĂšres craignent que Tamour naturel des enÂŹ fants ne s'efface. (/d.) Je crains presque, je crains qĂŒun songe ne m'abuse. (Racine.) Car je dois craindre enfin que la haute vertu Contre l’ambition n’at'I en vain combattu. (Corneille.) Craignez» seigneur, craignejs que le ciel rigoureux Ne vous haĂŻsse assez pour exaucer vos vƓux. (Racine.) HĂ©lasl on ne craint point qĂŒil venge un jour son pĂšre;' On craint qu’il rf essuyĂąt les larmes de sa mĂšre. Ud.) On apprĂ©henda qĂŒelle n’eĂ»t le sort des choses avancĂ©es. * (Bossuet.) Il doit apprĂ©hender que cette occasion* ne lui Ă©chappe. , [La BruyĂšre.) Vous avez bien peur que je ne change d’avis. (Marivaux.^ PHRASES NÉGATIVES SANS 110. Il ne faut pas craindre qutils respectent moins la puissance qui avoue son tort. (Massillon.) Ne craignes pas que je me livre Ă  mes douleurs, (FlĂ©chier.) Ne crains pas toutefois que j’éc/ate en injures. (Corneille.) Mais toi, qui ne crains pas qu’une rumeur te noiY- (Boileau.) [ciss0. Je ne saurais craindre que vous vous remerciiez ni Tun ni l’aulrei (Marivaux.) Ne craignez point ici que sa bouche rebelle Vous acca6/0 des noms d’ingrate, d’infidĂšle. (Regnard.) Jamais homme ne crm’gnftmotns quela familiaÂŹ ritĂ© blessĂąt le respect. (Bossuet.) Vous ne deyez pas apprĂ©herider que je le loue. "(ÂŁa BruyĂšre.) Mais n’apprĂ©hende pas qĂŒun autre ainsi m’obUenne. (Corneille.) I Je n'ai pas peur qĂŒil arrive. (AcadĂ©mie.)
. ^ (743) ĂŻl a pflur.que ce dieu dans cet affreux sĂ©jour D’un coup de sqn trident nĂš fasse entrer le jour. ‘ ' * ' ' ■ {ĂŻd.y Tremble que je ne dĂ©voile ton Ăąme aussi creuse que le rocher oĂč se renferme Tours du Labrador. (Chateaubriand.) Jl est dangere^tx que la vapitĂ© n'Ă©touffe une par-: tie de ia reconnaissance. ' (FlĂ©chier.) Ne craignes pas quĂ«n vous ev.voyĂ nt ma piĂšce, je vous eu fasse une longue apolpgje. (Voltaire. Je ne tremble pas qu’il, arrive. (AcadĂ©mie. Ne craignez point qĂŒe prĂȘt Ă  vous dĂ©sobĂ©ir, D apprenne avec moj, seigneur, Ă  voqs trahir. (CrĂ©billon.) De ces nombreuses citations dĂ©coule un principe unique et toujours invariable, cĂ«st qu’avec les verbes craindre, apprĂ©hender, avoir peur, trembler, et Texpression il est danÂŹ gereux,on met wĂą dans lq proposition subordonnĂ©e, quand la proposition primprdiale est affirmative; mais si cette proposition primordiale est nĂ©gative, dĂšs lors qn q’pxprijpe jq- mais ne dans la proposition secondaire. « Çene, dit M. Colin d’Ambly, introduit dans la proposition complĂ©tive, et que d’Olivet appelle prohibitif, paraĂźt redondant et abusif Ă  d’autres grammairiens. Cependqnt ij a l|Ă«p en latin ; cĂ«st Ă©galement Tusage constant et uniforme de tous nos Ă©crivains, et nous senÂŹ tons nous-mĂȘmes que nous ne pouvons le supprimer; il est donc fondĂ© en- raison. » En effet, nous pouvons'trĂšs-aisĂ©ment on rendre compte par Tanalyse ; nous pouvons dĂ©monÂŹ trer que le sens nĂ©gatif doit ĂȘtre dans Texpression, par cela mĂȘme qĂŒil existe fĂ©ellement danslapĂ«nsĂ©e. Quand je dis : Je crains que vous ne veniez, je ne fais qĂŒexprijqier ceffe idĂ©g : pĂ©sirqnĂȘ que vous fie veniez pas, je crains fĂ©vĂ©nement contraire Ă  rnon 'dĂ©sir. Il est .Ă©vident que ne joue en cette circonstance un rĂŽle nĂ©ces^aipe, et que, loin dĂ«tre une superfĂ©tation, comme l’avancent des grammairiens ignorants;ou superficiels, il est indispensable pour bien peindre TijdĂ©e nĂ©gative qui est dans notre esprit. , Dans les passages suivants, il faudrait ne; mais, dit Vbltaire, on peut en poĂ©sin se disÂŹ penser de cette rĂšgle : I. Seigneur, je crains pour vous qu’un Romain vous (Corneille.) [Ă©coute. ... Qui rit d’autrui, Doit craindre quĂ«n revanche on rie aussi de lui. (MoliĂšre.) Nota. — Si Ton souhaitait que la chose exprimĂ©e par le verbe-de la phrase subordonÂŹ nĂ©e arrivĂąt, il faudrait mettre ne pas Ă  la subordonnĂ©e. Par exemple, quand je dis, je CRAINS que mon /reVe n’arrive pas, il est Ă©vident que je souhaite qĂŒil arrive, et voilĂ  pourquoi je mets ne pas. II. phrases interrooatĂŻvbs-affirmatives ayec ne. Quoi Ăź craignesrvous qu’il ne soit exaucĂ© ? ' ■ * ' (Racine.) Quoi! vos vƓux irritĂ©s... Quoi! craignes-vous qu’ils ne soient Ă©coutĂ©s? {Id.) phrases interrogativbs-affirmatives sans ne. Peut-pn craindre que la terre manque aux homÂŹ mes? ’ (FĂ©nelon.) Quoi! dans mon .dĂȘçpspoir trouvezrvpus tant de ^ (charmes? Craignes-A)0us que mes yeux versertt trop peu de (Racine.) "[larmes ? Le principe Ă©tabli plus haut va nous servir pour expliquer ces phrases, Ă  la fois interÂŹ rogatives et affirmatives, dans lesquelles entre ou nĂ«ntre pas la particule ne; il ne faut pour cela que les rĂ©soudre en phrases positives, et leur donner le sens quĂ«lies qpt rĂ©elÂŹ lement. Dans la premiĂšre colonne, craignez-voĂŒs qv'ĂŒ ne soit exaucĂ©? Craignez-vous dĂ©jĂ  qu'ils NE SOIENT Ă©coutĂ©s? CĂ«st pour v Yous CRAiGNEZ'ÇuĂ«/ne §oit exaucĂ© j vous crai- . GNEZ dĂ©jĂ  qu'ils ne soient Ă©coutĂ©s. Les propositions primordiale^ Ă©tant affirmatives, les subordonnĂ©es doivent ĂȘtre nĂ©gatives
{ 744 ) Dans la seconde colonne, si FĂ©nelon et Racine ont dil sans nĂ©gation : Peut-on craĂŻn- rrr que la terre manque aux hommes? Craignez-vous qwe mes yeuƓ versent trop peu de larmes? cĂ«sl qu'ils voulaient exprimer celte.idĂ©e : On ne doit pas craindre que la terre manque aux hommes; vous ne devez pas craindre que mes yeux versent trop peu de larmes. 11 est Ă©vident qne le sens nĂ©gatif Ă©tant dans la premiĂšre proposition, la partiÂŹ cule ne doit ĂȘtre rejetĂ©e de la seconde. Au surplus, quand le verbe craindre est modifiĂ© par peu ou par moins, ces mots tiennent toujours lieu de la particule ne. III. PHRASES INTERROGATIVES-NÉGATIVBS AVEC fie. Vous souffrez qu’il vous parle ? El yows ne craignez [pas Que du fond de Tablme entr'ouvert sous ses pas Il ne sorte Ă  l’instant des feux qui vous embrasent, Ou quĂ«n tombant sur lui ces murs ne vous Ă©crasent? (Racine.} PHRASES INTERROGATIVES-NÉGATIVBS SANS ne. Ne craignez-vota pas que Ton vous fasse le mĂȘme traitement? (Racine.) ' Lorsque les phrases sont interrogatives et nĂ©gatives tout Ă  la fois, on peut exprimer ou ne pas exprimer la particule ne dans ia proposition subordonnĂ©e, et dire trĂšs-bien d'aprĂšs Raçipe : Ne cuaigne^^-voos pas que la foudre ne tombe sur vous ou tombe sur vous? C'est donc bien Ă  tort, selon nous, que M. Colin d'Ambly reproche Ă  Racine d’avoir supÂŹ primĂ© ne dans l'exemple de la seconde colonne. ^ ^ » EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Je craint... Je ne crains pas. .. J’apprĂ©hende.... Je n’apprĂ©hende pas... J’ai peur... Je n’ai pas peur... Je Iremble... Je ne tremble pas... 11 est dangereut... Il n’est pas dangereux... Il Ă©tait dangereux... 11 n'Ă©tait pas dangereux. ‹» Craignez-TOOs... ' ApprĂ©hendei-vous... Tremblet-vous.,. Pourez-rons craindre.,. Peut-il avoir peur.. ‱ Ne'craigncx-vous pas que.,. * N’apprĂ©hcndei-vous pas que. .. N’avei-vous pas peur que... Ne tremblez-vous pas que. ‱. —a» N" DCLXXXVIII. «8S». Douter, contester, nier, disconvenir, dĂ©sespĂ©rer. I. — BBIPLOVÉS nĂ©gativement. Douter. Je ne doute pas que vpus nevous tostez*honneur dans la carriĂšre oĂč vous entrez. (J.-J, Rousseau.) Jene doutepas que mes abricotiers ne descendent de greffes apportĂ©es par les Romains. (UĂ«RN. de S.MNT-PlERRE.) On ne pĂšut douter que les Grecs ne connussent eux-mĂȘmes UagricuUure. ei qĂŒils n’aient Ă©tĂ© dans la nĂ©cessitĂ© de la cultiver. (Condillac.) Il n'est pas douteux que je ne doive les premiers tĂ©moignages de ma reconnaissance aux hommes auxquels je suis redevable des premiers besoins de ĂŻa vie, (Bern. de Saint-Pierre.) On «e penf pas douter que les pĂŽles «e soient couverts d’une coupole de glaces. (fd.) S’il fuit, ne doutez point que, fiers de sa disgrĂące, A la haine bientĂŽt ils ne joignent l’audace. (Racine.) Je ne doute pas que ĂŻa vraie dĂ©votion ne soit la source du repos. (La BruyĂšre.) Un physicien, quiavaitdela rĂ©putation, ne doiita pas que ce Needhain ne fĂ t un profond athĂ©e. {Voltaire.) L’on ne peut guĂšre douter quo les animaux acÂŹ tuellement domestiques riaient Ă©tĂ© sauvages aupaÂŹ ravant. (Buffon.) Tempanius. qui ne doutait pas que les ennemi' ne iattaquassent de nouveau dĂšs que les tĂ©nĂšbres seraient dissipĂ©es, fut bien surpris lorsqu’au poini (lu jour il ne vil plus ni amis ni ennemis, (Vertot.) Je ne doute pas que tu ?ie balances Ăą les croire. (Montesquieu.) On ne doute pas aujourd’hui que les madrĂ©pores ne soteni l’ouvrage d’une infinitĂ© de petits animaux. (Bern. de Saint-Pierre.)
. ( 745 ) * Nier, contester, disconvenir, dĂ©sespĂ©rer. On ne peut niĂ«r que cette vie ne soit dĂ©sirable. 1 (Bossuet.) On ne saurait contester que la diversitĂ© des meÂŹ sures ne 6rom7/e les commençants pendant un temps infini. (J--J. Rousseau.) Je ne dĂ©sespĂšre pas qĂŒil ne te fournisse un jour le moyen de TĂ©clairer. (Montesquieu.) Vous ne sawrtĂ«s disconvenir que ce remĂšde ne soit meilleur que tous les autres. (M‘“¼ de SĂ©vignĂ©.) . Je ne disconviendrai pas qu’avec toutes ses perÂŹ fections , on ne puisse faire quelques objections contre Sophocle. (Voltaiub.) On ne peut nier que le lĂąche et inutile men« songe d’Euphorbe ne soit indigne de la tragĂ©die, (Voltaire.) On ne peut nier que je ne sois trĂšs-fohdĂ© Ă  m'Ă©- riger en Aristarque, en juge souverain des ouvrages nouveaux. (J.-J. Rousseau.) On ne dĂ©sespĂ©rait pas que vous ne devinssiez riche. (BeauzĂ©e.) Vous ne sawrtĂ«jĂŻ disconvenir qu'il ne vous ait parlĂ©. (AcadĂ©mie.) , Je ne saurais disconvenir que Sophocle, ainsi qu’Euripide, ne devaient pas faire de Pylade un personnage muet. (Voltaire.) Quand les verbes douter, contester, nier, disconvenir, dĂ©sespĂ©rer, sont employĂ©s nĂ©gaÂŹ tivement, ne doit ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ© dans la proposition subordonriĂ©e. Selon TAcadĂ©mie, on pourrait indiffĂ©remment mettre ou supprimer la nĂ©gative, avec mer, contester, disconvenir, et dire: je ne nie pas, je ne conteste pas, je ne disconviens pas quil ait fait cela, ou qu'il n'ait fait cela, mais nos citations font voir que les Ă©crivains ne manÂŹ quent jamais dĂš mettre cette nĂ©gative. Remarquons nĂ©anmoins que s'il s'agissait dĂ«xpriÂŹ mer une chose positive, incontestable, ne, dans ce cas, pourrait ĂȘtre sujpprimĂȘ, comme dans : je ne doute pas, je ne nie pas qu'il y ait un Dieu. ÂŁes exemples suivants confirment cette observation : Je ne vous mĂ«rat potnf, seigneur, que ses soupirs ATont daignĂ© quelquefois expliquer ses dĂ©sirs. (Racine.) Je ne nie pas qu'il ait raison. (J.-J. Rousseau.) Personne ne nie qu’il y ait un Dieu, si ce nĂ«st celui Ă  qui il importe qu’il n’y en ail point. (Chateaubriand.) Je ne ntĂ«pas que je te l’ai dit. (Vaugelas.) Cet autre exemple est curieux en ce qu'il prĂ©sente les deux cas : Tls ne nient pas que , la douleur soit un mal et qu'il n'y ait de la peine dans la dĂ©sunion des choses auxquelles nous sommes unis par la nature. " ' (Mallebranche.). Jt. — EMPLOYÉS affirmativement. Je doute qu'on osĂąt mettre Aristote et PlolĂ©mĂ©e en comparaison avec Iç chevalier Newton et M. Cas- sini. (J.-J. Rousseau.) Douter quĂ«lle vous aime. (Corneille.) . Je nie qĂŒil soit venu. " _ (Laveaux.) Il me paraĂźt absurde de nier qu’il y atf une intelÂŹ ligence dans le monde. (Voltaire.) Doutant qu’elle se puisse trouver dans la nature. (FlĂ©chier.) Je doute qxhe le ris excessif connĂ«nna aux hommes qui sont mortels. (LA BruyĂšre.) Si les verbes douter, nier, etc., sont employĂ©s affirmativement, il n’y a point de diffiÂŹ cultĂ©, on ne met jamais «e dans la proposition complĂ©tive. m. — EMPLOYÉS interrogativement. Doutez-vous qne TEuxin ne me porte en deux jours Aux lieux oĂč le Danube y vient finir son cours? ^(Racine.) Peut-on nier que les bonnes mƓurs ne soient essentielles Ă  la durĂ©e des empires,’et que le luxe ne sort diamĂ©tralement opposĂ© aux bonnes mƓurs? (J.-J, Rousseau.) RĂ©duit Ă  voir sa tĂȘte expier son offense, Doutes-tu qu’il ne veuille implorer ma clĂ©mence? (Racine.) Osere::-Dow.Ăźnßër que cette scĂšne bien reprĂ© entĂ©f ne fasse une impression plus heureuse et plus forte sur lĂ«sprit d’un jeune homme, que tous les sermons qu’on dĂ©bite journellement? (Voltaire.) Lorsque les verbes douter, nier, etc., sont employĂ©s interrogativement, ces exemples font manifestement voir quĂ«n exprime la nĂ©gative ne dans la proposition subordonnĂ©e ; ils donnent un dĂ©menti formel aux grammairiens, qui Ă©tablissent comme rĂšgle gĂ©nĂ©rale 94
( 746 ) et constante qu’avec le verbe mer on ne doi^amais mettre ne dans la proposition comÂŹ plĂ©tive!, si la phrase est sous une forme interrogative. Voici des exemples oĂč non seu- lerpegt avec nier, mais Ăąvec douter, les Ă©crivains ont supprimĂ© la nĂ©gative : Qui est-ce qui nie que les savant^ sachent mille choses vraies que jes ignorants ne sauront jamais? Peut-on nier que cette partie du mppdc doive suffire Ă  M. Simon? ' ’ (Bossuet.) Peut-ĂȘtte doutez-vous qu’étant Ă©loignĂ© du public, ///■/f encore'Ă©gal’à lui-mĂ©ine ? (FlÉcmER.) ... Oseras-tu nier Çe qpe ton manyais cƓur tĂąche en vain d’oublier? (Begnard.) * . * ' C’est qpe l’idĂ©e exprimĂ©e par le verbe de la proposition subordonnĂ©e Ă©tait si Ă©vidente, sj pq^itiye Ă  leur esprit, qu’ils ont voulu la rendre encore plus affirmative par la supÂŹ pression de ne. , EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. .Jç pc tloute pas que. Je doute qud... Doutez-vous que. ‱. Qa ne peut nier que. Je nie quo... Niez-vous que. .. Ne contestez pas que... Ne dĂ©sespĂšre pas que.. Je conteste que.' Je dĂ©sespĂšre que.., Contestez^vous que*... DĂ©sespĂ©rez-vous que... n ne disconvient pas que... Je disconviens que... Disconveneiivoiis quo... —N" DC3LXXXIX. Prendre garde, garder, Ă©viter, empĂȘcher, tenir. Prendre garde. Prends garde que jamais l’astre qui nous Ă©claire Ne te voie en ces lieux mettre un pied tĂ©mĂ©raire. ■ ' ' ' (Racine.) Prenons garde si nos bienfaits ne nuisent point aux autres, et ne tournent pas contre ceux mĂȘmes qui en sont Tobjet: (BiCT* Vous devez prendre garde Ă  ne jamais laisser le vin devenir trop commun dans votre royaume. (FĂ©nelon.) Prends garde qu'il ne surprenne les trois juges et Pluton mĂŽme. [Id.) Garder. Crardons-nows* bien de croire qĂŒĂ‰milie, malgrĂ© son ingratitude, et Cinna, malgrĂ© sa perfidie, ne soient pas deux trĂšs-beaux rĂŽles. (Voltaire.) Assez et trop longtemps son exemple vous flatte, Mai^ gardez que sur vous le contraire n’éclate. (Corneille.) Gardez qu’un jour on ne vous plaigne D’avoir su mal user d’uu talent si 'parfait. (Voltaire.) Consulte ta raison, prends la clartĂ© pour guide ; Vois s\ de tes soupçons TapparĂšnce est solide. Ne dĂ©mens pas leur voix; mais aussi garde bien Que, pour les croire trop, ils ne t’imposent rien. (ÂIoliĂšre.) Gardez qujune voyelle, Ă  courir trop hĂątĂ©e, Ne d’une voyelle en son chemin heurtĂ©e. (Boileau.) Gardez que quelque jour cet orgueil tĂ©mĂ©raire Nattire sur vous-mĂȘme une triste lumiĂšre. (Voltaire.) Éviter. Évitez qĂŒun excĂšs de rigueur, d’indulgence, N’encourage Taudace, ou n’arme la vengeance. (Delille.) Évitez qu7l m vienne. (AcadĂ©mie.) EmpĂȘcher. PHRASES affirmatives. La pluie presque continuelle empĂȘche qĂŒon ne se promĂšne dans les cours et dans les jardins. (Racine.) EmpĂȘcherz qn’éWe ne se mĂȘle d’aucqne affaire. * ' (Voltaire.) phrases nĂ©gatives. La philosophie ni le sceptre n’empĂȘchent qu’on ne soit homme. (Marc-AurĂšle.) Cela nĂ«mpĂȘche pas que dans ce jour, madame. Nous ne mettioris Ă  fin une si be le flamme. (Regnard.)
( 747 ) HĂ©! pourrai-je empĂȘcher, malgrĂ© ma diligence. Que Roxane d'un coupn'a^jura sa vengeance? (Racine.) EmpĂȘcher que Caron, dans sa fatale barque, Ainsi que le berger.na passe le monarque. (Boileau.) Le mot propre est souvent difficile Ă  rencontrer, et quand il est trouvĂ©, la gĂȘne du vers et de la rime empĂȘche qĂčow ne Vemploie. (Voltaire.) Cela n’empĂȘche pas que, dans quelques familles, Je ne montre parfois Titalien aui filles. (Regnahd.) Cette cure secrĂšte de SĂ©vĂšre est un mauvais artiÂŹ fice qui n’empĂȘche pas que la cure ne soit publique. (Voltaire.) Toutes les pratiques anciennes et modernes n'em* pĂ©cheront pas que l’on ne viole les lois de la nature, et que l’on ne soit rebelle Ă  Dieu en coupant volonÂŹ tairement la trame de ses jours. (Formey.) Tenir, PHRASES NEGATIVES. X II ne tenait pas klni qu’on n*ow6Ăč*d/ses victoires. (Mascaron.) Il ne tiendra 'pas Ă  moi qu’on ne vous rende tout Thonneur qui vous est dĂ». (Boileap.) niais ĂŒ ne tie/it qu’à vous que spn chagrin ne passe. (MoliĂšre.) phrases AEFIRMATĂŻyKS OU INTERROGATIVES, A quoi tient-il que nous ne parlions ? (Planche.) Je ne sais Ă  quoi iĂź tient que je ne lui rompe en visiĂšre. ’ (AcadĂ©mie.) Je ne sais Ă  quoi U tient que je ne Vabandonne. (Planche.) AprĂšs le verbe prendrç garde, garder, dans le sens de prendre des mesures, de^pTĂ©-r cautions pour que tel Ă©vĂ©nement n'arrive point, on fait usage de la nĂ©gative ne dans la proÂŹ position subordonnĂ©e. Il en est de mĂȘme pour les verbes empĂȘcher et Ă©viter, que le^ phrases soient affirmatives, nĂ©gatives ou interrogatives. A l'exemple de beaucoup d’autres grammairiens, Lemare prĂ©tend quelorsque empĂȘcher est accompagnĂ© de.ne pas, ne point, op ne doit plus mettre ne aprĂšs que. A coup sĂčr Lemare est dans l’erreur, car nous n'avons pas trouvĂ© un seul cas en prose qui puisse lĂ©gitimer cette assertion. Ce n'est qĂŒe dans les vers, oĂč les Ă©crivains sĂ«ffranchissent quelquefois des rĂšgles grammaticales, qĂŒon rencontre des passages oĂč ne nĂ«st pas exÂŹ primĂ©. Voici des exemples de cette libertĂ© poĂ©tique : * Cette friponnerie N empĂȘche pas qu’un homme se marie. . (VbLTAIRE.) Nous pourrions par un prompt achat de cette esclave EmpĂȘcher (piĂŒn rival vousprĂšt;»ennee|, vpus brave. (MoliĂšre.) Quant Ă  tenir, le que de la proposition subordonnĂ©e est toujours suivi de ne, soit dans les phrases nĂ©gatives, soit dans les phrases affirmatives ou interrogatives qu'on peut ré soudre nĂ©gativement. En effet, Ă  quoi tient-il quenops ne parlions? Je ne,sais Ă  quoi il TIENT que je ne lui rompe en visiĂšre, c’est pour, il ne tient a rien que nous ne parÂŹ lions, IL NE tient a rien que je nĂ© lui rompe en visiĂšre. Dans tout autre cas, il ne faut pas employer la nĂ©gative. On dira donc : IĂź tient Ă  moi que cela se fasse. (AcadĂ©mie.) No tienHÎ pas Ă  moi que cela se fasse? (ÇOLIN p’AmBLY.) En gĂ©nĂ©ral, comme le dit fort bien M. Colin d'Ambly, on doit supprimer le ne de la dĂ©pendante toutes les fois que la principale, avec ses accessoires, ne prĂ©sente pas TidĂ©e d’un obstacle apportĂ© . . . EXEIiCICE PHRASÉOLOGIQUE. Pi-enez garde qne-.. I^rendrez-vous garde que.. Evitez que. .. il ne tient pa» Ă  moi qae. A quoi ttent-Ăźl que... Garde que-.. Garderez-vous que.. ‱ N'cvilerez-vous pas que.. 11 ne tenait las a lui que. A quoi tienclra-t-il que... EmpĂ©clie que... EmpĂȘclieras-tu que... Evite que., . 11 oc lieiiilra pas a eux que.,. Je ne sais Ă  quoi il tient que. N’empĂȘchez p?s que. ‱ * W’empĂȘi'herĂŒÂ»-tu pas que... As-tu Ă©vitĂ© que.. . 11 n'a pas tenu Ă  nous que... Je nesavaijjĂ quoi il tcuaitque...
{ 7^8 ) dcxc.«» DĂ©fendre. IldĂ«/Îjndßï qĂŒaucun Ă©tranger erifrdt dans la ville. (Voltaire.) Avec quelle sĂ©vĂ©ritĂ© dĂ©fendit-e\\e qu'il y eĂ»t rien dans la maison que... (FlĂ©chier.) JĂ«i mĂȘme dĂ©fendu, par une loi expresse, Qu’on osĂąt prononcer votre nom devant moi. ' (Racine.) Mais mon pĂšre dĂ©fend que lĂš roi se hasarde. (Racine.) Je dĂ©fends qĂŒon prenne les armes. Âź (Voltaire.) Mais il mc semblĂ©, AgnĂšs, si ma mĂ©moire esl bonne, Que jĂ«vais dĂ©fendu que vous vissiez personne. , (MoliĂšre.) DĂ©fendre signifie prohiber, ne pas voitloir, ne pas permettre; par consĂ©quent, il n’admet jamais .de nĂ©gation dans la proposition subordonnĂ©e. Quelques Ă©crivains cependant, ayant confondu ce verbe avec empĂȘcher, ont exprimĂ© ne aprĂšs que ; mais ils ne sont nulÂŹ lement Ă  imiter. Les passages suivants sont donc irrĂ©guliers : % DĂ©fends qu’aucun objet d’un augure sinistre Ne trouble le prĂ©sage a|nsi que le ministre. (Delille. iraduct. de I’ÉnĂ©ide.) Le roi dĂ©fendit de ne pas songer Ă  ce mariage. (MĂ©m. de Berwick.) En effet, on ordonne de ne pas troubler, de ne jamais se prĂ©senter, de ne pas songer, de ne rien Ă©crire, et Von dĂ©fend de troubler, de jamais se prĂ©senter, etc. La prĂ©sence de la nĂ©gative avec dĂ©fendre fait entendre en quelque sorte une idĂ©e contraire Ă  celle que l’on veut exprimer. C’est par la mĂȘme raison qĂŒil faut dire ; Gardez-vous de tomber, et prenez garde de tomber, et non : gardez-vous de ne pas tomber, prenez garde de ne pĂ s tomber. Il lui dĂ©fendit, avec duretĂ©, de ne jamais se pré senter devant lui. (Vbrtot.) Sa majestĂ© dĂ©fend de ne rien Ă©crire pour soutenir cĂ©lle doctrine. (D’Avrigny.) DĂ©rcndn qa’ül approche. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. DĂ©fends qu’il vienne. Jo dĂ©fendrai qu’il agisse ainsi. DĂ©fendez qu’il parle. N‘ DCXCI. Il s'en faut bien, il s en faut peu Il s’en fautbien. Je puis vous assurer qĂŒi7 s’en faut bien qu’on y meure de faim. (Racine.) Il s'en faut beaucoup que chaque ĂȘtre Ă  deux mains et Ă  deux pieds powĂ©de un fonds de cent vingt livres de revenu. (Voltaire.) Il s’en faut de beaucoup, en mon particulier, que je trouve Rodogune une bonne piĂšce. (/d.) Le/ passions sont les mĂȘmes dans le peuple et parmi les puissants; mais il s’en faut bien que le crime soit Ă©gal. (Massillon.) Il s’en fallait 'd'e beaucoup que la famille de Des- cartes lui rendit justice, ' Thomas.) Il s’en faut de beaucoup que Boileau ait mis dans la satire le courage que MoliĂšre a rais dans la coÂŹ mĂ©die. (fd.) Il s’en faut peu. . Il ne JĂ«n faut pas de beaucoup que la somme n’y soit. (AcadĂ©mie.) Peu s’en /dut que Mathan ne m’ait nommĂ© son pĂšre. (Racine.) Peu s’en fallut que nous ne touchassions sur un rocher Ă  droite dans la passe. [Bern. Saint-Pierre.) Peu.s'en fallut que le mĂȘme accident ne lui arÂŹ rivĂąt. (fd.) ‱ * Il s’en faut peu que le crime heureux ne soit louĂ© comme la vertu mĂȘme. (La BruyĂšre.) Un discours que rien ne lie et nĂ«mbarrasse, mar- ,che et coule de.soĂčmĂȘme, ct il s'en faut peu qu’il n’aille quelquefois plus vile quela pensĂ©e mĂȘme de Torateur. (Boilbau.)
( 749 ) Tant s’en faut qu’un chrĂ©tien doive haĂŻr son proÂŹ chain, qu’au contraire ii est obligĂ© de le secourir et de faire du bien mĂȘme Ă  ses ennemis. (TrĂ©voux.) Il' s’en faut de beaucoup que le roi de Prusse soit enthousiaste des ouvrages de J.-J. Rousseau. (D’Alembert.) Le feu des volcans n’est pas si Ă©loignĂ© du sommet des montagnes; et il s’en faut bien qu’il redesÂŹ cende au niveau des plaines. (Buffon.) Nous ne trouvons pas ces railleries mauvaises;. peu s’en faut que nous ne les trouvions plaisantes. (FLÉCĂąlER.) Peu s’en fallait que je ne me crusse parent da duc de Lerme. (Le Sage.) Annibal Ă©tant blessĂ©, il y eut une telle Ă©pouvante et une telle confusion, qĂŒi/5’en fallut de bien peu que les ouvrages et les galeries ne fussent abanÂŹ donnĂ©s. (Bureau de la Malle.) Il s*en faut exprime dans toute sa conjugaison une absence, une privation, dont le sens nĂ©gatif se porte sur la proposition subordonnĂ©e. Les exemples de la premiĂšre coÂŹ lonne nous font voir que quand le verbe nĂ«st accompagnĂ© ni d’une nĂ©gation , ni de quelque mot qui ait uri sens nĂ©gatif, tel que peu, guĂšre, presque rien, etc., ia proÂŹ position subordonnĂ©e ne prend pas la nĂ©gative ne ; il s'en faut bien quĂ«n y meure de faim, etc. ' - Mais lorsquĂ«Z s'en faut est accompagnĂ© de la nĂ©gation ou de Tun des mots peu, guĂšre, etc., qui ont un sens nĂ©gatif, on voit, d’aprĂšs les citations de la seconde colonne, que la proposition subordonnĂ©e admet toujours la particule ne: il ne s'en faut pas de beaucoup que la somme «’y soit; peu s'en fallut que nous ne touchassions sur un rocher, Ă©tc. La nĂ©gative ne serait encore de rigueur si la phrase Ă©tait interrogative : combien s’en FAUT-IL que la somme n'y soit? S'en faut-il beaucoup que la somme n’y soit ? Dans les exemples suivants, avec il s'efi faut bien, les Ă©crivains, faisant abstraction du sens nĂ©gatif de la proposition primordiale, ont reportĂ© la nĂ©gative sur la complĂ©tive ; mais l’usage gĂ©nĂ©ral est pour la suppression de ne ; Il s’en faut htea que ceux qui s’attachent Ăą nos finesses ne nous paraissent aussi ridicules que nous le paraissons Ă  nous-mĂȘmes quand, les finesses des autres nous ont attrapĂ©s. (La Rochefoucauld.) Cet homme paraĂźt faire tout ce qu’il veut; mai» il s’en faut bien qĂŒil ne le fasse. (FĂ©nelon.) Il s’en faut bien que mon affaire avec M. Tron» chin ne soit faite. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. 11 a’cn faut Lien que Combien s'en fout-il qa*... H s’en fallait peu que... S’en faut-il de.beaucoup.quĂ©... Il s'en faut beaucoup que. Peu s’en faut que.*.. Tant s’en fout que... Il ne s’en fout pas beaucoup qut... W DCXCIL Avant que, sans que. Avant que, non suivi de mt. PROSATEURS, L’Écrilure nous fait voir la terre revĂȘtue d’herÂŹ bes et de touies sories de plantes avant que le .soÂŹ le. ( ait Ă©tĂ© créé. (Bossuet.) ' Avant que les nations fussent conver'ties, tout n’était pas accompli. (Pascal.) Combien de siĂšcles se sont Ă©coulĂ©s avant que les hommes aient pu revenir au goĂ»t des anciens l (La BruyĂšre.) LĂ«n est mort avant gu’on ait aperçu qu’on deÂŹ vait mourir. (FlĂ©chier.) poĂštes. Vertueuse ZaĂŻre, ouant que l’hymĂ©nĂ©e Joigne Ă  jamais nos cƓurs et notre destinĂ©e, ' J’ai cm, sur mes projets, sur vous, sur mon amour, Devoir en musulman vous parler sans dĂ©tour, (Voltaire.) La guerre et la victoire Nous ont longtemps unis par les noeuds de la gloire, Avant que tant d’honneurs sur ma tĂȘte amassĂ©s TraĂźnassent aprĂšs moi des cƓurs intĂ©ressĂ©s. (Id.) Je veux pourtant songer Ă  mettre ordre Ă  mon bien, Avant gw’un prompt trĂ©pas m’en ĂŽte le moyen. (Regnard.ĂŻ
( m ) Les premiers hĂŒmmesj avant gti'uti culte impie se fĂ»t taillĂ© des divinitĂ©s de bois et dĂŽ pierre, adoÂŹ rĂšrent le mĂȘme Dieu que nous adorons. (Massillon.) Adrasto et ses soldats descendirent aedrU gĂŒĂŽn pĂ»t les reconnaĂźtre. (I’énelon.) Lç roi voulut voir ce cHĂ©f-d’Ɠuvrc abaiii mĂȘme gw’ii ftĂŻt achevĂ©: (VĂŒLrAihË;) Avant qĂŒĂ© Tùéliofi fĂ»t letthifiĂ©c, (jĂŒeltiĂŒĂ©s ThĂ©- baiiisj Ă  te 4ĂŒâ€™ĂŽri pfĂ©tĂ©hd, tĂ© fendirent aux PĂ©tsĂš#. ‱ (BartuĂ©lemy.) Il fĂ»t des éßtoyéûë avant qĂč\\ fĂ»t dĂ©s hi a lires. {Voltaire.) Avdnt que sa furĂ«ĂŒr rauagedf tout le monde, L’Inde sĂš rĂ©pĂŽsait dans ĂŒhĂ© paix profonde. (RÀCiNK.) Et le Rhin de sĂ©s RĂŽts ira grossir la Loire Jiant qûÚ tes faveĂŒfs sorfenfde ind mĂ©moire. (BoĂźLeau.) Avant que Ăźe sommeil te ferme la paupiĂšre. Sur tes Ɠuvres du jour porte un regard sĂ©vĂšre, (Lefranc de Pompignan.) Sans que, non suivi, dĂ© nsi prosateurs. Tout le monde dit d’un ftil qĂŒil eSturi fĂ©t, Ă©t personne n’ose le lui dire Ă  lui-mĂȘme: il meurt sans lĂ© savoif Ăšl sans que personne se sot7 vengĂ©. (La BruyĂšre.) QĂŒicoriqĂŒĂ© est vivĂ©niĂ©nt Ă©mu voit les choses d’uii autre Ɠil que les autres hommes. Tout est pour lui objet de comparaison rapide et de mĂ©taphore, sans qĂŒâ€™il y prĂštiĂ»e gdfde. (VoltaĂźre.) ToutĂ©s lĂ©s créàtdfĂšs paraĂźtront devahtl)ieĂŒ commĂȘ le nĂ©anti sans qu’il y dit entre elles de prĂ©rogatives que celles que la vertu y aura mises. (Montesquieu.) Raoul, comte d’Eu et de Guines, accusĂ© d’intelÂŹ ligence avec les Anglais, est dĂ©capitĂ©, sans qu’oii observe les formes de procĂ©dure. (HĂ©naĂŒlt.) PdÈfÊË. La CastiilĂ© dĂŒ hioins ĂŒaĂŒra pas Id ViĂ©lĂŽifĂȘ, Sans que nous essayions dĂ«n pafiagĂŽr la gldjfĂ©. (MoliĂšre».) Eh I pcut-on ĂȘtre heureux sans qu'ĂŻX en coĂ»te rien Ăź (LAfossĂ©.) , LĂ© sort de Votre Ă©pĂŽiix est dĂ©jĂ  trop Horrible,* Sans que de nouveaux traits venant me dĂ©chifĂ©i*, Vous me donniez encor votre mort Ă  pleurer. (Voltaire.) Vous pouvez rnĂ intenant, sans gnĂ©lĂ«n voĂŒs punisse, Vous retirerchĂ©z VoiiS; et quitter lĂš sĂ©rvice. (Regnard.) Tous ies fleuves du monde entrent au sein des mers. Sans que leurs flots unis ravagent l’univers. (Lefranc dĂš Pompignan.) GĂ©nĂ©ralement, aprĂšs les locutions conjonctives avant que, sans que, il ne faut pas ex-«- primer la particule ne, ainsi que le prouvent les.nombreux exemples qui prĂ©cĂšdent, et que nous aurions pu rtiultiplier Ă  Tinfiiii. Il est vrai cependant que de bons Ă©crivains ont aussi fait usage de cette nĂ©gation ; mais les exemples qu’on rencontre de-cet emploi abonÂŹ dent si peu, qu’ifs sont en coniparaison de ceux oĂč ne est supprimĂ©, dans la proportion de un Ă  cent L’usage milite donc en faveur des exemples oĂč les Ă©crivains n’expriment jamais la nĂ©gation. Voici nĂ©anmoins les seuls que nous ayons trouvĂ©s avOĂŽ nĂš; ils oftt pour eux des autoritĂ©s respectables : . . ' Avant que suivi de «e. Nous avons beau leur reprĂ©senter que nous Ă©tions paisibles possesseurs des Tuileries vingt ans avunt qu'ils ne fussent au monde : je crois qĂŒils nous en chasseront Ă -la ÜD. (Montesquieu.) J’irai vous voir avant que vous ne preniez auÂŹ cune rĂ©solution. - (M“>Âź de SĂ©vignĂ©.) Il me paraĂźt que les volontĂ©s de M. Fouquet sont si ambulatoires, qu’il ne vaut pas la peine de rien' avant gwĂ«lles tiĂ© soient fixĂ©es. (BartuĂ©lemy.) J A peine ‘chacun se contient dans Tattentc du siÂŹ gnai. HĂątez-vous de le donner vous-mĂȘme, avant que vos trompettes ne vous Ă©chappent et ne le donÂŹ nent malgrĂ© vous, (Marmontel.) L’ysatis, moins fort, mais beaucoup plus lĂ©ger que le glouton, lui sert de pourvoyeur : celui-ci le suit Ă  Ăźa chasse, et souvent lui enlĂšve sa proie avant gw’il ne Vait entamĂ©e; au moins il la partage. (Buffon.) Sans que suivi de ne. GrĂące au ciel, chĂšre cousine, vous^voilĂ  rĂ©tablie. Mais ce H’ùst pas sans gwe.votre silence et celui'de M. G., que j’avais instamment priĂ© de m’écrire un mot Ă  son arrivĂ©e, ne m'ait causĂ© bien des alarmes. (J.-J. Rousseau.) Je ĂŒai jamais entendu ce chant grave et palliĂ©- tique entonnĂ© par les prĂȘtres et rĂ©pondu alTectueu- sement par une InfinitĂ© de voix d’tlommes el de femÂŹ mes, de jeunes filles et dĂ«nfans, sans que mes enÂŹ trailles ne sĂ«n soient Ă©mues, nĂ«n afeni tressailli, et que les larmes ne mĂ«n aoiĂ«nt venues aux yeux; (Diderot.) Elle ne voyait’aucun ĂȘtre souffrant sans que son visage n'exprimĂąt \a peine qu’elle en ressentait. (Bern. ĂŒe SAiNt-PiERRE.) ITne mĂ«st jamais arrivĂ© de passer devant les habitfints de NĂ«ufchĂ tel sans que, petits et grands, ils ne m'atĂ«nit prĂ©venu d’Un Ă©alĂŒl. (RAOÜL-ROCUEtTÈ.) Laveaux et quelques autres grammairiens" pensent qu’on doit faire usage de ne aprĂšs
.tJ ( 751 ) avant que^, toutes les fois qĂŒâ€™il y a ĂŒh doute sur la rĂ©alitĂ© de TĂ btioh Ă«xprimĂ©e jpar le verbe qui suit avant que : cette opinion est partagĂ©e par Boniface. Suivant ce grammaiÂŹ rien, on doit dire sans ne : Rentrons avant qU'U fasse nuit, parce qu’il est certain qu’il fera nuit; et avec ne, rentrons avant qv'ĂŒ ne pleuve, parce qĂŒil nĂ«st pas certain qu’il pleuvra.CĂ«st iĂ unedoctrine beaucoup plus subtileque vraie, selon nous; car nous avouons en toute humilitĂ© que, dĂ hs lĂ«s deĂŒx cas citĂ©s, nous nĂ© voyohs aucune idĂ©e de doute; au contraire, l’action exprimĂ©e par le verbe qui suit avant que est une action qĂŒi; pour se rĂ©aliser postĂ©rieurement Ă  une autre, n’en doit pas moins toujours avoir lieu : ce qui le prouve, c’ést qĂŒe l’on dira affirmativement ; Rentrons avant qu'il pleuve; Ă«t s’il y avait rĂ©ellement doute : Rentrons de peur qĂŒ'ĂŒ ne pleuve. Avec avant, on voit que la pluie doit nĂ©cessairement tomber, et avec de peur que, il n’est pas siii* quĂ«lle tombe. La doctrine de Boniface et des autres grammairiens sur Temploi de ne dubitatif aprĂšs avant que est donc entiĂšrement fausse, et les exemples que nous avons rapportĂ©s ne peuvent non plus servir ni Ă  Tasseoif ni Ă  lĂą justifier, il faut sĂ«n tenir seulement Ă  ce que nous avons dit en comÂŹ mençant : N’empioyer jamais nĂ© aprĂšs avant que^ parce qu’en effet c’est lĂ  Tusage le plus constant. r Quant Ă  sans que suivi de ne, Boniface en rend compte ainsi par Tanalyse : « Je ne pouÂŹ vais parler sans Qv'il ne m'interrompĂźt ; c’est-Ă -dire je ne pouvais parler sans ceci : Jl nĂ© rn*interrompit pas sanĂ  sa non interruption. Le sans et le ne se dĂ©truisent et Ă©quivalent Ă  une affirmation, ce qui d’abord paraĂźt biÂŹ zarre, mais ce qui n’en est pas moins vrai, malgrĂ© le ridicule jetĂ© par Lemare sur cet axiOmĂ© : Deux nĂ©gations valent une 'affirhiation. » Quoi qĂŒâ€™il Ă«n soit, les Ă©xemplĂ«s oĂč ne nĂ«st pas exprimĂ© aprĂšs Ă©ans 'qûé iibĂŒs paraissent beaucoup plus rĂ tionnĂ«ls, beau coup plus logiques. Que signifie sĂŒĂŒs qti'e? Cette expression signifie sinon que, si ce n'est que: je ne partirai pas sans qĂŒĂ© vous vĂ©niez, c’est-Ă -dire sinon que vous veniez, si ce n'est que vous veniez. Comme aprĂšs sinon que, si ce n’est que^ on ne inet jamais ne, il s’ensuit qĂŒon ne doit pas le mettre davantage avec sans que» qui est pour que ne; ainsi que cela paraĂźt dĂ©montrĂ© jĂŒsqu’à la derniĂšre Ă©vidĂ©nce dans les exemples comparatifs qui Ă«ĂŒivent : . Sans que. Vous conviendrez (j^uĂ© je ne pouvais obtenir Ta- vĂ«u dĂŒ conseil, sanj que iĂŒon ouvragĂ© fĂ»t exairiinĂ©. (J.-J. Rousseau.) HĂ©las! nous ne.pouvons un moment arrĂȘter les yeux sur lĂą gloire de la princesse, sans que la mort s’y rhĂȘre aussitĂŽt pbuf tbĂŒl offusquer de son ombre; (Bossuet.) Que ne. Je ne vous quitte point, Seigneur, gwe mon amour n’ait obtenu ce point. (Corneille,) Je- ne saurais fĂ irĂ© un pas seulement-, quĂ© je ne l’aie aussitĂŽt Ă  mes trousses. {MoliĂšre.) (Je ue saurais voir ^d’honnĂȘtes pĂšres chagrinĂ©s par leurs enfants, guĂ© cela ne m’émeuve. (MoliĂšre.) ÉXERdiCÉ PHRÂSÉOLOGIQÜÉ. * Avant qu’il vienne. Avant qu’il sorte. Avant qu’il meure. Avant qu’ilsoit nĂ©. Sans qu il parle. Sans qu’il plebre.; Sans qĂč’ül se lĂąche. Sans qu’il y mette obatarlc. N" DCXCIII. - y  moins que, de peur que, de crainte que. A znoĂźnĂą que. Il sera difficile dĂ©sormais qĂŒil s'Ă©lĂšve des gĂ©nies nouveaux, -d moins que d’autres moeurs^ une aĂŒtre sorte de gouvernement ne donnent un tour nouveau aux esprits. * Voltaire0 ĂŒn amant toujours rebutĂ© par sa maĂźtresse Test toujours aussi par lĂ© spectateur, Ă  moins gw’il ĂŻie respire la fĂŒfĂ«ĂŒr dĂ© la vengeance. (Voltaire.)
( 752 ) Quel indigne plaisir peut avoir l’avarice? Ét que sert d’amasser, d moins qu'on ne jouisse? (Boursault.) Un homme en vaut un autre, d moins que, par mal* \ [heur, L*un dĂ«ux nĂ«it corrompu son esprit et son cƓur. (Dbstoucubs.) De peur que. Combien de fois a-t-on vu des bommes,publics faire Ă©chouer des entreprises glorieuses Ă  l'État, de peur que la gloire n’en rejaillĂźt sur leurs rivaux. (Massillon.) Laisse en paix ton cheval vieillissant, Depeurque, tout d’un coup, efflanquĂ©, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maĂźtre sur l’arĂšne. . " ‘ ‱‱ (BoileaĂŒ.) Ne jetez pas, dit'JĂ©sus, les perles devant les pourÂŹ ceaux, de peur gĂŒils ne les foulent aux pieds, et que se tournant contre vous, ils ne vous dĂ©chirent. (Bern.ue Saint-Pierre;) J’évite sa prĂ©sence. I)e peur gĂŒen le voyant, (luelque trouble indiscret Ne fusse avec mes pleurs Ă©chapper mon secret. (Racine.) De crainte que. . Le seul avantage de la noblesse, c’cst de ne pas manquer dĂ«xemples dans sa maison, et d’tHre dans la'nĂ©cessitĂ© de les imiter, dans la crainte de ne pas ĂȘtre reconnu pour lĂ©gitime hĂ©ritier. (PensĂ©e de PĂ©trarque.) Clarice le prie de parler plus bas, de crainte que son pĂšre ne lĂ«ntende. (Voltaire.) Piutarque dit que les Grecs, ce peuple-si sensible, frĂ©missaient de crainte que le vieillard qui devait arrĂȘter le bras de MĂ©rope n’arrivĂąt pas ns.sez tĂŽt. (Voltaire.) f „ ■ Les locutions conjonctives Ă  mQtns que, de peur que, de crainte que, disent MM. NoĂ«l et Chapsal, veulent toujours aprĂšs elles la nĂ©gation ne : A moins que vous ne lui parliez, de PEUR QuĂ«n NE vous trompe, etc. Cette rĂšgle est trop absolue; et si MM.NoĂ«l et Chapsal Tignorent, nous leur dirons quĂ«n poĂ©sie, les Ă©crivains sont en possession de supprimer la nĂ©gative quand elle gĂȘne la mesure. «Autrement, sĂ«crie Voltaire, il n’y aurait pas de poĂ©sie possible; il faudrait renoncer Ă  faire des vers!» Voici quelques passages oĂč les poĂštes n’ont pas exprimĂ© la particule ne: A moins qu’à, nos projets un plein effet rĂ©ponde, (Corneille.) De peur que ma prĂ©sence encor soit criminelle, Je le laisse. (MoliĂšre,). Sois, donc prĂȘt Ă  frapper, de peur qu’on nous prĂ©- (Voltaire.) [uiĂ«nne. Si j’ai besoin de vons, de peur gĂŒon me contraigne. J’ai besoin que le roi, quĂ«lle-mĂȘine me craigne. (Corneille,] Nous dĂ©fions MM. NoĂ«l et Chapsal de condamner cette phrase de Voltaire : Cest une rĂšgle assez gĂ©nĂ©i'ale qu'un vers hĂ©roĂŻque ne doit guĂšre finir par un adverbe, a moins que cet adverbe se fasse d peine remarquer comme aduerĂše. Bien que cet exemple soit en prose, bien que la nĂ©gative soit supprimĂ©e, la phrase est pourtant correcte ; il y a plus ; ce serait une vĂ©ritable faute d’exprimer la nĂ©gation, et ia raison en est que Texpression adverbiale Ă  peine modifiant le verbe fasse, sĂ«ppose Ă  Tintroduction de la particule ne dans la phrase ; c’est ce qui aurait Ă©galement lieu s’il y avait peu ou tout autre terme Ă©quiÂŹ valent. Avant donc de poser des rĂšgles, ii faut Ă©tudier les faits. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. A moins que. De peur que. De ciainte que. Dans U crainte quo. ÎT DCXCIV. Autre, tout autre, tout, autrement que, plutĂŽt que, plus tĂŽt que. Tout autre que, etc. On se voit dĂ«n autre oeil gĂŒon ne voit son prochain. (La EoirrAiNB.) PlutĂŽt que. Nous avons en France des tragĂ©dies estimĂ©es qui sont plutĂŽt des conversations gĂŒelles ne sout la reÂŹ prĂ©sentation dĂ«n Ă«vĂ©nemont. (Voltairs.)
( 753 ) - II semble qu’il y ait cn nous plusieurs hommes, puisque souvent chacun dc nous pense et agit auÂŹ jourd’hui tout autrement qu'il ne Ăźe faisait hier. (CitĂ© par NoĂ«l.) La joie de faire du bien est tout autrement douce que ne lĂ«st celle de le recevoir. {Id.) Ôn dompte ia panthĂšre plutĂŽt ça'on ne l’apprĂź- voise. (Buffon.) Chacun s’égare, et le moins imprudent Est celui-lĂ  quijĂź/us tĂŽt se repent. (Voltaire.) AprĂšs les expressions autre, autrement, tout autre, tout autrement, plutĂŽt que, plus tĂŽt que, on exprime lĂ  nĂ©gation ne dans la proposition subordonnĂ©e (1), Ă  moins que lĂ  preÂŹ miĂšre proposition ne soit nĂ©gative : N'agissez pas autrement que vous parlez; nous n'avons pas plus tĂŽt fait une chose que nous en faisons une autre, etc. Autre. Tout autre.' EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Autrement. Tout autrement. PlutĂŽt que. ■ Plus tĂŽt que. DE LA PLACE DES ADVERBES *^3 N" DCXCV. Âź CONSTRUCTION DES ADVERBES. AVANT LE VERBE, ♩ ra Bien souvent dans les camps un soldat honorĂ© Rampe Ă  la cour des rois et languit ignorĂ©. (Voltaire.) Toujours la tyrannie a d’heureuses prĂ©mices. (Racine.) ... Aujourd'hui Ob passe sur ThonnĂȘte, et Ton songe h Tutile. (Destouches.) ... Je sais mĂ©priser ces vains droits de noblesse. Que la force autrefois conquit sur la faiblesse. (ChĂ©nier.) S’il se faut quelquefois dĂ©fier quand on aime, CĂ«st de tout ce qui peut, dans le cƓur alarmĂ©, Soulever des soupçons contre Tobjet aimĂ©. (Piron.) Le ciel parfois seconde un dessein tĂ©mĂ©raire. Et Ton sort comme on peut d'une mĂ©chante affaire. (MoliĂšre.) ... Un traĂźtre jamais ne doit ĂȘtre imitĂ©. (Lefranc.) Cela est heureusement exprimĂ©. (Laveaux.) Lorsque, dans la piĂšce anglaise, Orosmane vient annoncer Ă  ZaĂŻrĂ© qu’il croit ne la pĂźus aimer, ZaĂŻre lui rĂ©pond en se roulant par terre. (Voltaire.) «aprĂšs le verbe. Le Dieu que nous servons est un Dieu deJ)ontĂ©; Mais dans les livres saints s’il prĂȘche l’indulgence, IVcommanĂ e souvent la guerre et la vengeance. (ChĂ©nier.) Le succĂšs fut toujours un enfant de l’audace. (CrĂ©billon.) 11 arrive aujourd'hui Ă  midi, (AcadĂ©mie.) Cela se pra/igwat/aw/re/bte, mais aujourd’hui on en use autrement. (/d.) Le tĂ©moin le plus vil et les moindres clartĂ©s Nous montrent quelquefois de grandes vĂ©ritĂ©s. . (Voltaire.) On se ĂźcwsĂŽ parfois d’ĂȘtre femme de bien. (MoliĂšre.) » Un roi ne sait jamais s’il a de vrais amis. (BoursĂ ult.) Cela est exprimĂ© heureusement. (Lateaux.) ProtĂ©silas ne pouvant souffrir que je ne crusse pas tout ce’qĂŒil me disait contre son ennemi, prit le parti de ne m’en parler plus. (FĂ©nelon.) La construction des adverbes ne prĂ©sente guĂšre de difficultĂ© qĂŒaux Ă©trangers; cĂ«st en gĂ©nĂ©ral la clartĂ©, le goĂ»t, TĂ©lĂ©gancĂ© et Tharmonie qui dĂ©cident de la place qĂŒils. doivent occuper dans le discours. En effet, on voit que souvent, toujours, aujourd'hui, autreÂŹ fois, etc., se mettent avant ou aprĂšs^le verbe. . (1) La BruyĂšre a nĂ©anmoins supprimĂ© la nĂ©gation dans cette phrase : Il est incapable de s'imaginer que les grands pensent autrement de sa personne^u'il fait lui-mĂȘme. 95
f 754 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Toujours jo.vous aimerai. Je vous aimerai toujours. '■ ooOQi Autrefois j'Ă©tais .aimĂ©. J'Ă©tais aimĂ© autrcfuiu. N' DCXCVI. CONSTRUCTION DÉ non seulement, mais encore. Non seulement l’Église secourait ses enfants, ELLE VEILLAIT ENCORE sur Ics infortunĂ©s d’une reÂŹ ligion Ăšnneinie. (Chateaubriand.) Non seulement on s’estime avant tout, mais on ESTIME encore toutes les choses que Ton aime. (Vauvenargues.) Non seulement on obĂ©it Ă  un sage roi, mais on AIME Ă  lui obĂ©ir. (FĂ©nelon.) Mentor, non seulement ferme et courageux^ mat# DOUX ET tranquille, semblait commander aux vents Ăšt Ă  la mer, * (FĂ©nelon.) Mentor parut dans ce danger non seulement FERME ET INTRÉPIDE, mats PLUS GAI qĂŒĂ  l’ordi- naire.' [Id.)- La patience est non seulement nĂ©cessaire, mais unLE, (Diderot.) Non seulement doit prĂ©cĂ©der la partie de la phrase mise en rapport ayec celle qui suit mais encore, comme^dans les exemples qui prĂ©cĂšdent. Dans la premiĂšre colonne, non sew- Zc?nen/est suivi d’un verbe, mais doit ĂȘtre suivi d’un autre verbe. Dans la seconde, non seulement est suivi d’adjectifs, mais par consĂ©quent doit ĂȘtre aussi suivi d’adjectifs. Ce serait donc mal s’exprimer que de dire : L'Eglise secourait non seulement ses enfants, MAIS elle veillait encore, etc.; on s'estime non seulement avant tout, mais on estime, elc. . . EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Non seulement bon, mats bumain. Non seulement il l’aimait, niais encore ill'estimait. DES ADVERBES EMPLOYES DANS LES COMPAUAISONS. N* DCXCYlĂź. MOTS AU MOYEN DESQUELS S’EXPRIMENT LES COMPARAISONS D’ÉGÀLITÉ. POUR LA MANIÈRE. L'activitĂ© est aussi nĂ©cessaire au bonheur que l'agitation lui est contraire. (De LĂ©vis.) Rien ne doit ĂȘtre si sacrĂ© aux hommes que les lois destinĂ©es Ă  les rendre bons, sages et heureux. (FĂ©nelon.) Ainsi que la vertu, le crime a ses degrĂ©s. (Racine.) La loi doit ĂȘtre comme la mort, qui n’cpargnc personne. {Montesquieu.) Comme le soleil chasse les tĂ©nĂšbres, ainsi la science chasse l’erreur. (AcadĂ©mie.) Rieu n’est Ă  mon avis si trompeur que la mine! ‱ (Campistron.) L'oisivetĂ© est aussi fatigante que le repos est doux. (De LĂ©vis.) 11 n’est rien de si beau que la sincĂ©ritĂ©. (Destouches.) pour la quantitĂ© ou le nombre. Il y a autant de faiblesse Ă  fuir la mode qĂčĂ  l’afÂŹ fecter. (La BruyĂšre.) Souvent notre repentir n'est pas tant un regret du mal que nous avons fait, gĂŒune crainte de ceÂŹ lui qui peut nous en arriver. (La Rochefoucauld.) TJn malheureux qui en console un autre, a une Ă©loquence d’awfant p/ws puissante qu’il la puise en lui-mĂȘme. (La Roche.) L’homme est d'awfant moins pauvre gw'il dĂ©sire moins. (PensĂ©e de P. Svrus.) - Je sais la chose mieux que vous, et d'autant mieux que j’en suis tĂ©moin. [AcadĂ©mie.) Autant la pitiĂ© est douce quand elle vient Ă  nous, QutaĂźit elle est. amĂšre, mĂȘme dans ses secours, quand il faut Timplorer. (Lacretelle ahiĂ©.)
( 735 ) Les exemples qui prĂ©cĂšdent nous font voir que les expressions employĂ©es dans les com^ paraisons d’égalitĂ© sont, pour la maniĂšre : aussi que, si que, ainsi que, comme, comme.,, ainsi; pour la quantitĂ© et le nombre : autant que, tant gue, d'autant plus que, d'autant moins que, d'autant mieux que, et autant... autant. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Le loup est aussi mĂ©chant que. .. Le chien est si fĂźdĂšle que... Ainsi qu'une ombre la vie est., . La vie s’écoule comme — U y a daus cette action autant de lĂąchetĂ©-qn*.,. Il n’y a pas tant de mal qu’on ne puisse.. . Les peuples sont d’autant plus Iicureux que... Antant sa figure eat donce, autant son caractĂšre est- N" Dcxcyni Aussi, autant, suivis de que ou de comme. SUIVIS DE que. Quand on a prĂ©tendu que rien n.’était aussi rare que le gĂ©nie, on avait oubliĂ© la perfection. (Livry.) LĂ«sclave n’a qu’un maĂźtre ; Tambitieux en a om- tant gw’il y a de gens utiles Ă  sa fortune. XhA BruyĂšre.) La vĂ©ritĂ© ne fait pas autant de bien dans le monde que scs apparences y font de mal. (La Rochefoucauld.) SUIVIS DE comme. Tant qĂŒa durĂ© la guerre, on mĂ« vu constamment Aussi bon citoyen comme parfait amant. ‱ (Corneille.) Qu’il fasse autant pour moi commeje fais pour lui. (Le MĂȘme.) Le vrai brave conserve son jugement au milieu du pĂ©ril avec autant de prĂ©sence dĂ«sprit comme s’il n'y Ă©tait pas. . (Phrase blĂąmĂ©e par Wailly.) JusqĂŒĂ  Corneille et MoliĂšre, on pouvait faire usage de que ou de comme aprĂšs les adÂŹ verbes autant; tant, aussi, si; mais aujourd’hui il nĂ«st plus permis de se servir de comme pour lier deux termes d’une comparaison ; il faut employer que Ăšlle a autant d'esprit QUE vous; il n'est pas aussi savant que vous, etc. En effet, le mot ausĂŒ fait assez sentir la comparaison d’égalitĂ©. Aussi bon citoyen comme fidĂšle amant est une construction italienne tout-Ă -fait tombĂ©e en dĂ©suĂ©tude parmi nous. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je suis anssĂź heuren% que vous. L’élĂ©phant est aussi doux qu’il est fort. .Te vous aime autant que vous m’aimiw. personne n’a autant dc bonheur que vous. Si ET aussi. AVEC aussi. De la philosophie Ăą lĂŻmpiĂ©tĂ©, il Ăż a aussi loin gwe de la religion au fanatisme. (Diderot.) Les athĂ©es sont de trĂšs-mauvais raisonneurs, et leur malheureuse philosophie est aussi dangereuse gw’absurde. * (Boiste.) L’Allemagne est aussi peuplĂ©e que la ErancĂ©. - (Waillt.) Je fuis les oisifs des villes, gens aussi ennuyĂ©s gwĂ«nnuyeui. (J.-J. Rousseau.) AVEC SI. Les agneaux de la premiĂšre portĂ©e ne sont jamais st bons gwe ceux des portĂ©es suivantes. (Buffon.) Xes chevaux turcs ne sont jamais st bien propor tionnĂ©s gwe les barbes. Ud.) i i En s’approchant des plus grands hommes, on s’é tonne de les trouver st petits. (Boiste.) .Regarder les excĂšs des passions comme des.maUi^ dies est d’un effet st salutaire, que cette idĂ©e rend inutiles tous les sermons dc morale. [td.)- On emploie aussi dans les phrases positives et si dans les phrases nĂ©gatives. Gepen-
( 756 ) ' dant rien nĂ«mpĂȘche de se servir do aussi dans ce dernier cas ; Il faut que la terre ait Ă©tĂ© cultivĂ©e pour que la population N’ai/ pas Ă©tĂ© aussi grande qu’on le suppose. ( ConÂŹ dillac.) Dans les deux derniers exemples de la seconde colonne on apprend que si s’emploie dans les phrases positives quand il a la signification de tant, tellement, EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Vos maximes sont aussi fausses que dangereuses. Mes raisons u’ctaĂźent pas si absurdes qu’il le Son langage n’était dĂ©jĂ  pas si modĂ©rĂ©. Cet avis est aussi celui de tout lĂ© monde. disait- Les liommes ue sont pas si mĂ©chants. La Fraucc est aussi Ă©clairĂ©e que l'Augleterre, La Russie n’est pas si avancĂ©e que les autres pays. Ce fut si vrai qu’il fut persuade. N* DCC. Aussi ET autant. AVEC aussi. ^ L Ăąne est de son naturel aussi humble, aussi paÂŹ tient» aussi tranquille» que le cheval est fier, arÂŹ dent, impĂ©tueux. (Buffon.) Aussi intrĂ©pide que son maĂźtre^ le cheval voit ie pĂ©ril et l’affronte. {Id.) Un athĂ©e qui serait raisonneur et puissant, serait un flĂ©au aussi funeste gw’uh superstitieux saqgui- lĂŻĂ»ire. (Voltaire.) * La probitĂ© est aussi rarement d’accord avec l’inÂŹ tĂ©rĂȘt, que la raison avec la passion. (Sanial DĂŒbav.) Quand la vĂ©ritĂ© n’offense personne, elle devrait sortir de'notre bouche aussi naturellement que l’air que nous respirons. (Stanislas.) Le nom de la vertu sert Ă  l’intĂ©rĂȘt aussi utileÂŹ ment que le vice. (La Rochefoucauld.) avec autant. Il faut autant de discrĂ©tion pour donner des conseils, que de docilitĂ© pour les recevoir. (La Roche.) Chacun tourne en rĂ©alitĂ©s, Autant qu’il peut, ses propres songes. (La Fontaine.) Les lois sont faites pour secourir les citoyens auÂŹ tant, gue pour les intimider. ‱ (Voltaire.) 4 CornĂ©lius NĂ©pos, auteur ancien et judicieux auÂŹ tant qûélĂ©gant» ne veut pas que l’on doute de la date du dĂ©cret d’Artaxerxe, aprĂšs l’autoritĂ© de ThuÂŹ cydide. (Bossuet.) ĂŒn certain Grec disait Ă  Tempereur Auguste. Comme une instruction utile autant que juste, Que lorsqu’une aventure en colĂšre nous met, Nous devons avant tout dire notre alphabet, AĂŒn que dans ce temps la bile se tempĂšre. t Aussi se joint aux adjectifs et aux adverbes : aussi humble, aussi rarement. Autant se construit particuliĂšrement avec les noms, les verbes et les participes : autant de discré tion, chacun tourne autant, etc.; les lois sont faites autant, etc. Quand il est joint Ă  deux adjectifs, on le met, en prose (1), toujours entre les deux : judicieux autant qu'Ă©lé gant, et celte tournure a plus de force que aussi judicieux qu Ă©lĂ©gant, par la raison dĂ©jĂ  connue que aussi nĂ«xprime que la qualitĂ©, tandis que autant implique une idĂ©e de quantitĂ©, t EXERCICE PHRASÉOLOGIQ UE. Soyez un homme auBsi savant que modeste. 11 faut Ă©tudtCL* aussi longtemps que l’on peut. U sc pi’csenta aussi galamment qu’un chevalier. Soyons aussi charitables qu’on m prescrit. Sois aussi juste qu’humam. 11 y avait autant d’épines que de fleurs. Il faut autant nous cacher que nous sauver. Vous ĂȘtes autant aimĂ©e qu’cstimĂ©e. ĂŻlomtne crĂ©dule autaut que confiant. Ecrivain habile autant que modeste. (1) Nous disons en prose, car en poĂ©sie cette rĂšgle peut n’ĂȘtre pas suivie, comme' le prouvent ces vers de Racine, oĂč'autant est employĂ© pour aussi’, afin d’éviter Thiatus : Passons chez Octavie, et donnons-lui le reste D'un jour autant heureux que je Vai vu funeste.
( ’57 ) N- DCCI. Autmt HT tmt AVEC tant. Toute espĂšce de luxe est un crime envers la soÂŹ ciĂ©tĂ©, tant qu’il existe un homme dans le besoin, * (D’Alembert.) Tant gĂŒon peut se parer de son propre inĂ©rite, on nĂ«mploie point celui de ses ancĂȘtres. (Saint-Evremont.) U y a tant de bassesse dans la plupart des louanÂŹ ges, gĂŒelles avilissent plus ceux qui les donnent, quĂ«lles ri’honorent ceux qui les reçoivent. (De LĂ©vis.) Rien ne pĂšse tant gw un secret : Lç porter loin est difficile aux dames ; Et je sais mĂȘme sur ce fait Bon nombre d’hommes qui sont femmes. (La Fontaine.) Il ĂŒy a rien qui exhorte tant Ă  savoir bien mouÂŹ rir que de ĂŒavoir point de plaisir Ă  vivre. (VOITÜRE.) AVEC autant. 0 * ' 0* ■ Avec aussi peu de raison quĂ«n ont les hommes, il leur faut aĂŒtanf de prĂ©jugĂ©s gĂŒils sont accoutuÂŹ mĂ©s dĂ«n avoir, (Fontenelle.) L’amour-propre fait peut-ĂȘtre autant Ă e tyrans que l’amour. (Imbert.) : Pour ĂȘtre philosophe, il ne suffit pas d’en usurÂŹ per le nom ; il faut le justifier par les vertus autant que par les lumiĂšres. (LaboĂŒisse.) La pauvretĂ© estle plus grand des maux qui soient sortis de la boĂźte de Pandore, et l’on hait autant l’haleine d’un homme qui n’a rien, que celle d’un pestifĂ©rĂ©. (Saint-Évremont.) Ah ! que devient des rois la majestĂ© sacrĂ©e, Si leur foi ne peut pas rassurer les mortels, Si leur trĂŽne n est pur autant que les autels? (HoĂŒd. de la Mothe.) Les deux premiers exemples de la premiĂšre colonne montrent que dans les comparaiÂŹ sons on se sert de aw/an/’devant les substantifs, quand on veut exprimer wn awssi grand nombre de : autant de prĂ©jugĂ©s que..., cĂ«sl-Ă -dire nn aussi grand nombre de prĂ©jugĂ©s ^ que... Dans les trois derniers, le mot autant, modifiant les adjectifs ou les verbes, signifie : A DN DEGRÉ AUSSI GRAND QUE iL'ou hait f haleine dĂŒn homme qui n'a rien autant QUE... est pour Von hait Vhaleine dĂŒn homme qui nĂŒ rien a un degrĂ© aussi grand , QUE... On doit employer tant, comme dans les deux premiers exemples de la seconde colonne, lorsqu’on veut Ă©noncer une sorte de durĂ©e, et que l’adverbe comparatif a le sens de aussi LONGTEMPS QUE : TANT Qv'on peut Se parer,... c’est pour aussi longtemps Qv'on peut se parer. D|tns les trois autres citations tant est pris dans l’acception de tellement, Ă  un tel point : Rien ne pĂšse tant quĂŒn secret, c’est-Ă -dire Ă  un tel point. EXERCICE PBRASÈOLOQIQÜE. Je lui clonnai autant de coups qu’tJ en mĂ©ritait. On lui laissa manger autant de fruits qu’üi voulut. Je vous aime autant que je puis. Soyez franc autant qu’un honnĂȘte homme doit l'ĂȘtre. Je lui donnai tant de coups qu’il en est mort. On lui laissa manger tant de fruits qu’il tomba malade. Je vous aimerai tant que vous serez aimable. Soyez franc tant que vous vivrez. N“ DCCII. EMPLOI DE si ET DE tant. Si., Il n'y a point d’homme si vicieux qu'il ne possĂšde quelque bonne qualitĂ©. (La Mothe le Vater.) Les hommes sont en gĂ©nĂ©ral si fourbes, si enÂŹ vieux, si cruels que quand on en trouve un qui n’a que de ia faiblesse, on est trop heureux. (Voltaire.) Tant. Rien ne persuade tantles gensgwa ce qu’ils nĂ«n- tendent pas. (De Retz.) On n’est heureux ni riche, tant qu’on s’efforce de l’ĂȘtre davantage. (EiĂ©vĂ©e.) 1 f
( 758 ) L'amour nĂ«st pas si despote que Taraour-propre. On ne va jamais si loin que lorsqu'on ne sait oĂč Ton va, (de Retz.) Il n'y a si petit Ă©tat qui ne puisse nourrir un grand homme. (Bern. de Saint-Pibrre.) Rien n'empĂȘche tant d’ĂȘtre naturel que lĂ«nvie de lĂš paraĂźtre. (La Rochefoucauld.) . i . Je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations. (MoliĂšre.) Dans les exemples qui prĂ©cĂšdent, si et tarit ont absolument la mĂȘme valeur, le mĂȘme sens, puisqu’ils signifient tous deux tellement; mais il y a cette diffĂ©rence entre eux, que si modifie toujours les adjectifs et lĂ©s adverbes, tandis qĂŒe tant ne peut jainais moÂŹ difier que les verbes. En poĂ©sie, cependant, on trouvĂ© quelquefois des adjectifs modifiĂ©s pĂ i* tant: La fortune est comme les belles : Acceptons ses faVeurs, tant lĂ©gĂšres soient-elles. (JĂąuffret.) C’est ce qui nous prouve qĂŒon ne saurait asseoir en rien des rĂšgles absolues (1). EXERCICE PHRASÉOL\)GIQĂŒEi Personne n’est si sage que... Vous n’ĂȘtes.pas si inĂ©cliant que.., Vons n’ĂȘtes pas si ambitKux que... 11 vous estime tant qne".. 11 Gt tarit qĂŒe.,. U le pcrsĂŒĂ ila tant tjuĂ©. . N“ DCCUI. emploi de ainsi que, auĂ©si que et dĂ© comme. I. Ainsi que. Les vertus devraient ĂȘtre sƓurs, At'nst que les vices sont frĂšres, (La Fontaine.) PĂ©lagie d’Antioche Ă©tait d’une grande beautĂ©, atnst que sa mĂšre et ses soeurs. (Chateaubriand.) Comme. f 9 Pour grands que soient les rois, ils sontj^c que nous [sommes ; Iis peuvent se tromper comme les autres hommes. (Corneille.) Le matin de la vie est comme le malin du jour, ■plein de puretĂ©, d'images et d’harmonies. « (CilATÈÀUBUIAND.) II. Comme. L’amitiĂ© des enfants, qĂŒ est-ce? Pure habitude; Vive et faible comme eux, tel est le cĆ“ĂŒr bĂŒ'mĂąin ; ÂujĂ»ui’Übui dĂ©solĂ©s, et consolĂ©s demain. (Fabue d’Eglantinb^'i L’amour rend, comme uu autre, un sage inconsĂ©- ‘ l(La ChaussĂ©e.) [quent. Attsst que. Le roi. est aussi intĂ©ressĂ© que le peuple Ă  l’équiÂŹ libre politique, (Bern. de Saint-PiĂšrĂče,) La beautĂ©, j’en conviens, peut, quand elle est rĂ©elle. Inspirer un amour ausst passager guĂ«lle. (La ChaussĂ©e.) La seule remarque que nous ayons Ă  faire ici, Üest que comme peut ĂȘtre employĂ© dans les comparaisons pour ainsi que, aussi que. En effet, on pourrait dire : Les vertus deÂŹ vraient ĂȘtre sƓurs comme les vices; le matin de la vie est ainsi que le matin du jour. ‱ Le roi est intĂ©ressĂ© comme le peuple Ă  VĂ©quilibre politique : Vamour rend le sage aussi inÂŹ consĂ©quent Qu'un autre. , ^ (1) Voici encore un exemple de Bernardin de Saint-Pierre oĂč tant modifie un adjectif : Les guerres, TANT intĂ©rieures Qo'extĂ©rieures». ont eu pour premiĂšre cause dans chaque Ă©tat Vamhition dĂ©s nobles; mais il est vrai que tant n’a plus ici, comme dans les vers de JĂąuffret, la signification de tellement.
( 759 ■) EXERCICE PHRASEOLOGIQUE. m Elle est, ainsi que sa mĂšro, d’une grande beautĂ©. Ainsi que la vertu, le vice a ses degrĂ©s. Il fut tout aussi gĂ©nĂ©reux que lui. 1.1 se signala aussi bien que lui. EUe est, comme sa mĂŻre, d’une grande beautĂ©. Comme la vertu, le vice a ses degrĂ©s. 11 fut gĂ©nĂ©i^eux tout comme lui. Il se signala comme ITii. N" DCCIV. ELLIPSE DĂŒ SECOND TERME DE LA COMPARAISON. EXEMPLES. Elle approche, mais en tremblant ; Une autre la suivit, une autre en fĂźt autant. (La Fontaine.) HĂąte-toi, mon ami, tu ĂŒĂąspas /an/Ă ^vivre : Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre, (fd.) Si tu n’avais servi qĂŒun meunier, comme moi, Tu rie serais pas si malade. [Id). Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? {Id.) analyse. Une autre en fit autant (que la derniĂšre avait fait); cĂ«st-Ă -dire la suivit. HĂąte-toi, mon ami, (car) tu n'as pas tant Ă  vivre que {tu crois.) Tu ne serais pas si malade (que tu IĂ«s.) Qui te rend si hardi (que tu Ves) de troubler mon breuvage? Du moment qĂŒil entre dans une phrase Tun des mots autant; tant, si, etc., il y a comÂŹ paraison, et la comparaison nĂ«st complĂšte qĂŒautant que les deux termes qui la composent sont exprimĂ©s. Or, dans les quatre exemples citĂ©s, le besoin, la nĂ©cessitĂ© de s’énoncer briĂšvement a fait sous-entendre le second terme de la comparaison. L’analyse, en nous montrant le moyen de rĂ©intĂ©grer les mots ellipsĂ©s, nous fait voir en outre que lĂ«mploi des adverbes comparatife est, en pareil cas, conforme aux principes que nous avons prĂ©cĂ©demment Ă©tablis. \ V * . ‱ EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ^ Si TOUS .ĂȘtes riche, je le suis tout autant. Si vous m’aimiez beaucoup, je vous aimerais autant. Qui diable vient si matin me dĂ©ranger? Je ne veux pas gne vous parliez ainsi. Pourquoi le traiter aussi mal ? Vous uri avez fait tau t de peine l Qui te rend si fier ? La nature est si belle! DĂ©pĂȘchez-vous, vous n’avez plus tant Ă  faire. Vous ue pouvez l’estimer, vous le haĂŻssez tant ! ' Ne sois pas si Ă©goĂŻste, tu ne seras pas si mĂ©chant. Je n’aurais jamais poussĂ© iĂšs choses aussi loin. Peut-on Être aussi mĂ©chant ! Pourquoi tant de paroles? J’en «i autant Ă  votre service. Le ciel est si pur ! N“ DCCY. DES MOTS EMPLOYÉS DANS LES COMPARAISONS DE SUPERIORITE ET D INFÉRIORITÉ. COMPARAISONS DE SUPÉRIORITÉ. Les actions'5o,n/ plus sincĂšres que les paroles. (]VU‘¼ DE SCUDÉBY.) Il est plus facile de faire des lois que de les exé cuter. (NapolĂ©on.) Le pied du cerf est mieux fait que celui de la biche. (BĂŒffon.) comparaisons dTnfĂ©rioritĂ©. Ma gloire vous serait moins chĂšre que ma vie Ăź (Racine.) Les jeunes cerfs ont le bois plus blanchĂątre et moins teint que les vieux, (BĂŒffon.) Le naufrage et la mort sont moins funestes que les plaisirs qui attaquent la vertu. (FĂ©nelon.) Par ces exemples nous apprenons 1Âź que les mots qui servent Ă  exprimer les comparaiÂŹ sons de supĂ©rioritĂ© sont plus ou mieux suivis de que;2'^ que les comparaisons d’infĂ©rioÂŹ ritĂ© sont indiquĂ©es au moyen de l’adverbe moins Ă©galement suivi de que. On doit obÂŹ server aussi que les mots plus, mieux, moins, se mettent toujours devant les adjectifs.
( 760 ) EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Plus grand que. Plus petit que... Plus riche que* ‱ ■ Plus beau que. .. Plus doux que... Plus suave que.. Mieux dit que.. Mieux Ă©crit que. Vaut mieux que- Moins par que..7 Moins joli que.. * Moins poli qne... DCCVI. DES DEDX TERMES DES COMPARAISONS DE SUPÉRIORITÉ ET d’iNFÉRIORITÉ. SECOND TERME ENTIÈREMENT EXPRIMÉ. ' Les cerfs blancs n'Ă©taient pas plus communs an-, ciennement qu'ils ne le sont aujourd’hui. (BĂŒffo;v.) On ne peut perdre un royaume plus gaĂźment que vous le faites. (Bdssy-Bardtin.) Les batailles sont moins sanglantes qu'elles ne l'Ă©taient. (Montesqdieo.) SECOND TERME EXPRIMÉ BN PARTIE 00 TOUT-A- FAIT SOUS-ENTENDU. Quelle main Ă©tait plus propre Ă  ce ministĂšre? (FlĂ©chier.) Il n’était sorti de la cour que pour y ĂȘtre plus accrĂ©ditĂ© et pZt/j utile. {fd.) L’ingratitude enlĂšve wiotns de plaisir au bienfaiÂŹ teur qu'Ă  l’ingrat. (LingrĂ©e.) Le but de ces citations est de nous apprendre que dans les comparaisons de supĂ©rioritĂ©et d’infĂ©rioritĂ© le second terme peut ĂȘtre, selon les cas * exprimĂ©, soit en entier, soit en partie, et quelquefois mĂȘme entiĂšrement ellipsĂ©. En effet, il pst permis de dire : 1Âź On ne peut perdre un royaume plus gaĂźment que vous le faites; 2Âź on ne peut perdre unroyaume PLUS gaĂźment que vous; S'’ on ne peut perdre un royaume vluSi.g aiment. Les citations de la seconde colonne sont donc elliptiques : Quelle main Ă©tait plus propre Ă  ce minisÂŹ tĂšre? (sous-entendu) que M. Le TelUer ; il n'Ă©tait sorti de la cour que pour y ĂȘtre plus accré ditĂ© et plus utile,, (sous-entendu) qu'il ne VĂȘtait ; Vingratitude enlĂšve mpins de plaisir au bienfaiteur quĂ  Vingrat, cĂ«st pour qu'elle n'en enlĂšve Ă  Vingrat. . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. AVEC LA CONSTRUCTION PLEINE. AVEC LA CONSTRUCTION ELLIPTIQUE. plus SgĂ© que vous l'ĂȘtes. Moins instruit que l’est Ă  cet Ăąge Plus ĂągĂ© que vous. Moins riche que tu l’es. tout autre enfant, , Moins riche que toi. Plus savant que ne l’est un docteur. Plus adroit que ne l'est un singe. Plus savant qu’un docteur. Motos instruit que tout autre enfant, Plus adroit qu’un singe. N“ DCCVll RÉPÉTITION DE plus, DE moins ET DE mieux. ilfoins on mĂ©rite un bien, moins on l’ose espĂ©rer. (MoliĂšre.) Plus on a lu, plus on est instruit ; plus on a mé ditĂ©, plus on est en Ă©tat d’affirmer que l’on ne sait rien. (Voltaire.) Plus un bomme a TĂčme bonne, moins il soupÂŹ çonne les autres de niĂ©chancetĂ©. (Boiste.) Ah I qui versa des pleurs, tremble d’en voir couler ; Et plus on a souffert, mieux on sait consoler. (De Belloy.) Moins notre esprit a de lumiĂšre, moins il Ă©claire nos vertus. (Bernis.) Moins on a de richesse, et moins on a de peine ; C’est possĂ©der les biens que savoir s’en passer. (Regnard.) .. .C’est ainsi qĂŒun pĂšre est toujours adorĂ©, Et que moins il est craint, plus il est rĂ©vĂ©rĂ©, (Piron.) Plus on connaĂźt l’amour, et pĂźus on le dĂ©teste. (QĂŒĂŻnault.) PĂźus j’observe ces lieux et pĂźus je les. admire. (W.) Lorsque Tesprit embrasse une.suite d’idĂ©es croissantes ou dĂ©croissantes, plus, moins, mieux se rĂ©pĂštent, non seulement par Ă©lĂ©gance, mais par nĂ©cessitĂ©.
( 761 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Plus on lit de grammaires, plus... Plus on a, plus... Moins on voit de mĂ©decins, mieux.. Plus on a d'esprit, plus.. ■ Moins on a d’esprit, moins.. Plus on est intĂ©ressĂ©, plus.. N” DCCYIII. OOOO-"" Plus, moins, mieux, rĂšfĂštĂ©s avec ou sans et POÈTES. SANS et. Plus l’offenseur est cher, plus on ressent l’injure. (Racine.) Mitliridate revient peut-ĂȘtre inexorable;* Plus il est malheureux, plus il est redoutable. Ud.) Plus le coupable est grand, plus grand est le sup- (Voltaire.) [plice. Plus on mĂ©rite de mĂ©pris, Plus on a de penchant Ă  mĂ©priser les autres. (JaĂŒffret.) Plus on grandit, plus on devient vaurien. ' (Florian.) Plus on aime quelqu’un, moins il faut qĂŒon le (MoliĂšre.) [flatte. Plus le malheur est grand,p/w# il est grand de vivre. (CrĂ©billon.) Plus il est prĂšs de quitter ce sĂ©jour. Plus on lui trouve et dĂ«sprit et de charmes. (Gresset.) Plus un lien est Ă©clatant, Plus son Ă©treinte paraĂźt dure. (F. DE NeĂŒfchateaĂŒ.) ‘ , Plus un honnĂȘte homme a de cƓ^r, ^ ^ Plus d’un ennemi bas il mĂ©prise l’injure. (Lenoble.) AVEC et. Plus l’ûffenseur est grand, et plus grande est l’of- (Corneille.) [fense. . . . Plus je vous envisage, Et moins je reconnais, monsieur, votre visage. (Racine.) P/w# il s’agite, et plus il devient laid. (Voltaire.) Plus un bonheur est extrĂȘme, Et plus il est dangereux. (J.-B. Rousseau.) Plus j’y pense, et p/us-jĂ«n enrage. (La Fontaine.) ATofns rassemblĂ©e est grande, e/p/u# elle a d’oreilles. (Piron.) Plus le sens est prĂ©cis, et moins il nous Ă©chappe. (La Motue.) Plus la vie est tranquille, et plus sa faible trame Échappe au ciseau d’Atropos. (Bernis.) Plus la fortune rit, et plus on doit trembler; Elle orne sa victime avant de l’immoler. ■ (F. DE NeĂŒfchateaĂŒ.) Jouets de la fortune, assidus courtisans, Examinez bien votre vie : Plus vos fers sont dorĂ©s, et plus ils sont pesants. (Lenoble.) prosateurs. Plus o'n a Ă©tudiĂ© la nature, p/u# on a connu son auteur. . , (Voltaire.) Plus les causes physiques portentrtes hommes au repos, plus les.causes morales les en doivent Ă©loiÂŹ gner. ' (Montesquieu.) Plus leshommes sont mĂ©diocres, plus ils mettent de soin Ă  s’assortir, de Stael.) Plus les devoirs sont Ă©tendus, plus il faut faire d’efforts pour les remplir. (SIably.) Plus ils s’accumulent (les hommes), et phis ils se corrompent. (J.-J. Rousseau.) Plus je rentre en moi, plus je me consulte, et plus je Us ces mots Ă©crits dans mon Ăąme: Sois Juste, et tu seras heureux. - (Id. ) Plus les hommes seront Ă©clairĂ©s, et plus ils seÂŹ ront libres. (Voltaire.) Plus je lis La Fontaine, plus je l’admire» et plus je le crois inimitable. (Marmontel.) . CĂ«st ainsi que se sont exprimĂ©s et que sĂ«xpriment tous les jours encore et les poĂštes et les prosateurs. AprĂšs eux ne craignons donc pas de dire : Plus on lit Racine, plus o?i Vadmire; ou bien : Plus on Ut Racine, et plus on Vadmire. Que les grammairiens sĂ«n- rouent, si tel est leur plaisir, Ă  rĂ©pĂ©ter, aprĂšs d’Olivet, que lĂ«mploi de et dans cette derniĂšre phrase est une faute grave. Scriptores dixerunt (les Ă©crivains Tont dit), leur ré pondrons-nous, et force leur sera bien, Ă  eux si chĂ©tifs et si nuls, de mettre fin Ă  leurs cris, et de s’humilier, comme nous, devant ces arbitres souverains. 90
(762) 1 En vĂ©ritĂ©, nous ne concevons pas comment d’Olivet a pu s'oublier logiqmmnt&n point de dire Ă  Racine qu’il lui aurait suffi d’un-peu de logique pour comprendre que la conÂŹ jonction et se trouve de trop dans ces vers : PĂźus je vĂŽus envisage, Et moins je reconnais, monsieur, votre visage. La saine idĂ©ologie , au contraire, d'accord avec les faits, prouve que TidĂ©e exige lĂ«mÂŹ ploi de cette conjonction, et que lorsquĂ«lle nĂ«st pas exprimĂ©e, elle est sous-entendue. En effet, de ce que je dis : Vous le suivez, et il vous fuit, ne puis-je pas, ou plutĂŽt ne dois-je pas dire : Plus vous le suivez, Ă©t plus il vous fuit? La conjonction et que jĂ«m- ploie avec le positiL pourquoi ne lĂ«xprimerais-je pas au comparatif? Analysons cette phrase, et nous aurons : Vous Ăźe suivez plus qu'Ă  Vordinaire, ET par cela mĂȘme il vous fuit plus qu'il ne le fait habituellement; ou bien : Vous le suivez plus que vous ne le feriez s'il ne vous fuyait pas, et il vous fuit plus quĂŒ ne le ferait si vous ne le suiviez pas. De toute maniĂšre et est nĂ©cessaire, et faire un crime aux Ă©crivains de sĂ«n ĂȘtre servis, cĂ«st leur reprocher d’avoir Ă©tĂ© trop corrects, cĂ«st avouer quĂ«n ne sĂ«st jamais rendu compte du sens prĂ©cis des phrases oĂč il se trouve ; en un mot, cĂ«st prouver quĂ«n manque de logique. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Plus on a d'argent, plus.., Plus on a d'amis, moins.. ‱ Moins on a de fortune, moins... Plus on a d’argent, ct plus... ' Plus Ou a d’amis, ct moius... Moins on a de fortune, et moins* ‱ ‱ N" DCCIX. DES COMPARAISONS ENTRE DES ETRES OU DES OBJETS DE GENRE DIFFERENT. EXEMPLES. ' La LOI mĂȘme est souvent moins forte que TĂŒsage. (Arnault.) -L’ame des femmes coquettes n’est pas moins farÂŹ dĂ©e que leur visage. Il y a de Tartifice en "toutes ieurs paroles et dans la plupart de leurs actions, mais surtout dans leurs larmes. (Wailly.) L’honneur est plus puissant, plus sacrĂ© que la loi, jr (Voltaire.) L’exĂ©cution de mauvaises fois est moins danÂŹ gereuse que T arbitraire. (Boiste.) Fille de Thonneur, I’estime n’est pas moins dĂ©^ licate que son pĂšre ; un rien la blesse ; un rien la fait mourir. (Sanial Dubay.) Vaugelas croyait quĂ«n homme ne pouvait dire Ă  une femme : Je suis plus vieux que vous; je suis moins grand que vous; ni une femme Ă  un homme : Je suis plus petite que vous; je serai plus tĂŽt revenue que vous; parce que vieux et grand, masculins, ne peuÂŹ vent s'appliquer Ă  la femme, et que petite et revenue, fĂ©minins, ne sauraient s’appliquer Ă  Thomme. L'oracle de ThĂŽtel de Rambouillet aurait donc condamnĂ© les citations prĂ©cĂ©dentes, en ce que les comparaisons sont faites entre la loi et Yusage, Yame et le visage, Y honneur et la loi, Y exĂ©cution et Y arhitraire, Y estime et son pĂšre, tous noms de genre diffĂ©rent? CĂ«st pousser, comme on voit, un peu loin le scrupule; aussi ne dpit-on pas s’étonner que TusĂąge n’ait tenu aucun compte de la remarque excessivement minutieuse du sieur de Vaugelas. Nouvelle preuve de d’impuissance des grammairiens. \ ' EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE^ Vusage est plus puissant que la syntaxe. Cet arbre est plus Ă©levĂ© que cette montagne. _ Le caillou est plus dur que la pierre. Cette canne est plus haute que toi. Ce cheval est plus beau que cette jument. La vertu est plus prĂ©cieuse que l’or.
f 7G3 } t N“ DCCX. Mieux qucj plus que, pis que, ETC.j suivis ou non de la prĂ©position de I. ' AVEC de. 11 vaut mieux se flatter d’un espoir tĂ©mĂ©raire» Que de cĂ©der au sort dĂ©s qĂŒil nous est contraire. (CrĂ©billon.) Mieux vaut dĂ©fricher un sillon Que de bĂąiller dans sa cellule. (Lombard de LangRes.) II vaut mieux se taire que de parler mal Ă  proÂŹ pos. (AcadĂ©mie.) J’aime mieux, s'il le faut, succomber avec gloire, Que d’avoir Ă  rougir d’une indigne victoire. (La Harpe.) Vaincre ses passions, c’est plus que de soumettre des empires. (Marmontel.) Il vaut mieux succomber qm de plaider* (Voltaire.) J'aime mieux n'ĂȘtre plus que de vivre avili. (Thomas.) SANS de. ... Il vaut mieux expirer Et mourir avec tĂŽi que se dĂ©shonorer. (Voltaire.) . Mieux ĆžaĂŒt, tout prisĂ©. Cornes gagner, que perdre ses oreilles. (La Fontaine.) SĂ© taire Ă  propos vaut souvent mieux que bien parler. (TTĂšad. de PlutarqĂŒe.) La plupart des lecteurs aiment mieux s’amuser que s’instruire. (Voltaire.) il vaut mieux dĂ©plaire Ă  son ami que lui disÂŹ simuler ce qĂŒon a sur lĂ© cƓur, (Marmontel.) Celui qui aime mieux se faire craindre que se fair'e-aimer, doit craindre tous ceux qui ne l’aiment pas. (Boiste.) Ma tante aimait mieux chanter les psaumes que veiller Ă  notre Ă©ducation. (J.-J, BoosseaĂŒ.) CĂ«st Ă  tort que les grammairiens ont avancĂ© qĂŒil ĂŒĂ©tait pas permis de supprimer le de aprĂšs amer mieux, valoir mieux, etc. Les citations qui prĂ©cĂšdent, et qĂŒil nous eĂ»t Ă©tĂ© si facile de multiplier, nous prouvent suffisamment le contraire. On peut donc dire Ă©galeÂŹ ment bien : Il vcTUi mieux Ăše taire que ĂŻ)e parler mal Ă  propos, et il vaut mieux se taire que. parler mal Ă  propos. Quant au de qui se trouve dans les phrases de la premiĂšre colonne, et qĂŒi a si fore embarrassĂ© quelques grammairiens, Marmontel nous en donne lui-mĂšme l’analyse. Ce nĂ«st pas inutilementj' dit-il, que la prĂ©position de sĂ«st glissĂ©e entre le qne comparatif et le verbe : elle indique une ellipse, et suppose un mot sous-entendu. Ainsi, dans cette phrase : J'aime mieux n'ĂȘtre plus que de vivre avili, de fait entendre le malheur et la honte: j'aime mieux le malheur de n'ĂȘtre plus que la honte pe vivre avili. II. Il vaut mieux risquer de perdre sa fortune que II vaut mieĂŒtx risquer de perdre sa fortune que - de perdre sa rĂ©putation. (Marmontel.) l’assurer par une lĂąchetĂ©. (Marmontel.) Dans le premier de ces exemples on a du de toute nĂ©cessitĂ© exprimer de aprĂšs que, parce que, ainsi quele fait observer trĂšs-judicieusement Marmontel, la comparaison porte sur risquer de. En effet, cĂ«st comme s’il y avait : Il vaut mieux risquer de perdre sa fortune que (risquer) de perdre sa rĂ©putation. 11 n’en est pas de mĂȘme dans l’exemple opposĂ©. LĂ , Marmontel a pu he pasemployĂšr le de, par cette raiĂąon qĂŒil en a donnĂ©e lui-mĂȘme, que la comparaison tombe sur il vaut mieux : Il vaut mieux risquer de perdre sa fortune qu'{il NE vaut) l'assurer par une lĂąchetĂ©. Ainsi donc, toutes les fois que le verbe qui vient Ă  la suite de Ăźnieux Ăą une prĂ©position, il faut absolument rĂ©pĂ©ter cette prĂ©position aprĂšs le q ue. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Il vaut mieux rester paurre que de voler. Se vaincre soi-mĂȘme, cest plus que de vaincre de* ennemis. J'aimĂ» mieux sortir que de rester. Il vaut mieux rester pauvre que voler. * .Se vaincre soi-mĂȘme, c’csl plus que vaincre des ennemis. J’aime mieux sortir que rester.
( 7Ci ) r Dccxi. 4 Plus d'Ă  moitiĂ©, pĂźus d'Ă  demi, pĂźus qu'Ă  moitiĂ©, plus qu'Ă  demi. Son apprentissage asiplus d'Ă  moitiĂ© fait, par les exercices dont nous l’avons occupĂ© jusqĂŒĂ  prĂ©sent. (J.-J, Rousseau.) Mais un fripon dĂ«nfant(cet Ăąge est sans pitiĂ©) Prit sa fronde, et du coup tua çZtw d'Ă  moitiĂ© La volatile malheureuse. [La Fontaine.) L’oubli de toute religion conduit Ă  Toubli des deÂŹ voirs de l’homme: Ce progrĂšs Ă©tait dĂ©jĂ  plus d'Ă  moitiĂ© fait dans le coeur du libertin. (J.-J. Rousseau.). Nous observerons que les glaces qui descendent du Nord sont dĂ©jĂ  plus d’à moitiĂ© fondues lorsÂŹ qu’elles arrivent sur le banc de Terrc-.Neuve j car, en effet, elles ne vont guĂšre plus loin. (Bern. de Saint-Pierre.) Elle tomba plus d'Ă  demi pĂąmĂ©e. (La Fontaine.) La dame ouvrĂźt dormant plus d'Ă  demi, (/d.) « Je me suis dit seulement votre ami. De ceux qui sont amants plus d'Ă  demi. (Chammelav.) N’ĂȘtes-vous pas vaincu plus d’à demi? (La Fontaine.) Nos deux sƓurs entendirent pĂźus d’à demi ses paroles et se rapprochĂšrent. {Id.) 11 a Ă©tĂ© plus d'Ă  demi convaincu. (Laveaux.) II. Je.sais'dĂ©jĂ  jeĂ»ner plus A'Ă  demi, (La Fontaine.) Je sais dĂ©jĂ  jeĂ»ner plus qu'Ă  demi. (La'Tontaine.) La trame de mes jours est plus qu'Ă  demi faite. . (Bacan.) Ces trois expressions : plus d'Ă  moitiĂ©, plus d'Ă  demi, plus qu'Ă  demi, sont Ă©galement en usage ; les deux premiĂšres nĂ©anmoins sont celles que les Ă©crivains ont le plus frĂ©quemÂŹ ment employĂ©es. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Plus d’à moitiĂ© mort. Plus d'Ă  moitiĂ© ruinĂ©. Plus d’à moitiĂ© brisĂ©. Plus d’à demi mort. Pius d’à demi ruinĂ©. Plus d’à demi brisĂ©. DCCXIl. Plus que, moins que, mieux que, suivis ou non suivis de ne. \ AVEC ne. La poĂ©sie est plus naturelle Ă  Thomme qĂŒ.on ne le pense. (Saint-Lambert.) La bĂȘchĂ© des esclaves a fait pius de bien que rĂ©pĂ©e des conquĂ©rants n'a fait de mal. (Bern. de Saint-Pierre.) r La plus heureuse vie a plus de peines quĂ«lle n'a de plaisirs. (Marmontel.) Les.lions sont maintenant beaucoup moins comÂŹ muns qĂŒils ne TĂ©taient anciennement. (Buffon.) II. SANS ne. Cette guerre ne fut pas moins heureuse qu’elle Ă©tait juste. (AcadĂ©mie.) AVEC ne. Le singe n'est pas plus de notre espĂšce que nous ne sommes de la sienne. (Buffon.)
Les rochers ne sont pas plus insensibles aux plaintes des amants, que TĂ©lĂ©maque l’était a ces offres. (FĂ©nelon.) On nĂ«n peut pas user mieux que je fais. (MoliĂšre.) ( 765 ) Les Spartiates ne sont paaplus Ă©tonnĂ©s de se voir mourir qu’ils ne l'avaient Ă©tĂ© de se trouver en vie. (BarthĂ©lĂ©my.) L’existence de Scipion ne sera pas plus douteuse dans dix siĂšcles qu’elle ne lĂ«st aujourd’hui. (D’Albmbbrt.) Dans les citations de la premiĂšre sĂ©rie, plusieurs grammairiens ont regardĂ© le ne comme un mot explĂ©tif, cĂ«st-Ă -dire comme un mot que le sens paraissait rejeter. I Avant dĂ«ntreprendre de le justifier, reconnaissons d’abord que tous les Ă©crivains en ont fait usage, et que chaque jour encore, dans la conversation, dans les journaux, Ă  la triÂŹ bune, la nĂ©gation ne est employĂ©e; de sorte qĂŒil ĂŒy a guĂšre que les grammairiens qui luttent contre le torrent et qui cherchent Ă  la proscrire. Chacun d’eux arbore les enseiÂŹ gnes dĂ«utoritĂ©s souvent contradictoires, et jamais, suivant l’observation du savant Bia- gioli, dont nous aimons Ă  nous dire les disciples, le camp d’Agramant nĂ«ffrit plus de discorde. Maintenant demandons Ă  Tanalyse comment la forme nĂ©gative ne, qui a tant indisposĂ© les grammairiens, et que n’admettent ni les Grecs, ni les Latins, ni les Allemands, ni les Anglais, s’est impatronisĂ©e dans notre langue, oĂč elle paraĂźt tendre Ă  une domination exclusive. 1° La poĂ©sie est .plus naturelle Ă  tous les hommes qu'on ne le pense. L’écrivain veut dire qu’on pense bien que la poĂ©sie est naturelle Ă  tous les hommes, mais qĂŒon ne pense pas qĂŒelle leur soit aussi naturelle qĂŒelle Test rĂ©ellement; d’oĂč Temploi de la nĂ©gation. 2Âź Cette guerre ne fut pasrrtoins heureuse qu'elle Ă©tait juste. Dans cette phrase TauÂŹ teur n’a point fait usage delĂ  nĂ©gation aprĂšs le comparatif, parce que, dans son idĂ©e, la guerre Ă /ai/juste. 3Âź Le singe n est pas plus de notre espĂšce que nous ne sommes de la sienne.- Ici, quoique le cas soit tout-Ă -fait analogue au prĂ©cĂ©dent, Buffon a exprimĂ© la nĂ©gation aprĂšs le comparatif, parce que, suivant lui, nous' ne sommes pas du tout de TespĂšce du singe, et qĂŒe ce dernier nĂ«s/ pas non plus de la nĂŽtre. ' ' Dans toutes ces phrases ne indique uu sens nĂ©gatif rĂ©ellement contenu dans Tesprit de celui qui parle; ce n’est donc pas un mot superflu. Il ne nous reste plus qĂŒĂ  dĂ©duire ce principe pratique : Quand le premier terme de la comparaison est affirmatif, comme dans les citations de la premiĂšre sĂ©rie, le second doit ĂȘtre nĂ©gatif; si, au contraire, ce mĂȘme terme est nĂ©gatif, interrogatif ou dubitatif, ainsi que dans les exemples de la premiĂšre colonne de la deuxiĂšme sĂ©riĂ©, le second terme doit ĂȘtre affirmatif. . Cependant il est des circonstances oĂč, jnĂȘme dans ce dernier cas, on peut faire usage de la nĂ©gation, comme on.le voit dans la deuxiĂšme colonne de la deuxiĂšme sĂ©rie. C’est donc principalement Ă  TidĂ©e qĂŒon veut exprimer qĂŒil faut s’attacher. C’est lĂ  la preÂŹ miĂšre de toutes les rĂšgles. Les exemples qui suivent en sont une preuve convaincante : 11 ne sait pas plus de grec que / sais de latin. (Marmontel.) Cela nĂ«#/ pas plus vrai que Vest ce qĂŒon disait hier. [Id.) Il ne sait pas plus de grecque / ne sais de latin. (Marmontel.) . Cela n’est pas plus vrai que ne l'est ce qĂŒon diÂŹ sait hier, (Id.) Je dirai : que je sais, si je veux faire entendre que nĂŽus savons Ă©galement, lui du grec el moi du latin ; et que je ne sais, si je veux exprimer que nous ne savons, ni moi ie latin, ni lui le grec.
\ (70G) - Je dirai de mĂȘme : qm l’est, si l’un et l’autre est vrai ; et qw ne l’est, pour nier ou mettre.en doute d’un et l’autre. La distinction des deux sens est observĂ©e par l’usage. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. 11 est plus riche qu’il ne l’était Il a Ă©tĂ© mieux reçu (ju’ül ne croyait. J’ai dormi'plu# que je ne voulais. Lo tcmp.s esf moins be.iu que je n’aurĂąis pensĂ©. Que <1(: gens font .souvent plus de mal qu’ils ne croient ! Les batailles sont moins sanglantes qu’elles ne l’étaient. Les lioinme.s sont plus civilisĂ©s qu’ils ne l'Ă©taient Ăźl y a quelques sliiolcs- On monte plus aisĂ©ment Ă  un poste Ă©minent qu’on ne s’y conserve. Iics lois sont plus sĂ©vĂšres qu’elles ne TĂ©taient. Il n’est pas plus riche qu’il l’était. 11 n’a pas Ă©tĂ© mieux reçu qu’il croyait. Je n'ai pas dormi plus que je voulais. Peut-on ĂȘtre plus heureux que je le suis? On ne peut ĂȘtre plus touche que je le suis dc vos bontĂ©s. On ne peut vous aimer plus que je vous aime. On n'est pas plus insensible que vous l’ĂȘtes. On ne peut ĂȘtre plus aimable que vous TĂȘtes. Peut-on ĂȘtre plus modeste que vous TĂȘtes? On ne peut ĂȘtre plus occupe quo nous le sommes de vous. —oooo 'N' DCCXIII. Plus de. CITATIONS. « Cela est plus long d’un quart, ’ (AcadĂ©mie.) / Cela ne vaut pas plus dĂ«n Ă©cu. (La MĂȘme.) Il est plus grand de toute la tĂȘte. (Wailly.) Il a fait plus de deux lieues Ă  pied. (Laveaux.) Cela nĂ« pas moins de trente pieds, (Id.) H y en a plus d'un demi-boisseau. (Id.) ANALYSES. Cela est plus long (que ceci par la longueur) dĂŒn quart. Cela ne vaut pas plus (que la valeur) d’un Ă©cu. Il est plus grand (que moi par la hauteur) de toute Ăźa tĂȘte. Il a fait plus (que la longueur) dc deux lieues Ă  pied. Cela n'a pas moins (que la longueur) de trente pieds. Il y en a plus (que la mesure) d'un demi-bois- seau. (( Plus demande de avant le substantif qĂŒil modifie, lorsqu'il est adverbe de quantitĂ©, )) et non adverbe de comparaison. « VoilĂ  ce que disent tous ou presque tous les gramÂŹ mairiens. / ^ . Si plus nĂ«st pas adverbe de comparaison dans lĂšs phrases citĂ©es plus haut, nous ne comprenons plus rien Ă  la valeur des termes. L'analyse que nous avons Ă  dessein placĂ©e en regard, tout en nous montrant la faussetĂ© de cette assertion, nous dĂ©voile le mystĂšre de ces sortes de constructions. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE Plus long d’un tiers.' Plus d’un louis. Plus d’un cent. Plus d’une femme. Plus d’un Ă©crivoin. Plus d’un auteur. Plus d’une dcmi-liciie. Plus d’une reĂźue. Plus de la tĂȘte. Plus de cent pieds. plus de six lieues, plus de trente ans. Plus d’un^litre. j Plus d’un homme. Plus d’un historien. Pins d’un romancier. Plus d’un quart. Plus de cent louis. Plus de la moitiĂ© du corps. Plus d’nne toise. Plus grand de deux pouces. J’y prends plus d’intĂ©rĂȘt. Il a neauçoup plus d’argent. Il se conduit avec plus de sagc.ssc. Donnez quelque chose do plus. Plus d’un tĂ©moin a dĂ©pose. 11 a vu pins d'un mĂ©decin. ÂŁssuyer plus d’un dĂ©sagrĂ©ment. N" DCCXIV. Plus ET mieux. AVEC plus. L'abbĂ© PrĂ©vĂŽt a plus Ă©crit que FĂ©nelon. (Lavbaux.X A'VEC mieux. Mais FĂ©nelon a mieux Ă©crit que TabbĂ© PrĂ©vĂŽt. (Laveauxj
(767) Plus, dans la premiĂšre phrase, tombe sur le nombre des volumes, et mieux, la seconde, a pour objet la perfection du style. Plus ne sĂ«mploie que quand ii s’agit dĂ«xten- sion, et mieux quand il s'agit de perfection. Ne dites donc pas comme quelques-uns : fai gagnĂ© mieux de cent francs; cette terre mw/ mieux de cent mille francs; mais fai gagnĂ©'VLVS de cent francs; cette terre vaut plus de cent mille francs. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il a lu plus que vous. J’ai plus dormi que luĂź. J’ai plus travaillĂ© que voua. Elle a plus dansĂ© qu’hier. 11 a plus ^arlĂ© que ce matin. 11 a plus Ă©crit qu’hier. Il a mieux lu que vons. J*ai mieux, dormi que lui. J’ai mieux travaille que vous. Elle a mieux dansĂ© qu’hier. Il a mieux parlĂ© que ce matĂźu. Il a mieux Ă©crit qu’hier. N” DCCXY. Plus EX davantage. 30©- I Plus. ' II est riche, mais son frĂšre lĂ«stpZw# que lui. (AcadĂ©mie.) Il me semble que cĂ«st plus par l’air que par les maniĂšres que les hommes sont gracieux. - (Girard.) Il est plus humiliant de perdre ses conquĂȘtes, gw’il n’était glorieux de les avoir faites. (Boiste.) A la bataille de RĂ©gille, personne ne se distingua plus que ceux qui vinrent Ă  l’appui de Marius. (Rollin.) La peau du rhinocĂ©ros est un cuir noirĂątre Ă«e lĂą mĂȘme couleur, mais plus Ă©pais et plus dur que celui de'i’élĂ©phant. (BĂŒffon.) . Davantage. Il est riche, mais son frĂšre Test bien davantage. (AcadĂ©mie.) Quelque prompt que soit un mouvement, on peut en‘concevoir un qui Je soit davantage. (Pascal.) Dans le champ de l’honneur il nous fautdu courage; Mais je vois qĂŒen ces lieux il en faut davantage^ (Raynouard.) Je n’ai fait en me dĂ©battant gue mĂ«nlacer davanÂŹ tage. (J.-J. Rousseau.) Le malheur qĂŒon mĂ©rite accable davantage. (La Harpe.) La maladie altĂšre un beau visage; La pauvretĂ© change encor davantage. ' (Voltaire.) La langue paraĂźt s’altĂ©rer tous les jours ; mais le style, se corrompt bien davantage. [Id.) Ces deux mots plus et davantage sont Ă©galement comparatifs, et indiquent tous deux une idĂ©e de supĂ©rioritĂ© ; cĂ«st en quoi ils sont synonymes. Voici en quoi ils diffĂšrent, du moins quant Ă  leur emploi. Plus demande toujours aprĂšs lui un que, qui amĂšne le second terme de la phrase comparative. Il est vrai que^ quelquefois Tusage permet de sous-entendre ce second terme et le que, ainsi quĂ«n Ta vu plus haut; mais ils nĂ«ii sont pas moins nĂ©cessaires pour TintĂ©gritĂ© de la pensĂ©e. Davantage, au contraire, exprime par lui-mĂȘme TidĂ©e de supĂ©rioritĂ©. En effet, ce mot nĂ«st autre chose que la rĂ©union de la prĂ©position de et du substantif avantage : Tu ,es savant, mais ton frĂšre Vest davantage,.cĂ«st-Ă -dire tu es savant, mais ton frĂšre Vest de MANIÈRE A AVOIR l'AVANTAGE SUR TOI. Par consĂ©quent, davantage ne doit jamais ĂȘtre employĂ© comme le comparatif joZws, cĂ«st-Ă -dire qĂŒil ne doit jamais ĂȘtre suivi de mots complĂ©mentaires qui le modifient. Ainsi, on ne dira pas : fai davantage d'argent, il paye davantage d'impositions, tu as davantage d'esprit ; ni, avec Malherbe : Ceux qui te veulent mal sont ceux que tu conserves ; Tu vas Ă  qui te fuit, et toujours te rĂ©serves A souffrir en vivant davantage d’ennuis.^
{7Cb) , . Observez que nous disons ne peut jamais ĂȘtre suivi, car davantage peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de en, qui alors en est le vrai complĂ©ment (1) (V. le troisiĂšme exemple de la deuxiĂšme colonne.) Presque tous les grammairiens, possĂ©dĂ©s de la ridicule manie de prescrire sur tous les cas des rĂšgles absolues, ont rĂ©pĂ©tĂ©, comme Ă  lĂ«nvi, aprĂšs Girault-Duvivier, que daÂŹ vantage ne devait jamais avoir un de ou un que Ă  sa suite. Toutes ces phrases seraient ’ donc dĂ©fectueuses : ■ Je suis flattĂ© de plaire Ă  un homme comme vous; je lĂ© suis encore davantage de la bontĂ© que vous avez. ' . . (Voltaire.) Si vous ĂȘtes enchantĂ© de M. le marquis de Mora, il lĂ«st bien davantage de vous. (D’Alembert.) Celui-ci me venge davantage des sottises d’autrui. (ChĂ mpfort.) On remarquera davantage guĂ«lle suppose fausÂŹ sement qĂŒune seconde lĂ©gislature n’apporte pas le vƓu du peuple. (Mirabeau.) Dans les douze Ă©pttres cependant, il s’agit daÂŹ vantage des'habitudes du poeie. (Daunou.) Ne nous Ă©tonnons donc pas et ne nous effrayons pas davantage des reproches que les sciences moÂŹ rales ont encourus. ' (Guizot.) Otez davantage dans toutes ces phrases, il vous restera flattĂ© de, il me venge de, enÂŹ chantĂ© de, il s agit de, on remarquera que. D’oĂč l’on voit que ces de et ce que ne se rapportent en aucune maniĂšre au mot davantage, mais bien aux participes et aux verbes qĂŒil modifie. Donc la rĂšgle des grammairiens est fausse, ou du moins incomplĂšte. II. Ici les effets ■ tiennent pĂźus souvent Ă  la phrase poĂ©tique; lĂą ils appartiennent pĂźus Ă  un trait isolĂ©, a un vers saillant. (La Harpe.) MoliĂšre semble s’ĂȘtre plus attachĂ© aux ridicules, et a peint quelquefois les formes passagĂšres de la sociĂ©tĂ©. (ChĂ mpfort.) MoliĂšre tne fait plus rire de mes voisins ; La FonÂŹ taine me ramĂšne plus Ă  moi-mĂȘme. (/d.) Le vulgaire est content s’il remplit son devoir: Il faut pius au hĂ©ros, il faut que sa vaillance Aille au-delĂ  du terme et de notre espĂ©rance. (Voltaire.) Ceux qui estiment plus... d’avoir Ă©tĂ© VĂąine et.le chef de la moitiĂ© de l'Europe... ceux-lĂ , sans doute, donneront le nom de grand Ă  Guillaume plutĂŽt qu’à Louis. (Id.) L’élĂ©gance de Racine plaĂźt davantage au goĂ»t, celle de Voltaire Ă  l'imagination. (La Harpe.) La Fontaine semble s’adresser davantage aux vices, et a peint une nature encore plus gĂ©nĂ©rale. (ChĂ mpfort.) MoliĂšre me venge davantage des sottises d’auÂŹ trui; La Fontaine me fait mieux songer aux miennes. (/d.) S’il est pĂ©rilleux de tremper dans une affaire susÂŹ pecte, il l’est encore davantage de s’y trouver comÂŹ plice d’un grand. (La BruyĂšre.) Ceux qui s’étonnent daoaniage d’avoir vu un seul Ă©tat rĂ©sister Ă  tant de puissances... ceux-lĂ  donneÂŹ ront Ă  Louis XIV la prĂ©fĂ©rence. - (Voltaire.) - III. De plus, et davantage. AVEC davantage. ^ Elle est loi, et rien davantage. (Pascal.) Vous ne m’objectez rien davantage. (Id.) Que fallait-il davantage? (Bossuet.) Que dĂ©sirez-vous davantage ? ‘ {Id.) Je veux qĂŒun homme soit bon, et rien davantage. (La BruyĂšre.) AVEC de pĂźus. Celui qui a perdu la confiance ne peut rien perdre de plus. (Boiste.) Amour et libertĂ©, quels bienfaits! Ces animaux que nous appelons sauvages,'parce qĂŒils ne nous sont pas soumis, ont-ils besoin de pour ĂȘtre heureux? (Buffon.) . Que demande-t-elle Ă  Dieu dans ses priĂšres? sa grĂące, rien dc'plus. (FlĂ©chier.) La premi^e de ces deux sĂ©ries de^citations nous apprend qĂŒil est des circonstances oĂč, pour donner plus de variĂ©tĂ© au discours, davantage eiplus peuvent s’employer iii - (1) Lemare s’esl donc trompĂ© en avançant que dauaniage Ă©tait toujours san? complĂ©ment.
( 769 ) distinctement Tun pour Tautre. Et Ton voit, parla derniĂšre sĂ©rie, que dĂ©plus peut remÂŹ placer davantage, et vice versĂą, CĂ«st ce qĂŒaucune grammaire ne dit. Mais cela doit aisé ment se concevoir. Les grammairiens ont moins voulu enseigner la langue, et renseiÂŹ gner dans ses moindres particularitĂ©s, que faire briller leur savoir ou plutĂŽt leur subtilitĂ© dĂ«sprit. De lĂ  ces omissions innombrables que Ton remarque dans tous leurs livres. IV. ■■ 1 La vivacitĂ© et le feu, qui font le principal caracÂŹ tĂšre des yeux, Ă©clatent davantage dans les couleurs foncĂ©es que dans les demi-teintes de couleur. (BĂŒffon.) L’ñme prise davantage le temporel que le spirituel. (Pascal.) Je nĂ«n veux pas davantage que cet aveu pour vous confondre. [Id.) Quel astre brille davantage dans le firmament, que le prince de CondĂ© n’a fait dans l’Europe? (BossĂŒet.) Que nous fallait-il davantage que ces livres sacrĂ©s? {lĂ .) , Je ne doute pas que cet excĂšs de familiaritĂ© nĂ© les rĂ©volte davantage que nous ne sommes blessĂ©s de leurs prosterilbtions. ‱ (La BrĂŒyĂšre.) «Tousnos grammairiens, dit M. Planche, blĂąment ce davantage que; il a nĂ©anmoins pour lui des autoritĂ©s assez respectables. » Nous ajouterons qĂŒil est peu d'Ă©crivains, mĂȘme parmi ceux du jour, qui n'aient employĂ© davantage pour plus, et qui, par conÂŹ sĂ©quent, ne Taient fait suivre de que. Cependant aujourd’hui cet emploi est gĂ©nĂ©ralement regardĂ© comme un solĂ©cisme, et les exemples que nous venons de citer, ainsi'que ceux qĂŒon pourrait y ajouter, doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme autant de nĂ©gligences de style qu'il faut bien se garder d'imiter. Ceux qui admirent davantage le protecteur que le persĂ©cuteur du roi Jacques, ceux-lĂ  donneront Ă  Louis XIV la prĂ©fĂ©rence. (Voltaire.) ĂŻl n’y a rien assurĂ©ment qui chatouille davantage que les applaudissemenst ; mais cet encens ne fait pas vivre. (MoliĂšre.) CĂ«st une belle idĂ©e de Thomas, que Ăźes images des objets en mouvement plaisent toujours davanÂŹ tage que celles des objets en repos. Necker.) Si mauvaise que fĂ»t la route que nous avions dé daignĂ©e, elle ne pouvait lĂ«tre davantage que celle oĂč nous marchions.. (Albert MontĂ©mont.) Rien ne dĂ©crie davantage la violence des mé chants que la modĂ©ration des gens de bien. (Sa int-Év remont . ) pins que lui. plus que son pĂšre. Plus que ses amis. Plus que Ini-mĂȘmc. Plus que son frĂšre. Plus que pĂšre et mĂšre. Cela appartient plus an romĂ n. I EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Plus que la vie. Plus que les Ă©toiles. Plus que la mer. Plus que personne. Plus que jamais. Plus que moi. Celui-ci me fait plus rire. N" DCCXVI. Pire ET pis. Il en a davantage. Je Taime davantage. Cela me plaĂźt davantage. Je n'en sais pas davantage. On l'admire davantage. Il n'en faut jf»as davantage. - Gela appartient davantage au roman. PIRE* n ne sĂ«st point corrigĂ©, il est t^ire que jamais. (Lemare.) Louis XI Ă©tait pire que TibĂšre. {Id..) Souventla peur d’un mal nous conduit dans unptVe. (Boileau.) Certes, il n’est vraiment pire eau que lĂ«au qui dort. (Fabre d’Églantine.) QĂŒy a-t-il de meilleur que la langue? qĂŒy a-t-il de pire? (La Fontaine.) Craindre la mort est pire que mourir. (Boiste.) PIS. H se portait un peu mieux, mais il est pis que jamais. (Lemare.) Vous ĂȘtes pts qĂŒun hĂ©rĂ©tique. (Voltaire.) ... L’avarice Peut faire dans les biens trouver la pauvretĂ©. Et nous rĂ©duire a pis que la mendicitĂ©. (BoileaĂŒ.) On fait pis en voulant mieux faire. (Jauffret.) Je me porte le mieux du monde. —Tant pis, nourrice, tanty>»#« Cette grande santĂ© est Ă  craindre. (MoliĂšre.) . 97
( T70 ) ĂŻl donne Ă  ses confrĂšres ce qu’il Ăż Ă  de pire, afin de prendre pour lui ce qĂŒil y a dĂ© meilleur. (LÀ ËrutĂšrĂš.) Us pfehnĂ©ht dĂ© ßà cour ’ce qd'Ă«ĂœĂ« h de piM m) liĂ© inĂ©dĂ©cin Tant-pij allail voir uri malade, Que visitait aussi son confrĂšre, Tant-mte«x; (La Fontaine.) Ce que jĂ© trouvĂ© dĂ© pts. — Il ri'ya rien de pis que ctla. (AcAiiÉMii;.) Pir^; adjectif, ‘signifiĂ© plus mauvais ĂŽĂŒ plus mĂ©chant, et Ă©st TopposĂ© de meilleur ; pis, adverbe, veut dire plus mal, et doit s'opposer Ă  mieux. Il ne faut donc pas confondre ces deux mots, et les employer Tun pour Tautre (1). EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ce vin-lĂą est pire, i Cela va do mal en pis. Ăźl en HĂźl pi» quĂš pendre. Votre frĂšre est pire que jamais. Tant pis pour eux. Et, qui pis est, menteur. Un coup de langue est pire que... C'est encore pis ^ On ne peut voir rien de pis, N DCCXVii. 9^— ‱ Rien de moins et nen moim comparĂ©s. Rien de moins: II nĂ© faut Tien Ă e moins dans le monde qu’une vraie, et naĂŻve impudence pour rĂ©ussir. (La BruyĂšre.) La PhĂšdre dĂ© Racine, qĂŒon dĂ©nigrait tant, n’é tait rien de moins qu’un chef-d’Ɠuvre. (MĂ rĂ ĂŻontel.) Écoutez biferi cet homme, Ü n’est rien de moins qĂŒun sage. (U.) Rien motns; Il ĂŒaspire htienmoins qĂŒĂ  obtenir cette place; il ne l’accepterait point} liii fĂ»t-elle offerte. (MARĂŻdONÏEt:) Ne ie craignez pas tant, il n’est rien mĂŽmSr qb'Ă« votre pĂšre. (AcadĂ©mie.) N’écoĂŒtez point'cet bĂŽm mĂ©, car il nĂ«st rteti moins que sage. (Collin d’Ambly.) PremiĂšre colohiiĂ©i “ Il ne faut rien de mÎßàs qĂŒ'unĂš vrĂ iĂš thipudĂ©n'cĂ© Veut dire que sans cela on ne rĂ©ussirĂ it pas. PhĂšdre n'Ă©tait rien de^ĂŒoihs qĂŒ'Ă»h chef-d'Ăšuhre 'signiËù PhĂšdre éïail ĂŒnihef-'d'ceĂ vrĂ©, et rien de moins que cela. Cet homme n'est rien de moins qu'un-sage, cĂ«st-Ă -dire cet homme est un sage, et rien de moins que cela. DeuxiĂšme colonne. — Il n'aspire Ă  rien moins qĂč'Ă  obtenir cette place, cĂ«st pour ' il n'aspire Ă  rien, Ă©t Ă©iĂŻcĂŽre moins Ă  obtenir cette placĂ©,'on, pour rendre raisolĂč 'An qiie,' il n'aspirĂ© Ă  rien 'moins, qu'Ă  ce que je vais dire, savoir Ă  obtenir cette place. (i) La plupart des Ă©crivains, il est-vrai, n’ont pas toujours tenu compte de cette distinction, et il n’est pas rare de trouver des exemples oĂč ils aient fait utogĂ© dĂ© pire dans le sens de ptV. En voici quelques-uns : La prose est pis que les vers. (MoliĂšre). Si ces ouvrages les ennuient, ce qui arrive souvent, ils ne les Usent point, ou, ce qui est encore pire, s'ils les Usent malgrĂ© eux» ils en conçoivent pour le reste de leur vie une grande rĂ©pugnance. (Bern. de Saint-Pierre). L’homme s’ennuie du bien, cherche le mieux, * trouve le mal, et s’y tient crainte de pire. (De LĂ©vis). En voulant mieux trouver, souvent j>n trouve pire. (Grenus). Mais comment les Ă©crivains ne se tromperaient-ils pas sur ce point, lorsque les grammairiens et l’AcaÂŹ dĂ©mie ellĂ©-mĂȘine nĂ© sont pas Ă©xempts de reproche Ă  cet Ă©gard ! En effet; ouvrez le Dictionnaire de l’AcadĂ©mie, la Grammaire dĂšs grammaires, etc., et vous y trouÂŹ verez : Jf?ĂŻen n’est pis qu'xine mauvaise langue. C'est f»ire qĂŒil t'allait, par lĂ  raison donnĂ©e par l'AcadĂ©mie, que pire est poĂŒr plus mauvais: rien n'est plus mauvais qu’une mauvaise langue. Eri mettant PiĂš, cĂ«st comme s’il Ăż avĂ ll : Rien ĂŒest plus mal qu'une mauvaise langue, ce qui ne prĂ©sente aucun sens. Boiste aĂ«gĂ lcmĂ©n't eu tort de dire *: Les critiques, injustement acharnĂ©s cohĂź're lĂ©s gouvernarits, feraient comine eux, et pire encore. — Rendez grĂące Ă  celui qui vous nuit, de ch qu'il ne fait pire, s'il / le peut. Quand les grammairiens pĂšchent eux-mĂȘmes contre les principes qĂŒiĂźs Ă©tablissent, lĂšs Ă©crivains et le public se mettĂ©ht Ă  leuir Ăąise et einpĂŻoiĂ©ni des locutions quelt grammaire peut rĂ©prouver, mais qĂč’Ăčri ĂŻorig usage finit souvehi par cĂŽriéàcfef. Àvis Ă  tous nos grands faiseurs dĂ© rĂšgles I
. ( Ăź-i ) ' Il n'est rien moins que votre pĂšre, revient Ă  il n'esffiĂȘn, et encorĂȘ mĂŽiĂŒs ce quĂš fl vais dire, savoir votre pĂšre. Il n'est rien moins quĂš Ăšag'ĂȘ Ăšst reqĂŒivĂąlent de il n'est tien, et encore moins ce que je vais dire, savoir sage. Ces analyses font suffisamment ressortir, selon nous, Ăźa diffĂ©rence qui existe entre le^ expressions rien de moins et riĂšn moins. La premiĂšre offre un sens affirmatif, tandis que la seconde prĂ©sente un sens nĂ©gatif. EXERCICE PHRASÈOiOGiQVE. Bien de moins vraĂź. Bien de moins, sĂ»r. Penser Ă  rien de moins qn'Ăą. «. Ce n’était rien de moins qu’un roi. Ne penser Ă  riĂšn moins qu’à ses ÛfÛirĂȘs. Ne penser Ă  rien moins qu'Ă ... Ce n’était rien moins qn ĂŒn rĂŽt* Ce n’était rien moins que mon ami. N” DCCXVIÏi. DU GALLICISME Ă  qui mteux mieux. Adieu, monsieur, ma fille et moĂź nous vous aiÂŹ mons toujours Ă  qui mieux mieux-. de SĂ©ViĂšNÉ.) Le loup, en langue des dieux, Parle au chien dans mes ouvrages, Les bĂȘtes Ă  qui mieux mieux y font divers personnages. (La Fontaine.) VoilĂ  un gallicisme-qui paraĂźt avofr dĂ©fiĂ© jĂŒs(}ĂŒici les grammairiens; car ils se sont tous accordĂ©s Ă  dire qĂŒil Ă©tait impossible de Tanalyser. Il nous semble pourtant aussi naturel que ces locutions : de plus en plus, de mieux en mieux, meilleur que le meilÂŹ leur (1), etc. Nous vous aimons Ă  qui mieux mieux, cĂ«st, selon nous, une*^ phrase ellipÂŹ tique; et qui; ramenĂ©e Ă  son intĂ©gritĂ©, est pour : nous vous aimons de maniĂšre A ce que cĂšllĂš QUI dĂš nous deux vous aime dĂ©jĂ  mieux que l'autre, vous aime encore mieux. Cette locution, comme on lĂ© voit, ĂŒa riĂšn .que dĂš trĂšs-isimple et dĂš trĂšs-logique. Et dire que les gallicismes sont des barbarismes, nĂ«st-ce pas avouer qĂŒon ne les comprend pas? ' * , ÈXERCICE PHRASÉOlÙGĂŻQĂŒE. > Ils courent Ă  qui mieux mieux* Se critiquer Ă  qui mieux mieux. —N“ DCCXIX. Le plus COMPARÉ A davĂ ntagĂ©. Le plus. AprĂšs les yeux, les parties du visage qui contriÂŹ buent le plus Ă  marquer la physionomie, sont les sourcils. (BĂŒffon.) PrQtĂ©silas, qui est un peu plus ĂągĂ© que moi, fut celui de tous les jeunes gens que j’aimai le plus. (FĂ©nelon.) Le dĂ©sir immodĂ©rĂ© d’ñmusĂšr engage l’homme sociable Ă  immoler l’absent qu'il estime le plus, Ă  la malignitĂ© de ceux dont il fait moins de cas, mais qui l'Ă©coutent. (bĂŒCLOS.) Davantage. Je ne sais lequel de ces deux exemples nĂŽus dĂš- vons admirer davantage. (Montesquieu.) On demanda un jour quelle Ă©tait la chose qui flattait davantage les hommes?— L'espĂ©rance, ré pondit-il. ■ (FĂ©nelon.) Sur les ouvrages, vous rayez dĂšs cridfĂŽits ^bi PaÂŹ raissent admirables Ă  leur auteur, oĂč il se complaĂźt' davantage, oĂč il croit s’ĂȘtrĂš surpassĂ© luℱĂȘmĂ©. (LĂ  BRbvÈÜB.) (1) Si j’étais Ă©n Angleterre avec du rhum des Barbades et des citrons, je vous ferais dupunch meilleur QUE LE MEILLEUR viu de France, > (Bern. de Saint-Pierre.)
.( 772 ) La marque d’un mĂ©rite extraordinaire est de voir que ceux qui lĂ«nvient te pĂźus sont contraints de le louer. f (La Rochefoucauld.) Ün adulateur ingĂ©nieux Ă©piera les traces de voire amour-propre, qui est le plus grand de tous les flatÂŹ teurs, et ne manquera pas de vous louer par le titre qui vous chatouille davantage. (Boiste.) I Ces exemples font assez voir que le plus et davantage , portant TidĂ©e de supĂ©rioritĂ© /au plus hnut degrĂ©, sont deux expressions qui ont absolument la mĂȘme signification, que les Ă©crivains ont employĂ©es presque indiffĂ©remment. Les grammairiens, qui se plai- ■sent Ă  tout attaquer, Ă  tout interdire, la plupart du temps sans le moindre fondement, n’ont pas manquĂ© de s’élever contre Temploi de davantage dans le sens de le plus; ils trouvent cet emploi vicieux et imposent pour rĂšgle que, toutes les fois qĂŒil y a une idĂ©e de supĂ©rioritĂ© dans la phrase, on doit se servir de le plus, dĂ«Ăč il suit que les citations de la seconde colonne seraient blĂąmables. V f Pour noĂ»s, qui ne tenons pas registre des dĂ©cisions de ces prĂ©tendus lĂ©gislateurs du langage, mais bien des faits que nous puisons aux plus pures sources de notre littĂ©rature, nous pensons quĂ«n peut, sans crainte, aprĂšs Montesquieu, F Ă©nelon et La BruyĂšre, emÂŹ ployer Ă  son grĂ© te p/ws ou damn/a^e. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. C’est Ă  moi qu’on a donnĂ© le pĂźus. Il y a toujours un enfant qu’on aime le plus.' Il y a toujours une pensĂ©e que l’on caresse le plus. Non, c’cst Ă  lul qu’on en a donnĂ© davantage. Je ne saurais vous dire lequel j’aime davantage. Dans le siĂšcle oĂč nous vivons, c'est l’argent qui flatte davantage les hommes. W DCCXX. Le plus f le mieux ^ te woms,modifiant ĂŒn verbe La pensĂ©e que vous avez de vous Ă©loigner toujaurs et de voir que ce carrosse va toujours en-delĂ , est une de celles qui me tourmentent le plus, (ai“¼ DE SÉVIGNÉ.) Triste destin des rois! esclaves que nous sommes ' Et des rigueurs du sort, et des discours des hommes, Nous nous voyons sans cesse assiĂ©gĂ©s de tĂ©moins, Et les plus malheureux osent pleurer le moins. (Racine.) On serait tentĂ© de croire que les hommes qui amassent le plus de matĂ©riaux ne sont pas ceux qui les metteut le mieux en Ɠuvre. (De Boufflers.) CĂ«sl un phĂ©nomĂšne moral qui m’a paru longÂŹ temps inexplicable de voir, dans tous les siĂšcles, l’athĂ©isme naĂźtre chez les hommes qui ont le plus Ă  se louer de la nature. (Bern. de Saint-Pierre.) On Ă©crit aujourd’hui assez ordinairement sur les choses qĂŒon entend le moins. (P.-L. Courier.) Les gens les plus aimables sont ceux qui choÂŹ quent le moins l’amour-propre des autres. (La BruyĂšre.) Le,nom de communes n’a jamais Ă©tĂ© donnĂ© qu’au peuple, ainsi qu’on peut le prouver par TautoritĂ© des Ă©crivains qui ont le mieux connu la valeur des expressions, (Bern. de Saint-Pierre.) Toutes les,fois que te plus, etc., modifie un verbe, cĂ«st une expression adverbiale', oĂč te, par consĂ©quent, nĂ«st pas susceptible de varier. Supprimer Tarticle dans ce cas serait une faute. Dans les vers suivants, ĂŒ aurait donc fallu le moins: ĂŒn fourbe, quand moins il y pense, Doit pĂ©rir mĂȘme par son art. Le* parent» que je pleurerai le plu». Le» personnes qu’on estime le moins. Le» acteurs qui jouent le mieux. Le» jours oĂč ils travaillent le plus. La saison qu’on aime le plus. (F. DE Nedfchatbau,) EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Iras gens que j'aimerai le plus. Les individus qn’on mĂ©pn?c le plus. Les choses qui plaisent le mieux. Les occasions oĂč ils espĂšrent le. moins. Les livres qui vous attachent lo plus.
( 773 ) CHAPITRE VIII. DE LA PREPOSITION. N“ DCCXXI. fiÂź NATÜRE DES PREPOSITIONS. — LEUR DÉFINITION SANS SIGNES BE RAPPORT. La bontĂ©... Dieu Ă©st infinie. Seigneur, je viens... vous. Il Ă©tait... son char. Ils courent... une ombre trompeuse. Tout change... le temps. Ah! courez... la reine. Tout parle... lui. Je pĂ©ris... le port. Vous parlez... soldat. Sa patrie semble fuir... lui. AVEC SIGNES DE RAPPORT. La bontĂ© de Dieu est infinie. (FĂ©nelon.) Seigneur, je viens Ă  vous. (Racine.) Il Ă©tait sur char. (/d.) Us courent aprĂšs une ombre trompeuse.. (FĂ©nelon.) Tout change aved le temps. (Voltaire.) Ah! courez chez la reine. (Racine.) Tout parle contre lui." (/d.) Je pĂ©ris dans le port. (Corneille.) Vous parlez en soldat. (/d.) Sa patrie semble fuir devant lui. (FĂ©nelon.) Il est facile de reconnaĂźtre qĂŒil n’y a pas de liaison entre les mots de la premiĂšre sĂ©rie. La bontĂ©... Dieu prĂ©sentent l’idĂ©e de Tobjet bontĂ© et celle de Tobjet Dtew; mais aucune liaison, aucun rapport nĂ«st Ă©tabli entre ces deux objets. Cette absence de liaison ou de rapport ne se remarque pas dahs les mots de la seconde sĂ©rie. Dieu est liĂ© Ă  bontĂ©; viens Ă  vous; char Ă  Ă©tait; ombre Ă  courent ; temps Ă  change; reine kcourez ; lui k parle; port k pĂ©ris; soldat Ă  parlez ; lui k fuir. Les mots qui ont Ă©tabli cette liaison, ce rapport, sont de, Ă , sur, aprĂšs, avec, chez, contre, dans, en, devant. Or, on comprend bien que, puisque lĂ«sprit saisit des rapports, soit entre les objets, soit entre les qualitĂ©s ou les actions de ces mĂȘmes objets, il faut nĂ©cessairement dans les langues une espĂšce de mots qui soient signes de ces rapports, qui les indiquent. CĂ«st prĂ©cisĂ©ment ceux dont nous nous occupons en ce moment qui remplissent cette fonction. Les deux"mots mis en rapport sont appelĂ©s les deux termes du rapport. Les mots appeÂŹ lĂ©s prĂ©positions prĂ©cĂšdent toujours le second terme du rapport. CĂ«st pour cette raison que les grammairiens les nomment prĂ©positions, d’un mot latin qui veĂŒt dire : placĂ© devant. \ ' EXERCICE ANALYTIQUE. " (DĂ©signer les deux termes du rapport.) Le trafiquant estime peu Le mĂ©rite sans l’opiUence, (StjUsĂ jkt.) L’odieuse trahison Retombe souvent jur le traĂźtre. - (Le Battw,) Cet univers est un mĂ©langĂ© affreux De desoins du licos dangereux. (Aubkrt.) L’utile h tout doit ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©. (HadmĂ»kt.) jivec la violence on' ne gouverne pas. (Fr. de NeukcqĂąteĂ u.) Chacun che» soi doit ĂȘtre libre. (Haomost.) La vĂ©ritable dignitĂ© Est dans le cceur, et non sur le visage. (Foumaok.)
( 774 ) SUBDIVISIONS DES PRÉPOSITIONS 9 N* DCCXXII. PRÉPOSITIONS DE LlEU! Ce nĂ«st qpi*a«lour Ă e lui que vole la victoire. (Racine.) Enfin chez les chrĂ©tiens les mƓurs sont innocentes. (Corneille.) Il naĂźt Ă e dessous terre un autre clerc pour remÂŹ plir cette place. (La BnuYÈnE.) Ces montagnes, voisines du ciel, voient les nuages se former au-dessous dĂ«lles. {lĂ .) La main du Seigneur Parrachera de dessus la terre. (Massillon.) ' Il saute par-dessus Ja murgille. (AcadĂ©mie.) La cime de ces hautes montagnes s’élĂšve^ au- dessus des nues. (La BruyĂšre.) Fusses-tĂŒpar-de/d des colonnes d’AIcide, Je me croirais encor trop voisin d'un perfide. ’ (Racine.) Il s’arrĂȘta dans un vallon tranquille,. Tout vis-Ă -vis la porte d’un couvent. (YoltĂ irb.) Il se troublait axi-dedans de lui-mĂȘme. (FĂ©nelon.) Les Romains oers l’Euphrate ont attaquĂ© mon pĂšre,. (Racine.) Les riches ne sont sur la terre que pour faire du bien. ' (FĂ©nelon.) L'autel couvert de feux tombe qt fuit sous la terre. _ - (yopTAlRE.) On trouve seulement, pour nourrir les troupeaux, des pĂąturages parmi les rochers, vers le milieu du penchant de ces montagnes escarpĂ©es. (FĂ©nelon.) Tout usurpateur est prĂ©s de son cercueil. ^ ' (Voltaire.) Les prĂ©positions qui s'emploient le plus ordinairement avec des nom§ de lieux spnt : A. . Dessus. Parmi. Sous. AuprĂšs, De. PrĂšs. Sur. Autour. Dessous. Par, Vers. Chez. Jusque. Proche. ' A travers. Au-dessus. De dessous. Par-delĂ ., Au travers de. AĂŒ-dessous. DelĂ  le. Par derriĂšre. AurdelĂ , AttenauL Loin de. . Par devant. Au dedans. l)e dessus. Par-d§ssĂŒs. ViSTĂ -fVis. —COOD ««sa N" DCCXXIU. PRÉPOSITIONS DE TEMPS, Si jamais on peut dire que Ja ypie Ăčq chrĂ©tien est Ă©troite, cĂ«st durant les persĂ©cutions.. (Bossubt.) Durant toute la nuit ejle n'q point dormi. (Corneille.) Il Ă©tait agitĂ© pendant toutes les nuits par des songes. (FĂ©nelon.) Les prĂ©positions qui marquent le temps sont : durant et pendant DCCXXIV. Ɠ PRÉPOSITIONS DE LIEU ET DE TEMPS. LIEU, Home nĂ«st plus dans Rome (Corneille.) TEMPS. Le czar Pierre ne pouvait dans sa jeunesse passer un pont sans frĂ©mir. (Voltaire.)
( 775 ) DĂšs OrlĂ©ans: — DĂšs sa source. (AcadĂ©mie.) Rodrigue ne vit plus ou respire en prison. (Corneille.) La France s’étend depuisXe Rhin jusqĂŒĂ  l’OcĂ©an. (AcadĂ©mie.) « Lßûutel couvert de feux tombe et fuit sous la terre. - * ' (VoLTAiRE.) Les Romains vers TEuphrate ont attaquĂ© mou pĂšre. ‱ -(Racine.) L’homme dĂ©# sa naissance a le sentiment du plaiÂŹ sir et de Ăźa douleur. (Marmontel.) Gagne-t-on en un an un million sans crime? ^ ‘ (Regnard.) En Orient, en Occident, depuis plus de deux mille ans on ne parle que d’Alexandre. (Massillon.) A quoi sert-il Ă  un peuple qpe son rqi subjugue d’autres iiations, sĂź ou est malheureux sous son rĂšpe? (FĂ©nelon.) ’Y^rs le soir, vers le milieu du jour. (AcadĂ©mie.} Les prĂ©positions dont on se sert le plus souvent avec des noms de lieux et de temps sont : dans, dĂšs, en, depuis, sous, vers. w DCGXXV. - PRÉPOSITIONS d’ordre. La conscience nop^ tiyç^tit en ami qvqnt de npus punir en juge. * '"(Stanislas.) Je crains Dieu, et aprĂ©# Dieu, je crains principaÂŹ lement celui qui ne le craint pas. (Sadi.) L’homme est placĂ© libre entre le vice et la vertu. (ÎI^RMpNTEL.) n se met toujours derriĂšre celui qui parle. (La BrĂŒvĂšre.) Fais marcher devant toi Tange exterminateur. (Voltaire.) Les prĂ©positions qu’on emploie pour marquer le plus ordinairement 1’,ordre sont avariĂ©, aprĂšs, devant, derri^e, entre, Ă  cĂŽtĂ© de, depuis. N" DCCXXTI. BREPOSITION d’union. Je veux vivre avec elle, avec elle expirer. (Corneille.) Le mortel heureux contracte une dette avec le malheur. (LbxoĂŒrneĂŒr.) La seule prĂ©position qui marque Tunion, c’est la prĂ©position avec. N* DCCXXVII. PREPOSITIONS DE CONFORMITÉ. La terre, cette bonne mĂšre, multiplie ses dons selon le nombre de ses enfants qui mĂ©ritent ses fruits par leur travail. (FĂ©nelon:) Les talents produisent suivant la culture. (Marmontel.) Les prĂ©positions qni indiquent la conformitĂ© sont: selon et suivant.
( T76 ) *9^0 N" DCCXXVm. PRÉPOSITIONS DE SÉPARATION, D'EXCEPTION Le roi marche incertain, sans escorte et sans guide. (Voltaire.) Il travaille toute la semaine, exceptĂ© le dimanche. (AcadĂ©mie.) Nul n’aura de l'esprit hors nous et nos arais. (MoliĂšre.) On peut tout sacrifier Ă  PamitiĂ©, sauf PhonnĂȘte et.le juste. . (Marmontel.) Hormis toi, tout chez toi rencontre un doux accueil. (Boileau.) Les prĂ©positions qui marquent la sĂ©paration, lĂ«xception, sont : exceptĂ©, hors, hormis, sans, sauf. N" Dcexxix. PRÉPOSITIONS d’opposition. Le travail est une meilleure ressource contre Pennui que le plaisir. (Trublet.) La loĂź ne saurait Ă©galiser les hommes malgrĂ© la nature. (VaĂŒvenargues.) La vĂ©ritĂ©, nonobstant le prĂ©jugĂ©, lĂ«rreur et le mensonge, se fait jour et perce Ă  la fin. (Marmontel.) Les prĂ©positions qui emportent une idĂ©e d’opposition sont: contre, malgrĂ©, nonobstant. Nous ne pousserons pas plus loin cette classification, qui prĂ©sente de grandes diffiÂŹ cultĂ©s sans offrir aucun avantage rĂ©el. Nous prĂ©fĂ©rons donner la liste gĂ©nĂ©rale des ,prĂ©- positions, en les envisageant comnie les adverbes, cĂ«st-Ă -dire matĂ©riellement. Ainsi on aura des prĂ©positions pures et smptes, cĂ«st-Ă -dire qui ne peuvent ĂȘtre que prĂ©posiÂŹ tions , telles quĂ© : Ă , de, dĂšs, etc. ; on aura ensuite des locutions prĂ©positives dans lesÂŹ quelles il entre souvent des mots qui seuls ne sont nullement prĂ©positions, mais qui, construits dĂ«ne certaine maniĂšre et suivis de la prĂ©position Ă  ou de, prennent le nom de locutions prĂ©positives ; exemples : Ă  cĂŽtĂ© de, Ă  cause de, auprĂšs de, jusqu'Ă , Ă  fleur rfe,elc.; cĂŽtĂ©, cause ci fleur pris sĂ©parĂ©ment sont des substantifs; auprĂšs, jusque, pris seuls, sont des adverbes; mais, construits comme ils le sont, ils prennent le nom de locutions pré positives ; on remarque encore des mots qui, pris seuls, jouent le rĂŽle de prĂ©positions sans ĂȘtre suivis d’d ou de de; ce sont des mots pris accidentellement comme prĂ©positions ; ainsi: durant, joignant, attendu, suivant, etc. De lĂ  trois sortes de prĂ©positions : les PRÉPOSITIONS PORES OU SIMPLES, LES LOCUTIONS PRÉPOSITIVES , et LES MOTS PRIS COMME PRÉPOSITIONS. TABLEAU GÉNÉRAL DES,PRÉPOSITIONS. N” DCCXXX. 9^—-, PRÉPOSITIONS PURES OĂŒ SIMPLES. A, aprĂšs, avant, avec, chez, contre, dans, de, depuis, derriĂšre, dĂšs, devant, en, entre, envers, hormis, malgrĂ©, nonobstant, outre, par; parmi, pour, sur, sans, selon, vers.
( 777 ) tOCDTIONS PRÉPOSITIVES. - A cĂŽtĂ© de, Ă  cause de, au-delĂ  de, auprĂšs de, autour de, au travers de, delĂ , en deçà de, jusqĂŒĂ , loin de, par-delĂ  de, par-dessus de, prĂšs de, vis-Ă -vis de, faute de,Ă  couvert de, Ă  fleur de, Ă  force de, Ă  la faveur de,*Ă  Tabri de, Ă 'iamode de, Ă  Tinsu de, Ă  Topposite, Ă  Texclusion de, Ă  raison de, au-dedans de, au pĂ©ril de, aux dĂ©pens de,' aux environs de, le long de, etc.; etc., quant Ă , proche.de, hors de. MOTS ACCIDENTELLEMENT PRÉPOSITIONS. I A mĂȘme, attenant, attendu, concernant, durant, exceptĂ©, joignant, moyennant, penÂŹ dant, plein (la bouteille), proche, sauf, suivant, supposĂ©, touchant, vu. Remarque. Attenant, proche et sauf sont ou sans prĂ©position ou avec prĂ©position ; proche de, sauf Ă , attenant Ă . ' . Remarque. Les seules locutions prĂ©positives suivies d'Ă  sont : jusqu'Ă , par rapport Ăą; toutes les autres sont suivies de la prĂ©position de ; lĂ©s prĂ©positions pures ne sont suivies d'aucune autre prĂ©position, cĂ«st pour cela qĂŒelles sont dites simples. Dans Tune des parties suivantes, nous ferons connaĂźtre la vĂ©ritable fonction des pré positions, et les diffĂ©rents rapports qu'elles servent Ă  exprimer. EXERCICE ANALYTIQUE. ÂŁncor si l’on savait le secret de la tombe : Si l'Ăąme s’élevait ainsi qu’une colombe travers le ciel bleu, vers cette immensitĂ© Ou Dieu jouit de tout et de l’éternitĂ© l Si l’ñme, se trouvant sous la forme d’un ange. S’enivrait h jamais de bonheur sans mĂ©lange; Si, rejetant la coupe oĂč l’on boit tant de fiel, ^ Les Ăąmes qui s’aimaient se revoyaient au ciel ! Si des mondes roulants Tineflable harmonie, La majestĂ© de Dieu, sa puissance infinie, L’orgueil d’étre immortel, de voir crĂ©er sans fin ; D'unir son chant d'amour au chant du sĂ©raphin, Si les plaisirs sacrĂ©s du cĂ©leste domaine, Qui n auraient point de mot dans toute langue humaine, Dont notre esprit a soif et qu’il ne connaĂźt pas, Se montraient devant nons au~delĂ  du trĂ©pas ! Oui, j’en crois ce besoin que Dieu mit en notre Ăąme, Ce vague instinct des cieux qui m’attire et m’enflatiiiiie , Ce dĂ©sir Ă©thĂ©rĂ© qui n’a rien d'ici bas ; 11 est un autre monde, un terme Ă  nos combats ; Une fĂȘte Ă©ternelle oĂč Dieu mĂȘme convie, Un bonheur indicible, nn grand but Ăč la vie , Un sublime repos aux Ă©lans de l’esprit, Un amour, Éliza, qui jamais ne tarit. Un port aux affliges, libres de toute crainte, ^Devant le Dieu de tous une Ă©galitĂ© sainte, Des prix Ă  la vertu, des regrets aux pervers, Un culte universel au Dieu de l’univers. (Gustave Daduih^au,) DU RÉGIME DES PRÉPOSITIONS. N“ DCCXXXL PRÉPOSITIONS QĂŒl PEDVENT ÊTRE SUIVIES Uâ€™ĂŒN SUBSTANTIF OU Dâ€™ĂŒN INFINITIF. ' SUIVIES ĂźFON substantif. L’hypocrisie est un hommage Que rend le vice Ă  la vertu. (Aubert.) De toulXEMPS l’amour-propre aveugla les plus sages. (YillefrĂ©.) Je crains Dieu; et aprĂšs Dieu, je crains principaÂŹ lement celui qui ne le craint pas. (PensĂ©e de Saadi.) L’homme est placĂ© libre entre le vice et la vertu. (Marmontel.) Nous naissons, nous vivons pour ia sociĂ©tĂ©. (Boileau.) SUIVIES d’un infinitif. A RACONTER S6S maux souvent on les soulage. (GorIVeille.) Quand le tonnerre commence, de gronder, l’oÂŹ rage n’est pas loin. (Marmontel.) AprĂšs t’ÊTRE couvert dĂš leur sang et dĂŒmien, Tu te verras forcĂ© de rĂ©pandre le tien, (Racine.) II y a de la diffĂ©rence entre avoir Ă©gard Ă  et AVOIR des Ă©gards pour... (CitĂ© par Boinvilliers.) Les rois, pour effrayer, ont la toute-puissance; Mais pour gagner les coeurs, iis n’ont que la clĂ©- (Lanoue.) [mence. 98
l 77? ) LĂ«nimi est entrĂ© dans le inonde par la pahbsse. (La BruyĂšre.) Point de vertu sans religion, point de bonheur aans vertu. (Diderot.) Foici trois mĂ©depins gui pe nous trompent pas: GattĂ©, dĂŽiix exercice et modeste repas. ^ "(CitĂ© par Domergue.) La droiture du cƓur, la vĂ©ritĂ©, Tinnocence et la rĂšgle des mƓurs, lĂ«mpire sur les passions, voilĂ  la vĂ©ritable, grandeur et ta seule gloire rĂ©elle que personne ne peut nous disputer. (Massillon.) Commencez par gagner le cƓur de vos sujets, (Massillon). Et bien souvent, tout seul, si Ton TeĂ»t voulu croire, 11 s'y serait couchĂ© sans manger et sans boire. (Racine.) Voici VE^iR le printemps. (AcadĂ©mie.) Voici appabaitrb le fils de Thomme sur les nuĂ©es. (Chateaubriand.) Et voilĂ  COURONNER toutes les perfidies l ' (Bacipje.) Les prĂ©positions qui peuvent ĂȘtre suivies dĂ«n substantif oĂč dĂ«n infinitif sont : Ă , de, aprĂšs, entre, pour, par, sans, voici, voilĂ . ^ La prĂ©position en peut aussi ĂȘtre suivie dĂ«n substantif ou dĂ«n participe prĂ©sent; exemples : ^ En toute chose, il faut considĂ©rer la fin. (La Fontaine.) Il nous faut riant instruire la jeunesse., (MoliĂšre.) EXERCICE mRASÈdl0.mm- Sauter Ă  terre. Regarde» de ce cAti. Les autres aprĂšs moi. Entre deux eaux. Apprendre Ă  danser. Gardez-Tous 'de rire. AprĂšs l’avoir sanvĂ©. Entre rire et pleurer. Pour ton bonheur. Par la douceur. Sans respect. Agir en fripon. Pour rire. Commence par le faire. Sans murmurer. Instruir'Ăš en riant. N- DCCXXXn. »*»» PRÉPOSITIONS du LOCUTIONS PRÉPOSITIVES QUI NE PEUyENT ÊTRE SUIVIES QUB PAR DES SUBSTANTIFS. Causez avec ZĂ©non, dansez aveo les GrĂąces. (HelvĂ©tiĂŒs.) Chez'les GENS cousus dĂ«r ThumanitĂ© nĂ«st guĂšre. (VillefrĂ©.) Depuis son absence, Mes jours moins agitĂ©s coulaient dans Tinnocence. (Voltaire.) Les Romains vers l'Eupbrate ont attaquĂ© mon (Racine.) pĂšre. On nĂ«st sur la terre que pour faire du bien. (FĂ©nelon.) ' Nous, voyons, nous jugeons suivant nos passions. (Naudet.) Les hommes insqlegt§ pendant la prospĂ©ritĂ©, sont toujours faibles et tremblants dans la disgrĂące. (FĂ©nelon.) k Les Polonais sĂ«nfuirent tous dĂ©s le commenceÂŹ ment de lĂą bataille. (Vpltaire.) Ils courent aprĂšs une ombre trompeuse, et laisÂŹ sent derriĂšre eux le vrai bonheur, faute de le conÂŹ naĂźtre. (FĂ©nelon.) Devers la place arrive un Ă©cuyer. (Voltaire.) Tout fut secret ; et quicĂŽnque eut du bien, Pardevefs 'soi le garda, sah/fien dire. (La Fontaine.) Le travail est une meilleure ressource contre Tennui que le plaisir. (Trublet.) Les vertus dans Paris ont le destin des crimes. (Voltaire.) 5ous un mauvais habit on mĂ©connaĂźt "un sage. (De Gaux.) Envers un ennemi qui peut nous obliger? (Corneille.) La terre, cette bonne mĂšre, multiplie ses dons selon le nombre de ses enfants. (FĂ©nelon.) Outre le rapport que nous avons du cĂŽtĂ© du corps avec la nature mortelle, nous avons une seÂŹ crĂšte affinitĂ© avec Dieu. (Bossubt.) La loi ne saurait Ă©galer les hĂąmmes malgrĂ© la nature. (VaĂŒvenargues.) Par delĂ  tous les cieux le Dieu des cieux rĂ©side. (Voltaire.) Il sauta par-dessus la muraille. ^ ■ (AcaoĂ©mie.) Car la mode aujourd'hui est d’apprendre aux enfants Tout, hormis le respect qĂŒon doit Ă  ses parents. (Etienne.) ,
( 779 ) Le jeune Caton, dwrant son enfance, semblait un imbĂ©cile dans la maison. (J.-J. Rousseau.) CĂ«st lin trĂ©sor que lĂ«n mĂ« pris. — Votre trĂ©^r ! OĂč pris ?—Tout/ignqnt cette pier- — Eh Ăź sommes-nous en temps degûÚrre- . [rÉ. Pour l'apporter si loin ? (La Fontaine.) La vĂ©ritĂ©, nonobstant le prĂ©jugĂ©, Terreur et le mensonge, se fait jour et perce Ă  la fin. (Marmontel.) L'homme, sa faiblesse et la longueur de son enfance, nĂ« jamais pu ĂȘtre absolument sauvage. ‘ (CitĂ© par Girault-Duvivier.) L*homme de bien, moyennant une conduite Ă©gale et simple, se fait chĂ©rir et honorer partout. (Marmontel.) Dieu ne dĂ©clare pas tous ]çs jours ses volontĂ©s par ses prophĂštes, touchant les rois et les monarÂŹ chies qu’il Ă©lĂšve ou qĂŒil dĂ©truit.' (Bossuet.) ' Celui qui a besoin de conseils concernant, touÂŹ chant la PROBITÉ, nejnĂ©rite pas qĂŒon lui en donne.- (Marmontel.) 11 a Ă©tĂ© exemptĂ© des charges publiques, attendu son INFIRMITÉ, (AcadĂ©mie.) Les prĂ©positions qui ne peuvent ĂȘtfe suivies que par des substantifs sonP: avec, chez, depuis, vers, sur, suivant, pendant, dĂšs, contre, dans, sous, envers, selon, parmi, malgrĂ©, outre, derriĂšre, devers, hormis, par-delĂ , par-dessus, par-devers, et les mots suivants, reÂŹ gardĂ©s vulgairement comme prĂ©positions: Durant, joignant, nonobstant, moyennant, touchant, concernant, vu, attendu. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Avec douceur. Depuis deux ans. Sur la table. Pendant sou absence. Contre rennemi. Touchant vos affaires. Chez son pĂšre. Vers la terre. Suivant lui. ' DĂšs'demain. Dans la chambre. Concernant ses intĂ©rĂȘts. Sous le lit. Envers les antres. Selon les philosophes. Parmi nons. MalgrĂ© «nx. Vn sa faiblesse. Outre cela. « DnraDt'sa vie. Joignant cette montagne. Nonobstant l’expĂ©rience. Moyennant la grĂące de Diea. Attendn son infirmitĂ©. N” DCCXXXin. PRÉPOSITIONS QÜI PEUVENT ÊTRE SUIVIES IMMÉDIATEMENT, 1Âź Dâ€™ĂŒN SUBSTANTIF; 2Âź ÜÜNE AUTRE PRÉPOSITION SUIVIE D'UN SpÇSTANTIE pq p'ĂŒN I^FINÎTIF: 1. -r Suivies dĂŒn substantif. Être logĂ© prĂ©# le Palais-Rotal, Tout pĂ©rit, hors la gloire, et surtout la vertu. (Dobat*) (AcadĂ©mie.) f IL -rr Suivies dĂŒne qutr^ ppĂ©position et dĂŒn infinitif. Je Tqi yu prĂ©# pu temple oĂč sou hymen sĂ«pprĂ©te. (Racine.) Trop de rigueur hors de saison. ‱ (Boileau.) III. rr- Suivies dĂŒne autre prĂ©position et dĂŒn infinitif., On ne connaĂźt l’importance d’une action que quand on est prĂ©# de l'exĂ©cuter. (La Fontaine.) Ton esprit, fascinĂ© par les lois d’un tyran, Pense que tout est crime, hors DĂ«tre musiilman. (Voltaire.) Les prĂ©positions qui peuvent ĂȘtre immĂ©diatement suivies 1Âź d’un substantif, 2Âź dĂ«ne autre prĂ©porition suivie d’un substantif ou d’un infinitif, sont prĂšs, hors, hormis, exceptĂ©. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il demeure prĂ©s le boulevard. Je l’ai vu prĂšs du boulevard. Je l’ai vu prĂšs de mourir. Il est logĂ© hors la Porte-Saint-HonorĂš. Tous les maux sont hors de la boĂźte de Pindore, Je veux tout, hors d’étre son esdave.
( 780 ) DCCXXXIV,.Ÿ»^ PRÉPOSITIONS QUI PEUVENT ÊTRE IMMÉDIATEMENT SUIVIES, 1“ D’UN SURSTANTIF*, 2» d’une autre prĂ©position suivie d’un infinitif seulement. suivies D ÜN SUBSTANTIF. Avant Louis XIV, la France, presque sans vaisÂŹ seaux, tenait en vain aux deux mers. (Bossuet.) On peut tout sacrifier Ă  l’amitiĂ©, saw/’ThonnĂȘte et le juste. . (Marmontel.) SUIVIES d’une autre prĂ©position et d’un infinitif. La conscience nous avertit en ami avant de nous punir en juge. (Stanislas.) Sauf A changer, sauf A dĂ©duire, sauf a recomÂŹ mencer. (AcadĂ©mie.) Les prĂ©positions qui peuvent ĂȘtre immĂ©diatement suivies d’un substantif ou d’un infiÂŹ nitif prĂ©cĂ©dĂ© d’une prĂ©position sont avant et sauf, M EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Avant le rĂšgne d'Henri IV. Sauf vo.trc rPspPi't. Avant de partir. Sauf Ă  recommencer plus tard. N" DCCXXXV. FUÉPOSITIOXS OU EXPRESSIONS PRÉPOSITIVES QUI DEMANDENT TOUJOURS APRES ELLES UNE AÜTRE PRÉPOSITION ET UN SUBSTANTIF. L'art est toujours grossier auprĂšs de la nature. (De Valmont.) Nous demeurons tranquilles comme si le coup ^ devait toujours porter Ă  cĂŽtĂ© de nous. (Massillon.) Les fondements de cet Ă©difice sont dĂ©jĂ  Ă  fleur DE terre. / (AcadĂ©mie.) Tel en un secret vallon. Sur le bord d'une onde pure, CroĂźt, Ă  Vabri de Vaquilon, Un jeune lis... (Racine.)^ Au-delĂ  DU besoin le reste est superflu. (VillefrĂ©.) Le Mercure galant est immĂ©diatement au-desÂŹ sous DU rien; il y a bien d'autres ouvrages qui lui ressemblent. (La BruyĂšre.) Tous ces avantages qui sont au-dehors de nous, et qui par consĂ©quent ne nous appartiennent pas. (/d.) Il sc rĂ©pand autour des* trĂŽnes certaines terreurs qui empĂȘchent de parler aux. rois avec libertĂ©. (FlĂ©chier.) Nos actions sont les nĂŽtres, Ă  cause bu libre arÂŹ bitre qui les produit, et elles sont aussi de Dieu, Ă  cause de sa grĂące qui fait que notre arbitre les proÂŹ duit. ^ (Pascal.) Partir Ă  la faveur de ßù naissante nuit. ' (Boileau.) La terre est petite Ă  TĂ©gard.du soleil. (AcadĂ©mie.) Une grande Ăąme est aĂč-'clessus de l’injure, de Tinjustice, dĂ© la dbuleur, de la moquerie. (La BruyĂšre.) Le vide que tout ce qui vous environne laisse au- dedans DE vous-mĂȘme. (Massillon.) On va pour vous au-devant de la sollicitation, (La BruyĂšre.) Les prĂ©positions ou locutions prĂ©positives qui demandent toujours aprĂšs elles une autre prĂ©position et 'un substantif sont awprĂ©s, au-delĂ , au-dessus, au-dessous, au-dehors, autour, au-dedans, au-devant, et gĂ©nĂ©ralement toutes les expressions composĂ©es de la prĂ©position' ‱ Ă  et d’un substantif, comme Ă 'cĂŽtĂ©, Ă  Vabri, Ă  la faveur, Ă  VĂ©gard, Ă  cawse, etc. EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE, AuprĂšs de vous. A cĂŽte de la table. A l’abri des orages.- A'cause de lui.* A la faveur do la nuit. Au-devant des ennemis.
( 781 ) W DCCXXXVI. LOCUTIONS PRÉPOSITIVES DONT LA PRÉPOSITION OUI LES SUIT TOUJOURS PEUT ÊTRE ACCOMPAGNÉE D’UN SUBSTANTIF OD D’DN INFINITIF. ACCOUTPAGNÉeS dâ€™ĂŒn SDBSTANTIF. * I . * Combien tout ce qĂŒon dit est ZotnuE ce qĂŒon pense! (Racine.) Les enfants mouraienj dans les bras de leur mĂšre, faute i)E pain. ‘ (FlĂ©chier.) Je veux A force D'attentats perdre tous mes remords. (Racine.) Je ne lui pardonnerai pas, Ă  moins n'une rĂąfrac- tation publique. (AcadĂ©mie.) L’art est toujours grossier auprĂšs de la nature. (de Valmont.) ACCOMPAGNÉES D*ÜN INFINITIF, Loin DÉ trembler devant les autels, on y mé prise JĂ©sus-Christ prĂ©sent, (BossĂŒet.) Ils laissent derriĂšre eux le vrai bonheur, faute db le connaĂźtre, (FĂ©nelon.) A force n'ĂȘtre touchĂ© inutilement, on ne se laisse plus toucher de rien. (BossĂŒet.) A' moins n'ĂȘtre fou, il ĂŒest pas possible de rai-* sonner ainsi. (AcadĂ©mie.) * Qu’est cela auprĂšs n'ĂȘtre pendu Ăź Les prĂ©positions ou locutions prĂ©positives dont la prĂ©position qui les suit peut ĂȘtre accompagnĂ©e dĂ«n infinitif ou dĂ«n substantif sont : loin, faute, Ă  force, Ă  moins, auprĂšs. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Loin de ParĂ», Faute d’argent. A force de priĂšres. A moins de dix lonis/ Loin de demander pardon. Faute d’ctre riche. A'force de prier. A moins de le perdre. ‹»»»» N* DCCXXXVn. RĂ©gime be deĂŒx prĂ©positions liĂ©es par une conjonction PHRASE VICIEUSE. Un magistrat doit toujours juger suivant et conÂŹ formĂ©ment aux lois. PHRASE CORRECTE. Un magistrat doit toujours juger si|<ĂŒanf les lois, et conformĂ©ment Ă  ce quĂ«lles prescrivent. . . (Marmontel.) Il en est du rĂ©gime des prĂ©positions comme de celui des verbes. Quand deux prĂ©poÂŹ sitions ont le mĂȘme rĂ©gime, on peut se dispenser de les faire suivre chacune de ce ré gime; mais si ces deux prĂ©positions demandent un rĂ©gime diffĂ©rent, il faut de toute né cessitĂ© donner Ă  chacune le rĂ©gime qui lui convient. Ainsi on ne peut dire suivant et conformĂ©ment aux lois, parce que suivant ne veut pas de prĂ©position Ă  sa suite, tandis que conformĂ©ment exige aprĂšs lui, la prĂ©position Ă . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. D’aprĂša votre avis et conformĂ©ment Ă  ce qne vous m’avez prescrit. D’aprĂšs et conformĂ©ment ‱ ‱ ‱
( 782 ) PRÉPOSITIONS EMPLOYÉES} DIT«ON, POUR D’AUTRES PRÉPOSITIONS. —DCGXXXVIIL /I TENANT LA PLACE DE etivers, dans, devant, aprĂšs, auprĂšs de, avec, contre, sur, en, par^ pour, vers. À REMPLAÇANT ehvers. Ne tĂ«Vise pas d'ĂȘtre complaisant Ă  ceux qui parÂŹ lent mal du prochain. (FlĂ©chier;) -Aurcr-vous le cƓur assez dur pour ĂȘtre inexoÂŹ rable Ă  votre rbi et Ă  tous vos plus tendres amis ? ' (FĂ©nelon.) Inflexible dtw5 vaincus, complaisant auĂŠ vainqueurs. (Voltaire.) Je vous entends, seigneur, ces mĂȘmes dignitĂ©s Ont rendu BĂ©rĂ©nice ingrate Ă  vos bontĂ©s; (Bacine.) À Ă©our dĂ ĂčĂ . Tout mon ĂȘs'poir N est plus qu’au coup mortel que je vais recevoir. (Racine.) Au chotĂŽ de vbĂą nmis tore* lĂȘht et sĂ©vĂšre ; Examinez l'ĂŽĂŒgtĂšmpS ; ĂŻa mĂ©prise est amĂšre. (Royod.) ' DiĂ©u laissĂ -t-il jamais ses enfants ati besoia ? (Racine.)  POUR devant. Ne vous montrez d moi que sa tĂȘte Ăą ßù maiii. (Racine.) Cette Ă©nohnĂ© action, faite presque d nos yeux, Outrage la nature et blesse jusqu'aux dieux. (Corneille.) A ces mots, l'Amour irritĂ© s'envola. (FĂ©nĂ©lon.)  POÜR aprĂšs. A ces çaroĂźes, Phalante demeura Ă©puisĂ© et ai>attu , d'un Ă©xces de douleur. FĂ©nelon.) À POUR auprĂšs de. Votre amour contre nous allume trop de haine, Retournez, retournez Ă  la fille d'HĂ©lĂšne. (Racine.) Cessez de m'atrĂȘter. Va, retourne d ma mĂšre, Égyne, il faut des dieux apaiser la colĂšre. (RACirte.) À POUR avec. 9 Ün vrai chrĂ©tien foulĂ© atoc pieds toutes les vanitĂ©s | Que Ton tire au billet ceux que l'on doit Ă©lire. (AcadĂ©mie.) 1 de ce monde. (BoileaĂŒ.) À AU LIEU DE contre. Change le nom de reine ou nom d’impĂ©ratrice. (Racine.) Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux; C'est offenser les lois, c'est s’attaquer aux dieux. (Boileau.) i AD tÎED i)fe sur. Sion, chĂšre Sion, que dis-tu quahd tu vois Une impie Ă©trangĂšre Assise, hĂ©las! au trĂŽne de tes rois? . (Racine ;) Malheureuse, comment paraĂźtrai-je Ă  sa vue, Son diadĂšme au front, et, dans le fond du cƓur, PhƓdime... tu m’entends, et tu vois ma rougeur. (Racine.) A AU LIEU DE en. CĂ©sar prend le premier une coupe d la main. (Racine.) Un Ăąne, pour le moins, instruit par la nature, A Tinstinct qui le guide obĂ©it sans murmure; Ne va point follement de sa bizarre voix DĂ©fier atta; chansons les oiseaux dans les bois. (Boileau.)
11 ne se laisse point sĂ©duire A tous ses attraits pĂ©rilleux. (Racine.) La nature, fĂ©conde en bizarres portraits, Dans chaque Ăąme est marquĂ©e Ă  dĂ© diffĂ©rents traits. (BoileaĂŒ.) JĂ«i oui condamner cette'comĂ©died certaines gens. (MoliĂšre.) ( 783 ). À AU LIEU DE par, JĂš mĂ© laissai cCdduire Ă  cet aimable guide. (Racine.) Et se laissant rĂ©gler Ă  son esprit tortu; De ses propres dĂ©fauts se fait une vertu. (Boileau.) Ne me prĂ©parez point la douleur Ă©ternelle ' De lĂ«voir fait rĂ©pandre Ă  la main paternelle. (Racine.) Que mon mariage est une leçon bien parlante Ă  tous les paysans qui veulent s’élever au-dessus de leur condition! (MoliĂšre.) is’hommĂ© est de glace aux vĂ©ritĂ©s ; Il est de feu pour les mensonges, (La Fontaine.) À AU LIEU DE pour. Tout autre objet le blesse, et peut-ĂȘtre aujourd’hui Il n’attend qĂŒun prĂ©texte, Ă  i’éloigner de lui, (Racine.) Tous deuxdmetrompersont-iisdTntelli’gĂ«nce? {Id.) Ce n’est quĂ© pour toi seul qĂŒelle est ficre etchagrine; Aux autres elle est douce, agrĂ©able, badine. (Boileau.) A AU lieu de vers. Je mĂ©ditais ma niUĂȘ Ă ttx terrĂ©s Ă©trangĂšres. (Racine.) Quel chemin le plus droit Ă  lĂą gloire noĂŒs ^idĂ«, Ou la VastĂ© science, ou la vertu solide? (Boileaui) i Nous bornons lĂ  ce tableau; car il nous serait impossible de rapporter ici toutes les extravagances des grammairiens, qui ont attribuĂ© Ă  lĂ  prĂ©position Ă , ainsi qu’à toutes les prĂ©positions en gĂ©nĂ©ral, tant et de si Ă©tranges significations, qĂŒil y a vraiment de quoi ĂȘtre Ă©tonnĂ© en les lisant. D’aprĂšs lĂš sĂ gĂš conseil de MîÛùfĂ©, nous regardons lĂ©s chĂŽsĂ©s dĂŒ "cĂŽtĂ© qĂŒâ€™ĂŽft nptis les montre, et ne les tournons point pour y chercher ce qĂŒil ne faut pas y voir. Ainsi, de ce que d’un cĂŽtĂ© nous lisons : Quitter, à» de si grands besoins, Vous, le Pont, vous, Colchos, confiĂ©s Ă  vos soins! (Racine.) et que, dâ€™ĂŒh Ă ĂŒthe cĂŽtĂ©-, nous voyons : Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin? (LÉ MĂȘme.) ‱ nous nous gardons bien d’én conclure follement, avec les grammairiens, que, dans ce dernier vers, la prĂ©position Ă  tient lĂ  place de la prĂ©position en ou dans. Un mot ne saurait ĂȘtre mis pour ĂŒii autre. Or, si nous cherchons Ă  pĂ©nĂ©trer dans la penÂŹ sĂ©e de l’écrivain et Ă  nous rendre compte des motifs qui l’on dĂ©terminĂ© dans le choix des mots dont il s’est servi, nous voyons que, dans le premier cas, il a fait usage de la prĂ©position en parce qĂŒil a voulu exprimer un rapport d’intĂ©rioritĂ©, de situation : Pensez-vous que je puisse vous quitter ( lorsque vous vous trouvez plongĂ© ) en de si grands besoins? et que, dans le second, au contraire, il s’est servi de la prĂ©position^^ 3^rce qu’il a voulu exprimer un tout autre rapport : Dieu lĂ issa-t-il jUnigis ses enfants LIVRÉS EN proie) AĂŒ besoin? Analyse justifiĂ©e par ce vers de Boileau : LĂ issons-le plutĂŽt en proie Ă  son caprice. C’est ainsi que, sans «perdre un moment le fil de l’analogie, nous parvenons Ă  dĂ©couÂŹ vrir Chmmeht il peut se faire 'qĂŒon exprime la mĂȘme idĂ©e par des mots essentielleÂŹ ment diffĂ©rents, tout comme deux Voyageurs Ă r'rivent nux mĂȘmes lieux aprĂšs avoir parÂŹ couru deux routes tout-Ă -fait opposĂ©es. ÈXERClÚÈ pnRASÈOLOGÏQVE, Laisser quelqu'un dans le besoin. Laisser quelqu’un Ă»ĂŒ besoin. Ingrat'envers Dieu. Ingrat Ă  sa patrie. Ne TOUS montrez jamaĂ» devant mot. Montrez-vous Ă  mĂŽi tel que voua ĂȘtes;
( ) «*» W DCCXXXIX. ;-©eA300 De MIS A LA PLACE DE d, Ă  coMse de, avec, entre, par, pour, depuis. . De POtR Ă . Mes transports aujourd’hui s'attendaient d’éclater. Vous n'ĂȘtes pas encore Ă©chappĂ© de sa rage. (Racine.) ^ (Racine.) De POUR Ă  cause de. DĂ©jĂ  Priam pĂąlit; dĂ©jĂ  Troie en alarmes Redoute mon bĂ»cher, et frĂ©mit de vos larmes. (Racine.) Evrard a beau^gĂ©mir du repas dĂ©sertĂ©, Lui-mĂȘme est au barreau par le nombre emportĂ©. (Boileau.) De POUR avec. 0 jour heureux pour moi I De quelle ardeur j’irais reconnaĂźtre mon roi! (Bacine.) De quelle noble ardeur pensez-vous qĂŒils se rangent Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux ? (id.) Entre nous, verras-tu d'un esprit bien tranquille Chez ta femme aborder et la cour et la ville? (Boileau.) D'un air fier et content,^sa cruautĂ© tranquille Contemple les effets de la guerre civile. (Voltaire.) De MIS POUR entre. Voyez de quel guerrier il vous plaĂźt de descendre; Choisissez de CĂ©sar, d'Achille ou d Alexandre. (Racine.) Du Troyen ou de moi faites-le dĂ©cider f Qu'il songe qui des deux il veut rendre ou garder. (Racine.) De AU HEU DE par. QjUoi! dĂ©jĂ  votre amour des obstacles vaincu... (Racine.) *4 * Ariane, ma sƓur! de quel amour blessĂ©e VousmourĂ»tes aux bords oĂč vous fĂ»tes laissĂ©e!' (W.) 0 ciel ! si mon amour est condamnĂ© de loi, Je suis la plus coupable; Ă©puise tout sur moi. (Racine.) ' Si le pĂ©cheur, poussĂ© de ce saint mouvement, Reconnaissant son crime, aspire au sacrement. (Boileau.) De AU LIEU DE pour. Ne rougis point de prendre une voix suppliante,^ Je t’avoĂ»rai de tout; je ĂŒespĂšre qĂŒen toi. ' (Racine.) Mais la postĂ©ritĂ© d'Alfane et de Bayard, Quand ce nĂ«st qu'une rosse, est vendue au hasard, Sans respect des aĂŻeux dont elle est descendue^ Et va porter la malle ou tirer la charrue. (BoilĂ©au.) De POUR depuis. Du moment que je l’ai connu, je Vai aimĂ©. (AcadĂ©mie.) Du jour que j’arrachai cet enfant Ă  la mort, Je remis en vos mains tout le soin de son sort. (Racine.) ' CĂ«st parce que tous nos faiseurs de grammaires et de dictionnaires ignorent la vĂ©riÂŹ table valeur des prĂ©positions, qĂŒils voient dans la prĂ©position de cinquante Ă  soixante mots diffĂ©rents. Cette prĂ©position ne peut jamais ĂȘtre employĂ©e pour aucune autre, et lĂ«tymologie et Tanalyse dĂ©montrent quĂ«llĂ© ĂŒa toujours que le mĂȘme sens, un sens unique. Il faut donc sĂ«ttacher Ă  retrouver ce sens unique, et non se fatiguer inutilement Ă  reÂŹ tourner de pour y voir des idĂ©es qui ĂŒy sont pas. Souvent, il est vrai, ce sens paraĂźt difficile Ă  saisir, parce que nous en sommes peu frappĂ©s au premier abord ; mais aprĂšs
" ( 785 ) I un court examen, Tanalogie et Tanalyse nous le font dĂ©couvrir et nous ramĂšnent aussitĂŽt au principe dont on semblait s’ĂȘtre Ă©cartĂ©. Au lieu de dire, comme les grammairiens, que, par exemple, dans ce vers de Racine; Vous n'ĂȘtes pas, encore Ă©chappĂ© de sa rage la prĂ©position de est pour Ă , cherchons Ă  nous rendre compte de Temploi de cette prĂ©poÂŹ sition. Or, en consultant Tusage, nous voyons qĂ Ă©chapper se metavec la prĂ©position Ă , quand signifie n’ĂȘtre pas pris, n’ĂȘtre pas saisi, n'ĂȘtre pas aperçu, etc. CĂ«st ainsi quĂ«n dit : Échapper a la fureur, a la poursuite des ennemis. Ceux qui Ă©chappaient a ses coups. (BosÂŹ suet.) — Parmi tant dĂ©placĂ©s, il n'y en eĂ»t qu'une seule qui put Ă©chappera ses mains. (Le mĂȘme.),— Les pĂ©rils Auxquels il est Ă©chappĂ©. (Massillon.) — Le ciel me rend uri frĂšre A ta rage Ă©chappĂ©. (Corneille.) Donc Racine, en disant : ' ' Vous n’ĂȘUs pas encore Ă©chappĂ© de sa rage, a ellipsĂ© la prĂ©position Ă  dont le participe Ă©chappĂ© doit ĂȘtre suivi en pareille circonÂŹ stance, comme le prouvent les exemples que nous venons de citer; son vers est donc un abrĂ©gĂ© de ; Vous n'ĂȘtes pas encore Ă©chappĂ© (aux coups) de sa rage, construction fort usiÂŹ tĂ©e en prose. Corneille n’a-t-il pas dit: Je suis seule Ă©chappĂ©e aux fureurs ie la guerre. Mais, de ce qu’il a plu Ă  Racine dĂ«llipser la prĂ©position Ă , ce serait se tromper grosÂŹ siĂšrement que de prĂ©tendre que de soit pour Ă . Il faut faire comme nous, rĂ©tablir les mots sous-entendus, et alors la pensĂ©e de Tauteur noĂŒs apparaĂźt dans tout son jour. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Deyiui* que je l’ai vu. . ' - * Du jour oĂč'je l’ai vu. Choisissez entre lui et moi. Choisissez de lui ou de moi. —N" DCCXL. «MW’-"- , En MIS a la place de Ă , selon, sur, avec, comme, de, par. En AU heu de Ă . Je sais ce qu'm ma place uu bon prince doit faire. (Corneille.) 11 Ă©crivĂźt en cour, comme nous disons nous auÂŹ tres provinciaux; ii Ă©crivait mĂȘme en parlement. (Voltaire.) J'Ă©crivis en Argos pour hĂąter le voyage. (Racine.) Je n'avais en main que ma houlette. (FĂ©nelon.) , En AU LIEU DE selon. V ■ ^ ■ I Juger en toute rigueur. (FĂ©nelon.) | En conscience, en bonne justice. (AcadĂ©mie.) I En AU LIEU DE sur. Les moins sĂ©vĂšres lois en ce point sont d’accord. (Corneille.) Le roi fĂźt son entrĂ©e dans Stockholm sur un cheval alezan, ferrĂ© d’argent, ayant le sceptre Ă  la main et la couronne en tĂȘte. (Voltaire.) An AĂŒ LIEU D’avec. Bim couvent on ennuie en termes magnifiques. (Boileau.) Rt lui-mĂ©me, marchant en habits magnifiques, Criait Ă  haute voix dans les places publiques. (Racine.) 99 /je'-., «.-.''I .-■«-'f.s
( 786 ) En AU LIEU DE comme. Je pense en citoyen, j’agis en empereur, Jo haU lo fanatique et lo persĂ©cuteur. (Voltaire.) Mais quoi! toujours la honte en esclaves nous lie, Oui, c est toi qui nous perds, ridicule fotic. (Boileau.) En POUR de. Et devant le Seigneur maintenant prosternĂ©e, Ma mĂšre en ce devoir craint d’ĂȘtre dĂ©tournĂ©e. ^ (Racine.) En tout temps la vertu sĂ«st fait estimer. (AcadĂ©mie.) En A LA PLACE DE par. Faites choix d’un hĂ©ros propre a m’intĂ©resser, En valeur Ă©clatant, en vertus magnifique. (Boileau.) Plus'sage en mon respect que ces hardis mortels Qui d’un indigne encens profanaient les auteĂŻs- (Boileau.) Pour prouver, par exemple, que en peut remplacer la prĂ©position de, les grammairiens citent ces vers de Racine : * Et devant le Seigneur maintenant prosjernĂ©e. Ma mĂšre en ce devoir craint d'ĂȘtre dĂ©tournĂ©e. On a bien raison de dire que fo routine est Thabilude sans jugement, car si les gramÂŹ mairiens s’étaient donnĂ© la peine de rĂ©flĂ©chir un instant, ils auraient senti que en est bien ici pour en et non pour de. En effet, il y a une grande diffĂ©rence, selon nous, entre ma mĂšre craint d'ĂȘtre dĂ©tourÂŹ nĂ©e DE ce devoir, et ma mĂšre en ce devoir craint d'ĂȘtre dĂ©tournĂ©e. Dans ie premier cas, on fait entendre que ma mĂšre craint d’ĂȘtre sans cesse distraite de ce devoir au point de ne pouvoir jamais l’accomplir: dans le second cas, au contraire, le poĂšte nous repré sente cette mĂšre au moment mĂȘme oĂč elle accomplit ce devoir; il nous la montre devant le Seigneur maintenant prosternĂ©e. Il ne peut donc entrer dans sa pçnsĂ©e de nous dire que cette mĂšre craint d’ĂȘtre dĂ©tournĂ©e de ce devoir, puisqu’elle l’accomplit. Il veut nous donner Ă  entendre quĂ«lle craint d’ĂȘtre distraite pendant qĂŒelle accomplit ce mĂȘme devoir. Aussi est-ce pour celte raison que le fils de Joad, Zacharie, dĂ©fend Ă  Mathan l’approche du temple oĂč se trouve sa mĂšre, et qĂŒil lui dit : TĂ©mĂ©raire, oĂč voulez-vous passer? Au-delĂ  de ce lieu gardez-vous d’avancer : CĂ«st des ministres saints la demeure sacrĂ©e. Les lois Ă  tout profane en dĂ©fendent l’entrĂ©e. Ainsi, prĂ©tendre que dans le vers de Racine en remplace de, cĂ«st dire que d'ĂȘtre dé tournĂ© pf un devoir et ĂȘtre dĂ©tournĂ© pendant un devoir, pendant qu'on accomplit un devoir, c’est la mĂȘme chose l EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE, K Avoir Ă  la main. Avoir un tnain. ' N" DCCXXI. \ ‱ Pour REMPLAÇANT de, comme, envers, contre, quant Ă , en la place de, au heu de Pour REMPLAÇANT comme. Vous ne comptez pour rien les pleurs de BĂ©rĂ©nice. (Racine.) Il fut laissĂ© ^ottr mort sur le champ de bataille. (AcadĂ©mie.) Donner de mauvaises pointes pour des traits dĂ«sprit. (EncyclopĂ©die.) Tenez pour certain qu’il ne rĂ©ussira pas. (AcadĂ©mib,)
( 787 ) Pour AU HEU u'envers On passe pour un monstre quand on manque de reconnaissance pour son pĂšre ou pour un ami de qui on a reçu quelques secours. (FĂ©nelon.) La fidĂ©litĂ© pour les hommes et la crainte pour les dieux. . (FĂ©nelon.) Pour REMPLAÇANT cofitre. On n'a point pour la mort de dĂ©pensÂź 6e Rome. " La saignĂ©e est bonne pour la pleurĂ©sie (Grand Vocabulaire français.) (MoliĂšre.) Pour AU LIEU DE quant Ă . Pour moi, je crains les dieux. (FĂ©nelon.) Pour moi, j'ai toujours vu les honnĂȘtes gens asÂŹ sez tranquilles, mais les fripons assez alertes. (Bern. de Sainx-Piebre.) Pour SIGNIFIANT en la place de, aulifu de. J’ai fait cette rĂ©ponse pour vous. Il monta la garde pour moi. (AcadĂ©mie.) , (Grand Vocabulaire français.) Les grammairiens prĂ©tendent encore, Tant les vieux prĂ©jugĂ©s fascinent leurs regards ! que, comme ses sƓurs, la prĂ©position pour tient la place d’une foule d’autres mots. Ainsi, selon eux, les prĂ©positions seraient comme des sentinelles qui se remplacent tour Ă  tour, et dont l’une peut bien faire les fonctions de Tautre. Mais comment ne se seraient- ils pas trompĂ©s sur ce point, eux qui se sont trompĂ©s sur presque tous les autres, ainsi qĂŒon a dĂ» le voir dans notre ouvrage, qui est comme l’inventaire de leurs erreurs, de leurs bĂ©vues, de leurs extravagances? Ils ont constamment errĂ©, parce que, suivant Ta- veugle routine, ils ne se sont occupĂ©s que du matĂ©riel du langage, et qĂŒayant consiÂŹ dĂ©rĂ© simplement la place que les mots occupent, et non les idĂ©es qĂŒils marquent, ils ont cru reconnaĂźtre que les uns tenaient la place des autres. C’est-surtout TignorĂąnce de Tellipse, une des plus simples et des pltis frĂ©quentes figures de la grammaire, qui les a jetĂ©s dans ce chaos. De* ce que Tusage permet de dire pour VordinairĂ©, vite les grammairiens d’en conÂŹ clure que dans la phrase suivante de Massillon, et autres semblables ; Les hommes n'admirent ordinaire que les grands Ă©vĂ©nements, la prĂ©position de tient la place de la prĂ©position pour. Pauvres gens 1 comme il faut peu de. chose pour leur faire prendre le change! Parce qĂŒil a plu Ă  Massillon de supprimer quelques mots dans sa phrase, de nĂ«st plus pour rfe. Quelle Ă©trange idĂ©ologie, et que Montaigne parlait sensĂ©ment quand il disait; <( À la mode de quoi nous sommes instruits, il n'est pas merveille, si les Ă©coliers ni les mai-, trĂšs n'en deviennent pas plus habiles. « Mais, pour Dieu, messieurs les grammairiens, au lieu de vous marteler le cerveau pour trouver de quel mot la prĂ©position de occupe la place dans la phrase que nous venons de citer, cherchez donc plutĂŽt Ă  en connaĂźtre la vĂ©ritable valeur, et vous verrez que celte expression : Les hommes n admirent d'ordinaire, est une expression elliptique, et que cĂ«st un abrĂ©gĂ© de : Les hommes*(dans le cours) de (Tusage) ordinaire n'admirent f etc. \ - Il n’y a donc aucune espĂšce d’analogie, sous le rapport de la construction, et non sous celui du sens, qui est exactement le mĂȘme, entre ces deux expressions pour l'ordiÂŹ naire et d'ordinaire ; et il faut vraiment aimer Ă  se repaĂźtre de chimĂšres pour rapproÂŹ cher des choses aussi hĂ©tĂ©rogĂšnes. Mais les grammairiens ne sont pas gens Ă  y regarder de si prĂšs.
. .f ■ { 788 ) EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. D’ordinaire. ■Grmpter comme rien. Manquer de reconnaiiisaiice envers quelqu’un. Four l’orilinaĂźre. Compter pour rien. Manquer He reconnaissance pour son hĂŻenfaĂŻtoar* N“ DCCXLIJ. < >e>©oo— Sows EMPLOYÉ pouu moyennant ft'devant. Sous POÜR moyennaĂźit. Sous ces conditions. (Corneille.) Sous le bon plaisir des Ă©tats. — 5oms celte resÂŹ triction. (Grand Vocabulaire français.) Sous POÜR devant. Lq comte Fleming, grand homme de guerre et de cabinet, etleLiyonien Patklu, pressaient tous deux le siĂšge de Riga, sous les yeux du roi. (Voltaire.) Tout parle au souverain de sa puissance, tout lui met sans cesse sous Toeil sa gloire et sa puissance. (Massillon.) Encore une fois, soMsëàt pour sous, et ne tient la place d’aucun autre mot. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE, Moyennant le bon plaisir. Sous le bon plaisir. N" DCCXLIII. Sur MIS POUR avec, dans, Ă , au-dessus, contre, par-dessus, quant Ă . Sur POUR avec, dans. Et que, les' clefs en main, sur ce seul passeport, Saint Pierre Ă  tous venants devait ouvrir d’abord. (Boileau.) Un roi sage, ainsi Dieu l’a prononcĂ© lui-mĂȘme. Sur la richesse et l’or ne met point son appui. (Racine.) Sur POUR Ă . Hercule, respirant sur le bruit de vos coups, DĂ©jĂ  de son travail se reposait sur vous. (Boileau.) DĂ©jĂ  on nous menait sur le tombeau d’Anchise. (FĂ©nelon.) Sur POUR au-dessus, contre. Ces vents, depuis trois mois enchaĂźnĂ©s sur nos tĂštes, D’Uion trop longtemps vous ferment le chemin. (Racine.) Combien je vais sur moi faire Ă©clater de haines ! (Racine.) Sut au lieu de par-dessus, quant Ă . Figure-toi Pyrrhus, les yeux Ă©tincelants, Sur tous mes frĂšres morts se faisant un passage, Et de sang.tout couvert, s’échauffant au carnage. (Racine.) Je vois qĂŒun fils perfide, Ă©pris de vos beautĂ©s, Vous a parlĂ© d’amour, et que vousl’écoutez. Je vous jette sur lui dans des craintes nouvelles. (Racine.) Sur POUR sous. Le roi, autorisĂ© par les lois de l’état, ordonne, sur peine de la vie, Ă  tous les gentilshommes de monter Ă  cheval. (Voltaire.) ĂŒne ancienne loi, sacrĂ©e parmi les Moscovites, leur dĂ©fendait, sous peine de mort, de sortir, de leur pays sans la permission de leur patriarche. (Voltaire.)
. ( 789 ) Sur n’a rien Ă  faire avec les prĂ©positions avec, dans, Ă , contre, etc., etc. Ces mots sont destinĂ©s Ă  marquer des rapports distincts, et qĂŒil nĂ«st pas permis de confondre. ♩ » EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Sur son passeport on le laissa passer. Mettre son appui snr l’or. OBSERVATIONS SUR L’EMPLOI DE PLUSIEURS PRÉPOSITIONS. N” DCCXLIV DIFFÉRENCE GÉNÉRALE ENTRE en ET daUS. En. LĂ«ffronterie, en France, est un vice Ă  la mode : Rien nĂ«stplus nĂ©cessaire, etriennĂ«stplus commode. (Lafont.) Les jeunes veaux sauvages, que Ton enlĂšve Ă  leur mĂšre aux Indes et en Afrique, deviennent en trĂšs- peu de temps aussi doux que ceux qui sont issus de races domestiques. (Buffon.) En, AmĂ©rique, ce sont des bisons qui ont une bosse sur le dos. " {Id.) LĂ«sprit nĂ«st point du tout ce qĂŒil faut en mĂ©nage. (MoliĂšre.) Toute ruse est permise en amour comme en guerre. (Collin d’Harleville.) Qu’on ne me vante plus FĂ©clat de la gaĂźtĂ©; Rien n’égale en pouvoir les pleurs de la beautĂ©. (Langue.) Dans. Dans la France un Martel, en Espagne un PĂ©lage; Le grand LĂ©on dans Rome armĂ© d’un saint courage. (Voltaire.) Dans toute VAfrique, 'dans tout le continent oriental, les bƓufs sont bossus, parce qu’ils ont portĂ© de tout temps des fardeaux sur leurs Ă©paules. (BĂŒffon.) Le bƓuf Ă©tait absolument inconnu dans VAmé rique mĂ©ridionale. (Jd.) Dans un mĂ©nage il faut de petites querelles. (Collin d’Harleville.) Quelque avantage, ami, qu’on cherche dans la [guerre. Compense-t-il les maux quĂ«lle apporte Ă  la terre ? (Lemierre.) HansiepoMvot’rattribuĂ© aux intendants, Louis XV fit des changements dĂ©sirĂ©s. (Anquetil.) En ui dans ont ceci de commun, qĂŒils indiquent tous les deux une. idĂ©e d’intĂ©rioÂŹ ritĂ© ; et ceci de particulier, que la prĂ©position en se met devant des noms indĂ©finis, et la prĂ©position dans devant des noms dĂ©terminĂ©s. On dit donc avec en\ En France, en Afrique, en AmĂ©rique, en mĂ©nage, en guerre, etc. ; et avec dans: Dans la France, dans VAfrique, dans l'AmĂ©rique, dans un mĂ©nage, dans la guerre, etc. On verra dans le nuÂŹ mĂ©ro suivant que en et dans peuvent aussi quelquefois s’employer 1 un pour Tautre avec des noms dĂ©terminĂ©s. Il faut bien faire attention quand on emploie dans ou en; car souvent le sens est difÂŹ fĂ©rent : Etre en campagne, en maison, en Ă©pĂ©e; en robe, n’est pas la mĂȘme chose qu'ĂȘtre dans la campagne, dans la maison, dans VĂ©pĂ©e, dans la robe. L’usage et les dictionnaires feront connaĂźtre ces diffĂ©rences. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Être en pays Ă©tranger. Voyager en France. Aller en AmĂ©rique. Être en bonne compagnie. Cette femme est belle en dĂ©shabillĂ©- Être dans un pays Ă©tranger. Voyager dans la France. Aller dans l’ÂmĂ©rĂźqne mĂ©ridionale. Vivre dans une bonne compagnie. Cette femme est belle dans ce dĂ©shabillĂ©.
( 790 ) ' N“ DCCXLV. t En ET dans employĂ©s avec des noms hËTEDMlNÉS En. Le peuple, en es qdi flatte ou choque sa manie, Trouve de la justice ou de la tyrannie. (CrĂ©billon.) Un bon mot en ce siĂšcle est un fort argument, (De Bernis.) En un cƓur gĂ©nĂ©reux, de remords combattu. La honte de la chute affermit sa vsrtu. (Lafosse.) . . . En UNE AME bien faite, Le mĂ©pris suit de prĂšs la faveur qĂč’on rejette. (MoliĂšre.) Je sais quel est le peĂčple: on le change en ĂŒn jour, (Voltaire.) Le mĂ©rite a toujours des charmes Ă©clatants. Et quiconque peiit tout est aimable en tout temps. (Corneille.) Il ne faut point avoir de mollesse en sa vie. (Regnard.) ‘ DĂ©risse le mortel, pĂ©risse lĂ« cƓur bas. Qui, portant dans ses mains le destin des Ă©tats, Plein des vils sentiments que l’intĂ©rĂȘt inspire, Immole Ă  sa grandeur le salut d’un empire. (Saurin.*) Le cƓur des mortels n’est point fait pour le crime, Et dĂšs. qu’Ü est coupable, il n'a pour sĂ« juger QĂŒĂ  descendre en ldi-mĂȘme, et qu’a s’interroger. ‱ (Ducis.) I! nĂ«st pas rare, quoi qĂŒĂ«n pense Lemare, que les Ă©crivains,fassent usage de la pré position en aussi bien que de la prĂ©position dans avec des noms* dĂ©terminĂ©s. On peut dire, et nos exemples en font assez foi, puisque nous nous sommes attachĂ©s Ă  trouver le mĂȘme complĂ©ment pour chaque prĂ©position, en tout ce qui flatte ou dans tout cc qui flatte, en ce siĂšcle ou dans ce siĂšcle, en un cƓur gĂ©nĂ©reux ou dans un cƓur gĂ©nĂ©reux, ennotre Ăąme ou dans notre Ăąme, en un jour ou dans un jour, etc., etc. Dans. i L’égoĂŻste ne voit dan# tout ce qu’on appelle belles actions que des traits de dupe: (Lacretelle Ă Ăźnd.) Dans ce siĂšcle coupable Ă  quoi sert la vertu ? (Db Belloy.) Les grandes passionsnaissentdansunGRAND coeur, Qui les sent fortement sait en ĂȘtre.vainqĂźieur, (De Belloy.) Il est des souvenirs qui portent dans notre ame ‱ Une douce langueur, un charme attendrissant. (Demoustier.) , . , Tout soldat est grand dans un jour de vic- (La Harpe.) [toire. Sachez que dan# un temps si funeste au devoir. OĂč rien ri’cnrichit mieux que lĂ« crimeĂ«i le vice, La pauvretĂ© souvent est un heureux indice. (Fabre ĂŒĂ‰glantine.) , . . Dans LÀ VIE humaine, Le bonheur, tĂŽt ou tard, fait oublier la peine. (Collin d’Uarleville.) L’homme intrĂ©pide et ferme en ses vastes desseins Tient toujours,'quand il veut, la fortune en ses Et des Ă©vĂ©nements il sait se rendre maĂźtre, [mains. Le faible les attend; uu grand coeur les fait naĂźtre. (Blin de Sain moue.) . . . Nos plaisirs les plus doux Naissent de notre cƓur, se puisent dans nous-mĂȘmes. (Ducis.) EXEnCÏÇE PHRASÉOLOGIQÜE. ÂŁn ce moment. En na an. Dans ce moment. Dans un an. ÂŁn cette circonstance. En un siĂšcle. Dans cette circonstance. Dans un siĂšcle. W DCCXLVI. OB Dans ET Ă  comparĂ©s. OOOO— Dans. Eli ! qui peut pĂ©nĂ©trer dans le cƓur des humains ? (Saurin.) Au fatte dĂŒ bonheur on pousse des soupirs, Et l’amertume nait dans le sein des plaisirs. (Longepierre.) H. Tant d’espoir nĂ«ntre point aux cƓurs des malheu- (CrĂ©billon.) [reux. Je plains le ccĂȘĂŒr siiperhe aw sein de la grandeur; Il n’aura point d’amis dans les jours du malheur. (GhĂ©nier.)
( 791 ) S’il est un sort heĂŒrĂ©iit, c’ert celui dĂ«n'Ă©poĂŒi Qui rencontre Ă  la fois dans l’objet qui l’enchante Une Ă©pouse chĂ©rie, une amie, une amante : Quel moyen de n’y pas fixer tous ses dĂ©sirs I li trouve son devoir dans le sein des plaisifs. (La ChaussĂ©e.) ' L’encensĂŽir est ici dans la main des bourreaux. (Leuierre.) L’irinocĂ©iit condamnĂ© par des jugĂ©s cĂŽĂ»pĂ bles, Sous leĂŒr indignĂ© arrĂȘt tombant dĂ©sespĂ©rĂ©. Va soulever contre eux le tribunal sacrĂ© ; 11 paeurt comblĂ© de gloire au sein de i'infamie. (ChĂ©nier.) La faveur d’un Ă©crit laisse aux mains d’un amant Des tĂ©moins trop constants de noire attachement. (MoliĂšre.) Ces citations nous prouvent que souvent dans les mĂȘmes circonstances on emploie la prĂ©position dans ou la prĂ©position Ă ; cela a lieu surtout en poĂ©sie, quand la mesure le rend nĂ©cessaire. On peut dire : Entrer dans le cƓur ou au cƓur des malheureux; naĂźtre dans le sein ou au sein de la grandeur ; laisser dans les mains ou aux mains de quelÂŹ qu'un, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Voir dans le fond des choses. Lire dans le cƓur de quelqu’un. Mourir dans le moment du bonheur. Voir au fond des choses. Lire.au cƓur de quelqu’un. Mourir au moment du bonheur. ^9 DCCXLYII. AuprĂšs de, au prix dei AuprĂšs de. La femme est l’amie naturelle de l’homme, et toute autre amitiĂ© esl faible ou suspecte auprĂšs de celle-lĂ . ' (De Donald.) Que senties peines du corps auprĂšs des tourments de i'Ă me! Quel feu peut ĂȘtre comparĂ© Ăąu feu des remords 1 (Chateaubriand.) Parmi les cris du sang l’amour en vain murmure; Que sont les passions auprĂšs de la nature? (De Bellot.) , MaĂŻs un gueux qui n’aura que l’esprit pour son lot, AuprĂšs d’unhommenche,Ă moDgrĂ©, nĂ«stqĂŒunsot. /Demoustier.) La terrĂ© n’est qĂŒun point auprĂšs du reste de l’uÂŹ nivers. (Marmontel.) Tous les ouvrages de l'homme sont vils et grosÂŹ siers auprĂšs des moindres ouvrages de la nature, auprĂšs d’un brin d’herbe, de l’oeil d’une mouche. (Marmontel.) Au prix de. Que l’homme revenu Ă  soi considĂšre ce qu'il est au prix de ce qui est. (Pascal.) ' » Que l’homme considĂšre cette Ă©clatante lumiĂšre mise comme une larrine Ă©ternelle pour Ă©clairer l'uÂŹ nivers; que la terre lui paraisse comine un point au prix du vaste tour que cet astre dĂ©crit. [Id.) Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n’enfantons que des atomes au prix 4e la rĂ©alitĂ© des choses. {Id.) .. . BientĂŽt son hĂŽtesse nouvelle, Le prĂȘchant, lui fit voir qĂŒil Ă©tait du prix d’elle Un vrai dissipateur, un parfait dĂ©bauchĂ©. (Boileau.) L’intĂ©rĂȘt n’est rien au prix du devoir. (Marmontel.) Je compte pour rien les infirmitĂ©s qui me rendent mourant, au prix de la douleur de n’avoir aucune nouvelle de madame de Warens. (J.-J. Rousseau.) AuprĂšs de, au prix de, sont des expressions qĂŒi servent Ă  Ă©tablir une comparaison entre deux objets, et qui marquent chacune une vue particuliĂšre de lĂ«sprit. Il faut mettre auprĂšs de toutes lĂšs fois quĂ«n comparant deux choses entre elles, on veut faire ressortir leur diffĂ©rence en les plaçant rĂ©ellement ou idĂ©alement Ă  cĂŽtĂ© Tune de l’autre, abstraction faite de leur valeur respective. Cette maison est grande auprĂšs DÉ la vĂŽtre, la terre est petite auprĂšs du soleil. Mais on doit prĂ©fĂ©rer au prix de si, dans les deux objets que Ton compare, on veut surtout montrer la diffĂ©rence qui existe entre eux sous le rapport de leur valeur, de leur mĂ©rite intrinsĂšque; on dira donc. Cette maison ne vaut rien au prix de la mienne; l'intĂ©rĂȘt n'est rieĂŒ au prix de la vertu. En effet, en sĂ«xprimant ainsi, on a dans la
( 792 ). pensĂ©e que telle maison a pour vous plus de prix que telle ou telle autre ; que la vertu a pour vous plus de prix que TintĂ©rĂ©t. Au surplus, ori peut voir, en se reportant aux exemples qui prĂ©cĂšdent, que si les deux objets en comparaison Ă©veillent indiffĂ©remment TidĂ©e de prix ou de proximitĂ©, le choix dĂ©pend alors de TĂ©crivain. Lemare nous paraĂźt avoir commis une double erreur en avançant qĂŒaw prix de se trouve rarement dans les auteurs, et qĂŒil importe peu, dans Temploi de cette locution,* qu’il y ait ou non valeur entre les objets comparĂ©s. f ' , - EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Votre mal n’est rien auprĂšs du Le cuivre est .vil au prix de l’or. Cette remme est blanche auprĂšs Cette bague n’est rien au prix de ce sien.' > de cette autre. diamant. N” DCCXLVni. <*>»— 4 PrĂšs de, prĂȘt Ă , prĂȘt de. PrĂšs de. Je voudrais que tout homme public, quand il est prĂšs de faire une grosse sottise, se dtt toujours Ă  lui-mĂšme : L'Europe te regarde! (Voltaire.) Qui n’est pas gĂ©nĂ©reux est bien prĂšs d’ĂȘtre injuste. (Royou.) On ne connaĂźt l’importance d'une action que quand on est prĂšs de l’exĂ©cuter. (La Fontaine.) Jour et nuit un bomme de mer est le jouet des Ă©lĂ©ments ; le feu est toujours prĂšs de consumer son vaisseau, l’air de le renverser, l’eau de le submerÂŹ ger, et la terre de le briser. (Bern. bb Saint-Pierre.) Ün conjurĂ© qui tremble est bien prĂšs de pĂ©rir. (ChĂ©nier.) * . PrĂȘt Ă . Les Noirs, avec une piĂšce d’étoffe autour des reins, une lance Ă  la main et un cimeterre au cĂŽtĂ©, sont prĂȘts Ă  tout, en paix comme en guerre.. (Bern. de Saint-Pierre.) Quelle mĂšre PrĂȘte Ă  perdre son fils, peut le voir et se taire? (V9LTAIRE.) La mort ne surprend pas le sage; Il est toujours prĂȘt Ă  partir. (La Fontaine.) Ah! qu’aisĂ©ment un fils trouve le cƓur d'un pĂšre PrĂȘt, au moindre remords, Ă  calmer sa colĂšre l : (Th..Corneille.) C’est pour tous les humains (la religion) la mĂšre la [plus tendre, Et son'cƓur en tout temps est prĂȘt Ă  nous entendre. (ChĂ©nier.) L’amour d’un musulman est un amour impie, Toujours prĂȘt, dans sa rage, Ă  dĂ©truire l'autel OĂč son respect brĂ»lait un encens solennel. (Langue.) PrĂȘt de. Nous Ă©tions prĂȘts d'arriver quand la curiositĂ© me prit. (Montbsqdieu.) NĂ©restan ne revenait pas de France. ZaĂŻre ne voyaifqu’Orosmane et son amour : elle Ă©tait prĂ©fe d’épouser'le sultan lorsque le jeune Français arriva. (Voltaire.) Le cƓur nĂ«st quĂ«ffleurĂ©, pour l’ordinair.e, des plaintes d’une amante; mais il est profondĂ©ment attendri de la douloureux situation d’une mĂšre prĂȘte de perd/fe son fils.- (/d.) M. MĂ©nius et Q. PĂ©tilius, quoique tous deux triÂŹ buns du peuple, reprĂ©sentĂšrent qĂŒil fallait comÂŹ mencer par sĂ©parer les intĂ©rĂȘts du peuple de ceux de Maniius; qĂŒils Ă©taient prĂȘts de se rendre ses accusateurs, comme d’un homme qui affectait la tyrannie. ^ (Vertot.) Qu'on rappelle mon fils, qĂŒil vienne se dĂ©fendre, QĂŒil vienne me parler, je suis prĂȘt de l’entendre. (Racine.) Et les chefs de TĂ©tat, tout prĂȘts de prononcer, Me font entre nous deux l’honneur de balancer. (Voltaire.) Ils se craignent l’un l’autrĂ©; et tout prĂȘts d’éclater, Quelque intĂ©rĂȘt secret semble les arrĂȘter, [Id.) Ce peuple, qui tant de fois a rĂ©pandu son sang pour la patrie, est encore prĂȘt de suivre les consuls. (Vertot.) Leur avarice, leur orgueil, les porteront Ă  peindre les Marattes comme des voisins inquiets toujours prĂȘts d’envahir Bombay. ^Raynal.)
( 793 ) ' - ' k PrĂšs de, prĂȘt Ă , prĂȘt de, sont trois expressions qĂŒil ne faut pas confondre, du moins les deux premiĂšres. ■ - PrĂšs de signifie 5wr le point de; prĂȘt Ă  signifie disposĂ©, prĂ©parĂ©, rĂ©signĂ© Ă ; prĂȘt de est employĂ© dans les deux sens, ainsi que l’attestent nos exemples appuyĂ©s de TautoritĂ© des meilleurs Ă©crivains. Croit-on que cela arrĂȘte Lemare? Nullement. Lemare ne veut pas de prĂȘt de, et parlant il condamne avec Laveaux toutes les phrases oĂč cette locution est employĂ©e. Vantez-vous donc aprĂšs cela, Lemare, d’avoir fait la Grammaire des auÂŹ teurs, vous qui semblez prendre Ă  tĂąche de les censurer, et souvent injustement, comme dans cette circonstance I Ce qu’il y avait Ă  dire de raisonnable Ă  cet Ă©gard, Boniface Ta dit, et nous ne ferons que le rĂ©pĂ©ter aprĂšs lui. PrĂȘt de est peu usitĂ© aujourd’hui ; mais ce nĂ«st'point une faute : on trouve cette expression dans tous les bons Ă©crivains du siĂšcle de Louis XIV. D’ailleurs Tanalyse peut la justifier. PrĂȘt de T entendre est ellipÂŹ tique, et la construction pleine est: PrĂȘt (d Vacte, Ă  Vaction) de Ventendre. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. Pria de parler. PrĂȘt Ă  parler. , PrĂšs de rnonm. PrĂȘt Ă  monrir. PlrĂši de frapper. ’ PirĂȘt Ă  frapper. PrĂšs d’éclater. PrĂȘt Ă  Ă©clater. N‘ DCC3XIX. ÂuprĂšs de, prĂšs de. AuprĂšs de. Tout semblait, je Tavoue, esclave auprĂšs de lui, (Voltairb.) Âh I si la solitude est douce en elle-mĂȘme. Je sens quĂ«lle est plus douce auprĂšs de ce quĂ«n aime. (Collin ĂŒHarleville.) . Au sein de ses amis, auprĂšs de ses-parents, Les plaisirs sont plus doux et les malheurs plus (Delille.) [grands. 0 P Le bel esprit s’éclipse auprĂšs de la raison. (Arnault.) Le pavillon d’Antoine est auprĂšs du rivage. (Voltaire.) PrĂšs de, 11 restaU prĂšs de lui ceux dont la tendre enfance N’avait que la faiblesse et des pleurs pour dĂ©fense. (Voltaire.) Sa voix (de la nature) trop rarement se fait entendre [aux rois, Et prĂšs des passions le sang n’a point de droits. Ud.) De ses destins, Nadab, votre esclave incertaine Accourt Ă  votre voix prĂ©s de cette fontaine. (Chateaubriand.) Seigneur, CicĂ©ron vient prĂšs de ce lieu fatal'. (Voltaire.) ^ Ces deux locutions prĂ©positives awj^rĂšs de eiprĂȘs de expriment Tune et Tautre une idĂ©e de proximitĂ©, soit au propre, soit au figurĂ©, et bien qu’elles soient employĂ©es presque arbitrairement, ‘surtout en poĂ©sie, on peut dire que auprĂšs indique gĂ©nĂ©ralement un plus Ă©troit voisinage. Ainsi, demeurer prĂšs de V Ă©glise, c’est y demeurer Ă  quelque distance; demeurer auprĂšs de VĂ©glise, c’est y demeurer tout Ă  cĂŽtĂ©. Dans le discours familier on peut supprimer la prĂ©position de dans prĂšs de, si le comÂŹ plĂ©ment est de plusieurs syllabes. On dit encore : PrĂšs le Luxembourg, prĂšs Saint-Roch, prĂšs la fontaine. Cette ellipse est entiĂšrement consacrĂ©e dans les expressions suivantes : Ambassadeur prĂšs la cour d'Espagne, Passy prĂšs Paris, etç. On ne doit pas aujourd’hui so servir de prĂšs de dans le sens de en comparaison de, et ainsi ce passage de Racine n’est pas Ă  imiter : Pour vous rĂ©gler sur eux, que sont-ils prĂšs de vous? En pareille circonstance, on dit auprĂšs de. Voyez auprĂšs de et au prix de comparĂ©s. 100
lĂŻ ester ftwprfes de quelqu'un. f 794 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Demeurer prĂšs do quelqu'un. Solliciter auprĂšs de quelqu’un. Venir prĂšs de quelqu'un. r DCCL. ««*».« AprĂšs ET d'aprĂšs. AprĂšs. ' En courant aprĂšs le plaisir, on attrape la douleur. (Montesouied.) La gloire est plus solide aprĂšs la calomnie, Et brille d’autant mieux qĂŒelle s’en vit ternie. (Corneille.) ... AprĂšs la bienfaisance, . Le plus grand des plaisirs, cĂ«st la reconnaissance^ (De BĂ«Iloy.) La raillerie est belle aprĂšs une victoire; On la fait avec grĂące, aussi bien qĂŒavec gloire, (Corneille.) L’amour nĂ«st que plus doux aprĂšs ces dĂ©mĂȘlĂ©s, Et lĂ«n s’en aime mieux de s’ĂȘtre un peu brouillĂ©s. (Quinault.) D’aprĂšs. L'hĂŽtnme ĂŒa rien imaginĂ© de lui*mĂȘme, et il ĂŒa dĂ©veloppĂ© son intelligence que d’aprĂšs celle de la nature. (Bern. de Saint-Pierre.) Il faut apprĂ©cier les systĂšmes d’aprĂšs leur inÂŹ fluence sur es peuples; quelle nation moderne peut se dire au-dessus des Grecs et des Romains? (J.-J. Rousseau.) t Faute de bas, passant le jour au lit, Sans couverture, ainsi que sans habit, Je fredonnais des vers sur la paresse : D’aprĂšs Chaulieu je Vantais la mollesse. (Voltaire.) AprĂšs exprime une pure et simple idĂ©e de postĂ©rioritĂ© : aprĂšs Ăźe plaisir, aprĂšs la caÂŹ lomnie, APRÈS unevict&ire, etc. D'aprĂšs, outre la postĂ©rioritĂ©, indique encore une idĂ©e de cause, d’origine: d’apbĂšs la nature, d'aprĂšs l'influence des systĂšmes, etc. Quand BerÂŹ nardin de Saint-Pierre dit que Thomme a dĂ©veloppĂ© son intelligence d’aprĂšs celle de la nature, il fait entendre non seulement que Tune est arrivĂ©e aprĂšs Tautre/ mais aussi que la seconde a servi de prototype Ă  la premiĂšre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Kaciue est venu aprĂšs Corneille. On jugo des choses d’aprĂšs ka thaniĂšre de voir. DCCLI. Jmnt, devant. Avant. ... Dans ce pays-lĂ  (la cour), mon neveu, sois certain Que, fĂ»t-on Ă©veillĂ© longtemps avant l’aurore. En arrivant, on trouve encore 'D’autres gens levĂ©s plus matin. (Imbert.) Ces gens, auanf l’hymen, si fĂącheux et critiques. DĂ©gĂ©nĂšrent souvent en maris pacifiques. (MoliĂšre.) Un minisire honnĂȘte homme et qui fait son devoir Fst lui-mĂȘme accablĂ© sous un si grand pouvoir: Quoique avant le soleil tous les jours il se lĂšve. Jusqu'Ă  ce qĂŒil se couche il ĂŒa ni paix pi trĂȘve. (Boursault.) Devant. Eh ! si de la vertu, premier de leurs bienfaits. Un prĂ©cipice affreux sĂ©pare les forfaits, Le remords franchissant c^ intervalle immense, Devant cesdieux, peut-ĂȘtre, est encor l’innocence. (ChĂ©nier.) ... Si je connais bien ce. Dieu, mon seul appui, Les cultes diffĂ©rents sont Ă©gaux devant lui. ' {td.) L’infortune, en secret se nourrissant de pleurs, Saura qu’il est un Dieu, tĂ©moin de ses douleurs, QĂŒil faut se rĂ©signer devant la Providence; Et qĂŒii n’est jamais temps de perdre l’espĂ©rance. [Id.) Avant et devant marquent tous les deux une idĂ©e d’antĂ©rioritĂ© ; mais ce qui les cĂąrac-
( 795 ) lĂ©rise, cĂ«st qu'avant a gĂ©nĂ©ralement rapport aĂŒ temps, et devant au lieu. Dans les exemÂŹ ples qui prĂ©cĂšdent, devant signifie en face, en prĂ©sence de. On peut dire, suivant les vues de lĂ«sprit : je marche avant vous ou je marche devant vous. Dans le premier cas, on exprime une idĂ©e de prĂ©sĂ©ance, une prioritĂ© d’ordre ; dans le second cas, on fait entendre simplement une idĂ©e de situation. On dit quĂ«ii marche plutĂŽt devant qĂŒaprĂšs. Ce raisonnement est applicable Ă  tous les cas semblables. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ' Venir au monde avant quelqu’un. Se plarcr avant quelqu’un, ‘Les rois marchent avant les princes. L’adjeclif se met avant le suhslantif. Venir se placer devant quelqu’un. Trembler devant la justice divine. Les rois marchaient devant les princes. L’ajectii se met devant lea substantifs. ^ DCCLII. Éntre, parmi. aS^DOooo-'.' Entre. Un magistrat intĂšgre peut se trouver placĂ© entre la haine d’un preniier ministre et le mĂ©pris de la nation ; mais il ne peut balancer. (Malesherbes.) SĂŽn Ă©poux la retient tremblante entre ses bras. (Voltaire.) Ainsi donc ce malheureux enfant Retombe entreses mains etmeurtprĂȘsque eanaĂźssant. ■ {Jd.) Parmii Parmiles cris dĂŒ sang, Tamour eri vain murmure; Que sont les passions auprĂšs dc la nature? (De Belloy.) Ahl parmi ces flatteurs, Ă©mules d’infamie, Une tĂȘte innocente est bientĂŽt ennĂ©inle. (ChĂ©nier.) Que la loi rĂšgne seule, et fonde parmi nous Le bonheur de TĂ©tat sur la grandeur de tous. {Id.) Il fautpdrm le monde une^ertĂŒ traitable; A force de sagesse on peĂŒt ĂŽĂźra blĂąmable. Entre sĂ«mploie quand il nĂ«st question que de deux : entre ses mains, entre ses bras, entre lui et moi. Parmi se dit dĂ«ne collection d’objets et demande toujours aprĂšs lui soit un substantif pluriel, soit un nom collectif: Parmi les hommes, parmi le monde. CĂ«st donc avec raison que Voltaire, dans ses commentaires sur Corneille, a blĂąmĂ© ce passage : Parmi ce grand amour que j’avais pour SĂ©vĂšre, J’attendais un Ă©poux de la maiu de moii pĂšfĂȘ. a Parmi ce grand amour est un solĂ©cisme, dit Voltaire. Parmi demande toujours un pluriel ou un nom collectif. » , 11 est des cas oĂč Ton peut faire indiffĂ©remment usage de entre ou de parmi quand le complĂ©ment est un pluriel ; tĂ©moin ces autres exemples : Entre. ' L’amour entre les rois ne fait pas ThymĂ©nĂ© ; ’ Et les raisons d’état, plus fortes que ses nƓuds. Trouvent bien les moyens d’en Ă©teindre les feux. (Corneille.) La haine entre les grands se calme rarement; La paix souvent n’y sert que d'un amusement. [Id.) ... Il est bien permis De brouiller entre eux ses ennemis. (Collin ĂŒâ€™Harleyille.) Parmi. Dans les grands corps on a vu de tout temps Se glisser des fripons parmi d’honnĂȘtes gens. (BoĂŒrsaĂŒlt.) ... Une juste pri^e J^amt les gens d’honneur ne se refuse guĂšre. (Scarron.),- Orbassan, qĂŒil ne soit qĂŒun parti parmi nous, Celui du bien public et du salut de tous. (Voltaire.) Une derniĂšre remarque Ă  faire, c’est qu’on n’élide pas Ve final de la prĂ©position entre 9
( 790 ) quand le mot suivant commence par une voyelle. Ainsi il faut Ă©crire entre eux, entre elles, entre autres, entre amis, etc. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Entre nous deux. Entre ces deux amis. Parmi les hommes. Parmi la foule. K DCCLin. Vers, devers. Vers. Mentor courut vers la porte de sa tente pour la faire ouvrir. (FĂ©nelon.) Le merle noir vole en sifflant vers la cerise pourÂŹ prĂ©e, et le taureau, semblable Ă  un rocher, mugit de joie Ă  la vue des prairies en fleurs. . (Bern. de Saint-Pierre.) Le papier a Ă©tĂ© inventĂ© vers la fin du quatorziĂšme siĂšcle, et rimprimerie vers le milieu du quinziĂšme. (CitĂ© par Lemare.) Devers. Plus que jamais confus, humiliĂ©, Devers Paris je mĂ«n revins Ă  pied. (Voltaire.) CĂ«st ainsi devers Caen que tout Normand raisonne. (Boileau.) / Il entendit devers le bois voisin. Bruit de chevaux et grand cliquetis d'armes. (Voltaire.) Vers ne se construit qu’avec des noms qui indiquent le lieu ou le temps : Vers la porte, vers le quatorziĂšme siĂšcle. Ce serait une faute aujourd’hui d’employer cette prĂ©position dans le sens d'envers. Devers est un coup de pinceau de plus que vers. ĂŻl a vieilli, dit-on ; il n’est point vieux quand il est bien employĂ©. C'est ainsi devers Caen, c’est-Ă -dire du cĂŽtĂ© de Caen, dans les environs de Caen. Vers Caen ne serait plus la mĂȘme chose. Devers se joint quelquefois avec la prĂ©position par, et alors il nĂ«st guĂšre d’usage qu’avec les’noms personnels; exemples ; Retenir des papiers par devers soi. (AcadĂ©mie.) Avoir le bon bout par devers soi. [Id.) 11 n'y avait guĂšre d’homme considĂ©rable qui nëût par devers lui quelque prĂ©diction qui lui prometÂŹ tait l’empire. (Montesquieu.) EXERCICE phrasĂ©ologique. Yen Paris. Vew Ly on. Vers le quatorziĂšme siĂšcle. Vers lo seiziĂšme siĂšcle. Devers Paris. Devers Caen. Par devers mnĂź. Par devers nous. N“ DCCLIY. A peine, avec peine. A peine. * Ăź.e jour naissant Ă  peine a blanchi les coteaux, (Delille, trad. de I’Éneide.) Eh bien ! vous le voulez ; vous choisissez ma haine, Vous l’aurez; et dĂ©jĂ  je la retiens Ă  peine. ‘^(Voltaire.) QĂŒil est doux, quand le cƓur, de ses ennuis pressĂ©. LĂšve Ă  peine le poids dont il est oppressĂ©, De rencontrer un cƓur qui sente nos alarmes, Qui plaigne nos douleurs et s'unisse Ă  nos larmes Ăź (Ducis.) Avec peine. On rĂ©siste avec peine Ă  l’accent des remords. (ÜUCIS.) Dans un cƓur corrompu quand le vice a pris place. C’est avec peine qu’on lĂ«n chasse. (Aubert.)^ Il faut au fond des cƓurs vous faire un hĂ©ritage. Leur conquĂȘte ĂŒest pas l'ouvrage d’un moment : On les gagne avec peine; on les perd aiseriicnt. (La ChaussĂ©e.)
( 797 ) A peine dans ces lieux je crois ce que j’ai vu. (Voltairb.) Les faibles idĂ©es du christianisme, tracĂ©es d peine dans le cƓur de ZaĂŻre, s’évanouirent bientĂŽt Ă  la vue du Soudan. (fd-) On acquiert la faveur dĂŒ prince avecpeine; on la conserve avec inquiĂ©tude; on la perd avec dĂ©sespoir. (Montesquieu.) ĂŻl suffĂźt de lire ces citations pour sentir la diffĂ©rence de signification entre les expresÂŹ sions Ă  peine et avecpeine. À peirie veut dire d'une maniĂšre insensible, presquepas : Le jour naissait A peine, cĂ«st-Ă -dire d'une maniĂšre insensible, presque pas. Avec peine signifie pĂ©niblement, difficilement : On rĂ©siste avec peine, çëst-Ă -dire pĂ©niblement, diffici^ lement. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. n se dĂ©fendit Ă  peine. Il le snirait avec peine. A peine nous eut'il parlĂ© que... Ils obtinrent grĂące arec peine. N" DCCLV. Durant, pendant. Durant. Je ne peux plus retrouver que bien rarement les chĂšres extases qui, durant cinquante ans, m’a- . vaient tenu lieu de fortune et de gloire. (Ji-J. Rousseau.) Certes,' l'on peut dire de M. de Turenne que la gloire qui Ta suivi durĂ nt toute sa vie Ta accomÂŹ pagnĂ© jusque aprĂšs sa mort. (FlĂ©chier.) Durant Tabsence des chasseurs, les habitants de la colonie s’étaient, rĂ©pandus dans les villages inÂŹ diens; des aventuriers sans mƓurs, des soldats dans l’ivresse, avaient insultĂ© les femmes. (Chateaubriand.) Pendant. Une famille vertueuse est un vaisseau tenu penÂŹ dant la tempĂȘte par deux ancres, la religion et les mƓurs. (Montesquieu.) I Aller le soir entendre de la bonne musique, c’est accorderun juste dĂ©dommagement aux oreilles pour tout ce qĂŒelles ont Ă  souffrir pendant la journĂ©e. (De LĂ©vis.) Eu hiver, pendantla neige, on ne peut pas courre le cerf, les limiers n’ont point de sentiment, et semÂŹ blent suivre les voies plutĂŽt Ă  TƓil qu’à Todorat. ‘(Buffon.) Durant exprime un temps de durĂ©e, et qui s’adapte dans toute son Ă©tendue Ă  la chose *Ă  laquelle on le joint. Pendant ne fait entendre qĂŒun temps d’époque, qĂŒon n’unit pas dans toute son Ă©tendue, mais seulement dans quelqu’une de ses parties. Nonobstant cette diffĂ©rence donnĂ©e par les traitĂ©s de synonymes, ces deux mots s’emploient souÂŹ vent Tun pour Tautre. On peut dire durant cinquante ans ou pendant.cinquante ans, duÂŹ rant la tempĂȘte ou pendant la tempĂȘte; durant VĂ©tĂ©, durant Vhiver, ou pendant rĂ©tĂ©, pendant *V hiver. Une remarque trĂšs-essentielle Ă  faire entre pendant et durant, c’est qĂŒavec le premier le complĂ©ment vient toujours aprĂšs, au lieu qĂŒavec le second il peut quelquefois le prĂ©^- cĂ©der. Voici deux exĂ©mples oĂč avec durant le complĂ©ment se trouve transportĂ© devant la prĂ©position : ' Si un artisan Ă©tait sĂ»r de rĂȘver.toutes les nuits, douze heures durant, qu’il est roi, je crois qĂŒil seÂŹ rait presque aussi heureux qu'un roi qui rĂȘverait, douze heures durant, qu’il est artisan. (Pascal.) Il fut convenu que l’hĂ©ritiĂšre de Raymond VII Ă©pouserait Alphonse, le troisiĂšme fils de Louis VIII, et que le pĂšre de la princesse jouirait, sa vie durant, de son comtĂ©. (Anquetil.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Ces troupes Ă©taient restĂ©es cantonnĂ©es garant tont FhÎTor* Ces trottpes tinrent garnison pendant quelc[uc:j mois.
f 798 ) S N" DCCLTI. Jusque, jusques. Jusque. Jusque sur les autels on dojt pupir le crime. (GĂŒymohd pK LA Touche.) ... Certains prĂ©jugĂ©s, sucĂ©s avec le lait, Deviennent nos tyrans jwsgwe dans la vieillesse. (CnÉBILLON.) Les hommes ont la volontĂ© de rendre service ywsr qu'Ă  ce qu’ils en aient le pouvoir. (Vauvenargues.) La bonne comĂ©die fut ignorĂ©e jwsgw'd-MoliĂ©rc, comme l’art d’exprimer sur le théùtre des sentiments vrais et dĂ©licats fut ignorĂ© jusgĂŒd Racine. . (Voltaire.) Jusques. ĂŒn mot ne fait pas voir jwsgwes au fond de l’ñme. (CORNEILLK.) Jusques Ă  quanti, Romains, Voulez-vous profaner tous les droits des humains? (Voltaire.) J’ai poussĂ© la vertu jusgues Ă  la rudesse. * (Racine.) ... PercĂ© jMsgwes au fond du cƓur D’une atteinte imprĂ©vue aussi bien que mortelle. (Corneille.) Cette nouvelle n’était pas encore venue jusques Ă  nous. (AcadĂ©mie.) Jusque se joint presque toujours Ă  une prĂ©position, Si elle commence par une conÂŹ sonne, qn Ă©crit jwsgwe sans s: jusque sur les autels, jusque dans la vieillesse; mais si elle commence par une voyelle,gwsgwe s’écrit avec ou sans s: jusqu'Ă  MoliĂšre, jusqu'Ă  Racine; jusques au fond dĂ© l'Ăąme, jusques Ă  quand. En prose, cĂ«st lĂ«reille qui en dĂ©-' eide; en poĂ©sie, cĂ«st la mesure du vers. On Ă©lide lĂ« jusque devant une voyelle, si' l’on Ă©crit ce mot sans s. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. JusqaĂ© sur nous. Jusqu’à Paris. Jusques Ă  nous. Jusques Ă  Rome. N- DCCLTII À travers, au travers. A travers. Un roi ne voit le peuple qu’à travers le prisme BRILLANT DE LA COUR; Comment devinerait-il la misĂšre sous les riches couleurs qu'il y rĂ©flĂ©chit? (Malesherbes.) On a beau se cather sous un dehors austĂšre. Un penchant malheureux porte son caractĂšre : Il paraĂźt Ă  Iraoers le plus sombre dĂ©tour. On laisse.apercevoir cc qu’on doit ĂȘtre un jour. (La ChaussĂ©e.) Le sable de la mer Caspienne est si subtil, que les Turcs disent en proverbe qu’il pĂ©nĂštre Ă  travers LA COQUE d’un OEUB. (Bern. de Saint-Pierre.) L’homme marche Ă  travers une nuit importune. (Chateaubriand.) Au travers.^ t Calypso, plus furieuse qĂŒune lionne Ă  qui on a enlevĂ© ses petits, courait au travers de la forĂȘt sans suivre aucun chemin. (FĂ©nelon.) Je ne sais quoi de divin coule sans cesse au traÂŹ vers de LEURS COEURS, comme un torrent de la diÂŹ vinitĂ© mĂȘme qui s’unit Ă  eux. ' (/d.) Je le voyais encore nĂ©.inmoins au travers des FLAMMES, avec un visage aussi serein que s’il eĂ»t Ă©tĂ©â€˜couronnĂ© de“fleurs et couvert de parfums. iid.) ^ Au travers des pĂ©rils un grand cƓur sc fait jour. .(Racine.) Nous passĂąmes aw travers des Ă©cueils, et nous vĂźmes de prĂšs toutes les horreurs" de la mort. (FĂ©nelon.) À travers, comme on voit, est suivi d'un simple complĂ©ment : À travers la forĂȘt. Au travers, au contraire, exige la prĂ©position de devant son complĂ©ment: aw travers de la forĂȘt: telle est la rĂšgle gĂ©nĂ©rale et on peut dire invariable. Cependant, comme Tob-
799 ) serve avec raison Boniface, si le complĂ©ment qui suit Ă  travers Ă©tait pris dans un sens partitif, force serait alors de faire usage de la prĂ©position de. On dirait donc ; ils pasÂŹ sĂšrent a trayers DES JARDINS, comme Bossuet a dit: Il porta ses armes redoutĂ©es a TRAVERS DES espaces immenses dç terre et dç mer. Maintenant il s’agit de savoir si la diffĂ©rence Ă©tablie par les grammairiens entre les deux expressions Ă  travers et au travers est bien fondĂ©e en raison. Selon eux, on doit se servir de la premiĂšre, lorsqu’il n’y a aucune difficultĂ© de passer; de la seconde , quand il y a un obstacle Ă  vaincre. Nous croyons encore ici la perspicacitĂ© des gramÂŹ mairiens en dĂ©faut. D’abord nos exemples ne viennent guĂšre justifier celte distinction , et ce qui achĂšve de nous faire croire qĂŒelle est illusoire et entiĂšrement contre l’usage, c’est qĂŒon trouve dans le Dictionnaire de l’AcadĂ©mie: se faire jour a trayrrs les enÂŹ nemis et au travers des ennemis. Ainsi donc qu’il y ait ou non obstacle, on peut dire Ă  travers la forĂȘt ou au travers de la forĂȘt. Dans les deux passages suivants on voit qĂŒĂ  travers ou au travers peuvent aussi quelquefois s’employer sans complĂ©ment. Les lois sont comme les toiles d’araignĂ©e, les peÂŹ tits insectes s’y prennent, les gros passent Ă  Jravers/ (BarthĂ©lĂ©my.) Le mensonge est transparent; avec de Tattention, on peut voir au travers; mais Ja vĂ©ritĂ©, de quelque cĂŽtĂ© qĂŒon la regarde, est toujours lĂ  mĂȘme. (PensĂ©e.DE SĂ©nĂšque.) - EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. A travers la forĂȘt.  travers les vitres. Au travers de la forĂȘt. Au travers des vitres. A travers les ennemis. A travers la toile. An travers dc.s ennemis. Au travers de Ja toile. N“ bCCLYIlI. * Envers, vis-Ă -^is. Envers. L’abstinence du mal envers les bĂȘles est le preÂŹ mier exercice du bien envers les hommes. (Bern. de Saint-Pierre.) Tous tant que nous sommes, Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hom- (La Fontaine.) [mes. Une triste expĂ©rience atteste Ă  tous les pays et Ă  tous les siĂšcles que le genre humain est injuste enÂŹ vers les grands hommes. (Thomas.) La royautĂ© est un ministĂšre de religion envers Dieu; de justice envers les peuples, de charitĂ© enÂŹ vers les misĂ©rables, de sĂ©vĂ©ritĂ© envers les mĂ©chants, de tendresse envers les bons. (FlĂ©chier.) Vis-Ă -vis. AU PROPRE. On connaĂźt fort bien, en prĂ©sentant la fleur de pois vts-d-uts TƓil, si on la tient dans sa situation naturelle ou si on la renverse. (J.-J. Rousseau.) Je m’assis sur'un petit banc de gazon et de trĂšfle, Ă  Tombre d’un pommier en fleurs, vts-d-vts une ruche dont les abeilles voltigeaient en bourdonnant de tous cĂŽtĂ©s. (Bern. de Saint-Pierre.) Je m’arrĂȘtai au premier ruisseau qu’on trouve aprĂšs avoir passĂ© les deux riviĂšres Noires: il se jette Ă  la mer vis-Ă -vis un petit Ăźlot. {Id.) I Quand on est tout seul vis-Ă -vis de Tinfini, on est bien pauvre. (Voltaire.) J’étais, sur les six heures, Ă  la descente de MĂ©iĂŻil- montant, presque vis-Ă -vis du Galant-Jardinier. (J.-J. Rousseau.) AU FIGURE," Le vrai dĂ©vot est un parfait honnĂȘte homme vis- Ă -vis de Dieu, des hommes et de lui-mĂȘme. (D’Arconville.) Des preuves administrĂ©es de celte maniĂšre par des gens si passionnĂ©s, perdent toute autoritĂ© dans mon esprit vis-Ă -vis de vos observatiĂŽns. (J.-J, Rousseau.) SitĂŽt qu’indĂ©pendamment des lois, un homme en prĂ©tend soumettre un autre Ă  sa volontĂ© privĂ©e, i! sort Ă  l’instant de l’état de sociĂ©tĂ© et se met vis-Ă -vis de lui dans TĂ©tat de nature. {Id.) Je vois avec dĂ©plaisir la continuation de vos pUiin- tes vis-dĂ«is de nos deux confrĂšres. {Id.) Le souverain n'a qĂŒun seul devoir Ă  remplir vis- Ă -vis do l’état, c’çfit de faire observer la loi. (NapolĂ©on.)
( 800 ) Envers ne prĂ©sente aucune difficultĂ© dans son emploi; cette prĂ©position signifie Ă  VĂ©- gard de : agir bien envers quelqu'un, cĂ«st agir bien Ă  VĂ©gard de quelqu'un. Vis-Ă -vis a deux sens Au propre, cette prĂ©posilion dĂ©signe le rapport de deux objets qui sont en vue Tun de Tautre»; elle signifie en face, Ă  Vopposite, et se construit *avec ou sans la prĂ©position de, quand son complĂ©ment nĂ«st pas un monosyllabe. On dit vis-Ă - vis de l'Ă©glise ou vis-Ă -vis l'Ă©glise, vis-Ă -vis de la fontaine, ou vis-Ă -vis la fontaine. Mais il faut toujours dire avec de: vis-Ă -vis de moi, vis-Ă -vis de lui, etc. Àu figurĂ©, vis-Ă -vis signifie envers, Ă  l'Ă©gard de, et est d’un frĂ©quent emploi dans ce sens, malgrĂ© TanathĂšme lancĂ© contre cette expression par tous les grammairiens et par Voltaire lui-mĂȘme. On dit trĂšs-bien aujourd’hui :vis-Ă ^is du Roi, vis-Ă -vis des Ministres, pour envers le Roi, envers les Ministres. L’usage Ta emportĂ©, et grammairiens et Ă©crivains doivent se sou- luettre Ă  ses lois. Envers moi.- Vis-Ă -vis l’église. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Envers Jui. Vis-Ă -ris del’église. Envers les hommes. Vis-Ă -vis du roi. Envers nous. Vis-Ă -vis des Ă©trangers. DCCLIX. Voici, voilĂ . 1. Que le monde est grand el spacieux ! FoilĂ  les Apennins, et voici le Caucase, Me voici dans Charonne, et voici le logis OĂč l’amour nous conduit : gardons d'Ă©tre surpris. (Regnard.) Voici et voilĂ  sont des mots formĂ©s du verbe voir et des adverbes ici et ZĂ . Il y a donc la mĂȘme diffĂ©rence entre voici et voilĂ  qu’entre ici et lĂ . Voici dĂ©signe le lieu le plus proche ; toĂźZĂ , le lieu le plus Ă©loignĂ© : Fotci le Caucase, voilĂ  les Apennins. IL Hoici. Voici le code de TĂ©goĂŻste ; tout pour lui, rien pour les autres. (Sanial Dubay.) Voici trois mĂ©decins qui ne nous trompent pas GaĂźtĂ©, doux exercice et modeste repas. Voici qui vous surprendra, mon cher Thiriot; cĂ«st une lettre en français. (Voltaire.) FotiĂ . HĂ©las 1 de Tavenir, vains juges que nous sommes, Ignorer et souffrir, voilĂ  le sort des hommes! (Delille.) Les arts sont un besoin de Tesprit et du cƓur, Aimer et sĂ«ccuper, voilĂ  le vrai bonheur. (Demodstiek.) Veiller, rĂ©gner sur soi, fuir ou vaincre le vice, .VoilĂ  de la vertu le plus noble exercice. (Ducis.) Dans la premiĂšre colonne, voici indique ce qĂŒon va dire; dans la seconde, voißà inÂŹ dique ce qui vient d’ĂȘlre dit. III. Voici. Me voici dans le charmant pays de Vaud; je suis au bord du lac de GenĂšve. (De Boufflers.) Foi7d. Les neiges sont sur nos montagnes, etinevotlĂ  redevenu aveugle, Dieu soit bĂ©ni! (Voltaire.) Lorsqu’il n’y a point d’opposition Ă  marquer, on peut ad libitum se servir de voici ou de voiZĂ , et dire me voici arrivĂ© ou me voilĂ  arrivĂ©. _
(801 ) On dit aussi revoici, revoilĂ  v Les revoilĂ  sur Tonde ainsi qu'auparavant. (La Fontaine.) de SĂ©vignĂ©, MoliĂšre,.Voltaire, etc., en offrent de nombreux exemples. Boiste a tort de regarder ces prĂ©positions comme inusitĂ©es. *■ EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Voici votre propriĂ©tĂ©, voilĂ  la mienne. Voici le frĂšre aĂźnĂ©, voilĂ  le cadet. Voici le mobile de tout ; l’argent- Me voici Ă  votre disposition. — ' r t L'intĂ©rĂȘt : voila le mobile de tout. Me voilĂ  À votre disposition. r DCCLX. Sept Ă  huit cents personnes, sept ou huit pĂšrsonnes AVEC a. Si les ennemis viennent de perdre une bataille oĂč Ăźl soit demeurĂ© sur la place quelque neufxdix 'mille hommes des leurs, il en compte jusqu’à trente mille, ni plus ni moins. (La BruyĂšre.) On a pris aux Allemands sept a huit cents hommes. (Boilead.) Les chevaux de Perse sont si bons marcheurs, qu’ils font trĂšs-aisĂ©ment sept a huit lieues de cheÂŹ min sans s'arrĂȘter. (Buffon.) Les enfants ĂągĂ©s de dix a douze ans sont suscepÂŹ tibles de raisonnements beaucoup plus Ă©tendus, (Bern. de Saint-Pierre.) Les cocotiers des Iles SĂ©chelles, et les talepotes de Ceylan, ont des feuilles de douze a quinze pieds de long et de sept a huit de largeur. (/d.) AVEC OM. ‱ Nous sommes si vains, que Testime de cinq ou six personnes qui nous environnent nous amuse et nous contente. (Pascal.) Je suis Ă©tonnĂ© de voir jusques Ă  sept ou huit perÂŹ sonnes se rassembler sous un mĂȘme toit. ' (La BruyĂšre.) La tigresse produit, comme la lionne, quatre oo cinq petits. (Buffon.) Les deux, jeunes bergĂšres voyaient Ă  dix pas d’elles cinq ou six chĂšvres. (La Fontaine.) Il y avait dans la maison du paysan oĂč je logeais cinq ou six femmes et autant dĂ«nfants qui s'y Ă©taient rĂ©fugiĂ©s. (Bern. de Saint-Pierre.) D’aprĂšs ces exemples entiĂšrement conformes au principe des grammairiens, il faut dire il y avait sept a huit cents personnes; yĂ«i fait sept a huit lieues, et il y avait SEPT ou huit femmes; cette piĂšce a deux ou trois actes. Dans le premier cas, on fait usage de la prĂ©position Ă , parce qu’il y a une sĂ©rie, un espace Ă  parcourir, et que cent personnes, une lieue, sont susceptibles d’ĂȘtre divisĂ©es- Dans ce cas mĂȘme on peut aussi employer la conjonction ou; exemples : Douze jours aprĂšs, nous arrivĂąmes Ă  Erzeron, oĂč nous sĂ©journerons trois ou quatre mots. (Montesquieu.) Les plus hautes montagnes ne sont non plus caÂŹ pables d’altĂ©rer la figure de la lerre, que quelques grains dĂ© sable ou de gravier sur une boule de deux ou trois pieds de diamĂštre. (J.-J. Rousseau.) Mais, dans le second cas, on doit se servir toujours de la particule conjonctive ou, parce qĂŒil n’y a point d’unitĂ© intermĂ©diaire entre sept ou huit femmes, deux ou trois actes. ‘ Cette rĂšgle, justifiĂ©e par la raison et par un usage assez gĂ©nĂ©ral, est cependant trĂšs- vivement combattue par Laveaux. « Il y a une grande diffĂ©rence, dit ce grammairien, entre ces deux expressions,/trafcte vous de sept a huit heures, eiil y avait sert A HUIT femmes dans cette assemblĂ©e. La premiĂšre indique un espace divisible entre sept heures et huit heures ; la seconde indique un nombre approximatif montant Ă  sept, oĂč tout au plus Ă  huit personnes. A la vĂ©ritĂ©, il n’y a point de fraction entre sept ou huit femmes, mais il ne s’agit pas ici d’un nombre entre sept et huit, mais, d’une estimation de sept a . 101
( 802 ) huit femmes. Celui qui dit: Il y avait dans cette assemblĂ©e sept a huit femmes, nĂ«st pas certain qĂŒil y. avait sept femmes; mais il assure que de nombre qui s’y trouvait montait peut-ĂȘtre Ă  sept ou tout au plus Ă  huit. Le nombre huit est le seul certain et dé terminĂ©; au lieu que dans/irai vous voir de sept a hĂŒit heures, les deux Ă©poques sont dĂ©terminĂ©es et admettent un intervalle. Il y avait dans cette assemblĂ©e sept ou huit FEMMES, n’exprime pas prĂ©cisĂ©ment lĂ«stimation faite du nombre, et le terme le plus Ă©levĂ© portĂ© Ă  huit. Cette façon de parler n’affirme rien. C’est comme si Ton disait : peut-ĂȘtre y en avait-il sept, peut-ĂȘtre y en avait-il huit, voilĂ  mon estimation, je n’assure pas plus Tun que Tautre. Si Ton veut bien rĂ©flĂ©chir sur ces deux phrases, on conviendra que ce sont lĂ  les nuances qui les distinguent, et que par consĂ©quent on peut employer Tune ou Tautre, suivant les vues de Tesprit. » Si cette opinion de Laveaux ne peut pas faire k)i, il faut avouer du moins qĂŒelle est trĂšs-spĂ©cieuse, et qĂŒon ne serait pas emÂŹ barrassĂ© de rapporter en sa faveur beaucoup dĂ«xemples ; nous rious bornerons Ă  citer les suivants puisĂ©s aux sources les plus pures : Nous avons dĂ©jĂ  dit que, dans la Mort de PomÂŹ pĂ©e, il y a trois ,a quatre actions, trots a quatre espĂšces d’intrigues mal rĂ©unies. (Voltaire.) Cela est admirable : on ne veut pas que j’honore tin homme vĂȘtu de brocatelleet suivi de sept a huit laquais. (Pascal.) ^ Il y avait sept A huit femmes dans cette assera- blĂ©e. (AcadĂ©mie.) Dans Tune des deux salles on jouait Ă  la prime et aux Ă©checs, et dans Tautre, dix a douze pprsonnes Ă©taient fort attentives Ă  Ă©couter deux beaux.esprits de profession qui disputaient. (Le Sage.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Deux Ă ,trois mille personnes. Douze Ă  quinze lieues. Trois ou quatre hommes. Dix ou onze coups; DCCLXl. Il y eut cent hommes de tuĂ©s, ou il y eut cent hommes tuĂ©s. t" avec de. Il n’y a pas une seule plante de perdue de celles qui Ă©taient connues de CircĂ©, la plus ancienne des botanistes, dont HomĂšre nous a en quelque sorte conservĂ© Therbier. (Bern. de Sa'ĂŻnt-Pierre.) Jl n’a eu toute sa vie aucun moment u’assurĂȘ. (FĂ©nelon.) Il y eut trois cents sĂ©nateurs de proscrits, deĂŒx mille chevaliers, plus de cent nĂ©gociants, tous pĂšres defamillĂš. ' (Voltaire.) sans de. Sur mille combattants, il y eut cent hommes tuĂ©s. (AcadĂ©mie.) Il y ewfuu grand nombre d’Egues c/ de Volsques taillĂ©s en piĂšces. (Vertot.) Il y a dĂ©jĂ  deux mailles rompues. (CitĂ© par Lemare.) Il y a vingt exemples d’assassinats produits par la vengeance ou par l’enthousiasme de la libertĂ©, qui furent Teffet d’un mouvement violent plutĂŽt que d’une conspiration bien rĂ©flĂ©chie. (Voltaire.) On dit Ă©galement bien avec ou sans la prĂ©position de.; il y eut cent hommes de tuĂ©f, et il y eut cent hommes tuĂ©s. La premiĂšre façon de parler diffĂšre de la seconde en ce qu’il y a ellipse d’un substantif. En voici Tanalyse : Il y eut cent hommes (dans TĂ©tat) d' (hommes) tuĂ©s. Lemare, qui se moque de d’Oiivet, pour n’avoir pas su rendre raison de la prĂ©posiÂŹ lion de, et pour s’étre contentĂ© de dire que cette expression Ă©tait un latinisme, ne nous semble pourtant pas en avoir dit davantage, bien qĂŒil ait essayĂ© de Tanalyser. Voici TaÂŹ nalyse de Lemare, analyse curieuse ; Il y eut cent hommes (ayant eu pour cause les hommes) tuĂ©s. Ayant eu pour cause les hommes remplace de. G’est un vĂ©ritable escamoÂŹ tage. Ohl Lemare, que n’avez-vous fait comme d’Olivetl nous ne serions pas obligĂ©s de dire que vous non plus, youfiĂŒeatendezrien Ă  Tanalyse. L'.- .
( 803 ) Quant aux grammairiens routiniers, plutĂŽt que d’avouer leur impuissance, nous allions dire leur ignorance, ils se sont facilement tirĂ©s dĂ«mbarras en condamnant la prĂ©posiÂŹ tion de dans : il y eut cent hommes de tuĂ©s. De est une faute, selon eux, et il faut toujours dire cent hommes twĂšs. Singulier moyen, en vĂ©ritĂ©, de rĂ©soudre les difficultĂ©s! Mais, dirons-nous Ă  ces grammairiens, ce qui prouve que dans Texpression il y eut cent hommes de tuĂ©s, la prĂ©position de n’est pas fautive, ne serait-ce que sous le rapport euÂŹ phonique, cĂ«st quĂ«lle devient indispensable si le substantif qui suit Tadjectif numĂ©ral est reprĂ©sentĂ© par en, comme dans ces deux exemples : Les chevaux danois sont de si belle taille et si Ă©toffĂ©s, qu’on les prĂ©fĂšre Ă  tous les autres pour en faire djss attelages ; il y cn Ă  de parfaitement wiowMs, mais eri petit nombre, (Buffon.) La terre commence Ă  verdir, les arbres Ă  bour-t geonner, les fleurs Ă  s’épanouir : ti y en a dĂ©jĂ  n» passĂ©es. (Bern. de Saint-Pierre.) Ne pas exprimer la prĂ©position de en pareille circonstance serait une faute ; preuve irrĂ©fragable que rien ne s’oppose Ă  ce qu’on dise aussi cent hommes de tuĂ©s. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE, 11 y a cent hommes de blessĂ©s. Il y en eut trois cents de pris. II y avait des roaes d’édoses. n y eut trois cents hommes tuĂ©s on blessĂ©s. Il y a des fleurs cdoses. Il y a eu de Targent donnĂ©, ' DCCLXU. S > Si j'Ă©tais de vous, si j'Ă©tais que de vous. Si j'Ă©tais de vous autres comĂ©diens, j’aimerais mieux tirer la langue d'un pĂźed que de prĂ©senter de pareilles sottises. ' ^ (Regnard.) Je ne souffrirais pas, si j'Ă©tais que de vous, Que jamais d’Henriette il pĂ»t ĂȘtre TĂ©poux. (MoliĂšre.) ' Si j'Ă©tais que des mĂ©decins» je me vengerais de ses impertinences; et quand il sera malade, je le laisserais mourir sans secours. (MoliĂšre.) VoilĂ  un bras que je me ferais couper tout Ă  Theure, si j'Ă©tais que de vous. {Id.) On dit Ă©galement bien si j'Ă©tais vous, si j'Ă©tais de vous, si j'Ă©tais que vous, et si j'Ă©tais que de vous. Les trois derniĂšres façons de parler sont elliptiques. Nous allons les rameÂŹ ner Ă  leur intĂ©gritĂ© au moyen de l’analyse. La premiĂšre, si j'Ă©tais de vous, est la moins elliptique: si j'Ă©tais (la personne) de vous; la seconde , si fĂȘtais que vous, est un peu plus elliptique : si j'Ă©tais (Ă  la mĂȘme place) que vous ; la troisiĂšme, si j',Ă©tais que de vous, est la plus elliptique de toutes : ‱ si j'Ă©tais (Ă  la mĂȘme place) que (la personne) de vous. Lemare analyse ainsi : si j'Ă©tais que de vous : si j'Ă©tais (en la place qui est celle) de vous ; mais le moindre vice de celte analyse est de faire disparaĂźtre le que qui est dans la phrase, et, comme nous Tavons dĂ©jĂ  dit Ă  Lemare, qui le sait tout aussi bien que nous,,substituer une expression Ă  une autre expression, ce n’est pas Tanalyser. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Si j’étais monsieur votre pĂšre. Si j'Ă©tais de monsieur votre pĂšre. Si j’étais que.monsieur votre pcw. Si j'Ă©tais que de monsieur votre pĂšre
( SOI. ) N" DCCLXIII. On dirait un fou, on dirait J>ĂŒn fou. On dirait un... Tel personnage est si riche, il est logĂ© dans un si hel hĂŽtel, a un si nombreux domestique et de si magnifiques Ă©quipages, quĂ«n dirait presque un roi. (Anonyme.) On dirait D'un... Quand Santeuil rĂ©citait ses vers, on e^t dit D*un dĂ©moniaque. (Boileau.) ... Quelle main quand il s'agit de prendre ! On dirait D'un ressor/ qui vient Ă  se dĂ©tendre. (MoliĂšre.) Ces deux locutions ; on dirait un fou, on dirait uĂŒn fou, sont Ă©galement françaises ; mais elles ont un sens diffĂ©rent. / ■ On voit un homme, dont les yeux Ă©garĂ©s ne s’arrĂȘtent sur aucun objet, ou qui resÂŹ tent fixes, immobiles, dont les pafoleg sont sans suite, dont les gestes* paraissent Ă©tranges. On dirait que c’est un fou. On dirait un fou. C'est de la folie la rĂ©alitĂ© que l’on a dans Tesprit. ^ , Un homme que. Ton connaĂźt pour raisonnable, maĂźtrisĂ© par la douleur, par quelque passion, se livre Ă  des actions, se laisse aller momentanĂ©ment Ă  des propos qui blessent le bon sens et la raison. Il fait des actes de folie, il ressemble Ă  un fou. On dirait dĂŒn fou. Ce n’est qĂŒune simple figuration. On dirait u'un fou, on eĂ»t dit u'un dĂ©moniaque, on dirait DÜn ressort, sont des exÂŹ pressions elliptiques ; c'est pour : On dirait (que les actions, les paroles de cet homme sont celles) dĂŒn fou; oneĂ»t dit (que c’étaient les gestes) dĂŒn dĂ©moniaque; on dirait (que c’est Taction, le jeu) dĂŒn ressort. Les expressions on dirait un fou, on dirait un fantĂŽme, sont Ă©galement elliptiques, elles sont des ^rĂ©gé§ de : on dirait (que c’est) un fou ; on dirait {que c’est) un fantĂŽme* EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. On dirait nn insensĂ©. On dirait une folle. On dirait un fantĂŽme. On dirait nn roi) On dirait d'un insensĂ©. On dirait d'une folle. On dirait d'un fantĂŽme. On dirait d'un roi. N- DCCLXIV. C'est que, mieux que, plutĂŽt que, suivis ou non suivis de la prĂ©position de. C'est que. AVEC de. quelque chose encor gue de faire un beau rĂȘvĂ©. A nos chagrins rĂ©els cĂ«st uue utile trĂȘve. (COLI.IN ĂŒâ€™Harlkville.) ... Cest imiter les dieux Que de remplir son cƓur du soin des malheureux. (CrĂ©billon.) C’est perdre ses bienfaits qĂŒe de les mal rĂ©pandre. (Boursault.) Est-ce ĂȘtre glorieux que Üavoir de Thonneur? (Destouches.) SANS de. Sur quelque prĂ©fĂ©rence une estime se fonde, Et c’est nĂ«siuiier rien guĂ«stimer tout le monde. . [MoliĂšre.) Le scandale du monde est ce qui fait Toffense, Et ce n'est pas pĂ©cher que pĂ©cher en silence. {Id.) C’est aimer froidement que n’ĂȘtre point jaloux. [Id.) C’est possĂ©der les biens que savoir sĂ«n passer (Regnarh.)
( 805 ) E9t‘Ce un si grand malheur que de cesser de vivre? (Racine.) Ayez la fermetĂ© qĂŒi sied Ă  la vertu; "Cest mĂ©riter son sort que dĂ«n ĂȘtre abattu. (GĂŒym. de Latouche.) CĂ«sravĂ»ir fait ie bien Ă§ĂŒavoir voulu le faire. (Collin d’Harlevillb.) La vertu toute nue a Tair trop indigent, Et c’est jiĂ«n point avoir que n’avoir point d’argent. (Boursault.) Mieux que. avec de. II vaut mieux se flatter d’un espjit tĂ©mĂ©raire, Que de cĂ©der au sort quand il nous est contraire. (CrĂ©billon.) y aime mieux, s’il le faut, succomber avec gloire, Que d’avoir Ă  rougir d’une indigne victoire. (La Harpe.) II vaut mieux Ă©touffer un bon mot qui est prĂšs de nous Ă©chapper, que de chagriner qui que ce soit. ^ . ^Bossuet.) II vaut wiiewa; prĂ©venir.le mal gwe d’ĂȘtre rĂ©duit.Ă  le punir. (FĂ©nelon.) sans de. Agir vaut aprĂšs tout mieux gMĂ  parler, dit-on, , (Imbert.) * ... Il vaut mieux expirer Et mourir avec toi, que se dĂ©shonorer. (Voltaire.) v La plupart des lecteurs aiment mieux s’amuser que s'instruire. De lĂ  vient qne cent femmes lisent les Mille et ufie Nuits j pour une qui Ut deux chaÂŹ pitres de Locke. (J.-J. Rousseau.) PlutĂŽt que. AVEC de. Que les dieux me fassent pĂ©rir plutĂŽt que de souffrir que la mollesse et la voluptĂ© s’emparent de mon cƓur. (FĂ©nelon.) Ton Ă©pouse Ă  mes yeux, victime de sa foi. Veut mourir de ta main, plutĂŽt que d’ĂȘtre Ă  moi. (Voltaire.) SANS de. Elle est prĂȘte Ă  pĂ©rir auprĂšs de son Ă©poux, PlutĂŽt que dĂ©couvrir l’asile impĂ©nĂ©trable OĂŒ leurs soins ont cachĂ© cet enfant misĂ©rable. (Voltaire.) PlutĂŽt souffrir que mourir, CĂ«st la devise des hornmes. (La Fontaine.) D’aprĂšs ces citations, il est permis de dire avec la prĂ©position de : c’est quelque chose QUE DE faire un beau rĂȘve; agir vaut mieux que de parler; pĂ©rir plutĂŽt que DE souffrir ; ou, avec ellipse de la prĂ©position c’est quelque chose que fairfi un beau rĂȘve ; agir vaut mieux que parler; pĂ©rir plutĂŽt que souffrir. Le de n’est pas explĂ©tif, comme se le sont imaginĂ© les grammairiens ; il est toujours sous la dĂ©pendance d’un mot sous-entendu qui peut ĂȘtre Vacte, le devoir,ia nĂ©cessitĂ©, ou tout autre mot, selon les cirÂŹ constances. Ce quile prouve, c’est que Boileau a dit avec la construction pleine au lieu de: CeĂšt un mĂ©chant mĂ©tier que celui de mĂ©dire. C’est un mĂ©chant mĂ©tier que DE.wiĂ©dtre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. C'est mal parler quo de [parler... C’est mal parler que parler... Il vaut mieux se taire que de parler.. Il vaut mieux se taire que parler... PlutĂŽt mourir que de sedeshonorer. PlutĂŽt mourir que se dĂ©shonorer. PlutĂŽt vivre que de mourir. PlutĂŽt vivre que mourir. ' N" DCCLXV. Sauf, exceptĂ©. Sauf, Sauf erreur de calcul, le compte se monte Ă  10,000 fr. (CitĂ© par Lemare. ) Il lui a cĂ©dĂ© tout son bien, sauf ses rentes, sayf une terre, saw^ses prĂ©tentions sur cette chose. (AcadĂ©mie.). ExceptĂ©, Tout est grand dans le temple de la faveur, ex-~ ceptĂ© les portes, qui sont si basses, qu'il,faut y enÂŹ trer en rampant, (De LĂ©vis.) ,,, Les femmes ont coutume d’oublier Tous leurs adorateurs, exceptĂ© le premier. (Demoustier.)
( 806 ) Sauf et exceptĂ© sont deux mots essentiellement adjectife et que les grammairiens ont rangĂ©s au nombre des prĂ©positions, parce qĂŒils\n jouent ici tout-Ă -rfait le rĂŽle. LĂ«n et Tautre caractĂ©risent un rapport de sĂ©paration ; mais le premier, dans ce cas, est plus raÂŹ rement employĂ© que le second. I EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il faut faire cela, sauf meilleur avis. On supporte tout, exceptĂ© le ridicule. N" DCCLXYI. «Ɠw— f _ , Hors, hormis. Hors. Le ciel pardonne tout, hors rinhumanitĂ©. (ChĂ©nier.) Quiconque pour Tempire eut la gloire de naĂźtre, Renonce Ă  cet honneur s'il peut souffrir un maĂźtre: jRors le trĂŽne ou la mort, Il doit tout dĂ©daigner ; C'est un lĂąche, s’il n’ose ou se perdre ou rĂ©gner. . (Corneille.) Employez la raison dans les choses vulgaires ; Mais, hors du temporel, en toutes les affaires De Dieu, de son Ă©glise, elle est hors de raison. (ÇuĂ©nibr.) Hormis. Que nos politiques apprennent une fois qĂŒon a de tout avec de Targent, hormis des mƓurs et des citoyens. (J.-J, Rousseau.) Tout y est entrĂ©, hormis tels el tels. (AcadĂ©mie.) L'habit des hommes chez les Maures du Ludamar diffĂšre peu de celui des nĂšgres, hormis Tinsigneca- ractĂ©ristiqujo de la secte mahomĂ©tane, le turban. (BibliothĂšque des Voyages.) Hors et hormis sont deux prĂ©positions qui marquent un rapport dĂ«xclusion, et qui peuvent ĂȘtre ou non suivies de la prĂ©position de; mais hormis nĂ«n est suivi que lorsque son complĂ©ment est, comme dans Texemple de J.-J. Rousseau, employĂ© dans un sens partitif. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Hors cela. Hors InĂź. Hors de la maison. Hors de nous. Hormis ces gens. Hormis ces cboses. Hormis de l'argent. Hormis des fk-nits. —DCCLXVII. Sur, sus. Sur. Rien nĂ«st si commun que d'Ă©rĂźger sa faiblesse en systĂšme, et de mettre ses goĂ»ts sur le compte de sa raison. (Lemontev.) 5tis. Allons, brave Diderot, intrĂ©pide d'Alembert courez sus aux fanatiques et aux fripons. (Voltaire.) L'AcadĂ©mie dit que ces deux prĂ©positions sur et sws signifient la mĂȘme chose, mais que sws nĂ«st plus guĂšre en usage que dans cette phrase : On Ăą enjoint Ă  tous les bĂątiments de courir sus aux ennemis. , s Sus, dit elle encore, joint Ă  la prĂ©position en, signifie par-delĂ : Il a touchĂ© des gratiÂŹ fications EN sus de son revenu. EXERCICE PHRA^SÈOLOGIQÜE. So jeter sur qneĂźqa’un. CĂŒurtr sus aux ennemis.
( 807 ) N” DCCLXYUl. * ‱ Sur tout ET surtout comparĂ©s. Sur tout. Cet orateur est toujours prĂȘt Ă  parler sur tout. (CitĂ© par Lemare.) N'imitons pas ceux qui trouvent Ă  redire sur tout, m Surtout. On en (des exemples) trouve toujours de tontes les [espĂšces, taiMe Surtout liorsqbe l’on cherche Ă  flatter ses faiblesses, (La ChaussĂ©e.) , L’amour aime surtout les secrĂštes faveurs; Dans Tobstacle qĂŒon force il trouve des douceurs, (MoliĂšre.) Sur tou/s’écrit en deux mots quand il signifie sur toutes choses : parler sur tout, cĂ«str / Ă -dire sur toutes choses. Mais il s’écrit en un seul mot quand il signifie principaiement: nous aimons SURTOUT qu'on nous flatte, veut dire nous aimons principalement qu'on . nous flatte. i EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Aimer Ă  parler sur tout. Aimer Ă  contredire sur tout. Pariez, surtout parlez bien. Allez, surtout, ne tous amnsexpas. «eƓ N” DCCLXIX. Par ce que ET parce que comparĂ©s. Par ce que. Par çe que je vous dis ne croyez pa/ madame, Que je veuille applaudir Ă  sa nouvelle flamme. ‱ (Corneille.) ^ Et toi, fils de VĂ©nus, Vois par ce que je suis ce qu’autrefois je fus. (Delille.) Il y a deux mensonges, celui de fait, qui regarde le passĂ©, et celui de droit, qui regarde Tavenir,.. Ces deux mensonges peuvent quelquefois se rassemÂŹ bler dans le mĂȘme ; mais je les considĂšre ici par ce gĂŒils ont de diffĂ©rent, (J.-J. Rousseau.) Parce que. L’art de flatter, mon cher, est vieux comme le papnde. Ève a pĂ©chĂ©; pourquoi? parce gĂŒon la flatta. (Collin-d’Harleville .) La plupart des honnĂȘtes femmes sont des trĂ©sors cachĂ©s, qui ne sont en sĂ»retĂ© que parce gĂŒĂŽn ne les cherche pas. (La Rochefoucauld.) Les fortunes promptes en tout genre sont les moins solides, parce gĂŒil est rare qĂŒelles soient l’ouvrage du mĂ©rite. Les fruits mĂ»rs, maisjaborieux, de la prudence, sont toujours tardifs. (La BruyĂšre.) Parce que, quoique Ă©crit en dĂ©ux mots, renferme les trois mĂȘmes Ă©lĂ©ments que par ce que; mais ces deux expressions ont reçu chacune une consĂ©cration particuliĂšre. Parce que en trois mots signifie d'aprĂšs ce que : par ce que je vous dis ne croyez pas, etc,, c’est- Ă -dire, d'aprĂšs ce que je vous dis, ne croyez pas,^etc. Parce que en deux mots est une conÂŹ jonction qui a le mĂȘme sens qĂŒĂ  cawse que: Eve a pĂ©chĂ©; pourquoi? parce qu’on la flatta, c’est-Ă -dire Ă  cause qu'on la flatta. ' . i EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE* Par ce que je v'oai dis, voyez le parti que vous avez Ă  prendre. Les rois ne sont entourĂ©s de flattenrs que parce qa'ils ont des faveurs Ă  donner.
808 ) W BCCLXX. Pour ET quant Ă  comparĂ©s. JPowr. A mon sens, la gaĂźtĂ© vaut presque la sagesse. On dit que cĂ«st un don. Pour moi, je le confesse, JĂ«n fais une vertu. (Imbert.) Pour moi, je ne vois rien de plus sot, Ă  mon sens, Qu’un auteur qui partout va gueuser^des encens; Qui, des premiers venus saisissant les oreilles, En toit le plus souvent les martyrs de ses veilles. (MoliĂšre.) Powr moi, j’aime les gens dont TĂąme peut se lire ; Qui disent bonnement oui pour oui, non pour non. (Gresset.) Pour moi, je reconnais une saine raison. ^ (Boisst.) Quant Ă . Quant au mort, il semble que ce soit une douÂŹ ceur, et pour le survivant un mĂ©rite. {D’Olivet, trad. de CicĂ©ro'N.) Si quelqu’un va lire Pindare ailleurs que dans l’original, il croira qu’Horace avait apparemment ses raisons pour exalter ce lyrique grec; quant Ă lui, il s’accommodera fort peu de tout ce magnifique appareil de mythologie qui accompagne les odes de Pindare. (La Harpe.) Quant Ă  moi, je nĂ© pouvais rien dire de semblable. (J.-J. Rousseau.) Quant Ă  moi, si je pouvais rassembler en un point ce que je souffre, j’en ferais le marchĂ© de grand cƓur. {ĂŻd.) ĂȘ L'usage autorise Ă  dire indistinctement pour moi, pour lui, pour nous, ou quant Ă  moi, quant Ă  lui, quant Ă  nous. Laveaux observe que ces derniĂšres expressions sont du style familier. Cette remarque nĂ«st pas juste, et les faits sont lĂ  pour la condamner. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Ponr moi. Quant Ă  mol. Pour ce que vous peoMz. Quant Ă  ce que vous pensez. N" DCCLXXI Pour, afin de. > Pour. La clĂ©mence des princes n’est souvent qĂŒune politique powr gagner l'affection des peuples. (La Rochefoucauld.) L'ambition ardente exile les plaisirs de la jeuÂŹ nesse powr gouverner reĂŒle. (Vauvenargues.) Powr conserver un ami, il faut devenir soi-mĂŽnae capable de l’ĂȘtre; (J.-J.»Rousseau.) Pour acquĂ©rir la perfection de TĂ©loquence, il faut avoir un fond de bon sens Ăšt de bon esprit, l’imagiÂŹ nation vive, la mĂ©moire fidĂšle, etc. , (Saint-Évrbmont.) Afin de. Mon galant ne songeait qu’à bien prĂšndre son temps, Afin de happer son malade* (La Fontaine.) Quand on ne sc mĂ©fie pas de ses opinions, on n’a pas besoin de leur chercher de l’appui et des dĂ©fenÂŹ seurs; on veut convaincre les autres, afin de se perÂŹ suader soi-mĂȘme. ‘[PensĂ©e de Bacon.) LĂ«nnui est un mal si singulier, si.cruel, que l’homme entreprend souvent les travaux les plus pĂ©nibles, afin de s’épargner la peine dĂ«n ĂȘtre tourÂŹ mentĂ©. , (Le chev. DE Jaucourt.) Pour et afin de dĂ©signent Ă©galement le motif, la cause ou- la raison pourquoi on fait telle ou telle action. Il semble que le premier de ces mots convient mieux lorsque la chose qu'on fait en vue de l'autre en est une cause plus infaillible, et que le second est plus Ă  sa place lorsque la chose qĂŒon a en vue en.faisant Tautre en est une moins* né cessaire. On lire le canon sur une place assiĂ©gĂ©e pour y faire une brĂšche, et afin de pouvoir la prendre d’assaut ou de Tobliger Ă  se rendre. . Pour regarde plus particuliĂšrement un effet qui doit ĂȘtre produit ; afin de regarde proÂŹ prement un but oĂč Ton veut parvenir. Ces deux prĂ©positions peuvent se placer au preÂŹ mier ou au dernier membre d'une pĂ©riode.
( 809 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. 11 faut aimer pour ĂȘtre aimĂ© Ă  son tour. Pour ĂȘtre estimĂ© il faut ĂȘtre estimable. Travaillez aCn d'ĂȘtre heureux. Afin de n'avoir rien Ă  vous reprocher, ne commettez aucune mauvaise action. W DCCLXXII. RenommĂ© par, renommĂ© ponr Par. QĂŒun crime ait ou non du succĂšs, il est toujours un crime; mais s’il ne rĂ©ussit pas, il est de plus une . sottise. Que de sots, Ă  ce compte, chez le peuple le plus renommĂ© par son esprit! (De Donald.) Pour. L’homme le plus adroit, eĂ»t-il mĂȘme vĂ©cu Cinquante ans, renommĂ© pour sa hante prudence; D’un siĂšcle toutentier eĂ»l-il rexpĂ©rleiicc, S’il veut se mettre en lĂȘte, et s’avise, cn urrmot, De garder une femme, il ne sera qu’un sot. (Fabre d’Églantine.) D’aprĂšs ces exemples, on peut dire renommĂ© par ou pour son esprit, renommĂ©e par ou POUR sa prudence. RenommĂ© par se dit gĂ©nĂ©ralement quand la cause du renom est constante, et ne dĂ©pend ni de la vogue ni du caprice : PlombiĂšres et BarrĂšges sont des lieux renommĂ©s par leurs eaux minĂ©rales. RenommĂ© pour se dit quand le renom ne tient qĂŒĂ  quelques considĂ©raÂŹ tions particuliĂšres dĂ©goĂ»t et de fantaisie, Verdun est renommĂ© pour les bonnes dragĂ©es, Reims pour le pain d'Ă©pices. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Le Françai* est renommĂ© par son esprit. Crat homme est renommĂ© par son avarice. Bordeaux est renommĂ© pour son anisette. Cogoac est renommĂ© pour scs eaux-de-vie. N" DCCLXXm Par terre, Ă  terre. Par terre. A peine fut-il Ă©tendu par terre, que je lui tendis la main pour le relever, ' “ (FĂ©nelon.) . Étes-vous ici prĂšs, monsieur, tombĂ© par terre? (Voltaire.) A' terre. BientĂŽt elle met les mains Ăč (erre, et s’avance ainsi jusqĂŒĂ  mes pieds. (Chateaubriand.) Venclao et Nassoute posent Ă  terre le lit du blessĂ©, et mettent un bĂąton de houx dans la main gauche du frĂšre d’AmĂ©lie. (Id.) Sar terre se dit d’un corps qui touche Ă  la terre ; Ă  terre, de tout ce qui n’y touche pas. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Cet arbre Ă©tait tombĂ© par terre. Les fruits de l'arbre tombaient Ă  terre. 102
(810) N” DCCLXXIY. En campagne, Ă  la campagne. En campagne. Enfin, aprĂšs un vain essai, Il va trouver la goutte. Elle Ă©tait en campagne, Plus malheureuse mille fois Que ia malhĂšureuse aragne. (La Fontaine.) On dit que Camille ne mena jamais d’armĂ©e en campagne sans la ramener comblĂ©e de gloire et chargĂ©e de butin. , (Anquetil.) Cette convention faite, nous nous mĂźmes en camÂŹ pagne. Nous nous donnĂąmes d’abord de grands mouvements sans pouvoir rencontrer ce que nous cherchions, * (Le Sage.) Être en campagne, en parlant d’un particulier, c’est ĂȘtre en voyage. (Laveaux.) A la campagne. ^ . Je suis venu Ă  la campagne, me dit-il, pour faire plaisir Ă  la maĂźtresse de la maison, avec laquelle je ne suis pas mal. , (Montesquieu.) Sauvons-nous Ă  la campagne, allons y chercher un repos et un contentement que nous n’avons pu trouver au milieu des assemblĂ©es el des divertisseÂŹ ments, (J.-J. Rousseau.) Tes femmes ont Ă©tĂ© huit jours Ă  la campagne, Ă  une de tes maisons les plus abandonnĂ©es. (Montesquieu.) ‱ I Mon cher Usbeck, je crois que tu veux passer ta vie Ă  la campagne. {id.) Ainsi que nous renseignent ces exemples, il faut bien se garder de dire en campagne pour Ă  la campagne; car Tusage a consacrĂ© Ă  chacune de ces deux expressions une signification diffĂ©rente. Etre en campagne, cĂ«st ĂȘtre en mouvement, cĂ«st voyager : ces troupes sont en camÂŹ pagnes; ce nĂ©gociant est en campagne. Être Ă  la campagne, cĂ«st ĂȘtre ou Ă  la promenade dans la campagne, ou dans une maison de campagne pour y sĂ©journer quelque temps : VĂ©tĂ© tout le monde va a la camÂŹ pagne, Cependant J.-J. Rousseau, dans ce cas, a souvent dit en campagne; mais les exemples qĂŒil en fournit dans sa correspondance ne sont pas Ă  imiter. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. L’armĂ©e Ă©tait alors en campagne. Ces marchanda sont en campagne. Toute la famille est Ă  la campagne. DĂšs les premiers beaux jours le monde se rend Ă  la campagne. —N“ DCCLXXY. t ■© MalgrĂ© comparĂ© avec malgrĂ© que. MalgrĂ©. ‱ MalgrĂ© la vue de toutes nos misĂšres qui nous touchent et qui nous tiennent Ă  la gorge, nous avons un instinct que nous ne'pouvons rĂ©primer, qui nous Ă©lĂšve. (Pascal.) Le monde est une comĂ©die : MalgrĂ© VintĂ©rĂȘt que j’y prends. Je m’en amuse, etj’étudie Les ridicules diffĂ©rents, (Favart.) Mon estime toujours commence par le cƓur. Sans luUĂ«spritnĂ«st rien, et, malgrĂ© uos maximes, 11 produit seulement des erreurs et des crimes. (Gresset.) MalgrĂ© que. On n’a besoin d’élever que les hommes vulgaires, leur Ă©ducation doit seule servir d’exemple Ă  celle de leurs semblables. Les autres s’élĂšvent malgrĂ© qu’on en ait. (J.-J. Rousseau.) MalgrĂ© qu’on en ait, nous voulons ĂȘtre comptĂ©s dans l’univers, et y ĂȘtre un objet important. (Montesquieu.) PĂ©nĂ©trĂ©e du regret de sa mĂšre, elle voudrait vous oublier; et malgrĂ© qu’elle en ait, il trouble sa conÂŹ science pour lĂą forcer de penser Ă  vous. (J.-J. Rousseau.) MalgrĂ© doit toujours avoir pour complĂ©ment un substantif : MalgrĂ© la vue, malgrĂ©
{ 811 ) VintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Cependant cette prĂ©position se construit avec gwe dans Texpression consacrĂ©e malgrĂ© quil en ait, cĂ«st-Ă -dire mauvais grĂ© quil en ait. Hors de lĂ , ce seÂŹ rait une faute. En effĂ©t, si Ton construisait malgrĂ© que avec un verbe autre que avoir, on n'obtiendrait plus la mĂȘme analyse. MalgrĂ© mon IntĂ©rĂȘt. MalgrĂ© son devoir. m EXERCICE PBRÀSÈOtOGIQVE. MalgrĂ© qu'on en ait. MalgrĂ© qa'ils en aĂčnt MalgrĂ© lui. MalgrĂ© nous. DE LA RÉPÉTITION DES PRÉPOSITIONS., 4 * * N” DOXXXXTl. )©e©«— REPETITION OU ELUPSE DES PREPOSITIONS EN GÉNÉRAL. À. RÉPÉTITION. L'Ă©loquence est un art trĂšs-sĂ©rieux, destinĂ© Ă  instruire, Ă  reprimer les passions, Ă  corriger les mƓurs, Ă  soutenir les lois, Ă  diriger ĂŻes dĂ©libĂ©raÂŹ tions publiques, Ă  rendre les hpinines bons et heuÂŹ reux. (FĂ©nelon.) ellipse. On voit partout que Tart des courtisans Ne tend qĂŒd profiter des faiblesses des grands. A nourrir leurs erreurs, et jamais dans leur Ăąme NĂ© porter les avis des choses qĂŒon y blĂąme. (MoliĂšre.) De. Ce monde-ci nĂ«st qĂŒune loterie De biens, de rangs, de dignitĂ©s, de droits. BriguĂ©s sans titre, et rĂ©pandus sans choix. (Voltaire. ) C'est aux faibles courages, . Qui toujours portent la peine au sein. De succomber aux orages. Et se IcLSser d’un pĂ©nible dessein. (Malherbe.) En. Les cadeaux consistaient en biĂšre du pays, en cocos, en noix gouras, en citrons, en yams ou en riz. (Biblioth. des Voyages.) Le marchĂ©, lorsque nos gens le visitĂšrent, leur sembla bien approvisionnĂ© en taureaux, vaches, moutons, chĂšvres et volailles. (Biblioth. des Voyages.) Dans. La vertu des humains nĂ«st point dans leur croyance ; Elle est dans laiustiçç, dans la bienfaisance. (ChĂ©nier.) Le destin n’a point mis de sentiments Ă©gaux Dans VĂąme de l'esclave et cellĂš du hĂ©ros. (CrĂ©billon.) Avec. Avec une femme aimable, avec des enfants bien nĂ©s, et avec de bons livres, pn peut vieillir douceÂŹ ment Ă  la campagne. (CitĂ© par Girault-DĂŒvivier.) La maxime qui dit rien de trop, est bien juste, Et prouve que le sage, en toute occasion, Doit TĂȘtre avec mesure et modĂ©ration. ‘ (Destouches.) Pour. Dieu crĂ©a les mortels pour s’atmer, pour sĂŒnir : Ces cloĂźtres, ces cachots, ne sont pĂ s son ouvrage; Dieu fit la libertĂ©, Thomme fit TĂ©sclavage. (ChĂ©nier.) ... Pour se rapprocher, se convenir, se plaire. Fort souvent il ne faut qu’un rien. (Favart.)
( S12 ) Par. Toute femme est coquette, oĂŒ par raffinement» Ou par ambition, ou par tempĂ©rament. 4 (Destouches.) Que dĂ© gens par la haine et Vorgueil sĂ©parĂ©s, Vivraient fort bous amis s'ils s’étaient rencontrĂ©sl (CuĂ©nier.) BlalgrĂ©. Ainsi, malgrĂ© mes soins et malgrĂ© ma priĂšre. Vous prenez dans CĂ©sar une assurance entiĂšre. (Voltaire.) Il nĂ«st plus temps de reprendre cette longue et ennuyeuse besogne, malgrĂ© les erreurs et les fautes dont elle fourmille. Rousseau.) , GĂ©nĂ©ralement parlant, les prĂ©positions Ă , de, en, doivent ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©es devant chaque complĂ©ment, qu’il soit substantif, pronom ou verbe. Cependant il est des cas oĂč Ton peut quelquefois dĂ©roger Ă  ce principe, surtout en poĂ©sie, quand la mesure du vers Ă©n fait une nĂ©cessitĂ©. Pour ce qui est de la rĂ©pĂ©tition des autres prĂ©positions, les rĂšgles quĂ«n ont donnĂ©es les grammairiens sont pour la plupart fausses ou imaginaires. Qu’il y ait ou non ressemblance de signification dans les rĂ©gimes, que les prĂ©positions soient d’une ou de plusieurs syllabes, il est permis de rĂ©pĂ©ter ou dĂ«llipser ces prĂ©positions. Le goĂ»t, TĂ©lĂ©gancĂ©, la concision, l’énergie, voilĂ  les seules rĂšgles Ă  suivre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. » Aimer Ă  rire et Ă  platsaetcr. Clierchcr Ă  dominer et surpasser les Homme de cinq ou de six ptcds. Homme de cinq ou six pieds. autres. N“ DCCLXXYII. RÉPÉTITION DE LA PRÉPOSITION SaWS. i Le fanatisme enfante tous les crimes, , Sans Ă©gard eVsans choix il frappe les victimes; Du sang, de la nature, ii fait taire la voit. (ChĂ©nier.) L’hymen seul peut donner des plaisirs infinis; On en jouit sans peine et sans inquiĂ©tude. (La' ChaussĂ©e.) Telle est la multitude, et sans frein ct sans lois. Injuste sans pudeur, et sans remords ingrate, Eile hait qui la sert, et chĂ©rit qui la flatte. (La Harpe.) Catilina Temporte, et sa tranquille rage Sans crainte et sans danger mĂ©dite le carnage. (Voltaire.) Lorsque plusieurs complĂ©ments sont sous la dĂ©pendance de lĂ  prĂ©position sans, celte prĂ©position se rĂ©pĂšte toujours devant chaque complĂ©ment. Cependant elle peut ĂȘtre aussi remplacĂ©e par ni : sans crainte ni pudeur. Mais nous renvoyons pour cette diffiÂŹ cultĂ© au chapitre des Conjonctions, oĂč elle trouvera naturellement sa place. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Sans respect et sans crainte. Sans mƓurs et sans principes. PLACE DES PRÉPOSITIONS. A. PLACEES AVANT EE VERBE. ■ !jC crime Ă  ses yeux paraIt crime, (J.-B. Rousseau.) PLACÉES APRÈS LE VERBE. ... Cette obĂ©issance' Parait digne Ă  ses yeux d’une autre rĂ©compense. - (Voltaire.) i
( .813 ) Au seul nom de Henri, ies Français se rallient. (Voltaire.) ... A ce nom, jĂ« devins furieux. (Th. Corneille.) ... Grands dieux! d ce noble maintien, Quel Ɠil ne serait pas trompĂ© comme le mien ? ' (Racine.) Tous tremblaient au seul nom du roi de SuĂšde. (Voltaire.) J'aime Ă  vous voir frĂ©mir Ă  ce funeste nom. J) . (Racine.) Je RECONNAIS mon sang Ă  ce noble courroux. (Corneille.) L AprĂšs. AprĂšs la prise de Troie, tu enverras de riches dĂ©pouilles Ă  ton pĂšre. (FĂ©nelon.) AprĂšs ces paroles, ils allĂšrent au lieu oĂč la dĂ©esse les attendait. {Id.) Tu REVERRAS le Calme aprĂšs ce faible orage. (Corneille.) Seigneur, ie pars contente aprĂšs cette assurance. (Racine.) Avec. Avec le mauvais sort Torgueil s’assortit mal. (VillbfrĂ©.) PhiloclĂšs, avec un air respectueux et modeste, recevait les caresses du roi. (FĂ©nelon.) Tout CHANGE avec le temps ; on ne rit pas toujours; On devient sĂ©rieuxiau dĂ©clin des beaux jours. (Voltaire.) Pendant qqe je parlais ainsi, votre pĂšre, tranÂŹ quille, me regardait avec un air de compassion, (FĂ©nelon.) Chez. Chez nous, le soldat est brave, et Thomme de^ robe est savant; chez les Romains, i’homme de robe ETAIT brave, et le soldat Ă©tait savant. (La BruyĂšre.) La condition des comĂ©diens Ă©tait InfĂąme chez les Romains et honorable chez les Grecs. (La BruyĂšre.) Contre. , 1 Contre un si juste choix qui peut vous rĂ©volter? [ Tout Tempire a vingt fois conspirĂ© contre nous. (Racine.) | (Racine.) Dans. Dans ses superbes mains va flĂ©trir ses lauriers. (Voltaire.) ' Dans une heure vous pourrez revoir PĂ©nĂ©lope. * (FĂ©nelon.) ' Dans votre appartement allez vous reposer. (Racine.) Partons. Bravons Tamour dans les bras de la gloire. (Voltaire.) Le czar Pierre ne pouvait, dans sa jeunesse, passer un pont sans frĂ©mir. (/d.) Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur. (Racine.)' En. En efforts impuissants leur maĂźtre se consume. (Racine.) L'argent en honnĂȘte homme Ă©rige un . scĂ©lĂ©rat. (Boileau.) HĂ©lĂ s ! je me consume en impuissants^efforts. (Racine.) L’infortune seule peut changer leur cƓur de rocher en un cƓur humain* (FĂ©nelon.) De. . De ces antres muets sort un triste murmure. (Voltaire.) Des peines aux plaisirs nous passons tour Ă  tour : Tout change, cĂ«st la loi, la nuit succĂšiie au jour. (Racine.) De marbre blanc Ă©tait bĂąti le mur. (Voltaire.) D’un air distrait, le bon prince Ă©couta « Tous les propos dont ou le tourmenta. Ud.) De mes faibles efforts ma vertu se dĂ©fie. (Racine.) Un Ă©clat de lumiĂšre sortit de ses yeux. (FĂ©nelon.) Fn un instant je passai de la plus amĂšre douleur . Ă  la plus vive Joie. (/d.) 4 Les chapiteaux Ă©taient d’argent. (Id.) Mentor, regardant d’un air doux et tranquille TĂ©lĂ©maque, prit ainsi la parole. (/d.) DĂ©fions-nous toujours d'une incroyable histoire. (Imbert.)
. ( 814 ) DĂšs. DĂšs que d’un autre objet je le verrai TĂ©poux, Si vous m'aimez encor, seigneur, je suis Ă  vous. ‱ ^ (Tn. Corneille.) Je vous RENVERRAI Ă  Ithaque dĂšs que la guerre sera finie. ' (FĂ©nelon.) Devant.^ Devant ses yeux cruels une autre a trouvĂ© grĂące. Perfide, oses-tu bien te montrer devant moi? (Racine.) (Racine.) Durant. Durant toute la nuit elle n’A point dormi. (Corneille.) ... Entre eux partagez vos tendresses. (Longepierre.) Par un charme fatal vous fĂ»tes entraInĂ©e. (Racine.) Elle ne dormit point durant toute la nuit. (AuterĂ©au.) Entre. Endors entre tes brĂąs son audace guerriĂšre. (Voltaire.) Par. 11 est toujours entraInĂ© par son avarice, par sa crainte et par ses soupçons. (FĂ©nelon.) Pour. Pour les cƓurs corrompus TamitiĂ© ĂŒbst point faite . (Voltaire.) QÜAi-je FAIT pour Thonneur? J’ai tout fait pour (Racine.) [Tamour. L’auteur de la Grammaire des Grammaires a cru devoir consacrer un article spĂ©cial pour nous apprendre que « tes prĂ©positions doivent toujours ĂȘtre a la tĂȘte des mots qu'elles rĂ©gissent l » C’est une naĂŻvetĂ© dite en trĂšs-mauvais français, car on ne peut employer Ă  la tĂȘte en parlant d’un mot qĂŒen style de logogriphe. Dans leurs ouvrages si gros de riens, tous les autres grammairiens ĂŒont point parlĂ© de la place des prĂ©positions. .Cependant, comme on le voit par nos citation^, d’autant plus prĂ©cieuses que les oppositions y sont faites souvent avec les mĂȘmes mots, la chose en valait la peine; car, si en cette circonstance, il importe peu Que Pascal soit devant, ou Pascal soit derriĂšre, ^ il nĂ«n est pas moins vrai que l’harmonie, le goĂ»t, l’élĂ©gance peuvent parfois exiger que la prĂ©position et son complĂ©ment soient placĂ©s plutĂŽt avant le verbe qu’aprĂšs, et vice versĂą: . , Certaines prĂ©positTons suivies d’un nom avec lequel elles forment une expression ad- verbial'e, ou une phrase incidente qui sert Ă  marquer la simultanĂ©itĂ© de deux actions, se mettent plus souvent et plus Ă©lĂ©gamment au commencement de la phrase ; A VarrivĂ©e de la reine, la persĂ©cution se ralentit. (Bossuet.) A cet affront, Tauteur se leva de la table. (Boileau.) A ce spectacle, le peuple s'Ă©mut. (Bossuet.) Aux accords d’Amphion, les pierres se mouvaient, (Boileau.) . Les exemples de semblables inversions se rencontrent Ă  chaque page dans les prosaÂŹ teurs et dans les poĂštes. . Mais ces inversions (et celles qĂŒon peut se permettre avec le rĂ©gime indirect de .cerÂŹ tains verbes), qui sont Ă©lĂ©gantes dans la prose, cessent de TĂȘtre dans la poĂ©sie, oĂč elles deviennent presque nĂ©cessaires pour distinguer les vers de la prose. IXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Au seul son de sa voix. A ce triste rĂ©cit. EnTers un enoemĂź. Par trop de sĂ©vĂ©ritĂ©. À cette fatale nou voile. A la cour, Ă  la ville. Hors la gloire. Par fiertĂ©.
( 815 ) CHAPITRE IX LA CONJONCTION. *SJ N* DCCLXXVm. «OOOO— NATURE DE LA CONJONCTION. — SA DÉFINITION- SANS SIGNES DE RAPPORT. On est toujours estimĂ©... on est honnĂȘte homme. Les gens qui savent peu parlent beaucoup... les gens qui savent beaucoup parlent peu. On donne des conseils... on ne donne pas lĂ  saÂŹ gesse dĂ«n profiler. t Je pense... Dieu existe. Jean-Jacques Rousseau a Ă©tĂ© fort persĂ©cutĂ©... il prenait le parti des malheureux. 11 faut se hĂąter de jouir... il est encore temps. AVEC SIGNÉS DË RAPPORT. / Ori est toujours estimĂ© quand on est honnĂȘte homme. ' (Dict. de Morale.) Les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu, (J.-J. RoĂŒssead.) ■ On donne des conseils ; mais on ne donne pas la sagesse dĂ«n profiter. (La Rochefoucauld.) Je pense, donc Dieu existe. (La BruyĂšre.) Jean-Jacques Rousseau a Ă©tĂ© fort persĂ©cutĂ©, porce gttll prenait le parti des malheureux. ' (Bern. de Saint-Pierre.) Il faut se hĂąter de jouir, tandis gw’il est encore temps. (Massillon.) De mĂȘme qĂŒon met en rapport deux mots, on peut aussi mettre en rapport deux Ă©nonciations de jugements, deux pensĂ©es. Si je dis : On est toujours ĂšstiniĂ©... on est honÂŹ nĂȘte homme, jĂ«xprime deux jugements isolĂ©s Tun de Tautre ; mais si je dis ; On est touÂŹ jours estimĂ© quand on est honnĂȘte homme, le mot quand, placĂ© entre la premiĂšre pensĂ©e et la seconde, Ă©tablit un rapport de dĂ©pendance et subordonne le premier fait au second. , Il y a donc une espĂšce de mots dont la fonction est d'Ă©tablir un rapport entre deux jugements Ă©noncĂ©s, entre deux pensĂ©es : tels sont les mots e/, quand^ mais, donc, parce que, tandis que, des exemples citĂ©s. Tous les mots qui servent Ă  joindre deux pensĂ©es s’appellent conjonctions, mot formĂ© de la prĂ©position cum qui signifie avec, et da mot junctio, jonction, union. Cette dĂ©nomiÂŹ nation peint parfaitement ia fonction que cette espĂšce de mots remplĂźt dans le discours. EXERCICE ANALYTIQUE. ' (DĂ©signer les deux pensĂ©es entre lesquelles le rapport est Ă©tabli.) Ua rien suffit pour amuser l’enfance ; Mais dans ses jeux, plus qu'on ne pense, S’introdnisent dĂ©jĂ  les passionsdes grands* (tassĂ kt.) Parfois nn sot possĂšde un emploi d'importance, Tandis que les talents, l'esprit et la science Sont relĂ©guĂ©s dans quelque coin. (De la Boutbatb.) les bommes, sommes. Les premiĂšres leçons peuvent tont sur Et l’éducation nous fait ce que nous so Qne sert d'Ă©clairer les gens Quand ils n’ont pas reçu de quoi voir la lumiĂšre ? (NivsaftAis.) (Fo!IA1AOB.)
( 816 ) t SUBDIVISIONS DES CONJONCTIONS. r DCCLXXIX. DES CONJONCTIONS COPDLATIVES. Le sage est citoyen : il respecte Ă  la fois Et le trĂ©sor des mƓurs, et le dĂ©pĂŽt des lois. (ChĂ mpfort.) Heureux celui qui sait se contenter de peu!'son sommeil nĂ«st troublĂ© m par les craintes, m* par les dĂ©sirs honteux de Tavarice. (Trad. d’HoRACE.) Puisque chacun ici prend ce qui lui convient, Par droit d’aubaine aussi, Finette m’appartient. (Regnard.) Je ne saurais passer pour femme, Ă  mon avis, Ni pour veuve non plus, puisqu’en effet j’ignore Si le mari que j’eus esl mort ou vit encore. (Id.) Je le sers tant pour lui que pour me faire plaisir. * (AcadĂ©mie.) Les conjonctions copulatives sont celles qui servent Ă  rassembler deux noms ou,deux verbes sous une mĂȘme affirmation ou sous une mĂȘme nĂ©gation. Telles sont pour Vaffir- mation et, aussi, tant.,, que; pour la nĂ©gation, ni, non plus. N“.DCCLXXX.9^- ' CONJONCTIONS ALTERNATIVES. La fortune, soit bonne ou mauvaise, soit passaÂŹ gĂšre ou constante, ne peut rien sur L’ñme du sage. (Marmontel.) Ou &tĂ«n, quelque malheur qĂŒil m’en puisse arriver, Ce n’est que par ma mort qu’on le peut obtenir. (Racine.) Un mal funeste et-cĂŽntagieux se rĂ©pandit et s’é chauffa dans les principales villes de a Normandie, soit que TintempĂ©rie des saisons eĂ»t aissĂ© dans les airs quelque maligne impression; soit qĂ»un comÂŹ merce fatal y eĂ»t apportĂ© des pays Ă©loignĂ©s, avec de fragiles ricbesses, des semences de maladie et de mort; soit que Tange de Dieu eĂ»t Ă©tendu sa main pour frapper cette malheureuse province. (FlĂ©chier.) Les conjonctions alternatives sont celles le sens des choses dont on parle. Ce sont : qui marquent alternative ou distinction dans ou, ou bien, soit, soit que. N” DCCLXXXI. CONJONCTIONS ADVERSATIVES. On aime Ă  deviner les autres, mais on n’aime pas Ă ĂȘlrede^nĂ©. (Vauvenargubs.) Flus j’apprends son mĂ©rite, et plus mon feu s’aug- [meiite; Cependant mon devoir est toujours le plus fort. (Corneille.) Les MachabĂ©es Ă©taient vaillants; nĂ©anmoins il est Ă©crit qĂŒils combattaient par leurs priĂšres plus que parleurs armes, (Bossuet.) Ses Ă©crits, pleins partout d’affreuses vĂ©ritĂ©s, Étincellent pourtant de sublimes beautĂ©s. (Boileau.) Dans quelle inquiĂ©tude, Esther, vous me jetez! Toutefois qu’il soit fait comine vous souhaitez. tUACINK.) La mode Ă©loigne les cheveux du visage, bien gĂŒils ne croissent que pour l’accompagner. . (La BruyĂšre.) Les conjonctions adversatives sont celles qui lient deux propositions en marquant opÂŹ position dans la seconde Ă  TĂ©gard de la premiĂšre. Ce sont : mais, cependant, nĂ©anr- moins, pourtant, toutefois, bien que.
( 817 ) N” DCCLXXXII. 1!^»—- CONJONCTIONS RESTRICTIVES. Qui peut de vos desseins rĂ©vĂ©ler le mystĂšre, Sinon quelques amis engagĂ©s Ă  se taire ? (Racine.) QĂŒest-ce que le fils de l’homme, si ce n’est du fumier et de la boue? (BossĂŒet.) ... Quoi gĂŒon fasse, Rien ne change un tempĂ©rament. (La Fontaine.) Ah ! pour ĂȘtre dĂ©vot, je nĂ«n suis pas moins bomme. (MoliĂšre.) Il fait bon craindre, encor que Ton soit saint. (La Fontaine.) De vos songes menteurs Timposture est visible, A moins que la pitiĂ© qui semble vous troubler, Ne soit ce coup fatal qui vous faisait trembler. (Racine.) Les conjonctions restrictives sont celles qui restreignent, de quelque maniĂšre que ce soit, une idĂ©e ou une proposition. Telles sont : sinon, si ce n'est, si ce n'.est que, quoique, pour employĂ© dans le sens de quoique; encore que, Ă  moins que, Ă  moins de, N* DCCLXXXin. CONJONCTIONS HYPOTHÉTIQUES OU CONDITIONNELLES. Nul empire n’est sĂ»r, s’il n'a Tamour pour base. Quand la nature n’aurait pas donnĂ© Ă  M“i« de (VillefrĂ©.) Montausier tous ces avantages de Tesprit, elle aurait pu les recevoir de TĂ©ducation. (FlĂ©chier.) Je serais votre ami quand hien wiĂšme vous ne le Bien des gens s’embarrassent peu de la route, - voudriez pas. (AcadĂ©mie.) pourvu gĂŒelle les mĂšne Ă  la source des richesses. ' ‱ ^ ^ (Dict. de Maximes.) Les conjonctions conditionnelles ou hypothĂ©tiques sont celles qui lient deux proposiÂŹ tions par une supposition ou en marquant une condition. Telles sont les suivantes : si, quand, quand mĂȘme, quand bien mĂȘme, pourvu que, supposĂ© que, au cas que ', en cas que, bien entendu que, Ă  condition que, a la charge, que. Nous nous arrĂȘterons lĂ , car il serait inutile de suivre les grammairiens dans les nomÂŹ breuses classifications qĂŒils font des conjonctions. Nous prĂ©fĂ©rons considĂ©rer ces sortes de mots relativement Ă  Texpression. . Sous le rapport de Texpression, les conjonctions se divisent en simples ei en composĂ©es. : Les conjonctions pures ou simples sont celles qui sont exprimĂ©es en un seul mot; les conjonctions composĂ©es sont celles qui se forment de plusieurs mots. Outre ces deux diÂŹ visions, il y en Ă  encore une troisiĂšme qui comprend les mots pris accidentellement comme conjonctions. TABLEAU DES CONJONCTIONS. N” DCCLXXXIY. * ^ Y CONJONCTIONS PURES OU SIMPLES. Et, ni, ou, que, si, car, or, donc, ainsi, comme, lorsque, mais, pourquoi, puisque, que, quand, quoique, savoir, toutefois. 103
(818) . Si est conjonction ; il est adverbe quelquefois, ou il rĂ©pond Ă  oui. % * LOCUTIONS CONJONCTIVES. Soit que, bien que, dĂšs que, sitĂŽt que, aussitĂŽt que, avant que, aprĂšs que, tandis que, qendant que, afin que, si peu que, si ce nĂ«st que, supposĂ© que, bien entendu que, Ă  condition que, attendu que, non plus que, pour que, parce que, pourvu que, en cas que, Ă  inoins que, sinon que, au lieu que, encore que, aussi bien que, de mĂȘme que, ainsi que, vu que, de façon que, depuis que, jusqĂŒĂ  ce que, de maniĂšre que, quand mĂȘme, quand bien mĂȘme, d’oĂč vient que, sans que, etc. * MOTS ACCIDENTELLEMENT PRIS COMME CONJONCTIONS." ^ / Toujours, encore, cependant, nĂ©anmoins, pourtant, ainsi, aussi, d’ailleurs, bien plus, etc. 11 est captif; /otyours est-il content. II est misĂ©rable ; cependant il ne se plaint pas, etc. Sinon, partant et soi/jouent le rĂŽle de conjonctions, quoiqu’ils soient des propositions tout entiĂšres. - EXERCICE ÂNALTIIQĂŒE. Dieu absout aussiiĂȘt qu*i\ voit la pĂ©nitence dans le cƓur. 4 (Pascal.) Pourvu quon. soit content, qu’importe qu’on admire? (Yoltaihe.) ÂŁst-ou laide jamais, dĂšs qu'on est bonne mĂšre? (Gosse,) Les grands emplois, selon qu'on s’cn acquitte, Font voir le deçrĂ© du mĂ©rite. (Perrault.) Tout eu irait mieux sur la terre , Si chacun se bornait Ă  faire Le mĂ©tier pour lequel Jupiter Pappela. (Aubbat.) Le monde est vieux, dĂźt-on ; Je le crois ; cependant 11 le faut amuser encor comine un enfant. (La FonrAiNn.) Le monde est un passage infestĂ© de brigands ; ' Mais les petits voleurs travaillent pour les grands. (Formacs.) La mort s'avance ; Les grands ni les petits n'Ă©chappent Ă  sa loi. (Crkisier. La nature est partout variĂ©e et fĂ©conde. (Lamotte Il n'est point de vertu, lorsqu'il n'est point d'Ă©preuve. (Kesitel.) ‱I DE LA PLACE DES CONJONCTIONS. DCCLXXXV. CONJONCTIONS ET EXPRESSIONS CONJONCTIVES QUI PEUVENT SE PLACER, TANTÔT AU PREMIER MEMBRE DE LA PÉRIODE, TANTÔT AĂŒ SECOND. PLACÉES AU PREMIER MEMBRE DE LA PÉRIODE. Pendant qĂče les Romains mĂ©prisĂšrent les riÂŹ chesses, ils furent sobres et vertueux. (Bossuet.) Tandis que tout change et pĂ©rit dans la nature, la nature elle-mĂȘme reste immuable et impĂ©rissable. (Marmontel.) AussitĂŽt que le khan de Tartarie a dinĂ©, un hĂ©raut crie que tous les autres princes de lĂą terre peuvent aller diner, si bon leur semble. (Montesquieu.) DĂšs gu’on sent qĂŒon est en colĂšre, il ne faut ni parler ni agir. . (Marmontel.) Afin gĂŒon ne puisse douter de leur bonne foi, non plus que de leur persuasion, U les oblige Ă  sceller leur tĂ©moignage de leur sang. (Bossuet.) PLACÉES AU SECOND MEMBRE DE LA PÉRIODE, Le vrai sage n’est appliquĂ© qu’à bien faire, penÂŹ dant gue le fanfaron travaille Ă  ce que l’on dise de lui qĂŒil a bien fait. (La BruyĂšre.) La religion eut ses David et ses Salomon, qui rouÂŹ girent d’habiter des palais superbes, tandis qpe le Seigneur n’avait pas oĂč reposer sa tĂȘte. (Massillon.) ‘ Dieu absout aussitĂŽt gĂŒil voit la pĂ©nitence dans le cƓur. (Pascal.) Le docteur n’instruit plus dĂšs gĂŒil devient pĂ©dant. (Sanlecque.) Dieu accorde quelquefois le sommeil aux mé chants, afin que les bons soient tranquilles. (Sadi.)
(819) Parce que les grandes fĂȘtis se passaient toujours sans rien changer Ă  sa fortune, ThĂ©bnas murmurait ' contre le temps prĂ©sent. (La BruyĂšre.) Puisque j’ai commencĂ© de rompre le silence, Il faut poursuivre. (Racine.) Lorsque Rome a parlĂ©, les rois n'ont plus d’amis. (Voltaire.) Quoique le ciel soit juste, il permet bien souvent Que l’iniquitĂ© rĂšgne, et marche en triomphant. [Id.) De pĂ©ur que ma prĂ©sence soit ici criminelle, je te laisse. (MoliĂšre.) Avant que le sommeil te ferme la paupiĂšre, Sur tes Ɠuvres du jour porte un regard sĂ©vĂšre. (Lefranc de Pompignan.) Bien qu’a ses dĂ©plaisirs mon Ăąme compatisse. Ce que le comte a fait semble avoir mĂ©ritĂ© Ce juste chĂątiment de sa tĂ©mĂ©ritĂ©. (Corneille.) Si le prince est un sot, le peuple est sans gĂ©nie. (Piron.) AprĂšs que Dieu eut donnĂ© de si heureux succĂšs Ă  cette guerre, il s’appliqua tout entier Ă -rĂ©gler ses ^tots. (FlĂ©chier.) Depuis gw'elle fut promise Ă  JĂ©sus-Christ, tille ne chercha plus qu’à lui plaire. {Id.) SitĂŽt que sur un vice ils pensent me confondre, C’est en me corrigeant que je sais leur rĂ©pondre. (Boileau.) Tant gue l’oo hait beaucoup, on aime encore un peu. (M“« DE la SĂŒzk.) Ainsi que la vertu, le crime a ses degrĂ©s. (Racine.) Quand vous me haĂŻriez, je ne m’en plaindrais pas. [Id.) Il y a des vĂ©ritĂ©s qui sont la source des plus grands dĂ©sordres, parce guĂ«lles remuent toutes les passions. (Chateaubriand.) Fais du bien aĂŒjourd'hui, puisque tu vis encor; Crois-moi: c’est le plus doux,le seul emploi de Tqr. (VillefrĂ©.) Il n’est point de vertu, Zorsgw’iln’est point d'Ă©preuve. (Resnel.) NĂŽus avons marchĂ© longtemps tout nus, quoique le climat ne soit pas'chaud. (Voltaire.) Sois donc prĂȘt Ă  frapper, de peur qu’on nous prĂ©- ■ [Id.) [vienne. Il fut des citoyens avant gĂŒil fĂ»t des maĂźtres, (MO La mode Ă©loigne les cheveux du visage, bien gĂŒils ne croissent que pour l’accompagner. (LÀ BruyĂšre.) . Que font les toits dorĂ©s, si Ton n’y vit en maĂźtre? (Imbert.) Il faut bonne mĂ©moire aprĂšs gĂŒon a menti. (Corneille.) Et le jour a trois fois chassĂ© la nuit obscure, Depuis que votre corps languit sans nourriture. (Racine.) Ou va bien loin sitĂŽt gu'on se fourvoie. (Voltaire.) Je les lui promettais tant qu’a vĂ©cu son pĂšre. (Racine.) La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrĂąces. ' ' {Id.) Je serais votre ami quand bien mĂȘme vous, ne le voudriez pas. (AcadĂ©mie.) Les conjonctions ou expressions conjonctives qui peuvent se placer tantĂŽt au premier membre d’une pĂ©riode, tantĂŽt au second, sont : Pendant que. AussitĂŽt que. De mĂȘme que. Cependant que. Si et quand. A cause que. A moins que. De crainte que. Au cas que. Sans que. Tandis que. DĂšs que. Lorsque. Quoique, AprĂšs que. Ainsi que. Attendu que. En cas que. Si ce n’est que. Afin que. Parce que. De peur que. Avant que. Depuis que. A moins que. De sorte que. Jusqu’à ce que. Outre que. SupposĂ© que. Puisque. Tant que. Bien que. Encore que. SitĂŽt que. Soit que. Au reste. Durant que. Ou bien. Pourvu que. Vu que. NĂ©anmoins, la place de ces conjonctions dĂ©pend de celle qĂŒoccupent les propositions quĂ«lles prĂ©cĂšdent. : Quand une phrase est composĂ©e de deux propositions ‘unies par une conjonction, Tharmonie et la clartĂ© demandent ordinairement que la plus courte marche la premiĂšre. On ne s’exprimerait donc ni avec grĂące ni avec harmonie en disant: On a bien de la peine Ă  soupçonner son semblable d.e n’ĂȘtre pas honnĂȘte homme, lorsqu’on l’est soi- mĂȘme. AU LIED de: . Lorsqu’on est honnĂȘte homme, on a bien de la peine Ă  soupçonner les autres de ne l’ĂȘtre pas: (Wailly.)
( 820 ) On ne peut haĂŻr une religion qui ne prĂȘche que la vertu, quand on est vertueux. A quoi bon une table servie avec somptuositĂ© et avec profusion, puisque la nature se contente de peu? Quand on est vertueux, on ne peut haĂŻr une reÂŹ ligion qui ne prĂȘche que la vertu. (Wailly*) Puisque la nature se contente de peu, Ă  quoi bon une table servie avec somptuositĂ© et avec profusion? (D'Ouvkt.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Pendant qu'il dort, lisez. Parce qu’Q est riche, il est arrogant. Lisez, pendant qu’il dort, n est arrogant, parce qu'il est riche. N* DCCLXXXYI. CONJONCTIONS OĂŒ EXPRESSIONS CONJONCTIVES QUI SE PLACENT TOUJOURS AU SECOND MEMBRE DE LA PÉRIODE. Ma foi, le plus sĂ»r est de finir ce sermon, ' Aussi bien je vois lĂ  ces melons qui t’attendent. (Boileau.) Qui peut compter sur le lendemain ? Et cependant nous vivons comme si tout ceci ne devait jamais finir. , ■ (Massillon.) On reconnaĂźt Joad Ă  cette violence ; Toutefois il devrait montrer plus de prudence. ■ (Racine.) Le conquĂ©rant est craint, le sage est estimĂ©; Mats le bienfaisant charme, et lui seul est aimĂ©. (Voltaire.) Les tourterelles se fuyaient; Plus d’amour, partant plus de joie. (La Fontaine.) La fortune est inconstante; c’est pourquoi on doit toujours avoir des sujetĂ» de crainte dans la proÂŹ spĂ©ritĂ©, et des motifs d’espĂ©rance dans l’adversitĂ©. (Dictionnaire de Maximes.) Je pense : donc Dieu existe; car ce qui pense en moi, je ne le dois point Ă  moi-mĂȘme. (La BruyĂšre.) Qui peut de vos desseins rĂ©vĂ©ler le mystĂšre, Sinon quelques amis engagĂ©s Ă  se taire? (Racine.) ' Il consentit.de traiter d’égal avec l’archiduc, Ă  condition qu’en lieu tiers, ce prince ferait les honÂŹ neurs des Pays-Bas. (Bossuet.) Il a vĂ©ritablement quelques dĂ©fauts; Ă u surplus, il est honnĂȘte homme. (AcadĂ©mie.) Il y a trois choses Ă  consulter; savoir : le juste, lĂ«onnĂȘle et l'utile. (Marmontel.) Les quatre lettres I. N, R. I., qui sont au haut de la croix de Notre-Seigneur, signifient JĂ©sus Nazarenus, rex JudƓorum ; c’est-a-dire , JĂ©sus de Nazareth, roi des Juifs. (Girard.) . Les conjonctions ou expressions conjonctives qui doivent toujours se mettre entre deux membres de phrase et qui ne peuvent jainais commencer le discours, Ă  moins qĂŒon ne le suppose momentanĂ©ment interrompu, sont les suivantes : Aussi bien. Toutefois, Partant. CĂ«st pourquoi. Par consĂ©quent. Cependant. Mais. Pourtant. CĂ«st-Ă -dire. AprĂšs tout. Donc. Sinon. A condition que. C’est Ă  savoir. En effet. Car. Savoir. Au surplus. Sans quoi. Et puis. On a blĂąmĂ© Malherbe et Corneille d’avoir commencĂ© des phrases poĂ©tiques par donc, et l’on a eu tout Ă  la fois raison et tort : raison, si l’on veut s’en tenir Ă  la rigueur gramÂŹ maticale; tort, si Ton ne sent pas que c’est un tour, un mouvement pindarique qqi supÂŹ prime les antĂ©cĂ©dents, les idĂ©es antĂ©rieures, pour se jeter sur l’idĂ©e dominante, Doyç un nouveau labeur Ă  tes armes s’apprĂȘte! Le poĂšte suppose que le hĂ©ros auquel il s’adresse a rempli toute la terre du bruit de ses hauts faits, et qu’il serait superflu de les rappeler; il conclut d’aprĂšs eux, et le gramÂŹ mairien n’a pas plus le droit d’appliquer sa rĂšgle Ă  la marche du gĂ©nie, quelle gĂ©omĂštre son compas Ă  l’Apollon du BelvĂ©dĂšre. Dans la poĂ©sie, comme dans les arts, l’effet est tout, et quiconque le produit, n’importe comment, sans offenser le goĂ»t ou la raison ,
(821) mĂ©rite des Ă©loges. Il y a dans la littĂ©rature, comme dans les arts, un point de vue, disons mieux, de sentiment que la nature seule et non la mĂ©thode peut faire saisir par ses faÂŹ voris : ce point produit lĂ«ffet dĂ©sirĂ©; TirrĂ©gularitĂ© qui le cause disparaĂźt aux yeux illuÂŹ sionnĂ©s par le talent de Tartiste ou de TĂ©crivain, N. B. Le seul mot qui se place toujours au premier membre de la'pĂ©riode, cĂ«st le moi comme employĂ© accidentellement comme conjonction : Comme il ne comprend rien, un sot fronde sans cesse. (VOISENOX.) . NĂ©anmoins, remarque Voltaire, toutes les phrases qui commencent par comme sentent Ja dissertation, le raisonnement;, etdĂą chaleur du raisonnement ne permet guĂšre, dans les vers, Temploi de ce tour prosaĂŻquh. * , EXERCICE PHR4SÉOLOGI0VE. Je pense, donc j'existe. Vons le voulez ; toutefois vous pourriez. ‱ . Vous ĂȘtes riche ; mais je le suis plus que vous. Plus d'argent, partant plus de joie. ■ Faites-le, sinon vous ĂȘtesmort. Je le dirai, Ă  condition que... , Il T a trois choses Ă  considĂ©rer*: savoir LTiomme est faible ^ c'est ponrquoii.. OBSERVATIONS SUR L’EJIPLOI DE LA PLUPART DES CONJONCTIONS. r ET. N" DCCLXXXm Et KÉPÉTÉ ou NON KÉPÉTÉ. Et NON RÉPÉTÉ.' L'esprit, la science et la vertu sont les vĂ©ritables biens de Thomme,* (Dict. de Maximes.) EUe sort pompeuse et parĂ©e. (Malherbe.) Les vĂ©ritables sages vivent entre eux et tranquilles. (Voltaire.) Et partout oĂč coula le nectar enchantĂ©, Coururent le plaisir, Taudace et la gaĂźtĂ©. (Delille.) Ils meurent; de ces lieux s'exilent La douce rĂȘverie et les discrets amours. {Id.) Le sage est mĂ©nager du temps et des paroles. (La Fontaine.) On ne parla que de pinceaux. D’ombres ef de couleurs, d’images, de tableaux. (La Harpe.) Plus loin, le tambourin, le fifre et la trompette, Font entendre des airs que le vallon rĂ©pĂšte. (Saint-Lambert.) Quand Lucullus vainqueur triomphait de TAsie, L’airain, le marbre et Tor frappaient Rome Ă©blouie. (Delille.) l.es plaintes, les regrets et les pleurs sont perdus. (Voltaire.) Et RÉPÉTÉ. Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort, Vont tous Ă©galement des douleurs Ă  la-mort. (Voltaire.) Üne coquette est un vrai monstre Ă  fuir; Mais une femme, et tendre, et belle, et sage. De la nature est le plus digne ouvrage. {Id.) Quel carnage de toutes parts! On Ă©gorge Ă  la fois les enfants, les vieillards, Et la sƓur et le frĂšre, V Et la fille ef la mĂšre, Le fils dans les htas de son pĂšre. (Racine.) Les plats sont mis sur la table divine Des belles mains de la tendre Euphrosine, Et de Thalie ef de la jeune ÉglĂ©, Qui, comme on sait, sont lĂ -haut les trois GrĂąces Dont nos pĂ©dants suivent si peu les (races. (Voltaire.) Le beau temps et la pluie, et le froid ef le chaud, Sont des fonds qu’avec elle on Ă©puise bientĂŽt. (MoliĂšre.) Des dieux les plus sacrĂ©s j’invoquerai le nom, Et la chaste Diane ef Tauguste Junon, Et tous les dieux enfin. (Racine.) ... DansJa^saison d’amour, Et TĂ©pouse ef TĂ©poux ont le mĂȘme sĂ©jour. (Demlle.)
( 822 ) Lorsqu’on ne veut exprimer qĂŒune simple addition, il suffit d’employer un seul ct, qu'on place devant le dernier mot additionnĂ©, comme dans les exemples de la premiĂšre colonne. ' ' Mais s’il s’agit d’agrandir, de grossir les objets, on multiplie les et, ainsi qĂŒon le voit dans les exemples delĂ  deuxiĂšme colonne. Souvent on se contente de distinguer par la ponctuation les parties Ă©numĂ©rĂ©eĂ  ; exemples : ^ ' Il Ă»vait «otra port, vos yeux, votre langage. (Bacine.) Vous eussiez vu tomber Ă  bas - Epaules, nez, mentons, cuisses, pieds, jambes, bras. (Voltaire!) Quiconl|ue est riche est tout ; sans sagesse il est sage; Il a, sans rien savoir, la science en partage. Il a Vesprit, Ăźe cƓur, le mĂ©rite, le rang. La vertu, la valeur, lĂą dignitĂ©, le sang, (Boileau.) Vicieux; pĂ©nitent, courtisan, solitaire. Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire. (Voltaire.) LĂ«mploi de et serait vicieux si, dans les parties Ă©numĂ©rĂ©es, il y avait gradation, on si le dernier mot Ă©tait rĂ©capitulant. Femmes, moines, vieillards, tout Ă©tait descendu ; L’équipage suait, soufflait, Ă©tait rendu. (La Fontaine.) Je confesserai tout; exil, assassinats, Poison mĂȘme, (Bacinb.) Comment se trouve-t-il tant d’hommes qui, pour si peu d’argĂšnt, se font les persĂ©cuteurs, les satelÂŹ lites, les bourreaux des autres hommes ? (Voltaire.) Je le vis, je rougis, je pĂąlis Ă  sa vue. (Racine.) Quelquefois, pour plus de clartĂ©, et pour Ă©viter plusieurs sortes de et, on en supÂŹ prime un, comme dans ces exemples ; Boileau fut tout Ă  la fois la terreur, le flĂ©au des mĂ©chants poĂštes, et le dĂ©fenseur, l’appui des bons Ă©crivains. (Domergue .) L'homme est un assemblage de lumiĂšre et d’ignoÂŹ rance, d’espĂ©rance et d’incertitude. (Pluche.; La coupe de la premiĂšre de ces phrases en deux parties aurait Ă©tĂ© perdue ou insenÂŹ sible, si Ton avait dit.: Boileau fĂ»t la terreur et Ăźe flĂ©au des mĂ©chants poĂštes, et le dé fenseur ET Vappui des bons Ă©crivains. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Jolonx Ă©t fle 'Ă©ob bonheur et Je st fortune.* ÂŁt les pleura et la rage.. « Jaloux dĂ« sĂŽn bonheiir Ăšt de sa fortune. Les pleurs et la rage... W DCCLXXXYin. DES MOTS LIÉS PAR et. Et UNISSANT DBS SUBSTANTIFS. L’AUBiTiON et Pavaricb deĂ  hommes sont les seules sources de leur malheur. (FĂ©nelon.) L’harmonie et sooBRiiiT flatteur sont l’orhcment de la pensĂ©e. (Voltaire.) UNISSANT DES ADJECTIFS. Dans le fond d'un chĂąteau, tranquille et sotitAiRE, Loin du bruit des combats elle attendait son pĂšre. (Voltaire.) Je me tranquillisais; oistvs et solitaĂźrb, Je goĂ»tais le plaisir de n’avoir rĂźen a faire. (Dobat.) Je m’en retournerai seule et dĂ©sespĂ©rĂ©e. (Racinb.)
( 823 ) Et UNISSANT DES VERBES. O puissante nature, ĂŽ grande enchanteresse ! Tout ce que j’aperçois me charme et m’iNTÉRESSE, (La Harpe.) Le triomphe de la religion est de consoler Thomme dans le malheur, et de mĂȘler une douÂŹ ceur cĂ©leste aux amertumes de la vie. (Marmontel.) Et UNISSANT DES PROPOSITIONS. GĂ©nĂ©ralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu. (J.-J. Rousseau.) L’adulation enfante Torgueil, et Torgueil est touÂŹ jours T Ă©cueil fatal de toutes les vertus. (Massillon.) Il fut tĂ©moin des regrets touchants qĂŒEudoxe donnait"Ă  sa mĂšre^ et il en revint pĂ©nĂ©trĂ©. (Marmontel.) La conjonction et ne peut lier que des mots de'" mĂȘme nature, des verbes avec des verbes, des noms avec des noms, des adjectifs avec des adjectifs, etc., etc. Ce serait jeÂŹ ter du trouble dans les idĂ©es que de l’employer pour rĂ©unir, par exemple, TĂ©tat d’un ĂȘtre avec sa qualitĂ© : Louis XIV Ă©tait koi et fier, pour ne pas rĂ©pĂ©ter ĂŒ Ă©tait fier. La phrase est mĂȘme affaiblie par cette contraction ; les deux idĂ©es, les deux motifs qu’elle exprime, sont confondus. On veut dire : il Ă©tait roi, de plus il Ă©tait fier. Cette rĂ©union imprĂ©vue forme une disparate, un choc entre deux idĂ©es, plus dĂ©saÂŹ grĂ©able .encore lorsque Vet joint un substantif avec un verbe : Vous aimez le jeu et Ă  GAGNER; dites ; vous aimez le jeu et le gain, d’autant mieux que vous satisferez TharÂŹ monie par la suppression d’un dur hiatus. Nous disons que la conjonction et lie des substantifs avec des substantifs, des verbes avec des verbes, etc. Mais celte liaison ne peut avoir lieu qĂŒĂšn vertu d’une ellipse ; car, quoique les conjonctions ne paraissent lier que des mots, elles joignent pourtant touÂŹ jours, et ne peuvent jamais lier que des propositions. Dans celte phrase : J'ai lu VolÂŹ taire et Rousseau, il semble d’abord que la conjonction et ne lie que les deux noms Voltaire et Rousseau; Tanalyse fait voir quĂ«lle unit deux propositions;*car cette phrase est un abrĂ©gĂ© de : J'ai lu Voltaire et (j'ai lu) Rousseau. CĂ«st lĂš dĂ©sir d’ĂȘtre plus concis qui a introduit Tusage oĂč Ton est dĂš dire : J'ai lu Voltaire ex Rousseau. La BruyĂšre a-t-il pu dire : ĂŒn honnĂȘte homme qui dit : ouĂŻ et non, mĂ©rite d'ĂȘtre cru. Son caractĂšre jure pour lui. donne crĂ©ance Ă  ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance. Lemare condamne cette phrase. Voici son raisonnement: «On ne peut direowi et » non que dans des temps diffĂ©rents. On peut dire oui sur une question, et non sur une » autre; mais, sur chaque point, c’est oui oĂŒ non qĂŒil faut dire, si en effet on veut mĂ©- )) riter d’ĂȘtre cru. » . ' Bien que ce raisonnement soit juste en lui-mĂȘme, ce serait se montrer par trop sé vĂšre que d’en tirer la consĂ©quence que la phrase de La BruyĂšre est vicieuse. Pour nous, nous la trouvons trĂšs-claire, et nous croyons mĂȘme qu’elle perdrait beaucoup de sa force si ori reiĂŒplaçait et par ou. Ce que Lemare n’a pas mĂȘme entrevu, c’est que cette , phrase est elliptique, et qu’elle est un abrĂ©gĂ© de Un honnĂȘte homme qui dit oui [quand il faut dire oui) et non [qnand il faut dire non) mĂ©rite d'ĂȘti'e cru. La BruyĂšre aurait cru faire injure Ă  ses lecteurs en exprimant les mots que nous avons rĂ©tablis, et que tout le monde, Lemare exceptĂ©, peut rĂ©tablir comme nous. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. LecheTal et ieiie. La sagesse et la verta. S* figure me charme et m'intĂ©resse. Sage et rĂ©servĂ©. Riches et pauvres. Savants et igmHrants.
( 824 ] NI. ■ e©ooo N” DCCLXXXIX. 9Ăź^«~ Ni RĂ©pĂ©tĂ© oĂŒ non rĂ©pĂ©tĂ©. Ni NON RÉPÉTÉ. Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixeÂŹ ment. ■ ' (La Rochefoucauld.) Quoil le ciel ni lĂ«nfer n’ont rien qui VĂ©pouvante? (Th. Corneille.) La voluptĂ© m* la mollesse ne peuvent contenter nos cƓurs. (Lebrun.)- Dans son cƓur malheureux son image est tracĂ©e : La vertu m le temps ne Tont point effacĂ©e. (Voltaire.) L’absence ni le temps n’effaceront jamais De son cƓur affligĂ© le prix de vos bienfaits. (Longepierre.) Ni rĂ©pĂ©tĂ©. Ni l’or, ni la grandeur ne nous rendent heureux. (La Fontaine.) Ni ma santĂ©, ni mon goĂ»t, ni mes travaux, ne me permettent de quitter ma douce retraite. (Voltaire.) - Ni \e reproche, ni la crainte, nt l’ambition, ne trouble les instants d’un honnĂȘte homme en place. (Marmontel.) iVtla bienfaisance, nt l’humanitĂ©, nt son devoir, ne lui permettaient de venir faire Ă  sa sƓur une telle insulte. [Id.) Ni sa jeunesse, nt les charmes de Calypso et de ses nymphes, ni les traits enflammĂ©s de l’Amour, n’ont pu surmonter les artifices de Minerve. (FĂ©nelon.) Nt s’emploie dans les phrases nĂ©gatives, et, comme on le voit, il peut ou non se ré pĂ©ter. Lorsqu’il est rĂ©pĂ©tĂ©, la phrase en acquiert une bien plus grande Ă©nergie. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Les sciences ni les lettres... Son pĂšre ni lui... Ni les sciences ni les lettres... Ni son pĂšre ni lui... N- DCCXC. Ni SUIVI ou NON SUIVI DE pas OĂŒ DE point. SUIVI DE pas ou de point. Buchanan nt Grotius ne l’ont pas fait dans leurs poĂšmes. (Corneille.) Dans son cƓur malheureux son image est tracĂ©e : La vertu nt le temps ne l’ont point effacĂ©e. (Voltaire.) Mais l’un nt l’autre enfin n’était point nĂ©cessaire, (Racine.) SANS pas ou potnf. A^t Buchanan ni Grotius ne l’ont fait dans leurs poĂšmes. Son image est tracĂ©e dans son cƓur : nt la vertu nt le temps ne l’ont effacĂ©e. Nt* l’un nt l’autre enfin n'Ă©tait nĂ©cessaire. 9 Dans ces ortes de phrases il est plus Ă©lĂ©gant de supprimer pas et point et de rĂ©pĂ©ter ni. (V. le chapitre dĂ©s Adverbes.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. u ne cuUÎTe pas les lettres ni les sciences. Cet cnTant n'est pas instruit ni modeste. II. n’agit pas lentement ni prudemment. 11 ne cultive ni les lettres nĂź les sciences. Cet enfant n'est ni instruit nĂź modeste Il n'agit ni lentement ni prudemment.
( 825 ) -««Ksa N" DCCXCI. EMPLOI DE et OĂŒ DE m DANS LES PHRASES NÉGATIVES AVEC et. Ce (pi’on ne peut plus recouvrer, 11 faut le savoir perdre ; et les pleurs et la rage Ne le font pas rĂ©cupĂ©rer. (François dE'NeĂŒfchateaĂŒ.) HĂ©las! j'ai beau crier et me rendre incommode, L'ingratitude et les abus NĂ«n seront pas moins Ă  la mode. . (La Fontaine.) Car vous ne m’épargnez guĂšre, Yous, vos bergers et vos chiens.- {Id.f Rien n’est si aisĂ© et si commun que de calomnier Ă  demi-mot, et rien n’est si difficile que de repousser cette espĂšce de calomnie. (La Harpe.) Les animaux n’inventent et ne perfectionnent rien. (BĂŒffon.) ’ Nos langues nĂ«nt pas l’harmonie et la prĂ©cision des langues anciennes. (Marmontel.) Le sĂ©nat et le peuple romain n’oublient ni les services ni les injures, (Vertot.) AVEC m*. Sinon, ni ton corps ni ton Ăąme N’appartiendront plus Ă  ta dame. (La Fontaine.) Et les soins dĂ©fiants, les verroux etles grilles. Ne,font point la vertu des femmes m des filles. (MoliĂšre.) S’ils nĂ«nt point d’armes ni de chiens, il continue Ă  marcher d’assurance. (BĂŒffon.) se On n’est jamais si heureux ni si malheureux quĂ«n Timagine. (La Rochefoucauld.) Les grands ni les rois De peuvent se perdre ni se sauver tout seuls. (Massillon.) A la-tahie de ClĂ©omĂšne, il n’y avait point de mu- sique ni de concert, (Montesquieu.) . . . Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne changent le destin. (La Fontaine.) Les grammairiens ont fait une rĂšgle par laquelle ils excluent et des phrases nĂ©gatives, et veulent le faire remplacer par ni. Les exemples de la premiĂšre colonne et des milliers d’autres que nous pourrions citer donnent un dĂ©menti Ă  cette rĂšgle. Lorsqu'on Ă©numĂšre plutĂŽt quĂ«n n'additionne, ni convient mieux : ni ton corps ni ton Ăąme; Hortense Ni DorÂŹ mis; des femmes ni des filles. Et, au contraire, sĂ«mploie quand il s'agit plutĂŽt d’addiÂŹ tionner que d’énumĂ©rer : et les pleurs et la rage ne le font pas rĂ©cupĂ©rer ; cĂ«st-Ă -dire ces deux choses ensemble, les pleurs et la rage, ne le font pas rĂ©cupĂ©rer. La Fontaine cumule aussi les objets lorsqu’il dit : L'ingratitude et les ahus; vous, vos bergers et vos chiens. Boniface pense que, dans les quatre derniers exemples- de la premiĂšre colonne, l’emÂŹ ploi de m, conforme Ă  l’usage leplus gĂ©nĂ©ral, serait prĂ©fĂ©rable. EXERCICE PHRÂSÉOtOGIQVE. Les fleura et la rage ne... Le bien et le mal ne... L'ingratitude et les abus ne... L’or et la grandeur ne... Les ]^leurs ni la rage ne... Le bien ni le mal ne... L’ingratitude ni Jes abus ne. L’or ni la grandeur ne.. ‱ N"DCCXC11. EMPLOI DE ni APRÈS San#. oooc^— Sans RÉPÉTÉ. * / Les plus charmantes retraites ne plaisent guĂšre SANS Bacchus et sans CĂ©rĂšs. (Le Sage.) Sans REMPLACÉ PAR ni. Ün ennemi, dit un cĂ©lĂšbre auteur, Est un soigneux et docte prĂ©cepteur, FĂącheux parfois, mais toujours salutaire, Et qui nous sert sans gages ni salaire. (J.-B. Rousseau.) 104
( 826 ) Quelques aborigĂšnes, espĂšce de sauvages, vivent indĂ©pendants et isolĂ©s, sans lois et sans gouverneÂŹ ment. (Ddreau de la Malle.) Faites ce changement sans retard et sans bruit. (Raynouard.; Sans joie et sans murmure elle semble obĂ©ir. (Racine.) Assis le plus souvent aux portes du palais. Sans se plaindre de vous ni de sa destinĂ©e, Ily traĂźne; seigneur, sa vie infortunĂ©e. (Racine.)' Il la trouve sans peine ti< travail. (Buffon.) Sans crainte ni pudeur, sans force nt vertu. (Racine.) Comme on le voit, on peut dire : sans Bacchus et sans CĂ©rĂšs; sans lois et sans gouvernement; sans retard Et sans bruit; ou, pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition desans.* sans gages ni salaire, SANSj^etne ni travail, etc. CĂ«st Ă  Toreille Ă  dĂ©cider si la rĂ©pĂ©tition de sans doit ou non avoir lieu. Les exemples oĂč ni se trouve employĂ© sont peut-ĂȘtre les plus nombreux; en voici quelÂŹ ques autres Ă  Tappui de ceux que nous avons dĂ©jĂ  citĂ©s : tJn roman, sans blesser les lois ni la coutume, Pcutconduire un hĂ©ros au douziĂšme volume. (Boileau.) Tarquin prĂźt la couronne sans ĂȘtre Ă©lu par le sĂ©nat ni par le peuple. (Montesquieu.) On arma tous les habitants sans distinction de sexe ni d’ñge. (De SĂ©gur.) Wous perdrez ainsi la confiance de vos amis sans les avoir rendus ni meilleurs nt plus habiles. (Voltaire.) Je reçus et je vois le jour que je respire, Sans que pĂšre nt mĂšre ait daignĂ© me sourire. * (Racine.) Dans les rĂȘves, les sensations se succĂšdent sans que TĂąme les compare ni les rĂ©unisse. (Buffon.) Dans la phrase suivante FĂ©nelon a fait usage seulement de et aprĂšs sans : Il n'y apoint dĂ© vĂ©ritable vertu sans le respect et Vamour des dieux. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Sans force et «ni vertu. Voir la inort sans la craindre efc sans la dĂ©sirer. Sans flpprĂ©t et «os prĂ©tention: Sans force ni veHu. ^ ^ ' Voir la mort sans la craindre niĂŻa dĂ©sirer. Sans apprĂȘt ni prĂ©tention. N“ DCCXCIIL Ni APRÈS empĂȘcher, dĂ©fendre. .Nous dĂ©fendons que vous insultiez au malheur, * et que vous lui refusiez votre assistance, (CitĂ© par Boinvilliebs.) Le ministre a empĂȘcub que cet opuscule ne fĂ»t imprimĂ©, et qĂŒil ne circulĂąt manuscrit. {Id.) Nous pourrions, par un prompt achat de cette esclave, EmpĂȘcher qĂŒun rival nous prĂ©vienne et nous brave. (MoliĂšre.) , Lui-mĂȘme en mesura le nombre et la cadence, DĂ©fendit qu’un vers faible y pĂ»t jamais entrer, Ni qu’un mot dĂ©jĂ  mis osĂąt s’y rencontrer. (Boileau.) BientĂŽt ils dĂ©fendront de peindre la prudence, ' indeaĂč ni De donner Ă  ThĂ©mĂźs ni ban balance. {Id.) J’empĂȘche'que, pendant le resle^ de l’annĂ©e, on appelle quelqu'un en jugement pour cette affaire, ni qĂŒon le mette en prison, (Vertot.) c( Quand les verbes empĂȘcher, dĂ©fendre, etc., sont employĂ©s affirmativement, il faut, disent la plupart des grammairiens, se servir de et Ă  la place de ni, dans la proposiÂŹ tion additionnelle. » Les exemples de la seconde colonne nous font assez voir le peu dĂ«xactitude de cette rĂšgle. En effet, ils nous prouvent quĂ«n peut se servir de ni par syllepse, aprĂšs une expresÂŹ sion de dĂ©fense ou de privation; ce qui Ă©quivaut en quelque sorte Ă  une idĂ©e nĂ©gative.
( 827 ) ĂȘ Il serait d’autant plus rigoureux de condamner ces exemples,qĂŒon en trouve en grand nombre dans la plupart de nos meilleurs Ă©crivains. Nous croyons mĂȘme avec Boniface que je vous dĂ©fends d'ouvrir la porte Ni la fenĂȘtre, a un tout autre sens que jĂ« vous dĂ©fends d'ouvrir la porte et la fenĂȘtre. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Je vous dĂ©fend» de sdrtĂźr et de jouer. Je T0U5 dĂ©fends de sortir ni de joiicn N* Dccxav Ni SUIVI DE ne. Un sot ni nĂ«ntre, m ne sort, ni ne se lĂšve, ni ne se tait, ni nĂ«st sur ses jambes comme un homme dĂ«sprit. . (La BruyĂšre.) Son grand cƓur ni ne s'aigrit, ni nĂš sĂ«mporte contre elie. (Bossdet.) . . . Pour vivre eiempt de chagrin, Il faudrait ne voir ni nĂ«ntendre. (Nivernais.) CĂ«st parce que les animaĂŒi ne peuvent joindre ensemble aucune idĂ©e, qu’ils ne pensent ni ne parÂŹ lent; c’est par la mĂȘme raison qu'ils n’inventent ni ne perfectionnent rien. (BĂŒffon.) Jamais pĂ©cheur ne demanda un pardon plus humble, ni ne sĂ«n crut plus indigne. (BossĂŒet.) « Lorsque plusieurs verbes se succĂšdent, dit Boinvilliers, Tadverbe nĂ©gatif ne tient lieu ordinairement de m. avant le premier verbe : Il ne boit ni ne mange ; je ne veux, ni ne dois, ni ne puis vous obĂ©ir. Quoique Bossuet ait dit : Son grand cƓur ni ne s'aigrit, ni ne s'emporte contre elle, nous aimons cependant mieux dire, avec tous les autres Ă©crivains; Son grand cƓur ne s'aigrit ni ne s'emporte contre elle, d Boiste pousse le rigorisme beaucoup plus loin. « Quoique Tusage etles grammairiens, dit^il, permettent de .placer immĂ©diatement aprĂšs le ni un ne pour lier deux propositions nĂ©gatives, comme dans cette phrase de Bossuet: jamais pĂ©cheur ne demanda un pardon plus humble, ni ne s'en crut plus inÂŹ digne, Tharmonie rĂ©clame contre cette permission, qui produit des consonnances dĂ©saÂŹ grĂ©ables, comme le ni ne s'en crut plus, Ă©chappĂ© Ă  la plume Ă©loquente de ce grand oraÂŹ teur, qui prĂ©fĂ©rait Ă  Tharmonie la force de Texpression. Ce son dĂ©sagrĂ©able et bizarre, ni ne s'en, le serait plus encore si le ne se trouvait suivi du verbe avoir, Ă©t que Ton eĂ»t dit; ni n'a cru en ĂȘtre plus. Celui qui sait mouvoir sa langue Ăšt sa plume trouvera des tournures de phrases moins choquantes, » Boiste voudrait donc qĂŒon remplaçùt ni ne par et nĂ©, comme Massillon Ta fait dans cette phrase : La religion n'abat et N'amollit point lĂš cƓur; elle l'ennoblit et l'Ă©lĂšve. CĂ«st une affaire de goĂ»t et d’harmonie. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. U ne voit ni n'entend. 11 ne parle ni no bouge. N“ DCCXCV. Ni AĂŒ' LIEÜ BE et DANS DES PHRASES AFFIRMATIVES. FĂ»t-il vingt fois plus larron que Sisyphe, Et plus damnĂ© qĂŒHĂ©rode ni CaĂŻphe. (J;-B. Rousseau;) V t Gardez donc de donner^ ainsi que dans ClĂ©liĂ«, L’air ni i’espiit français Ă  L’antique Italie. (BoĂŻtÈAU.)
( 828 ) Il ne faut pas qĂŒil y ait trop d’imagination dans nos conversations ni dans nos Ă©crits. (La BrutĂšuÊ.) La fortune y aurait plus de part que sa valeur ni sa conduite: (Fontenelle.) Plus dangereux flĂ©au que la peste n» la guerre. (Boileau.) . . . Plus glorieux, plus craint dans ses dĂ©faites, Que Bunois ni Gaston ne Vont jamais Ă©tĂ©. (Voltaire.) La plupart des grammairiens regardent comme une faute le ni des phrases qui prĂ©cڏ dent ; suivant eux, les Ă©crivains,’ pour parler purement, auraient du employer et. Nous nous permettrons de leur objecter que les Ă©crivains font usage de ni au lieu de e/,lorsque la phrase, en apparence affirmative, renferme une idĂ©e nĂ©gative; alors il y a syllepse, et condamner ces exemples, cĂ«st tomber dans le purisme, cĂ«st vouloir appauÂŹ vrir notre langue. Si nous analysons les vers de Voltaire, nous trouvons : pim craint qne DunoĂŻs ne l’a ÉTÉ, que Gaston ne l’a Ă©tĂ©. Qui empĂȘchait TĂ©crivain de mettre et? Rien; son goĂ»t seul a donc dĂ©cidĂ©, car on ne peut Taccuser d’ignorance. Le passage de J.-B. Rousseau est un abrĂ©gĂ© de : plus damnĂ© que ne le sont HĂ©rode ni CaĂŻphe: on a condamnĂ© ce passage, parce qĂŒon n’a pas songĂ© Ă  rĂ©tablir lĂ«llipse. Dans la phrase suivante, Marmontel s’est servi de et : Rien de plus naturel et de plus doux que de participer aux malheurs de ses amis ; il aurait tout aussi bien pu mettre ni, s’il TeĂ»t voulu. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ' . Plus aimable <^ne son frĂšre et tous. Plus aimable que son frĂšre ni vous. OU j^OOOo-^ N" DCCXCVI. MOTS QUE LA CONJONCTION OU SERT A LIER. Ou ENTRE DES SUBSTANTIFS. Souvent la nĂ©gligence ow l’infĂ me avarice, Firent de tous les maux l’épouvantable hospice, (Delille.) Sera-t-il Dieu, table ow cutette ? Il sera Dieu. (La Fontaine.) Que m’importe, en effet, leur vie ow leur trĂ©pas (Voltaire.) Ow ENTRE DES ADJECTIFS ET DES PROPOSITIONS. On peut ĂȘtre quelquefois plus fort ow plus heuÂŹ reux que ses ennemis. (Massillon.) Le cerf est d’un naturel assez simple; et cepenÂŹ dant il est curieux et rusĂ© : lorsqu’oN le siffle ou qĂŒoN l’appelle de loin, il s’arrĂȘte tout court et reÂŹ garde fiĂšrement. (Buffon.) Ou sert Ă  lier des noms, des adjectifs ou des. propositions. 11 faut Ă©viter avec soin de joindre par la conjonction ou deux membres de phrase dont Tun exige la nĂ©gative et l’autre ne Texige pas. C’est donc Ă  tort que BarthĂ©lĂ©my a dit : Des pays qui ont Ă©tĂ© ou point ou mĂ l dĂ©crits, il devait dire : des pays qui n'ont point Ă©tĂ© dĂ©crits, ou qui Vont Ă©tĂ© fort mal. La phrase suivante : On y trouve peu ou point d'eau douce est Ă©galement fautive; il faut dire : on n'y trouve point d'eau douce ou du moins on y en trouve fort peu. Ne dites pas non plus : Je pardonne, les taches qui proviennent ou de nĂ©gligence, ou Ă©chappent Ă  notre faible nature. Pour ĂȘtre exact et correct, vous devez choisir.une des trois phrases suivantes : Je pardonne les taches qui proviennent ou de nĂ©gligence ou de la faiblesse de notre nature. — Je pardonne les taches qui ou proviennent de nĂ©gligence, OĂŒ
( 829 ) ‱. >' Ă©chappent Ă  notre faible nature. — Je pardonne : les taches ou qui proviennent de nĂ©gligence^ ou que laisse Ă©chapper notre faible nature. * EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Lc.bonbeur ou la vertu. La peur ou le besoin. Heureux ou malbeureux. Uu homme que l'on baĂźt ou que l’oa craint* N” DCCXCVII. ‱ .. Ow RÉPÉTÉ OÙ NON RÉPÉTÉ. Ou NON RÉPÉTÉ. te roi, l'Ăąne om moi, nous mourrons, (La Fontaine.) Âyez moins de frayeur ou moins de modestie. (Racine.) Pour ĂȘtre protĂ©gĂ© des grands, il faut flatter leur ambition ou leurs plaisirs. (Bern. de Saint-Pierre.) Avec moi, de ce pas, vĂ©nez vaincre ou mourir. (Boileau.) Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable, Les jugements de cour vous feront blanc ou noir. (La Fontaine.) ..... Dans ces tristes jours La retraite ou le trĂŽne Ă©tait mon seul recours. (Voltaire.) L’instinct ou l’esprit des animaux varie; mais le sentiment est pareil dans toutes les races; soĂŒs la peau de-Tours, vous retrouvez le cƓur de la coÂŹ lombe. (Chateaubriand.) Ou RÉPÉTÉ. Que Tamour soit ou non ou penchant ou vengeance, La faiblesse des cƓurs fait toute sa puissance. (CrĂ©billon.) Plus de raison : il faul ou le perdre ou mourir. (Racine.) Ou mon amour se trompe, ou ZaĂŻre aujourd’hui. Pour TĂ©lever Ă  soi, descendrait jusqĂŒĂ  lui. (Voltaire.) Selon qĂŒil vous menace ou hien qĂŒii vous caresse, La cour autour de vous ou s’éloigne ou s'empresse. (Racine.) Messieurs, ou la maladie vous tuera, ou le mĂ©deÂŹ cin, ou bien ce sera la mĂ©decine. (MoliĂšre.) Ou n’écrivez rien de bon, ou les sots s’élĂšveront contre vous, ou bien contre vous les sots s’élĂšveront, ou les mĂ©chants vous dĂ©nigreront. (/d.) 4 La conjonction ou peut, comme on voit, se rĂ©pĂ©ter ou non se rĂ©pĂ©ter. Cette rĂ©pĂ©tiÂŹ tion dĂ©pend uniquement du goĂ»t ou de TĂ©nergie que Ton veut donner Ă  la phrase. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. ‘ Le cheval ou Ffine. Je veux vaincre ou mourir. Ou le cheval ou l’ñne. Je veux ouvraincre ou mourir. N” DCCXCVm. Ou AVEC OĂŒ SANS de, lorsqu’il est prĂ©cĂ©dĂ© de qui, quel, lequel. AVEC de. s OĂč vas-tu nous rĂ©duire, amitiĂ© fraternelle? Amour, qui doit ici vaincre, de vous ou d’elle ? (Corneille.) Nous t’avons éßu pour nous dire qui a raison dĂ© moi ou de ma fille. (MoliĂšre.) Nous verrons qui des deux emporte la balance. Ou de son artifice, ou de ma vigilance? (Voltaire.) Elle doit Ă©pouser, non pas vous, non pĂ s moi; Mais de vous ou de moi quiconque sera roi. (Corneille.) SAKS de. Quel, chemin le plus droit a la gloire nous guide, Ou la vaste science, ou la vertu solide? (BoileaĂŒ.) Lequel vaut mieux, ou une ville superbe en or et en argent, avec une campagne nĂ©gligĂ©e ou inÂŹ culte, ou une campagne cultivĂ©e et fertile, avec une ville mĂ©diocre et modeste dans scs mƓurs? (FĂ©nelon.) Commençons Ă  ĂȘtre amis, et voyons lequel de nous dĂ«ux sera de meilleure foi avec Tautre? Ou moi qui te laisse la vie, ou toi qui me la devras ? (La Harpe.)
Kt nous verrons aussi qui fait mieux un brave homme, Des leçons d'Annibal oĂŒ de celles de Rome. (Corneille.) Lequel est le plus heureux dĂšs ce monde, dusage avec sa raison, ou du dĂ©vot avec son dĂ©lire? (J.-J. Rousseau.) ■ Ils combattaient pour savoir de qui ils ‘seraient esclaves, ou d’Octave, ou d'Antoine. (Voltaire.) Qui de toi ov de moi a le plus gagnĂ© ou le plus perdu Ă  ce changement dĂ©position? (La RrÙtĂ«rb.) Qui des hĂ©ros ou des chevaĂźieTs mĂ©ritent la pré fĂ©rence ? (Chateaubriand.) « Qui Ă©taient les plus,fous et les plus anciennement fous de nous ou des Égyptiens ? (Voltaire.) * * ^ Dans les champs phrygiens les effets feront foi Qui la chĂ©rit le plus ou d’Ulysse ov de moi. (Racine.) Dites-moi, de grĂące, lequel vous aimez le mieux, ou de la loiRoscia, oĂč de cette chansonnette? (Binet,) { 830 ) On no savait, dans l’Europe,"qui on devait plainÂŹ dre davantage, ou un jeune prince accusĂ© par son pĂšre et condamnĂ© Ă  la mort par ceux qui devaient ĂȘtre un jour ses sujets, ou un pĂšre qui se croyait , obligĂ© de sacrifier son propre fils au salut de son . empire. (Voltaiiie.) Allez. On apprendra qui doit donner la loi ; Qui de rious est CĂ©sar, ou le pontife ou moi. (Voltaire.) Je demande qui a le plus de religion, ou le caÂŹ lomniateur persĂ©cute, ou le calomniĂ© qui parÂŹ donne? (/d.) Qui est plus criminel, Ă  votre avis, ou celui qui achĂšte un argent dont U a besoin, oo bien celui qui vole un argent dont il n’a que faire? (MoliĂšre.) Que loĂčrai-je le plus, ou la cadence juste, Ou de ses vers aisĂ©s le tour harmonieux ? (CnAULIEU.) Lequel des deux" a tort, ou celui qui cesse d’aiÂŹ mer, 00 celui qui cesse de plaire? (Marmontel.) On ne savait ce qĂŒil fallait le plus admirer dans l’auteur (ChĂ mpfort), ou son gĂ©nie, ou son Ăąme, (La Harpe.) Qui des deux est plus fou, Ăźe prodigue ou l'avare ? (Regnard.) Qui est le plus coupable, ou celui qui prĂȘche touÂŹ jours la vĂ©ritĂ©, ou ce/w< qui rĂ©siste toujours Ă  la vé ritĂ©? (Racine.) Quand les mots qui, quel, lequel, etc., accompagnent la conjonction ou, doit-on exÂŹ primer ou supprimer la prĂ©position de devant les noms ou pronoms unis par cette conÂŹ jonction? L’usage, comme on peut sĂ«n convaincre par nos citations, est encore partagĂ©, et permet de dire Ă©galement : Lequel des deux fut le plus intrĂ©pide, de CĂ©sar ou D’i- lexandre, ou bien; lequel des deux fut le plus intrĂ©pide. CĂ©sar ou Alexandre? Dans le premier cas, dit LĂ©mare, lequel des deux fut le plus intrĂ©pide, de CĂ©sar ou d'Alexandre, peut facilement sĂ«xpliquer ; de est le complĂ©ment de lequel, lequel de Cé sar, lequel d’Alexandre. ' Lemare se trompe; de, dans la phrase qu’il cite, n’est pas le complĂ©ment de lequel, puisque ce dernier a dĂ©jĂ  pour complĂ©ment des deux, mots dont Lemare ne parle pas dans son analyse, tant il est habituĂ© Ă  supprimer les mots qui pourraient lĂ«mbarrasser. Domergue et Boinvilliers pensent que dans cette phrase il y a trois propositions : 1Âź Lequel des deux fut le plus intrĂ©pide? 2» CĂ©sar fut-il plus intrĂ©pide qu'Alexandre? 3Âź Alexandre fut-il plus intrĂ©pide que CĂ©sar? et que par consĂ©quent les mots CĂ©sar et Alexandre, remplissant chacun la fonction de sujets, ne sauraient ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s d’une prĂ©position. OĂč ces messieurs ont-ils donc vu que des mots employĂ©s comme sujets ne pouvaient pas ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s d’une prĂ©position ? Ne dit-on pas Ă  chaque instant : Des hommes m'ont dit, des voyageurs m'ont racontĂ© telle chose? Mais, objecteront-ils, dans ces exÂŹ pressions, des est employĂ© d’une maniĂšre elliptique. Eh l qui leur dit qu’il n’en est pas de mĂȘme dans lequel des deux.de CĂ©sar ou d'Alexandre? En effet, si, au lieu de vouÂŹ loir Ă  toute force et contre toute raison transformer en sujets ces deux derniers mots, CĂ©sar et Alexandre, ils les eussent envisagĂ©s tels qĂŒils sont, c’ĂȘst-Ă -dire comme comÂŹ plĂ©ment de la-prĂ©posUion de, ils auraient vu que cette phrase est un abrĂ©gĂ© de la suiÂŹ vante: (Vous donnant Ă  choisir entre la personne) de CĂ©sar oĂŒ (cetec)VALEXANDRE, (jĂ« ĂŒow« demande) lequel des deux fut le plus jntrĂ©pide; ou bien {je demande, en
Lequel vaut mieux, ou une ville superbe, ou une campĂ gne cultivĂ©e et fertile? (FĂ©nelon.) ‱ (831) par/an/) DE CĂ©sar OĂŒ d’Alexandre, lequel des deux fut le plus intrĂ©pide. Parmi les nombreux exemples que nous avons citĂ©s, on a dĂ» remarquer les deux suivants : Dites-moi, de grĂące, lequelyoxxs aimez-mieux,ou de la loi Roscia, ou de cette chansonnette ? (Binex.) Observez qĂŒil s’agit de deux objets fĂ©minins, et que nĂ©anmoins lequel est au masÂŹ culin. Lorsqu’il'y a comparaison entre des objets similaires, lequel, laquelle, lesquels,' lesquelles prennent le genre et le nombre de l’un ou de plusieurs de ces objets qĂŒils modifient. Laquelle aimez-vous des trois cousines? Laquelle vonlez^-vous de ces deux poires? De tous ces fruits, lesquels prĂ©fĂ©rez-vous? mais si les objets sont dissemblaÂŹ bles, ils se trouvent nĂ©cessairement sĂ©parĂ©s dans la pensĂ©e. ^L’adjeclif dĂ©terminatif nĂ«n modifie aucun, car ce ne sont,plus les substantifs que Ton compare entre eux, mais la chose que l’on dit, et qui, n’ayant aucun genre dĂ©terminĂ©, prend le neutre en latin, et en français le masculin qui en tient lieu. Ainsi on ne peut Ă©tablir de terme de compaÂŹ raison entre une loi et une chansonnette, il ĂŒy a point lĂ  d’analogie. Le traducteur a donc eu raison d’écrire : dites lequel vous aimez le mieux; lequel objet, Ă»q la loi ou de la chansonnette, et non EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. Lequel de» deux, de vous ou de votre frĂšre ? Laquelle des deux, de vous ou do votre poeur? Lequel des deux, vous ou votre frĂšre? Laquelle des deux, vous, ou votre sceiir ? MAIS* W DCCXCIX. Mais RÉPÉTÉ ou NON RÉPÉTÉ. Mais encore, mais enfin, que dites-vous de cela? (AcadĂ©mie.) Mais qĂŒavez-vous fait, qĂŒavez-vous dit? (La MĂȘme.) Du marbre, .de l’airain, qĂŒun vain luxe prodigue, Des ornements de Tart, TƓil bientĂŽt se fatigue; Mais les bois, mais les eaux, mais les ombrages Tout ce luxe innocent ne fatigue jamais. [frais, (Delille.) Mais peut ou non se rĂ©pĂ©ter, la rĂ©pĂ©tition ajoute beaucoup d’énergie Ă  la phrase. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Mai» son pĂšre, sa mĂšre, sa sƓur/U n’y pense donc plus? Mais qu’a-t-il dit, qu’a-t-U fait? Mais son pĂšre, mais sa mĂšre, mais sa sotir, il n'y pense donc plus ? Biais qu’a-t-ii dit, mais qu’a-t-U fait ? N" DCCC. RÉPÉTITION ou SUPPRESSION DU YERBE APRÈS mais. rĂ©pĂ©tition du verbe. Les convenances de la nature ne sont pas celles d’un Sybarite ,* mais elles sont, celles du genre huÂŹ main et de tous les ĂȘtres. (Bern. de Saint-Pierre.) suppression du verbe. Les richesses engendrent le faste et la mollesse, qui ne sont point des enfants bĂątards, mais leurs vraies et lĂ©gitimes productions. (Boileau.)
( 832 ) ĂŽn trouve des moyens pour guĂ©rir de la folie ; MAIS oa nĂ«n trouve pas pour redresser un esprit de travers. [ Yauvenargdes.) / Le flambeau de la critique ne doit pas brĂ»ler, wats Ă©clairer. (Favart.) Curius, Ă  qui les Samnites offraient de l'or, ré pondit que son plaisir n’était pas dĂ«n avoir, mais de commander Ă  ceux qui en avaient. (Bossuet.) Quand on a besoin des hommes, il faut bien s'aÂŹ juster Ă  eux ; et puisquĂ«n ne saurait les gagner que . par les louanges, ce n’est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux qui veulent ĂȘtre flattĂ©s. (MoliĂšre.) Ce nĂ«st pas le mot d’inquisition qui nous fait peur, mais la chose mĂȘme. (Pascal.) Chapelain, Colin, Pradon, Coron, ne sont pas des noms de femmes, mais de poĂštes. (Arnaud.) Les ministres ne devaient pas agir pour eux-mĂȘÂŹ mes, mais pour le prince qui Ă©tait leur chef, et pour tout le corps de l’Etat. (fd.) Les satires de Rousseau (J.-B.) n.’étaient paS; comme celles de Boileau, de mauvais ouvrages, mais des injures personnelles et atroces. (Voltaire.) Il nĂ«st pas dans lĂ«sprit humain de se mettre Ă  la place des gens qui sont plus heureux, mais seuÂŹ lement de ceux qui sont plus Ă  plaindre. (J.-J. Rousseau.) Le caprice des enfants nĂ«st jamais l’ouvrage de la nature, mais d’une mauvaise discipline, (/d.) Le premier de tous les biens n’est pas dans l’auÂŹ toritĂ©, mais dans la libertĂ©. (/d.) Nous ne sommes point les esclaves du prince, mais ses amis ; ni les tyrans du peuple, mais ses chefs. (/d.) Il ne doit point (le roi) avoir plus de richesses et de plaisirs, mais plus de sagesse, de vertu et de gloire que le reste des hommes. (FĂ©nelon.) L’harmonie ne frappe pas simplement Voreille, mais l’esprit. ^ ' (Bossuet.) Ce ne sont pas les mĂ©decins qu’il joue, mais le ridicule de la mĂ©decine. (MoliĂšre.) Le gibier du lion ce ne sont pas moineaux, Mais beaux et bons sangliers, daims et cerfs bons (La Fontaine.) [et beaux, Rome n’était pas proprement une monarchie ou une rĂ©publique, mais la tĂȘte d’un corps formĂ© dc tous les peuples du monde, (Montesquieu.) Ces citations suffisent sans doute pour faire sentir le peu dĂ«xactitude de la rĂšgle donÂŹ nĂ©e par les grammairiens sur lĂ«mploi de mais, et par laquelle ils vĂ©ulenĂź^que toutes les fois que le premier membre d’une phrase est affirmatif et le second nĂ©gatif, et rĂ©ciproÂŹ quement, le verbe se rĂ©pĂšte aprĂšs mais. Cette rĂšgle, qui nĂ©cessiterait souvent des rĂ©pĂ©titions fastidieuses et entraverait la marche du style, est contraire Ă  Tusage de nos grands Ă©crivains, qui ont rĂ©pĂ©tĂ©, selon leur goĂ»t, ou supprimĂ© le verbe aprĂšs mais. Avec la rĂšgle des grammairiens, on aurait: Nous nĂ©.sommes point les esclaves du prince, mais nous sommes ses amis; ni les tyrans du peuple, mais nous sommes ses chefs; et Ton rĂ©unirait les grĂąces du Rudiment aux charmes de la Syntaxe. * * EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. On aime Ă  deviner les autres, mais on n’aime pas Ă  ĂȘtre deyinĂ©. {Id.) Les grandes passions sont aussi rares queles grands hommes. On est occupĂ©, intĂ©ressĂ© ; mais on nĂ«sf pas amoureux. * (Meilhan.) « Il manque bien des choses Ă  l’indigence; mais tout manque Ă  l’avarice. (Trad. de P. Svrus.) k Il faut regarder son bien comme son esclave ; maĂŻs il ne faut pas perdre son esclave. (Montesquieu.) Le cƓur suffit pour savoir ; mais il ne suffit pas pour savoir choisir. (Dict. de Maximes.) On donne des conseils; mais on ne donne pas la sagesse d’en profiter. (La Rochefoucauld.) Il est aisĂ© de critiquer un auteur; mais il est difÂŹ ficile de TapprĂ©cier. (VaĂŒvenargues.) Il esl bon de se fier aux hommes; mais il est enÂŹ core meilleur de s’en dĂ©fier. (Dict, de Maximes.) Le premier de nos devoirs est d’ĂȘtre homme ; mais l^second est d’ĂȘtre citoyen. (Labouisse.) On excuse souvent ceux qui sont avares de leur esprit; MAis_on n'excuse jamais ceux qui en sont prodigues. (Dict. de Maximes.) U faut, en quelque sorte, respecter les fautes des grands hommes ; mais il ne faut pas les imiter. ^ (La Roche.) La nature a dit Ă  la femme ; Sois belle si tu peux, sage si tu veux; mais sots considĂ©rĂ©e, il le faut. (Beaumarchais.) C’est un parti sage Ă  la guerre de se tenir sur la dĂ©fensive; mais ce n’osl pas le plus brillant. (La Roche.) Je ne l'ai pas vu ; mais je Tai entendu. Je ne l'ai pas tu, mais seulement entenda.
t 833 ) N' DCCCI. OU QUE. . Ne dis donc pas : Que m'importe oĂč que tu sois?' OĂŒ que vous soyez, vous ĂȘtes mort pour moi. (J.-J. Rousseau.) (J.-J. Rousseau.) ^ ^ X i . usage n’équivaut pĂ s du tout Ă  en quel lieu ; oĂč est un mot qui suppose toujours un antĂ©cĂ©dent, et qui, par consĂ©quent, doit se, traduire par dans lequel. En effet, le lieu oĂč vous ĂȘtes; le siĂšcle oĂč nous vivons, c’est la mĂȘme chose que le lieu dans lequel vous ĂȘtes, le siĂšcle pans LEQUEL nous vivons. Quelquefois Tusage permet de sous-entendre l’antĂ©cĂ©dent de oic, comme quand on dit: oĂč ĂȘtes^ous? oĂč allez-vous? Mais il faut de toute nĂ©cessitĂ© rĂ©taÂŹ blir cet antĂ©cĂ©dent pour TintĂ©gritĂ© logique de la phrase. Ces locutions sont donc des abrĂ©gĂ©s de : dites-moi le lieu oĂč, dans lequel vous ĂȘtes; dites-moi l’endroit oĂč, DANS LEQUEL VOUS allcZ. OĂč QÜE vous soyez, comme on le voit Ă©videmment, est une expression elliptique, qui, analysĂ©e, revient Ă  celle-ci: (Dans tous les lieux) oĂč (le sort veut) que vous soyez. La SociĂ©tĂ© grammaticale a dĂ©cidĂ© que cette locution n’est plus usitĂ©e. Quant Ă  nous, nous ignorons si elle a jamais Ă©tĂ© employĂ©e par d’autres Ă©crivains que Rousseau; mais ce que nous pouvons assurer, cĂ«st qu’elle est empruntĂ©e de la langue italienne, et qu’elle a pour elle le mĂ©rite de la clartĂ© et de la concision. L’analyse, d’ailleurs, suffit pour la justifier. ^ Comme que, dans cette façon de parler empruntĂ©e encore de J.-J. Rousseau : comme QUE je fasse, il m'empoisonnera, signifie quelque chose que je fasse, et s’analyse par : (ainsi) comme (le sort voudra) que je fasse. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. ^ Ou que vous sojei. . OU qu’il soit. SOIT. N“ DCCCII. Soit BÉPÉTÉ AVEC OU SANS que. Soit. NĂ«n doutez point, seigneur, soit raison, soit caprice, Rome ne Tattend point pour son impĂ©ratrice. . (Racine.) Soit la hardiesse de lĂ«ntreprise, soit la seule pré sence de ce grand homme, soit la protection viÂŹ sible du ciel, il Ă©tonne par sa rĂ©solution. (FlĂ©chier.) Soit que. Soit que je n'ose encor dĂ©mentir le pouvoir De ses yeux oĂč j’ai lu si longtemps mon devoir; Soit qu’k tant de bienfaits ma mĂ©moire fidĂšle LuĂź soumette en'secret tout ce que je tiens d'elle, Mon gĂ©nie Ă©tonnĂ© tremble devant le sien. (Racine.) 105
La fortune, soit bonne ou mauvaise, soit passaÂŹ gĂšre ou constante, ne peut rien sur l’ñme du sage. (Marmontel.) Soit en bien, soit en mal, mon ami, la prudence Dit qu’il faut rarement juger sur l’apparence. (GhĂ©ron.) ( 834 ) ' ĂŒn mal funeste et contagieux se rĂ©pandit et s’é chauffa dans les principales villes de Normandie ; soit que l’intempĂ©rie des saisons eĂ»t laissĂ© dans l'es airs quelque maligne impression, soit gw’un comÂŹ merce fatal y eĂ»t apportĂ© des pays Ă©loignĂ©s, avec de fragiles richesses, des semences de maladie et de mort, soit que l’ange de Dieu eĂ»t Ă©tendu sa maiu pour frapper cette malheureuse province. (FlĂ©chier.) Soit SQ rĂ©pĂšte ordinairement dans la mĂȘme phrase, et Ton dit soit raison, soit indiffé rence. Lorsque soit est accompagnĂ© dĂ«n verbe, on le fait suivre de que : soit qu'il le fasse, SOIT qu'il ne le fasse pas. N' DCCaiI. Soit REMPLACÉ PAR OU. 1 Ceux qui ont leur fĂ©tiche avec eux, soit qu’ils le ' Avant de commencer la guerre, les sages peuvent Sortent aux jambes ow aux bras, l’arrosent d’un peu s’y opposer ; mais dĂšs qu’elle est dĂ©clarĂ©e, soit gw’on evin. (La Harpe.) la trouve juste ow Injuste, ii ne doit pto exister qu'une volontĂ© ; chaque citoyen se doit tout entier Ă  sa patrie. (SĂ©gub.) Quelquefois on sous-entend le second soit, et on se sert de la conj'onction ou ; SOIT Qu'il le fasse ou qu'il ne le fasse pas. Nous disons quĂ«n sous-entend le second soit, car ces phrases sont elliptiques : soit Qv'ils le portent aux jambes, soit QĂŒĂ«Zs le portent aux bras, soit Qu’on la trouve juste, OĂŒ SOIT QU'on la trouve injuste. Les grammairiens qui prĂ©tendent que ou est lĂ  pour soit ne savent donc ce qĂŒils di- sĂšnt; pour les convaincre de leur erreur, il nous suffira sans doute de produire cet exemple tirĂ© dĂ«n de nos anciens Ă©crivains : . Soit pour courir ou soit pour arrĂȘter.. Salel, 1545. Laveaux pense qĂŒil y a une grande diffĂ©rence entre soit rĂ©flexion, soit instinct, et SOIT rĂ©flexion oĂŒ instinct. Il lui semble quĂ«n rĂ©pĂšte soit pour marquer une liaison plus foÉte entre la premiĂšre.proposition et.la troisiĂšme. On dit donc : soit Qv'il dorme, soit Qu'il veille, il a toujours le visage enflammĂ©. Il y a ici liaison .intime entre les deux preÂŹ miĂšres propositions et la troisiĂšme, il y a une simultanĂ©itĂ© dĂ«tat dans les deux cas. Mais on dira ; soit Qu'il ait de l'appĂ©tit ou Qv'il n'en ait pas, il croit toujours qu'il est malade. Ici la liaison nĂ«st pas intime, il n’y a pas simultanĂ©itĂ© d’état; c’est seulement une opinion qui rĂ©sulte Ă©galement d’une circonstance ou d’une autre. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Soit vertu, soit courage. Soit qu'il sorte, soit qu'il entre. Soit vertu ou courage. Soit qa'il sorte ou qu’il entre. N" DCCCIT. CAR, PARCE QUE. Car. HĂąte-toi de jouir, tu n’as pas tant a vivre. Je te rebats ce mot ; car il vaut tout un livre. (La Fontaine*) Parce que. LĂ , tout est beau, parce que tout est vrai. (J.-B. Rousseau.)
( 835 ) Les reines des Ă©tangs, grenouilles, je veux dire; Car que coĂ»te-t-il d’appeler Les choses par noms honorables? (La Fontaine.) 0 doux printemps, saison des fleurs, J'aime ta premiĂšre verdure; Car elle annonce au laboureur ToĂčs les bienfaits de la nature. (AimĂ© Martin.) Je pense, donc Dieu existe; car ce qui pense en moi, je nĂ© le dois point Ă  moi-mĂȘme. (La BruyĂšre.) Le peuple sĂš figure une, fĂ©licitĂ© imaginaire dans les situations Ă©levĂ©es oĂč il ne peĂŒt atteindre, et il croit [car tel est l’homme) que tout ce qu’il ne peut avoir, cĂ«st cela mĂȘme qui est le bonheur qu'il cherÂŹ che. * ' (Massillon.) D'un masi^ue Ă©tudiĂ© craignez la tromperie; Car SI vous jugez sur la peau Ou sur quelque autre singerie, ÂŁn homme, vous prendrez un loup pour un agneau; Vous aurez pour un ange, en femme, une furie. (François de Neufchateau.) 11 ne se faut jamais moquer des misĂ©rables ; Car qui peut se vanter d'ĂȘtre toujours heureux? (La Fontaine.) Et parce gĂŒelle meurt, faut-il que vous mouriez ? ' (Racine.) Il y Ă  dans quelques femmes un esprit Ă©blouisÂŹ sant qui impose, et que l'on n’estime que parce gĂŒil nĂ«st pas approfondi. (La BruyĂšre.) M. de Montansier Ă©tait respectĂ©, parce gĂŒil Ă©tait juste; aimĂ©, parce gĂŒil Ă©tait bienfaisant; et quelÂŹ quefois craint, parce,gĂŒil Ă©tait sincĂšre et irrĂ©proÂŹ chable. (FlĂ©chier.) Non, il est question de rĂ©duire un mari A chasser un valet dans la maison chĂ©ri, Et qui, parce gĂŒil plaĂźt, a trop su lui dĂ©plaire. (Boileau.) Elle commande, et elle est obĂ©ie plus prompteÂŹ ment que ne serait un monarque, parce que l'inté rĂȘt est lĂ© plus grand monarque de la terre. (Montesquieu.) que gare humain. 'orgueil et de la faiblesse de lĂ«spnt (Bern. de Saint-Pierre.) Jean-Jacques Rousseau a Ă©tĂ© fort persĂ©cutĂ©,paTca gĂŒil prenait le parti des malheureux. - (Id.) Car et parce que marquent tous deux une idĂ©e de cause ; mais le premier se rapporte Ă  celui qui parle^ le second Ă  Taction, quel quĂ«n soit Tagent. Un liĂšvre en son gtte songeait ; Car que faire en un gĂźte, Ă  moins que Ton ne songe Ăź (La Fontaine.) Car, cĂ«st-Ă -dire ma raison est (et non pas la raison du liĂšvre) qu'on ne peut rien faire dans un gĂźte, Ă  moins de songer. L’art de l'Ă©crivain, dit trĂšs-bien Lemare, consiste surtout Ă  se sĂ©rvir du terme propre. Il ne faut donc rien nĂ©gliger pour biĂ©n connaĂźtre la valeur et Temploi des mots les plus importants de notre langue. Qu’on lise les bons auteurs, on y trouvera peu de parce que, mĂȘme en prose ; et beauÂŹ coup de car en prose et en vers, Ă  moins que ce ne soit dans la poĂ©sie Ă©levĂ©e. ^ ' Allez au barreau, ce ne sont que des car. Tout semble rassemblĂ© contre nous par hasard, . Je veux dire la brigue et TĂ©loquence, car Se passer toute sa vie de car I ceux-lĂ  ne parlent donc pas ? « Car, dit Vaugelas, est un » mot sans lequel on ne peut raisonner^ et qui n’est pas moins nĂ©cessaire au discours » quĂ© le feu et Teau ne le sont Ă  la vie. » a Quelle persĂ©cution, dit aussiLa BruyĂšre, le car n’a-t-il pas essuyĂ©e ? et s’il n’eĂ»t trouvĂ© » de protection parmi les gens polis, n’était-il pas banni honteusement d’une langue Ă  » qui il a rendu de si longs services, sans qĂŒon sĂ»t quel mot lui substituer? » Car et parce que peuvent-ils quelquefois s’employer indiffĂ©remment Tun pour Tautre ? NoĂŒs nĂš le pensons pas. Cependant, quand celui qui parle est aussi celui qui agit, car et parce que peuvent se substituer quelquefois Tun Ă  Tautre. Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre, ou parce Qu’iZ vaut tout un livre; mais Tun ĂŽĂŒ Tautre est meilleur, selon TidĂ©e qĂŒon a dans Tesprit. Parce que, dit Voltaire, est une conjonction dure Ă  Toreille et traĂźnante en vers; il faĂŒt toujours TĂŽviter ; mais quand il est rĂ©pĂ©tĂ©, il devient intolĂ©rable.
( 836 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Il no faut pas faire telle chose, car Dieu le dĂ©fend. Je le veux bien, parce que cela est Juste. N“ DCCCV. PARCE QÜE, PUISQUE. Puisque. Mais Ă  quoi servent les oiseaux? Ils sont inutiles, pwtsgw’on ne peut les attraper? (Bebn. de Saint-Pierre.) Fais du bien aujourd’hui, puisque tu vis encor ; Crois-mĂ«ĂŒ : cĂ«st le plus doux, le seul emploi de l’or. (VillefrĂ©.) Parce que. * Les grands hommes entreprennent de grandes choses, parce guĂ«lles sont grandes; et les fous, parce gw’ils les croient faciles. (Vauvenargdes.) Xes ouvrages d’agrĂ©ment ont particuliĂšrement l'avantage d’étendre une langue, parce gw’ils flatÂŹ tent l’imagination, et que le plaisir qĂŒils causent esta la portĂ©e d’un plus grand nombre de personnes. (Duclos.) Parce que vous ĂȘtes environnĂ© d’honneurs friÂŹ voles, vous n'osez ĂȘtre sage et solide Ă  leurs yeux. (CitĂ© par Lemare.) Rien * Ăźblouit les grandes Ăąmes, parce que rien n’est plus haut qĂŒelles. La fiertĂ© ne prend donc sa source q«e dans la mĂ©diocritĂ©. (Massillon.) La mĂ©moire de Henri IV est et sera toujours chĂšre aux Français, parce gw’il mettait sa gloire et son bonheur Ă  rendre le peuple heureux. (CitĂ© par Lemare.) DorĂźlas . quand la nuit nous rend l’obscuritĂ©, En paraĂźt toujours attristĂ© ; Mais ce n’est pas Ă  cause d’elle, C’est parce gwe le jour Ă©pargne la chandelle. {Id.) f ' / . ■ * Pour sentir la diffĂ©rence qui existe entre parce que et puisque, i\ suffit de substituer Tun Ă  Tautre dans les exemples citĂ©s. ' . Quelquefois on sĂ©pare le que depuis : PĂŒis donc que vous le voulez. Il* ne faut pas confondre parce que, Ă©crit en deux mots, avec par ce que, Ă©crit en trois mots. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Ne vous lassez point dĂ«xaminer les causes des grands changements, puisgue rien ne servira jamais tant Ă  votre instruction. (Bossuet.) Il faut croire qu’il passe autant de vin dans le corps de nos Bretons que dĂ«au sous les ponts, pwis- que c’est lĂ -dessus qĂŒon prend l’infinitĂ© d’argent qui se donne Ă  tous les Etats. (JlTQc DE SÉVIGNÉ.) Puisqu'on plaide, et qĂŒon meurt, et quĂ«n devient Il faut des mĂ©decins, il faut des avocats, [malade, (La Fontaine.) Les dieux ne sont pas inflexibles, Ptttegw’ils punissent nos forfaits. (J.-B. Rousseau.) parce que vous le voulez. Parce qu'il le faut. Parce qu'il le sait. Puisque vous le voulez. Puisqu'il le faut. ’ Puisqu'il le sait. DCCCVL PARCE que; a cause QUE. Parce que. Si quelquefois une femme survient dans ces soÂŹ ciĂ©tĂ©s, la bande joyeuse ne peut comprendre qu’elle paraisse insensible Ă  des fadaises qĂŒils nĂ«nlendent eux-mĂȘmes que parce gw’ils les ont faites. (La BruyĂšre.) Il ĂŒy a que la vertu seule dont personne ne peut mal user, parce gwĂ«lle ne serait plus vertu si lĂ«n en faisait un mauvais usage. (Bossuet.) « A cause que. Elle ne vous loue qu’à cause guĂ«lle vous croit faible, ct assez vain pour vous laisser tromper par des louanges disproportionnĂ©es Ă  vos actions. (FĂ©nelon.) Artaxerce Ă©tait nommĂ© Longue main, parce ^ue les bras lui tombaient jusqu’aux genoux, et non Ă  cause gw’il avait une main plus longue que l’autre. (La BruyĂšre.) Il nĂ«bĂ©it aux lois qĂŒd cause qu’il les croit justes. (Pascal.)
Les princes font beaucoup d’ingrats, parce gw’ils rie donnent point tout ce qĂŒils peuvent. ' (Vauvenargues.) ( 837 ) Si Dieu prend pour son titre Ă©ternel le Dieud’A- braham, d’Isaac et de Jacob, cĂ«st Ă  cause que ces saints hommes sont toujours vivants devant lui. (BossĂŒet.) Parce que et Ă  cause que ont Ă  peu prĂšs le mĂȘme sens ; mais le premier est plus usitĂ©. . Le second, qui se trouve assez souvent dans Pascal, La BruyĂšre et Bossuet, et rarement ^ dans FlĂ©chier et dans Massillon, ne se rencontre jamais dans les poĂštes. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Parce qu’il le veut. A cause qu’il le veut. N ° DCCCVII. PENDANT QUE, TANDIS QUE Pendant que. Elle s’est instruite elle-mĂȘme, pendant que Dieu instruisait les princes par son exemple. (BossĂŒet.) Pendant que ce grand roi la rendait la plus ilÂŹ lustre de toutes les reines, vous la faisiez, monseiÂŹ gneur, la plus illustre de toutes les .mĂšres. [Id.) Ils ne sont tous deux appliquĂ©s qĂŒĂ  bien faire, pendant que le fanfaron travai le Ă  ce que Ton dise de lui qĂŒil a bien fait. (La^BruyĂšre.) Pendant gw’il dĂ©libĂšre', vous ĂȘtes dĂ©jĂ  hors de portĂ©e. ' {Id.) Pendant que Rome Ă©tait affligĂ©e d’une peste Ă©pouÂŹ vantable, saint GrĂ©goire le Grand fut Ă©levĂ© malgrĂ© lui sur le siĂšge de saint Pierre ; il apaisa la peste par ses priĂšres. (Bossuet.) Tandis que. . Il faut se hĂąter de jouir du monde avant qu’il nous Ă©chappe, et tandis gw’il est encore temps. (Massillon.) L’abondance embellit le dedans du royaume, tanÂŹ dis que la valeur en recule les frontiĂšres. {Id.) Cette vaine-fĂ©licitĂ© qui trompe les. spectateurs, tandis gwĂ«lle ne peut vous rendre heureux et vous sĂ©duire vous-mĂȘme. (fd.) Et que me servira que la GrĂšce m’admire. Tandis que je serai la fable de l’Epire ? (Racine.) Un astrologue un jour se laissa choir Au fond d’un puits. On lui dit ; Pauvre bĂȘte ! Tandis qĂčĂ  peine Ă  tes pieds lu peux voir, PensĂ©s-tu lire au-dessus de ta tĂȘte? (La Fontaine.) Suivant la Grammaire des grammaires, pendant que marque la simultanĂ©itĂ© de deux Ă©vĂ©nements, de deux choses, tandis que indique une opposition entre deux actions. Cette distinction est en contradiction avec l’usage de nos meilleurs Ă©crivains. Le preÂŹ mier exemple de la deuxiĂšme colonne et ceux qui suivent prouvent suffisamment que tandis que peut s’employer dans le sens de pendant que, dans Vinstant mĂȘme que : RĂ©parez promptement votre force abattue ; Tandis gue de vos jours prĂȘts Ă  se consumei' Le flambeau dure encore et peut se rallumer. / , ' ‘ (Racine.) Et tandis gueT’Asie occupera Pharnace, De cette autre entreprise honorez mon audace. {Id.) Tandis que nous parlons, la mort est en ces lieux. (V0É.TAIRE.) Quoi ! tandis que NĂ©ron s’abandonne au sommeil, Faut-il que vous veniez attendre son rĂ©veil ? (Racine.) Travaillez, tandis gw’il ira se promener. (AcadĂ©mie.) Dans les vers suivants. La Fontaine a Ă©galement employĂ© pendant que dans le sens de tandis que : Pendant gw’un philosophe assure . , Qucvtoujours parleurs sens les hommes sont dupĂ©s, Un autre philosophe jure QĂŒils ne nous ont jamais trompĂ©s.
( 838 ) N’ DCCCVIII. QUOIQUE, BIEN QUE,, ENCORE QUE Quoique. Quoiqu'Ă  peine Ă  mes maux je puisse rĂ©sister, J'aime mieux les souffrir que de les mĂ©riter, (Racine.) 11 faut attacher dans la comĂ©die comme dans la tragĂ©die, quoique par des-moyens absolument difÂŹ fĂ©rents. - (Voltaire.) Quoique l'Évangile propose Ă  tous la mĂȘme docÂŹ trine, il ne propose pas Ă  tous les mĂȘmes rĂšgles. (Massillon.) Quoique trop convaincu de son inimitiĂ©, Vous devez Ă  ses pleurs quelque ombre de pitiĂ©. (Racine.) Oui, les fils de ce roi, Quoique nĂ©s dc mon sang, sont Ă©trangers pour moi. . m - Bien que. De la^peau d'un lion l'Ăąne s’étant vĂȘtu. Était craint partout Ă  la ronde, ÂŁt bien gw’animal sans vertu, Il faisait trembler tout le monde. (La Font AIN?. I Et btĂ«n gĂŒon soit, Ă  ce qu’il semble, Beaucoup mieux seul qĂŒavec des sots. {Id.] Et hien que la vertu triomphe de ses feux, La victoire est pĂ©nible, et le combat honteux. (Corneille.) Ce sont des gens brusques, inquiets, suffisants, qui, bien gĂŒoisifs et sans aucune affaire qui les apÂŹ pelle ailleurs, vous expĂ©dient en peu de paroles. (La BruyĂšre.) Pour moi, bien que vaincu, je me rĂ©putĂ© heureux. (Boileau.) Encore que. Encor gĂŒĂ  mon devoir je coure sans terreur, Mon coeur sĂ«n effarouche, et j’en frĂ©mis d’horreur. (Corneille. Encore gĂŒil soit fort jeune,il ne laisse pas d'ĂȘtre fort sage. (AcadĂ©miÊ.) Encore gĂŒil semble que les novateurs aieotvoulu retenir les esprits... (Bossuet.) Il fait bon craindre, encor gue l’on sqjt saint. (La Fontaine.) Encore que les rois de ThĂšbcs fussent les plus puissants de tous les rois de TÉgypte, jamais ils n’ont entrepris sur les dynasties voisines. (Bossuet.) LĂ«nvie honore le inĂ©rite, encore gĂŒelle sĂ«fforce de l’avilir. (Marmontel.) Quoique, bien que, encore que, donnent Ă  peu prĂšs le mĂȘme rĂ©sultat. Cependant quoiÂŹ que, qui est la locution la plus usitĂ©e, est aussi la moins expressive. Bien que y ajoute une idĂ©e d'augmentation, encore que une idĂ©e de temps. Il ne faut pas confondre quoique, toujours traduisible par malgrĂ© quĂ©, qui nĂ«st plus usitĂ© que dans malgrĂ© que fen aie, avec quoi que Ă©crit en deux mots (V. page 445.) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Quoiqu'il soit fort jeune. Encore qu'il soit fort jeune. Bien qu'il soit fort jenne. Quoique tous soyez riche. N" DCCCIX. EN CAS QUE, AU CAS QUE. En cas En casque vous persistiez, il faudra que j’allĂšgue au prince et au roi mĂȘme votre mauvaise santĂ©. (FĂ©nelon.) Comme j’ai osĂ© faire force quetiions Ă  votre maÂŹ jestĂ©, je lui ferai un petit conte; mais cĂ«st en cas gĂŒelle ne le sache pas dĂ©jĂ . (Voltaire.) JĂš ne'mets point dans cette prĂ©face ce que l’on verra dans la critique, en cas que je me rĂ©solve Ă  la faire paraĂźtre. (MoliĂšre.) Au cas que. ‱ Au cas que ce quĂ«n en dit soit inĂ©vitable. f ■ . (Pascal.) Il n'est hĂ©rĂ©tique qu'au cas gĂŒil soit conforme Ă ' ces erreurs condamnĂ©es. (/d.) Au cas que cela soit, au cas que cela arrive. (AcadĂ©mie.)
( 839 ) fous les grammairiens, nous ne savons trop sur quel fondement, disent que lĂ«xpres- sion conjonctive en cas que est peu en usage, et qĂŒil faut lui prĂ©fĂ©rer au cas que. BeauzĂ©e trouve mĂȘme une diffĂ©rence entre ces deux expressions en cas et au cas, et dé cide que Ton ne doit pas dire eri cas que. Il motive son oj>mionpar ce principe, que tout ce qui exige un antĂ©cĂ©dent le suppose dĂ©terminĂ© individuelleme'nt ; or, il ne peut TĂȘtre que par Tarticle. Au cas renferme cet article : au cas que signifie dans le cas que; mais en cas ĂŒa point d’article, il ne doit donc pas ĂȘtre suivi de que. Les raisons de BeauzĂ©e pour proscrire en cas que ne sont point convaincantes, puisque Ton pourrait les appliquer aux autres locutions a/Ăźn que, de peur que, etc. On dit en cas de eiencas que, comme on dit afin de, afin que; de peur de, de peur que. Du reste, en cas que n’est nullement surannĂ©, on le trouve dans les Ă©crivains les plus modernes, mĂȘme dans les contemporains : , En cas gw’il eĂ»t Ă©tĂ© fait prisonnier de guerre. (Vertot.) Je m’assortis de quelques livres pour les Chaririet- tes, en cas gwe j’eusse le bonheur d’y retourner, (J.-J. Rousseau.) L’AcadĂ©mie elle-mĂȘme dit qĂŒon jpeut trĂšs-bi^n employer en cas que ou au cas que. Suivant Boubaud, ces deux locutions marquent Ă©galement une supposition; mais la premiĂšre est moins probable que la seconde. Ainsi on doit dire : en cas que cela s'é claircisse un jour, et AU CAS QUE cela soit comrne vous le dites. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. En cas quUl vienne. Au cas qu’il vienne. N" DCCCX. SI. L Nul empire nĂ«st sĂ»r, s’il ĂŒa Tamour pour base. (VillefrĂ©.) Si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mon de JĂ©sus sont d’un Dieu. (J.-J. Rousseau.) ' La conjonction si peut, comme on le voit, se placer au premier ou au second membre d’une pĂ©riode. n. Et n’étais que je vois que c’est Ă  bonne fin, Que tout cela ne tend qĂŒau mariage enfin. Vous me verriez toujours rĂ©solu de me taire. (Regnard.) Et n’eĂ»t Ă©tĂ© LĂ©once en la derniĂšre guerre, Ce dessein avec lui serait tombĂ© par terre. (Corneille.) Il n’est plus permis, observe Voltaire, de dire : n'eĂ»t Ă©tĂ©, n'Ă©tait, au lieu de ; Si ce n'eĂ»tĂ©tĂ©, sice n'Ă©tait; ces expressions sont bannies aujourd’hui, mĂȘme du style familier. EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Si je Vavais vu, je ranrais... Je TauraĂźs... si je l’avais vu.
{ 840 ) QUE. N" DCCCXI. a » EMPLOI DE Ç«e APRÈS UNE CONJONCTION PRÉCÉDEMMENT ÉNONCÉE. CONJONCTIONS RÉPÉTÉES. Si les hommes Ă©taient sages, et s’ils suivaient les lumiĂšres de la raison, ils s’épargneraient bien des chagrins. (CitĂ© par Boniface.) a Comme leurs pertes sont irrĂ©parables, leur trisÂŹ tesse est sans borne, et comme ils n’ont point dĂ«s- pĂ©rance, ils n’ont pas aussi de consolation. (FlĂ©chier.) Qu’il meure, puisque enfin il a dĂ» le prĂ©voir, Et puisqu’il m’a forcĂ©e enfin Ă  le vouloir. - (Racine.) Quel progrĂšs ne fait-on pas dans l’étude, quand on soutient de longues veilles par la santĂ© et par la constance, quand, outre ses propres lumiĂšres, on a le conseil et la communication des grands hommes, et quand on joint Ă  TassiduĂźtĂ© du travail la faciÂŹ litĂ© du gĂ©nie! (FlĂ©chier.) On est presque Ă©galement difficile a contenter quand on a beaucoup d’amour et quand on n’en a guĂšre. (V auvenargues . ) L’ñme se dĂ©pouille de ce qĂŒil y a en elle de terÂŹ restre : telles sont les grĂąces qu’on trouve Ă  la mort ; mais c'est quand on i’a mĂ©ditĂ©e, et quand on s'y est longtemps prĂ©parĂ© par de bonnes Ɠuvres. (Bossuet.) , remplacĂ©es par que. Si Voltaire eĂ»t Ă©galement soignĂ© tontes les parÂŹ ties de son style, et gw’il eĂ»t plus tendu Ă  la perÂŹ fection qĂŒĂ  la fĂ©conditĂ©, il serait incontestableÂŹ ment le premier de nos poĂštes. (Palissot.) Comme l’ambition n’a pas de frein, et que la soif des richesses nous consume tous, il en rĂ©sulte que le bonheur fuit Ă  mesure que nous le cherchons. (Th. Corneille.) Pwisgw'on plaide, et gw’on meurt, et gu'on devient Il faut des mĂ©decins, il faut dĂ©s avocats, [malade, ' (La Fontaine.) . A quoi vous servira d’avoir de l’esprit, si vous ne l’employez pas, et que vous ne vous appliquiez pas? (Bossuet.) Neptune, quand il Ă©lĂšve son trident, et gw’il meÂŹ nace les flots soulevĂ©s, n’apaise point plus soudaiÂŹ nement les flots. (FĂ©nelon.) Ainsi de ces hĂ©ros que nos histoires louent Vous descendez en vain, lorsgM’ils vous dĂ©savouent, Et que ce qĂŒils ont fait et d’illustre et de grand N’a pu de votre cƓur leur ĂȘtre un sĂ»r garant. (Th. Corneille.) Quand,on ne cherche qĂŒĂ  faire du bien aux homÂŹ mes, et gĂźi’on n’offense point le ciel, on ne redoute rien, ni pendant [a vie, ni Ă  la mort. (Voltaire.) Lorsqu'il y a dans une phrase deux verbes rĂ©gis par les conjonctions quand, comme, si, puisque, quoique, lorsque, etc., on met que devant le second, ou bien Ton rĂ©pĂšte ces conjonctions. Nos citations le prouvent. ' ' Si vous partez, et que vous vouliez me prendre avec vous. Ce tour, disent les gramÂŹ mairiens, vaut mieux que si vous partiez, et si vous vouliez me prendre avec vous. Cette rĂšgle nĂ«st pas tout-Ă -fait exacte : on rĂ©pĂšte le si, ou on met le que, suivant les cas. Lorsqu'il n’y a pas de liaison entre les deux propositions, il faut rĂ©pĂ©ter si; lorsÂŹ qu’il y en a, il faut mettre la conjonction que, qui alors marque cette liaison. On dira donc fort bien : si vous gagnez votre procĂšs, et si vous allez dans votre pays, si Ton ne veut pas marquer une liaison de consĂ©quence entre ces deux propositions. Mais on dira : SI voĂŒs gagnez votre procĂšs, et que vous vous trouviez dans une situation avantageuse ; parce que Ton marque par lĂ  la liaison qĂŒil y a entre les deux propositions, et que Ton fait considĂ©rer Tune comme une suite de l'autre. I , Les grammairiens, qui ne se sont jamais donnĂ© la peine de rien analyser, ont avancĂ© quCj dans les phrases de la seconde colonne et autres semblables, la conjonction que est employĂ©e pour si, quand, lorsque. Cette opinion est tout-Ă -fait erronĂ©e; et il n'y a aucune espĂšce d'analogie, ni pourlĂ«rthographe, ni pour le sens, entre#/, quand, comme et gwe. Les phrases de la seconde colonne sont elliptiques. Si vous plaidez vous-mĂȘme et que vous alliez le lendemain... Quand on a souffert ou QĂŒĂ«n craint de souffrir\.. sont
"( 841 ) " des abrĂ©gĂ©s de : Sivows plaidez vous-mĂȘme, et (s!il arrive) QUE vous alliez lelendemain... QUAND on a souffert ou (quand il arrive) Qxfon craint de souffrir... Gette analyse nous dĂ©montre jusqu’à l’évidence, non pas que le mot que remplace ici les conjonctions si et quand', comme le disent Ă  tort les grammairiens, mais que ces deux derniĂšres conjonctions sont sous-entendues devant que. - Lemare, en analysant si vous plaidez vous-mĂȘme et que vous alliez le lendemain... quand on a souffert ou Qu’ow craint de souffrir, par si vous plaidez, et supposĂ© que vous alliez le lendemain... Quand on a souffert ou dans le temps dans lequel on craint de souffrir, au lieu de rĂ©futer les grammairiens, comme ĂŒ le prĂ©tend, leur a donnĂ© gain de cause; cavsupposĂ© que Ă©quivaut sans nul doute Ă  st; et dans le temps dans lequel a tout-Ă -fait le sens de gwanĂ . . . Si Lemare avait vu lĂ«llipse du second si ou du second quand, il n’aurait pas cherchĂ© Ă  donner Ă  çwe la valeur de ces deux conjonctions. Ceci suffit pour faire comprendre que Tanalyse est un instrument qui, entre des mains habiles, aplanit tous les obstacles que Ton rencontre sur son passage, mais qui, entre des mains inexpĂ©rimentĂ©es, peut creuser des prĂ©cipices incommensurables. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. . Si vous le voyez, et que,.. " " Si vons ĂŻe voyez, et sĂź.. . Quand vous serez heureux, ct que... Quand vous serez heureux,- et qnand... Lorsqu'il sera graud, et quc.Lorsqu'il sera grand, et lorsqu il... —DCCCXII. Que, EMPLOYÉ, DIT-ON, POÜR avant que, aprĂšs que, en placĂ© de, puisque, afin que, depuis que, et cependant, pourquoi, Ă  quoi, si ce n'est, etc., etc. I. — Avant que et que comparĂ©s.- L’on est mort avant qu'on ait aperçu qu’on pouÂŹ vait mourir. (FlĂ©chier.) Il ne veutpas qĂŒon dĂ©cide sur la moindre vĂ©ritĂ©, avant guĂ«lle soit connue clairement et distincte- " ment. (La BruyĂšre.) 0 . . . Je ne vous quitte point, ‱ Seigneur, que mon amour n’ait obtenu ce point. (Racine.) Il n’y a point au monde un si terrible mĂ©tier que celui de se faire un grand nom; la vie s’achĂšve que l’on a Ă  peine Ă©bauchĂ© son ouvrage. (La BruyĂšre.) Ayant de dire que, dans les exemples de la seconde colonne, la conjonction que tient la place de Texpression conjonctive avant que, les grammairiens auraient dĂ», ce nous semble, chercher Ă  substituer Tune Ă  Tautre, et Ă .s’assurer que cette substitution ne changerait en rien les mots de ces phrases. Ils auraient vu alors que, si le mot que Ă©tait en effet pour avant que, dans lĂ©s vers de Racine, il ne serait point suivi de la nĂ©gation ; car on dit avant qu'il ait obtenu ; et dans la phrase de La BruyĂšre, il faudrait le subÂŹ jonctif, avant que Vouait Ă©bauchĂ©. Les exemples de la premiĂšre colonne en font assez foi.. Lemare analyse ainsi les vers de Racine : Jenevous quitte de cette maniĂšre, qui est: je n’ai pas obtenu ce point; il analyse de mĂȘme la phrase de La BruyĂšre : La vie s'aÂŹ chĂšve de cette maniĂšre qui est: si on A A peine Ă©bauchĂ© son ouvrage. QĂŒa fait par lĂ  Lemare? Il a remplacĂ© que par qui, et le subjonctif de Racine n'ait obtenu par Tindicatif n'ai obtenu, Ă©t il nous a expliquĂ© son qui et son indicatif En somme, il n’a rendu compte de rien ; loin de lĂ , il a tout embrouillĂ©, car je ne vous quitte de cette maniĂšre qui Ăšst, nous paraĂźt un remplissage tout-Ă -fait vide de sens, et qui ne s’applique Ă  aucun des mots de la phrase. . 106
{ 842 ) On voit bien que Lemare ignore le vĂ©ritable but de l'analyse. L’analyse, selon nous,, doit se borner Ă  faire connaĂźtre la dĂ©pendance et le rapport des mots, la raison deMeurs diffĂ©rentes modifications, et le mystĂšre de toute irrĂ©gularitĂ© apparente. Elle ne peut se permettre de supprimer aucun des mots exprimĂ©s, et doit les conserver tels qĂŒils sont, et sans y rien changer. CĂ«st ce que ĂŒa pas fait Lemare, ou plutĂŽt cĂ«st ce qĂŒil ne fait jaÂŹ mais. PrĂ©sentez Ă  un chimiste une piĂšce de mĂ©tal : il Tanalysera, la dĂ©composera, et vous dira de quels principes elle est composĂ©e ; mais soumettez une phrase Ă  Lemare, vite, il lui en substituera une autre toute diffĂ©rente, et s'imaginera par lĂ  l'avoir analysĂ©e. Les analyses de Lemare sont de vĂ©ritables escamotages ; et cependant Lemare est regardĂ© comme le premier de nos grammairiens. QĂŒon juge aprĂšs cela de l’état de la science ! ' Selon nous : Je ne vous quitte point que mon amour n'ait obtĂ©nu ce point, est un abrĂ©gĂ© de : Je ne vous quitte point (a moins) que mon amour n'ait obtenu ce point; ou bien : Je ne vous quitte point (tant que votre cruautĂ© voudra) que mon amour n'ait (pas) obtenu ce point. — La vie s'achĂšve, que Von a Ă  peine Ă©bauchĂ© son ouvrage, est pour : , La vie s'achĂšve (et elle s’achĂšve au moment) que Von a Ă  peine Ă©bauchĂ© son ouvrage. On voit par ces analyses, oĂč nous avons scrupuleusement conservĂ© chaque mot du texte, Âź combien il est ridicule de prĂ©tendre que, dans ces phrases et autres analogues, la conÂŹ jonction qĂŒe est pour avant que. . II. — Que MIS POUR aprĂšs que. CONSTRUCTION PLEINB. Lorsque la foudre a cessĂ© de gronder, souvent on tremble encore. (Dict. oratoire.) construction elliptique. On leur parle encore gw’ils sont partis. (La BuuvĂšre.) LĂ«xĂšmple de La BruyĂšre est un abrĂ©gĂ© de : On leur parle encore (alors) ou (aprĂšs) QĂŒĂ«7s sont partis, ainsi quele prouve Texemple opposĂ©; car on pourrait dire d’une maÂŹ niĂšre elliptique : Souvent on tremble encore que la foudre a cessĂ© de gronder. III. — Que POUR en place de. construction pleine. Mon cƓur se met sans peine en Ăźa place du vĂŽtre. (Racine.) construction elliptique. Si fĂȘtais que dĂ© vous, je lui achĂšterais une belle garniture de diamants. (MoliĂšre.) Lemare analyse si j'Ă©tais que de vous par si j'Ă©tais ce qui est de vous, en sorte qu’il nous laisse ignorer ce que pourtant nous aurions bien voulu connaĂźtre; cĂ«st-Ă -dire la signification du mot que, auquel, selon son habitude, Lemare a substituĂ© ce qui. Le vers de Bacine nous rĂ©vĂšle Tanalyse de, la phrase de MoliĂšre, et , nous dit assez - qu’elle est un abrĂ©gĂ© de ; si j'Ă©tais (en la mĂȘme place) que (la personne) de vous. (V. plus haut.) On raconte, Ă  Toccasion de cette expression, un mot assez plaisant du marĂ©chal de Clairambault. Le duc de CrĂ©qui, dans la chaleur de la conversation, lui dit : « Monsieur le marĂ©chal, si j'Ă©tais que de vous, je m’irais pendre tout-Ă -Theure. » — c< HĂ© bien I ré pliqua le marĂ©chal, soyez que de moi. n ^ V IV.—Que vovR puisque ou pourquoi. construction pleine. Que tarde XipharĂšs Ăź Et dĂ«& vient qu’il diffĂšre A seconder des vĆ“ĂŒx qu’autorise son pĂšre ? (Racine.) construction elliptique. QĂŒavez-vous donc, dit-il, gue vous ne mangez pointP ^ (Boileau.) Que ne me jurez-vous que vous ĂȘtes le mĂȘme? (Th. Corneille.)
( 843 ), L’exemple de la premiĂšre colonne nous dĂ©montre que dans ceux de la seconde ia conjonction que est employĂ©e d’une maniĂšre elliptique pour (n’oĂ» vient) que : qu'avez- vous donc (et d’oĂ» vient) que vous ne mangez point ? — (d’om vient) que vous ne me jurez (pas) que vous ĂȘtes le mĂȘme ? Que nĂ«st donc pas, comme le disent les grammaiÂŹ riens, pour pw/#gwe ni powrgwo/. V. — Que POUR afin que. SANS ELLIPSE. Imitons ce saint roi, afin gwe, pratiquant.les mĂȘmes vertus, nous arrivions Ă  la mĂȘme immortaÂŹ litĂ©. ' (FlĂ©chier.) avec ellipse. Approchez, gwe je vous parle. (AcadĂ©mie.) Que, aprĂšs l’impĂ©ratif, se met, dit la Grammaire des Grammaires, pour afin que; cela est faux. Que, aprĂšs TimpĂ©ratif, sĂ«mploie avec ou sans ellipse de Texpression afin. VoilĂ  tout; mais jamais que ne peut renfermer implicitement le sens de afin que. VI. — Que POUR depuis que. SANS ellipse. Et le jour a trois fois chassĂ© la nuit obscure, Depuis gwe votre corps languit sans nourriture. (Racine.) AVEC ELLIPSE. n y avait dĂ©jĂ  longtemps gue les ordonnances du sĂ©nat le dĂ©fendaient. (Bossuet.) 1 La conjonction que peut biĂ©n dans certains cas sĂ«mployer avec ou sans ellipse de la prĂ©position depuis', mais il faut bien se garder dĂ«n conclure, avec les grammairiens, que cette conjonction ait a elle seule le mĂȘme sens que Texpression conjonctive deÂŹ puis que. Ce serait donner Ă  ce mot une valeur tout-Ă -fait idĂ©ale. VIL — Que POUR et cependant. sans ellipse. , Cela venait de la part d’une telle personne, d’une personne d’une telle considĂ©ration, gu’ll n’y eut qu’à obĂ©ir. (AcadĂ©mie.) AVEC ELLIPSE. Les avares auraient tout For du PĂ©rou, gw’ils es dĂ©sireraient encore. (CitĂ© par la Gramm. des Gramm.) ' On dit sans ellipse : Il est d'une telle difformitĂ©, Qu'on n'a jamais rien vu de semÂŹ blable ; ily avait une telle multitude de gens, Qv'on ne pouvait pas se remuer ; il faisait un tel bruit, Qu'on ne pouvait rien entendre; cela venait de la part d'une telle perÂŹ sonne Qu'il n'y eut qu'Ă  obĂ©ir. On pourrait dire, en sous-entendant Tadjectif tel: Il est d’une difformitĂ©, Qxs'on n'a jamais rien vu de semblable; il y avait une multitude de gens, QĂŒâ€™oTt ne pouvait se remuer; il faisait un bruit, Qu'on ne pouvait rien entendre; cela veÂŹ nait de la part d’une personne, Qu'il n'y eut qu'Ă  obĂ©ir. Dans Tun comme dans Tautre cas, le mot que reste toujours ce qĂŒil est, et ne peut nullement remplacer, ainsi qĂŒon le prĂ©tend, Texpression et cependant. Si les grammairiens, au lieu de chercher de quels mots que peut tenir la place dans Texemple de la seconde colonne, avaient pris la peine de Tanalyser, ils auraient vu qĂŒil est employĂ© avec ellipse de Tadjectif tel; car cet exemple est un abrĂ©gĂ© de : Les avares auraient tout Vor du PĂ©rou (leur caractĂšre EST tel) Qu'ils Ăšn dĂ©sireraient encore. VIII. — Que POUR Ă  quoi, de quoi. . A quoi, de quoi. ' A quoi sert cette machine? (AcadĂ©mie.) Mais sans un MĂ©cĂ©nas, Ă  quoi sert un Auguste? (Boileau.) Que, Et gwe me sert, hĂ©las! cet excĂšs de faveur? (Th. Corneille.) Et que peut me servir le destin le plus doux ? . (Id.)
( 844 ) Ces projets de conversion que vous renvoyez Ă  l’aÂŹ venir, de quoi vous serviront-ils ? (Massillon.) De quoi lui sert que ta voix le rappelle? (BoileaĂŒ.) De quoi nous.a servi cette indigne contrainte? ■ (Racine.)^ Que sert d’y penser? . (Tu. Corneille.) Que me sert qĂŒau dehors, redoutable ennemie; Je rende par la paix ma puissance affermie? W Que peut servir ici VÉgypte et ses faux dieux? - (Boileau.) L’usage, comine oĂŒle voit, permet*de dire : Ă  quoi sert? de quoi sert? et que sert? Lorsqu’on dit gwe serZ? que est tout simplement employĂ© avec ellipse de (dites-moi ce) que sert, ainsi que le prouve le vers suivant de Th. Corneille : VoilĂ  ce que vows sert d'avoir Ă©tudiĂ©, II nĂ«st donc ni pour Ă  quoi ni pour de quoi, IX. — Que POUR sinon, si ce n'est. SANS ellipse. On n’a d’autre remarque Ă  faire sur cette scĂšne, SINON qu’elle est Ă©crite^avec la mĂȘme Ă©lĂ©gance que le reste, el avec le mĂȘme art. ’ (Voltaire.) Je n’ai rien Ă  dire de ce cinquiĂšme acte (de BĂ©ré nice), sinon que cĂ«st en son genre un chef-d’Ɠuvre. {Id,) AVEC ELLIPSE. Quel crime, quelle offense a pu les animer, HĂ©las ! et qĂŒai-je fait que de vous trop aimer? ■ (Racine.) Que vois-je autour de moi, que des amis vendus, Qui sont de tous mes pas les tĂ©moins assidus? (M.) Alors, qu’aura servi ce zĂšle impĂ©tueux, QĂŒĂ  charger vos amis d’un crime infructueux? (W.) La conjonction que peut bien ĂȘtre employĂ©e avec ellipse de sinon ou si ce nest; mais jamais elle ne peut tenir la place de cette expression ni en avoir le sens, comme le diÂŹ sent les grammairiens. * Voltaire remarque que ce vers : Et pour qui mĂ©priser tous nos rois que pour lui ? est digne du grand Corneille; aussi Ta-t-il imitĂ© dans Alzire : Ai-je fait un seul pas que pour te rendre heureuse? Ce que, employĂ© avec ellipse de si ce n'est, fait aussi bel effet en prose quĂ«n poĂ©sie. i X. Que POUR autremerit que. Pour moi, grand ennemi de leur art hasardeux, Je ne puis cette fois que je ne les excuse. ' (Boileau.) Quant aux volontĂ©s souveraines De celui qui fait tout, et rien gĂŒavec dessein, Qui les sait que lui seul? Comment lire en son sein? Aurait-il imprimĂ© sur le front des Ă©toiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles? (La Fontaine.) k Dans ces exemplĂšs, que, suivant les uns, est pour si ce n'est, et; suivant les autres, pour autrement que. Tous se trompent Ă©galement ; que est tout simplement employĂ© ici d’une maniĂšre elliptique. Je ne puis cette fois QUEjene les excuse est un abrĂ©gĂ© de: Jene puis faire autrement) cette fois (a moins) que je ne ies excuse. — Quant aux volontĂ©s dĂ© celui qui fait tout et rien Qu'avec dessein, qui les sait QĂŒe lui seul? c’est-Ă -dire : quant aux volontĂ©s de celui qui fait tout et (qui ne fait) rien (autrement) qu'avec dessein, (quel est celui) qui les sait (autre) que Zw/, seul? C’est faute de n’avoir jamais rien analysĂ© que les grammairiens ont donnĂ© Ă  certains mots des propriĂ©tĂ©s tout-Ă -fait imaÂŹ ginaires. XI. — QĂŒe POUR ce que. - SANS ELLIPSE. On ne sait plus ce gwĂ«st devenue cette formi- (Bossuet.) dable armĂ©e. AVEC ELLIPSE. Eh bien ! de mes desseins Rome encore incertaine Attend que deviendra le destin de la^reine: (Racine.)
( 845 ) DĂš ce que l’usage permet dĂ«llipser quelquefois Tadjectif ce devant que, les grammaiÂŹ riens en concluent faussement que cette conjonction, dans les vers de Racine, est emÂŹ ployĂ©e pour ce que. Dire que notre que s’emploie avec diflKrentes sortes dĂ«llipses, plus ou moins grandes, rĂ©pĂ©terons-nous en terminant avec Lemare, c’est annoncer une vĂ©ritĂ© attestĂ©e par des faits innombrables ; mais ce nĂ«st point lĂ  admettre plusieurs sortes de que, ni prĂ©tendre que ce mot se substitue* Ă  tels ou tels autres. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. , Je ne sors pas qu’il ne m’aĂźt payĂ©. II tremble encore que le danger est passĂ©. Qu’avex-vous, que vous ĂȘtes triste ? Venez, que je vous le montre. N? DCCCXIII. « DES EXPRESSIONS que je crois, que je pense, Il en a fait serment, que je pense, Ă  la cour. (Regnard!) La mĂšre dĂ«n amant qui nous plaĂźt, qui nous aime, Est toujours, que je crois, reçue avec plaisir. (Voltaire.) Que je crois, que je pense, sont des abrĂ©gĂ©s de Ă  ce que je crois, Ă  ce que je pense. Il avait, Ă  ee que je crois, Ă©tudiĂ© la question toute la matinĂ©e. (Pascal.) Ces expressions ne sont plus d’usage 5 on dit aujourd’hui.: ce me semble, selon moi, ou Ă ce qu'il semble: Et bien quĂ«n soit, Ă  ce qĂčil semble. Beaucoup mieux seul qu’avec des sots. N” DCCCXIV. Avant de ex avant que de. (La Fontaine.) Avant de. Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu; Ils soutiennent les lois avant de les abattre. (Voltaire.) S’éloignera-t-on de la cour avant dĂ«n avoir tirĂ© le moindre fruit? (La BruyĂšre.) Il meurt ouanf d’avoir pu passer le Jourdain. (Massillon.) Va,'vole, Corasmin ; queTinfidĂšle meure! Mais avant de frapper... Ah! cher ami, demeure! (Voltaire. ) A Avant que de. On doit se regarder soi-mĂȘme un fort long temps, Avant que de songer Ă  condamner les gens, (MoliĂšre.) Avant que de louer, jĂ«iamine longtemps; Avant .que de blĂąmer, mĂȘme cĂ©rĂ©monie. (Gresset.) Avant que de dĂ©sirer fortement une chose, il faut examiner le bonlfcur de celui qui la ^possĂšde, (Saint-Évremont.) , Avant que de se jeter dans le pĂ©ril, il faut le pré voir et le craindre. (FĂ©nelon.) h Laquelle de ces deux locutions, avant que de ou avant de, doit-on prĂ©fĂ©rer? Les granr- mairiens et les Ă©crivains sont trĂšs-partagĂ©s d’opinion, et Ton peut aujourd’hui choisir entrĂ© Tune et Tautre. NĂ©anmoins avant de s’emploie plus frĂ©quemment. FĂ©raud fait obÂŹ server qu’il ne faut pas mettre indiffĂ©remment avawt que avec le subjonctif, et avant que de ou avant de avec Tinfinitif, quand cet infinitif se rapporte au sujet de la proposition. Je lui ai payĂ© cette somme avant QĂŒe de partir oĂč avant de partir; c’est-Ă -dire,
( '846 ) avant’que je partisse; mais si Ton voulait parler du dĂ©part de celui Ă  qui Ton a payĂ© la somme, il faudrait dire : Je lui aipayĂ©'cette somme avant qxj'ĂŒ partĂźt , ou avarit son dĂ©part, et non pas, avant de partir. On trouve quelquefois la particule de supprimĂ©e. En voici quelques exemples. Avant quĂ© se livrer Ă  trop dĂš sĂȘnlinlĂ©htSj Il faut un peu voir clair, et connaĂźtre ses gens. (Poisson.) Laissons venir la fĂȘte avant que la chĂŽmer. ' (MoliĂšre.) Mais avant que partir je me ferai justice. (Racine.) Faut-il toutefois vaincre avant que triompher. * (Corneille.) Pour me justifier avant que vous rien dire. Ud.) Cette licence nĂ«st plus permise aujourd’hui. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. , Avant de partir. Avant de parler. Avant qne de partir. Avant que de parler. N" DCCCXV. / \ DE QUELQUES GALLICISMES PRODUITS PAR LA CONJONCTION que. AVEC que. CĂšsi une mĂąladiĂ© dĂ«sprit que de souhaiter des chotos impossibles. (EĂ©nelon.) Quel plaisir que de revoir sa patrie! (CitĂ© par NoĂ«l.) SANS que. OĂ©tait un plaisir assez vif pour David de chanÂŹ ter sur la lyre les louanges du Seigneur. (Massillon.) Quel plaisir de vous voir et de vous contempler! (Racine.) LĂ«xpĂ©rience est le bĂąton que la nature a donnĂ© Ăą nous autres aveugles pour nous conduire dans nos recherches ; nous ne laissons pas, avec son secours, de faire be^coup de chemin ; mais nous ne pouvons manquer de tomber, si nous cessons de noĂŒs en servir; (M”‘¼ du Chatelet.) LĂ«sage, comme on le voit, permet dĂ« dire ; C'est peu que de ou c'est peu de; c'est im plaisir que de ou c'est un plaisir de ; c'est ĂȘtrĂ© sage que de ou c'est ĂȘtre sage de ; quel plai- " sir que de ou quel plaisir de; ne laisser pas que de ou ne laisser pas de. CĂ«st le goĂ»t qui dĂ©cide du choix que Ton doit faire de Tune ou de Tautre de ces expressions. Boniface obse^rveque Temploi de la conjonction gwe donne plus d’énergie Ă  Texpression. AprĂšs TiĂ© laisser pas les auteurs ont presque gĂ©nĂ©ralement supprimĂ© que. En voici plusieurs eicĂ©tnpiĂ©s Vous savez que les poĂštes se piquent d’ĂȘtre proÂŹ phĂštes; mais Ăše nĂ«st que dans l’enthousiasme de leur poĂ©sie qĂŒils le sont; et M. DesprĂ©aux parlait en prose : ses prĂ©dictions ne laissĂšrent pas nĂ©anÂŹ moins que de me faire plaisir. (Racine.) Ne laissons pas cependant de publier ce miracle de nos jours. ^ (Bossdet.) Ceux qui s’en plaignent tous les jours ne laissent pas de s’y plaire. (FlĂ©chier.) Lorsqu’il semblait cĂ©der, ii ne laissait pas de se faire craindre. {Id.) Ne laissons pas, en la perdant> d’adorer la main qui nous lĂ«nlĂšve. (FlĂ©chier.) Au sein des grandeurs, il ne laisse pas d’aimer Topprobre de JĂ©sus-Christ. (Massillon.) Il est pauvre, mais il ne laisse pas d’ĂȘtre hon- nĂȘtc.homme. (AcadĂ©mie.) LĂ«mploi de que aprĂšs c'est a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ© ailleurs. EXERCÏCÉ PHRASÉOLOGIQUÈ* (','csL tin devoir que de.. . t Cet homme ne laisse pas que dĂȘ.,. C’cst un devoir de... Cet liomme ne laisse pas de
{ 847 ) CHAPITRE X. S DÂŁ L’INTERJECTION* N“ DCCCXVI. NATÜRE DE L INTERJECTION. — SA DEFINITION. Ah / que de la vertu les charmes sont puissants ! (Corneille.) HaĂŻ Thomme savant, on vous y prend aussi ! . (Domergue.) Ehl la peur se'corrige-t-elle? , , (La Fontaine.) 0ht que la nature est sĂšche, quĂ«lle est vide, quand elle est expliquĂ©e par des sophistes I , (Chateaubriand.) HĂ©las! est-ce une loi sur notre pauvre terre,' Que toujours deux voisins auron t entre eux la guerre ! ' (Andrieux.) - Ouf! hai ! je nĂ«n puis plus. (Regnard.) Elie mĂ«trangle...., ay7 ayĂź (Racine.) Ayet ouf! on mĂ«stropie; (Voltaire.) Ma robe vous fait honte, un fils dĂ©jugĂ©, ah! fi! (Racine.) Pouah! pouah! Seigneur, mon Ăąme n'a pas Ă©tĂ© souillĂ©e. * (Voltaire.) Lorsque nous Ă©prouvons une Ă©motion vive, imprĂ©vue, notre Ăąme est trop fortement impressionnĂ©e, trop brusquement saisie pour nous permettre dĂ«xprimer notre sentiment par plusieurs mots. Un cri sĂ«chappe de notre bouche, et peint avec vĂ©ritĂ© la vivacitĂ© du sentiment qui vient de nous surprendre. Tels sont ah! aĂŻe! oh! hĂ©las! etc. Cette nouvelle espĂšce de mots a pour objet dĂ«xprimer lĂ«xclamatiĂŽn. Les interjections et les exclamations, qui sont le langage de la passion, furent les preÂŹ miers Ă©lĂ©ments du langage. CĂ«st par ces cris expressifs, accompagnĂ©s de gestes, que les homm^ sĂ«ffĂŽrçaient de se communiquer leurs sensations. Les niots imprimĂ©s en italique servant Ă  peindre les Ă©motions vives, imprĂ©vues de notre Ăąme, ces Ă©motions qui se traduisent par un cri quĂ«n jette au milieu du discours, s’appellent interjections, dĂ«n mot latin qui veut dire milieu. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Ah ! que je suis heureux ! et que j’aĂź de plaisir De trouver une femme au grĂ© de mon dĂ©sir. HĂ©l monsieur, peut-on voir soanrĂźr les malheureux ! (Racuck. j Oh / qu’il est* cruel da n’espĂ©rer plus. (FensLoir. ) Ha ! TOUS ĂȘtes dĂ©vot, et vous vous emportez ! EhJ qui n'a pas pleurĂ© quelque perte cruelle? Tout passe donc, hĂ©las'} ces globes inconstants CĂšdent comme le nĂŽtre Ă  l’empire du temps. (Ds Fontawes.) AĂŻe , aie / Ă  l’aide 1 au meurtre, au secours, on m assomme ! Ahl ahiahiĂ hlĂ hĂź ah} ĂŽ traĂźtre ! ĂŽ bourreau d’homtfto ! (MoliĂšxx.
( O'i' U'+CĂź SUBDIVISIONS DES» INTERJECTIONS. % w DGCCXVn. INTERJECTIONS d’aDMIRATION , D’ÉTONNEMENT. —<ao©é> Ah! je les reconnais mes aimables abeilles. ' (Delille.) Ha! vous ĂȘtes dĂ©vot, et vous vous emportez t (MoliĂšre.) Oh! dit-il, quĂ«st ceci? ma femme est-elle veuve? i(La Fontaine.) Ho ! ko ! les grands talents que votre esprit possĂšde I (MoliĂšre.) HĂ©! laissez-nous, cuk! euh! (Racine.) Beaux-arts, eh! dans quel lieu n’avez-vous droit de (Delille.) [plaire. Ha! ha! monsieur est Persan? (Montesquieu.) Les interjections qui marquent TĂ©tonnement sont: ah! haĂŻ oh! ho! 6! heu! euh! eh t hĂ©l ha, haĂŻ oh! hol tarare! etc. . , N" DCCCXVra. INTERJECTIONS DE DOULEUR, D’ÀFFLICTION Ah! pleure, fille infortunĂ©e! (Racine.) Tout passe donc, hĂ©las! (De Fontanes.) Oh! qĂŒil est cruel de nĂ«spĂ©rer plus! (FĂ©nelon.) Eh! qui n’a pas pleurĂ© quelque perte cruelle! .(DelilĂŒb.) Ouf! je me sens dĂ©jĂ  pris de compassion. (Racine.) Les interjections qui expriment la douleur, l'affliction, sont: ahl ohl ehl oufl diel ahÜMyel hĂ©lĂ sl holĂ l etc. DCCCXIX. INTEKIEGTION.S DE DÉRISION, DE DÉFIANCE, D’IRONIE. Ouais ! cc maĂźtre d’armes vous tient bien au cƓur ! (MoliĂšre.) Oui-dd/ l’état de veuve est une douce chose. (La Fontaine.) Hum ! je soupçonne ici quelque anguille sous roche* (Fabre d’Églantine.) Ah! ah! Thomme de bien, vous vouliez m’en donner? (MoliĂšre.) Les interjections qui marquent la dĂ©rision, la dĂ©fiance, Tironie, sont: oui-dĂ l ah! hum I hom / ouais ! t ^ N” DCCÇXX. INTERJECTIONS D’AVERSION, DE MÉPRIS. Pi! ne m’approchez pas! votre haleine est cm^ pestĂ©e* (MoliĂšre.)' Foin du loup et de sa race ! (La Fontaine.) Pouah! vous mĂ«ngloĂčtissez le cƓur. (MoliĂšre.)
J849) Les interjections qui rĂ©veillent une idĂ©e d’aversion, de mĂ©pris, sont: fil fi donc! pouah ! bah I baste ! hon I zeste I —N“ DCCCXXI. si I INTERJECTIONS POÜR APPELER, QUESTIONNER, SONDER. HĂ© bien! Ă  me venger nĂ«st-il pas prĂ©parĂ© ? (Racine.) HĂ©! hĂ©! dĂ«Ăč vient donc ce plaisant mouvement? (MoliĂšre.) . Juste ciel! quĂ«ntepds-je? Ăčem/ que dites-vous ? Milord Monrose condamnĂ© Ă  (Voltaire.)' Ah ! cĂ«st qu'il est d’heureuses sympathies. Hein! quĂ«n dis-tu, ma fille? (Collin d’Harleville.) Ho! venez ici. ‱ (AcadĂ©mie.) Hoßà! quelqu’un, quĂ«n appelle Nanine. (Voltaire.) HolĂ ! monsieur Robinet, monsieur Robinet, apÂŹ prochez-vous du monde. (MoliĂšre.) A'-t-il l’air d’un pĂšre qui querelle? Hein! comme sa surprise a paru naturelle ? (Piron.) S//#1/un mot. (BoĂŒrsault.) Les interjections qui servent Ă  appeler, Ă  questionner, Ă  sonder, sont: hĂ©! hĂ© bien! hem! hein ! ho! holĂ  ! oh lĂ ! heim Ăź st! ' - 1 » N*" DCCCXXII. INTERJECTIONS POUR IMPOSER SILENCE. Chut! chut! parlez donc bas. St! paix! rangeons-nous chacune immĂ©diatement, (Collin d’Harleville.) contre un des cĂŽtĂ©s de la porte. (MoliĂšre.) Les interjections destinĂ©es Ă  imposer silence, sont : chut! st l paix / Nous ne nous Ă©tendrons pas davantage sur cette classification trĂšs-compliquĂ©e et trĂšs- difficile. ConsidĂ©rĂ©es sous le rapport de l’expression, les interjections se divisent en interÂŹ jections pures et simples, comme ah! ehl fil oh! on locutions interjectives, eh hien ! tout beau! allons! morbleu! et en mots pris accidentellement comme interjections: bon! courage! ferme! misĂ©ricorde Ăź etc. TABLEAU DES INTERJECTIONS. N" DcƓxxill. INTERJECTIONS PURES OĂŒ SIMPLES. Ah! Ahi! Bah! Chut! Crac ! DĂ ! Dia! Diantre ! Eh! Fi! Gare! Ha! HĂ©las! Heu! HolĂ ! Ho! Hem! Hein! Hu! Hum! HĂ©! 0! Oh! Ouais ! OuM Paf! . Parbleu ! Pouah I Pouf! St! Sus! Zest! 107
( 850.) LOCÜTIONS interjectives. Fi donc! Hi! hil Ho’ ha! HĂ© bien! Ho Ăź ho I -Eh bien! Hoçà! OuidĂ ! Or çà ! PlaĂźt-il 1 Tout beau ! Etc., etc. MOTS PRIS ACCIDENTELLEMENT COMME INTERJECTIONS. Allons ! Bon I Çà! Courage ! Ciel ! Dieu t Ferme I MisĂ©ricorde ! Paix I EXERCICE ANALYTIQUE. Peste ! Platt-il ! Quoi ! Silence ! Ah! s’il eat nn heureux, c’est sans doute un enfant. (Villefrk/ JJonl parlĂšz-lui du cĂźel, il rĂ©pond d’un sourire. (Corneille.! Chut! je veux Ă  .vos yeux leur en faire nn afTrout. (HIoliĂšre.! Mai d’o6, diantre» aprĂšs tout, avez-vous su la ruse ? Ët j cela sent mauvais, et Je suis tout gStĂ©. ylĂ©.] Hi tient c'en est donc fait ! vous n'avez plus d'ami ! (Coeneille.) ^ . TiOin de toi i T’a vais-je pas recommandĂ©, gros Ăąne, Dc ne rien dire et de demeurer coi ? (La rONTAIHE.) HĂ©lai t sans la santĂ©, que m'importe un royaume ! “ (MoliĂšre.) Hol ho! qui tp peut amener? HolĂ  ,hol Sganarelle. Ud.) DES INTERJECTIONS PROPREMENT DITES (1). t r Dcccxxiv. Ahl hal Aht . . Ah! qĂče je suis heureux l et que j'ai de plairir De trouver une femme au grĂ© de mon dĂ©sir! (MĂŒliĂšbĂ«.) Akf pleure, fille infortunĂ©e, Ta jeunesse va se flĂ©trir DaiJs.sa fleur trop tĂŽt moissonnĂ©e ! [CASi Delavigne.) Ah! que de Ăźa vertu les charmes sont puissants ! (Tu; Corneille.) Mais quel bourdonnement a frappĂ© mes oreille^? Ah! je les reconnais, mes aimables abeilles. (Delille.) zlA/aA/Thommedebien, vousvouliez mĂ«n donner? (MoliĂšre.) . Ha! Ha! vous ĂȘtes dĂ©vote et vĂŽus vous emportez? (MoliĂšre.) Ha! voyons donc, quĂ«st-ce que TĂ©loquence? (FĂ©nelĂŽn.) Ha! ha! monsieur est Persan? comment peut-on ĂȘtre Persan? (Montesquieu.) ^ Ha! l’homme savant, on vous y prend aussi'. (Domergue.) Je gage mes oreilles QĂŒil est dans quelque allĂ©e Ă  bayer aux corneilles, S’approdhafit Ă  pas lĂ©nts d’un haha qui l’attend, Et qu’il n’apercevra qĂŒen s'y prĂ©cipitant, (Piron.) Lfinterjection ahl exprime la joie, la douleur, Tadmiration, TĂ©tonnement, etc., une Ă©motion profonde, ou qui a quelque durĂ©e: . “ Ha! exprime un sentiment subit : TĂ©tonnertient, la surprise, Tefffoi. Ahl comme Ta remarquĂ© Boniface, Ăą un son prolongĂ©; ha! n'a qĂŒun son bref. CĂ©ltĂ© diffĂ©rence de pro- (1) Cette partie est entiĂšrement due aux soins d'un de liĂŽs plus habiles grammal?iĂ©fls,M. Dessiaux, membre de la SociĂ©tĂ© grammaticale de Paris, de la SociĂ©tĂ© royĂŽĂźe des sciences, lettres et arts d’OrlĂ©ans, auteur de VExamen critique de Id Crramma^re des grammaires, Tun des rĂ©dacteurs duTowrrtdfgrammaftcal, direcÂŹ teur de l'Ă©colD supĂ©rieure dTssoudun*
( 851 ) iiĂŒhcĂźatiî’n indiquĂ©' assez lĂ  valeur de ces interjections. LĂ«fnafĂš riĂš reconnaĂźt quĂ«n sens Ă  ces expressions. Selon lui, ah! signifie jĂ« le sens vivement ou je suis profondĂ©ment afÂŹ fectĂ©: cĂ«st une erreur: le son ah nous Ăšst si naturel que nous le prononçons Ă  chaque instant et dans des situations diĂ mĂ©'iralement opposĂ©es, sbĂŒveni sĂ riĂ  ĂȘtre profondĂ©r ment affectĂ©s. Le mĂȘme grammairien dit que hd! signifie uriiquement je sm's grandement surpris; mais dans la crainte, la douleur; Timpatience, on peut employer ha) ^i la cir- ‱ constance lĂ«xige. Ifaha, devenu substantif, dĂ©signĂ© une ouverture faite au inur d’un jardin; avec ĂŒn fossĂ© Ă©n dehors. Ce mot est le cri dĂš surprise que pousse celui qui; croyant passer paf cette ouverture, se^trouve arrĂȘtĂ© par le fossĂ©. Ah ! que je suis aise! Ah i ah ! je tou toĂ» ! EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Ah ! quHI est malheureux ! Ah ! ah 1 quel plaisir de vous voir ! Ha ! je vous y prends. Ha ! ha ! mouiietur ae dĂźt savant N" DCC-GX-X-V. ËHIhll Ehl MĂšne-moi vers Pean : rends un fils Ă  son pĂšre. Ehl que je crains, ĂŽ ciel f que la Parque s/Ăšre De ses ans loin de moi n’ait terminĂ©. Ăźe çoursj * ^ {La Harpe;) Ehl qut n’a pas pleurdquelque perte cruelle? (Delille.) Beau^arts; fift/ dans quel lieu n’ayez-vous droit de Est-ii Ă  votre joie une joie Ă©trangĂšre? [plaire? . Ud.) . Corrigez-vous,' dira quelque sage cervelle/ Ehl la peur sĂš corrige-t-elle? , . (La Fontaine.) ' Eh quoil ton Ăš'me sombre et lĂšs yeux Ă©blouis N’osent-ils contempler le siĂšcle de Louis? (Lebrun.) Eh hiĂȘfii manger moulons,- canĂąlUe, sotte' espĂšce", Est-ce un pĂ©chĂ© ? Non, non, vous leur fĂźtes, seigneurj En les croquant’beaucoup* d’honn’eur.' (La Fontaine.) Eh hten.donci par lĂ«nnui ramenĂ© dans la ville, QĂčftĂŻarit AbĂš'criAmmrn*Ă©nĂŻ (6n* b'ĂšnAĂšt' d’é vĂšfî’Ăčr/ ^ Tu'vĂ s donc seul biĂ©rifĂŽt bĂ illĂšC a\i ÉĂčxĂ©mbĂŽurg. (Ducis.) BĂ©! HĂ©! mon Dieu, nos Français si souvent redressĂ©s, NĂ« prendront-ils jamais ud air de gens sensĂ©s Ăź (MoliĂšre.) Béß madĂąmĂ«, l’on Idne aujourd’hui toĂŒtle motade; Et le siĂšcle par lĂ  n’a rien qu’on ne confonde. ‘ (W-).. BĂ©! monsieur, p'eut^on’voirsoĂ»ffrirles.ttalbeureuĂŻĂź (Racine.) 0 passion du jeu! hĂ© quoi! rhqurme en dĂ©lire, MĂȘme avec des-bocfiels se blesse Ăšt se dééhi'rel (tEMlBRÉB.) ' V ■ . - Ah ! le ptfvrĂš lĂči-m'ĂȘme est riche en espĂ©rance, Et chacĂčrr redevreiri: Gros-JĂšan.cofhme devanj ; , HĂ© biĂ©ril chacun du* moins fut heurettx' Ăšn rĂȘvant.- (Collin d'Harlbville.) BĂ© hien! Ă  me venger n’est-il pas prĂ©parĂ© ? . -JefiĂȘsals*. (HAĂšiNÈ.^ jtfĂš; ViéàV(ĂŻ6‘riĂ©*cĂ© plaĂźslaflt Ă ibÙYĂ©AiehĂźf (MoliĂšrA.) BĂ© b'iĂšH; maĂŒĂąftfe. HĂ© ViĂ©fÚï Skktdhv satĂź^aits’/ ‱ m*) La valeur principale des interjections eh! hĂ©! est d’attirer Tattention sur ce qui va ĂȘtre dit; de lĂą.leur emploi en apostrophe, en interrogation. Comme ces interjections sĂ© prononcent dans une’foule de sentiments, KĂ©l hĂ© quoi! hĂ© bien! conviennent mieux aux» Ă©/ffotions’violentĂ©s* et instautanfĂ©es'; Ă©h! eh quoi! ek bien! aifx Ă©motions prolongĂ©es ou profoiᒂs’.* Êïfns'cĂ©* Ă©Vs,^ Ă iiĂŻsi' dĂ AV fe' ]^rĂ©cĂ©dent, lĂš' s'cns Ăšst. d'ñ’ccbĆžd f^yĂ©c" Fa nonciatiĂŽiĂŻ. LĂ©s Ă©crivains ont souvent confohdu cĂšt lAferjecfibris, ĂšacinĂ©" em^^oiĂ©' presque toujours hĂ© ! Les mots quoi, bien, qui font partie du style interjectif, viennent ajouter une force et une valeur particuliĂšre Ă  ces expreĂ ^MI.
(832) HĂ© sert aussi Ă  appeler quelquun. Piron, qui.avait besoin d’une rime fĂ©minine, a dit dans io MĂ©tromanie : . I ^ " HolĂ  1 liĂ©e l Que Ton aille chercher .monsieur de l’EmpirĂ©e. Cette orthographe me paraĂźt conforme Ă  la prononciation dans ce cas ; Ton commence par une lĂ©gĂšre aspiration pour donner une certaine force Ă  la voix, et Ton prolonge enÂŹ suite le son pour ĂȘtre entendu, Beaumarchais, dans le Mariage de Figaro, fait dire au comte ; S'il payĂ it... Eeeeh! n'ai-je pas le fier Antonio dont le noble orgueil dĂ©daigne en Figaro un inconnu pour sa niĂšce? Cette interjection Ă©eeeh, qui se trouve plusieurs fois dans le mĂȘme auteur, se proÂŹ nonce longuement, et finit par une lĂ©gĂšre aspiration. Les Ă©crivains ont le droit d'Ă©crire les interjections comme ils les prononcent, afin de leur faire produire lĂ«ffet qĂŒils en atÂŹ tendent. ÂŁh ! je TaÎ9 toos le dire. Eh quoi ! ToĂ s tous pUignei? EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Eh bien Ăź laissez-le parler. Eh quoi ! n'est-ce que cela? Hc bien ! que diras-ta 7 HĂ© bien I en venez-roua 4 bout ? W DCCCXXVL Olohlhol % * I. O! Ot combien d'actions, combien d'exploits cĂ©lĂšbres. Sont demeurĂ©s sans gloire au milieu des tĂ©nĂšbres (1) ! ' . " (Corneille.) O! si la sagesse Ă©tait visible, de quel amour les hommes s'enfiammeraient pour elle t , (D'Olivbt.) ■ H en coĂ»te Ă  qui vous rĂ©clame, MĂ©decins du coçps et de TĂ me, O temps 1 6 mƓurs! j’ai beau crier,- Tout le monde se fait payer. . (La Fontaine.) O çà l je suis ravi de vous voir, tous ensemble ; Parlons de bonne foi sur ce qui nous rassemble. (Boursault.) Ohl s 0ht que la nature est sĂšche, qĂŒelle est vide, quand elle est expliquĂ©e par des sophistes! (Chateaubriand.) - Oh! qu’il est cruel de n'espĂ©rer plus. (FĂ©nblon.) i Oh hont quelle folie ! Étes-vous de ces gens Soupçonneux, ombrageux ? croyez-vous aux mĂ©- (Gresset.) [chants? Oh bien! je vous apprends que vous vous abusiez. (Regnard.) Oh çàl maĂźtre Jacques, approchez-vous, je vous ai gardĂ© pour le dernier. (MoliĂšre.) 01 oh! marquent Ă©galement un sentiment d'admiration, d'exaltation; mais ĂŽ, plus grave, tient Ă  une Ă©motion plus profonde ; il sert aussi dans l’apostrophe oratoire, et ne prend pas alors le signe de ponctuation immĂ©diatement aprĂšs lui. FĂ©nelon fait un frĂ©quen usage de cette interjection dans TĂ©lĂ©maque. Oh bon! oh bien! oh çà! ĂŽ pĂ / sont dt style familier* 11. Oh! Oh! dit-il, qĂŒest-ce ci? Ma femme est-elle veuve? (La Fontaine.) OĂč, oh! ma fille, on nous fait des “affaires Qui fout dresser les cheveux aux beaux-pĂšres. (Voltairb.) Ho! Inconstant ! Ho ! voilĂ  votre mot ordinaire. Eh / cĂ«st pour ne pas ĂȘtre inconstant; au contraire^ Qu’on me voit sur mes pas revenir tout exprĂšs. (Collin D’HÆLBvaLK.) (1) Comment des exploits cĂ©lĂšbres peuvent-ils ĂȘtre sans gloire?
( 853 ) Oh, ohĂź je n'y prenais pas garde ; Tandis que sans songer Ă  mal je vous regarde, Votre Ɠil en tapinois me dĂ©robe mon cƓur. (MoliĂšre.) J'ai poussĂ© jusqu'au bout un projet si hardi. —Bo, ho ! les grands talents que votre esprit possĂšde'. (MoliĂšre.) Bo i venez ici. (AcadĂ©siib.) Ohl oh, oh! marquent aussi TĂ©tonnement d'une personne qui s'avise, comme Ta reÂŹ marquĂ© MoliĂšre dans sa comĂ©die des Femmes savantes, oĂč il fait le commentaire des vers que nous venons de citer, Hol ho, hol marque particuliĂšrement une invitation de s'arÂŹ rĂȘter, d'Ă©couter ; il tient de la contradiction ; cette interjection sert encore pour appeler. ' Les interjections ah, ha; eh, hĂ© ; oh, ho, peuvent se rĂ©pĂ©ter. Si cette rĂ©pĂ©tition se fait rapidement, on ne doit les sĂ©parer que par une simple virgule, la sensation est unique quoique Texpression soit double; si la sensation Ă©tait double comme Texpression, il faudrait mettre un point Ăšxclamatif aprĂšs chaque interjection. De mĂȘme, lorsque certains mots interjectifs se jpignent aux interjections proprement dites, comme dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, il faut ponctuer comme le sentiment le rĂ©clame; aussi trouve-t-on ohl bon! et oh bon! oh! bien! et oh bien! On trouve oooh! dans BeauÂŹ marchais. (V. page 855.) EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. Oh ! je l'aurais pariĂ©. Ob ! oh ! vous en venez aux gros mots. Ob bon ! le voilĂ  pris. Ob bien ! nous le teuons. Ho ! vous n’en finirez donc pas. Ho ! venez. DCCCXXVII. HolĂ ! ho, lĂ ! çà, lĂ . BoĂźdl BolĂ ! quelqu'un, qĂŒon appelle Nanine ; CĂ«st mon malheur qĂŒil faut que jĂ«iamine. (Voltaire.) BolĂ ! ne pressez pas tant la cadence, je ne fais que sortir de maladie (1). (MoliĂšre.) Bo, lĂ ! Bo, lĂąl monsieur BobĂźnet, monsieur Bobinet, approchez-vous du monde. (MoliĂšre.) Bo, lĂ , ho ! descendez que Ton ne vous le dise, Jeune homme, qui menez laquais Ă  barbe grise (2). (La Fontaine.) HolĂ  sert Ă  appeler quelqu'un d'absent, ou simplement Ă  avertir ; c’est la rĂ©union de ho et de lĂ , qui signifient arrĂȘtez lĂ : Les adverbes de lieu lĂ  et çà / dĂ©tournĂ©s de leur signification primitive', sont devenus eux-mĂȘmes de vrais interjectifs. Nous avons dĂ©jĂ  vu 0 çà et oh çà; on trouve encore ah çà! dans les comĂ©dies de Beaumarchais et ailleurs. ». Çà, voudriez-vous ĂȘtre persuadĂ©e?. (J.-B., Rousseau.) Çà I messieurs les chevaux, payez-moi de ma peine. (La Fontaine.) Or çà, verbalisons. (Racine.) LĂ , ne vous troublez point, rĂ©pondez Ă  votre aise. (Racine.) Rn les voyant pleurer, mon Ăąme est attendrie. LĂ , lĂ , consolez-vous, je suis encore cn vie. (Regnard.) Çà, c'est-Ă -dire, venez pĂ  pour Ă©couter. Cette interjection sert Ă  commander, Ă  encouÂŹ rager. LĂ  sert Ă  apaiser, Ă  calmer. EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE. HolĂ  ! les gens, arrĂȘtez. HolĂ  ! hola ! faut-il courir aprĂšs vous? Ho, lĂ  ! arrivez donc. Ho, lĂ , bo ! rĂ©veillez-vous. I t (1) On dirait aujourd’hui je ne fais que de sortir de maladie. Cette distinction n'Ă©tait pas Ă©tablie alors. , J . (2) On trouve le plus souvent ohĂź lĂ , haut! Nous pensons avec lejudĂźcieux Lemare que cette orthographe t vicieuse. ..
( 834 ) N^DCCCXXVm HĂ©lasl las! hĂ©, lĂ ! BĂ©,lĂ l ffĂȘ, ßàl tout 4ouçement, — BĂ©j ßà! hĂ©, fĂ ! mon petit ami. ' (MouĂšrĂ©.) ,11 a Tair noble, et mĂȘme certains traits , Qui rùënt touchĂ©. LĂ ! je ne.vois jamais ' De matbeĂŒrcux Ă  peq prĂšs de son Ăąge. Que de mon ĂŒls Ăźa douloureuse image Ne vienne alors, par un retour cruel, PersĂ©cuter ce cƓur trop paternel. (Voltaiub.) BĂȘlas! m * ' i ‱ . > . / Ă©strce une loi sur notre pauvre terre, Que toujours deux voisins aĂŒrĂŽnt entre eux la guerre ! ĂŻ?"‘R?55? AenÇ, (, fies, glçto jpconstanis CĂšdent comme le nĂŽtre a lĂ«mpire du temps. (Db FĂŒnxÂnÊs.) HĂ©las Ăź on voit que de tout temps Les petits ont pĂ ti Ăąps igtyaes. des grands, . (l-f FoJ(XA|!JB.) ffĂ©lĂąsl exprime principalement la tristesse, la douleur morale : tantĂŽt il prĂ©cĂšde, tantĂŽt il suit la rĂ©flexion. Zas,'abrĂ©viation de hĂ©las, n’a vieilli que dans le haut style, et cĂ«st tant pis; les ppctes doivent combattre un ri(iicule usage et rĂ©habiliter cette interjection. HĂ©, lÂÎ sert Ă  arrĂȘter, Ă  rĂ©primer, Ă  calmer. EXERCICE PHRÀSÈQLOGIQVE, HĂ©las Ăź nous sommes trahis ! Las ! comment voos contenter ? HĂ©, lĂ  I pas si vite. N" DCCCXXIX. Heim! hem! hem! hen! ffeinkihemi Tu lut vas avouer les choses toutes pures, Et je te donnerai, moi, de cçs copfeures Si'brillantes de sucre,Ă«t dont tĂ» fais grand cas, Jfçim! pour te fqire voir que mqi je ne mens pas. ' . Art-ll Tair d*pn pĂšre qqi querĂȘlle? Beiml comme sa surprise a paru nĂątĂ»rĂšlleĂź (PinoN.) Juste cielt quĂ«ntends-jel. Aem/ que dites-vous? milord Mbnrose cbndĂ mnĂ« Ă .l7 rVĂštTÀÎRB.j Ueml heml viens cĂš*. (ACApÉMlB.) Hein! henl Ah! cĂ«st qĂŒil est d’heureuses sympathies, Bein! qu’en dis-tp, raq fille! (Collin d’Harleville.) Plusieurs femmes pleuraient, maissurtoutuneblonde Me parut —beile, heini -:-la plus belle du monde. ■ (?aron.) Hein! rusĂ©e signera. (Beaumarchais.) Hen, hen ĂŻ quand il y aura des accompagnements lĂ -dessus, nous verrons, encore, messieurs de la caÂŹ bale, si je ne sais ce que je dis. {Id.) Heim a un son moins'aigu que hein, il marque le sentiment qu’éprouve une personne qui s’arrĂȘte avec complaisance sur la pensĂ©e qui l’occupe, et qui cherche Ă  en pĂ©nĂ©trer ceiulĂ  qni elle parle. Hein sert pour interroger ou sonder la personne Ă  qui Ton s’adresse; mais il ne s’emploie qĂŒentre gens qui ont ensemble une grande familiaritĂ©. Hein peut avoir encore d’autres sens. Quant Ă  la valeur de l’interjection hen, hen! elle se sent mieux quĂ«lle ne s’explique. Elle se prononce Ă  peu prĂšs comme hein, c’est le seul trait de ressemblance qui existe, entre ces interjections. Hem, dont le ffi final se ifait sentir, sert pour appeler et a de l’analogie avec hĂ©, EXERCICE PHRASÉOLOGIQÜE. Heim l comme il a Ă©tĂ© touĂ© ! Hem, hem 1 accourez toutda suite. Heia ! Ă©tes-vĂŽos le maĂźtre? Ueu, hen ! c'est oa habile hommo.
( 85S) —«b85 r Dcccxxx Hai! haiel ayl , QĂŒf! hait je nĂ«n puis plus, vous serrez le sifflet ; Âüai/ monsieur, jusqu’au bout Usez donc le billet* (KegnĂąrd.) Dans le Menteur de Corneille, Clarice, en faisant un faux pas, prononce le monosyllabe hai! ClauÂŹ dine ^/laĂŒ — Ah! que tu es rude Ă  de pauvres gens. — Bail je te donnerai sur le nez. (MoliĂšre.) Bai, hai ! mon petit nez, pauvre petit Éoqchqn» Tu ne languiras pas longtemps, je tĂ«n rĂ©ponds, (MoliĂšre.) Baie, haie! ceci ne vaut pas le diable, (DançoĂŒrt,) Ây!.., Petit-Jean. Pelit^Jean.,, Que diable! sĂŻmatin que fais-tu dans la rue? (Racine.) Elle m’étrangle... Ay, ayl [Id.) L'interjection hai! marque la surprise, la douleur, l'avertissement, quelquefois mĂȘme la satisfaction. Haie! marque le mĂ©contentement, la crainte, la surprise avec sensation prolongĂ©e, etc. Quant Ă  ay, nous ne l’avons trouvĂ© que dans les Plaideurs de Racine; ce n’est peut-ĂȘtre que l’interjection hai diversement Ă©crite, ou bien cĂ«st riaterjection aye moins Te final. ' EXERCICE PBRÂSÈOLOGIQVE. Hai ! TOU$ me faĂźtes mal. Haie ! c’est bien mauvais. Aj, ay ! vous voulez donc m’étonfier 7 N“ DCCCXXXI. ĂŒ*»»- Aie! ahi! aye! ouf! AĂŻetahit * AĂŻe, aĂŻe t Ă  Taide ! au meurtre l au secours, on m'as- [sommel Ah! ah! ahl ah! ah! ah! O traĂźtre! ĂŽ bourreau (MoliĂšre.) [d’homme! Ahi Ăź ahi! ahi! Yous ne m'aviezpas dit que les coups caseraient ! {Id.) Aye! ouf! VoilĂ  ton pĂšre! — OoohĂź aye de mol! (BbaĂŒuarghais.) Aye! ouf! on mĂ«stropie. (Voltaire.) Nous croyons que aĂŻe et aye ne sont que la mĂȘme interjection Ă©crite diffĂ©remment, et qĂŒil faut prononcer ces monosyllabes Ă  peu prĂšs comme le mot ail (espĂšce d’ognon). Ahi est de deux syllabes, eta le mĂȘme sens que les deux autres. Ces trois interjections expriment un sentiment de douleur physique. Ouf! exprime de plus J’étpuffement que produit une Ă©motion violente, TanxiĂŽtĂ©, l’angoisse : Ouf! je me sens dĂ©jĂ  pris de compassion : Ce que cĂ«st qĂŒĂ  propos toucher la passion 1 (Racine.) Nous avons dĂ» remarquer, et nous aurons occasion de remarquer encore, que les Ă©criÂŹ vains emploient souvent plusieurs interjections de suite, et quelquefois mĂȘme des interÂŹ jections d’une nature diffĂ©rente, pour produire plus d’effet. EXERCICE PBRASÉOLOGIQÜE. AĂŻe, aĂŻe ! vous me tuez. Ahi, abi, le bourreau ! Aye, je suis blessĂ©. Ouf ! je n’en pois plus.
( 856 ) N" DCCCXXXII Hom! hon! hum! BomI Cela ne vaut-il pas bien une prise de casse? — Bom! de bonne casse est bonne.- (MoliĂšre.) EUe employait Vart des subtiles trames ' De ces filets oĂč l’amour prend les Ăąmes. BomI la coquette. (Voltaire.) ‘ i ‘ Lisons. Hom/... hom! «Vous mĂ©ritez de me charmer. » Je sens Ă  vos vertus ce que je dois dĂ«stime, - » MaiĂ  je ne saurais yous aimer. » (/d.) . Bon! huml Vous n'avez qii'Ă y venir, jĂ«vais vous y attendre. Boni l’extravagant. . (Regnard.) Si vous ĂȘtes mĂ©decins, je n'ai que faire de vous, et je me moque de la mĂ©decine. — Boni hon! VoilĂ  un homme plus fou que nous ne pensons. (MoliĂšre.) Bum! je soupçonne ici quelque anguille sous roche. (Fabre d'Églantine.) . Bum I grand escogriffe ; il est sourd (1). (Beaumarchais.) Hom, hon, hum, marquent mĂ©contentement, contradiction ; mais hom exprime de plus doute et mĂ©fiance. Hon, dont le son est plus bref, exprime retour et sentiment de diffiÂŹ cultĂ©; Awm, pressentiment, rĂ©ticence, impatience. , \ . EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Hom ! le faquin. Hom 1 liom r voyons cela. Hon l bon! voilĂ  les hommes, .Hum ! grand sot. | W DCCCXXXIU. Euh 1 heu! Euht 4 * Chrysale, dans les ‱ Femmes savantes, mutant savoir pourquoi on cbasse Martine, et ayant reçu dĂ©jĂ  des rĂ©ponses nĂ©gatives Ă  plusieurs questions, dit, avec rĂ©ticence ; Comment? diantre 1 friponne! euh! a-t-elle com- (MoliĂ«re.) [mis.."? L'IntimĂ© interrompu; et voulant continuer de parler, s’écrie ; HĂ©i laissez-nous... euh! euh! (Racine.) . Beu! C'est une comĂ©die nouvelle. :— Quelque drame encore; quelque sottise d’un nouveau genre. — Je nĂ«n sais rien. — Beu!.heu! les journaux et Vauto- ritĂ© nous en feront raison. (Beaumarchais.) Beu! voilĂ  ce que cĂ«st d’étudierĂź* (MoliĂšre.) Euh et heu marquent Ă©galement l’admiration, mais ils sont du style familier. Euh marÂŹ que de plus apprĂ©hension, ennui, impatience, surtout quand il est redoublĂ©. Heu s’emploie ironiquement. EXERCICE PBRASÈOLOGIQUE. ÂŁub ! allez-vons-en. Ueu 1 heu Ăź efit-co vous qui nom rapprendrez. (1) Figaro parle ainsi Ă  don Bazile, qui ne veut pas comprendre leur stratagĂšme.
( 857 ) ...« DGCCXXXIY Ouais/ voit po^^-ott'■ ^ Ouais Ăź Mon choix sera suivi/ cĂ«st un point rĂ©solu. — Ouais Ăź vous le prenez lĂ  d un ton bien absolu. (MoliĂšre.) Ouais ! vous ĂȘtes bien obstinĂ©e, ma femme. (/d.) OuaisĂź ce maĂźtre d'armes vous tient bien au cƓur, (/d.) oiĂź pou~ou! J’irais trouver mon juge et lui dirais. — Oui. — Foi! EtluidiraistMonsieur.—Oui, monsieur.—Liez-moi. , (Racine.) Pour profiter de cette douce libertĂ©, j’annonce un Ă©crit pĂ©riodique, et, croyant n’aller sur les brisĂ©es d’aucun autre, je le nomme Journal inĂ»tile. Pou-oul je vois s’élever contre moi mille pauvres diables Ă  la feuille; on me supprime, Ă©t me voilĂ  de rechef sans emploi. (Beaumarchais.) Ouais, voi, pou-ou, ont cela de commun qĂŒils marquent TĂ©tonnement; mais ouats marque de plus mĂ©contentement, et quelquefois pitiĂ©. Chicaneau, souvent interrompu par la comtesse de Pimbesche, prononce le monosyllabe voi! et reprend son discours. Nous ĂŒavons pas trouvĂ© ailleurs cette interjection, qui nous paraĂźt ĂȘtre la,mĂȘme que ouais. Pou-ou est le cri que jette Figaro iH*. pensant combien il s’abusait, combien ses esÂŹ pĂ©rances ont Ă©tĂ© déçues. Il ne faut pas contester aux Ă©crivains le droit de crĂ©er des interÂŹ jections. Souvent dans la conversation il en Ă©chappe qui ne sont Ă©crites nulle part, et qui n’en sont ni moms expressives, ni moins bonnes. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Oaai»! TOUB ĂȘtes bien insapportable. Voi ! cela ne se peut pas. Pon-ou ! tout le mondtf a^Indigne. N" ncccxxxv. Fi, foin! pouaM Fil Ma robe vous fait honte, un fils de juge, ahĂź fi! ^ , (Racine.) Fi donc! d’un.mĂ©decin ma maĂźtresse ĂȘtre femme! Tous ces gens-iĂ , madame, Ă  l’intĂ©rĂȘt soumis, HaĂŻssent la santĂ© jusque chez leurs amis. (Bret.) Fi du plaisir que la crainte peut corrompre! (La Fontaine.) Foin! pouah! , Foin de moi 1 (Racine. Foin du loup et de sa race. (La Fontaine.) Fi7 ne m’approchez pas! votre haleine est emÂŹ pestĂ©e... Pouah! vous m’engloutissez le cƓur, j (MoliĂšre.) Pouah! pouah! seigneur, mon Ăąme n'a pas Ă©tĂ© souillĂ©e. (Voltaire.) Fi, foin, pouah expriment dĂ©dain, rĂ©pugnance, mĂ©pris. Mais fi sert particuliĂšrement Ă  rĂ©veiller, Ă  inspirer la honte, l’éloignement ; /bm marque imprĂ©cation, il est presque toujours suivi d’un complĂ©ment; pouah exprime le dĂ©goĂ»t. Fi est du style tempĂ©rĂ©, foin du-style familier, pouah du style populaire. Quant Ă  pouais et Ă  pouas qu’indique Lemare, au lieu de pouah ! nous ne les avons trouvĂ©s nulle part. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Fi donc \ me prĂȘter un tel sentiment. Foin de tout son esprit f Pouah ! le vilaine bĂȘte ! 108
( m ) N" DCCCXXXVI. Bah! baste! zest! Bahj bastel MalgrĂ© vous et les vĂŽtres, On vous fera bien voir,—BaĂč/jĂ«n ai vu bien d'autres. (Fabre ĂŒFglanpneO CĂ«st vous qui me gĂȘnez; Ft cĂ«st ma place aussi que vous prenez. — Bahl bahl (Collin d'Uahlrvillb.) Bastel laissons lĂ  ce chapitre^ il suftit que nous savons ce que nous savons. (MoliĂšre.) ÉestĂź 11 soit dit que sur l'heure il se transportera Au logis de la dame, et lĂ , d’une voix claire, Devant quatre tĂ©moins assistĂ©s d’un notaire, {Zeste!) ledit HiĂ©rĂŽme avoĂčra hautement QĂŒil la tient pour sensĂ©e et de bon jugement. (^CINK.) Il se vante de faire telle chose, zest! (AcadĂ©mie.) Bah Tinsouciance, l’incrĂ©dulitĂ©, le peu de cas que l’on fait dps menaces ou des piarolĂ©^ d'autrui, marque aussi Tinsoucianco, ja rĂ©solution et Tennuique cause ce qu’on vient (l’enteiĂźcjre, Oi) (/ouve quelquefois bash Qu^nd ChĂźcaneau prononce zeste en Ji,tont !’evpioit que Iqi Ăą4r§sse la cpintesse de Pimbesçhe, il veut faire entendre qu’il souçie fpft pei| de çq qĂŒon Iqi (jjt. Sans /ia contrainte de la mesure. Racine aurait Ă©crit zestj orthographe ordinaire dpcptie interjection. Nous avons trouvĂ© dans le Dictiorinaife des fiiçtionnaire^ l’analyse de l’interjection bah ! que nous avions cherchĂ©e long-temps, analyse prĂ©cieuse, qui confond l’imagination, et dont nous serions vraiment fĂąchĂ©s de priver nos lecteurs. La voici i a Bahl interjection qui Ă©quivaut Ă  Ăź Mowd/onnemen/ es/bas , cĂ«st-Ă -dire: J*y mets peu d'importance. » 0 don Quichottel oĂč es-tu? toi qui prenais des montagnes pour des gĂ©ants!.,.. Comment, M. ĂŒarbois, vous pensez sĂ©rieusemĂ©nt qup bah Ă ^gnlËe mon Ă©tonnement est ras"!... Ahl bahl.. vous voulez rire.. .Au fait, on dit bien qĂŒÂŁgwus vient d'Alphana. Hall ! je nele croirai jamais. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. \ Baste ! Ăźl faut un peu de philosophie. Il pense nous en faire accroire,lest K DCCCXXXVII. Chut! motus! sti Chut! motus! Chut! n'offensez pas ces mestieur^(1es mĂ©decins et les apothicaires).' (MoliĂšre') Chut! chut! parlez donc bas ; Surtout jamais de lut; yous q'y POPtoZ dope pas? (Collin b Harle ville.) Motus! il ne faut pas dire que vous m'avez vu sortir de lĂ . (MoliĂšre.) ‱ , Stt St ! pafa:/ rangeons-nous chacune ImmĂ©diatement contre un des cĂŽtĂ©s de la porte.' (MoliĂšre.) St, $tl ramassez vite, et sauvez-vous. (Beaumarchais.) St! $tl un mot : comme amis Tun de l'autre, Buvez Ă  ma santĂ©, je vais boire Ă  ia vĂŽtre. . (Boursault.) chut, motus, sont Ă©galement employĂ©s pour engager Ă  faire silence ; motus sert en, outre Ă  exhorter Ă  la discrĂ©tion. St I sert aussi pour appeler quelqu’un Ă  voix basse.
( 859 ) n vient. Chnt 1 EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE. Je vais VOQS 1» dire, mais motus ! 6t 1 tt ! par leh N” DCCCXXXVIU. Sus! tarare! alerte! hravoĂź vivat! ou%-dĂ Ăź EXEMPLES. Sut! que de ma maison on sorte de ce pas. (MoliĂšre.) Sms / Dave, il nĂ«st plus temps de bayer aux cor- (Baron.) [neilles. Peut-ĂȘtre la beautĂ©. —■ Tarare! la beautĂ© ! la beautĂ©I CĂ«st bien la beautĂ©, vraiment, qui prend ' un bonime comme lui. (BrĂŒevs.) Tarare!.,, il ne Taura jamais. (Beaumarchais.) Sois mon trompette, et sonne les alarnies; Point de quartier, marchons, a/erto / aux armes ! (Voltaire.) Alerte / alerte! on vient dĂ«nlever ina pqpille. (Fabre n’ÉGL'AkTiNE.) Bravo ! voilĂ  mon homme ; allons, vite, qu’il vienne. (Collin d’HarlĂšville.) Monsieur rhonqme accompli, du paoins qui proye^. [j’ĂȘtre, Prenez, prenez leçon, car voilĂ  votre mattfe* Bravo! bravo! bravo! (Piron.) AhĂź vivat! jĂ«i gagnĂ© ma cause. (Dancourt.) Vive, viye Crispin ! et vivat la folie ! ' ' /(Regnard.) - ‱ J’ai fait vƓu d’ĂȘtre veuve, et je le veux tenip. — Oui-dĂ ! l’état de veuve est UnĂ« douce chose; On a plusieurs amants sans que personne en glose. (Regnard.) explications. Sus sĂ«mploie pour exhorter Ă  marcher, Ă  agir, Ă  sortir de l’apathie,. Tarife marque l'incrĂ©dulitĂ©, l’iropie et souvept la colĂšre, cbnĂźrnĂš dans la phrase de Beaumarchais que prononce Antonio irritĂ©. - Alerte^ devenu substantif, est un cri pour sepf)çr l’alarme et l’effroi. Cette expression est tjrĂ©e'dej’ita-; lien anĂ«rfĂą, qui' signifiĂȘ sur un lieu Ă©levĂ© ; c’hst comme sn’on criait : 5orte;s de vos maisons! Bravo ! est pn adverbe italien -employĂ© en inter- jeçtmn; il signifie frĂšs-bien/ bravement! Vivat, troisiĂšme personne du prĂ©sent subjonctif du yerbe latin vĂźvere, a le niĂšme' sens que Ă»iua en français. 11 marque la joie, TallĂ©gresse. ' Oui'dĂ , ordinairement particule ou adverbe afÂŹ firmatif, Ă  un sens tout particulier ici; U signifie,; Je comprends. ' " « EXERCICE PHRASÈOLOQIQVE. Sus ! qu'on dĂ©campe. "Vons dites que vous ĂȘtes noble ? Tarare ! A(er^ ! alertç ! yoilĂ  les ennemii. Bravo ! c'est cela. Vivat i vivat ! les choses vont bien. Loi qTea-yon^ T"i Q*Ă»*dĂ .
( 860 ) EXPRESSIONS INTERJECTIVES. N" DCCCXXXIX. SUBSTANTIFS INTERJECTIFS. EXEMPLES. JlfĂŻracte.' criait-on, venez voir dans les nues Passer la reine des tortues. (La Fontaine.) Ehl misĂ©ricorde! on traĂźne mon mari en prison, (Voltaire.) Malheur aui aveugles qui conduisent ! malheur aux aveugles qui sont conduits! (Pascal.) Qui frappe l'air, hon Dieu! de ces lugubres cris? Est-ce donc pour veiller qĂŒon se couche Ă  Paris? (Boilbau.) Mon Dieu ! l’étrange embarras qu'un livre a metÂŹ tre au jour. (MoliĂšre.^ QĂŒun ami sur nos bords soit jetĂ© par l’orage, Ciell ayec quel transport jelĂ«mbrasseau rivage! (Ducis.) Paix! silence! il me vient un surcroĂźt de pensĂ©e. (Regnard.) Peste : comme TutilitĂ© vous a bientĂŽt rapprochĂ© les distances. (Beaumarchais.) Peste soit la sincĂ©ritĂ© ! cĂ«st un mauvais mĂ©tier. (MoliĂšre.) Peste soit des fĂącheux t (Id.) MalepesteĂź leur Ăźmagiuation travaille beaucoup. (Regnard.) Te voilĂ  sur tes pieds droit comme une statue; DĂ©gourdis-toi, courage! allons, qĂŒon s'Ă©vertue 1 (Racine.) GrĂące, grĂące! seigneur, que Pauline l'obtienne. (Corneille.) Halte-lĂ  ! mon beau-frĂšre. Vous ne connaissez pas celui dont vous parlez. * (MoliĂšre.) Patience! avant peu tout cela va changer. (Collin d'Harlevillb.) Ma foi! sur l'avenir bien fou qui se fiera. (Racine.) Oh! dame! on ne court pas deux liĂšvres Ă  la fo(s! [Id.) * Tredame! monsieur, est-ce que madame Jourdain est dĂ©crĂ©pite? (MoliĂšre.) Si vous n’étes pas malade, que diable ne le dites- vous? {Id,) Diantre I que de façons 1 signez, pauvre butor. Au diantre tout valet qui vous est sur les bras I / Ud.) Eh oui, de par tous les diantres, je l'ai vu ! Ud.) explications. Miracle! cĂ«st-Ă -dire, voiiĂ  un miracle, venez voir un miracle. JfĂźsĂ©rtĂ«orde! c'est-Ă -dire, j’implore misĂ©ricorde. ‱Malheur Ă , c’est-Ă -dire, le maMeur arrivera aux aveugles ; ou le malheur doit arriver Ă , etc. ' Laveaux regardĂ© bon Dieu! comme une interjecÂŹ tion dans ces vers ; il est certain que ce n'est pas uue simple apostrophe: JMTon Dieu! n'est pas en apostrophe non plus dans cette phrase, ou du moins il y a une proposition ellipsĂ©e. Ciel! Dieu! etc., sont des invocations. On dit mĂȘme quelquefois dieux! au pluriel, surtout en poĂ©sie, ce qui sent un peu le paganisme; mais Tu- sage l'autorise. ; PatÂŁc/siterice! c'est-Ă -dire, donnez-nous la paix, faites silence. Peste! est ici une vraie interjection d’admiration, 'avec Ă©tonnement et ironie. Peste! n’est souvent qĂŒune simple imprĂ©cation; il peut ĂȘtre suivi d’un ' complĂ©ment. Malepeste (mauvaise peste) a le mĂȘme sens que peste; il est un peu plus populaire. Fabre d’EglanÂŹ tine Ă©crit malpeste par licence poĂ©tique. {Intrigue Ă©pistolaire.) - . * Courage, c’est-Ă -dire, prenez courage. GrĂące, c’est-Ă -dire, faites grĂące. Halte-lĂ , c’est-Ă -dire, faites une halte lĂą, arrĂȘtez- vous lĂ . Patience/ c’est-Ă -dire, prenez poticnce. Ma foi! cĂ«st-Ă -dire, j’en jure par ma foi. ĂȘ J9ame/ c’est-Ă -dire, jĂ«n jure par Notre-Dame. {Voyez Gattel.) Tredame, plus rare, et du style campagnard, est moins Ă©loignĂ© de l'expression toÂŹ tale. « , On jure aussi par le diable; mais comme on a craint de prononcer ce mot, on l'a remplacĂ© par diantre, ce que prouvent jusqĂŒĂ  TĂ©vidence les phrases citĂ©esĂ«n regard et la suivante. Allez ow diantre/ Au diantre soit le fou! (AcadĂ©mie.)
( 861 ) Nous avons dĂ» remarquer par quelques exemples du numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, qu’indĂ©penÂŹ damment des interjections proprement dites, Thomme agitĂ© d’une Ă©motion violente, pĂ©né trĂ© d’une idĂ©e vive, a eu recours Ă  "des signes du langage analytique, qĂŒil a un peu dé tournĂ©s de leur signification primitive, pour les rendre propres Ă  exprimer ses affections avec rapiditĂ© et concision. Les expressions interjectives sont en gĂ©nĂ©ral des membres de propositions elliptiques ; nous n’avons prĂ©sentĂ© ici que les plus usitĂ©es. i Les mots bonjour, adieu, salut, doivent ĂȘtre rangĂ©s dans la mĂȘme catĂ©gorie ; Wailly dit mĂȘme que bonjour est interjection [Dictionnaire). Voyez La Fontaine, fable du Renard et du Corbeau; Gilbert, Derniers moments dĂŒn jeune poĂšte ;Mi\\cYOjc, la Chute des feuilles', oĂč ces mots se trouvent dans le sens interjectif. ĂŻl est une foule de noms qui, prononcĂ©s dans certains mouvements subits de TĂąme, ont la force de l’interjection. CĂ«st le ton, dit Dumarsais, plutĂŽt que le mot, qui fait alors Tin- terjection. En voici quelques exemples : Par mon chef, cĂ«st un’siĂšcle Ă©trange cpie le nĂŽtre. (MoliĂšre.) Par saint Janvier, mon patron. (Scribe.] Jour de Dieu! je saurai vous frotter les oreilles. (MoliĂšre.) ... Mort de ma vie! est-ce un crime d'avoir Un tendre engagement avec un honnĂȘte homme? (Rkgnard.)- EXERCICE PHRASEOLOGIQÜE. Ciel ! q[ael malbenr ! Peste soit de tou» ! Patience ĂŻ cela viendra peni«Stre* Oh dame n'y pensau pas. N" DCCCXI MODIFICATIFS {adjectifs OD adverbes) intebjectifs. Tout doux! vous suivez trop votre amoureuse envie. (MoliĂšre.) N’avez-vous jamais vu donner la question?... HĂ© I monsieur, peut-on voiir souffrir des malheu- [reux 1 —Bon Ăź cela fait toujours passer une heure ou deux. (Racine.) Bon! bon! ilfaut apprendre Ă  vivre Ă  la jeunesse. ' ' (Regnard.) Tout beau .^ 'monsieur le tireur d’armes, ne parlez de la danse qĂŒavec respect... Tout doux! vous dis-je. (MoliĂšre.) Âllons! ferme! poussez, mes bons amis de cour. Vous nĂ«n Ă©pargnez point, et chacun a son tour. Ud.) % Quoi! vous pensez ĂȘtre dans tous les temps MaĂźtre absolu de vos yeux, de vos sens? (Voltaire.) Comment ! montrer partout et lettres et portrait. En public, Ă  moi-mĂȘme! AprĂšs un pareil trait, Je prĂ©tends de ma main lui brĂ»ler la cervelle. {Id.) Le serpent de Tenvie a sifflĂ© dans son cƓur. Oh I* bien! bien! double joie en ce cas pour le nĂŽtre. (Piron.) Ah ! fort bien / vous nommez les passions des maux ! Sans elles nous serions au rang des animaux. (Collin ĂŒHarlbvillb.) RiĂšn de nouveau dans TĂ©tat. Tant mieux / Moins de nouvelles, moins de sottises. (Voltaire.) ♩ Nous ne nous arrĂȘterons pas Ă  faire sentir la,valeur de ces modificatifs interjectifs : il est facile de rĂ©tablir les mote ellipsĂ©s; nous remarquerons seulement que les mots certes, bref, sont souvent employĂ©s dans la mĂȘme analogie. EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQVE. Tout doux ! monsieur. Tout beau ! jeune homme. Ferme i Ă  Touvrage. Bon ! cela noua amiuera. Quoi ! vons ĂȘtes libre. Gomment 1 roue partez. Fort bien ! j**! entendu. Oh ! bien ! bien I c’eet Ă  merreillff.
{ 86Ăą ) mMCCSLh iMPEĂźlÂTiÈS iNTÈfiÎEfiTIFS. Va, va, dans sa doĂŒlĂ©rif le sĂ©ief est faĂźsĂŽrihĂąblĂ«, Et jĂ« n’ai jamais vu dĂ« femme ift'consĂŽlablĂš. (Gollin d’HĂ BLETILLB;) Allons! je vois que je ne rĂ©ussirai jamais. (Marmontel.) AllĂ hs gĂ i! vous k^Ü doiiri'Ă© VĂŽ'trĂ« congĂ©? (Regnard ;)' Allons gai! ce petit prĂ©lude vous mettra en huÂŹ rleur! (Brueys.) Ailes, allez; il nĂ« faut passĂ© laisser irienĂ«f cotĂŒfnĂ«' un oison; (MoliĂšre.) Gaire qu’aux carrefours on ne vous tympanĂźse. ^ (MoliĂšre.) pieu me pardofme, on se bat; —GarĂ©.' gare.' Voyons un peu d'oĂč vierit ce tintamare'. (Voltaire.) Tiens! Darmin t’aime, et Darmin dĂąris son cƓur A tes vertus avec plus de douceur. (/d.) Tcnejs, mille ducats Au b'Ă©nt* dĂ© vds disĂšoĂŒrs nĂ© iriĂ© ten'tĂ©rĂąieht pas. (Andribux.) LĂ©s impĂ©ratifs t?a, oZtens, ĂŒttez, sont Ă©videmment dĂ©tournĂ©s de leur signification proÂŹ pre ; ils servent Ă  encourager, Ă  persuader, et quelquefois sont purement explĂ©tifs. Allons gai! est une interjection, seloiĂźléà'lĂ©xßéb^ĂąfihĂȘĂ , elldefcitĂ© Ăą la gaĂźtĂ©. Gare, impĂ©ratif du verbe garer j est une vraie interjection pour.aveĂźftĂźr de |)fendre garde Ă  soi. Tims et tenez ne servent ici qĂŒĂ  Ă©veiller Tattention sur ce qĂŒon va dire. EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE, Va, va, je sais ce jqwÉ jĂ© fais; Allons, vous ne savez ce que vons dites. CiĂŻrĂš ! Ăź on viĂšr Ăąllei ĂȘtre Ă©crasĂ©. Tiens ! cette Ă©trange figure. fiÉS jlÜRÊMËNTĂȘ OU JÜRÔ'ĂźiiS Ăźi^fËRJËCtÏFS. Parbleu! ta jugĂ©rafĂż toĂź-mĂȘ’raĂ« sĂź jĂ«i tort^ (MoliĂšre.) ... PhisquĂ« Ă  sc ruiner ori fait*tant d’fronneur,* Corbleu! j’y vais* aassif cravĂ©iHĂ«r dĂ© bori ĂšcĂšarl (Destoucues.) . MorbĂźetßß dlt nir vieux setgneur,' TĂ©tĂ t Üest* plus gouvernĂ©. TrouvĂ«^-mob maintĂȘri’arit un ministrĂ© coramĂ« Mv Colbert, « (Montesquieu.) ObI’ veritr'Ă©bleu! fafĂ til qĂčĂš PĂą* jeĂčnĂ«toĂ« Apprenne maiĂčtetfĂ nt la ViĂ«iH’é^éë; (Regnard.) FĂ©rlĂŒbleu! mon neveu, comme vous ĂȘtes brave. (DĂ©s^ĂŽuchĂšs’.) TĂȘtebßéû! ce mĂ« sont de mortelles blessures, DĂ© vofr qûétÿéc fĂ« vice ori ga'fdĂ« dĂȘÉ mĂšsÙrĂ©s' ! (MoliĂšre.) MdĂŒfjrĂ©bĂźĂ©ĂŒ dd géïtĂ© f , (PiĂ©oN.)’ Tubleu ! quelle* caresse ! (D'ESTOĂčĂŻfiriĂ©.)' PùßsĂ mblĂ©Ăč f jĂ© sĂčii' Ôieif nourri'. (ÈÈGNAĂ D.) La' TĂ©lĂŻgidn dĂ©fĂ©rĂźd’ dV jfffcfĂ«ĂŒ vain par ĂŻĂš nom dĂ« jftieĂ», ĂȘi inĂŽmĂȘ par cĂ©lui d’aucune cr'éàturë’. Ùri sait ^Ă»e’dĂ©s’fĂŽiĂ  trĂšs'-éévĂšVes'ont Ă©tĂ© portĂ©es Ă©f Ă©xĂ©cĂŻĂŻteĂ©s autrefois contre les blasphĂ©mateurs. Mais comment concilier ce* commaridĂ©mĂ©rĂźf avec lĂšs mouvements impé tueux de la colĂšre, avec le dĂ©sir de persuader ce qĂŒon a besoin de faire croire 1 Les FranÂŹ çais ont pris un biais, et avec fe mot bteu ils ont formĂ© une foule de jurons et d’imprĂ©caÂŹ tions qui Üont" ĂąĂŒeuiĂŻ sens par etie^-'mĂȘmes,' et qui tirent fĂŽ^tĂ© rĂ©Ăčr valeur du ton plus oiĂŻ moins vĂ©hĂ©ment, du sentiment plus ou moins vif de celui qui les prononce.
( 863 ) Parbleu, morblĂ©u, 'corbleu (1) sont Ă©n usage parmi les gens du bon ton ; ventrebleu, ver^ tubleu, tĂȘtebleu, tubleu, moins usitĂ©s, sentent le gros homme; palsemblĂšu est villagĂ©ais. Dans le style campagnard il existĂ© une foule dĂ«xpressions de cette nature, telles que pardi, pardiĂ©, pardienne, mordiĂ©, fnorguĂ©, mordiĂšnne, morguenne, testidiĂ©, tatiguĂ©, etc. On les trouvera en lisant les comiques* , ' DES ONOMATOPÉES, DES MIMOLOGISMES, etc. Il est allĂ© trouver ce chien d'avare, ha, ha, ha, ha! il lĂči a dit qĂŒĂ«n se promenant sur ie port avec son fils, Hi, hi, hi! ils Ă vdiĂ«nt vu unegàßÚrĂ© tĂŒfqĂŒd (MoliĂšre.) Taf ta; ta, ta, voilĂ  bien instruire'une affaire : Il dit fort gravement ce dont on n’a que faire, Et court le grand galop quand il est Ă  son fait. (Racine.) Prenez uiie Ă©nitare* — ^Que veux-tU; que }Ă«i> fasse ? j’çn joue si mal. — Avec le dos de Ăźa main, frĂŽm, frĂŽm, front. '(É'Ă©aĂŒmĂąrcĂŒĂ is.} Je vis dĂ©faire la petite malle devant moi; et en mĂȘme temps frast, frast, je dĂ©mĂȘle le mien, et je vois que vous vous.portez bien. (M“¼ DE SÉVIGNÉ.) Madame se trouve-t-elle incommodĂ©e? Zest! en deux pas te voilĂ  chez elle. Monsieur a-t-il besoin de moi? crac! en trois sauts je suis dans sa chambre. (Beaumarchais.) OĂč Ă©tais-tĂč donc? aah! Monsieur,* j’étais ah,' ah, (Beaumarchais.) . Et chi, et cha, Tun m’éternuĂš au nez, l’autre te’y Mille. {id.) Ils passaient au travers dĂ©' NantĂ©rfĂ©, trĂą, tfa, ira! ilsfencontrĂ©fit ĂŒn homme Ă  cheval, gdrĂ©, gdre! (MŸŸ DE SĂ©vignĂ©.*) J’ai entendu pouf! c’étaiĂ© un matelas. (ÈémarĂ©.} PĂątif! ii feut VĂątoraĂ«r, vous Ă  mon grĂ©, La prĂ©sence d’esprit au suprĂȘme degrĂ©. (Reçnard.) Le mĂąle de la caille fait ouan, ouan, ouan, ouan; la femelle a un petit son trembtent, cri,' cri. (Buffon.) Dansles articles prĂ©cĂ©dents nous avons examinĂ© les diffĂ©rentes sortes dĂ«xpressions qui composent le style interjectif; les unes, interjections pures, nesont que des signes de senÂŹ sations ; les autres, noms, adjectifs, verbes ou adverbes, sont Ă  la fois des signes de senÂŹ sations et d’idĂ©es. Il existe une autre classe dĂ«xpressions. que les grammairiens ont rangĂ©es, mais avec bien peu de discernement, au nombre des interjections, ce sont les ono- matopĂ©es non passĂ©es Ă  l’état de mot, les mimologismes ou imitations du langage de quelÂŹ quĂ«n, enfin certains cris ou effets vocaux. 11 suffĂźt de rĂ©flĂ©chir un instantpour reconnaĂźtre combien ces expressions diffĂšrent des interjections ; ce ne sont pas des signes de sensaÂŹ tions. Ea, ha, est plus Ă©clatant que hi, hi; mais on trouve aussi hĂ© hĂ©i.. pour signe graphique du rire. (1) Il ne faut que consulter nos anciennes chroniques pour se convaincre que parbleu, corbleu, morbleu, sont des altĂ©rations et des contractions de par Dieu, par le corps 'de Dieu, par la mort de Dieu. N’arez de mol, par le cors DĂ©, Fors cote et sercot de cordĂ©. (Roman de la Rose.) Par ma foy, Domine, si vous voulez soupper avecques moy, par le corps Dieu; cor Dieu, dit le maistre d’hostel. (RaiĂźelais.) Il en est de mĂȘme de tubleu, vertubleu, tĂȘtebleu, maugrebleu, palsamhleu, etc., qui se sont formĂ©s de par la vertu de Dieu, par la tĂȘte de Dieu, par le mauvais grĂ© de Dieu, par le sang de Dieu, etc. Ce qui prouve que cĂ«st bien lĂ  l’origine de tous ces jurements, cĂ«st qĂŒon lit dans le glossaire de la langue romane par Roquefort que corbieu, cordieu sont une syncope de par le corps de Dieu.
. 864 ) Ta, ta, ta, ta est un mimologisme ou une imitation de la vitesse dĂ©placĂ©e de Tavocat dont on parle ici. Zest peint la lĂ©gĂšretĂ© de laĂ«ourse, crac le bruit de quelque chose, qui cĂšde avec effort, qui cragwc enfin. Ce monosyllabe est pris au figurĂ© dans les vers suivants: ' Le brusque philosophe en ses sombres humeurs Vainement contre nous Ă©lĂšve sesxlameurs. Une belle paraĂźt, lui sourit et l'agace, Crac ! au premier assaut elle emporte la place. . (Destouches.) Âh, ah, aah! sont articulĂ©s par une personne qui bĂąille. Et chi, et cha, peinture graphique de TĂ©ternuement. Tra, tra, tra, imitation du bruit de la course. Pouf reprĂ©sente ie bruit que fait la chute d’un corps mou. Dans les vers de Regnard, ce monosyllabe fait entendre que celui Ă  qui l’on s’adresse a fait une balourdise, une c4w/e morale. Enfin, ouan, ouan, est, comme le dit Buffon, le cri imitatif du mĂąle de la caille, et cri, cri celui de la femelle. Nous bornerons lĂ  ces citations; nous terminerons en.disant que dans nos meilleurs chansonniers, DĂ©ranger, DĂ©saugiers, de Piis, etc.,'on trouvera une foĂŒle d’imitations de certains bruits: lĂ©s/Ionfondes violons, les pan pan des bouchons, le tic toc das brocs et le drelin^din-din des verres, etc^yetc FIN. t.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. A (Il n'y), suivi du subjonctif. 656 ‘ A,*Nombre des substantifs aprĂšs cette prĂ©posiÂŹ tion 143 Abattu, participe 687 Absolument 1^ Absoudre 553 A CAUSE QUE 836 Acception 14 Accord U AccordĂ©, participe ‱ 893 AchetĂ©, participe.700 Acquis, participe <' 700 Activement 14 AdhĂ©rant, AdhĂ©rent 877 A MOINS QUE, suivi du subjonctif 641 ADJECTIFS (Origine des) 18 — Leur nature 187 — Leur dĂ©finition 187 — Qualificatifs. 187-188 — DĂ©terminatifs 187 — Verbaux : 188-668 — Pris substantivement 95 — Leur genre..^. ■ 189 — Leur nombre 189 ℱ Formation de leur fĂ©minin 190 — De. toute terminaison 190 ‱ — TerminĂ©s en e muet 191 — TerminĂ©s en x ‱ * ‱ — TerminĂ©s par /. '. 193 — TerminĂ©s en eur 194 — TerminĂ©s en el, en, et , ou: 196 — Dont le masculin a deux formes 197 — TerminĂ©s par un c 198 — Dont le fĂ©minin est irrĂ©gulier.. 199 — Exprimant des qualitĂ©s attribuĂ©es aux bommes............... 200 — Formation de leur p/wrlcl 200 — En a/. 203 — Leur syntaxe 205 — Accord avec un substantif 205 — Accord avec plusieurs substantifs 206 — Accord avec plusieurs substantifs de difÂŹ fĂ©rent genre 206 — Avec deux substantifs liĂ©s ou non liĂ©s par et 207 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs et ne se rapportant qĂŒau dernier 208 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs liĂ©s par ou........: 209 — ParticularitĂ©s qui leur sont relatives.... 209 — Leur accord avec le substantif qui prĂ©- ' cĂšde ou suit la prĂ©position de 211 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs.liĂ©s par ainsi que, comme, avec, etc 212 — Feu, nu, demi,, exceptĂ©, passĂ©, vu, y ■ compris, ci-joint, ci-inclus, franc de port, etc ^13, 214 — Proche et posĂżibĂźe 216 — Violette, pourpre, vert-dorĂ©, cendrĂ©, aurore, marron, carmin, etc 217 — ComposĂ©s, blevh-cĂźair, chĂątain-clair, etc. 217 — Nouveau-nĂ©s, demi-morts, etc : 218 — En rapport avec le mot^air.'. 220 — Pris adverbialement.,. 222 — En rapport avec un substantif non exÂŹ primĂ© : ENDORMI sur le trĂŽne, ie poids de sa couronne, etc 223 — Beau, belle, bonne, avoir beau, l'Ă©chapÂŹ per belle, etc. 224 ‱ — Place des adjectifs aprĂšs le substantif.. 226 — Leur rĂ©gime— 228 — Suivis de la prĂ©position d 228 — Suivis de la prĂ©position de. 229 '— Suivis de diffĂ©rentes prĂ©positions 230 — Construits avec il est 230 — Demandant aprĂšs eux des prĂ©positions 'diffĂ©rentes 231 — Ayant quĂšlque ressemblance, mais dont la signification diffĂšre 231 — Convenant les uns aux personnes, les auÂŹ tres aux choses 232 — Leurs modifications pour exprimer les diÂŹ vers degrĂ©s de signification 233 — EmployĂ©s dans les comparaisons d'Ă©galitĂ©. 234 — EmployĂ©s dans les comparaisons de suÂŹ pĂ©rioritĂ© , 234 — Exprimant par eux-mĂȘmes une idĂ©e de supĂ©rioritĂ© ou d’infĂ©rioritĂ© 235 — Formation des superlatifs 236 ‱ — ManiĂšre d’énoncer le superlatif relatif., 237 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de le plus, le moins, le miaux, ou de les plus, les moins, lesmieux,etc. 238 — Susceptibles ou non susceptibles de comÂŹ paraison 239 ADJECTIFS DÉTERJUNATIFS 240 — Leur nature, leur dĂ©finition 240 — Leur emploi et Jeur syntaxe 245 ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS 241 — Leur genre ct leur nombre 245 — Ce suivi de ci ou de ZĂ  246 — Ce suivi de plusieurs substantifs 247 ADJFXTIFS POSSESSIFS 242 — Genre, nombre, placĂ© ; 261 — Avec plusieurs substantifs liĂ©s par ef,OM, 265 — Avec plusieurs adject. liĂ©s par ef, ou. 266, 267 — Emploi de leur, notre, votre. 267 —r Leur adjectif, et leur pronom 268 — Jlfon, fon, son, suivis de que ou de qui. 268 — Emploi de l'article ou de Tadjectif posÂŹ sessif 269 —' J’ai mal Ă  ma tĂȘte. 269 — Emploi de son, sa, ses, ou de en 270 — Emploi de mon, ton, son, ou de mien, tien, sien, prĂ©cĂ©dĂ©s de en ^ 271 — Le mien, le tien, le sien, etc., comparĂ©s avec mien, tien, sien, etc 272 ADJÊCTIFS NUMÉRAUX 243 109
> » J* : V - (866 / * ' Ă« - ^ ^ CĂąrdjnaux 243 — Ordinaux i... 243 — Leur orthographe 248 —/Vingt et cent.,', 24Q Mille : 250 Mil ei mille 251 — Douzaine, millier, million 251 — Cardinaux, leur emploi 252 rrx 'Ttrtg/et«n,vtngt-wn, etc 253 — ĂŒn rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 254, 255, 256 —Suppression de wn, une dans les exprĂšs r sions proverbiales 257 —; LĂŒn de eiun de\ 258, 259, 260 f ADJECTIFS INDÉFINIS 244 — Tout, genre et nombre 272 — Tout, en rapport avec un pronom 273 Tout, signifiant totalement 274 “ Tout autre,. 276 — Tout adverbe et tout adjectif 277 Tout dans le sens de chaque.: 278 —= Tout en rapport avec un nom prĂ©cĂ©dem- m en t ex primĂ©. 280 -3 Tout pris substantivement 280 — Tout devant plusieurs substantifs ou adÂŹ jectifs! 281 — devant un nom de ville. 282 — Tous deux, tous les deux, etc :. 282 — Plusieurs 284 — Chaque 285 — Chaque et chacun.". 286 Chaque employĂ© pour chacun 286 Nul, genre et nombrĂ©..* 287 ^— Nul, ]^acĂ© aprĂšs le substantif 288 -r: Aucun, genre et nombre 289 — Aucun, placĂ© aprĂšs le substantif 290 — Maint .* 291 — Certain, genre, nombre et emploi 291 —I Certain, prĂ©cĂ©dĂ© ou non prĂ©cĂ©dĂ© de «n. 292 — Tel, genre et nombre 293 — Quel, genre et nombre 293 — Quel, non suivi immĂ©diatement dĂ«n sufo stantif 294 — Tel et quel comparĂ©s 294 — Quel employĂ© sans substantif. 295 — Quel suivi de plusieurs noms 296 — Quel, fonctiop de ce mçt..' 296 — Quel que, genre et nombre 297 -rt Quel que suivi dĂ© plusieurs noms. 297 -7^ Tel que soit et quel que soit 298 — Tel que, dans le*s comparaisons. 300 Quelque, genre et nombre. 301 — QuĂ©lque suivi dĂ«n adjectif. 302 —. Quelque devant un adverbe.. ! 303 Quelque, signifiant environ 303 -T. Quelconque, genre et nombre... ..... 304 — Pas un ! 304 — MĂȘme, genre et nombre.............. 305 — MĂ©neie joint Ă  un nom 305 —- Nous-mĂ©mĂš, vous-mĂȘme.............. 306 —L MĂȘme en rapport avec un nom prĂ©cĂ©dera-, ' ’ment exprimĂ©........... !..., 307 employĂ© adverbialement 307 — MĂȘme placĂ© devant ou aprĂšs un adjectif ou.un participe..... 308 MĂȘme, variable ou invariable aprĂšs un substantif, 309 — €eux mĂȘme, ceux-mĂȘmes, etc 310 — Autre, genre, nombre ot emploi 310 ) . ■ — AuJS^ rĂ©pĂ©tĂ©. 311 Adjectivement ; 14 AdoptĂ©, participe 702 ADYLRBES 7i0 — Leur origine 20 — Leur nature, leur dĂ©finition. 710 — Leurs subdivisions 711 — De temps .*.... 711 — De Ijeu 712 — D ordre et de rang 712 — De quantitĂ© et de comparai^qn713 De maniĂšre et de qualitĂ©.. 714 — D’affirmation, de nĂ©gatioR et dĂ©boute.. 714 — D’interrogation 713 — Tableau gĂ©nĂ©ral des adverbes,715 — Formation des adverbes en ment..!... 717 — En ment qui ont un rĂ©giine............ 718 ^ — DegrĂ©s de signification dans les adverbes en ment * ‱ ‱ 719 — Syntaxe des adverbes 719 »— Aujourd’hui 719 Jusqu’aujourd'hui, jusques Ă  ĂątĂżowr- d'hui 720 — Alentour comparĂ© avec autour !.. 721 ^ Auparavant comparĂ© avec quant 721 — AwssC non plus , 722 Comme, comment 723 —: Dessus, dessous, dedans, dehors, compa- ,. rĂ©s avec sur, sous, dans, hors 723 — Beaucoup, hien 725 — Bien et trĂšs 726 -r- De loin Ă  loin, de loin en loin 726 — Au moins, du moins 727 — Peut-ĂȘtre avec le verbe pouvoir 727 PlutĂŽt; plus tĂŽt 729 — Pourtant, cependant, nĂ©anmoins, touteÂŹ fois 730 -T Quand et quant. 730 -TT Au reste, du reste ' 731 — De suite, tout de suite. 732 — Tout-Ă -coup, tout dĂŒn coup 733 — Ici, lĂ  733 — Ln, nature de ce mot 734 —' Je m’en vais, je vais ‱ ‱ 734 — Gallicismes produits par en.. 735 —Je n’irai pas, je n’y irai pas. 735 — Expressions nĂ©gatives, leur emploi 736 — DiffĂ©rence entre non et ne 736 — Pas et point '. 737 — Emploi ou suppression de j?a# o\x point. 737 — Place de pas et de point. 741 — Emploi de la nĂ©gative aprĂšs certains verÂŹ bes.' ' 742 — Place des adverbes 753 — EmployĂ©s dans les comparaisons 754 Adverbial 14 Adverbialement. ‱ — (Adjectifspris),. 222 AdverbialitĂ©. Adversatif 1J AffĂąibli. 686 Affluant, Affluent . .. 677 Afin que, suivi du subjonctif. Agaçants (s*) 673 Agissantes ! 675 Ah! ha..!.., 848 AhĂź! ^ Aide , son genre..# 77, 79 1 * L
( 867 ) AĂŻe! r * ^ AĂŻeuls , AĂŻeux. ; ; ‱ 54 Aigle, son genre 42, 60 Ainsi que (nombre des adjectifs et des verbes" aprĂšs),... 212, 571 Air (genre des adjectifs aprĂšs).^ 220 Alentour et Autour. 721 AllumĂ©. t. 689 AmassĂ© 690 Amateur 92 ÂM ATRiCE «. 93 AmbitionnĂ©* 699 Amour « 11, 42, 61 Analogie 14 Ange,son genre*»* 48, 81 Angesse 48 AnnoncĂ© « 692 AntĂ©cĂ©dent 14 AntĂ©rieurement a .......... 718 AphĂ©rĂšse.'. 14 Apocope 14 Appartenant 676 AppelĂ© 702 Apposition 14 ApprĂ©hender, emploi de la nĂ©gative aprĂšs ce verbe....; *. 742 Apprentie. 93 Appris, suivi d*un infinitif 707 Approchant : ' 676 Appui * ‱‱ 14 ArmĂ© . 687 ArrachĂ© 700 ArrĂȘter, suivi de Vindicatif ou du subjonctif. 645 Art (quĂ«st-ce qĂŒun) 22 ÂBTICLE 156 ‱r- EaĂźt-il connaitre le genre d’un nom 42 Sa nature, sa dĂ©finition 156 — Genre et nombre 161 — Joint aux prĂ©positions Ă , de ; 162 —■ Place et Ă©lision 163 Syntaxe , 165 -T Emploi de du,, des, de V, ou simplement de la prĂ©position de 165 ~ Emploi de au ou simplement de d. .'i... 166' , -r- Emploi de l’article dans les phrases affirÂŹ matives ou nĂ©gatives. 167 — Emploi de l’article devant un nom suivi d un adjectif. ... 168,169, 170 — Emploi de l’article devant les noms de contrĂ©es, de royaumes, de provinces.. 172 -r- Emploi de Varticle aprĂšs les adverbes de quantitĂ© 173 — De la rĂ©pĂ©tition,de Varticle devant pluÂŹ sieurs substantifs liĂ©s par et. 174 — KĂ©pĂ©tition de Varticle dans les dates.... 176 r— RĂ©pĂ©tition de Varticle avec deux noms unis par ow 177 — RĂ©pĂ©tition de l’article avecdeux adjectifs liĂ©s par cf. . 177, 179 p RĂ©pĂ©tition de Varticle avec deux adjectifs liĂ©s par ou 180 — Emploi de Varticle dans les superlatifs.. 181 —» Emploi dĂ© Varticle aprĂšs les prĂ©positions, 182 —, Emploide Varticle avec les noms propres. 182 Suppression ' de Varticle dans certaines phrases proverbiales 183 — Suppression de Varticle devant les rĂ©gimes ^ de certains verbes. 185 — Entendre raillerie, entendre la raillerie, 186 — Observations particuliĂšres sur lĂ«mploi de Varticle.... 186 Aspirants 674 Aspiration 14 Aspirer.. 14 A,ssbmblĂ©. 700 AttachĂ©.... ..i..... 688 Attendre, suivi de Vindicatif ou du subjoncÂŹ tif 646 Attendu, quand invariable 709 AttirĂ© 690 Attribut (de V) V.. 23 Au CAS QUE 838 Au CAS QUE, veut le subjonctif..: 641 Aucun, adjectif. 289 — Pronom 481 Aucun, suivi de la nĂ©gation * 738 Au-dedans........ 724 Au-dehors....:..... 724 Au-dessous '‱ 724 Au-dessus 724 AuiouRD’aui 7lÔ Au MOINS et Du MOINS :.,, 727 Aune 71, SO Auparavant et Avant r ‱ ? ? ‱ ‱ ‱ 721 Au RESTE et Du reste 731 Aurore, adjectif. 217 Aussi et ?Ăźon plus 722 Aussi, emploi vicieux 722 Auteur, sans fĂ©minin. 92 Auteur (spirituelle)...,, 93 Automne, son genre. 42.65 Autour et Alentour. 721 Autre .* 310 Avançant (s’) 673 Avant de et Avant que de 845 Avant et Auparavant 721 Avant que; veut le subjonctif.. 641 Avec, nombre du substantif aprĂšs ce mot.... 152 Avoir peur, suivi de la nĂ©gation. r. Atb ! AhiI 742 848 B Bachelier..... 45 BahÎ Ă©tymologie curieuse 5 Bailli, son fĂ©minin 46 Banni..* 687 ^Barbb 77 Barde 77 Beau (avoir) 13, 224 Beaucoup et Bien. 725 Beaucoup, nombre du substantif aprĂšs ce mot. 130 Beccard, genre de ce mot 37 Belle (l'Ă©chapper). 224 Bien et Beaucoup 725 Bien et TrĂšs 726 Bien que ; 838 Bien que, suivi du subjonctif « 641 Bleu-clair « 217 Bondissants .* : 674 Bonne (la donner) 224 Borgnbsse 48 BornĂ©. 1 687 Botaniste, son fĂ©minin 93 Bouger, suivi delĂ  nĂ©gation 739 Braire..: : 553 Brillants 673
( 868 ) BrisĂ© ? Bruire BrĂ»lant BĂŒ.^ \ C CachĂ© Car, parce que Cardinaux (adjectifs) Carmin, adjectif. CarrĂ© : CausĂ© Cause que (Ă ) Ce, cette, CBS (syntaxe de) Ce n’est, pas que , suivi du subjonclff ou de Tindicatif Cent, sa syntaxe ! Centauresse Cependant, Pourtant, IJßéanmoins, TouteÂŹ fois Certain.; Certain (un). ..' Cesser, suivi de la nĂ©gation Chacun et chaque Chamelle ChangĂ© Changeants '. 674, Chaque et Chacun Chasseresse, Chasseuse Chatain-clair CherchĂ©..: Chose (quelque), son genre Ciel, son pluriel CiKCONCiitE.. : : Circulantes Coche,'son genre CoĂŻncidant, CoĂŻncident Collectifs (noms), leur dĂ©finition — Nombre des substantifs aprĂšs un nom colÂŹ lectif ^— Emploi de Tarticle aprĂšs les noms collecÂŹ tifs Commander , suivi du subjonctif ou de TindiÂŹ catif r Comme Comme et Comment COMÏIISB ...' Compagnon, son fĂ©minin Comparaison — D’égalitĂ©. — D’infĂ©rioritĂ© — De supĂ©rioritĂ©. Comparatifs ComplĂ©tip Compris (y) ComplĂ©ment :.... ComptĂ©, suivi d’un verbe CONDAMNEE.. Conduits i..... Confire Conjonctif CONJONCTIONS, leur origine — Leur nature, leuir dĂ©finition — Copulatives —^ Alternatives — Adversatives — Restrictives, hypothĂ©tiques 686 553 675 699 687 834 243 217 687 703 830 245 652 249 48 730 291 292 739 286 38 693 675 286 51 217 688 67 54 553 674 77 677 32 140 173 645 817 723 689 94 14 234 234 235 233 14 215 491 708 690 690 554 14 19 815 816 816 816 817 — Tableau gĂ©nĂ©ral des conjonctions 817 — Leur place 818 — Emploi des principales conjonctions.... 821 — Et rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 821 — Des mots liĂ©s par et 822 — Ni, rĂ©pĂ©tĂ© oU;non rĂ©pĂ©tĂ© 824 ■— Ni, suivi de pas ou de point. 824 — Emploi de et oude nt 825 — Emploi de ni aprĂšs sans 825 — iVt, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre 826 — Ni, suivi de ne 827 — Ni au lieu de ef dans les phrases affirmaÂŹ tives 827 — Ou, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© *... 829 — Om, avec ou sans de ‘ 829 — Mais, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ©.. 831 — RĂ©pĂ©tition du verbe aprĂšs mais 831 —' OĂč que tu sois 833 — Soit rĂ©pĂ©tĂ©, avec ou sans que ?... 833 — Soif, remplacĂ© par om... . 834 — Car, parce que 834 — Parce que, puisque 836 — Parce que, Ă  cause que ... 836 — Pendant que, tandis que 837 — OMoigMe, bien que, encore que. 838 — En cas que, au cas que 838 — Si., 839 — Que 840 — Avant.que et que comparĂ©s >841 — Que je crois, que je pense 845 — Avant de, avant que de 845 — Gallicismes produits par Temploi de gue. 846 Connu..: ! 699 ConsacrĂ© 700 Conseiller 94 ConsĂ©quemment Ă  ‱ 718 ConservĂ© 693, 700 ConsolĂ© 686 Construction 14 Construire. 14 ConsultĂ© 699, 700 Contester, suivi de la nĂ©gation. 744 Contraint, suivi dĂ«n infinitif 707 Contre, nombre du substantif aprĂšs cette pré position — : 152 Contredire 554 Convenablement Ă  718 Craindre, suivi de la nĂ©gation 742 CrĂȘpe, genre de ce mot ^ 77, 81 CriĂ© 693 Critique, genre 79 CroĂźtre 554 Croupi.. 696 Cru, suivi d’un verbe 708 Crue 690 Crus 691 CoulĂ©s 690 Couple, son genre 42, 68 Courant 675 Courants 674 CouronnĂ© 700 Courus .' 689, 696 Coursier.; 37 CoĂ»tĂ© 697 CoĂ»tĂ©s. 695 Couvertes 690
D DaignĂ©, suivi d’un infinitif ‘ 707 Daine, sa prononciation 36 Dangereux {il est), suivi de la nĂ©gation..... 742 Dans et Dedans . 723 De... Ă , de... en, nombre du substantif aprĂšs ces prĂ©positions 141, 147 DĂ©butĂ© 690 ^DĂ©cider, suivi du subjonctif ou de VindicatiL 64o De crainte que. suivi du subjonctif 641 Dedans et Dans— 723 Dedans (au) 724 De dessous .' 724 De dessus 724 DĂ©dire 554 Dehors (au) 724 Dehors et Hors 723 DĂ©lice, genre de ce mot 69 De loin en loin, De loin a loin 726 Demi ' 214 Demi-mort 218 DĂ©monstratifs (adjectifs) 241 DĂ©nominations grammaticales (des)...... 20 DĂ©peinte 692 DĂ©pendant... 676 De peur que, suivi du subjonctif 641 DĂ©river. 14 Descendant 676 DĂ©sespĂ©rer, suivi de la nĂ©gation 744 DĂ©sinence 14 DĂ©solĂ© ; 686 Dessous (au) 724 Dessous (de) 724 De suite, Tout de suite 732 Dessus (de) 724 Dessus (au)...' 724 Dessus et Dessous 723 DestinĂ© 687 DĂ©terminatif ..... — 14 DĂ©terminer 14 DĂ©terminatifs (adjectifs).... 240 DĂ©truit 686 DĂ©truites 690 Devin, DevinkĂŒse, Devineresse.. 51 DictĂ© 688 DiffĂ©rant, DiffĂ©rent... 677 DiffĂ©remment 718 Dirait que (on), suivi du subjonctif ou dĂš l’inÂŹ dicatif 651 Direct 14 Discours (du) 24 Disconvenir, suivi de la nĂ©gation 744 Disjonctif 14 DisposĂ© 686 Dissyllabe 14 DistinguĂ© 688 Dit. . ; 704 DivisĂ© 693 DivisĂ©s 687 Docteur ; 92 Doctoresse 93 DonnĂ© 693-699 — Suivi d’un infinitif 707 DonnĂ©s 690-692 DonnĂ©es ‱ 605 Dormi 696 Douter, suivi du subjonctif ou de l’indicatif. 646 Douter, suivi d’une nĂ©gation 744 ( 869 ) Douteux 14 Douzaine 251 DrĂŽlesse... , 48 Du reste et Au reste 731 DĂ», variable ou invariable : 708 DurĂ©. .. i 696 E EchappĂ© '686 692 , EchappĂ© belle 692 Echo 77-80 Eclore 554 Eclose ; *. 686 Egayant 673 EgorgĂ© 699 Eh 1 HÉ! 848 ElĂ©ments du langage (origine des)........ 18 — Du discours . .' 24 Ellipti(}ĂŒement. 15 Elliptique *... 15 Elider 14 Ellipse.. 15 Elu ... 702 EmoussĂ© 687 EmpĂȘchĂ©, suivi d’un infinitif. 707 En, pronom........]............... 7 En, adverbe. Gallicismes produits par ce mot. 735 En attendant..'; 683 — S’exprimant 683 En cas que. 838 En CAS que, suivi du subjonctif 641 En cendres 151 En couches. . 151 En, suivi d’un participe prĂȘtent 681-683 Encore que... : : 838 Encore que, sĂŒivi du subjonctif 641 EndurĂ©...i..691 Enseigne, genre de ce mot. 77-79 Entendre, suivi du subjonctif et de l’indicaÂŹ tif 646-707 Entendre raillerie, entendre la raillerie..... 186 Entendu. 704 Entr’accordants (s’). 673 EntremĂȘlĂ© 687 EnvoyĂ© 704 EpargnĂ©s 690 EpitbĂšte *. 15 EpuisĂ© 699 Equivalant 677 Equivalent 677 Equivoque causĂ©e par le participe prĂ©sent... 681 ErigĂ©s. 690 Errante. 675 Errants 673 Espace,...' 77-80 EssuïÉ '.. 689-690 Est 697-700 — suivi d'un infinitif. 707 Est-il possible? suivi du subjonctif ou de l’indicatif 649 Et, son emploi 821 Etant (en) 681 EtĂ©, toujours invariable. 709 Euh! Heu! 848 ExaucĂ© 690-703 ExcĂ©dant, ExcĂ©dent 677 Excellant, Excellent — ; 677 ExceptĂ© , quand invariable 214, 709
( 870 ) . ËXCLCSIVBMENT A * 718 Exemple, genre de ce mot 77-8i Exiger, suivi du subjonctif ou de Tindicatif... 045 ExpĂ©diant. 677 ExpĂ©dient. 677 Extension, 16 Extrait. . . , 699 ExtravagĂŒant . 677 Extravagant 677 Fabricant ;.. .* ;.077 Fabriquant. , 677 Fait 688-703 — Suivi d’un infinitif, 700, 707 Fallu 697 Fatigant, 677 Fatiguant. 677 FatiguĂ©. ‱ , . .. 686 Faut (il). ;... 6 Fautes de français.* .* 5 FĂ©minin des substantifs, leur formation 45. — Des adjectifs, leur formation. 190 Feuilles de , nombre des substantifs aprĂšs cette expression. * 135 Fil 818 FigurĂ© 15 FigurĂ©ment., . . . ; : 15 Final. . * . . * . 15 Fini . 15 FlĂ©tri.,.. 686 Fleuri. ' 686 Feu, adjectif. 213 Foin l: ‱ .,848 ForcĂ© : 690 “ Suivi d’un infinitif. 707 ForĂȘt, genre de ce mot 77- Formation 15 Formation du fĂ©minin' dans les substantifs.... 45 — Dans les adjectifs , 190 Forme. . 15 FormĂ© 700 Foudre , genre de ce mot 71 FoulĂ© 700 Fourbe, genre de ce mot 77-79 Franc de port.. .1.. .215 Frire 554 Fumant. .' '. . 674, 675 FumĂ©. . ..... ..... .... a*......69Q Fusse’ (je), son emploi aprĂšs un prĂ©sent ou un futur. 664 GagnĂ© 690 Gallicisme jproduit par en\ adverbe 735 Garanti 700 Garde, son genre 77-79 Garde-sacs 11 GĂ©mi. GĂ©missant. 674, 675 GĂ©nĂ©ral. ‱ ‱ ‱ 92 Genre (du) dans les noms ‱. 34 — Est-il arbitraire? 35 —■ Des noms d’élres inanimĂ©s 4o — Son rapport entre un nom et la penséé.. 41 — Neutre 6 Gens, genre de cĂ© mot. 72 GĂ©ouĂštrb 92 Gestes (des) 25 Givre, son genre ,80 GouvernĂ©.’. ÂŁ 687 Grammaire en FUance (de la) 5 ‱ —Sa dĂ©finition 21 — Son Ă©tymologie. 21 —‱ Est-elle une science ou un art? 22 — GĂ©nĂ©rale ; 21 — ParticuliĂšre 21 — Importance de son Ă©tude 21 Graveur 92 Greffe, son genre ^-80 Grondant 674 GuĂšre, suivi de la'nĂ©gation 738 Guide, son genre 78 H HaIahI 848 HaquenĂ©e 37 HÉ I eq! : 848 HĂ©las ! ; 848 HĂ©liotrope j genre de ce mol 78-80 Hol oh!. 848 Hola! 848 Homme de lettres 94 Homonyme \ 13 Homonymie.... 13 Hors et Dehors ... ; 723 HĂŒissiĂšrb. , 93 Hum! Hom! 848 Hymne 78-82 Ici et La 733 Idiotisme ^ 13 IgnorĂ© !,.! 700 Il : 327 Il n’y a que, suivi du subjonctif ou de l’indiÂŹ catif 636 Il n'est que, mode 'du verbe aprĂšis cette exÂŹ pression. ..... ; 636 ImmolĂ© , 693-700 Imparfait.... ;.. * ; Imparfait du subjonctif, son emploi CG4 Impersonnel 13 Impersonnellement 13 Inclus (ci). 215 IndĂ©fini 13 IndĂ©finis (adjectifs] 244 IndĂ©finiment : ; 13 IndĂ©pendamment .............. : 718 Indicatif ' Concordance de ses temps 663 — AprĂšs tl n*y a que ; * 636 — AprĂšs il ĂŒest que ; 636 — AprĂšs ce n’est pas que 632 — AprĂšs s’t7 est vrat gwe — 632 — AprĂšs on dirait que 631 — AprĂšs est-il possible ? ;.. 649 — AprĂšs il semble 649 — AprĂšs qui, que, dont, oĂč 637 Infinitif, employĂ© substantivement,.. ;.. i. ; 660 — EmployĂ© comme sujet et comme rĂ©gime. 639 — Emploi Ă©quivoque. 662 — EmployĂ© de prĂ©fĂ©rence Ă  tout autre mode* 661 — En rapport soit avec le sujet, soit avec le ■ rĂ©gime 6^2
( 871 ) ÏNFiiaTiPS (plusieurs) de suite, lĂšur emploi... 661 Inflexion ; 15 InspirĂ© 692 Instituteur 94 .INTERJECTIONS, leur origine 19 — Leur nature, leur dĂ©finition. 847 —‱ Leurs subdivisions 848 — D'admiration, d'Ă©tonnement 848 — De douleur, d’affliction ; 848 — De dĂ©rision, de dĂ©fiance, d'ironie 848 — D’aversion, de mĂ©pris 848 — Pour appeler, questionner^ sonder 849 — Pour imposer silence 849 — Tableau gĂ©nĂ©ral des interjections 849 — Leur syntaxe. 850 Interdire 554 Interligne.. 80 Interrogant 15 Interrogatif — 15 Interrogation. . 15 Intrigant. : 677 Intriguant 677 Invariables (des mots). 15-26 Inversion." V 15 Jamais, suivi de la nĂ©gation 738 Jaunissant..:. i 675 JetĂ© 690 Jeu DE; nombre du substantif aprĂšs cette exÂŹ pression 135 Joint (ci). ; 215 Jouant (se) 673 Jugement (du)...... 23 Jujube, genre de ce mol.. 78 JurĂ©e.. : 692 Jusqu’aujourd’hui 720 Jusques a aujourd’hui 720 Jusqu’a aujourd’hui 720 TĂŒsqubs aujourd’hui 720 Xa et Ici. -. 733 LaissĂ© 691-700 ^ Suivi d’uri infinitif...... ; 705, 706 Langage (origine et progrĂšs du) 17 Langue (vicissitudes de la). . 5, 227 Laque, son genre 80 Leur 242 Liaison. - 15 Livre; son genre 78, 80 Loin (de) en loin : 726 Loin que, suivi du subjonctif 641 Luire 554 M Ma tĂȘte ou la tĂ©te (j'ai mal Ă ) ! 269 Maint 291 Mais, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 831 — RĂ©pĂ©tition du verbe aprĂšs mats 831 MaItre, son fĂ©minin. — 94 Manche, son genre 78-80 Manoeuvre , son genre ' 78, 79 Marche. 693 Marron , adjectif . 217 Maudire ; 554 MĂ©dire .... : 554 Meilleur (le), suivi du subjonctif ou de l’indiÂŹ catif 655 MĂȘlĂ© ; ,699-700 MĂȘme 305 ' MĂ©moire, son genre ; 78-80 MĂ©tis, son fĂ©minin 45 Mien, tien, sien, etZeTntĂ©n, lĂ© tien, lĂš,siĂ©n,, 272 Mil et mille 251 Mille 250 Millier 251 Million.... 251 Mis 700 Mode, son genre 78-80 Modes des verbes, leur concordance.. i..,. 663 ^loDES (des)495 Mode indicatif. 497 Conditionnel, etc...............j..... 499 Moindre (le), suivi du subjonctif ou de l’indiÂŹ catif i 655 Moins (au) et Du moins ‱,■ ‱‱ ‱ 727, Moins de, nombre du substantif aprĂšs cettĂš exÂŹ pression 130 MĂŽle, son genre ^0 Mon, TON, SON............. 271 MontrĂ© ;. 703 Mots (des).... 25 — Leurs diffĂ©rentes classĂ©s 26 — Variables 26 — invariables ....... 26 Mots empruntĂ©s aux langues Ă©trangĂšres, leur orthographe 98 Moule, son genre 78-80 Mousse, genre de ce mot 78 Mulet, a-tril un fĂ©minin ?.. 34 N ■ Nasalement : 15 NasalitĂ© 15 Ne, emploi ^^. 741 Ne et Non, leur diffĂ©rence 736 Ne... Que. 740 NÉ .686 NĂ©anmoins, Pourtant, Cependant 730 NĂ©gatif 15 ^NĂ©gativement.... 15 NĂ©gatives (expressions), leur emploi 736-742 NĂ©gligeant ; 677 NĂ©gligent 677 NĂ©gligĂ©, suivi d’un infinitif :,. 707 Neotbalemenx ih Neutre (genre).,...* 6, 41 Ni, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 824 —. Suivi de pas ou de potnf 824 — Emploi de et ou de n» 825 — Emploi de ni aprĂšs sans 825 — Ni, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre 826 Ni suivi de ne,,, 827 .— Ni au lieu Ă e et 827 Nier, suivi de la nĂ©gation 744 Nombre (du)' dans les substantifs 43 NOM. Voir Substantifs. Non et Ne, leur diffĂ©rence 736 Non que, suivi du subjonctif ^ 641. Non pas que, suivi du subjonctif 641 Non plus et aussi 722 Nonobstant que, suivi du subjonctif........641
(872) Notre ‱ 242 Nourri *■ ‱ 686, 687 Nous - 321 Nouveau-nĂ© 218 NoyĂ© 699 Nu...‘ 214 Nul, adjectif 287 — Pronom 480 Nul, suivi de la nĂ©gation ............. .... i38 Nullem ENT, enĂźploi de la nĂ©gation avec ce mot.- 738 NumĂ©raux (adjectifs) 243 O . 0! OHf HOl 848 Observations sur le gĂ©nie et les vicissitudes de la langue 3 OccupĂ© 699 OEuvre, genre de ce mot 78-85 OKils, yeux..... 64 Office, genre de ce' mot 78-83 Oindre 334 OnomatopĂ©e 13 Opposant 673 OpprimĂ© 687 Ordinaux (adjectifs)........ 243 Ordonner, suivi du subjonctif ou de l’indicaÂŹ tif 643 Orge, son genre 74 Orgue, genre de ce mot 42,73 Origine et progrĂšs du langage 17 OrnĂ© de, nombre du substantif aprĂšs cette exÂŹ pression.... i 131 Orthographe des mots empruntĂ©s des langues ' Ă©trangĂšres ......... 98 Ou, son emploi 828 OĂŒ OUE,‘ suivi du subjonctif 641 Ou QUE tu sois 833 Ouais 848 Ouf! 848 Oui-DA !.. 848 OuĂŻ, quand invariable 709 Ouvert 694 » » Page, son genre 78, 79 Palme, son genre '80 Pantomime^ son genre 79 1?aques‹‹».. ...*(...... 78—86 Par, nombre du substantif aprĂšs cette prĂ©poÂŹ sition ; .... 152 ParallĂšle '! 78 Parce que 836 ParlĂ© 693-696 Paronyme 13 PARTICIPES (origine.des).!.' ...* 20’ — Leur nature, leur dĂ©finition 667 Participes prĂ©sents i 669 — Leur orthographe primitive 669 — Marquant lĂ©tat oĂŒ l’action 670 , — EmployĂ©s sans rĂ©gime ; 671 — Suivis ou prĂ©cĂ©dĂ©s d’un rĂ©gime direct... 672 — Suivis d’un rĂ©gime indirect 673 — PrĂ©cĂ©dĂ©s ou suivis d’un complĂ©ment adÂŹ verbial 673 — Appartenant, rĂ©sultant, approchant, descendant, dĂ©pendant, pendant 676 697 698 — Extravagpant, extravagant, * fabriÂŹ quant, fabricant, etc 677 — EmployĂ©s comme substantifs : 678 — EmployĂ©s comme adverbes 678 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de la prĂ©position en 678-680 — Joints par la conjonction ef 680 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de en ...... 681 — EmployĂ©s avec le pronom en 681 ~ PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de e?i 682 — Leur rapport, 682 — EmployĂ©s d’une maniĂšre absolue 683 — Rapport irrĂ©gulier du gĂ©rondif 684 Participes passĂ©s 085 — Leur orthographe primitive 685 — EmployĂ©s saqs auxiliaire 686 “ PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe fifre. 687 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de verbes autres que ĂȘtre et avoir 687 — Construits avec le verbe avoir 688 — Suivis ou prĂ©cĂ©dĂ©s du sujet 69o — Suivis immĂ©diatement d’un adjectif ou d’un autre participe 691 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux rĂ©gimes. 692 ' — PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe fifre employĂ© pour avoir 693 CoĂ»tĂ©,., valu, pesG.. 693 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de que 696 — Construits avec^les verbes dits impersonÂŹ nels ........ — PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux substantif?'joints par plutĂŽt que, non plus que, non moins que, etc ' — PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux substantifs unis par la prĂ©position de 699 PrĂ©cĂ©dĂ©s du pronom en 701 — AccompagnĂ©s de en et d’un adverbe de quantitĂ© 702 — Suivis d’un infinitif. 703, 704 — LaissĂ©, suivi d’un infinitif 703 — Fait, suivi d'un infinitif /..... 706 — Suivis d’un infinitif et prĂ©cĂ©dĂ©s de deux rĂ©gimes... 706 — Suivis d’une prĂ©position ou d’un infinitif. 707 — Suivis d’un verbe Ă  tout autre mode que l’infinitif 708 — A la suite desquels l’infinitif est supÂŹ primĂ© par ellipse. 708 — PrĂ©cĂ©dĂ©s de V pronom. 709 — Qui prennent l’auxiliaire’ auot'r. 615 —- Qui prennent le verbe fifra 6i6 — Qui prennent fifre ou avoir 616 — ÉchappĂ©, convenu, avec auotr ou fifre.. 618 Partisan, son fĂ©minin 4*5 Pas. son emploi ou sa suppression... . 737-739 PassĂ© 215, 693-699 Passivement ' 15 Pauvresse : 48 Paysan, son fĂ©minin. 45 Peintre (la) 93 Pendant... ; 676 Pendule, son genre... ! 78 PÉNiTENTiEL, pluriel dc ce mot..; 53 PensĂ©e (de la) 23 Perdu 690-700 PÉRIODE, son genre 78-87 Permis, invariable du variable 708 Personne (de la) dans les verbes 493 Personne, suivi de la nĂ©gation 738 PersuadĂ©...' ‘ 699 PesĂ©\ 6ĂŒ5
( 873 PĂŒAUx HE, nombre du substantif aprĂšs cette exÂŹ pression 131-135 Philosophe, son fĂ©minin 92 Phonique 15 Phrase, Ă©tymologie de ee mot 24 Phrase et proposition, leur diffĂ©rence 23 Place des adjectifs 226 — Des pronoms 332 — Du sujet 602 PlacĂ© 690 Plaindre (se), suivi du subjonctif et de Tindi- catif i.... 646 Plantes (noms des), leur genre 39. Plein de, nombre du substantit aprĂšs ce mot. 131 pLEĂŒR, employĂ© au singulier fl, 97 Pleurant .... ; 11, 674 PleurĂ© 696 Pleut (il). " 6 Pluriel (du) v,--. 43 Plus (non) et aussi. 722 Plus de, nombre du substantif aprĂšs cette ex- * pression 130 Plus (le ou la) suivi du subjonctif ou de l’inÂŹ dicatif ; 655 Plus, suivi de la nĂ©gation 738 Plus (le), la plus, les plus : 238 Plusieurs, adjectif. 284 — Pronom 479 PlutĂŽt et Plus tĂŽt 729 PoĂšte, son fĂ©minin 80-92 Point, sa diffĂ©rence avec pas 737-741 Sa place 7 41 — Sa suppression aprĂšs ne suivi de que..,. 740 Point, sa place 741 Point et Pas, leur diffĂ©rence 737 Point, emploi ou suppression de ce mot.. 737-739, Point, sa suppression aprĂšs ne suivi de grue... 740 Polysyllabe * 15 Possessif 15 Possessifs (adjectifs) 242 Possible, quand invariable 216 Possible (Ă©st-il), suivi du subjonctif ou de l’inÂŹ dicatif. : 649 Poste, son genre 79,80 PostĂ©rieurement a 718 PouahI 848 Pour , nombre du substantif aprĂšs cette prĂ©poÂŹ sition ‱ 152 Pour que, suivi du subjonctif 641 Pourpre .. 79-80 Pourpre, adjectif.217 Pourtant, NĂ©anmoins, Cependant, TouteÂŹ fois, diffĂ©rence 730 Pourvu, suivi du subjonctif.. - 641 Pouvoir, emploi de la nĂ©gation avec ce verbe.. 739 PratiquĂ© 700 PrĂ©cĂ©dant, PrĂ©cĂ©dent. . 677 PrĂ©dire ' 554 PrĂ©fĂ©rablement a. 718 PrĂ©fĂ©rĂ© .... 690 Premier (le)', suivi du subjonctif et de l’indiÂŹ catif 654 PrĂ©positif - 15 PRÉPOSITIONS (origine des) :,. 19 — Leur nature, leur dĂ©finition 773 " — Leurs subdivisions...^ 774 — De lieu, de temps 774 — D’ordre, d’union. 775 ) — De sĂ©paration, d’opposition 776 — Tableau gĂ©nĂ©ral ; 776 — Leur syntaxe 777 — Leur rĂ©gime 777 — Leur emploi Ă  la place d’autres prĂ©posiÂŹ tions 783 — Observations sur l’emploi de plusieurs prĂ©positions ’ 789 \— DiffĂ©rence entre dans et en. 789 — Dans et Ă  compa rĂ©s ! 790 — En et dans avec des noms dĂ©terminĂ©s... 790 — AuprĂšs de, au prix de 791 — PrĂšs de» prĂȘt à» prĂȘt de 792 — AuprĂšs de, prĂšs de 793 — AprĂšs» d’aprĂšs 794 — Avant, devant 794 — Entre, parmi 795 — Vers, devers 796 — A peine, avec peine 796 — Durant, pendant, 797 — Jusque, Jusques 798 — A travers, au travers '. 798 — Envers, vis-Ă -vis 799 — Voici, voilĂ  800 — Sept Ă  huit, sept ou huit. 801 — Cent hommes de tuĂ©s, cent hommes tues. 802 — St j’étais de vous 803 — On dirait un fou, on dirait d’un fou,,, 804 — Cest que avec de 804 — Sauf, exceptĂ© .* 805 — Hors, hormis 806 — Stir tout, surtout 807 — Par ce que, parce que 807 — Pour et quant Ă  808 — Pour, afin de 808 — RenommĂ© par, pour 809 — Par terre, Ă  terre , 809 — En, Ă  la campagne 7 810 — MalgrĂ© et malgrĂ© que 810 — RĂ©pĂ©tition des prĂ©positions 811 — Leur place 812 PrĂ©sentĂ© : 700 PrĂ©sidant, PrĂ©sident 677 Pressants (se) ‱‱‱*..*■‱ *‱(‱‱*.... ‱■...■ 673 PrĂ©tendre, suivi du subjonctif et de l’indicatif. 646 PrĂ©tendu‱‱‱ 704 PrĂ©vu, suivi d’un verbe 1 708 Primitif 15 Pris. 700 — Suivi d’un infinitif 707 Privatif 16 Proche 216 ProdiguĂ© 690 Produit 690,700 Professeur 92 Pronominalement * 16 PRONOMS (origine des) : 18 — Nature et dĂ©finition 313 -- DiffĂ©rentes sortes.* .' 314 — Personnels'. 315 — Genre et nombre de je, me, moi, etc.... 318 — Nous et Dows employĂ© pour jĂ© et tu.,,, 321 — Fonctions de je, me, moi 323 — Fonctions de nous "... 325* — Fonctions de DOUS 326 — Fonctions de il, le, lui. 327 “ Fonctions de ils, eux, les, leur 328 — Fonctions de elle, la, lut 329 110
Fonctions de elles; les, tour — Fonctions de re* ‱ ‱ ‱ ■‱* * ‱ ‱ < — De r Ă©lision de lĂ« dansjĂ«, me, te,,se, le, — place des pronoms personnels remplissant ^ la fonction de sujet.,,i — Leur place dans les phrases eicĂźamatives. " Leur place dans les phrases interjetĂ©es.. — Leur place personnelle dans les phrases par aussi, en vain, peutĂȘtre, etc..... — Peux-je, conrs-Je, dors-je— ; :.. ~ Place des pronoms employĂ©s commençant comme complĂ©menis directs.. — Place des pronoms personnels employĂ©s comme complĂ©ments indirects;. — i)eux pronoms personnels ensemble.... — CombinĂ©s avec en —-«* Construits avec g*.......... »... Construits avec deux impĂ©ratifs . — ComplĂ©ments dĂ«n infinitif i Leur rĂ©pĂ©tition — Moi, toi, etc., placĂ©s deyant je, iu, iĂź., — Je, tu, sous-entendu aprĂšs tnoi, toi, etc.. — Nous, exprimĂ© ou sous-entendu. — Il, Ă©llĂš, ils, elles, considĂ©rĂ©s comme plĂ©oÂŹ nasmes — Jouant le rĂŽle de doubles sujets... — Emploi de.tt, elle aprĂšs un participe prĂ©- , sent. -. : — PrĂ©tendus doubles sujets transposĂ©s* ;.. — j) employĂ© absolument .‱‱ ‱.‱,* 3^8 » Equivoques occasionnĂ©es par il, elle} ils, elles, etc ^ ‱ ‱ ‱ ‱ ‱ ‱ ‱ — Moi, toi, lui, considĂ©rĂ©s comme plĂ©oÂŹ nasmes. ‱ — RĂ©duplicatĂźon des complĂ©ments directs.. — RĂ©duplicatĂźon des complĂ©ments indirects. — Le, la, Ăźes, rĂ©gimes directs, regardĂ©s comme plĂ©onasmes Le, la, les en rapport avec des noms dé terminĂ©s ou indĂ©terminĂ©s.364 — Xe signifiant cela :.. — Emploi de to aprĂšs un verbe — Il, elle, Ăźe, la, les, etc., se rapportant Ă  ; des noms indĂ©terminĂ©s.... * — Emploi vicieux de to, la, les Ellipse de to , — Gallicismes occasionnĂ©s par le. * — Emploi de le, la, tos et de lui, elle, euX; elles, sot ... *. ‱. m jf — Soi employĂ© avec des noms dĂ©terminĂ©s.. — Equivoques occasionnĂ©es par soi et par lui. — Soi en rapport avec un nom pluriel.. *. — ifJot-mfime, toi-mĂŽme — Ün autre moi-mĂȘme, une autre moi-mĂȘme — EmployĂ©s,par apposition. Leur emploi avec c'est, ce sera —^ Genre et nombre du pronom y . — Ćž signifiant cela ; — Construction de y. — Place, de, y, complĂ©ment indirect dĂ«n verbe Ă  l’infinitif....., — Emploi de y et dĂ© lui, d lui, d elle, d eux, . d elles, * — Lui, leur etc., en rapport avec des noms de choses, 'et y en relation avec des _ noms dĂȘ personnes :... — Emploi de y oii de lui, elle, etc., avec des prĂ©positions. ( 330 331 331 874 ) 332 333 334 334 333 337 338 340 341 343 344 343 347 348 331 332 333 353 356 357 339 360 361 362 363 363 363 366 367 367 368 369 369 370 372 373 373 373 374 375 376 376 377 378 \ 379 379 380 381 387 387 388 389 390 — Il y va de ma vie, etc 382 — Genre et nombre'du pronom en........ 382 — En, rappelant des propositions entiĂšres.. 383 — Construction de en Ă  l’ImpĂ©ratif........ 384 — En avec deux verbes, dont le dernier est Ă  l’infinitif ;.. 383 — Fonctions de en 38J) — En comparĂ© avec de lui, d'elle. ;.. 386 ■ — Emploi de en ou de lui, d'eßße, etc., avec des noms de personnes., — Èn; se rapportant Ă  des noms de person- , nĂ©s,,et ded’elle, etc., Ă  des noms de choses —' Emploi de en et de son, sa, ses — Én pour les personnes, et son, sa, ses, etc-, pour les cboses — Èmploi de en ou de son, sa, ses, eic., avec le sujet d’une proposition. — Rapport de Ă©n avec des noms dĂ©terminĂ©s. ou indĂ©terminĂ©s 391 > — En, ne se rapportant Ă  aucun mot exprimĂ© 391 Pronoms dĂ©monstratifs 394 — Leur nature, leur dĂ©finition *. 394 — Leur genre, leur nombre et leur construcÂŹ tion . ‱ 393 — CeĂŻui, cette,immĂ©diatement suivis de qui, d’un adjectif, etc.... 396 — Ellipse de celui, celle, etc 397 — Celui, celle, etc., en rapport avec un subÂŹ stantif pluriel ou singulier........... 398 “ Celui, celle, dans les phrases comparaÂŹ tives . 399 — Celui, celle, exprimĂ©s’ou sous-entendus. 400 — Celui-ci, celui-lĂ , en rapport avec deux substantifs*.....,..; 401 — Celui-ci, celui-lĂ , n’ayant rapport quĂ« un seul substantif,exprimĂ© -7 Celui-ci, celui-lĂ , n’ayant rapport Ă  auÂŹ cun substantif exprimĂ© — Celui-ci, cette-ci, ayant rapport Ă  ce qui suit ' — Celui-ci, celuidĂ , suivis de qui ou de que. 402 — Celui-lĂ , suivi ou non suivi de qui, etc.. 403 —-Çe, suivi ou non suivi d’un substantif.. 404 -r. Emploi de ce, dit pronom 403 —, Ceci, cela. 408 — Ce, employĂ© par Ă©nergie 417 — Ce, regardĂ© comme plĂ©onasme 417 — Ce entre deux noms 418 Ce entre un nom et un verbe. 419 — Ce aprĂšs cegwt, çe que 419 — Ce aprĂšs plusieurs infinitifs 420 Pronoms possessifs * 421 — Leur nature, leur dĂ©finition........... 421 — Xe mien, le tien, etc., pris substantiveÂŹ ment *. 423 — EmployĂ©s avec des noms indĂ©terminĂ©s.. 424 Pronoms relatifs 424 — Leur emploi. ;.. 423 — Qui dans les Ă©numĂ©rations * -423 — Que, genre et nombre * 426 — Dont, genre et nombre 426 — Lequel, laquelle, etc 427 — .Quoi 427 — OĂŒ, d’oĂŒ, par oĂč... ;. ;... * v * * ^ " - ‱ - — Qui que ce soit, quoi quĂ© ce fĂąt 428 -7 Qui, son emploi comme sujet...... 429 “ Qui ou lequel avec des prĂ©positions 429 — Dont et duquel. 430 401 402 402
( 875 ) . " l>ont, rĂ©gime d’un VerbĂ© OU d'un adjectif. — Dont, pour du fĂŻidyen duquel — OĂč,son emploi ..i — Dont, d'oĂč, leur emploi........... i... — Lequel avec plusieurs substantifs. — Emploi de qui ou lequel, — Equivoque de qui, que, dont — Qni, que, dont, sĂ©parĂ©s dĂ© leur antĂ©cé dent — Construction de qui et dĂ© qĂče — RĂ©pĂ©tition de qui. ■ iQm SUIVI de xl — Qui ou quel, qui des deux, ou lequel des deux: , — Cest Ă  vous que, c’ést Ă  vduS qui, c’est Ă  vous Ăą qui — Ce qui, ce que, — QĂŒi est-ce qui, qĂ» est-ce qĂŒi?,\ ^ C’est lĂ  que, — Que et combien,.' ; — Au moment qĂŒe, aĂč moment oii - — Quoique et quoi qĂŒe — Que pour Ă  quoi, de quoi, Pronoms indĂ©finis — Leur nature, leur dĂ©fĂźriitioii ;. — On, son origine. ; — Genre et nombre de on............... — On en rapport avec un adjectif fĂ©minin.. — On suivi d'un substantif tiiigĂŒlier ou pluÂŹ riel — On, sa construction 450- — On suivi de ne — RĂ©pĂ©tition de on.. — Rapport de on rĂ©pĂ©tĂ© — On en rapport avec nous, vous — On pour je, tu, il, etc ^. — On ou Von, leur emploi.... — On pu Von aprĂšs sC et oĂč 456- — QuĂš Von ou qĂ»on fck ' “ Se employĂ© pour on,* ^ — Qutcongue, genre, nombre et construction ^ — Suivi dc t7 . — ^utrwt, construction — Son emploi comme sujet — Autrui el les autres : i,,. — ĂŒn autre et autrui — Autrui en rapport avec son, sa, sĂȘs, etc.. — Personne, genre et nonibre — En rapport avec un pronom ou un adjec- — Sa construction — Quelqu’un, nature dĂ© ce liiot.. ; — Pris absolument : — EmployĂ© relativement.... ; ; ;... — Chacun, nature de ce mot — Genre Ă©t nombre — EmployĂ© dans un sens relatif, — Construction ; — En rapport avec son, sa, .... — Suivi de son, sa, ses ou dĂ© leur, — Sa c/tac une — Un chacun — Tel suivi de qui oii de que,... ; — EmployĂ© substantivement. '— Tout — Plusieurs — Nul ;Ăź. ^ .ducun;.' ; ... . —‘ VĂŒri, rawtrĂ ; emploi, syntĂąkĂš. ;.. ;. 482 431 431 432 433 433 434 434 435 436 437 437 438 440 441 443 443 444 445 445 446 446 446 448 449 450 452 450 452 453 454 454 455 457 458 459 460 462 463 463 464 465 465, 466 467 468 468 469 470 471 472 472 473 473 474 476 476 477 478 479 479 480 481 -488 ProposĂ© 693-702 Proposition (delĂ ) 16, 23 — Principale. 24 — Incidente. .* 24 — Primordiale 24 — SubordonnĂ©e 24- — Pas, variable oĂč invariable 708 Prosodie . ;.. i i,. 16 Prosodique 16 Puisque ;^ ^^ . 836 Quadrille, son genre 80 Quaker, son fĂ©minin i..... 45 Quand et Quant ; 730 Que, conjonction, son'emploi 840 Que, pronom. 424 Que JE CROIS 843 Que, employĂ© pour afin que, et suivi du subÂŹ jonctif. w. 641 Quel .293 Quelconque, 303 Quelque 301 Quelqu’un...;.;. 468 Quoique, 838 Quoique, suivi du subjonctif 641 B RacinĂ© des mots iĂŽ Rajeuni 686i Rampants 673 Rapport 10 Reconnu 704 Reçu ‘ 690-703 Recueilli 700 RĂ©duplicatif 16 RĂ©flĂ©chir 16 RĂ©formĂ©s 690 RĂ©gir.: 16 RĂšgle IG RĂ©glisse, sĂŽn genre 79 RĂ©gnĂ© t.. 696 Relativement A... 718 RemarquĂ© 699 Remords, avec dĂŒ sĂąnĂš t eu poĂ©sie. 58 Rempli de, nombre du substantif aprĂšs cette expression 131 Renaissantes .' 675 RencontrĂ© 700. Rendu 690-700 BĂ©nversĂ© 686 RĂ©pandu ; 700-702 RĂ©servĂ© . 694 RĂ©sidant, RĂ©sident.. 677 RĂ©solu, suivi d’un infinitif. 707 RĂ©soudre, suivi du subjonctif ou dc Tindica- tif 645 RespectĂ©.... ; 687 RestaURATRICE ; 51 Reste (au), du reste 731 RĂ©sultant .076 RĂ©sultĂ© 697 Retentissante 675 RĂ©uni 700 RevĂȘtu. 686 Ri 693
( 87« ) Ribn, suivi de la nĂ©gation 738 Rongeants 673 Roulant : 674,675 Sa 242 Sache (je ne) : 642 — (Que je) 642 Sans, nombre du substantif aprĂšs 152 Sans que, suivi du subjonctif 64l Satyresse 48 Sauvagesse 48 Savoir, suivi de la nĂ©gation 739 Science (quĂ«st-ce qu’une) 22 Semble (il), suivi du subjonctif ou de l’indicaÂŹ tif 649 Sens 16 Sens, Sensation 23 Sentinelle, son genre 79-88 Serpentaire, son genre 80 Ses 242 Seul (le), suivi du subjonctif ou de l’indicatif. 653 Sexe, son Ă©tymologie.35 Si tant est que, demande le subjonctif 641 Singulier (du) 43 Sois (je), son emploi aprĂšs un passĂ© ou un conÂŹ ditionnel... ' 664 Soit 833 — Avec bu sans que 833 — RemplacĂ© par ou 834 Soit que, demande le subjonctif. 641 Solde, son genre 80 Somme, son genre....' 79, 80 Son, sa, ses et en comparĂ©s ' 270 Souffert > .. 690-700 SoupirĂ©.... 690 Souris, son genre 79 SoĂŒs et Dessous. 723 SOUS-ENTBNDRK .' 16 Soutenu ; 690 Souverain 94 So ' 704 Subjonctif ; — AprĂšs les verbes exprimant une idĂ©e de priĂšre, de dĂ©sir, de commandement... 638 — AprĂšs ĂȘtre suivi d’un nom ou d’un adjecÂŹ tif 639 — AprĂšs les verbes unipersonnels. 640 — AprĂšs quelque, quoique, etc 640 — AprĂšs afin que, a moins que, etc 641 — AprĂšs qtte employé’ pour afin que, etc... 641 — AprĂšs gwe dit impĂ©ratif 642 — EmployĂ© avec ellipse du que 642 —Je ne sache poinf,"gwe je sache 642 — Dans les phrases nĂ©gatives ou interrogaÂŹ tives... '. 644 — Tableaux comparatifs des verbes et des locutions qui, dans certains cas, rĂ©cla- ' ment le subjonctif, et dans d’autres ■ Vindicatif..::.... 645 — AprĂšs il suffit que .' 648 — AprĂšs est-il possible? 649 — AprĂšs il semble que 649 — AprĂšs on dirait que 651 — AprĂšs s’il est vrai que 652 — AprĂšs ce n’est pas que 652 . — AprĂšs \e seul, Vunique 653 — AprĂšs le premier, ledernier*. 654 — AprĂšs leplus, lemoindre, lemeilleur, etc. — AprĂšs il n’y a que, il n’est que: — AprĂšs gwi, gwe, dont, oĂŒ ‱— AprĂšs fowf, que — AprĂšs jwsgw’à ce que Substantifs (origine des) — (DĂ©finition des) — Communs, propres — Collectifs — ComposĂ©s ^ (Du genre dans les) — DiffĂ©rents pour les mĂąles et les femelles. — Servant Ă  dĂ©signer le mĂąle et la femelle. — DĂ©signant les ĂȘtres inanimĂ©s, leur genre. — [Du nombre dans les) — (Formation du fĂ©minin dans les) TerminĂ©s par une consonne — TerminĂ©s par une voyelle autre que l'e muet — TerminĂ©s’()ar un e muet — TerminĂ©s en e qui se changent en esse.. — TerminĂ©s par eaw, en; on, et — TerminĂ©s par ewr — TerminĂ©s par x.. — (Formation du pluriel dans les) — De toutes terminaisons :. — TerminĂ©s en ou — TerminĂ©s en at7 — Ciel, Ɠil, aĂŻeul, etc . . — TerminĂ©s par eau, au — TerminĂ©s par eu — TerminĂ©s par al — TerminĂ©s par #, x, z.. — TerminĂ©s paranf, enf — [Syntaxe des) * — Aigles — Amour . — Automne — Chose — Couple — DĂ©lice — Foudre... — Gens — Orge — Orgue — Masculins dans une acception, et fĂ©minins dans une autre ' — Exprimant des Ă©tats, des'qualitĂ©s, qui ne conviennent qu’aux hommes... — Qui, ayant un fĂ©minin, ne s’emploient quĂ«u masculin . — GĂ©nĂ©ralement employĂ©s au singulier. *... — Toujours employĂ©s au pluriel — DĂ©rivĂ©s des langues Ă©trangĂšres. — Pris matĂ©riellement '■ Propres* — Propres, dĂ©signant plusieurs individus d’une mĂȘme famille — ComposĂ©s — ComposĂ©s (liste alphabĂ©tique des) — ComplĂ©ments d’une prĂ©posilion ou d’un verbe.. — ComplĂ©ments de la prĂ©position de — PrĂ©cĂ©dĂ©s des expressions plus de, moins de, etc — PrĂ©cĂ©dĂ©s de plein de, rempli de, ornĂ© de. — RĂ©gimes de verbes suivis de la prĂ©posiÂŹ tion de — ComplĂ©ments de toute sorte de, toute es- 655 656 657 658 659 18 27 30 32 33 34 36 37 40 43 45 45 46 47 47 49 50 51 52 52 53 53 54 55 56 56 57 59 60 160 61 65 67 68 69 71 72 ‱ 74 75 77 92 94 95 96 97 104 106 * 108 110 124 128 129 130 131 133
{ 877 ) pĂȘcB dCf etc* 134 ComplĂ©ments des expressions tĂȘtes dĂš, jeux de, voix de, etc ' 135 — Invariables aprĂšs de 138 — PlacĂ©s aprĂšs un nom collectif 140 — EmployĂ©s avec les prĂ©positions de, en,,, 141 , — AprĂšs la prĂ©position Ă  143-145 — EmployĂ©s avec de, Ă  147 — AprĂšs la prĂ©position en,. 148 " Cendres, couches , 151 — AprĂšs le/'prĂ©positions par, sans, avec, pour, sur, contre 152 — ComplĂ©ments de verbes, et non dĂ©termi- . nĂ©s : , .154 Suffit (il) que, suivi du subjonctif ou de l’inÂŹ dicatif 648 Sujet (du) 23 SupĂ©rieurement A.. 718 Superlatif (formation du) 236 Superlatif (emploi du subjonctif ou de l’inÂŹ dicatif aprĂšs le) 655 SupplĂ©ment ', 16 SupposĂ© 215, 704 Supposer, suivi de l’indicatif ou du subjonctif. 646 Sur (nombre des substantifs aprĂšs) 152 Sur et Dessus 723 ^ Suspendu 686-690 Syllepse 16 SynalĂšphe 16 Stnchise 16 Syncope. 16 ' Synonyme 16 Synonymie, 16 Syntaxe. 16 — Des adjectifs.... 205 — Des substantifs 60 — Des verbes ; 559 — Des adverbes 719 — Des pronoms 313 — Des interjections 850 — Des participes 667-685 — Des conjonctions 821 — Des articles..... 165 — Des prĂ©positions 777 T ■ TachĂ©, suivi d’un infinitif 707 Tandis QUE 837 Tant de (nombre des substantifs aprĂšs) 131 Tarare! 848 Tari 699 Tel, adjectif 293 - — Pronom 477 — Un ; 478 — Que soit, quel que soit, 298 Temps des verbes 494 Tendant.., 676 Tenu 691 ^Terminaison 16 TĂȘtes de (nombre des substantifs aprĂšs) 135 Tigresse 34 Tistre 534 TombĂ© 699 TouchĂ© : 686 Tour 79-88 Tout Ă  vous, toute Ă  vous 276 Tout, adjectif, sa syntaxe 272 Tout autre, toute autre. 276 Tout, adverbe 274 Tout, substantif 280 Tous deux, fous les deux, . 282 Tout, pronom., 479 To\ite espĂšce (de), nombre des substantifs aprĂšs cette expression....'. 134 Tout a coup et Tout dâ€™ĂŒn coup 733 Tout DE SUITE et de suite 732 Tout que, suivi du subjonctif et de l’indicatif. 658 Toutefois, NĂ©anmoins 730 Touts (des) 59 Traducteur 92 Trahi. 690 TraĂźnĂ© , 696 Traire 554 Traversant 673 Trembler, suivi de la nĂ©gation............ 742 TrĂšs et Bien - 726 Triomphant * 675 Trompette 79. Troncs de (nombre des substantifs aprĂšs).... 135 TrouvĂ© 688-704 TrouvĂ©, suivi d’un infinitif 707 TĂŒ 321 TuĂ©..: 602 Tyran 92 V Un, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 254 Un de, l’un de 258 Uni. 687 Unique fl’), suivi du subjonctif ou de l’indiÂŹ catif 653 Universel, son pluriel 54 Usant (en)...... * 681 Vague 79-89 Vaincu 693-703 Valu 695 Vaquant, Vacant 677 Variables (mots) 26 Vase VÉCU ; ‱ 696 VERBES (origine des),.. 19 — (DĂ©finition desj 489 — (Du sujet du) *490 — (Du rĂ©gime du) 491 — (Du nombre et de la perteĂŻine dans les).. 492 ^ (Modifications des) 494 — (Des temps des) 494 — (Des modes des) 495 — Mode indicatif..... -497 — Mode conditionnez 499 — Mode impĂ©ratif 600 — Mode subjonctif, : 600 Mode infinitif * -601 — Participes % 602 — DiffĂ©rentes espĂšces de verbes 503 — Actifs -.. ‱ 605 — Passifs 606 — Neutres 607 — RĂ©flĂ©chis 608 — Unipersonnels. ‱ ‱ 609 — Auxiliaires 610 — Des conjugaisons 610 — (De la formation des temps des) 530
IrrĂ©guliers.’, V. ĂŒnipersonnnels *. ConjuguĂ©s interrogativement (Syntaxe'des)..;. ; ‱ ^ ‱ (Accord desj. A vec plusieurs sujets‘UĂ©s par et Avecplusieurs'substantifs non liĂ©s par et. Avec plu^eurs substantifs rĂ©capitulĂ©s par ‱ les mots tout, rien, personne, nul, etc. AprĂšs tout; chaque et quelque rĂ©pĂ©tĂ©s.. AprĂšs plusieurs substantifs liĂ©s par ni rĂ©- ‱ pĂ©tĂ©. AprĂšs plusieurs substantifs unis par ou,. AprĂšs *«n et Vautre, Vun ni l'autre,,,, AprĂšs les expressions comme, ainsi que. AprĂšs plutĂŽt que, non plus que, mais,,. AprĂšs deux infinitifs AprĂšs plus d'un. AprĂšs les noms collectifs: AprĂšs la plupart ei les adverbes dc quanÂŹ titĂ© 577- AprĂšs force gens, nombre d’hommes AprĂšs les noms collectifs partitifs AprĂšs qui,, AprĂšs ca C’est, ce sont i C’est, ce sont, suivis d’un nom pluriel... C’est, et ce sont dans hs oppositions... C’est, ce sont, suivis de plusieurs subsÂŹ tantifs / C'est, ce sont,*aprĂšs plusieurs infinitifs. Cest nous, c’est vous C-est, suivi d’une prĂ©position Qu’est~ce que, suivi dĂ«n nom pluriel... C’est, prĂ©cĂ©dĂ© de deux noms.;... Si ce n'est, si ce ne sont. C’est lĂ  ce sont lĂ .. ■-C’esf suivi de qui Vivre, importer, pĂ©rir, pouvoir, et leur nombre - Au pluriel avec un sujet singulier... Leur accord avec le sujet sous le rapport de la personne ‱ Ën accord-avec un seul pronom - Accord avec plusieurs noms de diffĂ©rentes ‱ personnes ■ Accord aprĂšs qui, prĂ©cĂ©dĂ© d'un nom perÂŹ sonnel.. ...... AprĂšs qui, prĂ©cĂ©dĂ© d’un adjectif. - AprĂšs qui, prĂ©cĂ©dĂ© d’un substantif ‱ Place du sujet . ‱ PrĂ©cĂ©dĂ©s du sujet ' Suivis du sujet ‱ Place du sujet dans les phrases interroga- ‱ ‱ tives - > Place du sujet dans les phrases interjeÂŹ tĂ©es ( 878 ) 532 — Place du sujet aprĂšs un verbe au sub- 555 jonctif., " 604 556 — Place dĂ» sujet aprĂšs tel, ainsi,voilĂ , etc. 604 559 —,Construction, ellipse ou rĂ©pĂ©tition du 559 * sujet. 605 560 — SĂ©parĂ©s du sujet par une phrase ihci- 564 dente 605-607 — ComplĂ©ment direct, indirect 607 566 — Place du‘complĂ©ment ou rĂ©gime... 608, 609 567 — Suivis de la prĂ©position Ă ., 611 — Suivis de la prĂ©position de,,*,, 612 568 — Suivis de Ă  ĂŽu de ; 612 569 — Suivis de par ou de 613 5V0 — Avoir ou ĂȘtre avec les participes. 615 5T1 — Emploi des modes et des temps 618 573 “ Le prĂ©sent employĂ© pour le/*uf«r 618 574 “ Le prĂ©sent pour le passĂ© .... 620 575 — Cest moi ou ce sera mĂŽi qui parlerai,.. 621 576 “ Emploi de rimpar/dit 622 . ^ Emploi du plusqtte-parfait ;. 625 ‱579 — Emploi du prĂ©tĂ©rit dĂ©^ni. 626 579 — ,Emploi du prĂ©tĂ©rit indĂ©fini, 626 579 —‱ Emplohdu futur 629. 581 — Emploi du conditionnel, ;... 630 584 — Emploi de VimpĂ©ratif, 635 584 Fas-y, parles~en 637 685 — Emploi du subjonctif 638 586 — Emploi de Vinfinitif 659 — Concordance des temps et des modes.... 663 588 Vert-dorĂ©,. 217 589 Vieillot, son fĂ©minin 45 590 Vingt 249 591 Vingt et];dn. 253 592 Violant; Violent 677 592 Violette; adjectif 217 593 VisitĂ© . ! 700 593 Vocabdlairb (petit) grammatical 14 594 Voile. 79-89 Voix DE (Nombre des substanlift aprĂšs).,.., 135 595 Voltigeant 674 596 Votre 242 Voulant en faire, En voulant faire... 681 597 Voulu, suivi d’un verbe 704 597 Vous 326 Vrai (s’il est) que, suivi du subjonctif ou de 598 I indicatif. 652 Vu, suivi d’un infinitif. ;.. 706 Vu!. 691-704 VulnĂ©raire.......,....; 79 598 600 601 602 602 602 * 603 603 Yeux, OEil 54 Y, adverbe.. 735 — Avec aller 739 —‱ Pronom (observations sur le) 7 »
A A (Il n'y), suivi du subjonctif A, Nombre des substantifs aprĂšs cette prĂ©position ABATTU, participe ABSOLUMENT ABSOUDRE A CAUSE QUE ACCEPTION ACCORD ACCORDE, participe ACHETE, participe ACQUIS, participe ACTIVEMENT ADHERANT, ADHERENT A MOINS QUE, suivi du subjonctif ADJECTIFS (Origine des) Leur nature Leur dĂ©finition Qualificatifs DĂ©terminatifs Verbaux Pris substantivement Leur genre Leur nombre Formation de leur fĂ©minin De toute terminaison TerminĂ©s en e muet TerminĂ©s en x TerminĂ©s par f TerminĂ©s en eur TerminĂ©s en el, en, et, ou Dont le masculin a deux formes TerminĂ©s par un c Dont le fĂ©minin est irrĂ©gulier Exprimant des qualitĂ©s attribuĂ©es aux hommes Formation de leur pluriel En al Leur syntaxe Accord avec un substantif Accord avec plusieurs substantifs Accord avec plusieurs substantifs de diffĂ©rent genre Avec deux substantifs liĂ©s ou non liĂ©s par et PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs et ne se rapportant qu'au dernier PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs liĂ©s par ou ParticularitĂ©s qui leur sont relatives Leur accord avec le substantif qui prĂ©cĂšde ou suit la prĂ©position de PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs liĂ©s par ainsi que, comme, avec, etc. Feu, nu, demi, exceptĂ©, passĂ©, vu, y compris, ci-joint, ci-inclus, franc de port, etc. Proche et possible Violette, pourpre, vert-dorĂ©, cendrĂ©, aurore, marron, carmin, etc. ComposĂ©s, bleu-clair, chĂątain-clair, etc. Nouveau-nĂ©s, demi-morts, etc. En rapport avec le mot air Pris adverbialement En rapport avec un substantif non exprimĂ© : ENDORMI sur le trĂŽne, le poids de sa couronne, etc. Beau, belle, bonne, avoir beau, l'Ă©chapper belle, etc. Place des adjectifs aprĂšs le substantif Leur rĂ©gime Suivis de la prĂ©position Ă  Suivis de la prĂ©position de Suivis de diffĂ©rentes prĂ©positions Construits avec il est Demandant aprĂšs aux des prĂ©positions diffĂ©rentes Ayant quelque ressemblance, mais dont la signification diffĂšre Convenant les uns aux personnes, les autres aux choses Leurs modifications pour exprimer les divers degrĂ©s de signification EmployĂ©s dans les comparaisons d'Ă©galitĂ© EmployĂ©s dans les comparaisons de supĂ©rioritĂ© Exprimant par eux-mĂȘmes une idĂ©e de supĂ©rioritĂ© ou d'infĂ©rioritĂ© Formation des superlatifs ManiĂšre d'Ă©noncer le superlatif relatif PrĂ©cĂ©dĂ©s de le plus, le moins, le mieux, ou de les plus, les moins, les mieux, etc. Susceptibles ou non susceptibles de comparaison ADJECTIFS DETERMINATIFS Leur nature, leur dĂ©finition Leur emploi et leur syntaxe ADJECTIFS DEMONSTRATIFS Leur genre et leur nombre Ce suivi de ci ou de lĂ  Ce suivi de plusieurs substantifs ADJECTIFS POSSESSIFS Genre, nombre, place Avec plusieurs substantifs liĂ©s par et, ou Avec plusieurs adject. liĂ©s par et, ou
Emploi de leur, notre, votre Leur adjectif, et leur pronom Mon, ton, son, suivis de que ou de qui Emploi de l'article ou de l'adjectif possessif J'ai mal Ă  ma tĂȘte Emploi de son, sa, ses, ou de en Emploi de mon, ton, son, ou de mien, tien, sien, prĂ©cĂ©dĂ©s de en Le mien, le tien, le sien, etc., comparĂ©s avec mien, tien, sien, etc. ADJECTIFS NUMERAUX Cardinaux Ordinaux Leur orthographe Vingt et cent Mille Mil et mille Douzaine, millier, million Cardinaux, leur emploi Vingt et un, vingt-un, etc. Un rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© Suppression de un, une dans les expressions proverbiales L'un de et un de ADJECTIFS INDEFINIS TOUT, genre et nombre Tout, en rapport avec un pronom Tout, signifiant totalement Tout autre Tout adverbe et tout adjectif Tout dans le sens de chaque Tout en rapport avec un nom prĂ©cĂ©demment exprimĂ© Tout pris substantivement Tout devant plusieurs substantifs ou adjectifs devant un nom de ville Tous deux, tous les deux, etc. PLUSIEURS CHAQUE Chaque et chacun Chaque employĂ© pour chacun NUL, genre et nombre Nul, placĂ© aprĂšs le substantif AUCUN, genre et nombre Aucun, placĂ© aprĂšs le substantif MAINT CERTAIN, genre, nombre et emploi Certain, prĂ©cĂ©dĂ© ou non prĂ©cĂ©dĂ© de un TEL, genre et nombre QUEL, genre et nombre Quel, non suivi immĂ©diatement d'un substantif Tel et quel comparĂ©s Quel employĂ© sans substantif Quel suivi de plusieurs noms Quel, fonction de ce mot QUEL QUE, genre et nombre Quel que suivi de plusieurs noms TEL QUE SOIT et QUEL QUE SOIT Tel que, dans les comparaisons QUELQUE, genre et nombre Quelque suivi d'un adjectif Quelque devant un adverbe Quelque signifiant environ QUELCONQUE, genre et nombre PAS UN MEME, genre et nombre MĂȘme joint Ă  un nom Nous-mĂȘme, vous-mĂȘme MĂȘme en rapport avec un nom prĂ©cĂ©demment exprimĂ© MĂȘme employĂ© adverbialement MĂȘme placĂ© devant ou aprĂšs adjectif ou un participe MĂȘme, variable ou invariable aprĂšs un substantif Ceux mĂȘme, ceux-mĂȘmes, etc. AUTRE, genre, nombre et emploi Autre rĂ©pĂ©tĂ© ADJECTIVEMENT ADOPTE, participe ADVERBES Leur origine Leur nature, leur dĂ©finition Leurs subdivisions De temps De lieu D'ordre et de rang De quantitĂ© et de comparaison De maniĂšre et de qualitĂ© D'affirmation, de nĂ©gation et de doute D'interrogation
Tableau gĂ©nĂ©ral des adverbes Formation des adverbes en ment En ment qui ont un rĂ©gime DegrĂ©s de signification dans les adverbes en ment Syntaxe des adverbes Aujourd'hui Jusqu'aujourd'hui, jusques Ă  aujourd'hui Alentour comparĂ© avec autour Auparavant comparĂ© avec avant Aussi, non plus Comme, comment Dessus, dessous, dedans, dehors, comparĂ©s avec sur, sous, dans, hors Beaucoup, bien Bien et trĂšs De loin Ă  loin, de loin en loin Au moins, du moins Peut-ĂȘtre avec le verbe pouvoir PlutĂŽt, plus tĂŽt Pourtant, cependant, nĂ©anmoins, toutefois Quand et quant Au reste, du reste De suite, tout de suite Tout-Ă -coup, tout d'un coup Ici, lĂ  En, nature de ce mot Je m'en vais, je vais Gallicismes produits par en Je n'irai pas, je n'y irai pas Expressions nĂ©gatives, leur emplois DiffĂ©rence entre non et ne Pas et point Emploi ou suppression de pas ou point Place de pas et de point Emploi de la nĂ©gative aprĂšs certains verbes Place des adverbes EmployĂ©s dans les comparaisons ADVERBIAL ADVERBIALEMENT ADVERBIALEMENT (Adjectifs pris) ADVERBIALITE ADVERSATIF AFFAIBLI AFFLUANT, AFFLUENT AFIN QUE, suivi du subjonctif AGAÇANTS (s') AGISSANTES AH ! HA AHI ! AIDE, son genre AÏE ! AÏEULS, AÏEUX AIGLE, son genre AINSI QUE (nombre des adjectifs et des verbes aprĂšs) AIR (genre des adjectifs aprĂšs) ALENTOUR et AUTOUR ALLUME AMASSE AMATEUR AMATRICE AMBITIONNE AMOUR ANALOGIE ANGE, son genre ANGESSE ANNONCE ANTECEDENT ANTERIEUREMENT A APHERESE APOCOPE APPARTENANT APPELE APPOSITION APPREHENDER, emploi de la nĂ©gative aprĂšs ce verbe APPRENTIE APPRIS, suivi d'un infinitif APPROCHANT APPUI ARME ARRACHE ARRETER, suivi de l'indicatif ou du subjonctif ART (qu'est-ce qu'un) ARTICLE Fait-il connaĂźtre le genre d'un nom Sa nature, sa dĂ©fintion
B Genre et nombre Joint aux prépositions à, de Place et élision Syntaxe Emploi, de du, des, de l', ou simplement de la préposition de Emploi de au simplement de à Emploi de l'article dans les phrases affirmatives ou négatives Emploi de l'article devant un nom suivi d'un adjectif Emploi de l'article devant les noms de contrées, de royaumes, de provinces Emploi de l'article aprÚs les adverbes de quantité De la répétition de l'article devant plusieurs substantifs liés par et Répétition de l'article dans les dates Répétition de l'article avec deux noms unis par ou Répétition de l'article avec deux adjectifs liés par et Répétition de l'article avec deux adjectifs liés par ou Emploi de l'article dans les superlatifs Emploi de l'article aprÚs les prépositions Emploi de l'article avec les noms propres Suppression de l'article dans certaines phrases proverbiales Suppression de l'article devant les régimes de certains verbes Entendre raillerie, entendre la raillerie Observations particuliÚres sur l'emploi de l'article ASPIRANTS ASPIRATION ASPIRER ASSEMBLE ATTACHE ATTENDRE, suivi de l'indicatif ou du subjonctif ATTENDU, quand invariable ATTIRE ATTRIBUT (de l') AU CAS QUE AU CAS QUE, veut le subjonctif AUCUN, adjectif AUCUN Pronom AUCUN, suivi de la négation AU-DEDANS AU-DEHORS AU-DESSOUS AU-DESSUS AUJOURD'HUI AU MOINS et DU MOINS AUNE AUPARAVANT et AVANT AU RESTE et DU RESTE AURORE, adjectif AUSSI et NON PLUS AUSSI, emploi vicieux AUTEUR, sans féminin AUTEUR (spirituelle) AUTOMNE, son genre AUTOUR et ALENTOUR AUTRE AVANCANT (s') AVANT DE et AVANT QUE DE AVANT et AUPARAVANT AVANT QUE, veut le subjonctif AVEC, nombre du substantif aprÚs ce mot AVOIR PEUR, suivi de la négation AYE ! AHI ! BACHELIER BAH ! étymologie curieuse BAILLI, son féminin BANNI BARBE BARDE BEAU (avoir) BEAUCOUP et BIEN BEAUCOUP, nombre du substantif aprÚs ce mot BECCARD, genre de ce mot BELLE (l'échapper) BIEN et BEAUCOUP BIEN et TRES BIEN QUE BIEN QUE, suivi du subjonctif BLEU-CLAIR BONDISSANTS BONNE (la donner) BORGNESSE BORNE BOTANISTE, son féminin BOUGER, suivi de la négation BRAIRE
C BRILLANTS BRISE BRUIRE BRULANT BU CACHE CAR, parce que CARDINAUX~(Ăądjectifs) CARMIN, adjectif CARRE CAUSE CAUSE QUE (Ă ) CE, CETTE, CES (syntaxe de) CE N'EST PAS QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif CENT, sa syntaxe CENTAURESSE CEPENDANT, POURTANT, NEANMOINS, TOUTEFOIS CERTAIN CERTAIN (un) CESSER, suivi de la nĂ©gation CHACUN et CHAQUE CHAMELLE CHANGE CHANGEANTS CHAQUE et CHACUN CHASSERESSE, CHASSEUSE CHATAIN-CLAIR CHERCHE CHOSE (quelque), son genre CIEL, son pluriel CIRCONCIRE CIRCULANTES COCHE, son genre COÏNCIDANT, COÏNCIDENT COLLECTIFS (noms), leur dĂ©finition Nombre des subjstantifs aprĂšs un nom collectif Emploi de l'article aprĂšs les noms collectifs COMMANDER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif COMME COMME et COMMENT COMMISE COMPAGNON, son fĂ©minin COMPARAISON D'Ă©galitĂ© D'infĂ©rioritĂ© De supĂ©rioritĂ© COMPARATIFS COMPLETIF COMPRIS (y) COMPLEMENT COMPTE, suivi d'un verbe CONDAMNEE CONDUITS CONFIRE CONJONCTIF CONJONCTIONS, leur origine Leur nature, leur dĂ©finition Copulatives Alternatives Adversatives Restrictives, hypothĂ©tiques Tableau gĂ©nĂ©ral des conjonctions Leur place Emploi des principales conjonctions Et rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© Des mots liĂ©s par et Ni, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© Ni, suivi de pas ou de point Emploi de et ou de ni Emploi de ni aprĂšs sans Ni, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre Ni, suivi de ne Ni au lieu de et dans les phrases affirmatives Ou, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© Ou, avec ou sans de Mais, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© RĂ©pĂ©tition du verbe aprĂšs mais OĂč que tu sois Soit rĂ©pĂ©tĂ©, avec ou sans que Soit, remplacĂ© par ou Car, parce que Parce que, puisque Parce que, Ă  cause que
D Pendant que, tandis que Quoique, bien que, encore que En cas que, au cas que Si Que Avant que et que comparés Que je crois, que je pense Avant de, avant que de Gallicismes produits par l'emploi de que CONNU CONSACRE CONSEILLER CONSEQUEMMENT à CONSERVE CONSOLE CONSTRUCTION CONSTRUIRE CONSULTE CONTESTER, suivi de la négation CONTRAINT, suivi d'un infinitif CONTRE, nombre du substantif aprÚs cette préposition CONTREDIRE CONVENABLEMENT à CRAINDRE, suivi de la négation CREPE, genre de ce mot CRIE CRITIQUE, genre CROITRE CROUPI CRU, suivi d'un verbe CRUE CRUS COULES COUPLE, son genre COURANT COURANTS COURONNE COURUS COURSIER COUTE COUTES COUVERTES DAIGNE, suivi d'un infinitif DAINE, sa prononciation DANGEREUX (il est), suivi de la négation DANS et DEDANS DE... à, DE... EN, nombre du substantif aprÚs ces prépositions DEBUTE DECIDER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif DE CRAINTE QUE, suivi du subjonctif DEDANS et DANS DEDANS (au) DE DESSOUS DE DESSUS DEDIRE DEHORS (au) DEHORS et HORS DELICE, genre de ce mot DE LOIN EN LOIN, DE lOiN A LOIN DEMI DEMI-MORT DEMONSTRATIFS (adjectifs) DENOMINATIONS GRAMMATICALES (des) DEPEINTE DEPENDANT DE PEUR QUE, suivi du subjonctif DERIVER DESCENDANT DESESPERER, suivi de la négation DESINENCE DESOLE DESSOUS (au) DESSOUS (de) DE SUITE, TOUT DE SUITE DESSUS (de) DESSUS (au) DESSUS et DESSOUS DESTINE DETERMINATIF DETERMINER DETERMINATIFS (adjectifs) DETRUIT DETRUITES
E DEVIN, DEVINEUSE, DEVINERESSE DICTE DIFFERANT, DIFFERENT DIFFEREMMENT DIRAIT QUE (on), suivi du subjonctif ou de l'indicatif DIRECT DISCOURS (du) DISCONVENIR, suivi de la négation DISJONCTIF DISPOSE DISSYLLABE DISTINGUE DIT DIVISE DIVISES DOCTEUR DOCTORESSE DONNE Suivi d'un infinitif DONNES DONNEES DORMI DOUTER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif DOUTER, suivi d'une négation DOUTEUX DOUZAINE DROLESSE DU RESTE et AU RESTE Dû, variable ou invariable DURE ECHAPPE ECHAPPE BELLE ECHO ECLORE ECLOSE EGAYANT EGORGE EH ! HE ! ELEMENTS DU LANGAGE (origine des) Du discours ELLIPTIQUEMENT ELLIPTIQUE ELIDER ELLIPSE ELU EMOUSSE EMPECHE, suivi d'un infinitif EN, pronom EN, adverbe. Gallicismes produits par ce mot EN ATTENDANT S'exprimant EN CAS QUE EN CAS QUE, suivi du subjonctif EN CENDRES EN COUCHES EN, suivi d'un participe présent ENCORE QUE ENCORE QUE, suivi du subjonctif ENDURE ENSEIGNE, genre de ce mot ENTENDRE, suivi du subjonctif et de l'indicatif ENTENDRE raillerie, entendre la raillerie ENTENDU ENTR'ACCORDANTS (s') ENTREMELE ENVOYE EPARGNES EPITHETE EPUISE EQUIVALANT EQUIVALENT EQUIVOQUE causée par le participe présent ERIGES ERRANTE ERRANTS ESPACE ESSUYE EST suivi d'un infinitif EST-IL POSSIBLE ? suivi du subjonctif ou de l'indicatif ET, son emploi ETANT (en) ETE, toujours invariable
F G EUH ! HEU ! EXAUCE EXCEDANT, EXCEDENT EXCELLANT, EXCELLENT EXCEPTE, quand invariable EXCLUSIVEMENT A EXEMPLE, genre de ce mot EXIGER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif EXPEDIANT EXPEDIENT EXTENSION EXTRAIT EXTRAVAGUANT EXTRAVAGANT FABRICANT FABRIQUANT FAIT Suivi d'un infinitif FALLU FATIGANT FATIGUANT FATIGUE FAUT (il) FAUTES de français FEMININ DES SUBSTANTIFS, leur formation Des adjectifs, leur formation FEUILLES DE, nombre des substantifs aprĂšs cette expression FI ! FIGURE FIGUREMENT FINAL FINI FLETRI FLEURI FEU, adjectif FOIN ! FORCE Suivi d'un infinitif FORET, genre de ce mot FORMATION FORMATION du fĂ©minin dans les substantifs Dans les adjectifs FORME FORMÉ FOUDRE, genre de ce mot FOULE FOURBE, genre de ce mot FRANC de port FRIRE FUMANT FUME FUSSE (je), son emploi aprĂšs un prĂ©sent ou un futur GAGNE GALLICISME produit par en, adverbe GARANTI GARDE, son genre GARDE-SACS GEMI GEMISSANT GENERAL GENRE (du) dans les noms Est-il arbitraire ? Des noms d'ĂȘtres inanimĂ©s Son rapport entre un nom et la pensĂ©e Neutre GENS, genre de ce mot GEOMETRE GESTES (des) GIVRE, son genre GOUVERNE GRAMMAIRE EN FRANCE (de la) Sa dĂ©finition Son Ă©tymologie Est-elle une science ou un art ? GĂ©nĂ©rle ParticuliĂšre Importance de son Ă©tude GRAVEUR GREFFE, son genre GRONDANT GUERE, suivi de la nĂ©gation GUIDE, son genre
H HA ! AH ! HAQUENEE HE ! EH ! HELAS ! HELIOTROPE, genre de ce mot HO ! OH ! HOLA ! HOMME DE LETTRES HOMONYME HOMONYMIE HORS et DEHORS HUISSIERE HUM !HOM ! HYMNE ICI et LA IDIOTISME IGNORE IL IL N'Y A QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif IL N'EST QUE, mode du verbe aprĂšs cette expression IMMOLE IMPARFAIT IMPARFAIT DU SUBJONCTIF, son emploi IMPERSONNEL IMPERSONNELLEMENT INCLUS (ci) INDEFINI INDEFINIS (adjectifs) INDEFINIMENT INDEPENDAMMENT INDICATIF Concordance de ses temps AprĂšs il n'y a que AprĂšs il n'est que AprĂšs ce n'est pas que AprĂšs s'il est vrai que AprĂšs on dirait que AprĂšs est-il possible ? AprĂšs il semble AprĂšs qui, que, dont, oĂč INFINITIF, employĂ© substantivement EmployĂ© comme sujet et comme rĂ©gime Emploi Ă©quivoque EmployĂ© de prĂ©fĂ©rence Ă  tout autre mode En rapport soit avec le sujet, soit avec le rĂ©gime INFINITIFS (plusieurs) de suite, leur emploi INFLEXION INSPIRE INSTITUTEUR INTERJECTIONS, leur origine Leur nature, leur dĂ©finition Leurs subdivisions D'admiration, d'Ă©tonnement De douleur, d'affliction De dĂ©rision, de dĂ©fiance, d'ironie D'aversion, de mĂ©pris Pour appeler, questionner, sonder Pour imposer silence Tableau gĂ©nĂ©ral des interjections Leur syntaxe interdire" INTERLIGNE INTERROGANT INTERROGATIF INTERROGATION INTRIGANT INTRIGUANT INVARIABLES (des mots) INVERSION JAMAIS, suivi de la nĂ©gation JAUNISSANT JETE JE DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression JOINT (ci) JOUANT (se) JUGEMENT (du) JUJUBE, genre de ce mot JUREE JUSQU'AUJOURD'HUI JUSQUES A AUJOURD'HUI JUSQUES AUJOURD'HUI J
M N LA et ICI LAISSE Suivi d'un infinitif LANGAGE (origine et progrĂšs du) LANGUE (vicissitudes de la) LAQUE, son genre LEUR LIAISON LIVRE, son genre LOIN (de) EN LOIN LOIN QUE, suivi du subjonctif LUIRE MA tĂȘte ou la tĂȘte (j'ai mal Ă ) MAINT MAIS, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© RĂ©pĂ©tition du verbe aprĂšs mais MAITRE, son fĂ©minin MANCHE, son genre MANOUVRE, son genre MARCHE MARRON, adjectif MAUDIRE MEDIRE MEILLEUR (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif MELE MEME MEMOIRE, son genre METIS, son fĂ©minin MIEN, TIEN, SIEN, et le mien, le tien, le sien MIL et mille MILLE MILLIER MILLION MIS MODE, son genre MODES DES VERBES, leur concordance MODES (des) MODE indicatif Conditionnel, etc. MOINDRE (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif MOINS (au) et DU MOINS MOINS DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression MOLE, son genre MON, TON, SON MONTRE MOTS (des) Leurs diffĂ©rentes classes Variables Invariables MOTS empruntĂ©s aux langues Ă©trangĂšres, leur orthographe MOULE, son genre MOUSSE, genre de ce mot MULET, a-t-il un fĂ©minin ? NASALEMENT NASALITE NE, emploi NE et NON, leur diffĂ©rence NE... QUE... NE NEANMOINS, POURTANT, CEPENDANT NEGATIF NAGATIVEMENT NAGATIVES (expressions), leur emploi NEGLIGEANT NEGLIGENT NEGLIGE, suivi d'un infinitif NEUTRALEMENT NEUTRE (genre) NI, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© Suivi de pas ou de point Emploi de et ou de ni Emploi de ni aprĂšs sans Ni, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre Ni suivi de ne Ni au lieu de et NIER, suivi de la nĂ©gation NOMBRE (du) dans les substantifs NOM. Voir SUBSTANTIFS NON et NE, leur diffĂ©rence NON QUE, suivi du subjonctif L
NON PAS QUE, suivi du subjonctif NON PLUS et AUSSI O P NONOBSTANT QUE, suivi du subjonctif NOTRE NOURRI NOUS NOUVEAU-NE NOYE NU NUL, adjectif Pronom NUL, suivi de la nĂ©gation NULLEMENT, emploi de la nĂ©gation avec ce mot NUMERAUX (adjectifs) O! OH ! HO ! OBSERVATIONS sur le gĂ©nie et les vicissitudes de la langue OCCUPE OEUVRE, genre de ce mot OEILS, yeux OFFICE, genre de ce mot OINDRE ONOMATOPEE OPPOSANT OPPRIME ORDINAUX (adjectifs) ORDONNER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif ORGE, son genre ORGUE, genre de ce mot ORIGINE et progrĂšs du langage ORNE DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression ORTHOGRAPHE des mots empruntĂ©s des langues Ă©trangĂšres OU, son emploi OU QUE, suivi du subjonctif OU QUE TU SOIS OUAIS OUF ! OUI-DA ! OUÏ, quand invariable OUVERT PAGE, son genre PALME, son genre PANTOMIME, son genre PAQUES PAR, nombre du substantif aprĂšs cette prĂ©position PARALLELE PARCE QUE PARLE PARONYME PARTICIPES (origine des) Leur nature, leur dĂ©finition PARTICIPES PRESENTS Leur orthographe primitive Marquant l'Ă©tat ou l'action EmployĂ©s sans rĂ©gime Suivis ou prĂ©cĂ©dĂ©s d'un rĂ©gime direct Suivis d'un rĂ©gime indirect PrĂ©cĂ©dĂ©s ou suivis d'un complĂ©ment adverbial Appartenant, rĂ©sultant, approchant, descendant, dĂ©pendant, pendant Extravaguant, extravagant, fabriquant, fabricant, etc. EmployĂ©s comme substantifs EmployĂ©s comme adverbes PrĂ©cĂ©dĂ©s de la prĂ©position en Joints par la conjonction et PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de en EmployĂ©s avec le pronom en PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de en Leur rapport EmployĂ©s d'une maniĂšre absolue Rapport irrĂ©gulier du gĂ©rondif PARTICIPES PASSES Leur orthographe primitive EmployĂ©s sans auxiliaire PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe ĂȘtre PrĂ©cĂ©dĂ©s de verbes autres que ĂȘtre et avoir Construits avec le verbe avoir Suivis ou prĂ©cĂ©dĂ©s du sujet Suivis immĂ©diatement d'un adjectif ou d'un autre participe PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux rĂ©gimes PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe ĂȘtre employĂ© pour avoir CoĂ»tĂ©, valu, pesĂ© PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de que Construits avec les verbes dits impersonnels
PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux substantifs joints par plutĂŽt que, non plus que, non moins que, etc. PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux substantifs unis par la prĂ©position de PrĂ©cĂ©dĂ©s du pronom en AccompagnĂ©s de en et d'un adverbe de quantitĂ© Suivis d'un infinitif LaissĂ©, suivi d'un infinitif Fait, suivi d'un infinitif Suivis d'un infinitif et prĂ©cĂ©dĂ©s de deux rĂ©gimes Suivis d'une prĂ©position ou d'un infinitif Suivis d'un verbe Ă  tout autre mode que l'infinitif À la suite desquels l'infinitif est supprimĂ© par ellipse PrĂ©cĂ©dĂ©s de l' pronom Qui prennent l'auxiliaire avoir Qui prennent le verbe ĂȘtre Qui prennent etre ou avoir EchappĂ©, convenu, avec avoir ou ĂȘtre PARTISAN, son fĂ©minin PAS, son emploi ou sa suppression PASSE PASSIVEMENT PAUVRESSE PAYSAN, son fĂ©minin PEINTRE (la) PENDANT PENDULE, son genre PENITENTIEL, pluriel de ce mot PENSEE (de la) PERDU PERIODE, son genre PERMIS, invariable ou variable PERSONNE (de la) dans les verbes PERSONNE, suivi de la nĂ©gation PERSUADE PESE PEAUX DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression PHILOSOPHE, son fĂ©minin PHONIQUE PHRASE, Ă©tymologie de ce mot PHRASE et PROPOSITION, leur diffĂ©rence PLACE des adjectifs Des pronoms Du sujet PLACE PLAINDRE (se), suivi du subjonctif et de l'indicatif PLANTES (noms des), leur genre PLEIN DE, nombre du substantif aprĂšs ce mot PLEUR, employĂ© au singulier PLEURANT PLEURE PLEUT (il) PLURIEL (du) PLUS (NON) et AUSSI PLUS DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression PLUS (LE ou LA) suivi du subjonctif ou de l'indicatif PLUS, suivi de la nĂ©gation PLUS (le), la plus, les plus PLUSIEURS, adjectif Pronom PLUTOT et PLUS TOT POETE, son fĂ©minin POINT, sa diffĂ©rence avec PAS Sa place Sa suppression aprĂšs ne suivi de que POINT, sa place POINT et PAS, leur diffĂ©rence POINT, emploi ou suppression de ce mot POINT, sa suppression aprĂšs ne suivi de que POLYSYLLABE POSSESSIF POSSESSIFS (adjectifs) POSSIBLE, quand invariable POSSIBLE (est-il), suivi du subjonctif ou de l'indicatif POSTE, son genre POSTERIEUREMENT A POUAH ! POUR, nombre du substantif aprĂšs cette prĂ©position POUR QUE, suivi du subjonctif POURPRE POURPRE, adjectif POURTANT, NEANMOINS, CEPENDANT, TOUTEFOIS, diffĂ©rence POURVU, suivi du subjonctif POUVOIR, emploi de la nĂ©gation avec ce verbe PRATIQUE PRECEDANT, PRECEDENT
PREDIRE PREFERABLEMENTA PREFERE PREMIER (le), suivi du subjonctif et de l'indicatif PREPOSITIF PREPOSITIONS (origine des) Leur nature, leur dĂ©finition Leurs subdivisions De lieu, de temps D'ordre, d'union De sĂ©paration, d'opposition Tableau gĂ©nĂ©ral Leur syntaxe Leur rĂ©gime Leur emploi Ă  la place d'autres prĂ©positions Observations sur l'emploi de plusieurs prĂ©positions DiffĂ©rence entre dans et en Dans et Ă  comparĂ©s En et dans avec des noms dĂ©terminĂ©s AuprĂšs de, au prix de PrĂšs de, prĂȘt Ă , prĂȘt de AuprĂšs de, prĂšs de AprĂšs, d'aprĂšs Avant, devant Entre, parmi Vers, devers A peine, avec peine Durant, pendant Jusque, Jusques A travers, au travers Envers, vis-Ă -vis Voici, voilĂ  Sept Ă  huit, sept ou huit Cent hommes de tuĂ©s, cent hommes tuĂ©s Si j'Ă©tais de vous On dirait un fou, on dirait d'un fou C'est que avec de Sauf, exceptĂ© Hors, hormis Sur tout, surtout Par ce que, parce que Pour et quant Ă  Pour, afin de RenommĂ© par, pour Par terre, Ă  terre En, Ă  la campagne MalgrĂ© et malgrĂ© que RĂ©pĂ©tition des prĂ©positions Leur place PRESENTE PRESIDANT, PRESIDENT PRESSANTS (se) PRETENDRE, suivi du subjonctif et de l'indicatif PRETENDU PREVU, suivi d'un verbe PRIMITIF PRIS Suivi d'un infinitif PRIVATIF PROCHE PRODIGUE PRODUIT PROFESSEUR PRONOMINALEMENT PRONOMS (origine des) Nature et dĂ©finition DiffĂ©rentes sortes Personnels Genre et nombre de je, me, moi, etc. Nous et vous employĂ© pour je et tu Fonctions de je, me, moi Fonctions de nous Fonctions de vous Fonctions de il, le, lui Fonctions de ils, eux, les, leur Fonctions de elle, la, lui Fonctions de elles, les, leur Fonctions de se, soi De l'Ă©lision de l'e dans je, me, te, se, le Place des pronoms personnels remplissant la fonction de sujet Leur place dans les phrases exclamatives Leur place dans les phrases interjetĂ©es Leur place personnelle dans les phrases par aussi, en vain, peutĂȘtre, etc. Peux-je, cours-je, dors-je
Place des pronoms employĂ©s commençant comme complĂ©ments directs Place des pronoms personnels employĂ©s comme complĂ©ments indirects Deux pronoms personnels ensemble CombinĂ©s avec en Construits avec y Construits avec deux impĂ©ratifs ComplĂ©ments d'un infinitif Leur rĂ©pĂ©tition Moi, toi, etc., placĂ©s devant je, tu, il Je, tu, sous-entendu aprĂšs moi, toi, etc. Nous, exprimĂ© ou sous-entendu Il, elle, ils, elles, considĂ©rĂ©s comme plĂ©onasmes Jouant le rĂŽle de doubles sujets Emploi de il, elle aprĂšs un participe prĂ©sent PrĂ©tendus doubles sujets transposĂ©s Il employĂ© absolument Equivoques occasionnĂ©es par il, elle, ils, elles, etc. Moi, toit, lui, considĂ©rĂ©s comme plĂ©onasmes RĂ©duplication des complĂ©ments directs RĂ©duplication des complĂ©ments indirects Le, la, les, rĂ©gimes directs, regardĂ©s comme plĂ©onasmes Le, la, les en rapport avec des noms dĂ©terminĂ©s ou inditerminĂ©s Le signifiant cela Emploi de le aprĂšs un verbe Il, elle, le, la, les, etc., se rapportant Ă  des noms indĂ©terminĂ©s Emploi vicieux de le, la, les Ellipse de le Gallicismes occasionnĂ©s par le Emploi de le, la, les et de lui, elle, eux, elles, soi Soi employĂ© avec des noms dĂ©terminĂ©s Equivoques occasionnĂ©es par soi et par lui Soi en rapport avec un nom pluriel Moi-mĂȘme, toi-mĂȘme Un autre moi-mĂȘme, une autre moi-mĂȘme EmployĂ©s par apposition Leur emploi avec c'est, ce sera Genre et nombre du pronom y Y signifiant cela Construction de y Place de y, complĂ©ment indirect d'un verbe Ă  l'infinitif Emploi de y et de lui, Ă  lui, Ă  elle, Ă  eux, Ă  elles Lui, leur etc., en rapport avec des noms de choses, et y en relation avec des noms de personnes Emploi de y ou de lui, elle, etc., avec des prĂ©positions Il y va de ma vie, etc. Genre et nombre du pronom en En, rappelant des propositions entiĂšres Construction de en Ă  l'impĂ©ratif En avec deux verbes, dont le dernier est Ă  l'infinitif Fonctions de en En comparĂ© avec de lui, d'elle Emploi de en ou de lui, d'elle, etc., avec des noms de personnes En, se rapportant Ă  des noms de personnes, et de lui, d'elle, etc., Ă  des noms de choses Emploi de en et de son, sa, ses En pour les personnes, et son, sa, ses, etc., pour les choses Emploi de en ou de son, sa, ses, etc., avec le sujet d'une proposition Rapport de en avec des noms dĂ©terminĂ©s ou indĂ©terminĂ©s En, ne se rapportant Ă  aucun mot exprimĂ© PRONOMS DEMONSTRATIFS Leur nature, leur dĂ©finition Leur genre, leur nombre et leur construction Celui, celle, immĂ©diatement suivis de qui, d'un adjectif, etc. Ellipse de celui, celle, etc. Celui, celle, etc., en rapport avec un substantif pluriel ou singulier Celui, celle, dans les phrases comparatives Celui, celle, exprimĂ©s ou sous-entendus Celui-ci, celui-lĂ , en rapport avec deux substantifs Celui-ci, celui-lĂ , n'ayant rapport qu'Ă  un seul substantif exprimĂ© Celui-ci, celui-lĂ , n'ayant rapport Ă  aucun substantif exprimĂ© Celui-ci, celle-ci, ayant rapport Ă  ce qui suit Celui-ci, celui-lĂ , suivis de qui ou de que Celui-lĂ , suivi ou non suivi de qui, etc. Ce, suivi ou non suivi d'un substantif Emploi de ce, dit pronom Ceci, cela Ce, employĂ© par Ă©nergie Ce, regardĂ© comme plĂ©onasme Ce entre deux noms Ce entre un nom et un verbe Ce aprĂšs ce qui, ce que Ce aprĂšs plusieurs infinitifs PRONOMS POSSESSIF^ Leur nature, leur dĂ©finition Le mien, le tien, etc., pris substantivement Employs avec des noms indĂ©terminĂ©s
PRONOMS RELATIFS Leur emploi Qui dans les Ă©numĂ©rations Que, genre et nombre Dont, genre et nombre Lequel, laquelle, etc. Quoi OĂč, d'oĂč, par oĂč Qui que ce soit, quoi que ce fĂ»t Qui, son emploi comme sujet Qui ou lequel avec des prĂ©positions Dont et duquel Dont, rĂ©gime d'un verbe ou d'un adjectif Dont, pour au moyen duquel OĂč, son emploi Dont, d'oĂč, leur emploi Lequel avec plusieurs substantifs Emploi de qui ou lequel Equivoque de qui, que, dont Qui, que, dont, sĂ©parĂ©s de leur antĂ©cĂ©dent Construction de qui et de que RĂ©pĂ©tition de qui Qui suivi de il Qui ou quel, qui des deux, ou lequel des deux C'est Ă  vous que, c'est Ă  vous qui, c'est Ă  vous Ă  qui Ce qui, ce que Qui est-ce qui, c'est-ce qui ? C'est lĂ  que Que et combien Au moment que, au moment oĂč Quoique et quoi que Que pour Ă  quoi, de quoi PRONOMS INDEFINIS Leur nature, leur dĂ©finition On, son origine Genre et nombre de on On en rapport avec un adjectif fĂ©minin On suivi d'un substantif singulier ou pluriel On, sa construction On suivi de ne RĂ©pĂ©tition de on Rapport de on rĂ©pĂ©tĂ© On en rapport avec nous, vous On pour je, tu, il, etc. On ou l'on, leur emploi On ou l'on aprĂšs si, et oĂč Que l'on ou qu'en Se employĂ© pour on Quiconque, genre, nombre et construction Suivi de il Autrui, construction Son emploi comme sujet Autrui et les autres Un autre et autrui Autrui en rapport avec son, sa, ses, etc. Personne, genre et nombre En rapport avec un pronom ou un adjectif Sa construction Quelqu'un, nature de ce mot Pris absolument EmployĂ© relativement Chacun, nature de ce mot Genre et nombre EmployĂ© dans un sens relatif Construction En rapport avec son, sa, ses Suivi de son, sa, ses ou de leur Sa chacune Un chacun Tel suivi de qui ou de que EmployĂ© substantivement Tout Plusieurs Nul Aucun L'un, l'autre, emploi, syntaxe ProposĂ© PROPOSITION (de la) Principale Incidente Primordiale SubordonnĂ©e Pas, variable ou invariable PROSODIE
Q R S PROSODIQUE PUISQUE QUADRILLE, son genre QUAKER, son fĂ©minin QUAND et QUANT QUE, conjonction, son emploi QUE, pronom QUE JE CROIS QUE, employĂ© pour afin que, et suivi du subjonctif QUEL QUELCONQUE QUELQUE QUELQU'UN QUOIQUE QUOIQUE, suivi du subjonctif RACINE des mots RAJEUNI RAMPANTS RAPPORT RECONNU REÇU RECUEILLI REDUPLICATIF REFLECHIR REFORMES REGIR REGLE REGLISSE, son genre REGNE RELATIVEMENT A REMARQUE REMORDS, avec ou sans s en poĂ©sie REMPLI DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression RENAISSANT^ RENCONTRE RENDU RENVERSE REPANDU RESERVE RESIDANT, RESIDENT RESOLU, suivi d'un infinitif RESOUDRE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif RESPECTE RESTAURATRICE RESTE (AU), DU RESTE RESULTANT RESULTE RETENTISSANTE REUNI REVETU RI RIEN, suivi de la nĂ©gation RONGEANTS ROULANT SA SACHE (je ne) SACHE (Que je) SANS, nombre du substantif aprĂšs SANS QUE, suivi du subjonctif satyresse' SAUVAGESSE SAVOIR, suivi de la nĂ©gation SCIENCE (qu'est-ce qu'une) SEMBLE (il), suivi du subjonctif ou de l'indicatif SENS SENS, SENSATION SENTINELLE, son genre SERPENTAIRE, son genre SES SEUL (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif SEXE, son Ă©tymologie SI TANT EST QUE, demande le subjonctif SINGULIER (du) SOIS (je), son emploi aprĂšs un passĂ© ou un conditionnel SOIT SOIT Avec ou sans que SOIT RemplacĂ© par ou SOIT QUE, demande le subjonctif SOLDE, son genre SOMME, son genre SON, SA, SES et en comparĂ©s
SOUFFERT SOUPIRE SOURIS, son genre SOUS et DESSOUS SOUS-ENTENDRE SOUTENU SOUVERAIN SU SUBJONCTIF AprĂšs les verbes exprimant une idĂ©e de priĂšre, de dĂ©sir, de commandement AprĂšs ĂȘtre suivi d'un nom ou d'un adjectif AprĂšs les verbes unipersonnels AprĂšs Quelque, quoique, etc. AprĂšs afin que, Ă  moins que, etc. AprĂšs que employĂ© pour afin que, etc. AprĂšs que dit impĂ©ratif EmployĂ© avec ellipse du que Je ne sache point, que je sache Dans les phrases nĂ©gatives ou interrogatives Tableaux comparatifs des verbes et des locutions qui, dans certains cas, rĂ©clament le subjonctif, et dans d'autres l'indicatif AprĂšs il suffit que AprĂšs est-il possible ? AprĂšs il semble que AprĂšs on dirait que AprĂšs s'il est vrai que AprĂšs ce n'est pas que AprĂšs le seul, l'unique AprĂšs le premier, le dernier AprĂšs le plus, le moindre, le meilleur, etc. AprĂšs il n'y a que, il n'est que AprĂšs qui, que, dont, oĂč AprĂšs tout, que AprĂšs jusqu'Ă  ce que SUBSTANTIFS (origine des) (DĂ©finition des) Communs, propres Collectifs ComposĂ©s (Du genre dans les) DiffĂ©rents pour les mĂąles et les femelles Servant Ă  dĂ©signer le mĂąle et la femme DĂ©signant les ĂȘtres inanimĂ©s, leur genre (Du nombre dans les) (Formation du fĂ©minin dans les) TerminĂ©s par une consonne TerminĂ©s par une voyelle autre que l'e muet TerminĂ©s par un e muet TerminĂ©s en e qui se changent en esse. TerminĂ©s par eau, en, on, et TerminĂ©s par eur TerminĂ©s par x (Formation du pluriel dans les) De toutes terminaisons TerminĂ©s en ou TerminĂ©s en ail Ciel, oil, aĂŻeul, etc. TerminĂ©s par eau, au TerminĂ©s par eu TerminĂ©s par al TerminĂ©s par s, x, z TerminĂ©s par ant, ent (Syntaxe des) Aigles Amour Automne Chose Couple DĂ©lice Foudre Gens Orge Orgue Masculins dans une acception, et fĂ©minins dans une autre Exprimant des Ă©tats, des qualitĂ©s, qui ne conviennent qu'aux hommes Qui, ayant un fĂ©minin, ne s'emploient qu'au masculin GĂ©nĂ©ralement employĂ©s au singulier Toujours employĂ©s au pluriel DĂ©rivĂ©s des langues Ă©trangĂšres Pris matĂ©riellement Propres Propres, dĂ©signant plusieurs individus d'une mĂȘme famille ComposĂ©s ComposĂ©s (liste alphabĂ©tique des) ComplĂ©ments d'une prĂ©position ou d'un verbe
S ComplĂ©ments de la prĂ©position de PrĂ©cĂ©dĂ©s des expressions plus de, moins de, etc. PrĂ©cĂ©dĂ©s de Pleine de, rempli de, ornĂ© de RĂ©gimes de verbes suivis de la prĂ©position de ComplĂ©ments de toute sorte de, toute espĂšce de, etc. ComplĂ©ments des expressions tĂȘtes de, jeux de, voix de, etc. Invariables aprĂšs de PlacĂ©s aprĂšs un nom collectif EmployĂ©s avec les prĂ©positions de, en AprĂšs la prĂ©position Ă  EmployĂ©s avec de, Ă  AprĂšs la prĂ©position en Cendres, couches AprĂšs les prĂ©positions par, sans, avec, pour, sur, contre ComplĂ©ments de verbes, et non dĂ©terminĂ©s SUFFIT (il) QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif SUJET (du) SUPERIEUREMENT A SUPERLATIF (formation du) SUPERLATIF (emploi du subjonctif ou de l'indicatif aprĂšs le) SUPPLEME^ SUPPOSE SUPPOSER, suivi de l'indicatif ou du subjonctif SUR (nombre des substantifs aprĂšs) SUR et DESSUS SUSPENDU SYLLEPSE SYNALEPHE SYNCHISE SYNCOPE SYNONYME SYNONYMIE SYNTAXE Des adjectifs Des substantifs Des verbes Des adverbes Des pronoms Des interjections Des participes Des conjonctions Des articles Des prĂ©positions SA SACHE (je ne) SACHE (Que je) SANS, nombre du substantif aprĂšs SANS QUE, suivi du subjonctif SATYRESSE SAUVAGESSE SAVOIR, suivi de la nĂ©gation SCIENCE (qu'est-ce qu'une) SEMBLE (il), suivi du subjonctif ou de l'indicatif SENS SENS, SENSATION SENTINELLE, son genre SERPENTAIRE, son genre SES SEUL (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif SEXE, son Ă©tymologie SI TANT EST QUE, demande le subjonctif SINGULIER (du) SOIS (je), son emploi aprĂšs un passĂ© ou un conditionnel SOIT SOIT Avec ou sans que SOIT RemplacĂ© par ou SOIT QUE, demande le subjonctif SOLDE, son genre SOMME, son genre SON, SA, SES et en comparĂ©s SOUFFERT SOUPIRE SOURIS, son genre SOUS et DESSOUS SOUS-ENTENDRE SOUTENU SOUVERAIN SU SUBJONCTIF AprĂšs les verbes exprimant une idĂ©e de priĂšre, de dĂ©sir, de commandement AprĂšs ĂȘtre suivi d'un nom ou d'un adjectif AprĂšs les verbes unipersonnels AprĂšs Quelque, quoique, etc.
AprĂšs afin que, Ă  moins que, etc. AprĂšs que employĂ© pour afin que, etc. AprĂšs que dit impĂ©ratif EmployĂ© avec ellipse du que Je ne sache point, que je sache Dans les phrases nĂ©gatives ou interrogatives Tableaux comparatifs des verbes et des locutions qui, dans certains cas, rĂ©clament le subjonctif, et dans d'autres l'indicatif AprĂšs il suffit que AprĂšs est-il possible ? AprĂšs il semble que AprĂšs on dirait que AprĂšs s'il est vrai que AprĂšs ce n'est pas que AprĂšs le seul, l'unique AprĂšs le premier, le dernier AprĂšs le plus, le moindre, le meilleur, etc. AprĂšs il n'y a que, il n'est que AprĂšs qui, que, dont, oĂč AprĂšs tout, que AprĂšs jusqu'Ă  ce que SUBSTANTIFS (origine des) (DĂ©finition des) Communs, propres Collectifs ComposĂ©s (Du genre dans les) DiffĂ©rents pour les mĂąles et les femelles Servant Ă  dĂ©signer le mĂąle et la femme DĂ©signant les ĂȘtres inanimĂ©s, leur genre (Du nombre dans les) (Formation du fĂ©minin dans les) TerminĂ©s par une consonne TerminĂ©s par une voyelle autre que l'e muet TerminĂ©s par un e muet TerminĂ©s en e qui se changent en esse. TerminĂ©s par eau, en, on, et TerminĂ©s par eur TerminĂ©s par x (Formation du pluriel dans les) De toutes terminaisons TerminĂ©s en ou TerminĂ©s en ail Ciel, oil, aĂŻeul, etc. TerminĂ©s par eau, au TerminĂ©s par eu TerminĂ©s par al TerminĂ©s par s, x, z TerminĂ©s par ant, ent (Syntaxe des) Aigles Amour Automne Chose Couple DĂ©lice Foudre Gens Orge Orgue Masculins dans une acception, et fĂ©minins dans une autre Exprimant des Ă©tats, des qualitĂ©s, qui ne conviennent qu'aux hommes Qui, ayant un fĂ©minin, ne s'emploient qu'au masculin GĂ©nĂ©ralement employĂ©s au singulier Toujours employĂ©s au pluriel DĂ©rivĂ©s des langues Ă©trangĂšres Pris matĂ©riellement Propres Propres, dĂ©signant plusieurs individus d'une mĂȘme famille ComposĂ©s ComposĂ©s (liste alphabĂ©tique des) ComplĂ©ments d'une prĂ©position ou d'un verbe ComplĂ©ments de la prĂ©position de PrĂ©cĂ©dĂ©s des expressions plus de, moins de, etc. PrĂ©cĂ©dĂ©s de Pleine de, rempli de, ornĂ© de RĂ©gimes de verbes suivis de la prĂ©position de ComplĂ©ments de toute sorte de, toute espĂšce de, etc. ComplĂ©ments des expressions tĂȘtes de, jeux de, voix de, etc. Invariables aprĂšs de PlacĂ©s aprĂšs un nom collectif EmployĂ©s avec les prĂ©positions de, en AprĂšs la prĂ©position Ă  EmployĂ©s avec de, Ă  AprĂšs la prĂ©position en Cendres, couches
T U AprÚs les prépositions par, sans, avec, pour, sur, contre Compléments de verbes, et non déterminés SUFFIT (il) QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif SUJET (du) SUPERIEUREMENT A SUPERLATIF (formation du) SUPERLATIF (emploi du subjonctif ou de l'indicatif aprÚs le) SUPPLEMENT SUPPOSE SUPPOSER, suivi de l'indicatif ou du subjonctif SUR (nombre des substantifs aprÚs) SUR et DESSUS SUSPENDU SYLLEPSE SYNALEPHE SYNCHISE SYNCOPE SYNONYME SYNONYMIE SYNTAXE Des adjectifs Des substantifs Des verbes Des adverbes Des pronoms Des interjections Des participes Des conjonctions Des articles Des prépositions TACHE, suivi d'un infinitif TANDIS QUE TANT DE (nombre des substantifs aprÚs) TARARE ! TARI TEL, adjectif TEL, Pronom TEL, Un Que soit, quel que soit TEMPS des verbes TENDANT TENU TERMINAISON TETES DE (nombre des substantifs aprÚs) TIGRESSE TISTRE TOMBE TOUCHE TOUR TOUT à vous, TOUTE à vous TOUT, adjectif, sa syntaxe TOUT autre, TOUTE autre TOUT, adverbe TOUT, substantif TOUS DEUX, tous les deux TOUT, pronom TOUTE ESPECE (de), nombre des substantifs aprÚs cette expression TOUT A COUP et TOUT D'UN COUP TOUT DE SUITE et DE SUITE TOUT QUE, suivi du subjonctif et de l'indicatif TOUTEFOIS, NEANMOINS TOUTS (des) TRADUCTEUR TRAHI TRAINE TRAIRE TRAVERSANT TREMBLER, suivi de la négation TRES et BIEN TRIOMPHANT TROMPETTE TRONCS DE (nombre des substantifs aprÚs) TROUVE TROUVE, suivi d'un infinitif TU TUE TYRAN UN, répété ou non répété UN DE, L'UN DE UNI UNIQUE (l'), suivi du subjonctif ou de l'indicatif UNIVERSEL, son pluriel
V USANT (en) VAGUE VAINCU VALU VAQUANT, VACANT VARIABLES (mots) VASE VECU VERBES (origine des) (Définition des) (Du sujet du) (Du régime du) (Du nombre et de la personne dans les) (Modifications des) (Des temps des) (Mode indicatif Mode conditionnel Mode impératif Mode subjonctif Mode infinitif Participes Différentes espÚces de verbes Actifs Passifs Neutres Réfléchis Unipersonnels Auxiliaires Auxiliaires Des conjugaisons (De la formation des temps des) Irréguliers Unipersonnels Conjugués interrogativement (Syntaxe des) (Accord des) Avec plusieurs sujets liés par et Avec plusieurs substantifs non liés par et Avec plusieurs substantifs récapitulés par les mots tout, rien, persone, nul, etc. AprÚs tout ; chaque et quelque répétés AprÚs plusieurs substantifs liés par ni répété AprÚs plusieurs substantifs unis par ou AprÚs l'un et l'autre, l'un ni l'autre AprÚs les expressions comme, ainsi que AprÚs plutÎt que, non plus que, mais AprÚs deux infinitifs AprÚs plus d'un AprÚs les noms collectifs AprÚs la plupart et les adverbes de quantité AprÚs force gens, nombre d'hommes AprÚs les noms collectifs partitifs AprÚs qui AprÚs ce C'est, ce sont C'est, ce sont, suivis d'un nom pluriel C'est, et ce sont dans les oppositions C'est, ce sont, suivis de plusieurs substantifs C'est, ce sont, aprÚs plusieurs infinitifs C'est nous, c'est vous C'est, suivi d'une préposition Qu'est-ce que, suivi d'un nom pluriel C'est, précédé de deux noms Si ce n'est, si ce ne sont C'est là ce sont là C'est suivi de qui Vivre, importer, périr, pouvoir, et leur nombre Au pluriel avec un sujet singulier Leur accord avec le sujet sous le rapport de la personne En accord avec un seul pronom Accord avec plusieurs noms de différentes personnes Accord aprÚs qui, précédé d'un nom personnel AprÚs qui, précédé d'un adjectif AprÚs qui, précédé d'un substantif Place du sujet Précédés du sujet Suivis du sujet Place du sujet dans les phrases interrogatives Place du sujet dans les phrases interjetées Place du sujet aprÚs un verbe au subjonctif Place du sujet aprÚs tel, ainsi, voilà, etc. Construction, ellipse ou répétition du sujet Séparés du sujet par une phrase incidente Complément direct, indirect
Y Place du complĂ©ment ou rĂ©gime Suivis de la prĂ©position Ă  Suivis de la prĂ©position de Suivis de Ă  ou de Suivis de par ou de Avoir ou ĂȘtre avec les participes Emploi des modes et des tĂ©mps Le prĂ©sent employĂ© pour le futur Le prĂ©sent pour le passĂ© C'est moi ou ce sera moi qui palerai Emploi de l'imparfait Emploi du plusque-parfait Emploi du prĂ©tĂ©rit dĂ©fini Emploi du prĂ©tĂ©rit indĂ©fini Emploi du futur Emploi du conditionnel Emploi de l'impĂ©ratif Vas-y, parles-en Emploi du subjonctif Emploi de l'infinitif Concordance des temps et des modes VERT-DORE VIEILLOT, son fĂ©minin VINGT VINGT ET UN VIOLANT, VIOLENT VIOLETTE, adjectif VISITE VOCABULAIRE (petit) grammatical VOILE VOIX DE (Nombre des substantifs aprĂšs) VOLTIGEANT VOTRE VOULANT EN FAIRE, EN VOULANT FAIRE VOULU, suivi d'un verbe VOUS VRAIS (s'il est) QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif VU, suivi d'un infinitif VU VULNERAIRE YEUX, OEIL Y, adverbe Avec aller Pronom (observations sur le)