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GRAMMAIRE
PAUlS. â IMPRIMĂ PAR Ă. THUNOT ET f/,
Riic Racine, 26, prés de TOdéon.
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GRAMMAIRE
OU
GBAMMAIRE de VOLTAIRE, de RACINE » de BOSSLET, de I^^NELON, de i. -S, nOCSSEAT,
!e RUEFON, de BEBNABBEV DE SAINT âą PiĂRBE, de GHATEAIIBBUIVD, de CASIMIU DELAV16NE,
et de tOQ8 les ĂcrivaiBS les plas dlsttngnĂ©s de la France;
Ri:SFtR.MAXT PLUS DE
âŹENT MILLE EXEMPLES
Qui servent Ă fonder les rĂšgles, et forment comme une espĂšce de panorama oĂč se dĂ©roule notre langue
telle que la Nation Ta faite, telle quâeMe doit la parier;
OUVRAGE ĂniINEMMENT CLASSIQUE,
DESTINĂ A DĂVOILER LK MĂCANISME ET LE GĂNIE DE LA LANGEE I RANĂAtSE,
Par M. BESCHERELLE AIĂVĂ,
la BibliolRĂ©quĂŒ du Louvre, Membre de la SociclĂš française de Statistique universelle, de la SociĂ©tĂ© Grammaticale
de Paris, Auteur du Dictionnaire National,
Et mm. BESCHESiEEEE jecme et EITAIS BE BAEX.
4''
CtnqutĂšntf (ĂMtton,'
PRĂCĂDĂE DâUNE INTRODUCTION,
Par M. PHILARĂTE CHASLES.
« Dans un état libre, c'est une obti^'ation pour tons les citojens do
» cĂŒoualtre leur propre lan^^ue . desavoir la parler et rĂ©crire correa-
» lement. La carriÚre des emplois est ouverte à toasrqui sait ceqoe tu
» fortune réserre au plusliamble des membres de la grande famille ?...
» lo base de la connaissance de toute langue eslla f/rammaire... et eu
> fait de grammaire , ce sont les bons écrivains qui font autorité. »
(Tissot.)
A PARIS,
CHEZ SIMON, ĂDITEUR, 12, RUE DE SAVOIE;
/
GARNIER FRĂRES, LIRRAIRES, 10, RUE RICHELIEU.
852
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2,nw
de l'Ăcole da
PAUlS. â IMPRIMĂ PAR Ă. THUNOT ET f/,
Riic Racine, 26, prés de TOdéon.
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4
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PREFACE.
« Dans un Ă©tat oĂč les places ne sont plus le partage d'un petit nombre de privilĂ©-,
)) giĂ©s, mais oĂč chaque homme voit sâouvrir devant lui la carriĂšre des emplois, et
» par consĂ©quent peut ĂȘtre appelĂ© Ă Ă©lever la voix dans les tribunaux, dans les as-
» semblées politiques ou dans les temples, c'est un devoir pour tous les citoyens
» de connaĂźtre leur, propre langue et de savoir la parler et lâĂ©crire correctement.
' )) Riais oĂč puiser cet art de parler et d'Ă©crire? Faut-il sur ce point consulter les
» grammairiens? De ces gens-Ià que Dieu vous garde ! répondait un jour Buffon à ma-
» dame de Genlis. Lâart dâĂ©crire nâest pas plus dans leurs livres que la beautĂ© des
» fleurs dans les herbiers. Herbiers et grammaires sont également incapables de pré-
» senter une phrase et une fleur dans leurs fornaes gracieuses, avec leurs suaves
» couleurs, leurs mouvements et leur vie^ fleurs et phrases y sont mortes : on nâen
» trouve que la poussiÚre et les noms.
)) Aussi, quâil avait bien raison le critique qui, dans son indignation, s'Ă©criait :
« Soumettez au grammairien la plus belle strophe : son Ćil, soyez-en sĂ»r, nây cher-
» chera ni la pensĂ©e, ni les sentiments, ni lâart de TĂ©crivain; non, mais il tuera cette
« phrase si brillante, il la déchirera pour y trouver des virgules et des points, des
)) accents et des apostrophes, des nasales et des sifflantes, des gérondifs et des su-
* *
» pins, et puis, tout fier de ses découvertes, vous le verrez écrire, dans le style le
» plus inintelligible, des classifications, des rÚgles et des préceptes, prononcer entre
)) les écrivains comme un juge en dernier ressort, et préconiser avec orgueil sa mé-
» thode grammaticale (I). »
Câest une vĂ©ritĂ© maintenant incontestable, que la vĂ©ritable grammaire est dans
(i) M. DeshouliĂšres. -
â II â
les Ă©crits des bons auteurs. La science jçrainmaticale se borne Ă lâobservation et Ă
lâapprĂ©ciation des termes, des rĂšgles de concordance, des constructions adoptĂ©es par .
les grands Ă©crivains. Câest dans leurs ouvrages quâil faut chercher le code de la langue;
En effet, oĂč trouver mieux que dans ces rĂ©gulateurs avouĂ©s du langage des solutions
à tous les problÚmes, des éclaircissements à toutes les difficultés, des exemples pour .0
toutes les explications? Est-il avis ou opinions qui p'uissent faire loi comme ceux qui
Ă©manent, pour ainsi dire, dâun jury dâĂ©crivains dâĂ©lite? Mais la tĂąche nâest pas facile
Ă remplir.
Un auteur,, quelle que soit sa supériorité, ne fait pas autorité à lui seul ; il faut donc .
compulser tous les chefs-dâĆuvre de notre littĂ©rature, rĂ©unir une masse imposante de
faits, et nâadmettre que ceux qui ont Ă©tĂ© consacrĂ©s par lâemploi le plus gĂ©nĂ©ral. Cet
immense travail se complique encore de la difficulté de choisir des pensées intéressantes
sous le rapport de la morale, de la religion, de lâhistoire, des sciences, des lettres et
des arts-, car on conçoit tout ce quâoffrirait de fastidieux un amas de ces phrases triÂŹ
viales dont fourmillent nos grammaires. LâĂ©ducation, dâailleurs, est insĂ©parable de
lâenseignement, et il faut, autant que possible, Ă©lever lâĂąme et former le jugement.
Sous ce point de vue , rien de plus consciencieux que notre travail. Les cent mille
phrases qui constituent notre répertoire grammatical sont tirées de nos meilleurs
Ă©crivains 5 elles sont choisies avec goĂ»t, il nâen est pas une qui ne rĂ©vĂšle Ă lâesprit
une pensée morale, ou un fait historique/scientifique , littéraire ou artistique. Mon
taigne, Pascal, LarochefoĂčcauld , FĂ©nelon , iTournissent les prĂ©ceptes,de philosophie et
de morale ; Chateaubriand prĂȘte aux idĂ©es religieuses lâappui de son style brillant et .
pittoresque 5 MoliĂšre dĂ©voile les secrets du cĆur humain; Buffon, Bernardin de
Saint-Pierre, LacépÚde, apprennent à lire dans le grand livre de la nature. Ainsi,
tout en croyant nâĂ©^caminer la lahgue que sous le rapport des faits grammaticaux,
lâĂ©lĂšve sâenrichit dâune multitude de connaissances variĂ©es. Ajoutez Ă ce premier
avantage tout le charme que prĂȘte Ă lâĂ©tude jusquâalors'si aride de la .grammaire
lâĂ©tude mĂȘme des faits, si supĂ©rieure Ă la vieille routine qui sâobstine Ă renverser
lâordre naturel en procĂ©dant des .thĂ©ories aux exemples.
EnvisagĂ©e, de cette façon , il nous semble que la grammaire nâest plus seulement '
un exercice de collĂšge sur lequel sâassoupit la mĂ©moire ; câest lâhistoire de la penÂŹ
sĂ©e elle-mĂȘme, Ă©tudiĂ©e dans son mĂ©canisme intĂ©rieur; câest le dĂ©veloppement du
caractĂšre national dans ses intĂ©rĂȘts politiques et ses sentiments religieux, analysĂ©
ou plutĂŽt racontĂ© par la nation elle-mĂȘme, par les interprĂštes les plus Ă©loquents
de cette nation.
Quelques savants grammairiens , entre autres MM. Lemare et Boniface, avaient
bien entrevu cette maniĂšre dâenvisager la grammaire; et si les livres quâils ont puÂŹ
bliĂ©s Ă©taient plus dĂ©veloppĂ©s et moins systĂ©matiques, sâils faisaient mieux connaĂźtre
â III â
âą *
les véritables lois qui régissent notre langue, ils eussent rendu dMncontestables.ser-
*
vices à renseignement. Mais ce ne sont que des aperçus^ souvent pleins de profon-
deur , sur des questions de métaphysique, bons pour ceux qui aiment à se bercer
rinteliigence dans de vaporÚusés généralités, et assez peu utiles,à ceux qui veulent
apprendre. Et puis M. Lemare, loin de ^coordonner d'aprĂšs les faits lĂš systĂšme qu'il
voulait établir, a eu le grave tort de courber les faits h son systÚme,,ce qui détruit
complÚtement Tautorilé de ses doctrines. On peut également reprocher à l'estimable
M. Boniface d'avoir donnĂ© pour base Ă ses principes des faits quâil a lui-mĂȘme inÂŹ
ventĂ©s, Mieux que personne pourtant il' devait savoir que ce nâest que dans
les ouvrages de nos grands Ă©crivains qĂŒ'il faut chercher ses autoritĂ©s, et quâil est
»
ridicule Ă un grammairien, quelle que soit dâailleurs sa supĂ©rioritĂ©, de prĂ©tendre dicjer
Ă tout un peuple les lois du beau langage. âą . - ,
Liberté pleine,et entiÚre à chacun de conserver son rituel et son rudiment, de
sâimposer des rĂšgles, dây croire et de les suivre. Ce qui nâest plus permis, a dit
( âą
M, Charles Nodier, â c'est de les prescrire tyranniquement aux autres. Le rĂ©seaii de
Restaud et de Lhomond est devenu trop lĂąche et trop fragile pour emprisonner lâesÂŹ
prit de nos écrivains. - '
Câest dans le but de rĂ©gĂ©nĂ©rer la grammaire, en lui donnant un nouvel aliment
par l'observation de la nature et Ă lâaide'dâune Ă©tudĂš plus soignĂ©e des faits, que cet
ouvrage a été entrepris : nous avons voulu fonder un enseignement national-, en
remplaçant enfin toutes ces grammaires des grammairiens par la grammaire des
grands écrivains. Aussi, .avec quelle ardeur, quel enthousiasme ne fut pas accueillie
lĂ Grammaire Nationale, non seulement dans toutes les parties de la France, mais
âą*
encore Ă l'Ă©tranger! Câest que cet ouvrage, bien diffĂ©rent de tous ceux qui lâavaient
prĂ©cĂ©dĂ©, nâĂ©tablissait pas de rĂšgles Ă priori; câest que, pour la premiĂšre fois, il
montrait le génie de la langue se développant sous'la main de nos grands hommes;
câest quâil Ă©tait comme lâĂ©cho vivant de Vusage. Personne ne s'y est trompĂ©, et
si nous avions pu douter un sĂ©ul instant du succĂšs de notre, livre, lâĂ©loge quâen ont
fait les organes de l'opinion publique, les suffrages dont lâont honorĂ© la plupart des
sociétés savantes, auraient suffi pour dissiper nos craintes, et nous convaincre que
nous avions atteint le but que nous nous étions proposé (1). Mais un accueil aussi
flatteur ne nous a pas aveuglés sur les imperfections de notre livre.
Dans celte derniĂšre Ă©dition , nous nous sommes efforcĂ©s dâen amĂ©liorer .tout Ă la
fois le plan de lâexĂ©cution. Plusieurs-parties ont Ă©tĂ©, complĂ©téés; dâautres ont Ă©tĂ©
refondues en entier. Quant aux citations , nous avons préféré nous priver de certaines
*
(i) la Grammaire Nationale a été approuvée par TAthénée des Arts, la Société des Méthodes, la
SociĂ©tĂ© Grammaticale de Paris i la SociĂ©tĂ© dâĂmulation. pour le perfectionnement de lâinstruction
primaire en France, etc.
phrases, plutĂŽt que de citer des ouvrages Ă©phĂ©mĂšres, ou dâadmettre des'noms indi-
* *
gnes à 1^ compagnie de Voltaire, de Rousseau, de Bossuef, de Racine et de Féne
lon. Nous avons également supprimé tout ce qui touchait à la polémique, car nous
vivons dans un temps oĂč la jeunesse a trop de choses utiles apprendre. En un mot,
nous nâavons rien nĂ©gligĂ© pour donner Ă notre.'Ćuvre tous les perfectionnements dont
elle Ă©tait susceptible; nous avons voulu offrir Ă la France un ouvrage digne dâelle, un
livre éminemment.français, en un mot une grammaire nationale.
Aujourdâhui que lâon commence Ă rougir tout Ă la fois des Ă©carts de la pensĂ©e
et des erreurs du style; que les livres quâenfantait lâesprit dĂ©rĂ©glĂ© de quelques Ă©criÂŹ
vains ont passĂ© de mode; quâon en est revenu Ă la nature, Ă la vĂ©ritĂ©, au bon goĂ»t,
^ \
cet,ouvrage, destiné à ramener la langue dans les limites raisonnables que nos grands
écrivains ont su respÚcter sans rien perdre de leur essor et de leurs prodigieux avan
tages, ne peut manquer xlâobtenir les suffrages uniyersels, et.il restera , âą nous en
avons lâespoir, comme le monument le plus imposant quâon ait jamais Ă©levĂ© Ă la '
gloire de notre langue.
DE LĂ
GRAlIfMAIRĂŻ: EN FRANCE,
BT PRmCIPALKMKNĂŻ DE LA
GRAMMAIRE NATIONALE,
AVEC QUELQUES 0BSEHVATI0N9 PHILOSOPniQUES ET LlTTĂUAinES
^ *
SUR LĂ GĂNIE, LES PROGRĂS ET LES ViaSSITUDES DE LA LANGUE FRANĂAISE;
* I
|3ttr M. |)l)ilarHe Cbagkg (i).
Qui «e fye en ta grammairÚ ,
Sâabuse manifeEtement t ' -
Combien que grammaivé profÚre ,
Et qiie lectre toit la grandâmĂšre
Des sciences et fondement t etc., el&
Ainsi parle, en son chapitre de la grammaire, lâauteur AwRegnars traversant les voyes pĂ©rilleuses du monde,
livre imprimé le 2b janvier 1630, par Philippe Lenoir, Vun des deux relieurs jurés de VUniversiiéde
Pam. On voit quâil y a trois cents ans la grammaire nâinspirait pas confiance entiĂšre. Câest encore lâavis de
MM. Bescherelle , qui viennent de publier le Répertoire le plus com])let de nos rÚgles grammaticales. AprÚs
avoir lu et examiné leur court 'Résumé de toutes les Grammaires, vaste trésor de toutes les acceptions, concor
dances, idiotismes', gallicismes, employés par nos écrivains de tous les siÚcles, on est plus que jamais tenté
de répéter: Qui scfye en sa grammaire abuse ^ etc., etc.
Si la- grammaire sâest trouvĂ©e en butte Ă plus dâune dĂ©fiance et dâun quolibet, elle lâa bien mĂ©ritĂ©. Il faut
avouer que les grammairiens ont eu.dâĂ©tranges imaginations. Depuis lâimprimeur Geoffroy Thory, qui publiait
au commencement du seiziĂšme siĂšcle son Champ-Fleury, dont les fleurs sont fleurs de syntaxe et les plates-
âąbandessemĂ©es de gĂ©rondifs , jusquâĂ M. Lemare qui damne hardiment tous ses prĂ©dĂ©cesseurs., les cultivateurs
delĂ syntaxe ont souvent prĂȘtĂ© Ă la plaisanterie. On ferait une longue liste de leurs folies et de leurs absurditĂ©s.
Vaugclas pose en principe (devfnez son motif, je lâignorĂ©), que lâon ne peut et ne doit pas dire Tes pĂšre et
mĂšre. Cela nâempĂȘche pas, depuis trois cents ans , les fxis de parler de leurs pĂšre et mĂšre, malgrĂ© Vaugelas.
Les rudiments afTirment unanimement quâaprĂšs un comparatif, le subjonctif estindispensablcment nĂ©cessaire.
Cependant Pascal écrit cette excellente phrase : Il faut donner aux hommes le plus de liberté que Von peut.
Tout le monde avoue la lĂ©gitimitĂ© de cette maniĂšre dâemployer lâindicatif. Que Von puisse serait une faiitc '
'VossiĂšre. ' ,
Lâauteur du Dictionnaire des Dictionnaires cherche lâĂ©tymologie de lâinteĂŻjcction bah / et il lâexpRque ainsi,
fort gravement âą â â
BaiĂŻ ! interjection ^ qui Ă©quivaut Ă mon Ă©tonnement est bas / câest-Ă -dire j'y mets peu d'importance.
VoilĂ une bien jolie Ă©tymologie Ăź. . ' . âą ' â
Du temps de La BruyĂšre, les grammairiens et les gens du-monde formĂšrent une ligue contre le mot car f
le mot car survécut aux grammairiens et aux marquis. Souvent les écrivains jaloux ont fait cause commune
avec les pédants, pour jouer piÚce aux hommes de génie. Montesquieu avait dit : Le peuple jouit des refus du
prince, et le courtisan de ses grĂąces. Cette sentence si lucide, si concise, si belle, Marmontel. la condamne au
nom de la grammaire ; il prĂ©tend que lâellipse est trop forte. La clartĂ© de la phrase prouve le ridicule de la '
critique. Mais nâctait-il pas naturel et nĂ©cessaire que lâauteur des Incas se montrĂąt injuste envers lâauteur de
l'Esprit des Lois ? âą /
11 est arrivĂ© Ă Voltaire mĂȘme, dans son Commentaire sur Corneille, de se livrer Ă de mauvaises chicanes
grammaticales quâil soutient par - de bons mots. Il prĂ©tend que ces vers .
Trois Meptres Ă son trĂŽne, arrachĂ©s par mon bras, â
Parleront au lieu dâelle et ne se tairont pas Ăź
rivalisent en niaiserie avec les vers de M. de la Palisse : Hélas/ s'il n'était pas mort, il serait encore envie.
Voltaire est de trĂšs mauvaise foi ; il sait que le langage prĂȘtĂ© par le poĂšte aux sceptres quâil anime, acquiert-
-dans le second hĂ©mistiche une Ă©loquence foudroyante, une voix Ă©ternelle qui ne se taira 'plus/ Câest une beautĂ©,
non une faute. La taquinerie grammaticale rabaisse au niveau des esprits'médiocres les esprits supérieurs, les
génies les plus brillants.
Les seules fautes de français véritables, ce sont les locutions qui rendent le langagqobscur, pénible, équß-
t, \
(1) Ces observations littĂ©raires et philosophiques sur lâhistoire de-notre langue, sont extraites des trois beaux articles que
le des Débats a bien voulu consacrer à notre ouvrage.. Nous avons pensé que nos lecteurs ne les liraient pas sans
intĂ©rĂȘt. *'
( 6 ; ^ âą .
\
voquc, établissent confusion , embarrassent le sens, ou détruisent ces teintes et ces acceptions délicates qui
constituent le gĂ©nie de notre langue, et la principale source de ses richesses. ĂouyrĂąge doMM. Bescherelle est
neuf, en ce quMl n'établit pas de théories ; il montre le génie de la langue se développant sous la main de nos
grands hommes. Les Bpssuet et les Pascal, instituteurs que ces messieurs appellent Ă leur aide, valent bien
les Bcauzéc et les Court de Gébelin. Les enseignements de ces écrivains supérieurs démontrent le ridicule et
lâarbitraire de mille prĂ©tendues rĂšgles quâil faut savoir violer pour savoir-bien Ă©crire. On voit que tous les chefs-
dâĆuvi'Ă« ont Ă©tĂ© créés non dâaprĂšs ces rĂšgles; niiiis souvcnl inalgrĂ© elles et en dehors du cerclĂ© magĂźtiue tracĂ©
par la grammaire sacro-sainte. LĂ©s faits sont lĂ qui parlent plĂŒshaĂŒt que les rĂšgles. Les auteurs nbuvĂȘaux,
parcourant toute lâctendue de la syntaxe française, âet sâappuyant sur cent rriille exemples puisĂ©s aux mĂȘilleures
sources, indiquent avec une rare justesse, avec une sagacitĂ© analytique digne de beaucoup dâĂ©loges, la valeur,
lâusage, I:i place , les variations de chaque mot ; les bornes de telle acception ; les limites de telle concordance;
la nécessité de francliir telle rÚgle accréditée ; la légitimité de telle licence qui établit une nouvelle rÚgle dans
la rĂšgle. Câest une collection unique et fort prĂ©cieuse : lĂ se trouvĂ© Ă©parse toute lâhistoire de notre idiome,
de scs variations, de ses origines et de ses singularitĂ©s. Sous la forme dâune compilation et sans aflicher de
hautes prĂ©tentions philosophiques, câest lâĆuvre la plus jjliilosoplĂŒquĂ© et la plus rationnelle dont la langue
française ait etc depuis longtemps lâobjet; -
Non que toutes les donnĂ©es des auteurs nous semânlent justes et que leur livre soit, selon nous , exempt de
lacunes et dâimperfections. Si le plan est excellent et lâexĂ©cution en gĂ©nĂ©ral trĂšs distinguĂ©e, sâils ont eu raison
de ridiculiser les folles dĂ©licatesses de quelques puristes et dâen prouver le peu de fondement; si leur analysĂ©
est souvent heureuse ct'ldcide, ils nous semblent avoir pousse bien loin en plusieurs circonstances la tolé
rance grammaticale, et justifié des fautes réelles par des analyses trop subtiles.
Voici une phrase quâils donnent pour correcte : les animaux ont en soi ; nâest-elle pas dâune 'incorrection
frappante ? On dit : chacun pense Ă soi ; on ne dira pas : les hommes attachent Ă soi les: animaux. Je sais
que lâanalogie latine du mot iemea'psum peut justifier jusquâĂ un certain point les grammairiens ; mais lâusage-
est roi; ses sentencesâveulent ĂȘtre Ă©coutĂ©es et respectĂ©es. Aujourdâhui que lâon parle en France une quaranÂŹ
taine de langues diirérentes ; qui, le gaulois de Villeliardouin ; qui, le français do Marot ; qui, un autre français
Ă la Shakespeare, Ă la Schiller, -Ă lâarlequin ; qui, un idiome de taverne, de rue, de cafĂ©, de coulisse ; aujour-
dâiiiii que tous ces styles sâimpriment; aujourdâhui que cliacun sâĂ©vertue Ă crĂ©er, comme sous Louis Xlll, un
petit barbarisme nouveau ( sâil est possible, car on a usĂ© le barbarisme ), le grammairien doit-il ouvrir la porte
toute grande, et, jotant les deux battants Ă droite et Ă gaiiche, proclamer que tout est permis? Ce qui a fait la
gloire dĂ© Malherbe, gĂ©nie peu poĂ©tique, câest que-, dans un temps littcriurc assez scnablable au nĂŽtre, il sâest
armé de sévérité. Nous accusera-t-on, à ce propos, de pédantisme ou de contradiction? Nous avons loué le
principe : nous en blĂąmons lâabus.
Kn fait de style et de langage, comme en politique et en philosophie, la lutte est entre la libertĂ© dâune part,
et dâune autre la puissance dâordre et dâorganisation; deux excellents principes qui nc.doivent pas sâannuler j
mais sc soutenir; ils sâaccordent malgrĂ© leur combat. Tout Ă©crivain supĂ©rieur est Ă la fois ncologue et puriste.
Veiil-on fixera jamais la langue? On arrĂȘte le progiĂšs;on est pĂ©dant. l)onne-t-on une libertĂ© effrĂ©nĂ©e aux mots,
à leur vagabondage, à leur mixtion, à leurs ûllianccs, à leur fusion, à leurs caprices ? On expose un idiome au plus
grand mallieur qui puisse lui arriver, à la perte de son caractÚre propre , à la ruine de son génie. La langue
grecque va mourir, lorsque lâempereur Julien se sert dâun grec asiatique; elle nâexiste plus, lorsque la prinÂŹ
cesse Anne ComnĂšne introduit dans la langue de Platon toutes les circonlocutions orientales. Saint Augustin et
.Tertuliicn sont des hommes de gĂ©nie et dâesprit ; mais leur langage romano-Ăąfricain annonce la chute de lâemÂŹ
pire ; voilĂ bien les inflexions et les dĂ©sinences latines ; cela ressemble un peu Ă lâidiome de Ciccron ; hĂ©las! ^
' similitude Ă©loignĂ©e et trompeuse; le latin ne renaĂźtra plus, câest une remarque fort curieuse quo les langues
se'forment, croissent, se renouvellent, mûrissent, et atteignent leur perfection au moyen des idiomes étran
gers quâelles sâassimilent; que cette assimilation seule les soutient, et.quâĂ la fin de leur carriĂšre cet Ă©lĂ©ment de
leur vie, devenant,lâĂ©lĂ©ment de leur mort, les corrompt, les Ă©touffe, les Ă©crase et les tue. .
Notre langue a de vieux principes, assez mal expliquĂ©s jusquâici pari les scolastiques , mais fondĂ©s en raiÂŹ
son cl que les nouveaux grammairiens ont tort de détruire. Pour le prouver, il faudra bien entrer dans quel
ques discussions dont le pĂ©dantisme cl la sĂ©cheresse mâelfraieht dâavarice. MM. BĂ©sclierelle dĂ©clarent que la langue
française nâa pas de genre neutre. Nous le retrouvons, effacĂ©, il estyrai, et peu reconnaissable, mais doue de
sa signiiicĂ tion et de sa valeur propres , dans lĂšs verbes il pleut, il tonne,il importe; dans les locutions ily
a, il fait beau, ĂŒ faut,' dans les mots en et y, sur lesquels nous ne.partagcons pas lâavis de la grammiiire
nouvelle; dans je* le veux, je le dois, je Vemporte; oĂč le mot le joue le rĂŽle du pronom neutre des Latins,
illiid. Pour expliquer ces diverses locutions, MM, Bescherelle ont recours à des procédés analytiques fort savants,
trop savants, selon nous. Une phrase excellente de La BruyĂšre, quâils condamnent Ă tort comme anti-grarnma-
catc, prouve que Tacreption du mot te est bien celle dâfĂŻtud, du pronom neutre ßà tin : « Les fourbes croyetU
aisĂ©ment que les autres le sont...» Qui peut rien reprendre Ă cette phrase, dâune clartĂ© parfaite, et oĂč lepro-
aom le est évidemment pour illud, celap
L'analogie des langues étrangÚres modernes suffit pour décider la question. Les Allemands et les Anglais ont
un'nontre'dlstinct quâils emploient Ă tout moment, es Ă©lit. Pour traduire dans ces deux langues les phrases
que MM. BĂ©scherellese donncnttant de peine Ă expliquer, an moyen de longues et savantes analyses, on nâa
qiiâĂ employer le neutrCv!dlemand ou anglais. H.pleut, « esrcignet, it rains ; « il faut, « es muss , it must ; u
Jl est vrai, « es isl trcno, it is true. » Les grammairiens nouveaux commentent subtilement lâexpression vous
remportez, quâils regardent comme un gallicisme embarrassant. Ce qui les embarrasse, c'est le systĂšme quâils
dĂ©fendent et la pcrsiiasion oĂč ifs sont que Te nâest pas un pronom neutre, et que nous nâavons pas de neutre.
Mais remporter n'est pas un gallicisme; câest la contraction de la locution latine : Palmamtulit, emporter
la palmé. Les Allemands et les Anglais possÚdent aussi cet idiotisme, et ils rendent précisément ce le par leur
pronom neutre es ett7. âi « Eh bien l ( demande Hamlet dans le draine dĂ© Shakespeare) soht-ce les enfants qui
iâf)
I
'.remportent ? â Do the boys carrj/ it away ? » La traduction est littĂ©rale frĂ©inporter, â carry ĂŻt Ă wapj, et
le neutre sây trouvĂ©. Jâai peine Ă croire que la vĂ©ritable explication de II pleut ^ soit le ciel pleut. Lâanalogie
la plus Ă©troite lie cette locutiod aux locutions du mĂȘme genre : il faut, il vaut mieux, il doit ĂȘtre beau de,
etc., que les Anglais traduisent par : itmust, U is better, etc. Je sais que le roman de la Rose Ă dit
Li air pleut et tonne ; . ' ,
mais alors mĂȘme que Jehan de -Meung aurait employĂ© activement le moi pleuvoir (comme cela est anivĂ© une
seule fois Ă Bossuet), lâanalogie des locutions que nous venons de citer, et le fait de leur existence et de leur
groupe ne seraient pas dĂ©truUs. Quittons la thĂ©orie ; remontons jusquâĂ lâorigine de ces fournures ; il faut, ĂŒ
rude forme : Faut ĂȘtre sage, disent encore les paysannes.
Alors tonnait, pleuvinait Ă merveilles, * -
dit le Verger d'honneur. Mais comme tous les verbes français se trouvaient prĂ©cĂ©dĂ©s dâun pronom ou dâun nom,
et que le verbe neutre impersonnel était seui de sa classe, on voulut le régulariser , le faire marcher de front
avec le reste de la syntaxe, et on lui donna pour afiixe, vers le commencement du quinziĂšme siĂšcle, cet il (iiludj
qui correspond exactement au it des Anglais. * »
Wellj il rnust be so / (iliudJ a Bien, ĂŒ doit en ĂȘtre ainsil » DĂ©cidĂ©ment, MM. Bescherelle rendront le neutre
à notre grammaire, qui est déjà bien assez irréguliÚre comrne cela.
. JâĂ i un second procĂšs pĂ©dantesque Ă ,intenter Ă ces messieurs : il sâagit de deux petits mots trĂšs durs Ă lâoreille,*
trĂšs nĂ©cessaires, dâun dilTicile emploi, mais de grande ressource, comparses utiles et dĂ©plaisants , les mots en
et y.â Y vient du mot latin iUic, ĂŒliic, lĂ , « en cet endroit. » En vient du mot latin indĂš ou de ilio ,
a de là et de cela. » Les auteurs de la Grammaire nationale veulent que ces deux mots ne soient pas des neu
tres, en dĂ©pit de leur origine et de leur usage j les arguments quâils emploient ne nous persuadent pas; Dire :
J'aime cet homme et je m'y attache, au lieu de je m'attache Ă lui, câest commettre une des fautes les plus
graves possibles : faute contre l'Ă©tymoiogie, faute contre le gĂ©nie Ăe la langue française , dont la dĂ©licatesse
ne. confond jamais des. nuances distinctes. Je traĂźnai ma barque jusqu'au rivage et je l'y fixai ^ est une
bonne phrase qui ne frappe lâoreille et lâesprit dâaucun sens dĂ©sagrĂ©able. â C'est ma place et j'y tiens. â
C'est mon ami : je tiens Ă lui. La distinction est claire. â Cest un homme honnĂȘte ; fiez~vous~y ^ me
dĂ©plait beaucoup, quoique celte phrase ait Ă©tĂ© signĂ©e, paraphĂ©e et sanctionnĂ©e p.ar lâAcadĂ©mie française.
Jâen'demande humblement pardon Ă lâAcadĂ©mie française.
Que lâon place Ă cĂŽtĂ© lâune de lâautre cette phrase : '
Fous avez sa parole ; fiez~vous~y. ^ .
Et cette autre phrase : â '
â Fous avez vu M. tel,^vous vous- y fiez?
Lâoreille, un instinct secret, dâaccord avec le sens vĂ©ritable des mots et le gĂ©nie du langage, vous avertiront
que la premiĂšre des d'eux est excellentej mais qnâil y a dissonance , faute, incorrection dans la,seconde. Pour
peu quâon ait de goĂ»t, on changera presque involontairement cette derniĂšre, et lâon dira : Fous avez vu
âą M. tel? vous fiez-vous a lui? Il y a donc une nuance; câest cette nuance, empruntĂ©e Ă lâĂ©tymologiĂ© latine, qui
' fait du mot y un pronom neutre et lâapplique aux choses inanimĂ©es. Qui oserait dire : Sa fille l'avait quittĂ©Cy
je l'y ai rendue ? On dirait : Je la lui ai rendue. Quand de Sévigné écrit à sa fille : Voire petit chien est
charmant, je m'y attache. On nâest pas blessĂ© de cela; tout charmant quâil soit, ce nâest quâun chien. Ce
y est. neutre; les Anglais diraient-de mĂȘme en parlant dâun animai favori : J am fond of it ; erhj^loyant le
neutre pour les animaux , the brute création ; et nous résen^ant à nous, bipÚdes, qui ne le méritons guÚre,
lâhonneur du pronom des deux genres. * ,
MĂȘme remarque sur le mot en. Je m'en doute, signifie je me doute dĂš cela (de hoc). En parlant dâune
femme, il faut dire : Je doute d'elle,oinon pas : J'en doute. MM. Bescherelle nous semblent avoir.ouvert une
carriÚre .trÚs large aux fautes grammaticales (si fréquentes de notre temps), quand ils ont essayé de détruire le
sens neutre des mots dont nous parlons. Personne nâoserait sâexprimer de la maniĂšre suivante : Mon pĂšre
langue ne vit que de nuances: Dans ces deux vers dâAndrieux :
Quelle amie oserait mâĂŽuvrir une retraite.
Je nâen ai pas besoin Ăź , ' -
* ^
tout le monde voit que ce nâest pas de lâamte, mais de la retraite qu'il est question, et que lĂ en est bien neuÂŹ
tre. Ne vous en dĂ©plaise / il faut s'en moquer / prouvent le sens neutre du mĂȘme mot. Les poĂštes, je ie sais.
Font employé souvent au lieu de lui, ou d'elle, mais par licence, par extension, et toujours dans un sens mépri
sant et odieux.
Un vieillard amoureux (dit Corneille) mérite qu'on en rie. .
Pour punir un méchant, (dit Voltaire) pour en tirer justice.
Ces deux personnages si maltraités sont assimilés à des choses, et non pas à des homines. Quand Marivaux
dit : Elle fait la passion des gens, et son mari en est jaloux, la phrase signifie : Son mari est jaloux de cela,
et non pas : est jaloux d'elle.
Dans les écrits du dix-neuviÚme siÚcle, on a souvent confondit les acceptions décÚs mots : en et avec celles
. ' . . â ( 8 ) . â . â
âą ^ ^
de lui et d'eHe; cela est trĂšs vrai; mais il y a corruption dans cet emploi. Non parce que M, de Vaugelas ou
M. Dumarsaisle veulent,'leur autoritĂ© ne mâest de rien; mais il faut conserver avec soin le signe distinctif qui
isole de la chose matĂ©rielle, de lâĂ©tre brut, de lâalistraction, lâhomme vivant, notre semblable. Câest une richesse
du langage. Soyez indifférent quant au sort des rÚgles qui ne nous donnent pas une beauté; fouettez celles qui
nous appauvrissent; battez-les en brÚche et en ridicule; mais gardez cf protégez celles qui ctendent le cercle
de nos ressources, qui offrent de plus nombreux matériaux à la pensée et au style !
Que dâinutiles et pointilleux dĂ©tails, va-t-on dire P Câest de cette menue et faible monnaie que se compose le
trésor grammatical. AprÚs avoir adressé à MM. Besclierelle les seules critiques auxquelles donne prise leur excel
lent travail, je chercherai dans ce répertoire commode, vaste et bien divisé, queiques-uhs des résultats élevés et
des considĂ©rations gĂ©nĂ©rales qui dominent toute lâhistoire mal connue de laTangue française.
Quel obstacle opposerez-vous aux révolutions des langages, vous qui ne pouvez enclouer pour un seul moment
les rĂ©volutions des modes ou des mĆurs ? les idiomes ne sont quelâorgaric, le vsrhe de .la civilisation humaine ;
câest une voix qui mue ; câest un accent qui se modifie avec les phases vitales de la sociĂ©tĂ©. TantĂŽt notre orgueil
nous fait croire que notre Ă©poque est la seule oĂč le langage soit parvenu Ă maturitĂ© complĂšte; tantĂŽt dĂ©goĂ»tĂ©s
et rassasiés de nous-mcmes, nous nous rejetons en arriÚre, pleurant la dééadence de notre idiome national. Noua
ne voyons pas que le cours des idées et les cvoliitions matérielles de la vie sociale entraßnent le langage avec eux
et lui font subir dâinĂ©vitables altĂ©rations. QuandFroissart Ă©crivait, les* paroles lui manquaicnt-ellesPMontaigne, dans
la solitude de sa bibliothĂšque fĂ©odale, se plaignait-il de lâindigence du langage'? Nây avait-il pas assez de nuances
pour La BruyĂšre? et dansTĂ©tat de mĆurs le moins favorable au dĂ©veloppement de lâimagination pittoresque,
Diderot ne trouvait-il pas toutes les couleurs chaudes que rĂ©clamait son pinceau ? tes couleurs ne sont-elles pas â
avivĂ©es et enflammĂ©es encore sur la palette de Chateaubriand, au dix-neuviĂšme siĂšcle, quand lâesprit analytique
régnait en despote sur les écoles ^ançaises ? Les langues font des acquisitions et des pertes, comme les peuples ;
elles achĂštent les unes au prix des autres, comme les peuples.
De grands gĂ©nies paraissent â-ct fon dit que lâidiome dont Us se sont servis est immuable. Ils meurent, une
nouvelle moisson de paroles inconnues et de tournures inusitĂ©es fleurit et verdoie sur leur tombe. Si lâon procĂ©-,
dait par exclusion , sâil fallait condamner les rĂ©volutions du langage enchaĂźnĂ©es aux rĂ©volutions des mĆurs, si
Ton ne voulait accepter quâune seule Ă©poque littĂ©raire dans toute la vie dâune nation, LucrĂšce dâune part, et de
.lâautre Tacite seraient des Ă©crivains barbares; il ne faudrait lire Shakespeare et Bacon, riches de toute TĂ©lo-
quence du seiziÚme siÚcle, ni Mackintosh, Erskine ou Byron, néologues du dix-neuviÚme siÚcle. En France, on
répudierait la-langue admirable et pittoresque de Montaigne, et Tidiome bizarre, ardent, emporté de Diderot,
de Mirabeau, de NapolĂ©on. Il est vrai que tout sâĂ©puise, la sĂšve des sociĂ©tĂ©s et'celle dĂ©s idiomes. Dans les sociĂ©tĂ©s
en dĂ©cadence, les langues sâĂ©teignent, la parole perd sa force et sa beautĂ©, les nuances sâeffacent, la phrasĂ©ologie
devient folle ou radoteuse ;'Câest le rĂ le des littĂ©ratures; ce sont les derniers accents, les gĂ©missements brisĂ©s de
Tagonie. Lâelfort de tous les rhĂ©teurs, le cri de dĂ©tresse de tous les grammairiens ne sauveront pas un idiome qui
pĂ©rit avec un peuple. Anne ComnĂšne se sert dâun style prĂ©tentieux et lourd, enveloppĂ© de draperies superflues,
vide et pompeux comme la cour byzantine. Sans doute Ă©ela doit ĂȘtre. Si vous voulez ressusciter le lexique et la
grammaire, si vous .prétendez que ce mourant Totrouve la voix, jetez un nouveau sang dans ces veines qui se
dessĂšchent, ressuscitez le cadavre, il parlera.
Quelques langues, échappant air mouvement vital qui'soutient et renouvelle tout dans le monde, sont
âąrestĂ©es stationnaires ; ce sont .celles qui ont le moins produit. Lâidiome provençal, pĂšre dâune littĂ©rature passaÂŹ
gĂšre, dont la lueur a servi de signal h la poĂ©sie moderne, a brillĂ© un instant et nâa pas laissĂ© de grandes
Ćuvres. Sâil faut en croire les savants dâAllemagne qui se sont occupĂ©s des idiomes de la Lilliuanic, de Tlllyrie
et de la plupart des régions que les races slavonncs habitent, ces races ont conserve leurs langues pures
dâaltĂ©ration, et nâont guĂšre créé que des chants âĂ©lĂ©giaques et pastoraux. La fĂ©conditĂ© semble attachĂ©e au
mouvement; la stérilité à Tinaclion. Il en est des langues comme de tout ce qui a vie : ruine et renaissance, mort
et rĂ©parations constantes jusquâĂ 'la mort, qui est le silence et le repos total.
Les vrais grammairiens, les seuls grammairiens, ce ne sont ni Beanzée , ni Dumarsais, ni le vieil imprimeur
Geoffroy.Thory ; ni les honorables membres de Port-Boyal ; ni Vaugelas, Ă qui une fausse concordance donnait
la fiÚvre ; ni Urbain Domergue, connu par son inurbanité envers lés solécismes qui éveillaient sa colÚre ; ni
M- Lemare, le Bonaparte du rudiment et le Luther de.la syntaxe. Les vrais grammairiens, ce sont les
hommes de génie; ils refont les langues, ils les échauffent à leur foyer et les forgent sur leur enclume. On les
,vo.t sans cesse occupés à réparer les brÚches du temps. Tous, ils inventent des expressions, hasardent des
fautes qui se trouvent ĂȘtre des beautĂ©s; frappent de leur sceau royal un mot nouveau qui a bientĂŽt cours,
exliumcnt des locutions perdues, quâils polissent et remettent en circulation. Tous, nĂ©ologues etarclia'istes, plqs,
â hardis dans les Ă©poques primitives , plus soigneux et plus attentifs dans les Ă©poques de dĂ©cadence, mais ne se
faisant jamais faute dâune tĂ©mĂ©ritĂ© habile, dâune vigoureuse alliance de mois, dâune conquĂȘte sur les langues
étrangÚres. Les écrivains qui parmi nous se sont le plus servis des archaïsmes, ceux qui ont renoncé le plus
diificilement Ă lâironie bonhomiĂšre des tournures gauloises, Ă leur vieille et bourgeoise naĂŻvetĂ©, ce sont Lafon-
taine, M'*'Ÿ de Sévigné, MoliÚre, La BruyÚre,.au dix-septiÚme siÚcle ; Jean-Jacqucs Rousseau au di.x-huitiÚme,
paul-Louis Courier de notre' temps. Bossuet a osé (lui seul pouvait oser ainsi) faire pénétrer dans une langue
analytique et toute de dĂ©tail, les tournures hĂ©braĂŻques ; câest ĂŒnprodige; rien nâest plus hostile Ă lâidiome gauÂŹ
lois que la concentration et la synthĂšse elliptique de lâhĂ©breu. Ln phrasĂ©ologie grecque sc trouve chez Amyot,
Fénelon et Racine. Montaigne et Rabelais ont jeté dans leur style une infusion italienne trÚs marquée. Tous les
auleurs-qui ont. vécu sous Richelieu, parlaient un français espagnol. Les interminables, périodes de M">e de
Motteville sont calquées sur celles de Balthazar Gracian; Balzac, ennuyeux et grave prosateur, impose à ses
phrases toute TĂ©liquette castillane; mais câest Pierre Corneille, le grand homme, qui nous a forcĂ©s, dâadopter
quelques traits puissants du gĂ©nie espagnol. Rousseau ne sâest pçis contentĂ© de renouveler et de dĂ©rouiller les
'fortes expressions de Montaigne et de Calvin; il a fait desĆmprunts semi-teutoniques Ă sa petite patrie., Ăš
GenĂšve, dont les idiotismes spĂ©ciaux ont Ă©tĂ© consacrĂ©s et immortalisĂ©s par lui. Ainsi, de faute en faute, dâau-
/
/
. ^ (9 )
dace en audace, toujours téméraires, toujours réprouvés par le pédantisme, ils fournissaient des aliments nou
veaux Ă leur vieille.mĂšre', Ă cette langue française quâils empĂȘchaient de mourir.
Ce sont là des vérités historiques que je ne conseille à personne de redire si Ton postule un des fauteuils de
lâAcadĂ©mie. Mais si jâaime lâAcadĂ©mie J'aime encore mieux la vĂ©ritĂ©, toute rude et pĂ©rilleuse quâelle spit dans
tous les temps, comme je le sais fort bien. Ouvrir la porte au néologisme, dont la plupart de nos écrivains abu-
pas . _ _ .
trouvent toujours les manouvriers dont la gaucherie et lâexagĂ©ration sont fertiles en essais ridicules. Voulez-vous
condamner le néologisme? Faites laTiste des néologues absurdes. 11 est facile de livrer les archaïsles au mépris
en citant les ravaudeurs ignorants du vieux langage. Pendant que le puissant Corneille cloue, pour ainsi dire,
dans la langue française, les hardiesses les plus incisives et les plus ardentes de la langue espagnole, un poÚte
alors Ă la mode, Saint-Amand, fait la mĂȘme tentative, et lance
Dans les champs do fazur, surle parvis des nues,
'Son esprifĂ cheval sur des coquesigrues !
Ouvrez les versificateurs du temps de Louis XIII, dont quelques rares amateurs possĂšdent la collection, si
utile pour lâhistoire de notre langue, vous reconnaĂźtrez quâalors on Ă©tait aussi fou de nĂ©ologismes quâaujourdâhui.
Les héroïnes de VAsirce baragouinent beaucoup de phrases aussi espagnoles que celles de Corneille. Comparez
au néologisme de Jean-Jacques Rousseau celui de Sébastien Mercier; aux expressions antiques renouvelées par
Paul-LĂŒuis Courier .ou conservĂ©es par Lafontaine, opposez le mauvais patois gaulois imitĂ© par le comte de
Tiessan, vous verrez quâil y a fagots et fagots, que tout dĂ©pend de l'habiletĂ© de rartislCj et qu'il ne faut frapper
d'un anathcme exclusif que la sottise et la maladresse. Certains esprits distingués, mais'non supérieurs, fins,
gracieux, délicats, mais peu oseurs, dont la pensée prudente reste toujours dans les régions moyennes, n'ayant
besoin ni dâĂ©mouvoir, ni de convaincre, ne Voulant frapper leurs lecteurs dâaucun Ă©branlement profond, se conÂŹ
tentent d'employer avec talent les ressources de la langue existante. Pourquoi les mépriser? lis expriment ce
que leur intelligence a conçu. Les richesses acquises leur suffisent; ils se tiennent à leur place; ils échappent
au ridicule dâune tentative dont le succĂšs leur Ă©chapperait. Tels sont Lamotte et Fontenelle sous la rĂ©gence;
lâabbĂ© Desportes et quelques versificateurs sous Henri IV ; d-Alembert, Suard, La Harpe et le pesant Marmontel
..iAnIn CMr. n*.snpĂź/.hiÂŁ!ennt nnc ĂlĂźftTTiii Hll mninc Ăźlc TIP Ip fĂŻptriccpnt pf nP 1p
1 S cat miiiG ^ Ă©gale Ă lâadmiration qui
Mais quel parti prendre entre le néologisme et le puritanisme du langage ? Quelle ligne sépare les libertés per
mises des licences que vous condamnez - , . . . , .
d
que
. termes, il exige que^Ia pensĂ©e commande Ă lâexpression, quâelle la fasse jaillir, soit du fond mĂȘme du lanÂŹ
gage ordinaire, ou dâune crĂ©ation inattendue, ou du sein de la vĂ©nĂ©rable antiquitĂ© ; il veut surtout que lâon
connaisse ses forces,
Qßiid valeant humeri, qtiid ferre récusent, ^ .
et que l'on ne sâimpose pas de tĂąche supĂ©rieure Ă son pouvoir.
AprĂšs tout; U nây a dans les prĂ©ceptes du poĂšte aucun systĂšme arrĂȘtĂ©, point de dogme, point de symbole de
foi; Horace ne dĂ©fend absolument ni lĂ©s innovations ni les renouvellements. CâĂ©tait une intelligence Ă©levĂ©e qui
_ . ». 1*1 l'rMl Irtl rvT tWTV* a 1 TTA t*l a T« AT» a a Ai^ a a An a a 11 11 Ă-. !
'avons besoin de dogmes. Tous les esprits impératifs et dogmatiques nous ont imposé : ils ont exercé une
facile infiuence sur la nation la plus spirituelle de la terre. Si lâon ne nous commande, nous croyons quâon est
faible. 11 nous faut des axiomes, comme' aux enfants des lisiĂšres ou aux vieillards des bĂ©quilles. Quâun bon
guide se contente de nous indiquer'lĂȘs obstacles ou les abĂźmes, Ă droite ou Ă gauche, nous tomberons effrayĂ©s.
Dogmatisez, commandez-nous, décidez-vous, soyez absolu, prenez parti; ainsi ont fait tous les écrivains orgueil
leux qui prĂ©fĂšrent le succĂšs actuel Ă la vĂ©ritĂ©, et le plaisir de lâempire Ă celui de lâĂ©tude. Ronsard a dogmatisĂ©;
puis Vaugelas, puis lâabbĂ© dâĂubignac, puis Lamothe-Houdart. Ce pauvre Pierre Corneille a essayĂ© de bĂątir
aussi des systĂšmes, et .Dieu sait avec quelle maladresse ! Ensuite est venu le tour du dix-huitiĂšme siĂšcle; tout
le monde a fait son Ćuvre. Le baron dâHolbacii frappait bien plus forierncnt les esprits que Vauvenargucs.
Vauvenareues Ă©tait profond et modeste, dâHolbach creux et insolent. Mais lâun, observateur sans faste, exposait
avec simpUcitĂ© des rĂ©sultats, quelquefois des doutes. Lâautre, hardi comme Dieu, arrĂȘtait des principes et bĂ ĂŒs-
aait un monde. Nous aimons cet air dâassurance qui nous rassure contre nous-mĂȘmes : câest ce quâune Ă©cole
dogm
atisĂ©, souvent trĂšs follement, et de la façon la plus contradictoire. Quâimporte ? pourvu que lâaxiome eut
Vair bien gĂ©omĂ©trique et bien impĂ©rieux, cela sufiisait. FĂčt-il parvenu Ă se crĂ©er parmi'nous une existence souÂŹ
veraine, libre, riante, puissante, comme celle de Jules-Césarà Rome, dépouillée de charlatanisme et de men
songe, de paroles de théùtre et de sentences foudroyantes? Jamais. 11 remarque lui-mĂȘme quelque part o que
« nous demandons Ă ĂȘtre matĂ©s (câest son terme),â et quâen France un libre et corifiant laisser-aller engendre
a une familiarité dangereuse. \
2
( 10 )
Nos gramoialriens ont usé largement de ce droit de -pédantisme que le génie de ia nation leur donnait.
Ils ont tranché dans le vif et fabriqué des codes sévÚres, ils ont environné de palissades et de bastions les
larticipcs et les conditionnels. Travaux perdus, fatigues sans rĂ©sultat ! Leurs principes tombaient aussitĂŽt quâĂ©ta -
dis. Lâouvrage de MM. Bescherelle olfro la liste'interminable des Ă©checs de la grammaire; le budget
de toutes les lois inutiles quâelle?semble nâavoir formulĂ©es que pour les laisser violer; le compte de toutes les
atteintes portĂ©es'tĂŽur Ă tour par Corneille, Bossuet, Pascal, FĂ©nelon, Voltaire, Ă Vaugelas, BĂȘauzce, Dumarsais
et TabbĂ© dâOlivet. Plus les rĂšgles Ă©taient absolues, plus' elles Ă©taient fragiles. Câest que la vĂ©ritĂ© ne se trouve
Jamais dans l'absolu ; elle nâest pas mĂȘme au milieu des questions : elle'est au-dessus. Pendant que les esprits
communs la cherchent dans les axiomes tranchés, soutenus avec aigreur par les partis en lutte, elle plane
sur les deux camps. « Lâinversion est-elle permise Ă la langue française? Est-il licite dâinnover dans le langage?
a Doit-on employer les mots anciens dans un idiome plus moderne? » Aucune de'ces questions ne peut se
rĂ©soudre par oui ou par non; mots prĂ©cieiix et sacramentels quâil faut dĂ©clamer trĂšs liaut pour se faire suivre
de la masse. Voulez-vous avoir une Ă©cole? nây manquez pas. Mais ĂȘtes-vous plus philosophe que vaniteux,
plus sincĂšre quâhomme de parti? vous ne vous prononcerez pas si vite. Lâamateur de la vĂ©ritĂ©, de lâart, de la
science, creuse plus avant, pĂ©nĂštre dans les entrailles mĂȘmes des idĂ©es et dĂšs faits historiques. 11 y dĂ©couvre, non
sans travail, les principes fondamentaux qui rĂ©concilient des contradictions-apparentes; il sâexplique pourquoi
lâinversion, excellente dans telle circonstance donnĂ©e, est impossible dans telle autre ; il voit quelles lois supĂ©rieuÂŹ
res aux rĂšgles'en permettent ou en ordonnent le dĂ©placement ; il nâarrive pas Ă lâindilTcrcnce et au vague sur
toutes les questions, mais Ă un systĂšme lumineux et haut, bien plus vaste, bien plus arrĂȘtĂ©; bien plus net,
et dont Télévalion. seule le soustrait aux regards de la foule.
Ainsi, Ja rĂšgle souveraine, la loi suprĂȘme des idiomes, câest le gĂ©nie propre de chacun dâeux. Tout ce qui
lui' rĂ©pugne est inadmissible, tout ce quâil permet on doit lâoscr. En vain les grammairiens multiplieront les
fantaisies, les injonctions, les définitions, les sévcrilés, les folles délicatesses; fidÚle par instinct au génie de sa
langue et de sa nation, lâĂ©crivain supĂ©rieur dĂ©couvrira toujours en deliors du cercle grammatical et du code
convenu quelque beautĂ© lĂ©gitime et nouvelle conforme Ă la rĂšgle suprĂȘme. Mais quel est le gĂ©nie propre do
la langue française? De quels Ă©lĂ©ments matĂ©riels et mĂ©taphysiques sâest-elle formĂ©e P Quelles phases hialoriqucs
ont dĂ©terminĂ© et soiitenu sa formation? Quels caractĂšres spĂ©ciaux doit-elle aux rĂ©volutions quâelle a traversĂ©es?
Quelles sont les bases sur lesquelles elle repose et lĂšs vrais principes de sa force? Belles et graves questions, qui
sâĂ©tendent trĂšs loin et ne peuvent se rĂ©soudre quâau moyen de lâhistoire, dâune Ă©tude attentive des mots et de
leurs destinĂ©es et dâune sagacitĂ© rarement unie Ă lâĂ©rudition. Lâhistoire des variations do la langue française
nâest pas faite et probablement ne se fera pas. Les encouragements nĂ©cessaires pour ces grands travaux ue
peuvent venir que dâun public autrement disposĂ© que le nĂŽtre, moins absorbĂ© dans ses affidres personnelles,
dans ses intĂ©rĂȘts individuels, dans les dĂ©bats dâune sociĂ©tĂ© en pĂ©ril, et dans ses propres jouissances. Câest domÂŹ
mage. Un homme assez puissant pour celte Ćuvre Ă©lĂšverait un monument prĂ©cieux, non seulement Ă la philoÂŹ
logie, mais utile Ă lâhistoire des mĆurs et Ă celle des faits ; ce travail est le travail littĂ©raire du siĂšcle. On sâen pasÂŹ
sera bien, comme de tant dâautres choses.
Latine dâorigine, notre langue sâest formĂ©e par contraction; un peuple sauvage et plus septentrional que
celiii dont ĂŒ empruntait Tidiome, mutilait et contractait la plupart des mots qui lui Ă©taient transmis : il faiÂŹ
sait de â * , '
Quare ou Quamohremâle mot Cfir; ' . -
De JndĂšâEn; â
De Jllic,ĂŒluc~Yj âą
De VnĂčsâ'Un; ",
De BominesâOn, Qic., etc. ...
LĂ nation gallo-tomaine a-t-elle opĂ©rĂ© elle-mĂȘrne ces contractions du latin, ou les doit-elle (comme le pense
[. Kaynouard) Ă lâimitation dĂŒ provençal, fils ĂąlriĂ© de la langue romaine? Je ne sais; mais il est certain que
pour remplacer les dĂ©sinences et les inliĂȘxions, D linudiomĂš synthĂ©tique, les Gaulois faisaient une langue
lytique, chargée de petits mots et de pronoms qui devaient rcmpiir Tofiice des terminaisons variables du latin.
Un peuple sans IlUĂ©ralure et qui nâĂ©crit pas ses pensĂ©es, a toujours recours aux pronoms et aux articles. La
civilisation inteilectuelße ne donnant pas de produits, les langues, réduites à Tusagc populaire, perdent le carac
tĂšre de Ih synthĂšse, rĂ©pudient Tlnversion, sĂ© chargent dâafĂŻlxes, et adoptent le mode direct et analytique. Avant
HomĂšre, la "langue grecque nâa pas dâarticles ; elle les adopte entre HomĂšre et HĂ©siode. La langue allemande
des plus anciens monuments teutonlques procÚde synthétiquement; ne se trouvant alors fixée par aucune litté
rature, elle dégénÚre , penche vers la fomie analytique, et adopte les aflixes pendant Tespace de temps qui
sâĂ©coule jusquâĂ Luther. Toutefois une ligne de dĂ©marcation profonde restera tracĂ©e epire les idiomes du nord.
Issus de la souche tcutonique, et les langues nceÚ de Timilation romaine. Les premiers,» malgré Tçmploi des
articles, conservent leur gĂ©nie de synthĂšse : câest leur puissance. Les seconds, Ă la naissance desquels le gĂ©nie
de lâanalyse a prĂ©sidĂ©,, sâen tiennent au mode direct, Ă©t nâadoptent que par licence, Ă de rares moments, et avec
beaucoup de réserve, Tinvcrsion libre et forte des langues à inflexions et à désinences.
Le mode imalylique une fols adopté, les articles une fois admis comme modérateurs et guides du discours, le
dĂ©veloppement de Tesprlt français sâopĂšre naturellement : les penchants nationaux et la disposition.mĂȘme des
organes influent sur notre langue.. Délicatesse, nuances, clarté, facilité, ironie, délicatesse surtout, voilà les nre-
*rniers caractÚres que Ton distingue dans sa formation matérielle. Ce qui lui appartient en propre, quant à sa
partit musicale, se compose de nuances si dĂ©liĂ©es qu'elles ne s nt pas perceptibles pour les Ă©trangers. Lâe muet,
qui se retrouve dans toutes nos. phrases et que les autres nations ne connaissent pas, nâest quâune demi-voyelle;
ou plutĂŽt câest ia vibration dâune consonne qui finit et se prolonge.,Le son nasal; produit par la fusion de la
lettre n, avec dâautres sons, nâest quâune demi-diphtongue, une diphtongue Ă©touffĂ©e, privĂ©e do sa sonoritĂ©,
(n)
espĂšce de terme mitoyen et de compromis entre les consonnes elles voyelles. Ne faisons pascnmpUment rte
celte invention à nos respectables aïeux ; nos'syllabes an, en, in, wn, désagréables, dures, sont la tache originelle
du vocabulaire français : elles jettent dans noire clavier beaucoup de notes fausses et sourdes qui désespÚrent les
musiciens et les orateurs. , .
Le mĂȘme caractĂšre mitoyen, le mĂȘme gĂ©nie de nuances et de dĂ©licatesse, qui a fait entier dans la partie vocale
de la langue des demi-voyelles, .des demi-consonnes, des demi-diphtongues, influe encore sur la syntaxe franÂŹ
çaise, sur la formation des phrases, sur rarrangeraent des mots, sur leur synonymie, li multiplie les finesses,
les ellipses, les sous-entendus, et favorise ainsi notre goĂ»t national pour lâironie qui vit de sĂ»us-enlendus, de
réticences et de demi-mots. Voilà les éléments métaphysiques et matériels de la langue. Aucune de ces nom
breuses nuances nâaurait Ă©tĂ© sentie, si lâidiome, dĂ©jĂ fort simple; grĂ cc Ă sa marche analytique, n'avait adopte
pour premier principe une clartĂ© extrĂȘme, une luciditĂ© parfaite ; câest lĂ , depuis son origine, le fonds de son gĂ©nie,
lâaxiome fondamental de sa grammaire ; il a horreur de JâobscuritĂ©. Toute locution obscure ne sera pas française.
On supprinĂŻera donc tout ce qui embarrasse les pĂ©riodes, enchevĂȘtre les phrases, obscurcit les acceptions des
mots, fait naĂźtre des Ă©quivoques pĂ©nibles Ă lâesprit; on Ă©tablira des concordances trĂšs exactes et trĂšs minutieuses;
on sâopposera fortement Ă ce que,le conditionnel ou le possible se confonde avec le prĂ©sent ou le rĂ©el; on
bannira les nombreux- adjectifs juxta-posés des Espagnols et des Italiens, les enlacements synlhciiques de la
phrase allemande, les énergiques syllepses de la phrase anglaise ; pn déblaiera le terrain, de maniÚre à ce que
lâesprit français puisse saisir toutes les finesses, sâemparer de loutes'les nuances, jouir de toutes les dĂ©licatesses
de la pensée et du discours, H en résultera une langue trÚs pure, trÚs chaste, trÚs limpide, admirable par les
dĂ©tails, facile et souple instrument de conversation quotidienne, mais privĂ©e dâune grande partie des ressources
énergiques, des tournures véhémentes, des inversions foudroyantes, des ellipses passioimccs et des couleurs fortes
que dâautres nations possĂšdent. CĂčcwsc-^Ăšre ^ comme disait Voltaire, elle trouve heureusement des Ă©crivains
hardis qui la forceront Ă recevoir lâamnĂŽne; elle ne cessera jamais de se tenir sur la rĂ©serve^ de crier Ă la violence
et de vivre de ces aumĂŽnes.
Lâouvrage de MM. Bescherelle nâest que lâhistoire fort curieuse de ces utiles aumĂŽnes, dont nous comptons
bientĂŽt examiner avec plus de dĂ©tail, la nature, lâorigine, la nĂ©cessitĂ© et les rĂ©sultats.
Nous avons cinq ou six langues françaises tout-à -fait distinctes ; et il ne faut pas remonter bien haut pour
trouver dans nos Ă©crivains les traces de ces idiomes difl'ĂȘrcnts, dont les. couches superposĂ©es ont fini par , proÂŹ
duire lâidiome dont nous nous servons. Corneille est surannĂ© ; MoliĂšre lâest aussi. Mais la langue Ă©crite a bien
moins variĂ© que le langage de la conversation ; les traces (pou nombreuses dâailleurs ) que lâidiome parlĂ© a laisÂŹ
sĂ©es aprĂšs lui, prouvent que sous Louis XIV mĂȘme 11 sâĂ©loignait irifiniment de notre idiome actuel.
Voici par exemple une phrase du XVID siĂšcle , composĂ©e de mots dont on se sert encore aujourdâhui, ce
nâest plus une phrase française; mais une phrase barbare, a Elle a (dilTallemant des RĂ©aux), lin frĂšre
qui a l'honneur d'ĂȘtre un peu fou par la tĂȘte. » Cet homme qui est/bu par la tĂȘte et qui a l'honneurA'Ă©tTQ
fou nous semble passablement bizarre: La mode espagnole qui sâĂ©tait emparĂ©e de la France mettait l'honneur
à toute sauce. Ne retrouvez-vous pas ici les grandes révérences et les manteaux castillans de cette époque, dont
l'admirableCallot a éiernisédes types cavaliers et grotesques? On disait du temps de Tallemant : petite jeu-
nesse, pour premiĂšre jeunesse. Les genres de beaucoup do substantifs nâĂ©taient pas fixĂ©s : Une grande amour
se disait IrÚs.bicn au lieu d'un grand amour ; on retrouvecela chez Corneille.» Happent ( gastronomeJ, veau
(imbĂ©cile), expressions familiĂšres, manquaient de bon goĂ»t et non dâĂ©nergie. Le notaire nâĂ©tait pas encore nĂ©,
non plus que ie pharmacien. U nây avait que des garde-sacs et des apothicaires qui se coudoyaient fraterÂŹ
nellement. Garde-sacs / quelle injure ! apothicaire / quel blasphĂšme ! Nous avons perdu ces deux races. Quant
Ă lâorthographe, elle avait ses incertitudes. La consonne s, cette vieille consonne parasite et gauloise qui a
servi long-temps Ă remplacer lâaccent grave de la voyelle prĂ©cĂ©dente (dans les noms propres Basle pour Baie,
Ăhastenay pour Ckdtenay ), maintenait obstinĂ©ment son empire. On Ă©crivaitâ indiĂŻfĂ©remment fistes ou fĂźtet.
Perrot dâAblancourt, qui venait dâavoir sur celte grave question une querelle animĂ©e avec Conrart, « riiomme
» au silence prudent », lui porta un de ses,manuscrits : « Tenez, dit dâAblancourt, mettez les fissies et les
» fusstes comme vous voudrez. » 11 avait doublĂ© 1*5 pour quâon nâen manquĂąt pas.
Tandis que Perrot dâAblancourt et Conrart examinaient, la, loupe en main ^ tous les dĂ©tails du langage, les
hommes de génie achevaient de le pétrir et de le mouler, M»>6 de Sévigné consacrait, dans ses lettres, toutes les
finesses de la conversation , toutes ces dĂ©licatesses familiĂšres si chĂšres aux esprits dâĂ©lite, quand elles sont d'acÂŹ
cord avec le bon goût. Elle écrivait à sa fille : je suis toute à vous et à ses connaissances : je suis tout à vous.
Patru et Vaugelas ne lui avaient pas enseigné cette nuance si déliée. La Fontaine introduisait, dans ses vers
naĂŻfs, ce quâil pouvait dĂ©rober de meilleur Ă la plus'ancienne langue française .- suppression des arfcles, emploi
de lâinfinitif comme substantif, renouveHement des expressions gauloises, il se permit tout en fait dâarchaĂŻsmes,
et se fit tout pardonner : ce bonhomme, qui semble laisser échapper ses vers négligemment, est notre plus
laborieux ouvrier dâantiqditĂ©s rajeunies. Racine, Ă©levĂ© Ă lâĂ©cole des Grecs, met un art infini dans ses hardiesse?
et dans ses emprunts. A Pexcmple de ses maĂźtres, il ose tout, sans paraĂźtre rien oser; les ellipses les plus exÂŹ
traordinaires que lâon ait forcĂ© notre langue dâaccepter, viennent de lui et de Bossuet :
Je lâaimais inc'onstaiU; qu'aurais-je fait/tdĂš/e?
Câest la suppression dâune phrase entiĂšre, et dâune phrase sans accord avec la phrase Ă©noncĂ©e, gouvernĂ©e pai
un autre sujet, inattendue, imprĂ©vue, dont rien ne donne lâidco et ne fait deviner la construction. Bossuet,
nourri des livres saints, formĂ© par lâĂ©tude du plus concis et du plus Ă©nergique des dialectes orientaux, entraĂźne
la langue française vers dâincroyables audaces.
Personne nâignorait que le mot pleurs Ă©tait fĂ©minin et pluriel, quâil nâavait pas de singulier ; que le pleur
Ă©tait interdit et nâexistait pas. Mais voici Bossuet; l'orateur hĂ©breu, qui monte en chaire, et daris une de ses
oraisons funĂšbres, sâĂ©crie : n LĂ commencera ce pleur ctctncl; lĂ ce grincement de dents gui n'aurĂ jamais
de fin. » On ti'emble et Ton se tait; lâenfer sâouvre Ă cette terrible expression hĂ©braĂŻque ; la duretĂ©, la terreur
de la vieille Bible ressuscitent Ă la fois dans un seul mot. Le pleur, ce nâest pas une laime. Vous entendez le
long sanglot qui ne finit pas, le gĂ©missement qui Ă©chappe dâune Ăąme brisĂ©e que rien ne console ; câest une des
(-ia)
plus redoutables créations de la langue; un mot inouï pour une douleur inouïe. La Grammaire, cetti; grelliÚrÚi
patiente, qui fait semblant de rĂ©gner sur les mots quâelle enregistre, aura beau se rĂ©crier contre Bossuet :
Bossuet parlera plus haut qu'elle.
Qui ne sait aussi que pleuvoir est un verbe neutre ; que lâemployer comme un verbe actif est la faute la plus
grossiĂšre , la plus impardonnable, la plus impossible ? Dans ses ĂlĂ©vations sur les mystĂšres, le mĂȘme Bossuet
voulant faire comprendre Timmense bontĂ© du TrĂšs-Haut, sâexprime ainsi : « Dieu fait, luire son soleil sur les
« bons et sur les mauvais, et pleut sur le champ du juste comme sur celui du pécheur. » La pluie qui tombe, le
soleil qui brille, le monde qui se renouvelle, le méchant et le bon qui subsistent à la fois, Tunivers , la vie, la
mort, tout, câest la volontĂ© de Dieu , c'est Dieu. Ainsi les langues, tout entiĂšres, sans rĂ©serve, appartiennent
au génie, qui les brise et qui les moule , qui les fracasse et les reconstruit comme il lui plait.
Pins tard lâabbĂ© de Saint-Pierre donnera Ă la langue des mots qui, traitĂ©s dâabord de barbarismes, devienÂŹ
dront. nécessaires : bienfaisance, humanité'. Rousseau emploiera avec succÚs les plus belles c.^pressions de
Montaigne , et Beaumarchais imitera les augmentatifs et les diminutifs si énergiques et si gracieux des peuples
mĂ©ridionaux. 11 faudrait noter toutes ces variations et ces conquĂȘtes , si lâon faisait lâhistoire de notre langue,
histoire dont quelques matériaux précieux se trouvent dans la grammaire de MM. Bescherelle. 11 faudrait indiquer
aussi toutes les nuances que le mode analytique et direct a fait naĂźtre, toutes les richesses inconnues aux anÂŹ
ciens , dont la langue française sâest armĂ©e et que les bons auteurs ont fait valoir.
Les langues analytiques dont on blĂąme lâindigence, la faiblesse, la marche froide et gĂ©omĂ©trique, ont trouvĂ©
des ressources dans cette indigence mĂȘme. Au lieu du gĂ©rondif des Romains : scribendum , amanduin, 6f-
bendum, les peuples modernes, privés de cette forme si brÚve et si éloquente, emploient trois ou quatre
mots maladi'oitement enchaĂźnĂ©s : Il faut Ă©crire, toe must wrĂŒe ; â on doit aimer, one must love ; â on
. doit boite. we must drinh. Les Latins ne pouvaient exprimer par la terminaison andum^ endum quâun besoin
futur ou possible ; les Français, les Anglais, les Allemands, privés de gérondifs, possÚdent une couleur spé
ciale pour toutes les nuances de la possibilitĂ©. Parmi les idiomes modernes, câestlalangue anglaise, la plus pauvre
et ia plus-nue Ă son origine, qui a poussĂ© le plus loin cette conquĂȘte des dĂ©tails. Le seul mot .latin sctiben-
dum peut se traduire de douze maniĂšres, Itought to be wriiten ; toe ought io write it ; it must be written ; it
could be written; it may beuoritten^ it can be ioritten; it might be'svritten; we may write;we snust
Write ; ihey must write; we skould write ; we couJd write. Aucune de ces locutions nâa le mĂȘme sens ;
chacune dâelle est une nouvelle modification de la nĂ©cessitĂ© d'Ă©crire. â « Je pensai avoir dĂ©couvert ( dit un
a auteur de romans cĂ©lĂšbre de lâautre cĂŽtĂ© du dĂ©troit) le sujet dâun Ihie sublime, la source de la gloire et de
a la fortune. Je posai mes lunettes sur la table et je mâĂ©criai : On pourrait Ă©crire cela ( it could be written).
« Ma vieille sĆur prit sa tabatiĂšre, et sâĂ©cria: Ma foi, oui, Ă faudrait VĂ©crire (it ought to be writtenJ.
« Encouragé par celte voix approbative, je dis à mon tour ; Il faut que cela soit écrit fit 7nust be writtenj.r*
Les anciens, avec leurs variĂ©tĂ©s dâinflexions, leurs dĂ©sinences flexibles, leurs modes savamment balancĂ©s et
disposés avec un si grand-artifice ; avec leur synthÚse puissante, qui favorisait les plus mùles audaces de l'é
loquence et de la poésie, ne seraient point parvenus à rendre les nuances, les finesses , les gradations presque
imperceptibles que les idiomes modernes ont créées. -
De Louis XII Ăą HenrMV,.TltaJie est notre nounicc; elle nous fournit de nouvelles locutions, de nouvelles tourÂŹ
nures, des mots nouveaux. Henri EsĂŒenne se plaint hautement.de cette invasion de vocables ausoniens, dans son
éloquente diatribe sur le language français italianisé yers 1650. La troupe commandée par Ronsard parvient
mais difficilement, Ă greffer sur la tige française, quelques locutions grecques. Ensuite sâannonce le rĂ©gne de
l'Espagne sur notre style, rĂšgne qui commence avec Louis XIII et sâairĂ©te Ă Louis XIV. Confondues et modifiĂ©es sons
lâempire des Pascal et des Racine, toutes Ă©es influences disparaissent ; TĆuvrc est terminĂ©e. Depuis cette Ă©poÂŹ
que, nous acceptons quelques mots étrangers, quelques formes exotiques, sans nous astreindre à aucune imita
tion spĂ©ciale; câest nous qui faisons la loi Ă lâEurope- Quant Ăą la place des mots, Ă leurs concordances, Ă leurs
acceptions, elles ont-beaucoup varié, quelquefois par caprice, mais plus souvent entraßnées par le cours des
mĆurs. MoliĂšre disait trĂšs bien : un chacun, comme les Anglais disent every ohe ; câĂ©tait une expression
Ă©nergique et populaire qui spĂ©cialisait lâindividualitĂ© dans la masse. ĂJn chacun Ă©tait dĂ©jĂ surannĂ© sous le rĂ©gent.
Buffon , à la fin du dix-huitiÚme siÚcle écrivait : Les Chinois sont des peuples mois, ce pluriel serait inadmissible
aujourdâhui. Pourquoi ? Nul ne peut le dire. On rend aisĂ©ment compte de plusieurs autres variations du langage.
Une coquette, du temps de Louis IX, câĂ©tait une femme perdue ; la sĂ©vĂ©ritĂ© des habitudes nâĂ©tablissait aucune
différence entre la coquetterie et le libertinage, le désir de plaire et la débauche.
Coquette immonde et mal famée
Et de tout boa poinct dégarnie, ' ' . .
Détale, sus!...
dit une vieille moralitĂ©^ A mesure que les mĆurs se sont adoucies , la coquette sâest rĂ©habilitĂ©e. La prude, au
contraire , a perdu de sa valeur. Les contemporains dé Marot estimaient fort la prude femme et le prude
homme ou prudâhomme ; synonyme dâAonneTe femme et d'honnĂȘte homme. Aujourd'hui la/jrt/de est une
rbpe, et quâavec un bon cheval, une armure de fer, un poignet vigoureux , trois cents vassaux armĂ©s, et une
citadelle sur un rocher, on bravait le monde et la loi. CâĂ©tait faire le plus grand Ă©loge possible dâun gentil-
plus grand Ă©loge possible dâun gentilÂŹ
homme ou dâun souverain - que de dire quâils Ă©taient accorts ; mot charmant, qui nâexprimait pas seulement
FamĂ©nitĂ©,extĂ©rieure, mais le bon-vouloir et la gĂ©nĂ©rositĂ© de VĂąme. Vaccortise, TamabilitĂ© nĂ©e dâun sentiment
( <5 )
réel, sc changea en courfowte; ce fut une seconde nuance plus ramie, um expression pùlissante de la
mĂȘme qualitĂ©, un mĂ©rite rĂ©servĂ© Ă l'homme rompu aux Ă©lĂ©gantes mĆurs des cours. Mais dĂšs le siĂšcle, de
Louis XIV, le mot courtois paraĂźt de vieille date : on le rejette, on dit dâun homme quâil est de bon lieu et
quâil a bon air. . *
Ce nâest dĂ©jĂ plus une qualitĂ© vraie que lâon reconnaĂźt en lui, câest une forme extĂ©rieure, un air-W suffĂźt
de- louer sa naissance, ses maniĂšres et son droit Ă Versailles. BientĂŽt aprĂšs , il faut trouver encore une nouvelle
modification plus Ă©nervĂ©e, pour satisfaire des mĆurs nouvelles. Accort, courtois, de bon air, dĂ©port lieu, tout
cela meurt et disparaĂźt. Voici le rĂšgne des mots poli et politesse. La politesse, expression froide qui trahĂźt la
recherche, le raffinement, et qui suppose non la sincĂ©ritĂ©, mais lâĂ©tude dĂ©licate des convenances sociales, domine
tout le dix-huitiĂšme siĂšcle : elle se retrouve en honneur sous NapolĂ©on Bonaparte, Aujourdâhui elle se dĂ©crĂ©dite âą
Ă peine sâen sert^on ; elle perd chaque jour^ sous nos yeux, le sens flatteur qu'elle avait autrefois ; on peut parier
Ă coup sĂ»r, que' dans vingt ans lâexpression sera tombĂ©e en complĂšte dĂ©suĂ©tude. Nos grandâmĂšres avaient beauÂŹ
coup de vĂ©nĂ©ration pour un homme dâune pohTĂ©sse achevĂ©e :ee serait en 1835 un ridicule compliment. Nous
avons perdu accoriise, couftoisie, politesse, le ne sais trop ce qui nous reste.
Voici un mot que nous avons bien Injustement flĂ©tri. AprĂšs avoir permis aux femmes dâĂȘtre coquettes, leur
avoir dĂ©fendu dâĂ©tre prudes, et dĂ©truit peu Ă peu toutes les nuances de la courtoisie, la langue française a dĂ©cidĂ©
quâun bon homme serait un sot. ' ^ ' . *
Jâen suis fĂąchĂ© pour elle ; mais cela ne lui fait point honneur. Nous sommes le seul peuple qui ayons dĂ©couvert
un terme palliatif pour la mĂ©chancetĂ©/mdĂŻĂźce), quatorze variĂ©tĂ©s dâexpression pour la satire, ses alliĂ©s et sa
famille {satire, ironie, raillerie, causticité, sarcasme, rire sardonique, épigramme, moquerie, persiffßage,
quolibet, lardon, brocard, mystification, parodie, sans compter malveillance, malignité, en mauvaise part;
espiÚglerie, plaisanterie, en bonne part) ; et qui ayons tourné en dérision la reine des vertus, la vertu sans effort,
la bonté.
Buono, en italien, a presque la noble signification du fo kalon dÚs Grecs; il exprime l'excellence, la beauté,
la perfection ; le buon pittore vaut cent fois plus que notre bon peintre. Le good fellou) des Anglais, et le^uit
mensch des Allemands, seraient des compliments trÚs agréables que le génie et la puissance ne refuseraient pas.
Si nous voulions traduire dans ces deux langues, la méprisante expression contenue dans la phrase pauvre bon
homme, il se trouverait que le poor good Tnan, rĂ©unissant lâidĂ©e du malheur et celle de lâexcellence (deux
choses sacrĂ©es et vĂ©nĂ©rables), exciterait la pitiĂ© et lâestime, et point du tout lâironie. La ĂŽortĂ omfe prise en'
mauvaise part, la bonté du caractÚre assimilée à la niaiserie, le dévoûment ou la bonne foi flétris, la profanation
de la plus prĂ©cieuse qualitĂ© du cĆur humain, no datent que de cette Ă©poque malheureuse oĂč lâhypocrisie de
M⫠de Maintenon et la décadence de Louis XIV dépravaient notre caractÚre national. Bussy-Rabutin, ce lùche fat,
ce calonmiateur des femmes qui rĂ©sistaient Ă ses avances, a le premier confondu lâhomme ban avec lâhomme
bĂȘte. CâĂ©tait bien digne de lui.
Quant à sa codsine, de Sévigné, dont il a fait un portrait odieux, faux etridicule, aprÚs avoir essayé vaine
ment de la sĂ©duire, elle ne manque jamais dâappeler le grand Arnaud le bonhomme, parce quâelle lâaime et quâil
est bon. Les lettres de Maliierhe et de Peiresc, do Guy-Patin et de Lhospital, donnent le mĂȘme sens au mot
bonhomme. On conçoit que sous le cardinal Dubois, sous le financier Law, sous le chancelier Maupeou,. sous les
rĂšgnes de de Pompadour et de pubarry, dans la longue orgie de la monarchie mourante, lorsque les
Liaisons dangereuses et Figaro reprĂ©sentaient la sociĂ©tĂ©, le titre dâhomme bon ou de bon homme soit tombe
dans le dernier mépris.' , '
Cette teinte dâironie, ce sarcasme cruel, cette contre-vĂ©ritĂ© mordante, se retrouvent dans le fond mĂȘme et
dans les origines de la langue française. Câest chose curieuse de voir l'Ă©pigramme au berceau de la syntaxe*
Quelques gallicismes singuliers ne peuvent sâexpliquer que de cette maniĂšre:
âfCous mas la donnez belle / dans le sens de : Vous vous moquez/
-^Vous ĂȘtes bon/ exclamation populaire, ^ signifie : Je me moque de ce que vous dites /
âVous aurez beau faire / pour : Vous vous fatiguerez m efforts inutiles /
sont autant d'exemples des mots'bon et beau, détournés tout exprÚs de leur signification propre et aiguisés par
lâironie. Il fera beau voir, signifie : Ce sera un spectacle ridicule de voir/ Les grammairiens ont tort de cher-
cfe lâexacte analyse de la locution bizarre : Fous avez beau faire i lĂ beau est pour ridicule ; tous les efforts
perdus sont ridicules, ce sont de bectua: efforts! Nul idiome, moderne ne présente ces phénomÚnes; les expres
sions nĂ©gatives abondent dans notre langue ; câest un instrument montĂ© pour la raillerie, accordĂ© par elle, possé
dant les nuances les plus déliées de la satire. Aussi voyez quel usage .en font Voltaire et Lesage, MoliÚre et
Pascal, et essayez de les traduire, en quelque langue que ce soit.
Ainsi la loi supĂ©rieure, la vĂ©ritable rĂšgle souveraine dâun idiome, câest son gĂ©nie propre. Quel est ce gĂ©nie? Le
grand Ă©crivain, lâhomme de talent, sây associe par instinct et par rĂ©vĂ©lation. 11 est fidĂšle Ă cette loi, sans la conÂŹ
naßtre ; les fantaisies, les sévérités, les sottes délicatesses des grammairiens auront beau condamner ce que Je
gĂ©nie dâune langue permet, Ă se trouvera une plume audacieuse qui leur prouvera leur; folie.
PHILARĂTE CHASLES.
( ) . >
I
PETIT VOCABULAIRE GRAMHIAT1GAL (1).
1
- ^
ABSOLUMENT. Prendre, employer unmot nhsolummt. Employer sans complĂ©ment un mot susceptible dâen
avoir un. EspĂ©rer, c'est jouir. Vivre dans Vabondance. â Employer elliptiquement une expression en supÂŹ
primant le mot ou les mots qui la régissent ordinairement, comme dans cette phrase de commandement, Pied
Ă terre, oĂč le mot mettes est sous-enlcndu,
ACCEPTION. Signification, sens dans lequel un mot se prend. Acception propre, naturelle, étendue, rigou
reuse, détournée, figurée.
ACCORD. Rapport des mots entre eux, exprimé par le genre et le nombre. Accord de.VadjecHf avec le
substantif, du verbe avec son sujet.
activement. Se dit dâun verbe neutre. Parler, sâemploie activement dans celte phrase : Cet homme
parle bien sa langue. , '
ADJECTIVEMENT. En maniĂšre dâadjectif. Ce mot s'emploie adjectivement.
ADVERBtALiTĂ. QualitĂ© dâun mot considĂ©rĂ© comme adverbe. Peu usitĂ©.
ADVERBIAL. Se dit de deux bu de plusieurs mots qui, joints ensemble, ont force et signification d'adverbe.
Ces mots se norriment façons de parler, phrases, ou locuftons adverbialesi.
ADVERBIALEMENT. Dâunc maniĂšre adverbiale. Dans cette phrase : Chanter juste, Vadjectif juste est pris
adverbialement. -
ADVEBSATiP. SâĂ©mplole dans cette locution : Conjonction, particule aotversaftve. Conjonction, particule qui
marque opposition, différence entre ce qui la précÚde et ce qui la,suit.
ANALOGIE. Rapport quâont entre elles les consonnes qui sc prononcent avec la mĂȘme partie de Torgano
vocal, comme le R et le P, consonnes labiales, le D et le T, consonnes dentales, etc. â Rapport que divers ,
mots ont ou doivent avoir ensemble pour leur formation, comme prtssionnc, formé de passion, etc.
ANTĂCĂDENT. Se dit çlcs noms*âŹt profioms, quand ils prĂ©cĂšdent et rĂ©gissent le relatif qui. JDieu qui peut
tout. â
APHĂRĂSE. Figure par laquelle on retranche une syllabe ou une lettre au commencem.ent dâun mot. On
remploie souvent dans les Ă©tyinolĂŽgies. Câest ainsi'que de gibbosus on a fait bossu, etc.
APOCOPE. Figure par laquelle on retranche une lettre ou une syllabe Ă la fin dâun mot, Grand'mĂšre, pour
Grande mÚre, etc. En poésie : Je voi, encor, pour Je vois, encore, etc.
APPOSITION. Figure par laquelle on joint un substantif Ă un autre, sans particule cordoncĂŒve, et par une
sorte dâellipse, pour exprimer quelque attribut particulier de la chose dont on parle. CicĂ©ron, VorateuryĂŽ-
main, etc.
APPUI. Vappui de la voix sur une syllabe. LâĂ©lĂ©vation plus ou moins sensible de la voix, indiquĂ©e par
lâaccent tonique. ' ' . *
ASPIRATION. La maniĂšre de prononcer en.aspirant. Vans plusieurs mots, FH se prononce avec
aspiration.
ASPIRER. Prononcer plus ou moins fortement delĂ gorge. Vans les mois hauteur, honte, etc,, il faut
aspirer la voyelle (jui suit Vil, H faut aspirer TH. Vrie H aspirée. »
COMPARAISON. Se dit des degrcs de signification dans les adjectifs : le positif, le comparatif, et le superÂŹ
latif. Comparaison de supĂ©rioritĂ©, dâĂ©galitĂ©, dâinfĂ©rioritĂ©. â Des adverbes qui indiquent ces diffĂ©rents rapÂŹ
ports : plus, moins, autant, etc, '
COMPLĂTTF. Sc dit des mots qui ser^Ćnt de complĂ©ment.
CONJONCTIE. Se dit do certaines parĂŒcules qui servent' Ă lier un niot, un sens Ă un antre, comme et, ni, et
quelquefois que; â Locution conjonctive. ' â '
CONSTRUCTION, Lâarrangcmeut des mots suivant les rĂšgles et lâusage de la langue. Construction gramma-
iicĂ le, rĂšquItĂšre, vicieuse, louche, elliptique,
CONSTRUIRE. Arranger lés mots suivant les rÚgles. ConsfmiVc une phrase.
DĂRIVER. Neutre. Se dit dĂ©s inots qui tirent leur origine dâun autre. Ce mot dĂ©rive de Varçtbe. ââ Actiy.
Ce mot est dĂ©rivĂ© du grec. â DĂ©rivĂ©, substantiv. Le verbe courir et ses dĂ©rivĂ©^.
DĂSINENCE. Se dit de la terminaison des -mots.
DĂTĂRMtNATiP. Qui dĂ©termine la signification dâun mot. Adjectif, cOniplĂ©ment dĂ©terminatif.
DĂTERMINER. Se dit dc cc qui prĂ©cise ou re'strcint le sens dâun mot. Vans ta phrase Le livre dc,Pierrç>
les mots de Pierre déterminent le mot livrer .
DIRECT. Construction directe. Construction qubplace les différents mots de la phrase dans Tordre de la
relation grammalicale.
DiSJONCTiP. Se dit des conjonctions qui, en unissant les membres de la phrase, séparent les choses dont on -
parle, comme ow, soif/m. â Subs. fĂ©m. La rĂźtsjonca'vc ou. ,
DĂŻSSYLLARE. Qiil est dc dcux syllabes. â Subs. mĂąsc. Vn dissyllabe.
DOUTEUX. Se dit des noms que les uns mettent aĂč masculin, etdâautres au fĂ©minin.
ĂLiDER. Retrancher une voyelle finale, la supprimer dans TĂ©criture ou dans la prononciation. La lettre Ă©liÂŹ
dĂ©e est remplacĂ©e, dans TĂ©criture, par une apostrophe. âSâĂ©lider se dit de la lettre qui souffre Ă©lision. Dans
la prononciation, on supprime Te muet final devant une voyelle ou une h muette : Ănâ heure, quair* ans ; mais
lâĂ©lisibn ne se marque pas dans TĂ©criture. *
(0 On nâa pas mis ici les termes de grammaire expliquĂ©s dans le cours de Touvrage.
(15)
ELLIPSE. Retranchement d'un ou de plusieurs mots qui seraient nécessaires pour la régularité de la cons-
ti ucUon, mais que lâusage permet de supfirimer : La 5amf-/enn, aĂč lieu de La fĂȘte de saint Jean, â Elle
est frĂ©quemment usitĂ©e dans les rĂ©ponses qui suivent immĂ©diatement les interrogations ; Quand viendrori-ĂŒ?
Demainâf on sous-entend, H viendra, ' .
ELLIPTIQUE. Qui renferme une ellipse. Façon de parler, tour, langue elliptique?
ELLIPTIQUEMENT. Par cliipse. Du tout, pour Pas du tout ou pom( du tout.
ĂPiTHĂTE. Adjectif, mot qui sert Ă qualifier un nom substantif, pour en prĂ©ciser ou-modifier le sens.
ĂpithÚße expressive, oiseuse.- -
EXTENSION. Lâaction dâctendre la signification dâun mot. Le sens par extension tient le milieu entre le
sens propre et ie sens figurĂ©. LâĂ©clat (au propre) de la lumiĂšre. LâĂ©clat (au figurĂ©) de la vertu. LâĂ©clat (par
extension) du son, . -
FIGUEĂMBNT. Dans un sens figurĂ©. Employer un mot figurĂ©ment.
FIGURĂ. Jjsens figurĂ© dâun mot, dâune phrase. Lâemploi dâun mot, dâune phrase dans une signification
détournée par rapport au sens propre. Expression, phrase figurée. Qui renferme ime figure. Discours, style
figuré, Dans lequel il y a beaucoup de figures. Substantiv. Le propre et le figuré,
FINAL. Sc dit des derniĂšres lettres ou des derniĂšres syllabes dâun mot, â Subst. fĂ©m. La derniĂšre syllabe
dâun mot. Finale longue, brĂšve,
FINI. Sens fini, se dit par opposition Ă sens incomplet ou suspendu. Mode fini, se dit des modes du Verbe
indiquant personne, nombre , et temps.
FORMATION. La maniĂšre dont un mot se forme dâun autre mot, ou dont un mot passe par ses diverses forÂŹ
mes. La formation dâun adjectif verbal, du pluriel, d/un temps, dâun inode.
FORME. Se«»dit dâun mot considĂ©rĂ© par rapport Ă sa composition, Ă ses modifications. Ce mot a une forme
grecque. La forme du singulier, du pluriel. Les formes actives, passives dâun verbe.
HOMONYME. Se dit des choses qui ont un mĂȘme nom, quoiquâelles soient de nature diffĂ©rente, et plus ordir
nairement des mots pareils qui expriment des choses différentes. Les différentes choses exprimées par le mot
.homonymes. Mule, animal, et Mule, chaussure ; ChaĂźne et ChĂȘne, etc., sont des mots homonymes.-^Subsi,
masc. Les homonymes,
HOMONYMIE. QualitĂ© de ce qui est homonyme. Lâhomonymie des termes,
IDIOTISME. Construction, locution contraire aux rÚgles générales, mais propre et particuliÚre à une langue.
Chaque langue a ses idiotismes, '
IMPERSONNEL. Se dit des modes du verbe qui ne reçoivent pas dâinflexions indiquant les personnes, tels
que iâinfinitif et le participe. Mode impersonnel. Forme impersonnelle.
IMPERSONNELLEMENT. Se dit dĂŽs vcrbcs qui deviennent accidentellement impersonnels. Le verbe arriver
est employé impersonnellement dans cette phrase : Il arrive 50u\eni que...
INDĂFINI. Se dit de ce qui exprime une idĂ©e vague ou gĂ©nĂ©rale qu'on n'applique point Ă un objet dĂ©terÂŹ
miné. Sens indéfini.'Mot, pronom indéfini : On, quiconque, un, etc. Un homme sage doit toujours, etc.
INDĂFINIMENT. Se dit (Ics mots pris dans un sens indĂ©fini,
. INFLEXION. Se dit de la maniÚre de conjuguer un verbe, des différentes formes que prend ce verbe quand on
le conjugue. ^ . âą
iNTERROGANT, Se dit du point dout on se sert dans l'écriture pour marquer rinterrogalion On dit plus
ordinairement ; Point dâinterrogation.
INTERROGATIF. Se dit dccc qui seil Ă interroger, qui "marque interrogation. Particule, phrase intertoga^,
Ăźive. Termes interrogatifs.
INTERROGATION. Scdit dâunc plirasc ou dâune expression par laquelle on interroge. Point dâinterrocation.
Point que lâon met pour marquer rinleriâogalion (?).
iNVARiAiĂŻLE.'Sc dit des mots dont la terminaison ne change jamais, tels que les adverbes, etc,
INVERSION, Transposition, cliangement de l'ordre dans lequel les mots sont ordinairement rangés dans le
discours. Inversion Ă©lĂ©gante, poĂ©tique, forcĂ©e, * â *
LIAISON, Se dit de ce qui lie ensemble les parties du discours : Liaison des idées. TJaison dam les phrases^
de certains mots qui ser^^cnt Ă lier les pĂ©riodes, et quâon nomme autrement Conjonctiom^
NASALEMENT. Se dit de ce qui se prononce avec un son nasal. Cette syllabe se prononce nasalement,
NASALiTĂ, Se dit de la qualitĂ© dâune lettre nasale. N, Ă la fin dâune syllabe, est ordinairement le signe de
lanasalité. - -
NĂGATIF, ix^E. Se dit de ce qui exprime une nĂ©gation. Terme nĂ©gĂ iif. Proposition, particule nĂ©gative,
âSubstantif au fĂ©minin. Mot qui sert Ă nier. Les nĂ©gatives Non, ni, ne. On dit plus ordinairenicnt NĂ©gation.
NĂGATION. (Voir ci-dessus,_ NĂ©gative, subsL)
NEUTRALEMENT. Se dit dĂ©s verbes actifs e'mployĂ©s dâune maniĂšre neutre.
ONOMATOPĂE. Formation de mots dont le son imite la chose quâils signifient, tels que : Coucou, glouglou,
trictrac, etc.âSc dit des mots imitatifs eux-mĂȘmes. Dictionnaire des onomatopĂ©es.
PARONYME. Sc dit dâun mot qiii a du rapport avec un autre, par son Ă©tymologie, ou seulement par sa forme,
comme abstraire et distraire, amande et amende.
PASSIVEMENT. Se dit dcs verbes employés dans le sens passif. '
PHONIQUE, Se dit des signes destinés à représenter les sons de la voix. Signe, accent, phonique,
POLYSYLLABE. Sc dit dcs mots composĂ©s de plusieurs syllabes.âSubst. masc. Un })olysyllabe,
, POSSESSIF. Se dit des pronoms et des adjectifs qui servent Ă marquer la possession, tels que Mon, ton,,
5on, etc.
PRĂPOSITIF, ivE. Se dĂźt de ce qui a rapport Ă la prĂ©position. Particule, locution prĂ©positive.
PRIMITIF. ^ dit du mot radical dont se forment les mots qu'on appelle dérivés ou composés. Mot primitif,
âSubst. Les primitifs.
( 16 ) â
PRIVATIF, IVE. Se (lit de ce qui marque privation. Particule privative.âSubst. Les privatifs.
PRONOMINALEMENT. Se dit dâuQ vcrbc employĂ© accidentellement comme verbe pronominal.
PROPOSITION. Se dit dâun discours qui affirme ou qui nie quelque chose. Jâaime Dieu est une proposition.
Toute proposition se compose de trois termes : le sujet, le verbe et ĂŻattribut. Dans la plupart des phrases il y
a une proposition principale à laquelle se rattachent diverses propositions accessoires, subordonnées, incidentes.
, Proposition simple, composée, 'complexe^ incomplecçe. '
PROSODIE. Se dit de la prononciation rĂ©guliĂšre des mots conformĂ©ment Ă lâaccent et Ă la quantitĂ©. Traite,
rĂšgles de prosodie. . â
PROSODIQUE. Se dit de ce qui a rapport Ă la prosodie. Signe, accent, langue prosodique.'
RACINE. Se dit des mots primitifs dâoĂč les autres sont dĂ©rivĂ©s, ou dont ils sont composĂ©s.
RAPPORT. Se dit de la relation que les mots ont les uns avec les autres. Le rapport de Vadjectif au substantif
du participe passé au substantif qui le précÚde.
RĂDUPLiCATiF. Se dit des mots qui expriment la rĂ©itĂ©ration des actions. Sens rĂ©duplicatif. ParticuU
rédupUcaiive, Re.
RĂDUPLiCATĂŻON. RĂ©pĂ©tition dâune syllabe ou dâune lettre.
RĂFLĂcniR (Se). Se dit ĂŒgurĂ©ment de Taction du verbe qui se reporte sur le sujet, exemple : Je me repens,
. Il se flatte.
RĂGIR. Se dit des verbes et des prĂ©positions, et signifie, Avoir, exiger pour rĂ©gime ou complĂ©ment. La prĂ©
position sert ordinairement à exprimer lerapport du mot qu elle régit avec ce qui la précÚde.
RĂGLE. Se (fit des prĂ©ceptes qui, dans les sciences et les arts, servent Ă les enseigner, des principes qui en
vendent la connaissance plus facile et la pratique plus sûre. RÚgles générales, particuliÚres.
SENS. Se dit de la signification dâun mot, dâune phrase, dâun discours. Sens propre, figurĂ©, JeVournĂ©,/*ttua;,
forcé, naturel, métaphorique, allégorique, littéral, mystique, moral. '
SOUS-ENTENDRE. Se dit dc certains mots quâon nâexprime pas, et qui peuvent aisĂ©ment ĂȘtre suppléés. Dans
une bouteille de vin, le mot pleine est sous-entendu.
SUPPLĂMENT. Se dit des mots que, pour complĂ©ter le sens, on doit ajouter Ă ceux qui composentJa phrase
usuelle et elliptique. Dans cette phrase, A la Sainl-Martin, les mois fĂȘte de sont le supplĂ©ment.
SVLLEPSE. Figure par laquelle lĂ© discours rĂ©pond plutĂŽt Ă n()tre pensĂ©e quâaux rĂšgles grammaticales : Iji
plupart des hommes sont bien fous ; oa pav laquelle un mot est employé à ia fois au propre et au figuré :
Galatée est pour Corydon plus douce que le miel du mont Hybla. -
SYNALĂpiiE. RĂ©union, jonction de deux mots en un seul. Quelquâun pour quelque un.
SYNcniSE. Confusion, transposition des mots qui trouble Tordre et lâarrangement dâune phrase, dâune
période.
SYNCOPE. Figure qui consiste dans le retranchement dâune lettre ou dâune syllabe au milieu dâun mot. GaĂźtĂ©,
pour Gaieté, etc.
SYNCOPĂ.' Se dit dâun mot du milieu duquel on a retranchĂ© une lettre ou une syllabe.
SYNONYME. Se dit dâun-mot qui a la mĂȘme signification quâun autre mot, ou une signification presque
semblabk, comme Aimer et ChĂ©rir. â Subst. masc. Peur est le synonyme de Crainte. â Au plur. Titre de
certains ou\Tages en forme de (ficĂŒonnaire, dans lesquels la diffĂ©rence des mots synonymes est expliquĂ©e. Les
Synonymes français. ' ^
SYNONYMIE. Qualité des mots synonymes. La synonymie dcs^ mots Courroux et ColÚre.
SYNTAXE; Arrangement, construction des mots et des phrases selon les rĂšgles de la grammaire: Observer
la syntaxe ; les rĂšgles mĂȘmes de la construction des mots et des phrases : Apprendre la syntaxe-, par extension
Le livre qui contient ces rĂšgles : Pai perdu ma syntaxe.
: TERMINAISON. Se dit dĂ© la dĂ©sinence dâun mot. Terminaison masculine, fĂ©minine. Terminaison'en or,
.enir,enur, en er, eh ir, en oir, enre, etc. - âą
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INTRODUCTION.
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OB.ZQXNÂŁ SX ^noaiXĂS 2>17 Z.A97GAOS.
Placé au sommet de Téchelle de la création, Thomme doit sa supériorité à la
perfection Je son intelligence, et à la pensée la force apparente qui vient colorer
sa faiblesse native. On lâa dit souvent, rĂ©duite Ă ses facultĂ©s physiques, la plus
noble crĂ©ature de Dieu ne serait quâun animal dĂ©bile et misĂ©rable. Câest Ă lâĂąide de
lâidĂ©e que lâhomme embrasse la nature entiĂšre, sâen empare, et la range esclave au
service de ses.besoins, de ses plaisirs. 11 plane au-dessus de lâaigle, il enchaĂźne la
foudre ; et lâĂȘtre, en apparence le plus limitĂ©, se rend le maĂźtre de la crĂ©ation. Mais
parmi les avantages inhérents à notre organisation intellectuelle, il faut incontesta
blement placer en prerniÚre ligne la faculté de parler, prérogative aussi précieuse que
celle de lâentendement, car le langage nâest pas seulement lâauxiliaire, mais le com-
plĂ©ment dĂ© la raison. Avec lâadmirable facultĂ© de fixer ses pensĂ©es par des signes
matĂ©riels, de les communiquer Ă ses semblables, de sâenrichir des conceptions, des
dĂ©couvertes de tous les temps, de tous les lieux, lâhomme a pu reculer indĂ©finiment
les bornes de sa perfectibilité; et contemporain de tous les ùgescitoyen de tous. les
. pays, conserver les trĂ©sors de la sagesse antique, Ă cĂŽtĂ© des trĂ©sors quâamasse le
prĂ©sent. Sans la .parole, point de tradition, point dâhistoire, point de discussion,
point de science, point de lois, point de société. Qui pourrait nommer société la
â rencontre fortuite de quelques individus incapables de se communiquer leurs besoins,
de combiner leurs projets, de travailler de concert Ă leur avenir ? Imaginons un
peuple de sourds-muets; sâil lĂąche de se donner une forme sociale, combien dâobsia-r
des nâaĂčra-t-il pas Ă surmonter ! Que sa marche sera chancelante et difficile ! Ces
considérations, appliquons-les au langage écrit, espÚce de corollaire, forme visible
du langage. Si la parole est lâimage fugitive de lâintelligence, lâĂ©criture en devient le
symbole permanent ; si la parole nous met en communication avec ceux qui sont
prĂ©sents, lâĂ©criture porte notre pensĂ©e aux lieux oĂč nous ne sommes point, et la conÂŹ
serve pour les temps oĂč nous ne serons plus.
La grammaire suivit de prĂšs lâĂ©criture. Quand on Ă©ut trouvĂ© le moyen de peindre
les mots, on ne tarda pas Ă en dĂ©couvrir les lois. DĂšs lors il ne fut plus permis dâemÂŹ
ployer un terme pour un autre, ni de construire une phrase arbitrairement, ainsi
quâon lâavait fait jadis plus dâune fois, Ă lâĂ©poque oĂč chacun Ă©tait maĂźtre absolu de ses
paroles comme de sa personne. La grammaire fit dans le langage ce que la loi avait
fait dans la sociĂ©tĂ©, elle mit*chaque chose Ă sa place, et assura lâordre gĂ©nĂ©ral en
restreignant lâindĂ©pendance individuelle. , '
Les familles et les peuplades peu Ă©loignĂ©es les ĂŒnes des autres se soumirent en
commun aux mĂȘmes lois grammaticales; mais les montagnes, les fleuves, les mers
établirent des barriÚres entre les différents langages, et plusieurs grammaires se for
mÚrent sur la surface du globe. Chaque langue eut son génie particulier; mais, quelle
que fĂ»t la diffĂ©rence de la forme, le fond resta partout le mĂȘme; parce quâil tenait Ă
la nature mĂȘme de lâesprit humain. Lâensemble de ces principes invariables forme
3
, { <8 )
ce qĂŒ*6h appellĂ«/a grammcĂ rĂš gĂ©nĂ©rale. Jetons un coup-d*Ćil rapide sur lâorigine de»
éléments du langage.
ĂNTJERJĂC^iaNSi
Les premiers mots des langues, dans lâenfance des sociĂ©tĂ©s, ne durent ĂȘtre que des
sons, ou plutÎt des cris inarticulés, accompagnés de mouvements et de gestes propres
Ă exprimer dâune maniĂšre plus frappante et plus Ă©tendue les impressions que Ton senÂŹ
tait et que lâon voulait communiquer aux autres. Ce sont lĂ , en effet, les seuls signes
dont la nature apprend lâusage Ă tous les hommes, et que tous peuvent comprendre.
Celui quivoyait un homme sâapprocher du repaire de quelque bete fĂ©roce, dâun Heu oĂč '
luĂź-mĂȘmĂ« avait ^coĂŒru risque de la vie, ne pouvait lâavertir du danger quâen poussant
les cris et én faisà nt les gestes qui sont les signes de ia crainte. Aussi ces exclamations,
auxquelles les grammairiens ont donnĂ© le nom Ă©finterjecĂ»onSy prononcĂ©es dâune ma^.
niĂšre vioĂźĂȘnle elpĂąssionhĂ©e, furent, en quelque sorte, lĂ©s preriiiers Ă©lĂ©ments ou matĂ©*
.riaux du langage.
m-
SUBSTANTIFS.
Les premiers pas que les hommes durent faire, aprÚs avoir institué, en quelque
sĂŽrte, lĂšs cris inarticulĂ©s *qĂčb nous avons nommĂ©s interjections^ pour signes de leurs
passions les plus violentes, de leurs besoins les plus pressants; les premiers mots
qĂŒâils durent invehtĂšr, furent lĂšs noms'des objets qui lenf Ă©taient le plus familiers,
qĂŒi pouvaient le plus les servir ou leur nuire. Ainsi ĂŻarbre dont le fruit les nourrissait,
dont le ĂźeuiliĂ gĂš leur offrait un abri ^ le ruisseau dont lâeau les dĂ©saltĂ©rait j Vanimai
dont ils'craignaient la fĂ©rĂŽciiĂ©, ou celui qui lui-mĂȘme leur servait de proie; VarmĂȘ
grĂŽssiĂšre avec laquĂ©lle ils attaquaient lâun et repoussaient lâautre, tous ces objets et beauÂŹ
coup dâautres encore durent avoir leurs noms. AprĂšs les exclamations ou interjections,
qui, comme nous lâavĂŽn's dit,, ont dĂ» former le premier langage du genre humaih',
lapartiĂš Ăźa pĂźus ancienne du discours est donc cette cĂźassede mots qui expriment leschĆ
ses existantes. Lorsquë les hommes ne se bornÚrent plus à désigner les objets .p*ar un cri
Ă©nergique et rapide, et qĂŒâils leurdonhĂšrent un nom articulĂ©, les substantifs furent créés.
PRONOMS.
Quand lâhomme eut appris Ă se distinguer des objets environnants, et quâil voulut
exprimer par un mot Son Existence individuelle, le mot moi sâĂ©chappa de sa bouche;
il dĂ©signa par le mot bi lâexistence dâun autre homme Ă qui il pariait; il dit il pour
dĂ©signer son semblable sans lui adresser la parole; et par la suite le moti/ sâappliqua
aĂŒx animaux ou *Ă ĂŒx choses inanimĂ©es, et remplaça leur nom dans le discours. Gette
classe do mots,- que les grammairiens ont-appelés pronà mSj rentre évidemment dans
celle dÚfe substantifs; car comine eux, ils représentent des objets existants; comme
eĂŒk, ils font ou reçoivent certaines actions. ' * â
ADJECTIFS.
Les qualitĂ©s propres aux objets qui envĂźronriaiĂšnt lâhomme se firent nĂ©cessairement
remarquer aussitĂŽt quâil connut^ces objets ibĂȘmes; un fruit doux eVagrĂ©able ne pouvait
pas ĂȘtre confondu avec un fruit amer ou qui contenait des sucs vĂȘnmeux; le chien, si
naturellement ami de lâhomme, si disposĂ© Ă le servir, Ă s'e sacrifier mĂȘme pour lui, clui
se faire distinguer du loup ou du tigre qĂŒi semble dĂ©truire et dĂ©chirer les aiitres aniÂŹ
maux sans besoin, sans nécessité, par le seul instinct dé sa férocité naturelle. Nos sens
eux-mĂȘmes nous forcent Ă dĂ©composĂ«rlĂ©s objets que noiis offre lĂ nature : les couleurs,
les fermes, les qualitĂ©s tactiles, etc., nâĂ ffectĂšrit point Ăšh nous des ĂŽrganeV;
nous sommes obligĂ©s de ;nĂŽu8 en faire à «tMt^dddĂ©esâdivĂšrs^âq^âiLy a dâorganes ĂąiffĂ©-
( 19 r
rents auxquels renlendement pĂ©ut rapporter les sensations que nous en recevons; de lĂ
uhĂš troisiĂšme classe de mots, tout-Ă -fait dilfincte de celles dont nous ^yonsparlĂ©^^^câest
celle des adjecĂŒfsy qui dĂ©signent non plus^ Tobjet mĂȘme, mais la maniĂšre dâĂȘtre de
l'ĂŽbjĂšt. il ^
VERBES. . ^ J
LâhOfhmĂȘ, aprĂšs avoir dĂ©signĂ© par des noms TexistencĂš.particuliĂšre ^^bjets qui
rentourĂ ĂźenĂŻf «âĂ©lĂ©va Ă lâidĂ©e gĂ©nĂ©rale dâexistence: il inventa le mot Ă©ire^ui n Ă©tait
que l'abstraction des différ^ts objets existants, précédemment connus et nommés. 11
dut se servir de ce mot gour affirmer que l'objet désigné ou la qualité attribuée à l'objet
existait vĂ©ritablem^^-Ă'est ainsi quâaprĂšs avoir dit dâabord so/ei/y Ă la vue du globe de
âfeu qui Ă©clairait seĂą .ĂżeĂŒx et fĂ©condait la terre, il put dire : te -soleil ĂȘtre y pour faire com-
.prendre que lejpleßßn^Ă©taĂźtpas un .rĂȘve de son imagination, mais bien un objet rĂ©el de
la nature, ou-f/e \oleil ĂȘtre brillant, pour faire entendre que lâaliribut dâĂ©clat appartenait
rĂ©ellement a^glĂȘil. Ce nâĂšst pas tout. Ayant conscience de son existence dans diÂź-
rentsinom.erÂź|tĂźbcessifs, il conçût lâidĂ©e dĂ» temps, quâil divisa naturellemeat en trois
parties, lĂ© paSsĂ,'Ja.^rĂ©s'ent et le futur; li appliqĂ»a cette division au mot qui lui servait
Ă exprimer fexil^Ce en gĂ©nĂ©ral, Ăšt au lieu de dire vaguement : le soleil ĂȘtre brlllanty
il dit : le soleil Ăšsl bfillanty ne se bornant plus Ă affirmer lâexistence et lâĂ©clat du soiWU
mais -montrant "que le moment oĂč il parlait Ă©tait prĂ©cisĂ©ment celui oĂč le soleil Ă©clairait
iâiĂźorizon. Pendant lĂ©s tĂ©nĂšbres dĂš la nuit, il dit : le soleiF Ă©tait brillanty pour Ă©noncer
que son Ă©clat Ă©tait passĂ©; ou : le 'soleil sera^Manty pour exprimer lâespĂ©rance dâun
nouveau jourv DÚs lors le verbe fut trouvé; ce mot a été ainsi appelé du mol latin
verbĂźimy qui signifiĂ© mOt oĂč parolĂš, voulant donner Ă entendre que câĂ©tait le mot es^n-
tiei, lĂ© mot par excĂšllence, parce quâen effet câest celui qui joue ie principal rĂŽle dans
rexpression de la pensĂ©e; câest lui qui donne le mouvement eĂź; la vie au discours. Les
autres mots rie sont que les signes isolĂ©s des ĂȘtres ou de leurs qualitĂ©s sensibles; ce
sont des mĂątĂ©riaux Ă©pars qĂčĂ© lĂ© verbe viĂ©nt lier entre eux, Ăšn quelque sorte, et quâil
coordonne pour une fin commune.
PRĂPOSITIONS.
Avec des substantifs, des adjectifs et des verbes, on pourrait faire des. phrases comÂŹ
plĂštes; mais cesphrases ne prĂ©senteraient quâun sĂšns bornĂ©, si lâon nâavait imaginĂ© de
lier les substantifs entre eux par une autre espÚce de mots qui sert à déterminer des cir
constances accessoires. Ainsi il y a une grande différence entré cette proposition : je me
promÚne y et çelles-çi ;jeme promÚne dans «w bois, sur le quai y a midi y avant ou aprÚs/e
diner. Ces mots dajiSy sur, A; avant, Ă prĂšs^ appartiennent Ă une classe de mots qui indiÂŹ
quent ^lés rëlalions que les choses ont entre elles, et auxquels les grammairiens ont donné
le nà raie prépositions.
*
CONJONCTIONS*
CâĂ©tait encore peu ^de lier les .mots ensemble pourmarquer les rapports qui pouvaient
exister entre eux; il a fallu rĂ©unir les phrases elles-riiĂȘmes'par dâautres mots; tel est
lâoiffice des conjonctioris.
DanĂš celle nomenclature, nous nâavons point parlĂ© de parce que ce nâest
point une partie essentielle du discours. Sans doute, câest une dĂ©couverte utile, piiisquĂŽ
en spĂ©cifiant lâobjet devant lequel il çst placĂ©., earisolant des autres objets .semblables,
on ajoute beaucoup Ă la nettetĂ© et Ă la^prĂ©cision du discours ;.lĂ©s Languesâ-qĂŒĂŻ sont pouĂ-
vuĂ©s dâarticles, comme le grec, lâitalien, le français, lâallemand et lâanglais, ĂźSk>tU^pIu5
f Ăąo )
daires que les autres; cependant le langage peut Ă la rigueur sâen passer, et ce qui le
prouve dâune maniĂšre incontestable, câest, que Je latin, qui en Ă©tait privĂ©, nâĂ©tait dé
pourvu ni de clartĂ© ni de prĂ©cision. ... ^ âą
Nous nâavons pas non plus fait mentioivdes adverbes; classe nombreuse de motS' que
lâon pourrait ranger pour la plupart pa^mi les adjectifspuisquâils servent Ă modifier
lâexistence ou Taction des ĂȘtres, ou Ă indiquer une circonstance relatiVe au temps, au
lieu, au rang, au degré, etc. Loin de former une classe à part, ils ne sont presque tous
que des locutions abrégées, exprimant par un seul mot toute une périphrrase. Par exem
ple, équivaut à da?is ce lieu; sagement h avec sagesse; aussi peut-on regarder les adverbes
comme les mots dont Tinveniion est la plus récente, la plupart étant dérivés des mots
primitifs. , â . * ^ â
Nous devions encore moins parler des participes; leur dénominalioit indique assez
leur nature mixte, participant Ă la fois de TadjĂȘctif et.du* verbe.'Ils ne forment donc pas
une des parties fondamentales du discours, et doivent ĂȘtre rangĂ©s parmides adjectifs.
Tels sont donc les éléments qui entrent nécessairement dans toutes. JÚs langues qui
ont acquis quelque perfection. Nous ne nous arrĂȘterons pas plus long-temps Ă rechercher
quel a pu ĂȘtre Tusage et la nature de ces mots dans Torigine du langigĂš, câest-Ă -dire Ă
une époque dont il ne nous reste presque pas de monuments autheiitjlques.
Sans doute, parmi les dénominations données aux mots par les anciens grammairiens,
il y en a qui sont insignifiantes et vicieuses ; mais nous avons dĂ» les conserver.et mĂȘme
les préférer, aux nouvelles nomenclatures proposées par des grammairiens modernes,
pour deux motifs. PremiĂšrement, parce quâaucune de ces nouvelles nomenclatures ne
rĂ©unit, Ă beaucoup prĂšs, des caractĂšres dâutilitĂ© ou de perfection assez frappants pour
mĂ©riter dâĂȘtre gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e; en second lieu, parce que les anciennes dĂ©nomiÂŹ
nations ayant été employées parles auteurs des dictionnaires et des. grammaires de
toutes les langues, il faudrait ou.refaire ces dictionnaires et ces grammaires, ce qui ne
laisse pas dâĂȘtre un embarras assez considĂ©rable, ou en rendre lâintelligence plus pĂ©nible
et presque impossible, ce qui est un inconvénient plus grave encore.
, I.
DE LA GRAMMAIhĂ.
La renoncule un jour dans un bouquet
Avec TĆillet se trouva rĂ©unie :
Elle eut le lendemain le parfum de Toeillet.
On ne peut que gagner en bonne compagnie.
(Bérbngbr.)
. Ăn astrologue un jour se laissa choir
Au fpnd d'un puits. On lui dit : Pauvre béte !
Tandis qu'Ă peine Ă tes pieds tu peux voir,
Penses-tu lire au-dessus de ta téte ?
(La Fontaine.)
Chacune de ces colonnes nous offre un tableau, un discours, câest-Ă -dire, la peinture
des idées que Tauteur voulait exprimer.
Eh bien, pouvoir dire : - .
1° Les Ă©lĂ©ments qui entrent dans ce tableau, dans cette peinture, câest-Ă -dire les
diverses espĂšces de mots qui constituent ce discours, parlĂ© ou Ă©crit, Tun nâĂ©tant quâune
copie de Tautre ;
2° Les diverses/ormes que ces mots ont dĂ» revĂȘtir, afin de pouyoir sâunir les uns aux
autres ;
3° Varrangemmt quâon a dĂ» donner Ă ces mots, ou aux divers traits qui entrent
dans ce tableau, afin quâon vĂźt Ă Tinstant le but, lâobjet principal, les accessoires,
lâordonnance entiĂšre ; "
( SI ) ^
4* De quelléß maniĂ©rĂ© ces diffĂ©rents mots doivent ĂȘtrĂ©j^enoncĂ©s, lorsquâils sont^Ă©mis
par lâorgane, vocal ;â , /
6Ÿ Les signes de ponctuation dont on a dû distinguer, dans Técriture; chacune des
parties qui composent ce tableau : . ' . * â
Câest connaĂźtre la grammaire^ câest-Ă -dire la science qui embrasse toutes lĂ©s-rĂšgles
que Thomme est obligé de siiivre pour peindre, pour exprimer ses idées, soit de.vive
voix, soit par écrit (1):
La Grammaire est donc ia science du langage, c'est-à -dire la science des signes de la pensés :
' ' considérés dans leurs éléments , leurs modifications et leurs combinaisons (2).
Cette science a pour objet de déterminer les différentes espÚces dé rnois qui corres
pondent aux diffĂ©rentes espĂšcĂ©s dâidĂ©es; dâindiquer les variations que les mots subisÂŹ
sent dans leurs formes pour exprimer les diverses modifications étalés nuances les plus
délicates de la pensée; enfin, de faire connaßtre les rapporisades mots entre eux, et
les rĂšgles dâaprĂšs lesquelles ils sĂš combinent et se rĂ©unissent en phrases pour rendre
les combinaisons des idées. . . .
Tous les hommes doivent étudier cette science, puisque tous ils sont appelés par
les plus pressanl^Sesoins à peindre leurs idées. Elle seule peut leur dévoiler les mys
tĂšres de cette peinture merveilleuse, source des plus grands avantages et des plus
doux plaisirs; elle seule peut leur ouvrir le sanctuaire des sciences. Et, aujourdâhui
surtout que le don de la parole doit assigner un rang si distingué à celui qui aura su
le cultiver avec le plus de succÚs, Tétude approfondie du langage prend une impor
tance encore plus grande. Cette étude est, il est vrai, le plus rude exercice de Tesprit.
Mais aussi combien ne sert-il pas Ă le fortifier! 11 nâest pas dâinitiation plus puissante
ni plus fĂ©conde Ă tous les travaux quâon peut entreprendre dans la suite. Câest lĂ la
base, le fondement de toutes les connaissances humaines. Dâailleurs, nâest-il pas du
devoir de tout ĂȘtre pensant de chercher Ă se rendre compte de la valeur prĂ©cise de sa
parole, de la connaßtre dans toute son intégrité, de savoir ce qui la fait vivre? Autre
ment, il est pour lui-mĂȘme une Ă©nigme indĂ©chiffrable, puisquâil ignore la.nature des
procédés dont il fait usage à cet égard :
Lex sum sermonis, linguarum régala certa; qui me « Je suis la loi du discours, la rÚgle infaillible des
nou'didiscit, cÊtera nullapetat. (Bacon.) t langues; qui m'ignore doit renoncer à rien savoir.»
La Grammaire admet deux sortes de principes : les uns sont dâune vĂ©ritĂ© immuable
et dâun usage universel; ils tiennent Ă la nature de la pensĂ©e mĂȘme; ils en suivent
Tanalyse, ils nâen sont que le rĂ©sultat. Les autres nâont quâune vĂ©ritĂ© hypothĂ©tique et
dĂ©pendante de conventions libres et variables,-et ne sont dâusage que chez les peuples
quides ont adoptés librement, sans perdre le droit de les changer ou de les abandonner,
quand il plaira Ă Tusage de les modifier ou de les proscrire. Les premiers constituent
la grammaire générale; les autres sont Tobjet des diverses grammaires particuliÚres.
Ainsi, la grammaire.générale est la science raisonnéedes principes immuables et
généraux delà parole prononcée ou écrite dans toutes les langues;
Et la grammaire particuliĂšre, Tart de .faire concorder les principes immuables et
généraux de la parole prononcée ou écrite, avec les institutions arbitraires et usuelles
dâune langue particuliĂšre.
T _
langage, en général.
(2) 'Grammaire ae.dlt aussi d'un livre oĂč sont exposĂ©es les rĂšgles d'une langue, du langage : la Grammaire
de Port-Royal, (Académie.)
La grammaire gĂ©nĂ©rale est meçcience, parce fluâeUĂ© nâa pour-objet que laspĂ©cti-
latioii raisonnée des princifes rinmuabßes et généraux de la parole; une grammaire
particuliĂšre est un art, parce quâelle enyisagp rappUcation pratique de3 principĂ©s
gĂ©nĂ©raux de la parole aux institutions arbitraires et usuelles dâune langue particuliĂšre.
Ainsi, en français, si : ' .
AU LIEU DĂ DIRE, OU D'ĂCRIRĂ :
Tiens,%oiIà des violettes au pied de ces églantiers.
Oh ! quâelles sentent 6on!?
' (BernardĂŻn db St-Pierrb.) .
Tous les hommes sont Ă peu prĂšs du mĂȘme ĂągĂ©; Ă
quatre-vingts ans, on est aus5» sur quâĂ seize ans de
voir encore le lendemain. (Droz.)
Il est de faux dévots ainsi que de faux braves.
^ (MoliĂšre.)
CâjBst en vain que les Russes ont voulu dĂ©fendre la
capitale de cette ancienne et illustre Pologne ; Y aigle
FRANĂAISE plane sur-la Vistule. (NapolĂ©on.)
De sa patte droite, lâours saisit dans lâeaii le poisÂŹ
son quâil voit passer. Si, aprĂšs avoir assouvi sa faim,
il lui reste quelque chose de son repas, il âLE cache.
(Chaïeaußïrià nd.)
GâĂST des contraires que rĂ©sulte lâharmonie du
monde. (Bernardin de St-PiĂšhbe.)
Les plus sages rois sont soxivent trompés, quelques
prĂ©cautions quâils prennent pour ne lâĂ©tre pasi
. ' ' (Fénelon.)
B y a peu de plaisirs qui ne, soient achetés trop
cher. (Boiste.)
Câest pour ne pas exclure les vices, quâon les revĂȘt
dâun nom honnĂȘte. - (Malesherre^.)
Quoiquâil nây ait rien de si naturel Ă lâhomme que
dâaimer et de connaĂźtre la vertu, 'U nây a rien quâil
aimĂ© inolns, et quâil cherche moins Ă connaĂźtre.
(Fléchier.)
ON DISAIT, OV LâON ECRIVAIT *
Tiens, voilà des violettes au pied de ces églaptiersi
Oh ! qu'elles sentent bonnes '
Tous lĂ©s hommes sont Ă peu prĂ©s de la mĂȘme Ăąge âą
à quatre-vingt ans, on est amsi sûr comme à seize
ans de voir encore le lendemain.
Il est des faux dévots ainsi que des faux braves.-
Câest en vain qĂŒe les Russes ont voulu dĂ©feddre TĂ
capitale de cette ancienne et illustre Pologne ; rainlo-
FRANĂAIS plane sur la Vistule. - . ^ ^
âąDĂš sa patte droite, Fours saisĂźt dans lâeau le poisÂŹ
son quâil voit passer. Si; aprĂšs avoir assouvi sa mim,
il lui reste quelque chose de soji;rcpas, il LA cachp:
CE SONT des contraires'que rĂ©sulte lâharmonie dii "
monde. * .
Les plus sages rois sont trompés quelles
que prĂ©cautions qĂ»âils prennent pour ne lâĂȘtre pas.
11 y a peu de plaiairs qui ne soient achetés trop
chers. â ^ .
Câest pour nĂ« pas exclure les vices, que lâon les reÂŹ
vĂȘtit (lâun nom honnĂȘte.
MalgrĂ© quâil n'y a rien dâqofisi naturel Ă [âhoirime
comme d'aimer et de connaĂźtre la vertu, etc.
On commettrait autant de fautes contre Fiisage, car lâusage veut que lâon dise; ces
violettes sentent bon, et non seufcn? bonnes; qwalre-ViNGTS ans et hoh quĂ tre-ymcr ans;
AUSSI«ßßr QUE, et non aussi sĂ»r comme; etc., etc. Pour Ă©viter de semblablĂȘs fautes; et
des milliers dâautres que nous ne pouvons iii citer ni mĂȘme prĂ©voir, il Ă©st indispensable
de connaĂźUâo les rĂšgles auxquelles lâusage a soumis notre langue, et qĂŒi, rĂ©unies en
un corps complet de doctrine, forment- le code de cĂštte mĂȘme langue, et constituent
ce quâon appelle la G)âamma?Vc/7*ançafse. â ; .
DâoĂč il rĂ©sulte Ă©videmment que la Grammaire française estl*art de parler ei d*Ă©crire, en
français, correctement, c'est-Ă -dire d'une maniĂšre conforme aĂŒ bon mage, ' ' â âą '
On a vu que la grammaire est définie, lantÎi art, XMiibi science, * .
Est-elle une science? est-elle un ari ?
Gâest ce quâon pourrĂąil Ă©galement demander de la logique, de la ftiĂ©decinĂš, dĂ© la
navigation, etc., et ce seraient lĂ des questions assez oiseuses; eJIiĂ©s ont poĂŒriant
exercĂ© les philosophes. âą * . âą
Une science est un ensemble de faits, dâobservations, de dĂ©couvertes liéës par la
méditation, et qui se rapporte à quelque branche des connaissances humaines;
Un ar^ suppose aussi des observations ; mais il dépend surtout de la pratique et de
Pexercice. "
(23)
La grammaire est donc unescbnce plutĂŽt quâun art; cependant elle peut ĂȘtre consiÂŹ
dĂ©rĂ©e sous ce dernier point de vue, en ce quâelle indique les moyens- dâĂ©viter' les
locutions vicieuses, dâemployer des expressions ou des phrases plus ou moins corÂŹ
rectes, plus ou moins Ă©lĂ©gantes, et enfin en ce quâon peut y devenir plus habilĂ© par
la pratique.
Pour saisir les rapports qui se trouvent entre nos pensées, nos jugements et les mots
qui servent Ă les exprimer, il faut remonter Ă Tanalyse mĂȘme demotre entendement et de
ses facultés, et chercher comment se forment nos jugements et nos idées.
NÂź II. '
DU jugemjent et de la proposition.
La neige est blanche.
Le lait est dĂŒux.
(Pascal.)
- Les fruits du bananier sont aromatiques,
(Bernabdin m SttPieerb.)
La graine du café est coriace et acerbe.
â m)
(LaromiguiĂšre.)
On appelle sens, la facultĂ© de lâhommĂȘ et des animaux par laquelle ils reçoivent lâimÂŹ
pression des objets extérieurs et corporels.
Nous avons cinq sens.: La vue^ l'ome, L'odorat^ le toucher et le goût.
Lâimpression que lâĂąme reçoit dĂ©s objets par les sens se nomme sensation.
De là sensation et de certaines facultés intellectuelles nsat l'idée, qui, à son tour, fait
éclore la pensée.
On appelle pmjĂ©eropĂ©raliqn de lâintelligence par laquelle Tesprit examine, considĂšre,
enluĂź-mĂȘme ou dans ses rapports avec un autre, lâobjet dont la sensation lui a donnĂ©
Vidée. -
"Si notre esprit considĂšre TobjeldĂ ns ses rapports avec un autre, il trouve quâil y a ou .
quâil nây a pas convenance entre les dĂšux objets. Cet acte dĂš lâentendement sĂš nomme
. ⊠* ^ '
jugement. ' ' ' »
Le jugement est tout intérieur, mais on peut Texprimerpar la parole ou par Técriture.
Tout jugement qu^ori exprime est une proposition,
hsiproposition est donc une réunion de mots que Ton emploie pour énÎncer un jugement. |
Prenons un exemple et appliquons les raisonnements qui précÚdent.
Le Français est courageux. - ,
Par la vue ou par Toute, câest-Ă -dire par ce que jâai vu moi-mĂȘme ou par ce que jâai
entendu dire, par ce que jâai appris, mon esprit a rççu TĂźmpression de lâexistence dâun
ĂȘtre quâon appelle Français, et il a Ă©tĂ© frappĂ© aussi dâune vertu quâon appelle courage :
voilĂ la sensation. '
Ensuite, il mâest venu une notion, une connaissance distincte de ces deux choses : câest
VidĂ©e. â ' ' -
Jâai examinĂ©, considĂ©rĂ© ces deux choses en elles-mĂȘmes, puis dans les rapports
quâelles peuvent avoir entre elles : câest la pensĂ©e.
LpfĂźn, jâai saisi, jâai fixĂ© ce rapport : câest le jugement.^
yénoncemon jugement'par une proposition.
U y a^lanstoule proposition trois pajrlies essentiĂȘĂŒes. .,
La premiĂšre exprime Tobjet sur lequel on porte le jugemept, câest le sujpf.
La seconde exprime la çhosepomparĂ©e ay.eç 1 e sujet, c'est l-QĂribut.
La troisiĂšme Ă©tablit le rapport de Tattribut au sujet, câest le verbe: .
( 24 )
il y a plusieurs espĂšces de propositions. Contentons-nous de distinguer la proposldou
principale et la proposition incidente. ' ,
La proposition principale est celle de laquelle.dĂ©pendent les autres. Câest par elle
que commence une phrasĂ© construite sans inversion; et elle commence elle-mĂȘme
ordinairement par un substantif ou par un pronom personnel. . ^
La proposition incidente, surbordonnée à la proposition principale, est liée à celle-ci
par un mot qui est toujours un pronom relatif ou une conjonction.
On donne aussi Ă la proposition principale le nom de jmmordialey et Ă la proposition
incidente celui de subordonnée ou de complétive.
On appelle une ou plusieurs propositions qui présehtentun sens achevé.
Mais quoiquâune phrase puisse nâĂȘtre formĂ©e que dâune seule proposition, ilnesâensuit
pas quâune phrase soit la mĂȘme chose quâune proposition : il y a entre ces deux mois
une différence essentielle que nous allons facilement saisir.
DĂšs que vous changez lâarrangement des mots, vous faites une autre phrase; la propo-
restera la mĂȘme, quoique lâarrangement soit changĂ©, tant que lâon ne changeia
rien au sens, à la signification, enfin tant que le jugement énoncé restera le mÎme.
N° III.
DU DISCOURS ET DE SES ĂLĂMENTS.
de ces antiques jours, nous la mettons dans nos
temples. Dans le nĂźondc, nous attribuons nos affecÂŹ
tions à ses couleurs ; Tespérance à sa verdure ; l'inno
cence Ă sa blancheur ; la pudeur Ă ses teintes de rose.
II y a des nations entiĂšres oĂč elle est rinterprĂšte des
sentiments, livre charmant qui ne cause ni troubles
ni guerres, et qui ne garde que lâhistoire fugitive des
rĂ©volutions du cĆur. (CBATEAUsaiAND.) j
La fleur est la fille du matin, le charme du prinÂŹ
temps, la source des parfums, la grĂące des vierges,
Tamourdes poĂštes. Elle passe vite comme lâhomme,
mais elle rend doucement ses feuilles Ă la terre. On
conserve lâessence de ses odeurs : ce sont ses pensĂ©es
qui lui survivent. Chez les anciens, elle couronnait
la coupe du banquet et les cheveux blancs du sage ;
les premiers chrétiens en couvraient les martyrs et
lâautel des catacombes. Aujourdâhui, et en mĂ©moire
Cette belle description; émaillée comme un véritable parterre, offre dans son en
semble ce quâon appelle un discours (I). âą ^ -
Un discours est donc, comme on le voit, une série de pensées qui roulent sur le
mĂȘme sujet.
La série des pensées qui composent le discours que nous avons cité, se divise en
plusieurs membres présentant, chacun, un sens complet.
PREMIER MEMBRE.
La fleur est la fille du matin, le charme du prinÂŹ
temps, la source des parfums, la grĂące des vierges,
lâamour des poĂštes.
â DEUXlĂME MEMBRE.
Elle passe vite comme lâhonmie, mais elle rend
doucement ses feuilles à la terré.
TROISIĂME MEMBRE,
On conserve lâessence de ses odeurs : ce sont ses
pensées qui lui survivent.
QUATRIĂME MEMBRE.
Chez les anciens, elle couronnait la coupe du banÂŹ
quet et les cheveux blancs du sage ; les premiers
chrétiens en couvraient les martyrs et Tautel des
catacombes.
CINQUIĂME MEMBRE.
Aujourdâhui, et en mĂ©moire de ces antiques jours,
nous la mettons dans nos temples.
SIXIĂME MEMBRE.
Dans le monde, nous attribuons nos affections Ă â
ses couleurs ; lâespĂ©rance Ă sa verdure ; lâinnocerfce Ă
sa blancheur; la pudeur Ă ses teintes_de rose. . *
SEPTIĂME MEMBRE.
Il y a des nations entiĂšres oĂč elle est lâinterprĂšte
des sentiments, livre charmant qui ne cause ni trouÂŹ
bles ni guerres, et qui ne garde que lâhistoire fugitive
des rĂ©volutions du cĆur.
Ily adonc sept membres dans cediscours. Cesdivers membres se nomment phrases(2).
(1) Discours vient du mot latin dĂź5cursw5 et signifie courses çà et lĂ , dâoĂč sâest formĂ© dtscurrere, dont
nous avons fait discourir' mot propre Ă peindre les opĂ©rations de lâesprit qui va dâune pensĂ©e Ă une autre et
considĂšre un sujet sous plusieurs points de vue. ' âą '
(2) En latin phrasis, en grec phraso (je parle), . - ,
( 25 )
«Ÿo»8g!S« ]VŸ IV.
DES MOTS
fies moments lesheures sont nées,
Et les heures forment les jours,
Et les jours forment les années
Dont le siĂšcle grossit son cours. (Lamartine.)
Lâhomme, perdant sa chimĂšre,
Se demande avec douleur
Quelle est la plus éphémÚre
De la vie ou de la fleur.
(ChĂšnier.)
Si Ton ne pouvait parler, quel moyen emploieraitron pour se faire entendre? On
ferait des signes, ou Ton ferait des gestes. Les gestes oxx les signes désignent donc, signi^
fient ce que nouspmsoni?, ce que nous vouions, enfin nos idĂ©es. Mais on nâemploie pas
ordinairement Ies*si^ne5, câest-Ă -dire les gestes, pour se Taire entendre. Gomment fait-
on pour dĂ©signer, pour signifier ses idĂ©es"^. On parle, câest-Ă -dire quâon emploie les mots
pourles slgiies.
Ainsi les mots peuvent sâappeler les signes de nos pensĂ©es, puisque, comnxe les
gestes, ils désignent ce que nous voulons, signifient ce que nous pensons.
Il nây'a dâautre diffĂ©rence entre "les mots et les gestes, sinon que les mots soiit des
signes quâon fait par la voix, et que les gestes sont des signes quâon fait.par le mouveÂŹ
ment des différentes parties du corps.
Or, puisque les mots, ainsi que Tes gestes, signifient ce que nous voulons, ce que bous
pensons, câesl-Ă -dirĂȘ quâils ' teignent nos idĂ©es, les mots sont donc les signes de nos idĂ©es.
En examinant les exemples que nous avons cités plus haut, on peut remarquer qu'il
existe entrejihaque mot Ă©crit ou imprimĂ© une sĂ©paration plus grande quâentre chacune
(les lettres qui le composent; nous allons indiquer cette séparation par une ligne verti
cale, ainsi quâil suit :
' « PREMIER EXEMPLE.
Des I moments
les f heures I sont] nées,
Et I les I heures | forment | les | jours, |
Et I les I jours | forment | les | années |
Dont ) le I siĂšcle | grossit 1 son | cours. )
Dans cet exemple il y a donc vingt-quatre mots,
SECOND EXEMPLE.
Lâ I homme 1 perdant
Se denĂŻande avec
1 *
Quelle est
sa I chimĂšre,
douleur
la I plus 1 éphémÚre
De I la I vie | ou ( de | la | fleur, j
Dans celui-ci il nây en a que vingt-et-un. ' \
EXERCICE ANAlYTJIQirE.
(Indiquer par une ligne verticale la séparation qui existé entre chacun des mots.)
plainte d une jeune vierge.
0 vierges de Sion ! ĂŽ mes douces compagnes 1
Ne Lavez-vous pas vu descendre des montagnes,
Brillant comme un rayon de Tastre du matin?
Dites-moi sûr quel bord, vers quel sommet lointain
Ses chameaux vont paissant une herbe parfumĂ©e ! âą
Sont-ils sous les palmiers de la verte Idunuie,
Ou sous le frais abri des rochers de Sanir?
. Mais hélas ! si long-temps qui peut le retenir !
DĂ©lices de mon cĆur! loin de toi .mon image
A-t-elle fui, pareille au mobile nuage?'
Ai-je cessĂ© dĂ©jĂ d'ĂȘtre belle Ă tes yeux?
Oïl ! reviens : j'al cueilli des fruits délicieux.
(Millbvoye.)
LE petit savoyard. .
J'ai faim : vous*qui passez, daignez me secourir.
Voyez : la neige toinbe, et la terre est glacée;
Jâai froid; le vent se lĂšve, et lâheure est avancĂ©e,
Et je n'ai rien pour me couvrir.
.Tandis qu'en vos palais tout flatte votre envie, . »
*A genoux sur le seuil, j'y pleure bien souvent;
Donnez : peu me suffit; je ne suis quâun enfant ;
Ăn petit ROĂč me rend la vie. ; .
On mâa dit quâĂ Paris je trouverais du pain ;
Plusieurs ont racontĂ©, dans nos forĂȘts lointaines.
Quâici le riche,aidait le pauvre dans ses peines ;
Eh bien ! moi je suis pauvre et je vous tends la main.
(Alex. Guiraud.)
q
( 26 )
,N'* V, |sse^e»**<
DES DIFFĂRENTES SORTES DE MOTS.
( *
LâĂterael, dans ses mains, tient cette chaĂźne Immense
Que termine Tinsecte.et que lâhomme commence.
(Chéwkdollé.)
Voyez-vous voltiger autour de oes buissons
Le bouweûil empourpré, les folùtres pinsons,
La mésange au front noir, le verdier, la fauvette ?
' â (Castel.)
I
Les ours blancs rassemblés, Tceil fixé sur ces mers,
De hurlements affreux épouvantent les airs. '
[Id,)
Homme, salut ! sans toi la nature muette
Pour cĂ©lĂ©brer son Dieu manquerait dâinterprĂšte.
â> > âą (ChknkdollĂ©.) '
Seulement, aux confins de ces affreux déserts,
De lugubres pétrels, au milieu des orages,
Font ouĂŻr quelquefois leurs cris durs et sauvages.
(Castel.)
H (le chien) garde les troupeaux, les défend etles aime;
U rĂšgle et suit leurs pas, U est berger lui-mĂšme.
(Rosskt.)
Examinez attentivement les mots que renferrnent ce^ citations, et vous verrez quâils
sont chacun le signe dâune idĂ©e particuliĂšre ; çâesi-Ă -dire quâils nous font penser Ă des
choses différentes ;
. 1Âź A des ĂȘtres, Ă des animaux, tels qae insecte;y homme, bouvreuil, pinsons, TnĂ©-
sange, verdier, fauvette, ours, pétrels, chien, troupeaux, etc.; ou à des choses, à des objets,
tels que mams, chaßne, buissons, front, ml, hurlements, airs, nature, confins^ déserts,
ovageSy cris, etc. â .
A des qualitĂ©s , quâils possĂšdent, telles que celles df ^ire immenses, empourprĂ©s^folĂą^
ires y noirs, blancs, affreux, muets,lugubres, durs y sauvages, <etc.
3Âź A des actions quâils font ou quâils souffrent, telles que celles de tenir, de terminer,
de commencer, de voltiger. A* Ă©pouvanter, de cĂ©lĂ©brer, de faire, d*omr, de garder, de dĂȘ^
fendre, Aâaimer, de rĂ©gler, de suivre, etc.
Tous les mots ne reprĂ©sentent donc pas la mĂȘme sorte d'idĂ©eSi
Déjà plusieurs espÚces ou classes dé mots. Mais quels sont les caractÚres et le nom
bre de ces classes? Câest ce que les grammairiens ont pris soip de dĂ©terminer, et câest
en classant les mots dâaprĂšs leur ressemblance ou leur diffĂ©rence quâils y sont parvenus.
Ils ont reconnu que la langue française se cprnpose de dix espÚces de mots, savoir :
1Âź Le nom oĂč substantif; 2Âź Varticle; 3Âź Vadjectif; 4Âź le pronom; 5Âź le verbe; 6Âź le partie *
cßpe; 7Ÿ Vadverbe; 8Ÿ la préposition; 9Ÿ la conjonction; iOŸ Vß7iterjection,
On divise tous les mots en mots variables et en mots invariables.
Les mots variables sont ceux dont la terminaison peut changer, tels sont le substantif,
Varticle, Vadjectif, le pronom, le verbe, le participe.
Les mots invariables sont ceux dont la terminaison ne change jamais : tels sont
Vadverbe y la préposition, la conjonction et Vinterjection. .
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Comparer entre eux les mots suivants et dire sâils reprĂ©sentent la mĂȘme sorte dâidĂ©es.)
DB casvaEAU et xb loup.
Un insolent chevreau, du haut de son étahle.
Crie au loup qui passait : le gueux ! le misérable !
âCe nâest pas de toi, rĂ©pond-U,
Que part lâinsoUe ; non, mais de ta seule place.
Tout faux brave, loin du péril,
CroĂźt montrer du courage, et nâa que de l'audace.
' . (Guicjsarr.)
LE SIEN P5 LA FOBTnifB.
Le blen de la fortune est un bien périssable ;.
Quand on bĂątit sur elle, on bĂąllt sur le sablp ;
Plus on est élevé, plus on court de danger :
^ . Les grands pinssonten butte aux coups de la tempĂȘte,
Et l'orage des vents brise plutĂŽt le faĂźte
Des maisous dehos rois que lĂšs toits des bergers,
(Racan.)
,*r)
CHAPITRE PREMIER
DĂŒ SUBSTANTIF.
N° VI.
NATURE DU SUBSTANTIF. â SA DĂFINITION (1).
NOMS O OBJETS MATERIELS.
La rose nous sourit Ă travers ses boutons.
(Boisjohn.) â
Le soïetï sur lÚs wonls cuit la grappe dorée.
(Delillk.)
Le pavot dans les champs lĂšve sa tĂȘte altiĂšre.
(Michaud.)
Le baume, heureux Jourdain, parfume tes rivagres.
(Delille.)
NOMS d'objets immatériels.
ĂUen nâĂ©gale la blancheur des lis,
(Fénélon.)
La douceur dâune femme est tout ce qui me charme,
(MoliĂšre.)
La &ten/atsancc est un besoin de lâĂąme..
(De Belloy.)
L'amitiĂ© dans nos cĆurs verse un bonheur paisible.
(ĂŒemoustier.)
Il existe dans la nature une multitude dâobjets diffĂ©rents que Ton distingue facileÂŹ
ment les uns des autres, au moyen des noms particuliers quâon a donnĂ©s Ă chacun dâeĂŒx.
Ainsi, par exemple, lorsquâon dit : le baume parfume les rivages du Jourdain, commenĂź
distingue-l-on lâobjet parfumĂ©? Par le mot rivages, qui est le nom de cet objel.'
Comment distingue-t-on lâobjet qui parfume? Par le mot ^aume. Donc les mots baume
et rivages sont des noms dâobjets. Il en est de mĂȘme des mots rose, boutons, soleil
raisins, colibri, serpolet, blancheur, bienfaisance, etc.
Les signĂ©s dâobjets-sont donc ceux qui dĂ©signent les objets.
Dans les exemples que nous avons cités, les objets désignés par les noms de la pre
miÚre colonne, on peut les voir, les toucher, les goûter, les flairer ou les entendre;
tandis que, dans les exemples de la deuxiÚme colonne, les objets désignés par les mots
blancheur, douceur, bienfaisance, amitié, bonheur, etc., on ne peut ni les voir, ni les tou
cher, ni les goĂ»ter, ni les flairer, ni les entendre. Ces objets nâont point de âcorps,
dâexistence rĂ©elle, indĂ©pendante; lâesprit seul les a créés. On a vudes-objeĂźs blancs,
des personnes douces, des ĂȘtres qui Ă©taient bienfaisants, bienheureux, et Von a indivi-
(1) Les Instituteurs primaires, et tous les professeurs qui ont une nombreuse classe Ăą conduire, pourront
procéder de cette maniÚre : .
Us écriront sur un tableau quelques-uns des exemples dont se compose chacun de nos poupes, et le s dispo-r
seront, comme nous l'avons fait, sur deux colonnes latĂ©rales; puis ils chercheront A fixer lâattentioa de leurs
Ă©lĂšves sur ces exemples, leur en feront remarquer les diffĂ©rences, et exigeront dâeux quâils Ă©noncent clairemeni âą
la rĂšgle. â . ' '
(28:>
dualisĂ© ces qualitĂ©s, abstraction faite des objets oĂč elles se trouvaient; puis on a formĂ©
les noms blancheur, douceur, bienfaisance, bonheur, etc.
II y a donc deux classes dâobjets : ceux qui existent dans lĂ nature et que nous pouÂŹ
vons voir, toucher, goĂ»ter, odorer ou entendre, et ceux qui nâexistent que dans notre
esprit et que notre esprit seul peut comprendre.
Tous les ĂȘtres, tous les objets de la nature, quels qiTils soient, peuvent ĂȘtre soumis
Ă diverses modifications. On peut dire dâune rose quâelle est Ă©panouie, flĂ©trie, rouge,
blanche; de champs, quâils sont fertiles, stĂ©riles, fleuris; de la blancheur, quâelle est
éclatante, vive, éblouissante.
Sous ce point de vue, câest-Ă -dire considĂ©rĂ©s comme*le sowfom, \e support de qualitĂ©s,
tous les ĂȘtres, tous, les objets de la nature prennent le nom de substances, et les mots
qui les rappellent Ă la mĂ©moire, qui les reprĂ©sentent sur le papier, clans lâĂ©criture, se
nomment substantifs.
Les substantifs sont donc les noms des substances, câest-Ă -dire les mots adoptĂ©s pour
désigner les substances; et par substances, on entend les personnes, les animaux, les
ĂȘtres, et gĂ©nĂ©ralement tous les objets qui'existent dans la nature ou dans notre esprit,
et quâon peut voir, toucher, goĂ»ter, odorer, entendre ou comprendre.
Télémaquc, CalypsoMentor,femmes, enfants, vieillards, sont des substantifs qui dési-^
gnent'des ĂȘtres faisant partie de lâespĂšce humaine, ou des personnes.
Chevaux, moĂźtchesj Ăąnes, chiens, chats, sont des substantifs qui dĂ©signent des ĂȘtres
ne faisant point partie de lâespĂšce hiimaine, ou objets animĂ©s, câest-Ă -dire ayant vie.
Rose, boutons, soleil, pavot, champs, tÎle, baume, rivages, désignent des ohjéls inani
mĂ©s, câest-Ă -dirĂ© ne vivant point.
Les substantifs, qui servent Ă dĂ©signer des ĂȘtres en gĂ©nĂ©ral, matĂ©riels ou immaÂŹ
tĂ©riels, les corps, les substances, ont Ă©tĂ© appelĂ©s plus communĂ©ment jusquâici noyns,
du latin nomen, qui veut dire men qĂŒoi> notĂąt, signe qui fait connaĂźtre. Mais on doit
prĂ©fĂ©rer la dĂ©nomination de subsiantifĂ©, xmi parce quâelle indique mieux la nature*de
ridée que cette espÚce do mots exprime, que parce que le mot nom a été employé par
un-grand nombre de. grammairiens dans un sens plus Ă©tendu, comme sâappliquant Ă
la fois aux substantifs et aux adjectifs. . '
Lâeffet propre du nom. ou stcteanft/est donc de'rĂ©veiller dans lâesprit TidĂ©e des perÂŹ
sonnes ou des choses quâil reprĂ©sente. Sa puissance peut aller jusquâĂ reproduire dans
lâĂąme ces sortes dâimpressions quây feraient naĂźtre les objets.eux-mĂȘmes.
Le nom dâĂŒlysse suffisait seul pour niettre PhiloclĂšte en fureur; et celui dĂš Marie
soulevait toutes les passions-jalouses dans le cĆur dâĂlisabeth; il lui semblait, dil
Schiller, que tousses malheurs portaient le nom de son infortunée rivale.
Ainsi, dans la retraite la plus isolée, dans la nuit la plus profonde, nous pouvons
passer en revue lâuniversalitĂ© des ĂȘtres; nous reprĂ©senter nos parents, nos amis, tout
ce que nous avons de plus cher, tout ce qui nous a frappés, tout ce qui peut nous
instruire ou nous récréer; et en. prononçant leur nom, nous pouvons en raisonner avec
les autres dâunĂš maniĂšre aussi sĂ»re que si nous'pouvions les montrer au doigt et Ă TĆU
Câest que cette facultĂ© admirable tient au souvenir, Ă cette facilitĂ© dont nous sommes
douĂ©s de nous reprĂ©senter tout ce que nous avons vu, quoiquâil ne soit plus sous nos
yeux; et de nous rendre ainsi lâunivers toujours prĂ©sent, en le concentrant pour ainsi
dire eri nous-mĂȘmes^ . *
($9)
Par les, noms, nous lenons ainsi registre de tout ce qui existe, et de tout cç que nous
avons vu; mĂȘme de ce que nous nâavons jamais vu, mais quâon nous a nommĂ©, en
nous le faisant remarquer par ses rapports avec les objets que nous connaissons.
*
Aussi nâexiste-t-il aucun ĂȘtre don ton puisse avoir besoin de se rappeler le souvenir,
qui nâait son nom; puisque ce nâest que par cette espĂšce dâanse quâ(Ăźn peut le saisir et le
mettre sous les yeux; aussi, dĂšs quâon entend parler dâun objet inconnu, demande-
t-on Ă lâinstant son nom, comme si ce rsom seul le faisait connaĂźtre : mais ce nom rapÂŹ
pelle un objet auquel on attache telle idée; il le supplée en quelque sorte, et cela suffit.
0
Ne soyons donc pas Ă©tonnĂ©s que lâhomme, qui parle de tout, qui Ă©tudie tout, qui tient
note de tout, ait donné des noms à tout ce qui existe : à son corps et à toutes ses parties,
Ă son Ăąme et Ă toutes ses facultĂ©s, Ă celle multitude dâĂȘtres qui couvrent la terre ou
qui sont cachés dans son sein, qui remplissent les eaux ou qui traversent la vaste
Ă©tendue de lâair; au ciel*, et Ă tous les ĂȘtres qui y brillent, et Ă tous ceux que son esprit
y conçoit; quâil en donne aux montagnes, aux fleuves, aux rochers, aux forĂȘts; Ă ses
habitations, Ă ses champs, aux fruits dont il se nourrit; Ă ces instruments de toute
espĂšce avec lesquels il exĂ©cute les plus grandes choses; Ă tous les ĂȘtres qui composent
la société; à une femme chérie; à des enfants, objets de toute son espérance; à des
amis auxquels son cĆur est attachĂ© et qui lui rendent la vie prĂ©cieuse; Ă des chefs
qui veillent pour lui. Câest par leur nom que se perpĂ©tue dâĂąge en Ăąge le souvenir de
ces personnages, illustres, qui méritÚrent du genre humain par leurs bienfaits ou par
leurs lumiĂšres.
Il fait plus : tantĂŽt il donne des noms Ă des objets qui nâexistent pas; tantĂŽt il en donne
Ă une multitude dâĂ©tres, comme sâils nâen formaient quâun seul; souvent mĂȘme il
donne des noms aux qualitĂ©s dâobjets, afin dâen pouvoir parler de la mĂȘme maniĂšre
quâil parle des objets dans lesquels ces qualitĂ©s se trouvent.
Ainsi, les ĂȘtres se multiplient en quelque sorte pour lui Ă lâinfini, puisquâil Ă©lĂšve Ă
ce rang ce qui nâest pas, et les simples maniĂšres dâĂȘtre des objets existants.
Le mot nom, dans son acception primitive, est considéré par les grammairiens
comme la source dâoĂč lâon a tirĂ© toutes les autres espĂšces de mots, au moyen de quelÂŹ
ques modifications quâon lui fait subir, ainsi quâon le voit dans no^nmer, nommĂ©ment,
nomination, nominal, qui tous proviennent du xaoinom lui-mĂȘme.
Quelquefois les noms changent de signification par le seul laps de temps : tels sont
entre autres ceux de tyran et de parasite, maintenant aussi odieux quâils" Ă©taient jadis
honorables.
Il y a plusieurs moyens mécaniques pour reconnaßtre un substantif. .
Ainsi tout mot devant lequel on ,peut placer «n, une, du, de l', de la, des, est un
substantif; or je puis dire: un peuplier, une rose, du sucre, de la prudence, des fleurs,
donc les mots peuplier, rose, sucre, prudence, fleurs, sont des substantifs.
On connaĂźt aussi quâun mot est substantif lorsquâoiFpeut y ajouter un autre mot
exprimant une bonne ou une mauvaise qualité. Or, je puis dire: «ne belle tulipe y un
beau magnolia, une grande pensée, un petit vieillard; donc les mots tulipe, magnolia, pensée,
metllard, sont des substantifs. *
Uo )
EXERCICE ANĂLYJJQVE.
(Souligner les substantifs ou bien en faire une liste.)
LE PRINTEMPS.
l.Ăš pHhiĂ©rnps qu'annonçait la joyeuse htârĂŽrußÎUĂš,
Des jqtsons Ă mes yeux vient dâouvrir la plus belle.
Le çhĂšne sâest Ă©teint dans nos foyers dĂ©serts,
Et des arbres déjà tous les sommets sont verts ;
Les troupÚmx, librement épars dans les campagnes.
Broutent le serpolet au péncbant des Tnonfa^n&s ;
Lés oiseaux, dans les bois, par couples réunis,
Suspendent aux rameaux la mousse de leurs nfds.
Jâentends le rossignol, cachĂ© sous le feuillage,
Bouler lĂ©s doux/ârĂȘrfons,de son tendre ramage;
1 .es champs Ă âherbes couverts, les prĂ©s semĂ©s de^urs,
iic leurs riants tapis font briller les couleursi
Le lilas flatte plus les regards de lâaurore
Que les rubis de VInde et les perles du Maure;
kt.les zéphirs légers, volligeant^sur le thym,
N^Ăąis rapportent le soĂŻr les parfums d\ĂŻ matin.
(Lemibrrs.)
DES MERS.
Ces vastes ĂŽceafM sont comme les sources de tous
les fleuves, comme le bassin oĂč la nafdre puise sans,
cesse pour arroser runtvcrs.,... 11 existe entre la fai-
ble planfe et l'Océan, une correspondance invisible ;
la vie de lâuhĂ© est attachĂ©e Ă iâcictsfence de Vautre :
nâimporte la distance qui les sĂ©pare, la nahire sait la
franchir. Dé ce vaste gou/fre pincé entre les deux
mondes, sortent les éléments des gazons, des fruits
et des fleurs : Vonde se change en vin dans la grappe
)arfumée;on la savoure* dans la péchc, Vorange,
âananas; elle sĂ© teint en bleu dans la violeUe, dore
le souci; argente le lis, colore en pourpre lâĆil/eC çt
verdit le feuillage. 0 sagesse adniirablcl ViĂźnmcnsilfl
seule du basMn des mers peut nous ras'sĂŒrer sur
Vexistence des races futures.. .
(ùimé-Martin.)
VII i
DĂS SUBSTANTIFS COMMUNS ET DES SUBSTANTIFS PROPRES.
SUBSTANTIFS COMMUNS.
La cerise rougit aux ramcawĂ ? suspendqe.
'^ICHĂ'UD.)
La-ÿJmlsé eh-là ïLpur change lé stic des plahfcs.
(Lamartine.)
L'arbre Ăźest.dB nos jardins le plus bel ornement.
(Delillk.)
L'homme ravit là laihé à là irebis paisible.
(St.-Lambert.) V
Sous mes pas, des/ourmis la coKofte empressée
Poursuit de ses iravaua; la tùche commencée ;
Et, parmi les gazons roulant dâĂ©normes grains.
Pour lâhiver paresseux remplit ses âmagasins.
(Michaud.)
substantifs propres.
Sur les rives du Gange on voit fleurir l^Ă©^ne;
(Delillb.)
Lé Nil du vért acanthÚ admire le feuillage.
(id:)
Lâif s'-Ă©panouit aĂŒ souffle de Boréé.
m
Le baume, heureux Jourdain,-parfume tes rivages.
. . . L'/ndc et ses forets,'et leur nchÚ trésor,*
Et le GanpCj et lâ^Termusqui roule un limon dâor, '
Et les riches parfums que ,lâJ.raĂ ie^exhalç,
A VahĂŒqĂŒe .Ă wsohtĂ© ont-ils rien qiii s'Ă©g&lĂšâP
m
TĂŽĂŒs les objets dĂš la hatĂŒrĂš, les fleuvĂ©s, par exetriple, les v illes oĂŒ lĂšs hommes,^pnt
un ensemble de qualitĂ©s communes qui en font une collection dâĂȘtres ou dâobjets de
mĂȘme nature; par consĂ©quent, la mĂȘme dĂ©nomiftaliĂŽn leur est applicable. Les subsÂŹ
tantifs fleuve, ville, homme, conviennent Ă chacun dâeux*, et-sont employĂ©s tĂŽulĂšs les
fois quâon veut les dĂ©signer par lâidĂ©e de la nature qui leur est commĂŒriĂ©.
Mais si lâon veiit distinguer un fleuve des autres fleuveS; une ville des autres villes,
un homme des autres hommes, il faut Nécessairement les distingßiÚr par ûnÚ déno
mination qui leur soit pro/?re, particuliĂšre.
De lĂ deux espĂšces de substantifs : ceux qui conviennent Ă une classe dâindĂźVĂźdus. Ăšt
ceux qui servent Ă distinguer un objet de ceux qui ont la mĂȘme haturĂ©;
Les substantifs de la premiÚre espÚce sont appelés communs, ceux de ia seconde
espÚce sont appelés substantifs propres.
Ainsi cerise, rà meaux, génisse, lait, stic, plantes, arbres, jardins, ornement, homme,
laine, hTehiB, pas, fourmis, cohorte, travaux, tĂąche, gazon, grains, hiver, mĂ gctsins, etc,
( 31 )
sont des substantifs communs, parce quâils expriment une idĂ©e commune aux objets dâune
mĂȘme classe.
On peut dire, eh montrant un figuier, ceci est un arbre; si lâon montre un olivier, on
pĂ©ut encore dire, ceci est un arbre; on le peut encore, si lâon montre un grenadier, un
chĂȘne, un oranger, un cerisier, etc : le mot arbre Ă©st donc un substantif comfnunk tous
les autres végétaux. Le rribt arbre est donc un substantif commun nommant une espÚce ou
plutĂŽt une classe de vĂ©gĂ©taux, et qui convient Ă tous les individus de cette espĂšce oĂč
classe. Parmi les arbres, ily a des figuiers, ily a des oliviers, des grenadiers, des chĂȘnes,
des cerisiers, des orangers j etc.; mais tous les arbres qui donnent des figues sâappellent
figuiers; le nom figuier esi donc commun h tous les arbres de VespĂšce qui produit des
figues; tous les arbres qui produisent des olives sont des oliviers; le nom olivier est
donc co7nmun Ă toute lâespĂšce dâarbres produisant des olives; lĂ© nom grenadier est com-
mu7i Ă toute lâespĂšce dâarbres produisant des grenades; le nom ckĂȘne esi comrnuiihXonte
lâespĂšce dâarbres produisant des glands; le nom cerisier est commun Ă toute lâespĂšce
dâarbres produisant des cerises; le noih oranger est commun Ă toute lâespĂšce dâarbres donÂŹ
nant des oranges; donc les noms^^'cr, olivier; grenadier, chĂȘne, oranger, cerisier, sont
des substantifs communs. ^ ^
Gange, NU, Borée, Jourdain, Inde, H'ermus, Arabie, Ausonie, etc., sont, au contraire,
des suDstanĂ»fs prĂ pres, parce quâils servent Ă distinguer un fleuve dâavec tous les autres
fleuves, une contrĂ©e dâavec toutes les autres contrĂ©es, un homme dâavec tous les autres
hommes i . *
Cette propriĂ©tĂ© du substantif, par laquelle, il embrasse unĂ© classe dâindividus ou
nâexprime quâun individu dâune classe, sâappelle Ă©tendue.
LĂšs substantifs communs ont plus ou moins dâĂ©tendĂŒe, selon quâils sâĂ©tendent Ă un
nombre plus ou moins considĂ©rable dâindividus ; ainsi le substantif animal a plus dâĂ©-
tendue qĂŒĂš le substantif homme, qui ne convient quâĂ une portion des ĂȘtres animĂ©s;
Les substantifs propres ont une Ă©tendue aussi restreinte que possible, puisquâils ne
dĂ©signent que dĂ©s individus uniques, particuliers, comme Martin, Paris. Lors mĂȘme
quâils se trouvent convenir Ă plusieurs individus, câest lihiquement par hasard : ainsi
de ce que, suivant lé proverbÚ ,il y d plus (tim ùne à là foire (fiii s'appelle Martin, il ne
sâensuit pas. que le nom Martin ait Ă©tĂ© destinĂ© Ă marquer une classe, une collection
dâindividus qui aient quelque chose de ressemblant, quelque caractĂšre conunun , eh
sorte quâuTi Martin puisse servir Ă faire reconnaĂźtre lĂ©s autres Martin.
II en est de mĂȘme de Londres et de Paris: Londres et Paris sont des nomsde villes. Il
y adeux villes nommées Londres: Londres en Angleterre-et Londres eh AmériquÚ. Ily a
six villes appelĂ©es Paris: Paris, capitale de la France, et cinq Paris dans les Ătats-
Unis de.rAihérique du nord ; il pourrait ÿ en avoir'bien davantage. Mais toutes lÚs
villes ne sâappellent point Londres ou Paxis, ces nohishĂš sont pas communs Ă toutes
les villes; c'Ă© sont donc des noms ipo;>res Ă un ou plusieurs individus de lâespĂšce dâĂ©b-
jéts appelés villes; mais ils ne conviennent pas à tous les objets de cette espÚce.
De tout ce que nous avons dit jh'squâici nĂŽiis conclurons :
1Âź Que le substantif propre est un hoin qui ne sâapplique qĂčâĂ hn seul individu , Ă uh
seul objet, pour le distinguer dÚ tous lés autres individus*, de tous lÚs autres objets;
2Âź QuĂš \c*dubstĂ ritifâcĂ mTĂŻiuhâcix Ăčti nom qui, aĂŒ contraire, peut sâappliquer indiffĂ©-
reftimĂȘhi Ă ibus les individus, A tous iĂšs objets dâunemĂȘmedspĂšce, dâune mĂȘme nature.
' ĂVĂ©mĂ ftyuĂȘ^ Ceci ; lĂšfe substantifs jt>rope« doivĂȘht tĂŽĂŒjoĂŒi^ commĂšncĂȘr par ĂŒhĂ©.^^
lettre ou majuscules Xdndr^j/jRouĂ n,
(32)
EXEĂCICE ANALYTIQUE.
(distinguer les substantifs propres des substantifs communs.)
Combien de monuments dont la grandeur étonne !
Regardez : c'est Bossuet qui sâĂ©lĂšve et qui tonne ;
Câest Descartes y du monde Ă©clairant le chaos ;
Câest Corneille, Pascal, Racine, Despre'aux; ,
Montesquieu qui des lois explique les oracles y
Ruffon de la nature étalant les miracles ;
El vous, chĆur immortel par les GrĂąces ornĂ©,
Vous, reines des beaux-arts, que conduit Se'vigné.
Je reconnais Martel qui sut dans nos vieux Ăąges
Du Maure débordé repousser les ravages /
Charles qui, de cent rois le vainqueur ou lâappui,
Vit l'univers entier se taire devant Jui;
Des Guesclin, des Bayard la valeur souveraine,
Kl, plus prĂšs de nos jours, Catinat et Turenne.
Castel.)
Pontanes ! dont la voiaj consola les iombectux ;
Saint-Lambert .â^qui chantas les ver fus des hameoua;;
Morellet'/ dont la plume éloquente et hardie
Plaida pour le malheur devant la tyrannie ;
Suard / qui rĂ©unis, Ă©mule dâ^ddisson,
Le savoir Ă lâesprif, la grĂące Ă la raison ;
la Harpe ! qui du goût expliquas iSs oracles,
Sicard! dont les leçons sont presque des miracles.-
Jussieu, Laplace ! et toi vertueux Daubenfon
Qui mâappris dĂ©s secrets inconnus Ă Buffon : '
- Je ne vous verrai plus.
{Miciiaud.)
r»»
N° VIII.
«
SUBSTANTIFS COLLECTIFS.
. Tout le peuple crie : victoire an fils dâUlysse.
(Fénelon).
heur flotte impérieuse, asservissant Neptune,
Des bouts de l'univers appellera fortune.
(Voltaire.)
Le Seigneur a soufflĂ© sur lâamas de leurs richesses
injustes, et lâa dissipĂ© comme de la poussiĂšre.
(Massillon.)
Du milieu de cette Ăźle, un berceau toujours frais
Monte, se courbe en voĂ»te, et sâembellit sans frais
De touffes dâaubĂ©pine et de lilas sauvage.
(RoucnER.)
Ne dois-je toutefois célébrer que l'csiam
Des fleurs dont cet enclos a diapré son sein ?
(RoĂŒchkr.)
QĂŒest-ce quâune armee ? câest.une muZfifudĂ© dâĂ -
mes pour la plupart viles et mercenaires.
(Fléchier^)
Dâinsectes lumineux mille escadrons lĂ©gers
Viennent tourbillonner dans les bois dâorangers.
(Castkl.)
Comment percer cette foule effroyable de rimcurs
affamés ?
(Boilbau).
Le. charançon dévore un vaste amas de graines.
(Delillk.)
Le. sort malencontreux
Conduit en cet endroit uii grand frowpeaw de bĆufs.
(&01LEAU.)
Je cours et je ne vois que des troupes craintives -
Dâesclaves effrayĂ©s, dc femmes fugitives.
(Racine.)
La plupart des femmes nâont guĂšre de principes;
elles se conduisent par le cĆur. ^
(La BruyĂšre.)
Et tes flatteurs tremblants sur un tas de victimes
DĂ©jĂ du nom dâAuguste ont dĂ©corĂ© tes crimes.
(Voltaire.)
Saint Louis va prendre terre au travers des vagues
et dâune grĂȘle de traits.
(Fléchier.)
Parmi les substantifs que renferment ces exemples, et qui sont tous des substanĂŒjs
communSyil y en a qui servent.Ă dĂ©signer des collections totales ou partielles dâindividus
ou dâobjets dâune, mĂȘme nature; tels sont troupe, amas, foule, armĂ©e, multitude, forĂȘt,
flotte, quantité, régiment, infinité, etc.
Une armĂ©e est une rĂ©union dâhommes armĂ©s. Ce mol prĂ©sente Ă lâesprit lâidĂ©e dc pluÂŹ
sieurs hommes assemblés dans le.but de faire la guerre, et cependant le substantif
armĂ©e est au nombre singulier, parce que ce substantif nâest point le nom des hommes
armĂ©s, mais le nom dâune rĂ©union ; il nây a ici quâune armĂ©e.
Une flotte est une rĂ©union de vaisseaux. Le mot flotte Ă©velWe TidĂ©e dâun certain nomÂŹ
bre de navires de guerre, naviguant Ă peu de distance les uns des autres, pour combattre
sur mer ou pour protéger le commerce maritime, et cependant le substantif flotte est
au nombre singulier, parce que ce substantif nâest point le nom des vaisseaux, mais
celui d*une rĂ©union: il nây a pas ici deux flottes, il nây en a quâune.
' ( 35 )
Le peuple est Vensemble des habitants dâun mĂȘme pays : ainsi, il y a le peuple franÂŹ
çais, le peuple anglais, le peuple espagnol, etc. ; le mot peuple Ă©veille donc lâidĂ©e dâun
grand nombre dâhommes; ce substantif est nĂ©anmoins au singulier, parce quâil nâest
point le nom des habitants , mais celui dâune rĂ©union. Il ne sâagit ici que dâun seul
peuple.
Une multitude dâĂąmes, câest un grand nombre dâĂąmes : le mot multitude exprime donc
une rĂ©union, un assemblage dâobjets, et il est au singulier, parce quâil nâest pas le nom
des ĂąmĂ©s, mais celui dâune rĂ©union quelconque dâobjets; il nây a pas ici deux multiÂŹ
tudes, il nây en a quâune.
Ces mots armée, peuple,flotte, multitude, etc., qui tous expriment, au singulier, une
rĂ©union, un assemblage de personnes ou dâobjets de la mĂȘme espĂšce, sont des substanÂŹ
tifs communs, appelés en grammaire, substantifs collectifs, dxxmot collection, qui signi
fie réunion, assemblage; comme collection de gravures, collection, de coquillages, etc.
. Ainsi les substantifs collectifs sont des substantifs communs, qui, quoique au sinÂŹ
gulier, expriment une rĂ©union, un assĂšmblagede personnes ou dâobjets de la mĂȘme
espĂšce. *
Les collectifs sont généraux ou partitifs : généraux, quand ils représentent une collec
tion-entiÚre; et partitifs, lorsqu'ils représentent une collection partielle. La foule des
humains est vouée au malheur. La foule des humains embrasse la généralité des hommes;
ta foule est un collectif général. Une foule de pauvres reçoivent des secours. Une foule de
pauvres nâembrasse quâune partie des pauvres ; unefoule est un collectif partitif. LâarmĂ©e
des Français, la multitude des étoiles, collectifs généraux. Une troijpé de soldats, une
MULTITUDE (tĂ©toĂŒes, collectifs partitifs.
On voit que le mĂȘme mot peut ĂȘtre collectif gĂ©nĂ©ral et collectif partitif, selon le
sens quâon y attache. En gĂ©nĂ©ral un collectif, quand il est prĂ©cĂ©dĂ© detm, une, est
partitit
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Désigner les substantifs collectifs.)
Une troupé de nymphes couronnées de fleurs na
geaient en foule derriĂšre le char.
(Fbnbloßï.)
Les uns courent se jeter dans la ririĂšre deNarwa, et
une foule de soldats y furent noyés.
(VotTAIRK.)
u se trouve enveloppé par un coryïide Spartiates qui
font tomber sur lui une yréle de traits.
(Barthélémy.)
Un peuple de beautés, un peuple de vainqueurs,
Foulant d'un pied léger les gazons et les fleurs.
Entrelacent leius pas dans de riants dédales.
(Thomas.)
Nâ IX.
SUBSTANTIFS COMPOSĂS.
Lâodorat est Yavarit-coureur du goĂ»t.
(Bernardin de St-Pierhk.)
Puis-je oublier TĆillet de la vallĂ©e,
Le bouton-d'or, la pùle giroflée,
Le chÚvre-feuille à Todeur parfumée?
(Beuonot.)
Nos petits-mdHres sont lâespĂšce la plus ridicule qui
rampe avec orgueil sur la surface de la terre.
(Voltaire.)
La fleur de la reine-marguerite est trĂšs belle ^ et
fait, en automne, le principal ornement des jardUis.
âą * F F- (Acammii.)
Le pot-au-feu du peuple est la base des empires.
(Mirabeau.)
Depuis le dĂ©luge, Tarc-en-cicl a Ă©tĂ© un signe delĂ
clémence de Dieu.
(Bossuet.)
hes belles-de-nuit du Pérou, Tarbretristedes Molu-
ques, ne ilearissent que la nuit.
(Bernardin de St-Pierre.)
Vainemerit Thomme élÚve des palais et des arcs-
de-triomphte, lé temps les use en silence.
(AlMĂ-MABTnf.)
( 34 )
11 nây a pas de langue qui soit assez riche pour avoir autant de noms particuliers qu-il
peut y avoir d'idées à exprimer; c'est ce qui nous oblige, souvent à représenter une idée
imiqĂŒe par plusieurs mois Ă©quivalant Ă uh signe unique, comme quand on dit : Vavantr
coureur, le bouton-jPpr, des petits-maĂźtres, Varc-eriHĂet, \e pot-au-feu, etc.
Les expressions composées, équivalantà un substantif, s'dup^eWent substantifs composés.
Les mots qui composent ces sortes dâexpressions sont liĂ©s par un trait dâunioq : ckej-
(PĆuvre, arc-en-ciet. *
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Désigner les^ substantifs composés.) - '
Lâivresse des Français est gaie, scintillante et tĂ©mĂ©-
raire.;; c'est pour eux. un avÊit-goût de la bataille et
de la victoire, .
(Le général Foy.)
LTionheut des femmes est mal gardé quand la vertu
et ^ religi^ ne sontpaa aux 03)ant.postes.
â ' ' (LĂV1S-.) -
Le' serpent-à ç-sonnettes,^ caché dans les prairies de
r AmĂ©rique;â fait bruirCiSous l'herbe ses sinistres grelots.
(Bernardin de St-Pierre.)
La clĂ© du coffre-fort et des cĆurs c est la mĂȘme.
(La* Fontaine.)
La petite-vĂ©role fait aĂŒ Cap des ravages affreux.
(Bernardin.DE St-tPierbe.)
Les janĂŒ)es de derriĂšre des quadrupĂšdes forment un
' arc?boutant Ăšn avant.
\
Les chauves-sout^ sont de vrais quadriipĂšdes.
(Buffon.)
Nâ X.
DĂŒ GENRE DANS LES SUBSTANTIFS.
sĂBIĂ.' â MAEHS.
Lâdhe souffre la faiin, un chardon le contente.
(Rossht).
LoßKq» deisou sang ne peut cahnep lÚs flÚts.
. (Delille.)
Le tigre rugit Ă la vue de tout ĂȘtre vivant.
Le loup sait se tenir prudemment embusqué.
(Id.y
Le chevreuil est fidĂšle au pacte conjugal.
, U â
Le mulet reconnut une. jument pour- mĂšre.
(Rosset.) '
Le lapim se- soustrait aisément aux yeux de l'homme.
WJ- ,
L'indocile poulam par nos mains est dompWi,
(Ros set.)
Le paon est, sans contredit, le'^roi>des:oĂźiSteaux.
(Buffon.)
Le serin est le musicien de la chambre.
Le dindons. Pair fanfaron jamais U ne possĂšde que
trĂšs peu de courage.
* âą (BBRqtUIN.)
Quel jpcfc de son- sang se plaĂźt Ă se priver ?
(RUcine.) ,
2« SERIE. â FEMELLES.
L'dnesse a la voix plus claire et plus perçante , que
lâĂąne. (Buffon.)
La Itonne devient terrible dĂšs quâellĂ© a des petits.
(Jd.)
La tigresse produit^ comme la lionne, quatre oq
cinq petits (i). (id.)
La louve allaite ses petits pendant quelques semaiÂŹ
nes, et leur apprend bientĂŽt Ă manger de la chair.
(Id.) '
La cActiretlese recĂšle dans le plus fort du bois pdpr
éviter le loup. (id.)
Une mule fit une trĂšs belle, pouline dâun poil aleÂŹ
zan avec les crins noirs (2) . i^d.)
La lapine allaite .ses petits, pendant plqs de six
maines. â (Jd.)
Cette powlme avait une étoile au front et les pieds
blancs. (Id.)
hs paonne aime Ă dĂ©poser ses Ćufs dans un lieu seÂŹ
cret et retiré. (Id.)
La sertne assez souvent tombe malade au comÂŹ
mencement du printemps, (Id.)
La dinde a des Ćufs blancs et tachetĂ©s.
m
La mĂšre de sa fille aime Ă voir les essais,
(Lsmibrre.)
(1) Quelques^âpersonnes pensent Ă tort içue le mot tigresse ne sâemploie quâau^ figurĂ© en parlant d'une
femineĂźcruellç./L!exqmple, dejBuffon*,, qĆe ncius pourrions Ă©tayer de mille autres pris dans les naturalistes,
prouve le contraire. LâAcadĂ©mie etitouSfleailexi cographes indiquent dâailleurs lâemploi du mot tigresse, en parÂŹ
lant de la, femelle, du tigia., , i- H y , y-
(2) Câest, Ă©galement Ă tort quâun,graramai"a:iea range le mot mulet panni les substantif^ ĂȘpiçÚnes. Ce mot a un,fé
minin; comme* lĂš'prouve lâexernÿÚ.de Buffon u Ce..fĂ©nĂŒqip est rn^Ă©. Voir tous les dictiqnnĂźwps et les nalqr^s/Ă©s;
ta.--â^
f 35 )
On voit que les noms peuvent se présenter sous deux aspects différents, selon qu^ils
désignent un sexe plutÎt que Tautre.
Les ĂȘtres animĂ©s sĂ©divisent en deux grandes classes:les ĂȘtres ?nd/es et lesĂȘtrcs/eme/Zes.
Cette diffĂ©rence en^eles mĂąles et les femelles sâappelle sexe (1) dans les ĂȘtres; et genre
dà ns les noms destinés à en rappeler Tidée. ,
Ainsi, de mĂȘme qĂŒâil y a deux sexes parmi les ĂȘtres animĂ©s, il doit y avoir deux
genres parmi Içs noms V lé genre masculin et le genre féminin.
L§ g^njre masculin rĂ©pond au sexe mĂąle; le genre/Ă©mĂȘnm au sexe./me//e.
Nous pouvons donc Ă©tablir cette rĂšgle gĂ©nĂ©rale, relativement aux nonas dâĂȘtres animĂ©s:
1Âź Tout nom qui dĂ©signe un honime ou bienĂŒn mĂąle chez les animaux, est masculin :
Alexandre, lion, tigre, etc.
2Ÿ Tout nom désignant uqe femme ou bien une femelle chez les animaux, est féminin :
Alexandrine, lionne^ tigresse, etc.
r Ainsi se dĂ©termine, dâune maniĂšre trĂšs naturelle; le genre, dans les noms qui dĂ©sir
gnent les ĂȘtres amme5. La nature, que nous avions prise pour guide, nâa donc point
trompé notre confiance; elle seulenous a dicté ces rÚgles simples et les a sanctionnées.
Câest sans doute dans un mpment de mauvaise humeur que-Duclos a dit, dans son
commentaire sur Port-Royal : «Lâinstitution ou la distinction des genres est une chose
purement arbitraire, qui nâest nullement fondĂ©e en raison, qui ne paraĂźt pas avoir le
moindre avantage, et qui a beaucoup dâinconvĂ©nients. »
Dans la grande classe des ĂȘtres animĂ©s, la nature a Ă©tabli deux divisions, qui sâoffrent
Ă nos regards sous Taspect le plus touchant. Pans toutes les parties de Tunivers,,on conÂŹ
temple sans cesse Thomme et la femme rĂ©unfs sous le mĂȘme toit, le lion et la lionne
dans le mĂȘme antre, le rossignol et sa compagne dans le mĂȘme nid ; partout câest une
famille quâune mĂšre nourrit, quâun pĂšre-protĂšge.-Cette admirable distinction dâĂȘtres
noiimciers et dâĂȘtres protecteurs frappe vivement Tesprit de Thomme; elle seule le
guida quand U dĂ©termina la classe des ĂȘtres masculins et peUe des ĂȘtres fĂ©minins. 11 rĂ©unit
dans la premiĂšre tous ces ĂȘtres que la nature crĂ©a p'uissants et forts, afin quâils dĂ©fenÂŹ
dissent contre tout danger leur chĂšre famille, et celle plus, chĂšre encore qui la nourrit;
puis il rassembla dans la seconde tous ces ĂȘtres faibles et bons, de qui la faiblesse rĂ©ri
clame une protection constante, et dont la bontĂ© se charge de nourrir et dâĂ©lever des ĂȘtres
chéris auxquels elles ont donné le jour.
La distinction des noms en deux genres, Tun masculin, Tautre féminiri, conformément
aux deux sexes,, fut donc prise dans la nature; et on aurait tort de croire, avec Ducios
et dâautres granamairiens, quâelfe soit arbitraire et de pure fantaisie. II eĂ»t Ă©tĂ© absurde
de dĂ©signer tous les ĂȘtres animĂ©s, quoique de sexe diffĂ©rent, par le mĂȘme nom sans disÂŹ
tinction de sexe, parce que le langage nâaurait jamais Ă©tĂ© dâaccord avec le fait, et parce
(1) Mot formé du latin wcare qui signifie sejparer, partager, couper en deux, parce que, par le sexe,
l'espĂšce est coupĂ©e en deux portions, et comme en deux moitiĂ©s dâun tout, Chacune de ces portions, ou chacun
de ces sexes fut appelé grenre_, du mot primitif gen, qui désigna toute idée de production, destination des sexes.
â^Peut-ĂȘtre que TĂ©lĂšve, en voyant dâiin cĂŽtĂ©, ane, ĂŻiw»., et, de lâautre, dnes^e, Ăonne, pour designer des animaux
entre lesoĂčels U nâanercoit dâabord aucune diffĂ©rence, manifestera ouelaue Ă©tonnement de celte bizarrerie. Sâil
uans son scm.
L'élÚve ne sera pas embarrassé pour déduire de cette observation le signe propre à caractériser la femelle.
11 le tirera soit de VĂ©tat de gestation, soit de Fallaiteinent, ou mĂȘme de Faction de traire.
On'fera les mĂȘmes observations pour la vache, la chĂšvre,'la brebis, etc.
Pour les oiseaux, le signe des feinellĂ©s sera celui de Fceuf ou de lâincubation*
(36)
quâon aurait toujours Ă©tĂ© embarrassĂ© de savoir duquel des deux ĂȘtres on parlait, tandis
quâon nâeĂ»t mis aucune diffĂ©rence entre leur nom commun. '
Mais pour marquer la diffĂ©rence des sexes, on nâa pas toujours donnĂ© aux noms une
terminaison diffĂ©rente. 11 nây a guĂšre que ceux que nous avons rapportĂ©s dans le tableau
prĂ©cĂ©dent et un petit nombre dâautres, qui soient susceptibles de cette modification
sexuel lĂš.
Dans les numĂ©ros suivants nous montrerons comment on sây est pris pour indiquer la
différence des mùles et des femelles dans les noms qui ne peuvent se modifier sous le
rapport du genre. ^ âą
EXERCICE ANALTTIQVE.
(Désigner les noms masculins et les noms féminins).
CbaU
Agneau.
Loup.
Renard.
Chatte.
Agnelle.
Louee.
Renarde.
PoulaĂD.
Poulet.
RoitignoU
Prince.'
Pouliche.
Poulette.
Rossignolette.
Priaceiae.
Baron
FrĂšre.
Faon.
Perroquet,
Baronne. .
SĆur.
Faonne.
Perruche. >
Fils.
Senn.
Paon.
Faisan.
Fille.
Serine.
Paonne.
Faiiane.
Lapin.
Dain.
Roi. 4
Canard.
Duc.
PĂšre. âą
Lapine.
Reine.
Daine (l.;
Cane.
Duchesse.
MĂšre.
NâXI.
J »
NOMS DIFFĂRENTS ET PARTICULIERS POUR LES MALES ET LES FEMELLES.
1â SĂRIE. â MALKS.
Les hommes consomment leur jeunesse Ă se forÂŹ
mer un esprit que les femmes apportent en naissant.
(J.-J. Rousseau.)
Le cheval aime Thomme, il aspire Ă lui plaire.
(RĂŽsskt.)
Le taureau est un animal indocile et fier.
(Id.)
Le bĆuf au. pas tardif a la force en partage.
(Id.)
Le cerf craint beaucoup moins Thomme que les
chiens, â (Buffon.)
' Le bouc suit avec peine ët traßne im pas tardif. *
(Ross ET.)
Le cog matinal éveille les hameaux,
(Michaud.)
Le mouton e§t encore plus timide que la brebis.
I (Buffon.)
, Le liÚvre, si recherché pour la table en Europe, *
nâest pas du goĂ»t des Orientaux. âą (Buffon.)
SĂRIE. â femelles.
Les femmes sont la plus belle moitié du monde.
(J.-J. Rousseau.)-
La jument résiste à la fatigue, à la faim et à la
soif; (Buffon.)
La ge'nisse se plaĂźt dans un gras pĂąturage. .
â (Rosset.)
La vache donne du lait en grande quantité,
(Berquin.)
La biche, encore enfant, dâĂ©pouv^te bondit.
(Delille.)
La chĂšvre aime Ă gravir au sommet des coteaux.
(Rosset.)
La poule prĂšs de nous aima dâĂ©tre captive.
(Michaud.)
LĂ brebis des hivers redoute la saison.
(Rosset.)
La hase est la femelle du liĂšvre. â
(Valmont de Bomarh!)
Ces exemples nous dĂ©montrent que souvent, pour dĂ©signer le mĂąle et la femelle dâune
mĂȘme espĂšce, on emploie deux mots diffĂ©rents : homme, femme; cerf, biche, etc. Aux
noms citĂ©s dans le tableau prĂ©cĂ©dent il faut ajouter ceux comprisdans lâexercice suivant.
Une chose Ă remarquer, dit un savant grammairien, câest que les mĂąles,'lĂšs femelles,
et souvent les petits des espĂšces dâanimaux qui contribuent le plus ou Ă lâutilitĂ©, ou Ă
lâagrĂ©ment de lâhomme, sont distinguĂ©s par des noms diffĂ©rents (2); au lieu que dans les
espĂšces moins rapprochĂ©es de lâhomme, et moins utiles, ou Ă ses plaisirs, ou Ă ses be-
i
(1) L^AcndĂ«mie dit que le»_ chasseurs prononcent daine comme sâil jr avait dine. Nous ferons observer que ce ne sont pas .tous les
^ chasseurs qui prononcent ainsi; mais seulement ceux qui croient que le masculin est «fine,.et ils doivent ĂȘtre en petit ncmhrĂȘ aujourdâhui
âą qiie )>resquc tous les chasseurs savent lire.'
(2) Le coq, la poule, le chapon, la poularde, le poulet, les poussins. Que de substantifs pour des individus
d'une mĂȘme espĂšcel,.. Le veirat, la traie, le co&hon, le porc, les pourceaux. âLe cheval, la jument, le
- ' (37)
soins, le mĂąle et la femelle sont dĂ©signĂ©s par un seul et mĂȘme substantif, tantĂŽt masculin,
tantĂŽt fĂ©minin, sans Ă©gardau sexe de lâindividu quâon veut nommer; et que, pour dĂ©siÂŹ
gner les petits, il faut employer une périphrase (1).
Et cela est naturel. Ce sont les besoins qui ont contribué à enrichir les langues; avec
de nouveaux besoins naissent de nouvelles idĂ©es, qui, pour ĂȘtre communiquĂ©es Ă nos
semblables, exigent, ou que lâon crĂ©e de nouveaux mots, ou que lâon donne une accepÂŹ
tion nouvelle à des mots déjà usités.
Or, comme les objets dogl* nous nous entretenons fréquemment sont ceux que nous
avons besoin de désigner.avec le plus de précision', pour éviter des méprises fréquentes,
il a fallu crĂ©er des mots nouveaux qui dĂ©signassent ces objets.â Quâon imagine un moment
que nous, nâavons que le seul mot bĆuf, par exemple, pour dĂ©signer indistinctement tous
les individus de cette espĂšce de quadrupĂšdes; il est facile de voir que, chaque foisque
nous voudrions parler de ces animaux, il faudrait, ou user de circonlocutions pour dé
signer avec prĂ©cision le mĂąle, la femelle, les petits, ou nous exposera ĂȘtre malentendus.
Le laboureur, vingt fois par jour, se trouverait dans le mĂȘme embarras, ou tomberait
dans le mĂȘme inconvĂ©nient. Aussi, .non contents des substantifs taureau, vache, gĂ©nĂŻsse,
veau, les laboureurs, pour dénommer chaque individu avec une exacte précision, don
nent-ils le plus souvent Ă chacun un nom propre, tirĂ© de la couleur de lâindividu, ou.de
toute autre circonstance. Tant il est vrai que câest le besoin de communiquer ses idĂ©es
avec précision, qui fait créer les mois et qui enrichit les langues!
EXERCICE ĂTiALXTIQliE.
(Désigner les noms masculins et les noms féminins.)
' Eulon.
Couriiei(3.)
Cavale.
HaqvtDie.
Frire-
BourdoD.
SĆut.
Xbcille.
Chapoo.
Sinfte.
Poularde.
GueuoD.
Mouton.
Verrat.
Brebis.
Truie.
Coq.
Boue.
Poule.
CliĂšvre
Saumon,
Beccard (3.)
NÂź XII.
NOMS, SOIT MASCULINS, SOIT FEMININS, SERVANT A DĂSIGNER TOUT A LA FOIS LE MALE BT
LA FEMELLE.
1â SĂRIK,â NOMS MASCULINS,
Le renne vit de mousse aux plages boréales. <
(Dkulle.)
Le ptnpon remplit lâair de sa voix_ Ă©clatante,
(Michaud.)
Le merle cherche l'ombre et les taillis épais.
{Id.)
. 2* SĂRIE. NOMS FĂMININS..
- La colombe attendrit les Ă©chos des forĂȘts.
(Delille.)
La baleine bondit au sein des mers. (Id.)
La taupe ne sé trouve guÚre que dans les pays cul
tivés. (Buffon.)
poulain, la pouliche, le coursier, lahaquenĂ©e.âLe taureau,-le bĆuf, la vache, la gĂ©nisse, le veau.âLe sanglier,
la laie,les marcassins.âLe cerf, la biche, les faons.âLe*liĂšvre, la hase, les levrauts.âLe lapin, la lapine, les
lapereaux. â Le lion, la lionne, les lionceaux. âL'Ă ne, le baudet, l'Ăąnesse, lâĂ non. â Le bĂ©lier, le mouton, la
brebis, lâagneau. â Le bouc, la chĂšvre, le chevreau, etc., etc., etc.
(1) On dit paiement corbeau (substantif masculin) pour désigner le mùle et la femelle. Le mot pie
' fĂ©minin ) dĂ©signe les individus des deux sexes , et lâon est forcĂ© de dire : la femelle dĂ» corbeau , le jmĂąle de
apte. 11 faut dire aussi, par périphrase : les petits du corbeau, de la pie, du geai, du merle, etc., etc.
Pour lâespĂšce de Yaigle, nous avons les aiglons, qui dĂ©signent les petits, etc., etc.
(2) Courtier se disait nutrefnis et se dĂźt encore, en poĂ©sie, d'un chcTat comme dâune jument. Nous ne savons pourquoi tous les lexicographes
veulent que ce mot ne sâapplique qu'au mĂąle de lâesptce cheval. Batjueitie se trouve dans le mĂȘme cas que couTtier, si ce nâest que counUf est
masculin, et /taçaen/e fĂ©minin, i/ofurn^s se disait autrefois dâun cheval comme dâune jument, qui allait l'anihle ; pourquoi donc l'AcadĂ©mie, les
grammairiens et ]c%.leiicograpbes, veulent-ils nous persuader aujourdâhui que ce mot ne se disait que des juments 7
^3) On dit \e btecard. Jfoua croyons que ce mot est le seul qui au masculin dĂ©signe spĂ©cialement uti objet' femelle. Il est vrai quâau fond le
i*eeard est un poisson d'une espĂšce diffĂ©rente de celle du saumon, et que ce n'est que dequts quelque temps quâon a pris )'habitude de dĂ©signei-
par cc nom la femelle presque ignorĂ©e de ce dernier. Nos grammairiens nâont jamais pu expliquer la masculinitĂ© de ce mot- Mais cependant
ici tout sâexplique, ĂŒne forme Ă©vidente lâa emportĂ© sur une signification peu connue. Lâabsence de l'e muet final a forcĂ© ce mot peu commun
dâctre mMeutUs.
( 38 )
Le iĂ ir six nidiĂ eĂ ĂŒĂšfĂ sâĂšiiddtt dâĂŒri ßÎoFd rejK)s.
(DblilibQ
Le chameau voyageur traverse TArabie.
Le lama mâapprivoise aux rĂ©gions anstirales.
m
{id.)
Le serpent a ses mĆurs, ses combats, ses amours.
{Id.)
Le putois est fort avide de miel. (Buiton,)
Le hérisson sait se défendre sans combattre.
(Id.)
⊠I
Le pigeori en amour ne connaßt point d'égal.
PĂLILLB.)
Lomûs'à raigné à une odeur forie qui répugne
aux chats; ' Buffon.)
. La souris ne sort de son tron que ßßotit bhcrchéÿ
Ă vivre. (id,)
La belette et l'hermine ne veulent pas mangw
lorsquâon les regarde. - (id*)
La pie-griĂšche nourrit ses petits de chenilles. âą
(W.j
Là mbuÚhé éphémÚre ne voit point deux hurÎirës.
(EBBNAaDlN PB St-PiBRRBi)
Un long Ăąge blanchit la carpe centenaire.
(Dblillb.)
La marïre naßt pour nous dans le fond des déserts.
' ^ (LKMiBRRK.)
Ces faits suffisent pour nous démontrer que dans les espÚces moins rapprochées de
Thomme, et moins utiles ou Ă ses plaisirs, ou Ă ses besoins, le mĂąle et la femelle sont
dĂ©signĂ©s par un seul et mĂȘme nom, tantĂŽt masculin, tantĂŽt fĂ©minin, sans Ă©gard au sexe
de Tindividu.
Celte derniÚre maniÚre est une véritable imperfection dans la langue, car chaque fois
que nous voulons parler des animaux qui nâont reçu quâun seul nom.pour le mĂąle et la
femelle, noussommes obliges dâajoutĂ©r au nom de lâanimal un mot qui dĂ©signe son sexe :
ie sarigue mùle, le sarigue femelle ; il nous est aussi permis dë dire, avec Buffon et tous
les naturalistes, la femelle du sarigue, la femelle sarigue; ou bien encore nous pouyobs,
en supprimant le mol femelle; attribuer au mùle toutes les fonctions qui ùppartiennéht
exclusivement à la femelle, et dire : le porc-épic met bas; du lait de buffle, ou tout
simplement le mĂąle, la femelle. Les citations suivantes en sont une preuve convaincante:
La tortue mĂąle, aprĂšs la saison des amours, abanÂŹ
donne bientĂŽt la cdinpĂąghe quâelle paraissait avoir
tant chérie. , (LacépÚde.)
La chaleur du soleil suffĂźt pour faire Ă©clore les Ćufs
des tortues dans les contrées qu'elles habitent.
m
Ce n'est pas par indifférence pour les petits qui lui
doivent Je jour que la mĂšre tortue laisse ses Ćufs
sur le sable. ' (Ăźd.)
La femelle du renne porte un bois conome le mĂąle.
(Buffon.)
, - to femelle du chameaU[t) fournit un lait abondant,
Ă©pais; et qui fait une bonne riourĂŒtufe, mĂȘinĂ© pour
les hommes, en le mĂȘlant avec une plus grande
quantitĂ© .dâeau. (Id.)
to femelle du castor porte deux, trois et jusquâĂ
quatre pĂ©ĂŒts * elle les nouhrit et les instruit pendant
une annĂ©e. âą (ChatĂȘaubĂšiand.)
La femelle marmose n'a pas, comme la femelle
sarigue, une poche sous le ventre oĂč les petits puisÂŹ
sent sé cacher. (Buffon) ,
La femelle du crabier ne porte pas, comme la
femelle du'sĂ HffĂ»e, sĂ©s pĂšiltĂȘ dĂąns une poche sous le
ventre. [id.)
Ed^^à rd Tlsbn a décrit et disséqué le 5art^u#
femelle. â . (Id.)
" Le lait dĂš lĂ femellebufflenâesi pas si bon que celui
de la vache; (id.)
Le gardien qui veut traire la buffle est obligé de
tenir son petit auprĂšs d'elle,' ou, sâil est mort, de la
trdlhper, en couvrant de sa peau un aiitrĂš bĂŒlfle quĂ©l-
conqĂŒe. . (id.),
Oh assuré que les mÚres buffles refusent de se lais-^
ser tétef par les veaux. ^jd.)
. bans les pays chauds presque tous les fromages sont
faits de lait de buffle. - (/4,)
(1) Le féminin chamelle ne se trouve daiis aucun dictionnaire; C'est une omission d'à utà ht plus gravé
qu une foiile d'écrivains ont employé ce mot.
nâaatrei tvier^s); joyeuMl comme eUet;
Faisaient jaillir dca Diamellea
De teura dociles cAorneDes,
Pp liMt hUne eoHi leurt doĂź^ ogiiVf
(V* H«90j
Le zÚbre rayonnant, la docile éAairiÚ//e,
Autruche Ăą quatre piedi et qiii Vole com'ine eliĂȘ. (ĂAaTaiiĂŽrT.)-
LĂ©i mĆurs «r&b«9 Sopt cĂŽniĂšriléÚsi tes fcmmĂ©j boĂTcnt le lait de
Bien que tous les ĂȘtres qui nâĂ©ntrenl pas dahs laclĂąsse des animuax nâaient point de
sexe, il y a cependant des végétaux qui semblent admettre cette distinction :
Notre ùge a découvert, Î merveille inouïe.
Que, comme nous; la fleur donné et reçoit la vie.
(Rosset),
La plante a son hymen, la plante a ses amours j âą
Des deux sexes divers, de leurs divers organeĂš,
Ces peuplés végétaux jouissent comme nous.
(Delillei)
Cette distinction, il est vrai, est si difficile Ă reconnaĂźtre, quâelle est â^our ainsi dire
nulle pour là plupart dçs gens du monde. .
Les anciens, dit M. Cuvier dans ses notĂ©s sur Delille, nâignoraient pĂąjĂą Ăżue le palhilĂȘĂ
femelle a besoin de la poussiĂšre du palmier mĂąle pour ĂȘtre fĂ©condĂ©; niaiĂ« ils nâavĂąierit
point Ă©tendu cette dĂ©couverte aux autres plantes. Le jpreniier qui prOĂŒVĂ , par des ExÂŹ
périences décisives, la nécessité du concours des deux sbxes dans .les végétaux, fdt
Vaillant, démonstrateur de botanique au Jardin des Plantes de Paris; mais il ne réussit
point Ă persuader son contemporain Tournefott^ qui continua Ă regarder la poussiĂšre
des étùnoines comme un simple excrément,
LinnĂ©e a beaucoup contribuĂ© Ă rendre gĂ©nĂ©rale lâopinion dĂ© Vaillant, et KĆlteuter l'a
mise hors de doute, en produisant des mulets vĂ©gĂ©taux ; la poussiĂšre de^s Ă©tamines dâune
espĂšce, portĂ©e sur le pistil dâune espĂšce voisine, donnĂ© des individus de forme interÂŹ
médiaire; et comme ces inuleis végétaux ne sont pas tous inféconds > il est possible de
changer par degré une espÚce en une autre (1).
Ainsi, on ne dĂ©vrĂą donc pas sâĂ©tonner, si, eh parlant de certaines plahiĂšs, dĂ© cerÂŹ
taines fléurs, les écrivains pn dit : plante mùle, plante femelle, comme le prouvent les
citations suivantes :
MĂLEĂ.*
Le mùle (de la saussaié) fait vëlÚr ù t^ùvéifs la campa^Ú.
Mille esprits créateurs sur sa verte compagne..
(Castel).
Pour que le fruit du dattier ou du pistachier se dé
veloppé, il est indispensable que les individus. mùles
soient placĂ©s aĂŒ voisinage des individus femeĂŻlĂšs.
(Encyclopédie moderne.)
Les pins ĂŒidles donnent ĂŒne q uantitĂ© prodigieuse dĂš
poussiÚre séminale, qui, portée par les vents, a fait
croire Ă des hommes ignorants qĂŒâil pleuvĂąit dĂŒ
souffre. (MiLLiN.)
Lorsque les dattiers sont en fleura, les Arabes vont
couper des rameaux mùles pour féconder les femelles,
fendent légÚrement le tronc de ces deraÚres, et y
implantent une tige de fleurs mĂąles. (Castel.)
Il y a, des fleurons qui, ayant des étamines, et
nâayant point de gĂšrrne; jpĂŽrtĂ©nt le nom de fleurons
mĂąles, (J.-J. Rousseau.)
Un orgĂ ne mĂąle ou femelle peut donc , Ă lui seul,
constituer une fleur. Pour qĂŒune fleur soit complĂšte,
elle doit offrir les organes des deux sexes , environnés
dâune double enveloppe. (EncyclopĂ©die moderne.)
FĂMELLBS.
. Les fleurs femelles du noyer sont remplacées par
des fruits charnus; ils renferment une noix bivalve.
(Milun.)
On nomme plante androgyne celle qui porte des
fleurs mĂąles et des fleĂŒrs femelles sûï le mĂ«hiĂš piĂšdi
(J.-J, Rousseau.)
*
Le sapin Ă©ĂȘ distingue par éés Ă©cdĂŒĂŻĂ©ĂȘ fĂšmeûÚs
oblongues et en masse. âą ' (ĂŒikLLiN.)
Il y a plus dâarbres Ă chatons mĂąles quâil nây en a
qui aussi ' à iént des cAùfdm fehiÚßles.
(J.-J. Rousseau.)
Dâautres (flĂ©urĂŽris) qui ont-un germe et nâont
point dâĂ©tĂ mines, sâappellent fleurons femelles.
, . â â Ă d.)
m »
Le peuple donne mal Ă propos le nom de chanvre
mĂąle aux pieds qui portent, les semences, et celui de
chanvH femelle Ă ceux qiii sont stĂ©riles. â (/Ă .)
(1) Un mĂ©dĂ©cin naturalistĂ© du siĂšcle dernier, le docteur Traute, sâest amusĂ© Ă rĂ©diger Ăšti VĂ©rĂš iĂątifis lĂ© systڏ
me dĂ© Vaillant, sur les sexes et lâhymen des fleurs. Il en est rĂ©sultĂ©, sous lĂ© titre de Connubia florum, un petit
poĂšme, qui nâa Ă©tĂ© ni -inconnu ni inuĂŒle Ă Delille: 'â Un poĂšte anglais; Darwiiii Ăą Ă©galement chfiĂŒtĂ« lÚé
amours des plantes. Ce poĂšme, que les Anglais citent comme lin chef-dâĆuvre, a eu plusieurs Ă©ditions en
Angleterre, etaĂ©tĂ© traduit dans notre langue par un homme de goĂ»t, M. Deleuze, qui lâa fait, prĂ©cĂ©der dâuii
discours hrĂ©liiiiihaire remarqĂŒĂ blĂŽ par la purĂštĂ© dĂŒâstĂżle.
(40)
EXERCICE ANALYTIQUE.
Le bilĂŽtt*
Le chacal. *
Le cbemoii;
.LâĂ©curenil.
LâĂ©Uphant.
Le bĂšrtuon.
Le lame.
l.e.léopar' .
Le belette
La elrette.
La fouine.
La (;axelle.
La girafe
La byĂšae.
La marmotte-
La panthĂšre
irOMS MASCULINS QUI DESIGNENT A LA FOIS LE MALE ET LA FEMELLE.
Le renne.
Le rhinocéros.
Le Tampirc.
Le xĂšbrc.
L'anchois.
L'ablette.
Le turbot.
Le brochet.
Le crabe.
Le dauphin.
L'escargot
Le goujon.
Le hareng.
Le maquereau.
Le requin.
Le thon.
Le bouTreuil.
Le ebardonneret.
Le eollbri.
L« coucou.
Le cygne, .
L'épcrfier.-
Le faisan.
Le geai.
Le hibou.
Le merle.
Le rossignaL
Le Tautour.
Le boa.
Le caméléon.
Le crapaud.
Le crocodile.
NOMS FĂMININS QUI DESIGNENT A LA FOIS tK MALE ET LA FEMELLE,
La souris.
La' taupe.'
La tortue.
La zibeline.
La brĂšme.
L'anguilla
La boleine-
La carpes
L'écrevisse.
L'bultre,
La Ittniode.
La morue.
' La perche
La raie.
La sole.
La taneha
L'alouette.
L'autruche.
La bécasse.
La caille.
La cigogne.
La faUTctte.
La grue.
L'hirondelle»
La lin Ote.
La mésange.
La perdrix.
La pie.
La grenouille.
La salamandre.
La tortue.
La TipĂšra.
Le lézard.
Le serpent.
Le charençon.
Le grillon.
Le batinelODV
Le papillon.
Le chacal.
Le caracal.
Lâabeille.
I.'ara ignée.
La cigale.
La.fourmi.
La buppe.
La crcssereQe.
La martre.
La mouche
N XIII.
GENRE DES NOMS DâĂTRSS INANIMĂS.
1" SĂRIE. â NOMS MASCULINS,
^ te monde à nos regards déroule ses merveilles.
, (Delille.)
Le «oĂŻcil demeure constamment|Ă la mĂȘme place.
(Berquin.)
. Le jour triste au-dehors est beau sous nos
lambris. ' (Lemierre).
Le feu, fils du soleil, est sa plus pure essence,
(Delille.)
Le vent fracasse un chĂȘne ou caresse une fleur.
âą â â .. (id.).
Le temps, un cercle en main, plane sur Tunivers.
w
Le tnarĂŽre est Tomement du foyer quâil surmonte.
Lepatn est Taliment le plus sain et le moins
cher quâon puisse se procurer.
(Berquin.)
Le blé trop tÎt semé produit une herbe oisive.
(Rosset).
Le bain est votre ch^me, -adorables mortelles.
(Delille.)
Le diamant lui-mĂȘme en brĂ»lant,sâĂ©vapore.
(/d.)
Le eiseau de Scopas fit adorer Targile. (/d.)
Le lis Ă mes regards ctale sa blancheur. ,
(Rosset.)
Le vinaigre est utile contre la peste. (/d.)
Un jardin dans ses murs renferme Tunivers^
(W.) .
Le luxe a tissu dâor les riches vĂȘtements.
(Lemierre.)
Le Mexique vers nous fait voguer ses trésors.
("âą) .
Le Gange prend sa source au mont ImaĂŒs.
(Eshémard.)
2* SIĂRIe! â NOMS FĂMININS.
La terre Ăą nos besoins prodigue ses largesses.
^ (Lemierre.)
La lune reçoit du soleil toute la lumiÚre qu'elle
envoie vers nous, (Berquin.)
La flamme en jets brillants sâĂ©lance dans les airs.
(Delille.)
La glace ose saisir le vin du sacrifice. (Id.)
, La colline a repris sa robe de verdure. (Id.)
La mort produit la mort, le deuil sĂšme le deuil.
(Id.) .
*
La chaleur quelquefois existe sans lumiĂšre. (Id.)
La fflotre ne voit point d'obstacle insurmontable.
(W-)
% *
La neige et la-roice engraissent les campagnes.
(Rosset.)
La culture aux humains montra l'astronomie.
(H.)
La paix, Tlieureuse paix s'enfuit au bruit des
armes. (/d.)
La danse fait voler la gaßté sur ses traces. (Id.)
La rose de la Chine étonne nos jardins. (Id.)
s-
La cerise Ă regret se marie ai^ laurier. (Id.)
La pĂȘche est un poison mortel dans la Perse.
(Id.) .
La violette se cache timidement au milieu des
filles de Tombre. ' (Dbliuze.)
La farine du millet est excellente, cuite avec du
lait. (Berquin.)
La jeunesse légÚre est faite pour les jeux.
(Lemierre.)
La porcelaine est la propreté du luxe.
(Esménard,)
La Meuse eut ses Ruyters, la Seine eut ses Tour-
viUc». (7d.)
( 41 )
Les objets inanimĂ©s nâont aucun sexe, et consĂ©queinment les substantifs qui les
reprĂ©sentent ne devraient ĂȘtre ni masculins, ni fĂ©minins. Cependant lâusage leur a assignĂ©,
dans notre langue, lâun ou lâautre de ces deux genres. On dit ; le soleil et la lune, la table
et le tableau, la chaise et le fauteuil; les mots tableau et fauteuil sont du genre masculin ,
table et chaise sont du genre féminin. Dans ce cas, le genre esi fictif ou de convention (1),
La religion, les moeurs et le génie des différents peuples fondateurs des langues,
peuvent leur avoir fait apercevoir dans ces objets des relations réelles ou feintes, pro
chaines ou Ă©loignĂ©es, Ă lâun ou Ă lâautre des sexes; et cela aura suffi pour en rapporter
les noms Ă lâun des deux genres. ' '
Il est digne de remarque, dit Bernardin de Saint-Pierre, que la plupart des noms des
objets de la nature, de la morale et de la métaphysique sont féminins, surtout dans la
langue française. Il serait assez curieux de rechercher si les noms masculins ont,été
donnés par les femmes, et les noms féminins par les hommes, aux choses qui servent
plus particuliÚrement aux usages de chaque sexe, et si les premiers ont été faits du
genre masculin parce quâils prĂ©sentaient des caraclĂšres de force et de puissance, et les
seconds du genre fĂ©minin parce quâils offraient des caractĂšres de grĂąces et dâagrĂ©ments.
Je crois que les hommes, ayant nommé en général les-objets de la nature, leur ont
prodiguĂ© les noms fĂ©minins, par ce penchant secret qui les attire vers le sexe : câest
* t 4
ce quâon peut remarquer aux noms que portent les constellations cĂ©lestes, les quatre
parties du monde, la plupart des fleuves, des royaumes, des fruits, ^les arbres, des
vertus, etc.
Le Natchez, comme le Huron et lâAlgonquin, dit aussi M. de Chateaubriand, ne conÂŹ
naissent que deux genres, le masculin et le-féminin; ils rejettent le neutre. Cela est
naturel chez des peuples qui prĂȘtent des sens Ă tout, qui entendent des voix dans tous
les murmures, qui donnent des haines et des amours aux plantes, des dĂ©sirs Ă lâonde,
des esprits immortels aux^animaux* des Ăąmes aux rochers.
Les grammairiens ont gĂ©nĂ©ralement senti quâen français il doit exister une relation
immĂ©dia te entre le.genre dâun nom, sa signification et sa forme; mais avaient-ils jamais
soupçonnĂ© quâil pouvait exister le moindre rapport entre le genre dâun nom et la pensĂ©e
qui domine dans la phrase oĂč il se trouve? Et copendant, dit un Ă©crivain, câest dans ce .
rapport si mĂ©connu quâest tout le secret du genre des noms français. Sans entrer dans
des détails qui ne peuvent trouver place ici, nous offrirons au lecteur deux exemples qui
lui feront entrevoir toute laTĂ©conditĂ© de'ce rapport nouveau, qui a fait dâune prĂ©tendue
erreur une des plus belles harmonies du langage humain. Lâhomme, comme on le sait,
sâassimile dans la nature tout ce qui est fort; il se lâapproprie, il en fait son domaine'.
»
I
* *
(1) Plusieurs langues admettent une troisiĂšme terminaison pour lĂšs noms dâobjets qui nâont-pas de sexe, et
lâappellent genre neufre (ni lâun ai lâautre). Mais cette distribution nâest point constante; lâusage y a mis une
, .grande confusion, en appliquant Ă des choses qui nâont pas de sexe le genre masculin ou fĂ©minin^ au lieu du
genre neutre. La langue anglaise, et aussi, dit-on, la chinoise, sont peut-ĂȘtre les seules prĂ©servĂ©es, ou Ă peu
prĂšs, de cette irrĂ©gularitĂ©. M. Landais, d^s une savante disquisition sur le genre, disquisition si savante quâelle
nous semble dĂ©placĂ©e dans un cours spĂ©cial de langue française, car on y trouve de lâanglais, du latin, du
grec, et nous-croyons mĂȘme de lâhĂ©breu, ce qui est sans.doute fort instructif pour ceux des lecteurs qui
nâentendent que le français; M. Landais, disons-nous, voulant se donner des airs de rĂ©formateur, sâĂ©crie :
« Il nous appartiendrait, à nous, Français, de poser en rÚgle générale que tout nom qui ne désigne pas un
ĂȘtre animĂ© et qui mâa par consĂ©quent point de sexe., est du genre neutre. » Mais une chose Ă laquelle M. LanÂŹ
dais nâa pas songĂ© (et qui peut songer Ă tout! ), câest que cette division des noms en deux genres que nous
avons adoptée, quoique en apparence arbitraire, contribue-puissamment à la clarté.de notre langue, en nous
Ă©vitant beaucoup d'Ă©quivoques et de longueurs, en facilitant et en simplifiant lâapplication des rĂšgles de conÂŹ
cordance, qui établissent une alfinité nécessaire entré les voix principales et accessoires qui concourent à da
manifestation des mĂ©haes idĂ©es. Câest donc pour satisfaire au besoin de la clartĂ©, conformĂ©ment au gĂ©nie de
notre langue, quâon a Ă©tabli les deux divisions gĂ©nĂ©rique^:»
6
MĂ iĂȘ tĂš hâest poiht asĂąez pĂŽur le ĂFrariçà is de isâemparer dĂ« ia force partout oĂč elle se
dĂ©cĂšiĂ«; par Un travail bizĂ rre, Ăźriais rĂ©el, dĂ© Son iflriĂ ginĂ tiOn, il Veiit qĂŒĂ« tout ĂȘtfĂ©fĂčrt
lui ressemblĂ© Ă«t soit masculih comme lui. Ăii Voici ĂŒn Ă©kĂ«mplĂ« loĂŒt-Ă ^fĂąit rĂšmĂąrqĂŒable.
Dhbs la HeririadĂ©, YĂŽUaiĂżq fait dire Ă sĂŽn hĂ©ros, Ă lĂ vĂŒĂš dĂš rĂhgietĂ©fre, oĂč rĂ©gnait la
cĂ©lĂšbre Ălisabeth : â .
Sur ce sanglant tliëùtre oĂč Cent hĂ©ros pĂ©rirent,
Sur ce trĂŽne glissant dâoĂč cent rois descendirent,
Une femme Ă ses pieds, enchaĂźnant les destins,
De iâĂ©ciĂ t dĂ© son rĂšgne Ă©tonnait les hĂŒnĂ ains,
CâĂ©tait Ălisabeth.
I * . , , â
Rien nâest fĂ©minin dans lĂš tĂąblĂšaĂŒ dĂ© éëtiĂš feĂŒixiiĂš-roi : théùtre, hĂ©ros, trĂŽnĂ©, ârĂ is, piĂȘds,
destins^ Ă©clat, rĂšgne, humains! Le niĂ scĂŒlih dĂŽthine partout. Mais Henri IV nâa pas ehcdfĂ«
tout dit; daiiĂ les mcĂĂŒrs françaises, ĂiisĂąbeth est trop grahde poĂŒr ĂȘtre fĂ©ĂźĂŒme, le hĂ©ros
dit Ăą cĂšttĂ© reiĂŒĂš : â
DĂąns cĂ© sĂšxe, aprĂšs tout, vous n^ĂȘtĂšs point comprise ;
' LâaĂŒgiiste ĂlisabĂ©tli hâen a qĂŒe les appas âą
Le ciel qui vous forma pour régir les états, . <
Vous fait servir dâexemple Ă tous tant que nous sommes.
JusqĂŒMci, le masculin domine encore. Enfin, le hĂ©ros nâajoute plus quâun trait Ă ce
mùlé tableau; ce dernier trait exprime toute sa pensée :
Ăt lâEurope vous compte au rang des plus grands hommes.
' Ce dernier vers nous peint mieux que tout raisonnement, que la masculinité accom
pagne le penchant de lâhomme Ă sâapproprier tout ce qui annonce de la grandeur, de la
force, de la supériorité.
^ ' I
Lâexemple suivant nous prouvera que la fĂ©minitĂ© exprime Ă son tour cette douceur,
cette grùce, celle bonté, cette louchante faiblesse, qui rendent la femme si intéressante*
âąÂ» Ă i ^ â
.Chateaubriand, dans le Génie du Christianisme, a dit : '
« U n'appartient qu'Ă la religion chrĂ©tienne d'avoir fait deux sĆurs de l'innocence et du
« repentir. »
Ce bel exemple, qui nâa jamais Ă©tĂ© citĂ©, met dans tout son jour la vĂ©ritĂ© que nous
eĂšsayohs dâexposer. Elle brille ici du plus grand Ă©clat ! Le repentir, sĆur deVinnoceyice!
^Vérité touchante! beauté admlrablej mais qui eût pourtant écrasé nos grammairiens
malĂ©rialistĂ©s, sâils eussent osĂ© lâattaquer! Ce nâest ni dans une froide analyse, ni dans
ĂŒh rĂ isonriemerit glacĂ© qĂŒe lâon trouve la solution de semblables difficultĂ©s ! Le cĆur de '
}*h6mme en est lâunique source!âCâest a cette harmonie quâil faut rapporter ce double
genre des norris aigle, amour, automne, couple, orgue, etc.
Maintenant que nous avons épuisé toutes les observations auxquelles le genre donnait
lieu, nous pouvons définir ce mot.
Le^enre est la propriĂ©tĂ© quâa le substantif de dĂ©signer le sexe rĂ©el ĂŽĂŒ fictif des Ă©tf es
oĂŒ des objets quâil reprĂ©sente. Ainsi le substantif homme, signe dâun ĂȘtre mĂąle, est
masculin; et ie substantif/mme^ signe dâun ĂȘtre femelle; est/Ă©mmm (1).
EXERCICE ANĂLĆžTIQUĂ.
^ NOMS MASCULINS;
9
Abi^e* Adiigvf AĂŻs* Am&dou. Ambre. AnĂ cbronĂźsme.
Acabit , ^ Affront,, ' Albitre.- Amalgatno AinĂźante,' Anchoii.'
AĂȘrotiiebĂ , ĂgĂ©. AlTĂšole. Ambe. Amidon. Angle,
(1) Un grand nombre de grammairiens ont suggĂ©rĂ©, coirime rttÎÿÚn de reconnaĂźtre les gĂ«iires, lâappĂźicĂ ĂŒĂŽn
des mots le ou la an nom dont U est question; mais ils nâĂŽnt j>ù§ fris garde qĂŒâĂ fĂ ĂźlĂąlt dĂ©jĂ connaĂźtre le
genre de nom pour y appliquer avec justesse le ou la^
inßißÿlßHairÚ*
AiitidotĂȘ.
Antipode.
AiUre.
ApolopUĂš. â
Appendice,
Armistice.
^ Aire.
AlĂ raie.
AlcĂŽfe,
AiiĂźJrcS;'
Anagramme.
Aiicre.
Amirh ambre.
Apolhédsé.
' Arabesque.
Arrdiolr.
Astérisque.
ArpeĂźlf.
Auspices,
Asthihéi
Automate.
Atigure. âą
Argile.
ĂrrhĂȘi.
trtĂšre.
tmoĂpbĂšre.
ATant'ScĂšne.
Cuiller.
Dartré.
DrdiilitnĂȘ.
DécroUoire.
Adtét.
Centime. .
Chanvre;
Cigare.
Cloporte.
Concombre.
CrahĂȘ.
Dinde.
EbĂšne.
Ecaille.
EchappaiĂŽirĂš.
Echarde.
Ecritoire.
Ecume.
EdciĂčmĂš.
Enigme. i
C -Ă5 )
DĂšcĂŽihbrĂši
Echange.
EĂšlair. â
ElĂźitr.
Ellébore.
Eloge.
EmÚtiqiié.
NOMS FEMININS:
Epigramme.
Epitaphe.
Equerre.
Equivoque.
Estampe.
ĂtĂąblĂ©.
Fibre.
Haft. '
Horloger.
âEmplfttrĂš.
Empois.
EiitKdclĂš.
Entre-cĂŽte.
Entresol.
Epiderme.
Epilogue.
Huile.
Hydre.
HypothĂšque.
Immondices.
Insulte.
Losange.
Nacre-
OhUqûÚl
Ocre.
Epitbalam*.
Offre.
Oie.
Omoplate:
Orange,
Orbite.
OuĂŻe.
Outre.
Paroi.
W
N" XIV.
DU NOMBRE DANS LES SUBSTANTIFS.
1â SĂRIE.âSINGULIER,
Un homme est assez beau quand if a l'Ăąme belle.
(BoursaĂŒlt.)
Uhe femme prĂŒdeĂŒlĂš fest lĂ source des biens.
(DeSTOUCHES:)
V ambassadeur d'un roi mâest toujours redoutable.-
.(Voltaire.
Un bienfait n'avilit que les cĆurs nĂ©s ingrats.
(La HaRPE:)
Un cĆur peut tout tebter quand l'Ă moiir raccomÂŹ
pagne. ' (Poisson i)
A â . 4 âą
Le conseil lĂš plus prompt est toujours salutaire.
(Racine.)
Ăb DtĂȘu sĂčlfit, la ânattifĂš rĂąltéùtĂȘ,
(Chénikb.)
Un nuaß sans talent partout voit un défaut.
, (Stassart.)
§dn Ćil tĂŽĂŒt Ă©garĂ© he rioĂŒĂš rĂ©cbniiùßt plus.
(RacInb;)
SĂRIE. â PLURIEL,
Les ftommci ne sont que ce qu'il plait aux femmes,
(LĂ fontĂąIne.)
Les ferĂąmĂšs dĂȘ ce siĂšcle oiit besoin dâĂčh niĂŽdiiĂȘ.
(De RiĂšvrej)
Les vrais ambassadeurs sont partoĂŒt rĂ©verĂ©si
(VOLTAjAK.)
Les bienfaits peuvent tout sur ime ùme bien née,
; , .
Les bĆuTs oppriiriĂ©s ne sdht jĂąmĂ iĂš lĂŽliinis. '
{m
Les conseils du courroux sont toujours imprudents.
(Saurin.)
LĂ©s (faux) DiĂ©uob doivent leiir ĂȘtre Ă iix fĂ ibiĂ©sscs
dĂ©s homihesi (RĂŽĂŒfeSAĂLT.)
Ded rivaux vertueux sont souvent admirés.*
(De Bellov.)
Les yeux de l'amitié se trompent rarement. ,
(Voltaire.)
Les mĂȘmes noms nous apparaissent ici diversement modifiĂ©s dans leur dĂ©sinence,
suivant quâils reprĂ©sentent un seul ĂȘtre ou plusieurs ĂȘtres distincts.
Câest ici lâun des artifices les plus admirables de la thĂ©orie dĂ©s langues : avec un lĂ©ger
changement dans la terminaison des noms, ces noms expriment, outre lâidĂ©e foildaiĂźieft-
lale quâils renferment,^ lâidéÚ accessoire de quotitĂ©, lâidĂ©e de nombre.
Les noms : . .
J * â
Homme, femme, ambassadeur, conseil. Dieu, rival, mal, Ćil, et :
Hommes, femmes; ambassadeurs, conseils. Dieux, rivaux, maux, yeux,
dĂ©signent les mĂȘmes objets; mais les premiers ne dĂ©signent quâun sĂ©ul objet; tandis
qĂŒe les seconds en ihdiqĂŒĂ©nĂź plusieurs.
VoilĂ donc une nouvelle propriĂ©tĂ© dont jouissent les noms, dâindiqĂŒĂšr rĂčmVĂ ĂŽĂŒ la
pluralitĂ©. Cette diffĂ©rence entre VunitĂ© et la pluralitĂ© sâappelle nombre:
Le nombre singulier est signe de Vunité; le nombre pluriel est signe de la pluralité.
DĂ«pliis les vastes corps lumineux dessinĂ©s dans lâespace incommensurable par une
volontĂ© toute-puissante; jusquâaux atomes imperceptibles qiii forment lâexirĂ©mitĂ© infé
rieure de lâĂ©chelle immense des ĂȘtres, toute* la nature consiste .en individus. Câest par
(U)
ie pouvoir de TaffinĂźiĂ©, par un acte purement inteilectĂŒel, que nous concevons la pluÂŹ
ralité, acte qui a pour base matérielle les rapports de conformité et de convenance.
Quoique la pluralitĂ© ne soit point un ĂȘtre, elle est la consĂ©quence de notre organiÂŹ
sation. Nous avons la facultĂ© de rĂ©unir dans notre esprit plusieurs ĂȘtres, en faisant
abstraction des qualitĂ©s particuliĂšres des individus, pour ne considĂ©rer que ce quâils
ont de commun; de lĂ , la nĂ©cessitĂ© dâexprimer par la voix lĂ modification de lâidĂ©e
dâindividualitĂ©^pour rendre TidĂ©e de pluralitĂ©. Mais, comme la plupart des noms de
nĂŽtre langue nâont point de dĂ©sinence sonore pour exprimer cette idĂ©e accessoire, il a
fallu y suppléer par les particules que nous nommons articles, dont les fonctions con
sistent à indiquer le nombre et le genre des noms, et à en déterminer Tétendue. Ces
particules dĂ©terminatives prĂ©cĂšdent les noms et leur servent dâauxiliaires; le besoin de
la clarté a commandé cet ordre.
Le manque dâinflexions sonores pour dĂ©river immĂ©diatement le pluriel du singulier,
selon Tordre de conception, a forcé de recourir à .des signes visibles qui sont, en effet,
les signes et non lâexpression de TidĂ©e accessoire. Quant Ă la. langue orale, elle serait
souvent impuissante pour rendre cette vue de Tesprit sans le secours des articles. Par
exemple, que je prononce homme au singulier, ou hommes au pluriel, cette voix nâĂ©prouve
aucune modification sensible; il en est de mĂȘme des noms femme,fille,maison, arbre,
plante, pierre, Ă©toile, etc., qui se prononcent de la mĂȘme maniĂšre au pluriel quâau sinÂŹ
gulier. Ainsi, on ne pourrait discerner de quel nombre seraient ces substantifs, si on
les prononçait isolément.
Néanmoins, nous avons quelques noms qui ont une désinence sonore pour repré
senter Tidée de pluralité, tels que : le mal, les maux, le cheval, les chevaux, un général,
des généraux, un caporal; des caporaux, etc. Ce mécanisme est trÚs simple et produit un
effet trĂšs intelligible.
Notre rÚgle générale pour la formation du pluriel est parfaitement assortie au génie
de notre langue; elle est simple, judicieuse et dâune application facile. Le caractĂšre s
est la marque conventionnelle de Tidée accessoire de pluralité. Ce. caractÚre, par sa
forme sinueuse, est TemblĂȘme convenable de Tacle de Tinielligence dont il est le signe
visible. Mais, malheureusement, celle rÚgle générale a de nombreuses et de bizarres
exceptions.
, * *
EXERCICE HNĂąLYTĂźQVE,
(L'clÚve indiquera les noms signes de Tunité et les noms signes de pluralité.)
A deux heures nous étions déjà dans les bois, à la
recherche des fraises : elles couvraient les pentes méri
dionales ; plusieurs étaient à peine formées, mais un
grand nombre .avaient déjà les couleurs et le parfum
de la maturité. La fraise est une des plus aimables
productions naturelles : elle est abondante et salubre;
. elle mûrit jusque sous les climats polaires ; elle me
paraĂźt dans les fruits, ce quâest la violette parmi les
fleurs, suave, belle et simple. Son odeur se répand avec
le lĂ©ger souille des airs ; lorsquâil sâintroduit par interÂŹ
valle sous la voûte des bois, pour agiter doucement les
buissons 'épineux et les lianes qui se soutiennent sur
les troncs élevés, elle est entraßnée dans les ombrages
les plus Ă©pais avec la chaude haleine du sol oĂč la fraise
mĂ»rit; elle vient sây mĂȘler Ă la fraĂźcheur humide, et
semble sâexhaler des mousses et des ronces. HarmoÂŹ
nies sauvages I vous ĂȘtes formĂ©es de ces contrastes.
Tandis que nous sentions Ă 'peine le mouvement do
Tair dans la solitude couverte et sombre, un vent oraÂŹ
geux passait librement sur la cime des sapins ; leurs
branches frĂ©missaient dâun ton pittoresque en se courÂŹ
bant contre les branches qui les heurtaient. Quelquefois
.les hautes ^ges sé séparaient dans leur balancement, et
Ton voyait alors leurs tĂȘtes pyramidales Ă©clairĂ©es de
toute la lumiÚre du jour, et brûlées de ses feux, au-
dessus des ombres de cette terre silencieuse oĂč sâabreuÂŹ
vaient leurs racines.
Quand nos corbeilles furent remplies, nous quittĂąmes
le bois, les uns gais, les autres contents. Nous allĂąmes
par des sentiers étroits, à travers des prés fermés da
haies, le long desquelles sont plantés des merisiers
élevés, et de grands poiriers sauvages. Terre encore
patriarcale, quand les hommes ne le sont plus !,
(SĂNANCOUR.âObERMANN.)
( 45 )
i
N*â XV.
FORMATION DĂŒ FEMININ DANS LES SUBSTANTIFS.
1â SĂRIE.â MASCULIN.'
Vhà bitant du Torno dans sa hutte enfumé,
Chante aussi son pays dont il est seul charmé.
(La Harpb.)
Le serin est le musicien de la chambre.
(Buffon.)
La plus petite entreprise
Veut les soins dâun bon ouvrier.
(Nivernais.)
Ce nâest pas le «ouoerain, c'est la loi qui doit
régner sur les peuples. , (Massillon.)
On écoute sans cesse un amant couronné.
(La Harpe.)
Le choix des temps et des occasions est la grande
science du courtisan,
(Massillon.)
Le temps est précieux quand on craint un rtual.
(ĂESTOĂCHKS.)
2âe SĂRIE. FĂMININ.
Et toi, jeune alouette, habitante des airs,
Tu meurs en préludant à tes tendres concerts.
(Delille.)
La serine est dâun jaune plus pĂ le que le serin.
(Buffon.) ^
Quand VéuvriÚre est épargnée,
Vainement Touvrage est détruit.
(Arnault.)
Ainsi de la parure aimable souveraine.
Parla mode, du moins, la France est encor reine.
(Delille.)
De quoi ntestpas capable une amante insensée?
(PlEON.)
Il n'y a peut-ĂȘtre pas une seule femme turque qui
fasse le métier de courtisane.
(Bernardin de Saint-Pierre.) *
On trompe rarement les yeux dâune* rivale.
(Gressbt.)
Ces exemples servent à nous faire voir que tous les mots terminés au masculin par
une consonne, forment leur fĂ©minin par lâaddition dâun e muet Ă la fin du mot. On
remarquera, que les substantifs terminés au masculinen er, prennent en passant au
' féminin, un accent grave sur Ve : jardinier, jardiniÚre, ouvrier, ouvriÚre.
EXCEPTIONS.
Je sais un paysan quâon appelait Cros-Pierre.
(MoliĂšre.)
Un seul jour ne fait pas dâun mortel vertĂčeux
Un perfide assassin, un lĂąche incestueux.
(Racine.)
La discorde, lâinfamie, la misĂšre font autant de veufs
que la mort. ' (Boiste.)
Les paysannes mangent moins de viande et plus de
légumes que les femmes de la ville.
(J.-J. Rousseau.)
LâĂ©pouse du chrĂ©tien nâest pas une simple mortelle :
câest un ĂȘtre extraordinaire, mystĂ©rieux, angĂ©lique ;
câest la chair de la chair, le sang du sang de son
époux. . (Chateaubriand.)
NâĂ©lcvez point TĂ©chafaud sur la maison du criminel;
quellepart ont Ă son crime sa veuve et ses orphelins?
(Sentence arabe.)
On voit que Ton doit excepter de la rÚgle précédente : bachelier, paysan, vieillot, sot,
duc, mĂ©ĂŒs,juif, veuf, mortel, vieux,malin, quaker, qui font au fĂ©minin bachelette, paysanne,
vieillotte, sotte, duchesse; mĂ©tisse, juive, veuve, mortelle, vieille, maligne, quakeresse. Quant Ă
partisan ce mot nâa point de fĂ©minin ; on dit Ă©galement dâun homme ou dâune femme,
un partisan. Voltaire a cependant écrit partisanne. a Elle vous rendait bien justice, vous
n'avez pas de partisanne plus sincĂšre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE (1).
Un Français.
Marrhand.
Arricoin.
UahoiDctaD.
Une Française.
Marchande.
Africaine.
Mahométane.
Un Anglais,
Mendiant.
Américain.
Sultan.
Une Anglaise. â
Mendiante.
Américaine.
Sultane.
Un Espagnol
GranL
ChĂąu-latn.
Musulman;
Une Espagnole!
Géante.
ChĂątelaine.
Maialmano.
(1) Quand lâĂ©lĂšve aura trouvĂ© de lui-mĂȘme la rĂšgle, de peur quâelle ne sâoublie presque aussitĂŽt, les maĂźtres
lui en feront faire immĂ©diatement lâapplication. A cet elfet, ils choisiront un certain nombre de mots dĂ©taÂŹ
chĂ©s parmi ceux qui suivent chaque principe, et exigeront quâil improvise sur le champ ou bien quâil prĂ©pai e
pour la leçon suivante, autant de petites phrases avec ces mots. Cet exercice, auquel nous avons donné le
nom dâBXERCiCK phrasĂ©ologique, tout en flattant lâamour-propre de lâĂ©lĂšve, dĂ©veloppe graduellement ses
facultés intellectuelles, lui fait acquérir la connaissance des rÚgles de notre langue, et les lui grave d'une
maniÚre ineffaçable dane la mémoire. 11' nous semble appelé à remplacer avec avantege toutes les cacographies.
( )
Gourmaml.
Extravagant.
Babillard.
AtiTcrgnat,
Ouf'rier.
Laitirr.
Voiidii.
Uarquß«.
Allemand
Nain.
SouvrraĂźn.
Friand,
Gourmande,
Extravagante
Babillards.
Auvergnate
OuvriĂšre.
LaitiĂšre.
Voiaitie.
Mnrqutae.
Allemande.
âąNaitie.
Souveraine,
Ffiatidft
MĂšcbant.
Iiiirigant.
Cafard.
Ingrat,
Courrier.
Meunier,
Patelin.
Dévot.
Fainéant.
Elégant.
Nasillard.
Ribaud.
MĂąchante.
Intrigante,
Cafarde.
Ingrate.
CourriĂšre.
MeuniĂšre,
Pateline.
Dévote.
Fainéante.
Elégante.
Nasilla rdç,
Ribaude.
Mérréant.
Agent
Bavard.
Badaud.
Chambrier.
Villageois.
Orphelin.
Cagot
Jardinier.
Bourgeoif.
Bambin.
Défuat
Uécréantt.
Agente.
Bavarde.
Badaude.'
ChambriĂšre.
Villageoise.
Orphe liue.
Cogote.
JardiniĂšre.
Bourse oĂM.
Bambine
Défunte.
s:*-.
âN° XVI.
t
NOMS TERĂtf^jVĂS PAĂ^ UNE VOYELLE AUTRE QUE fJo MUET,
s
Ir* SĂRIE. MASCULIN,
Pour conserver un ami, Ă faut devenir soi-mĂȘme
capable de TĂ©tre. (H-J* ĂIqĂŻjsspa.u,)
bienfaits qui jie ramĂšnent pa^ uq ennenfi ne
. servent quâĂ lâaigrir. ' (DuçtOi^.)
à mon bim-aimé, tu vas fuir ta Julie !
(J.-J. Rous^eaUj)
Un hpnnpe hon est toujours le biçnroertu.
â - ' â â (BoiSTE.)
Un étourdi est sujet à donner des chagrins à tout ce
qui lâentoure. â ^ " (Madame dĂšPuisiEux.)
Eh ! qui donc s'attendrit pour un infortunĂ©e âą
(CrĂBILLONj)
Pour former le fĂ©iTlinin des mots C[uise lerniinenj; Ă©, Ăšn i, et eriu, il suffit dâajouter
un e muet Ă la iip du mot : un ami, une amie^
2*âÂź SĂRIE. â FĂMINIH.
La femme est Pamie naturelle de Thomme, et toute
autre amitié est faible ou suspecte auprÚs de celle-là .
(De BoNAĂźy).)
Les femmes n'ont pas de plus cruelles ennemies que
les femmes. ' (/tJ.)
Tiens, ma bieri-aimée, prends cette branche fleurie
de citronnier, qĂŒe jâai cueillie dans la forĂȘt.
(Bernardin de Saint-Pierrh.)
La fortune est toujours la bien-venue, (anonyme.)
* # â t
LâespĂ©rance egt une Ă©tourdie^ qui a plus dâimagma-
tion qĂŒe de jugement. ' (Ăoiste.)""
Mon dieu ! quel transport égare une infortunée, Út
}ĂŒj fait publier ses rĂ©solutions ? (J.-J. Rousseau.)
Un Inconnu.
Ingénu.
Détenu. -
Parve^riu.
Goulu.
Irrésolu.
JouĂȘju.
; Unç lucoitnuc.'
Iiigénué.
Détenue,
Parvenue,
Goulue.
Irr^.oluié.
JoulQue.
ENEECfĂ E Pl(R4SĂOlOGiOVĂ,
U.p Aßné.
AITamé.
Déterminé.'
Forcené.'
âą'PuĂźnĂ©.
Ecervelé.
Bossu.
ĂŒpe AĂźnĂ©e,
AITamée.
Déterminée,
Fqrrçnéç.
Pußnée.
EcervĂȘlie.
Bossue.
Un Echevelé.
Zélé.
Evaporé.
InçqnjjdÚré.
Ennemi."'
Pestiféré.
Apprenti.
Une Echevelée.
Zélée.
Evaporée.
' Iiiconaßdér^O
Ennemie.
Pestiférée.
Apprentie.'
EXCEPTJQNS.
'Ăutrope Ă©tait un favori tout-puissant auprĂšs de
lâenapereĂčr Arcade; qui gouvernait absolument
Tesprit de son maĂźĂŒ'e. ' (Chateaubriand.)
Ăcouter ses sujets est le devçir dâun roi.
< ' (Chénier.)
Monseigneur le bailli, qui sâĂ©tait arrĂȘtĂ© pour parler Ă
quelquâun, vint rejoindre la compagnie, et oifrit je
bras Ă madame. (J*-J> HoussĂȘau.)
On voit quâil faut excepter de la rĂšgle prĂ©cĂ©dente les mois favori, roi, bailli, et abbĂ©,
qui font au féminin,/auonJe, reme, boUlive, abbesse.
Des princesses la désirent à Tenvi pour favorite.
(Fléghier.)
Lâopinion est la reinç du monde, parce que la sottise
est la mne des sots. ' (ChĂ mpfort.)
Madame dâOrbe et madame la baillive marchaient,
devant monsieur.
(Ji-J, Rousseau.)
( 47)
N XVII.
NOMS TERMINĂS PAR UN Ă MURT.
SĂRIE. â-MASCULIN.
Faut-il que sur le^front dâun profane adultĂšre
Brilße de la vertu le sacré caractÚre ! (Racine.)
Trop souvent un coupable est le fils dâun hĂ©ros,
(CflKNIER.)
Un prince est le dépositaire des Ibis et de la jus
tice. (La BruyĂšre.)
â /
Lâimpie heureux insulte au fidĂšle souffrant.
(V. Hugo.) .
En courant aprĂšs elle (la fortune),
Mon petit infidĂšle,
Vient de faire un faux pas. . (Piron.)
Le grand Augustin est le fidĂšle interprĂšte du mysÂŹ
tĂšre de la grĂące. (Bossuet.)
Le margrave de Bade sâĂ©tait rendu cher Ă ses
sujets par le zĂšle avec,lequel ĂŒ cherchait Ă amĂ©liorer
leur sort. (Beauchamp,)'
POn peut dans son devoir ramener le parjure.
(Racine.)
Le SAUVAGE avait contemplé la société à son pins
haut point de splendeur. (Chateaubriand.)
Au dehors le Spartiate était ambitieux, avare,
inique; ipais le dĂ©sintĂ©ressement, lâĂ©quitĂ©, la coUr?
cordé régnaient dans ses murs. (J.-J. Rousseau.)
sĂ©rie. 'â FEMININ.
Les enfants prennent le caractĂšre d(ĂŻ sang quj les
a formĂ©s, et lâon reconnait toujoqrs ceux (Lune
ADULTERE. (BoiSXE.)
Vne COUPABLE aimée ést bientÎt innocente.
ĂlpLlĂSBj
Cette maison auguste semble ĂȘtre, comme celle de
Noé, la seule dépositaire de la gloire des siÚcles
passés. ^Iassillon.)
HĂ© bien, de cette impie a-t-on puni Taudace?
(Racine.)
Ma santé fuit; cette infidÚle
Ne promet pas de revenir. (Parny.)
⹠»
Ne soyez pas sensible Ă la douceur secrĂšte
Dâun amour dont la plume est la seule interprĂšte.
(Piron.)
pans son grand herbier, la margrave avait fait
graver et enluminer toutes les plantes de son jardin.
(Beauchamp.) ,
Retournant Ă son souffle (de sa forge), VulcaĂźn en
fit Ă©clore Ăźe ridicule filet oĂč fut prise la parjure.
V ' (Piron.)
Ah Ăź quâelle me parut divine la simple sauvage ,
lâignorante Atala, Ă genoux devant un vieux pin
tombé. (Chateaubriand.)
Une Spartiate paraßt .en public à visage décou
vert jusquâĂ ce quâelle soit mariĂ©e ; aprĂšs son mariagĂš,
comme elle ne doit plaire quâĂ son Ă©poux, elle sort
voilée.
(Barthélémy.)
f
. Les substantifs, ou les mots employés substantivement, terminés par un e muet, ne
changent pas de terminaison au féminin. On ne connaßt alors le genre dans lequel ils
sortt employés que par celui des adjectifs qui les précÚdent ou qui les suivent.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Locataire.
Une Locataire.
Un ĂlcTe. _
ĂŒne ĂiĂšre,
Un Jdolùtrç.
Une liolStre,
Pensionnaire.
Pensionnaire..
^ Démoniaque.
Démoniaque.
Ilote.
Ilote,
Propriétaire.
propriétaire.
Aristocrate.
ArĂźsiocrate. â
Rebelle.
BebelJe.
, Poitrinairt;.
Poitrinaire.
CaraĂŻbe
CaraĂŻbe
Malade.
Malade.
St-xafâĂ©naire.
Sexagénaire
Volage, .
Volage.
MpscpTĂte.
Mofeovite.
Cannibale.
Caniiibalç.
Camarade.
,Cailla rade.
* ^Ăntliousiaste.
Eutboufiaate
EsciaTe.
Esclate. '
Conlutiiace.
Coutumace. .
Belge.
Belge.
Néophyte.
⹠Néophyte.
profane, â
Proffine.
Sybarite. ,
Sybarite.
?Ăźtrl<7te.
Palriott:.
FidĂšle.
FidĂšle.
\
r
XVIIL
/
SUBSTANTIFS EN 6 QUI SE CHANGENT EN esse.
SĂRIE.â MASCULIN,
Lâdne est fait pour porter les herbes Ă la ville,
Courir de porte en porte, et puis, Ă son retour, "
Rapporter le fumier qui rend le champ fertile.
(Lamothe.)
Le nouveau prophĂšte donnait le choix Ă ceux quâil
voulait RuhJuguer, dâembrasser sa secte ou de payer
un trfiiut, (Voltaire.)
2âe SĂRIE. âr- FĂMININ.
Poppée, épouse de Néron, avait toujours à sa suite
quatre Ă cinq cents Ăąnesses, pour se baigner dans
leur lait et se conserver Je teint frai?.
(Trévoux.)
AprĂšs avoir entendu le prophĂšte du yr^ Dieu, nous
allons voir la prophétesse du dënipn.
(Chatbaubbjand.}
( ^8 )
â Les druides, impostcars grossiers, faits pour le
peuple quâils gouvernaient, immolaient des victimes
humaines qufils brûlaient dans de grandes et hidenses
statues dâosier. (Voltaire.)
Les bonzes, les bramines, les faquirs, se dévouent
ù des pénitences effrayantes. (Id.)
Le Suwse, natureUenaent froid, paisible et simple,
mais violent et emporté dans la colÚre, boit du laitage
et du vin. âą (J.-J. Rousseau.)
⹠Le pape est le vicaire de Jésus-Christ en terre, le
pÚre commandes chrétiens. (Académie.)
Les jésuites étaient les souverains véritables du
Paraguay, en reconnaissant le roi dâEspagne.
(Voltaire.)
Moi-mcme ai vu, sous Thabit dâun chanoine.
Un homme sage, et, qui plus est, savant.
(Salentin.)
Cet hĂŽte (Tamoiir) dans un cĆur a bientĂŽt fait son gite.
(Regnard.)
*
Je vois bien que dâun bon valet
On ne saurait faire un bon maĂźtre.
[ (FuretiĂšre.)
C'est outrager un nĂšgre que de lui donner le nom
de sévÚre, qui veut dire homme libre.
(La Harpe.)
%
Du sein dâun prĂȘtre Ă©mu dâune divine horreur,
Apollon par des vers exhale sa fureur.
(BoilĂšau.)
Le ciel met sur le trĂŽne un prince qui vous aime.
(Racine.)
Les druidesses plongeaient des couteaux dans le
cĆur des prisonniers, et Jugeaient de lâavenir Ă la
maniĂšre dont le sang coulait. (Voltaire.)
* Il nây eut aucun asile consacrĂ© Ă la virginitĂ© en
Asie ; les Chinois et les Japonais seuls ont quelques
bonzesses. O (Id.)
Nos aiment assez Ă se rassembler entre
elles. J.-J. Rousseau.
* *
Nous donnĂąmes Ă la flUe de la rue des Moineaux le
nom de papesse Jeanne. (J.-J. Rousseau.)
Urbain VIII donna aux cardinaux le titre dâemi-
nĂȘnce. 11 abolit lĂšs jĂ©suitesses., (Voltaire.)
Dominique, il faudra ĂŽter les housses de la chamÂŹ
bre bleue, câest lĂ que doit loger madame la chanoi-
nesse. (M«« de Chamilly.)
A lâheure dite il courut au logis
De la cicogne son hĂŽtesse. (Lafontainb.)
La femme dâun charbonnier est plus respectable
que la maĂźtresse d'un prince. (J.-J. Rousseau.)
Le nĂšgre a sur le soldat lâavantage de ne point
risquer sa vie,
ses négrillons.
et de la passer avec sa négresse et
(Voltaire.)
Il nâest point de ville oĂč lâon trouve autant de prĂȘÂŹ
tresses quâĂ AthĂšnes. (BarthĂ©lĂ©my.)
L'amour ne rĂšgle pas le sort d'une princesse.
(Racine.)
Certains mots terminés
e en me pour le féminin :
au masculin par un e muet changent, comme on le voit, cet
prince, princesse.
EXERCICE PHRASĂOtOGIQVE{\).
ĂD Ange
Une Angeise.
ĂŒn Druide.
Une Druidesie,
Ăn Satyre.
Une Satyresse.
Borgne.
Borgneaie,
Centaurene.
Moine.
Moinesse.
Ogre.
Ogresse.
Centuure
' MulĂątre.
Mul&lreue.
ProphĂšte.
FropbĂȘteise.
EvĂȘque. ,
EvĂȘcbesse.
Pair.
Pairejse.
Comte.
Comtesse.
Doge.
Dogesse.
Pauvre.
pauvresse.
Diable.
Diablesse.
Ivrogne.
Ivrognesse.
Sauvage,
Sauvagesse.
DrĂŽle.
DrĂŽlesse.
Ladre.
Ladrestc.
Suisse.
Suissesse.
Pape.
Papesse.
Libraire.
Librairesse.
Sire.
Siresse.
TraĂźtre.
TraĂźtresse.
Maire.
Mail esse.
Tigre.
Tigresse.
Diacre."
. Diaconesse.
Vicomte.
Ticotntesie.
(1) Nous devons faire observer que la plupart des mots contenus dans cet exercice ne peuvent se dire qĂŒiro-
niqucment et dans le style comique. âC'est dans les intĂ©ressants Voyages en Italie de M. ValĂ©ry, que nous
avons trouvé les mots ; angesse, centauresse et saiyresse. Voici les passages' qui renferment les deux derniers
substantifs : â A Vexception du sage Chiron, botaniste , musicien, astronome, prĂ©cepteur dâAchille ,
« lâhonneur de son espĂšce^ des centaures, des chntaurkssks surtout respirent la folie, ta licence.»
Quelques détails" des fresques de Jean de S. Giovianni, à Florence, sont bizarres: une satyrbssb
a Ă©lĂšve en lâair des couronnes en signe de victoire. » E- porgnesse ne se dit dâune femme quâen termes in=
jurieux; autrement on doit dire borgne ; La princesse dâEvoli, qui fit de si grandes passions, Ă©tait borgne,
(De Stk-Foix). La mĂȘme observation peut sâappliquer aux mots drĂŽlesse et,pauvresse. ^Quant Ă sauvogesse,
il sc trouve dans TrĂ©voux Les quatre chefs et la sauvagesse dâune des nations chinoises, furent prĂ©sentĂ©s
par leurs conducteurs et interpu-Ăštes Ă la compagnie des Indes, dans le temps que lâassemblĂ©e de lâadminisÂŹ
tration allait se tenir. Ce mot nâest guĂšre usitĂ© aujourdâhui que par dĂ©rision. « Vn petit Français, remar-
« que M. de Chateaubriand, poudré et frisé comme autrefois, habit vert pomme, veste de droguet, jabot
0 et manchettes de mousseline, en me parlant des Indiens, me disait toujours : Ces messieurs sautages
a et ces dames sauvagesses. » Il nâest personne qui ne sente tout le ridicule d'une pareille expression,
â Pour ce qui est du mot angesse, nous ne pensons pas qu'il puisse ĂȘtre admis, si ce nâest en plaisantant;
on doit dire um ange. Exemple : H mâa parlĂ© bien des fois, avec toute la candeur de ce sentiment passĂ©,
des troubles intérieurs, des tendresses inouïes que la vue de cette ange lui causait. (Boulay-Paty).
( *
( *9 )
N" XIX. Ća»â
SUBSTANTIFS TERMINĂS PAR COU, en, Ăčn, CU
l"'SĂBiH. â Masculin.
âą . he tourtereau J ,
Dont If plaintif et long roucoulement
Imite assez la plainte dâun amant.
(Camphnon.)
0 soleil!...
Quand la voix du matin vient réveiller l'aurore,
L'imfien prosternĂ© te bĂ©nit et lâadore.
(Db Lamartine.)
Le sage ne doit jamais avoir d'autre gardien de
son secret que lui-méme. (Guizot.)
Tout chrĂ©tien est nĂ© grand, parce quâil est nĂ© pour.
le Ciel. âą ( Massillon.)
GrĂąces Ă Dieu, le fripon le plus fin
Ne songe pas Ă tout. (Nivernais*)
GanymÚde est Véchanson des Dieux.
(Planche.)
Les femmes accusĂ©es dâadultĂšre Ă©taient tenues de
présenter un champion qui attestùt leur innocence
en combattant pour elles. (Saint-Foix.)
Un milan qui dans Tair planait, faisait la ronde,
Voit dâen haut le pauvret se dĂ©battant sur Tonde.
( La Fontaine.)
Saint François de Panle disait : U faut que je sois le
plus humble sujet de mon ordre* (Fléchier.)
3* SĂRIE. â FĂ©minin*
LĂ je voyais le faon et la blanche gazelle
Courir au pied du mont Thabor ;
Aux bosquets dâaloĂšs ta douce tourterelle
Seule paraĂźt gĂ©mir encĂŽr! (PaĂŒthihr )
Mon jeune ami, vous avez appris le langage des
blancs ; à est aisé de tromper une Indienne.
( Cbateaubriano.)
Gardienne établie à la porte du sanctuaire, la cri
tique littĂ©raire empĂȘche les profanations.
(Théry.)
Quelle cireur à une chrétienne, et encore à une
chrĂ©tienne pĂ©nitente, dâomer ce qui nâest digne que
de son mépris. (Bossuet.)
. . . Je ne pense pas que Satan en personne
Puisse ĂȘtre si mĂ©chant quâune telle friponne.
(MoliĂšre.)
La gentille échansorme
Quâon nomme HĂ©bĂ©, malignement sourit.
(Parny.)
Tous venaient sur mes pas, hors les deux championnes
Qui du combat encor remettent leurs personnes.
(MoliĂšre.)
Mais la pauvrette avait compté
Sans lâautour aux serres cruelles. (La Fontaine.)
0 ! de Tamour adorable sujette,
Nâoubliez pas le secret de votre axi.
(Voltaire.)
L'examen ,des exemples qu'on vient de lire donne lieu aux observations suivantes ;
1Ÿ Les noms terminés par eau, changent, au féminin, cette terminaison en elle^
jouvenceau, jouvencelle ;
2Ÿ Ceux terminés par en, on, et, forment leur féminin en doublant la consonne
finale et en ajoutant un e muet : gardien^ gardienne;fripon, friponne; sujet, sujette (1 ).
s
EXERCICE PBRASEOLOGIQVE.
Go Tourtereau.
. Une Tourterelle.
Jumeau.
Jumelle.
Bobémieu.
Bobf mienne.
Magicieo.
Magicienne.
Parisien.
Parisienne.
Européen.
Européenne.
PaĂŻen.
P.i!eiioe.
Paroissien.
Paroissienne.
Plébéien.
Plébéienne.
Egyptien.â
Egyptienne.
Espion.
Espionne.
1 Propret.
Proprette.
AeadĂȘniicieu.
Aeadémicieunc.
Géorgien.
GéorgieoDe,
Un Athénien.
Une Athénienne.
Un Mignon.
Une Mignonne.
Chien.
Chienne.
Baron.
Baronne
Citoyen.
Citoyenne.
Bouilbn.
Boullnniie,
Patrii'ten.
Patricienne.
Dragon.
Dragonne.
Comédien.
Comédienne.
Hérisson.
Hérissonne.
Conritoyeo.
Concitoyenne.
Lion.
Lionne.
Doyen.
Doyenne.
Poupon.
Pouponne. *
EpĂŻrurien.
Epirurleiine.
Vigneron.
Vigne ronne.
Luthérien.
Lutberlrnne.
Luron.
I.uronue.
Musicien.
Musicienne.
Bougon.
Minet.
Bougonne.
Muet
Muette.
Minette.
Iduméen.
Idumienne.
Prussien,
. Frussienoe.
ChaldĂȘcD.
Cbaldéenne.
Italien.
Italienne.
Cadet
Cadette.
.BouUkt
Bouillette*
(1) Excepté compagnon, patron, indiscret, qui font au féminin : compagne, patrone, indiscrÚte,
7
â â1
(59)
I
âW JX.
SUBSTANTIFS TERMINĂS PAR BUT,
1â SkhIE, â MASCULIN.
Le flatteur n'a pas assez bonne opinion de soi ni
des autres. » â (La BruyĂšre.)
m- .
Les gens qui ont peu d'affaire^ sont de trĂšs grands
parl^rsy molps oq pense, plus on parle.
(Montesquieu.).
Vinstituteur est appelé par 'le pÚre de famille au
partage de son autorité natureile.
(Guizot.)
Je blĂąme un bienfaiteur, dont TĂąme mercenaire
Veut mettre un prix Ă son bienfait. (M* Jouveau.)
t
*
Si pour nous accabler de maux et de douleurs,
Le trĂŽne a ses tyrans ; le ciel a ses vengeurs.
(Crébillon.)
Dieu fait nĂŒsĂ©rĂźcorde au pĂ©cheur misĂ©rable.
(MoliĂšreJ .
2* SĂ©rie. â fĂ©minin.
La politesse est souvent une vertu de mine et de
parade ; câest une flatteuse qui ne refuse son estime
Ă personne. (Mirabeau.)
... On voit les amants toujours vanter leur choix.
La trop , grande parleuse est dâagrĂ©able humeur.
(MoliĂšre.)
Les prairies seront votre école, les fleurs votre
alphabet, et Flore votre institutrice.
(Bbrn. de St-Pierrk.)
La nature n'est-elle pas également une bienfai
trice puissante et sage P (Virby.)
L'homme n'a point de plus cruelle vengeresse de
son forfait que sa propre conscience.
(Boiste.)
Jésus appelle à lui.la faible samaritaine, il par
donne à la femme adultÚre, il absout la pécheresse
qui baigne ses pieds de larmes ; mais il sévit contre
les ambitieux. (Bern. de St-Pierrk.)
Les substantifs terminés au masculin en ewr, forment leur féminin de trois maniÚres
différentes, par le changement A'eur en m8e, en eresse, ou en nce(l).
Dâexerciçc suĂTaut moU q»! preunent ces dircrsei termiaitisoDS rongĂ©s par ordre alpfaabĂ©tlquo.
EXERCICE, PBRASĂOLOGIQUE.
*
NOMS TERMINĂS EN eur QUI FONT euse.
Aboyeur.
Une Aboyeuse. Un
1 Diseur.
Une Diseuse.
TJn Porteur.
Una Porteuse.
Acheteur.
Acheteuse.
Dispute ur.
Disputeuse.
.Pourvoyeur,
Pourvoyeuse.
Allumeur.
Allumeuse.
Doreur.
Doreuse,
PrĂȘcheur. .
PrĂȘcheuse.
Assembleur.
Assembleuse..
Donneur.
Dormeuse.
Preneur.
Preneuse.
Assommeur.
Assomoieuse.
EnjĂŽleur.
Empoisonneur,
EnjĂŽleuse,
Pleureur.
Pleureuse.
Arracheur.
Arracheuse.
Empoisonneuse. â PrĂȘteur.
PrĂȘteuse.
Baigneur.
Baigneuse*
Empruntcor.
Emprunteuse.
Priseur.
Priseuse.
Balayeur.
Balayeuse. '
Enlumineur.
Enlumineuse.
Prometicur.y
Prometteuse.
Baragouineur.
Boudeur.
Baragouineuse*
Eplucheur.
Eplucheuse.
PrĂŽneur.
PrĂŽneuse.
Boudeuse.
Entrepreneur.
Entrepreneuse.
Querelleur.
Querelleuse.
Bredouille ur.
, Bredoutlleuse.
Faiseur
Faiseuse.
QuĂȘUur.
QbĂȘteuse.ââ
Briseur.
Brise use.
Voyageur.
Voyageuse.
Huvaudeur,
- Ravaudcusq.
Brodeur.
Brodeuse.
Vendeur.
Vendeuse,
Bemplisseur,
Remplitseuse
Cajoleur,
' Cajoleuse.
Tricheur.
Tricheuse.
Beveiideur.
Revendeuse.
Cardeur.
Cardeuse. '
Fileur.
Fiieuie.
KĂźeur.
RIeu».
Chantçur,
Chanteuse (a).
Farceur.
I^rceiise.
BahĂȘcheur.
Rab&cheuse.
Chercheur.
Chercheuse.
Fouetteur.
Fouettense.
Baccommodeur. ' Raccommode use
Chuchote ur.
Cbuchoteuse,
Fournisseur.
Fou misse use.
Radoteur.
Radoteuse.
Voleur.
Voleuse.
.iaseur.
Jaseuse.
Railleur.
Railleuse.
Visiteur.
Visiteuse.
Grasseyeur.
Grasseyeuse.
Raisonneur.
Raisonneuse.
Treoteur.
Tricoteuse.
Groudcur
Grondeuse.
Rapporteur
â RapporteuiĂŽ.
Recéleuse.
eu ho odeur.
Claboudeuse.
Joueur.
Joueuse.
Receleur.
Coiffeur.
Coiffeuse.
Louangeur.
Louangeuse.'
BĂȘreur.
RĂȘveuse.
Coureur,
Coureuse.
Loueur.
'Loueuse.
Ricaneur.
Ricaneuse,
Connaisseur
Connaisseuse.
Laveur.
Laveuse.
Rieur.
Rieuse.
Conteur.
Conteuse.
Liseur.
Liseuse.
RĂŽaeur.
RĂŽdeuse.
Coucheur.
Coucheuse.
Meneur.
Meneuse.
Ronfleur.
Ronfleuse.
Crieur.
, Crieuse.
Moissonneur.
Moissonneuse.
Tapageur.
Tapageuse.
Croqueur.
Croqueuse.
Moqueur.
Moqueuse.
Tireur.
Tireuse.
Danseur.
Danseuse,
Parleur.
Parleuse.
Trarailleur.
Travailleuse.
Dédaignenr.
Dénicheur.
Dédaigneuse,
Dénicheuse.
Patineur. â
Pécheur.
Patineuse.
PĂȘcheuse.
Trompeur.
Trompeuse
DĂ©TĂdeur. ^
Dérideuse* ...
Penseur
Penseuse.
*
(1) Les mots fn/*eWeur^ supemur^ rnojeur, mineur, serviteur.
gouverneur, qui font au féminin infé
(2) On dil poiv, exprimti^ oqq penonus babils dans l'srt du cfaaot
( 51 )
NOMS TERMINĂS EN eur QUI FONT rice.
Gd AceéJérateor.
Abrëriateur.
Accompagnateur.
Calomniateur.
Calculataur.
Collabora teur.
Créateur.
Curateur.
Débiteur.
Empereur.
Exterminateur.
Indicateur,
lustigateur.
loTCnteur.
Uédisteur.
Opérateur.
Protecteur.
Bémunérateur.
Restaurateur.
Administrateur.
Admirateur,
Adorateur.
Conciliateur.
Conducteur.
Cooserrateur
GuBailIcur.
Défendeur.
Gne Aeeélératrice.
AbréTiatrice.
Accompagnatrice.
Calomniatrice.
Calculatrice.
Collaboratrice.
Créatrice.
Curatrice.
'Débitrice.
Impératrice.
Exteruiinatnca.
Indicatrice. '
Instigatrice.
Inventrice.
Médiatrice.
Opératrice.
Protectrice.
RémunÚratrioe;
Bestauratrieo (ijL
Administratrice.
Admiratrice.
Adoratrice.
Conciliatrice.
Conductrice.
Conaerratrice.
Gu Délateur.
Dénonciateur.
Désolateur.
Examinateur.
Fondateur.
Improvisateur.
Interlocuteur.
Lecteur.
Modérateur.
Persécuteur.^
Béconeilßateur
Séducteur.
Spoliateur.
Adulateur.
Ambassadeur.
Amateur,
Consolateur.
I Consommateur.
Conspirateur.
Destructeur.
Directeur.
Dispensateur*
. Exécuteur.
Générateur.
Inspirateur.
Gne Délatrice.
Dénoociatnce.
Désolatnee.
Examinatrice.
Fondatrice.
Improvisatrice.
Interlocutrice.
Leclrice.
Modératrice.
Persécutrice.
Bécoiiciliatriee.
Séductrice,
Spoliatrice:
Adulatrice.
Ambassadrice.
Aniatriee.
Consolatrice.
Consommatrice.
Conspiratrice.
Destructrice.
Directrice.
Dispensatrice.
Exécutrice.
Génératrice:
Inspiratrice.
Go Interrogateur.
Législateur.
Moteur.
Producteur.
Réformateur,
^ectateur.
VériOcateur.
Appréciateur.
Approbateur.
Auditeur.
Coutemplateur.
Coopééateur.
Corrupteur.
Dominateur.
Dissipateur.
Donateur.
Explorateur.
Imitateur.
Inspecteur.
Introducteur.
Libérateur.
Observateur.
Propagateur.
Régulateur.
Spéculateur.
NOMS TERMINĂS PAR BUT QUI FONT eSSe.
Une Bailleresse.
Défenderesse.
Un Chasseur. Une Chasseresse (x). ĂŒn Demandeur.
Devineur ou devin. Devineresse Enchanteur.
Gne Iisterrogatriee.
Légßsbtrtce.
Motrice.
Productrice.
Reformatrice!
Snectatrice.
VériScatrire.
ApprĂ©ciatricĂȘ.
Approbatrice.
Auditrice.
Contemplatrice.
Coopéra Irice.'
Corruptrice.
Dominatrice.
Dissipatrice.
Donatrice.
Exploratrice.
Imitatrice.
Inspectrice.
Introductrice.
Libératrice.
Observatrice.
Propagatrice.
BĂšgulatriee.
Spéculatrice.
Gne Demanderesse.
Enchante resie.
N XXI.'
FĂMININ DES NOMS TERMINĂS PAR X.
1" SĂRIE. â MASCULIN.
,. . Plus quâon ne le croit, ce nom dâepoiiorengage,
Et lâamour est souvent un fruit du mariage.
^OLIĂRK.)^
On doit du mal/teureux respecter la misĂšre.
(Crébillon.)
Les monastÚres sont favorables à la société, parce
que les religieux, en consommant leurs denrées sur
les lieux, rĂ©pandent lâabondance dans.la cabane du
pauvre, ^ (Chateaubriand.)
Les noms terminés au masculin par tr changent au féminin cotte lettre en se : époux,
épouse; malheureux, malheurÚuse (4).
2Âź SĂRIE. â FĂMININ.
VĂ©pouse du chrĂ©tien nâest pas une simple mortelle :
câest un ĂȘtre extraordinaire, mystĂ©rieux, angĂ©lique ;
câest la chair de la chair, le sang du sang de son
époux. (Chateaubriand.)
Hélas ! que de raisons contre une malheureme !
(Racine.)
. Une religieuse de St.-BenoĂźt, prĂšs de quitter la
terre, trouvait une couronne dâĂ©pine blanche sur le
seuil de sa cellule. âą (Chateaubriand.) -
EXERCICE PBRASĂOLOGIQVE.
Gd Jaloux.
Amoureux.
Boiteux.
SouiTretcux.
Chatouilleux.
Dartreux.
Gue Jalouse. ,
Amoureuse.
Boiteuse.
SouRreteuse.
Cbatouillcuaje.
Dartreuse.
Gd Présomptueux.
Pointilleux.
Lépreux.
Goutteux.
Factieux.
Gticux.
ĂUB PrĂ©somptueuse.
Pointilleuse.
Lépreuse..
Goutteuse.
Factieuse.
Gueuse.
Ăn Hargneux.
Piluiteux.
Ambitieux.
Audacieux.
Paresseux.
Fiévreux.
Goe Hargneuse.
PituĂźtftUSĂ.
Ambitieuse.
Audacieuse.
Paresseuse.
Fiévreuse.
(1) Bettauratrice ne sâemploie que pour dĂ©siguer uue femme qui restaure , qui rĂ©pare. Mais lorsquâon veut parler d'une femme qui donne i'
manger, on dit restaurateur, >
(2) Chasteretse ne sâemploie que dans le style Ă©levĂ© et poĂ©tique; dans le style ordinaire on dĂźt chasseuse.
(i) La Fontaine a dit devinease. comme on dĂźt brodeuse ; mais devineate u'est point dâusage i
â ' Cbex la dssineiue oa courait,
Pour se foire onuoncer ce,que l'on désirait.
%
La Fontame a dßt aussi dsoine. qui n'est pas plus usité
Moi, devins t On se moque. Eh I Messieurs, sais^ lire J
' '
(4) 11 nây a dâexceptĂ© que vieux, qui fait vieille.
( 58 )
-oĆĂŽ-c
Nâ XXII.
FORMATION DĂŒ PLURIEL DANS LES SUBSTANTIFS. â NOMS DE TOUTE TERMINAISON.
1" SĂRIE. â SINGULIER.
âąLâAomme TĂ©ritablement ĂŒbre est celui qui, dĂ©gagĂ©
de ioute crainte et de tout dĂ©sir, n'est soumis quâaux
dieux et à la raison. (Fénelon.)
* â
\
Le bien,nous le faisons; le mal, c'est la fortune.
On a toujours raison-; le destin, toujours tort. *
(La Fontaine.)
La loi dans tout Ă©tat doit ĂȘtre universelle ;
Les mortels, quels quâils soient, sont Ă©g^ux devant elle.
(Voltaire.)
Les plus grandes vérités sont ordinairement les
plus simples. - (Malesherres.)
Ăn roi ne sait jamais sâil a de vrais amis.
(Boursault.)
La vertu a beaucoup de prédicateurs, mais peu de
martyrs, . (HelvĂ©tiĂŒs.)
L'habitude est le plus grand écueil de la raison.
(De Livby.)
%
Malheureux et détrompés, nous préférons aux bril
lantes couleurs du prisme de lâespĂ©rance la blancheur
du linceul. (Bern. de St-Pierre.)
Le soleil demeure constamment Ă la mĂȘme place.
(Berquin.)
Tout se réduit souvent pour le voyageur à échan
ger dans la terre étrangÚre des illusions contre des
souvenirs. (Chateaubriand.)
Un sot trouve toujours un plus sot qui lâadmire.
(Boileau.)
Il y porte une corde, et veut, avec un clou,
Au haut dâun certain mur attacher le licou.
(La Fontaine.)
Un caravansérail est une hÎtellerie dans le Levant,
oĂč les caravanes sont reçues gratuitement, ou pour
un prix modique. (Académie.)
La passion fait un fou du plus habile homme et
rend habiles les plus sots.
(Larochefoucauld.)
Un générenx conseil est un puissant secours.
(Corneille.)
2Âź SĂRIE, PLURIEL.
Les hommes qui ont le plus de sagesse et de taÂŹ
lent ne manquent point de sâadonner aux arts auxÂŹ
quels les grandes récompenses sont attachées.
(Fénelon.)
Les biens d'un homme ne sont pas dans ses coffrés,
mais dans lâusage quâil eri tire.
(J.-J. Rousseau.)
Il ne faut pas faire par les lots ce quâon peut faire
par les mĆurs. (Montesquieu.)
La vérité est une reine qui a dans le ciel son
trÎne étemel, et lé siÚge de son empire dans le sein de
Dieu. (Bossuet.)
.... Les rois sont des hommes. '
m
Les vertus se perdent dans Tintérét, comme les
fleurs se perdent ^s la mer.
(Larochefoucauld.) '
La fausse gloire et la fausse modestie sont les deux
écueils de ceux qui écrivent leur propre vie.
(De Retz.)
Les drapeaux des partis sont des linceuls dans
lesquels on ensevelit la patrie.
(Bernardin de St-Pibrrb.)
H
Les étoiles ûxes sont autant de
(Fontenblle.)
Le saule est agréable aux génies des voijageurs,
parce quâil croit au bord des fleuves, emblĂšmes dâune
vie errante. âą (Chateaubriand.)
Les sots depuis Adam sont en majorité.
(Cas. Dklavigne.)
Un siÚge aux clous d'argent te place à nos cÎtés.
(A. Chénier.)
De distance Ă autre, je rencontrais de grands caÂŹ
ravansérails bien fermés et de vastes bazars ou
marchĂ©s, oĂč rĂ©gnait le plus grand silence.
(Bernardin de St-Pibbre.)
Les fous mĂšnent les sages : ils sont plus nombreux.
(Boiste.)
On ne donne rien si libĂ©ralement que sesâconseils.
(Larochefoucauld.)
[ Ce quâil faut conclure des. exemples de Tune et de TaĂŒtre colonne, câest quâen français
ß tout mol terminé par une voyelle ou par une consonne prend un s au pluriel, quel que
soit dâailleurs son genre : cette lettre est, dans le gĂ©nie de la langue française, le vrai
caractĂšre du pluriel.
( 53 ) ,
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Vhoma»».
La femma,
Zte garqOD.
La nile.
L'étranger.
La mouche.
La montagne.
Le clou.
1.0 jambon.
Le «apajou.
Lâattirail.
Le détail.
Le BourernaĂźl.
Le sérail.
Le murmure.
LâĆuf.
Le iiiouton.
Le sĂšrin.
LâĂ©cureuil.
Le jour.
La nutU
Le matin.
Lâatige.
Le citoyen.
Le caribou
Les bommeĂą.
Lea femmea.
Les garçooa
Les Glles.
Lea étranger!.
Les mouches.
Le! montagnes.
Les clous. â
liCs jambons.
Les aajjajoui.
Les attirails.
Les détaib.
Les gouvernails.
X.CS sérails.
Les murmures.
Les Ćufs.
Les moutons*
Lea serins.
Les écureuils.
Les jours.
Les nuits.
Les matins.
Les anges.
Les citoyens.
Les caribous.
Le jardin.
La rose. ' ' \
L'arbre.
La maison.
1.6 mariage. -
LĂ feuille.
Le monticule
Lâamadou.
Le cou.
Le manitou.
Le sou.
Le menton
Le mail.
Le lion.
Le marchand.
Le bĆuf. ,
Le rossignol.
Le chardonneret.
Le chevreuil.
Le fou.
Le licou.
Le mou.
Le trou.
La'statue.
L'éventail.
Les jardĂQi.
Le tilleoL
Les UDenls.
* Les ro*ei.
L'aeaeia.
Les aeaeias.
Les arbres.
Le voleur.
Les voleurs.
Le» maisons.
Le soldat.
Les soldats.
Lés mariages.
Le royaume.
Les royaumes.
Les feuilles.
Lia planĂšte.
Les planĂštes.
Les monticules.
Lo cerise.
Les cerises.
Les amadous.
L'acajou.
Les acajous.
Les cous.
Le carcajou.
Les carcajoux
Les manitous.
Le coucou.
' Les coucous.
Les sous.
Le matou.
Les matous*
Les mentons.
La tĂšte.
Les télés, ,
Les inaits.
LâĂ©pouvantaiL
Les épouvantaili.
Lea lions. .âą
Le chat.
Les chats.
Les marchands.
Le plaisir.
Les plaisirs.
Les bĆufs.
Le coq.
Les coqs.
Les rossignols.
La fauvette.
Les fauvettes.
Les chardonnerets,â
Le liĂšvre.
Les liĂšvres.
Les chevreuils.
Le poitrait
Le berger.
Les poitrails.
Les bergers.
Les fous.
Les licous.
La coquette.
Les coquettes.
Les mous.
Le cerf.
Les cerfs.
Les trous.
Le bouvreuiL
Les bouvreuils.
Les statues..'
Le rat.
l*es rats.
Les éventails.
Le loup.
Les loups.
EXCEPTIONS.
NOMS TERMINES EN OU.
1â SĂRIE. â SINGULIER.
Le chou que la cime du palmiste renferme au miÂŹ
lieu de ses feuilles est un fort bon manger.
(Bernardin de St-Pierrk.)
2« SĂRIE. â PLURIEL.
Cet homme, disent-ils , était planteur de cAoua:,
Et le voilĂ devenu roi. ' (La Fontaine.)
^ \
Pn a vu que les noms terminĂ©s en ou sepluralisent gĂ©nĂ©ralement par Taddition dâun s.
Lâexemple qui prĂ©cĂšde nous montre aussi que certains autres prennentunm au pluÂŹ
riel : on en compte cinq, qui sont : poux, cailloux, genoux, hiboux et choux. 11 est présu-
niable que ces noms ne larderont pas à suivre la rÚgle générale.
^NOMS TERMINES EN m7.
1â SĂRIE. â SINGULIER.
Le travail est la vie de lâhomme. (Voltaire.)
De Temail Ă©lĂ©gant des champs et des prairies âą_
L'aiguille de Minerve orna ses broderies.
(Castkl.)
L'ail, dont Todeur est si redoutée de nos petites-
maĂźtresses , est peut-ĂȘtre le remĂšde le plus puissant
quâil y ait contre les vapeurs ^ et les maux de nerfs
auxquels elles sont si sujettes. ^
(Bernardin de St-Pikrre.)
2Âź sĂ©rie. â pluriel.
Jamais de ses travaux (1) Abel nâoavrll le cours
Sans avoir embrassé les auteurs de ses jours.
(Gilbert.)
Je n'irai plus chercher au bord de la prairie
Ces éclatants émaux que le printemps varie.
(St-Lambert.)
Tu peux choisir, ou de manger trente aulx,
(Jâentends sans boire et sans prendre repos ;)
Ou de souffrir trente.bons coups de gaule.
(La Fontaine.)
Quelques noms terminés par ail changent cette finale en aitx; tels sont ; soupirail,
vantail, vitrail, bail, corail, qui font soupiraux, vantaux, vitraux, baux, coraux, et les
mots citĂ©s dans les exemples prĂ©cĂ©dents. Quant aux mots bĂ©tail, bercail et aigaĂŒ, ils
n ont pas de pluriel.
»
(1) 11 est vrai qu'on dit aussi des travails, mais dans deux autres acceptions :
1Âź Lorsqu'on veut parler dâune machine^ de bois Ă quatre piliers, entre lesquels les marĂ©chaux^attachent les
chevaux fougueux pour les ferrer ; *
2° Quand il est question des comptes ou rapports présentés, soit à un souverain par un ministre ou un
administrateur, soit à un supérieur par un commis : Le ministre a eu cette semaine plusieurs travaißs avec
Uroi.
{ 5* )
ClEXi; OBIL; AĂEVL, etC.
SĂRIE, â SINGULIBR.^
Dans les plaines du del Dieu sema la InmlĂšre.
% ' (Voltaire.)
.Chaque nation a besoin dâune musique particuliĂšre
qui soit analogue Ă son ciel. (J.-J, Rousseau.) "
On appelle, en terme de'peinture, le cteĂŻ, cette
partie du tableau qui reprĂ©sente lâair.
(Académie.)
âąn
Quand on dit le eiel de ce.lit nâest pas assez haut,
ciel signifie le haut du lit. (Académie.)
On voit les maux dâĂ utrui dâun autre Ćil que les siens.
(Corneille.)
Ah ! peut-on dâun Ćil sec voir mourir ce quâon aime!
. X : m
En architecture, une espĂšce de petite lucarne faite
en rond ou en ovaie dans la couverture des maisons,
sâappelle un Ćil-de-bĆuf. (AcadĂ©mie.)
Ćil se dit aussi du pain ou du fromage, quand
ou y trouve quelques trous ou ouvertures qui les
rendent moins compactes et moins solides.
- (Trévoux.)
Il me paraĂźt que lâon doit encore regarder comme
un produit du feld-spath la pierre chatoyante Ă laÂŹ
quelle on a donnĂ© le nom d/Ćilrd0i?oisson.
' (Buffon.)
Ce que lâaĂŻeul ni le pĂšre
Nâont point fait au siĂšcle passĂ©.
Aujourdâhui la France TespĂšre
Du grand roi quâils nous ont laissĂ©.
(Racine.) ,
En logique, un terme dĂ©signant ce quâil y a de
commun entre tous les ĂȘtres dâun mĂȘme genre, est
appelé un universel. (Boiste.)
! 2* SĂRIE, â PLURIEL.
Que la terre est petite Ă qui la voit des eienx !
(Delille.)
LâItalie est sous un des plus beaux ciels de 1 Ău^
rope. (Noel.)
Les ciels dans les tapisseries les font estimer.
(Planche.)
Ce peintre fait bien les ciels. (Académie.)
n faut dire des ciels de lit. (ĂŻd.)
Au cimetiÚre de Pise, Buffalmaco a représenté tous
les ciels décrits parle Dante. (J. Janin.)
LĂ© bandeau de lâerreur aveugle tous les yeux.
(Voltaire.)
La chronologie et la géographie sont les yeux de
lâhistoire. (Boniface.)
Dites au pluriel des Ćtl5-de-6(Ew/l
(Académie.)
Il y a un proverbe espagnol qui dit qu'il faut
choisir du fromage sans yeux, du pain qui ait des
yeux, et du vin qui saute aux yeux.
(Trévoux.)
Les pierres appelĂ©es Ćils-de-poisson, quoique assez
rares, ne sont pas dâun grand prix. - (Buffon.)
Ses deux aĂŻeuls ont rempli les deux premiĂšres
charges. (Académie.)
Qui sert bien son pays nâa pas besoin a aĂŻeux.
(Voltaire.)
On distingue cinq universaux : le genre, la diffé
rence , Ves^ce, le propre et lâaccident.
(Dumarsais.)
, t
Ces exemples donnent lieu aux observations suivantes :
^ 1Ÿ On dit ciel BU singulier, ciels et deux au,pluriel : deux, pour désigner, en général,
toute rimrnensité de la voûte céleste; ciels, pour énoncer d'une maniÚre restrictive la
température particuliÚre à chaque ville, à chaque contrée; ce qui fait que Ton compte;
en quelque sorte, autant de dels qu'il y a de pays : le del de l'Italie, le del de la France,
le del de l'Espagne, sont des ciÚls favorisés des dieux. On dit également des dels de tableau,
descie/5 de Ut. Enfin, en terme de mineurs, on se sert dĂš dels pour indiquer les preÂŹ
miĂšres couches de terre.
2Âź Ćil a aussi deux pluriels diffĂ©rents : yeux et ĆUs. On emploie yeux au propre et au
figuré, pour exprimer l'organe de la vue. Mais la plupart des grammairiens voudraient
quâen toute autre circonstance on se servĂźt du.mot ĆiĂź/5. Cependant, dans les exemples
que nous venons de rapporter, on trouve des Ćils-de-bceuf y terme d'architecture, et
l'Académie, Boiste, Laveaux, Trévoux ont décidé qu'il fallait dire : les yeux du pain,
du fromage, de la soupe. Nous devons donc Ă cet Ă©gard qoĂŒs soumettre Ă la dĂ©cision de
ces imposantes autorités. Néanmoins, s'il s'agit des plantes et des pierres qui portent
le nom d'(mlHie-ckat,Ă "âŹdlr-de-serpent, d'ĆU-de-perdrix, nous Ă©crirons^ avec les naturaÂŹ
listes, des etc.
. ( 55 ) â
3Ÿ Aïeuls sc dit au pluriel toutes les fois que Ton veut désigner le grand-pÚre paternel
et maternel. On se sert A'aïeux, pour parler de ceux qui, en général, nous ont précédés
dans la vie.
4Âź Dans le dernier exemple, le mot universel sâexplique de lui-mĂȘme.
Quant au mot pĂ©nitenĂŒel, rituel de la pĂ©nitence, il suit la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, câest-Ă -dire
quâil prend un e au pluriel, et quâil ne faut pas le confondre avec pmiteniiaux, adjectif
qui ne sâemploie guĂšre que dans ce cas : lĂ©s psaumes pĂ©nitenĂŒaux.
tTo beati ciel.
Le ciel de la patrig.
Un ciel de tableau bien fait.,
FcDĂ©tre Ă Ćil-de-bĆuf.
Uu Ćil-de<Cfarist.
Un oieul maternel.
Voir le ciel.
Un ciel froid. r. . âą
Un ciel de tapisserie magnifique.
Avoir un bel Ćil.
Un Ćil de bĆuf.
CroĂ»ton de pain oĂč se trouve un
grand Ćil.
ĂŒn ĆiUde-bouc. '
Uu al^eut paternel..
17d Ćil de-biBuC
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Une galerie Ăą ciel ouvert.
La voûte des cieux.
Dea ciels tempérés.
Faire bien les ciels de
Edifice oĂč l'on voit
bĆuf.
Des Ćils-de-CbrisL
Des aĂŻeuls maternels.
Implorer lés eieuz.
Des ciels glacials.
Des ciels de tapisserie.
De grands yeux.
Des yeux de bĆuf.
Des yeux dans le palb.
Des ĆlIs-de*bouc.
Des aĂŻeuls paternels.
Des Ćils-de-bĆu^
tableaux. Un Ćil de chat,
des' ĆiU'de-Gagoer le ciel.
Le ciel de lâEurope.
Un ciel de lit
Un Ćil noir, ,
Un Ćil de cochon.
Voir un gros Ćil au bouillon.
Uu Ćil-de-polsfoo
Ouvrir plusieurs ciels dans une car*
riĂšre.
Des yeux dc chat
Mériter je» cteux.
Des ciels brûlants.
Des ciels de lĂźL
Des yeux bien fendus.
Des yeux de eoefaon.
Les yeux du bouillon.
Des Ćits-de-poisson.
N'avoir plus que sou aĂŻeul maternel, A voir encore ses aĂŻeuls
Regarder le ciel. Admirer les eieux:
Le ciel de Proreuce. Z/Cs plus doux ciels.
Un ciel de décoration. Faire des eiels de décoration,
up Ćil de sirĂšne. Des yeux malins.
Un Ćil de fromage Des yeux de fromage.
Imiter ses aĂŻeux. Marcher sur les traces de ses aĂŻeux.
â oooo»D^gg XXIII. S8i^««oooo.
PLURIEL DES SUBSTANTIFS TERMINES PAR COU, OUo
DÂź SĂRIA. â SINGULIER. '
Un tombeau est un monument placé sur les li
mites de deux mondes.
(Bernardin de St-Pikrrk.)
Lâot^eau qui charme le bocage,
Hélas I ne chante pas toujours.
(Lamartine.)
Quelquefois le hasard nous prĂȘte son flambeau
Pour éclairer nos pas dans un sentier nouveau.
(Cas. Delavignk.)
L'unaw a 46 cĂŽtes, tandis que TAĂŻ nâen a que 28.
' . (Buffon.)
Le cruel repentir est le preinier bourreau
Qui dans un sein coupable enfonce le couteau.
(Racine.) .
2Âź SĂRIE. â PLURIEL.
â Les tombeaux dĂ©s ancĂȘtres sont, Ă la ChinĂ©, un
des principaux embellissements des faubourgs, des
villes, et des collines des campagnes.
(Bernardin de St-Pieréb.)
Le respect que les nations portent Ă certains oiÂŹ
seaux est un hommage indirect quâelles rendent Ă la
Providence. (/rf.) . .
Les passions allument tous les flambeaux qui inÂŹ
cendient la terre. , (ja.)
Le pĂšre dâAbbeyilIe distingue deux espĂšces dâtĂ©--
naux. (Buffon.)
... LâĂ me abandonnĂ©e Ă ses remords secrets
A toujours son supplice et ses bourreaux tout prĂȘts.
(Th. Corneille.)
Ces exemples servent à démontrer que les noms terminés çn eau et en au prennent un
X au pluriel.
EXERCICE PHRASĂOLOGIOVE,
AgntĂ u.
Arbriiseaia.
Des Agneaux.
Un Aloyau.
Des Aloyaux. ^
Un Anneau.
Des Anneanx.
Arbrisseaux.
Cerceau.
Cerceaux,
Drapeau. -{
Drapeaux.'
Barbeau.
Barbeaux.
Barreau*
Barreaux.
Bateau.
^ â
Bateaux.
Blaireau.
Blaireaux.
Boisseau,
Boisseaux.
Bordereau.
Bordereaux.
Bourreau.
Bourreaux.
Boyau.
Boyaux.
' Bureau.
Bureaux;
Carreau.
Carreaux.
Caveau.
Caveaux.
Landau.
Landaux.
Cerveau-
Cerveaux.
Chalumeau.
Chalumeaux.
Chameau.
Chameaux.
Chapiteau.
Chapiteaux.
ChĂąteau.
ChĂąteaux.
Chevreau.
Chevreaux.
Copeau.
Copeaux.
Corbeau,
Corbeaux.
Cordeau.
Cordeaux.
Couteau.
Couteaux,
Créneau
Créueà ux.
Damoiseau.
Damoiseaux,
Ecriteau.
Ecriteauxi
Escabeau.
Escabeaux.
Etau.
Etaux.
Faisceau.
Faisceaux. '
Fardeau.
' Fardeaux.
Flambeau.
Flambeaux.
Pourceau,
Fourneaux.
Fourreau.
Fourreaux.
Fricandeau.
FrieaiiidMiiit
( 56 )
CTq GftUsB.
Htmeio.
JambonDCSU.
Jumeau.
J^apereau. >
Bameau.
Uarleaut
Tiflupeau*
TraĂźneau.
Tableau.
Noyau.
Bandeau.
Bedeau.
Bouleau.
Cadeau.
Cerneau.
Chapeau.
Del Gftteaux.
Hameaux.
Jambe iineaui.
Jumeaux.
J^apereaui.,
Hameaux.
Marteaux.
Troupeaux.
TraĂźneaux.
Tableaux.
Noyaux.
Bandeaux.
Bedeaux.
Bouleaux.
Cadeaux.
Cerneaux.
Chapeaux.
Un Ciseao.
Des Ciseaux.
Un GoUau.
De* Coteaux.
Gluau.
Gluaux.
Joyau.
Joyaux.
Hobereau.
Bobereauz.
Lambeau.
Lambeaux.
Jouvenceau.
JouveiKeaux,
Liteau.
Liteaux.
PrĂąau.
Préaux.
'Manteau.
Manteaux.
Radeau.
Radeaux,
Morceau.
Hrrreaui.
Rideau.
â Rideaux.
Trousseau.
Trousseaux.
' Moineau.
Moineaux.
pipeau.
Pipeaux. ,
Tombereau.
Tonibereaux.
Plateau,
Plateaux.
Tuyau,
Tuyaux.
Pruneau.
Pruneaux.
Taueau.
Tasseaux.
Réseau.
Réseaux.
Drapeau.
Drapeaux.
Roseau.
Roseaux.
Etourneau.
Etourneaux.
Taureau.
Taureaux.
Fléau.
Fléaux.
Tonneau.
Tonneaux.
Fuseau.
Fuseaux.
Poteau.
Poteaux. ^
Godiveau,
Godiveaut.
Vermisseau.
Vermisseaux.
Baliveau,
Baliveaux;,
Fabliau.
Fabliaux.
N* XXIV
PLURIEL DES NOMS TERMINES PAR eU.
1« SĂRIE. â SINGULIER.
Le Diew des ChrĂ©tiens est un Lieu dâamour et de
consolation. (Pascal.)
La vie de lâhomme ne tient quâĂ un cAevew.
(Boiste.) âą
Le feu qui semble éteint, souvent dort sous la cendre;
Qui lâose rĂ©veiller, peut sâen laisser surprendre.
(Corneille.)
Le jeu rassemble tout; il unit Ă la fois
Le turbulent marquis, le paisible bourgeois.
(Rkgnard.)
2Âź SĂRIE. 'â PLURIEL.
LâamitiĂ© dâun grand homme est un bienfait des dieux.
(Voltaire.)
Il faut prendre aux cheveux |es occasions et les
pensées. (Boiste.)
Cependant Ondouré ne sent pas encore pour Cé-
luta tous les feux dâaimour qui le brĂ»leront dans la
suite. (Chateaubriand.)
Les jeux des princes coûtÚrent souvent trÚs cher
Ă lâespĂšce humaine. (Boiste.)
11 résulte de ces exemples que les noms terminés en eu prennent un x au pluriel.
NĂ©anmoins on excepte le mol bleu, quâon Ă©crit avec un s : du bleu, des bleus.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Un Adien.
Des Adieux.
Un Aveu.
Des Aveux.
Un CiĂŻeu.
Des Calent.
Désaveu,
Désaveux.
Alleu.
Alleux.
Enjeu.
Enjeux.
Essieu.
Kssieuz.
Moyeu.
Moyeux.
Fieu.
Fieux.
Milieu.' '
Milieux.
I.ieu.
. Lieux.
Neveu.
Neveux.
Vttu.
VĆux.
Hébreu.
Hébreux,
Jeu.
Jeux.
CamaĂŻeu,
CamaĂŻeux.
Dieu,
Dieux.
Pieu
Pieux.
Bpi».
Epieux.
Franc.a[Ieu.
FraucS'alleux
Nâ XXV.
PLURIEL DES NOMS TERMINES PAR ol.
1'Âź SĂRIE. â SINGULIER,
Que devant lâor tout sâabaĂźsse et tout tremble !
Tout est soumis, tout cÚde à ce métal.
* (Piron.)
Souvent dâun moindre mal on tombe dans un pire.
(Collin dâHarlevillk.)
La guerre est le tribunal des rois ; les victoires ou
âą les dĂ©faites sont ses arrĂȘts, (Rivarol.)
... On ne voit sous ies cieux
^ Nul animal, nui ĂȘtre, aucune crĂ©ature,
Qui nâait son opposĂ© : câest la loi de nature,
(La Fontaine.)
Lâort^rnal a le mufle du chameau , le bois plat du
daim, les jambes du cerf. (Chateaubriand.)
2Âź SĂRIE. pluriel.
La vĂ©ritĂ© est comme les mĂ©taux, que lâart ne crĂ©e
point, mais quâil purifie. (Duclos.)
A raconter ses maux souvent on les soulage. .
(Corneille.)
Le plus terrible des fléaux politiques est la corrup
tion des tribunaux. (Condorcet.)
Les hommes sont comme les animaux âą les gros
mangent les petits, et les petits les piquent.
(Voltaire.)
Selon les sauvages, les ongfnaua: ont un roi surÂŹ
nommé le grand orignal; ses sujets lui rendent
toutes sortes de devoirs. (Chateaubriand.)
( 5T )
Ah ! TorgucĂźl est Ă plaindre s'il ne sait point aimer. Âź
Dans l'homme son égal, Thomme doit s'estimer.
(Chenikr.)
ĂŒn hĂŽpital est plus spĂ©cialement destinĂ© aux maÂŹ
lades ; un hospice, aux vieillards et aux infirmes.
(MâÂź DâĂpinay.)
Lea ministres sont en France sur un piédestal si
mobile que le moindre choc les renverse; jâen ai vu
plus de quatre-vingts en soixante ans.
.(Le grand -Frédéric.)
H faut sc défier toujours de son rival. *
(CoLtiN dâHarlkvillk.) -
La faveur met Thomme au-dessus de ses égaux,
et sa chute au-dessous. (La BruyĂšre.)
Paris offre aux malheureux beaucoup d'asiles connus
sous le nom Ă©^hĂŽpiiaux.
(Bernardin de St-Pierre.)
Les plus hautes dignités ne sont que de beaux pie-
desinux, oĂč.Ton ne doit paraĂźtre que fort petit
quand on nây brille pas de sa propre vertu.
(BrĂŒeys.)
Ennemis généreux, nous savons admirer
De vertueux rivaux, les vaincre et les pleurer.
(De Belloy.)
Les noms terminés en al changent au jpluriel cette désinence en awa:. Le naot bestial,
tout en suivant la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, nâa que le pluriel en usage : des bestiaux.
EXERCICE PBRASĂOIOGIQVE.
Un
AmiraL
Des Amiraux.
Un Arsenal,
Des Arsenaux.
Un Bocal.
Des Borauz.
CanaL
Canaux.
Capital,
Capitaux.
Caporal.
Caporaux,
CbvTat.
Chevaux.
Collatéral.
Collatéraux.
Coni mensal.
Commensaux.
Cordial.
Cordiaux.
ĂŻ.oraL
Locaux.
Madrigal,
Madrigaux.
Murérhal,
Maréchaux.
MétnorßaL
Mémoriaux.
MĂ©tal. â
Métaux.
Munlripol.
Municipaux.
National .
Nationaux.
Original
Originaux.
Principal.
Principaux.
Provincial.
Provinciaux.
Badical
Radicaux.
E Ăźval.
Rivaux.
Sénéchal.
Sénéchaux.
Signal.
Signaux.
Tribunal.
Tribunaux.
Val. '
Vaux,
Elal.
Etaux.
Féal.
Fénux.
Général.
Généraux.
HĂŽpital
HĂŽpitaux.
Brulnl.
Brutaux.
Minéral.
Minéraux.
Fana).
Fanaux,
Cardinal.
Cardinaux.
1 ïédcïUi].
Piédestaux:
Journal.
Journaux,
Confetsionnal.
Coiiressionnaui.
Béai.
Beaux
Orignal.
, Orignaux.
Ma). '
Maux.
Total.
Totaux.
EXCEPTIONS.
1"Âź SĂRIE, âSINGULIER.
Les cochenilles naissent au Mexique, sur la feuille
Ă©paisse et Ă©pineuse du nopal, quâelles sucent dĂšs
qu'elles sont écloses.
(Bernardin de St-Pierre.)
Le chacal, monté sur un piédestal vide, allonge
son museau de loup deniĂšrĂ© le buste dâun Pan Ă tĂ©te
de bélier. (CnATEAUBRiAND.)
2Âź sĂ©rie; â PLURIEL.
Une multitude dâaraignĂ©es filent dans les nopa-
liĂšres, et câest le long de ces fils, comme sur des
ponts, que les petites cochenilles émigrent sur les
nopals \oisins. (Bernardin de St-Pierre.)
Un vaste silence régnait sur le désert; seulement,
Ă de longs intervalles, on entendait les lugubres cris
de quelques chacals. , * (Volney.)
Quelques noms en al prennent simplement un s au pluriel. Ce sont.les suivants.
i
EXERCICE PBRĂąSĂOLOGIQVE.
Ud fiai.
NarraL
Serval.
Carnaval.
Del Bals.
Narvali,
Servals,
Cariiavalf,
Ud Cal,
Nopal.
Pal.
Chacal.
Dca Cals.
Nopati,
Poli.
Chacals.
Un Cérémonial.
Répai.
Sondai.
Caracal.
Des Cérémoniab.
Bépala.
SatidaJj.
Caracals.
N'â XXVI.
PLURIEL DES NOMS TERMINĂS PAR 5, a? ET Z.
SĂRIE. 'â SINGULIER.
. Le nez est la partie la plus avancée et le trait le
plus apparent du visage. (BuffoxN.)
Dans le ris Immodéré et dans presque toutes les
passions violentes les lĂšvres sont fort ouvertes.
(Buffon.)
2Âź SĂRIE, PLURIEL.
II est bien Ă©vident qiie si les nez nâont pas Ă©tĂ© faits
pour les besicles, ils Uont Ă©tĂ© pour Todorat, et qĂŒU
y a des nez depuis quâil y a des hommes.
(Voltaire.)
L'excessive joie arrache plutĂŽt des pleurs que des
ris. (J.-J. Rousseau.)
8
58 )
' Avant dâattaquer un a6us/U faut voir si lâon peut
ruiner ses fondements. (VaĂŒvenahguks.)
Le rhinocĂ©ros, sans ĂȘtre ni fĂ©roce ni carnassier, ni
mĂȘme extrĂȘnaement farouche, est cependant intraiÂŹ
table. (Boffon.)
Le lynx, dont les anciens ont dit que la vue était
'assez perçante pour pénétrer les coips opaques, est
un animal fabuleux. {Id.)
Le plus insensĂ© .commence dâĂȘtre sage dĂšs lâinsÂŹ
tant quâil commence Ă sentir son travers.
(J.-J. Rousseau.)
Le succĂšs suit le grand homme.
(Napoléon.)
t
Il nây a rien de si pestilentiel pour le jugement que
le fatras des connaissances pĂ©dantesques. â
(Lkmontky.)
Quand les abus sont accueillis par la soumission,
bientÎt la puissance usurpatrice les érige en lois.
(Malesherbes.)
. Il est trĂšs certain quâil existe des rAmocĂ©ros qui
nâont quâune corne sur le nez , et dâautres qui on ont
deux. (Id.)
Tous les voyageurs disent avoir vu des lynx ou des
loups-cerviers Ă peau tachĂ©e, dans le nord de lâAile'
magne, en Lithuanie, en Moscovie. (Id.)
11 faut fuir la sociĂ©tĂ© de ceux dont on nâa rien Ă
prendre que des travers. (Mâ* de Puisihux.)
Tous les heureux swccÚa en tout genre sont fondés
sur des choses faites ou dites Ă propos.
(Voltaire.)
Jetons au feu nos vains /Vitras de lois.
(Voltaire.)
11 suffĂźt deâlire ces exemples pour savoir qu'au pluriel l'orthographe des mois terminĂ©s
par et z reste la mĂȘme qu'au singulier (i).
EXERCICE PHRASĂOLOQIQVE.
Uq sis.
Des six
Un trépas:
Des trépas.
Un engrais.
Des engrais.
Uti laquait.
Des laquais.
Des palais.
Un dais.
Des dais.
Un niais. .
Des niais.
Un palais.
Ud marais.
Des marais.
Un Volonais.
Des Polonais.
Un rabais.
Des rabais.
Un Français.
, Des Français,
Un Sioux.
Des Sioux.
Un amas.
Des amas.
Un relais.
Des relais.
Un appas.
Des appas.
Un attas.
Des atlas.
Un ananas.
Des ananas.
Un bras.
Des bras.
Un cadenaa.
Des cadenas.
Un bas.
Des bas.
Un cas.
Des cas.
Un compas.
Des compas.
Des échalas.
Un canevas.
Des canevas.
Un damas.
Des damas.
' Un échalas.
Un coutelas.
Des coutelas.
Un fatras.
Des fatras.
Uu galimatias
Des galimatias
' Des lacs.
Un embarras.
Des embarras.
^ Un Incas. '
Des Ineas.
Un laça.
Un harSLt:
Des haras.
Un matelas.
Des matelas.
Un repas.
Des repas.
Uu lilas.
Des lilas.
Un tas.
Les tas.
Un gax.
Des gas.
Un taffetas.
Des taffetas.
ĂŒn legs.
Des legs.
Un pervers.
Des pervers.
Un envers.
Des envers. .
Un revers.
Des revers.
Un ver».
Des vers.
Un abcĂšs.
Des abcĂšs.
Un mets.
Des mets.
Un accĂšs.
Des accĂšs.-
Un procĂšs, *
Des procĂšs.
Des décÚs.
Un progrĂšs.
Des progrĂšs.
' Un succĂšs.
DĂšs succĂšs.
Ud décÚs.
Un entremets.
'Des entremets
Un exprĂšs.
Des-exprĂšs.
Un amoureux.
Des amoureux-
Un boiteux.
Des boiteux.
Un malheureux.
Des malheureux.
Un gueux.
Des gueux.
Un pointilleux.
Des pointilleux.
Un Bcrofuleui.
Des scrofuleux.
Un vaniteux. '
Des vaniteux.^
J Un peureux.
Ăn avaricieux.
Des peureux.
Un ambitieux.
Des ambitieux.
Un envieux.
Des envieux.
Des avaricieux.
Un lynx.
Des lyiii.
Un sphinx.
Des sphiux.
Un larynx.
Des larynx.
Un a bĂątis.
Des Ăąbatls.
Un, avis.
Des avis.
Un barbouillis.
Des barbouillis.
Un pays.
Des pays.
Un parvis.
Des pĂąiâvis.
Une perdrix.
Des perdrix.
Un commis.
Des commis.
Un crucifix.
Des crucifix.
' Un prix.
Des prix.
Un rubis.
Des rubis.
Un fils.
Des fils.
Un treillis.
Des treillis.
' Un anchois.
Des anchois.
Un minois.
Des minois.
ĂŒn mois.
Des mois.
Une noix.
Des noix.
Ăne croix.
Des croix.
Un choix.
Des clioix.
Un harnois.
Des faamois.
Une voix.
Des voix.
Un villageois.
Des villageois:
Un fonds
Des fonds.
Un dos.
Des dos.
Un os.
Des os.
Un enclos.
Des enclos.
Un propos.'
Des propos.
Des époux.
Un rhinocéros.
Des rhinocéros.
Un courroux.
Des courroux.
Un époux.
ĂŒne toux.
Des toux.
Unfaix.
Des faix.
Un radis.
Des radis.
Un coloris.
Des calons.
Une paix.
Des paix.
Un travers.
Des travers.
Un mépris.
Des mépris.
Un Anglais.
Des Anglais.
Un cyprĂšs.
Des cyprĂšs.
â Des excĂšs.
Une vis.
Des vis.
Un contre temps.
Des contre-temps.
Un excĂšs.
Un bois.
Des bois.
Un as.
Des'os.
Un souffreteux.
Des souffreteux.
Un carquois.
Un sournois.
Des carquois.
Des sournois.
ĂŒn cabas.
Des cabas.
Un lépreux.
Des lépreux.
Un cervelai.
Des cervelas:
Un goutteux..
Des goutteux.
Un héros.
Des héros.
Un repas.
Des repas.
Des galetas.
L ĂŒn factieux.
Des factieux.
Un clos.
Des clos.
Un galetas.
, Un paradis.
Des paradis.
Un secours. '
Des secours.
Un judas.
Des judas.
Un pas.
Des pas.
Un chĂąssis.
Des chĂąssis
(1) Cependant les poĂštes se permettent quelquefois la suppression de l's dans remords au singulier. On peut
sâen convaincre par les exemples qui suivent :
Câest elle (la raison) qui, farouche au milieu des plaisirs,
Dâun remord importun vient brider nos dĂ©sirs.
. - (Boileau.)
Quâimporte Ă nos affronts le faible et vain remord.
(Crébillon.)
( 59
N" XXVII.
* \ '
t
DOUBLE ORTHOGRAPHE DES NOMS TERMINES PAR anf OU PAR ent'.
AVEC UN t.
La vie, on longue ou courte, est égale aux mourants.
(Lenoble.)
Il est d'affreux moments oĂč la vertu sâoublie.
(BliiN de Sainmork.)
Les arts sont les enfants de la nécessité.
(La Fontaine.)
Ceux qui font des heureux sont les vrais conquérants:
(Voltaire.)
SANS t.
La vie, ou longue ou courte, est égale aux mour'ans.
(Lenoblk.)
Il est dâaffreux momens oĂč la.vertu sâoublie.
(Blin de Sainmorb.)
Les arts sont les enfans de la nécessité.
(La Fontaine.)
Ceux qui font des heureux sont les vrais conquérans.
(N'oltaire.)
N
Nous Ta VOUS dil, les noms finissant par une consonne prennent un s au pluriel ; mais
les exemples qui précÚdent, tout en confirmant cette rÚgle, nous font voir que Ton
peut aussi retrancher iĂȘ t final au pluriel dans les mots terminĂ©s par ant ou par ent,
lorsquâils se composent de plusieurs syllabes. Ainsi on Ă©crit : des enfants ou des enfans,
des Ă ccidents ou des accidens, etc. (1).
Mais, sâil nous est permis dâĂ©mettre notre opinion Ă cet Ă©gard, nous dirons que nous
repoussons cette derniĂšre orthographe comme tout-Ă -fait contraire Ă lâanalogie et Ă la
raison. Nâest-ce pas, en^effet, une bien grande bizarrerie dâĂ©crire des accidenĂ , des
cÎntrevens, des paravens, des méchans, quand nous écrivons des dents, dÚs vents, des
chants? Pourquoi retrancher le t dans les polysyllabes et le conserver dans les monoÂŹ
syllabes? Pourquoi plutĂŽt ne pas le laisser dans les uns comme dans les autres? Gâesl
sacrifier Ă Une folle innovation les principes les plus clairs de lâanalogie et multiplier les
difficultĂ©s orthographiques, quâon doit toujours chercher Ă simplifier. Quoi! nous
écrivons des entrepÎts, des ballots, des abords, des rapports, des délits, des éntrechats,
assauts, comme des pots, des lots, des bords, des ports, des lits, des chats, des sawfs,,cl
Ton nâĂ©crirait pas des accents comme des cents; des prĂ©sidents, comme des deyits; des
mĂ©chantscomme des chants. La consĂ©quence est cependant rigoureuse. De plus, câest
se jeter dans un chaos dâoĂč, non seulement les Ă©trangers, mais les Français mĂȘme,
auraient peine Ă se tirer. DâaprĂšs ces observations, nous devons donc, dans les mots
terminĂ©s par ant et par ent, conserver au pluriel le t final. Câest lĂ une rĂšgle fixe et qui
doit ĂȘtre inviolable. Toiftefois, nous excepterons le mot gent, qui sâĂ©crit au pluriel .
gensfl). ' . ,
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE,
"Des Descendante.
Pédants.
â ElĂ©fibants.
Intrigants.
Inconvénient.
Oa Descendans.
Pédans.
£lé[)bans.
Intrigans.
Inconvéniens.
Des Penchante.
Incidents
Agents.
Fainéante,
Enfante.
Oa Penchana,
Incidens.
Ageiis.
Fainéans.
Enfans.
Des Tranchants.
Imprudente.
Intendante.
Géants.
Elégants.
Ou Tranchons.
ImprudeuS.
lutendaus.
Géans.
KlĂšgans.
. ' »
(1) La suppression du t final n'est cependant pas généralement adoptée ; en effet, un grand nombre d'écri
vains, tels que Racine, RoĂeau , FĂ©neloii , etc., et de grammairiens , tels que Omdillac, BeauzĂ©e, d'Olivet,
Domergue. Lemare, Dcstutt-Tracy, Lévizac, Maugard, Guéroul, Girault-Duvivier, Boniface, etc.', etc.;
et une foule dâimprimeurs que Ton peut citer comme autoritĂ©s âą MM. Didot, Crapelet, Michaud, TiUiardi
Herhan, etc., etc., conservent toujours cette lettre.
(2) Une autre bizarrerie que nous devons signaler, c'est que le mot tout,'quand il est substantif, garde le t au
pluriel : un tout, des touts. Mais, comme adjectif, il s'écrit sans t : (otis les hommes sont égaux.
(60)
SYNTAXE DES SUBSTANTIFS
N- XXVIII.
AIGLE.
!â SĂEIB. â MASCULIN.
Ă©
L'espĂšce de I'Aigle commun est moins pure, et
la race en parait moins noble que celle du grand
AiGLB. (Buffon.)
VoilĂ des aigles bien dĂ©sceuvrĂ©s de sâamuser ainsi
Ă chasser aux mouches. (Piron.)
Quand on sait hien les quatre rĂšgles, qu'on peut
conjuguer le verbe avoir, on est tin aigle en finances.
(Mirabeau.)
Déjà prenait Tessor pour se sauver dans les monta
gnes , cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé
nos provinces. (Fléchier.)
Quand je vois
tes braves guerriers, secondant ton grand cĆur,
Rendre Ă Iâaiglh Ă©perdu sa premiĂšre vigueur.
(Boileau.)
En vain au lion belgiquc
Il voit Vaigle germanique
Uni sous les léopards. (Id,)
Le grand aigle (sorte de papier) est particuliĂšreÂŹ
ment destiné à Timpressioff des cartes géographiques.
(Encyclopédie.)
SĂRIE. â fĂ©minin.
Vaigle(\a femelle)étant de retour, et voyant ce ménage,
Remplit le ciel dc cris ; et, pour comble de rage,
Ne sait sur qui venger le tort quâelle a souffert.
(La Fontaine.).
En terme de blason, aigliaĂč dĂ©signait «ne jeune
aigle représentée sans bec et sans serres.
(Curne Ste-Palayë.)
L'aigle persane, dont parle Xénophon et Quinte-
Curce, Ă©tait d'or ; Faigle romaine Ă©tait ou dâor ou
dâargent. (Le Beau.)
Germanicus porta les aigles romaines aux rives
de lâElbe. (Chateaubriand.)
t
Une aigle qui s'élÚve au-dessus des nues est la
devise de ceux qui acquiĂšrent de la gloire dans une
vie retirée et cachée. (Id.)
C'est en vain que les Russes ont voulu défendre la
capitale de cette ancienne et illustre Pologne, Taigle
française plane sur la Vistule, (Napoléon.)
11 n'est pas surprenant que, dĂšs le siĂšcle dâAristote,
une espĂšce de-raie ait reçu le nom dâAiCLE marine
que nous lui avons conservé. (LacépÚde.)
Tous nos grammairiens ont décidé qneaigle est masculin au propre, et dans certaines
comparaisons; et qu'il est féminin quand il désigne des enseignes, des armoiries, etc.
Or cette dĂ©cision nâest point exacte.
Dâabord la grammaire de Port-Royal a dit : Aigle est vĂ©ritablement fĂ©minin dans le
« français.» Ce qui appuie fortement lâinfluence de Te muet final. Cependant, comme
cette dĂ©cision nâexplique nullement les faits que nous offre notre langue, nous lâemÂŹ
ploierons dâabord; mais nous la quitterons pour revenir ensuite Ă l'influence de la force,
qui nécessité la masculinité.
Aigle est fĂ©minin rĂ©guliĂšrement, dans tous les cas, puisquâil est terminĂ© par un e
muet.
Mais si Aigle rappelle une idĂ©e grande et sublime; si la pensĂ©e qu'il exprime ou quâil
accompagne, est énergique et pleine de force, alors la féminité disparaßt, le masculin^
arrive, comme pour complĂ©ter lâexpression.
Boileau trouvait sans doute jes motifs de la masculinitĂ© quâil employa, dans cette^
grandeur colossale de la Maison dâAutriche. Peut-ĂȘtre nâaccordait-il tant de grandeur
à cette illustre maison, que pour mieux relever le courage du Français toujours victo
rieux dans la lutte contre lâEmpire. De lĂ ces expressions que le masculin rend si Ă©nerÂŹ
giques ; l'aigle éperdu, l'aigle^ uni, emblÚme de Tempire autrichiÚn.
Câest encore pour mieux relever la gloire de Turenne que FlĂ©chier accorde la mascuÂŹ
linitĂ© Ă TAiĂż/e, dĂ©signant lâAutriche enfin rĂ©duiieĂ fuire : . _
(60
V O
«DĂ©jĂ prenait lâessor, pour se sauver, dans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi
« avait dâahord effrayĂ© nos provinces. »
En français, ie genre est dâun emploi trĂšs dĂ©licat, parce quâil fait presque toujours
partie de l'expression de la pensée.
Nos grammairiens ne sont pas dâaccord sur le genre du mot Aigle, quand il dĂ©signe
une constellation, un pupitre, etc. Nous croyons pouvoir adoptefle féminin. Cependant
nous croyons que, mĂȘme dans ce sens f Aigle peut encore ĂȘtre masculin dans le style
nohie, soutenu. En voici un hel exemple :
« Les vértus cardinales, assises, soutenaient le lutrin triangulaire; des lyres accom-
.« pagnaienises faces; un glohe terrestre le couronnait, et un aigf/e dâairain, surmontant
« ces belles allégories, semblait, sur^ses ailes déployées, emporter nos priÚres vers les
*
«cieux.» (Génie du christianisme.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE (1).
Aigle fier.
Aigle courageux,
'Aigle intrépide.
Aigle audacieux,
Ăątfgle cruel.
L'aigle de Meaux.
Passer pour uti aigle.
Se doiiDcr pour un niglc.
Se croire un aigle.
Etre moins qu'un aigle
Aigle prirée de ses aßgloiis. Aigle impériale.
Aigle pleine de tendresse. Aigle ambitieuse.
Aigle remplie dâamour pour Ses Aigles triomphantes
Des aigles entraßnés par le couraot. Etre tous des aigles,
dâair. NâĂȘtre pas des aigles,
petits.
Aigles attachées à leurs petits.
Aigles cruelles.
N° XXIX.
AMOUR.
Aigles fugitives..
Aigle indignée.
Aigle éployée.
Aigle Ă©ployĂ©e dâargent*
SINGULIER.
ri* SĂRIE. â MASCULIN.
Lâamour divin est la source de toutes les vertus,
(Massillon.)
' Ils s'aiment tous deux dâttn amour fraternel que
rien ne trouble. (Fénelon.)
a.L AMOUR maternel
Est de tous les amours le seul qui soit réel.
(Demoustier.)
Lâenfant verse des larmes,
Saute au cou de sa mĂšre, et sent de quel retour
On doit payer le maternel amour.
(Aubert.)
2«« SĂRIE. 'â FĂMININ.
Peut-on lui refuser une amour éternelle ?
(J.-B. Rousseau.)
Et cependant viens recevoir
Le baiser dâAMOUR fraternelle.
(La Fontaine.)
Je crus les dieux, Seigneur, et saintement cruelle,
JâĂ©toulTaĂź pour mon Ă»ls mon amour maternelle.
(Voltaire.).
Et soudain renonçant Ă Iâamour maternelle,
Sa main avec horreur la repousse loin dâelle.
(Racine.)
(11 Nous avons dit que les elĂšves seraicnttenus de faire entrer dans des phrases de leur composition les mots ou
du moins une partie des mots rapportés dans chaque exercice phraséologique. Pour leur faciliter ce travail, il sera
nĂ©cessaire que les maĂźtres leur donnent lâexplication des termes quâils ne comprendraient pas, et leur adressent
quelques questions, en ayant soin toutefois de les mettre Ă leur portĂ©e. Ainsi, Ă lâoccasion du mot at^rle, qui
nous occupe en ce fnoment, ils pourront leur proposer les questions suivantes, ou dâautres analogues, en les
invitant à y répondre de vive voix ou par écrit :
Vaigle nâest-il pas le roi des habitants de lâair?
A quoi sert le papier grand-aigle ?
Est-il aisé à im homme habile de passer pour un aigle parmi les ignorants?
Que fait Vaigle lorsquâelle est privĂ©e de ses aiglons?
Pourquoi, en parlant d^s enseignes des légions romaines, dit-on les aigles romaines ?
. Comment dĂ©signe-t-on les armes de Vempire dâAllemagne? ^ ^
Comment désignait-on celles de Vempire français?
Quel vaste champ sâouvre ici Ă lâinstituteur ! II est facile, en effet, de comprendre tout le parti quâun maĂźtre inÂŹ
telligent peut tirer de semblables questions , qui, en procurant aux élÚves les moyens de construire, avec des
mots donnes, des propositions complĂštes, ont, selon nous, lâinapprĂ©ciable avantage de mettre sans cesse en jeu
leur activité intellectuclie. '
( 62)
â*.Ke crois pas quo mon cĆur
De cet AMOUR funeste ait pu noircir Tardeur.
(Voltaire.)
L'amour, le tendre amour flatte en vain mes désirs.
(Racine.)
Aurais-je enfreint les lois que j'observais sans peine.
Avant qu'wn fol amour mâen fit sentir la chaĂźne ?
(Cas. Delavigne.)
Venge-toi, punis-moi dâtm odieux amour.
(Racine.) .
Un AMOUR vrai, sans feinte et sans caprice.
Est en effet le plus grand frein du vice.
(Voltaire.)
Non, il n'est point de cĆur si grand, si magnanime
Quâwn AMOUR malheureux nâentraĂźne dans le crime.
(Crébillon.)
Combien un pur amour a sur nous de puissance!
(de BiĂšvre.)
Lâamour le plus tendre a souvent du caprice.
(Campistron.)
%
David, pour le Seigneur, plein dâwn amour fidĂšle,
Me paraĂźt des grands rois le plus parfait modĂšle.
(Racine.)
Ton insolent amour qui croit m'épouvanter.
(Id.)
Ah! gueß étrange amour et qpe les belles ùmes
Sont bien loin de brûler de ces terrestres flammes.
. ' (MqliĂšre.)
Renferme cette amour et si sainte et si pure,
(Voltaire.)
Le malheureux objet d'une si tendre amour.
(Racine.)
Vous m'aimez d'une amour extrĂȘme
Eraste, et de mon cĆur voulez ĂȘtre Ă©clairci.
(^lierhJ
Un Dieu qui nous aime dâune amour infime.,
(Corneille.)
Il venait Ă ce peuple heureux
Ordonner de l'aimer dâune amour e'ternelle,
1 (Racine.)
Adieu. Servons tous trois d'exemple Ă Tunivers
De TamoĂŒr la plus tendre et la plus maĂŻ/ieureu^e.
(Id.)
Je plains mille vertus, une amour mutuelle,
â m
L'amour la plus secrÚte a joint nos dpstinées.
(Voltaibh.)
Et qui sait si déjà quelque bouche infidÚle
Ne Ta point averti de votre amour nouvelle ?
(Racine.)
Que vos heureux destins les délices du ciel,
Coulent toujours trempĂ©s dâambroisie et de miel,
Et non sans quelque amour paisible et mutuelle,
(Cbenier.)
J'aime encor ma défaite
Qui fait le beau succĂšs d'une amour si parfaite,
(Corneille.)
PLURIEL.
EN PUOSE.
1â SĂRIE. -^MASCULIN.
Les dérÚglements des Chananécns et leurs amours
monstrueux, (Lett. de quklq. Juifs.)
Les AMOURS des animaux, comme ceux des végé -
taux, sont réglés sur les diverses périodes du soleil et
delĂ lune. (Bernardin de St-Pierre.)
L'amour immodĂ©rĂ© de la vĂ©ritĂ© nâest pas moins' danÂŹ
gereux que tous les autres amours.
(La Rochefoucauld.)
Je connais deux sortes d'AMouRS trĂšs distincts,
trĂšs re'ds, quoique trĂšs vifs Tun et Tautre, et tous
deux différents de la tendre amitié.
(J.-J. Rousseau.)
Un premier amour qui nous enflamme dans notre
jeunesse , un dernier amour que nous éprouvons dans
Taulomne de notre vie, sont deux amours bien diffé
rents, (Ségur.)
r
Les AMouRs-propres sont déjà éveillés dans les
hommes de TOdyssce ; dorment encore chez les
hommes de la GenĂšse.
(Chateaubriand.)
Ce nâĂ©tait pas le Dante d'une Florence asservie ;
c'Ă©tait le Tasse dâunc patrie perdue, dâune famille de
rois proscrits, chantant ses amours trompés, ses au-
2»"Âź SĂRIE. â fĂ©minin.
Adrien déshonora son rÚgne par des amours moiis-
trueuses, (Bossuet.)
Il nâest aucun insecte dont les amours soient aussi
cachées que celles des mouches à miel.
(Delille.)
Le rossignol ' élÚve ses concerts^ dans les bocages
témoins de ses premiÚres amours.
(Aimé Martin.)
Areskoui, démon delà guerre, Athaïnsic, qui excite
à la vengeance, le génie des fatales amours , mille
autres puissances infernales se lĂšvent Ă la fois pour
seconder les desseins du prince des ténÚbres.
(Chateaubriand.)
Lâhomme dans ses Ă©garements rĂ©unit toutes les
nuances dc cette passion , depuis les amours du sulÂŹ
tan, qui vit dans un nombreux sĂ©rail, jusquâaux
amours sLfldĂšles et si malheuireuses dâAbciard et
dâHĂ©loĂŻse. (Bernardin de St-Pierre.)
Je demandai qui étaient ces dames. Comment, me
dit mon pĂšre, le cĆur ne te le dit-iĂź pas? Ce sont tes
anciennes amours (J.-J. Rousseau.)
Pourquoi celui qui a peint dans TĂnéïde, au miÂŹ
lieu des guerriers, tous les charmes de Vénus, et les
amours passionnĂ©es dc Didon, sâest-il abstenu de
(63 )
UI3 renversés, ses tonrs démolies , ses dieux et ses
rbis chassés, à Toreille des prescripteurs, sur les bords
mĂȘmes du fleuve de la patrie, (Lamartine.)
Les Romains distinguaient deux sortes dâamours :
celui qui présidait aux amours mutuels, et celui qui
vengeait les amours méprisés. (Cité par Noël.)
'Des amours de voyage ne sont pas faits pour durer,
(J.-J. Rousseau.)
mettre des femmes en scĂšne avec des bergers qui
chantent leurs amours?
- (Bernardin de St-Pihrre.),
Du cĂŽtĂ© de lâAsie Ă©tait VĂ©nus, câest-Ă -dire les folles
amours et la mollesse. (Bossuet.)
Aimez de bonne henre, si vous voulez aimer tard.
Il nây a dâAMouRS survivant au tombeau / que celles
qui sont nées au berceau,
(Bernardin de St-Pierre.)
EN VERS.
. Et lâon revient toujours
A scs premiers amours.
(Ătiennk.)
Oui, voilĂ les rives^de France.....
LĂ furent mes premiers amours.
(Béhanger.)
Il fallut oublier dans ses embrassements '
Et mes premiers amours et mes premiers serments.
(Voltaire.)
0 ma chĂšre Sion I si tu nâes pas toujours
Et nos premiers regrets et nos derniers amours. \
(Delille.)
Leors amours immortels échauffent de leurs feux.
Les éternels frimas de la zone'glacée.
(Voltaire.)
Fuis sans moi ; tes amours sont ici surperflus.
^ (Corneille.)
Les solides vertus furent ses seuls amours.
(Voltaire.)
Ces dieux justes, vengeurs des malheureux amours.
(Delille.)
Que de la vérité les vers soient les esclaves,
De ses chastes faveurs faisons nos seuls amoĂŽbs.
(Cas. DelavĂŻgne.)
Je vais loin des citĂ©s, rĂȘveur et solitaire,
pe vos amours furtifs épier le ßnystÚre !
(Soumet.)
/
Mais cesâ amours pour moi sont trcip subtilisĂ©s.
Je suis un peu grossier comme vous mâaccusez.
(MoliĂšre.)
r
Et leurs grossiers repas et leurs grossiers amours.
* (Delille.)
Un rĂȘve du matin qui commence Ă©clatant,
Par de diutns, amours dans un palais flottant. âą
(Lamartine.)
Oubliez avec moi de malheureux amours.
(Crébillon.)
Le printemps lui rendra sa pompe et ses atours,
Et ne me rendra pas mes premiĂšres amours.
(La Harpe.)
Les premiĂšres Amours tiennent terriblement.
(Quinault.)
Tout change, tout vieillit, tout pĂ©rit, tout sâoublie ;
Mais qui peut oublier ses premiĂšres amours ? '
, (Ginguené.)
Car vous savez quâon dit toujours
Qu'il nâest pas de laides amours.
(GradĂŒs français.)
Le passĂ© nâa point vu Ă©?Ă©temelles amours,
Et les siĂšcles futurs nâen doivent point attendre.
(St-Evrhmont.) .
, Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours ?
(Racine.)
Mais, hĂ©las I il nâest point dâĂ©temĂ©Ues amours.)
(Boileau.)
H nâest point de longues amours t
Jâen conviens. (Parny.)
II est donc vrai, madame, et, selon ce discours,
Lâhymen va succĂ©der Ă vos longues amours.
(Racine.)
Pour parvenir au but de ses noires amours ,
Lâinsolent de la force empruntait le seeours.
(Id.)
Les plantes ont aussi des amours orageuses.
La vaste mer reçoit leurs graines voyageuses.
> (Soumet.)
Je vais chantant zéphyr, les nymphes, les bocages,
Etles fleurs du printemps, et leurs riches couleurs,
Et mes belles amours plus belles que les fleurs.
(CuĂNIKR.)
Cette Esther; lâinnocence et la sagesse mĂȘme,
Que je croyais du ciel les plus chĂšres amours,
Dans cette source impure aurait puisé ses jours ?
(Racine.)
Je redoutai du roi les cruelles amours.
m
II nâest personne qui nâait lu dans toutĂ©s les grammaires et danSxtous les dictionÂŹ
naires, quâen rĂšgle gĂ©nĂ©rale Amour est masculin au singulier et fĂ©minin au pluriel.
(64) '
Celte rÚgle générale ne nous paraßt pas fondée sur les faits; les nombreuses citations
que nous venons de rapporter, témoignent hautement que le mol Amour, tant au sin
gulier quâau pluriel, est employĂ© dans les deux genres par nos meilleurs Ă©crivains.
Cependant nous ferons observer quâau Ăąinguiidr Amour est toujours masculin en
prose (i). Mais en poĂ©sie, câest diffĂ©rent : celle langue toute divine a besoin dâexpresÂŹ
sions Ă elle; elle peut donc employer Amour* avec les deux genres. ToutĂšlois, nous
devons dĂ©clarer que cet emploi nâest pas arbitraire; qu'il est dâune dĂ©licatesse exÂŹ
trĂȘme; quâil exige une touche aussi sĂ»re que rare, et surtout une Ăąme dâune len
dresse exquise. La fĂ©minitĂ© peut ĂȘtre gracieuse dans telle pĂ©riode, tandis quâelle sera
fade et molle si yous lâemployez dans telle autre : ici la masculinitĂ© est Ă©nergique et
noble, lĂ elle- sera dure et agreste. ProblĂšme difficile,.parce quâil est dĂ©licat! lâĂ me
seule du poÚte peut le résoudre :
. Au pluriel. Amour, en prose comme en poésie, a été employé avec les deux genres,
et câest Ă tort que lâauteur de la ThĂ©orie du genre des noms français, M. ĂdoĂ»ard BraÂŹ
connier, auquel nous empruntons quelques-unes de ces observations, dĂ©cide quâon doit
considérer Amour comme étant masculin au singulier et au pluriel dans la langue
usuelle.
On peut remarquer que, dans leurs chefs-dâĆuvre. Racine et Chateaubriand nâofÂŹ
frent aucun exemple de lâemploi de Amour masculin au pluriel. Ces deux grands gé
nies se rencontrent en bien dâautres points ! Racine a employĂ© le masculin dans celte
seule strophe de lâode de la nymphe de la Seine :
Oh ! que bientĂŽt sur mon rivage
On verra luire de beaux jours !
Oh ! combien de, nouveaux Amours
Me viennenl des rives du Tage ! '
Mais ici Amours désigne de petits dieux de la mythologie; la masculinité est néces
saire. En voici un autre exemple :
t
Savez-vous qĂŒil tient tous les jours
Ce joli marché de CythÚre?
Tous les jours les petits amours âą ^
, Y sont exposes par lĂšur mĂšre.
ĂXERCJCĂ PHRASĂOLOGIQUE.
Ardent amour.
Amour violenL
Pieux amour.
Premier amour.
Dernier amour.
Fatal amour.
Grand amour.
Pul amour.
Faux amour.
Amour secret*
Amour éleruel.
Lâai^our de Dieu.
L'amour du pi ochaĂźn,.
L'amour de la patrie.
L'amour de la vertu.
L'amour du vice.
L'amour des richesses.
L'amour des plaisirs.
L'amour du travail. ,
L'amour de soi.
L'amour de la Térité.
Lâamour du cbougemenL
Des petits amours ( mytholog. )
De jolis petits amours.
De riants amours,
Dc procicui omours.
De séduisants amours.
De charmants amours.
De beaux amours.
De vilains amours. ^
De petits amours bien groupés.
Des amours chargés de carquois,
'Des amours mal peints.
PremiĂšres amourt.
DerniĂšres amours.
Nouvelles amourS.
Anciennes amours.
FuUes amours.
Eternelles amours.'
ChĂšres amours.
Vives amours. âą
SecrĂštes amours.
Innocentes amours.
Amours moustrueus^
(1) On a dû remarquer en effet que nous n'avons pas cité un seul exemple en prose du mot amour em
ployé au féminin singulier.
( 65)
Nâ XXX.
automne
. ri* SĂRIE. â MASCULIN.
CouronnĂ© dâĂ©pis, tenant en main sa faucille, TAu-
TOMNfi joyeux descend sur nos campagnes jaunisÂŹ
santes. (Deleuze.)
â , Dirai-je Ă quels dĂ©sastres
De Iâautomne orageux nous exposent les astres,
Quand les jours sont moins longs, lés soleils moins ardents.
(Delille.)
Quand des jours et des nuits égalant la durée;
La balance paraßt sur la voûte azurée,
Lâautomne , couronnĂ© de pampre et de raisins,
Prend des mains de lâĂ©tĂ© le sceptre des jardins.
' (Castel.)
Ou quand sur les coteaux le vigoureux automne
Ătalait ses raisins dont Bacchus se couronne.
Lâautomne a Ă©tĂ© universellement beau et sec.
(lin'Gukt.)
. ' 2Âź sĂ©rie. â FĂMININ. 9
Une santé, dÚs lors florissante, étemelle,
Vous ferait recueillir dâune automne nouvelle
Les nombreuses moissons. (J.-J. Rousseau.)
Je me représente cette automne delicteuse, et puis
jâen regarde la fin avec une horreur qui me fait suor
les grosses gouttes. (M⫠de Sévigné,)
La terre, aussi riche que belle,
Unissait, dans ces heureux temps,
Les fruits dâune automne Ă©ternelle
Aux fleurs dâun Ă©temel printemps,
(Grbssht.)
Remaiâquez-les surtout lorsque la pĂąle automne,
PrÚs de la voir flétrir embellit sa couronne.
(Delille.)
Ăne AUTOMNE froide et pluvieuse.
(Académie.)
t
Il nâest peut-ĂȘtre pas, dans toutes les sciences humaines, dit M. Ădouard BraconÂŹ
nier, une question qui ait été aussi souvent agitée, et aussi mal résolue que le genre
du mot automne..
t
. La plupart des grammairiens dĂ©cidĂšrent dâabord que : <c automne est masculin quand
« l'adjectif le prĂ©cĂšde, et fĂ©minin quand lâadjectif le suit. » DĂ©cision ridicule, basĂ©e
sur des faits mal observĂ©s, qui nâexplique nullement la difficultĂ© quâelle prĂ©tend
résoudre.
Dâautres grammairiens proposĂšrent dâautres solutions. On sâarrĂȘta enfin Ă cette dé
cision fameuse : « Il ne faut plus faire de distinction, et automne sera désormais
« nùasculin, par analogie avec les autres saisons qui sont de ce genre. » Quoique cette
solution nâĂ«xplique nullement les faits que notre langue nous offre Ă chaque pas, elle
nâen fut pas moins gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e. Automne est maintenant masculin, dit
« Ch. Nodier; ce-quâon a fait pour le conformer au genre des trois autres saisons. Les
chimistes ont suivi cettq méthode pour les noms des terres, des métaux, des demi-
« métaux. Cet esprit de régularité ne saurait passer trop vite des sciences dans les
« langues; et aucune langue nâapprochera de la perfection, tant quâil ne sây sera pas
« étendu à toutes les applications dont il est susceptible. » Cette décision est bien for
melle, et pourtant elle est bien peu motivée. Car, de ce que hiver, printemps, été,
sont rĂ©guliĂšrement masculins, comme nâĂ©tant pas terminĂ©s par un e muet, faut-il
donc en conclure que automne perdra sa féminité réguliÚre, pour devenir irréguliÚre
ment masculin? Quelle erreur! Dâailleurs citer les chimistes, câest sâappuyer sur une
autorité bien peu compétente : on peut savoir trÚs bien manier les métaux, et fort
maltraiter les langues et la* grammaire. Nâest-il rien de plus arbitraire de leur part que
de forcer le nom féminin platine à devenir irréguliÚrement masculiiß, parce que or,
argent, plomb sont réguliÚrement de ce genre? Ces messieurs ont traité la langue,
comme ils ont traité la nature : ils ont tout bouleversé, sous prétexte de mettre de
( 66 )
r
lâordre partout. Du reste, nous comprenons Ă peine commeiĂźt Ch. Nodier a pu adopter
une pareille opinion , lui qui a dĂźt avec tant de raison : « Lâhomme naturel a le don
« de foire les langues, Thomme de la civilisation nâest capable que de les corrompre.
« 0 mon Dieu! si vous accordez jamais une langue ralionnelle'à Thumanité, donnez-
« lui les mois nécessaires, et un peu de poésie avec. » Yérité touchante! Oui, sans doute,
on doit demander de la poésie dans les langues; la poésie en est Tùme; sans elle, elles
meurent; et nous allons montrer tout ce que notre langue perdrait de poésie à la seule
suppression de la féminité dans automne,
DâĂ bĂŽrd montrons lâharmonie du genre avec la forme.
Automne est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, puisquâil est terminĂ© par un e muet :
I
^ *
ĂnĂȘ Ă uiomne froide et pluvieuse, y> (AcadĂ©mie),
t
« Je me rĂ«prĂ©scntĂš cette automne dĂ©licieuse; et puis jâen regarde la fin avec une hor-
<c reur qui me fait suer les grosses gouttes. » (3Ime de Sévigné),
f *
Maintenant nous allons exposer Tharmonie du genre avec la signification. Comme
la poĂ©sie est Texpression la plus pure dâune langue, ce sera aux poĂštes que nous deÂŹ
manderons les secrets de cette harmonie du genre si méconnue. Eux seuls nous ré
véleront quand ils admettent la ^nasculinité, et quand ils la rejettent pour employer
la féminité gracieuse.
Dà tts un moment de Joyeux enthousiasme, dans les bruyants éclats du plaisir; ou
bien, dans les tristes instants de lâisolement et du sombre chagrin, les poĂštes emÂŹ
ploient automne au masculin : ^ x .
Et toi, riant automne j accorde à nos désirs
Ce qĂŒon attend de toi, des biens et des .plaisirs. (St-Lambert,)
AusM, voyez comment Vautomne nébuleux
Tous les ans, pour gémir, nous amÚne en ces lieux.
['Delille,)
\ '
Au contraire, leS'poÚtes emploient automne au féminin, pour peindre une joie douce,
une passion tendre; il semble que pour eux, la féminité soit une expression délicate
et pure de celle inquiétude vague, de cette tristesse calme qui berce Tùme isolée, de
cette mĂ©lancolie mystĂ©rieuse qui nous plonge dans de longues rĂȘveries :
*â âą
âą . , * \
Tel ĂŒh pampre jauni voit la fĂ©conde automne
Livrer ses fruits dorés au char dÚs veniiangeurs ;
' Vous tomberez aussi courtes fleurs de la vie ! (Lamartine.)
La nuit du trépas t'environne ;
Plus pĂąle que la pĂąle automne ,
Tu tâinclines vers le tombeau. ( MUlevoye )
Plus souvent je rentrais à la campagne pour passer la mélancolique automne dans .
<t la maison solitaire de rnon pĂšre et de ma mĂšre, dans la paix, dans le silence, dans
« la sainteté des douces impressipns du foyer. » (Lamartine. )
LĂ ^Ă lrfĂąile harmonie que les pbĂštes ont su mettre dans lâemploi difficile des deux
géntes du niot doit paraßtre évidemment prouvée. Cetié harmonie est peut-
ĂȘtre lĂŻioins Ă©vidente dans la langue usuelle; cependant Tusage sait bien distinguer,
quahd une aĂŒtomnĂš froide et pluvieuse doit remplacer dans une phrase un automne froid
et pluineuw:
CffT),
Câest encore Ă cette influence puissante dâune idĂ©e triste et sombre quâil faut rap^
porter cette masculinité extraordinaire s
Quand vos regards noyĂ©s daĂ3 un vaguç aUMtphĂšfe.
Lamartine sait trÚs bien q/x'atmosphÚre est féminin, mais il a adopté la masculinité
comme une expression de plus à sa pensée grave. Ce genre est en harmonie avec le
sentiment qui domine, comme dans ces vers que nous avons déjà cités :
Aussi voyez corament Vautomne nébuleux , ' * ' ^
Tous les ans, pour gémir , nous amÚne en ces lieux.
Bel «utonuie.
Un latamne Ăąnes ehaad.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Automne uoirersellement beau et Automue trop sec.
sec. 'Automne fort sec.
r XXXI.
CHOSE.
Un automne bienfroJa.
Un automne trista
2me SĂRIE. â FEMININ.
Ces actions qui comblÚrent Pompée de gloire firent
'que dans la suite, quelque chose quâil eĂ»t faite
au préjudice des lois, le sénat se déclara toujours
pour lui, (Montesquieu.)
Quelque chose qu'il eût faite, il ne la niait ja
mais. (Lemare.)'
Quelque chose que vous ayez promise, do^z-Za.
Quelque çhosk qu'il m'ait dite, je n'ai pu le croire.
(Marmontel.)
SĂRIE. â MASCULIN. ' '
Je prenais souvent plaisir Ă blĂąmer publiquement
QUELQUE CHOSE quâĂŒ avait fait.
(Fénelon.)
1,
Nâentreprenez rien tĂ©mĂ©rairement; mais quand vous
avez résolu quelque chose, exécutez-Ze pvec vigueur.
(Jd.) â
J)e sa patte droite lâours saisit dans l'eau le poisson
quâil voit passer. Si, aprĂšs avoir assouvi sa faim, il
lui reste quelque chose de son repas, il Ze cache.
(Chateaubriand.)
Je vous constitue pendant le souper au gouverneÂŹ
ment des bouteilles; et s'il se casse quelque chose,
je le rabattrai sur vos. gages. (MoliĂšre.)
Sâil y a quelque chose de nouveau, je vous deÂŹ
mande en grĂące de me le dire.
(Voltaire.)
Si lâon perd quelque chose Ă ne pas prendre touÂŹ
jours les plus robustes ouvriers, on le regagne bien
par lâaffection que cette prĂ©fĂ©rence inspire Ă ceux
quâon choisit. (J.-J. Rousseau.)
Ce QUELQUE CHOSE, qu'ou dirait lâĂąme de la crĂ©aÂŹ
tion , sâentretenait avec son Ăąme. (Ballanche.)
Quelque chose nâest fĂ©minin que lorsquâil est suivi dâun verbe au subjonctif. Dans
tous les autres cas il est masculin.
Autre chose, employĂ© dans un sens indĂ©terminĂ©, doit ĂȘtre aussi du masculin; c'est
autre chose quâil a dit; quelque chose est promis, autre chose est accordĂ©; donnez-moi autre
chose de 6on.
EXERaCE PHRASĂOLOGIQVE.
\
Quelque cbose dâhumain. * Quelque chose de grand. Quelque chose que fâaie fliĂźle. * Quelque-chose quâil oit refusĂ©e.
Autre cbose de bon. ^ Quelque chose de bien plusgrtud. Quelque chose qu'on ait doiujée. Quelque chose que tu aies mangée
Quelque chose qui nâest pas moins Quelque cbose de fil, de bas. Quelque cbose que tou» oye* pro« Quelque chose quâils aient en*
beau. Quelqueâcbose de rĂ©cL mise.
Quelque chose de fĂącheux. Quelque chose de flatteur. Quelque choie que nous ayoos QĂelquç cbose que tou* ayex eue.
Quelque chose de merrtilleuz. Quelque chose que jâaie dite. accordĂ©e Quelque chose que jâai* Ă©crite.
( 68 )
oo'»li^^8g NŸ XXXII. -
t
COUPLE.
1â 8ĂR1K. â MASCULIN.
Le roseau que les conjoints tiennent chacun par
un bout est peint de différents hiéroglyphes qui nùar-
quent TĂąge du couple uni et la lune oĂč se fait le maÂŹ
riage. ' (Chateaubriand.)
Un couple de pigeons est suffisant pour peupler
une voliĂšre. (Guizot.)
Câen Ă©tait fait, mais Jupiter un jour,
Pour adoucir notre horrible misĂšre,
Nous envoya Tespérance et Tamour :
Couple diuiri, dont la présence aimable
Charme Tennul, dissipe les douleurs.
(RoyoĂŒ.)
Ce soir un couple heureux dâune voix solennelle,
Parlait tout bas dâamour et de flamme Ă©ternelle.
(V. Hugo.)
Certain couple dâamis, en un bourg Ă©tabli.
Possédait quelque bien. (La Fontaine.)
2âÂź SĂRIE.â FĂMININ,
Un sauvage pouvait considérer séparément sa jambe
droite et sa jambe gauche, ou les regarder ensemble
sous TidĂ©e invisible dâune couple , sans jamais penser
qĂŒil en avait deux. (J.-J. Rousseau.)
Une COUPLE de pigeons ne sont pas suffisants pour
le diner de six persoimes. (Guizot.)
Je suis bien aise que vous ayez cet automne une
COUPLE de beaux-frÚres. de Sévigné.)
Il faut à peu prÚs vingt livres de blé par an pour
nourrir une couple de moineaux. (Buffon.)
Que de pauvres ne pourrait-on pas soulager avec
une COUPLE dâĂ©cus! (Anonyme.)
^Un fou peut jeter une couple de louis dans la mer
et dire quâil en a joui.
On connaĂźt tous le^ efforts de nos grammaĂźrĂźens pour Ă©tablir le genre dĂŒ mot couple.
Les uns ont mal rĂ©solu la question ; les autres ne Pont rĂ©solue quâĂ demi. On connaĂźt
entrâaulres lâopinion de Ch. Nodier, qui a dit : « Couple est fĂ©minin, quand il sâagit de
« deux choses; masculin, quanti il sâagit de deux personnes; ce que je rappelle seule-
« ment pour observer que cette distinction est un petit raffinement peu ancien dans lĂ
« langue. » Nous citons celle seule,opinion, pour montrer quelle fut toujours lâerreur
de nos grammairiens sur le genre du mot couple.
Dâabord couple est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, comme Ă©tant terminĂ© par un e muet :
â
« Nâavez-vous pas une couple de passereaux pour une obole? » ( Ăvangile).
« Je suis bien aise que vous ayez cet automne une couple de beaux-frÚres. »
(31 me de Sévigné).
Ăn voit ici que çouple dĂ©signe deux ĂȘtres pris au hasard et que rien ne lie. Mais sâil
sâagit dĂš deux ĂȘtres soumis Ă des lois qui les unissent dâune maniĂšre en quelque sorte
indissoluble, comme les lois de lâhymen, de lâamitiĂ©, de la famille, du malheur, etc.,
alors cette force est fidÚlement'traduite par la masculinité ;
OĂč suis-je? 0 ciel! oĂč suis-je? oĂč portai-je mes vĆux?
Zaïre! Nérestaa! ... Couple ingrat! couple affreux!
( Voltaire. )
Le laboureur rĂ©pond au taureau qui lâappelle ;
Lâaurore les ramĂšne au sillon commencĂ©.
Il conduit en chantant le couple quâil attelle.
( Lamartine,)
LâHonneur, cher Valincourt, et TĂquisĂ© , sa sĆur,
Régnaient chéris du ciel, dans une paix profonde ;
Tout vivait en commun sous ce couple adoré.
(Boileau.)
(69)
Jadis cette harmonie d,e la masculinitĂ© nâĂ©tait pas gĂ©nĂ©ralement admise* puisque
Voilure a dit, en parlant de deux jeunes époux :
«
« La belle couple sans égale. »
Ch. Nodier cite mĂȘme un çxemple oĂč il trouve la fĂ©minitĂ© trĂšs agrĂ©able :
, Lys et sa jeune mĂšre, aussi beaux que les dieux,
De deux cĂŽtĂ©s divers ont perdu lâun des yeux.
Ăchange , aimable enfant, cet Ćil vif qui le reste,
Contre lâĆil de ta mĂšre exclu des rais du jour ;
Et tous deux resterez une couple céleste;
Elle sera Vénus, et toi, Talmable Amour. ( Mlle de Goumay. ) *
Nous citerons Ă notre tour un exemple oĂč la fĂ©minitĂ© est non seulement trĂšs belle,
mais presque indispensable :
Aucun bruit sous le ciçl que la flûte des pùtres,
Ou le vol cadencé des colombes bleuùtres ;
Dont les essaims, rasant le flot sans le toucher,
Revenaient tapisser les mousses du rocher,
Et mĂȘler aux accords des vagues sur les rives
Le doux gémissement de leurs couples plaintives ! - ^
t
:
Quâelle est belle cette expression fĂ©minine! quelle grĂące! quelle fraĂźcheur! La masÂŹ
culinité, traduction de la force, serait ici dure et matérielle; tandis que la féminité,
traduction de la grùce, nous offre une peinture vague, délicieuse et touchante.
11 ne faut pas reprocher aux savants dâavoir masculinisĂ© couple, dĂ©signant un sysÂŹ
tÚme de forces'; car ici le masculin est une expression de leur pensée. En effet, il ne
sâagit pas de deux forces prises arbitrairement, mais de deux forces soumises Ă une loi
rigoureuse. Une couple de forces peut servir Ă former un couple, pourvu que ces deux
forces soient disposĂ©es dâaprĂšs les conditions voulues par la science.
EXERCICE pbrasĂšologiqve:
Beau couple.
Vilain couple.
Heureux couple.
Malbeureux couple
Un beau couple d'amonU.
Couple cĂarmant.
On couple bien auorĂŒ.
Un couple de pigeon»
Un couple de perdrix.
Une couple dâĆufB. ^
Une couple de chapons.
Une couple de poulets.
Une couple d'écus. ^
Une couple de bottes de confĂźtures.
Untf couple d'bcures.
Une couple do bĆufs.
Une couple de pigeons.
Une couple de perdrix.
Nâ XXXIII.
DĂLICE.
ri*SBRlB. â MASCULIN.
Entre inégaux, quelle société, quelle harmonie,
quel vrai dĂ©lice peuvent sâassortir?
(Chateaubriand.)
BientĂŽt son cĆur sâattendrit pour elle, naguĂšre sa
vie et son seul délice. (/d.)
Quel délice ne cause pas uné bonne action !
(Nohl.)
S*"Âź sĂ©rie. â EĂMININ.
L'homme veut du plaisir ; mais leurs pures délices
Ont besoin de santĂ© ; la santĂ©, dâexercices.
(Delille.)
Je voudrais, dans le service de ma table, dans la
parure^de mon logement, imiterpĂźirdes ornements
trÚs simples la variété des saisons^ et tirer de chacune
foutes DĂLICES. (J.-J. RoĂŒsseau.)
Hélas ! dans leurs travaux
Ces vils humains, moins hommes quâanimaux,
Goûtent des biens dont toujours mes caprices
M-avaientprivé dans mes fausses délices.
, (Voltaire.)
( 70 )
La contemplation est le dĂ©lick dâun esprit Ă©levĂ© et
extraordinaire. (Lév iz ac .)
Câest u» DBLios QĂŒe do confribuer au bonheur des
autres. - * (Tbévoux.)
Quel DĂLICE de faire du bien J (Boistb.)
Quel DELICE de contempler les heureux que lâon
fait. (Boniface.)
Câest un DĂLICE pour certaines personnes de boire
Ă la glace, mĂŽme en lĂŒver, et cela est indiffĂ©rent pour
dâautres, mĂŽme en Ă©tĂ©. (Gdizot.)
Câest un DĂLICE de faire des heureux.
(Lkvizac.)
Câest pour un bon cĆur un grand dkligb, que de
pouvoir faire toujours le bien. (Anonyme.)
La lecture des divines Ăcritures faisait autrefois les
plOB éhÚres déiigbs des premiers fidÚles*
(Massillon.)
Les DĂLICES du cĆur sont pins touchantes que
celles de Tesprit. (St-Evbkmont.)
0 véritable religion I que tes délices sont puis
santes sur les cĆurs ! (ChateaĂŒbbiand.)
La cruauté cherche chaque jour de nouvelles dé
lices parmi les larmes des malheureux.
, (Fénelon.)
Si TĂąme la plus pure ne suffit pas seule Ă son proÂŹ
pre bonheur, il est plus sûr encore que toutes les
DĂLICES de la terre ne sauraient faire celui dâun cĆur
dépravé. (J.-J. Rousseau.)
Dans les champs ĂlysĂ©es, les rois foulent Ă leurs
pieds les molles délices et les vaines grandeurs de
leur condition mortelle* (Fénelon.)
Nos grammairiens se sont demandé sérieusement pourquoi délice est masculin au
singulier et fĂ©niiriiri au pluriel. Cette question a conduit les uns Ă dĂ©cider quâĂźl ne
fallait plus employer dĂ©lice au singulier. Câeut Ă©tĂ© une exception de moins, il est vrai;
mais la langue eĂ»t perdu une expression trĂšs riche. LâAcadĂ©mie conserva lâexpression.
Mais on conclut qĂŒe Temploi des deux genres est une bizarrerie due Ă la langue laÂŹ
tine. Toutefois la question Ăźiâest pas de savoir si tel mot français a pour origine tel
mot latin; mais de savoir pourquoi tel mot françaisi ù conservé les deux genres dont
lâemploi est bien loin dâĂȘtre arbitraire.
â DĂ©lice, au singulier, nâexprime quâĂŒftĂ© Ă©iiiĂŽtioĂŒ, mais ĂŒnĂ© Ă©motion forte ; quâune
joie, mais une joie grande et souvent muette; quâun bonheur, mais un bonheur qui '
semble ne pouvoir durer Ă cause de sa force ; dans toutes ces affections uniques, lâĂąme
est envahie ;
« Quel dĂ©lice de faire dĂŒ bien !» ( Boiste).
⏠Câest un dĂ©lice que de contribuer au bonheur des autres. » {TrĂ©voux)
< La contemplation est le dĂ©lice dâun esprit Ă©levĂ© Ăšt extraordinaire. » (LĂ©vizac).
Ici la masculinité augmente en quelquÚ sorte ß*énergie de la pensée et supplée au
manque dâexpression. Il est des cas oĂč les langues humaines sont impuissantes Ă
rendre ce qui se passe dans notre Ăąme. ^
DĂ©lices y auplĂŒriĂ«l, offre lâidĂ©e de sensations douces, heureuses, constantes, qui se
succĂšdĂ«nt Ă VĂȘc cĂ lmĂš, bĂ©rCent TĂąniĂ© et ne lâenvahissent point; qui laissent lâhomme
paisiblement heureux, se possédant au milieu de ses jouissances continues,' goûtant
une félicité qui se prolonge, sans craindre une privation prochaine; sans craindre
surtout cĂš VidĂ© affreux oĂč lâĂąme effrayĂ©e se retrouvĂ© seule aprĂšs une violente comÂŹ
motion :
« Dans les champs ĂlysĂ©es, dans cet heureux sĂ©jour de paix et de bonheur, les rois
< foulent à leurs pieds les molles délices et les vaines grandeurs de leur condition mor-
« telle. » âą â FĂ©nelon.
( 71 )
» * '
Comme ici il ne sâagit plus de dĂ©veloppement dâune grande forceâle nom pluriel
dĂ©lices rentre dans lâordre naturel, et dĂ©vient rĂ©guliĂšrement fĂ©minin (4).
Lâemploi de ce mot nâoffre de difficultĂ© que lorsquâil est prĂ©cĂ©dĂ© de lâexpression un
de : J.-J. Rousseau lâa fait des deux genres dans ce dernier cas, comme on peut le voir
par les deux exemples qui suivent : \
jjn de mes plus grands délices était surtout de
laisser toujours mes livres bien encaissĂ©s, et de nâavoir
point dâecritoire.
r
Ce nâest, pas pour moĂź une chose IndiffĂ©rente que
de bonne eau, et je me sentirai long-temps du mgl
que mâa fait celle de Montmorenci ; jâai sous ma feÂŹ
nĂȘtre une trĂšs belle fontaine dont le bruit fait wne de.
mes DĂLICES.
Nous croyons que le masculin est prĂ©fĂ©rable, et quâil vaut mieux dire : Un de mes
plus grands délices, un de mes délices. Voyez le mot orgue.
C'eit UD délice.
C'eit un grand dcĂŻice.
Quel délice I
Quel grand délice J
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
C'est un raTĂfsant dĂ©lice.
C'est un pur délice.
C'est un Traß délice.
C'est tiD bien grand délice.
Les délices du paradis.
Les dĂ©lices de lâespriL
Les délices delà campagne.
Les délices de la vie.
N° XXXIV.
Mettre toutes ses défieei A «.,,
Faire toutes ses délices do....
En taire ses plus chÚres délices.
De pures déliées. -
FOUDRE.
2* SĂRIE- FĂMININ.
La foudre, Ă©clainmt seule ĂŒne nuit si profonde,
A sillons redoublĂ©s couvre le ciel et lâonde.
(Crébillon.)
Vous quâun peu trop bas '
La fortune au hasard a placés sur la terre
Consolez-vous : dans sa colĂšre
La foudre au moins ne vous atteindra pas.
' (NaĂŒdet.)
Que la foudre en éclats ne tombe que sur moi J
(Voltage.)
1â sĂ©rie. â MASCULIN.
Câest la mythologie des anciens qui, nous reprĂ©senÂŹ
tant toujours Jupiter armé du foudre , nous insphe
tant de frayeur de Dieu, de la divinité.
(Bernardin dk'St-Pierrk.)
Aux orages des mers joignant dâautres tempĂȘtes, â
Lâhomme embarque aveclui mille morts toujours prĂȘtes.
Le feu, présent céleste, agent conservateur,
Du FOUDRE dans ses mains surpasse la fureur.
(Castel.)
Avec plus dâart encore et plus de barbarie,
Dans des antres profonds on a su renfermer
Des foudres souterrains, tout prĂȘts Ă sâallumer,
(Voltaire.) â
Mais du jour importun les regards éblouis,
Ne distinguĂšrent point, au fort de la tempĂȘte,
Les foudres menaçants qui grondaient sur sa tĂȘte.
{Id.)
Allez vaincre lâEspagne, et songez quâun grand homme
Ne doit point redouter les vains foudres de Rome.
[Id.)
Quand le sublime vient Ă Ă©clater oĂč il faut, il renÂŹ
verse tout comme un foudre. (Boileau.)
I
\
La valeur dâAlexandre, Ă peine Ă©tait connue ;
Ce foudre était encore enfermé dans la nue.,
^ (Racine.)
(1) Virey dans son Histoire naturelle du genre humain, l'a cependant fait masculin au pluriel; 11 dit, en
parlant des mollusques : les bivalves les multivalves, sont androgynes et se livrent seuls, avec sécurité et par
la seule impulsion de la nature, à tous les délices de Vamour.
Câest dans un morceau d'ambre que la propriĂ©tĂ©
électrique fut aperçue pour la premiÚre fois; et rhomine
est parti de ce point pour arracher la foudre du ciel.
(Bkrnamin de St-Pierre.)
Les priĂšres ferventes apaisent Dieu, et lui arraÂŹ
chent la foudre des mains. (Académie.)
Songe que je te vois, que je te parle encore,
Que ma foudre à ta voix pourra se détourner,
(Voltaire.)
Vous seul, portez la foudre au fond de leurs déserts.
{Id.)
( 72 ).
Câest un FOUDRE que le pouvoir irritĂ©.
(Boiste.)
Im foudre estdans ses yeux, la mort estdans ses mains.
(id.)
Aplanissez ces monts dont les rochers fumants
Tremblaient sous nos foudres guerriĂšres.
(Cas. Delavigne.)
Comment ! des animaux qui tremblent devant moi 1
Je suis donc un foudre de guerre.
(La Fontaine.)
A Texemple de tous les classiques du siÚcle passé et du nÎtre, on peut_faire le mot
foudre des deux genres, soit au propre, soit au figuré; mais il faudra nécessairement
quâil soit masculin^, si Ton veut en faire le nom dâun orateur, ou dâunâgrand guerrier,
parce quâalors il y a, outre la mĂ©taphore, une mĂ©tonymie de L'instrument pour La cause qxd ,
Le met enjeu, et quâon nomme foudre celui qui lance comme des foudres, de la mĂȘme
maniĂšre quâon appelle trompette, enseigne, celui qui sonne de la trompette, qui porte
une enseigne.
EXEUCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Le foudre Tcngcur,
Etre frappé du foudre
Del foudrei vengcuri
Un foudre de guerre.
Ăn grand foudre dc guerre.
Foudres de bronze.
Foudres dâairaiti.
Un foudre d'éloqueocc.
Etre frappé de la foudre.
Touché de la foudre.
Lancer la foudre.
LâĂ©clat de la foudre.
Arracher la foudre.
La foudre lâallume.
Ebranlé par la foudre.
Ln foudre vengeré»e.
Nâ XXXV.
GENS:
L
SĂRIE. â MASCULIN. . .
i
Peu de GENS savent ĂȘtre vieux.
(Larochefoucauld.)
Les GENS heureux ne se corrigent guĂšre.
(Id.)
Totw ces GHNS-là sont sottement ingénieux.
(J.-J. Rousseau.)
0 qOikeuTeux sont les gens qui ne veulent pas
souffrir les injures, dâĂȘtre instruits en cette docÂŹ
trine 1 (Pascal.)
\
Les faux honnĂȘtes cens sont ceux qui dĂ©guisent
leurs dĂ©fauts aux autres et Ă eux-mĂȘmes. Les vrais
honnĂȘtes gens sont ceux qui les connaissent parfaiÂŹ
tement et les confessent. (Larochefoucauld*.)
CâĂ©taient tous des gens mal assortis y rois, princes,
ministres, pontifes ; tpus jaloux les uns des autres ,
tous GENS pesant leurs paroles. (Voltaire.)
Le sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits ;
Notre condition jamais ne nous contente.
(La Fontaine.)
Tous les GENS gais ont le don merveilleux
De mettre en train tous les gens sérieux.
(Voltaire.)
Tous ces GENS-là étaient-ils chrétiens ?
(Pascal.)
Quand du mĂ©pris dâun tel usage,
Les GENS du monde sont imbus.
De le suivre, amis, faisons gloire.
(Bérùngsa.)
' 2« SĂRIE. â FĂMININ.
Lâhomme sensible, en voyage, est tentĂ© de s'arÂŹ
rĂȘter chez les premiĂšres bonnes gens quâil trouve.
(Boiste.),
Quatre animaux divers, le chat grippe-fromage,
Triste oiseau le hibou, ronge-mailie le rat,
Dame belette au long corsage.
Toufes GENS dâesprit scĂ©lĂ©rat, .
Hantaient le tronc pourri dâun pin vieux et sauvage.
(La Fontaine.)
Il faut savoir sâaccommoder de toutes gens.
(Académie.)
Les passions de la jeunesse ne sont guĂšre plus opÂŹ
posées au salut que la tiédeur des vieilles gens.
(Larochefoucauld.) *
Quelles gens ĂȘtes-vous ? quelles sont vos affaires ?
(Racine.)
Parler et offenser pour de certaines gens est pré
cisĂ©ment la mĂȘme chose. ' (La BruyĂšre.)
De telles gens il est beaucoup,
Qui prendraient Vaugirard pour Rome.
(La Fontaine.)
\ *
Le verre en/main , que chacun se confie
Au dieu des bonnes gens. (Béranger.)
( 73 )
Nous détestons les gens
TantÎt rouges, tantÎt blancs. (Béeanger.)
Les questionneurs les plus impitoyables sont les
GENS vains et dĂ©sĆuvrĂ©s. (Larochefoucauld.) *
Les vrais gens de lettres et les vrais philosophes
ont beaucoup plus mérité du genre humain que les
Orphée , les Hercule et les Thésée. (Voltaire.)
Le sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits :
Notre condition jamais ne nous contente ;
La pire est toujours la présente. (La Fontaine.)
Chiens, chevaux et valets, tous gens bien endentés.
{Id.)
MASCULIN ET FĂMININ TOUT A LA FOIS.
n y a Ă la ville, comme ailleurs, de fort sottes
gens, des gens fades, oisifs, désoccupés., ,
(La BruyĂšre.)
Que nous a valu cela? de nous faire geĂŽliers dâune
prison ; oĂč ces vilaines CKNS-IĂ tiennent une fille enÂŹ
fermée , pour la faire dévorer à je ne sais quel diable,
quâtZs nomment Endriague. (Piron.)
-, Certaines cens savent si bien observer les nuances,
quâtZs n'ont de probitĂ© que ce quâil faut pour nâĂȘtre
pas traités de fripons. , (Boiste.)
Nous avons à faire à force fripons qui ont réfléchi j
Ă une foule de petites gens brutaux, ivrognes, voÂŹ
leurs. (Voltaire.)
Telles GENS nâont pas fait la moitiĂ© de leur course,
QuâtĂźs sont au bout de leurs Ă©cus.
(La Fontaine.) »
Les grands administrateurs sont, pour la plupart,
de sottes gens. (St-Evrhmont.)
Plus teUcs GENS sont pleins, moins ils sont importuns.
MalgrĂ© tout le succĂšs de lâesprit des mĂ©chants.
(La Fontaine;)
Je sens quâon en revient toujours aux bonnes gens.
(Gresset.)
Telles GENS, tels patrons.
(La,BruyĂšre.)
Câest pour les bonnes cens.
Que le ciel a créé les plaisirs Innocents.
(Desmoustihr.)
Certaines gens, démocrates à la cour, redevien
nent aristocrates Ă la vUle. (Boiste.)
II.
masculin KT FEMININ TOUT A. LA FOIS.
»
Parbleu, voilĂ encore de plaisantes gens 1 Je reÂŹ
tourne leur dire que tout est Ă bauge : et les voilĂ
tous endormis, qui ronflent ) (Piron.)
Que pouvez-vous avoir Ă dĂ©mĂȘler avec de telles
gens I Ils veulent me faire défendre mes drogues.
(M.)
Câest abrĂ©ger avec certaines gens que de penser
qnât'ls sont incapables de parler juste.
(La BruyĂšre.)
Les bonnes gens sont fous bavards.
(Gresset.)
, A
Ainsi certaines gens faisant les empressés.
Sâintroduisent dans les affaires.
(La Fontaine.)
Aux yeux de telles gens qui ne sont pas bien fins,
Vous vous ferez passer pour deux vrais mannequins-
(Fabre dâĂglantine.)
Les exemples qui"^prĂ©cĂšdent nous font voir quâavec le mot gens, mot qui, rĂ©veillant '
lâidĂ©e d'hommes, est essentiellement masculin, les adjectifs se mettent tantĂŽt au masÂŹ
culin, tantĂŽt au fĂ©minin. Mais comme ce mot est dâune construction assez difficile,
nous allons tĂącher, par quelques observations, dâen faciliter le juste emploi.
1° Si lâadjectif suit le mot gens, cet adjectif se met toujours au masculin : Les cens
HEUREUX : les GENS INSTRUITS. Il Se met encore au masculin, lorsquâil prĂ©cĂšde le mot
J ^
gens, et quâil a pour les deux genres la mĂȘme terminaison : Tous les honnĂȘtes gens ne
sont pas CONNUS; les plus utiles gens ne sont pas toujours appréciés.
2Ÿ Les adjectifs qui ont deux terminaisons pour les deux genres se mettent au fé
minin, lorsquâils prĂ©cĂšdent le mot gens : surtout si ces adjectifs rĂ©veillent une idĂ©e
dâironie; de blĂąme, ou toute autre idĂ©e susceptible dâĂȘtre prise en mauvaise part :
Vous ĂȘtes, ma foi, de bien heureuses gens; que de sottes cens il y a dans Le monde! les
BONNES gens sont buvards; les vieilles gens sont soupçonneux ; ce sont de vilaines, rftf
singuliĂšres, de petites, de mĂ©chantes, de grandes, dâEXCELLENTEs gens. Mais si ces
adjectifs étaient pris en bonne part, on dirait : Ce sont des gens trÚs grands, trÚs
BONS, des gens excellents. Telle est du moins lâopinion des grammairiens.
10 I
( 74 )
3Ÿ Lorsque le mot gens est immédiatement précédé des adjectifs tout, certain, quel,
tel, ces adjectifs doivent ĂȘtre mis au fĂ©minin : Toutes gens d'esprit scĂ©lĂ©rat; certaines
gens; quelles gens ĂȘtes-vous? telles gens sont bientĂŽt Ă bout. Mais si ces adjectifs ne
précÚdent pas immédiatement le mot geyis, ils se mettent au masculin : Tous ces gens-
lĂ sont sottement ingĂ©nieux ; certains honnĂȘtes gens; quels sont les gens qui m'ont deÂŹ
mandé? TELS sont les gens que vous fréquentez; quels braves gens / tous les gens d'affaires
vous blĂąmeront; Ă moins que le mot gens ne soit dĂ©jĂ prĂ©cĂ©dĂ© dâun adjectif qualificatif
pris en mauvaise part, quelles viles gens! toutes les sottes gens (1).
Le meilleur conseil que nous puissions donner aux élÚves jaloux de ne pas se
tromper dans lâemploi de ce mot, câest de lire et de relire attentivement les exemples
que nous avons donnĂ©s. Le sentiment de lâanologie est plus puissant que toutes les
rĂšgles. â *
EXERCICE PBRASĂOWGIQUE.
MASCULIN
Bel gens honteux.
Des gens bien fins.
Des gens fort dangereux.
Jeunes gens imprudente.
Tous les gens de bien.
Tous les honnĂȘtes gens.
Tous les habites gens.
Des gens bien résolus.
FEMININ.
D'hcoreuses gens.
De fines gens.
De fort dangereuses gens.
Pe bonnes gens.
De sottes gens.
De hefies gens.
Toutes les vieilles gens.
Toutes les petites gent.
DES DEUX GENRE».
%
Les vieilles gens soupçonneux.
Certaines gens faisant les empressée
Les meilleurs gens que jâaivus.
Des gens oisifs, désoccupés.
Des gens bavards.
De telles gens il est beaucoup.
Ce sont de bien heureuKSgeofc
Quelles gens ĂȘtes-TOUĂ ?
NÂź XXXVI.
ORGE.
SBRIK. â MASCULIN. -
La FrambroisiÚre, médecin dc Henri IV, vantait
VoRGE mondé.
(Théùtre d'agriculture. â Essai historique.)
On appelle orge mondĂ© des grains dâorge qĂŒon a
bien nétoyés et hien préparés ; et orge perßÚ, de Torge
réduite en petits grains, dépouillés de leur son.
(Académie.)
L'orge mondĂ© ou perlĂ© ne peut ĂȘtre employĂ© utileÂŹ
ment dans toutes les maladies chroniques, accomÂŹ
pagnées de consomption.
(1)ict. DES Sciences Médicales.)
L'orge mondĂ© sert aux bouillies, que Ton apprĂȘte
de différentes maniÚres. (L'abbé Rozier.)-
V
Les Hollandais sont la seule nation qui prépare
l'oRGEperle,,quâils transportent ensuite chez tous l^s
peuples. (/d.)
2âÂź SĂRIE. â FĂMININ.
L'orge, destinée aux lieux secs, a des feuilles
larges et ouvertes Ă , leur base, qui conduisent les
eaux des pluies Ă sa racine.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Les chevaux de Perse sont robustes et trĂšs aisĂ©s Ă
nourrir ; on ne leur donne que de Forge mĂȘlĂ©e avec,
de la paille hachĂ©e mince. â (Buffon.)
Chez les anciens, Forge dâErĂšze Ă©tait la plus estiÂŹ
mĂ©e. On disait que Mercure en venait prendre, aĂŒn
dâen faire des gĂąteaux pour la table des Dieux,
(MâÂź DE Genlis.)
Les remparts de Lucques sont chargĂ©s dâarbres et
de vignes; la plus belle orge pousse dans les fossés;
la plus belle herbe dans les rues. (J, Janin.)
Les ORGES nues sont des céréales précieuses pour
les habitants des pays du nord ou des montagnes, oĂč
le froment ne peut réussir,
(Dict. DES Sciences médicales.)
On lit dans Lemare : « Les dictionnaires disent de l'orge mondé, de l'orge perlé; hors
« de lĂ , de la belle orge, etc., cette distinction est ridicule. Domergue, dâaprĂšs lâĂ©ty-
a mologie, fait toujours orge masculin. » Oui, sans doute, toutes ces distinctions sont
(1) On trouve dans Voltaire cet exemple fort curieux : Dieu aura-t'dl pitiĂ© dâun seul de ces bonnes gkmsP
(75)/
ridicules, et lâĂ©tymoiogie est plus ridicule encore. Orge devrait ĂȘtre fĂ©minin dans tous
les cas; le gĂ©nie de notre langue Texige. Toutefois, TAcadĂ©mie sâest prononcĂ©e :
^ *
«Dans ces deux phrases orge mondé, orge perlé, et dans ces deux phrases seules,
« orge prend le genre masculin. » , â , '
Cependapt on trouve le fĂ©minin employĂ© mĂȘme dans les deux"phrases ci-dessus (i).
Oh ignore si Bernardin de St.-Pierre a employé le masculin ou le féminin dans cette .
phrase : ' '
L'orge, destinée aux lieux secs, a des feuilles larges et ouvertes à leur base, qui
« conduisent les eaux des pluies à sa racine. »
Quelques Ă©ditions indiquent lâemploi du masculin, dâautres lâemploi du fĂ©minin.
Nous avons adopté le genre qui nous paraßt le plus naturel. Les exemples suivants
justifient notre choix :
^ t
« Les chevaux de Perse sont robustes et trÚs aisés à nourrir ; on ne leur donne que
« de l'orge mĂȘlĂ©e avec de la paille hachĂ©e mince. » (Buffon. )
« On doit couper l'orge, quand elle est bien mûre, » (L'abbé Rozier, )
s â
'
On sait cependant que Boucher, dans son poÚme des Mois, a masculinisé ce mot:
te prodigue semeur suit dâun pas mesurĂ©;
Il verse le blé noir et le millet doré,
Et Ăźâorgie, amt d'un sol mĂȘlĂ© dâun peu dâarĂšne.
« ' t â
Mais cette masculinitĂ© ne doit pas ĂȘtre imitĂ©e.
EXERCIĂE PHRASĂOLOGIQVE.
De belles orges.
De l'orge bien lerée.
Orge trĂšs nutritire.
Orge gcrtnéo.
Orge aTancce.
Orge comoiuno.
Grosse orge.
Orge bien mûre.
Orges nues. f
Orge biTcrnale.
Orge gruĂše.
Orge carrée.
Orge macérée.
Orgé torréfiéé.
Orge réduite en farine.
Orge réduite en petits grains.
Orge trop pressée parla chaleur.
Orge semée par un temps sec.
Lâorge mĂȘlĂ©e ĂŒtcc le froment.
Orge dépouillée de sa peau.
Orge séobée dans une éture. .>
Quand lâorge fut-elle cultĂTĂ©o ?
Orge employée pour les potages.
T/orge engraisie-Ucllo les TolaUles? ,
Lâorge peu t-elle ĂȘtre coupĂ©e plusieurs fois lâhiTer ?
L'orge est-elle d'upge en médecine ?
L'orge sert-elle à préparer la biÚre ß
Qu'est-ce que l'o rge perlé ?
Qu'est-ce que lâorge mondĂ© J
Prendre son orge perlé.
N° XXXVII.
ORGUE.
1â SĂRIE. â MASCULIN.
La voûte de la nef, sous ses longs arcs déserts ,
De lâoaGUE harmonieux n'entend plus les concerts.
(Desaintange.)
L'orgue divin exhale un son religieux.
(Delille.)
2* SĂRIE. FĂMININ.
t.. ^
Les premiĂšres orgues quâon ait vues en France
furent apporte'es par des ambassadeurs de lâempeÂŹ
reur ConstantinâCopronyme, qui les offrirent au roi
Pépin. (Trévoux.)
On appelle aussi orgue ou orgues, le lieu oĂč les orÂŹ
gues sont placées dans une église. (/à .)
(1) Le Dictionnaire des Sciences médicales publié par Panckoucke, en 1819, fait aussi ce mot féminin.
Voisi ce quâon lit au mot orge : Pour les usages alimentaires et mĂ©dicinaux, Fest Z'orgb mondĂ©e et Z'orgb
PERLĂE quâon emploie.
( 76 )
Constantin Michel envoya un orgue Ă Charlemagne,
(Trévoux,)
Saint JĂ©rĂŽme dit quâil y avait Ă JĂ©rusalem un orgue
quâon entendait du mont des Olives. (Jd.)
Lâorgue est composĂ© dâun buffet de menuiserie
plus ou moins enrichi de sculpture,
{Encyclopédie,)
M. Erard a mis, en 1827, Ă lâexposition, im orgue
expressif qui présente un ensemble de qualités par
fait. (Revue musicale.)
L'invention de Torque est fort ancienne : Vitruve
on décrit un dans son XŸ livre. (Encyclopédie.).
Dans le 16Âź siĂšcle Bartholomeo Ategnatl et son flla
Graziadio enrichirent Tltalle de 140 orgues beaucoup
plus parfaites que ce quâon avait vu jusque lĂ .
(Revue musicale.)
Les historiens rapportent quâune femme mourut
de plaisir en entendant les orgues que Tempereur
Constantin Copronyme avait envoyées à Pépin, pÚre
de Charlemagne. (Mâ« de Bawb.)
Lâorgue est composĂ©e de plusieurs tuyaux.
(Trévoux).
Des orgues portatives.
(Académie.)
m
Vorgue est le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruÂŹ
ments que le gĂ©nie de Thomme a inventĂ©s. Les gigantesques Jiarmonies qĂŒâil crĂ©e et
quâil dĂ©ploie avec tant de hardiesse; les mille voix quâil forme et quâil rĂ©unit en un
concert admirable, ont fait de cet instrument une merveille, un chef-dâĆuvre. Faut-il
s^âĂ©fonner maintenant si orgue est quelquefois masculin ?nâest-cepas lâidĂ©e de puissance,
de génie qui prive souvent ce noin de la féminité quesa terminaison lui destine ?
Si au contrairé on observe simplement la forme de ce mot, il devient réguliÚrement
féminin :
Cet orgue qui se tait, ce silence pieux ,
L'invisilĂŻle union de la terre et des cieux,
Tout enflamme, agrandit, émeut Thomme sensible.
Quand de Vorgue lointain Tinsensible soupir
Avec le jour aussi semble enfin sâassoupir,
(Fontanes.)
Pour sâĂ©veiller avec Taurorc.
« Uorgue est composée de plusieurs tuyaux. »
« Des orgues portatives. »
{Lamartine.)
( Trévoux. )
( Académie. )
Toutefois, généralement parlant, orgue est masculin au singulier, et féminin au
pluriel : et ce n'est point une bizarrerie. LâidĂ©e de chef-dâĆuvre que la masculinitĂ©
traduit si exactement, entraĂźne toujours aprĂšs elle TidĂ©e dâunitĂ©; car les chefs-dâĆuvre
ne se multiplient pas comme les feuilles des bois. Lâunion du masculin et du singulier
est donc ici un fait complet et exact : mais si vous employez orgue au pluriel, alors la
pluralitĂ© repousse nĂ©cessairement toute idĂ©e de chef-dâĆuvre; la masculinitĂ© n'est
donc plus nĂ©cessaire, indispensable; le nom pluriel orgues rentre dans lâordre natuÂŹ
rel, et reçoit le genre féminin que sa terminaison réclame : "
« Les premiĂšres orgues quâon ait vues en France furent apportĂ©es par des ambassadeurs
<( de Tempereur Constantin Copronyme, qui les offrirent au roi Pépin. » ( Trévoux. )
Si cependant on parlait dĂš Torgue de Lubeck, de celui de Milan, de celui de'
Rome, etc.; comme ces orgues sont réellement admirables, on pourrait employer le
masculin , mĂȘme au pluriel, et dire : « Tous ces orgues si parfaits sont de grands chefs-
« dâĆuvre. » On pourra donc dire aussi : « Uorgue de St-Marc Ă Venise; est un des plus
« beaux orgues de toute T Italie (1). »
(1) Dans la traduction de lâouvrage de Burney, intitulĂ© De VĂ©tat prĂ©sent de la musique, on lit : Ă Milan,
au DÎme ou la métropole, il y a doux grands orgues ,⹠un de chaque eÎie du hhceur.
(77>
Si cette harmonie du genre eût été plus tÎt établie, on ne rencontrerait pas dans nos
Ă©crivains tant dâincertitude Ă son sujet.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
ĂD bel orgue.
Ud boD orgue.
Un orgue excellent.
Un grand orgue. \
Un petit orgue.
Accorder un orgue.
Orgue trop bruyant.
Orgue bien mal fait.
Orgue presque neuf.
Uu vieil orgue.
Combien y a t-il do jeux Ă cet
orgue}
Orgue fait par tel artlite.'
De belles orgues.
De bonnes orgues.
Dâexcellentes orgues.
Orgues ornées de jolies sculp
tures.
Orgues trop bruyantes.
Des orgues portative.
Orgues inférieures a tellea au
tres.
Orgues mal eonitruitss.
Orgues délicieuses.
Nâ XXXVIII.
LISTÂŁ ALPHABĂTIQUE DES NOMS QUI SONT MASCULINS DANS UNE ACCEPTION ET FĂMININS DANS
UNE AUTRE. "
ri* SĂRIE. â MASCULIN.
On appelle un aide de cuisine un second cuisiÂŹ
nier, ou le compagnon qui le sert et le soulage.
(Trévoux.)
L'aune, ami des marais, le coudre, les bouleaux,
Embelliront aussi vos champĂȘtres berceaux.
, . (Castel.)
Le poulain né dn barbe en hauteur la surpasse.
* (Rosset.)
Si je voulais invoquer une muse savante, mes
doctes accords diraient ici quelle fut la destinée ffw
BARDE dans les jours du vieux temps.
(Chateaubriand.)
HĂ©Ăogabale se fit tirer dans un coche par quatre
femmes nues, Ă travers les rues de Rome.
(Montaigne.)
La nuit, de son trĂŽne dâĂ©bĂšne,
Jette son CRĂPE obscur sur les monts, sur les flots.
' (Delille.)
Ces jours passés, chez madame Arabelle,
Damis vantait un écho merveilleux.
(Pons de Verdun.)
Un ENSEIGNE aux gardes'a montĂ© le premier Ă
Tassaut. (Trévoux.)
Dans un espace de douze ans, vous avez épuisé
tous les sentiments qui peuvent ĂȘtre Ă©pars dans une
longue vie. (J.-J. Rousseau.)
Les tons exemples font voir tout ensemble et que
la vertu est possible et quâelle est approuvĂ©e.
(St-Réal.)
Vn FORET est un outil dâacier, pointu, en forme
de vis, dont on sc sert pour percer un tonneau.
(Académie.)
Que peut-on espĂ©rer dâwn fourbe, dâun fripon?
(Legrand.)
Au lieu dâĂ©tre en prison , je nâai pas mĂȘme un garde.
(Corneille.)
La famille pùlit, et vit en frémissant
Dans la poudre du greffe un poĂšte naissant.
(Boileau.)
2* sĂ©rie. FĂMININ,
PompĂ©e a besoin dâAĂŻoE ; il vient chercher la vĂŽtre.
(Corneille.)
Suis-moi donc. Mais je vois sur ce début de prÎne,
Que ta bouche dĂ©jĂ sâouvre large dâune aune.
(Boileau.)
Le serment le plus sacrĂ© quâon puisse exiger d'un
Asiatique est de le faire jurer sur sa barbe.
(Bernardin de St-Pibrrh.)
Vne BARDE est une tranche de lard quâon met sur
les volailles , au lieu de les larder, {Id.)
On dit populairement d'une truie vieille et grasse
que câest une cĂŽche. (LAVHAUXr)
Une crĂȘpe est une pĂąte fort mince quâon fait cuire
en rĂ©tendant sur la poĂȘle. (TrĂ©voux.)
Un berger chantera ses déplaisirs secrets,
Sans que la triste écho répÚte ses regrets.
(Corneille.)
Arborons de ses lis les enseignes flottantes.
(Voltaire.)
Les ESPACES (terme dâimprimerie) sont de diffé
rentes épaisseurs ; il y en a de fortes, de minces et
de moyennes, pour donner au compositeur la faÂŹ
cilité de justifier. (Encyclopédie.)
Lâexemple quâil a faite est mal e'crite.
(Académie.)
La forĂȘt, le dĂ©sert, voilĂ les lieux que jâaime ;
Mon cĆur plus recueilli jouit mieux de lui-mĂȘme.
(Delille.)
La FOURBE nâest le jeu que des petites Ăąmes.
(Corneille.)
Les légions distribuées pour la garde des frontiÚres,
en défendant le dehors, aiTermissaient le dedans.
(Bossuet.)
Câest par la .greffe quâon a trouvĂ© le secret dâaÂŹ
doucir ramertume et Tùpreté des fruits qui viennent
dans les forĂȘts. (BarthĂ©lĂ©my.)
( -3 )
Eoûn Malherbe vint, et ce guide fidÚle
A MX auteurs de ce temps sert encor de modĂšle.
(Boileau.)
Nous regardons comme fort incertain quâaucun de
nos flĂLioiâEĂŒ\*Es soit celui des anciens.
(Dict. des Sc. nat.)
Et du fond des bosquets un jiymne wmucrseĂŻ,
SâĂ©lĂšve dans les'airs et monte Jusqu'au ciel.
(Michaud.)
Le JUJUBE, pour la toux, est préférable au réglisse.
(Boniface.)
Il n'Ăż a quâun seul livre pour le gĂ©nie, la nature.
^ (Mll« DE Somery.)
Il ne faut jamais jeter le manche aprÚs la cognée.
(Académie),
D'un homme qui exécute un oumge d'art gros
siĂšrement et par routine, on dit que ce nâest quâun
MANOEUVRE. (LaVEAUX.)
Ne lit-on pas tous les jours, avec un nouveau pé
ril, ces MĂMOIRES scandaleux, faits dans'les siĂšcles
, de nos pĂšres, qui ont conserve jusquâĂ nous les dé
sordres des siÚcles précédents ? (Massillon.)
Lampde rĂ©glĂ© tout, souvent mĂȘme le mode de gouÂŹ
vernement. (Boiste.)
Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule
dans lequel elle mâa jetĂ©, câest ce dont on ne peut
juger qĂŒaprĂšs m'avoir lu. (J.-J. Rousseau.)
Les mousses sont des enfants traités souvent avec
trop de barbarie. (Bernardin le St-Pierre.)
y
On travaille sans succÚs au grand oeuvre de la fé
licitĂ© publique, si lâon ne prend pour base l'amour
dela]^trie. . ' (Boiste.)
Les cours sont pleines de mauvais offices.
(^Ăassillon.)
Beau page , dit la reine, .
Qui vous.met Ă la gĂȘne?
Qui vous fait tant pleurer P
(Beaumarchais.)
PĂąques est tardif cette annĂ©e. â Quand paques
passé, i. (Académie.)
, * âą
Tout PARALLELE offcnse Thommc, parce quâil se
croit unique en son espÚce. (Dufrény.)
Lâastre, enflammant les vapeurs de la citĂ©, sem-
â blait osciller lentement dans un fluide dâor, comme
.e pmdule de lâhorloge des siĂšcles.
(Chateaubriand.)
On n'est pas encore au comble du malheur, tant
quâil reste quelque lueur dâespĂ©rance; câest par la
perte totale de celie-ei que lâautre arrive Ă son derÂŹ
nier période. (Oxenstiern.)
Les grandes guides sont celles que le cocher tient
dans ses mains, afin de pouvoir, par leur moyen,
gouverner les chevaux et leur faire faire tous les mouÂŹ
vements quâil convient. (LaVeaux.)
LâhĂ©liotrope sc trouvait, suivant Pline,' dans les
Indes , en Ătiopie, en Afrique, et dans TĂźle de ChyÂŹ
pre : BoĂȘce de Boot dit quâil y en a de si grandes
quâon en fait quelquefois des pierres Ă couvrir les
tombeaux. (Encyclopédie.)
Les anciennes hymnes de lâĂglise ont le mĂ©rite de
la siraplicitc, mais n'ont que celui-lĂ .
(Marmontel.)
En Languedoc, en Provence, en Italie, etc., on
mange les jujubes fraßches. Elles ont un goût assez
agréable , mais un peu fade,
(Dict. des Sc. méd.)
La livre de Paris était de IG onces ; celle de Lyon,
de 14. " (Laveaux.)
Les Espagnols portent des manches pendantes,
attac/tées au dos de leur pourpoint. (Trévoux.)
Cette manoeuvre peut ĂȘtre poĂ©tique ; mais il fal*
lait de grand succĂšs pour la rendre glorieuse.
(Voltaire.)
Il y a des gens qui ont la mémoire assez pleine,
mais le jugement fort yide et fort creux.
(Montaigne.) ^
Un sage suit la mode, et tout bas il s'en moque.
(Destouchbs.)
Les MOULES passent pour ĂȘtre indigestes, et elles
sont peu recAercfte'es sur les tables délicates.
(Bosc.)
Et.vous, fille dâhiver, mousse Ă©paisse ei confuse,
Venez vous présenter aux crayons de ma muse.
(Castel.)
Toutes les oeuvres de la Divinité sont pleines de
sa providence. (Boiste.)
Dans cette maison, Toffice est trĂšs nombreuse.
(Laveaux.)
Une PAGE dĂš l'Ăvangile est plus puissante pour apÂŹ
prendre Ă mourir que tous les volumes des' philosoÂŹ
phes. â (Boiste.)
Comme les Juifs au festin de la PĂąque, on assiste
au banquet de la vie Ă la hĂąte ; debout, les reins ceints
dâune corde, les souliers aux pieds et le bĂąton Ă la
main. (Chateaubriand.)
La vraie définition et la plus nette qu'on puisse
donner dâune parallĂšle, est de dire que câest une
ligne qui a deux de ses points également éloignés
dâune autre ligne. â (EncyclopĂ©die.)
Ce nâest point un grand avantage d'avoir l'esprit
vif, sion ne lâa juste. La perfection dâune pendule^
nâest pas d'aller vite, mais d'Ă©tre rĂ©glĂ©e.
' . (Yauvkn argues.)
Si les arbres portent au dedans des anneaux en
rapport avec les périodes annuelles du soleil, les pal
miers en montrent de semblables au dehors.
(Bernardin de St-Pierre.)
(79)
Demeurons dans le poste oĂč le ciel nous a mis.
(Racine.) ^ '
Du POURPRE-des raigins, et dĂš lâor des genets,
L'aspect riant, dâabord, a pour nous des attraits.
(LEGOUVKy)
Le rĂ©glisse, tel cpiâon le trouve dans le commerce,
est eu espĂšce de bĂątons presque cylindriques. ^
(Dict. des Sc. mkd.)
N
Ces postes menaçants, ces nombreux sentinelles,
Qui veulent chaque jour aux portes Ă©ternelles. â â
(Delille.)
La Parque Ă filets dâor nâourdira point ma vie.
Je ne dormirai point sous de riches lambris :
Mais voit-on que le sonime en perde de son prix?
- (La Fontaine.)
%
Le léger enfoncement que l'on appelle la fossette est
un agrément qui se joint aux grùces dont le souris
est ordinairement accompagné. (Buffon .)
N'est-ce pas lâhomme enfin, dont lâart audacieux
Dans le tour dâun compas a mesurĂ© les cieux?
(Boileau.)
Ă peine il achevait ces mots,
Que lui-mĂȘme il sonna la charge,
Fut le trompette et le héros.
(La Fontaine.)
Tout est précis, tout est positif dans les plaisirs des
sens, et le vague est nécessaire aux jouissances de
lâimagination. ^ (Necker.)
Entre lĂ© vase et les lĂšvres ĂŒ reste encore de la
place pour un accident. (Boiste.)
Si vous obtenez en vain des succĂšs, de grandes
louanges, de quoi jouirez-vous enfin ? Un voile plus
soigneusement orné couvrira votre tombe,
(de Sénancour.)
Les vulnéraires sont composes de plantes aroma
tiques, parmi lesquelles on distingue lâarnio, la perÂŹ
venche, etc. (Dict. des Sc. méd.) -
La calomnie vient de Paris par la poste me persé
cuter au pied des Alpes. - (Voltaire.)
Qui naquit dans la pourpre en est rarement digne.
{Id.)
Ramberg est une jolie ville de la Franconße, célڏ
bre par son jardinage et son excellente réglisse.
(M°^« le Genlis.)
La liberté de la presse est la sentinelle avancée '
de toutes les autres libertés. (Anonyme.)
I
1,
Il y a pour chaque homme wne certaine somme de
bonheur, peu dépendante de la bonne ou mauvaise
fortune. - .. >(MaupertĂŒis.)
/
La montagne en travail enfante une souris.
(Boileau.)
/
*
Quand verrai-je, ĂŽ Sion, relever tes remparts;
Et de tes tour^ les ^magnifiques faĂźtes?
(Racine.)
Attacher le bonheur au chaiâ de la renommĂ©e, câest
le mettre dans le bruit dâune trompette.
(La Mette ie.)
Cette mer, dont les vagues écumantes s'étaient
Ă©levĂ©es jusquâaux cieux, traĂźnait Ă peine ses flots jusÂŹ
que sur le rivage, (Barthélémy.)
Ce bateau, ce navire sâest enfoncĂ© dans la vase.
(Laveaux.)
11 dit. Lâorage affreux quâanime encor BorĂ©e
Silïle, et frappe la voile à grand bruit déchirée.
(Delille.)
t
Le nom donné à la vulnéraire lui vient de ce
quâon regardait autrefois celte plante comme un
I moyen trÚs efficace de guérir les blessures et les plaies
- récentes. ^ (Dict. des Sc. méd.)
» ,
Ces exemples nous dĂ©montrent que certains substantifs, qui ont la mĂȘme conson-
nance, sont masculins dans une acception et féminins dans une autre. »
Nous empunterons Ă Touvrage de M. Braconnier quelques-unes de ses curieuses obÂŹ
servations sur les harmonies du genre de la plupart des noms que nous venons de ,
citer.
I
1
4
Aide, critique, enseigne, fourbe, garde, manĆuvre, page, pantomime, trompette, etc.,
sont réguliÚrement féminins :
Albin, as-tu bien vu la fourbe de SévÚre ?
As-tu bien vu sa haine et vois-tu ma misĂšre?
Partout en mĂȘme temps la trompette a sonnĂ©.
(Corneille.)
(Racine.)
Quand ces noms dĂ©signent des hommes, il est naturel quâils deviennent alors masÂŹ
culins :
Alidor ? dit un fourbe, il est de mes amis#
4
(BoĂŒeau.)
( 80 )
Ă peine il achevait ces mots,
Que lui-mĂȘme il sonna ia charge ;
Fut le trompette^e.i le héros, {La Fontaine.)
De mĂȘme Ă©cho est rĂ©guliĂšrement masculin, quand il dĂ©signe ces lieux sonores qui
renvoient les sons qui les frappent :
Euridice !... Î douleur \...douchés de son supplice ,
Les échos répétaient ; Euridice...' Euridice... {Delille.)
Mais si Ăcho dĂ©signe cette fille infortunĂ©e de TAir et de la Terre, qui se consuma de
ûouleur , alors
Echo n'est plus un son qui dans Tair retentisse
C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse. {Boileau.)
J
Dans ce cas, ce nom est trÚs naturellement féminin :
Un berger chantera ses déplaisirs secrets,
Sans que la triste Ăcho rĂ©pĂšte scs regrets. {Corneille.)
i
Les noms suivants sont féminins réguliÚrement, quand ils ont la signification qui
les suit :* ' ,
Aune mesure, greffe branche, héiioti'ope pierre, givre serpent, laqué gomme, livre
poids, manche de vĂȘtement, mĂ©moire facultĂ©, mode coutume, md/e de chair, mou/e poisÂŹ
son, palme rĂ©compense, poĂȘle, ustensile, quadrille de chevaliers, poste voiture, pourpre
étoffe, serpentaire plante, solde paie, somme d'argent, etc.
/ Esther, disais-je, Esther dans la pourpre est assise. (Racine.) ^
Combien pour quelque temps ont vu fleurir leur livre ,
Dont les vers en paquet se vendent Ă la livre. {Boileau.)
Peut-ĂȘtre notre langue a-t-elle admis cette diffĂ©rence de genre, pour traduire fidڏ
lement la différence de signification. L'arbitraire est rare dans les langues. Une forme
nây subsiste pas en vain ; quand elle devient inutile, elle dĂ©pĂ©rit et meurt, comme une
herbe flĂ©trie. Tant quâelle est debouf, la vĂ©ritĂ©, qu'elle exprime, est en vigueur. Quand
elle disparaĂźt, câest que cette vĂ©ritĂ© est oubliĂ©e.
^ i
Espace est masculin trÚs irréguliÚrement.
« Pour ĂȘtre heureux, il faut peu changer .de place et tenir peu dâespace.» {Fontenelle.)
« Ce nom, dit ironiquement Lemare, ne peut'ĂȘtre fĂ©minisĂ© que par quelques garçons
« imprimeurs! )> Lemare a tort, car Galtel nous observe que espace était autrefois-en-
tiÚrement féminin, comme le prouve'ce passage de Montaigne :
« Il me montra une espace pour signifier que c'estoil autant qu'il en pourroit tenir
en une telle espace. »
Le garçon imprimeur est donc resté fidÚle à la tradition, et surtout à la forme ! Que
penser maintenant de Tironie insultante de Lemare! En fait de langue, un garçon im
primeur vaut peut-ĂȘtre mieux qu'un grammairien ! Car enfin, n'Ă©coutant que le gĂ©nie
de sa langue, il agit sans systĂšme, et nâimpose pas pour loi absolue ce qui lui passe par
le cerveau.
Ce sont encore quelques garçons imprimeurs qui ont conservé à interligne, la féminité
que quelques.grammairiens lui ont Îtée, et que la forme et Tétymologie réclament.
( 81 )
Si ange dĂ©signĂ© ces ĂȘtres cĂ©lestes créés avant les temgs par la main de TĂternel, ces
bienheureux dont la Foi nous révÚle les sublimes fonctions dans les cieux, le genre
masculin, que nous donnons Ă ce mot, est en harmonie avec les formes humaines
dont notre imagination revĂȘt les ĂȘtres immortels quâil dĂ©signe :
N.
y Tous libres dâĂȘtre bons, tous se sont faits coupables ;
Les anges, fiis du. ciel y furent moins eĂŠcusdles. {Delille.)
Au figuré, ce nom a conservé le genre masculin :
« ĂŒn enfant joint ses deux mains innocentes, et rĂ©pĂšte, aprĂšs sa mĂšre, une priĂšre
« au bon Dieu, Pourquoi ce jeune ange de la terre balbutie-t-il avec tant dâamour et de
« puretĂ© le nom de ce souverain Ătre quâil ne connaĂźt pas ?» ( Chateaubriand,)
11 paraĂźt ĂȘtre encore masculin au figurĂ©, mĂȘme quand il dĂ©signe une femme.
Lamartine a dit :
LĂ , quand Vange, voilĂ© sous les traits dâune femme,
Dans le Dieu, sa lumiÚre, eut exlialé son ùme.
Bernardin de St.-Pierre a dit aussi :
«
«Virginie voyant la mort inĂ©vitable posa une main sur ses habits, lâautre sur son
« cĆur; et, levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les
« cieux. » - . ,
Ici la mascidinité est énergique et grave; nous avons entendu, dans la conversation,
des exemples de la féminité qui avaient beaucoup de grùce. Ce qui nous porte à croire
quâici, comme ailleurs, le masculin est en harmonie av^ la grandeur et la force;
tandis jque le fĂ©minin sâharmonise avec une idĂ©e gracieuse et touchante.
On sait quâon a donnĂ© le nom d'ange Ă une sorte de poisson : ce mot, qui nâoffre alors
rien de mystérieux dans sa signification, est soumis à sa forme matérielle, et devient
réguliÚrement féminin :
« L'ange est un peu plus grosse que la. raie. » ( Histoire naturelle. )
CrĂȘpe est un mot Ă double genre et Ă significations extrĂȘmes. Mais ses deux genres
sont en parfaite harmonie avec ses significations différentes.
Sâil dĂ©signĂ© ces pĂątes lĂ©gĂšres et agrĂ©ables quâon mange dans un festin, il Ă©st alors
éguliÚrement féminin : '
f * â .
« Cette crĂȘpe Ă©tait dĂ©licieuse. »
Sâil dĂ©signe une sorte de plante, il est aussi fĂ©minin rĂ©guliĂšrement : .
« Les laitues de primeur sont appelĂ©es crĂȘpes blondes. » ( Gattel. )
Enfin sâil dĂ©signe une ancienne Ă©toffe prĂ©cieuse, il est encore rĂ©guliĂšrement fé
minin :
« La sainte reine fĂźt faire une crĂȘpe admirable dâor et dâargent pour mettre sur le corps
« de saint Ăloi. » {TrĂ©voux.)
i
Mais si crĂȘpe dĂ©signe ce triste emblĂšme de douleur que nous portons aux jours de
deuil; ces voiles funĂšbres qui nous couvrent dans ces moments affreux oĂč notre Ăąme
( ) âą ^
reste accahßée sous le sombre chagrin; alors crĂȘpe dĂ©pose son genre' ordiriaire; signe'
sinistre ,^ il devient masculin ,* comme si la masculßnité était uiïe expression fidÚle de fa
aouteurduâ cha^in et du deĂčiĂŻ :âą
- Quâun crepe'flottĂ© aĂŒ front dĂŒĂronze de VendĂŽme.
En poĂ©sie, crĂȘpe avec sa masculinitĂ© est toujours d^ĂŒrf bĂšl Ă©ffĂ©t au figurĂ© :
â DĂšs que lâonibre tranquille
Viendra dâun crĂšjoe noir Ă©nVelopper la Tille." . (BĂ ileĂ Ă»i)
La nuitde son trĂŽne dâĂ©bĂšne*,
XĂ©ttĂ©'s'on'crĂȘpboĂŽiscĂ»r sur les monts, sur lĂ©s uĂŽts. . (fiĂ©liUe.)
A riieĂ»rĂ© oĂč TĂ me solitairĂ©
SâenvelĂŽppe' dâĂ»n crĂȘpe noir,
Et nâattend plus rien de la terre,
VeĂŒVe dĂ« son'dernier espoir.. {Lamartine.)'
* â * + ' * ^
Dans celle harmonie, la féminité est juste; la masculinité est expressive.
Avec cette critique délicate et ce tom d'urbanité qui rÚgn'ént dafis tous ses écrits,
Cb, Nodier a dit : « On demande sâil faut dire Ă e belles exemples d'Ă©criture, les saintes
« hymnes de TĂ©glise? Lâusage a consacrĂ© ces exceptions; mais il y a plusieurs sortes
<0 d^ĂŒsĂ géïsây celW* créé-lĂ©s laĂŻi^guĂ©s*, et cĂ©lĂŒĂą qui Tes d'Ă©nĂ ĂŻufĂ©. TJii'e fois'que le genre
<ĂŽd^dW*mb'f esĂĂ©t*aM,i tduf ĂčlsĂŒgĂ© qĂŒv contreVi'eĂŒt Ă â celte rĂšgle est vicieux; et ii est
« ridicule de rĂ©former un principe sur la foi dâun maĂźtre dâĂ©cole' ou dâun sacristain*
« qui ne sait pas le français. » On conçoit que ces derniÚres lignes ne nous paraissent
pas orthodoxes. Cependant il y a peut-ĂȘtre de lâinjustice Ă oser reprocher ainsi Ă un
écrivain,», au quel* on doit tant, une opinion à laquelle il n'attachait aucune impor
tance. Mais nous avons tant de respect pour les expressions populaires, nous y avons
recomiu' des vérités si grandes, elles sont à nos yeux des traductions si fidÚles, si
exactes des mĆurs et des usages du peuple, que nous ne nous pardonnons pas mĂȘme
de les avoir autrefois méconnues.
Telles sont donc en résumé les opinions de nos grammairiens sur le genre des mots
hymne, exemple. Fortement influencĂ©e par toutes cĂ©S' autdritéé, cfĂŒi sĂšfnblĂ iĂ©nt seules
'CompĂ©tentes, lâAcadĂ©mie dĂ©cida que : « Hijmne est masculin, mais quâil peut recevoir
C'utĂźâadjectif'fĂ©rhinih*, Torsquâil sâagit des hymnes chantĂ©es Ă TĂ©glise; quâil n'est pas
« permis de donner le genre fĂ©minin au mot exemple, si ce nâĂš^t quand il signifie un'
« modĂšle^ dßécrilĂŒrĂš. » *
Celte dĂ©cision authentique est hien formelle : elle est exprimâĂ©e, comme on le voit,
en termes bien positifs. Malheureusement les faits que notre langue nous offre, loin
dâappuyer cette dĂ©cision solennelle, la dĂ©truisent, sinon entiĂšrement du moins en
grande partie.
En effet, il est faux de dire q\xQ hymne est seulement féminin quand*il désigne un
chant dâĂ©glise. -Le genre ne dĂ©pend point ici de la signification de chant sacrĂ© ou de
çTi'ariTprofane;'cette distinction est une grandW erreur : Ar/mne est réguliÚrement fé
minin dans tous les sens quâon lui donne. Ici la forme est tout, la signification nâest
rien; Lâ^ muet final est lĂ dans sa toĂ»iĂ«-puissamce : "
« Lorsquâau milieu des lampes, des masses 4âor, des flambeaux, dĂ©s* parfums, aux
« soupirs de Torgue, au balancement des cloch es,* au frémissement des seVpenis'el des
« basse»; : cefĂŻe AĂżmne faisait raisonner les vitra :ux, les souterrains et les* dĂŽmes dâune
« basilique, etc. » (Génie du christianisme/. Te Deum.)
( 83 )
\
« Transportez-vous en pensée dans Tancien inonde pour vous faire une idée de ce
« quâil dut Ă©prouver; lorsquâau milieu des hymnes obscĂšnes, enfantines ou absurdes hYĂ©-
« nus, à Bacchus, à Mercure, à CybÚle, il entendit des voix graves chantant au pied
« dâun autel nouveau : 0 Dieu! nous te louons! 0 Seigneur, nous te confessons!
« 0 PĂšre Ă©ternel, toute la terre te rĂ©vĂšre ! ( Ătudes historiques, ) «
J
Ces beaux exemples, empruntés au plus*^and génie de notre époque, ne peuvent
ĂȘtre suspects, et ils prouvent Ă©videmment combien la rĂšgle de TĂcadĂ©mie est vicieuse.
Nous croyons que voici comment il faut procéder.
Hymne est réguliÚrement féminin, à cause.de sa terminaison :
« Un dimanche de TAvent; jâentendis de mon lit chanter cette hymne avant le jour sur
« le perron de la cathédrale, selon un rite de cette église-Ià . » (J^J, Rottsseau, )
Quelle sera la hauteur
De Vhymne de ta victoire,
QĂčan^ ehe aura celte gloire
QuĂš BiĂąlherbĂš Ăšn soit rdĂŒtbur ! (Malherbe,)
« Si quatre vierges, vĂȘtues de lin et parĂ©es de feuillages, apportaient la dĂ©pouille
« dâune de leurs compagnes dans une nef tendue de HdeĂąĂŒx blancs ; le prĂȘtre rĂ©citait Ă
« haute voix sur cette jeune cendre une hymne à la'virginité. » {Chateaubriand.)
niais si kymnĂ© dffife TiJiëé dâun dĂ©iicieiix abandon dĂš ĂŻâĂąirie dans iin heureux instant
SĂš dĂ«iirĂ«, de iâallĂ©grĂ©ssĂ« dâĂŒh coeur plein dâune vive rĂ©cohhĂąissarice ; bĂŒ hieri déà ignĂš-
t-il un chant violent, comme un cri de joie dans un festin, un cri .de victbirĂš siĂźf liri
champ de bataille, uii cri de ddĂŒlĂšur sĂŒf ĂŒh tdmbéà ßi? Ici il y Ă une force Ă exprimer,
et la masculinité apparaßt comme linÚ admirable harmonie :
Encore un hymne , ĂŽ ma lyre 1
Vh TiĂżmhe pour le Seigneur,
Un hymne dans mon délire ,
ĂŒn hymne dans mon bonheur! (Lamartine.)
« 0. toi qui nous a faits! en composant un discours si saint, je crois chanter un vé~
« ritable hymne à . ta gloire. » * ( Catien: )
« QiiĂ«lle's Ă©lhiĂšhi ces insiitiiiioris des Aihphion, des Cadmus, des OrphĂ©e? ĂŒriebfelle
<(-musique Ă ppĂ©lĂ«e Ldi, dĂ©s dansĂ©s, des cĂ ritiqĂŒes, quelques arbres consacrĂ©s, des
« vieillards cĂŽndĂŒrsĂ nt des 'Ă©iifĂ hts, uh hymne formĂ© auprĂšs dâuii idmbéà u, la religion
« él Dieu partout: » {Chateaubriand.)
Comme la masculinitĂ© sâharmonise parfaitement avec la grandeur et la majestĂ© des .
idĂ©es qui lâenvironnent!
Boileau traduisait sans doute le dĂ©veloppement dâune grande force, lorsque, dans
son épigramme sur Sahteuil, il fit hj/mne masculin ;
s
t A voir de quel air effroyable, _ . ,
Roulant les yeux, tordant les mains,
Santeuil nous lit ses hymnes uams>
pirait-on pĂ s^que câest le diable
Que Dieu force Ă louer les saints ?
On peut trÚs fréquemment rencontrer hymne avec une masculinité peu motivée, teia
Vient sĂąns dbtile dĂŒ fĂ©spĂ«fct quĂš cĂšrt^ĂźHS adtĂȘĂŒf^ bânt toĂŒjddrs Ă©ĂŒ {Idur lĂ dĂ©cision de
( 84 ) - â
TAcadĂ©mie. Pour nous cette dĂ©cision nâest plus une loi; nous lui substituons l'harÂŹ
monie que nous avons indiquée, et dont nous offrons un nouvel exemple.
Lamartine, dont Texpression est aussi pure que la pensée, emploie la masculinité
quand hymne rappelle une idée religieuse et grave, imposante et sublime :
Le temple dc Sion était dans le silence ;
Les saints hymnes dormaient sur les harpes de Dieu.
Les foyers odorants, que lâencensoir balance,
SâĂ©teignaient ; et Tençens, comme un nuage immense,
SâĂ©levait en rampant sur les murs du saint lieu.
«Toutes leurs pensées se convertissent en enthousiasme et en priÚre; toute leur
« existence est un hymne muet à la Divinité et à Tespéran ce. »
Cette masculinité est vraiment admirable; elle nous fait comprendre pourquoi quel
ques grammairiens rejetaient la féminité : c'est que le masculin est réellement su-'
bliine. Cependant notre grand poĂšte n'est pas exclusif. Quand il nous peint son Harold
touchant au sol de la- CrĂšce, et apercevant sur le rivage un pontife, des femmes, des
vierges,, des enfants qui paraissaient célébrer des funérailles, comme il n'y a rien ici
de fort, de violent, d'extraordinaire, il emploie la féminité :
\
De plus prĂšs le vent soufflant du bord
Aux oreilles dâHarold porte une hymne de mort.
Mais quand le poĂšte nous reprĂ©sente TinfortunĂ©e Sapho toute prĂȘte Ă se prĂ©cipiter
dans les flots du haut du promontoire fatal, et qu'il lui fait dire aux jeunes filles qui
l'accompagnent :
9
Et vous,-pourquoi ces pleurs ? Pourquoi ces vains sanglots?
Chantez, chantez un hymne, ĂŽ vierges de Lesbos !
„
Ici la masculinUĂ© est*dâune grande Ă©nergie; elle devient un des accents du dĂ©sesÂŹ
poir de cette femme, qui succombe sous les coups dâun aveugle destin.
9m- *
LâAcadĂ©mie, comme on le sait dĂ©jĂ , avait dĂ©cidĂ© que exemple ne peut ĂȘtre fĂ©minin
que dans'le sens de modĂšle dâĂ©criture. Toutefois, dans son Ă©dition de 1798, qui du
reste nâest pas authentique, TAcadĂ©mie semblait sâĂȘtre rĂ©tractĂ©e, et avoir dĂ©clarĂ©
quâon peut dire : un bel exemple de lettres italiennes. Aiissi ces hĂ©sitations continues conÂŹ
duisirent quelques grammairiens à trancher enfin'la question, et à décider que dans
tous les cas exemple est masculin. Cette décision, trop exclusive, n'est pas sans motifs,
car la masculinitĂ© est toujours grande et noble. Cependant nous croyons quâil y a erÂŹ
reur, et voici comment nous procédons :
Exemple a deux significations, Tune toute matérielle, Tautre toute morale. Ses deux
genres sont en harmonie avec ses deux significations opposées.
Exemple, au matĂ©riel, dĂ©signe un modĂšle dâĂ©criture, une copie de dessin, etc. Ici,
pas de poĂ©sie. Le genre doit ĂȘtre le rĂ©sultat immĂ©diat de la forme du mot; et Te muet
final veut le genre féminin ;
« Son maßtre à écrire lui donne tous les jours de nouvelles exemples.y> (Girault-Duvivier.)
« Les élÚves doivent chercher à imiter cette exemple, en copiant les traits du des
sin, etc. » (Idem.)
Exemple, au moral, rĂ©veille toujours quelque chose dâĂ©nergique et de grand; il
- ( 85 )
nous offre ces beaux modĂšles de veriu^ dont Timitation mĂȘme Ă©loignĂ©e exige de nous
de longs efforts, dâopiniĂątres combats, une attention constante sur nous-mĂȘmes, enfin
une habitude de nous vaincre Ă toute Ă©preuve. Ici lâidĂ©e dominante est la force : aussi
le genre indispensable est le masculin, qui ajoute toujours Ă la puissance de lâexÂŹ
pression : . .
« Imitez un d bel exemple, et laissez là vos descendants. » (Bossuet. )
Je suis fils de CĂ©sar, jâai son exemple Ă suivre. (Foliaire.)
Imitez cet exemple : à leur prison stérile
Enlevez ces brigands. (Delille.)
« Les bons'exemples conduisent plus efficacement à la vertu que les bons préceptes. ït
( Académie. )
Cette masculinitĂ© est bien belle et surtout bien expressive. Lâemploi de la fĂ©minitĂ©
du mot exemple, aumoral, nâest pas commun dans nos classiques : on ne le rencontre
guÚre que dans ce passage de la Satyre Ménippée :
« Ce vous esi une belle exemple à vous autres petits beuvreaux, qui faites tant les
« scrupuleux, quand il faut, etc. » ; .
Mais on sait que lâironie, comme la grĂące, sâharmonise avec la fĂ©minitĂ© : harmonie
exacte et fidĂšle, car lâironie et la grĂące constituent souvent Ă elles seules le caractĂšre
dâune femme. ,
* ^ *
Le peuple emploie trÚs souvent cette féminité du mot exemple au moral, et quelque
fois dâune maniĂšre si gracieuse, que nos poĂštes nâen dĂ©daigneraient pas lâemploi, si,
comme nous, ils lâavaient frĂ©quemment admirĂ©e. Au.reste, le peuple, qui ne se
trompe pas aussi souvent quâon le pense, sait trĂšs bien employer exemple au masculin,
quand il veut sâexprimer avec Ă©nergie.
Office est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin, quand il dĂ©signe le lieu oĂč sont rassemblĂ©s les apÂŹ
prĂȘts dâun festin :
« Cette office est spacieuse çt bien meublée. » ( Grammairiens. )
Mais désigne-t-il cette obligation sacrée, que la vertu nous impose de faire le bien t
exprime^t-il ces graves fonctions oĂč lâhomme est chargĂ© de venger, la vertu outragĂ©e,
de flĂ©trir le vice coupable et audacieux? rappelle-t-il ces cĂ©rĂ©monie^ religieuses oĂč tout
nous entraßne au recueillement le plus profond? la masculinité est ici en parfaite har
monie avec nos pensées sérieuses :
Je vous devrais beaucoup pour un si bon office. (Corneille.)
Câest oĂč le roi me mĂšne , et tandis qu'il mâenvoie
Faire office vers vous de douleur et de joie
Mais cet office encor nâest pas assez pour lui. (Jd.)
Charles-Quint, respirant Ă peine au fond de son cercueil, nâentendait que l'office
« des morts lentement )t;sa/modié. » - (Narrations françaises.)
OEuvre nous offre dans son double genre Tharmonie la plus parfaite du principe que
' nous développons. En effet, il est réguliÚrement féminin, quand il désigne une simple
action de la vie ordinaire : .
« Le contentement intĂ©rieur quâon Ă©prouve, en faisant une bonne Ćuvre, nâest pas
(86)
« plus une combinaison de la matiĂšre, qqe le reproche de la conscience, lorsquâon
.<( commet une.bonne action, nâest,fo crainte des Iqis. » {GĂ©nie du chrisĂŒardsme. )
«HeurÚux ceux qui meurent dans le Seigneur : ils se reposent dÚs à présent de leurs
« travaux, car lews bonnes oeuvres les suivent. » (Trad. des psaumes. )
Mais si Ćuvre apporte avec lui lâidĂ©e dâun acte de gĂ©nie; sâil fait naĂźtre le sentiment
d'une grande force dĂ©veloppĂ©e ; s'il entraĂźne avec lui la croyance ferme quâune grande
puissance a été employée dans l'acte grave et solennel qu'il désigne; alors il devient
nécessairement masculin :
« Ils voulurent que, devant que commencer un si samt oeuvre, fut faite une proces-
ff sion. » {Saitjre MÚnippée.) '
« J'en parachevai CĆuvre entier Ă©tant Ă votre service, il y a environ douze ou treize
u ans. » ( Amyot. ) . . - >
« Ce tableau est un Ćuvre de Gai lot. » ( Girault-Duvivier. )
Donnons Ă c& grand Ćuvre une heure dâabstinence. (Boileau,)
^ Quelle morale puis-je inférer de ce fait?
Sans cela toute fable est un Ćuvre imparfait. (La Fontaine.) ^
« Tel fut l'Ćuvre inaperçu de soixante annĂ©es. » ( Chateaubriand. )
« Athalie est l'Ćuvre le plus parfait du gĂ©nie inspirĂ© par la religion. » ( Idem. )
On sent que oeuvre, au masculin, dĂ©signant toujours un chef-d'Ćuvre, ne peut
guĂšre ĂȘtre employĂ© au pluriel; car les chefs-d'Ćuvre ne sont pas communs. Aussi,
jadis on employait le masculin au pluriel, en désignant la collection des écrits d'un
auteur; mais aujourd'hui on dit : les Ćuvres complĂštes. On n'imite donc plus le poĂšte
qui a dit:
Tel qui, content de lai, croit ses Ćuvres parfaits, »
Aux futurs épiciers'prépare des cornets.
Nous avons déjà vu combien.le féminin s'harmonise avec Tironie. Lamartine nous
en offre un nouvel exemple dans celte strophe oĂč il a fait Ćuvre fĂ©minin :
Lorsque du Créatepr la parole féconde
D^s une heure fatale eut* enfanté le mondé
^ Des germes du chaos;
De son Ćuvre imparfaite il dĂ©tourna la face ;
Et', d'un pied dédaigneux le lançant dans l'espace,
Rentra dans sou repos.
Tant il est vrai qu'en français Tironie est féminine!
^ I
Pùque éSt féminin suivant sa terminaison, quand il désigne cette heureuse journée
oĂč les enfants de Jacob sortirent enfin de Toppression des Pharaons, et quittĂšrent la
tyrannique Ăgypie pour .se rendre dans la terre promise :
« Vous mangerez Tagneau avec des pains sans levain et des laitues amÚres, ayant.
« une ceinture aux reins, des souliers aux pieds, et un bùton à la main, comme des
« voyageurs ; car c'est/a ou le passage du Seigneur. » ( Moise. )
-y
â '( 8T )
Il ,65t encore réguliÚrement féminin, quand il désignée Tanqiveri^.ire ç§ jbjircbez'
les IsraĂ©lites, ainsi quâune .coutume pieuse cli,ez )es cbrĂ©ti.ens :
« Jésqs, ayant açh.ey.é tous Ges\diSiConr.s, dit à ses disciples : «Vous savez que la
« pĂąque se fera dans deux jours ; et le Fils de Thomme sera livrĂ© pour ĂȘtre crucifiĂ©. » *
(St. Mathieu.)
« Tout fidÚle doit faire de bonnes pùques. » '( Giraultr-Dpvivier, )
« Quand Noël est vert, les pùques seront blanches. » {Proverbe. )
n ' â * . f * ' i
« Le diniançhe dĂ©s Rameaux sâappelle PĂąques fleuries, et le dimanche de Quasimodo
« Pùques closes. » . ( Gattel. )
On sait que Pùque est masculin, quand il désigne le jour de la Résurrection. Et
quâon nâaille pas çroire que cette masculinitĂ© soit une erreuir ou un fait arbitraire
câest une des plus belles harmonies de notre langue. Pour en comprendre toute la
beautĂ© et toute lâexactitude, il faut sâunir Ă la grande pensĂ©e qui occupe Tunivers
chrĂ©tien en ce jour solennel, oĂč le Sauveur, victorieux de la mort, s^Ă©lĂšve rayonnant
de gloire vers les clartés éternelles, assurant à la terre régénérée Tempire absolu de
la loi nouvelle; il faut assister en esprit à cette magnificence des cérémonie de la Se
maine sainte, surtout à Rome ; il faut se représenter « ce pjergé en deuil, ces autels,
« ces temples voilés, cette musique sublime, ces voix célestes chantant lÚs donleprs
« de JĂ©rĂ©mie; cette passion m^Ă©e dâinpomprĂ©hensibles priyslĂšrps; ce saint sĂ©pujpre
« environnĂ© dâun peuple abattu; ce pontife lavant les pieds des pauvres; ces tĂ©nĂšpfes,
<c ces silences entrecoupés de bruits formidables; ce cri de victoire échappé tout-à -coup
« du tombeau; enfin ce Dieu qui ouvre la route du ciel aux ùpqes délivrées, et laisse
« aux chrĂ©tiens sur la terre, avec une.religion divine, dâintarissables espĂ©rances. »
Quand on sâest bien pĂ©nĂ©trĂ© des profonds mystĂšres qui prĂ©cĂšdent et accompagnent le
plus grand et le plus mémorable jour de la Religion; quand on pqut juger de Teffet
quâun tel jour a toujours produit sur un peuple plein de foi; alors on ne doit plus sâé
tonner que le nom qui dĂ©signe ce jour si solennel ait quittĂ© la fĂ©minitĂ© quâil q. parfout
ailleurs, pour devenir tout Ă coup masculin.
»
PĂȘrip((e est rĂ©guliĂšrement fĂ©minin :
« La vie.de Thomme est trop courte, pour sortir des longues périodes d^une révolu-
« tion. » .{Boiste.)
« Lâhistoire se divise en diffĂ©rentes pĂ©riodes. » ( Girauli-DuvĂźvier, )
L
« On peut définir la période une pensée composée de plusieurs autres pensées, qui
« ont chacune un sens suspendu, jusquâau dernier repos, qui est commun Ă toutes. »
⹠Jßo«e«ir,)
« La période solaire, la période lunaire. La période julienne, etc. » {Gattel.)
PĂ©riode exprime-tril au contraire Je rĂ©sultat dâune grande force largement dĂ©ver
loppĂ©e? offre-l-ii Ă notre imaginatiqn cette idĂ©e Ă©nergique quâaprĂšs des efforts, souÂŹ
vent multipliĂ©s, on est enfin parvenu au dernier terme dâune valeur, Ă la derniĂšre
i
1
( 88 )
limite d'une puissance? La force, qu'il a fallu employer pour y atteindre, rend ici
remploi de la masculinité non seulement juste, mais encore indispensable :
«DémosthÚnes et Cicéron ont porté Téloquence à son dernier période. » (Girault-Duvivier.)
^ . -
« La France, aprĂšs avoir atteint le pĂ©riode de sa gloire militaire, marche dâun pas as-
<( suré vers celui dÚ sa gloire civile; elle a pour guides Tamour de la pùtrie et Thorreur
« du despotisme. » (Boiste.)
Sentinelle a été Tobjet de bien dés discussions de la part de nos grammairiens. Mais
comme leurs discussions n'offrent aucune méthode; nous allons expliquer le genre de
ce nom d'aprĂšs nos principes.
Sentinelle a une forme essentiellement féminine. Mais il a aussi une signification
toute masculine. De lĂ Temploi des deux genres :
⹠« On a trouvé le sentinelle mort dans sa guérite. » ( Académie. )
« Les arbres, qui balancent tristement leurs cimes dépouillées, ne portent que de
« noires légions qui se sont associées pour passer Thiver : elles ont lettré sentinelles et,
« leurs gardes avancées; souvent une corneille centenaire, antique sibylle du désert,
« se lient seule perchĂ©e sur un chĂȘne, avec lequel elle a vieilli. » {Chateaubriand.)
Mais indiquer Temploi"des deux genres, ce nâest pas lâexpliquer. Voici comment les
poĂštes procĂšdent.
Quand sentinelle exprime une idée grande et forte, quand tout ce qui Tenioure est
énergique, il prend le genre masculin :
Ce sentiment si prompt, dans nos cĆurs rĂ©pandu,
Parmi tous-nos dangers sentoeReoistdu. (Voltaire.)
Ces postes menaçants, ces nombreux sentinelles.
Qui veiiient nuit et jour aux portes éternelles. (Delille.) '
Quand ie cap africain, sons les traits dâun gĂ©ant,
Sentinelle hideux du dernier Océan ; etc. [Parseval.)
»
« Lâoreille du lion est le plus sĂ»r sentinelle. » ( Fontanes. ) , '
Quand sentinelle exprime une idée gracieuse; quand tout ce qui Tentoure est tou-
âą *
chant, il prend le genre féminin, comme dans la phrase de Chateaubriand citée plus
haut, et dans ces exemples :
\.
«Une femme doit ĂȘtre pour elle-mĂȘme sa sentinelle vigilante; sans cesse entourĂ©e
« dâennemis, elle en a dans sa tĂȘte, dans son cĆur, dans toute sa personne. » (Boiste.)
« La vertu est une sentinelle vigilante qui nous signale les dangers oĂč le vice peut nous
< entraßner. » ( Anonyme. ) . '
Cette harmonie du genre est exacte; les poĂštes ne sâĂ©n Ă©cartent jamais.
Tour est réguliÚrement masculin :
«
En faisant des heureux, un roi Test Ă son tour. (Voltaire.)
Plus ĂŒ est prĂšs de quitter ce sĂ©jour ,
Plus on lui trouve et dâesprit et de charmes.
Enfin, pourtant il a passé le tour. (Gresset.)
( 89 )
/â ,
Cependant, lorsque tour désigne eelte partie gigantesque de nos cathédrales gothi
ques , qui sâĂ©lĂšve et se perd dans les nues, il conserve la fĂ©minitĂ© quâil a en latin, car
câest de lĂ que nous lâavons tirĂ© :
« Et prist la tur de Syon, ço est la citad de David. » ( Chroniques. )
I ^ â
« Elle revint dedans5a tor, » {Marie de France.)
. 1 '
Câest au seuil de la tout, c'est aux portes de Londres,
Que parmi vos sujets je ^devais me confondre, [Casimir Delavigne.)
- * ^ âą I .
Si vague dĂ©signe ces masses dâeau qui sâĂ©lĂšvent et retombent sous lâimpression des
vents, le genre fĂ©minin est naturel ; la terminaison lâexigeait :
Une voix sâĂ©levait de mon sein tendre et vague,-
Ce nâĂ©tait pas le chant du coq ou de lâoiseau,
Ni des souilles dâenfants dormant dans leur berceau,
Ni la voix des pécheurs qui chantaient sur la vague y
CâĂ©tait vous! câĂ©tait vous, o inon ange gardien!
CâĂ©tait vous dont le cĆur chantait avec le mien. {Lamariine.)'
t
Mais si vague dĂ©signe ces espaces immenses des rĂ©gions de lâair, dans lesquels le reÂŹ
gard effrayĂ© se plonge sans trouver nulle part aucune limile;'sâil exprime cet infini
idĂ©al, dans lequel notre imagination dĂ©barrassĂ©e de toute loi, de toute rĂšgle, erre Ă
lâaventure, comme dans un horizon dont les bornes,, sâĂ©loignant toujours, vont se
perdre au sein de lâimmensitĂ© ; alors la masculinitĂ© nous paraĂźt dâune grande beautĂ© :
« En sâisolant des hommes, en sâabandonnant Ă ses songes, Rousseau a fait croire Ă
« une foule de jeunes gens quâil est beau de se jeter ainsi dans le vague de la vie. »
( Chateaubriand. )
« Lâanalyse prend la place de ce vague infini oĂč la pensĂ©e aime Ă se perdre. » {Idem, )
« La mĂ©lancolie sâengendre du vagtie des passions, lorsque ces passions sans objet se
« consument dâelles-mĂȘmĂ«s dans un cĆiir solitaire. i> ( Idem. )
La fĂ©minitĂ© de ce mot est le rĂ©sultat immĂ©diat de sa forme; sa masculinitĂ© est lâeffet
t I .
relatif de sa signification accidentelle.
I *
Voile a encore ses deux genres-en parfaite harmonie avec ses différentes significations.
Quand il dĂ©signe cette partie du vaisseau qui reçoit lâimpulsion des. vents, comme
rien de mystérieux ni de grave ne se. rattache à cette idée toute matérielle, voile est
alors rĂ©guliĂšrement fĂ©minin. Ici la forme est lâunique guide :
« Les tritons conduisaient les chevaux et tenaient les rĂȘnes dorĂ©es : une grande voile
« de pourpre flottait dans Tair au-dessus du char; elle était à demi-en/Zée par le souffle
« dâune multitude de petits zĂ©phirs qui sâefforçaient de la pousser par leurs haleines; »
( Fénelon. )
11 est aussi fĂ©minin, quand il sâemploie dans le sens de navire :
\Si vous voulez partir la voile éstpréparee. . {Racine.)
11 est encore fĂ©minin au figurĂ©, lorsque lâimage employĂ©e rappelle lâidĂ©e dâun
navire :
t
Quand la faveur, Ă pleines voiles, *
Toujours compagne de vos pas. (Malherbe.) *
iH
(90)
il yolt lp3 passions , sur une onde Incert^ç,
^ lem* souffle orageux enfler ĂŻa uoiie Aum<nn0. {Lamartine.)
. On a justement reprochĂ© Ă Corneille dâavoir employĂ© aq mqscfilih roi/e .dafls sou sens
propre de partie de vaisseau : .
«
11 venait à plein et si dans les hasards. ^ (Pompée.)
En effet, cette significalipr}, qui Ijpnt foute de la lettpe, ne sâharmonise nullement
avec la masculinitĂ© qui tient toute de lâesprit ; mais il en est bien autrement de toutes
les autres significations, auxquelles se rattache toujours quelque idée religieuse,
sombre pu imposante*
Est-on plongé dans la douleur, dans le deuil? Le rnalheur est-il yenp ppu$ assail
lir? Le chagrin pÚse-t-il sur notriB ùnfe, comme un poids qui étouffe? nous nous enve
loppons dâttn voile funĂšbre :
« Lâheure est donc venue oĂč la France doit couvrir d'un voile son superbe panache,
« et laisser tomber sa tĂȘte dans le giron de lâAngleterre? » {Jeanne (TArc de Shakespeare.)
On sĂȘ rappelle cette matinĂ©e .douloureuse oĂč lâinfortunĂ© ChĂ ctas allait confier Ă la
^,.1^ r '..t'' * *
terre du repos les restes inanimĂ©s de celle quâil aima :
r; \
« Soqvept la longue chevelure dâAtala, jouet des brises matinales, Ă©tendait son voile
« dâor sur mes yeux. » ( Chateaubriand. ) ,
i
Sâagit-il dâune vaste entreprise que les tĂ©nĂšbres enveloppent? dâune conspiration /
tramĂ©e dans lâombre? Tout sp couvre d-wn voile affrpux! {ĂrĂ©bilLon.)
Une jeune vierge quitte-t-elle le monde pour seâ consacrer Ă Dieu dans un cloĂźtre?
'Elle couvre les traits cĂ©lestes de sa figure virginale sous les plis flottants dâwn voile
Les ennuis de son front se cachent sous un bandeau de lin ; et /e voUe mystérieux,
« double symbole de la virginitĂ© et de la religion, accompagne sa tĂȘte dĂ©pouilléé. »
(Chateaubriand.)
Enfin, dans le temple de Salomon, un voile immense dérobait le sanctuaire aux re
gards de la foule pieuse :
f â * * i * t' ^ K R f \ *
« En mĂȘme ten]ps le voile du teipple sp dĂ©chira en deux, depuis le haut jusquâen bas;
«la terre trembla; les pierrps se fendirent; les sĂ©pulcres sâiauvrirpnt; et plusieurs
« corps des saints, qui étaient dans le sommeil, ressuspitÚrent. » (jSl Matldeu.)
On ypit ici que la masculinitĂ© nâa aucun rapport avec la forme, et quâelle sâharmoÂŹ
nise admirablement avec tout ce que la signification renferme de grave, de sacré, de
mystérieux. '*
EXERCICE PHUASĂOLOGIQVE.
iiaa.
T7d atdo de camp.
Un excellent eide.
Un mauTai* aide.
Aide prompte.
Aide Bsturee.
Etre'toute i*ude da quelqu'un.
Avn.
Un fiel aune.
Un grand aun&
Une aune de toile.
Aune fausse.
t < -
BSBBX.
Un beau barbe.
Un barbe
Un barbe bien ĂtĂźt.
Barbe blanche.
Barbe grise.
Grande bsrbe.
Barbe longue.
8e bii^ U barbe.
Se peindre la barbe.
Barbes d'épi.
Barbés de ptnroe.
Le barde de la Calédonie.
Grande barde.
Une grosse barde.
Barde trop lon^e.
Barde trop épaisse.
cocm
' I : .
Un mnd coche.
⹠» wH ' 1 *_.a iâ
ĂŒn petit coche.
Le coche ĂŽâAuxerre.
Uné'grÎsse eoche.
Une petite cocbe.
ceIfb.
Un gros cfépe.
Ăn crĂȘpe noir.
Porter un crĂȘpe Ă sou chapeap.
Une bonne crĂȘpe.
Une crĂȘpe exceUentek
( QĂź )
ICBO.
Les écbos redoublés.
Les échos proloiigé|.
La triste écho.
nsEiojtB.
Un enseigne de vaisseau.
Loger Ă telle enseigne.
Enseignes déployées.
Les enseignes romaines.
BSViCB.
Grand espace.
Long espace.
Espace rempli.
PeUt eipĂącVv'^
Court espace.
De petites espaces.
De moyennes espaces.
BnuruL
Un bel eiemple.
Une belle exemple.
De beaux exemples.
De beUĂȘVexĂ«rnplĂšs.
' Mvp- « âą t ' âą
roaiT.
Un petit foreU
Un grand foret.
MauTais'fûfét.'*^'
Bon foret.
Grande forĂȘt.
Belle forĂȘt.'
Epaisse forĂȘt â
Traverser une forĂȘt <'
, F . ..Tl
rooKas.
Un vrai fourbe*
Un fourbe CelTĂ©.
Un fourbe sans foi.
Un fourbe insigne. >
Fourbe grossiĂšre. '
Découvrir une fourbe
Inventer une' fourbe'. *
â IT
Ses gardes affligés.
Un de ses gardes.
Ses gardés repoussés.
Le garde dĂ©s sĂŒĂ©aux.
Le garde champĂȘtre.
Un garde forestier.
Faire la garde.
Faire bonne garde.
Mauvaise garde/' '
La garde des portes.
Relever la gardel ' '
DoiiblĂšr la'girde.
La garde montĂ ĂŻite.
La garde descendante.
Monter , descendre la garde. -
La garde dâune p ace.
cxarFE.
Retirer un procĂšs du greffe.
Consigner de l'argeut au 'greffe.
Aller au greffe.
iSortir du greffe.
Greffe plein de monde.'
, Lever des greffes
Enter dos greffes.
Greffes de pommier , de poirier
de pĂȘcher. â â *
Une belle greffe,
A quoi sert la greffe?
â seins.
â i 1
Prendre un guide.
On bon guide.
Un mauvais guide.
On excelle 11 Cgui de.
Un guide trompeur.
Avoir besoin dâun guide.
Les grandes guides.
Les petites guides.
De boRues guides,*
De mauvaises guides.
BALioTaors- '
Un bel héliotrope.
Un héliotrope du P.érou,
Un héliotrope exotique.
Une fausse hĂ©liotrope. âą
aniNB.
ĂŒn bel hymne.
Lâhymne saint,
pe belles bymoev.
Les hymnes saciées.
LrVHBS.
Un bon livre.
Un bon livre plein, dâĂ©rudition.
Paire un livre.
Composer un livre.
Un livre bien écrit.
Un livre éloquent'
Un mĂšcbant livre.
Un livre plein dé grandes idies.
Un nouveau livrĂȘ.^'
Un vieux livre.
Otie'Iivre de beurre.
Une livre de viande.
IflirCHB
Le manche dâun couteau.
Le manche dâun canif.
Un manche Ă balai.
On manche de gĂźgĂŽt.
On manche de'violon.
Manches courtes.
Manches longues.
One nianche' dé ebemise, de
â robe, f habit. ' ^ *
Se faire tirer par la manche.
\ - '
UiKOBOVRB.
J. â â i
ĂŒn bon manĆuvre.
Un excellent nianĆuvre.
Un manĆuvre adroit.
Une savante manĆuvre.
Une manĆuvre politique.
DĂ©couvrir une manĆuvre.
Dés maacDUvres' obscures.
uĂ©vĂȘias.
r â âș
m
Excellent mémoire.
Régler un mémoire
Ăumposer un mĂ©moire.
ArrĂȘter un mĂ©moire.
Mémoire convaincant
Le mémoire do theniitiier.
Bonne mémoire.
Mémoire beureuse.'
Avoir de la mĂ©moire. â
Gravé dans la mémoire,
perdre la mémoire.
De glorieuse mémoire.
UOOB.
Le mode ĂźndĂźcatit
Le mode subionçtif.
Mode dâadministration.
Mode de gouvernement '
Mode nouvelle.
Mode aneienoe.
Vieille mode.
inse'nsée.
Mode ridicule.
Paire A sa mode>
UOULB.
â
Faire nne chose eu moule.
ĂnâmoitiĂ© parfait; - â '
De bunnes moules.
Des moules fraĂźches.
MODRĂB.
/ ' '
Un petit mousse.
Uo meosse de bague.
' Se coucher dans la mousse.
Faire de la mousse-
Premier Ćuvre.
Second Ćuvre.
LâĆĂźivreâ Ăźde Ăallqt.
Gt^Ă©'nd Ćuvre.
Une bonne Ćuvre.
Une Ćuvre de misĂ©ricorde
Une Ćuvre de charitĂ©.
OEuvre» morùles. '
Les Ćuvres tjÂź la
ewiCB.
ĂŒn bon oftiee.
De boni offices.
Un mauvais office.
Lâoffice divin.
Office flĂŽlcnncl.
Manquer lâoffice.
Savoir bien lâoffice.
Entendre bien RĂŽffice.
Ăliiee nombreuse.
De b'Ă©llĂȘsV dĂš grandes office ,
Offices bien éclairées.
PIGB.
4
Un beau pa^e.
Un [euiiâe>psg!'.
Un joli page.
Les pages'du roi.
Une-belle pager
ilemplir Ja page.
Une longue page,
1 t âfi f ? .
PAQDB.
PĂąque est-il venu ?
Pùque est il passé ?
La Veille dé Pùque'.
, Immoler la pĂąque.*
Manger ta'pĂąquel *
PĂ que.1 fleuries.
PĂąques cibtek
]^aire de bonots pĂątiuej.
riBiLtiLi.
Excellent parallĂšle.
Faire'uo'parallĂšle.
Le paraUĂš|e de Racine et de
Corneille.
Le parallĂšle dâAlexandre et de
César.
Tirer une paĂŻallĂšle.
phvdclb.
Les vibrations du pendule.
Oscillations du pendujĂȘ.
Une bcĂŒĂš pendule,
ĂŒne grande pendule.
Une pendule dé prix.
pAbiodb.
Au plus haut période.
A son dernier période.
Le plus haut période de la gloire.
Le dernier période de la vie.
LĂšs diffĂ©renles'pĂšrlddcx dĂ©* lâbis-
toĂźre.
Une période composée.
Une période à deux membres.
Période musicale.
pqsTO
Rester Ăą top poste.
Quitter un'poste! â
Sa rendre au poste.
Poste avantageux.
Mauvais poste. ^
Défendre un poste.
Poste peu fortifié.
Un poste dâboniieur.
On poste Ă©jeyĂȘ.
Occuper un poste.
Prendre la poste.
Courir ta poste.
Mettre une lettre Ă Ja
Grande poste. *
lâelite pojte.
l'osle restaule,
POtJBPBB,
Avoir le pour'pre.
Pourpre rentré.
Motiirii-Mu pourpre.
Perler la pourpre.
La pourpre royale.
La pourpre romaine.
SATlaS.
Un vieux satyre.
Un jeune satyre,
l'aire une attire.
Publier une rĂ lĂźre
t' I iâ-.r r ;[
La satire du siecĂźe.
Une satire piquante.
BBKTIHBtLB.
Un sentinelle,
l'nrter au lentjnejle.
Une sentinelle avancée
Relever la senti nĂ© liĂ©. â
Sentinelle endormie
poser la^entinelle.
SOUI^
Dn long somme,
tlit bâĂŽ'ii'sonime;'
Un légeKsomme.
Sun premier somme.
Faire un somme.
Petite tomme.
r i 4 - t . l.J.
Grosse somme.
Là 'tomme dés maux.
LĂą somme de' nos malbcuri
SOUIIIS.
Un souris agréable,
ĂŒh 4oux soblris.
Un petit souris.
Souris moqueur."
« ⊠t'* f*
colins makcieux.
Petite souris.
Grosse souris.
Souris blauebe.
Souris grise.
Ton a.
Le tour du soleil.
Faire'un tour.'
Le tour de ta ville.
Un tour dâadresse.
Jouer lin tour. ^
On mauvois tour.
Ud tour de fripon.
Vilain tour^
Un tour unglant.
Un tour perfide.'
Rrendre un bon tour.
Un féißf original. '
Un lour élégant.
jlaâul'Ă©toĂri'â
Tour carrée.
"J'Îtir pénchée.
Petite ^ur.
Grosse tour.
Tour ronde.
Au pied de la tour.
TB0HVBTT1.
Un ^on'tonipette.
(98)
Cn trompette de régßmeui,
Envoyer un trompette.
Sonner la trompette. ^
Sonner de la trompette.
X»a trompette de la Renommée.
Emboucner la trompette.
âŒ16 Cl.
Le Togue de l'air.
Le vague des aira.
Se jeter dans le vague.
J)e grandes vagues.
Vagues écumantes.
Des vagues bautes.
Kompre la vague.
TiSI,
XombĂȘr dans la vase.
Un vase d*or.
TTd vase antimite.
Un vase précieux.
TOU.
Un voile épais.
Voile clair.
Porter un ToĂźle.
Le voile de la nait.
l.cTer le voile.
Plier , caler la voile.
Aller i la voile.
Cingler Ă pleines voiles.
A votlçs déployées.
Enfler les voiles.
Mettre Ă la voile.
i
«oĂ»oĂ tc^a NÂź XXXIX. ĂŻs^sescoeoâ
r
NOMS QUI EXPBIMENT DES ĂTATS, DES QUALITĂS QĂŒâON REGARDE, EN GĂNĂRAL, COMME NE
CONVENANT QUâA DES HOMMES.
Une de mes chances Ă©tait dâavoir toujours dans
mes liaisons des femmes auteurs.
(J.-J. Rousseau.)
Les femmes docteurs ne sont point de mon.goût.
(MoliĂšre.)
Marguerite dâAnjou, femme de Henri VI ^ roi dâAnÂŹ
gleterre, fut active et intrépide, général et soldat.
(Thomas.)
Mademoiselle de Schurman, née à ^Cologne en
1606, était peintre, musicienne, graveur, sculp
teur, PHILOSOPHE, gĂ©omĂštre, thĂ©ologicnne mĂȘme;
elle avait encore le mĂ©rite dâentendre et de parler
neuf langues différentes. (Biographie univ.)
Les femmes nâeurent pas seulement des cours dâaÂŹ
mour,'elles devinrent aussi magistrats , en possé
dant des seigneuries, et exercĂšrent la juridiction des
fiefs dans toute leur étendue. (Id.)
Les ouvrages de mademoiselle Williams la font re-
gaider tour Ă tour comme poĂšte et comme historien.
(M⻫ BrkĂźĂŒet.)
Les passions sont les seuls orateurs qĂŒi persuaÂŹ
dent toujours. (LAROCnHFOUCAULD.)
Les femmes poÚtes sont mauvaises ménagÚres ;
la rime s'accorde mal avec lâĂ©conomie.
(Boiste.)
ChimĂšne dit Ă Rodrigues :
Va, je suis ta partie et non pas ion.bourreau.
(Corneille.)
Venez, mesdames, ĂȘtre tĂ©moins du triomphe de la
philosophie. (Marmontel.)
J'apprends avec plaisir tout ce quâon publie Ă la
gloire dâune fille cĂ©lĂšbre, Anne de Beris, et aujourÂŹ
dâhui PROFESSEUR dc rhĂ©torique. (MâÂź Briquet.)
Elle fut sa nourrice , elle devient son guide.
(Lhgouvé.)
Vabbesse de Fontevrault est chef et général de tout
Tordre. (Académie.) ,
Mademoiselle dâEon fut mise Ă U ans au collĂšge
Mazarin. Ori ignore les raisons qui engagĂšrent ses paÂŹ
rents Ă lui donner Thabit dâhomme. Elle fut reçue
docteur en droit civil et en droit canon, et enfin
AVOCAT au Parlement de Paris.
, (BiOGR. 'DES FEM. CĂlĂB.) '
Les femmes polissent les maniĂšres, elles donnent
le sentiment des bienséances, elles sont les vrais
précepteurs du boa ton et du bon goût.
(Legouvh.)
Hypathi'a enseignait elle-mĂȘme la doctrine d'Aris-
tote et de Platon ; on Tappelait le philosophe.
(Chateaubriand.)
La sagesse est le tyran des faibles.
(VaĂŒvenargues.)
PlutĂŽt versificateur que poĂšte, madame de Man-
delot a chanté dans des piÚces généralement assez
brĂšves les plaisirs champĂȘtres. (Mahul.)
Madame Dacier est un des plus fidĂšles traducÂŹ
teurs dâHomĂšre. (Gi a ault-DĂŒv i v ier .)
Ici se présente une grande difficulté dont le manque de solution a toujours Tai/
Ă©poque dans les annales grammairiennes. Gomment se fait-il, sâĂ©crient nos grammai
riens, que la langue française se soit mise en opposition avec toutes les autres langues,
en laissant au masculin tous ces noms auteur, amateur, docteur, géomÚtre, générai, gra
veur, professeur, philosophe, poĂšte, traducteur, etc., lors mĂȘme que ces noms dĂ©signent
des femmes?
' â
Avant dâessayer de rendre raison de cette masculinitĂ© qui paraĂźt inexacte, quâil nous
soit permis dâexpliquer quelques exemples bien connus, oĂč le genre fĂ©minin a Ă©tĂ©
( 93 )
employĂ©, et dont on sâest toujours servi pour accuser d'erreur ou d'arbitraire la masÂŹ
culinité précédente.
Vais-je épouser ici quelque apprentie auteur. [Boileau.)
«A Paris, le riche sait tout; il n'ÿ a d'ignorant que le pauvre. Cette capitale est
« pleine dâamaieurs et surtout Ă 'amatrices qui font leurs ouvrages', comme M. Guil-
« laumefaisait ses couleurs. » Rousseau.)
« J'aime mieux mâabstenir de caresser les enfants que de leur donner de la gĂȘne ou
« du dégoût. Ce motif, qui n'agit que sur les ùmes vraiment aimantes, est nul pour
« tous nos docteurs et doctoresses. » ( Idem. )
De lui sourire au retour ne fit faute,
Ce fut la peintre. On se remit en train,
A votre fille aßnée
On voit quelques dĂ©goĂ»ts pour les nĆuds dâhymĂ©nĂ©e :
Câest une philosophe enfin, (AfoliĂšre.)
La fiÚvre ardente, à la marche inégale,
Fille du Styx, kuissiĂšre dâAtropos,
Porte le trouble en leurs petits cerveaux.
{La Fontaine.)
{Voltaire.)
Dans ces exemples, souvent citĂ©s, le fĂ©minin est Ă sa place; lâironie explique tout.
Le but des auteurs est dâexprimer un ridicule ; or, lĂ masculinitĂ© annonce toujours
une idée grande et noble; elle eût été déplacée ici sous la plume satirique de nos
grands Ă©crivains. Le fĂ©minin est donc venu lĂ , parce que le masculin nây pouvait ĂȘtre.
Les exemples dâexpressions fĂ©minines, dans lâironie, sont trĂšs nombreux. En effets
veut-on peindre dâun seul trait un guerrier qui manque de courage, on lâappelle iroÂŹ
niquement une femme! Celte ironie est de la derniĂšre injustice, il est vrai, mais enfin
elle explique les peuples qui sâen servent et les langues qui lâemploient. En France,
lâironie est fĂ©minine, parce que le masculin est toujours noble dans son emploi. Du
reste, lâancienne grammaire avait admis cette vĂ©ritĂ©, en lui donnant cette forme si
connue : Le masculin est plus noble que le féminin. ^
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
-
Agi este ur.
Censeur.
Ecrivain.
Ingénieur.
Philosophe.
Régisseur.
Agriculteur.
Compositeur.
Editeur.
Imposteur.
Prédécesseur.
Rhéteur.
Amateur
Confesseur.
Escroc.
Laboureur.
Prédicateur.
Souscripteur
Artisan.
Fat.
Facteur.
Libraire.
Prévaricateur.
Successeur.
Assassin.
Défenseur.
Fauteur.
Littérateur,
Professeur.
Vainqueur.
Auteur (>).
Détracteur.
Fossoyeur.
Médecin.
Prosateur.
Secrétaire.
BotĂ nisif; (3).
Disciple.
GéomÚtre.
Orateur.
Proviseur.
ÂŁte , etc., etc.
Capitaine.
Distillateur.
Graveur.
-Partisan.
Questeur.
Charlatan.
Docteur.
Imprimeur.
Peiotre.
Rédacteur.
(l) On comn.eiK:e Ă dire amairtce ; Ăč Parit /c riche tait tout, U n'y ad'ignorani quĂȘ le pauvre. Celle capitale cet pleine tPamateure et eurtout
dâiKATKicES, qui font teure ouvraget comme JU. Guillaume fattail tet couletiri. Ce mot eat approuvĂ© par Ica rĂšglea de la uĂ©ologĂźe. Linguet. Do-
nicrgue > l plubieur^ écrivaius l'ont employé. It se trouve au>si dans le Dictionnaire de rAcadéraie.
u uu puuiuai AĂŻkiciaiiu^ iu auteur 0 wursAat uieni uv mourir* ij
fallait ipiriĂźuel auteur. Ce qui a fait illusion Ă celui qui a Ă©crit cette phrase ,et lâa portĂ©, selon nous, Ă mettre tpirituelle ao fĂ©minin. câest que le
mol qui suit cet adicctĂźf commence par une voyelle; cela ne serait pas arrivĂ©, si au livu dâoulcur, il y eĂ»t en un mot commençant par une consonne
En effet, ou ne dirait pas : Madame DacĂźer. fdĂšle, mait nome tsaddctbok dâBomĂšre, etc.
fß] Tßcriiai din do Saint-Pierre a employé ce mot au féiniDlD : Jfa ekÚre Firgßnie, ie ne veux point faire de toi une botisutb.
( w )
NÂź XL.
NOMS QUI, AYANT UN* FĂMININ, S'EMPLOIENT GĂPBN PAN T AU MASGUUN.
La mĂšre est le premier instituteur de son enfant.
(Bernardin de St-Pierrb.)
L'expérience qui ne s acquiert que par des fautes,
esi- iin liiĂ tire qui coĂ»te trop chĂ©r: (StanistĂs.)
La colĂšre est Ă la fois le plus aveugle, le plus vioÂŹ
lent et le plus và des conseillers, (de Ségur.)
La vanité est le plus intime de nos conseillers ; et
celui dont les avis prévalent le plus souvent.
(OXBNSTIHRN.)
Lâhistoire renferme l'expĂ©rience du moqde et la
raison des siĂšcles; c'est un, maĂźifĂą unpĂ rtiĂąi dont
nous ne pouvons réfuter les raisonnements, appuyés
sur des faits ; il nous montre le passé pour nous an
noncer lâavenir : câest le miroir de la vĂ©ritĂ©.
* (de Segur.)
. . . L[angoisse, la tristesse,
Sont compagnons de Jà prospérité. ^ .
(Lombard de Langres.)
Les nourrices, sont nos maĂźtres dans la langue naÂŹ
turelle* elles eritenùÚnt tdht cS qiiÚ diséh't léiirs iibûr-
rissoißsi. elles Jeur répondent et ont .ùvçc^,eux des dia
logues trĂšs bien suivis. (J.-J, Rousseau.)
^*Jt/ r I. . i »C* âą
Telle femme que nous connaissons, s'est reveillee
nSiUntĂš ùù fĂšĂŒtĂšs: lĂmm.)
li^'.lola sont les souverains ïés'koißvmins.
(Louis XIV.)
Ilà hs les scénfe dÚ la vie rriorà ie ; l'à me est tout
à la fois défeur et témoin: (dÚ Gérando:)
Les petites-maĂźtresses sont de grands maĂźtres en
coquetterie. (Boiste.)
Votre exemple ihâinstriiit, votre bontĂ© m'accable;
Ninon dans tous les temps fut un homme estimable.
(Voltaire.)
Elle de^en( son maĂźtre, au moment oĂč sa voix
ĂĂ©gaiĂ« Ă peiqe^ un jiom qu'Ă entendit cent fols ;
Ma mĂšre est le premier qu'elle lâenseigne Ă dire.
Elle est son maĂźtre encor dĂšs qĂŒil sâessaie Ă lire-
(LegoĂŒvĂ©.)
V 4 â *
Un fanatisme aimable à leur ùme enivrée
Disait : la femme est Dieu, puisquâelle est adorĂ©e.
Et les infortunĂ©s que leur bontĂ© soulage âą;
Sentent ĂąvĂšc bonheur, peut-ĂȘlte avec amour^
Quâune femme est lâaint ijui les ramĂšne au jour.
(Jd.)
Oti voit qu il Ăż d des Circonstances oĂč', mĂȘme en parlant de femmes; ou d*ĂȘtres du
gĂ©nrĂš fĂ©miniUy on dort; dans lĂ©s noms qĂŒi ont unĂ© terminaison propre pour lĂ© fĂ©mi-
ifiri; ĂȘfĂŻĂźplĂŽĂżer plutĂŽt lĂš masculin: Ainsi; biĂ«n que* les mcits m; tnaĂźtre. Dieu, souveÂŹ
rain, ami, aient leur fĂ©minin reine, maĂźtreĂ©se, soĂŒveraiûÚ; dĂ©eĂ se; amtĂš; etc., il faut dire :
Marie-ThérÚse était un grand roi. Les petites-maßtresses sont de grands maßtres en coquetterie.
La femme est Dieu, puisqu'elle ééi dk'SféÚ: LÚS tbis sont tes souverains des souverains. Une
femme est l'ami qui ramĂšne les infortunĂ©s au jour, etc. Câest ainsi quâune femme qui disÂŹ
puterait a son mari rĂąĂŒiĂŽrĂźtĂ© quâil doit avoir dans le mĂ©nage, dirait : le maĂźtre ici, c'est
moi, bien qiiâellejpĂ»t dire aussi : la mmtTeĂšse ici, cest moi. Mais ĂŒ y Ă entre ces deĂŒx
â locutions une diffĂ©rence bien sensible, Ăšt qui rĂ©sulte entiĂšrement de la diffĂ©rence
quâont pour le sens les mots maĂźtre et rnaĂźiresse.
Nous avons épuisé toutes les rÚgles de syntaxe relatives au genre des substantifs; il
nĂš nous restĂ© plus qiiâĂ faire connaĂźtre cĂ©lles qui ont rapport au nombre, partie si diffiÂŹ
cile et qui nâa pas encore Ă©tĂ© bien traitĂ©e jusquâici daiis aĂŒciine girammĂąirĂš.
(95)
1
SYNTAXE DE
XLI,
* eu
DBS ADJECTIFS PRIS SUBSTANTIVEMENT ,** ET' DES NOMS GĂNĂRALEMENT EMPLOYĂS AU
SINGULIER.
**âą- ' - âą ' â âi f i ifr Cii.
NOMS DE METAUX, D AROMATES, DB VERTUS ET DE *
VICES.
11 y a des conjonctures oĂč la prudence mĂȘme orÂŹ
donne de ne consulter que le chapitre des accidents,
(de Retz.)
Lâencem lointain, cachĂ© dans la Libye,
Yaut-il les fleurs dont se couvrent nos vins?
(Cas. Dklavigne.)
J
Vargent est comme le temps; nâen perdez pas,
vous en aurez assez, ' (Lkvis.)
pans tous les temps, Vor a été regardé comme ie
métal le plus parfait et le plus précieux.
â . . . (Buffon.)
AprÚs le fer, le cuiure est le métal le plus diffi
cile Ă fondre. ' {id.)
ha paresse donne eiitrée à tous les vices.
^ (Maixkbranche-)
La crainte du Seigneur commence la sagesse,^,
La charitĂ© lâachĂšve. (La" Uabfe.
âą)
ADJECTIFS PRIS SUBSTANTIVEMENT,
Heureux qui, daiis ses vers, sait, dâune voix lĂ©gĂšre,
Passer du grave ou doux, du plaisant au sévÚre!
â (Boileau.)
Quand Vabsurde est outrĂ©, Ton lui fait trop dâhonneur
' De vouloir, .par raison, combattre son erreur ;
EnchĂ©rir est plus court, sans sâĂ©chauffer la bile, ^
(La FoxNtainĂ.)
11 faut, dans le savoir, préférer Vutile au brûlant.
(Girard.)
Despréaux , en traitant le passage du Rhin dans le
goût de quelques-unes de ses épßlres, a joint le plai-
' sant à Vhéroïque. (Voltaire.)
Assez de gens ont toujours daril la téte iin faux
merveilleux y enveloppĂ© dâftiie obscuritĂ© quâils respecÂŹ
tent. (Fontenelle.)
l e vrai peut quelquefois nâĂȘtre pas vraisemblable.
(Boileau.)
- . ...1 . *
Câest le nouveau seul qui peut plaire
Aux goûts blasés sur le vrai beau..
(F. DE NeUfchateau.)
Le grand vous plaĂźt, eTla gloire vous flatte.
(Voltaire.)
Vous y cherchiez le vrai, vous y goûtiez le beau.
{Id.)
Tout plaĂźt mis Ă sa place : aussi gardez-vous bien
Dâimiter lĂš faux goĂ»t, qui mĂȘle en son ouvrage '
Vinculte, Vélégant, le peigné, le sauvage.
(Delillk.) ,
Il y a* trĂŽi's* observations Ă faire :
1° Les adjectifs abstraits, tels que beau, vrai, ĂŒtitĂ©, etc., quand* ils sWt pris subs-
taniivemenl, ne sâemploient jamais^ au pĂźurieT; , ,
2° On peut en dire autant des noms de mĂ©taux et dâaromates, quand ils signifient
chacun Ăčne seule substance composĂ©e de'pĂŻĂŒsieĂč^ ou, si lâon veut,dorsquâils
dĂ©signĂ©nt , comâme individfĂŒĂ©Ăe, la massĂ© de chacun de ces niĂ©taĂŒx et de ces aromates ;
leur nom est , Ăą la vĂ©ritĂ©, fe nom dâune espĂšce considĂ©rĂ©e mdividuellĂȘmĂ©nt, et qui nĂš
renferme point dâindiridĂ»s distincts. Si, au contfĂ ire, ĂŽn lĂ©s considĂšre comme mis en
oeuvre, divisĂ©s en plusieurs parties, et quâon y distinguĂ© dĂ©s qualitĂ©s qui permettent
de les ranger en diverses classes, ils prĂ©nnent alors labiarque dĂ» plĂčfiĂ©l. Dans ce cas,
on dit trÚs bien : des ors, des cuiirres dé différentes couleurs; des férs, Úes éhcciis Se
différentes qualités ; . " ^
On pardonne tout , hors Vorgueil.,,
\ (Voltaire.)
Lâavarice est la plus yile^,* mais hon.pas^ lĂą plus
malheureuse de nos passions. \^(DĂŒclos.)
. t - X â âą , . 1»/ J i
Sa piété et sa droiture lui attirait le respect. ,
(Bossuet.)
(.96)
3Âź Ce que nous venons de dire des mĂ©taux et des aromates doit Ă©galement sâappliÂŹ
quer aux mots dĂ© vertus et de vices, en ce sens que, si ces mots nâexpriment que la
passion ou le sentiment, iis restent invariablement au singulier, parce que ce sentiÂŹ
ment, celte passion ne sont chacun quâun ĂȘtre unique. Hors de lĂ , on sâen sert quelÂŹ
quefois au pluriel ; mais alors ils signifient les actes ou les effets de nos passions, de
nos sentiments. Exemple : Choisissez des sujets dignes de vos bontés. (Corneille.)
EXERCICE PHRASĂOlOGJQĂE.
ADJECTIFS PRIS SUBSTANTIVEMENT. NOMS DE METAUX ET D AROMATES
L'or.
Lâargent
Le cuivre.
Le plomb.
Le fer.
L'ctoin.
1.0 tiuc.
Le ii.ercure.
Le platine.
Le vif-argent.
NOMS DE VERTUS. NOMS DE VICES.
Le faux.
L'utile.
Le comique.
Le possible.
L'impossible.
- L'horrible.
Le monstruciis
Le certiiĂźn.
Lâincertain.
..h Lâabsurde.
Le facile,
j.e diflicile.
Le eimple.
Le composé.
Le classique.
Le romantique..
Le nouveau.
Le doux, o
Le sublime.
Le vrai.
La cannelle.
La constante.
La luxure.
Le baume.
La tempérance.
La p Bref se.
La myrrhe.
La sagesse,
L'ivrognerie.
,Le atorax.
La foi.
LâintempĂ©rance,
L'encciia.
La juElIce,
Lâorgueil.
Lâobsiutlie.^
La chasteté.
L'elTrooterie.
Le'geniĂšvre
La pudeur.
Lâavorice.
Le girofle.
La clémence.
La gnurmaudise.
La vanille.
I,a candeur.
L'oisiveté.
La lavande.
La sobriété. .
La Doncbalance.
XLII.
f
SUBSTANTIFS QUI SONT TOUJOURS EMPLOYĂS AU PLURIEL.
Et qui peut contiamncr les pleurs de la nature ? ,
(La Harpe.)
Toute la doctrine des mĆurs tend uniquement Ă
nous rendre heureux-. (Bossuet.)
Il y a plusieurs martyrs enterrés dans les cala-
combes, ^ (Académie.)
La nature est pour lâhomme un livre ferme , et ie
crĂ©ateur, pour confondre lâorgueil humain, sâest plu
à répandie des ténÚbres sur la face de cet ahßme.
J (Massillon.)
Aux dĂ©pens dĂŒbons sens gardez de plaisanter.
/ (Boileau.)'
Ils allaient insulter aux mĂąnes de nos rois.
' . âą Ud.)
Beaucoup de gens se préparent des remords, des
maladies , la mort Ă grands frais. (Nicole.)
Je sens que, malgré ton offense,
Mes entrailles pour toi se troubient par avance.
, (Racine.)
Toujours la tyrannie a dâheureuses prĂ©mices.
(Racine.)
VoilĂ , voilĂ , messieurs, lâeffrayante chronique
Quâon tourne, Ă vos dĂ©pens, en rĂ©cit prophĂ©tique.
(Cas, DelavĂŻgne.)
La distinction la moins exposĂ©e Ă lâenvie'est celle
qui vient d'une longue suite dâancĂȘtres.
(La Fontaine.)
11 y a dans noire langue des noms qui, exprimant plusieurs choses distinctes réunies
sous la mĂȘme dĂ©nomination, n'ont point de singulier, ou du moins, sâils en ont un,
il nâest usitĂ© que dans des circonstances plus, ou moins rares.
Parmi les noms que Ton cite comme nâĂ©tant jamais employĂ©s quâau pluriel, on
compte les mots ténÚbres, pleurs, moeurs, dépens, mùnes.et prémices. Ce sont là des dé
cisions de grammairien», dont les Ă©crivains font souvent justice; car il suffit quâun
nom soit nom pour quâil subisse tous les accidents du nombre; et, Ă proprement parÂŹ
ler, il nây a pas de substantifs qui, employĂ©s au pluriel, ne puissent lâĂȘtre au singuÂŹ
lier. Ăcoutons lĂ -dessus M. Arnault, ancien prĂ©sident de lâAcadĂ©mie; ses paroles auÂŹ
ront plus de poids que les nĂŽtres.
« LâAcadĂ©mie nâa-t-elle pas dĂ©cidĂ©, par exemple, que le substantif masculin jo/eurs
ne pouvait pas prendre le singulier? Bossuet, cependant, cc grand Ă©vĂȘque, dont la
statue est placĂ©e dans le local mĂȘme oĂč lâAcadĂ©mie tient ses sĂ©ances, dit, dans Torai-
Ă
(97.)
son funĂšbre dâAnne de Goiizague : La commencera ce pleur Ă©ternel; lĂ ce grincement
de dents qui n'aura jamais de fin (1). Voilà donc pleur employé au singulier dans une
phrase que tout le monde trouvera peut-ĂȘtre assez belle, et oĂč le pluriel ne le remÂŹ
placerait pas. VoilĂ un exemple concluant; et," n'en dĂ©plaise Ă lâAcadĂ©mie, lâautoritĂ©
de Bossuet en vaut bien une autre. LâAcadĂ©mie ne fait pas la langue; elle en tient reÂŹ
gistre sous la dictĂ©e des hommes de gĂ©nie. Ce nâest pas Ă elle Ă nous faire la loi. »
Intimement convaincus de la vĂ©ritĂ© de ces derniĂšres paroles et de lâinsuffisance de
toutes les grammaires, nous avons entrepris ce grand ouvrage, oĂč nous ne pouvons
jamais induire en erreur, parce que nous nous appuyons Ă chaque pas sur les grands,
Ă©crivains, quâon doit regarder, avec nous, comme les seuls lĂ©gislateurs de notre belle
langue.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Accorda illes,
ConfĂźtis.
Frais.
Nipcs.
AgtKlIS.
Décombreà .
Bardes,
Prémloes.
ArrérageSL .
. FienqaiUe*
Funérailles.
Pleurs.
Armoiries
Epousailles.
MĆurs.
ObsĂšques.
Annales.
Entrailles.
Matines.
Catacombes.
Alentours.
Doléances.
Matériaux.
VivresL
Fonts,
Dépens.
MĂąnes.
TénÚbres.
fiesieles.
Meaehettes.
NÂź
XLIII.
»
NOMBRE DES NOMS ETRANGERS.
r Âź SĂRIE. âSANS 5.
Vous chanterez TexcĆlsis gloria,
Et des noëls et des alléluia. (Parny.)
Les lazzaroni forment une grande partie de la poÂŹ
pulation de Naples. . . (De Jour.)
Dans les gros in-quarto qu'on nous donne sous le
titre de mandements, on remarque dâabord des.ar-
prjoiries avec de beaux glands ornés 'de houppes.
(Voltaire.)
La rigueur de la saison qui détruisit les biens de la
icrre, cn ce temps, apporta la famine. On périssait dé
' misÚre au bruit des Te deum et parmi les réjouis
sances. (Voltaire.)'
Plusieurs hermeum conduisaient de la Messénie
dans la Laconie et dans TArcadie.
- (Chateaubriand.)
AprĂšs tant dâorcmus, chantĂ©s si plaisamment,
AprÚs cent requiem, entonnés si gaßment,
Pour nous, je lâavouerai, c'est une peine extrĂȘme
Quâil nous faille aujourdâhui prier Dieu pour vous-mĂȘme-
. (Voltaire.)
Les liehen ont en général pour racines des giùffes
Imperceptibles qui sâaccrochent aux rochers les plus
dors et les plus polis.
(Bernardin de St-Pihrrb.)
sĂ©rie. â AVEC s.
. . . J'ai comme un autre marqué '
Tous les déficits de ma table. (Voltaire.)
L'abbé Cahusac mettait le Cantiquo des Cantiques
au rang des meilleurs opéras de Tantiqulté.
(J.-J. Rousseau.)
Louis XIV se plaisait et se connaissait aux choses
ingénieuses, aux impromptus, aux chansons agréa- ,
bles. (Voltaire.)
Fuyez encor les tours trop délicats,
Des coneettis l'inutile fracas. (de Berhis.)
R met tous les malins six impromptus au nef,'
(Boileau.) '
Anglais, il faut nous suivre en tout.
Pour les lois, la mode et le goût, ,
MĂȘme aussi pour l'art militaire.
Vos diplomates, vos chevaux
N'ont i>a3 épuisé nos bravoz, * (Béranger.)
DĂš belles dames qui convoitaient le quine de la loÂŹ
terie royale, allĂšrent trouver un fou aux Petitcs-Mai-
sons, dans l'espĂ©rance quâil nonamerait les numĂ©ros
gagnants. (MfiRGfaR.)
(i) M. Victor Hugo ne semble-t-il pas avoir imité Boséuet dans les vers suivants
Combien vivent Joyeux qui devaient; sĆurs ou frĂšres,
Faire ur» pleur étemel de quelques ombres chÚres I
-Ăź'
.11 < (J *
â v;
\ÂŁk'
t>. ~ V.
15
( 98 )
ta vSfla^ffĂst'est lĂ VeidĂš vifta moderne qTii lĂč'ifil ,
lïïtét%:ssé'ati feiïßeù des débris 'des villa de tant d'em- '
pereuis et -de consulaires. (Chateaubriand.)
Oe tous.les'ana> 'celai qui mĂ©rite le plus d*ĂȘtre mis
au rang des piensonges imprimés , et surtout des
mensongéà ^ßn&pidÚs/eft lé 'ségfaisiaria.
{Voltaibb)
FÎSnùÚnl,
(Castel.)
Les çoĂŒrtisans sont dĂšs jetons,
Leur valeur dépend de leur place i
Dans la'faveur, des millions,
Et des I^éros, dans la disgrùce;
(BRBBOKDFi)
Ce fut Mazarin qui fit représenter à Paris les .pre
miers opĂ©ras, et câĂ©taient des opĂ©ras italiens.
(La HĂ rpk.)
Les concertos, de teclerc eurent en .France une
ĂźgMd TĂ©^tĂ ftion. '^{Gi nguenh .)
Il nâexisie pas encore de rĂ©glĂ©s fikĂ©s sĂčr lĂš plĂčriéß afes noms qui dĂ©rivent des lanÂŹ
gues Ă©trangĂšres. Bien souvent câest Tarbitraire seul qui en dĂ©cide, et cela est si vrai,
quâil ne aĂ©rait pas difficile "dâaccumuler les autoritĂ©s 7pour et contrĂ©-sur ce point dĂ©
grammaire-, et, ajouterÎhs-nous, dfoppbsér les écrivains à eux-méhies (1). Dans un
tel Ă©tat de choses, ce que nous pouvons faire de mieux, câest dâoffrir Ă nos lecteurs
les rÚgles qui nous paraissent les plus ration'nenéç sur cette grande difficulté.
r
ESSAI .
sua L'oRTBOGBAFBB des mots empruntĂ©s aux langues "ANCIENNE ou ĂTRANGĂRES, ET DE QUELQUES AUTRES
. . MOTS ANALOGUES (2).
. Ăą '
Nota. *I)aris'ßÚâfravĂ iDqni Ă«uit, on ne sâest pas -toujours attachĂ© Ă donner la liste enÂŹ
tiĂšre "des "mots'etâdes expressions que chaque rĂšgle embrasse : on a cherchĂ© seulement
à ƞéuriir assez 'ĂąâĂ«xĂ«rnplĂ©sTpoVr quâil ne restĂąt aucun doute sur la maniĂšre dâentendre
et d'appliquer la rĂšgle.â Parmi les termes citĂ©s, il sâen trouve plusieurs qui, ^nâa'yatĂŻl
point de voyelles auxquelles on puisse donner lâaccent, et qui, ne sâemployant presque
jamais au pluriel, senablent allonger inutilement la série qui les renferme on a dû
cependant les admettre, parce quâils servent Ă ^montrer que lĂ©s mots de ceĂŒic^espĂšce
doivent ĂȘtre en caractĂšre romain ou en caractĂšre italique , selon quâils ont perdu ou
conservé leur nature étrangÚre.
MOTS LATINS.
1Ÿ On devra toujours*écrire en'ifa/iqtie, et sans*aucun des signés accessoires propres
aux mots français,MĂšsĂerrnes etiĂ«VĂšxpression§ Ă©videmment Ă©mployĂ©s avec rinâtĂ©nlion
de faire un emprunt Ă la langue latine, soit quâils nâaient pas encore Ă©tĂ© assez frĂ©quem-
ĂŻriĂ©int usitĂ©s poĂŒr-se franciser'complĂštement, soitâque leur forme mĂȘme oĂŒ que deur
sĂ©iis sâdppĂŽâse Ăą" cfe''qĂŒâ il s â^iĂ©viĂ©iinĂšli t ^j ĂąmĂąis tou t-Ă -fai t fra nçais. â Parmi ces mots , il
(1) La Harpe et Voltaire ont écrit des opéras tantÎt avec-un s, tantÎt sans s.
*
(99)
faut ranger tous ceux qui, par une sorte dâabrĂ©viation, servent Ă dĂ©signer la priĂšre, le
exte dont ils sont le commencement.
Alibi.
Angélus.
Ave Maria, ou simplement Ave.
Benedicite.
Bis.
Compendium.
Confiteor.
Credo.
Critérium.
Deleatur (terme d'imprimerie).
Dictamen.
Ergo (1).
Exeat (2).
Exequatur
Idem.
Item,
Iterato.
(priĂšre Ă©t -meĂŒble).
Magnificat.
Maximum.
Minimum.
Miserere (priĂšre et maladie).
Nota bene ou simplement Nota
Pareatis.
^Pater (le), â .
Peccavi.
primo, secundo, tertio, etc.
Quasimodo (la).
Requiem.
Retmtum.
Scdve. ^ â
Stabca.
Te Deum.
Veto.
Ah intestat.
Ah irato.
Ad patres.
A latere. -
A remoĂźis.. '
Ecce homo.
Ex professa ^(3),
In extremis,
in globo*
In paee.
Inpartibus.
Inpuris.
Nec plus ultra (le).
Quos ego.
Sine qua non.
Statu jquo.
'Pluriel ; Des fdilfi, des Ave Maria, Aes BenediĂ te, deS'compendium, des Confiteor, des
Credo, des deleatur > .des dictamen, des exeat, des exeqmtur, etc., etc.
Nota. Lâexpression grecque kyrie eleison, et les mois hĂ©breux.sont
analogues, par le rĂŽle qu'ils jouent dans notre langue, aux mots latins qui pĂźrĂȘcĂšdent.
Les mots et cĆtera, quoique latins, sont presque toujours lorsquâon les Ă brĂšge/etc.),
en mĂȘme caractĂšre que le texte OĂč ils ;se trouvent ; câest une exception -bien connue.
2° Ou devra écrire en romain., len jeur donnant le signe du pluriel, et en les accen
tuant, sâil y a lieu, tous les mots latins qui rĂ©pugnent Ă entrer dans la sĂ©rie prĂ©cé
dente.
Un accessit, â Des accessits.
Un agenda. â Des agendas.
Un album. âDes .albums.
Un alinĂ©a (4). â Des alinĂ©a
Un apparté Des apartés.
Cicéro. *
ĂŒn dĂ©ficit. â Des dĂ©ficits.
Ăn.dictom (ou mĂȘme un.dicton).â Des dictums.
Un duo. â Des duos.
Un duplicata. â Des duplicatas..
(1) Les bons éditeurs lejettent aujourd'hui l'accentuation latine, ou prétendue telle. Faut-il compliquer Tor-
Ihographe franç^se en conservant ces signe? inutiles sur les mots fatins qui se montrent quelquefois dans notre
langue ? Je ne le pense :pas ; aussi n'ai-je point balancé à les retrancher entiÚrement.
(2) Ce mot, quoique depuis long-temps employĂ© en français, ne,Ta guĂšre Ă©tĂ© que panni les gens dâĂgli^ ou
de collĂšge, et a dĂ», pour eux, garder toujours sa physionomie originelle, <0n peut en dire autant
tur, qui n'a jamais franchi l'enceinte du palais ou des chĂźmcellcries.
.(3) Quel parti doitron prendre pour le classement, dans des dictionnaires français, des locutionsâadverbiales
latines qui sont forméesune préposition et d'un autre mot,déliés que ex professa, in extremis, d6 intes-
' tĂŽt, etc ? TantĂŽt TAcadĂ©mie des place au rang quĂŒndique la prĂ©position {wyĂ©z ex-professo); .tantĂŽt Ă -celul que
le second mot réclame (voyez extremis [m])."ElIe a ordinairement préféré ce dernier mode, qui seiribleen
effet le plus naturel. . . ...
(4) Si Ton n'admettait pas Ys au pluriel Ă âalinea, Ă âapariĂ©, dĂ©jĂ francisĂ©s'Ă demi par Taccent ; Ă plu^ffofte
raison, fnudrait-il le refuser au mot français alentour, qui est bien certainement Texpression à Vcntour, et
qui cependant reçoit toujours le signe du pluriel : les alentours.
( 100 )
ĂŒn errata (i). â Des en-atas.
Uii factotum (ou mĂȘme un factoton). â Des facÂŹ
totums.
Un factum. â Des factumg.
Folio. â Des folios.
Forum. â Des forums.
Unfrater. â Desfraters.
Le gaster.
Un impromptu. â Trois impromptus au net
t (Boileau).
Incognito. ?
Intérim.
Un magister.
Le médium de la voix.
Un mĂ©mento â Des mĂ©mentos.
Mordicus, (adv.)
. Un musĂ©um. â Des musĂ©ums.
Un omnihua.â Des omnibus.
Le palladium. â Des palladiums.
Le pallium. âDes pafiiums.
Un peccata. â Des peccatas.
Un pensum. â Des pensums,
ĂŒn populo.âDes petits populos. (Aeadl)
Quasi, (adv.)
Un quatuor, â Des quatuors.
Un quiproquo. âDes quiproquos.
Recta, (adv.) â Payer recta.
Le recto et le.verso. â Les rectos et les versos dâun
registre. '
Du spermacéti.
Tacet. ^ Garder le tacet.
Le typhus.
Un ultimatum. â Des ultimatums.
Une virago, ^ Des viragos.
Un visa. â Des visas.
Observation,âRejeter Forthographe qui vient dâĂȘtre indiquĂ©e, ne serait-ce pas conÂŹ
damner celle que lâusage et lâAcadĂ©mie elle-mĂȘme ont donnĂ©e Ă plusieurs mots latins
qui certes ne sont pas plus usités, comme
Des débets
Des quolibets
Des veriigos
qui sont analogues Ă | Des quiproquos.
Des déficits, des accessits. :
Des quiproqi
Des viragos.
Les termes dâanatomie, de.mĂ©decine, de chimie, de botanique, etc., employĂ©s frĂ©^
quemment dans les ouvrages et dans les cours publics oĂč Ton traite de ces sciences,
appartiennent à la classe des mots latins devenus français. Tels sont, par exemple :
Cancer, (chir.) â Des cancers.
Coagulum. (chim.)
Dahlia. âCultiver des dahlias.
Duodéum. (anat.)
FĂ©mur, (anat.) âLes deux fĂ©murs.
GĂ©ranium, etc. âCultiver des gĂ©raniums.
Lumbago, (méd.)
Rectum, (anat.)
Potassium, (chim.)
Sodium, (chim.)
Sternum, (anat.)
Jéjunum, (anat.)
Liber, (botan.)
Ténia, (méd.)
Tibia, (anat.) â Les deux tibias. âą
Méconium, (méd.)
Pollen, (botan.)
3Ÿ Les mots formés de deux mots latins unis par un tiret ne prennent jamais le signe
du pluriel, ni d'accent, et doivent sâĂ©crire en italique; tels sont :
CftoĂŻera-morbus. (CAoleraf lorsquâil est employĂ©
seul, prend lâaccent et sâĂ©crit en romain.)
Ex-voto. âDes ex-voto.
In-folio, m-quarto, etc. âDes in-foHo, des tV
quarto (2).
Post-scriptum. â Des post-scriptum.
Vade-mecum.
Veni-mecum.
*
( 1) Par une distinction tout-Ă -fait contraire Ă lâesprit de notre langue, quelques-uns emploient le mot errata
lorsquâils indiquent plusieurs fautes Ă corriger, et le mot erratum, lorsquâil ne sâagit que dâune seule faute. Que ne
disent-ils, pour ĂȘtre consĂ©quents, un duplicaium, au lieu de un duplicata, des facta pour''des facturas etc.?
Dâailleurs, si, pour eux, errata est un pluriel, ils devraient Ă©crire tes errata dâun volume, et non lâerrata.
â Pirata, signifie une tablĂ© destinĂ©e Ă indiquer les fautes quâun livre peut contenir : sâil ne sâen trouve quâune,
tant mieux ; mais cet heureux accident ne saurait obliger Ă transporter la syntaxe latine dans notre langue. Je
pense donc quâil faut, dans tous les cas, Ă©crire au singulier un errata, et au pluriel des erratas : Chaque volume
est accompagnĂ© dâun errata. Lâerrata du 3Âź volume ne signale quâune faute. Tous les erratas de ces volumes
sont faits avec soin.
(2) Lâusage nâest pas ici touUi-lait d'accord avec notre rĂšgle : U laisse le mot toujoUTB invariĂ©. mais ordiÂŹ
nairement Ă ne lâĂ©crit point en Italique.
(101 )
' ' â ^
MOTS GRECS.
Les mots grecs introduits dans notre langue sont en général complÚtement francisés
par le changement de désinence, et ne peuvent donner matiÚre à aucune discussion.
Les dénominations de
Panorama, ' | Géorama,
ĂŒiorama, . l NĂ©orama, etc.
ne sauraient faire exception, puisquâelles ne sont que fabriquĂ©es, et que la langue
grecque*ne les rĂ©clame pas. Ăcrivez ; Des panoramas, des dioramas, etc.
\
. MOTS ITALIENS.
* » t
i â - , âą * * ,
Les mots empruntĂ©s Ă la langue italienne peuvent ĂȘtre classĂ©s comme les mots laÂŹ
tins; câest le mĂȘme principe qui prĂ©side Ă la dĂ©termination du caractĂšre qu'on doit leur
attribuer.
i° Exemples de mots italiens quâun long usage ou lâoubli du sens original a rendus
français, et qui sont dÚs lors soumis aux rÚgles de notre orthographe.
Alto, (instr.) â II y a quatre altos dans cet orÂŹ
chestre. '
Apoco.
Bravo. â Des bravos.
Concerto. ^ Des concertos.
Domino. â Des dominos.
Finale, â Des finales.
imbroglio, â Des imbroglios. âą /
NumĂ©ro. â Des numĂ©ros.
OpĂ©ra, â Des opĂ©ras.
Oratorio.âDes oratorios.
Piano (siĂ©bsL instrument). â Des pianos.,â'(Voyez
le paragraphe suivant.)
âą Soprano. â Des sopranos.
TĂ©nor. (Ce mot a mĂŽme perdu Te final.) â Des té
nors.
Trio, â Des trios.
Zanni. (Nom dâun personnage de la comĂ©die itaÂŹ
lienne.)
^ZĂ©ro (1) â Des zĂ©ros. â Etc.
2" ĂxemplĂšs de mois italiens employĂ©s avecTintention marquĂ©e de faire un emprunt
Ă la langue italienne, et qui n'admettent aĂŒcun des signes accessoires propres aux
mots français.
* \ m . * '
idagto. (subst. et adv.)âDes adagio. Largo,
Allegro, (id,) â allegro. ^ | Piano (subst. et adv. Voyez/brtĂ©.)
Andante. (subst. et adv.). Des andante. â Piano-forte ou Forte piano (instr.)
Crescendo, (id.) i Nota. 11 est Ă©vident que lâadjonction de forte rend
Far niente (le).
In petto. (loc. adv.)
Forte, (subst. et adv.) â Observer les piano et les
forte.
Franco.
au premier mot sa physionomie italienne.
Presto, (subst. et adv.)
OpĂ©ra sĂ©ria et opĂ©ra buffa. â MĂȘme motif que
pour piono-forte.
Yivace, dolce, etc.
. Observation. Les mots italiens employés comme termes de musique, tendent peu à peu
à devenir français, parce que la langue à laquelle ils appartiennent est plus ou moins
familiĂšre aux .personnes qui cultivent cet art. On affecte mĂȘme assez gĂ©nĂ©ralement
(t) Les mots concetti, lazzi, tout-à -fait natura^sés dans notre langue, sont des pluriels en italien. Si l'on dit
quelquefois abusivemeiit un concetli, un lazzi, la grammaire doit sâefforcer de justifier cet emploi par l'ellipse,
un de ces mots quâon appelle concetti, un de ces gestes quâon appelle lazzi], plutĂŽt que dâavouer une entiĂšre
gnorance de la langue qui est, aprÚs la nÎtre, la plus répandue des langue européennes. Ainsi, jamais ces deux
mots, quoique devant sâĂ©crire en romain, ne prendront le signe du pluriel. â IHlettanti nâest pas, il'sâen faut,
dâun usage aussi gĂ©nĂ©ral ; plusieurs mĂȘme le considĂšrent comme un mot purement italien, et disent au singuÂŹ
lier dilettante : doit-on les imiter? â Il ne faudrait pas Ă©tendre ce qui vient d'ĂȘtre dit, aux mots latins dupliÂŹ
cata, agenda; car Tusage, en les employant aussi souvent au singulier quâau pluriel sans aucun changement
de forme, a, pour ainsi dire., consacrĂ© lâoubli de leur origine.
( 102 )
dâemployer les mots italiens pour certaines indications auxquelles les mots français
conviendraient tout aussi bien, et mieiiti peut-ĂȘtre; ainsi la plupart de nos composiÂŹ
teurs écrivent sur leurs partitions '.flauti, oboe,fttgotd, corrà , vioUni, etc,, au lieu de
flĂ»tes, hauĂ©ois, bçtesĂŽns,.cors, vwlons, etc. A tout prendre, ce genre dâaffectation nâest
pas saris utilitĂ© pour la grammaire, puisquâii-sert Ă dĂ©terminer le vĂ©ritable caractĂšre
des mots plus fréquemment usités.
MOTS E8PA6N0LS ET ANGI.A1S.
* *
Quant aux mots espagnols ou anglais, et Ă tous ceux des langues oĂč 1*5 est, comme '
dans la nĂŽtre, le signe ordinaire dii pluriel, ce signe ne peut leur ĂȘtre refusĂ©, mĂȘme
lorsqu'ils restent étrangers. Il faudra donc se contenter de distinguer ceux qui n'ont
pu encore devenir français, de ceux qui se sont acclimatés, en ne leur attribuant ja
mais d'Ă ccentĂŒĂ tion, et en les Ă©crivant avec le caractĂšre italique.
iÂź ĂxĂ©mplĂ©s de mots espagnols Ăšt anglais considĂ©rĂ©s comme français, et qui obĂ©isÂŹ
sent aux rĂšgles de notre orthographe.
ESPAGNOLS.
«
AlguazU..â Des alguazils.
Aviso. â Des avisos.
Hldà lgÎ. » Des hidalgos;
Bifteck (pour Beef-sUĂ k?) âDes biftecks.
Bill. â Des bills.
Budget; Des budgets;
Constable. â Des constables.
Jury (1).â Des jurys;
Lady (1). â Des ladys.
Embargo. â Des embargos.
Paroli. â Des pareils.
AHOLAXS.
Schellingâ Des schelUngs.
Sterling (^, â Mille livres sterling. *
Toast. â Des toasts.
Tilbury (1). âDes tilburys.
Toiy (1) et whig. â Les whigs et les torys.
Yacht. â Des yachts.
2Âź Ăxemjples de mots qui sont restĂ©s espagnols et anglais, quoique, assez souvent
usités en français.
ESPAGNOLS.
Auio-dofe (3). â Des autos-dorfe.
Bol&ro. â Des bolĂ©ros.
La camartTla. â Des camartllas.
Le fandcmgo. â Des fmdangos.
Sanrbenito. â Des sanrbenitos.
ANGLAIS.
Gentleman (4). â Câest un gmtleman accompli.
Watehman (4).
Warrant, â Des warrants.
Verdict. â Des verdicts,
Yeomanry,
MOTS DES LANGUES SEPTENTRIONAJUBS , AUTRES QUE LA LANGUE ANGLAISE.
11 est bien peu de mots, parmi ceux que nous avons empruntés aux idiomes septen
trionaux, autres que la langqe anglaise ^ qui nâaient Ă©tĂ© prĂŽipptement soumis aux
rĂšgles de notre syntaxe d'accord, ou mĂȘme qui ne se soient altĂ©rĂ©s de façon Ă perdre
complÚtement leur physionomie étrangÚre, comme rdtre (pour reuter, cavalier)/ ui-
* *
I . (t) Eii anglais, les mots terminĂ©s par un y grec, le changent en ie au pluriel j et prennent Ys. VĂŽyĂšfe lâobser-
I vation qĂŒl suit la rĂšgle sur les mots tirĂ©s des langues orientales.
(2) Cé inot he prend jamais le signe du pluriel éri anglais, et ne peut par conséquent le recevoir, eh français.
(3) Les mots auto-dor-fe, sanrbenito, et enâgĂ©nĂ©ral les motS'espagnols composĂ©s, devraient peut-ĂȘtre rester
invariables, parce que la plupart des Français, ignorant la valeur de chacun de leurs éléments, ne pourraient
reconnaĂźĂŒrĂ© auquel appartient le signe du pluriel.
' (4) En flQgiflift ces mots font au pluriel, par exception : gentlemen, watchmen; il Mralt hien hasardeux
dâĂ©crire autrement; je nâoserais prononcer sur cette difficultĂ©.
( 10.3 ) ,
dercome (de tuiederkommen, revenir), chcmcroutefie saucrkraut), etc. Cela vient, il
faut le confesser, de ce que Tétude de ces langues est fort négligée en France : une trop
petite minoritĂ© sâintĂ©resse Ă la çonsejfvation ^ies. fp^^
nous donnent, pour que ses représentation^ aiç^tqqglque
et peut-ĂȘtre faut-il sâen fĂ©liciter, quand on considĂšre TextrĂȘme diffĂ©rence"que prĂ©senÂŹ
tent les systÚmes orthographiques et syntaxiques du Nord, comparés avec le nÎtre, et
quelles disparates auraient higĂąjrĂ©nptTe langue, si les emprunts-nâavaient subi auÂŹ
cune transformation.-77^ Quoi qu'iß en soit, puisque la langue française agit presque
toujours en ignorante, lorsquâelle sâempare de mois allemands, hollandais, etc., la
rĂšgle quâon doit leur appliquer dĂ©yipnt trĂšs simple : il faut toujours |^4p^irĂš ,ei| po-
.main, les accentuer comine leur prononciation Tindique, et oubliant si, on le conÂŹ
naĂźt, le mode de formation du pluriel en ^Upipand, Iioll^ncfois, ptp., jfeur4gnper
notre s, toutes les fois quâon veut les employer au plurjpl.
Hourrah. â Il fut accueilli par des hourrj^M..
Landamman.âDes landanunans.
Landwehr. â Des landwehrs.
Laudau. â Des landaus.
Pplder (marais). â Les polders dâAnvers.
StĂąthouder. â Les stathoudcrs de Hollande
Taler. â- Bes talĂ©es.
MOTS TIRĂS DES LANGUES ORIENTALES.
Les réflexions et la rÚgle qui précÚdent sont, en tout point, applicables ^aux mois
tirés des langues de TOrient. Ainsi pn écrit : .
Alcali. âLes alcalis.
Almanach. â Des almanachs.
Bey. â Des beys.
Cadi. â Des cadis.
Pacha, -r- Des padias.
Para (monnaie). â 50 paras.
Paria. â Des parias.
Osmanli. â Les osmanlis.
SoĂ. â Les soiis de Perse. Etc.
Observation importante. â La plupart des rĂšgles que nous avons Ă©tablies cessent Ă©n
gĂ©nĂ©ral dâavoir leur utilitĂ©, quand un historien, un yoyageur, etc., traitant de choses
particuliĂšres Ă un pays, tient Ă les dĂ©signer par les noms mĂȘmes quâelles y reçoivent,
sans admettre les altérations que npus ppus spmnaes permises 4aus plusieurs de ceux
qui, venus jusquâĂ nous, sĂ© sont prĂȘtĂ©s aux caprices de notre ignorance. Alors ces
mots, ordinairement Ă©crits en italique, conservent presque toujours la forme qui leuiâ
est propre, et répudient toute parenté avec les nÎtres. Exemples : « En Angleterre, les
« rĂ©publicains et Jes royalistes sont dĂ©signĂ©s par les noms de vĂŒhigs et de tories. Lesom-
« brero espagnol est un chapeau à larges bords qui ombrage la figure. Le caimaki des
« Turcs est un mets qui ressemble à de la crÚme, mais dpnt Ig gpûf est jnj5pimeqi
« plus délicat. » ,
On peut résumer ce qui précÚde en disant que les mots latins ou étrangers, qui
nâont point Ă©tĂ© francisĂ©s, ^oiyent toujours sâĂ©crire en caractĂšre italique, et ne peuvent
recevoir aucun des signes accessoires qui indiquent en français la prononciation ou le
nombre, sauf lâexception relative aux mots espagnols et anglais. Tous lĂ©s autres,
quelle que soit leĂŒr prigine, seront Ă©crits en romain, Ăšt accentuĂ©s et pluralisĂ©s, quand
il y aura lieu, selon les rĂšgles de nĂŽtre orthographe.
( 4 04 )
APPENDICE.
Tous les mots dont l'origine semble étrangÚre, mais n^est pas biën constatée, sont
réputés français, *et suivent la rÚgle ordinaire.
EXEMPLES.
Ăcacla. Des acacias.
Bengali (oiseau). » Des nengalis.
Agjo. '
Cacao.
Coco. â Des cocos.
Colibri. â Des colibris. .
Fabago.
Finlto de compte.
Halo. â Des halos.
Indigo. â Les Indigos se sont bien vendus cette
semaine.
Ratafia. " .
Rhum.
Silo. â Creuser des silos. â Etc.
»
A celle classe on peut rapporter, au moins comme analogues, certains mdts dont la
désinence est bizarre ou peu commune en français, tels que
QUELQUES MOTS ENFANTINS: âą
Dada. â Papa. â Bobo, etc.*
x
CERTAINES ONOMATOPĂES, PLUSIEURS TERMES DE MĂPRIS :
Brouhaha. ,
BroulUomini.
Ăcheno. .
Bécharu.
Falbala.
Charivari.
Hurluberlu, etc.
BT DIVERS AUTRES MOTS :
Zébu, etc.
. Francatu.
Harmonica.
Pluriel : Les papas et les mamans, des charivaris, des hurluberlus, des falbalas,
des zébus, etc.
r XLIV.
DU nombkEkDES noms pris matériellement.
Les st, les car, les contrats sont la porte
â Par oĂč la noise entra dans lâunivers.
(La Fontaine.)
Un jour se passe et deux sans autre nourriture
Que ses profonds soupirs, que ses fréquents hélas.
(fd.)
Sans rien cacher, Lise, de bout en bout,
De point en point, lui conte le mystĂšre,
Dimensions de Tesprit du'beau-pĂšre,
Et les encore, enfin tout lephĆbĂ©.
(La Fontaine.)
Strabon dit que les Perses épousaient leurs mÚres;
mais quels sont ses garants? des ouĂŻ-dire, des bruits
vagues. (Voltaire.)
Je nâaime pas les h aspirĂ©es : cela fÂŁfit mal Ă la poiÂŹ
trine ; je suis pour lâeuphonie. (Id.)
.... de ces dÚux moi piqués de jalousie
Lâun est Ă la maison, et lâautre est avec vous.
(MoliĂšre.)
Ami, je nâirai plus rĂȘver, si loin de moi.
Dans les secrets de Dieu, ces commenl, cespourqitoi.
(La Martine.)
Les quand, les qui, les quoi pleuvent de tous cÎtés,
Sifilent à son oreille, en cent lieux répétés,
(Voltaire.)
Les si, les mais, les oui, les non,
Toujours A contre-sens, toujours hors de saison,
Echappent au hasard Ă sa molle indolence,
Et souvent Ă sa nonchalance.
Donnent un air de déraison. (Delille.)
Encor des non ? toujours ce chien de ton,
Et toujours non ; quand on parle Ă Rondon.
(Voltaire.)
Que le diable tâemporte avec tes si, tes mais.
(Recward.)
Il a Antoine en aversion nâest pas proprement le
concours de deux a, parce que an est une voyelle naÂŹ
sale trÚs différente de a, (Voltaire.)
( 105 )
n est des noeuds secrets, il est des sympathies,
Dont par le doux rapport les Ăąmes assorties ,
Sâattachent lâune Ă Tautre, et se laissent piquer
Par ces je ne sais gttoi^quâon ne peut expliquer.
(Corneille.)
Dans ses combinaisons notre langue est captive ;
Elle nâa jamais eu de force imitative ;
Son nerf vient se briser contre ses e muets.
(de Pus.)
Il ne demande pas les comment, les pourquoi :
Les dĂ©ĂnitĂźoas le font pĂąlir dâeffroi. (Delille.)
Plusieurs peu font un beaucoup.
(Florian.)
On aura quelque part omis une virgule; que sais-je?
on nâaura pas mis les points sur les i, aussitĂŽt cela
forme un procÚs ridicule. (La Chaussée.)
Je sais tous les si et les mat^ dont les petits spé
culateurs ont enluminé cette vaine science.
(Mirabeau.)
Trois un de suite font cent onze en chiffres arabes.
â (AcadĂ©mie.)
Mon clier philosophe et mon maĂźtre, les les
pourgMOt, sont bien vigoureux. (Voltaire.)
Dans le cas oĂč la somme des oui surpasse celle
des non, alors la loi nouvelle doit Temporter; car
enfin, quand la balance est juste, le moindre poids
suffit pour la faire balancer de Tun des cÎtés.
(Mirabeau.)
Il faut se garder dâenseigner aux enfants ces phrases
dâune politesse affectĂ©e dont ils surchargent leur?
demandes, comme les je vous en prie, les petite
maman, en grĂące. (M⻟ Campaw.)
Les Italiens ont supprimé toutes leurs h.
(Volta'ire.)
Un tiens, vaut, ce dit-on, mieux que deux tu Vauras.
(La Fontaine.)
Il pleut des monosyllabes. On mâa envoyĂ© les que,
on mâa promis les oui, les non, les pour, les gui, les
quoi, les 5». (Voltaire.)
Immole'e Ă mon pĂšre nâĂ©corche point mon oreille,
parce que les deux e font une syllable longue.
(M.)
Les si, les pourquoi sont bien vigoureux ; on
pourra y joindre les que, les oui, les non, parce quâils
sont* plaisants. (Voltaire.)
... De ces deux moi piqués de jalousie,
Lâun est Ă la maison, et Tautre est avec vous.
((MoliĂšre.;
Il est une classe.nombreuse de mots, tels que ceux des exemples que nous venons
de citer, qui ne prennent pas la marque du pluriel, lorsquâils sont employĂ©s substanÂŹ
tivement. La raison en est, que la plupart de ces mots sont invariables de leur naÂŹ
ture, et quâils sont ici pris dans un sens tout-Ă -fait matĂ©riel (1). Voici les exceptions :
1Âź Quoique les verbes Ă lâinfinitif soient essentiellement invariables, ils prĂ©nnent
le sigrie du pluriel, quand ils sont passĂ©s Ă lâĂ©tat de substantifs simples.; les dĂźners,
Jes soupers, les pourparlers, les rires, les pouvoirs, etc.
2° 11 en est de mĂȘme des prĂ©positions devant et derriĂšre; on dira : les devants, les
derriĂšres de lâarmĂ©e.
EXERCICE PURASĂOLOGIQUE.
Les quoi quâon eo dise.
Les commept.
Lea je ne ajis paa.
Les parce que.
Tj9» ou!.
Les non.
Les chut (s).
Des a , des b, des c.
Des sols, des si, des fa.
Des mi, des le , des ut.
Trois quatre. trois sept.
Trois huit, trois neuf.
Des certaine meut.
Les compte sur moi
Des oui-dire.
Les pourquoi.
Des ii, des moi.
Des toi, des pour
Des par.'
Del avec.
Des peu.
Des trop.
Des beoucoup , des comme.
De» prenez (farde û vous.
Dca qui vivcB? '
(1) Voici deux exemples de MoliÚre dans lesquels cette rÚgle a été violée
Veux-tii toute ta vie offenser la grammaire ?
â Qui parle dâoffenser grand-mĂšre ni ^and-pĂšre P
Ociel ! Grammaire est prise Ă contre-sens paf toi. ^
Grammaire, Ă©tant pris matĂ©riellement, devait ĂȘtre employĂ© ou masculin, car on veut dire que ce moi
grammaire, est pris Ă contre-sens, etc.
Décider en chef et faire du fracas
A tous les beaux endroits qui méritent des ha$ !
Far la mĂȘme raison, il fallait des ha sans s ; mais ce signe Ă©tait nĂ©cessaire pour la rĂ©gularitĂ© de la rUne.
(2) Piron a dit cA«l« OTeo i : Pot»/ ekutf âFa le pramtnar «mc t«i caiĂŻ «t Ut chdts.
14
( 1Q6 )
N - XLV.
' DU ^QMBBE DES NOMS PROPRES.
. NOMS PROPRES EMPLOYĂS COMME TELS.
Washington nâappartient pas, comine Buonaparte, Ă
cette race des Alexandre et des Ce'sar, qui dépasse
la stature de lâespĂšce hunaaine,
. . ' (GHATBAUBRlAriP.)
Ce qu-il y Ă de certain, câest que lĂ©s plus savants
des hommes, les SĂŽcraĂźe, les'Platon^ les Newton
ont été aussi les plus religieux.
(Bernardin de St-Pikrre.)
, Les Platon, le§ Pythagore^ m se trouvent plus ;
ou, sâil y en a, câest bien loin de noas^ , .
â . , * * r (J.-J. Rousseau.)
* '
Les vrais gens de lettres-et les yrais philosophes
ont beaucoup plus ménté du genre hum^- que les
Orphée, lÚe.Hercule, et ies Thésée.
(Voltaire.).
Il nây eut en aucune province d'Italie dâorateurs
comme les DĂ©mosthĂšne, lĂšs PĂ©ricUs, les Ăschine.
' . {Id.}
Les Locke ^ les Jffontesqpieu, les J.r/j Rousseau,
en se/evant en Europe ] appelĂšrent lĂšs"peuples moÂŹ
dernes à la liberté, ' (Chateaubriand.)
Les Xa Fontaine, les Boileau, les Racine, les ilJĂŽ-
h'Ăšre, vivaient entre eux.
{Bernardin de St-Pierre.)
Ce nâest que de loin en loin, et dans les intervalles
lucides des nations, quâon voit paraĂźtre des HĂ©rodote,
des Varron, des Spanheim et des Barthélémy.
(de Boufflers».)
Nous avons quelques bons philosophes; mais, il faut
lâavouer, nous ne sommes quelesdicisples des Newton,
des Locke, des Galilée.
(Bernardin ^dk St-Pierre.)
Réalisez une héroïne de roman, elle goûtera des
voluptés plus exquises que les Laïs et les Cléopùtre. -
(J.-J. Rousseau.)
Laissons donc à Molé, cet acteur plein de grùce,
Aux Fleuri, aux Sainval, ces artistes chéris,
Lâart dâemhellir la scĂšne et de charmer Paris,
(DhlillÂŁ.)
LĂ , pour 1 anaes iHdot; Annonay voit paraĂźtre
Les feuilles oĂč ces vers seront tracĂ©s peut-ĂȘtre.
(Delille.)
NOMS PROPRES DEVENUS NOMS COMMUNS.
Il nây a si petite nation moderne qui nâait ses
Alexandres ei ses Césars, et aucune ses Bacchus et
sesCérÚSi (Bernardin de ST-jPiERRE.).
f ,
Si les qualités morales se transmettaient par la
naissance, pn verrait des racps invar^les de So-
crates, de Cotons, de Nérons, de f ibÚres.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Si tous les hommes étaient (les Sacrùtes, Ip science
alors ne leur serait pas nuisible ; mais ils nâauraient
aucun besoin dâelle. (J.-J. Rousseau.)
C'est en HoUandq que lâon trouve communient
des enfants au teint frais, les.plus beaux blonds, les
plus belles carnations, et des hommes semblables Ă
des Hercules. (Bernardin de SttPierre.)
Il est sĂ»r quâil pe se trouve plus dp .'ces Ăąmes viÂŹ
goureuses ou raides de lâantiquitĂ©, des ArisUdes, des
PhociotĂči, dĂšs PĂ©riclĂšs, ni enfin des ^cratesl
(Fontenelle.)
Oh ! combien de Césars deidenint Laridqns. .
(La Fontaine.)
.... Si la troupe invlsiblé
Des froids cen^urs, des ZqĂŻles secrets,
Lance sur tĂŽi ses inutiles traits/
Di couK égal poursuis ton vol paisible.
(QbĂ^sst.) .
Lâart peut produire des milliers de ThĂ©ocrites ei de
Virgiles, mais la nature seule crée des milliers de
paysages nouveaux en Europe, en Afrique, aux Indes,
dans les deux mondes.
(Bernardin de St-Pibrré.)
On aura beau faire et refaire cent fois la vie des
rois, nous nâaurons plus de SuĂ©tones.
(J.-J. Rousseau.)
La plupart des MécÚnes ont été des hommes peu
instruits, témoin Auguste et Louis XIV,
(Bernardin de St-Pierre.)
Les Titus craignent-ils le destin .des Nérons?
(De Belloy.)
La nature nâapprovisionne ce monde que.par assorÂŹ
timent ; il faut recevoir mille Cotins pour un BoiÂŹ
leau, et cept erreurs pour ime vérité.
(Lemontky.)
Et vous, nouveaux Davids, sur vos harpes mystiques.
Jâentends pour lâĂterael retentir vos cantiques.
Ă)ucis.)
V i
MOT),
Ce furent les vices et les flatteries des Grecs et des
Asiatiques, esclaves Ă Rome, qui y formĂšrent les CVz-
tillnay les CĂ©sar, les NĂ©ron. ' - . âą
{Bernardin de St-Pierre.)
Le mĂȘme roi qui sut employer les CondĂ©, les Tu-
rmne , les LuxémléUtij ; les Créqui, les Catiiiai et
les VĂlars dans ses armĂ©es; les CblĂŽert et les Lou-
vois dans son cabinet, choisit les Racme et les Roi-
leau pour^écrire son histoire; Bossuet et les Fe-
nolon pour instruire ses enfants-, les Fléchier y les
Gourdaloue et lés Massillon pour Tinstruire lui-
mĂȘme. ' ' (MauĂ©y.)
Illustres conjurés, les Brute, les Cdssie,
Frappent le grand César saris sauver la patrie.
( DE St-ViCTOR.)
Les grùces, la beauté, les Saphos de notre ùge,
Ne sont pas Ă lâabri de son humeur sauvage.
(Royou.)
Il est lĂ des tyrans , des mimstres cruels,
'Ăt dĂšs Soloris dâun jour quâoh'proclame immortels.
(Michaud.)
Un Auguste aisément peut faire des Virgiles,
(Boileau.)
Aux siÚcles de Midas on ne vit point Î^Orphées.
' ' (VOLTAlliE.)
Qui nous a dit que, de nos jours, parriii les naÂŹ
tions policées ou barbares, on ne trouverait pas des
HomÚres et . des Lycurgues occupés des plus viles
fonctions ? (BABTHiiEMy.)
Les Stentors des salons sont pour nous im supplice.
(Delille.)
LâĂš nom.pTopre, quand il reprĂ©sente le seul individu pour lequel il a Ă©tĂ© créé, est
invariable; mafo il prend la marque du pluriel, lorsque, par extension^ il .se dit de
plusieurs individus semblables Ă celui dont on cite le nom (1). â *
Ainsi, dans les exemples de la premiÚre colonne, les noms Socrate, Platon, Féne-
lÎn, Catinaty etc., désignant, nialgré les adjectifs pluriels qui les accompagnent, So-.
crate, Platon, FĂ©nelon, Cafmaf-eux-mĂȘmes, nâont pas pris dâ5; il nâĂ©n est pas de mĂȘme
dans les exemples de la seconde colonne, oĂč les mots Tacites, Scipions, Nestors, Ăšni-
ployés pour signifier des hommes semblables à ces trois grands personnages, devaient
se pluraliser, . . <
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
NOMS QUI SE RAPPORTENT AUX EXEMPLES DE LA
1« COLONNBi
Les Voltiiire.
Les BacĂźoe,
Les Corneille.
Les Néron.
Les Cicéron.
Les Vaséai.
Les Buffon,
Les David.
2Âź CbLONNĂ.
LĂ * (VoUaircj.
Les Racines.
Les Corneilles.
Les Nérons.
Les Cicérons.
Les PaseĂ li.
Les BulToiis.
Les Davids.
UÂź COLONNE,
Les Shakespeare.
Les Toung. '
Les Virgile.
Les Jurénal.
Les Caton,
Les Boileau.
Les Bayard.
Les Talma.
2" COLONNE.
Les Shakespeares.
Les Toungs.
Les Virgiles.
Lea JuTénais.
Lés Cotons.
Les Botleaux.
Les Bayordi.
Les Talcaas.
1"Âź COLONNE.
Des MĂźtton.
Les Rayoal.
Lea Napoléon.
Les Alexandre.
Les MoliĂšre^
Les ĂŻn'reunĂȘ.
r.ea HoinĂšre. *
Les Martial.
2» COLONNE.'
Lee MĂźltonĂ .
Les Baynals.
Les Napoléons.
Les Alexandres.
t.es Moliéres.,
Des Turennes
Les BonriĂąres.'
Les Mariiati.
(1) Cette rĂšgle nâa pas toujours Ă©tĂ© scrupuleusement observĂ©e par nos meilleurs ccriyaips. Yoici plusieurs
exĂ«mpieĂą oĂč eUĂ© Ă Ă©tĂ© violĂ©e, Ă©t quâil faut sĂ© garder dâimitĂ©r. . ' . '
Tous les peuples ont le sentiment de lâexistence de
Dieu , non pas en sâĂ©levant Ă lui Ă la maniĂšre des
iVeiDfons et des Socrates, par lâharmonie gĂ©nĂ©rale de
ses ouvrages, mais en sâarrĂȘtant Ă ceux de ses bienÂŹ
faits qui les intéressent le plus.
(Bernardinâde St-Pierre.)
Ces belles Montbazons, ces ChĂątillgns brillantes, .
Ces piquantes Bouillons y ces iVémowrjsi touchantes,.
Dansant avec Louis sous des berceaux.de fleurs...
(\âoltaire.)'
Tes Miliiades, tes Socrates
Sont livrés au plus triste sort.
(Gresset.)
Tu parles comme au temps des DĂšce's, des ĂmilĂ©s,
. (Voltaire.)
Clio viiit Tautre Jour se plaindre au dieu des vers
Qu'en certain lieu de Tunivers,
On traitait dâauteurs froids, de poĂštes stĂ©riles,
Les HomĂšres et les Virgiles.
(boiLEAU.) .
*
Je sais cĂ© quâil coĂ»ta de pĂ©rils et de peines
Aux Condés, aux Sullys, aux Colberts, aux Turmms,
Pour avoir ĂŒiie place au haut de THĂ©licon.
(Voltaire/)
Peut-ĂȘtre un successeur des MolĂ©s, des PrĂ©villes,
Peint lés travers des champs, qui peindrait ceux dÚs villes.
(Delillk.)
( 108)
m Nâ XLVI. c^»â
NOMS PROPRES DĂSIGNANT PLUSIEURS INDIVIDUS DâUNE MĂME FAMILLE.
\
1â SERIE. âSANS 5.
Câest dans Pascal, Corneille, Racine, DesprĂ©aux,
Bossuet, FlĂ©chier, FĂ©nelon, Mâ* de SĂ©vignĂ©, les deux
Rousseau, etc,, quâon doit Ă©tudier la langue française,
si lâon veut en connaĂźtre Ă fond toutes les beautĂ©s.
(Lévizac.)
Par la vertu des deux Antonin, ce nom devint les
délices des Romains. (Bossuet.)
LâEspagne sâhonore dâavoir produit les deux 5e-
nĂšqae, (Raynouard.)
Les Villani ne sont pas Ă lâabri du reproche de
suspicion, dans lâhistoire quâils ont Ă©crite.
(lâĂcuy.)
Jamais les deux Calon nâont autrement voyagĂ©, ni
seuls, ni avec leurs armées.
(J.-J. Rousseau.)
Les deux Corneille se sont distiugués dans la ré
publique des lettres ; les deux Cicéron ne se sont pas
également illustrés. (Beauzhk.)
Les deux Orloff, en attendant la premiĂšre escadre
russe , avaient tout préparé. (Villemain.)
Des deux Richelieu sur la terre
Les exploits seront admirés.
^ (Voltaire.)
HĂ©las! câest pour juger,de quelques nouveaux airs,
Ou des deux Poinsinet lequel fait mieux les vers.
(RulhiĂšrk.)
SERIE. â AVEC s OĂŒ X,
%
Des deux Rousseaux, dont jamais
Lâun nâaura fait ses PĂąques ,
Le plus fameux désormais
Nâest plus Jean-Baptiste , 'mais
Jean-Jacques. (Piron.)
La gloire de Trajan, la vertu des deux Aniont'ns,
se firent respecter des soldats.
(Montesquieu.)
Et pourquoi ne dirait-on pas les deux SénÚques,
comme on dit les deux Catons, les deux Tarquins?
(LeMarb«)
La renommĂ©e eĂ»t Ă lâĂcadĂ©mie
Sous les Séguiers, deux fois fait son adieu.
' (Piron.)
Les deux Mithridates, pĂšre et fils, fondĂšrent le
royaume de Cappadoce. (Bossuet.)
Deux ou trois Grignans vinrent me voir hier matin.
(MâÂź DE SĂVIGNĂ.)
Dans ce pays trois Bernards sont connus.
' (Voltaire.)
Sire Guillaume était armé de sorte
Que quatre AndrĂ©s nâauraient pu lâĂ©tonher,
(La Fontaine.)
Deux Rouillons, tour à tour, - ont brillé dans le monde
Par la beautĂ©, le caprice .et lâesprit.
(Voltaire.)
Comme les exemples qui précÚdent en font foi, les auteurs varient sur la plurali-
,sation des noms propres, lorsquâils dĂ©signent plusieurs individus dâune mĂȘme famille.
NĂ©anmoins, suivant presque tous les grammairiens, et principalement lâestimable
Boniface, le substantif propre, en pareil cas, ne se pluralise jamais, parce quâil nâest
pas employé par extension, comme dans ce vers :
Un coup-dâĆil de Louis enfantait des Corneilles.
Câest un nom de famille que lâaddition dâune lettre dĂ©figurerait, et pourrait mĂȘme
faire prendre pour un autre.
Dupui eï Dupuis, Léviei Lévßs, Là vau et LavauXy Villar et Villars, Andrieu et An-
drieuxy sont des noms de diffĂ©rentes familles; changez-en lâorthographe, vous les conÂŹ
fondez; chacun de ces noms doit donc rester invariablement tel quâil est. Il faut
Ă©crire : les DupĂŒi se sont alliĂ©s aux DupĂŒis; les Villars ont intentĂ© un procĂšs aua; Villak,â
qui avaient ajouté un s à leur nom.
Lemare, seul peut-ĂȘtre; sâoppose Ă ce quâon Ă©crive les deux Raciney les deux CorÂŹ
neille, 11 faudrait un volume, dit-il, pour rassembler tous les passages oĂč les aĂ»tĂšiirs ,
ont suivi presque invinciblement lâanalogiĂš et la voix qui leur criait que les deux
(m
Gracques, que les deux Antoiiins, que les trois Bernards, les quatre Andrés, etc., ne
sont pas un seul Gracqne, un seul Antonin, un seur^emard, un seuV André. Selon lui,
les mots Gracques, Antonins, etc., servent Ă dĂ©signer plusieurs individus dâune mĂȘme
famille, du mĂȘme nom, et par consĂ©quent ce ne sont pas vĂ©ritablement des noms
propres.
Pour ne pas laisser dâincertitude Ă cet Ă©gard, nous dirons que notre opinion, Ă
nous, est que, bien qiiâĂŽn parle de plusieurs Tarquin, do plusieurs Caton, on doit
écrire sans le signe caractéristique du pluriel : Les deux Tarquin, les deux Caton, etc.,
attendu que le singulier est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ©, et quâil est important de conserver
Ă ces sortes de substantifs leur physionomie propre.
EXERCfCE PHRASĂOLOGIQVE.
detix Corneille.
Les deux Bacine.
Les trois Boileau.
Les deux Tarquin.
Les deux Delavigne
Les deux Hugo.
Les deux Rousseau.
Les deux SĂȘuĂšque.
Les deux Caton.
Les deux Scipion.
Les deux Villani.'
Les deux Mithridate.
Les deux Ricbeiieu.
Les deux Cicéron '
Les deux Pisarre.
Dca deux DtipĂźo
PRÂŁMIÂŁBÂŁ EXCEPTION A LA REGLE PRECEDENTE.
Les pyramides de TEgypte sâen vont en poudre, et
les graminées du temps des Pharaons subsistent en
core. (Bernardin de St-Pierre.)
Dans le deuxiÚme livre des Géorgiques , le poÚte
salue lâItalie, mĂšre des hĂ©ros, Tltalie qui a portĂ©
dans son sein les Décius, les Camilles, les Marius,
les infatigables Scipions et César-Auguste , le plus
grand des Romains. (Tissot.)
La Seine a ses Bourbons, le Tibre a ses Césars.
(Boileau.)
Enfin, pour sa clĂ©mence extrĂȘme,
Buvons au plus grand des ffenris y
A ce Roi qui sut, par lui-mĂȘme,
Conquérir son trÎne et Paris. (Béranger.)
Les deux Gracques, en flattant le peuple, comÂŹ
mencĂšrent les divisions qui ne finirent quâavec la ré
publique. (Bossuet.)
France , du milieu des alarmes,
La noble fllJe des Stuarts,
' Comme en ce jour qui voit ses larmes
Vers toi tournera ses regards. (Béranger.)
Ma gloire a disparu comme une ombre légÚre ;
Autour de moi je vois épars
Les antiques débris du trÎne des Césars,
Ensevelis dans la poussiĂšre.
(Cas. Delavigne.)
Tels Ă©taient ces dâAumonis, ces grands Montmorencys,
Ces Créguis si vantés renaissants dans leurs fils.
(Voltaire.)
Ces braves chevaliers, les Givris, les dâAumonis, '
Les grands Montmorencys, les Sancis, les Crillons^
Lui jurent de le suivre aux deux bouts de la terre.
W-)
Des Guises cependant le rapide bonheur
Sur son abaissement élevait leur grandeur.
(Id.)
Dis-lui que l'amitié, l'alliance et Tamour
Ne peuvent empĂȘcher que les trois Curiaces â
Ne seryent leur pays contre les trois Horaces.
(Corneille.)
Quoique le substantif propie ne doive point varier, on écrit cependant, avec le signe
de la pluralité, les Césars, les Gracques, les Horaces, Jes Scipions, les Stuarts, les
Guises, les CondĂ©s, les Bourbons, et quelques autres, soit Ă lâimitation des Latins, qui,
dans tous les cas, employaient le pluriel, soit parce que la plupart dc ces mots soni
plutĂŽt des titres, des surnoms que des noms; plusieurs mĂȘme ne sont plus des noms
individuels, car ils dĂ©signent certaines classes dâindividus, certaines familles.
'N
( 1^0 )
DEUXIEME EXCEPTION.
M. Adry n'hésite pas à qualifier de faux Elzévirs
les Mémoires de la Rochefouciiuld, Amsterdam, 1665.
(Biog. universelle.)
Les premiers PUnes que possĂšde la bibliothĂšque
du Roi, sont d'une conservation parfaite.
â (ValĂ©ry.)
Dâinnombrables pieds carrĂ©s ( Ă la biblioĂŒiĂšque de
Rouen ) sont tapisses de Lahires et de Jouvenets que
lâon paraĂźt estimer, plutĂŽt par leur dimension que
par leur mérite. (Crapelet.)
A la vente de M. B*** il y avait deux RaphaĂš'ls
d'une rare beauté. (Valérie.)
OĂŒ Ă©crit dĂšsâElzĂ©virs*, des Plines, des Lahires, des Jouvenets, etc., pour des Ă©ditions
di ElzĂ©vir, de Pline, de Lahire, de Jouvenet, etc. On Ă©crit de mĂȘme des RaphaĂ«ls, dos
Poussins, des Pedtots, des Callots, etc., pour des tableaux de Raphaël, de Poussin, des
gravures de Callot, etc. Le fréquent usage que Ton fait de ces noms propres les a rendus
communs; câest ainsi quâon dit des calepins, des barĂšmes, des spencers, des guinqitĂ©is.
des carcels, diCS cfĂŒirlottes, etc. Ces noms doivent donc prendre, en pareille circonsÂŹ
tance, le signe du pluriel (1),
,NÂź XLVII. .
DU NOMBRE DANS LES NOMS COMPOSES.
DEUX NOMS RĂUNIS PAR UN TIRET, COMME chef-lieu.
I" SĂRIE. â SINGULIER.
Tous deux, pour électeurs, furent choisis d-émblée ;
Et satisfaits dâeax-mĂȘihes, ainsi que du scrutin,
Pour se rendre au çkef-lieu se mirent en .chemin.
(AndrieĂŒx.)
La flear de la reine-marguerite est trĂšs belle, et
fait, -en .automne, de principal ornement des jardins.
(Académie.)
LewĂ rIin-pĂ©cActPr,â^i'vc>le le long dĂ©s TiviĂšres,
est Ă lĂ -fois couleur de musc et glacĂ© dâazur.
/(Bernardin de ST-PtERRE.')
âŠ
DĂns le temps que le pigeonr-paon Ă©tale sa queue ,
il agite fiĂšrement et constamment sa tĂ©te et sonicoĂŒ.
* â :(BuĂźFf:oN.)
Une fenfllĂš 'suffit au nid de VoiseaX/mouche.
- â (Bernardin de St-Pierrb.)
Buffon avait ,un sipge, un grave orang-outang,
Qui de valet faisait lâoffice,
Et qui, sut ses deux pieds sans peine se tenant,
Avait la taille et le flegme d'un Suisse.
(Lemontey.)
SĂRIE. â PLURIEL.
Il faut encore savoir gré à la convention, là demi
rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e par la journĂ©e de thermidor, dâavoh' orgaÂŹ
nisé des écoles centrales dans tous les chefs-Ueux de
la république. (JIillot.)
Lés reines-marguerites , et des asters , le souci,
les soleils et les poires vde terre portent tous des fieurs
radiées. (L-L Rou'ssea;;,.)
Les martins-pĂȘcheurs.Ă©t:\mQ foule dâoiseaux riveÂŹ
rains embellissent, par Témail de leurs couleurs, les
bords des fleuves de lâAsie et de lâAfrique.
(Bernardin de St-PĂźbrre.)
Les pigeons polonais sont plus gros que lés pigeons-
paons. , (Buffon.)
Câest dans les contrĂ©esâles plus chaudes du NouÂŹ
veau-Monde que se trouvent toutes les espĂšces dâoĂŻ-
seaux-mouches. {Id.)
Les orangs-outangs sont extrĂȘmement sauvages ;
mais il paraĂźt quâils sont peu mĂ©chants, et quâils parÂŹ
viennent assez promptement Ă entendre ce quâon leur
commande. (Buffon.)*
(1) DansĂalTaduction.du Voyage bibliograpkigue en France, \de Dibdin, M. Crapelet a donc eu tort dâĂ©crire':
pour un connaisseur^ le premier aspect de la seconde piĂšce de la RibliothĂšque du Roi, oĂč se trouvent les
Ă©ditions princeps, est vĂ©ritablement magique FotlĂ le premier HomĂšre !... que le couteau du relieur nâa
jamaĂčfouc/iĂ©... Vnpeu au-dessus des Virgile, des Ovide, dciPline et, par-dessus tout, des Bibles!
11 fallait des Virgiles, des Ovides, des Plines. En laissant ces noms au singulier, M. Crapelet est tombé en
contradiction avec lui-mĂȘme, puisque, quelques lignes auparavant, Ă avait Ă©crit : des Lahires, des Jouvenets.
C
(111)
liri jeune coq^faisà n a été rehfenné avéc de jeunes
poulés dont le plumage approchait de celui de la fai
sane. (id.) .
Le martirupĂȘcheur agite rapidement ses ailes dâazur
pour fasciner sa proie. (Chateaubriand.)
hofaucon-pĂ©lerin ne mue quâau mois dâaoĂ»t.
m
Les toqs-faisans sont moins ardents que les coqs
ordinaires. (/d.)
La pintade au plumage maillé, les paons, les ca -
nards, les martins-pĂȘcheur&t, et une foule dâautres
oiseaux riverains, embellissent, par lâĂ©mail de leurs
couleurs, les bords des fleuves de lâAsie et de lâA-
ĂŻrĂźque. (Bernardin de St-Pierrk.)
Les lieux oû Von prend le plus de faucbns-pélerins
sont non seulement les cĂŽtes de Barbarie, mais toutes
les ßles de la Méditerranée. (Id.)
4-
Deux substantifs formant un nom composé, sont- variables tous deux, comme on
peut sâen convaincre par les exemples que nous venons de rapporter. Ănckef4iĂšu, des
dhefs-tieux ; une reine-marguerite, des rdnes-marguerites, etc.
ĂXERCTCĂ PBRASĂOLOGIQVE.
singulier.
ĂŒn aigle-pĂȘcheur.
ĂŒn cmĂȘn-loup.
Un chĂźen-IioD,
Un cnstal-topaEe.
^fl.damĂȘ-jeairne.
' Ăoe fonrmi-lion.
Un garde-boĂźa (i),
ĂŒn lavter-row.
un ßùrùßo-pĂȘptDiĂȘre.'
Un lieutenant.colonel.
ĂŒn maUre-ante).
ĂD tAenir^jean. (Poire.)
PLURIEL.
âą Des atgles-pĂȘcbeurs.
Des eliiensĂ onps.
Des chien sffiona.
,Des cnstaĂŻU'top'azes,
Des dameS'j eannes.
Des' fourmis-lions.
Des gardes-bois.
Des lauriers-rose^
Des jardtns'pĂȘpĂźniĂšrĂ©s.
Des lieutenants-colonels.
Des mattres-autels. *
Des me'ftsi s.
SINGULIER.
Une borne-fontaine.
Un cbou-DaTet.
Un balIon-naTĂre.
Un garde-magasin.
Une ^omme-resine;
Ăne goQtte-crampĂš.
Ăne gomme-laque,
ĂŒn {irĂȘtre-cardinal.
Un 'poĂBSob-femme.
Une reine-Claude. (PruneJ
Un sabro-poĂźpnard.
Un 'tà upeÿilloti. (IiûedtÚ. )
PLURIEL
Des bornes-foDtĂ ines.
Des choux-narets.
Des ballons^narires
De» gardes-magasins.
Des gommes-résines
DĂą gouttes-Ă©rĂąmpĂȘs
I>e8 gommes-laques.
Des prétrea-cardinaux.
Dm poiĂŽoos-feiĂąmes.
Des reĂźnes-CUndes.
Des sabres-poignards.
Des taupest^iRoas.
EXCEPTIONS.
1â âSĂRIE; SlKGtrLIEB.
Le marquis de X... s'étant éveillé pendantßà nuit,
et entendant chanter le rossignol, fit venir, son garde-
xbasse-, 'Ă©t lui oirionifia dâĂ Uer tuer "cette vilaine bĂȘte.
(de JĂŽĂŒy.)
Puis-je oublier l'Ćillet de la vallĂ©e,
Le bouton-dâor, la pĂąle'giroflĂ©e,
ie chĂšvre-feuille Ă lâode ĂŽr parfumĂ©e ?
' (Brugnot.)
âŠ
TiBs ^Ă©Ăčk politiques sont Inverse Ă h '^c<^in-ihiaĂźl-
(Boiste.)
Dans d'fle "de ^Cùÿenne, *6n ^appÚlle Fohjà ûr-cbfn-
mandeur une e^Ăšte de bruant -qui a coutume de
chanter au point du jour, et que les cĂŽlons sont Ă
portĂ©e dâentendre, parce quâil vit autour des maisons.
(Buffon.) .
^LĂš bĂ©e figues '^ui, comme lâortolan, fait les'dĂ©lices
de nos tables,' nâest.pas aussi âbeau quâĂŒ Ăšfet ââbon. '
Le porc-épics, quoique originaire des climats les
puis chauds de lâAfrique et des Indes, peut vivre Ă©t
se multiplier dans les pays moins chauds.
(Buffon.)
2« SERIE. PLURIEL.
Les sables de lâAfrique, oĂč nous nâavons pas de
gardes-chasse, nous envoient des nuées de cailles et
dâoiseaux de passage, qui traversent la mer au prinÂŹ
temps , pour 'Couvrir nos tables en automne.
(Bernardin de St-Pierre.)
La fameuse madone Chekka, dans Vile de Chypre
est 'située dans 'im .'Canton délicieux. Des chÚvre
feuilles , des roses, et quantitĂ© dâarbrisseaux dâune
odeur aromatique , parfument VaEir des environs.
(LâabbĂ© de la Porte.)
Nous 'courons, Ćn coUn^maĂŒlard, .aprĂšs le plaisir ;
et, lorsquâaprĂšs lâavoir saisi, nous ĂŽtons le bandeau,
ce nâest plus ce que nous avons pensĂ©.
(Boiste^
Lhs (bĂčnjouT-xorhmandeKrs iont le cri aigu de mos
moineaux de France ; ils sont le plus Souvent Ă terre
comme les bruants, et presque tcfujomrs deuxĂą^dĂšhx.
(Buffon,J
hesbecfigues larrivent en-Lorraine'en f avril:, et en
partent au mois dâaoĂ»t, mĂȘme quelquefois plusĂŻtĂŽt.
. . mĂ
Nous avons vu des porcs^^pics ânvants , et jaihais
nous neâles avons Vus, quoi(iue violemment excitĂ©s,
darder leurs piquants. (Id.)
t »
(1) Le mot garde, sigtiiOant gardien, est substantif et doit prendre la marque du pluriel ; des gardet-boU, des gardUnedei boU; mais sll re-
prĂ©senteun ĂȘtre inanimĂ© , un objet, on le cODSĂdĂšre alors comme verbe , eL par consĂ©quent, il demeure invariable t des garde-manger , des
armoitogoĂč lâon garde le manger.
( 112 )
On appelle distillation.au 6aûi-maric (1), celle qui
se fait en mettant dans un vaisseau plein dâeau chaude,
qui est sur le feu, le vase oĂč sont les matiĂšres que
lâon veut distiller, (AcadĂ©mie.):
Lâusage des bains-marie date de la plus haute anÂŹ
tiquitĂ©; câest, diLon , la prophĂštesse Marie qui en fut
lâinventrice. (....)
Ces exemples présentent quelques difficultés que nous ne pouvons résoudre par des
rĂšgles gĂ©nĂ©rales ; car lâaccord des substantifs composĂ©s qui fixent notre attention en
ce moment, dépend des vues de resprlti Nous allons donc avoir recours à la décom
position de ces substantifs, et de quelques autres semblables, pour dĂ©terminer, dâune
maniÚre, positive, sur lequel des deux mots repose Tidée du singulier ou du pluriel.
Un gardĂčHihasse : Un garde ( ou gardien ) qui veille
SUT la chasse.
Un garde-marine : Câest-Ăą-dirĂš un garde de la
marine.
Un garde-vaissĂšlle : Signifie un garde ( ou garÂŹ
dien ) de la vaisselle du roi.
Un appui-main : Un appui pour la main.
Un chĂšvre-feuille : Un arbrisseau dont la feuille
grimpe comme la chĂšvre.
Un colinmatllard : Un jeu oĂč Colin, les yeux
bandés, cherche à attraper Maillard.
Un bec-figues : Un'oiseau dont le bec pique les
figues.
Un chĂšvre-pieds : Un animal fauve ou satyre, qui
a dcs pieds de chĂšvre.
Un brĂšche-dents : Une personne qui a une brĂšche
dans les dents.
garde-malades : Un garde (ou gardien) dc
malades.
Un porc-épics : Un animal qui a le grognement
du porc et des épies ou piquants sur le corps.
Des gardes-chasse : Des gardes {ou gardiens) qui
veillent sur la chasse.
Des gardes-marine : C'est pour des gardes de la
marine.
Des gardes-vaissélle : Pour des gardes ( ou gar
diens de la vaisselle du roi.
Des appuis-main : Des appuis pour la main.
Des c/iĂši;re-/ewilles .**Des arbrisseaux dont Ica
feuilles grimpent comme la chĂšvre.
Des colin-maillard : Des Jeux oĂč Colin, les yeux
bandés, cherche à attraper jWdillard.
Des bec-figues ; Des oiseaux dont le bec pique les
figues.
Des chĂšvre-pieds : Des animaux fauves ou satyres,
qui ont des pieds dc chĂšvre.
Des brĂȘche-dentsDes personnes qui ont chacune
une brĂšche dans les dents.
Des gardesmaĂźades : Des gardes (ou gardiens) de
malades,
N.
Des porcs-épics : Des animaux qui ont le grogne
ment des porcs et des épies ou piquants sur le corps.
DâaprĂšs Texamen que nous venons de faire, on peut conciur.e :
1° Que, si Tidée du singulier repose sur Tun des deux substantifs, comme dans
des GARDES-CHASSE, des chĂšvre-feuilles , ou mĂȘme sur les deux Ă la fois, comme dans
colhir-mà tllard, ces substantifs, quoique précédés de Tarticle pluriel, demeurent in
variables. . , .
2Ÿ Que, si Tidée de la pluralité se fixe sur le second substantif, ce substantif se
met au plĂčriel, sans avoir Ă©gard Ă Tarticle singulier qui le prĂ©cĂšde, et avec lequel il
semble ĂȘtre en contradiction. â Exemple : un bec-figues, un chĂšvre-pieds, un brĂšche*
dents, etc.
(1) Quelques grammairiens pensent qnelialnéum Maris (bain de mer) est Torigine dc bain-Marie; mais,
comme il nâexiste aucune analogie entre ces deux expressions, il nâest pas prcsuniable que Tusage se-soit
écarté à ce point de la vérité ; au surplus, quelle que soit Tétymologie de ce nom* compose, le second substan
tif se trouvant au singulier dans les deux versions qĂŒon lĂŒi attribue, on peut Ă©crire avec certitude dc? bains-
Marie ; cn effet Tidée du pluriel ne tombe que sur le mot bains.
8INGDUER
Ud âąppaĂź-main.
Dn bec-figues.
Ău bricbe-deiits.
Un bain-marie.
.Un cotin-maiHard.
Dn cbĂȘTre-reuille (l).
Dn garde-ebasse.
( 118 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
PLimiEL.
Del apputi-maĂźn.
Des bec-figues.
Des brĂšche-dents.
Des bains-marie.
Des coltn-maUIard,
Des cbĂšvre-feuilles.
Des gardes-chasse.
SINGULIER.
Un garde-marine,
ĂŒn garde-malades.
Une garde-malades.
Un garde-Taissellc.
Dn porc-épics. '
Un cbĂšvre-piedi.
ĂŒn garde-scel.
" PLUHISL,
Des gardes-marine.
Des gardes-malades.
Des gardes-malBde&
Des gardes-Talsselfab
Des porcs-épies.
Des cnévre-pieds
Des garde-seel.
N" XLVIII. *3^
ĂN ADJECTIF ET UN NOM RĂUNIS , COMME plainr-ehonU
I'« SĂRIE. â SINGULIER.
Ambroise, archevĂȘque de Milan, fut, Ă ce que Ton
dit, l'inventeur du plain-chant.
(J.-J. Rousseau.)
Lâhomme social vit plus p6\ir lâavenir, que pour
le prĂ©sent ; pour Vamour-propre, que pour lâamour ;
pour la puissance, que pour le bien-ĂȘtre.
(Le comte de Ségur.)
Un secréiaire-général doit rester éternellement dans
sa préfecture, comme un chef de division dans son
ministĂšre, pour y conserver les traditions.
(Napoléon.)
Vous pouvez donner aux enfants le spectacle éton
nant de lâĂ©lectricitĂ© atmospliĂ©rique par un cerf-volant.
(Bernardin de St-Pikrre.)
En vĂ©ritĂ© lâon prendrait ces lettres pour les sarÂŹ
casmes dâun petit^aĂźtre, plutĂŽt que pour les relaÂŹ
tions dâun philosophe. (J.-J. Rousseau.)
Nous vĂźmes un poisson-volant.
(Bernardin de St-Pierre.)
Le gros-bec est un oiseau qui appartient Ă noire
climat tempĂ©rĂ©, depuis lâEspagne et lâItalie, jusquâen
SuĂšde. (BĂŒffON.)
Une chauve-souris donna tĂȘte baissĂ©e
Dans un nid de belette : et, sitĂŽt quâelle y fut,
Lâautre, envers les souris dĂšs long-temps courroucĂ©e.
Pour la dévorer accourut.
(La Fontaine.)
Du latin! de mon temps du latin! un gentilÂŹ
homme en eût été déshonoré. ^
(Saint-Evremont.)
Chacun,' mĂȘlant les souvenirs du passĂ© aux joies
présentes, croit reconnaitre le vieillard dans le nou-
veau-né qui fait revivre sa mémoire.
â (Le comte de SĂ©gur.)
Lâoiseau de basse-cour, conime lâoiseau du Pinde,
Doit, pour réussir ici-bas,
Louer surtout les gens des vertus quâils nâont pas.
(GĂŒinguenĂ©.)
Ce pédant ridicule, connu par sa fatuité et son ou-
tre-cuidance, était convaincu que son image en taille-
iouce ferait un merveilleux effet au frontispisce des
. Hommes Illustres. (de Jour.)
H
2* SERIE. â PLURIEL.
On peut dire quâil nây a rien de plus ridicule et de
plus plat, que ces plains-chants accommodés à la
moderne. (J.-J. Rousseau.)
Voltaire eut Part funeste chez un peuple capricieux
et aimable, de rendre lâincrĂ©duhlĂ© Ă la mode ; il enÂŹ
rĂŽla tous les amours-propres dans cette ligue inÂŹ
sensée. (Chateaubriand.)
On ne peut permettre que les secrétaires-généraux
soient en mĂȘme temps dĂ©putĂ©s.
(Napoléon.)
Enfants, hĂątez-vous de rassembler vos ballons, vos
volants et vos cerfs-volants.
(Bernardin de St-Pikrre.)
âą *
Les dames et les petits-maßtres ont toujours ré
vĂ©rĂ© la mode et mĂȘme enchĂ©ri sur elle.
(Voltaire.)
Nous vĂźmes des poissons-volants.
(Bernardin de St-Pierre.)
Les loriots mangent la chair des cerises, et les gros-
becs cassent les noyaux et en mangent lâamande.
(Buffon.)
Il est au Louvre un galetas,
OĂč, dans un calme solitaire,-
Les'cĂąauues-soum et les rats
Viennent tenir leur cour pléniÚre.
(Le marquis de Villetth.)
- Autrefois on ne faisait étudier les gentils-hommes
que pour ĂȘtre dâĂ©glise, encore se contentaient-ils le
plus souvent du latin de leur bréviaire.
(Saint-Evrkmont.) .
On dit que plusieurs sages-femmes, en pétrissant
la tĂȘte des nouveaux-nĂ©s, lui donnent une forme
plus convenable*; et on le souffre !
(J.-J. Rousseau.)
Les civettes cherchent, comme les renards, Ă eia -
' trer dans les basses-cours pour emporter les volailles.
(Buffon ,)
Chauveau , Nanteuil, Meulan, Audran, etc., ont
réussi dans les tailles-douces, et leurs estampes or
nent, dans lâEurope, les cabinets de ceux qui ne peuÂŹ
vent avoir des gravures. (Voltauw./
Aaïonrdliui on écrit thitrtftuUt* en uo leul mot : Un thhvrtftußlit, da ckivr«feuilU$.
(ACASiMlB.}
15
( .)
On reconnaĂźtra le chal-huant d'abord Ă ses *yetix
bleuùtres, cl ensuite ù la beauté et à la variété dis
tincte de son plumage, et enfin Ă son cri : hĂŽhohĂŽhĂŽ,
par lequel il semblé huer. (Buffon.)
Une femme hel-esprit (1) est le fléau de ses eii-
fants, de son mari, dé ses valets et de tout le niond'é.
(.I.-J. Rousseau.)
On ne trouve guĂšre les chats-huants ailleurs que
dans les bois y en Bourgogne, ils sont bien plus comÂŹ
muns que les hulottes ; ils se tiennent dans les arbres
creux. (BuFFotid
Point de ces gens, que Dieu confonde.
De ces sots dont Paris abonde,
Et qu'on y nomme beaux-esprits.
Vendeurs de fumée à tout prix.
(J.-J. Rousseau.)
Le substantif et Tadjeciif qui concourent ensemble à former un nom composé, sont
susceptibles de prendre, Tun et Tautre, la marque du pluriel, comme nous venons
de le voir : un plain-chant, des plains-chants, etc.
SĂNGULIEB.
Cn arc-boutent.
Un firn-doubteau.
Un bù«>r«l'rt!r.
Une bafse-foase
Une bossL-lisse.
Une bù«ie-tailte.
One basse-Toile.
Un bcau-fll^..
Un beau-iicre.
Un bon-IIeiiri.
On bou-chréticn.
Un bnut-riiné.
Une courbĂź'boUei
ĂŒn eourt'bouillon.
Jn cordon-bleu..
Un eoiire-iaune.
Un cliirhe-face.
Une couple paille.
Une rourlc-poinle.
Un rerf-volaiit.
Une doulple-feuille.
Une eau-forte.
Une fau»se-braie.
Ud frain>*nlé.
Une folle-eiiebĂšre.
Un foui-fuyant.
Un garde-champĂȘtre
Un gtaâdoubla.
Ud garde-forestier.
Uo grand-niaitre.
Ăd garde-national
Ua garde-impérial.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
PLURIEL.
Des arcs-boutants.
Ăes arcs-cloubleaux.
ĂDes bai-relitfs.
Des basses-fosses.
Des baasKS-ItgacSi
Des basses-tailles.
Des basses-roiles,
Ues bcniJs-lils.
Des beaux TiĂšres.
Des bons-Heiiris
Des bons-cbrétiens.
Des bouts-riniés.
De Ci-urles-botles.
Dc courts-bouillons
Des onrdoiis bleus.
Des coiffes jaiĂŻnes.
Des cbidies-faccs.
DĂšs courtcs-poĂźlles*
Des courles-poiiilcs.
Des ccrfs-folLinls.
Des dou b les T<: utiles.
Des eaux-fortes.
Des ftiusses-braics.
Des fruncs-salés.
Des folles-enchĂšres.
Des faux-fuyants.
DĂ©s pordes-cbampĂȘtrc».'
Des gras-doubleĂ .
Des gardes-forestier».
Des prands-iitaĂźtres.
Des gnriiei-naiiouaux.
Des gardes-impériaux.
SINGULIER.
Une belle-ûlle.
Une belle-mĂšre,
ĂŒn beau-pĂšre.
Une be lie-sĆur.
,Un blanc-bec.
ĂŒn garde-royal.
Une garde-nationale.
Une gardc-intpériale-
Une garde-royale.
Un grand-oncle.
Un gros-texte.
Un bout-bord.
Une haute-futaie.
Une haute-paye.
Une haute Itee.
Un loup-marin
Un plat-bord. ,
Une plate-bande.
Une plate-forme.
Un petit-lait.
Une petile-maĂźtressc: _
Un pont-neuf.
Un pied-poudreux.
Un pied-plut ou un plat-pieo.
Un pot-pourri,
ĂŒn rouge-gorge.
Un laint-augustin.
Une sainte-barbe.
Un sauf-conduit.
Une sage-femme.
Ud lénatus-couBulte.
Un ver-luisant
PLURIEL.
Des belles-filles.
Des belles-mĂšres.
Des beaui-pĂšrĂȘs.
Des beiles-sĆurs.
Des biancs-becB.
Des gardes-royaux.
Des gardes-nationalĂȘs.'
pes garde-impĂšriules.
Dés gardei-royales.
Des grands-oncles.
Des gros-textes.
Des bauls-bordi.
Des hautes-futaies.
Des hautes-payei.
Des hautes lices.
Des loups-morias.
Des plats-bordi.
Dés plates-bandes.
Des plaleB-forniea.
Des pctits.laits.
Des petites-maltrcsses.
Des ponts-neufs.
Des piedfr-poudreux.
Des pieds-plats.
Des pots-pourris.
Des rouges-gorges.
Des saints-augusliua.
Des saintes-barbes.
Des saufs-cooduits.
Des sages-femmes.
Des sĂȘnatus-coDsultef.
Des veri-lĂčtsantf.
EXCEPTIONS.
SĂRIE, SINGULIER.
Celui qui a eu la facilité de IhTcr un blanc-seing,
ae doit sâen prendre quâĂ lui-mĂ©me, si lâon en abuse.
(Merlin.)
On appelle bure, la partie supérieure du fourneau
qui sâĂ©lĂšve au-dessus du terre-plein.
(Buffon.)
Quand jâĂ©tais cĂ cvawa:-legers de la^reine, jâavais
une tante chanoine.ssé, et eUe voulait, parbleu ! nous
faire beaucoup de "bien. (Revue de. Paris.)
.. .Vous ĂȘtes un sot, en trois lettres, mon fils, '
C'est moi qui vous le dis, qui suis votre grandâmĂšte.'
(MoliĂšre.)
2Ÿ série.
PLURIEL.
Des blartc-seings sont des armes perfides dans lea
mains dâun fripon. ' (Anonyme.)
Les terre-pleins sont des terres rapportées entre
deux murs; ils sont employés pour fortifier les villes
de guerre. ' (/d.)
Le pape. Ou plutĂŽt Avignon, entretenait pour la
garde du vice-consul et de la ville '60 chevaux-lé-
gers vĂ©lus de rouge, et lOO hommes dâinfanterie vĂȘÂŹ
tus de bleu. (L'abbé de la Porte.)
Louis XII revendiquait le duché de Milan, parce
quâil comptait parmi ses grand-mĂšres une sĆur dâun
Yisconli ⹠lequÚi avait eu celte principauté.
(VoLTAIRBi)
(I) Dans un jouriial intitulĂ© la MĂšre de Famille, on trouve cette phrase sĂźhiguliĂȘre ; MoliĂšre, Ă nĂ ibmisiĂȘ
et peintre moral, devait attaquer le pédantisme des savants de son temps, et Jear^Jacques, ph^opkÚ
sentimental, les ]^Ă©tentions des Ă©gbiveusbs BĂL-ĂSPRIT du sien.
(115 )
Nous gĂątions les outils de mon bon vieux granĂ r-
pĂšre pour faire des montres Ă sĂŽh imitation.
(J.-J, Rousseau.)
Les juments produisent des poulains qui ressemÂŹ
blent assez aux granéf-pÚres, (Buffon.)
Pour rendre compte des motifs qui ont dĂ©terminĂ© lâorthographe des noms composĂ©s
quâon vient de lire, nous nous servirons ĂŽjx seul principe qui existe en grammaire,
et par le moyen duquel on peut rĂ©soudre les plus grandes difficultĂ©s : câest de ramener
les mots à leur état primitif; de les voir dans toute leur acception, dans toute leur
valeur, soit en remontant Ă leur origine, soit en cherchant lâellipse.
Un blano-seing : Un setnĂż, ou signature sur paÂŹ
pier blanc (i).
Un terre-plein : Un espace pĂŻetn de terre.
. ĂŒn chevaux-le'gers (2) ; Un cavalier du rĂ©giment
des chevaua>-le'gers.
Un cent-suisses : ĂŒn soldat du rĂ©giment des cent-
suisses,
Ăn courte-haleine : Un homme qui a VhaĂźeine
courte.
Vne douce-amĂšre (plante) : En latin dulcamara.
Ăne toute-bonne, une ioute-saine : ĂŒne plante
tout-Ă -fait bonne - une plante tout-Ă -fait saine.
Une toute-épice : Une plante qui a tout-à -fait le
goût de Vépice.
Une grandâ-tante, une grandâ-mĂšre : Câest par euÂŹ
phonie que lâapostrophe remplace lâe de grande dans
grand/-tanie, grandâ-mĂšre.
Des blanc-seings : DĂšs seings, ou signatures sur
papier blanc.
Dp terre-pleins : Des espaces pleins de terre.
Des chevaux-légers : Des cavaliers du régiment des
chevaĂŒx-lĂ©gçrs.
Des cent-suisses: Des soldats du régiment des
cent-suisses.
Des courte-haleine : Des hommes qui , ont lâAa-.
leine-courte.
Des douces-amĂšres : Le premier mot, conserve
lâinvariabilitĂ© du latin Ă uĂŻc. Le second, venant dâa-
mara, varie.
Des toute-bonnes, des ioute-saines : Des plantes
tout-Ă -fait bonnes, des plantes tout-Ă -fait saines.
Des toute-épice : Des plantes qui ont tout-à -fait le
goût de Vépice.
Des grandâ-tantes, des grandâ-mĂšres : Sont des
. titres qui marquent les liens du sang. â
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
singulier.
Un Lbno-settig.
Un courte-baleine.
ĂŒn cheTaux-lcgera.
ĂŒn cent*«uims.
Une (louce-amĂšre.
Ăne grand'-chambre,
ĂŒoe grand'iKcsse
Une giiiudâ-mĂšre.
PLURIEL.
Des blanc-seings.
Des courte-haleine.
Des chera ux-légera.
Des cent-suisses.
Des douce-amĂšres.
Des crandâ-chambres.
Des grand'-meascs, âą
Des grandâ-ctiĂšres.
SINGULIER.
Un grand-pĂšre.
Une grand'-rue.
ĂŒne grandâ^arde.
Une grand'-tante.
Une toute-bonne.
Un terre-plein.
Une toute-saine. *
Une toute-épice.
PLĂRIBL.
Des grand ^Ăšres.
Des grandâ-rues.
Des grand'-gardes.
Des grHid'-tantes.
Des toute-boanea,
Des terre-pjeĂDs.
Des loate-saines.
Des toute-épice.
(ĂŻ) LâAcadĂ©mie Ă©crit Ă tort des blancs-seings ; lâanalyse le prouve jusquâĂ lâĂ©vidence.
(2) Cette ortliographe est la seule que lâon doive adopter, parce quâelle est en harmonie avec la pensĂ©e. On
Ă©crit bien des tĂȘte-Ă r^tĂȘte, un essuie-mains, pourquoi nâĂ©crirait-on pas un chevaux-lĂ©gers, cela doit paraĂźtre
aussi naturel Ă quiconque craint de choquer la raison. Nous repoussons donc cette orthographe : un chevau-
leyer, des chevau-lĂ©gers, Ă moins de supprimer le trait dâunion. Autrement, il y a touLA-la-fois barbarisme
et solĂ©cisme. Câest donc Ă tort que lâAcadĂ©mie, dans son dictionnaire, Ă©dition de 1835, Ă©crit : Un çhevau-4eger,
des chÚvau-ßégers.
( <<S')
N° XLIX.
NOMS COMPOSĂS DONT LâUN , PRIS ADJECTIVEMENT, NE SâEMPLOIE PLĂ9 SHOL.
%
Iâ SĂRIE. SINGULIER.
(ta est toujours étonné de voir Tintrépidité avec la
quelle une petite pie-griĂšche combat contre les pies,
les corneilles, les crécerelles, tous oiseaux beaucoup
plus grands et plus forts qu'elle. (Buffon.)
Sous la plus sale porte-cocftĂšre, sous la plus miÂŹ
sérable allée, nous voyons écrit en gros caractÚres :
Parlez au concierge... ah! rions, mes amis , rions dc
la vanité humaine. (Anonyme.)
Les plus belles peaux de lynx viennent de Sibérie ,
sous le nom de loup-cerviery et de Canada, sous ceÂŹ
lui de chaLcarvter. (Buffon.)
Un pied de forme ronde, et qui qui fait que lâon
marche avec peine, est un pied-6oL
(Académie.)
Le velours de la tĂȘte du calybĂ© est dâĂ»n beau bleu
changeant en vert, dont les reflets imitent ceux de
Tatgue-marine, " (Buffon.)
Un franc-aUau était un bien patrimonial héréditaire.
(Boiste.)
Un franoalteii était un fonds de terre , soit noble,
soit roturier, exempt de tous droits seigneuriaux,
' ' (Académie.)
La chasse du petit-gris est si générale parmi les
Lapons, que cette peau est de toutes-les fournies la
plus commune et la moins chĂšre. Un paquet de cinÂŹ
quante écureuils ne coûte guÚre plus de trois Imes.
(L'abbé de la Porte.)
ߟ SERIE. PLURIEL.
. Les femmes sont des oiseaux qui changent de pluÂŹ
mage piusieurs fois par jour : ce sont des pies-
griĂšches dans le domestique, des paons dans les
promenades, et des colombes dans le tcte-à -téte.
(Dufresny.)
A lâheure des spectacles, toutes les portcs-cocAĂšres
sâouvrent, les voitures sâĂ©lancent, les théùtres et les
cafés se remplissent. (de Jouy.)
*
Les loups - ccrvier5 de Canada sont seulement,
comme je Tai déjà dit, plus petits et plus blancs que
ceux dâEĂŒrope ; et câest cette diffĂ©rence qui les a fait
appeler chals-cervters. (Buffon.)
Les gens de mauvaise foi sont des pieds-6ofs en afÂŹ
faires ; ils marchent diilicUement.
(Anonyme.)
Les pierres prĂ©cieuses, les Ă©meraudes bleues , mĂȘÂŹ
lées de doux ' reflets verts, semblables à de Teau de
mer, sont des aigues-marines. (Anonyme.)
Comme le gouvernement féodal, établi sous cette
deuxiĂšme race, nâobligeait pas moins les seigneurs Ă
défendre les vassaux, que les vassaux à combattre
pour les seigneurs, on avait échangé en fiefs la plu
part des terres libres ou des francs-aUeux, afin de se
ménager une protection nécessaire.
(L'abbé Millot.)
Il nây a point de iharchandises oĂč lâon soit plus
trompé qu'à ces petits-gris Út aux hermines, parce quç
vous achetez la marchandise sans la voir, et que la
peau est retournée, en sorte que la fourrure est en-
dedans. (Regnard.)
* s
On rencontre quelquefois des noms com-posés dans lesquels il entre un mot qui ne
sâemploie plus seul, parce quâil a vieilli et quâil nâa de sens et de force que joint au
nom qui le prĂ©cĂšde. Ce mot, jouant le rĂŽle dâadjeciif, doit nĂ©cessairement en subir
les accidents grammaticaux. Câest pourquoi lâon Ă©crit : des Loups-garous, des portes-
cochÚres, des pies-griÚches. Le dernier des exemples cités, nous présente deux adjec-
tife dont lâensemble forme un nom composĂ© : petit-gris. Quelque rares que soient ces
noms, il est bon de les connaĂźtre et de rechercher, surtout, par lâanalyse, la raison
de leur orthographe. Quant Ă leur Ă©tymologie, nous nâavons que des donnĂ©es inexactes ;
néanmoins nous allons dire, à cet égard, ce qui nous paraßtra de plus juste et le plus
raisonnable.
Loup-garou (i). Ce mot, au propre, signifie un loup qui mange les cadavres et ai-
(1) Quelques personnes pensent que le mot garou est une altĂ©ration du verbe garer, et qĂŒun loup-garou esi
un loup dont il faut se garer. Dâautres, tout en conservant au mot garou la mĂȘme origine, l'analysent diffé
remment, et prétendent que voilà un loup-garou est pour voilà un LOUP, GARE à vous, OU lé péril vous
menace. Suivant Borel, garou viendrait du vieux mot français garo ou garau, qui signifie rapide. Noua
( 117 )
.1-
taque les hommes. C'est aussi*, suivant la croyance populaire, un sorcier qui a le don
de pouvoir se changer en'loup. Au figuré, on dit en parlant d'un homme bourru, fa
rouche, insociable, que c'est un loup-garou.
Loup-cervier. Animal qui nâa que ie hurlement du loup, et dont Itf peau est tachetĂ©e
comme celle des jeunes cerfs. Câest ce qui lui a fait donner lâĂ©pithĂšte de cervier.
Pie-griĂšche signifie pie-grisĂątre, nous disent quelques grammairiens; mais comment
se fait-il que Buffon et les naturalistes aient ajoutĂ© au substantif pie-griĂšche lâĂ©pithĂšte
inutile de.^fme, ce qui fait pie-griÚche grise (1). Ce serait évidemment un pléonasme;
nous croyons donc que la pie-griĂšche, ayant quelque chose de la pie et de la grive, on
a formé son nom de celui de ces oiseaux.
k
Les dictionnaires étymologiques pensent toutefois que griÚche ou griesche est un ad
jectif altéré qui signifié venant de la GrÚce, originaire de la GrÚce.
/ *
Pied-bot. Lâadjectif bot vient sans doute de ce que le pied qui a cette infirmitĂ© esf
ordinairement chaussĂ© dâune espĂšce de botte ou brodequin; ainsi i&of est une abrĂ©viaÂŹ
tion de botté., ^
t *
Aigue-marine vient de deux mots latins aqua marina, eau de mer.
Franc-alleu. Alleu est un vieux mot qui signifie Ă peu prĂšs un bien, une terre, ĂŒn
franc-alleu est donc un bien ( noble ou roturier ) qui est franc ou exempt de tous droits
seigneuriaux.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
SINGULIER.
Ud0 Bigue-mBriDC.
Une branche-urai ne.
One épine-Tinette.
Un fraoc-alleu. '
Un franc-réaL
Une gomme-guUe.
Une gomme^aquo.
PLURIEL.
Des Bigaet-marines.
Del branches-unines.
Des épines-TiDettei.
Des franes-alleux.
Des francs-réals.
Des gommes-guttes.
Del gommes-laquei.
SINGULIER.
Une gomme-résine.
Un guet-apens.
Un loup-cerrĂźer.
Un lûup-garou.
Une ortie-priĂšche.
Une pie-griécbe.
Une porte-GOchĂšre.
PLURIEL.
Des gommes-réunes.
Des guets-apens
Des loups-cervieri.
Des loups-garous.
Des ortiefr^riĂšches.
Des pies-griĂšehes.
Des portes-cocbéres.
I -
NÂź' L.
DEUX NOMS UNIS PAR UNE'PRĂPOSITION, GOMME chef-dâĆuvre.
* 1â SĂRIE. â SINGULIER.
Une femme charmante et sage,
VoUĂ dâun Dieu puissant le chĂ©f-dâĆuvre enchanteur;
Kt dans sa plus parfaite'image,
Jâadore son divin auteur. (De SĂ©gur.)
2Âź SĂRIE. PLURIEL.
Nous nâattribuons aucun des chefs-dâĆuvre de
lâhomme au hasard; pourrions-nous croire que lui-
mĂȘme en serait lâenfant? (Chateaubriand.)
croyons, nous , quâil est infiniment plus raisonnable de faire dĂ©river ce mot du celtique garo ; et ce qui nous
porte Ă croire que câest lĂ sa vĂ©ritable Ă©tymologie , câest que le mot garo, en celtique, veut dire Ăąpre, rude,
aigre dâhumeur et de paroles, sauvage, cruel.
(1) On en trouve dâabsolument blanches dans les Alpes, et ces pies-griĂšches blanches, aussi bien que celles
qui ont une teinte de roux sur le ventre , sont de la mĂȘme grandeur que la pie-griĂšche grise, qui nâest elle-
mĂȘme pas plus grosse que le mauvis, autrement la grive-mauviette. (Buffon). Au figurĂ©, pie-griĂšche nâest
point une petite-maĂźtresse, comme bien des personnes se lâimaginent; mais une femme mĂ©chante , acariĂątre,
qui pince, mord et Ă©gratigne ; enfin une femme du naturel de lâoiseau, et telle que Pigaut-Lebrun lâa fort bien
dépeinte dans un des exemples rapportés ci-dessus.
(118 >
Depuis le déluge, Vare-en-eiel a été un signe de la
Clémence de Diéu. (Bossubt.)
Peut-ĂȘtre ne voit-on pas trĂšs clairement du preÂŹ
mier coup dâĆil, le rapport quâil y Ă entre une lettre-
de-change et un feuilleton. Câest une Ă©nigme que
iâabandonriĂš Ă lĂ sagacitĂ© dĂ© mes lecteurs.
(de. Jouy.)
Outre que la femme-de-chambre, une fois déposi
taire du secret de sa maĂźtresse , iui fait payer cher sa-
discrétion; elle agit comme Tautre pense, et décÚle
toutes ses maximes en les pratiquant maladroitement.
(J.-J. RĂŽĂčsskaĂŒ.)
II prononça, en frémissant, ces mots terribles de
commis et de rat-de-coxei W me. fit entendre quâil
cachait son vin Ă cause des aides; qu'il cachait son
pain Ă cause de la taille, et'qiiâĂ serait un homme
perdu, si Ton pouvait se douter quâil ne mourĂ»t pas
de faim, ' (id.)
* âą
La belle-de-nuit nâouvre ses flĂ©ĂŒrs lĂ©s plus parfuÂŹ
mées que dans Tohscurßté.
(Bhrnabdin de St-Pibrre.)
Le pot-au-feu du peuple est ia hase des empires;
(Mirabeau.)
On se ferait une fausse idée de la queue du coq-
dâJnde, si Ton sâimaginait que toutes les plumes dont
elle est formée fussent susceptibles de se relever en
éventail. (Buffon.)
Vous souvient-il ; monsieur, quand ma maudite mule
Mc jebj, par malice, en ce trou si profond ?
Je fus prĂšs dâun qĂŒart-dâheure Ă rouler jusquâau fond.
. (Uegnard.)
Câest avec de Veaurde-vie # â de la poudre Ă canon ,
des fusils, des sabres, du fer, que nous commerçons
principalement avec les Américains et les Africains.
(Bernardin de St-PĂŻerre.)
La matiÚre fluide du ver-à -soie, de Taraignée et
de plusieurs espĂšces de chenilles, acquiert tout Ă coup
de la solidité en sortant de leur corps, et se change.
en soie par le simple contact de Tair.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Si Ton veut donner beaucoup dâintĂ©rĂȘt Ă un paysage
riant et agrĂ©able, il faut quâon Taperçoivu au travers
dâun grand arc-de-triomphe, ruinĂ© par le temps.
(Ăernardin'de St-Pikrre.)
Le bec-dâargent est de tous les tangaras celui qui
est le plus répandu dans Tile de Cayenne et à la
Guyane. . (Buffon.)
Comme un aide-de-camp je viens en diligence
appeler du sécoiirs. (Regnard.)
Allez dans la prairie, et vous pourrez admira' Ă la
fois mille arcs-en-ciel peints sur chaque goutte de
rosĂ©e , et qui mĂȘlent leurs riches couleurs Ă la ĂźiarurĂ«
des champs, (AfMĂ-MĂRTiN.)
Jâai toujours eu pour principe de ne Jamais faire
. des lettres-de-change, et* Je me -suis toujodrĂ dit,
'avec nos meilleurs poĂštes comiques :
Câest jouer trop gros jeu que jouer le par-corps.
(de Jouy.)
A Paris, je jugeais des mĆurs des femmes de ma
connaissance par Tair et le ton dé leurs fcrmhes-d&-
chambre, Ă©t cette rĂšgle nĂš mâa jamais trompĂ©,
(J.-J. Rousseau.)
Que sous le joug des lihrairés
On livre encor nos auteurs ;
Aux censeurs, aux inspecteurs,
Rats-de-cave littéraires !
(Béranger,)
Les bélles-demuit du Pérou, Tarbre triste des MÎ-
luques, ne fleurissent que la nuit. ^
(Bernardin de St-Pibrrb.)
Les paysannes mangent moins de viande et plus de
légumes que les femmes de la ville ; ce régime végétal
parait plus favorable que contraire Ă elles et Ă leurs
enfants. Quand elles ont dĂšs nourrissons bourgeois, on
leur donne despofs-dtt-/*ew.' (J.-J. Rousseau.)
Le son grave que font entendre les coqs-dâIndesyaĂŽi
leur cri, le roucoulement des pigeons qui sâexĂ©cute
sans quâils ouvrent le bec, sont des sons de mĂȘme
nature. (Buffon)
Je vous assure, mesdames, quâĂ moins dĂ© voler, ou
ne peut pas faire plus de diligence; U nây a pas, en
vĂ©ritĂ©, trois quarts-dâheure que je suis parti de VerÂŹ
sailles. (Uegnard.)
Je ne puis douter que Tusage immodéré du café,
du thĂ©, du chocolat, -des Ă©piceries , nâaient chez les
Européens une partie des effets que nos eaux-de-vie
ont chez les sauvages. (St-Lambert.)
Les vers-Ă -soie sont si communs au Tonquin, que
cette Ă©toffe nây est pas plus chĂšre que le coton, et les
plus pauvres en sont vĂȘtus;,
(Lâabbk de la Porib.)
Tout ce qui frappe nos regards dans les cités nous
parle des hommes, de leurs injustices, de leurs criÂŹ
mes , de leurs misĂšres ; leurs palais sont Tasile .de la
bassesse, et leurs arcs-de-triomphe, des souveoiFs
glorieux de leurs forfaits, (AimĂ©-MĂ rtin.)â
Les becs-d!argent ne vont pas en troupes, mais
toujours par paires. (Buffon.)
Jâai passĂ© ma JournĂ©e avec des aides-de-camp et
de jeunes militaires. (Chateaubriand.)
Lorsque deux substantifs sont unis par une préposition, le premier seulement est
suscepliblé de prendre la mà rqiie du pluriel : Un arc-en-ciel, de arcs-en-cieL
8TNGĂLIKB.
Dn aro-en-ciel
Ud arc-de-lriompbe.
Uoe belle-de-nuiL
Une belIe-de^our.
Une barbe-de-bouc.
Une barbe-de-Jupiter.
Une barbe-de-chĂšfre.
Une barbe-de-moine. .
. Une barbe-de-renard.
Un bec-de-corbm.
Un bec-de-grue
Un blanc-de-baleine.
Un ciel-deJlL
, Un cou-de-f ied.
Uu croc-eti-jambe.
Un culKle-batse-fofSĂ©.
Un rut-^e-lampe.
Un cut-de-jatlc.
Un cbef-d'oeuTre
Un eoq-d'lnde.
Uu equpKlâcetl.
Ub raWe-caTĂ©.
( 119 )
EXERCICE PBRA9Ă010GIQ0B.
FLDBIBL.
,Pél arcM^ieL
Des ares-de-triomphe.
Des belles-de-nuit
Des belles-de-jour.
Des barbes-de-boue.
Des barbes-de-lupiter.
Des barbeaJe-cbevre.
Des barbes-de-moine.
Des borbes-de-renard.
Des bec»-de-corbio.
Dés becs-de-grue.
Des blancs-de-baleine.
Des cĂźelsKle-lit
Des cous-de-pied.
Des croçMii-jambes.
Des rulb-de-basse-Tosse.
Des culs-de-Iamp*.
Ses ruls-de-jatte.
Des cbefs-dâĆufre.
pes coqs-d'lnde.
Des coupt^'ĆiU
Des ratMe-caTe.
SINQĂLIEft.
Une Ă©pi-Jâeau.
.Ăne femme-de-chambre.
Uu jet-dâeau-
ĂŒne lettre-de-cbange.
Un maĂźtre^lliĂŽteL
. ,Un inont-de-piété.
Un pain-de<oucou.
Un paln-de-pourceau.
Un pied-de-c liĂšvre.
Uu pĂźed-dc-b>ehe.
Un pied-dtt-bĆuf.
On pied-d'oiouelté.
Un pßed-de-çbat
Un pied-de-veau.
Un pied-de-lion.
Un pied^e-liĂšvro
Un pied-de-pigeon.
Un poUde-viti.
Un pied-de-mouche.
On ratil'égliieu
Un raUd'eau*
PLURIEL.
Des épis-d*eùa
Des femraes-dfrcbambre.
Des jets-dVau.
Des lettrts-de-ehango.
Des mait/es-dâbĂąteL
Des mouts-de-piclé.
Des pains-de^oticou.
Des paĂDS-de-pourceau.
De; pied»de-rliivre. ,
Des pieds-de-biche.
Des pied*Kl(*-b«uf.
Des pieds-dâalouette.
Des'pieds-de-chat
Des pieds-de-veau.
Des pieds-de-lioo.
Des pied»-de-IßÚvre.
Des pâcdvde-pigeOD.
Des pot»-de-vin.
Des pteds-de-mouche.
Des rati-d'église.
Des rats-dâeau,
EXCEPTIONS.
ri* SĂRIE. â SINGULIER.
Le coq-Ă -VĂąne ne se compose pas dâune sottise
isolée, comme le quolibet ; comme le calembourg,
mais dâune sĂ©rie de sottises rassemblĂ©es sans liaisons.
(de Jouir.)
Les bons bourgeois louent un pied-Ă -terre Ă Passy,
Ă Cliaillot ou Ă Boulogne , et les artisans passent leur
dimanche aux Prés-Saint-Gervais ou aux bois de Ko^
mainvilie. (de JoĂŒy.)
Lâamour sâĂ©teint ; et il nâest pas dâesprit assez fé
cond pour remplir lâillusion, et servir de ressource
contre.la longueur dâuu tĂȘte-Ă -tĂȘte continuel.
(Pigault-Lebrun.)
Le serpenf-à -sonneffas, caché dans les prairies de
lâAmĂ©rique, fait bruire sous lâherbĂš ses sinistres greÂŹ
lots. (Bernarnin de St-PieÂŁRÂŁ.)
Je me suis arrĂȘtĂ© quelquefois dans les rues de
Paris à considérer avec plaisir de petites vignes dont
les racines sont dans le sable et sous le pavé ; elles
tapissent de leurs grappes toute la façade dĂŒn corp^-
de-garde. (Id.)
Jâavais un manteau qui traĂźnait Ă terre, avec un
pourpoint et ĂŒn haut-de-chausses quatre fols plus
longs Ă©t piĂŒ9 larges qu'il ne fallait. . (Lesage.)
Je lue sĂŒis avisĂ©, aprĂšs en avoir confĂ©rĂ© avec quel-
quesruiis dé nos confrÚres de l'Académie, de proposer
Ă lâassĂ©biblĂ©e dâenvoyer Ă Monsieur lâArchevcque de
Paris 1,200 livres, au nom de la compagnie, pour les
pauvres de ĂUĂŽtel Dieu. (Voltaire.)
La conversation de J.-J. Rousseau était trÚs inté
ressante , surtout dans le tĂȘte-Ă -tĂȘte y mais lâarrivĂ©e
dâun Ă©tranger sufiisait pour lâinterdire.
(Bernardin de St-Pierre.)
Câest dans les fentes des rochers que se rĂ©fugient
plusieurs oiseaux de marine, entre auties le paille-
enr^queue. (Bernardin de St-Pierre.)
2* SĂRIE. â pluriel.
La plupart des gens font des coq-Ă lâĂąnĂš, comme
monsieur Jourdain faisait de la prose. '
(de JoĂŒy.)
Je voudrais avoir autant de pied-Ă terre quâil y a
de saisons; lâhiver, jâhabiterais lâitalic; Ăźc printemps,
lâAngleterre; lâĂ©tĂ©, la France.; et lâautomne, lĂ
Suisse, afin de ne coĂŒtempler la nature que dans son
éclat. (Anonyme;)
Dans les maisons, jâimaginais des festins rustiques;
dans les prés, de folùtres jeux; sur les arbres, des
fruits délicieux; sous leur ombrage, de voluptueux
tĂȘte-Ă -tĂȘte. (J.-J. Rousseau.)
Les serpenis-à -sonnettes, sur lesquels on débite
tant de contes, ne sont pour lâordinaire, ni plus gros,
ni plus longs que nos plus grandes couleuvres de
France. (de la Porte.)
Dans tous les temps, les murs des prisons, des
corps-de-garde, des écoles, des auberges, ont été
des registres ouverts aux impromptus des hommes.
(de JĂŒuĂż.)
t ^ â
Ces grands hauts-de-chausses sont propres Ă devenir
les receleurs des choses quâon dĂ©robe.
(MoliĂšre.)
Ce nom de lĂ©proserie nâĂ©tait pas donnĂ© indiftĂ©rem-
ment aux hĂŽpitaux ; car on volt par le mĂȘme testaÂŹ
ment que le roi lĂšgue cent livres de compte Ă deux
cents DĂŽteĂźs-Dieu. (Voltaire.)
I
Dans les tĂȘte-Ă -tĂȘte les plus secrets, Emile iiâpsc-
rait solliciter la moindre faveur, pas mĂȘme y pai-altre
aspirer. (J.-J. Rousseau.)
Des paille-en-queue parcourent tous les jours deë
trois ou quatre cents lieues entre les tropiques, dâoÂŹ
rient en occident, sans jamais manquer de retrouver,
le soir; le rocher dâoĂč ils sont partis le matin.
(Bernardin de St-Pierre.)
c 120 )
Les noms composés qui précÚdent,offrent une grande variété dans leur accord. Ce
pendant, si nous avons recours à la décomporition, nous serons bientÎt convaincus que
leur orthographe, qui paraĂźt si bizarre au premier coup-dâĆil, est en harmonie avec la
pensée.
Un coq-Ă r-VĂąnĂȘ: Un discours oĂč Ton saute du coq
Ă TĂąne, câeslrĂ dire oĂč Ton passe dâune idĂ©e Ă une auÂŹ
tre idée sans raison et sans suite.
Cn pied-Ă -terre : Un logement oĂč lâon pose seuleÂŹ
ment un pied Ă terre. Figure par laquelle on veut
faire entendre que lâon ne sây arrĂȘte quâen passant.
Ăn tĂȘte-Ă -iĂȘte : Un entretien ou deux personnes
sont tĂ©te-Ă -tĂ©te -, oĂč Ton est seul-Ă -seul; espĂšce de
locution adverbi^e.
ĂJn serpent-Ă -sonnettes : Un serpent couvert dâĂ©-
cailles dont le bruit est semblable Ă celui des sonÂŹ
nettes.
JJh corps-de-garde : Un corps qui est de garde
pour la dĂ©fense d'un camp ou dâune ville.
Ăn hĂŽtel-Dieu : Un hĂŽtel de Dieu.
On voit que la préposition de est sous-entendue.
' Des coq-Ă -VĂąne : Des discours oĂč Ton saute du
coq Ă TĂąne.
Des pied-Ă -terre : Des logements oĂč Ton pose seu-
teniént un pied à terre. *
Des tĂȘte-Ă -tĂȘte : Des entretiens oĂč deux personnes
sont tĂȘte-A-tĂȘte.
*
Des .serpents-Ă -sonnettes : Des serpents couverts
dâccailles dont le bruit est semblable Ă celui des sonÂŹ
nettes.
Des corps-de-garde : Des corps qui sont de garde
pour la dĂ©fense d'un camp ou dâune ville.
Des hĂŽtels-Dieu : Des hĂŽtels de Dieu.
EXERCICE PHRASĂOtOGJQĂŒE.
SINGULIER.
Un coq-Ă -l'Ăąne.
On. cfirpKie^arde.
Une fĂąte-Dieu.
Un hautpde-cbauiM.
Ud bĂ tebUicu.
PLURIEL.
Ded coq-Ă 'VĂąne.
Des corps-Ă e-garde.
Des fĂštes-Dieu.
Des bauU-de-chausse.
Des bĂ tels-Dieu.
SINGULIER,
^Un cbar-Ă -baaca.
Un pĂźed-Ă -terre.
Un tĂ te-Ă -tĂ te.
Un serpent^oiniettei.
PLURIEL.
Des cbarf-Ă .bsncs.
Del pied-Ă -lerrĂ .
Del lĂȘte-Ă -tĂȘte.
Des â erpcntt'Ă -sonnettes
ĂOMS JOINTS A UN MOT INVARIABLE , COMME COnfre-COUp.
U* SĂRIB. *â SINGULIER.
Tout animal flaire ce quâil veut manger : la thĂ©orie
de la botanique est dans son odorat. Ce sens exquis
est Vavant-coureur du goût.
(Bernardin de St-Pikrrk.)
' Ăt de monsieur GĂ©ronte il sâen faudrait bien peu
Que par lĂ je ne fusse iin arriĂšre-neveu.
(Regnard.) âą
Pendant un hiver assez rude, au mois de février,
Jâallais tous les jours passer deux heures le matin, et
autant VaprÚs-dXnée, dans un donjon tout ouvert,
que jâavais âau bout du jardin oĂč Ă©tait mon habitation.
(J.-J. Rousseau.)
Les mousses composent un sous-genre de plantes
si nombreux, que ie botaniste Vaillant en a compté
cent trente-sept espĂšces dans les seuls environs de
Paris. . (Bernardin de St-Pierrs.)
I..es Hongrois sont superbes et magnifiques en diaÂŹ
mants. Le palatin de Hongrie ou vice-^oi est le plus
opulent. (Regnard.)
2Âź SERIE. â PLURIEL.
n est de ces instants oĂč TĂąme anĂ©antie
Dâun sinistre avenir paraĂźt ĂȘtre avertie ;
Et souvent, en effet, ces secrĂštes terreurs
Des désasti'es prochains sont les avant-coureurs.
(CuĂNIBR.)
. Dans la progression des lumiĂšres croissantes, nous
paraĂźtrons nous-mĂȘmes des barbares Ă nos arriĂšre -
neveux. (Chateaubriand.)
Pour les aprĂšs-dĂźnĂ©es, je les livrais totalement Ă
mon humeur oiseuse et nonchalante, et Ă suivre sans
rĂšgle lâimpression du moment.
(J.-J. Rousseau.)
Les végétaux aquatiques sont aussi des sous-genres
harmonies avec lâocĂ©an glacial, souterrain, aquatique
et aérien. (Bernardin de St-Pikrre.)
4 *
Les vice-rois des provinces de la Chine étaient tenus
de fournir Ă lâempereur" chacun mille chariots de
guerre attelés de quatre chevaux. (Voltaire.)
121 )
Mes aĂŻeux sont connus, et ma race est ancienne ;
Mon trisaïeul était vice-bailli du Maine.
(Regnard.)
Alaric se donna le plaisir de créer dans Rome un
empereur nommé Attale, qui venait recevoir ses or
dres dans son anti-chambre. (Voltaire.)
On voudrait trouver,un cheval pour une demi-forÂŹ
tune, qui pĂ»t servu' en mĂȘme temps Ă la selle.
Âź (de. Jouy.)
Je suis prĂȘt Ă parier que, si Ton met un quinze-
vingt dans la bibliothĂšque du roi, et quâon lui laisse
prendre un livre au hasard, la premiĂšre page de ce
livre oĂč il mettra la main, contiendra une erreur.
(Bernardin de St-Pikrre.)
U faut voir sur-le-champ si les vice-baillis
Sont si francs du collier que vous Tavez promis.
(Rkgnard.)
Il y eut deux anti-papes dĂšs le milieu du qua
triĂšme siĂšcle. (Voltaire.)
On ne gouverne point par des demi-mesures une
,nation éclairée; il faut de la force, de la suite et de
Tunité dans tous les actes publics.
(Napoléon.)
Quand, par cette piÚce éloquente,
A la couronné tu parvins :
Fut-ce au jugement des quarante? ,
Fut-ce Ă celui des quinzemngt ? (Piron.) '
Lorsqu'un nom composé est combiné avec une préposition, un adverbe ou un autre
mot invariable et un substantif, le dernier prend seul le signe de pluriel : Une arÂŹ
riÚre-pensée, dQS arriÚre-pensées,
' * âą
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
SINGULIER.
Udc aprĂšwlĂźnĂše âą
Une arriĂšre-garde.
Ăn arriĂšre-goĂ»t.
Un arriĂšre-nereu.
Une arriÚre-pensée.
Un arriĂšre-petU-CIs.
Un arriĂšre-point.
Une BrriÚre-«aisoD.
Un arriĂšre-rafisaL
Vn avant-bec.
Une aranUcour.
Un avBDt.coureur.
Un aTant-dernier. '
Un aTanl-foût,
Une arant-garde.
Un aTant-niur.
Un avaol-pieu.
Une aTant-tcĂšne.
Un avant-lrain.
Une aTant-veille.
Un contre-amiral.
PLURIEL.
Des aprÚ».d!nées.
Des arriĂšre-gardes.
Des ariiÚre-goûts.
Des arrierfr-nereux.
Des arriÚre-pensées.
Des arriĂšre-petits-fils.
Des arriĂšre-points.
Des arrlĂšre-saifons.
Des arriĂšre-vassaux.
Des avant-becs.
Des avant-cours.
Des avant-coureurs.
Des avant-derniers.
Pes avant-goûts.
Des avantgardes.
Des arant-cnurs. x
Des avant-pieux.
Des avant-scĂšnes.
Des avant-trains.
Des avant-veilles.
Des contrMmĂźraux
SINGULIER.
Un contre-appel.
Une contrefasse.
Une contre-batterie.
Une contre-charge,'
Une contreflé.
Un contre-coup.
Une contre-danse.
Une contre-épreuve..
Une contre-lettre.
Un cootrcHinaĂźtre.
Une contre-marche.
. Une contre-marque.
Un contref rdre.
Une coiiire-rĂ©rolĂŒtion.
Une contre-vérité.
Une sous-entente.
Une sous-ferme.
Un sous-lieutenant.
Un sous-préfet.
Un sur-arbitre.
PLURIEL.
Des contre-appels.
Des contre-basses.
Des contre-balte ri es.
Des contre-charges.
Des contre-clés.
Des contrecoup).
Des contredanses.
Des contre-épreuves.
Des contre-lettres.
Des eontreHnaitres,
Des contre-marches.
Des contre-marqueiL
Des contrecrdres.
Des contre-révolutions
Des contre-vérités.
Des sous-enlentes.
Des sous-fernies.
Des sous-lie menants.
Des sous-préfets.
Des tur-«rbitrea.
EXCEPTIONS.
SERIE. â SINGULIER.
La fleur da pcrce-netge est blanche, et elleéclot
dans des saisĂŽns et des lieux froids.
. (Bernardin de St-Pierke.)
Comme je ne fus jamais un grand croque-notes, je
suis persuadé que sans mon dictionnaire de musique
on aurait dit.Ă la Un que je ne la savais pas.
(J.-J. Rousseau.)
De guerrier fameux quâil Ă©tait, le sauvage, du CaÂŹ
nada est devenu berger obscur ; espĂšce de pĂątre exÂŹ
traordinaire conduisant ses cavales avec un casse-tĂȘte,
et ses moutons avec des flĂšches.
(Chateaubriand.)
Le gobe-mouches noir Ă collier est la seconde des
deux espĂšces de go6e-moucAes d'Europe.
(Buffon.)
Tous les bateaux rentrĂšrent dans VaprĂšs-midi,
sans avoir éprouvé aucun dommage.
(Bernardin de St-Pikrre.)
2âÂź SĂRIE.PLURIEL.
Je regarde Ă mes pieds si mes bourgeons en pleurs
Ont de mes perce-neige épanoui les fleurs.
(Lamartine.)
Si les manĆuvres et les croque-notes relĂšvent sou*
vent des erreurs, jâespĂšre que les vrais artistes et les
hommes de génie y trouveront des vues utiles dont ils
sauront bien tirer parti. (J.-J. Rousseau.)
Nous* découvrßmes de loin une troupe nombreuse
dâhabitants des montagnes bleues qui descendaient
dans la plaine, armĂ©s de casse-tĂȘte.
(Voltaire.)
Jâallais avec la foule des gobe-mouches attendre sur
la place Tarrivée des courriers.
(J. J. Rousseau.)
mâallant promener avec lui les aprĂšs-midi, je
mettais quelquefois dans ma poche deux gĂąteaux
dâune espĂšce quâil aimait beaucoup.
(J.-J, Rousseau.)
16
( .122 )
Le moine qui mâaecompagnait me dĂźt : Monsieur ,
ue soyez pas Ă©tonnĂ©, câest ĂŒn pauvre capitaine qoĂź'u
perdu lâesprit, Ă causĂ© dâun passe-droit quâoii ĂźĂŒi a
fait dans son régiment.
(Bernardin de St-Pisrbs.)
Nons donnons le nom de casse-noisettes Ă cet oiÂŹ
seau , parce que son cri représente exactement le
bruit du petit outil avec lequel nous cassons des noiÂŹ
settes, (Buffon.)
Ne laissez pas trainér tout cela, et portez-le dans
ma garde-robe. (MoliĂšre.)
Le gouverneur aimait à se faire écouter;
Ce fut un passe-temps de l'entendre conter
Monts et merveilles de la damé,
Qui riait sans doute en son Ăąme.
' (La Fontaine.)
Ăn garde^fouB est une balustre, ou barriĂšre, que
lâon met sur le bord des ponts, 4es quais ou 4gs terÂŹ
rasses poĂŒr empccher de tomber. (AcadĂ©mie.)
Si vous vous avisez de vouloir faire tout de bon votre
mĂ©tier, vous serez mĂ©prisĂ©, haĂŻ, chassĂ ^eĂŒt^Ă©irĂš ,
tout au moins acéablÎ aepai5ë-4rmi?
(J.-J. Rousseau.)
Les casseAioisettes vivent en petites troupes.
(Buffon.)
0 ,
La neige couvre le pont et le toit de notre navire
et foi me nos observatoires et nos garde-manger.
(CUĂTEAUBRIAND.)
je prĂ©sente au grand-prĂȘtre oĂŒ lâençens, on le seĂźt
jâentends chanter de Dieu les grandeurs infinies;
Je vois lâordre pompeux de ses cĂ©rĂ©monies.
âHĂ© quoi! vous nâavez point depassc-femps plus doux?
(Racine.)
Petitr-Jean, ramenez votre maĂźtre,
Ăouchez-rle dans son lit ; fermez porte, fenĂȘtre ;
QĂŒâon barricade tout, afin qu'il ait plus chaud ;
âFai tes donc mettre au moins ĂQBjgardes-fous lĂą-haut.
(Racine.)
Lorsqu'un nom composé est formé d'un verbe et d'un substantif, le premier reste
toujours invariable, et le second ne se met au pluriel que quand il peut se prendre
dans un sens collectif : un hoche-queuey des hoche-queue; ĂŒn cure-dents, des cure-dents.
i
Bien que la plupart des noms composés qui ont rapport à cette exception se trou
vent dans lâexercice, nous allons toutefois donner l'analyse de ceux qui offrent quelÂŹ
que difficulté; ils serviront de guides pour la décomposition des autres.
Un ou des abat-jour : Sortes de fenĂȘtres dont lâapÂŹ
pui en talus abai le jour.
ĂŒn ou dĂšs boĂŒte^en train : Tout homme qui boute
(ou met} les gens en train de sâamuser ou do traÂŹ
vailler.
Un ou des brise-cou : Des escaliers si raides que
lâon sây brise lĂ© cou, quand on nây prend pas garde.
Ăn ou des fier-Ă -bras : Des hommes semblables Ă
celui qui fier (ou frappe) Ă tour de Ăšras. Fier, auÂŹ
trefois fiert, vient du mot latin ferit, Ă frappe.
ĂŒn ou des serre-tĂȘte : Des bonnets avec lesquels on
ae serre la tĂȘte.
Ăh ou dĂ©s çà sse-tĂȘte : fespĂšces de massuĂ©s avec
lesquelles le sauvage cassĂ© la tĂȘte de son* ennemi.
Un ou des gùgne-pam : Outils aveç lesquels un
ouvrier gagne son pain.
ĂŒn casse-noisettes : Instrument , avec lequĂ©l on
casse des noisettes.
Ăn cure-dents, un cure-oreilles : Instruments avec
lesquels on se cure les dents, on se cure les oreilles.
ĂŒh chasse-mouchĂšs Petit balai avec lequel oĂŒ
chasse les mouches.
Vn couvre-pieds : Ătoffe qui couvre les pieds.
ĂM essuie-mains : Un linge avec lequel on sâessuie
les mains.
Ăn porte-mouckettes : Un plateau qĂŒi portĂ© Tes
mouchettes.
Vh serre-papiers : Un meuble oĂč lâon serre des
papiers.
EXĂRCICE PHRASĂOLOGIQVE.
UN oti DES
ĂbĂ t.{aur.
Abat-vent.
AbaV-TQjy,'
AprĂšf-dtimaln
SrIaB-touU
Briie-rçtit.
Brûle-tout.
Ca rĂȘm c-prcfi RDt.
Caiie-oou. j
Cfaauet«oaUif
CiiatsermarÚà .
Obaag«o-pted;
Ooupa-gorg*.
UN oĂč DĂS
Coupë-^arret
Goupe-tĂšte (jeu d'enfĂ nU).
CouTre-cbef (ou Ute).
Couvre-Teu.
CrĂȘTe^Ćur.
£qtre*«ot.
Fésko-mathieu.
Fouilte-au-pot.
Gagne-denier.
GagnĆ-petĂźt.
Gagna-paĂD.
Gard»>TĂ^.
Gard4«ciaBgw;
Gorda-faa.' '
UN ou DES
Garde-bouliquc.
Gile-métier.
Grippe-cou.
Hauwe-coi.
Paue-poĂŒ.
Une ou dei perco.^eigs (plantej.
Piqué-niqufl
Portf'-clguille.
Porte-dropeau.
Paue-droit.
Porte-eoBcIgtie.
Portr-ĂȘtendard.
Porte-huilier.
Porte-fualheur.
UN ou DES
Porte-manteau-,
Porte-reipect.
Rabat-joie.
RĂ©mue-tnĂȘDOĂ».
BĂšTeille-oiatiti.
Serre-file.
Serre-tĂȘte.
SoulTre-doalçur .
TĂątĂȘ-rio.
Tire-bourre.
Tire-boueboii
TirĂš-picd.
Tuerchies.
VolM^ent.
( 1S5
(Jafse-noisetto.
Cbassc-moucUci.
Croque-ootef.
Cureo reille^
Cure-denti»
fnĂŒie-tnaisi.
Garde-fous.^
Garile-robes.
Carde-meubles.
Gobe-mouches.
Puso-parelts.
jPĂšfĂš-HquĂȘMrSi
ĂPorte-manteaux.
Po rte-cn o u cbe ttei.
Serre-papierik
Tire-balUa.
Tire-bottes.
Va-DU-pieds
Vitle-bouteillei.
âąÂ«w NÂź LU.
MOTS INVARIABLES, COMME pOUr-bOire.
1« SERIE. SINGULIER.
Le suisse et le bedeau se trouvĂšrent Ă leur poste, et
furent mbihs étonnés de la magnificence du pour
boire , en apprenant que le hĂ©ros de la fĂ©te Ă©tait ĂŒh
marchand de vins. (de JoĂŒv.)'
Il me fallait ce tour de passe-passe pour entrer
dans le mgnde, et poiivoĂ* figufĂ©f parini les honnĂȘtes
gens du jour, (Piron.)
yoir Paris, sans voir la Ăourtille, '
OĂč le peĂŒple joyeux fourmillĂ© ;
Sans fréquenter les Porcherons,
Le renĂ ez-vous des bons luron^. -
GâĂ©st voir Rome sans voir le tJĂąpĂš. (Vadk.)
. 2Âź sĂ©rie! âi PLURIEL.
Un autre racontait toutes les petites ruses quâil met-,
tait en usage pour multiplier ses courses et pour augÂŹ
menter ses poUt-boiré\ (de Jody.)
Oh I ph ! mon petit ami Guaman , méditeriez-vous;
par hasard, quelquâun de ces tours de passe-^passe
que vous savez si bien faire? (Lësagk.)
Les rendez-vous. ^ » t . ; : .
Ne lui manquaient npqplus que lâeau du puite.;
(La Fontaine.)
Pour-boire, passe-passe, etc., se formant de tous mots invariables; câest-Ă -dirĂ© dâĂŒii
verbe joint à un autre verbe, ou à un adverbe, pu à une préposition, ne §ont pas sus-
cĂšptĂźblĂ©s de Ăše piĂŒralisĂ«i*. * âą
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE
SINGULIER
Un doll-ct-QTi<ir.
Un entre-deux.
Un éroute-e'il-pleut.
Un meurl-de-falni.
Ăn ouĂŻ-dire.
Un quâenvlira-tofi.
' . PLUniBĂi
Des doit-vt-avoĂźk
Dea entre-deux.
De* Ă©coute-*âit-pteuL
Des rpiurLde-f«i|n,
P«s ouwlirÚ.
Del qu'éà -dira-t-on.
J _ ĂątNGULĂER.
Un qui-vadĂ .
Un tee-tac.
Un paise-paue.
Uo pa^iefpiHoUii
tju plpep^ttneifirĂš.'
PLURlEi
Def qui-vt4i.
Dia tae-tao.
Del paiie-paue.
Pea paĂŻae-partout.
Del piDCoeani-rĂźre.
NÂź LUI.
NOMS COMPOSĂS RENFERMANT UN MOT PEU CONNU ET QUI NâEST ĂAS dâUSAGE JSOLĂMJBN^ ,
COMME maUre-Ăšs-arĂźs.
1"Âź SĂRIE.
SINGULIER.
Nous autres.du barreau, nous sommes des gaillards.
Vous ĂȘtes avocat ?
Et de plus maĂźtre-Ăšs-arts.
(Rkgnard.)
Les préparatifs du départ des époux furent bientÎt
faits, le utce-roi ayant expressément défendu à son
ûls d'avoir une noinbreuse ét fastueuse suite.
(Lbsagh.)
' Le semt-ton moyen, â Ă©tant substituĂ© au semf-ton
maxime, donne des intervalles faux partout oĂč U est
employé. (Roussrav.]
2Ÿ SERIE. « PLURIEL.
On pourrait prĂ©sumer quâil y a dans le ciel ĂŒnĂ© faÂŹ
cultĂ© de mĂ©decine oĂč les saints passent maĂźtrĂ©s-Ăšs-
arts ; car les chrĂ©tiens sâadressent Ă eux pour toutes
les maladies. (L'espion Chinois.)
Contre mes utce-rois sa haine se déclare,
Songez-y, vous dâabord, excellence en siniarre,
Vous, CorbiÚre, chéri des bons ignorantins!
(Méry et Barthélémy.)
Une division meilleure et plus naturelle, serait
donc de partager le ton ihajeur en deux jcmt-tohi,
(Rousseau.)
(124)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
SIN6UUEB.
Dr mattrc-Ú»-arti.
Da vice-roi.
Dne vice-amiral.
Un vice-oouauL
Uii vice-lĂȘgaU
Un co-ĂšUL
PLĂŒHIBi:.,
D«a mattret-Ús-arU. *
Dei vice-roii.
Dea vice-amiraux.
Del vice-consuli.
Del vicedégats,
De« co<Jtau.
- SINGULIER.
Uo viee-préiideuL
Uoe vice-reiue.
Do lemi-ton.
Un quati-dĂȘlil.
Un quasi-cootrat.
Un co-dvĂšquo.
PLURIEL.
Del viee-prĂšildeati.
De» vice-reiiict.
Des semi-ton».
Oes quasi-délits.
Des quasi-contrat».
De» oo-Ă©vĂȘques.
Maßtre-Ús-arts. Le mot Ús, qui est formé, par contraction, de la préposition met de
l'article les, signifie dans les. Ainsi, maßtre Ús-arfÎ peut se décomposer par maßtre dans
les arts. Câest pourquoi le substantif arts se met toujours au pluriel.
Vice-roi, vice venant d'une préposition latine, le mot roi seulement se pluralise.
Le semi-ton. correspond Ă demi; mais il est plus doux, et ne s'emploie quâavec
certains mots : Une fleur semi-double, une semi-preuve. On dit aussi Ă mi-corps, Ă 'mi-
jambes. Tous ces mots sont pour une fleur demi-double, une demi-preuve, Ă demi-
corps, etc. '
LĂšse-majestĂ©. Le mot lĂšse signifie : qui blesse, ĂŒn crime de lĂšse-majestĂ© est donc un
crime qĂŒi blesse, qui offense la majestĂ©.
Co-Ă©vĂȘque, co-Ă©tat. La premiĂšre partie de ces mots se rĂ©unit gĂ©nĂ©ralement : coexisÂŹ
tence, coĂ©temel. EspĂ©rons que le tiret disparaĂźtra bientĂŽt dans co-Ă©vĂȘque, co-Ă©tat y ainsi
que dans quasi-délit, quasi-contrat y etc.
MalgrĂ© les rĂšgles que nous avons Ă©tablies, nous ne croyons âpas inutile de donner la
liste,alphabétiquedes noms composés.
LISTE ALPHABĂTIQUE
DES NOMS COMPOSĂS.
SINGULIER.
Un abat-faim.
Un abatpfoio.
Un abat>jour.
Un abal-vent.
Un abat-voix.
Un aide-dMamp.
' Una aigre-douce.
Une aigue-niarine.
Un apptĂ»-maln.
Un aprĂšt-demain.
ĂŒne aprp»-dĂźnĂ©e.
Vne aprĂšs midi.
Une apré» soupée.
Un arc-bouiant.
Un arc-doubleaC.
Un arc-en-ciel.
Un arriĂšre-ban.
Une anĂŒre-boutique.
Un arriÚre-rorp».
Une arriĂšre-garde.
Un arrßÚre-goûl.
Une airlĂšre-)lgne.
Due arriĂšre-maiti.
Un arriĂšre-neveu.
Une arriĂšre-niĂšce.
Un arriĂšre-pelil-Tila.
Une arriĂšpe-petite-Cllc.
Une arriÚre-pensée.
Uo arriĂšrc-poiiiL
Une arriĂšrc-tatsoti. '
Un arriĂšre-vassal.
Un avale-tout.
PLURIEL.
De» abaHhiai.
De» abat-fom.
Des abat-jour.
De» abat-vent
Des abat-voix.
Des aides-Je-oainp.
Des aigre-douce».
Dea aigues-marines.
Des appuis-main.
Des aprĂšs-demain.
De» aprÚs-dßnée».
Des apr^s-midi.
Des «prÚ»-aoupÚca.
Des arcs-boutants.
Des arcs-doubleaux.
Des arcs-eii-clel.
Des arriĂšre-ban.
Des arriĂšre-boutiques.
Dea appiÚre-i;orp».
Des arriĂšre-gard*;S.
Des arriÚre-goûts.
Des arriĂšre-lignes.
Des arriĂšre-mains.
Des arriĂšremeveux.
Des arriĂšre-tiiĂšces.
Des arriĂšre-petits-Gli.
Des arriĂšre-petiles-QUeJ.
Dea arriÚre-pensées.
Des arriĂšre-points.
Des arriÚre-saison».
Des arriĂšre-vassaux.
Des avale-tout.
singulier.
Ud aotoJa-fé. r
Ud avant-bec.
Un avant-bras:
Un avant-corps.
Une avant-cour.
Un avant-coureur,
ĂŒoe avant-courrtĂšre.
Un avant-dernier.
Ăne avant-derniĂšre.
Ub avant-duo.
Un avant-fa ire-droit.
Une avani-fosse.
Uoe ovaiit-gitrde,
.Un avant-goût.
Un avant-hier.
Uo avant-main.
Un avant-tnur.
Un avanl-picd,'
Un avant-pieu.
Un avant-propos.
Un avant-quart
Une avant-scĂšne.
Un avant-toit.
Un avant-train.
Une avant-veille. '
Une ave-maria.
Une ayant-cause.
Un ayanUdroit.
Un bain-marie.
Une barbe-de-bouc.
Une bĂ rbe-de-capucin
Une barbe-dc-chĂšvf c.
PLURIEL
De» aoto-Ja-fé
De» avanMtee».
Des a vent-bras.
De» avanUcorp».
Des avant-cours.
Des avaol-coureurik
De» QTsnt-courriÚfCD
Des aveu t-derui ers.
Des avant-derniĂšres.
Des avant-ducs.
De» avant-fa ire-droit.
Des avant-fusies.
Des avant-gardes.
De» avaol-goĂtP
De» avant-hie
Des avant-mains.
Des avantmurs.
Des avant-pieds.
Des avant-pieux.
Des avatil-propos.
Des avant-quarts.
De» avaot-aeÚne».
Des avaut-toits.
Des avant-trains.
Des avant-veilles.
Des ave-maris.
Des ayant-cause.
De» ayant-droit.
Des bainMnaric.
Des barbes-dc-bouc.
Des barbes-de-capuciii
Des barbes-de-G lĂšvre.
( m )
SlNdUtlKH.
tJtafl barbevle-Jupiier.
ĂŒae barbe de-rtoard.
Une barbe^e-moine.
Uo bas-fond).
Ud bawelief.
Un boa-veiitre.
Une baiie-eontre.
Une basse-eour.
Une boue-foue.
Une basse-tisse.
Une basse-taille.
Une basse-roile.
Un beau-fils.
Un beau-frĂšre;
Un beau-pĂšre.
Un becvl'Ăąne.
Un bce-de-cane.
Un b f<le-corbin.
Un bec-de-grues.
Un bec-figues-
Une bellc^ame.
Une belle-de-jour.
Une belle-de-nuit.
Une belIe-mie.
Une belle-tnĂšre.
Une belle-sĆur. .
Un bieu-dire.
Un bien-ĂȘtre.
Un blanc-bec.
Un blanc-de-baleine.
Un blanc-manger.
Un blauc-seing.
Un blanr-stgné.
Un boo-cbrétien.
Un bcD-henri.
Une bonne-avĂȘnture.
Une bonne-Tortune.
Un boucbe-trou.
Un bout-arant.
Un boul-dâaile.
Un boute-en-train.
Un boute-tout-cuire
Un boute-feu.
Un bnute-lof.
Un bout-rimé.
Une brancfae-uraine-
Un bréche-dents.
Un brise-cou.
ĂŒu brise-glace.
Un brise-raison.
Un brise-scellé.
Un brise-tout.
Un brise-rent.
Un brdie-tout.
Un caille-lait.
Un caillot-rosat.
Un carĂšme-prenant
Uo casse-cou.
Un casie-lëte. \
Un rassevĂŻut.
Un cassefiolte.
Uo caise-noisettcB.
Un caste-noix.
Un cent-fuissi-, on un
Un « erf-Tolant.
Un cl)ar.Ă -banrs.
Un ehanip-élysÚe.
Un cbaufTe-pieds,
Un chasse-chien.
Un cbasse-coquiii.
Un chasse-cousin.
Un chasse-tnaréc.
Un chasse-n 10 ucb..*
ĂŒn chasse'.poignee.
Un chat-huant.
Dn cbaufTc-cIre-
Un rbaulTe-lit.
Un cbausse-pied.
. Une cbauve-sDurĂŻs.
Un chef-d'Ćuirc,
Cn chef-lieu,
Uu chevaux-lĂšgers.
Un cliĂšTre-feuille.
Un chicn-lgu p.
Un cbicn-marĂD.
Un cliou-fleiir
Un chou.naseu
Un chou-rave.
UĂŒ cĂźel-de-lit
cent-suisses.
pluriel.
Des barbet-de-Jupitei,
Des barbes-de-renard.
Des barbes-de-moina.
De* bas-fonds.
Des bas-reiieflL
Des bas^entre.
Des baisea-contre;
Des basses-cours.
Des basses-fosses.
Des basses-Iisses.
Des baĂŻaes-laille*.
Des basses-voiles.
Des beaux-fils.
Des beaux-frĂšres.
Des beaux-pĂšres.
Des becs-dâĂąne.
Des bec»-de-cane.
Des becs-de-corbin.
Des becs-de-grue.
Des bec-figues.
Des beites-dames.
Des belles-dc-joiir.
Des belles-de-ouit
De» belles-filIes,
Des bellesfiĂšres.
Des belles-eĆurs.
Des bien-dire-
Des bien-ĂȘtre.
Des blanos-becs.
Des blanrs-de-bale Ăźne,
.Des blanofnaDger.
Des blanc-eeiugi.
Des btaoo-sĂźgnĂšs.
Des bons-cbrétiens.
Des bons-benris.
Des boones4ventures.
Des bonnes-forlunes.
Des bouche-trous.
Des bouts-evant.
Des.boutsvl'aile,
Des b'oute-en-train.
Des boute-tout-cuire.
Des boute-feu.
De» boutes-lof.
Des bouts-rimés.
Des brancbes-ursinei.
Des brĂšcbe-dcnts.
Des brite-cou.
Des brite-glace.
Des brite-raisoik
Des brite-scellés.
Des brise-tout
Del brise-Tent.
Des brûle-lout
De» caiĂe-lait.
Des caillols-rosats.
'Des carime-prenant.
Des casse-cou.
Des casse-tĂȘte.
Des casse-cul.
Des casse-motte.
Des easse-noisetles.
De# casse-noix.
Des cetit-suisses.
Des Cerfs-volants.
Des cbars-Ă 'bancs.
Des ebamps-élysées.
Des efaaulte-pĂźeds.
Des chassc-c lien.
Des chasse-coquin.
Des cbasse-cousin.
De» chasse-marée.
Des cbasse-moui'liei.
Des chasse-poignee.
Des cbats-huants.
Des cbaufie-cire.
Des cbaufTe-lĂźt
Des cbau'sse-pled.
Des chauves-souris.
De* chefs-dâĆuvre.
Des ebefft-lieux.
De# cbevaux-légers
Des chĂšvre-feuilles.
Des chiens-loups.
Des cbiens-marint.
Des choux-fleurs
I>ea cboux-navets.
Des choux-ravei;
De» ciels-de4)t
SitCGtiLlEĂ .
Us ciel-de-tableau.
Un eialr-aemé.
' Une clairf'Toie.
Dn cUqoe-K>reilles.
Un clii^âĆil.
Dn co-atsocié.
Un co-état.
Dn eo-ĂšvĂȘqne.
Un co-lĂšgatoire.
Uu colin-maillard.
Doe contre-allée.
Dn contre-ami rat
ĂŒn contre-appeL
Une contre-approches*
Une contre-basse.
Une contre-batterie.
Une contre-charge, '
Un eoutre-chevron.
Une contre-clé. ,
Une contre-cĆur.
Un contre coup.
Doe contre-danse.
Une contre-échange,
â â Une contre-enquĂȘte.
Une contre-épreuve.
Dn contre-espalier.
Une contre-fenĂȘtre.
Une contre-tente.
Une contre-finesse.
Du contre-fort
Une contre-fugue.
Ud eontre^our.
Une contre-lettre.
Un contre^naĂźtre.
Une contre-marche.
I Une contre-marée.
Une contre-marque
Une contre-mine.
Un contre-mur.
Un contre-ordre.
Un contre-pal.
Une contre-partie.
Une contre-police.
Un contre-poinçon.
Un contre-poiut
Un contre-poison.
Une contre-porte.
Une contre-révolution.
Un contre-révolutionnaiic.
Une contre-ronde.
Une contre-ruse.
Du coutre-ecel.
Un contre-cens.
Un contre-temps.
Une contre-vérité, etc.
Un co-propriétaire.
Un co-religioooaire.
Un coq-Ăš-lâĂąne.
Un cordon-bleu.
Un corps-degarde.
â Un corps-de-logis.
Un cou-de-pied.
Uu coupe-gorge.
Un coupe-jarrets.
Un coupe-pĂąte.
Un coupe-tĂȘte.
Un court-bouillon.
Une eourte-botte.
Une courte-pailte.
Une dburte-pointe.
Un couvre-feu.
, Un couvre-cbet
Un couvre-pieds,
ĂŒq crĂšve-cĆur.
Un cric-crac.
Un croc-en*jambej.
Un croque-notes.
Ăn cul-de-jatte.
Un cul-de*basse-fo,<(ie
Uo cul-de-lampe.
Un cul-de-sac.
Un cure-oreilles.
Uu cure-dents.
Une dame-jeanne
Une démi-aune
Une demi-bouteille.
Un demi-dito.
Une demi-doosninr.
Une demiJifure,
Pluriel.
Des cĂźeli-de-tableau.
Des elair-semés.
Des claires-voies.
Des claque-oreilles.
Des clins-dâĆĂźL
Des co-associéi.
Des co-etats.
Des cu-Ăšvfiques.
Des cudfgataires etc.
Des cotinvmaillards.
Des contre-oliées.
Des contre-amiraux.
Des contre-appels.
Des contre-approcbc»
Des contre-basses.
Des contre-batterie».
Des contre-charges.
De# conlre-rhevrons.
Des contre-clĂšs.
De# contre-cĆurs.
Des contre-coups.
Des contre-danses.
De» contre-échaugcs.
Des contre-enquĂȘte».
Des contre-épreuve».
Des contre-e»palier».
De» contre-fenĂȘtres.
Des contre-fentes.
Des contre-finesse».
Des cuntre-forts.
Des contre-fugues.
Des contre-jour.
Des contre-lettre».
Des contre-maĂźtres.
Des contre-marches.
Des contre-marées.
Des contre-marques.
Des contre-mines.
Des contre-murs.
Des contre-ordres.
Des contre-pal).
Des contre-parties.
Des contre-polices.
Des contre-poinçons.
Des contre-points.
Des contre-poisons.
De» contre-portes.
Des contre-révolutions.
De» contre-révolutionnaires
Des contre-rondes.
Des contre-ruses.
Des contre-ecels.
Des contre-sens.
Des contrerienips.
Des contre-vérité», etc.
Des co-propriétaires.
De» co-rellgioonaire».
De» coq-B-lâĂ oe. ,
Des cordonsjileas.
Des corps-de-garde.
Des corp»<le-logis.
Des cou-de-pled.
Des coupe-gorge.
De» coupe-jarrets.
Des coupe-pĂąle
Des coupe-tĂȘte.
Des cou rts-boui lions.
Des eourtes-boltca.
Des courtes-pailles.
Des courtes-pointe*.
De» couvre-feu.
Des couvre-chef.
Des couvre-pieds
Des crĂšve-cĆur.
Des cric-crac.
Des croGS-en-jambes.
Des croque-notes.
Des culsJcHofte'
' Des culs-de-basse-fosiv
Des euls-de-larape.
Des culs-de-sac.
Des cure-oreilles.
Des cure-dents.
Des dames.qeannes.
Des demi-aunes.
Des demi^outeillfßß.
Des demi-dieux,
'Des demi-douKtines.
Des demi-heures
( 126 )
SINGULIER.
Ur.c demß-piécc.
Un demi-quart.
[Jn dcnii-quarteran.
Un doit-et-avoir.
Une double-feuille;
Une double-lleur.
Une eau*de-»ie.
Une eau-fcrle.
Un Ăšcuute-iâil-pIeuL
Un entr'actes.
Un entre-cul on iiĂši;
Un cntre-cûtes.
Un entre-deux.
Un entre-lignes.
Un entre-sourcils. -
Un etitre-»oJ.
Une Ă©pIne-TĂnette.
Un essuie-mains.
Un état-major.
Un ex-etiiployé.
Uu e*-Toto.
Une fauise-braie.
Un faux-Tuyau t.
Un fesse-cabier.
Un fesse-matbieu.
Une fĂȘte-Dieu.
Un lier-Ă -bras.
Une folle-enchĂšre.
Un fouille-au-poC
Un Cournii-liiin.
Un franc-alleu.
Un franc-maçon.
Uue franomaçonnerie.
Un fratic-réaL '
Un fripe-sauce.
Uu gagne-dcnier.
Un gagne-pain.
Un gagne-petit,
ĂŒn garde-champĂȘtre,
ĂŒn garde-chasse.
Un garde<ĂŒtes.
Un garde-forestier.
Un garde-magasin.
Un garde-manger.
Un garde-maladei.
Un garde-marine,
ĂŒn garde-marteau.
Un garde-française
Une garde française.
Une garde-battouaĂźr.
Un garde-national,
Une gardr-royale.
Un garde-royab
Un garde-du-corps.
Dn garde-vente.
Un garde-boutiqua.
Un garde-feu.
Un garde-fous;
Un garde-mĂ nger.
Un garde-meubles.
Un garde-notes.
Uoe gard^-robes.
Un garde-vaUsetle.
Un garde-vo«.
⹠Un gùtemiétßer.
Un gĂąte-pĂąte.
Un gùte-«auce.
Un gnbe-moucbes.
ĂŒne gomme-gutte.
Une goonne-réiiÎe.
Une goutte-crampe.
Uu grand-maĂźtre.
Une grondâ-tnĂšix. '''
Dne grand'mcsse.
ĂŒn grand-oncle.
Un grand-pĂšre.
Une grandâ-tante,
ĂŒn gras-double. â
On grattxml.
Un grippe-tou.
ĂD gros-blaue.
Uo gros-texte,
Dn guet-Ăš-pens. ^
Ud hausse-col. '
Un faaul-Ă -braa.
Un hauUbord.
Une haute-contre.
Uo bauHl»«baB«se|k
PLURIEL
De» demi-piÚces.
Des demi-quarts.
Des denii-quarterons.
Des doit-ct-avoĂźr.
Des douhtes-feuilles.
Des doubles-fleurs.
Des eaux-de-vie.
De» eaux-fortes.
Des Ă©coute-eâil-pleuU
De» entrâactes.
Des entre-colonnei.
Des entre-cĂŽtes.
Des entre-deux.
Des entre-ligné».
De» entre-soureita.
Des entre-sol.
Des épines-vinette#.
Des esĂźuic-mains.
Des étals-innjors.
Des ex-empĂŻoyĂȘs.
Des ex-voto.
Des faiisses-brates.
De» faux fuyant».
De» fesse-cahier.
Dea fesse-mathieu.
Des fĂȘtes-Dieu.
Pus ficrs-Ă -bras, âą
De» folles-enchcrrs.
Des foullle-au-poU '
Des rourmis-lions.
De» francs-alteux. <
De» fraiU!s-ma<;oii«.
Des franc-maçomie-it
Des fraiics-réals.
Des fripe-sauec.
) âc» gagnedenier.
Des gagne-pain.
Des gagne-petit.
Des gardes-champĂȘtt is
De» gardes-chasse. .
Des gardes-cûtes.
Des gardes-forestlcr*.
Des gardes-magastn».
Des garde-manger.
Des gardei-malade*.
Des gardes-marine.
Des piirdes-marteau.
Des gardes-françaiie..
Des gnrdes-française^ âą
Des gardcs-nationaies.
De» gardes-natiiinaitx.
De» gardes-royales.
De» garde»-royaus.
De» gardés-du-corps.
De» gardes-vente.
De* garde-boutique.
Des garde-feu.
De» garde-fous.
De# garde-manger.
Des garde-meubles,
ĂŒe» gorde-siotes.
Des garde-robes.
Des garde-vaĂźsielle.
De» garde-vue.
De» g&temaétier.
Des gĂąte-pĂąte.
De» gùte-»auce.
De» gobe-enouche».
Del gommes-guttes.
De» gommes-résßue»,
Des'goulles-cratnpe#
Des graiids-mattre».
Des grandâ-mĂšrea.
Des grandâ-meises.
Des grands-oncles.
Des grands-pÚre».'
Des grandâ-tantei.
Des grasdoublea.
Des gralte-cul.
Des grippe-sou.
Des gros-blancs.
Des gro*-textei.
Des gueU-B-pens.
Des bausse-Gol.
Des haut-B-brai.
Des hants-bords.
Des hautes-contre.
Des bautedĆ-cbaasssĂȘ.
SINGOLI
Un haoUle-corps.
Un. haut-Ifl-pied.
Un haut-mal.
Une baute-coun
' Dne haute-justice.
Une baute-Iice.
Dn Itaule-licier,
Dne haute-futaie,
ĂŒne haute-paye.
Une haute-taille.
Dn horsd'Ćuvre.
Uo hĂŽtel-Dieu.
Dn in-folio.
Un in-quarto.
Ăn indoute.
Un tn-huit.
Un in-octavo.
Un in-sf-ite.
Dn indtx-huit.
Un in-trentedcux, etc;
Un jetdâeati.
ĂŒn ialĂźset-passer.
Dn lave-mains ou lave-main:
Dn Iaurßer-ro»e.
Dn loup-cervier.
Un louf>-garou.
ĂŒn loup-marin.
Une maiii-tevĂȘe-
Un mat-aise ou malaise,
ĂŒn mal-ĂȘtre,
ĂŒn maltre-Ăšs-orts-, etc.
Un marlin-see.
Dn mes*Ăźre-jeon.
Un meurtde-fiiim.
Un meiEo-tcrmine.
Ăne rni-aoĂt.
Une mi-carĂȘme.
Un a-ml-jambc (loc. )
Une mi-iaiiĂŻicr,
ĂŒn milIc-feuillcs.
Une niille-flcurs.
Une mouĂźlk-boucLc.
Une nerf-ferrure.
Un non-paie nie lit.
Une non-valeur. '
Un nu-jambes.
Un nu-pieds.
Un nu-lĂȘle.
Dn oeilde-bĆuf.
Dne ortie-griĂšche.
Un ou!-dire.
ĂŒn 'painde-coucou.
Un painde-pourceau.
Un passe-avant ou paiiovani.
' Dn passe^dehout.
Un passe-ilix.
Un passedroit.
Un passe-parole.
Un passe-partout ou passe par) ou L
Un passe-passe.
Un passe-pied.
Un passe-poil,
ĂŒn passe-port ou passeport.
Un passe-temps.
Un pavse-tclours.
Un paler-noster.
Un perce-neige.
Ăn perce-orcitleS" '
Un pĂšse-liqueurs.
Un pelil-Ialt.
Un pctil-maĂźtrc.
Une petite-maĂźtresse.
Un petit-neveu.
Une pelite-DĂĂšce.
Un petit-pùté.
Un pctii-texie.
Un pĂźed-Ăą-terre.
Un pied-bot.
Un ^ieddâalouetta.
Un piedde-tiĂźcbe.
ĂŒn piedde-bĆuf
Un pied-dc-rhat.
Un pĂźedde-cheval.
Un piedde-chĂšvrc.
Un pledde-moueh^
Un pieddroiU
Un'piedde-roi.
Un piad-forL
PLURIEL
Des htQt4«-eorps.
Des baut-le-pied.
Des haut-mal.
De» hautes-cour».
Des hautes-justices.
Des hautes-licca.
Des baute-liriers.
Dea hautes-futaies.
De» hautcB-paye». '
Des hautei-taillos.
Des horsdâĆuvre.
De» bÎtels-Dieu.
Des in-folio.
De» in-quarto.
Des in-douze.
Des in-fauit
Des in-octavo.
De» in-eeize.
De» indix-hoßt.'
Des it>-trentedcuz.
De» jetsdâeau.
Des laissez-passer. ^
De» ïave-main» ou IsTe-maßn,
Des lauriers-roses.
Des loup»*cervieri.
De» loups-garous.
Des loups-nnirini.
Des mains-levée.
Des mol-oise ou malaises.
De» maWtre.
De» maßtres-Ús-art».
De» marlinMec,».
Des mesiires jean, ' >
Des meurtde-faim.
De» mezzo-termine.
Des mi-BoOt.
De» mi-carĂȘme.
.Des Ă mi-jambei.
De» inß-janvicr.
Des mille-feuilles.
Des mille-fleurs.
Des mouille-houcite.
De- nerf-ferrure.
Des non-paiement:
Des non-valeur».
De» nu-jambe»
Des nu-pieds.
De» nu-tĂȘte.
Des Ćilsde-bĆuf.
Des orlies-griĂšcfaes.
De» onßdirc,
De» painsde-coucou
De» painsde-pourcc.TU.
De» paase-ovantou paiiavant.
Des pasaedebout
Des passediz.
De» passedroit.
De» passe-parole,
Del passeqiĂąrtout ou passepaxtotit.
Des passe-passe.
Des passe-pied.
Des passe-poil.
Des passe-ports ou passeport».
De» paase-tenipi.
Des pai-se-velour».
Ăe» pater-tiostcr.
De» perce-neige.
De* perce-oreille».
De» pÚse-liqueur».
Des petils-Ioits.
De» petils-maßlre#.
De» petites-maUrr.sïct
De» petita-neveux.
De» pctites-oiÚce.''.
De» petils-pà tés,
Oes petits-textes.
De» pled-A-terre.
Dea pieds-bots.
Des piedsdâilonette '
De» piedsde-biehe.
Des pĂźedsde-bĆuL
Des piedt-de-chaL
Des pieds-de-cheval.
De» pßedsde-cbÚvce.
Des pĂźeds de-mouche-
De» pieds-droits.
De» piedsde-roi.
DĂšs pieds-fbrts-
o
( 12T )
SmGĂŒLĂźFR.
tTn pied-plat,
ITo pied-poudreux.
'Une pie-griĂšche,
ĂŒn piiice-tnaille.
Un pince-«8n*-rire.
Ăn piqu«-a«iette.
Ăn pique-nique.
Un plain-chant,
Ăn plat-bord.
Une plate-bande:
Uue plate-forme.
Un plat-pied.
Un pleure-misĂšre. *
Un pont-neut
Un pÎnNévßJ.
Un porc-épics.
Un porte-clefs/
Un porte-aiguille ou porte-Ăąiguitles.
Un porte-balle.
Un porte-chape, Ăšlc.
Un porte-drapeau.
Un portç-crajçn.
Un porte-enseigne, etc.
Un porte-feuille,
TJn porte-manteau.
Dn pĂŽrte-mĂ lfaeur.
Un porte-huilier.
Un porte-mouchettes.
Un pĂŽHe-mĂšu^Ăčeton.
Un porte-respect;
Uo porte-vent.
Un porte-vcrgp bu porte-bĂąleibe.
Un porte-faix.
Un porte-Tpix;
Un post-ecriptum.
Un pot-Ă -lleur.
Un pnt-au-fcu:
ĂŒn pot-de-vin.
Un pot-pourri.
Un pouf-boire.
Un pousse-cul.
Uii poûiûé-pieùi.
Dn prie-Dieu.
Un prud'homme.
Un qualre-yeux;
Da quasi-contrat.
U« quasi-délit.
U»* quartier-maßtre.
Ui quartier-mestre.
ĂD ^u en-dir»-wĂŽĂŽ.
Un quatre-vingts ans ; etc.
Un ouat e-vingt-uo , etc.
Un qoinze-vingts.
Un qui-va-lĂ .
Un rabat-joie.
Une reine-claude.
Un relĂšve-mouftacbe.
Un rcUTĂȘ-quavliĂ©r.
Un remvo-ménùge.
Un rex-de-cbau^e.
Ud réveille-matin.
Un revenant-bon.
Un rose-croix.
Un rĂŽuge-gĂŽrge.
Une sage-femme.
Un saiiit-ougustin.
Une sainte-barbe,
ĂŒn saiig-de-drĂ gon.
Un sauf-conduit.
Un savoir-faire.
Dn savoir-vivre,
ĂŒn semi-double.
Une temi-peuston.
Une If mi^veuve.
Un semi-lbn.
Un sĂšnatus-consullet
Un sergent-major.
Un serre-file.
Un serre-pĂąpters.
ĂŒn serrc-tĂšte.
PLUĂIIEU.
Des pieds-plats, ^
Des pieds-poudreuf.
Des pies-griĂšeiics.
Des pince maille.
Des pinee-sans-rire.
Des ptquQ-assieUes.
Dés piqué-nique.
De» plaints-chant».
Des plats-bords.
Del plates-bandes.
Des plates-formes. .
Desplats-pieds.
Des pleure-misĂšre.
De» ponts-neufs.
De» p'-nts^evisi
Des porcs-épics.
Des porte-clefs.
Des porte-aĂźguille*.
De» porte-balle.
Des porte-chapĂȘ.
De» porte-drapeau.
De» portc-rrayon.
De» porte-cnse-gne.
De» porte-feuilles.
De» porte-manteaux.
Des porte-malbeur.
Des'porte-builicr, â
Des porteHTiouchcltes.
Dé» portcnaiousquetéh.
Des porte-respect.
Des porte-vent,
ĂJes porte-verge ou porte-baĂŻeme-
Des porte-faix.
Des porte-voix.
De» post-scriptum. '
Des pot^-Ăeurs.
Des polMu-feu.
De» pot5-de-TĂn.
De» pots-pourris.
Des pour-boire. .
De* p6u»»e-cuU
De» pousse-pieds.
De» prie-Dieu.
Des prud'homme*.
Des quatre-yeux.
Des quasHTontrats.
Des quasi-dĂšiits.
Des quartiers-maĂźtres.
Des quartier-mestre.
Des qu'en-dira-l-on.
Des quatre-vi"gls ans.
Des quatre-vingt-un.
De» quinze-vingts. ^
Des qui-va-lĂ .
Des rabat-joie.
De* reitifs-elaadefl.
De* relĂšve-moustache.
De* relĂšve-quartier,
Dc* remue-ménage.
De» rez-de-chaussée.
De* réveille-matiD.
De» revenant-bon.
Des rose-croix.
De» rouges-gorges.
Des sages-femmes.
De* aaints-eugustĂźns.
Des saintes-barbes.
De» sBtigf-de-drngon-
Des saufs-cĂŽnduits.
Des savoir-faire.
DÚs savbir-vivrë.
Des Kémi-doublet.
Des seihi.pensiOD».
Des seml.preuves.
De» semi-tons. etc.
Des sĂšnatus-cĂŽhsuUet.
Dé* BÚrgenls-major».
Pea serre-file.
Pei sérre-papiera.
De* «erre-tà to.
SINGULIER.
Un serre-point.
Un soi-disant.
Un souffre-douleur.
Un sous-arbrisseau.
Un sous-bail.
Du MU*diaere.
Un ioiti-cbeĂ
Un Bouj-entendu, etc.
Du sous4ieutetianL
Un soui-fermier.
Dn foui-Iocalaire.
Un sous-maĂźtre.
Une sous-maĂźtresse.
Un sous-multiple.
Un sous-préfet « etc.
Un Boui-ordro ou sous-ordres.
Un soUKpied.
Un sous-seing privé.
Une sous-ventriĂšre.
Un iur-arbitre.
Une sus-dominante.
Un tac-tac..
Une taiUe-doucë.
Un lĂ le-viii. ,
Un taupĂȘ'^riĂŒon.
Un Te-Deum.
Un lerrc-noix.
Un terre-plein.
Un tĂšte-Ă -lĂȘle.
Un licrlac.
Un tire-balle.
Un tire-bottes.
Un tine-boucbon.
Un tire-bourre.
Un tire-boutons.
Un ^re-fond.
Un tire-ligne-
Un lßrc-moelié
Un tire-pied.
Une tire-lire.
Un tire-Iiardi
Un tire-taisse.
Un tire-larigot.
Un lireur-dâor.
Un lourne-feuiUet».
Un lout-puissant.
Une touté-bonnÚ.
Une toute-épice.
Une toute-saine.
Un tou-toĂč oĂč toutou. >
Un tout-ou-rien.
Un traiirhe-lard.
Un trente^t-ûn.
Un tripe-nindame,
ĂŒn irompe-roeil.
Un trou-madame.
Un Irouble-fite
Un tu-outem. âą
Ăn tue-chien.
Un vade-mecunt.
Un va-et-vient.
Un va-nu-pieds.
Un va-tout.
Un veni-meeum.
ĂŒh ver-coquin.
Un verUde-gris.
ĂŒn ver-IuĂźsant
ĂŒn ver-B-soie.
ĂŒh virĂš-âamiral.
ĂŒu vice-' onsul.
Un vieĂš.^craht.
JJn victJégat
ĂŒtĂŻ vice-prĂ©sident.
Une vicc-feine;
ĂD vice-roi.
Un vide-bouteĂźUe*
tĂŻn vis-Ă -vis.
Un ToIe-ao-vĂȘnV
Un ToUĂ©-faeĂš.
PI-ĂŒMEĂ..
De» serre-point.
Des soi-disant
' Des souffre-douleur-
. Des sous-arbrisseaux.
Des sous-baux.
De» sous-diacres.
Des sĂŽus-chefs.
Des sous-entendus.
Des sous-lieu tenants.
Des sous-fermiers.
De» coui-locataires.
Des sous-maitrr».
De» eous-maßtressc».
De» sous-multiple». '
De» sous-préfeU, etc.
DĂšs sĂŽĂŽs-ordre ou sous-ordres.
Des sous-pied.
De» sous-seing» privus
De» sous-vehtriÚrÚ».
Des suisirbilres.
Des sus-dominantes.
De» tùc-tac.
De» tailles-douces.
Des tĂąte-vin.
De» taupe#-griilÎb*.
Des Te-Ăeum
Des terre-noix.
De» terre-plein».
DÚs tÚte-à -tëte.
Des tic-tac.
DĂšs tire-bailĂȘs.
Des tire-bottes.
De» tire-bouchon.
De» tire-bourre.
De» tire-boutons.
Des tire-foud.
Bas tire-ligne.
De» tire-moeUe.
Des tire-pied.
De* tire-liré.
Des tĂźre-liard.
Des tire-taisie.
De# tire-larigot.
De» tĂźreurs-dâor.
Des toume-^euillet*.
Des tout-puilsaots.
DĂšs toute-bonneĂ .
De# toute-épice.
' Des toute-saines.
Des tou-tou ou toĂčtoĂčs*
Des tout-ou-rĂźeo;
DĂšs Irauehe-lard. '
De» Irente-et-un.
De» tripes-madamc.
Des trompe-l'Ćil.
Des trous-madĂąme
Dés trouble-fÚte.
Des tu-autém.
De* tue-chien.
Des vade-mecum.
De* va-et-vient.
Des va-nu-pieds. âą
Des va-toul.
De# vetit-mecurn;
Dés vers-coquin».
Des verU-de-gHs. â
Des veri'luisants.
Des vers-Ă -Roie.
Des vice-amtranx.
Des vice-consul s.
Dés vice-geranti.
Des ftce-légatfc
Des vicc-préißdent*.
Des vice-reines-
Dés vice-rois.
Des vide-bootÚlile».
De* vis-Ă -vis. ,
De* vole-aa-vent. .
Des VoltĂȘ-fae*.
> '
I
&
( 128.)
N LIV.
DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS, COMPLĂMENTS dâUNE PRĂPOSITION OU dâUN YĂRBE.
riÂź SĂRIB. â SINGULIER.
Les peaux de léopard sont toutes précieuses, et
font de belles fourrures. (Buffon.)
Aujourdâhui encore, dans les PyrĂ©nĂ©es, les paysans,
lorsquâil tonne, se couvrent de branches de laurier
pour se garantir de la foudre.
(MâÂź DE Genlis.)
Le castor, qui habite les eaux et se nourrit de
POISSON, porte une queue couverte dâĂ©cailles.
(Buffon.)
La pensĂ©e dâune providence conduit le sage de dé
couverte en DĂCOUVERTE. (AimĂ©-Martin.)
Disons-nous nos secrets,
De COMPĂRE Ă COMPĂRE. (PiRON.)
Lorsque les blés sont en. fleur , y voit-on des pé
tales colorés ? (J.-J, Kousseau.)
Nous étions épaule contre épaule, pied contre pied;
tous les nerfs tendus et les bras entrelacés comme des
serpents, chacun sâefforçant dâenlever de terre son
ennemi. (Fénelon.)
Me voici donc seul sur la terre, nâayant plus de
frĂšre, de prochain, dâomf, de sociĂ©tĂ© que moi-mĂȘme.
(J.-J. Rousseau.)
2* SERIE. â PLURIEL.-
A Rome, on se servait de peaux dâANCuiLLEs pour
chĂątier les enfants des citoyens. (GuĂ©roĂŒlt.)
Le jeune garçon Ă©tait suivi dâun cliĆur de jeunes
Ălles, portant des branches de lauriers , chantant
des hymnes, en équipage de suppliantes.
(MâÂź de Genlis.)
La saricovicnne vit de crabes et de poissons.
(Buffon.)
Lés éléments de géométrie ont passionné des jeunes
gens, mais jamais des vieillards, si ce nâest quelques
fameux géomÚtres qui ont été de découvertes en
DĂCOUVERTES,
(Bernardin de St-Pierre.)
De VALETS Ă VALETS
On ne se doit pas taire. (Piron.)
Une brise lĂ©gĂšre apporta jusquâĂ nous les suaves
odeurs qui sâexhalaient dâun plant de pommiers en
FLEURS. (de JoUY.)
Les voilĂ aux prises, pieds contre pieds, mains
contre mains ; les deux corps entrelacés paraissent
nâen faire quâun. (FĂ©nelon.)
Tout ce qui mâest intĂ©rieur mâest Ă©tranger dĂ©sorÂŹ
mais. Je nâai plus 'en ce monde ni prochain, ni semr
blables, nĂŻ frĂšres. (J.-J. Rousseau.)
Faut-il dire des peaux de Léopard; ou de léopards; des branches de laurier y ou de lau
riers; se nourrir de poisson y ou de poissons; de compĂšre Ă compĂšre y ou de compĂšres A comÂŹ
pĂšres, etc., etc., etc.? Telle est Timportante question que font naĂźtre les citations qui ^
précÚdent.
De tous les points de grammaire, il en est peu qui présentent de plus grandes diffi
cultés que remploi du nombre des substantifs, lorsqu'ils sont précédés d'une prépo
sition ou d'un verbe. Plusieurs grammairiens, il est vrai, ont essayĂ© de lâĂ©claircir,
mais leurs traitĂ©s sont loin d'ĂȘtre pour nous le fil d'Ariane. VĂ©ritables dĂ©dales, on n'y
trouve, au contraire, que des observations fausses, jetĂ©es pĂȘle-mĂȘle, et souvent mĂȘme
contradictoires; en sorte qu'on est plus incertain, à cet égard, aprÚs les avoir lus,
qu'on ne lâĂ©tait auparavant. D'ailleurs, les rĂšgles qu'ils posent sont presque toutes
controuvĂ©es, et ont le malheur dâĂȘtre en opposition avec l'usage des grands Ă©crivains,
dont lâautoritĂ©, en ce point comme toujours, doit seule ĂȘtre invoquĂ©e. La matiĂšre est
donc, pour ainsi dire, encore vierge..
C'est escortĂ©s des chefs-dâĆuvre de notre littĂ©rature, et, quand il y a incertitude,
appuyés sur la raison, le goût et la logique, que nous allons entreprendre à notre lour
de jeter quelque lumiÚre sur une question aus$ß épineuse ; et si, ce qui pourrait fort
bien arriver, nous nâĂ©tions pas plus heureux que nos devanciers, nous prions nos lec-
' ( 129 ) .
^éurs de vouloir bien nous tenir compte au moins de nos recherches et des peines que
nous nous sommes donnĂ©es pour leur prĂ©senter cette matiĂšre avec le plus dâordre et
de clarté possible.
Afin dâĂ©viter toute confusion, nous diviserons ce paragraphe en plusieurs parties,
et nous consacrerons un article spécial aux prépositions de> en, n, pour, sans,
avec, etc.
Nâ LV.
DU NOMBRE APRĂS LA PRĂPOSITION dC.
SKHIK. â SINGULIER.
Les menuisiers et les ébénistes se servent de la
gélatine ou de la colle, pour tenir rapprochées les
piĂšces de bois ; les fabricants de papier en font une
grande consommation. (Dict. des sc. méd.)
Sardanapale, si fanieux par son abandon aux voÂŹ
luptés, fut le premier qui fit usage de lits do plume.
(Sallentin.)
H y a au moins 900 cuves dans le royaume, dont
chacune emploie environ 40 milliers de chiffon.
(Dksmarets.)
Jâaime le bon vin, mais oĂč en prendre ? chez un
marchand de vin? Comme que je fasse, il mâempoiÂŹ
sonnera. (J.-J. Rousseau.)
TĂ©lĂ©maque et Mentor.le suivirent environnĂ©s dâune
grande foule de peuple qui considérait avec empres
sement et curiosité ces deux étrangers.
(Fénelon.)
On voit dans Paris des multitudes de femmes porÂŹ
ter dâĂ©normes paquets de linge sur le dos.
(Bernardin de Sr-biERRE.)
'On assure que les Bénédictins, qui possÚdent en
viron, neuf millions de livres tournois de reste dans
le royaume de France, fourniront aii moins neuf
vaisseaux de haut bord. (Voltaire.)
Je préfÚre une branche de lilas à un pot de giroflée.
' (Bernardin de St-Pikrre.)
I
' 2"*" SĂRIE. â PLURIEL.
Pour consumer autrui, le monstre se oonsume,
Et, dévorant maisons, palais, chùteaux entiers,/
Rend pour des monceaux dâor de vains tas de papiers.
(Boileau.)
Il nâest pas rare de trouver, je ne dirai pas des enÂŹ
fants , mais de grandes personnes mĂȘme, qui, pour
écrire seulement quelques lignes, usent presque un
paquet de plumes. (Anonyme.)
Quelques fabricants distinguent jusquâĂ neuf lois
de chiffons, les superfins , les fins, les mi-fins , les
moyens, etc. (Desmarets.)
Les vins quâon vent en dĂ©tail chez les marchands
de vins de Paris, quoiqu'ils ne soient pas tous fi-
ĂiargĂ©s, "sont rarement exempts de plomb, parce que
les comptoirs de ces marchands sont garnis de cc
métal. , (J.-J. Rousseau.)
- Je ne mâarrĂȘterai pas ici aux productions du palÂŹ
mier qui servent aux besoins journaliers dâune multiÂŹ
tude de peuple. (Bernardin de St-Pierre.)
Gâesl une obligation morale de rendre aux femmes
les mĂ©tiers qui leur appartiennent, comme ceux dâacÂŹ
coucheuses, de coiffeuses, de couturiĂšres, de marÂŹ
chandes de linges et de modes.
(Bernardin de St-Piehre.)
ĂŒn pĂšre de famille qui vit dans sa terre avec douze
mille livres de rentes aura besoin d'une grande atÂŹ
tention pour vivre Ă Paris , dans la mĂȘme abondance
avec quarante mille. (Voltaire.)
De lâurne sortent au lieu de plantes fluviatiles celles
qui se plaisent dans les lieux les plus secs, des touffes
de giroflées jaunes, de pissenlits et de longues gerbes
de graminées saxatils.
(Bernardin de St-Pikrrb.)
Ces exemples sont rapportĂ©s pou?montrer quâil y a des cas oĂč, lorsque deux noms
sont liés par la préposition de, le dernier se met tantÎt au singulier, tantÎt au pluriel*,
selon le point de vue de Fesprit. Nous allons faire sentir, au moyen de Fanalyse, la
diffĂ©rence de lâemploi de ces deux formes.
Fabricants de papier. On parle du papier en gé
néral, sans faire aucunement attention aux différentes
qualitĂ©s. Câest parce que ce mot est pris dans sa plus
^ande extension, quâil est et doit'ĂȘtre au singulier.
Tas de papiers. Ici lâon ne parle pas du papier en
gĂ©nĂ©ral, mais bien de pĂźttsieurs papiers, dâun tas de
papiers ; pn compte en quelque sorte tous les papiers.
Dans ce cas, il faut donc, comme on le voit, le pluriel.
IT
( 130 )
I ,
De cette.analyse nous pouvons tirer ce principe général ;
1Ÿ Lorsque deux noms sont unis par la préposition de, le second reste toujours à i3
singulier, toutes les fois quil est pris dans un sens absolu, général. *
' 2Âź 11 se met aĂŒ pluriel, sâil est pris dans une acception individuelle ou collective.
Lâapplication que nous allons faire, dans les numĂ©ros suivants, du principe que
nous venons dâĂ©tablir, cn prou,v3ra JusquâĂ lâĂ©vidence la justesse et la vĂ©ritĂ©..
ĂXLVX/CjE PBRASĂOLOGIQUE.
SINGDLIER.
S^es marchand» de ptumc.
Des gens dâĂ©pĂ©o.
Des roulettes de lit.
De la gelée dc pomme.
De la tccule de pomnie de terre.
Mannclsilo de pomme.
Du sirop de groseille. ^ ^
De» eonlitures de prune.
De lâeau de poulet.
De la gelée de poisson.
De la conserve dc violette.
Une fricassée de poulet.
A coups dâongle.
A coups de fusil
A coup» de marteau.
PLURIEL.
Un marchand de plumes.
Un fabricant d'épées.
Des bots de lits.
Une corbeille do pommes.
Un ragoût de ponnues de terre.
Compote dc pommes.
Un panier de groseilles.
Un quarteron de prunes.
Une paire de poulets.
Une quantité de poissons.
Un bouquet de violettes.
Une fricassée dc poulets.
A coups dâongles.
A coups de fusils.
A coups de marteaux.
SINGULIER.
Dix rames de papier.
Cent livres de glace.
Un panier de fruit.
De l'buile de rose.
De lâbuile dâolive.
De la marmelade d'abricoL
Des confitures de grosqille.
Des confitures de cerise.
De la gelée de viande.
De ta conserve de mauve.
De la gelée de veau.
De la gelée de mou ton.
A coups de pied.
A coups de poing.
A coups de nĂątoD.
PLURIEL.
Une liasse de papiers.
Un marchand de glaces.
Un panier de fruits.
Un bouquet dĂš roses.
Un baril dâolives.
Ăne 'douzaine d'abricots.
Une livre ^de groseilles.
Un panier de cerius.
UnÎ itiGoßté de viandes.
Dn champ de mauves.
Un troupeau de veaux.
Une centaine de mÎutûiis.
A coups de piedh
A coups de poings,
A coups de bĂątons
NŸ LVI. «i
DU NOMDRU DÂŁS SUBSTANTIFS PRĂCĂDĂS DES EXPRESSIONS pluĂźs de , âtnoins de ,
beaucoup de, etc.
1â SĂRIE. â SINGULIER.
La proie est peu de chose et ne plfdt aux chassem
Quâautant quâelle a coĂ»tĂ© de course et de sueurs.
(Piron.)
Quand on nâest plus sensible Ă Tamour, on a plus
de repos et moins dé plaisir, moins de-vie.
(Duclos.)
Nous avons si peu de verĂŒi, que nous nous trouÂŹ
vons ridicules dâaimer la^gloire.
(VaĂŒvenargues.)
l)e tous les secours dont on peut soulager les malÂŹ
heureux , TaumÎne est à la vérité celui qui coûte le
moins de peine ; mais il est aussi le plus passager et
le moins solide. (J.-J. Rousseau.)
Le ridicule a acquis tant dc force en France, quâil
y est devenu Tarme la plus terrible quâon y puisse
employer. (Bernardin de St-Pierre.)
Le montagnard trouve piws de charmes Ă sa monÂŹ
tagne que Thabitant de la plaine Ă son sillon.
(Chateaubriand.) .
Il y a .des gens dont la haine et le mépris font
plus phonncur que les louanges et Tamitié.
. (Oxenstiern.)
2Âź SERIE. â PLURIEL.
On dit peu de choses solides, lorsquâon cherche k
en dire dâextraordinaires. (VaĂŒvenargues.)
Le plus heureux est celui qui souifre le moins de
peines ; le plus misérable est celui qui sent le moins
de plaisirs, (J-tJ. Rousseau.)
Non, je ne croirai point quâun cĆur si magnanime
Parmi faul à e ucrfus ait laissé place au crime.
> (Chamfort.)
Il faut plaindre les rois et les excuser. Ne sont-ils
pas Ă plaindre d'avoir Ă . gouverner tant dâhommes
^dont les besoins sont infinis et qui donnent tant de
peines (\ ceux qui veulent les bien gouverner.
(Fénelon.)
Ce sont nos passions qui nous rendent faibles ;
parce tfliâil faudrait pour les 'contenter plus de forces
que ne nous ,en donne la nature. .
(J.-J. Rousseau.)
La flatterie nâa tant de charmes que parce quâelle
âąnous paraĂźt iconfimicr le jugement de notre amour-
propre. * (De Lévis.)
. Apollon Tencense ;
Car il est mùßlre en Tart de flatterie âą
Diable nâeut onc \ant dâhonneurs en sa vie.
(La T'ontaink;)
( 131 ) .
DâaprĂšs ces exemples, oa voit qu'avec les expressions plus de, moins de, beaucoup
de, etc., le nom qui suit se met tantĂŽt au singulier, tantĂŽt au pluriel, selon le sens.
Pour se rendre bien compte de Tun et de l'autre nombre, il faut non seulement conÂŹ
naĂźtre exactement la valeur des termes, mais aussi recourir Ă l'analyse; nousyoulons*
dire lâanalyse de lĂ pensĂ©e : c'est ce que nous allons faire.
Peu de chose. Peu de chose ^ signifie quelque
chose de peu de valeur; il est pris dans un sens gé-
hĂ©ral et indĂ©fini ; dâoĂč le singuĂŒer.
Peu de choses. Câest-Ă -dire un petit nombre de
choses. On sent bien quâil faut le pluriel.
Cette analyse nous amÚne à conclure que, conformément au principe déjà établi,
les substantifs en rapport immédiat avec plus de, moins de, beaucoup de, etc., se miet:
tent au singulier ou au pluriel, selon qu'on a dans l'esprit l'idée de l'unité ou de la
pluralitĂ©; ce quâon peut vĂ©rifier en traduisant sa pensĂ©e par des mots dont la fĂŽrme
nous aide à en pénétrer le sens. On voit clairement que, si le mot est pris dans un
sens vague, général et indéterminé, ou bien encore si c'est un nom de vertu, il faut
mettre le singulier, Ă moins que, comme dans les exemples de la deuxiĂšme colonne,
il ne sâagisse des actes ou effets de nos qualitĂ©s, de nos passions, de nos sentiments;
alors il faudrait le pluriel. âą '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
SINGULIER
Peu 3e chose/
TrĂšs peu de chose.
Trop de peine.
Plus dâoTaolagc,
Beaucoup dâart.
Tant de hpctA
Beaucoup dâhonneur.
Trop de Tcau.
Beaucoup de mouton.
TrĂšs peu de liĂšrre.
Moioa dâicjustice.
Beaucoup de soin.
Peu dâexpĂ©rience.
UdĂQS dâindisclĂ©tioD.
QĂźk de Tertu.
PLURIEL.
Peu de choses.
TrĂšs peu de choses.
Trop de peines.
Beaucoup dâarantagea
Beaucoup dâarts.
Tant de DontĂšs.
Beaucoup d'honneurs.
Beaucoup de Veaux.
Beaucoup démoulons.
Beaucoup de liĂšvres.
Plus dâinjustices.
Beaucoup de soins.
Beaucoup d'expériences.-
Moins d indiscrétions.
Que de vertus.
SINGULIER.
Bien peu de chose.
Si peu de chose.
Peu de curßosité-
Bcaueoup de tort.
Que de peine.
Tant de précaution.
Peu de raison.
Trop de boeuC
Peu de tapin.
Peu de cherrcuĂźl.
Moins d'indiscrétion.
Peu de talent.
Beaucoup de fruit.
Plus dlmprudenee.'
Que de lùchetés.
' PLURIEL.
Bien peu de choses.
Beaucoup de choses.
Une infinité de curiosités.
Bea'ucoup de torts.
Que de peines.
Tant de précautions*
Trop de raisodsl '*
Beaucoup de bĆufs.
Beaucoup de lapins.
Beaucoup de chevreuils.
Plus dâindiscrĂ©tions.
Beaucoup de talents.
Moins de fruits.
âBeĂąĂŒc ou p d'imprudeneu;
Que
coup d'
de i&ch<
étés.
N° LVII.
9
NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRĂS plein de, rempli de, ornĂ© de, etc.
t" SĂBIH. â SINGULIER.
Il a ses greniers pleins de blé, et ses caves pleines
de ut». - (Académie.) .
Ses écrits pleins de feu partout brillent aux yeux.
(Boileau.)
Câest un homme plein de vĂ©ritĂ©.
(Académie.)
2* SERIE, â PLURIEL.
Ce qui consolait un peu câĂ©tait quantitĂ© de grands
pots dâargent, faits Ă lâantique, pleins, les uns, de vtns
de France, dâautres de vins dâEspagne, quâon avait
soin de ne pas laisser long-temps vides.
(Reonabj).)
... Je ne savais pas que, pour moi plein de feux,
XipharÚs des mortels fût le plus amoureux.
(Bacine.)
JuvĂ©ual, Ă©levĂ© dans les cris dĂ© lâĂ©cole,
Poussa jusquâĂ lâexcĂšs sa mordante hyperbole.
Ses ouvrages, tout pleins dâafireuses vĂ©ritĂ©s.
Ătincellent partout de sublimes beautĂ©s.
(BolLBAO.j
{m )
La loutre est un animal vorace, plus avide de
poisson que de chair* (BurroN.)
En traversant Lorient, nous avons vu toute la place
couverte de poisson.
(Bernardin de St-Pierre.)
La'mĂšche en feu dont la clartĂ© sâĂ©mousse
Se couvre en pétillant de noirs flocons de mousse.
(Delille.)
Je me trouve dans mon lit ; accablé de fatigue, et
trempé de sueurs et de larmes.
(J.-J. Rousseau.)
Neptune fait triompher Idoménée du guerrier Al-
cathoQs, répand un nuage épais sur ses yeux perçants,
et enchaĂźne ses'membres pleins de grĂące et de-souÂŹ
plesse. (Bitaubke.)
Vit-on jamais une Ăąme, en un jour, plus atteinte,
De joie et de douleur, dâespĂ©rance et de crainte ?
(Racine.)
Son silence Ă©tait plein de charme; mais rien nâé
galait Tinqiression que produisait le son de sa voix.
,(Ballanche.)
Supposons que nos yeux aient le pouvoir de distinÂŹ
guer les objets quâils ne sauraient voir sans le mi
croscope ; une goutte dâeau dans laquelle ou aurait
fait tremper du poivre, une goutte de vinaigre nous
paraĂźtrait comme un lac, ou une riviĂšre pteme de
poissons. (Chateaubriand.)
La nuit lorsque le vaisseau fait route et qĂŒil est
environne de poissons qui le suivent, la mer parait
comme un vaste feu dâartifice tout brillant de serpenÂŹ
teaux et dâĂ©tincelles dâargent.
(Bernardin de St-Pierre.)
Il me promena tout autour de son vaste enclos jusÂŹ
quâĂ un espace considĂ©rable qui nâĂ©tait couvert que
de moussee^ de prĂȘles et de chardons.
(Bernardin de St-Pierre.)
Cet homme est excédé de fatigues.
(Académie.)
«
Cependant toutes les nymphes assemblées autour
de Mentor prenaient plaisir à le questionner ; il ré
pondait Ă toutes avec douceur, et ses paroles, quoiÂŹ
que simples, étaient pleines de graves.
(Fbnklon.)
Il vit chargé de gloire, accablé de douleurs.
(Racine.) '
On vous aurait parlé en vain des trahisons de
lâAmour, qui flatte pour perdre, et qui, sous une apÂŹ
parence de douceur, cache les plus affreuses amertuÂŹ
mes. U est venu cet enfant plein de charmes, par les
jeux, les ris et les grùces. (Fénelon.)
Avec les expressions plein de, rempli de, orné de, etc., le substantif, comme on le
voit, se met, selon le sens, au singulier ou au pluriel. Pour que lâon saisisse parfaiÂŹ
tement la nuance qui distingue les exemples de lâune et de lâautre colonne, nous alÂŹ
lons aussi les soumettre Ă lâanalyse.
Pleines devin. On parle de là liqueur en général
qĂŒon appelle vin, sans faire attention aux diffĂ©rentes
qualitĂ©s qui existent. LâidĂ©e est une, gĂ©nĂ©rale, abÂŹ
solue ; Ă fallait donc le singulier.
Pleins de vins. LâidĂ©e est ici individuelle, collecÂŹ
tive , parce que lâon considĂšre toutes les espĂšces de
vim. On parle de plusieurs vins, de tous les vins de
France. De lĂ le pluriel.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
singulier.
l'iein do talent.
Rempli do tin.
Rempli de peuple.
Accablé de fatigue.
Orné de grùce.
Plein de charme.
Plein de bonne volonté.
Exf^do de plaisii
PLURIEL.
Plein de talents.
Rempli de tins.
Rempli de peuples.
Accaolé de fatigues.
Orne de grĂąces.
Plein de charmes.
Plein de volontés.
Accablé de plaisirs.
SINGULIER.
Plein de chagrin.
Plein de poisson.
Rempli de bonté*
Rempli de'beouté.
Excédé de fatigue.
Trempé de sueur.
Rempli de passion.
Rempli de soin et dâattention.
pluriel.
Plein de chagnns
Ftein do poiasons.
Rompu do bontés.
ItempU do beautés.
Excédé de btßgues.
Trempé de sueurs.
Rempli dc passions, .
Rempli de soins et dâatleutions.
(133)
N LVIII.
NUAIBUE DES SUBSTANTIFS AVEC LES VERBES SUIVIS DE LA PRĂPOSITION Ă$,
1â SĂRIE. â SINGULIER.
Me voici donc seul sur la terre, nâayant plus de
frĂšre Ă e prochain, dâami, de sociĂ©tĂ© que moi-inĂšme.
(J.-J, Rousseau.)
JĂ©sus-Christ ayant faim, sâapprocha dâun figuier,
et voyant quâil nâavait pas de finit, il le condamna Ă
nâen porter jamais. (Mâ*Âź de Genlis.)
Certains peuples, par leur position, sont rĂ©duits Ă
vivre presque uniquement de poisson.
(BrillĂąt Savarin.)
Le castor, qui habite les eaux, qui se nourrit de
poisson, porte une,queue couverte dâĂ©cailles.
(Buffon.)
Plus un arbre est ùgé, plus il produit de fruit ou
de graine. (Id.)
Il nâest point de plaisir sans honneur et sans vertu.
(PrévÎt.)
Lâhomme entiĂšrement seul est celui qui* nâa point
dâami. (La BruyĂšre.)
On ne vit en ce pays que de fruit ou de lait,' rareÂŹ
ment de viande, . ' (Fénelon.)
Il nây a point de vertu sans combat, il nây en a
pas sans victoire. (J.-J. Rousseau.)
Fh! dans quels lieux le ciel, mieux quâau sĂ©jour des
[champs
' Nous instruit-il dâeasemple aux gĂ©nĂ©reux penchants?
(Delille.)
Plus les disgrĂąces sont cruelles, plus il faut sâenÂŹ
velopper de vertu. (La Roche.)
2Âź SĂRIE. â pluriel..
Pour moi, seigneur, qui nâai point de femmes ;
à enfants, à qui mon secours soit nécessaire, ce qie
je dĂ©sire uniquement, câest de servir Votre MajestĂ©.
(La Harpe.)
Le bon arbre ne peut produire de mauvais fruits
ni le mauvais arbre produire de hon^ fruits.
(Mâ« DE Genlis.)
Le Tartare vit de chair crue de cheval, le HollanÂŹ
dais de poissons, un autre peuple de racines, un auÂŹ
tre de laitage, et par tout pays on trouve des vieillards.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Les saricoviennes se nourrissent de crustacées, de
coquillages, de grands polypes en autres poissotis
mous quâils viennent ramasser sur les grĂšves et sur
les rivages fangeux. (Buffon.)
Un beau naturel négligé ne porte jamais de fruits
mûrs. (V AUVKN ARGUES.)
Câest lorsquâon a du moins un peu connu le monde,
Quâon peut dans la retraite avoir de vrais plaisirs.
(La Chaussée.)
Je plains le cĆur superbe au sein de la grandeur;
Il nâaura point dâamis dans les jours de malheur.
(Ghénier.)
Les roussettes sont des animaux carnassiers, voÂŹ
races et qui mangent de tout, car lorsque la chair*
ou le poisson leur manquent, elles se nourrissent de
végétaux et de fruits de toute espÚce.
(Buffon.)
La gloire remplit le monde de vertus, et, comme
un soleil bienfaisant, elle couvre toute la terre de
/leurs et de/'ruils. . (Vauv en argues.)
Ceux qui donnent des conseils sans les accompa- âą
gner dâexemples, ressemblent Ă ces poteaux de la
campagne qui indiquent les chemins sans les parcouÂŹ
rir. (Rivarol.)
En vain vous plantez de vertus tout le champ df
votre vie, le calomniateur, par son souffle empoi
sonné, les fait toutes faner sur leur tige.
(Livry.)
Câest encore en vertu du principe gĂ©nĂ©ral Ă©tabli plus haut, que les substantifs, comÂŹ
plĂ©ments dâun verbe et de la prĂ©position de, gardent le singulier, quand ils sont pris
dans uu sens gĂ©nĂ©ral; et se mettent au pluriel, lorsquâils sont considĂ©rĂ©s dâune maÂŹ
niĂšre collective, individuelle.
Lâanalyse va le prouver de la maniĂšre la plus palpable,
( <34)
Noyant plus de frĂšre, deptochaivi, dâami. Le
sin^ier est de rigueur, parce i, J, Rousseau n'a en
vue quâuu seul frĂšre, son prochain, un ami, la
moindre société. Aussi tous ces mots soni^ils au sin-
guRer.
Qui nâai point de femmes, ni (Penfants. Femmes
et enfants sont au pluriel, parce que dans lâesprit de
celui qui parle il sâagit de plusieurs femmes de pluÂŹ
sieurs enfants. LâIdĂ©e Ă©tant collective, il fallait donc
le pluriel.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
SINGULIER.
Pailer de Uieo.
Parler dâamour.
Parler do crime.
N avoir pas de fuiil.
N'avoir pas de drapeau.
Kâavoir pas dâenTapt.
Nâavoir pas dâamu
Nâavoir pas d'habit.
Nâavoir pas de raison.
Ne pas manger dé poisson.
Nâovoir pas do ebevot
PLURIEL.
Parler des dieux.
Parler dâamours.
Parler de crimes,
Nâavoir pas de fusils.
Nâavoir pas de drapeaux.
Nâavoir pas dâenfants.
N'avoir pas dâamie
Nâavoir pas d'babits.
Nâavoir pas do bonnes raisons.
No pas manger de poissons.
' N'avoir plus de ehoToux.
singulier.
parler de religion.
Parler de vertu. âą
Accuser dâassassinat.
Nâovoir pas dâenseigne.
Nâavoir pas de fortune.
Nâavoir pas dâennemi.
Nâavoir pas de robe.
Ne pas dire dâinjure.
N'avoir pas de raisonnement.
Vivre de poisson.
Servir de guide.
PLURIEL.
Parler de religions.
Parler de vertos.
Accuser dâassauĂźnats.
Nâavuir pas dâenseignei.
N'avoir pas de bonnes fiurttmes.
N'avoir pas dâennemis.
Nâavoir pas de robes.
Ne pas dire dâinjures.
Nâavoir pas de raisonnements.
Vivreâ de poissons.
Servir de guides.
NÂź LIX.
NOi^RE DES ĂSUBSTANTIFS APRĂS f Otite «Îrffl de, toute espĂšce de, toute fome fte^eto.
1T« SERIE.
SINGULIER.
La gélatine demande du médecin deux ^ sortes
dâeajgmen. (Diction, des sc. mĂ©d.)
Toutes iĂ©s sortes de greffe sont susceptibles dâĂ©tre
pratiquées avec succÚs sur le pommier. (Tff*)
Il y a plusieurs sortes de rtre .* dâabord le rire insiÂŹ
pide,c^est celui des gens qui rient de tout, sans lien
éprouver, etc. (MmHAUD.) '
H y Ă deux sortes de contenance.
(Larochefoucauld.)
Daiis le monde morffi, comme dans le monde phyÂŹ
sique , à est une sorte de beauté qui vient des oppo
sitions et des contrastes. (FrayssinoĂŒs.)
Il ÿ a dans tout ouvrage de poésie deux sortes
d*ïntà rét .* celui du sujet , et celui de la coriiposltion.
(Delille.)
n y à chaque état plusieurs espÚces de mon
naie. (Anonyme).
Nous sqvQGS quand et pourquoi les diverses formes
de goĂčv&m&ment se sont Ă©tablies chez les peuples.
2Âź SĂRIE. â pluriel.
Avant dâĂ©tre reçu licenciĂ© en droit, 11 faut subir
tontes sortes dâexamens. (Anonyme.)
Parmi les monuments des hommes, je ne connaisÂŹ
sais encore que deux sortes d'anftgutfes, lâantiquitĂ©
celtique et Tantiquité romaine.
(Chateaubriand.) i
Les bouvreuils se nourrissent en été de toutes
sortes de graines, de baies, dâinsectes, dq prunelles ;
et Thiver, de grains de geniĂšvre, des. bourgeons du
tremble, de Taude, du chĂȘne et des arbres fruitiers.
(Castel.)
LâmtĂ©rĂȘt met en Ćuvre toutes sortes de vertus et
de vices. (Larochefoucauld.)
Une ùme bien touchée des charmes de la vertu,
doit Ă proposition ĂȘtre aussi sensible Ă tous les genres
dé beautés. (J.-J. Rousseau.)
LâmtĂ©rĂȘt parle toutes sortes de langues, et joue
toutes sortes de personnages, mĂȘme celui de dĂ©sinté
ressé. (Larochefoucauld.)
Comme nous, les anciens avaient plusieurs espĂšces
de vins. (Ehgyclopkdie.)
Les politiques ont cru voir la cause des malheurs
publics dans les différentes formes de gouverne
ments ; niais la Turquie est tranquille, et lâAngleÂŹ
terre est souvent agitée.
(Bernardin de ST-Piebrb.) â
Pour connaĂźtre Ăą quel nombre ĂŽn doit mettre les siibstantifs en alliance avec toute
sorte de, toute espĂšce de, toute forme de, il est essentiel de bien se rendre compte de
TidĂ©e quâon veut exprimer; si câest une idĂ©e dâunitĂ©, il faut le singulier; et le pluriel,
si câest, au contraire, une idĂ©e de pluralitĂ©. Ce nâest quâen dĂ©composant ces expn*,s-
( 135 )
siorjs, quâon peut arriver Ă cette connaissance. Afin de mettre tout le monde sur la
voiej nous allons doiic japulyser les exemples qui précÚdent.
D,&dx ^orfĂ©s dâexamen. Examen est au singulier,
parce quâil nâest question qĂŒe dâun seul examen.
Deux sortes dâexamen revient Ă dire un exĂąmeii de
deux'sortes. Il est Ă©vident quâil Ăż a idĂ©e dâunitĂ©.
t
Toutes sortes dâexamens. Examens se voit au
pluriel, parce quâil sâagit de plusieurs examens. ToutĂ©s
sortes dâexamens, câest-Ă -dire des examens de toutes
sortes. Comme il faut subir plusieurs examens, ce
mot doit donc ĂȘtre au pluriel, puisquâil y a idĂ©e de
pluTßdité.
d
Câest donc en traduisant la pensĂ©e, en analysant, en dĂ©composant, comme nous
venons de le faire, lâexpression qui la renferme, que lâon peut exactement connaĂźtre
le nombre que doivent revĂȘtir les substantifs construits avec toute sorte de, toute esÂŹ
pĂšce de, etc. .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
SINGULIER.
Toutes soHes de plume.
Toutes sortes de monde.
Plusieurs sortes de droĂźC
Toutes sortes de bonheur.
Tous les genres dâĂ©criture.
Tous tes genres de friponnerie.
Toutes sortes de nourriture.
Plusieurs espĂšces de gibier
PLURIEL.
Toutes sortes de plumes.
Toutes sortes de mondes.
Plusieurs sortes de crimes.
Toutes sortes de malheurs.
Toutes sortes dâĂ©critures.
Toutes sortes de friponneries.
Toutes sortes de légumes.
Plusieurs espĂšces.de inots.
SINGULIER.
Toutes sortes de peuple.
Toutes sortes dâesprit
Toutes sortes de mal.
Toutes sortes de papier.
Tou» les genres de malice.
Tou» les genres dâescroquerie.
Toutes sortes de volaille.
Plusieurs espĂšces de cuivre.
PLURIEL
Toutes sortes de peuples.
Toutes sortes de vices.
Toutes sortes de nauz.
Toutes sortes de papiers.
Toutes sortes de malices.
Toutes sortes dâescroqĂŒerics.
Toutes sortes de fruits.
Plusieurs espĂšces de reptiles.
N'â LX.
DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRĂS LES EXPRESSIONS tĂȘtes de, jeux de, VOIX de, feuilles de,
troncs de, peaux de, et autres semblables.
SĂRIE. â SINGULIER.
. 0^ dit que les rameaux portés p^ les disciples de
JĂ©sus^Ăhrist Ă©taient des rameaux dâolmer et de saule.
(MŸŸ DE Genlis.)
^ La partie supérieure de leurs habits était de peau,
et le bas de feuilles de palmier de différentes' çou-
lĂ©ĂŒrL ' ' (Walckenae'r.)
Les principales espÚces de graminées sont les ga-
zpns proprement dits, les pholaris, les queues de
rĂšnĂ rd, les queues de chat, les chiendents, les queues
de cà ie», etc. '(Bernardin de St-Pierre.)
On dépose aux pieds de la femme les présents du
mari et de sa famille, savoir : une parure complĂšte,
le jupon dâĂ©corce de mĂŒrter, le corset pareil, la
mante de plumes dâoiseau ou de peaux de martre,
les mocassines brodées en poil de porc-épic, etc.
(Chateaubriand.)
On reprĂ©sentait lâhiver sous les traits dâune vieille
femme, enveloppée de peaux de tnpulon.
(Demoustier.)
Les 08 de poispyn broyés avec Técorce des arbres,
servent de pain Ă ox Lapons. (REsaARs.)
2Âź SĂRIE. âPLURIEL.
Nous faisions rĂŽtir des poulets sur des branches dâo-
Uviers, ou bouillir avec du riz pour en faire un pilau.
(Cha-teaubriand.)
Ces sauvages Ă©taient nus jusquâĂ la ceinture, et ic
reste de leur corps était couvert de feuilles de pal
miers. (Walckenaer.)
Son fils le suivait chargĂ© de peaux dâours, de casÂŹ
tors et dâorignaux. (Chateaubriand.) '
Les marchandises que les Lapons apportent aux
foires sont ces rennes et des peaux de ces animaux ;
ils y débitent aussi des peaux de renards, noires,
rouges et blanches; de loutres, de martres, de casÂŹ
tors, dâhermines, de loups, de petits-gris, et dâours;
des habits de Lapons ; toutes sortes de poissons secs,
et des fromages de rennes. (Regnard.)
Si lâon en croit Diodore de Sicile, les'Gaulois emÂŹ
ployaient, pour siĂšges, des peaux de chiens ou des
peaux de loups. (Legrand d'Aussy.)
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons.
Os de 08 de pigeons. '
(La Fontaine.)
( <36)
Les loutres font leurs petits sur un lit fait de bû
chettes et dâherbes, et Von trouve dans leur gĂźte des
tĂȘtes et des arĂȘtes de poisson. (Buffon.)
âą"Les Hongrois ne sont pas grands, mais leur habit
sert Ă les faire paraĂźtre de bonne mine, aussi bien
que les plumes de cog qĂŒils portent sur la tĂȘte.
(Regnard.)
Les petits cerfs trapus nâhabitent guĂšre les futaies,
et se tiennent presque toujours dans les taillis, oĂč ils
peuvent se soustraire plus aisément à la poursuite
des chiens : leur venaison est plus fine, et leur chair
iâst de meilleur goĂ»t que celle des cerfs de plaine.
(Buffon.)
Le cerf de Corse paraĂźt ĂȘtre le plus petit de tous ces
<âorfs de montagne, il nâa guĂšre que la moitiĂ© dc la
hauteur des cerfs ordinaires. (Id.)
Il faut avouer quâil y a des mines d'homme et dc
femme pour qui Tart ne peut rien.
(Lesage.)
On mâa assnrĂ© que la pĂȘche de la sardine rapporÂŹ
tait quatre millions de renenii Ă la province de Lo-
rienti (Bernardin de St-Pierre.)
11 faudrait qĂŒune chose eĂ»t passe bien des Ăąges
dâ/iomme, rais bout Ă bout, pour commencer Ă donner
quelque signe dâimmortalitĂ©. (Fontenelle.)
Lâautel est dĂ©pouillĂ©. Tous vont sâarmer de flamme,
Et le bois porte au loin des hurlements de femme.
(A. Chénier.)
B ^ *
LâIĂŒrondelle de fenĂȘtre a la bouche jaune, et les
pieds couverts jusquâaux ongles d'un duvet .blanc.
(Castel.)
Les draps de maĂźtre sont toujours de la mĂȘme lonÂŹ
gueur ; ils varient seulement pour la largeur du lit,
(Encyclop. mod.)
Ces fossoyeurs chantent des airs Ă boire, en jouant
avec des tĂȘtes de mort. (Voltaire.)
Cette cabane quâils appellent la cabane des sueurs,
est construite avec des branches dâarfcre plantĂ©es en
rond et attachées ensemble par la cime,- de maniÚre
Ă former un cĂŽne. (Chateaubriand.)
La conserve de troncs de laitue était si estimée au
siĂšcle, qĂŒon lâappelait pour son excellence bouÂŹ
che dâange. (Legrand dâAussy.)
Les semences ou pépins de pomme pourraient
ĂȘtre employĂ©s Ă prĂ©parer des Ă©mulsions, si leur petiÂŹ
tesse nâen rendait lâusage peu commode.
(Dict.' des sc. méd.)
Les vins se divisent en vins blancs et vins rouges ,
vins secs et vins de ligueurs, etc.
(Dict. ses sc.. méd )
Ponlappidan, qui souvent donne dans le merveilÂŹ
leux, prĂ©tend qnâun renard avait mis par rangĂ©es pluÂŹ
sieurs tĂȘtes de poissons Q^quelque distance dâune caÂŹ
bane de pĂ©cheurs ; quâon ne pouvait guĂšre deviner
son but; mais que peu de temps aprĂšs, un corbeau,
qui vint fondre sur ces tĂȘtes da poissons, fut la proie
du renard. âą (Buffon.)
Câest Ă lâamour pour le merveilleux quâil faut atÂŹ
tribuer les prĂ©tendus serpents que renferment les Ćufs
sans jaune, que lâon appelle dans les campagnes Ćufs
de cogs. * (Encyclop. mod.)
Les cerfs de plaines, de vallées, ou de collines
abondantes en grains, ont le corps beaucoup plus
grand et les jambes plus hautes que les cerfs des monÂŹ
tagnes sĂšches, arides et pierreuses.
. (Buffon.)
I
La ciguë de jardins, qui a beaucoup de ressem
blance avec le persil, a occasionĂ© plus dâune fois de
dangereuses méprises. (Castel.)
Tristan continua dc sâavancer jusquâau Cap Blanc;
et nây ayant trouvĂ© personne, quoiquâil y dĂ©couvrĂźt
des traces d'hommes, il remit Ă la voile vers le PorÂŹ
tugal. (Walckhnaer.)
Cet hospice fut doté de cinq mille livres sterling de
revenus. (Pichot.)
Et voilĂ quâelle tombe (la croix), et câest quelques bras
"[d'hommes
Qui sâen vont lâattaquer jusque sur ces, vieux dĂŽmes,
OĂč lâantique ferveur tant de fois Ă©clata.
(Turqubty.)
Les femmes souriaient des maniĂšres de lâĂ©tranger;
mais câĂ©tait de cc sourire de femmes qui ne blesse
point. (Chateaubriand.)
Ce nâest pas le lieu de traiter ce qui regarde nos
vitrages de/'enéfres. ' ^
(Legrand dâAĂŒssy.)
Les draps de domestiques se. font avec de la toile
de 3/4 ou de de largeur, suivant la dimention
du lit. (Encyclop. mod.)
Le trĂŽne de Dagobcrt est dâargent dorĂ©, et repose
sur des pieds dc lion ; a sa partie supérieure on voit
des tĂštes de monstres. (Spallart.)
Les anciens ont Ă©crit dâabord sur des feuilles de
paltniers, puis sur des écorces d'arbres, ensuite sur
des tables enduites dc cire. (Pridkaux.)
»
Lâours est extrĂȘmement friand du miel que les
abeilles font dans les troncs dâarbres ; il monte; attirĂ©
par lâodeur dc la proie, au sommet des arbres les plus
élevés. (Regnard.)
Les semences des ombeliifÚres, telles que lea pé
pins de concombres, de melons, de citrouilles, do
courges, dâoranges , de citrons, de pommes, de
poires, de coings, etc,, ne produisent ordinairement
leur huile-que mĂąangĂ©e a plus ou moins dâhuile esÂŹ
sentielle. ' (Dict. des sc. méd.)
Le vin de liqumsrs est celui oĂč cette matiĂšre sucrĂ©e
est excédante. (/rf.)
( 137 )
Au 16Âź siĂšcle, les zestes de 'citron , de limon et . i En distillant des amandes amĂšres, aprĂšs en avoir
exprimé la premiÚre huile, on en obtient une autre
huile rouge qui a lâodeur et le goĂ»t des noyaux dâa-
bricots, (JaĂŒmk . St.-Hilairk.)
Le peu de cas quâils firent' de ces richesses, marÂŹ
quant assez quâils nâen avaient aucune connaissance,
il leur donna des sonnettes, des pendants ĂŽ/oreiĂźles
et dâautres bagatelles qui leur plurent merveilleuseÂŹ
ment. ^ (Walckenaer.)
Les femmes sâarmaient dâune crosse de noyer metÂŹ
taient sur leur tĂȘte des corbeilles Ă compartiments
remplies de semailles de mais, de graines de melon
dâeau , de fĂ©veroles et de tournesols.
(Chateaubriand.]
d'orange, se confisaient au sec dans une étuve.
(Legrand dâAussy.)
Mon petit page ! mon beau page !
Le jour quâil revient, je mâengage
A décorer ton noir visage
De deux pendants dâoreille en or.
(FoĂŒinht.) '.
Des jeunes filles sâoccupaient Ă faire des couches
dâune terre noire et lavĂ©e. : elles rĂ©pandaient sur ces
couches des graines de courge, de tournesol.
(Chateaubriand.)
Les nombreuses citations que lâon vient de lire prouvent, de la maniĂšre la plus Ă©viÂŹ
dente, que ies écrivains ont employé indifféremment le singulier et le pluriel dans des
circonstances iqut-Ă -fait analogues. En pareil cas, cependant, les grammairiens veuÂŹ
lent que lâon fasse usage seulement du singulier, parce que, disent-ils, dans les exÂŹ
pressions des tĂȘtes d'iiOMiiE, des jeux ^'enfant, des voix femme, des feuilles et dĂ©s
troncs d'ARBRE, des peaux de lion, des queués de cheval, etc.les substantifs homme,
enfant, femme, arbre, lion, cheval, etc., sont de vrais spĂ©cificatifs, câest-Ă -dire que, pris ,
dans un sens indéfini, ils servent, non à désigner plusieurs individus, mais.à déter
miner, par une idĂ©e gĂ©nĂ©rale .de classe, lâespĂšce des substantifs prĂ©cĂ©dents, Ă en spé
cifier la nature sans aucune idĂ©e de pluralitĂ©. Peut-ĂȘtre cette rĂšgle, qui nous paraĂźt
juste et fondée en raison, est-elle un peu trop absolue. En effet, nous croyons que Ton
peut Ă©crire des branches de laurier ou de lauriers, selon lâidĂ©e quâon attache Ă ce derÂŹ
nier mot. Si, piar exemple, je veux faire entendre que les branches dont je parle proÂŹ
viennent dâun seul laurier, je mettrai ie singulier ; mais si, au contraire, je veux dire
que câest le produit de plusieurs lauriers, il faudra de toute nĂ©cessitĂ© que je me serve
du pluriel. Cependant, mĂȘme dans ce dernier cas, je puis employer le singulier, si je
veux moins.rappeler lâidĂ©e des individus, que spĂ©cifier la nature du mot qui prĂ©cĂ©dĂ© la
prĂ©position de, câest-Ă -dire indiquer que ces branches sont plutĂŽt de tel arbre que de
tel autre. Cette distinction est, selen nous, fort importante, et nous sommes étonnés
de ne lâavoir rencontrĂ©e nulle part: Nous ajouterons que, si le second substantif est dé
terminé par quelque autre mot de la phrase, le pluriel est indispensable. On écrira
dbnc : Ces cannibales coupaient des tĂȘtes Dâhommes tuĂ©s sur le champ de bataille, et ils en
formaient d'horribles pyramides.âQue de tĂȘtes dâuoMMES coupables ont Ă©chappĂ© au glaive de
la justice! Dans ces exemples, lâesprit, faisant abstraction de la classe, ne considĂšre
que les individus:
Pour bien orthographier le nom qui suit de, il est donc essentiel de sâattacher prinÂŹ
cipalement à distinguer le point de vue sous lequel ce nom est employé. En consé
quence, nous croyons qu'on doit écrire des noms de princes au pluriel, parce que le'
moi prince estons ici spéclficatij; les noms de princes ne forment pas une espÚce diffé
rente des autres noms; de plus, les noms dâHOMMES'mĂšme ne forment pas une espĂšce
particuliÚre, c'est une simple classe parmi les noms en général. Ainsi on écrira avec
le pluriel les noms propres d'uoMMES, de lieux et de fĂȘtes commencent par une capitale ;
et on Ă©crira de mĂȘme des noms de saints, des peaux de bĂȘtes (1), dâANiMAUx. Il faut
(1) Les phrases suivantÚs sont donc vicieuses : l)offrande aux'bons et aux mauvais génies consistait en
18
(138)
«
cien distinguer le nom déterminatif du nom spécificatif; le nom spécificadf désigne une
eĂąpÚçe particuliĂšre : les queues, 4u cheval sont, par essence, diffĂ©rentes des queĂŒĂ«s des
autres animaux ; c'est pourquoi on doit dire des queues de cheval, etc. Le nom détemd-
natif dĂ©signe une classe dâune espĂšce. En effet, les noms d'nosiMES, de princes, de
SAINTS; sont de la mĂȘme espĂšce, ce ne sont que des classes diffĂ©rentes.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
SENS SPECIFiQUĂ.
De* tĂštes dâhomme.
Dea peaux de lion.
Des queues de cheval.
Des branches dâolivier.
Des tronc» dâorbre.
Des traces dâhomme.
Des pépin# de pomme.
Des ciels 3e tableau.
Des jeux d'Ăšnrant.
Des contes de vieille.
SENS INDIVIDUEL.
Des tĂštes dâhomme^
Des peaux de fions.
Des queues de chevaux.
DĂšs branches dâoliviĂȘrs.
De# troncs dâarbres
Des traces d'homm s.
Des pépins de pommes.
Des ciels de tableaux.
Des {eux dâenfants.
Des contes de vieilles.
SENS DĂTERMINATIF.
Des tĂštes dâaniRiaux.
Des noms de saints.
Dés noms de villes,
pes noms de provinces. -
Des troncs d'arbres abattus.
Des tĂštes dâhommes tuĂ©s.
De» tĂštes dâhommes coupable*.
Des tĂ©te* dâhommes morts.
Des noms de peuples.
Des noms de lieux.
N° LXL
m *
CAS OU LE SUBSTANTIF APRĂS de EST INVARIABLE.
I.
irÂź SĂRI^. â NOMS SINGULIERS.
^ Ces riqhes contrées offrent aussi des mines de /fet*
dĂ© sow^re, d'anĂŻtmoine^ dâĂ©tain, de plomb â dĂ©hif-
argekt. * (Raynal:). â
, Ces fils de Rpimilus , dont vingt siĂšcles de gloire
ßtqtÚgent les exploits passés ,
Tremiléht de les voir éclipsés.
(Cas: Delavigne.)
LĂ©s gens dâesprit seraient presque seuls, sans les
'Not's sâen piquent. ' (VaĂŒvenargues.)
On appelle fruits dâhiver, les fruits quâon ne mangĂ©
irdinairement qpâen hiver. (AcadĂ©mie.)
2â6 sĂ©rie. â NOMS pluriels.
La cour est une rĂ©gion de ifĂ©nĂš&res oĂč la vĂ©ritĂ© est
étouifée par le mensonge. ' , (Fléchier.) -
La mort de son pĂšre fut pour lui une source inta-j
rissable ffe pleurs. ' (Anonyme)'
Les disputes dps gens de lettres nĂ© servent quâĂ
faire rire les sote aux dĂ©pens des gens dâesprit, et Ă
dĂ©shonorer les talents qĂŒon devrait Vendre respectaÂŹ
bles. {Voltaire.)
Les Ă©tudiants , les avocats, les hommes dâaffaires
courent dĂšs le matin de lâautre cĂŽtĂ© dĂ© Loch-North.
(Pichot.)
II.
Il a peu de mérite, mais il connaßt .des gens qui
én ont beaucoup. (La BruyÚre.) '
r
Il y a beaucoup dc diffĂ©rence entre lâesprit de gĂ©oÂŹ
métrie et Tesprit de finesse. (Planche.)
Personne ne sâest conduit avec plus de sagesse que
lui. , (Id.)
Et Tart et le pouvoir dâaffermir des couronnes
Sont des dons qiie le ciel fait Ă peu de personnes.
(Corneille.)
Les premiers saints ont fait beaucoup de miracles. ~
(Planche.)
Faites-vouĂ toujours plus dâamts que dâennemis,
(Anonyme.)
III.
LâĂ©glipe Ă©tait pleine dĂ© monde.
(Académie.)
JBien des gens nâont pas le sens commun, dâautres
«ont remplis dâesprU. (Anonyme.)
peaux de bĂȘte. (Chateaubriand.) ^ Bautres entremĂȘlent des othemmis europĂ©ens Ă dĂ©s ornements sauÂŹ
vages, Ă des plumes, Ă des becs dâoiseau. (Le mĂȘme.)â Il fallait de bĂȘtes, dâotseawo;, parce quâun oiseau nâ?
pas pjusjeprs peaux.
La vie est pleine de miscr'cs.
(Académie.)
De princes égorgés la chanibre était remplie.
(Racine.)
( 189 )
IV.
i/hĂŒiume se nourrit de patn.
(Académie.;
Combien de gens Visent Ă la gloire, et ne se reÂŹ
paissent que ĂąofvmĂ©e? â (Anonyme.)
- Vivre dans l'attente dé quelque bien, c'est vivre
dâesperance. , j - (Planche.)
VĂȘtu simplement et ne se nourrissant qpe de ĂŻe-7«-
mes, ĂŻ\ nâaccordait qu'Ă lâhospitalitĂ© unĂ© nourriture
plus délicate. (Massillon.)
Je ne me repais point de pareilles chimĂšres.
(Racine.)
LâĂ©cureuil se nourrit de noisettes.
(Buffon.)
Nous avons déjà dit que les noms de métaux, de vertus, etc., ne s'emploient géné
ralement qu'au singulier; les trois premiers exemples de la premiÚre colonné nous
font encore voir que ces mois ne varient pas, quand ils sont compléments de la pré
position de, et d'un substantif, lors niĂȘme que celui-ci est au pluriel : Des mines de fer,
des siĂšcles de gloire, des gens d'esprit, 11 'est aussi d'autres noms qui, en rapport avec
un substantif, un adjectif ou un verbe siiiyi de la préposition demeurent constam
ment au singulier ; tels sont les subkantifs imprimĂ©s en italique de iR mĂȘme colonne,
Lâusage seul peut les faire connaĂźtre.
A l'égard des noms de la seconde colonne, on doitremà rquÚr que ceux qui ne sont
usitĂ©s qu'au pluriel he changent point non plus, lorsquâils sont complĂ©ments dâun
substantif et de la prĂ©position de : une rĂ©gion de tĂ©nĂšbres, une source de pleurs; quâil en
est dâautres qui, dans le mĂȘme cas, doivent toujours ĂȘtre et rester au pluriel, comme
affaires, dans un homme d'affaires; personnes, dans peu de personnes, etc; Le sens indique
suffisamment quâil y a idĂ©e de pluralitĂ©, et que par "consĂ©quent le pluriel est indisÂŹ
pensable (1).
t
(1) Nous signalerons donc comme autant de fautes, que la rime ou rinadvertance a fait commettre,- les
mots imprimé en italique dans les citations suivantes :
Que ta fenĂȘtre sâouvr'e I:., AhI si tu ihe repousses,
11 me faudra chercher quelques vieux nids de métisses.
(V, Hugo.)
Et, colosses perdĂŒs dans ses largĂ©s contours,
Les palmiers chevelus, pendant au front des tours ,*
Semblaient d'en bas des touffes Ă herbes.
(V. Hugo.)
Des hommes ingénieux ont imaginé pour apprepT;
dre à lire et à écrire des bureaux et des méthodes
simples, promptes et agréables; mais les maßtres
dâĂ©coies ont eu grand soin de les rendre inutiles,
parce quâelles dĂ©truisaient leur empire, et que lâĂ©duÂŹ
cation allait trop vite pour leur profit.
(Behnardin de St-Pibrre.)
Dans un voyage vers ces lieux
OĂč le Ăls de Latone habite,
Une muse a mis sous mes yeux
Lâun de ces albums prĂ©cieux
Rempli de cartes dĂ© vtsĂŒĂ©.
(De JouY.j
Néron devant sa mÚre a permis le premier
QĂ»âon portĂąt les faisceaux courohhĂ©s de ĂŻauWer: * *
(Lamartine.)
Viens Ăą lâombre Ă©couter nos nouvelles 6/amours,
Viens, tout aime au printemps, et moi jâaime toujours.
(A. CpĂNlER.)
QĂŒel coloris brillant et tendre I
Non, non, Ă ce charmant morceau
Un estimateur de tableau
Ne poutra jamais se rnéprendre.
(de JoĂŒy.)
Le sucre, quâaux jours de Loujs Xiy pp ne trouÂŹ
vait que chez les apothicaires, Ă donnĂ© naissance Ă
diverses professions lucratives, telles que les pĂątis7
siers du petit four, les cpnfiseprs, les liquoristes, et
autres marchands de friandise. "
(BrillĂąt Savarin.)
Jâaime fort les journaux quand ils sont bien Ă©crits.
Ah, parbleu ! croyez-vous, rĂ©pondit lâhĂŽtellier,
Que je mâamuse aprĂšs ce fatras de papier!
Ce nâest pas en lisant que je fais mon commerce.
(AndrIeux.)
Semez, semez de narcisse eidç rose.
Semez la couchĂ© oĂč lĂ beautĂ© repose.
(IjĂmĂ rtinE:)
( m )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
NOMS SINGULIERS
De* chaĂźne*, dâor.
De* cercueil» de plomb.
De* cercueil* dâĂ©tain.
De* odeur* de baume.
De* bĂątons de cannelle.
Des actes dc bassesse.
Des rÚgle* de bienséance.
Des droits de uĂšage. _
De» homme» de mérite.
â Des hommes de mer.
Des pou de basilic.
Dix mesures de froment
Des boisseaux de blé.
Des robes d'été.
Beaucoup de lait../
peu de vinaigre.
Trop de démence.
Plus d'uudace.
Uoins de fortune. ^
Combien de timidité.
Que de viande.
Plein dc rage.
Rempli dâeau.
Couvert de neige.
EnvironnĂ© dâestime.
Se oourrir.de gibier.
Vivre d'amour.
Se repaĂźtre de venl.
So bercer d'espérance.
Se nourrir de lait.
Se couvrir de gloire.
NOMS PLURIELS.
Une haie dc broussailles.
Un amas de décombres.
Une note de frais.
Un magasin de bardes.
Un tas de matériaux.
Une paire dc pincetle».
Une nuit dc ténÚbres.
Une caisse dâĂ©pargnes.
Un agent dâalTaireg.
Une pension de femmes.
Un pot de confitures.
Une mesure de haricots.
Un pied dâaĂźllets.
Des bouquets de roses.
Beaucoup de soldats.
Peu dâolives.
Trop dâamis.
â Plus de citoyens.
Moins de convives.
'Combien de racines.
Que de bijoux.
Plein do préjugés.
Rempli de fautes,
('ouvert de haillons.
KtivironuĂ© dâemhĂ»cbes
Se nourrir de légumes.
Vivre de préjugés.
Se repaitrĂȘ de chimĂšres.
Se bercer d'idées riantes.
Se nourrir de fruits.
Se couvrir de dettes.
" NOMS SINGULIERS.
De» boutons dâargent.
Des barres de fer.
Des colonnes d'airain.
Des eriraiti de geniĂšvre.
Des sentiments dâsmertume.
Des témoignages de bonté.
Des compliments de condoléance.
Des bottes de paille.
Desvasesde terre.
Des torrents de pluie.
Des tonneaux de vin.
Des paquets dâamadou.
Des bouquets de iasiuĂźn.
De» babils dâbiver.
Beaucoup d'eau.
Peu de pain-
Trop de monde.
Pins de vin.
Moins de blé.
Combien de lÚvérité.
Que de gibier.
Plein dâorgueil.
Rempli de poussiĂšre.
Couvert de honte.
Environné de monde.
Se nourrir de fromage.
Vivre de bonne chĂšre.
Se repaßtre de fumée. .
Se couvrir de confusion.
Mourir de faim.
Manquer de raisou.
NOMS PLURIELS.
Une paire de oiseaux.
Un jour de fiançailles.
Un jour de fuuéraillei.
Un lieu dâimmondices.
Un ,plateau de mouchettes.
Un torrent de pleurs.
Un magasin de vivres.
Une caisse de retenues.
Un combat de coqs
Un pot dâcstlleta.
Une salade d'oranges.
Une botte dâallumelles.
Une purée de lentilles.
Un paquet de clefs.
Beaucoup de pommes.
Peu de maisons.
Trop de personnes.
Plus dp richesses.
Moins de légumes.
Combien dâĂ©pines.
Que dâherbages.
Plein de défauts.
Rempli dâherbes.
Couvert de diamauti.,
Eovironné de tables.
Se nourrir de lentilles.
Vivre de racines.
Se repaĂźtre dâillusions.
Se couvrir dc haillons.
Mourir de coup*.
'.Manquer dâalimeuU.
â âNÂź LXII.
NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRĂS LA PRĂPOSITION de PRĂCĂDĂE DâĂŒN.NOM COLLECTIF.
1"Âź SĂRIE. â SINGULIER.
Ciel! quel nombreux essaim d'innocentes beautés ,
Sâoffre Ă mes yeux en foule, et sort de tous cĂŽtĂ©s !
(Racine.)
Il me sembla voir dans un vaste portique une mulÂŹ
titude dâHOMMES rassemblĂ©s ; ils avaient tous quelque
chose d'auguste et de grand. (Thomas.)
Henri, de tes enfants fais un peuple de frĂšres.
(Cas. Delavigne.)
Cent tonnerres qui roulent et semblént rebondir
sur une chaßne de montagnes , en se succédant Tun
Ăč Tautre, ne formentquâun mugissement qui s'abaisse,
et qui sc renfle comme celui des vagues.
(Marmontel.)
Le lit profond des torrents était bordé d'un nombre
effrayant d'ANiMAUx doux , cruels, timides, féroces,
qui avaient été submergés et revomis par les eaux.
(«âą) .
Sion, repaire affreux dc reptiles impurs,
Voit de son temple saint les pierres dipersées.
(Racine.)
La multitude des IcĂąs est dans un Ă©tat ce qĂŒest le
grand nombre de médecins, signe de maladie et dc
faiblesse. (Voltaire.)
SĂRIE. â PLURIEL.
Les murs des corridors funÚbres étaient bordés d'un
triple rang de cercueils, placés les uns au-dessus
des autres. (Chateaubriand.)
Une foule d'ENFANTs autour de lui s'empresse,
Et Tannonce de loin par des cris d'allégresse.
, * (St-Lambert.)
. Le sort malencontreux
Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs
(Boileau.)
Et dâenfants Ă sa table une riante troupe
Semble boire avec lui la joie Ă pleine coupe.
(Racine.)
Ce long amas d'AĂEUX que vous diffamez tous,
Sont autant de témoins qui parlent contre vous,
(Boileau.)
La reine des nuits reposait sur des groupes de
NUES, qui ressemblaient Ă la cime des hautes monÂŹ
tagnes couronnées do neige.
(Chateaubriand.)
L'histoire des nations est un rama* de crtmcj, de
folies eide malheurs, parmi lesquels on voit quelÂŹ
ques vertus, quelques temps heureux.
(Voltaire.)
( Ă1 )
11 y a une infinitĂ© dâefteuts politiques qui, une
fois adoptées, deviennent des principes.
(Raynal.)
La vertu ne laisse pas que de réussir quelquefois,
mais ce nâest quâĂ /*orce de temps ci 6âĂ©preuves reÂŹ
doublées. ' (Fontenelle.)
Toute faction est un compose de dupes et de friÂŹ
pons. (Napoléon.)
Le faux est susceptible dâune infinitĂ© de combiÂŹ
naisons, mais la vĂ©ritĂ© nâa quâune maniĂšre dâĂȘtre. '
(J.-J, Rousseau.)
La multitude des livres dans ime bibliothĂšque est
souvent une nuĂ©e de tĂ©moins de lâignorance du posÂŹ
sesseur. (OXENSTIERN.)
Que jâaime Ă contempler cette chaĂźne sauvage
De rocs qui, lâun sur lâautre au hasard suspendus.
Couronnent vingt hameaux à leurs pieds étendus.
(Rouchkr.)
Lorsque le substantif qui prĂ©cĂšde la prĂ©position de est un substantif collectif,âle
nom qui suit cette préposition se met toujours au pluriel : une multitude d'hommes, un
peuple de frĂšres, une troupe d'enfants, etc. On excepte toutefois les noms qui sâemploient
plus fréquemment au singulier; tels que monde, peuple, etc., etc., on dit : uhefoxdedc
monde, un amas de monde, unefoule de peuple, un amas de peuple. On pourrait dire éga
lement un amas de peuples, une infinité de mondes, si Ton voulait parler de plusieurs
peuples, de plusieurs mondes.
EXERCICE PHRĂSĂOLOGIQXJE (1).
Une coaimQDauté d'bommcs.
Udc commuDauté de femmes.
Un coQTent de jésuites.
Un cooTent de religieuses.
Ud aims de pierres.
Uue maison d*orpbelins.
Un refuge de mendiants.
Un asile de pauTres.
Un hospice' d'enfants trouvés.
Un las de pierres,
ĂŒn chĆur de vierges'.
Une multitude «Tenfants, .
Une chaĂźne de mout.vgnes.
Une borde de sauvages.
Un miUIer de mourants.
Une troupe dâhirondelles.
Une foule dâindlridus.
Une nuée de sauterelles.
Un pays de uĂšgres.
Une Ăźle dâanthropophages,
ĂŒn nid dâoiseaux.
Un chĆur de sĂ©raphins.
I
UnĂ© forĂȘt de mĂąts
Une galerie de UiLIeauz.
Ăn torrent de larmes.
Un essaim dâabeilles.
Un repaire de voleurs.
Une caverne de brigands.'
Uue chaßne de galériens.
Un grand nombre de soldats.
Une douxaine dâĆuC).
Une collection dâestampes.
Une foule dâhommes.
Une longue suite de valets.
Une grande quantité de Uvrcs
. Une treutaine de poissons.
Une quarantaine de fusils.
Un groupe de femmes.
Ăne cinquantaine dâhommes..
Une centaine dâĂ©cus.
Ăn mille de bouchons.
Un concours de musiciens
-Une troupe de bandits.
Une foule do femmes.
âș*^^5 LXIII,
t
NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRĂS dc.â CH,
ri« SĂRIE, â SINGULIER, ,
Lâhomme flotte de sentiment en senftmenf, de
pensée en pensée. (Chateaubriand.)
⹠»
Les langues, les costumes et les formes des habits
passent, en Asie, inviolablement de génération en
gĂ©nĂ©ration, parce que les pĂšres sây font aimer de
leurs enfants, (Bernardin de St-Pierre.)
Le démon indiscret va frappant de cabane en ca
bane, racontant le doux penchant de CĂ©luta poâjr
Réné/ (Chateaubriand.)
Destin, tu lâas voulu! câest dâoMme en abĂźme
Que tu conduis ĂtrĂ©e Ă ce comble du crime.
(Voltaire.)
2Âź SĂRIE. â PLURIEL.
Les animaux sauvages vivent constamment de la
iriĂȘme façon ; on ne les voit pas errer de climats en
cliipats. (Buffon.)
Sous le tropique, des tourterelles et des perroquets
ne voyagent que dâUes en Ăźles', promenant Ă leur
suite leurs petits, et ramassant dans les forĂȘts les
graines dâĂ©piceries quâils font crouler de branches en
branches. . (Bernardin de St-Pierre.)
Les peiqiies qui nâont plus maintenant ni autels,
ni trÎne, ni capitale, sont jetés par les siÚcles et les
événements de contrées en contrées. '
(Id.)
Nous marchons ĂčâabĂźmes en abĂźmes.
* (Voltaire.)
(1) LâĂ©lĂšve pourrait aussi mettre en regard le pluriel des noms dont nous nâavons donnĂ© que le singulier
dans cet exercice. Ainsi, aprĂšs avoir fait une phrase avec une communautĂ© dâhommes, il en ferait une autre
avec des communautĂ©s d'hommes. Cette observation sâapplique Ă la plupart de nos exercices '
( <42 )
Quand les sottises spnt faites, on veut les soutenir
par les calomnies; on perd la charité comme la raf-
son ; on tombĂ© dâabĂźme en abĂźme, ainsi que de ridiÂŹ
cule en ridicĂčlĂ©. (Voltaire.)
C'est ainsi que de nous disposant à son gré,
Lâamour sait de nos cĆurs sâemparer par degrĂ© ;
Et dâappĂąt en appĂąt conduisant la victimĂ©,
Il la fait Ă la fin passer de crime en crime.
(Crébillon.)
Mon pĂšre est errant de dĂ©sert en dĂ©sert en Ăcosse.
(Voltaire.)
Vous-mĂ©me nâallez point de âcontrĂ©e en contrĂ©e
Montrer aux nations Mithridate détruit.
De faute en faute on se fourvoie, on glisse, *
On se raccroche, pn toinhe au précipice.
(Voltaire.)
Mais le printemps, Doris, de moment en moment
Apporte Ă la campagne un nouvel ornement.
(Saint-Lambkrt.)
Gengis et ses Ăls, allant de conquĂȘte en.conquĂȘte,
crurent qu'ils subjugueraient toute la terre habitable.
(Voltaire!)'
Si la puissance végétale réfléchit et augmenté la
chaleur du soleil ; si elle vĂ«gĂ©talise lâatmosphĂšrĂ© et lĂšs
eaux, elle n'a pas moins dâinfluence sur le globe soÂŹ
lide de la terre, dont elle Ă©tend la cirçpnfĂ©teĂčce
dâannĂ©e en annĂ©e.
(Bernardin de St-PihrrĂȘ)
De distance en distance la terre est percée par une
multitude de bassins qĂŒon appelle des puits, et qui
sont plus ou moins larges, plus ou moins profonds.
(Chateaubriand!)
Tombant dan^ lâavenir dâabĂźmes en abĂźmes.
De malheurs en malheurs et de crimes en cHmes
Un jour ou te verra couronner tes forfaits,
En égorgeant Tagneau descendu pour la paix.
(Chateaubriand.)
De déserts en déserts errant, persécuté,
Jâai langui dans Topprobre et dans TobscuritĂ©.
(Voltaire.)
Celui qui ĂŒa rien senti ne sait rien apprendre ; Il
ne fait que flotter dâerreurs en erreurs.
â â (j.-J. Rousseau.)
De moments en moments sa tĂȘte sâĂ©garait.
(Lamartine.)
Quand une fois lĂšs hommes se livrent Ă la supersÂŹ
tition , ils ne fon^ plus de pas que pour aller dâĂ©gareÂŹ
ments en égarements. (Condillac.)
Quels yeux peuvent errer toujours de beautés en
beautés sans jamais se fixer sur aucune ?
(J.-J. Rousseau.)
Buffon a dit, en parlant de nous ne savons "quel animal ; il crie comme un enragé
pour avertir les autres, qui, au signal, s'enfuient avec leur proie, sautant d'un arbre a
lâautre avec une prodigieuse agilitĂ©. D'aprĂšs cela ne semblerait-il pas qu'ilâfaille touÂŹ
jours le singulier avec les prépositions de et en? Car de ville en ville, de colline en colline,
n'est-ce pas pour d'une ville Ă une autre ville, d'une colline Ă une autre colline? C^es|; 40
moins la réglé que prescrivent d'une maniÚre absolue la plupart des grammairiens.
Nous avons déjà eu occasion d'attaquer cet absolutisme aveugle qui ne tend à rien
moins quâĂ rpetlre des entraves Ă la pensĂ©e et Ă la çirconscrirje dans d'Ă©troites limites,
Notre opinion est donc que .l'on peut dire, selon l'idĂ©e que lâon veut exprimer, de
montagne en montagne, ou de montagnes en montagnes; de branche en branche, ou de
branches en branches. En faisant usagĂ© du singulier, on veut indiquer quâon passe
d'une.chose Ă une autre, d'une mpntagne Ă une autre montagne, d'une branche Ă une
autrp branche. Mais, lorsquâon emploie le pluriel, l'esprit, au lieu dâenvisager les objets
isolément, et, pour ainsi dire, un à un, les considÚre par groupes, par masses : ß^ßa^
polpon marchait de victoires en victoires; le pluriel réveille ici une idée précise dé
quantité, une multitude de victoires auxquelles en succédaient bientÎt une foule d'au
tres. De victoire en victoire n'offrirait pl.us le mĂȘme sens, et rĂ©trĂ©cirait singuliĂšreinepl
la pensĂ©e. D'ailleurs , il est des cas oĂč le pluriel est toĂčt-Ă -fait indispensable; sij par
exemple, je veuX'parler dâun homme auquel il arrive chaque jour plusieurs malheurs
( )
à la fois, je serai forcé de 'dire : cei hÎiïim'é tombé dé malheurs en malheurs, et non
dé malheur en "malheur, '« 11 ést temps de le reconnaßtre, les grammairiens, par leurs
froides analyses et la sévérité plus que géométrique de leurs théories, nont jarxiais
assez tenii compte des riĂŒĂ nbĂ©s dĂŒ sentiment et de la pensĂ©e, ni des rapides Ă©lans du
gĂ©nie. Quây a-t-il dâĂ©lĂŽnnĂ nt quâils aient regardĂ© 'comme barbares des iburnurĂ©s IVafh
dies, dés ßnvérsions, des ellipses, des sÿllepses qui déroutaient la faible ni arche de'
leurs idĂ©es et la leniĂ©ĂŒr d'Ă© leurs conceptions? Nous venons en quelque sorte reStiiĂŒ'Ă©r
à notrë bel idiome des Vichessés que nos prédécesseurs ét quelques-uns de nés con
temporains ont cherchĂ© Ă lui ravir (i). » Ătudiants ! et vous tous que nous voulons iniÂŹ
tier Ă la langue des Voltaire et des Racine, laissez les grammairiens se disputer entre
eux; laissez-les inventer des rĂšgles que ĂŒĂ©savou,ent lâusage et le bon sens, et marchez
hardiment, avec nous, sur les traces des grands Ă©crivains qui sont en tout nos meĂŒ- .
leur§ guides :
Pour produire de bons écrits,
Nourrissez-vous de bons modĂšles.
(Arnault.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
SINGULIER.
De eßtÚ en'cité-
De Ville en Ville.
D'erreur en erreur âą
De famille en fanylte.
De moment en moineAt.
De chef eu chef.
Dâicoeil co Ăšcueil.
De crime enâcrime.
De cUmĂąt.'eD climat.
De n^amne en royaume.
pluriel.
De cités en cités.
De ville» en villes.
Dâerreur» eu erreurs.
De familles en familles.
De moment» en moments.
De,chef» en chefs.
DâĂ©cueil» en Ă©cueil».
De crime» Ún crime».
De climats en climat»,
pe royaumes en royaumes.
SINGULIER.
âD^Dosion Ăšn jĂĂčsiĂŽh'. ' '
DÂź village'ĂȘi» village.
De découverte en découvertf.
De nation en nation.
DâĂ©cho en Ă©cho.
De,plaine en plaine.
De cime en cimcj
De vertu en vcaĂč.
De maison en maison.
De jardin en jardin.
, â . PLURIEL
Dâillusioâns en illusiobs.
De villà gcB en village».
De'découvertes eh d^ouTertcfi.
DÚ nation» eh nations.'
DâĂ©cho» en Ă©ehos.
De iilaine» en plaines.
De cimes en cimes.
De vertu» en Vertu».
De maison» en maison».
De jardin» en jardins/
Nâ LXIV.
DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRES LA PREPOSITION a,
. â . . * ^ i « .t Ăą. t t '
t**Âź SERIE.âSINGULIER.
4Dans le noisetier, les fleurs à pistil :sont ^éloignées
des.autres, (J.-J. Rousseau.)
Dans le bips, les fleurs Ă Ă©tamine ont un calice Ă
trois feuiUÚs, avec deux pétales à la corolle.
(la.)
Sâil y avait chez'Ies Grecs des prix pour la lutte, le
pugilat, dĂš disque, 'lĂ course Ă pied et enâchariot,
câ^;qne ces exercices Ă©taient nĂ©cessaires Ă la guerre.
?(Bernardin de St->Pieere.)
2âÂź SĂRIE. * PLURIEL.
Dans le chĂątaignier, des fleurs k pistils sont remÂŹ
placĂ©es par deux ou trois fruits trĂšs prĂšsdĂŒn de lâautre;
(J.-J. Rousseau.)
Le mûrier porte les fleurs ù étamines sur un cha
ton. ' (Id,j
te jeune homme, frappĂ© de lâobjet quâon lui pré
sente, sâen occupe uniquement, et saute Ă pifids
.yotnfs* par-dessus vos discours prĂ©ĂŒmiuaires-, pour
aller dâ^ord oĂč vous le menez trop lentement Ă son
gré. i(J.-J. Rousseau.)
Des fleurs Ă pistil, Ă Ă©tarnine, sont des fleuis qui nâont quâun seul jkstil, qĂŒâuriĂš
.«Ăylp Ă©tamine; des fleurs a pistils, Ă Ă©tamines sont, au contraire, des fleurs qui ont plu-
i* »,
(R Ces lignés, extraites de VExamen critique de la Grammaire dés grammaires, publié eh 1832 par
QI.'HiesBiĂąax,'pronvent que nous ue soihxaespa& 'lfig seuls qui ayons senti le Vice jde toutes les grammaJw*
(iU)
sieurs pistils y plusieurs étamines. D'aprÚs cela, il est aisé de sentir pourquoi, dans les
exemples que nous avons rapportés, Rousseau a fait usage de Tun ou de Tautre
nombre. -,
1 * . t
Quant au dernier exemple, le mot pied est au singulier dans la premiĂšre colonne,
parce quâil est spĂ©cificatif, câest-Ă -dire parce quâil est pris dans ĂŒn sens gĂ©nĂ©ral, et ne
rappelle à Tesprit aucune idée de nombre. H est au pluriel dans la deuxiÚme colonne,
parce que Tadjectif pluriel joints réveille nécessairement Tidée des deux pieds.
Le nombre que Ton doit employer aprÚs la préposition à étant toujours indiqué par
le sens, il nây a donc aucune difficultĂ© Ă cet Ă©gard.
--oooo« N LXV.
EXPRESSIONS AVEC LESQUELLES LES ĂCRIVAINS ONT FAIT INDIFFĂREMMENT USAGE DĂŒ
SINGULIER OU DĂŒ PLURIEL.
* UÂź SĂRIE. â SINGULIER.
Nous passùmes un torrent desséché ; son lit étroit
était rempli de lauriers-roses et de gatiliers, arbuste
Ă feuille longue, pĂąle et menue, dont la fleur lilas,
un peu cotonneuse, s'allonge en forme de quenouille.
(Chateaubriand.)
Les arbres fruitiers qui doivent entrer dans la comÂŹ
position d'un verger sont les fruits à pépins, les fruits
* Ă noyaux, etc. (Encyclop. mod.)
. Les branches Ă fleur ( du genĂȘt ) sont courtes, n'ont
point dâĂ©pines, et ont cinq ou six fleurs cn grappes au
bout. (J.-J. Rousseau.) -
Fais semer les capucines en bordures et par bouÂŹ
quets vers le pavillon, de sorte qu'en grimpant, les
tiges puissent sâaccrocher aux arbrisseaux qui sont sur
la crĂȘte. J'en excepte les arbres et arbrisseaux Ă fruit.
(Jd.)
Les plus grands courants dâeaux vives quâil y ait
au monde sortent tous des montagnes Ă glace.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Nous avons des montagnes Ă glace qui peuvent
porter tous les vĂ©gĂ©taux du nord^, et des valle'es Ă
réverbÚre, qui peuvent produire la plupart de ceux
â du midi. (Id.)
Les Grecs et les Romains ont tiré de l'Asie la plu
part des arbres Ă fruit que nous cultivons aujourÂŹ
dâhui. (Id.)
Un ^and fleuve a pour chĂąteau-dâeau une monÂŹ
tagne à glace.avec un lac à son pied qui en reçoit
les fontes. * (Id.)
f t
* Jean-Jacqucs mâa fait observer au bas des feuilles
de tous les fruits Ă noyau deux petits tubercules qui
les caractérisent. ' (Id.)
SĂRIE. â pluriel.
Le bec-de-grue Ă feuilles de vigne a des feuilles
ovales, montantes et pubescentes, qui ont lâodeur du
baume, quand on les frotte. (J.-J. Rousseau.)
Les arbres du verger, chargés de fruits à noyaux
et à pépins, sont encore une autre richesse,
(Voltaire.)
En Amérique, les plantes à fleurs sont sans nom
bre (ChateaubItiand.)
I
Les flancs de la colline sont tapissés de groupes
dâarbrisseaux Ă fruits ou Ă fleurs.
(Bernardin de St-Pikrre.)
La nature a multiplié les montagnes à glaces dam
le voisinage des pays chauds. (Id.)
Les fleurs à réverbÚres sphériques sont celles dont
les pétales sont figurés cn portions de sphÚre,
(lĂ .)
Les flancs de la colline sont tapissés dc groupes
d'arbrisseaux Ă fruits ou Ă fleurs. , (Id.)
Jâai vu en Bretagne quantitĂ© de terres incultes. Il
n'y croĂźt que du genĂȘt et une plante Ă fleurs jaunes
qui ne paraĂźt composĂ©e que dâĂ©pines. (/d.)
Les auteurs semblent avoir employé indistincßemenjt les deux nombres avec les ex
pressions h feuille, à noyau, k fruit. En effet, on peut aisément, en pareil cas, justifier
le singulier et le pluriel. On dit k feuille ou k feuilles, k hoyau ou Ă noyaux, k fleur ou Ă
( 145 )
Jieursy Ă Jndt ou Ă frxdts, parce que lâon dit trĂšs bien la feuille ou [esfetdlles de cet arbre ;
ces fruits ont un noyau ou des noyaux; ces arbres produisent du fruit ou des fruits. Celui
qui se sert de la premiÚre de ces formes envisage les objets en général , tandis que
celui qui emploie la seconde, les prend dans un sens particulier, individuel.
Nous devons faire remarquer cependant que Fusage le plus général est pour le sin
gulier. ExceptĂ© le mot noyau, que Fon pluralise toutes les fois que lâon parle de fruits
qui ont réellement plusieurs noyaux, tels que les nÚfles, etc.
LXVI.
CONSĂCRATIONS ĂTABLIES PAR LâUSAGE.
1^Âź SĂKIB. â singulier!
Les bateaux <i vapeur aux Ătats-Unis servent, non
seulement au besoin du commerce et des voyageurs,
mais on les emploie encore à la défense du pays.
(Chatbaubriand.)
Deux nations rivales de gloire industrielle se sont
disputĂ© Thouneur dâavoir donnĂ© le jour Ă l'inventeur
des machines Ă vapeur, (Encyclop. mod.)
Au bout de quelque temps il fit quelques profits,
Racheta des bétes à laine,
(La Fontaine.)
Sâagit-il dâexercer Ămile au bruit dâune arme Ă
feu; je brĂ»le dâabord une amorce dans un pistolet.
(J.-J. Rousseau.)
La mouche Ă viande aime Ă se poser sur les cou-'
leurs livides des viandes qui se gĂątent.
(Bernardin de St-Pikrrk.)
11 faudrait, pour augmenter les subsistances natioÂŹ
nales , remettre en terres à blé beaucoup de terres qui
eont en pĂąturages. (Id,)
Le goĂ»t du fruit de lâarbre Ă pain se retrouve dans
celui du cul dâartichaut.
(Bernardin de St-Pierbe.
On trouve des pierres Ă rasoir dans presque toutes
les carriĂšres dont on Ărc lâardoise. (Buffon.)
Les hommes à tma^tnafton sont exposés ù faire
bien des fautes. (Leyizag.)
Les babouins Ăą museau de chien ont les jambes et
tes bras fort Ă©pais et couverts dâun poil touffu.
(Buffon.)
2o SĂRIE, â pluriel.
Toutes ces femmes Ă grands talenĂźs nâen Imposent
jamais quâaux sols. (J.-J. Rousseau.)
Les meilleurs livres sont ceux que le vulgaire dé
crie , et dont les gens Ă talents profitent sans en
parler. (Id,)
Câest Ă lâair que le sang des ouĂŻes du poisson doit
sa couleur vermeille : elle est tout-Ă -fait semblable Ă
celle du sang veineux des animaux Ă poumons,,
(Bernardin de St-Pikrre.)
Le nom de vertu dans la bouche de certaines perÂŹ
sonnes fait tressaillir comme le grelot du serpent Ă '
sonnettes, (MŸŸ Necker.)
Jâai rçncontrĂ© souvent de ces gens Ă bons mots.
De ces hommes charmants qui nâĂ©taient que des sots.
(Gresset.)
Dans nos climats, les animaux sauvages qui apÂŹ
prochent le plus du chien, et surtout du chien Ă
oreilles droites, du chien de berger, que je regarde
comme la souche et le type de lâespĂšce entiĂšre, sont
le renard et le loup. (Buffon.)
Quels astres merveilleux, si toutefois ce sont des
astres , que ces corps lumineux Ă longues queues qui
traversent les aires des planÚtes sans déranger leur
cours, et emploient des siĂšcles Ă sâapprocher et Ă sâé
loigner du soleil! (Bernardin de St-Pierre.)
Les hommes Ă cheveux noirs ou bruns commenÂŹ
cent Ă ĂȘtre rai*es en Angleterre, en Flandre, en HolÂŹ
lande , et dans les provinces sĂšptentrionales de lâAlÂŹ
lemagne. (Buffon.)
Jâaime mieux ĂȘtre homme Ă j>oradoa;w quâhomme
k préjugés, (J.-J. Rousseau.)
On dit, dans le style familier, quâun homme a des
prĂ©tentions, que câest un homme Ă prĂ©tentions,
pour dire quâil prĂ©tend Ă l'esprit, aux talents, Ă la
naissance, à la considération. (Planche.)
Il est plusiem s célébrités ;
Hommes de goût, gens à scrupules,
La vÎtre est dans vos qualités,
La nĂŽtre est dans nos ridicules.
(ĂRNAULT.)
19
( ue )
Je mets au rang des âffibles les phases Ăą tĂȘte de
cheval. ' (Guéroult.)
.Quelquefois les cloisons que construisent les fourÂŹ
mis sont percées à jour, et représentent une sorte de
colonnade. (Hubkr.)
J'ai dĂ©couvert qĂŒe les fourmis savent encore se
faire servh* à volonté. ' (Id.)
Je vous ai entendue raisonner mieux que dc vieux
derviches Ă longue barbe et Ă bonnet pointu.
(Voltaire.)
Là , le chantre à grand bruit arrive et se faitpßùcé.
(Boileau.)
Les coquettes sont folles Ă©t nâĂŽntpoiiit do faiblesses;
les femmes Ă sentiments sont sages, et en ont.
/ (MĂ riĂżaux.)
MÎi; ]b suis trÚs souvent, ibterrbmpt l'Espérance,
Chez les amants ou les gens Ă projets.
(Grainville.)
Aux autels de son Dieu, dans les saints édifices,
â ta France est Ă genoux.
, (Cas; Delavigne.)
Le froment à barbes serrées est cultivé dans Je dé
partement dc Vaucluse. (Dict. des sc. méd,)
»
\ . . Sur ßù xtLĂT qui fiait et roule Ă gros bouillons
Bon rapide vaisseau fend les derniers sillons.
(Delille.)
Pour bien sentir pourquoi, aprÚs la préposition à , les auteurs ont fait usage tantÎt
du singulier, comme dans les exemples de la premiĂšre colonne; tantĂŽt du pluriel,
comme dans ceux de la Seconde, il faut soumettre ces exemples Ă Tanalyse. En effet,
Tanalyse, en rĂ©tablissant tous les mots que l'empressement de sâĂ©noncera voulu qiTon
supprimĂąt ', peut seule rendre compte de cette diffĂ©rence dâorthogTapbe.
Des machines Ă vqpĂšur. Analyse. : Des machines
( servant) à (élever Teau par là ; vapeur.
Des pierres Ă rasoir. Analyse : Des pierres (serÂŹ
vant ) Ă '( repasser un ) rasoir.
Les hommes Ă imagination. Analyse : Les hommes
(qui se livrent) Ă (leur) imagination.
\
Les babouins Ă museau de chien. Analyse : Les
babouins (dont la houche ressemble) Ă (un) museau
de chien.
Les pĂ©ggses Ă tĂȘtĂš de cheval. Analyse : Les pe\
gases (dont la tĂȘte ressemble) Ă (une) tĂȘte de cheval.
âą
. Cloisons percées à jour. Analyse : Cloisons percées
(de maniÚre) à (laisser pénétrer le) jour.
Savent se faire servir à volonté. Analyse : Savent
se faire servir (conformément) à (lëur) volonté. '
De vieux derviches Ă longue bdrbe et Ă bonnet
pointu. Analyse : De vieux derviches (que Ton reÂŹ
marque) Ă (leur) longue barbe et Ă (leur) bonnet
pointu.
Arrive Ă grand 6rmf. Analyse : Arrive (en donÂŹ
nant lieu) Ă (un) grand bruit.
. Les verres Ăč vitres. Analyse : Les verres (propres).
Ă (faire des) vitres.
Homme à paradoxes. Analysé : Hornme (qui se
plaĂźt) Ă soutenir (des) paradoxes.
Un homme à prétentions, à préjugés. Analyse :
Vn homme (dont lâesprit est ĂviâĂ©) Ă (toutes sortes de)
prétentions, de préjugés.
Gens Ă scrupules. Analyse : Gens (qui sâarrĂȘtent)
à (desyscrupules, ou dont la conscience est livrée a
des scrupules.
Les femmes à sentiments. Analysé : Les femmes
(dont le cĆur est en proie) Ă (une foule de) sentiÂŹ
ments , ou (qui se laissent aller) 'd (leurs) séntiments.
Les gens Ă projets. Amilysc : ÂŁcs gens (sans cesse
occupés) à (faire des) jwoje/5.
La France est Ă genoux. Analyse : La France
est (dans ohĂ© position semblable) Ă (celui qĂŒi a les)
genoux (pliës et appuyés contre terre).
Le froment à barbes serrées. Analyse : Le froment
(que Ton distingue des autres sortes de froment) a
(ses) barbes serrées.
Rouie Ă gros bouillons. Analyse : Roule (de'mĂą-
âąiiiĂŽre) Ă (former de) gros bouillons.
Ces analyses, qui nous montrent si clairement la raison du nombre employé aprÚs
la prĂ©position Ă Ă ans les locutions qĂŒi prĂ©cĂšdent, nâĂ©taient pas sans offrir queĂźqĂŒe dif-
ĂŒcuUĂ©. 11 nous eĂ»t Ă©tĂ© sans doute plus facile de dire des hommes Ă paradoxes, Ă .prĂ©-
jugĂȘs, sont des hommes qui ont des paradoxes,des prĂ©jugĂ©s; mais une pareiile'explicaiion
nous paraissait trop peu satisfaisante, et mĂȘme contraire Ă la vĂ©ritable analyse, qui
doit .se borner ù suppléer Tnots sous-entendus sans rien changer aux mots ex
primés. . '
( UT )
nâ LXVII.
NOMBRE APRĂS dfl.... , Ă .
riÂź SĂRIE. â SINGULIER.
^ âą-* â * * * - *
De voleur à voleur on parle probité.
(François de Neufchateau.)
Disons-nous nos secrets
De compĂšre Ă compĂšre, (Piron.)
Reviens becqueter dans ma main,
A tes besoins toujours ouverte.
Le millet choisi grain Ă grain,
(BoiSARp.)
La 'différence^qui ise trouve d'Aomme à homme se
(ait encore plus sentir de peuple Ă peuple,
^ (Marmontel!)
2Âź SĂRIE. pluriel.
De larrons à larrons il est lien des degrés !
Les petits sont pendus et les grands sont titrés.
(François de NkĂŒfchateau.)
DevĂ lets Ă valets
On ne se doit pas taire. (Piron.)
. . Corsaires Ă corsaires,
L'un lâautre sâattaquant, ne font pas leurs affaires.
(La Fontaine.)
Le consistoire prĂ©tendait que Ja loi en question nâé
tait que dé calvinistes à calvinistes, non pas de cal
vinistes Ă papistes, ;(Voltaire.)
âą ^
II nous semble que le sens exigeait, dans les vers de Mâ. François de Neufchateau,
la diffĂ©rence quâon y observe. Pour parler de probitĂ© entre voleurs, il suffit du voleur
. qui porte la parole et du voleur gui écoute. Mais pour étabjir bien des degrés entre
les larrons, il faut comparer des larrons avec dâautres larrons.
Dans les4erniers exemples, les auteurs se sont servis du singulier ou dti pluriel,
selon quâils avaient dans lâesprit lâidĂ©e dâun ou de plusieurs.
Nous ferons çependaaĂź observer que le singulier est peut-ĂȘtre plus ĂrĂ©quen|j ainsi
que Je prouvent les exemples ci-aprĂšs :
Les caractÚres vifs ou lents, gais pu sérieux, se
trouvent souvent dissĂ©minĂ©s dans la mĂȘme ville de
frÚre à frÚre, et sont également utiles à la société.
(Bernardin de St-Pierre.)
â Le droit des gens tenant Ă des .mesures dâinstituÂŹ
tions humaines , et qui nâont point de terme absolu ,
varie et doit vaiier dĂš notion Ă nation,
- (j.-J. Rousseau.)
Les magistrats doivent rendre la justice de citoyen
Ă citoyen : chaque peuple la doit'rendre lui-mĂȘme de
lui Ă un autre peuple.
(Montesquieu.)
De peuple Ă peuple, il est rarement besoin de tiers
pour juger, parce que les sujets de disputes sont
presque toujours clairs et faciles Ă terminer.
(Montesquieu.)
On ne sait si on doit placer plusieurs cartels de déû
de roi Ă roi, de prince Ă prince, entre les duels juriÂŹ
diques ou entre les exploits de chevalerie ; il y en eut
de ces deux espĂšces. (Voltaire.)
EXERCICE PHRĂSĂOLOfxIQVE.
Hateaoz Ă vapeur.
Cabriolets à volonté.
FenĂȘtres Ă inur.
A franc étrier.
Ă tĂȘte Ă©cerfelĂ©e.
Fruits Ă noyau.
Aller Ă cheval.
Aller Ă pied.
Pas Ă pas.
Brin Ă brin.
Son Ăč sou.
Froment Ă grains de riz.
Aller à pas précipités.
A pas lents.
Homme à préjugés.
Fruits Ă noyaux.
A bĂąton rompu.
Cbaadelier Ă branches.
Kcuelle Ă oreilles.
A mains jointes.
A bras ouverts.
Marcher Ăš petits pas.
Marcher Ă pted.
Mettre quelquâun Ă bout.
A bout portant.
. A tĂȘte folle.
A tĂȘte de [iiiotte.
A témoin (i;.
Mot Ă mot.
Manger morcean Ă morceau.
Couteau Ă ressort.
Clous Ă crochet.
Tenir Ă injare.
Voguer h pleines voiles.
Aller à inurche forcée
A couteaux lires.
A tous risques.
A pépins.
Geus Ă principes.
Hommes Ă sentiments.
Hommes Ă cheveux courte,
Chapeaux agrandi bords.
Aller Ă t&tous. .
Déchirer à belles dents;
(I) Expression adverbiale qui siguifie en témoianaae. et demeure toujours invariable.
( <48 )
ĂąlĂŒirber Ă petit bruit.
Tenir & boaneur,
A loDg cou.
IIomDies à soutane.»
Armes Ă feu.
Crier Ă tue-tĂšte.
PrĂȘter Ă intĂ©rĂȘt.
Clous i tĂšte.
Efial Ă ĂȘpal
GuuUe Ăą goutte.
A long» p(fits.
Un étui à peignes.
Botte a Ă pingles.
awe/'Ă rĂȘouloos.
A gros intĂ©rĂȘts.
Uc rois i peuples.
De tyrans Ăą tyrans.
Légumes à cÎtes.
Flotter Ă longs plis.
A pleines mains.
A découvetL
Moulin Ă eau, Ă bras.
A brule-pourpoinĂź.
Cannes Ă dard.
Poil Ă poil.
De femme Ăą bomme.
Papier Ă lettres.
Contes faits & plaisir,
A regret.
Pierres Ă fadU
Viilcti gages.
Plancbei Ă bouteille.
Do vilatosĂ vilains.
De riebea Ă riches.
De pauvres ĂŽ pauvres.
A [Wtits pas.
Gens Ă scrupules.
Boire & longs traits.
Maebine & roues,
BoqdoU Ă poit
NÂź LXVIII.
â <
nu NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRĂS LA PRĂPOSITION 6».
SĂRIE, â SINGULIER.
iï''":sicurs les sots, je dois cn bon chrétien.
Vous siffler, car câest pour votre bien.
(Voltaire.)
Du chicaneur exaspéré,
Qui se bat en désespéré,
r;a vain, pour adoucir la sauvage rudesse,
Du bon sens calme et tempéré
Vous prenez le ton modéré. (Delille.)
Les armées commencÚrent tard à entrer en action.
(Académie.)
«
Pour conserver un état en repos, il faut toujours
tenir Tépée de la* justice en mouumenf.
(Boiste.)
Lorsque les blĂ©s sont en fleur, câest alors quâils
sont revĂȘtus de toute leur magnificence.
(Bernardin de St-Pihrre.)
Le poisson volant est fort commun entre les deux
tropiques ; il est de la grosseur dâun hareng ; il vole
en troupe et dâun seul jet aussi loin quâune perdrix.
(id.)
La superstition transforme lâhomme en bĂȘte, le
fanatisme en fait une béte féroce, et le despotisme
une bĂȘte de somme. (La Harpe.)
Pour vivre en honnĂȘte homme, il faut avoir du bien.
(Boursault.)
Le bon n'est que le beau mis en action, lâun tient
Intimement Ă Tautre, et ils ont tous deux une source
commune dans la nature bien ordonnée.
(J.-J. Rousseau.)
ĂŒn grand fonds dc vertus rarement sc confisque :
En faveur et disgrĂące, on est sĂ»r dâen jouir.
(Boursault.)
Dans les violents transports qui mâagitent, je ne
saurais demeurer en place. (J.-J. Rousseau.)
Une senslLUité généreuse qui intéresse le genre hu
main dans ses pleurs, s'ennoblit et se transforme en
vertu. (Le Tourneur.)
Je prĂ©tends nâĂȘtre point obligĂ©e Ă me soumettre en
esclave à vos bontés. . (MoliÚre.)
- 2* SĂRIE. â pluriel.
0 mes amis, vivons en bons chrétiens,
Câest le parti, croyez-moi, qu'il faut prendre.
(Voltaire.)
Ceux-ci avaient fui en désespérés; ceux-là , comme
s'ils Ă©taient stupĂ©faits de leur victoire, nâen profitڏ
rent pas. (Anquetil.)
La comĂ©die est l'art dâenseigner la vertu et les bienÂŹ
séances en actions et en dialogues.
(Voltaire.)
Ne vous fatiguez.pas en mouvements, sâil nâen
résulte une action. (Boiste.)
Lâor de la primevĂšre a percĂ© les gazons,
Ăt les arbres en fleurs blanchissent les vallons.
(Michaud.)
Je les vois en troupes légÚres
SâĂ©lancer de leur lit natal, (Hacinb.)
En voyant la quatriĂšme partie de mes semblables
changĂ©e en bĂȘtes pour le service des autres, jâai gĂ©mi
dâĂȘtre homme. (J.-J. Rousseau.)
Les Dieux du paganisme se changeaient trĂšs souÂŹ
vent en hommes, (Voltaire.)
Souvenez-vous quâen toute chose vos leçons doiÂŹ
vent ĂȘtre plus en actions quâen discours.
(J.-J. Rousseau.)
t
Dc tous les usuriers, la flatterie est celui qui fait
les plus gros profits ; quand les grands manquent de
vertus, elle leur en prĂȘte, et sc voit payer largqnient
cn pensions, cn faveurs, en places et en cordons.
(De Ségur.)
En génie, en vertus, nos pÚres
Ont conservé sur nous le pas. (de Jouy.)
Guillaume le Conquérant avait traité les Anglais en
esclaves quâil ne craignait pas. (Voltaire.)
( 149 )
La conscience nons avertit en atnt avant de punir
en jugC:. (Stanislas.)
Chacun me fuit: voilĂ le fruit peut-ĂȘtre
De cette humeur dont je ne fus pas maĂźtre,
Qui me rçndait diflicile en amis
Et confiant ponr mes seuls ennemis,
(Voltaire.)
Dans ces phrases le mĂȘme mot est au singulier et au pluriel. Câest au moyen de
Fanalyse logique que nous pouvons rendre raison de cette différence, et montrer que,
dans le premier cas, il y a idĂ©e dâunitĂ©; dans le second, idĂ©e de pluralitĂ©. Ce prinÂŹ
cipe, qui nous a servi pour les prépositions de et à , va encore nous servir pour lu
préposition en, ' . ,
Je dois en bon chrétien. Analyse : Je dois en (ma
qualité de) 6on chrétien.
Ă
Vn chicaneur qui se bat en désespéré. Analyse :
Qui se bat en (homme) désespéré,
A entrer en action. Analyse : A entrer dans {!â)
ocfion (du combat.) . ,
Vivons en bons chrétiens. Analyse : Tïuons en
(maniÚre de) bons chrétiens, autrement dire, vivons
comme doivent vivre de bons chrétiens.
Ceux-ci avaient fui en désespérés. Analyse :
Ceux-ci avaient fui en (hommes) désespérés.
En actions et en dialogues] Analyse : En (une
suite dâ) actions et en (une suite de) dialogues.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
SINGULIER.
En roi.
En ennemi.
En bouquet.
En homme konnfitĂȘ.
En officier.
En pnncMie.
En main.
En etpalier.
En ermitp.
En fleur.
En groupe. * â
En oéterroinÚ.
En enfant.
PLURIEU
En rois, -
En ennemis.
En bouquets.
"En'hommes honnĂȘtes.
En officiers.
En princesses. âą
En mains.
En espaliers.
En ermites.
En fleurs,
Kn groupes.
En déterminés
En enfants.
SINGULIER.
En ami.
En principe.
En paquet.
En étourdi.
En amazone.
En reine.
En femme.
En saurage.
En piĂšce.
En pierre.
En brique.
En soldat.
En troupe.
PLURIEI.
En amis.
En principes.
En paquets.
En étourdis.
En amazones
En reines.
En femmes.
En sauvages
En piĂšecs.
En pierres.
Eu briques.
En soldats.
En troupes.
Nâ LXIX.
CONSĂCRATIONS FAITES PAR LâĂŒSAGE.
ri* SĂRIE. â SINGULIER.
I
On BâaBBemble en tumulte, en tumulte on dĂ©cide.
(Voltaire.)
I
Ce que le fer atteint tombe réduit en poudre,
Et chacun dea partis combat avec la foudre.
(Id,)
Monsieur, oĂč courez-vous? câest vous mettre en danger,
(Racine.)
t
U y eut Ă peine de la rĂ©sistance ; en Ăčn moment
Tarmée française fut mise en désordre, enfoncée et
dispersée, (Anquetil.)
Vois-tu ; Je ne veux pas ĂȘtre un Juge eh peinture,
(Racine.)
Il signe un bon contrat écrit en bonne forme,
(Id,)
2Âź SĂRIE. Tâ PLURIEL.
Maßtres de tout le camp, fierç de Vavoir conquis .
les Troyens éclatent en cris forcenés de triomphe,
(Bitaubée.)
Là , le froid Hollandais devient impétueux ;
Il déchire en morceaux deux frÚres vertueux.
f (Voltaire.)
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire loup lâeĂ»t fait volontiers.
(La Fontaine.)
Le superbe animal, agité de tourments,
Exhale sa douleur en longs mugissements,
(Boileau.)
La Normandie, comme vous savez, est une terre
.fertile en pommes, (Regnard.) '
Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets, *
Mon amour enfermé, et son*bien en procÚs.
(Racine.)
( 150 )
En gĂ©nie, en vertus , nos ĂŻ^res âą
Ont conservé sur nous le pas. (de Jouy.)
ĂȘ »
A force de travailler pour augmenter notre bonÂŹ
heur , nous le changeons en misĂšre.
(J.-J. Rousseau.)
La nature fait le mérite, la fortune.le met en
Ćuvre. (Larochefoucauld.)
Les pyramides de TĂgypte s'en vont en poudre, et
les graminées du temps des Pharaons subsistent^en-
rore. (Bernardin de St-Pierre.)
Puisque nous' sbmmÚs eri butte à des inaux inévi
tables , là sagéssë est Tait de trouver des compensa
tions.. * (Lkvis.)
Les ioiianges qu'ori donne aux gens en^ place
doivent peu flatter leur Ă mour-propre.
(VaĂŒvenargues.)
Plus on sÚme en désirs, moins on recueille en
bonheur. (Sanial-ĂŒĂŒbay.)
Câest une adresse en amitiĂ© que de tromper quel
quefois sou ami pour lui rendre un service.
(Oxenstiern.)
Le ciel nous prĂ©servĂ©' dĂ© lâekclavagĂȘ Ă«h gUĂȘire t et
en unßfonné et dÚ la fatalité disciplinée I
(Chateaubriand.)
En flatteurs caressés cet univers abonde.
(COLLIN dâHaRLEVIIXE,
Les plus grandes ùçaes sont celles qĂŒi sâarrangent
le mieux dans la situation présente, et qui dépensent
le moins en projets pour lâavenir.
(Fontenelle.)
Bien des gens épuisent leur fonds philosophique en
conseils pour leurs aniis et en demeurent dépourvus
pour eux-mĂȘmes. (Larochefoucauld.)
Que lâamoĂŒr-propre abondĂ© en mauvaises dĂ©faites.
Quand il faut rĂ©parer les fautes quâon a faites.
(La Chaussée.)
La plus grande partie des espĂšces dâanimaux est
moins abondante en individus que les espĂšces do
plantes. (Buffon.)
dâest ainsi que Tamour, trop fertile en excuses,
Aveugle par son charme, et séduit par ses ruses ;
MĂȘme en nous^ Ă©garant ĂŒ feint de nous guider,
De ses piĂšges flatteurs songez Ă vous garder.
(Longepierre.j
Beaucoup de noms en alliance avec la prĂ©position en restent constamment aĂŒ sinÂŹ
gulier; de ce nombre sont les mots tumulte, danger, dĂ©sordre, etc. Lâusage les fera
connaĂźtre. Il est d'autres substantifs qui, joints Ă la mĂȘme prĂ©position, se trouvent
toujours au pluriĂšl; tels sont les mots en italique dans la seconde colonne. De plus,
nous ferons remarquer que les substantifs, compléntents de la préposition en, doi
vent, sans exception, prendre le pluriel avec les verbes se répandre, éclater, se con
sumer, et les adjectifs abondant, fertile, célÚbre, fécond, etc., parce que ces verbes et
ces adjectifs rĂ©veillent par eux-mĂȘmes des idĂ©es collectives ou de pluralitĂ©. 11 y a donc
une faute dans ces vers de Regnard : â
Câest un nom dâune nouvelle espĂšce
Qui part de mon esprit fécond en gentillesse.
11 fallait un s à gentillesse; mais la rime Ta emporté sur la syntaxe. Cet exemple ne
doit pas ĂȘtre suivi, mĂŽme en poĂ©sie.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
SINGULIER.
Etro en vio. ^
Blé en herbe.
Etro on colĂšre*
Etre on affaire.
Pécher on çan trouble.
Parler en pleine assemblée.
Aller en peute.
Anné en gnerre.
Enfeot en maillOL
Etre eo toUette.
Bmnme en fuMur.
M.UHIBL.
ĂtrĂŽ en souliers.
Armes en fsisceaox.
Ătre en priĂšres.
Fondre en larmes.
Ătre rtcbe en promesses.
6e rainer en folles dépenses.
Eclater en reproches.
S'épuiser en eflbrts.
Fertile en images.
Ătre en cheveui.
Stérile en idée».
SINGULIER.
Etre en bonne santé.
En&nt en nourrice.
Etre en extase.
Vivre en espérance.
Tomber en déradenee;
Etre en deuil.
Etre en colĂšre.
Aller en course.
Etre en crainte.
Etre en négligé.
Armé eo bataille.
PLURIEL
Stro en bottes.
Homme en baillons.
Etre cn brmes.
S'étendre en paroles.
Se perdre en raĂźsonnemenu.
Abonder en injures.
Se répandre en invectives.
Né pas tarir en éloges.
Fécond en raisonnements
payer eo mauvais propos.
Abondant en brgeuei.
t15Ăź )
Nâ LXX.
OBSERVATION PARTICULIĂRE SUR LES MOTS cendtes, couckes, otc.
' 2* SĂglB. â PLURIEL.
Nâentendez-vous pas Hector animer toute son aiâ-
mée, plein de la rage impatiente de réduire les vais
seaux en cendres ? (Bitaubée.)
On ne doit jamais placer des fleurs ni aucune odeur
prĂšs des fenunes en cpucAes, ni prĂšs des malades ; et
moins encore en laisser dans la chambre Ă coucher
pendant la nuit. (Encyclop. mod.)
Les rhinocéros ne se rassemblent pas entroupes,
ni ne marchent en noinbre comme les éléphants ; ils
sont plus solitaires, plus sauvages, et peut-ĂȘtre plus
difllciles Ă chasser et Ă vaincre. (Buffon.)
Troie est en cendres, il est vrai ; mais il vaudrait
mieux pour les Grecs quâelle fĂ»t encore dans toute sa
gloire. (Fénelon.;
Lâhomme est de tous les animaux celui qui peut le
moins vivre en troupeaux',
((J.-J. Rousseau.)
Dâimmenses roches pendaient en ruines au-dessus
de ma tĂȘte; (fd,)
riÂź SĂRIE. â singulier.
Lieux, teints de ce beau sang que lâon vient de rĂ©pandre,
Murs que jâai relevĂ©s, palais^ tombez en cendre,
(Voltaire.)
Ainsi que Prométhée, mon grand pÚre, ils se per
pétueront sans «avoir jamais chez cmc de femmes en
cotxcAe. â (Piron.)
Le poisson-volant est fort commun entre les deux
tropiques ; il est dfr la grosseur dâun hareng ; il vole en
troupe et dâun seul jet aussi loin quâune perdrix.
(Bernardin de St-Pierre.)
Votre conquĂȘte est juste ; ĂŒ la faut entreprendre,
Brûlez le Capitole et mettez Rome en cendre.
(Racine.)
Nous sommes, sâil est permis de le dire, au preÂŹ
mier rang des animaux qui vivent en troupe, comme
les abeilles, les fourmis, les oies, les poules, les
moutons, etc. * . . (Voltaire.)
La villa du cardinal dâEst tombe en ruine comme
celle du ministri^ dâAuguste : Gâest rfflstpĂźre de toutes
les choses et de tous les hommes.
(Chateaubriand.)
Arrivés au bord du fleuve, nous passùmes à gué
les* eaux limpides, au travers de grands,roseaux, de
beaux lauriers roses en pleine fleur. (Id,)
yffsç[ae les blĂ©s sont en fleur, câest alore .quâils
sonVrevĂ©tus "de toute la magiificĂȘ^ /
(Bernardin de St-Pierrk.)
Vols ces arbres en fleur leur cime agitée
Verser siir les sillons une pluie argentée,.
(St-Lambert.)
Et déjà nous foulons sur le bord opposé
Ăn vallon dâherbe en fleur F.Ă©cume an*osĂ©.
(Lamartine.)
Sous un maronnier en fleur, je me repose sous les
riches ombrages de lâAmĂ©rique.
(Be^ardin de St-Pie^b.) '
*
I
On voit que les auteurs se sont servis indifféremment du .singulier et du pluriel.
Cependant, en prose, on écrit généralement ceiidre avec s. Quant au mot couche, quel
ques grammairiens veulent quâil se mette toujours au pluriel. Nous pensons quâon
peut faire Ă©galement usage du singulier, par la raison quâon demande Ă une femme
nouvellement accouchĂ©e si sa comhe a Ă©tĂ© bonne, LâAcadĂ©mie est de cet avis.
Lâeau changĂ©e en sĂšve se transforme ensuite, par
la mĂ©diation du soleil et de lâair/en feuilles, en
fleurs, tĂčfruits, en Ă©corce et en bois.
(Bernardin DE St-Pierrk.)
La vigne m fleurs exhale au loin de doux parÂŹ
fums. (J.-J. Rousseau.)
«
Lâalouette a chantĂ© mon rĂ©veil ; mon royaume,
Sous unâjour de prmtomps en fleurs mâest apparu.
âą (Lamartine.)
Le merle noir vole en sifflant vers la cerise pourÂŹ
prée, et le taureau, semblable à un rocher, mugit
de joie et hĂąte son pas pesant Ă la vue des prairies
fleurs, ' (Bernardin de St-Pierre.)
, ( 152 )
âą-oo.t^ssa NÂź LXXI.
NOMfiKJB DES SUBSTANTIFS APBĂS LES PRĂPOSITIONS pOT, ionS, av6C, pOUT, flur, COnfrĂą, ETC.
t
/« SĂRIE. â SINGULIER.
Les grands hommes ont par moment des idées tri
viales. â (Anonyme.)
t
Oh ! qui pourra jamais voir, sans ĂȘtre attendri,
Ce ciel qui par degré se peint d'un gris obscur !
(Michaud.)
Câest loi qui le formas dĂšs ses plus jeunes ans :
Son mérite sans tache est un de tes présents,
(Boileau.)
Il n'est point de plaisir sans honneur et sans uerfw.
(PrévÎt.)
Je veux t'entretenir un moment sans témoin.
(Racine.)
Chat avec chién no s'accorde pas.
(Anonyme.)
Le ciel sait qu'au milieu des honneurs qu'il mâenvoie,
Je nâattendais que vous pour tĂ©moin de ma joie.
(Racine.)
Autrefois mon cĆur eut la faiblesse
De rendre Ă votre fils tendresse pour tendresse.
(RegnĂ rd.) '
Le sorcier devant nous a fait
Prodige sur prodige. (Piron.)
Nous étions épaule contre épaule, pied contre
pied, tous les nerfs tendus ' et les bras entrelacés
comme des serpents, chacun sâefforçant dâenlever de
terre son ennemi. (Fénelon.)
Le jeune fakir qui voit le bout de son nez en faisant
ses priĂšres, sâĂ©chauffe par degrĂ© jusquâĂ croire que ,
s'il charge de chaĂźnes pesant cinquante livres, lâEtre
suprĂȘme lui aura beaucoup dâobligation.
(Voltaire.)
On commence par amusement; on commue par
avarice ; et l'on finit par passion. (Bruéys .)
s
i .a dispute a la vraisemblance pour principe dans
scs commencements, lâopiniĂątretĂ© dans ses progrĂšs,
et Temportcment la termine. , (Oxenstiern.)
Sur sa propre innocence un mortel affermi
A la vertu pour juge et le ciel pour amt,
(Ducis.)
Heureux les peuples chez lesquels on peut ĂȘtre bon
sans effort et juste sans vertu!
Bousssau.)
2" sĂ©rie. â PLURIEL.
Et je sens par momente sur mon ùme calmée
Passer avec le son une brise embaumée»
(Lamartine.)
La nature est le trÎne extérieur do la magnificence
divine : lâhomme qui la contemple, qui iâĂ©tudie, sâé
lÚve par degrés au trÎne intérieur de la toute-puis-
sance. (Buffon.)
On préfÚre les agneaux blancs et sans taches, aux
agneaux noirs ou tachés ; la laine blanche so vendant
mieux que la laine noire ou mĂȘlĂ©e, (Buffon.)
Quelque jour un autre HomĂšre
Doit au fond d'une ßle étrangÚre
' Mourir aveugle et sans honneurs.
pe Fontanes.)
Ainsi donc sans témoins je no lui pals parler.
(Racine.)
Dans les sociĂ©tĂ©s anglaises on ne volt quâhommes
avec hommes, femmes ayéo femmes.
(Anonyme.)
Quoi 1 cet Antiochus, disais-je, dont les soins
Ont eu tout l'Orient et Rome pour témoins
(Racine.)
L'évangile prescrit de ne pas rendre injures pour
injures. (Anonyme.)
Mes amis, on soi-disant tels, mâĂ©crivaient lettres
sur lettres pour m'exhorter Ă venir me mettre Ă leur
tĂȘte. (J.-J. Rousseau.)
Les voilĂ aux prises, pieds contre pieds, mains
contre mains, les deux corps entrelacés paraissant
nâen faire quâun. (FĂ©nelon.)
On ne monte à la fortune que par degrés / il n'en
faut qĂŒun pour en descendre. (Stanislas.)
Les hommes sans passions, »ans vertus et sans
vices nâont quâun seul sentiment : la vanitĂ© mal dé
guisée. ' (CONDORCET.)
Un homme qui nâaime que lui et son plaisir est un
homme vain avantageux, mĂ©chant mĂȘme par prinÂŹ
cipes. (VaĂŒvenargues.)
Les Hollandais Ă qui il avait toujours importĂ© dâaÂŹ
voir les Français pour amis, frémissaient dcles avoir
pour voisins. (Voltaire.)
On se fait des illusions pour jouir, sans vertus, du
calme de la conscience. (St-Lambert.)
( 153
QuâeĂ»t il fait? câeĂ»t Ă©tĂ© Iton contre lion.
(La Fontaine.)
Si lâon combattait de prĂšs comme autrefois , une
mĂȘlĂ©e do neuf heures de bataillon contre bataillon,
dâescadron contre escadron, et Ă 'homme contre
homme, détruirait des armées entiÚres.
(Voltaire.)
Fin contre fin ne vaut rien pour doublure.
(Fabre d'Ăglantine^ -
Titus, ayant pris Jérusalem la deuxiÚme année du
rĂšgne de Vespasien, il ne resta pas pierre sur pierre
du temple oĂč J.-C. avait fait tout de choses glorieuses.
(Chateaubriand.)
A-t-on vu quelquefois dans les plaines dâAfrique,
DĂ©chirant Ă lâenvi leur propre r^ublique,
Lions contre lions, parents contre parents
Combattre follement pour le choix des tyrans P
(Boileau.)
Notre histoire ne présente que des débats de moines
contre moines, de docteurs contre docteurs, de grands
contre grands, de nobles contre vilains,
(Voltaire.)
Jansénistes contre MoUnistes, gens du parlement
contre gens dâĂ©glise, gens de lettres contre gens de
lettres, courtisam contre courtisans, financiers conÂŹ
tre le peuple, femmes contre maris, parents contre
parents ; câest une guerre Ă©temelle.
(Voltaire.)
Bohémond, qui était en Slcfte, envoyait courriers
sur courriers Ă Godefroy pour lâempĂȘcher de sâaccorÂŹ
der avec lâEurope. (Voltaire.)
Nous nous abstiendrons de donner lâanalyse de ces phrases ; car si lâon a bienâcom-
pris jusquâici et le principe fondamental que nous avons posĂ©, et les consĂ©quences qui
en ont été déduites, on concevra facilement la raison pour laquelle, dans les exem
ples ci-dessus, les mots en italique sont au singulier ou au pluriel. Pour peu quâon y
fasse attention, on verra que, dans les premiers, il y a une idĂ©e dominante dâunitĂ©;
et, dans les seconds, une idée collective ou de pluralité. En effet, quand on dit par
moment, par degrĂ©,.pax intervalle, par troupe, etc., ces mots sâĂ©crivent au singulier,
parce que câest comme sâil y avait un certain moment, chaque moment, chaque intervalle,
chaque degrĂ©, chaque troupe, etc.; tandis quâen mettant ces mĂȘmes mots au pluriel,.
lâesprit embrasse plusieurs objets Ă la fois. Quoique les Ă©crivains emploient indistincÂŹ
tement les deux nombres, ce qui est lĂ©gitime, par lâobservation que nous venons de
faire, nĂ©anmoins lâusage est de so servir du pluriel dans ces sortes de cas, surtout
en prose.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
Pat bterralle.
par degre.
par cinquiĂšme.
Par doDzaĂDO.
par centaine,
par témoin,
par rangée.
Sans preuve.
Snna prétexte.
Sarii lumiĂšre.
Sans enfant.
Sans vertu.
Sans chagrin.
Homme avec homme.
f iifanl avec enfant
Garçon avec garçon.
, Avare avec avare.
Loup avec agneau.
Pour récompense.
Pour cadeau.
Injure pour injure.
PlĂšcĂš pour piĂšce.
Critique pour critiqua
Message sur message, v
Montagne sur moiUignc.
Sottise sur sottise.
BlasphĂšme sur hiasphĂšme.
J.ivre sur livre
Par inlerTnItes.
Par degré».
Par eĂŻnquiĂšraes
Par douzaines.
Par centaines.
Par témoins.
Par rangées
Sans preuves.
. Sans prétcxles.
Sans lumiĂšres.
Sans enfants.
Sans vérin,»,
aaiis chagrins.
Hommes nver. homme.».
Enfants avi;c enfani.».
Garçons .nvec garçons.
Avares avec avare».
Loups avec agneaux.
Pour récompenses.
Pour cadeaux.
Injures pour injures.
PiĂšces pour piĂšces.
Critiques pour critiques.
Messages sur niessagc.s.
Montagnes sur inontugnes.
Sottises sur sottises.
BlasphĂšmes sur l>laspliĂšmc'-
Livres sur livies.
Par momeiil.
Par instant
Par BĂziĂ©md.
Par vingtaine.
Far millier.
Par troupe.
Par livraison
Sans exemple.
Sans cause. '
Sans latent.
Sans idée.
Sans effort
Sans peine.
Femme avec femme.
Fille avec fille,
l.oop avec loup.
Pauvre avec pativin.
Paible avec puissant
Pour présent
Pour dot
Don mot pour bon mol.
Trait pour Irait.
Courrier pour courrier.
Lettre sur lettre.
Victoire sur victoi.e.
Erreur sur erreur.
Héritage sur héritage.
Main sur inaĂźo.
Par moments.
Par instauts.
Par MxßÚmcs.
Par yio^aines
Par miniers.
Par troupes.
Par livraisons.
Sans axeiwplus.
Sans causes.
Sans talents.
Sans idées.
Sans efforts,
oana peinas.
.Femmes ovne femmes.
Filles avec ĂŒllet.
r.oup8 avec loupa.
Pauvre* avec pauvre*.
Faibles avno puissant».
Pour prĂšsCfWi. _
Pour dots.
fions mot* pour bons otota.
Traits pour traits.
Courriers pour courrier».
Lettres «»r letues.
Vicloires sur victoires.
Erreur» sur erreurs.
Héritages sur héritages
Mains sur mahiiv
20
Bomme cçotre borhme.
Reoard eontre renard.
Knoemi contre ennemi.
Peuple contre peuple.
Uoi contre peuple..
( 1W )
Hommes contre bomnws.
Renards contre renards.
Ennemis cÎnire ennemi»,
peuples contre peuples.
Rois contre peuples
Femme eonlre femme.
Fin eontre Go.
Pauvre contre riche.
Roi contre roi.
Pygmée <»>alre géant.
Femmes contre femme.
Fins contve Sus.
Pauvres contre riebet.
Bois contre rois.
Pygmées contre géants.
âogoo
NÂź LXXII.
DU NOMBRE DES SUBSTANTIFS COMPLĂMENTS DE VERBES , ET NON DĂTERMINĂS.
1« SĂRIE. âSINGULIER.
Le jea est un gouffre qui nâa ni fond ni rivage.
(Thomas.)
Cette nombreuse jeunesse, qui Ă©tait nĂ©e hors dĂŒ
mariage, nÚ connaissant ni pÚre ni mÚre, vécut avec
une licence sans bornes. (Fénelon.)
Dans cette Ăźle il nây a ni port, ni commerce, ni hosÂŹ
pitalité, ni homme qui y aborde volontairement.
* (Id.)
Et je sacrifierais Ă de si puissants nĆuds
Amis, femme, parents, et moi-mĂȘme avec eux.
(MOLIHRfa.)
QĂŻiel est le plus malheureux de tous les hdmmes?
GiacĂŻin 4*sait ce qui lui venait Ă lâesprit. Lâun disait :
(Test un homme qui nâa ni biens, ni santĂ©, ni honÂŹ
neur, etc. ' (Fénelon.)
Ăn ancien disait autrefois que lĂ©s femmes nâĂ©taient
nées que pour le repos et pour la retraite ; que toute
leur vertu consistait Ă ĂȘtre inconnues, sans sâattirer
ni blùme ni louange. (Fléchier.)
n lâappelle son frĂšre, et lâaime dans son Ăąme
Cent fom plus quâil ne fait mĂšre, fils, fille et fetpme.
(MoliĂšre.)
Le lait topbe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.
(La Fontaine.)
Quand tu ne mâas laissĂ© pĂšre, mĂšre, ni frĂšre.
Que jâen fasse ton fils lĂ©gitime hĂ©ritier.
(Corneille.)
... Le fougueux prélat que ce songe épouvante,
Querelle en sc levant et laquais et servante.
, (Boileau.)
Je suais sang et eau pour voir si du Japon
Il viendrait Ă bon port au fait de son chapon. .
(Racine.)
Je nâai jamais vu de paysans, ni homme, ni femme,
ni enfant, avoir peur des araignées. '
(J.-J. Rousseau.)
Le corsaire Abdaffa tout- enlĂšve et tout pille ;
On enchaĂźne Ă la fois pĂšre, enfant, femme, fille.
(Voltaire.)
Secréfatre, greffier, procureur ni sergent
Nâont jamais pu, dit-on^ tenir contre lâargent.
(Campistron.)
n n'y a ni vertu ni vrat courage, ni gloire solide
sans ThumanitĂ©. . â (FĂ©nelon.)
2âÂź SĂRIE. â PLURIEL.
On nâa trouvĂ© en AmĂ©rique ni panthĂšres, ni lĂ©oÂŹ
pards , ni guépards, ni onces, ni «ervate.
(Bufton.)
On nâa trouvĂ© ni chevaux, ni Ăąnes, ni zĂšbres ni
mulets dans le Nouvequ-Monde. (/d.)
il nâexistait en AmĂ©rique ni brebis, ni chĂšvres, ni
gazelles, ni chevrotins. ' (Id.)
Et mon homme dâayoir chiens, chevaux et carrosses.
(La Fontaine.)
L'homme véritablement sage est celui qui, vivant
daps une humble et paisible obscurité, ne recherche ni
fortune, ni dignités, ni honneurs.
(Anonyme,.)
Les enfants des sauvages n'ont ni.caprices ni huÂŹ
meur, parcĂ qu'ils ne dĂ©sirent que ce quâils savent
pouvoir obtenir. (Chateaubriand.)
Vous le haĂŻssez tous, et je vois aujourdâhui
Fenune, enfqnts et valets jjà chaßnés contre }ui.
(MoliĂšre.)
...... A prĂ©sent le jeu nâest que fureur :
On joue argent, bijoux, maisons, contrais, honneur.
(Regnard.)
Il aura pu jusquâici brouiller tous les chapitres,
Diviser cordeUers, carmes et céïesftns.
(Boileau.)
Elle surmonta tout, jeûnes, priÚres, armes.
Et tourna tous mes vĆux du cĂŽtĂ© de vos charmes.
(MoliĂšre.)
Qui ne fait chĂąteaux en Espagne?
(La Fontaine.)
Les avares sont comme les mines dâor qui ne proÂŹ
duisent ni fieurs ni feuillages. (Voltaire.)
Quâune fois les femmes redeviennent mĂšres, bienÂŹ
tĂŽt les hommes redeviendront pĂšres et maris.
(J.-J. Rousseau.) -
I ,
La nature ne fait ni princes ni riches ni grands seiÂŹ
gneurs. (Id.)
LâespĂ©rance est une divinitĂ© qui nâa ni tmples rĂ»
autels que dans nos cĆurs. (FĂ©nelon.)
( <55 )
La douĂźeur a peu de prise sur quiconque, ayant
peu réfléchi, n*a ni souvenir ni prévoyance.
(J.-J. RoĂŒsShĂ ĂŒ.)
U est des chagrins qui nâoni uiplatnfes ni larmes
(Mâ« COTTIN.)
Lorsque plusieurs substantifs, compléments de verbes, ne sont accompagnés d'au
cun déterminatif, les uns se mettent au singulier, ßÚs autres au pluriel, et vice versù.
C'est ce que les exemples qui précÚdent tendent à démontrer. Nous n'en donnerons pas
Tanalyse, parce quâil suffit du simple bon sens pour comprendre que les substantifs,
dans la premiĂšre colonne, ne se trouvent au singulier que parce que les auteurs ne
voulaient désigner qu'une seule chose, qu'une seule personne; au lieu qu'ils les ont
mis au pluriel dans la seconde, par la raison qiTiis avaient cn vue plusieurs objets,
plusieurs individus (1).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ni chat ni chien.
Ni homme , ni femme.
PĂšre, mĂšre, frĂšre etsĆiir.
Orps et Ăąme.
iVĂź seigneur ni rentier;
NI bien ni mal.
Soir et matin.
Parler peinture.
Ni lĂźrres nĂźtahleauz.
Ni hommes ni femmes.
FrĂšres et SĆurs:
Corps et biens.
Nl'bĂštes ni gens.
Ni dignités ni richesses.
Que montagnes, que collines.
Parler proierbcs.
Ni bien ni maison.
Ne parler que^jeu.
Oncle et tante.
Ni roi ni prince;
Ni jugement ni raison.
Ni tsieni ni Tertu.
Jour et nuit.
Parler musique.
Ni cnevauz ii! domestiques.
Ne parler que bijoux.
Oncles et tantes.
Ni magistrats ni juges.
Ni excuses lii bonnĂȘa raisoba
Que défauts et qiie xices.
Que plaisirs, que spectaeleik
Parier a flaires.
' " «
Ici s'arrĂȘte ce que nous avions Ă dire sur le nombre. Nous aurions bien Ă en parler enÂŹ
core avec tout, leur, quelque, l'un et l'autre, le premier et le dernier; mais nous croyons
devoir rénvÎÿer pour cela aux chapitres qui traiteront dé ces différents mots.
(1) Les écrivains mettent au singulier ou au pluriel indifféremment le mot grùce : Baléazar, délivré de co
monstre, rendit grĂąces aux dieux par d'innomhrables sacrifices. (Fenbion.)
En Tendre grĂące Ă ta tendresse, '
Câest assurer Ă ma faiblesse
ĂŒn nouveau droit Ă tes secours. (UacĂŻne.)
Cependant, en prose, le pluriel est généralement plus usité.
1
( 156 )
CHAPITRE II
DE L'ARTICLE
.4^0 N° LXXIII.
NATURE ET DĂFINITION DE L'aRTICLE.
' 1»Ÿ SĂRIE. â SENS GENERAL.
L'homme est mortel. (Académie.)
La femme doit prendre soin du ménage.
(Haumont.)
Le monde à nos regards déroule scs merveilles.
(Delille.)
Le soleil demeurĂ© constamment Ă la mĂȘme place.
(Berquin.)
La cerise rougit aux rameaux suspendue.
(Michaud.)
Varbrc est de nos jardins le plus bel ornement.
(Delille.)
Les bienfaits peuvent tout sur une ùme bien née,
(Voltaire.)
3*â* SĂRIE. â SENS PARTICULIER (elliptique).
Le roi garnit sa couronne au saint-siége.
(Voltaire.)
Stanislas hasarda, pour abdiquer le pouvoir, plus
quâil nâavait fait pour sâen emparer. (Id,)
2ŸŸ SĂRIE. â SENS PARTICULIER (sans elUpse),
La justice divine a toujours son réveil.
(du Tremblay.)
La puissance de Dieu nâa pas besoin de celle des
hommes. (Massillon .)
La douleur qui se tait nâen est que plus funeste.
(Racine.)
/.^autoritĂ© quâon mĂ©prise est bientĂŽt bravĂ©e.
(Ségur.)
Les jours donnés aux Dieux ne sont jamais perdus.
(La Fontaine.)
Le plaisir dont on est assuré de se repentir, ne
peut ĂȘtre tranquille.
^ (MÂź* DE LA ValLIĂRK.)
Dans le siĂšcle oĂč nous sommes, il faut fuir dans
les bois. ' , (Rkgnard.)
Sâ* SĂRIE. â SENS particulier (elliptiquc).
Le berger voit dormir la riviĂšre indolente.
(La Fontaine.)
Lâhomme arrive au Mogol. On lui dit quâau Japon
La fortune pour lors distribuait ses grĂąces.
Il y court. (/d.)
Lâarticle, sâil nous est permis de le dire, prĂ©cĂšde un autre mot, comme le licteur
précédait le consul, comme signe de sa dignité et de son importance.
Sa propriété unique est de déterminer le nom; mais il ne produit pas seul cet effet,
il lui faut le concours dâune autre expression qui complĂšte la dĂ©termination quâil ne
fait quâannoncer.
Ainsi, dans ies exemples delĂ premiĂšre sĂ©rie, lâarticle dĂ©termine les mots homme,
femme, monde, soleil, etc., avec le concours de la dĂ©finition mĂȘme de ces mots.
Dans les exemples de la seconde sĂ©rie, au contraire, lâarticle dĂ©termine les mois
justice, puissance, douleur, autorité,four s, plaisirs, siÚcle, avec le concours du mot ou
des mots imprimés à dessein en italique.
Il y a donc deĂŒx sortes de dĂ©terminations. Les unes, particuliĂšres, ne sont que des
déterminations accidentelles ou dépendantes de telle ou telle circonstance; les autres,
gĂ©nĂ©rales, rĂ©sultent de lâensemble des idĂ©es qui expriment des propriĂ©tĂ©s essentielles
. ( 157 )
I
distinguant une espĂšce ou un individu dâun autre; propriĂ©tĂ© incommunicable Ă toute
autre espĂšce, Ă tout autre individu.
Dans la premiÚre série des exemples cités, les déterminations sont sous-entendues,
parce que, nâĂ©tant qĂŒe la dĂ©finition mĂȘme de lâĂȘtre dĂ©signĂ© par le nom, elles se pré
sentent dâelles-mĂšmes, plus ou moins imparfaitement, Ă notre esprit avec TidĂ©e do
TĂȘtreou de la chose dont il est question.
Dans la seconde sĂ©rie, au contraire, les dĂ©terminations sont ou doivent ĂȘtre expriÂŹ
mĂ©es, parce quâelles concourent avec lâarticle Ă dĂ©terminer le nom de telle ou telle
maniĂšre accidentelle. . .
Quant aux exemples de la troisiÚme série, ils nous apprennent que Texpression au
moyen de laquelle lâarticle dĂ©termine le nom peut ĂȘtre sous-entendue, toutes les fois
que Tesprit, à Taide des antécédents, peut aisément suppléer celte ellipse comman
dĂ©e souvent par TĂ©lĂ©gancĂ©, par Tusage ou par dâautres motifs. Il est facile, en effet, de
comprendre que les exemples cités sont un abrégé des suivants ;
4 J
1. Stanislas hasarda, pour abdiquer/e pouvoir ( qitâiZ avafr), etc.
2. Le roi (qtd régnait alors) soumit sa couronne, etc.
3. Lâhomme ( dont ĂŒ est question ) arrive au Japon, etc.
*â I â
Celte partie du discours est peut-ĂȘtre la plus importante, eu Ă©gard Ă son usage fré
quent et continuel, et sa qualitĂ© dâĂȘtre particuliĂšre Ă certaines langues.
Ces deux raisons doivent nous faire considérer Varticle commedevant surtout carac
tériser le génie de notre langue, et comme la source, ou de ses plus grands avantages
sur les langues qui sont privées de ce secours, ou de ses défauts les plus sensibles;
aussi est-ce par là que ses détracteurs veulent prouver sa prétendue lenteur, son'dé
faut de concision et de force, et,que ses partisans prouvent sa netteté, sa précision, sa
clartĂ©. DâaprĂšs cette premiĂšre observation, on conçoit que les grammairiens ont dĂ»
faire de Varticle un des principaux objets de leur élude et de leurs discussions; aussi
est-ce le point quâils ont le plus embrouillĂ©, et sur lequel iis sont le moins dâaccord.
Le mot article vient du latin arĂŒculus, diminutif Ă 'artus, qui veut dire membre. Par le
mol article, pris dans le sens propre, on entend les jointures des os dans le corps des
animaux, unies de différentes maniÚres; et", par extension,, on a donné ce nom à la
partie du discours dont la fonction est de modifier le substantif commun en étendant,
en déterminant ou en restreignant sa signification.
Noire langue a beaucoup emprunté au latin; il y a lieu de penser que nous avons
formé notre le et notre la du pronom ille, ilia, illud. De la derniÚre syllabe du mol mas
culin i//e, nous avons fait le, et de la derniÚre du mot féminin ilia, nous avons fait la;
câest ainsi que de la premiĂšre syllabe.de cet adjectif, nous avons pareillement fait notre
pronom dont nous faisons usage avec les verbes, comme du féminin ilia, nous avons
fait elle.
i
. La plupart des anciens grammairiens ne regardaient Varticle que comme un mot
destinĂ© Ă faire connaĂźtre le nombre et le genre des noms quâil accompagne.
Mais si tous ces auteurs sâaccordent si peu sur le principe gĂ©nĂ©ral, sur la dĂ©finition
de Varticle, on peut croire qĂŒils ne se rapprochent pas plus dans les dĂ©tails. Port-Royal,
lies tau t, le pÚre Buffïer à la suite de La Touche, nous ont donné plusieurs espÚces
d'articles. Resiaul en compte jusquâĂ cinq : le dĂ©fini, le, la, les; lâindĂ©fini, de, Ă ; ie
(158)
partitif défini, du, de la, de l', des; le partitif indéfini, de; et enfin Varßicle, un, une.
Dâautres ont rejetĂ© toutes ces divisions fausses. Girard a eu le courage de les attaquer
le premier, et la gloire de Tavoir fait avec tout le succĂšs possible. Duclos, Fromant et
Dumarsais se sont rangĂ©s de son cĂŽtĂ©; mais ce dernier nâa retirĂ© Varticle de la foule des
prĂ©positions avec lesquelles on lâavait confondu, que pour le confondre lui-mĂȘme avec
dâautres mots quâil appelle prĂ©positifs, et qui sont : tout, chaque, nul, aucun, quelque,
certain, un, ce, cet, mon, etc., deux, trois, etc.
Nous regrettons que le Dictionnaire de TAcadémie ne définisse pas Varticle. Est-ce en
effet le définir de dire que c'est celle des parties du discours qui précÚde ordinairement les
substantifs? *
Varticle a de'grands avantages dans les langues oĂč il est en usage. Il leur donne plus
de douceur, de dĂ©licatesse et de prĂ©cision dans lâexpression, ce qui compense bien ce
quâil leur ĂŽte en Ă©nergie. La langue latine a une duretĂ© quâon ne trouve ni dans la langue
grecque, ni dans la langue italienne, ni dans la langue française. Dâailleurs, ce quâelle
ne rend que dâune seule maniĂšre peut ĂȘtre rendu de plusieurs façons par le moyen de
Varticle. Câest ce que Dumarsais a -dĂ©montrĂ© dâune maniĂšre victorieuse, en faisant voir
que, sans Varticle, il nâest pas toujours facile de dĂ©velopper les diffĂ©rentes vues de
lâesprit, et que ce nâest quĂš par son moyen quâon peut exprimer bien des nuances dâiÂŹ
dĂ©es; dâiPĂ il conclut en empruntant les expressions de lâĂ bbĂ© RĂ©gnier, « quâil est cer-
» tain que Varticle, mis ou supprimé devant le nom, fait une si grande différence de
» sens, iquânn pe peu^idojiter qne les langues qui adroeiitent Varticle nâaient un gi'.and
y> .avantage sur la langue latine poim exprimer claiçemep^t eil nettement certains rap-
» ports ou certaines vues 4e lâesprij, que lâarffc/eseujpeut distinguer, sans que le lec-
«
» teur soit exposé à se méprendre. »
On doit donc considĂ©rer lâarric/e comme un caractĂšrĂ© propr.e et distinctif des langues
dans lesquelles il est en usage; il y forme une classe de motsĂč part. Il y a ses fonctions
et ses régies.
Tous les substantifs, excepté les noms propres, dit Estarac, sont des noms de clas
ses, de genres ou dâe&pĂšces. Pour pouvoir approprier le nom dâune classe Ă un geni e
infĂ©rieur, ou .celui dâun genre Ă une espĂšce particuliĂšre, ou enfin celui dâune espĂšcf^
particuliĂšre Ă un individu, on a besoin de lâaccompagner de quelquĂ©s modificaiifs qui
dĂ©terminent ce nom commun Ă nâexprimer que prĂ©cisĂ©ment ce que lâon a en vue. Les
articles sont au nombre des modificatifs nécessaires pour produire cet effet; mais ils ne
suffisent pas tout seuls. Dan^ la proposition ; Thomme .est mortel, Thomme ( pour le
homme) dĂ©signe lâespĂšce,; .câest ime proposition universelle. Dans celle-ci : Thorame est
noir, Thomme ne dĂ©signe que les individus de lâespĂšce qui habitent une partie des cĂŽtes
occidentales de lâAfrique ; câest une espĂšce con^prise dans la ,prĂ©cĂ©dente, infĂ©rieure Ă
la précédente, et la proposition est une proposition particuliÚre: Enfin dans cette autre ;
Thomme que j'ai vu ce matin, Thomme indique un individu; câest une proposition indiviÂŹ
duelle, Dans ces trois propositions, Varticle est le mĂȘme,X/e), le substantif, le sujet est
aussi le mĂȘme {homme) : donc, si la,premiĂšre est universelle et convient Ă toute lâesÂŹ
pĂšce; .la seconde, particuliĂšre et applicable seulement Ă une partie de cette espĂšce;
et la troisiĂšme, singuliĂšre et propre Ă un seul individu, ce nâest pas par lâinfluence de
y article et des autres. modificatifs de la phrase.-Lâarric/e se borne donc.Ă marquer Ăźe .
mouvement de lâesprit vers tel objet, et Ă fixer Tattention des autres sur cet objet. Il
marque lâimportance du mot qui vale suivre.
( 159 )
âŠ
Aussi nây a-t41 que les substantifs, câest-Ă -dire les seuls mots qui puissent ĂȘtre suÂŹ
jets dâune proposition ; qui soient gĂ©nĂ©ralement prĂ©cĂ©dĂ©s de Varticle; et si les verbes
et les adjectifs prennent Varticle, par cela seul ils changent de nature et deviennent
de vrais substantifs. Uavare se refuse Le boire et le manger, VoilĂ un adjectif et deux
verbes devenus substantifs, ét qui sont précédés de Varticle.
On peut se convaincre facilement que cette observation s'applique Ă tous les adjectifs
ou participes devenus substantifs par ellipse : le heau, le bon. Le vrfd, le plaisant, été*
Ou dit aussi, en termes de peinture, le faire, et voilĂ un autre infinitif devenu subsÂŹ
tantif par lâapposition de Y article.
Les noms propres', nâĂ©tant ni des noms de classe? ni des noms dâespĂšjee, rmis des
noms individuels,; -nâont besoin ni de Varticle, ni de la phrase dĂ©terminaliye, pour
ĂȘtre appropriĂ©s Ă lâindividu auquel ils appartiennent chacun respectivement; ils le dé
signent exclusivement, ils lui sont propres, et ne peuvent pas convenir Ă dâautres ;
aussi Tusage constant est-il de ne pas mettre A\article devant un nom propre.
Si lâon dit quelquefois la Dugazon^ ia l^ainval, etc.-, il y a ellipse, et câest comme si
Ton disait : l'cCctrice, ou ta ^çomédiefme Dugazon, etc.:; si nous disons : le Tasse ,
l'Arioste, le Dante, le etc., nous sous-entendons poĂšte ou peintre. Ces locutions
sont imitées des Italiens.
Dâautres fois nous exprimons une qualitĂ© Ă©minente, dans laquelle un indiyidu a
excellé, par le nom propre de cet individu; alors,ce nom propre devient figurément
nom dâespĂšce; et, lorsquâon veut lâappliquer Ă dâautres individus, on est forcĂ© de le
faire prĂ©cĂ©der de Varticle, et dây ajouter la phrase dĂ©terminatiye. Ainsi nous disons :
Washington a été le Fabius-Cunctaior de son {patp.; Fabius-Cunctator signifie ici celle es
pĂšce particuliĂšre de capitaines, qui, (par leur prudence, par leur sage lenteur , et
malgré Tinfériorilé de leurs forces;, ont su résister à un ennemi victorieux et puissant.
Washington a Ă©tĂ© ce capitaine-lĂ pour, son pays; il lĂŒ Ă©tĂ© le Fabius-Cunctator de spn
pays. Mirabeau a Ă©tĂ© le DĂ©mosthĂšne de La France; le 'CâesHĂ ndi'Te, C orateur ie
plus véhément et Le plus éloquent. Buffon est le Pline français, etc.
' Jâai lu chez un conteur de fables,
Quâun second Rodillard, Y Alexandre des chats,
'LâA m7Ă , *le lĂŻĂ©aĂ» Ăźdes rats,,
Rendait ces derniers misérables. .(La Fontaine.)
Bans ces exemples, "et dans tous lés autres semWables, les noms propres ne sont
plus noms ptopres, ils sont noms dâespĂšce; Ă©t voilĂ pourquoi Tartic/e prĂ©cĂšde, et quo
la phrase déterminative vient aprÚs : le Fabius-Cunctator de son pays; le DémosthÚne dc
la France; L* Alexandre dés éhdts; t Attila des rats. Ainsi "ces exceptions confirment !:i
rÚgle, loin de la détruire.
La langue française, dit un .grammairien , nâavait point article dans son origino.
Ce ne fut quâail temps de Henri I".qĂŒon y introduisit ce mot qui la rend plus douce
et plus coulante (1). Depuis cette Ă©poque jusquâau temps oĂč messieurs de Port-Royal
sâen occupĂšrent, on ne se douta mĂȘme pas quâil put offrir quelque difficultĂ©. Tout ce
* I
(1) Cette assertion, dit-M. Dessiaux, nâestpas trĂšs exacte. Henri 1Âź'monta sur le .trĂŽne, eu I03i.-Or Rorel,
dans la prĂ©face de son Dictionnaire, cite laphrase suivante-, tirĂ©e dâune huile dâAlhcvon , cyĂ©giie dc Metz,
en Ăź>40; entre en 'joie de ton Seigneur ; nous croyons y voh- lâarticle 'la. Il est cependant certain qĂŒĂ lon
U-article ,Ă©tait beaucoup moins employĂ© quâil
( 160 )
^uâon avait Ă©crit Ă©tait un vrai chaos. Ces cĂ©lĂšbres solitaires, faits pour porter la luÂŹ
miÚre dans toutes les branches des connaissances humaines, cherchÚrent à le débrouil
ler; mais on voulant éclaircir la question, dit Duclos, ils ne liront que marquer la
difficulté sans la résoudre.
Ils nâavaient distinguĂ© que deux sortes d/articles, Varticle dĂ©fini le, et Varticle indĂ©fini
un; pas immense et bien propre à conduire à la vérité. Mais La Touche, imbu de tous
les anciens prĂ©jugĂ©s, brouilla de nouveau toutes les idĂ©es. DĂ©daignant de travailler dâaÂŹ
prĂšs la Grammaire raisonnĂ©e, il voulut avoir une marche Ă lui. Pour cet effet, il rĂȘva
cinq sortes d'articles, et créa, pour les faire passer, le systÚme absurde des cinq dé
clinaisons. Ce fut en 1696, câest-Ă -dire trente-six ans aprĂšs la publication de la GramÂŹ
maire de Port-Royal, quâil en lit prĂ©sent Ă la langue française. Ce galimatias, revĂȘtu
de dĂ©nominations latines, fut accueilli sans examen par lâabbĂ© Vallard, et ne tarda pas
Ă passer dans les Ă©coles. Le pĂšre Buffier, accoutumĂ© au jargon des collĂšges, lâadopta.
Restaut suivit son exemple, mais en sâefforçant de dĂ©gager ce systĂšme de la confusion,
de lâembarras et des difficultĂ©s qui en sont insĂ©parables, et, pour y mieux rĂ©ussir, il
distingua, 1Âź T article dĂ©fini le; 2Âź V article indĂ©fini de et Ă ; 3° Y article partitif dĂ©fini; 4Âź lâar-
ticle partitif indĂ©fini; 5Âź enfin, Varticle un. Sâil y a peu de vĂ©ritĂ© dans cette division,on
est du moins forcĂ© de convenir quâil y a une apparence de mĂ©thode et de conviction
bien propre à en imposer aux personnes qui ne se donnent pas la peine de réfléchir,
et pour qui tout examen de principes serait un tourment.
Ces notions, quoique rejetĂ©es par un petit nombre dâesprits justes, prĂ©valurent jusÂŹ
quâen 1744, A cette Ă©poque, elles furent vigoureusement attaquĂ©es de toutes paris, et
victorieusement combattues. La raison imposa silence aux prĂ©jugĂ©s de lâĂ©cole; les
grĂ©cistes et les latinistes nâosĂšrent plus se montrer, et ce systĂšme, qui ne portait que
sur des idĂ©es vagues, sâĂ©vanouit, ou fut l'Ă«lĂ©guĂ© dans quelques collĂšges de province.
Depuis ce temps, il nây a pas eu en France un seul grammairien ayant quelque autoÂŹ
ritĂ© qui ait osĂ© le reproduire ou le dĂ©fendre, et mĂȘme qui nâait pas aidĂ© Ă le renÂŹ
verser. '
En effet, on regarde oomme un principe incontestable quâil nây a en français quâun
seul article qui est le.
La nature de Varticle est dâĂȘtre dĂ©fini, puisque sa fonction est dâannoncer la dĂ©terÂŹ
mination. Sâil y avait plusieurs articles en français, la qualitĂ© de dĂ©fini conviendrait Ă
tous. Ainsi on ne doit pas appeler le, la, les, Varticle défini, puisque cette dénomination
suppose quâil y a plusieurs articles, et que, parmi ces articles, il y en a qui ne sont pas
définis.
Regarder un, une, comme des articles, câest confondre toutes les notions, puisque,
sâils en sont, on sera forcĂ© de donner ce nom Ă tous les autres adjectifs prĂ©positifs,
tels que tout, chaque, nul, aucun, quelque, certain (dans le sens de quidam), ce, mon, ton,
son, et un, deux, trois, etc., puisque ces derniers ont, ainsi quâeux, une force modi-
fßcative. Les regarder comme des articles indéterminés est une absurdité; puisque leur
. fonction est de déterminer, en particularisant, individualisant, et modifiant les objets
par une indication de rapport; indication, Ă la vĂ©ritĂ©, vague, mais vraie. « Ă7n exprime
» lâunitĂ©, dit lâabbĂ© Girard. Il est vrai que ce nâest pas cette unitĂ© calculative qui, prc-
» sentant une idĂ©e numĂ©rale, fixe la dĂ©nomination Ă un sujet unique, ainsi quâelle so
» présente dans cette phrase : fai perdu un louis au jeu ; c'est une unité vague, qui prend
» indistinctement dans la totalitĂ© de lâespĂšce un individu comme exemple, pour la
(161)
J
^ prĂ©senter par lâun des sujets qui la composent, et non pour exclure les autres; de
» façon que, si ce mot nâest pas alors nombre, il est encore moins article, dâautant quâil
» est lui-mĂȘme susceptible de Varticle; ce qui sĂ»rement n'arriverait pas sâil Ă©tait de
» cette espĂšce, Tinslitution dâun article pour un autre article ayant quelque chose de
» ridicule. » Dâailleurs le mot un nâa^ pas dans nĂŽtre langue une autre nature et une
autre destination que dans la langue latine qui nous Ta fourni. Or, dans cette langue
oii il nâest point article, il a le mĂȘme sens que nous lui donnons.
Varticle parĂŒtifvVe^i pas plus fondĂ© en raison. Bu, des, sont des mots composĂ©s de
la préposition et de Varticle, qui retiennent la double valeur des deux mots dont ils sont
formĂ©s. De nây change pas de nature; il est toujours prĂ©position, faite pour figurer Ă
la tĂȘte de la dĂ©nomination qui lui sert de complĂ©ment, et sa fonction y est dâextraire
de la généralité de T espÚce. Quand on dit : des gens trÚs habiles sont quelquefois dupés
par des sots, câest comme si Ton disait : un nombre de trĂšs habiles gens sont quelquefois
dupĂ©s par une autre partie des sots, oĂč Ton voit quâĂ Taide de la prĂ©position de on rĂ©duit
lâespĂšce gens aux trĂšs habiles seulement, et la masse gĂ©nĂ©rale des sots seulement Ă une
partie. Ainsi la fonction de ces mots ne sert qĂŒĂ marquer qĂŒil y a ellipse dans ces
sortes de phrases.
Les mois le, la, les, ne sont.pas toujours articles; ils ne le sont que lorsqĂčâils sont
immĂ©diatement suivis dâun substantif. Par exemple, si Ton dit : que pensez-vous de la
nouvelle piĂšce? je ne la connais pas; que disent les journaux? je les ai, on je ne les ai pas
lus. Le premier la et le premier, to sont articles; ils sont suivis immĂ©diatement dâun
substantif. Le second la et les deux autres les ne sont point articles; ils sont complé
ment direct, celui-lĂ du verbe je connais {je ne la connais pas, pour je ne connais pas
elle (la piĂšce), et les deux autres du verbe/ai lu (j'ai lu eux, on je n'ai pas lu eux (les
journaux).
On appelle communĂ©ment ces mots pronoms, parce qĂŒils sont mis Ă la place dâun
nom, comme dans ces exemples, La, pour elle, est mis Ă la place de la nouvelle piĂšce,
et les, pour eux, est mis à la place do journaux, co qui dispense de répéter ces subs
tantifs.
e
y
NÂź LXXIV.
GENRE ET NOMBRE BE LâARTICEE.
- 1ŸŸ SERIE. â SINGULIER,
fs temps, un cercle en main, plane sur Tunivers,
(Delille.)
Le vent fracasse un chĂȘne ou caresse une fleur.
(/d.)
La terre Ă nos besoins prodigue ses largesses.
(Lemierre.)
La flamme en jets brillants sâĂ©lance dans les airs.
pELlLLH.)
2Âź SERIE, â PLURIEL,
Les hommes ne sont que ce quâil plaĂźt aux femmes,
JLa Fontaine.)
Les conseils du courroux sont toujours imprudents,
(Saurin.)
Les femmes de ce siĂšcle ont besoin dâun modĂšle,
(de Bikvre.)
Les filles nâaiment pas les hommes trop sincĂšres.
(Regnard,}
On voit que Tarticle est susceptible de genre et de nombre. Le se met devant un
nom masculin singulier; le temps, le vent, etc. Le se change en la devant un nom fé*
fil
/ -Ăź, V
( 162 )
minin singulier : la terre^ la flamme, etc. Et, comme la lettre s, selon, lâanalogie de la
langue, marque le pluriel quand elle est ajoûlée au singulier; nous avons i'orniié le
du singulier masculin le. Les se place devant les noins pluriels des deux genres : ies
hommes, les conseils, les femmes, les filles.
Les articles le, la, les sont appelés "Tir tec/es simples.
â EXERCICE ANALYTIQUE.
Le lion.
L« chien.
Le ekat ^
Lerio«i%iot
La fauTetto.
La pie.
La riifiiictie.
La rose.
Les moutons.
Les boeuR.
Les cerfs.
Les cbcTrcuiĂźs.
I.cs brebis.
Le» TDcheù.
Les bicbcB.
Les cliCTruUes,
N" LXXV.
DES ARTICLES COMPOSES.
1.
MĂ'SGULIN SINGULIER.
Le mÎméht'dà )?éril ést cÚlui dû courage.
' ' (La Harpe.)
Le remords se réveille au cri de la nature;
(de Belloy.)
MASCULIN PLURIEL.
â
On peut ĂȘtre honnĂȘte homme et faire mal des vers.
(ĂĂoliĂšre.)
La moitié des humains vit aux dépens de rautre.
(biĂźSTĂUCIlĂS.)
FĂMININ 'singulier.
Ăh ! doit-ori accomplir les serments de la haine.
(La Harpe.),
On juge d la rigucui* une ùme indifférente.
(De Bievrb.)
ĂŒ.
FĂMININ PLURIEL.
Des sottises dâun pĂšre un fils nâest pas garant.
(Piron.)
«
... Aux ùmes bien nées
LĂ valeur Sâattend -pas lĂ© nombrĂ© des annĂ©es.'
(Corneille*.)-
i
Vartlcle se dĂ©guise par la contraction; elle consiste en ce quâil se joint aux prĂ©posiÂŹ
tions à et de, avec lesquelles il forme des mots composés,' qui'retiennent la double
valeur des deux mots dont ils sont formés. Ces mots sont au, aux, du, des; au est pour
Ă le; aux pour Ă les; du pour de le; et des pour de les. On voit par lĂ que des trois
formes de Varticle, dont nojus avons parlĂ©, il nây a que le et les qui soient susceptibles
de contraction; la ne se contracte jamais.
Au et du sery'ent pour lĂš inasculin singulier.
* t / 1 â
Aux et des servent au pluriel pour les deux genres; on dit des hommes, aux hommes ,
des femmes, aux femmes.
Nos pÚres ne connaissaient point la contraction. Us écrivaient et disaient : al temps
dTnhĂ cent III, pour au temps d'Innocent III; TapostoilĂš manda al prodome, pour Le pape
manda au prud'Homfke; lĂ fin Ăel cĂŽnsĂ©il si fut tel, pour l'arrĂȘtĂ© du conseil fut. Lâeuphonie
a dĂ©cidĂ© ces contractions. « Gâest, fait observer Dumarsais, le son obscur de Ve muet,
» et le changement de / eil u.; comme mal, maux, cheval, chevaux, qui ont fait dire au
.> au lieu de d U ou a/.i.Câest Ă©galement le son obscur des deux Ăš tnĂŒets 'de suite, de
r \
y
(163)
^rle, qui a amené la contraction du. » Ainsi ces mots composés : au, aux, du, desj,
équivalent à la préposition et à Varticle.
Mais la contraction est à présent une rÚgle, dans les cas dont nous avons parlé, et
celte rĂšgle nâest sujette qĂŒĂ une seule exception; câest celle que nĂ©cessite Temploi de
Tadjectif tout, et lâusage veut qĂŒon le place entre la prĂ©position et Varticle. On dit
sans contraction : de tout le monde, Ă tout ie monde; de tous les hommes, Ă tous les hommes.
DâoĂč il suit que ces contractions ne sont pas des articles, mais simplement des mots
composés de la préposition et de Varticle.
EXERCICE PHRASĂĂLOGIQVE.
Ătoir du cĆur.
Sfi donner au diable
Se donner dés airs:
Marcher aux ennemis
Dire des tendresses.
Aller aux voix.
Avoir du dégoût.
3e livrer au jeu.
Prendre des avis. -
Vivre aux frais de.
Dire des billevesées.
Croire aux sorciĂšres.
Avoir du fieL
Se livrer au célibat.
Recevoir des couseils.
Chasser aux oiseaux.
Conter des sornettes.
Croire aux fées.
âNÂź LXXVI.
PLACE ET ELISION BE LâARTIGLE.
Avoir du ressentiment
Se donner au travail-
Avoir des amis.
Chasser aux ours.
Raconter des histoires.
Se mettre aux feoétrea.
I.
Le.
Le bonheur des mĂ©chants comme un torrent sâĂ©coale.
(Racine.)
Le hasard mâa toujours mieux servi que les hommes,
(Collé.)
La,
o
T*a faveur populaire est un flux et reflux.
(Dufresny.)
La honte suit toujours ĂŒn lĂąche dĂ©sespoir.
(CRĂBlLLOĂźt.)
Du.
Tout le pouvoir du trÎné est fondé sur Tautel.
(Chénier.)
On connaĂźt peu Tamour; on craint trop son amorce,
Câest sur nos lĂąchetĂ©s quâil a fondĂ© sa force.
Câest nous qui .sous sdii hohi troublons notre repos;
11 est tyran.du faible,- ésclave du héros.
(Voltaire.)
: . ! AĂźi.
Aux travers des pĂ©rils,un grand cĆur se fait jour.
(Racine;)
Le vulgaire est content sâil remplit son devoir,
Il faut plus au héros, il faut que sa vaillance,
Aille au-delà du terme et de notre espérance.
(Voltaire.)
L\
Lâarbrisseau le plus,^ain a besoin de culture.
(Fabre dâĂglantine.;
...Lâhonneur aux grands cĆurs est plus cher que la vie.
(Corneille.),
II.
L\
LâamitiĂ© dans nos cĆurs verse un bonheur paisible.
(Desmootihr.)
Toujours Vhumanité plaint ceux qu'il faut détruire.
(De BellĂŽy.)
III.
De l\
De lâargent qĂŒon a pris fait de la peine Ă rendrĂ©,
(Boursault.)
.. La fierté souvent égare une grande ùme.
Soutien de lâhĂ©roĂŻsme , elle en devient TĂ©cueij,
(La Harpe,)
IV,
A l\
On ne saurait donner de bornes Ă Vamour.
(Saurin.)
.... La liberté, quertout le monde adore ;
,Donne Ă lâhomme fecourage, inspire une grandeur,
Quâil nâeĂ»t jamais trouvĂ©s dans le fond de son cĆur.
(Voltaire.)
(164.)
DÚs que la langue, sortie de sa premiÚre barbarie, eut commencé à se perfectionner,
on chercha Ă lui donner toute la douceur quâun heureux mĂ©lange de voyelles et de
consonnes semblait lui promettre, en proscrivant, autant quâon le pouvait, tout ce
quâil y aurait de dur et de dĂ©sagrĂ©able dans le choc des sons. De lĂ Y Ă©lision, son euÂŹ
phonique qui Ă©vite lâhiatus ou bĂąillement que produirait la rencontre de deux voyelles
qui devraient se prononcer sĂ©parĂ©ment et de suite. Aussi nâa-t-elle pas lieu avant les
noms qui commencent par une consonne ou un h aspiré, ou lorsque Y article est au
pluriel, parce quâon nâa pas alors ce clioc de voyelles Ă craindre. On Ă©crit Le vice. La
tempérance, le héros, la harangue, les histoires; les histrions, les hérons, etc.
Le et la se placent devant les .mots commençant par une consonne ou par un h as
pirĂ© : le bonheur, le hasard, la faveur, la honte; mais lâe et lâa de ces articles sâĂ©lident et
sont remplacés par une apostrophe, si le mot suivant commence par une voyelle ou-
un h muet : L'arbrisseau, L'honneur, l'amitié, l'humanité. Cependant on dit : C'est aujour
d'hui LE ONZE ; je suis le onziĂšme.
Du et au se mettent Ă©galement devant les mots dont lâinitiale est une consonne, ou
un h aspiré : du trÎne, du héros, au travers, au héros; on emploie au contraire de T, à T,
toutes les fois qĂŒe la premiĂšre lettre du mot est une voyelle ou un h muet : de L'argent
de T héroïsme, à Tamour, à Thomme.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Lo malheur.
Le vulgaire.
Le hasard.
Le héros.
Lq vie.
La vertu.
La haioe. '
La
Du bois.
Du feu.
Du hĂȘtre.
Du hibou.
Au feu.
Au combaL
Au hasard.
Au héros.
Le houhloa.
Le haillon.
Le hanneton.
Le hangar.
Le haquct.
Le hareng.
Le hautbois.
Le heuiiissemcni.
Le huitiĂšme.
Le hussard.
'
h
*
â L'orgueil.
L'arU
LâhĂ©ritier
LâhĂ©rolsme.
Lq trĂŽne.
Le cultivateur.
Le failbleur.
Le héron.
n.
Lâordre.
. LâexcĂšs.
Lâhonneur.
L'hippopotame
LâamitiĂ©.
LâinimitiĂ©.
L'humanité.
LâhospitalitĂ©-
La grandeur.
La richesse.
La herse.
La huche.
La vigilance
La beauté.
Lâheure.
LâhĂ©sitation.
1
III.
De l'op.
De lâargent.
De lâhĂ©ritage.
De lâhippoorome.
Du plomb.
Du fer
Du homard.
Du hareng.
De l'étain.
De lâĂ©mail.
De rbomme.
De rhouneuY-
IV.
A lâoubli.-
A lâopprobre.
A l'horizon.
A lâhĂŽpital.
-Au ciel.
Au meurtre.
Au hasard.
Au héraut.
A lâordre.
A lâintĂ©rĂ©t.
A rbospiee.
AlâhuUo.
V.
t
Lâair.
LâĂšcolier.
Lâartiste.
Lâartisan.
Lâavocat.
LâĂ©lĂšve.
Lâftge.
LâĂ©tĂ©.
Lâhiver.
L'instruction.
De l'habitude.
De l'herbe.
De l'histoire.
De l'horreur.
De lâhĂ©ritiĂšre.
De rfaabitatiou.
'1 De 1 hérésie.
De lâhĂ©roĂŻne.
A lâĂ©cureuil.
A rorĂŒcbaut.
La hache.
La haie.
La haine.
La halle.
^ Lo balte.
La hanche.
La harangue.
La huche.
La hotte.
La hoolett».
O
. .L
( 165
SYNTAXE DE LâARTIGLE
LXXVII.
BUPLoi DES ARTICLES du, des, de V, delà , ou simplement de la préposition de*
1.
1
AVEC du, des, etc. \ ^
En France la forme du. gouvernement est monarÂŹ
chique. ' (Montesquieu.)
l/esprit des enfants est presque toujours rempli de
ténÚbres. . (Nicolle.)
... Ce nâest point lâamour qui fait lâhymen des rois;
Les raisons de IVfar rĂšglent toujours leur choix,
(Corneille.)
AbĂźme tout plutĂŽt : câest lâesprit de Ve'glise.
(Boileau.)
Vos intĂ©rĂȘts ici sont conformes aux nĂŽtres ;
Les ennemis du roi ne sont pas tous les vĂŽtres.
(Racine.)
Lâadresse des nĂšgres ne paraĂźt pas moins dans
loiites les fonctions du commerce.
' " "La Harpe.)
avec la préposition de.
On a beaucoup disputé sur la meilleure forme de
gouvernement. - (J.-J. Rousseau.)
Vos grandeurs sont des mascarades ;
Jeux dâenfants que tous vos projets.
(Favart.)
Le grand homme dâĂ©tat est celui dont il reste de
grands monuments utiles Ă la patrie. *
(Voltaire.)
Rien ne se perd entre les gens dâĂ©glise.
(La Fontaine.)
, Rodrigue, ta valeur te rend digne de moi,
Mais pour ĂȘtre vaillant tu nâes pas fils de roi.
(Corneille.)
Le progrĂšs de leurs connaissances est si prompt
dans les affaires de commerce, quâils lâemportent
bientĂŽt sur les EuropĂ©ens mĂȘmes,
, . . . (La Harpe.)
Pour bien saisir la différence qui existe entre la forme du gouvernement et la forme de
gouvernement, l'esprit des enfants el les jeux n'enfants, etc., ii faut savoir auparavant
quelle est la nature des articles du, des. Leur propriĂ©tĂ© est de dĂ©terminer les noms, câest-
à -dire de présenter les objets à notre esprit dans toute leur essence, dans toute leur
étendue; tandis'que la simple énonciation de la préposition de nous fait envisager les
objets exprimĂ©s par les substantifs qui suiyent celte prĂ©position dâune maniĂšre vague
et indĂ©terminĂ©e. DâoĂč il suit qĂŒon doit employer du, des, etc., comme dans les exem*
pies de la premiĂšre colonne, toutes les fois qĂŒon veut dĂ©signer rĂ©ellement les perÂŹ
sonnes et les choses; au lieu qĂŒon se servira simplement de la prĂ©position de, conÂŹ
formĂ©ment aux citations de la seconde colonne, si lâon ne veut exprimer qĂŒune idĂ©e
qualificative. Ainsi i lorsque lâon dit : La forme j>\} gouvernement, L'esprit des enfants,
lâarticle nous fait considĂ©rer le gouvernement, les enfants comme des ĂȘtres tout-Ă -fail
définis. Mais dans : la forme du gouvernement, les jeux j>'enfants, les mots gouverne
ment, enfants nâoffrent rien de dĂ©terminĂ©; ils nâĂ©veillent Ă Taide de la prĂ©position de
qĂŒune seule idĂ©e de qualification, puisque aussi les adjectifs gouvernementale, puĂ©rils,
pourraient remplacer les expressions de gouvernement, d'enfants.
H.
, Seigneur, je cherche, jâenvisage
Ue» ffwmrques persans la conduite et lâusage.
(Racine.)
Du chagrin le plus noir ëUe écarte les ombres,
Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.
(Racine.)
( 166)
...Du Dieu d/Israël les fétea sont cessées.
. (Racine.)
Du Dieu qui nous crĂ©a la iostlce inĂŒnie, eto.
'' (Voltaire.)
Pendant que du dieu d/Ătkalie
. Chacun court encenser Tautel,
ĂŒn enfant coĂŒragçux publie
Que Dieu loi seul est étemel.
(Racine.).
Lorsquâun mot est suivi dâun adjectif ou dâune expression qualificative qui en resÂŹ
treint lâĂ©tendue, ce mot doit toujours ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de rarticle. On ne pourrait donc
pas dire ; La 'conduite et TusagĂ© de monarques persans, les fĂȘtes de Dieu d/IsraĂ«l, etc. ; il
faut absolument la conduite et Tusage des monarques persans, les fĂȘtes du Dieu dTsrael,
parce que les mots persans, d'IsraĂ«l concourent avec lâarticle Ă dĂ©terminer les monarÂŹ
ques, le Dieu dofit on veut parler.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
I..-' â
f.es feux dei enfanti.
Les rois de la terre.
Les rayons du spleĂźl.
Un homme de la cour.
Kau de la Seine.
Kau du puits.
MinistĂšre de rĂźntĂšnetir.
MinistĂšre du commerce.
MinistĂšre des finances.
Les chaleurs de 1 été.
Le palais du roi-
Les feox d'enfant
Les pots de terre.
Les coups de soleil,
TTn homme de cour.
Eau de Seine.
Eau de puits.
AfTaires dâintĂ©rieur.
Affaires de commerce.
Lois de finances.
Les fleurs d'été.'
Uu palais de rois.
Iji clémence du Dieu" miséricordieux.
Une table du marbre quâon tire de Carrare,
Uue fantaisie du prince royal.
Un lit des feuilles qui sont tombées.
Les d^oltĂ©i de FAgĂiA
Les iutĂšrĂȘts dĂȘ fĂšUt
Les fils du roi.
Un homme du génie.
Eau de la nier.
Bau de la rirtĂšre.
Les droits du seigpeur.
MinistĂšre de la guerre.
Ministre de la marine.
Ministre de la justice.
Un passei-temps du prinoei
n.
Lh hommes d*és^e.
Les hommes dâĂ©tat
Jjea fils de roi.
Des hommes de génie.
Eau de mer.
Eau de ririĂšre.
U ne table de seigneur. â
Homme de guerre.
Termes'de marine.
Homme de justice* '
Un amusemeat de prlnee.
Ăn bouquet des fleurs cjue tous arei cueilfles.
Une tabatiĂšre de lâor qui vous vĂźnt d'Esptgae.
Uhe bourse de l'argent quâon mâo donnĂ©.
Une salade des oranges que vous eveib
âoooo
Nâ LXXVIII. O^Se^eeeâ
EMPLOI OE au OU SIMPLEMENT OE LA PRĂPOSITION Ă*
ON DIT AVEC au, ETC.
Perrette, sur sa tĂȘte ayant un pot au lait.
Bien posé sur un coussinet, -
Prétendait s^s encombre arriver à la ville.
(La Fontaine.)
1 s'
Lâhomme aupot fut plaisant,Vhommc au fer fut habile.
Quand lâabsurde est'outrĂ©. Ton lui fait trop dâhonneur
De vouloir, par raison, combattre son erreur.
( â)
DÚs que Thétis chassait Phébus aux crins dorés.
Tous rets étalent en jeu, fuseaux étaient tirés.
im
La déesse cent bouches, dis-je.
Avait mis partout la terreur,
[Idl)
ON OIT AVEC Ă .
' Le pbaĂ©ton dâune'voiture Ă foin
.Vit son char embourbĂ â
(La Fontaine.)
I
Un cerf sâĂ©tant sauvĂ© dans une Ă©teble Ă bceufs.
Fut dâabord averti par eux,*
Quâil cherchĂąt uq meilleur qsile. (/dr)
%
Tu te prends Ă plus dur que toi,
PeĂŒt serpent Ă tĂȘte folle: (lĂ .)
A
Le goĂ»t du fruit de lâarbre Ă pain se retrouve dans
celui du'cul dâartichaut.
(Bernardin de St-Piebre.)
Ce que nous avons dit dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, relativement Ă lâemploi de lâarticle
â du ou de la prĂ©position de, sâapplique naturellement Ă lâemploi de auo\\ de Ă . Quand
on 4\[ Ăź ThçjnmĂȘ au pot, le pot au lait', lâarticle au dĂ©terminĂ© les mots lait et pot; tandis"'"
i
( 16T )
que dans voiture Ă foin, une Ă©table Ă bĆufs, foin et bĆitfs ne sont nullement dĂ©terminĂ©s;
ils indiquent seulement, à Taide de la préposition à , la qualité de la voiture, de Té-
table. Toutefois il est des consécrations établies par Tusage, et que Tusage seul peut
faire connaĂźtre; Nous nous contenterons d'en donner quelques exeniples dans Texer-
cice suivant.
Le pot au beurre.
Le pot Ă Teau.
La b urette Ă lâhuile.
1/bomme aux cheveux noirs.
L'homme Ă la longue barbe
Boite aux IçUre».
EXERĂICĂ PHRASĂOLOGIQUE.
- X
^ t
Le pot Ă beurre.
Le ĂźnQultn Ă eau.
Le moulin Ă huile.
L'hominc à préjugés.
Un homme a longue barbe.
Papier Ă lettres.
Le marchĂ© aux bĆufs.
Le panier au charbon.
La poaĂŻe aux Ćufs dâor.
Lâhomme aux grands sentiments,
Slarrhé aux grains.
Des gĂąteaux aux fruits.
Une Ă©table Ă bĆufs.
Le sac Ă charbon,
ĂŒn panier Ă Ćufs.
Un homme Ă grands senlimcnis.
Fruits à pépins.
Un arbre Ă ÂŁ^l, ,
NÂź LXXIX.
DE lâarticle devant ĂN SUBSTANTIF, QUAND LA PHRASE EST NĂGATIVE OU
AFFIRMATIVE.
U
PHRASES AFFIRMATIVES.
En vain la crainte de la honte et dn chĂątiment emÂŹ
pĂȘche de faire du mal. (J.-J. Rousseau.)
... Toujours la patrie a des charmes pour nous.
(La Harpe.)
Quand on a de Vesprit on se tire dâaffaire.
(pĂŒFRKSNY.)
En donnant à vos peuples les véritables biens, vous
vous ferez du bien Ă vous-mĂȘme.
(Fénelon.)
II y a des lois pour la société des abeilles ; com
ment a-t-on pu penser (juâil nây eii avait pas pour
la société des hommes? (de Ronald.)
phrases NĂGATIVES.
Le monde est si corrompu qnâon acquiert la rĂ©pu-'
talion dâhomme de bien seulement en ne faisant pas
de mal. (Lévis.)
Ma grandeur, Ă ce prix, nâa pas pour moi de charmes.
(Voltaire.)
Lâon ne dit jamais que lâon nâa point dâesprit.
(Boursault.)
On ne fait jamais de bien Ă Dieu en fesant du mal
aux hommes. (Voltaire.)
Il nây a jamais de lois observĂ©es que celles qui
tiennent Ă 'la nature du gouvernement.
(J.-J. Rousseau.) '
A quelques exceptions prÚs, on peut établir, comme rÚgle, qu'il faut employer du,
des, -etc. j devant les substantifs, compléments de verbes, lorsque la phrase est affir
mative; et seulement la prĂ©position de, si la phrase est nĂ©gative. Nous disons, Ă
quelques exceptions prĂšs, car il se trouve des exemples oĂč, dans les phrases mĂȘme
négatives, on a fait également usage de Tarticle :
Je ne prendrai pas de la peine pour rien.
(Montesquieu.)
Il ne se faut jamais moquer des misérables.
(La Fontaine.)
Mais franchement je ne fais pas des vers ni mĂȘme
de la prose quand Je veux. (Boileau.)
Il nâavait pas des outils Ă revendre.
(La Fontaine.)
Quelquefois la phrase a un ton négatif et un sens positif. Dans ce cas, le substantif
complĂ©ment de la prĂ©position de doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle. Je n'ai pas de l'argent
pour le dépenser follement, signifie : j'ai de ('argent,' mais ce n'est pas pour le dépenser
follement. â Si Ton disait : je n'di pas d'argent pour faire telle chose, cela signifierait au
contraire, qĂŒon manque d'argent.
MĂȘme dififĂȘrence existe encore entre les phrases suivantes :
( 168)
AVEC lâarticle :
*
Nâavez-vous pas des enfants ?
Nâavea-vous pas du pain?
Nâavez-vous pas de la fortune?
Nâavez-vous pas du plaisir ?
Nây a-t-il point des chevaux, des voitures?
AVEC la préposition SEULEMENT :
Nâavez-vous pas dâenfants ? âą
Nâavez-vous pas de pain?
Nâavez-vous pas de fortune?
Nâavez-vous pas de plaisir?
Nây a-t-il point de chevaux-, dç voitures ?
Avec lâarticlĂš on fait entendre que vous avez des enfants, du pain., de la fortune,
du plaisir, quâil y a dĂ©s chevaux/des voitures.
Sans lâarticle, lâinterrogation nâest quâune simple question; on exprime seulement
un doute;
EXERCICE PHRASĂOLOGiQVE.
Du pain.
Des bommei.
Du jugement.
Des efforts.
De pain.â
D'bommes.
De jugement.
D'effoils.
Du TĂn.
Du goût.
Du plaisir.
De rémulation*
De TĂn.
De goût.
De plaisir.
DâĂšmuIatioD.
JVâ LXXX.
EMPLOI DE lâarticle DEVANT UN SUBSTANTIF SUIVI DâUN ADJECTIF.
AVEC L ARTICLE.
Je ne vous ferai point des reproches frivoles.
Les moments sont trop chers pour les perdre en
[paroles.
(Racine.)
Il est des gens de bien sous différents climats
(CnĂNIER.)
Madame, je nâai point des sentimens si bas/
(Racine.)
Albin, ne me tiens pas des discours superflus.
(Corneille.)
sans lâarticle.
Ne me fais point ici de contes superflus,
Lâeffet Ă tes discours ĂŽte toute croyance.
(Voltaire.)
II nây a pas de gms au monde qui tirent mieux
parti de leur machine que les Français.
(Montesquieu.)
Le mensonge n'a point de douleurs si sincĂšres.
(Voltaire.)
Locke nâadmet point dâidĂ©es innĂ©es.
(M.)
Lâemploi des articles du, des, de lâ, de la, ou simplement de la prĂ©position de, est
*
souvent difficile avec un substantif suivi dâun adjectif ou dâune expression Ă©quivaÂŹ
lente, lorsque la phrase est nĂ©gative. Mais Ă lâaide du principe fondamental que nous
avons Ă©tabli, savoir, que lâarticle a seul la puissance de dĂ©terminer, de dĂ©finir les obÂŹ
jets , nous pouvons rendre raison de la diflĂ©rence qui caractĂ©rise les exemples de lâune
et de lâaiilre colonne. ' ' â ,
Je nâai point des sentiments si bas.
Des, pour dĂ©signer que les sentiments, loin dâĂȘtre
si bas, sont plus élevés. Le sens est général.
Ne me tiens pas des discours superflus.
Des, parce que tous les discours quâĂlbin pourrait
tenir seraient superflus. Le sens est général.
Nâa point de douleurs si sincĂšres.
De exprime que parmi les douleurs il nâen est point
' de telles quâon dit. Le sens est particulier.
' Nâadmet point dâidĂ©es innĂ©es.
De, pour dire que les idées innées ne sont pas au
nombre de celles quâadmet Locke. Le sens est partiÂŹ
culier.
^ .f.
' ( 169 )
D'aprÚs cette analyse, noussommes fondés à établir ce principe : Dans les phrases
nĂ©gatives, lorsqu'un substantif, suivi dâun adjectif ou d'une expression Ă©quivalente,
est complément d'un verbe, on fait usage des articles du, des, etc., si le substantif est
pris dans un sens partitif et général; on se sert seulement de la préposition de, si le
sens est particulier.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Nâavoir poĂźiil des...
Ne recevoir pas des...
Ne pas manger des...
N'avoir point de...
Ne recevoir pas de...
Ne pas manger de...
. Ne tenir pas deiL«.
N'admettre pas des.
Ne pas dire des...
Ne tenir pu de. M
Nâadmettre pas des...
Ne pas dire de
*âą*
NÂź LXXXI.
EMPLOI DE lâarticle OU DE LA PRĂPOSITION de APRĂS DN SUBSTANTIF PRĂCĂDĂ OU SUIVI
dâun adjectif.
AVEC L ARTICLE.
La perfection dâune chose consiste dans son esÂŹ
sence; il y a des sce'lérats parfaits, comme U y a
des hommes dâune parfaite probitĂ©.
(La Roche.)
Lâamour nâa que des fers honteux,
Lorsque le sentiment nâĂ©pure point ses feux.
(Favart.)
Il nây a rien de si bornĂ© et de si vain que la pluÂŹ
part des bourgeois; câest chez eux que la sottise jette
des racines profondes. ^
(Bernardin de St-Pihrre.)
Les plus grands esprits n'ont que des. lumiĂšres
bornées. (Nicole.)
Le bonheur nous expose Ă des dehors trompeurs.
(Bestouches.)
Pour qui ne les craint pas, il nâest pas de prodiges.
Ils sont lâappĂąt grossier des peuples ignorants.
Lâinvention du fourbe et le mĂ©pris des grands.
(Voltaire.)
SANS lâarticle.
De faibles gémissements, de sourds meuglements,
de doux roucoulements, remplissent les dĂ©serts dâune
sombre et sauvage harmonie.
(Chateaubriand.)
Proposons-nous de grands exemples Ă imiter pluÂŹ
tĂŽt que de vains systĂšmes Ă suivre.
(J.-J. Rousseau.)
Il y a dâĂ©tranges pĂšres et dont toute la vie ne
semble occupĂ©e quâĂ prĂ©parer Ă leurs enfants des raiÂŹ
sons de se consoler de leur mort.
(La BruyĂšre.)
Un peuple que protĂšgent de bonnes lois nâest pas
inquiet, ne sâagite ni se soulĂšve .comme celui qui
souffre et de ses lois et de ses magistrats.
(Montgaillard.)
Dans un ménage il faut de petites gtierelles.
(COLLIN dâHaRLKVILLK.)
11 y a de mauvais exemples qui sont pires que les
crimes ; et plus dâĂ©tats ont pĂ©ri, parce qnâon a violĂ©
les mĆurs, que parce quâon a violĂ© les lois.
(Montesquieu.)
Lorsquâun substantif, employĂ© dans un sens partitif, est suivi d'un adjectif, il est
déterminé par. du, de de la, des : des lumiÚres bornées, des racines profondes, etc. ;
mais si lâadjectif prĂ©cĂšde au contraire le substantif, il faut faire simplement usage de
la préposition de : De faibles gémissements, de grands exemples, etc.
V *
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Des palais tnagniriquei.
Des liûtels gariiii.
Del fleurs fanées
Des supplices alTrsus.
Des menaces funĂšbres.
Des cris plaintifs.
De» lances meurtriÚre».
De» rameaux verdoyant».
De mauvaises affaires.
De superbe* édifices.
De belle» flears.
Dâaffreux supplices.
De funĂšbres menaces.
De plaintives ombres.
De meurtriĂšres armes.
De verdoyauls rameaux.
Des plaines immenses.
Des bois touffus.
Des étoile» scintillantes.
Hcs droits fondés.
Des murmures borriblet.
Des traits divini.
De.', esprits éperdu».
Des ricbesies immenses
â»âŹX=>©
( 1TQ )
V
N. LXXXII.
EMPLOI' DE du, des, de V, de la ou simplement de la préposition de, devant un nom
PRĂCĂDĂ dâun adjectif. .
SANS lâARTICLK.
r i. V
Quoi! tu prends pour (Zu bon argent co que jo
viens de dire? ' * (MoliĂšre.)
. Pour rĂ©tablir la brebis aprĂšs quâelle a mis ba^, pn
lu nourrit de bon foin et dâorge moulue.
(BĂŒffon.)
Je veux la campagne, du petit-lait, de bon potage.
(Voltaire.) ~
On lui donne abondamment de la luzerne, du sainÂŹ
foin ou de bonne herbe bien mûre.
(BUFFpN.)
TqujQura la tyrannie a d/heureuses pre'mices. .
(Racine.)
La vieillesse, ombrageuse et sévÚre,
En de vagues soupçons sp plaĂźt Ă sâĂ©garer.
(Ghénier.) .
Beaucoup dâbommes sont de vieux enfants.
(de Ségur.)
t
De jeunes enfants semblaient flécbir sous le poids
des habits et des ornements.
(Albert 1\ïontémont.)
avec lâarticle.
Quelquefois Îo» or je sépare lÚ. faux.
Et des auteurs grossiers jâattaque les dĂ©fauts,
(Boileau.)
Comme la peau de lâĂąne est trĂšs dure et trĂšs Ă©lasÂŹ
tique J on en lait du gros parchemin.
(Buffon.)
Je veuxâla campagne , du petit-lait, de bon poÂŹ
tage. - (Voltaire.)
Heureux si, de son temps, pour de bonnes raisons.
La Macédoine eût eu des petitesrmaisons !
(Boileau.)
Lo louange languit auprĂšs des gratuU noms.
(Bossuet.)
On prend Ă toutes mains dans le siĂšcle oĂ» nous sommes,
Et refuser nâest plus le vice dĂÂź bppimes,
(Corneille.)
Cela ne vaut pas le diable; mais cela réussira, parce
, quâil y a des danses et des petits enfgnts.
. (Voltaire.)
Le plus dangereux ridicule des vieilles personnes
qui ont Ă©tĂ© joUĂšs,.câest dâoublier quâelles ne le sont
plus. ' (La Rochefoucauld.)
Lâexamen de ces exemples nous conduit Ă Ă©tablir les deux rĂšgles suivantes :
1Âź Lorsquâun adjectif est placĂ© devant un substantif pris d'ans un sens gĂ©nĂ©ral et
partitif, cet adjectif doit toujours ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position de, sâil ne forme pas
avec le nom quâil qualifie une expression substantive. Ainsi, quand on dit ; Il a chez
lui toujours de bon pain, de bon vin, de grand papier, ces locutions bon pain, bon vin, grtind
papier Ă©tant prises dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale et indĂ©terminĂ©e, refusent lâarticle.
2° Si le substantif Ă©tait pris dans un sens individuel et partitif, ou bien encore quâil
fĂ»t tellement liĂ© Ă lâadjectif qui le prĂ©cĂšde, quâil ne formĂąt, en quelque sorte, avec
lui, quâun seul mot, il.faudrait, dans ce cas, employer du, des, de T, de la. Aussi, lorsÂŹ
que lâon dit ; voilĂ du bon pain, du bon vin, du grand papier, ces mots bon pain, bon vin,
grand papier sont employés individuellement et avec détermination ; par conséquent ils
doivent admettre lâarticle. Il en est de mĂȘme dans a\o\r du petit-vait, du petit vin, dit gros
parchemin, du gros poisson, puisque lâadjectif et le substantif ne font pour ainsi dire
quâun seul mot. Câest encore par la mĂȘme raison quâon dit : VoilĂ du vĂ©ritable honneur,
voilà de Ict belle rnusique, voilà de la vraie poésie, par opposition avec le faux honneiir, etc.
Enfin, il y a cette diffĂ©rence entre tirer de-meilleur vin et ĂŒrer du meilleur vin, câest que
la prerniÚre locution exprime simplement et indéterminément une idée de comparai
son : Tirer ( une ou plusieurs'bouteilles) de vin (quel quâil soit, mais) meilleur ( que
celui qui a été tiré'); dans. la seconde expression, au contraire, on précise la sorte de
vin que Ton dĂ©sire, et Ton dit que câest du meilleur qui soit dans la cave que lâon veut.
( (7< )
9
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
i''e grand papier
Ue bon tabac;
Te bon sucre.
De Iran potage.
De bon fromage.
De bonne crĂšme.
Ce belle musique.
De certaines vérités.
De bonnes choses.
De belles chansons.
Du grand papier.*
Du bon tabac.
Du bon sucre.
Du bon potage.
Du bon fromage.
De ta bonne crĂšme.
De la belle musique.
De vieiix enfants.
De jennes gens.
De petits enfants.
Du gros cuir.
Du petit-Jait
Du petit vin.
pu gros YĂźp, .
Du petit poisson.
Du gros fouet
Des petits-maĂźtres.
Des petits pois.
Des {eunes gens,
Pes netits enfuitU.
» NŸ LXXXIIL
KMPLOI DE lâarticle APRĂS LES ADJECTIFS ET LES VERBES SUIVIS DE LA
PRĂPOSITIO.V de.
SANS lâarticle.
Il est vrai'que le monde est plein de me'disants.
(QĂŒinaĂŒlt.)
l.âliymen nâest pas toujours entourĂ© de (lĂ mbequx.
(Racine.)
I.a gloire remplit le monde de vertus, et, comme
an soleil bienfitisant, elle couvre toute la terre de
//:.* ii rs et de fruits. (Va uv en argues . )
i.es cĆurs nourm de sang et de projets terribles,
Nâont pas toujours Ă©tĂ© les cĆurs les moias sensibles.
^ (Crébillon.)
I/hymen rHest pas un dieu quâon repaisse de fables.
(Boursault.)
Bans la Virginie on trouve des chevaux qui, quoi-
1] ue sortis de cavales privées, sont devenus si farou-
flies dans les bois quâil est difficile de les aborder.
(Buffon.)
On parle souvent de courses de chevaux en An-
â (lĂą.) â
gleterre.
AVEC lâarticle.
Toutes les histoires et tous les Ă©crits sont pteĂčĂŒ
des miracles que leurs secours implorés et leurs
tombeaux honorés opéraient par toute la terre*
(Bossuet.)
La terre est couvertÚ des hommes que Télémnqxie
renverse. ' (Fénelon.)
Les Francs, peuple sauvage, ne viyaient que de
légumes, de fruits, de racines, et des anûnaux
quHls prenaient Ă la chasse. (Andrieux.)
Nous sommes presque toujours coupables de ia
haine quâon nous porte.
(VaĂŒvenargues.)
Les chevaux arabes viennent des chevaux sau ÂŹ
vages des dĂ©serts dâArabie. (Buffon.)
Quelques auteurs parlent des chevaux sauvages ,
çt citent mĂȘme les lieux oĂč ils se trouvaient.
{Id.)
AprÚs les ndjectifs et les verbes suivis de la préposition de, le complément, si Toiß
ne fait que T ex primer indéfiniment, iTadmet pas rariicle^ jnais il faut énoncer l'ar
ticle si le complément est déterminé.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
plein de
Orné de
Environné de
Las 3c
Jonché de
Vivre de
Se repaĂźtre de
Se soulager de
Plein des
Orné des
Environné drs
Las des
Jonché des
Vivre des
Se repaĂźtre du
Se soulager des
P.impli de â
Entouré de
L.'ouvert dc
IlĂ©rissĂȘ de
Scnié de
Sc nourrir de
Se désoler de
Mourir de
Rempli de la
Entouré des
Couvert des
Flérissé des
Semé des
Se nourrir des
Se désoler de
Mourir de.»
( 172 )
Nâ LXXXIV.
EMPLOI' DE lâarticle AVEC LES NOMS DE CONTRĂES, DE ROYAUMÂŁS, DE PROVINCES, ETC.
i.
AVEC L ARTICLE. ,
Charlatans, feseurs d'horoscopc,
Quittez les cours des princes de VEurope.
(La Fontaine.)
Depuis la dévastation de VArfiériguey les Espa
gnols , qui ont pris lĂ place de scs anciens habitants,
nâont pu la remplir. (MoiNtesquieu.)
Roland fut entendu sur lâĂ©tat de la France et de
la capitale. (Tuiers.)
Ceux qui vivent dans le continent de VEspagne et
Ăąu Portugal se sentent le cĆur extrĂȘmement Ă©levĂ©,
lorsqu'ils sont ce quâils appellent de vieux chrĂ©tiens.
(JĂŻontksquiku.)
Lâennemi Ă©tait repoussĂ© de la Champagne et de la
Flandre, (Ăhiers.)
SANS lâarticle.
lis venaient changer leur or contre de lâeau-de-vio
et des quincailleries dâEurope. " (La Harpe.)
Dans quelques Ă©tats dâAmĂ©rique, le parricide est
déclaré folie. Le criminel est condamné à la réclusion
perpĂ©tuelle et Ă avoir la tĂȘte voilĂ©e le reste de sa vio.
(Chateaubriand.)
J.e génie du grand Condé ne put rien contre les
meilleures troupes de 'France. (Voltaire.)
Les chevaux d'Espagne qui tiennent le second rang
aprÚs les barbes, oui rcncolurc longue , épaisse ci
beaucoup de crins. (IĂukfo.n.)
Pour lâamiral, au milieu des plaisirs, il ne sâocÂŹ
cupait que de sa chimĂšre, la guerre de Flandre.
(.\nquetjl.)
Avec les noms de contrées, de royaumes et de provinces, on fait ou non u^age de
Tarticle, selon qiTon veut ou qu'on ne veut pas déterminer ces noms. On dit donc éga
lement bien : Les peuples d'Asie ou les peuples de L'Asie, Les peuples d'Amérique ou les peu
ples de L'AmĂ©rique,^ etc. 11 est des cas cependant oĂč il.nâest pas indiffĂ©rent dâexprimer ou
de ne pas exprimer Tarticle. En gĂ©nĂ©ral, on ne TĂ©npnce pas toutes les fois qĂŒĂ Taide
de la prĂ©position de et de son complĂ©ment, il s'agit dâindiquer un rapport de qualifiÂŹ
cation, c'est ce que nous font voir les exemples de la seconde colonne, puisque çhßh-
cailieries d'Europe, c'est pour qßilncailleries curopéémies; états d'Amérique, pour états amérl-
caviis, etc. Mais Temploi de l'article est indispensable, si raisonnablement Ton ne peut
iraduire la préposition de et son complément par un adjectif. 11 faut donc dire la dé
vastation de L'Amérique, l'état de la France, repoussé de la Champagne et de la Flandre.
avec l article.
Les anciens voyageurs ont dit que les chiens natuÂŹ
rels du Canada avaient les oreilles droites comme
les renards. (Buffon.)
Les chiens du Kamischatha sont grossiers, rudes
et demi-sauvages comme leurs maĂźtres. [Id.)
La plupart des chiens du Groenland sont blancs,
mais il sâen trouve aussi de noirs et d'un poil trĂšs
épais. ' [Id.)
Suivant ensuite le cours du Rhin jusquâen HolÂŹ
lande, on prenait le due Albert Ă revers.
âą . ' (Thiers.)
On leur avait imputé de vouloir sc réfugier dans les
départements et au-delà de la Loire. (Id.)
II.
I
SANS lâarticle. .
Le pilote, homme fier et ignorant, persista dans
son dessein avec tant dâopiniĂątretĂ©, quâon continua la
route de Marseille. (Regnard.)
Le parlement de Bordeaux servait alors le prince
de Condé. * (Voltaire.)
En comparant la mortalité de Paris à celle de la
campagne on voit qĂŒil meurt constamment plus de
monde Ă Paris quâĂ la campagne. (Buffon.)
La place importante de Dunkerque fut reprise par
les Espagnols. (Voltaire.)
Pour le repas du soir, la fille dâIsraĂ«l,
MĂȘle aux flots dâun lait pur les sucs dorĂ©s du miel.
(ĂLLETZ.)
(m)
Les noms de fleuves> de riviĂšres, sont, ainsi que quelques nonis dâĂźles et de pays,
toujours précédés de Tarticle : Chiens du Canada, du Kamtschatka, cours du Rhin, expé
dition de la JamaĂŻque. Il nây a guĂšre que lâusage qui puisse faire acquĂ©rir cette connaisÂŹ
sance. ,
Les noms de villes ne sont jamais^accompagnĂ©s de lâarticle : La route de Marseille, le
parlement de Bordeaux, etc.. 11 faut excepter Le Havre, La Rochelle, Le Mans, etc.
En gĂ©nĂ©ral , les noms de provinces, de royaumes, dâempires, etc., sont prĂ©cĂ©dĂ©s de
4u, lorsquâils sont masculins : Histoire du Languedoc, du Roussillon, du Poitou, du Dau-
phiné, du Portugal, du Mogol, du Japon, du Pérou; et seulement de la préposition de,
quand ils sont féminins : Histoire de Gascogne, de Bourgogne, de Picardie, de France, de
Russie, de Turquie, etc. *
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
1.
Lm oatloDS de l'Europe.
Le carte de ta France.
Les guerres de rAmĂšrique.
Veniia de la Chine.
LVtal de la Huuie.
La décadence do la Turquie.
Castor du Canada.
L'or du Pérou.
Lee caui du Tibre.
Les Tillei dâEurope.
La carte de France.
Les guerres dâAmĂ©rique.
Encre de Chine.
Lâempire de Russie.
Du blé de Turquie.
Cachemire de Lyon.
Les curiosités de Paris.
Les habitants de Rome.
Les productions de la France
La carie de lâEurope.
Topaze du Brésil.
La situation de lâAllemagne.
La position de l'Autricfae.
Les fruits de la Normandie.
II.
Rhum de lĂ JamaĂŻque.
Les eaux du Rliin.
Les eaux du RhĂŽne.
Les Tins de France.
La carte d'Europe.
Bois du Brésil.
.L"histoire dâAllemagne.
Lâempereur dâAutricĂŒe.
Cidre de Normandie.
Vin de Bordeau^
HuĂźtre d'Osteude.
Vin de Beaune.
N" LXXXV.
EMPLOI DE lâarticle APRES LES ADVERBES DE QUANTITE ET LES NOMS COLLECTIFS,
SANS L ARTICLE.
... A quoi bon tant dâamis ? ^
Un 'seul suffit quand il nous aime.
(Florian.)
Les premiers saints ont fait beaucoup de miracles.
(Pascal.)
Combien de favoris de la fortune, sortis tout-Ă -
cbup du néant, vont saisir les premiers postes.
(Massillon.)
Que de biens, que de niaux sont prédits tour à tour!
(Racine.)
Sully avait autour de lui un nombre prodigieux de
domestiques, une foule de gardes, dâĂ©cuyers, de genÂŹ
tilshommes. (Thomas .)
Elle savait wne quantitĂ© prodigieuse dâairs et de
chansons quâelle chantait avec un filet de voix fort
douce. âą (J.-J. Rousseau.)
Ils sont transportés doucement sur la riviÚre dans
nne contrĂ©e oĂč toutes sortes de plaisirs abondent.
(La Harpe.)
AVEC LâaRTIC
Celui qui sait renoncer à une granae autorité, se
délivre en un moment de Îten des peines, de bien
des veilles, et quelquefois de bien des crimes.
(La BruyĂšre.)
La plupart des femmes nâont guĂšre de principes ;
elles se conduisent par le cĆur.
(La BruyĂšre.)
De bien des gens, il nây a que le nom qui vaille
quelque chose. (Id.)
Les méchants ont hien de la peine à demeurer
unis, (Fenelo'n.)
Les Anglais et les Hollandais se sont disputé long
temps le commerce de la CĂŽte-dâOr, et cette guerre
dâavarice a produit bien des perfidies et des crimes.
(La Harpe.)
Je ne me flatte pas dâavoir donnĂ© une idĂ©e juste de
la multiplicitĂ© dej maux que jâai soufferts.,
(Buffon.)
La multiplicité des lois est la source des infrac
tions. (Laveaux.)
Comme on le voit, les subsldniifs refusent TarticlĂŽ lorsquâils sont sĂŽus la dĂ©penÂŹ
dance de Tun de ces mois : Combien, que, peu, beaucoup, moins, plus^ tant; ĂąutĂ ht, esÂŹ
pĂšce ^ genre, sorte, portion, noinbre, foule, quantitĂ©, infinitĂ©, etc. Cependant si le subs=Ăź-â
laniif était déierniiné par quelque circonstance particuliÚre, il faudrait faire usage de
lâarticle, exemples : Un grand nombre des personnes que fai vues hier m'ont dit dĂźt bien de
vous ; U reste peu des fruits qu'on a cueillis. â *
La seconde colonne nous fait voir qu'aprĂšs le mot bien ; et les expressions la pluÂŹ
part-, lĂš plus grand nombre, la plus grande partie, etc., dn emploie toujours Tartiele.
Combien d'bointnea.
Que de gent.
Peu de personne».
Beaucoup de soldats.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Moins de fautes.
Plus dâĂ©gards.
Tant dâamis.
Autaut de richesses.
Plusieurs espĂšces de fleurs.
Difers genres dâantmaux.
Toutes sortes dâagrĂ©mcnti.
Uue portion de maisou.
Bien des écoliers.
La plupart des hommes.
Bien des masques. *
Le plus grand nombre des babt tanta.
NÂź LXXXVI.
ARTICLE RĂPĂTĂ OU NON RĂPĂTĂ DEVANT DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIĂS PAR
AVEC lâarticle.
Il faudrait commencer toutes les leçons par uu
hymne adressé à la divinité, et chanté alternative
ment cn chĆur par les filles et les garçons. -
â (Bernardin de St-Pierre.)
Ils croient que les sorciers.et les sorciĂšres ont lĂš
pouvoir dâattirer les esprits. (La Harpe.)
s
. Dâabord il faut remarquer qĂŒil nây a de vacances
complĂštes que le dimanche ; seulement le mercredi
et le samedi il y a quelques leçons de moins.
(Cousin.)
. Le besoin éleva les trÎnes ; les sciences et les arts
les ont affermis. , (J.-j, koussEAU.)
Le goĂ»t des lettres et des hedux-arts anĂ©antit lâaÂŹ
mour, de nos premiers devoirs et de la véritable gloire;
[Id.)
Si.les ouvrages des religieux nous paraissent grosÂŹ
siers aujourdâhui ; nâoublions pas que , sans eux, la
chaßne de la iiaditiÎh dÚs leltres et des arts eût été
totalĂȘment interrompue.
(Chateaubriand,)
Les soldats et les habitants dÚviendraiént enriémis
les uns dĂšs autres. (J.-J* Rousseau.)
Les sciÚnçés, les lettrés et tes à ris etehdÚht des
giiifiaiides dé fieurs sur lÚs chaßnés dÚ féf dont tes
honimés sont chargés. (Id.)
Né dé i^oisiveté et .dé la vanité dÚs Ifommés, le luxe
va rarement'sans les sciences et tes ét jamais
ils nĂš vont sans lui. (Id.)
Un arnbassadĂ©iir est ĂŒnĂ© espĂšce de facteur, par le
canal duquel les faussetés et les tromperies passéiit
d une cour Ă lâautre. (Voltaire.)
sĂNĂ lâarticle.
Ils laissaient passer Cornélie,
Les ducs et pairs, le chancelier
Et les cordons bleus dâItalie.
(Voltaire.)
Je me hĂąte dâanâiver aux renseignements et docuÂŹ
ments positifs que j'ai recueillis sur lâĂ©tat de lâinstrucÂŹ
tion populaire Ă Francfort; (Cousin.)
Le minimum des leçons de toute éoole populaire
est de cinq leçons dâune heurĂš chaque jour, les lundi,
mardi, jeudi et vendredi. (Id.)
AprĂšs hien des marches et contre-marches les
Français arrivent dans Pamphilie, prĂšs Ăune petite
ville sur la mer. (Anquetil.)
Le pÚre Feuillée est le seul de tous les naturalistes
et voyageurs qui ait donné une description détaillée
du condor. (Buffon.)
Il serait bon qĂŒon obéßt aux lois et. coutumes,
parce quâelles sont lois, et que le peuple comprĂźt que
câest lĂ cĂ© qui lĂ©s rĂ©hd jĂŒstĂ©s. ^ (Pascal.)
Je rie sĂšrĂ is pas dâavis dâĂ©pĂ rpiller les feoldats pour
maintenir lâordre dans les bourgs et villages.
(J.-J. RdĂŒssBArik)
LĂšs ârubdm et bijoux qĂŒi Ăšii sbrit la ĂiarfiĂŒĂ© ont un
air de coliĂ»chĂšt et de parure fĂ©minine quâil faut Ă©viter
dans notre institution. (Id.)
Il ne faut pas que les pHx ét récompenses soient
distribués à fbitrà irément. m
; *
il en Ă©tait dĂ© mĂȘme dĂ©s nUriisirĂ©s Ăšt ff^ands offi-
eiefs. (W*)
( 175 )â
IjC pĂšre et la mĂšre semlilaient exciter leur petite
compagne Ă sâen repaiĂŒe la premiĂšre.
(Buffon.)
JusquâĂ lâĂ ge de sept ans , lâenfant , chez les Spar-
liates i étmt laissé aux soins du pÚre et de la mÚre.
. âą (BARXnĂLEfllY.)
Le malheur du pĂšre et de la mĂšre ne passe point
Ă leur postĂ©ritĂ© ; les Muscogulges nâont point voulu
que la servitude fût héréditaire.
(Chateaubriand.)
La nature y pourvoit par lâattachement des pĂšres et
des mĂšres. (J,-J. Rousseau.)
, ĂŒn beau matin, le fils sâengage ; le pĂšre et la mĂšre
.sont au désespoir, (Bernardin de St-Pierrk.)
Les pÚres et les mÚres des enfants étranglés ou
vraient la maiâche, portant leurs enfants morts dans
leurs bras. (Chateaubriand,)'
CâĂ©tait une opinion universelle que la religion proÂŹ
testante ordonne aux pĂšres et aux mĂšres de tuer
leurs enfants sâils veulent ĂȘtre catholiques.
(Voltaire.)
Les pĂšre et mĂšre continuent de les nourrir et de
veiller sur eux. (Buffon.)
Lâhomme qui veut se marier offre aux pĂšre et mĂšre
de la jeune personne un sac de cuir ou quelque autre
objet tout aussi prĂ©cieux, â
(Albert Montémont.)
Les pĂšre et mĂšre ont pour objet le bien,
Tout le surplus ils le comptent pour rien.
(La Fontaine.)
Le pĂšre dĂ» Tertre dit que si tous les nĂšgres sont
camus J câest que les pĂšres et mĂšres Ă©crasent le nez Ă
leurs enfants. (Buffon.)
Lâunion des pĂšres et mĂšres aux enfants est natuÂŹ
relle puisquâelle est nĂ©cessaire. (Id.)
Le calcul des pĂšres et mĂšres a peut-ĂȘtre encore
plus de danger que lâinexpĂ©rience des jeunes gens.
(de Boufflers.)
ĂŒn troisiĂšme dit que la religion protestante ordonne
aux pĂšres et mĂšres dâĂ©gorger ou dâĂ©trangler leurs enÂŹ
fants quand ils veulent se faire catholiques.
(Voltaire.)
Parce que, voilĂ tantĂŽt deux siĂšcles, il a plu Ă nous ne savons quel grammairien^
Yaugelas peut-ĂȘtre, de voir un barbarisme dans ces locutions : les pĂšre etmĂšre^ tous les
grammairiens de répéter aprÚs lui, et sans trop savoir pourquoi, que les pÚre et mÚre
est un barbarisme.
Mais, loin dâĂȘtre intimidĂ© par cette rĂ©probation, lâusage, depuis ce temps, nâa cessĂ©'
dâaller son train, et, en dĂ©pit de tous les Vaugelas du monde, il permet que lâon dise,
Uomme il y a deux et trois siĂšcles : les pĂšre et mĂšre.
C'est que lâusage sent bien quâil a raison. En effet, il est facile de voir que cette
locution, qui scandalise si fort nos puristes, nâest pas sans fondement,,Ăšt quâelle a sa
source dans la logique la plus rigoureuse. Nous allons essayer de le prouver.
Celui qui dit les pĂšre et mĂšre sait qĂŒâil doit parler de deux individus : que ce soit le
pĂšre et la mĂšrĂ©, peu importe; toujours Ă©st-il qĂŒâil a lâidĂ©e de deux ĂȘtres, de deux inÂŹ
dividus*. Or, nâes t-il pas naturel qĂŒâil fasse Usa ge. dĂ© P article plurielqui, Ă©h pareil
cas, est eu rapport avec lĂš mot individus soĂŒs-enteridu-, et nullement avec les mois
pĂšre et mĂšre? (ies derniers nĂ© s'orit lĂ , poiir ainsi Ăire, que lâexplication du moi iĂ»dĂź-
vidus. En sorte que les pĂšre et mĂšre, çâest'pour les individxis que je vais dĂ©signer, c'est-Ă -
dire le pĂšre et la mĂšre. âą
Cette locution abréviative et toutes celles qui lui sont analogues, répondent donc
parfaitement au besoin quâĂ©prouve celui qui parle, de rapprocher le plus possible
lâexpression de la rapiditĂ© de la pensĂ©e. Aussi leur concision doit-elle les faire prĂ©fĂ©rer
en certaines circohĂȘlĂ nces. Dâailleurs, ces façons de parler, qui remontent, pour ainsi
dire, Ă Ăźâorigine de notre langue, et qui sont descendues JusquâĂ nous, aprĂšs avoir
traversĂ© plusieurs siĂšcles, nâont-elles pas reçu leurs lettres-paientes, et leur Ăąge ne
les met-il pas au-dessus des attaques de quelques esprits qui ne peuvent ou ne veuÂŹ
lent pas comprendre ce quâelles ont de logique ?
Que les grammairiens se révoltent et crient au barbarisme, au solécisme et à pis,
sâil est possible, nous nous en inquiĂ©tons peu. Nous croyons que se faire entendre
c <76 ) .,
étant la premiÚre condition du langage, il est permis d'employer toutes les locutions
possibles, dÚs que Ton y réussit, sans blesser Tusage, normaetjusloquendL
Nous terminerons en faisant remarquer que ces formes elliptiques nâappartiennent
pas seulement au style administratif ou judiciaire, ainsi qĂŒon a cherchĂ© Ă le faire
croire jusqĂŒici, mais que les plus grands Ă©crivains enx-mĂŽmes nâont pas craint de les
employer.
EXERCJCE PHRASĂOLOGJQVE,
Les maires cl les sous-pi cfi;is.
Les lettres et les paquets.
Aux filles et aux Tillages,
Au pĂšre et Ă la mĂšre.
A ux pĂšres et aux mĂšres. '
Les sciences et les arts.
Les arts et les métiers.
Les maires et sous-prÚfel».
Les lettres et p;it|ut.*ts.
Aut Tilles et villLiges.
Aux pĂšre et tnĂšix.
Aux pĂšres et mĂšres,
i.es sciences et arts.
Les arts et métiers.
N . LXXXVII.
DE Lâe>U>LOI de LâaKTICLE DANS LES DATES.
""avec lâauxiclĂ«.
Le 9 et le 10,'"lâair me parut sensiblement plus
chaud et le ciel plus intĂ©ressant. âą
(Bernardin de St-Pierre.)
Le $ et le d, on prit un requin, des sucets et deux
thons. {Id.)
Le 20, 21 et 22 J continuation de calme et dâennui.
Le vaisseau était entouré de requins. {Id.J
Le Z elle A, les passages étaient occupés pat. nos
soldats, et le salut de la France était fort avancé.
(Tbiers.)
On a vu le nommé Maillard figurer à la téte des
femmes soulevées dans les fameuses journées du 5 et
6 octobre. ' {Id^)
Les collÚgues ignorants et aveugles de Marat étaient
Panis et Sergent, déjà signalés au 20 et au 10 août.
Les premiĂšres discussions sâengagĂšrent le 28 et le
29 août. (Id.)
SANS L ARTICLE.
Les 17, 18 et 19, nous passĂąmes au milieu des
ßles, laissant Ténériffe à gauche et Palma à droite.
(Bernardin de St-Pierre.)
Les 28 et 29, nous vßmes dés poissons-volants et
une quantité considérable de thons. (Id.)
Les 14, 15 eM6, les vents variĂšrent; U fit de
grandes chaleurs. Les 17, 18 et 19, les calmes conÂŹ
tinuĂšrent avec la chaleur. (Id.)
Aux 5 et 6 octobre, on Va vu amasser secrĂštement
des moyens pour accabler le peuple.
(Thiers.)
Se conduisant ici comme aux 2 et 3 septembre,
les Girondins hésitaient à se compromettre pour un
roi quâils regardaient comme un ennemi. (Id.)
11 faut, pour lâhonneur de la rĂ©volution, distinguer
entre la bravoure civique, qui a bravé le despotisme
au 10 août, et la cruauté servant auŸ 2 et 3 sep
tembre une tyrannie muette et cachée. (Id.)
Ainsi, on peut dire : 1Âź le 9 et le 40 ; 2Âź le 20, 21 et 22; 3Âź to 17, 18 et 19, etc. En
effet, il serait bien difficile de rĂ©sister au besoin dâabrĂ©ger.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Le O et le 0.
Le 9 et le 10.
Le 6 et 9.
Le 9 et 10
Les 6 et 8.
Les 9 et 10
( 177 )
A'
>âą00
N*â LXXXVIII.
EMPLOI DE l'article AVEC DEUX SUBSTANTIFS UNIS PAR OU.
AVEC L ARTICLE.
Tant que les Ă©tats sâassembleront et que les nonces
changeront frĂ©quemment, il sera difficile queâĂŻe sĂ©nat
Ou le roi oppriment ou usurpent lâautoritĂ© lĂ©^slative.
(J.-J. Rousseau.)
Ces oiseaux volent trĂšs haut et en grandes troupes;
ils passent la nuit sur des arbres ou des rochers trĂšs
élevés. (BurroN.)
Dans la dĂ©cision la plus importante de la vie^ nâorÂŹ
donnez pas Ze oui ou le non/'laissez le libre arbitre.
(BoĂŻstk.)
Câest un calcul trĂšs fautif que dâĂ©valuer toujours en
argent les gains ou les pertes des souverains,
(J.-J. Rousseau.)
SANS t ARTICLE.
On trouve des condors sur les bords de la mer et
des riviĂšres, dans les savanes ou prairies naturelles.^
" (Buffon.)
Ze$ joues ou cĂŽtĂ©s de la tĂȘte du condor sont couÂŹ
verts dâun duvet noir. (fd.)
â V
Lâabus du gouvernement a fait imaginer la voie des
députés ou représentants du peuple..
(J.-J. Rousseau.)
On distinguait parmi les nobles, les palatins ou
gouverneurs dés provinces.
VM.)
Son neveu Loth est établi dans la ville ou bourg de
SodĂŽme. (Voltaire.)
Dans la premiÚre colonne on a exprimé l'article devant chacun des substantifs, parce
quâils reprĂ©sentent des objets diffĂ©rents : le roi ou le sĂ©nat, des arbres ou des rochers. Mais ,
dans lĂ seconde, oĂč le'substantif qui suit la conjonction ou nâest, en quelque sorte,
que l'explication de celui qui prĂ©cĂšde, l'article nâest exprimĂ© quâune seule fois : Les
savanes ou prairies naturelles, les joues ou cÎtés. Tel est le principe que les écrivains nous
paraissent avoir assez généralement suivi.
Le mettre oa rescUra,
L« cifll ou la terre.
La mire ou la fille.
Le pire oa le fila.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
t
Les profesaeurs ou lea élÚres.
La rose «u lâĆillet.
La riolette ou le jasmin.
Les classiques ou les romaniiques.
Des cheretix ou poils.
Des collines ou montagnes tris élevées.
Des herbes ou plantes aromatiques.
Les habitants ou indigĂšnes.
N" LXXXIX.
»
, \
DE lâemploi de lâarticle. AVEC DEUX ADJECTIFS LIĂS PAR LA CONJONCTION et.
, SANS lâarticle.
A ces mots, il lui tend le doux et tendre ouvrage.
(Boileau.)
Le long e^gros bec du toucan, et sa langue faite "
en plume, étaient nécessaires à un oiseau qui cherche
les insectes éparpillés dans les sables humides des
rivagbE de lâAmĂ©rique,
(Bernardin de St-Pierrb.) .
Vous nâavez faim que des bĂȘtes tnnocenZes et douÂŹ
ces, qui ne font de mal Ă personne, qui sâattachent
à vous, qui vous servent, et que vous dévorez pour
prix de leurs services. (J.-J, Rousseau.)
; AVEC L ARTICLE.
Les 60m et les mauvais conseils.
(Bossuet.) *
Le vieux langage se fait regretter quand nous le
retrouvons dans Marot, dans Amyot, dans le cardinal
dâOssat, dans les ouvrages les plus enjouĂ©s et dans
les plus sérieux, (Fénelon.)
4
Je crois que les lecteurs seraient charmés de voir
sous leurs yeux la comparaison de quelques scĂšnes de
la PhÚdre grecque, de la latine, de la française et
de Vanglaise. (Montesquieu.)
23
* 3
( 1T8 )
Jusqnes ici, madame, aucun ne met en doute
Les longs et grands travaux que notre amour vous
coûte. (Corneille.)
Les Ă»ons et vrais dĂ©vots quâon doit suhTe Ă la trace,
Ne sont pas ceux non plus qui font tant de grimaces.
(MoliĂšre.)
Si nous voyageons, les belles et fertiles plaines
nous ennuient. (De Ségur.)
Le grand et le petit e'pngneul, qui ne diffĂšrent
que parla taille, transportés en Angleterre, ont
changĂ© dĂŒ blanc au noir. (Buffon.)
VancĂźen et le nouveau continent paraissent tous
les dĂ©iix avoir Ă©tĂ© rongĂ©s par lâOcĂ©an.
m.
La Providence permit que la gloire de sa conversion
ne fut pas douteuse aux yeux du bon et du rnauvais
parti. " ^ \ (Fléchier.)
Dans la premiĂšre colonne, pn a dit : /e doux et tendre ouvrage, le long et gros, bec, des
bĂȘtes innocentes et douces, les longs et grands pavaux, les bois et vrais dĂ©vots, les belles et
fertiles plaines, parce que câest le mĂȘme ouvrage quj est doux çt Iq qiĂȘme bec,
qui osi long ox gros, les mĂŽmes hĂŽtes qui sont innocente^ douces, les mĂŽmes travaux
qui sont longs et grands, les mĂȘmes dĂ©yots qui sont bons et vrais, les mĂŽmes plaines
qui sont belles et fertiles. , '
Dans la colonne opposĂ©e on a dit, en rĂ©pĂ©tant .lâarticle devant \§ sepond adjectif : .
les bons et les mauvais conseils, les ouvrages les plus enjoués et Les plus sérieux, la PhÚdre
grecque, la (atine, la française et ^anglaise, etc., pa^G pcirle dp différents conseils,
dont les uns sont bons et les autres mauvais; et qĂŒi! sâagit de plysipurs ; de la
PhĂšdre grecque, de la PhĂšdre latine, etc.
Nous pouvons donc Ă©tablir ce principe : Lorsquâon ne veut dĂ©terminer quâun seul
substantif, câest-Ă -dire lorsque les deux adjectifs exprimĂ©s servent Ă qualifier un seul
et mĂŽme substantif, comme dans la premiĂšre colonne, on nâemploie qĂŒune seule fois
Tarticle : Le simple et sublime La Fontaine. Si, au contraire, on veut déterminer plu
sieurs substantifs, il faut répéter Tarticle devant chacun des adjectifs énoncés : Les
bons et les mauvais conseils. * . .
Les écrivains, cependant, n'ont pas toujours été fidÚles à ce principe. Voici quel
ques exemples oĂč il a Ă©tĂ© violĂ© : *
AVEC lâarticle.
Nul mets nâexcitait leur.envie :
NI loups, ni renards nâĂ©piaient
La douce et lâinnocente proie!
(La Fontaine.)
Vutile et la louable pratique de perdre en ifrais de
noce le tiers de la dot quâune femme apporte.
* â (La BruyĂšre.)
. Il sâĂ©tait proposĂ© pour modĂšle le sage et Vhumble
saint Augustin. (BoĂŒrdaloĂŒk.) âą â
* SANS lâarticle.
^ JâaĂź fait, dans ma jeunesse, mĂȘ disait un jour FonÂŹ
tenelle , des vers latins et grecs aussi beaux que cçux
de Virgile et dâHomĂšre ; vous jugez bien comment,
ajoutait-il, câest quâils en Ă©taient pris.
(Duclos.)
â Pendant le sĂ©jour que je fais en Europe, je lis les
historiens anciens et modernes. (Montesquieu.)
' . Les oiseaux domestiques et sauvages nourrissent
rhomtne ou deviennenj: la proie des animaux carÂŹ
nassiers. ' (Buffon.)
La douce et l'innocente proie, l'utile et la Louable pratique annoncerait deux proies, deux
pratiques ; savoir la douce proie et l'innocente proie,^ Vutile pratique et la louable praÂŹ
tique (i)., ,
tjĂS aufçurs sont rarement tombĂ©s dans la premiĂšre de ces fautes, si tant est qĂŒil y
' ait faute; mais ils fournissent de nombreux exemples de la derniĂšre, dans laquelle ils
(!) Il y a çependjmt des cas oĂč la rĂ©pĂ©tition dc lâarticle est indispensable, et ajoute Ă lâĂ©nergie, comme dans
cette â â
« Cet ordre dâĂ©quitĂ© et de justice, cette compensation de grandeur et d^abaissement ne parut jamais mieu^
que dans la vie def humble, du pauvre et toutefois du grand et de Villustre François de Paule.' (FlĂ©chiĂr.)
( 179 }
*
ont Ă©tĂ© entraĂźnĂ©s par le besoin dâabrĂ©ger : des vers latins et grecs; les historiens anciens
et modernes, ' '
, Voyez Je chapitre des adjectifs/oĂč cette question sera traitĂ©e, quoique sous un
autre point de vue.
EXERCICE PBRASĂOtOGIQVE.
L« Mnnt et modeste aatear.
1m jeunes gens instruits et modettes.
Les livre» bien écrits et bien pensés.
Les belle» et vertueute» femme».
Lm jeunes ĂJIis iDstruiles etmodestes.
Lm sables brûlant» et arides de la Lybie.
Le» bon» et les mauvais chrétien».
Le» bons et les inauvuia écolier^.
Le» ouvrages einoués et les sérieux.
J.a langue française et lâanglaise.
La nation portugaise et l'espagnole.
Les enfants obéissants et les indocile»..
XC.
\
0B lâemploi de lâarticle AVEC PLUSIEURS ADJECTIFS UNIS PAR fif.
PREMIERE MANIERE.
Les vents alizés cessent en mars et avril entre lÚ
cinquiÚme et le deuxiÚme degré de latitude nord,
(Bernardin de St-Pierrk.)
La France du dixrseptiĂšme et du dix-huitiĂšme
siÚcle était inférieure à beaucoup d'autres pays de
lâEurope. (Goizox.)
Les comédies saintes étaient des espÚces de farces
sur des sujets de piĂ©tĂ©, qĂŒon reprĂ©sentait publiqueÂŹ
ment dans le quinziĂšme et le seiziĂšme siĂšcle,.
(de Jaucourt.)
Les vents alizés cessent en août et septembre entre
le quatorziÚme degré et le treiziÚme,
(Bernardin de St-Pierrk.)
LâĂąge de la premiĂšre et seconde enfance ne nous
prĂ©sente quâun Ă©tat de misĂšre. (Buffon.)
Les actes des conciles du quatriĂšme et du cinÂŹ
quiÚme siÚcle sont pleins de canons qui défendent à '
un simple clerc dâeiUcr se faire ordonner dans un autre
diocĂšse que le sien. (GĂŒizot.)
seconde MANIERE.
Les Hottentots ne permettent ni le mariage ni la
fornication* entre les cousins au premier et second â
degré, (La Harpe.)
Les vents alizés cessent en janvier entre le sixiÚme
et quatriÚme degré de latitude nord.
, (Bernardin de St-Pierrk.)
TROISIEME MANIERE.
Les bons auteurs du dix-septiĂšme et dix-huitiĂšme \ La situation du Monomotapa est entre le quatorr
siĂšcles serviront toujours de modĂšles.
(Voltaire.)
ziÚme et le vingt-cinquiÚme degrés de latitude méri
dionale. (La Harpe.)
QUATRIEME MANIERE.
On trouve ordinairement les vents du sud-est aux
troisiÚme et quatriÚme degrés de latitude nord.
(Bernardin de St-Pierkk.)
Personne nâignore quel prodigieux .mouvenient a
travaillĂ© lâAngleterre aux seiziĂšme et dix-septiĂšme
siĂšcles, (Guizot.)
AujpurdTiul un débat est engagé, non plus entre
deux religions, comme aux IGÂź et ilsiĂšcles , mais
entre deux esprits opposĂ©slâesprit occidental et lâesÂŹ
prit du nord. (St-Marc Girardin.)
LâintĂ©rĂȘt particulier, des deux ordres a Ă©tĂ© mis au
premier et second rangs, (J.-J. Rousseau.)
Qui ignore quâawa? douziĂšme et treiziĂšme*siĂšcßÚsAe
pouvoir spirituel à réclamé comme son droit, tantÎt
lâexercice direct, tantĂŽt la domination indirecte du
pouvoir temporel.^ (Guizot.)
Quoique au treiziĂšme et au quatorziĂšme siĂšcles quel âą
ques Italiens commençassent à soilir des ténÚbres,
toute là populace y était toujours plongée.
(Voltaire.)
(180)
On peut donc, dans les cas analogues Ă ceux dont nous venons de donner des eiem-**
pies, sâexprimer de cinq façons diffĂ©rentes :
iÂź Le cinquiĂšme et sixiĂšme
2Ÿ Le cinquiÚme degré et Le sixiÚme ;
3Ÿ Le cinquiÚme et sixiÚme degré ;
4° Le cinquiÚme et Le sixiÚme degrés;
5Ÿ Les cinquiÚme et sixiÚme degrés.
Dans la premiÚre, on répÚte Tarticle devant chaque adjectif; dans la deuxiÚme, au
lieu de finir par le substantif, comme dans la-premiÚre, on le place immédiatement
aprÚs le premier des adjectifs énoncés; dans la troisiÚme, on supprime Tarticle devant
le second adjectif ; dans la quatriĂšme, on exprime Tarticle devant chaque adjectif,
comme dans la premiĂšre, mais on met le substantif au pluriel; enfin, dans la cinÂŹ
quiĂšme, on nâemploie qĂŒune seule fois Tarticle qĂŒon'met au pluriel, ainsi que le
substantif, en laissant toutefois les adjectifs au singulier.
EXERCICE PHRĂSĂOLOGrQVE.
Le quinziĂšme et le aeiztĂšme siĂšcle.
Le premier et le second étage.
Lq premiĂšre et la seconde dĂTiiioo.
Ira quĂDiiĂšme siĂšcle et te seiziĂšme.
Les premier et second étages.
Les premiĂšre et seconde diviilotis.
NÂź XCI.
BMPLOl DE lâarticle AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR LA CONJONCTION Ott,
AVEC LABTICLB.
Dieu sâest choisi uu peuple, dont la bonne ou la
mauvaise fortune dépendßt de sa piété. . "
(Bossuet.)
' Il y a des jeunes gens qui ne grandissent plus aprĂšs
la ou la 15* année. (Buffon.)
* Les bonnes ou les mauvaises conversations gĂątent
lâhomme. . (Pascal.)
*
On ne doit pas juger du bon ou du mauvais natuÂŹ
rel dâunc personne par les traits de son visage.
(Buffon.)
II.
SANS lâarticle.
LâĂgypte se vantait de rĂ©gler par son fleuve la
bonne ou mauvaise destinée de ses vainqueurs.
(Rollin.)
Lâenfant peut naĂźtre de parents durs, et ĂȘtre livrĂ©
Ă des maĂźtres ennuyeux ou barbares ; ira-t-il cherÂŹ
cher des guides parmi, ceux qui lui ont fait haĂŻr lâinsÂŹ
truction .p (Bernardin de St-Pikrre.)
Il est digne de remarque que les formes les plus
laides ont été données aux animaux nuisibles ou
incom^vodes Ă lâhomme, et les plus beUes Ă ceux qui
Aoivent vivre dans son voisinage ou sous son empire.
m
Pendant Iw sept ou huit annĂ©es suivantes, lâhisÂŹ
toire ne nous présente que quelques guerres peu con
sidérables. (Rollin.)
Tout ce qui a été . dit de Corneille sur les carac
tÚres vertueux ou méchants. (Voltaire.)
Les Gaulois nâĂ©crivaient ni lois, ni histoires, ni les
mystĂšres de leur religion, ni ce quâils enseignaient
dans leurs écoles des sciences morales ou naturelles:
(Duclos.)
( 181 )
Quant aux diamants, je nâal pas om dire quâon en
eût encore trouvé dans les zones tempérées ou-gla
ciales, peut>-ĂȘtre faute de les y avoir cherchĂ©s.
(Bernardin de St-Pierre.)
Quâimporte du bonheur la source fausse ou vraie?
(Piron.)
Les remords vrais ou faux de lâĂ©vĂȘque en donÂŹ
nĂšrent au peuple. (Voltaire.)
Chacune des fibres ligneuses ou nerveuses de la
plante paraßt un végétal, qui correspond depuis la
racine jusquâĂ la feoĂŒle quâil nourrit.
(Bkrnarimn de St-Pierre.)
'Lemare ne veuf'pas que Ton dise ta bonne ou mauvaise fortune, la bonne ou mauvaise
destinée, etc., etc. Qu'est-ce que cela fait? Sans doute nous ne contestons pas à Lemare
le droit de sâexprimer comme bon lui semble ; mais ce que nous lui contestons, Ă lui,'
ainsi quâaux autres, câest le droit dâimposer son langage Ă toute'une nation. Or, comme
les meilleurs écrivains ont fait usage des locutions précitées,, nous pouvons donc, au
risque dâencourir lâanathĂȘme de Lemare et de tous les grammairiens ensemble, nous
en servir aussi. Ces locutions ont été introduites dans le discours par le besoin de
sâĂ©noncer avec briĂšvetĂ©, et chercher Ă les proscrire, câest vouloir nous condamner Ă
nâemployer quâune seule forme, lorsque nous en avons deux.
V '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Les bonnes oa lea manvaUes miTref.
Les boanea ou les mauvaises actioos.
Des lo eu fions correctes ou fies locutions incorrectes.
Dos éooUets laborieux ou des écoliers paresseux.
Les bonnes ou maiivaises Ćuvres.
Les bonnes ou mauvaises actions.
Des locutions correctes ou incorrectes.
Dea écoliers laborieux ou paresseux
Nâ XCII.
EMPLOI DE lâarticle AVEC LES SUPERLATIFS.
EXEMPLES.
La puissance des rofù est fondée sur la raison et sur
la folie du peuple, et bien plus sur la folie. La plus
grande et la plus importante chose du monde a pour
fondement la faiblesse. (Pascal.)
ĂŒne des plus essentielles et des plus nobles foncÂŹ
tions des souverains, câest de rendre la justice aux
peuples. (Flkchier.)
La meilleure de toutes les éducations est la plus
ordinaire, la moins sévÚre et la plus proportionneéy
je ne dis pas aux forces, mais Ă la faiblesse de lâenÂŹ
fant. (Buffon .)
Considérés tous ensemble, marchant avec ordre
sous un grand capitaine, les soldats forment le specÂŹ
tacle le plus fier et le plus imposant qui soit dans
lâunivers. (Voltaire.)
Le moyen le plus court et le plus sûr de faire
passer la loi serait de sâen rapporter absolument Ă la
décision du sénat. (Rollin.)
Je vois revivre le siĂšcle dâAuguste, et les temps les
plus polis et les plus cultivés de la GrÚce.
(Massillon.)
Les dogmes les plus vrais et les plus saints peuventâ
avoir de trÚs mauvaises conséquences.
(MontesqĂŒieu.J
Achille est représenté comme le pim impétueux et
le plus politique Aes hommes, ' (Voltaire.)
Lâarticle doit toujours ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ© quand le substantif est prĂ©cĂ©dĂ© de deux adjectifs
énonçant la qualification au plus haut degré, comme dans les exemples cités: la plus
grande et la plus importante chose, â
EXERCICE PHRĂSĂOLOGJQVE,
La personne la plus jolie et la plus aimable.
LâĂ©crivain le plus pur et le plus correct
Les femmes les plus jolie? et les plus sages.
Les actions les plus hounĂȘtes et les plus inciviles.
Les écoliers les plus assidus et les pins xélés.
Les pins brillantes et les plus estimables société?.
Les livres les mieux écrits er, les mieux pensés.
Les vers les plus touebants «t les plus barmonieiu.
1)
>
âą^5 Nâ XCIIL
BMPliĂk Ă»iĂs ARTICLES Ău', des, ETC., ipRĂS LES PREPOSITIONS, QUAND LĂuMS GOMPLĂMENfĂą
SONT PRIS DANS UN. SENS PARTITIF.
* V
Jfe fis mettre ces petits chiens dans du lait au lieu
de les laisser dans Teau. (Buffon.)
... t
AprĂšs avoir nourri lâenfant avec dĂ© la farine dé
layée et^ cuite dans, du'lait, oh lui donne du pain
trempé dans une liqueur convenable. (/d.)
. pn rencontre sa destinée
Souvent pĂ r des chemins quâon prend pour lâĂ©viter.
(La FontaĂźne.)
Je ne ,puis vous imaginer dans ce téte-à -tÚte sans
des mouvements de colĂšre.
Ce nâest pas ions des considĂ©rations MĂ©s gravĂ©s
que jâai pu me dĂ©terminer Ă un parti si peu de nion
goĂ»t. . - â
. . . Le sot fait grĂąbd bruit en deis jours ĂąâhboridĂ nce;
Et devient plus modeste eh des temps moins.héureux*
(kiGAun.)
. . . Câest vouloir perdre lin sĂ©rvicĂ«,'
QĂŒe dĂ© iĂ© fĂ©iidrd d dĂ©s ih(/rĂą(s,
(Lenoblh;)
Lâon dĂ©shonore sa plume
ĂQ la trempant dans du potson. (Florian.)
AprĂšs les prĂ©positions ; on exprime dit, des, etc., toutes lĂ«S fĂŽi§ qĂŒĂ« lÚûrS CdmplĂ©-
menis sont emplĂŽyĂ©s daiis ĂŒii Sens partitif.
EXERCICE PHRABĂOLOGĂQIJE.
Avec de rargeot.
A dei malheurenz.
En dea tempa heureux.
Sans argenL
Sanejbrtune.
Sans pasiioni.
Pour ds lâargent
Par des fripons. '
Dans des priions.
Sans amli. '
Sans lumiĂšres.
Sans esprit
NÂź XCIV.
EMPLOI DE lâArticle avec les noms propres.
Lâaveugle dâĂĂźbioa lui doit (Ă la religion) son beau
délire ;
Lâaigle de Meaux sa fdĂčdfĂ© ! Ăšt le fossĂ© sa lyre.
(Soumet.)
Ăn a fait, sous son nom, verser.la ChampmeslĂ«.
(Boileau.)
Nous avons,vu,Ă la fois Ă la tĂȘte des escadrons imÂŹ
périaux Us Marat, les Lassalle, les Kelïermann,
les Montorun,
, Les ouvrages des CoĂźlins, des Tindal ^ des Shaf-
teshury, des Rolingbroke , afllchaient. le plus spiriÂŹ
tuel et quelquefois le jilus çoupableâmĂ©pris des lois
austÚres dé là religion ét dë la inorale.
(VlLLEMAlN.)
Quarid le Poussin a voulu faire un tableau dĂŒ dé
luge univĂ©rsel, Ă nâa reprĂ©sente quâimĂš famillĂ©.^^ ,
(Bernardin de St-Pibrre.)
, i, I. I « I (
Errant et proscrit^ ïe Dante flétrissait avec énergie
les vices des papes et des princes.
(yiLLKĂ lAIN.)
IL
Que de héros ! Je crois entendre dans AthÚnes,
Discourir les Platons, tonner les DĂ©mosihĂšhĂȘs'.
(L. RĂcĂŻSik.) â
Contemplez ces armets, ces casques, ces ouissĂ rds
Des Nemours, des Clissons,des Couds, des Rayards.
(Delille.) .
- ( 1B3 )
Ce qĂŒil y a de certain, câest que les plus savants
des homines, les Socrate, les Platon, les Newton
ont été aussi les plus religieux.
(BEfiNARDlN DK St-PiERRB.)
Les PlĂ lpn, hesĂyihagorĂ© ĂźiĂ© se trbuvĂ«ht plus; â
ou, sâil Ăż en Ăą, câest bien loin de nous.
(J.-J. RoDĂ sEĂu;)
Vit-on les Duguesclins, les Nemours, les Boyards,
De VlncFéduUté suivre les étendards P
(Soumet.)
, âą F ,
Les GéÚr, lÚs Béaumur ont décrit ce's merveilles.
Et le chantre dâĂuguste a chantĂŽ les abeilles.
(Deulls.)
m.
i,
H est lĂ des tyrans^ des rainistres cruels, .
Et des Solons d'un jour qĂŒon proclame immortels.
. (Michaud.)
Il est dans nos hameaux des Socrates champĂȘtres.
(L.-P. Lombard.)
Le désir de la gloire enfante les Socrates, ,, ^
(L. Racine.)
oh pĂ©ut, donc lâexpliquer par ce livre qditorĂąble, .
Aux PlĂ ĂŻĂŽnscomme Ă moi, lâĂ©higmĂ© Ăźhcohceviabio
I (L. Racine.) -
Ici, nos ElzĂ©virs ont fixĂ© la pensĂ©e. (MâÂź Tastu.)
De mĂȘme que tous les conquĂ©rants sont devenus
des Alexandres, tous les tyrans, ont hérité du nom
dé Néron. (CnATHAOBRiANn.)
Bieii qiie les noms propres soient dĂ©terminĂ©s par Ă©ĂŒx-niĂ©mes et quâils rejettent par
consĂ©quent toute espĂšce dâadjectif dĂ©lerminaiif, on voit cependant,
1Âź Quâil y en a plusieurs qui, venant de langues Ă©trangĂšres; et principalement de.
lâitaliĂšri, ddmettĂ©ht devant Ă«ĂŒx rarticlĂ©; tels sont ceux de l«à premiĂšre sĂ©riĂ©.
' ' .. â i,.' ...
2° Que souvent les poĂštes et les prosateurs, emportĂ©s, pour ainsi dire, hors dâeux-
iriĂȘmes par un mouvement oratoire, et-voulant donner Ă leun expression plus de force,
plus dâĂ©nergie, emploient rarlicie pluriel les, lors mĂȘme quâil ne sâagit qĂŒe dâune
seule peisonne, comme dans les exemples de la deuxiÚme série.
3° Que toutes les fois quâun noin propre est employĂ© par antonomase ; câest-Ă -dire
pour un nom commun, et Ă lâeffet de dĂ©signer des individus semblables Ă ceux dont
on énonce le nom, il faut faire usage de rarlicie pluriel les, ainsi qué dans la troi
siÚme série. ' . ,
On se permettait autrefois de mettre lâarticle devant le nom propre des actrices SurÂŹ
tout : la CampmĂȘlĂ© ; cette façon de parler nâest plus que bassement populaire;
4 ?.. - if V .
EXERCiCĂ PHRASĂOLOGIQVE.
Le Dante, t,
Le Camoéoi.
Le CorrĂšge.
La Ducbeinoia.
Le ĂŽoerchin.
Le Titien.
Le Bernin,
Le lĂDtoreL
Z.ei Voltdire.
Les Roucsean.
Les Milton.
Les BuIToq.
Lm SĂŽiij-' '
Les Bayard.
Le» Torùnoe:
Les JeĂ o-fiut
xcv.
DE LA SUPPRESSION DE LâARTICLE DANS CERTAINES PHRASES.
I.
Mieux vaut powjat debout quâempereur enterrĂ©.
(La Fontaine.)
âą 1 4 , l , ' , .
Pour moi je préfÚre
Laideur affable Ă beautĂ© rude et ĂŒĂšre.
(Voltaire.)
Méfiance est toujours mÚre de sûreté.
(Fabre dâEglantine.)
Ă geris dâhonneur promesse vaut serment,
^ (Voltaire*)
Patience
Font plus que force ni que rage,
(La FontawĂȘ.)
Tmmte nâest pas prudence. (Rioaud.)
( 184 y
H.
Justice, équité, providence J vains mots dont on
nous abuse. . (P.-L. Courier.)
Tombeaux, trĂŽnes, palais, tout pĂ©rit, tout sâĂ©croule.
(Dbullk.)
Centurions et soldats, chacun murmurait contre
lés ordres du général. (Vbrtot.)
Serments, romans, physique, ode , histoire, opéra.
Chacun peut tout écrire ; et siffle qui voudra.
(Voltaire.)
Ftet'UarĂąi, hommes, enfants, tous vouliaient me
voir. (Montesquieu.)
Secrétaire, greffier, procureur ni sergent,'
Nâont jamais pu, dit-on, tenir contre lâargent.
. . (Campistron.)
m.
Flatteuse illusion / doux oubli de nos peines I
Oh ! qui pourrait compter les heureux que tu fais P
(Collin-DâHarlkville.)
Mortels, tout doit périr, et tout a son trépas!
(Delille.)
Fureuraccumuler,, monstre de qui les yeux
Regardent comme un pointtous les bienfaits des dieux,
Te combattrais-je en vain sans cesse en cet ouvrage ?
(La Fontaine.)
Fortune des hĂ©ros, ce nâest pas sur les cĆurs
Que l'on te vĂźt toqjours mesurer tes faveurs.
(Crébillon.)
France, en les divisant, on perd tous tes héros.
(De Belloy.)
Bois,prĂ©s, fontaine, fleurs, qui voyez mon teintblĂȘme,
Si vous ne leâ savez, je vous apprends que jâaime.
(MoliĂšre.)
On voit qu'on supprime Tarticle, 4Âź dans certaines phrases sentencieuses ou proÂŹ
verbiales; 2Ÿ dans les énumérations, à cause du besoin de s'exprimer avec le plus de
rapiditĂ© et de concision possible; 3Âź dans les circonstances oĂč Ton apostrophe les
personnes ou les choses. '
. On ne saurait nier que, dans certains cas, les langues qui ont des articles ne Tem-
porient, pour la.clarté et la précision, sur celles qui en sont dépourvues. 11 faut
avouer aussi que souvent la langue française les prodigue jusqĂŒĂ la satiĂ©tĂ©; et cet atÂŹ
tirail d'articles et de prépositions qui accompagne presque tous nos mots, rend sou
vent la marche du discours traĂźnante et pĂ©nible. Dans le style familier, oĂč Ton se
' permet quelquefois de les supprimer, nous ne voyons pas que cela nuise à la clarté, .
et souvent Texpression y gagne de la grùce et de la vivacité. La Fontaine, entre autres,
en offre une infinitĂ©â d'exemples :
Esb-ce la mode
Que baudet aille Ă Taise et meunier sâincommode ?
Bon appĂ©tit surtout, renards nâen manquent point.
Dans la plupart des proverbes et des façons de parler populaires, comme dans ces
phrases : pauvretĂ© n'est pas vice, â contentement passe richesse, â plus fait douceur que vioÂŹ
lence, etc., qu'on essaie de mettre des articles, et Ton verra comme elles perdront de
leur Ă©nergie, comme elles paraĂźtront traĂźnantes et embarrassĂ©es sans ĂȘtre plus claires.
C'est que Thomme du peuple, uniquement occupĂ© dâexprimer vivement et clairement
ce qĂŒil pense et ce qĂŒil sent, nâest point arrĂȘtĂ© par ce respect superstitieux de Tusa'ge
qui enchaĂźne la plume de lâĂ©crivain.
( 185 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
I.
#rxiTreté n'eit pm vice.
Uomcni'S , fcmniui, enratiti, tout pérßt.
Citoyen», que la concorde rign« entre vous.
II.
111.
Charité bien ordonqée commence par aoi-méme.
Honneur», chargea, justice te vendaient à NInWe.
Femmes , voiuĂȘte» de» divinitĂ©s sur la terre.
N" XCVI.
SUPPRESSION DE LâaRTICLE QUAND LES SUBSTANTIFS SONT LIĂS AUX VERBES,
Jâai pitiĂ©, Ibben, de l'extravagance humaine.
(Montesquieu.)
0âune esclave orgueilleuse on sait dper utfnj/eance, ,
Et Ton y sait de plus rĂ©primer lâinĂšolence.
(Regnard.)
M. de ChoĂźseul a eu beaucoup* d'amis et beaucoup
dâennemis ; peut-ĂȘtre que lĂ©s uns et les autres lui
font honneur, * p«TTr.r.rt,,>c \
(De Boufflers.)
, Combien de gens dans la vie
Se conduisent en fous, et qui parlent raison !
(Imbert.)
Quelquefois on a peine Ă surmonter, la honte.
(Corneille.)
Vous le voulez, madame, et je vous ferais tort.
Si je m'intéressais plus que vous à son sort,
(Regnard.)
-NoMs ferons tĂȘte Ă tout et de cette aventure
Je conçois dans mon cĆur un favorable augure.
(Id,)
Gens debien^ qui souffrez un peu trop sur la terre,
Cherchez dans le travail remĂšde Ă la misĂšre,
Et ne vous lassez point de votre probité.
(Dblabouthj^.)
Mais en bomme au-dessus des vulgaires mortels,
'Prends'conseil de la gloire, et choisis ses autels.
(Chatraubriand.)
Quel plaisir ont les rois de pouvoir faire grĂące !
(BoĂŒrsault.)
Dans les locutions telles que avoir pitiĂ©, faire tort, ĂŒrer vengeance, avoir peine, parler
raison, etc., les substantifs restent indéterminés, parce qu'ils sont si étroitement liés
auxiverbes, qu'ils forment avec eux un sens absolu, une expression verbale. Ces loÂŹ
cutions sont en trĂšs grand nombre. '
Demander raison.
Demander grĂące
Tenir tĂšte.
Faire fortune.
Avoir faim.
User d'adrcise.'
Payer de front.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
Rendre raiion.
Rendre grĂące.
Avoir horreur.
Chercher fortune.
Avoir soif.
Agir de ruse, .
Payer de mine.
Avoir raison.
Avoir tort.
Prendre courage.
Faire bonne cbĂšrt'.
Etre en peint'.
Etre en crédit.
Se Caire gloire de...
Donner raison.
Donner tort.
Perdre courage.
Faire affront.
Prendre soin.
Imputer & crinio.
Tirror parti de...'
24
-, X
( <86 )
ENTENDRE RAILLERIE, ENTENDRE LA RAILLERIE, ETC^
AVEC lâarticlĂȘ. sans lâarticlh,
n y aune sorte de politesse qui est nĂ©cessaire dans J'ai oui dire qĂŒen Espagne et en Italie Ă y a do â
le commerce des honnĂȘtes gens ; elle leur fait entĂ©nr certains dervis qui nâentendent point raillerie, et qui
drs la raillerie, et elle les empĂȘche dâctre chocjuĂ©s font brĂ»ler un homme comme dĂš*la'paille,
et de choquer les autres par do certaines façons de ' (Montesquieu.)
parler. {La Kochefoucauli).)
Si les hommes se quittaient et 'se fuyaient Jes uns Je demandai raison dâun acte si perfide;
les autres il faudrait en demander la raison. (Doilbao.)
(Montesquieu.) I
Le sens de certaines phrases change quelquefois entiĂšrement par Temploi ou. par la .
suppression tiĂ« Tariiplc, nihsi : Ă©htehdrĂšla raillerie', câĂȘst Ă©hiĂ«ndrĂš Tart dĂš railIĂ«F, câest
savoir railler; entendre raillerie, câest savoir supporter la raillerie, câest ne sâen point
fĂącher : demander raisĂŽn dâune chose, câest en demander jtstice; mais demander la raiÂŹ
son dâĂŒriĂ« chose, câĂ«st Ă«ii demahder la cause.
ĂXEneitE PilIUS'ĂOLOGfQVE.
KntelidÂź rbtll.ârie. i ij Entendre la raillerie. OfiĂźcier de ppiiĂźe. Oflieier du gĂ©nie.
Toute maiiou eat occupĂ©e. Toute Ja mai»ou «»L occupĂ©e. Homme d'Ă©tat. Uomme de l'Ă©tit. â
OBSERVATIONS PARTICULIĂRES.
l *
Dans la Graihmaire des Grammaires on trouve les remarques suivantes :
« 4Ÿ LÚù hdiris né prennent pas Tarticle.... quand ils sont sous le régime de U pré
position eh. » ' . -
Oui, lorsquâils sdht pris iridĂ©ierminĂ©ment; mais quand ils sont suivis de mots comÂŹ
plémentaires, ils prennent Tarticle :
Jâose pourtant vous dire , en VĂ©tat oĂč je suis ^
Peut-ĂȘtre assez dâhonneur environnait ma vie. (Roc., Iph. IV, 4.)
« 2Ÿ Les noms Úohxmuns sont sans article... avec ni... avec redoublé... ùvëc
jamais. » ^ .
Tout cela est faux quand les substantifs sont déterminés : Jamais ni le souffle empesté
du midi.... ni le rigoureux aquilon, 7i'ont osé effacer les vives couleurs qui ornent ce jardin.
(Fénelon, TélÚm.lW.)
Quelquefois il arrive qu'une période exprime soit L'exclamation, soit l'interrogation.
(Gram. des Gram., p. 4400â3.)
« 3Âź- AprĂšs tout : tout alors pouvait ĂȘtre embĂ»che. »
Mais tout, dans cette phrase, est substantif, et Tarticle ne se met jamais aprĂšs le
nom. On dit aussi tout le monde, quoique tout soit adjectif. Ce nâest que devant toux
adjectif indéfini que Tarticle se supprime. '
. < 187 )
4 »
CHAPITRĂ III.
ĂĂĂ L'ADJECtlF.
Nâ XCVIII.
ri* SERIE.
L'astre brillant du jour gouverne les saisons.
% (Rosset.)
Les Ăąmes faibles sont cruelles. - ,
(Fr. de Neufchateau.) '
Partout sont de beaux champs quâĂ©clatrent de beaux
cieux. (Delille.)
Lesaule aime une eau vive, etl'à iiiie uné eau dormante,
Rliétie, on vahie ad loin tes vins deVcieux* , ,
(ri.)
Jâaime des hivers secs et des Ă©tĂ©s humides,
m
, 2* SĂRIE.
Chassez ces intrigants dont lâaspect m'importane.
(Mollevaut.)
Pour un ùne enlevé deux voleurs se battaient.
(La Fontaine.)
Chaque animal excelle dans son art.
(Delille.)
Nul bien sans ndid, tiĂŒi plaisir sans mĂ©idrigĂ«.
(La Fontaine.)
Aucun chemin de flĂȘurĂ hĂš conĂźillit Ă Lk gloire.
. \U:)
i !
Quel tableau ravissant présentent les campagnes !
(bELlLLĂ.j
Lorsqu'on nĂŽĂŒs montre bu qliĂ© hoiis apercevons un objet qĂŒĂ©lcohqĂŒĂ«, ribds voyons
en mĂȘme temps : iÂź quelle eri est la forme, s'il est long 6a fond ; 2Âź quelle en est la couÂŹ
leur, sâil est noir qu blanc, rouge ou vert; 3Âź quelle en est la taille, s'il est grand ou petit.
Nous pbĂŒvdns donc dire : Cette table est longue ; cette table âeĂ i ĂźidikE ; cet eĂfĂ flj est
grand; cet enfant est petit. Ces mots longue, noire', expriment chacun une maniĂšre
d'ĂȘtre, une qualitĂ© de la table; de mĂŽme que grande petite sont signes dâune maniĂšre
dâĂȘtre; d'une qualitĂ© de l'enfant. .
Eh Ă©xĂ hiihant les mĂȘhiÚà objets; nous dĂ©couvrbris en eux beaucoup dâautres maÂŹ
niĂšres dâĂȘtre, dâĂąĂŒires qualitĂ©s^ ainsi ime table peut ĂȘtre neuve ou vieĂźllĂš, hĂ ute ĂŽii
basse, commode ou incommode; un enfant peut ĂȘtre beau ou laid, bon oxx mĂ©chant, stuÂŹ
dieux ou paresseux, caressant on rusé, exc.
Comparez les mots imprimĂ©s en italique dans les dĂ©ĂŒx sĂ©riĂšS dâĂȘxĂ©mples'qiiĂ« hdiis
avons citĂ©es, et vous remarquerez quâils djouient IbĂŒs Ă lâidéÚ ides objets auxquels
ils sont unis, soit une idée de qualité, soit une idée de détermination appropriée aux
diffĂ©rentes maniĂšres dâĂȘtre sous lesquelles nous considĂ©rons ces objets.
En effet, quand nous disons : habit bleu, °vert, neuf, usé; mon habit; cet habit; les
mots bleu, vert, neuf, usĂ©, vfion, cet, expriment certaines qualitĂ©s ou maniĂšres dâĂȘtre
de lâobjet habit, comme celle dâĂȘtre bleu, vert, neuf, usĂ© (habit bleu, vert, neuf, usĂ©);
dâĂȘtre en ma possession (mon habit); dâĂŽire prĂ©sent Ă mes yeux (cet habit).
Tous les mots qui servent Ă ajouter^ aux signes dâobjets lâidĂ©e dâune qualitĂ© ou d'une
maniĂšre d'ĂȘtre quelconque, d'une dĂ©termination individuelle, sâappellent adjectifs -,
du mot latin adjfcere (ajouter).
Puis, pour distinguer lâidĂ©e particuliĂšre exprimĂ©e par ces deux sortes d'adjectifs; o'n
api^eW^adjecdfs qualificatifs ceux qui ajoutent Ă lâidĂ©e;de lâobjet celle.dâune qualitĂ© qui
lui est propre, comme bon, beau, noble, virginal', doux, tendre, vieux, toiHfu, altien;
hospitalier, timide, sensible, etc. ; et cffijecĂŒfs dĂ©terminaĂŒfs, ceux qui ajoutent Ă lâidĂ©e de
lâobjet celle dâune dĂ©termination particuliĂšre, tels que/e, la, les, quelque, tout, toute,
(188)
chaque, quel, plusieurs, autre, mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses, nul, nulle, nuls,,
nulles, aucun, aucune, aucuns, aucunes, un. deux, trois, quatre, ce, cette, ces, eic.
Nâ XCIX.
*
S
' SUBDIVISIONS DES ADJECTIFS QUALIFICATIFS
1" sĂaiE, â adjectifs qualificatifs proprement
DITS.
Un grand homme commet souvent de grandes fautes.
(Voltaire.)
A leur tĂȘte est le chien, aimable autant quâtifiic^
Superbe ou caressant, courageux, mais docile.
(Delille.)
Une étroite chaumiÚre, antique et délabrée,
Dâun pauvre tisserand Ă©tait Vhumble rĂ©duit.
(Florian.)
Par toi {grand Dieu I ) l'air est seretn et la terre est
féconde, - (Pélisson),
La vertu malheureuse, en ces jours criminels,
Annonce à ma raison des siÚcles étemels. ' '
(Gresset.)
La patience ( est ) inséparable
De la paix, son aimable sĆur.
' * (J.-J. Rousseau.)
Lâhomme laisse vivre les bĂȘtes fĂ©roces et exter- '
mine les castors. (Chateaubriand.)
Le castor est noir, rarement blanc ou brun.
(Jd.)
La femelle est plus grosse que le mĂąle, et son poil
est plus grisĂątre sous le ventre. ' {Id.)
La peau du castor est^ne, sans ĂȘtre chaude.
{Id.)
Les ours sont de trois espÚces en Amérique : Tours
ĂŽrun ou jaune, Tours noir et - Tours blanc. Lâours
brun est petit et frugivore; Ă grimpe aux arbres.
(Id.)
En examinant ces exemples, on voit que le mot homme est qualifié par le mot grand;
fautes par grandes; chien aimable, utile, superbe, etc. ; chaumiÚre par étroite et antique;
tisserand par pauvre; réduit pdx humble; Diewpar grand; air par serein; terre par féconde;
vertu par malheureuse; jourscriminels, etc., etc.
Les mots grand, grandes, aimable, utile, superbe, courageux, docile, étroite, et autres
semblables, servant Ă marquer une qualitĂ© en quelque sorte inhĂ©rente Ă TĂȘtre-ou Ă
Tobjet désigné par le nom auquel ils se rapportent, sont des adjectifs qualificatifs pro
prement dits. Mugissante qualifie mer : mer mugissante; abandonnés qualifie débris : ces
dĂ©bru abandonnĂ©s. Il;en est de mĂȘme de blanchissante, fuyante, tremblante, mourante,
errante, flétrie, perdue, préférée, écloses, etc. Tous ces mots qualifient les substantifs
par un attribut dâĂ©vĂ©nement, câest-Ă -dire par une qualitĂ© accidentelle et survenue, qui
paraĂźt ĂȘtre Teffet dâune action qui se passe ou qui sâest passĂ©e dans la chose. Ils tirent
2« SĂRIE. â ADJECTIFS VERBAUX.
A trave/s deux rochers oĂč ft mer mugissante
Vient briser eri courroux son onde blanchissante,
Dieppe aux yeux du héros offre son heureux port.
(Voltaire.)
Lâun poursuit inutilement.
La fortune toujours fuyante.
(Ducerckau.)
La jeune biche errante sur ce bord,
Entend au loin le son mourant du cor.
(Millkvoyk.)
Tous les hommes vivants sont ici-bas esclaves.
(Régnier.)
Qui peut voir sans effroi ces couches dâossements,
Tous ces débris de Thomme abandonnés aux vents?
â (Lemierre.)
Ses lauriers étaient flétris par ses faiblesses.
(Massillon.)
Ma vengeance est i^erdue, et mes desseins trahis.
(Corneille.)
^La brebis perùwe -était préférée par le bon pasteur
Ă tout le reste du troupeau. (Bossuet.)
Il trouve sous sa main des fleurs toujours écloses.
(Boileau.)
Moi, je suis Ă Paris, triste, pauvre et reclus.
Le chemin est toujours ouvert au repentir.
(Racine.)
( 189 )
leur origine des verbes : mugissant, de mugir; abandonné, à 'abandonner ; blanchissant,
de blanchir; perdue, de perdre, etc. Câest pour ce motif quâon les appelle adjectifs «er-
baux, câest-Ă -dire adjectifs dĂ©rivĂ©s de verbes (1).
EXERCICE ANALYTIQĂE
( Distingaer les adjectifs qualificatifs des adjectifs verbaux. )
Des bouleaux ggĂŒes parles brises, et dispersĂ©s çĂ
et lĂ dans la savane, formaient des Ăźles dâombres
(louantes sur une mer imrnense de lumiĂšre.
* '* (ChateaubrianDo)
[/homme sage met sa confiance en Dieu
La véritable sagesse.réside en Dieu.
Regardez ces débris dispersés par les vents :
Croyez-vous tous ces morts étrangers aux vivants?
Non : dâun tendre intĂ©rĂȘt sources toujours fĂ©condes,
Les tombeaux sontploceVaux confins des deux mondes..
(Delille.)
Ses lambeaux, dĂ©chirĂ©s par lâaile de Taurore,
Flottent livrĂ©s aux vents dans lâorient vermeil.
(Lamartine.)
NÂź C.
'
DU GENRĂ ET DU NOMBRE DANS LES ADJECTIFS.
If* SERIE. â MASCULIN..
Lâhomme, image dâun Dieu seul bon et seul aimable.
(Boileau.)
Son cou était plus blanc que la neige.
(Fénelon.)
tâ SĂRIE. â SINGULIER.
Que Dieu est bon ! que sa miséricorde est éternelle.
. * (Bossuet.)
Lâauteur chez qui lâon dĂźne est sĂ»r d'un beau succĂšs.
(Cas. Delavigne.) .
2* sĂ©rie. .â FĂMININ.
Bonne action , dit-on, a toujours son salaire.
(Ricaud.)
/ Quand deux hommes voient de la neige, ils affirment
quâelle est blanche. (Pascal.)
2Âź SĂRIE. â PLURIEL.
Nous devons suivre les tons exemples de nos pĂšres.
( (Bossuet.)
MĂ©nageons FamitiĂ©, mĂȘme dans nos beaux jours.
(Do Tremblay.)
La distinction que Ton avait faite des substantifs en masculins et on féminins, singu
liers et pluriels, devait nĂ©cessairement sâappliquer aussi aux adjectifs. Le bon sens
lâexigeait, autrement on n'aurait pas su si Ton parlait du mĂąle ou de femelle, d'un ou
de plusieurs.
En vertu de ce principe qĂŒe Tadjectif et ie nom pris*ensemble ne prĂ©sentent Ă TesÂŹ
prit qĂŒun seul et mĂȘme objet, ils doivent donc Tun et Tautre avoir les mĂȘmes signes
de vues particuliĂšres sous lesquelles on considĂšre la chose qualifiĂ©e; câest-Ă -dire qĂŒe
Tadjectif doit emprunter le genre et le nombre du substantif avec lequel il est en rapÂŹ
port. Câest ce quâon appelle concordance ou accord de Tadjectif avec le nom, accord
fondé sur Tidentilé.physique du premier de ces mots avec le second.
Le substantif nâest, Ă l'exception dâun petit.nombre de mots, que dâun seul genre.
(1) Les grammairiens les appellent aussi participes, parce que ces mots participent Ă la fois de la nature
du verbe et de lâadjectif ; mais câest Ă tort quâils en ont fait un des Ă©lĂ©ments essentiels du discours. La classe
des adjectifs qualificatifs doft renfermer au nombre de ses espĂšces le participe , attendu que le participe nâexÂŹ
prime, comme Tadjectif, quâune qualitĂ©, quâune maniĂšre dâĂ©tre du sujet, et que, comme Tadjectif, il rempbt
les fonctions dâattribut ou- se joint immĂ©diatement aumom ; sâil sâen distingue, c'est parce que Tadjectif proÂŹ
prement dit exprime une qualité comme inhérente à une substance ou comme permanente, tandis que le par
ticipe exprime on Ă©tat, une maniĂšre dâĂȘtre transitoire, et causĂ©e par quelque action Ă©trangĂšre. '
Lâadjectif, au contraire, exprimant la qualjlĂ© de Tobjet dĂ©signĂ© par le subsiaptif, doit
ĂȘtre susceptible des deux genres : le masculin et fĂ©minin; il faut donc quâil en (;§YĂȘle
' la forme.
Aussi voyons-nous, dans les exemples cités plus haut, que les adjectifs masculins
bon; blanc, beau, se sont changés en bonne, blanche, belle, pour se mettre en rapport
avec les substantifs fĂ©minins quâilç accompagnent
La variété des terminaisons que cette loi rend nécessaire, contribue singuliÚremenl
Ă rbannonie du langage :
Un jour seul ne fait pas dâun mortel vertueux â
Un perfide assassinun lĂąche incestueux, etc.
Et ! qui, voyant un jour la douleur vertueuse
De PhÚdre /malgré soi coupable, incestueuse, eie.
(Racinb.)
On reproche, avec raison, à notre langue une trop grande uniformité dans la termi
naison de ses adjectifs au fĂ©minin, ou plutĂŽt une vĂ©ritable monotonie; câest toujours
le son eu qui revient, et ce son nâest pas par lui^ĂȘme trĂšs agrĂ©able. Câest, je crois,
ce qui a donné lieu à la rÚgle que suiyenf nos poÚtes, dé mettre alternativement deux
rimes masculines aprÚs deux rimes féminines : Tart en est devenu plus difficile, et
nos grands Ă©crivains en sont plus admirables dâavoir produit des chefs-dâĆuvre si parÂŹ
faits avec des moyens aussi bornés.^
N" CL
FORMATION DĂŒ FĂMININ DANS LES ADJECTIFS,
t'* SERIE. â MASCULIN.
AprĂšs un bon repas le sommeil profond.
(Agniel.)
ĂŒn ami vrat souvent peut guĂ©rir bien des maux.
â (Desforges.)
Lâhomme civil naĂźt, vit et meurt dans lâesclavage.
(J.-J. Rousseau.)
Un pauvre qui sollicite est presque, toujours m-
poftum ââ â ' * (FlĂ©chier.)
Le roi Charles XII Ă©tait dâautant plus allier quâil
Ă©^t-pn?lhe,u,Ăźeu^Ăź. (Yoi-TAiRB.),
Lâamour, soleil divin, peut dorer dâun fen par
Le nuage errant de la vie. (V. Hugo.)
Rien ne contribue tant à la perte de lq réputation
dâune femme quâun air mrfecertf. â '
âą â (MÂź? de Puysieux.)
t â
Jâapc^ßçpis^ danç les corps ijeux sortes de rnouve-
ments , skyoii; : moûyemçnt cqgimuniqqé et rnouve-
' ment jpontĂ ncâou yolontaire.
(J.-J. Rousseau.)
2Âź SĂRIE. â FĂMININ.
La douleur la plus vraie, la plus profonde a,
cpmmq lĂ ĂŒĂšvre, ses intermittence^. -
(bs Chabanon.)
4.
La vraie dévotion est tolérante comme la vraiq
philosophie. ' ' ' (kficuR.)
La guerre civile est le rĂšgne du crĂźmĂȘ.
(P. CORNHILLĂ.)
Hélas I aux gens heureux la plainte importune.
â (CnĂNlEB.)
LĂšve, JĂ©rusalem, lĂšve ta tĂȘte Ă ltiĂšre;
Regarde, tous ces rois de ta, gloire étonnés.
(R4ci;ie.)
Tel en un secret vallon,
' Sur le bord dâune onde pure.
CroĂźt, Ă lâabri de lâaquilon,
Un jeune lis, lâamour de la nature.
(Racine.)
La raillerie est toujours t'firfecenfc.
(MÂź> DE PUYS.IEUX.)
Si là génération spontanée des animalcules était
rĂ©/lle, pourquoi nâen serait-il pas de mĂȘme des oiÂŹ
seaux , des poissons, des animaux Ăź' Quâimporte le
volume Ă la nature P (Boiste.)
J
( 191 )
Dâun discours ambigu craignez la perfidie.
â ââ '* V (Ănonymh.)
Câest Ă regret quâon voit cet auteur si charmant,
Chez toi toujours cherchant quelque finesse digue.
PrĂ©senter au lecteur sa pensĂ©e ambiguĂ«. â
(Boilbau.)
Tous les adjectifs, quelle qĂŒen puisse ĂȘtre dâailleurs la terminaison, forment,
comme on le voit, leur fĂ©minin en prenant seulement un e muet. Câest ainsi que potĂŻ
{'dit polie; grand, grande, etc.
Toutes les exceptions que peut souffrir celte rÚgle, seront traitées dans les numéros
suivants : '
OBSERVATIONS PARTICULIĂRES.
1Ÿ Dans le féminin des adjectifs terminés en er, comme aider, étranger, amer, léger,
on marque dâun accent grave Ve qui prĂ©cĂšde la lettre r : AltiĂšre, Ă©trangĂšre, amĂšre, /Ă©-
gĂšre, etc.
2° On surmonte dâun trĂ©rna Ve quâon ajoute au fĂ©minin des adjectifs terminĂ©s en gu.
âExemples ; Aigu, aigu'Ă©; ambigu, ambiguĂ«; exigu, exiguĂ«; contĂŻgu, contiguĂ«, etc.
3° Dù et çrw"perdent Vaccent circonflexe au féminin ; Cette somme est due; cette ri
viĂšre est CRUE. .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE:
MASCULIN.
ĂD rĂȘve charmant.
Un air commum
Uu son clair.
Un tempérament délicat
Un deruier loupir.
Un accÚs instantané U;
FEMTNl^.
Une comédie charma tßle.
Une tournure commune.
Une eau rlaire.
Une santé délicate.
Une derniĂšre plainte.
Une colÚre iiistantaiiéc.
'*1 - f, 1 p
MASCULIN.
ĂJn maurais eicmple;
Un rang.obscur. .
Un accent aigu.
Un discours ambigu. ,
Un Ta tu'son gt.
. Un Trai saTtinL
FEMININ.
Une mauTsise aUdIrĂš.
Une chambre obscure.
Une douleur aiguë.
Une réponse ambigup
Pns vaine glolra.
La Vraie religion"
t. '
N*' CII.
FĂMININ DES ADJp^TpS TEimiNĂ^ UN e MUET.
1« s'krie.
MASCULIN,
Rien n est si dangereux quâun ignorant ami,
Mieux vaudrait an .sage ennemi. - ,
(La Fontaine.)
f
Le véritable esprit doit avoir les qualités du (fla
mant , U doit ĂȘtre brillant et solide. '
(Marin.)
Lâennemt le plus terrible est celui qui parle le
moins. âą ' (JaĂŒffret.)
2e SĂRIE. â FĂMININ.
a
Une SAGE politique conseille toujours la clémence.
(i?éûPS-)
âŠ
Sau3 lâestime il ĂŒest point de solide amitiĂ©.
(Demoustieb.)
0 ! des vertus derniĂšre amie,
Toi ĂŻ qĂŒon ypp(lrait en vain Ă©viter ou tromper,
Conscience terrible, on ne fieut tâĂ©chapper.
(Florian.)
(1) On trouve dans quelques auteurs les adjectifs étkéré, igné, instantané, momentané, spontané, simul
tané avec deux E au masculin comine au féminin; mais quelques grammairiens maintenant ne laissent ces
deux E quâau seul mot simultanĂ©, distinction puĂ©rile qĂŒaucun motif ne justifie. Nous pensons quâil est mieux
d Ă©crire cet adjectif par un seul jE, comnie sâĂ©crivent les autres. La mcnie observation doit sâappĂźjquer au.x qçlr-
jecĂŒfs cĂ©tacĂ©, testacĂ©, crustacĂ©. Lâillustre Cuvier, Ă©crivain aussi pur quâĂ©lĂ©gant, nâĂ©crivait jamais autrement que
les animaux cétacés, testacks, crustacés, et non céiacées, testacées, crustacees.
( 192 )
LâavcmV sĂ©vĂšre , inexorable,
Juge Ă son tour des rois les arrĂȘts absolus.
(Soumet.)
Les maux sont Ici-bas, les biens sont dans les cieux;
LĂ disparaĂźt enfin lâorgneil du rang suprĂȘme.
(Ghénier.)
HĂ©las ! Ă sâenflammer la passion la plus lente,
Dans une ùme sévÚre en est plus violente.
(De Belloy.) >
.... Si jâai bien conçu Vautorißé suprĂȘme.
Un monarque, un hĂ©ros, dĂ©jĂ grand par lui-mĂȘme.
Devient plus grand encore en sachant pardonner.
(Ghénier.)
Les adjectifs qui se terminent par un e muet, sâemploient, pour les deux genres, sans
''subir le plus léger changement : un homme aimable, tme/emßnc aimable.
Ainsi, ce nâest que le nom auquel se rapportent les adjectifs de cette terminaison ,
qui puisse en faire connaĂźtre le genre.
EXEnCTCE PHRASĂOLOGIQĂE.
MASCULIN.
Un air agréable.
Un homme biĂŻarre.
Un prince barbare.
Uu regard céleste.
Un auteur comique.
Un cheval docile.
Un double visage.
Ud «nii fidÚle.
FĂMININ.
Une voix agréable.
Une femme bizarre.
Une nation barbare.
Une bonté céleste.
Une piĂšce eomique.
Une écoliÚre docile.
Une fleur double.
Une épouse fidÚle.
Masculin.
Un sang ĂŒluatre.
Un jeune homme.
Un peuple libre.
Un regard modeste.
Un mérite médiocre.
Un roi magnanime.
Un noble courage.
Un esprit superbe.
FEMININ
ĂŒne naissance illustre.
Une jeune personne
Une volonté libre.
Une beauté modeste.
Une fortune médiocre.
Une reine magnanime.
Une noble candeur.
Une maison luporbe.
EXCEPTIONS.
Crois-tu quâil soit permis
DâĂȘtre injuste, InfidĂšle et traĂźtre h ses amis?
(Voltaire.)
Et s'il nâest pas en nous, Satan, toujours vainqueur,
Ne demeure-t-il pas maĂźtre de notre cĆur ? '
(Boileau.)
Il nâest pas si diable qnâil est noir.
(Académie.)
Que ne sait point ourdir une langue traĂźtresse
Par sa pernicieuse adresse?
(La Fontaine.)
Cette ville autrefois maĂźtresse de la terre^
Rome, qui par le fer et le droit de la guerre,
Domina si long-temps sur toute nation,
Rome domine encor par la religion,
(Racine.)
Je veux une vertu qui ne soit pas diablesse.
(MoliĂšre.)
Comme on vient de le voir, les adjectifs terminés'par un e muet souffrent quelques
exceptions ; mais, pour ne pas répéter ce qui a été dit a ce sujet, au chapitre des subs
tantifs , nous renvoyons nos lecteurs Ă la page 31 de cet ouvrage.
Ils y trouveront des,observations importantes et de nombreux exemples.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Un ami tndtra. on« fima tnltrene.
Vb mari maltrv, noa Mirante moltretse.
Un enfant diable, une femme diablesse.
FEMININ DES ADJECTIFS TERMINĂS EN X.
\ â
1" SĂRIE. â MASCULIN.
Un ami âŠnaĂŻAeurewx est plus propre quâun auĂŒ*c Ă
soulager les peines que nous éprouvons. -
(Fénelon.)
2* SĂRIE. â FĂMININ.
Lâavarice est la plus vile, mais non la plus maĂźheu
reusc de nos passions. (Duclos.)
( <98)
Partout la jalousie'est un ĂȘtre odieux.
(MoliĂšre.)
Des deux surleurs gonds dâor sâouvrent les vastes portes,
Et rendent en sâouvrant des sons harmonieux;
Les célestes concerts sont moins mélodieux.
(Delille*
Lâaccord de Jâamour et de lâinnocence semble ĂȘtre
le paradis de laâterre; câest le bonheur le plus doux
et Tétat le plus délicieux de la vie.
(J.-J. Rousseau.)
Un sot nâest quâennuyeux ; un , pĂ©dant est insupÂŹ
portable, (Napoléon.)
J SaĂŒl est impie, il devient superstitieux; destin
'assez ordinaire *aux incrédules. (Massillon.) '
Lâhomme public nâest point vertueux, sâil nâa'que
les vertus de Thomme privé. (/d.)
... De tout vĆu forcĂ© la chaĂźne est odieuse.
, ^ , {La Harpe.)
Dans le .monde Thomme ne trouve pas de voix plus
harmonieuse que celle qui chante ses louanges.
. ^ (Fontenelle.) <
Quelle condition vous paraĂźt la plus deHcieuse et
la plus libre, ou du berger oĂŒ des brebis ?
(La BRĂYKREi)
Enfin tâai-je dĂ©peint la superstitieuse.
La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse,
Celle qui de son chat fait son seul entretien,
Celle qui toujours parlé et ne dit jamais rien?
U en est des milliers..
(Boileau.J
Une famille vertueuse est un vaisseau tenu penÂŹ
dant la tempĂȘte par deux ancres : la religion et les
mĆurs. ' (Montesquieu.)
Le féminin des adjectifs terminés par la syllabe eux se forme en changeant la lettre
X en se: Heureux, heureuse; odieux, odieuse. '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE. -
MASCULIN.
Ub eĆur TerUieuz.
Va aoteor orgueillenz.
Vii ami malheurauz.
Ăa coaquĂ©raot andacieui.
Cd coDsail dangereux.
Ud ĂȘtre odieux.
FEMININ. '
Doe épouse vertueuse.
Voe réponse orgueilleuse.
Une Biisteoce malheureuse.
Une politique ambitieuse.
Une société dangereuse.
Une sévérité odieuse.
; MASCULIN.
Un mari soupçonneux.
Un air harmonieux.
Un exemple ceolagieux
Un soldat ennuyeux.
Un rival généreux.
Ud enfant vicieux.
FEMININ. .
Une Dme soupçonneuse.
Une voix harmomeuse.
Une maladie contagieuse.
Une armée courageuse.
Une conduite généreuse.
Une lot vicieuse.
FĂMININ DES ADJECTIFS TERMINĂS PAR f.
1â SĂRIE. MASCULIN,
Ce nâest point un grand avantage dâavoir Tesprit
vif, si on ne Ta juste; la perfection dâune pendule
nâest pas dâaller vite, mais dâĂȘtre rĂ©glĂ©e.
(VaĂŒvenargues.)
Interrogeons le peuple ailé des airs, le peuple muet
des ondes, le peuple fugitif de?, forĂȘts et des rochers;
tous sc montrent sensibles Ă Tharmonie.
(Gresset.)
Un cheval naturellement hargneux, ombrageux,
rĂ©tif, produit des poulains qui ont le mĂȘme naturel.
(Buffon.) âą
Son pÚre resté veuf chercha fortune aux ßles ;
Uortense, loin de lui, coulait des jours tranquilles. *
(Dklavigne.)
Il faut parler, il faut, monsieur le comte,
Vous expliquer nettement sur mon compte ;
NI vous, ni moi nâavons un cĆur tout neuf.
(Voltaire.)
2* SĂRIE. â FEMININ. â
«
Lâamour est un tourment; moins vive et plus sensible.
LâamitiĂ© dans nos cĆurs verse un bonheur paisible.
(Dbmoustier.)
** Quelle voix salutaire ordonne que je vive,
Et rappelle en mon seHv mon Ăąme fugitive ?
(Racine.)
Mais je voudrais, dans ces nouveaux adeptes,
Voii* une humeur moins rétive aux préceptes
Qui du théùtre ont établi la loi.
(J.-B. Rousseau.)
NâĂ©levez point TĂ©chafaud sur'la maison du criminel;
quelle part ont Ă son crime sa veuve et ses orphelins?
(Boiste.)
Le gĂ©nie est le don dâinventer et d'exĂ©cuter dâune
maniĂšre neuve, originale et qui paraisse sinon tout
^dĂ©passer, du moins sâĂ©galer à «e quâil y a de plus
grand. (Lacbbteixe.'â'
25
(194)
Tout adjectif qui se termine au masculin par un / change au féminin cette finale et
s ^ ' t * * ^
ve : craintif, craintive; veuf, veûvé, étc. On écrivait autrefois vÚdfvÚ, etc; (4).
< :
MASCULIN.
ĂD OTen naĂŻF.
ĂD accent plaintif.
Ud enfant craintif.
Un discours persuasif.
Un homme veuf.
Ud cheval neuf.
Ud iangage bref.
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
FEMININ.
Une jeune personne naĂŻve.
Une Tolic plaintive.
Une biche prĂąintive.
Une éloquence persuasive.
Une femme veuve.
Une maison neuve.
Une parole brĂšve.
MASCULIN*
Un ouvrage Ăźnitructif.
Uo prétexte évasif.
Un remĂšde tardif..
Un regard expressif.
Un pouvoir excessif.
Un écolier rétif
ĂD CDDemi vindicaUf,
FEMININ.
Une méthode initractive.
Une réponse évésivé;
Udb leçon tardive.
Une figure «spressirc.
Une jalousie eĂčessi/c.
Une mule rétive
Une Dation vindicative.
Nâ CVĂź
*
FĂMININ DES ADJECTIFS EN CUf.
1.
i*Âź Ă©ĂRĂĂźiâMĂSCĂLIN.
Que rien nâest plus trompeur que les promesses dn
monde ! PĂŻassillon.)
/
Du sort des malheureux adqucir la rigueur,
Câest de lâautorilĂ©Je droit le plus flatteur.
(GressëI'.) '
. Le monde Ă©stinĂ©hßéwr * ti promet un bonheur qĂŒ'il
ne peut donner, (MŸ« de Pompadour.)
' n.
Vengeur de Statlra, protecteur dâOlympie,
Je dois, ici, lâexemple aĂč reste de lâAsie.
(Voltaire.)
Le singe est nĂ© pour ĂȘtre imitateur.
Et lâhomme doit agir dâaprĂšs son cĆur.
(Voltaire.)
Tyran et usurpateur sont deux mots parfaitement
synonymes. (J.-J. Rousseau.)
Il est des jours heureux , il nâest point deylĂ© lifcĂŒ-
reusfej ce serait un songe enchanteur sans révéii.
(Duclos.)
Le feu vengeur sâallume, et le bruit des trompttcs
Va réveiller ies morts dans leurs sombres retraites ;
Ce jour est le dernier des jours de lĂŒnivĂ©rs.
â (L. Racine.)
Fils ingrats; fils pécheurs, victimes du supplice,
Nous naissons tous marqués au sceau de lh justice.
(Id,)
IIR
2Ÿ« SĂRIE.âFĂMININ.- '
h-
LâespĂ©rance, toute trompeuse quâelle est, sert au
moins ù nous mener à la fin dé la vie pal* un chbnßin
agréable. (La Rochefoucauld.)
LâidĂ©e du bonheur, est souvent plus flatteuse que
le bonheur mĂȘme, (Stanislas.)
En amour^ la colĂšre est toujours menteuse.
(Pensée de P: Sÿrus.)
Ainsi de nos tyrans la ligue protectrice
Dâune gloire prĂ©coce enfle unrimeur novice.
(Gilbert.)
Cette jeune fille est imitatrice des vertus de sa
mÚre. (Académie.)
Quand les abus sont accueillis par la soumission ,
bientÎt lu puissance usurpatrice les érige en lois.
(Malesherbes.)
Ănchantercsse des sens, lâharmonie excite un bruit
brillant dont rbréille est flattée, mais que le vent oin-
^ porte bientĂŽt. (Gresset.)
Le glaive était sa loL, les combats ses plaisirs;
11 délia quinze ans la foudre vengeresse,
Et quinze ans la victoire efitretint son ivresse-.
(DroĂŒineau.).
Jésus-Ciirist pardonne à la femme pec/tercsse dont
le repentir est sincÚre. ' (Sainté-Bible.)
IV.
LâĂčaivĂ©fsalitĂ© dĂšs connaissances est nĂ©cessaire pour
cire ĂĂŻipertetir daris une partie quelconque,
(MŸŸ DE Staël.)
. Tour les fémfriés, la douceur est lÚ meilleur moyen
dâĂ voĂźf raison. (M**Âź de FoNTainĂšs.)
Lâerreur de ceux qui nâont que de la prudence, est
de la croire supérieure à tout. (Li'ngrék.)
ConsidĂ©rez la condition dâun homme qui a la w?effÂŹ
leura part Ă la faveur et Ăč la conduite des alVaires.
. (Fléchie*r.)
(1) Eu la guerre que le roi Ferdinand fait contre la veufve 'de JeĂąri, roi de Hongrie. (Montaigne.) â En la
vifve et plus cuysante chaleur de lâaccez. (Ip.)
(195)
Ces quatre sĂ©ries dâexemples nous dĂ©montrent que le fĂ©minin des adjectifs qui ont
pour terminaison la syllabe mr, se forme de quatre maniÚres différentes; savoir, en
changeant la finale eur :
1Âź En euse: Menteur, menteuse; grondeur, grondeuse; voyageur, voyageuse.
2Âź Ennce: ImitatĂšdr, imitatricĂš; accusateur, aĂšcusĂątricĂ©; spbĂźiĂ teĂŒr, spohamce.
3Âź Ăn et'esse : PĂ©cheur-, pĂ©cheresse; enchanteur, enchanteresse; singeur, singe-
resse (4).
4° Enewr^; supĂ©ritĂźur. supĂ©rieure; majeur, majeure; antĂ©rieur, antĂ©rieufĂȘ.
f
Quelques grĂ hirnairiĂȘns orit cherchĂ© Ă Ă©tablir des rĂšgles sur ces sortes dâadjectifs ;
mais comme ces rÚgles sont obscurcies par de nombreuses éxcÚplions, elles deviënneni
insuffisantes, pour ne pas dire nulles. En effet, comment établir des principes sur une
matiÚre vouée à Tusage?
Afin de ne pas tomber dans le vice que nous signalons ici, nous nous bornerons Ă
donner dans Texercice suivant la liste complĂšte des adjectifs qui apparĂŒĂȘhrieht ĂąĂŒx
quatre séries précédentes, en retranchant toutefois ceux que nous aurions déjà cités
au chapitrĂ© dëë sĂŒbstanlifĂ©.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
âą ^
' âą h* SĂRIE : MehtĂšUr-MĂšhlÚùsĂš.
. MASCULIN.
ĂaĂŽ Ă©eftilĂȘr boudeur.
Ud portier cauteur.
Ud eourtiaan flatteur.
Ud mari grondeur.
^ , FEMININ.
Une teirinie boudeuse.
Uue portiĂšre causeuse.
Une promesse flatteuse..
Une maĂźtresse grondeuse.
MASCULIN.
Un enfant menteur,
ĂŒn valet parleur.
Un accueil trompeur.
Uu ver rongeur.
^FEMININ
Une petite fille mĂšiitenso.
Uiie servante parieuse.
Une amorcé iroiU|'eusÚ.
Une pensée rongeuse.
II* SĂRIE : Imitateur-Imitatrice i
ĂiĂ ĂȘrinßé accusateur.
Uu disoours adulateur:
Ud génie créateur.
Une parole acbusalrice.
Une femme adulatrice.
Uue imaginatiou créatrice.
Un souvenir cons'olateur.
Un pouvoir exécuteur.
Un regard protecteur.
Uue pĂ©risĂ©ĂȘ éÎniolatvice.
Une puissance exérutiice.
Une loi protectrice (3),
III* SĂRIE : Pe'cheur-Pe'cheresse.,
Va rentier bailleur (de fonds).
Un écolier chasseur.
Un bohémien devineur.
Un plaideur demandeur.
Un crime antérieur.
Un mur extérieur.
Un mérite inférienr.
Un aentiment intérieur.
Un meilleur goût
Une hĂ©ritiĂšre baillercssĂȘ.,
Une nymphe chasseresse {3}.
Une sorciĂšre devineresse.
Une plaideuse demanderesse.
Un client défendeur.
Ăn regard enchanteur.
Un dévot pécheur.
Le foudre vengeur.
IVÂź SĂRIE : SupĂ©rieur-SupĂ©rieure.
Une peine intérieure.
Une porte extérieure.
Une place inférieure.
Une paix intérieure.
Une meilleure condition.
Un ofBcierstipérIeDr.
.Un droit postérieur.
Un ton majeur.
Un mode mineur.
Uo chapitre ultérieur.
Une cliente défenderesse.
Une voix éncbanteresse:
La fenime pécheresse.
LâindiffĂ©rĂȘnce vengercssb.
.Une qualité supérieure.
Une date postérieure
Une fille majeure.
Une pupille mineure. ,
ĂnĂ© demande ultĂ©rieure (4).
(1) Montaigne dit quelque part quâil y a en lui une condition aucunement singeresse et imitatrice.
(2) Ajoutez : DĂ©prĂ©dateur,^ Ăąe^preĂąqfrice ; iiiiprobateur, trnpro&afncĂȘ; scrtitĂątcĂŒi*, sĂ©futĂ tricĂš; dĂ©sĂ ppfĂŽlib-
teur, dĂ©sapprohairicĂ© inMructeur, instrĂčctrice ; tentateur, tentatrice ; dĂ©sorganisateur, dĂ©sorganisatrice
murmĂŒratedr, murmuratrice; tergiversateur, tergivcrsatrice; dĂ©vastateur, dĂ©vastatrice; prĂ©varicateur, pré
varicatrice; exagĂ©rateutj eĂ agĂ«ratficĂ©; prdfanateur, profanatrice; rĂ©probateur, rĂ©probatrice ,* etc; ' . â
'(3) On dit chasseuse dans le style ordinaire : Cette femme est une grande chasseusĂȘ. (XcAvimi.)
(A) Ajoutez citérieur : La Calabre citérieure ; on dit aussi la Calabre ultérieure.
(196)
CVI*
FĂMININ DES ADJECTIFS TERMINĂS PAR el , en, et, <m\
C:
1â SĂRIE. â MASCULIN.
Heureux qui peut au sein du vallon solitaire,
NaĂźtre, vivre et naourir dans le champ paternel !
(V. Hugo.)
Lorsquâon dĂ©truit un ancien prĂ©jugĂ©, lâon a besoin
dâune nouvelle vertu. (MŸŸ de StaĂ«l.)
Sols muet quand tu as donné ; parle quand tu as
reçu, (Proverbe espagnol.)
Il
11 nâest pas de bon mot qui vaille un 6on office.
pBLAViGNK.)
2ŸŸ SĂRIE.
FEMININ.
Ne me préparez pas la douleur éternelia
De lâavoir fait rĂ©pandre ( vĂŽtre sang) Ă la main pater
nelle. (Racine.)
Lâingratitude la plus odieuse, mais la plus anÂŹ
cienne , est celle des enfants envers leur pĂšre.
(Vauvenargues.)
Et votre bouche encor, mtierte Ă tant dâennui,
Nâa pas daignĂ© sâouvrir pour se plaindre de lui?
- (Racine.)
La bonne comédie est celle qui fait rire.
(Andrikux.)
Tous les adjectifs terminés par e£, en, et, on, forment leur féminin en doublant la
derniĂšre consonne : paternel, paternelle; ancien, ancienne; muet, muette; bon, bonne.
On excepte toutefois complet, concret, discret, indiscret, inquiet, replet, secret, qui font
complĂšte, concrĂšte, discrĂšte, indiscrĂšte, inquiĂšte/replĂšte, secrĂšte, ainsi quâon le voit par
les citations ci-aprĂšs :
Un homme indiscret ' est une lettre décachetée,
tout le monde peut la lire. (Ghamfort.)
Nous avons naturellement un secret dépit contre
les personnes qui nous effacent.
(La Roche.)
La curiosité indiscrÚte marque presque tonjonrs
quelque lĂ©gĂšretĂ© dâesprit. (La Roche.)
Quand radminislration est secrĂšte, on peut conÂŹ
clure qĂŒâil se commet des injustices.
(Malesherbes.)
Lés adjectifs suivants : pareil, vermeil, nÎnpareil, gros, gras, bas, genHl, las, épais,
profÚs, exprÚs, bellot, sot, vieillot, paysan, doublent également la derniÚre consonne au
fĂ©minin. Exemples : â -
Pal vu lâimpie adorĂ© sur la terre ;
Pareil au cĂšdre, il cachait dans les cieux
Son front audacieux,
(Racine.)
* ^ . *
Te voilĂ citadin, le luxe tâenvironne,
Un gros suisse est lĂ bas qui garde ta personne,
Et tout cela, pourquoi? ta femme lâa voulu 1
(DelavĂŻgne.)
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas degré.
(Boileau.)
11 est certains esprits dont les sombres pensées,
Sont dâun nuage Ă©pais toujours embarrassĂ©es.
(Id.)
La nature donne Ă lâorgueilleux une taille raide,
une tÚte haute, un ceil fier ; elle écrit sur son front :
âĂź Sot I n (Boiste.)
Jâaurai toujours pour vous, Ă suave merveille Ăź
Une dévotion à nulle autre pareille.
(MoliĂšre.)
Une puce paraĂźt plus grosse quâun mouton dans le
microscope solaire.
(Bernardin de St-Pierre.)
Un esprit né sans fard, sans basse complaisance,
Fuit ce ton radouci que prend la médisance.
(Boiléau.)
... La penséé, éclatante lumiÚre,
Ne peut sortir du sein de Vépaisse matiÚre.
(L. Racine.) '
Sâenorgueillir de la beautĂ©,
Câest ridicule et sotte vanitĂ©.
(Lebrun.)
( <97 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
MASCULIN.
Ud sneicD préjugé.
Ăn boa domestique.
Ăn bis fTitteur.
Un homme coquet.
Un usurpateur criminel
Un Btni discret.
ĂD ouvrage compleL
Un voleur inquiet.
FEMININ.
Une ancienne coutnme.
Une bonne idée.
Une basse extraction.
Une mise coquette.
Une action criminelle.
Une femme discrĂšte.
Une traduction complĂšte.
Une mĂšre inquiĂšte.
' MASCULIN.
Un langage muet.
Un amour materneL
Un luxe paysan.
Un intcrĂšt partieL
Un avis paternel.
Un gastronome replet.
Un tribunal secret.
Un bomme indiscret.
FEMININ.
Une jeune fille muette.
Une indulgence maternelle.
Une coilTure paysanne.
Une somme partielle.
Une bonté paternelle.
Une nourrice replĂšte.
Une affaire secrĂšte.
Une parole indiscrĂšte.
CVII.
FĂMININ DES ADJECTIFS DONT HLE MASCULIN A DEUX FORMES.
Iâ SĂRIE. âMASCULIN.
Le secret pour ĂȘtre approuvĂ© en France, est dâĂȘtre
nouveau. (Le gr. Frédéric.)
Ce nouvel Adonis Ă la blonde criniĂšre
Eat lâunique souci dâAnne la pemiqulĂšre.
(Boileau.)
Lâauteur chez qui Ton dĂźne est sĂ»r dâun heau succĂšs.
(Delavigne.)
Le bel Ăąge nâest qĂŒune fleur qui passe.
(Fénelon.)
Le vieux temps nâest beau quâen peinture.
(Bernis.)
Un vieux poĂšte, un vtetl amant, un vieux chan- .
teor et un vieux cheval ne valent rien.
(Voltaire.)
Cet homme paraĂźt fort et robuste ; mais il est mou
an travail. (Académie.)
Sur le mol édredon dormez-vous plus tranquille?
(Clément.)
Ma foi, sur lâavenir bien fou qui se fiera.
(Racine.) â
Gardez qĂŒun fol orgueil ne vous vienne enfumer.
(Boileau.)
. 2me sĂ©rie. â FEMININ.
Lâexception dâune loi gĂ©nĂ©rale est souvent, .daR3 la
nature, le fondement dâune loi nouvelle.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Une belle figure nâest point un avantage indiffĂ©rent
pour les souverains ; leur visage rĂšgne.
(DĂŒpatv.)'
Quand une vieille femme
Aime encor les plaisirs, pour eux elle est de flamme,
(Delavigne.)
La jeunesse en sa fleur brille sur son visage ;
Son menton sur son sein descend à double étage,
Et son corps ramassé dans sa courte grosseur.
Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur. ,
(Boileau.)
Travaillez Ă loisir, quelque ordre' qui vous presse,
Et ne vous piquez point dâune folle vitesse.
(Id.)
Les adjectifs auxquels Tusage a donné deux formes pour le masculin singulier sont :
nouveau, beau, vieux, mou, fou, qui ont pour double forme nouvel,, bel, vieil/ mol, fol,
dâoĂč est dĂ©rivĂ© le fĂ©minin nouvelle, belle, vieille, molle, folle. Il est Ă observer que nouÂŹ
veau, beau, etc., ne sâemploient que devant des mots commençant par une consonne :
Un nouveau maßtre; un beau succÚs, etc., tandis que nouvel, bel, etc., précÚdent les mot
qui ont pour initiale une voyelle : Ce nouvel Adonis; le bel Ăąge; etc. (1).
(1) Toutefois cette rĂšgl'e«|iâest applicable qu'au singulier. Le pluriel nâayant quâune terminaison, dites : de
uveaux amis, de- beaux habits, etc. Nous ferons remarquer aussi que lâAcadĂ©mie Ă©crit un homme mou et
effĂ©minĂ©, parce quâil semble que Thiatus soit moins sensible par le lĂ©ger repos que la coqjonction Ă©tablit entre
les deux qualificatifs. Mais cette phrase de Buffon ne nous paraĂźt plus ĂȘtre autorisĂ©e par lâusage : Les Chinois
sont des peuples mois. Maintenant on ne se servirait que de lâadjectif mous. . ~ '
( i'ja )
Ud Domeati inalbeur
Ua foo mariage.
Ud beao drame,
Ud vieof garçqii.
Ud eaiacUre mpa.
MASCULIN.'
EXERCICE PHRĂSĂOlOGIQOE.
Uo DĂQTel ODTraga.
Un fol etpoir.
Uu bel arbre.
Ud vieil atnC
Ud mol ésetave.
FEMWriN.
Une nourelle fareur,
Uoe folle idde.
Une belle fortune.
Une vieille nervante.
Une vie moUo. ,
Nâ CVIII.
t
FĂMININ DÂŁS ADJECTIFS QUI, ,AU MASCULIN., SE TERMINENT PAR UN C.
SĂBIK. â MASCULIN.
Le bonheur pwĂŽĂŻtc vaut mieux que la victoire.
(Arnault.)
Ăn Jeune gentilhomme grec e^ assurĂ©ment TĂ©tre
le plus superbe et le plus content le lui-méme que je
connaisse.. ' . (Guis.) '
«
Ainsi, lorsquâun palmier dont lâorgueilleuse tĂȘte
Long-temps brava les ans , la foudre et la tempĂȘte,
Offre son front caduc, ses rameaux languissants
Aux baisers amoureux des lierres caressants,
Sa vigueur épuisée à cet effort succombe ;
Il se fane, jaunit, sâeffeuille, meurt et tombe.
(DKSFAUCnERKTS.)
On ne peut ĂȘtre franc avec ceux qĂŒon redoute.
(/Ă».)
Ma'femme est une perle :
Lui chercher un pendant
Gâest dĂ©sirer un merle
Qui soit tout-Ă -fait blanc.
(De Ségur.)
La mĂ©fiance poussĂ©e Ă lâextrĂȘme est toujours la
preuve dâun cĆur sec et dâun esprit Ă©troit.
évis.)
2ŸŸ SĂRIE. â fĂ©minin.
La justice est mĂšre de la paix publique et de lâordre
privé. (Lacrhtelle aßné.)
Les belles Françaises sont vers Marseille, Avignon
et dans la plupart des endroits de lâancienne Provence
qui furent jadis peuplés par une colonie grecque da
Phocéens. ' (Vibky.)
En morale comique, Il est permis, je crois,
Aux Frontins de punir lâavarice des tantes,
Et de berner un peu les caduques amantes.
/Ă».)
Tout bien considéré, franche coquetterie
Est un vice moins grand que fausse pruderie.
. (ĂĂFRESNY.)
Sur les lisiÚres des bois, le bouyreuil, caché dqns
lâĂ©pine blanche, charme, par son doux ramage, sa
compagne dans son nid.
(Bernardin de St-PikrreJ
On accompagne la miséricorde de tant de dureté
envers les malheureux quâun refus serait moins accaÂŹ
blant pour eux quâune charitĂ© si sĂšche et si farouçfie.
(Massillon.)
Quelques adjectifs terminés par un c au masculin forment leur féminin par le chan
gement du âŹy
4^ en que : Public, publique; caduc, caduque; turc, turque; grec, grecque ( seul mot qui
conseirvelec); ' . âą .
2â en che* ffanc, franche; blanc, blanche; sec, sĂšche.
En style histoHque on dit les peuplades franques, les races franque^, pour désigner
les tribus qui eiivahirĂšnt les Gaules, sous Pharamond.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
MASCULIN.
Ub «ndntt poblio.
Ud vialUard caJoe.
Uo aoldat turc.
FĂMININ.
Una place publique.
Une icDoeiM eiauque.
Une femme turque.
MASCULIN.
On prĂątre grec.
Un fraiio poltron,
Uu tempe etc.
JUĂUININ,
Ăuç flotte grĂȘeque.
Une franebe anitliA
Une réponie lÚobe.
( 199 )
NÂź CIX.
ADJBCTIF9 DONT LE FĂMININ IRRĂGĂLIKR NâEST SOUMIS A AUCUNE DBS RĂGUA
PRĂCĂDENTES.
SĂBIB. â MASCULIN.
Lâun traĂźne en longs'fredons une voix glapissante.
Et Tautre, Tappuyant de son aigre fausset,
Semble un violon faux qui jure sous Tdrchet,
(Boileau.)
JâĂ©veillerai poar toi la pitiĂ©, la justice
De lâincorruptible avenir.
Eux-mĂȘmes Ă©pureront par un long artifice
Ton hpnneur qĂŒils pensent ternir.
(Gilbert.)
La vertu qui jette un si doux parfum dans la mé
moire des hommes ne meurt jamais.
(Fénelon.)
^.En France, 11 nây a que des moutons blancs, bruns,
noirs et tachés; en Espagne, il y a des moutons roux;
on Ăcosse, ITy en a de jaunes.' (Buffon.)
La contradiction paraĂźt ĂȘtre Taliment favori de TesÂŹ
prit humain. (Sanial-Dubay.)
Lâunivers, plus jeune et plus frais.
Des vapeurs du malin sort brillant de rosée.
(Delavigne.)
Mais si dâun oeil 6emn vous voyez mes hommages.
Pourquoi mâen refuser dâassurĂ©s tĂ©moignages P ^
(MoliĂšre.)
A quels discours malins le mariage expose Ăź
(Boileau.)
On appelle le diable Tesprit malin.
(Laveaux.)
L'orgueil est un des vices le plus jaloux de se
venger des abaissements quâil Ă©prouve.
(RoĂŒbaud.)
Des trois chambres qui coniposent les états-géné-
,raux, la chambre du iiers-état est toujours celle contre
laquelle la cour est le plus en garde.
(De Limiers.)
On voit que les adjectifs/awo;, long, doux, roux, favori, frais, bénin, malin, jaloux,
tiers, ont pour féminin fausse, longue, douce, rousse, favorite, fraßche, bénigne, maligne,
jalouse, tierce. 11 faut y ajouter : oblong, coi, muscat, absous,^ dm^us, qui Ăźoiii oblongue,
coite, muscade (rose muscade), Ă bsoute, dissoute. ^ "
Mais fat, chatain, témoin, dispos, résous, f\ébreu, partisan, artisan, vétin, n'ont pus fie
féminin (4).
OcĂ©ane nâa point de masculin : Mer ocĂ©ane.
2* SĂRIE. lĂMII^Ili *
La flatterie est une fausse monnaie qui nâa de cours
que par notre vanité.
(Larochefoucauld.)
Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine ?
A-t-on par quelque édit réformé la cuisine ?
Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons,
A-t-elle fait couler vos vins et vos melons ?
(Boileau.)
Saint ! champs que jâaimais, et vous, douce verdure,
Et vous riant exil des bois ;
Ciel, pavillon de Thomme, admirable nature.
Salut pour la derniĂšre fois 1
(Gilbert.)
A barbe rousse et noirs cheveux
Ne tây fie pas si tu ne veux.
(Dict. Comique.)
Il nâest point, â nous dit-il, de race favorite ;
Dieu sait de cet enfant quel sera le mérite.
Dieu lit dans lâavenir ce qu'il doit ĂȘtre un jour,
Et sâil se rendra digne ou de haine ou dâamour.
(L. Racine.)
Câest dâune ronce Ă©pineuse que Thonime a fait
éclore, comme par enchantement, la rose/raßcfte et
parfumée. (Aimé-Martin.)
... Si vQus contemplez dâune Ăąme un peu bĂ©nigne.
Les tribulations de votre esclave indigne.
(MoliĂšre.)
La paresse est de toutes les passions celle qui nous
est la plus inconnue Ă nflus-mĂ©mes; nulle autre nâest
plus ardente ni plus rnaligne.
(Larochefoucauld.)
Une femme doit ĂȘtre jaZowse de son honneur jusÂŹ
quâau scrupule. (AcadĂ©mie.)
» '
Je me lasse de parler en tierce personne, et câest
un soin fort superflu ; car vous seritĂšz bienV clier
citoyen, que ce malheureux fugitif câest mpi-mĂȘmĂš!
(J.rJ. Rousseau.) â "
(1) Voltaire a tependant Ă©di partisane. â RĂ©sous a pour fĂ©minin rĂ©solue : Vhe tumeur rĂ©solue. Quelques
ao.
(Jn faux ami.
ĂŒn long espoir.
On format obloug.
ĂŒn temps doox.
A poil roux.
Le tierif ni.
200 )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Vw fume prar.
Une longue lettre.
D'utie forme ofalongue.
Une douce consoUtion.
La lune rousse.
Une tierce partie.
Un afr RtoH.
Rester coi.
Un temps frais.
Un mari bénin.
Un esprist malin.
Cet homme est absout,
Uoe eltansoti fivorhe.
Une chambre coite.
Une matinée firatche.
Une inflaenee bénigne.
Une fiĂšvre maligne.
Cette femme est absoute
Nâ ex.
ADJECTIFS EXPRIMANT DES QUALITĂS ATTRIBUĂES AUX HOMMES.
riÂź SĂRIE. â MASCULIN.
Quand vous vous donnez pour auteur
En auteur souffrez,, quâon vous traite.
(Arnault.)
Je devais ĂȘtre tĂ©moin des hommages que lui prodiÂŹ
guerait sur la route une foule empressée.
' (De Ségur.)
2Âź sĂ©rie. â- FĂMININ,
Les femmes d*à -présent sont bien loin de ces mcBurs t
Elles veulent écrire et devenir auteurs.
(Molikrk.)
_ Venez, ^mesdames, ĂȘtre du triomphe de la
philosophie.. (Marmontel.)
Certains adjectifs exprimant des qualités qui appartiennent spécialement aux hom
mes, sâemploient quelquefois avec des noms fĂ©minins, mais sans changer de forme':
comme le prouvent les exemples ci-dessus. (Voir aux substantifs, oĂč cette particularitĂ©
se trouve amplement dĂ©veloppĂ©e. ) âą
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Un jeune homme écrivain, peintre, Une femme écrivain, peintre,
«culpteur, graveur. sculpteur, graveur. *
Un amant vainqueur. Une vertu vainqueur.
Un publie témoin.
Un guerrier auteur, poĂšte,
artiste.
Dne ville témoin,
ĂŒne dame lateor, poĂšte.
artiste.
N*â CXI.
FORMATION DU PLURIEL DANS LES ADJECTIFS.
8ĂR1B. â SINGULIER.
Tout riche qui nâa pas la noblesse en partage
Ne doit point sâallier avec de grands seigneurs.
On lui fait tĂŽt ou tard payer cher les honneurs
Dont à a recherché le frivole avantage.
(Lebrun.)
2* SERIE. â PLURIEL.
Pour contenter ses frivoles désirs, ,
L'homme insensé vainement se consume i
Il trouve lâamertume
Au milieu des plaisirs.
(Racine.)
teurs ont dità e&rcwa : Xa toilette d'une femme, hebreue {Revue européenne). On ne pourrait, dans ce cas em
ployer Ă eĂ rmqua qui ne se dit guĂšre quâen fait de langage : gramm^re hĂ©braĂŻque, langue htraZe.
Les^lexicographes refusent aussi le feininm Ă lâadjectif aqwiĂźi«; mais nous pensons avec Boniface quâon
pourrait trĂšs bien dire : la forme aqutltne du nez est assez agrĂ©able. â
On étrilla langue indou, la;langue «anicril; exemple : le docteur allait commencer un fort beau discourt
m langue isnoo, lors^e son introducteur le prĂ©vint qu'il devait attendre que le grand prĂȘtre VinterroHeĂ l.
(Bcrn. de St-Pierre). Toute vérité est renfermée dans les quatre'beths, écrits il y a 120.mille ans dans la
Seigneur, je me flattais, espérance frivole,
De ramener ZaĂŻre Ă cette heureuse cour
OĂč'Louis des vertus a fixĂ© le sĂ©jour. '
(Voltaire.)
Que fait dans la prison flottante le rameur captif,
le forçat infortuné? que font tant d'autres mortels
dévoués à la solitude et au malheur ? ils chantent,
et par le chant ils écartent le chagrin.
(Grhsset.)
L'Ăąme heureusement captive,
â Sous ton joug trouve Ja paix,
Et s'abreuve d'une eau vive
Qui ne s'épuise jamais.
(Racine.)
tin propos séduisant et flatteur
Est le plus sĂ»r chemin du cĆur.
(Aumont.)
0 fortune ! ĂŽ grandeur ! dont l'amorce flatteuse
Surprend J touche , éblouit une ùme ambitieuse,
De tant dâhonneurs reçus câest donc lĂ tout le fruit?
Un long temps les amasse, un moment les détriiit.
(T. Corneille.)
Le monde, à mon avis, est comme un grand théùtre
OĂč chacun en public, lâun par lâautre abusĂ©,
Souvent Ă ce quâĂŒ est joue un rĂŽle opposĂ©.
(Boileau.)
La trop grande subtilité est une fausse délicatesse ;
et la vériuSble délicatesse est une solide subtilité.
(Larochefoucauld.)
Crols-mĂŽi, nul ne sait mieux combien vaut la vertu
Que lâhomme criminel quand il sâest reconnu.
(Gilbert.)
Philippe, de Mayenne embrassant la querelle.
Soutient de nos rivaux la cause cnmtnelle ;
Et Rome qui devrait étouffer tant de maux,
Rome, de la discorde allume les flambeaux.
(Voltaire.)
. Tout acte dâautoritĂ© exercĂ© par un homme sur un
autre homme, est tyrannique, sâU nâest pas absoluÂŹ
ment nécessaire au bien public. Beccabia.)
Compagnes fidĂšles de lâhomme policĂ©, objets de
leurs affections les plus chĂšres, câest Ă vous, ĂŽ femÂŹ
mes , que nous devons la félicité publique.
(Virey.)
Les simples et les ignorants
Peuvent se laisser prendre Ă de belles paroles;
Celui qui sait percer leur voilés transparents
Méprise ces phrases frivoles.
â (Fr. de Neufchateau.)
Lâinfluence du climat, si puissante sur toute la
ture, agit avec bien plus de force sur des ĂȘtres capt
que sur des ĂȘtres libres. (Buffon.)
na-
Là , des chars fracassés, du fer courbé des faux,
Des panaches flottants, de lâairain des vaisseaux,
Et des arcs détendus et des lances oisives,
Pendaient pompeusement les dĂ©pouĂŒles captives.
(Delille.)
Jamais à vous chanter un poÚte empressé
De petits vers flatteurs ne vous a caressé.
(Gilbert.)
La galanterie de lâesprit est de dire des choses flatÂŹ
teuses dâune maniĂšre agrĂ©able.
(LarochefoucaĂŒij).)
Mon appĂ©tit sâen va lorsque Je vois siĂ©ger
Tout rennui des grands air» dans ma salle à mangeri
(DelavĂŻgne.)
Les grandes pensĂ©es viennent du cĆur.
(Vauvenargues.
Rois, chassez la calomnie :
Ses criminels attentats, '
Des plus paisibles états
Troublent lâheureuse harmoniep / â
(Racins.)
Plus terrible pour nous que les lois solennelles,
La conscience parle aux Ăąmes criminelles.
(Lemercirr.)
Le jour m^e du couronnement, les vainqueurs
offrirent des sacrifices en actions de grĂąces. Us lurent
inscrits dans les registres publics des ĂlĂ©ens, et maÂŹ
gnifiquement traités dans une des salles du Prytanée.
(Barthélémy.)
Les lois, les mĆurs antiques,
Sont lâappui de lâĂ©tafdans les choses publiques.
(Ghénier.)
Ces nombreuses citations nous permettent dâĂ©tablir comme rĂšgle gĂ©nĂ©rale, que le
pluriel des adjectifs, quels quâen soient dâailleurs la terminaison et le genre, se forme,
ainsi que le pluriel des substantifs, par lâaddition dâun s : Un joli cheval, de jolis cheÂŹ
vaux; une y o/ie femme, de jo/iea femmes.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
singulier.
ĂŒn tĂšrme absolu.
Une reine absolue.
Un aernieut antérieur.
Une promesse antérieure
PLURIEL.
Des termes absolus.
Des reines absolues.
Des serments antérieurs.
Des promeues antérieures.
SINGULIER.
Ud air modeste.
Une jeune (lllu mudesle.
Un noble regard.
Une Ăąme noble.
PLURIEL.
Des airs modestes.
Desjeunes filles modestes.
Do nobles ro{;ards,
Des Ăąmes nobles.
26 câ
Un bon conaeiL
Une bonne ceuTre.
Un principe'd«ir.
Une Toix claire.
Un cher imi.
Une cbéri «mi*.
Uei boni conaeili.
Ue bonnei tcuTrei.
Des principes clair»
Des Toix claires.
De chcra amĂźs.
De chĂšres amies.
202 )
Un babit noir.
Une croix noire.
Ud chagrin profond,
Une ploie profonde.
Un sage précepteur.
Une sage loi.
'Des hablU poln,
Des croix noire».
Des cĂa^ini profonds.
Des plaies' profondes.
De sages précepteors.
De sages lots.
EXCEPTIONS.
ĂŻ.
Tout en tout est divers : ĂŽtez-vous de l'esprit
Quâaucun ĂȘtre ait Ă©tĂ© composĂ© sur le vĂŽtre.
(La Fontaine.)
L'imprudence nâest pas daps la tĂ©mĂ©ritĂ© ;
Elle est dans'un projet faux et mal concerté.
(Crébillon.)'
De la beauté, tel est ïheureux pouyoir :
Elle séduit souvent sans le savoir. ' ^
' ' (Andrieux.)
Les divers langages des grands écrivains sont au
tant de domaines différents que la langue générale
réunit au domaine de sa couronne et qui composent
son empipe. (Dupaty.)
Il.â
Les esprits faux sont insupportables, et les cĆurs
faux sont en horreur, - (Voltaire.)
Hélas ! aux gens heureux la plainte est importune!
(Chénier.)
111.
Rien de mieux, J-cn conviens, quâun heau nom bien MĂ©nageons TamitiĂ©, mĂȘme dans, nos beaux jours ;
porté;
.(Delavigne.)
Quand le temps détruit les amours,
Elle mûrit pour la vieillesse.
(DUTREMBLAy.)
Ces exemples nous dĂ©montrent qĂŒon doit excepter de la rĂšgle prĂ©cĂ©dente : ,
1Âź Les adjectifs qui se terminent par un 5 au singulier comme au pluriel : un homme
pervers, des hommes pervers.
2° Ceux qui, finissant par un x, ne sauraient subir aucun changement, lorsquâon
les pĂźuralise : Un enfant studieux, des enfants studieux.
3Ÿ Enfin, les qualificatifs terminés par la syllabe att,~dontle pluriel prend toujours
un X : un beau garçon, de beaux garçons.
Quant au fĂ©minin de tous ces adjectifs, leur pluriel se forme, comme nous lâavons
dĂ©jĂ dit, par la simple addition dâun s ; Une coutume perverse, des mĆurs perverses i
line personne studieuse, des personnes studieuses. / -
Observation.âLes adjectifs bleu, fou et mou prennent un s au pluriel : bleus, fous,
mous.
5ĂNGULIEĂL
beau coursier.
Up Ćil doux.
Ăn troâupeau Ă©pars,
ĂŒn^irfaux.
Uu poisson fraĂB.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
PLURIEL.
De beaux coursiers.
De# yeux doux,
' Des troupeaux épars.
Des air» faux.
Des poissĂŽus frais
SINGULIER
Un mari jaloux.
Un nouTcau procédé.
Un faquin orgueilleux.
Un poil roux.
Un vieux soldat
PLURIEL.
Des maris jaloux.
De nouveaux procédés.
Des faquins orgueilleux.
Des poils roux.
De vieux soldats.
( 203 )
NÂź mi-
. ADJECTIFS EN al.
l**SĂ©RlH,âSINGDtlBR.
Travailler est un devoir indispensable Ă lâhomme
sqçiqlq âą (f.rj. RoĂŒsse,au.)
; L'aiglp ço0fie sonpid au rocher qui se perd dans la
nue ; Tautruche aux sables arides des déserts ; le fla
mant , couleur de rose, aux vases de TOcéan méri-
dionqL âą (Bsrnarpin de STrPiE^E:)
Le rÚgne végeiq}- paraßt étrelç fpnderpent.nécesr
saire, indispensable Ă la vie animjale. (Virey.)
Le Français est lâenfant gĂątĂ© de TEurbpe. SI Ton a*
quelquefois vu parmi nous des crimes oiĂŒeux, ils ont
disparp plutÎt que le çaraçtefp natioml,
(Duclos.)
2°** SERIE. â pluriel.^
Le premier grain conĂŒĂ© aux entrailles do la terre a
fait germer les-jiens sfiqauÂź. (VĂŻPby.)
Lâoranger passe la qier, et borde fie ses fruits dorĂ©s
les rivages meWùionauŸ de TEuropé.
(Bernardin de St-Pierre.)
«
. Le pĆn est Iç meiUbup de tqu^ les aliments uege-
Ăźaux, (Kicherand.)
La raison est commune, lâesprit en chaque langue
a sa forme particuliÚre, différence qui pourrait bien
ĂȘtre en partie la cpuse pu lâeffet des carar4Ăšres natioÂŹ
naux.^â (J'-J* Rousseau.)
IL -
Dans la plupart des affaires, il y a un moment
fatal: . ' â (AcadĂ©mie.)
Les habitants des Ăźles KurUes laissent beaucoup 4e
parties du cpips dénudées a un air glacial.
â ĂVirey.)
LâacadĂ©mie a jugĂ© que matinal doit sâappliquer Ă
celiĂŒ qui se lĂšve matin, et wqttneuÂź, Ă peiui qui es|
dans lâhabitude de se lever naatin. (Rçubaud.)
Un louangeur fcanal
Déplaßt en cherchant à nous plaire.'
.âą (Delille.)
Fuyez, volez, instants fatals à mes désirs 2
* . ' . (St-Lambert.)
Les vents du Nofd sont, glacials,
(ĂĂNIfACB.)
Ăźtfessieurs, nous ne sommes pas aussi mafinals que
VpuSf . [Id.)
D y a dans beaucoup de villages des fours banals.
Les adjectifs terminés en a/Jqrmeni leur pluriel ipasçulin par le changement do
cette terminaison, les uns en aux, les autres en als.
Mais quels sont ceux qui doivent se changer en atux, et ceux qui doivent prendre
als?
« Grand tumulte, dit M. Lemare, parmi les grammairiens à cette occasion; TAca-
» dĂ©mie elle-mĂȘme ne peut sây faire entendre. Buffon a dit : des habitants brutaux, des -
» mouvements macAmaMu;; Jean-Jacques: des compliments triviaux; Regnard : des liens
A conjugaux; TAcadĂ©mie : des offices vĂ©naux, tandis quâelle rejette tous les mois prĂ©cĂ©-
, » dents. M. Chapsal, qui cite et adopte les exemples ci-dessus, se glisse dans la mĂȘlĂ©e,
» et, augmentant le dĂ©sordre, il. veut quâon dise : les sons nqsals, [es spius//?a/s,'les '
D ciseaux/aia/5. LeTellier accourt, sâescrime Ă droite et Ă gauche, sâattaque aux habi-
» tants brutaux de Buffon; arrĂȘte ses mouvements machinaux; rit des compliments trlr
D vßawoï de Jean-Jacques; foule aux pieds les liens conjugaux de Regnard; étouffe Jes
⹠» sonsnojo/jde M. Chapsal; et sans respect pour Tauiorité qui lient notre langue en
» tutelle, proscrit ses offices vénaux. Quel parti prendre dans une aussi grande affairé?
( 20-i )
. i> âCelui de lâanalogie, ou sâabstenir, lorsquâon craint de choquer lâoroille.par un son
i> ßoutrà -fait inusité. » *
Ce conseil de M, Lemare est trĂšs sage, et nous avons cru ne pouvoir mieux faire que
de le répéter, au lieu de nous jeter dans les interminables discussions qui se sont éle
vées à cet égard. Seulement nous ajouterons que nous avons dans notre langue envi
ron trois cents mots terminés en al; que sur ces trois cents mots il y en a prÚs de deux
cent quatre-vingts qui se changent au pluriel en aux; et que par consĂ©quent il nây en a
tout au plus que vingt qui fassent a/s, ou dont la terminaison plurielle ne soit pas enÂŹ
core bien fixĂ©e (1). Voir lâexercice suivant. *
Quelques grammairiens se souciant fort peu dâappauvrir notre langue en lui impo-.
sant des entraves sans nĂ©cessitĂ©, ont proscrit le pluriel 'de certains adjectifs en a/. Câest
ainsi que, selon eux, iln^est pas permis de pluraliser les adjectifs idéal, trimai, patri
cial, fatal, iniĂŒal, adverbial, dĂ©loyal, mĂ©dical, musical, senĂŒmenial, et une infinitĂ©
dâautres.
En quoi donc les expressions suivantes blessent-elles lâeuphonie? Des ĂȘtres idĂ©atcx
{Buffon); des buffles brutaux (idem) (2); des chiffres triviaux(3); des honneurs patri-
claux (4); des instants/ata/j (St-Lambert) ; des cierges pascals (Trévoux et Gattel); des
sons finals, initiais et nasals (Beauzée et plusieurs auteurs); des repasfrugals, des codes
pénals, Aes combats navals (Girault-Duvivier); des effets (Gattel); les feux
verticaux du soleil (Bernardin de Saint-Pierre) (5).
Nous le demandons, quel serait le puriste as^ez scrupuleux pour rejeter des expresÂŹ
sions approuvĂ©es par tant dâautoritĂ©s diffĂ©rentes?
Comment, par déférence pour les décisions de quelques grammairiens peu observa-
leurs et dont lâunique plaisir est de forger des rĂšgles, on ne dirait pas des hommes
déloyaux, des contes pastoraux, des avis préceptoraux, des cerclés iwrizonttxu^, des
amants sentimentals, des habits doctorals, des soinsfilials, des vents glacials, des devoirs
maritals, etc., etc. En vĂ©ritĂ©, il est par trop ridicule de vouloir ainsi interdire lâacte de
t t
la pensĂ©e, en proscrivant des mots essentiellement nĂ©cessaires. Aussi, forts de lâautoÂŹ
ritĂ© des bons Ă©crivains, nous pensons, avec M. Boniface, quâon doit faire justice de
celte absurde proscription ; IpsĆ res verba rapiunt{\es choses entraĂźnent les paroles,
ĂlCĂRON ).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
KN' aux.
BINGULTER. PLURIEL SINGULIER. PLURIEL.
Un péehÚ capital. Des péchés capitaux. Da verbe pronominal. Des verbes pronominaux.
Un ouvrage tinmoral. Des ouvrages immoraux. Un bĂźftorien partial. Des historiens partiaux.
Un prince ItbĂ©raL Des piioees libĂ©raux. Uo remĂšde pectoraL ' Des remĂȘdei pectoraux.
. *-
«
(1) Sans doute il eût été plus convenable de ne donner qu'une seule terminaison plurielle aux adjectifs cn al
mais lĂŒsage, plus puissant que toutes les rĂšgles, en a dĂ©cidĂ© autrement, et Ton est contraint de se soumeltf
aveuglément à ses lois.
(2) Il paraĂźt aussi que les buflles sont plus doux et moins brutaux dans leur pays natal, et que plus le clima
est chaud, plus ils sont dociles, ' . .
(3) Une basse ainsi hérissée de chiffres triviaux rebute l'accompagnateur, et lui fait souvent négliger les
chiffres nĂ©cessaires. â
(4) On voyait devenir officiers de TempirĂ© les mĂȘmes conquĂ©rants qui lâavaient avili; les plus grands rois ac
cepter, briguer mĂȘme les honneurs patriciaux. . â ,
(5) Lorsque le soleil au millieu de sa carriĂšre embrase les campagnes de ses feux verticaux^ les arbres nous
offrent de magnifiques parasols. . "
( 205 )
O
Ăd p«u[i1« mĂ©ridionaU
Ud coDtc moral.
Ud garde municipal.
Ud faoinme original.
Un eonteil amleai.
ĂŒn eofant bancal.
Un instant fatal.
Ud air final.
Un repas frugal.
Uo aentitnent final
Un vent glacial âą
Ud ton initial.
Les peuples méridionaux.
Des contes moraux.
Des gardes municipaux.
DĂšs hommes originaux. .
Des conseils amicals.
Des enfants bancals.
Des instants fatals.
Des airs finals.
Des repas frugals.
Des sentiments filiaU.
Des venu glacials.
Des sons inĂźtiaU.
Un prince royal.
Un bien rural.
Un pays septentrional,
Uo adjectif rerbal ^
EN als.
Un son labial.
Un homme matinal.
Un son médial.
Un combat nsvat.
Un cierge pascal.
Un code pénal.
Un effet tbcitral.
Des princes royaux.
Des biens rnranz.
Dej pays scptentrionoiut.
Des adjectif! rerbauz.
Des sons lablals.
Des hommes matinals.
Des sons niédials.
Des combats navals.
Des cierges pascals.
Des codes pénals.
Des gestes tbéfttrals.
SYNTAXE DES ADJECTIFS QUALIFICATIFS.
]\â cxiii.
ACCORD DE lâadjectif AVEC UN SUBSTANTIF.
SINGULIER. â MASCULIN ET FEMININ.
AussitĂŽt que les mĆurs se perdent, tous les dĂ©fauts
d'un gouvernement paraissent au grand jour*
(RulhiĂšrb.)
La grande naissance est un présent de la fortune
qui ne devrait attirer aucune estime Ă ceux qui le reÂŹ
çoivent, puisquâil ne leur coĂ»te ni Ă©tude ni travaux.
(La BruyĂšre.)
PLURIEL. â masculin KT FEMININ.
l.es grands noms abaissent au lieu dâĂ©lever ceux
qui ne les savent pas soutenir. * âą * âą
(Larochefoucauld.)
La mort donne les plus grandes leçons pOur désa
buser de tout ce que le monde croit m'crvcilieux.
â (FĂ©nelon.)
Dans toutes les circonstances, Tadjeclirsâ.iccorde en genre et en nombre avec le nom
auquel il se rapporte et qĂŒil qualifie : grand jour, grande naissance, grands noms,
grandes leçons. ,
Cet accord doit avoir, lieu, non seulement quand Tadjectif suit ou précÚde immédia
tement le nom auquel il sĂ© rattache, mais encore lorsquâil en est sĂ©parĂ© par un verbe
ou par dâautres mots, comme dans ces exemples :
Plaise aux^dieux de te rendre assez Aon pour mé
riter la vie heureuse ! (Fénelon .)
Lâhonneur de passer pour bonne, TcmpĂȘchaitde sk
montrer méchante. (Marivaux.) '
Jamais, en quoi que ce puisse ĂȘtre, les mĂ©chants
ne sont bons Ă rien de bon, ^ {J.-J. Rousseau.)
Loin de nous raidir contre les inclinations qui
sont bonnes, il faut les suivre pour servir Dieu:
(M"^Ÿ LE Maihténon.) '
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Uécfaaot bomme.
Mécbante femme.-
Joli cbertL
Jolie personne.
Homme publie.-
OpĂDĂoo publique.
Le rosier est fleuri.
Le roM est fleurie.
Méchants hommes.
Méchante? femmes.
Jolis chevaux.
Jolies personnes.
Monuments publics.
Places publiques.
Les rosiers sont fleuris.
Les roses sont fleuries.
Travail Important
AfTaĂŻre importante.
Doux loisirs.
Douce habitude.
Beau palais.
Belle maison.
Un jardin cultivé.
Une terra cultivée.
Travaux importants.
Affaires iinportaiitcs.
Doux loisirs.
Douces habitudes.
Beaux palais.
Belles maisons. âą
Des jardins cultivés.
De» terres cdlUvéï».
( 206 )
Nâ GXIV.
ADJECTIFS APRĂS PEUSrEUĂS SUBSTANTIFS DU MĂME GENRE.
Le HICBK et l'iNDIGENT , lâiMPRUDENT et le SAGE ,
Sujets Ă mĂȘme loi, subissent mĂȘme sort,
(J.-B. Rousseau.)
Oh hây voyait que âcolonnes de marbre, que pyraÂŹ
mides , que statues colossales, que meubles d'oR et
dâargent massifs. . (FĂ©nelon.)
Avec une gradation lente et ménagée, on rend
Thomme et Tknfant intrépides à tout.
(J.-J. Rousseau.)
Jâai remarquĂ© sur plusieurs personnes qui avaient
Toreille et la voix fausses^ qĂŒellcs entendaient
mieux dâune oreille que dâune autre.
(Buffon.)
Ăn esprit raisohriablĂȘ ne doit chercher, dans une
vie frugale et laborieuse, quâĂ Ă©viter la honte et Iâin-
jĂŒSTicE attachĂ©es Ă une conduite prodigue et ruineuse,
(Fénelon.)
La SCIENCE qui instruit et la médecine qui guérit
sont bonnes sans doute. Mais la science qui trompe et
la MĂDECINE qui tue sont mauvaises.
(J.-J. Rousseau.)
Lorsquâun adjectif est prĂ©cĂ©dĂ© ou suivi de plusieurs substantifs de mĂȘme genre liĂ©s
par la conjonction et, il se met ordinairement au pluriel et au mĂȘme genre que les subsÂŹ
tantifs exprimés : . *
Le RICHE et Findigent sujets; Toreille et la yoix faussés, etc.
ttf
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Un tnantĂ©id «t an habit Dao&. Une robe et une pelisse neuves. Un drame et ĂčĂ iroman intĂ©fes- Une comĂ©die et une tragĂ©die in-
Ud cbteo et un cbat méchants. Une chatte et une cbieooe cares* sants. téressantes.
Un homme et un enfant intrépides, santés. Un jardin et un jiarc trÚs grands. Une rue et une plaça trÚl griiidei.
Ud pantalon et un gilet noirs. Une table et une planche noires. Du pain et du vin excellents. Une gelée et uoe compote ezcelientei
Nâ CXV
adjectifs AVEC PLUSIEURS SUBSTANTIFS DE DIFFĂRENTS GENRES.
Lâor^'eil aveugle se supposĂ© une GRANbĂtiR et uri
MĂRITE dĂ©mesurĂ©s. (SĂ©gur.)
Dans la Laponie, la ronce, ßé GĂNiĂšvRĂ et la
MOUSSE ßÎhi seuls la verdure de Tété.
(Buffon.)
Câest sur la naissance que sont fondĂ©s les prĂ©ro-
3ATIVES et les RESPECTS accordés aux castes nobles
ÂŁt religieuses de lâAsie et de TEurope-.
(Bernardin de St-Pierre.)
Lâordre et VutiĂŒtĂ© publics ne peuvent ĂȘtrfe le
fruit du crime. (JIassillon.)
â On voyait, rangĂ©s dans le plus grand ordre, aux
parois de la muraille, des rateaux, des haches , des
BECHES. * (Bernardin de St-Pierre.)
Phllippfe montra partout un courage Út drié pru
dence supérieurs à son.ùge, (Rgllin.)
Paul ét Virginie étaient ignorants éÎnimé des
créoles, et ne savaient ni lire ni écrire.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Charles XIL, ayant reçu Targent et Tescorte né
cessaires pour son retour, soutint contre une armée
entiÚre, aidé de ses seuls domestiques; ce combat
malheureux dĂš Bender. (VdlTAihE.)
Il ne faut pas prendre pour des vertus, des actions
et des INTĂRĂTS arrangĂ©s avec industrie,
(MassiAsi)
* - :
Je tĂąche de rendre heureux, ma femme , mon enÂŹ
fant , et mĂȘme mon chat et mon chien. '
(Bernardin de St-Piérre.)
( SOT.)
Ces exĂ«rhplĂ«s nous proĂŒvĂȘnt Ă ssĂ«z qliĂ«, quand il y a plusieurs sĂŒbstĂąruifs dĂ« diffé
rents gĂ«hrĂ«S; Tadjectif se hiĂ«t aĂŒ mĂąsciiiin pluriel; qĂŒĂ« cĂ©t adjectif prĂ©cĂšde OU suive
immĂ©diatement les substantifs Ă«xpfimĂ©s; ou qĂŒil en soit sĂ©parĂ© par un vĂ«rbĂ©.,
Observation; â LâĂ«ĂŒphĂŽniĂ« Ă©xigĂ© qĂŒĂ« Ton Ă©nonce quelquefois lĂ«'sĂŒbstĂąhtif hiascĂŒliil
avant le fĂ©minin, quand Tadjectif ĂŒa pas la mĂȘme terminaison pbĂŒf les dĂ«ĂŒx gferlĂĂ©et
Ainsi, Ton dira : Cet acteur joue avec une noblesse et un goiĂźt parfaits, plutĂŽt que : avec
un goût et une noblesse parfaits, parce que, dans cette derniÚre construction, la ren
contre du substantif fĂ©minin noblesse et de Tadjectif masculin parfaits est Ă la ĂŻois dure â
et désagréable. Cependant les auteurs ne se sont pas toujours astreints à Úettë réglé ;
Buffon a dit : En Ăgypte, les jeunes filles de la campagne ont les bras et lĂšs jambes biĂšh
FAITS, et Massillon : Tordre et TutilitĂ©PUBLICS; etc*. â . /
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Le frĂšre et la lĆar sont cbĂ©rß».
La colĂšre et lâorgueil sont odieux.
Le teiut et la joue sont vermeils.
La procédure et Pacte sout nuls.
Un chat et on ehieu amis.
Le .oup et jb chien ennemis.
Insectes et animaux dangereux.
Les bras et les jambes trĂšs gros. .
Lo citron et la grenade sont acides. LĂ© tigre et la hyĂšne sont cruels. Un maĂźtre et une maĂźtresse ver*
Une robe et un voile blancs. Le pain et la viande sont néces- tueuz.
La trompelle et le clairon sont re- saires. Le faisan et la caille sont délicats,
tcntissants. La carafe et le bocal sont cassants. L'opale et le rubis sont recbercbés,
Une chatte et un chien caressants. Une rue et une place publiques. La bouche et les yeux ouverts.
La piĂšce et lâauteur sifllĂ©s. Une carte et un tableau charmants. Une femme et un homme heureux,
Une cbauve-eouris et un crapaud La piĂšce et lâauteur huĂ©s. Un garçon et une fille AgĂ©s,
bideux. La frangipaoe elle gateau sont sucrés. Une maia et un bras trÚs nerreux.
NÂź âŹXVl.
J (
UN ADJECTIF ET DEUX SUBSTANTIFS LIĂS OU NON. LIĂS PAR LA MĂTtICĂLE SU
EXEMPLES SANS LA PARTICULE.
Tonte sa Vie nâa Ă©tĂ© "qĂŒâtin frĂąvail, quâune occwpa-
iion continuelle. (Massillon.)
Au'gustĂ« goĂŒvĂ«niĂ RbmĂš avec ĂŒn ĂŒmpĂ©rdmĂšhty
une douceur soutenue, Ă laquelle il dut le pardon de
ses anciennes cruautés. (Doaiergue.)
H honora les2«ttres de cet attachement, de cette
protection capable de les faire fieufir. {lĂ .)
Je ne connais point de roman, point de comédie
espagnole sans combats. (Florian.)
âą.. Lo fer, le bandeau, la flamme est toute prĂȘte.
(Racine.)
EXEMPLES AVEC LA PARTICULE,
; Jâeus, sujet de me plaindre de mon taiUeur ;^ qul
mâavait fait perdre en ĂŒn instant VĂąĂĂ©hĂźion eĂŻ Ăźâes-
iime publiquĂš. ({MontesqĂŒĂźĂ«Ă»;)
Quiconque ëst assez aimé dés dieux pour trouvér
deux ou trois vrais amis, dâune sage^sĂš et dâune bontĂ©
constance, trouve bientĂŽt par eux dâautres persoimes
qui lĂ©ĂŒr .rcssĂ©mblent. (FĂ©nelon .) âą.
Câest une puissance orgueilleuse qui est souvent
^contraire h Vhumilité et à la simplicité chrétiépue*
,(FLĂcnĂźĂR.)
La chasteté est la source de la force et de la beauté
physique et morale dans les deux sexes.
(Bernardin de St-Pierre-.)
La placé fut remplie de six-vingt Ufeleurs'(Jul é'cà r
taient la multitude ĂąVĂ©c ĂŒh faste et ĂŒn âĂŽr'guĂ©il tnsĂ»R
portable. ^[VertĂŽt.)
âą âą
OuĂš deux substantifs soient ou non liĂ©s par laparticĂŒle Ă©t, il Ă«sl manifeste quĂȘ Tad-
*. s âą
jectif qĂŒi sâĂż rapporte peut quelquefois, comme dĂąns lĂ©s exemples ci-deksus, sâaccprdĂ©r
avec le dernier ; cela est jpermis dans deux ĂȘirconsiahces : La premiĂšre; lorsque les
substantifs prĂ©sentent entre eux quelque synonymie, et queTĂ©crivain nâĂ©n veiit réélle-
ment qualifier qu'un seul ; Ăh ĂŻrĂ vdii, une 'ĂŽ'Ă©cĂ»pĂ Ă»on continuelle ; la âBĂȘĂ§ĂŒĂ»ffe; toutes les
fois qĂŒil y a gradation dans les mots \ de fer, le bandeau, la fidmmĂ© est touteou
( 9.08 ; ' . â..
bien que Tesprit, plus particuliÚrement préoccupé du dernier substantif, oublie celui
ou ceux qui précÚdent : je ne connais point de roman, point de comédie espagnole sans
combats; T humilité ^et la simplicité chrétienne: Dans tous ces cas Tellipse sous-entend Tad-
jectif Ă chaque substantif. Câest donc Ă tort que. Girault-Duvivier blĂąme les exemples
de la seconde colonne (1).
EXERCICE PHRASĂOtOGJQVB.
Vn talent, une habileté admirable. CJne alliance, une paix inviolable.
Une force, une énergie peu commune. Une modeslie et uu savoir peu commun.
Ud pouvoir, un ascendant terrible. La religion et la morale chrélicnne, la sûreté
* Une humeur, un naturel féroce. et la salubrité publique.
Son esprit, sa douceur, sa beauté, son ßngé- Une force et une énergie eitraordinaire.
DuitĂ© mĂȘme est charmante. Uue sagesse ut une prudence surprenante.
Il IlIbA innn^FAPiAn ^ ^n*\AalAaiMnSir AWnrttfvAlkf-
Une sagesse, une bonté, intti douceur proib'
gicuse.
Les pieds et In léte nue.
l.cs yeux et la boucbe ouverte,
Ăn satoir et une modestie peu romninne.
Une noirceur et une perversité inouïe.
Le naitiauce , la fortune, la couronoe mime D'une modĂ©ration etdâunedouccur Ă©vangĂ©lique. Uue arrogance et une sufiisanee intolĂ©rable,
est une chimĂšre. â' D'un sentiment et d'une expresslou naturelle. Uu feu et uu enthousiasme incroyable.
incroyable.
âCXVII.
ADJECTIFS PRĂCĂDĂS DE DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS ET NE SE RAPPORTANT QUâaĂŒ
DERNIER.
).
EXEMPLES.
Le bon goĂ»t des Ăgyptiens leur fit aimer la soliditĂ©
et la BĂGULARits toute nue. (Bossuet.)
Voici des ĂȘtres dont lĂ taille et Pair sinistre InspiÂŹ
rent la terreur. (Barthélémy.)
Le sourire est une marque de bienveillance, dâap-
â plaudissĂȘment et de satisfaction tnfeWeure.
(Buffon.)
De leurs dépouilles élevez de magnifiques trophées
à la gloire de la religion et de la nation française.
(AilQUETIL.)
Quelquefois,lâadjectif, prĂ©cĂ©dĂ© de deux ou de plusieurs substantifs, joints par la
conjonction et, ne qualifie réellement que le dernier; en pareil cas, il faut se garder dé
le-mettre au pluriel ou de croire que Vellipse le sous-entende devant chaque nom.
»
EXERCICE PHRĂSĂOIOGIQVB.
Un habit et nn pantalon blanc.
Un bouquet et un vate doré.
Un habit et un pantalon coUaat.
Uo manteau et un chapeau rond.
Les lois et l'autorité publique.
Le gouvernement et la Corée publique.
Une faim et une chaleur brûlante.
Ma pensée et la vérité toute nue. '
Leurs maniĂšres et leur visage hideux.
(1) Aux exemples cités nÎus ajouterons les suivants : On doit éviter les mots et les actions défendue.s'.
(Voltaire.) â Le vent fut contraire : le ciel et la mer belle. (Bern. de St.-Pierre.)â Ce peuple a le cĆur et la
bouche OUVERTE Ă vos louanges. (Vaugelas.) â Tous les mots de la langue et toutes les sxjllabes nous paraisÂŹ
sent PRĂCIEUSES. (Racine.) â Cette opinion inspire aux uns un orgueil intolĂ©rable, en leur persuadant
quâils sont revĂȘtus d/une origine et dâune puissance cĂ©leste. (Bern. de St.-Pierre.) âAuguste honora Us
lettres de *cette protection et de cet attachement réel qui dans un souverain, est si ca-pable de les faire
fleurit. (Domcrgue.) ^Cest comme une espĂšce dâenthousiasme et de fureur noble qui anime lâoraison, et
qui lui donne un feu et une vigueur toute divine. (Boileau.) âLes Grecs appelaient du nom de satires des
drames dâune licence et dâune gaĂźtĂ© burlesque. (La Harpe.) â Le jour mĂȘme que, sur lâautel de notre pĂšre, '
lu consentiras avec moi, Ă nous jurer une aiUance et une paix inviolable , fon trĂŽne, fon empire, tout te
sera rendu. (Marmonteh) â Armez^ous <fun courage et efune foi nouvelle. (Racine.) â Quand cet enfant
esclave et tyran, pltin de science et dĂ©pourvu de sens, est jetĂ© dans le monde, ĂŒ fait dĂ©plorer la mtsĂšre
et la perv&rsitĂ© humaine. (J.-J. Rousseau.) âSongez ce que câest que dâavoir des bras et des Jambes
CASSĂES. (MŸŸ de SĂ©vignĂ©.)
( tl09 )
N" CXVIII.
ADJECTIFS PHĂCĂDĂS DÂŁ PLUSIEURS SUBSTANTIFS SEPARES PAR LA PAETIGULB Ott*
ACCORD AVEC LEâdBRNIER NOM.
Rome nâĂ©tait plus libre et ne pouvant plus lâĂ©tre,
Quâimportait que PompĂ©e ou que CĂ©sar fut maĂźtre ?
(L*--*;)
Câest une aire ou un plancher tout plat comme
cĂšlui du grand aigle. âą (Buffon.)
Ce duvet ou ces sotcs sont trÚs serrées, trÚs four
nies et trĂšs douces 'au toucher. (/</.)
Câest un homme ou une femme noyĂ©e.
(Bonifacb.)
accord avec les deux noms.
Les SamoßÚdes'se nourrissent de chair ou de pois
son crus. (Buffon.)
- Les sauvages de la baie dâHudson vivent fort longÂŹ
temps , quoiquâils ne se nourrissent que do chair ou
de poisson crus. (Id.)
Quel est en effet le bon pÚre de famille qui ne gé
misse de voir son fils ou sa fille perdus pour la soÂŹ
ciété ? (Voltaire.)
On demande un homme ou \mo femme ùgés.
(Boniface.)
Lorsquâun adjectif est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substantifs sĂ©parĂ©s par la conjonction ow, cet
adjectif sâaccorde avec le dernier, si Ton ne veut qualifier que lâun des deux, comme
dans les exemples de la premiĂšre colonne. En effet, il ne peut y avoir qĂŒun seul maߏ
tre, qĂŒune seule personne noyĂ©e.
Dans Jes exemples opposés, Taccord avec les deux noms est, au contraire, indis
pensable, parce que la qualification sâapplique Ă la fois Ă deux objets, Ă deux individus.
Câest par cette raison que Voltaire a dil : QuĂ©l est en effet le bon pĂšre de famille qui ne gé
misse de voir son fils ou sa fille perdus pour la sociĂ©tĂ©? â .
Ud chltein ou uno fortereua ruinée..
Un homme ou une femme affligée.
Ud« qucui ou péridicult fort court
EXERCICĂ PHRASĂOLOGIQVE.
C'etl uu loup ou un chien enragé.
Un bomme ou une femme dévote.
Il a U jambe ou le brai caiié.
I<e frÚre ou la éoNir itnée.
Vivre d'herbes ou de racines eruei.
Uu ancien chĂąteau ou tour abaudooDio.
NÂź 'CXIX.
PARTICULARITĂS RELATIVES AUX ADJECTIFS.
Peut-on, dire également bien :
1 o LâĂglise grecque et lâĂglise latine ;
_ 2° LâĂglise grecque et la latine ;
3Âź LâĂglise grecque et latine ;
4» Les Ăglises grecque et latine.
Selon les grammairiens, sur ces quatre maniĂšres de sâexprimer, il nây a que les
deux premiĂšres qui soient bonnes. Mais comme ce ne sont pas les grammairiens qui
font les langues, et qĂŒil leur est mĂȘme Ă jamais interdit dâen faire, on ne doit pas
sâen rapporter Ă eux. Ce qĂŒil faut avant tout consulter, câest Tusage suivi en pareille
2T
( 210 )
circonstance par les grands écrivains : Ils sont pour nous la loi et les'prophÚtes. Or, si
,ious ouvrons les chefs-dâĆuvre de notre littĂ©rature, nous y trouvons :
PREMIĂRE MANIĂRE ;
Corneille a réformé la scÚne- tragique et la scÚne
eomique par dâiieureuses imitations.
(Voltaire.)
Dans la langue parlée et dans la langue écrite,
La clarté du discours est le premier mérite.
(François de Neufchateau.)
Quand donc il la prend (sa femme) dans un rang-
infĂ©rieur, Tordre naturel et Tordre civil sâaccorÂŹ
dent , et tout va bien. (J.-J. Rousseau.)
Lo GENERAL persan etĂŻe GĂNĂRĂŽLindĂŻcn sâempresÂŹ
sĂšrent de donner bataille. (Voltaire.)
Chez les Polonais ; dont la langue est mĂȘlĂ©e de grec
et de ĂźaĂŒn, il y a Tcpitse grecque et VĂ©glise latine.
(Bernardin de St-Pierre.)
Tous les vĆux se partageaient entre le chevalier
blano et le chevalier bleu. (Voltaire.)
deuxiĂšme bianiĂšre :
On a toujours peint Dieu avec une grande barbe
dans TEglise grecque et dans la latine.
(Voltaire.)
Milord Bolingbroke possĂšde Virgile comme Milton ;
U aime la poĂ©sie anglaise, la française et lâitaÂŹ
lienne. (Id.)
Les nouveaux citoyens et les anciens ne so reÂŹ
gardent plus comme les membres dâune mĂȘme rĂ©puÂŹ
blique. (Montesquieu.)
En effet, chaque jour, la boUche; Ă plus grands frais,
DĂ©vore les produits des lacs et des forĂȘts,
Engloutit les vins blancs , les rouges, les clairets.
Le Vougeot et TAi, le Chypre et le XérÚs.
(François de Neufchateau.)
Il est trÚs sûr que le seiziÚme et le dix-septiÚme
SIĂCLE furent marquĂ©s par de grands changĂȘnients et
de grandes découvertes. (Thomas.)
~ TROISIEME MANIERE :
Trois ii^es à reprendre et qui sont tirées des plus
grands auteurs de TEglĂźsk grecque et latine:
(Pascal.) '
La femrne seule peut imiter tous les chants des oiÂŹ
seaux mĂąies et femelles.
(Bernardin de St-Pikrrk.)
Les sons des langues se sont formĂ©s dâabord des
SONS masculins et féminins. (Id.)
Le mĂ©lange dâAUTORiTĂ ecclĂ©siasiiquĂš et civile
dans cette prohibition avait quelque chose de contraire
aux droits du souverain. (Anquetil.)
La dicte pylhagorique, préconisée par les philo
sophes anciens et nouveaux, nâa jamais Ă©tĂ© indiquĂ©e
par la nature. (Buffon.)
Les honnĂȘtes gens qui lisent quelquefois Virgile ou
les Lettres Provinciales ne savent pas quâon tire vingt
fois plus dâexemplaires de TAImanach de LiĂšge et du
Courrier-Boiteux que de tous les bons livres anciens
etmodemes. - (Voltaire.)
Tout fut états-généraux dans les républiques
grecques et romaines. , (Id.)
Je nâiraTpoint, si je puis, demeurer dans TĂźle de
Protée, malgré les beaux vers des géorgiques fran
çaises et latines. (Chateaubriand.)
QUATRIEME MANIERE :
Les PUISSANCES végétale et animale se mettent en
équilibre par des flux et reflux;
.(Bernardin dk St-Pibrrb.)
Le renouvellement partiel change le principe du
gouvernement représentatif, composé dÚs trois pou
voirs monarchique, aristocratique, démocratique.
(Chateaubriand.)
Le fer donne aux végétaux et aux animaux les coo^
leurs rouge et blÚûÚ.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Dans lÚ régime viril de TEurope, les puissances
temporelle et spirituelle se rapprochent ou se divisent
à proportion de la maturité.des nations. (Id.)
Ces deux conjugaisons heltraïque él grecque sem
blent porter Temprcinte de lâesprit et des peuples qui
les ont formées. (Chateaubriand.)
Quel homme eut jamais plus dâĂ©clat que J.-C.? Lo
peuple juif tout entier le prédit avant sa venue. Le
peuple gentil Tadore aprĂšs quâil est venu. Les deux
peuples gentil ci juif le regardent comme le centre.
âą (Pa'scal.)
Les langues romane et tudesque furent les seules
en usage jusquâau rĂšgne de Charlemagnc.
(Duclos.)
Les deux puissances temporelle et spirituelle, ou
mt7i(atrÎ et ecclésiastique se disputent la domina
tion des hommes. (Bernardin de St-Pikrrb.)
«
En prcsence de ces nombreuses citations et des puissantes autorités qui nous les ont
fournies,, nous pouvons hardiment dĂ©cider quâil est permis de .dire : 1Âź TĂglise grecque
et TĂglise latine; 2° TĂglise grecque etjg latine; 3Âź TĂglise grecque et latine; 4Âź les Ăglises
grecque et latine, malgré lés scrupules de certains grammairiens, qui rej'etlent les deux
derniĂšres expressions comme vicieuses, par la peur, bien ridicule sans doute, que
( 211 )
dans Tune on nâentende que f Ăglise est Ă la fois grecque oxdatme, et parce que dçins
Tautre ; les Ă©glises grecque et latine, leurs yeux, douĂ©s dâune sensibilitĂ© si irritable,
sont choqués de voir deux adjectifs singuliers accplés à un,substantif pluriel.
Boniface est le premier, nous lui devons celte justice, qui ail osé soutenir celte
hĂ©rĂ©sie grammaticale, car câen est une que dâavancer quâon peut dire : (a (ixtĂ©rature
française et anglaise ou Les littĂ©ratures française et anglaise; l'autoritĂ© civile et ecclĂ©siasĂŒque,
oxx les autoritĂ©s civile et ecclĂ©siastique. «Boniface, dit un grammairien, a raison dâap-
» prouver ces locutions, car nos écrivains les plus renommés en font usage journelle-
» ment. M. LĂ©vi lui-mĂȘme ne les condamne plus, bien qĂŒil mâait fait, il y a quelques
>j annĂ©es, une querelle dâAllemand, Ă la SociĂ©tĂ© grammaticale, pour avoir mis dans
» un rapport \-les écrivains anciens et modernes, attendu, gisait-il, que les écrivains ne
» peuvent ĂȘtre tout Ă la fois anciens et modernes. Vainement je rĂ©poi\dais,que câĂ©tait
» précisénient celle opposition, cette incompatibilité dùns les idées qualilicalivés^ qui
J) rendait Tellipse naturelle, comme on dit sans cesse des déjeuners chauds et froids,
» parce que des dĂ©jeĂ»ners ne pouvant ĂȘtre chauds et froids en mĂȘme temps, il est im-
» possible qĂŒon ne comprenne pas que cette phrase signifie, sous une forme concise,
» des déjeûners chauds, et des déjeûners froids. Malgré mon plaidoyer, la Société a con-
» daniné tes écrivains anciens et modernes, aussi bien que les déjeûners chauds et froids.
» ĂiijoĂčrdâhui, ces juges, si rigides sur les principes, se sont amendĂ©s tant soit peu,
» et la plupart dâentre eux sont les premiers Ă employer la locution qĂŒils combat-
» taieni avec tant de chaleur. Tant mieux, câest un progrĂšs. »
Lemare lui-mĂȘme, quoiquâil ne soit pas de cette opinion, ne peut sâempĂȘcher
de reconnaĂźtre qĂŒil est souvent bien difficile de rĂ©sister au besoin dâabrĂ©ger, surtout
lorsque le danger de lâĂ©quivoque est presque nul, comme dans cette.expression : Les
philosophes anciens et nouveaux.
%
EXERCICE PBRASĂOLOGiQVE.
extrait des auteurs.
Le< Terlus civiles et ehrĂ©liennĂ©i. FacultĂ©s sensitive et intellectuelle. FĂȘtes grecques et romaĂźnei Les langues rĂ tine, grecque et hĂ©-
Le^ seigneurs caiboliques et héré- Académies française et de belles- Barons séculiers et coclésiastiques. braßque.
rĂ©tiques. â leltres. Lois ailemandei «t bavaroises. â Les langues grecque, romain^, liĂ©;
Corps administratifs et judiciaires Escadres française et espagnole. Marchands maures et nÚgres. braique, arabe et éthiopienne.
La grande et petite écurie. ^ . Marine hollandaise et anglaise. Extrémités orientale et occidentale. Puissances temporelle et fpiritueUe.
Les animaux frugivores et cartii- Lignes masculines et féminines. Les lois civile et ecclésiastique. Inversions latines et grecoues
Tores.
Nâ CXX
ADJECTIFS QUALIFIANT TANTOT LE PREĂźflIĂR , TANTĂT LĂ SECOND SUBSTANTIF, LORSQUâIL
sâen TROUVE PLUSIEURS UNIS PAR LA PRĂPOSITION dC.
ACCORD AVEC LE MOT QĂI PRECEDE de.
Le roi dâĂgypte Ă©tait suivi de deux mille prĂ©tfes
vĂȘtus de robĂ©s de lin pĂźĂŒs biĂ nches que la neige.
(Voltaire.)
Le pain des. Lapons nâest que de la farine dâos do
poissons BROYĂE ET MELEE avec dc lâĂ©corce tendre^ de
pifi on de bouleau. {BĂFĂĂŽĂźr.)" '
ACCORD AVEC LE MOT QUI SUIT de.
^ LâĂ©tendard royal de France Ă©tait un bĂąton dorĂ© avec
un drùpéaii de sdiK blanche, semé de fleurs de' lis.
ĂźVOLTAIRK.*)
. Lé roi des Scythes présenta cent chevaux de ba
taille couverts-de housses de peaux Ăąe renards noirs.
' (VoLfAĂsĂr;
c m )
Ăh d6i'hletâ oriiĂšmetit qui leĂŒtâ est pĂ rticĂŒliei*,,câest
r'me espĂšce de brodequins de toile de coton, garnis
dc rassade. (Id,)
J'avais fait venir dc Paris une petite caisse conteÂŹ
nant... six paires de bas dc soie blancs.
(J.-J. Rousseau.)
On a trouvé une'pARTiE du pain mangée.
(RonĂŻfack.)
One itĂčrtpĂ© de snsûà s vĂ©tĂŒs Ăą fespagholCi
(Vkrtot*.)
Des rrowpes ĂŒiiommes grotesquement vktus dâba
bits de guerre, apparaissaient çà cl là ,
(Albert-Montémont.)
On a cuit uncparftc du pain destiné aux pauvres.
(Boniface.)
Le rapport de Tadjectif est quelquefois difficile à saisir; il faut alors se bien péné
trer du sens qĂŒon veut exprimer, et voir auquel des substantifs convient la modifiÂŹ
cation.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Anneaux dâor ma**Ăźf.
Bouton# do métal jaune.
Cbapffuux de paille cousue^
Soulier# de veau ciré:
Bai de coton écru.
Anneaux dâor lĂ©geri.â
Bouton# de mĂȘtul rond#.
Chapeaux de paille garni#.
Souliera de veau cirét.
Bas de soie blanc#.
GĂąteaux d'amende exeellenti.
Boite# d'herbe e ni barra iianttl.
Ruban# de gaxe brocbĂȘi.
Ruban# de gaxe roules.
Ea# de loie rbcrt.
NÂź CXXI.
âČDJÂŁGTIF PRĂCĂDE DE PLUSIEURS SUBSTANTIFS SĂPARĂS PAR LES EXPRESSIONS flĂŻn#» gtifl, ,
comme, avec, aws*t bien que/de mĂȘme que, non plut que.
accord avec un seul substantif.
Le CARACTĂRE primitif dâune nntion, ainsi que
celui dâun homme, est souvent altĂ©rĂ© parle corn-
O merco de ses voisins.
(Bernardin de St-Pierre.)
Ces assemblées , ainsi que les repas et les exer
cices publics, sont toujours xio.norées dc la présence
des vieillards. (Barthélémy.)
La CHAIR du lynx, comme ceRe delous les ani-
raaĂŒx de proie , nâest pas bonne Ă manger.
(Buffon.)
La vérité, commela lumiÚre j est inaltérable, im
mortelle. ^ (Bernardin de St-Pierre.)
Presque toute la Livonie, avec IâEstonie entiĂšre,
avait été abandonnée par la Pologne au roi de SuÚde.
(Voltaire.)
Le capitaine, avec cinquante hommes seulement,
était PARVENU à se rendre maßtre de la ville.
' (Bomfacb.)
ACCORD AVEC PLUSIEURS SUBSTANTIFS.
La tĂȘte en entier, ainsi que la gorge et la moitiĂ©,
' supérieure du cou, en dessus et en dessous, sont
Ă©galement couuerfes dâun duvet court.
(Buffon.)
Dans TĂgypte, dans lâAsie et dans la GrĂšce, Bac-
CHus, ainsi qĂŒHERCULK, Ă©taient reconnus pour demi-
dieux, (Voltaire.)
Vaigle, reine des airs, avec margot la pie.
DiffĂ©rentes dâhumeĂŒr, de langage et dâesprit
Et dâhabit.
Traversaient un bout de prairie.
(La Fontaine.)
Bertrand avec Raton ^ Tun singe et Tautre chat,
Commensaux dâun logis, avaient un commun maĂźtre.
\Id.)
ĂŒn capitaine avec cinquante hommes qui Ă©taient
venus pour sauver Ălie,.sont consumĂ©s par le feu du
ciel. (Jour, grammat.)
On voit, par les citations de la premiÚre colonne, que Tadjectif, précédé de deux
ou de plusieurs substantifs sĂ©parĂ©s par les mots ainsi que, comme, avec, etc., sâacÂŹ
corde avec le premier seulement, quand Tesprit veut établir une comparaison, ou
indiquer un moyen, comme dans le dernier exemple.
Mais, dans les citations opposées, les mots ainsi que; avec, ne.marquent plus, Tun,
la comparaison, Tautre, un moyen; ils indiquent tous deux la simultanéité de Tac-
lion, et cette simultanéité entraßne invinciblement la pluralité. La Société gramma
ticale Ta tellemSni senti que, dans Tune de ses derniÚres séances, elle a décidé,
(215)
contre Topinion de Lemare, quâĂŽn pouvait imiter La Fontaine, Buffon et Voltaire,
dans les phrases analogues à celles que nous avons empruntées à ces écrivains (1).
Cependant Tavant-dernier exemple de la premiĂšre colonne nous-fait voir que, dans
ce dernier cas, on met aussi Tadjectif au singulier : La Livonie, avec f Estonie, avait
été abandonnée, etc.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Dtturel du loup, comme celui de> animaux laurage», est féroce,
eliair du lapßii, de méaie que celle du llÚfre , est bonne à mam
L«
La
Le cbant de la faufetle, eonime celui de Talouette, est agréable.
L'eipĂȘraoce, arec Thomme, fut dĂ©truite.
Le pÚre, ainsi que les enfants, ont été malheureux.
Le prix, ainsi que les frais, seront payé» par vous.
Le plan , comme Texécutton de l'ouvrage, lulsont dna.
La maison, avec le jardin et les dépeiidanees, ont éiÚvendustrop cher.
Le cb&teau, avec toutes ses dépendances, ont été vcudus comptant.
N° CXXII.
DE lâaccord de lâadjectif feu.
INVARIABLE.
Je viens de mettre en vers dans le moment feu
Af. le duc dâOrlĂ©ans et son systĂšme avec Law.
(Voltaire.)
Jâai ouĂŻ dire Ă feu ma sĆur que sa fille et moi naÂŹ
quĂźmes, la mĂȘme annĂ©e. (Montesquieu.)
variable.
ĂŒn service solennel pour les feus rois Louis XVI
et Louis XYII eut lieu Ă Notre-Dame le 14 mai 1814.
(Boniface.)
Le duc de *** doit Ă la bienveillance dont lâhonorait
la feue reine les bonnes grĂąces de Tempereur.
(De Salvandy.)
Feu est invariable quand il est placé avant Tadjectif qui détermine le substantif; il
prend Taccord, sâil en est prĂ©cĂ©dĂ©. Câest Ă tort que les grammairiens refusent le plu
riel Ă ce mot. Rien nâempĂȘche de dire : les feus Dauphin et Dauphine; mes feues tantes.
Cet emploi nâest pas commun, il-est vrai; mais, ainsi que le remarque fort judiÂŹ
cieusement Boniface, raretĂ© dâune expression nâen doit pas faire condamner
Tusage (2).
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE,
Fan mon pĂšre,
Feo la raĂDik.
Hen feu pĂšre.
La feue reiue.
Feu aesonclei.
Feu leiprĂDcesaet.
6ea fpui eouiina.
Les feuea priocesieh
(1) Sans doute ces phrases paraissent en contradiction avec la grammaire; mais, comme lâa trĂšs bien obÂŹ
serve* un littĂ©rateur plein de tact et de goĂ»t, ce qui peut nâĂ©tre pas conforme Ă la rĂšgle grammatiÂŹ
cale est souvent dâaccord avec la raison. Si Ton regardait le nom qui prĂ©cĂšde ainsi que, avec, comme lâidĂ©e
dominante, on altérerait le sens des mots et les vues de celui qui parle.
(2) « Lâadjectif/eu, dit Lemare, vient du latin functus, dâoĂč defanctus, dont nous avons fait aussi dĂ©funt,
B La maniĂšre extraordinaire dont il est pincĂ© dans feu mon pĂšre, feu ma sĆur^ a fait croire quâil nâest point ad-
» jectif â et peut-ĂȘtre est-ce la cause'qĂŒil reste invariĂ©. » Lemare nous semble ĂȘtre tout-Ă -fait dans Terreur.
Feu ne tire point-son origine de functus ni de defuncius ; il vient du latin fuit ou plutĂŽt de TUalien fa. En
effet, les Italiens pour dire feu mon pĂšre disent padre chefu. Exemple : In quesli tempiy <ĂŒVentrante dâot-
ei signifie qui fut , il nâen est pas moins devenu dans notre langue un vĂ©ritable adjectif; et nous avons lieu
dâctre Ă©tonnĂ©s quâon ne le fasse pas toujours accorder, ainsi que la raison Texigc. Aussi est-ce avec plaisir
que nous avons vu derniÚrement la Société grammaticale porter atteinte à la rÚgle des grammairiens, en ap-
.prouvant le fĂ©minin dans cette phrase : Vn des salons est entiĂšrement ornĂ© de tĂštes dâĂ©tude dâaprĂšs Tarifi-
que, toutes dessinées par la princesse royale, FEUE remerfe Wurtemberg, etc. -
( 211 )
N«' CXXIIĂ.
DE lâaccord de LâADJEpTĂF nw.
INVARIABLE.
âș r »
II-Ă©tait nu-/ĂȘte et nu-jambes, les pieds chaussĂ©s
de petites s^nd^es. (Voltaire.)
Premier peuplede la terre, songez que vous^avez
dans votre royaume environ deux millions de per-
onnes qui marchent en sabots six mois de Tannée,
qui sont nu-pted5 les autres six mois.
(/R)
TABIABLS.
â - f â »
Accoutumez vos enfants à demeurer été et hiver .
jour et nuit, toujours tĂȘte nĂ»e.
(J.-J. Rousseau.)
Puisque ces saints sont assez humbles pour marÂŹ
cher pieds nus, ils seront assez charitables pour me
donner Ă diner. (Voltaire.)
L'adjectif nit, prĂ©cĂ©dant le substantif, reste invariable; il varie, sâil vient aprĂšs.
Toutefois, lorsque le substantif qualifié par Tadjectif nu est déterminé par Tarticle
la, cet adjectif, quoique placé avant le nom, subit Taccord, comme dans cet exemple :
Le donateur s'est conservĂ© la nue PROpaiĂTĂ de ses biens.
y
Observation. La rĂšgle prĂ©cĂ©demment posĂ©e nâest applicable Ă nu, que lorsque cet
adjectif est joiqt à un nona désjgnant une partie du corps humain ordinairernent cou
verte : pieds, jambes, bras, cou, tĂȘte. On dirait plutĂŽt les mains nues que nu-mains.
Observez encore qĂŒon ne dit point nu-pied, nu-jambe, au singulier; on dit : un pied
nu, etc. Nurpieds, nu-tĂȘte, elC-, sont des locutions adverbiales elliptiques.
Nn-tĂŽte.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
La tĂȘto nue.
Los Jambes nues.
No'bras.
Nu-pleds.
L«b hrtii no^
Les jpleds dus.
NÂź CXXIV.
1 I ^ T I â
ACCORD pç t/'ApjECTiP demi.
INVARIABLE.
Les grands ne se croiraient pas des demi-dieusç si
les petit ne les adqraient pas. (Boiste.)
Une demi-heure aprÚ^ avoir quitté le vaisseau, Je
foulai le sol ainéricùin. ' (Chateaubriand.)
On ne gouverne pas une nation par des demi-meÂŹ
sures. (Montaigne.)
VARIABLE.
Le soleil tourna sur sou axe en vingt-cinq jours et
demi. , â â (Voltaibb.)
Hier, Ă dix heures çt le rpl dĂ©clara quâil
épousait la princesse de Pologne.* * ' (Id.)
Opimius paie la tĂȘte de CaĂźus Gracchus dlx-sept
livres et demie dâpr. (Vhrtot.)
Demi, lorsquâil prĂ©cĂšde immĂ©diatement un subslnntif, demeure invariable et forme
avec lui une expression subsianliye qui est indiquée par un tiret.
Sâil le suit, il en prend seulement ie genre, parce qĂŒen exprimant une demie il ne
saurait prendre le pluriel, Ă moins quâil ne soit employĂ© comme noin. Exemple : Ceue
pendule n'a pas sonné la demie , parce qu'elle ne sonne pas les demies. , .
( 215 )
Dot? sâemploie aussi avec ies adjectifs, on dit
demi-mauvaises, demi-pùmée, demi-pourris, etc.
demi-fou, demi-mort, demi-bonneB,
Observations sur les adjectifs nu et demi. Est-il vrai que les expressions demi-science,
nu-tĂȘte, nu-pieds, et autres semblables, aient Ă©tĂ©, aipsi qup Iç dit Lemare, ç}es né
gligences qui sont devenues ensuite usuelles? Les adjectifs demi et nu ne seraientT;ils
pas, au contraire, pris adverbialement, et ne pourrait-on pas, dâaprĂšs cela, analyser
ces expressions ainsi quâil suit : exemple pouf demi : ĂŒne rfemi-science est la plupart du
temps pire que lâignorance. Analyse : Une science ( acquise Ă ) demi est la plupart du
temps pire que lâignorance. Exemple pour nu : Les courtisans vont nu-tĂȘte, les esclaves
vont nu-pieds, le citoyen va entiĂšrement vĂȘtu. Analyse : Les courtisans vont (ayant la)
tĂȘte (Ă ) nu, les esclaves vont (ayant les) pieds (Ă ) nu, le citoyen va entiĂšrement yĂȘtu.
Ces analyses nous paraissent suffisamment justifiées par les phrases suivantes : Des
vertus \ DEMI EFFACĂES de Leur mĂ©moire, (La BruyĂšre). â âSes sanglots qu'on n entend qiTh
DEMI. (Massillon). Ces lumiĂšres que nous n'avons jamais qu'k demi, et Ă force de veilles.
(Le mĂȘme). â Rallier le Français a demi vaincu, (Bossuet). â Monter }in chevql a nu.
(Planiche).âFaire voir son cceur a nu. (Le mĂȘme).
Ăae ĂąeniMĂźeuc.
Deux demi-pĂźeds.
Les dcnii-eonnai??ances.
EXERCICE PffRĂSĂOLOGlQVE.
Deux lieues et demie.
Midi et demi.
Quatee au nés et demie.
Demi-journée.
Demi-KĂŻODGdence.
^ Uue demi-fortune.
Minuit et demi.
Une bouteille et demie.
Six livres et dqmit.
N" CXXV.
Excepté, passé, supposé, vu, y compris, ci-joint, ci-inclus, franc de port, etc.
invariable.
% ^ 11
ExççpiĂ© fa çotir qui sâĂ©lĂšve quelquefois au-dessus
des prĂ©jugĂ©s vulgaires, il nây a point un Ăgyptien qui
voulût manger dans un pjat dont un étranger se se
rait servi. ^ (Voltaire.)
Vpu^ trouverez ctVjotnf la copie de la lettre de re-
mercĂźment que M, C... mâa Ă©crite.
(J.-J, Rousseau.)
Vous trouverez ci-inclus copie de ma lettre.
(DomergĂŒes.)
Jâai teçn franc de port une lettre anonyme.
(J.-J. Rousseau)
' â %
Ce nâest que passĂ© trois mois que ces jeunes oiÂŹ
seaux poussent le reuge, (Buffon.)
variable.
Les traits des habitants de Bondou approchent de
ceux des Européens, beaucoup plus que ceux dÚs
autres habitants dĂ© lâOuest, les Maures exceptĂ©s, '
(Albert-Montémont.)
Le dessin de ce conguar m'a Ă©tĂ© envoyĂ© dâAngleÂŹ
terre par feu M. CollinsĂŽn, avec la description ci-
jointe, (Buffon.) '
t *
Je vous recommandé les cinq lettres ci-incluses,
(Bernardin de St-Pierre.)
Le Contrat social est imprimé, et vous en recevrez
douze'exemplaires francs déport.
(J.-J. Rousseau. )
Je lis TelTort, ces jours passĂ©s, dâaller Ă la comé
die du passe; du prĂ©sent et de lâavenir,
(Voltaire.)
â De ces exemples il rĂ©sulte clairement que les mots passĂ©, excepU, cifoint, ci-inclus, !
franc de port, parmi lesquels nous devons ranger vu, supposé ety compris, sont invaria
bles lorsquâils prĂ©cĂšdent le substantif, et variables quand ils sont placĂ©s aprĂšs Iqi.
( 216/
Excepté tes bomtnes.
PniiĂ© ccuĂȘ ipoaue.
Supposé cette chose,
y compris 1# valise.
Cinticlus la note. ^
Fiano de port leurs lettres.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Les hommes czeeptéi.
Cette époque passée.
Cette chose supposée.
La valise ^ comprise.
La Dote ciwDclûse.
Leurs lettres franches de port.
Excepté les femmes.
Paué eei jonn-ci.
Supposé ces projetu
Ci-ioint ma lettre.
Ci^nelui leurs lettres.
Franode port leurs mirchandUet,
Los femmes exceptées.
Cas Jours-ci passés.
Ces projets supposés.
21a lettre ct-jointe.
Leurs lettres ei-iaeluses
Leur t marchandises franches de port.
O
N CXXVI.
Proche et possible.
VARIABLE.
' Les maisons qui sont proches dc la ville sont suÂŹ
jettes aux inondations. (Académie.)
Nous devons dire quâon peut rĂ©duire en trois classes
tous les monilm possibles. ^ (Buffon.)
Faisons dâabord respecter notre malheur; car de
toutes les calamités possibles, la plus insoutenable
est le malheur méprisé. (De Ségur.)
invariable.
Une difficultĂ© dâimportance a fort embarrassĂ© Tycho*
Brahé et Kepler, touchant les éclipses centrales de la
lune qui sc font proche de lâĂ©quĂ teur.
(Bernardin de St-Pierrs.)
Les missionnaires pensaient qĂŒe leur propre intĂ©rĂȘt
Ă©tait dâavoir le moins de rapports possible avec le
gouvernement du Cap. (Albkrt-Montémont.)
Un conquérant, afin de perpétuer son nom , exter
mine le plus dâhommes possible,
(Fontenelle, )
Ils ne songent quâĂ payer le moins dâimpĂŽts posÂŹ
sible. (De Ségur.)
Dans la premiĂšre colonne les mots proches et possibles, Ă©tant adjectifs, revĂȘlent le
signe du pluriel, parce qĂŒils se rapportent aux substantifs maisons, monstres et cala*-
mitĂ©s, , - â
Mais, dans la seconde colonne, si les mĂȘmes mois demeurent invariables, câest que
le premier semble ne plus jouer le rĂŽle dâadjectif, et que le second est lâĂ©lĂ©ment dâune
proposition elliptique. En effets proche paraĂźt faire lâoffice de prĂ©position et signifie
prĂšs (1). Quant au mot possible, voici lâannlyse de la derniĂšre citation : lis ne songent
qu'Ă payer le moins d'impĂŽts (qu'ih leur est) possible, ou {que cela leur est) possible. On voit
donc que lâadjectif possible sâaccorde avec ĂŒ ou cela sous-enieridu. Dâailleurs , cet adÂŹ
jectif reste invariable toutes les fois qĂŒil y a dans la phrase plus, moins, te plus, le
moins, et, dans ce cas, ce serait logiquement une faute que de le mettre au pluriel.
Habitations proches.
Maisons proches.
Personnes proches.
Ceux qui sont proches.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
Habitations qui sont proche d«*
Maisons proche de.
Personnes proche de.
Ceux qui sont proche de*
Tontes les-bontéi possibles.
Toutes Jes idées possibles.
Tous les avantages possibles.
A toutes les époques possibles.
Le plus de bontés possible.
Le moins d'extravagances possible.'^;
Aux plus longaesécbéaiicGB possible.
Aux époi^ues les moins longues pos*
sihlc.
(1) Nous disons que proche, en pareil cas, parait ĂȘtre une prĂ©position, car ce nâen est rĂ©ellement pas une,
quoi quâen disent les grammairiens; câest tout simplement un adjectif qualifiant,1e mot lieu sous-entendu,
ainsi que le prouve lâanalyse suivante : Les Ă©clipses centrales de la lunĂ© qui se font (dans un lieu) proche de
Véqu<à eur,
( 217 )
Nâ CXXVII. osgsawÂź*-.-
MOTS QUI, JOUANT EN APTARENCE LE ROLE dâaDJECTIFS, RESTENT SUBSTANTIFS ÂŁX
INVARIABLES.'
VARIABLES.
Un homme vĂȘtu dâune robe violette, vint nous fé
liciter sur notre anlvée. (Voltaire.)
'Un autre caractĂšre distinctif du mĂąle, et qui nâavait
pas encore Ă©tĂ© saisi, câest une espĂšce de demi-collier
autour de l'occiput, formé par de longs poils oii^
SOIES powrprc5, (Buffon.)
La bergeronnette de printemps est la premiĂšre Ă
reparaĂźtre dans les prairies et dans les champs oĂč elle
niche au milieu des blés verts. (Id,)
La H ON NETTE ccndrée se tient dans les bois plus
que dans les vergers et les jardins. {Id.)
invariables.
\
Les couleurs du grand casque sont aurore.
(Bernardin de St-Piebre.)
Les sous-bergers et sous-bergĂšres, en longues robea
blanches, ceintes de garnitures aurore, lui servirent
dans cent corbeilles de simple porcelaine cent mets
délicieux. (V olta ire.)
La gorge et tout le dessous du corps Ă©tait dâun blanc
sale, varié de taches marron. (Buffon.)
Le colibri Ă gorge carmin a quatre pouces et demi
de longueur. ' (la.)
Dans les exemples de la premiÚre colonne, les mots violette, pourpres, verts, cendrée,
Ă©tant de vrais adjecrifs, sâaccordent avec les noms auxquels ils ont rapport.
Dans les exemples en regard les mots aurore, marron, carmin, doivent rester invaÂŹ
riables, parce quâils sont de fait substantifs, et quâils font partie dâune expression
qualificative et elliptique dont la construction pleine est : de la couleur de Taurore, de
la couleur du marron, du carmin; témoin ces autres exemples de Buffon :
* » ⹠, .
Les uns ont les yeux bruns et les autres couleur
de vert de mer.
Les pieds et les ongles de la perruche aux ailes
' dâor sont couleur de chair pĂąle.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Del rubftDi biens.
Des ch&lei cramoisis.
"Des cbapeaui
DtrS goici blaticlittS.
Del draps bruns.
Des rubsni paĂźiĂŻo.
Des ganls loufre.
Des écharpes poneeao.
Des gatei cerise.
D«s robes noisetl*.
Des teffeUs noirs.
Des souliers mordorés.
Des «rintures bleues.
Des ptpiers blancs.
Des cheveux blancs. '
Des taffeUs {onqnRl^,
Des souliers pislaebe
Des ceintures orange
Des papiers véiiti.
Des velours puce.
N"CXXVIII.
DBS ADJECTIFS COMPOSĂS hleu-cĂźair, chĂątaini^lair, etc.
.variables.
La PERDRIX ^rtse-WaiĂźc/te et la perdrix rouge-
blanche font variétés dans ces deux espÚces de per-
drix. (Buffon.)
Je lui offris donc cinq livres pesant de grains en
verre et en porcelaine de couleurs que jâespĂ©rais deÂŹ
voir lui plaire davantage , blanche, noire et bleue-
claire. (Albert-Montémont.)
Les CHEVEUX de cette petite fille étaient chùtains-
bruns et fins. ĂBuffon.)
INVARIABLES.
L'azurou est originaire du Canada; II a le dessus
de la tĂ©te dâun roux-obscur, le bec et les pieds gris-
brun. (Buffon.)
Le poisson quâils prirent avait presque trois pieds
de long et était entiÚrement couleur- de plomb ; ses
YEUX Ă©taient jaune pĂąle et dâune extrĂȘme petitesse,
(Albert-Montémont.)
LâhyĂšne a le poil dĂ» corps et la criniĂšre dâune couÂŹ
leur gris-obscur. (Buffon.)
28
( 218 )
â Les pieds du grand bĂ©froi ont dix-huit lignes de
longueur, et sont, ainsi que les doigts; dâune cov-
LEmplombée-claire, (Buffon.)
CâĂ©tait comme autant de gros points dâune couleur
/atin^-6rune et obscure, , (JdJ)
Les Arabes sont dans lâusage de se faire appliquer
une couleur hlme-foncée aux bras, aux lÚvres et
aux parties les plus apparentes du corps, '
(M.)
Quand on se couche on a des pensées qui rie sont
que g rts-brun. (MŸŸ de Sévigné.)
t *
Lorsque les yeux sont tournés à contre-jour, ils
paraissent noirs, parce que la couleur jaune-6run
tranche si fort sur le blanc de Tceil quâon le juge noir
par rĂŽpposition du blanc. (Buffon.)
La gorge est aussi revĂȘtue de plumes veloutĂ©es ;
mais celles-ci sont noires ; avec des reflets uer/-
dore. (/d.)
Dans la grammaire de MAf. NoĂȘĂź et Chapsal, oĂč les rĂšgles-sorit presque ipujpqrs en
contradiction avec les faits, nous lisons : « Deux adjectifs; dont le premier est qualifié
» par le second, restent tous les deux invariables : des cheveux chùtain-clair/des étoffes
» rqse-tendre. La raispn en psi que le ppemiep adjeptif pst prjs subiitaniiyement; câe§t
» comme sâil y avait d'un chĂątain clair, d^un rosĂ© tendre, » Les exemples de la premiĂšre
colonne nous prouvent cependant que deux adjectifs rĂ©unis peuvent aussi varier : câest
quand ils qualifient lâun et Tautre le substantif auquel ils se rapportent. DâpprĂšs
Buffon, on écrira donc avpç la pluralité : des cheveux chùtainsrbruns, des cheveux
chĂątains-clairs f parce quâils sont Ă la fois chĂątains et bruns, chĂątains et clairs.
11 y a celle différence, dit trÚs bien Boniface, entre des étoffes bleues-claires-çX des
Ă©toffes bleu-clair, que les premiĂšres sont de couleur bleue et dâun ĂŒssu clair, et que les^
secondes sont d'un bleu-clair, ,
pBSERVATiON.âOn dit : un beau couleur de ro'se , un beau couleur de feu. BarthĂ©lĂ©my
a fait usage dĂš cette expression oĂč ĂŒeaM.est au masculin, soit parce que couleur de rose
est ici au masculin, comnie le rose; soit ellipse du substantif teint.
I
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE
00 TOUTES LES épiTHKTES SOMT TIHKBS DE BDEFON.
Une caille grtBe-blenebe.
Cheveux cbĂątaini-bruos.
Une couleur bleue-claĂźre.
Des aßlei jauoea-brune».
Une couleur plornbĂšc*cIaĂźre.
ĂŒnĂ© couleur noireâfoneĂȘfcâ â
Une eonteur grie-btine.
Haoteau rĂŽuge-bai vif.
Une couleur bléu'tendre.
Uea ailes grivbruo.
Une couleur jaune-oraog^.
Une couleur gri> de fer.
Upe étoffe bteuerataire.
Une couleur jaĂčne-brune.
Une couleur bleue foncée.
Des étoffes jaunes-claires.
Une couleur blanche-pĂąle.
Del plume? bleue^ineK
Une étoffe bteueralalr
Des habits tnarron-foncé.
Des becs jaune-pĂąle.
Des yeux bruD-oItrùtre>fooeé.
Une eouleur rouge-bai.
Des plumes rouge^oramoisi.
jVÂź CXXIX.
BKS ADJECTIFS COMPOSĂS TELS QVE nouvâŹoux-converti$, ivres-morts, etc., bt nouveau-nĂ©s,
demi-morts, etc.
VARIABLES.
Le généreux Freind paya la dot des deux mariés, 11
plaça bien tous ses nouveaux convertis.
' (Voltaire.)
On mâapporta une couvĂ©e de trois ou quatre petits
de la mĂȘme espĂšce : elje ( la jeune alouette) .se prit
dâune affection singuliĂšre pour ces nouveaux venus.
(Buffon.)
Si les femmes cherchent Ă dopner du f idicule Ă une
nouvelle venue, il est sĂ»r quâelle ert piii§ jolie quâçUes.
(Voltaire!)"
INVARIABLES.
Pâpn regard Ă©tonnĂ© jâai vu sur ces remparts '
Ces gĂ©ants çourt-vĂȘtus, automates de MarĂą-
(Voltaire^
Les enfants nouveau-nes des NĂšgres sont si susÂŹ
ceptibles des impressions de Tair, quâon est obligĂ© dc
le.s tenir pendant les neuf premiers mois dans de.«ß
chambres bien fermées et bien chaudes. '
(Buffon.)
( 919 )
Je remarquais toutiâĂ©talage
ÂŁt Tair de ces nouveaux venus :
Ce sont seigneurs de haut hgnage,
Car ils descendent de Janus,
Ayant tous un double visage.
(VoltaibĂš.)
Peu dâheures avant que Montesquieu expirĂąt, on
renvoya Routh et son compagnon ĂŻvres-morts.
. (Id.)
Desiructeurs-nĂ©s des ĂȘtres qui nous sont suborÂŹ
donnĂ©s , nous,Ă©puiserions la nature si elle nâĂ©tait iné
puisable. , (Buffon.)
, Pour moi, je ne vois rien de plus sot, Ă mon sens,
Quâun auteur qui partout va gupuscr des encens,
Qui des premiers venus, saisissant les oreilles,
En fait le plus souvent les martyrs de ses veijles.
(MoliĂšre.)
.... Il tua plus dâĂ moitiĂ©
La volaiitlc malheureuse
Qu!, maudissant sa curiosité,
Traßnant Taile et tirant le plé.
Demi-morte et demĂčboĂźtettse
Droit au logis sâen retourna.
' (La Fontaini.
LĂ©gĂšre et court-^ĂȘtue, elle allait Ă grands pas,
Ayant mis ce jour-lĂ , pour ĂȘtre plus agile,
Cotillon siiqple et souliers plats. â (Id.)
Les soies de Télépbant sont trÚs clairsemées sox-
Ăźe Ăšorps, mais assez nombreuses aux cils des pan-
piĂšres. > (Buffon.)
Je hais ces fort-vĂȘtus qui, malgrĂ© tout leur bien,
Sont un jour quelque chose , et le lendemain rien,
â (Rhgnard.)
Il y a là un rendez-vous général de toute Tharmonie
de la ville ; les femmes y apparaissent léger-vétues,
dans un lointain vaporeux qui lés fait paraßtre char^
mantes.
; # 'J k â
(Jules Jahiii.)
Parmi les adjectifs composĂ©s il sâen trouve oĂč les deux mots prennent le signe du
pluriel; tels sont ceux des phrases de la premiĂšre colonne: Dans ies unes, le dernier ou
le premier mot est pris substantivement, et Tadjectif qui le prĂ©cĂšde ou le,suit sâaccorde
en genre et en nombre avec lui : ces nouveaux convertis, ces nouveaux venus, destru^
teurs-nés. Dans les autres, chaque mot exprimant une qualité attribuée au substantif
qualifiĂ©, doit sâaccorder Ă©galement avec celui-ci en genre et en nqnibre : Routh et son
compagnon ivres-morts.
Mais on apprend par les exemples de la seconde colonne quâil est aussi dâautres adÂŹ
jectifs composĂ©s oĂč le premier reste toujours invariable ; gĂ©ants courhvĂ©tus, enfants
nouveau-nĂ©s, des soies clairsemĂ©es, demi-morte; câest quâen pareil ças cet adjectif
est pris adverbialement, ainsi que le fait voir cet exemple de Buffon : L'urubu a la tĂȘte
et une partie du cou rouges, chauves et charnus comme celui d'un dindon, clairement semés de
poils noirs. Il aurait pu aussi bien diTQ clairsemĂ©s. DâaprĂšs cĂ©iĂ gĂ©ants conrp^ĂȘtus, etc.,
câest donc pour gĂ©ants coartement vĂȘtus, enfants nouvellement nĂ©s, soiĂ©s clairement semĂ©es,
matelots Ă demi-nus, ou plutĂŽt (avec un vĂȘlement) court; nĂ©j (dans un temps)
NOĂŒVEĂu, etc. -
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
MASCULIN PLURIEL.
Nouveaux venus.
Nouveaux convertia.
Nouveaux déliarquéa.
Nouveaux mariés. ' ' '
ïuteurs-néf.
Préfidents-i.éB. '
Deslructeura-pcf.
Ivres-mortA,
Ai oi'ts-ivre*.
rrais-cueillif.
FEMININ PLUIUXL.
NoutoII** venues.
Nouvelle* converties.
Nouvelles débarquée^
No'uvÚiiei mariées.
Tutrices-nées.
Préftidentei'nées.
Deittructrieei-oée«,
Ivres-mortc*.
Mqrtes>ivreS.
FraĂźebes^ueillies (1).
MASCULIN
NouTetU'ĂŽ^ ^
NoiivĂšau-iĂŻrĂȘB (8).
NqaveĂ ti'fereA
Morts-itét.
Premieri-pés.'
Demi-barbares.
Demi-sauvages.
Demi^ivilisés.
Mi-partis.
Aigre^oux.
plurteia PEHmm pluriel
Point de UmlDtik ' ' ' ^
Idem,
Idém.
Idem.-
Idem.
Demi-barbare t.
Demi-sauvages.
DemMĂvilisĂ©es.
Mi-parUes.
Aigres.dotioef (Sj.
(/) Plusieurs grammairiens veulent que fraĂźches, dans des roses ftaiches-çuĂȘillies, sâĂ©crive sans $, comme
Ă©tant employĂ© dĂŒrie façon Ă dverbiaiĂ© : fraĂźchement cueillies ; par la raison.quâon dit au masculin et au
fĂ©minin singulier : frais-cueilU, fraĂźche cueillie, U sâensuit quâon doH Ă©crire au pluriel ; frais cueillis et
fraĂźches cueillies. Câest le sentiment de TAcadĂ©mie.
(2) Bien que TAcadémie écrive ici nouveau avec un x, nous pensons que cet a^^etif doR rester invariable
puisquâil est pris adverbialement." ' v
(3) On pourrait, selon nous, écrire : des fruits aigres-doux, des oranges ùi^^^^-dquces, comme nous
avons prouvé que Ton pouvait écrfre : des cheveux chùtains-clairs; parce que oranges aigres-douces
sont Ă la fois aigres et douces, deux qualitĂ©s inhĂ©rentes Ă ce fruit Ăšt tempĂ©rĂ©e^ |âMe i>ar Tautre ; mais Ie§
grammairiens jusquâĂ prĂ©sent ont laissĂ© le mot aigre, dans cĂ cas, invahabĂŻĂš/' '
'i
\
( SSO")
NÂź CXXX.
GENRE DES ADJECTIFS AVEC LE MOT atf.
Je ne suis point dâavis qu'on vous peigne en amaÂŹ
zone : vous avez Tair trop doux,
(Fontenelle.)
Elles ont Tair hautain, mais Faccueil familier.
(Voltaire.)
Les barbares nâont de respect et do vĂ©nĂ©ration que
pour ceux qui ont Pair grand et majestueux.
* (JoĂŒbert.)
Lesâhabitants de la presquâĂźle de Malaca et de i'Ue
de Sumatra ont Tair fier : les femmes de Java or t"
Tair doux. Tous ces sauvages ont Pair réuctir.
(Buffon.)
Quelquâun disait que les partisans de CĂ©sar avaient
Pair inquiet et chagrin. * (K.card.)
La vertu toute nue Ă Pair trop indigent ;
Et câest nâen point avoir que n'avoir point dâargent.
(Boursault.)
Il semblerait au premier abord que Taccord des adjectifs en rapport avec le mot air
ne présente aucune difliculié, et que ces adjectifs dussent toujours, comme dans les
citations prĂ©cĂ©dentes, revĂȘtir les mĂȘnies accidents de genre et de nombre que ce mol.
Mais malheureusement il nâen est pas ainsi, et cette question, souvent agitĂ©e parmi les
grammairiens, n'est pas encore entiÚrement jugée : Adhuc sub judice lis est.
En effet, de ce qĂŒon j)eut dire : ,
sans ellipse.
Cette maladie a Pair dâĂTRE sĂ©rieuse.
, (Académie.)
Celles-ci cependant mâont Pair dâĂTUE efficaces.
(La Chaussée.)
AVEC ellipse.
Celte proposition nâa pas Pair sĂ©rieuse.
(Voltaire.)
CâĂ©tait de ces visages qui ont Pair plus anciens que
vietia; (1). (Marivaux.)
Il sâensuit qĂŒil est permis de dire, selon les vues de Tesprit :
Eh bien, Sylvia, vous avez Pair tout embarrassé.
(Marivaux.)
Cette femme a Pair fier,
(Laveaux.)
Cette personne a Pair content.
\ , (Académie.)
Eh bien, Sylvia, vous avez Pair tout embarrassée.
^ (Marivaux.)
Cette femme a Pair fiĂšre, (Laveaux.)
Cette personne a Pair contente.
(Académie.)
Mais câest ce quĂš contestent certains grammairiens, Ă cheval sur ce principe si
connu, que tout adjectif doit nécessairement prendre le genre et le nombre du nom
avec lequel il est en relation. Ainsi, suivant eĂčx, on ne pourrait pas dire avec LaÂŹ
veaux : cette soupe a Tair bonne, celte dame a Valr coquette ; avec Favre ; cette terre a
Tair cultivée, ensemencée; cette robe a Tair bien faite; avec Lemare, Bescher,
Maugard, LĂ©yizac, Sicard et tant dâautres : Madame, vous avez Tair si bonnei cette
femme a Tair campagnarde; elle a Tair belle; elle a Tair laide; elle a lâair'bien/aite;
elle a lâair bossue; elle a Vzxt vieille ; elle a Tair interdite; cette volaille a Tair cuite; ce<
huĂźtres ont Tair/raĂźc/ies, etc.
Ces expressions sont cependant assez familiĂšres, mĂȘme aux gens de la bonne coni-
" )
(4) Voici encore dâautres exemples semblables : Ces naturels, hommes et femmes, avaient tous Vair conÂŹ
tents et mĂȘme heureux; (Albert Montkmont.) â: Tout au loin se dĂ©couvrent les vastes plaines et les
montagnes moins hautes , et les grands arbres, parmi lesquels circule le grand fleuve, et les petits
villages qui ont Vair sicalmes etsiwosi&vus deloin, (J. JaninJ
( m )
pĂ gnĂźe. Paut-il dĂ©cidĂ©ment y renoncer? PuisqĂŒon parle cette jangĂŒe, poĂŒrqĂŒoi nĂ©
Técrirait-on pas? Nous rapporterons iéi Topinion de Bescher. Celte opinion, sanc
tionnée par Tusage, sera sans doute partagée par la majorité dé nos lecteurs.
Elle a lâair campagnard signifie que, pour ĂȘtre de la ville, cette femme nâen a pas
moins.le ton, les gestes, Tattiiude, le langage dâune habitante de la campagne.âElle
a Tair parisien: elle a le ton, les maniĂšres, les grĂąces dâune femme de Paris; cepenÂŹ
dant elle a toujours habitĂ© une ville de province.âElle a Tair campagnarde veut dire
que cette femme a lĂ mine, lâapparence dâĂȘtre de la campagne; que peut-ĂȘtre, en effet,
elle est de la campagne.âElle a Tair Parisienne : Ă son air, Ă ses discours, on juge
quâelle est nĂ©e ou quâelle a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e Ă Paris.
Les significations ne sont pas les mĂȘmes.
Deux figures, également usitées en grammaire, concourent à justifier celle derniÚre
maniĂšre de sâexprimer ; la syllepse et Y ellipse.
-Lorsquâun adjeclif est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substantifs, il se met en rapport avec celui de
ces deux substantifs qui domine dans la phrase. Ce principe est généralement reconnu.
Or, si Taccent, les maniĂšres, les discours dâune femme font naĂźtre en moi TidĂ©e quâelle
est nĂ©e ou quâelle rĂ©side Ă Paris, Ă la campagne; plulĂŽt qĂŒailleurs, jeTexprimĂš par ces
paroles : elle a Vaiv Parisienne, elle a Tair campagnarde. 11 est évident que Tobjet princi
pal de ma pensĂ©e nâest point de constater Tair ou la physionomie de cette femme, dont
lâimpression fugitive sâest affaiblie dans mon esprit,.mais bien de mettre en Ă©vidence
la dĂ©duction que jâen ai tirĂ©e. Le rapport de Tadjectif au sujet est alors sylleplique.
On peubde mĂȘme Ă©tablir ce rapport par Tellipse : elle a Tair d'ĂȘtre Parisienne, camÂŹ
pagnarde. Le besoin dâabrĂ©ger Texpression et de la rapprocher de la vitesse de lapensĂ©e,
fait supprimer d'ĂȘtre, mais on le supplĂ©e facilement. Rien de plus commun dans le
discours que ces sortes dâabrĂ©viations.
(Messieurs), vous avez Tair un peu gascon. (Voltaire).
Le poĂšte ne veut nullement donner 5 entendre qĂŒil pense que ceux Ă qui il adresse
la parole soient nés sur les bords de la Garonne.
Sâil eĂ»t dil : Vous avez Tair Gascons, il aurait annoncĂ© que rĂ©ellement ils peuvent
ĂȘtre de la Gascogne.
Lemare admet aussi les deux locutions, et il en établßt la différence par des rai
sonnements et par des exemples. ' /
Fabre dil : Celle robe a lâair bien faite.âCette terre a Tair cultivĂ©e, ensemencĂ©e.
Gâest Ă la chose mĂȘme et non Ă Y air qĂŒil fait rapporter les adjectifs, et il lui Ă©tait
impossible dâĂ©crire autrement sans changer la construction.
On dit dâune femme qĂŒelle a Tair bon, Tair doux, Tair charmant, Yslitspirituel, lorsÂŹ
quâon ne consulte que lâimpression que fait sur les sens le jeu de la physionomie.
Mais je-dirai ; Elle a Tair bonne, elle a Tair douce, Tair charmante, Tair spirituelle,
Tair mstruite, Tair intelligente, Tair obligeante, si, sans mâarrĂȘter aux traits de son viÂŹ
sage, Ă lâexpression de ses regards, je juge de cette femme par ses paroles affectueuses,
par ses raisonnements justes et par ses actions.
Je vois une personne qui fronce les sourcils, serre les lÚvrés, et jÚlte çà et là des re
gards de dédain, je dis : Elle a Tair bien mécontent. Mais si je Tentends, sans la voir,
adresser des reproches Ă quelquâun, lui parler sĂšchement, je dirai alors : Elle a Tair
mĂ©chante, fĂąchĂ©e, irritĂ©e, etc., car je ne puis juger dâune physionomie qui est hors de me
( 222 )
vue. a/*a/r Ă©quivaut Ă elle semble ĂȘtre; elle a Tair (TĂȘire, Le mol air nâest pĂŽint pris
jci dans son acception propre et rigoureuse; il se prĂȘte aux vues de lâesprit;
Ce nâest pas que je ne reconnaisse que, dans plusieurs circonstances^ la simplicitĂ©
et la clartĂ© de Texpression demandent que le verbe ĂȘtre soit exprimĂ©, ou mĂȘme quâon
préfÚre semblér, paraßtre ù avoir Tair. Je suppose à Técrivain. assez de goût pour savoir
faire un. choix. ' .
Fldi'ian a Ăšu raison de dire : Elle cultivait son esprit pour son plaisir, et'non pas
f' ' * *
pour pĂ raĂŒre instruite. J.-J. Rousseau : Les Yalaisannes ont des corps de robe si Ă©levĂ©s,
qiiâelles en pafĂąissent bossues. Marmontel ; Vous mâaVez lâair d'ĂȘtre bien aimĂ©e. Le
fnĂȘmĂš : Jâaurai lâair ĂąâĂ©fre jouĂ©e, et je le serais en effet. LâAcadĂ©mie : Cette maladie a
- Tair dâĂ©tre sĂ©rieuse.
Mon but a été seulement de mettre le lecteur en garde contre ces rÚgles exclusives
sorties du cerveau étroit dÚ quelques grammairiens qui mesurent les mots au compas
et les phrases à la toise, sans rien accorder à Tessor du génie. En bannissant de notre
langue des locutions correctes et usitĂ©es , ils croient TĂ©purer, et ils lâappauvrissent.
>000
NâCXXXI.
ADJECTIFS QUI SoNt VARIABLES QUAND ĂS QUALĂFiENt tN SUBSTANTIF*, ET iNVĂBĂĂBtĂS
lorsquâils modifient Ăčn VĂtibĂ.
VĂRIĂBLHS.
La chair du lion est dâun goĂ»t dĂ©sagrĂ©able et fort ;
cependant les NĂšgres et les Indiens no lĂ trouvent pas
mauvaise et'en mangent souvent. (Buffon.)
. Les Polonais ne trouvent pas YhuiĂźe bonne, si elle
ne sent bien fort. (RegnĂąrd.)
, Dans la saison dĂ© lâĂ©tĂ©,- les cĂšrfs marchent la tĂȘte
basse, crainte de la froisser contre les branches.
{Id.)
âą Les gerboises et les kĂąngurods se tiennent droits
sur leurs pattes de derriĂšre. (Aimk-Martin.)
^Dans plusieurs femmĂšs et filles de condition, les
cÎtes inférieures se trouvent plus basses que dans les
filles du bas peuple. (Buffon.)
U nây a point de sculpteur qui puisse faire une statue
Ă fimitallĂŽn de lâhomme, plus large Ăšt plus pesante
par le haut que par le bas, laquelle puisse se soutĂšnlr
droite et immobile sur une base aussi petite que ses
piĂȘdùï (Bernardin de St-Pierre.)
Ces esclaves né sont pas fort chers ; car les hommes
ĂągĂ©s depuis vingt-cinq ans jusquâĂ quarante ne coû
tent que quinze écus: (Buffon.')
Nous ressemblons Ă ce {ĂżrĂ n de SicilĂš qui appliÂŹ
quait les passants sur son lit de fer : il allongeait de
force les jambes de ceux, qĂŒi les avaient plus couriez
que son lit. (Bernardin dh St-Pierrk.)
0
Un de notre compagnie dit un mot si plaisant et
nous obligea Ă Ă©clater de rire si long-temps et dâune
maniĂšre Ă haute, que toute lâassemblĂ©e en fut extrĂȘÂŹ
mement scandalisée. (Regnahd.)
INVARIABLES.
En Laponie, ĂŒne peau dâhermine cĂŽĂ»lĂš quatrĂš oĂŒ
cinq sous. La chair de cet animal sent trÚà mauvais.
< - (Hkgnard.)
Au moins câest une affaire . . .
Que vous trouverez bon, MoĂŒsleur, qĂŒĂ© jĂ© diffĂšre.
(QuInAult.)
Ils dirent .que Tarmée, Investie de tous cÎtés, et,
comme assiégée, serait obligée de mettre les armes
bas, si on ne lui donnait un prompt secours.
(VĂȘrtĂŽt.)
Le disciple aussitĂŽt droit au çpq sâen alla,
Jetant bas sa robe de classe.
(La FontAßné.)
MÚre écrevisse, un jour, à sa fille disait :
Comme tu vas, bon dieu ! tu ne peux marcher droit.
(«âą)
MÚre écrevisse qui reproche à sa fille de ne pas aller
droit J et la fille qui lui reproche que sa mĂšre va tortu,
nâa point paru une fable agrĂ©able. (Voltaire.)
Les manchons de genelte étaient à la mode U ÿ a
quelques années, et se véndà ient fort cher.
(Buffon.) âą
AprĂšs avoir avancĂ© quelques pas, ils s'arrĂȘtĂšrent
court. (Albert-MontĂ©mont;) â
Je ne saurais plus écrire depuis que mes lettres ne
vont point à vous. Me voilà demeurée louf court.
(MÂź*â DE SĂViGNĂ.)
De ma vie jĂ© nâa! entendu dĂ©s voix de Ăźeriim'es mon-
ter si haut. [ldi)
- â ( 25>5 )
Ces exemples nous dĂ©montrent que le mĂȘme adjectif peut varier dans un cas et deÂŹ
meurer invariable dans un autre : Il varie (1*^Âź colonne) toutes les fois quâon veut, non
modifier le verbe, mais qualifier le substantif; et il devient et reste invariable (2Âź coÂŹ
lonne) si, nâayant aucunernent rapport au substantif; il ajoute une modiiication au
verbe seulement; en pareille circonstance; cet adjectif fait partie dâune expression
adverbiale, et le substantif auquel il se rapporte est'toujours sous-entendu, comme
Taitesie lâanalyse des phrases suivantes (i) :
De ma vie je nâai entendu des-voix de femmes monÂŹ
ter si haut.
. Les manchons de genette se vendaient fort cher.
f
Ils sâarrĂȘtĂšrent court.
Câest-Ă -dire si hautement ou ( Ă wn ton ) si haut.
Câest-Ă -dire fort cfiĂšrement ou ( d «n prix ) fort
cher:
Câest-Ă -dire courtemerU ou {dâun pas) court.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Jui trouvé ces étoffes cbÚres. Ou a veodu ces étoffes cher. Le tailleur a pris ses mesures bien Les marcbaudites furent pesées
' juttea. , iml«.
Les cbalj out les oreilles courtes. Quelques oraiéßiirs sont rÚslés Oo a téourÚ toutes les poésies Ces Qeuri senleut etlrémcmeut
court. V bODDCI. boD.
rcxxxĂŻi.
ADJECTIFS AYANT RAPPOUT A ĂN SUBSTANTIF EXPRIMĂ OU SOĂS-ENTENDĂ.
SUBSTANTIF EXPRIME.
Antre par la nouveautĂ©, mais esclave de lâhabi-
lude, lâhomme passe sa vie Ă dĂ©sirer le changement
et à soupirer aprÚs le repos. (Lévis.)
Au pied des tribunaux une fois amenée
Lâaccuse, sâil est pauvre, est dĂ©jĂ condamnĂ©.
(Chénier.)
Tortement.appuge' sur des oracles vains,
Ăh Pontife est souvent terrible aux souverains.
(Voltaire.)
SUBSTANTIF SOUS-KNTĂNDU.*
Endormi sur le trĂŽne, au sein de la moĂźlesso,
Le poids de sa couronne accablait sa faiblesse.
(Voltaire.)
Obéi dans sa vie, à sa mort adoré,
Son palais fut un temple, etc.
{Id.)
EnvironnĂ© dâenfants, soutiens dĂ© ma puissance,
U ne manqué à mon front que le bandeau royal.
(Racine.)
Tout qualificatif, soit adjectif, soit participe passĂ© ou prĂ©sent, doit tĂŽĂŒjoĂčrsi se rapÂŹ
porter à un mot exprimé dans la phrase; telle est la rÚgle posée dans la grammaire de
MM. Noël et Chapsal, et d'aprÚs laquelle ils approuvent la construction des exemples
de la premiĂšre colonne, et signalent comme vicieusĂš et ne devant pas ĂȘtre imitĂ©e,
celle des exemples en regard. Nous ne sommes pas tout-Ă -faii de lâavis de MM. NoĂ«l et
Chapsal, et les trouvons dâune excessive rigueur Ă condamner les citations de la seÂŹ
conde colonne : Que veulenf-ils Ă©viter? C'est lâĂ©quivoque. Or, on sent bien qĂŒil est
(1) Cette analyse pourrait ĂȘtre aisĂ©ment justifiĂ©e par un nombre infini de citations ; nous nous
illĂš-ci. Bossuet, dans ses ĂlĂ©vations sur les mystĂšres, dit, avec la construction pleine : J
bornerons Ă
celle-ci. Bossuet, dans ses Elévations sur les mystÚres, dit, 1° avec la construction pleine : Pour parler
<fĂŒN TON plus aigu, OU plĂ»s GROS, OU plus HAUT, OU plus BAS, je dilate encore ou je resserre une autre
partie dans le gosier quâon appelle trachĂ©e ariĂšte, quoique je ne sache pas mĂȘme si j^en ai une; 2Âź avec
ellipse : Il suffit guejĂȘ vĂ©tiUle parler haut ou bas afin que tout, se fasse comme de soi~m&m.
(SĂą4)
Itnpossßble de faire rapporter.endormi avec poids, obéi avec palais, environné avec froiii ;
que ces,adjectifs et ces substantifs sâexcluant les uns les autres, le mot en rapport
avec les premiers est éyidemment sous-entendu ; et ce,qui aide singuliÚrement Tesprit
Ă le saisir, c'est qĂŒil est implicitement contenu dans Tadjectif possessif qui se trouve
toujours dans la phrase : le poids de si couronne, câest-Ă -dire le poids de la couronne de
lui, endormi, etc. Au reste cette construction, qui répond à Tablatif absolu des Latins,
a été et est encore employée par les meilleurs écrivains; on ne doit donc pas craindre
de suivre en cela ces excellents modÚles de goût et de clarté.
*
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Bien examinée, cette cboie eatTraie. Obéie, aimée, cbérie , rexiltenee fait tout >od Kndarmi contre un arbre, le poßdi de «e«
Ballolés nar le# Tenti. nous faillßmes périr. délice. armes brisait ses infinbres.
EselsTe oc votre parole, remplĂźuex toi pro* EntouiĂȘ de tous les biens, il ue manque i mon Dne fois mort, mon bien tous appartient.
messes. ^ bonheur que votre amilté. Une fois nés, la douleur est notre partage.
Instniiteel é';Uirée, la jeUDeue est l'espérance Environné de toutes les horreurs de la mort ^ Arrivés à la premiÚre étape, leur seule peosé
de la patrie. * mes iamhea tremblaient anus mnĂź. fut de lo renoaer.
mes jambes tremblaient loui moi
fut de M reposer.
NÂź cxxxm. 05^
GALLICISMES PRODUITS PAK LES ADJECTIFS htOU, beUe, hOTXne.
BELLE.
Quand-tout le monde fut sorti de table, il se mit Ă
boire encore de plus belle. (Académie.)
... Vous nous la donnez bonne ;
Jâai six cousines, moi, que ]e vous abandonne.
(Voltaire.)
Nous rayons, en dormant, madame, échappé belle.
(MoliĂšre.)
Entre les deux oiseaux il arriva querelle,
Et Raton dĂš prendre parti'
Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle,
Dâinsulter ainsi notr,e ami !
(La Fontaine.)
On a belle de draper les gens en leur absence.
(Anonyme.)
BEAU.
Nous avons heau enfler nos conceptions, nous n'enÂŹ
fantons que des atomes. (Pascal.),
On a beau étudier les hommes et les approfondir,
on sây trompe toujours. (FĂ©nelon.)
On a beau dire, Il faut avouer que la religion cbré»
tienne a quelque chose dâĂ©tonnant.
(Pascal.)
Ăn Ă beau faire , la vĂ©ritĂ© sâĂ©chappe, et perce touÂŹ
jours les tĂ©nĂšbres qui lâenvironnent.
(Montesquieu.)
Dans toutes ces locutions, qui sont amant de gallicismes, on a sous-entendu les
mots avec lesquels les adjectifs beau, belle sont en rapport; mais Tanalyse que nous
allons, essayer dâen donner fera voir quels sont les substantifs ellipses.
1Âź i/ se mit Ă boire encore de plus belle , câest-Ă -dire : il se mit Ă boire encore Ă (une)
plus belle (maniĂšre).
2Âź Nousi'avons Ă©chappĂ© belle, câest-Ă -dire : ncms avons Ă©chappĂ© le (malheur cn quesÂŹ
tion) ĂŒ(une) belle (maniĂšre).
S** Il nous la vient donner belle, câest-Ă -dire ĂŒ vient nous la donner (la fĂȘte) belle.
\ *
4Âź On a BELLE de draper, câest pour on a (une) belle (occasion) de draper, etc.
On a beau. Celte locution est un peu plus difficile à expliquer, MM. Noël et Chapsal
' . ( 225 )
prĂ©tendent que câest un abrĂ©gĂ© de on a beau jeu, et que, par consĂ©quent, on a beau
pleurer est pour on a beau jeu pour pleurer. M. Lefranc Tanalyse ainsi : On a beau champ
pour pleurer. M. DeshoulliĂšres pense quâil nây a pas dâellipse et que Tadjectif beau quaÂŹ
lifie rinfinitif suivant qui, dans ce cas, est pris substantivement : On a beau faire^ on a
beau dire, câest, selon lui, pour : On a U7i beau faire, on a un beau dire. Quant Ă nous,
nous sommes pour Tellipse,.et nous croyons que vous avez beau est un abrégé de vous
avez tm beau sujet de (1)..
fl) Nos lecteurs nous sauront sans doute gré de mettre sous leurs yeux la lettre suivante, que nous devons
Ă l extrĂȘme obligeance du savant Ă©diteur de Rabelais, et qui est remplie dâobservations fort judicieuses»
Paris, 17 janvier 1835.
Vous voulez bien, monsieur, vous adresser Ă m6i pour savoir quelle peut ĂȘtre lâanalyse de ces expressions
avoir beau dire, avoir beau faire. « Câest en vain, dites-vous, que vousjâavez cherchĂ©e : vous nâavez rien
trouvĂ© de satisfaisant dans lâexplication quâon a donnĂ©e de ce gallicisme, qui paraĂźt se soustraire Ă toute espĂšce
dâanalyse, ».
Cette question , monsieur, est donc plus neuve pour moi que pour vous, car je nây avais jamais songĂ© avant
que vous mâayez fait la proposition dĂ© lâexaminer ; et je vous avoue que je ne sais pas , et que je nâai pas cherÂŹ
chĂ© mĂȘme depuis la solution que dâautres grammairiens ont pu donner de cette locution, qui est en effet assez
singuliĂšre. Lâexplication que je vais vous en soumettre sera donc bien mienne, et je vous prie de lâaccueillir
avec indulgence, car ce nâest pas pai* choix que je vais essayer de rĂ©soudre cette question, mais pour vous
ĂȘtre agrĂ©able.
Voyons le fait dâabord. « Quand beau est joint avec avoir, disent les lexicographes, il signifie quoique, enÂŹ
core que. » âŠ
Je lis dans les mĂ©thodes latines, câest-Ă -dire dans les traitĂ©s français pour rendre en latin les gallicismes :
« avoir beau devant un infinitif, se tourne par en vain, frustrà , on quoique, quamvis', vous avez beau crier,
tousser, vous criez en vain, ou quoique vous criiez, vous avez beau faire, tournez, quelque chose que vous
fassiez, quidquid agas. »
« On dit, remarque le dictionnaire de lâAcadĂ©mie au mot beau, vous avez beau faire et beau dire, pour
câest inutilement que vous faites, que vous dites. »
DâoĂč je conclus 1° quebeau, dans ces phrases, esten effet une locution elliptique, dans laquelle on peut entendre
affaire on chose; comme dans la phrase latine, pulchrum est pro palriĂą mori, on sous-entend negotium,
et mĂȘme, comme dans la phrase française , faite sur le modĂšle du latin, ĂŒ est beau de mourir pour sa par
trie y 2Âź que la locution fai beau dire revient Ă celle-ci : fai belle affaire Ă dire, dire est pour moi une
belle chose; mais inutile et vaine.
Câest ainsi,' monsieur; que nous disons, il fait beau voir, pour Fest une belle chose de voir ou Ă voir; Ă
nâest pas beau de jurer, pour ce nâest pas une belle chose de jurer; il Ăż a du beau dans cette affaire, pour
il y a de belles choses, de beaux cĂŽtĂ©s; le beau, le plus beau et le meilleur de lâaffaire, pour la chose la plus
belle et la meilleure de lâaffaire.
Câest ainsi encore que nous sous-entendons temps dans les locutions, tĂź fait beau chasser, il fait beau se
promener ; jeu ou coups, quand nous disons au jeu de paume ĂŽu de volant, donner beau coup, pour un coup
facile Ă prendre : occasion, quand nous disons figurĂ©ment, le donner beau Ă quelquâun, pour dire lui donner
beau jeu, lui procurer belle occasion, une occasion favorable de faire un bon coup ; tjows lâavez beau, ponr
vous avez une belle occasion ; lâoccasion est belle pour vous.
Je désire, monsieur, que cette explication analytique, et ces rapprochements puissent vous satisfaire, et
vous prouver au moins la haute opinion que le plan et lâexĂ©cution de votre Grammaire nationale mâont fait
* concevoir de votre mĂ©rite, de vos immenses recherches et de votie esprit dâanalyse.
Jâai lâhonneur dâĂ©tre, dans ces sentiments bien sincĂšres, monsieur, avec dĂ©vouement et reconnaissance,
pour le service que vous rendez Ă notre belle langue,
Votre confrĂšre, Ăloi Johanneau*
f,
29
( 226 )
.ioĂŠsQ NÂź cxxxrv. 03^**
DE LA PLACE DES ADJECTIFS,
ADJECTIFS QUI SK METTENT
AVANT LES SUBSTANTIFS.
La vertu est plus belle dans un beau corps.
(Pensée de Virgile.)
On doit récompenser une bonne action.
{Racine.)
Le mauvais exemple entraĂźne.
(Fléchier.)
Parler en docte janséniste.
. (Boileau.)
APRES LES SUBSTANTIFS.
Il faut retrancher dans les arbres fruitiers le bois
inutile. (Fénelon.)
Frappez Tarbre infructueux qui , nâest plus bon
que pour le feu. ' (Bossuet^
Les hirondelles ont le vol raide.
(Planche.)
Il oppose Ă Tamour un codur inaccessible.
ĂIacine.)
IL
ADJECTIFS QUI PEUVENT SE METTRE AVANT OU APRĂS LES SUBSTANTIFS.
Jainais nous ne goûtons de parfaite allégresse.
(Corneille.)
On sait que le lendemain, à Theure marquée, U
fallut rĂ©veiller dâun profond sommeil cet autre
Alexandre. (Bossuet.)
âą ..a... âą Craignez
Dâun vain plaisir les trompeuses amorces.
(Boileau.)
...... Quâa-t-il dit, quâa-t-il fait
Qui ne jiromette Ă Rome un empereur par/ail.^
(Racine.)
Dans un sommeil profond ils ont passé leur vie.
(Boileau.)
Le monde est une figure trompeuse qui passe.
(Buffon,)'
ilL
adjectifs dont la signification change selon la place quâils occupent.
AVANT.
ĂŒp BpN homme signifie le plus souvent un homme
sipaplq , crédule, qm se laisse dopainer, tromper.
(Académie.)
Un brave bomme est un homme de bien, de proÂŹ
bité, dont le commerce est sûr. (Id.) \
Vn grand homme est un homme dâun grand mé
rite moral! (Id.) .
Le grand air indique les maniĂšres dâun grand sei-
^neur. â" ' (Jd.)
Vn galant homme est un homme poli, qui a des
dons et des talents, et dont je commercé est sûr et
ĂčgrĂ©able.' ' (Boiste.)
APRES.
Vn homme bon se dit dâun hornme plein de canÂŹ
deur, dâaffection, dâun homme charitable, compatisÂŹ
sant.' (Académie.)
Vn homme brave est un homme intrépide, qui
affronte le danger sans crainte. (Id.)
Vn homme grand est un homme dâune grande
taille. (id.)
Lâair grand se dit d'une physionomie noble.
tjd.)
â Vn homme galant est un homme qui cherche h
plaire aux dames. ^Boiste.)
La qualité est inhérente à la substance ; il est donc de toute nécessité que Tadjectif
accompagne le nom auquel il ajoute une qualification quelconque. Cet adjectif peut
bien se placer avant ou aprĂšs le substantif; mais il ne saurait en ĂȘtre sĂ©parĂ©, si ce
nâest par le signe de la propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de tous les ĂȘtres, et celui de leur existence,
câest-Ă -dire par le verbe.
( 227 )
Mais puisque, ainsi que nous venons de le dire, les adjecUf]5 doivent précéder ou
suivre immédiatement les substantifs qu'ils qualifient, est-il ))ermis à celui qui écrit
de les mettre à son gré avant ou aprÚs? Non sans doute, et Tusage, guidé par Toreille,
le goût', le bon sens^et le sentiment, a désormais fixé la place qu'ils doivenToccuper ;
de telle sorte qu'enfreindre aujourd'hui cette loi, ce serait non seulement pécher
contre la grammaire, mais encore dénaturer bien souvent le sens des mots, comme
on le voit par le 3Âź paragraphe.
Noas ne nous étendrons pas davantage sur cette matiÚre, qui appartient essentielle-
*
ment aux dictionnaires.
C'est un irait honteux de Thisloire du langage, dit M. ValĂ©ry, que dâavoir fait du
mot bon une injure. Ce mot était synonyme de beau chez le peuple qui eut jamais le
plus vif sentiment de la beauté. L'admirable inscription Jovioptimomaximo,, si heureu
sement traduite dans la langue religieuse du peuple par le bon Dieu, prouve encore comÂŹ
bien la raison profonde de Rome Ă©tait loin de noire sottise. Rousseau a prĂ©tendu qĂŒil
y aurait plus d'exactitude Ă dire maximo puisque, dâaprĂšs lui, Dieu ne peut ĂȘtre
bon sâil nâest grand. Cette subtilitĂ© ĂŽterait Ă Texpression antique son vrai et toueliant
caractĂšre : ĂŻe.senliment de nos misĂšres nous dit qĂŒil y a plus de'divinilĂ© dans la bontĂ©
que dans la puissance; Ton aime à voir dans le ciel le mot trÚs bon précéder celui de trÚs
grand, comme, sur la terre mĂȘme, ie bon HomĂšre est cĂ©lĂšbre avant tous les grands
hommes. Tel est dans nos cĆurs Tinstinçi de la morale et de la reconnaissance, qu'ils
aiment Ă cpnsacrer lâemploi bienfaisant du gĂ©nie; cette immortalitĂ© appartient aussi
au bon Virgile, au bon La Fontaine; on les aime autant qĂŒon les admire, et le surnOrn
de bon est Ă la fois le.plus ancien et le plus durable. Dans nos vieux auteurs, le mot
bon a toute sa dignité. « Les Sarrasins le tenaient, dit le confesseur de la rÚine Mar
guerite, qui a écrit la vie de saint Louis, pour bon homme et loyal. » Le chancelier"'
de lâHĂŽpital, dans son testament, lĂšgue sa bibliothĂšque Ă celui de ses enfants qui lui
semble le plus propre et le plus affectionné aux bonnes lettres. » La Boétie mourant
supplie son fraternel anji de soigner ses parents, « et de prendre garde qus le deuil de
» sa perte ne pousse ce bon horiime et-cet te bonne femme hors des gonds de la raison. »
« Guy-Paiin parle'du bon homme, M; de Sully, du bon homme Casaubon », pour van
ter leur habileté et leur vertu. Madame de Sévigné désigne souvent par la mÎme ex
pression les hommes qĂŒelle aime et respecte le plus, tels que Arnaud dâAndilly,
Boucherai et Chapelain. L'acception nouvelle du mot bon homme se trouve déjà dans
Bussy, et la dĂ©finition qĂŒil en donne ne surprend point de la part de ce vil caractĂšre.
Ainsi donc la syntaxe, inflexible pour Thomme', cĂšde au temps, et ses variations
sont une preuve de notre faiblesse : telle est notre misĂšre, nous ne saurions rien fixer,
les mots mĂȘme nous Ă©chappent; et, par une moquerie de la fortune, leurs destinĂ©es
ont des vicissitudes aussi incertaines que les nĂŽtres. Ainsi les^uots qui exprimaient
Tlionneur, la grandeur ou, la dignitĂ©, nâexpriment plus, Ă d'auires'Ă©poques, que la
servilitĂ©, la petitesse ou le ridicule. Celte mĂ©tamorphose subie par les Ă©lĂ©ments dâun
langage, dit M. PhilarĂšie Chasles, est un phĂ©nomĂšne aussi digne de remarque qĂŒil
est peu observé. Tous les peuples voient ainsi leûr idiome les fuir et leur échapper,
comme un fleuve qui passe et sâĂ©coule, toujours le mĂȘme, et toujours changeant. JXu
temps de Marot, la prude femme, par exemple, câĂ©taitfemme, et une coquette
Ă©tait quelque chose de pis. On sait quâaujourdâhui cette double signifiealion a bien
changĂ©. Si lâĂ©tude des mots, dans leurs racines grammaticales, dans leur emploi et
a
( S28 )
dans leurs.inflexions? est'épuisée, célle du langage, dans ses mutations et dans le
rapport de ces mutaliods avec les mĆurs, est encore Ă faire; et certes, elle est plus
importante.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
I.
(7d beau cbevaL
Un grand capitaine.
Un gros arbre.
On bon ouvrage.
Une mauvaise habitude.
Uon cher ami.
AVANT.
Un bravo soldat
Une belle situation.
Un petit chien.
Un sot orgueil.
Un bon ouvrier.
Un jeune hnmine.
Une voix harmonieuse.
Une humeur pucinque.
Une laine blanche.
Un air indolent.
Un ckcinin raboteui.
Un lavĂąnt bomme.
Un ami véritable.
LâinteUIgeoce suprĂȘme.
Une couleur jaune.'
Uo discours concis.
Un Heu innaccGSsible.
Lâange gardien.
Jjâcmpire ottoman.
II.
APRES
Une figure ronde.
Une forme ovale.
Un arbre vert.
Un bonnet btauc-
Etoiles fixes.
111.
AVANT OU APRES.
Un homme savant.
Un véritable ami.
La suprĂȘme tntelligeoce.
Un habile avocat.
De tendres regrets.
Ud lavoir^prorood.
IV.
Un génie supérieur.
Un lieu éminent.
Une (leur épanouie.
Un chapeau noir.
Fables choisies.
Un avocat habile.
Des regards tendres.
Uu profond savoir.
r:)
AVANT OU APRES , MAIS AVEC UN SENS DIFFERENT.
D'une commune voix.
Un cruel bomme.
Une fausse corde.
Un faux accord.
Un faux jour.
Une fansse'clé.
Une&UBSe porte.
Un furieux menteur.
Une grosse femme.
Un honnĂȘte bomme.
DâhonnĂȘtes gens.
Un malboDuĂȘto homme.
Une voix commua
Un homme cruel.
Une corde fausse.
Un accord faux.
Un jour faux.
Une clé fausse.
Une porte fausse.
Un lion furieux.
Une femme grosse.
Un boimne faoonĂȘte.
Des gens houoĂȘtes.
Un homme malhonuĂȘte.
Un mauvais air.
Une méchante éptgramme.
Un nouvel habit.
Un pauvre bomme
Une pauvre langue..
Cn plaisant bomme
Un petit homme.
Les propres termes.
Un seul mot
Un'simple homme.
On unique tableau.
Ud viUio tableau.
L'air mauvais.
Une épigramme mécbaote.
Un babit nouveau
ĂŒn homme pauvre.
Uue langue pauvre.
Un homme plaisant.
Un bomme petit.
Des termes propres.
Un mot seul.
Un homme simple
Dn tableau uni^un.
Un booune vilavi.
K CXXXV.
COMPLEMENT DES ADJECTIFS.
ADJECTIFS DONT LE COMPLEMENT EST PRECEDE DE LA PREPOSITION O.
L'ignorance toujours est prĂȘte'Ă sâadmirer.
(Boileau.)
Mon cĆur toujours rebelle et contraire Ă lui-mĂȘme,
Fuit le mal quâil dĂ©teste, et fait le bien quâil aime.
(L. Racine.)
il est tlaas le saint temple un sénat vénérable,
Propice Ă lâinnocence, au crime redoutable.
(Voltaire.)
11 se rend accessible Ă tous les janissaires,
(Racine.)
Insensible Ă la vie, insensible Ă la mort,
Il ne sait quand il veille, il ne sait quand il dort.
(L. Racine.)
Du titre de clément rendez-le ambitieux ;
Câest par lĂ que les rois Bout semblables aux dieux.
(La Fontaine.)
( 229 )
Et ce roi, trĂšs souvent sujet au repentir,
Regrettait le hĂ©ros quâil avait fait partir.
(yOLTAIRK.)
Croyez un homme qui doit ĂȘtre agredble aux
dieux, puisquâil souffre pour la vertu.
(Montesquieu.) '
Parmi les adjectifs qui ont un complément, Jes uns le prennent accidentellement,
les autres ne peuvent sâen passer (4). Ceux qui font Tobjet de ce numĂ©ro ont leur comÂŹ
plément toujours précédé de la préposition à .
\
EXEnaCK PERAS^ĂOLOGIQUE.
Proitipi a.
Agréable a.
Cher Ă .
Favorable Ăą.
Impénétrable A.
Odieux A
Semblable Ă .
Facile Ă .
Invincible i.
Enclin Ă .
Accessible Ă .
Conforme Ă
Formidable ĂŒ.
Invisible Ă
Préférable à .
Sujet A
Oifiicile Ă .
Invuliiéiable à .
Propre Ă .
Attentif Ă .
Contraire A
Funeste Ă .
Visible Ă .
Propice Ă .
Antérieur à .
Aisé à .
Indispensable Ă .
Accoutume A
AiUĂźQt Ă'
l'ixact Ăą.
- Importun A
Nuisible a
Reaoutable a.
Postérieur A
Nécessaire à .
Bon A
Nâ CXXXVI.
ADJECTIFS DONT LE COMPLĂMENT EST PRĂCĂDĂ DE LA PRĂPOSITION de.
Tous ces pompeux amas dâexpressions frivoles
Sont dâun dĂ©clamateur amoureux de paroles.
(Boileau.)
De quel crime un enfant peut-il ĂȘtre capable ?
(Racine.)
Il nâest pas de Romain
Qui ne soit glorieux de vous'donner la main.
(Corneille.)
Et desireux de gloire
Son char rase les champs et vole Ă la victoire.
(Delille.)
Joyeuse, né d'un sang chez les Français insigne,
Dâune faveur si haute Ă©tait le moins indigne.
(Voltaire,
Qui vit content de rien possĂšde toute chose.
' (Boileau.)
Mais un esprit sublime
Est toujours mĂ©content de ce quâil vient de faire.
{Id.)
Lorsque, vide de sang, le cĆur reste glacĂ©,
. Son Ăąme sâĂ©vapore ; et tout Thomme est passĂ©.
^ (L. Racine.)
On voit par ces exemples qĂŒil est aussi des adjectifs dont le complĂ©ment est prĂ©cĂ©dĂ©
de la prĂ©position de. Lâusage et les dictionnaires les feront connaĂźtre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Digi.o de.
plein de.
UifTéreiit de.
Kiclave de.
Glorieux de.
Fatigué de.
Baiiaiié de.
Absent de.
Jaloux d*.>
Indigné de.
Rempli de. ,
Envieux dc.
Exempt de.
Honteux de.
Lassé de.
Soigneux de.
Eloigné de.
Désespéré de.
Content de.
Capable de.
Ambitieux de.
Fier de.
Complice de.
Las de.
Sûr de.
Avide de.
Affligé de.
Méeontent da
Incapable da.
Impatient de.
Fou de.
Tributaire de
Ivre de.
â Victime de.
Désolé de.
Curieux de.
(1) Voici quelques exemples oĂč les mĂȘmes adjectifs que ceux citĂ©s dans ce numĂ©ro et dans le numĂ©ro suiÂŹ
vant , ne sont accompagnĂ©s d,âaucun complĂ©ment : Celui qui aime son travail trouve son plaisir toujours
PRĂT. (Boiste.) â Fabricius demandait aux dieux que les ennemis de Rome fussent athĂ©es pour nâĂȘtre pas
REDOUTABLES. (Mably.) â Cest ĂȘtre faible et timide que dâĂȘtre inaccessible. (Massillon.)-r On se croit disÂŹ
pensĂ© dâĂȘtre homme de bien pourvu quâon soit un homme agrĂ©able. (J.-J. Rousseau.) â Cest une grande
difformitĂ© dans la nature quâun vieillard amoureux. (La BruyĂšre.) â Les jeunes gens cachent leur ignorance
sous un air capable. (Boiste.)âVoulez-vous que tout ce qui vous entoure vous montre un air content?
Soyez libĂ©ral. (VaĂŒvenargues.) â Les mĂ©disances et les calomnies sont les ressources des tĂȘtes vides. (Boiste.)
c '^50 )
N CXXXVII,
ADJECTIFS DONT LE COMPLEMENT eSt PUĂCĂIIĂ DE blFFĂKENTES PllisPOSĂTlONS.
On est aveugle sur ses défauts^ clairvoyant sur
ceux des autres. (Larochefoucauld.)
I
Lo nom dâanimal est commun Ă lâhomme et Ă la
béte! (Académih.)
Les biens de ce monde ne' sont pas eomparabĂźei Ă
ceux dq Téleroité. (Féraud.)
Tous les grands divertissements sont dangereux
pour la vie chrétienne. (Pascal.;
La haine est aveugle dans sa propre cause.
(Académie.)
Lâamour a cela de commun avec les scrupules
qĂŒil sâaigrit par les rĂ©flexions. (La BruyĂšre.)*
Lâesprit nâest pas comparable avec la matiĂšre.
(Laveaux.)
Aman trouva la puissance et la religion des Jdifs
dam/ereuse5 d lâempire. (Massillon.)
On voit encore qĂŒil y a des adjectifs dont le complĂ©ment se construit avec dilßé-
renies prĂ©positions. Nous nâen donnons qĂŒuh trĂšs lĂ©ger aperçu, parce que ces remarÂŹ
ques sont plutĂŽt du ressort des dictionnaires que de cet ouvrage, dont ies limites sont
(Tailleurs fixées.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Assidu au trufOiL
Constant dans ies opioUnSi
Cruel Ă tes edncmis.
Affable svee tous.
Itijurieus sox mogiitrati.
Ailtdu BoprÚl dé quelqu'un.
CoDitaat a toutei choses.
Criiel cnTcra ses eonooiis.
Affable enfers tous.
lo|arieos ponr le prince.
Rebelle i bob roi. Bebella oneers son roi.
Ingéuiecz pour une cbose. logéaieax A tout faird:
Endurei aux coups ou contre les Endurci dans le criuie. '
coupa de radfersitĂš. Ignorant en eu sur toutes cboiei.
Inquiet de moir. Inquiet sur son sort
N** CXXXVIII,
ADJECTIFS CONSTRUITS AVEC fi CSU
Il est si facile ol si commode de douter de tout;
(COKDORCBT.)
/I est plus difficile pour lea nations que pour les
individus de recouvrer lâestime de leurs voisins,
quand elles lâont perdue. (Boiste.) ..
Il est plus aisĂ© d'ĂȘtiĂš sage pour les autres qĂŒe de
lâĂȘtre pour soi-mĂȘme. (LarochkpoĂŒcaĂŒi.d.)
JZ C5t moins dangereux de prendre un mauvais
parti que de nâen prendre aucun, ^Ă©nelon.)
Nâest-il pas prĂ©fĂ©rable de chercher les talents dans
toute une nation que dans telle ou telle autre classe ?
, (Boiste.)
Il est plus glorieux de se vaincre soi-mĂȘme que de
vaincre les autres, (Scudkry.)
Dans le premier numéro de cette section, on a vu que certains adjectifs exigeaient
la préposition à . Le présent numéro nous apprend cependant que tout adjectif cons
truit avec ĂŒ est; appelle aprĂšs lui la prĂ©position de:
ĂXERCiCE PHRASĂOLOGIQĂE.
H «it beaĂŒ do faire dĂą bien.
Il est agréable de s'coteodre louek
Il est ebarmant dâĂ©trĂš ,riche Ăšt puissaDt.
Il est Déceuùire d'étddiéL
n est doux de mourir pour sou pays.
IL est sûr de se voir xuéprlsÚ.
Il est utile de voyager..
Il est injuste de tyranuiser les hommes.
(231 ),
NÂź CXXXIX.
SUBSTANTIFS PRĂCĂDĂS DE DEUX ADJECTIFS DEMANDANT APRES EUX DES PRĂPOSITION^
DIFFĂRENTES.
Ce pĂšre est uiilĂš et cfter Ă sa famĂźUĂš.. '
' (GiraĂŒlt-DĂvivier.)
La religion est nécessaire et naturelle k ITiomnieu
(Anontme.)
Un substantif peut ĂȘtre accolĂ© Ă deux adjectifs, pourvu que les rapports qui les
lient soient exprimĂ©s par la mĂȘme prĂ©position, oĂŒ, ce qui est la mĂȘme chose, pourvu
que ces adjectifs demandent aprĂšs eux la mĂȘme prĂ©position : Ce pĂšre est utile et cher
à sa famille. Cette phrase est correcte, parce que les adjectifs utile et cher exigent la pré
position à ; on dit utile à , cher à . Mais on ne pourrait pas dire : Cét homme est utile et
CHĂRI de sa famille, parce que utile et chĂ©ri ne veulent pas la mĂȘme prĂ©position ; dans ce
cas, il faut faire suivre chaque adjectif de la préposition qui lui convient, et dire : Cet
homme ejt utile a sa farmlle et en est chéri.
NÂź GXL.
ADJECTIFS QUI ONT QUELQUE RESSEMBLANCE , MAIS DONT LA SIGNIFICATION EST
DIFFERENTE.
La dĂ©esse des bois nâĂšst pas si matinale.
(LĂ FoNTĂlNKi)
Les coqs, lai disait-11, ont beĂ ii islianter inatin.
Je suis plus niĂ tineux encore. âą
(La Fontainb.)
11 faut bien se garder de confondre certains adjectifs qui ont un air de ressemblance^
mais dont la signification est tout-à -fà it différente.
' consomme', signifie achevé, accompli : Ze crime,
ĂŻe sacrifice est consomme, câest une
affaire consommée.
qĂŒi riâĂą.pĂ s dâinterruption : 6ĂŽsse,coN-
TiNUE, fiĂšvre continue.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
CONSUME,
CONTINd i
MATINAL, qui sâest levĂ© matin. En poĂ©sie, aube
matinale , fraĂźcheur matinale.
MONACAL, qui tient du moine : ton, chant monaÂŹ
cal,
oisif, Sans occupation suivie ou momenÂŹ
tanée. / .
PLUVIALES, provenantdes pluies : eauo; pluviales,
aoMANESijUE, esprit, style, tournure romanesque.
ne sâemploie quâavec lâidĂ©e de destrucÂŹ
tion : cet édifice a été consume par
le feu.
CONTINUEL, qui Ă une durĂ©e mĂȘlĂ©e dâintervalles :
pluies coNTJNUELLKS,pZamtes con*
TINĂBLLES.
MATiNEux, qui est dans lâhabitude de se lever
matin. -
MONASTIQUE, qui tient du monastĂšre : habit, vie
discipline, vĆux monastiques,
OISEUX, vie oiseuse; goût oiseux, occupation
oiseuse.
PLUVIEUX, â abondant en pluie.
ROMANTIQUE, wn site , une vallée, un coteau, un
paysage romantique.
STOMACAL ,,
SULFUREUX,
VENIMEUX,
(2/2)
qui fortifie restomac. Stomachiques
sâemploie aussi dans ce sens.
plein de soufre,
se dit des animaux.
se dit des animaux.
STOMACHIQUE, terme dâanatomie, qui appartient Ă Tes-
tomac, veine# stomachiques.
suLFĂŒRiQĂŒH, obtenu par la combinaison du soufre
avec dâautres bases.
ne se dit que des végétaux : tue# vé
néneux.
VĂNĂNEUX
Nota. 11 y a encore ; ĂhontĂ© et effrontĂ©; Ă©minent et imminent; ennuyant et ennuyeux,
fortuné et riche; membré et membru; mousseux iti.rmussu; ombrageux et ombreux; passant
et passager; sourd-muet et sourt-et-muet; capable et susceptible; conséquent (1) et considé
rable, etc., etc. Voir les dictionnaires de synonymes.
V âą
NÂź CXLI.'
ADJECTIFS CONVENANT LES UNS AUX PERSONNES , LES AUTRES AUX CHOSES.
AUX PERSONNES.
Sa perte esVsi grande qĂŒil nâen est pas consolable.
(Académie.)
ĂŒne circonstance imaginaire que nous ajoutons Ă
nos afflictions, câest de croire que nous serons inconr-
solabUs. (Fontenelle!)
* AUX CHOSES.
Câest une dĂ©plorable gloire que celle dont les enÂŹ
nemis ont le profit. ' , (Boiste.)
On ĂŒa guĂšre de dĂ©fauts qui ne soient plus pardonÂŹ
nables que les moyens que lâon emploie pour les caÂŹ
cher. â (Larochefoucauld.)
H est des adjectifs qui conviennent exclusivement aux personnes, comme cotiso/aĂą/e,
inconsolable, et d'autres qui ne peuvent s'appliquer-qĂŒaux choses, tels que pardonÂŹ
nable, déplorable, etc. Cependant Racine a dit un prince déplorable : Vous voyez devant
vous un prince déplorable,
ObsĂ©rvation.âLes adjectifs qui dĂ©rivent des vĂ©rbes, covanaQ pardonnable, consolable,
formés de pardonner, et de consoler, se disent des personries et des choses, selon que
les verbes, d'oĂč ils dĂ©rivent ont pour rĂ©gime direct un nom de personne ou un nom de
chose. Comme on ne dit pas pardonner quelqu'un, consoler quelque chose, il en résulte
qiiâon ne saurait dire que quelqu'un est pardonnable, ni que quelque chose est consolable.
EXERCICE rnRASĂOWGĂŻQUE.
P«rsonne conaclable. âą
f «mine ßucoDsolable.
Temps Ăątiplorable.
Faute pardonnable.
Homme intelligent ^
Homme tempérant.
Trésor ineslßmable.
tiouTeriiement te npéri.
(1) CoUin-dâHarlev:lle , dans sa comĂ©die des MĆurs du jour, a signalĂ© le ridioule du mot consĂ©quent que la
vulgaire emploie pour considĂ©rable, de consĂ©quence, parce quâil est plus court :
BASSET.
⹠Votre domaine est-il conséquent?
FORMONT. Conséquent!
^ ' BASSET.
ConsidĂ©rable? Eh oui, câest clair.
FORMONT (avec malice).'
En lâexpliquant.
( 233 )
NÂź CXLII.
MODIFICATIONS QUE SUBISSENT LES ADJECTIFS POUR EXPRIMER LES DIVERS DEGRĂS DB
SIGNIFICATION OU DE QUALIFICATION.
0
!âą* DEGRE. âPOSITIF.
/
C'est un homme menu. (Académie.)
*
2Âź degrĂ©. â COMPARATIF.
Ăč
Ce n'est pas ĂȘtre petit que d'Ă©tre moindre qu'un grand. (Boiste.)
8Âź DEGRĂ. â SUPERLATIF.
Cette faute est mtmme ou mtnuttsstme. (Académis.)
s
En disant ; C'est un homme menu, je ne fais qĂŒĂ©noncer simplement la maniĂšre dâĂȘire
de Thomme; mais si je dis : Cet homme est moindre que vous, cette faute est minime,
uiNUTissiME, les adjectifs moindre, minime, tmnuĂŒssime, outre TidĂ©e fondamentale de
qualification, expriment une idée accessoire de comparaison, soilen plus, soiten moins,
ou de la qualité portée au plus haut ou au moindre degré. En effet, moindre signifie
plus menu ou plus petit; minime ou minutissime, trĂšs-menu ou trĂšs-petit.
' Quand la qualitĂ© est simplement Ă©noncĂ©e, comme dans : ĂŒn homme menu, une femme
menue, le degrĂ© de signification sâappelle positif, parce qĂŒalors Tadjectif exprime la
qualitĂ© dâune maniĂšre positive, câest-Ă -dire sans aucun rapport de comparaison.
Lorsque la qualité est énoncée avec comparaison en plus ou en moins, comme quand
on dit : Ce n'est pas ^tre petit que d^éire moindre qu'un grand, le degré de signification
sâappelle comparatif
Si la qualitĂ© est Ă©noncĂ©e Ă un trĂšs-haut degrĂ© de supĂ©rioritĂ© ou dâinfĂ©rioritĂ©,
comme dans cette faute est minime ou minutissime, le degré de signification reçoit le
nom de superlatif
ĂŒn trĂšs-petit nombre dâadjectifs en français expriment par eux-mĂšmes, câest-Ă -dire
par le moyen de leurs finales, les trois degrés, dits positif, comparatif , mperlatif De
fait, nous nâavons que trois mots qui aient le sens et la forme de comparatifs; ce sont :
Moindre, c^esi-Ă -dire plus menu ou plus petit.
jqui ne dĂ©rivent dâaucun adjectif connu; . âą
car, quoiquâils aient le sens de plus bon et de plus mauvais, ni bon ni mauvais nâentre
dans leur composition.
En faits de superlatifs, nous avons :
i
AmpUssime (trĂšs-ample). Excellentissime (trĂšs-excellent).
Bellissime (trĂšs-beau). Nobilissime {trĂšs-noble).
Clarissime (trĂšs-clair), SavanĂŒssime (trĂšs-savant),
CorpulentissĂźme (trĂšs-corpulent). Puissantissime (trĂšs-puissant).
⹠Eminentissime (trÚs-éminent). Fidélissime.(trÚs-fidÚle'.
50
, ( 234 )
FoQTbissltne (trĂšs-fourbe). ' âą Illuslrissime (trĂša-lllustre).
Généralissime (trÚs-grand général). ^ PrudenUssime (trÚs-pmdent).
Grandisslnae (trĂšs-grand). Rarissime (trĂšs-rare),
Habillssime (trÚs-habile). Vérisslme (trÚs-^Tai).
c Ignorantissime (trÚs-ignorant). Sérénissime (trÚs-serein).
Petitissime (trĂšs-petit). Parvulissime (trĂšs-petit).
11 est vrai que dans le discours familier on ne se fait point faute de ces formes,
lorsquâon a cette idĂ©e Ă peindre, et lâon ne craint point dâen crĂ©er, selon le besoin.
Nous allons voir de quelle maniÚre on exprime ces idées accessoires de comparaison
ou de la qualité portée au plus haut ou au moindre degré.
âą â - . i
_;o
Nâ CXLIII.
9
bu COMbĂRĂ'tiF.
1. â DU COMPARATIF dâĂGALITH.
L'Allemagne est aussi peuplée que la France,,
(VoltaĂźre.)
Rien ne doit ĂȘtre si sacrĂ© aux hqinmes que ies lois
destinĂ©es Ă lĂ©s rĂšnĂŻlre bons, 'sages eiheuirĂšĂŒx.
(M.)
.. /
2. â DĂ COMPARATIF d'iRFĂBIORITB.
Ha gloire vous serait moins chĂšre qĂŒĂ© ma vie.
(RĂ cinh.)
LÚ naufrage et la mort sont moins fuiiéstÚs que
les plaisirs qĂŒi attaquent la verta.
(Fénelon.)
3, â bu COMPARATIF DE SUPĂRIORĂTĂ.
Les actions sont plus sincĂšres que les paroles. Le pied dn cerf est mieux fait que celai dn bĆuf.
âą (MâÂźde ScĂŒdĂ©ry.) . (BĂŒffĂ»n.)
* * %
Le comparatif s'expriime, comme on le voit, par iës adverbfes aussi, autant, moins,
plus, mieux, que lâon place devant ies adjectifs : et, selon qĂŒĂ« la comparaisbh prĂ©sentĂ©
lâidĂ©e Ă 'Ă©galĂźtĂ©, dĂč supĂ©rioritĂ© ou dâinfĂ©rioritĂ©, le comparatif est lui-mĂȘme appelĂ© comÂŹ
paratif d'égalité, de supériorité, ^infériorité.
N° CXLIV»
»
DĂŒ SUPERLATIF.
DĂ SUPERLATIF ABSOLU.
Ce nâest pas dans ĂŒn moment dâĂŒriĂ« Ă©motion trĂšs-
vive que lâon jouit lĂ© plus de ses sĂ©nlUhĂȘnts.
(ChĂąteau BRI AND.)
U était extraordinairement nchÚ. ,,
(Académie.)
Il y a Ă la ville, comme ailleurs; de fort sottes gena.
(LĂ BruyĂšre.)
Je trouvĂ© qiie Ăźe cbĂąlĂšaĂč dĂ© GdgnĂ n est parfaiteÂŹ
ment beau, (MŸ« de Sévigné.)
( 235 )
Je vous prie 4e croire que je ne, songe qu'Ă vous,
et que vous mâĂȘtes eaĂźZrĂȘmemenr.chĂšre. ...
(MŸ« DE Sbvßgnk.)
Les infinirhént petits ont un orgueil «n/Sntméni
grand. ^ (Voltaire.)
DU sopbrlatif relatif^
Câest le meiZleur de tous les hommes.
(Académie.)
La pire des bĂȘtes est le tyran, parmi les animaux
sauvages; et parmi les animaux domestiques, câest
le flatteur. (Marmontel.)
La probité reconnue Úst le plus sûr de tous lÚs ser
ments. ,(Mâ« Neckkr.)
Un bienfait reçu est la plus sacrée de tontes les
dettes.
Les plus justes ressentiments doivent céder au ré -
penĂŒr. * (PrĂ©vĂŽt.)
Le superlatif s'exprime au moyen dés adverbes irÚs,forti exirà brdincùremérit, pdirfà ite-
merit, ëcctréhiëment, infiniment, le plus, le moins, le meilleur, le pire, le rnoindre.
Si le superlatif exprime une idée de comparaison, comme dans la deuxiÚme série des
exemples citĂ©s, on Tappelle siiperlaĂŒf relatif ; on lĂš nomme superlatif absolu, lorsquâil
nây a pas de comparaison, ainsi que dans Ja premiĂšre sĂ©ri.
â ' NÂź CXLY.
*
»
DÂŁS MOTS EXPRIMANT PAR EUX-MĂMES UNE IDĂE DÂŁ SUPĂRIORITĂ OU D'INFĂRIORĂTĂ.
MBILLRUB.
/
Il n'est meilleur ami ni parent que soi-mĂȘine;
(La Fontaine.)
Le travail est une meilleure ressource contre l'en-
nui que les plaisirs.t (TrĂŒblet.)
^. Certainement l'athéisme ne rena pas les hommes
rneilleufs, (Voltaire.)
Ăn ton poli rend les bonnes raisons tneiZZeure^,
et fait passer les mauvaises.
(Chateaubriand.)
PIRE,
Le remĂšde parfois est pire que le mal.
(LknoblĂ.)
La coiulitidn l iĂ©s honimĂ©s serait pireâque celle dĂšs
bĂȘtes, si la soĂŒtiĂ©' jpliiĂźosdphie et la religibri ne les sbii-
tenaien L (Fén klÎn . )
Les hommes seraient peut-ĂȘtre pires, sâils veÂŹ
naient Ă manquer de censeurs.
(La BruyĂšre.)
Lhmictiori et Ja langueur
Soht pires ijud Torage.
(Nivernais.)
MOINDRE.
Ce nâest pas ĂȘtre petit que dâĂȘtre moindre qĂŒun
grand. (Boiste^) ,
* ^ . »,
Ma honte en serait moindre, ainsi que votre crime.
(RacinĂš.)
Sans implorer des rois moindres que vous.
(Racine.)
A de moindres fureurs je nâai pas dĂ» m attendre.
lid'.y
PIS, MIEUX.
Câest un homme rare celui qui ne peut faire pis
que de.se tromper, (Fontenelle.)
On ne fait rien de mieux que le bien.
(Barruel.)
Nous nâavons, dans notre langue; que cinq mois qui expriment par eiix-mĂȘmĂ©s une
( 236 )
idée de comparaison; ce sont : meilleur, pire, moindre, pis, mieux, qui signifient plus
bon, plus mauvais, plus petit, plus mal, plus bien. Le tableau qui précÚde nous fait con
naßtre les autres particularités relatives a chacun de ces mots.
Plus bon et plus bien ne se disent pas; mais on peut employer plus petit, plus mauvais
ou plus méchant et plus mal, au lieu de moindre, pire et pis. Les citations suivantes le
prouvent Ă©videmment : â
Cette prétendue émulation, inspirée aux enfants,
les rend pour toute leur vie intolérants, vains, chan
geants au moindre blĂąme ou au plus petit Ă©loge dĂŒn i
/ Inconnu, (Bernardin de St-Pierre.)
il Ă©tend ses soins jusquâau moindre de ses domesÂŹ
tiques. (Bossuet.)
On a souvent besoin dâun plus petit que soi.
(La Fontaine.)
Est-il vrai que nous soyons plus méchants que ne
lâĂ©taient nos pĂšres ? (Lemare.)
Le plus petit dâentre nos disciples.
(Massillon.)
Cependant il y a une différence entre plus petit et moindre. >
Plus petit se dit des choses qui se mesurent : Ifa cousine est plus petite que sa
sĆur. / .
Moindre se dit des choses qui sâĂ©valuent : La moindre difficultĂ© vous arrĂȘte; /e moindre
bruit vous étonne.
*
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ce mtloD eat meilleur qut...
Cette poire est meilleure que...
Ces meloDS sont meilleurs que...
Cm poires sont meilleures que..r
Ce caractĂšre est pire que...
Ces eufants sont pires que...
Cette faute est pire que...
Ces plumes sont pires que...
Votre douleur en sera moindre.
Son mal nâest pas moindre que...
Rendre de moindres serTiees que..
Ces fins-lĂ sont moitidret que...
Nâ CXLVI.
FORMATION DES SUPERLATIFS.
Le faible est destiné pour servir ße plus fort.
(Voltaire.)
Des amants les mieux faits et les plus vertueux.
Une fdle^Ă seize ans souffre Ă peine les vĆux.
(BoĂŒrsault.)
La distinction la moins exposée.à l'envie est celle
qui vient dĂŒne longue suite dâancĂȘtres.
(Fénelon.)
Câest le meilleur de tous les hommes.
(Académ'ïi.)
Xa ptre des bĂȘtes est le tyran, parmi les animaux^
sauvages ; et parmi les animaux* domestiques, câest
le flatteur. (Marmontel.)
Le témoin le plus vil et les moindres claités,
Nous montrent quelquefois de grandes vérités.
(Voltaire.)
Le superlatif, comme on voit, se forme en faisant précéder plus, mieux, moins ou
\meĂŒleur, pire, moindre, de le, la, les. Ces mots peuvent ĂȘtre Ă©galement prĂ©cĂ©dĂ©s des adÂŹ
jectifs possessifs mon, ma, mes, notre, votre, leur, etc. CĂŒsz mon meilleur ami, ce sont vos
MEILLEURS parents.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
L'agneau est le plus doux des animaux.
Vous ĂȘtes mon plus mortel ennemi.
C\ctaitL mieux faite de son temps.
Vdnui et! la planÚte la moins éloignée du soleil.
Le chien est te meilleur amt de l'boinmc.
Il lui a donné de son meilleur vin-
C'est bien le pire de tous les hommes.
Au moindre bruit oTertiii«x<nous.
( 237 )
NÂź CXLVII.
MAMBRES D ENONCER LE SUPERLATIF RELATIF.
PREMIERE MANIERE.
iJn bienfait reçu est la plus sacrée de toutes les
dettes, (MÂź* Necker.)
La probité reconnue est le plus sûr de tous les
serments, (MŸŸ Necebr.)
SECONDE MANIERE.
Le plus grand art est de cacher Tart.
(Diderot.).
Les plus brillantes fortunes ne valent pas souÂŹ
vent tes petitesses quâil faut pour les acquĂ©rir.
(Laroche.)
> 4
Les plus grands maux viennent souvent de lâabua
des plus grands biens. (Boiste.)
Les plus justes ressentiments doivent céder au re
pentir. (PrévÎt.)
TROISIEME MANIERE.
Les qualités les plus brillantes deviennent inu
tiles, lorsquâelles ne sont pas soutenues par la force
du caractĂšre, (Skgur.)
Lâincertitude des Ă©vĂšnemĂ©nls trouble les jouisÂŹ
sances les plus pures, . (LĂvis.)
Les questionneurs les plus impitoyables sont les
gens vains et dĂ©sĆuvrĂ©s.
(La Rochefoucauld.)
Les jouissances les plus douces sont celles qui nâĂ©-
puisent pas lâespĂ©rance. (LĂ©vis.)
Ces exemples prouvent qĂŒil y a trois maniĂšres dâexprimer le superlatif relatif :
4° le plus sûr de tous les serments; 2° les plus brillantes fortunes; 3Ÿ les qualités les plus
brillantes, A T Ă©gard de cette derniĂšre forme, ia rĂ©pĂ©tition de lâarticle devant lâadverbe
de comparaison est indispensable. Ainsi dans ce vers de MoliĂšre :
\
Mais je veux employer mes efforts plus puissants,
y
lâexactitude demandait mes efforts les plus puissants.
Si Ton dit également bien : Les fortunes les plus brillantes ou les plus brillantes fortunes,
câest que Tadjectif se place devant ou aprĂšs le substantif : Une fortuite brillante, une
brillante fortune; mais si Tadjectif ne pouvait précéder le substantif, sans blesser To-
reille, alors la premiĂšre maniĂšre serait seule employĂ©e : L'ĂȘtre le plus faible a aussi
L'instinct de La résistance. (J.-J. Rousseau.) 11 serait choquant de dire : Le plus faible
ĂȘtre, etc.
Enfin, si Tadjectif, placé avant ou aprÚs le nom, lui donnait un sens différent, il fau
drait avoir soin de ne pas employer une forme pour Tautre : Lâhomme le plus honnĂȘte
de la cour n'est pas toujous le plus honnĂȘte homme du monde. (DâAlembert.)
Ăly»M le pins rußé des Grecs.
HomĂšre Je plus graud des poĂštes.
NĂšroo le plus cruel des tyrans.
Aleibiide le plus beiu des hommes.
EXERCICE PURASĂOLOGĂQVE.
Le fcinalisine le plus ardent.
Le conseiller lu plus aveugle.
Le monarque le plus puissant.
La saison la plus belle.
Le plus ardent fanatisme.
Le plus areugle conseiller.
Le plus puissant monarque.
La plus nelle saisou.
( 258 )
CXLVIIĂ.
Xfl, TANTĂT VARIABLE, TANTĂT INVARIABLE, AVANT LES EXPRESSIONS COMPARATIVES pltf# ,
mieux, moins, suivies dĂŒn adjectif, dâun participe, etc.
VARIABLE.
Les romans sont les livres les plus agréables, les
plus universellement lus, et les plus utiles,
(Bernardin de St-Pierrk.)
...Lâinflexible airain de lâĂ me la plus dure.
S'Ă©branle et sâamollit au cri de la nature.
(De Belloy.)
Les Français sont les plus à craindre: comme ils^
aiment passionnément les femmes, ils savent partout
les intéresser à leurs projets. ,
V (Bernardin dk St-Pierre.)
La ruse la mieux ourdie ' ,
, Peut nuire Ă son inventeur.
(La Fontaine.)
Des amants le# mieux faits et les plus vertueux,
Une fijle Ă seize ans souffre Ă peine les voĂšux;
Son orgueil en rebute autant quâil sâen prĂ©sente,
Et tout lui paraĂźt bon quand elle en a quarante.
(BoĂŒrsault.)
II prit congĂ© dâeux en les embrassant, en leur faiÂŹ
sant accepter les diamants de son pays les mteua;
montés. (Voltaire.)
Les coeurs nourris de sang et de projets terribles,
Nâont pas toujours Ă©tĂ© les cĆurs les moins sensibles.
(Crébillon.)
Les peuples qui vivent de végétaux sont, de tous
les hommes, les moins exposés aux maladies et aux
passions.
(Bernardin de St-Pibrre.)
INVARIABLE.
Nous avons lâaltenlion dâoffrir Ă nos divinitĂ©s les
fleurs qui leur sont le plus agréables.
(Barthélémy.)
A ces mots, dans les airs le trait se fait entendre ;
A lâendroit oĂč le monstre a la peau le plus tendre,
U en fessent le coup, se sent ouâVTir les flancs.
(La Fontaine.)
Les animaux que lâhomme a le plus admirĂ©s sont
ceux qui lui ont paru participer de sa nature.
(Buffon.)
Ceux qui seraient le mieux organisés ne feraient-
ils pas leurs nids, leors cellules ou leurs coques dĂŒne
maniĂšre plus solide? - (Buffon.)
, Dans le temps oĂč nous sommes, 0
Lâon doit peu compter sur les hommes,
MĂȘme sur ceux quâon a le mieux servi#.
(Collé.)
11 Ă©tait fort surpris que les choses quâil avait le
mieux aimĂ©es nâĂ©taient pas celles qui Ă©taient le plus
agréables k ses yeux, (Buffon.)
II y a un tour Ă donner Ă tout^ mĂȘme aux choses
qui en pruaissent le moins susceptibles.
(Montesquieu.)
Les passions ont un intĂ©rĂȘt qui fait quâon doit sâen
dĂ©fier, lors mĂȘme quâelles paraissent le plus raisonÂŹ
nables. (La Rochefoucauld.)
BĂŒprĂšs çes^exemples, rien dĂ© plus facile que de savoir quand Le doit subir tous les
accidents du genre et du nombre devant plus, moins, mieux, ou rester invariable.
Toute la difficultĂ© rĂ©side dans le point de vue de lâesprit. Veut-on Ă©tablir une compaÂŹ
raison de supĂ©rioritĂ© ou dâinfĂ©rioritĂ© entre les mĂȘmes personnes, entre les mĂȘmes
choses, quâon se serve alors de^/e plus, les plus, lemolns, lesmoins, etc. En effet, dans
loys les exemples de la premiÚre colonne, si Ton dit : Les livres les plus agréables, T ùme
a plus dure, la ruse la mieux ourdie, etc., câest pour Les plus agrĂ©ables de tous les livres, la
plus dure de toutes les Ăąmes, la mieux ourdie de toutes les ruses, ainsi que ie prouve le
dernier exemple de Bernardin de Saint-Pierre : Les peuples qui vivent de végétaux sont de
tous les hommes les moins exposĂ©s, etc. La comparaison portant sur ies mĂȘmes objets,
lâadjectif dĂ©terminatif/e prend dĂšs-iors le. genre et le nombre des substantifs auxquels
il est joint. Mais lâarticle/e doit au contraire rester invariable; si, au lieu de modifier
un substantif, il modifie m adjectif ou un participe, et forme avec plus, moins, mieux.
( 239 )
une expression adverbiale. En pareille circonstance, le plus signifie davantage, et est
un abrégé de : au plus haut point, au plus haut degré.
Les phrases suivantes sont donc incorrectes :
Il est rare que nos cerfs portent plus de vingt ou
vingt-deux andouillers, lors mĂȘme que leur tĂȘte est
la plus belle. (Buffon . )
Maman, je sĂšmerai autour de' la pierre de mon
frĂšre, les fleurs que vous aimez les mieux.
(Bernardin de St-Piebrk.)
Grammaticalement, il eĂ»t fallu le plus belle et Le mieux; mais on doit pardonner Ă
Buffon dâavoir dit/a p/tts belle, le plus belle Ă©VJni une expression qui rĂ©pugne et qui,
choque. Dans ce cas il nây a rien de mieux Ă faire que dâemployer un autre tour.
â *.
ĂXERCJCE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Les plus savants ont été les plus religieux.
Sur ia partie la plus haute. ^
Le» plus beaux sont les plus fĂȘtĂ©s.
Les belles femmes sont les plus recncrcbées.
Dans les moments les mieux choisis.
Les plus Ăč craindre sont les plus tranquilles.
Les montagnes les moins elevées.
Ceux qui étaient le plus religieux.
Chez ceux qui sont le plus haut placés.
Les plus beaux ont Ă©tĂ© le plus fĂȘtĂ©s.
Les belles femmes ont été le plus recbercbéei.
Celle qui a été ie mieux servie.
Des femmes qui étaient le plus considérées .
Ceux qui se sout le moins appliqués.
NÂź CXLIXo
ADJECTIFS SUSCEPTIBLES OU NON SUSCEPTIBLES DE COMPAKAISON.
ĂŻ âą V , ĂŻ . - ' - i i
susceptibles de comparaison.
Sans la langue, en un mot, Tauteur ĂŻe plus divin
Est toujours, quoi qĂŒil fasse, un mĂ©chant e'crivain.
(Boileau.)
Britannicus est compté parmi les plus excellents
ouvrages dont s'honore la scÚne française.
(Geoffroy.)
Fontenelle fut Thomme le plus universel de son
siĂšcle. - (Voltaire.)
NON susceptibles.
Apprends que, dans les fers, la probitĂ© suprĂȘme
Commande Ă ses tyrans, et les juge elle-mĂȘme.
(Gresset.)
C'est à nous de chanter, nous à qui tu révÚles
Tes clartés éternelles.
(Racine.)
m
' Le dernier irioment qui terminera ma vie décidera
de mes destinées immortelles, - *
(Massillon.)
Les adjectifs qui exprimeiu une qualité absolue ne sont pas, dit Girault-Duvivier,
susceptibles de comparaison, et il cite comme tels les suivants : divin, éternel, excel
lent, extrĂȘme, mortel, immortel,'immense, impiini, intime, parfaitunique, universel,
suprĂȘme; mais comme on peut trĂšs-bien dire, dâaprĂšs les Ă©crivains et TAcadĂ©mie : le
plus excellent, le plus divin, le plus immense, le plus intime, le plus parfait, le plus unique, le
plus universel, il en rĂ©sulte .quâil nây a qnâĂ©tĂ©rnĂ«l, immortel, suprĂȘme, immense, preÂŹ
mier, etc., qui nâadmettent point les degrĂ©s de comparaison en plus et en moins.
En effet, il y a une excellence, une perfection, une tmiuersa/ifé relatives, voilà pour-
quoi'les écrivains ne se font aucune difficulté de mettre ces adjectifs en comparaison :
Le bon sens est la faculté }g plus excellente de
Thomme. â (La Roche.)
Le courage de Tesprit, infiniment plus rare qĂŒe ia
valeur, suppose des vertus bien plus éminentes.
(Diderot.)
( 240 )
Ăźmage du courtisan d'autant plus parfaite.
' (La BruyĂšre.)
Une erreur si stupide nâĂ©tait pas seulement Za plus
universelle, mais encore, etc. (Bossuet.)
Les plĂ»s sublimes esprits ont eux-mĂȘmes des et.
droits faibles. (VaĂŒvenargues.)
Les plus excellents ouvriers.
(La BruyĂšre.)
Quant à plus divin, on entend par là une qualité qui approche davantage de ia per
fection que nous nous figurons dans les attributs de la Divinité : -
11 faut que je déclare à Archidémus ce qui est en
core plus divin. (Dacier.)
' Rien n'est plus divin que la morale du christiaÂŹ
nisme. (Chateaubriand.)
U auteur le plus divin, câest-Ă -dire qui approche ie plus de la DivinitĂ©.
Il y a des circonstances oĂč Texpression semble sâĂ©carter de Tordre naturel; mais ce
sont des délicatesses qui échappent à ceux qui ne connaissent point les ressources de
la langue. II nây a ni infinitĂ©, ni impossibilitĂ© relatives; cependant les phrases suivantes
sont trĂšs-bonnes :
Je crois mĂȘme quâen faisant mes lettres moins in-
/ßme5, je'vous jetterai moins de pensées, et moins
dâenvie dây rĂ©pondre.
(MŸ* DE Sévigné.)
Non, cela est plus impossible que vous ne T imaÂŹ
ginez. . (D'Alembert.)
Cette excellente mĂšre, comme le remarque M. Dessiaux, pouvait dire moins longue,
mais que devenait le sentiment? Une chose me paraĂźt impossible sous quelques rapÂŹ
ports; celui qui dĂ©couvre encore plus de raisons dâimpossibilitĂ©, la juge p/us impossible
que je ne puis le faire. La Rochefoucauld avait ses raisons pour dire : L'envie est plus
IRRĂCONCILIABLE que la haine.
Tout le monde passera condamnation sur la phrase suivante : La carriĂšre de l'histoire
est cent fois PLUS immense qu'elle ne l'était pour les anciens* (Voltaire.) Vaste était le mot
propre.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur celte matiÚre. Ce que les grammairiens
appellent comparatĂż*et super/aiĂż* se formant en gĂ©nĂ©ral au. moyen des adverbes, câest au
chapitre qui traite de cette partie du discours que nous entrerons dans tous les déve
loppements nécessaires.
DES ADJECTIFS DĂTERMINATIFS
N CL.
NATURE DES ADJECTIFS DETERMINATIFS. â DEFINITION.
Voyez ce papillon échappé du tombeau.
(Delille.)
Ma main de quelque fleur esquisse la peinture.
(Castel.)
Dix tribus ont fui la dtĂȘ sainte.
(De Fontanes.)
Tout homme a son gré peut gouverner le sort,
(Duché.)
j~
( 241 )
ton einpire s'étend du couchant à Taurore.
(Castkl.)
Leurs coteaux ont redit lĂšs chansons des bergers.
(La Harpe.)
Trois animaux en arbalette,
Tiraient la pesante charrette.
(Almanach des Fabulistes.)
Chaque peuple a ses lois.
(Chhnikr.)
Aucun chemin de fleura ne conduit Ă la gloire.
(La Fontaine.)
OĂč lĂŒsage prĂ©vaut nulle raison n'est bonne.
(Quinault.)
Tel deuil n'est fort souvent quânn changement dâhabits.
(La Fontaine.)
On appelle adjectifs déterminatifs tous les mots qui servent à déterminer ies substan
tifs, câest-Ă -dire qui marquent, non les qualitĂ©s physiques des objets, mais seulement
certaines vues de lâesprit, ou les diffĂ©rents aspects sous lesquels Fesprit considĂšre le
mĂȘme mot ; tels sont tout, chaque, nul, aucun, quelque, un, deux, trois, etc. ; mon, ma,
mes, etc.; ce, cette, ces, etc. Dans les expressions tout homme, nul homme, quelque
homme, votre homme, cet homme, etc., tout présente homme dans un sens général affir
matif; nul lâannonce dans un sens gĂ©nĂ©ral nĂ©gatif; quelque lĂ© prĂ©sente dans un sens
particulier indĂ©terminĂ©; votre le montre associĂ© Ă une idĂ©e dâappartenance; ce marque
un individu dĂ©terminĂ© qĂŒil met sous les yeux, ou le reprĂ©sente Ă lâimagination, et
ainsi de suite.
Ily a quatre sortes dâadjectifs dĂ©terminatifs : les adjectifs dĂ©monstratifs, les adjectifs
numéraux, les adjectifs possessifs et les adjectifs indéfinis.
CLI.
DES ADJECTIFS DĂMONSTRATIFS.
Voyez ce papillon échappé du tombeau ;
Sa mort fut un sommeil, et sa tombe un berceau.
(Delille.)
... Cet admirable don,
LâInstlnct, sans doute est loin de lâauguste raison.
m
Là , cette jeune plante, en vase disposée,
Dans sa coupe élégante accueille la rosée.
(Delille.)
... Ces honneurs que le vulgaire admire
Réveillent-i!s les morts au sein dea monuments?
(SOULIĂ.)
Les mots ce, cet, cette, ces déterminent les substantifs papillon, don, plante, honneurs,
qĂŒils prĂ©cĂšdent. Ce sont donc des adjectifs dĂ©terminatifs. Mais indĂ©pendamment de
cette propriĂ©tĂ©, ils sont signes dâune idĂ©e accessoire, câest-Ă -dire qĂŒils servent Ă monÂŹ
trer les objets représentés par les substantifs auxquels ils sont joints. Aussi est-ce pour
ce motif que les grammairiens les appellent adjectifs démonstratifs,
EXERCICE ANALYTIQUE.
Cette élite guerriÚre, amante de la paix,
Ne poursuit qĂŒune plante Ă travers lĂšs forĂȘts.
(Castel.)
Cultivons avant tout ces végétaux fertiles,
Qui, nĂ©s dans nos forĂȘts, croissent prĂšs de nos villes.
(Id.)
Flore, sois ma déesse, et répands sur mes vers
Ces poĂ©tiques flĂ©urs qui charment lâunivers.
(Id.)
Ces soins délicieux, il ne les connaU pas,
Lâhomme que la mollesse enlace dans ses bras!
(Castel.)
Cet air pur, cc# gazons, cette voûte mobile,
Ccf troncs multipliés élancés vers les cieux.
Ici tout plaĂźt au cĆur, tout enchante les yeux.
{Id.)
Vois ce jeune Ă©glantier dont la fleur vient dâĂ©clore,
(Michaud.)
31
( 242 )
NÂź CLll.
DES ADJECTIFS POSSESSIFS.
>Ma malD de quelque ftenr esquisse la peinture.
(Castel.)
Sobriété dans tonte chose,
Mon ami, câest Tart de jouir.
(DĂŒ Trembla Y.)
JIffes sens sont glacĂ©s dâeffrol. i
(J.-B. Rousseau.)
ton empire sâĂ©tend du couchant Ă Taurore.
(Castel.)
Ta présence embellit Teau, la terre, les airs.
(U.)
Tes vallons sont couverts do superbes troupeaux.
m
De «on propre arĂŒlice on est souvent victime.
(Collin d'Harlevillb.)
A ea vocation chaque ĂȘtre doit rĂ©pondre.
(Fb. de NbĂŒfchatbaĂŒ.)
II faut de ses amis endurer quelque chose.
(Moliébi.)
Noire vie est une maison j'
Y mettre le feu câest folie.
(Nitebnais.)
Nos vergers sont sans dieux, nos forĂȘts sans miracles.
(Delille.)
Votre éloquence est naturelle. pucis.)
Vos mailles se rompront sous la charge pesante.
(Castkl.)
Leur fleur y montre au jour lés grùces de son sein.
[Id.)
Leurs fleurs suivent mes pas en récréant ma vue.
[Id.)
Leur flanc est déchiré, le sang rougit leur mors.
(Michaud.)
Les mots mon, nia, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses, noire, nos, votre, vos. Leur, leurs, sont
des adjectifs déterminaiifs. Mais ils expriment en outre une idée accessoire, celle de
possession, de propriété. Pour dénommer cette idée accessoire, les grammairiens les
adjectifs possessifs.
Du moment oĂč la notiĂŒrĂŻ de propriĂ©tĂ© a Ă©tĂ© introduite parmi les hommes, ii est
Ă©vident que la qualitĂ© dâappartenir Ă tel ou tel individu, fut une chose essentielle Ă
connaßtre pour chacun ; et de là les mots mon, ton, son, etc. Ces mots sont dérivés des
pronoms persoiĂźnĂšls. Ăn effet, mon bras est poiir le bras dĂ© moi; ton enfant est pour
l'enfant de toi; son cheval est pour le cheval de lui, etc.
EXERCICE ANALYTIQUE.
Soutiens md foi chancelante,
Dlea puissant 1 inspirĂš^moĂź
dette crainte vigilante
Qui fait pratiquer ta loi. ^
£ot sainte, loi désirable,
Ta richesse est préférable
A la richesse de Tor,
Ăt ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune abeille
Compose son cher trésor.
Mais, sans tes clartés sacrées;
Qui peut connaĂźtre, seigneur,
Les faiblesses égarées
Dans les replis de son cĆur?
PrĂȘle-moi tes feux propices ;
Viens m'aider à fuir lés vices
Qui s'attachent Ă mes pĂ s;
Viens consumer pĂ r ta flamme
Ceux que je vois dans mon Ăąme,
Et ceux que Je nây vois pas.
SI de leur triste ésclavage
Tu viens dégager mes sens,
Si tu dĂ©truis leur pĂŒmgc,
Afe# jours seront innocents.
J'irai puiser, sur ta trace,
Dans les sources.de ta grĂące;
Et, de ses eaux abreuvé,
Ma gloire fera connaĂźtre
Que le Dieu qui m'a fait naĂźtre âą
Est le Dieu qui m'a sauvé.
(i.-B. Rousseau.)
( 2%3 )
GLIIL
DES ADJECTIFS NUMERAUX.
ADJECTIFS CARDINAUX.
Quatre chats des deux parts, animés par la gloire,
Sans savoir ni pourquoi, ni comment,
. Se vont tuer tout bonnement.
(Aubhbt.)
Depuis soixante ans un Français,
Etudiant toujours avec succĂšs.
Vivait aux champs comme un vrai solitaire.
(Imbert.)
Depuis quatre-vingts ans, de tout le voisinage,
On venait écouter et suivre ses avis.
(Florian.)
On peut aller à la célébrité
Par mille routes différentes.
(Fabulistes.)
De cent plaintes importunes
Tous Tes jours (Ăč) fatiguait les dieux.
(Lamotte.)
... Dix tribus ont fui la cité sainte.
(Fontanes.)
Deux vrais amis vivaient au Monomotapa.
(La Fontaine.)
ADJECTIFS ORDINAUX.
f
Le quatorziĂšme siĂšcle avait produit deux rats,
A longue queue, Ă grand corsage,
Friands au dernier point, admirablement gras.
(Almanach DES Fabulistes.)
Il prend le premier sac, le sac du rang suprĂȘme.
(Lamotte.)
. Il y a trois choses qui rendent une ùme éclairée :
le recueillement, lâhumilitĂ© et Ja charitĂ©. La premiĂšre
empĂȘche les tĂ©nĂšbres; la seconde attire la lumiĂšre;
ta troisiÚme les produit. (Flécuisb.)
Les mots un, deux, trois, quatre, cinq, premier, second, troisiĂšme, quatriĂšine, cinÂŹ
quiĂšme, etc., sont des adjectifs dĂ©terminatifs; mais TidĂ©e accessoire qiiâils expriment
est celle dâindiquer un nombre prĂ©cis, dĂ©terminĂ©. Câest cette idĂ©e qui les a fait nommer
adjectifs numéraux.
On en distingue de deux sortes : les adjectifs de nombre cardinaux et les adjectifs de
nombre ordinaux.
\
Les adjectifs de nombre cardinaux servent à marquer la quantité des personnes ou
des choses, et répondent* à cette question : combien y en a-l4l7 ce sont un, deux, trois,
quatre, vingt, soixante, etc.
Les adjectifs de nombre ordinaux déterminent les noms dÚs personnes et des choses,
sous le rapport de lâordre et du rang quâelles occupent entre elles ; telles sont : preÂŹ
mier, second ou deuxiĂšme, troisiĂšme, quatriĂšme, etc.
i ^ ___
EXERCICE ANALYTIQUE.
Deux sĂ»retĂ©s valent mieux quĂŒne.
(La Fontaine.)
Fingi fois sur le métier remettez votre ouvrage.
(Boileau.)
Il y a trots choses que la plupart des femmes jettent
par la fenĂȘtre, leur temps, leur santĂ© et leur argent.
(MâÂź Gkoffrin.)
Ăn vivant continuellement ensemble, on.se dé
couvre mutuellemeut mille petits défauts dont on ne
se doutait pas. (Mâ* Riccoboni.)
Tout un peuple à la fois éclos de toutes parts,
DĂšs le huitiĂšme jour fourmille Ă vos regards.
(Rosset.)
Philippe mourut dans sa soixantiÚme année.
(Anquetil.)
( m )
NÂź CLIV.
DES ADJECTIFS INDEFINIS. ,
OĂ,Tusage prĂ©vaut, nulle raison n'est bonne.
(QuinaĂŒlt.)
.., Toute trahison est indigne et barbare.
(Voltaire.)
Tout homme à son gré peut gouverner le sort.
(DucuĂ.)
Maint rocher écrase, en tombant,
AĂźaint philosophe qui raisonne. (Aubert.)
Chaque peuple a ses lois. (Chénier.)
Quelle mĂšre
PrĂȘte Ă perdre son fils, peut le. voir et sc taire?
(Voltaire.)
Quelque soin qu'il sedonne, et guc/guebien qĂŒil fasse.
Quel ministre est aimĂ© pendant qĂŒil est cn place?
(Boursault.)
...Certains préjugés, sucés avec le lait,
Deviennent nos tyrans jusque dans la vieillesse.
(CllĂNlER.)
Plusieurs hommes valent mieux, et beaucoup
plus valent moins quâils ne paraissent.
(Boiste.)
Aucun chemin de fleurs ne conduit Ă la gloire.
(La Fontaine.)
TeZ deuil n'est fort souvcntquâun changement dâhabits.
(Id.)
Les mois tel, quelque, plusieurs, chaque, certain, tout, auun, nul, maint, sont des
adjectifs déterminaiifs, qui indiquent que le substantif est appliqué à un nombre
vague, indĂ©terminĂ©, indĂ©fini dâindividus; câest pour celte raison qĂŒon les appelle
indéterminés ou indéfinis.
Quelques grammairiens pensent qĂŒil nây a point dâadjeclifs dĂ©terminaiifs ndĂ©finis.
Ils considĂšrent comme adjeclifs muĂi\x\]x,^ quelque, plusieurs, maint, nul, etc., parce
que ces mois expriment une idée de quantité; et comme adjeclifs qualificatifs les mois
quel, quelconque, qui expriment une qualité indéterminée; tel, qui indique une idée de
similitude Tel pĂšre, tel fils; et mĂȘme, qui marque une idĂ©e dâidentitĂ© : Cest cet homme
meme.
EXERCICE ANALYTIQUE.
Quel pĂšre dc sĂŽn sang se plaĂźt Ă se priver?
(Racine.)
Quelques charmes dâabord que la vengeance Ă©tale,
Songez quâĂ ses auteurs elle est toujours fatale.
(La Fosse.)
Chaque métier a son apprentissage ;
Rien de moins gai que les commencements.
(LOiMBARI) DE LaNGRES.)
Que de gens Icl-bas semblent vivre au hasard 1
Nul soin de Tavenir, jamais de prévoyance.
(Stassart.)
Tout ĂȘtre sage se contente
De son état, et supporte ses maux,
Puisquâil ne peut changer son existence.
(Haumont.)
0 premiers mouvements d'une aveugle colĂšre,
De quel long repentir n'ĂȘtes-vous pas suivis !
(Fr, de Nkufchatkau.)
(246)
EMPLOI ET SYNTAXE
V
DES ADJECTIFS' DĂTERMINATIFS.
Nâ CLV.
DES ADJECTIFS DĂMONSTRATIFS.
gknrh et nombre.
SINGULIER.
MASCULIX.
Voyez ce papillon échappé du tombeau ;
Sa mort fut un sommeil, et sa tondbe un berceau.
(Delille.)
... A ce mot, ce héros expiré.
N'a laissĂ© dans mes bras qnĂŒn corps dĂ©figurĂ©.
(Racine.)
Câest le fruit du Tuba, do cet arbre si grand,
QuĂŒn cheval au galop met toujours en courant
Cent ans Ă sortir de son ombre.
(V. lĂźUGO.)
Imagination, fée active et légÚre,
Pars, et dâun vol hardi, parcours cet hĂ©misphĂšre.
(Castel.)
FEMININ.
Voyez cette mouche qui luit dĂŒne clartĂ© semÂŹ
blable Ă celle de la lune; elle porte avec elle le phare
qui doit la guider. (Aimé-Martin.)
C'est Tainville : on le voit, au nom de la patrie,
Convier aux forfaits cette horde flétrie
Dâassassins, juges Ă leur tour.
(V. Hugo.) â
Un riche marchandait le chien dâuĂ» malheureux;
Cette offre lâaflligea : « Dans mon destin funeste.
Qui mâaimera, dit-il, si mon chien ne me reste ? »
(Delille.)
Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine?
A-t-on par quelque édit réformé la cuisine ?
(Boileau.)
PLURIEL.
Câest lĂ , prĂšs de ces murs, par le lierre vieillis.
Sous ces ormes, ces ifs, au lugubre feuillage,
Dans ces sillons étroits, que les morts du village
DĂŒn Ă©ternel repos dorment ensevelis.
(J.-B.-A. Soulik.)
Cet encens, ces honneurs, que le vulgaire admire,
Réveiltenl-ils les morts au sein des monuments?
' (Id.)
. âą. Sont-ce lĂ ces grands cĆurs,
Ces hĂ©ros quâAlbe et Rome ont pris pour dĂ©fenseurs?
(Corneille.)
ĂternitĂ©, nĂ©ant, passĂ©, sombres abĂźmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez P
(Lamartine.)
A ces heures de joie^ Ă ces riants destins,
De vos jours nébuleux opposez les chagrins.
(Castel.)
Ces haies de chĂšvre-feuilles, de framboisiers, de
groseillers et de lilas, sont toutes verdoyantes de
feuilles, de boutons et de fleurs.
(Bernardin de Saint-Pierre.)
4-
Ce tableau nous apprend que les adjectifs démonstratifs ont trois formes au
singulier;
Deux pour le masculin : ce, qui se place devant tout mot commençant par consonne
ou par h aspiré ; ce papillon, ce héros; cet, qu'on met devant les mots ayant une
voyelle pour initiale, ou un h muet : Cet arbre, cet hémisphÚre (ß) ;
(1) Oa dit cependant ce qui est hien faible -, ce onze janvier; ce un est mal fait, comme on dit le oui et le
non, le onze, le tm. .
( 246 )
Et une seule pour le féminin, qui est cette : cette vie, cette horde, cette offre, cette humeur.
Le pluriel, tant pour le masculin que pour le fĂ©minin, nâa Ă©galement qĂŒune forme
unique; ces, qui se joint Ă tous les noms, quelle que soit dâailleurs leur lettre initiale:
Ces murs, ces ormes, ces héros, ces honneurs, ces plaines, ces Úxtases, ces haies, ces heures.'
EXEiiCicE rnnASĂOLOGiQim.
ijQ paysuffe..
Cette prairie*
Ce fleave.
Cette rose,
Ce valloa.
Ces paysages.
Ces prairies;
Ces fleuves.
Ces rosefl.
Ces vnllons.
Cet arbre.
Cet étau g.
Cet Ilot.
Cet ceiltet.
Cet usage.
Ces arbres.
Ces étangs.
Ces Ilots.
Ces Ćillets.
Ces usages.
Ce brmeau.
Ce hanneton
Cette harmonie.
Cette hérésie.
Cette ItĂąie.
Ces hamoanx.
Ces hannetons.
Ces harmonica.
Ces hérésies.
Ces haies.
1^0 CLVf.
Ce SUIVI UE ci ou DE lĂ .
a.
Ce mond$râŹi n'est qnâune loterie
De biens, de rangs, de dignités, de droits ;
Brigués sans titre et répandus sans choix.
(VOLTAinE.)
Cértaine.fllle un peu trop fiÚre
Prétendait trouver un mari,
Jeune, bien fait et beau) dâagréà ble maniĂšre,
Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci.
^ (La Fontaine.)
Cettevie-ci nâeii qĂŒun songe.
(Yoltaibk.)
LĂ . '
Lorsqu'on lui représentait (à Napoléon) une chose
impossible, Il prĂ©tendait quo ce mot-lĂ nâĂ©taĂźt pas
français, , â â (Sav.)
... Que de défauts elje a,
Cette jeunesse ! on Tairae avec ces défauts-là .
(Dufhbsny.}
Ton humeur est, Catherine,
Plus aigre quâun citron vert
o Toutes les Catherines ne sont heureusement pas do
cette humeur-lĂ . (Ăąrnault.)
' >
Quelquefois on ajoute ci ou là au substantif précédé de ce, cet, cette, ces, comme cet
homme-ci, cet homme-lĂ ; cette Jemme-ci, cette femme-lĂ , etc. Ces expressions sont un
abrégé de cet homme qui est ici, cet homme qui est la; CETTis/cnime qui est ici, cette
femme qui est LX, etc.
Les particules ciel lĂ ne font alprs; comme on le voit, quâexprimer, par ellipse, une
phrase incidente, une circonstance ou de lieu ou de temps, et le plus ou moins de.
proximité réelle ou idéale de Tobjet en question.
CeliâŹuc\,câŹtemps-ci, ce monde-ci, indiquent le lieu, le temps, le monde oĂč Ton se
trouve au moment pĂč Ton parle. Celieu-Lx, ce temps-Lx, ce monderLx, dĂ©signeni le iie.u,
le temps, le monde oĂč Ton nâest point.
Beaucoup de personnes font la faute de dire ; Cet hornme-Ăźci, ce moment~ici; et du
temps de Vaugelas, tout Paris disait ; Cet homme-ci, cetcmps-ci; mais la plus grande
partie delĂ cour disait : Cethomme-ici, ce'tempsAci, et Vaugelas lui-mĂȘme Ă©tait pour cette
façon de parler. Aujourdâhui ii nây a plus de choix : la premiĂšre est la seule bonne;
Tautre hâĂ©st que dans lĂ bouche du peuple.
t
EXRmCE PHRASĂOLOGIQUE.
Ce ptys-çi. _
Cflb: Viflerv,
Ce
Cm fle.irMĂ.
Ces botiquet»-ci.
Ces votumewi.
Ces fleur»>Ié.
Ces bouqueĂźt-!Ă .
, CÚs »uItii;ies-U.
( 247 )
Nâ CLVII.
Ce, SUIVI DE PEUSIEURS SUBSTANTIFS OĂŒ DE PLUSIEURS ADJECTIFS LIĂS PAR et
OU PAR OU.
t /
I.
Ce RKPĂTB.
Vous croyez quâavec ces moyens et ces mesures, les
déclarations'despropriétaires seront fidÚles.
. (Dupont ds Nemours.)
Tous ces aventuriers ne devaient pas regarder ces
arts et ces mĂ©tiers comme au-dessous dâeux. -
(Rollin.)
Pour savoir comment tous ces cultes ou ces suÂŹ
perstitions sâĂ©tablirent, U faut suivre la marche de
lâesprit humain. . (voltaire.
Ce , NON REPETE.
Ces questions et propositions sont la plupart exÂŹ
traites du traité du Contrat social.
(J.-J. Rousseau.)
On ne doit jamais charger aucun comitĂ© particuĂŒer
dâexpĂ©dier ou refuser ces certificats ou approbations.
(Id.)
Tous ces prĂ©tendus cerfs ou Ăfc/iesiie sont quĂš des
chevreuils, (BuFiro/.)
lĂź.
Ces bons et ces mauvais conseils que nous receÂŹ
vons dans ie monde jeftent notre esprit dans le plus
grand embarras , et nous erapĂȘchĂ«rit souvent de
prendre un parti. (Anonyme.)
k â
Chassez-moi tous ces anciens et ces nouveaux amis
qui ne voient en vous que votre position et votre forÂŹ
tune. ' (Id.)
Les matelots ajoutent Ă ces bonnes et ces mauÂŹ
vaises qualités les vices de leur éducation.
(Bernardin de St-Pierrb.)
GrotĂźus lui-mĂȘme a rĂ©pĂ©tĂ© que Mahomet, ce grand
et faux prophÚte, avait instruit iirié colombe à voler
auprĂšs de son oreille, et avait fait accroire que lâesprit
do Dieu Venait Tinstruire sous cette forme.
(Voltaire.)
Je vous sais, en particulier, iih grĂ© InĂnl dâavoir
osé dépouiller notre langue de ce sot et précieux
jargon qui Îte toute vérité aux images et toute vie
aux sentiments. (7d.)
Cette immense et tumultueuse république avait
pour chefs le pape et lâempereur.
(VoltAibe.)
Ce doit se répéter devant chaque substantif (1^Ÿ colonne de la 1" série). Cependant
quelquefois il est permis de le sous-entendre devant le dernier, lorsquâon veut donner
plus de rapidité au discours, ou quand ce sont deux mots à peu prÚs synonymes
(2« colonne de la sĂ©rie). . ' â .
Il doit également se répéter devant chaque adjectif, lorsque les adjectifs exprimés
dans la phrase nâappartiennent pas au mĂȘme substantif (l*"Âź colonne de la sĂ©rie);
si, au contraire, les adjectifs se rapportent Ă un seul et mĂȘme nom, on doit n'exprimer
ce qĂŒune fois (2Âź colonne delĂ 2Âź sĂ©rie). On dirait cependant sans et : ces jeunes, ces
jolies personnes ont tout ce qu'il faut pour plaire. Cette répétition de ces est trÚs-énergique;
r
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Ces dĂ©crets et ees arrĂȘtĂ©s. âą Ces dĂ©creU et arrĂȘtĂ©s.
Ces ordonnances et ces décisions. Ces ordoonaoces et décisions.
Ces arts et ces métiers. Ces arts et métiers.
Ces dimensions et ces pn^ortioos. Ces dimensions et proportions.
Ces rubans et ces bijoux. Ces rubans et bijoux.
Ces grands et ces petits opparte- Ces grands et soadaĂźnt ^change-'
ments. menti. ^
Ces fieux et ces noureaux abus. Cette sage et aimable dame.
Ces anciens et ces Doufeaiix pré- Ces jeunes et jolies personnes^
jugés. Ces fieillea eteharmantes Darrationa.
( 248 )
DES ADJECTIFS NUMĂRAUX.
N CLVIII.
ADJECTIFS IVUHĂRAUX CARDINAUX.
1.
EMPLOYĂS COMME TELS.
SI je faisais une religion, je mettrais Tintolérance
au rang des sept pec/ies w.orteĂŻs.
(Voltaire.)
,.. TtoU ou quatre mots en hùte barbouillés
Font souvent embrasser des amants bien brouillés.
(Regnard.)
Vn «ou, quand U est assuré,
Vaut mieux que cinq en espérance,
(La Fontaine.)
Vingt-quatre livres de pain blanc, valaient un deÂŹ
nier dâargent, par les capitulaires.
(Voltaire.)
Gaston de'Folx fut tué de quatorze coups, à la cé
lĂšbre bataille de Ravenne, (/d.)
ĂŒn homme en vaut un autre.
(Dbstouchks.)
u
ĂŒn guerrier gĂ©nĂ©reux que la vertu couronne ,
Vaut bien «n rot formé par le secours des lois ;
IĂŠ premier qui le fut nâeut pour lui que sa voix.
(Crébillon.)
... tTne ardente vengeance
A souvent confondu le crime et lâinnocence ;
A des yeux prévenus le mal paraßt un bien,
Et la haine est Injuste et nâexamine rien.
(W.)
EMPLOYĂS substantivement.â
Aux magiques accents que sa bouche prononce,
Us Seize osent du ciel attendre la réponse.
(Voltaire.)
Qui es-tu Pâ Je suis le geĂŽlier, le valet des Onze.
(Bern. de Saint-Pierre.)
La commission des Neuf nâen continuait pas moins
ses travaux. âą ' (Thiers.)
Sa lettre est renvoyée au "comité des Douze pour en
constater Tauthenlicité. ( Id.)
On les nomma les Seize, Ă cause des seize quarÂŹ
tiers de Paris qĂŒils gouvernaient (Voltaire.) âą
Bon ! voici Mélitus, le chef des Onze.
m
Les- dieux qui ont refusé aux méchants des yeux
pour connaßtre les bons, ont donné aux bons de quoi
se connaĂźtre ĂŻcs uns les autres.
(Fénelon.)
Il n'y a que deux sortes de guerres justes : les unes
qui se font pour repousser un ennemi qui attaque; les
autres pour secourir un allié qui est attaqué.
(Montesquieu.)
Les exemples de Tune et de Tautre colonne nous font voir : 1Âź que les adjectifs, nuÂŹ
mĂ©raux, dits cardinaux, ne revĂȘtent aucun genre, et quâils ne prennent jamais le signe
du pluriel, lors mĂŽme qĂŒils sont employĂ©s substantivement; 2Âź qĂŒil faut excepter
Tadjectif wn, qui fait une au féminin, et qui a le pluriel, quand il est précédé de Tarticle.
Le tiret, dans Texpression des nombres, est un signe dâaddition ; ii remplace la conÂŹ
jonction et, excepté dans quatre-vingts, dont nous verrons Torthograplie ci-aprÚs.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Quttr« parote».
Neuf blesiés.
Quatnrifi Tataieauz.
ĂĂźx-buit piedi.
Quarante-cept vois.
Cinq lettre!.
Onze tuéi.
Quinze tonneauj;
DiX'-neuf aunei.
Cioquanie-tiuit auffregei.
Les quarante.
Lea douze.
Seize ans.
Vingtrainq pouces.
Soiiante-neuf jours.
Les leĂźir.
Un hoininr.
Une elioie,
Lm un».
Les imPB,
( 249 )
r CLIX.
ADJECTIFS NUMĂRAUX ORDINAUX.
EMPLOYES COMME TELS.
Levez aussi la main, monsieur lepremtcr pr^sidenf /
(Anquetil.)
Le monarque se fortifia sous les murs de Dieppe,
rĂ©solu dây soutenir les premiers efforts de rcimemi.
(IL)
Philippe mourut dans sa soixantiÚme anitée.
{Id.)
11 y a trois choses qui rendent une ùme éclairée :
le recueillement, lâhumilitĂ©, et la charitĂ©. La preÂŹ
miÚre empcclie les ténÚbres, la seconde attire les lu
miĂšres, lcr rroisĂŻme les produit,
(Fléchier.)
Catherine de Médicis survécut à trois de ses fils, et
vit le sceptre prĂȘt Ă Ă©chapper des mains du quatriĂšme.
(Anquetil.)
Si quelque pape sur la fin du huitiĂšme siĂšcle,
prĂ©tendit ĂȘtre au rang des princes, il paraĂźt que câest
Adrien I". (Voltaire.)
EMPLOYĂS SUBSTANTIVEMENT.
Le premier qui fut roi, fut un soldat heureux.
(Voltaire.)
Les sages de la GrÚce envisageaient la société sous
les rapports moraux ; nos derniers philosophes lâont
considérée sous les rapports politiques. Les premiers
voulaient que le gouvernement dĂ©coulĂąt des mĆurs ;
les seconds, que les mĆurs dĂ©rivassent du gouverneÂŹ
ment, (Chateaubriand.)
^ *
Les femmes de Perse sont plus belles que celles
de France ; mais celles de France sont plus jolies : il
est diflicile de ne point aimer les premiĂšres et de ne
se point plaire avec les secondes.
(Montesquieu.)
âą La livre de Charles V ne fut donc en effet quâenviron
deux treiziĂšmes de lâancienne livre.
(Voltaire.)
Le nombre moyen des morts pendant ces cinq anÂŹ
nées, est de soixante-quinze et trois cinquiÚme#.
(Buffon.)
Les adjectifs numéraux, appelés ordinaux, prennent les deux genres et les deux
nombres ; ils se forment tous, Ă lâexception de premier et de second, des nombres carÂŹ
dinaux, en ajoutant la désinence iÚme à ceux qui finissent par une consonne : deux,
deuxiĂšme, trois, troisiĂšme, etc. ; et en changeant en iĂšme Ve muet de ceux qui ont cette
terminaison : quatre, quatriĂšme, seize, seiziĂšme. Quant Ă cinquiĂšme et k neuviĂšme, le preÂŹ
mier se forme de cinq en y mettant uiĂšme, et le second de neuf en changeant la lettre
f en V. '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
La premiĂšre atiiiĂše;.
Lo leconrio fois.
Le huitiĂšme siĂšcle.
La vioftiime degré.
Le premier.
Lee seconds.
Les huitiĂšmes.
Les fingtiĂ mes.
Les premiĂšres, fois.
Le second degré.
La dixiĂšme heure.
La buitiĂšme partie.
Las premiĂšres.
Les secondes.
Les dixiĂšaies.
Les trentiĂšmes.
âN" CLX.
VINGT ET CENT.
INVARIABLE.
Le fanatisme aveugle dâun sot, honnĂȘte homme,
peut causer plus de maux que les efforts de vingt
fidpons réunis. . (Grimm.)
VARtARLB.
Lâhomme vĂźt qaatre'Vingts ans, et le chien nâen
^t que dix. (Buffon.)
32
( 280 )
André Doila vécut jusqu'à qmtre- vingt-quatorze
ans Thomme le plus considéré de l'Europe.
(VotTAIRB.)
Dne chose arrive aujourd'hui et presque sous nos
yeux, cent personnes qui Tont vue la racontent en
cent façons différentes. (La BruyÚre.)
Nous avons une époque certaine de la science des
Chaldéens ; elle se trouve dans les dix-neuf cent trois
ans dâobservations cĂ©lestes envoyĂ©es de Babylone par
GallßsthÚae au précepteur d'Alexandre.
(Voltaibh.)
Il représenta d'abord qu'il y avait quarante ans
qu'il portait les armes; qu'il a'étalt trouvé dans six
vingĂźs combats. (Vertot.)
Les lois prohibitives, promulguées à Rome sous les
empereurs, AxĂšrent Ă cinq cents arpents le terme de
là plus grande propriété individuelle.
(Bernardin de St-Pibrrh.)
Pour les honoraires qui m'étaient dus et que je
n'avais pas demandĂ©s, on mâapporta chez moi douze
cents francs. (J.-J, Rousseau.)
k
Vingt et cent sont invariables quand ils nâindiquent que vingt ou cent unitĂ©s, ou
bien encore lorsquâils sont multipliĂ©s par un nombre et suivi dâun autre ( 1'Âź coÂŹ
lonne); Ăźnais ils prennent le signe du pluriel, si, Ă©tant multipliĂ©s, ils nâont aprĂšs
eux aucun adjectif numéral (2Ÿ colonne).
U.
Charlemagne fut proclamé empereur d'Occident, le
jour de Noéi, en huit cent. , (Voltaibe.)
L'Allemagne était dÚs Tan quinze cent divisée en
dix cercles. (Id*)
Vers lâan douze cent de noire Ăšre, Alexis lit crever
les yeux Ă sori frĂšre Isaac TAnge, et sâempara du trĂŽne
de Constantinople. (Voltaire.)
AprĂšs la mort dâAlfred, arrivĂ©e en neuf cent, TAri-
gleterre retomba dans la confusion et la barbarie.
(Id.)
BiĂšh qxxe cent soit, dans cĂšs quatre exemples, multipliĂ© et. qĂŒil ne soit pas suivi dâun
autre adjectif numĂ©ral, il ne se met pourtant pas au pluriel, parce qĂŒil est employĂ©
comme nombre ordinal. En effet, en huit cent,, en lâan douze cent, câest pour en Tan
huit centiĂšme, en lâan douze centiĂšme. 11 en est de mĂȘme de quatre-vingt, quâon Ă©crit sans
s dans : l*an quatre-vingt.
EXERCICE PBRĂąSĂĂLĂGIQUE.
Vingt MDf.
, Qqatre-TĂngMrqis YCiX.
Quatre-Tingti bommet.
Numéro quatr^vingt
Vingt francs.
Quatreraingt^eui tfités.
Six Tin gts remmes.
Pijgo Luit cenL
Cent piĂšces dâor.
Deux cent dix-neuf moutons.
Quinze cents personnes.
Chapitre deux cent.
Cent ducats.
Cent treize bĆufs.
11 cn 0 des cents.
An trois cent.
Nâ CLXI.
Mille.
ĂŻ.
INVARIABLE.
On a mille remĂšdes pour consoler un honnĂȘte
homme et pour adoucir son malheur.
(La BruyĂšre.)
. Louis XII avait donné pour Tinvestiture de Milan,
cent mille écus d'or. (Voltaire.)
VARIABLE.
On prétend que le territoire de Rome ne compre
nait au plus que cinq ou six mtZtej dâĂ©tendue.
Il faut un peu plus de deux milles pour faire une
de nos lieues de poste. (Académie.)
3IiUe, exprimant le nombre dix fois cent, est invariable; mais mi/fĂŽ, indiquant une
mesure itinéraire, est un substantif qui prend un « au pluriel.
â ( s-rn- )
Mil et mille.
U.
MIL.
En mil sept cent quatre-vingt, Phili^ipé II fut dé
claré tyran et solennellement déchu de son autorité
dans les Pays-Bas.
(GĂŒidb de l'Histoirb.)
MILLB.
La prĂšnĂ lĂšrĂš Irruption des Gaulois arriva sous le
rĂšgne de Tarquln, environ lâan du monde trois mille
quatre cent seize# (Vertot.)
Par abrĂ©viation Oii Ă©crit mil dĂ ris la supputation otdiiiĂ irĂš dĂ©s annĂ©es depuis lâĂšre
chrĂ©tienne, lâĂ n mil sept cent quatre-vingt; orthographe qĂŒi subsistera sans doiUe
jusquâĂ lâan deux mille. Mais on Ă©crit lâan du monde trois rmlle quatre cent seize, en
parlant des annĂ©es qui ont prĂ©cĂ©dĂ© notre Ăšre et de celles qui suivront le millĂ©siriife oĂč
nous sommes. ^
EXĂnCICĂ PBRASĂOLOGĂQVĂ.
Mille hommes.
Une distance dr quatre milles.
Mil huit écrit trente-cinq.
L'atJ mille de la création.
Quarante mille chevaux.
T.«s milles dlulie.
Mil huit cent iingt.
Lâan cinq mille.
I.
XrontMrois mille chariots.
Les milles d'AngteUrre,
U.
L'on mil six eent.
LâĂąn deux mille qĂčatrĂŽ cent.
Vingt mille soldats,
l.es milles dâAUecia^oe.
L'annee mil huit cent quatorze.
Lâan quatre mille huit eeuL
CLXII.
Douzaine, millier, millibn, etc. ,
Qui pourra croire que par chacune des portes de
Thcbes it sortait deux cents chariots armés en guerre
et dix mille combattants ? Gela fait vingt mille clia-
riols et un million de soldats. (Voltaire.
An bout de quelque temps la compagne revient,
La lice lui demande encore une qitinzaine.
(La Fontaine.)
Quoi que lâon dise, quoi que Ton fasse, une nation
sera toujours plus* quĂŒn homme, qĂŒune famille*,
qĂŒun mtttter de familles. (Boistk.)
Diodore, aĂŒ livre premier, dit que lâĂgyptĂš olait si
peuplĂ©e, qĂŒelle avait eu jusqĂŒĂ sept imitions d'habi
lants.. (VĂLTAIRE.)
. Chaque poule peut faire éclore environ deux dou
zaines dâĆufs de perdrix. (Buffon.)
âąi
Point de solitude plus affreuse pour lâĂ©tranger,
iâhomrhe.i3olĂ©, quâune grande ville; tant de milliers
dâhommes, et pas un ami ! (Boiste.)
T
Un million, un millier, un milliard, une douzaine, etc., employĂ©s au pluriel, câest-
Ă -dire indiquant plusieurs plusieurs rmiliers, plusieurs douzaines, prennent le
signe de la pluralité^ car ce sont de véritables substantifs.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Une douxaine.
Un million.
Un trĂźllion.
Un milliard.
Deux douzaines.
Deux millioni.
Trois trilIfODs.
Quatre miUierds.
Une dizaine.
Un millinrd.
Ud trillioQ*
Ud millier.
Quatre dizaines.
Deux milliards.
Trois trillions.'
Deox milliers.
(SUS)
N" CLXIII.
EMPLOI DES ADJECTIFS CARDINAUX.
POUR DESIGNER LES SOUVERAINS.
Louis onze avait trente-huit ans quand il monta
sur le trĂŽne. (AnqĂŒhtil.)
L'époque de la paix d'Aix-la-Chapelle, fut aussi
celle de la paix dite de Clément neuf. (Id.)
Henri quatre, devenu majeur, se vit empereur
dâItalie et dâAllemagne, presque sans pouvoir,
(Voltaire.) .
La mort de Grégoire «epf n'éteignit pas l'incendie
qĂŒil avait allumĂ©. ' (Id.)
FOUR DĂSIGNER LES JOURS DBS MOIS:
L'ouverture des états-généraux eut lieu le cinq
mait 789. (Thiers.)
La réconciliation du sept juillet et le serment qui
Tavalt suivie n'avaient calmĂ© aucune mĂ©ĂŒance.
(Id.)
Le parlement fut exilé à Troyes le quinze août et
rappelé lé^ vingt septembre. (Anquetil.)
Les Ă©tals sâouvrirent le cinq mai par una procesÂŹ
sion solennelle. (Id.J
On fait usage des adjeclifs cardinaux, au lieu des adjectifs ordinaux, pour qualifier,
par, rapport Ă lâordre, un individu dans la sĂ©rie des empereurs, des rois, des
princes, etc. Ainsi Louis onze. ClĂ©ment neuf, etc., câest pour LoztiJ onziĂšme. ClĂ©ment neuÂŹ
viÚme. Mais on ne dit pas Henri un, François un, pour Henri premier, François premier.
On dit assez indifféremment Jïenridetw; et Henri second. On dit aussi Charles cinq, Phi
lippe cinq, etc. Mais on dit Charles-Quint, empereur contemporain de François premier,
Slxte-Quint, pti'pQ conietn^orain de Henri quatre.
Cependant ori se sert aussi dans les mĂȘmes circonstances, mais plus rarement, dc
lâordinaiif; dans ce cas, il doit toujours ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de lâarticle; comme dans ces
exemples :
Lambertinil'aimait (la raison); ClémentleguatomÚmfl
La faisait quelquefois toucher Ă l'encensoir ;
En plein conseil dâĂ©tat Turgot la fit asseoir.
(Chenieh.)
Le cinquiĂšme ou sixiĂšme avril cinquante-six,
jâĂ©cris sur nouveaux frais. (Racine.)
On emploie également les adjectifs de nombre cardinaux, pour désigner les jours de
chaque mois, \e cinq mai, le sept juillet. Toutefois, on dit avec lâadjectif cardinal le preÂŹ
mier mai, le premier juillet, et non le un mai, \e un juillet.
Voltaire disait le deux de mars, le quatre de mai, et Racine le deux mars, le quatre mal.
, Sous le rapport de la correction grammaticale, la premiĂšre construction est certaiÂŹ
nement préférable, puisque deux et quatre sont là pour deuxiÚme, quatriÚme, et que Ton
dil toujours avec la préposition de : le deuxiÚme jour de mai, le quatriÚme jour de juin.
Ensuite les Latins disaient avec le génitif : primas februarii, secundus aprilis.
Ainsi, la grammaire ét Tanalogie sont pour le deux de mars, le quatre de mai; mais si
Ton consulte Tusage, qui en fait de langage est la rĂšgle de Topinion, on dira iedetix
mars, le quatre mai.
t EXERCICE PBRA SĂOLOGlQĂŒE.
Loui» leĂT.o.
Ueori troia.
La riogUept iuiUat
LoĂŒia quinze.
Henri quatre.
Le vingt ha)t{uillet.
Louia treif*.
Pie BIX.
La TĂDgt-Deuf Juillet,
Louib qu atone.
Charlei lepL
Le trente juillet.
( 263 )
â >^0' N" GLXIV.
EMPLOI DBS EXPRESSIONS NUMERALES vingt et vn Oà vifigt-un, trente et «n ou trente-un, etc.
I,
VINGT ET UN, ETC,
Louis fut condamne à mort, à la majorité de trois
cent soixante-six voix sur sept cent vingt et une.
(Anquetil.)
Il meurt plus dâhommes que de femmes, dans la
proportion de trente-trois Ă trente et un.
(BĂŒffon.)
Le roi Lombard Astolfe sâempara de tout lâexarchat
de Ua venue en sept cent cinquante et un.
(Voltaire.)
VINGT-UN , ETC.
âą A vingt-un ans vous mâĂ©criviei du Valais des desÂŹ
criptions graves et judicieuses.
(J.-J. Rousseau.)
Le livre de JosuĂ© rapporte que ce chef, sâĂ©tant rendu
maĂźtre dâune partie du pays de Canaan, fit pendre ses
fois au .nombre de trente-un. (Voltaire.)
Un seul mot prononcé par cent cinquante-un in
dividus pourrait arrĂȘter le roi. . (Mirabeau.)
II.
Palawski... au'temps dont nous parlons, était ùgé
de soixante et deux ans. (RulhĂŻĂšres.)
Agé comme je suis de plus de soixante et trois ans.
(BoilkaĂŒ.)
Marius, ùgé de plus de soixante et dix ans, aprÚs
six consulats quâil avait exercĂ©s avec autant dâautoritĂ©
que de gloire, se vit rĂ©duit Ă se sauver de Rome Ă
pied. / (Yertot.)
Les mahomélans ont eu «omme nous des sectes
et des disputes scolastiques ; il nâest pas viai quâil y
ait soixante et treize sectes chez eux, câest une de
leurs rĂȘveries. Ils ont prĂ©tendu que les mages en
avaient soixante et dix, les juifs soixante et onze,
les chrétiens soixante et douze^ et que les musul
mans , comme plus . parfaits , devaient en avoir
soixante et treize. (Voltaire.)
Le pape interrogea lui-mĂȘme soixante et douze
âą chevaliers. (Id.)
Mahomet mourut Ă lâĂąge de soixante et trois ans
et demi... (Id.)
La GenÚse, aprÚs avoir raconté la mort de Tharé,
dit quâAbraham son fils sortit dâAran, ĂągĂ© de soixante
et quinze ans. (Id.)
La premiĂšre irruption des Gaulois en Italie .arriva
sous le rĂšgne de Tarquin lâancien, environ lâan du
monde trois mille quatre cent seize, et de la fondation
de Rome le soixante-cinquiĂšme. (Vertot.)
Marius, ĂągĂ© de plus de soixante-dix ans, nâavait
pas soutenu dans cette derniÚre guerre cette haute ré
putation quâil avait acquise dans celle des Teutons et
des Cimbres. (Vertot.)
Au nombre de trois cent soixanie-onze seulement
interprĂ©tĂąt le vĆu des trois cent soixante-quatorze
outres dĂ©putĂ©s qui formaient Je complĂ©ment de lâas-
senablée, ils se constituent convention nationale.
(Anquetil.)
Les premiers hommes ont vécu neuf cents, neuf
cent trente, et jusqu'Ă neuf cent wiĂŒanfe-neu/âans.
(Buffon.)
Le nommé Patrick Mériton, cordonnier à Dublin ,
paraĂźt encore fort robuste, quoiquâil soit actueilement
(en 1773) ùgé de cent quatorze ans ; il a été marié
onze fois, et la femme qĂŒil a prĂ©sentement a soixante-
dix-huit ans, (BĂŒffon.)
Les vieillards ont encore Ă soixante-dix ans lâespé
rance de six ans deux mois; Ă soixante-quinze lâesÂŹ
pérance tout aussi légitime de quatre ans six mois de
vie. (Id.)
III.
Une livre sterling dâAngleterre vaut environ vingt^
deux francs de France. ' (Voltaire.)
Le marc de huit onces, qui valait vingt-six francs
et dix sous dans les premiers temps du ministĂšre
de Colbert, vaut depuis longtemps quarante-neuf
livres seize sous. (T^ĂŻ*)
Yingt-quaire livres de pain valaient un denier d'arÂŹ
gent par les capitulaires.
Marius, Ă la tĂȘte de quatre-vingt-cinq cohortes
prĂ©senta la bataille Ă Sylia. (\âertot.)
Toute la nation nâĂ©tant composĂ©e que de cent
quatre-vingt-treize centuries, il sâen trouvait quafre-
vingt-dix huit dans la premiĂšre classe; sâU y en
avait seulement quatre-vingt-dix-sept du mĂȘme
avis, câest-Ă -dire une de plus que la moitiĂ© de cent
^atre-vingt-treize, lâaffaire Ă©tait conclue.
( 251 )
Abroliain aurait eu cent trente-cinq ans quand il
quitta la Chaldée. (Voltaire.)
Les chrétiens tinrent cinq conciles dans le premier
siĂšcle, seize dans le second, et trente-sia: dans le
troisiĂšme. (Id.)
Rome commença Ă ĂȘtre regardĂ©e comme la pins
puissante ville de Tltalie; on y comptait avant la fia
du rĂšgne de Romulus jusquâĂ quarante-sept mille
habitants. (Vertot.)
Rpmulus, ùgé de cinquante-cinq ans, et aprÚs
trenie-scpt ans de rĂšgne, disparut sans quâon ait pu
découvrir de quelle maniÚre on Tavait fait périr.
m â
Lâhomiue qui est trente ans Ă croĂźtre vil quaire-
vingt-dix ou cent ans. (Buffon.) '
Si Ton peut parier un contre un qĂŒun homme di
quatre-vingts ans vivra trois ans de plus, on peut ie
parier de mĂȘme pour un homme de quatre-vingt-
trois, de quatre-vingt-six et peut-ĂȘtre encore pour
un homme de guaĂŻre-uingĂŻ-c/ia; ans. â (/rf.)
La mort termine ordinairement avant Tage dc quatre-
vingt-dix ou cent ans la vieillesse et la vie. (Jd.)
Le roi invita Ă souper dans son palais deux Ă©vĂȘÂŹ
ques, tout le sénat, et quatre-vingt-quatorze sei
gneurs, (Voltaire.)
Dans la Grammaire des Grammaires, voici ce qĂŒe nous lisons ;
On dit vingt et un, trente et un, quarante et un, jusqĂŒĂ soixante et dix incinsivemeni *.
maison dit, sans la con}OnciĂŻon, vingt-deux, vingt-trois, trente-deux, irentc-irois, soixante-
deux, etc.
DâaprĂšs nos exemples, on sâaperçoit aisĂ©ment que cette rĂšgle est non seulement trop resÂŹ
treinte, mais qĂŒelle est encore inexacte; elle doit ĂȘtre formulĂ©e de la maniĂšre suivante :
1Âź On dit vingt et tin.ou vingt-un, trente et un ou trente-un, et ainsi jusqĂŒĂ soixante.
Lâanalogie avec les autres nombres composĂ©s, lâavantage dâune syllabe inutile sup-
a primĂ©e, lâautoritĂ© des meilleurs Ă©crivains, tout est favorable Ă la seconde maniĂšre de
sâexprimer, que quelques grammatistes regardent Ă tort comme une faute,
2Âź A partir de soixante et jusquâĂ quatre-^vlngts, en parcourant toute la sĂ©rie, on peut
encore trĂšs-bien dire : soixante et un ou sotxante-un, soixante et deux ou soixante-deux.,
soixante et troisoxx soixante-prois. LâautoritĂ© seule de Voltaire ne laisserait dâailleurs auÂŹ
cun doute Ă cet Ă©gard. âą
3Âź Riais il faut dire : vingt-deux, vingt-trois, etc.; trente-deux, trente-trois, etc. ; qua-
rnnte-deux, quarante-trois, etc.; cinquante-deux, cinquante-trois, etc,; quatre-virĂźgt-un,
quatre-vingt-deux, etc., jusqĂŒĂ cent.
Enfin, malgrĂ© Topinion de Girault-Duvivier, nous pensonâs qĂŒon sâexprime Ă©'gale-
inent bien en disant centun ou cent et.un, deux cent un ou deux cent et wn, etc. ExemÂŹ
ples : Paris, ou le livre des cenLet un ; une période de deux cent et un ans.,
Vingt et un.
Quarante cl un;
Trente-un.
Cinquante-un,
Vingt-un.
Quarante-un.
Trente cL un.
Cinquante et uu.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Vingt-d -ur.
Trente-deui.
CinquButc-trois.
Quatre-ringt-un.
Vingt-trois.
Trente-cinq.
Cinquante-quatre.
Quatre-ringUdeux.
Vingt-quatre*.
Quurante-dstiz.
Cinquante-cinq.
Qualrc-ĂŻingt-diĂŻ,
Vtngl-liĂŒĂĂ.
Quarante-neuf. âą
Cinquante-4iz.
Quatrc-Tingt-oaze.
Nâ CLXV.
Un RĂPĂTĂ OĂŒ NON RĂPĂTĂ AVEC DEUX OĂŒ PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIĂS PAR et.
REPETE.
La vie est comme un terme et'un de'lai pour Tem-
ployer Ă autre chose. (Charron.)
Vn Français, un Anglais,-xtri Espagnol, un Ita
lien, un Ru««e sout tous Ă peu prĂšs les mĂȘmes
hommes. (J.^. Rousseau.)
NON répété.
LĂ , sans distinction, on voit aller de pair,
Le laquais dâun commis avec un duc et pair.
(Regnard.)
Je sais combien il faut sâhumilier devant un empeÂŹ
reur et roi. * (id.)
( 255 )
Il faut répéter Tadjectif numéral un devant deux ou plusieurs substantifs liés par et,
à moins que ces noms ne désignent deux qualités attribuées à un seul individu, comme
daris les exemples de la seconde colonne : alors lâadjectif ne se rĂ©pĂ©tĂ© pas.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ua roi flt on empereur.
Un empereur et roi.
Ud seignenr et vm payiao.
Ud aeignear et maĂźtre.
Nâ CLXVI.
Ăn RĂPĂTĂ ou NON RĂPĂTĂ AVEC DEUX OĂŒ PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIĂS PAR OU.
REPETE.
La longueur des poils dans les saricoviennes est
dâenviron un pouce ou un pouce et demi sur le dos,
la queue et les cotés du corps. (Buffon.)
CâĂ©tait lĂ quâon eĂ»t pu trouver non pas seulement
un Longus, mats un Piutarque , un Diodore ou un
PoĂźybe, plus complets que nous ne les avons.
(P.-L. Courier.)
Comment un homme ou un peuple peut-il sâemÂŹ
parer dâun territoire immense et en priver tout le
genre humain autrement que par une usurpation puÂŹ
nissable^ (j.-J. Rousseau.)
'NON RĂPĂTĂ.
On arrive Ă un moyen terme indivisible, câest-Ă -
dire Ă un seul chef ou magistrat suprĂȘme.
(J.-J. Rousseau.)
Quand le confÚrent est nommé, il en fait donnei
avis'Ă lâambassadeur, en y joignant un complimcntr
et lui propose en mĂȘme temps un couvent ou autre
lieu neutre. (Id.)
Il se trouve au-dessous de ses poils qui sont long?
et fermes un duvet ou feutre trĂšs-doux et fort touiĂL:
dâun blanc jaunĂątre. (Buffon.)
Dansles exemples delà premiÚre colonne il a fallu de toute nécessité répéter Tadjeciif
numĂ©ral un, parce qĂŒon Ă©nonce deux ou plusieurs objets distincts ; mais dans ceux do
la seconde, TadjeĂŽtif ĂŒest pas rĂ©pĂ©tĂ© et ne doit pas l'ĂȘtre, par la raison bien sensible
qĂŒĂŽh ne ve'Ă»t dĂ©terminer qĂŒĂŒne seule chose. Dans ce dernier cas, si les substarflirs
Ă©taient de genre diĂŻTĂ©rĂ©ntj Tadjectif sâaccorderait seulement avec le premier. Exemple
C'est UNE PETITE MACHINE OU INSTRUMENT de physĂźque dont la description se trouve dans tous
les dictionnaires ou traités élémentaires de cette science. (J.-J. Rousseau.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ud bomme ou ane femme,
Dn roi ou une reine.
Dd rot on migiitret saprĂąmc.
Dn boarg eu TĂĂago.
Un garçon ou une fille.
Ud eiiten ou un ebat
Do paiteur ou berger.
Un chef ou gourerueur.
Nâ CLXVII.
I7n RĂPĂTĂ ou NON RĂPĂTĂ AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR et.
BĂPSTB.
Il y a un bon et mauvais goût, et l'on dispute des
goûts avec fondement. (La BruyÚre.)
Dire également du bien de tout le monde est une
petite Ăšt une mauvaise politique.
(Vauvenargues.)
NON REPETE.
Me considĂ©rant moi-mĂȘmc, Je ne vis quĂŒn triste
et infortunĂ© mortel. . (BĂŒffon.)
Saint Augustin nous enseigne que toute la vie dâun
chrĂ©tien ne doit ĂȘtre qĂŒu/i long et pieux souvenir.
(Fléchier.)
/ ' ( 25Ă )
, Si l^on rĂ©pĂšte lâadjectif numĂ©ral dans les exemples de la premiĂšre colonne, câest que
lâon parle de deux choses, dont Tune esi bonne ou petite, et lâautre mauvaise. Au conÂŹ
traire, dans les citations opposĂ©es, lâadjectif numĂ©ral ne saurait se rĂ©pĂ©ter, parce que
les deux adjectifs qui suivent concourent Ă qualifier le mĂȘme objet*
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Un grand at un petit appartement. Une triite etfaible lumiĂšre.
Va boa et un niécbaut homme. Une belle et brillante carriÚre.
Un beau et vilain habit.
Oo riche et pauvre parent.
Une bumids et fervente «riifon.
Une premiĂšre et charmante entreÂŹ
vue
â «a NÂź GLXVm.
Un RĂPĂTĂ ou NON RĂPĂTĂ AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR OU.
REPETITION-
Nul ne pourra élic élu nonce une seconde ou une
troisiĂšme (ois. (J. J. Rousseau.)
Que lui importe, au reste, une bonne ou une mauÂŹ
vaise administration {Id^
NON REPETITION.
Sous un prince faible ou peu laborieux, une admi- -
nistration est mauvaise.
(J.-J. Rousseau.)
Sous un tnjusfe ou tyrannique gouvernement,
Tétat dépérit. (Anonyme.)
Câest donc toujours en vertu du mĂȘme principe Ă©tabli dans les numĂ©ros prĂ©cĂ©dents,
que Tadjectif un, une est qu nâest pas rĂ©pĂ©tĂ© dans les exemples citĂ©s. On le rĂ©pĂšte dans
ceux de la premiÚre colonne, parce que les deux adjectifs liés par ou qualifient Tun un
nom exprimé, Tautre un nom sous-entendu. En effet, une seconde ou Une troisiÚme fols ;
une bonne ou une mauvaise administration, câest pour une seconde fois ou une troisiĂšme fois ;
une bonne administration ou une mauvaise administration. Mais dans les exemples opposés,
un, une, ne doivent pas se répéter, attendu que les adjectifs liés par ou et .placés aprÚs
ou avant le substantif, qualifient tous les deux ce mĂȘme substantif.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
* * âą .
Une oGTen#ante ou iujuricuao pa- Ut'.e bonne ou une mautaise opi- Un bon ou cbarltublc prince. Un bon ou mouviiis ouvrage.
â rĂŽle, ' ' â niou.
Up bomme ignorant ou peu éclairé, .Une vraie ou fausse idée. Un homme violent ou emporté. Une grande pu uue petits affaire.
NÂź CLXIX.
-©oooâ
EMPLOI OU SUPPRESSION DE UD, UXie, DEVANT UN SUBSTANTIF PRĂCĂDĂ DâUN ADJECTIF.
BMPLOl.
Depuis la révolution, le commerce et la culture
du tabac sont libres en France, oĂč il croit d'une exÂŹ
cellente qualité.
(Bernardin de St-Piebre.)
La chair de ces oiseaux est Ătm meĂŒletur goĂ»t.
(BuFroN.)
SlfFPRBSSlON.
La caille se trouve partout, et partout on la regarde
comme un fort bon gibier, dont la chmr est de bon
goût. * (Buffon.)
Les liÚvres ladres ont la chair de fort mauvais goût.
Ud.)
( isr )
Faisons gaiement notre chemin ;
n sera dĂŒn bien court espace. âą
(DĂŒ Tremblay.)
ĂŒn ne doit.prondre un parti quelconque, quâaprĂšs
unmûr exaincii. (Anonyme.)
... LĂącher ce quĂŒn a dans la main,
Sans espoir de grosse at^enture.
Est imprudence toute pure.
(La Fontaine.)
AprÚs mûr examen le sage délibÚre.
(DĂŒ Tremblay.)
Dans ley exemples de la premiĂšre colonne, si, devant un substantif prĂ©cĂ©dĂ© dâun
adjectif, 0:i exprime Tadjectif déterminatif un, une, les exemples de la colonne latérale
montrent :{u;on peut'aussi, dans les cas analogues, le sous-entendre. Il est donc Ă
peu prĂšs loisib!e de dire : dâun bon goĂ»t ou de bon goĂ»t, dâun court espace ou de court es^^
pace, aprÚs un nAr examen ou aprÚs mûr examen, etc.
Ătre d*Dn bon gL"U
AprĂšs un mĂ»r exâ
D DD boa aloi.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ătre de bon goĂt.
AprÚs mûr exameu.
De bon aloi.
Ătre dâun excellent goĂ»t.
. D'une joyeuse vie.
D*uae grande gaité.
N"Ăštre pas d'exeelleDt goĂt.
De joyeuse via.
De grande galté.
N" CLXX.
EMPLOI ou SUPPRESSION DE un, une, DANS CERTAINES PHRASES.
EMPLOI.
Une chaĂźne rforee est toujours une chaĂźne
Dont le poids se'fait trop sentir.
(AĂŒbert.)
ĂŒn auteur gĂąte tout, quand il veut trop bien faire.
(La Fontaine.)
Vne femme fidĂšle est digne quâon lâadmire.
(Poisson.)/
Le moindre bruit éveille un mari soupçonneux.
(La Fontaine.)
Il faut faire Ă ses vices une guerre continuelle.
(BossĂŒet.)
Dh bonheur trop constant devient insupportable.
(Ddhoussay.)
... Vne fille bien née
Ne peut permettre au plus que dâĂ©tre devinĂ©e.
(Brkt.)
Vne femme est souvent plus heureuse que sage.
(Hochon DE ChabĂ nnes.)
SUPPRESSION,
TĂȘte creuse et folle, souvent.
Fait plus de bruit que la plus sage.
(Fr. de Neufchatead.)
Fripon est dépouillé par un plus grand fripon.
(M'â'â JOLIVEAU.)
Jeune fillette a toujours soin de plaire.
(La Fontaine.)
Mari sans yeux et sans oreilles,
Convient aux femmes Ă merveilles.
(Nivernais.)
II faut faire aux méchants guerre continuelle.
(La Fontaine.)
Bonheur trop vif dure si peu de temps !
(Mâe JOLIVEAĂ.)
Fille qui pense Ă son amant absent,
Toute la nuit, dit-on, a la puce Ă lâoreille.
(La Fontaine.)
Femme sage est plus que femme belle.
(Voltaire.)
*
Dansles pensées, maximes, proverbes ou sentences, Tadjectif déterminatif un, «ne,
peut, de mĂȘme que l'arĂŒcle, ĂȘtre ou non exprimĂ©. Câest ce que nous enseignent les
exemples précités. Voir.pagel84.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Un trompeur raĂšrito dâĂȘtre trompĂ© Ă soo tour.
Vdo femmo fidĂšle eit une douce chose.
A bon fripon fripon et demi.
Femme qui trompe est chose'Indigae;
33
( 288 )
Nâ CLXXI.
Vun de et un de.
1.
*
!Jun de, un de, au commencement dâune phrase incidente et prĂ©cĂ©dĂ©s dâun nom.
Vunde. .
â Ducis, Vun des quarante de VAcadĂ©mie française,
vient dâobtenir un nouveau triomphe sur la scĂšne.
(Domergue.)
Cinna engagea les Marses, Vune des plus puis-
sartfes nations de lâJtalie, Ă se dĂ©clarer en faveur
des Romains. . (Vertot.)
Plusieurs auteurs, et entre autres Stésichorus, Vun
des plas anciens poĂštes lyriques, ont Ă©crit quâil Ă©tait
bien .vrai qĂŒune princesse de ce nom avait Ă©tĂ© sacriÂŹ
fiée. (Racine.)
Un nommé Battkus, Vun de ces savants qui savent
consulter de vieux livres et les citer mal Ă propos,
prit le parti du diable contre Fontenelle.
(Voltaire.)
Il se rend complice du pernicieux dessein* du comte
de Shaftesbury, Vun des héros du parji philoso
phique. (/d.)
La Motte; Vun des esprits les plus anti-poétiques
qui aient jamais existĂ©, sâest Ă©puisĂ© en frivoles soÂŹ
phismes. (La Harpe.)
*
La GrÚce et TAsle-Mineure étalent remplies de la
mémoire de ce fameux siÚge de Troie, Vune des pre
miÚres époques des temps fabuleux.
{Id.)
Entre ces deux golfes sâavance VArabie, Vune des
plus grandes péninsules du monde connu.
(Raynal.)
Un de.
Arnaud de Brescia, un de ces hommes Ă enthouÂŹ
siasme, aĂŒx autres etĂą eux-mĂȘmes, prĂ©-
cliait de ville en ville contre les richesses immenses
des ecclésiastiques. (Voltaire.)
Cinna et Carbon, un de ses iieutenants, se cam
pĂšrent sur les bords du Tibre.
(N'ertot.)
C. Claudius,un des consuls, se leva, et adressant
la parole Ă Yirgjnius, lui dĂ©clara qĂŒil ne sâopposait
point Ă Tinformation quâil demandait.
(Id.)
Perpcnna, un de ses officiers, iây vint joindre
avec les débris de son armée. (Id.)
Sylla avait fait déférer le gouvernement de ces
grandes provinces Ă MĂŒettin, un de ses lieutenants.
(Id,)
Jâai tĂąchĂ© d'assister de temps Ă autre Ă quelque
comité de mon district, un des plus petits et des
plus sages de Paris.
(Bernardin de St-Pierre.)
Catulus Luctalius, uri des principaux de rassemÂŹ
blĂ©e, sâĂ©cria que ce nâĂ©tait plus par des dĂ©guisements
cachĂ©s quâon allait Ă la tyrannie.
(Vertot.)
Sartorius donna au roi de Pont un corps de troupes
sous le commandement de Marins, «n de ces scna-
' ieurs proscrits par Sylla. (Id.)
Les grammairiens se sont Ă©vertuĂ©s Ă Ă©tablir des rĂšgles pour lâemploi des locutions
- un de bu Vun de. ^
Il faut voir si ces rĂšgles sont justes. Et dâabord examinons les exemples que nous veÂŹ
nons de rapporter.
Si nous en croyons Domergue et tous ceux qui lâont rĂ©pĂ©tĂ©, on doit mettre Vun entre
un substantif et un nombre précis : Ducis^ Vun des quarante dej'Académie française.
,Mais M. Marie, dans un article inséré au Journal grammatical, battant en ruiiße cette
ioctriiie, soutient que le nombre ne fait rien Ă lâemploi de Vun de, aprĂšs un nqiii; que
cet emploi nâa lieu que parce que la phrase est incidente : VoilĂ , dit-il, toute la rĂšgle.
AprĂšs avoir citĂ© neuf exemples Ă lâappui de cette opinion, il ajoute, pour la rendre enÂŹ
core plus imposante, qĂŒil pourrait en fournir deux mille autres; en sorte qĂŒil nâen
faut pas davantage Ă bien des esprits pour ĂȘtre persuadĂ©s. Mais le reproche que nous
( 259 ) ,
pouvons adresser, nous, Ă M, Marie, comme Ă Domergue, câest d*avoir Ă©tĂ© tous les
â deux soiis l'empire et sous lecharme d'une idĂ©e exclusive. En ciĂŻet, il sunU de jolcr
les yeux sur les citations delĂ seconde colonne pour se convaincre que un de sa trouve
aussi en tĂšte dĂŒne proposition/ncidenlĂ©. M. Marie dira pcui-Ă©tro que ces exemples
sont incorrects; et nous, pour les justifier, nous proclamerons Ă notice tour quâil sâen
trouve en foule de^semblables dans tous les meilleurs Ă©crivains, et quâil nous serait
facile dâen rapporter, non des centaines, mais des milliers. Que conclure de lĂ ? Câest
que Tiin de ou mi de se mettent Ă©galement, aprĂšs un nom, au commencement dĂŒne
proposition incidente, avec cette différence toutefois que la premiÚre locution est plus
expressive que Tautre, puisquâelle est dĂ©terminĂ©e, et que la seconde au contraire est
vague, privĂ©e qĂŒelle est de Tarlicle. Quoique vraisemblablement on ne puisse guĂšre
établir de rÚgle à Tégard de ces deux formes, cependant, pour lùcher de faire saisir la
nuance qui existe entre elles, nous dirons qĂŒil faut faire usage de un de, conformé
ment aux exemples de la seconde colonne, si Ton veut exprimer Tunilé pure et simple;
de Tun de, comme dansles phrases de la premiÚre colonne, lorsque, indépendamment
de lâunitĂ© qĂŒon Ă©nonce, on y ajoute encore une idĂ©e de dĂ©terminarton.
IL
Un de, Vun de, dans des phrases «on incidentes. - '
Vn de.
Vn des quarante do VAcadémie françà ise a bien
voulu ĂȘtre de mon avis. (DombrgĂŒb.)
Madame Du pin était une des trois ou quatre jolies
femmes de Paris>, dont le vieux abbé de Saint-
Pierre avait Ă©tĂ© lâenfant gĂątĂ©.
(J.-J. Rousseau.)
Lâenfant JĂ©sus, entre'les bras dâune mĂšre charÂŹ
mante et modeste, est en mĂȘme temps im des plus
touchants et des plus agréables spectacles que la'
dévotion chrétienne puisse offrir aux yeux des fidÚles.
(Id.)
Vne de mes chances Ă©tait dâavoir toujours dans
mes liaisons des femmes auteurs. (7rf.)
Un des inconvĂ©nients qui mâont le plus Ă©loignĂ© de
nos assemblĂ©es, et je parie des plus grandes, câest la
légÚreté de leurs Jugements.
. - (Bernardin de St-Piebre.)
Vun de.
Vun de ces deux bandits qui se disaient maures
me prit en affection. ' (J.-J. Rousseau.)
Le bruit courut que dâelle ou de lui, Vun des deux
expulserait lâautre. (Id.)
Le bec-croisé est Vun des oiseaux dont les couleurs
sont les plus sujettes Ă varier. â (Buffon.)
Louis de Maugiron, baron dâAmpus, Ă©tait Vun des
mignons pour qui Henri III eut le plus de faiblesses.
(Voltaire.)
La cruelle perte de Vun des auteurs de mes jours
mâa trop appris Ă craindre dâalĂŻliger lâautre.
(J.-J. Rousseau.)
Lâun des principaux moyens jâai employĂ©s a
été, comme je vous Tai dit, de le bien convaincre de
lâimpossibilitĂ© oĂč le tient son Ăąge de vivre sans notre
assistance. (Jd*)
On se sert de m» dfe, nous disent'encore les grammairiens, quand cette expression
ĂŒesipas immcdialemeni prĂ©cĂ©dĂ©e dĂŒn nom et qĂŒelle nâest pas en tĂšte dĂŒne phrase
incidente. L'examen des exemples de Tune et de Tautre colonne nous prouve combien
cette rĂšgle est mensongĂšre.
DI.
Vun de, un de, suivis dĂŒn pronom.
Ce berger et ce roi sont sous mĂȘme planĂšte;
Vun dâeux porte le scepti e, et lâautre la houlette.
(La Fontaine.)
Vn dâeux, prĂšs du Gange autrefois,
Cultivait le jardin dĂŒn assez bon bourgeois.
(t.A Fontaine.)
y .
{à éÎ )
4 âą âą i a *
CĂ« jĂŽĂŒr.
Jetait sur Vun de nous trĂŽt> dĂš honte ou d'envie:
(Corneille.)
Et jây vois Vun dĂ© vous prendre une destinĂ©e.
(MoliĂšre.)
* ' »
Cet instinct qiTont .les. geais de se rappeler, de se
réunir à la voix de Vun d eux, et leur violente anti
pathie contre la chouette, offrent plus d'un moyen
pour les attirer dans les piĂšges.
(Buffon.)
Qu*on s'iihagine ces douze homhies assemblés apréù
la mort de Jésus Christ, faisant le complot de dire
quâil est ressuscitĂ©; si peu quâun deux se fĂ»t dé
menti par les prisons, par les tortures et par ia mort,
ils étaient perdus. (Pascal.)
Comme si les petits paysans choisissaient la terre
bien sĂšche pour s'y asseoir ou pour sây coucher, et
quâon eĂ»t jamais oui dire que Pliumiditc de la terre
eĂ»t fuit du mal Ă pas un dâeux.
(J.-J. Rousseau.)
M. Marie, dans Tarticle dont nous avons dĂ©jĂ parlĂ© ^ avance encore quâavec les proÂŹ
noms il faut epiployer / de. Nous ne nous faisons pas un secret et malin plaisir
de combattre M. Marie; mais, en conscience, il nous semble que sa rĂšgle nâest pas touÂŹ
jours suivie par les écrivains, qui ont fait usage, comme on voit, tantÎt de un de, tantÎt
de l'un de devant les pronoms; '
IV.
. * Lâun de ou un de, prĂ©cĂ©dĂ©s dâun mot terminĂ© par une voyelle.
5» Vun de vos amis a besoin de faire loucher de
Targent à Smyrné, la poste fera son affaire.
(Voltaire.)
Le plus grand intĂ©rĂȘt du rĂŽle de PhiloctĂšte nâavait
pas Ă©chappĂ© Ă Vun des plus illustres Ă©lĂšves de lâantiÂŹ
quité. (La tiARPE.)
Le prince Henri de Prusse distingua' particuliĂšreÂŹ
ment la comtesse de Sabran et lâun de mes plus inÂŹ
times amis. (De Ségur.)
Croirait-on que les historiens ont pris plaisir Ă faire
un magnifique éloge de l'un de ces chiens appelés Bé-
rézillo. (Marmontel.)
Un esclave juif, intime ami du roi des rois! câest
Ă peu prĂšs comme si un dc nos historiens nous disait
quâun fanatique des CĂ©vonnes, dĂ©livrĂ© des galĂšres, est
lâintime ami de Louis XIV.
(Voltaire.)
Je touche à un de ces traits caractéristiques qui
me sont propres. (J.-J. Rousseau.)
Un des plus vilains hommes et un des plus grands
fous que jâaie jamais vus. (Id.)
t
Yous choisirez dâclever les enfants dâun de vos
amis, ou dâaccompagner Tautre dans sa solitude.
(J.-J. Rousseau.)
9
Ăcoutons toujours M. Marie : « Les lois de Teuphonie, dit-il, qui ont proscrit les
hiatus produits par le choc dâune voyelle contre le mol on, comme dpns si on, et on,
proscrivent aussi ceux qui résulteraient de si un de, et un de, à un de, etc. » M. Marie
ajoute : « Si Toreille craint les hiatus, elle redoute bien plus encore les cacophonies :
D'un de, par exemple, serait insupportable. » Celte opinion, pour cire de M. Marie,
nâen est pas moins erronĂ©e. De mĂŽme'que nous avons Ă©iabli au chapiire des Pronoms
indélinis, que les écrivains étaient libres, en prose, de se servir de si on. et on, si l'on,
et l'on, etc.; dc mĂȘme les citations qui prĂ©cĂšdent nous montrent indubilablemĂšnt que
les écrivains ont dit aussi indifféremment si L'un de, et Vun de, à Vun de, de Vun de, ou
bien si un de, et un de, Ă un de, et mĂȘme d'un de qui offense si fort Toreille de M, Marie!
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
L'un dea dix.
L'un dei liuU
t
/
Une lettre d'un des quarante.
Une des ptiĂŻs belles pierres.
L'un de nous.
L'un dâeux.
Si l'iin de mes amis.
A Tud de noua.
Madame, une-des tiois ou quatre L'un des plus grands rapitaines. Un des plus célÚbres fcrirains.
belles feinmei de Faris. Lâuiie dus plus rĂšuoiuniecs. Une des plus vertueuses femmes.
y * m
La perte de 1 un de. nos parents.
Lâun des plus beaux oiseaux.
Un de nous.
ĂŒn dâeux- '
Si un de ces ouvrages.
A un de vos secrets.
Un des deux.
Un des principaux magistrats.
Lâun de Tous-
L'une d'elles.
Et lâun des plus braves.
De l u lie de nos qualités.
li'un des deux.
L'uti des deux brigauds.
Un de vous.
Vue d'elles.
Et un de mes amis.
D'un de uos sens.
(2M )
DES ADJECTIFS POSSESSIFS
N" CLXXIL
Mon, ma, mes.
6BRBB, NOMBRE, PLACE.
Mon esprit généreux ne hait pas tant Ja yle,
Quâil 'en veuille sortir par ĂŒne perfidie.
. (Corneille.)
... Ma prompte obéissance.
Va dâun lui redoutable allVonter la prĂ©sence.
(Racine.)
Et chacun Ă mes pieds, conservant sa malice,
Nâapporta de vertu que lâaveu de son vice.
(Boileau.)
Et moĂź, pour toute brigue et pour tout artifice,
De mes larmes au ciel jâoffrais le sacrifice.
(Racine.)
Les adjectifs possessifs mon, ma, mes expriment un.rapport dâappartenance ou de proÂŹ
priété avec la premiÚre personne du singulier dont le nom est implicitement conßenii
en eux : mon respect, ma fortune, mes pieds, mes larmes, câest pour le respect, la fortune,
les pieds, les larmes de moi. Mon sert pour le masculin singulier;.7ï2a, pour le féminin
singulier; eimes, pour les d;:ux genres et les deux nombres. Ces adjectifs se placent
toujours devant les substantifs qu'ils dĂ©terminent, qu'ils soient ou non prĂ©cĂ©dĂ©s dâun
adjectif qualilicalif.
Câest alors en effet que mon Ăąme Ă©clairĂ©e,
Contre les passions se sentit assurée.
(Voltaire.)
C'en est fait, mon heure est venue.
(ĂOILEAU.)
Oui, puisque je retrouve un ami si fidĂšle,
Ma fortune va prendre une face nouvelle.
(Racine.)
Levez-vĂŽns et quittez un entretien fĂącheux,
Qui redouble ma honte cl nous pĂšse Ă tous deux.
(Voltaire.)
I
Ces exemples nous font voir que mon sert aussi bien que ma à déterminer des sub
stantifs féminins, mais dans ce cas, cet emploi est absolunent euphonique. Mon se met
devant un substantif ou un adjectif commençant par voyelle ou h muet ; ma, devant un
substantif ou un adjectif commençant par consonne ou k aspiré.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Mon pĂšr*Ăź.
Mon cher atnĂź
M <n bĂšrot.
Mon babit
Mon ami.
Ma mĂš^e.
Ma rbĂšre amie.
Ma baine.
Mon habitude.
Mon amie.
Bles amis.
Ble» petltsenfanls.
Ue.« Itotiteux plaisirs.
Mes héritages.
Mes amours.
Mes fleurs.
Mes petites épargnes.
Mes- haies.
Mes herbes.
Mes ĂȘtrenues.
Mes hĂŽtes.
Mes héliotropes.
Mrs baĂŻuietons.
Mes délires.
Met pensées.
/ 262 )
CLXXIII
Ton, ta, tes.
'V 4 . ' 4-
MA5CDUN ET FĂMININ SINGULIER.
.., Que tu dis des folies,
Et choisis mal ton temps pour de telles saillies.
(MoliĂšre.)
En cet aveuglement ne perds pas la mémoire
Quâainsi que de ta vie U y va de ta gloire.
(Corneille.)
MASCULIN et féminin PLURIEL.
T$s écrits, il est vrai, sans art et languissants.
Semblent ĂȘtre formĂ©s en dĂ©pit du bon sens.
(Boileau.)
Reprends ta liberté, remporte tes richesses,
A lâor de ces rançons join^ mes justes largesses.
(Voltaire.)
Les adjectifs possessifs ton, ta, tes indiquent un rapport de possession avec la seconde
personne du.singulier : Ton temps, ta vie, tes écrits, tes richesses se traduisent par le
temps, la vie, les éoits, les richesses de toi. Ton se place devant un substantif masculin
singulier; (a devant un nom féminin singulier; tes sert pour le pluriel des deux genres.
Ces adjectifs précÚdent toujours les'substantifs auxquels ils sp rapportent.
- 4
Que ton affection me soit alors sĂšvĂšre.
Et tienne, comine il faut, la main Ă nia colĂšre.
(MoliĂšre.)
Mon Dieu, voicvfon heure, on tâamĂšne ta proie.
(Régnier.)
Va, je verrai pcut-clrc Ă mes pieds abattu,
Cet orgueil insultant de ta fausse vertu.
(Voltaire.)
Ta veux ma mort, chblen 1 Jo vais remplir ta haine.
W
Par ces exemples on apprend que pour éviter rhiaiusqui résulterait de la rencontre
de deux voyelles on emploie ton, au lieu de fa, devant les substantifs ou les adjectifs
fĂ©minins dont lâinitiale est une voyelle ou un h rnĂ»et : ton affection pour ta affection,
ton heure pour ta heure. On fait usage de ta si le mot commence par consonne ou par
h aspiré : ta vertu, ta haine.
Ton bien.
Ton argent.
Ton hamac.
Ton bonheur.
Ton air.
EXERCICE PERA^ĂOipGJQVE.
Ta fortnn©.
Ta chĂšre imago.
Ta honte
Ton hamenr,'
Ton envie.
Tel fili.
Tel bona oSieea,
Tei héros.
Tel humeurs.
Tea cxploiU'.
Tm loiblciiei.
Tcibennei intentiona.
Tesbamet.
Tçi liéroßnes,
Tc3 idées.
Tes bon>icides.
Tes iiypolbĂšiea.
Tes bĂŽteik.
Tes autrli.
Tes béliotropea.
CLXXIV.
Son, sa, ses.
Mascttlin et féminin singulier.
De #on propre artifice on est souvent victime.
(Collin dâHarlkvillk.)
L'amour devient suspect sâil nâa sa libertĂ©.
(F A v art.)
masculin et féminin pluriel.
H faut de scs amis endurer quelque chose.
(MoliĂšre.)
DĂ©mĂȘlez la vertu dâavec ses apparences.
{Id.)
t
( 265 )
Les adjectifs possessifs son, sa, ses marquent un rapport dâappartenance avec la
troisiĂšme'personne du singulier : son ami, sa libertĂ©, ses amis, ses apparĂ©nces, câest pour
Vami, la liberté, \e% amis, apparences de lui ou d-elie. Son sert pour le masculin singu
lier; sa, pour le féminin singulier; et ses, pour le masculin Út Je féminin pluriel. Du
reste, ces adjectifs se placent toujours devant les noms qĂŒils dĂ©terminent, quĂš
cesmoms soient ou non prĂ©cĂ©dĂ©s dâun adjectif qualificatif.
... L'amour est déchu de son autorité,
DĂšs qĂŒil veut de lâhonneur blesser la dignitĂ©,
(Crébillon.
Mon Polyeucte touche Ă son heure derniĂšre.
(Corneille.)
Il est, Ă mon sens, dâun pĂźus grand homme de
savoir avouer sa faute, que de savoir ne la pas faire.
(Cardinal de Retz.) *
Qu'il est accablant de parler de sa honte !
(Voltaire.)
Lâeuphonie exige qĂŒon mette son devant les mots commençant par voyelle ou par h
non aspiré : son [autorité, son 'heure; et sa devant ceux dont la premiÚre lettre,est une
consonne pu un h aspiĂŻĂ© : sa faute, sa honte.
\
\
EXEnaçE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Son crime.
Son époux.
Son haut rang.
Son honneur.
Sa fa reur.
Son Injustice.
Son heure derniĂšre.
Sa honte.
Ses ennemi».
Ses défaut». .
Ses héros.
Ses honorables lenrieet.
Ses bontés.
Ses allures.
Ses honteuses passions.
Ses honorables intentions.
NÂź CLXXV,
Notre, nos.
MASCULIN ET FĂMININ SINGULIER.
La bienfaisance est un besoin de TĂąme :
Heureux, elle nous rend notre bonheur plus doux.
. (de Belloy.)
.,. Notre Ăąme a bien plus de ressort
Pour supporter le mal, quand on sait quâil arrive.
(Fabre dâEglantink.)
MASCULIN ET FEMININ PLURIEL.
Amour, que sur nos cĆurs ton pouvoir est extrĂȘme Ăź
(Lefranc.)
Le ciel de nos raisons ne sait pas sâinformer.
'( AĂINE.)
Lâadjectif nofre, dont le pluriel est nos, indique un rapport de propriĂ©tĂ© avec la pre.
miĂšre personne du pluriel : Notre bonheur, notre Ăąme, nos cĆurs, nos raisons, rĂ©pondent
Ă le bonheur, l'Ăąme, les cĆurs. Les raisons de nous. On voit qn^noire seri pour Je masculin
et le féminin-singulier; nos, pour le masculin et le féminin pluriel. Ces adjeclifs se
mettent toujours devant les noms.
EXERCICE PERASĂOLOGIQVE.
Notre inUrĂąL
Notre boobeor.
Notre Ăąme.
Notie fortune.
Nos usages.
Nos biens.
Nos intention».
Nos passions.
( 264 )
âNÂź CLXXVĂ. 93
Votre, vos.
MASCULIN BT FEMININ SINGULIER.
... Tout le camp vainqueur pleura votre trépas.
(Racine.)
Il me'fallut depuis gémir de votre absence.
(Voltaire.)
MASCULIN BT FEMININ PLURIEL.
âą '
Sans cesse, en écrivant, variez vpi discourj.
(Boileau.)
âą.. Consultez longtemps votre esprit et vos forces,
[Id.)
Lândjectif votre, qui fait au pluriel vos, marque un rapport de possession avec la seÂŹ
conde personne du pluriel : votre trĂ©pas, votre absence, vos discours, vos forces, câeist pour
Le trépas, l'absence, les discours, les forces de vous. Votre est pour le masculin ou le fémi
nin singulier; vos, pour le masculin ou le féminin, pluriel. Ces adjeclifs se placent
toujours devant les substantifs.
Votre élément.
Votre pĂšre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Votre amitié.
Votre peine.
Vos amouri.
Voi pleuri.
Voa attention».
Voa plaintes.
NÂź GLXXVIL
Xewr, leurs.
MASCULIN ET FEMININ SINGULIER.
Les dieux doivent leur ĂȘtre aux faiblesses des hommes.
(Boursault.)
.,. Les cĆurs pour aimer ont leur maturitĂ©.
(QĂŒinault.)
MASCULIN ET FĂMININ PLURIEL.
Les auteurs se peignent dans leurs ouvrages:
(Lesage.)
Les maĂźtres des humains cachent-ils leurs faiblesses?
(La Harpe.)
Les adjectifs leur, leurs désignent un rapport de possession avec la troisiÚme per
sonne du pluriel : Leur ĂȘtre, leur rnaturitĂ© , leurs ouvrages, leurs faiblesses, câest pour
l'ĂȘtre, la maturitĂ©. Les ouvrages, les faiblesses d'eux. Leur sâemploie pour le masculin et le
féminin singulier, leurs, avec un 5 pour le masculin et le féminin pluriel. Ces adjectifs
prĂ©cĂšcioni toujours les substantifs qĂŒils dĂ©terminent, *
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE:
Leur auteur.
Leur plaisir.
Leur Ăąme.
Leur volupté.
l.«urs alimeuU.
Leur» maßtres.
Leurs améllorationfl.
Leurs flatteries.
( 265 )
>^0 N** CLXXVIIL
EMPLOI DES ADJECTIFS POSSESSIFS DEVANT'DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIES PAR et.
REPETITION DE L ADJECTIF POSSESSIF.
Une Ălle de Saint-Pierre ayant perdu son pĂšre et
sa mĂšre, et se trouvant maitrcsse dĂŒne petite forÂŹ
tune, fut envoyée par ses parents ù Conslantinople.
(ChatkaĂŒrriand.)
Souvent nos malheurs et nos torts sont la faute de
nos mentors. (Gi^oulné.)'
Quand un jeune homme perd son argent et son
temps Ă courir aprĂšs une maĂźtresse, on le ramĂšne Ă
lâĂ©conomie et Ă sa maison, en le mariant avec une
honnĂȘte femme.
(Bernardin de St-Pikrhe.)
Les enfants qui avaient égorgé leurs pÚres et leurs
mĂšres souffraient moins que ces hypocrites.
(Fénelon.)
NON rĂ©pĂ©tition DE LâaDJEĂTIF POSSESSIF.
Ces deux jeunes animaux ne se ressemblaient pas
plus que leurs pĂšre et mĂšre, par leur naturel.
(Buffon.)
Ressemblez Ă vos pĂšres et mĂšres, et soyez comme
eux la bénédiction du pays.
(J.-J. Rousseau.)
Presque tous les oiseaux qui paraissent ne vivre
que de graines, ont néanmoins été nourris, dans le
premier Ăąge, par leurs pĂšres et mĂšres avec des in *
sectes. (Buffon.)
Les nÚgres créoles, de quelque nation qu'ils tirent
leur origine, ne tiennent de leurs pĂšres et mĂšres que
Fesprit de servitude et la couleur.
(Id.)
Nous avons établi (page 175) que si la grammaire exige que Ton dise ; le pÚre et la
mĂšre, lĂŒsage permet cependant de dire aussi : les, pĂšre et mĂšre. Câest par une consé
quence rigoureuse de ce principe que, dans les exemples cités, les écrivains, ont écrit :
son pĂšre et sa mĂšre, ses pĂšre et mĂšre.
EXERCICE PTIRASĂOLOGIQVE.
Bon pÚre et »a mÚre.
Koi frĂštes et nos lĆuri.
Ses pĂšre et mĂšre.
Mes frĂšrei et sĆurs.
Tes parents et tes amts.
Nos cousins et nos cousines.
Tes parents et amis.
Nos cousIds et eousioes.
N" CLXXIX*
EMPLOI DES ADJECTIFS POSSESSIFS DEVANT DEU SUBSTANTIFS LIES PAR OU.
ADJECTIF POSSESSIF REPETE.
Le peuple nâarrĂȘte son attention et ses respects
que sur des projets immuables ou qĂŒil croit tels, et
qui lui imposent par leur grandeur ou- leur éloigne
ment. (Bernardin de St-Pihrre.)
ADJECTIF POSSESSIF NON RĂPĂTĂ.
t '
Les Indiens et les Juifs, si attachés à leurs castes
ou tribus i ont méprisé les autres peuples, au point de
ne jamais sâallier avec eux par des mariages.
(Bernardin de St-Pierre.)
Si Bernardin de St-Pierre a écrit : Leur grandeur ou leur éloignement, en répétant
lâadjectif possessif leur,aprĂšs la conjonction oĂč, câest que les substantifs reprĂ©sentent
des objets diffĂ©rents ; au lieu quâil nâa exprimĂ© lâadjectif possessif qĂŒune seule fois
dans leurs castes ou tribus, parce quâil ne veut rĂ©ellement dĂ©signer qĂŒune seule et
34 '
( 266 )
mĂȘme chose, et quâainsi le second substantif devient l'explication ou la dĂ©finition du
premier.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Sa modération ou la conitaiiee. Sa joio on la tristesse.
SoQ génie pu ion esprit. Ses vertus ou ses qualités.
Ses poils ou crins.
Leurs maria ou époux.
Ses mandateirea ou représentants.
Leurs camarades ou amis.
NÂź CLXXX*
EMPLOI d'un adjectif possessif AVEC DEUX ADJECTIFS QUALIFICATIFS LIĂS PAR fll.
ADJECTIF POSSESSIF NON REPETE.
En récompense de dos 6ons et utiles offices, que
Pieu éloigne de vous .tout chagrin domestique.
(Bernardin de St^Pierre.)
Nos sages et doctes aïeux ont brûlé religieusement
des gens dont le crime Ă©tait dâavoir eu des illusions, et
de le dire. (Condorckt.)
Jâavais Ă cĆur la publication de mon dernier et
meilieurouvrage. (J.-J. Rousseau.)
Plein de mon anctenne et aveugle confiance, jâĂ©tais
bien loin de soupçonner le vrai motif de ce voyage.
. â ' \ld.)'
FF*
ADJECTIF POSSESSIF REPETE,
La voilĂš, me dis-je en moi-mcme, la voilĂ celle que
Dieu mâa promise. Elle a Ă©tĂ© mise sur la terre pour
partager ma bonne ou ma mauvaise fortune, pour
donner un motif Ă mes actions et un but Ă mes penÂŹ
sées, (Ballanchk.)
Chaque homme eut sou 6ori et son mauvais génie,
comme chacun eut son étoile.
(Voltaire.)
Nous prenons sur no.9 bons et nos mauvais sucÂŹ
cĂšs, et nous nous accusons ou nous louons des caÂŹ
prices de la fortune.
(VaĂŒvenargues.)
Dans le premier cas, vos bons et utiles offices, nos sages et doctes aïeux, la répétition de
Tadjectif possessif ne doit pas avoir lieu, parce quâil nây a qĂŒun substantif de dĂ©terÂŹ
miné, que cc sont les offices qui sont à la fois bons et utiles, tes aïeux, qui sont à la fois
sages et doctes. ' . ,
Dans le second cas, si Ton rĂ©pĂšte Tadjectif possessif, câest qĂŒil y a deux substantifs
Ă 'dĂ©terminer, dont lâun est exprimĂ© et Tautre sous-entendu. En effet, ma bonne et ma
mauvaise fortune, ses bons et ses mauvais moments, câest pour ma bonne (fortune) et ma mauÂŹ
vaise fortune, ses bons (moments) et ses mauvais moments. On sent bien que la mĂȘme forÂŹ
tune ne peut ĂȘtre bonne et mauvaise, les mĂȘmes moments bons .et mauvais ; la rĂ©pé
tition de Tadjectif possessif est donc indispensable. Cependant les .écrivains se sont-
quelquefois écartés de ce principe, surtout quand lÚs adjeclifs qualificatifs suivent les
substantifs :
- Leurs différends présents et futurs seront toujours
terminés sans aucune guerre.
(J.-J. Rousseau.)
Pour me bien connaĂźtre, il faut me connaĂźtre dans
tous mes rapports, bons et mauvais.
(J;-Jf. Rousseau.)
0
A vrai dire, il nous sembl'e qĂŒon ne peut guĂšre, dans ce dernier ca&, sâexprirner
autrement, à moins de répéter le substantif et Tadjectif possessif.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
[«on ancienne et ovengle conHanee.
bon digne ami.
Mon grand et mon petit appartemeoL
Ma bonne et ma mauvaise humenr.
t,
( 26r )
Nâ CLXXXI
EMPLOI DES POSSESSIFS AVEC DEUX-ADJECTIFS LIĂS PAR OU.
RĂPĂTITION »H lâadjectif POSSESSIF.
Hs voulaient partager avec leur capitaine sa bonne
ou sa mauvaise fortune. (Vertot.)
Notrehonne ou notre mauvaise fortune dépend de*
notre conduite. ' (de CailliĂšres.).
NON RĂPĂTITION DE LâADJECTIF POSSESSIF.
Chacun sera jugé selon ses bonnes ou mauvaises
Ćuvres. (AcadĂ©mie.)
Sur ce plan gradué dans son exécution par une
marche successive, quâon pourrait prĂ©cipiter, ralentir
ou mĂȘme arrĂȘter selon so/i bon ou mauvais succĂšs,
on nâavancerait qĂŒĂ volontĂ©.
(J.-J. Rousseau.)
Sous Je roppprt grammatical, les exemples de la premiĂšre colonne sont plus corrects
que ceux de la seconde, puisquâaprĂšs la conjonciion ou, placĂ©e entre deux adjectifs
qualifiant chacun un substantif, Tadjectif possessif_se trouve répété; néanmoins on
voit que J.-J. Ilousseau, dans les cas analogues, ne sâest pas fait scrupule dâellipser cet
adjectif, et que par conséquent on peut, sinon autoriser cette ellipse, du moins la to
lérer (Voir page 180, nŸ XGl.)
EXERCICE PURASĂOLOGIQUE.
Sa bonne ou mauvaise conduite.
Scsiustes ou ses injuste* reproches.
Ses grandes oa ses petites colĂšres.
Leurs bouDétes ou leurs mithonnites procédés.
^50 r cLxxxii. S!)
EMPLOI DE leur, notre, votre, etc.
Leur, ETC,
Les homrnes ont toujours leur intĂ©rĂȘt pour hase,
On les voit, avant tout, consulter le plaisir,
(MontesqĂŒiou.)
Le renne et le vigogne refusĂšrent de vivre dans nos
climats, oĂč ils nĂ© trouvaient pas mĂȘme les plantes de
leur pays,
(Ege^ahdin de St-Pikrhh.)
La plupart des hommes emploient la premiĂšre
partie de leur vie Ă rendre lâautre misĂ©rable.
(La BruyĂšre.)
Il ne faut pas sâĂ©tonner de TavlditĂ© de noire cĆur
à désirer de nouvelles félicités.
. . (PaJQa?-!)
Leurs, ETC.
11 ne faut jamais faire balancer les hommes entre,
leur# inierÚfs él leur conscience.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Les Grecs cMes Romains, si fameux par Ieui\pa-
triolßsme, ont regardé les aulres nations comme des
barbares; ils ne les nommaient pas autrement, et ils
irdrenl toute leur gloire Ă sâemparer de leurs pays.
. UĂ )
Je vous al dit un mot sur Aristide et sur Epami-
nondas, mais je vous ferai connaĂźtre leurs vies.
(Girault-Duvivier.)
Le ciel, je le vols trop, met au fond de nos cĆurs,
Un sentiment secret, au-dessus des grandeurs.
(Voltaire.)
Maintenant voyons pourquoi le mĂȘme mot qui est au singulier dans les exemples de.
la premiĂšre cplonne^ se |rouve au pluriel dans ceux de la seconde. En premier lieu les
Ă©crivains ont Ă©crit au singulier leur intĂ©rĂȘt, leur pĂ ijs, leur vie, notre cĆur, parce qĂŒils
ont envisagĂ© dĂŒne nfianiĂšre gĂ©nĂ©rale TintĂ©rĂšt, la vie, le cĆur de ceux dont ils parlent,
et qĂŒil ĂŒest question que dâun seul pays. Dâun autre cĂŽtĂ©, ils ont dit, au pluriel,
( 268 )
V
leurs intĂ©rĂȘts, leurs pays, leurs vies, nos cĆurs, par la raison quâils voulaient exprimer
collectivement plusieurs intĂ©rĂȘts, plusieurs pays, plusieurs vies, plusieurs cĆurs.
Iienr pire.
Leur enfant.
Leur front.
Votre coeur.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Léon pÚre».
Leurs enfanti. .
Leur» fronts.
Vos cĆura.
Leur mĂšre.
Leur voiture.
Notre tĂšlĂȘ.
Iraur offrande.
Leurs mĂšreiL
Leur» .voitures..
No» tÚtes.
Leurs oOroiides.
NÂź CLXXXIII.
Leurs, adjectif, comparé avec leur, pronom.
Leurs, adjectif.
Il faut autant de frais pour conserver les femmes,
Qu'on en a prodigué pour allendrir leurs ùmes.
, (Dfi BiĂšvre.)
Songez donc qĂŒau grand homme il faut beaucoup de
[ place ;
Des cÚdres rassemblés dans un petit espace
Se nuisent lâun Ă Tautre et gĂȘnent leurs rameaux.
(CnĂNlER.)
âą.. Tels sont les vrais guerriers ;
Rivaux au champ de Mars, amis dans leurs foyers.
(De Belloy.)
En tĂąchant dâusĂčrper vos avantages, elles abanÂŹ
donnent fes leurs. Ăź J.-J, Rousseau.)
Leur, PRONOM.
Les grands perdent toujours Ă se glorifier,
Et rien ne /eur sied mieux que de sâhumilier.
lDestoticiiks.)
Le vrai contentement déride tous les traits :
La brillante gai té, cc-fard de la nature,*
Rajeunit Jes vieillards, tewr donne un air plus frais,
(Favart.)
Les dieux, comme il ĂŻeur plaĂźt, peuvent cn un moment,
Nous mettre dans Ja gloire ou dans lâabaissement.
(l'abbé Gknest.)
En leur peignant les hommes, peignez-/es-leur tels
quâils sont. (J.4. Rousseau.)
La diffĂ©rence qui caractĂ©rise leurs, adjectif pluriel, et/dur, pronom, câest que le preÂŹ
mier se joint toujours à des substantifs, qui, mis au pluriel, lui font conséquemment
revĂȘtir le signe de la pluralitĂ© : leurs Ăąmes, leurs rameaux, leurs foyers; leur, au contraire,
employĂ© comme complĂ©ment indirect dâun verbe, le prĂ©cĂšde immĂ©diatement, exceptĂ©
Ă lâimpĂ©ratif, et ne prend alors jamais dâ5 : leur sied, leur donne, leur plaĂźt. Observez enÂŹ
core que Tadjectif/durj se traduit toujours par un rapport de qualification, et leur, proÂŹ
nom, par un rapport dâattribution : leurs Ăąmes, câest pour les Ăąmes d'elles; leur sied,leur
donne, câest pour sied Ă eux, donne Ă eux.'
L«tira eri».
L«ur» clameur». '
C« sont le» leur».
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Leur eit agréable.
Leur est cuiivenable^
r>onDez-lc»>leur,
Lear» aUnit».
Iraur» qualité».
' Voici le» leur».
LeĂŒr naĂźt âą
Leur fait plaisir.
Voui 1»» leur donneres.
**^9 NÂź CLXXXIV.
Mon, ton, son, suivis de que ou de qui.
Ton Dieu que lu trahis, ton Dieu que tu blasphĂšmes. Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui tâĂ©clairc.
(Voltaire.)
(Voltaire.)
Dans plusieurs gramrriaires, et notamment dans celle deM. Napoléon Landais^ on lit
( )
. Ă©ette rĂšgle : «On ĂŒemploiĂš iAMAts les adjectifs posĂ©essifs aVant ĂźeS nĂŽmS qui dolvĂȘrtt
ĂȘtre suivis de que ou de qui.)> Voltaire a donc multipliĂ© les barbarismes dans Je disÂŹ
cours de Lusignan Ă ZaĂŻre, oĂč Ton trouve les deux vers que nous avons citĂ©s.
^ N" GLXXXV. o.
EMPLOI DE lâarticle OU DE lâaDJECTIF POSSESSIF.
N
J.
AVEC lâadJECTIP TOSSESSlf.
J'ai mal Ă ma tĂȘte, je souffre Ă ma jambe, mon
bras me fait mal. (Dessiaux.)
Quoiquâil soit im peu incommodĂ© de son bras.
(Mâ* DE SĂVIGNĂ )
avec lâauticle.
' Nous ne nous fĂąchons pas si on nous dit que non#
avons mal Ă la tĂȘte, et nous nous fĂąchons de ce que
lâon dit que nous raisonnons mal.
(Pascal.)
Le sang Pincommode, il a les yeux rouges et mal
Ă la tĂȘte. (Boniface.)
«
* âą I ^ *
Dans ies deux exemples de la premiĂšre colonne on a dit : nous avons mal Ă la tĂšte,
LE sang tâincommode, il a les yeux rouges, parce que la prĂ©sence des noms personnels
nous, le, il, indiquent assez, que câest de notre tĂȘte, de son sang, de ses yeux que lâon veut
parler : dâoĂč il suit que, dans tous les cas analogues, on doit seulement employer Tar-
ticĂźe. Cependant si, comme nous le voyons dans les citations de la seconde colonne, on
parle dâune partie du corps habituellement ou pĂ©riodiquement malade, on se sert alors
des adjectifs possessifs. Câest dans ce sens que madame de SĂ©vignĂ© a dit : Quoiquâil soit
un peu incommodé de son bras.~
Cependant les cheveux me dressaient Ă la tĂȘte.
(Boileau.)
â ĂŻe lis les bons auteurs pour me perfectionner le
goût. (Domergue.) .
Je mâattachai Ă me perfectionner le goĂ»t.
(Le Sage.)
Sinon sâĂ©tait fait couper les narines et les oreilleSy
pour mieux tromper les Troyens.
(Cité par M, Lemare.)
Se meurtrissant le sein, arrar.hant ses clieveux,
Malheureuse, elle part avec des cris aftreux.
(Delille.)
Mais lâĂ©clat des grandeurs leur a tournĂ© la iĂȘfe.
(Etienne.)
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux.
(Racine.)
.te résolus de me rendre à Madrid, comme au
centre des beaux esprits, pour y formerwon goût.
» ⹠. (Le Sage.)
Je remplissais ma tĂȘte dâaccompagnements, dâacÂŹ
cords et d'harmonie. (J.-J. Rousseau.)
... Lâours boucha sa narine,
U sc fût bien passé de faire cette miné.
(La Fontaine.)
Tout son corps a frémi ; dans son désordre affreux,
Elle meurtrit son #cm, arrache ses cheveux.
(Delille.)
Quand mes bras me manqueront, je vivrai si lâon
me nourrit, je mourrai si lâon mâabandonne.
(J.-J. Rousseau.)
DâĂ prĂšs ces exemples, on peut dire Ă©^aĂźement les ckevetix me dressaient Ă la tĂȘte et mes
cheveux se dressaient sur ma tĂȘte; pour me former le goĂ»t et pour former mon goĂ»t; VĂ©clat
des grandeurs leur tourne la tĂȘte et T Ă©clat des grandeurs tourne leur tĂȘte; je me remplissais la
tĂȘte dâaccompagnements et je remplissais ma tĂȘte d'accompagneihents, etc. Ces deux conÂŹ
structions sont uneconséquence du principe élnbli plu6 haui. En efi'et, dans les citations
de la premiĂšre colonne, lâarticle seul dĂ©termine ies mots tĂȘte, goĂ»t, etc., parce que les
pronoms me ,etc., employés comme compléments indirects, font suffisamment
connaĂźtre la tĂȘte, le goĂ»t de la personne qui parle ou dont on parle.
( 270 )
*
Mais dans les exemples de la seconde colonne on comprend qiTen Tabsence des
mĂȘmes pronoms jouant le rĂŽle de complĂ©ments indirects, ou plutĂŽt que^ces proÂŹ
noms étant implicitement contenus dans les adjectifs possessifs, les écrivains ont dû
éiremonfront, mes cheveux, mon goût, etc.*, autrement on ne pourrait savoir de quel
front, de quels cheveux, de quel goût il est question.
m.
Elle baissùtes yeux sans répondre, rougit et se
mit Ă caresser ses enfants.
(J.-J. Rodssbau.)
Baissez vos yeux vers la terre, chétifs vers que
vous ĂȘtes, et regardez les bĂȘtes dont vous ĂȘtes le
compagnon. (Pascal.)
0 '
Il est des cas oĂč lâon peut se servir indiffĂ©remment de lâarticle ou de lâadjectif posÂŹ
sessif, ainsi que lâattestent ces deux exemples.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Avoir mal & la tĂȘte.
Souffrir d« la tÚte.
Avoir ta nrigraĂźiie.
t
Se faire la barbe.
Se couper les mouslaehes.
Se boucher les oreilles.
Lever les yeuĂŻ.
Baisser la tĂȘte.
Plier la jambe.
A'voir mal Ăą sa tĂšte.
Souffrir de sa lĂšte.
Avoir sa migraine.'.
Faire sa barbe.
Couper scs mouMacbcs,
Boucber ses oreilles.
Lever ses yeur.
Baisser votre tĂšte.
Plier votre jambe.
Avoir mat au bras.
Souffrir de la jambe.
Avoir ta goutte.
Se couper lea cheveux.
Se remplir l'esprit de...
Se meurtrir te sein.
Fléchir le genou.
FlécLIr le corps.
Porter lea yeux.
Avoir mat Ă son bras.
Souffrir de sa jambe.
Avoir sa goutte.
Couper scs cheveux.
Remplir son esprit d& .,
Meurtrir son sein.
Fléchir son genou.
Fléebiuex votre corps.
Porter scs youz.
NÂź CLXXXVI. 9^
EMPLOI DE «on, sa, ses, etc. ou de
en.
AVF.C son.
Mais la moIZeĂźse est douce et sa suite est cruelle.
(Voltaire.)
Toute rassemblée jeta les yeux sur Mentor.
Je racontais... les malheurs qui étaient venus fondre
sur rriĂŽi, dĂšs que jâavais cessĂ© de suivre ses conseils.
â * (FĂ©nelon.)
La joie du cĆur est la vie de lâhomme, la joie de
Vliomme rend sa vie plus longue.
â (EcclĂ©siastk.)
Mais qĂŒil fout peu compter sĂ»r la faveur des rois!
Un instant détermine ou renverse leur choix.
(Lefranc.) â
AVEC en.
Nourri dans le «eraiï, ÿen connais les détours.
(Racine.)
Pourquoi craindre la mort, si lâon a assez bien
vĂ©cu pour nâen pas craindre les suites P
(Buffon.)
Lâauteur dâun bienfait est celui qui en recueille le
fruit le plus doux. (Duclos.)
Quand on est dans le pays des fictions, il est diffiÂŹ
cile de nâen pas emprunter le ĂŻangar/e.
(Barthélémy.) '
11 résulte de ces exemples qiTen général il faut employer son, sa, ses, leur,.Leurs, toutes
les fois que les subslaniifs déterminés par ces adjeclifs sont en rapport avec des noms
de personnes ou dâobjets personnifiĂ©s (premiĂšre colonne). Au contraire, si les substanÂŹ
tifs se rapportent Ă des noms de choses (deuxiĂšme colonne) on voit que ce ne sont,plus
les adjectifs possessifs qui doivent les déterminer, mais bien les articles /e. La, Les, pré
cĂ©dĂ©s de la particule en. Cependant cette rĂšgle est loin dâĂȘtre absolue; car on verra
au chapitre des Pronoms, qĂŒil est des circonstances oii Ton emploie les adjectifs posÂŹ
sessifs, avec des substantifs relatifs aux objets, et quand ces noms ont rapport
(271)
aux personnes. Afin de ne pas nous rĂ©pĂ©ter, nous y renvoyons le lecteur : câest lĂ que
le point qui nous occupe sera traité à fond.
Suivre sei cODieĂźU.
Recevoir tes reproches.
Eodurcr tes caprices.
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
En suivre les traces.
En recevoir les loyers.
En avoir les profits.
Avoir son langage.
Avoir ses pas>ioos.
Goûter tes arls.
En rerueillĂźr le fruit.
En reconnaitre la bonté.
En admirer la beauté.
Nâ CLXXXYII.
EMPLOI DE mon, ion, son, ou de mien, tien, sien, peécedés de un.
AVEC mon, ton, son.
II mâest, disait-elle, facile,
DâĂ©lcver des poulets autour de ma maison.
(La Fontaine.)
Jâai ouĂŻ raconter Ă feu milord Ilyde quâun de ses
amis, revenu dâItalie, aptos trois ans dâabsence,
voulut examiner les progrĂšs de son fils ĂągĂ© de neuf Ă
'dix ans. (J.-J. Rousseau.)
Cinna et Carbon, un de ses lieutenants, se camÂŹ
pĂšrent sur les bords du Tibre.
(Vertot.)
m
Perpenna, un de ses officiers, lây vint joindre avec
les débris de son armée. ' (Id.J
' AVEC mien, tien, sien.
Au travers dâun mien prĂ© certain Ă non passa.
(Racine.)
Il ne reste de toute la maison de Latour, que maÂŹ
dame de Warens et une sienne niĂšce.
(J.-J. Rousseau.) -
Un sien ami, voyant ce somptueux repas,
Lui dit : Et dâoĂč vient donc un si bon ordinaire?
(La Fontaine.)
ITn mien couJin est juge maire.
, (Id.)
Vn mien parent me fit apprenti maltĂŽtier.
(Régnard.)
Vous avez en vos mains un sien portrait ? Oui.
(Voltaire.)
Un mien valet qui du soir était ivre.
(Id.)
Dans le style épisloßaire et dans le style de Tapologiie, dans le badin et dans le bur
lesque, au lieu de 7ĂĂ0ĂI, ton, son, on peut se servir de mien, tien, sien, prĂ©cĂ©dĂ©s de U7i,
U7ie. Dans ce cas il faut observer que cet emploi n'a lieu que pour ces trois adjectifs.masÂŹ
culins ou fĂ©minins. Remarquez en outre que quand ĂŽn dit : Ă7i mien prĂ©, un sien prĂ©,
on fait entendre deux choses : ou qĂŒon ne possĂšde quĂŒn seul prĂ© ou qĂŒon en indique
un parmi plusieurs. Dans-Ia premiÚre hypothÚse , unmien pré, un sien pré, signifie sim
plement , mais dĂŒne maniĂšre beaucoup plus expressive, mon prĂ©, so7i prĂ©; dans la seÂŹ
conde , Ăźin mien prĂ©, un sien pi:Ă©, a le sens de un de mes prĂ©s, un de ses prĂ©s; câest pour
rendre cette difiérénce palpable que nous avons opposé les exemples de la premiÚre co
lonne Ă ceux de la seconde.
Les pronoms possessifs ne peuvent pas ordinairement ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s des adjectifs dĂ©-
rnonslralifs cc, m, ceite : c'est un désavantage de notre langue, comparée à d'autres
idiomes. Néanmoins, Voitaire a dit : Les impies en C07icluant par conséquent que la nÎtre,
fo7idée sur la juive, est fausse; et que cette nÎtre étant la meilleure, etc. (Voltaire,
Hist. de Jenni.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Bloi) jardin.;
Tod ami.
Son portrait.
Un mien jardin.
Un tien ami,
Ud slan portrait.
Ha pareoto.
Ta niĂšce.
Sa robe.
Une mienne parente.
Uoe tienne niĂšce.
Udo «ienne robe.
( )
NÂź CLXXXVlII, isf^s^ooâ
Le mien, le tien, le sien, le nÎtre, le uÎïre, comparés avec mien, tien, sien, nÎtre, vÎtre»
AVEC le mien, le tierĂ», etc.
Mon erreur sera la mienne.
(J.-J. Rousseau.)
Vous ignorez encor quel bonheur est Ăźe vĂŽtre.
(Uegnabd.)
Occupez votre élÚve à toutes les bonnes actions
qui sont à sa portée ; que Tintérét des indigents soit
toujours le sien. (J.-J. Rousseau.)
Faitcs-lui bien comprendre que le sort de ces malÂŹ
heureux peut ĂȘtre le sien. (Jd.)
.Quel caquet est le vĂŽtre,
Tirez de cette part; et vous, tirez de Tautre.
(MoliĂšre.
Vos intĂ©rĂȘts ici sont conformes aux nĂŽtres.
Les ennemis du roi ne sont pas tous les vĂŽtres.
(Racine.)
AVEC mien, tien, etc.
Julie, ĂŽ Julie ! ĂŽ toi qĂŒun instant j'osai appeler t
mienne. ^ (J.-J. Rousseau.) \
Oui, tendre et généreux amant, ta Julie sera tou
jours tienne. (Id.)
L'intĂ©rĂȘt du prince serait que le peuple fĂ»t puissant,
aĂŒn que cette puissance Ă©tant sienne, le rendit redouÂŹ
table Ă ses voisins. (Id.)
Frisch rapporte que lorsqu'on met les petits de la
draine dans le lit de' la litornc , celle-ci les adopte,
les nourrit et les élÚve comine siens.
(Buffon.)
Que cet objet est beau ! Yous en ĂȘtes tentĂ©.
Quâil sera laid, sâil devient iiĂŽtre.
(Lamotte.)
Je ne comprends pas comment vous pourriez disÂŹ
poser en sa faveur de propriétés qui ne sont pas
vĂŽtres. (Mirabeau.)
Dans le style comique, comme dans le style^sérieux, qn peut employer le mien, le tien,
le sien, te nĂŽtre, le vĂŽtre, ou simplement mien, tien, sien, nĂŽtre, vĂŽtre: La suppression de
Tarticle donne Ă TidĂ©e de possession plus de force, plus dâĂ©nergie. En pareille cirÂŹ
constance , ces adjeclifs sont dâusage pour les* deux genres et pour les deux nombres.
Il nây a que le leur, la leur dont Tarticle ne peut jamais ĂȘtre ellipsĂ©.
' I
L>c mien, la mienne.
Le tien, la tienne.
Le sien, la sienne.
Le nĂŽtre, la nĂŽtre.
L« vÎtre, la vÎtre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Mien, mienne.
Tien, tienne.
Sien, sienne.
NĂŽlre.
VĂŽtre.
Les miens, les miennes.
Les tiniii, tes tiennes.
Les siens , les sieiiiies.
Les nĂŽtres.
Lea vĂŽtres.
Miens, miennes
Tiens, tiennes.
Siens, siennes.
NĂŽtres.
VĂŽtres.
DES ADJECTIFS INDĂFINIS.
NÂź CLXXXIX.
TOUT.
GENRE ET NOMBRE;
SINGULIER.
. Tout le monde se plaint de sa mémoire et personne
neâse plaint de son jugement. '
(LarocmefĂŽucauld.)
Toute la doctrine des mĆurs tend uniquement Ă
nous rendre heureux. (Bossuet.)
PLURIEL.
Le plus précieux de mus les dons que nous puis
sions recevoir du ciel est une vertu pure et sans
tache. (Fénelon.)
La coquetterie détruit et étouffe presque (ouïes les
vertus. (Mau. de Genlis.)
( 273 )
On perd tous ses amĂźs en perdant tout son bien.
(Destouches.)
C'est sur les bords des riviÚres que les vétégaux se
montrent dans toute leur beauté,
(Bern. de Saint-Pierre.)
Pendant (ow( ce temps de fatigue et de tourment,
l'Arabe laisse ses chameaux chargés; il ne leur
donne , chaque jour, quâune heure de repos.
(BĂŒffon.)
Un cĆur qui nous oublie engage notre gloire ;
Il faut Ă l'oublier mettre aussi tous nos soins.
(MoliĂšre.)
Dans la solitude éternelle toutes nos attaches sont
rompues. âą (Port-Roval.)
Le doge et le sénat doivent visiter dimanche pro
chain cet hĂŽpital, et dĂ©jĂ on sâoccupe de parer tous
ces lits, de parfumer toutes ces salles.
(Dupaty.) '
Tout prend constamment le genre et le nombre da nom avec lequel il se trouve en
rapport et quâil dĂ©termine; que ce nom soit prĂ©cĂ©dĂ© de Tarticle, dâun adjectif possessif
ou.de tout autre mot équivalent.
Tout runĂTer».
Toute la terre.
Tout le monde.
Toute l'année.
Tout le jour.
Toute la Duit.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Tous les bommes.
Toutes les femmes.
Tous les animaux.
Toutes tés plantes.
Tous les légumes.
Toutes les herbes.
Tout son peuple. .
Toute nia famille.
Tout ce feuillage.
Toute cette maison.
Tout mon ouvrage.
Toute ta maison.
Tons tes amis.
Toutes mes ricbesses.
Tous ces jardiui.
Toute» ces fontaines.
Tous tes conseils.
Toute» T03 craintes.
NÂź CXC.
Tout EN RAPPORT AVEC UN PRONOM.
MASCULIN.
Le temps nous trompe tous ; sur ses ailes légÚres
Il nous porte Ă la fois nos biens et nos misĂšres.
(de Boufflers.)
Tous ceux qui s'acquittent des devoirs de la reÂŹ
connaissance ne'peuvent pas pour cela se 'flatter
d'ĂȘtre reconnaissants. (Larochefoucauld.)
, Nous danserons, no«« serons teu« heureux.
(Voltaire.)
Cßomme je vous écris tout ceci, madame la du
chesse de SuUi mâapprend votre prochain voyage Ă
Bruxelles. (Id,)
[ FEMININ.
Cependant je trouve ZoraĂŻde plus aimable qu'aucune
de nous toutes.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Pour ĂȘtre heureux avec les passions , il faut que.
toutes celles que lâon a sâacommodent les unes avec
les autres. (Fontenelle.)
Des dettes ! moi, heureusement, je me suis débar
rassé de toutes les miennes.
(Regnard.)
Toutes celles qui sont mortes de cette redoutable
maladie, vivraient encore, si elles avaient été traitées
comme moi. (Voltaire.)
L'adjectif tout est variable lorsqu'il est en relation avec les pronoms nous, vous,
eux, elles, Le, la, les, ceci, cela, le nĂŽtre, le vĂŽtre, le leur, le mim. Le tien, le sien, et toutes
les différentes variations de ces mots.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Noas tons.
Voua toa».
Eux tons,
Je le» ai vtu teni.
Tools II nĂŽtre.
Tout le vĂŽtre.
Toute U vĂŽtre.
Tout» la'leur.
Noos toute»,
Voo» toute».
Elles toutes.
Je les ai rues toutes.
Toute» les nÎtres.
Tous les vĂŽtres.
Toutes les vĂŽtre*
Toutes les leur»
Tous ceux.
Tous ceux-ei.
Tout le mien.
Toute la mienne.
Tout le tien.
Toute la tienne.
Tout le «eu.
Toute laitenne
Tonte* celles.
Toutes celles-ci-
Tou» le» mien».
Toutes les mĂźeoP**>
Tous les tiens.
Toutes les tieones.
Tous les siens.
Toute* les â icnoa*.
35
( 274 )
0
â««s Nâ CXCI.
V r âą
Toirt. SIGNIFIANT totaleraenU
INVARIABLE. â
Devant une prepoĂą iHon.
On peut n'ĂȘtre quĂŒn sottowi en eyant du,cĆur.
(Lombard DE Langres.)
i
.. âą L'animal porte-sonnette ,
Avec ses ongles tout d'Ă cier,
Prend le nez du chasseur.
(La Fontaine.)
ThÎbcs qui croit vous perdre est déjà tout en larmes.
(Racine.)
J'aperçois Ces vastes plaines toujours calmes et .
tranquilles, mais tout aussi dangereuses.
(BĂŒffon J-
Et dans' ce bourg une veuve fort sage,
Qui demeurait tĂŒui Ă VexlrĂ©mitc...
(La FoNTAĂŻisn.)
Demnt un adverbe.
La joie de ĂźaĂźre du bien est tout autrement douce
que la joie de le recevoir. (Massillon.)
Quoique la noblesse de TĂąne soit moins illustre',
elle est touf aussi bonne, tout aussi ancienne que
celle du.cheval. (Buffon.)
Ces ouvrages étaient tout ensemble Tadmiration des
savants et la consolation de toutes les personnes de
piété., ' (Racine.)
Devant un substantif.
Le chien n'a nulle ambition, nul intĂ©rĂȘt, nul
désir de vengeance, nulle crainte que celle dÚ dé
plaire il est tout zÚle y tout ardeur et tout obéis
sance. (BĂŒffgn.)
Ces gens sont défiants, ils sont tout y&ux et tout
oreilles. (Académie.)
Dans nos souhaits innocents, nous dĂ©sirons ĂȘtre
lotit DUC, pour jouir des riches couleurs de T aurore;
tout odorat, pour sentir les parfums de nos plantes ;
tout ouĂŻe, pour entendre le chant de nos oiseaux ;
tout cĆur, pour recormaitre ces merveilles.
(Bern. dk Saint-Pierre.)
Ce cĆur se rĂ©veille, tout poudre qu'il est;
' (Bossuet.)^
Le lion est tout nerfs et muscles.
(Buffon.)
Devant un adjectif masculin commençant' par une*
consonne.
Marot
A des refrains réglés asservit les rondeaux,
Etâmontra pour rimer des chemins tout nouveaux.
^ILBAU.)
VARIABLE PAR EUPHONIE. â
Devant un adjectif féminin commençant par
une consonne.
L'espĂ©rance, toute trompeuse qĂŒelle,est, sert au
moins ĂŻi nous mcner.Ă la fin de la vie par un cLeinin
agréable. (LARocnEFoucAULD!)
Câest en vain qu'Ă travers les bois, avec sa cavaÂŹ
lerie toute fraßche, Bcck précipite sa mai'che pour
tomber sur,nos soldats épuisés.
(Bossuet.) âą
Les sauvages de lâAmĂ©rique brĂ»lent leurs ennemi^
vivants, et dévorent leurs chairs toutes sanyldrircs,.
(Bern. de Saikt-PieĂŻĂŻre.)
-J * * f ^
Pour mes allées de vignes, de pommiers , de poi
riers , de pĂȘchers, de pruniers, de cerisiers , dâabriÂŹ
cotiers , elles étaient toutes fleuries.
[fd.)
Les-louanges toutes pures no mettent pas un.
homme Ăč son aise; il faut y mĂȘler du solide.
(MoliĂšre.)
, Les plaisanteries ne sont bonnes que quand elles
sont servies toutes chaudes. (VoltaĂźre.)
Quand la discorde, encor toute noire de crimes
Sortant des cord'eliers pour aller, aux mininics.
(Boileau.)^'
Et jetiâouve.Ă propos que toute cachetĂ©e.
Cette jettre lui soit promptement reportée.
(MĂŽliĂšre.)
Mes haies de chĂšvre-feuille, de^ framboisiers ,* de
groseillers , de rosiers et dcJiias, étaient toutes ver
doyantes de feuilles et de boutons de fleurs.
(Bern. de SAiNx-PiERas.)!
Autour d'elle volaientr les vengeances- toutes dé
gouttantes de sang, (Fénelon.)
Jâen suis bien fĂąchĂ©, dit-il, car il y avait une gé
nisse ĂźouĂźe- blanche, que je voulais olTrii* aux* dieux.
(Mûn.tesquiku.)-
Sa face était dé pleurs toute baignée.
: * (LĂ ^ FontainĂš.)
La vanité est sortie toute parée de la tcle des
femmes, comme Minerve est sortie tout armée de
la léle de Jupiter. (Saint-Lamberx.),
La GrĂšce , toute polie et toute sage quâelle Ă©tait
avait reçu .les cérémonies des dieux immortels et
leurs mystĂšrea impurs- (Bossuet.);
En temps dé. pluie;et de dégel, les raaisensy-' 1er
pierres, les vitres,*,' deviennent tout humides, pĂ ffcfe
qĂŒelles attirent les vapeurs. (Bern. de St.-Pierre.)
^ Jâai vii une prairie voisine de mon habitation , sur
lĂ©s bords de la riviĂšre dâEssonne, toute criblĂ©e de
trous faits par une espÚce de scarabée.
(W.) âą
( 275 )
Sous cea mura tout famantĂą dnssĂ©-|e ĂȘtre Ă©crasĂ©e,
Je ne trahirai point l'innocence accusée. ^
(Voltaire.)
Nos vaisseaux sont tout prĂȘts et le vent nous appelle.
(Racine).
Dans les pays du nord, on trouve des loups tout
blancs et tout noirs. (Buffon.)
Nous ne nous prisons pas, (owĂŻpettte que nous sommes,
Dâun grain moins que les Ă©lĂ©phants.
( (La Fontaine.)
»
Devant un adjectif masculin commençant par
voyelle Ou par h muet.
,. - Quand la paix Yiendra-t-elle
Nous rendre comme vous tout entiers aux beaux-arts?
(La Fontaine.)
Les hommes tout ingrats qĂŒils sont sâintĂ©ressent
toujours à une femme tendre, abandonnée par un
ingrat. (Voltaire.)
Celle-ci fit un choix quâon n'aurait jamais cru ;
Se trouvant Ă la fin tout aise et tout heureuse
De rencontrer un malotru.
(La Fontaine.)
La valeur foĂźit hĂ©roĂŻque qĂŒĂ«Ue est ne suffĂźt pas
pour faire des héros. (Massillon.)
Mes bordures de fraisiers, de violettes, de thyms
et de primevÚres, étaient (ow(es diaprées de vert,
de blanc, de bleu et de cramoisi.
(Bernardin de Saint-Pierre.)
Les pensées de l'homihe juste sont foutes nues.
(Caminade.)
Elle sacrifia sa santé, toute faible et toute usée
qĂŒelle Ă©tait, Ă Thonneur d'ĂȘtre auprĂšs dâune grande
reine. . (Fléchier.)
Devant un adjectif féminin commençant par
H aspiré. \
Celte jeune personne est toute honteuse de s'ĂȘtre
exprimĂ©e comme elle lâa fait. -
(Académie.)
Eo vérité, je suis toute honteuse.
(Voltaire.)
Au milieu dâune sociĂ©tĂ© dâhommes une petite fille
ira toute honteuse se réfugier auprÚs du plus aimable.
(Bernardin de St-Pierbe.)
Les montages de Vénus sont plus élevées que
celles de la Idne ; câest-Ă -dirĂ© quelles ont plus de
ti'ois lieues de hauteur perpendiculaire; Vénua en
parait toute hérissée, (7d.)
Lorsque tout aie sens dÚ totalement, tout-à -fait, entiÚrerà ént, i\ est invariable.
Cependant on.voit, par les exemples de ia seconde colonne, que, devant un adjectif
féminin commençant par une consonne ou uri h aspiré j il prend le genre et le nombre de
ce mĂŽme adjeclif. Mais cet accord est purement euphonique, et tewf nâen reste pas moins
ce qĂŒâil est, le fragment de l'expression adverbiale : De tout point, ainsi que le prouvent
de la maniĂšre la plus incontestable les citations suivantes., oĂč cette mĂȘme locution,
adverbiale est ÚntiÚremeïit énoncée:
LâaccĂšs de jalousie que jâĂ©prouvai ensuite n'Ă©tait
que la confusion dâun orgueil humiliĂ© de tout point.
(Madem. DelaĂŒnay.)
On lui eust faict ung tour si trĂšs-moieste que de
tous poinctz elle eiist été frippée.
(Rabelais.)
Quand de tous poincts armé seras.
{Degdillevillk , poÚte du 14« siÚcle.)
0 1 , âŠ
Il importe pourtant, et plus qu'on ne pense, que
ceux qui doivent un jour commander aux autres se
montrent dÚs leur jeunesse supérieurs à eux de tout
point, ou du moins quâils y tĂąchent.
(J.-J. RoĂSS'EAĂŒj
De tout point est une façon de parler pour dire
totalement, entiĂšrement. Câest un homme accompli
dÚ tout pOiril. (Académie.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVEi
.Tout Taineufl que nous eommÚ».
Us sont tout mouillés.
Ils étaiénltout tremblants.
Vous fûtes tout autres.
Us sont tout entiers.
Tout sincĂšres qu'ĂU paraissent.
Tout en ay:iut du Úcéur.
ils août tout eu nage.
Une conduite toute nooTéllé;
TJnc peiifĂȘe toute sublime.
Une fidĂ©litĂ© toute dĂ©siutĂȘrcssĂ©e.
Une Ăąme toute ueuVe.
INVARIABLE.
La torlob EemblĂ© tout engotirdĂźĂȘ.
Tout instroiieS quâon les croie.
Tout ĂąimĂąblĂ©s quâelles soiiL
Tout agrĂ©ables quâon les trouve.
Elles Ă© ta (eut tout entiĂšres.
Une amiiiĂ© tout intĂ©ressĂ©e. âą
Elles sont tout féu, tout fiaoime.
Ils sont tout oreilles.
Des bomtnee tout étonnés.
Des enfants tout pleins dâesprits.
Des vins but tout purs.
Des Boldata tout prĂȘts.
Des habits tout usés.
Ils étaient tout puissants.
Vous ĂȘtes tout ausĂ i grands.
Ils (ont tout yeux.
VARIABLE PAR EUPHONIE.
.Pes ouvrlĂ©rĂ©s^toĂčiĂȘs" lĂ ĂźiĂŽriĂ©uscsl
Des amitiés toutes franches.
Des épouses toutes plaintives.
2Ă8I priĂšres toutes ferventes.
Uné voix toute fratïcb^
One province toute dévastée.
Une vieille ûlte toute seule.
Une porsonne toute bontenso.
Des femmes tout ÎtÎnnés.
Tont infaillibles quâelles sont.
Tout ingrats quâoo le» dise.
Tout Ă©toDoaotei quâelles paraĂźasent.
Des amaiïtés tout émues.
Elles sont tout otses, '
Elle's sont tout aussi belles.
Des jeunes tilles tout en riant et
tout eu fdlĂźtraut
Des lois toutes sagé*.
Des écoliÚres toute? craintives.
Elles août toutes aeulu.
Elles sont toutes bardies.
( 27 '6)
N° CXCII.
Tout INVARIABLE OU VARIABIĂ DEVANT ttUfre,
INVARIABLE.
Pour VOUS, VOUS méritez tout une autre fortune. *
^ ^ (La Fontaine.)
Bien vous prend que mon frĂšre ait tout une autre hu-
[meur.
(MoliĂšre.)
Bien que sa vertu jeUit un fort grand éclat au
dehors, câĂ©tait* tout autre chose au dedans.
(Boileau).
Je me suppose riche , il me faut donc des^plaisirs
exclusifs , des plaisirs destructifs ; voici de tout autres
affaires. Urne faut des tcn*es, des bois, des gardes,
des honneurs seigneuriaux, surtout de lâencens et de
lâcau bĂ©nite. (J.-J. Rousseau.)
fl produit en nous une certaine admiration mĂȘlĂ©e
d'étonnemont et de surprise , qui est tout autre chose
que de plaire seulement. [M.)
Je mâimaginais quĂŒn honnĂȘte homme devait songer
Ă tout autre chose 'quâĂ ce qui sâappelle philosophie 1
(Racine.^
San? mentir, ils ont tout une autre maniĂšre dâĂ©crire
que les, faiseurs de romans ; ils ont tout une autre
adresse pour embellir la vérité. (Id.) .
Vous ne sauriez croire combien celte maison de
Mariy est agréable. La cour y est, ce me semble,
t(nit autre qu'Ă Versailles. ' ' (Id.)
Vous méritez sans doute une tout autre destinée.
â (ĂąlOLlĂRE.)
VARIABLE.
. Cette liberté a ses bornes, comme toute autre
espÚce de liberté. (Voltaire.)
Toute autre aurait pour moi pris les mĂȘmes ombrages.
(Racine.)
Quand je nâaurais que cet avantage dans ma mé
thode, par cela seul il faudrait la préférer à toute
autre. (J.-J. Rousseau.)
LâintolĂ©rance ecclĂ©siastique consiste Ă regarder
comme fausse, toute autre religion que celle que
lâon professe. (Le Chev. de Jaucourt.)
Un homme qui a,vécu dans Tintriguc un certain
temps, ne peut plus sâen passer; toute autre vie pour
lui est languissante. (La BruyĂšre.)
Ah ! seigneur, songez-vous que toute autre alliance
Ferait honte aux Césars... (Racine.)
De toute autre victime if refuse lâoflrande.
(Id.)
Toute autre voix que la voix unanime des pasÂŹ
teurs doit leur ĂȘtre suspecte,
(Massillon.)
Toute autre place quĂŒn trĂŽne eĂ»t Ă©tĂ© indigne
dâelle. ' (Bossuet.)
Cléopùtre aima mieux mourir avec le titre de reine,
que de vivre dans toute autre dignité.
(Boileau.)
Lorsque tout est suivi de Tadjectif autre, il n'est pas toujours facile de se rendre
compte de sa vraie signification. Nous avons mis en regard les deux genres dâacception.
Dans la premiĂšre colonne, tout se traduit par tout-Ă -fait, entiĂšrement; il modifie Tadjec-
lif awtre, et doit par conséquent demeurer invariable : Vous méritez tout une autre for
tune, c'esi-à -dire vous méritez une fortune autre (de) TOyx (point que celle dans laquelle
vous ĂȘtes); une fortune entiĂšrement, ou tout-Ă -fait autre.
11 n'en est pas ainsi dans les exemples de la seconde colonne; toute autre espĂšce de liÂŹ
berté, c'est-à -dire toute espÚce de liberté autre que celle en question (i). Ici toute est ad
jectif et modifie le subsiaiitif espÚce. Quelquefois le substantif inodifié par toute est
sous-entendu, comme dans le deuxiĂšme et le troisiĂšme exemple : Toute autre aurait pour
moi pris les mĂȘmes ombrages; il faudrait la prĂ©fĂ©rer Ă toute autre; câest comme s'il y aVait:
toute (femme) autre que moi, etc. Il faudrait la préférer à toute (méthode) autre (que
la mienne). " .
Plus on se livre à Tétude de notre langue, plus on rencontre de ces nuances délicates
(1) Celte analyse est suffisamment justifiĂ©e par lâexemple suivant de Laveaux ; Dans la uerfu est le souve-
rainhien, toute richesse autre que celle-lĂ est illusoire.
( 277 ) .
qui en font ie charme et la beautĂ©. H nâappartient qĂŒĂ celui qui sait se familiariser
avec les principes de la science grammaticale, et sâhabituer Ă en faire une juste apÂŹ
plication, de les pouvoir saisir et de savoir les apprécier.
Il est tout autre,
Elle est tout autre.
Ils sont tout autres.
Btlei sont tout autres.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Une tout autre idée.
Tout une autre idée.
Tout autre chose.
D'une tout autre façon.
Toute autre méthode.
Toute autre grammaire.
Toute autre place.
Toute outre personne.
NÂź CXCIII. 9^
Tout PRIS ADVERBIALEMENT ET fOU( ADDJECTIF COMPARĂS.
Tout INVARIABLE.
Des avirons encor tout couverts de feuillage.
(Delille.)
La* premiÚre partie de ses jours s'était passée tout
en expériences , la seconde tout en réflexions.
(Chateaubriand.)
A qui devons-nous lâusage du sucre, du chocolat,
de tant de subsistances agréables et de tant de re
mĂšdes salutaires ? Ă des Indiens tout nus.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Mais que veut ce soldat? son à mc est toute émue.
(L. Racine.)
La paresse tout engourdie qu'elle est, fait plus de
ravages chez nous que toutes .les autres passions
ensemble. ^ (Larochefouca uld.)
Tant que les masques sâĂ©gaient ils se trouvent
charmants; lorsquâils se dĂ©couvrent ils sont tout
honteux de se reconnaßtre. (Méry.)
Il a commencé son rÚgne par une conduite tout
opposée à celle de Pygmalion.
(Fénelon.)
I
Là , bornant son discours, encor tout écumante,
Elle souille aux guerriers Tesprit qui la tourmente.
(Boileau.)
La déesse gueniÚre
De son pied trace en Tair un sillon de lumiĂšre,
Rend aux trois champions leur.intrépidité,
El les laisse tout pleins de sa divinité.
(Boileau.)
Et tout ûers des lauriers dont à les a chargés,
gis) vaincront à son exemple ou périront vengés.
. . (Racine.)
C'est lĂ ce qui fait peur aux esprits de ce temps,
Qui tout blancs au-dehors, sont tout noirs au-dedans.
tBoiLKAU.)
Tout variable.
Je vais trouver cet homme, qui me reçoit dans
une maison , oĂč, dĂšs Tescalier, je tombe en faiblesse
d'une odeur de maroquin noir, dont ses livres sont
tous couverts. (La BruyĂšre.)
Leur théologie est toute en sentiment, comme
celle de la nature , et leur morale toute en action,
comme celle de lâEvangile.
(Bern. de Saint-Pierre.)',
La liberté de TInde est toute entre vos mains.
(Racine.)
Notre troupe sâĂ©levait Ă deux cents hommes tous
montés. (Albert-Montémont.)
Les premiers Romains étaient tous laboureurs, et
les laboureurs étaient tous soldats.
(Vkrtot.)
Eh bien ! puisque mon sort ne saurait l'émouvoir,
Laisse-moi désormais toute k mon désespoir.
(MoliĂšre.)
Les planĂštes forment toutes autour de toi un chĆur
de danse, comme des filles autour dâun pĂšre.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Ne parlons plus de torts, ils sont tous effacés.
(Colin-DâHarlev ille.)
Sa physionomie? â Toute honnĂȘte et pleine
dâesprit. (MoliĂšre.)
Ne me parlez plus de mes lettres, ma fille, je
viens dâen recevoir une de vous qui enlĂšve, toute
aimable , toute brillante, toute pleine de pensées ,
toute pleine de tendresse.
(Mâe DE SĂ©vignĂ©.)
11 voit de saints guerriers une ardente cohorte,
Qui, tous remplis pour lui dâune Ă©gale vigueur.
Sont prĂȘts,-pour le servir, Ă dĂ©serter le chĆur.
(Boileau.)
Les principes de tous les arts qui dépendent de
Timagination, sont tous également simples, tous
puisés dans la nature et dans la raison.
(Voltaire.)
Oh ! que les voilĂ hien tous formĂ©s Tun pour lâautre !
{Id.)
( 278 )
Je V0U3 trouve aujourdâhui TĂąme tout inquiĂšte.
â . m
Ma famille vengée et les Grecs dans la joip,
Nos vaisseaux tout chargés des dépouilles de Troie,
(hACIKH.)
Il se soumet lul-mĂ©me aux caprices'dâautrhß»
Et ses écrits tout seuls doivent p^ler pour lui.
(BoilĂŻĂŻaĂŒ.)
Eucharis, rougissapt baissant les yeux, deÂŹ
meurait derriĂšre, mui interdite, sans oser so monÂŹ
trer. (Fénelon.)
Ces lois quâil a protĂ©gĂ©es lâont rĂ©tabli presque toutes
seules, (Bossuet.)
Vous verrez nos statuts quand ils seront tous faits.
Us ne peuvent manquer d'ĂȘtre tous bons et sages.
(MoliĂšre.)
. On y voit les portraits vivants de ces illustres perÂŹ
sonnages, GrecsRomains , Italiens , Anglais , rous
habillĂ©s, si jâose le dire, Ă la maniĂšre de leur pays.
(Delille.)
Les habitants des presquâĂźles de lâInde sont presque
2oti# noirs. (Behnardin de St-Pierre.)
On peut dire, selon les vues de Tesprit : Nos oiseaux sont encore tous en vie ; nous
sommes tous Ă vous, ou bien nos oiseaux sont encore tout en vie; nous sommes tout Ă .
vous. âą
4 *
En disant : Nos oiseaux sont encore tous en vie, nous sommes tous Ă vous, on fait enÂŹ
tendre qu'il nâen est mort aucun; que tous, sans exception, nous sommes Ă vous ; il
n'Ă©n est pas de mĂȘme lorsquâon dit : Ils sont encore tout envie, nons sommes tout Ă vous,
cela signifie qu'ils sont encore bien dispos, bien portants, qu'ils promettent de vivre;
et que nous vous sommes entiÚrement dévoués. On voit assez que le mot tout, dans les
deux*positions, n'a pas la mĂŽme signification. Dans le premier cas, tout exprimant la
généralité, la totalité, a dû varier; dans le second, au contraire, tout marquant ie
degrĂ© dâintensitĂ© et Ă©quivalant Ă tout-Ă -fait, entiĂšrement, a dĂ» rester invariable. Aussi
madarne de Sévigné écrivait-elle avec raison à sa fille : Je suis toute à vous, et à de
simples connaissances : Je suis tout Ă vous. Le cĆur se peint tout entier dans ,1a preÂŹ
miĂšre de ces expressions.
Quand le mot towçes précÚde un adjectif féminin qui commence par une consonne pu
par un h aspiré, le sens est ordinairement équivoque. Elles fitrent toutes surprises, elles
furent TOUTES honteuses; on ne sait s! cela signifie que toutes sans exception furent surÂŹ
prises, furent honteuses; ou bien si elles'furent grandernent surprises, grandemeni
honteuses. Câest une amphibologie contre laquelle rĂ©clanao le gĂ©nie de noire langue,
dont la clarté ésl le caractÚre le mieux marqué.
EXERCiCE PHRASĂOLOGIQVE.
11* sont tdut étonné*.
Elle* sont touf étonitée*;'
II» sont tout interdits.
ERes «ont tout interdite*,
lia lont tout surpris.
Tout oiliDiables quâelles scoL
sont tons étonnéR.
Elles sont tontes dtonnĂšos
II* sont tous intcrdita
Elles sont tuiitçB interdites.
Ils sont tous surpris.
Elles sont toutes estimables.
Ils étaient tout monillés.
Elles étaient tout habiliéaa.
Tout aimables qu'on les dise.
Elles ont paru tout humbles.
JIs sont tout habillés.
'Ils niaient l'air tout humbles.
Ils étaient ton* monillés.
Elles étaient toutes habillées.
Elles sont toutes aitnebles.
Ils sont tous humbles.
Ils sont tous habillés,
files son; tontes hnmbles.
Nâ .CXCIV-,
* /
Tout DANS LE SENS DK chaque.
AVEC LK ^jNCULlĂB.
Jâai, Marianne, en vous-
De tout temps reconnu un esprit assez doux,
Et de tout temps aus^i vous iqâavez Ă©tĂ© chĂšre.
(MouĂšrk.)
AVEC LE pluriel.
Lâenvie etTinlĂ©rĂ©t, inflexibles tyrans,
Chez nous ont été, de temps,
L.es ministres de la di^rde.
(Lebrun.)
( 279 )
Et lei, dont en tout lieu chacun vante Tesprit,
Voudrait pour son repos n'avoir jamais écrit.
(Boileau.) '
Chacun conte Tinnocence de ses mĆurs, la puretĂ©
de ses intentions, son humilité éloignée .de tQuU
sorte d'affectation.
^ DE SĂVIGNĂ.)
âą La sotte gloire est de tout pays.
(La MĂME.)
Des arbres pliant sous le poids de leur impéné
trable feuillage, reposaient de 'toute part ]a vue de
lâĂ©clat des rayons du soleil.
(Albert Montkmont.)
TrempĂ©s par la prĂ©voyance mĂȘme, les hommes
se livrent Ă Tinlrigue, aux affaires , au travail et aux
privations de tout genre.
(de Boufflers.)
En toute chose il faut considérer la fin.
(La Fontaine.)
S'il faut quâĂ tout moment, je tremble pour vos jours ;
Si vous ne me jurez dâen respecter le cours ,
Madame, Ă dâautres pleurs vous devez vous attendre.
* (Racine.) -
Se vantant soi-méme à tout propos.
(Boileau.)
La volonté de Dieu soit faite en toute chose.
(MoliĂšre.)
Vous portez, en tous lieux, lâauguste nom de reine.
On re^ecte toujours le mérite abattu,
(Regnard.)
Elles m'aimÚrent avec là véhémence que la soli
tude et T.oisiy.eté .dpnpent A ioiUes sortes de senti
ments, > - â StaĂ«l.)
'Ăh. tous pays tous les bons cĆurs sont frĂšres.
(Florian,)
Ils se forment aussitĂŽt et attaquent les Grecs de
toutes parts. LĂ«onidas tombe sous une grĂȘle de
traits. ... (Barthélémy.)
t i
Les dresseurs en tous genres ont tort devant Dieu
et devant les hommes.
(Voltaire.)
Ceux que nous appelons anciens étaient vérita
blement nouveaux en toutes choses.
(Pascal.) â
n faisait des soupirs, de grands élancements,
Et baisait humblement la terre Ă tous moments :
Et lorsque je sortais, il me devançait vite ,
Pour aller,- Ă la porte, mâoffrir de Teau bĂ©nite.
(MoliĂšre.)
Enfin, il en est fou, câest son, tout, son hĂ©ros ;
11 Tadmire Ă tous coups, le cite Ă tous propos.
(MoliĂšre.)
Chez iui sirops exquis , ratafias vantés.
Confitures surtout voient de tous cÎtés.
(Boileau.';
Ces citations nous font voir qĂŒon peut dire : AiĂ Ăźit moment et Ă tous moments, en tout
âą ' Ă© *
lieu et en tous lieux, etc. Les grammairiens blĂąment, en pareille circonstance, Temploi
du pluriel. Mais Tusage est contre eux, et, quelqĂŒe bizarre qĂŒil leur paraisse, il faut
bien qĂŒils sây soumettent. Nous allons essayer de Texpliquer, et peut-ĂȘtre le trouvera
t-on un peu moins condamnable.
En tout lieii est la mĂȘme chose que dans cliacfue lieu; en tous lieux signifie dansions les
lieux. Tottf/dans le premier cas, marque Ja distribution comme chaque; il prend, a lors
le genre du nom qui le suit et doit ĂȘtre nĂ©cessairement au singuliĂ©r. Dans le second cas,
tous exprime la gĂ©nĂ©ralitĂ©, la^tolalitĂ© des lieux. Ainsi employĂ© ii revĂȘt le genre du subÂŹ
stantif quâil prĂ©cĂšde, et devant lequel Tarticle pluriel to est sous-entendu (1). Cette
distinction nous paraßt justifier pleinement Tusage suivi à cet égard par nos plus grands
écrivains.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
En tout genrĂȘ.
ÂŁd tout lieu.
A tout moment.
De toute pari.
Ed tout po'iDt
Atout coup.
De tous geores.
En tous lieux.
A tous moments.
De toutes part?.
De tous points,
A tous coups.
En toute chose.
ÂŁn toute occasion.
A tout propos.
En tout pays.
Tout flatteur.
A tout éTénemeiit
En toutes choses.
En toutes occasions*
A tous propos. ^ '
En tous pays.
Tous flatteurs.
A tous événements (s) i
(1) Voici un exemple sm- mille qui le prouve :
Dans tous les temps le ventre a tout gùté.
(2) A touts événements le sage est préparé. (MoliÚre.)
(Gosse.)
( 280 )
Nâ CXCV.
Tout SE BAPPORTANT A UN NOM PRĂCĂDEMMENT EXPRIMĂ.
EXEMPLES.
Il en est des hommes comme des plus vils aniÂŹ
maux; tous peuvent nuire.
(Voltaire.)
Lâambition est la sĆur mnĂ©e de toutes ies passions,
et toutes tiennent dâelle,
(Larochefoucauld.)
Le salut de tous est dans l'harmonie sociale et
dans lâanĂ©antissement de lâesprit de parti.
(Mirabeau.)
Tout culte a, dit-on-, ses dĂ©vots ; mais tous nâont
pas inéme pratique.
ANALYSE.
n en est des hommes comme des plus vils aniÂŹ
maux , 20US (lea hommes) peuvent nuire.
Lâambition est la sĆur aĂźnĂ©e de toutes les passions,
et toutes (les passions) tiennent dâeJie.
Le salut de tons (les peuples) est dans lâharmonie
socialeetc.
' K
I
Tout culte,a , dit-on , ses dévots ; mais tous (les
cultes) nâont pas mĂȘme pratique.-
Lorsque se rapporte Ă un nom dĂ©jĂ exprimĂ©, on voit qĂŒil peut sâemployer avec
ellipse de de mĂȘme nom; mais il en prend le genre et le nombre.
*
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
La paren« est innée dans tous les hommes, et cependant tous la |>1A- Toutes les filles aiment la toilette, mais toutes ii*oiinent pas la pro
meut. prĂȘtĂ©.
Tous les cĆurs ont quelques dĂ©fauts, et tous ne sont pas vertueux. Les sciences ne conduisent pas toutes Ă la fortune^ mais toutes sont
estimées.
r CXGYI.
Tout PRIS SUBSTANTIVEMENT.
Il y a de beaux endroits dans cette piĂšce, mais le
tout ensemble nâen vaut rien.
(Académie.)
I
' Le tout est plus grand que la partie.
(La mĂȘme.)
On peut diviser un tout en plusieurs parties.
(La mĂȘme.)
âą
Que dâun art dĂ©licat les piĂšces assorties,
Nây forment quâwn seul tout de diverses parties.
(Boileau.)
Les mots sont des touis syllabiques.
(DarjoĂŒ.)
Elle bùtit iin nid , pond, couve ,.fait éclore
A la hĂąte. Le tout alla du mieux quâil put.
(La Fontaine,).
Enfin chacun prit son inclination.
Le tout Ă lâestimation. (Id.)
Les Ă©vĂȘques nâont tous' quĂŒn mĂȘme troupeau ,
dont cliacun conduit une partie inséparable du tout,
(Bossuet.)
On dit de deux choses que lâon veut comparer
ensemble, et qui sont pourtant extrĂȘmement diffé
rentes , il y a la différence du tout au tout
(Académie.)
Le mot tout peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© des adjectifs dĂ©terminatifs te, un, ou autres semblables.
Alors il est pris substantivement. Le dernier exemple de la premiĂšre colonne nous fait
voir qĂŒil peut aussi , dans le mĂŽme sens, s'employer au pluriel. Dans ce cas, il conÂŹ
serve toujours leâĂź : Des tof.s. . '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Former un tout agréable.
Le tout nâpQ vaut rien.
' Diviser un tout.
Le tout ensemble.
ijo tout syllabĂźquf.
Des tout! syUabiquet.
( 281 )âą
r GXCVII.
Tout DEVANT PLUSIEURS SUBSTANTIFS OU ADJECTIFS.
Tout RĂPĂTĂ.
Les oiseaux ont réuni autour de leurs petits toute
rintelligence et toute la bienveillance dont ils étaient
capables.
(Bernardin de St.-Pierre.)
En vain les nations éclairées se vantent d'avoir
réuni chez elles (ous les arts et toutes les sciences.
â m
Les premiers chrétiens, tous égaux et tous obsciits,
.liés ensemble par la crainte commune des magistrats,
gouvernaient secrÚtement leur société pauvre et sainte
à la pluralité des voix.
(Voltaire.)
La terre présente au soleil routes les mamelles et
tous les enfants de notre hémisphÚre.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Il était au-dessus de tous ces vains objets qui
forment tous les désirs ët toutes les espérances des
hommes* (Massillon. ;
Jésus-Christ est venu de tous les peuples ne faire
quâun peuple , de tous les Ă©tats et de toutes les conÂŹ
ditions, ne former qu'un corps. [id.)
Les geais imitent (ous les sons, tous les bruits,
fous les cris dâanimaux quâils entendent habituelÂŹ
lement, et mĂȘme la parole humaine.
(Buffon.)
Jâose dĂ©fier tous les moralistes et tous les lĂ©gislaÂŹ
teurs, et je leur demande Ă tous sâils ont dit rien de
plus beau et de plus utile que i'exorde des lois de Za-
leucus. (Voltaire.)
I/amqur anime en ces retraites
Tous les regards et tous les cĆurs.
(Id.)
Tout ELLIPSE.
L'athéisme est une opinion dénaturée et mon
strueuse , difficile Ă Ă©tablir dans lâesprit humain, towr
insolent et ĂąeregĂŻĂ© qu'il puisse ĂȘtre.
(Voltaire.)
Mais lâidĂ©e de voir des tĂȘtes humaines, toutes
noires et hideuses qĂŒelles fussent, rouler Ă nos
pieds , nâĂ©tait pas de notre goĂ»t.
(Albert Montémont.)
Presque fOM« les petits états, républiques et mo
narchies indifféremment, prospÚrent par cela seul
quâils sont petits.
(J.-J, Rousseau.)
La loi est la reine de tous les mortels et immortels.
(PensĂ©es de PlutarqĂŒe.)
M. de ... me proposait de rédiger des mémoii-es
et remontrances, offrant de me fournir fous les doÂŹ
cuments et matĂ©riaux dont jâaurais besoin.
(J.-J. Rousseau).
Il ne fallait pas une fois dire que j'avais abanÂŹ
donné fous mes droits et prétentions,
(J.-J. Rousseau.)
ConsidĂ©rez lâhomme assis , couchĂ© , debout, dans
un fond, sur une hauteur, vous découvrirez dans
toutes ses attitudes et ses positions de Nouvelles
beautés.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Toutes nos erreurs et nos divisions dans la morale
viennent quelquefois de ce que noûs considérons les
hommes comme sâils pouvaient ĂȘtre tout-Ă -fait viÂŹ
cieux ou tout-Ă -fait bons,
(VaĂŒvenargues.)
Toutes les religions ont emprunté tous leurs dog
mes et leurs rites les uns des autres.
(Voltaire.)
Il est indispensable de répéter Tadjectif tout, nous dit Girault-Duvivier, non-seule*
ment lorsque les substantifs sont de différent genre, mais encore quand ils ont un rap
port de synonymie. Les exemples de la seconde colonne prouvent qĂŒil est des circonÂŹ
stances oĂč les auteurs ont cru pouvoir se dispenser de cette rĂ©pĂ©tition, pour donner plus
de rapiditĂ© au discours. Cette ellipse de fowf n'est donc pas une faute, ni mĂȘme une né
gligence. Toutefois, nous ne saurions établir une rÚgle précise à ce sujet. Le choix de
Tune ou de Tautre de cÚs constructions est entiÚrement laissé au goût de Técrivain.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Tous les vices et toutes es vertus.
Tous les linmmes et toutes les femmes,
l'ous |t:s élÚves eltous les maßtres.
Tou» les prlncL-ß! et toute» les princesses.
Toute ia bonne volonté et toute la complai-
âąaaee.
Tous les soldats et tous les ofOciers.
Tout ie ciel et toute la terre.
Tous les rois et tous les peuples.
Tonte l:i sßtnplicité et toute lu modestie.
Toute la bonté et toute la douceur.
Tous les soldats et les officiers.
Tout le ciel et la terre.
Tous les rots et les peuples.
Toute la simplicité et la modestie.
Toute la bonté et la douceur.
36
( 282 j
r cxcviiL
Tout DEVANT UN NOM DE VIIXE.
Tout Rome le sait-, ĂŽti Ta vu^ â
(Le cardinal dâOssat;)*
Tout Florence ch fut abreuvé. (7«ï.)
Tout Smyrne ne parlait que dâelle,
(La BruyĂšre.)
Tout Rome est consterné.
(Vertot.)
Toute rjïurqpesait quelamera ehgloiiti là moitié
de la Frise. . (Voltaire.)
Tout le peuple de Rome se portait Ă cette guerre
avec la mĂȘme ardeur. (Rollin.)
Tout Lisbonne vit partir avec Indignation et avec
larmes ces aventuriers (Vasco de Gama et ses comÂŹ
pagnons) et les pleura comme morts.
(Voltaire.)
âąToute Vltalie avait les yeux tournĂ©s sur les RoÂŹ
mains et les Volsques.
(V ertot.)
Ce choix divisa'bientĂŽt tout Madrid,
(Voltaire.)
On dit.avec la construction pleine : Tout le peuple de Rome, et avec, la construction
elliptique : Tout Rome. Tout, dans ce dernier cas, se rapportant au mot peuple ellipsé,
doit se mettre aĂŒ masculin, bien qu'il soit suivi du mot Rome, fĂ©minin.
II nâen serait pas de.mĂȘme si tout Ă©tait joint Ă un nom de ville prĂ©cĂ©dĂ© de l'article; il
faudrait employer le féminin. Ainsi Ton dirait : Toute La France, toute La Russie, toute la
Prusse, etc.
7'out Avignon est désolé.
Tout Marseille eut la peste.
Tout Bonie fut persécuté.
Tout Avignon fut rebflti.
Tout Rotiie fut brdié:.
Tout Florence fut saccagé.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Tout Nsples.
Tout Bordeaux. âą
Tout Orléans.
Tout Venise.
Toiit CoustantinopĂŻo.
Tout Jérusalem,
Toute la sainte Avignon.
Toute la belle Marseille.
Toute la superbe Rome.
Toute la eavaiite AthĂšnes.
* Toute la florissante Venise.
Toute la belliqueuse Sparte.
Nâ CXCIX.
Tous deux et tous les deux; tous trois etAous les trois, etc.
TOUS DEUX.
César; ei ambitieux, si débauché , et Caton , si
vertueux , Ă©taient tous deux dĂŒne faible santĂ©.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Julien et Marc-AurĂšle furent tous deux philoÂŹ
sophes; mais leur philosophie ne fut pas la mĂȘme.
(Thomas.)
11 faut avouer que François est comparable Ă
Alexandre , en ce quâils allĂšrent fou# deux aux
Indes. (Voltaire.)
Tous deux (Dufresny et Destouches) brillĂšrent Ă
peu prĂšs dans le mĂȘme temps sur la scĂšne.
(DâAlembebt.)
Bacchus et Noé passent tous deux pour avoir cul
tivé la vigne. (Voltaire.)
f
A
I ' â
TOUS LES DEUX. *
, Les deĂŒx peuples sâunissent et se corrompent fou#
les deux. (Montesquieu.)
Lé mélange du goût acquis et du goût naturel est
la perfection de tous les deux.
(KératryQ
Les Samnites ne se déclarÚrent pour un parti que
pour les perdre tous les deux plus facilement.
(Ybrtot.)
Pendant qĂŒun philosophe assure
Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés,
Un autre philosophe jure
QĂŒils ne nous ont jamais trompĂ©s.
Tous les deux ont raison. . . . ,
(La Fontaine.)
U
( 285 )
Tous deux (SuUy et Colbert) trouvĂšrent Ăźe peuple
accablé d'impÎts ; fotw deusç cofflaiencÚrent à li
quider les dettes de lâĂtat ; tous deux diminuĂšrent
léserais énormes de la perception ; fous deux travail
lĂšrent Ă faciliter les communications,
â (Thomas.)
Ils n'ont fait tous deux (Archiloque et Démos
thĂšne) , que tirer et ramasser, pour ainsi dire, de
grandes circonstances. (Boileau.)
Tous fro»9 (Galba, Yitellius , Othon)périrent dans
'les guerres civiles. [Id.)
MpĂŻse, Lycurgue et Nurna,* tous trois ont eu des
BoccĂšs quâon jugerait impossibles sâils Ă©taient moins
attestés. (J.-J. Rousseau.)
MĂšs deux livres Tiennent dâexciter la plus grande
feripeutation dans GenĂšve. On dit que la voix puÂŹ
blique est pour moi; cependant ils y sont défendus
tous les deux. ^ (J.-J. RoussĂȘac.)
Nous avions tous les deux un peu de tristesse au
fond du cĆur : Nous tenions cela de Dieu ou de
notre mĂšre. " (Chateaubriand.)
La conduite réciproque de tous les trois peut
servir dâexemple de la maniĂšre dont les honnĂȘtes
gens se séparent quand il ne leur convient plus de
se voir. (J.-J. Rousseau.)
y a-t-il une différence de signification enlre tous- deux et tous les deux,'tous trowet
tous les trois, etc. ? '
Voici comment Sicard sâexplique Ă ce sujet : «Tous deux signifie que deux personnes
(et pourquoi pas aussi deux choses?) font ensemble et Ă Ja fois la mĂȘme action. Tous les
deux signifie que deux personnes font la mĂȘme action, sans marquer prĂ©cisĂ©ment
qĂŒelles la fassent ensemble et dans Le mĂȘme temps, ou dans le mĂȘme lieu.» '
De lĂ une distinction enlre : Pierre et Paul iront tous deux Ă lĂą chasse, et Pierre et Paul
iront tous les deux Ă la chasse. Voyez Le tel lier, Chapsal et presque toutes les gramÂŹ
maires. / '
« Mais, dit M. Dessiaux, je le deniande aux défenseurs, aux copistes de cette obser
vation de Sicard, sur quelle raison plausible, spĂ©cieuse mĂȘme, repose cette distincÂŹ
tion? Quelle est la cause de cet effet? QĂŒils parlent, la main sur la conscience; ils ne
peuvent invoquer le raisonnement en faveur de leur doctrine, et je les entends seuleÂŹ
ment murmurer Vusage. L'usage! messieurs, vous vous abusez étrangement. Non,
Tusage et la raison rĂ©prouvent dâun commun accord la distinction que Sicard a Ă©tablie,
et que les grammairiens parasites ont répétée avec complaisance.
» Ouvrons nos auteurs lÚs plus corrects; consultons-les, et nous nous convaincrons
que leur autoritĂ© nâa point servi Ă Ă©tablir la distinction que Sicard a cru apercevoir entre
les deux locutions qui nous occupent. En effet, les exemples que nous avons cités nous
prouvent que les grands écrivains ont employé la premiÚre dans le sens de la seconde,
et vice versĂą.
» Sans doute tous deux peut, dans bien des cas, exprimer une idée de simultanéité,
soit de temps, soit dâaction; mais il ne lâexprime pas nĂ©cessairement; les circonstances
suppléent souvent aux termes supprimés; et quand il pourrait y avoir quelque chose
de douteux ou dâobscur, les Ă©crivains ajoutent les complĂ©ments nĂ©cessaires, ainsi qĂŒon
le yoit par les exemples ci-aprĂšs ;
ie les al vus toua deux ensemble.
(Académie.)
Tous deux (BlroiL et Keyserling) avaient comÂŹ
mencé ensemble leur fortune.
(RĂŒlhiĂšrks.)
C'était un homme furieux, par zÚle ou par esprit
de parti, eu par tous les deux ensemble.
(Voltaire.)
Je Tons les enverrai tous les deux en.mĂȘme temps.
(Corneille.)
Beaucoup d'honnĂȘtes gens souhaitaient de les voir
toutes trois^ensemble. (Boileau.)
Cette clémence dont on fait une vertu sé pratique
tantÎt par vanité, quelquefois par paresse, souvent
par crainte, et presque toujours par tous les trois
ensemble. (La Rochefoucauld.)
» SLnous ne sommes pas infatuĂ©s de lâopinion de Sicard, nous conclurons que touz
( 284 ')
G
deux et tous les deux nâoffrent aucune diffĂ©rence de sens, dâaprĂšs lĂŒsage et la raison,
seuls guides en matiĂšre de langage. Aussi* Lemare et Laveaux ne parlent-ils point de
celle distinction. Mais ce dernier grammairien proscrit Ă tort toiis deux y tous trois, câest* â
Ă -dire qĂŒil exige lâarticle avant lâadjectif numĂ©ral. LĂŒsage des bons Ă©crivains est la loi
suprĂȘme, quand la raison nây est point dĂ©favorable. Maintenant, voyons ce que pense
FĂ©raud, assez amateur dâinutiles subtilitĂ©s : «Tousdeux, pense-l-il, vaut mieux dans le
style familier, et tous ies deux, dans le discours soutenu.» Nos exemples réfutent celte
opinion. ,
)> II résulte de nos lectures et de nos observations personnelles que les écrivains
emploient rarement lâarticle avec les nombres infĂ©rieurs, tous deux, tous trois, tous
quatre, mis en sujet; que lâarticle accompagne plus frĂ©quemment ces nombres, quand,
ils sont en rĂ©gime. On peut, je crois, supprimer lâarticle quand le noinbre nâatteint pas
la dizaine; au-dessus de dix, lâarticle est nĂ©cessaire, il fixe mieux lâattention. Au reste,
dans le doute, on peut sâen servir dans tous les cas.
» Eri recueillant des exemples pour celte question, nous avons trouvé celui-ci, de La
Rochefoucauld (Max. XVI) :
» Cette clémence dont on fait une vertu,. se pratique tantÎt par vanité, quelquefois par
paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble.
Tous est masculin , et cependant 11 se rapporte à trois substantifs féminins, vanité,
paresse, crainte. 11 me semble quĂš celte phrase peut se justifier. Ces trois substantifs sont
pris dans un sens vague; lâesprit ne les embrasse pas dans leur entiĂšre signification ;
il effleure Ă peine les idĂ©es quâils expriment respectivement, si je puis mâexprimer ainsi.
Si lâauteur eĂ»t mis toutes les trois, le vague des premiers membres de la phrase eĂ»t conÂŹ
trasté désagréablement avec CCS expressions si complÚtement déterminatives; cette né
cessitĂ© de rester dans le sens indĂ©terminĂ© a forcĂ© TĂ©crivain Ă sâexprimer comme il lâa
fait. II eût mieux valu prendre un autre lour.»
EXĂRCICE PHRĂSĂOLOGJQĂE.
Tou* dtĂźux.
Toui quBtri
Tous 1rs deux.
Toui les quatre.
. Toui trois.
. Toutes deux.
Toutes les trots.'
Toutes tes deux.
PLUSIEURS.
Plusieurs habitants ont fait Ă ITle-de-France des
essais inutiles pour y faire croĂźtre la lavande , la
marguerite des prĂ©s , la violette et dâautres herbes de
nos climats tempérés.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Les synonymes sont plusieurs discours ou pluÂŹ
sieurs phrases diffĂ©rentes qui signifient une mĂȘme
chose/
(La BruyĂšre.)
Un jeune poÚte, membré de plusieurs lycées et
académies, vint me voir.
(Bernardin de St-Pierre.)
Il faut bien qĂŒil y ait plusieurs raisons d'ennui,
quand tout le monde est d'accord pour bĂ ĂJer.' .
(Florian.)
Plusieurs, comme adjectif, prĂ©cĂšde toujours le nom qĂŒil dĂ©termine.
( 988 ) â
Il se dil des personnes et des choses, et est des deux genfes. 11 lie s'empioĂźe quâatt
pluriel, et peut ou non se répéter devant chaque substantif quand il y en a plusieurs
dâĂ©noncĂ©s.
. EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Pluiieon amit.
Plusieurs fiours.
Plusieurs princes.
. PluBieora victoires.
â ««O NÂź CCI.
CHAQUE.
GENRE KT EMPLOI.
Chaque pays, chaque degré de température a ses
plantes paiticuliĂšres. * (Buffon.)
Chaque climat a ses oiseaux bienfaiteurs. '
(Aimé-Martin.)
Chaque homme, en particulier, sâinstruit par ses
disgrĂąces. (Duclos.)
Chaque soir^ le sommeil vient nous ĂŽter notre
fardeau pour nous faire voltiger dans le pays des
songes ; chaque matin, lâimpitoyable nĂ©cessitĂ© nous
le recharge sur les épaules. (Boiste.)
Chaque nouveau guerrier sur lâangora sâĂ©lance ^
Et réveille le chat qui dort.
(Florian.)
r
Lâagile papillon, de son aile brillante
Courtise chaque fleur, caresse chaque plante.
(Michaud.)
La nature, féconde en bizarres portraits,
Dans chaque ùme est marquée à de différents traits.
(Boilbau.)
Les inventeurs , en chaque science, sont les plus
dignes de louange, parce quâils en ouvrent la carriĂšre
aux autres hommes.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Si lâon considĂšre encore chaque espĂšce, dans difÂŹ
férents climats, on y trouvera des variétés sensibles.
(Buffon.)
Comme tous les adjeclifs terminés par un e muet, chaque est des deux genres et peut
par consĂ©quent prĂ©cĂ©der des noms masculins ou fĂ©minins. 11 nâa point de pluriel. On
comprend en effet que, par le singulier, la distribution est plus complĂšte. On lâemÂŹ
ploie dans tous les rapports; mais il doit se répéter devant chaque subsiantif : Chaque
coup, ciixQVE trait blesse un séditieux. (Voltaire.)
Girault-Duvivier et presque tous les grammairiens avec lui se trompent en avançant
que chaque prĂ©cĂšde toujours le subsiantif et qĂŒil nâen peut ĂȘtre sĂ©parĂ© par aiicim
adjectif. Ne dit-on pas : chaque nouvel avis, chaque nouveau printemps, Ă chaque nouvelle
femme ?
On peut aussi ne pas le répéter devant chaque subsiantif : CAaçwe gentilhomme ou
chanoine aura pour sa part mille arpents, Ă charge de dormir; et sâil ronfle, le double.
(P.-Louis C 1ER.)
ĂXEROICE PHRASĂOLOGJQXIE.
Chaque hiver.
Chaque printemps.
Chaque soldat
Chaque paysan.
Chaque science.
Chaque saison.
A chaque instant
De chaque sorte.
Chaque femme.
Chaque rose.
Chaque fleur.
Chaque loi.
Chaque mode.
De chaque pays.
Chaque village.
A chaque éleve.
t
( 286 )
Nâ CCII. 8^â
Chaque ĂT chĂ cuti compĂ uĂȘs.
.CHAQUE.
... Chaque homme a son génie,
Pour lâĂ©cialrer et pour guider ses pas
Dans les sentiers de celte triste vie.
(Voltaire.)
Chaque condition a ses dégoûts, et à chaque état
sont attachées des amertumes.
(Massillon.)
Chaque ùge a ses humeurs, son 'goût et ses plaisirs.*
(Régnier.)
Chaque ùge a ses plaisirs; chaque état a ses charmes;
Le hien shccÚdé au mal, les ris suivent les lariiies.
(Delille.)
ChaquepassiĂŽri Ăżarle ĂŒh dlffĂ©tent langage.'
(BoilkĂ Ă».)
Plût aux dieux que chacun de nous eût son pro
phĂšte. . .(FLĂCfliKR.)- .
CHACUN.
Chacun ici-bas fait son rĂŽle ;
Chacun vend son orviétan.
(Du Tremblay.)
Quel spectacle do voir et dâĂ©tudier ces deux homÂŹ
mes, et d'apprendre de chacun dâeux toute PesĂrae
que mĂ©ritait lâautre! (Bossuet.)
*
Votre conduite pĂšche contre chacune de ces rĂš â
gles. (Pascal*.)
Voilà les douze époques... J'ai attaché à chacune
d'elles les faits principaux qui en dépendent.
(Bossuet.)
Elle pouvait faire sortir dix mille combattants par
chacune de ses portes. (id.)
V- Il faût, dit-on, juger chacun de nous par ceux
qĂŒil hante. (GuingĂŒbnĂ©.)
Chaque ne doit pas ĂȘtre confondu avec chacun. En' gĂ©nĂ©ral, chaque doit toujours se
niĂštire avec un substantif aĂŒquĂ©l il ĂŒ.rapport. ChĂ ciiri, au contraire, employĂ© dans un
sens absolu ĂŽu relatif, est toujours sans substantif.
A chaque saint
De chaque' rue
Chaque acte.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Chaque homme.
Chaque pefsdbnĂš.
Pour chat^ue jour:
Chacun pense.
Cbacun dé ces objets.
Chacune de ces personnes.
Cbacuu de nous.
Chacun dĂš vous.
Chacun dâeux.
âeooO-O
Nâ CCIII. âą
Chaque jbm'plÎyé pour chacun.
CHACUN.
D y avait dans Ancyre sept vierges chrétiennes
dâenviron soixante-douze ans chacune.,
(Voltaire.)
, *
Nons attendions quâil fitâ clair, quand nous entenÂŹ
dĂźmes passer quatre chariots avec deux bĆufs chaÂŹ
cun. (RegnĂąrd.)
A lâinstant mĂȘme nous vĂźmes arriver, aux deĂŒx
bouts de la terrasse, mie multitude de chars attelés
chacun de quatre chevaux.
(Bernardin de St-Pikrrk.)
LâAsie allait ĂȘtre dĂ©solĂ©e par quatre armĂ©es de trois
mille combattants chacune.
(Voltaire.)
Je doute fort, repartit le roi, quâavec ces trois
cents licornes il soit en Ă©tat de percer tant dâannĂ©es
de trois cent mille hommes choQune. (/d.)
CHAQUE. \
Salomon avait douze mille écuries de dix chevaux
chaque. (lâabbĂ© GĂŒknĂ©e.)
Mille arpents, sous un seul propriétaire, ont cha
que année un tiers de leur étendue en jachÚres, et
sont mis en valeur tout au plus par dix familles do*
mestiques de cinq personnes chaque.
' (Bernardin de St-Pierrk.)
En 1825, lâAngleterre, dâaprĂšs les Ă©tats d'impor-
talion, a tiiĂ© de lâIndoustan 59,350 balles de coton
du poids commun de 340 livres chaque.
(J.-B. Say.)
' Lâimportation, en Angleterre, du coton dâĂgypte
sâest Ă©levĂ©e, en 1826, Ă 103,400 balles qui, Ă la vé
rité, ne sont pas trÚs-fortes, puisque leur poids com
mun ne va pas Ă 150 Rvres chaque.
m
r-
( 287 )
Les grammairiens, ..
Du rigorisme embouchant la trompette,
t
Vont rĂ©pĂ©tant Tun aprĂšs Tautre qĂŒil est incorrect de sâexprimer ainsi : Ces voÂŹ
lumes coûtent 6 francs cuxqxje. Suivant eux, il faut absolument dire : Ces volumes coûtent
% francs chacun. Et si vous leur demandez pourquoi, ils vous rĂ©pondent que câest parce
que le mot chaque veut toujours aprĂšs lui un substantif. Belle raison ! comme sâil
nâĂ©tait pas permis d'employer im adjectif avec ellipse du nom auquel il se rattache.
Aussi, plusieurs de nos Ă©crivains se sont tellement cru ce droit, qĂŒils ne se sont pas
fait scrupule de faire usage indistinctement, en pareil cas, de chaque ou de chacun; et
nous croyons qĂŒon peut sans crainte les imiter, surtout dans la conversation et dans
le style Ă©pistolaire. Dâailleurs, quâon fasse emploi de chaque ou de chacun, il y a touÂŹ
jours: ellipse. Ces volumes coĂ»tent o francs chaque, câest pour ces volumes coĂ»tent 5 francs
(non pas tous ensemble, mais) chaque (volume séparément).. Ces volumes coûtent 5 francs
CHACUN, est un abrégé de ces volumes coûtent ^ francs (non pas tous ensemble, mais)
CHACUN (dâeux sĂ©/?arcmen/). Or, ellipse pour ellipse, autant vaut se servir de chaque que
de chacun.
Ainsi, de mĂȘme qĂŒon dit : chaque volume coĂ»te 5 francs, ou chacun de ces volumes
coûte S francs, on peut dire à son gré : ces volumes coûtent 6 francs chaque, ou ces volumes
coĂ»tent 5 francs chacun. Cette opinion est partagĂ©e par plĂŒsieurs grammairiens.
EXERCICE FBRASĂOLOGIQ UE.
Yotcß trois volume» qui m'ont coûté 6 francs cliacuD.
Ces tableaux valent loo francs chacun.
Nos robes coûtent 60 francs chacune.
11 a acheté deux maisons de ao^uoo francs chaenne.
Voici trois volumes qui mâont coĂ»tĂ© 6 francs chaque.
Ces tableaux valent 100 francs chaque.
Nos robes coûtent 60 francs chaque.
Il a acheté deux maisons de so,ooo francs chaque.
NÂź CGIV. 9^
NUL.
GENRE BT XlOMBRB.
SINGULIER.
MASCULIN.
Nul Aommc nâest heureux; nulle chose ne peut
le rendre tel. (Boiste.)
Nul accident ne troubla mon voyage.
(J.-J. Rousseau.)
U est indubitable que, lorsquâune sociĂ©tĂ© a basĂ©
son existence morale sur une opinion, nul membre
nâa le droit, de lâattaquer,
(Ji-J, Rousseau.)
Nul ornement royal ne couvre sa poitrine,
Et son front imposant devant qui tont sâincline
Sous un chapeau sans art sâĂ©lĂšve radieux.
(DroĂŒineaĂŒ.)
Auï bien sans mal, nul plaisir sans mélange.
(La Fontaine.)
FEMININ.
Lâhomme ne trouve^nuĂŻte part son bonheur, sur Ja
terre. (Massillon.)
... Quand le cĆur brĂ»le dâĂčn noble feu,
On peut, sans nulle honte, en faire un noble aveu.
(MoliĂšre.)
Tenez toujours dirisés les méchants.
Semez entre eux la guerre,
Ou yous nâaurez avec eux nulle paix.
(La Fontaine.)
A la pauvrette il ne fait nulle grĂące
Du talion. * ^ (Id.)
Elle nâa nulle part Ă la guerre ni Ă la paix des
nations. . ⹠(Fléchier.)
Nulle paix pour lâimpie; Ă la cherche, elle fiilt.
âą (Racine.)
( m )
PLURIEL.
MASCULIN.
Nuls traits Ă dĂ©couvert nâauront ici de place. ,
(La Fontaine.)
II nây a nuls vices extĂ©rieurs et nuls dĂ©fauts qui
je soient aperçus des enfants.
(La BruyĂšre.)
Ils prétendent que nul* malheurs ne doivent abat-
vc Thomme, ces ridicules déclamateurs qui ne con
naissent pas la véritable infortune ni le vrai bonheur.
(Mirabeau.)
FEMININ.
Nulles actions remarquables, nuls hommes dignes
dâĂšlre distinguĂ©s, ne peuvent se dĂ©rober longteriips
aux regards dâune assemblĂ©e qui veut et peut tout
voir. (J.-J, Rousseau.)
Celles qui ne nous ménagent sur rien, et ne nous
épargnent nulles occasions de jalousie, ne mérite
raient de nous aucune jalousie.
(La BruyĂšre.)
Lâadjectif nul prĂ©cĂšde toujours le substantif qĂŒil dĂ©termine et en revĂȘt tous les acciÂŹ
dents de genre et dé nombre : nul homme, nulle part, nuls traits, nulles actions.
Dans la Grammaire des Grammaires on lit que nul ne peut jamais ĂȘtre mis au pluriel.
Les exemples que nous avons cités démontrent combien cette assertion est erronée.
Dâailleurs, le moyen de ne pas mettre nul au pluriel devant des substantifs qui, par
exemple, ĂŒont pas de singulier, tels que frais, dĂ©combres, etc. ?
EXERCICE ANALYTIQUE.
Nul SDUCĂ.
Nulle crainte.
Nul ornement.
DoouUe coDiéquence.
Nul plaisir.
Nulle espérance.
Nulle parure.
ÂŁa nulle maniĂšre.
Nuls besoins.
Nuls devoirs.
Nuls frais.
Nulles mĆurs.
Nulles troupes.
Nulles passions.
Nuls artifices.
Nulles annales.
NÂź CCV.
Nul PLACĂ APRĂS LE SUBSTANTIF.
' Les auteurs de livres nuls sont responsables enÂŹ
vers Dieu du temps qĂŒils font perdre aux lecteurs.
âą ' (Boiste.)
Celui qui est nul aujourdâhui sera peut-ĂȘtre demain
tout puissant. » (Id.)
' Si mon autorité est nulle dans Tavenir, peu im
portera que je me sois trompé sur ce point.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Nos désirs sont étendus, notre force presque nulle*
(J.-J. Rousseau.)
Nul sepren'd aussi, comme on le voit, dans une acception absolument Ă©trangĂšre Ă
aucun ; il marque TinvaliditĂ©, la nullitĂ© dâun acte.et autres choses semblables. On dit
aussi en ce sens, qĂŒun homme est nul, quand il ĂŒa ni vertu ni caractĂšre. Celte accepÂŹ
tion sert encore à confirmer la force négative du mot, qui réduit les choses à rien, qui
fait comme si elles ĂŒĂ©taienl pas.
Pris dans ce sens, nul se met toujours aprĂšs le substantif.
Un ode nul.
Ud dĂźhcours'iiul,
Uii homme nul.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Une personne nulle.
Une procédure nulle.
Une action nullt.
Des procédures nulles.
Des actes nuls.
Des testameoU nuls.
O
( 289 )
r ccvi.
AUCUN.
GBNRK ET NOMBRE.
SINGULIER.
MASCULIN..
^uctm cAemtn de fleurs ne conduit Ă la gloire.
(La Fontaine.)
Aucun physicienne doute aujourdâhui que la mer
n'ait couvert une grande partie de la terre habitée.
(DâAlkmbert.)
On rendit une loi qui défendait à aucun philosophe
d'enseigner dans les écoles.
(La BruyĂšre.)
L'athéisme ne peut faire aucun hien à la morale,
et peut lui faire beaucoup de mal,
(Voltaire.)
Quiconque cherche la vĂ©ritĂ© ne doit ĂȘtre d'aucun
pays. (Id.)
J . *
Les orages ne ravagent guĂšre que les cultures de
Fhomme; ils ne font aucun tort aux forĂȘts et aux
prairies naturelles.
(Bernardin de St-Pierre.)
FĂMININ.
Un malheur instruit mieux quâaucune remontrance.
(La Chaussée,)
Lâhomme est si malheureux qu'il s'ennuierait
mĂȘme sans aucune cause Ă©trangĂšre d'ennui.
(Pascal;)
Aucune loi nâest bomie, si elle ne pose sur les lois
de la nature.
' (Bernardin de St-Pihrre.)
On méprise tous ceux qui n'ont aucune vertu.
- (La Rochefoucauld.)
Plus l'esprit est naturel, plus il est incapable de
conserver aucune force quand l'appui de conviction
lui manque. , (Mâ^e de StaĂ«l.)
Cette innocente amitié était connue de tout le
village, Ă©tait respectĂ©e de tous les bons cĆurs, et
les parents dâEstelle nâen prirent aucune .alarme.
(Florian.)
PLURIEL.
masculin. âą
Profitantâde cette disposition, les nobles catho-
Rques, en grande majoritĂ©, sâobstinaient Ă nâaccorÂŹ
der aux dissidents aucuns droits politiques.
(J.-J. Rousseau.)
4
. Le droit public de lâEurope n'ayant aucuns prinÂŹ
cipes généraux, et vaiiant incessamment, selon les
temps et les lieux, est plein de rĂšgles contradictoires.
{Id.)
Il m'est impossible de me livrer ici Ă aucuns traÂŹ
vaux littéraires.
(Bernardin de St-Pikrre.
Les rois d'Angleterre, depuis saint Ădouard jusÂŹ
quâau roi Guillaume III, firent journellement un
grand miracle, celui de guĂ©rir ies Ă©crouelles, quâaw-
cwns médecins ne pouvaient guérir.
(Voltaire.)
Aucuns appointements ou gages nâĂ©taient attachĂ©s
aux charges et fonctions publiques.
(J.-J. Rousseau.)
Aucuns monstres par moi domptĂ©s quâau aujourdâhui,
Ne mâont acquis le droit de faillir comme lui.
(Racine.)
â
Il est un singe dans Paris
A qui Ton avait donné femme;
Singe, en effet, dâaucuns marts,
11 la battait.
(La Fontaine.)
FEMININ.
On ne garda plus alors aucunes mesures, les plé
bĂ©iens sâassemblĂšrent jiubliquemcnt.
[(Vertot.)
\
Je ne me mĂȘlai plus Y aucunes affaires, et je me
retirai dans une maison de campagne.
(Montesquieu.)
La rĂ©publique nâavait ni aucunes troupes rĂ©guÂŹ
liÚres aguerries, ni aucuns officiers expérimeutés.
(Voltaire.)
Ces oiseaux sont dâune admirable lĂ©gĂšretĂ©, ont la
vue trÚs-perçante, et sont fort propres pour nettoyer
les citĂ©s, dâautant qĂŒils nây laissent aucunes chaÂŹ
rognes, ni choses mortes.
(Buffon.)
Ils ne peuvent souffrir aucun empire légitime,
ne donnent aucunes homes Ă leurs attentats.
! (Bossuet.)
Rien nâimposant aucunes lois gĂ©nĂ©rales, les peuÂŹ
ples ne faisaient corps que par une obéissance com
mune, et, sans ĂȘtre compatriotes, ils Ă©taient RoÂŹ
mains. (Montesquieu.)
Le ministre de la police envoie les dépositions, sans
y ajouter aucunes réflexions.
(Bernardin de St-Pikrre.)
37
ht..* t
(^90)
L'adjectif déterminatif aucun précÚde toujours le substantif auquel il est joint et en
subit toutes les^modifications de genre et de nombre : Aucun chemin, aucune remonÂŹ
trance, aucuns droits, aucunes mesures.
Tous les grammairiens sont dâun parfait accord lĂ -dessus; mais un point sur lequel
ils sont loin de sâentendre, mĂȘme aujourdâhui, câest celui de savoir si Ton peut emÂŹ
ployer aucun au pluriel.
Suivant les uns, cet adjectif, signifiant pas un, exclut toute idĂ©e de pluralitĂ©; dâauÂŹ
tres, moins rigoristes, veulent bien nous permettre dâen faire usage au pluriel, mais
seulement devant des substantifs qui nâont pas dc singulier, tels que frais, ancĂȘtres^
funĂ©railles, etc. DâOlivet dit qĂŒil nâest usitĂ© au pluriel qĂŒen style marotique; et, enÂŹ
fin, Boiste prĂ©tend qĂŒon ne lâemploie Ă ce nombrĂ© que dans le style burlesque ou ceÂŹ
lui de pratique, qui lui ressemble beaucoup.
Nous ne chercherons pas Ă niettre les grammairiens dâaccord. Ce serait une trop
grande entreprise! Seulement nous prendrons la liberté de leur faire remarquer
1° Que, par exemple, rien nâempĂȘchait Racine de dire : Aucun monstre par moi
domptĂ©, etc.; mais câest quelques monstres, câest plusieurs monstres qu'n domptĂ©s ThĂ©sĂ©e,
et qui lui ont donnĂ© le droit que nâa pas Hyppolite. DâoĂč le pluriel;
2o Que les Ă©crivains sont pleins de ce pluriel, et cerlĂ inement'ce nâest ni dans le
style de Cujas, ni dans celui de Marot qĂŒils ont Ă©crit.
La saine idéologie reconnaßt le pluriel aucuns, aucunes, et les exemples de son emploi
ne manquent pas; ils sont plus rares que ceux du singulier, parce qĂŒon a bien,plus
souvent besoin de ce dernier nombre, qui est plus exclusif. VoilĂ tout.
Auenn plaisir.
\ Aucun malheur.
Aucun agrément.
Aucun peuple.
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
Aucune plaine.
Aucune montagne.
Aucune prairie.
Aucune prorioce.
Aucun* droiti.
Aucuns soini.
Aucuns frais.
Aucuns magistrats.
Aucunes mesures.
'Aucunes affaires.
Aucunes bornes.
Aucunes mĆurs.
NÂź CCVII.
Aucun PLACĂ APRĂS LE SUBSTANTIF.
La nation, comme si elle était toujours assemblée,
recuéilleTes voix et ne cesse de délibérer sur chaque
l)oiĂŒt dâintĂ©rĂȘt commun, et forme ses rĂ©solutions de
lâopinion qui prĂ©vaut dans le peuple tout entier, sans
exception aucune. (P.-L. Courier.)
Aussi sans troMe aucun, couché prÚs de ma caisse,
Je mâĂ©veille Ă la hausse et mâendors Ă la baisse.
(Cas. Delavigne.)
Ne lui ferez-vous grĂące aucune ?
(Boileau.)
Concevez ce que peuvent des hommes qui écrivent
dans des journaux de localité, sans responsabilité
aucune. * (Thiers.)
Le temps presse, ĂŒ fait nuit; allons, sans crainte au-
Ă la foi dâun amant commettre ma fortune, (cune,
(MoliĂšre.)
Dans le premier numéro nous avons dit que aucun doit toujours précéder le nom
qĂŒil dĂ©termine. On voit cependant par ces exemples que quelquefois on peut le placer
aprÚs; mais cette transposition paraßt mieux convenir au style de la comédie. Aujour-
lOurdâhui nĂ©anmoins la plupart de nos Ă©crivains politiques ou autres en font un assez
fréquent usage. *
( 291-)
fiani à acQDo réscrro,
§am aaonne piUA .
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Saol réterre BDcana.
Sani pĂźlii aneuae.
Na ÂŁriro aaenne chose.
Ne fiûre chose ooeune.
Sans aneaiie eicefAĂźon-
Sans exception aucooe.
Nâ CCVIII
MAINT.
SINGULIER.
MASCULIN.
Dans maint auteur de science profonde,
Jâai lu quâon perd Ă trop courir,le monde.
(Gressbt.)
Amour vend tout, et nymphes et bergĂšres ;
Il met le taux Ă maint objet divin.
(La Fontaine.)
FEMININ.
Mainte veuve pourtant fait la déchevelée,
Qui nâabandonne point le soin du demeurant.
Et du bien qĂŒelle aura fait le compte en pleurant.
(La Fontaine.)
. Mainte pistole se glissait
Dans lâescarcelle de notre homme.
ild.)
PLURIEL
masculin.
Il arriva quâau temps que la chanvre se sĂšme (I),
Elle vit un manant en couvrir maints sillons.
{La Fontaine.)
. CâĂ©tait apparemment le bien des deux partis,
Car si les loups mangeaient mainte bĂȘte Ă©garĂ©e,
Les bergers, de leur peau, se faisaient maint# habits.
> FEMININ.
Car, en quelque façon, les malheurs sont propices ;
Puis les gueux, en gueusant; trouvent mainte# délices.
(Régnier.)
Il était là maintes filles savantes.
(Gresset.) '
Le pasteur était à cÎté, et récitait à ^ordinaire
maintes dévotes oraisons. (La Fontaine.)
Lâadjectif maint, qui ne sâemploie guĂšre que dans la poĂ©sie familiĂšre et dans la
conversation, subit tous les accidents de genre et de nombre du substantif qĂŒil dĂ©ter^
mine. Q&elquefois il se répÚte : Par maints et maints travaux; maintes et maintes con
quĂȘtes :
Gronder maint et maint procureur, (Boileau.)
Câest Ă tort que M. Landais assure que cet adjectif rejette lâinflexion plurielle.
Maint homme.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
MĂ»nle femme. ZffaĂźnte lĂTrex
Maintei fois.
r ccix.
CEETAXN.
GENRE, NOMBRE ET EMPLOI.
- PLACE DEVANT LE SUBSTANTIF.
Certain pcCien chez lui gardait un dieç .de bols.
(La Fontaine.)
Certain esprit de liberté
Leur fait chercher fortune. ' (/d.)
place APRES LE SUBSTANTIF.
Don Pourceau raisonnait en subtil personnage.
Mais que lui servMt-Ă P Quand le mal est certain.
La plsdnte ni la peur ne changent le destin.
(La Fontaine.)
(1) Aujom'dâhuile mot chanvre est masculin; on dit : lie chanvre.
( m )
Moyennant ceftaim somme,
Un fermier vendit son chien.
(Lemontsy.)
Chacun s'envisage toujours par certains cÎtés fa-
vorabies. ^ (Massillon,)
Certaines gens ont une grossiÚreté qui leur tient
lieu de philosophie. â (Boiste.)
ta vertu d*un cĆĂŒr noble est la marque certaine*
(Boileau.)
Et ne devrait-on pas Ă des signes certains,
Reconnailre le cĆur des perfides humains?
(Racine.)
LâĂąnier lâembrassait dans Taltente dâune prompte
et ceilaine mort.
(La Fontaine.)
Placé devant le substantif, certain est pour quelque; placé aprÚs, il a le sens de indubi
table, sûr, vrai, assuré, etc. Une certaine, chose n est pas une chose certaine. Dans les
deux cas, certain prend le genre et le nombre dunomqĂŒil affecte. Lâexemple de La FonÂŹ
taine nous prouve que certain dans le Ăąens ĂŽ'assurĂȘ, peut quelquefois prĂ©cĂ©der le subÂŹ
siantif.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ua «artato fait.
Um certaio« cbotc.
Un fait certain,
ĂDc chose certaine.
Ue eertĂąio) signes.
De certaines vues.
Des lignes certains.
Des Tues certaines.
NÂź GGX.
CdWatn précédé OU NON précédé de un ou de la préposition de.
AVEC un.
Un certain loup, dans la saison
Que les tiÚdes zéphirs ont Therbe rajeunie,
Aperçut un cheval quâon avait mis au vert.
(La Fontaine.)
Ils sâassemblent tous les jours Ă une certaine heure
dans un temple. (La BruyĂšre.)
I II y a, sans mentir, de certains mérites qui ne sont
pas faits pour ĂȘtre ensemble, de cerf a mes vertus inÂŹ
compatibles. (La BruyĂšre.)
Ils ne doivent ce titre qĂŒĂ de certaines actions dâé
clat. (Massillon.)
SANS un.
Certain loup aussi sot que le pĂȘcheur fut sage,
Trouvant un chien hors du village,
SâĂȘn allait lâemporter. Le chien reprĂ©senta
Sa maigreur. (La Fontaine.)
f
Pour moi, jlai cerf aine affaire...
Qui ne me permet pas dâarrĂȘter en chemin.
Certains préjugés, sucés avec le lait,
Deviennent nos tyrans jusque dans la vieillesse.
(Chénier.)
La fortune à beau élever certaines gens, elle ne
leur apprend pas Ă vivre.
(Bussy Rabutin.)
On voit que certain, certaine, sâemploient avec ou sans le dĂ©terminatif un, une; et
quâau pluriel certains, certaines peuvent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s ou non prĂ©cĂ©dĂ©s de la prĂ©posiÂŹ
tion de. .
Tel est Tusage. Mais de ce que Tusage permet de dire :
De certains hommes, de certaines femmes, ou bien certains hommes, certaines femmes, il
ne faut pas en conclure avec M. Lemare, que ces derniĂšres expressions soient ellipÂŹ
tiques. Selon nous, elles sont aussi complĂštes qĂŒelles peuvent ĂȘtre, et tout aussi comÂŹ
plĂštes que les expressions latines et italiennes : Quidam liomines, certi uomini. Il ĂŒen est
pas de mĂȘme lorsqu'on dit,: De certains hommes, de certaines femmes. Ces locutions,
queM. Lemare nous donne comme types, renferment incontestablemeniune ellipse ei
sont un abrégé de : Plusieurs D'entre certains hommes, plusieurs D'entre certaines femmes.
( 293 )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
0D eertalo [ug«. '
Une certaine perionne.
Certeln fage.
Certaine perfODoe.
De certaines gena.
De oerteins
1 gem
btu.
CertaiuM geni.
Certain» faite.
CCXI*
TEL
GENRE ET NOMBRE,
MASCULIN ET FĂMININ SINGULIER,
AprĂšs un tel exemple, les faux politiques oseront-
ils encore mettre parmi leurs maximes impies, que
la religion chrĂ©tienne nâest pas propre Ă faire de-
grands hommes de guerre ?
(Fléchier.)
Fuir les occasions de combattre et de vaincre est
une chose si rare, si singuliĂšre, si hĂ©roĂŻque, qĂŒon
peut dire quâune telle action nâa point eu de moÂŹ
dĂšle, et qĂŒelle ne sera point imitĂ©e. - ,
m
masculin et FEMININ PLURIEL.
Si nous rĂȘvions toutes les nuits que nous sommes
poursuivis par des ennemis, on appréhenderait de
dormir, comme on appréhende le réveil, .quand on
craint dâentrer rĂ©ellement dans de tels malheurs.
. (Pascal.)
Pour bien peindre de telles choses, il faut avoir un
génie capable de les faire, et la postérité ne saurait
jamais bien tout ce que ce grand homme fit voir de
sagesse, de capacitĂ©, de pĂ©nĂ©tration, dâactivitĂ© et
de vigueur. (Fléchier.)
Ces citations montrent que Tadjectif tel peut se joindre Ă des substantifs des deux
genres et des deux nombres : un tel exemple, une telle action, de tels malheurs, de telles
choses.
Tel, employé dans les comparaisons, est toujours suivi de que. Dans les citations qui
précÚdent, fe/est également comparatif; seulement le second terme delà comparaison
est sous-entendu ; AprĂšs un tel exemple, câest pour : aprĂšs un exernple tel que celui que
JE VIENS DE RAPPELER. U y a donc tout Ă la fois ellipse et inversion,
.Avec des noms de choses on peut employer tel aĂŒ singulier, en rapport avec pluÂŹ
sieurs substantifs de ce nombre : Telle est la faiblesse et Tinconstance des hommes. ( Fé
nelon.) Avec des noms de personnes, il faudrait absolument le pluriel : Telles sont
la fille et la mĂšre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ud tel pÚïB.
Une telle mĂšre.
De tels homme»
De telles fime».
ĂD tel 61».
Une telle fille.
De tels monstre?.
De telles sciions.
Dn tel enfant.
Une telle enfant
De tels héros.
De telles occasion?.
Un tel éTcnement
Une telle sTeoture.
De tels tpectacle».
De telle» peniéei.
âNâ CCXII.
QUEL.
GENRE ET NOMBRE DE CE MOT.
Ăź
DANS LES INTERROGATIONS,
Quel vous suspendit, innombrables étoiles ?
^ . . (L, Racine.)
Quelle force Invisible a soumis lĂŒnivers?
(W-)
DANS LES EXCLAMATIONS.
Quel tableau ravissant présentent les campagnes i
(Delille.)
Quelle sérénité se peint sur ton visage !'
(Florian,)
( 294 )
QueU sons harmonieux, quels accords ravissants,
De la reconnaissance égalent les accents ?
(Delille.)
Par toi.ce chĂȘne en feu nourrit ma rĂȘverie;
Quelles mains Tont planté? quel sol fut sa patrie ?
â («.)
Quels cadavres épars dans la GrÚce déserte 1
(L, Racine.)
s.
Quelles montagnes que celles qui nous apparaissent
dix-huit cent fois plus grosses que notre terre !
(Bern. de Saint-Pierre.)
Lâadjeclif quel suppose toujours aprĂšs lui un nom auquel il se rapporte, et dont il
prend le genre et le nombre l'quel bras, quelle force, quels sons, quelles mains. Il s'emÂŹ
ploie dans les interrogations et dans les exclamations, et se dit des personnes et des
choses : quel tableau! quel homme!
Qael homme ?
Qoel plaisir 7
Qnela mets?
Quels fruits ?
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Quelle femme ?
Quelle main ?
Quelles nouToIles?
Quelles fleurs
Quel triomphe 1
Quel carnage !
Quels transports!
Quels coDcerts !
Quelle heouti I
Quelle grandeur 1
Quelles clameurs)
Quelles fĂȘtes 1
Nâ CCXIII.
Quel NON SUIVI immĂ©diatemĂȘnt d*ĂŒn substantif.
Quel plus sublime cantique
Que ce concert magnifique '
De tous les célestes corps ?
(Jf.-B. Rousseau.)
Quei barbare mortel reforgea pour la guerre
Le fer qui dans nos mains fertilisait la terre P
(LemiĂšrĂš.)
0 que tes ĆuArres sont belles,
Grand Dieu ! quels sont tes bienfaits!
(J.-B. Rousseau.)
Quelle est cette déesse énorme, '
Ou plutĂŽt ce monstre difforme,
Tout couvert d'oreilles et dâyeux?
(J.-B. Rousseau.)
Quel sera le destin de tant de malheureux,
Echappés par hasard à ce désordre affreux ?.
(Castel.')
Nil ! quels sont ces débris sur tes bords dévastés?
Câest ThĂšbe aux cent palais, lâaĂŻeule des citĂ©s.
(Crénedollk.)
Dans le numĂ©fo prĂ©cĂ©dent, quel Ă©tait immĂ©diatement suivi dâun substantif.
Dans celui-ci, on voit que quel peut ĂȘtre sĂ©parĂ© du substantif par un ou plusieurs
mots.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Quel est ton fige ?
Qoeflo est ta pensée ?
Quels furent mes chagrins ?
Quelles seraient nos peines?
Quel nâa pas Ă©tĂ© mon souet ?
Quel no fut pas mon ennui ?
NÂź CCXIV.,
a
Tel ET quel comparés.
Tel.
Telle fut ƞadresse dé madame de Montansier, que
sans user dâĂ ucun art indigne de son grand courage,
elle se conserva toujours dans ia confidence dĂšs
princesses de la cour. (Fléchier.)
Quel*
Quelle fut sa modération, lorsque Rome, Irritée
contre lâempire, Jui proposa de le mettre sur Je trĂŽne
de lâempereur par un droit qui ne lui parut pas lĂ©giÂŹ
time J (Fléchier.)
( 295 )
Telle Ă©tait YhabĂŒetĂ© de Turenne , que lorsquâil
Ă©tait victorieux, on nĂ© pouvait attribuer lâhonneur
qĂŒĂ sa prudence, et lorsquâil Ă©tait vaincu, on ne
pouvait en imputer la faute qĂŒĂ la fortune.
(Jd.)
La voilà cette princesse si admirée et si chérie ; la
voilĂ telle que la mort nous lâa faite.
(Bossuet.)
Tel est du préjugé le pouvoir ordinaire :
Il soumet aisément le crédule vulgaire.
(LkFRAWC de POMPIGNAN.)
Telle est Yinjustice des hommes : la gloire la plus
pure et la mieux acquise les blesse,
^ â (FlĂ©chier.)
Tel est le caractĂšre de lâavarice , de se manifester
de tous les cÎtés. (Massillon.)
... Il était malheureux ;
Dans les rigueurs du sort son Ăąme Ă©tait plus ĂĂšre,
Tels sont tous les grands cĆur#.
^ (Ghamfort.)
Agamemnon, revenant'Ă la tĂȘte des Grecs du
siĂšge de Troie, nâa pas eu le temps de jouir en paix
de la gloire quâil avait acquise : Telle est la destine'e
de presque tous les conquérants.
(Fénelon.)
Quelle fut sa fermetĂ©, lorsquâaprĂšs avoir essayĂ©
dâapprendre Ă vivre Ă un roi de Naples, il vint enÂŹ
seigner Ă un roi de France Ă bien mourir.
(Fléchier.)
VoilĂ quel fut le caractĂšre de celui dont nous pleuÂŹ
rons la mort. [Id.)
Les pĂšres craignent que l'amour naturel des enÂŹ
fants ne isâefface : Quelle est donc cette nature suÂŹ
jette Ă ĂȘtre effacĂ©e ? (Pascal.)
Quelle esf cette valeur, qui, ne cherchant quâĂ muire,
Embrase tout sitĂŽt quâelle commence Ă luire?
(Racine.)
I
Quel fut alors Vétonnement de ces vieilles trou
pes et de ces braves offlciers, lorsquâils virent quâil
nây avait plus de salut pour eux que dans les bras du
vainqueur. . (Bossuet.)
Quelle splendeur funeste a succédé à la simplicité
romaine ! Quel est ce langage étranger P Quelles
sont ces mĆur# effĂ©minĂ©es ?
(J.-J. Rousseau.)
. Egalant les plus belles,
Et surpassant les plus cruelles,
Nâayant trait qui ne plĂ»t, pas mĂȘme en ses rigueurs.
Quelle lâeĂ»iUon trouvĂ©e au fort de ses faveurs !
(La Fontaine.)
Il faut bien prendre garde de confondre tel avec IpieL Les exemples qui précÚdent
suffisent sans doute pour montrer Temploi de lĂŒn et de Tautre. Voici la diffĂ©rence
caractéristique de ces deux adjectifs : tel amÚne toujours aprÚs lui un que, comme on
le voit dans les trois premiĂšres citatioi^s de la premiĂšre colonne; quel, au contraire,
nâen a pas besoin. j
Il est vrai que souvent Tusage permet de sous-entendre le que aprĂšs tel, comme le
prouvent les cinq derniers exemples de la premiĂšre colonne; mais il nâen est pas
moins nĂ©cessaire pour TintĂ©gritĂ© de la pensĂ©e : Telle est lâinjustice des hommes; la gloire
la plus pure les blesse, câest pour : T injustice des hommes est telle que la gloire la pim
pure tes blesse.
Tel fat son cooroge qae...
Telle fut son adresse.
Telle est mon «spĂȘraoce.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Quel fut BOD courage 7
Quelle fat son adresse?
Quelle est ton espérance 7
Quelle fat sa gloire?
Quels forent ses rcTors?
Quel est ton espoir?
Nâ CCXV.
Quel EMPLOYĂ AVEC ELLIPSE DĂŒ SUBSTANTIF.
Lâhonneur partout, disais-je, est du monde admirĂ© :
Mais lâhonneur en effet qĂŒil faiit que lâon admire.
Quel est-il.^ (Boileau.)
Elle est de lâhumeur du monde la plus douce.
Je ne lui connais quâun seul petit dĂ©faut. â Quel
est-il ? (Regnard.)
Quel peut, comme on le voit, sâemployer avec ellipse du nom auquel il se rapporte
et dont il rĂ©veille lâidĂ©e ; quel est-il? câest-Ă -dire quel honneur est-il? quel dĂ©faut est-il?
( 206 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Quel oflt-il ?
QueU >0Dt-iU?
Qaelte CaUelle ?
Quelles sonUeUes ?
Quel étaiUl ?
.Quels fureoUils?
NÂź CCXVI.
Quel SUIVI de PLUSIEURS NOMS.
AVEC LE PLURIEL.
Quels sont les Ziewx, les temps, les images chéries,
OĂč se plaisent le mieux scs douces rĂȘveries?
(Delille.)
AVEC LE SINGULIBB.
-Hélas ! durant ces jours de joie et de festins,
Quelle était en secret ma honte et mes chagrins ?
(Racine.)
Lorsque. Tadjectif'çwe/ est suivi de plusieurs substantifs de différent genre unis ou
non par- et, il se met au masculin pluriel, ainsi qĂŒbn le voit par le premier exemple.
Cependant on peut aussi, comme dans Texemple opposé, laisser quel au singulier et
le faire rapporter seulement au premier des noms exprimés.
Si ces-mĂȘmos noms Ă©taient liĂ©s parow, quel s'accorderait Ă©galement avec le premier.
Exemple : On pourrait déterminer quelles réflexions ou jugements ferait un homme en
consĂ©quence des faits qu'il a dans La mĂ©moire. (HelvĂ©tiĂŒs.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Quels sont les peines et les dégoûts que vous éprouves ?
Quels sout les peines, les dégoûts qiie vous éprouves.
Quel était son fige et son état?
Quelle est n professiou et ses rcMOurees'
NÂź CCXVII. 9^^Âź-â
fonctions de quel.
EXEMPLES.
Le peuple entra en fureur quand il eut appris
quels discours avait tenus Coriolan.
(Rollin.)
t
... Dirai-Je à quels désastres
De Tautomne orageux nous exposent les astres ?
Ou gwe/9 torrents affreux épanche le printemps?
(Delille).
Quel sâemploie dans tous les rapports. Dirai-je Ă quels dĂ©sastres est la mĂȘme chose,
pour le sens, que dirai-je Les désastres auxquels, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Dis-moi que) jour.
Db-moi Ă quelle heure.
Do quels députés parlea-tu?
Puur quelles femmes?
A quels plaisirs tous lßvre»-Tous?
Sache quelles sont mes peines.
(29=7)
CCXVIII.
OĂEL QUE. ,
GENRE ET
1
SINGULIER»
Quel que soit le plaisir que cause la vengeance,
Câest l'acheter trop cher, que Tacheter dĂŒn bien ,
Sans qui les autres ne sont rien,
(La Fontaine.ĂŻ
Quelle qĂŒait Ă©tĂ© la gloire des grands sur la terre,
elle a'toujours Ă craindre Tenvie qui cherche Ă Tobs-r
âcurcir. (Massillon.)
NOMBRE.
PLCTBIEL.
Quels que soient ordinairement lea avantages de
la jeunesse, un jeune homme nâest pas bien vu dea
femmes jusqĂŒĂ ce qĂŒelles en aient feit un fat,
(Vauvenargues.)
Quelles que soient les opinions qui nous troublent
dans la société, elles se dissipent presque toujours
dans la solitude.
(Bernardin de Saint-Pierre.)
Quel suivi de que et dĂŒn verbe prend , comme on le voit, le genre et le nombre du
nom ou du pronom quâil modifie. Lâanalyse de quel que soit le plaisir que cause la venÂŹ
geance, est celle-ci : le plaisir que cause la vengeance (étant un plaisir tel ) quel (notre
nature v^ui) que (il) soit Cette analyse, qui peut sâappliquer Ă tous les exemples anaÂŹ
logues, nous montre pourquoi, en pareille circonstance, quel que doit sâĂ©crire en
déux mots.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE:
Que) que loit le gĂ©nie d'uu Ă©crĂTain.
Quelle que soit la douceur de cet enfant
Quel que soit votre chagrin.
Quelle que soit l'ambition dâun gĂ©uĂ©rBi.
Quel que soit le lĂšle de vos amis.
Quelle quâait Ă©tĂ© sa fidĂ©litĂ©.
Queb que soient les eaprices de ces dames.
Quelles quâelles soient, quelles quâelles puisseut ĂȘtre.
Quels que soient nos soupçons.
Quelles que soient mes craintes.
Quels que soient vos projets.
Quelles que soient les erreurs de la jeunesse.
r ccxix.
Quel que suivi de plusieurs noms.
avec et, '
^ LâĂ©tude de Thistoire est la plus nĂ©cessaire aux
hommes , quels que soient leur Ăąge et la carriĂšre Ă
laquelle ils se destinent, ' (Segur.)
MĂŒs, quels que soient ton culte et ta patrie,
Dors sous ma tente avec sécurité.
(Camphnon.)
Quelle# que fussent habituellement la douceur et
Végalité de Thumeur de Montesquieu dans la société,
la vivacité méridionale de son tempérament Ten
faisait quelquefois sortir.
(Augkr.)
Quel que soit son pouvoir, et Vorgueil qui Tanime,
Va, le cruel du moins nâaura point sa victime.
(Voltaire.)
Quelle que soit la pente et VĂnclination
Dont Teau par sa course Temporte,
X'esprit de contradiction
L'aura fait flotter d'autre sorte.
(La Fontaine.)
AVEC OU.
La figure d'une femme, quelle que soit la force ou
Vétendue de son esprit, quelle que soit l'importance
des objets dont elle sâoccupe, est toujours un obstacle
ou une raison dans Thistoire de sa vie.
(Mâ* DE Stakl.)
Ăn meurtre, quel qu'en soit le prĂ©texte ou Vobjet.
Pour les cĆurs vertueux fut toujours un forfait.
(Crébillon.)
Cet homme, quelle que fut sa fortune ou son mé
rite , ne put réussir dans ses entreprises.
(Boniface.)
A la Chine, on rend ceux qui gouvernent responÂŹ
sables des troubles, quelle quâen soit la cause ou Ăźe
prétexte. ^ , (Voltaire.
Quel que soit le but ou lâavantage d'une chose,
lorsquâelle porte un cachet dâinfamie; on ne saurait
la faire sans en recevoir lâempreinte.
(I.IVRY.)
38
( 298 )
Suivi de plusieurs noms unis par et, quel accompagné de que se met au masculin
pluriel, quand les noms sont de diffĂ©rent gĂšrire; Ăšt au fĂ©minin pluriel, sâils sont fé
minins (i'e colonne). Cependant les deux derniers exemples de cette colonne nous font
voir quâon peut, mĂȘme en ce cas, ne faire accorder qĂŒavec le premier des noms
exprimés, mais il faut que ces noms aient entre eux quelque ressemblance de signi
fication.
Mais, lorsque quel est suivi de quÚ et de plusieurs noms liés par ou, il prend le genre
et le nombre du premier nom (2Âź colonne).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE*
Quels que soient votre courage et votre vertu.
Quela que soient votre vertu et votre courage.
Quelles que soient votre fortune et votre position.
Quel que soit votre courage ou votre vertu.
Quelle que soit votre vertu ou votre courage, t
Quelles que soient vos vertus ou votre mérite.
r ccxx.
Tel que soit et quel que soit comparés.
. Tel que.
Ce grand choix,' tel gĂŒil soit, peut nâoffenser personne.
(Voltaire.)
On prouve trĂšs-bien Ă cet enfant que cette reliÂŹ
gion , telle gĂŒelle soit, est la seule vĂ©ritable.
(J.-J. Rousseau.)
Une jeune fille, telle innocente quâelle soit, a touÂŹ
jours un grain de coquetterie.
(Maugard.)
Quây a-t-il de plus Ă©vident que cette vĂ©ritĂ©, quâun
nombre tel gĂŒil soit, peut ĂȘtre augmentĂ©?
(Pascal.)
Le plus fin -, tel qĂŒil soit , en est'toujours la dupe.
(Regnard.)
I
Quel que.
Un trĂŽne quel qĂŒil soit, nâest point Ă dĂ©daigner.
(Crébillon.)
Une femme, quelle quâelle puisse ĂȘtre, est une
déesse pour des prisonniers.
(MâÂź DE StaĂ«l.)
Voilà , mon pÚre , un point de foi bien étrange,
quâune doctrine est hĂ©rĂ©tique, quelle quâelle puisse
ĂȘtre. (Pascal.)
Le prĂȘtre, quel qĂŒil soit, quelque Dieu qui lâinspire,
Doit prier pour ses rois, et non pas les maudire.
(Raynouard.)
« Tel que, dit M. Napoléon Landais, régit Tindicatif, parce que les phrases dans les-
» quelles ils entrent, exprimant qĂŒune chose est, excluent toute idĂ©e dâincertitude ou
» de dĂ©sir. Il nâest pas inutile dâen prĂ©venir les Ă©trangers, qui, ne connaissant point le
» gĂ©nie de notre langue, ne voient pas des nuances qui souvent mĂȘme Ă©chappent aux
; » Français. » . '
Certes, dit M. Dessiaux (1), les étrangers pourront bien renvoyer la balleà M. Lat^dais ;
ils pourront bien lui dire : Mais, monsieur le grammairien, les voyez-vous bien, vous" '
mĂȘme, ces nuances que vous croyez Ă©chapper Ă notre sagacitĂ© ? Votre vueĂšst-elle bien
claire, votre jugement bien sain? ou nâĂȘtes-vous encore ici, sur cette difficultĂ©, qĂŒun
écho banal de vos prédécesseurs? Cependant, monsieur, la civilisation marche; la
langue, sans perdre de sa puretĂ©, fait, nâen doutez pas, de notables acquisitions; les
nuances de la pensée ont amené des nuances dans Texpression, et celle que vous con-»
damnez aujourdâhui, celle que vous nous engagez ici Ă Ă©viter avec soin, dĂ©jĂ ĂŒn peu
usitée autrefois, est maintenant fréquemment employée avec le subjonctif,
(1) M. Dessiaux a publié derqßÚrement, dans le Journal de la langue française, unq Úxcellente critlqae de
la Grammaire de fiapoléon Landais*
( 299 )
Nous avouerons dâabord que Laveaux et Boniface blĂąment, comme M. Landais, la
locution tel quâil soit; mais Lemare, qui sentait avec tant de justesse lorsquâil se donÂŹ
nait le soin de mĂ©diter, dit Ă ce sujet : « 11 nâest pas trĂšs-certain que Voltaire, Rous-
)) seau,. Massillon, Regnard, eussent voulu reconnaĂźtre la faute que leur reprochent
» ici les grammairiens, quoique pourtant il faille avouer que cet emploi de tel que
» est extraordinaire. Mais qui sait si ce nâest pas cette raison mĂȘme qui lâa fait prĂ©fĂ©-
» rer dans ces passages par ces maĂźtres en lâart de penser et dâĂ©crire.? »
En effet, qui empĂȘchait ces Ă©crivains dâemployer ici çwe/ que, ainsi qĂŒils Tont fait
tant de fois? Cela ne nuisait ni à Tharmonie de la période, ni à la mesure du vers. Ils
ont senti, leur jugement exercĂ© a reconnu qĂŒune sage analyse ne pouvait condamner
cette expression. Comment! parce qĂŒon a coutume de dire quel qu'il soit, on ne pourÂŹ
rait dire tel qu'il soit ! Mais pourquoi? Quel sens attribuez-vous Ă ce mot tel? Tel signifie :
Avec toutes les qualités remarquées dans l'objet qualifié par cet adjectif, et, par extension,
pareil, semblable; rien de plus naturel. Quand je dis : Cet homme tel qu'il est me plaĂźt;
jâĂ©nonce que cet homme mâest agrĂ©able avec les qualitĂ©s physiques et morales que jâai
dĂ©couvertes en lui. Et si je dis : Cet homme, tel qu'il soit, me plaira toujours, jâĂ©nonce
une autre idĂ©e que chacun conçoit. Pourquoi voudriez-vous mâastreindre Ă changer
mon adjectif te/'conlre un quel, dont je trouve Temploi moins juste? Quelles sont vos
raisons; enfin, vous nâavez allĂ©guĂ© que Tusage le plus gĂ©nĂ©ral; ce nâest lĂ qĂŒune pré
somption, et non une preuve : un jury éclairé ne peut condamner sur de pareilles al
légations. Nous allons plus loin. Si Ton réprouvait tel qu'il soit, ce ne serait que par ex
ception; car avec un autre verbe Ton ne pourrait substituer quel Ă tel : Mon fils, tel
qiiil paraisse, tel que vous le jugiez dans la suite, nâen sera pas moins un bon fils. Si
cette phrase blesse en quelque chose les lois de notre syntaxe, nous passons condamÂŹ
nation SUT tel qu'il soit.
La langue latine et la langue grecque ont leurs adverbes et leurs adjectifs corrélatifs;
twmâa pour corrĂ©latif cum, tam a quam, tantus a quantus, tĂŽt a quot et talis a qualis; talis
est QUALEM nosti, dit Cicéron. Dans,notre langue, tel a aussi pour corrélatif quel; la
phrase suivante et toutes celles qui lui ressemblent prouvent cette vérité : Ils ont été
contraints de prendre une proposition telle quelle, et de la condamner. (Pascal, Pro-
vinc, 3Âź.) Mais, par un abus dĂ©plorable, quel sâest changĂ© insensiblement en que; et quand
on dit : Je le reçois tel qu'il est, la phrase équivaut à ceile-ci : Je le reçois tel quel il
est. Par un abus pncore plus criant on a laissé le mot çue/prendre la place de son cor-.
rélaiif tel; de sorte que quand on dit : Je le reçois quelqu'il soit, on répÚte quel mot réÚl-
lemenl représenté par que, ce qui forme un pléonasme vicieux parfaitement caracté
risé, sur lequel Tusage a étendu sa prescription. Mais si le sens commun des maßtres
en Tart dâĂ©crire veut rĂ©tablir Je mot tel dans ses droits usurpĂ©s, pourquoi crier au barÂŹ
barisme ? Câest un acte de justice et de raison qui rĂ©volte votre esprit! A* quoi pensez-
vous donc? Pans le vers de Voltaire (Sémiramis, iii, 6) :
f
Ce grand choix, tel quâil soit, peut nâoffenser que moi,
il y a ellipse. Voici la construction pleine : Ce, grand choix, à le considérer tel quel le
destin voudra qĂŒil soit.
/
EXERCICE PHRASĂOLOGJQVE.
Tel ou qnel quâil toit. i Tels ou quels quâĂźli soient.
Telle ou quelle quâelle soit. Telle* ou quelle* quâelle* aoiept.
( 800 )
JVŸ CCXXI»
Tel que dans les comparaisons.
On volt sur les remparts, avancer Ă pas lents
Ce# corps inanimés, livides et tremblants,
Tels quâon feignait jadis que des royaumes sombres,
,Les mages à leur gré faisait soilir les ombres.
(Voltaire.)
Idoménée n'a point recours à la fuite comme un
enfant ; il reste Ă son poste de pied ferme, tel que
sur une montagne un vieux sanglier, connaissant sa
force, attend en un lieu désert Ja bruyante arrivée des
chasseurs. (Bitaubée.)
Essex monte Ă la brĂšche, oĂč combattait dâAumale,
Tous dfiuĆ jeunes, brillants, pleins dĂŒneardeur Ă©gale,
Tels quâaux remparts de Troie on peintles demi-dieux.
fVĂLTAIRE.)
Ereuthalionj tel qu'un dieu nous bravait Ă la tĂȘte
de ses armées. (Bitaubée.)
Tels qu'on voit des gascons, soupirant par métier,
Flairer de loin une riche héritiÚre,
Ainsi.viĂšn'nent, en chĆur, les matous du quartier
Donner concert Ă notre prisonniĂšre.
(Lemontby.)
Tel qu'on voit un taureau, quĂŒne guĂȘpe en furie
A piqué dans les flancs aux dépens de sa vie ;
Le superbe animal, agité de tourments,
Exhale sa douleur en longs gémissements,
Tel le fougueux prélat, que ce songe épouvante,
Querelle en se levant et laquais ét servante.
(BoiLEAf.)
Telle qu'une bergĂšre, au plus beau jour de fcte.
De superbes rubis ne charge point sa téte ;
Et sans mĂȘler Ă Tor lâĂ©clat des diamants,
Cueille en un champ voisin sesplus beaux ornements ;
Telle, aimable en son air, mais humble dans son style,
Doit éclater, sans pompe^ une élégante idylle.
fJd.)
Tel que, dans les comparaisons, est pour tel quel, en latin talis qualis, et non pour
tellement queilement, comme Tavance faussement M. Lemare, puisque lâantĂ©cĂ©dĂ©nt tel,
qui nâest autre chose qĂŒun adjectif, se rapporte constamment Ă un substantif exprimĂ©
dans le premier membre de la comparaison, et qĂŒil en prend tous les accidents de genre
et dĂ©nombrĂ©. Cela, posĂ©, examinons, dâaprĂšs lâanalyse et nos exemples, quel est ce
substantif ; il ĂŒest pas toujours celui qĂŒon suppose.
Dans les citations de la premiÚre colonne, nulle difficulté. Tel et tels se trouvent pré
cĂ©dĂ©s des substantifs qĂŒils qualifient, lesquels sont : Ces corps inanimĂ©s, il (IdomĂ©nĂ©e),
tous deux, Ereuthalion. ' .
Dans les exemples en regard, ce serait étrangement se méprendre que de faire rap*
poYlantels, tel, telle, Ă Gascons, k taureau et Ă bergĂšre, puisquâils qualifient au contraire les
mots matous, prĂ©lat, idylle, jetĂ©s Ă la fin de chaque comparaison. Câest ce que prouvent
du moins la rĂ©pĂ©tition de tel, telle, et TanaĂźye suivante, oĂč la construction est rĂ©taÂŹ
blie selon Tordre direct. Les matous du quartier viennent... tels quâon voit des Gascons,<c\c.
Le fougueux prĂ©lat... querelle, etc., (Ă©tant) tel quâon voit un taureau, etc. Une Ă©lĂ©gante
idylle doit Ă©clater sans pompe, (devant ĂȘtre) telle quâune bergĂšre, etc.
Câest '>inai que dans :
Tel qu'une fleur que frappent les autans,
Penche en tremblant sa téte vers la terre,
On voyait marcher son vieux pĂšre.
Courbé sous le lourd poids des ans.
* * ,
\
^ *
Tel se rapporte Ă pĂšre, câest-Ă -dire quâon voyait son vieux pĂšre marcher courbĂ©, etc.,
Tel quâune fleur penche, etc. Au lieu que dans :
r â
(8Ă4 )
On voyait marcher son vieux pĂšre,
Courbé sous le poids des ans;
Telle jane fleur que frappent les autans,
Penche en tremblant sa tĂȘte vers la terre.
*
Telle se rapporte Ă /eur, câest-Ă -dire que la fleur qui penche sa tĂȘte vers la ten*e est
TELLE, etc.
NÂź CCXXII.
QUELQUE.
GENRE BT NOMBRE.
SINGULIER.
n y a do mĂ©rite sans Ă©lĂ©vation, mais U nây a pas
dâĂ©lĂ©vation sans guelgue mĂ©rite.
(La Rochefoucauld.)
I
Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c'est nâestimer rien qĂŒestimer tout le monde.
(MoliĂšre.) *
II.
De quelque cÎté que Ton se tourne , ce monde est
rempli dâanicroches. â > *
(Voltaire.)
Quelque raison qĂŒon ait de se plaindre dâun serÂŹ
viteur, il est de lâhumanitĂ© de le traiter avec bontĂ©.
(Bernardin de Sx-Pierrh.) .
Quelque sujet quâon traite, ou plaisant ou sublime,
Que toujours la raison sâaccorde avec la rime,
(Boileau.)
Quelque vanitĂ© quâon nous reproche, nous avons
besoin quelquefois qĂŒon nous assure de notre mé
rite. (VaĂŒvenargues.).
PLURIEL.
Des fruits et quelques mets que la ferme a fournis,
PosĂ©s prĂšs dâun ruisseau sur les gazons fleuris.
Nous procurent sans frais un repas délectable.
(Castel.)
Si la loi est juste en général, il faut lui passer
quelques applications malheureuses.
(Fontenelle.)
Quelques soins quâon apporte pour entendre une
langue , il faut quâun usage constant et uniforme
concoure avec les rĂšgles. _ (Duclos.)
Prince, quelques raisons que vous me puissiez'dire,
Votre devoir ici nâa pas dĂ» vous conduire.
(Racine.)
Quelques prix glorieux qui me soient réservés,
Quels lauriers me plairont de son sang arrosés.
(Racine.)
Avec quelques couleurs quâon aient peint ma ĂŒertĂ©,
Croit-on que dans ses flancs un monstre mâait portĂ© ?
(id.)
Quelque, placĂ© devant un subsiantif suivi ou non suivi de que, sâĂ©crit en un seul
mot, et, comme tous les adjeclifs terminĂ©s par un e muet, sâemploie, sans subir
aucun changement, avec des noms masculins et féminins. 11 prend seulement un s au
pluriel.
Il en est de mĂȘme quand quelque est prĂ©cĂ©dĂ© de lâarticle. Exemple : Les quelques
objets que nous envoyùmes au chef, si faible qu'en fût la valeur, lui causÚrent une vive satis^
faction.
(Albert-Montémont.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Quelque aeToIr.
Quelque douceur.
Quelque mérite
Quelque beauté.
Quelque e*pn't.
Quelque embitiou.
Quelques amis.
Quelques richesses.
Quelques soldats.
Quelques vertus.
Quelques talents.
Quelques femmes.
Quelqae courage que
Quelque patience que...
Quelque orgueil que...
Quelque forluoe que...
Quelque pouvoir que...
Quelle prudeoce que...
Quelques bieuCsits que...
Quelquesconuaissaoces que...
Quelques conseils que...
Quelques étrenues que...
Quelques services que...
Quelques Urmei que...
( 302 )
Nâ ccxxra.ii^'
Quelque placé devant un adjectif suivi immédiatement de que.
variable.
I^eĂŻques grands avantages que la nature donne,
n'est pas elle seule, mais la fortune avec elle qui
fait les héros.
(Larochefoucauld.)
De quelques superbes dĂŻsttncaâons que se flattent
leshommes, ils ont tous mĂȘme origine.
(Bossuet.)
... quelques vains lauriers que promette la âguerre,
On peut ĂȘtre hĂ©ros sans ravager la terre.
(Boileau.)
ĂŒne femme, quelques grands 6ten# gu'elle apporte
dans une maison, la ruine bientĂŽt si elle y introduit
le luxe... (Fkhelon.)
Quelques nouveaux malheurs qui nous doivent at-
V , â [teindre,
Vous ne mâentendrez pointmurmurer ni vous plaindre.
(Ancelot.)
Mms quelques fiers projets qu'elle jette en mon cĆur,
L amour, ah ! ce seul mot me range Ă la douceur.
(Corneille.)
invariable.
Quelque méchants que soient les hommes, Us
n'oseraient paraĂźtre ennemis de la vertu.
(Larochefoucauld.)
Pourquoi Tair et Teau , quelque agitĂ©s qĂŒils soient,
ne sâenflamment-ils pas P
(Bernardin de St-Pierre.)
Les jeux de hasard, ^guelque mĂ©diocres qĂŒâils paÂŹ
raissent, sont toujours chers et dangereux.
(MâÂź de Genlis.)
Quelque Ă©troites que soient les bornes du cĆur,
on n'est pas malheureux tant qu'on s'y renferme.
(J.-J. Rousseau.)
La grùce de la nouveauté et la longue habitude,
quelque opposĂ©es qu'elles soient, nous empĂȘchent
également de sentir les défauts de nos amis.
(Larochefoucauld.)
'Quelque corrompues que soient nos mĆurs, le vice
n'a pas encore perdu toute sa honte. ,
(Massillon.)
Placé devant un adjectif, quelque ést variable ou invariable.
iŸ Il est variable, toutes les fois que Tadjectif qui vient aprÚs lui est immédiatement
suivi dĂŒn nom : Quelques grands avantages, quelques grandes distinctions. En pareille
circonstance, le nom et Tadjectif ont une liaison tellement intime entre eux, qĂŒils
semblent ne faire quĂŒn seul et mĂȘme mot, dĂ©terminĂ© par quelque. Câest comme si
1 on disait : Bien que la nature donne quelques grands-avantages; quoique les hommes se
flattent de quelques grandes-distinctions.
ùŸ l\ esi invariable, lorsquâil prĂ©cĂšde un adjectif ou un participe (1) immĂ©diatement
' suivi de que : Quelque méchants qxje soient les hommes.
Quelque alors modifie Tadjectif qui suit, et est TĂ©lĂ©ment dĂŒne expression adverbiale
dont toutes les autres parties sont sous-entendues, ainsi que le prouve incontestaÂŹ
blement Tanalyse suivante : A quelque degrĂ© que les hommes soient mĂ©chants. Câest
pour rendre Texpression plus rapide qĂŒon a supprimĂ© la prĂ©position Ă et le mot degrĂ©
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Quelque Caible génie que.
Quelque bel enfant que.
Quelque grande récompense que.
Quelque doux espoir que.
Quelque folle entreprise que.
Quelque ricbe moĂMOD que.
Quelques légers xéphtrs que.
Quelques mécbauts hommes que.
Quelques Tertueuses filles que.
Quelques bonnes lois* que.
Quelques précieux bijoux que.
Quelques fidĂšles amU que.
Quelque spirituelles quo soient ces dameSL.
Quelque bonnes quâoo les dise.
Quelque saTOnts quâils paraissent.
Quelque certains que soient nos projets. âą
Quelque flotteuses que soient vos espérances.
Quelque jolis que soient ces enfants.
Quelque, fins politiques que fussent Burrhus et
SĂ©nĂšque, Us ne purent- dĂ©couvrir le fond du cĆur
de Néron. (Saint-Réal.)
EXEMPLES.
»
Quelque bons traducteurs qĂŒUs soient, -Us ne
cpinpreadront pas ce passage.
' * (Boniface.)
(i) Nous pourrions ajouter et un nom employé adjectivement»
( 303 )
nÂź CCXXIVe
QuehlllO DEVANT UN ADVEBBE.
EXEMPLE.
ANALYSE.
(A) quelque (degré) que nous' soyons heureusement
doués, nous ne devons pas en tirer vanité.
Quelque heureusement doués que nous soyons,
nous ne devons pas en tirer vanité.
(Boniface.)
Quelque suivi immĂ©diatement dâun adverbe est invariable, et Tanalyse que nous
avons donnée nous en montre la raison.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Quelque adroitement quâila aient agi.
Quelque bien quâelles se couduĂźseat,
Quelque mal que noua agissions.
Quelque prudemment quâils sây prennent.
Quelque grandement quâils aiect Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s.
Quelque savammeut que vous parlĂźes.
NÂź CCXXV.
Quelque dans le seivs Dâenviron*
EXEMPLES.
Alexandre perdit quelque trois cents hommes ,
lorsquâil dĂ©fit Porus.
(dâAblancourt.)
Quel Ăąge avez-vous ? Vous avez bon visage !
ÂŁh i quelque soixante ans.
(Racine.)
analyse.
Alexandre perdit trois cents hommes (Ă ) quelque
(nombre prĂšs).
Quel Ăąge avez-vous? vous avez bon visage. Eh!
(j'ai) soixante ans (Ă ) quelque (tempsprĂšs)!
Celte analyse nous révÚle le sens précis de ces expressions elliptiques, et nous fait
connaĂźtre que le mot quelque nâest jamais autre chose qĂŒun adjeclif qui, dans quelÂŹ
que cas que ce soit, doit toujours se rattacher Ă un nom. En se bornant Ă dire que
quelque, dans les exemples citĂ©s, signifie environ, on ĂŒapprend rien aux Ă©lĂšves; il faut
absolument leur en faire voir lâanalyse complĂšte.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il y a quelque huit cents ans quâilTivait.
EUe Q dépensé quelque trois cents louis.
11 a vécu quelque quatre-vingt# aOi.
Gegénéral a perdu quelque cents hommes.
NÂź CCXXVI.
QUELCONQUE.
MASCULIN.
Toutes les jouissances sont toujours précédées d'un
travail quelconque* (Mâ* Campah.)
FEMININ,
On peut exprimer à volonté des silences d'une durée
quelconque. (J.-J. Rousseau.)
( 3Ă4 )
Là vie étant dans chacune des parties, elle peut se
trouver dans un tout, dans un assemblage quelconque
de ces parties. (Buffon.)
Deux points quelconques étant donnés.
(Acadkmib.)
On veut s'entendre', dlton, sur la marche Ă suivre
dans la séance de mercredi. S'entendre ! On délibérera
âdonc; ĂŒ y aura donc une discussion et une dĂ©cision
quelconque ; ĂŒ y aura donc un prĂ©sident pour doimer
la parole. ' (J. des Débats.)
L'adjeciif çue/conçwe sâĂ©crit en uii seul mot et quel ne varie pas ; il sert pour les deux
genres et les deux nombres, et se place toujours aprĂšs le substantif. Au pluriel il prend
seulement s. ' .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
11 n*y a homme quelconque.
Il nâest priĂšre quelconque.
Il nây a mal quelconque-
Il n'y a raison quelconque.
Un projet qneloonqne.
Une idée quelconque.
Deux termes quelconqnet.
Deux lignes quelconques.
N* CCXXVII.
PAS UN,
Je regarde les nations modernes : j'y vois force lois
et pas «n lĂ©gislateur. , â
(J.-J. Rousseau.)
Nous avions déjà tous interrogé notre chance de
royauté ; pas un de nous n'avait trouvé la fÚVe.
(Jules Janin.)
Il se trouva que sur tous essayée,
Kpasun dâeux elle ne convenait.
(La Fontaine.)
Peu de volumes paraissent, de gros livres pas un,
et poui-tant tout le* monde lit.
(P.-L. Courier.)
* *
Pas un ne le dit,
(Laveaux.)
Pas une expérience ne lui a réussi.
(Académie.)
Il faut absolument qĂŒon mâait ensorcelĂ©.
Si jâen connais pas Ăčn, je veux ĂȘtre Ă©tranglĂ©.
(Racine.)
Combien mon cher, avez-vous bien d'années?
Pas une, reprit-il. â J'aime fort ses pensĂ©es.
Nous nâavons pas celles qui sont passĂ©es.
Et l'avenir nâest pas encore Ă nous,
(LamahtĂŻniĂšre.)
Tous, sans exception, regardent la taniĂšre.
Pas un ne marque de retour.
(La Fontaine.)
On a mille remĂšdes pour consoler un honnĂȘte
homme et pour adoucir son malheur, mais on n'en
trouve pas un pour alléger celui du méchant.
(La BruyĂšre!)
Il nây a pas un homme qui ose dire cela.
(Laveaux.^
11 nây avait pas unĂ© Ă mc.
(Académie.)
J
Les expressions pas un, pas une, indiquent une exclusion plus gĂ©nĂ©rale qĂŒawcun, -
aucune. Elles peuvent ĂȘtre suivies ou non suivies dĂŒn substantif, et sâemploient aussi
dĂŒne maniĂšre relative, comme dans pas un de nous.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Fai un élÚfc.
AĂŒii) savant que pas un.
Pas une actrice.
Pas uné fvmme
Je nâf;n ai pas une.
Aussi modesleque pas une.
Je nâeu ai pas une.
Foi nno fleur.
( SOS )
Nâ ccxxvni
MĂME.
GENRE BT NOMBRE.
DEVANT LE SUBSTANTIF.
Tons les galériens , en effet, se voient absolument
du mĂȘme Ćil; car le malheur est comme la mort, il
met de niveau tous les hommes.
(Dupaty.)
Est-il bien facile de mettre de lâIntĂ©rĂȘt dans une
scĂšne, entre deux ou trois interlocuteurs qui parlent
tous de la mĂȘme chose ? (Florian.)
Le peuple et les grands nâont pi les mĂȘmes vertus ,
ni les mĂȘmes vices.
(VaĂŒvenargues.)
Les souverains peuvent avoir plus ou moins de
puissance ; mais" ils ont partout les mĂȘmes devoirs Ă
remplir, (Maleshkrbes.)
APRĂS LE substantif.
Câest du sein mĂȘme du mouvement que naĂźt lâĂ©quiÂŹ
libre des mondes et le repos de lâunivers.
(Buffon.)
Si la uertu rriéme, et si la gloire ne nous rendent
heureux, ce quâon appelle bonheur vaut-il nos reÂŹ
grets ? (VaĂŒvenargues).
DĂšs que deux amants sont dâaccord, les montagnes
mĂȘmes se sĂ©parent pour leur ouvrir un passage.
(Lesage.)
Les Ă©corces mĂȘmes des vĂ©gĂ©taux sont en, harmonie
avec les tempĂ©ratures de lâatmosphĂšre.
(Bernardin de St-Pierrk.)
PlacĂ© avant ou aprĂšs un nom, le mot mĂȘme est adjectif et prend le nombre du sub
sianlif auquel il est joint ; mais sa position, devant ou aprĂšs le substantif, lui donne
un sens bien diffĂ©rent, et si Ton disait : C'est lamĂȘme vertu pour c'est ta vertu mĂȘme, on
ferait entendre tout le contraire de sa pensée.
Dans les exemples de la premiĂšre colonne, mĂȘme marque la similitude : le mĂȘme
homme, la MĂME/emme; les mĂȘmes hommes, l'es mĂȘmes/cmmes. Dans ceux de la seconde
it exprime un rapport dâidentitĂ© : les hommes mĂȘmes, les femmes mĂȘmes. Câest-Ă -dire les
hommes eux-JxtJSES, les femmes c//es-MĂMES.
MĂȘme ne varie pas sous le rapport du genre.
Le mĂȘme habit.
Ta mĂȘme plante.
Le mĂȘme Ă©loge.
La mĂȘme loi.
Ira mĂȘme ouvrage.
La mĂȘme raiton.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Lei mĂȘmes habita.
Les mĂȘmes plantes*
Les mĂȘmes Ă©loges.
Iras mĂȘmes lois.
Les mĂȘmes ouvrages.
Les mĂȘmes railODS.
Ira roi mĂȘme.
Ces murs mĂȘmes.
'La croix mĂȘme.
Les soldais mĂȘmes.
Iras femmes mĂȘmes.
Les of&ciers mĂȘmes.
Le roi lai-mĂȘme.
Ces murs eux-mĂȘmes
Les croix ellcs/.niĂȘmes.
Les soldats eux-mĂȘmes.
Les femmes elles-mĂȘmes.
Los oRicieri eux-mĂȘmes.
NÂź CCXXIX.
MĂȘme joint a un pronom.
filNCULlER.
m
Je dis quelquefois en moi-méme : La vie est trop
courte pour que je mâen inquiĂšte..
(Vauvenarguks.)
PLURIEL.
Comment prĂ©tendons-nous quâun autre garde potre
secret, si nous ne pouvons le garder nous-méme^.
(Larochefoucauld.)
59
( 506 )
ToinnĂȘme, ĂŽ mon fils, mon cher fils I toi-mĂȘme
qui jouis maintenant dĂŒne jeunesse si vive et sifĂ©condc
en plaisirs, souviens-td que te bel ĂągĂ© nâest quâune
fleur, - . ; ' (Fénelon.)
Qu'il est grand dâĂ©tre toujours plus fort que soU
mĂȘme, , (Massillon.)
Pour la passion de Tavarlce , lâavare ne se la cache
quâĂ lui-mĂȘme, {Id.)
PhĂšdre, atteinte dâun mal qĂŒelle sâobstine Ă taire,
Lasse enfin Ă!elle-mĂȘme et du jour qui TĂ©claire,
Peut-elle, contre vous, former quelques desseins ?
(Racine.)
Vous qui méprisez les opinions religieuses , et qui
yous dites supérieurs en lumiÚres, venez et voyez
idvi-'meniĂšs ce que peut valoir, pour le bonheur,
votre prétendue science.
(Necker.)
11 se trouve toujours des hommes qui ont assez de
courage ou de mĂ©pris ĂȘ/euĂŠ-mĂȘmes pour exposer
leur vie par lâappĂ t du plus vil intĂ©rĂȘt.
(BĂŒffon.)
Le prince de Coudé demandait que les églises ré
formĂ©es fissent sur elles^ĂȘmes une imposition.
(Anquetil.)
Lorsquâil se trouve placĂ© aprĂšs un nom personnel ou pronom/ mĂȘme est encore
adjectif et sâidentifie, en quelque sorte, avec son antĂ©cĂ©dent, dont il prend le nombre:
Nous-mĂȘfnĂ©s, eux-mĂȘmes, toi-mĂȘme (4).
Dans cette circonstance, on ne saurait se dispenser de mettre le trait dĂŒnioh qui
rend ces deux mois comme inséparables.
* ^ «
EXERCICE PBRASĂOLĂGĂQVĂ.
^âai Ă©tĂ© moLmĂȘme Bur tĂš poiot de me fĂ cheiw
Toi-mĂąme tu mâas iniuriĂ .
FetiUoa sa conĂčaJtrĂŽ soi-mĂŽme.
Cet bomme prononça lui-mÎmo sa condamnation.
Cette jeune fille demanda clie-inĂȘmc 1n grĂące de son pĂšre.
GĂȘi enfant* se sont corrigĂ©) eux-mĂȘmes.
Ce* dames elles-mĂȘmes sont descendues.
Ces princes se sont expatriĂ©s dâeui-mĂšmes.
Nous ne voyons pas uous-niÚracs nos défauts.
Nousnousnme# tort ⥠nous-mĂȘmes en parlant trop.
âąooooi
Nâ CCXXX*
NoĂŒs-mĂȘmei vous-mĂȘme exprimant lâidef. d'unitĂ©.
Va ; maisnous-mĂȘme, allons , prĂ©cipitons nos pas.
Quâil me voie attentive au soin de son trĂ©pas.
(Racine.)
Mais vous-mĂȘme, ma sĆur, est-ce aimer votre pĂšre,
Que do lui faire eu vain cette inj uste priĂšre ?
(Id.)
Gâest votre temps j ce sont vos soins, vos affections,
câcst vous-mĂąme qĂŒĂ faut donner.
(J.-J.^RĂšfUSSBAĂŒ.)
Vous seul pouvez parler dignement de vous-mĂȘme.
(Voltaire.)
Dans ces exemples, mĂȘme.est invariable, quoiquâil se trouve en rapport avec les
pronoms nous, vous. En effet, il ne sâagit, dans cha que phrase, que dâune seule per^
sonne qui se parle Ă elle-mĂȘme ou Ă qui Ton parle.
Lorsque Roxane dit : Va; mais noĂŒs-mĂȘmb a/ZoĂŻis,* prĂ©cipitons nos pas, elle ne songe
qĂŒĂ elle seule; elle ĂŒa qĂŒelle seule en vue.
(1) Les poÚtes ne se sont pas toujours astreints à cette rÚgle, soit par négligence^ soit à cause de la rime
ou de lâĂ©lision des voyelles. En voici quelques exemples^ :
Elles-mĂȘme aux railleurs dĂ©nonçant leurs maris.
(Gilbert.)
' Soyons vrais, de nos maux nâaccusons que nows-mcme.
Votre amour fut aveuglĂ© et mon orgueil extrĂȘme.
(La Harpe.)
' Loin de moi Içs mortels assez audacieux,
Pour, juger, par eux-mĂȘme et voir tout par leurs yeux*
' (Voltaire.)
On porte jusqu'aux cieux leur justice suprĂȘme :
AdorĂ©s de leur peuple, ils sont des dieux Ăšuxâ^inĂȘme,
â (W.)'
\
( 30T )
NptiĂȘ-mĂ©me signifie moi-mĂȘme, comme vous-mĂȘme dans les autres exemples > veut dire
toi-mĂȘme*
LâidĂ©e dâĂŒnitĂ© est donc spĂ©cialement attachĂ©e ici aiĂźx ndms personnels rious, vous*
^ C^est ce qui a dĂ©terminĂ© Tin variabilitĂ© de lâadjectif mĂȘme*
9
EXERCICE PERASĂOLOGIQVEi
Noiurmtiiie eotiraĂŻui la teconn de notre enftnt. 9
Econtoni noueindaie afin de urprendie notre mari.
âą Tona-mĂąmo, jeune fille, ci&Ăźgnea l'amooi,
EcrĂTex voae-m6me co billet.
NÂź CCXXXI.
MĂȘme se rapportant a un nom prĂ©gĂ©dbhmbnt bxphimĂ©.
EXEMPLES.
Le noinbre des galĂ©riens est Ă peu prĂšs le mĂȘme
tous les ans. (Dupaty.)
Les symptĂŽmes ne furent' pas partout les mĂȘmes.
(SĂŻsmondi.)
La maniĂšre dâamener ces petits morceaux de poĂ©sie
est malheureusement toujours la mĂȘme.
(Florian.)
Mais depuis le moment quâĂlisabeth eĂ»t dĂ©couvert
la tristesse de ses parents , ses pensées ne furent plus
les mĂȘmes* (Ă»lâÂź Cottin.)
ANALYSE.
Le nombre des galĂ©riens estĂą peĂŒ prĂšs le mĂȘme
(noinbre) tous les ans.
Les symptĂŽmes ne forent pas partout les mĂȘmes
(symptĂŽmes).
La maniĂšre dâamener ces petits morceaux- dĂ©
poĂ©sie est malheureusement toujours la mĂȘme '
(maniĂšre).
Mais depuis le moment qĂŒElisabcth eĂ»t dĂ©couvert
la tristesse de ses parents, ses pensées ne furent plus
les mĂȘmes (pensĂ©es).
Ă©
Le mĂȘme, la mĂȘme, les mĂȘmes entraĂźnent aprĂšs eux lâidĂ©e dâun substantif sous-enÂŹ
tendu. ff
Câest donc Ă tort que les grammairiens les supposent employĂ©^ substantivement; car
notre analyse prouve, dâune maniĂšre convaincante, que ce sont de vĂ©ritables adjectifs.
Les symptĂŽmes ne furĂšnt pas partout les mĂȘmes* Sans contredit, Tesprit ne fait aucun
effort pour trouver que le mot stjmptĂŽmes est sous-entendu, et que Tadjectif les mĂȘmes
s'y rapportant, doit en prendre le nombre.
Cet homme n'est pins le mĂȘme.
Elle nâĂŽtoit plas la mĂŽme.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE*
'Set talents ne sont plus les mĂŽmes. Sa folie n'est plus la mĂŽme. . Cet homme nâesl plus le mĂŽme.
Ses grftces sont tes mĂŽmes. Gesminiatresnesont pas les mĂŽmes. Son Ăeritare n'est plus la mĂŽme.
NÂź CCXXXII.
MĂȘme employĂ© adverbialement.
APRES UN VERBH.
Npus ne devons pas fréquenter les impies, nous
devons mĂȘme les Ă©viter comme des pestes publiques.
(Cité par Girault-Duvivier.)
devant un substantif.
Leurs vertus et mĂȘme leurs noms Ă©talent ignorĂ©s
(Bernardin de St.-Pierre.)
\
( m )
5n eesùe dÚ s'occuper d'infortunés ffii'on ne voit
point, et ĂŽU finit mĂȘme par les oublier touUĂ -fait.
(Mme Cottin.)
Comment croire que les besoins physiques , qui
ebranlent mĂȘme les saints, ne sont que de faibles
accessoires de la vie humaine ?
(Bernardin de St-Pierre.)
Us sâexerçaient Ă faire usage des armes Ă feu, et Ă
exĂ©cuter mĂȘme des manĆuvres prises dc la tactique
des Grecs, qĂŒi sont nos maĂźtres presque en tout
genre. {Jd.)
' Nos dogĂŒles, mĂȘme ceux ^ĂŒe la ratsoU ne peut
comprendre, Sont rendus croyables par la raison.
(De la Luzerne.)
Les hommes , les animaux , et mĂȘme les plantes
sont sensibles aux bienfaits.
(Cité par Girault-Ddvivikr.)
Frappez et Tyriens et mĂȘme IsraĂ©lites.
(Racine.)
Ici mĂȘme ne se rapporie Ă aucun subsiantif Ă©noncĂ© dans la phrase; il modifie les
verbes ou les adjeclifs, et est un abrĂ©gĂ© de Texpression adverbiale : (de la) mĂȘme
(maniĂšre), ou plutĂŽt du vieux .mot français mĂȘmement. Nous^ devons mĂȘme Ă©viter, câest,
donc, pour nous devons mĂȘmement, ou de la mĂȘme' maniĂšre Ă©viter, etc. â Leurs vertus, et
MĂME leurs noms Ă©taient ignorĂ©s, câest comme sâil y avait : Leurs vertus Ă©taient ignorĂ©es et
(leurs noms Ă©taient) ignorĂ©s de mĂȘme.
MĂȘme, comme on le voit, ne rĂ©veille ici aucune idĂ©e de similitude ni dâidentitĂ©; il inÂŹ
dique une idĂ©e dâextension, de modification, qui tombe ou sur un verbe ou sur un adÂŹ
jeclif, et a pour équivalent les mots awssz, de plus, jusqu'à , etc.
Ainsi employĂ©, mĂȘme est constamment invariable, quels que soient les mots qui ie
précÚdent ou le suivent.
EXERCICE PBRASEOLOGIQVE.
Je dois mĂȘme les secourir, â Ils vont mĂȘme les congĂ©dier.
Kotts vouIoDi mĂȘme les gronder. Vous pour» mĂȘme les prendre.
Lears vices et mĂȘme leurs verlui. Les hommes et mĂȘme les dieui.
Les animaux et mĂȘme les plantes. Les diaux al mima .es homme*
*^9 NÂź CCXXXIII.
MĂȘme placĂ© devant ou aprĂšs un adjectif ou un participe.
avant.
II faut ĂȘtre en garde contre les Ă©crivains mĂȘme acÂŹ
crédités*
(Bernardin de St.-Pierre.)
On fait souvent vanitĂ© des passions , mĂȘme les plus
criminelles* (Larocuefoucauld.)
Tout citoyen doit obĂ©ir aux lois, mĂȘme injustes*
(Bernardin de St.-Pierre.)
J APRĂS.
Nos méthodes savantes nous cachent les vérités
naturelles connues mĂȘme des simples bergers.
âą (Bernardin de St.-Pierre.)
Les animaux, les plus sauvages mĂȘme, nous ofÂŹ
frent (les exemples de la reconnaissance.
(Cité par Boniface.)
Ses remords ont paru mĂȘme aux yeux dc Narcisse.
(Racine.)
' 3ĂŻĂȘme est Ă©galement invariable toutes les fois qĂŒil est placĂ©.devant ou apiĂšs un
adjeclif, et la raison de celle invariabilitĂ©, câest qĂŒil exprime une mo.dification qui,
au lieu de tomber sur le substantif, sâapplique au verbe ou Ă Tadjectif Ă©noncĂ© dans
la phrase, comme va le prouver notre analyse.
Il Jaut ĂȘtre en gardĂ© contre Les Ă©crivains mĂȘme accrĂ©ditĂ©s* Analyse : il faut ĂȘtre en garde
contre les Ă©crivains, (et il faut) mĂȘme (ĂȘtre en garde contre ceux qui sont) accré
ditĂ©s, Nos mĂ©thodes savantes nous cachent les vĂ©ritĂ©s naturelles connues mĂȘme des simples
bergers* Analyse : nos méthodes savantes nous cachent les vérités naturelles (connues non
( 309 )
seulement dĂŒne certaine classe d'hommes, mais) connues mĂȘme' des simples bergers.
On fait souvent vanitĂ© des passions, mĂȘme les plus criminelles. Analyse : on fait souvent vaÂŹ
nitĂ© des passions (et Ton fait) mĂȘme (vanitĂ© des passions) les plus criminelles.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
ht» Ă©erĂTBĂns mĂȘme lei plui eĂ©lĂšlirei.
Les Ă©eoliert mĂȘme le* plu* docile*.
ht» fruits mĂȘme les plus mĂrt,
Les fleuri mime les plus jolies.
Les jeune* filles les pins sages mĂȘme.
Les Ă©coliers tes plus dociles mĂȘme.
Les fruits les plus mĂ»ri mĂȘme.
Les fleurs les plus jolies mĂȘme.
N° CCXXXIV.
MĂȘme variable ou invariable aprĂšs un substantif.
variable.
Ce mensonge nâa rien qui ne soit Innocent. Les
dieux mĂȘmes ne peuvent le condamner, il ne fait
aucun mal à personne. (Fénelon.) _
Il est aisé à un traducteur de se tirer des endroits
mĂȘmes quâil nâentend pas.
(Boileau.)
Oa ne donnerait pas aujourdâhui un soufflet sur la
joue dĂŒn hĂ©ros. Les acteurs mĂȘmes sont trĂšs-emÂŹ
barrassés à donner ce soufflet.
(Voltaire.)
Les rockers mĂȘmes et les plus farouches animaux
sont sensibles Ă de touebants accords.
âą (Gresset.)
INVARIABLE.
La faiblesse aux humains nâest que trop naturelle ;
Les dieux mĂȘme, les dieux de lâOlympe habitants, .
Qui dĂŒn bruit si terrible Ă©pouvantent les crimes.
OntâbrĂ»lĂ© quelquefois de feux illĂ©gitimes.
. (Racine.)
Je crois en trouver la raison jusque dans les beaux
endroits mĂȘme de la Sophonisbe de Corneille.
. (Voltaire.)
On ne méprise point un charpentier, au contraire ,
il est bien payé et bien traité ; les bons rameurs
mĂȘme ont des rĂ©compenses sures et proportionnĂ©es
à leurs services. (Fénelon.)
Les divertissements mĂȘme de Pierre-le-Grand
furent consacrés à faire goûter le nouveau genre de
vie quâil introduisit paiâmi ses sujets.
(Voltaire.)
Nous avons dit, page 303, que mĂȘme, placĂ© aprĂšs un substantif, est variable. CeÂŹ
pendant nous voyons qĂŒen ce cas il peut ou non varier selon les vues de lâesprit.
- Dans le premier exemple de la premiĂšre colonne, les dieux mĂȘmes signifie en effel les
dieux eux-mĂȘmes. Ce mĂȘmes modifiant le substantif dieux a dĂ» nĂ©cessairement en prendre
le nombre. En latin il sâexprimerait par ipsi,"et nâĂ©stjĂ que pour TĂ©nergie.
Dans Texemple opposĂ© : les dieux mĂȘme ont brĂ»lĂ© il y a inversion ; câest pour les dieux
BRĂLĂ MĂME, DE LA MĂME MANIĂRE, aussl, elc. (1). MĂȘme modifie, non le substantif
dieux, mais le verbe onĂŻ brĂ»lĂ©, ont brĂ»lĂ© mĂȘme. Il doit donc ĂȘtre invariable.
On peut appliquer le mĂȘme raisonnement Ă tous les aulres exemples de lĂŒne
de Tautre colonne.
Ainsi,* pour nous rĂ©sumer, nous dirons que, quelque place que mĂȘme occupe dans la,
(l) Lemare ne paraĂźt pas avoir mieux compris que les autres grammairiens la vĂ©ritable fonction de mĂȘme
adverbe. Lâanalyse quâil en donne le prouve jusquâĂ lâĂ©vidence. Dans les dieux mĂȘme ont brĂ»lĂ©, mĂȘme nâest
point, dit-il, un plĂ©onasme qui ajoute Ă la force de lâexpression, mais câest un mot nĂ©cessaire pour montrer la
gradation : Les mortefs ont brĂ»lĂ© de faux illĂ©gitimes, et mĂȘme owmĂȘmement les dieux.
MĂȘme ne marque nullement la gradation ; il modifie seulement le mot brĂ»lĂ©; les dieux ont brĂ»lĂ© de mĂȘme
que les mortels de feux illégiiimes. Lemare est sans contredit le plus profond de nos grammairiens, mais il
sâen faut que Tanalyse lui ait rĂ©vĂ©lĂ© tous ses jSecrets.
phrase, il doit ĂȘtre inyariabie, sâij [)eut se tourner par mĂȘrpfmmt, aussi, jusqtfĂ , de
plus; et variable dans tout autre cas (1).
Lei dieux mĂȘmes.
Lei Ă©criToini mĂȘmes.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Les dieux mĂŽme/
. Les Ă©orĂTaĂźui mSme.
Les poĂštes mgmes.
Les plaisirs mĂȘtneL
Les poĂštes mĂȘme.
Les plaisirs mĂŽme.
NÂź CCXXXV.
Ceux mĂȘmes, ceux mĂȘme, celles mĂȘmes, celles mĂȘme, etc.
. /
Ceux mĂȘmes.
Respectons cette grandeur dangereuse Ă ceux qui
sâen approchent, et cette autoritĂ© fatale Ă ceux mĂȘmes
qui l'exercent. (La BhaĂŒmellb.) ^
Le sĂ©nat ae trouve composĂ© de ceux mĂȘmes qui
«'opposaient le plus à la loi.
' (Saint-Réal.)
Gâest unĂ© maladie contagieuse qui a flĂ©tri ceux lĂ
mĂȘmes Ăźx qui elle nâa pas donnĂ© la mort.
â (FflAYSSmOTTS.)
Ceux mĂȘme.
Ni les motifs de la religion, ni ceux mĂȘme du
monde ne peuvent nous détacher.
(Massillon.)
Ceux mĂȘme quâil servit ne le dĂ©fendront pas.
(Grhsset.)
. lis » ne suivent donc pàs conrtamment leurs lois
primitives et ceZĂŻes mĂȘme qĂŒils se donnent, ils hc
les suivent pas toujours.
(Montesquieu.).
3ĂŻĂȘme, lorsqu'il est prĂ©cĂ©dĂ© de ceux, celles, ceux-lĂ , celles-lĂ , varie ou ne varie pas
sfelon le point de vue de l'esprit. Il varie si on le considĂšre comme adjeclif; et reste
invariable, employĂ© comme adverbe. Dans nilesmoĂŒjs de la religion, ni ceux uĂȘbiĂ«, etc.,
il y a inversion ; câest pour ; ni les motifs de la religion, ni mĂȘme ceux, etc.
Cenx mĂŽme.
CeĂŒei mĂȘmos.
EXERĂIĂE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Cfloz mĂȘmea.
CeUei mĂšmei.
Gflnx-tÚ mémcf.
CeUes-lĂ mĂȘmei.
Geax-IĂš mĂȘme.
CellaB-lĂš mĂŽmo.
N" CCXXXVI.
AUTRE.
SUIVI dâdn substantif.
Les anciens ne croyaient pas quâil y eĂ»t nn autre
monde. ' ' '
(Cité par GiEADLT>DuviviKa.)
OBN&B, NOMBBB ET EMPLOI.
NON SUIVI p'ĂŒN substantif.
. Le temple de Salomon ayant été détruit, on en
rebĂątit un autre par lâordre de Cyrus.
(Cité par Girault-Duvivier.)
(1) Cette rĂšgle a souvent Ă©tĂ© violĂ©e par les poĂštes, et U n'en pouvait guĂšre ĂȘtre autrement, Ă cause de la rime.
En voici plusieurs exemples.
Jusquâici la fortune .et la victoire mĂȘmes,
Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadĂšmes.
(Racine.)
Ici, dispensez^moi du récit des blasphÚmes
Quâils ont vomis tous deux contre Jupiter mĂȘmes.
(Corneille.)
^tmour âą âą.. 9
Câest lâinventeur des tours et stratagĂšmes.
Jâen ai bien lu, jâen vois pratiquer mĂȘmes,
Et dâassez bons.
(La Fontaine.)
( 511 )
Une femme ne communique jamais si prompteme it
la perversitĂ© de §pn cĆur-quâĂ une autre femme.
, â â . . (HkloĂŻse.)
. ĂŒn jour en aveugle U (Thomme) refuse
Ce que, mal Ă propos, il veut en Fautres temps.
(Lewoble.)
Il faut purger son Ăąme de la colĂšre , de la crainte,
de la tristesse et des autres passions qui y portent le
trouble ; câest le moyen de montrer de la constance
et dexonserver de la dignité,
- (Le pĂšre de Louis xyi.)
.. .QĂŒune femme pleure , une autre pleurera,
Et toutes pleureront, tant quâil en surviendra.
(DESTOUCnES.)
Ainsi une premiÚre victoire doit en amener d/autre$»
(Barthélémy.)
Quand une passion forte sâallume en nous, elle en
fait quelquefois naĂźtre d'autres, comme la chaleur
fait éclore plusieurs germes. -.
. (Liugréb.)
et
Uadjectif autre, des deux genres et des deux nombres, sert Ă distinguer les personnes
les choses, et sâemploie avec Tarticle ou ses Ă©quivalents.
Cependant il y a une différence bien marquée entre autre précédé de Tarticle et autre
précédé de Tadjectif numéral un. Les exemples suivants justifieront celte observation.
Le ciel sâenflamma dâun pĂŽle Ă Tautre.^ Si Ton disait dâun pĂŽle Ă un autre, cela signifierait
dâun pĂŽle Ăčwu des autres pĂŽles, ce qui ĂŒest pas possible. Un autre a donc le sens de un
parmi plusieurs autres, et Lâautre veut dire un second. Lâarticle le restreint TidĂ©e et inÂŹ
dique le cercle oĂč elle doit se renfermer. AprĂšs avoir demandĂ© un livre, je dirai fort
bien : DĂŽnnez-mâen un autre, câest-Ă -dire un livre diffĂ©rent, ce qui ne limite pas le
nombre. Au contraire, aprĂšs avoir dit : .Donnez-moi une main, je dirai ; Donnez-moi
Tautre, et non pas une autre, parce que Ton nâa que deux mains. Autre marque aussi
la ressemblance. Câest un autre Alexandre, cette ville est un autre Paris.
GĂ©nĂ©ralement autre est suivi dâun substantif ; mais la seconde colonne nous montre
que ce mĂȘme substantif se supprime quand il a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, ou bien
quand autre est pris dans un sens vague et indéterminé, comme dans les exemples
suivants ; , .
Je suis pĂšre, seigneur, et faible comme un autre.
(Racine.)
D'autres me rĂ©pondront et dâelle et de Burrhus.
.[Id.)
Une autre cependant a fléchi son audace.
(Racine.)
Nous avons beau jeter nos fautes sur les autres.
TĂŽt ou tard nous en palissons. (Lamotte.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Un antre parapluie.
Dâautres lits.
Un autre le dira.
D*autres en auront soin.
Une autre chambre..
Dâautres maifons.
Une autre mâaimera.
Quand les autres rient.
Donnea-mâen un autre.
Jâen veux une antre.
En voici dâautres,
Prenea-cn dâautres.
Nâ CCXXXVII
Autre HEPĂTJĂ.
SUIVI IMMĂDIATEMENT dâuN SUBSTANTIF.
^ Autre chose est lâadministration passagĂšre et souÂŹ
vent orageuse dâune rĂ©gence , et autre chose une
forme de gouvernement durable et constante qui doit
faire partie de la constitution de TĂtat.
fJ.'-J. Rousseau.)
NON SUIVI IMMĂDIATEMENT d'ĂŒM SUBSTANTIF.
Autres sont les temps de MoĂŻse, autres ceux de
Josué et des Juges, autres ceux des Rois, autres
ceux oĂč le peuple a Ă©tĂ© tirĂ© dâEgypte, autre# ceux oĂč
il a conquis la terre promise , autres ceux oĂč il a Ă©tĂ©
rétabli par des miracles visibles..
(Bossuet.)
( 312)
On parlait latin et longtemps devant des femmes et
des marguilUers; autre temps, autre usage.
(La BruyĂšre.)
Dâautres temps, dâauires soins.
(Racini.)
Autre est la ville de Vienne en Autriche, Ăšt autre
est la ville de Vienne en Dauphiné.
fAcADKMIH.)
Autre est le plaisir que nous donne une comédie,
autre celui que nous donne une tragédie.
(Bernardin de St-Pierre.)
. t
Autre, lorsquâil se rĂ©pĂšte, peut, comme on le voit, ĂȘtre oĂč non immĂ©diatement
suivi dâun substantif. Dans lâun et lâautre cas il y a tout Ă la fois inversion et ellipse :
Autre chose est l'administration passagÚre d'une régence et autre chose une forme de gouver
nement durable, câest-Ă -dire L'administration passagĂšre d'une rĂ©gence est autre chose
qĂŒune forme de gouvernement durable) etune forme de gouvernement durable (est) avtrb
CHOSE (que l'administration passagĂšre dâune rĂ©gence). La mĂȘme analyse peut sâapÂŹ
pliquer Ă toutes les phrases semblables.
N . . ,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Autre eboxe «it... autre enoie...
Dâautrex cbefx... d'autrti...
Antre eit le plaltir... astre eelsl...
Atttrex iont lex tempt... «utrex e«ux... '
/
( 313 )
CHAPITRE IV,
DĂŒ PRONOM
N« CCXXXYIII.
nature du pronom. â SA DĂFINITION,
LâĂąne se mil Ă paĂźtre :
n était alors dans un pré,
Dont lâherbe Ă©tait fort Ă son crĂ©.
(La Fontaine.)
Pends-toi, brave Grillon, nous avons combattu Ă
Arques et tu nây Ă©tais pas. (Henri iv.)
<. âą
Au lieu de dire : LMne se mit à paßtre : il était alors dans un pré, dont V herbe était fon
^.à son gré, on pourrait dire : Vùne se mit à paßtre, Vùne était alors dans un pré, T herbe
DU PRà était fort à son gré. Le mot il lient donc la place du substantif pré. Le mot dont
lient Ă©galement la place de ce substantif. Les mots.t/ et dont sont des pronoms, câest-
Ă -dire des mots tenant la place dâun nom ou substantif.
Ainsi le pronom est un mot qui tient la place du nom ou substantif.
A en juger pur lâĂ©tymologie, le pronom proprement dit est un mot qui nâa par lui-
mĂȘme aucune signification, et quâon met Ă la place dâun nom prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©,
pour le remplacer, et en éviter la répétition. ^
DĂšs que le pronom lient la place dâun nom, câest une consĂ©quence qĂŒil en rĂ©veille
ridĂ©e telle qĂŒelle est, telle que le nom la rĂ©veillerait lui-mĂȘme, câest-Ă -dire sans y
rien ajouter, et sans en rien retrancher, ĂŒn mot employĂ© au figurĂ© peut ĂȘtre substituĂ©
Ă un mot pris dans le sens propre ; voile, par exemple, Ă vaisseau..Dans ce cas on subsÂŹ
titue dâautres idĂ©es, et voile est employĂ© pour une tout autre raison que pour tenir la
place de vaisseau; voile nâest donc pas un pronom.
Mais lorsqĂŒaprĂšs avoir parlĂ© dâAlexandre et de son passage en Asie pour combattre
les Perses, on dit qĂŒi/ les subjugua, et qĂŒi/ renversa leur empire, les moisi/ et les, mis
Ă la place des noms Alexandre, Asie, Perses, ont chacun la mĂȘme signification que les
noms dont ils rappellent lâidĂ©e : ce sont des prĂ©noms. Quelquefois encore le pronom
, lient lieu dĂŒne phrase entiĂšre; par exemple, si lâon me dit : Avez-vous vu labellemai-
S071 de campagne que M. le comte a achetĂ©e? et que je rĂ©ponde je hâai vue, le proiiom T ne
tient pas la place du seul mol maison, mais de ce mot accompagné de toutes ses mo
difications, de La belle maison de canipagn'e que M. ie co7nte a achetée.
Le sens exige encore que, dans quelques cas, le pro7iom tienne lieu dĂŒne phrase
construite diffĂ©remment de celle dont il prend la place : Voulez-vous que jâaille vous
voir? je Le veux, câest-Ă -dire, je veux que.vous ve7iiez me voir.
Les pronoms sont dâun grand avanĂŻago dans les langues : ils Ă©pargnent des rĂ©pĂšti-
40
( 314 )
lions qui seraient insupportables; ils répandent sur tout le discours plus de clarté, de
variété et de grùce.
â>o»i^a8g NÂź CCXXXIX.
%
\
DES DIFFERENTES SORTES DE PRONOMS.
Le chien, raonrant de faim ,
Lui dit : Cher compagnon, baisse-toi, je te prie,
Je prendrai mon dĂźner dans le panier au pain.
(La pONTAINE.)
Une hirondelle en scs voyages
Avait beaucoup appris.. ..
CeZZe-ct prĂ©voyait jusquâaux moindres orages.
(La Fontaine.)
Je ne puis me réjouir, disaiL-tß, de voir mes sujets
tomber morts en se battant pour moi ou contre moi
je perds lors mĂȘme que je/gagne.
(Henri iv.)
Témoin ces deux mùtins qui, dans l'éloignement,
-Virent un ùne mort qui flottait sur Içs ondes,
Aini, dit lâun, tes yeux sont meilleurs que les miens.
(La Fontaine.)
Câest Ă lâĂąne que sâadresse le chien mourant de faim; Iç çhieri lui dit, câest pour dit
a l'Ăąne : baissĂš-foi, câest lâĂąne qui doit se baisser, toi dĂ©signe TĂąne; je te prie, câest
comme sâil disait le chien prie l'Ăąne. Le mot je dĂ©signe le chien qui parle; le mot te
désigne Tùne à qui le chién parle. Les mots je, te, toi, lui, sont des pronoms, puis
quâils tieiinent lĂ place des substantifs ; mais ce nâest pas lĂ leur unique fonction.
Le chien parle, et jpour se dĂ©signer lui-mĂȘme il dit je, comme je prie, je prendrai.
Il parle à Tùne, et pour désigner Tùne, à qui il parle, il dit te, toi : je te prie, baisse-
toĂč
Enfin nous-mĂȘmes nous parlons de TĂąne, et pour le dĂ©signer nous disons il, lui;
comme ĂŒ Ă©tait dans un prĂ©, le chien lui dit! ,
Le pronom je désigne donc celui qui parlé, ou le premier rÎle.
Les pronoms te, toi désignent celui à qui Ton parle, ou le second rÎle.
- Les pronoms il, lui, désignent la personne ou Tobjet dont on parle, ou le troisiÚme
rĂŽle*
Ainsi non seulement les mots je, te, toi, il. Lui, tiennent la place chacun dâun subsÂŹ
tantif, mais encore ils indiquent le réle que le substantif joue dans le discours; car
ils servent, les uns pour Tindividu qui parle, les autres pour celui Ă qui Ton parle,
lés autres pour celui dont on parle.
Ces pronoms sont appelĂ©s personnels du mot latin persona, qui signifie rĂŽle dâacÂŹ
teur, personnage de théùtre.
Quand La Fontaine dit :
Ăno hirondelle en ses voyages
Avait beancoup appris ^
Celle-ci prĂ©voyait jusquâaux moindres orages.
Celle-ci est pour cette hirondelle, lâhirondelle que je montre, que Je prĂ©sente Ă votre
attention.
Le mot lient la place du substantif hirondelle accompagné de Tadjectif dé
monstratif cette; celle-ci est donc un pronom démonstratif.
(315:)
Dans celte phrase, citée plus haut :
o f ir'rtT/ 7 *T.-> ) , 1 J
Ami, dit Tun , tes yeux sont meilleurs que les miens.
- t t -Y ^ . -tj- in t ^ 1 f . J,
t
Que les miens veut dire que mes yeux,^ les yeux que jâai : lâexpression les mĂźen^ tient
ia place du sqbstaniif ÿeu/ç acçornpqgné (Je Tadjectif possessif mes.; (es miens est ^onc
un pronom possessif. ' '
Reprenant ces deux autres vers également cités précédemment :
TĂ©moin ces deux mĂątins qui, dans iâĂ©lĂŽignement.
Virent un Ăąne mort qui flottait sur les ondes.
Nous voyons que ces deux mĂątins qui, est pour ces deux mĂątins lesquels mĂąti^is. Le
- mot qui tenant la place d u substantif matins, est un pronom que quelques grammairiens
ont appelĂ© pronom relatif, et dâautres, avec plus dĂ© raison, ' pronom conjonctĂż'.
â Anii, dit Twn/tes yeux sont meillpurs que Içs miens. :
Uun, câest-Ă -dire Tun des des deux chiens; on parle dâun chien, mais duquel? Lâtm
rappelle ici TidĂ©e clâun chien dĂŒne maniĂšre mdĂ©finie, câest-Ă -dire non dĂ©lĂ©rminĂ©e ;
Tun est donc un pronom indéfini ou mdéterminé^
Il y a donc cinq sortes de pronoms : ,
Ăą? Les pronoms personnels;
2Ÿ Les pronoms démonstratifs;
' 3? Les pronoms possessifs ;
4Ÿ Les pronoms relatifs ou mieux conjoncûfs.
5Ÿ Les pronoms indéfinis ou indéterminés.
Nous ferons pour chacune de des sortes de pronoms un article séparé.
DES PRONOMS PERSONNELS,
NATUBE DES PRONOMS PERSONNELS.
Lorsquâun arrĂȘt sanglant aura frappĂ© ton pĂšre,
0 mon fils 1 câest Ă tĂŽt de consoler la çnĂšre.
Tu vois oĂč Ta conduit sa tendressĂ© poiir nous/
Tu connais tes devoirs ; tu lĂšs rĂšmpliras tous.
(Ancelot.)
QuâĂŻĂź va lentement le navire
A qui Jâai confiĂ© mqn sprt!
Ău rĂŻvagĂ© oĂč mon cĂŻeur aspire,
QnHl est lent Ă trouver un port.
(Béranger.)
(816)
Nous voici deux enfants, nou« n'avons plus de mÚre : '
Elle mourut hier en nous donnant son pain.
Elle dort oĂč dort notre pĂšre.
Venez ; nous ayons froid, nous expirons de faim.
(Belmoßïtkt.)
Sur tes bords embaumés, tout est amour et vie ;
Et le printemps Vp suit de saison en saison.
(Béranqer.)
Vers lâĂ©glise portant ses paĂą,
Un prĂȘtre, au jour naissant, allant Ă la priĂšre.
Les voit, blanchis de neige et couchés sur la pierre,
Les appelle en pleurant... t*Ăźs ne se lĂšvent pas.
(Bklmoktet.)
Les gens qui dans l'Ătat, rouages nĂ©cessaires,
Occupent des emplois, jâen fais beaucoup de cas-
(Cas. Bonjour.)
Les pronoms personnels sont ceux qui désignent spécialement les rÎles ou personnes
grammaticales.
11 y a dans Tacte de la parole trois personnes ou rĂŽles. Ces relations ont pris le nom
de personnes grammaticales. Dans ce sens, la premiĂšre personne est celle qui parle; la
seconde est celle Ă qui Ton parle; la troisiĂšme personne est celle de qui Ton parle.
Les pronoms de la premiĂšre personne sont .je, me, moi, pour le singulier, et nous
pour le pluriel, lis sont des deux genres : masculins, si câest un homme qui parle; fé
minins, si câest une femme :je parle, vous me parlez; on parle de moi; nous parlons.
Les pronoms de la seconde personne sont fw, te, toi, pour le singulier, et vous pour
le pluriel. Ils sont des deux genres : masculins, si câest Ă un homme Ă qui Ton parle ;
fĂ©minins, si câest Ă une femme : tu parles, on te parle; on parle de toi; vous parlez.
Les pronoms de la troisiĂšme personne sont : il, elle, lui, le, la, pour le singulier, et
ils ou eux, elles, leur, les, pour le pluriel. 11, le', ils, eux, sont toujours masculins;
elle, la, elles, toujours féminins ; lui, leur et les, masculins ou féminins, selon les per?*
sonnes de qui Ton parle. © .
Il y a encore un pronom de la troisiĂšme personne, soi, se; il est des deux genres.
Nous en parlerons bientĂŽt quant au nombre. On Tappelle pronom rĂ©flĂ©chi, parce quâil
marque lerapport dâune personne Ă elle-mĂȘme;
11 y a deux mots qui servent de pronoms, savoir ;
En, qui signifie de lui, d'elle, d'eux, d'elles; ainsi, quand on dit :j*en parle, on
peut entendre : je parle de Lui, d'elle, d'eux, etc., selon Ja personne ou les personnes,
la chose ou les choses dont le nom a été auparavant exprimé.
2° y, qui signifie à cette chose, à ces choses, comme quand on dil : je m'y applique ,
câest-Ă -dire, je m'applique Ă cette chose, ou Ă ces choses.
Ily a donc vingt-deux pronoms personnels, qui sont : je, me, moi, nous, tu, te, toi,
vous, il, ils, elle, elles, se, soi, lui, eux, leur, le, la y les y en et y.
Quelques grammairiens mettent/o, la, les, en et y, dans la classe des pronoms relaÂŹ
tifs; câest une erreur. Quoiquâils aient toujours rapport Ă un antĂ©cĂ©dent, et quâils semÂŹ
blent différer par là des autres pronoms personnels en régime qui ne font ordinairement
que la fonction de substituts, ils nâen appartiennent pas moins Ă cette classe. En effet,
ces cinq pronoms sont privés des deux propriétés qui caractérisent et distinguent es
sentiellement les pronoms relatifs; la premiĂšre, celle de limiter, de restreindre ou dâexÂŹ
pliquer les mots auxquels ils se rapportent; et lĂ seconde, celle de lier souvent de
petites phrases entre elles, et dë faire ainsi la fonction de conjonctions. Tout ce que
ces pronoms ont donc de commun avec les pronoms relatifs est une relation gĂ©nĂ©rale Ă
un antĂ©cĂ©dent, ce qui ne suffit pas pour les ranger dans la mĂȘme classe.
Ces mots je ou moi, te, toi y il, etc., que les grammairiens ont si improprement apÂŹ
pelĂ©s PRONOMS, ont dĂ» ĂȘtre, en toute langue, les premiers dont pn ait fait usage; et si
les grammairiens sây sont trompĂ©s, cela vient de ce qĂŒayant fait leurs premiĂšres ob-
(Ml)
0
eĂ©rvations sur des langues dĂ©jĂ perfectionnĂ©es, ils se soĂčt contentĂ©s de rĂ©duife. ceĂȘ
observations en systĂšme, sans sâappliquer Ă remontera Torigine des langues, et Ă reÂŹ
chercher les lois qui ont dû présider à leur formation. Les poÚtes, quelquefois plus
philosophes et presque toujours meilleurs observateurs de la nature, parce qĂŒils la
sentent mieux, les poĂštes nâont pas donnĂ© dans la mĂȘme erreĂŒr. Le premier mot que
prononce Galatée, ouvrant ses yeux à la lumiÚre et son ùme au doux sentiment de
lâexistence, câest MOI. Les grammairiens, qui trouvent dans lâinvention de ce mot
une'métaphysique si fine et si profonde, nous paraissent avoir assez mal saisi la chose.
Ce mot moi ne tient jamais la place des noms Pierre, Henri, etc., et lâexemple dont
ils sâautorisent ne prouve absolument rien; car si un enfant dit Ă sa mĂšre ; donne cela
Ă Henri, c'est pour Henri, ou telle autre phrase, câest quâaccoutumĂ© Ă sâentendre apr
peler ainsi, le nom Henri est dans son idĂ©e synonyme du mot moL Lâinvention de ce
mot est, sans contredit, trĂšs antĂ©rieure Ă celle des noms propres,âet^es premiĂšres
phrases en toute langue ont dĂ» ĂȘtre : aidez-moi, secourez-moi,'vengez-moi;^ et souvent
aussi aimez-moL ij
La dénomination vulgaire de pronoms donnée aux mots je, me, moi, toi, etc.,- pré
sente une idĂ©e qui est, selon nous, directement contraire Ă celle qĂŒon doit se faire de
cette espÚce de mots. Car les grammairiens supposent que les pronoms ont été substi
tuĂ©s aux mots moi, toi, Ă, etc. Nous avouons mĂȘme qĂŒil nous est impossible de conÂŹ
cevoir comment un homme qui aurait voulu parler de lui-mĂȘme aurait imaginĂ© de se
donner les noms de Pierre, de Jacques, ou tout autre nom indirect, plutĂŽt que de
sâappeler moi ou je. Cette" observation nâa pas Ă©chappĂ© Ă Court de GĂ©belin, qui dit afÂŹ
firmativement : « Ces mots existent depuis la plus haute antiquité, et ils forment
» nĂ©cessairement une classe sĂ©parĂ©e, parce qĂŒils ont une fonction unique qui ĂŒa rien
» de commun avec celles dâaucune autre espĂšce de mots. »
Ces mots je, ou moi et iw, auront Ă©tĂ© long-temps accompagnĂ©s dâun geste qui dâaÂŹ
bord avait servi seul Ă indiquer qĂŒon Ă©tait soi-mĂȘme Tobjet du discours; enfin ils ont
été entiÚrement substitués au geste. On pouvait aussi avoir à parler de plusieurs per
sonnes et de soi-mĂȘme en mĂȘme temps, et de lĂ lâinvention du mot nous; on peut vouÂŹ
loir aussi adresser la parole à plusieurs individus présents, de là le mot vous; parler
de plusieurs individus absents, Ă quoi on employa le moi ils.
Une propriĂ©tĂ© trĂšs remarquable des noms personnels, câest que, dans plusieurs
langues modernes, telles que le français, Tanglais, lâitalien, lâespagnol, ils sont les
seuls qui aient ce qĂŒon appelle des cas (i). En effet, dans notre langue, les noms
personnels je, tu; il, deviennent me ou moi, te ou toi, lui ou le, lorsquâils sont consiÂŹ
dĂ©rĂ©s comme terme ou comme objet de lâaction, on bien lorsquâils sont subordonnĂ©s
Ă quelque mot de lâespĂšce de ceux que nous avons appelĂ©s prĂ©positions.
(1) On donne le nom de cas Ă certaines terminaisons que les mots prennent Ă raison du poIot de vue sous leÂŹ
quel on lea considĂšre dans le discours. Ainsi, dans le latin, par exemple^ oĂč Jop U'S noms ont des cas , si la
chose dont on parle est considérée comme idée principale de la phrase , ' conïmé/sßijet du discours , on emploie
le mot qui lâexprime dans sa terminaison simple et primitive ; mais si lâon considĂšre cĂlte chose comme lâobjet
de rĂąclion du verbe, alors le mol qui lâexprime affecte une terminaison particuliĂšre. Nous nous expliquons
par un exemple : le mot patria, en latin signifie patrie, et cette phrase : La patrie mâest cfiĂšre, dans laÂŹ
quelle la patrie est TidĂ©e principale, sâexprime par ces mots : Patria mihi est xara, si au contraire nous
voulions rendre la mĂȘme idĂ©e par ces mots : Jaime la patrie, nous dirions :Ălmo patriam, oĂč Ton voit
que la terminaison a du mot patria se change en am, Ă raison dn point de vue sous lequel lapatrie est conÂŹ
sidĂ©rĂ©e dans la phrase , câest-Ă -dire comme lâobjet du verbe. ^
( 318)
CCXLL
GENRE ET NOMBRE JDE jĂ© , ĂŻhĂš, Ăioi.
MASCULIN.
Je me suis t>laint aĂŒx Dieux dĂ© voir quâun si grand
[homme
Fût à la fois là gloire et le fléau de Rome.
(Voltaire;)
Sire, rĂ©pond lâagieau ', que votre megestĂ©
Ne se mette ps en colÚré ;
â Mais plutĂŽt qĂŒâelle considĂšre
Que je me ^as désaltérant
Dans le courantâ,. '
Plus de vingt pas au-dessous dâelle.'
(La Fontaine.)
Tout se tait, et moi seul, trop prompt Ă me troubler,
JâĂ vancĂš dĂšs .mĂ iheurĂą quĂš je puis reculer.
(Racine.)
FEMININ.
Je mâen vais seule au temple oĂč leur hymen sâapprĂȘte,
OĂč vous nâosez aller mĂ©riter ma conquĂȘte.
(Racine.)
' Mon ami, je me suis instruite avec soin.de ce qui
sâest passĂ© entre yous et milord Ădouard.
(J.4. RousseĂ ĂŒ.)
Un noble orgueil mâapprend qĂŒĂ©tant flllc de roi,
Tbul ùûtrĂš quâun monarque est indigne de moi.
' (Corneille.)
Le nom dĂ© la premiĂšre personne a trois formes poĂŒr le singulier; ce sont ; je; me,
moi. Ces trois mots,â comme on le voit, sont de;s deĂŒx genres : masculins; quand câest
un homme' qui parle; fĂ©minins^ si câest une femme. :
Nom.
A yec la libertĂ© Rome_ sâen va renaĂźtre
Et nous mériterons lé lioiri de vrais RÎmà ins,
Si le joug qui lâaccable est brisĂ© par nos mains.
(Corneille.)
* ^ i*
Que vous semble, mes sĆurs, de lâĂ©tat oĂč nous sommes ?
(Racine.)
LĂ© nĂŽifri pluriĂšl delĂ premiĂšre personnd, nous, est Ă©galerrient clĂŒ masculin et du
féminin. ' .
Nâ CGXLIL
* ' /
/
GENkĂ ET NOMBRE DĂ Ăl, te, tOi. .
Ă . .k.
MASGUhmK.' .
Jeune Grec, fĂ» vĂ s entrer ĂAns mon empire; iĂč
ahiverĂąs bientĂŽt dans ,cette Ăźle fortunĂ©e oĂč les plĂšUâ
sirs; les HĂš, lĂšs JeĂŒi folĂątres naissent sous nos pas.
^ (Fénelon.)
RespectahlĂš eiinĂšmi qĂŒestiment les chrĂ©tiens,
Je reviens dégager mes serments et les tiens ;
Jâai satisfait Ă tout, Ă©âest Ă toi dây souscrite;
Je U fais apporter la rançon de Zaßre>
(Voltaire.)
ĂĂMIHIN.
Nature 1. tĂ» nĂš pĂšux pas mentir. Dieu ne se conÂŹ
tredit jamĂ i§ dans sĂšs Ćuvres. , (Boiste.)
^ 0
Jâai,.ma chĂšre cousine, Ă te donner un avis qui
tâimporte. Hier au soir,, ton ami eut avec milord
Ădouard un dĂ©mĂȘlĂ© qui peut devenir sĂ©rieux.
(J.-J. Rousseau^)
( 319 )
Je ne te dis plus rien ; vengez-moi, venge-ZoĂŻ,
Moritre-toi digne fils dâĂčn pĂšre tel que moi,
(Corneille.)
Funeste ambition
Câest toi dont les fureurs, toujours illĂ©gitimes.
Firent naĂźtre Ă la fois les sceptres et les crimes,
. ' (Crébillon.)
On apprend par ces exemples 1Âź que le nom de la seconde personne a trois formes
Kl singulier, qui sont tu, te, toi; 2Âź quâellĂ«s servent toutes les trois aussi bien pour le
masculin que pour le féminin.
Foms,
f
Romains, Ă»ows mâentendez, vous savez mon espoir.
Songez Ă mes bienfaits, sdngĂšz Ă mon pouvoir.
(YoltĂ irb.) .
Prudes, vous vous devez défier de vos forces.
(La Fontaine^)
On voit que le nom pluriel de la seconde personne, vous, est aussi des detix
genres.
CGXLIII.
c
GENRE EX NOMBRE DE tZ, elU, U, la, lui, Se, SOi.
FĂMININ.
Stocicliolm est une viilé qUé sa situation JiùkiéulßÚre
rĂšrid admirable. Elle&e troĂŒve situĂ©e presque aĂŒ miÂŹ
lieu de la mer Baltique, au commencement du golfe
BoUiorque. (Regnard.)
Sire, prononce* donc. Je suis prĂȘt dâobĂ©ir;
Dâautres aiment la vie - et je la dois haĂŻr.
(Corneille.)
On dit que la noblesse a la vertu pour mĂšre ;
S'il est vrai, ses enfants rie Zwi ressemblent guÚrë.
(Boursault;)
Une ùme accoutumée aux grandes actions,
Ne se peut abaisser Ă des soumissions.
(Corneille.)
Grand Dieu Ăź des opprimĂ©s oĂč serffit lâespĂ©rĂ ncĂ© ;
Quel prix dans Ăźe malheur soutiendrait leur constance;
Si notre Ăąme eĂŒ quittĂątit ce monde criminel
Ne trouvait devant toi quâun nĂ©ant Ă©temel ?
(CHĂNlBRi)
Par ces Ă«xĂ©ihplĂ©s, il est aisĂ© de reiriĂčrquer 1Âź qĂŒau singulier le nom de la troiÂŹ
siĂšme personne a sept formes, qui sont : il, elle, le, la, lui, sĂ©, soi; 2â que il et le sĂšr-
vent pour le masculin, elle et la poiir le fĂ©minin; 3Âź que lid, se, soi sâemploient pour
les deĂŒx genres*
MASCULIN.
Ăn HorairiĂš qui sâĂąlrnait sĂ ns avoir dĂ© rivaux,
Passait dans son esprit pour le plus beau dĂŒ monde ;
Jl accusait toujours les miroirs dâĂȘtre faux, ^
Vivant plus que content dans son erreur profonde;
(La Fontaine.)
Il est clair que notre Ăąme a bien plus de ressort,
Pour supporter lĂ© riiĂ l quand on sait.qĂŒil arrive âą
Comme pour le parer, elle est bien plus active.
(FabrĂ©- dâĂglantink.)
... Le plus innocent devient souvent coupable,
Quand aux yeux de sori pfirice il parait condamnable | '
Câest crime quâenvers lai se vouloir excuser;
(Corneille.)
Les Dieux savent forcer, lé crime à se trahir.
(de BelloV*)
Je vous dis que mcri fils nâa rien fait de plus s^Ă©
Quâen recueiUant chez soi Ce dĂ©vot personnage;
(MoLiĂĂĂą.)
C 320 )
NÂź CCXLIV.
GENRE EN NOMBRE DE ĂS, $UX, cUeS, ICS , leur, S6 , SOi:
âą MASCULIN.
Les hommes veulent tout avoir, et tls se rendent
malheureux par le désir du superflu.
(Fénelon.)
Les amants sont entre eux uu peuple bien bizarre.
(LachaussĂ©e,) âą
Des plus tendres amants voilĂ quel est le sort Ăź
Toujours leur passion trouve un injuste obstacle ;
Et pour les rendre heureux il faut quelque miracle.
(Dkstouchks.)*
Il faut compter sur Tingratitude des hommes et ne
laisser pas de leur faire du bien. (Fénelon.)
Les vrais ambassadeurs, interprĂštes des lois,
Sans se déshonorer savent ^rvir leurs rois.
(Voltaire.)
Y a-t-il des corps subtils en soi ?
(CONDiLLAC.)
rĂfttlNIN,"
En Amérique; les guerres sont fréquentes et trÚs,
cruelles parmi les sauvages. Elles naissent de Tétat
de faiblesse de ces petites nations, qui proportionnent
toujours leurs vengeances Ă leurs craintes. ' ^
(Bernardin de St-Pierre.) ,
Les grandes passions naissent dans un grand cĆur ;
Qui les sent fortement sait eĆ ĂȘtre vainqueur.
' (Dk Belloy.) ^
Les femmes doivent ĂȘtre attentives, car une simple '
apparence leur fait quelquefois plus de tort quĂŒne
faute, réelle. - (Girard.)
La sagesse et la puissance du Créateur , aussi vi
sibles dans la structure du limaçon que dans celle du
lion, se manifestent dans toute la nature.
(BĂŒffon.)
Seigneur, que tant de profanations que les armes
traĂźnent aprĂšs soi, vous fassent enfin jeter des yeux
de pitié sur votre église.
(Massillon.)
Le nom pluriel de la troisiĂšme personne a donc ils, eux pour le masculin, elles pour
le féminin, et les, leur, se, soi pour les deux genres.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
MASCULIN et FĂMININ.
â tRCULtlX
Je luis heureux (i).
Je suis beureufo.
Je suis bon.
Je suis bonne.
Je suis roi.
Je euis reine.
Me dire gourmand.
Me dire gourmande.
Moi, ingrat
Mot, ingrate.
Tu es Ă©tranger. âą
Tu es étrangÚre.
Tu es orpliclin.
Tu es orpheline.
Te montrer gĂ©nĂ©reux. âą
Te montrer'généreuse.
Toi, mon ami.
Toi, mon «mie.
Il boit
Elle boit-
Lui.Ăštre bonteui.
Elle, ĂȘtre honteuse.
Le cbérfr.
La chérir.
Liii donner assistance
( Ă son prochain. )
Lui adresser des priĂšres
{ Ă la DiTinitĂš.)
L'bomme se déshonore.
La femme se déshonore.
Vn arare n*aimc que soi.
Une femme qui no pense qu'Ă sot.
MASCULIN et FEMININ.
PLDRtBL,
'MASCULIN et FEMININ.
ElKOOLUl.
Nous sommes grands.
Je Biiis petit.
Nous sommes grandes.
Je suis petite.
Nous sommes méchants.
Je SUĂ.S fĂąchĂ©.
Nous sommes méchantes.
Je suis fùchée.
Nous sommes amis.
Je suis garçon.
Noua sommes amies.
Je suis Glle.
Nous dire parents.
Me croire instruit.
Nous dire parentes.
Me croire instruit*
Nous, Français.
Moi, vindicatif.
Nous, Françaises.
Moi« vindicative.
Vous ĂȘtes friands.
Tu es fainéant'
Vous ĂȘtes friandes.
Tu es fainéante.
Vous ĂȘtes ouvriers.
Tu es extravaganl.
Vous ĂȘtes OuvriĂšres.
Tu es eitravagante.'
Voua rendre savant.
Te dire ignorant
Voua rendre savautea.
Te dire ignorant*.
Vous, mes frĂšres.
Toi, mon pĂšre.
Vous, mes sĆurs.
Toi, ma mĂšre.
Iis dorment.
Il aime.
Elles dorment
Elle «ime,
Eux, rougir.
Lui, pleurer.
Elles, rougir.
Elle, pleurer.
Les aimer, les mĂšres.
Le voir.
Les respecter, les parents.
La voir.
Leur faire la guerre
Lui souhaiter longue ri*
aux préjngét.
( Ă son pĂšre ).
Leur ĂȘtre lidĂȘle
Lui ĂȘtre dĂ©vouĂ©.
(Ă ses promessesl.
(Ă sa patrie ).
Les citoyens se sacrifient.
Le printemps sc passe.
Les roses nétrissent.
Lo violette se cache.
Des corps pesants en soi.
Lâanimul ne vit que pour soi.
Des choses indilTércntcs en soi.
Une chose méprisable en soi.
MASCULIN et FEMININ
PLOBIIL.
Nous sommes laborieux.
'Nous sommes laborieuses.
Nous sommes furieux.
Nous sommes furieuses. '
Nous sommes contents.
Nons sommes eontcbtO.
Nous faire paurre.
Nous faire paurrei. âą
Nous, ennemis.
Nous, ciinctniei.
Vous ĂȘtes Toisins.
Vous ĂȘtes Toisiues.
Vous ĂȘtes dĂ©vots.
Voua Îtes dévotes.
Vous faire riche.
Vous faire riches.
Vous, hommes.
Voua, femmes.
Us rivent
E l'es Tivent *
Eux, donner.
Le» haïr, les criidei.
Les craindre, les passions.
Leur tendre des piĂšges
( aux oiseaux).
Leur voir des parures
(aux femmes).
Les hommes se disputent
Les armécs se iiiccÚdcut
Les Tices sont honteux en sot.
Les débauches traßnent aprÚs sol
des infirmités. -
(1) Les phrases que les Ă©lĂšves ont Ă faire doivent ĂȘtre semblables Ă celles-ci : Je suis heureux quand je fais
tme b<mne act ion ; nous sommes grands envers nos mférieurs ; nous sommes petits avec nos supérieurs, etc.
(321)
Nâ CCXXV. <»«»<"
i
JffoUS ET VOUS EMPLOYĂS POĂK je ET tU
EXEMPLES.
Nous jowsjjgnÚ, déclarons que le liommé Pierre
a été pris les armes à la main.
(Anonyme.)
Nous ne nous sommes pas cru -dans TolĂŻtigation
Ăčc commencer par examiner si lâon doit instruire le
peuple. (Naville.)
Nous sommes trop persuadĂ©e du peu dâintĂ©rĂȘt
qu'offrent ces AlĂ©moires pour croire quâils mĂ©ritent
jamais lâattention de personne.
(Mad. dePâ*'.)
Ehl qui vous a chargé du soin de ma famille?
(Racine.)
Songez bien dans quel rang vous ĂȘtes Ă©levĂ©e.
(Id.)
ANiXTSE.
Je soussigné, déclare que le nommé Pierre a été
pris les armes Ă la main.
Je ne mé suis pas cru dans l'obligation de com
mencer par examiner si lâon doit instruire le peuple.
Je suis trop persuadĂ©e du peu dâintĂ©rĂȘt quâofÂŹ
frent ces MĂ©moires, pour croire qĂŒils mĂ©ritent ja-
mais lâattention de personne.
Eh! qui t*a chargé du soin de ma famille?
Songe bien dans quel rang iu es élevée.
f
II y a, comme on le voit, deux formes pour représenter Tunité au moyen du pronom
personnel; ce sont: je einous, tu etuous. La politesse, Torgueil ou lâimportance de celui
qui parle ou de celui Ă qui le discours sâadresse, ont fait supposer qĂŒun seul valait autant
que plusieurs. De lĂ Tadmission, pour ce seul individu, des mots vous et toi, nous eimoi.
Ainsi, lâenfant, parlant Ă son pĂšre, dit en 'français : vous ou te, tu, toi; et le roi, qui est
le chef de la nation et la représente, dit : nous^ comme étant en quelque sorte plusieurs,
Ou plutĂŽt tous en un seul. , -
Nous'pont moi on je se met dans les actes. Un auteur remploie aussi en .parlant de lui-
mĂȘme; Ă©t cette façon de parler est plus modeste que la derniĂšre. Cependant elle est parÂŹ
ticuliĂšrement rĂ©servĂ©e pour les actes Ă©manĂ©s d'un chef suprĂȘme.
Nous, employé dans certaines circonstances, dit M. Arnault, n'est véritablement
qĂŒune multiplication du mot. Il ne dĂ©signe pas plusieurs personnes, mais une personne
qui croit équivaloir à plusieurs. ^
Tous les princes chrétiens se servent du wows dans leurs actes, tous, excepté le roi
dâEspagne, dont la signature est prĂ©cĂ©dĂ©e de cette formule [yo el rey), moi, le roi.
Comment un individu a-t-il été amené à employer le pluriel de préférence au singu
lier, en parlant de lui?
Cela ne viendrait-il pas desRomains? Chez eux, les magistratures, Ă commencer par le
consulat, étaient exercées collectivement par plusieurs magistrats. Le nom ést donc le
pronom qui, dans leurs acteS) devait désigner ce genre d'autorité.
Lorsque, par le seul fait de la réunion des grandes magistratures dans ûn seul individu,
on eut changé la république en monarchie, Tempereur, qui, tout à la fois consul, tribun ,
souverain pontife et généralissime, était prince du sénat, représentant du peuple, chef de
la religion, chef de TarmĂ©e, et que ĂŒĂ©tak-il pas ? lâempereur, dis-je, ĂȘtre collectif sâil en
fut, ne devail-il pas se croire fondé à se servir du nous pour désigner le dépositaire de
tant de pouvoirs, le reprĂ©sentant de tant dâintĂ©rĂȘts? En sĂš servant du moi, nâaurait-ij
pas fait une faute de grammaire ?
Le protocole dĂšs princes sâest rĂ©glĂ© sur celui des CĂ©sars, Ă©t les autoritĂ©s infĂ©rieures
n'ont pas négligé de se régler sur les princes.Le plus petit magistrat, le maire d'AsniÚres,
41
( 322 J
par exemple, se sert aujourd'hui du nous tout bounement, sans vanité, sans'se douter
qu'il parle comme les maĂźtres du monde.
Est-ce par suite de Tusage que les princes de lâEglise ont adoptĂ© aussi Temploi du
nous ? Je serais tenté de 1§ croirç, car les apÎtres auxquels ils succÚdent ne s'en servaient
pas dans leur correspondance avec les premiers fidÚles. Saint Paul, dans ses épßtres,
parle toujours au singulier, Ă moins qĂŒil ne soit assistĂ© de quelques disciples, tels que
Sylvain et Timothée.
L'emploi du noiis, introduit originairement par Torgueil, est aujourdâhui recommandĂ©'
par la modestie, et le moi est proscrit par deux grandes autorités, par un moraliste et un
chansonnier, par Pascal el Boufflers, comme portant un caractÚre" insoutenable de pré
somption. et de personnalité. ,
Cela est-il bien juste? serait-il absolument impossible de démontrer que le moi, qui ne
caractĂ©rise pas moins la franchise qĂ»eTĂ©goĂŻsme, est peut-ĂȘtre aussi souvent que le nous
Texpression de la modestie ?
Laissons de cĂŽtĂ© les circonstances oĂč le nous est adoptĂ© par Tusage, oĂč le nous entre de
droit dans les formĂŒes, comme certains personnages gothiques dans certaines cĂ©rĂ©moÂŹ
nies oĂč ils figurent sans qĂŒon y fasse attention. Le nous ĂŒindique lĂ ni modestie ni
orgueil ; mais est-ce par modestie que plusieurs gens lâemploient en Ă©nonçant une opiÂŹ
nion ou une volontĂ© particuliĂšre, Ă laquelle ils prĂȘtent aussi TautoritĂ© de plusieurs ?
!Non sans doute, pas plus que ce n'est par courage qĂŒils cherchent Ă couvrirla nullitĂ© de
leur moi de l'importance de ce nous, derriÚre lequel ils se réfugient, comme un poltron
derriĂšre une ligne de grenadiers.
Quand je vois le membre d'une association quelconque se servir du nous dans un écrit
qĂŒil ne signe pas, soit en attaquant des idĂ©es reçues, soit en soutenant des paradoxes, soit
en dĂ©nigrant des hommes estimĂ©s, soit en prĂŽnant des hommes discrĂ©ditĂ©s: je crois quâil
cherche moins Ă se dĂ©rober Ă Thonneur dâavoir Ă©mis des vĂ©ritĂ©s nouvelles, quâĂ faire
retomber sur la coterie sous la raison de laquelle il correspond la responsabilité de ses
hĂ©rĂ©sies; le nous est lĂ oĂč il n'oserait mettre le moi.
Ce nows-lĂ ne couvre-t-il pas ce mot contre lequel Blajse Pascal montre tant d'humeur;
ce moi qĂŒil hait comme injuste en soi, en ce qu'il se fait centre de tout, et comme incommode
aux autres, en ce qu il veut les asservir. (Pascal, art. 9, ps. 23.)
Cenows-là , pronom du lùche comme de'Tégoïste, équivaut au mot on, mot d'usage
tout aussi commode, mot sous la protection duquel tant de braves s'embusquent aussi,
mot si bien qualifié par le proverbe : on est un sot:
' On emploie vous au lieu de lu envers ses supérieurs, ses égaux et ses inférieurs. Notre
courtoisie est mĂȘme si grande, que nous ne dĂ©daignons pas de donner du vous et du
monsieur Ă lâhomme de la condition la plus vile (1).
On peut tutoyer :
1° Les personnes avec lesquelles nous avons la plus intime familiarité; telles que nos
parents, nos enfants, nos frĂšres, nos sĆurs, etc. Le tu, en pareille circonstance, est le lanÂŹ
gage de Tamour, de Tamitié et de la fraternité.
2Âź Ses infĂ©rieurs, sâils sont beaucoup au-dessous de soi : un maĂźtre peut donc fort bien
utoyer son laquais.
3Ÿ Ceux que Ton méprise ou que Ton insulte ; quelle que soit alors leur condition, .ou se
,(1) Ma, Dio melperdoni, sâĂ©crie un Italien, quel titolar dame, per sino le portinaje, gente vile, dispetta,
e villana, mi strazia propriamente V orecchio, e parmi grande oltraggio'di cortesia. Nous ne croyons pas
devoir traduire ces paroles en français.
âą * ( 323 )
met bien au-dessus dâeux. Câest ainsi que le grand-prĂȘtre Joad nâayant plus besoin de disÂŹ
simuler, dit Ă la reine Athalie :
Tu seras satisfaite,
Je U les vais montrer lĂŒn et Vautre Ă la fois.
Ce qĂŒil y a de plus grand, de plus vĂ©nĂ©rĂ©; mais cela nâa lieu que dans le style
élevé :
\
/Grand Dieu! fesjugements sont remplis dâĂ©quitĂ©. (Desbarreaitx.)
0 mon souverain roi!
Me voici donc tremblante et seule devant toi. (Racine.)
O toi qui vois la honte oĂč je suis descendue, ' \
Implacable VĂ©nĂčs, suis-je assez confondue! (Id.)
Le tutoiement, qui rend, dit Voltaire, le discours plus serré, plus vif, a de la noblesse
et de la force dans la tragĂ©die; mais il doit ĂȘtre banni de la comĂ©die, qui est la peinture de.
nos mĆurs.-
Il est bon de remarquer que lorsquâon fait usage de vous et de nous, au lieu de tu et de
je, les adjectifs ou participes se mettent au singulier, et revĂȘtent le genre du nom de la
personne qui parle ou à laquelle on parle, comme on peut le vérifier par les exemples que
nous avons cités plus haut.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
* p ^
UN HOMME PARLANT DE LUI. UNE FEMME PARLANT DâELLE. EN PARLANT A UN HOMME. A ĂNE FEMME.
Nous sommes convaincu que. Nous sommes convaincue que. Vous ctes estimé. estim^.
Nous sommes persuadĂ© que. Nous sommes persuadĂ©e que. Vous ĂȘtes Ă©tonnĂ©. Ă©tonnĂ©e.
Nous sommes assuré que. Nous sommes assurée que. Etes-vous persuadé ? persuadée.
Nous sommes Ă©tonnĂ© que. Nous sommes Ă©tonnĂ©e que. , Vous ĂȘtes cruel. cruelle.
Nous sommes surpris que. Nous sommes surprise que, - Vous ĂȘtes savant. savante-
Nous soussigné. Nous soussignée. Etes-vous bien portant? bien portante.
On verra, au chapitre du verbe, lorsque nous parlerons de lâimpĂ©ratif, que trĂšs-souvent
une personne se parlant Ă elle-mĂȘme , fait usage de la premiĂšre personne du pluriel de
lâimpĂ©ratif, et quâen pareil cas on ne met pas lâadjectif au pluriel : Soyons digne de notre
naissance; soyons sage.
Certainement si lâon employait le pluriel, ce serait ĂŽter tout le charme, tout le piquant
de cette façon de parler, ce serait faire mĂȘme un contre-sens.
« *
N" CCXLVI.
FONCTIONS DE je, «16 , WOL
SUJET.
Je puis faire les rois, je puis les déposer.
(Racine.)
/e mourrai tout ensemble heureux et malheureux.
(Corneille.)
Moi seule Ă votre amour ai su la conserver.
(Racine.)
Personne ne souhaite plus que moi. monseigneur,
que vous soyez un trĂšs-grand nombre dâannĂ©es loin
des périls inséparables de la royauté.
(Fénelon.)
complément direct.
Me laisserai-je éternellement ballotter par les so
phismes des mieux disants?
âą (J.-J. Rousseau.)
Laissez-moi chez les morts descendre sans rougir.
(Voltaire.)
f Ăą2i )
cĂŽĂŻĂąprĂMĂŻiKt ßÿrĂ»iriĂ©ct.
Vous me parlez toujours d'inceste, dâadultĂšre;
, (Racine.)
Muse, raconte-mot ces grands événements.
(Delille.)
Mais il est mon époux, et tu parles à moi. .
(Corneille.)
COMPLEMENT DE PRĂPOSITIONS.
Homme rare, sur ma parole !
Avec moi vous en conviendrez,
(Arnault.)
QuoiâqĂŒils fassent, mes contemporains ne seront
jamais rien pour moi,
(J.-J, Rousseau.)
Une grande révolution venait de se faire en moi.
i (J.-J. Rousseau.)
Vous verrez vos Ă©poux dâabord indiffĂ©rents,
Attendre de moi seul la fin de leurs tourments.
(Aubert.)
Le pronom de la premiÚre personne a deux formes au singuliér, pour représenter le
sujet ; ce sont je et moi. La premiĂšre, je, ne peut entrer dans le discours qĂŒappuyĂ©e sur
le verbe dont elle désigne le sujet : Je chante, je lis, je pleure. La seconde, au contraire,
moi, peut se passer de cet appui, et le plus souvent mĂȘme elle n'est employĂ©e que lorsque
le verbe est sous-entendu : Personne ne souhaite plus que MOI, câest-Ă -dire : personne
ne souhaite plus que moi ne souhail'e. Dans cette phrase, oĂč le nom personnel moi est le
sujet du \QvhQ souhaite non exprimé, on ne pourrait pas se servir du je. La raison en est,
ce nous semble, que la forme je nâayant pas un son aussi Ă©nergique que la forme moi,
exige nĂ©cessairement lâappui d'un verbe.
Le complément direct est représenté par me et moi; mais la différence que ces mots
offrent dans leur emploi, c'est que me se place avant le'verbe : Il me flatte, il me
frappe ; tandis que moi se. met toujours aprĂšs les verbes ; flatte-moi, crois-moi ; frappe--
moi. '
Les mĂȘmes formes me et moi servent Ă©galement pour le complĂ©ment indirect; la
premiÚre précÚde les verbes : Il me parle, il me donne, il me dit; la seconde les suit :
Parle-moi, donne-moi, dis-moi. Le complĂ©ment indirect peut aussi ĂȘtre indiquĂ© parla
forme Ă moi ; et mĂȘme, suivant Lemare, dans ces phrases : Donne-moi, dis-moi,
parle-moi, la préposition à est sous-entendue : Parle-moi est donc pour parle à moi. Et
ce qui le prouve, câest que si lâon veut attirer davantage lâattention, on rĂ©tablit Tel-
lipse: * " â /
Avez-vous oubliĂ© qĂŒe vous parlez Ă moi ?
Messala, songez-vous que vous parlez Ă moi ?
(Corneille.)
(Voltaire.)
Quant à la forme que l'on doit employer aprÚs les prépositions, les exemples que nous
avons citĂ©s nous font voir quâil nây en a pas dâautre que moi.
De toutes les observations que nous venons de faire , il résulte que le nom personnel
moi peut s'employer dans tous les rapports possibles, ce quine peut pas arriver de je ni
de me, ,
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
sujEt:
Je pats rĂŽtupre.
< Je Tcox mourir. âą
AnssĂź modesto qae moi.
Moi uni dois.
COMPLEMENT DlIĂźiCCT.
Me comblera.
Me punissait.
Mc rccomprtisi r-
Me tromper.
COMPLEMENT INDIRECT.
Me donner.
!Me nuĂĂait.
Me refusait.
Ne me retirer pa*.
COMPLĂM. DE riiEPOSIT.
Par mt».
Contre moi.
Chez moi.
Avtnl moi.
325 )
^ <
I
â*g»eooc)Ăź>g^^ggg> N" CCXLVIl..ffi»««
FONCTIONS DE umiS.
SUJET.
Nous ne vivons jamais, nous attendons la vie. Personne ne connaßt mieux nos défauts que nous.
(Voltaire.) * (Anonyme.)
I
COMPLĂMENT DIRECT.
Le sentiment de lâinnocence nous Ă©lĂšve vers la
divinité, et nous porte à la vertu.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Aidons-nous mutuellement,
La charge des- malheurs en sera plus légÚre.
(Florian.)
COMPLEMENT INDIRECT.
Il faut aimer ceux qui nous font du bien. i Nous nous assimilons volontiers aux hommes su*
. (Gosse.) i périeurs à nous. ' (Boiste.)
complément de prépositions.
Qui de nous, en posant une urne cinéraire,
Nâa trouvĂ© quelque ami pleurant sur un cercueil?
(V. Hugo.)
Examinons un peu, sans témoins, sans jaloux,
Tout ce que la fortune a prodigué pour nous.
(Voltaire.)
Le pronom pluriel de la premiĂšre personne, qui nâa quĂŒne seule forme, nous, peut,
ainsi que le prouvent ces exemples, se trouver dans tous les rapports possibles.
i)ans le premier exemple de la deuxiÚme colonne, il est employé avec ellipse du verbe :
Personne ne connaßt mieux nos défauts que NOUS ; analyse Personne ne connaßt mieux
nos défauts que NOUS les connaissons. Le pronom personnel nous est évidemment le sujet
du'verbe connaissons sous-entendu.
â t '
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
SUJET. COMPLĂMEPHâ DIRECT. COMPLĂMENT INDIRECT. COMPLĂM. 0E PRĂPOSIT.
Nous laissons. â Nous dĂ©daigne. Nous dĂ©fendre de. Avec nous.
Nous approuvons. Nous attaquait. Nous ĂŽter de. Gontre'aou.s.
Aussi indulgentsque nous, Condamnei-nous. Rendez-noua, par nous. ^
Plus malheureux que nous. OSensez-noas. âą Donnez ji nous. Devant nous.
N" CCXLVm.
FONCTIONS DE tU, te, toi.
Tu régnerais encor si tu l'avais voulu!
Fils de la liberté, tu détrÎnas ta mÚre,
ArmĂ© contre ses droits dâun pouvoir Ă©phĂ©mĂšre, »
Tu croyais lâaccabler, tu lâavais rĂ©solu.,
(Cas. DelavĂŻgne.)
SUJET.
/
Comment as-tu perdu le goût de ces plaisirs quai
fot seule étais capable de sentir et de rendre?
(J.-J. Rousseau.
Oh! mon ami, je dĂ©fie quâon trouve dans les
quatre cantons un hoimne plus amoureux que toi.
{Id.) .
COMPLĂMENT DIRECT.
A qui du bien dâautrui veut te gratifier,
Tu ne dois pas trop te fier.
(Perrault.)
Garde-^f, tant que tu vivras,
De juger les gens sur la mine.
(La Fontaine.,)
( 3M f
COMPLĂMENT INDIRECTE.
Lyre! qui te rendra ta divine influence,
Et tes magiques sons qui soumettaient nos cĆurs?
(Madame Tastu.)
Rappelle-tot, rappelle-toi ce sentiment si calme
et si doux que tu connus une fois et que tu décrivis
dĂŒn ton si touchant et sĂź tendre,
(J.-J. Rousseau:)
Ne tâattends quâĂ toi seul.
(La FontaipĂźe.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
On ne deniande pas de toi beaucoup de paroles,
on nâexige de toi que la vĂ©ritĂ©.
. (Pensée de Démocrate.)
Pour toi, ma fille, alarmée et tremblante,
Puis-je avec calme envisager la mort?
(Madame Tastu.)
Le pronom de lĂ deuxiĂšme personne a donc :
lÂźP6ur le sujet, deux formes : Tu, qui demande toujours aprĂšs lui un verbe ; Tu es
heureux, Tu chantes, Tu dors; et toi, qui peut sâen passer : Un homme plus amoureux
que TOI; câest-Ă -dire : Un homme plus amoureux que TOI ES amoureux, oĂč Ton voit
que toi est le sujet du verbe es soĂŒs-eiitendu.
2° Pour le complément direct : te et toi ; Tun se place avant le verbe, Tautre aprÚs.
3° Pour le complément indirect : te, toi, et à toi; le premier seul précÚde le verbe.
Quant aux formel tĂŽiĂ©iĂ toi, elles sont les mĂŽmes, si ce nâest que la premiĂšre sâemploie
par ellipse pour la seconde.
Ppur le complément des prépositions : /oi, qui ne varie jamais. On peut, comme on
Ta vu, se servir de cette derniĂšre forme toi dans tous les rapports possibles ; ce qui nâa
pas lieu avec tu ni te,
EXĂRCICĂ PHRASĂOLOGIQĂE.
SĂJET.
Ta appartiens.
Tu reliras. ,
Plus savant que toi.
Toi seul penses.
COMPLĂaiENT DIRECT.
Te déshonorer.
Te contraindra.
Défend-s-loi.
Kends-toi.
COMPLĂMENT ĂNDlhĂCT, COMPLĂM. DĂ PRĂĂOStT, *
Te nnira. Avec toi.
Te sera funeste* Contre toi-
Rappelle-toi. Devant toi.
Epargne-toi, AprĂšs toi.
âOCX30(
-5^0 N" CCXLIX.
FONCTIONS DE VOUS,
SUJET.
Prodiguez les bienfaits, vous ne parviendrez pas
A changer le coeur des ingrats.
.(Coupé de Saint-Donat.)
Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes;
Quelque Ă©levĂ©s qĂŒils soient, ils sont ce que nous
sommes.
Si vous ĂȘtes mortels, ils le sont comme
(J.-B. Rousseau.)
COMPLĂMENT DIRĂCT.
On vous nomme des rois lé plus grand, leplus juste.
(Lemonnibr.)
... Filles' de Sion, florissante jeunesse,
Joignez-vot*# à nos chants sacrés. (/d.)
complĂ©ment INblRĂCt.
Je vous donnerai un cbtiieil sĂąlĂŒthirĂ« ; Ă«t, jpour
rĂ©compense, je ne vowi dethande qĂŒe le sect'Ă©t.
. (Fénelon.)
âą 4
Avant que je la demande Ă lui, souffrez que je la
demande Ă vous,
(Marivaux.)
( 327 )
COMPLĂMENT DB PRĂPOSITIONS.
Connaissez donc le monde, et songez quâaujourdâhui^
Il faut que vous viviez pour vous moins que pour lui.,
(Voltaire.)
Ce sont, en un mot, les charmes des sentiments,
bien plus que ceux de la personne, quĂ© jâadore en
vous. Rousseau.)
Si mon mauvais destin
Me condamnait Ă voyager sans vous.
(Delille.)
De vous adroitement je veux lâentretenir.
(Voltaire.)
Le pronom pluriel de la deuxiĂšme personne^ peut remplir tontes les fonctions.
Le premier exemple de la deuxiĂšme colonne est elliptique : Si vous ĂȘtes mortels, ils
le sont comme Y0\iĂš, câest-Ă -dire, ils te sont comme VOUS Vhes ;t70ttĂąest le sujet du verbe
ĂȘtes non exprimĂ©.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
SUJET.
VoD3 croyez.
Vons avez dit.
Aussi riche que vous.
11 Test comme vous.
COMPLĂMENT DIRECT.
Il vous accuse.
Il vous rei^arde.
Défiez-vous.
Corrigez-vous.
COMPLEBtĂNT INDIRECT.
je vous dis;
11 vous assure que.
S^adresse Ă vous.
A vous tout ie honhehr. '
COMPLĂM. DEPRĂPOSIT.
Parmi vous.
Chez vous.
DerriĂšre vous.
Selon vous.
CCL.
FONCTIONS DE il, le; lui.
SUJET.
Lâhistoire est un bon livre; il guide'sans rudesse,
Il montre aprÚs le crime un résultat moral,
Et nous prescrit le bien par les dangers du mal.
(A. bE Monxesquiou.)
Lui seul aux yeux dâun Juif dĂ©couvrit le dessein
De deux traĂźtres tout prĂȘts Ă vous percer le sein.
(Racine.)
Et je suis mille fois plus criminel que Ăźui.
m
COBfPLĂMENT DIRECT.
Lâamour avidement croit toĂŒt ce qui le flatte.
(Racine.)
LâĂ©goĂŻste nâaimant que Zm nâest aimĂ© de personne.
(Gaston.)
complément indirect.
MaĂŒs nous lui devons tout. Il est notre sauveur.
(Chénier.)
Cette curiositĂ© du roi fĂźt qĂŒon nous prĂ©senta Ă
ßui. (Fénelon.)
COMPLĂMENT DE PREPOSITIONS.
...Et quel intĂ©rĂȘt contre lui vous anime?
(Racine.)
Le méchant a beau fuir la peine de son crime, il
la porte avec lui. (Fontenelle.)
Ce tableau donne lieu aux observations suivantes :
f .
1Ÿ Au masculin singulier le pronom de la troisiÚme personne, pour représenter le sujet,
a deux formes, qui sont il et lui. La premiĂšre, comme la plus faible, a besoin de lâappui
dâun verbe ; la seconde peut en ĂȘtre privĂ©e.
Dans le deuxiĂšme exemple de la deuxiĂšme colonne : Et je suis mille fois plus criminel
que LUI, le nom personnel lui est employé avec ellipse du verbe est : et je suis mille fois
plus criminel que UJl n'est criminel.
2Ÿ Lorsque le pronom de la troisiÚme personne est complément direct, il se montre en
core avec deux formes qui sont le, lui; eM^vdiffĂ©rence qui les caractĂ©rise, câest, comme on
{ 328 ) '
le verra plus loin, que la premiĂšre se place toujours avant les verbes, et que la seconde
vient toujours aprĂšs : Il le flatte; jâaime lui et son frĂšre,
3° Pour le complĂ©ment indirect il nây a quĂŒne seule forme, qui est lui; cette forme
peut sâemployer avec ou sans la prĂ©position Ă .
4*° Enfin, quand le pronom de la troisiÚme personne est employé comme complément
de prĂ©positions, il nây a point Ă se tromper : câest toujours la forme/ut.
SUJET.
fl craint que*
11 joue avec.
Lui raille.
Plub spirituel que lui.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
COMPLĂMENT DIRECT.
Qui le caresse.
Qui le loue.
NâĂ©couter'quelni.
N'avoir que loi.
COMPLĂMENT INDIRECT. COMPLĂM. DE PRĂPOSIT,
Lui devoir. Pour lui.
Lui promettre. Envers loi.
Laisser Ă lui. En lui.
Donner A lui. Vers lui.
Nâ CCLI.
FONCTIONS DE tls, etujo, les, leur.
SUJET.
Les lauriers sont infertiles ; ils ne donnent Ă uplus
que de lâombre, et ne valent pas les moissons et les
fruits dont la paix est couronnée.
(Lemoine.)
Eux seuls seront exempts de la commune loi I
(La Fontaine.)
Les peuples du Canada ressemblent Ă ceux du
Mexique, du PĂ©rou et du BrĂ©sil, en ce quâils sont
privés de poil comme eux,
(VOLTAIRB.)
COMPLĂMENT DIRECT.
A mes nobles projets je vois tout conspirer;
H ne me reste plus quâĂ vous les dĂ©clarer.
(Racine.)
Les avares ne voient dans le monde quâewĆ et
leurs trésors. (Anonyme.)
COMPLĂMENT INDIRECT.
Seigneur, tous vos soldats refusent de partir.
Pharnace les retient, Pharnace /e«r révÚle
Que vous cherchez Ă Rome une guerre nouvelle.
(Racine.)
Certains peuples de lâAfrique, au moins aussi
raisonnables que nos dévots, prétendent que tout
ce quâils souhaiteront dans le ciel viendra dâabord se
, présenter à eux, (Mirabeau.)
Ă
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
Sans distinguer entre eux qui je hais ou qui jâaime,
Allons, et commençons par XipharÚs lui-i>56me.
(Racine.)
Les gens dĂŒmonde aiment les gens qui ont pluÂŹ
sieurs sortes d'esprit, parce quâils croient avoir plus
dâanalogie avec eux,
(HELVĂTIUĂą.)
Le pronom de 1a troisiĂšme personne, au masculin pluriel, a donc deux formes pour reÂŹ
présenter le sujet: ce sont ils et eux. '
Le complément direct en a également deux, qui sont les et eux. La premiÚre précÚde les
verbes, lĂ seconde les suit.
Le complément indirect en possÚde aussi deux, dont la premiÚre est leur et la seconde
Ă eux. ;
Ăt lorsque le pronom de la troisiĂšme personne est complĂ©ment dĂŒne prĂ©position , on
voit que câest toujours le mot eux quâil faut employer.
Du reste, ce que nous avons dit sur la fonction deil,le,luiy doit sâappliquer Ă ils, eux,
hs, leur.
( 329 )
SlĂźJE'r.
Ils éconteat.
ris racoDtent.
Eux fcculs font.
Plus grand quVux.
EXĂRCICE PHRASĂOLOGIQVE.
COMPLĂMENT DIRECT.
Les craindre.
Les observer.
Nâaimer quâeux.
Ne voir quâeux.
COMPLĂMENT INDIRECT. COBIPLĂBI. DE PRĂPOSIT.
Leur parler. Sur eux,
I^eur cn»eignei'- Cbcz eux.
Câest Ă eux. Selon rux.
App.iitcoirĂ eux. Sans eux. '
â â â ooĆ
]\â CCLII.
»
FONCTIONS DE elle, la, lui.
SUJET.
Jamais la vĂ©ritĂ© nâentre mieux chez les rois
Que lorsque de la fable elle emprunte la voix.
" (Boursault.)
Pour moi, qui suis aussi malheureux quâeZ/e,
mais qui ai moins de droit Ă lâindĂ©pendance, je sens,
autant que jë le dois, monsieur, combien il entre
de bonté dans la permission, quoique limitée, que
jâai reçue de vous ue mâentretenir avec elle.
(Mirabeau.)
complément direct.
Qui chérit son erreur ne la veut point connaßtre.
, , (Corneille.)
t t ,
, Nâavoir qĂŒune femme et ne chĂ©rir quâelle, est une
loi de Dieu. (Anonyme.)
COMPLEMENT INDIRECT,
Quand sur une personne on prétend se régler
Câest par les beaux cĂŽtĂ©s quâil lui faut ressembler.
(MoliĂšre.)
Venez avec moi, je vous ferai parler Ă elle.
(MoliĂšre.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
On ne peut guĂšre avoir une femme fidĂšle
Quâen attirant Tamusement chez elle ;
Le manque de vertu vient quelquefois dâennui,
(Favart.) â
Dâautres d'une voix immortelle
Vous peindront dâheureux jours en de joyeux accords :
Moi, la douleur mâĂ©prouve, et mes chants viennent
ûeßle.
(V. Hugo.)
On doit remarquer ;
1Âź Que le pronom delĂ troisiĂšme personne au fĂ©minin singulier n'a qĂŒune forme pour
sujet : elle. Sa fonction est de toujours précéder les verbes ; cependant ce mot peut s'em
ployer dans les comparaisons avec ellipse du'verbe : Qui suis aussi malheureux qu'elle,
c'est-Ă rdire, qui suis aussi malheureux qw'ELLE est malheureuse.
2Âź QĂŒil y a deux formes pour le complĂ©ment direct, ce sont la et elle; la prĂ©cĂšde touÂŹ
jours le verbe, et elle le suit.
3Ÿ Que pour le complément indirect on a encore deux formes, lui et à elle'.
4Ÿ Que le complément des prépositions est toujours elle.
42
( 330 )
SUJET.
ÂŁlle s'imftgiae.
Elle travaille.
Plus laborieuse qu'elle*
Bloius savante quâelle-
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
COMPLEBIENT DIRECT.
La rendre.
La sentir.
Nâavoir quâelle.
Ne possĂ©der quâelle.
COMPLĂMENT INDIRECT.
Lui ressembler.
Lui conter.
Venir b elle. *
Sâadresser Ă elle.
COMPLĂM- DE PRĂPOSIT.
Sans elle.
AprĂšs elle.
Avec elle.
Par elle.
CCLIII.
' FONCTIONS DĂ elUs, les, leur.
SUJET.
Honorez les femmes 1 elles sÚment des roses cé
lestes sur le cours de notre vie terrestre.
(Boiste.).
Si les femmes cherchent Ă donner du ridicule Ă
une nouvelle venue, il est sĂ»r qĂŒelle est plus jolie
qu'e/teJ. (Voltaire.} .
COMPLĂMENT DIRECT.
Les grandes passions naissent dans un grand cĆur;
Qui les sent fortement sait en ĂȘtre vainqueur.
'(De Bellot.)
Ces bonnes mÚres, elles ne sont pas égoïstes; car
elles aiment elles et leurs enfants.
(Anonyme.)
complément INDIBEGT.
Ce qui fait qĂŒe les femmes sont peu touchĂ©es de
lâamitiĂ©, câest quâelle leur paraĂźt fade aprĂšs lâamour.
(La Rocuefoucauld.)
Ăn me dit que ma femme et mes filles Ă©taient Ă
la promenade dans la forĂȘt; je les cherchai, et dĂšs
que je les vis, jâallai, je courus d elles.
{Id.)
COBIPLĂMENT DB PRĂPOSITIONS.
H ne dĂ©pend point de nous dâavoir ou de ne point
avoir de passions ; mais il dépend dc nous de régner
sur elles. , (J.-J. Rousseau.)
Toi, fille dc la nuit, quand les ombres fidĂšles
Des champs aĂ©riens rembrunissent lâazur ^
Sans Ă©clipser tes sĆurs, tu rĂ©pands auprĂšs dâelles
Vu feu tranquille et pur.
(Madame Tastu.)
Ainsi, pour le rÎle de sujet, le pronom delà troisiÚme personne n'a également au fémi
nin pluriel qĂŒune seule forme, elles : mais il a pour complĂ©ment direct les ei elles.
Pour complément indirect leur et à elles; ^
Et pour complément des prépositions, elles.
Du reste, les observations que nous avons faites pour le féminin singulier du pronom de
la troisiĂšme personne sont applicables aĂŒ fĂ©minin pluriel.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
âą SUJET.
Elles trBvailleiit.
E'ĂŽcs vont.
Plus gentille!; quâelles.
Plus douces quâelles.
COMPLĂMENT DIRECT.
Les écouter.
Les plflludre.
Nâassister quâelles.
Ne gonveraer quâelles.
COMPLEMENT INDIRECT,
Leur sembler.
Leur convenir.
Appartenir ft elles.
Aller Ă elles.
COMPLĂM. DE PRĂPOSIT.
Devaot elles.
An pied dâelles.
Malgré elles.
Quant Ă elles.
( 331 )
â~«ew» N" CCLrV.
FONCTIONS DE S6, SOI,
SUJET.
t
On a besoin souvent dĂŒn plus petit que soi.
complément direct.
(La Fontaine.)
Sans se voir, quand on sâaime, on peut se deviner.
(La Chaussée.)
Ne rĂ©gler que sot et sa famille, ĂȘtre simple, juste
et modeste, sont des vĂ©rtus pĂ©nibles, parce qĂŒelles
sont obscures. (FĂntbnbllb.)
COMPLEMENT INDIRECT.
On le propose en vain de quitter ce quĂŒn aime.
(Campistron.)
IdomĂ©nĂ©e, revenant Ă soi, les remercie de lâavoir
arrachĂ© dĂŒne terre quâil a arrosĂ©e du sang de son
fils, et quâil ne saurait plus habiter.
(Fénelon.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
La vieillesse chagrine incessamment amasse ;
Garde, non pas pour sot, les trĂ©sors quâelle entasse.
(Boileau.)
Il est des nĆuds formĂ©s sous des astres malins,
Quâon chĂ©rit malgrĂ© sot.
(Regnard.)
Le pronom personnel sot. marquant un rapport dâidentitĂ© avec le sujet, ne peut pas reÂŹ
prĂ©senter le sujetlui-mĂȘme. Cependant, lorsquâil entre dans le second terme dĂŒne compaÂŹ
raison, on voit qĂŒil joue alors Toffice de sujet; mais hors delĂ il ne peut remplir cette
fonction, Rétablissant donc le second terme de la comparaison, on trouve : On a besoin
d'un plus petit que SOI n est petit.
Quand il est complément direct, il se montre sous deux formes diverses : se et sot ; la
premiĂšre se place toujours devant le verbe et la seconde aprĂšs.
La mĂȘme observation a lieu pour le complĂ©ment indirect se et Ă sot. Toutefois cette
derniÚre forme peut, par inversion, précéder le verbe.
Enfin, le complément des prépositions est toujours sot.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
SUJET.
Pin* riche que soi.
Plus malin que soi.
Moins pntivreque soi.
Moins prodigueque soi.
COMPIJ-MENT DIRECT.
Se disT-imuler.
Se disputer.
Se souffrir.
Sc vaincre.
COMPLĂMENT INDIRECT. COMPLĂM. OE PRĂPOSIT.
Sc promettre. Sur soi.
Se plaire. Malgré soi.
.Se pcrsuntler Ă soĂź. Avant loi.
Se convenir Ăą soi. Apres soi.
NÂź CCLY.
DE lâĂ©lision de lĂŒ DANS je, me, te, se, Ăźe.
/ SANS ĂLISION.
Je te verrai sans ombré, Î vérité céleste!
(Toltaire.)
Me voilĂ seul portant la haine universelle.
^(Legouvé.)
AVEC ĂLISION,
Jâavais encor tes vĆux; jâavais encor ton cĆur.
(Corneille.)
Ne mâĂŽtez pas ce bien dont je suis si jaloux.
(Voltaire.)
( .332 )
r
Te montrerai-je les objets tels quâils sont?
(J.-J. Rousseau.)
Se vaincre appartient aux héros.
(Lombart de Langres.)
Ze.voilà donc rempli cet oracle exécrable !
(Voltaire.)
Tâattendre aux yeux dâautrui, quand tu dors, est
erreur.
âą (La Fontaine.)
SâĂ©tonner est du peuple, admirer est du sage.
(Delille.)
X'a-t-on vu (le coursier) paissant lâherbe fleurie,
Contempler les tableaux de la terre embellie ?
(Aimé-Martin.)
Les pronoms personnelsje, me, te, se, placés devant un mot commençantpar une voyelle
ou par k non aspirée; occasionneraient un hiatus désagréable. C'est pour éviter cet hiatus
qu'en pareille rencontre on supprime la lettre finale, et qu'on la remplace par l'apoÂŹ
strophe.
Ainsi, au lieu de je avais, ne me ĂŽtez pas, etc., on dit :f avais, ne m'ĂŽlez pas, etc. TouteÂŹ
fois cette suppression n'a pas lieu avec je et le, lorsque, ces mots suiventle verbe : ExemÂŹ
ples :Le dirai-jE Ă mon pĂšre? Menez-LE Ă Paris. '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
SANS ĂLISION.
Je déteste.
Il me supplie.
Je te comprend».
Il se vante.
Vous le cajolez.
Ai-je été dupe ?
. AVEC ELLSIĂiV.
Jâapplaudis.
Il m égratigne,
ĂŻl tâirrite.
Ils sâobservent.
Vous rutili.-crez.
Jâai Ă©tĂ© clupc.
SANS ELISIO.V.
Je lis.
Je me fatigue.
T» te ruines.
Elle se perdra.
On le trfihĂźt.
Conduis-le Ă la vr'iture.
AVEC ĂLISION.
Pûcceple.
V011.S mâĂ©tourdisse».
Ăn t'en promet.
La loi sây oppose.
Vous rbonorcĂŻ.
Il l'use.
Tu iâiras condtiin:.
Nâ CCLYI'.
PLACE DĂS PRONOMS PERSONNELS REMPLISSANT LA FONCTION DE SUjeL
PHRASES ĂNONCĂATIVES.
JâaĂź des rĂȘves de guerre en mon ame inquiĂšte.
Jâaurais Ă©tĂ© soldat, si je nâĂ©tais poĂšte.
Ne vous Ă©tonnez poinfque jâaime les guerriers.
[V. Hugo.) .
â O fortune Ăź iu fais de nous ce que tu veux.
(Anonyme.)
fl vaut mieux courir le risque de faire une guerre
malheureuse, que de donner de lâargent pour avoir
la paix.
* (Montesquieu.)
.
Vo«« sommes taxĂ©s dâhommes singuliers par ceux
qui noiit pas Tesprit ou le courage dc TĂȘtre.
(Sanial Dubay.)
ous avez dit avec vérité que les personnes qui
raisonnent toujours sont ennuyeuses. En effet, si
elles,raisonnent continuellement, elles ne sont pas
raisonnables, car il oe faut pas toujours raisonner,
(Madame de Mainte non.)
phrases interrogatives.
Quelles raisons aurai-je de croire en vous, plaisirs
du monde, vous qui ĂȘtes faits pour tromper?
' {BaLLANCHE.)
Ossian, barde sauvage, que fais-tu, assis sur la
pierre des tombeaux? songes-tu aux héros des temps
passés?'
(Aimé-Martin.)
Souvent, pour le chaume rustique,
Du Louvre fuyez la prison.
Ah! le fauteuil académique
VĂąut-i7 un siĂšge de gazon?
(Florian.)
Sommes-nous sages, nous qui nous confions sans
cesse à des espérances qui sont sans cesse trompées?
et nallbns-nous pas chaque jour au-devant dâun
fantÎme créé par notre imagination?
(Ballanche.)
Avez-nou* partagé le repos de votre hÎte? avez-
vous reçu le pain et le sel de sa main? votre per
sonne est sacrĂ©e pour lui, quand mĂȘme il dĂ©couvriÂŹ
rait que vous ĂȘtes son ennemi.
(Pichot.)
( 333 )
t;. Parmi tant dâingraU quelquefois il sâen trouve
i)e la pĂąte qĂŒil faut pour faire des amis,
Et câest au besoin quâon Ă©prouve
Sât7s tiennent ce quâtis ont promis.
(Lbnoble.)
PoĂŒrqĂŒoi vĂ nlĂ©r des ĂȘirĂ ti^ĂȘfs
Les forĂȘts, les dĂ©serts sauvages ?
Ont-t7s de plus riants vergers.
Dâautres roses, dâautres bocages?
(Aimé-Mahtin.)
En comparant les Ăšxemples de la premiĂšre colonne avec ceux de la seconde, on voit
que dansles phrases interrogatives les pronoms personnels remplissante fonction de sujet
se transportent immĂ©diatement aprĂšs le verbe, auquel ils se lient par un trait dĂŒnion :
suisfe? ai-je? etc.
Comme la construction de cette sorte de mots prĂ©sente dâassez grandes difficultĂ©s non
seulement aux étrangers, mais encore à un grand nombre de Français, nous croyons de
voir la figurer dans lâexercice suivant.
«
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
PHRASES ENONCIATIVES.
PĂĂRASĂ-.S IXTERKOGAVIVES.
sam» ri'ĂcATioK.
JeâreTĂcndi-ai.
Tu diras.
Il croit.
Elle vient.
Nous parlerous.
Vous Ăź'Orttrei.
Ils paieront.
Elles sâimaginaient.
AVEC NECATIOW.
Je ne revieudrai pas. -
Tu ne diras jamais.
' 11 ne croit pas.
Elle ne vient pas.
SAKS pfhr.AllO.S ,
Reviendrai-je?
Dii a>.ti) ?
(Voit-il ?
Vient-elle?
Nous ne parlerons quâ» notre tour. Parlcrons-nou.s?
Vous ne sortirez pas. S'irtirez-vous ? .
Ils ne paieront jamais. PaicrontVils ?
Elles ne s'imagioaient pas. , Sâimaginaienl-ellrs ?
I AVEC KĂCATIKN.
Ne reviendrai-je pas-?
Ne dirar-Lu pas ?
Ne croll-il pas ?
Ne vient-elle pas ?
Ne par'.erons-ooMs pas?
Ne .sOrtireK-vous pas ?
Ne paieront-ils pa.s ?
Ne sâimaginaient-e.llf:.*' )>a.s ĂŻ
CCLYII.
PHRASES EXCLAMATIVES.
SANS NĂGATION.
Ab, Rome! ab, Bérénice! ah, prince malheureux!
Pourquoi suis-je empereur? pourquoi suis-je amouÂŹ
reux? ' (Racine.)
Faut-tl qĂŒun deuil se mĂȘle aux plaisirs des mortels!
(Madame Tastu.)
Quand votre Ćil dĂ©daigneux
S'attache au vĂȘtement, Dieu regĂ rde.le cĆur.
Il-lit au fond du mien ce quâil a de souffrance;
Ah I puisse-t-»7 au vÎtre inspirer la pitié !
(M"«Mercoeor.)
Dussiez-vous présenter mille morts à ma vue.
Je nĂš saurais chercher une fille inconnue !
(Racine.)
AVEC NĂGATION. '
Oh ! que nâai-je aussi, moi, des baisers qui dĂ©vorent^
Des caresses qui font mourir!
(V. Hugo.)
Que ne puis-je aĂčssj presser sur mon sein mon
vertueux et bon pĂšre! (Florian.)
Quenâairje pu voiler le soleil, et faire quâil restĂąt
pour moi comme il Ă©tait le jour dn 2) janvier! 0âe
ne puis-je défendre à ta lune d'éclairer mes pas du
rant la nuit, ou de pénétrer dans mon odieuse de
meure! ^ (Dallancjie.)
... Quand un homme est riche, il vaut toujours son
prix ;
NâeĂ»t-t7 de son vrai nom ni titre ni mĂ©moire,
DâHosier lui trouvera des aĂŻeux dans l'histoire.
T (Boileau.)
Dans les phrases exclamaUves, les pronoms personnels je, tu, nous, vous, il, etc., se
placent aussi aprĂšs le verbe, qĂŒil y ait ou qĂŒil nây ait pas nĂ©gation.
EXERCICE PERĂSĂOLOGIQĂE.
SANS NEGATION.
Dût-il :
Poiisiei-vons Ăź
SaU-ie malhcnretu!
Fant-iU
AVEC'NĂGATION.
Ne dût-il pas !
Ne puissiez-vous pas !
Ne ?uis-jc pa.-Ăź malheureux !
Ne faut-il pas !
SANS NĂGATION.
Ai-je assez prié !
Eût-elle!
PuĂźsseot-iis !
Dossioas-ugni !
AVEC négation.
N'ai. Je pas assez prié !
NâeĂ»t-ellepas!
Ne puissent-ils pas '
Ne aussiou»-aoas pas !
( )
Nâ CCLYin.
PHRASES INTERJETEES.
PHRASES ĂNONCIATIYKS.
« Dieu dâAbraham, Ă©coute ma priĂšre 1 »
Il dit: soudain cent voix religieuses
Chantent de Dieu les merveilles nombreuses.
(Campenon.)
Hélas ! je vous connus, vous étiez jeune et belle ;
De toutes les vertus jé cherchais le modÚle,
Je mâĂ©crtai; Je Tai trouvĂ© !
(Aimé-Martin.)
Et moi, je lui disais dâune voix douloureuse :
« 0 vous, Tamour, lâespoir et Torgueil des Troyens,
â » Hector, quel dieu vous rend Ă vos concitoyens?^
» Que nous avons souffert de votre longue absencoß
(Delille.)
Il rĂ©pond: «Faut-il donc quâune Ă©pouse si chĂšre
» Mâaccable du reproche et de Tinjure amĂšre 1
» MĂ©nĂ©las mâa vaincu. PaU'as guidait scs coups.»
(MlLLEyOVE.)
phrases interjetées.
Mon fils, dit-il, Ă ce voeu de ton cĆur,
Va, ne crains pas quâun pĂšre aigri sâoppose:
Tu peux partir,' je ne le maudis pas. '
(Campenon.)
«Eh bien, sage Panthé,*Pergame existe-t-elle?»
MâĂ©criai-je ; «peut-on sauver la citadelle?
» Nâavons-nous plus dâespoir?»
(Delille.)
Apollonius de Thyane, débarqué dans la capitale
du monde pour voir, disait-il, quel animal câĂ©tait
quâun tyran, sâen fit chasser avec les autres phiÂŹ
losophes.
(Chateaubriand.)
Pour le coup, voilĂ de vos folies. Eh bien ! conW-
nua-t-elle avec une vivacité charmante, quand nous
serons dans TobscuritĂ©, quây verrons-nous?
(Aimé-Martin.)
I
On voit par lesexemples de la deuxiĂšme colonne, que si Ton interjette dans la phrase un
des temps des verbes dire, répondre , reprendre, interrompre, ajouter, s écrier, conti
nuer, etc., etc., les pronoms personnels se transportent aprĂšs ces mĂȘmes verbes, quoique
la phrase ne soit point interrogative.
* w
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
dis : Parle.
Tu dis : ArrĂȘte. ,
11 sâĂ©cria ; 0 Dieu !
Elle répond : Sors d'ici.
Vousajuutcz : Quâil sâĂ©loigne!
Parle, dis-je.
ArrĂȘte, dis-tu. .
O Dieu ! sâĂ©cria-t-il.
Sors dâici , rĂ©pond-ctlc. \
Qu'il sâĂ©loigne! ajoiitcz-vous.
Il murmurait : Onsfic jnfnpiie !
Il interrompit : Tu meus.
Elle reprit : Je le sois.
Ils sâĂ©criĂšrent : Horreur!
Nous répétions ; Infùme !
infamie} murm u alu /.
Tu mens ! interrompĂźt
Je le sais , reprit-elle.
Horreur! sâĂ©crtĂšrent-ii-âą
infùme ! répétions-nott>.
âN- CCLIX.
PLACE DES PRONOMS PERSONNELS DANS LES PHRASES COMMENĂANT PAR aWSSt, ĂȘ.7
vain, peut-ĂȘtre, toujours, et autres mots semblables.
NOMS PERSONNELS PLACĂS
AVANT LE VERBE.
A peine il Ă©tait nĂ©, que dâEnghien §urla poudre
Mourut, sous Ăčn arrĂȘt que rien ne peut absoudre.
(Y. Hugo.) .
Vainement ils iront sâĂ©criant dans les villes :
« Plus de rébellions ! plus de guerres civiles. »
(V. Hugo.)
APRĂS LE VERBE.
A peine la saison dâaimer est-elle passĂ©e, que les
oiseaux se dépouillent de leurs couleurs'.
(Aimé-Martin.)*
En vain c/iercAeries-vows TĂternel jusquâaux exÂŹ
trémités du monde ou dans la vaste étendue des
cieux; il habite prĂšs de vous, il est en vous.
(ĂCRITURE-SĂINTE.)
( 335 ')
Les honneurs sont institués pour récompenser le
mĂ©rite, pour exercer la sagesse, et poĂŒr ĂȘtre des
occasions de faire du bien : aussi ils n'appartienÂŹ
nent de droit quâĂ des ames modĂ©rĂ©es, justes et
charitables.
(Fléchier.)
Peut-ĂȘtre je devrais, plus humble en ma misĂšre,
Me souvenir du moins que je parle Ă son frĂšre.
(Racine.)
Combien j'af déjà vu tomber de nobles et dignes
créatures! avant de succomber, elles ont beaucoup
souffert. Câest une espĂšce de soulagement de penÂŹ
ser que le plus souvent, hélas! la mort est une dé
livrance. (Ballanche.)
Ft sous son voile noir cette image immortelle
( La nuif) cache les attraits les plus doux ;
Ăussi les savants Vont-tV# toujours beaucoup
aimée. ' (Aimé-Martin.)
Peut-ĂȘtre, Sophie, vous entretiendrai-je de Tastro-
nomie ; et si jamais, comme le galant Fontenelle, je
puis ĂȘtre entendu delĂ beautĂ© au milieu des ombres
de la nuit et dans un bosquet délicieux.
(Idem.)
Lâhomme est ainsi bĂąti; quand un sujet lâenflamme,
LâimpossibilitĂ© disparaĂźt Ă son ame.
Combien perd-il de vĆux, combien fait-il de pas,
Sâoutrant pour acquĂ©rir des biens ou de la gloire 1
(La Fontaine.) '
Avec les mots aussi, en vain, Ă peine, peut-ĂȘtre, au moins, encore, toujours, comÂŹ
bien, etc., les pronoms se mettent avant ou aprĂšs les verbes. Câest le goĂ»t, la grĂące, lâharÂŹ
monie et lâĂ©lĂ©gance qui doivent prĂ©sider Ă lâemploi de lâune ou de lâautre façon d'Ă©crire.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Aussi vuulut-ll.
En vain voiilonĂ -nous,
A peine sumnies-noti».
Peut-ĂȘtre avez-vous.
Vainement pensent-iLs.
Du motos ajoutez-vQus.
Aussi il voulut.
En vain nous partons.
A peine nou,.; somntes.
Peut-ĂȘtre vous avez.
Vaincinent iis pensent.
Uu moins yous ajoutez.
Au moins devons-nous.
Encore eoscigne-t-clli;.
Toujours dirai-je.
Combien disons -nous. VJUI1JUIV3I IIUU3 uiauiiB.
A plus forte rai.son croyons-nous. A plus forte raison nous croyons.
Si grand soit-Ăźl. Si grand quâil soit.
Au moins nous devons.
Encore elle enseigne.
Toujours je dirai.
Combien nous disons.
W CCLX.
âąy
CONSIDĂRATIONS PARTICULIĂRES.
r.
Vous ĂȘtes aujourdâhui coiffĂ©e Ă faire horreur.
â- Quoi 1 suis-je donc si mal ?
(GRBSSEXd
Votre genre dâesprit me plaĂźt infiniment;
Et je ne ^ais que vous avec qui jâĂąie envie
De penser, de causer et de passer ma vie.
Câest un goĂ»t dĂ©cidĂ©. â Puis-je mâen assurer?
(W.)
Ne tiens-je pas une lanterne en main ?
(MoliĂšre.)
Vaux-je cela? disait en soi la belle.
(La Fontaine.)
Viens-je donc dans ces lieux te servir de trophée?
(J.-B. Rousseau.)
Que ne puis-je tâexprimer ce que je sens si bien !
et comment sens-je si bien ce que je oe puis tâexpriÂŹ
mer? (Montesquieu.)
Nous avons dit que dans les phrases interrogatives et admiratives .les pronoms perÂŹ
sonnels se plaçaient aprÚs les verbes. Nous devons faire observer cependant que si ces
verbes'se terminaient par deux consonnes sonores, que leur réunion au mot je donnùt
lieu à une équivoque,il faudrait, en pareille circonstance, prendre un autre tour. Ainsi,'
au lieu dé cours-je? dors-je? rends-je? mens-je? romps-je?^ sers-je? qui affectent désa-.
grĂ©ablement lâoreille, et se prononcent comme courge, dorge, range, mange, ronge, serge,
on doit dire : est-ce que je. cours ? est-ce que je'dors ? (1). Cette observation est particuliڏ
rement applicable aux verbes dont la premiĂšre personne se termine par s prĂ©cĂ©dĂ© dâune
(1) MM. ^rreau et Roussi prĂ©tendent quâil faut dire : CourĂ©-je? perdĂ©-je? sentĂ©-je? dormĂ©-je.^ vendĂ©-
jef etc., et analysent ainsi : Est-il possible que je coure? que je perde? etc.
dùÎ J
Ăąutre consonne, quel que soit le nombre des syllabes : ĂĂ©pands-je ? interromps-je ? Ăn
excepte toutefois attends-je? dis-je? suis-je? fais-je?dois-je?puis-je? vais-je? etc., ainsi
qĂŒon le voit par lĂšs exemples ci-dessus citĂ©s.
H.
Par quel charme secret laissé-je retenir
Ce courroux si sévÚre et si prompt à punir?
(Racine.)
Puissé-je à la race future
Montrer comme on punit lâhOle ingrat et parjure,
Onvir un grand exemple, et dâavance effrayer
Quiconque outragerait le seuil hospitalier!
(Milleyove.)
Hélas 1 à peine osé-je encore y penser,
(Mirabeau.) "
Qui désigné-jOy à votre avis,
Par ce rat si peu secourable?
Un moine? non, mais un dérvis<
Je suppose qĂŒun moine est toujours charitable.
(La Fontaine.)
Mais pourquoi m'arrété-je à ces circonstances?
(Fléchieb.)
J
Moi, fwssĂ©'je vaincu, jâaimerai ta victoire!
Tu le sais, pour mon cĆur ami de toute gloire
Les triomphes dâautrui rie sont pas un affront.
(V. Hugo.)
Dussé-je, aprÚs dix ans, voir mon palais eu cendre!
(Racine.)
Me trompé-je ? (MoliÚre.) .
Est-il bien vrai, Frosine, et ne révé-je point?
(Id.)
A moins que de cela Veussé-je soupçonné?
(W.)
Pour Ă©viter lâhiatus qui rĂ©sulterait, dans les phrases interrogatives ou exclamatives, de la
rencontre des deux syllabes sourdes : laisse-je, parle-je, etc., on altĂšre l'orthographe,
comme on vient de le voir, et lâon change lâe muet en Ă© fermĂ© des verbes Ă la premiĂšre
personne du prĂ©sent delâindicatif et du subjonctif, et de lâimparfait de ce dernier mode.
Les grammairiens, qui semblent avoir pris à tùche de vouloir tout dénaturer, préten
dent que dans aimÚ-je, demandé-je, Ye est fermé ; mais Tusage et Tautorité des personnes
qui parlent le mieux, démentent journellement cette opinion ; elles prononcent : aimÚ-je,
veĂŒlĂš-je, etc., avec un accent grave.
III.
Que pourrai-je vous dire et quel remerctmcnt !
(MoliĂšre.)
Hélas ! pensai-je alors, la tristesse dans Vame, -
Humbles hommes, lâoubli sans pitiĂ© nous rĂ©clame.
(Sainte-Beuve.)
Par oĂč pourrais-je, hĂ©las! dans ma vaste disgrĂące.
Vers vous de quelque plainte autoriser lâaudace!
(MoliĂšre.)
Ce petit nombre dâheures que la multitude semble
vouloir disputer aux pensées sérieuses, pourquoi les
consumerais-je comme elle? '
(Ballanche.)
âŠ
Il ne faut pas confondre les temps, ni se laisser induire en erreur par la mĂȘme conson-
nance. Dans la premiÚre colonne les verbes pourrai, pensai-sont au futur et au prétérit,
tandis que dans la deuxiĂšme ils sout.aĂč conditionnel : pourrais, consumerais.
IV.
Aimable fille, nâes-tu point un ange du ciel, ou .
Dieu mc'montre-t-i7 en toi lâĂ©pouse qui embellira
ma solitude?
(Ballanche.)
Dieu a-t-il promis Ă Thomme dâobĂ©ir Ă tous, scs
désirs 7
(Jd.)
Grands dieux ! votre clémence
Répare-t-elle enfin soixante ans de souffrance?
(Voltaire.)
Le kanguroos échappe-t-il mieux à ses enne
mis en faisant des bonds épouvantables, que les
grillons et les sauterelles qui sautent avec tant d'a âą
gilité ? (Aimé-Martin. )
Lorsque le verbe se termine par un a ou par un e muet, lâeuphonie exige qĂŒon Ăźnter-
* 1
( 337 )
Cale, entre le verbe et les pronoms personnels elle, un /qu*on feit suivre et précéder
dâun trait-dĂŒnion.
OoĂźs'je le dire ?
Puis*jc le savoir?
Vais-je y aller ?
Fais'je mal ?
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Veillé-ie?
Osé-je ?
Parlé-je ?
Aimé-je.
Dirai-je 7
Dirais-je ?
Croirai-je ?
Groirai$-je ?
Nâ CCLXI.
Dira-t-il ?
Croira-t-il ?
Continue-t-il 7
Ăjoute-t-elle.
BE LA PLACE. DES PRONOMS PERSONNELS EMPLOYĂS COMME COMPLĂMENTS
DIRECTS.
AVEC l'impératif.
SANS NĂGATION.
Rends-mot chrétienne et libre, à tout je me soumets.
(Voltaire.)
LĂšve-toi, Alcione, ceins tes habits de deuil, livre-
toi à ta douleur, et ne laisse point ton époux des
cendre aux enfers privé de tes larmes.
(de Boufflers.)
DĂ©pouillons-nous aussi dĂŒne vaine fiertĂ©;
Nous naissons, nous vivons pour la société.
(Boileau.)
Allez, conduisez-ta dans la chambre prochaine.
(Racine.)
AVEC NĂGATION.
Dissipe tes douleurs.
Et ne fĂŻie trouble pas par ces indignes pleurs.
(Boileau.)
Ne tâĂ©tonne donc plus, sĂź mon ame gĂȘnĂ©e
Avec impatience attend leur hyménée.
(Corneille.)
Du lutrin, disent-ils, abattons lĂ machine;
Mais ne nous chargeons pas tout seuls de sa ruine.
(Boileau.)
Si Ton vous propose de faire une mauvaise, action,
ne la faites point.
(Anonyme.)
Lorsque les pronoms personnels sont le complĂ©ment direct dĂŒn verbe Ă lâimpĂ©ratif
sans négation, ils se placent aprÚs ce verbe, comme l'attestent les exemples de la premiÚre
colonne. Dans ce cas, on fait usage des formes moi, toi, le, la, les.
Mais si la phrase était négative, comme dans les exemples de la seconde colonne, on
voit qĂŒen pareille circonstance les pronoms personnels prĂ©cĂšdent toujours le verbe, et
qĂŒalors ce sont les formes me, te, se qĂŒil faut employer.
NÂź CCLXn.
OQOOâ
1 (
hors de l'impératif.
sans négation.
Madame, enfin le ciel prĂšs de vous me rappelle,
Et, secondant du moins mes plus tendres souhaits,
Vous rend Ă mon amour plus belle que jamais.
(Racine.)
... Pauvre science humaine !
Un fil tâarrĂȘte, hĂ©las I cojnme le moucheron
Du bon Jean La Fontaine.
(Aimé-Martin.)
f
AVEC NĂGATION.
Il suffit: je conçois vos raisons et vos craintes ;
Je ne mâemporte plus^en dâinĂŒtiles plaintes.
(Voltaire.)
Je ne te puis blĂąmer dâavoir fui lâinfamie ;
Et de quelque façon quâĂ©clatent mes douleurs,
Je ne tâaccuse point, je pleure mes malheurs.*
(Corneille.)
43
Câest Dieu qui nous fait vivre ;
Câest Dieu qĂŒil faut aimer.
(Malherbe.)
( 338 ]
Si la douleur de notre captivité ne nous eût ren
dus insensibles Ă tous les plaisirs, nos yeux auraient
Ă©tĂ© charmĂ©s de voir cette fertile terre dâĂevpte,'
Ă A J* â T
Je vous Tai dĂ©jĂ dit, aimez quâon vous censure,
El, souple Ă la raison, corrigez sans murmure.
Mais ne vous rendez pas des qĂŒun sot nous reprend.
(Boilead.)
Lisez Virgile, heureux qui sait goûter ses charmes!
Malheureux qui le lit sans verser quelques larmes!
(Delille.)
Les cĆurs remplis d'ambition
Sont sans foi, sans honneur et sans affection ;
Occupés seulement de Tobjet qui les guide,
Ils nâont de TamitiĂ© que le masque perfide.
(Crébillon.)
Les amants, jâose Tassurer,
Se plaignent de la jalousie,
ÂŁt sont ravis de Tinspirer.
[(IlttBERT.)
semblable Ă un jardin dĂ©licieux arrosĂ© dâun nombre
infini 4e canaux. (Fénelon.)
Ce discours me surprend, il le faut avouer:
Je ne vous cherchais pas pour lâentendre louer.
(Racine.)
Et, ne ße voyant plus dans ces rochers déserts,
Des ombres du trépas mes yeux se sont couverts.
(Voltaire.)
AussitĂŽt il crie Ă Hippias: ArrĂȘte, ĂŽ le plus lĂąche
de tous les hommes,'arrĂȘte ! nous allons voir si tu
pourras mâenlever les dĂ©pouilles de ceux que jâai
vaincus; tu ne les conduiras pas Ă Tarente.
(Fénelon.)
Songeons plutĂŽt, quelque amour qui nous flatte, '
A défendre du joug et nous et nos étals,
QuâĂ contraindre des cĆurs qui ne se donnent pas.
(Racine.)
On voit donc par ces exemples que, dans les phrases énonçiatives avec op sans n^ga?
lion, les pronoms personnels me, fe, se, nous, vous, le, la, les, quand ils sont compléments
directs, se placent toujours devant le verbe.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
A LâIMPERATir.
HORS DE LâIMPEUATir.
BAN» NEGATION.
Ailmire-moi.
Dcjioi.ii lie-toi.
C4*n»uret-voua.
Evei tuez-vous.
Condamnons-le.
K laitons-la.
Exhortons-lcB.
AVEC NEGATION.
Ne me crois pas.
Ne t'abuse pas.
Ne vous brouillez pas.
Ne vous gĂȘnez pas.
Ne la gĂątez point.
Ne le grondez point.
Ne les dcrangeous point.
BANS NEGATION.
Je mc réjouis.
Tu te promĂšnes.
,0n se respecte.
Vous nous désirez.
Nous vous avons attendus.
jQuâon le console.
11 la caresse.
AVEC NEGATION.
Je ne me Batte pas.
Il ne te regarde pas.
Ils ne s'aimaient point.
On ne nous trabiia pas.
Vous tie TOUS déchiriezpa§.
Quâon ne l'Ă©pargne point.
Il ne la veut pas.
W GCLXIIL1
DE LA PLACE DES PRONOMS PERSONNELS EMPLOYES COMME COMPLEMENTS
INDIRECTS.
A LâimpĂ©ratif.
SANS NĂGATION.
Tardonnez-mot mon transport, madame; les granÂŹ
des choses amÚnent les grandes idées, et les grandes
idées les grands mots.
(De Bodfflbrs.)
Demande-toi* le soir avant de te coucher le bien
nue tu auras fait dans la journée.
(Franklin.)
DĂšs intĂ©rĂȘts du ciel pourquoi vous chargez-vous? â
Pour punir le coupable, a-t-il besoin de vous?
Laissez-i«i, laissez-twi le soin cTc sa vengeance;
Ne songez quâau pardon quâil prescrit de Toflâense.
(MoliĂšre.)
AVEC NĂGATION.
Ne me parlez donc plus de ces sociétés,
De ce ramas confus dâesprits, de cĆurs gĂątĂ©s, â
De ces hommes sans frein, de ces femmes flétries;
A la Honte, aux éclats, aux vices aguerries,
-Qui dâun naufrage affreux consolent leur orgueil.
En poussant tous les cĆurs contre ie mĂȘme Ă©cueil.
' (Langue.)
Ne ,te reproche jamais Tassislance que tu jauras
donnée à un malheureux.
(Anonvme.)
Voulez-vous que votre enfant soit bien élevé? ne
lui laissez contracter aucune mauvaise habitude.
{Idem.}
f 339
Prince, aprĂšs cet adieu, vous jugez bien vous-mĂšme
Que je nĂš consens pas de quitter ce que jâaime,
Pour aller loin de Ăomc Ă©couter dâautres vĆui;
Vivez, et faites-vous un effort généreux.
(Racine.)
Ne vous figurez point que dans celte journée, '
D'un lùche désespoir ma vertu consternée
Craigne les âsoins dĂŒn trĂŽne oĂč je pourrais monte:
(Racine.)
Les exemples de la premiĂšre colonne nous font voir que les pronoms personnels, quand
ils sont le complĂ©ment indirect dâun verbe Ă lâimpĂ©ratif, se placent, comme les complé
ments directs, aprĂšs ce verbe, si celui-ci nâest pas accompagnĂ© de la particule nĂ©gative
ne; car dans ce dernier cas, ils se mettent toujours devant lui.
On verra, dans lâexercice suivant, qĂŒ aprĂšs les verbes Ă lâimpĂ©ratif les formes qĂŒil faut
employer lorsque les pronoms personnels se montrent comme compléments indirects,
sont moi, toi, lui, leur ; mais quand lâinfluence de la nĂ©gation les reporte devant les
verbes, on fait usage des formes me, te, etc.
â âą-OOOQI
CCLXIV.
HORS DB l'iMPĂRATIP.
SANS NĂGATION.
Je me fais de sa peine une image charmante,
Et je lâai vu douter du cĆur de son amante.
(Racine.)
Heureux cultivateur, que je te porte envie Ăź
Ton air est toujours pur, ainsi que tes plaisirs.
(Collin dâHarleville.)
Jâentends du bruit; on ouvre, allons subitement
Lui demander raison de cet enlĂšvement.
(Racine.)
DĂšs quâil faut obĂ©ir, le parti le plus sage
Est de savoir se faire un heureux esclavage.
' â ' (CrĂ©billon.)
Jâai jurĂ© que mes soins, ma juste complaisance
f^ous répondront toujours de ma reconnaissance.
(Racine.)
AVEC NĂGATION.
QĂŒon ne me vante plus lâĂ©clat de la gaĂźtĂ©;
Rien nâĂ©gale en pouvoir les pleurs de la beautĂ©..
(Langue.)
Consulte ta raison, prends la clarté pour guide;
Vois si de te.s soupçons lâapparence est solide:
Ne démens pas leur voix; mais aussi garde bien
Que, pour les croire trop, iis ne tâimposunt rien.
(MoliĂšre.)
Lâimagination est un vaste pays ; celui qui le parÂŹ
court sâĂ©gare aisĂ©ment, si la raison nertui sert de
guide. ' (Boiste.)
Le lis des jardins, dit lâĂvangile, ne sâest pas filĂ©
sa parure. . '
(Aimé-Martin.)
Je ne vous ferai point de reproches frivoles,
Les momens sont trop chers pour-les perdre en paÂŹ
roles. (Racine.)
Il nâexiste donc point de difficultĂ© pour les cas hors de lâimpĂ©ratif. Que la nĂ©gation soit
ou ne soit pas exprimée dans là phrase, on voit que les pronoms personnels, comme com
pléments indirects, précÚdent toujours les verbes.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
âą AVEC LUMPERĂ Tir.
HORS DE LâIMPERATir,
fins ncoiTioK.
Dis-moi.
Fais-toi des chimĂšres.
J.ure-lui le cootraire.
Epargnons-noii» des peines.
Faites-vous des amis. ' *
Adressn-leur des réprßmandes.
AVEC KEOATlOIt.
Ne me parle pas.
Ne me porte pas envie.
Ne lui répondons pas.
Ne nons faĂźtes pas de reproches.
Ne vous faĂźtes pas tort.
Ne leur donnez rien.
fAKl MEOATIOH.
Il me ressemble.
11 te sullit.
On se parle.
Nous lui obéissons.
Il nous faut cela.
Il vous propose.
Il leur impose des devoim.
AVEC NEGATION.
Il ne me semble'pas.
Il ne te plaĂźt pas.
On ne se dit rien.
Nous ne lut demandons pas,
11 ne nous fallait rien.
On ne vous répond pas
Il ne leur recommande rien .
â
( Ăškd )
0^4^ CCLXY.
DEĂX PRONOMS PERSONNELS ENSEMBLE.
A lâimpĂ©ratif.
SANS NEGATION
Montrez-moi celui qui a pu arriver Ă trente ans
sans ĂȘtre dĂ©trompĂ©. Montrez-te-wiot, ce mortel priviÂŹ
légié. (Ballanche.)
Mets-/e-to< dans lâesprit: qui fait mal trouve mal.
(Anonyme.)
LâĂšnfant aperçoit-il une araignĂ©e? au lieu de vous
empresser de la tuer, iaissez-m-iwi prendre dans sa
maĂźn. (fciem.)
tes péchés que nous avons commis, Î Dieu! par-
donnez-Zes-nous comme nous les pardonnons aux
autres. (Idem.)
LĂ , regardez-moi lĂ , durant cet entretien ;
Et jusquâau nioindre motimprimez-te-uows bien.
(MoliĂšre.)
Vos amis ont-ils des vices? reprochez-tes-tewr:
âą Le vice partout doit ĂȘtre combattu ;
Mettons Ă le poursuivre un zĂšle infatigable.
(Agniel.)
AVEC NĂGATION.
Du sang de tant de rois câest Tunique hĂ©ritage,
Ne me Tenviez pas, laissez-moi mon partage.
(Voltaire.)
Ne te le dissimule pas, ĂŽ roi ! tu es aussi mortel
que le dernier de tes sujets.
(Anonyme.)
Un pauvre vous demande-t-il TaumĂŽne? Ne la
lui refusez pas. Dieu vous rendra dans le ciel le
bien que vous aurez fait sur la terre. (Idem.)
Quelques torts que nous ayons envers vous, né
nows les pardonnez pas; ils en entraĂźneraient dâauÂŹ
tres Ă leur suite. ' [Idem.)
Ce plaisir, Ă prince, quelque attrait quâil ait Ă vos
yeux, refusez-te-uous; il coûterait la vie à plusieurs
milliers dâhommes. {Idem.)
Avez-vous quelques vérités à faire entendre aux
rois ? ne les leur dites pas ; vous éprouveriez bien
tĂŽt les effets de leur injuste courroux.
âą {Idem.}
En jetant les yeux sur ces exemples, il est impossible de ne pas remarquer lâinfluence
qĂŒexerce la nĂ©gation sur la construction des pronoms personnels, complĂ©ments dâun verbe
Ă lâimpĂ©ratif.
En effet, nây-a-t-il pas nĂ©gation ? Les deux complĂ©ments, le direct et lâindirect, se
transportent immédiatement aprÚs le verbe, et on emploie les formes moi, toi : dis-LE-
Moi; mete-LE-TOi ; oĂč lâon voit que le mot U prĂ©cĂšde moi et toi. An contraire, sâil y a
nĂ©gation, ces mĂȘmes complĂ©mejits se placent avant le verbe, et au lieu de moi, toi y on se
sert des formes me et te : Ne me Venviez pas; ne te le dissimule pas. En pareille.cir-
constance,lesmots Zc,/a, to, se mettent aprÚs le complément indirect, excepté pourtant
aprĂšs lui et leur, qui doivent toujours en ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s.'
Nâ CCLVI.
HORS DE lâimpĂ©ratif.
SANS NĂGATION.
Quand je puis obliger, ma joie est assez* grande,
Pour nâattendre jamais que Ton me le commande.
(Boursault.)
Je te Ăźe dis dĂ» fond de mon cĆur, jâhonore le
Français comme le seul peuple qui aime véritable
ment les hommes et qui soit bienfaisant par caracÂŹ
tĂšre. (J,-J. Rousseau.)
AVEC NEGATION.
On nâagĂźt pas franchement avec moi, et les secrets
un peu importants, on ne me les confie pas. â
(Anonyme.)
Je ne te Taurais pas dit autrefois, parce que jâauÂŹ
rais craint dâavoir Tair du despotisme.
(Mirabeau.)
{341 )
Le plus sĂčr appui de Thomme est Dieu ; vous vouÂŹ
lez le lui ravir Ăź (Boiste. )
La rigueur nâa jamais produit le repentir : -
Ce nâest quâen pardonnant qĂŒon nous le fait sentir.
(Crébillon.)
\
Je vous le dis encore : vous nâaurez Testime des
hommes que par une solide vertu.
(Madame de Maintenon.)
ĂŒn jour deux pĂšlerins sur le sable rencontrent
Une huĂźtre que le flot y venait dâapporter:
Ils Tavalcnt des yeux, du doigt ils se la montrent ;
A Tégard de la dent, il fallut contester.
'(La FONTAiNE.)
Vive les jeunes gens I tout est feu, tout est grĂące ;
Ils ont quelques défauts ; ma foi, je les leur passe.
. (Brbt.)
Tour M. de Grignan, il peut bien sâassurer que
si je puis quelque jour avoir sa femme, je ne la lui
rendrai pas. (Madame de Sévigné.)
Mesdames, comment vos maris font-ils donc pour
que leurs secrets soient si bien gardĂ©s ? â Ils ne
fiows les confient pas. (Anonyme.)
Je né vous le répÚte plus; mais si cela vous ar
rive encore, vous aurez affaire Ă moi. (Idem.)
Si les hommes pensent mal les uns des autres,
du moins ils ne se le disent pas. ' [Idem,)
Les fautes, mĂȘme lĂ©gĂšres, que commettent mes
enfants, je ne les leur passe pas. (Idem.)
QĂŒil y ait ou non nĂ©gation, on voit que les mots me le, te le, etc., sĂȘ placent toujours
devant le verbe lorsquâil nâest pas Ă lâimpĂ©ratif : on me le commmande; on ne me les
confie pas ; et que le pronom le suit toujours les formes me, te, etc.', excepté avec lui et leur,
qui en sont précédés.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
A LUMPĂRATIF.
SANS NfĂšaATIOH.
Donoe-le-moi.
Essuie-les-toi.
^ends-la-Iui.;
Epa rgn er-1 es-non 3.
Figurcz-Ie-vous.
Dites-le-leur.
Renvoyez-les.moĂź.
Pardonne^le-tui.
' AVEC NEGATION.
Ne nie le donne pas.
Ne te les essaie pas.
Ne la lui rends pas.
Ne nous les épargnez pas.
Ne. VOUS le figurez pas.
Ne le leur dites pas.
Ne me les renvoyez pas.
Ne le lui pardonnez pas. âą
HORS DE
SANS NEGATION.
II me l'assurait.
Je te lâoffre.
On le lui paiera.
Elle se le reproclie.
On nous les fera goûter.
Ils vous les casserunt.
Je le leur ĂŽterai.
Ils se le diront.
L'IMPĂRATIF.
AVEC n4oation.
Il ne me lâassurait pas.
Je ne le lâoffre pas.
On ne le lui paiera pas.
Elle ne se le reproche pas.
On ne nous les fera pas goûter.
Ils ne vous les casseront pas.
Je ne le leur ĂŽterai pas.
Elles ne ae le diront pas.
Nâ CCLXTII.
PRONOMS PERSONNELS COMBINĂS AVEC en.
A l'impératif.
SANS NĂGATION.
RĂ©pondez-mâcn, vous dis-je : ou, sur votre refus, ^
Dâautres me rĂ©pondront et dâelle et de Burrhus.
(Racine.)
Va, va-fâen commencer, il ne me faut plus rien.
(MoliĂšre.)
Il est un peu trop tard pour enlever Célie",
Dispensez-Ten ce soir, elle vdus en supplie.
(Idem.)
âJe prĂ©tendais te dĂ©couvrir Ă lui.
âGardez-vous-en, mĂ©nagez mon ennui.
(Voltaire.)
avec négation.
Puisque câest une chose qui doit vous faire tant
de plaisir, ma chĂšre, ne m'en veuillez donc pas.
(Madame DE Sévigné.)'
En toute chose fais ce que tu dois, et quelle que
soit Topinion du vulgaire, ne fen inquiĂšte pas.
(Boiste.)
Lâenfant prend de bonne heure des dĂ©fauts; mais
ne Ten blĂąmez pas, et vous en ferez un jour un ĂȘtre
bien malheureux. (Anonyme.)
Quand quelqu'un vous veut et vous fait du bien,
ne vous en montrez pas indigne par-ce quâil y a de
plus commun, Tingratitude. [Idem.)
Nous ĂŒavons autre chose Ă dire, si ce n'est que les pronoms personnels, combinĂ©s avec
( 342 )
la particule en, la précÚdent toujours immédiatement. Du reste, il est facile de voir que
cette particule nâexerce aucune influence sur lâordre des pronoms personnels, qui suiventle
verbe, quand il n'y a pas de, négation exprimée, et qui, au contraire, se mettent devant
lui, si la piirase est nĂ©gative. Une derniĂšre remarque Ă faire, câest que; dans les phrases
oĂč le verbe est Ă lâimpĂ©ratif sans nĂ©gation, au lieu des formes moi et toi, on fait usage des
formes les plus faibles me et te, lorsquâelles se trouvent combinĂ©es avec en : câest que,
dans cé cas, elles sont égales en force à moi et à toi, et que moi en ou moi-s~en serait in
supportable à toute oreille française.
' 0
Nâ CCLX VlĂŒ
HORS DE lâimpĂ©ratif.
SANS NĂGATION.
Je reçois sbuvĂȘnt de petits billets de ce cher carÂŹ
dinal ; je lui eri écris aussi; je tiens à ce léger com
merce trĂšs-mystĂ©rieux et trĂšs-secret : il mâen est plus
cher. (Madame de Sévigné.]
Tu peux tâen reposer sur le cĆur dâune mĂšre.
(Voltaire.)
Je n'ai garde; monsieur, dâoser vous en dĂ©dire.
(Do RAT.)
ta'mort est un remĂšde Ă trouver quand on vciit,
Et Ton s'eri doit servir le plus tard que Ton peut.
(MoliĂšre.)
Je vous remercie de la peine que vous avez prise
de narrer cette folie : câest ĂŒd style qĂŒe^ vous nâaiÂŹ
mez pas, mais il mâa bien rĂ©jouie: M.de Coulanges
vous en parlera. (Madame de Sévigné.)
Le pauvre homme et la pauvre femme tombaient
des nues : jâai ajoutĂ© beaucoup de choses honnĂȘtes,
et je mâen suis allĂ© emportant leurs bĂ©nĂ©dictions.
(De Boufflers.)
avec NEGATION.
Je ne mâen prends qĂŒau vice, et jamais Ă la loi.
(FabrĂ© dâEglantĂźne.)
Je vous entends, Burrhus, le mal est sans remĂšde.
Mon cĆur sâen est plus dit que vous ne mâen direz.
(Racine.)
Ah ! clßÚre Marinelte,
Ton discours de ton ccéur est-il bien TinterprÚle?
Ne me déguise point un mystÚre fatal;
Je ne tâen voudrai pas pour cela plus de mal.
(MoliĂšre.)
Un affront vit toujours sur le front qui TeiidĂŒre,'
Qui ne sâen venge pas est nĂ© pour le souffrir.
(Crébillon.)
, Adieu, ma belle petite soeur, souhaitez-moi un
heureux voyage : je crains bien que Tame intéressée
de M. de Grignan ne vous en empĂȘche.
(Madame de Sévigné.)
A mon arrivée dans cette petite ville, je descendis
chez les meilleures gens du monde, et je crois que
je ne mâen serais pas allĂ© si facilement sans la nĂ©cesÂŹ
sitĂ© qui mâobligeait Ă continuer mon voyage.
(Anonyme.)
On voit donc quâici les formes m'en, tien, s en, lui, en, etc.; prĂ©cĂšdent toujours le
verbe dans les phrases négatives ou non négatives. Appliquons ce principe ùu dernier
exenffplĂ© de l'une et de lâautre colonne : Je mâen suis allĂ© ; je ne mâen serais pas allĂ©.
Quel est le verbe? Nâest-ce pas suis et serais ? Câest donc avant ce verbe que doit se plaÂŹ
cer la forme m'en, et lâon sâexprimerait mal en disant comme les gens peu instruits de leur
langue : je me sim en allé; je ne me serais pàs en allé. ^
( 343 )
âą i
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
COMPLĂMENT DIRECT.
SAKS tkr.ATinN.
Dispense* mâen.
InquiĂštc-tâen.
lĂźlĂąme-lâen.
Etonnons-noos-en.
DĂȘtĂŽiirtiez-vous-en.
Retirci-les-cn.
Parlez-m'rn.
Donne-t-en.
KéponÎe2.Iut^o,
Pmmets-nous-en.
Mettet-vous-en.
Poriez-leur-en.
A ltmperatif.
avkc MKCATioN.
Ne m'en dispense pas.
Ne tâen inqniĂšle pas.
Ne lâcn blome pas.
Ne nous en étonnons pas.
Ne vous en détoinnez pas.
Ne tes en retire* pas.
HORS DE LâIMPĂRATIF.
SANS KtGATlOK.
Je mâcn vengerai.
Tii tâen vas.
Il ou elle sâeti rĂ©jouit.
Nous lâen gronderons.
Il nous en aurait prévenus.
Nous vous en empéclierons.
Ils ou «lies sâ«n garderont.
"Voiis lefe Ă©ii empĂȘcherez.
COMPLĂMENT INDIRECT.
Ne m'en parlez pas.
Ne tâen donne pas:
Ne lui en répondez pas.
Ne nous en promets pas.
Ne vous en meltex pas.
Ne leur en portez pas.
Vous mâen parlerez.
Il tâen enverra,
11 ou eile sâen promettait.
Vous lui en adresserez.
11 nous en doit.
H vous en plaĂźt.
Ils ou elles sâen donnent.
Nous leur en ĂŽterons.''
AVBC NEGATION,
Je ne m'cu vengerai pas.
Tu nĂ© tâen iras pas.
Il ou elle ne sâen rĂ©jouit pas.
Nous ne lâen avertirons pas
11 ne nous en aurait pas prĂ©venuâ'.
Nous ne vous en empĂȘcherons pa>.
Ils on elles ne sâen g.arderoiit p.ir'
'Vous be les ch emjĂźAhercz pĂ i.
Vous ne mâen auriez pas parlĂ©.
11 ne tâen eftl pas envoyĂ©.
Il ou elle ne sâen estpas promis.
Vous ne luß en eussiez pas adressé
Il ne nous en doit pas.
Il ne vous eu,plaĂźt pas.
Ils ou elles ne sâen donnent pas
Nous ne leur en ĂŽterons pas-
Nâ CCLXIX.
PRONOMS PERSONNELS CONSTRUITS AVEC y.
A LTMPERATIF.
SANS NĂGATION.
Le mari de madame aujourdâhui mâa promis
De faire ma fortune.âEst-il bien vrai, Lisette? â
Et je tâĂ©pouserai dĂšs qĂŒelle sera faite;â . , ,
Bon! attendons-n'ous-y/ quand le bien te viendra,
Dâautres amants viendront, tu me planteras lĂ .
(VOLTĂIRĂ.)
Dans ce réduit cachez-vous tout le soir;
Vous trouverez un anople manteau noir ;
Eourrez-uous-y.
(Idem.)
AVEC NĂGATION.
Ame vénale! crois-tu donner à ton fils un autre
pĂšre avec de lâargent? ne t'y trompe point; ce nâest
pas mĂȘme un maĂźtre que tu lui donnes, câest un vaÂŹ
let. (J.-J. Rousseau.)
Un homme vous flatte-t-il? ne vous-y fiez pas.
Il veut vous tromper.
(Anonyme.)
Nây a-t-ĂŒ pas nĂ©gation? les formes nons-y, vous-y, etc., se placent aprĂšs le verbe Ă
Fimpératif / comme on le voit par les exemples de la premiÚre colonne. Y a-t-il, au con
traire, nĂ©gation? ces mĂȘmes formes se mettent devant lui, ainsi que cela a lieu dans la
seconde colonne. L'exercice fera connaßtre les autres particularités.
t
ĂȘ
âN" CCLXX.
HORS DB lâimpĂ©ratif.
, SANS NĂGATION.
Je nâose plus voir le monde, et quoi quâon ait
lait pour m'y remettre, jâai passĂ© tous ces jours-ci
comme un loup-garou.
(Madame db Sévigné.)
avec NĂGATION..
Mais ce qĂŒil y a de plus intĂ©ressant, câest la
simplicité des moeiirs de la ville de Vevay : on ne
m'y connaßt que comme peintre, et j y suis traité
pourtant comme Ă Nancy.
(De BboFFLEks.)
( 3W ]
Qni ne sây fĂ»t trompĂ©? jamais Tair dâun visage,
Si ce quâil dit est vrai, nâimposa davantage.
(MoLiĂnE.)
»... Un autre sort au trÎne vous appelle:
Conscntez-y, madame; et, sans p us résister.
Achevez un hymen qui vous y fait monter.
(Racine.) âą
Ce fat va-t-il dans cette maison? â Je Ty ai vu
louvent; mais Ă nâa pas lâair de sây plaire beau-
ĂŻoup. (Anonyme.)
Lâor est comme une femme; on nây saurait toucher,
Que le cĆur, par amour, ne «y laisse attacher.
(Regnaud.)
Adieu, ma chĂšre petite, jâachĂšverai cette lettre Ă
Paris; voilĂ ce que vous aurez de Livry. Si jâavais
eu la force de ne vows y point écrire et de faire un
sacrifice Ă Dieu de tout ce que jây ai senti, cela vauÂŹ
drait mieux que toutes les pénitences du monde.
(Madame de Sévigné.)
Hors de lâimpĂ©ratif, quâil y ait ou non nĂ©gation, les formes mây, fy, sây, etc., prĂ©cĂšdent
toujours le verbe.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
COMPLĂMENT DIRECT.
A I/IMPERATIF.
HORS DE 1/IMPĂRATIF;
SANS NKCATION.
Portez-y-moi (1).
Jettes-y-toi.
Jetle-i y (peunsité).
Jette-l'y.
JetoDS-noas-y.
Jetcz-vouft-y.
Jetcz-les-y. .
Dis-le-m'y.
Parle-tây.'
ParUz-nous.y.
Parlez-vous-y.
Parlez-lcur-y.
AVEC NEGATION.
Ne mây jette pas.
Nfi t'y jette pas.
Ne l'y jette pas.
Ne nous y jetez pas.
Ne vous y jetez pas.
Ne les yjetczpas.
SANS NEGATION.
On m'y volera.
Ou t'y prendra*
On l'y plantera.
Il s'y perdra.
Vous nous T laisserez.
Vous vous y ruinerez.
Elles s'y placeront.
COMPLĂMENT INDIRECT.
Ne mây parle pas.
Ne t'y parle pas.
Ne nous y parlez pas.
Ne vous y parlez pas.
Ne leur y parlons pas.
On m'y parlera.
On'tây parlera.
On s'y parlera.
On nous y parlera.
On TOUS y parlera.
On leur y parlera.
Ils sây parleront.
AVEC négation;
On ne mây a pas jetc-
On ne tây prendra plus.
On ne l'y plantera pal.
il ne sây perdra pas.
Vous ne nous y laisserez pas.
Vous ne vous y ruinerez pas.
Elles no^ây placeront pas.
On ne m'y parlera pas;
On ne l'y parlera pas.
On ne s y parlera pas.
On ne nous y parlera pas.
On ne. vous y parlera pas.
On ne lenr y parlera pas.
Us ne s'y purleront pas.
N" CCLXXI.,
PLACE DES PRONOMS PERSONNELS AVEC DEUX IMPĂRATIFS.
Cessez, vous dis-je, et laissez-tnot,
Madame, exécuter les volontés du roi.
(Racine.)
Marche, et suis-nows du moins oĂč Thonneur nous atÂŹ
tend. (Boileau.)
Soldats, suivez leurs, pas et me rĂ©pondez dâeux.
(Voltaire.)
0 vous, lecteurs curieux de la grande histoire du
noyer de la terrasse, écoutez-en Thorrible tragédie,
et vous abstenez de frémir si vous pouvez.
(J.-J. Rousseau.)
(1) Quoique la plupart des grammairiens approuvent les expressions suivantes : Donnez-y-moi une
place, pottez-y-moi, jettesây, et autres semblables, le goĂ»t Ă©t Tharmonie se rĂ©unissent pour les faire reÂŹ
jeter. En effet, elles ont un son dur et dĂ©sagrĂ©able. Portez-y-moi ne vaut pas mieux que portez-mây. On
doit plutĂŽt se servir dâune circonlocution polie, comme : Faites-moi Ăźe plaisir de me porter, de me mener
là , en cet endroit, ou, si Ton répugne à la priÚre, on prcnd-un autre tour : Portez-moi là ; donnez-moi
une place dedans, jette-moi dedans, ou toute autre locution que ce sifflant et bĂąillant donnez-y-moi une
place,
« LÚs étrangers, dit Boiste, doivent apporter une attention particuliÚre à Temploi de cet y, souvent
contraire aux lois de la grammaire générale, et pouvant former, par sa consonnance, des locutions trÚs-
ridicules; Des Français mĂȘmes sây mĂ©prennent, surtout dans la conversation; il nâest pas rare dâentendre,
mĂȘme dans la capitale, des personnes instruites en apparence dire : Menez-mây, et plus souvent encore
menez-y-moi, moins blĂąmable, il est vrai, quoique de style sauvage.
( 345 )
Nous avons dit, et nous avons fait voir que les pronoms personnels, employés
-comme compléments directs ou indirects , simples ou combinés avec le, la, les, en et
y, se plaçaient aprĂšs le verbe, quand ce dernier Ă©tait Ă FimpĂ©ratif et qĂŒil nâĂ©tait point
accompagnĂ©'dĂŒne nĂ©gation ; mais, par les exemples qui viennent dâĂȘtre citĂ©s, il faut
remarquer que, lorsquâil se trouvĂ© deux impĂ©ratifs de suite, ces noms peuvent pré
cĂ©derai) le dernier, ou le suivre ; câest une chose entiĂšrement facultative. Toutefois
nous ferons observer que les constructions de la deuxiĂšme colonne commencent Ă ĂȘtre
moins en usage, et quâon dit plutĂŽt : Sortez et laissez-mi dormir, que sortez et me
laissez dormir. Nous nâavons parlĂ© que de deux impĂ©ratifs; cependant, sâil y en avait
plusieurs, il en serait de mĂȘme, exemple : Allez, partez, et laissez-moi dormir, ou me
laissez dormir.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Doime* et 13ĂSCM0U3.
Marche et suis-nous.
Prends et donne-lui.
Ăź>onnez et inontrez-moi.
Vois-le et donne-le-mol
Ecriti-la et eiiToieaa-Ini.
Reste ou Ta-t-en.
Luisse-le ou relire-lâeo.'
Saute ou ictte-t'y
Donne* et tous taisez.
Marche et nous suta.
Prends et lui donne.
Donnez et me motUrez.
Vois-le et me le donne.
Ăcris-la et la lui envoie.
Reste ou t'en va.
Laisse-le ĂŽu lâen retire
Saute et tây jette.
Allez et laiiiezHiĂŽua.
Vois et abstiens-toi
Entends et ohéis-Ieur.
Ecotite-lc et pardonne-Iul
l'rends-le et reods-Ie-moĂź,
Tais-les et adresse-Ies-lui.
Asseyec-rous ou allcz-vous-cu.
Approuvez-le ou moquez-vous-en.
Ămmine-les ou latsse-lei v.
Allei et Qoui laĂMCL
Vois et t'abstiens.
Entends et leur obéis.
Ăcoutez-le et luĂź pardonnez.
Prends-la et me le rends.
Fais-les et les lui adresse.
Asseyez-vous ou vous en niiez.'
Approuvetrle ou vous en nioquci.
EmmĂšoe-leB ou les y laiise.
JV". CCLXXII.
- l
/
PLACE DES PRONOMS PERSONNELS COMPLĂMENTS DĂN INFINITIF.
!*â * SERIE.
De quelle trahison pouvez-vous donc vou# plaindre ?
(MoliĂšre.)
Viens m'éclairer, source de lumiÚre ; foudroie avec
ta plume divine les difficultés que je vais te proposer.
(Montesquieu.)
Vous tremblez Ă sa vue, et vos yeux sâattendrissent.
Vous voulez we cacher les pleurs qui les remplissent.
(MoliĂšre.)-
2«e SERIE.
Soleil ! je te viens voir pour la derniĂšre fois.
(Racinkm
Est-il un moment
Qui vous puisse assurer dâun second seulement ?
(La Fontaine.)
Je connais votre cĆur, vous devez vous attendre
Que je le vais frapper par lâendroit le plus tendre.
iIU4
(1) Voici dĂŒalres exemples Ă Tappuide ceux que nous avons citĂ©s.
Laissez-moi cette chaĂźne, ou m'arrachez le jour.
(La Harpe.)
Vingt fois sur le mclicr remettez votre ouvrage;
Polissez-le sans cesse et le repolissez.
(Boileau.)
Conservez bien votre courage, et m'en envoyez un
peu dans vos lettres.
(M>»« de Sévigné.)
Dites-lui ma pensée, et ß'averlissez bien
Qu'elle ne vienne pas mâĂ©chauffer les oreilles.
(MoliĂšre.)
i'eignez-les-moi, dit lâaigle, ou bien me les montrez. '
(La Fontaine.)
Finissons dâabord votre affaire, et me dites qui est
çeile que vous aimez.
(MoliĂšre.) ,
Sortez donc, je vous piie, et me laissez lâattendre.
(MoliĂšre.)
Passez votre chemin, la Ă»Ue, et mâen croyez.
, (La Fontaine.)
Et puisque Jean Lapin vous demande la vie,
Donnez-la-lul de grĂące, ou i'otez Ă tous deux.
{id.] â
Vons attendez le roi. Parlez et Ditjnonlrez
Contrele fUs dâHector tous les Grecs conjurĂ©s.
(Racine.
Tenez, monsieur, hattez-moi plutĂŽt, et me laissez
rire tout mon saoul ; cela me fera plus de bien.
(MoliĂšre.)
....... Par mon trouble apprenez,
LâexcĂšs de vos malheurs, et me les pardonnez.
(Guymont de la Touche.)
U
( 346 )
LĂ Jeunesse est si aimable qĂŒâil faudrait Tadorer.
^ (Mâ^« DE Skvignk.)
Jâai encore quelques jours devant mol, je veux les
vivre tout entiers.
, * (de Jour.)
Viens, suis-indl; lĂ sultĂ nĂš en ces lieux doitse rendre.
(Voltaire.)
1 , t
Trajan, dans sa rĂ©ponse au gouverneur, dit qĂŒon
ne;doit pas chercher les chrétiens; mais que s'ils,
sont dénoncés et vaincus, il les faut punir.
(Chateaubriand.)
Vieris voir un nid de tourtereaux
Que jâai dĂ©couvert sur ce chĂȘne : ,
Je ie le veux donner : hĂ©las ! câest tout mon bien.
(FlorIan.)
Quel profane Ă©ii ces lieux sâose( avancer vers moi ?
(Racine.)
Dans la premiĂšre colonne, les formes me, te, sĂ©, le, etc., sont placĂ©es Ă cĂŽtĂ© de lâinÂŹ
finitif, dont elles sont le complĂ©ment; dans la seconde, au contraire, elles sâen
trouvent séparées par un verbe. Cette transposition, empruntée aux Italiens, est,
dans notre langue, comme dans la leur, trÚs-gracieuse et trÚs-élégante. Cependant
elle nâest pas de rigueur, et lâune et rĂ iilre construction sont Ă©galement bonnes. Nous
lâavouerobs toutefois, nos re'chĂ«rcliĂšs bous ont fourni un bien plus grand nombre
dâexemples de la seconde, surtout dans les Ă©crivains du siĂšcle de Louis XIY, qui nous
'Ont laissé des modÚles du goût le plus piir.
Dans les citations de la seconde colonne, on doit remarquer, avec un grammairien :
1Âź le respect pour ce principe fondamental : Rapprocher le plus quĂŒ est possible les corn-*
plĂ©ments des noms qu'ils reprĂ©sentent; 2Âź lâunion de deux verbes, dont le second est le
complĂ©ment immĂ©diat du premier ; 3Âź qĂŒil ĂŒy a pas une seule des constructions ci-
dessus rapportĂ©es, qui ait Ă©tĂ© commandĂ©e par ia mesure des vers, âCar le nombre de
pieds serait le mĂȘme si Ton disait : Soleil, je viens te voir pour la derniĂšre fois. Afin de
prouver la supĂ©rioritĂ© de la construction du texte sur celle-ci, faisons lâanalyse de la
premiÚre phrase. Racine a écrit : Soleil, je te viens voir pour la derniÚre fois ; si nous
Misons : Soleil, je viens te voir pour la derniĂšre fois, nous aurons rompu lâunion nĂ©cesÂŹ
saire de viens avec voir, sans laquelle le motif de PhĂšdre semblerait ĂȘtre de sâapproÂŹ
cher du soleil, quand elle nâentend que jouir du radieux aspect de cet astre; nous
aurons coupé, obscurci le sens de la phrase par une disjonction de mots, dont les uns
appartiennent aĂŒ sujet et lĂ©s autres Ă lâobjet de Taction; enfin, en ne rapprochant pas,
le plus qĂŒil est possible, le pronom personnel te de soleil, nous aurons violĂ© un principe
qui a sa source dans la clartĂ© de TĂ©locuiion et dans lâenchaĂźnement si naturel des
idées. Cette analyse peut se reproduire avec autant de force sur tous les autres
exemples de la mĂȘme colonne.
1
TJun voulait lu garder, Vautre le voulait vendre.
/
Néanmoins, différentes circonstances peuvent déterminer Técrivain à préférer tantÎt
Tune, tantĂŽt Tautre construction ; et, pour le prouver, M. Lemare cite cet exemple de
La Fontaine :
Uun LE voulait, dit cet habile grammairien, aurait trop rapproché les sons l'un Le
Lait. Dans l'un voulait le garder, le se lie plutĂŽt avec garder qĂŒavec voulait, de sorte
que si Ton faisait un repos , on ferait cette coupe , L'un voulait... le garder. Mais si La
âąFontaine avait dit : L'un le voulait garder, l'un le voulait serait inĂ©vitable. Dans le
second hĂ©mistiche, L'Ă Ă»tre le voulait vendre, l'autre peut se dĂ©tacher; de sorte quâon
a dâabord l'autre, et ensuite le voulait vendre, oĂč le lait se trouvent sĂ©parĂ©s par une
( 347 )
syllabe. H est trĂšs-probable que Tauleur nâa point fait tous ces calculs, mais lâoreille
exercée est pour la construction un guide plus sûr que les principes.
Nous ferons une derniĂšre observation. On doit se garder de confondre : IL ME/awi
faire; me faut donner quelque chose, avec il faut me faire; il faut donner quoique
chose. Ces deux constructions présentent un sens bien différent. Dans la premiÚre!*/ me
faut faire, U me faut donner, on veut dire que câest moi qui dois faire, câest moi qui dois
donner; dans.Ja seconde, au contraire, câest a moi qĂŒil faut que lâon fasse, que lâon
donne ; me est ici le but vers lequel tend Taciion du seconde verbe. Voici deux
exemples Ă lâappui de cette distinction :
Je subis mon destin, vous voyez sa rigueur :
11 ME faut faire un choix, il est fait dans mon cĆur.
â (Voltaire.)
Il faut vous dire coi^e ce prélat disait à la reine-
mĂšre : Ceci est histoire.
(MâC DE SeVIGNK.)
EXERCICE PnRASEOLOGIQVE.
Pour ne point le troubler.
Je ne puis le croire.
JâdĂź cru lui devoir donner ce gage.
Rien ne peut toub le ravir.
Je ne puis'lui rien dire.
A mes pieds elle vient s'humilier.
Je ne pi is tne connaĂźire.
Rien qui puisse liti déplaire.
On ne peut y répliquer.
Pour ne plus la revoir.
Iis nâosent se parler.
Je VLiis'Ie consulter.
D'oĂč i'tii sii le tirer.
On peut sVii reposer sur ma fol
Rien nâa pu me parer.
Quelque raison que vous puissiez
nie dire.
T| faut la détester.
Je ne puis vous déguiser ma sur
prise.
T] faut y renonrer.
Pour ne le point troubler.
Je ne le puis croire.
Jâai cru luĂź devoir donner ce gage.
Rien ne vous le peut ravir.
Je ne lui puis rien dire.
A mes pieds elle se vient humilier.
Je ne me pui.s roniiai tre..
ilii'ii qui luj puisse déplaire.
On nây peut rĂ©pliquer.
l'OLir itk la plus revoir.
l!i ne sâo.srut parler.
Je le vais consulter.
DâoĂč je IâhI su tirer.
Ou s'en peut reposer sur nia foi.
Rien ne niâa pu parer.
Quelque raison que vous me pui.s-
. siez dire.
11 la faut détester.
Je ne vous puis déguiser ma sur?
prise.
7j y faut renoncer.
La leçon que |e vais te donner.
Il veut tes traiter de fuble.
Pour bien te louer.
On peut les vaincre,
Eile vient te coercher.
On ne saurait ie lire.
Je veux, le croire ainsi.
Quel mal vient nous menacer.
Aller nous chercher l'or.
Ou veut se cacher.
Ils croiraient se faire bflVoiit.
II va me fendre la tĂȘte.
Cbacun peut le traiter de fat.
Il ne saurait jamais Je croire.
Ne point s'abandonner soĂź-uiĂšine.
Le feu qui doit la dévorer.
Je viens les appeler.
11 faut le taire.
HĂ©lĂšne nâavait osĂ© l'avouer.
11 vient me reprocher ma pitié.
i La leçon que ie te vais donner.
Il les veut traiter de fable.
Pour te bien louer.
On les peut vaincre.
Llli; te vient rhercher
Ott ne le saurait lire.,
Je veux le croire ainsi.
Quel mal nous vient ntebacĂr.
Nous aller chercher l'or.
On-se veut cacher.
Us se croiraient faire aCTrOnU
II-me vu fendre la téte.
Chacun te peut traiter de fut.
Il ne le saurait juniais croire.
Ne se point abandonner soi-t.iéiiic
Le feu qui la doit dévorer.
Je les viens appeler.
Il le faut taire.
HĂ©lĂšne ne lâavaĂźt osĂ© avouer.
â H mĂš vient reprocher ma pitiĂ©.
CGLXXI
UĂ0ĂTITION DES ĂRONOMS PERSONNELS SUJETS,
exprimés;
Fable que tout cela; propos des enrieux,
Jq le connais, je Lâaime et je lui rends justice.
(Gresset.)
*
Tu aimeras tes ennemis, tu béniras ceux qui te
maudissent, tu feras du bien à ceux qui te persécu
tent, tu prieras pour ceux qĂŒi te calomnient.
(Beauzée.)
Dieu, maĂźtre de son choix, ne doit rien Ă personne ;
Il Ă©claire, il aveugle, il condamne, ĂŒ pardonne.
(Voltaire.)
Jl sâĂ©coute, il se plaĂźt, il sâadonise, il sâarme.
(J.-B, Rousseau.)
DUS nâĂȘtes pas mĂ©chant, Ăšt vous ne pouvez lâĂ©ti c.
(Gresset.)
SUPPRIMĂS.
Jâentretins la sultane, et, cachant rĂźioii dessein, â
Lui montrai dâ.Ăinurat le retour incertain.
(Racine.)
Tu es le gardien fidĂšle des plus belles femmes de
Perse. Tu leur commandes et leur obéis ; lu exécutes
aveiiglémënt toutes leurs volontés, eLleur/uts exécu
ter de mĂȘme les lois du sĂ©rail.
(Montesquieu.)
LâEternel est son nom ; le monde est son ou\Tage;
il entend les soupirs de lâhumble quâon outrage,
Juge tous les mortels avec d'égales lois,
Et du haut de'son trĂŽne interroge les rois. '
(Racine.)
Je vous imite en tout. Vous, dâune ardeur extrĂȘme,
Buvez, jouez, aimez; je bois, je joue et jâaime. ^
(Regnard.)
U serait trÚs-difficile de dire quand on doit.répéter ou ne pas répéter les pronoms
( 348 )
personnels, lorsquâils sont employĂ©s comme sujets. Lâellipse rend le discours plus
rapide; la rĂ©pĂ©tition donne plus dâĂ©nergie Ă la pensĂ©e.
, EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Jo ne l'oi iatnais été el je prie Dieu de ne l'étre jamait.
Il pleure, il hésite, il hégole, il tremble.
Il pleure, il rit, il chante.
Elle reul et elle ne rcut pas.
Vous ne gagnes rien et tous dépenses beaucoup#
Je ne l'at jamais été et prie Dieu de no l'étre jamais.
Jl pleure, hésite, bégaie et tremble.
Il pleure, rit el chaule.
Elle veut et ne veut pas.
Vous ne gagnes rieĂč et dĂ©penses beoucoup
N° CCLXXIV.
RĂPĂTITION DES PRONOMS PERSONNELS COMPLEMENTS.
On peut, sans sâavilir,
Sâabaisser sous les dieux, Us craindre et les servir.
' (Voltaire.)
Un flls audacieux insulte Ă ma ruine,
Traverse mes desseins, m'outrage, m^assassine !
(Racine.)
Ah ! mon enfant, que je voudrais bien vous voir
un peu, ĂŒouj entendre, vous embrasser, vous voir
passer.
(MâÂź DE SĂVIGNĂ.)
Dans ses désirs l'homme ébloui,
Voudrait bien sâĂ©lever, sâenrichir et paraĂźtre ;
Mais il se rend esclave en cherchant de lâappui.
(Lenoble.)
ĂŒn fils ne sâarme point contre un coupable pĂšre ;
II détourne les yeux, le plaint et le révÚre.
â (Voltaire.)
Les deux héros fiÚrement se relÚvent ;
Les yeux en feu, se regardent, «'observent.
' (/d.)
Le suprĂȘme et Je parfait gouvernement consiste
Ă gouverner ceux qui gouvernent; il fauttej observer,
les éprouver, les modérer, les corriger, les animer,
tes élever, tes rabaisser, tes changer de place, et les
tenir toigours dans la main.
(Fénelon.)
Un auteur qui nous flatte et nous loue, est sûr de
nous plaire. (Anonyme.)
La répétition des pronoms personnels faisant office de compléments est indispen
sable devant chaque verbe : Je veux le voir, de prier, le presser, ^importuner, lk
fléchir. Mais on ne les répÚte pas devant un temps composé : U nous a flattés et loués.
Je la crois et le croirai toajours.
Je l'ai dit etie répété encore.
Jl le fait et le défait sans cesse,
lime dit et me répÚte à chaque instant
Iras Juifs mâont trahi, mâont trompĂ©!
Je la cherche et ne la troure plus. ^
EXERCICE PHRASĂOLOGĂQVE.
Il m'honore et me caresse.
Jl tâaime, te chĂ©rit, tâidolĂątre.
Elle le regrette et le regrettera longtemps,
lime l'a dit et me Ta répété cent fois.
Je voudrais te voir, t'entendre, tâembrasser.
Je désire vous voir et vous parler.
Il le loue et se fait do tort.
Elle se tourmente et se donne bien do mal.
Je les déteste et ne puis les souffrir.
Jo Tai aimé el l'aime encore.
Jl m'a volé et mo vote tous les jours. '
Il m'insulte, mâoutrage et me calomnie.
W CCLXXV.
r!t*©©0«
DES PRONOMS PERSONNELS DIOĂ, tOi, lui, ETC., PLACĂS DEVANT je, (U, il, ETC.
CONSTRUCTION PLEINE,
pour moi, jâavoue que je ne pouvais pas imaginer
quâil fĂ»t possible de faire bouillir de lâeau dans des
marmites de bois,
(Bernardin de St-Pierre.)
CONSTRUCTION ELLIPTIQUE.
Je dois , moi qui ne suis rien et qui ne peux rien ,
tendre au moins de tous mes vĆux vers la fĂ©licitĂ© (!u
peuple. (Bernardin de ST.-ltiERRE.)
( BĂ« )
pour moi, /ai toujours regardé cotià tne le plus
Ăstimable de tous les hommes ce Romain qui roulait
que sa maison fĂ»t construite de maniĂšre quâon vit
tout ce qui sây faisait.
(J.-J. Rousseau.)
II nâest pour voir que lâĆil du maĂźtre.
Quant Ă moi, fy mettrais encor lâĆil de lâamant.
(La Fontaine.)
Quant Ă moi, si jâai complĂ©tĂ© le texte de Longus,
tant quâon lira du grec, il y aura toujours quatre ou
cinq hellĂ©nistes qui sauront que jâai existĂ©.
(P.-L. Courier.)
Pour moi, bien loin de convenir de la grande suÂŹ
périorité que nous nous attribuons sur les anciens , je
soutiens que plus on remonte dans lâantiquitĂ©, plus
on retrouve les principes de la galanterie,.
(Id.)
Pour moi, jâaĂź toujours vu les honnĂȘtes gens assez
tranquilles, mais les fripons toujours alertes.
(Bernardin de St.-Pierbe.)
Pour mi, tire ta plus aimable parure des fleurs,
(Id.)
Pour lui ( Thésée ), quelle que fût la forme du
gouvernement, it ne pouvait perdre lâempire que
lui assuraient ses vertus,
(P.-L. Courier.)
Pour elle (HélÚne) , à qui sa patrie ne cessa jamais
dâĂȘtre chĂšre , elle protĂšge LacĂ©dĂ©mone , oĂč son culte
est établi. ' (Id.)
pour nous y soyons francs et sincĂšres ; nous nâaÂŹ
vons rien Ă perdre Ă nous montrer tels que nous
sommes aux honnĂȘtes gens.
(Mirabeau.)
Câest une question de savoir si les bĂ©tes nâont pas
quelque Idée de la divinité : pournous, nous croyons
quâelles en sont incapables.
(Bernardin de St.-Pierre.)
Quant Ă vous, uous devez voir ici une preuve du
vif intĂ©rĂȘt que je prends Ă vos succĂšs.
(Cn. Nodier.)
Pour vous, vous ĂȘtes la soubrette de la prĂ©cieuse,
qui se mĂȘle de temps en temps dans la conversation,
et attrape, comme elle peut, tous les termes de sa
maĂźtresse. (Molikrh.)
3iol, je combattrais ie jĂ©ĂŒ ^ariĂ»l lĂšs joUeĂŒrs , et
jriurals plus de plaisir Ă me moquer dâeux en les
voyant perdre, quâĂ leur gagner leur argent.
(J.-J. Rousseau )
Moi, jâirais mĂ©riter, par un lĂąche attentat,
Les titres dâassassin, de perfide, dâingrat Ăź
(Regnard.)
Moi, je reçus du ciel un moins riche héritage :
Mais les Grecs mâont transmis leur lyre avec leurs
Et, satisfait de mon partage, [chants ;
Je sais rire des sots et me passer des grands.
, (Boufflers.)
Moi, je liens que toujours un peu de défiance,
En ces occasions', nâa rien qui nous offense,
Et quâil est dangereux qĂŒun cĆur quâon a charmĂ©
Soit trop persuadĂ©', madame, dâĂȘtre aimĂ©.
(MoliĂšre.)
Depuis que lâunivers est sorti du chaos ,
Ai-je donc trouvé , moi, quelque jour darepos ?
(Regnard.)
Toi y tu vivras vil et malheureux , et je mourrai
trop vengée. ⹠(J.-J. Rousseau.)
Il croyait, lui, qĂŒil devait faire parler tout lâuniÂŹ
vers. (Montesquieu.)
Quoi ! de contes dâenfants son peuple sâembarrasse
» Et du péril qui le menace,
Xm seul entre les Grecs ,'Ăźl nĂ©glige lâeffet !
. (La Fontaine.)
Nous autres juges, nous ne nous enflons pas dâune
vaine science, . (Montesquieu.)
Souvenez-voMs bien, uous , de venir comme je
vous ai dit, lĂ , avec cet air qĂŒon nomme le bebair,
peignant votre perruque , et grondant une petite
chanson entre vos dents. (MoliĂšre.)
Et vous, madame, et vous, lâobjet de ma faiblesse,
VoilĂ donc de quel prix vous payiez ma tendresse !
, (Regnard.)
Fous, vous représentez une de ces femmes qui,
pourvu quâelles ne fassent point lâamour, croient que
tout le reste leur est permis.
(MoliĂšre.)
Pour moi, dit Bernardin de Saint-Pierre, je préviens mes lecteurs que j'emploierai
tous les termes qui me conviendront pour rendre mes idĂ©es. Or, qu*y a-l-il dâĂ©tonnant quâen
vertu du privilÚge accordé au génie, de choisir non-seulement les expressions, mais
aussi les tournures qui lui paraissent le plus propres à peindre ses pensées, le gra
cieux auteur de Paul et Virginie ait dit, avec la* construction pleine : Four moi ,
f avoue que je ne pouvais pas imaginer qu'il fût possible de faire bouillir de L'eau dans des
marmites de bois, ou, avec la construction elliptique : Je dois, moi quine suis rien et ne
peux rien, tendre au moins de tous mes veaux vers la félicité du peuple. Et Rousseau iTavait-
il pas également le droit de dire ; Moi, je combattrais, ou pour moi, je combattrais?
Regnard : Moi, j'irais, ou pour moi, j'irais? Boufflers : Moi, je reçus, ou quant a
. ( 350 )
MOI, JE reçus? Et, enfin, MoliĂšre ; Pour vous, vous ĂȘtes ta soubrette de la prĂ©cieuse, et
vous, vous représentez une de ces femmes, qui,,.? etc., efo.
En prétendant depuis des siÚcles que, dans ces sortes de phrases, les noms per
sonnels moi, toi, lui, elle, nous, vous, etc., sont des pléonasmes, des doubles sujets ,
des PĂRissoLOGiEs, des.... que sais-je? les grammairiens font donc preuve.de la plus
complÚte ignorance à cet égard, et le savant M. Lemare lui-mÚme ne nous semble pas
trop savoir ce qĂŒil veut dire, en avançant que, dans ces vers de Racine:
Et MOI, qui lâamenai triomphante, adorĂ©e,
JE m'en retournerais seule et désespérée.
\
Il serait impossible de construire qui sans moi, qui le précÚde, et que ce moi est un
pléonasme, puisque qiii est aussi nécessaire, remplit déjà les fonctions de sujet ou
de nom primordial. . .
Non, moi, ainsi employĂ©^ n'est point un plĂ©onasme. Câest^ un mot aussi nĂ©cessaire
pour ridĂ©e que pour la construction. Le regarder cornme surabondant, câest lui ĂŽter
toute sa force, toute son Ă©nergie; câest le dĂ©pouiller de sa valeur, câest mĂ©connaĂźtre
sa véritable fonction, en un mot, c'est ignorer le but de sa présence dans le discours.
Ăcoulons ce que pense Ă ce sujet un cĂ©lĂšbre grainmairiĂ©n :
« Les pronoms personnels moi, toi, nous, vous, etc. sont quelquefois, dit Beauzée,
» le cornplĂ©ment dâune prĂ©position sous-entendue : Exemple : Vous prĂ©tendez que le
» soleil tourne, et moi, je soutiens que câest la terre. ( Voltaire). Analyse : et, par
» DES raisons connues DE MOI, JE soutiens que câest la.terre. »
<( Mais', peut-on dire, pourquoi sâĂ©carter de la mĂ©thode des grammairiens, dont
» aucun nâa vu lâellipse dans cet exemple? et pourquoi ne pas dire avec tous, que
» quand on dit, par exemple, etuoi , je soutiens, ce moi est un mot redondant?
» .Câest quâune redondance de celte espĂšce me paraĂźt une pure pĂ©rissologie, si elle ne
» fait rien au sens ; si elle y fait, ce nâest plus une redondance, le moi est nĂ©ces-
» saire , et sâil est nĂ©cessaire., il est soumis aux rĂšgles de la syntaxe. Or, on ne peiit
» pas dire que moi, dans la phrase en question, soit nĂ©cessaire Ă lâintĂ©gritĂ© gĂ©nĂ©rale
» de la proposition;6 soutiens que câest la terre; jâai donc le droit dâen conclure que
» câest une partie intĂ©grante dĂŒne autre proposition ou dĂŒn complĂ©ment logique
» de celle dont il sâagit, que par consĂ©quent il faut supplĂ©er. Dans ce dernier cas,
» nâesĂź-il pas plus raisonnable de tourner le supplĂ©ment de maniĂšre que moi y soit
» employĂ© selon sa destination ordinaire et primitive, que de lâesquiver par le prĂ©texte
» dĂŒne redondance?»
Nâesbce pas lĂ le langage de la raison? et ces paroles remarquables nâauraient-elles
pas depuis long-temps dessillĂ© les yeux de tous nos grammairiens , si la vĂ©ritĂ© nâĂ©tait
le plus souvent pour eux un flambeau qui luit dans le brouillard, sans le dissiper?
Le langage, comme le dit trĂšs-bien Dumarsais, nâest que lâexpression de la pensĂ©e.
Il y a essentiellement dans le discours, de quelque assernblage de sons dont il puisse
ĂȘtre composĂ©, un certain ordre qui, a Ă©tĂ© dans lâesprit de celui qui a parlĂ©, et auquel
son discours peut toujours ĂȘtre rĂ©duit. Le^besoiri ou la commoditĂ© dâabrĂ©ger, et plus
encore lâempressement de lâimagination Ă rendre ses pensĂ©es, ont fait dire en un mot
ce qui se disait ou pouvait se dire en plusieurs. Moi, je pense, câest la mĂȘme chose
que POUR MOI ou quant a moi, je pense. Moi,, toi, etc*, dans lĂ©s exemples delĂ
( 351 )
seconde colonne, sont donc le complĂ©ment de la prĂ©position pour, ou bien de lâexpresÂŹ
sion quant Ă , sous-entendue ; et celte ellipse ne saurait ĂȘtre.mise un seul instant en
doute, puisque, .clans la premiĂšre colonne, ces mĂȘmes prĂ©positions sont toujours
exprimĂ©es. Dâailleurs, que ceux qui ne* seraient pas encore entiĂšrement convaincus
de cette vérité, veuillent bien lire Vlmpromptn de Versailles. Ils verront (scÚne PŸ,)
que MoliĂšre fait tour Ă tour usage de la construction pleine et de la construction
elliptique.
EXERCICE PJIRASĂOLOGIQĂE.
SANS ELLIPSE,
pour moi, je crois.
Quant à toi, tu lésais,
pour lui, il viendra.
Quand Ă elle, elle dit.
ELLIPTIQUEMENT.
Moi. je crois.
Toi, tu le >aisj
Lui, il Tiendra.
Elle. eUe dit.
SANS ELLIPSE.
Pour nous, nous sommes riches.
Quant Ă tous, tous tous trompes.
Quanl Ă eux, ils-oiit tort.
Quaut Ă elles, elles mentent.
elliptiquement.
Nous, nous sommes riches.
Vous, vous TOUS trom'pez.
Eux, ils ont tort.
Elles meulent, elles.
NÂź CCLXXVI.
Je, tu, ETC., SOUS-ENTENDUS APRĂS mOt, tOl, ETC.
SANS ELLIPSE.
Moi, je pourrais trahir le Dieu que jâaime!
(Racine..)
Moi, je pourrais encore te voir, te reconnaĂźtre!...
(AiNDRlEĂX.)
AVEC ELLIPSE.
Moi, régner! moi, ranger un état sous ma loi.
Quand ma faible raison ne rĂšgne plus sur moi J
(Racine.)
Aidi, vous abandonner !
Pouvez-vous un instant, Î ciel ! le soupçonner !
(Andrieux.)
Ces citations nous font voir que quelquefois les noms personnels Je, tu, etc., el le
verbe dont ils sont le sujet peuvent ĂȘtre sous-eniendus. Cette ellipse ne dĂ©truit pas ce
que nous avons dit dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, relativement au mot moL Dans lâun
comme dans lâautre cas, il est toujours le fragment dâune expression elliptique quâil
faut nĂ©cĂšssairement rĂ©tablir pour lâintĂ©gritĂ© de la pensĂ©e. Lâanalyse des exemples de
la seconde colonne, qui nous est suggĂ©rĂ©e en partie par Racine lui-mĂȘme et par
Andrieux, est donc celle-ci : (Quant a) moi, (je pourrais) régner! ,etc. ( Quant a)
MOI, {iE pourrais) ranger un état sous ma loi !^ etc. (Pour) moi, ou (quant a) moi, (je
-pourrais) vous abandonner! OĂč donc est-il ce prĂ©tendu plĂ©onasme dont nous parlent
chaque jour les grammairiens, et principalement MM. Noël et Chapsal ? Comme Du
marsais, nous dirons que si, dans les analyses qui précÚdent, les mots que nous res
tituons, nous les ajoutions de notre propre génie, pour faire une langue selon nos
itj.ées, nous ne mériterions aucune attention ; mais nous ne suppléons ces mots dans
les phrases de la seconde colonne que parce qĂŒils sont exprimĂ©s dans celles de la '
premiĂšre , qui jolXrent absolument le mĂȘme sens : . nous expliquons donc la langue
française par la langue française mĂȘme , et par consĂ©quent dâaprĂšs ses vĂ©ritables
principes. Majs, il faut lâavouer, ce nâest pas ainsi que les grammairiens ont coutume
de procĂ©der. DĂšs quâils rencontrent quelque difficultĂ©, ils ,crient Ă Varbitraire, au
pléonasme, el ne se (donnent pas la peine de réfléchir. -C'est à cette insouciance que
nous sommes rĂ©deyabl.es de la plupart ries errĂ©urs qui encombrent encore aujourdâhui
le domaine de la science granamaticale.
CONSlflDCTION PLEINE.
Moi, je pourrais trahir le meilleur de mes amis I
Je pourrais faire une lùcheté, moi 1
Toi, tu voudrais me calomnier t
Tu pourrais iné calomnier, toi !
l.ui, it Toudruil vous abandonner !
Il voudrait vous abandonner, lui l
Nous, nous pourrions la déshonorer!
Nous pourrions la déshonorer, nous!
Vous, voua seriez capable de le renier*
Vous seriez capable de le renier, vous 1
Eux, ils pourraient ĂȘtre esclaves ]
Ils pourraient ĂȘtre esclaves, eux 1
( )
p*
ĂXERCICE PHRASĂOLĂGIQVĂ.
CONSTRUCTION
Moi. trahir le meilleur de mes amis [
Faire une lùcheté, moit
Toi, me calomnier âą
Me calomnier, toi I
Lui, vous abaudooncrl
Vous abandonner, lui t
Nous, la déshonorer 1
La déshonorer, nous!
Vous, le renier 1
Le renier, vous 1
Euxl esclaves 1
Esclaves, euxl
ELLIPTIQOE
Eux, se tuerl
Se tuer, euxl
Elles, lâaimer I
Lâaimer, elles 1
Soi, sâavilirl
S'avilir, soi L
Elle, me railler I ,â
Me railler, ellel
Elle, le direl
Le dire, elle I
Nous, oous en dédire 1
Nous en dédire, nous 1
â
Nota.â Cet exercice nous montre que les pronoms personnels moi,toi, etc., peuvent
commencer la phrase ou la finir.
«*^8* NŸ CCL XXVII
DU PUONOM PERSONNEL nOUS EXPRIMĂ OU SOĂŒS-ENTENDU.
'exprime.
Votre pÚre et moi, nous avons été longtemps en
nemis lĂŒn de Tautre.
(Fknklon.)
Nous allons , monsieur Beipré et moi, dans toutes
les assemblĂ©es sous le mĂȘme nom ; et nous voyons
plus dĂŒonnctelĂ©s dans une ville de trois mille haÂŹ
bitants quĂŒn nâen trouverait dans les villes de proÂŹ
vince de ia France.
(De Boufflers.)
Ail ! bachelier du diable , un peu plus dâindulgence,
iNâous avons vous et moi besoin de tolĂ©rance.
(Voltaire.)
11 ne sait pas Tamour qui vous parle pour lui,
Que , vous et Bajazet, vous ne faites quĂŒne Ăąme.
(Racine.) '
Je ne saurais vous dire dĂŒĂč ils viennent, lui et son
pĂšre. (Anonyme.)
NON EXPRIMĂ.
Albert et mol sommes tombĂ©s dâaccord.
(MoliĂšre.)
Rica et moi sommes peut-ĂȘtre les premiers parmi
les Persans , que Tenvie de savoir ait fait sortir de
leur pays , et qui aient renoncé aux douceurs d[une
vie tranquille pour aller chercher laborieusement la
sagesse. ' (Montesquieu.)
Vous avez , comme vous le dites , monsieur, des
syllabes longues et brĂšves dans votre belle langue
italienne ; nous en avons aussi : mais ni vous, ni
nous, ni aucun peuple nâavons de vĂ©ritables dactyles
et de véritables spondées,
(Voltaire.)
Vous et les miens avez mérité pis.
(La Fontaine.)
Dttes-moi oĂč sont passĂ©s le pĂšre et les enfants. â
Madame, je he sais ; mais eux et les domestiques
viennent de sortir. (Anonyme.)
Tous les grammairiens disent qué, dans cette, phrase : Votre pÚre et moi, nous
avons Ă©tĂ© longtemps emiemis lâun de Tautre, le pronom personnel nous est un plĂ©onasme.
Quant à nous, qui sommes les. ennemis nés du pléonasme proprement dit, nous
pensons que les grammairiens se sont fait ici, commĂš partout*, ĂŒlusion; et ce qui les
a entraĂźnĂ©s dans cette erreur, câest qĂŒils ont cru qĂŒil nây avait aucune diffĂ©rence
entre : votre pÚre et moi, nous avons été longtemps ennemis Tun de Tautre y et votre pÚre
et moi AYONS Ă©tĂ© longtemps ennemis Tun de Tautre, et que lĂŒnalysĂš en Ă©tait la mĂȘme.
Mais ces deux phrases diffĂšrent autant, selon nous, -que les suivantes : Alfred et
Victor SONT malheureux, et Alfred et Victor, eux seuls sont malheureux. Lâune est infini-
( 853 ) ,
XTà cnt plus énergique que l'autre. Vbßcß donc commÎnt doivent s'analyser les phrases
précédemment citées :
PHRASE. â (Quant Ă ) votre pĂšre et (Ă )moL nous avons Ă©tĂ© longtemps ennemis Vun de Vautre.
2« phrase. â Foire pĂšre (a Ă©tĂ© longtemps mon ennemi) et moi (ai Ă©tĂ© longtemps son ennemi), nous avons
été longtemps ennemis Vun de Vautre.
\
Dans le premier cas, nous doit sâexprimer, comme je, dans : moi, je prĂ©tends. Et ce
qui prouve que les grammairiens sentent, malgrĂ© eux, la force de ce mot, câest que,
tout en le qualifiant de plĂ©onasme, ils ajoutent que câest un plĂ©onasme utile. Dans
le dernier cas, au contraire, nous doit sâellipser, ainsi que cela a lieu pour le sujet
pluriel du verbe sont dans les phrases suivantes : Henriette et Julie som aimables; le
roi et la reine sont partis. -
Nous ferons une seconde observation.
Dans les phrases que nous avons rapportées plus haut, il faut remarquer que le nom
personnel moi se place toujours Ăšn dernier ordre. La grammaire nâest pour rien dans
celle construction, qui est tout arbitraire, et dont Turbanité française a fait presque
une loi. La personne qui parle doit donc se nommer la derniĂšre : vous et moi , et non
pas MOI et vous; cependant, dans le cas dâune grande infĂ©rioritĂ©, cette derniĂšre conÂŹ
struction peut ĂȘtre employĂ©e. Un pĂšre dira : moi et mon fils; un maĂźtre : moi et mon
domestique. ^ '
Câest sans doute pour la mĂȘme raison qĂŒon dit : toi et lui, vous et eux.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Vous et TOtrc frÚre, tqu» lo dite». Voa» et TOtre frÚre le dßtci.
Nou> sortiroDi, lui et moi. Lui el moi sortiron».
' Vous et te roi, tous ÂŁtei Ă©gaux. Vous et le roi ĂȘtes Ă©gaux,
lu sont CD nage, eux et leurs cbe- Eux et les puit^n sout morts,
vaux.
Nous et ton ami, nous le croyons. Noos et ton ami le croyons.
Tous et Tos amis, tous nây eoten- Youset tos amis uây enteudearieD*
dea rien. >
Elles le Tsotent, elle et sa mĂšre. Elle et sa mĂšre le veulent.
Vous et lui, TOUS ne Talez pas mieux. Tous et lui ne Taleub mieĂŒxr
âą*^9 NÂź CCLXXVm.
il, <l«, tlU, elles, P&ECĂBĂS dâautres substantifs, et considĂšres comme plĂ©onasmes dans
EES INTERROGATIONS ET LES EXCLAMATIONS.
Comment les rayons dâun astre un million de fois
plus gros , que la terro ont-ïl« des harmonies si sur
prenantes avec les tableaux de la nature ?
(Aimé-Martin.)
La vie nâest-cWe pas un songe ?
(«âą)
Les armes du sanglier sont-cltes plus dangereuses
que celles de la guĂȘpe ou du moustique ?
m
Le 6rutf harmonieux que produit le feuillage,
Et le bruit sourd des flots soulevĂ©s par lâorage,
Plaisent-iĂ5 au coursier qui, fler et plein dâardeur,
Déploie en s'élançant sa gi à ce et sa vigueur ?
m
Oh ! pourquoi la fortune vous a-t-elte refusé
comme Ă moi un peu de terre dans votre terre natale i
(Bernardin de St-Pierre.)
âą
Pourquoi un chien de basse-cour hurle-t-tZ la nuit
Ă la simple odeur dâun loup qui lui ressemble ?
Le spectacle des affaires humaines ne vaut-il pas
mieux que la contemplation de nos propres douleurs?
(Ballanche.)
Oe doux rĂȘve est^tĂź un mensonge P
Ce doute affreux me fait mourir ;
Si je ne suis aimĂ© qĂŒen songe,
Dites-le moi, je retourne dorm:/.
(Florian.)
US
( 354 )
LĂ iiĂ uĂŻĂš n'Ă©lt-ĂȘlßÚ iiĂ Ăą cbHiHlĂ© lĂ foĂąĂȘ? feĂ'e se LĂ b/Ă©n ĂȘsUil 'dbricĂ«i diMcĂeĂ taire? Prenons ĂŻe
flétrßt au souûle du plaisir.
m
contre-pied de ce que font les ambitieux, et les mé
chants. (BHaHAEDlN DK St-PiHRHH.)
Par ces exemples on voit que dans les interrogations on exprime dâabord le nom
de lâĂȘtre ou de la chose dont on veut parler, puis les mois il; elle, ils; elles, qui se
placent aprÚs le' verbe : Les animaux. ont-iLS des universités?
Mais/ demanderĂą-t-on, quel est, dans cette phrase, le sujet du verbe ont? Est-ce le
substantif animaux, ou ie pronom zVĂ ; ou sont-ce tous les deux Ă la fois?
Ăcoutons un peu les gramniairiens Ă cet Ă©gard. Dans Les anirĂ aux ont-ils des univerÂŹ
sités; le verbe / disent-ils/ a pour sujet ahiniaux et ils ensemble; mais ce dernier est
répété par pléonasme;
Ainsi ils est un plĂ©onasme. Mais qĂŒest-ce qĂŒun plĂ©onasme; je vous prie ? Câest ĂŒn
mot surabondant, inutile quant au sens. Donc ils est uh rriot surabondant; inutile,
une espĂšce dâintiĂŒs qĂŒil faudrait presque bannir de la phrase. HĂ©ureuse trouvaille
que celle du plĂ©onasme, et qĂŒils sont a plaindre vraimeni les animaux de nâavoir pas
dĂŒniversitĂ©s oĂč on leur enseignĂ© la belle thĂ©orie du plĂ©onasme! Ăn mot prĂ©sente-t-il
quelque difficultĂ©; et ne pĂŽut-on lâexpliquer, ni eh rendre compte? câest un
plĂ©onasTh/ei Avec une pareille rĂ©ponse, lâigriorance, comme on le voit; est fort Ă
son aise. "
« *
Quant Ă nous , qui avons pris nos degrĂ©s Ă lâĂ©cole des Dumarsais et des Biagioli.
nous ne pouvons nous rĂ©soudre Ă penser, avec les grammairiens, qĂŒil y ail, dans
une phrase, des mots vides de sens, des mots qui ne puissent se^soumettre Ă aucune
analyse; et nous avons trop de véhérati'oh pour nos grands écrivains pour leur faire
lâinjure de'croire quâils laissent tomber les mots de leur plume. Nous pensons, au
ĂŻbh'trĂ ire, quĂ© iĂŽĂŒt ce que rĂąvĂšĂŒ'gl'e rbutine ne compr'Ă©n'd pas Ă«t ne maiiquĂ« jjĂ k dâat-
iribuer Ă VuMpe; aĂŒ caprice, Ă VĂ bus, ail hasĂąfd, feSt lĂ© rĂ©sultat des m'Ă©ditĂ tidns lĂ©S
plus (irofondes. âą âą â âą .
ArmĂ©s du flambeau de lâanalyse, ce scalpel de la pensĂ©e, nous allons donc cherÂŹ
cher Ă dĂ©voiler lĂ« mystĂšre dont sâenveloppent lĂ©s prĂ©tendus doublĂ©s sujets des gramÂŹ
mairiens.
Lorsque Bernardin de Saint-Pierre dit : Oh! pourquoi la fortune vous h-f-ELiiE
refusĂ© comme Ă moi un peu de terre dans votre terre MtĂ lĂ©? ĂŒ Ă dâabord dans la pensĂ©e
lâidĂ©e de la fortune; il sait dâavance qĂŒil va en parler. 11 pourrait donc, tant il est
préoccupé de cette idée, supprimer ce mot, et dire tout simplement : Oh! Pourquoi
.vous a-t-ELLE refusé comme^à moi un peu de terre dans votre terre natale? Mais comme, au
moment oĂč il va pout exprimer sa pensĂ©e, il sâaperçoit quâen eilipsant' le mot fortune;
le lĂ©'cteĂŒr poĂŒrrĂ»it ĂŽĂ« pas le comprendre, il jette eh avant ce rh'ot, âet dit : Ăh! pĂ ĂčrqĂčĂŽi
la FORTUNE vous Ă»-t-ELLE rcfusĂ©? ctc. En sorle que \e moi fortune nâest lĂ que
lâexpiicateur du pronom elle, Ă©t il se trouve interjetĂ© dans la phrase pour avertir
qĂŒil va en ĂȘtre question. La phrase de Bernaudin de Saint-Pierre peut donc ĂȘtre
aĂŒalyséé ainsi : Oh! .poĂčrqĂčĂ©i vous, a-ÂŁ-EtLE (je veux dire la forTune) refusĂ©, elc. Le
mĂȘme raisonnement doit sâappliquer Ă tous les autres exemples du numĂ©ro.
Quand bien mĂȘme le substantif, au lieu de commencer la phrase, lĂ terminerait,
comme dans cet exempl'Ă© : Que vous ont-iLsfait, les troglodytes? Cela ne changerait rien
Ă lâanalyse, qui serait Ă©galement (Ă propos des) troglodytes, (je vous demande ce)
quâiis vous ont faiu^ *
i 355 ) -
La thĂ©orie des doublĂ©s sĂŒjĂ«ts ; dĂ©s plĂ©dnasméëj est donc une thĂ©orie creuse, el qĂŒâil
faut laisser Ă ceux qĂŒi lâchit iinagihéé; car, Ăšn prenant uri pĂȘĂŒ lĂ peine dâenirer dans la
penùéé des Ă©crivains; oh VditqĂŒĂ« les prohorfis ii; Ule; elC., sĂ»til lĂ©s vĂ©ritables sujĂ©is
dÚs phrases citées, et que lés mois raifoni; vie, armes ; fortune, chiÚn, etc. > ne sont aulré
chose que des frùgmënts dë k^oposilions ÚUiptiques.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Lâhomme c»t-il mortel ?
Les onĂźmauz onUils une ftme?
Le ciel é»t>il toujours serein?
Pourquoi lâAmĂ©rique a-t-elle Ă©tĂ© dĂ©couverta ?
Pourquoi la houssolĂȘ.a-l-ellĂ© Ă©tĂ© iiirĂ©iitĂ©et
Le» priÚres loiitralles doue sans vertu ?
En cĂŽiiibien de jours Dieu Ct*il le.monde ?
De quoi Cidypso ue pjutait-elle se cousolur?
Par qui Rorrie fut-elle fondée?
Conibÿit la France a-tralle de départements?
OĂč NĂąpĂŽlĂ©on vil-ii ie jour ?
Les songes ont-ils en effet uo sens?
W CGLXXIX^ 9^
/
DĂĂ pkoNĂMĂ PERSONNELS QĂI, EN -AĂPĂRENCĂ , JOtĂNT ĂE RĂLE I)Ă DOĂĂLES SUJETS , APRĂS
LES MOTS ow5«*,â peut-ĂȘtire, en vain, Ă peine, etc.
SUJET UNIQUE.
A peine ces funestes parĂ lĂšs frappent leurs
ufeilles, qĂčHls courent ĂąĂŒx armes j assemblent les
capitaines ,'et ordonnent- quâon se hĂąte de sortir du
camp pour éviter cet incendie.
(Fénelon.)
Aussi les bons rois jouissaient dans les Champs^
âąElysĂ©es dâun bonheur infiniment plus grand que celui
dĂŒ rĂ«sle 'deĂ hommeĂ qui avaient aiinĂ© lĂ vĂ©ilu sur
la terrCi
Jâavais profitĂ© de toutes les occasions pour mahdĂšr
la cause du désordre en Angleterre ,'mais en vain.
Aussi le dey ne voulait point croire quâelle fĂ»t telle
que je le lui disais.
(Albkrt-Montémont.)
Dans cette Ăźle, on nây voit que les malheureux que
les tempĂȘtes y ont jetĂ©s, et on n'y peut espĂ©rer de
sociĂ©tĂ© que par des naufrages ; encore mĂȘme ceux
qui venaient en ce lieu n'osaient me prendre pour me
ramener. (Fénelon.) -
Câest une grande question parmi les hommes , de
S'ivoir sâil est plus avantageux dâĂŽter aux femmes la
libertĂ© , que de la leur laisser. Peut-Ă©ĂŒe wn homme
plus sage que moi serait embairassc de décider.
'(Montesquieu.)
Combien les (etïips de troubles révÚlent d'inquiétudes
et de traĂźtres ! . (Anquetil.)
PRĂTENDU DoublĂ© Sujet.
Ă péßnĂ© wnĂ© rĂ©solution Ă©tĂźĂŒt-eiĂŻĂ© prise dans ie conÂŹ
seil; que les Dauniens faisaient précisément ce qui
Ă©tait nĂ©cessaire pour en empĂȘcher le succĂšs.
(FĂNĂiiONO
Il rĂšgne presque toujours Ă Waldubba des. fiĂšvres
trĂšs-dangereuses ; aussi les habitants bni-Us le teint
dâune couleur cadavĂ©reuse.
(Albert-Montémont.)
LâĂvangile ne prĂȘche que la tolĂ©rance et la paix.
Aussi/es cùrehéns supportÎrent-j/s pendant 764 ail?
tous les maux que le fanatisme des Sairasins leur
voulut faire souffrir;
(Chateaubriand.)
Quelque effort que fassent les hommes, dit BosÂŹ
suet , leur néant paraßt partout : les pyramides étaient
des tombeaux ! Encore les ro'is qui les ont bĂąties'
nâont-Ăź7s pas eu le pouvoir dây ĂȘtre inhumĂ©s , et ils
nâont pas joui de leur sĂ©pulcre. {Id.)
Peut-ĂȘtre les ennemis de JĂ©sus-Clirist choisirent-
ils , pour ajouter lâinsulte au chĂątiment, une plante
approchant de celle dont on se servait pour couÂŹ
ronner les empereurs et les gĂ©nĂ©raux dâarmĂ©e.
(Id.)
Combien ĂŒn avocat bien payĂ© par avance troĂŒvĂš-l-il
plus.justé Id cause dont il Úst chargé!
(Pascal;)
Dans lĂšs ĂȘxĂširiples Ăši-dĂšssĂŒs ori voit que, quand les expressions amst., Ă peine^ peut-
ĂȘtre., envairi'^ etc; , sont immĂ©diatĂ©rriĂ©ht suivies dâĂŒh sĂŒbĂątĂ nlif, lĂ©s pronoms personnels
de la troisiÚme personne, employés comme sujets, sont tantÎt exprimés et tantÎt ne
0 ' < t â '
le sont pas ; question toute neuve et que les graminairiehs ont oublié de traiter. Nous
lâabordons les fĂźrĂšmiersj et voici lĂ -dĂ«ssus ce qĂŒĂ© nous pĂšânsoilĂ .
Et dâabord, voyons la premiĂšre phrase de ia premiĂšre colonne. Celle-ci, comme les
, ( 858 )
Suivantes, Ă©st consti'ulte dâaprĂšs l'ordre direct et nĂ© prĂ©sente aUCutte difficultĂ©.
Ă peine ces funestes paroles frappent teurs oreilles, etc., ces funestes paroles, voilĂ le sujet.
En esi-ii de mĂȘme dans les exemples de la seconde colonne, et devons-nous y voir
deux sujets au lieu dĂŒn? Les pronoms personnels qui suivent le verbe forment-ils ce
quĂŒn.appelle un plĂ©onasme? A coup sĂ»r, les grammairiens seront de cet avis; mais
nous, qui combattons leurs erreurs et leurs préjugés, qui ne cherchons en toutes
choses que la vérité, nous ne pourrons jamais nous faire illusion au point d apercevoir
deux sujets dans une phrase non plus que deux tĂȘtes dans un homme.
Or, quel est le sujet dans à peine une résoliuion était-elle prise dans le conseil, etc. ? Le
sujet unique esi elle. En effet, analysons la pensée. Fénelon, en exprimant le mol
résolution, ne le fait que par apposition ; il est là comme interjeté et nécessite const-
quemmeni lâemploi du mot elle. Câest comme sâil y avait Ă l Ă©gard d une rĂ©solution,
Ă peine Ă©tait-elle prise dans le consei/. VoilĂ lâordre logique , voilĂ lâanalyse d aprĂšs la-,
quelle il nây a qĂŒun sujet, qui est elle. 11 faut raisonner ainsi pour toutes les phrases
analogues. Mais qĂŒen^yont penser les grammairiens? Cela ne nous importe guĂšre, car
ce nâest pas pour eux que nous Ă©crivons. A quoi bon dâailleurs vouloir persuader des
hommes qui, toute leur vie, se sont traĂźnĂ©s dans lâorniĂšre, .et s en sont rapportĂ©s
servilement Ă la foi dâaulrui?
Revenons Ă nos exemples. Dans quel cas, nous demandera-t-on, faut-il exprimer les
pronoms personnels aprÚs ces sortes de phrases? Nous répondrons que c est une chose
entiĂšrement facultative, de pur sentiment, et oĂč la grĂące et lâharmonie doivent surÂŹ
tout présider.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
A peine «on otßs élait donné.
Kucorc le* choses ne sedouiientpas.
Combien cet homme est fin I
Vaiuemeulla rorlutiu luiestdoonĂše.
A peine l'homme est né.
A peine les roseï sont écloses.
Peut-élre l'bomine est Immortel.
Combien ceux-lĂ» lout Ă plaindre I
A peine son otIs est-)l donné.
Kncore les cboses ue se donoentp-
elles pas.
Combien cet bomme est-il Onl
Vainement la forlutie lui est-elle
donnée,
A peine lâiiomme eit-il nĂ©.
Apeine les roses sont-elles écloses.
I*eul-étre l'homme est-il immortel.
Combien ceux-lĂ eool-iis Ă plaindre]
Aussi les hommes se déchirent.
Peul-éire il le pardonne.
£n Tain la fénié se montre.
Aussi le combat est acharné.
A peine l'homme est mort. .
A peiiie la raison fut Tenue.
Peut-ĂȘtre cet homme est bon.
Combien ca carnage dura.
Aussi les hommes se dĂ©chirent-ĂIa.
Peut-ĂȘtre le pardonne-Hl-
Ăii Tain la rĂ©rltĂš se monlre-t-eilo.
Aussi le combat fut-il acharné.
A peine rhonmie est-il mort. -
A peine la raison esUelle Tenue.
Peut-ĂȘtre cet homme est-il bon.
Combien ce carnage duraH-Ăźl.
Nâ 'CCLXXX. â
EMPLOI DU PRONOM PERSONNEL il, elle, ETC., APRĂS UN PARTICIPE PRĂSENT.
AVEC il, elle, ETC.
LiciNius étanf vena à Antioche, et se doutant
de Timposture ^ il fit mettre Ă la torture les proÂŹ
phĂštes de ce nouveau Jupiter.
(Fontenelle.)
Les Romains se destinant Ă la guerre et la regarÂŹ
dant comme le seul art, ils avaient mis tout leur
esprit et toutes leurs pensées à la perfectionner.
(Montesquieu.)
r
Le Peuple , voyant sans peine dépouiller toutes les
grandes familles, i l jouissait des fruits de la tyrannie,
et il en jouissait pui*ement, car ii trouvait sa tyrannie
dans sa bassesse. (idi)
SANS il, elle, etc.
Catilina se voyant environnĂ© dâennemis, et
nâayant ni retraite en Italie, ni secours Ă espĂ©rer do
Rome, fut rĂ©duit Ă tenter le sort dâune bataille. .
(Vertot.)
AprĂšs la bataille de Leuclres , Ăpaminonpas ayant
rendu la liberté à la Messénie quo les 'Spartiates
tenaient asservie depuis longtemps, leur ĂŽta les
moyens de se recruter dans celte province.
(Barthélémy.)
Les CONSULS , ne pouvant obtenir Thonneur du
triomphe que par une conquĂȘte ou par une victoire,
FAISAIENT ia guerre avec une impĂ©tuositĂ© extrĂȘme.
(Montesquieu^
( 557 )
Les GRANDS des provinces dâOrient sâĂ©tant^ assemÂŹ
blés, ILS voulurent couronner ses deux autres frÚres
(de Constantin le Barbu), soutenant que , comme il
faut croire à la Trinité^ aussi était-il raisonnable
dâavoir.trots empereurs. (MokitksquieĂŒ.)
^ Les Romains , accoutumés à se jouer de la nature
humaine dans la personne de leurs enfants et de leurs
esclaves", ne pouvaient guĂšre connaĂźtre cette vertu
que nous appelons humanité. (Id.)
11^ dans les phrases de la premiĂšre colonne, est encore, suivant les grammairiens,
liuplĂ©onasme. Mais, suivant les uns, câest un plĂ©onasme vicieux; et, selon les autres,
un pléonasme utile. . -
Nous (ou quant à nous), qui avons dévoré toute la littérature, nous pouvons assurer
que les auteurs fournissent presque autant dâexemples de lâune que de lâautre tournure.
Et Tanalyse va nous prouvertjĂŒen effet elles peuvent sâemployer toutes deux, mais
avec quelque différence. Pour mieux faire sentir cette différence, nous choisirons le
preniier exemple de chaque colonne.
EXEMPLES.
Liginius étant venu à Antioche, et se doutant de
rimposlure, il fit mettre Ă la torture les prophĂštes
de ce nouveau Jupiter.
Catilina se voyant environnĂ© dâennemis , et
n'ayant ni retraite en Italie, ni secours à espérer
de Rome, fut rĂ©duit Ă tenter le sort dâune bataille.
ANALYSE.
Câest comme sâil y avait : ( Pour ce qui est de
LICINIUS , (Ou quant à ce gui touché) LICINIUS,
( je dis de lui quâ ) Ă©tant venu Ă Antioche, etc.,
IL fit mettre Ă la torture les prophĂštes de ce nouveau
Jupiter,
Dans cet exemple Fauteur nâinsiste pas avec la
mĂȘme force sur le mot Catilina ; il dit simplement :
CATILINA FUT réduit à tenter le sort d'une bataille,
et cela aprĂšs qĂ»il se vit environnĂ© dâennemis.
t
La pensĂ©e'nâĂ©tant pas la mĂȘme dans les deux phrases que nous venons dâanalyser (et
la ponctuation seule en fait assez foi), lâexpression ne saurait ĂȘtre non plus la mĂȘme.
Câest donc Ă tort que Lemare invoque en pareil cas -la syllepse : La syllepse nâa rien
à faire ici, non plus que le pléonasme. H faut de toute nécessité que Fontenelle et
Vertot aient eu une inieniion quelconque, aient voulu peindre quelque circonstance,
quelque accident de plus, en exprimant bu en nâexprimant pas le pronom U. Sâil en
Ă©tait autrement, les mois, au lieu dâĂȘtre les signes de nos pensĂ©es, ne seraient plus
qĂŒun vain assemblage de sons ou un barbouillage sans intelligence.
« Câest en vain, dit .Lemare, que les grammairiens se prononceraient contre les
» exemples de la premiĂšre colonne, sous prĂ©texte qĂŒils renferment un sujet de trop ;
» ce pléonasme ( Lemare voir là un pléonasme !!) est quelquefois nécessaire ou utile
r pour la clartĂ©, ou ajoute Ă TĂ©nergie. Nous osons prĂ©dire qĂŒil ne sera point aban-
» donné. » (Pas plus que la logique.)
Nâ CCLXXXI. osi»!.
PRETENDUS DOUBLES SUJETS TRANSPOSES.
ON DIT:
Elle nâest pas taiie, la source de nos larmes^ chĂšre
Sophie. (Mirabeau.)
Il nâest donc plus, ce temps ou mille sentiments
délicieux coulaleut de ma plume comme un intaris
sable torrent 1 (J.-J. Rousseau.)
ON FOURRAIT DIRE ĂGALEMENT:
La source de nos larmes, hélas 1 chÚre Sophie,
ELLE nâest pas tarie.
Ce temps oĂč mille sentiments dĂ©licieux coulaient
de ma plume comme un intarissable torrent, hélas !
XL nâest donc plus !
( 558 )
Ils toquent, ces palais que Fart en vain décore ;
Et de ces i)ol3 en fleurs, oĂč de tendres serments '
Hier retentissaient encore, ' â ' "
portent de long gémissements. *
(Cas. DelavĂŻgne.)
Ces païats que Tart en yffin décqre, ils
et de cesl)bĂŻs"(^âfl'eurs, etc. ' ' â '
â ââ i :
Ăomfiig le vpjf, on peut, lorsque Je nom sur lequel roule le discours est exprimĂ©,
exprirperégalement les mptsi/, elle, etc., destinés à en rappeler Tidee; et ces mots,
ainsi que le verbe qui suit, peuvent commencer ou terminer la phrase au gré de
récpiy^in. 3\Jai^ il faut bien se garder de croire, avec les grammairiens-, que lés pro-
noniszY, efle,, etc., soient, en pareille circonstance, des doubles sujets, des pléonasmes, .
et quç, par gxemple, dans les vers de Casimir DeiavignÚ; ils tombent ces palais, il y ait
inyĂšrsipn et que ce soit pour ces palais tombent. Entre ils tombent ces palais et ces palais
tombent, il y a .une différence bien grande. Dans ce dernier cas, non-seulement on
énonce simplement un fait, mais on indique aussi, ou Ton paraßt indiquer du moins
que ce fait est assez ordinaire. Dans le premier, au contraire, outre la grandeur et
TĂ©nergie de la phrase, le poĂšte marque TĂ©tonnemeni qĂŒiTĂȘpfOuve Ă la'pgnsĂ©e que
cespatcds, ces pat^if pĂ©cores avec, tant dâart, puissent tomber; iĂź lui semblq que les orÂŹ
nements dont Tart les couvre devraient les mettre Ă Tabri de tout accident. Et comme
Ces derniers mots, ce nâest pas pour lui qĂŒil Jes exprime ; iis lui sont inutiles, car il
ces
PALAIS que Tart en vain dĂ©core, ils tombent : oĂč Ton voit que le mqj, pala^ pĂŒst
. pas, ainsi qĂŒâon le prĂ©tend, le sujet du yerhetomb.ent, rnais bipn Jp jr^^mept dâqnp
/ expression elliptique qĂŒil faUt rĂ©tablir pour comprendre toute la pensĂ©e de TpcrivĂź^jp.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Elle approche nitanmoms, cette mort (nexoraUe,
Qu'il cal beau^ ce temple Ă©leȎ Ă lâamitiĂ© I
Uoe reTieodra'plĂ»aj cet bĂ©ĂčreĂŒx tĂ©nipi.
IleatlĂ , cet enfant. Cette amitiĂ©, oĂč eat-elle 7
* >, ' I â : t â , . , ( *|d '
Cette mort inexorable, elle approche néanmoini.
Ce temple Ă©lerĂ© Ă iâatiiitßé, qu'il est beau J
bct Keiireux temps; hélas'.' il ne revieiidra plus.
Cet enfant, Ă1 eat lĂ . OĂ estpelle, cette amitiĂ© ĂŻ
VJfj ât ; 1 t 1,1- tj ...
N" CCLXXXn.
« 4 t
Il EHPLOTĂ ABSOLUMENT , CĂST-A-DIRE SANS RELATION A UN SUBSTANTIF PRĂCĂDEMMENT
EXEMPLES J
H est dangereux de conseiller les grands.
(La Roche.)
Semez les bienfaits, il. en naĂźtra dâheureux sou-
venirs. âą - (Paboui^sk.)
Les hommes ont le droit dâadorer Dieu comme il
leur plaĂźt. (Boiste.)
I.. L.
ana'lyse (1).
Il [c'est-à -dire cela] est dangeçeux ; (je veux dire
Tacte) de conseiller les grands.
Semez les bienfaits, il [c'est-Ă -dire cela] en naĂźtra;
()*e yeuxffire)^Ăźheureux souvenir^.' ' ' '
Les hommes ont le droit dâadorer Dieu comme il
[câesM-dire cela] leur plfĂŒt. â ;
(I) Les mots entre parenthÚses carrée^ servent à expliquer celui qui précÚde.
( 859 )
H y a bien peu de gens peur, qui la yérité ne soit
une sorte dâinjure'. ' " â (Skgub.)
II y a beaucoup dâoccasions ou il vaut mieux se taire
que de parler. (Académie.)
Hélas l il est trop tard pour rentrer dans ma rose !
' ' ' â * (V. Hugo.)
» * I 11
Lo peuple croit qĂŒtl pleut quelquefois des gre-
noĂčilles et dâautrĂ©s insectes en dĂ© certains terhps. â
(Planche.) .
Il [c'est-Ă -dire le monde] y a (ici ou en 5oi)blen
peu dĂ©'gens pour qui, etc. ' â ^
Il y a beaucoup dâoccasibns oĂč il [câest-Ă -dire cela]
vaut mieux ; (je yeux (lire) se taire, etc. *
HĂ©las ! y. [câest^^^re le temps] est trop tard popt
(que je puisse) rentrer dans ma rĂŽse. '
Le peuple croit qĂŒiL [câest-Ă -dire le ciĂšl] pleut.
' / . Il,', t' 1* T
Par ces exemples on apprend que le mot U sâemploie quelquefois dâune maniĂšre
â ' \ i'Tâ\ âą V- * .'b' â â r -âą h <*r^ .r,'
absolue, câest-Ă -dire sans relation a un substantif prĂ©cĂ©demment exprimĂ©. Lâanalvse
nous révÚle le reste (1). *
Ouant aux grammairiens qui seyaient tentĂ©s de nous contester lâexplication du
dernier exemple , nous leur donnons ces deux passages à méditer : Pieu fait luire son
' ' âą ' / * - I âą ^ 'T ' â â . * * â * / I J " âą * ' * â â âą *^.i < I. t' \ 1 r
soleil sur les bons et sur les mauvais, et pleut sur le champ au juste comme sur celui du
t f, * ' / ' ' * " ' ' ' \ \ ' r r» kV » â I \M M* ' ' I ( »
pĂ©clieiir. (Bossuet, ElĂ©vations sur,les mystĂšres.) . â
Ce est 7/AIR qui pleut et tonne (roman de la Rose).
, ff'~ !:'â f.'*' itii */
Dans les autres exemples, en traduisant il par cela, nous ne faisons que suivre
l usage. ,
* En effet, ne dit-on pas tous les jours : ça fume, ça sent-mauvais, etc., etc., pour U
' .»* â 't t 1 ' / â ' r ' â . i' ' I'* ' r -.'iV if
fume, etc.?
E:ĆRĂrCE Bja.RA.SĂOLO^GIQVE.
11 est des malbonaetfS geos.
11 y a des inalhounĂątes geos.
11 est trop tĂŽt. â '
Il fait nuit.
II toinbe de l'eau..
11 est blĂȘu de le faire.
Il faut du talent.
II Taut mieux lĂš*taire.
11 coûvient de lÚ 'dire'.'
r
Il pleut:
II tonne,
li neige,^
âą>^9 N° CCLXXXIII.
SUITE DU NUMERO PRECEDENT,
PRETENDU DOUBLE SUJET.
11 aperçoit bientÎt assez prÚs de lui le noir Tartare :
il en sortait une fumĂ©e noire et Ă©paisse dont lâodeur
empestĂ©e donnerait la mort ; si elle se rĂ©pandait'âdans
la demeure des vlvantsl (Fénelon.)
7t se fait «ne revoïwfton universelle de tout ce qui
est au-dcdans de lui, comme si on bouleversait toutes
ses entrailles. âą (Id.)
Il se trouva lĂ par hasard un jeune homme:
(Montesquieu.)
n est une Ăźle, affreux rivage,
Moitié peuplé, moitié sauvage.
(Gresset.)
Rarement il arrive Ăąes reuolMltons chez les peuples
heureux. (Boiste.)
SUJET UNIQUE.
âą De cette caverne sortait de temps en temps une
fumĂ©e noire et Ă©paisse qĂŒi faisait une espĂšce de nuit
â'* (FĂ©nelon.)
au milieu du jour.
âąâ âi I i
Rien ne sâest fait sans la volontĂ© du CrĂ©ateur.
(Boiste.)
Quelques rayons de miel sans maĂźtre se trouvĂšrent.
(La Fontaine.)
Non loin des bords du Cher et de lâAuron,
Dans un climat dont je tairai le nom,
Est un vieux bourg, dont l'église sans vitres,
A pour clergé ie plus gueux des chapitres.
(Gresset.)
Cependant une maladie cruelle ravageait la contrée:
un médecin habile y arriva du pays voisin,
(ijJOHTKSilĂŒKĂ.)
(1) il, en pareil cas, nâest autre chose quo YiUud des Latins.
. ' .C ' ** '
( )
Quand Lemare dit que dans ces sortes de phrases, it sortait une fumĂ©e, ĂŒ se fait une
tĂ©voLuiion, ce mot il ne joue plus son rĂŽle ordinaire, qui est dâĂȘtre relatif Ă un substantif
masculin, prĂ©cĂ©demment exprimĂ©, nous sommes dâaccord avec lai, et nous pensons
kussi que, dans cette circonstance, il est ĂŻillud des Latins et signifie cela, ce que je vais
dire; mais quand plus loin Lemare ajoute que le mot qui suit Je verbe est un double
nominatif dont le verbe est toujours sous-entendu, nous le croyons tombé dans une
grande erreur. Nous qui attaquons les pléonasmes comme une autre hydre, nous
croyons que les mois fumĂ©e, rĂ©volution, etc., loin dâĂȘtre des doubles sujets, sont au
contraire les compléments de verbes sous-entendus, et quezY, comme/a, a la Vertu
dâindiquer toute une proposition. Ainsi, dans celle phrase : je le savais, que vous
mentiez, le signifie cela, ce qui suit, Ă savoir que vous mentiez; de mĂȘme dans, ĂŒ sortait
une fumée noire et épaisse ; il se fait une révolution universelle, il, cela sortait, cela se fait, je
veux dire une fumée, une révolution, le mot il indique un groupe de mots qui est je veux
dire une fumĂ©e, je veux dire une rĂ©volution, oĂč Ton voit que fumĂ©e et rĂ©volution sont comÂŹ
plĂ©ments du verbe dire sous-entendu. DâaprĂšs cela qĂŒc^ reconnaisse donc avec nous
qĂŒil ne peut y avoir de doubles sujets, et que les plĂ©onasmes nâexistent rĂ©ellement
pas.
Quant aux phrases de la seconde colonne, elles ne peuvent donner lieu Ă aucune
difficultĂ©, puisquâelles sont construites suivant Tordre direct.
Il arrĂTe des troupes.
U se fait beaiicoup dâaffaire*
Il sort une fumée.
Il surrient un orage.
1) lâagite une question.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
11 «urfient un érénement.
Il se dĂźt de belles choses.
Il part en ballon.
Il naĂźt un incendie.
11 se décide une grande affaire.
Il pleut des pierres.
U se raconte de grandes histoires.
Il part un feu dâarlifiee.
Il surgit une réTolulion.
UseTide une querelle.
Il est une TĂlle.
Il le donne un grand combat.
Il le jette toutes sortes de choiea.
U se trouTe des hommes.
Il se tient UQ marché.
N" CCLXXXIV. 83^
ĂQUIVOQUES OCCASIONĂS PAR LES PRONOMS f*L Ă©lU, xU, ellCS , ETC. â
PHRASES VICIEUSES.
Tous les autres écrivains no sont au-dessous de
MoĂŻse, dâHomĂšre, de Platon, de Virgile et.d'Horace ,
que parce quâtis ont Ă©crit naturellement, fortement,
dĂ©licatement ; en un mot, parce quâils ont exprimĂ©
le vrai.
Sans vouloir diminuer la gloire de Newton, on peut
remarquer quâil doit beaucoup Ă GalilĂ©e,' il lui a
donné la théorie de la pesanteur.
â . I
Samuel offrit son holocauste Ă Dieu , et il lui fut
si agrĂ©able quâil lança au mĂȘme instant la foudre
contre les Philistins.
Hypéride a imité DémosthÚne en tout ce qn'il a
de beau.
PHRASES CORRECTES.
MoĂŻse t HomĂšre, Platon , Virgile et Horace ne
sont au-dessus des autres écrivains que parce qu'ils
ont écrit naturellement, fortement, délicatement; en
un mot, parce quâils ont exprimĂ© le vrai.
(La BruyĂšre.)
Sans vouloir diminuer la gloire de Newton , on
peut remarquer quâil doit beaucoup Ă GalilĂ©e; car
celui-ci lui a donné la théorie de la pesanteur.
. (Fontenelle.)
Samuel offrit son holocauste, et Dieu le trouva si
agrĂ©able quâĂč lança au mĂȘme instant la foudre conlre
les Philistins, (Condillac.)
Hypéride a imité DémosthÚne en tout ce que De-
wĂźosrAĂšne a debeau. (Boileau.)
Dans Temploi des pronoms il, le, la, les, etc., ce qĂŒil faut Ă©viter avec soin, ce sont
les équivoques auxquelles ils peuvent donner lieu. On ne doit pas oublier que la clarté
est le principal mérite du discours. Les phrases de la premiÚre colonne sont donc vi-
( 361 )
cienses, en ce que le rapport du pronom ĂŒ n'y Ă©tant pas sensible, le lectepr est obligĂ©
de deviner lequel des noms exprimés ce mot i/ représente.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. '
Li eonverution est on pliiiir, m&ls elle doit... et non il doit.
Virgile o imiti HomĂšre dans tout ce que cetuMt a..., ou dans tout
ce qu'HoniĂȘre a', et non dans tout ce quâil a.
J*ai reneontrĂ© madame votre mĂšre et mademoiselle votre sĆur, cette
derniĂšre oucelle^i... et non elle.
MoliÚre a surpassé PUute dans tont ee que eelntral a..,,'etooti dans
tout ce quM «...
Eu allant chex le général, j'ii vu le colonel, et je lui ai.... et non
i'aĂź vu le colonel, {e lui ai.
Lé général était à quelques lieues de l'eDDeaii, et voulait,., et non
il voulait
NÂź CCLXXXV.
DE L*ÂŁMPLOI DES PRONOMS PERSONNELS mol, tOt, lui, ETC., CONSIDĂRĂS COMME PLĂONASMES.
EXEMPLES.
On nâattend plus rien que la signature;
Présse-moi donc celte tardive allure.
(Voltaire.)
Ah ! que je hais leur insipide joie !.
Que leur babil est un trouble importun :
Chassezrles-moi. (/d.)
Nâapprofondis jamais rien dans la vie,
Et glisse-moi sur la superficie.
{Id.)
Prends-mot le bon parti, laisse lĂ tous les livres.
(Boileau.)
On lui lia les pieds, on vous le suspendit.
(La Fontaine.)
ANALYSE.
Presse cette tardive allure , pour me faire plaisir,
pour faire plaisir Ă moi. .
Chassez-les pour mâobĂ©ir, pour obĂ©ir Ă moi.
Et glisse sur la superficie, pour mâĂ©tre agrĂ©able,
pour ĂȘtre agrĂ©able Ă moi.
Si tu peux déférer à moi, prends le bon,parti, etc.
On le suspendit, comme je vous le dis , comme Je
le dis Ă vous.
On voit que dans ces sortes dé phrases le pronom personnel se trouve toujours employé
comme complément indirect, et Tanalyse nous montre comment il faut réintégrer les
mots que le besoin de sâexprimer avec autant de briĂšvetĂ© que dâĂ©nergie a fait sous-
entendre. Les grammairiens, qui nâont presque jamais rendu raison de rien, parce
que le flambeau de Tanalyse leur a toujours manqué, se sont seulement contentés
dâavancer que, dans toutes ces locutions, il y avait piĂ©oriasme. Ce nâesl pas plĂ©onasme,
qĂŒil fallait dire, mais bien ellipse, el Ton devait rĂ©tablir la construction pleine,
comme nous venons de le faire.
Toutefois, nous rendrons justice Ă Lemare, qui lui seul sâest approchĂ© de notre
analyse, et nous consignerons ici ses derniĂšres paroles Ă ce sujet : de quelque maniĂšre,
dit-il, que cette tournure sâexplique, par le plĂ©onasme ou par Tellipse, elle ajoute Ă
lâĂ©nergie; mais elle ne sort guĂšre du style familier.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Prcise-moi cette bourrique.
On vous te tatiçi.
Je te.les fi» partir.
Je vous le lui fis taire.
PousiCHiioi ce cadet.
Pretids-moi ton paquet.
MĂšne-le*moi en prison.
Fußtes-nous-en un bon chrétien.
Alme-moi cet air.
On vous le fustigea.
Nous te les arraugeĂąmei.
Je roua la leur lis accroire.
Tleni-nioi ce démonté.
Cherche-moi la vertu.
Em m en ez-la-n ous.
Faites-m'en un bon boorgeoisl
Cbaste-nioi cette béte.
On vous le réprimande.
Nous te les reçûmes.
Je vous la lui ferai passer.
Brise-moi ces outils.
Suis-mni te droit cbemĂźo.
Faites-le-inoi roir
Faite»-nous-en un homme tont
simple.
Imite-moĂź les aocicDS.
On TOUS le retourna.
11 te la secoua.
Je vous la lui porterai.
Brise-nous tout' cela.
Corrige-nioi ce drĂte,
Paites-le-nous baron.
Faites-nous-cD uu bon
46
eOLXSXVI. C8Wâ
RÂź, B *1S?.PĂWÂź^âĂŻ^83 ŸŸŸ coMPL|ĂM?ri|8 piRBCff,
EXEMPLES-
II me verra , moi et mon domestique,
(RĂącinh.)
La fortune nous a persécutes, ßui et moi.
(Fénelon.)
Ne voyage pas de nuit : on pourrait tâarrcler sur
les grands chemins, et te détrousser, toi et te? com
pagnons. (Anonyme.)
Ce silence odieux ßa fit soupçonner, lut et les siens.
(Vertot.)
ANALYSE.
jĂI MK verra, [je le rĂ©pĂšte, il TCira ] moi et [Il
yeira mon domestique.
La fortune nous a persécutés, [ je le répÚte, elle
a persécuté] lui et [el(e a persécuté] moi.
On pourrait te détrousser, [je le répÚte, on
pourrait détrousser] toi et (on pourrait détrousser]
tes compagnons.
Ce silence odieux le fit soupçonner, [je le répÚte
il fit soupçonner] lui et [il fit soupçonner] les siens.
Câest donc Ă tort que jusqĂŒĂ prĂ©sent les grammairiens ont vu dans toutes ces phrases
des plĂ©,qnasnie|, gncp|e qn (;pqp., np.us nâen reconnaissons pqjnt, eiJâgpalyse, gui
vient Ă©clairer Ă chaque instant nos pas, nous prouve jusquâĂ lâĂ©vidence quâil ne saurait
en exister. Et, en effet, quand on dit : Urne verra, moi et mon domestiqué, il doit y
, . ' â. 11 I f /»' '»⹠J âą r ^ .T*. â 'jf / p âą 1* , I'. ^
avoir, dans cette phrase, Upispropositions,.puisquâil y a trojscqmplĂ©inpnis : nxe, n\oi
et mon domestique. La premiĂšre est complĂšte : Ă me verra; les deux autres sont ellipÂŹ
tiques, et, pour les rĂ©tablir, il ĂŒy a qĂŒĂ rĂ©intĂ©grer les mots sous-entendus. Or, la
construction pleine est : il verra moi, Ă verra rnon domestique. VoilĂ pour lâanalyse
logique. Donnons maintenant la réglé grammaticale.
Lorsque, dans les phrases analogues à celles que nous avons citées, il se trouve deux
ou plusiĂȘ^fs pqqipjĂ©mqnts, ion\ Tun est un proppm personnel, celui-crse rĂ©pĂšte pour
d^nqer plus^âĂ©p^ergie Ăą. fo phrase et Ă lapensĂ©e; mais, dans ce cas, on epiploie deux
formes diff^rgpje§, et la plus faible se rpet devant le verbe, et la plus grave apyÚs : il
ME v^rra, s^qi ei TjjprĂź 4qmesJtiq^e.
petto yĂšgjp [lâest pas iel|emeni rigpqreu^e que de bons Ă©crivains ne sâen soient
écartés, et ij qous semlale que Girault-Duvivier et Wailly ont condamné un peu trop
iâĂ©gĂšreine[i{ ces deux phrase^, parce que les auteurs ont ellipsĂ© lea et nous devant ait
séduit ei voyant revenir.
Il semble que Valdo ait eu un bon dessein, et que
la gloire de la p{ulƞrete'(éYà néëliÿiÚ) bit séduit fut ét
ses g^sans. v * (Bossuet.)
Pénélope, ne voyant revenir ni lut ni moi, nßaura
puĂŻĂ©sker Ă âtiit dri prĂ©t^^^^^^
â â ' ' â (FĂ©nelon.)
Chose étrange ! les grammairiens, qui voient partout des pléonasmes, signalent
comme vicieuses des phrases oĂč ils ĂŒen sauraient dĂ©couvrir, et qĂŒils devraient trouver,
comme nous , trĂšs-correctes et trĂšs-françaises. â . '
Il nous reste une derniĂšre observation Ă faire yelatiyerpPPt aux deux premiers
exemples de la premiĂšre colonne. Racine a dit : il me verra, moi et mon doruestique; et
Fénelon : LayortuiiÚ nous a persécutés^ lui et moi. Dans la premiÚre phrase, il y a me;
dans ia seconde nĂŽtw, 11 suit de lĂ que Ton peut dire : il me verra, ou ĂŒ nous verra^
( 363 )
moi et mon dormsticpis; la primé m'a persécuté, ou nous a persémtés, lm et tß^oß. La
mĂȘme remarque sâappliquĂšptQnoms de ia secondĂ© et de la troisiĂšme personne.
Il me prit, moi et mes eompagnoos.
II me satoQ, moi et mon frĂšre.
Noua tĂȘ rimes, toi et les tiens.
U le battit lui et ses gens.
Je ia remarquai, elle et sa serrante.
Il 1« loua, lui e| ses camarades.
' ! . 'â lu*','
EJEBJRĂIĂE RffRĂSĂOLO^IQUE.
Noas la rtmes, elle et son escorte.
Nous le Terrons passer, le roi et lui. '
11 nous attaqua, nies compagnons et moi.
Il nous reconnut, mol et lut. ^ *
Je oe TOUS aperçus, ni toi, ni les autres.
Il me loua beaucoup, moi et ma fitie.
n' .-i (O'f ) â t 'â ! f' I'*
Il nous Terra, nous et nos gens.
Nous les poursuirĂźmeL elle et ses amies.
If les inViiai luĂź, ses parents et ses amis.
Nous les remarquĂąmes, cite et sa famille.
Nous les Terrons passer, le roi et eux.
11 nous loua beaucoup, moi et ma fille.
.11 : I ** â \f; ^ :» .-t . 1 1.
nâ CGLXXXVII, â
DE LA UĂDĂPLICATION DES COMPLĂMENTS INDIRECTS.
EXEMPLES,
Ăź * , *
ANALYSE,
I M " ' * â
Il ME parut, [je le rĂ©pĂšte , il parut] a moi et [Ă
/ .-l'.r ^ âą * âą(.»«.,» âif;, k -t 'M
parut] a mes compagnons , elc. *
n me parut, Ă moi et Ă mes compagnons, que
notre arrivée avait jeté une grande terreur dans le
pays. â (Albekt-MontĂ©mont.)
Il nous doit cette somme , à nous et à nos associés.
(Girault-Duvivier.)
M * ' k . y
Nâinsulte jamais la yieillcsse.^ Nq te semble-t-elle [ Ne te semble-t-elle pas respectable , [jelcrqpĂšte,
pas respectable^, Ă toi commĂš Ă tbut TĂ© 'monde? ' ne senilile/t-elle pas respectable] Toi ,.*commĂš [eirĂȘ '
â 1
Jl NOUS doit cette, somme, [je lq répÚte, jl la doit]
A NOUS et [il la doit] à nos associés.
(Anonyme.)
TouchĂ© de pitiĂ©.pour cps ĂȘtreq infortunĂ©s, il leur
-donna Ă eux et Ă leurs enfants de quoi faire leur
â t â ⊠. n '{Id.)
route.
semble rçspcclablej à to^( le mondée.
H LEUR donna, [ je le répÚte , il donna] a eu? «{
fil donna] Ă leurs enfants de quoi faire leur route,
*â n J t ^ I f ' â »* T)*
Tout ce que nous avons dit ppur la réduplication des compléments directs, devient,
applicable, dans les cas analogues, au redoublement des complémenis indirects; avec.,
celle différence que le pronom personnel répété aprÚs le verbe est toujours accom
pagné de la préposilion à .
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
is lui dirons, à ell« et à ies compagnons. Il tous nuira; à tous comme aux autres.
LIS le leur remeltrex, aux rois et aux ministres. Il leur plût, à lui et ù son pÚre.
n me semble, Ă moi et aux autres. . Nous
Il me parut, Ă mo' et Ă mon fiĂšre Vousi ^ , .
Nous te domißinie», à loi comme aux autres, 11 nous semble, à moi et a^x autres. ,Nou* leur eu coulerons, à elle et à toutes les
li nous eu apportera, Ă nous et Ă tout le monde. 11 nous parut, Ă Jui et Ă moi. autres.
II le lui dira, à lui et à nous. Il ne tous parlera, ni à toi, ni à tes «mis. Je le leur apprendrai, à elles et à Içurs pareotSi
N' CCLXXXVIII.
DES COMPLĂMENTS DIRECTS le, la, Ăźes CONSIDĂRĂS JUSQUâA PRĂSENT COMME PLĂONASMES.
Le bien, nous Ăźe fesons ; le mal, câest la fortune.
On a toujours raison, le destin, toujours tort. ,
(La Foistaine.)
Et la plus belle chose, ils la gĂątent souvent
Pour la vouloir outrer et pousser trop avant.
fMOLIKRK.)
Prince , je vous entends ;
Ce soin de me venger^ ces nobles sentiments ,
'Ces transports, ces fureurs dont votre Ă me est saisie,
Je les dois Ă Tamour moins qu|Ă la jalousie.
, # ' IĂź , ĂŻ * *J. /-rv X
, (Regnard.)
Un jeunq homme peut bien ptre étourdi, léger;
Aux travers de Tesprit aisément'on fait grùce ;
Mais les fautes du cĆur jamais on ne les-passe.
(AndhieĂŒx.)
(S64 )
Ce quĂ© pense ĂŒn amant Ă e ses feux pĂ©nĂ©trĂ©,
Ma houche le disait quand vous ĂȘtes entrĂ©.
(Regnabd.)
La voix de mon Ă©poux, iâavez-vous Ă©coutĂ©e,
Cotte plaintive voix qui suit partout mes pas,
Kt vous reproche un sang que vous ne vengez pas.
(Id.)
Je . Fai aussi sentie, cette soif vague de quelque
chose y elle mâa traĂźnĂ© dans les solitudes muettes de
lâAmĂ©rique, et dans les villes-bruyantes de lâEurope.
(Chateaubriand.)
Cette justice qui nous est quelquefois refusée par
nos contemporains, la postérité sait nous la rendre.
m
Dans toutes ces phrases, les compléments directs le, la^ les, sont, suivant Topinion
de Lenfare, des pléonasmes, mais des pléonasmes utiles. Vous Tentendez ! des
plĂ©onasmes utiles, câest-Ă -dire des choses Ă la fois superflues et nĂ©cessaires.
Nous en demandons 'bien pardon Ă Lemare et Ă tutti quanti, mais nous ne trouvons
pas que, dans les phrases citées, les verbes qui ont pour compléments le, la, les,
doivent Ăšn avoir dâautres ;..et nous sommes encore Ă penser comment un aussi habile,
un aussi profond grammairien que Lemare ait pu y voir rien de plus. Prenons, entre
toutes» cette phrase de La Fontaine : Le bien, nous le faisons; le mal, c'est la fortune.
Quoi! vous voulez que ce verbe/aisons ait deux compléments , dont le bien est le
premier, et le second le; de sorte que votre analyse est celle-ci : Nous faisons le bien,
nous le faisons. Câest en vĂ©ritĂ© par trop Ă©trangement sâabuser; câest avoir une ignorance
complÚte du mécanisme de cette phrase.
Ne doit-on pas reconnaßtre, au contraire, comme nous Tavons clairement démontré
en dâautres circonstances, que ces mots le bien, sont les Ă©lĂ©ments dâune proposition
ellipsée, dont la construction pleine est : en ce qui touche, en ce qui concerne, en ce qui
regarde le bien, ou dâune maniĂšre abrĂ©viative, pour le bien, nous le faisons; pour le mal,
c'est la fortune. Câest lĂ , certes, la seule et vĂ©riiable^analyse, dâaprĂšs laquelle TexpresÂŹ
sion le bien doit ĂȘtre complĂ©ment soit dâun verbe, soit dâune prĂ©position sous-entendue,
et non pas du verbedont le seul et unique complément est le. Et cette analyse
est inattaquable, car elle est fondĂ©e sur lâusage et sur TautoritĂ© de tous les Ă©crivains.
Ne dit-on pas; en effet : Pour votre frÚre, si je le vois, je le préviendrai, ou avec
ellipse de la préposition pour ; Votre frÚre, si je leß;o/s, je le préviendrai. Dans
Tun cohinae dans lâautre cas, le molle nâest point un plĂ©onasme; et câest parce que
les grammairiens nâont pas vu Tellipse, qĂŒils sont lornbĂ©s dans une aussi grave
erreur.
Le monde, peu de geuf le eoooeiiieot.
Le âąantĂš, (out le monde le dĂ©lire.
Le niifĂšre, noua l'evoni (oui en horreur.
Dieu, tioui deTone l'edorer.
Le Tcrlu, il fiut le cuttĂTer.
Le méchant, il le faut plaindre.
Le fortune, toui lea bommea le eberehenl.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Le tageiae. heureux qui le poaiĂšda.
La vie turbulente, je la déleite.
L'aniour de la patrie, je lâai.daoa uon eoeur.
Nos vices, noui voua tes cacbonu
Les opinions, reipectons<les.
Les jeunes persunnei, on les doit surveilter.
Scs défauU, ou ne les voit pas.
Les parente. Il faut lea aimer.
Les bons. Dieu un jour les récompeniere,
Lea riehfties, tons les bommea ue lea pcuveut
avoir.
Les diguitéa. heureux qui tes fuit-
Lea pUiiira purs et simples, ;c les recbercbe.
Les grauds exploita, je les admiré.
NÂź CCLXXXIX.
CHPLOi DB le, la, les en rapport avec des noms dĂ©terminĂ©s oĂč indĂ©terminĂ©s.
AVEC le, la, les.
Si câest effacer les sujets de haine que vous avez
contre moi, que de vous recevoir pour ma fille, je veux
bien que vous la soyez.
{U Fontaine.)
AVEC le SIGNIFIANT CELA.
Hélas I madame , vous me traitez de veuve,* U est
trop vrai que je le suis.
(Voltaire.)
( 8ĂąS )
llilracle ! drlait-oo ! VettĂȘt Voir dahs 168 ĂŻue4
Passer la reine des tortues,
La reine ! â vraiment oui ; je la sĂŒis ĂȘĂ» effet.
m
Ne me trompé-je pas, en vous croyant ma m*Úc«.
â Oui, monsieur, je la suis.
(Boissy.)
Ătes vous les trois Romains quĂŒn a choisis pour le
combat P â Nous les sommes.
(Mabmontel.)
Ătes-vous les prisonniers que Ton a amenĂ©s dâAU
lemagne ? â Nous les sommes.
(M«n« Vadvillikrs.)
Il nĂŒn est pas en foule. Il sĂŒn trouve pourtant,
Gens instruits et profonds , qui nâont rien de pĂ©dant,
Qui ne sâappellent pas la bonne compagnie,
Qui la sont en effet.
(Voltaire.)
Vous ĂȘtes non pas la femme, car vous ne pouvez
pas PĂȘtre ; mais lâesclave dâun esclave, qui a Ă©tĂ©
dĂ©gradĂ© de lâhumanitĂ©,
(Montesquieu.)
â LĂą ViiiĂŽ dĂ© SoleĂŒtĂ© dĂ©VleĂŒi lĂ© Mà ëß-VeĂŒs
toute la Suisse ; les femmes y sont charmantes ,
je sefais mĂȘme tĂ«niĂ© de leĂą ciroĂŒe coquette#, si les
femmes pouvaient l ĂȘtre.
(Dk Boufflers.)
Je veux ĂȘtre mĂšre, parce que je le suis, et câest en
vain que je ne le voudrais pas ĂȘtre.
(Molikre.)
âą Les pauvres sont moins,souvent malade#, faute de
nourriture, que les riches ne le deviennent pour en
prendre trop. (Fénelon.)
â Mais ne mĂŒs-tu pas fiancĂ©e ?
â Je le suis Ă quelquâun. Câest un fait bien certain,
(Dk Boufflers.)
Pourquoi les riches sont-ils si durs envers les
pauvres ? â Câest quâils nâont pas peur de le devenir.
(J.-J. Rousseau.)
Catherine de Médicis était jalouse de son autorité,
et elle id devait ĂȘtre.
(L. P. Daniel.)
Les exjemples de la premiĂšre colonne,nous font voir, que, lorsquâil y a, dans une
phrase, des substantifs dĂ©terminĂ©s, les pronoms personnels qui sây rapportent doivent
revĂȘtir le mĂȘme genre et le mĂȘme nombre que ces substantifs,'et qĂŒalors on se sert
de/e, /a, les; mais si, comme dans les exemples de la colonne latérale, il y a des
adjectifs ou des substantifs pris adjectivement, indéterminés, quel que soit leur
nombre et leur genre, le pronom personnel qui les représente est toujours le, 1 illud des
Latins et signifiant cela.: vous me traitez de veuve; il est trop vrai que je le suis; que je
suis cela, câest-Ă -dire veuve.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ătea^TĂus le roi ? â Je le suif. Je tous croyais ma ĂUe.â Je la suis aussi.
ÂŁtei-TOui la reĂźoe ? â Je la suis. Je vous preuais pour mon amie. âJe ne la suis
Ătef.Tous 1a matlresse du logis ? â Je la suis. . Pâ*'
Ătes-Tous les maĂźtres» - Qui, nous les sommes. Xtes-rous le roi > - Oui, i« le suis.
Vo us u'ĂȘte* pas les maĂźtres, et tous do le* sere» **«*"« ^ â Uui, je le suis,
jimais, Etea-Ăźous maĂźtresse iei? â Oui, je le suis.
Je serai la malade, et toi, tu la feras, Etea-vouamaĂźtres?â Oui, nous le somme*.
Vous n'ĂȘtes pas mallres, et tous ne la seres jaÂŹ
mais.
Quapd je serai malade, tu le deTĂendrat.
Je TOUS croyais femme.âNon. je ne le luĂź* pas.
Si tous me preoies pour amie, tous Terrie» que
je le suis.
Vous les crÎye» eoupaUes. «t Us ne te sont pas.
âN° CCXC.
ADDITION AĂŒ NUMEBO PBBCĂDENT.
I.
Voyez Aigoes-Mortes , Fréjus, Ravenne, qui ont
été des ports et qui ne le sont plus.
(Voltaire.)
Quâappelez-vous douze hommes de bonne volontĂ©
â Nous le sommes tous. -
(Marmontel.)
Ces belles choses le sont moins hors de leur place.
(La B&uybrs.)
Est-ce que nous sommes la cause quâils sâen
éloigaeat P oui, nous le sommes.
(Marmontel.)
les objets de nos voeux le sont de nos plaisirs.
(Corneille.)
Les Romains avaient des oracles qui promettaient
Ă Rome dâĂ©tre la'capitale du monde, et elle le
devint. (Bernardin de St.-Pwrre.)
( 366 )
Par cesexempleSj Ăčn apprend qu'en violation de la rĂšglfe fondamentale; prĂ©cĂ©dem-,
meht Ă©tĂ bliĂ©, il est des cas oĂč, lots mĂȘme que les substantifs sont dĂ©tĂ©rminĂ©s, le
relaiif qui le reprĂ©sente doit ĂȘtre toujours le. Eri cela, voici le conseil que nous donÂŹ
nerons; Ce qĂŒil y a de mieux Ă faire, c'est de se consulter sur ce qĂŒon a Ă expriÂŹ
mer. Si lâon veut rĂ«prĂ©seriler ĂȘxpÿéssĂ©ment le sĂŒbĂ tahlif dĂ© la proprosition prĂ©cé
dente; la consiruciiĂŽn est naturelle, et Ton emploie le pour le masculin singulier,
la pour le fĂ©minin singulier, et les poĂŒr le pluriel. Si Ton rie veut pas exprimer TidĂ©e
dâun substantif, lĂ cdrislrĂŒctioii est figdrĂ©e, il y a syllepse, et Ton fait toujours ĂŒsage
du mot indéterminé le.
11.
Il est dés grands hommes ne le sont que par
des vertĂŒS; D A^uesseau Ă©tait destinĂ© Ă FĂ©tre par les
tùlénts;
(Thomas.)
Ah Ăź je le sens, je nâai pas Ă©tĂ© seul malheureux;
et toi, .Sophie, malgrĂ© les distractions qiii tâobsĂšdent,
tu ne lâĂ©tais guĂšre moins que moi.
(Mirabeau.)
â Ces deux exemples servent Ă dĂ©nionirer qĂŒe Je relatif/Ă« peut reprĂ©senter un substantif
oli ĂŒh adjectif diffĂšrĂąri't Ă©h genre Ă«t eh nombrĂ© avec te\ik qui sont exprimĂ©s. Eri effet,
dans la premiÚre çolonné, le remplace les mots grands hommes; et, dans la seconde
colonne, il tient lieu de Tadjectif malheureuse.
EXERCICE VBRASĂOlOGIQVE.
s . * *
l)fe» fabmtlies dâe5pri(, roiia ne tĂ© ser'ei jĂąniaii.
Une femme de mérite, tu ne le teras jamais.
UnĂ© damç^dfi tnaĂźton, tĂŒ lĂ© kcras Ă 'n jour.
Ceux qui étaient des dieux pour les aiieiens oe
. te soiil pa* pour nob& ' . . ,
Direx-Tou* que iicui en tommes les aaleurs? âąâ
Oui; vĂąĂŒs l|%les.
Soyex brave, je le eeréi.
Si Vous Ă©iel bilardĂ©, iĂŽtrĂ© fVĂšre ĂŻiĂ© iâest pas
moins. < , , / . 1* ^ *
Puisque lĂ© mĂ rl est jalotiĂź, li femine doit 1 ĂȘtre.
Quand une chose est juste^ les conséquences
doivent lâĂȘtre.
fille, que fu le seras égalemeol - ... prodigues, je ne le suis pai.^
â i lĂ©s hommes ne sobt pbi vertĂĂ©iĂą; les femmea FaVii que vous %tej mĂ©uteursi taul-il que nous
dolveot lâĂȘtre. le soyons Ăź
Les cĂ asĂ«i dĂ© notre ĂȘtĂšvBtion lĂ© VontsobVcot de
notre fiine.
JjÚi pùu vreÚ ne le sVrbht pas teojoht».
Nous avons été riches, ma fille, tu léseras aussi.
PĂȘs'qdĂš nbĂĂ avbns Ă©tĂ© heureux^ espĂšre, 'ma
S
ivÂź ccxci.
Le SIGNIFIANT cela et remplaçant une proposition.
9 * t. e » , *
Petits esprits, ce que je viens de dire,
Câest bien pour' vous que je lâai dit :
Ce n'est pas assez de tĂŽtit lire,
U faut digĂ©rer ce quâon lit.
(de Boufflers.)
Le méchant peut trouver un complice ;
Mais il nâest ici-bas, etle Ciel lâa permis,
Que les honnĂȘtçs gens qui puissent ĂȘtre amis.
(Colin lâHarleville;)
Autant que je le puis, je cĂšde Ă les raisoi-s ;
Elles calment un peu lâerinui qui me dĂ©vore.
^ (Racine.)
Si lĂš public a eu quelque indulgence pour mĂŽi ;
je le dois Ă votre protecĂŒoni . * t
(Condillac.)
Vous devez trembler Ă lâouverture de cette lettre ;
ou plutĂŽt vĂŽus le deviez, lorsque vous soullrilĂȘs la
pĂšrĂŒdie de Nadir.
(Montesquieu.)
NbĂŒs sommes entourĂ©s dâhommes plus forts que
rious ; lis peuvent nous nuire de mille mà niéres
différentes ; les trois quarts du temps ils peuvent le
faire impunément. {Id.)
L'homme est, je vous lâavoue, un mĂ©chant animal.
(MoliĂšre.)
Plus que lâĂŽ'ii tib Ăźe croit ; ce nĂȘln dâĂ©poux khgage.
Et lâamour est souvĂ©nt un fruit du mariage.
m ^
âĂȘĂšs exemples on voit que, quand le relatif le tient la place dâune proposition ou
dâun verbe, il reste toujours invariable, et la raison en est aisĂ©e Ă comprendre, câesĂź
que les propositions et les verbes nâont en soi ni genre ni nombre. Dans les phrases
rapportéés ; lÚ Úst relatif à tous les ihÎTs qui en sont italique, et en tient la place.
J» TOUS lo dis.
Il le pense.
Nons roussie disons.
Vons poĂčTeil lĂš faire:
Je le Tent..
Je ne le puis
(30t .)'
-1 . ~
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE-.
Je vous ] avoue,
n lâaTaiice.
Vous nous le dites.
Voiis dĂšVei le dire.
Tu Je voulais.
Je ne le saurais dire.
Ăźe lâcfpfcrĂȘ.
11 le raconte.
âąNous ie croyons.
Nous pourrions lĂš Savoir.
Noua le TouloĂŒi.
Vous nous le mandes:
Je le croit.
Je le sais.
Ne le croyes pas.
ApprĂšoc^tĂš.
lis lĂš poĂŒvĂšiĂȘĂąL .
Nous le jugeons ainsL
Nâ CCXCll.
EMPLOI i>ÂŁ le APRĂ^ UN VERBE.
OĂ le NE SE TROUVE PAS.
/n#rmi#ez-le comme vous voudriez que fut instruit
lâami dâun monarque.
(Marmontel.)
On hĂš' iotiĂš dâordinaifĂš qĂŒ'e pour ĂȘtre louĂ©.
(LARĂfcnkFoucAĂŒtb.)
I ,
Laissez-moi pleurer mon pĂšre. Vous savez mieux
que moi combien il mĂ©rite dâĂȘtre pleurĂ©.
(Fénelon.)
Un tombeau est un ibtÚi'vùlJfe ßHiménse feritre tin
homme qui juge et un homme qui est jugé.
(thOMAS.)
«
oĂč le est exprimĂ©.
Le bĆuf remplit ses premiers estomacs tout autant
quĂs peuvent lâĂȘtre, '
(Buffon.)
Il est dimcilĂ© ĂŽ/ĂȘmbelltr ce qui nĂš 'doit lâĂ©tre que
jĂŒsqdâĂ ĂŒn certain degrĂ©.
(Thomas;)
On ne peut vous estimer et vous aimer plus que
vous ne VĂȘtes du-vieux' solitaire.
(Voltaire,
Cette femme est belle .j fet jâaurais un grand penÂŹ
chant Ă Vaimer, si ce quâon mâa dit de son inconstance
ne la rendait indigne dĂ© TĂȘtrĂ©, *
(Cohneillh;)
«
Ainsi qĂŒon le voit; oh peut* dire i L'intention de ne jamais tromper now5 expose sou-
uenÂŁiĂ l'ĂȘtre, ou.d ĂTĂčE trompĂ©s; Cependant la seconde maniĂšre est prĂ©fĂ©rable, comme
plus claire et plus conforme Ă lĂŒsage des meilleurs Ă©crivains.
EXERCICE yĂRĂSĂdibGIQVĂ,
Je n'ainie pas i tromper personne, et ne vĂ©oipai lâĂ©trei ou ne reux
pas ĂȘtre trompĂ©.
Ou nç doit jaoiaii loĂčer ceux qui ce mĂ©ritcut pus de l'Ă©tre, ĂŽu dâĂȘtre
lĂŽĂčei;
Il a Ă©tĂ© reçu comme il mĂ©rite de lâĂȘtre ou comme il le mĂ©rite,
il veut (juâo'n lâenlerrĂš cpmiVie il lAĂ©rĂźte dĂš rĂȘlfe, ou dâĂȘtrĂ« Ă«nteVrĂ©.
Vous.deves le critiquer comme il doit l'ĂȘtre, ou comme il doit ĂȘtre
4' y* a, » *
crïliqué.
ĂĂą N" CCXCĂĂb
'S
II, elle, le, la,les, etc., se rapportant a des noms indéterminés.
Ăne Ăąme noble rend justice mĂȘme Ă ceux qui la
lui refusent. (Condorcet.)
Si les Français qui sont aux ßles font en effet for-
ttme , ilspartenï, et méme souvent sans là fairé, el ils
sâen* retĂŽĂŒr'nent non pas dans leur province ou dans
IfeĂŒĂ village^, mais Ă Paris*.
(Bernardin de St-Pierrk.)
Etrange mépris de tous les principes ! On achetait
le droit de. jusĂŻicĂȘ ; on la faisait rendre ou vendre
par son valet affublĂ© dâune robe.
(BĂŽistb.)
Cessez pourtant, cessez de prétendre à Pharnace;
Quand je me fais justice, il faut quâon se la fasse.
(Racine).
Je ne me consolerais point de nĂŒvoir pas fait forÂŹ
tune, si j'éiùié ne éà Ahÿeterré; je né suis poirit
fùché 'dé nÚ f avoir pas faite en .France;
ĂĂONTESQUIEĂ.)
Vous me rendrez jusĂŻicc en me connaissant mieux,
â Gui, je te la rendrai, cruel, je mâ-yprĂ©pare.
(LĂNGSPikBĂĂ.)
( sés )
6Ă Ăą ratsoĂŒ d^appetĂȘir don bien fbriunĂ© y car tm
moment la donne, un moment TÎte».
(VoLTAiBE.)
*
Je disais vérité. Quand un menteur la dit
En passant par sa bouche eUe perd son crédit,
(Corneille.)
Ne jouez pas avec Tamour-propre de Thomme ou
son honneur : sur eux il n'enlend pas raillerie; elle
le rend furieux, féroce, implacable.
(Boiste.)
Je suis en bonne santĂ©, je la dois Ă Texercice et Ă
la tempérance. (Marmontel.)
Dâun enlĂšvement fait avec trop dâaudace,
Vous demandez raison, il faut qĂŒil vous la fasse.
(Corneille.)
11 ne suffit pas d*avotr raiion; c*est la gĂąter, c*eat
la dĂ©shonorer, que de la soutenir dâune maniĂšre
brusque et hautaine.
(Fénelon.)
GrĂące ! GrĂące ! Seigneur que Pauline Tobtienne.
(Corneille.)
Vous dites que ce ĂŒest pas votre faute que de mau -
quer de foi , puisquâelle ne dĂ©pend pas de Thomme.
(^Massillon.)
Tandis que nous Voguions Ă pleines voiles , tout Ă
coup le vent tombe, et nous les voyons sâabaisse'r.
(Marmontel.)
Jâai mal connu les dieux, jâai mal connu les hommes;
Jâen attendais juĂ©lĂŻce, Us la refusent tous.
(Voltaire.)
/ i
Les mots lé, la, les, il, elle, ils, elles doivent toujours se rapporter à des noms suffi
samment déterminés. Cependant, comme Tavance Boniface et comme le prouvent
les cilaliops qui prĂ©cĂšdent, lâemploi de ces mots peut ĂȘtre tolĂ©rĂ© dans les cas oĂč il
est impossible ou difficile de sâexprimer autrement, et pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition fati-,
gante des mĂȘmes mois.
C'est donc Ă tort que Lemare sâĂ©lĂšve contre ces sortes de phrases, qui se renconÂŹ
trent à chaque pas dans tous nos meilleurs écrivains, et qui peuvent, à la rigueur, se
justifier par la syllepse.
La premiÚre qualité du langage, dit Boiste, est la clarté; toute locution, fût-elle
mĂȘme incorrecte, est bonne, du moins dans le style familier, lorsque le sens est
clair; et la suppression mĂŽme des parties inutiles appartient Ă Tart de le. rendre
plus éléganl ou plus rapide, qualité nécessaire chez un peuple dbnt Tesprit léger,
impatient, inatieniif, nâaime pas Ă se traĂźner lentement sur des mots redondants. Au
contraire, la phrase la plus grammaticalement correcte devient vicieuse, si loiues les
parties du discours, les adverbes, les articles, les particules, les conjonctions, les
prĂ©positions qĂŒelle traĂźne avec elle, nuisent Ă sa clartĂ©, alourdissent, suspendent sa
marche; et câest Tobservation rigoureuse des rĂšgles qui donne au style des gramÂŹ
mairiens, en général, celle allure, lourde, contrainte, languissante, qui contraste
avec la marche hardie du style des gens du monde, dont Tunique but est de se faire
entendre el de plaire.
(
NÂź CCXCIV.
« 0
*
EMPLOI VICIEUX DB le, la, let.
L'allégresse du coeur s'augmente à la répandre.
(MoliĂšre.)
Le Ă»ls dâDlt/isc le surpasse dĂ©jĂ en Ă©loquence , en
sagesse et en valeur. (Fénelon.)
Le temps passerait sans le compter.
(J.-J. Rousseau;) *
Les fourbes croient aisément que les autres le sont*
(La BruyĂšre.)
Les pronoms le, la, les, ne peuvent se rapporter qĂŒĂ ,un mot Ă©noncĂ© dans un proÂŹ
position prĂ©cĂ©dente, c'est-Ă -dire qĂŒils ne peuvent se rapporter ni au sujet ni au
( 369 )
complĂ©ment clu sujet de la proposition oĂč ils figurent. Ainsi les phrases qui prĂ©cĂšdent
sont incorrectes. La faute, dit M. Dessiaux, est plus apparente encore dans cette phrase
de La BruyĂšre, oĂč le est relatif Ă les fourbes, substantif pluriel : Les fourbes croient aiÂŹ
sĂ©ment que les autres le^sont. Cependant M, PhilarĂšte Chasles nâest pas de cet.avis. II
pense que la phrase de La BruyÚre est excellente. Qui peut rien reprendre» dit-il, à .
cette phrase, dâunĂ© clartĂ© parfaite, et oĂč le pronom le est Ă©videmment pour illud, cela?
Voyez Préface, p. 6. .
âą^9 Nâ CCXCV.
ELLIPSE DU MOT te.
EXPRIMĂ.
La cour a quelques ridicules , Jâen demeure dâacÂŹ
cord ; et je suis, comme on le voit, le premier Ă les
fronder; mais, ma foi, il y en a grand nombre parmi
les beaux-esprlts de profession.
(MoliĂšre.)
Jâai passĂ© ici (Ă LĂźvry) le temps que jâavais rĂ©solu,
de la maniĂšrje dont je lâavais imaginĂ©, Ă la rĂ©serve de
votre souvenir qui mâa plus tourmentĂ©e que je ne
lâavais prĂ©vu.
(Mâ' DB SĂVIGNKi)
Ce fut donc lundi que ia chose fut déclarée ,
comme je vous Vai mandé.
m
NON EXPRIMĂ.
Ce serait une belle chose si Je remplissais mes
lettres de ce qui me remplit le coeur. Ah ! comme
t;ou« dites, il faut glisser sur bien des pensées et ne
pas faire semblant de les voir.
(MÂź* DE SĂVIGNĂ.)
Madame, je viens un peu tard ; mais il mâa fallu
lire ma piĂšce chez madame la marquise, dont Je vous
avais parlé ; et les louanges qui lui ont été données
mâont retenu une heure de plus que je ne crojjais. '
(MoliĂšre.)
Vous aimez mieux mâĂ©crire vos sentiments que
vous nâaimez Ă me les dire ; de quelque façon qu'il
me viennent, ils sont reçus avec une sensibilité
qui nâest comprise que de ceux qui savent aimer
comme je fais.
(MâĂŽ de SĂ©vignĂ©.)
En citant cette phrase iquand je ne serais pas votre serviteur comme je le suis, Girault-
Duvivier, dans sa Grammaire des Grammaires, fait observer que la suppression du reÂŹ
latif le serait condamnable. La remarque est jusie, njais elle est trop générale; car les
exemples citĂ©s nous prouvent que, dans des phrases analogues, si ce mĂȘme relatif/s
reprĂ©sente une proposition, au lieu dâun subsiantif, quelquefois le est exprimĂ©
(1ââÂź colonne), quelquefois il peut ne pas lâĂȘtre (2Âź colonne). La phrase n'en est pour
cela ni vicieuse ni incorrecte.
EXEKCrCE PHRASĂOLOGIQUĂ.
Comme on le p*nie.
Comme on le dit.
Comme on le voit.
Comme it le fauL
Comme U la doit.
Comme on pense.
Comme on dit.
Comme tm voit. '
Comme il Tatit.
Comme il doiL
Plus quâon ne le sait.
Moins quâon le croirait,
Beaucoup plus que tu ne le fais.
Bien moins que lu te le figures.
Plus quâil ne le pense.
Plus qnâon ne sait.
Moins quâon croirait.
Beaucoup plus que ta ne faUf
Bieu moins que tu te figttrei.
Plus quâil ne pense.
N CGXCVI.
GALLICISMES OGCASIONĂS PAR le.
Enfin, vous t emportez, el la faveur du roi
Vous Ă©lĂšve en un rang qui nâĂ©tait dĂ» quâĂ moi.
(CORNHILLĂ.)
Rien ne doit lâemporter sur la fol dea serments.
(Piron.)
47
( 570 )
Aux lois de la nature, amis, soumettons-nous ;
Toujours sa volonté remporte sur la nÎtre.
(ArnaĂŒi-t.)
Je pense que ce visage est assez passable ,âą et que ,
pour le bel air, dieu merci, nous ne le cédons à per
sonne. âą (ĂąlOLlĂRB.;
Telle est ma volonté,
Tel est ie sort du monde entre nous arrĂȘtĂ©;
Vous remportez sur moi dans un nouveau partage.
' (Voltaire.)
Je suis né, tu le sais , assez prÚs de Péronne,
DĂŒn sang dont la valeur ne lo cĂšde Ăč personne.
(Rkgnard.)
âą On apprend par ces exemples que jians les expressions : x/emporter mr quelqu'un,
neh^ cĂ©der Ă personne, le mot le est employĂ© dĂŒne maniĂšre absolue, sans relation
aucune avec un antécédent exprimé. C'est ce qui constitue ce qu'on appelle un galii-
cisme. Nous aurions Ă©tĂ© curieux de voir ce qĂŒen.âdisaient les grammairiens; mais
aucun d'eux, 'que nous sachions, 'nâen a parlĂ©. Les premiers nous essaierons donc de
l'analyçer; car/ en grammaire surtout, les idiotismes doivent ĂȘtre Ă©claircis. Quand
Piron dit : Rien ne doit L'emporter sur la foi c/essemeĂŻifj^lesubsiantifauquel le se rapporte
est indubitablement le poids, l'avantage. Il existe moralementdans notre esprit une cerÂŹ
taine balance Ă l'aide de laquelle nous pesons le pour et le contre des choses; or, cĂŒsf
en mettant dans l'un des bassßns de la balance toutes les considérations possibles , et
dans lâautre la foi des serments, que nous pouvons affirmer que rien* ne saurait lâemÂŹ
porter sur celte derniĂšre. Ce raisonnement, s'il est aussi juste ^gĂŒil nous le paraĂźt,
sâapplique Ă tous ies exemples de cette nature (1).
pans la derniÚre phrase de l'une et dé l'autre colonne le se rapporte à le pas : Nous
ne cĂ©dons le pas Ă personne pour lĂ© bel air; je suis d'un sang dont'la valeur ne cĂšde le pas Ă
personne. Nous ne pensons, point qĂŒon puisse/nous contester ces analyses, qui expliÂŹ
quent ce qui Ă©lait demeurĂ© jusqĂŒĂ ce jour inexplicable. QĂŒon ne nous dise donc plus
Ă prĂ©sent qĂŒil est inapossible de rendre raison des gallicismes.
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE,
Vous r«mportet tur moi.
Tu lâemportes sur noua.
Nous femportoos sur eux,
llsl'omporteDt tur nous.
Je ne le cĂšde Ă persocae.
II remportait sur sou frĂšre.
Vous ne me le cédex en rien.
Tu De le cĂšdes Ă qui que oe soit Ils lâemportaient sur leurs ennemis. Ils no le cĂšdent Ă personne,
n ne le cĂ©derait Ă ^me qui tĂto. Je lâemportais sur loi, ÂŁlte ne le cĂ©dait Ăš oucuno.
Voua d1b le ÚÚdĂȘs ni ĂŻ luf ai i moL Elle lâemportait sur toutes.
Ăltea ne le eĂ©clĂ ient quâĂ une seule.
r Gcxcvii.
EMPLOI DE le, la, les bt db lut, elle,, eux, .§lles.
AVEC la, les.
Ce carrosse parut ĂȘtre celui de mon fils, ce
Tait en efiTet.
((MâÂź de SĂ©vignĂ©.)
AVEC lui, elle, eux, etc.
Monsieur, câestlĂ Crispin. âCâest IwtjĂȘ lĂ©sais bien.
Nous avons eu lĂ -bas un moment dâentrĂ©tien. *
(Ukgnard.)
(1) Les vers suivants confirment notre analyse, et la rendent, pour ainsi dire, inattaquable
Nous verrons qui des deux emporte la balance ,
Ou de ton artifice, ou de ma vigilance. (Voltaire.)
Celui-ci sur son concurrent voulait emporter lâaÂŹ
vantage, (La Fontaine.)
Et ta beauté, sans doute, emportait la balance.
(Corneille.)
Ma gloire intéressée emporte la balance.
{Id.)
Voltaire aurait pu dire elliptiquement : Nous verrons qui des deux lâemporte, ou de ton artifiice ou de
ma vigilance.
( 571 ) - " ,
Hél sont-ce là vos gante ? Est-ce là votre épée? i - Je crois que voilà mon aimable invisible dont ja
â Oui, ce les sont. te parlais. â Câest elĂŻĂš-mĂȘrae.
(Regnard.)
(Id.)
Parle-t-on dâobjets inanimĂ©s, comme cela a lieu dans la premiĂšre colonne, on doit
rĂ©pondre par : ce l'est, ce les sont. Est-il, au contraire, question d'ĂȘtres animĂ©s, de
personnes, ainsi que dans la seconde colonne, on se sert des formes c'est lui, c'est elle,
ce sont eux, etc.
Cependant Regnard (LĂ©gataire, acte v, scĂšne vu) a, sans y ĂȘire aucunement forcĂ© par
la mesure du vers, employĂ© elle, en parlant dâun objet inanimĂ©. Voici le passage :
f
11 faut donc que mon mal mâait otĂŽ la mĂ©moire,
Et câest ma lĂ©thargie. â Oui, câest elle, en effet.
Est-ce votre habit? â Oui,ce lâest.
Sout'Cc vos livres? â Oui, ce les sont.
ÂŁst-cĂȘ ma moDtre? âCe lâest.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Esteo ton canif? â Oui, ce lâot.
EbI-cc votre pĂšre ? Oui, câest lui.
Est-ce ta femme ? â Câest elle.
Sont-ce vos parents? â Oui, eatont
Est-ce ta mĂšre? â Oui, câesl elle.
N'est-ce pas ton oncle? â Oui, eVitfad»
Nâ CCXCVIII
O
BU PRO\OM soi.
On peut toujoura trouver plus malheureux que soi,
(La Fontaine.)
f
Quiconque rapporte tout Ă ' soi nâa pas beaucoup
dâamis. (AcadĂ©mie.)
Heureux qui vit chez soi
De régler ses désirs fesant tout soh*emploi !
' , (La Fontaine.)
Celui qui hait le travail nâa assez ni de soi nĂź des
autres. ' ' (Boiste.)
Des passions la plus triste de la vie,
Câest de nâaimer que soi dans Tunivers.
(Florian.)
il dĂ©pend toujours de soi dâagir honorablement.
(Girault-Duvivier.)
'On peut mettre à profit un légitime hommage,
Lorsque Ton tient sur soi les yeux toujours ouverte.
. (J.-B. Rousseau.)
Aucun n'est prophĂšte chez soi.
(La Fontaine.)
jĂfrctrop mĂ©content de soi est une faiblesse; ec
ĂȘtre trop content est une sottise.
(Mme DE SaBLĂ.)
...... Ici-bas le seul honneur solide,
Câest de prendre toujours la vĂ©ritĂ© pour guide ;
De regarder en tout la raison et la loi ;
DâĂȘtre doux pour tout autre et rigoureux pour soi.
(Boileau).
Il est beau de triompher de soi.
Quand on peut hautement donner Ă tous la loi.
(Thomas Cornksm.ÂŁ.)
Chacun ne songe plus quâĂ soi.
(J.-3. Rousseau.)
V
On fait usage du pronom 50/ dans les propositions générales ou indétermi
nĂ©es, c'est-Ă -dire lorsque le sujet de la phrase ĂȘst on, quiconque, aucun, qui, celui qui,
chacun, ce, personne, tout homme, etc. ; ou bien, lorsque ce mĂȘitie mot, sol, est en rapÂŹ
port avec un verbe Ă T infinitif, comme dans les deux derniers exemples de la premiĂšre
colonne, et les trois derniers de la seconde : n'aimer que soi, agir honorablement dépend
de soi; ĂȘtre mĂ©content de soi, ĂȘtre rigoureux pour soi, triompher de soi.
On trouve nĂ©anmoins des phrases oĂč cliacun est suivi ie.hii et non de soi. Telles sonl^
celles-ci ; Chacun de nous porte au dedans de lui un rayon divin qui l*éclaire, (de Ségar.).
Ce divin modĂšle, que chacun de nous porte. avec lui, nous enchante. (J.-J. Rousseau.)
Comme le fait observer Boniface, soi eût été aussi bien; mais chacun de nous pré
sentant une idĂ©e moins vague que chacun, justifie lâemploi de lui. Dans les exemples-
&
{ 572- )
suivants, il Ă©tait impossible de sâexprimer autrement Ăź CiiacĂŒN trouve a redire en at0ui^
ce qu'on trouve à redire en lui. (Larochefoucauld.) Peu d'amitiés subsisteraient si chacun
savait ce quÚ son ami dit de lûi lorsqu'il n'y est pas.
EXEnacE pnnASĂowGiQVE,
On ni! doit pertier que pour sĂŒĂ. On np parle jntnnt» mal de soi.
QijH-nii(]iie I».- ppii'fquâĂ 501... Qtiicoitquf iie Hutht qtte noi.
Aik'iiI) tiV'l niiiilri: que clu x soi.
Qui M>le clit-z (ini...
CpIuI ĂU) ii'uinit; que »oi >
Chncuii veut pour «ol.
Persaiiiie ue l'iittribuera Ă aoĂź.
Aur'uti ti'eii parle quâeti soi.
Qtii Totl aut<iur de soi.
Criul-lĂ (|ut fait loiil poqr loi
Cliaruii rrpfiii(] pour toi.
Personne ii'eii veui autour de sol.
Flre content de lOĂ
Vivre pour voi.
Etre de soi géiiéreuï.
Parler loujoi n de ioi.
Veiller «ur soi.
S'occuper de iqU
Penser Ă soi.
Compter itir soi.
Indigne de soi.
TrettiMer pour soi,
Sotiger A soi.
Nâaimer que sel.
Parlrr de eoi.
Sentir pour soi.
N° CCXCIX.
EMPLOI DU PRONOM 50Ă AVEC DES SUBSTANTIFS DĂTERMINĂS.
Lui, elle, eux, elles.
HĂ©las ! sâĂ©criait TclĂ©mnque, voilĂ donc les maux
que la guerre entraĂźne aprĂšs-ciie I
G ^ (Fénelon.)
Le ffere dâAmclie, revenant Ă lui et rougissant de
son trouble, pria son pĂšre de lui pardonner.
(Chateaubriand.)
Meltcz ce quâil en coĂ»te Ă plaider aujourdâhui ;
Comptez ce quâil en reste Ă beaucoup de familles:
Vous verrez que Perrin tire lâargent Ă lui.
Et ne laisse aĂčx plaideurs que le sac et les quilles.
. (La Fontaine.)
Ah ! quel supplice entraĂźne aprĂšs lui plus dâhorreur
Que de se voir forcĂ© de haĂŻr cc quâon aime?
(La Chaussée.)
LâAnglais porte partout sa pairie avec lui,
(Bernardin de St-Pierrh.)
V .
On a "VU une nation entiÚre chassée de son pays,
traverser les mers pour sâĂ©tablir en France, nâemÂŹ
portant avec elle, pour parer aux nécessités de la Vie,
quâun redoutable talent pour la dispute.
'(Montesquieu.)
^ Que de germes dé mort traßnent avec eux les
pauvres humains !
(De Boufflers.)
Sot.
âą.. La cuerre aprĂšs sot traĂźne tant de malheurs,
Quâil est peu de lauriers qui ne coĂ»tent des pleurs.
(Boursault.)
Idoménée revenant à sot, remercia ses amis.
(Fénelon.)
Le chat ne paraĂźt sentir que pour soi,
(Buffon.)
Un malheur toujours traĂźne un malheur aprĂšs soi,
(Piron.)
V
Lâardeur de sâenrichir chasse la bonne foi :
Le courtisan nâa plus de sentiments Ă soi.
(Boileau.)
HĂątons-nous , le temps fuit, et nous trmne avec
Le moment oĂč je paiIe est dĂ©jĂ loin de moi. *'
(Boileau.)
Lâenseigne fait la chalandise.
Jâai vu dans le palais une robe mal mise
. Gagner gros : les gens lâavaient prise
Pour maĂźtre tel, qui traĂźnait aprĂšs sot
Force écoutants. Demandez-moi pourquoi.
(La Fontaine.)
La sagesse aprĂšs sot laisse un long souvenir.
(Aubert.)
D'aprÚs ces exemples, que devient la rÚgle des grammairiens, qui prétendent que le
nom personnel nâest jamais dĂŒsage qĂŒavec un sujet, indĂ©terminĂ©? Nâcst-il pas
évident, au contraire, que soi peut trÚs lïien s'employer avec un sujet déterminé, et
que la rÚgle posée par MM. Noël et Chapsal, Girault-Duvivier, Wailiy, etc., est tout-
Ă -fait fausse? Nous venons, les faits Ă la main, de prouver que l'on peut se servir du
mot.éfoiau lieu de lui, d'elles, d'eux, d'elles. Cependant, comme le remarque judicieu
sement Boniface, ces dernier^ pronoms sont dâun usage plus gĂ©nĂ©ral avec des subÂŹ
stantifs dĂ©terminĂ©s; mais il n'est pas moins certain que lâemploi de soi, dans ce cas,
nâesi point vicieux. Nos meilleurs auteurs, tels que Corneille, Racine, Boileau,
La BruyÚre, Voltaire, Marmontel, Bossuet, Massillon, Fénelon, Buffon, etc., nous en olTrent
de nombreux exemples, qui donnent un démenti formel à la rÚgle dés gramniairiens.
( srs)
NÂź CCC.
ĂQtJlVOQUES AUXQUELLES POURRAIENT DONNER LIEU SOi ET lut.
n nâouvre la bouche que pour rĂ©pondre ; il tousse,
il se mouche sĂŒĂŻk son chapeau, il crache presque
(La BruyĂšre.)
sur «ot.
Dieu était dans J.-C., réconciliant le monde avés
soi. (lĂźoURDALOUE.)
0
DĂšs qĂŒil peut y avoir Ă©quivoque, il faut toujours se servir du pronom 50/. En
effet, si Ton mettait lui dans ia phrase de La BruyĂšre, on nesiuraii pius si câest Ă //
ou Ă chapeau que soi se rapporte. Il cn est de mĂȘme dans la phrase de Bourdaloue; soi,
Ă ia place Ă o Lui, ĂŽte lâambiguitĂ© qni pourrait rĂ©sulter, avec ce dernier mot, entre Dieu
etJ.-Cf .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
L'été apporte avec tui bien dei rlebessei.
I.e printemps ramĂšne avec lui les beaux jouri.
L'hiver traĂźne avec lui les frimai.
L'autûmne apporte avec lui des fruits.
Les épidémies enlraßtieiit aprÚs elles bien des caUmßtéi.
Les guerriers ont en eux quelque chose de graud.
Il me donna 1 argent et jeta les yeux sur soi.
11 no lui donna rien et prit tout pour soi.
L'été amÚne avec soi les grandes ebaleurt.
Ira printemps ramĂšne avec soi les fleurs et la verdure.
L'hiver traßne arec soi les longues soirées.
L'automne apporte avec soi toutes sortes de fiuits.
Les épidémies caebeiit en soi des éléments de mort.
Les nobles guerriers doivent porter eu sol le mépris de U vie.
Il partit avec son frĂšre, el mĂźt sur soi le bagage.
Il sortit aveo son chien, ayant sur soi les cleCk
NÂź CCCI.
Soi EN RAPPORT AVEC UN NOM PLURIEL.
n est un certain travail dn temps qui donne aux
choses humaines le principe dâexistence quâelles
nâont point en 50t. âą (Chateaubriand.)
Tous les animaux ont cn soi un instinct qui ne les
trompe jamais. (Uuffon.)
])e «oï-dlsant docteurs. (Académie.)
Seigneur, que tant de profanations que les guerres
trament aprĂšs sot, vous fassent enfin jeter des yeux
de pitié sur votre Eglise, (Mas.sillon.)
V a-t-il des corps subtils en «ot
(Condillaj:.)
Les nouveaux enilchis se ruinent Ă se faire moÂŹ
quer de «ot. (La BruyÚre.)
LâAcadĂ©mie et un grand nombre dc grammairiens disent quelle pronom soi est seuÂŹ
lement du singulier. Cependant les exemples qui précÚdent nous prouvent la fausseté
de celte assertion. On voit, en effet, que le.pronom soi peut se trouver cn rapport avec
un nom pluriel, tout aussi bien que le pronom se. II est mĂȘme dos cas oĂč lâon ne pourÂŹ
rait se dispenser de faire usage de soi nu pluriel, témoin ia phrase suivante ; Ces entre
preneurs, qui jusqu alors n'avaient travaillé que pour les autres, ne travaillent plus que pour
soi. Essayez de mettre eux à la place de soi, et la phrase devient équivoque.
NÂź CCCII.
DES PRONOMS PERSONNELS «lot-wicme, toi-mĂȘme, etc.
SINGULIER.
Je cherchais Ă mâexpliquer Ă moi-mĂȘme cc qui a
pu porter lĂ©s hommes Ă quitter lâabri des bois, lâair
pur des montagnes et le charme étexnellement at
taché aux belles prairies. (Bs Boufflers.)
PLURIEL.
N'allons point nous appliquer Ă nous-mĂȘmes les
traits dâune censure gĂ©nĂ©rale; et profilons de la leçon,
si nous pouvons, sans faire seniblant qĂŒon parle k
nous. (MoliĂšre.)
c ĂU )
11 me semble que Jes choses ne sont en elles-mĂȘmes
ni pures ni Impures : je ne puis concevoir aucune
qualité inhérente au sujet qui puisse les rendre teUes,
(Montesquieu.)
ĂĂ©Ux qui se font gratuitement des ennemis ne
savent pas qu'ils se font Ă soi-mĂȘmes de trĂšs-grands
torts.
File d'Aaron, dans Tespolr de te perdre toi-mĂȘme,
Jâavais , pour mon supplice, eu la faiblesse extrĂȘme
De me vouloir sauver en me donnant Ă toi ;
Mais cet eflbrt était trop au-dessus de moi.
(CilATEAUBBIAND.)
Pendant qu'on ne pouvait se lasser de lâadmirer,
Télémaqne se retira dans sa tente, honteux de sa
faute ; et ne pouvant plus se supporter lui-mĂȘme,
Il gémissait de sa promptitude..
(Fénelon.)
Sauvons-le malgrĂ© lul de ce pĂ©ril extrĂȘme,
Pour nous, pour vos amis , pourRoxane elle-mĂȘme.
(Racine.)
Je vols quâil faut Ici cacher ses sentiments;
Etre contre sot-mĂȘme eh garde Ă tous moments;
EriiûtÚk sans Hen croire, et parler sans rien dire.
(Destouches.)
Lâadjectif mĂȘme ne se lie aĂŒx pronoms personnels qĂŒavec mot, toi, etc., et non avec
me, te, etc. ; ainsi Ton a, pour le singulier de la premiĂšre personne, moi-mĂȘme; de la
seconde personne, to-memc; de la troisiĂšme personne, lui-immc, elle-mĂȘme, soi-mĂȘmĂš; Ăšl,
pour le pluriel de la premiĂšre personne, nous-mĂȘmes; de la seconde, vous-mĂȘmes; et de
la troisiĂšme, eux-mĂšmes, elles-mĂȘmes, soi-mĂȘmes. L'adjectif mĂȘme doit se rapporter en
nombre avec le nom auquel il est joint. On Ă©crira donc nous-mĂȘmes, vout-mĂȘmes, sâii
s'agit de plusieurs personnes; mais on Ă©crirĂ it nows-mĂ©me, vous-mĂȘme, s'il n'Ă©tait quesÂŹ
tion que d'une seule. Voici deux exemples Ă J'appui de cette derniĂšre remarque :
Que deviendriez-voĂŒs, JeiinĂ©s filles, si, laissĂ©es
Ă vous-mĂȘmes, vous nâaviez pas de bons pĂ©rents
pour vous enseigner les leçons de lâexpĂ©rience? ^
(ANonymé.)
Les remĂšdes sont eux-mĂȘmes de vĂ©ritables mauĂźc
qiii Usent lĂ nature , Ăšt^dont H ne faut se servir que
Ăźians les prĂȘssants besbiris.
(Fénelon.)
Va, mais nous-méme allons : précipitbris nos pà s,
' Duâil me voie attentive aux soins de son trĂ©pas.
(Racine.)
Non, pour vous reprocher votre injustice extrĂȘme,
Je. ne veux exciter contre vous que vous-mĂȘme.
(Regnard.)
RĂ©lĂątivĂȘmeni au genre et a Temploi de ces pronoms noĂŒs nâeri parlerons pas, parce
que toĂŒtes lĂšs observations que ribĂŒĂą rivons faites sut* moi, toi, lui, etc., deviennent apÂŹ
plicables Ă mobmĂ©me; iĂŽi-fnĂȘmĂš; iui-mĂȘ'WtĂš, etc. 11 n'y a d'autre diffĂ©rence que lâaddition
du mot miMfe,
OBSisRVATĂbN. â Lui-mĂȘme el soi-mĂȘme offrent dans leur emploi une nuance Ă laÂŹ
quelle il faut bien prendre garde. Il s'est sawiiĂ© soi-mĂȘme veut dire il a sauvĂ© sa prĂŽprĂš
personriĂ©. il s'est sauvĂ© lui-mĂȘme BigniĂŒe, au contraire; qĂŒil sâest sauvĂ© sans lesecĂŽĂŒrs
d'autrui.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
singulier.
Mei-mCme.
Toi-mĂŽme.
loii-ménié.
Soi-niAme.
^ PLUBIEL.
NouHnĂȘmei.
you^mĂŽmes,
Suz-mĂŽnies.
Soi-mSmeii.
SINGULIER.
Moi-mĂȘme,
Nous-méme,
Vous-mĂȘme.
Elle-meme.
PLtmiEL.
Par nouMnĂȘtnes.
De vous-mĂȘmea.
Dâetiz-mĂšmea.
Dâellea-mĂ©raea.
NÂź CCCIĂĂ.
DES EXPRESSIONS uH aĂ»tre ihoĂź-mĂȘme, linĂ© autre mĂŽi-mĂȘme, krc.
. . Pauvre garçon I ea douleur est extj éme.
Venez, embrasscz-moi, câest un autre ĂšUe-mĂȘme.
(MoliĂšre.)
Révélez vos secrets à celle qui vous aime.
Parlez, que craignez-vous? c/esivut autre vous-mĂȘme.
: (Mâ* Tastu.)
I)oil-on dire, en parlant d'une femme, c'est m autre nini niĂȘmel Cette question a Ă©tĂ©
( 3T5 )
soumise à la Société grammaticale, et la commission chargée de Texaminer a prétendu
OffYunautre moi-mĂȘme offrait Ă Tesprit, dans tous les cas, le genre masculin. -
« Mais, a dit M. Marrasl avec son éloquence ordinaire, il me semble que la com
mission n'a pas mis le doigt sur le point de la difficulté. Nons avons une foule d'ex
pressions qui ne tiennent qĂŒĂ la dĂ©licatesse du langage. Remontons Ă la source de la
parole, qui est la pensĂ©e. N'y aurail-il pas une espĂšce de monstruositĂ© Ă faire dire Ă
une mĂšre, parlant de sa fille : C'est mi autre moi-mĂȘme. Si le sexe disparaĂźt, que reÂŹ
prĂ©sente ce mot moi-mĂȘme? MoĂź, dira-t-on, dĂ©signe Tindividu abstrait, TĂȘtre moral. Ce
ĂŒest lĂ qĂŒune pure chicane. 11 ne s'agit ^las uniquement de TĂȘtre moral, il sĂŒgit
aussi de la ressemblance physique. Vous voulez donc que la mĂšre, parlant de sa fille,
trompe sa propre pensĂ©e, qĂŒelle renie son sexe? Vous faites jurer les mots; vous les
mettez en opposition avec ce qĂŒils doivent exprimer, avec ce qĂŒils expriment. Peut-
on méconnaßtre dans Texpression Tinfluence de la pensée? C'est dans rimagination,
dans la conception, et non dans quelques rĂšgles grammaticales, qĂŒil faut chercher la
véritable imagé de la pensée. Employez tantÎt le masculin, tantÎt le féminin, selon
les vues dĂ© vĂŽtre esprit. Une femme dira de son mari ; Cest m autre moi-mĂȘme. Un mari
sâexprirnera de mĂȘme Ă TĂ©gard de sa femme. PĂŽurqĂŒĂŽi? Parce qĂŒe, dans le premier
cas, la femme parlé de son mari, et que, dans le second, c'est ie mari qui porte la pa
role. Le genre masculin est toujours dans la pensée. Mais si lÚs deux personnes sont
du genre fĂ©minin, malgrĂ© vous Texpression lutterait contre Teniploiâ dii masculin.'
Ainsi n'établissons pas de rÚgle générale, absolue. Toute rÚgle qui tend ù faire dire le
contraire de ce qiTon a dans Tesprit, ne peut ĂȘtre admise, c'est une mauvaise rĂšgle.
Nous ĂŒavons pas besoin d'ajouter que nous partageons entiĂšrement Tavis d'un aussi
bon juge.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
t
MASCULIN.
ev BOHIIB PAltLAlTT D'OITB FIHBS, OĂ VUE fMwm» VĂXLAWt D*1W HOMI».
Un autre moi-tnĂȘms. frn outra moi-mĂȘnio.
Un autre toi>mĂȘme. XJn autre TouB-mĂȘmet.
Un autre loHoiAine.. TTn autre ioi>mĂȘmo.
Un autre nouft-mĂ©mĂȘ.. Un autre «ux-mĂ©mes.
Ud antre nona-mémoe. antre ellea-niéinea.
FEMININ.
vn nsn piblutt d'vjte autbs nxin.
Une autre moMnĂ©me. ' Uue autre Tous-mĂȘme.
Une autre toi-mĂȘme. Une autre Tou».mĂȘmei.
Une autre etle-mĂȘme* Une autre soi-mĂȘme.
Une autre noUMnĂȘme. Une autre elle-mĂȘme.
Une autre vous-mĂȘme. Une autre elJes-mĂȘmei.
N" CCCIY. 8^
DES PRONOMS PERSONNELS , QUAND ILS SONT EMPLOYĂS PAR APPOSITION.
EXEMPLES.
Frappez, aucun respect ne doit vous retenir:
Jâai tout fait, et cĂŒst moi que vous devez punir.
(Racine.)
Câest donc toi qui dĂ©truis la libertĂ© romaine ?
ArrĂȘter des Romains siir tes lĂąches soupçons !
(Voltaire.)
PhiloctĂšte recevra dans son sein mon Ăąme prĂȘte
Ă sâenvoler : câest lui qui recueillera mes cendres.
(Fénelon.)
Je forme une entreprise qui nâeut jamais dâexemple,
et qui nâaura point dâimitateur. Je veux montrer Ă
mes semblables un homme dans toute la vérité d^
Ja nature, et cet homme, ce sera moi,
(J.-J. Rousseau.)
Lâai-je bien entendu? Qcoi ! monstre sanguinaire !
Quoi! câest ÂŁot, c'est ta main qui massacre mon pĂšre?
(Voltaire.)
Câest lui qui raâa ravi lâamitiĂ© de mon pĂšre,
Qui le fit mon rival, qui révolta ma mÚre.
(Racine.)
( b76 )
Toutes les lois que les pronoms personnels sont employés par apposition, comme
dans les expressions cest moi, c'est toi, c'est Lui, c'est nous, etc., il nây a point de diffiÂŹ
culté, il faut faire usage de moi, toi, etc., et non de me, te, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Cest moi,
Cëst lui.
Câest nous.
Ce soDl eux.
Câest toi.
Câest elle.
C'est vous-
Ce loot cUei.
NÂź CCCV.
#
EMPLOI DES Vl^omm YBHSONNELS AVEC tiCSt, ce sera, ETC.
Ce m'étU
. Ma tante est si mal que je ne crois pas quâelle reÂŹ
tarde mon voyage. Vous savez con^e je Tai toujours
aimĂ©e; ce mâeĂ»t Ă©tĂ© une grandc^joie de Ja laisser
dans lâespĂ©rance dâune guĂ©rison.
(MÂźo DE SĂVIGNĂ )
Jamais ma franchise ne mâa^ndonnera, quand
elle devrait me nuire. Ce m'est une qualité trop na
turelle , et dont Je ne me mĂ©ĂŒe -point assez avec mes
ennemis ou les gens indignes de confiance.
(Mirabeau.)
Cest pour moi.
Des moutons*, un boeuf, du miel et de la graisse,
ce fut une agréable perspective pour nous, qui
nâavions pas mangĂ© depuis quatorze ou quinze jours
dâautre viande fraĂźche qĂŒe du chameau.
(Albkrt-Montémont.)
Il fallut quâun peu de rĂ©putation me tint lieu de
tout. Si câest un dĂ©dommagement pour ceux qui sont
toujours loin dâeux-mĂȘmes, ce nâen fut jamais, un
pour moi. (J.-J. Rousseau.)
DâaprĂšs ces phrases, on peat dire : CĂ© me futune grand joie, once fut pour moi une grande
joie, ou encore ce futune grande joie pour moi. Ces trois constructions sont également
bonnes, elles sont au choix de celui qui parle ou qui écrit.
Ce m'eit
Ce te fut
Ce lui fut.
Ce nous eût étA
Ce TOUS était
Ce leur sera.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Câest pour moi.
Ce fut pour toi.
Ce serait pour lui.
CâeĂ»t Ă©tĂ© pour noua.
CâĂ©tait pour vous.
Ce sera pour eux.
Ce mâĂ©tait
Ce te sera.
Ce lui soit
Ce Qous est
Ce Vous sera.
Que ce leur soit..
C'était pour moi.
Ce sera pour tou
Ce scit pour lui.
Cëst pour nous.
jCfl serait pour vous.
'Queca soit pour elle.
âą>^^0 NÂź CCCVI*
GENRE ET NOMBRE DU PRONOM y.
Y RELATIF AĂX PERSONNES.'
EXEMPLES. ,
On me dit tant de mai de cet homme, et jâg en vois
si peu. (La BruyĂšre.)
A chaque moment qĂŒon la voit, on y trouve nn
nouvel éclat. (Fénelon.)
La haine entre les grands ^o calme rarement;
La paix souvent nây sert que dâun amusement.
(Corneille .)
analyse.
On me dit tant de mal de cet homme , et j'y en
vois si peu, câest-Ă -dire Jâen vois si-peu en lui.
A chaque moment quâon la voit, on y troĂŒve un
nouvel Ă©clat, câest-Ă -dire on trouve en elle, etc.
La haine entré les grands , etc. ; la paix souvent
n'v sert, etc., câest-Ă -dire nĂš sert entre eux.
( 577 )
Si toutes les femmes étaient inconstantes et légÚres,
ce serait folie que de 5ây attacher.
(Anonyme.) .
Si toutes les FEMMES , ctc,, CC scralt folie que de
sây attacher, câest-Ă -dire de sâattacher a elles.
r RELATIF AUX OBJETS.
Câest lorsque nous sommes Ă©loignĂ©s de notre pays,
que nous sentons surtout rinstinct qui nous y attache.
(Chateaubriand.)
Tous les jours vont Ă la mort, le dernier y arrive.
(Montaigne.)
Voit-on du cĆur humain les replis tortueux ?
Est-il un moyen sûr pour ne pas s'y méprendre.
(Collé.)
Les choses de la terre no valent pas quâon sây atÂŹ
tache. ~ (Nicole.)
Câest lorsque nous sommes Ă©loignĂ©s de notre pays ,
que nous sentons surtout lâinstinct qui lious y atÂŹ
tache , câest-Ă -dire qui nous attache a lui.
Tous les jours vont Ă la mort, le dernier y arrive,
câest-Ă -dire arrive a elle.
Est-il un moyen sĂčr pour ne pas sây mĂ©prendre ,
câest-Ă -dire pour ne pas se mĂ©prendre a eux.
*
Les CHOSES de la terre ne valent pas qĂŒon sâr atÂŹ
tache, câest-Ă -dire quâon sâattache A elles.
y, qui est essentiellement adverbe, joue ici, comme on voit, le rĂŽle de pronom,
puisquâil a la vertu de rappeler, de reprĂ©senter les personnes et les choses dont on a
parlé.
Les exemples rapportés nous montrent qu'il a tout à la. fois les deux genres et les
deux.nombres, et quâiLse traduit toujours par un pronom personnel, complĂ©ment dĂŒne
prĂ©position, qui peut ĂȘtre Ă , en, dans, sur, entre, elc.
Nous venons de dire que celte particule y rappelait, représentait les personnes aussi
bien que les choses; nous ajouterons queTemploi est plus fréquent pour celles-ci que
pour les premiÚres. Nous le démontrerons bientÎt.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE:
I RELATIF AUX PERSONNES.
MiSCVLIir BT rĂUIIft!f â fUreULISB bt tldr/bb.
Cet homme ett malade, n'y loucheB pai.
C'eit une femme folle, nây faites pas attention.
Quand les gens sont méelianti, it ne faut pas s'y frotter.
Quand les femmes sont frmichei, on peut sây fier.
T RELATIF AĂŒX OBJETS.
HBscvLiN BT raviaiir. â twoutm bt plobibi..
L'avare â de l'or et nây touche pas.
Si lâon vous dit une grosse injure, nây faites pas attention.
Quand on vous menace de coups de bĂąton, ne voua yCrotteipia,
DĂšs que vous me faĂźtes des promeisea, je m'y fie.
N" CCCVII.
Y SIGNIFIANT cela.
Ne vous y tromper pas, avec l'appui de Dieu dont
on ne saurait se passer, on trouve de la force et du
courage pour soutenir les plus grands malheurs.
(M*⫠DE Sévigné.)
Peignez donc, jâĂż consens, les hĂ©ros amoureux ,
Mais ne mâcn formez pas des bergers doucereux.
(Boileau.)
, Cependant tous les Grecs qui. mâavaient accom-
])agnĂ© ne pouvant plus y tenir, sâavancĂšrent au coin
de lâalcĂŽve. ' (Albert-MontĂ©mont.)
ĂŻ '
Ă©
Nous allonsâ, quand le beau temps nous y invite,
faire des voyages de long cours, pour connaĂźtre la
grandeur de nos états.
(M'"* DE SĂVIGNĂ.)
* ^ ,
Lorsque la particule xj signifie cela, elle indique alors, comme dans les exemples ci-
dessus, ou ce qui précÚde ou ce qui doit suivre.
48
( 378 )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
paite*40, ly lousorii. AIme»4e, IV conieni.
fTyCaĂźteipai ottentmn. Mai» jây pense,la fereE-TOusĂź
Je 07 tieoi plui, roui mâavetfĂąchĂ©. Repose-toi, je tây invite.
Ne tây trompe pas, tu es fou. Tu en tiens, no t'y trompe pas.
Parlez, [e ne mây oppose pas.
PrenĂši, je vous y autorise.
Je tây invite fort, laisse-moi.
Tu le veux, j'y adhĂšre.
Pr«ne>-y garde, le volli.
Jây cooieut, allex-vous-en.
Je t'y fais penser, ne l'oublie jp«e-
Tu le dis,/e mây rends.
=>«^^9 NŸ CCC VIII.
Y A lâimpĂ©ratif.
SANS NĂGATION.
- Prenez-y garde , ma fille, vos louanges et vos
approbations sont dangereuses.
(Mâą* DE SĂviGNĂ.)
Vous avez peu de bien , ]olgnez-y ma fortune.
(DorĂąt.)
AVEC NĂGATION.
Nây songeons plus , allons, cher Paulin; plusjây pense,
Plus je sens chanceler ma cruelle constance.
(Racine.)
Comte, nây pensez plus, ma gloire vous lâorcionne.
(T. Corneille.)
Comme les pronoms personnels; la particule ij se place aprĂšs le verbe, qupnd celui-
ci esta Timpéraiif, à moins quela phrase ne soit négative. Dans ce cas, y précÚde le
verbe. ,
Si ce dernier se terminait par une voyelle, comme ajoute, donne, apporte, au lieu de
âș - . * ' ' '
ajoute'y, donne y, apporte y, il faudrait dire : ajoute-s-y, donne-s-y, apporle-s-y, en interÂŹ
calant la lettre euphonique s.
9 N°- CCCIX.
Y HORS DE LâIMPĂRATIF.
, JâaĂź connu le malheur, et jây sais compatir.
(Guichard.)
Quand'vous aurez pour vous la voix des sages,
Les fous bientĂŽt y joindront leurs suffrages.
(J .BusseaĂŒ.)
Ne soyez Ă la cour, si vous voulez y plaire,
NI fade adulateur, ni parleur trop sincĂšre.
(La Fontaine.)
Tirer vanitĂ© de quelque chose , câest prouver quâon
n'y est pas encore accoutumé.
(Boiste.)
â Entre les qualitĂ©s du cĆur,
11 nâen est point qui fasse honneur,
Si lâon nây joint la modestie.
(Piron.)
Le nocher, dans son art, sâinstruit pendant lâorage ;
Il nây devient expert quâaprĂšs plus dâun naufrage.
Hors de TimpĂ©ratif, qĂŒil y ait ou non nĂ©gation, la particule y se place toujours deÂŹ
vant lé vÚrbe.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
A LâIMPĂRATIP.
txsa nécATioiT.
Vcillex-y.
M«tte».y du aoio.
Apporte-«^y tes soins.
Apportera^y quelque chose.
Porte'»7 la maßn.
Fourr*-s-y le bras.
ATKC nioATIOir. 115* KĂOATIOK.
Nây faites nulle attention. Jây prends intĂ©rĂȘt.
Nây mettez pas tant dâimportance. Jây mets ma main au feu.
Nây donne pas les mains, H y plonge ll^brBB.
Nây ajoute aucune crĂ©ance. Vous y pensez.
âąNây mets pas la tĂȘte. Vous y joindrez cela.
N'y eofoocei pas le couteau. Jây r«vt tous les jours. â
HORS DE L'IMPĂRATIF.
Avtc KéaiTroiT.
Jo nây ai pas de gain.
Je nây peux rien faire.
Il y enfonce le pied.
Vous uây songez pas.
Voua nây prĂ©tendes pas.
Je nây croirai jamais.
( 379 )
N" CCCX.
PtACE DE y, COMPLĂMENT INDIRECT DĂN VERBE A LâINFINITIF.
A CĂTĂ DE l'infinitif.
PhaĂźante, qui voit le pĂ©ril de plus prĂšs qdĂŒn autre,
\\a peut y remédier, ' (Fénelon.)
Dans, ces malheureux moments oĂč Fon ne peut
ni pratiquer les vertus ni vaincre les vices, on
tombe entre les mains de la justice de Dieu , avec le
désespoir de ne pouvoir y satisfaire.
(Fléchier.)*
En quelque pays que jâaie clĂ© , jây ai vĂ©cu comme
S! jâavais dĂ» y passer ma vie.
(Montesquieu.)
PRĂS DU VERBE QUI PRECEDE lâiNFINITIF.
Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir;
Et quand je le pourrais, je riây puis consentir,
(Boileau.)
En sortant de lâĂ©tat de nature, nous forçons nos
semblables dâen sortir aussi; nul nây peĂ»i demeurer
malgrĂ© les auĂŒ'cs. â (J.-J. Rousseau.)
Le bec de la cieogne y pouvait bien passer.
Mais le museau du sire Ă©tait dâautre mesure. .
(La Fontaine.)
Nous devons conclure de ces exemples que le mot y, complĂ©ment indirect dĂŒn verbe
il rinfinitif peut, bu le piĂ©cĂ©der immĂ©diatement colonne), ou en ĂȘtre sĂ©parĂ© par
un autre verbe sous la dépendance duquel se trouve le premier (2Ÿ colonne). Du reste,
. nous renvoyons, pour éviter toute répétition, à ce que nous avons dit sur la transpo
sition des pronoms personnels, p. 345.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE:
Jti ne puis y cOnieutlK Je n*y puis consentir. Je nu saurais y souscrire
Je ne veux point y rĂ©pliquer. Je nây veux point rĂ©pliquer. Je no veux point y croire.
Il ne faut plus y penser. 1! oây faut plus penser. On doity faire ottentioii.
On'ne saurait y prendre trop de Ou nây saurait prendre trop de prĂš> On Ta y rĂ©pondre.
précautions. caution). Qn croit y songer.
Je tais y rcilĂšcbĂźr. Jây #ail rĂ©flĂ©chir. Je fais y objecter.
Je n*y saurais touserĂźre.
Je n'y veux point crĂŽirĂȘ.
Ou y doitfaire attention.
On y.Ta rĂ©poudre,ââ^
0» y croit soDgor.
Jây Tais objecter.
N*â CCGXI.
DE lâemploi de y ET DES PRONOMS PERSONNELS lui, Ă lui, Ă elle, d eux, Ă elles.
. AVEC Ăż.
AprÚs les ordres doriques Út lés titres de votre
tnatson, il nây a rien Ă souhaiter que lâordre que vous
y aUez mettre. - de Sévigné.)
Je reçois vĂŽtre ^lettre, ma chĂšre enfant, et jây fais
réponseavec précipitation. (Id.)
Chargei-vous de cette affUire ] doĂźiriez-Ăź) vos soins*
(Boniface.)
Le roi demanda alors des conseils pour discuter lés
. c/idryes et y répondre. (Anquetil.) '
AVEC lui, leur,
Vhonirhe, en ses passions toujours eirant sans guide,
A besoin qĂŒon lui mette et le mors et la bride.
(Boileau.)
Que peuvent contre Dieu tous les rois de la terre ?
En vain ils sâuniraient pour lut faire la guĂ«rre.
' (Racine.)
âą Chargez-vous de cet enfant, dohnĂšz-lm vos soins.
(BoNIFACEi)
Le vrai contentement déride tous les traits :
La briUante gaßté, ce fard de la nature.
Rajeunit les vieillards, leur donne un air ptiis frais,
(Favart.)
( 380 )
Les majheurs sont tous Tapanage de rhumanité.
li y en a'pour tous les états de la vie [ personne ne
peut 8 y soustraii-e.
(Le chevalier de Jaucourt.)
Les passions des hommes sont autant dc chemina
ouverts pour aller d eux.
(VaUVBII ARGUES,)
On apprend par ces exemples, qĂŒen gĂ©nĂ©ral, la particule y doit se rapporter Ă des
noms do choses, tandis que/ai, leur, Ă lui, Ă elle, d eux, Ă elles ne peuvent ĂȘtre en reÂŹ
lation quâavec des noms de personnes ou dâĂšires animĂ©s.' Telle est la rĂšgle Ă©tablie par
les grammairiens, mais que Tusage a souvent enfreinte dans une foule de cas, comme
nous Je ferons voir ci-aprĂšs.
EXERCICE PnRASĂĂLOGĂźQVE.
\
Votre lellre, i*y rtpondi. Cette perranne, je luĂź rĂ©pondi. Sur m maĂQ. gr.TeĂŻaâ e» ch3L H ordomii quâon lu*, grevĂąt an*
'Voie! une muiiOD, il faut l'y ar-Je rencontrai une pauvre femme, fre. «
.A.» ^ et ie mâarrĂȘtai Ă ellĂŻ. La loi e.t pour iont CD ne peut y Vous ĂȘle. entre ses nu.ui, »oui M
ei Jw â â i
Pliet celte lettre, et y apposeï uu Couret' à lui et donneiduß ee pe. échapper,
eeehet. quwL
lui échapperez pas.
NÂź CCCXII.
Lui, leur, etc., en rapport avec des noms de choses, et y en relation avec des noms
DE personnes ou dâĂTEES ANIMĂS.
EHFLoi DB lui, leur, etc., avec des noms
de choses.
BrĂ»ler un livre de raisonnement, câcst dire : nous
nâavons pas assez dâesprit pour lui rĂ©pondre.
âą (Voltaire.)
Nous trouvĂąmes votre procession admirable ; je ne
crois pas quâil y en ait une en France qui lui ressemble.
(M*"* de Sévigné.)
Je nâose vous dire Ă quel style il compare le votre,
ni les louanges qĂŒil lui donne, (Id.)
r
SI on veut rendre la critique utile, Il faut avoir
grand soin de-lui donner la louange pour passeport
(ClRCĂ.)
Quand le mérite est vrai, mille fameux exemples
Ont fait voir que le temps ne Tui fait pas de tort.
(MÂź* DbshoĂŒliĂšrksJ
Un uoi.t«eau trop chargé n'est pas loin du naufrage,
Au lieu qĂŒil vogue Ă Taise et nĂ© craint nul assaut.
Quand il nâa justement que le poids quâil lui faut.
(Boursault,)
EMPLOI DE y AVEC DES NOMS DE PERSONNES
OU d'ĂȘtres animĂ©s.
Quoique je parle beaucoup de vouf, ma fille, j y
pense encore davantage jour et nuit.
(Mâą* DE SĂ©vignĂ©.)
On me parle de t)0W5 trĂšs-souvent, et je ne cherche
point longtemps mes rĂ©ponses, car jây pense Ă Tinstant
mĂȘme.
(Jd.)
La pauvre Babonneiie, hĂ©las ! lorsque jây pense,
Elle ne manquait pas une seule audience.
(Racine.)
Plus on approfondßt Yhomme, plus on y découvre
de faiblesse'et de grandeur. (Boniface.)
Câest un hormĂ©te homme / fiez-vous-y.
(Académie.)
^ »
Câest Marie qĂŒalme le petit chien; il ne mange
que du pain ; je ne mây attache point, mais il comÂŹ
mence Ă m'aimer ; je crams de succomber.
(Mâ* DE SĂ©vignĂ©.)
' * *
Les grammairiens, et nommĂ©ment Girault-Duvivier, ĂŒont rien de mieux Ă dire,
pour justifier les phrases oĂč lui, leur, se trouvent en rapport avec des noms de choses,
qĂŒen pareille circonstance les obj'ets sont personnifiĂ©s. Or, nous le demandons, oĂč
est la personnification dans les mots en italique de la premiÚre colonne? Ne se pré-
senieni-ĂŒs pas tous, au contraire, sous leur forme trĂšs-naturelle? Dira-t-on alors que
les phrases sont fauiivcs? Nous ne le pensons pas, car il sâen trouve de semblables, et
en trĂšs-grand nombre, Ă chaque page de nos meilleurs Ă©crivains*, et quelquefois mĂȘme
on ne pourrait les construire autrement.
( U\ )
A quoi ont donc tendu jusqu'à présent les rÚgles des grammairiens? Le plus souvetil
Ă contrarier rĂ©mission libre de la pensĂ©e, Ă presque empĂȘcher de parler el d'Ă©crire.
Quant aux exemples de la seconde colonne, voici ce que dit encore Girault-Duvivier :
« Lorsquâil sâagit de personnes, on ne fait ordinairement usage du pronom relatif xj ^
que lorsqu'on les assimile en quelque sorte aux choses. » Cela n'est ni vrai ni poli,
répondrons-nous, pour madame de Sévigné et madame de Grignan; il faut dire tout
simplement qĂŒil est des cas oĂč lâemploi de y est indispensable, comme dans ies trois
, premiĂšres citations, et d'autres oĂč* il peut entrer, surtout quand il se rapporte Ă des
noms qui expriment toute une espĂšce. Lâusage doit, ĂȘtre ici le seul guide. Toutefois,
dans c'estun honnĂȘte homme, attachez-vom-xj, ou attachez-vous Ă lui, les grammairiens se
lĂšvent en masse pour condamner la premiĂšre, et nous, nous la lenons bonne. Nous ne *
voyons pas pourquoi lâon dirait avec f'AcadĂ©mie : c'est un honnĂȘte homme, fiez-vous^-y ou
fiez-vous Ă lui, et que l'on ne dirait pas attachez-vous-y aussi bien q\i'attachez-vous Ă lui.
Selon nous, il ĂŒy.a pas de diffĂ©rence. Le dernier exemple de madame de SĂ©vignĂ© fait
voir que la raison est de notre cĂŽtĂ©. (Voy. la PrĂ©face, lâopinion de M. PhilarĂšte Chasles).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE^
Jâai fait rĂ©parer mtmBiton, je tuiti donnĂ© un itr Peoses-TOQS Ă moi? Oui, penie. A Toir celle femme, ony Uoure un air de
. .... . Cet homme est mon ami, je m> ntlBche tous grandeur.
J ai porte le fusti a i armurier, il (ui a mis une lea jours. Quand ou approfondit le monde, on y deeouTra
baĂŻonnette, ^ .... En regardant cet homme, on y Toit un aĂźrâde toute# lorlei dĂ©goisme.
Lo Taisteau fini, on lui mit dea mftU et des férocité. Obserrea le chat, tous y trourexl eir de lo trn-
hiion.
JVÂź CCCXIII.
EMPLOI DK y OU DE lui,elle, ETC., AVEC DES PRĂPOSITIONS.
. . AVEC y.
e
. L'honneur est comme une ßle escarpée et sans bords ;
On nây peut plus rentrer, dĂšs qĂŒon en est dehors.
(Boileau.)
La santé dans le monde étant le plus grand bien ,
Un homme de bon sens ĂŒy doit mĂ©nager rien.
(Regnard.)
avec lui , ETC.
Un cĆur noble est content de ce qĂŒil trouve en lui,
Et ne sâapplaudit point des qualitĂ©s dâautrui.
(Boileau.)
. Heureux qui du ciel occupé,
Et dâun faux Ă©clat dĂ©trompĂ©,
Met de bonne heure en lui toute son espérance 5
(J.-B. Rousseau).
Ă
Les exemples de la deuxiĂšme colonne nous apprennent qu'il est des cas oĂč, au lieu
dey, il faut absolument employer les noms personnels/wi, e//e, eiLU, ri/e5, que lâOĂŒ fait
prĂ©cĂ©der dâune prĂ©position,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE, ^ ,
remporte mon ViTr*>. ne puit m« promener «ans lui Je le ei* «urua ebeeal de bois, tß entra «.ce loi.
( 582
Âź NÂź cccxrv.
ANALYSE nu GALLiciSMis il y va de ma vie, de mon honneur, etc.
EXEMPLES, '
Si je le hais, Cléone i tl y va de ma gloire.
(Racine.)
Il y va de ma gloire ; il faut que je me vxnge.
(Corneille.)
Jl y allait de la vie non-seulement Ă fuir, Ă quitter
ses ai'mes, mais encore Ă se reniuer, pour ainsi dire,
sans le commandement du général. *
(Bossuet.)
ANALYSE.
U (cela, lâintĂ©rĂȘt) de ma gloire va (tend) y (Ă cela,
câest-Ă -dire Ă ce que je le haĂŻsse.)
' Il (cela, le salut) de ma gloire ua (tend) y (Ă cela '
qui est ; que je me venge.)
Il (cela, le salut) de la yie allait (tendait) y (Ă
cela qui était i à fuir, à quitter ses à rmes.)
Ce nâest que par lĂ voie de Tanalyse que Toii peut expliquer les gallicismes occasio-
nés par le pronom y, et les rameper, comme nous venons de le faire, à un sens clair.
Il ne sâagit pour cela que de rĂ©tablir les mots ellipsĂ©s, et de donner Ă ceux qui sont exÂŹ
primés leur véritable valeur (4). V
u y T» de ma fortune,
n y va de mon existence.
Il y Ta de mon lalut.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
n y Ta ds Tempire.
n y Ta de mon honneur.
Il y Ta de ea perte.
U y Ta de la monarchie.
Il y Ta de sa fie.
Ily Ta de ma téte.
Il y TO de l intérùt publie.
11 y Ta de sa renommée.
Il y TD de sa couronne.
NÂź CCCXV. 9^
GENRE ET NOMBRE BU PRONOM en.
En RELATIF A BBS FEBSONNES.
EXEMPLES.
Lorsquâon a sujet de se plaindre dâun ami, il faut
sâhn dĂ©tacher peu Ă peu, et dĂ©nouer plutĂŽt que
rompre les liens de lâamitiĂ©,
(Pensée de Caton.),
Cette femme quâon remarque par sa lĂ©gĂšretĂ©, fait la
passion des gens, et son mari en est jaloux.
(Marivaux.)
analyse.
Il faut sâen dĂ©tacher ; câest-Ă -dire 11
faut se détacher de lui, de cet*ami.'
Kt son mari çn est jaloux, câest-
Ă -dire est jaloux d!elle , de cette femme.
(1) Une personne prétendait que, dans les locutions : U y va de ma gloire, il y va de ma vie, et autres
semblables, le mot y ne rappelait pas la proposition antécédente, et signifiait dans cette affaire, dam cette cir
constance, dans cette occasion. ĂJe analysait consĂ©quemment le vers de Racine : Si je le hais, ClĂ©one! il y
va de ma gloire, de cette maniĂšre : Si je le hais, Ctebne,' il y va de gloire, y, câest-Ă -dire, dans cette
CIRCONSTANCE; je U hĂŒis, paTcB qito DANS CETTE OCCASION ma gloite est comprorhise, Ă lais le cĂ©lĂšbre auteur
de Sylla, M. de Jouy, Ă qm nous crĂ»mes devoir soumettre cette^question, fut dâun avis contraire. Nous pensons
faire plaisir Ă nos lecteurs en reproduisant ici le peu de lignĂ©s quâil rĂ©pondit Ă notre adversaire; elles leur
prouveront le vif intĂ©rĂȘt que cet acadĂ©micien daigne prendre Ă notre publication :
« Il est certain, monsieur, que, dans le vers de Racine, il y va de ma gloire, veut dire il va dc ma gloire Ă
B le haĂŻr. Lâopinion que vous avez soutenue pourrait grammaticalement se dĂ©fendre, mais le sens quâattache
» Racine Ă son hĂ©mistiche y serait moins clair et moins poĂ©tique. Voici le cas oĂč le sens que vous donnez Ă ces
» nwts ne serait susceptible dâaucune autre interprĂ©tation : Quoi ! vous rentrez dans ce lieu ott tant d'ennemis
D vous attendent. â 7Ă y va de ma gloire.
( Ă85 )
LÚ» princes sont surtout ceux quĂŒn peut le moins
se flatter de bien connffitre.. La renomniéo EN parle
rarement sans passion. (Raynal.)
- Si nous repoussons les femmes avec ingratitude ,
aprĂšs HN avoir reçu tant de soins. elles sâĂ©loignent
sans se permettre un murmure. (Ségur.)
La renommée en parle ; c'est-à -dire*
parle dâeux, des princes ^ etc.
AprÚs en avoir reçu ; c*est-à -dir
bprĂšs avoir reçu dâeUes, des femmes, etc.
JSn RELATIF A DES CHOSES.
EXEMPLES.
En moissonnant trop tĂŽt les roses du bel Ăąge.
On n'EN recueille point les fruits.
(Bernis.)
La fortune a son prix : lâimprudent en abuse,
Lâhypocrite EN mĂ©dit, et lâhonnĂȘte homme en use.
(Delille.)
Le fou vers les plaisirs sâĂ©lance avec ardeur ; ,
Le sage en prend le miel, mais sans blesser la fleur.
(Delille.)
Les limites des sciences sont comme lâhorizon ;
plus-on EN approche, plus elles reculent.
(Mâ« Necker.)
ANALYSE.
On nâen recueille point les fruits ;
câest-Ă -dire on ne recueille point les fruits de lui, du
bel Ăąge. .
;.. Lâimprudent en abuse ; câest-Ă -dire
abuse dâelle , de la fortune , etc.
' J
;. Le sage en prend le miel ; câest-Ă -dire
prend le miel dâeux, des plaisirs, elc.
Plus on en approche; câest-Ă -dire
plus on approche dâelles, des limites des sciences,
ctc.
8
Le pronom ewy qui signifie proprement ce/a, peut, comme on le voit, remplacer des
noms de personnes ou de choses déjà exprimés, que ces noms soient masculins ou fé
minins, du singulier ou du pluriel.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
l>u tabac... jâen prend».
De» pastille»... jâen mange.
De» Ponbons.., jâetĂź donne.
De la joie... jâcii ai.
Del aouciB... qui n en a pas?
De» feniDie»,,. on en médßt.
De la fortune... on en désire.
Des richotset... tout le monde eu veut.
Des cbagrinĂą... perMnne n'en est exempt.
De lâargent... je rn'ep procurerat.'
Des amis-., les ricbe» seuls en ont.
Du bon cens... on en manque qaelquefoĂźs.
N- CCCXVI.
En RAPPELANT DES PROPOSITIONS ENTIERES, OU DES PARTIES DE PROPOSITIONS.
f
f EXEMPLES.
Le temps , semblable au vol de l'oiseau, passe et
s'écoule stms que nous nous en apercevions,
(Trad. dâOvide.)
Tout donner au plaisir nâest pas de la sagesse ;
Tel qui pense autrement, raĂ©nie avant sa vieiĂesse,
§.âçu. repentira lot ou tard.â
(Arnault.)
-.. Jâaime miçux, nâeu dĂ©plaise Ă la gloire,
Vivçe monde deux jours", que mille ans dans lâhis-
^ âą (MoliĂšre.) [toire.
... L'on ne saurait voir, sans en ĂȘtre piquĂ©,
PossĂ©dĂ© par un autre un cĆur qĂŒon a manquĂ©.
' â {Id,) .
ANALYSE.
Sans que nous nous en apercevions,
câest-Ă -dire sans que nous nous apercevions de cela,
de ce que nous venons de dire ; savoir : que le temps
passe et sâĂ©coule.
Sâen repentira ; câest-Ă -dire se re-*
pentira de cela, de ce que nous yehons de dire; savoir;
de penser-: auhement.
»
Nâeu dĂ©plaise Ă la gloire ; câest-Ă -ffire
ne déplaise à la gloire de cela, de ce que je vais dire ;
savoir : dâaimer mieux vivre, etc.
Sans eu ĂȘtre piquĂ©; c'est-Ă -dire sans
ĂȘtre pique de cela, de cc que je vais dire ; savoir :
de ce quâun cĆur quâon a iiumquĂ© soit possĂ©dĂ© par
un autre.
Doué de la faculté de rappeler des noms de personnes el des noms de choses, le pro-
. ( 384 )
nom en a encore la propriĂ©tĂ© de rappeler mĂȘme des propositions entiĂšres. Dans les
deux premiers exemples, il reporte lâesprit sur ce quâon a dit; et, dans les deux clci-
tiiers, Il le fixe sur ce qui va ĂȘtre Ă©noncĂ©.
TOUS en déplaise.
Ne vous «n rà cbez pai.
Féeh».rou»ran.
Vûusfoui an rapantire':
EXERCICE PriRĂSĂOlOGIQVE.
Sans en ĂȘtre fĂąchĂ©.
Sans sâcn ĂŒouier.
lit en auront la preuve,
Vousau aurez ta certitude.
On TOU) en donnera des preuves.
Je tâeti donne ma parole.
Je tâcn certifie.
H mâen Cait foi.
Oo VOUS en accusera.
Tu mën fais serment.
Ils eu ont l'aiiuraiicek
le nën doute pas.
NÂź CCCXVII.
CONSTRUCTION DB en A LâiMPĂRATlF.
SANS NEGATION*
Mais ne mâenlevez pas ces fruits de nos amours.
â Eh I bien, jouissez-en, possĂ©dez-les toujours.
(Longepierre.)
AVEC NEGATION.
Nâen disputons plus. Chacun a sa pensee.
(MoliĂšre.)
Nây a-l-il pĂŽint de nĂ©gation? le pronom en se place aprĂšs le verbe, et, si celui-ci est
terminĂ© par un e muet, on intercale un s entre le verbe et le pronom, qĂŒon rĂ©unit par
un tiret : donne^s-en, mange-&~en. Lorsque la phrase est négative le pronom en se met
toujours devant le verbe.
EXERCICE pnRĂSĂOLCGlQVE.
Parleeran.
Donnezran.
Han|;e.9ran.
Frenoni-en.
Vcraez-en.
BrĂlewn.
Nâeu parlez pas.
Nâen donne pat.
Nën mange pas.
Nën prenoua pas.
Nâen vertez pas.
Nën brûlez pat.
prĂȘtez-en.
Jugezran bien.
UiteMn du bien*
LItez-cn.
Laitte-e-en.
Donne>|.«Q.
N*en prĂȘtez pas.
Nën )ugcz pat ma).
Nâen ditei point de mal.
Nâen lisci pas.
Nën laisie pat.
Nëo donne pas.
NÂź CCCXVĂII
HORS DE lâimpĂ©ratif.
Qui peut de son secret me cacher la moitié,
. En dit trop el trop peu, mâolĂŻ'cnse et me soupçonne.
, (Voltaire.)
... LâIntĂ©rĂȘt commun veut qĂŒon se rĂ©unisse
Pour flétrir un méchant, pour en faire justice.
(Id.)
Quelle amie oserait mâouvrir une retraite ?
Je nâcn ai pas besoin... Partout on peut souffrir.
(Andrieux.)
Lâhomme consomme, engloutit lui seul plus de
chair que'tous les animaux ensemble nâa» dĂ©vorent*
(BuFfON.)
Le pronom en précÚde toujours le verbe, hors de Timpéraiif, que la phrase soit ou
uon négative.
585 )
Jâen pense Lien.
Pour eo médire.
Il en veut.
Jâen dĂ©lire.
EXERCWE PBRASĂOLOGIQXm,
Jenâcn pense pas bien.
Ponr n>Q pas dire de mal.
Il nâen veut pas.
JeVen délire pas.
Nous en demandons.
Vous en aures.
On vous en promet
Vous eu aures l'étrennek
Nous n'en demandons pu
Vous oVq aurei pas,
Oo ne TOUS en protcet pas
Vous n'«D lurei pulâĂ©trenne.
«r»-
N CGGXIX
,1âLACE DE en AVEC BEUX VERBES, DONT LE DERNIER EST A LâiNFINlTlF.
PLACĂ A CĂTĂ DK lTnFINITIF.
Quand un soldat français, au pĂ©ril va sâoffrir,
Daigne-t-il sâinformer sâil peut en revenir ?
(dk Bellov.)
Le temps ne paraĂźt long quâĂ ceux qui ne savent
quâEN faire* (Sanial DubaĂŻ.)
[place a CĂTĂ DU VERBE QUI PRECEDE lâINFINITIF.
Demain 1 le temps est court et le terme est procliain ;
Il KN faut profiter,
(Longkpierrk.)
La mort est un remĂšde Ă trouver quand on veut,
Et lâonssâen doit servir le plus tard que lâon peut.
(MoliĂšre.)
Lorsque le pronom relatif en se trouve en rapport avec les verbes pouvoir, vouloir.,
devoir, falloir, etc., Ă un mode personnel, et un autre verbe Ă lâinfinitif, lĂŒsage ordiÂŹ
naire, surtout en prose, est de le placer entre ces deux verbes.
Cependant ce pronom peut aussi se transporter devant le premier verbe; mais cette
transposition nous semble plus particuliÚrement réservée au style poétique ou ora
toire.
Dâailleurs, en ceci, comme en toute autre chose, lĂŒreille, le go.Ă»t, Tharmonie el
quelquefois aussi Ténergie, peuvent seuls déterminer la place que doit, Ún certaines
circonstances, occuper le pronom en.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
Je dois en parler.
II faut en profiter.
'Vous pouvez en jouir.
Elle veut en ĂȘtre instruite.
Jâen dois parler.
Il CD faul profiter.
Vous en pouvez jonir.
Elle en veut Atro iiutnrite.
Vous croyez en venir Ă bout.
Il pensait en redevenir maĂźtre.
Nous devons en ĂȘtre satisfaits.
Us peuvent en user.
Vous en croyez venir Ăš bout,
lien pensait devenir matlre.
Nous en devons ĂȘtre satisfaits.
Ils en peuvent user.
N CCCXX»
V0NCT10N8 DB en.
COMPLĂMENT DIRECT.
l
Ceux qui'donnent des conseils doivent aussi en reÂŹ
cevoir volontiers. (Pensée de Caton.)
Pour avoir de vrais amis, il faut ĂȘtre capable d'en
faire et digne dâen avoir. (La Roche.)
Nây a-t-il pas assez de terre dans Tunivers pour en
donner Ă tous les hommes plus quâils nâen peuvent
criĂŒyer? ' (FĂ©nelon.)
COMPLĂMENT INDIRECT. ,
Le premier élan du peuple est précieux j il faut
savoir en profiter. (Napoléon.)
La servitude abaisse les hommes jusqĂŒĂ sâen faire*
aimer. > (Vauvenargues.)
Je vois une troupe de femmes laissĂ©es presque Ă
elles-mĂȘmes ; je nâai que des Ăąmes lĂąches qui mâen
répondent. * (Montesquieu.)
49
( 586 )
Lo glaive a tué bien des hommes,
La langue en a tué bien plus.
âą(Franç.de NeĂŒfchateau.)
Quel fardeau qnâune grande fortune, quand on fait
son unique affaire dâm jouir! (Boiste.)
Le but de ces citations est de nous montrer que le pronom en remplit deux fonctions
différentes : celle de complément direct, comme dans les exemples de la premiÚre co
lonne, et celle de compférhénE mtfirect, comme dans ceux dé la seconde.
Mais, ainsi que le fait observer trÚs-judiciéusement Bescher (1), il ne faut pas
croire avec plusieurs grammairiens, que, dans le premier cas, le pronom en représente
Ă lui seul le complĂ©ment direct; il ĂŒen est qĂŒune partie. En effet,' ce mot se dĂ©comÂŹ
posant toujours par de ce, de cet, de cette, de ces^, avec renonciation du nom déjà exprimé
ou sous-eniendu, il ne saurait venir immédiatement aprÚs un verbe dans Tanalyse lo
gique; ii y a nécessairemenc entré lui et ce verbe un nom que Tellipse permet de sous-
entendre, mais que Ton doitrĂ©iabliF dans la construction pleine. Ainsi, lorsqĂŒcn parÂŹ
lant de fruits, je dis : fen mange, en, qui se traduit par de ces objets en question, est le
fragment decette expression: pkmeurs; quelques-uns de ces objets dénommés et c'est ceß\c
expression entiÚre qui est le complément direct diï verbe mange : je mange quelques-uns
de ces objet dont fai parlé.
En COMPARà AVEC ùç lui, d'elle.
AVEC en.
La vie est un dépÎt confié par le ciel ;
Oser EN disposer, câest ĂȘtre criminel.
(Gresset.)
1 *
Le zĂšle est une vertu quâon nâestime plus : on sâen
moque cornme dâun usage qui convenait Ă la grosÂŹ
siÚreté de nos pÚres. . (Flkciiier.)
Jâaime trop la vatewr pour en ĂȘtre jaloux.
(La Harpe.)
.On revient dâune eneur Ă force ĂŒen rougir.â '
(De Belloy.)'
Celui qui est dans la prospĂ©ritĂ© doit craindre ĂŒen
abuser. (Fénelon.)
AVEC de lui, dâelle, etc.
Numa avait de longues conversations avec ĂŻa
nymphe Egérße ; on ne voit pas qué César en- eût
avec VĂ©nus, quoiquâil descendĂźt dâEixE cn droite
ligne.. (Voltaire.)
Hercule , qui avait vaincu tant de pionstres, ne
pouvait vaincre cette passion (lâamour), et le cruel
enfant Cupidoa-: se. jouaitr n k lu i.
(Fénelon.)
Timocratc ne perdait pas un moment pour me
faire remarquer cette intelligence , et pour mâobliger
Ă perdre PkĂŒoclĂšs pendant que je pouvais encore
m'assurer de lui.
(Id.)
Nous pouvons dire quâen gĂ©nĂ©ral on se sert du pronom en, lorsquâil est question dâĂȘtres
inanimĂ©s, de choses; et que, sâil sâagit, Ăąii Contraire, de personnes, on doit employer
de lui, d'elle, d'eux, d'elles, etc. pour en rappeler Tidée. Dans la plupart des gram
maires, celte rÚgle est posée absolument, mais nous verrons*, daris"fe* numéro suivant,
que Tusage, ici comme ailleurs, ne reconnaĂźt point de rĂ©gie absolĂŒe.
s.
©
(1) Tout le monde connaĂźt lâexcellent TraitĂ© dĂšs< participe^' quâa publiĂ© ce grammairien,, aussi savant que
modeste,-Cet ouvrage se recommande à tous, ceux qui aiment à - voir lesi rÚgles- appuyées de, Tautorité des écri
vains, qui seuls sont nos maĂźtres. '
ÂŁ> VinLiRT DB CBOSCI.
Je m'en «ri.
On en parle.
Pourquoi en rire ?
Ils en ont peur.
SLe âą'en Ă©loigoa.
i: 88T y
ĂXERaCE PBRĂSĂOLOGIQVE.
DB -PKBSORRU'
Je me sers de lui.
On parle dâelle.
Pourquoi rire dVui?
lu ont peur d'elles.
Elle s'éloigna de lui.
DB CBOIBS.
On s'en debarrasse.
Pourquoi sâen moquer ?
Mon pĂšre s'en pa«r^â
Le roi sâen dĂ©liL
Tu tâen empareras.
NÂź CCCXXIL
DB PtBSOBRlS.
'On se débarrasse d'elle.
Pourquoi se moquer deux?
Mon pĂšre se passa d'elle*.
Le roi se dĂ©fit dâeux.
Xu tâemxiarerw de >hil
KMFLoi DÂŁ en OU de lui, dâelle, ÂŁtc., AVÂŁC des noms de personnes.
AVEC en.
Ăn vieillard amoureux mĂ©rite quâon en rie.
(Corneille.)
AuprĂšs Ă ! Anselme encor nous vous excuserons,
Pour en pouvoir tirer ce que nous désirons.
(MoliĂšre.)
Amiens ,,Beauvais . Langres et Autun , dépeuplés
par les vexations des exacteurs, en reçurent des
colonies. (Anquetil.)
AVEC de luĂŻ, Ătc.
.1. Put rit dâautrui,
Doit craindre quâen revanclie on rie aussi de lui.
(MoliĂšre.)
Ce quâon donne aux mĂ©chants toujours on le regrette.
Pour tirer dâeux ce quâon leur prĂȘte,
11 faut quâon en vienne aux coups.
(La Fontaine.)
-Eh! qui pourrait compter les bienfaits dâune mĂšre /
A peine nous ouvrons les yeux Ă la lumiĂšre,
Que nous recevons dâelle, en respirant le jour,
Les premiĂšres leçons de tendresse et dâamour,
(DĂŒcis.)
Dans toutes ces phrases, il nâest question que de personnes, et cependant les Ă©criÂŹ
vains, malgré la rÚgle des grammairiens, ont employé, à leur gré, en ou deM, d'elle,
ietc. Rien ne nous empĂȘche de les imiter.
Jâen reçus.
âąJâen approcherai.
Jl 'en éuit'cbéri.
tl lâen fit un alliĂ©.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Je reçus de lui.
Jâapprocbai d'elle.
Il Ă©tait chĂ©ri dâeux.
II se fit de lut ud allié.
Elle nâen fut pas entendue.
Il t'eii servit.
Vous en ĂȘtes jaloux.
Ils eu sort tiers.
Elle ne fui pas enleudueilĂȘ lai.
Il te servit rt'cllei.
Vous ĂȘtes jaloux dâeux.
Us sont Gers dâelle.
cccxxrii*
.^ SS ĂźRAPPORTANT A DES NOMS DE PERSONNES , ET de lui, dâelle, ETC. A .DES NOMS ,DB
CUOSES.
EN.
Dâun vaillant homme mort la gloire se publie ,
«Maisjßé» fais moins de cas que dâun poltron en vie.
(T. Corneille^)
Ai ' * j .
<TĂźhâsĂ©nl jour^!tâpĂ©rirâThĂ©mar et sa-mĂ©moire:;
veuve ,;Ă des dĆĂčĂ-sourds ayant ses-vĆux offerts,
Nâen fut,pas entendue et tomba dans nos fers.
(GhĂątkaĂŒbriand.)
Les TrĂŽgĂźodites aimaient leurs femmes et en
étaient tendrement chéris.
{Montesquieu.)
DE LUI, etc.
DĂšs que le faible oiseau peut essayer ses ailes,
âąLoin du sein de sa ihĂšre il vole .sans «appui ;
Il est seul dans le monde, et Dieu prend soin de lui,
âą(GhknĂšĂȘr.) â
De cesicĆĂ»rs dĂ©fiants dâespĂšce atrabilaire
-Res.semble, je le vois,, aux chevaux ombrageux;
Il faut les aguerrir pour venir Ă bout dâEux.
«(Piron.)-'
On ne saurait dire si Esope eut sujet de remercierila
nature ou .de-se^plaindre dâ^LE.
(La Tontaink.)
( 388 ) '
Ici, il sâagĂźt de personnes et de choses, et, pour en rappeler lâidĂ©e, les Ă©crivains oiit
fah usage, pour les unes, de en, et de rie lui, d'elle, ffeux, etc,, pour les autres. Nouveau
démenti à la rÚgle des grammairiens. .. .
Néanmoins, on ne doit pas c&clure de toutce que nous avons dit, qiTon peut indis
tinctement se servir du pronom en, et des expressions rie lui, d'elle, d'eux, d'elles, pour
les personnes et pour les choses. Plusieurs consécrations ont élé^établies par Tusage,
et lâusage seul peut lesfaire connaĂźtre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
EiT PABLlirr DI PBIROHRKS.
Jën. fais beaucoup de cas.
On en dĂźt beaucoup de mal*
On CD eat toujours mal reçu.^
Towacn seres toujours estimé.
ÂŁn PlILAXT DI CHOSES.
Je ne mc plaindrai pas d'elle.
Ayez surtout bien soin de lui.
Vous croyez venir a bout d euz
Pourrex-Toug vous rendre maltrf dëll* ?
NÂź âCCCXXIV.
EMPLOI DE en ET DE son, sa, ses, etc.
. AVEG en.
Hélas ! on éteignit en moiTeffet des passions sans
en éteindre la cause. (Montesquieu.)
Maitres de lâuniyers, les Romains sâen attribuĂšrent
tous les trésors. (/ri.)
AV..
C'est parce que lâor est rare que Ton a inventĂ© la
dorure , qui , sans en avoir la solidité , en a tout le
brillant. Ainsi, pour remplacer la bonté qui nous
manque , nous avons imaginé la politesse, qui en a
toutes /es-apparencfcs. (De Lkvis.)
La GrĂšce aimait la guerre , elle en connaissait Tart.
(Montesquieu.)
Ces vĂ©ritĂ©s ne doivent pas ĂȘtre prĂ©sentĂ©es avec des
couleurs qui en altÚrent la majesté.
(Barthélémy.)
Quand on est dans le pays des fictions , il est difÂŹ
ficile de nâen pas emprunter le langage.
(Jd.)
Quand on est dans un pays, il faut en suivre Zâusage.
(Montesquieu.)
, Au moment oĂč le gĂ©nie sâĂ©veille chez une nation ^
les premiers'qui en ressentent ^inspiration puissante ,
sâemparent nĂ©cessairement de ce que lâart a de plus
heureux, de ce que la nature a de plus beau.
(La Harpe.)
AVEC son^ sa, ses.
Il ne se sert Ă table que de ses mains, !I manie
les viandes , les remanie, dérnembre , déchire , et
en use de maniĂšre quâil faut que les conviĂ©s , sâils
veulent manger, mangent ses restes.
(La Bruykrk.)
Socrate , qui â prĂ©vit de bonne heure quâAlcibiade
serait le plus dangereux des citoyens dâAthĂšnes ,* sâil
nâen devenait le plus utile , rechercha son amitiĂ©,
lâobtint Ă force de soins, et ne la perdit jamais.
(Barthélémy.)
Les Arabes étaient autrefois un peuple doux ,
amoureux de la liberté. Mahomet changea leurs
idĂ©es ; mais il neieur reste plus rien de lâimpulsion
quâil leur avait donnĂ©e. (Raynal.)
' Cicéron périt,,. Trois siÚcles aprÚs , un empereur
plaça son image dans un temple domestique , et
lâhoHora Ă cĂŽtĂ© des Dieux. (Thomas.)
On vit alors PériclÚs se retirer de la société... Les
maßtres célÚbres qui avaient élevé son enfance, con
tinuant à Téclairer de leurs conseils, remontaient avec
lui aux principes de la morale et de la politique.
(Barthélémy.)
Au lieu de dire : Le soin cju'on apporte au travail empĂȘche de sentir sk fatigue, on dĂźt : le
soin qu'on apporte au travail empĂȘche d'B^ sentir la fatigue, en substituant Ă sa le pronom
en, parce que le mol fatigue est en rapport dĂš possession avec.un nom de chose : travail,
la fatigue du travail; et câest aussi par raison de clartĂ©, .car Tadjectif possessif ferait
naĂźtre ici une Ă©quivoque : on ne saurait pas sâil est question de sa propre fatigue, ou de
la fatigue du travail. Tels sont les motifs qui ont déterminé Temploi de en dans tous les
exemples de la premiĂšre colonne.
Si, au contraire, le mot complĂ©ment du verbe est en rapport dâappartenance avec .un
( S89 )
nom de personne, on se sert alors des adjectifs possessifs son, sa, ses, etc. : et homme
est fort aimable, chacun recherche sa société . (2« colonne.)
Nous verrons si ces rĂšgles ne souffrent point dâexception.
Avsc en.
J>D eounaii Ici usages-
J*en ai tu Jes monuments.
J'eD admire la beauté.
J'en parcourus les promeuadeg.
J'flO coonaßj Jci défauts.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
AVEC son, sa, ses.
Ja eonuals son pĂšre.
Je sais ses finesses.
Nous suivrons ses avis.
Jâemprunterai son langage.
Je connais ses dé/auts.
AVEC en. ^
Tu en Terras les beaux sites.
Ă1 en contemplera le pittoresque.
Nous en clierclierotis la cause.
Vous en voyez Tetret.
Vous eu verrex le résultat
AVEC son, sa,- ses, *
L'étude fait sel délices.
Nous devons suivre ses command»>
ment».
Bien ne peut changer ses idéfg
J'aß étudié son caractÚre.
Nâ CCCXXV.
En POUR LES PERSONNES, ET SOn, Sa, ses, ETC. POUR LES CHOSES.
AVEC en.
De mes sujets sĂ©duits quâil comble la misĂšre;
11 en est iâennemi, jâen dois ĂȘtre le pĂšre,
(Voltaire.)
Il connaĂźt NicomĂšde, il connaĂźt sa marĂątre ;
11 en sait, il en voit la haine opiniĂątre.
(Corneille.)
Le chef des deux Ă©poux en doit ĂȘtre lâexemple.
(La Chaussée.)
AVEC #on, sa, ses, etc.
La ucrft* dâelle-mĂȘme est partout respectable ;
Vous doublez son empire en la rendant aimable.
. (Ghénier.)
Lâart et les soins, ajoutent Ă nos jours;
- Mais rien ne peut éterniser leur cours.
(Lombard de Langres.)
Le récit de nos maux adoucit leur rigueur.
(Guymon de la Touche.)
II suffĂźt de lire ces citations pour se convaincre quâil est des cas oĂč lâon peut faire
usage de en, lorsquâil sâagit de rappeler lâidĂ©e de personnes, eh de son, sa, ses, leur, etc,,
lorsquâon parle de choses. Cet emploi nâa rien de vicieux, quoi qĂŒen disent plusieurs
grammairiens, et nos meilleurs écrivains se sont servis trÚs-fréquemment de ce tour,
pour rendre Texpression plus énergique. Aux exemples que nous avons déjà cités, nous
ajouterons les suivants :
Que fait la renommée au coeur qui la dément ?
En paix avec soi-mĂȘme, on la brave aisĂ©ment ;
Mais on souffre en tremblant sa faveur infidĂšle,
Lorsquâun tĂ©moin secret vient dĂ©poser contre elie,
(De Belloy.)
Quand on nâose parler,
Quand Vamour avec art prend soin de se voiler,
5es feux sont Ă©touffĂ©s par lâextrĂȘme prudence,
Et lâon est quelquefois victime du silence.
(Fagan.)
On ne guĂ©rit jamais dĂŒn violent soupçon ;
Lâerreur qui le fit naĂźtre en nourrit le poison.
(Crébillon.)
Malheur au talent jeune encor,
Lorsquâil ne prend conseil que de sa jeune audace !
Mais quâune habile main dirige son essor,
It est plus sĂ»r^dâatteindre au sommet du Parnasse.
(Lk Bailly.)
Le commerce est comme certaines sources ; si vous
voulez détourner leur cours, vous les faites tarir,
(Fénelon.)
Combien ceux qui ont cru anéantir lé christia
nisme , en allumant des bûchers, ont méconnu son
esprit ! (Chateaubriand.)
0 vous quâavait trompĂ©s une fausse apparence,
DÚs que vous découvrez un esprit vicieux,
Rompez-en vite avec prudence
Le commerce contagieux.
' (Lenoble.)
Quelque aveugle que soit Vamour-propre, on conÂŹ
naĂźt bientĂŽt ses dĂ©fauts quand lâintĂ©rĂȘt sâen mĂȘle.
(Duclos.) âą
La nécessité parle, il faut suivre sa voix.
(Delatouche.)
On hérite du crime en recueillant ses fruits.
(De Bellov.)
imt
âą^8» CCCXXYI*
EMPLOI DE en ou DE son, sa, ses, etc., avec le sujet dâune proposition.
AVEC en.
- I
Si la mollesse est douce, la suite en est cruelle.
(Marmontel.)
Les sciences ont des racines amĂšres, mais les fruits
en sont doux. (BoĂŻsth;.^
La gaßté est la santé de Tùme ; la tristesse en est le
poison. (Stanislas.)
Lâesprit est la fleur de lâimagination ; le jugement
en-est le fruit. (Livry.)
La sincĂ©ritĂ© est, le visage de lâĂąme, comme la disÂŹ
simulation en est le masque.
(Sanial Dubay.)
Mentor remarqua un de leurs vaisseaux qui était
presque seiribl^lâe au nĂŽtre, Ăšt que ja tempĂȘte avait
Ă©cartĂ©., LĂ pĂŽqpĂš en Ă©tait courĂŽrmĂ©e deâcertaines
fleurs. (Fénelon.)
AVEC son, sa, ses, etc.
Mais la mollesse est ĂŒĂŒVtĂ? Ăš.t «a suite est cruelle.
Je vois autour de moi cent rois vaincus par elle,
(Voltaire.)
La patience est amĂšre, mais son fruit est doux,
(J.-J. Rousseau.)
LâaloĂšs cubullin est le plus impur des aloĂšs de comÂŹ
merce : son odeur est forte et désagréable ; sa poudre
est verdùtre. - - . (Dict. de médecine.)
Lâamidon pur est rarement employĂ© comme aliment.
Ses usages dans les arts sont trĂšs-nombreux.
, {Id.)
Ces arbres sont bieii exposés , mais leurs fruits ne
mĂ»rissent pas. â ' / ' (Boniface.)
Dans la premiĂšre colonne, le mot suite, sujet d*une proposition, est en rapport de
possession avec un nom de chose : la mollesse. En pareil cas les substantifs ne sont point
ordinaĂźremĂ©htprĂ©cĂ©dĂ©e de Tadjectif possessif, qĂŒon remplace par le, la. Les, suivis du
prppom '
Nous disons ordinairement, car les ciĂźatjons de la deuxiĂšme colqnnp nous font ypir
qĂŒil y q des cirponsfances oĂč, pour rnieux prĂ©ciser TidĂ©e de possession, et donner plus
de vivacitĂ© Ă la pensĂ©e, plus de grĂące Ă lâexpression, pn peut subsiituer son, sa, ses au
pronom eri. Tant il est difĂŻiciiq, dit trĂšs-bien Lemare, dâĂ©tablir dus rĂšgles qui nâexiÂŹ
gent pas de nombreuses restrictions, dâĂ©ternelles explications ! Les faits et Tanalogie,
voilĂ peut-ĂȘtre les seuls moyens dâenseignement et de succĂšs.
AprĂšs sâĂȘtre donnĂ© toutes les peines du monde pour poser quelques* pauvres principes
sur Temploi de en, les grammairiens finissent par avouerâqĂŒpn doit se servir de ce
pronom toutes les fois qĂŒon peut en faire usage, et que Ton ne doit employer lâadjectif
possessif que lorsquĂŒl est impossible de mettre en. Cette naĂŻvetĂ© est Ă©chappĂ© Ă Lemare
lui-mĂȘme.
Dans ce vers de Voltaire :
â r t '
Mais la mollesse est douce, et sa suite est cruelle.
rien nâempĂȘchait de construire en. Eh bien! essayez de placer ce pronom; vous aurez,
il est vrai, une phrase bien correcte, bien grammaticale : mais quelle différence ßle
cette phrase lourde, languissante, au vers harmonieux du poĂšte 1
Ainsi donc la clartĂ©, Tharmonie, la grĂące obligent Ă prĂ©fĂ©rer quelquefois, mĂȘme en
prose, Tadjectif possessif au pronom en*
Presque toutes les exceptions, dit Caminade, sont fondées sur des nuances souvent
( 391 )
trĂšs-dĂ©licaies, el câest parce qĂŒĂŽn ne les aperçoit pas qĂŒon est tentĂ© de calomnier une
langue dont la délicatesse a toujours fait Tessence.
La lĂȘt« en est belle.
Ira lit en est profond.
J.ea mnpi.struts rn sont ßntÚçre».
L'odeur cil c*t dĂȘĂŻ.i^rĂ©ablei
La racine en est bonne.
EXERCICE PHRĂSĂOtOGIQVE.
5a tĂȘte est belle.
Son lit est profond.
Ses magistrats sont intĂšgres.
Son odeur est désagréable.
Sa racine est bonne.
La situalloii en est agréable.
Les munumeiits en sont beaux.
Les citoyens en sont rerlueux. ^
Les usages en sont nombreux.
La poudre en est utile.
Sa situation est agréable.
Ses monuments sont beaux.
Ses citoyens sont TertuĂȘux.
Ses usages sont nombreux.
Sa poudre est utile.
NÂź eCGXXVII.
RAPPORT DE en AVEC DES NOMS DĂTERMINĂS OU INDĂTERMINĂS.
NOMS DĂTERMINES.
Les efforts pour augmenter sa fortune empĂȘchent
ĂEN jouir. ' 'âą (Boisth.)
Ceux qui ont des torts ne peuvent souffrir Ăek
avoir. (Lemare.)
NOMS INDETERMINES.
n est fĂąnx qu'on ait fait fortune, quand oD ne sait
pas KK jouir. (VaĂŒvenargues.)
n nây a point de gens qui aient plus souvent tort
que ceux qui ne peuvent souffrir dâKN avoir.'
(Larouiefoucauld,)
EmployĂ© comme pronqm, câest-Ă -dire comme relatif, le mot en ne peut rappeler
qĂŒun nom dĂ©terminĂ©, el la rĂšgle que nous avons donnĂ©e, page 368 sur le, la, les, lui
devient applicable. Les phrases de la seconde colonne ne sont donc pas exemples de
reproche. Les vers suivants de Corneille sont dans le mĂŽme cas :
Et déjà vous avez fait maßtresse ?
â âSi je nâen avais fait, jâaurais bien peu dâadresse.
Le pronom en ne doit se rapporter ni au sujet ni au complément du verbe de la pro
position oĂč il figure. Ainsi cette phrase de la Rochefoucauld est incorrecte ; Im civilitĂ©
est un devoir cf en recevoir, ,
NÂź CCCXXVIII.
En, NE SE RAPPORTANT A AUCUN MOT EXPRIMĂ.
Eh 1 peut-on ĂȘtre heureux sans qu'il en coĂ»te rien ?
(Lafosse.)
Je ne sais point encore comme ces gens de guerre
EN «sent Ă ; lâĂ©gard des pauvres bourgeois.
(Ă»l*âe DE SĂVIGNĂ.)
PrĂ©sentement je ne sais plus oĂč j'HN suis ,* les hon-
,nem*8et les représentations me feront périr, si vous
n'avéz soin de mol. (Jd,)
Je ne mâEN prends quâau vice et jamais Ă la loi.
(Fabre dâEglantine.)
Câen est fait, mes amis, il nâest .plus cle patrie ,
Plus d'honneur, plus de lois, Rome est anéantie.
(Voltaire.)
Camille rĂ©partit Ă Brennus , quâĂ©tant dictateur, oi,
nâavait pu rien arrĂȘter sans sa participation. La dis
pute sâĂ©chauffant, on en umt bientĂŽt aux armes.
(Vkrtot.)
( 392 )
Soupçonner mon amour Ăź J'kn appelle Ă vous-mĂȘme.
(Chateaubriand.)
Il y a du danger Ă trop approfondir, il faut le plus
souvent sâen tenir aux surfaces.
(Mâąâ du Deffand.)
Le théùtre doit en imposer aux yeux, qĂŒil faut
toujours séduire les premiers. .
(Voltaire.)
La vertu malheureuse en est plus respectable.
(Chénibr.)
Il EN est de l'esprit des hommes par rapport Ă celui
des femmes, comme du rouge à l'égard du rose.
(Saint-Foix.)
Il en tient le bonhomme , avec tout son phébus !
(MoliĂšre.)
Le pronom en sâemploie avec plusieurs verbes, dont il change ou modifie la signiĂŒ-
cation, et donne lieu Ă une foule de gallicismes qĂŒil ĂŒest pas toujours trĂšs-facile dâexÂŹ
pliquer. Nous ne nous arrĂȘterons que sur les principaux
EN VOULOIR.
EXEMPLE.
LâhĂ©rĂ©sie nĂŒn voulait dâabord quâaux? prĂ©tendus
abus du culte, elle a depuis attaqué le culte lui-
méme. (Massillon.)
EXPLICATION.
QueVéclat de la plus belle victoire paraßt sombre £
quâon en mĂ©prise la gloire, et qu'on veut de mal Ă
ces faibles yeux qui s'y sont laissé éblouir !
(Bossuet.)
Bossuet nous donne lui-mĂȘme le vĂ©ritable sens de en dans les expressions en vouloir,
en avoir Ă quelqu'un.
EN FAIRE ACCROIRE.
EXEMPLE.
Les législateurs nous en ont fait bien accroire.
(Fénelon.)
EXPLICATION.
. Combien on fait accroire de choses au peuple I
(Fénelon.)
Ces deux phrases de FĂ©nelon sâexpliquent naturellement lâune par lâautre.
EN GOUTER.
EXEMPLE.
Dâun penchant dangereux que notre Ăąme sâĂ©pure :
Craignons de le laisser mûrir;
Il en coĂ»te pour sâen guĂ©rir,
Autant qĂŒĂ vaincre la nature.
(Du Tremblay.)
EXPLICATION.
Un seul rocher ici lui coĂ»te plus de tĂȘtes,
plus de soins, plus dâassauts etpresquepiw# detemps,
, Que nâen coĂ»te Ă son bras lâempire des Persans.
(Racine.)
//en coĂ»te autant pour F en guĂ©rir, câest, comme le dit Racine, // coĂ»te autant de soins,
autant de peine; en tient donc ici la place de peine, soins, etc., qui est dans Tesprit de
celui qui parle. On peut dire il en coûte de ou simplement il coûte de, ainsi que le prou
vent les citations ci-aprĂšs : â -
11 en coûte bien moins de remporter des victoires
sur lea ennemis, que de se vaincre soi-mcme,
(Massillon.)
Il coĂ»te moins de sâenrichir de miJle vertus , que
de se corriger d'un seul défaut.
(La BruyĂšre.)
EN IMPOSER.
EXEMPLE.
La majesté de la nature en impose.
(J.-J. Rousseau.)
EXPLICATION.
Les titres ne servent de rien pour la postérité ; le
nom dĂŒn homme qui a fait de grandes choses impose
plus de respect que toutes les épithÚtes.
* (Voltaire.)
Mais en imposer ne veut pas toujours dire imposer du respect ;\\ signifie aussi mentir,
tromper, abuser, surprendre, en faire accroire, comme:, dans Jes vers suivants :
( 395 )
La dame qui, depuis longtemps â ,
ConnaĂźt Ă fond votre personne ,
A dit : hélas! je lui pardonne
jyen vouloir imposer aux gens.
(Voltaire.)
... L'art dâen imposer est le seul art utile.'
(La Chaussée.)
QĂŒelle ne pense pas que, par de vaines plaintes
Des soupirs affectés , et quelques larmes feintes,
Aux yeux dâun conquĂ©rant on puisse en imposer,
(Voltaire.)
LâAcadĂ©mie et presque tous les grammairiens font une distinction entre en imposer
et imposer, et prétendent que en imposer a ie sens de mentir, tromper, et que imposer se dit
pour inspirer du respect, de La crainte, ainsi que dans les vers qui suivent :
DâoĂč rient qĂŒune bergĂšre, assise sur les fleurs,
Simple dans ses habits , plus simple dans ses mĆurs ,
Impose Ă ses amants surpris de sa sagesse ?
(Bernis.)
L'exemple d'un grand prince impose et se fait suivre :
Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.
(Voltaire.)
Sa fermetĂ© mâimpose, et je lâexcuse mĂȘme
De condamner en moi lâautoritĂ© suprĂȘme.
(«âą)
Loin du faste de Rome et des pompes mondaines,
Des temples.consacrés aux vanités humaines.
Dont lâappareil superbe impose Ă lâunivers,
Lâhumble religion se cache en des dĂ©serts.
(Voltaire.)
Ils demandent un chef digne de leur courage,
Dont le nom seul impose Ă ce peuple volage.
{Id*)
Lui qui traĂźne aprĂšs lui tant de rois ses suivants,
Dont le nom seul impose au reste des vivants.
{Id,)
Mais les faits, dit Lemare, de mĂȘme que la saine idĂ©ologie, nâĂ©tablissent point
Tidée étrange que en m/?05er signifie tromper, tandis que imposer signifierait imposer du
respect. En effet, si nous consultons les Ă©crivains, nous voyons qĂŒils ont dit dans le
sens
DE TROMPER,
De bien des gens , il nây a que le nom qui vaille
quelque chose : quand vous les voyez de fort prés,
câest moins que rien ; de loin ils imposent,
(La BruyĂšre.)
Hier, jâavais espĂ©rĂ© de briller avec trois ou quatre
vieilles femmes qui certainement ne mâimposent
point, et je devais dire les plus jolies choses du
monde. (Montesquieu.)
Tu mâimposais ici pour me dĂ©shonorer,
(Voltaire.)
U nous accuse de lui imposer.
(Bossuet.)
On craindra de vous imposer, quand lâimposture
nâaura plus Ă attendre que votre colĂšre.
(Massillon.)
Loin d'ici ces riches du monde qui, par des fondaÂŹ
tions qui nâont dâautres fonds que leur rapine, veulent
imposer à la postérité ! (Fléchier.)
Je demandais Arsace , afin de Topposer
Au complice odieux qui pense mâimposer,
(Voltaire.)
ât u ne peux mâimposer, perfide ; ne crois pas
Kviter lâĆil vengeur attachĂ© sur tes pas.
(Id,)
dâinspirer dĂŒ RESPECT.
Sa dignité qui en imposé, ai réte toutes les passions.
(Thomas.)
Notre fiĂšre contenance en imposa aux ennemis.
(Planche.)
TantĂŽt on supposait des prodiges, mais ce moyen,
qui pouvait en imposer au peuple, nâcn imposai*! pas
Ă ceux qui le gouvernaient.
(J.-J, Rousseau.)
Je la voyais environnée de son époux et de ses
enfants ; ce cortĂšge mâen imposait,
(Tb,)
11 nây avait pas lĂ de quoi en imposer au vulgaire
grand et petit. (Voltaire.)
Ils veulent bien plus en imposer aux autres et faire
valoir leur talent, que se rendre meilleurs el plus
sagesi ' (J.-J. Rousseau.)
Sa conduite en impose, (Voltaire.)
Tu mâen imposes, tu me subjugues, tu mâattires,
ton génie écrase le mien, et je ne-suis rien devant
toi. (J.-J. Rousseau.)
Néanmoins, pour ne pas laisser nos lecteurs dans Tincertitude à cet égard, nous di
rons que nous pensons, avec Laveaux, quâil faut se servir d'imposer toutes les fois que ce
50
( 394 )
S-
verbe renferme un sens dâillusions, de fausses apparences, et que les rnoyens dâillusions
opĂšrent sans intention delĂ part de celui qui les possĂšde; mais que, si les moyens dâillusion
sont mis en usage Ă dessein de tromper, d'abuser, on doit faire usage de en imposer, qui,
gĂ©nĂ©ralement se prend en mauvaisepart. 11 suit de lĂ qĂŒil faut dire : L'air noble et simple
de l'innocence impose. L'air composĂ© d'un hypocrite en impose. â La majestĂ© du trĂŽne
IMPOSE. Quelquefois le fĂ sted'un sot en impose. L'honnĂȘte homme qui dit franchement la vĂ©ritĂ©
impose. Le fripon qui cherche Ă se tirer d'affaire par des mensonges en impose.
Il nous resterait encore Ă expliquer les locutions ; s'en prendre Ă quelqu'un, en venir aux
mains, s'en tenir Ă quelque chose, etc., etc.; mais, dans ces expressions, le mot en joue
moins le rĂŽle de pronom que celui dâadverbe. En effet, en venir aux mains, câest pour
venir de la aux mains; de lĂ , câest-Ă -dire, du point oĂŒ en est restĂ©e la dispute, la querelle. Ces
gallicismes trouveront naturellement leur place au chapitre des adverbes, et nous y
renvoyons le lecteur.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
En imposer.^ .
En user faniillĂšremenl.
II etv coûte beoiicoup.
Il TOUS eti coûtera.
En imposer eus autres.
Sâen imposer Ă soi^ĂȘtne.
OĂč en sommes-nous ?
Câen estfaiL
Câen est trop.
Ils #>n veulent.
Imposer par son air grave.
N'en faire jamais assez.
Je m'en veux.
Vous mâen contez.
U TOUS en fait accroire.
En conter de belles.
En avoir Ă quelquâun.
11 en tient.
ÂŁn savoir plus qu'un autrcw
En savoir user.
Il en coûte toujours de...
U en coûte moins pour...
En donner Ă garder.
Câen eĂ»t Ă©tĂ© faiL
9
DES PRONOMS DĂMONSTRATIFS.
N" CCCXXIX.
NATURE DES PRONOMS DĂMONSTRATIFS. â LEUR DĂFINITION,
Celui qui met un frein Ă la fureur des flots,
Sait aussi des mĂ©chants arrĂȘter les complots.
(Racine.)
Les défauts de Tesprit augmentent en vieillissant,
comme ceux du visage. â (Lenoblk.)
La leçon des exemples instruit beaucoup plus que
celle des préceptes. (Saiht-Evremont.)
Créanciers et voisins reviennent aussitÎt,
Ceux-là sur une erreur, ceux-ci sur un défaut.
(La Fontaine.)
Par combien de motifs nâest-on pas portĂ© Ă jouer?
Aussi nây a-t-il point de passion plus commune que
celle-ci. (Vauvenargues.)
Tant que le jour est long, il gronde entre ses dents :
a Fais ceci, fais cela; va, viens, monte -, descends I»
(Rkgnard.)
Les pronoms démonstratifs sont ceux qui servent à montrer, à indiquer les personnes
et les choses dont ils rappellent Tidée.
Les mots que les grammairfons regardent comme pronoms démonstratifs sont:ce,
celui, cela, celle, ceux, celles. '
Celui, celle, est la réunion de ce et do Mi, etc.
En ajoutant les particules ci et lĂ , on a les nouvelles formes celui-ci, celle-ci, ceux-ci,
ceux-lĂ , etc.
; r*' « â . âą .
( 395 )
NÂź GCCXXX.
»
GENRE, NOMBRE ET CONSTRUCTION DES PRONOMS DĂMONSTRATIFS.
POUR LES CHOSES.
sujet.
MASCULIN.
SINGULIER.
PLURIEL.
Les inconvénients du silence sont quelquefois plus
graves, que ceux de la parole. (Livrt.)
. Vesprit de servitude paraĂźt naturellement amÂŹ
poulé ; celui de la liberté est nerveux, et celui de la
vraie grandeur est simple. (Yoltairhj)
FĂAUNIN.
La meilleure leçojfi est celle des exemples. Les plaies du corps se ferment ; celles de Và me
(La Harpe.) restent toujours ouvertes. (Livry.)
â . COMPLĂMENT DE VERBE.
MASCULIN.
Le monopole du pouvoir n'implique pas celui des j N'oublie jamais les bienfaits que tu as reçus ,
lumiÚres. (Benjamin Constant.) j oublie promptement ceux que tu as accordés.
I (Boiste.)
FĂMĂNIN. - .
Il est plus aisé de dire des c/ioses nouvelles que de
concilier celles qui ont été dites.
(VaUVKN ARGUES.)
Le peuple a toujours la souueramele d'opinion ,
Jamais celle dâaction, (Boiste.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITION.
MASCULIN.
Le suffrage de la nature
Lâemporte sur celui de lâart.
(Gresset.)
H nâest point de pardon que ne puisse obtenir
Lâamour mĂȘlant ses pleurs Ă ceux du repentir. ^
(De Belloy.)
FĂMININ.
Les Gaulois soutinrent un combat meurtrier qui
aboutit Ă leur ruine et Ă celle de leurs femmes, de
leurs enfants et de leurs vieillai'ds.
(Anquetil.)
Dans les grandes affaires on doit moins sâappliquer
Ă faire naĂźtre des occasions quâĂ profiter de celles
qui se présentent.
(LAROCnEFOUCAULB.)
Celui, dont le pluriel masculin ést ceux, fait au féminin celle, qui forme son pluriel
par la seule addition dâun s. Ces mots, comme on voit, se construisent dans tous les
rapports possibles; et, appliqués aux choses, Tantécédent avec lequel ils sont en rela
tion doit toujours ĂȘtre Ă©noncĂ©. Dans les lettres, et notamment dans les lettres commerÂŹ
ciales, on ne peut donc débuter par/ai celui de vous informer, etc. Il faut fai le plaisir,
. j'ai l'honneur de vous informer, etc.
( 396 )
POĂR LES PERSONNES.
ANTECEDENT EXPRIME.
De deux hommes de lettres , celui qui est le plus
riche est ordinairement celui Ă qui on marque le plus
dâĂ©gards. (DâAlkmbest.)
On a observé que les Juifs étrangers qui se fixent
à Jérusalem vivent peu de temps. Quant à ceux de la
Palestine, ils sont si pauvres quĂŻls envoient chaque
annĂ©e faire des quĂȘtes pai*mi leurs frĂšres en Egypte
et en Barbarie. (Chateaubriand.)
Une femme insensible est celle qui nâa point encore
vu celui qĂŒelle doit aimer.
(La BruyĂšre.)
f
Les filles de lâEgypte Ă Suse comparurent ;
Celles mĂȘmes du Parthe et du Scythe indomptĂ©
Y briguÚrent le sceptre offert à la beauté.
(Racine.)
ANTECEDENT NON EXPRIME.'
Celui qui compte dix amis nâen a pas un.
(Malesherbes.) \
Il y a un goĂ»t dans la simple amitiĂ© oĂč ne peuvent
atteindre ceux qui sont nés médiocres.
(La BruyĂšre.)
Lâharmonie la plus douce est le son de la voix de
celle que Ton aime. (/^.)
Celles qui ne nous ménagent sur rien , et ne non»
épargnent. nulles occasions de jalousie, ne mérite
raient de nous aucune jalousie, , (/</,)
Celui, celle, ceux, celles peuvent s'appliquer également aux personnes, mais avec ou
sans antécédent exprimé. Dans ce dernier cas, ils sont toujours déterminés, comme
dans les exemples de la seconde colonne, par un des.adjeclifs conjonctifs qui, que, dont,
lequel, laquelle, lesquels, etc.
Lemare, qui nâest pas toujours juste apprĂ©ciateur des faits, nous dit qĂŒil nây a
que le masculin celui et ceux qui puisse ĂȘtre employĂ© sans rapport Ă un substantif pré
cédemment énoncé. Les deux,derniers exemples de la seconde colonne prouvent que
Lemare est à cet égard dans une complÚte erreur.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
I.
MASCULIN ET FEMININ. â SINGULIER.
Votre lilenee etcelui de votre pĂšre mVii disent assez.
Votre opinion est celle de (oui le monde.
Vous avez ic pouvoir de parler, nuis non celui de m'outrager
Un prisonnier a la libertĂ© de penser, mais non celle dâagir.
Le sullrage de tous l'emporte sur celui d'un seul-
Câest une affaire qui tend Ă ma ruina.et Ă celle de ma famille
II.
ANTECEDENT EXPRIME.
De tous eei jeunes gens c'est celui qui est te plus raisoniuiblo.
Do toutes les femmes c'est celle qui est la plus aimable.
Ces soldats sont ccuz que vous demandez- ,
Les personnes'que vous flattez sont celles que vous accuitea.
Je eoiinais mon domestique, {c ne connais pas ceux des autres.
11 ne fautpas en vouloir Ă cette prrsoutie, mais Ă celle qui i fait tout
le mal.
MASCULIN ET FĂMININ. â PLURIEL.
Vos pleurs et ceux de votre amie me toucbent.
Vos paroles et celles de v,tire mur sont d lerĂȘtcs.
N'oubliez ni les bienfaits de Dieu, ni ceux de toi parents.
Je vois vos Intentions, mais je ne connais pas celles des autres.
II u'etl pas question de ces objets, mais de ceux que vous Tciyei.
Des circonttances semblables Ă celles oii nous vivons sont farorablea.
ANTĂCĂDENT NON EXPRIME.
Celui qui TOUS parle est votre bienfaiteur. .
Celle qui a fait cela o bĂźeu agi.
Ceux qui vivront verront.
Celles qui aiment Oleu doivent le prier.
Il faut li&Ăźr celui qui dit du mal dâautrui.
La faute doit retomber sur celtes qui l'ont commlsa
Nâ CCCXXXI.
Celui, celle, mtc., immĂ©diatement suivis db qui, dâun adjbgtif, dĂŒn participe ou dâune
EXPIĂESSION ĂQUIVALENTE. âą
ON DIT:
Les grandeurs naturelles sont celles qui sont indé
pendantes de la fantaisie dos hommes.
(Fontenelle.) *
PEUT-ON dire:
Cette remarque, ainsi que cette# purement ^ranw
maticales, sont pour les étrangers principalement.
(Voltaire.)
( 397 )
I
tĂ©s actions qui Ă©chappent dĂš la ihain de lâouvrier
ont bien plus de grùce que celles qui sont étiidiées,
(Montaigne.)
Nulle religion nâa pris soin des mĆurs des hommes
plus que la religion chrétienne et celles qui ont été
dressées sur son modÚle. (Nicolle.)
La sagesse ne consiste pas à prendre indifféremment
toutes sortes de précautions , mais à choisir celles qui
sont utiles et à négliger celles qui sont superflues,
(J.-J. Rousseau.)
Dans quelque contrĂ©e que le moineau habite , oĆ
ne le trouve jamais dans les lieux dĂ©serts, ni mĂȘme
dans ceux gui sont éloignés du séjour de Thomme.
(Buffon.)
Pline dil que CarÚs Inventa les augures tirés des
oiseaux, et quâOrphĂ©e inventa ceux tirĂ©s des autres
animaux. (Legendre.)
Jâai joint Ă ma derniĂšre lettre celle Ă©crite par le
prince. (Racine.)
Le goût de la philosophie n'était pas alors celui
dominant, (Voltaire.)
On confondait sous Taction de la loi aquibenne la
blessure faite à une béte, et celle faite à un esclave.
. (Montesquieu.)
Les Athéniens ont de trois espÚces de monnaies ;
celles en argent sont les plus communes.
(Barthélémy.)
Vos succÚs présents ine répondent de ceux à venir*
(Boniface.)
La question est donc de savoir si les exemples de la seconde colonne sont aussi corÂŹ
rects que ceux de la premiÚre, et si Ton doit les imiter. Si nous écoutions les gram
mairiens, tels que Girault-Duvivier, MM, NoĂ«l et Chapsal, et avant eux Maugard etDĆ
mergue, les phrases dont il sâagit seraient vicieuses; mais quelle que soit TautoritĂ© de
ces grammairiens, elle devient nulle comparée à celle des plus grands écrivains de la
France, tels que Voltaire, Racine, Montesquieu, BarthĂ©lĂ©my et une foule dâautres. Il
est vrai, dit Boniface, quâaprĂšs celui, celle, etc., nos meilleurs Ă©crivains ont gĂ©nĂ©raÂŹ
lement exprimĂ© le pronom çui suivi du verbe ĂȘtre; mais Tellipse de ces mots, nĂ©cessiÂŹ
tĂ©e dans les actes publics, dans les ordonnances, commence Ă ĂȘtre aujourdâhui en faÂŹ
veur, et elle finira sans doute par ĂȘtre gĂ©nĂ©ralement adoptĂ©e, malgrĂ© les rĂ©clamations
des grammairiens. De bons auteurs en font maintenant usage, et nous nâen donnerons
pour preuve que la phrase suivante;* elle a été prononcée tout récemment du haut de
la tribune nationale par un historien distingué, un éloquent et spirituel orateur, au
jourdâhui ministre (M. Thiers) : Ilfaut du courage et du dĂ©vouement pour accepter, dans des
circonstances comme celles actuelles , un pouvoir Ă©crasant par son poids. Dâailleurs, la
Société grammaticale a donné son approbation à ces sortes de phrases. Par conséquent
nous pensons qĂŒelles sont irrĂ©prochables.
- a
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Vo» exetopiM et ceui tjiii ont été fait* par to» caiiiarade», »oni bon*.
Remeticit-moi cette lettre et celle qui est adressée à mon ami.
Ce* corrections ne «ont pa* celle* qui ont été écrite* par l'auteur.
Dana les circonstances comme celles oĂč uou* tĂtod*, le* emplois puÂŹ
blic* lont diflielles Ă remplir.
Votre goût D est pa* celui qui est dominant.
Dans Totre critique les questions littéraires sont mieux résolues que
fsUes qui sont grammaUcale*. i
V
Vos exemples et ceux faits par tos camarades sont boni.
E emettex-moi cette lettre et celle adressée à mou ami.
Ces correcliotis ne sont pas celles'écrites par Tauteur,
Dans le» circonstances comme celles actuelles^ lesemploia publies sont.
difficiles Ă remplir.
Votre goût n'est pas celui dominant.
Dans Totre critique les queitious littéraires sont mieux résolues que
celles grammaticales. , .
5^» NŸ CCCXXXII.
ELLIPSE DE celui, celle, etc.
EXEMPLES.
Si la fin de Socrate est d'un sage, la mort de Jésus
est dâua Dieu. (J.-J. Rousseau.)
Voyex 81 mes regards 8ont (Tun juge sévÚre.
(Racihe.)
analyse.
Si la fin de Socrate est (celle) dâun sage, la mort de
JĂ©sus est (celle) dâun Dieu.
Voyez si mes regards sont (ceux) d'un juge sévÚre.
( 398 )
Dans toutes les phrases analogues, TelĂźipsĂ© do celui, celle, etc., donne tout Ă la fois Ă
Texpression plus de concision, dâĂ©lĂšgahce et dâĂ©nergie. Cette construction, aussi bien
que ia construction pleine, est en prose comine en vers trĂšs en usage, quoi qĂŒen dise
Giraali-buvivier.
EXERCICE PBRASĂQtOGIQVE*
Cei aenticnenTs sont dĂŒn bon pĂšre*
Celle pensĂ©e est dĂŒne bonne et tendre mĂšre.
Cel'Ă©rutrĂ ge éïldĂŒn habile h6'm(ne.
Cet sentiments font cĂšni dĂŒn bon p&ite.
Cette pensée est celle d'une bonne et tendre mÚre.
Cet ouvroge est celui d'un Labile bomme,
Uâ CCCXXXIII.
CĂui, celle, etc,, en rapport avec un substantif pluriel ou singulikĂźi.
'\
Celuiâ, celle avec un 'SUBSTANTiF'ritmiEL.
^ . Lâamour est celui de tous les Dieux qui sait le
mieux le chemin du Parnasse, (Racine.)
-. fimyez-vous que le peuple ait lu et raisonné dans
tes guerres civiles de la rose rouge et de la rose hlan-
*(ihe, dans celle qui *ût ÿiéi^ Charles 1**^ ?
(VoiTAIER.)
Be toutes les choses esnlreprises par Bonaparte,
'celle qui lui coûta lé plus fut indubitablement son
Concordat'. (CĂšAi^AirBRĂAbĂźD.)
LMntĂŻĂčence du luxe Ăše rĂ©pand ^sĂčr t'outeĂ lĂ©s -classĂ©s '
.de lâĂ©tat,, mĂȘme sur cette du laboureur.
(Marmontel;)
*âŹeĂŒx, céßles*, avec un substantif ĂźsiNGuUikR^.
Vous serez seul de votre parti -, petut-ĂȘtre ; mais vons
porterez en vous-mĂȘme un tĂ©moignage qoĂŻ voua
dĂźfepĂ©nsĂ©Va db ĂŒeĂčĂ Ăź des hĂ©nimls.
(J.4. 4tĂŽĂSSEAU.)
LâhonnĂȘtetĂ© ,(dĂŒne/mme nâest pasâdans les gii-
maces. 11 sied mal de vouloir cire pliis sage que celles
qui sont sages. ' . (MoliĂšre.)
âJâai'ajoutĂ© Ă MĂ©gare une personne de plus Ă celles
qĂŒi peuvent me souhaiter un peu de bien.
(ChâateAubriand.)
Oh répétait hvëc admiration le nom des Solon et'des
Lycurgue avec ccu£c des Miltiade et des Léonidas.
(Thomas.)
.il r V fca
Dans les exemples de la premiĂšre colonne, celui, celle, se trouvent en relation avec
des Substantifs pluriels, et dans les exemples opposés, ceux, celles le sont avec des noms
singuliers. Celte construction, quoique contraire aux lois de la grammaire, qui veuÂŹ
lent que 1e pronom prenne le genre et le nombre du nom quâil reprĂ©sente, peut ĂȘtre
justifiée par lasyllepse, figure dont les écrivajns se servent fréquemment, et particu-
liĂšrementy dircms-noeis, pour le cas en question.
« li est vrai, ditâCriTauU-DuviviĂšr, qĂŒon peut Ă©viiĂšr cette construction eh TĂ©pĂ©iaĂŒt
» le substantif, et qĂŒe ^souvent mĂȘme celte rĂ©pĂ©tition est Ă©lĂ©gan'tĂȘ'; par exemple, Mar-
» montel aurait pu dire ; L'influence du luxe se rĂ©pand sur toutes les c\asso$ deTĂ©tĂŒt,'mĂȘrfie
» sur la classe du laboureur. Mais ce ĂŒest pas lĂ un motif pour proscrire la premiĂšre
» construction. »
Girault-Duvivier a parfaitement raison, et nous sommes entiĂšrement de son avis.
EXERCICE FilRASĂOLOGĂQVE.
l'e tous «'est celui qui est le meilleur.
De toutes ses compagnes c est celle qui est la plu* douce.
Tou* ros talents ttu ynleut pn's celui quĂź'lc distingue.
Lâiastruction doit se rĂ©pamlre dans toutes les classes, mĂȘme dauf celle
du pou*rtf.
Votre reprocbe ne me tourbe po» plus que ceux des aulres.
Cette personne est plus belle que toutes celles que nous aroni rues.
Votre tĂ©inoipiiage n'infirme pJS'cĂ©ĂŒx dĂ»s autres.
Cet impÎt est,plus juste que tous ceux qui oQtjatnais'eté ÚtaO.is.
( S'ĂO )
NÂź CCCXXXIV. 9^
ijĂ LâEMPOi DE celui, celle, etc., dans les phrases comparatives
N
EXEMPLES OĂ celui, celle doivent ĂȘtre exprimĂ©s.
Le nombre des espĂšces dâanimaux est plus grand
que celui des espĂšces de plantes:
(Buffon.)
La voix du phoque est plus expressive et plus
modulée que celle des autres animaux.
(Id,)
La chair du renard est moins mauvaise que celle
du loup. (Jd,)
La fĂ©conditĂ© du lapin â est encore plus grande que
celle du liĂšvre. Jd,)
EXEMPLES oĂč celui, cellC , PEUVENT NE PAS
ĂTRE EXPRIMĂS. '
Le buffle a la peau plus épaisse et plus dure que
le bĆuf, (Buffon.)
Les chevreuils bruns ont la chair plus fine que tes
roux. ' (76.) .
Le renard a les sens aussi bons que le loup,
Jd.)
Il est probable que Torfraie nâa pas la vue aussi
nette nt aussi perçante que les aigles. (Id,)
Dans le premier exemple de la premiĂšre colonne, pour comparer le nombre des esÂŹ
pĂšces dâanimaux avec le nombre des espĂšces de plantes, on ne pourrait pas dire : Le
nombre des espĂšces d'animaux est plus grand que les espĂšces de plantes parce quâalors on
-donnerait Ă entendre que Ton compare le nombre des espĂšces dâanimaux avec les esÂŹ
pĂšces mĂȘmes de plantes; ce qui rendrait la comparaison et lĂ phrase Vicieuses; tandis
que dans le premier exemple de la seconde colonne, pour comparer la peau du buffle
avec celle du bĆuf, Buffon a dit trĂšs-bien et irĂšs-correctem'ent ; Le buffle a la peau plus
Ă©paisse et plus dure que le bĆuf, sans pour cela Ă©tablir de comparaison entre la peau du
buffle el le bĆuf lĂ»i-mĂȘme. Nous allons donner la raison! des deux constructions,- et en
prĂ©senter dâabord.lâanalyse. . . .
Le nombre riëJ espÚces d?animaux'est plus grand que cÚlui ries espÚces de plantes {n'est
grand).
2? Le buffle a la- peAu plus Ă©paisse et plus dure que le bĆuf (nâa la pĂ©Au Ă©paisse et dure;*)
Dans* la premiĂšre, le nombre est comparĂ© Ă un autre nombre; et ces deĂŒx nTĂšts sonĂ
Tun et Tautre sujets dâune proposition. Dans la-seconde, qui est trĂšs-elliptique', cornmĂȘ
on voit, puisque le second 'terme de la' comparaison est toujours sous-ĂȘntendĂŒ, les
deux termes comparĂ©s sont complĂ©ments de verbes, dont lâun est exprimĂ© el TĂ ĂŒ-tĂĂȘ
ellipsĂ©. DâoĂč nous tirerons les deux principes suivants .
Quand les deux termes de la comparaison sont identiques; comme' un nombre avec
un aulré nombre, une voix avec une autre voix, si Tun est sujet de la premiÚre propo
sition, Tautre doit Îtresujet delà seconde, el dans ce cas, ce dernier est répété ou
remplacé par celui, celle : Le nombre des espÚces d'animaux est plus grand que le nombre
ou que CELUI des espĂšces de plantes.
Mais si lâon veut comparer la peau du buffle avec la peau du bĆuf, la chair des cheÂŹ
vreuils bruns avec la chair des chevreuils roux, et que le premier terme de la compaÂŹ
raison soit complĂ©ment du verbe, celui, celle peuvent ne pas ĂȘtre exprimĂ©s, et cette
construction est mĂȘme plus logique, plus usitĂ©e que celle oĂč le pronom est Ă©noncĂ©,
comme dans cet exemple de Montesquieu : Pompée avait une ambition plus douce et plus
lente que cÚlle de César,
( 400 )
Ainsi, de nos observations il rĂ©sulte que la mĂȘme comparaison pĂŽut ĂȘtre exprimĂ©e
de trois maniÚres différentes :
La TEAU du buffle est plus Ă©paisse et plus dure que la peau oz! qite celle du bĆuf.
Le buffle a la peau plus Ă©paisse et plus dure que lĂš bĆuf.
Le buffle a la peau plus Ă©paisse et plus dure que la peau om que celle du bĆuf.
EXERCICE PHRASĂOIOGIQUE.
Le ebaot du rossignol est beaucoup plus agréable que celui. des au
tre* oiseaux.
T.a eliair du Veau est plus blaucbe quo celle du boeuf.
Ln taille dc Sophie est plus sTetlc que celte dâElisa.
La fĂ©rocitĂ© de lâhyĂšiie est plus grande encore que celle du tigre.
L'ainitié di^s fenunes est moins suspecte que celle des hommes.
La morale de J.-C. est plus belle que celle des paĂŻens.
La fortune de mon pÚre estaussß considérable que celle de TOtre oncle.
Le rossignol a le chant beaucoup plu* agréable que tcui lo* autre»,
oiseaux.
Le fcnu a la chair plus blanche quo le boeuf,
Sophie a la taille plus sTelte quât'llsa.
L'hyÚne a une férocité plu* grande que le tigre.
Les femmes ont une amitié moins suspecte que le* bominei'
J.-C. axait une morale plus sublime que le* paĂŻen*.
Mon pĂšre a uue fortune aussi considĂ©rable que la vĂȘtre.
-^9 NÂź CCCXXXV.
Celui, celle, exprimés ou ellipses.
jC
KXEAIPLES OĂ LE PRONOM EST EXPRIMĂ.
L'aigle tjTannise également les habitants de Tair
et ceux de la terre. (Buffon.)
On voyait Ă la cour d'Attila les ambassadeurs des
Romains, dâOrient et ceux d'Occident, qui venaient
recevoii* ses lois ou implorer sa clémence.
^ (Montesquieu.)
EXEMPLES OU IL EST ELLIPSE.
Les pontifes dâAthĂšnes et de Rome Ă©taient juges des
piĂšces tragiques.. (Voltaire.)
Les querelles de religion et.de politique, qui
font verser tĂźinl de sang par des gens de bonne foi,
naissent souvent de Tamour mĂȘme pour la vĂ©ritĂ©.
(Bernardin dĂš Saint-Pierre.)
En se fondant sur ces exemples, on voit que Ton peut trĂšs-bien dire : les habitants de
l'air et ceux de la terre; les'pontifes d'AthĂšnes et ceux de Rome, ou les habitants dc la terre
eide L'air; les pontifes d'AthĂšnes et de RomĂš; en sous-entendant le pronom ceux. Nous
sommes extrĂȘmenient fĂąchĂ©s dâĂȘtre en opposition avec Boniface; mais Ja vĂ©ritĂ©
nous fait un devoir de dire que nos meilleurs écrivains ont fait trÚs-souvent usage de
celte derniĂšre construction, qui, par sa briĂšvetĂ©, peut ĂȘtre quelquefois prĂ©fĂ©rĂ©e Ă la
premiĂšre. La concision, en gĂ©nĂ©rai, doit ĂȘtre recherchĂ©e, quand elle ne donne lieu Ă
aucune Ă©quivoque, Ă aucune obscuritĂ©. Lâexpression ĂŒen acquiert que plus de charme
et plus dâĂ©lĂ©gance.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Lâambassadeur dâEspogne et celui de Portugal.
L'autorilc du pape et celle du roi.
L'ordre du Saint-Esprit et celui de la ToĂź*on-d'Or,
L*. ministre* de France et ceux d'Angleterre.
Le clergĂ© de France et celui dâEapagne.
L«i peuple* de lâAfrique etceui de l'AmĂ©rique.
Les ambassadeurs d'Espagne et de PorUigal.
LâautoritĂ© du pape et du roi.
Lâordre du Saint-Esprit et de ta 'l'oison^dâOr.
Les ministres de France et dâAngleterre.
Le clergé de Franco et d'Espagne.
Les peuples de lâĂfrĂźque et de 1 AmĂ©rique.
( 401 )
CCCXXXVI. r-
Celui-ci, celui-lĂ , rappelant deux SUbstatĂźties*
Corneille nous assujétit à ses caractÚres et à ses
Idées, Racine se conforme aux nÎtres. Celui-là peint
les hommes comme ils devraient ĂȘtre; celui-ci les
peint tels qĂŒils sont. (La BrovĂšre.)
La comĂ©die quâon a eu dessein dâattaquer- nâest
point du tout la comédie que nous voulons défen
dre ; il se faut bien garder de confondre celle-lĂ avec
ceUe-ct. ' (MoliĂšre.)
Les PhĂ©niciens avec les troupes de lâĂźle de Cypre se
retirĂšrent aprĂšs avoir fait alliance avec le nouveau roi.
â Celui-ci rendit tous les prisonniers phĂ©niciens.
(Fénelon.)
AussitÎt les anges et les démons se répandent dans
le sénat, les premiers pour calmer, les seconds [K)ur
soulever les passion? ; ceux-ci pour éclairer les
esprits , ceuxHĂ pour les aveugler.
(Chateaubriand.)
Câest raison quâon fasse si grande diffĂ©rence entre
les fautes qui viennent de notre faiblesse , et cette#
qui viennent de notre malice; car en celles-ci nous
nouj sommes bandés'en notre escient contre les
rĂšgles de la raison que nature a empreintes en
et en celles-lĂ , il semble que nous puissions appeler
Ă garant cette mĂȘme nature, pour nous avoir laissĂ©s
en telle imperfection et défaillance.
.(Montaigne.)
Tous les riches comptent lâor avant le mĂ©rite. Dans
la mise commune de lâargent et des services , ils trouÂŹ
vent toujours que ceux-ci nâacquittent jamais lâautre.
(J.-J. Rousseau.)
Celui-ci, celui-lĂ , etc., servent Ă distinguer aussi bien les objets que les individus; le
premier, dont ci est une altération de ici, indique la personne ou la chose la plus pro- *
che; tandis que celu 4à rappelle la personne ou la chose ia plus éloignée.
EXERCICE PHRASĂOtOGiQVB.
Jâeui celui-ci, mon frĂšre celui-lĂ . ' Prenez eeux-cĂź el reux-tĂ .
L'un aime mieux ce(lc.ct, lâautre celle-U. ' Erilex celles-là «t imiiez cclle*.cĂź.
Le roi et son escorte suiTaßent, celui-là était graxe et pensif. La mÚre et.tes etifauts étaient en deuil ; ceuxrci étaient tristes.
Les offieiers aecorapagniieut le gĂȘucral, celui-ci Ă©tait i efaefal. Les rirlies et les pauvres sont Ă©gaux; ceux-lĂ ooVils plus que la
. fortune ?
rcccxxxvii.
CSĂ©ItiĂź-ci, celui-lĂ , nâayant rapport quâa un seul substantif exprime.
AVEC celle-ci:
AprĂšs sombre hiver gai printemps ;
AprĂšs joli temps triste pluie ;
AprĂšs celle-ci le beau temps.
(Piron.)
AVEC celui-lĂ .
Si jâavais Ă©crit les Provinciales d'un style dogmaÂŹ
tique , il nây aurait eu que les savants qui les auÂŹ
raient lues, et ceux-lĂ nâen avaient pas besoin.
(Pascal.)
a
Quand le pronom démonstratif n'est précédé que d'un seul substantif, comme dans
les e.\emples citĂ©s, nous croyons quâon peut indiffĂ©remment employer celui-ciou celui-lĂ .
En effet, Piron, au lieu Ă o celle-ci, aurait pu mettre celle-lĂ , oi Pascal ceux-ci Ă la place
de ceux-lĂ ? . ' ^
, EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
De teui Ici lĂTres, Ici iromaoa eeuli loi plaiiant t il nây a que ceux-ci
qui l'tmoscuL
Da toaelcf gcuraa il u'aime que la (antasllquc; it a uo coût décidé
f*«V calat-oi.
De tous les livres, les romans seuls lui plaUciit; il ny a qua caax-U
qui l'amusent.
Dt- tous les genres il oVtTie qua lo ftotastiqua; il ⹠un goût décidé
pour etiui-lĂ .
81
( 402)
N
o 7
Celui-ci, celumĂ» N'AYANT rapport a aucun SĂŒBSTANtĂF EXPRIMĂ.
» k âș âą
ßlësÎff&iïßé; ét les uns et le^ ùiifres d(5rmiront en
semble dans la mĂȘme poussiĂšre.
(FLĂCniER.)
Applaudie 8e tous, mais Ăą son tour aiTĂąlile et civile
Ă loĂŒs , elle prĂ©venait ceuĂ Ăź-ct, rĂ©pondait honnĂȘteÂŹ
ment Ă cĂšuĂ-ĂŻdi jd.)
Les chrëliëns sé précipitent 8ë leurs cavales ou de
leurs chameaux. CeuĂ-f;i sĂ© prosternent trois fois ;
ceuÊ-ßd sé frappent ße sein cn poussant des sanglots.
(Chateaubriand.)
On la vit tÎuiés les semaines essuyer jes larmes de
ceßuß^ct, pourvoir aux besoins de ce(«»-td. ^
'(FlĂȘchĂźeb.)
w *
^ Gelui-cii celui-lĂ pĂ«uvĂ«hl nâavĂŽir rapport a aucun substantif exprimĂ©. En ce cas ils ne
sâĂ«habĂŻbiĂšrit qĂŒĂ© dans TĂ©numĂ©ratibn des objets et des individus, comme dans les citaÂŹ
tions que nous venons de rapporter; ce/wi-ci désigne ce qui esfplacé en premier ordre
daĂŒs notre esprit, Ă©t cĂ©lui-lĂ , ce qui viĂȘht en second lieu.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE,
Cehii-eiDatt, celui-lĂ meurt,
OĂŒlc-ci eit pzuTre, celle-lĂ eit ricbc.
Ceux-ci font bien, ceux-lĂ font mal.
Cellcs-ei aiment la lecture, cellea-lĂ ta toilette.
CCCXXXlX*
Celui-ci, hĂšlle-ci, ayant rapport a ce qui suit.
On ne peut définir un mot sans commencer par
celui-ci : (fest, soit qĂŒon lâexprime ou quâon le sous-
entende. 1 (Pascal.)
Câest une belle priĂšre que celle-ci; mon'Dieti,
gardes-rrioi de moi-mĂȘme, (Boniface.)
Ces deux exemples nous font voir que les pronoms démonstratifs celui-ci, celle-ci peu
vent aussi avoir rapport Ă une chose qĂŒon va immĂ©diaiemenf indiquer.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE,
CâMtantolt mot queçÚluLci : amour. .
11 b'7 axait d'à utrt Doûrrßturo que cellerai ; du paiik
Il n'y B pas ds mĂ©tal .qui pldtse comme cdĂŒĂź-ci : l'argent..
11 nây a pas de plus crĂ»eU ennemis que ceux-ei : les TĂźtoii
NÂź CCCXL.
Eklûi-ci, celui-là , ire, suivis dé qui ou dÚ que.
Les femmes ont coutume dâoublier
Tous leurs adorateurs, excepté le premier ;
C'est oelui-lĂ qui sert dâĂ©poque Ă la tendresse.
(Dsuoostixr.)
Il nây a point de doctrine plus proprç Ă lâhoinmc
que reïte-ßd qui Tihstrdà de sa double capacité dÚ
recevoir et de perdre la grĂące.
(Pasual:)
U05 )
5 11 est des misĂšres sur la terre, prouvent-elles
rinjusticedela providence, qui donne si libéralement
aux riches les moyens de les soulager, ou rendurcisÂŹ
sement de ceux-lĂ mĂȘme qui s'en fdnt ĂŒn {itfe contre*
^ (V AUVKNARGUES.)
Mais qĂŒil soit une amour si forte
Que celle-lĂ que je vous porte,
Cela ne se peut nullement.
(Malherbe.)
k 6nyi 1 A a , i ĂŒiĂŒp
Notre galant vous lorgne une fillette,
De.ce/le#-ld que jo viens d'ĂšxprirĂŒĂšr
(La Fontaine.)
* X >
Le feu qui brĂ»la Gomore â
Ne fut Jamais.si. '^éhéraqnt,,
Que celui'ià gui me dévore.
(Voiture 1)
Girault-Duvivier, se fondant sur lâautoritĂ© (Ăźe Wailly, Restaut/ Regnier-Desmarals
el 1 AcadĂ©mie elle-mĂȘme, se prononce contre Temploi de qui ou ,de que aprĂšs les proÂŹ
noms celui-ci, celui-lĂ , en ce quâils sont dĂ©jĂ dĂ©terminĂ©s par ci et LĂ . II iTapprouve celte
construction que dans une seule circonstance; câest lorsqueçuf est le sujet dâĂ»ne pro^
position incidente, explicative, câest-Ă -dire quâon peut retrancher, sans allĂ©rer^le sens
' de la proposition qui a pour sujet celui-ci ou celui-là : celui-ci, qui est déjà usé, vaut mieux
que celui-lĂ , qui est tout neuf. Nous ne partageons en aucune rhaniĂšre les scrupules de ce
grammairien, et nous penson's que les exemplĂ©sj citĂ©s sont irĂšs-frĂ nçais Ă©l qĂŒils peuÂŹ
vent ĂȘtre imitĂ©s. Celui-lĂ que,'celle-lĂ que, sont des expressions beaucoup plus Ă©nergP
ques, selon nous,* que ce/ui çMc;
C*«ttcelut.«ß que j'aime.
C'ait crlle».ei qui eit Ă
Ce aoitt rellÚ-ci que je eoûa donné;
Prcnci celui ci qui petit voiu lenrir.
kXĂRCiCĂ PBRASĂOLOGldĂŒjE.
C'eit celtißw*! tnéme qui me Ta dit
ĂVst celiĂźi-lĂ que j'aĂź tu.
C'est celle-lĂ que jâalteudaĂźil
y...
raceepte celle-lĂ mĂȘme que tous oTottrĂ©t.
Ce.sont ceux-lĂ qui nrelTrai^nt ^
Ce lont cellĂȘs-tĂ iiiĂ©mĂ« que je roula'ta fuir.
CCCXLL-
Celui-lĂ SUIVI ou \oiv suivi de qui, etc, .
suivi de qui.
Le plus sage , en sa vie,
A quelquefois scs accĂšs de foĂe :
Chacun s'égare ,,et le moins imprudent
Est celui-lĂ qui plus tĂŽt se repenl.
' (Voltaire.)
(klĂči-iĂą qui viĂŻ i^orĂ© viV heureux:
(Boniface.)
NON SUIVI DE qui*
Celui-lĂ est riche qui reçoit plus quĂŒ ne çopsmnĂšj
celui-là est pauvre, dont la dépense excÚde ja re
cette. (LĂ BrĂvkrk.) '
Ceßwi-ïd vßt ignoré qui vit heureux.
(Boniface.)
En vĂ©rtu du principĂš erronĂ© par eux posĂ©, que cĂ©lui-lĂ he saurait ĂȘtre suivi de qui ou
de que, tous les grammairiens, BoWßface excepté, condamnent Jes exemples de la
premiĂšre colonne. DâaprĂšs euX/VolfairĂ© ĂŒĂčrĂ it dĂ» cĂŽhsiruirĂ© son vers* de celte façon ;
Celui-lĂ est le moins imprudĂšfttâ qui plus tĂŽt $Ăš rĂ©penU Nous he cohĂŻĂ©sfons pas que celle
conslruciion ne soit bonne; mais nous sommes loin de penser,* p6u*r cela; qĂŒe celle
adoptĂ©e par le poĂšte lĂš soit moins. On a donc deux formes au lieu dâune ; seulement,
on sera correct en disant : Celui-Là qui vit ignoré, vit heureux, et Ton sera élégant en écri
vant ce/«i-/Ă uiÂŁ/ĂźeMretĂȘa;, qui vit ignorĂ©. La pensĂ©e est absolument la mĂȘme. H ĂŒy a de
diffĂ©rence que dans la construction. Il en est de mĂȘme dans ces phrases : Tei homme,
qui, dans un excÚs de mélancolie, se tue aujourd'hui, aimerait à vivre, s'il attendait huit jours;
. ( ëi )
tel vditi iĂ©tablĂȘ applaudir, ^ui voĂŒi raille ei vous teurfe. Mais ft'anticĂźpoiis pas, cĂ«st ce qĂŒe
lâon verra Ăšn son lieu.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
CeluWĂ qui pense bien troiiTcra bien.
Celui-U quieit rirbe nëst pas toujour-< heureux.
CcBe'lĂąqui me veut du bien est mon amie.
Ceux-lĂ qui sont vos enuetnis, ue soutj>as mes amis.
CeluĂź-IĂą Irouvera bien qui pense bien. ^ â
Celui-là nëst pas toujours heureux qui e>t riche. ^
Celle.la eat mon amie qui me veut du bien.
Ceux-lĂ ne sont pas nies amis qui sont vos ennemis.
so N CCCXLII. 9^»-^
Ce SUIVI ou NOM SUIVI ĂŒâUN SUBST.VNTIF,
SUIVI dâun nom.
Cet objet qui les avait transportés, les occupait
sans cesse. (Bossuet.)
' Pour jouir de cet objet gĂŒil aimei ^
(Fléchier.)
Cet acctrfenf giĂŒ de^Tait nous pĂ©nĂ©trer jusquâau
fond de lâĂąme ne fait que nous Ă©tourdir' pour quelÂŹ
ques moments. ^Bossuet.)-
Quand jâaurais obtenu tout ce que je croyais cherÂŹ
cher, je nây aurais point trouvĂ© ce bonheur dont mon
'cĆur Ă©tait avide. (J.-J. Rousseau.)
Je me souviens de cet instant plein de joie et de
trouble oĂč Je sentis , pour la premiĂšre fois, ma singuÂŹ
liĂšre existence. ' (Buffon.)
*
... Oui, seigneur, elle ose
Dans ses beaux compliments appuyer «ur ce point.
(PironI)
employé seul.
Ce qui mâa frappĂ© comine poĂ©tiquene serait-il que
bizarre .f» . (D»- Chas les.)
Heureux ceux qui aiment parfaitement el librement
ce quHls sont obligĂ©s dâaimer nĂ©cessairement.
(Pascal.)
Je me trouvai entre les bras de trois ou quatre jeunes
gens qui me racontĂšrent ce qui venait de mâarriver.
(J.-J. Rousseau.)
Ce dont je me flatte, du moins, câest que la criÂŹ
tique , dont le talent duil ĂȘtre lâobjet, ne sâĂ©tendra
pas aujourdâhui sur les intentions.
(Arnault.)
Cest lâheure oĂč la nature un moment recueillie.
Entre la nuit qui tombe et le jour qui sâenfuit,
S'élÚve au créateur du jour el de Ja nuit.
(Lamartine.)
Ăcrivez-moi, de grĂące, vos petites rĂ©flexions «ur
ce. (VoLTAlKK.)
Lâadjeciif dĂ©monstratif ce, ordinairement suivi du nom qĂŒil dĂ©termine, peut sâemÂŹ
ployer avec ellipse de ce, mĂȘme nom. ' >
Mais voyez oĂč ne conduit pas Toubli des principes mĂȘmes les plus simples ! De ce
que Tusage permet de dire : Cet objet qui m'avait frappé ou ce qui m'avait frappé; cet acci
dent qui venait de m'arriver ou ce qui venait de m'arriver; ce bonheur dont mon cĆur Ă©tait
avide ou ce dont mon cĆur Ă©tait avide; cet instant est l'heure ou c'est l'heure; cet homme est
mon ami oix c'est mon amij grammairiens et professeurs ou soi-disant tels, en concluent
que le mol ce ĂŒest pas le mĂȘme dans les deux cas, et qĂŒil est tout Ă .la fois adjectif et
pronom: adjeclif, lorsquâil est suivi de son subsiantif; pronom, quand il est employĂ©
seul ; comme si un mot pouvait changer de nature en changeant dâemploi ! Le bon sens
public fera justice, nous Tespérons, die celte doctrine absurde enfantée par des esprits
étroits ou superficiels, r
( 405 )
NÂź CCCXLIII.
EMPLOI DE ce DIT PRONOM.
CE QUI.
Ce qui fait le héros, dégrade souvent ITiomme.
(Voltaire.)
Tout ee gui n'est pas Dieu ne saurait remplir notre
attente. (Pascal.)
Eile était captive des ennemis de sa maison , et (ce
gui était pius déplorable) captive des ennemis de
TEglise. (Bossuet.)
Mais ee qui me choque de ces beaux esprits, c'est
gu'iis ne se rendent pas utiles Ă leur patrie.
(Montesquieu.)
Ce nâest pas ce qui nous Ă©lĂšve au-dessus des autres
hommes qui nous rend heureux; câcst ce guĂŻ nous
réconcilie avec Dieu. (Massillon.)
Ce qui est certain, câest que le monde est de traÂŹ
vers. (Fénelon.) .
Ce gui sâemploie dans tous les rapports possibles, câest-Ă -dire comme sujet et comme
complĂ©ment de verbes ou de prĂ©positions. Il se dit des choses, el mĂȘme des personnes,
qĂŒil dĂ©signe dâune maniĂšre vague. 11 sert aussi Ă former une purcnthcse, et, comme
dans le 2* exemple de la 2Âź colonne, se rĂ©pĂšte lorsquâon veut marquer une opposiÂŹ
tion.
CE QUE.
Ce qu'on gagne en amour, ne vaut pas ce qu'on perd.
(Bemoustier.)
Et nous appellerons bonheur de notre vie ce quâil
faut quitter, ce gĂŒil faut haĂŻr, ce gĂŒil faut expier !
(Flkciiier.)
Ce gĂŒil y a de vrai, c'est que Tagriculture Ă©tait
extrĂȘmement honorĂ©e chez les anciens Romains.
(Rollin.)
Ce que la discipline de lâĂglise avait Ă©tabli, la proÂŹ
vidence de Dieu lâa exĂ©cutĂ© sur votre vertueuse sĆur.
(Fléchier.)
On aime sans façon tout ce qu'on voit de belles,
(T. Corneille.)
On ne peut désirer ce qu'on ne connaßt pas.
(Voltaire.)
On approcha d'elle tout ce que l'Espagne avait de
plus vertueux et de plus habile,
(Bossuet.)
Ce gĂŒnne judicieuse prĂ©voyance nâa* pu mettre
dans lâesprit des hommes , une maĂźtresse plus impé
rieuse, lâexpĂ©rience , les. a forces de le croire.
(Id,)
CĂšgue sâemploie, comme ce qui, pour les personnes, pourles choses, et dans tous les
rapports possibles. 11 peut aussi avoir un complĂ©ment : Onaime sans façon tout cĂ«âqĂŒou
voit DE BELLES *, CC qiCĂŒ a dâintelligence. AbrĂ©gĂ© de : on aime sans façon tout ce ( nombre )
i»E BELLES quon voit; ce (degré) d'intelligence qu'il a. ^ -
« Ce, antĂ©cĂ©dent du que relatif, dil Marmontel, peut ĂȘtre Ă©galement nominatif ou
» rĂ©gime direct de quelque verbe.qĂŒe ce soit. Mais sâil est rĂ©gime du second verbe, et
» qĂŒil prĂ©cĂšde le premier, il faut que le entre deux verbes en indique la relation. Yous
» le voyez dans cet exemple : ce qĂŒe j'avance, je le prouve; au lieu que ce, entre les
» deux verbes, ne demande plus rien qui en marque le rapport ; je prouve ce que
» j'avance. »
A part le faitdâusage, qui est vrai, il y abien des erreurs dans ce peu de lignes.
Dâabord nous ne concevons pas comment ce peut ĂȘtre.rĂ©gime du second verbe et pré
cĂ©der le premier, et cela pour deux motifs : câest que le second verbe a dĂ©jĂ un rĂ©gime,
qui est le, et qĂŒun verbe, quel qĂŒil soit, ne saurait avoir-deux rĂ©gimes.
âą 1 /i06 )
Ce qui a trompĂ© Marmontel, câest qĂŒil a considĂ©rĂ© ce comme un plĂ©onasme; mais
nous avons fait voir qu'il nây a, dans aucune langue, de plĂ©onasmes proprement dits.
Ce, dans celte phrase : ce que j'avance f je'lé piiouvé, n'est donc pas.un ifiol inutile, mais
au contraire un mol nĂ©cessaire; seulement il est employĂ© dâune maniĂšre elliptique..
En voici lâanalyse complĂšte : (quant a) ce (fait) que j'avance, je lb prouve; analyse qui
nous prouve que ce nâest ni rĂ©gime ni sujet, mais bien le complĂ©ment de lâexpression
qiiant Ă ou toute autre semblable sous-eniendue.
câest.
cMf <un méchant métier que celui de médire.
(Boileau.)
*
Cerf est que par les sens que^âĂąme peut sâinstruire.
' . T' âą''(ĂONfANES.)
Ce «ont nos méthodes qui nous égarent.
(BeriN. le Saint-Pierre.)
Chez les anciens, FĂȘtaient les vieillards qui gou-
Tcmaientt chez*nĂŽus,* cessant lefe jĂ©irncs^gen'^. â
â m
. Ce fut dâune retraite de pĂątres et dâaventuriers que
BortirĂ©htlĂšs conquĂ©rants âde lĂŒnivĂ©rs*. ^
f - 'i * I* (Rollin.)
Cs furent les PhĂ©niciens qui inventĂšrent lâĂ©criture*
(Bossuet.)
Quâai-je fait ici-bas ß» jetais fait pour vivre, et je
meurs sans avoir vĂ©cu,' Au^moins"cĂ© nĂŒ pas Ă©tĂ© âma
faute. âą' (J.-J. Rousseau.)
Apprendre les langues Ăźes plus difflciies ,^*cohnaĂźtre
les livVes ct'lesâauleurs, etc., Font Ă©tĂ© vos premiers
plaisirs. (Fleçiiier.)
Ce nézera ni la force de vos armées, niYétén^uc
de votre empire , qui vous' rendront cher à vos péii-
ples ; cé seront les vertus qui font les bons rois.
Ce seraient paroles exquises,
Si c'Ă©iĂ lt-ĂŒn*gi^d"qui parlĂąt.
' " ' (MoliĂšre.) '
QuâeĂ»up f^t? ĂŒeĂ»r Ă©tĂ© lion contre lion.
(LĂ F'ontaiwk.)
ie partis sans lumiĂšre; si j'en avais Ăšu, Faurait
peut-ĂȘtre Ă©tĂ© pis encore. « -i t - n - ^ si : n*
(J.-J. Rousseau.)
Entre la veuve dâjine annĂ©e
Ăt ih Veuve dâuhe journĂ©e, .
La différence est grande Toh né' croirait jamais
Que ce fĂ»t la mĂȘme perconne.
' (La Fontaine.)
t? y* :
Le grand usage de ce employĂ© sans substantif, câest, comme on le voit, de se placer
EST-CE ?
«
Est-ce un si grand malheur que de cesser de vivre?
'Ăź r: *. *âą f- « ' * :^**(RaĂINK;)
Dire quâon ne saurait haĂŻr,
Nest-ce pas dire quâon pardonne?
V âą ' âą (MoliĂšre.)
Sont-ce des religieux qui parlent ainsi ? ' "
(Pascal.)
Etait-ce des palais ? (Delille.
NĂ©tĂ iĂ©nt^e pas lĂšs mĂȘmes hommes? ' â ' ^ â
- . - (Chai kaubbianp.) âą
Quoi donc, Ă votre avis, fut-ce un fou quâ^Iexandre?
âą ^ ' â '** " (Boileau.)
Fut-ce des avis à dédaigner ?
(Planche.)
Peut-ĂȘtre nĂŒ-ce pas Ă©tĂ© par hasard que les sciences
se sont tenues entre lemont Atlas et la mer Batliquef
^ (Fontenelle.)
Sont-ce des fiĂšvres qui vous ont pris ? *
3V. DE SĂVIGNĂ.)
» * â (iij <âpx Ol^
Qui jugp çe ^ani| prorts ? sera-çe ßa raifon^»
. A 1.G Ăź (VOLfAIRH.7
t
Scra-ee vos frĂšres que lâo'h choisira?
.«Ui: Uu. I - s .â â(Planche.)
Moi lâemporter ! et que $erqit-ce ,
Si VoĂčs portiez uhĂš 'maison ? *
â - â-'(La Fontaine.) ,
Si lâhomme a une raison universelle , ne serait-ce
point parce qĂŒil a des besoins universels ? ,
â (Bern- dh'Saint-Pihbrb.)
Qui que câait Ă©tĂ© qui vous lâait dit, il sjest trompĂ©.
* - ' â - . â (Planche.)
Si voua aviez demandĂ© quelquâun, cĂ»f-^Ăš, auratt-
ceĂ©tĂ© moi'^P: ! â ' v (Dessiaux:)
tJn Irlandais ne conclut pas'de marché, fût-ce pour
un spi penny, sans élopence , sps discussion, sans
clSmeurs,â sans cbhtĂŽrsions vĂ©hĂ©mentes/
(PhilarĂšte Chasles.)
voudrait que) ce fût (mdmc), etc.
Mais ia transposition de ce, aprĂšs le verbe ĂȘtre, soit par interrogation, soit par excla-
ination, peut-elle toujours avoir lieu?
M. Botfiiface trouve sont-ce trop dur et va jusqĂŒĂ le proscrire. Tous les Ă©crivains en
I f ' ĂŻ J . Nt .Ti » »3* c.- . '-J » . ' ^ * .. M H âV> ,'t« S » .MU. ,
vers et en prose protestent contre cet iniiiste arrĂȘt. ' "
On dit fût-ce, au singulier comme au pluriel : furent-ce,fussent-ce ne seraient pas sup
portables.- . .
Ont-ce été est inusité^ pn y supplée par Ip présent ^ontice? ⠧gWT-CE des fiÚvres qui
vous ont pris? * ^ ^-
A-ce été est peu usité ; on y substitue est-cef?
Seront'Ce est trop dur,- il ĂŒest pas usitĂ©". ' -
On Ă©lide Ve de ce et on le remplace par l'apostrophe devant est, Ă©tait, Ă©taient, a Ă©tĂ©, ont â
éte. Ainsi on dßt : c'est, c'était, étaient, c'a été, c'ont été (1). Gette élision a lieu aussi de
vant le pronom en. Exemples : â
Narcisse, cten est fait, NĂ©ron est amoureux. Madame, c'en est fait, et vous ĂȘtes servie.
(Racine.) ' . âą ' (Racine.)
Nous disons suivi du verbe Ă©/re, car si en avait pour suite tout autre mot, ee ne subi-
I ^ 'i ^ * f *
rait point dâĂ©lision. Exemple : ce eri quoi il faut imiter La Fontaine, c'est en ce fĂ»'Ăźrna
imité''personne, ' ^ (Arnault.) ,
LâanalygĂȘ de ce vers : c'est un mĂ©chant mĂ©tier que celui de mĂ©dire, est celle-ci : ce (mé
tier). que (je yaié désigner,, c'est-à -dire) celui de médire, est un méchant métier. Tous les'cas
analogues peuvent ĂȘtre soumis Ă la mĂȘme analysĂ©.
%
CE PEUT, CE DOIT, ETC.
Figurez-vous quelle joie ce peut ĂȘtre que de relever
la fortune d'une personne quon aime.
(MoliĂšre.;
Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins,
Ce doit ĂȘtre celui dâĂ©viter la famjne.
â (La Fontaine.)
Les Portugais auraient dû, ce semble, établir toute
leur puissance dans cette Ăźle (de Ceylanj.
(Raynal.)
La noblesse et lâargent sont brouillĂ©s, ce me semble,
A ne pouvoir jamais se bien remettre ensemble.
* â ' (Boursault.)
Câest un dĂ©faut capital qĂŒil faut Ă©viter dans quelÂŹ
que sujet que ee puisse ĂȘtre.
(Voltaire.)
Je devais, ce dĂźs-tu, te donner quelque avis
QuJ te disposĂąt Ă la chose.
(La Fontaikh.)
Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux lu lâauras.
â " âąâą âą âą
, Doux frésors, ce dßt-il, chers gages qui jamais
N'attirĂątes sĂ»r vous lâenvie et le mensonge.
(W.)
... Soit fait, 'ce dit le fi'Ăšre, (/Ăą.)
Il lui fallait quelquĂ©'simple bourgeoise, â '
Ce disaUrelke. pu petit trafiquant,
Traiter ainsi Tes filles de mon rang ! (Id.)
Il emprunta. Quand ce'vint Ă p'ayer,
Et quâĂ sa porte il vit le crĂ©ancier.
Force lui fut dâesquiver par la fuite. (Id.)
Ce peut aussi se placer devant les verbes pouvoir, devoir, suivis de ĂȘtre, el devant les
. r , â * : â âą â âą * âą ...... m'--, '..f . ,
verbes dire et sepfibler. parce que Tauteur de la Grammaire des Ărgmmaixes a faii,
comme lous les autres, son ouvrage en Tabsence des faits, qĂŒil a avancĂ© que « quand
» ce est pronom dĂ©monstratif, il n'est joint qĂŒau verbe ĂȘtre, »
(1) On doit Ă©crire câa Ă©tĂ©, c'ont Ă©tĂ©, et non pâa Ă©tĂ©, ç'oni Ă©tĂ©, lâapostrophe dispensant de la cĂ©dille : Chacun
a ses fantaisies : câa toujours Ă©tĂ© la mienne, et je ne pense pas comme JEToroce sur ce point lĂ .
(J.-J. Roussead.)
; J âiâ *
{ 408)
Ca qol^rd leifeanei ^eoi.
A M qui doit Dous MiTir.
De ee qui le (tĂšue.
A Hions ce qai doit ĂȘtre eimĂ©.
Ce peut ĂȘtre Trat.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Ceqnevoui dĂźtea.
A ee qu'il fait.
De ce qu'il pen^e.
Faites cc qu'au fouS dit
Ce doit ĂȘtre {aux.
Cëst mon amß.
C'était son idée Gxe.
Ce fut un fcratid homme.
Ce sera un héros.
Ce me semble.
Bstrae Totre «mt
ÂŁtait*ce un sarant.
FuUce uu habile homme }
Sera-ce un héros
Ce ditĂŒL
NÂź CCCXLIV'
Ceci, cela.
Ceci.
s
Ceci ne me plaĂźt pas, dit elle aux oisillons.
(La Fontaine.)
Je suis un peu surpris de tout ceci,
(Massillon.)
(Id.)
Apprenez bien ceci.
Cela,
Cela dit, maĂźtre loup sâenfuit et court encore.
(La Fontaine;)
La grenouille Ă cela trouve un trĂšs-bon remĂšde.
Vous nâavez pu dĂ©savouer cela.
(Pascal.)
Cccfet cela sâemploient dans lous les rapports el ne se disent que des choses. Ces
deux mots, qui sont une contraction du démonstratif ce et les adverbes ci et/«, suppo
sent toujours entre eux un nom que Tellipse sous-entend. Ceci, cela, câest pour cet ob-
jet-ci, ce discours-ci, ce propos-ci, ce fait-cl; cet objet-lĂ , ce discours4Ă , ce propos-lĂ , ce
fait-lĂ (\). ' .
*IL
Ceci ET cela compares.
Ceci.
Quant aux riches , mon cher petit Pollux, dis-leur
ceci en mon nom : Ah ! insensés , pourquoi gardez-
vous soigneuscmiĂżit cet or, et vous lourmcnlez-vous
Ă calculer vos usures ? (Belin de Balu.)
Cela,
' JâaĂźhie cette maxime chinoise : TĂąme nâa point de
secrets que la conduite ne révÚle. Cela est vrai à Paris
comme à Pékin. (Suard.)
On se sert de ceci pour indiquer ce que Ton va dire, et de cela pour rappeler ce qĂŒon
a dit. CĂ©pendant Tusage permet souvent dâemployer indiffĂ©remment lâun pour Tautre.
Exemple : On'voit des femmes qui, sans ĂȘtre ni vieilles ni. laides, nen plaisent pas davantage;
et CECI s'applique Ă la voisine du chevalier. (Lemontey.)
/
lll.
Cela DĂSIGNANT UNE PERSONNE.
Il aurait bien besoin de deux grains dâellĂ©bore.
II Ă©tait moins distrait hier qĂŒil nâest aujourdâhui :
Ce/a croĂźt tous les jours, je me gĂąte avec lui.
(Kkgnard.) ,
Elle est de ces beautés qui, malgré leur me'rite,
Ne sauraient pour longtemps sâassujettir un cĆur*
Tiens ! cela ne sait pas rappeler son buveur.
(Piron.)
Bien que cela ne se dise que des choses, cependant on peut lâemployer aussi Ă TĂ©gard
(I) La preuve, câest que ĂŻe plus souvent, comme le dit Marmontel, ces mĂȘmes particules, ci et lĂ , se dĂ©taÂŹ
chent de ce pour se placer aprĂšs le verbe : Cest ici ce que f examine; ce fut la ce gui me surprit. On dl-
ĂŒait en un seul mot : Cest cela que f examine ; ce fut cela qui me surprit.
( 409 )
des personnes, mais familiÚrement, sur le ton du mépris : Cela parte, gela veut raison^
ner, cela se croit habile, cela se fait valoir, cela promet, cela se flatte, cela 5e croit jolie,
CELA est heureux, cela ne fait que jouer.
IV.
Ceci ET cela sans la mĂȘme phrase.
LĂŒn n'avait en l'esprit nulle dĂ©licatesse ,
L'autre avait le nez fait de cette façon-là ,
C'était ceci , c'était celo.
(La Fontaine.)
J'ai dĂ©jĂ dit'ce quâil faut faire quand un enfant
pleure pour avoir ceci ou cela.
(J.-J. Rousseau.)
Vous l'abrutiriez, si vous alliez toujours le diriÂŹ
geant , toujours lui disant : va, viens, reste, fais ceci,
ne fais pas cela. (J.-J, Rousseau.)
Avec l'épée, je tue; avec ßa plume, je ruine;
('prenant son petit collet) avec ceci, je subjugue les
belles; (prenant sa calotte) avec cela. Je coiffe tout
«le monde. â , (Piron.)
Ceci, cela se trouvent quelquefois dans la mĂȘme phrase, et en opposition; alors ceci
désigne Tobjei qui est plus prÚs de nous, el cela, Tobjel qui en est plus éloigné, comme
je il aime pas CECI, donnez-moi de CEE k,
v. .
a POUR cela.
Ăa sera comme ça voudra , monsieur Gros-Jean';
mais ça sera pourtant comme çà .
(Piron.)
Ăa me fera un peu mal au coeur, mais que faire?
(Piron.)
Dans le style tout-à -fait familier, surtout dans la conversation, on dit ça au. lieu do
cela : ça fait toujours plaisir; çà ira, ça ira; comment ça va-t-il?
VI. , . â ,
emploi extraordinaire dk cela.
Ses plaies ont cela qu'elles peuvent ĂȘtre sondĂ©es
jusquâau fond. (Bossuet.)
Lâhistoire de XĂ©nophon , plus suivie et plus vraiÂŹ
semblable en elle-mĂȘme, "a encore cet avantage ,
quâelle est plus conforme Ă lâEcriture.
(Bossuet.)
Cet emploi de cela nâest pas commun. II est le produit dâune ellipse: ses plaies ont
cela qu'elles peuvent ĂȘtre sondĂ©es jiisques au fond, câesl pour : ses plaies ont celx (d'avantaÂŹ
geux, de particillicr) qu'elles peuvent ĂȘtre sondĂ©es jusqu au fond. Lâexemple opposĂ© : L'hisÂŹ
toire de XĂ©nophon a cet avantage quelle est, etc,, nâcn est-il pas une preuve Ă©vidente?
EXERCJCE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ceci tne ptalt.
Cela tnt déplaßt.
Peii«ei i ceci.
Oi'cupta-I'o::» d.:
Qoe diles-Tous de ceci ?
Que p«ti»ez-rous de cc7a ?
Ceci mâarrĂȘte.'* -
Cela m'ioquiĂšti.
Cela l'appelle Ăźniivr.
Ce point ioiĂźcf, cela.
Comme cela, Je aérai heareux.
Cela veut j?arler.
n2
(419)
/
g? rpccw.
Ceci, cela et- ce comparés*
Ceci, cela,
Ăą \ * i
Oh l Monsieur, avoir un carrosse Ă soi ou ĂȘtre
obligĂ© dâemprunter ceux de ses amis , cela est bien
différent. (Lesage.)
Jdais non , cela n'est point, on vous trompe, Julie.
(CoRNKiLLE.)
Eh bien ! défendez-vous au sage
De se donner des soins pour le plaisii; dâautrui?
Cela mĂȘme est un bien que je goĂ»te aujourdâhui.
(La Fontaine.)
Ce sont des phrases outrées et dégoûtantes , nui-
. Bibles Ă cela mĂȘme qui est louable,
(La Druyere.)
Et lâenvie , mon pĂšrĂ©, sera-t-elle plus diflicile'Ă
excuser ? ceci est délicat, dil le* pÚre.
(Pascal.)
Le succÚs du C»ù, tragédie de Corneille , fut tel
que , pour louer en ce temps-lĂ une belle chose , il
était passé en proverbe de dire ; cela est beau comme
le Cid. '' 1 . r ' <â . (CitĂ© par Bon iracĂ.)
Ce,
i ; 1
LĂšve la tĂ©te, et regarde-moi fixement, â c'est bon ;
â11 me faut quinze annĂ©es de la vie. â cn effet
bien cher. (Lemontey.)
Je ne puis guĂšre espĂ©rer d'Ă©tre en Ă©tat dâaller en
Corse. Quand je pourrais entreprendre ce voyage, ce
ne serait que dans la belle saison.
(J.-J. Rousseau.)
Quand un guerrier souhaite la gloire, c'est la guerre
qĂŒil dĂ©sire.' - â - ('ĂNĂQĂčE.y
La mode fait applaudir Ă ee qui est honteux.
(Boiste.)
Elles ont la fureur de me croire fidĂšle,
â Cest malheureux, monsieur,
(de BiĂšvre.)
Du palais dâun jeune lapin, â
Dame belette, un beau malin ,
Sâempara , câest une rusĂ©e:
Le maßtre étant absmt, ce luKfut chose aisée.
* (La Fontaine.)
Dans le langage soutenu, on emploie ce/a et ceci; dans le langage ordinaire, on peut
le remplacer par ce; mais Temploi de cela et de ceci est plus exact el présente un sens
plus prĂ©cis. ' â ,
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Cela e*t Trai.
Crta e»t bien';
Cela est bien difficile.
Cela doit ĂȘtre facilo.
Cëst Trai.
\ Cësl bien.
Câest bien difficile.
Ce doit ĂȘtre Lcile.
âą V'.'
Cela est faax,
CelueĂŒtbien ffiebeuz.
Cela est malheureux.
Cela peut ĂȘtre «roi.
Cëst faux,
Cëst bien r&cfaeux.
Cësl niaJheureux.
Ce peut ĂȘtre vrai.
NÂź CCCXLVĂ.
Ce COMPARà A ßï, elle, etc.
Cest,
Ce nâĂ©tait pas un sot, non, non, et croyez mâen,
Que le chien de Jean de Nivelle.
(La Fontaine.)
Bien loin dâctre des demi-dieux, ce ne sont pas
mĂȘme des hommes. (FĂ©nelon.)
Platon disait de lâhomme que c'Ă©tait un animal Ă
deux jambes et sans plumes. (Pascal.)
La modestie est belle enchùssée à propos,
Mais hors de son endroit c'est la vertu des sots.
^ .(Boursault).
Il est.
On lui fait voir qĂŒtt est un sot.
(LĂ Fontaine.)
f
^ Regarde ce mouton , a-t-il dit un «seul mot?
U est sage. â Il est un sot,
Repartit le cochon. (/ri.)
. Loin dâctre les protecteurs du peuple , ils cn sout
les oppresseurs. (Massillon.)
Lâhomme nâest point homme, parce qĂŒtl est animal
raisonnable, mais parce qĂŒtl est animal religieux.
(Bernardin de St.-Pierre.)
( Mi )
L'animal diffĂšre beaucoup de la plante, puisquâil
esf douĂ© de sentiment : Fest un- ĂȘtre sensible qui ,
pendant sa vieVëst sans cesse agité par le deslr de
l'entretĂšnir et la crainte de la perdre. â
'«ââVBEnKXRDlj/ DK St-Pibrre.)
L'amitiĂ© des enfants , quâest-ce ? pure habitude.
^ 7 Ăźit-iii ; (FAbre* dâEgl'Ăntine.)
X . 1 L â . J i. .. Ăš - > . j i,; 7
Je lis et relis Lafontaine : Fest mon auteur favori,
il est admiiablc. (BoriifACK.) ^
. .i.-jh 1- âą h âą .i J... f
L'étendue de la mer est aussi grande que celle de la
terre ; ce n'est point un élément froid el stérile : Fest
un nouvel empire aussi riche, *ĂąbssĂź peĂŒp.'Ă©â'que le
premier. ^ ^ * (BuffoxN.)
Le
lâhomme des
seul caractĂšre qui distingue essentiellement
ne des animaux, câest quâi/ est un ĂȘtre religieux^
(Bernardin de St.Pierrk.)
Le dĂ©sespoir nâest point dâune Ăąme magnapjme;
SeĂŒvenĂŻti csLfaiblessV, et toujours il est crime,
(Gresset.)
La mort est-elle un mal? la vie çst-e/ïe un bien ?
^ (CREBJLLpN.)
L'éloquence de la chaire avait été presque barbare
jusquâau pĂšre. Bcurdaloue; il fut un des premiers
qui firent parler lĂ 'raison.'
'*'* (^ĂLTA^E.)
Puisque la raison n'est que la relation des objets
avec nos besoins, elle nâest donc que notre intĂ©rĂȘt
personnel. (Bernardin de St-Pierre'.) â
«
On emploie gĂ©nĂ©rnlement ce pour U, elle, ils, elles, comme sujet dâune proposition
dont Tallribut iTest pas un adjectif. Cjn peut aussi, dans ce cas, faire usage de zY,
elle, etc., ainsi que le prouvent les citations de la secondé colonne; pais Temploi de
ce est plus conforme au génie de notre Ipigue. " .
II va une grande diffĂ©rence onivo qĂčĂšllc heure est-ce? et quelle heure est-il : Quelle
heure est-ce signifie quelle osi Tbeure qui sonne en ce moment, ou que] entends sonner f
- - i Âź jt â â 5 , * â I. T âą f i»| A*' â *
Quelle heure est-il? peut se dire dans toute circonstance oĂč 1 on ignore 1 h^urc. ^.insi
quelle heure est-ce? ne sâemploie que dans la seule circonstance oĂč Ton entend une pen-
dule ou ĂŒne horloge sonner. A la question aiielle heure est-ce on doit rĂ©pondre cest
: . *â Mt J; ĂźV* 4 - p â A I i *; t â * â â i - V « . * â . "1 â Ăź '
midiy et Ă la question quelle heure est-il? on doit dire ĂŒ est midi, H nâv a guĂšre que cer-:
lains provinciaux qui cohfondĂšnl ces deux locutions.
. -1 ^ k 1 .1 h '' ^
EXERCICE phraséologique.
Co n'ûit pni an lot.
Cr n'ekl pa* un gĂȘoĂźe.
Câ*st mou lutetir fnrori.
II n'eftt pas.un *ot.
11 ti'e»l pas un génie.
Il eit mon auteur favori.
La vie , qu'csl-rr Ăź
Le monĂŽe, qu esl-ce?
Les étoile*, ce août autant,
de loleila.
L Vie. qu'ejt-elle'r
Le moitcte, qu esl-il?
Les «toiles, elles août autant de so
leils.
iv° CCGXLVII.
CfĂȘMt vrai, Fest juste, etc., et tl est vrai, il est juste, etc,
' r T': " '
m ⊠»
I
Cest vtai, etc.
Nous spmmes rentrés lard, Fest vrai ; mais en re
vanche nous nous sommes levés matin.
(Journal grammatical.)
Vous avez beaucoup Ă©crit, câest vrai ; hiais que
d'erreurs dans vos'ouvragĂ©s'! ' " ' â (frf-)
Ăźâ*â â r ^ 'â
1 )
Il ett juste , etc.
Je suis jeune, il est vrai; mais aux ùmes bien nées,
La valeĂčr nâattend pas le nombre des annĂ©es.
(Corneille.)
Je suis bien agitĂ©e, il est vrni â mais mon çceur
De vos sages avis rechefche'lĂądoĂŒceur. â '
ââ H- --'' Ăź''*ââą '{de BiĂšvre.)
II.
Vous soutenez que vous nâĂȘtes pas sorti, cest faux;
car je vous ai vu au théùtre. '
(Journal grammatical.)
U est faux que les démarches soient indifférentes
quand on a le cĆur pur.
(M»« d'ĂpĂŻnay.)
( m )
Cest.
Vous dĂ©clarez que vous mâavez payĂ© , c'est Jusie ;
mais qui vous le conteste? (Jd.)
Je te'laisserai choisir.âCest commode, il est vrai ;
mais je vous avoue que tant de pĂźaisĂźrs mâeffi aient.
(Lemontey.)
t
Les Maniotes ou Mainotes nâĂ©taient-ils pas les des-
II est.
Tl est juste, grand roi, qu'un meurtrier périsse.
(Corneille.)
H est bien plus aisé de conquérir des provinces
que de dompter une passion.
(Massillon.)
Il était clair que tous ceux qui feignaient de ne le
pas connaĂźtre, en agissaient ainsi par jalousie. j cendants des Spartiates? cela est incontestable:
(Lemontey.) j (Id.)
Il est si malaisĂ© de se dĂ©faire du vice qui plaĂźt! i Mes dĂ©fauts sont connus , pourquoi mâen affliger?
(Massillon.) | Affichons-les ; Cest si commode.^
. i ' . â (Arnault.)
Câest, suivi dâun adjectif, ne souffre pas de complĂ©ment commençant par que ou par
de. Ainsi on peut dire : c'Ăšst vrai, c'est faux, c'est juste,.c'est commode, c'est incontestaÂŹ
ble, etc. 51ais on sâexprimerait incorrectement si Ton faisait suivre immĂ©diatement chaÂŹ
cune de ces locutions dâun que ou dâun de.
Il est, veut au contraire, aprÚs Tadjectif qui le suit, un complément exprimé : il est
juste Qv'il pĂ©risse; ĂŒ est vrai Qv'il a menti; il est faux que son pĂšre soit exilĂ©; il est inconÂŹ
testable Qv'ils sont morts. Nous Remarquerons cependant que Ton peut trĂšs-bien sbus-en-
tendre ce complĂ©ment, mais devant Tadjectif vrai seulement. (2Âź colonne de la !*â * sé
rie.) La présence de tout autre adjeclif exigerait Temploi de c'est^ dans le discours fa
milier, et de cela est dans le discours soutenu.,
Voici la différence qui existe, selon nous, entre il est el c'est: il est a une significa
tion gĂ©nĂ©rale, indĂ©terminĂ©e, el extrĂȘmement vague. Au contraire, la signification de
c'est, loin d'ĂȘtre vague comme celle de 7/Ă©sf, est dĂ©terminative, Ă©nergique mĂȘme. Il
résulte de ce raisonnement que Ton ne doit substituer cto! ou cela est à il est que lors
quâon veut donner plus de prĂ©cision, de force et de vivacitĂ© Ă la pensĂ©e que Ton exÂŹ
prime (1). ^
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
% ' âą
Il iâ»t ieuii«, c «it Trai; mat* fort inctruiU II e*t ieunr, il est TraĂź ; mal* fort instmit.
i lus! Trai On dit que { ai de» dette* ; il est Tra! que fen ai; mai*.,.
'Il est aisé de... Uiflicile I au contraire, cëst trÚ*facile.
*
Ă©
fl)M. Marie regarde i7 comme un mot mperjonnel, un terme o6scwr, un gallicisme inexplicable. Nous
Fommes loin dc partager celte opinion, qui, du reste, est celle de tous les grammairiens. Il, pas plus que ce,
nâest un ßß7ĂŻ/>er50/incl, un terme obscur, un (/allids.tte inexplicable. Ei nous allons le prouver.
Quand on dit : Nous sommes rentrĂ©s fard, câest vrai, c'est vrai, Ă©quivaut Ă cela est vrai, l'analyse de la ,
phrase entiÚre est : Nous soinmcs rentrés tard, ce fai t-la est vrai. Ce représente avec énergie toute la pro
position qui prĂ©cĂšde : aussi est-ce ce qui a portĂ© les grammatistes, qui ne sâarrĂȘtent quâĂ la surface des choses,
Ă considĂ©rer en iforci! cas'rc comme un pronom. Mais lâanalyse nous dĂ©montre, de la maniĂšre la plus Ă©viÂŹ
dente/que ce n'est autre chose qu'un adjectif employĂ© ici avec ellipse du substant f fait quâil dĂ©termine.
VoilĂ pour c'est.
Maintenant, nous allons tĂącher dâexpliquer lâinexplicable il est. M. Marie cite cette phrase : Nous sommes
rentrĂ©s trĂšs tard, il est vrai, et lâanalyse de celte maniĂšre : Nous sommes rentrĂ©s tard, il est vrai que nous
SOMMES RENTRĂS TARI). Cette analysc, nous lâavouerons franchement, ne nous paraĂźt pas aussi naturelle quâĂ
lui, el nous croyons que celui qui dit : Je suis rentrĂ© tard, il est vrai, avance-un fait, et ce fait estqĂŒii
estrenĂźrĂ© tard : ensuite il affirme de ce fait quâiL est vrai. Câesl comme sâil disait : Je suis rentrĂ© tard ( et ce
tait, je ne chercherai pas Ă le contester, car, il est vrai.Or, il, rĂ©veillant lâidĂ©e du fait Ă©noncĂ©, nâesl pas, -
comme on lâappelle improprement, un impersonnel, câest-Ă -dire un mot qui ne se rapporte Ă aucun individu,
ni Ă aucune chose; câest au contraire un mot trĂšs personne/, sâil est permis de le,dire, puisquâil se rattache Ă
un nom, toujours sous-entendu en pareil cas. . '
o â
( m i
r cccxLVin. «s»»-.-
y A %
Cest ET il est en rapport avec un adverbe ou un adjectif»
Cest,
Cest peu dâĂȘtre agrĂ©able et charmant dans un livre,
Q faul savoir encore et conserver et vivre.
' (BoilkaĂŒ.)
Cest beaucoup que de savoir commander.
(Académie.)
Cest assez pour soi dĂŒn ami ; Fest mĂȘme beauÂŹ
coup de lâavoir rencontrĂ©.
(La BrĂŒtere.)
Cétait assez pour animer Jes braves de Sparte,
de leur montrer les trophées. (Fléchier.)
Ce n'est pas assez que dâentrer ainsi dans les honÂŹ
neurs , si lâon n'en use avec modĂ©ration, quand on
les possĂšde. (/d.)
n est.
Dans lâĂ©tat .oĂč je .suis, tĂź est peu apparent que je
soutienne un si long voyage.
(J.-J. Rousseau.) .
n est doux de revoir* les murs de la patrie.
(Corneille.) -
H est bon avoir de la vertu.
(DĂŒckrceaĂŒ.)
A.
' , i
/I est rare dâaimer sans avoir de rival.
(La Chaussée.)
Il est beau de pĂ©rir pour sauver lâinnocence,
(Voltaire.)
Il n^est pas toujours bon dâĂȘtre trop politique.
(BOTROUi)
Lorsque le verbe ĂȘtre se trouve modifiĂ© par un adverbe, comme peu, assez, beaucoup,
trop, etc., il doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de ce doni on Ă©lide Te (voir la 1^Âź colonne); mais si, au
coniraire/ il esten rapport avec un adjectif ayant aprĂšs Jui un auire verbe ou un que,
on emploie il (2Âź colonne). Dans U est peu apparent, peu modifie Tadjectif a/7;?ar^n5 et
non le verbe.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
CVst peu que <fe
C*e*l beaucoup que de.....
Câeit trop que'de
C'«5t iHcs que de.....
n e,t peu eertain que
Il est inalbeureusemeut trop vrai que «âątel
Il est bien peu sĂr que.'...
Il est assez probable que..,..
âą^'0 N'' CCCXLĂX.
Câest.,* de ou que de.
Câest,.» que de»
Cest une maladie dâesprit que de souhaiter des
choses impossibles. (Fénelon.)
.., Cest imiter les dieux ,
Que de remplir son cĆur du soin des mallieurcux.-.
(Crébillon.)
Est-ee séduction que de se faire aimer ?
(La Chaussée.)
Cest créer les talents que de les mettre en place.
(Voltaire.)
Cest obliger tout le monde , que de rendre service
« un lionnĂȘte hommsi. (Publ. Svrus.)
' Cest,., que ou Fest de.
Ce nâest point assez de pardonner les offenses , il
faut aussi les oublier. de Stael.)
Cest un second crime de tenir un serment criminel.
(J.-J. Rousseau.)
Cest mĂ©riter la mort, que Tattendre dâautrui.
(Decaux.)
Cest louer plus que nous que louer notre amant., :
(Saurin.)
... Cest une imprudence assez commune aux rois,
DâĂ©couter trop dâavis et se tromper au choix.
{Corneille.)
( 414)
Cest ĂȘtre criminel que ri'Ă©tre misĂ©rable.
(GĂŒym. de la Touche.)
Ce nâest pas une hĂ©rĂ©sie que de ne pas croire cerÂŹ
tains faits particuliers. - (Pascal.)
11 croit que c'est une justice quĂŻl doit Ă ses sujets,
que de leur montrer le chemin de lâhonneur.
(Fléchier.)
Cest abuser de son esprit que dâĂ©tablir de telles
propositions ; câest en ahĂŒsĂši* encore de vouloir les '
expliquer.
(Voltaire:)
... Câest du ciel attirer fa vengeance,
Qué dé laisser soupçonner l'innocence.
(Lombard de LakcrĂšs.)
Cest un pesant fardeau cf avoir un grand mérite,
(Rkgnard.)
Le mérite a toujours droit de charmer nos yeux ,
Et c'est presque en avoir que savoir le connaĂźtre.
(Langue.)
Cest un grand spectacle pour un mahométan de
voir pour la premiÚre fÎis une ville chrétienne.
(Montesquieu.)
Cest une hérésie de Résister aux décisions de foi ;
parce quc'câest opposer son esprit propre lâesprit de
Diéti; i s J (Pascal.) ^
' C^est une Ă©n*eĂčr de regarder la naissance et le rang
comme un privilĂšge. (Massillon.)
Ouvrez la GratnhtĂ irĂ© HĂšs GranimkĂźfĂšs;et vous Ăż lirez que le' riĂŒffiĂ©fj Va^ugelnSj FĂ©-
raud, câĂ«sl-Ăą-dire tous les grammairiens, observent que Fomission du de ou du que, dans
ces phrases,- serait une/a«te. ^
Ouvrez Voltaire, Pascal, Corneille', Racine, Montesquieu, câesl-Ă -dirĂš lous les Ă©criÂŹ
vains, Ă«f voĂŒs Ăż vĂšrfĂšz q'ĂŒe" rbhiii^iofi du de ni du gue nâĂšst une faute*
CâĂȘst donc Ă vous de choisir entre lĂ© P. Buffier; Vaugelas, FĂ©raud, etc., et VdItairĂ«J
Pascal,^ Corneille, Racine, etc. .
Girault-Duvivier pense qĂŒon doit considĂ©rer la prĂ©position de comme une particule
expléiiye commandée par Teuphonie et que Tusage exige. Encore une erreur à ajouter
Ă des milliers dâautres qĂŒil nous a dĂ©jĂ fallu combattre, ou qĂŒil nous reste encore k
rĂšlever. - . .
.k,-/'» J 'â ^
Dans c'est créer les talents que de les mettre en place, le de se rapporte à un nom sous-
entendu, qui peut ĂȘtre/âact/oji, le tact, le talent, ou tout autre mot semblable : C'est crĂ©er
les talents que (le talent) de to mettre Ăšn placĂ©. Celle ĂšllipsĂȘ nâa rien que de trĂšs-natuÂŹ
rel, el, câest faute de lâaVĂŽir soupçonnĂ©e que Girault-Duvivier a regardĂ© de comme un
mot mutile. Le que nâĂšst pas moins nĂ©cessaire : C est un vilain dĂ© faut QĂŒk de mentir* AnaÂŹ
lyse : Ce ( dĂ©faut ) que (je vais nommer, câest-Ă -dire celui ) de mentir est un vilain dé
faut.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
* t
Gëit uo péobé que de... (Te»t uo péché que « Cëit an péebé de.,.
NÂź CCCL.
Est-ce ceci? et est-ce ci? Est-ce cela? et est-ée là ?
Ceci, cela.
Marianne était le nom de votre épouse^, .
Lonsoiez-vous, pour une , en voicr dix* oĂč ĂĂŽuze;
Et vous ne pouviez mieux vous adresser qĂŒici.
Voyez ; est-ce cela? Tenez : est-ce ceci? ^ ,
(Piron.)
QuââŹ5!-co donc que ceci? qui nous paiera, nous autres ?
('MoliĂšre.)
à e ci, çé tà .
Passez vofrcL chemin , moQ, ^
mon chemin ? â Oui. Oui ,'âqui le pourrait. â
Quel maraud ert-cĂŽ ci ? (Regnard.)
;.. Elle disait toiĂŻt basV
Qu'crtrce Cl donc.Âź ce compagnoffh* _
Tel que jâal cru. (La Fontaine.)
i 445 )-
En conduite, en proifios, Je^suls assez légÚre,
, Coquette comme on TĂ©st, parfqiSiĂŒhpeii colĂšre;
Mais quâĂ«st-ce que cela ? â Câest behiicoup trop, ma
IçhÚre.
. [FlĂŽriIn.)
.., Quâest-ce dĂŽhb ? mĂš voilĂ .
Ma maĂźtresse se meurt ! â Quoi ! nâesUce que cela?
(MojliĂȘrb.)
Ravi comme cn^ exta^ Ă cet objet charmant.
QuâĂ«st-cc lĂ , ditnl Ă son pĂšre,
Qui porte un si gentii habit? (La Fontainh.)
Oh ! oh ! Ăąit-iĂź ; i^ĂŒ'esĂź-fce lĂ qiiĂš je vbis ?'
Le plaisant saint ! {Id.)
Il est bien facile de conclure de ces exemples, 1Âź que, dans les interrogations, on
écrll (ju'.esi-ce ci? qiTest-ce là ? saris uriir lÚs particules ÚiaiM au mot ce; 2!Ÿ que iiéan-
nidiiis si entre cĂš el ci, ce et /Ă , il se irbtive un que, cornme dans les trois derniers exemÂŹ
ples de la premiĂšre colonne, i! faiii Ă©crire ceci Ă©t cela en un seul mot; 3â quĂ© la niĂšiuĂš
chose a lieu qiiand ceci el cela sont pris comme noms, ainsi quÚ dans les vers dé
Piron.
Yoilà trois rÚgles, et trois rÚgles fondées sur des faits. Mais suiïiraienl-elles? Non;
1! nĂŽĂŒs reste Ă©hcore, selon nous, Ă en faire connaĂźtre la raison. Pour cela, nous ap-
pelierbHs, éommé toujours, Tarißiiyse à notre aide-
Or, dans ce vers : Voyez: fist-ce cela? tenez: est-ce ceci? ceci et cela ont du sâĂ©crire
ainsi, parce que nous dâavons dĂ©jĂ dit, ce sont des noms. Gâest comme sâil y avait :
Votjez : est-ce ceci [cette FEiiiiE-ci] ( qui est votre Marianne )? TĂšncz : est-ce cela [cette
femue-la] ( qui est votre Marianne)?
Dans les exemples suivants, ceci et cela ont dĂ» sâĂ©crire en un seul mot par la mĂŽme
raison. En effet, on dirait en comrnĂšnçà nt pa'r ceci bĂŒ celĂ : ceci, qu'est-ce donc? cela ,
qu'est-ce?
Mais il nâen est pas de mĂȘme dans les citations de la seconde colonnĂš : Quel mdrĂ ud
est-ce cl? ce et ci sont deux mots entiĂšrement distincts : iQuel ntaraud est-ce (que je vois)
CI [ici]? ou bien (cet homme que je vois) ci [ici],* quel maraud est-ce{i)?
il esi donc bien important, comme ori le voit, de ne pas confondre ces deux ëÎries
dâorlogrnphes, ainsi que le font journellement les typographes. Câest Ă eux qĂŒil faut
reprocher les fautes qui existent dans les passages suivans:
Quelle diable de visite est ceci? (Piron.) Quâest ceci? dit Ăźe financier :
Comment! les cliantres du bocage
Pour leur juge ont choisi cet animal sauvage?
(Florian.)
Il failail ; QĂŒĂ©llĂ© diable de visite est-ce ci ? abrĂ©gĂ©e dĂ© : QuĂ©llĂ© diable dĂš visitĂ© est-ce (que
nous allons avoir) ci [ici]? ét qii est-ce ci? dit le financier, abrégé de : Qu est-ce (que je
vois) et [ici]?
La Fontaine a commis une autre sorte de faute dans ces vers :
âą . 1 â
(1) MoliÚre va* se charger dé justifier notre analyse. Dans lÚs Pre'cieuses ridicules il a dit : Quel diable de
jargon entmds ' " â * ^
quel diable de
jargon entends-je ici ? votci bien du haut style. Il aurait pu dire : Qiiel diable de jargon cs/-ck. ci ? ou
qitel diable de jargon est-ce que jâeritends ici ? Ailleurs il avait dit aussi} Par rna foi ! je ne «n/ç yjĂŽiM/ quelle
bĂȘte câest la. li aurait Ă©galement pu dire avec lâinterrogatiĂ©fi : QĂčelie bĂȘte est-cĂš ix ? Les parlicĂčlĂ©s ci eĂčĂą
sont évidemment des mots qui expriment une circonstance ou de lieu ou de temps, et qui, par conséquent ne
doivent pas ĂȘtre unies au mot ce. Et ce qui achĂšvera sans doute de prouver que ces pai'licules ont uu sens
tout-Ă -fait indĂ©pendant de ce, câest quâon peut les supprimer ; exemples :
Quel homme csÂŁ-ce ? (Regnard.)
Comment ? jQu'wf-ce.^plaĂźWl? parlez, expliquez-vous.
{Jd.)
Quâest-ce? eh bien? qĂŒavez vous? vous ĂȘtes tout
[changé.
(Regnard.)
( m )
lyabord la peĂŒt sĂȘ saisit de notre hoitiriiĂŽ,
Qute5/-ce cela? songe-t-il; cst-ilmort?
.âą* 0 dieux ! qĂŒcs!-ce cela?
il dit en sol : ftustic, qĂŒe sals-tu faire?
Veiller, prier, jeûner, porter ïa haire.
QĂŒertoe cela? moins que rien, tous le font*
Mais on sent qĂŒil ĂŒy a Ă©tĂ© entraĂźnĂ© que par Ja mesure du vers, car partout ailleurs
il a dit : Qu'est-ce lĂ ? La mĂȘme cause a produit Tincorrection suivante :
Une dame demande Ă vous parier. â Son nom ?
â Marianne. ^âComment! que ceci veut-il dire?
(Piron.)
En terminant ce numĂ©ro,-qui nous a coĂ»tĂ© de longues recherches (1), peut-ĂȘtre nous
pardonnera-l-on de, dire que nous sommes les premiers, nous le croyons du moins, qĂŒi
ayons abordé un point aussi important el aussi difficile. Car on doit regarder comme
presque nul ce qĂŒen a dit Lemare. En effet, nous le demandons, quelle analogie y a-
l-il entre ces quatre exemples qĂŒopposece grammairien?
CâĂ©tait ceci, câĂ©tait cela.
(La Fontaine.)
Cela dit, maĂźtre loup sâenfuit et court encore
jd.)
Ah ! dit-il, quâe«l-ce ci ? ma femme est-elle veuve?
(La Fontaine.)
Quâesl-ce lĂ ?lui dit-il. â Rien. âQuoi! rien.
â Peu de chose. , jd.J
Et ĂŒesi-ce pas vraiment se moquer deses lecteurs, et dĂ©couvrir son propre embarras,
que dânjouler, comme il le fait assez souvent : « Les amateurs de rĂšgles en peuvent faire
Âź * fv
^ 6 une à vue de ces exemples, au risque de trop généraliser selon leur coutume. »
(?uëst-ce que cccß xeut dire?
Qu e.kt c« que ligtiiUo ?
Qcëftl-ce que ctrci ?
Quëslrac que cela ?
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
(Jirësl'ce ci?
Quëst-rae là ?
Quel bomtne esUee cĂź?
Quelle femme eiirae lĂ ?
Quels imbéciles sont-cc là ?
Quel fou c»t-ce ri ß
Quel» coules sont-ce là ?
Quelles histoires lotU-ce tal
. (1) Les bornes dans lesquelles nous nous faisons un devoir de nous renfermer-ne nous ont pas permis de
citer lous les exemples que nous avons recueillis. NĂ©aumoins, comme ce cas pourrait embarrasser plus dâun
lecteur, nous croyons devoir ajouter les suivants Ă ceux dĂ©jĂ citĂ©s. Ils serviront Ă faire voir lâusage constamÂŹ
ment suivi eu pareille circonstance par les écrivains.
Lors le.prince en son Ăąme
QĂŒeĂŒ-ce ci donc? (La Fontaine.)
Vous vous taisez ! pas un mot l qĂŒcst-ce lĂ ?
jd.)
Que diable est-ce lĂ ! je fais toujours tien le preÂŹ
mier vers ; mais jâai peine Ă faire les autres."
(MoliĂšre;)
Universel étonnement.
Est-il fou ? quâest-ce lĂ ? vienWl de voir quelquâune ?
(La Fontaine.)
Mon Dieu 1 quels amants sont-ce lĂ ?
jd*)
Supposons lâimpunitĂ©, je le veux ; et les remords ?
â Les remords! quelle hĂ©te est-ce lĂ ?
(PlROW.)
Le jeune homme tombé des nues.
Demandait : QĂŒe.H-ce lĂ ? Ce sont des gens de cour...
Et lĂ ?.. Ce sont palais... Ici? â Ce sont statues.
(La Fontaine.)
... QĂŒesf-ce ci ? dit la bĂȘte ;
Une Ă©crevisse rouge I... Ah ! bon Dieu, quel Ă©clat Ăź â
(Lemontey.)
QĂŒe«<-ce ci? disait-il, je ne vis de ma vie
Chose de telle étoffe. (La Fontaine.)
/ Ce vers de La Fontaine ; Mon Dieu! quels amants sont-ce lĂ ! nous donne occasion de remarquer que lors
ßhéme que le verbe est au pluriel, «onf-ce, on doit dans les interrogations écrire ce c», ce là séparément.
( M7 ) .
t
GCCLl.
Ce EMPLOYĂ PAR ĂNERGIE. .
AVEC ce.
o seie charmant! c'est dans vos vertus quest
votre puissance. (Bern. db SaĂŻnt-Pierre.)
Eh: seigneur, c'est fort peu de chose quĂŒn dieu
quand il est mort ! (VetTDRE.)
Cest un sĂź vaste champ que le champ de la gloire,
Quâon y peut arriver par diffĂ©rents endroits.
(BoĂŒrsault.}
. . . Quand on est misérable,
Cest un fardeau de plus quĂŒu nom considĂ©rable.
(La Cuaussée.)
E#ÂŁ-cadonc pour veiller quâon se couche Ă Paris?
(Boileau.)
Par ma foil Fest une charmante chose quĂŒne
femme. (Regnard.)
ON POURRAIT DIRE SANS C0.
0 sexe charmant l votre puissance est dans vos
vertus.
Eh ! seigneur, un dieu quand il est mort est fort
peu de chose.
~ Le champ de la gloire est si vaste, qĂŒon y peut
arriver par différents endroits.
Quand on est misérable, uq'nom considérable
esf un fardeau de plus,
A Paris se couche-t-on pour veiller?
Par ma foi! une femme est une chose charÂŹ
mante
Mais quelle différence entre ces deux sortes de construction, et combien la premiÚre
est plus énergique 1 Ce est donc propre à donner aux phrases plus de variété et plus de
force. Il est surtout merveilleux par les moyens quâil fournit de mettre sur le devant du
tableau ce qĂŒon veut faire le plus remarquer. Par ce seul mot, lâun desâplus caractĂ©ris-^
tiques de notre langue, beaucoup de phrases peuvent ĂȘtre doublĂ©es et prendre un tour
plus pittoresque et plus énergique.
Câest Dieu qui a fait le monde.
C'est la souris qui iâa mangĂ©.
Ce nâest point par eSbrt quâon aime.
Dieu a fait le monde.
La souris l'a mangé.
Ott nâaime point par effort.
JV" CCCLII.
Ce EHPLOTĂ PAB P1ĂĂNAS9IB.
' AVEC ce.
Son unique désir, crois-moi, Fest de charmer.
(DorĂąt.)
Le plaisir des bons cĆurs, Fest la reconnaissance.
(La Harpe.)
SANS ce.
Le premier commandement de la religion esf d'aiÂŹ
mer Dieu, (Bern. de Saint-Pierre.)
La premiĂšre qualitĂ© dâun bon roi est la fermetĂ©.
(Louis XJV.)
« Les vers de la premiÚre colonne, disent Lemare et Boniface, présentent deux pléo
nasmes, lâun nĂ©cessaire et lâautre utile (1). Dans le premier, on ne peĂŒt supprimer le ce ;
dans le second, au contraire, cette suppression peut sĂ« faire : lâexpression nây perd que
son énergie. »
Nous croyons que ces deux savants grammairiens se sont fait illusion. En effet,
Son unique désir est de charmer,
et Son unique désir, c'est de charmer,
ne sont pas deux phrases identiques ; elles diffĂšrent essentiellement, et quant au sens, el
(1) Nous avons peine Ă nous,expliquer comment un mot que lâon gratifie de deux natures, en le regarÂŹ
dant ici comme ewĂŻ/ecft/, lĂ comme pronom, ne soit plus ailleurs ni lĂŒn ni lâautre, et devienne, par une de
ces bizarreries .dont aucune langue ĂŒoffre d'exemple, un signe purement euphonique, une lettre morte,
telle que le t dans parle t-on. Bien certainement, il y a là quelque méprise de la part de nos doctes
grammairiens, et nous les invitons à y réfléchir.
' . 53.
, . â ( 418 ) .
SOUS le rapport de la construction et de la fonction des mois, il est facile de sâen conÂŹ
vaincre en les comparant attentivement.
En disant ; Son unique désir est de charmer, on énonce simplement un fait, et un fait
trĂšs-ordinaire , ou du moins auquel on semble nâattacher aucune importance. Mais en
disant: Son unique'dĂ©sir, câest de charmer, ce tout* elliptique marque bien plus Ă©nergiÂŹ
quement la pensĂ©e do celui qui parle, Ăšn mĂȘme tem'ps qĂŒelle lui donne plus dâintĂ©rĂȘt et
de vivacitĂ©. Câest comme si lâon disait : « Cet homme, peut-ĂȘtre croyez-vous quâil ambiÂŹ
tionne les richesses, qĂŒil veut obtenir des honneurs, des distinctions, des places? DĂ©sÂŹ
abusez-vous. Cet homme nâa quâun dĂ©sir, un .seul dĂ©sir , et cet unique dĂ©sir qui possĂšde
son Ăąme, qui absorbe son ĂȘtre, cest de charmer. » Quelle foule dâidĂ©es 1 Et ĂŒesUce pas
vraiment une chose remarquable quâil soit possible de les peindre toutes au moyen du
seul petit mot ce /
Dans son unique désir est de charmer, le verbe est a pour sujet son unique désir; il
nây a dâellipse que devant la prĂ©position de : son unique dĂ©sir est ( le dĂ©sir) de charmer.
Mais dans son unique dĂ«stV, câest dĂ© charmer, est nâa plus pour sujet son xmique dĂ©sir^
ainsi que le pensent ù tort Lemare et Boniface; le seul (1) et véritable sujet de ce verbe
estcc, et ee qui le prouve dâune maniĂšre palpable, câest la ponctuation, qui, dâaccord
avec la pensĂ©e, a voulu quâon sĂ©parĂąt son unique dĂ©sir de cest de charmer ^ sĂ©paration
qui nâa pas lieu dans la premiĂšre,phrase. Mais si ces mots ; son unique dĂ©sir, ne sont
point le sujet du verbe, quelle peut ĂȘtre leur fonction ? Car il faut de toute nĂ©cessitĂ© ou
quâils soient sujet ou qu'ils soient complĂ©ment. Analysons cette seconde construction, et
nous aurons : (quant à ) son unique désir, ou (si vous voulez connaßtre) son unique
DĂSIR, [eh bien!) cet (unique dĂ©sir) est (celui) de charmer. Celte analyse, en nous
montrant clairement Ăźe rĂŽle que remplit chaque mot, nous prouve de plus que ce ĂŒest
point de trop dans la phrase, et que, par consĂ©quent, il nâest pi un double sujet ni un
pléonasme.
Dâailleurs, un principe incontestable pour nous, et pour tout esprit que les prĂ©jugĂ©s
nâont point viciĂ©, câest que la prĂ©sence ou lâabsence dâun mot quelconque dans une phrase
doit nécessairement lui faire subir quelque modification, soit sous le rapport du sens,
soit sous le rapport de la construction ou de la^fonclipa grammalicale des mots. Câest Ă
découvrir cette modification que doivent tendre les efforts du grammairien philosophe,
et câest ce que nâont fait ni Lemare ni lloniface.
Nous nâavons envisagĂ© jusqĂŒici cette question que sous son point de'vue analytique ,
nous allons Texaminer maintenant sous le rapport de lâusage.
* /
EMPLOI DE ce ENTRE DEUX SUBSTANTIFS.
AVEC ce.
La loi de l'univers, câest malheur au vaincu. â
. (Saurin.)
Le miel, câest le doux.fruit que produit la science.
(Naudet.)
. . . AprĂšs la bienfaisance,
Le plus grand des plaisirs, câest la reconnaissance.
(De Belloy.)
Celui qui dit qĂŒil connaĂźt Dieu et ne garde pas
ses commandements, câest unraerilenr.,
(Bossuet.). '
^ SANS ce.
L'enfef des femmes est la vieillesse.
(La RocuefoĂŒcauli),)
' W â - -t » V - /
Le grand ouvrier de la nature est le temps.
(Buffon.)
Le plus grand des biens, sans doute, est le repos.
(pEMOUSTlBR.)
Un ennemi, pour l'humainé faiblesse,
Est un mentor qui ne lui coûte rien.
(Naudet.)
(1) Nous disons le seul sujet, car nous ne sommes point de ceux qui s'imaginent qĂŒun verbe peut avoir
deux sujets, pas plus qu'un corps deux Ăąmes, ou une Ăąme deux corps.
(M9 )
Le gibier du lion, ce ne #onf pas moineaux;
MaĂŻs beaux el bons sangliers, daims et cerfs bons
[et beaux.
(La Fontaink.) '
Le plus beau présent qui ait été fait aux hommes
aprĂšs la sagesse, c'est lâamitiĂ©. (La Rocue.J
âą Le sage Ăsope dans ses'fables,
Nous en donne un exemple ou deux:
Celui quâen ces vers je propose
Et les siens, ce sont mĂȘme chose; {Id.}
. Le vrai jour pour voir un -bon cĆur est la clartĂ©
dâun incendie. (Ddpatt.)
. , . Ces séductions
Qui vont au fond des cĆurs chercher nos passions,
Ce poison prĂ©parĂ© des mains de lâartifice.
Lâespoir quâon donne Ă peine afin quâon ie saisisse,
Sont les armes dĂŒn sexe aussi trompeur que vain.
(VOLTAIUB.)
Lorsque le verbe ĂȘtre se trouve entre deux substantifs, on peut, comme on voit, expriÂŹ
mer ou ne pas exprimer le mot ce : La vraie noblesse est la vertu, ou la vraie noblesse,
câest la vertu; celte derniĂšre expression est plus Ă©nergique.
La répétition de ce est indispensable, dit la Grammaire des Grammaires, dans le cas
oĂč le verbe ĂȘtre est suivi d'un substantif du nombre pluriel. Le dernier exemple de la
seconde colonne nous prouve que celte rĂšgle, comme la plupart de celles quâon trouve
dans ce volumineux ouvrage, nâa eu pour base que le caprice do son auteur, et non
les faits. ,
n.
ENTRE UN SĂBSTANTIP ET UN VERBE.
AVEC ce.
L*un des meilleurs remĂšdes contre nos propres
chagrins, cest de chercher des consolations pour les
chagrins des autres. * (Dufresnb.)
Le vrai moyen dâĂȘtre trompĂ©, c'est de se croire
plus fin que les autres.
(La Rocuefoucauld.)
La fureur delĂ plupart des Français, câest d'avoir
de resprii; et la fureur de ceux qui veulent avoir
de Tesprit,' c'est de faire des livres.
(Montesquieu.)
. . . Le secret de réussir,
Ă'f^t ĂŒĂ©fre adroit, ngn dâĂȘtre utile. (Florian.)
Mon grand secret pour ĂȘtre heureux,
C'est de vivre dans lâionocençe. (W.)
SANS ce.
Le premier moyen de diminuer Tindigence du
peuple est d'affaiblir Vopulence extrĂȘme des riches.
(Bern, DE Saint-Pierre.) '
Le seul moyen de lui ressembler est de se remplir
de sagesse, de justice et de sainteté.
(Bartuélemy.)
Le bonheur parfait nâest pas sur la terre, mais
le plus grand des malheurs, et celui quâou peut touÂŹ
jours éviter, est d'ëtrc malheureux par sa faute.
(J.-J. Rousseau.)
Le devoir le plu§ saint, la loi la plus chérie,
Est dâoublier la loi pour sauver la patrie. ^
(Voltaire.)
DĂšs qĂŒil faut obĂ©ir, le parti le plus sage
Est de savoir se faire un heureux esclavage.
(Crébillon.)
Tous lĂšs grammairiens, sans exception, disent que quand le verbe ĂȘtre se trouve entre
un infinitif et un nom, on doit toujours le faire précéder de ce. Encore une rÚgle éta
blie en lâabsence des faits ; car ceux que nous avons rapportĂ©s dĂ©montrent assez quâon
peut dire, Ă son g;rĂ© : la vraie,noblesse, câest d'ĂȘtre vertueux, ou la vraie noblesse est
d'ĂȘtre vertueux.
III.
KNTSB ce qui, c$ que, et un substantif pu un verbe.
AVEC ce.
Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement.
(Racine.)
Ce çu on souffre avec le moins de patience, ce
sont les perfidies, les trahisons, les noirceurs.
(T. Corneille.)
Ce gui donne le plus d;éIoignement pour les dé
vots de profession, câesl cette ĂąpretĂ© de mĆurs qui
.1^ Ăź?Ăź?d iRscu^ibles Ă JâhurequitĂ©.
gftp»§LKAU.)
SANS ce.
AprĂšs les bonnes leçons, ce qĂŒil y a de plus inÂŹ
structif sont les ridicules. (Duclos.)
Ce qui parait aux uns Ă©tendue dâesprit n'est aux
yeux des autres que mémoire et légÚreté.
(Vauvenargues.)
Ce qui mâĂ©tonne le plus est de voir que tout le
monde n'est pas étonné de sa faiblesse-
(B|»cal.)
T
: i
( im )
Dites ce cpit est vrai » faites ce qui est bien : ce
qui importe Ă lâhomine, câest de remplir ses devoirs
sur la terre; et câcst en sâoubliant quâon travaille
pour soi. (J.-J. UoĂŒSSEAU.)
Ce qui rend la taille et tous les impÎts onéreux
au cultivateur est quâils sont pĂ©cuniaires, et quâil est
premiĂšrement obligĂ© de vendre pour parvenir Ă
payer. (J.-J. Rousseau.)
Suivant Tauteur de la Grammaire des Grammaires, la répétition du pronom ce est in
dispensable quand le verbe ĂȘtre se trouve placĂ© entre ce qui, ce que et un substantif ou
un verbe; et celte répétition est impérieusement exigée si le substantif est du noinbre
pluriel.
Nos. citations donnent un démenti formel à cette rÚgle, et font suffisamment sentir com
bien la Grammaire des auteurs Temporte sur celle des grammairiens, sous le rapport de
la vérité et de la juste appréciation des faits qui constituent notre langue
IV.
ENTRE UN OU PLUSIEURS INFINITIFS ET ĂN NOM,
AVEC ce.
4 ĂŻtegwcr lâimpossible aux rois, câest un abus.
(La Fontaine.)
Ătre alliĂ© de Rome Ă©t sâen faire un appui,
Câest lâunique moyen de rĂ©gner aujourdâhui.
(Corneille.) *
Apprendre les langues les plus difficiles, connaߏ
tre les livres et les auteurs, etc., çâont Ă©tĂ© scs preÂŹ
miers plaisirs. (Fléchier.)
SANS ce.
Punir EST un tourment, pardonner, un plaisir.
[CllĂNlBR»)
Mépriser le mépris, rendre haine pour haine,
Est icparti qĂŒil faut qĂŒun honnĂ©le homme prenne.
' (QĂŒinault.)
Savoir manier les chevaux et les armes «ont de»
talents communs au chasseur et au guerrier.
(Buffon.)
PlacĂ© entre un ou plusieurs infinitifs et un nom, le verbe ĂȘtre peut ĂȘtre ou non accomÂŹ
pagnĂ© de ce. Il en est de mĂȘme de la forme composĂ©e ont Ă©tĂ©.
Quant à la phrase de Buffon, que nous avions soumise à la Société grammaticale, elle
a été condamnée. On a prétendu que : quand les sujets sont exprimés par des infinitifs,^
011 doit les rappeler devant le verbe, parce que ces' sujets nâont pas la mĂŽme prĂ©cision que
si câĂ©taient des substantifs..., et on a remarquĂ© en outre que Tun des sujets Ă©tant ellipsĂ©,
il étaitindispensable de les présenter tous deux à Tesprit. Par ces considérations, la Société
a dĂ©cidĂ©que Buffon auraitdĂčdire: Savoir manier les chevaux et les armes, ce sont des
talents communs au chasseur et au guerrier.
Sans pourtant vouloir nous mettre mal avec la Société grammaticale, à laquelle nous
nous faisons honneur dâappartenir, et dont nous savons mieux que personne, peut-ĂȘtre,
apprĂ©cier les immenses services, nous ne pouvons nous empĂȘcher de lui faire ici Tappli-
cation des belles paroles de M. Arnault : <c La Société grammaticale, pas plusque VAca
démie, pas plus qu aucune société du monde, ne fait la langue; elle en tient registre sous
la dictée des hommes de génie. Ce n'est pas à elle à nous faire la loi. »
/Câest lĂ une de ces vĂ©ritĂ©s profondes qĂŒon ne saurait trop rĂ©pĂ©ter et -que nous vouÂŹ
drions voir enfin universellement comprise. Son premier bienfait serait de nous délivrer,
peut-ĂȘtre pour toujours, de ces misĂ©rables livres oĂč les auteurs, ibfatuĂ©s dâeux-mĂȘmes,
nous donnent, comme des lois absolues, leurs propres opinions, leurs croyances, leurs
préjugés.
ENTEE DEUX VĂFINITIFS.
AVEC ce.
VĂ©gĂ©ter, câest mourir; beaucoup penser, câest vivre.
(Frédéric IL)
Epargner/l&s plaisir», câe«f le» multiplier.
(F ONXENELLB.)
AVEC ce.
RĂ©duire Thomme Ă son corps, câest le rĂ©duire Ă
ses scos. (ĂiMĂ Martin.)
Voyager Ă pied, câest voyager comme ThalÚ»,
Platon,.Pytbagore. (J.-J. Rousseau.)
DĂ©choir du premier rang, câest tomber au dernier.
(La Harpe.)
. . . Obliger ceux quâon aime,
QĂŒon estime surtout, câest sâobliger soi-mĂȘme.
(COUN dâHĂ rleville.)
Ne citer qĂŒune traduction dâun poĂšte, câest ne
montrer que lâenvers dâune belle Ă©toffe.
(Bern, de Saint-Pierre.)
Vivre content de peu, câest ĂȘtre vraiment riche.
(Gaudin.)
(>21 ) ' '
Prévenir le besoin, e*est.doithßer le bienfait.
(Maréchal.)
La vie est un dépÎt confié par le ciel ;
Oser en disposer, câest ĂȘtre criminel.
(Gresset.)
BlĂąmer la vanitĂ© de ceux que lâon flatte, c'est
se plaindre du feu que lâon a attisĂ©.
(De Ltngrée.)
DĂ©sirer dâĂȘtre utile au monde, cest dĂ©sirer dâĂȘtre
éclairé. ⹠(Marmontel.)
Lo seul cas oĂč le verbe ĂȘtre doit toujours ĂȘtre construit avec ce, câest, comme on le
voit, lorsquâil sc trouve placĂ© entre deux infinitifs. Nos immenses lectures ne nous ont
fourni que ces deux exemples oĂč ce nâait pas Ă©tĂ© exprimĂ© : Soufflern'est vas jouer (AcaÂŹ
dĂ©mie) ; se parer et farder tiâkst pas, je Vavoue, parler contre sa pensĂ©e (FlĂ©chier). Peut-
ĂȘtre bien cette suppression est-elle permise quand la nĂ©gation prĂ©cĂšde le verbe ĂȘtre.
exercice PBRĂSĂOLOGIQVE.
Lft TĂe, câest la penjĂȘe.
La jeunesse, ce nëst que légÚreté. ,
Ce que je sais le mieux, câest la {in.
Ce qui mëOligc, cëst de voir que...
La Tiécst la pensée.
La jeunesse n est que légÚreté.
Ce que je sais le mieux est la lia.
Co qui mâafflige est de voir que...
Le vrai moyen de parvenir, câest de.
Le vrai moyen de parvenir est de...
SĂȘ marier sans amour, cĂ«st folie.
Se marier sans amour est folie.
DES PRONOMS POSSESSIFS.
N* CCCLUi.
NATURE DES PRONOMS POSSESSIFS. â DĂFINITION
âș t
On voit les maux dâautrui dâun autre oeil que les
' [siens.
(Corneille.)
Ton dieu, câest lâintĂ©rĂȘt; le mien, câest lâĂ©quitĂ©.
Enlre ces ennemis il nâest point de traitĂ©.
(Voltaire.)
La musique des anciens,Grecs était trÚs-différente
de la nĂŽlre. (Voltaire.)
f
' Ne jetons pas la pierre aux autres; [nĂŽtres? ,
Car sâils ont leurs dĂ©fauts, nâavons-nous pas les
(Arnault.)
Les pronoms possessifs ceux qui marquent la possession 'des personnes ou des
choses dont ils rappellent Tidée.
Les mots que les grammairiens regardent comme pronoms possessifs sont le mien , le
tien, le sien, le nĂŽtre, le vĂŽtre, le leur ; la mienne, la tienne, la sienne, la nĂŽtre, la
vĂŽtre, la leur.
I. â Le mien.
MASCULIN ET FĂMININ SINGULIER.
Lâambition ni la fumĂ©e ne touchent point un
cĆur comme Ăźe mien. (L-J. Rousseau.)
Madame, en ce moment je reçois celte lettre.
Quâen vos augustes mains mon ordre est de remettre,
Et que jusqĂŒĂ©n la mienne a fait passer Tarquin.
(Voltaire.)
MASCULIN ET FĂMININ PLURIEL.
Ami, dit lâun, tes yeux sont meilleurs que les miens.
Porte un peu les regards sur ces plaines profondes.
(La Fontaine.)
Le temps des vengeances publiques est à rrivé;de
pouvais y associer les miennes, mais je fus fidĂšle Ă
ma devise. (Bern. de Saint-Pierre.)
II. â ÂŁe tien.
Le secret du soudan doit encor se cacher ;
Mais mon cĆur dans le tien se plaĂźt Ă sâĂ©pancher.
(Voltaire.) .
Tu es un ange du ciel, ma Julie! Sans doute,
avec tant dâautoritĂ© sur mon Ăąme, la tienne est plus
divine qĂŒhumaine. (J.-J. Rousseau.)
Le cĆur plein dc ce que nous lui devons, je vouÂŹ
lais lui montrer mes sealiments et les tiens,
(J.-J. Rousseau.)
Je ne prétends pas te donner mes raisons pour in
vincibles, mais te montrer seulement qĂŒil y en a qui
combattentâtes tiennes. [Id.)
( 422 )
III. â Le sien»
ĂŻphis voit Ă TĂ©glise ĂŒn soulier d'ĂŒhĂ« nouveĂĂ©
mode ; il regarde le sien et en rougit, il ne se croit
plus habillé. (La BruÿÚrë;)
Plusieurs de nos ministres choisis par le foi se
pénÚtrent de son palfioiisme, et ils sentent que leur
gloire, comine la sienne, est dans le bonheur naijo-
nal. (Bern. de Saint-Pierre.)
Dans ses projets ĂŒh faquin rĂ©ussit.
Tandis que dans les siens un honnĂȘte homme Ă©choue.
(LebudnO
Lâhomme heureux nâa quâĂ s'abandonner Ă sĂšs
vertus, et il faut que le malheureux se sacrifie aitx
Siennes»
(Saint-Evremont.)
IV. â Le nĂŽtre»
Danioti, quel malheur est ĂŻe nĂŽtre!
Ou ne ridĂŒĂš croit ni lâun iii rautrc;
(Ueonard.)
Beaucoup de familles étrangÚres qui meurent de
regret hors de leur patrie, se naturaliscraietit dans
(Bern. de Saint-Pierre.)
la nĂŽtre.
Ne jetons pas la pierre aux géiis;
Excusons leurs dĂ©faiitĂą; nâavons-nous pas les nĂŽtres?
(Arnault.)
Je soutiens qĂŒil n'y a point de lecture aussi dé
licieuse, mĂȘme pour qui ne te connaĂźtrait pas, sâil
avait uue Ăąme semblable aux nĂŽtres.
(J.-J. Rousseau.)
âąV. â Le vĂŽtre»
Un cĆur pour qui le vĂŽtre avait quelque tendresse,
N'a point appris de vous a montrer de faiblesse,
(Voltaire.)
Il n'en faut point douter, je les plains lânn et lâautre,
Jamais crainte ne fut plus juste que la vĂŽlre.
(Racine.)
Céleste Julie 1 vous vous contentez de charmer
iibs sens, et ĂŒĂŽtes point en guerre avec les vĂŽtres.
(J.-J.Rousseau.)
Vous ignorez encor mes pertes et les vĂŽtres;
Mais, hélas! apprenez les unes et le* autres.
(Racine.)
VI. â Le leiir.
Les journaux attendent le jugement du public
pour y conforuier le leur:
(Beun. de Saint-Pierre.)
Des princes mes neveux jâentretiens la fureur,
Et mon ambition autorise la leur. (Bacine.)
De tous lesâauleurs, il ĂŒy en a point que je mé
prise plus que les compilateurs, qui vont de tous
cÎtés chercher des lambeaux des ouvrages-des au
tres quĂŻls plaquent dans les leurs,
(Montesquieu.)
VoilĂ des raisons, cher Ămile; pesez les leĂŒrs,
s'ils eu ont, et comparez. (J.-J. Rousseau;)
^ I
Dans toutes les citations qui précÚdent, nous ne voyons pas que les expressions le
mien, le tiĂȘn, lĂȘĂ©ien, etc., soient des pronĂŽins possessifs, ainsi quâils ont Ă©tĂ© impropreÂŹ
ment qualifiĂ©s par les grammairiens, mais bien dâautres adjectifs possessifs variant dans.
leur forĂźne; selon le genre et lĂ© nbmbre dĂŒ substaiitif aĂŒqĂŒĂ©l ils ont rapport, et qui est
toujours sous-entendu. En effet, un cĆur comme lĂ© mien, tes,yeux^sont meilleurs que
les miens, etc., sâanalysent de cette maniĂšre : un cĆur comme le [cĆur] mien, tes yeux
sont meilleurs que les {yeux) miens, oĂč lâon voit que mien et miens ne jouent dâautre
rĂŽle que celui dâadjectifs, puisquâils se rapportent Ă un nom constamment ellipsĂ©. La
propriĂ©tĂ© des termes dĂ©rive ici de lâesprit dâanalyse, et câest faute dâavoir Ă©tĂ© Ă©clairĂ©s de
cet esprit que les grammairiens ont donné aux adjectifs mien, tien, sien, etc., des
appellations fausses.
Ces adjectifs, toujours placĂ©s aprĂš^s les substantifs quâils qualifient, sont :
1Ÿ En rapport avec la .premiÚre personne du singulier, pour les deux genres ét les deux
nombres, mien, mienne, miens, miennes;
2Âź En rapport avec la seconde personne du singulier, pour les deux genres et les deux
nombres, tieU', tienne, tiens, tiennes; -
' .3Âź En rapport avec la troisiĂšme personne du singulier, pbĂŒr les deux genres et les deut
nombres, stën, ri'enne, siens, riennes; . ,
4° En rapport avec la premiÚre personne du pluriel, nÎtre, pour le masculin et le
minin singulier ; nĂŽtres, pour le niĂ scĂ»lia Ă«t le fĂ©minin plĂŒf iĂ«l ;
( 423 ) '
5Ÿ En rapport avec la seconde personne du pluriel, vÎtre, pour le masculin et le féminin
singulier ; vÎtres, pour le masculin Út le féminin pluriel;
6Âź En rapport avec la troisiĂšme personne du pluriel,^pour les deĂŒx genres et les deux
nombres; /ewf; leurs. * ' ,
Remarquez que nĂŽtre, vĂŽtre^ prĂ©cĂ©dĂ©s dâun article, prennent un accent circonflexe, et
que, dans ce cas, Vo est long.
Le mien.
Le tien.
Le sien.
Le nĂŽtre.
L» vÎtre.
Le leur.
EXERCICE PHRASĂĂiOGiQĂĂ.
Le ntiennĂš:
La ti<;nne.
Laâsienne*
La nĂŽtre.
La yĂŽlre.
La tetr.
Les triiens.
Les'tiens.
Le» siens.
Les nĂŽtres.
Les vĂŽtres.
Les leurs.
Les mienncf.
Les tiennes.
Les siennes.
Les nĂŽtres.
Les vĂŽtres:
Les leurs.
N* ĂCCLIV.
Le mién, h tien, lé sien, etc. pris substantivement
Et le mien ét le tien, deux frÚres pointilleux,
Par son ordre amenant les procĂšs et la guerre, ^
En tous lieux, de ce pas, vont partager la terré.
(BoilĂšac.)
Si jâajoute du mien Ă son invention,
Câest pour peindre nos mĆurs; et non point par envie.
(La Fontaine.)
IL
0 ciel ! et quel est donc lâexcĂšs de ma misĂšre,
Si le trépas des miens me devient nécessaire !
(Voltaire.)
Mais jâai les miens, la cour, le peuple Ă contenter.
(La ĂojĂźtaine.)
Le dieu lui répondit: les tiens cesseront de ré
gner quand un étranger entrera dans ton lie pour y
faire régner les lois. (Fbnélon.)
Malheureux le vengeur entourĂ© de tombĂȘĂąĂŒx
Qui porte chez les siens le glaive et les flambeaux.
(ColarĂŒead.) .
Câest Ă nous Ă payer pour les crimes des nĂŽtres.
(Racine.)
Câest en vain que dâAumale arrĂȘte sur ces rives
Des siens épouvantés les troupes fugitives.
(Voltaire.)
Ori voit par ces citations : 1Ÿ que mien, tien, etc., dans le inien, ße tien, lé sien, le
. nÎtre, le vÎtre, le leur, s'eriiploient substantivement pour désigner ce qui nous appar
tient; ce qui nous est propre : le mien, le tien, ĂŒest-Ă -dire mon biĂ©n, ton bien. Or ori
conçoit que cet emploi doit ĂȘtre essĂšiitiellement restreint au masculin singulier.
2Âź Que les mĂȘmes adjectifs sont encore employĂ©s substantivement au masculin pluriel,
seulement quand on parle des personnes qui noûs sont attachées par les liens du sang
ou de Tamitié, ou qui sont sous notre dépendance. Girault-Duvivier se trompe en avan
çant qĂŒalors on dit : moi et les miens, toi et les tiens, etc., le pronom personnel devant
toujours prĂ©cĂ©der le pronom possessif, qui sans cela ĂŒaurait plus la mĂȘme signification.
Nos exemples prouvent-Tinexaclitude de ces paroles. Dâabord la prĂ©sence du pronom
personnel, puisque pronom il y a, nâest pas indispensable devant Tadjectif possessif. En
second lieu, il peut ĂȘtre transposĂ© aprĂšs en poĂ©sie. Câest ainsi que La Fontaine a dit,
pour éviter un hiatus :
Les tiens et toi pouvez vaquer
Sans nuUe crainte Ă vos affaires.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
L* mß«n, l« nÎtr».
Ira ti«B, la TĂtr».
Ira sien, le leur.
La nĂŽtre.
Les miens, lĂšs nĂŽtres.
Les tiens, les vĂŽtrae.
LĂšs siens;
Les leurs.
^ l k% )
Nâ CCCLV. «8^»
\ EMPLOI DE le mien, le tien, etc., avec des noms indéterminés.
Je ne dis ni bien ni mal des gens en place, pourvu
que je conserve la mienne.
(DâAlembeet.)
« . . Mais le monstre en furie
DĂŒn seul coup, Ă mes pieds, vous a jetĂ© sans vie.
Et mĂŒ ravi la mienne avec le mĂȘme effort.
(Crébillon.)
0
Suivant M. Landais, les pronoms possessifs ne peuvent pas se rapporter Ă des noms
pris dans un sens indéfini, et ce serait une faute de dire : il n'est pas humeur à faire
plaisir, et la mienne est bienfaisante parce que, selon ce grand principe de VaugeÂŹ
las « tout nom employé sans article ou sans quelque équivalent de Tarticle, ne peut avoir
» aprÚs soi un pronom qui se rapporte ù ce nom. » Ce grand principe de Vaugelas, que
les grammairiens nous rebattent depuis des siĂšcles, est trop absolu; les rĂšgles absolues
en grammaire, dit M. Dessiaux, ont au moins le petit inconvénient de fausser le juge
ment. Heureusement les grammairiens philosophes ont fait bonne justice de ce grand
principe de Vaugelas. Nous demanderons dâabord Ă M. Landais lui-mĂȘme si les phrases
que nous avons citĂ©es en tĂ©te de ce numĂ©ro, et qui sont dans Tanalogie de celle quâil a
critiquĂ©e, sont vicieuses ou choquantes. Sâil soutient que oui, pour rester fidĂšle Ă VauÂŹ
gelas, nous soutiendrons que non, pour rester fidÚles au bon goût, à Tusage des meilleurs
Ă©crivains, qui ont frĂ©quemment employĂ© cette syllepse dans les cas oĂč il serait, difficile
ou mĂȘme impossible de sâexprimer autrement sans dĂ©naturer la pensĂ©e ou sans nuire Ă la
concision.
N" CCCLTl.
DES PRONOMS RELATIFS.
Le bien que Ton fait la veille
Fait le bonheur du lendemain. (Le Baillt.)
Heureux le sage roi qui connaĂźt sa faiblesse!
(CUENIER.)
Il est des maux dont une loi sévÚre
Nous impose eu naissant le fardeau nécessaire.
(La Harpe.)
La douceur du ton et des maniĂšres a un ascenÂŹ
dant Imperceptible auquel on ne résiste pas.
(MâÂź DE Pdisieux.)
CâĂ©tait presque la seule chose Ă quoi ils distinÂŹ
guaient les catholiques des luthériens.
(Voltaire.)
Un souverain abdique le jour oĂŒ son autoritĂ© est
méconnue, (Napoléon.)
Les pronoms relatifs çwtVçwc, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, quoi, dont, oĂč, servent
non seulement Ă dĂ©terminer Tobjel dont on a parlĂ©, Ă en rappeler TidĂ©e, mais encore Ă
joindre une autre pensĂ©e Ă ce mĂȘme objet. Câest cette derniĂšre propriĂ©tĂ© qui les a fait
nommer pronoms conjonctifs. On les appelle aussi pronoms relatifs, Ă cause de la relation
qĂŒils ont avec les noms ou les pronoms qui les prĂ©cĂšdent.
ĂXERCICE ANALYTIQUE.
Je blĂąme nn bienfaiteur dont lâĂąme mercenaire
Veut mettre un prix Ă son bienfait. (Mme Jouvsxu.)
Gloire immortelle au bienfaiteur
Qui protĂšge notre faiblesse! (Stasiaut.)
Recevoir aes bienfaits de l'ĂȘtre nu'on mĂ©prise,
Nâest-ce pas se dĂ©shonorer? (ÂŁ^^0
Laissez entre U colĂšre
Et l'orage qui la suit
LĂŻiotervalle d'une nuit.
Il nâest auĂŒune espĂšce d'herbe
Qui ne soit chÚre au créateur,
ÂŁn voulant se hntcr de jouir
Oa perd souvent uh bien que J'uo allait cueillir, (AratRT.)
fL* FoHTAINa.)
(IIadiioiit.)
( 425 )
N" CCCLVIl. «*â
EMPLOI DES PRONOMS RELATIFS.
QUI.
RELATIF.
Le fer qui tranche tout nâest qĂŒun moyen Vulgaire.
( Cas. Delavigne. )
Je mĂ©connais les grands qui ĂŒont pas TĂąme grande.
(BoĂŒrsaĂŒlt.)
La.rioutewr qui se tait ĂŒen est que plus funeste.
(Racine.)
Loin des personne» qui nous sont chÚres, toute
demeure est un désert el tout espace est un vide.
(M°*Ÿ Necker.)
ABSOLU.
Qui veut régner en paix veut un peuple dévot.
(Chénier.)
Qui cherche le malheur, malheur trouve en amour.
' . {id.)
Qui sert les malheureux sert la divinitĂ©. âą
(Guym. de la Touche.)
Qui veut ĂȘtre aimĂ©e doit ĂȘtre aimable.
(Anonyme.)
Le pronom qui est relatif ou absolu : relatif, il se dit des personnes et des choses
et est des deĂŒx genres et des deux nombres, selon que son antĂ©cĂ©dent est du masculin
ou du féminin singulier, du masculin ou du féminin pluriel ; il est pour lequel, laquelle,
lesquels, lesquelles colonne). Absolu, câest-Ă -dire nâayant rapport Ă aucun antĂ©cé
dent exprimé, qui ne peut se dire que des personnes, et alors il est du masculin ouvdu
féminin singulier; mais presque toujours du premier : Qui veut régner en paix, qui veut
ĂȘtre aimĂ©e, câest pour (celui) qui veut rĂ©gner, [celle] qui veut ĂȘtre aimĂ©e, oĂč Ton voit que
celui et celle antécédents de qui sont sous-entendus.
EmployĂ© dans les interrogations, qui absolu peut aussi ĂȘtre du masculin et du fĂ©minin
pluriel. Exemples :
Dites-moi, je vous prie, lui demanda Clorinde,.
qui sont ces jeunes gens. (J.-J. Rousseau.)
Il y avait hier chez vous beaucoup.de personnes;
qui sont-elles ? (Girault-Duvivier.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
L'Lomme qui.
La femme qui.
Les jeunes gens qui.
Les jeunes personnes qui.
>ui est vertueux.
)ui est vertueuse,
iui est franc.
Oui est fraoctie.
Le clieval qui.
L'enfant qui.
Qui est brave.
Qui est bonne.
Qui e«-il ?
Qui est-elle?
Qui sont-ils ?
Qui aiment-elltfi ?
**^3 Nâ CCCLTIII.«8^«**Âź~
QUI dans les énumérations. . '
Qui lui présente des gùteaux, qui des chùtaignes,
qui des noisettes. (Mâ*Âź de SĂ©vignĂ©.)
Nos gens faisant main basse sur tout, s'en vont
qui deçà , qui delĂ . â (P.-L. Courier.)
. . . Certains saints ,
Pour mieux vaquer Ă leurs pieux desseins,
Se séquestraient, vivaient comme des anges,
Qut çà , guilà , portant toujours leurs pas
En lieux cachés. (La Fontaine.)
Employé dans les ériumérations, qui signifie les uns, les autres, et est toujours du mas
culin singulier,
* ^
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
On ae répandit dans les prairies, qui çà , qui Qui lui donne des gùteaux , qui du vm , qui Qui dormait, qui mangeait, qui buvait, qaf
lĂ . des liqueurs. fumait, qui dansait.
.54
(*M)
Nâ CCCLĂX. o»««-
QĂB.
I.
UASCCLm BT FĂMININ SINGULIER.
Lâesprit Ă©bauche le bonheur que la vertu achĂšve.
(HblvĂ©tiĂŒs.)
n nâest point de ĂertĂ© gue le sort nâhumilie,^
(Crébillon.)
MASCULIN ET, FĂMININ TLURIBL.
Bravez des ennemis gue voiis pouvez combattre.
(Lamotte.)
Des lois que nous suivons, la premiĂšre est Thonneur.
(Voltaire.)
II.
Au fond de son tombeau, trop hcureui le mortel
QuĂŒn jour de plus, pĂšut-Ă©lre, eĂ»t rendu criminel.
(Ducis.)
LâautoritĂ© gĂŒon mĂ©prise est bientĂŽt bravĂ©e.
(SĂGUR;)
Il est certains esprits gĂŒil faut prendre dĂš biais,
Et que, heurtant de'frontj voiis ne gagnez jamais.
(Rbgnard.)
La gloire prĂȘte un charme aux horreurs guâon af-
[fronte.
(DelavĂŻgne.)
Oh voit : 1° que le pronom relatif que est des deux genres et des dĂ©ux nombres, qĂŒil
est pour lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, selon le substantif quâil modifiĂ© : le bonheur
que la vertu achĂšve, les ennemis qu'e voiis pouvez combattre, etc., sâanalysĂȘht ainsi : te bonÂŹ
heur que (lequel) la vertu achĂšve, Ăźes ennemis que (lesquels) vous pouvez combattre.
2Âź Que devant une voyelle Te iriuet de Tadjectif conjonctif que sâĂ©lide et Ă©st rĂȘtaplacĂ©
par une apostrophe. «
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Le fiToir qae je lui ronnoĂźs.
La vcrtii que cette daino préfÚre.
Le Imo cnsur qii'il fait paraĂźtre en tonte occasion.
Là douceur qu'elle a montrée.
Les talents que lâinstruction fait Ă©clore.
Les qualités que la modestie gaze.
Les serTĂces quâon a rendus.
Les espĂ©rances quâun seul jour a dĂ©truite*.
Nâ CCCLX.
DONT.
MASCULIN ET FĂMININ SINGULIER.
Lâesprit est un flambeau dont la douce lumiĂšre
Ne doit point offusquer les regards qĂŒil Ă©claire.
(DBSTOUCaES.)
0 fortune, ĂŽ grandeur, dont Tamorce flatteuse
Surprend, touche, éblouit une ùme ambitieuse!
(Corneille.)
XJn plaisir dont on est assuré de se repentir ne
peut jamais ĂȘtre tranquiĂŒe;
(MŸŸ DE LA ValLIĂRE.)
La vie de Tavare est une comĂ©die dont on nâapÂŹ
plaudit que la scĂšne qui la termine.
(Sanial-DubĂ t.)
masculin et féminin pluriel.
Fuir n'est un déshonneur
Que pour ceux dont on peut soupçonner la valeur.
(Crébillon.)
... Il est des blessures
Dont un cĆur gĂ©nĂ©reux peut rarement guĂ©rir.
(Voltaire.)
11 est des maĂŒx dont une loi sĂ©vĂšre
Nous impose én naissant Ib fardeau nécessairÎ;
(La Harpe.)
11 nây a pas.de contradictions dont les hommes ne
soient capables. . (Vauvenargues.)
Dont, de tout genre et de tout nombre, convient aux personne? et aux choses. Il siÂŹ
gnifie duquel, de laquelle, desquels,desquelles, et mĂŽme de gwot,comme dans cet exemple*
Voilà justement cé dont il s'agit ; ce de quoi il s'agit.
â l 427 )
ĂXEkĂ«lCĂ PHRASĂĂLvtilQbĂą.
Ira malliear dont tous attendĂšx U Cn.
La considérùtioa dont il joußt..
LĂȘt dommages dont noos tommn aceaMĂ©ik
LĂšs Ăą initiĂ©s dont elles sĂš HĂȘCent.
N» CCCLXI.
Lequel; ßà quĂ©llĂ©; dĂŒqxiĂšl, dĂ© lĂ quĂ©llĂ©, auquel, Ă laquellĂ©, Ăštc*
UASCUL1N KT féminin SINGULIER.
Le 13 mai fut donnĂ© le fameux arrĂȘt dâunibti,
quâon peut regarder comme lâĂ©tendard sous lequel
se rangĂšrent par suite tous ceux qui voulurent moÂŹ
lester le ministĂšre. ' (Anquetil.)
Toute affectation est ridicule, mĂȘme celle par
laquelle on prĂ©tend sâĂ©loigner de lâaffectaiion,
(Brisson.)
Cette fumĂ©e ou vapeur qui brĂ»le nâa jamais la
mĂȘme quantitĂ©, la mĂȘme intensitĂ© de chaleur que
le corps combustible duquel elle sâĂ©chappe.
(Buffon.)
La bonté du Seigneur, de laquelle nous ressen
tons tous les jours les effets, devrait bien nous enÂŹ
gager Ă pratiquer ses commandements.
(Waillt.). .
LĂ douceur du ton et des maniĂšres a un ascenÂŹ
dant imperceptible auquel on ne résiste pas.
(M"âÂź de Puisieux.)
Chaque matiĂšre Ă laquelle lo feu ĂŽte ou donne
quelque chose nâest plus la substance simple que
lâon voudrait connaĂźtre. (Buffon.) .
MASCULIN BT FEMININ PLURIEL.
Ces temjis dĂ» lâhomme perd son domaine, ces
siÚcles de barbarie pendant lesquels tout périt,
sont toujours préparés par la guerre.
( Buffon. )
; Les guerres continuelles dans lesquelles les rois
furent engagĂ©s suspendirent les soins quâils auraient
dĂ» prendre aux lettres. (Duclos.)
Les paysans attachés à la glÚbe étaient la propriété
de leurs seigneurs, au pouvoir desquels rien ne pouÂŹ
vait les soustraire. (J.-J. Rousseau.)
TĂ©lĂ©maque suivait la dĂ©esse environnĂ©e dâune
foule de nymphes au-dessus desquelles elle sâĂ©levait.
(Fénelon.)
Lâodorat subtil du chien est indiffĂ©rent Ă une mulÂŹ
titude de parfums auxquels lâhorilrhĂš est sensible.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Jâai vu un homme qui sort des galĂšres auxquelles
ce porte-chaiidelier lâavait bien ridiculement conÂŹ
damné. ' (Dupatv.)
On voit que de tous les pronoms.relalifs, quel est le seul qui prenne Tarticle : leÂŹ
quel, laquelle, etc., Ă©t que cet article lui est si Ă©troitement ĂŒiii qu'il eri est insĂ©parable,
soit dans son état naturel, soit dans son état de contraction.
Lequel, laquelle^ duquel, de laquelle, auquel, à laquelle, etc. , ipemëni se dire, tant au
singulier qĂŒau pluriel, des personnes ou des choses.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE^
L'ami nur lequel je compte.
La joie ovec laquelle jâai re<ju votre lettre.
Le malade au rĂ©tablissement duquel je mâintĂ©resse.
La personne aux soins de laquelle je dois tout:
Le bonheur auquel ou aspire.
Lëapéraace i laquelle on se livi'e.
Jras riches sur lesquels les pauvres sâappuient.
Les lois soUs lesquelles nous vivons. ,
Les amis auprĂšs desquels nous nous plaisons.
Les contrées loin desquelles nous nous trouvons.
Les gens auxquels cela convient.
Les récompenses auxquelles vous avez droit.
Nâ CCCLXll
t
QĂOL
ABSOLU.
On est assez parfait quand on Ă de qttoi plaire.
(Montel.)
II y a je pe- sais quoi de turc Ă proscrire lâimpriÂŹ
merie; et câest ia proscrire que la trop gĂȘner.
(Voltaire,)
relatif.
Au milieu de ce désordre il fallait cependant
adopter un ordre, sans quoi la confusion de la maÂŹ
tiĂšre eC^ encore ajoutĂ© Ă l'insuflisance de lâauteur.
(Bern. db Saint-Pierre.)
11 y eut plusieurs dtners Ă quoi lâon ne sâĂ©tait pas
attendu. db Sévigné.)
( 428 )
Il y a je ne sais quoi de futble dans la simplicité,
et moins Thomme est superbe, plus il est vénérable.
(TLĂCHIEft.)
Hippies se trouble ; il sent je ne sais quoi de'diuin
qui lâĂ©tonne et qui Taccable. (FĂ©nĂ©lon.)
C'était presque ia seule chose à quoi ils distio-
guaieut les catholiques des luthériens.
(Voltaire.)
C'est encore ici une des taisons pour quoi je
veux Ă©lever Ămile Ă la campagne. ^ ,
(J.-J. Bocssbau.)
\
ConsidĂ©rĂ© comme absolu, câest-Ă -dire comme ne se rattachant Ă aucun antĂ©cĂ©dent exÂŹ
primĂ©, le pronom quoi toujours du masculin singulier (1â colonne). Sâil est
au contraire relatif, câest-Ă -dire qĂŒil ait rapport Ă un nom prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, ii est
pour lequel, laquelle, etc., et peut par consĂ©quent sâassocier Ă des noms des deux genres
et des deux nombres (2* colonne). Du reste, quoi ne se dit jamais que des choses.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
A quoi pensei-vous ?
T» ne fais quoi dâaimable, '
Le point sur quoi.
La raison pourquoi.
De q^uoi vous plaignez-vous?
Quoi de plus beau?
Les motifs pourquoi.
Les choses a quoi.
K CCCLXIIl.
OĂč, d'oĂč, par oĂč.
SINGULIER.
L'abdication d'un souverain est une ironie; il abÂŹ
dique le jour oĂŒ son autoritĂ© est mĂ©connue.
(Napoléon.)
Sans les.insectes, les oiseaux nâauraient pas de
quoi nourrir leurs petits, dans une saison oĂč il nây
a pas encore de grains ni de fruits mûrs,
(Bern. de Saint-Pierre.)
Câest dans la nature qĂŒjl faut chercher la subÂŹ
stance dâun peuple, et dans sa libertĂ© le canal
oĂč elle doit couler. (Id.)
Lâopinion publique ne retourne jamais en arriĂšre
quâau moment oĂč elle a atteint les extrĂȘmes du
point dâoĂč elle est partie. . (DefbrriĂšre.)
pluriel.
Dans lĂ©s pays oĂč il y a des lĂźpns, il y a des races
de chiens capables de les combattre corps Ă corps.
(Bern. de Saint-Pierre.)
. Q^nd les longues feuilles des palmiers des Indes
sont'sĂšches, on sâen sert comme de tablettes oĂč Ton
écrit avec un poinçon. (id.)
O
â >
Fst'il étonnant que nos maux se multiplient dans
tous les points par oĂŒ Ton peut nous blesser?
(J.-J. Rousseau.)
IT arrive quelquefois dans la vie des accidents
d'oĂč il fj^ut ĂȘtre un peu fou pour se bien tirer.
(La RocuefodcaĂŒld.)
OĂ, d'oĂč, par oĂč, ne se disent jamais que des choses ; ils sont des deux genres et .des
deux nombres, et ont souvent, dans le discours, plus de grĂące que diiquel, dans lequel,
par lequel, dont ils font les fonctions.
Dans ces vers de Racine,
... Il ne reste que moi
OĂč lâon dĂ©couvre encor les vestiges dĂŒn roi ;
oĂč pour en qui est une licence poĂ©tique qui nâest guĂšre permise, mĂȘme en poĂ©sie.
EXERCICĂ PBRĂSĂOLOGIQVE.
Le bonheur oii jâaspiro.
La viJle dâou jâarrive.
Les regards ob la colĂšre est peinte.
Les provĂźntes par oti vous passerez.
N' CCCLXIV.
l
DES EXPRESSIONS qui que ce soit, qui que ce fût, quoi que ce soit, quoi que ce fût, etc.
Qui que ce soit.
Qui que ce soit qui me demande, dites que je suis
occupé. (GlRAULl-DCVIVIER.)
11 recommande le secret Ă ses filles, leur fait exÂŹ
presses défenses d'en parler à gui que cé fût.
(P.-L. Courier.)
SANS NĂGATION. Quoi que ce soit.
Quoi que ce soit qĂŒelle dise, elle nç me persuaÂŹ
dera pas. (Girault-Duvivier.)
Quoi que ce puisse ĂȘtre, j'en tiendrai le secret.
(Planche.)
{ 429 )
AVBC négation.
%
Je n*envĂźe la fortune de qui que ce soit.
(GinAĂŒLT-DoVlVIER.)
On ne doit jamais mal parler de qui que ce soit.
jd.)
Je nây ai trouvĂ© qui que ce soit.
(Plancue.)
Quelque mérite que Ton ait, on ne peut, si l'on
n'a ni bonheur ni protection, réussir à quoi que ce
soit. (Girard.)
I
/
Ceux qui ne sâoccupent Ă quoi que ce soit me
paraissent fort méprisables.
(Girault-Duvivier.)
Dans les expressions qui que ce soit, qui que ce ffit, quoi que ce soit, quoi quĂš ce fut, etc.,
que les grammairiens ont à tort considérées comme des pronoms indéfinis, le qui et \equoi
^ ne sont autres que les adjectifs conjonçtifs qui et quoi, employés d'une maniÚre absolue.
Qui que ce soit, pour les personnes, et quoi qué ce soit pour les choseù, se,mettent tou
jours au masculin singulier avec ou sans négation et dans lous les rapports possibles.
Employé sans négation, gui que ce soit a le sens de quiconque, ou de quelque personne
que ce soit ; mais employé avec négation, il signifie personne ou aucune personne.
'Qui que ce soi/, employé négativement, a la signification de quelque chose que; avec
négation, il signifie rien.
⹠«
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Recourez qui que ce soit. Kâaccordez pas votre cooGaoce Ă Donnez-moi quoi que ce soit. Ne rĂ©ussir en quoi que ce.soiU
Ătre jioli envers qui que ce soit. qui que ce soit, Sâoccuper Ă quoi que cc soit. We valoir quoi que ce soit.
WCCCLXY.
EMPLOI DE qui relatif comme sujet.
POUR LES PERSONNES.
Loin des personnes qui nous sont chĂšres, toute
demeure est un désert et tout espace est un vide.
(M'â« DE Necker.)
Il y a des gens qui regardent leurs amis comme
des victimes dévouées à leur réputation.
(Saint-Ăvremont.)
Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas
Dâun savant qui se tait. (MoliĂšre.)
POUR LES CHOSES.
i
La colĂšre dans les vieillards est le seul vice dc la
jeunesse qui se ranime par Textinction des autres.
(Duclos.)
Le véritable courage est trÚs-opposé à la témérité
qui nâexamine rien. (Fontenelle.)
Pour prévenir les maux gut vous glacent de crainte,
On peut, sans sâabaisser, aller jusqu'Ă la feinte.
(Crébillon.)
Lorsque qui est construit en sujet, comme dans ces citations, on voit qĂŒil peut se rapÂŹ
porter aux personnes et aux choses.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
L'homme qui.
La chose qui.
Les femmes qui.
Les objets qui.
N" CCCLXVI. 9^.
»
EMPLOI DE qui, OU DE lequel, lorsque ces mots sont compléments de prépositions,
I.
POĂR LES PERSONNES,
Phalante, à qui la honte et le désespoir donnent
encore un reste de force et de vigueur,, élÚve les
mains et les yeux vers le ciel. (Fénélon.)
FOUR LES CHOSES.
La terre est un globe dâenviron 3,000 lieues de
diamÚtre: elle est située à trente millions de lieues
du soleil, autour duguei elle fait sa révolution en
365jours. (Rigaud.) \
( 430 )
La trompette *a soimé, les traits sifflent : MoTse,
Sur un mont à Técart, debout, les bras levés,
Priait le Dieu par qui les flots sont soulevés.
(Chateaubriand.)
La conversation devient plate Ă proportion que
ceux avec gui on la lient sont plus élevés en dignité.
(Helvétios.j
0 rochers escarpĂ©s l câcst Ă vous que je me plains,
car je nâai que.vous Ă gui je puisse me plaindre.
(Fénelon.)
ĂŒn livre curieux serait celui dans lequel on ca
trouverait pas de mensonge. (Napoléon.)
Le cruel intendant de tes jardins, depuis ton dé
part, mâoblige Ă des travaux insurmontables, dans
lesquels jâai pensĂ© mille fois laisser la vie,
(Montesquieu.)
. . . Notre vie est un pĂšlerinage
Auquel nous condamne le sort. (Stassart.)
Le but de ces exemples est de nous apprendre gĂŒen gĂ©nĂ©ral, toutes les fois qĂŒun
pronom relatif est complĂ©ment dâune prĂ©position, on se sert de qui poĂŒr les personnes
ou les objets personnifiés, de lequel, lat^uelle, etc., pour les choses.
II.
I
Quoique certains Lapons aient, pendant Thiver,
certaines terres fixes, U y en a beaucoup davgntagé
qui courent toujours, etdesgue/# on ne saurait trouÂŹ
ver Tbabitation. (Regnard.)
Quand tout le monde est parti, Ton parle de ce
qui sâest passĂ©. Lâhomme rapporte ce qĂŒoii lui a
dit, ce qu ont dit .et fait ceux avec lesquels il sâest,
entretenu, (J.-J. Rousseau.)
Je tiens pour maxime incontestable que quiconÂŹ
que nâa vu quâun peuple, au lieu de connaĂźtre les
hommes, ne connaĂźt pas les gens avec lesquels U a
vécu. {id.)
Soutiendrez-vous un faix sous gui Rome succombe
(Corneille.)
Je pardonne Ă la main par gui Dieu mâa frappĂ©.
âą (Voltaire.)
Je tâamĂšne, aprĂšs tant dâannĂ©es,
' Une paix de qui les douceurs,
Sans aucun mélange de pleurs,
Feront couler les destinées. (Racine.)
Du haut de la montagne oĂč sa grandeur rĂ©side
11 a brisé la lançe et Vépée homicide
Sur qui Timpiété fondait son ferme appui.
(J.-B. Rousseau.)
Lequel, laquelle, complĂ©ments dâune prĂ©position, peuvent aussi, comme le prouvent les
exemples de la premiĂšre colonne, se dire des personnes. Mais ii nâen est pas de mĂȘme de
qui, pour Jes choses, bien que les exernples de la seconde colonne semblent établir le con
traire; il faut ies regarder comme autant dâinfractions au principe que nous avons Ă©tabli
plus haut, et comme des licences que Ton peut so permettre seulement en poésie ou dans
le style figurĂ© : lĂ . tout sâanioie, se personnifie. âą
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Les homnies avec qui,..
Les Lomatca avec lesquels.
Celles avt'c qui.
Celles aTCC lesquelles.
Les rsUons par lesquelles.
Le pris auquel.
La chose Ă laquelle.
Les pensées auxquelles.
L'enfant Ă qui.
Les personnes auxquelles.
Les gens pour qui.
Les geus pour lesquels.
Le portrait auquel.
Lahagiiesur laquelle.
La vallée dans laquelle.
La fortune vers laquelle.
r cccLxvii.
EMPLOI DE dont ET DE duquel, COMPLĂMENTS D'ĂŒN SUBSTANTIF.
Dont.
Les personne? dorit (es orefß/c# sont inégales oq
insensibles-se trompent souvent sur le cĂŽtĂ© dâoĂč
vient le son. (Buffon.)
11 faut plaindre le sort du prince infortuné
Dont ie coeur endurci n'a jamais pardonné.
(CUĂNlKR.]
ArriĂšre ceux dont la pauche
Soqffle Ig çjigĂŒd et lĂ© froid.
y ... - FoNTA!^.)
Duquel. '
Sous )es ctnpereurs romains, celui-lĂ seul avait
le droit de demander le triomphe, sous les ausÂŹ
pices duquel la guerre sâĂ©tait fiitc.
(Montesquieu.)
Le nombre du petit peuple devenant incommode,>
on en ĂŒt des colonies, par le moyen desquelles on
sâassura de la fidĂ©litĂ© des provinces.
.{Journal grgmmaftco/,)
Les paysans attachés à la glÚbe étaient la propriété
de leur? seigneurs, aupouvqir desquels rieu ne pouÂŹ
vait les soustraire. (J.-J. Rousseau.)
( )
li'homme, dont Vestomao et les intestins ne sont
f»as dâune trĂšs-grande capacitĂ© relativement ou vo-
ume de son corps, nepourrait pas vivre dâherbe seule.
(Buffon.)
On attribue Ă la cigogne des vertus morales dont
Vimage est toujours respectable : la tempérance,
la fidélité conjugale, piété liliale et paternelle.
jd.}.
Hier futnn jour sur les Mnements duquel il faut
peut-ĂȘtre jeter un voile,' (Tuiers.)
Il le montra entouré de satellites à la violena
desquels il livrait ses contradicteurs. (li.)
Lâemploi de don/ et de duquel est ici bien facile Ă comprendre. On doit se servir du preÂŹ
mier toutes les fois qĂŒil est suivi d'un substantif dont il est complĂ©ment ; dont ßÚs oreilÂŹ
les, dont le coeur endurci, etc. colonne). Au contraire, si le substantif vient avant, sous
la dĂ©pendance dâune prĂ©position, il faut ditquel, de laquelle, etc. : Sous les auspices duquel,
par le moyen de laquelle, etc. (2Âź'' colonne).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
r/Ăąne dont les oreilles.
Lânne dans les oreilles duqnel.
Cenx dont lâesprit.
l'a tempĂȘte dont la violence. La tempĂȘte Ă la violence qeâlaquelle. Celle dont ta beaUtĂ©.
Lr rossignol dont le chant. Le rossignol ait cliauĂź duquel. Les hommes dont les
Ceux dans Tesprit desquels.
Celle à la beauté de laquelle.
le» passions. Les hommes aux passions desquels.
N" CCCLXYIII.
EMPLOI DE dont, COMPLĂMENT DâĂŒN VEKBE OD DâDN ADJECTIF.
Jâapprouve la maniĂšre dont vous dt»frt6«e« votre
temps et vos études. (Racine.) '
Nous sommes trĂšs-contents de la maniĂšre natuÂŹ
relle dont vous écrivez. jd.)
L'air dont U mâa repu mâa surpris.
(Marmontel.)
Les sujets dâĂceste, animĂ©s par Texemple et
par les ordres de Mentor, curent une vigueur dont
ils ne se croyaient point capables. (Fénélon.)
Témoigne? à M. de Bonnac ma reconnaissance
pourramilié donMl vous honore. (Racine.)
Vous ne connaissez pas la personne il «âp-
gissait. {Id.)
Le sénat attachait à Rome des rois dont elle avait
peu Ă craindre. ^Montesquieu.)
Il prĂ©voyait lâavenir par la profonde sagesse qui
lui faisait connaĂźtre les hommes et les desseins dont
ils sont capables. (FĂr^ĂLoN.)
Dans ces exemples, dil Boniface, à qui nous devons en partie ce numéro, dont se
rapporte tantĂŽt Ă un nom de personne, tantĂŽt Ă un nom de chose. Il est complĂ©ment dâun
verbe ou dâun adjectif qui veulent aprĂšs eux la prĂ©position de ; Distribuer son temps d'une
ßnamére; honorer de Vamitié, capables d'une vigueur, etc.
Dans ce cas, dont est généralement préférable à duquel et à de qui ; mais il y a cepen
dant des circonstances oĂč duquel et de qui doivent ĂȘtre employĂ©s au lieu de- dont ; c'est
quand le sens peut présenter une équivoque, ce que Ton verra un peu plus loin.
, EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Le» Ă©loges dont von» ĂȘtes digne». Les caresses dont von» mâaccablez. Les chimĂšres dont vons vous rc- Les conseils dont vous profites.
La pauvretĂ© dont je mâhonore. La maniĂšre dont U parle, paissez. ^ Lâordre dont il est parlĂ©.
âN'CCCLXIX,
^ a
EMPLOI DE dont POUR OU moyen duquel, avec lequel, etc.
Je ne mâĂ©tonne plus de cette violence
DontW. contraint Auguste Ă garder sa* puissance.
(Corneille.)
Et leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles,'
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles>
(MOLlftRB.)
( 432 )
Les six pattes armées de griffes avec lesquelles le
papillon résiste aux vents dans le.repos, la trompe
roulée dont il pompe sa nourriture... ,
(Bbrn. db Saint-Pibrre.)
H a la voix perçante et rude,
Sur la tĂȘte un morceau de chair.
Une sorte de bras dont il sâĂ©lĂšve en Tair,
Comme poUr prendre sa volée.
(La Fontaine. ĂŻ
On apprend, par ces exemples, que dont peut sâemployer quelquefois pour au moyen
duquel, avec lequel, etc. ; mais, dit M. Dessiaux, cet emploi est plus particulier Ă la
poésie.
. t
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ce que jâadniire le plus dans lâĂ©lĂ©phant, câest cette pompe dont il
saisit sa nourriture.
La maniĂšre dont vous manifestez votre joie.
Le ton dont vous nous recevez.
Câcst cette violence dont vous me contraignez Ă garder vos secrets
qui, etc.
La maniÚre dont vous nons avez reçus.
Lâair dont il accueille tout le monde.
âąÂ«e»» N° CCCLXX
EMPLOI DE OU.
Autrefois PrognĂ© lâhirondelle
De sa demeure sâĂ©carta,
Et loin des villes sâemporta ' â
Dans un bois oĂč chantait la pauvre PbilomĂšle. .
(Ua PbNTAlNE.)
A' ces bords oĂč mes pas et mes destins sâenchaĂźnent,
Lâamour et le remords tour Ă tour me ramĂšnent.
(CĂŒATEAĂŒBRIAND.)
AussitÎt il conduisit Télémaque vers la porte d'i
voire, par .oĂč lâon peut sortir du lĂ©nĂ©oreux empire
dePluton. , (Fénélon.)
Dans Ăźe siĂšcle oĂč nous sommĂ©s,
11 faut fuir dans les bois et renoncer aux hommes.
(Regnard.) .
Ah ! prince, dĂšs longtemps par le sort poursuivie,
Jâai prĂ©vu les malheurs qui menaçaient ma vie,
Et jâai toujours bien cru quâil fallait m'exercer
Au mĂ©pris des grandeurs oĂč jâallais renoncer.
(Regnard.)
Reine, lâexcĂšs des maux oĂč la France est livrĂ©e
Est dâautant plus affreux que leur source est sacrĂ©e.
(Voltaire.)
Heureux qui, satisfait de.son humble fortune,
Libre du joug superbe oĂč je suis attachĂ©,
Vit dans l'Ă©tat obscur oĂč les dieux Tont cachĂ©.
(Racine.)
Câest un mal oĂč mes amis ne peuvent porter de
remĂšde. (Honxesquied.)
f
Ces citations nous permettent dâĂ©tablir qĂŒen prose, comme en poĂ©sie, on peut employer
oĂčde prĂ©fĂ©rence Ă duquel, auquel, par lequel, quand il y a localitĂ© physique (1^Âź col.)
et en quelque sorte localité morale (2Ÿ col). Toutefois, dans les exemples qui suivent,
celte localité morale ne se découvre pas ; il faut donc les considérer comme des licences
dont le privilÚge est seulement réservé aux poÚtes.
A quoi sert le mĂ©rite oĂč manque la fortune!
(Corneille.)
Etâmoi, par vu bonheur oĂč je nâosais penser.
Lâun et Tautre Ă la fois je puis vous embrasser.
(Racine.)
Vraiment, câest une grĂące oĂč je nâosais prĂ©tendre.
(Campistron.)
Libre des soins cruels oĂč jâallais mâengager,
Ma tranquille fureur nâa plus qĂŒĂ se venger.
(Racinb.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
L'cndioit oĂč ĂŒâest.
La place oĂč elle est.
Le rivage oĂč je cours.
La boĂźte oĂč je lâai mis.
Le pĂ©ril oĂč il sâengage.
Le piĂšge oĂč il tombe.
La misĂšre oĂč ils sont.
La carriĂšre oĂč lâon sâenga^
f 433 )
W GCCLXXĂ.
EMPLOI DE dont, dâoĂč.
Dont.
Lâhymen vous lie encore aui dieux dont vous sortez,
(Racine.) .
Du sang dont vous sortez rappelez la mémoire.
jd.)
Misérable ! et je vis ! et je soutiens la vue
De ce sacré soleil dont je suis descendue !
jd.)
Sans respect des aĂŻeux dont elle est descendue.
(Boileau.)
Le corps, né de la poudre, à la poudre est rendu;
Lâesprit retourne au ciel, dont il est descendu.
(L. Racine.)
IToĂč.
VĂ©nus remonte dans un nuage d'oĂŒ elle Ă©tait sorÂŹ
tie. . . (Fénelon.)
Comment avez-vous pu entrer dans cette Ăźle d'oĂŒ
vous sortez? {Id,)
Rappeler aux anciennes formes de son origine un
peuple Ă©clairĂ©, puissant, immense, câest vouloir
renfermer un chĂȘne dans le gland dâoĂč il Ă©st sorti.
(Bérn. de Saint-Pierre.)
Voilà notre belle enflammée
Dâun feu quâon ne connaĂźt que quand on lâa senti,
Et qui, tout à la fois interdite et charmée,
Cherche des yeux la main dâoĂč le trait est parti.
' (De Boufflers.)
Nous pauvons inférer des exemples de Tune et de Tautre colonne qiTavec les verbes
descendre, sortir, les Ă©crivains ont gĂ©nĂ©ralement employĂ© dont, lorsquâils ont voulu exÂŹ
primer Taction morale dâĂȘtre issu ; et dâow, toutes les fois quâil sâest agi dâĂ©noncer une acÂŹ
tion physique desortie, (le dĂ©part ou dâĂ©loignement: DâaprĂšs ce principe, câest.donc avec
raison que les grammairiens condamnent Temploi de dont dans les citations suivantes :
Rentre dans le nĂ©ant dont je tâai fait sortir. (Racine.)
Les alliés de Rome, indignés et honteux tout à la fois de reconnaßtre pour maßtresse une ville dont la li
bertĂ© paraissait ĂȘtre bannie pour toujours, commencĂšrent Ă secouer un joug quâils ne portaient qĂŒavec
peine, (CitĂ©âpar Girault-Duvivier.)
Il aurait fallu dâoĂč.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Les parents dont vous descendez.
La iamilic dont Ă est isso.
Les peuples dont nous sommes descendus.
La ville dâoU je viens.
Le lieu d'oĂč je sors.
LĂ maison d'oĂč il sort
N" CCCLXXII.
Lequd, laqmlle, précédés de plusieurs substantifs.
AVEC et.
On connaĂźt des nations entiĂšres-et des ordres
d'hommes auxquels la religion défend de manger de
rien qui ait eu vie. (Buffon.)
Le zĂšle et Xexactitude avec lesquels je me suis
acquittĂ© de lâemploi que S. Exc. mâavait .confiĂ©,
nâont pas dĂ» mâinspirer plus de dĂ©fiance.
(J.-J. Rousseau.)
SANS et ou AVEC OU.
Louis XIV accorda aux savants et aux artistes
cette faveur, cette protection sans laquelleXcs arts
ne peuvent fleurir, (Cité par Noël et Chapsal.)
Il montra un courage ou une prudence Ă lUquelle
on prodigua des éloges..
(Les mĂȘnies.)
Précédé de deux substantifs de différent genre et unis par et, lequel se met, comme
dans les exemples de la premiĂšre colonne, au masculin pluriel.
Mais si, dâaprĂšs les citations de ia seconde colonne, lequel est prĂ©cĂ©dĂ© de deux substan-
lifs ayant entre eux quelque synonymie et non liés par la conjonction et, il prend alors le
genreâet le nombre du dernier : câest ce qui a encore lieu lorsque les substantifs sont joints
55
(4E)
par la particule ou. Comme on le voit, lequĂ©l, laquelle; etc., sont soumis aux mĂȘmes rĂšgles
syntaxiques que les adjectifs qualificatifs.
EXeAcFCE PnĂisĂotĂŽGlQUE.
r.e courage et lâatlrcsse avec lesquels ĂI se tira dâaffaire,
tâe sont des Ijonnncs el des femmes auxquels je conviens.
II y a des hommes et^iies femmes uiis.tjuels on ne peut plaire.
Voila les termes et les couililioiĂźs dâaprĂšs lesquels tl veut Irai
ne rcsistc.
traiter.
Déployer une bravoure, une intrépidité à lamielle rien
Il fallait voir lâart ou lâadresse avec laquelle n sây prit.
Ayez ce zclc, cette assiduité avec laquelle il travaille.
Puissiez-vous avoir cette habiletĂ©; ce talent sans lequel on nâest rien.
N» cccLxxili.
EMPLOI DE qui; DE que OU DE lequel, laquelle, etc.
QĂŒi ĂĂ» qĂŒĂš:
Les oisÚawaß dé paradis, gui nous viennent des
Indes.ne sont pas tous également conservés ni tous
pà i*hlitemérit s'emBlablés. (Bd'pfÎn.)
Les Français.ne parlent presque jamais de leurs
femmes : câest quâils ont peur dâen parler devant
des gens gui les connaissent mieux quâeux.
(Montesquieu.)
Lâon voit des hommes tomber dâune haute fortune
par* les ihĂȘines moyens qui lĂ©s y avaient fait monter.
(La BruyĂšre.)
, La paresse de Tesprit et dd corps est un vice que
les hommes surmontent bien quelquefois, mais
qĂŒils nâĂ©tĂŽuffent janiais. (Diderot.)
Les louanges que nous donnons se rapportent tou-
jdiirs par quelque chose Ă nous-mĂȘmes.
(Massillon.)
11 y a dans la mĂ©ditation des pensĂ©es honnĂȘtes
une sorte de bien-ĂȘtre que les mĂ©chants nâont jaÂŹ
mais connu ; c'est celui de se plaire avec soi-mĂȘme.
(J.-J. Rousseau.)
Lequel»
J'étais ce⹠matin> dans ma, chambre, laquelle,
comme tu sais, nâest sĂ©parĂ©e des aulres que par une
cloison fort mince. , (Montesquieu.)
ClusiĂŒs rapporte; sur le tĂ©moignage de quelques
marins, lesquels nâĂ©taient instruits eux-mĂȘmes que
par des ouĂŻ-dire, qu'il y a deux espĂšpes dâoiseaux de
paradis. (Buffon.)
. . . Un chien vient dans une cuisine,
11 y troĂŒvĂ« ĂŒn ckĂ pon, lequel a bonne mine.
(kACINE.)
Quant Ă ĂŒ inarcHahd, il se dĂ©fit dĂ© toĂčs ses escla-
Vesj.Ă la ré§erve dâun grammairten, dâun cAanfre
et dâĂsope, lesquels il alla exposer en vente Ă Samos.
(La Fontaine.)
Il nâacheta que des langues, lesquelles il fit acÂŹ
commoder Ă toutes les sauces. ^ .
(La Fontaine.)
Le jour suivant, que les vapeurs de BacchĂŒs fuÂŹ
rent dissipĂ©es, Xanthus fut eitrĂȘmemĂ©nt surpris de
ne plus trouver son anneĂąw, lequel il Tenait fort
cher; (Jd.)
Girault-Duvivier, en parlant de lequel, laquelle, etc.-, nous dit qu'on ne s*en sert presÂŹ
que jamais en sujet ou eii rĂ©gime direct ; quâen pareille circonstance, il faĂŒt toujours emÂŹ
ployer qui ou que, comme le montrent les citations de la premiĂšre colonne. Nous concevons
quâen lâabsence de faits, Girault-DuViviĂ«r Ăąit posĂ© uhe rĂ©glĂ© trop rigdĂŒ'reuse ; car les exemÂŹ
ples de la seconde colonne prouvent manifestement quâen sujet ou en rĂ©gime lequel, laÂŹ
quelle sont quelquĂ©fĂŒis prĂ©fĂ©rablĂ©b Ă qĂŒi bĂč 'que ; c'eĂąt qĂŒĂąlbfs i\Ă rendĂ©nt la phrase sinon
plus élégante, au moins plus soutenue.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Câest lâespĂ©rance qui soutient tons les hommes.
Les animaux qui rampenl sont les ^lus vils.
La joie quâil raanirestait Ă©tait sincere. ^
Les personnes que nous aurons seront en graoJ nombre.
Là liberté convient aux hommes j nbtammeiil aux princes, les
quels , '
Je rencontrai un homme, lequel, comme je vous di», me parut
suspect. ^
Nâ CCCLXXIY.
ĂQUIVOQUE DE qui, que, dont, remplacĂ©s par lequel, laquelle, duquel, etc.
. t ^.
La mĂ©disance est une pente secrĂšte , de TĂąme Ă
pëhker mal dé touù lÚs hommés, laquelle se roani-
leste pĂąr les paroles.
(Pensées de Thbophraste.)
La seconde considération dépend de rapports
donnés dans cértaines situations, rapports acciden
tels à la chose, lesquels, par conséquent, ne sont
point nécessaires et peuvent varier à Tinfini. .
(J.-J. Rousseau.)
( 435 }
«
. Voici un exemple tiré des papiers anglais, lequel
jĂ© ne puis mâempĂȘcher de rapporter.
(J.-J. HoussbaĂŒ.)
Outre les vtn» destinĂ©s pour la vente et poĂŒr
lĂ©s provisions ordinaires, lesquels nâont dâautre
façon que dâĂȘtre recueillis avec soin, la bienfaisante
fĂ©e fen firĂ©pĂ re dâautres plus fins pour nos buveurs.
jd.)
Je me flatte que vous mettrez le comble Ă votre
générosité en me faisant part de la lettre de
Louis XIV au cĂ rdihal de Bouillon, laquelle doit
ĂȘtre des premiers jours dâavril 1699.
(Voltaire.)
Ce qui n/iutéresse, moi,et tous mes semblables,
câest que cliacun sache qiiâil existe un arbitre du
sort des humain^, duquel nous soinmés tous les en
fants. (J.-J, Rocssbad.)
Vous savez, madame la marĂ©chale, quâil y Ă une
édition contrefaite de mon livre, là qûélle doit pa
raĂźtre ces fĂȘtes. (J.-J; Rousseau.)
Je plains beaucoup les auteurs de tant de tragé
dies pleines dâhorreurs, lesquels passent leur vie a
faire agir et parler des gens quâoĂŒ ne peut Ă©couter
ni voir sans Souffrir. jd.)
AussitÎt que je fus débarrassé des affaires de la
cour, jâallai trouver Vhomme qui mâavait parlĂ© du
mariage de.madame de MirĂ niion, lequel me parut
dans les mĂȘmes sentiments. (B. Babutin.)
Câest une pĂ©danterie insupportable et un soin des
plus superflus de sâattacher Ă corriger dans les enÂŹ
fants toutes ces petites fautes contre Tusage, desÂŹ
quelles ils ne manquent jamais de se corriger dâeux-
raĂȘmes avec le temps. (J.-J. Rousseau.)
Il résulte de toutes ces citatidhs qu'il faut faire usage do lequel, laquelle, duquel, etc.,
aĂč lieu de qui, que, dont; toutes les fois que Tadjectif conjonctif est prĂ©cĂ©dĂ© d'un substanÂŹ
tif qui le séparé nécessairement de celui avec lequel il se trouve en relation. En pareil cas,
Temploi de qui, que, dont, serait vicieux, attendu que ces mots produiraient ou uné équi
voque ou un mauvais effet ; ce qĂŒil faut Ă©viter avec soin, comme nous Tenseignent les Ă©criÂŹ
vains, en ayant recours Ă lequel, laquelle, duquel. quand la construction ne
manque pas dâharmonie, ni le sens de clartĂ©, on peut aussi se servir dĂ© qui, que, dont,
comme dans ces exemples :
On voit des ouvrages critiqués du peuple qui ne
lui en plaisent pas moins. (VaĂŒvenargues.)
On peut rapporter à cette espÚce, comme variété,
le arouge Ă tĂȘte jaune dâAmĂ©rique, de M. Brisson,
qui a en effet le sommet de la tĂȘte, les petites couÂŹ
vertures de la queue, celles des ailes et le bas de la
jambe jaunes. ^ (Buffon.)
Xâest un effet de la divine Providence qui est con-
iforiaie à ce qui a été prédit. (Boniface.)
Un malheur inconnu glisse parmi les hommes,
Qui les rend ennemis du repos oĂč nous sommes.
, - (Malbbrbe.)
C'est la main des ingrats qui blesse uo cĆur sensible.
(La Uarpb.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
J*aĂź reçu une lettre de mon firirĂ©, laquelle âą âą âą
Je suis sensible aux conipUmĂȘnts de votre ami, lesquels. ..
Telles sont les calamités de ce peuple, desquelles...
Câest tout le secret de cette lettre, duquel.. âą
Voici deux lettres dc mon pĂšre, lesquelles.
J'ai reçu vingt francs de quelqu'un, lesquels...
Tel est le sort de riiumanßté, duquel...
Je prends part aux malheurs de ces persoûnes; desquelles,,.
N" GCCLXXV.
Qui, que, dont, séparés de leur antécédent.
Ah ! quâun pĂŽra est heureux, qui voit en un moment
ĂŒn cher fils revenir de soii Ă©garement.
(Regnard.)
Un loup survint Ă jĂšĂŒri, qui cherchait aventure.
(La Fontaine.)
Que les mĆurs du pays oĂč vous vivez sont sainÂŹ
tes, qui vous arrachent Ă Tattentat des plus vils esÂŹ
claves 1 (Montesquieu.)
ĂŒn homme restait seul , qui avait Ă©tĂ© employĂ©
sousrte ministÚre des étrangers. (Rulbiëres.)
La déesse, en entrant, qui voit la nappe mise,*
Admire un si bel ordre et reconnaßt 'église.
(Boileau.)
Une fille en naquit, que sa mÚre a célée.
(Racine.)
II né peut pàs dire que ces grands hommes aie
failli, qui ont combattu pour la mĂȘme cause da
les plaines dé Marathon. (Boilbau.)
Un pn'nca nous poursuit, dont le fatal génie..*
(J.-B. Rousseau.)
lit
AprÚs avoir posé en principe que les adjectifs conjonctife, vulgairement dits pronorri
relatifai ue doivent jamais ĂȘtre sĂ©parĂ©s de leur antĂ©cĂ©dent, les grammairiens, comnie
( 436 )
i^envt les uns des atttfÎs, condamnent toute construction qui s*écarte de ce principe.
Ainsi, de par dâOlivet, LĂ©vizac, Girault-Duvivier et MM. NoĂ«l et Chapsal, qu'on est tou-
'piirs sûr de rencontrer quand il y a quelques erreurs à conserver, il ne fßiut pas imiter
Regnard, Boileau, La fontaine, Racine, Montesquieu, J.-B. Rousseau, RulhiĂšres, dans
:Ies exemples précités, attendu que les adjectifs conjonctifs qui, que, dont, se trouvent sé
parés des noms auxquels ils ont rapport. N'en déplaise à tous les d'Olivets du monde,
nous écrierons-nous avec M. Dessiaux, tous ces exemples sont non seulement corrects,
mais encore élégamment construits, et nous venons nous en constituer les défenseurs.
Examinons : Quand MM. Noël et Chapsal établissent que le pronom relatif doit tou
jours ĂȘtre placĂ© prĂšs de s'on antĂ©cĂ©dent, ils ajoutent aussitĂŽt que toute autre place renÂŹ
drait sa correspondance louche et équivoque. Nous le demandons, dans les citations qui
précÚdent, aucune équivoque, aucune ambiguité est-elle à craindre? Le sens, au contraire,
n'est-il pas parfaitement clair, puisque les relatifs qui, que, dont, ne sont distraits de leur
antécédent que par des verbes ou des adjectifs avec lesquels il est impossible de les faire
rapporter?
Concluons donc que les écrivains se sont bien exprimés, que la construction attaquée,
loin dâĂštre vicieuse, est bonne et peut ĂȘtre imitĂ©e ; enfin, que le principe des grammaiÂŹ
riens ne doit ĂȘtre observĂ© quâautant que les adjectifs conjonctifs qui, que, dont, sĂ©parĂ©s
de leur antécédent, donneraient réellement lieu à un sens louche ou équivoque.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
lin autre qui avait lâair piteux.
Que ccux-lĂ vivent qui nous sont chers.
Que ces hommes sont nuls dont on nâattend aucun service.
Des ombres apparurent qui nous effrayĂšrent.
Des enfants y yinrent qui se noyĂšrent.
Ors femmes entrĂšrent qui nous plurent beaucoup.
W cecLxxvi.
CONSTRĂCTION DE qui ET DE que. ^
PHRASES VICIEUSES.
Câest un procĂšs gĂŒon a crĂ» gĂŒon perdrait.
Câest une entreprise gwe.je ne peux croire gwi
réussira.
Quelques-uns ajoutent mĂȘme des dĂ©tails gĂŒil seÂŹ
rait Ă souhaiter qui fussent vrais.
La pluralitĂ© des dieux est une chose gĂŒon ne
peut sâimaginer gut ait Ă©tĂ© adoptĂ©e par des. hommes
de bon sens.
PHRASES CORRECTES.
Jâai lu que Salomon possĂ©dait lui seul vingt-cinq
milliards dâargent comptant; et certainement il nây
a pas deux milliards quatre cents millions dâespĂšces
circulantes dans la France, gĂŒon mâa dit ĂȘtre beauÂŹ
coup plus grande et plus riche que le pays de Salo*
mon. (Voltaire.)
SĂŻl m'appartenait de vous donner des conseils, le
premier que je'voudrais vous donner serait de ne
)oint vous livrer à ce goût gue vous dites auo*r pour
a vie contemplative, (J.-J. Rousseau.)
Quand on dit : C'est un procĂšs Quâon a cru Qu'on perdrait; cest une entreprise QUE je ne
peux croire qui réussira, etc., la tournure de ces phrases est vicieuse; car ces que et ces
qui Ăšn cascades produisent un trĂšs-mauvais effet; il faut alors prendre un autre tour et
dire, conformĂ©ment aux exemples de Voltaire et de J.-J. Rousseau :câes/ un procĂšs qu'on
a cru perdre; c'est une entreprise à la réussite de laquelle je ne puis croire, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Câest Une chose quâon ne peut sâimaginer...
Câest une affaire quâon a pen.sĂ©...
Ce sont des dĂ©tails quâon croit...
Ce sont des femmes quâon mâa dit.
( 437 ) '
W GCCLXXYIL *3^'
RĂPĂTITION DE qui.
PHRASES CORRECTES.
Que veux-tu que devienne une femme qui tâaime,
qui était accoutumée à te tenir dans ses bras, qui
nâĂ©tait occupĂ©e que du soin de te donner des preuves
de sa tendresse?- (Montesquieu.)
Un auteur qui est sensé, qui sait bien sa langue,
qui médite bien son sujet, qui travaille à loisir, qui
consulte ses amis, est presque sûr du succÚs.
(Girault-Duvivier.)
PHRASES VICIEUSES.
Jâai lu avec plaisir cet ouvrage, qui a Ă©tĂ© comÂŹ
posé par une personne gut est versée dans les sciences
gui ont pour objet lâĂ©tude de ia nature.
Ne recherchez jamais les plaisirs qui corrompent
les cĆurs qui ont lâamour de la vertu, qui est la
chose la plus précieuse.
On apprend par les exemples de la premiĂšre colonne que lorsque les propositions
dâune phrase sont liĂ©es par plusieurs qui, il taut, pour que la phrase soit correcte et harÂŹ
monieuse, que tous ces qui aient une mĂȘme relation. Ici Ton voit que chaque qui se rapÂŹ
porte soit au mot femme, soit au substantif auteur.
Mais dans les citations opposées, les phrases sont vicieuses et insupportables en ce que
les rapports des adjeclifs conjonctifs sont différents. En effet, le premier qui de chaque
exemple est relatif Ă ouvrage ou Ă plaisirs, le second Ă personne ou Ă cĆurs, et le troiÂŹ
siĂšme Ă science ou Ă vertu.
Dans les propositions incidentes ou subordonnées les unes aux autres, il faut soigneu
sement éviter Temploi des adjectifs conjonctifs en rapports divergents.
Il peut cependant s>n trouver deux, comme dans cet exemple :
c< Il nây a point Ă 'affection saine qui nâait sa place dans votre cĆur, qui ne sây distingue
par lasensiĂ©Ă/Ăš gm vous est propre. (J.-J. Rousseau.)
Mais un plus grand nombre né serait pas tolérable. ,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Une femme qui est riche , qui est aimable , qui «st spirituelle , qui
est instruite, est une femme accomplie.
ĂŒn enfant qni est paresseux, qui est gourmand , qui est joueur, se
prépare une alTreuse destinée.
11 :rv a point dâhommes qui mĂ©prisent rĂ©ellement les richesses et
qui ne les recherchent pnur tout ce qui' est nécessaire à leur
besoin.
Celui qui vous p.irle et qui vous veut âdtt hico ne fera que des
choses qui vous seront fa%âorables.
âNÂź CCCLXXYIII. 9^â
Qui suivi ou non suivi de ĂźL
NON SUIVI DE il.
Qm* vit aimé de tous à jainais devrait vivre.
(Pradon.)
Qui reçoit un pardon souffre un soupçon infùme.
(Th. CoRiVlĂźILLE.)
Qui pardonne aisĂ©ment invite Ă lâoffenser.
(Corneille.)
Qwt sert bien son pays sert souvent un ingrat.
(Volt a; RE.)
SUIVI DE t7.
En un mot, qxti voudrait épuiser ces matiÚres,
Peignant de tant dâesprits les diverses maniĂšres,
Il compterait plulĂŽt combien, dans un printemps,
Gucnaud et l'antimoine ont fait mourir de gens, .
(Boileau.)
Un bienfait perd sa grĂące Ă le trop publier;
Qui veut qĂŒon sâen souvienne il e doit oublier.
* (Corneille.)
Kelativement aux exemples de la premiĂšre colonne, consignons ici ce que nous lisons
dans la &t'ammaire des Grammaires.
( 438 ) .
(( Qui, employé absolument, c'est-à -dire sans antécédent énoncé, est le sujet du
verbe suivant; et le second vepbe n'^ ni pe saurait avoir de sujet expriiné : Tantécédent
sous-entendu du pronom qui en est le sujet, et cet antécédent est celui. »
D'oĂč Girault-Duvivier infĂšre naturel|pmenf que les exemples de la seconde colonne ne
sont pas Ă imiter, en ce quâils renferment un t7 de trop.
A notre tour, voyons ce quâil y a de juste dans ces observations :
Dâabord, pour ce qui est des premiĂšres citations, il n'est pas exact dâavancer que dans
Jes phrases oĂč qui est employĂ© dâune inaniĂšre absolue, le second verbe ne saurait avoir
de sujet expriipé ; ce^ qui le prouve, ce sont les phrases suivantes :
4
Qui ne mourrait pour conserver son honneur, ce- Qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé*
lui-là senût infùmq. (Pascal.) (Fléchier.)
Nous le demandons, quel est le grammairien qui voudrait condamner ces phrases ? Qui
ne sent, comme nous, quâelles sont trĂšs-françaises, et qĂŒelles perdraient toute leur force,
toute leur énergie, si le sujet du verbe de la seconde proposition, celui-là , p'était pas
Ă©noncĂ©, ou bien encore sâil se trou^wait immĂ©diatement transposĂ© deyant qui yelatif? Et
dans ce dernier cas, la construction, dâinverse qĂŒelle est, devenant naturelle, directe,
combien ne perdrait-elle -pas aussi de son élégance I
Il faut donc le reconnaĂźtre, Tauteur de la Grammaire des Grammaires a dit Ă tort
qĂŒaprĂšs le qui absolu, le verbe du second membre de la phrasp ne pquvait ayoir de sujet
exprimé^ nous venons de démontrer matériellement le contraire.
Passons maintenant aux exemples oĂč qui est suivi de il. Nous ne phercherons pas Ă jes
justifier : car il paraĂźt presque Ă©vident que cet il nây est incorporĂ© qpo parcp quâil est né
cessaire à la mesure du vers; mais si la clarté du discours ou Ténergie de la pensée en
rĂ©clamait Temploi, nous croyons qĂŒalors i7 ne serait pas condamnable. Lâanalyse serait,
dans ce cas, la mĂȘme que celle de ces deux exemples qui nous paraissent corrects :
...Qui se fqit hrebj^, toujours le loup Ăźe mange.
(Fabrb d'Fglantine.)
Quf peut faire un complot, lui-mĂȘme en est coupable.
(GtmssET.)
Analyse : (celui-lĂ ) qui se fait brebis (je dis que)
le loup Ăźe mange,*
Analyse : {celui-lĂ ) qui peut faire un complot,
(je dis que) /ut-méme en est coupable.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Qai aime bien ehfttie bien.
Qui sort bien son pajs peut se rendre immortel.
â I, âą
>ni traliiraii sou pays* celui-lĂ serait infĂąme.
;ui endurerait un affront, celaĂź-fĂ poarrait en sopnorter tnillo
antre,.
' âNÂź CCCLXXIX.
* /
EMPLOI DE qui OU DE quel, DE qui des deux ou dë lequel des deux.
I.
Qui qy quel pour lbs personnes.
Or qui est le salariant ou quels sont les salaÂŹ
riants? (Dupont de Nemours.)
Mais, madame, un moment, songez ce que je puis,
Qui vous ĂȘtes, quel Ă©st Sapor, et qui je suis,
(Rrgnard.]
sont ces gens en robe? Ătes-vous avocats?
ĂĂ , parlez. (Racine.)
Quel seulement pour les choses.
Mais il est nécessaire de savoir vos desseins.
Quels sont-ils donc?
(MoliĂšre.)
Vous avez plusieurs ratson» à alléguer contre ce
que je dis ; quelles sont-elles ?
(Girault-Duvivier,)
Quelle est donc cette facultĂ©, appelĂ©e raison, quĂȘ
jâemploie Ă observer la nature?
(Bern. de Saint-Pierre.)
( 439 )
est le sot qui lâa dit?. (Racine.) â
ĂŻl y a de bons remĂšdes ; il ne manque que de bons
mĂ©decins. â Volontiers/mai s gwt seront-i7s ces bons
médecim? (Piron.)
Vous moquez-vous? dit Vautre : Ahl vous ne savez
â"QuettaJesuiV. ' ' [guĂšre
^ (La Fontaine.)
Quel ei-tuf â Je çuis roi du peup.jç sputerrkn.'
' ' ^ - â >âą (Thomas.)
Quel est donc votre mal ? (MoliUre.) '
Plusieurs dâentre eux ne voulaient que faire un
livre, nâimportait quel, pourvu quĂŻl fĂ»t accueilli.
(J.-J. Rousseau.)
Eh bien! de vos soupçons, quel est lâo&jet?.
(V9LTAIRB.)
Quel est le projet oĂč vous vous arrĂȘtez ?
. « V «n-r * « 1 âą - â â tw .x
(Lo.)
De Texamen de ces exemples nous sommes fondés 4 conclure qufo,p einploie gwipu quel
pour les personnes, et qmĂź seulement pour les choses. Ainsi pn peut dire ; qui est le sor^
lariant ou QĂŒel estle salariant? qĂŒi est Sapor ou QĂŒel est Sapor? QĂŒi sont ces gens ou
QUELS sont ces gens? qĂŒi est le 'sot qui Va dit ou quel est le sot qui Va dit ? etc., parce que,
dans toqs çes cqs, il sâagit de personnes ; mais on dira : quels sourit vos desseim ? puELLEg
sont vos raisons ? quel est votre mal ? etc., parce qĂŒil ĂŒest ici question que de choses.
C'est là un principe général que Girault-Duvivier n'a feit qu'effleurer, et que du reste on
ne trouve établi- dans aucune grammaire.
Toutefois, dans lâemploj de qui qu quel pour les personnes il existe une nuance trĂšs-
dĂ©licate qĂŒil est peut-ĂȘtre assez difficile dĂš saisir. Nous aiderons sans doute Ă la faire
bien sentir, en disant que qui exprime une idée de détermination, et quel, une idée de
qualification. Si donc quelqu'un frappe Ă la porte, je demande qui est-ce? C'est un homme.
Pour savoir sqq qqpi, je cli^ Qpi est-il? Pour savoir son éfet, son rang,^e demande
qu'est-il? Pour connaßtre son rnépite, ses qualités, jé dis quù esHZ? cpjte ÿs-
tinction, on dit souvent qui ést-dl pour quel est-il?
Généralement on se sert de qui, lorsque ce mot esten alliance avec un pronom personnel :
je sais qui je suis, qui tu es, qui il est, qui nous,sommes, fl^ui voy^s ĂȘtes, qui iis son/.'Si dans
les deux derniers exemples de la premiĂšre colonne nous Voyons quelle je, q^e]^ es-tu?
pour qui je suis, qui es-tu? c'est que dans le premier cas La Fontaine ayait besoin d'une
syllabe de plus, et que dans lâautre U ferait Ă©viter un hiatus. *
II.
Qui des deux ou lequel des deux,
. POUR LE? PERSONNES.
Qui passera de nous deux? qui cĂ©dera sa place Ă
Vautre? le moins habile? mais je suis aussi habile
que lui. (Pascal.)
Lequel est le plus heureux dĂšs ce monde, du sage
avec sa raison, ou du dévot dans son délire?
Ik I t.i. 1 . /T T 'wi ' V
(J.-J. Rousseau.)
Que vous semble, mes sĆurs, de VĂ©tat oĂč nous
[sommes?
WEsther, dâAman, qui le doit emporter ?
(Racine.)
Lequel des deux est prĂ©fĂ©rable ; dĂŒn cĂŽtĂ©, un roi
conquĂ©rant et iqvincible daqs la guerre; deâVautre,
un roi saris expĂ©rience dĂš la guerre, mais propre Ă
policer sagement les peuples dans la paix ? '
(Fénelon.)
Qui peut de son vainqueur mieux parler que Vingrat ?
Voyons qui son amoĂŒr accusera'^# deux ?
â ' - ' «u- '^Racine.)
Savant précepteur, voyons lequel de nos deux élÚves
ressemble au sauvage, et lequel ressemble au paysan.
' ' â (J.-j. Rousseau.)
Lequel des deux,
POUR LES CHOSES.
Les académies sont cq possession ùe tout temps
de remporter le prix de toutes sortes de bassesses,
et jamais cour ne'proscrivit un abbé de Saint-Pierre
pour avoir parlĂ© sous Louis Xy ĂŒn peu*librĂšment
de Louis XIV, ni ne s'avisa d'examiner TaquĂšlTe des
vertus t|u roi méritait les plus fajtos éloges.
* (P/-L. ĂOĂŒj^lER.]
Laquelle préfÚres-tu, d'AthÚnes ou de Rome?
^((iité par Lemare.)
Laquelle de ces deux villes est la plus illustre.
AthĂšnes oxx Rome? [Id.)
Lequel vaut mieux, de cultiver un art funeste ou
de Ăźe rendre inutile? (J.-J, Rousseau.)
Laquelle de ces deux républiques, de Sparte ou
de Syharis, fut subjuguée par une poignée-de pay
sans; et laquelle fit trembler VAsie?"'' (fd.)
AprĂšs cela, tu jugeras toi-mĂȘme lequel vaut le
mieux de ce que tu dis ou de ce que tw fais.
. (Id.)
( 440 )
On jugea qu'il importait de vérifier lequel était le Lequel vaut le mieux d'un gouvernement si sim-
fripon des deux.
(J.-J. Rousseau.)
pie oudâun gouvern&ment (J-.JRousseau.)
Ajnsi donc, en parlant des personnes, on peut dire gwtou lequel: Qui ou lequel pasÂŹ
sera de nous deux ? qui ou lequel est le plus heureux, du sage ou du dévot ? etc. Mais si Ton
ne parle que des choses, c'est toujours lequel qĂŒil faut employer ; Laquelle de ses vertus
mérite le plus d'éloges ? lequel vaut le mieux d'un gouvernement simple ou d*un gouver
nement mixte? Un point si important et maintenant si clair n'a pourtant été traité, que
nous sachions, par aucun grammairien. Lemare Ta bien abordé, mais la profonde obs
curité dont il s'est plu à l'entourer doit faire regretter qu'il en ait seulement parlé.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Qui ou quel est votre pĂšre?
Qui ou quels d'entre eux sont vos
parents?
Quelle est votre raison ?
)nel est votre état ?
Qui ou lequel des deux ira?
Qui ou laquelle des trois ment?
Lequel des deux préférez-vous ?
Laquelle des contrées ave^^ous
paroiuruc?
Nâ CCCLXXX.
C'est Ă vous que, c'est Ă vous qui, c'est Ă vous Ă qui.
I. â Cest Ă vous que.
Cessez de tourmenter mon ùme infortunée ;
Je sais que c'est à vous que\e fus destinée.
(Racine.)
Câest d moi gĂŒon en veut. (Piron.)
Câest Ă toi, Julie, gwâil faut Ă prĂ©sent rĂ©pondre.
(J.-J. Rousseau.)
Amour, tu perdis Troie,*
Et câest de toi que vient
Cette querelle envenimée. (La Fontaine.) .
Câest Ă Rome, mes fils, que je prĂ©tends marcher.
(Racine.)
Câest Ă tes magots dâenfants que je veux m'en
prendre. (Piron.)
Vous savez, messieurs, que cest de Louis XI que
je parle. (Fléchier.)
Câest hien d Momus que j'ai l'honneur de parler?
(Piron.)
Câest souvent du hasard que naĂźt lâopinion.
Et c'est lâopinion qui fait toujours la vogue.
(La Fontaine.)
Nous n'appellerons point des docteurs pour enseiÂŹ
gner la botanique aux enfants; câest aux femmes
qu'il appartient de leur parler de ce que les végé
taux ont de plus intéressant.
(Bern. de Saint-Pierre.)
II. â Cest DOW» d qui.
Cest vous, digne Français, d qui je viens parler;
Le Soudan le permet, cessez de vous troubler.
(Voltaire.)
Ce nâest pas vous, câest lâidole
A qui cet honneur se rend.
Et que la gloire en est due. (LĂ Fontaine.,
Cest vous seul, 6 mon cher Narbal, pour qui mon
cĆur sâattendrit. (FĂ©nelon.)
Cest elle dont je tiens cette illustre naissance
Qui flatte mes dĂ©sirs dâune illustre espĂ©rance.
' . (Corneille.)
Câest votre illustre mĂšre d qui je veux parler.
(Racine.)
Est-ce Dieu, sont-ce les hommes,
Dont les Ćuvres vont Ă©clater? (Id.)
Ce nâest pas le bonheur aprĂšs quoi je soupire.
(MoliĂšre.)
^ %
Est-ce une tigresse dont il a sucé la mamelle dans
son enfance? (Fénelon.)
III. â Câest Ă nous Ă qui.
Cest Ă vous, mon esprit, Ă qui je veux parler.
(Boileau.)
Ce nâest pas de ces sortes de respects dont je vous
parle. (MoliĂšre.)
MalgrĂ© les pleurs amers dont jâarrose ces lieux,
Ce nâest que du tyran dont je me plains aux dieux,
(Crébillon.)
Cest à vous d qui i\ appartient de régler ces
sortes dâaffaires. (Bouhours.)
* . . , Ătait-ce dans mon Ăąme
OĂŒ devait sâallumer cette coupable flamme ?
(Racine.)
11 résulte de ces nombreuses citations que les auteurs ont dit : c'est a vous que je parle,
c'est tĂźows A qui je parle, c'est a vous a qui je parle. Mais ces trois maniĂšres de s'ex-
"7
primer sont-elles également bonnes? Non, sans doute. La premiÚre est assurément celle
que Ton doit préférer, comme étant la plus usitée et la plus conforme au génie de notre
langue. La seconde est plus expressive, peut-ĂȘtre Ă cause de Temploi peu frĂ©quent de ce
tour de phrase. Quant à la troisiÚme, elle est généralement réprouvée, et les exemples que
nous avons cités sont à peu prés les seuls que Ton puisse en donner. Ces observations
s'appliquent non seulement à la préposition à , mais à toutes les prépositions.
âą
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Câest Ă TOUS quĂš Je oi'adresse.
Câcst pour vous que je parle.
Câest par vous que jâai obtenu ma grĂące.
Câest de moi seul quâil sâagit.
Câest devant lui que je veux me placer.
Câest avec son pĂšre quâeile se promĂšne.
Câest sur toi quâil veut dĂ©charger sa colĂšre.
Câest vons Ă qui je mâadresse.
' Câest vous pour qui je parle.
Câest vous par qui jâai obtenu ma grĂące.
Câest moi seul dont il {âagit.
Câest lui devant qui je veux me placer.
Câcst son pĂšre avec qui elle sc promĂšne.
â C'est toi sur qui eile veut dĂ©charger sa colĂšre.
-«oo©
Nâ CCCLXXXI.
Ce qui, ce que.
I.
AVEC LE VERBE plaite.
Ce qui.
CĂ©der ce qui nous plaĂźt, entre nous, ĂŒest sottise.
(Langue,)
A ce qui plaĂźt la jeunesse est docile.
(Haumont.)
Je sais, dit-il, votre secret, mesdames:
Ce qui vous plaĂźt en tous lieux, en tout temps,
Nâest pas toujours dâavoir beaucoup dâamants.
(Voltaire.)
Ce qui me plaĂźt le plus dans votre histoire, câest
quâil ĂŒy a pas un mot qĂŒi soit vrai.
(Boufflers.)
Si l'on cousait ensemble toutes les heures que Ton
passe avec ce qui plaĂźt, Ton ferait Ă peine, dâ.un
grand nombre dâannĂ©es, une vie de quelques mois.
(La BruyĂšre.)
Ce que»
Les hommes ne sont que ce quHl plaĂźt aux femmes.
(La Fontaine.)
Vous me la promettez? â Tout ce qu'il vous plaira.
(Montfleory.)
Croyëz-en ce guïl vous plaira, et pleurez encore
sur moi si vous avez des larmes de reste.
(Fénelon.)
Vous avez le corps fauve et la tĂȘte Ă©carlate,
Le bec... Oui, dit lâoiseau, jâai ce gĂŒil vous plaira.
(Florian.)
Je leur abandonne de bon cĆur mes ouvrages,
ma figure, mes gestes, mes paroles, mon ton de voix
et ma façon de réciter, -pour en faire et dire tout ce
gĂŒil-leur plaira. (MoliĂšre.) '
Pour sentir toute la différence qui existe entre les citations de la premiÚre colonne et
celles de la seconde, il suffit en quelque sorte de les comparer : Céder ce qui nous plaßt a
le sens de céder cet objet qui nous plaßt actuellement, qui nous est agréable, qui nous
charme. ĂŻl en est de mĂȘme des quatre exemples suivants : A ce qui plaĂźt, ce qui vous plaĂźt,
CE QUI «1(3 plaßt, avec ce qui plaßt, peuvent se traduire par df ce qui la charme, ce qui vous
charme, CE qui me charme, avec ce qui nous charme. Mais dansles citations opposées,
plaire n'a-plus le sens de charmer .Les hommes ne sont que CE QĂŒ'il plaĂźt aux femmes, tout
CE .qu'il vous plaira, croyez-en ce qu'il vous plaira, fai ce qu'il uows plaira, pour en
faire et dire tout ce qu'il leur plaira, sont des phrases plus ou moins elliptiques : Les
hommes ne sont que ce qu'il plaĂźt aux femmes (qĂŒils soient) ; (je ferai) tout ce qu'il vous
plaira (que je fasse) ; croyez-en ce quTl vous plaira (d'en croire) ; fai ce qu'il uows plaira
(que j'aie) ; pour en faire et dire tout cĂâquâil leur plaira (d'en faire et dâen dire)^.
Nous pouvons donc déduire ce principe : Toutes les fois que ce qui plaßt, ce qui me
plaĂźt, etc., peuvent se traduire par ce qui charme, ce qui me charme, etc., on,doit emÂŹ
ployer ce qui.
56
Ay^c moi, pn ne ppr^e jamais ce qui sied, on ne
vajainĂ isoĂŒ Ton doĂŒ, on I
nĂš fait jamais ce qui platU
(Lemontey.)
f W2 )
^ Mais si, au contraire, on a Tinveniion dâexprimer la volontĂ©, et qĂŒaprĂšs le verbe plaire
il y ait ellipse dâun autre verbe, tel que fajre, dire, etc., il faut faire usage de ce qu'il.
Les auteurs, il est vrai,* pâoqt pas toujours tenu compte de cette distinction, et il ne seÂŹ
rait pas difficile de trpiiver (jes ĂȘxemples oĂč ils aient employĂ© ce qui pour ce qu'il et vice
versĂą. En voici quelques-uns : -
* ' ' â J
Que faites-vous le soir, ayant qu'on se retire?
â CĂš qui me plaĂźt.' ' * â (MoliĂšre.)
Qui peut ce qui lui plaĂźt commande alors qu'il prie.
(CokNĂiaĂĂ^
Et câest en partant de cette distinction assez subtile, mais rĂ©elle, que les grammairiens
reprochent Ă Racine ce vers : ' .
Tu prétends faire ici de moi ce qui te plaßt.
II fallait, disent-ils, ce qu'il te plaĂźt pour ce que iu veux.
Si Racine et tous les grands écrivains eussent pu prévoir les innombrables reproches
que leur font les grammairiens, sans doute ils eussent dit : c< De quoi se mĂȘlent-ils? veulent-
ils enchaĂźner le gĂ©nie? Connaissent-ils sa nature et sa puissance? La langue peut-elle ĂȘtre
pour lui rien de plus quâun docile instrument, quâune palette de couleurs, qĂŒil mĂȘle Ă son
grĂ© ? Ceux dont, par nature et par Ă©tat, la tĂšte doit ĂȘtre penchĂ©e sur les mots quâils Ă©pluÂŹ
chent, oseraient-ils le suivre dans son vol audacieux (1)? »
EXERCICE PHRAfiĂOLgçIQĂŒE.
Je ferai tout oc quâil mc plaira.
Il fait et! quâil lui plaĂźt. *
Nous dirons tout ce qu'il nous plaira.
Nous savons ce qui plaĂźt aux dames.
Quâest-ce qui lui plait?
Tout ce qui plaĂźt nâest pas...
Les poĂštc^ ne peuvent pas faire tou t.ce qui lenr
Les poĂštes pe peqyent pas faire tout ce qpâi} |eur plaĂźt.
AVBC d'autres verbes.
Le sage nâesf pas celui qui fait beaucoup, mais ce
qui cqavientr ' (Stobeb, CitĂ© par b6istb.â)
Q]:te|que aip(|p[eux q||âpn soit, Donne, Dieu sait
Quatre mois de rigueur découragent un homme.
* â âCâest'cĂŽ qui mâa semblĂ©. (DĂŽrat.)
Jfe ne veux pas fqire ici sottement jĂš modeste, je
sens bien cĂ« que jâai, mais je sĂ©ns encore mieux ce
qui me manque. (J.-J. Rousseau.)
Encore si cet intĂ©rĂȘt Ă©tait toujours vrai, la conÂŹ
naissance Ă©fĂ« ce gĂŒt7 leur convient de faire pourÂŹ
rait faire prĂ©voir ce qĂŒelles feront.
(J.-J. Rousseau.)
Je voulais de MĂ©lise, en (âelte occasion,
Couvrir T étourderie et rindßscrétioh
A çe 'quâil me paraĂźt, ce zĂšle est inutile, (DorĂąt.)
Je les trouvai échauffés sur une dispute, la plus
minceâgĂ»âi7 »Ú p«»â»se âŠmaginer.
(Montesquieu )
On voit que la distinction entre ce qui et ce quHl nâa pas lieu avec le verbe plaire seuÂŹ
lement, mais encore avec dâautres verbes. Dans la premiĂšre colonne, ce qui convient a le
sens de ce qui est convenable; dans la seconde, ce qu'il leur convient de faire, signifie çe
quĂŒ leur plaĂźt de faire, ce quils veulent faire. On devra dire aussi :je vous manderai ce
QUI m'en semble, et non ce quâil m'en semble; ce qui m'en semble, c'est-Ă dire la chose
qui: m'en semble. . ,
De mĂȘme Qn dira : Yous n'ignorez pas CE Qmvous importe, parce que, dans cette phrase,
il nây a aucun verbe Ă Tinfinitif qui soit exprimĂ© ou sous-entendu; mais on devra dire :
vous nâignorez pas CE Qc'IL vous irdporte de faire.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Je sais ce qui me manque.
Paites ce qui convieoL
A ce i^ui semble honnĂȘte.
Ce' qui ^rùßt juste.'
Je sais ce qu'il me manque d'argent.
Faites ce quâil von» conviendra.
A ce qu'il me semble. '
A ce qu'il te parait.
(1) Boiste*
( U8 )
Nâ CCCLXXXll.
Qui est-ce qui? et Qu est-ce qui\
Qui est-ce qui?
Des principes... qui est-ce qui nâen a pas?
(Condillac.)
Eh, bon Pi^u! qui- est-ce qyi yout mieui que
rous? * * ' (M⫠Dà Sévigné.)
Qui est-ce qui çajtip^ttire exactoment le lecteur
au lieu/de la scĂšne, poiir voir uh ĂšvĂ©nement tel qĂŒil
sâest passĂ©?" ' ' '(J.-J, Rousseau.)
Qu'est-ce qui ?
Qu*est-ce qui la réveille au milieu de la nuit?
(Chateaubriand.)
Qm*est-ce donc qui yous trquhle? pourquoi vouÂŹ
lez-vous mourir?' ... . -
Quâai-je dit, et gĂŒesÂŁ:ce gue jâespĂšre?
Je ne me connais plus.i. (Voltaire.)
QĂŒesÂŁ-ce gue j'entends? (fd.)
Il y a une différence entre qui est~ce qui? et quksFce qui? Pour une persopne on dit :
f lui est-ce qui? ponr une chose qu'est-ce qui?,
Girault-Duvivier a donc commis une faute des plus grossiĂšres, page de sagram-
n-airÚ, en disant : «Pour connaßtre le sujet, il suffit de mettre qui est-ce qui? avant le
\. rbe Mentir est honteux. Qui est-ce qui est honteux? Réponse : mentirl n II fallait : -
OuâqsÂŁ-cc qui est honteux? Cette critique peut Ă©galement s'appliquer Ă M. Landais : voir
son ouvrage sur VEducation, oĂč la faute que nous signalons se trouve rĂ©pĂ©tĂ©e plusieurs
fois.
EXEnCiĂĂ PHRASĂOLOGIQUE.
r
Qui csl-cc qui to l'a dit?
(Jiui esl-t'c qui frappe?
Oui est-ce qui vous poursuit ?
que VQua dites?
(,^'uâest-ce qui vous chegrinr!
Quâesl-ce^ui vous atti iste?
âN" CCCLXXXIH.
â ⊠⹠1 â ;
Câe$t lĂ que.
La retraite est un port tranquille :
C'est lĂ que, loin des envieux.
Lâhomme est parfaitement heureux.
(Haumont.)
N'est-ce pas lĂ que sâĂ©tablit enfin et se mĂȘle aux
hitoitants indigĂšnes ce peqnle illustre qui condamna
jadis Agës'Uàs à une amenai (Lemontey.)
Ne votis refusez donc point k la royautĂ©... c'est lĂ
qu'on peut soi-mĂȘme servir magnifiquement les dieux.
(Rollin.)
OĂč courez-vous? ce n'est pas /d que sont les ennemis.
(Voltaire.)
C'est par lĂ gĂŒil doit commencer Ă se rapprocher
du reste des hommes. (Lemontey.)
9
i On dit c'est lĂ que, c'est par lĂ tjue, c'est de^ lĂ que, et non c'est lĂ oĂč, c'est par lĂ oĂč,
(Fest de lĂ oĂč ; du moips c'est ainsi que se sont toujours exprimĂ©s les bqps auteurs.
i
i.
}
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
G'csi lĂ qne je l'ai vu.
C'est par la'qu'iLvieudra,
C'est de lĂ qu'ils sont partis.
C'est par lĂ qu'il doit partir.
( hkh )
Nâ CCCLXXXIV. <Ăź^8e«eee^
Que ET combien comparés.
Que,
Que la vengeance est douce Ă lâesprit dâune femme !
(Corneille.)
Qwâil est doux de vivre dans un pays oĂč les lois
nous mettent à couvert de la volonté des hommes I
(Saint-Ăvuemont.)
Que la religion est terrible et puissante !
(Voltaire.)
Combien.
Combien le trĂŽne tente un homme ambitieux t
(Racine.)
Combien de trĂŽnes sont remplis
Par les usurpateurs qui sây sont Ă©tablis!
(Crébillon.)
Ah! combien de Césars deviendront Laridons!
(La Fontaine.)
Commençons par rendre justice Ă Lemare. A Tendroit oĂč ce savant grammairien
traite du que, dans son Cours de langue française, il détruit les mille et une transfigura
tions que la routine lui fait ordinairement subir, et montre jusqĂŒĂ TĂ©vidence que cet adÂŹ
jectif se rapporte toujours à un mot exprimé ou sous-entendu. Nous sommes parfaitement
dâaccord lĂ -dessus avec Lemare, exceptĂ© quand il attribue Ă que, signifiant comĂ©im,
une valeur relative qĂŒil ĂŒa pas. Pris dans ce sens,ce motnâest autre chose quĂ©lo quantĂ»m
des Latins. Et ce qui le prouve, ce sont les exemples de Tune et de Tautre colonne, oĂč que
pourrait ĂȘtre remplacĂ© par combien et vice versĂą.
Vouloir donc, comme Ta fait Lemare, analyser : gwe la vengeance est douce, etc.,
qu'il est doux de vivre, etc., par (je dis ceci) 'gwe la vengeance est douce, etc. ; (je dis ceci)
qu'il est doux de vivre, etc., câest enlever au que sa vĂ©ritable signification, puisque alors il
ne signifie plusco?n6ien; câest changer le sens delĂ phrase, en un mot, câest faire une fausse
analyse.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Que vous ĂȘtes grand !
QirclltĂź est belle Ăź
«t sot!
Combien vous ĂȘtes grand !
Cooibieo clic est belle !
Combien il est sot !
)uc vous ĂȘtes jolie !
)uëlle est bonne!'
luâiU sont spirituels !
Combien vous ĂȘtes, jolie ! Que vous ĂȘtes gĂ©nĂ©reux !
Combien elle est bonne I QuâIl est riche!
Combien ils sont spirituels! Quâil est doux !
âCCCLXXXV.
s
Au moment que, au moment oĂč.
Au moment que.
Tout cela est le vif portrait que chacun de vous
se fait, ati moment que jĂš parle, du prince que nous
avons perdu. (Fléchier.)
Plus je veux du passé rappeler la mémoire,
Du jour gue je la vis jusquâĂ ce triste jour,
Plus je vois qĂŒon mc peut reprocher trop dâamour.
(Racine.)
Un temps viendra que tous les hommes, soumis
à la seule pensée, se conduiront par les clartés de
lâesprit, (Chateaubriand.) >
Approchez, mes enfants. Enfin Vheure est venue
QĂŒil faut que mon secret Ă©clate Ă votre vue :
A mes nobles projets je vois tout conspirer ;
Il ne me reste plus quâĂ vous les dĂ©clarer.
(Racine.) âą
Au moment oĂč.
Dans Je moment oĂč ils allaient commencer leur
repas, cette vieille dont jâai parlĂ© fit tout-Ă -coup du
bruit à une porte. (Fénelon.)
H nây a pas de jour oĂč je ne reçoive des vers et oĂ
je n'en rende. (Boufflers.)
Le temps viendra, je lâespĂšre, oĂč les Français
libres dĂ©clareront, par un acte solennel, quâils nâont
point pris de part a ces crimes de la tyrannie.
(Chateaubriand.)
â Le temps approche oĂč la vie dâAntoine aura pour
le jeune homme une instruction plus prochaine que
celle dâAuguste.
(J.-J. Rousseau.)
( m )
Dans ces exemples, quand on dit : au moment que ou a\t moment oĂ , dans te temps qUĂȘ,
dans le temps oĂč, du jour que, du jour oĂč, etc., on sâexprime donc Ă©galement bien.
Dans ces expressions, que se traduit comme oĂč, par dans lequel : Ău moment que, c'est-
à -dire att «lomen/dans tegweL-
Kii moment que...
Lâheure ejt venue que.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Au moment^oii...
Lâheure est venue ou.
Ou jour que...
Le temps sâapproche que.
Nâ CCCLXXXYI.
Quoi que et quoique.
Q
Du jour oĂźi...
Le temps sâapproche oh. <
Quoi gue.
Quoi que vous présumiez de la voix populaire,
Par de secrets rayons le ciel souvent Téclaire.
(Corneille.)
Lâiionneur est dans notre Ă me; et quoi quĂ n entre-
[prenne,
Câest avec notre aveu qĂŒil faut quâon Ty surprenne.
(Colardeau.)
Quoi qu'on fasse,
Propos, conseil, enseignement,
Rien ne change un tempérament.
/ (La Fontaine.)
Quoique.
Quoique lâambition soit un vice, elle est souvent
la mĂšre et la cause de plusieurs vertus.
(ĂMBLOT.)
Quoique la justice ne se vende pas, il en coûte
beaucoup, et il faul ĂȘtre irĂšs-riche pour lâobtenir.
(Stanislas.)
La paix, guotgwe désavantageuse, qui procure du
repos, vaut mieux que la victoire qui nâachĂšve
point la guefre. (BAlzac.)
Il ne feut pas confondre quoi que, de la premiĂšre colonne, avec quoique, de la seconde.
Le premier signifie quelque chose que, et alors il s'écrit en deux mots ; le second, au con
traire, a le sens de bien que, et doit sâĂ©crire en un seul mot. Ce n'est que de l'opposition,
de la comparaison des termes, que nous pouvons apprécier leur véritable valeur. _
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Quoi que vous disiez.
Quoi quâil pense.
)uoique pauvre.
Quoiquâil soit grand.
Quoi que vous présumiez.
Quoi que je fasse.
Quoique riche.
Quoique je le pense.
Nâ CCCLXXXYIl.
Que POUR Ă quoi, de quoi.
Que.
Que sert une sagesse Ăąpre et contrariante?
(La Chaussée.)
Que sert la politique oĂ» manque le pouvoir?
(Voltaire.)
Que sert Ă qui ĂŒest plus ĂŒn vain titre de gloire?
(F. DE Neufchateau.)
Que sert de se parer
Du repentir, aprĂšs lĂŻnjure
Qui ne peut plus se réparer? {Pd.)
Contre deux cĆurs Ă©pris que sert la vigilance ?
(La Chaussée.)
A quoi.
Dans ce siĂšcle coupable Ă quoi sert la vertu ?
(De Bellov.)
A quoi sert Tcxamen avant le mariage?
A rien. (La Chaussée.)
Si la mode empoisonne un naturel heureux,
A quoi sert le bonheur dâĂ©tre nĂ© vertueux? (Id.)
A quoi sert dâavoir un roi qui sache bien gouÂŹ
verner en paix, sâil ne sait pas gouverner le pays
quand la guerre vient? ' (Fénelon.)
0
La seule observation que nous ayons Ă faire ici, d'aprĂšs les citations de l'une et de Tautre
( ,
câoibrlhĂ«, 'câest qu'oii pĂ©ĂŒt remplacer Ăą quoi, de quoi, par quĂ©, et dire, qĂ»e sĂ©rt ? gw'Ă vezr
vous Ă vbĂŒs plaindre ? dii bien Ă quoi sert? de quoi avez-vous Ă vous plaindre?'
' t
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
* f
Que sert? A quoi sert? Quâavcz-vous a vous tourmenter? De quoi avez-vous Ă vous tourmenter?
DES PRONOMS INDĂFINIS.
Nâ CCCLXXXVni. aÂź
NATURE DES PRONOMS INDĂFINIS. â LEUR DĂFINITION.
On pardonne aisément le mal involontaire.
(De lĂ Boutraye.)
La comĂ©die nous a^pireiid Ă nous rnbijĂčer dâaufrut*.
(Bern. de Saint-Pierre.)
n 'ést toujours quelqu'un qui ctiérche à nous trahir.
(Lagrangé.)
Quiconque flatte ses mattres les trahit.
{MĂĂąsiLtbN*.)
Personne ĂŒfe vĂ©ĂŒt ĂȘtre jilĂąint de ses ferreĂŒrs.
(VaĂŒvenargues.)
'Chacun fĂ lt ici-bĂąs lĂ figure qui) peut.
(MoliĂšre.)
Les pronoms indĂ©finis sont ceux qui dĂ©signent dâĂŒnĂ© maniĂšre vague les personnes ou
les chdsés dont ils rappellent Tidée.
Les mots que les grammairiens regardent bomme pronoms indéfinis sont on, quicÎnque,
chacun, l'un l'autre; les locutions pronominales qĂŒi 'que 'ce sdit, quoi que ce soit. Quelques
grammairiens y joignent les adjectifs indĂ©finis nul, tel, employĂ©s seuls, et mĂȘme les mots
autrui, personne.
D autres grammairiens nomment ces pronoms subistantifs indéfinis, et nous sommes
de ce nombre.
NÂź CCCLXXXIX.
1
On ou Von.
On cherche les rieurs, et moi, je les évite.
(La Fontaiée.)
On pardonne aisément le mal involontaire.
(De la Boutraye.)
On se flatte jusquâĂ la mort.
(JĂąuffret.)
On finit par oĂč Von devait commencer.
(DorĂąt.)
m
Lâorigine du mot indĂ©fini on ne paraĂźt pas encore ĂȘtre bien connue de nos grammaiÂŹ
riens.
LĂ©s uns prĂ©tendent quâil dĂ©rive de lâanglais one, un, bu du celtique en, qui signifie Ă©ga-
â lement wn.
Les autres pensent que c'est une corruption du mot français homme.
Ce sont lĂ deĂŒx erreurs quâil importe de rĂ©futer; poĂŒr ne pas les voir accrĂ©diter par
des graihmhiriéns dont Ifes bpinibhs pourraient faire autorité. Le mot on né vierit pas de
TĂ riglais onĂ©, uii. Il nâesl pas non plus une corruption du mot homme; el pour avancer
une pareille opinion, il faut, en vĂ©ritĂ©, nâavoir jamais ouvert aucun dĂ©s vieux monuments
de notre langue. Mais les grammairiens ont bien le leirips dâaller fouiller nos vieilles arÂŹ
chives pour y chercher la vérité 1 Ils trouvent infiniment plus commode de dire ce qui leur
passe par là iéih.
( 447 )
Ofi ést uhe ùßtÚratiÎh dë son primitif latin homo, dont TÎ final s'esimutisé; de là les ß
transfofmalioHs ĂĂ«m, ĂotĂ?, Aoms, kon, hons, om,ome, omme,ohs, en, on (1). L'euphonie * '
a, dans certains cas, fait précéder ces mots de TarticlÚ l\
Chez les Francs^ tout Tart de la parole se borna d'abord à l'abréviation ët à la con
traction. Câest ainsi que de damnum ils n'ont pris que la premiĂšre syllabe dont ils ont
fait dam; de troncus; tronc; de donum, don; donomen, nom; de Aomo/ hom; qĂŒon Ă©criÂŹ
vait d'abord sans e muet, d'oĂč est venue la particule on (2).
Tout lecteur peut reconnaĂźtre la vĂ©ritĂ© dĂ© ce fait Ă©n parcourant les viĂ©ĂŒx manuscrits
gaulois. Pluche, dans son Spectacle de la nature; donne le symbole de saint Athahasé en
latin, puis les traductions gauloises qui en ont Ă©tĂ© faites successivement, jusqĂč'Ă ce qu'il
arrive à ,une traduction française; Torigine et les transforniations du motow s'y trouvent
établies d'une maniÚre authentique.
Mais, pour épargner au lecteur Ja peine de recourir à ces documents, nous croyons de
voir rapporter ici quelques exemples des diverses transformations du mot Aomme ou otu
Ces exemples sont tirĂ©s dâĂ©crivains des dixiĂšme, onziĂšme, douziĂšme et treiziĂšme siĂšcles,
, Li vileins dist en son proverbe
Que mains hom a le tort requis (3). (Tom; iV des FĂbĂAUX.)
Qui ainsi muert, Yen nous tesmoingne
Que Diex ses pechiez li pardoigne (4), (Id.)
Si cum om per dreit. son fradra salvar dist (5). 842. Sehn. de Louis le Gcrman Ă Charles le Chauve.
Li créeres et li sires de totes choses vint, et as homes vint, et pour les homes vint, et home vint.
(Sermons de Saint Bernard.)
(1) Les Italiens ont dit de mĂȘme hom, om, et uom, uomo. Les exemples suivants en font foi :
Volendo prendere om con lui hattaglia. (Dante.)
Traduction. Si Von voulait se batde avec lui.
f
Messo Ă© che viene ad invit'ar ch* uom sagUa. (Id.)
Traduction. Câest ĂŒn raĂ©ssager qui vient inviter que Ton monte.
Sempre a quel ver ch* ha faecia di menzogna
DĂš V uom chiuder Ăźe Ăźabhra quant*ei puote,
PerĂŽ che, senza coĂźpa, fa vergo'gna. (Ăd.)
TRĂDbcTĂbN. On Boit toujours; autant quĂŻl est possible, fermer 'sa bbucbĂ© Ă celle vĂ©ritĂ© qui
a TaĂąpect du mensonge, parce qĂŒelle nous attire la honte; sans quâil Ăż aifrde notre faute.
(2) Plus tard, câest-Ă -dire quand on sâoccupa de perfectionner la langue, et de remĂ©dier aux nombreux
dĂ©savantages quâavait entraĂźnĂ©s TabrĂ©viĂ tion ou contraction des syllabes dans les mots ĂȘroprĂŒntĂ©s des
aĂčtrĂšs langues, Ăšt suHoiit de la langue latihe, premier instinct de notre idiome franc, ori substitua aux
consonnes dures ét ingrates deù terminaisons plus sonores et plus brillantes; Ce fut Tfe muet qui commença
Ă donner une forme plus humaine Ă Tidiome sauvage des Francs; il servit Ă distinguer les genres; Ă
diminuer Tà preté des contractions, surtout dans les verbes et les adverbes; à lier les mots entre eux d une
maniĂšre
quoi
ohserVatiOh
» homo, cela vieht probablemérit de ce qué tous les noms <le la troisiÚme déclinaison se sont formés de'
» TabiĂątif hominĂš, 'et qĂŒe lâon a fait dĂȘ Tt et de Tn le second m; dĂ© inĂ©mĂ© le,mot femme de femina,
nomrà er de nomtnare. »
^ t
Que femmÚ à Îil venu de fémina; nommer de nomtnùre, cela se conçoit; mais cé qui paraßt un peu spé
cieux; bâest liiie pour f)rmer homme on ait Ă©tĂ© obligĂ© dĂ© recourir prĂ©cisĂ©ment Ă Tablalif latin homine
OĂč ne conduit pas Tesprit de systĂšme ?
(3) Le vilain dit en son proverbe
Que maint homme a le tort requis.
(4} Qui meurt ainsi, Ton ndĂŒs tĂ©moignĂ©, .
Que Dieu lui pardonne ses péchés.
(5) Ainsi qĂŒâon doit sĂ uVer son frĂšre par droit..
(' I
( kk% )
SI uns hom eust guerre h un autre.
Bon fit Ăą preudĂŽrrtfi parler.
Et preudon» nâesconduira mie.
(Ordonnance de Louis IX de 1^0.)
(LâOrdĂšnb de chevalerie, Fabliau.)
(Ii>d
Les explications dans lesquelles nous venons dâentrer nous dĂ©montrent que puisque le
mot on, contraction de homo, ne rĂ©vĂšle dâautre idĂ©e que celle empreinte dans ce mot, et
ne se trouve pas Ă la place dâun autre nom, ce nâest pas un pronom, mais bien le nom dâune
personne représentée dans Tesprit de celui qui parle par Tidée de Tunité, ou par celle
dâune pluralitĂ© et, par consĂ©quent, annoncĂ©e dâune maniĂšre indĂ©finie, indĂ©terminĂ©e.
Câest donc Ă tort queM. Raynouard a dit, dans sa Grammaire de la Langue romane,
que le mot on est un pronom qui, se rapportant à un substantif non exprimé dans le dis
cours, en remplit lui-mĂȘme les* fonctions.
Le mĂȘme reproche sâadresse Ă presque tous les grammairiens ainsi qĂŒĂ TAcadĂ©mie
elle-mĂȘme.
EXERCICE ANALYTIQUE.
\
On se rit d'une menace
Qu'on ne peut efiectuer. (Agniel.)
Quand on est mĂšre , on aime tendrement. (Hadmont.)
ÂŁn ornant trop la nature ,
Ort en éteint lea facultés. (Nivbrhah.)
L'oisiveté , dit-on , des vices est la mÚre.
On nâofl'ense jamais les dieux impunĂ©ment
(Lb BAtLLT,)
J (Lebmin.)
Car que faire cn un gĂźte, Ă moins que l'on ne songe?
Nous serions tous bien empĂȘchĂ©s,
Si l'o/i parlait comme l'on pense.
(La FoNTAtNB
(Lamotte.) J
CCCXC.
GENRE ET NOMBRE BU MOT OU,
\
On rencontre sa destinée
Souvent par des chemins qĂŒon prend pour rĂ©viter.
[La Fontaine.)
Quand on est chrĂ©tien, de quelque sexe qĂŒon
soit, il nâest pas permis dâĂȘtre lĂąche.
(Fénelon.)
On nâest pas criminel toujours pour le paraĂźtre.
(Th. Corneille.)
Ne faut-il que délibérer ?
La cour en conseillers foisonne :
Est-il besoin dâexĂ©cuter?
Lâon ne rencontre plus personne.
(La Fontaine.)
Lâon fit, pendant notre sĂ©jour Ă Stockholm, de
grandes rĂ©jouissances pour la naissance dâune prinÂŹ
cesse. (Regnard.)
Lâon hait avec excĂšs lorsque Ton hait un frĂšre.
(Racine.)
Le mot OTi est destinĂ© Ă indiquer lâuniversalitĂ© des personnes dâune maniĂšre vague et
indĂ©terminĂ©e, et sans distinction de sexe (1). Sa nature est dâĂȘtre essentiellement du masÂŹ
culin et du singulier : aussi le verbe qui le suit ne se met-il jamais au pluriel.
(1) Nous trouvons dans les Mélanges de littérature dc Vabbé Morellet, des remarques philosophiques
grammatico-moraleV sur le nom indĂ©terminĂ© on; nous nâen extrairons que les passages suivants, afin de
montrer lâabus qĂŒiKest possible de faire de ce mot. « Ceux qui se servent de ce monosyllabe dans ces
» phrases, on dit. orvmit, on pense, veulent communĂ©ment appuyer leur çpinion de lâautoritĂ© dâon; et,
» pour la rendrë'plus imposante, ils lui font signifier un nombre de personnes le plus grand, et lui donnent
)) le plus dâĂ©tendue quâils^euvent.-A nâentendre par on quâun seul homme, ou un petit nombre dâhommes,
>> celui qui cherche à établirreneopinion ou un fait, à décrier un livre, à décréditer un ministre, à répandre
)) une calomnie, ne trouve pas son compte. Il faut qĂŒil donne Ă entendre que son on dit comprend la
» ville, le royaume, lâEurope,^ sâil se peut, le monde entier
» Les grammairiens disent qu^cette particule^est indéfinie; mais ils pourraient dire avec plus de raison
ĂŻ) qĂŒelle est infinie, puisqu'elle comprend souvent, dans lâopinion de celui qui Temploie, ou du moins quâil
» veut lui faire comprendre, un nomtae infini dâindividus. De sorte que ce mot si court, comme le char-
» mant quoi quâon die, deBĂ©lise et (fa^PhĂźlaminte, dit beaucoup plus qĂŒil ne semble, quâon entend lĂ -
» dessous un million de mots, et qĂŒil d\plus de choses qĂŒil n'est gros. » Tome 4, page 219.
(W9.) ^ â ,
Les exemples de la seconde colonne nous montrent que ce mĂȘme mot, on, peut ĂȘtre pré
cédé de la lettre l, qui est, non pas un signe euphonique,' mais bien l'article le, dont la
voyelle se trouve élidée.
Les grammairiens ont donné pour rÚgle qu'au commencement des phrases il fallait
mettre on et non pas Ton; mais nous, qui faisons moins une grammaire que Thistorique du
langage, nous devons à la vérité de dire que nos meilleurs'auteurs ne se sont pas as
treints à cette loi. Toutefois, aujourd'hui les écrivains mettent généralement au commen
cement des phrases on plutĂŽt que Von, influencĂ©s par la rĂšgle qĂŒil a plu aux grammaiÂŹ
riens d'imaginer. , '
On Teut.
On dit.
On est léger.
On pense.
On rftconte.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
On peut.
On juge.
On est fou.
On ment.
On trompe.
On sait.
On va.
On est prudent.
On vient.
On rencontre.
, On ignore.
On plaĂźt.
On est sot.
On déplaßt.
On invente.
On dort.
On meurt.
On vit-
On mange.
On boit.
GCCXCI.
Gn KN RAPPORT AVEC UN ADJECTIF MASCULIN OU FĂMININ.
SINGULIEU.
âąOn peut ĂȘtre Ă©tourdi, iĂ©ger^,. inconsĂ©quent et
brave en mĂŽme temps.
(Rochon db Chabannes.)
Ce qui ne plaĂźt quâaux yeux dans un instant sâoublie,
Le charme dure peu quand on nâest que joh'e.
(Gosse.)
PLURIEL.
Le commencement et le déclin dé Tamour se
font sentir par Tembarras oĂč fon est de se trouver
seuls. (La BruyĂšre.)
Quand on est jeune#, riches et jolies, comme
vous, mesdames, on iTen est pas réduites à Tarti-
fice. (Diderot.)
Malgré ce que nous avons dit, on voit, par les exemples qui précÚdent, que si le mot
on désigne expressément un homme ou une femme, ou plusieurs individus de Vun ou de
Vautre sexe, Tadjectif en rapport avec lui prend alors le masculin ou le féminin, le singu
lier ou le pluriel. Il ne faut pas croire cependant que, dans ce cas, Tadjectif qualifie le
mot on ; ce serait lĂ une grande erreur, puisque on est toujours du masculin ; Tadjectif
ne peut donc qualifier qĂŒun nom sous-entendu : Ainsi, on peut ĂȘtre Ă©tourdi; on n'est que
jolie; Vembarras oĂč Von est de se trouver seuls ; on est jeunes, riches et jolies; c'est pour ^
on peut ĂȘtre [un homme) Ă©tourdi; on est [une femme) jolie; Tembarras oĂč Ton est de se
trouver [deux individus] seuls ; on est [des femmes) jeunes, riches et jolies; oĂč Ton voit*qu'Ăš-
tourdi sâaccorde avec homme; jolie avec femme; seuls avec individus ; et jeunes, riches et
jolies, avec femmes. Ceite construction est dite sylleptique, parce qĂŒelle se fait plutĂŽt
selonia pensée que suivant les rÚgles de la syntaxe. Ce qui justifie surtout nos observa
tions, c'est qĂŒil faut Ă©crire avec les deux nombres : o?i s'Ă©tait cru amts, et Ton s'est trouvĂ©
rivaux.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE"
On avec un adjectif
MASCULIN BT FĂMININ
tmcuLixa.
On est bĂ mme.
On est femme.
On sâest cm bon.
On sâest cru jouĂ©e.
MASCULIN BT FĂMININ
PLTIBtIL.
On est jennes.
On est coquettes,
y On sâĂ©tait cru battus.
On'sâest donnĂ© pour grandes.
MASCULIN ET FEMININ
SIKGUUBR.
On est vif,-
On est vive.
On est savant.
On est spiritneUe.
MASCULIN ET FEMmiN
PLURIEL.
On est maĂźtres.'
Ou est maĂźtresses.
Ou est ennemis. .
On est deux amies. f
57
( 450 )
N" CCCXCII. ra»»â=â
Ăn RDIVI dâĂŒn substantif singulier ou pluriel.
SINGUUBH.
Vous parlez dâobĂ©ir, et cependant on nâest pas
votre esclave. (Anonyme.)
PLUniBIt.
*
On nâest pas des esclaves pour essuyer de si mauÂŹ
vais traitements. (Académie.)
Le mot on peut ĂȘtre suivi dâun substantif soit singulier, soit pluriel.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
On suivi dâun substantif
MASCULIN ET FEMININ
inioĂŒuxE.
Oa n'est p«5 an Turc.
'On est une dame.
MASCULIN BT FĂMININ
PLtIRIBL.
On n'est pas des Juifs.
On est des bourgeoises.
MASCULIN BT FEMININ
SIIfOUUKR.
On n'est pas un barbare.
On n'est pas une avare.
MASCULIN ET FEflllNIN
ELORISL.
On n'est pis des richards.
On n'est pas des princesses
N* CCCXCIIL
PHRASES ĂNONCĂATIVES
SANS NĂGATION.
On gagne les esprits par beaucoup de douceur.
(MoliĂšre.)
On peut ĂȘtre honnĂȘte homme Ă©t faire mal des vers.
' jd.)
On peut voir lâavenir dans les choses passĂ©es.
' (Rotrou.)
On voit les maux dâautrui dâun autre Ćil que les siens;
(Corneille.)
Ăn aime peu celui qui nâose aimer personne.
(Delille.)
On commence par ĂȘtre dupĂ«,
< On finit par ĂȘtre fripon.
(Mâą** DeshouliĂšres.)
On perd tout le temps quâon peut mieux emÂŹ
ployer. (J.-J. Rousseau.)
AVEC négation.
On ne peut tromper lâĆil vigilant des dieux.
(Voltaire.)
On nâexcite au travail quâen offrant des amorces.
(Favart.).
On nâest pas vertueux pour nâavoir aucun vice.
(Aubert.)
On nâa jamais pu apprivgiser l'hirondelle, qui,
de temps immémorial, bùtit son nid dans nos, mai
sons. (Bern. de Saint-Pierre.)
Quand les canons ont tiré de suite une vingtaine
de coups, ON nây peut supporter la main. {Id.)
LâantiquitĂ© avait observĂ© sept Ă©toiles dans les
PlĂ©iades. On nâcn voit plus que sri aujourdâhui, la
septiĂšme disparut au siĂšge de Troie. jd.)
Le pronom indéfini <m ne peut jainais apparaßtre dans le discours que comme sujet de
la proposition : il ne saurait donc ĂȘtre complĂ©ment de verbe ni de prĂ©position. Dans les
phrases purement énonçiatives, telles que celles que nous venons de rapporter, on précÚde
toujours le verbe ; mais si les phrases sont négatives, comme celles de la seconde colonne,
il est séparé du verbe par la négation. Il faut bien prendre garde, dans ce cas et lorsque
Ton retranche lâe de la nĂ©gation, de se laisser tromper par la prononciation et dâomettre
cette mĂȘme nĂ©gation ; ce serait une faute trĂšs-grave. On doit Ă©crire : on n'aime point, si
Ton N'es/ aitné, et non : on aime point, si l'on est aimé. Prononcez les deux phrases snw
vantes :
Nous sommes perdps, si l'on en décide autrement (l'o-n-en].
Nous sommes perdus si l'on n'en décide autrement [Von n'en).
( 451 )
Ou dit.
On sait.
Oa croit.
Oa pense.
On assure.
On soupçonne.
On suppose.
On s'imagine.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
On a tort.
On a raison.
On se trompe.
On ignore.
On ne dit pas.
On ne sait pas.
On ne croĂźt pas.
On ne pense pas.
On n'assnre pas.
On n'en sait rien.
On nây pense pas.
On nën parle pas.
cccxav.
On n'tgnore pas.
On n'y peut rien.
On n'en croit rien,
On n'y croit pas.
PHRASES INTERROGATIVES ET EXCLAMATIVES.
Peut-on prévoir sa destinée?
(Agniel.)
Dans la peur rÚfléchit-<)n.?
(Lenoble.)
Eh! connatt-on Torgueil auprÚs de Tamitié!
(Chamfort.)
A-t-on jamais pleurĂ© dâavoir fait son devoir?
jd.)
En riant de ses fers cesse-t-on dâen porter?
(Chénier.)
Que ne fait-on passer avec un peu dâencens!
(Florian.)
Eh ! que ne doit-on pas Ă qui Ton doit la vie I
(Boursault.)
Nâest-pn jamais tyran'qĂŒavec le diadĂšme?
(Chénier.)
Nâa-t-on jamais dansĂ© pour secouer sa peine Ăź
(Arnault.)
AisĂ©ment, pour jamais, quitte-t-on cĂš quâon aime?
(Blin de Sainmorb.)
Dans les phrases interrogatives ou exclamatives, le pronom indéfini on se transporte
immédiatement aprÚs le verbe : peut-on? sait-on? doit-on? que peut-on? Mais si Je verbe
qui précÚde on commence par une voyelle, il faut, pour éviter rh\atus qui résulterait des
expressions a-on? n'a-onpas? intercaler un t entre deux tirets : Ă-t-on? n'a-t-on pas? ainsi
que cela a lieu dans les deux derniers exemples de chacune des colonnes ci-dĂȘssus. â La
nĂ©gation nâexerce aucune influence.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Peut-on ?
Doit-on ?
Sait-on ?
Dit-on ?
A-t-on ?
Corrige-t-on ?
Aime-t-on ?
Pense-t-on ?
Croit-on ?
Attaque-t-on ?
ConnaĂźt-on ?
Soupçonne-t-on ?
Ne peut-on pas?
Ne doit-on pa.s?
Ne sait-on p-is ?
Ne dit-on pas ?
N'a-t-on pas ? âNe croit-on jias ?
Ne corrige-t-on pas ? N'attaque-t-o» pas?
N'aime-t-on pas ? Ne connaĂźt-on pas ? .
Ne pense-t-on pas? Nesoupçonne-t-ou pas?
N" CCCXCV
PHRASES INTERJETEES.
La vengeance, dit-on, est un morceau de roi.
(Aubert.)
Câest le dix-huitiĂšme siĂšcle, sâĂ©crie-t-on, qui est
le siĂšcle penseur par excellence.
(Chateaubriand.)
Mais, dira-t-on, que signifie cette communion
mystique oĂč la raison est obligĂ©e de se soumettre Ă
une absurditĂ©, sans aucun profit pour les mĆurs ?
jd.)
Bonne action, dtf-on, a toujours son salaire.
(RigaĂŒd.)
'Les animaux étrangers, ajoute-t-on, perdent leur
caractÚre dans la captivité.
(Beiin. de Saint-Pierre.)
Les colliers de quelques-uns des habitants de
Musgow (en Afrique) avaient cinq ou six rangs,
et nâĂ©taient autres, m*assura-t-on, que les dents
dâennemis qu'ils avaient tuĂ©s dĂąns les batailles.
(Albert-Montémont.)
Lorsquâune proposition se trouve interjetĂ©e dans une phrase, le mot on, comme dans
les interrogations, se met toujours aprĂšs le verbe; et si ce dernier se termine par une
voyelle, on intercale.un / entre deux tirets.
Mâassnre-i-on.
ftTobjecta-tpoa.
Pense-t'On,
Repartira-t-on.
( iSĂą)
ĂĂŻĂmcĂ paAASĂdtdĂŒiQĂŒĂ
Me demanda-t-OD.'"
Me manda-t-on.
Répliquait-on.
Avancerai t-on.
Me crĂźa-t-oa.
Trouve-t-on.
Soutiendra-t-on,
Répéterait-on.
Me répondit'Oû.
Ooit-on.
Murmnrait-on.
Ajouterait-on.
âCCCXCVI.»^^"^- '
. 'â
PLACE DE on DANS LES PHRASES COMMENĂANT PAR aussĂŻ, pewÂŁ-Ăš/re, en vuiu, toujours,
' ET AUTRES MOTS SEMBLABLES.
"APRĂS LE VERBE.
Aussi doif-on présenter à Tesprit des jeunes gens
des choses de toute espÚce, des études de tout genre,
des objets de toute sorte, afin de reconnaĂźtre le genre
auquel leur esprit se porte avec plus de force, ou se
livre avec plus de plaisir. (BĂŒffon.)
La Bétique est un pays dont on raconte tant de
merveilles, quâĂ peine peut-on les croire,
(Fénelon.)
. - AVANT LE VERBE.
Aussi Von doit regarder le, déluge universel
comme un moyen surnaturel dont sâest servie la
toute-puissance divine pour le chĂątiment des hommes.
(Buffon.)
A peine Von me félicitait de mon heureuse éva
sion, que le misĂ©rable Ă©tat dans lequel jâĂ©tais, sans
mĂŽme un haillon pour me couvrir, se prĂ©senta Ă
mon esprit pour me jeter dans Tinquiétudë.
(Axbert Montémont.)
Depuis plus d'un siÚcle Tardeur pour découvrir
de nouvelles terres sâe.st extrĂȘmement ralentie:
peut-ĂȘtre on a prĂ©fĂ©rĂ© avec* raison TuiifitĂ© quâon
a trouvĂ©e Ă faire valoir celles quâon connaissait, Ă
la gloire dâen conquĂ©rir de* nouvelles.
(BĂŒffon.)
Ce que nous avons dit, page 254, relativement Ă la place des pronoms personnels dans les
phrases commençant par aussi, en vain, peut-ĂȘtre, etc., sâapplique naturellement Ă on.
Comme eux, ce mot se met devant ou aprĂšs le verbe ; câest le sentiment, câest lâoreille qui
doivent dĂ©terminer la prĂ©fĂ©rence. Nous dirons cependant que les exemples analogues Ă
ceux de la seconde colonne sont plus fréquents.
QĂŒon imagine en effet des cathĂ©drales et des chù
teaux qui surgissent aux yeux dans mille positions,
sous mille.formes diverses; et peut-ĂȘtre ne s'Ă©tonÂŹ
nera-t-on plus quâun peuple ignorant et superstiÂŹ
tieux y attache des idées surnaturelles.
(Albert Montémont.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE»
A peine on naĂźt qne...
Au,ĂŻsi l'on doit.
En vain on parle.
Tooioars on verra.
A plus forte raison on fait.
Encore on dit quelque ehose.
A peine uaĂźt-on que...
Aussi doit-on.
ÂŁn valu parle-t-on.
Toujours verra-t-oo.
A pins forte raison fait-on.
Encore dit-on'quelque chose.
A peine on meurt que...
Peut-ĂȘtre on dira.
Du moins on objectera.
Combien on intéresse.
Au moins on pense.
Si bon quâon soit. .
A peine meurt-on que...
Peut-ĂȘtre dira-l-on.'
Du moins obpcctcra-l-on.
Combien intcresscra-t-on.
Au moins pense-t-on.
Si bon soit-on.
N* CCCXCVII.
I
DE LA RĂPĂTITION DE On.
La marée arrive cependant de tous cÎtés; on
cherche Vatel pour la distribuer, on va Ă sa chamÂŹ
bre, on heurte, on enfonce la porte; on le trouva
noyé dans son sang.
(MŸ« DE Sévigné.)
On dit que c'Ă©tait Ăč force dâavoir de Thonneur Ă
sa maniĂšre : on le loua fort, on louaâ et Ton blĂąma
son courage. âą (La iUĂaiE.)
ĂŻl Ă©lĂšve sa voix; on murmure, on sâempresse, *
On Ten toute, on TĂ©coute, et le tumulteâ cesse.
(Voltaire.)
Ceux mĂȘmes qui nâont pas de bien veulent paÂŹ
raĂźtre en avoir : ils en dĂ©pensent comme sâils en
avaient : on emprunte, on trompe, on use de mille
artifices indignes pour parvenir,
(Fénelon.)
On lĂšve Tancre, on part, on fuit loin de la terre.
On dĂ©couvrait dĂ©jĂ les bords de lâAngleterre.
(Voltaire.)
On lâinterroge, on doute, on lâobserve long-temps ;
On craint sous cet babit un funeste mystĂšre.
(W.)
( 453 )
La fraude et Tinhumanité frappent peu à peu tous
les plus solides fondemĂšats de lâautoritĂ© lĂ©gitime :
on Tadmire, on la craint, on tremble devant elle
jusquâau moment oĂč elle nâest dĂ©jĂ plus.
(Fénelon.)
On accourut; on enfonça la porte; on dégagea
PhiloclÚs des mains de ces trois hommes, qui, étant
troublés, Tavaient attaqué faiblement.
(Fénelon.)
Lorsque dans une phrase il se trouve plusieurs propositions ayant pour sujet on, ce derÂŹ
nier se rĂ©pĂšte. C'est en lâabsence dâautres faits que nous Ă©tablissons cette rĂšgle; car cerÂŹ
tainement il est des cas oĂč la suppression de on ne serait ni choquante ni condamnable,
comme dans Texemple suivant : Quand on va, vient, retourne, revient, comme vous faites,
on est bien insupportable. Des phrases semblables doivent indubitablement se rencontrer
dans nos comiques. La rÚgle donnée par Girault-Duvivier est donc trop absolue quand il
dit : c( Sans la rĂ©pĂ©tition de on, lâoreille ne serait pas satisfaite : aussi le gQĂt en a-t-il fait
une loi. »
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
On V3, on vient, on s'échanfie. On parle, on ne s'entend pas. On vent, on ne veut pas. On dit une cliose, on en dßt nno
autre.
On vient, on le presse,'on l'écoute. On naßt, on vit, on meurt. On mange, on boit, on chante. On rit, on s'amnse.
On sâassemble, on murmure. On soupçonne, on sâassure, on Ă©clate. On sait, on ne sait ce qu'on dit. On pleure, on rit tout Ă la fois.
N* cccxcvm.
IDENTITĂ DE RAPPORT AVEC On REPETE.
dites:
Quand on sent que Ton plaĂźt, on en est plus aimable.
(Collin dâHarle ville.)
On nâa point dâencens, on ne passe point pour
immortel; mais on sĂš porte bien, on rĂšgne sans
trouble, et lâon fait beaucoup de bien aux hommes
qĂŒon gouverne. (FĂ©nelon.)
Quand on.a aimĂ© avec emportement, il faiit qĂŒon
haïsse avec fureur. (Fénelon.)
NE DITES pas:
t '
Quand on sent que Ton vous aime, on en est plus
aimable.
On ĂŒa point dâencens, on ne vous fait pas passer
pour immortel ; mais on se porte bien, on veut quâon
rĂšgne sans trouble, et lâon fait beaucoup de bien
aux hommes qĂŒon gouverne.
Quand on a été' aimé avec emportement, il faut
quâon vous haĂŻsse avec fureur.
Lorsque le motbn est rĂ©pĂ©tĂ© dans une phrase, il faut faire attention, autant pour lâinÂŹ
telligence que pour la clarté du discours, à ce quo le rapport soit identique, comme dans
lesexemples de la premiĂšre colonne, câest-Ă -dire quâil ne doit sâappliquer quâĂ la mĂȘme
personne ; car dans lés exemples de la deuxiÚme colonne, on sent bien que la divergence
de rapports rend les phrases obscures, fatigantes, insupportables.'DâaprĂšs cela, FĂ©neloii
nâaurait pas dĂ» Ă©crire : _, i
On sâattendrissait sur Hippias, dont on racontait
les grandes actions.
Cependant on voyait le corps du jeune Hippias
Ă©tendu, qĂŒon portait dans un cercueil ornĂ© de
pourpre, dâor et dâargent.
Le premier on est relatif Ă une portion dâindividus, et le second s applique Ă une
autre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Quand 00 est aimable, on est aimé.
Quand on bat, on risqifĂ© d'ĂȘtre battu.
Quand on trompe, on est trompé.
Quand on va sur mer, on peut faire naufrage.
Quand on est humain, on fait du bien aux
pauvres.
DĂšs qu'on vons le dit, c'est qu'on le soit. âą .
Quand on est Joueur, on se ruine.
Puisqu'on l'atteste, c'est qu'on en est certain.
( 454 )
Nâ CCCXCIX.
©©Ÿo
On EN RAPPORT AVEC LES NOMS PERSONNELS TlOWS, VOttS,
Qu on haitnin ëûûemi quand il est prÚs de nous]
(Racine.)
Au moins, en pareil cas, est-ce un bonheur bien doux,
Quand oh sait qĂŒon nâa point dâavantage sur nous»
(MoliĂšre.)
Quand leboiiheur vous guidé, on doit suivre ses pas,
ÂŁt toujours sâĂ©lever sans regarder en bas.
â (Desxouchbs.)
On souffre, on jouit, non par ce qui existe, mais
par ce qui nous parait exister. â
(De Ségur.)
Les pronoms personnels nous, vous, quand ils sont employés dans un sens général, indé
terminĂ©, peuvent ĂȘtre mis, comme on voit, en relation avec on, qui nâa pour corrĂ©latif
spécial que se ou soi. Exemple : ON a souvent besoin d'un plus petit que SOL
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Oa gémit des malheurs qai tombent sur vous.
On méprise les méchancetés qui se disent de vous.
On parle ainsi quand ĂŻl vous ennuie.
On repoussera les ennemis qui marcheront sur
On sâapplaudit des Ă©loges qui nous revicnc'uu.
On lui dit cela pour quâelle nous laisse en
]
K CCCC.
EMPLOI DE on POUR je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles.
EXEMPLES.
On a certains attraits, un certain enjĂŽueraenL
Que personne ne péut me disputer, je pense.
(REGNAnn.)
Tti mâavais promis, lĂąche, et jâavais lied dâattendre
Qu'on tÚ verrait servir mes ardeurs pour Léandre.
(MoliĂšre.)
Lcoute ..a
Je prĂ©tends qĂŒon soit sourde Ă tous lĂ©s damoiseaux.
-(/d.)
Je veux croire les gens, quand on me dit, je tâaime.
\ (Id.)
â QuĂ© voulez-vous de moi ?
â Je veux que lâon mâĂ©coute,
Vous ai-je dit vingt fois, quand je parle.
{Td.)
QĂŒon appelle la reine; et vous, qĂŒon se retire.
(Voltaire.)
Et vous, Ă mâobĂ©ir, prince, quâon se prĂ©pare.
(Racine.)
ANALVSR.
ON a, etc., câcsl pour: JâAI certains Ăčttroitfi. uh
certain enjouement, etc.
Qw'ON ie verrait servir mes ardeuts est pour :
JE £o verrais servir, ëtc.
Je prĂ©tends gĂŒON soit sourde est pour : je pré
tends que TĂ SOIS sourde, etc.
Je veux croĂźYe Ăźes gens quand ON me dit, câest
pour ; âguandt ILS me disent, elc.
Je veux que VON m'écoute est pour : je vetix que
VOUS mâĂ©coutiez.
Et vous qu*ON se retiré est pour : et vous, il faut
que VOUS vous reftârte^.
Et vous, qu'ON se prĂ©parĂ©, est poĂŒr : etvbus, il
faut que VOUS vous prépariez.
Le mot on peut donc sâemployer pour jĂ«, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, et alors ĂŒĂ©st
une maniÚre détournée et délicate de s'exprimer, puisque du particulier on passe tout de
suite au gĂ©nĂ©ral. Câest lĂ une figure qĂŒon nomme euphĂ©misme.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
oir pooa Jl.
Ă« POUR TO.
OJt POUR IL.
OK POUR SLLS.
On n de Targeot, je j>cosc.
On a de lâesprit, je crois.
Od 0 de lâoudoce, je dis.
Dis, on est sourd, je crois. J'aime un enfant, quand on est JâaĂźme une fille , quand on est at-
Montre ici : Ob ! on a de» mains sage. tentive.
blaocbe». J'otmo un fili, quand on aime sa Je chéris une enfant, quand on
mÚre. écoute ses parents.
{ 455)
OH POU& HOVI.
OH MUR VOCl,
OH voua IL3.
OH rODE KL1.BI.
On a d« U gaue^ ibiĂąme nobs vous Vons, qĂč'oĂŒ sĂ«n
le disions. Vons, qn'on vienne ici.
On a l'amour de la patrie, comme Vous, qu'on se taise.
TOUS voyez. Vous, qu'on me laisse en paix.
C'est lorsqu'on, est sages, que JâadmĂźrĂ©la femdiĂȘi/qiuinĂ bn est
j'aime les enfants. . vertueuses.^
Je veux des amis, quand on est JĂ© h'aĂźme pas les sĂ©fVaĂŒles *, dĂšs
francs. qu'on n'est pas soumises.
âCGCCI.
EMPLOI DE on OU DE Von APBĂS UH MOT TĂBMINĂ PĂB UNE CONSONNE.
«
ĂN PROSE.
On nâest guĂšre jaloux de la prĂ©sĂ©ance, quand on
ne la doit qĂŒĂ sa vieillesse. (PbĂ©yĂŽt.)
Selon vousĂż on est coupable dĂšs quâon est accusĂ© ;
un soupçon mérite la mort. (Fénelon.)
1
Artistes, poÚtes, écrivains, si vous copiez tou-
jours, ON ne vous copiera jamais.
(Bern. be SĂ int-Pierrb.)
BN VERS.
Quand on a mĂȘme but rarement on sâaccorde.
(Lebrun.)
11 nâest affection dont on ne vienne Ă bout.
(La Fontaine.)
En tous temps, en tous lieux, on a dit qĂŒun bienfait
Porte avec lui sa récompense.
(De la Boutraye.)
Entre amt'a, on nâa point de rĂ©serve.
jd.) '
Reprocher lĂš bienfait, on en perd lâavantage.
(Haumont.)
Lorsque le mot qui prĂ©cĂšde on se termine par une consonne, câest presque toujours on
qĂŒon emploie au lieu de Von (1).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Kntre parents on se doit..,
Lntrc amis on ne se. ..
Quand on peut, tl faut...
Jamais on ne doit...
Toujours on dßt qiiç:. ^
Quelquefois ba se trompe.
Sonvent on ignore.
A la mort on pdrdoone.
Cependant on s'abuse.
Ponrtant on se piqnc de...
En le voyant, on peut dtr«.*.
En tous lieux on peut vivi*.
N CCCCII.Âź^'^
EMPLOI DE on APBĂS UN MOT TEBHINĂ PAB e MUET.
EN PROSE.
Quand on aime, on cherche Ă plaire, et qui sait
plaire est sûr de persuader.
(Bern. de Saint-Pibrre.)
On eût vu à Rome, sous les empereurs, la statue
de Jeanne dâArc soutenant le trĂŽne; on lâeĂ»t vue,
sous les consuls, au Capitole, aĂŒ-dessus de celle de
Manlius. [Id.)
Lorsque les vestales marchaient dans la ville, on
portait devant elles la masse des préteurs.
jd.)
en VERS.
Dâun bonheur sans mĂ©lange on se lasse Ă la fin.
(Agniel.)
On relit tout RactnĂš, on choisit dans Voltaire.
(Delille.)
Sans se voir, qĂŒand oiĂź ^'Ăąime, bn pĂ©ĂŒt se deviner.
(La Chaussée.)
De son propre Ă riifieĂ© Ăšsi Ă buvĂšĂŒt victimĂ©.
(CbiilN b'HARLBVILLE.)
On ne sait ce que CâÚùt que de pĂ yĂ©r ses dettes ;
Et de sa bienfaisance oÿ( réinplit les gazettes.
jd.)
AprĂšs un mot qui Ă pĂŽĂŒf filiale un e muet, on se sert presque toujours, Ăšh prose, de on
i
(1) Nous disons presque tptuburs, car les auteiirs ont aussi fait usage de Von. Eu voici deux exemples :
Quand on sĂ© combat bien lâon est sĂr de se vaincre. Lâon compte deux fots quand lâon compte sans lâhĂŽte.
(De Belloy.) (Fabre dâEglanxinb.)
( 450 )
* i
de préférence à Ton. En poésie, c'est toujours on, surtout quand ce mot commence le se
cond hémistiche du vers. , "
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Dans la jeunesse on aime Ă ...
Dans la vieillesse on nâaime pas Ă ...
Dans la joie on se plaĂźt Ă ..
Dans un moment dâivresse on donne.
Dans la misĂšre on ne peut.
Dans lâinTortune on hait. .
w ccccm.
t âș '
EMPLOI DE on APRĂS UN MOT TERMINĂ PAR UNE VOYELLE AUTRE QUE L'e MUET.
EN PROSE.
Dans les arts mĂŽme du dessin, qui semblent
lâempire dĂ© la rĂ©alitĂ©, on nâarrive au beau quâen le
corrigeant.
(Valéry.)
/
On doit éviter dans les vers la rencontre des
voyelles : Ainsi lâon ne pourrait jamais faire entrer
dans des vers ces mots : ßa loi évangéliqueDieu
éternel, etc.
(Boiste.)
EN VERS.
Ce quâon a bien aimĂ©, lâon ne peut le haĂŻr
JusqĂŒĂ le pouvoir perdre ou jusquâĂ le trahir.
(Corneille.)
... Le pĂ©ril passĂ©, lâon ne se souvient guĂšre
De ce qĂŒon a promis aux dieux.
^ (La Fontaine.)
' A tout accord forcĂ© lâon a droit de manquer.
(Franç. de NkufchateaĂŒ.)
Tel que pour ami lâon suppose,
Montre dans le besoin quâil ne Test nullement.
(Lenoble.)
Si lëmot qui précÚde on a pour finale un é fermé ou un i, on peut, en prose, faire usage
de on oude Z'o«;maisen vers ii n'est permis de se servir que de cette derniÚre forme, Von.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ainsi on pense.
C'est pourquoi on dĂźt.
Pour un ami on doit.
A. la vérité, on croit.
Ainsi lâon pense.
Câest pourquoi lâon dit.
Pour un ami lâon doit.
A Ja vĂ©ritĂ©, lâon croit.
Aussi on a tort. Aussi lâon a tort.
Lorsquâon est fatiguĂ©, on ne peut. Lorsquâon est fatiguĂ©,Von ne peut.
DĂšs quâon est refusĂ©, on craint. DĂšs quâon est refusĂ©, lâon craint.
Blesse, on vous soignera. Blesse, Ton voĂźis soigneia.
Nâ CCCCIV.
e
DE l'emploi en prose DE OU OU DE Von APRĂS et, si, oĂč, que, qui, e rc.
AVEC Von.
Jadis, dans lâantiquitĂ©, on fit dans Syracuse le
procĂšs Ă toutes les statues des anciens rois, et Von
n'en conserva qĂŒune seule, celle deGĂ©lon.
(MÂźe Genlis.)
Partout on a dissĂ©quĂ© lâhomme, et Von ne nous
montre plus que son cadavre. Ainsi le plus digne
objet de la fcréation a été dégradé par notre savoir
comme le rëste de la nature.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Si Von faisait le procĂšs, aux livres de la biblioÂŹ
thÚque du roi, combien. aprÚs un jugement équi
table, elle aurait de tablettes vides!
(MââÂź DE Genlis.)
Si nous nous égarons dans le désert, une sorte
dĂŻristiiict nous fait Ă©viter les plaines, oĂŒ Von voit
tout dâun coup dâoĂ©il. "
(Chateaubriand.)
AVEC on. .
.Lâusage du vin est permis aux princes chrĂ©tiens,
et on ne remarquĂ© pas qĂŒil leur fasse faire aucune
faute.
(Montesquieu.)
Le ridicule fait malheureusement plus dâimpresÂŹ
sion sur les ames honnĂȘtes et sensibles que sur les
vicieux; parmi eux, on en donne, on en reçoit, et on
en rit. ,
(Duclos.)
Les insectes ne paraissent susceptibles d'aucune
sensibilitĂ©. Si on arrache la jambe dâune mcmche,
elle va et vient comme si elle n'avait rien perdu.
(Bern. dĂȘ Saint-Pierre.)
Les Ă©coles primaires, oĂč lâon enseigne les preÂŹ
miers devoirs de la morale, doivent ĂȘtre gratuites;
mais les Ă©coles secondaires, oĂŒ on apprend ies scienÂŹ
ces, les arts et les mĂ©tiers, doivent ĂȘtre payĂ©es.
(W-)
( 457 ;
-11 y a autant de vices qui viennent de ce qĂŒon On craint la vieillesse quâon nâest pas sĂ»r de pou-
ne sâestime pas assez, que de ce que Von sâestime voir atteindre.
trop. (Montesquieu.) (La BruyĂšre.) .
Les grammairiens, confondant, selon leur coutume, et la prose et les vers, disent qĂŒaÂŹ
prĂšs les mots suivants, et, si, oĂč, que, qui, quoi, etc., il faut toujours, pour Ă©viter Thiatus.
employer Von au lieu de on. Les exemples que nous avons cités démontrent la fausseté de
cette rĂšgle, qui, comme la plupart de celles qĂŒon trouve dans les grammaires, mĂȘme les
plus estimées, a été plutÎt imaginée que déduite des faits ; nous voyons que Técrivain peut
Ă son grĂ© seiservir, en pareil cas, de on ou de Von. Ce quâil doit consulter alors, câest moins
la rÚgle des grammairiens que son oreille : Cet oracle est plus sûr que celui de Restaut. Et
il faut bien se garder de croire que les exemples de la seconde colonne soient les seuls que
nous aient fournis nos lectures ; nous pourrions, au besoin, en rapporter des milliers. TouÂŹ
tefois nous devons observer que les écrivains ont plus souvent fait usage de Von que de
on aprÚs les mots .cités plus haut, excepté cependant avec le mot que et ses composés :
lorsque, parce que, quoique, etc., qui peuvent ĂȘtre suivis indiffĂ©remment de oti ou de Von,
ainsi que le prouve cette phrase, oĂč lâauteur a employĂ© lâune et Tautre forme :
^ »
On nâest jamais si ridicule par les qualitĂ©s que Von a, que par celles quâon affecte dâavoir.
(La Rochefoucauld.)
ÂŁt Ton dit.
Ou Von voit. -
A qui Ton doit.
Ce que Ton sait.
Si lâon savait.
A qui on.plaĂźt.
A qui l'on plaĂźt.
ÂŁt on dira.
OĂč on a vu.
A qui on doit.
Ce quâon sait.
Si on savait.
Et Jâon sâamuse.
Aussi ou doute.
EXERCICE PĂRASĂOLOGIQUE.
A quoi lâon pense.
Que lâon nĂ©glige.
.Si lâon pouvait.
Et lâon disait pourtant.
OĂč lâon aimait Ă dan.scr.
Et ou s'amuse.
Aussi lâon doute.
A quoi on pense.
QĂč on nĂ©glige.
Si on pouvait»
Et on disait pourtant.
OĂč on aimait Ăą danser.
Et on en rit.
Et lâon sâen moque.
Nâ CCCCY.
DE lâemploi, en poĂ©sie, DE OU OD DE Von, APRĂS et, si, oĂč,qui, quoi, etc.
EXEMPLES.
Le ciel parfois seconde un dessein téméraire,
Et l'on sort comme on peut dâune mauvaise affaire.
(MoliĂšre.)
Le véritable Amphitryon
Est TAmphitryon oĂč lâon dĂźne. {Id.)
Une vertu parfaite a besoin de prudence,
Ăt doit considĂ©rer» pour son propre intĂ©rĂȘt,
Et les temps ow'i.âon vit, et les lieux ow l'on est.
(CORNEILI.ĂĂ.)
On ne doit pas,
. A TĂąge ow Von fait des faux pas,
Qiiitterun seul instant sa mĂšre.
(MontĂȘsquioĂŒ.)
Ami, si tu nâas rien, nâattends rien de personne:
Les riches sont ici les gueux Ă qui l'on donne.
(De Boufflers.)
ĂŻl est bon de voir avec qui l'on sâallie.
(Lenoble.)
Ne vous entĂȘtez point dâĂȘtre chez vous le maĂźtre;
Mais, st lâon veut bien le souffrir,
Contentez-vous de le paraĂźtre.
(Regnard.) .
Aujourdâhui
On passe sur ThonnĂȘte, et Von songe Ă Tutile.
(Destouches.)
Aller en Tautre monde est trĂšs-grande sottise,
Tant'que dans celui-ci Von peut ĂȘtre de mise.
(MoliĂšre.)
k ' *
Si, comme nous Tavons fait voir dans le numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, lo prosateur Ăšst libre dâemÂŹ
ployer ow ou Von, suivant quâil veut donner Ă son expression ou plus dâharmonie ou plus
de force, une telle libertĂ© nâest pas laissĂ©e au poĂšte, qui doit de toute nĂ©cessitĂ© se servir de
la seule forme Von, afin dâĂ©viter ce bĂąillement qui, dit lâAcadĂ©mie, fait un mĂ©chant effet
dans la poésie.
58
( 458 )
Nâ CCCCVI.
EMPLOI DE on OĂŒ DE Von AVANT UN MOT COMMENĂANT PAR l.
EN POĂSIE.
On offense un brave homme alors gtie Ton Tabusé»
(MoliĂšre.)
Un loup disait que Ton Tavait volé.
(La Fontaine.)
Ce que je vous dis lĂ , Von le dit Ă bien dâautres.
â {td.)
Quand lâabsurde estOMfrd,roN /Ă»Cfait ttopdâhDDDĂ©ur
De vouloir, pour raison, combattre son erreur.
. (td.)
On refuse aux vivants des temples
QĂŒon leur Ă©lĂšve aprĂšs leur mort.
(MâÂź DeshouliĂšres.)
Moins on mĂ©rite un bien, moins ON /âose espĂ©rer.
(MoliĂšre.)
A raconter ses maux souvent on les soulage.
(Corneille.)
EN prose.
Ăn cĂ©lĂšbre la mort du cerf par des fanfares, ĂŽn
le laisse fouler aux chiens, et on Ăźes fait jouir pleiÂŹ
nement de leur victoire en leur faisant curée*
(Buffon.)
Câest pour ne pas exclure les vices gĂŒon les revĂȘt
dĂźun nom honnĂȘte. ' (MalEsuerbes.)
Le chien, bien plus intelĂŒgent que le singe, té
moin chaque jour des effets du feu, accoutumé dans
nos cuisines Ă ne vivre que de chair cuite, ne sâaviÂŹ
sera jamais, .vi on lui en donne de crue, de la porter
sur les charbons du foyer. , ,
(Bern. de Saint-Pierre.)
Ceux qui veulent achalander une foire, y apporÂŹ
tent des animaux Ă©trangers; et la partie oĂč on Ăźes
ïnontre en est la partie la plus fréquentée. {Id.)
Le café est trÚs en usage à Paris : il y a un grand
nombre de maisons ĂŻubliques oĂč on Ăźe distribue.
Dans quelques-unes ue ces maisons on dit des nouÂŹ
velles, dans dâautres on joue aux Ă©checs.
(Montesquieu.)
Pour éviter la cacophonie que produiraient certaines phrases, telles que celles-ci : Si Von
Ven louait, si Von T enluminait, si Von la lisait, etc., il faut employer on au lieu de Von,
aprĂšs les mots si, et, oĂč, que, ni, ainsi, quoi, etc., et dire : si on Ven louait, si on Venlumi-
nait, si on la lisait, etc., ainsi quâon le voit par les exemples de la premiĂšre colonne. CeÂŹ
pendant ceux de la seconde, du moins les quatre premiers, nous montrent quâen poĂ©sie il
est des cas oĂč Ton ne peut guĂšre faire autrement que de se servir de Von. On ne pourrait
pas dire : On offense un brave homme alors quon Va&Use, un loup disait qu'on l'avait
volĂ©. Sans doute ces tournures seraient prĂ©fĂ©rables, mais ĂŒ nây aurait plus de vers, il manÂŹ
querait une syllabe. Les poÚtes doivent néanmoins se garder avec soin de construire leurs
vers de .maniĂšre Ă ĂȘtre obligĂ©s de faire usage de Von. Les trois derniers exemples de la
seconde colonne sont, sous ce rapport, exempts de reproche.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
DITBS
KR DITl'.S TAS
DITES
RE DlT&i ris
Si on le Voit, ,
OĂźi on lâenvoie.
Ou on l'attend.
^ quoi on le destine.
Si lâon le voit.
Oii lâon lâenvoie.
Ou lâon lâattend.
A quoi lâon le destine.
ÂŁt ou le louera.
Ni on le laisse.
Quâon le lira.
Et on le lapidera.
Et lâon le louera.
Ni lâon le laisse.
Que lâon le lise.
Et lâon le lapidera.
Nâ CCCCVU. *0»
©OCX»â
EMPLOI DE que Ton AVANT UN MOT COMMENĂANT PAR LA LETTRE C.
Il arrivé quelquefois que des talents médiocres,
de faibles connaissances, que lâon ne compterait
pour rien dans les .personnes obligées par état à en
avoir de cette espĂšce, brillent beaucoup dans ceux
que leur Ă©tat nây oblige pas.
(Fontenelle.)
Quand on veut changer et innover dans une répu
blique, câest moins les choséÚ que le temps que lâon
considĂšre. (La BruyĂšre.)
On trouve peu de livres qui soient utiles aux
femmes, mĂȘme parmi ceux que lâon croit bons.
(Bern. de Sainx-Pibbbe.)
( 459 )
On doit se garder de dire : qu'on considĂšre, quâon compterait, quâon comprend, etc. En
pareil cas, il faut prĂ©fĂ©rer que Von, pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition du mĂȘme son.
EXERCICE PHRASĂOtOGIQOB.
WTM :
HR DITRS PAS :
DtTU
Hx Drrxi PAt
Von comprend.
Que Ton connaĂźt.
Que l'on convient.
Qn'on comprend.
Quâon connaĂźt.
Qu'on convient.
lâon qualifie.
)ue lâon conserve,
^ue l'on compose.
Qn'on qualifie.
Qn'on conserve.
Qu'on compose.
%
PARTICULARITĂ RELATIVE AĂŒ PRONOM PERSONNEL se, EMPLOYĂ POUR OĂ.
i
AVEC se.
Tout ce qui se mange avec plaisir se digĂšre avec
facilité. (Bern. de Saint-Pierre.)
Le pic de Ténériffe se voit de quarante lieues.
(id.)
AVEC on.
On digĂšre avec facilitĂ© tout ce quâon mange avec
plaisir.
On voit de quarante lieues le pic de Ténériffe.
Suivant TAcadémie, le pronom personnel se sert aussi à donner au verbe actif une signi
fication passive, quand le sujet est un nom de chose; ainsi, dâaprĂšs ce raisonnement, lĂšs
expressions suivantes : tout ce qui se mange, le pic de Ténériffe se voit, seraient pour tout
ce qui est mangé, le pic de Ténériffe est vu.
LâAcadĂ©mie a bien pu trouver une grande analogie entre le pic de TĂ©nĂ©riffe sĂ© voit et
le pic de TĂ©nĂ©riffe est vu ; mais il nous semble qĂŒil y en a une plus grande encore entre
le pic de Ténériffe se voit et on voit le pic de Ténériffe. ILne faut pas croire pour cela que
le pronom, personnel se tienne la place de on, ainsi que le prétendent quelques grammai
riens. La seule diffĂ©rence qui distingue ces deux phrases, selon nous, câest que dans la*
premiĂšre le mot on ou homme est sous-entendu, et quâil est exprimĂ© dans lĂ seconde,
comme le prouvent les analyses suivantes :
Tout ce qui se mange avec plaisir (par Vhomme) se
digÚre avec facilité (par lui).
Le pic de Ténériffe se voit (par Vhomme à la dis
tance) de quarante lieues.
' On [ou rAomme] digÚre avec facilité tout ce
qĂŒon [ou lâhomme] mange avec plaisir.
On [ou lâhomme] voit de quarante lieues le pic
de Ténériffe.
Ces analyses, en nous dévoilant le mécanisme de ces sortes de phrases, nous appren
nent en mĂȘme temps que dans les exemples de la premiĂšre colonne le mot homme est
complĂ©ment (1), tandis qĂŒil est sujet dans ceux que renferme la seconde.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Le.bois se vend tant. On vend lb boĂźs tant. Les livres se relient.
Le pain se vend tant. On vend ie pain tant- Les couteaux sc repassent.
Cette bibliothÚque se vendra bien. On vendra bien cette bibliothÚque- (ëtte maison se finira.
Ira signal se donne. On dorme ie signal. Cela s'appelle ainsi.
Ăn relie les livres.
On refasse les couteaux.
On finira cette maison.
On appelle cela ainsi.
(1) Cette ellipse du mot homme nâĂ©st-elĂźe pas plus que justifiĂ©e par ces vers si connus de Ăoileau Ăź
/ t
Cependant on apporte un potage.
Ăn coq y paraissait en pompeux Ă©quipage;
Qui, changeant, sur ce plat, et dâĂ©tat et de nom.
Par tous les conOtVs sâest appelĂ© chapon.
6
( 460 )
QUICONQUE.
Nâ CCCCIX.
NATURE UE CE MOT
Quiconque flatte ses mallres les trahit.
(Massillon.)-
Quiconque est né envieux et méchant esi natu
rellement triste. (PoĂŒiLLY.)
Quiconque est honnĂȘte et travaille
Ne saurait offenser les dieux. â(Voltaire.) -
Quiconque est soupçonneux invite aie trahir, (fd.)
Quiconque est vivement Ă©mu voit les choses dâun
autre Ćil que les autres hommes. '(W*)
Quiconque de vous, mes amis, bravera le danger,
sera, couvert de gloire. (Boistk.)
Quiconque de vous, mes filles, osera broncher,
sera punie. . (/d.)
Quiconque a pu franchir les bornes légitimes
Peut violer enfin les droits les plus sacrés.
(Racine.)
Quiconque est capable de mentir est indigne dâĂȘtre
compté au nombre des hommes. (Fénelon.)
Les grammairiens mettent ordinairement ce mot au nombre des pronoms. Mais de quel
nom quiconque tient-il lĂ place? Câest une vraie mystification. Quoi ! sâĂ©crie M. Dessiaux,
dans la plupart des ouvrages qui nous sont présentés comme le résumé de ce que les
grammairiens ont pensé de mieux dan^ la science du langage, nous retrouvons encore
les traces de la barbarie du moyen Ăąge !
Quiconque nâest point un pronom. GâĂ©sttout bonnement un adjectif conjonctif employĂ©
elliptiquement comme substantif. PoĂŒr sâen convaincre, il suffit de connaĂźtre les Ă©lĂ©ments
qui le composent. Or, quiconque est un composĂ© du mot qui et de lâancien adverbe franÂŹ
çais onque, qui signifieyamats, et dérive du latin unquà m. Voici deux exemples qui prou
vent qĂŒanciennement quiconque sâĂ©crivait eri deux mots, qui onque :
Et si ne mece (mette) nusbome,nefeme,boure, ne flocon, nelaneton, ne gratuisedepeaus,
neestonturebatue, ne Ă batre, et ki onkes feroit tiretaine lĂ Ăč il y eust meslĂ©avoec auqunĂšs
deces-coses ; il perderoit le tiretaine malvoise et boine toute ensanle et si seroiten forfait
de 10 liv. (Ban des Tiretaines de 1253.)
Et ki ongMcspĂŽrteroit xvaine (gaĂźne) sans coutiel et sans broke, de coutiel ameureu de
broke, il seroit à 10 livres et banni de la vile. (Ban des Eschevins dé Douai. 1262.)
Qui oncques ou quiconque (la lettre c est intercalée dans le second de ces mots par eu-
.phonie) est donc un abrégé de qui que ce soit jamais, tout homme quel qu il soit jamais ;
et ce qui le prouve, câest que nos anciens Ă©crivains disaient souvent quiconque il soit. On
trouve dans les Essais de'Montaigne cette phrase qui vient Ă lâappui de notre assertion :
« Notre justice ne nous prĂ©sente que lâune de ses mains, encore est-ce la gauche. Qui-
)) conque il soit, il en sort avec perte. »
Il ne nous reste qĂŒĂ donner Tanalyse des exemples citĂ©s plus haut.
, t
ANALYSES.
1. Tout homme, quel qĂŒil'soit jamais, qui flatte ses maĂźtres, les trahit.
2. Tout homme, quel qĂŒil soit jamais, qui est nĂ© envieux et mĂ©chant, est naturelleÂŹ
ment triste.
3. Tout individu au milieu de vous, quel qĂŒil soit jamais, qui bravera le danger, sera
couvert de gloire.
4. Toute femme au milieu de voĂ»s, quelle quâelle soit jamais, qui osera mĂ©dire de moi,
sera punie.
(4Ă1 )
GENRE ET NOMBRE OE CE MOT.
MASCOLIN" SINGULIER. .
Qutcongue est né envieux et méchant est natu
rellement triste,
(POĂILLY.)
FEMININ SINGULIER.
Qutcongwe de vous sera assez Ăčardte pour mé
dire de moi, je Fen ferai repentir.
(Académie.)
Le mot quiconque, rĂ©pondant an quicumque, quĆcumque des Latins, et signifiant qui
que ce soit, est par conséquent aussi, bien du féminin que du masculin. Une peut se dire
que des personnes, et nâa point en français de pluriel. Dans toutes les phrases oĂč il se
rencontre, ce nâest, le plus souvent, que le sens qui peut en rĂ©vĂ©ler le genre. Disons ceÂŹ
pendant qĂŒil est presque toujours employĂ© au masculin, comme dans les exemples suiÂŹ
vants :
Quiconque a beaucoup de témoins de sa mort»
meurt toujours avec courage.
(Voltaire.)
r , pwicongwe nâa pas de caractĂšre nâest pas un
I homme; câest une chose.
(Chamfort.)
. Quicongue est capable de mentir est indigne dâĂȘtre
compté au nombre des hommes; et quiconque ne
sait pas se taire est indigne dc gouverner.
(Fénelon.)
Quiconque réfléchit attentivement sur les devoirs
du ntonarque, tremble Ă la vue dâune couronne.
(De Cévis.)
Quiconque lira TĂvangile avec un peu d'attenÂŹ
tion» y découvrira à tous moments des choses admi
rables. (Chateaubriand.)
Quiconque a fait une grande perte a de grands
regrets; sâil les Ă©touffe, câest qĂŒil porte la vanitĂ©
jusque dans les bras de la mort.
(Voltaire.)
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
SINGULIER MASCULIN.
Quiconque est né roi.
ĂŻuiconqtie est savant.
Liiconque est bavard.
SINGULIER FEMININ.
)niconque est née reine.
Quiconque est jolie.
Quiconque est bavarde.
SINGULIER MASCUUN.
aiiiconque est né prince,
uiconque eat auteur.
Quiconque rast menteur.
Quiconque est Cep de son talent. Quiconque est fiÚre de sa beauté. Quiconque est jaloux.
SINGIULIER FĂMININ.
Quiconque est née femme.
Quiconque est actrice.
Quiconque est menteuse.
Quiconque est jalouse.
Nâ CCCCXI. «»âą
CONSTRUCTION.
SUJET.
Quiconque désire toujours, passe -sa vie à atten
dre; et guicongwe ne désire plus, attend la mort.
(Boiste.)
Quiconque veut ĂȘtre homme doit savoir redesÂŹ
cendre.
(J.-J. Rousseau.)
COMPLĂMENT DE VERBES.
Exterminez, grands dieux, de la terre oĂč nous sommes
Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes!
(Voltaire.)
.. .Le grandjoursertmalgutcongus veut mal faire,
' (De Boufflers.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
DĂšs que lâimpression fait Ă©clore un poĂšte,
Il est esclave né de quiconque Tachete.
(Boileau.)
Mourir pour sa patrie est un sort plein dâappas
Pour quiconque a des fers préfÚre le trépas.
(T. Corneille.)
Ainsi quiconque peut ĂȘtre employĂ© soit coipme sujet, soit comme complĂ©ment de verbes
ou de prépositions. ^
SUJET.
Quiconque pense.
Quiconque «lit.
Quiconque croit.
( 462 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
COMPLĂMENT DE VERBES.
Aimer quiconque tous aime.
Nuire Ă quiconque tous nuit.
Offenser quicoaqne ne tous offense pas.
Nâ ccccsn.
SUIVI ou NON SUIVI DE H
COMPLĂMENT DE PRĂPOSmONS.
Ătre Ă quiconque,vous achĂšte.
Ătre pour quiconque vous flatte.
Tomber sur quiconque tous moleste.
NON SUm DE il
Quiconque Ă vingt ans ne sait rien, ne travaille
pas Ă trente, nâa rten acquis Ă quarante, ne saura»
ne fera et nâdura jamais rien.
(Oxenstiern.)
Quiconque est descendu dans les pĂąles demeures
nâest jamais revenu de lâĂ©ternelle nuit Ă la lumiĂšre
du jour. (De Boufflers.)
Quiconque rejette le bouclier de la religion, se
trouve sans défense au moment du combat.
(Bossuet.)
SUIVI DE il*
Quiconque nâest pas sensible au plaisir si vrai, si
touchant, si digne du cĆur, de faire des heureux,
t7 nâest pas nĂ© grand, il ne mĂ©rite pas'mĂȘme d'ĂȘtre
homme. (Massillon.)
Quiconque découvrit les diverses révolutions des
astres, il fit voir par lĂ que son esprit tenait de celui
qui les a formĂ©s dans le ciel. ' (DâOlivet.)
Quiconque, sans lâouĂźr» condamne un criminel,
Son crime eût-il cent fois mérité le supplice.
Dâun juste chĂątiment il fait une iDjĂ»stice.
(T. Corneille.)
Ăź *
Quiconque Ă©tant nn abrĂ©gĂ© de tout homme qui, ne permet plus dâemployer le pronom
il dans le second membre de la phrase; car si lâon disait : Quiconque dira... il
sera menteur, câest comme sâil y avait : Tout homme qui dira.. . tout homme sera menteur.
Cependant notre langue permet souvent lâemploi du il, pour mieux rattacher lâidĂ©e de
lâaction Ă la personne ; on en trouve de frĂ©quents exemples dans nos meilleurs Ă©crivains,
et rien nâest plus commun dans la* conversation des personnes qui parlent le mieux : ce
sont des façons de parler admises par lâusage, introduites par le dĂ©sir de donner de la
vigueur au style. Quiconque tendra la main à Vétranger, il sera traßtre à sa patrie. Cet
il reporte fortement lâodieux de la trahison sur le quiconque. Ce mouvement de style apÂŹ
partient au commandement, Ă lâimprĂ©cation, au code pĂ©nal : Quiconque commettra telle
faute, IL sera frappĂ© de telle peine. Avouons cependant quâil nâest pas exempt dâune teinte
gothique ; mais il se rapproche de la natiire, dont nous nous éloignons en nous perfec
tionnant.
Voici comment nous croyons que lâon peut justifier lâemploi de il aprĂšs quiconque. Nous
prendrons les deux premiers des exemples cités plus haut,
ANALYSES. âą
4 ' Ăź
1. Quant Ă tout homme, quel qĂŒil soit, qui condamme un criminel sans lâentendre, je dis
de cet homme qn'il fait une injustice.
2. Quant Ă tout homme, quel qĂŒil soit, qui ĂŒest pas sensible au plaisir de faire des
heureux, on peut dire de cet homme qĂŒi7 nâest pas nĂ© grand, qĂŒti ne mĂ©rite pas mĂȘme
le nom dâhomme.
La mĂȘme analyse sâapplique Ă tous les cas semblables.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
QUICONQUE SUIVI DE IL. QUICONQUE NON SUIVI DĂ IL,
QutconquĂš, quand la patrie W rĂ©clame, nâest pas sensible Ă son Quiconque a'immoĂźe pour le pays se vend immortel.
appel, je le dis, il est un mauvais citoyen.
I
( 463 )
AUTRUI.
Nâ CCCCXIII.
CONSTRUCTION.
COMPtĂBfBNT DE VERBES. '
Pour consumer autrui le monstre se consume.
(Boileau.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
Sans dessein de. tromper autm* elle se trompe
sans doute elle-mĂȘme. (FlĂ©chier.)
La comédie nous apprend à nous moquer cPau
trui , et rien de plus. " ,
(Bern. de Saint-Pierre.)
La premiĂšre source de nos divisions vient de notre
Ă©ducation ; elle nous enseigne dĂšs lâenfance Ă nous
préférer à autrui. {Id.)
Et tel qui nâadmet point la probitĂ© chez lui.
Souvent Ă la rigueur lâexige chez autrui.
(Boileau.)
Un cĆur noble ne peut soupçonner en autrui
La bassesse et la malice >
QuĂŻl ne sent point en lui. (Racine.)
Qui choisit mal pour soi, choisit mal pour autrui.
(T, Corneille.)
Ceux de qui la conduite offre le plus Ă rire.
Sont toujours sur autrui les premiers à médire.
(MoliĂšre.)
Câest par erreur que les grammairiens ont placĂ© ce mot au nombre des pronoms ; car
il ne tient jamais la place dâaucun nom.
La signification du mot homme est renfermée dans ce mot, et de plus, par accessoire,
celle dâun autre. Ainsi quand on dit : Ne faire aucun tort Ă autrui: ne dĂ©sirez pas le hien
Ăąf autrui, câest comme si lâon disait: Ne faites aucun tort Ă un autre homme, ou aux autres
hommes ; ne dĂ©sirez pas le bien d'un autre homme, ou des autres hommes. Or, sâil est Ă©viÂŹ
dent que la signification du mot autrui osi celle 6/homme, ce mot doit ĂȘtre de mĂȘme naÂŹ
ture et de mĂȘme espĂšce que le mot homme lui-mĂȘme, nonobstant lâidĂ©e accessoire rendue
pĂ rttn autre.
On a disputĂ© pour savoir si autrui pouvait sâemployer comme sujet. Quâon nous perÂŹ
mette de rapporter une discussion que nous avons soulevĂ©e nous-mĂȘmes Ă cette occasion
au seiri de la SociĂ©tĂ© grammaticale. Voici lâextrait du procĂšs-verbal de la sĂ©ance oĂč cette
discussion eut lieu.
On lit dans un écrivain la phrase suivante :
Il est beau d'appuyer l'opinion d'autrui, quand autrui a raison.
Le mot autrui peut-il ĂȘtre employĂ© comme sujet?
M. Bescherelle jeune, rapporteur de la commission dâexamen, lit un long rapport qui
se rĂ©sume en ceci : Tusage et la grammaire sâĂ©lĂšvent contre Temploi du vaoi autrui comme
sujet, mais Tanalyse et la raison Tadmettent.
M. Thouvenel. La phrase est bonne ou elle est mauvaise ; il nây a pas de moyen
terme, pas de juste milieu. Il nây a pas de grammaire lĂ oĂč il nây a pas dâusage et de raiÂŹ
son : la grammaire nâest et ne peut , ĂȘtre que TĂ©cho de Tusage, et Tusage en grammaire,
câest la raison ; câest Ă vous de la dĂ©couvrir. Les locutions, ou les façons de parler, en
dâautres termes, ne passent dans les-habitudes et les mĆurs de la langue quâautant quâelles
sont un besoin, une nécessité de cette langue. Les gallicismes ne doivent leur existence
et leur force qĂŒĂ un motif.qĂŒil faut dĂ©mĂȘler; Tusage en grammaire a toujours pour lui
la raison, ou plutĂŽt câest au grammairien philosophe Ă retrouver la raison de Tusage.
Dans la phrase citĂ©e, qui un fait incontestable, comment peut-on sâĂ©lever contre
Temploi Ă o autrui comme sujet, Ă quel titre? Tout bagage dâĂ©rudition plie et sâĂ©croule
en présence de ce fait : autrui a tous les titres qui constituent un sujet dans toutes les
langues. Autrui, dites-vous, nâa pas frĂ©quemment cet emploi; quâest-ce que cela prouve?
(kok)' â
Rien 'Ă©n grammaire, et il suffit qĂŒon ne puisse lui opposer rien contrĂ© Ce qui caractĂ©rise
un sujet, pour qĂŒon soit dans la nĂ©cessitĂ© de le reconnaĂźtre parfaitement placĂ©.
M. QĂŒitakd. Quoi qĂŒil en soit, Tusage lui-mĂȘme invoquĂ© par le prĂ©opinant donne-
t-il raison au rĂŽle du mot autrui comme sujet, câest prĂ©cisĂ©ment une question ; Teuphonie,
qui exerce aussi sa puissance, rĂ©pugne Ă TaccueilUr; jâavoue qĂŒen raison,*et philosophiÂŹ
quement parlant, autrui peut ĂȘtre, comme beaucoup de pronoms, tels que ow et dâautres,
employé comme sujet ; mais enfin Tiisage de autrui comme sujet ne paraßt pas constant,
et je pense qĂŒen accordant qĂŒil peut jouer ce rĂŽle dans la phrase proposĂ©e, on ne pourÂŹ
rait le lui concéder en rÚgle générale.
M. Bescher. II ne sâagit pas de poser une rĂšgle gĂ©nĂ©rale et de dĂ©cider si autruipeni
ou non remplir constamment le rĂŽle de sujet, il sâagit de dĂ©cider si dans la phrase donnĂ©e
autrui joue légitimement lo rÎle de sujet. Eh bien l dans mon opinion, je ne vois rien qui
sây oppose, et la phrase sur laquelle nous sommes appelĂ©s Ă prononcer est bonne sous ce
rapport. / .
M. Vanier, Je reprendrai Topinion de M. Thouvenel. Si autrui peut ĂȘtre sujet ici, il
peut TĂȘtre lĂ , et nous pouvons parfaitement reconnaĂźtre que non seulement ici autrui peut
ĂȘtre sujet, mais qĂŒen principe il peut revĂȘtir ce rĂŽle.
M. Bescherelle aßné. La question se déplace, messieurs. Aw/nri peut-il, dans la
phrase, ĂȘtre grammaticalement rĂ©putĂ© sujet? voilĂ la question. La grammaire dit non,
mais le fait que nous avons sous les yeux, et qui parle haut, prouve le contraire; tout le
monde reconnaĂźt ce que cette phrase a de verve et de force, construite, comme elle Test.
Voudriez-vous, sous prĂ©texte dâune loi grammaticale fort incertaine, lui ĂŽter ses titres si
puissants à Texpression vive et énÚrgique delà pensée? Non, elle est douce, bonne ; mais si
elle est bonne ici, elle le sera toutes les fois, qĂŒun bon esprit saura lâemployer. Attendez,
pour condamner lâemploi de autrui comme sujet, que des phrases Ă©videmment en oppoÂŹ
sition avec le génie de la langue, et mises en oeuvre par des écrivains inhabiles, vous en
fassent lâobligation. ' âą ,
M. DĂŒhĂąloe. Les premiĂšres lois du bon sens, de la logiqrĂŠ la plus candide, vous metÂŹ
tent dans lâobligation de reconnaĂźtre ici le lĂ©gitime emploi de aw/rwi comme sujet. Vous
nâavez pÂźint dâautre oracle Ă prononcer. Pronoricez-le; quand dâautres phrases se pré
senteront, si le mot autrui ĂŒy est point placĂ© avec la mĂȘme raison, avec le mĂȘme goĂ»t,
vous saurez bien vous décider.
La Société, consultée, prononce que, dans la phrase citée, autrui est employé comme
sujet, sans contrarier les rĂšgles grammaticales.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Tromper atilrui.
ObtiĂŻ^ef auLriii.
Le bien d'autrui.
Ju^er autrui.
Se moquer d'autrui.
Faire le plaisir d'autrui.
Voir des défauts eu autrui.
Se juger eo autrui.
Dire du mal d'atUrui.
Mal juger d'autrui.
Reprendre eo autrui.
Exiger chex autrui.
niĂąnier ea autrui.
Reiirqrlier Ă autrui.
Apjtartenir Ă autrui.
Donner Ă autrui.
N" CCCCXIV.
SYNTAXE. .
Autrui ET les autres comparés.
AVEC les autres.
QĂŒil te pare, sâil veut, des dĂ©pouilles des autres.
(Racine.)
Comme ils possédaieut leur propre bieu sans in
quiétude, ils regardaient celui des autres sans envie.
(pLĂcniBa.)
AVEC autrui.
(II) se pare insolemment des dĂ©pouilles dâautrui.
(Racine.)
Pour conserver notre bien, et non pas pour usurÂŹ
per celui dâautrui.
(Bossubt.)
( 4;)5 )
_ , Rarement le malheur des autres tourne Ă notre
profit. (VlLLIERS.)
Souvent dans le malheur des autres .
Nous trouvons la source des nĂŽtres.
(Mâ« DE Lambert.)
Elle juge des autres par elle-mĂȘme.
, (Massillon.)
L*homme vraiment estimable.est celui qui, faisant
parler Ăźes autres de son mĂ©rite, nâen parle lui-mĂȘme
jamais. (Fléchier.)
Le vieillard qui ne peut plus prendre de plaisirs,
les condamne dans les 'autres.
. (La Roche.)
La rigueur dont il use envers ßes autres est blù
mable. (Massillon.)
»
. <( Autrui signifiant un autre ou des, autres, il ne faut pas en conclure, disent tous les
» grammairiens, apr^s Wailly etGirault-Duvivier, quâĂ ces expressionsĂ autrui,
D on puisse indifféremment substituer des uw/to, aux autres. Autrui ne se dit que des pct -
» sonnes absolument, et autres indique une relation avec les personnes ou les choses dont
» on a parlé. » =
DâoĂč les grammairiens ont-ils tirĂ© cette rĂšgle? Ce nâest pas des faits assurĂ©ment, car
ceux que nous avons citĂ©s nous prouvent de la maniĂšre la plus Ă©vidente quâon peut indisÂŹ
tinctement employer les attires ou autrui.
Il songeait plus Ă profiter des maux d'autrui qu'Ă
les soulager. (Fléchier.) .
Chacun, occupé de ses propres craintes, oublieles
malheurs dâautrui.
m
Par soi-mĂȘme on peut juger dâmitrui.
(Corneille.)
Vanter sa race, câest louer le mĂ©rite d'autrui.
(MâÂź DE Lambert.)
Par quelle autorité
ChĂątier en autrui ce quâon souffre chez toi?
â (Corneille.)
On va mĂȘme jusquâĂ la rigueur envers autrui
sur lâobservance des devoirs.* (Massillon )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Resaemblcr ati* antres.
Mal parier des autres.
Ressembler Ăą autrui.
Mal parler d'autrui.
Donner des louanges aux autres. Donner des louanges Ă a
Reprendre les défauts des autres* Reprendre les défauts d'
autrui.
['autrui.
Juger mal des autres.
Condamner dans les autres.
.Travailler au salut de* autres.
Prendre le bien des autres.
Juger mal dâautrui.
Condamner dans autrui.
Travailler an salut dâautrui.
Prendre le bien dâautrui.
Nâ CCCCXY.
Un autre et autrui comparés
l*an voit aux mains d'autrui ce quïl croit mériter.
(Corneille.)
...Voir tout ce que j*aime entre les bras d'autrui.
{Id.)
Il verrait avec moins de regret les affaires publiÂŹ
ques périr entre ses mains, que sauvées par les soins
et par les lumiĂšres d'un autre. (Massillon.)
Et loin de me le peindre entre les bras dâune autre.
(Racine.)
Il vaut mieux dire, avec Racine, entre les bras d'une autre, ou d'un autre, le mot autrui
ayant un sens trop étendu.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Entre les mains dâun autre.
Entre la brai d'un autre.
Dans les matus dâune autre.
Dans les bras dâune antre.
Nâ CCCCXTi;
Autrui EN RAPPORT AVEC 50», $a, ses, leur, leurs:
PATJT-IL dire;
Ăpousant les intĂ©rĂȘts dâautrui, nous ne devons
pas épouser ses passions.
Nous reprenons les défauts d'autrui sans faire
attention leurs bonnes qualités.
ou bien:
En Ă©pousant les intĂ©rĂȘts d'autrui, nous ne devon.s
pas en épouser les passions.
Nous reprenons les' défauts d'autrui, sans faif t*
attention à ses bonnes qualités.
59 V
. , , ( 466 ) â
Wailly et Girault-Duvivier blĂąment les phrases de la premiĂšre colonne et approuvent
celles delĂ seconde. Nous croyons, nous, qĂŒil vaut infiniment mieux remplacer a u/rwt
par les autres, ainsi que le fout presque tous les écrivains en pareille occurrence. En voici
deux exemples :
La vanitĂ© est la mĂšre dâune injustice continuelle ; elle sâattribue sans façon tout ce qui nâest point Ă elle»
et refuse presque toujours aua; 'autres ce qui peut leur appartenir. ^ (La Boche.)
Ne nous emparons ][)as exclusivement de la conversation » comme d'un bien qui nous appartienne en
propre ; il faut dans lâentretien, comme en toute chose, laisser aux autres leur part.
(PbNSĂB ĂB ClCĂRQN.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Bçndez ^ax «ntrea oe qqi leur...
No mépriser pas lea antres parce gu'Us...
Ne souffrez pĂ s qu'on dise dn mal des antres quand ils...
Pourquoi medire des autres lorsqu'ils...
PERSONNE.
Nâ CCCCXVII. 9^
OOOff â
GENEE ET NOMBRE DE CE MOT.
MASCULIN ET SINGULIER SEULEMENT.
La vanité de Vhomme est la source d& ses plus
grandes peines ; et il nây a personne de si parfait
et de si fĂȘtĂ© Ă qui elle ne donne encore plus de chaÂŹ
grin que de plaisir.
(J.-J. Rousseau.)
Il nâest personne qui ne cherche Ă se rendre Ae«-
reiMJ.
(Pensée chinoise.)
Personne ne veut ĂȘtre plaint de ses erreurs.
(VaĂŒvenargues.)
Chacun dit du bien de son cĆur, et personne nâen
ose dire de son eçprit.
(Larochefoucauld.)
P^simne ne se croit propre, comme un sot, Ă
duper les gens dâesprit. (VaĂŒvenargues.)
Je doute que personne ait mieux peint la nature
dans son aimable simplicité, que le sensible Gessner,
(ĂźtĂSTAUX.)
Personne a-t-il jamais raconté plus naïvement
que La Fontaine? (Id.)
FEMININ ET DES DEUX NOMBRES.
On croit que lo persifflage rend ridicule : oui, sû
rement; mais c'est la personne qui ççrt; car
plus le persifûé aura dâesprit, moins il aura lâair de
croire quâon emploie ce mauvais genre contre lui.
(De Ligne.)
(juand sur une personne on prétend se régler,
Ă'e^t pçr hoAux cĂŽtĂ©s quâil lui faut ressembler.
' (MoliĂšre.)
Les personnes faibles ne peuvent ĂȘtre sincĂšres.
(La Rochefoucauld.)
Les personnes Mirées, libres de tout engage
ment avec lĂš monde, ne sâoccupent que du soin des
choses du Seigneur. (Massillon.1
Les personnes qui sont incapables dâoublier les
bienfaits sont ordinairement généreuses.
(Th.
La modĂ©ration des ^personnes heureuses vi^( dĂŒ
calme que ia bonne fortune donnĂ© Ă lĂšur hĂŒmeuri
(La Rochefoucauld.)
Si Ton demandait aux grammairiens qui classent le mot personne parmi les pronoms,
de quel nom il tient la place, ils seraient certes fort embarrassés; car il ne tient la place
dâaucun nom.
Ce mot exprime principalement Vidée d'homine, et pat accessÎßte Vidée de la totalité
des individus pris distributivement : Personne ne Va dit, câest-Ă -dire, aucun homme ne
Va dit, ni Pierre, ni Paul,ni, etc. Puisque Vidée d'homme est la principale dpns la signi
fication du mot personne, ce mot est donc un nom comme homme. Quand noue dirons :
Une personne m'a dit, câest trĂšs-Ă©videmment le mĂȘme mot, non seulement quant au ma^
tĂ©riel, mais quant au sens ; câest comme si lâon disait : ĂŒn individu de VespĂšce des hommes
w?a dit; et tout le monde convient que personne, dans cette phrase, est un nom; mais
( 467 y
dans : Personne ne Va dit, c'est encore le mĂȘme mot employĂ© sans article, afin qĂŒil
soit pris dans un sens indéterminé on général : Nul individu de VespÚce des hommes ne
Va dit.
Voici donc Tanalyse des exemples cités :
1. Aucun ĂȘtre ĂŒest plus heureux que vous.
2. Il ĂŒy a point parmi les ĂȘtres d*(Ă©tre) si parfait et si fĂȘtĂ© Ă qui la vanitĂ© ne donne
plus de chagrin que de plaisir.
3. Aucun individu ne veut ĂȘtre plaint de ses erreurs.
4. Aucun individu ĂŒest tĂ©mĂ©raire quand il n'est vu de personne.
Dans la premiĂšre colonne, le mot personne nâest prĂ©cĂ©dĂ© ni de Tarticle ni d'aucun adÂŹ
jectif dĂ©terminatif; il offre ĂŒn sens vague, et signifie nul homme, nulle femme, quand dans
la phrase se trouvé la particule ne; et quelqu'un, lorsque là négation n'est pas exprimée.
En ce cas, personne est toujours du masculin et du singulier.
Dans la seconde colonne, au contraire, ce mot étant aÚcompagné de Tarticle ou d'un
adjectif qui le détermine, est fÎininin et prend les deux nombres.
EXERCICE PHRASĂOIfiGlQĂŒS.
Personne aâeit content. Une personne ĂŒScfaĂ©e.
Personne nâest parfait. Une personne accomplie.
Personne nâest plos mĂ©disant. Des personnes ingĂ©nues,
Y a*t-il personne de meilleur. La personne est bararde.
Je ^uto quâil y ait penonne dâar- Des personnes sont -ronues.
rivé.
Personne nâest prĂȘt,
Personne nâest moins vif,
Personne nâest plus firanc.
11 nâj a perwnne d'aussi gai.
Personne nâa Ă©tĂ© blassĂ©.
Des personnes intelligentes.
Cette personne est bonne.
Quelle personne charitable. !
Je nâait jamais tu une personne
aussi savante.
Cent personnes fureut tuées.
CCCCXTiil.
Personne en rapport avbc na pbokom ou uir assectip.
RAPPORT GRAUUATICAL.
Personne n*est tĂ©mĂ©raire quand t7 nâest vu de
personne. (Stanislas.)
Per5onne ne sait sât7 est digne dâamour ou de
haine. (Restaut.)
rapport stllbptiqĂŒr.
Les personnes consommées dans la vertu ont en
toute cbose ttne droiture dâesprit et une attention
judicieuse qui les empĂȘchent aâĂȘtre mĂ©disants.
(Vaugelas.)
â w ,
Dans la premiÚre colonne, le mot personne étant du masculin, il est naturel quo le pro
nom en rapport avec lui soit il ; ce rapport est tout-Ă -fait grammatical.
Mais dans la seconde colonne, personne étant du féminin, les adjectife et le pronom
qui s'y rapportent devraient, grammaticalement parlant, ĂȘtre aussi du mĂȘme genre.
Cependant il ĂŒen est pas ainsi, et la raison, c'est que le rapport se fait plutĂŽt avec la penÂŹ
sĂ©e quâavec lĂ©s mots, et que TidĂ©e dominante est celle d'honames, mot auquel viennent se
rattacher Tadjectif qui le qualifie et le pronom qui le représente. Le rapport est donc
sylleptique. Toutefois, pour que cette construction puisse ĂȘtre bonne, il faut que TadÂŹ
jectif en rapport divergent avec lé mot personne en soit éloigné et ne fesse pas partie de
la mĂȘme proposition.
Ainsi, on ne pourrait dire sylleptiquement : les personnes qui sont consommées dans la
vertu et ^i ont en toute chose une droiture d'esprit et une attention judicieuse, sont mé
disants; il fendrait absolument médisantes.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.'
FcrBoune nâest st habile qaâil ne paisse se tromper.
Fersonno ne nuirait Ă ses amis, sâil connaissait ses intĂ©rĂȘts,
personne ne manquera, tant quâil travailler».
Les personnes qm sont Ă©clairĂ©es comme toqr, niĂȘssieurv, se garÂŹ
dent'bien do dĂ©cider toate chose, par ccln mĂ©mo quâils sont tn>
atmit»;
( 4i;8
Nâ CCCCXIX.
CONSTRUCTION.
SUJET.
Personne ne connaĂźt mon nom ni ma vertu.
(Boileau.)
Personne iic peut mieux prétendre aux grandes
places, que ceux qui en ont les talents.
{VaĂŒvenargues.)
COMPLEMENT DE VERBES.
Lâamour est un tyran qui nâĂ©pargne personne.
(Corneille.)
Toutefois en ces lieux je ne connais personne
Qui ne doive imiter lâexemple que je donne.
(Racine.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
Vous nâĂȘtes comptable Ăą personne de vos actions. [ Le souverain ne dĂ©pend de personne.
(Massillon.) |
i 0
Le mot personne peut donc ĂȘtre employĂ© dans tous les rapports.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
(Massillon.)
SUJKT
Ffersonne n'ira lĂ .
Personne ne tremble.
Personne nâen veut.
COMPLEMENT DE VERBES.
NâĂ©pargner personne.
Nâonenser personne.
Ne plaindre personne.
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
Ce nâest utile Ă personne.
Ce ne sera pour personne.
Insolent euTeri personne..
QUELQUâUN.
Nâ CCCCXX. â
. I
IDĂE GĂNĂRALE DE CE MOT.
EXEMPLES.
SENS ABSOLU.
Envier quelqu'un, câest sâavouer son infĂ©rieur.
(M**Âź DE lâEspinasse.)
Il est toujours quelquâun qui cherche Ă nous trahir;
Et plus on est puissant, plus on se fait haĂŻr. .
(Lagrange.)
... Apprends-moi donc, de grĂące,
Qui le fait me chercher.
â Quelquâun, en vĂ©ritĂ©,
Qui pour VOUS nâa pas trop mauvaise volontĂ© ;
Ma maĂźtresse, en un mot. (MoliĂšre.)
BANS RELATIF.
Quand quelquâun de nos matelots venait pour
quelque service dans la chambre ou sur lâarriĂ©re,
nous y faisions moins dâattention que si câeĂ»t Ă©tĂ© un
chat ou un chien.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Sâest-il passĂ© une seule annĂ©e, un seul jour presÂŹ
que, oĂč Dieu ne vous ait avertis .par quelquâun de
ces grands exemples ?
(Massillon.)
Quelqu'un ne tient la place dâaucun nom, ce nâest donc point un pronom. Il se comÂŹ
pose des trois mots suivants : quel, que, un.Or, quel est le corrélatif de tel sous-entendu.
Nous aurons donc pour analyse de cette expression : un (individu tel) que le hasard veut
que ( il soit), analyse qui nÎus révÚle le sens complet de ce substantif elliptique, et lÚ rÎle
de chacun des mots qui entrent dans sa composition.
Les grammairiens font une distinction dans lâemploi de ce mot. Qnand quelqu'un n'a
( 469 )
rapport à aucun nom exprimé, il est dit absolu; lorsqu'au contraire il est employé avec
relation à un nom exprimé, il est dit re/a/i/*. Cette distinction est pour le moins inutile, et
nous allons le prouver.
Dans la premiÚre série des exemples cités, quelqu'un est employé avec ellipse de Tex-
pression des hommes; en effet, envier quelqu'un, c'est pour envier quelqu un des ĂȘtres apÂŹ
pelés hommes. ^
Dans la seconde sĂ©rie, l'expression qualificative dont quelqu'un doit toujours ĂȘtre suivie
dans la construction nnalytique, est expressément énoncée.
Donc tout se rĂ©duit Ă dire que quelqu'un s'emploie avec ou sans ellipse de lâexpression
déterminative delà classe ou de l'espÚce en question.
Le mot quelqu'un a deux significations différentes et que les citations qui précÚdent font
assez sentir. Il peut ĂȘtre employĂ© ou absolument, c'est-Ă -dire sans rapport Ă un substanÂŹ
tif; ou relativement, câest-Ă -dire avec relation Ă un nom dĂ©jĂ exprimĂ©. Dans le premier
cas, il^ne se dit que des personnes, qĂŒil dĂ©signe dâune maniĂšre vague et sans distinction
de sexe. Dans le second, au contraire, il peut indiquer les personnes aussi bien qĂŒe les
choses : quelqu'un de nos matelots; quelquâun de ces grands exemples.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
SENS ABSOLU.
SENS RELATIF.
Quelquâun mâa dit.
Tai TU quelquâun.
Quelquâun le sait.
Accuser quelqu'un.
Quelquâun de mes amis.
Quelquâun de mes soldats-
Quelquâun de tes livres.
Quelquâun de vos cahiers.
âąÂ«we N" CCCCXXI.
GENRE, NOMBRE ET CONSTRUCTION DU MOT quelqu'un PRIS ABSOLUMENT.
SUJET.
SINGULIER.
Quelquâun a-tril jamais doutĂ© sĂ©rieusement de
Teilstence de Dieu?
(Girault-Dutivier .}
PLURIEL.
Quelques-uns ont fait, dans leur jeunesse, Tap-
preotissage d'un certain métier, pour en exercer un
autre, et fort différent, le reste de leur vie.
(La BrĂŒtRre.)
COUPLĂMENT DIRECT.
SINGULIER,
Plus on aime quelqu'un, moins il faut quâon le flatte ;
A ne rien pardonner le pur amour éclate.
(MoliĂšre.)
SINGULIER.
Un rapport clandestin nâest point dâun honnĂȘte
[homme ;
Quand jâaccuse quelqu'un, je le dois et me nomme.
, (Gresset.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
SINGULIER.
\
On est toujours mécontent; on aime à se plaindre
partout oĂč lâon est; on crie toujours contre quelÂŹ
qu'un ou contre quelque chose. (De Ligne.)
SINGULIER.
Nous pardonnons plus aisément à quelqu'un de
ne nous avoir jamais estimĂ©s, que dâavoir cessĂ© de
nous estimer. (Lingrée.)
Pris dans un sens absolu, le mot quelqu'un, qui a pour pluriel quelques-uns, est touÂŹ
jours masculin (1) ; mais, au pluriel, il ne remplit jamais que la fonction de sujet; tandis
quâau singulier, il peut se trouver dans toutes les positions possibles. Ainsi on ne dirait
(1) Cëst donc à tort que Girault-Duvivier, et, aprÚs lui, presque tous les grammairiens, ont avancé que
quelqu'un prenait le fĂ©minin lorsquâil Ă©tait sujet. On ne dit pas dans le sens absolu : quelquâune m'a dit.
QUELQUâUNE panse. En parlant dâun homme ou dâune femme, câcst toujours quelqu'un quâon emploie.
( 470 )
b
pas : je connais qdelqĂŒes-ĂŒns; /ai parlĂ© Ă ouelqĂŒes-ĂŒns; ni :je eonnm QUELQUEs-
UNp 5 jai 'parlĂ© Ă QĂŒelqĂŒes-ĂŒnes ; mais on dirait trĂšs-bien au masculin singulier : je çon-
mats quelquâun ;/aipar/Ă« Ă quelquâun, etc. ^
E^RCICE PHRASĂOLOGIQUE.
SINGULIER.
PLURIEL.
Quoiquâun aoutĂźcDl,
Inculper (Quelqu'un.
Ăn Touloir Ă quelquâun,
pire du mal de quelquâun.
Qoel^nânn a dit.
Mipnser quelquâun.
ParW Ă quelqnâan.
Mal penser de quelquâun.
_ lĂšlqnefruns ^utĂźfnpept.
Quelques-uns pensent. ^
>nelq«e%-uns Mat dâaTĂs,
Ăźuelqae^nns jugent.
Qnelqnes-ttns out dji.
Quelques-uns sâimaginent.
Quelqué^uns dautenf.
Quelques-uns croient*
Nâ ccccxxn.
» *
a
GENRE, NDJUBEE ET ĂONSTRĂCTION DE q\ielguâm EMPMTĂ RELATIVE^ĂRNT
SUJET.
MASCULIN.
, SINGULIER.
QueĂźques^ns de ces singes se familiarisĂšrept au
point dâenvoyer des branches sĂšches aux soldats, qui
leur répondirent à coups de fusil.
(La Parps,)
pluriel.
QtteĂźques-Ăčps de ces sublimes solitaires gravisÂŹ
saient les pyramides de granit qui bordent leur che-
miPj pour y découvrir un convoi dans la détresse.
(Mallkt DU Pan.)
FĂMININ.
. Il nây a point de terrain, fĂ»l-il de sable totit pur
ou de vase, oĂč, par un bienfait particulier de la ProÂŹ
vidence, quelqtVune de nos plantes domestiques ne
puisse réussir. (Id.)
11 nây avait pas moins de variĂ©tĂ© dans les ailes de
ces mouches ; quelques-unes en avaient de' longues
et de brillantes comme des lames de nacre-
(Bern. db -Saint-Pierre.)
complément direct.
MASCULIN.
Si je trouvqis panni ygus quelquâun dâassez juste
pour avoir pitié de moi.
(Fénelon.)
Avec quel zĂšle exbortaiHI quelques-uns de ses
domestiques Ă rentrer comme lui dans le bercail
de Jésus-Christ. (Fléchier.)
FĂMININ.
Quel plaisir n'éproqvons-nous pas en yoyant les
autres approuver quelquâune de nos idĂ©es!
(Anonyme.)
Op gftgne à modérqr son imagination de yojr au
' nioins se rĂ©aliser quelqueSâ^unes de ses espĂ©rances
(tlNGRĂB.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
MASCULIN.
Dieu est partout. Tous les lieux sont marqués par
quelquâun de ses prodiges, '
(Massillon.)
Si les princes acquiĂšrent que(ques-uns leurs
sujets en les achetant, ils en perdent une infinité
d'autres en les appauvrissant. (Montesquieu.)
FĂMININ.
U ne leur donna jamais la çpn^qletßon de sa ré
jouir de quelquâune de ses fautes 1
(Fléchier.)
A. quelques-unes des mouches que jâavais obserÂŹ
vĂ©es, ia tĂȘte paraissait obscure comme un point
noir; elle Ă©tincelait Ă dâautres comme nn rubis.
(Bern. de Saint-Pierre.)
On le voit, lé mot quelqu'un, quand il se rapporte à un substantif, prend les deux
genres et les deux noi^res, et peut remplir toutçs les fpnçtions.
( 471 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
SINGULIER.
PLURIEL.
MASCnUH.
lâon de ces messieurs.
A qu^quâtin dâeux.
Je connais quelquâun de ses
amis.
Jâen connais quelquâun.
rsuurm.
HlSCDLin.
Quelquâi
A auûq
Quelquâune de ces dames.
A quelquâune dâelles.
Je connais quelquâune de ses
amies.
Jâeo connais quelquâune.
Quelques-uns de ces messieurs.
A quelqucs-tms dâeux.
Je connais quelques-uns de ses
amts.
Jâen connais quelques-uns.
N* CCCCXXffl. Ć
Quelqu'un PRĂCĂDĂ d'un dĂ©terminatif.
. rbiiirm.
Quelques-unes de ces dam'eĂ .
A qnelqne,-qnes d'elles.
Je connais quelques-unes de ses
amies.
Jâen connais quelques-unes.
MASCULIN.
. Sâil est quelqu'un que la vanitĂ© a rendu heureux,
a coup sĂ»r ce quelquâun Ă©tait un sot.
(J.-J. Rousseau.)
FĂMININ,
*
A ce plaisant objet si quelqu'une recule,
Cette quELQuâUNB dissimule.
(La Fontaine.)*
Le nom indĂ©fini quelqu'un, quelqu'une peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de l'adjectif dĂ©terminatif ce,
cette. C'est lĂ une de ces mille'observations qui ne se rencontrent dans aucune gramÂŹ
maire.
CHACUN.
N* CCCCXXIV.
NATĂŒkP Cg MOT.
Chacun a son dĂ©faut oĂč toujours il revjent.
(La Fontaine.)
Chacun est prosterné devant les gens heurcux;
(Destouches.)
ChacunĂźexi ici-bas la figure quĂŻl peut.
Chacune de nous se prétendait supérieure aux
autres en beauté; (Montesquieu.)
Cfiaçun reux résolut de vivre en gentilhomme.
, (lĂ Fontaine.)
Chacun des chefs commande Ă ses troupes.
* ' (Bitauré.)
Cependant que chacune, aprĂšs cette tempĂȘte,
@pqge Ăš cacher aux yeux la honte de sa tĂȘte.
(Moudre.)
Ils ont apporté des offrandes au temple, chacun
selon ses moyens et sa vertu. (Académie.)
La loi lie tous les hommes, chacun en ce qui le
concerne, (Laveaux.)
Comment cAacM» serait-il un pronom, puisqu'il ne tient la place d'aucun nom? C'est
donc Ă tort que les grammairiensmetten| cp mot parmi les prpnoms.
Chacun est composĂ© des mots chaque et un ou une; et ce qui le prouve, câest quâanÂŹ
ciennement il s'est écrit ainsi ; chaque un, chaque une.
Les grammairiens font encore une distinction dans l'emploi de ce mot : suivant eux, il
est absolu toutes les fois qu'il est employé dans un sens général ; et relatif quand, au con
traire, il est suivi ou précédé d'un nom avec lequel il est en relation.
, L'analyse va^nous démontrer la puérilité de cette distinction.
PREMIĂRE SĂRIE.
1. Chacun [de nous) a son défaut;
2. Chacun [de nous) est prosterné.
3. Chacun (de nows) fait ici-bas la figure qĂŒil peut.
â ( 472 )
»
DEUXIĂME SĂRIE.
I
' *
1. Chacune de nous se prétendait supérieure aux autres en beauté.
2. Chacun d'eux résolut de vivre en gentilhomme.
3. Chacun des chefs commande Ă ses troupes.
TROISIĂME SĂRIE.
»
1. Cependant que chacune [de vous), aprĂšs cette tempĂȘte, songe Ă cacher...
,2. Ils ont apporté des offrandes au temple, chacun [d'eux en ayant apporté) selon ses
moyens et sa vertu
3. La loi lie tous les hommes (et elle lie) chacun [d'eux) en ce qui le concerne.
DâaprĂšs ces analyses on voit que chacun peut sâemployer avec ou sans ellipse de Tex-
pression dĂ©terminative de la classe ou de lâespĂšce en question.
N" CCCCXXV. â
GENRE ET NOMBRE DĂ CE MOT.
Chacun a son dĂ©faut oĂč toujours il revient :
Honte ni peur ĂŒy remĂ©die.
(La Fontaine.)
Croyez-vous quâĂ la cour chacun aW. son vrai nom?
De tant de grands seigneurs dont le mérite brille,
' Combien ont abjuré le nom de leur famille!
(Boursault.)
Le monde ne présente que de belles, mais fausses
apparences; personne nâen doute, et cĂ acwn sây
laisse prendre. (Sanial Ddbat.)
Chacun de lâĂ©quitĂ© ne fait pas son flambeau;
Tout ĂŒest pas Caumartin, Bignon, ni dâĂguesseau.
(Boileau.)
Chacun est prosterné
Devant les gens heureux... Sont-iU dans la misĂšre?
On les plaint tout au plus,.et lâon croit beaucoup faire.
(Destoocubs.)
Si chacun faisait tout le bien quâil peut faire sans
sâincommoder, il nây aurajt pas de malheureux.
(DĂŒclos.)
Chacun, employé dans un sens général, comme dans les exemples qui précÚdent, s'ap
plique indéfiniment et spécialement aux personnes des deux sexes. Ce nom, dans son es
sence, nâest pas susceptible de la pluralitĂ©.
Chacun parle.
Chacun prend part.
Chacun le ^éfend.
Chacun sây intĂ©resse.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Chacun s'arile*
Chacun le dit.
Chacun le sait.
Chacun veut.
Chacun se ment.
Chacun pense.
Chacun danse.
Chacun peut.
Chacun chante.
Chacun juge ainsi.
Chacno imite.
Chacun l'irrite.
CCCCXXVI..
t
, Chacun employĂ© dans ĂŒn sens relatif,.
SINGULIER MASCULIN.
De travailler pour lui les membres se lassant,
Chacun d'eux^ résolut de vivre en gentilhomme,
Sans rien faire, allĂ©guant lâexemple de Gaster.
(La Fontaine.)
Chacun dâeux, an milieu du sang et du carnage.
MaĂźtre de son esprit, maĂźtre de son courage.
Dispose, ordonne, agit, voit tout en mĂȘme temps.
Et conduit dâun coup dâĆil ces affreux mouvements.
(Voltaire.)
SINGULIER FĂMININ.
Chacune de nous se prétendait supérieure aux
autres en beauté.
(Montesquieu.)
I *âą
Les historiens parlent de leurs armées comme trÚs-
considĂ©rables, en disant quâelles consistaient chaÂŹ
cune en 500 hommes dâarmes.
(Anquetil.)
(473) .
Si iemol chacun est suivi ou précédé d'un terme avec lequel il est en relation; comme
dans CHACUN d'ewx, hs armées ont, CHACUNE, 500 Aommes, il prend alors Tun ou
l'autre genre, selon que le terme de sa relation est masculin ou féminin ; dans ce cas cha-
CM» désigne aussi bien les objets que les individus '. Chacun de ces enfants ; chacun de ces
portraits; chacune de ces personnes; chacune de ces choses; et le verbe qui suit reste inÂŹ
variablement au singulier. Ce serait donc une faute de dire ou d'écrire : Chacun d'eux en^
furent d'avis.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Chacun de noua.
Chacun de ces hon^nets.
Chacun de vos amts. . '
Ua ont, chacun, de la fortune.
Chacune de vous.
Chacune de ces roses.
Chacune de vos femmes.
Elles * passent, chacune, pour
belles. '
Chacun dâeux.
Chacun de ces tableaux,
('bacun de leurs bienfaits.
Ib sont, chacun, mon espoir.
Chacune dâelles.
Chacun de ces bagues.
Chacune rie ses paroles.
Elles sont, chacune, tris-bĂźen.
â^3 Nâ CCCCXXVII.
CONSTRUCTION.
SUJET,
Chacun fait Ici-bas la figure quâil peut. ,
(MouĂšre.)
Cependant que chacune, aprĂšs cette tempĂȘte,
Songe Ă cacher aux yeux la honte de sa tĂȘte.
(MoliĂšre.)
COMPLĂMENT DE TERBES.
Nous allons disposer selon Tordre des temps les grands événements de Thistoire ancienne et les ranger,
pour ainsi dire, chacun sous son étendard. (Bosscex.)
COMPLĂMENT DE PRĂPOSITIONS.
Enjoignons aux pĂšres de famille de faire la diÂŹ
minution aur chacun dëux aussi juste que faire se
pourra, (Montesquieu.) â
Nestor sâadressant Ă chacun dâeux et surtout au
roi dâIthaque, il le conjure de tenter tous les moyens
de fléchir le noble fils de Pélée. (Bitaubée.)
Sept chefs conduisent les gardes: et sur les pas
de cAacun dâeux marchent cent jeune.s guerriers teÂŹ
nant en main de longues piques. (Bitaiibér.)
Des hommes la plupart voilĂ le faible a (freux ;
Ils blĂąment dans chacun ce qui domine en eux.
(Poisson.)
Chacun, chacune peuvent s'employer dans tous les rapports possibles,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
SUJET.
Chacun raconte.
Chacun propose.
COMPLEMENT DE -VERBES.
Traiter chacuti.
Aimer chacun.
COMPLĂMENT DF. PHĂPOSlTlONS
Aller.chez chneiin d'eux.
, Dnuiicr Ă chaciiii.
Nâ CCCCXXYIII.
SYNTAXE.
Chacun en relation avec son, sa, ses, lui, le, la.
Les femmes font .le charme de uos sociétés, soit
qĂŒelles forment entre elles des chĆurs de danse,
soit que chacune dâelles se promĂšne avec son Ă©poux,
ou entourée de nombreux enfants.
(Bern. DE St-Pierre.)
Chacun des chefs commande Ă ses troupes : lo
reste de Tarmée avance sans proférer une parole.
(Bitaubé.)
Appius reprĂ©senta que sĂŻl avait imposĂ© silence Ă
ValĂ©rius, ce nâavait Ă©tĂ© que pour lâobliger Ă se conÂŹ
former Ă lâusage ordinaire, gĂč chacun devait parler
à so» rang.
(Vertot.)
Chacun regarde son devoir comme un maßtre fù
cheux dont il voudrait pouvoir sâaffranchir.
< (La Ro^b.)
60''
^ Chacun, dans tout ce qui le Concerne, doit veiller
au soin de sa propre vie.
^ (Anonyme.)
(474)
n 7 e des anecdotes littéraires sur lesquelles II est
toujours bon dâinstniire le public, afin de rendre Ă
oĂ actm ce qui lui appartient. (Voltaire.)
i
Chacun étant essentiellement du singulier, comme nous Tavons déjà dit, les adjectifs
possessifs et les pronoms qui s'y rattachent doivent ĂȘtre en rapport identique avec
lui, cest-à -dire que Ton doit se servir, conformément aux exemples qui précÚdent, de
son, sa, ses, lui, te, la.
EXERCICE PURASĂOLOGIQVE.
Chaean le tien.
Chtcnn en f» qni le concerne.
Chaeiin son ĂŽcot.
Chaenne en ce qui U regarde.
Chaenn son rang.
A chacun co qai Int rerient.
Chaenn ta bonrte.
Chaenne ce qni hii eĆrimt.
N" CCCCXXIX.
PHRASES oĂč chacun Ă©tant prĂ©cĂ©dĂ© d'un nom pluriel, les adjectifs possessifs
ET les pronoms SE RAPPORTENT TANTĂT A l'ĂŒN, TANTĂT A L'AĂTRB.
PRBMIBR POINT DB TUE.
Chacun SUIVI db son, sa, ses, btg.
Les deux rois faisaient chanter des TĂ©-Deum, chaÂŹ
cun dans son camp.
(Voltaire.)
AprÚs la cérémonie, toute la compagnie se re
tira, chacun chez soi.
(Laveaux.)
Ils ont apporté des offrandes au temple, chacun
selon ses moyens et sa dévotion. (Académie.)
Scipion marqua sa reconnaissance aux troupes,
qĂŒil combla de louanges, dc rĂ©compenses et de
marque dâhonneurs, chacun selon son Ă©tat et son
mérite. (Rollin).
La loi lie tous les hommes, chacun en ce qui le
concerne.
(L'AVEAUX.)
Voulez-rvous savoir ce que câest que lâode? ConÂŹ
tentez-vous dâen dire de belles ; vous en verrez dâexÂŹ
cellentes, chacune dans son genre.
(DâAlemrert.)
Chacun suivi de leur, etc.
Les deux partis regardÚrent, chacun, cette élec
tion comme leur ouvrage particulier.
(Vertot.)
Les abeilles dans un lieu donnĂ©, tel qĂŒune ruche
ou le creux dâun vieil arbre, bĂątissent, chacune» leur
cellule. (BpFFpNĂź)
Les langues ont, chacune, /eurs bizarreries.
(Boilrau.)
L? nature semble avoir partagé des talents divers
aux hommes pour leur donner, Ăą chacun, leur emÂŹ
ploi, sans égard à la condition dans laquelle ils son/
nés. (J.-J. Rousseau.)
Ils sây trouvĂšrent, chacun, avec leurs milices que
Ton fait monter, dans le compte le moins exagéré,
au nombre de 300,000 hommes. (Anquetil.)
Les dix tribus de lâAttique avaient, chacune, leurs
présidents, leurs officiers de police, leurs tribunaux,
leurs assemblĂ©es et leurs intĂ©rĂȘts. (BarthĂ©lĂ©my.)
. %
Selon nous, il n'est guÚre facile d'étab)ir des rÚgles absolues sur Temploi de son, sa,
ses, le, lui, les, leurs, il, elle, etc., aprÚs chacun, quand celui-ci est précédé d'un substan
tif pluriel ; parce que, sâil y a deux exemples qui suivent les rĂšgles qui ont Ă©tĂ© posĂ©es sur
cette partie vraiment inextricable, il y en a huit qui y dérogent. Cependant, d'accord cette
fois avec les grammairiens, nous dirons que généralement les auteurs font usage de son,
sa, scs, etc., aprÚs chacun, chacune, %\, dans là proposition antécédente, le verbe a un
complément qui précÚde le pronom indéfini,"de telle sorte qne la phrasé à frivée Jà pffre un
sens complet. C'est^ce qui résulte des exemples dé la premiÚre colonne.
Mais si le verbe était distrait de son complément par le mot chacun, ou bien encore
qne ce dernier, formant une incise, séparùt une des parties de la proposition antécédente,
ii faudrait alorà se servir de les, leur, leurs. C'est ce qui ^écoule des citations rapportées
( 475 ) . : , â
dans ia à econde colonne (1). Bien qne, dans ce cas» les grammairiens ne mettent pas
chacun entre deux virgules, nous croyons cette ponctuation nécessaire pour indiquer que
ce mot, chacun, est Télément d'une proposition ellipsée et tout-à -fait indépendante de
celle oĂč elle est incorporĂ©e. Au reste, nous allons donner l'analyse des deux construcÂŹ
tions; nous nous bornerons au premier exemple de Tune et de l'autre^ colonne.
Ex. ; Les deux partis regardĂšrent, chacun, cette
élection comme ßmr ouvrage particulier.
Ăn. : Les deux partis regardĂšrent cette Ă©lection
comme leur ouvrage particulier, chacun (la regarÂŹ
dant comme son ouvrage particulier.)
Ex. : Les deux rois faisaient chanter des Te-DeĂŒm,
chacun dans son camp.
An. : Les deux rois faisaient chanter des TcrDeum,
ehacun{on faisant chanter) dans son camp.
SECOND PQINT PB VĂB.
Ils sont venus, chacun avec ses gens.
(Trévoux.)
Tous les juges ont opiné, chacun selon ses lu
miĂšres. (Laveaux.)
Lépidus ayant faille signal donton était convenu,
les deux généraux ' passÚrent dansTUe, chacun de
son cÎté. (Vertot.)
Us sont venĂŒs, chacun, avec leurs gens.
(Trévoux.)
Tous les juges ont opiné, chacun, selon leurs lu
miĂšres. (Laveaux.)
Tous les animaux logés, chacun, à leur place dans
ce grand édifice, sentent trÚs-bien que le fourrage,
Vavoine quĂŻl renferme leur appartiennent de droit.
(Voltaire.)
MalgrĂ© ce quâavancent Girault-Duvivier et MM. NoĂ«l et Chapsal, fidĂšles Ă©chos du preÂŹ
mier, nous pensons avec Laveaux et TrĂ©voux qĂŒon peut trĂšs-bien' dire : Tous les juges ont
opiné, chacun selon ses lumiÚres, ou chacun selon leurs lumiÚres; ils sont venus, chacun
avec ses^gens, ou chacun avec leurs gens. Nous le savons, câest dĂ©truire la rĂšgle des gramÂŹ
mairiens, qui veulent'que chacun soit toujours suivi de son, sa, ses, etc., quand le verbe
de la proposition principale ĂŒa pas de complĂ©ment, et que celle-ci offre un sens fini avant
chacun; mais pourquoi donc Ă©tablir des rĂšgles qĂŒon ne saurait suivre? pourquoi gĂȘner
et circonscrire la pensée? A notre avis, la différence des deux maniÚres d'écrire est toute
dans la ponctuation, Voulons-nous dire : J^s juges ont opiné, chacun, selon leurs lumiÚres,
nous mettrons chacun entre deux virgules; si, au contraire, nous voulons nous exprimer
de cette maniĂšre : Les juges ont opinĂ©, chacun selon ses lumiĂšres, il nây aura qĂŒune virÂŹ
gule aprÚs opiné. Cette ponctuation doit, ce nous semble, faire sentir la différence des
deux constructions Ăšt conduire Ă reconnaĂźtre que lâune et Tautre sont trĂšs-correctes. LâaÂŹ
nalyse, dâailleurs, va, nous en montrer le mĂ©canisme. La premiĂšre, les juges ont opinĂ©,
chacun, selon leurs lumiÚres, se décompose par les juges ont opiné selon leurs lumiÚres,
chacun opinant selon les siennes; et la seconde : les juges ont opiné, chacun selon ses lu
miÚres, ç'est pour ies juges ont opiné, et ils ont opiné^ chuçun selon ses lumiÚres.
TROlSfeVE PpINT DE VUE.
ĂtĂ©ocle et EolynĂźce conviennent ensemble de te- Les citoyens, ekaeun selon /etire facultĂ©s, tenaient
nir, chacun Ă son tour, les rĂȘnes du gouvernement, table ouverte.
pendant une année entiÚre. (Barthélri^V;] (Vertot.)
(1) Voici quelques exemples sur mille qui détruisent entiÚrement non pas nos rÚgles, mais celles des
grammairiens ; ce serait se montrer par trop sévÚre quç de les trouver vicieux.
Bans toute Tassemblée générale du peuple romain,
tous les citoyens, de quelque rang quĂŻls fussent,
avaient droit de donner leurs suffrages, cAacun dans
leur tribu. . (Vertot.)
Je suppose deux hommes qui ont vécu si séparés
du genre humain, et si séparés l'un de l'autre,
quĂŻls se croient, chacun seul, de leur espĂšce.
(Condillac.)
Paris était partagé en districts qui avaient chacun
son conseil et une compagnie de gardes nationales
Ăą ses ordres.
(Anquetil.)
Il n'y a si chétif village qui n'ait au moins deux
ou trois fontaines; les maisons isolées ont presque
chacune la #ten»e.
(J.-J. Rousseau.)
( )
Les deux généraux dominant sur . les Romains,
chacun de son cÎté, nettoyaient les ret/ancbements
Ă force do traits.
(Ă nqdetil.)
Le Hiége de Calais et le siÚge de Troie t les plus
beaux esprits, chacun dans leur siĂšcle, nâont-ils
pas rapporté leurs principaux talents à cette an
cienne et brillante époque à jamais mémorable?
(BĂŒffon.j ^
Dans les phrases oĂčTincise se trouve forcĂ©ment placĂ©e entre deux virgules, ainsi que
chacun Ă son tour, chacun selon leurs facultĂ©s, etc., et oĂč, d'ailleurs, elle vient immĂ©diaÂŹ
tement aprÚs le nom pluriel, comme dans trois des exemples rapportés ci-dessus, les écri
vains expriment, aprÚs c/tacwn, tantÎt Tidée collective, tantÎt Tidée distributive. Boniface
dit qu'oii ne saurait regarder comme vicieuses les citations de la premiĂšre colonne, parce
que I incise est entiÚrementdndépendante du reste de chaque phrase, à la fin de laquelle
elle pourrait ĂȘtre rejetĂ©e. Quoiqu'il en soit de mĂȘme des exemples de la seconde colonne,
nous pensons qu'ils sont inattaquables, par la raison qu'ils se rencontrent trĂšs-souvent
dans les auteurs les plus estimés.
\ â
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
1.
Les mÚres élÚvent lears enfants, chacune à sa maniÚre.
Les hommes ont ua caractÚre, chacun sou tempérament.
Ib ont donné leur avis, chacun selon ses vues.
Les jeunes gens cherchent les plaisirs, chacuĂč suivant ce qai le
flatte.
TjCS enfants sâamusent, chacun avec ce qui lul plaĂźt.
Nous conduisĂźmes nos femmes au bal, chacun ayant la sienne.
Ces deux peuples vainquirent leurs ennemis, chacun comme il la
trouva.
Les femmes ont, chacune, leurs caprices.
Le» peuples ont, chacun, leurs coutumes et leurs lois.
Lra deux armées retournÚrent, chacune, dans leur camp,
ib trouvĂšrent, chacun, des amis qui les flattaient.
lb menĂšrent, chacun, U vie qui leur plut.
Nous partĂźmes, chacun, avec nos enfants.
Ces deux nattons battirent, chacune, leurs ennemis.
n.
Nous avons parlé; mais chacun à son tonr.
Les bateaux ont passé, chacun à son tour
Ces deux enfants sont tombés, chacun de son cÎté.
Les ans et les autres, chacun selon ton opinion, prirent psrli.
Les hommes, chacun dan» son intércl, doivent .l'ßnstrulre.
Les écrivains': chacitu dans son inlciél, sc doivent ù ta morale.
Nous avons parlé, chacun, à notre tour,
Iras hommes ont passé, chacun, à leur tour.
Ces deux enfants sont tombés, chacun, de leur cÎté.
III.
Iras uns et les antres, chacun, suivant lenr opinion, prirent parti.
Lea femmes, chacune, dans leur intĂ©rĂȘt, doivent ĂȘtre aimable*.
Les éaivains, chacun, dans leur tiÚde, ont leur systÚme.
N" CCCCXXX.
Chacun déterminé par l'adjectif possessif sa.
Repos vaut mieux qĂŒhonneur sans fortune :
Que chacun prenne sa chacune.
(Almanach des Fabulistes.)
A voir chacun se joindre Ă sa chacune ici,
Jâai des dĂ©mangeaisons de mariage aussi.
(Moliëbb.)
On voit que Tadjectif possessif sa peut déterminer le pronom indéfini chacune; mais
cette expression, tout-Ă -fait familiĂšre, ne peut entrer que dans le style comique ou dans fa
conversation.
EXERCICE PURASĂOtOGĂźQVE.
Chacun prendra sa chacune. Chacun ira avec sa chacune. Chacun a sa chacune.
Chacun tedélivradesa chacune. Chacun paiera pour sa,chacune. Chacun cl sa chacune.
Chacun veut sa chacune.
Chacun défendra sa chacune
Nâ CCCCXXXI. â
Un chacun.
Chose étrange de voir comme avec passion
Ăn chacun est chassĂ© de son opinion t
(MoliĂšre.)
J'éludais un chacun d'un- deuil si vraisemblable,
Que les plus clairvoyants Tauraient cru véritable.
(MoliĂšre.)
L'expression de m chacun était en usage du temps de MoliÚre; aussi la reiicontre-t*on
chez beaucoup dâĂ©crivains du dix-septiĂšme siĂšcle; mais aujourd'hui elle est tout-Ă -fait
abandonnĂ©e, mĂȘme dans la conversation.
TEL.
W CCCCXXXII.
Tel MĂDIATEMENT OU IMMĂDIATEMENT SUIVI DE gw OU DE quĂŽ.
MĂDIATEMENT.
Tel donne Ăą pleines mains, gui n'oblige personne.
La façon de aonner vaut mieux que ce qu'on donne.
(Corneille.)
..... Tel est pris, qui croyait prendre.
(La Fontaine.)
Tel souvent se croit Ă la noce, .
Qui s'en retourne sans danser.-
(Scribe.)
voudrait se faire soldat,
A qui le soldat porte envie.
(La Fontaine.)
Qui tĂŽt ensevelit bien souvent assassine,
Et tel est cru dĂ©funt gui nâen a que la mine.
(MoliĂšre.)
Tel TOUS semble applaudir gui vous raille et vous joue.
â (Boileau.)
Tel eût été toujours vertueux, gui ne Test plus,
parce que son maßtre lui a donné trop d'autorité et
trop de richesses. (Fénelon.)
Tel brave les tourments quâun bienfait peut sĂ©duire.
(De Bbllot.)
Tel vßt se dérobant à la vengeance humaine,
Que le ciel en courroux, par des ressorts secrets,
Conduit, pas Ă pas, Ă la peine -
Que méritent ses forfaits. (Lenoble.)
Tel brille au second rang gui sâĂ©clipse au premier.
(Voltaire.)
\
Telles femmes pendant le rĂšgne de la terreur
avaient donnĂ© des preuves multipliĂ©es dâhĂ©roĂŻsme,
de gui la vertu est venue échouer contre un bou
quet de fleurs, une fĂȘle, une mode nouvelle.
(Cbatbaubriand.)
IMMĂDIATEMENT.
Tel qui nâadmet point la probitĂ© chez lui.
Souvent Ă la rigueur lâexige chez autrui.
(Boileau.)
....Tel qui tend un piĂšge y peut tomber soi-mĂȘme*
(BpISSY.)
Tel abbĂ© qui sâintitule frĂšre se fait appeler mon<«
seigneur par ses moines.
(Voltaire.)
Tel qui hait Ă se voir peindre en de faux portraits,
Sans chagrin voit tracer sÚs véritables traits.
(Boileau.)
Tel qui rampait sâĂ©lĂšve et nous Ă©tonne.
^ (Lamotte.)
s ^
Tel qui rĂ©siste Ă lâart se rend Ă ia nature.
(Demoustieb.)
Tel qui rit vendredi dimanche pleurera.
(Racine.)
Tel gua pour ami Ton suppose,
Montre dans le besoin quâil ne l'est nullement.
(Lenoble.)
Tels que lâon croit dâinutiles amis,
Dans le besoin rendent de bons ^services.
(Boursault.)
Oui, tel dont la critique aujourdâhui vous accable,
Peut-ĂȘtre Ă votre place eĂ»t Ă©tĂ© plus coupable.
(Boileau.)
Telle sans aucun attrait pour la retraite, se con-
«acre au Seigneur par pure fierté.
(Massillon.)
Telle personne gut cherchait Ă vous plaire s'y est
pris beaucoup plus mal, et a moins bien réussi que
telle autre dont le cĆur Ă©tait libre et indiffĂ©rent.
(Scribe.)
«
Il n'est sorte d'erreurs que les gramairiens nâaient avancĂ©es sur tel employĂ© comme
dans les exemples ci-dessus. Ils ont dit :
^ %
1Âź Que câĂ©tait un pronom indĂ©fini ;
2Âź QĂŒil ne pouvait jamais ĂȘtre suivi immĂ©diatement de qui ni de que, etc.;
3Âź QĂŒil n Ă©tait d us'age qĂŒau singulier.
4Âź Quâon ne Temployait qĂŒau masculin.
( 478 )
^ 4
Il nây a pas un seul mot de vrai dans tout cela, et nous allons le prouver.
1° Td nâest pas un pronom indĂ©fini, câest tout simplement un adjectif qui se rapporte
au mot homme, mot qui peut ĂȘtre exprimĂ© ou sous-entendu : Tel donne Ă pleines mains est
donc un abrĂ©gĂ© de tel homme donne Ă pleines mains. Lâexemple de Voltaire : Tel abbĂ©, en
est une preuve convaincante (1). Dâailleurs un adjectif suppose toujours un nom; câest
lĂ un principe qui est commun Ă toutes les langues, et qĂŒil ne faut jamais perdre de vue.
2° Tel peut ĂȘtre immĂ©diatement suivi non seulement de qui, mais encore de que, de dont .
et autres mots semblables. Les citations de la seconde colonne en font foi, et câest
^ faute dâavoir consultĂ© les Ă©crivains qne les grammairiens ont Ă©tabli une rĂšgle tout-Ă -feit
contraire, ^
3° Tel est dâusĂ ge au pluriel : Tels que Von croit d'inutiles amis, etc. ; telles femmes, etc.;
4° Enfin Tel, comme on le voit par les deux derniers exemples de la deuxiÚme colonne,
peut aussi sâemployer en parlant dâune femme : Telle sans aucun attrait pour latetraite, etc.
Gâest pour Telle femme, telle personne qui est sans aucun attrait pour la retraite, etc.
Ainsi, somme totale, quatre erreurs sur un seul mot 1 EĂź voilĂ pourtant comme la gramÂŹ
maire a Ă©tĂ© feite jusqĂŒĂ de jour^ AprĂšs cela, ayez donc confiance aux grammairiens
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Tel flatte qui... Tel qpi flattei âą. Tel dit nons aimer qui... Tel qui dit nous aimer.. i
Tel loue devant,qui... ' Tel qui noua loue devant... Tel travaille qui... Tel qui travaille...
Tels font les savants qui... Tels qui font les savants. âą. Tels trompent qui,.. Tels qui trempent...
Tel fait le brave que... Tel que lâon croit son ami... Tels sont arrogants qne... Tels que lâon oblige...
Nâ CCCCXXXIII.
Tel EMPLOTĂ SUBSTANTIVEHENT
«XBHPLBS :
⹠«
Un tĂŒ a composĂ© la plus jolie piĂšce du monde sur
un tel sujet. (MoliĂšre.)
On nâa pas Ă souffrir mille rebuts cruels ;
On nâa pas Ă louer les vers de mesnewr# tels.
Adonner de lâencens Ă madame une telle. (In.) -
Nous jugeons sur lâhabit, TĂ©tat et la Qgure, .
Quâun tel a de Tesprit, qĂŒil est homme de bien, â
Quand fort souvent il nâen est rien.
(MaD. JOLlVEAU.)
Tel sĂȘ dit des personnes quâon ne veut ou quâon ne pĂ©ut dĂ©signer que dâune maniĂšre
jndéterminée.^En çe cas tel est pris substantivement, et,se trouve précédé de Tadjectif
dĂ©terminatif MĂŒ, wne, adjectif qu j quelquefois peut se supprimer, comme dans ces exemples :
Monsieur «n tel Ă©crivit hier au soir yn sixain Ă
mademoiselle une telle. (MoliĂšre.)
Un tel laissĂ© un poste vacant, et on sâempresse de
le demander. (Massillon.)
â » * *
ĂŒne telle a fait des paroles sur un tel air.
(MoliĂšreO
Nâest-cepas vous, monsieur/qui vous nomtnezun tel7
(Regnard.)
Jâen sais telle ici
Qui, comme moi, ma foi, le vaudrait bien aussi.
(MoliĂšre.)
-âLâofage tombera sur tel qui nây pense pas,
(Académie.)
Tel est .riche ayec ĂŒn arpent de terre, tel est
gueux au milieu dĂȘ ses monceaux dâor.
(J.-J. Rousseau.)
f - '
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
t
Moi\sicuf un tel. Madame une telle. Messieurs tels. Mesdames telles.
%
(J) Nous pouvons y ajouter cet autre exemple : â Les talents les plus heureux restent ordinairement
dans VobscuritĂ©, et tel homme qui aurait pu illustrer sa patrie; rampe dans le triste atelier dâun arÂŹ
tisan. (Stanislas.)
( 479 )
»
TOUT.
N» CCCCXXXIY.
Tout EMPLOYĂ COMME PRONOM,
AVEC ELLIPSE.
Tout ĂŒest pas Caumartin, Bignon ni dâAguesseau.
(Boileau.)
Tout sâĂ©branle, tout sort, tout marche en diligence.
(ID.)
Soq grand génie embrassait touU
(Bossuet.)
Tout fuit, tout se refuse Ă mes embrassements.
(Racine.) '
La mort nous sépare de tout.
, (Bossuet.)
âą Recueille tes esprits.
Sois attentif ; je vais dicter, écris...
^ Sans examen je dois donc tout écrire ß . *
(PARNT.)
A la seule vertu soié sûr que tout prospÚre.
(F. de NedĂ©chĂ tEaĂŒ.)
SANS ELLIPSE. ^
ToMf homme est sujet Ă la mort,
(Académie.)
Aux noces dâun tyran fo«f le peuple en liesse
Noyait son souci dans les pots.
(La Fontaine.)
Dieu a créé, conserve et gouverne tout Vunivers.
(Planche.)
Elle croit que câpst aimer Dieu qoe .halr tout le
monde. . (Boileau.)
11 est affreux de perdre tout ce quâon aime.
(Du TremblĂąt.)
Tout ce quâil dit est yĂ©ritĂ©.
(Massillon.)
' Tout ce quâon entreprend ne rĂ©ussĂźt pas toujours.
(Anonyme.) -
Les grammairiens, habitués à tout confondre, à tout dénaturer, diçeut que le mot tout,
employé fieql GopamÚ dans les citations de la premiÚre colonne, est un pronom. Mais
les citations de la colonne opposée, tout en nous donnant les moyens de rétablir les la
cunes de la premiĂšre, nous dĂ©montrĂ©nt que tout n'est et ne peut ĂȘtre ni un pronom ni
un substantif. C'est tout simplement un adjectif employé avec ellipse du nom auquel
il se rapporte. Tout n'est pas Caumartin, câest-Ă -dire tout homme nest pas Caumartin;
tout s'éhranle, tout sort, tout marche; c'est-à -dire tout [le peuple) s'ébranle, tout [le
peuple) sort, tout (Ăźe peuple) marche; son grand'gĂ©nie embrassait tout, câest-Ă -dire son
grand génie embrassait tout l'univers, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGĂQVE.
Tout meurt.
Tout se confond.
Tout se renourelle.
il oime tout.
Voir tout.
Dire tout.
'J'out me convient.
Tout est neuf.
Tout me plaĂźt.
Donnez-moi tout.
(I vous cédera tout.
S'accommoder Ă tout.
PLUSIEURS.
Nâ CCCCXXXV.
EKPLOTĂ COMUE PRONOM.
SUIVI D UN SUBSTANTIF,
Plusieurs habitants ont fait Ă lâIIe-riie-rrance
des essais inutiles pour y faire croĂźtre la lavandei
la marguerite des prĂ©s, la violette Ă©t dâautres herbes
de nos climats tempérés.
(Bern. de Saint-Pibrbb.}
NQN SUIVI p'UN SUBSTANTIF,
Parfois plusieurs valent mieux quâun*
(Piron.)
( ,430 )
Un critique n'est formĂ© quâaprĂšs plusieurs an-
Ă©s dâobservalio
du soir au matin.
qĂŒa[
nĂ©es dâobservations et dâĂ©tudes ; un critiqueur naĂźt
(La BrutĂšrb.)
Plusieurs hommes valent mieux, et beaucoup
plus valent moins quĂŻls ne paraissent.
(Boiste.)
«
11 y a plusieurs remÚdes qui guérissent de Ta-
mour; mais il nây en a point dĂŻnfaillibles.
(La Rochefoucauld.)
11 faut bien quâil y &\t plusieurs raisons dâennui,
quand tout le monde est dâaccord pour bĂąiller.
(Florian.)
Sïl fait un voyage avec plusieurs, il les prévient
dans les hĂŽtelleries; et il sait toujours se conserver
la meilleure chambre et le meilleur lit.
(La BruvĂšrb.)
C'est une des merveilles de la religion chrétienne
de faire que la solitude et le repos soient plus agréa
bles k plusieurs que lâagitation et le commerce des
hommes. (Pascal.)
LĂšs bergĂšres sont sur leur passage; plusieurs
dâentre elles versent des larmes.
(Florian.)
Plusieurs des prisonniers qĂŒon avait renvoyĂ©s
de Rome accompagnĂšrent les ambassadeurs et se
répandirent en différents quartiers de la ville,
i (Rollin.)
Voici ce quâon lit dans la Grammaire des Grammaires : <( Plusieurs est ou pronom
» ou adjectif. Comme pronom, il ne se .dit que des personnes; comme adjectif, il pré^
» cĂšde toujours le nom quâil dĂ©termine. »
Cela est faux, ainsi que Ta remarquĂ© le savant auteur de VEĆamen critique de la GramÂŹ
maire des Grammaires.
1Âź Plusieurs nâest jamais quâadjectif ; quand il est seul, câest quâil y a ellipse du subÂŹ
stantif, cela est clair. Plusieurs valent mieux quun est pour plusieurs (individus) valent
mieux quun seul. Plusieurs d'entre elles ; plusieurs des prisonniers, câest pour plusieurs
(bergĂšres) d'entre elles ; p/MsrĂȘurs (prisonniers) des prisonniers. .
2Ÿ Plusieurs, quoique séul, quoique pronom (pour parler ce triste langage), peut se
dire des choses : ,
* 4 *
Ce qui nous empĂȘche de nous abandonner Ă un seul vice, câest que nous en avons plusieurs.
(La RocHBFoncAĂŒtD.)
Plnsienn amis.
Plusieurs fleurs.
Plusieurs princes.
Plusieurs victoires.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Plusieurs pensent.
Plusieurs regardent.
Plusieurs sâimaginent.
Plusieurs prétendent.
En avoir plnsienrs.
Plusieurs de mes valets,
n J en a plnsienrs qui..
n en est mort plusieurs.
NUL.
W CCCCXXXYI.
» âą*
Nul EMPLOYĂ GOMME PRONOM.
EXEMPLES :
Nul Ă Paris ne se tient dans sa sphĂšre.
(Voltaire.)
Nul nâaime Ă frĂ©quenter les fripons sĂŻl nâest friÂŹ
pon lui-mĂšme.
(J.-J, Rousseau.)
Sous un tyran grossier le talent est un crime,*
Et nul ĂŒen peut ĂȘtre accusĂ©
Sans en devenir la victime. (JaĂŒffrbt.)
Nul presque de tous ceux qui mâĂ©coutent ici,
nâest content de sa destinĂ©e.
(Massillon.)
Nul de nous de sang-frold, avouons-le sans honte,
Nâenvisage la mort. (L. Racine.)
Nul ĂŒest si bien soignĂ© qĂčâun directeur de femmes.
(Boileau.)
Nul nâest content de sa fortune.
Ni mécontent de son esprit.
(Mad. DeshouliĂšres.)
Ce que nul nâaperçoit, heureux effet dâamour I
Ne saurait Ă©chapper aux regards dâune mĂšre,
(Mad, Jolivkau.)
Nulles des expressions qui se présentent ne mo
satisfont sur cet article. (J.-J. Rousseau.)
Nul presque de tous ceux qui mâĂ©coutent ici nâest
content de sa destinée. (Massillon.)
(481) ^
ĂmployĂ© seuĂź, nul, disent tous les granlmaĂźriĂ©ns, est pronom.
Les exemples cités nous font voir que nul, comme aucun, comme pas un et comme
une infinitĂ© dâautres adjectifs, peut ĂȘtre ou non suivi dâun substantif; voilĂ tout. Ainsi il
est permis de dire, en exprimant le substantif : Nul homme n'a été exempt du péché ori
ginel (Trévoux), ou en le supprimant : Nul n'a été exempt du péché originel.
Girault-Duvivier se trompe encore en avançant que nul, lorsquâil est seul, nâest dâusage
quâon sujet. Voici un exemple qui prouve le contraire :
- A nul Tambition n'est, je crois, étrangÚre. (Stassart.)
Nul peut aussi, comme on le voit, sâemployer dâune maniĂšre relative ; Nul de ces hommes,
nulle de ces femmes. Girauld-Duvivier assure qĂŒalors il nâa point de pluriel
Rousseau a cependant dit : Nulles des expressions. * "
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Nul homme né peut.
Nul homme ne doit.
Nul de nou« ne le voit.
A nul
Pour nul.
Nul de vous.
.Nul ne peut.
Nul ne doit.
Nulle dVlies ne le pense.
Nulles de nos qualités.
Nuls de nos amis.
Nulles de nos passions.
AUCUN.
w ccccxxxvn.
/* âą .
Aucun DIT SUBSTANTIF, DIT PRONOM, DIT ADVERBE, ETC.
SINGULIER.
Aucun nâest prophĂšte chez soi.
(La Fontaine.)
^ On doit ne se rendre isuspect Ă aucun, et se faire
aimer de tous.
(Fénélon.)
Que chacun se retire, et qĂŒaucun nâentre ici.
(Corneille.)
PLURIEL.
Aucuns ont dit qĂŒĂlix fit conscience <
De nâavoir pas mieux gagnĂ© son argent.
( La Fontaine.)
Aucuns, Ă coups de pierre,
Poursuivirent le dieu , qui sâenfuit Ă grand erre.
(Id.)
PhĂšdre Ă©tait si succinct qĂŒaucun» Ven ont hlĂ mĂ©.
(li>.)
On doit avoir gré aux grammairiens de n'avoir commis ici que cinq erreurs, en avan
çant, les uns, que aucun, dans les exemples cités, est un substantif ; les autres un pro
nom ; dâautres encore, un adverbe ; ceux-ci, qĂŒil ne sâemploie jamais sans ĂȘtre suivi dâun
nom; ceux-lĂ , qĂŒil ne se met pas au pluriel.
Aucunnâestet lie peut ĂȘtre autre chose qĂŒun adjectif, qui, comme la plupartdes mots de
celle nature, sâemploie avec, ou sans ellipse du nom qĂŒil dĂ©termine. On dit : aucun homme
n'est prophĂšte on aucun n'est prophĂšte. ^
On peut aussi, comme on le voit par les citations de la seconde colonne, faire usage de
aucun seul au pluriel; il a alors le sens de quelques-uns.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Aucun nëst exempt de la mort.
Qu'aucun ne le dise.
Aucun n'avait d'arscnt.
Aucuns disent.
Aucona soutiennent.
Aucuns blĂąment.
Aucuns pensent.
Aucuns prétendent.
Aucuns Jugent.
61
( 482 )
/
L'UN... LâAUTRE.
r
N* CGGCXXXYill.
Lâun... Vautre en .relation avec divers substantifs qui prĂ©cĂšdent.
AVEC DES NOMS DE PERSONNES.
Tous deux (Bossuet et Fénélon) eurent un génie
supérieur; mais Tun avait plus de cette grandeur
qui nous élÚve, de cette force qui nous terrasse*,
Vautre, plus de cette douceur qui noVis pénÚtre, ét
de ce charme qui nous attache, (La Harpb )
Osons opposer Socratc mĂȘme Ă Caton ; Vun Ă©tait
plus philosophĂ©; el rĂ ĂčlYe plus citoyen.
(J.-J.Rousseau.)
Si Vhomme monte Ă un arbre pour abattre des
fruits, la femme reste au pied etles ramasse : Vun
trouve des aliments, Vautre les prépare.
(Bern. de Saint-Pierre.)
AVEC DĂ^ noms rih choses.
Charles XII, roi de SuÚde, éprouva ce que la
prbspéritdà déplus igrahd,ét cé queTadhersité a de
plus cruel, sans avoir éléamolli par /'une ni ébranlé
pat Vautre.
(Voltaire.)
Cette, boMc/ie, cet Ćt7 qui sĂ©duisent les cdĂ©urs,
Vune par un sourire, et Vautre par des pleurs.
^ (LegoĂŒvĂ©.)
ïl a toujours cru que le mérite pouvait se passer
de la fortune. Il sâest contentĂ© de Vun, et ne sâest
pus inquiété pour Vautre.
(PLĂCHiER.)
Lorsque dans les parallĂšles, dansles comparaison^, on parle de deux personnes ou de
deux choses, Vun, Vune sont relatifs au premier des substantifs exprimés; Vautre, au se
cond. Tel est TusĂ ge constant des bons auteurs.
Cependant on lit dans Marmontel : comme le geste suit la parole, ce que fai dit de
lâone peut s'appliquer Ă lâautre. Dans RaĂżrial : les fortunes particuliĂšres tiennent esÂŹ
sentiellement Ă la FĂRTONE publique ; l'ĂŒne m saurait ĂȘtre Ă©branlĂ©e sans que les autres
en souffrent.
ConiraĂ© le fait remarquer trĂšs-judicieusement M. DessiaĂŒx, la diffĂ©rence des genres et
des nombres dĂ©truisant toute Ă©quivoque, la concision peut faire excuser jusqĂŒĂ un certain
point celte légÚre infraction à la rÚgle. .
EXERCICE PHRĂSĂOLOGĂQXJE.
Corneille et Racine... lâun... lâautre...
CĂ©iar 'et Henri IV... lâun'... raĂčĂ»e...
Auguste et Louift XIV... lâun... lâautre.
Le talent et lâintrigue... l'un... lâautre...
Le lis et la rose... lâun... lâautre...
DĂ©mocrite et HĂ©raclĂźte... lâun... lâautrç...
La science et lĂ fausse Ă©rudition... de l'une... Ă lâniltrĂȘ.
Le serin et le rossignol... lâun... l'autre...
N' GGGCXXXIX.
VĂčn, l'autre en relation avec ĂŒadjectif numĂ©ral deux.
De Sparte Ă Argos , il y a deux chemins : TiĂšn
s'enfonce dans le vallon de Tégée*, Vautre traverse
les montagnes qui bordenl.le golfe d'Argos.
( CUATEAUBUIAND.)
Deux mulets cheminaient, Vun dâavoine chargĂ©,
Vautre portant lâargent de la gabelle.
(La Fontaine.)
I! y a deux sortes de ruines : Vune ouvrage du
temps, Vautre ouvrage de riiommc.
(Chateaubriand.)
peux enfants Ă lâautel pr'Ăš'tĂ i'Ăšnt leur ministĂšre:
Vun est fils de Joad, Josabet estsa mĂšre;
Vautre mâest inconnu. (Racine.)
Dans ces exemples Vun, Vautre, l'une, Vautre, dĂ©signent deux ĂȘtres ou deux objets qui
ne sont pas nommés individuellement, comme dans le numéro précédent, mais quisont^
représentés seulement par Tadjectif numéral deux
( 483J
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Deux roses.» fane.,, fantre... A deux enfants... fun... fautre...
Deux serins... l'un..: fantre... A deux comédies... l'uue... l'autre.
Deux diamants'... i'ttn... faĂŒtre». De deux robes... Vune... l'autre...
rr ccccxL.
L'un, Vautre en rappokt avec un nom pluriel. '
Les uns, les autres.
Parmi les arts libĂ©raux, les uns sâadressent plus
directement Ă lâame; comme la poĂ©sie, l'Ă©loquence;
les autres plus directement Ă l'esprit.
(Marmontel.)
Vun, Vautre,
Mes gens Ă la science aspirent pour vous plaire.
Vun me brûle mon rÎt en lisant une histoire ;
Vautre rĂȘve Ă des vers quand jĂ« demande Ă boire.
(MoliĂšre.)
Dans les énumérations, on met le singulier ou le pluriel, selon que le sens est distribu
tif oĂŒ collectif.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
Mes domestiques... fun... l'autre... Mes domestiques... les uns... les autres...
Les enfants.. . l'un... l'autre... Les enfante. .. les uns... les au trĂšs... ,
Les écoliers... l'un..', l'autre... Les écoliers... les uns... les autres...
Les demoĂźseUes... l'une... l'autre... Ces demoiselles... les unes... Icsautrcs..*
J â
N" CCCCXLI.
Lâm, Vautre; les um, les autres en relation avec un nom collectif.
Lâun, Vautre,
Tout le monde se confiait Vun à Vautré cette
confidence.
(Rulhiërbs.)
Les uns, les autres.
Tout lo peuple suivit Virginie, les uns par cuÂŹ
riosité, te» autres par considération pour Icitius.
(Vertot.)
Les mots Vun, Vautre, les uns, les autres, peuvent, au moyen dâune syllepse, se mettre
en relation avec un nom collectif, quand il Ă©nonce une collection dâĂ©tres dĂ©terminĂ©s.
Mais on ne peut dire comme Voltaire : Tournez vos.yeuoo vers la terre et les mers ; tout
se correspond, tout est fait lâun pour l'autre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
On se disait l'un Ă l'autre... Toute la mc... les uns.., les autres...
Tout lé villége.. . les uns ... les autres... Tout le ^ys... les uns... les autres. .,
Toute la ville... les uns. ;. lës autres... . ⹠Toute la France... les uns... les autres. ..
r ccccxLii.
RĂPETrilĂŽN DE VautrĂ©, lĂ©s autres, d'autres, dans les Ă©numĂ©rations dĂ© plus de
DEUX TERMES.
Des connaissances qui sont à notre,portée, les
unes sont fausses-, les autres sont inutiles, les auÂŹ
tres servent Ă nourrir lâorgueil de celui qui les a.
(J.-J. Rousseau.)
Les uns roulaient leurs eaux claires avec rapiÂŹ
dité, d'awfre» avaient une eau paisible et dormante,
dâautres par de longs dĂ©tours revenaient sur leurs
pas. (Fénelon.)
Quand Ténumération s'étend au-delà de ces deux termes, on répÚte indéfiniment Vautre,
Us autres, d'autres. Ăn rĂ©pĂšte aussi Vun ou les,uns, mais plus rarement ;
Il voit de toutes parts les hommes bigarrés, -
£«# t«n» gris, te» ima naire chamarrés. (Boßleau.)
( Ă84
Ă'XĂRCiÚà PĂRAĂšĂOtĂGiQVĂ.
L«s «lifanU.. lea uns... les autres...
Des fleurs... les unes. âą. les autres. ..
De.* livres... Icsuns... les autres...
Des amis... les uns... les autres...
l.es uns... dâautres... d'autres.V.
! .es unes... dâautres. .. d.âaatres...
Les uns... les iitis... les autres...
Les unes... les unes,.. les autres.âą<
N* CCCCXDII.
Lun, Vautre, les uns, les autres, marquant opposition ENTRE DES ĂTRES OU DES
OBJETS INDĂTERMINĂS.
OĂč Vun voit des chardons, Vautre aperçoit des roses.
(RigaĂŒd.)
Les uns veulent que les bergers aient lâesprit lin
el galant; les autres recommandent, au contraire,
de ne jamais s'éloigner de la simplicité.
(Florian.)
LĂ©s im# ne semblent ĂȘtre sur la terre que pour
y jouir dâun indigne repos, et se dĂ©rober par la diÂŹ
versitĂ© des plaisirs Ă lâennui qui les suit partout,
a mesure quĂŻls le fuient: Ăźes autres nây sont que
pour chercher sans cesse dans les soins dĂŻci*bas des
agitations qui les dérobent à eui-mÎmcs.
(Massillon.)
On emploie les uns, les autres, poĂŒr.marquer une opposition, entre deux collections dĂŻii-
dividus non déterminés. Alors ces mots ne se rapportent à aucun substantif exprimé.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
L Ci. 11113 meurent jeunes... les autres tris-vicux.
Les uns pensent... les autres pensent le contraire.. >
Les ups disent... les autres sâasbtiennent de...
Les uns sont assez^Ăźinpies... les autres nâosent pas.
LâUN LâAutre.
N" CĂCCXLIV.
Uun Vautre, les uns les autres, complément de verbes et de prépositions.
AVEC DES VERBES.
Dans ce monde il se faut Vun Vautre secourir.
' - (La Fontaine.)
Les hommes sont faits pour se secourir les uns
Ăźes autres.
(Voltaire.)
Si les hommes ne se flattaient pas les uns les auÂŹ
tres, il nây aurait guĂšre de sociĂ©tĂ©.
(Vauvenargues.)
Les victoires, les conquĂȘtes sâeffacent les unes Ăźes
autres dans nos histoires.
(Massillon.)
AVEC des PREPOSITIONS.
Dans leseia runde Vautre ils cherchent un passage
(Racine.)
Ses rapports (de lâĂ©conomie politique) avec lâĂ©*
conomie privĂ©e sont si intimes, qĂŒon a souvent
confondu Vune avec Vautre. (Say.)
Tout est perdu si nous nâavons pas les un# pour
ßes autres un peu plus de fraternité.
(Palissot.)
Les aventures se succĂšdent Ăźes unes aux autres,
et la poĂšte nâa dâautre art que celui de bien conter
les détails. (Voltaire.)
Les expressions Vun Vautre, les uns les autres, Vun de Vautre, les uns aux autres, elc.,
qui sâemploient lorsque Ton veut exprimer une action rĂ©ciproque, sont elliptiques. Ils
s'aidaient Vun Vautre, câest pour : ils sâaidaient (tous deux), Z'un (aidant) Vautre; ils senui-
sent Vun Ă Vautre, câest un abrĂ©gĂ© de ils se nuisent (Ă tous deux), Vun (nuisant) Ă Vautre.
En pareil cas, Vun est évidemment sujet, et Vautre complément.
Lemare a essayĂ© dâanalyser ces sortes dâexpressions : L'un Vautre, dit-il, est le
» reste dâune grande ellipse, a L'un Vautre ils sembĂźent «6 Ă aĂŻr, câest-Ă -dire Vun semble haĂŻr
» Vun, Vautre semble haïr Vautre, »
( 483 )
Celte analyse n'a qĂŒun dĂ©faut, câest quelle ne reproduit pas les mots de la phrase. En
effet, nous ne voyons reparaĂźtre ni le sujet ils ni le verbe semblent. Suivant nous, Vun VauÂŹ
tre ils semblent se haĂŻr est pour ils semblent se AaĂŻr (tous deux) Vun (semblant haĂŻr) Vautre.
Les pronoms se, nous, vous, etc., communiquant seuls au verbe l'idée de réciprocité,
ne peuvent jamais ĂȘtre sous-entendus ; ce vers de Voltaire est donc dĂ©fectueux :
Nous devons Vun Ă Vautre un mutuel soutien.
La Harpe, tout en convenant que la grammaire exige nous nous devons, permet cepenÂŹ
dant cette suppression en poĂ©sie. Nous ne saurions ĂȘtre de son. avis.
»
/ EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
II5 se détestent l'un Fantre.
Elles se consolent l'une l'autre*
Ils s'aiment les uns les antres.
ÂŁUes se corrompent les unes les autres.
Ces enfants sont jaloux l'un de l'autre.
Ces deux plantes se nuisent l'une Ă l'autre.
Ayons un peu d'indulgence les uns pourles autres.
Mesdemoiselles, ne sortez pas lâune sans l'autre.
N' CCCCXLV.
EMPLOI DE Vun Vautre, Vun Ă Vautre, etc., ou de les uns les autres, les uns aux autres,
APRES UN NOM PLURIEL.
AVBC LB SINGULIER.
Lâamour de Dieu leur sert d!eicuse (aux dĂ©vots)
pour nâaimer personne. Ils ne sâaiment pas mĂȘme
Vun Vautre. (J.-J. Rousseau.)
Les â perfectionnements industriels sâentraĂźnent
Vun Vautre. (Say.).
Les citoyens se fuyaient Vun Vautre,
(SlSMONDI.)
Il nâest pas possible que les petits vers nâenjamÂŹ
bent Vun sur Vautre, (J.-B. Rousseau.)
Lebruitde nos trésors les a tous attirés (les Romains).
Ils y courent en foule, et, jaloux Vun de Vautre,
Désertent leur pays pour inonder le nÎtre.
(Racine.) âą
AVEC LE PLURIEL. ,
Les hommes ne sont faits que pour se consoler
les uns les autres.
(Voltaire.)
Les hommes ne sont que des victimes de la mort,
qui doivent se consoler lés uns les autres. (Id.)
De peur de faire enjamber les vers les urĂźstsur les
autres. (Id.)
Télémaque trouva de grandes difficultés pour se
ménager parmi tant de rois jaloux les uns des
autres. (Fénélon.)
Le spectacle du monde physique nous présente
une suite de phénomÚnes enchaßnés les uns aux
autres, âą (Say.) â
* *
Lorsque aprÚs un verbe réciproque, dont le sujet représeSte un certain nombre d'in
dividus, on à joute, soit pour la clarté, soit pour 1 harmonie et l'énergie, l'expression de
Vun Vautre, tic,, celte expression se met au singulier ou au pluriel, selon que le sens lo
rĂ©clame, et assez souvent selon la volontĂ©.de lâĂ©crivain, ce que l'on affirme de plusieurs a
ĂŒĂ©gard de plusieurs ayant nĂ©cessairement lieu de chacun Ă l'Ă©gard de chacun, dans les
deux groupes opposés. Dans cette phrase : Us citoyens se fuyaient Vun Vautre, le singu
lier est plus expressif : Chaque citoyen fuyait son semblable.
La mĂȘme observation sâapplique Ă Vun Vautre, etc., lorsqu'il est complĂ©ment d'une.pré
position.
C'est donc bien Ă tort que Girault-Duvivier condamne le singulier dans ces vers de RaÂŹ
cine : . . -,
Puisse le ciel verser sur toutes vos années
- , Mille prospérités Vuné à Vautre enchaßnées I ' .
â /k
Nous croyons que toutes les fois qu'il s'agit d'une chaĂźne, d'une suite, d'une succesÂŹ
sion, etc., oĂč les objets vont un d un, le singulier mĂ©rite la prĂ©fĂ©rence, oĂč plutĂŽt devrait
ĂȘtre seul permis.
Si Racine, au lieu de mettre Vune Ă Vautre , eĂ»t mis les unes aux autres, il aurait exâ
( 486 )
primĂ© lâagglomĂ©ration et non la succession. La pensĂ©e nâeĂ»t pas Ă©tĂ© la mĂȘme, et le sentiÂŹ
ment , si nous ne nous trompons, aurait perdu de sa vivacité.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
AĂźdons-nons l*un lâautre.
Les citoyens sâĂ©vitaient lâun lâautre.
Ces arbres se nuisent l'un Ă l'autre.
Aidons-nous les uns les autres.
LĂ©s citoyens sâĂ©vitaient'les uns les autres.
Ces arbres se nuisent les uns aux autres.
LâUN ET LâAUTRE.
, * M
'âą^3 W CeCGXLVI.
SUJET,
Vun et Vautre à mon sens ont le cerveau troublé.
(Boilead.) â
La poésie ne doit ses avantages sur la peinture
ouâaux harmonies des objets. Vune et Vautre se
« âąÂ» A â * fr '4.
servent des mĂȘmes lois:
(Bern. de SaĂŻnt-Eikrrk.) .
HĂątons-nous, Vun et Vautre,
Dâassurer Ă la fois mon bonheur et le vĂŽtre.
(Racine.)
Ătudiez la cour, et connaissez la ville :
Vune et Vautre est toujours en modĂšles fertile.
'* (Boileau.)'
complément.
Le destin qui fait tout, nous trompe Vun et Vautre.
(Voltaire.)'
LĂš sort vous y voulut Vune et Vautre amener :
Vous pour Ijor^er des fers; ell^, pt^ur en tiopqer.
.. .. . , w . y
Grippeminaud, le bon apĂŽtre,
Mitlesplaideursdâaccord en croquant Zâtin et Vautre.
(La Fontaine.)
. Je veux
Les percer Vun et Vautre, et moi-mĂȘmc aprĂšs eujc.
" J ' â ' â '[HĂ cinb.)
L'un et Vautre expriment Tassemblage de plusieurs personnes ou de plusieurs choses;
ils ont les^deux genres et les deux nombres.
Girault-Duvivier prétend que quand Vun et Vautre sont employés comme régimes ou
complĂ©ments, ils doivent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s de les, qĂŒon place avant le yerbe ; ainsj, suivant
lui, il faut dire en parlant de deux personnes, il veut les satisfaire lâu.ne et lâautre, et
non il veut satisfaire Vune et Vautre.
Nous croyons, nous, qĂŒon peut ellipser le proiiom Ăźes; il y en a de nombreux exemples.
La Fontaine a dit : Il met les plaideurs d'accord en croquant Vun et Vautre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
"
Lâun et lâantre...
Lâuae ct'lâĂ uire...
Les uns et les autres...
Les unes et les autres...
A lâun et Ă lâautre.
A lâuue et Ă lâautre.
Aux uns et aux autres.
Aux unes et aux autres.
r ccccxLVii.
Lâun et lâautre suivis bâĂŒn substantif.
â -t'-
SUJET.
Lâtin et Vautre rival, sâarrĂȘtant au passage.
Se mesure des yeux, sâobserve, sâenvisage.
(Boileau.)
Vun et Vautre consul suivaient ses étendards.
(Corneille.)
COfJPLĂMENT.
Ce conseil adroit qui semble ĂȘtre sans fard,
Jette dans le panneau Vun et Vautre vieillard.
â â â > (MoliĂšre.)
La Condamine a parcouru Vun et Vautre hémi
sphĂšre. (BĂŒffon.)
f
L'un et Vautre rival, câest comme sĂŻl y avait Vun (rival) et Vautre rival. VoilĂ pour-
â 1 I Ht* f > . 11 Ăź ^ t ^ *i I'.. Il . Ă . 4 Ă© .Jl . ^ â ĂŻ t I f lit?'».
quoi le substantif qui suit Vun eĂź Taw/rr.-^oit toujours rester au singulier, Jjjos njeijleur^'
écrivains observent cette rÚgle. , .
. i, i . J » . . . U
( 487 1
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
L'un et Tautre marchaud.
L'ua et l'outre élÚve,
'L'un et lâautre'prqfcasenr
L'une et lâautre vertu.
â .8 * â Ăź' V " ! -
Tromper Tun et lâautre marrh.Tnd.
Punir Tun et TautreâĂ©colier. ' **
Estimer lâun et Tautre professeur.
Posséder Tune et Tautre Vei tu.
N- CCCCXLTIII.
iOOQO--
Lun et Vautre, Vune et Vautre, employés avec ou sans répétition de la
' . u Ăź *. Ăź â ' '.tir '»!
PRĂPOSITION.
* * , hTi II V p < 1
AVEC
SANS.
Faire fortune est une si belle phrase, et qui dit
â 'l. tl* 1*. ' >*11 a iiMlâ
une SI prile chose, qu elle est q un usage quiversel;
eUe a percĂ© les cloĂźtres et les abbayes'de 7âtin et dĂš
Vautre sexe.
(LaBruyĂšee.)
Tous les états que nous connaissons participent
de Vun et de Vautre. (dâĂlesibkut.)
Lâart de feindre daĂźis Vune et dans l'autre fortune,
Nâest rien que Tart Ăune ame ou perfitlĂȘoĂ»'cqmmunçu
'(PlUON.)
Lorsque Vun et Vautre, Vune et Vautre, sont employés séparément et en régime de la
mĂȘme prĂ©position, on rĂ©pĂšte cette prĂ©position devant chacun de ces mots : ils participent
DE Vun et DE Vautre.'
Telle est la rÚgle posée dans toutes les grammaires. Cependant La BruyÚre a dit : de
Vun et Vautre sexe, en supprimant la préposition de deyant Vautre, et les exemples de
cette suppression ne sont pas rares. En voici plusieurs :
Il sâĂ©tait informĂ© ensuite plus en dĂ©tail de ce qui
Vurie etdĂ nslâaĂ»tre an
sâĂ©tait passĂ© dans
armée.
(Voltaibb.)
Et qui parle le mieux de Vun et raufre.ouvrage,
- â â UlOUfcRE.j
Sous Vune et Taufra époque il périt un trÚs-grand,
nombre de citoyens; âą -1
(Barthélémy.)
Et par Ttine et Vautre ouverture,
Lâonde entre et fuit Ă flots Ă©gaux.
7 â TLamotte.)
Nous pensons qĂŒil faut laisser, aux poĂštes surtout, la libertĂ© de supprimer la prĂ©position.
Bien mieux, dans certains cas, on ne doit point la rĂ©pĂ©ter; c'est quand les ĂȘtres dĂ©sigriĂ©s
par Vun et Vautre sont unis de maniĂšre quâils ne forment qĂŒun tout. Ainsi, nous dirons
d'un homme qui se sërùit battu contre deux individus à la fois : Il s'est battu contre Vun et
Vautre. S'il avait eu un duel avec chacun d'eux sĂ©parĂ©ment, nous dirions : H s'est bajĂŒ
contre Vun et contre Vautre.
. Nous ajouterons que la répétition de la préposition ne saurait avoir lieu lorsqu'elle se
compose de plusieurs syllabes, telles que suivant, malgré, nonobstant, moyennant, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
La beauté de Tnne et de Taatre.
Nonobstant Tnn et Tautre de ces obstacles.
. La beautĂ© de Tune et lâantre femme.
Le courage de Tun et de Tautre.
CCCCXLIX.
»
Vun Vautre et Vun et Vautre»
AVEC Vun Vautre.
Pierre et Paul se louent Vun Vautre,
( Laveaux.)
Ces deux hommes se trompent Vun Vautre.
(Id.)
Hun Vautre vainement ils semblent se haĂŻr.
(Boilbau.)
AVEC Vun et Vautre.
Pierre et Paul se louent Vun et Vautre.
(Trévoux.)
Le destin qui fait tout nous trompe Vun et Vautre.
(Voltaire.)
Noussommes Tun et rautra Ă plaindre.
(Cité parWAiLLv.)
( 488 )
Vun Vautre ne doit pas ĂȘtre confondu avec Vun et Vautre. Quand je dis : Pierre et
Paul se louent Vun Vautre, Vun Vautre marque ici une idĂ©e de rĂ©ciprocitĂ©; mais U ĂŒen est
pas de mĂȘme, si je dis : Pierre et Paul se louent Vun et Vautre : il nây a pas lĂ dĂŻdĂ©e do
réciprocité : Vun et Vautre exprime seulement'le nombre deux. Ainsi ce vers de Piron :
m
Et nous nous encensons tous les mois Vun et Vautre,
Ăest dĂ©fectueux que parce qĂŒau lieu de TidĂ©e de rĂ©ciprocitĂ©, ii exprime TidĂ©e de rĂ©flexion :
câest-Ă -dire quĂŻl donne Ă entendre que les individus dont il est question font cette action
chacun en particulier, tandis qĂŒils la font rĂ©ciproquement.
Il en est de mĂȘme dans les citations suivantes :
Nous nous soulagions Vun et Vautre dans les
travaux de la servitude, et jâĂ©tais charmĂ© lorsque
jâavais pu faire Touvrage qui Ă©tait tombĂ© Ă ma
sĆur.
(Montesquieu.)
Aidons-nous Vun et Vautre Ă porter nos fardeaux.
(Voltaire.)
Ils allĂšrent dans une forĂȘt fort Ă©paisse, oĂč, Ă dix
pas de distance, on ne se voyait pas Vun et Vautre.
(Perrault.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
PromenoQs-nous ïes une» et le» autres.
AidoD»-nou» le» unes le» autres*
11» ae battent l'un et l'autre.
Ils se battent lâun Tautre.
N* .CCCCL.
EMPLOI DE r«n et Vautre, Vun Vautre, etc., ou de ßes uns et les autres, les uns les
autres, etc., quand il sâagit de trois individds.
AVEC LE SINGULIER.
On sent assez que les trois genres rentrent souÂŹ
vent Vun dans Vautre,
(Voltaire.)
Nous trouvons, dans les animaux les trois caracÂŹ
tÚres tie la beauté (la force, la richesse, rintelli-
gçncc'i quelquefois réunis, et souvent subordonnés
Vun Ă Vautre. (Marmontel.)
AVEC LE PLURIEL,
(Coriolan, sa femme et sa mĂšre...) Les wn# et Ăźes
autres n'exprimĂšrent d'abord la joie qĂŒils avaient
de se revoir que par des larmes. (Vertot.)
On voyait dans le mĂȘme royaume, et pour ainsi
dire sur le mĂȘme trĂŽne, trois souverains indĂ©penÂŹ
dants les uns des autres.
(lo.)
/ * ^ ^
En général, soit en sujet, soit en régime, le pluriel est plus usité que le singulier, quand
le sens ne réclame pas impérieusement Texpression distributive.
VoilĂ Tusage; mais si Ton consultait le raisonnement, il rĂ©pondrait qĂŒil ne faut sâexÂŹ
primer ni de Tune ni de Tautre maniÚre, parce que la premiÚre ne peut désigner que deux
individus, répondant à deux singuliers, et que la seconde ne peut convenir à moins de
quatre, Ă©tant Texpression de deux pluriels. Mais câest Tusage, rĂ©pĂ©tons-nous : Tusage
pe7ies qucm est jus et norma loquendi.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
II y n trois soldats, Tun et lâautre sont blessé».
Trois renimes : lâune et Tautre.
Trois enfants qui »e sont battus Tun TavUre.
[1 y a trois soldats, les uns et les outres sont blessé».
Trois femmes, les unes et les autres.
Trois cufauts qui se sont battus les uni tes autres,-
( 489 )
CHAPITRE V
DĂŒ YEEBE. '
i
>^3^0 CCGCLL
NATĂRE DĂŒ VERBE. â SA DĂFINITION.
SIG^'ES d ëTAT , DE STATION.
SIGNES dâaction, de'mouvement, etc.
Je pense, donc je suis. (La BruyĂšre.) Jâentends le bĆuf gĂą/niV sous lâaiguillon. (Delille.)
Je suis celui qui suts. ' (Bergasse.) ĂŒn soc long-lemps rouillĂ© 6riZ/edans le sillon, (/d.)
Pieu e*( celui qui (Id.) Dans ces riches vallons la moissoninumVa. (Id.)
â . . r c A * coteaux riants la grappe noircira. (Id.)
Ce mont est parfumĂ© d un safran prĂ©cieux, LâEuxin voit le castor se jouer dans ses ondes. Id.)
(Delille.) LâInde prod«t7 lâivoire, f/d.)
Le peuple lĂšve sans cesse les mains vers Dieu, et'
, vous doutez mĂȘme sâil existe.
(Massillon.
prod«t7 lâivoire, (/d.)
Dieu mĂȘme força lâhomme Ă cultiver la terre, (/d.)
Lâacier cowpe le bois que dĂ©chiraient les coins, (/d.)
La ronce naU en foule, et les épis périssent, (/d.)
Nous voici parvenus Ă l'espĂšce de mots la plus importante du discours, aux mots qui expriÂŹ
ment lâaction ou l'Ă©tat des ĂȘtres, avec rapport au temps et aux personnes. Les grammairiens
anciens les ont appelés verbes, du mot latin verffum, qui signifie mot ou parole, voulant
donner Ă entendre que câĂ©tait le mot essentiel, le mot par excellence, parce quâen effet
câest celui qui joue le principal rĂŽle dans l'expression de la pensĂ©e ; câest celui qui donne
le mouvement et la vie. Les autres mots ne sont que les signes isolĂ©s des ĂȘtres ou de leur
qualités sensibles ; ce sont des matériaux épars, que le verbe vient lier entre eux, en quel-,
que sorte, et qĂŒii coordonne pour une fin commune.
Les objets existent; mais leur nom seul ne suffit pas pour affirmer leur existence; il
faut donc un mot propre Ă exprimer cette affirmation. Tel est lâoffice des mots suis, est,
existe, dans les exemples de la premiÚre série. .
Mais indĂ©pendamment de cette affirmation de lâexistence des objets , nous avons bien
souvent besoia d'exprimer si telle ou telle qualité leur convient ou ne leur convient pas.
Ce sont encore les mots est, sms; sommes, sont, es, était, etc., qui sont destinés à indi
quer cette convenance ou cette disconvenance. Dans les phrases suivantes : Ce mont est
parfumé, les moments sont chers, la terre est traitable, les mots est, sont forment le
lien entre les signes de qualité , chers, traitable, et les signes des objets mont/
moment et tciTe.; ils prononcent sur leur convenance ou sur leur disconvenance.
Deux fonctions sont donc, comme on le voit, attribuĂ©es aĂŒx mots est, suis, sommes,
sont, Ă©tait, etc. Dans le sens absolu, ils signifient lâexistence : je pense, donc j'e suis.'
Devant un signe de qualité, ils forment le lien de ce signe avec celui de l'objet, et pro
noncent sur leur convenance ou sur leur disconvenance.
' Nos besoins ne se bornent pas Ă dire que les ĂŽbjets existent, et qu'ils existent avec telle
ou tellc'qualité; nous avons encore besoin d'indiquer leurs divers mouvements, les actions
sans nombre qĂŒils peuvent produire. Quels sont, dans les exemples de la seconde sĂ©rie,
les mots qui peignent les mouvements, les actions des objets? Ce sont les mots balance,
amollit, entends, gémir, hriïle, jaunira, noircira, voit, jouer, produit, força, cultiver,
coupe, dĂ©chiraient, naĂźt, pĂ©rissent. Ces mots renferment en eux - mĂȘmes la nature du
G2
( 490 )
mouvement ou de Taclion sous laquelle ils font considérer les objets. Balancer fait naßtre
lïdée du mouvement appelé balancement; gémir, celle, du gémissement; jouer, celle du
jeu; cultiver, celle de la culture.
Il y a donc dans notre langue une espÚce de signes destinés à exprimer, outre Tac-
tion des objets, les actes deĂŻâesprit ou de Tame, Texistence, la possession, la station, la
position, etc.
Le verbe mĂ©rite effectivement le titre quâon lui a donnĂ©, puisquâon lui rĂ©side tout le sens
du discours. Sa présence seule détermine la forme de la'pensée, et donne une existence
positive au langage, qui sans lui ne serait qĂŒune suite incohĂ©rente de sons. Il suffit,
pour sâen convaincre, de dĂ©pouiller une phrase quelconque du verbe qui Tanime, pour
tomber immédiatement dans un vague dont lui seuTpeut nous tirer. Par exemple, Ven
fant sage. Lâembarras du lecteur ou de lâauditeur sera manifeste, si aucune autre
donnée ne vient à son secours. On ne peut déterminer si ces deux mots veulent dire quo
Vertfant est sage, ou nest passage: si Teiifant a Ă©tĂ© sage, sâil a promis d'ĂȘtre sage, ou sâil
deviendra sage, etc., ces deux mots pouvant ĂȘtre modifiĂ©s par une multitude de circonÂŹ
stances que le verbe seul peut indiquer.
EXERC(CE ANA L VTIQVE.
(Indiquer si les mots imprimés en italique sont signes d'action ou d'existence.)
Un avare^ encliaĂźnant son prodigue appĂ©tit, Sur nn pro.srrit yilanaâit le danger le plu5 grand ,
De faim prĂšs de son or succombe, ĂŒn Ă©tranger lĂȘçoĂźt sa vertu poursuivie f â
On gcatia sur sa maigre tombe : Un parent le dénoncé, et Varrache k la vie.
Gripord enfin mourut, c'est le seul bien quâil Jtt. (Molletsut.) La plus terrible haine est celle dâua parent. (>Iolliv*ut.)
N» CCCGLII.
DU SUJET DU VERBE.
I . 1
Je 8ENS de jour en jour dépérir mon génie.
^ (DOILIĂAĂ.)
7âu'FRĂtends faire ici de moi ce qui te plaĂźt.
â ' â ' ' ' ' â{Racine.)
H MONTRE aprÚs le crime un résultat moral.
(A. r.K ĂźMontesoĂŒiou.)
Nous GATIONS les outils dĂš mon bon vieux grand-pĂšre.
(J;-J. Rousseau.)
Vous DEVIEZ trembler, lorsque vous souffrĂźtes la
perfidie de Nadir. (Montesquieu.)
Ils combattirent pour ^savoir de qui ils sĂȘraientles
esclaves. (Voltaire.)
Eßlé SOUFFLE au guerrier Tesprit qui le tourmente.
' â ' â * ' (Boileau.)
Chacun se trompe ici-bas. *
( La Fontaine.)
Tout CHANGE avec le temps. â '( Bossuet.)
Tant de soins accablent mes esprits, .
(Voltaire.)
fumme doit prendre soin du ménage,
(Haumont.)
Le mérite fait tout. (Lemonnikr.)
TM'mort ne surprend pas le sage.
. (La Fontaine.)
Les morts n'EMPORTENT rien au ténébreux séjour.
(Lebrun.)
Les rats sont gouvernĂ©s parla raison dâĂ©tat.
(Delille.)
jDteu tient le cĆur des rois entre ses mains puissantes.
(Racine.)
Jildmer le CrĂ©ateur est dâun malavisĂ©. (Gossb.)
Jlien ne peut des mortels arrĂȘter TappĂ©tit.
(Stassart.)
Chaque métier a son apprentissage.
(Lombard de Langres.)
' CornMen de gens profanent le nom de Tamitié.
(J.-J. Rousseau.)
Nulle action ne peut avoir lieu Ă moins que quelquâun ne la fasse; nul Ă©tat ne peut
ĂȘtre que quelquâun ne soit dans cet Ă©tat.
On*âĂ ppelle sMjéß du verbe la personne ou la chose qui fait Taction ou qui est dans
Tétat exprimé par lé verbe.
On reconnaßt mécaniquement le sujet en faisant la question qui est-ce qui? pour les
personnes, et çwâesĂź-ce pour les choses. . ' ^ -
' Qui est-ce qui doit prendre soin du mĂ©nage? Câest la femme. Le mot femme est donc
le sujet du verbĂš doit. .
' QĂŒest-ce^quĂŻ fait tout? Câest le mĂ©rite. Le mot mĂ©rite est donc le sujet du verbe fait.
{4on ;
Quâest-ce qui ne surprend pas le sage ? CĂźest la mort. Ăe mot est donc le sujet du verbe
surprend. / T'
Qui est>ße qui n'emporte rien au ténébreux séjour? Ce sont les morts. Le verbe empor-
7en/a donc pour sujet les morts. ' . - . - - ;jr.-
Dans les langues qui ont des cas, tous les mots imprimés en caractÚre italique seraient
au nominatif. Ces mots répondent à des verbes que nous avons "distingués par un autre
caractĂšre. Ăr, chacun de ces mots a son verbe propre avec lequel il liĂš fait qĂŒun. C'est
pour montrer cette identitĂ© quâon les a mis au mĂȘme nombre-.
La mort ne surprend pas le sage. Qu'est-ce qui ne surprend pas le sage? La mort.
La mort est au singulier, surprend est au mĂȘme nombrĂ©. '
Les mor/s Remportent riçn au 'tĂ©nĂ©breux sĂ©jour. Les morU, ces mots sont au p|ĂŒ-:
riel, empor/en/y est Ă©galement. â " . i < ' : ;
Les citations placĂ©es en tĂȘte de ce numĂ©ro nĂŽus montrent que le sujet d'un verbe
peut ĂȘtre : ^ r c, .t. ,.
1Ÿ Un pronom J'e sens de jour en jour dépérir mon génie.
2Âź Un substantif. ..... . Diew xiENT Ăźe cĆur des rois entre ses mains "puissantes
-3â Un infinitif. ^/dmer-le CrĂ©ateur EST^ dâĂ»n'malavisĂ©. ^
4Ÿ' Un adverbe de quantité. . Tant de soins accablent mes esprits.
» ' ⹠: ^ ' .i V
EXKfĂźCfCE AjYALYTĂQUE.
(DcsigncĂź- je sqjet du verbe.)
La cnnfC (lu faible est un objet saeré.
LcĂ nilcs nâaiment ]>as le? Iionimes .ki sincĂšres.
Si je hais les tyrans, je liais plus les Ăalteurs.
La foi (Ăźâuii ennemi doit ĂȘti e suspectĂ©e.
La gloire des Français cgatc leiir_yaleiir.
l,a fermeté modeste bonorc riimoccncc.
Un moment quelquefois re.nverse un grand courage.
Jamais les jeunes gens nâapprofondissent rien.
Iras mortels sont égaux.
L'analyse est ta source des découvertes.
Je puis faire les rois . je'puis les déposer.
Aimer est un besoin de lâame. >
Tant de coups imprĂ©viis mâaccablent Ă la fois.
Nous invenlons'cbĂąijtic jour des modes riditfalc'.
Je chanterai le maĂźtre que jâadore.
IL me tira de mon obscurité.
Jugurtha fut vaincu , ĂźMilbridate est soumis.
Il tourne au moiiidVe vent, il tombe an moindnâ t li jc.
Llle a vĂ©cu lâespace d'un rn;itin.
Ils ne reverront plus leur pays natal.
Ibil enfant ! lu dor.s d'un sommeil paisible.
ltfc.iucĂŒujp d'honĂąmes y sont pris. * .
N» (3CGCLIII.
DĂŒ RĂGIME OU COMPLĂMENT DU VERBE.
RĂGIME DIRECT.
Ăź
La superstition cause mille occidente.
{La Fontaine.)
La sympathie unit nos destinées. (Lebrun.)
Ne précipitons rien. (Le Baillt.)
Le temps tout seul amĂšne la sagesse.
(Nivernais.)
Chacun sent ici-bas son tourment.
(La ĂŻâontaine.)
Travaillons, le travail entretient la santé: '
V (Lombard de Langres.)
Les tyrans ont toujours un misérable sort.
(JĂąuffret.)
Chaque homme a son gĂ©nie. â (Voltaire.)
Pour TROMPER le chemin, on converse en voyage.
(MâÂź Joliveau.)
Laissons lĂ les honneurs, et comptons les vertus.
(F. pK Ă^EĂFCnATEAU)"â
Le ciel protĂšge la vertu. (Lebrun.)
Un grand vouloir enfante un grand courage.
' (DâĂč TremblaV.)
La modération embellit le mérite. (Gosse.)
Le lion de Barca ravage la Nubie. (Delille.
Le chameau voyageur traverse lâArabie. {Jd.)
Un long Ăąge blanchit la carpe centenaire, (id.)
régime indirect.
Les froids ont nui à la récolte des vins.
' ' ' â * (Laveaux;)
Il ne faut pas médire de son prochain. {Id, )
L'inimitiĂ© succĂšde Ă VamitiĂ© trahie. 'âą
(Racine.)
Misérable, tu cours à ta perte mfailßible.
' jd.)
Une merveille qui ajoutait Ă lĂŻllusion.
(Voltaire.)
Rome nâA point combattu contre ces detix grands
capitaines. (Bossuet.)
Tout mâafflige Ă©t wie nuit et conspire dmetiuir.^
(Racine.)
it r . -
Vous MEDISEZ de tout le monde,
»ß(Académie.) '
-c rai:r ĂŻttr. i
La religion veille sur les crimes secrets.
Un Ă©clat de lumiĂšre sortit de ses yeux:'â''
(FftNĂLpN.)
De ces antres muets sort un triste murmure,
(Volt'airb.)^
( 452 )
Examinons les phrases de la premiÚre série.
QĂŒest-ce que la superstition cause? elle cause mille accidents. Accidents est donc lo
régime ou le complément du verbe cause.
Quâest-ce que la sympathie unit? ce sont nos destinĂ©es. Ce dernier mot est donc le
complément ou régime du verbe unit.
Ne précipitons rien. Le mot rien est le complément direct du verbe précipitons.
Dans toutes ces phrases,* le complĂ©ment est nĂ©cessaire , en ce qĂŒil est impossible do
concevoir les verbes cause, unit, précipitons, sans un substantif qui les complÚte. On no
peut point unir sans qĂŒil y ait quelque chose d'urii. Lâaction dâwmr doit nĂ©cessairement
se porter sur un objet quelconque, et câest prĂ©cisĂ©ment le mot reprĂ©senfent cet objet
quâon appellp le complĂ©ment du verbe. Pour trouver ce complĂ©ment, il suffit de faire
cette question : qu est-ce que? à laquelle on ajoute le verbe employé dans la phrase. Le.
ciel protĂšge la vertu. QĂŒest-ce que le ciel protĂšge? Xa vertu. Le mot vertu est donc le
complĂ©ment, lâobjet, le rĂ©gime direct du verbe protĂšge.
Passons maintenant aux citations de la deuxiĂšme colonne.
OĂč lâoiseau chante-t-il? Sous la feuillĂ©e. Sous la feuillĂ©e est donc le complĂ©ment indiÂŹ
rect du verbe chante.
A quoi faut-il obéir? Aux lois. Aux lois est donc le complément indirect du verbe
ohéir.
Comme on le voit, lO'rĂ©gime dâun verbe est le mot ou les mots qui dĂ©pendent de ce
verbe et qui en complĂštent le sens .
Les verbes admettent deux sortes de régimes : le régime direct et le régime indirect.
Le rĂ©gime direct est celui qui complĂšte directement le sens dâun verbe, câest-Ă -dire
sans le secours dâaucun autre mot intermĂ©diaire. Il rĂ©pond Ă la question qui ? pour les
personnes, et quoi? pour les*choses. Jâame Tktcde, on estime les gens vertueux.
Jâaime quoi? LâĂ©tude ; on estime, les gens vertueux. L'Ă©tude, les gens vertueux
sont donc les rĂ©gimes directs des verbes jâaimĂȘ, on estime.
Le rĂ©gime indirect nsi celui qui complĂšte la signification du verbe au moyen dâun mot
intermĂ©diaire, tels que Ă , pour, de, avec, dans, etc. ; il rĂ©pond Ă Tune des questions Ăč
qui? de qui? pour qui? avec qui? pour les personnes ; et Ă quoi? de quoi? pour quoi? etc.,
pour les choses. Nmre Ă ses intĂ©rĂȘts, mĂ©dire de quelqu'un; nuire Ă quoi? Ă ses intĂ©rĂȘts;
mĂ©dire de qui? de quelqu'un. Ă ses intĂ©rĂȘts, de quelqu'un sont donc les rĂ©gimes indirects
des verbes nuire et médire.
Les mots qui peuvent servir de régimes directs sont : les substantifs, les pronoms, les
infinitifs, etc
Dieu créa le monde * Dieu créa quoi? Le monde.
Nous nous flattons Nous flattons qui? . Nous.
Cet enfant veut ß/re., Il veut quoi? Lire»
EXERCICE ANALYTIQUE.
* â » I
(Distinguer le rĂ©gime direct du rĂ©gime indirect.) " â '
L'ingratitude lk» Xa^hienfatsance. ' La détresse svcckde a la protpérité.
MÂŁme infortune assoetit ĂŻes humeurs. On cocar h sa perte quand on soaT d* son Aat.
^ux intĂ©rĂȘts d'antrui nous ĂŻakriaoif» Us nĂŽtivs. La modestie ijoutk au mĂ©rite.
Sans intĂ©rĂȘt obligeons les humains^ CĂ©sar cohsattit contre PommĂ©e.
II faut Mxif Aoia tous les hommes. Apelle axcttLsiT dans la peinture. r
Le mérite fait tout. La jeunesse est emb&llik par les griïces.
11 tknt oiitCEE tout te monde. Trois cents Spartiates péeieekt pour la pairie.
L'oisean CBANTE sous la Jeuillre. Le doute condoit à la vériU.
Les taiireanx bohdisseut de joie. La force cĂ ot Ă la vaUur,
It faut OM» aux lou.
i fco.'Ăź s
Kâ CCCCLIV.
DĂŒ NOMBRE ET DE LA PERSONNE DANS LES VERBES
Xadmiuais tes bienfaits, divine agriculture.
(Saint-Lambert.)
Tu SAIS multiplier les dons de la nature, jd.)
Lâesprif sâaigdisb Ă la ville; il sâattendrit aux
champs. (Malesherbes.)
Nous nâĂcouTONS dâinstincts que ceux qui sont les
nĂŽtres. (La Fontaine.)-
Soyez lâhomme du jour, et vous serez charmant.
(Boissy.)
fis (les rats), sont gouvernĂ©s par la raison dâĂ©tat.
' (La Fontaine.)
La cause du faible est un objet sacré. (La Harpe.)
Les filles nâaiment pas les hommes si sincĂšres.
(Regnard.)
Si je HAIS les tyrans, je hais plus les flatteurs-
( Volt AIRE.)
La foi dâun ennemi doit ĂȘtre suspectĂ©e. . (Racine.)
La gloire dcs Français égale leur valeur.
, (De Belloy.)
La fermeté modeste honore Vinnocence.
(La Harpe.)
Un moment quelquefois renverse un grand courage. ^
(Voltaire.)
Jamais les jeunes gens nâAPpROFONDissENx rien.
- (Collé.)
Divers accidents modifient la signification et la forme des verbes, et il y en a de deux
sortes. Les uns sont communs aux verbes et aux autres espÚcés de mots déclinables : tels
sont les nombres et les personnes, qui varient selon la diffĂ©rence des mĂȘmes accidents dans
le nom ou le pronom qui exprime le sujet déterminé auquel on applique le verbe.
On distingue donc, dans un verbe, les nombres, câest-Ă -dire le singulier, quand une
seule personne fait lâaction, comme : cet enfant lit; et le pluriel, quand plusieurs personnes
font Faction, comme : ces enfans lisent.
Il y a quelque diffĂ©rence dans la signification du mot personne, selon qĂŒil est appliquĂ©
au sujet du verbe, ou au mĂȘme verbe. La personne, dans le sujet, câest sa relation Ă lâacte
de la parole ; dans le verbe, câest une terminaison qui indique la relation du sujet Ă lâacte
de la parole, et qui sert à mettre le verbe en concordance avec le sujet considéré sous cet
â aspect. En parlant du sujet, il faut dire qĂŒil est defelle personne, et en parlant du verbe,
qĂŒil est Ă telle personne; de mĂȘme qĂŒil faut dire qĂŒun nom est dĂš tel genre, et qĂŒun
adjectif est Ă tel genre. - - ^
On dit qĂŒun verbe est Ă la premiĂšre personne, quand câest lâindividu qui parle qui jPait
lâaction, comme : je chante, nous chantons ; il est Ă la seconde personne, quand câest la
personne Ă qui lâon parle qui fait lâaction, comme : tu chantes, vous chantez ; enfin, il est
. Ă la troisiĂšme personne , quand câest celle de qui lâon parle qui fait lâaction, comme : il
chante, elle chante; ils chantent, ellés chantent.
Tout verbe devant lequel on met je, nous, est Ă la premiĂšre personne : j'admirais,
nous écoutons.
Tout verbe devant lequel on met tu, vous, est Ă la seconde personne : tu sais, vous
serez. âą - * .
Tout verbe devant lequel on met il» elle, ils, elles, ou un substantif quelconque, est à la
troisiÚme personne : il s'attendrit, ils sont gouvernés; un moment renverse un grand,
courage, etc.
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Dire Ă quel nombre et a quelle personne sont les verbes suivants.)
Ne TOUS fiez pas Ă la premiĂšre apparence.
Je puis faire les rois , je puis le., déposer.
Noite ne vivons jamais, nous attendons la vie.
Tu rĂ©gnerais encor si tu lâavais voulu 1
Viiu.s ne parviendrez pas à cbangër le ccenr des ingrats.
Il accusait toujours les miroirs dâĂ©tre faux.
Elle Ă©tait Ă genoux au pĂźed dâun vieux chĂȘne.
Ils vont oĂč lâhonneur les appelle.
Elles simeol de ruses célestes le cours d« notre vie.
Les rois tiennent leurs droits de Dieu.
Lâiiomme est nĂ© pour rĂ©gner sur tous les animani*
Les hommes sont encore enfants Ă soixante ans.
La colombe attendrit les ecbo.» des forĂȘts.
Les cĆurs ambitieux ne sâattendrissent pas. ^
Lâhiiile coule Ă flots dâor aux bords de la Durance.
La }>lante a son hjmen , la plante a ses amours.
La religion veille sur les crimes secrets.
Les lois veilleut sur le^crimes publics.
.( W4 )
MODIFICATIONS DES VERBES.
UODIFICATIONS QUB SUBISSENT LES VERBES SOUS LE RAPPORT DE LA PERSONNE, DĂŒ NOMBRE,
DBS MODES ET PES TEMPS.
N» CCCCLV.
bĂŒ NOMBRE ET DES PERSONNES.
SlNGULIEk.
< . % *
\, JâĂąt loiijĂŽĂŒrs aimĂ© mes sujets comme mes enÂŹ
fants. , (FĂšneLon.)
2.N'Ăąs-tiiâdĂŽricpas, Seigneur, assez dâanges aux cieux?
. , âą (V. Hugo.)
3. Louis à donné son nom à son siÚcle pour ja-
â mais. ^ (FrayssinoĂŒs.)
pluriel.
4. NoĂŒs avons quelquefois des dĂ©sirs bien Ă©tranges.
(Rigaud.)
6. Yous avez fait la guerre avec de grands succĂšs. 'âą
(Fénelon.)
6. Nos actions parfois ont un air de vertus.
(Lamotte.)
Dans un des chapitres précédents, nous avons vu que Tadjectif emprunte le genre et ie
nombre des substantifs oii "des nohis personnels avec lesquels il est en rapport.
Cette influence que les substantifs ét les noihs personnels exercent, souslo rapport du
Ă©enrééldĂŒ nombre, sur les adjectifs, ils TexercĂ«nt Ă©galement, sous le rapport de la perÂŹ
sonne et dii noÚibrë, sur les verbes dont ils sont sujets. En effet, le nom personnel, en se
joignant Ă ĂŒ verbĂ©; TĂ«mpreint, sĂŻl lĂ« faut aiiiĂ i dire, de sa propre vie.
Dà hs iës exemples que lious venons de citer, la cause des changements do terminaisons
que subit le verbe avoir résulte du nombre et de la personne des différents substantifs
coininuns ou personnels qui lui servent de sujets. Ai est Ă la premiĂšre personne du sinÂŹ
gulier Ă cause dĂš jĂš; ai est Ă la seconde personne dĂŒ singulier Ă cause de tu; a est Ă la
troisiĂšme pĂȘrsonne du sin'guliĂ«r Ă causĂ© de LĂŽĂŒis; Ăčvbiis est Ă la premiĂšre personne dii
pluriel ù cause dé nous ; avez est à ßà deuxiÚme personne du pluriel à cause de vous ; ont
Ă©sl Ă la troisiĂšme persontiĂ© dĂŒ pluriĂ«i Ăą causĂ© de nos actions.
Ainsi le Vérbë emprunte lé nombré et là pérsorino dë son sujet.
On trouve le sujet dâun verbe en faisant avec ce verbe la question gmâ est-ce qui? Jf'ai
hujours aimĂ© mes sujets. Otiveil-cĂ© "qui Ă toujours aimĂ© sĂ©s sujets? Câest moi oĂŒ je; jĂ«
est donc le sujet de ai. *
EXERCICĂ ĂNĂLYTJQUĂ.
Je iuis esclave. â Non , ta ne le sĂšrĂąs plû»ß Jeunesse, trop souvent, juge sur rapjiarence. (Stassaut.)
Je i;ieaf te-dcUvrer. (VoLTAiaa.) Les malheureux nVni «oint dâamis. (Jauffaet.)
Si vous eiei dans la détresse,
Que de gens jugent sur parole ! (Stassart.'
Noua jugeons par révénement:
(LĂ uotti.
N» GĂCGLVl.
DES TEMPS.
Oa vous charge dÚ tous les torts. (M*»« Juuvbau.)
r
TEMPS PRĂSENT.
y aime mieux mon repos quâun embarras illustre.
(Boileau.)
TEMPS PASSĂ..
Jâaimaw, seigneur, jâatmats; je voulais ĂȘtre aimĂ©e.
(ĂACINE.)
TEMPS FUTUR.
Je ne le verrai plus... Je ĂŻaimerai toujours.
' (Racine.)
J'aime, j'aimais, j'aimerai, ces trois formes du'verbe aimer sont en rapport avec un
sujet singulier de lĂ prĂ©miĂšTĂ© personne je, et consĂ©quemment sont du mĂȘme nombre Ăšt
de la mĂȘme pers'ĂŽnĂŒĂ«.En qĂŒbi donc diffĂšrent-elles? et dâoĂč proviennent les changements
que nous apercevons dans leurs Terminaisons?
/
y
( 495 )
La premiĂšre prĂ©sente Faction comme se faisant au moment oĂč lâon parle ; la deuxiĂšme
exprime la mĂȘme action comme faite avant lâinstant de la parole, et la troisiĂšme cUmme
devant se faire aprĂšs le moment oĂč lâon parle.
La mĂȘme cause qui faisait du verbe un mot exprimant des actions, defe sentimehts; etc.,
. rapportĂ©s Ă une personne, Ă un ĂȘtre douĂ© de vie, a dĂ» le rendre Ă©galemĂ©nt susceptible des
modifications qui expriment les diverses pĂ©riodes de la durĂ©e. DĂ© lĂ les formes ĂŽĂŒ termiÂŹ
naisons diverses que le verbe prend, en effet, dans toutes les langues, et aĂŒxqĂŒĂ©lles on a
donnĂ© le nom de temps bu formes temporelles. LeĂŒr effet est de marquer si lâaction exÂŹ
primĂ©e par le verbe sĂ© rapporte Ă une pĂ©riode passĂ©e, oĂŒ prĂ©sente; oĂŒ Ă venir. NĂŽĂŒs disons
nne pĂ©riode, et non'pas un moment ou un instant; car il faut bien remarquer que câest
lĂ ce quâon doit entendre; quand on parle des temps des verbes. Le prĂ©sent ou le temps
présenteslh période de la durée dans laquelle celui qui parle se considÚre comme existant
actuellement; le passĂ©, la pĂ©riodĂš dĂ« lĂ durĂ©e dans laqĂŒĂ©llĂ© il se bbnsidĂšre Ă©oirimĂ© n'Ă©tant
plus aĂŒ moment ĂŽĂŒ il paHe; 'eiifih, le futur est la pĂ©riode dans laquelle il 'sĂš considĂ©rĂ©
comme n'Ă©taiĂŒ pĂ»s'encore.
Au reste, ces pĂ©riodes diverses sont marquĂ©es, tantĂŽt dâune maniĂšre prĂ©cisĂ© Ă©t par
les noms usités pour c'elà , comme jour, mois, année, siÚcle; tantÎt elles sont simple
ment indiquées par les accessoires du discours, ompar lés circonstances dans lesquelles
se trouve c'Ă©lĂŒi qui parle, nßà iĂą toujours dâune lĂŒĂąniĂšre suffisante pour lĂ©bĂ©sĂŽiri qĂŒoii
pĂ©ut eĂŒ avoir.
CCCCLVII.
DES iiODĂS.
1. JĂš vais Ă»ans mon palais Ă ĂŒĂ©ridrĂ© ton rĂ©lĂŽur.
(Racine.)
2. Tirais chez lui j si jâĂ©tais sĂ»r dâĂȘtre bien reçu.
(Regnard.)
3. jusquâen Orient planter tes pavillons.
(Cornei'llé.)
4. Il ânĂ© nie plaĂźt pas que vĂŽus cilliĂ©z lĂ .
(Académïb-.)
5. Il fallait^a/ter à la guerre, quand la république
lâordonnait.' (Bossitet.)
« I Allant oĂč le mĂšne le hasard. (Bos'suĂšt.)
* V Peut-ĂȘtre est-on ùßld trop loin. (Pascal.)
âą VoilĂ diffĂ©rentes formĂ©s dĂŒ verbĂ© allĂšr/dĂŽht il faut examiner la significatiori avec
attention. Comparons dâabord les deux premiĂšres. -
1. Je vais dans mon palais. * _
* 2. Jâ/rats chez lui J jâĂ©tais sĂčretc, . ,
La deuxiĂšme forme exprime une idĂ©e de condition qui nâest pas dans la premiĂšre.
Quarid on dit ; je vais, on affirme positivement quâori fait lâaction d'aller; en disant ;
j'irais, si..., on subordonne lâaffirmation Ă une condition.
VoilĂ donc encore de nouvelles idĂ©es accessoires exprimĂ©es par lĂš verbe : lâidĂ©e dâafÂŹ
firmation positive et^celie d'affirmation soumise Ă une condition.
3. Va, forme du commandement. Cette nouvelle forme peut aussi exprimer lâidĂ©e de
priĂšre : FAiXES-mot l'aumĂŽne, s'il vous plaĂźt; dit un pauvre en sâapprochant de vous.
4. Il ne me plaĂźt pas quo voĂŒs alliez lĂ .
Ici la forme du verbe a cela de particulier qĂŒelle ne peut sâemployer seule ; elle est
toujours sous la dĂ©pendance dâun premier verbe exprimĂ© ou sous-entendu, et sans lequel
elle ne peut former un sens complet.
5. Aller. Cette formĂ© diffĂšre de toutes les autres en ce qĂŒelle nâexprime par elle-mĂȘme
ni lâidĂ©e de la personne, ni cellĂ© du nombre, ni celle du temps. Oh peut dire :
Avec les trois personnes ; *
Je veux
Tu veux I aller .
Il veut
â filial
t ^
ĂVdC lea dm nofflbrĂ©fi i
Je veuĂčĂ ) ^iu
Nous voulons j âą '
Avec les trois temps : . .
Je veux 'j
Je voulus > aller -
Je voudrai )
Et la forme aller se prĂȘtera Ă toutes ces combinaisons sans changer de terminaison;
elle a donc bien plus dâĂ©tendue; elle exprime une idĂ©e bien plus gĂ©nĂ©rale que toutes tes
autres formes verbales. *
f Allant.
Allé,
Ces formes ont une ressemblance frappante avec les adjectifs qualificatifs; elles marÂŹ
quent la maniĂšre dâĂȘtre, la qualitĂ© des objets. On peut donc dire que ces formes verbales
tiennent de la nature du verbe et de celle des adjectifs. Aussi est-ce poĂčr celte raison
que nous les avons fait figurer parmi cette derniĂšre classe de mots. (V. page 70.)
Il nous reste à connaßtré le nom que les grammairiens ont inventé pour désigner les
diffĂ©rentes idĂ©es accessoires dont les formes verbales peuvent ĂȘtre les signes. Et dâabord,
comme ces idĂ©es accessoires varient selon la forme des verbes ou la maniĂšre donHIs sâemÂŹ
ploient, ils leur ont donné le nom commun de .modes, du nom latin modus, qui veut dire
maniĂšre. Ainsi, comme, dans la langue vulgaire, la mode est la maniĂšre de se vĂȘtir, dans
la langue grammaticale, le mode est la maniĂšre dâemployer, dâhabiiler en quelque sorte
le verbe selon Tidée que Ton veut ajouter à sa signification principale..
En Jetant les yeux sur les exemples citĂ©s, on voit quâil y a six modes :
1Âź Mode indicatif oxx mieux affirmatif, celui qui exprime TidĂ©e dâaffirmation positive :
je vais,
2Âź Mode conditionnel, celui qui exprime TidĂ©e dâaffirmation soumise Ă une condition :
j'irais, si...
3Ÿ Mode impératif, celui qui exprime Tidée du commandement ; va.
4Âź Mode subjonctif, cĂšlui qui est toujours placĂ© sous la dĂ©pendance dâun autre verbe
je veux que vous ALLIEZ lĂ .
5Âź Mode infinitif, celui qui sâĂ©tend, sans changer de forme, Ă toutes les personnes, Ă
tous les nombres et à tous les temps, à cause de cette étendue illimitée : aller.
6Âź Participe, celui qui tient de la' nature du verbe et de celle de. Tadjectif. On Ta
nommé participe pour exprimer cette participation de deux espÚces demots : allant, allé.
D'aprĂšs tout ce que nous venons de dire, on peut aisĂ©ment conclure que le mode nâest
autre chose que les différentes formes que prend le verbe pour satisfaire aux besoins de
rĂ©nonciation. En effet, comme il arrive la plupart du temps qĂŒune seule proposition ne
suffit pas Ă Texpression complĂšte de la pensĂ©e, dâautres propositions, qui servent Ă en
modifier une plus essentielle ĂŽu plus importante, Ă laquelle elles se rapportent, ou Ă
déterminer avec plus de précision quelques mots, quelques idées de cette proposition
principale, concourent avec celle-ci Ă former un tout, un ensemble, dont les diverses
parties, liées entre elles et subordonnées les unes aux aulres, sont indispensables pour
donner à la pensée tout le développement nécessaire.
Voilà pourquoi Ton remarque, dans les langues qui ont été le plus perfectionnées,
outre le mode qui sert Ă Texpression des propositions absolues, directes ou principales,
et quâon appelle indicatif, trois autres modes propres Ă exprimer les propositions relaÂŹ
tives, accessoires ou subordonnées : Tun, tel que le subjonctif, qui marque plus spécia
lement que la proposition oĂč il se trouve dĂ©pend d'une autre proposition, Ă laquelle elle
doit ĂȘtre jointe pour en complĂ©ter et en dĂ©velopper le sens ; Tautre, exprimant un ordre»
CW7] ' - .
une volonté, un désir, une priÚre, et so rapportant moins à quelque proposition précé
dente et expressĂ©ment Ă©noncĂ©e, quâĂ ces mouvements mĂȘmes de lâame ou de la facultĂ©
intellectuelle, quâon nĂ©glige dâĂ©noncer dâune maniĂšre plus explicite : câest le mode appelĂ©
impératif. Enfin, le troisiÚme, nommé conditionnel, se trouve dans les propositions
subordonnĂ©es, qui renferment quelque supposition ou condition, quelque vĆu on dĂ©sir
dont lâaccomplissement est incertain, ou au moins dĂ©pendant de ces conditions mĂȘmes.
' . CCCCLYIIl
DES FORMES OĂŒ EXPRESSIo'nS VERRALES SIGNES DU TEMPS.
MODE INDICATIF OU AFFIKMATIF.
PRESENT.
T abandonne Solyme, et votre frĂšre et vous.
(Yoltaire.)
passé.
Passé simultané, ou imparfait.
y abandonnais' à la cruauté de Protésilas ceux
qui parlaient contre lui, (Fénelon.)
PASSĂ DĂFINI.
J'ai afiandonnd Ithaque pour chercher mon pĂšre.
(Fénelon,)
PASSĂ ^DĂFINI.
Christine abandonna, le trĂŽne pour les beaux-arts,
(voltaire)
passé antérieur.
Les habitants eurent abandonné la ville avant que
lâennemi y entrĂąt. - (Anonyme.)
PLUS-QUE-PARPAIT.
La fortune. Vavait abandonné au commencement
de la campagne. (IVIassillon.)
FUTUR.
Futur absolu.
Je vous abandonnerai Ă vos anciens malheurs.
(Fénelon.)
FUTUR ANTĂRIEUR.
Les habitants auront abandonné la ville lorsque
lâennemi y entrera. (Yertot.)
Nous avons déjà fait connaßtre la division du temps ou dé la durée en trois parties :
le présent, le passé et le futur; il nous reste à examiner les formes et les expressions
verbales signes de cette idée accessoire dans les verbes.
Le prĂ©sent est, comme nous ravons dit, le moment oĂč Ton parle; mais ce moment
cst-il divisible? Non, certes ; câest un point indivisible, car tout ce qui le prĂ©cĂšde ou le
suit appartient au passĂ© ou au futur. Aussi les verbes 'nâont-ils quâĂŒne forme dans chaque
mode pour exprimer lâidĂ©e du temps prĂ©sent : faime, je travaille.
Il nâen est pas de mĂȘme pour le passĂ© et le futur, qui se composent d'une multitude
infinie dâinstants , et qui peuvent ĂȘtre envisagĂ©s soit dâune maniĂšre absolue , soit dâune
maniĂšre relative Ă dâautres circonstances , comme on le voit par les exemples citĂ©s.
Ainsi, outre les formes du verbe destinées à exprimer les diverses périodes de la durée,
il y a encore, dans toutes les langues perfectionnĂ©es , dâautres expressions employĂ©es Ă
marquer des degrĂ©s dâantĂ©rioritĂ© relalive Ă quelque moment dĂ©terminĂ© de chacune de
ces pĂ©riodes. Telles sont, en français, les formes composĂ©es avec les auxiliaires ĂȘtre et
avoir, comme j'ai fait, j'avais fait, j'eus fait, j'aurai fait; expressions qui marquent
chacune un degrĂ© dâantĂ©rioritĂ©, par rapport aux expressions je fais, je faisais, je fis, je
ferai. Nous pouvons mĂȘme exprimer un degrĂ© de plus dâantĂ©rioritĂ©, Ă lâaide des formes
doubleiqent composĂ©es j'ai eu fait, j'avais eu fait, etc. ; mais les besoins de lâĂ©noncia-
tion vont rarement jusque lĂ . Au reste, câest, Ă ce qĂŒil nous semble, faute d'avoir
observé que les formes temporelles des verbes , dans toutes les langues, se rapportent
à des périodes, et non pas à des époques de la durée, que les grammairiens ont été si
peu dâaccord entre eux, et ont quelquefois mis si peu de clartĂ© et de prĂ©cision dans cc
qĂŒils ont Ă©crit sur ce sujet.
Examinons maintenant quelques faits :
1. Los habitants a&anĂąonnaten/ la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts.
63
( 498 )
- 2- Les habitants abandonnÚrent la ville peu d'instants aprÚs l'arrivée des ennemis,
8. Les habitants ont abandonné la ville.
4. Les habitants eurent abandonné la ville bien avant que lënneini y entrùt.
8. Les habitants avaient abandonné la ville lorsque Terinemi est arrivé.
Ces différentes formes verbales, dont les deux premiÚres sont simples et les trois
autres composées, expriment toute lïdée du temps passé, mais avec des circonstances
variées.
Dans le premier exemple, Taction est présentée comme faite dans un temps passé,
mais en mĂȘme temps qĂŒune autre action : Les habitants abandonnaient la ville lorsque
des secours leur arrivaient de toutes parts.
Dans le second exemple, le passĂ© est dĂ©terminĂ© par lĂŻdĂ©e dâune Ă©poque prĂ©cise : Les
habitants abandonnÚrent la ville peu dïnstants aprÚs Varrivée des ennemis.
Dans le troisiĂšme, TidĂ©e du passĂ© est prĂ©sentĂ©e dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, indĂ©terminĂ©e :
Les habitants ONT abandonné la ville.
Dans le quatriĂšme, TidĂ©e du passĂ©, est modifiĂ©e par une circonstance dâantĂ©rioritĂ© : Les
habitants eurent abandonné ïa ville bien longtemps avant que Vennemi y entrùt.
Enfin, dans le cinquiÚme, Taction est présentée comme faite dans un temps passé
relativement Ă une autre circonstance qui est elle-mĂȘme passĂ©e : Les habitants avaient
abandonné la ville lorsque Vennemi est arrivé.
Les grammairiens ont donné des noms à ces différentes formes verbales.
1Ÿ J'abandonnais et ses analogues sont appelés imparfait, ou mieux passé simultané.
PassĂ©-simultanĂ© veut dire passĂ© en mĂȘme temps quâune autre chose : Les habitants abanÂŹ
donnaient la ville lorsque des secours leur arrivaient de toutes parts. Lâaction d'abandonÂŹ
ner sâest faite en mĂȘme temps que les secours arrivaient.
2Ÿ Ils abandonnÚrent et ses analogues se nomment passé défini ; défini veut dire déter
minĂ© par TidĂ©e dâune Ă©poque prĂ©cise; on ne pourrait pas dire : les ennemis abandon-
nÚkent la ville, sans déterminer Tépoqne à laquelle Tabandon a été fait ; ils l'abando7i-
nĂšrent peu dâinstants aprĂšs lâarrivĂ©e de lâennemi.
3Âź Ils ont abandonnĂ© et ses analogues sont dits passĂ© indĂ©fini, câest-Ă -dire passĂ© non
défini, non déterminé. On dit trÚs-bien : ßes ennemis ont abandonné la ville, saqs pré
ciser TĂ©poque Ă laquelle Taction sâest accomplie. NĂ©anmoins nous devons faire remarquer
que cette forme jâai abandonnĂ© et ses analogues peuvent sâemployer Ă©galement avec TidĂ©e
dâune Ă©poque prĂ©cise. On dit ; J'ai fait un voyage la semaine derniĂšre; l'annĂ©e derniĂšre.
Mais elle nâen diffĂšre pas moins essentiellement du passĂ© dĂ©fini ; 1Âź en ce que celui-ci ne
peut sâemployer quâavec TidĂ©e dâune Ă©poque prĂ©cise ; 2Âź en çe qĂŒil ne peut exprimer
quâune action faite dans un temps entiĂšrement passĂ©. On ne dit pas JE fis aujourd'hui
une promenade, parce que la journĂ©e nâest pas encore Ă©coulĂ©e.
On est forcĂ©, dans çe cas, dâemployer le passĂ© indĂ©fini, et de dire : jâai fait une bonne
promenade aujourd'hui. . ^
4Ÿ Ils eurent abandonné et ses analogues oqt reçu le nom de passé antérieur; antérieur
exprime TidĂ©e dâune action qui sâest faite avant une autre : les habitants eurent abanÂŹ
donnĂ© la ville hien .avant que l'ennemi y entrĂąt. Lâabandon avait eu lieu avant TarrivĂ©e
de rennemi.
5Ÿ Ils avaient abandonné et ses analogues sont appelés plus-que-parfait. Ce mot ne
rĂ©poud pas bien Ă» lĂŻdĂ©e qĂŒil reprĂ©sente. On considĂšre cette forme comme exprimant
doublement TidĂ©e du passĂ©, 1Âź relativement au moment qĂč Ton parle ; 2Âź relativement Ă
une autre action foite dans un temps passĂ© ; dâoĂč elle a Ă©tĂ© appelĂ©e assez improprement
plus-que-parfait, câest-Ă -dire plus que passĂ©.
II est Ă remarquer que les temps composĂ©s , câest-Ă -dire ceux qui se forment dâun des
temps des verbes ĂȘtre ou avoir, unis aĂč participe passĂ© des verbes quâon conjugue, ne
^ )
sont, ù proprement parler, que des expressions verbales, dans lesquelles on a combiné
ridĂ©e des deux temps dont on veut exprimer lĂ relation. Ainsi le passĂ© indĂ©fini jâat dtmĂ©
se compose du passĂ© combinĂ© avec j'at, forme du prĂ©sent, parce qĂŒen effet le passĂ©
indéfini exprime seulement l'idée du passé relativement à Tacte de la parole. Le passé
antérieur feus aimé se compose du passé aimé combiné avec feus, forme du passé. Il en
est de mĂȘme de f avais aimĂ©, oĂč Ton retrouve encore la combinaison dâun passĂ© avec un
passé.
Toutes les fois que les verbes avoir et ĂȘtre entrent ainsi dans la combinaison des temps
composés, les grammairiens leur donnent le nom dë verbes auxiliaires.
Le futur peut, comme le passĂ©, ĂȘtre Ă©galement envisagĂ© relativement Ă Tacte de la
parole et relativement Ă une autre circonstance. Si je dis : je ferai mon devoir, cette
forme verbale je ferai exprime Tidée du futur relativement à Tacte de la parole, mais sans
aucune relation avec une autre circonstance. Les grammairiens appellent cette forme futur
absolu. Si je dis : jâaurai fait mon devoir, lorsque le maĂźtre viendra, Texpression.verbale
f aurai fait exprime Ă la fois TidĂ©e dâun futur relativement au moment oĂč Ton parle, et
TidĂ©e dâantĂ©rioritĂ© relativement Ă TarrivĂ©e du maĂźtre. Cette expression verbale a reçu chez
les grammairiens le nom de futur antérieur.
Ainsi les différentes formes ou expressions verbales que nous avons examinées sont au
nombre de huit ; savoir : une pour le présent; cinq pour le passé; deux pour le futur.
Ces diffĂ©rentes formes ou expressions verbales expriment toutes lâidĂ©e dâaffirmation
positive, et conséquemment appartiennent au mode indicatif ou affirmatif.
Nâ CGCGLIX.
MODE CONDITIONNEL.
PRĂSENT OĂ FUTUR.
^abandonnerais tout, si je savais ne pas réussir.
(MâÂź DE SĂVIGNĂ.)
PASSĂ.
Je y aurais entiĂšrement abandonnĂ©, sâil nâavait
pas voulu suivre mes cdnseils. (Diderot.)
Quand on dit :f écrirais, si f avais une plume, f écrirais euptime une action qui se ferait
si une certaine condition Ă©tait dâabord remplie ; cette forme verbale est Ă©videmment signe
du futur.
Mais lorsquâon dit : si f eusse rĂ©ussi dans mon entreprise, je ferais aujourd'hui bonne,
figure dans le monde, la forme verbale je ferais est signe dâun futur relatif Ă une condiÂŹ
tion , mais Úlle est signe du présent relativement à Tacte de la parole.
Les grammairiens appellent celte forme verbale prĂ«sen/ ou futur, parce qĂŒen effet, bien
qĂŒelle soit le plus gĂ©nĂ©ralement le signe du futur, elle peut, dans certaines circonstances,
ĂȘtre employĂ©e comme signe du prĂ©sent.
Dans cette phrase \ f aurais o\xf eusse terminé ma lettre, si je n'avais pas été inter
rompu, Texpression verbale j*awr«is terminé est le signe du passé.
Quant Ă la forme jââoiĂąraw eu terminĂ©^ on j'eusse eu terminĂ© , elle est peu usitĂ©e; elle
exprime uii passé antérieur, - "
Ainsi le mode conditionnel ĂŒa que deux temps usitĂ©s : un temps pour exprimer lo prĂ©sent
ou le futur; un temps composé, qui exprime toujours le passé»
( 500 )
&
Nâ CCCCLX.
MODE IMPĂRATIF.
pdxĂŒr.
Ne m'abandonne^ pas dans lâĂ©tat oĂč je suis.
(Racine.)
FĂTDR antĂ©rieur.
Ayez abandonné la ville quand lënnemi y en
trera. (Jcnonyme!)
Les formes verbales abandonnez, ayez abandonné, sont toutes les deux signes du temps
futur, puisquâon ne peut commander quâune chose Ă faire ; mais la seconde forme exprime
Ă 'la fois le futur relativement Ă lâacte de la parole, et une idĂ©e de passĂ© ou d'antĂ©rioritĂ©
relativement Ă une autre circonstance. , .
UimpĂ©ratif a donc deux temps : 1Âź un temps simple qui exprime lâidĂ©e du futur, et
que les grammairiens appellent improprement prĂšsenĂź ou futur; car aucune forme du
mode impĂ©ratif ne peut exprimer lâidĂ©e du prĂ©sent ; 2Âź un temps composĂ©, qui ne figure
dans presque aucune grammaire, et qui est cependant dâun usage assez commun dans la
langue. Cette derniÚre forme serait justement appelée futur^antérieur.
N** CCCGLXI.
i
MODE SUBJONCTIF.
PASSĂ INDĂFINI.
Philippe Arabe est le premier qui ait abandonné
par traité quelques terres de Tempire. (Bossubt.)
' PLĂS-QĂE-PARFAIT OU PASSĂ ANTĂRIEUR.
On eĂ»t dit qĂčâils Ă©taient possĂ©dĂ©s par un esprti
étranger, et que leur lumiÚre naturelle les eût aban
donnés. (Bossuet.)
PRĂSENT OU FUTUR.
Seigneur,' dans cet aveu dĂ©pouillĂ© dâartifĂźco,
JâaĂźme Ă voir que dumoins vous vous rendiez justice;
Et que, voulant bien rompre un nĆud si solennel,.
Vous vous abandonniez au crime en criminel.
(Racine.)
imparfait.
ĂŻl fallut que, dĂšs le commencement de la guerre,
Pompée abandonnùt Tïtalie. (Montaigne.)
Le mode subjonctif, nous Tavons dĂ©jĂ dit, est ainsi appelĂ© parce qĂŒil ne sâemploie
jamais, seul, et quĂŻl ne figure quâaprĂšs une proposition sous la dĂ©pendance de laquelle il
est placĂ©; dâoĂč il rĂ©sulte que les inflexions qui appartiennent Ă ce mode expriment TidĂ©e
de temps, non pas relativement Ă Tacte de la parole, mais relativement au verbe de la
proposition principale.
1Âź Quelquâun travaille, et on lui demande : Pourquoi travaillez-vous? II rĂ©pond :
Il faut bien que je travaille , ou je serais puni.
Le verbe travaille exprime le temps présent, parce quÚ Taction de travailler marche
de pair avec la nécessité de Taction exprimée par le verbe il faut.
2Âź On dit Ă quelquâun : Pourquoi ne travaillez-vous pas? et il rĂ©pond :
Il faut pourtant que je travaille , ou je serais puni.
Ici le verbe travaille marque le temps futur, parce que Taction de travailler ne peut
ĂȘtre que postĂ©rieure Ă la nĂ©cessitĂ© de travailler, exprimĂ©e par le verbe il faut.
Ainsi la mĂȘme forme exprime tantĂŽt le prĂ©sent, tantĂŽt le futur, selon les vues de Tes-
prit. Les grammairiens appellent cette forme verbale prĂ©sent ou futur.â
3Âź On demande Ă une personne : Pourquoi travailliez-vous hier avec tant dâardeur? et
elle répond :
Il fallait bien que je travaillasse, ou j'aurais été punie.
Le verbe travaillasse désigne le passé, parce que Taction de travailler a eu lieu dans le
mĂȘme moment que la nĂ©cessitĂ© de Taction, qui sâest fait sentir elle-mĂȘme dans qn temps
passé.
( 501 )
4* Si quelquâun dit :
* Il faudrait que je travaillasse ; mais je n'ai pas Vesprit libre.
Le verbe travaillasse dĂ©signe le futur, parce que lâaction de travailler ne peut ĂȘtre que
postérieure à la nécessité de Taction.
Ainsi la mĂȘme forme exprime tantĂŽt le passĂ©, tantĂŽt le futur, selon les vues de Tesprit.
Les grammairiens appellent cettĂš ĂźovvaQ imparfait.
5Âź Quelquâun dit : - ,
Il a bien fallu QUE jâaie travaillĂ© , autrement f aurais Ă©tĂ© puni.
Quel temps exprime le verbe que j'aie travaillé? La nécessité de Taction et Taction ont
eu lieu simultanément dans un temps passé.
6â Mais si Ton dit
Il faut QUE jâaie travaillĂ© avant VarrivĂ©e du maĂźtre, autrement je serais puni.
Ici Taction est postérieurÚ à la nécessité de Taction ; mais elle est antérieure à une autre
circonstance qui est elle-mĂȘme Ă venir : dâoĂč suit que le verbe exprime TidĂ©e du futur
antérieur.
Cette forme verbale, qui exprime tantÎt Tidée du passé, tantÎt celle du futur, selon
les vues de lâesprit, est communĂ©ment appelĂ©e dans les grammaires prĂ©tĂ©rit on parfait
7Âź Il aurait fallu QUE jâeusse travaillĂ©, avant VarrivĂ©e du maĂźtre, et je n'aurais
pas été.puni.
Quel temps exprime le verbe que j'eusse travaillĂ©? Lâaction ei la nĂ©cessitĂ© de Taction
sont simultanées ; elles ont eu lieu dans un temps passé, mais antérieurement à une autre
circonstance qui est elle-mĂȘme passĂ©e : dâoĂč suit que le verbe que j'eusse travaillĂ© exprime
TidĂ©e dâun prĂ©tĂ©rit ou passĂ© antĂ©rieur.
8Âź Il faudrait que jâeusse travaillĂ© avant l'arrivĂ©e du maĂźtre, autrement je serais
puni.
Ici Taction est postérieure à la nécessité de Taction, mais antérieure à une autre cir
constance qui est elle-mĂȘme Ă venir : consĂ©quemment le verbe que j'eusse travaillĂ© exprime
TidĂ©e dâun futur antĂ©rieur.
Cette forme, qui exprime tantÎt Tidée du passé, tantÎt celle du futur, selon les vues
de Tesprit, est appelée communément dans les grammaires plus-que-parfait.
Ainsi, les différentes formes verbales, considérées comme signes du temps, qui appar
tiennent au mode subjonctif sont ; .
1Âź Le prĂ©sent ou futur, ainsi appelĂ© parce quâil exprime tantĂŽt TidĂ©e du prĂ©sent, tantĂŽt
celle du futur ;
2Ÿ L'imparfait, qui exprime tantÎt Tidée du passé , tantÎt celle du futur ;
3Ÿ Le prétérit on parfait, qui exprime soit Tidée du passé, soit celle du futur, selon
les vues de Tesprit ;
4Ÿ Enfin ; le plus-que-parfait, qui représente Taction comme faite dans un temps passé,
ou comme Ă faire dans un temps Ă venir, mais toujours avec une idĂ©e dâantĂ©rioritĂ© Ă une
autre circonstance.
8sf No CGGCLXII.
MODE INFINITIF.
PRESENT.
Abandonner sa vie Ă un extrĂȘme relĂąchement.
(Fénelon.)
PASSĂ.
!⹠AprÚs avoir abandonné la maison de ses pro
ches» (Massillon.)
2. La justice que Dieu exercera sur nous pour
nous ĂȘtre abandonnĂ©s Ă nous-mĂȘmes.
(Bourdalode.)
( 502 )
* * * t ' A \ * â
Le mode infinitif prĂ©sente la signification du verbe dâune maniĂšre vague et gĂ©nĂ©rale.
Ce nâest vĂ©ritablement qie le nom de lâaction. En effet, si nous Ă©tions dans un pays dont
la langue ne nous fĂ»t pas familiĂšre, et que nous voulussions savoir comment sâappelle
telle action nous ferions nécessairement par des gestes le simulacre de cette action, et
nous dirions : Comment appelle-t-on cela? Et on nous répondrait : boire y manger, dor
mir, etc., selon le signe que nous aurions ĂFait. Souvent mĂȘme nous mettons lâarticle
devant lâinfinitif, et nous disons : Ze boire, le manger, etc. Cette forme verbale nâexprime
aucune des idées accessoires qui se trouvent dans les modes personnels, ni Vidéo de
personne, ni celle du nombre, ni celle, du tençs. '
W CCCGLXJIJ.
PARTICIPES.
PASSIF.
1, J'ai pi-Ă©fĂ©rĂ© PompĂ©e', errant, abĂ ndonnĂ©, Ă
CĂ©sar tĂŽut-pĂŒissarit. (Voltaire.)
2. L'appris sous uue mÚre abandonnée k sup
porter l'exil. jd.)
PRĂSENT.
Abandonnant pour toile soin de lâunivers.
(Voltaire.)
PASSĂ ACTIF.
Les enfants ayant abandonné la maison de leurs
pÚres pour aller rivre dans les déserts. (Pascal.)
Les grammairiens appellent jßar/tctpes présents les formes verbales terminées par ant,
qui sont toujours invariables, et participes passés les formes y exhales abandonné, dormi,
perdu ; etc., qui peuvent, comme les adjectifs-, prendre le genre el le nombre des subÂŹ
stantifs auxquels elles se rapportent. LâidĂ©e de temps nâexiste dans aucune de ces
formes, et conséquemment les dénominations adoptées par les grammairiens manquent
dâexactitude.
Le prétendu participe présent se combine avec tous les temps. On dit au présent : je
vous trouve écrivant; au passé : je vous ai trouvé écrivant; au futur : jo vous trouverai
ccTOan/. Câest donc une erreur grossiĂšre, malheureusement consacrĂ©e par presque toutes
les grammaires , que de prĂ©tendre que cette forme en ant exprime lâidĂ©e du temps pré
sent.
Il en est de mĂȘme du prĂ©tendu |)ar/icipe passĂ©, qui nâest par lui-mĂȘme, comme nous
lâavons dĂ©jĂ dĂ©montrĂ©, qĂŒun adjectif, et qui ne peut guĂšre devenir verbe que lorsque,
combinĂ© avise un des auxiliaires ĂȘtre ou avoir, il sert Ă former lĂȘs temps composĂ©s dii verbĂ©.
Ainsi', Xinfinitif ei le participe ne sont pas, Ă proprement parler, des modes du verbe,
bien que presque tous les grammairiens anciens et modernes aient rangé ces deux formes
verbales parmi les modes. Ils ne sont rĂ©ellement que des noms et des adjectifs, qaâon
peut appeler verbaux, pour les distinguer dĂšs noms et des adjeclifs proprement dils,
dont ils diffÚrent, en effet., sous plusieurs rapports essentiels; à moins que, considérant
ce qĂŒils ont de commun avec le verbe dans leur maniĂšre de signifier, et, pour ainsi
dire, dans leur essence, et prenant la dénomination de mode dans un sens plus étendu
que celui que nous lui avons donnĂ©, on ne prĂ©fĂšre appeler lâinfinitif mode substantif, et
le participe mode adjectif des verbes.
Mais, quelque dĂ©nomination que lâon croie devoir Ă dopter, ce qui Ă©st surtout imporÂŹ
tant dans la considĂ©ration de ces sortes de mots, câest de dĂ©terminer avec prĂ©cision leur
naliifĂ© ; câĂšst-^Ă -rdĂźfĂ© leur niahiĂšre de signifier. Or les formes de la premiĂšre espĂšce, telles
que courir, crĂ irĂš, aimer, lĂŽĂŒer, 'dormir, etc. , diffĂšrent 3es noms âqĂŒi exjprĂźiriĂ«ht les
mĂȘmes idĂ©es, comme course, croyance, amour, louange, sommeil, etc., en ce que dâabord
ils conservent virtuellement, sâil le faut ainsi dire, le principe de vie, dâaction, et * en
quelque maniĂšre, dâexistence > qui appartient, en gĂ©nĂ©ral, aux autres modes; ils conÂŹ
servent déplus, comme les modes essentiels et proprement dits, dans les verbes qui
t 503 )
expriment une action, lĂŻndication dâune teridancĂš Ă transmettre ĂŽu Ă Ă©prĂŽĂŒVĂ©f cette
action. Enfin, comme les modes dont nous avons parlĂ©, ils sont susceptibles dĂȘ prendre,
par la conjugaison , des formes applicables ou relatives aux divĂ«rsĂšs pĂ©riodes dĂȘ la durĂ©e.
ĂŻl en faut dire autant des participes, soit celui quâĂŽn appelle actif, comme coĂŒtarit,
croyant, louant, Ă«tc., soit celui qĂŒĂ« Toii homme passif, comme couru, cru, louĂ©, etc.
Non seulement le premier prĂ©sente lĂŻdĂ©e dâĂ©tat, de situation, mĂȘme dâaction, cĂŽihiriĂš
transmissible Ă uri sujet, oĂŒ, suivant Texpression des grammairiens, Ă un rĂ©gime, ce
qui caractérise éssentießlement le verbe ; mais il présente cette action comme se conti
nuant pendant une portiĂŽii de la pĂ©riode Ă laquelle on lĂ rapporte et nâĂ©tant pas termiÂŹ
née dans cette période-ià . Quant au participe passé; il présente, au contraire, Taclion
comme terminée et accomplie' dans la période à laquelle elle se rapporte.
On voit, par ce que nous venons de dire de la natĂŒre et de la maniĂšre de signifiĂšr des
verbes, comment cette^espĂšce de mots ĂšntrĂȘ toujours dans une proposition, puisque, Ă
lâexception de lĂŻnfinitif et dĂŒ participe, qui sont inĂȘmĂŽ plutĂŽt des formes dâexpression
qĂŒĂ« dâĂ©noncialioh, toutes les autres formes constituent presque seules de vraies projposi-
tions : les unes directes ou principales (mode indicatif); les autres diversement suborÂŹ
données (modes subjonctif, conditionnel, etc. ' «
Sur quoi nous remarquerons qĂŒâĂ proprĂ«ment parler, Tindicatif seul a dĂšs temps, ou
formes temporellĂȘs, dont la signification soit expresse et rigoureusement dĂ©terminĂ©e, et
que les autres hiodĂȘs nâĂȘh ĂŽnt que par imitation de ce mode essentiel et principal. Aussi
leur rignificĂ tioh, par rapport au temps, Ăšst-elle toujours indĂ©terminĂ©e en elle-mĂȘme
et entiÚrement dépëndà hte dés autres accessoires du discours.
N» C'CCCLXIV.
DĂS DIFFĂRENTES ESPĂCES DĂ VERBES.
La coloilibe ATTENDRIT Us Ă©clios des forĂȘts.
(DÚlillé.}
Il veut ĂTRE coNNĂŒ âŹt ADORĂ de Sa crĂ©ature.
(Massillon.)
Les fats sont gouvernés par la raison d'état.
(La Fontaine.)
Abstenez-vous de nuire à votre eririémi.
(^lASSItLON.)
Il fait, sans se flatter , le procĂšs Ă son vice.
(Boileau.)
Il y a long-temps qĂŒĂŻ/ nâA plu.
(Académie^
En examinant attentivement les phrases citĂ©es en tĂȘte de ce numĂ©ro, on voit que lĂ©s
verbes nâont pas tous le mĂȘme complĂ©ment.ni le mĂȘme sujet, et que dâautres hâaaĂźhettĂ«rit
point de complément aprÚs eux.
Attendrit est suivi dâun complĂ©ment ou rĂ©gime direct : La colombe attendrit quoi?
. lĂšs Ă©chos<ks forĂȘts.
Dieu veut ĂȘtre adorĂ© de qui? dĂ© sa crĂ©ature; les rats sont gouvernĂ©s par (judi? J3ar ta
faiSoĂŒd'Ă©tat. De sĂ crĂ©ature, par lĂ raison d'Ă©tat, sont les complĂ©ments oĂŒ rĂ©gimes indiÂŹ
rects des verbes ĂȘtre adorĂ©, ĂȘtre gouvernĂ©, qui expriment le contrairĂȘ dĂ©s verbes adorer,
gouverner. . , â âą
Abstenez-vous de nuire Ă votre ennemi. Nuire diffĂšre des verbes que noĂŒd vĂšrions
dâĂ«xaminer eh ce qĂŒil hâadhiet jamais aprĂšs lui de rĂ©gime direct, et qĂŒil ne peĂŒt sĂš tourner
par ĂȘtre nm. Son coinplĂ©ment est Ă votre ennemi, qui est un complĂ©ment indirect.
Condillac, dâĂ ccord avec bien dĂšs grammairiens, ne reconnaĂźt qĂŒun verbe;lĂ« verĂŒĂ« -
ĂȘtre, exprimant le rapport aperçu par Tesprit, Taction du jugement qui compare. Seldh
ces nombreuses Ă ĂŒtoritĂ©s, toiit verbe, soif actif, soit passif, soit rĂ©flĂ©chi, he serait qĂŒuh
composĂ© de ce verbe ĂȘtre, et dâun adjectif exprimant la maniĂšre dâĂȘtre. Ainsi, je peiue,
serait uhe traduction abrégée de je suis pensant. Là conjugaison grecque, composée prÚs-
:( 504 ) .
que toujours d'un radical invariable uni aux terminaisons du verbe ĂȘtre viendrait Ă l'apÂŹ
pui dĂš cette assertion. '
Nous avons Ă ce sujet quelques doutes aussi peu importants que le sujet lui-mĂȘme.
Nous allons les exposer briĂšvement.
Ce verbe ĂȘtre, le seul de la langue, exprime-t-il VidĂ©e d'existence ou VidĂ©e du rapport
seulement ; car ce sont deux idées distinctes ?
S'il exprime seulement VidĂ©e d'existence, il nous semble qĂŒil n'est pas l'expression
de la pensĂ©e; car nous croyons impossible dâanalyser ces rĂ©flexions : jepense, jeveux,
je me souviens ; elles sont simples, selon nous, indécomposables, et ne peuvent réellement,
dans Vesprit, se diviser en ; j'existe pensant,'j'existe voulant, j'existe me souvenant. Quand
je songe que Dieu est bon, je ne songe pas le moins du monde Ă la question de Vexistence
de Dieu, mais tout bonnement au rapport entre les idées déjà acquises sur Dieu, et une
nouvelle idée que je leur associe, par le moyen du mot est.
Le verbe ĂȘtre nâexprime-t-il que ce rapport? Alors nous demanderons oĂč est le verbe
qui exprime lâexistence ; car il est absurde de traduire ces mots : Dieu est, par ceux-ci : .
Dieu est existant. Or, il est Ă©vident que dans cette phrase. Dieu est, ce'mot est nâa pas
du toutlĂš mĂȘme sens que dans Vautre : Dieu est bon.
Enfin ce verbe ĂȘtre exprime-t-il les deux choses, selon lâoccasion? Alors il y a deux
verbes dans la langue ; alors pourquoi pas vingt, pourquoi pas cent? ,
Nous croyons que chaque verbe est rĂ©ellement et dâune maniĂšre indivisible lâexpression
d'une pensĂ©e indivisible ; qĂŒil ĂŒy a pas dâintermĂ©diaire entre le sujet et sa maniĂšre dâĂȘtre,
sa situation, son action ; que lorsquâon dit : Henri IV mourut i^sassinĂ©, on ne renferme
qĂŒune IdĂ©e sous ce mot mourut, et qĂŒon ne veut dire ni Henri IV fut mouranV, m
Henri IV exista mourant. . * âą
Nous soumettons aux maĂźtres Vart de parler en cette opinion que nous partageons *
entiĂšrement, et qui est celle dâun de nos pĂźus savants professeurs de philosophie, M. Oza-
neaux, auquel on doit un nouveau systÚme d^études philosophiques
Nous ajouterons que cette opinion est aussi celle de Lemare, de Bescher, et de
quelques autres gramniairiens philosophes, et nous terminerons par ce passage dâun acaÂŹ
démicien distingué, qui vient la confirmer.
On,a cru dĂ©couvrir lâorigine des conjugaisons dans quelques inflexions des verbes
grecs. On a dit que les Grecs nâavaient fait quâajouter Ă la fin du monosyllabe qui exÂŹ
prime une'action ou un sentiment, les temps du verbe eĂŽ, qui signifie ĂȘtre . Ainsi, les
mots fhileĂŽ, phileeis et phileei, qui signifient en grec j'aime; tu aimes, il aime, ne seÂŹ
raient que le mot phil, qui exprime lâamour, joint aux mots eĂŽ, eis et ei, qui signifient
je suis, tu es, il est. On a donc voulu simplement dire : Je suis aimant, tu es aimant.
Au premier coup dâĆil, cette explication est satisfaisante ; mais elle aurait de la peine
Ă soutenir lâexamen. Voici quelques-unes des objections qĂŒon peut y faire
Il faudrait que les inflexions du verbe grec eĂŽ, quâon remarque au prĂ©sent de VinÂŹ
dicatif de certains verbes, se trouvassent aussi dans les autres temps : ainsi, par exemple,
les Grecs disant ĂȘn pour exprimer fĂȘtais, il faudrait qĂŒils eussent dit : phileĂȘn, et non
pas éphileon, pour exprimer f aimais.
2° Pour supposer que ce sont les temps du verbe eÎ qui ont servi à former les conju
gaisons grecques, il faut commencer par admettre que les Grecs avaient déjà conjugué
ce mĂȘme verbe eĂŽ, câest-Ă -dire quâils avaient dĂ©jĂ conçu lâidĂ©e de donner diffĂ©rentes inÂŹ
flexions au mot radical du verbe, pour lui faire exprimer les différents rapports du temps ;
or câest cette premiĂšre conception qui fait tout le merveilleux. DĂšs qĂŒon a su conjuguer
un verbe, il est aisĂ© dâen conjuguer cent ; et quand les inflexions du verbe eĂŽ auraient
Ă©tĂ© ensuite appliquĂ©es Ă tous les temps des autres verbes, ce qui est bien Ă©loignĂ© d'ĂȘtre
( 505 )
vrai, cela prouverait seulement qu'on aurait suivi la mĂȘme forme pour la conjugaison de
tous les verbes,
3Âź Si Von fait la rĂ©flexion que le verbe ĂȘtre, exprimant une idĂ©e trĂšs-abstraite, qui supÂŹ
pose dĂ©jĂ dâautres idĂ©es abstraites et une langue trĂšs-avancĂ©e, a dĂ» ĂȘtre ĂŒn des derÂŹ
niers INVENTĂS, on trouvera peu vraisemblable que ses modifications aient, pu servir
Ă former celles des autres verbes. On peut assurer que la plupart des peuples sauvages
nâont point de mots pour exprimer cette idĂ©e abstraite : nous avons une grammaire et un
dictionnaire de la langue des Galibis, et nous y trouvons que, pour exprimer jësuis ma
lade, ils disent simplement moi malade. Ce ne serait que par une connaissance exacte
des langues sauvages qĂŒon pourrait espĂ©rer dâarriver aux vĂ©ritables principes de la forÂŹ
mation des langues ; mais cette connaissance est difficile à acquérir, les rapports des
voyageurs sont trop vagues et trop suspects (1).
Se flatter prĂ©sente aussi un caractĂšre particulier ; cĂ«st que, sâil admet aprĂšs lui un rĂ©gime
direct, ce régime-est le plus souvent représenté par un pronom personnel ; il se flatte, cëst-
Ă -dire i7/Ăaßße SOI.
Enfin il a plu, il pleut, etc., se distingue des autres verbes en ce qĂŒil ne sâemploie
guĂšre quâĂ la troisiĂšme personne du singulier, et quâil a presque toujours pour sujet le
pronom ĂŒ.
Il y a donc cinq sortes de verbes : le verbe actif, le verbe passif, le verbe neutre, le
verbe réfléchi et le verbe impersonnel. Nous allons examiner séparément chacune de ces
sortes de verbes.
NÂź CCCCLXV.
Is
DĂŒ VERBE ACTIF.
(Racine.)
(Voltaire.)
Dieu protĂšge lĂŻnnogencb.
Lâhabit change les moeurs.
Le travail entretient la santé.
(Lombard de Langres.)
Les cygnes ne chantent point leur mort.
(Buffon.)
Carthage a toujours aimé les ricqesses.
(Bossuet.)
La fraise vermeille embaume les gazons.
(Castel.)
Lâargent rĂ©pare toute chose. (La Fontaine.)
Chaque peuple a ses lois. (Chénier.)
f
Le verbe actif (2) est celui qui exprime une action faite par le'sujet, et qui retombe sur
un objet qui est le régime direct de ce verbe.
Tout verbe aprĂšs lequel on peut mettre quelqu'un ou quelque chose est un verbe actif .
Ainsi protéger, changer, entretenir, chanter, aimer, embaumer, réparer, avoir,, soni
des verbes actifs ,, parce qĂŒon peut dire protĂ©ger quelquâun , changer quelque
CHOSE , etc.
«
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Souligner et analyser les verbes actifs.)
Ne cherche* pas Ăą connaĂźtre les cccrcts dâautrui.
Vaincre ses passions est glorieux.
Rien ne peut arrĂȘter le temps.
Il cherche à mériter votre estime.
11 craint d'immoler une fille chérie.
Il commence ù détester les faux biens.
Il néglige de remplir ses devoirs.
CérÚa euseigna à TriptolÚme à cultiver la terre.
Ne conserve* pas le souvenir des injures.
Cr.vßgne* de compromettre votre réputation
Soulage* les malheureux.
Dieu permet niix rois de punir les hommes.
Ou perd souvent sa rĂ©putation pour avoir mal âŹ1101,31 ses amj.,
Vn in.'ilant peut détruire un stccle do bonheur.
Chaque homme a quelques qualités dout 11 est fier.
(1) SuARD, Mélanges de littérature. tome II.
(2) La dĂ©nomination dâactt/est sans doute dĂ©fectueuse, puisque presque tous les verbes expriment des
actes ; mais celle de transitif (piâon voudrait lui substituer ne serait pas plus logique. Teuons-nous-«n donc
aux anciennes dĂ©nominations jusquâĂ ce quâon en ait trouvĂ© de meilleures.
( 506 )
N" CCCCLXVI.
DU YEilBĂ PĂSSiF.
Il était entouré des seigneurs de sa cour.
(Académie.)
Les petits espjitS sohi trop blessés des petites choses.
(LĂROfcllĂFĂĂŒCAULD. )
n est cruel dâĂȘtre trompĂ© par ses amis.
(Académie ,)
ïl était guidé paf là forte de son génie.
(Massillon.)
Il est fasciné par les grandeurs du nioiidé:
(Académib,)
On aimĂ© Ă faire voir qĂori est favorisĂ© dĂš Dieu.
(Flécuier.)
Nos campagnes ont été fécondées par la pluié.
(Académie.)
La venue de jésus-Christ d été prédite par les pro
phĂštes. jd.)
Le verbe passif est le contraire du verbe actif. Le verbe actif présente lé sujet comnie
agissant, comme faisant une action qui se dirige directement vers son objets au lieu que âą
le verbe passif prĂ©sente le sujet comme recevant, comme souffrant une action qĂŒi nâa
point dâobjet direct.
bans la proposition ; La loi protÚge également tous les citoyens, la loi, qßii eà t le sujet,
exerce lâaction exprimĂ©e par le verbe protĂšge; et ces mots,* tous les citoyens, soAi le
régime direct du verbe.
Dans cette autre : Tous les citoyens sont également protégés par la loi; lo sens est le
mĂȘme que dans la prĂ©cĂ©dente ; les mots tous les citoyens, qui' toĂŒt-Ă -lâheure Ă©taient le
rĂ©gime direct du verbe, sont maintenant le sujet de la proposition ; mais ils nâexercent
pas lâaction exprimĂ©e par le verbe sont protĂ©gĂ©s ; elle est au contraire exercĂ©e sur eux par
la loi; ils la souffrent, au lieu dâen ĂȘtre la cause ou le moteur.
. Dans la premiĂšre proposition, le verbe protĂšge est appelĂ© actif, parce qĂŒil suppose de
lâactivitĂ©, de lâĂ©nergie dans Ăźe sujet, puisque câest lui qui exerce lâaction sur autrui.
Dans la seconde, le verbe sont protĂ©gĂ©s est passif, parce que le sujetloin dâavoir dĂš
lâactivitĂ©, loin d'exercer lâaction, est dans un Ă©tat passif, puisque câĂšst sur lĂŒi que cette
action est exercée par autrui. , ^
Dans lâune comine dans lâautre, lâaction part toujours du mĂȘme principe, du mĂȘme moÂŹ
teur, la loi; elle tombe toujours sur le mĂȘme objet, (otis les citoyens; il nây a de diffĂ©rence
quo dans k construction de la phrase.
Ainsi les verbes sont actifs ou passifs, selon que lé sujet de la proposition exerce sur
autrui, ou souffre lui-mĂȘme de la part dâautrdi, Ttiction exprimĂ©e par le verbe.
A la rigueur, nous ne devrions pas' admettre dé verbes passifs dans notre là iigué, puis
que nous nâavons pas de formes particuliĂšres, dâinflexions distinctes pour les cas oĂč lâacÂŹ
tion est exercĂ©e par autrui sur le sujet de la proposition. Les Latins exprimĂ«iit par ĂŒh
seul mot, et au moyen dâune inflexion diffĂ©rente, ĂȘtre aimĂ©, je suis aimĂ©, etc., etc. ; mais
nous ne pouvons exprimer toutes les formes relatives au jpassif que par la combinaison
des formes du verbe ĂȘtre avec le participe passĂ© dâun autre verbe : ce nâest donc pas,
rigoureusement parlant, pour nous une voix diffĂ©rente; et ĂȘtre aimĂ©; je suis aimĂ©, nâest
pas plus un verbe passif que ĂȘtre malade, je suis malade. â '
Quoi qĂŒil en soit, tout verbe passif a nĂ©cessairement un verbe actif; et tout verbe actif
a son verbe passif; de sorte qĂŒon peut Ă©tablir en principe qĂŒon reconnaĂźt iin verbe
actif quand on peut le tourner en passif, et un verbe passif lorsquâon peĂŒt le changer
en actif.
En français , on fait peu dâusage du verbe passif ;'on prĂ©fĂšre employer le veri3e actif,
parce qĂŒil dĂ©gage la phrase de petits mots qui gĂȘnent la construction ; câest en cela tjue
le génie de la langue française diffÚre beaucoup de celui de ßa langue latine. On ne dirait
(.507 )
pas"bien \ Tous les jours ceux qĂŒi m'ont donnĂ© VĂȘtre sont vĂŒs par moi; mais on doit
dire : Je vois tous les jours ceux qui m'ont donnĂ© l'ĂȘtre»
' Le verbe passif se conjugue dans tous les temps avec le verbe ĂȘtre »
ĂXERCICE ĂNALYTIQVE,
M
(Souligner et analyser les verbes passifs.)
Son mérite eat Ignoré de tout le monde.
Une mauvaise action est suivie dn repentir.
La jeunesse est embellie par les grĂąces.
Son caur est Ă©tonnĂ© de ses nouveauxâdĂ©sirs. ^
Toujours par un malheur un antra est amené.
La jenaes.e est asses parée de Ja jeunesse.
Toujours ou est puni par oĂč l'on a pĂ©chĂ©.
Le tyran est craint de ses sujets.
Le sage est estimé des gens vertueux.
Le puissant est toujours favorisé des grands.
Le faible est écrasé par le fort.
Noua Ă©tions observĂ©s par lâennemi.
CCGCLXVII.
DĂŒ VERBE NEUTRE (1).
Il ne faut point mentir, ma juste impatience
yoiïs accusait déjà dé quelque négligence. (Racine.)
ĂnĂ©e Ă cet aspect tressaillo de plaisir. (Delille.)
Ainsi qĂŒon voit, soĂŒs cent mains diligentes,
Choir les épis des moissons jaunissantes.
(Voltaire.)
Socrate passa le dernier jour do sa vie Ă discouYir
dé lïmmortalité dé Tame. (Académie.)
Le fĂ©uqĂŒi sĂ©inblĂ© Ă©teint dort souvent sous la cendre.
(Corneille.)
Les Rlatéens citÚrent les Lacédémoniens à eompq-
irattrĂ© devant les aitiphycĂŒohs., (LĂšgendre.)
Le verbe «éwĂźre diffĂšre du verbe actif en ce que cdlui-ci exprime ĂŒiie actiori qui se di^
.rige direclĂšraent vers son objet, tandis que celle du verbe newĂźre nâaboutit vĂ©rs rdbjet
indirectement, cĂ«st-Ă -dire qĂŒĂ l'aide d'une prĂ©position. DâoĂč il suit que le vĂ©fbe
neutre ĂŒa jamais de rĂ©gime direct, et quâon ne peut jamais par consĂ©quent le faire ĂąĂŒivrb
dâun dĂšs mots quelqu'un , quelque chose: de mĂȘme qnĂŻl ne peut jamais adopter lĂ»vĂčicc-
passive, puisquâil nây a que les verbes qui aient un rĂ©gime direct qui en soient stiscĂ©p-
tibles, Gâest pourquoi marcher, et tous ceux de ce genre sont des verbes neutres, puisÂŹ
quâils nĂ© peuvent ĂȘtre suivis des mots quelqu'un ou quelque chosĂ©, et qĂŒilĂą ne peuvent pĂąs
non plus se tourner par le passif. Agir quelqu'un, marcher quelqu'un, ĂȘtre agi, ĂȘtrĂ© marÂŹ
chĂ©, ue sont dâaucune langue.
Les verbes neutres sont de deux sortes'; les uns, dont Taction peut se porter au dehors,
et consĂ©quemment qui ont un rĂ©gime indirect, mais que quelques grammairiens rioiiiinĂȘnt
a cause de cela verbes neutres transitifs, comme venir, nuire, etc.; car il faut nécessai
rement dire : venir de la campagne , nuire, à sa réputation; les autres dont TactioR sÚ
concentre en eux-mĂȘmes, qui nâont donc pas dĂ© rĂ©gime, et auxquels, pour cette rĂąisĂŽn,
on a quelquefois donné le nom d'intransitifs ; tels sont : dormir, vivre, rire, marche^, etc.
Parmi les verbes neutres, il y en a qui se conjuguent avec avoir ; commÚ ré§ner^ tivh,
languir, elci; dâautres avec lâauxiliaire ĂȘtre; comme : tomber, arriver; et enfin il y Ăšn a
un certain nombre qui, selon Toccurrence, prennent tantĂŽt avoir et tantĂŽt ĂȘtre ; telĂą sont : :
cesser, grandir, passen, etc. Nous indiquerons, dans un instant^ dans quels cas cela a Ăźieli.
ĂŻlemarque, â Dans ces verbes, Tauxiliaire ĂȘtre est employĂ© pour le verbe dttoir. AiiisĂź
je suis tomtĂ©,je suis arrivĂ©, Ă©quivalent, pour le sens, Ă j'ai arrivĂ©, j'ai tombĂ©; ĂĂšst tifiĂš
irrĂ©gularitĂ© particuliĂšre au gĂ©nie de notre langue. Il est aisĂ©, dâaprĂšs.cela, de distinguer
un verbe passif dâĂŒh verbe neutre conjuguĂ© avec ĂȘtre. En Ă©ffet, je suis encouragĂ© nâĂ©quiÂŹ
vaut nullement Ă j'ai encouragĂ© : câest donc un verbe passif,
(1) Neutre signifie qui Ăest ni Vun ni l'autre, câest-Ă -dire ni actif ni passif. Sous le rapport du sens, il
ĂŒy a en effet que ces Itois sortes de verbes.
( 503 )
EXERCICE ĂNALXTIQUĂ.
(Souligner et analyser les verbes neutres.)
Lo /eu follet paraĂźt et disparaĂźt.
Lâhomme naĂźt, vit et meurt.
L»emprcssé va , vient et revient.
Le regétal croßt et vit.
Jene puis résister ù ses douces amorces.,
Jen'en puis plus douter, le traĂźtre sâest (ralii.
Tout genre dâexcĂšs nuit Ă la santĂ©.
Louis XIII a succédé à Henri IV,
Louis XIV a régné soixante-douze ons.
Napoléon monta sur le trÎne en 1804.
Il y a des montagnes ou la glace ne fond jainais.
Rien ne plait de la part de quelquâun quâon nâaime
pa!
Nâ CCCCLXVIII.
DES VERBES RĂFLĂCHIS.
Les peuples se féliciteront d'avoir un roi qui lui
ressemble. (Massillon.)
Il ne faut pas se flatter; les plus expérimentés dans
!cs affaires font des fautes capitales. (Bossuet.)
Dâun espoir si charmant je me flattais en vain.
(Racine.)
Vos prĂȘtres. .
Des bontĂ©s dâAlhalie ont lieu de se louer, {Id.)
On se méfie des autres, on se défie de soi.
(Académie.)
Il ne faut pas permettre Ă lâhomme de se mĂ©priser
toutentier, (Bossuet.)
Prenez-garde dc vous méprendre.
(Académie.)
Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas impuÂŹ
nément de Dieu. (Bossuet.)
Les grammairiens divisent encore les verbes d'action en verbes réfléchis et en verbes
réciproques. Ils appellent réfléchis les verbes qui expriment que celui qui fait Taction la
fait sur lui-mĂȘme , comme dans je me frappe, je m'achemine, tu te repens, il se mĂ©fie,
elle se plaßt ; mus nous écrions , vous vous empares , etc.et réciproques les verbes qui
expriment que plusieurs sujets agissent réciproquement les uns sur les-autres, comme
dans ils se frappent Vun Vautre , ils se percÚrent à coups d'épée, elles s'épargnent Vune
Vautre, etc.
Mais ces distinctions sont parfaitement inutiles, et appartiennent à une idéologie fausse
et oiseuse ; car du moment qĂŒun verbe a un complĂ©ment, que ce complĂ©ment soit un
nom personnel, autrement dit un pronom , ou un substantif commun , peu importe , la
syntaxe du verbe'Ă©tant toujours Ja mĂȘme. Dâailleurs, qĂŒimporte surqui ou sur quoi se
fait Taction? que je dise : je me frappe, ou je frappe ma tĂȘte, me et tĂȘte ne sont-ils pas
également Tobjet de Taction de frapper, et frappe change-t-il pour cela dénaturé?
Et puis, quand, par exemple, en me frappant la tĂȘte, je dis : je me frappe, c'est une
c partie de moi-mĂȘme , comme ma main, qui en frappe une autre ; je ne vois lĂ qu'une
action. Câest Ă la physique, dit Lemare, qĂŒon a empruntĂ© le mot rĂ©flĂ©chi. Or, pour
quâil y ait rĂ©flexion, il faut, comme on sait, quâil y ait action et rĂ©action. Mais lorsque
je me frappe, jâagis sur moi-mĂȘme, et je ne rĂ©agis en aucune maniĂšre. La dĂ©nomination
de rĂ©ciproques donnĂ©e Ă certains verbes nâest pas plus heureuse. Quand je dis simpleÂŹ
ment nous nous frappons, il est impossible de dĂ©mĂȘler si nous nous frappons nous-mĂȘmes,
ou si nous nous frappons mutuellement ; ce nâest donc pas le verbe qui marque la rĂ©ciproÂŹ
citĂ©; et si cette idĂ©e sâĂ©veille dans Tesprit, ce ne peut ĂȘtre que par lâintervention dâun
autre mot, ou par Tensemble de Ăźa phrase. On'ne peut donc pas dire qĂŒil y ait des verbes
rĂ©ciproques, des verbes rĂ©flĂ©chis, et lâidĂ©ologie qui les crĂ©e est aussi fausse quâelle est
inutile. Néanmoins nous allons donner la liste des verbes essentiellement ou acciden
tellement accompagnĂ©s dâqn pronom personnel, afin de familiariser les Ă©lĂšves avec cesâ
sortes de verbes.
S'abstenir.
Sâaccouder.
Sâaccroupir.
Sâacharner.
S'acheminer.
S'adonner.
Sâagenouiller.
Sâagriffer.
Sâaheurter.
Sâamouracher.
Sâarroger.
Sâattrouper.
So blottir.
Se cabrer.
Se carrer.
Se comporter.
Se défier.
Se dédire.
Se démener.
Se désister.
Se dévergonder.
SâĂ©bahir.
SâĂ©bouler.
SâĂ©crouler.
Sâembusquer.
Sâemparer.
Sâempresser,
Sâen aller.
Sâencanailler.
SâenquĂ©rir.
SâenquĂȘter.
Sâen retourner.
Sâescrimer.
Sâestomaquer.
SâĂ©vader..
SâĂ©vanouir.
SâĂ©vaporer.
SâĂ©vertuer.
( 500 ;
S'extasier.
Se formaliser.
. Se gargariser.
Se gendarmer.
Sâimmiscer.
SĂŻndustrier.
, S'ingénier,
S'ingérer.
Se mccompter.
Se méfier.
Se méprendre.
Se moquer.
SâopiniĂątrer.
Sc paijurer.
Se prosterner.
Se racquitter.
Se ratatiner.
Se raviser.
Se rébeller.
Se rébéquer.
NÂź CCCCLXIX.
Se récrier.
Se rédimer.
Se refrogner.
Se réfugier.
Se reinpaver.
Se rengorger.
Se repentir.'
Se souvenir.
Sâattacher.
Sâapercevoir.
Sâattaquer.
Sâattendre.
Sâaviser.
Se disputer.
Se douter.
Se louer (se féliciter)^
Se plaindre.
Se prévaloir.
Se taire.
Se servir.
DES VERBES IMPERSONNELS OU ĂNIPERSONNELS.
11 pleut
Il tonne.
(Académie.)
' Ud.) â
Il gĂšle.
Il fait du vent.
(ĂCADĂMIB.)
W
On nomme impersonnels ou unipersonnels les verbes qui ne peuvent ĂȘtre employĂ©s qĂŒĂą
la troisiĂšme personne du singulier, commet? pleut, il neige, il importe, il faut.
Ceux qui les appellent unipersonnels leur donnent ce nom parce quĂŻls ĂŒont quâune
seule personne, et ceux qui les appellent impersonnels le font parce que le pronom il,
sujet de ces verbes, ne désigne aucune personne ; cëst le véritable genre neutre ; ainsi ces
deux dénominations sont également justes.
Dans les verbes unipersonnels, le pronom il ne tient en effet ßa place dëucun nom ;
cëst une espÚce de mot indicatif, qui équivaut a ceci, et qui annonce simplement le sujet
du verbe ; exemple; Il est nécessaire que je sorte, il convient que vous suiviez mes conseils;
cëst-à -dire, ceci, que je sorte, est nécessaire ; ceci, que vous suiviez mes conseils, con-
vient* II en est de mĂȘme Ă TĂ©gard des phrases suivantes :
Pour bien juger des grands, il faut les approcher.
(LâabbĂ© Aubert, fable 19. liv. 111..)
Il faut rendre meilleur le pauvre qu'on soulage ;
Câest lâeffet du travail, en tout temps, Ă tout Ăąge.
(Somf-Xam&crf, les Saisons, THiver.)
Parmi les verbes unipersonnels, il y»en a qui le sont de leur nature, cëst-à -dire qui ne
sâemploient jamais qiTĂ la troisiĂšme personne du singulier, comme il pleut, il neige ; et
dâautres qui sont tantĂŽt unipersonnels, et tantĂŽt personnels, selon que le pronom il y
est employé avec un sens vague, et comme tenant lieu de ceci, ou dans un sens précis et
ayant rapport à un substantif quën peut substituer à ce pronom. Convenir, arriver, sont
unipersonnels,dans ces phrases : Nous tenons tout de Dieu, ih convient que nous lui rapÂŹ
portions toutes nos actions; il arrive souvent que, etc.; mais ils sont personnels dans
celles-ci : Pardonnez Ă votre fils, il convient de son tort, il arrivera plys tĂŽt une autre
fois : effectivement on peut dire votre fils convient de son tort, elc.
Les verbes unipersonnels se conjuguent les uns avec avoir, comme ßß a plu, il a tonnéI
les autres avec ĂȘtre, comme il est. important, il est rĂ©sultĂ©.
(510)
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Souligner et analyser ĂŻcs verbes unipersonnels.)
Jl fait du yfrit. n fait beau. Il tonne. Il faĂźt nnĂŻĂŻ.
11 laut. Il résulte. 11 fait du brouillard. Il gÚle.
Il Ă. âĂź* â n fait froid. U imuorle- Il sied.
11 degele. Il grcle. Il fait chaud. Il convient
CCCCLXX.
DES VERBES AUXILIAIRES.
VERBE étrÚ.
Hélas! qu'e»f devenu ce temps, cet heureut temps?
(Boileau.)
Sous le joug des ligueurs le peuple est abattu.
' (Baynouard.)
Nous sommes menacĂ©s, et je mâen applaudis.
jd.)
C'est pour notre repos que les cĆurs sont cachĂ©s.
(Lamotte.)
Les jours donnés aux dieux ne son/jamais perdus.
(La Fontaine.)
Les petits sont faits pour les grands. (Lebrun.)
VERBE auotâr.
Certes, je n'm* jamais dormi dâun si bon somme.
(Racine.)
Pradon, comme un soleil, en nos ans a paru.
(Boileau.)
Les religions et les sectes ont régné tour à tour sur
la terre. (Massillon.)
Non, non, avant ce coup, Sabine aura vécu.'
(Corneille.)
Esther a triomphé des filles des Persans. (Racine.)
Vos pÚres ont péché, vous en portez la peine.
(Racine fils.)
Il y a deux verbes que Ton appelle auxiliaires, parce qu'ils servent Ă conjuguer tous
les autres ; ce sont ĂȘtre et avoir. ' ^ .
Qu'il noĂŒs soit permis de faire ici une rĂ©flexion: c'est que quelques grammairiens se
trompent en regardant comme une imperfection dans les langues la nécessité du recours aux
auxiliaires. Ce recours donne, au contraire, plus de douceur, de variĂ©tĂ© et dâharmonie Ă
lâcxpressiori, et a en outre un avantage bien prĂ©cieux, celui de lui donner plus de vivacitĂ©
et de force, en sĂ©parant Y auxiliaire, pour incorporer, en quelque sorte, lâadverbe dans
le verhe dont il modifie la signification.
N° CCCCLXXĂ.
DES CONJUGAISONS.
1- Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers.
(Boileau.)
2. Punir un rival téméraire. (Racine.)
3. Bcceuoir la mort avec courage. (Bossuet.)
4. Rendre meurtre pour meurtre, outrage pour ou-
âą ' (Racine.) [trage.}
Les mots, produits de l'alphabet,, déterminés par le vocabulaire, ne reçoivent que de
la grammaire la circulation et la vie ; de mĂȘme que nulle idĂ©e ne peut subsister isolĂ©ment et
sans relation avec une autre idĂ©e, nul mot ne peut ĂȘtre admis dans Tusage habituel sans
ĂȘtre soumis Ă une foule dâinfluences qui rĂšglent et multiplient ses rapports. Pour exprimer
ces combinaisons de la pensée par des équivalents d'ans le langage, on a dû employer, dÚs
la plus haute antiquité, certains signes convenus, certaines syllabes caractéristiques qui,
ajoutĂ©es dâabord aux autres mots et sĂš confondant insensiblement avec eux, ont constituĂ©
ce qĂŒon appelle les flexions ou les dĂ©sinences mobiles du langage. A ce principe sâen
rattache un autre, que Ton peut considérer comme accessoire, et qui consiste à faire subir
ces changements aux voyelles radicales de chaque mot.
Le verbe , écho naturel de chaque action , est originairement monosyllabique ; mais ce
ĂŒest point sous cette forme radicale qĂŒil nous apparaĂźt dans Tusage habituel. PlacĂ©
dans des rapports variés, influencé par une foute de circonstances,-il est appelé à spécifier
à la fois les personnes,* les temps et les modes ; et, tandis que chez beaucoup dépeuples
( 511 )
ces nuances sont marquées par des mois isolés, qui, disséminés dans la phrase, laissent la
racine dans toute sa nudité, d'autres nations, choisissant, dÚs la plus haute antiquité, une
série de modifications pronominales propres à exprimer Taction dans toutes ses phases,
les ont liées et fondues avec le verbe d'aprÚs une méthode positive, dont Tensemble con
stitue chez elles ce quâon appelle conjugaison.
La base de la conjugaison, la premiĂšre modification du verbe est celle des personnes,
correspondantes aux trois personnes pronominales, celle qui parle, celle Ă qui Ton parle et
celle de qui Ton parle. Cette distinction partout établie s'exprime soit par des terminai
sons spéciales et adhérentes au verbe, comme dans les langues anciennes, soit par la
simple apposition des pronoms, comme dans la plupart de nos idiomes actuels.
On a remarqué que tous les verbes français sont terminés, au présent de Tinfinitif, de
Tune de ces quatre maniĂšres : en er, comme charnier ; en ir comme punir ; en oir, comme
recevoir; en rĂš, comme rendre.
Cette observation a conduit Ă partager lĂšs verbes en quatre grandes classes sous le nom
de conjugaisons ( verbes sous le mĂȘme joug).
La premiÚre conjugaison comprend tous les verbes qui ont le présent de Tinfinitif en
er, comme chanter, aimer, prier, parler, manger, danser, etc.
La seconde conjugaison embrasse tous ceux qui ont le présent de Tinfinitif en ir, comme
pxmir, finir, bénir, accomplir, adoucir, aigrir, appauvrir, appesantir, approfondir,
assujettir, attendrir, bcmnir, Ă©claircir, etc. - . â
La troisiÚme conjugaison renferme tous ceux dont le présent de Tinfinitif est terminé
en oir, comme recevoir, percevoir, concevoir, apercevoir, etc.
La quatriÚme conjugaison contient tous ceux dont le présent de Tinfinitif se termine
eu re, comme rendre, attendre, confondré, corrompre, défendre, descendre, entendre,
fondre, mordre, perdre, interrompre, tordre, feindre, peindre, etc.
' - Conjuguer un verbe, câest le faire passer par tous les accidents de nombres, de perÂŹ
sonnes , de modes et de temps.
On divise les verbes en réguliei's, irréguliers ou défectifs.
1Ÿ Les verbes réguliers sont ceux' qui se conjuguent dans tous leurs temps comme le
verbe modĂšle de la conjugaison Ă laquelle ils appartiennent.
2Ÿ Les verbes irréguliers sont ceux qui ne se conjuguent pas comme le verbe modÚle.
3â Les verbes dĂ©fectifs sont ceux auxquels Tusage a refusĂ© certains temps ou certaines
personnes.
Résumons tout ce que nous avons dit sur le verbe.
Le verbe, admet quatre sortes de modifications ou changements de forme, pour quatre
causes : la personne, \c nombre, le mode et le temps.
1Âź La personne est la propriĂ©tĂ© qu'a le verbe de marquer par sa forme son rapport Ă
un sujet de la premiĂšre, de la seconde ou de la troisiĂšme personne : j'abandonne, (u
abandonnes, il abandonne.
2Âź Le nombre est la propriĂ©tĂ© qĂŒa le verbe de marquer par sa forme son rapport Ă ujĂź
sujet singulier ou pluriel ; j'abandonne, nous abandonnons.
3Ÿ Le mode esf la propriété qu'a le verbe de marquer par sa forme la maniÚre de signi
fier dans laquelle on l'emploie [mode signifie maniĂšre),
4Âź Le temps est la propriĂ©tĂ© qĂŒa le verbe de marquer par sa forme les diverses pĂ©riodes
do la durée. ' .
â Il y a six modes : Tindicatif, le conditionnel, TimpĂ©ratif, le subjonctif, Tinfiqitif
et le participe. '
1Ÿ Vindicatif présente la signification du verbe d'une maniÚre positive, absolue, quel
que soit le temps : j'abandonne, j'ai abandonné, j'abandonnerai.
( 512 1
2Âź Le conditionnel prĂ©sente la signification du verbe sous TidĂ©e dâune condition ou d'ĂŒnĂš
supposition : j'abandonnerais, st. -
3Âź LâmpĂ«ra/i/* prĂ©sente la signification du verbe sous TidĂ©e du commandement, de la
priĂšre, de lâexhortation : abandonnez ce malheureux.
4Âź Le subjonctif prĂ©sente la signification du vĂ©rbe dâune maniĂšre subordonnĂ©e Ă une
. idĂ©e de nĂ©cessitĂ©, de doute, dâindĂ©cision, etc. : ilfaut que je Vahandonne.
5Âź Vinfinitif prĂ©sente la signification du verbe dâune maniĂšre vague et gĂ©nĂ©rale :
abandonner son ami dans la peine
6° Le participe prĂ©sente la signification du verbe dâune maniĂšre qualificative : abanÂŹ
donnant son pÚre; abandonné de tout le monde.
â Les quatre premiers modes se nomment modes personnels, parcĂ© quâils admettent
la distinction des personnes ; les deux derniers modes, nâadmettant pĂ s cette distinction,
se nomment modes impersonnels.
â Tous les jugements que nous portons se rapportent ou Ă la pĂ©riode de la durĂ©e dans
laquelle celui qui parle se considÚre comme existant actuellement, ou à une période de
la durĂ©e dans laquelle il se considĂšre comme n'Ă©tant plus, au moment oĂč il parle; ou
enfin, à la période dans laquelle il se considÚre comme n'étant pas encore. De là trois temps
principaux : le présent, le passé et le futur. Le présent, rapide comme Téclair, est indivi
sible ; mais le passĂ© peut ĂȘtre plus ou moins Ă©loignĂ© ; le futur plus ou moins prochain. De
là plusieurs sortes de passés et de futurs.
L'indicatif a huit formes temporelles :
1. Le présent :/aJandownc;
2. Le passé simultané ou imparfait : j'aiawdonnaßs;
3. Le passé défini : j'ai abandonné;
4. Le passé indéfini \ f abandonnai ;
5. Le passé antérieur : j'eus abandonné ;
6. Le plus-que-parfait : j'avais abandonné, .
7. Le ĂŻnixxx ahsoln \ j'abandonnerai ;
8. Le futur antérieur : j'aurai abandonné-.
Le conditionnel a trois formes temporelles :
1- Le présent ou futur : j'abandonnerais, st.,.
2. Le passé : j'aurais ou j'eusse abandonné, si.
3. Le passĂ© an tĂ©rieur ;jâattrois eu ou j'eusse eti abandonnĂ©, si.. I
L'impératif a deux formes temporelles ;
1. Le présent : abandonnez ;
2. Le futur antérieur : ayez abandonné.
Le subjonctif a quatre temps : .
Le présent ou ßutur : que j'abandonne ;
2. Lâimparfait : que j'abandonnasse ;
3. Le passé'indéfini : que j'aie abandonné ;
4. Le plus que parfait ou passé antérieur : que j'eusse abandonné.
L'infinitif ou indéfini a deux formes temporelles :
1. Le présent relatif : aiandowner; . .
2. Le passé: avoir abandonné ;
Le participe a trois formes temporelles :
1* Le présent relatiï: abandonnant ;.
2: Le passé actif : ayant abandonné;
3. Le passif: abandonné, abandonnée, etc.
Chaque verbe, excepté ceux qui sont défectueux, a donc en tout vingt-deux formes.
Sous le rap'port de Texpression, les temps des verbes sont simples ou composés.
' â , ( )
Lts temps simples sont ceux qui sâexpriment en un seul mot : f abandonne.
Les temps composés sont ceux qui empruntent le secours du verbe avoir ou du verbe
ĂȘtre : jâai abandonnĂ©, je me suis abandonnĂ©.
. , EXERCICE ANALYTIQUE.
analyser les verbes suivants.)
Se plĂątre Ă la campagne.
Se nourrir de légumes.
PrĂȘter serment.
j4ttein(Ăźre le but.
Se suwneltrr Ă l.i PrnvĂźĂenre. âą
Pendre Ă Dieu rc qui est Ă Dieu.
Creuser &e^ trous profonds.
JĂźeceFoirdâJnjustes reprucbcs.
(Souligner et
Obéira Dieu.
jéUumrr à o feu.
HeeVĂŒir des m.nllieuiâ».
BenaĂźtre Ă la rie.
.dcheterde lau» bijoux.
7'ressnilHr de joie.
Faire valoir .«es droits.
Convenir du fait.
Bespecter parents.
Vire la vrritĂȘ. â
C«ei7/iVde.« fruits.
Ptaiudre les mallieurenx.
Se com^-erde ?es défauts.
JUaudire les importun?.
Prier Dieu.
Aller a la ville.
Se nre des menaces.
Aimer \e travail.
Faire une banne' action.
Pretidie un p.irti saue.
Se défendre courageusement.
Hair les hommes orgueilleux.
Concevoir un lie.iii projet.
Former un projet.
N" CCCCLXX IL
MODĂLE DE CONJUGAISON DES VERBES AUXILIAIRES.
â
ĂTRE.
â
AVOIR.
MODE INDICATIF.
MODE INDICATIF.
Temps simples.
Temps composés.
Temps simples.
Temps composés.
présent.
PASSĂ INDĂF M.
PRĂSENT.
' PASSĂ INDĂFINI.
Je suis.
Jâai Ă©tĂ©.
Jâai.
Jâai eu.
Tu es.
TĂŒ as Ă©tĂ©.
Tu as.
Tu as eu.
Il est.
Il a été.
11 a.
Il a eu. '
Nous sommes.
Nous avons été.
Nous avons.
Nous avons eu.
Vous ĂȘtes.
Vous avez été.
Vous avez.
Vous avez eu.
Ils sont.
Us ont été.
Ils ont.
Iis ont eu.
IMPARFAIT.
PLĂS-QĂE-PABFAIT.
imparfait.
PLUS-QUE-PARFAIT.
JâĂ©tais.
J'avais été.
Jâavais.
Jâavais eu.
â Tu Ă©tais.
Tu avais été.
Tu avais.
Tu avais eu.
Il était.
Jl avait été.
Il avait.
11 avait eu.
Nous étions.
Nous avions été.
Nous avions.
Nous avions eu.
Vous étiez.
Vous aviez été.
Vous aviez.
Vous aviez eu.
Ils étaient.
Ils avaient été.
Us .avaient.
Us avaient eu.
passĂ© DĂFINI.
,PASSĂ ANTĂRIEUH.
PASSĂ DĂFINI.
PASSĂ ANTĂRIEUR. ,
Je fus. '
Jâeus Ă©tĂ©.
Jâeus.
- Jâeus eu.
Tu fus.
Tu eus été.
Tu eus. ?
Tu eus eu.
Il fut.
11 eut été.
li eut.
Il eut eu.
Nous fûmes.
Nous eûmes été.
Nous eûmes.
Nous eûmes eu.
Vous fûtes.
Vous eûtes été.
Vous eûtes.
Vous eûtes eu.
Ils furent.
Us eurent été.
Us eurent.
11$ eurent eu. '
FDTCR. '
FUTUR ANTĂRIEUR.
FUTUR.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Je serai.
Jâaurai Ă©tĂ©.
Jâaurai.
J'aurai eu.
Tu seras.
Tu auras été.
Tu auras.
Tu auras eu.
Il sera.
Il aura été.
Ij aura.
II- aura eu.
Nous serons.
Nous aurons été.
Nous aurons.
Nous aprons eu.
Vous serez.
Vous aurez été.
Vous aurez.
Vous aurez eu.
Us seront.
Us auront été.
Us.auront.
Us auront eu.
MODE CONDITIONNEL.
MODE CONDITIONNEL.
PRĂSENT.
PASSĂ.
PRĂSENT.
PASSĂ.
Je serais.
Jâaurais Ă©tĂ©. <
Jâaurais.
Jâaurais eu.
Tu serais.
Tu aurais été.
Tu aurais.
Tu aurais eu.
11 serait.
11 aurait été.
11 aurait.
11 aurait eu.
Nous serions.
Nous aurions été.
Nous aurions.
Nous aurions eu.
Vous seriez.
Vous auriez été.
Vous auriez.
Vous auriez eu.
Us seraient.
Ils auraient été (1).
Us auraient.
Us auraient eu (1).
(1) Ou dit auasi : JV.u55e ct«. â Ta eusses Ă©tĂ©. â â11 «6t Ă©tĂ©. ^
(1) On dĂźt aossl : J>u5?e eu. â Tu eai>ses eo. â Il eĂ»t M.
Ifeds ruseiens Ă©tĂ©. â Vens «ussiw «tĂ©. â Ils eussent Ă©tĂ©.
MOUS «nsiionĂŻ *u. â Voua
i eus?iec eu. Ils «uiseat eu.
(514)
MODE IMPĂRATIF.
tRĂBĂNt: FOTDR ANTĂRIEUR.
Sols. Aie été.
Soyons. Ayons été.
Soyez,
Ayez été.
MODE SUBJONCTIF;
Aie.
Ayons.
Ayez.
PRĂSENT.
Que je soii
Que.tu sois.
QuĂŻl soit;
Que nous soyons.
Que vous soyez.
QuĂŻls soient.
IMPARFAIT.
Que je fusse.
Que tu fusses;
QĂčĂŻl fĂ»t.
Que nous fussions.
Que vous fussiez/
QuĂŻls fussent.
PASSĂ.
Que jâaie Ă©tĂ©.,
Que tu aies été.
Quïï ait été.
Que nous ayons été.
Que vous ayez été.
Quïls aient été.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que j'eusse été.
Que tu eusses été,
Quïl eût été.
Que nous eussions été.
Que vous eussiez été.
Quïls eussent été.
Ătre:
Etant.
Eté:
MbDE INFINITIF.
PREBĂnL PASSĂ.
Avoir été.
PARTICIPE.
PRĂSENT. PASSĂ COMPOSĂ.
Ayant été.
PASSĂ.
MODE IMPERATIF.
PRĂSENT. FUTUR ANTĂRIEUR*
eui.
Ayons eu.
Ayez eu..
MODE SUBJONCTIF.
PRESENT.
Que jâaie. ^
Que tu aies.
QuĂŻl ait.
Que nous a^ons.
Que vous ayez.
QuĂŻls aient.
IMPARFAiT.
PASSĂ.
Que jâaie eu.
Que,tu aies eu.
Quâil ait eu.
Que nous ayons eu.
Que vous ayez eu.
QuĂŻls aient eu.
Que jâeusse.
Que tu eusses.
Quïl eût.
Que nous eussions.
Que vous eussiez.
Quâils eussent.
PRESENT
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse eu.
Que tu eusses eu.
Quâil eĂ»t eu.
Que nous eussions eu.
Que vous eussiez eu.
QuĂŻls eussent eu.
lébià iNtinraF.
pAssiS.
Avoir,
Avoir eu.
PARTICIPE.
Ayant.
Eu.
PRĂSENT.
PASSĂ:
PASSĂ COMPOSĂ.
Ayant eu.
Le verbe auxiliaire avoir sert non seulement Ă se conjuguer lui-mĂȘmĂš dans les tempĂŒ
composĂ©s', mais Ăšricore Ă conjuguer les temps composĂ©s du verbe ĂȘtre, ceux de ioĂŒs les
verbes actifs et unipersonnels et ceux de la presque totalité des verbes neutres.
Le verbe auxiUaiĂźre ĂȘtre sert Ă conjuguer tous les verbes passifs, les temps composĂ©s des
verbes réjlécliis, et ceux de quelques verbes neutres.
Co nëst pas ici le lieu dën régler Temploi ; nous nous en occuperons dans la SynidxÚ.
On voit, par lĂ© dĂŽiible tableau prĂ©cĂ©dent, que le verbe avoir, sĂ« suffit Ă lui-mĂȘme,,quĂŻl
nĂ«mprunle rien dâaucun autre, et que les formes composĂ©es fen sont formĂ©es par la )rĂ©ĂŒ-
nion des fĂŽriûéS Ăąini{)les du mĂȘme verbe avec un participĂ© passĂ© ; au lieu que lĂšs formĂ©s
composĂ©es du verhe ĂȘtre exigent lo concours des formes duuerĂše avoir. On verra bientĂŽt
quïl én est do mcme pour les autres verbes.
Il faut distinguer soigneusement le futur simple ou ahsblii de Vindicatif, et le pfés'Únt
et futur du condĂŒiohnel {f aurai, f durais; je serai, je serais}. Ohconfond souvent TĂŒh
avec Talitfë, soit en parlant, soit en écrivant, ce qui est une faute qui expose à des cohtrë-
sens graves. On doit appliquer la mĂȘme remarque Ă touĂ© les' aĂŒtfĂ«s verbes.
11 faut Ă ĂŒsĂ i distihgiiĂ©r avec soin lo passĂ© dĂ©fini de Vindicatif \ dĂ© Vimparfait du
subjonctif [je fus, je fusse; tu fus; tu fussÚs, etc. ; feus ; f eusse...., nous eûmes, nous
eussions, etc.);
La secondĂ© pĂȘfsdnne du singulier, dâiinĂš forme quĂ«icĂŽnqĂŒĂ©, Ăšst terqiinĂ©e pĂąr ĂŒh s,
excepté à Vimpératif ; observation utile pour Torthographe.
- Nous allons maintenant donner un modĂšle de chacune des quatre conjugaisons.
Les 'vĂ©i'be^ rĂ©guliers se conjuguĂšnt tous de la ihĂȘhie maniĂšre que leurs mddĂšlĂ«s fÚë-
cetifs 5 soit en er> soit en ir, soit en oir, soit en re ; et on ies appelle réguliers parce
(515)
qĂŒils suivent dans toutes leurs formes le modĂšle de leur conjugaison ; d'oĂč il suit Ă©videmÂŹ
ment qu'ils ne sont ni réguliers ni irréguliers par leur nature, mais relativement au modÚle
que Ton a choisi ; en sorte que, si ron prfenait un autre modĂšle, ce qui est absolument
arbitraire, ceux qui Ă©iaionUrrĂ©guliers dans le premier cas pourraient ĂȘtre rĂ©guliers dans
le second, et réciproquement.
iNâ CCCCLXXIIL
MODĂLE DES DIFFĂRENTES CONJUGAISONS.
iN cr.
Jâaime.
Tu aimes.
Il aime.
Nous aimons.
Vous aimez.
Ils aiment.
Jâaimais.
Tu aimais.
11 aimait.
Nous airnion^;
Vous aimiĂšz.
lis aimaient.
Jâaimai.
Tu aimaĂą.
Ii aima. .
Nous aimùmë/.
Vous aimĂątes.
Ils aimĂšrent.
Jâai aimĂ«. ,
Tu as aimé'
Il a aimé;
Nous avons aimé.
Vous avez aimé.
Ils ont aimé.
Jâeus aimĂ©.
Tu eus aimé.
11 eut aimé.
Nous eûmes aimé.
Vous eûtes aimé.
Ils eurent aimé.
J'ai eu aimé. ,
Tu as eu aim'Ă«:
Il a eu aimé.
Nous av6n» Úu aime.
Vous avez eii aimé.
Us ont eu aimé.
EN tr. * EN oir.
MĂi)E INDICATIF.
EN te ou mieux en dre.
PRĂSENT.
Je finis.
Tu finis.
11 finĂźt.
Nous finissons.
Vous finissez.
Us finissent.
Je finissais.
Tu finissais.
11 finissait.
Nous finissions;
Vous finissiez.
Ils finissaient.
Je finis.
Tu finis.
IL finit.
Nous finĂźrncs.
Vous finĂźtes.
Us finirent.
Jâai fini.
Tu as fini*
U a fini.
NoĂŒs avons fini.
Vous avez fini.
Us ont fini.
Je reçois.
Tu reçois.
U reçoit.
Nous recevons.
Vous recevez,
lis reçoivent.
Imparfait .
Je recevais.
Tu recevais.
Il recevait.
Nous recevions
Vous receviez,
ils recevaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je reçus.
.Tu reçus.
Il reçut.
Nous reçûmes.
Vous reçûtes.,
Ils reçurent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai reçu.
Tu as reçu.
Il a reçu.
Nous avons reçu.
Vous avez reçu.
Ils ont reçu*
PASSĂ ANTĂRIEUR DĂFINI.
Jâeus fini.
Tu eus fini.
Il eut fini.
Nous'eûmes fini.
Vous eûtes fini.
Us eurent fini.
j'eus reçu.
Tu eus reçu.
Il eut reçu.
Nous eûmes reçu.
Vous eûtes reçu,
ils eurent reçu.
PASSĂ ANTĂRIEUR INDĂFINI.
Jâafeu fini.
Tu as eu fini.
Il a eu fini.
Nous avons eĂŒ fini,
Vous avez Ă«ĂŒ fini;
Us ont eu fini;
Jâai eu reçu.
Tu as eu reçu:
U a eu reçu.
Nous avons Ă©ĂŒ reçu.
Vous avez eu reçu,
liront eu reçu/
Je rends.
Tu rends.
Il rend.
Nous rendons.
Vous rendez.
Ils rendent.
Je rendais.
Tu rendais*
Il rendait.
Nous rendions.
Vous rendiez.
Us rendaient.
Je rendis.
Tu rendis.
Il rendit:
Nous rendĂźmĂšsi
Vous rendĂźtes,
lis rendirent.
Jâai repdii.^
Tu as rendu.
Il a rendu.
Nous avons rendu.
Vous avez rendu.
Us ont rendu.
Jâeus rendu.
Tu eus rendu*
IL eut rendu.
Nous eûmes rendu.
Vous eûtes rendu.
Us eurent rendu.
Jâai eu rendu. "
Tu as eu rendu: .
U a eu rendu. ,
Nous avons eu rendu.
Vous avez eu rendu,
ils ont eu rendu;
V
. ( 5J6 )
FtUB-QĂK-FARFAlX.
J'arals aimé.
Tu avais aimé.
Il avait aimé.
Nous avions aimé.
Vous aviez aimé.
Ils avaient aimé.
Jâaimerai.
Tu aimeras.
Il aimera..
Nous aimerons.
Vous aimerez.
Ils aimeront.
Jâaurai aimĂ©.
Tu auras aimé.
11 aura aimé.
Nous aurons aime.
Vous aurez aimé.
Iis auront aimé.
Que jâaime.
Que tu aimes.
Quâil aime. '
Que nous aimions.
Que vous aimiez.
Quâils aiment.
.Lavais fini.
Tu avais fini. âą
Il avait fini.
Nous avions fini.
Vous aviez fini.
Ils avaient fini.
Je finirai.
Tu finiras.
.11 finira.
Nous finirons.
Vous finirez.
Us finiront.
J'aurai fini.
Tu auras fini.
11 aura fini. *
Nous aurons fini.
Vous aurez fini.
Ils auront fini.
Jâavais reçu.
Tu avais reçu.
Il avait reçu.
Nous avions reçu.
Vous aviez reçu.
Ils avaient reçu.
FĂTOR.
Je recevrai.
Tu recevras.
Il recevra.
Nous recevrons.
Vous recevrez, '
Ils recevront.
l'UTIĂźR ANTĂRIEUR,
Jâaurai reçu.
Tu auras reçu.
Il aura reçu.
Nous aurons reçu.
Vous aurez reçu.
Ils auront reçu.
MODE CONDITIONNEL.
PRESENT,
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je finisse.
Que tu finisses.
Quâil finisse.
Que nous finissions.
Que vous finissiez.
Quâils fĂźnissent. ,
Que je reçoive.
Que tu reçoives.
Quïl reçoive.
Que nous recevions.
Que vous receviez.
Quâils reçoivent.
Jâavais rendu.
Tu avais rendu.
Il avait rendu.
Nous avions rendu
Vous aviez rendu.
Ils avalent rendu.
Je rendrai.
Tu rendras.
Il rendra.
Nous rendrons.
Vous rendrez.
Ils rendront.
Jâaurai rendu.
Tu auras rendu.
II aura rendu.
Nous aurons rendu.
Vous aurez rendu.
Ils auront rendu.
Jâaimerais. >
Je finirais.
Je recevrais.
Je rendrais.
Tu aimerais.
Tu finirais.
Tu recevrais.
Tu rendrais.
Il aimerait.
][ finirait.
Il recevrait.
U rendrait.
Nous aimerions.
Nous finirions.
Nous recevrions.
Nous rendrions.
Vous aimeriez.
Vous finiriez.
Vous recevriez.
Vous rendriez.
Us aimeraient.
Us finiraient.
Us recevraient.
Us rendraient.
J'aurais aimé.
Jâaurais fini.
PASSĂ.
Jâaurais reçu.
Jâaurais rendu.
Tu aurais aimé.
Tu aurais fini. .
Tu aurais reçu.
Tu aurais rendu-
Il aurait aimé.
U aurait fini.
Il aurait reçu.
11 aurait rendu.
Nous aurions aimé.
Nous aurions fini.
Nous aurions reçu.'
Nous aurions rendu.
Vous auriez aimé.
Vous auriez fini.
Vous auriez reçu. '
Vous auriez rendu.
Ils auraient aimé.
Us auraient fini. ^
Us auraient reçu.
Us auraient rendu.
On dit encore:
* 1
JYusse aimé.
JâeĂŒsse fini.
J'eusse reçu, c
Jâeusse rendu.
Tu eusses aimé.
Tu eusses fini.
Tu eusses reçu.
Tu eusses rendu.
Il eût aimé.
U eût fini.
Il eût reçu.
11 eût rendu.
Nous eussions aimé.
Nous eussions fini.
Nous eussions reçu;
Nous eussions rendu
Vous eussiez aimé. ,
Vous eussiez fini.
Vous eussiez reçu.
Vous'eussiez rendu.
Ils eussent aimé.
Us eussent fini.
Us eussent reçu.
Us eusseut rendu.
MODE IMPĂRATIF.
1
*
PRKSENT-
Point de premiĂšre personne.
Aime.
Finis.
Reçois.
Rends.
Aimons.
Finissons.
. Recevons.
Rendons. '
Aimez.
Finissez.
' . Recevez.
Rendez.
Que je rende.
Que tu-rendes.
Quâil rende.
Que nous rendions.
Que vous rendiez
Qu'ils rendent.
( 517 )
IJHrABFAlT.
Que jâaimasse.
Que .tu aimasses.
Quâil aimĂąt.
Que nuus aimassions.
Que vous aimassiez.
Quâils aimassent.
Que jâaie aimĂ©.
Que tu aies aimé.
Qu'il ait aimé.
Que nous ayons aimé.
Que vous ayÚz aimé.
Ouâils aient aimĂ©.
Que jâeusse aimĂ©.
Que tu eusses aimé.
Quâil eĂ»t aimĂ©.
Que nous eussions aimé.
Que vous eussiez aimé
Qu'ils eussent aimé
Que je finisse.
Que tu finisses.
Quâil finĂźt.
Que nous finissions.
Que vous finissiez.
Quâils finissent.
Que je reçusse.
Que lu reçusses .
Quâil rpçût.
Que nous reçussions.
Que vous reçussiez.
Quâils reçussent- .
PRETERIT ou PAsSE.
Que jâaie fini.
Que tu aies fini.
Quâil ait fini.
Que nous ayons fini.
Que vous ayez fini.
Quâils aient fini.
â Que jâaie reçu.
Que tu aies reçu.
Quâil ait reçu.
Que nous ayons reçu.
Que vous ayez reçu.
Quâils aient reçu.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse fini.
Que tu eusses fini.
Quâil eĂ»t fini.
Que nous eussions fini.
Que vous eussiez fini.
Quâils eussent fini.
Que jâeusse reçu. '
Que tu eusses reçu.
Quâil eĂ»t reçu.
Que nous eussions reçu
Que vous eussiez reçu.
Quâils eussent reçu.
Que je rendisse.
Que tu rendisses.
Quâil rendĂźt.
Que nous rendissions.
Que vous rendissiez.
Quâils rendissent.
Que jâaie rendu.
Que tu aies rendu.
Quâil ait rendu.
Que nous ayons rendu,
Que vous ayez rendu.
Quâils aient rendu.
Que jâeusse rendu. ^
Que tu eusses rendu.
Quâil eĂ»t rendu.
Que nous eussions rendu.
Que vous eussiez rendu.
Quâils eussent rendu.
Aimer.
Aimant.
Aimé
ou
aimée
ou
ayant aimé.
Avoir aimé.
Finir.
Finissant.
Fini
ou
finie
ou
ayant fini.
Avoir fini..
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Recevoir,
PARTICIPE PRĂSENT.
, Recevant. .
PARTICIPE PASSĂ.
Reçu
ou
' reçue
ou
ayant reçu.
PASSĂ.
Avoir reçu.
Rendre.
Rendant.
Rendu
ot#
rendu»
ou
ayant rendu.
Avoir rendu.
Robert Etienne nous apprend dans sa Grammaire qu'autrefois les premiĂšres personnes
des tjerftcs ne prenaient point s au singulier; cette lettre était réservée aux secondes per
sonnes , et lâon mettait un t aux troisiĂšmes. Ainsi chaque personne avait sa lettre caracté
ristique , ce qui rendait nos conjugaisons plus réguliÚres. Mais le temps a apporté, depuis
trois cents ans, des changements à ces inflexions évidemment calquées sur la grammair-
latine. «Dâabord, observe TabbĂ© dâOlivet, les poĂštes sâenhardirent Ă mettre un s aux pre-
» miĂšres personnes des verbes dont la terminaison n'Ă©tait pas en e muet, afin dâĂ©vĂźier ia
«frĂ©quente cacophonie qĂŒelles auraient occasionnĂ©e sans cela devant les mots qui com-
)) mencent par une voyelle. Comme ils n'avaient rien de semblable Ă craindre des verbes
« qui finissent par un e muet, parce que ceux-LĂ sâĂ©lident, ce sont les seuls qu ils ont lais-
)) sĂ©s sans s; et insensiblement Tusage des poĂštes est devenu si gĂ©nĂ©ral, quâenfin Toniis-
)) sion de Ts aux premiĂšres personnes des verbes qui finissent par une consonne, ou par
)) toute autre voyelle que Te muet, a été regardée comme une négligence dans la prose et
)) comnie une licence dans les vers.» Le verbe avoir est le seul de son espÚce qui n'ait pas
Ă©prouvĂ© ce changement. On a toujours Ă©crit jânt, quoiqu'on Ă©crive je fats, etc.
( 518 )
MĂriĂLE DES DIFFĂPENTES CONJUGAISONS.
EN eĂźer.
va yer.
EN ner.
EN ger.
J'appelle.
Tu appelles,
ĂŻl appelle.' "
Nous ap )clons.
Vous ap lelez.*â
Ils appe lent.
Jâappelais.
Tu appelais
^ t t f G* âą 'V t
Il appelait.
Nous appe
Vgus appe
Ils appelaient.
ions.
»«flif
Icz*
Jâappelai.
Tu appelas.
11 appela.
Nous appelĂąmes.
Vous appelĂątes.
Ils appelĂšrent.
Jâai appelĂ©.
Tu as appelé.
Il a appelé.
iVous avons appelé.
Vous avez appelé.
Ils ont appelé.
Jâeus appelĂ©.
Tu çus appelé.
Il eut appelé.
Nous eûmes appelé.
Voi^s eûtes appcjé.
Us 'eurent appelé/
Jâai eu appelĂ©.
Tu as eirappélé.
Il a eu appelé. *
Nous avons Úu appelé.
Vous aviez eu appelé.
Ils. ont eu appelĂ©. â
* »
Jâavais appelĂ©.
âfu avais appelĂ©.
Il aƞaitëppelé.
NofisâĂ vßÎ us* appelĂ©.
Vous aviez appelé:
Us avaient appelé.
Jâappellerai,
Tu appelleras.
. U appellera.
Jâemploie.
Tu emploies. .
nâemploie.
Nous employons
Vous employez.
Ils emploient.
MODE INpipAâfĂźF.
PRĂSENT.
i **
Je joue.
Tu joues.
Il joue. .
Nous jouons.
Vous jouez.
Us jouent.
J!pmpl oyais.
Tu employais;
I|âempioyait.
Nous employions.
Vous employiez.â
Us employaient.
Jâemployai.
Tu employas.
Jl employa.
Nous employĂąmes.
Vous employĂątes.
Us employĂšrent.
IMPARFAIT.
Je jouais.
Tn jouais.
Ă'jouaif.
Nous jouions.
Vous jouVéz.'
lis jouaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je jouai.
Tu jouas.
Il joua.
Nous jouĂąmes.
Vous jouĂątes.
Us jouĂšrent.
,1âai employĂ©.
Tu as crnployé,
il a employé.
Nous avons employé.
A^'ous avez employé.
Us ont employé.
Jâeus employĂ©,
Tii eu s employé.
IlĂ«ĂŒtĂ«mployĂ©.
Nous eûmes,employé-
Vous eûtes employé.,
ils'eurent employé.
V J ' * r
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai jouĂ©.
Tu as joué.
U a joué.
Nous avons joué. *
Vous avez joué.
Ijs ont joué.
PASSĂ ANTĂRIEUR DĂFINI,
Jâeus jouĂ©.
â Tu eus JouĂ©.
U eut'joué. .
Nous eûmes joué.
Vous eûtes joué. '
Ils eurent joué'.
PASSĂ ANTĂRIEUR INDĂFINI,
'G .* ^ ir
Jâai eu jouĂ©.
, Tu as eu joué.
U a eu joué.,
Nous ayons eu joué.
Voiis avezëu joué/'
Us ont eu joué.
Jâai eil employĂ©.
Tu as eu'employé. '
U a eu employé.
Nous avons eu employé.
Vous avez eu cmp
Us ont Ă©u employĂ©.â
< ' I
PLUS-QUE-PARFAIT.
OYC.
Jâavais employĂ©.
Tu avais employé.
Il avait employé.
Noißs* avions employé.
Ăfous aviez crriployĂ©-
lis avaient employé.
Jâemploierai.
Tu emploieras.
Il emploiera.
J'avais joué.
Tu avais joué.
Il avait joué.
Nous avions joué.
Vous aviez joĂŒĂ©.
Ils avaient joué.
FUTUR.
Je jouerai.
Xu joueras.
U jouera.
Je venge.,
Tu venges.
Uâ venge.
Nous vengeons.
Vous vengez/'
Us vengent-
Jc vengeais.
Tu vengeais.
iVvengeĂąit.
Nous vengions.
Vous vengiez*.
Us vengeaient.
Je vengeai.
Tu vengeas.
Il vengea.
Nous vengeĂąmes.
Vous vengeĂątes.
Us vengĂšrent.
% *
Jâai vengĂ©.
Tu as. vengé.
U a vengé.
Nous avons vengé.
Vous avez vengé.
Us ont ven^Ă©.
Jâeus vengĂ©.
Tu eus vengé.
Il eut Vengé. '
NoĂŒs eĂ»riies vengĂ©.
.Vous eûtes vengé.
Ils eurent vengé/
Jâai eu vengĂ©.
Tu'as eu venâgĂ©.
U a eu vengé.
Nous avons eu vengé.
Tous avez eu vengé.
Ils'ont eu vengé.
Jâavais vengĂ©.
Tu avais vengé.
t\ avait vengé.*
Nous avions vengé.
Yous aviez vengé/
Ils avaient vengé.
Je vengerai.
Tu vengeras.
U vengera.
Nous appellerons
Vous appellerez.
Ils appelleront.".
Jâaurai appelĂ©.
Tu auras appelé.
11 aura appe Ă©.
Nous aurons appelé.
Vous aurez appelé:
lis auront appelé.
Jâappellerais.
Tu appellerais.
Il appellerait.
Nous aj)pellerions.
Vous appelleriez.
Ils appelleraient
Jâaurais appelĂ©e
Tu aurais appelé.
Il aurait appelé'.'
Nous aurions appelé.
Vous auriez appelé.
Ils auraient appelé.
t '
Jâeusse appelĂ©.
Tu eusses appelé.
Il eût appelé.
Nous eussions appelé.
Vous eussiez appelé'.
Ils eussent appelé.
Appelle.
Appelons.
Appelez.
Que jâappelle.
Que tu appelles.
Quâil appelle.
Que nous appelions.
Que vous appeliez.
QĂŒils appellent,
4 *
Que jâappelasse.
Que tu appelasses.
QĂU appelĂąt.
Que nous appelassions,
Que vous appelassiez.
Quâils appelassent.
Que j'aie appelé.
Que tu aies appelé.
Quâil ait appelĂ©.
(519)
Nous emploierons. Nous jouerons.
Vous emploierez. Vous jouerez.
Ils emploieront. â Ils joueront. .
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai employĂ©.
Tu auras employé.
II aura employé.
Nous aurons employé.
Vous aurez employé.
Ils auront employé. '
Jâaurai jouĂ©.
Tu auras joué.
Il aura joué.
Nous aurons joué.
Vous aurez joué.
Ils auront joué.
MODE CONDITIONNEL.
Jâemploierais.
Tu emploierais. '
Il emp oierait.
Nous emploierions.
Vous emploieriez..
Ils emploieraient.
Jâaurais employĂ©.
Tu aurais employé.
Il aurait employé.
Nous aurions employé,
Vous auriez emp oyé.
Ils auraient employé.
PRESENT.
Je jouerais.
Tu jouerais.
Il jouerait.
. - Nous jouerions.
Vous joueriez.
Ils joueraient.
PASSĂ.
Jâaurais jouĂ©.
Tu aurais joué.
Il aurait joué.
Nous aurions joue.
Vous auriez joué.
Ils auraient joué.
On dit encore :
Jâeusse employĂ©.
Tu eusses employé.
Il eût employé.
Nous eussions employé.
Vous eussiez ĂȘmpToâyĂ©.
Us eussent employé.
Jâeusse jouĂ©.
Tu eusses joué.
Il eût joué.
Nous eussions joué.
Vous eussiezâjouĂ©.â
Ils eussent joué.
MODE IMPERATIF,
âą PRĂSENT.
Point de premiĂšre personne.
Emploie. ' Joue.
Employons. Jouons.
. Employez.. Jouez.
MODE SUBJONCTIF.
f» i.
' PRĂSENT.
Que jâemploie.
Que lu emploies,
Quâil emploie. â
Que nous employions.
Que vous employiez.. ' '
QĂŒils emploient.
QĂŒe je joue.
Que tu joues.
QĂŒil joue.
Que nous jouions.
Que vous jouiez.
QĂŒils jouent.
IMPARFAIT.
Que jâemployasse. ' Que je jouasse.
Que tu employasses. Que tu jouasses.
QĂŒil employĂąt.' ' , ' QĂŒil jouĂąt.
Que nous employassions. Que nous jouassions.
Que vous employassiez. ' Que vous jouassiez.
QĂŒils employassent. QĂŒils jouassent.
PASSĂ.
Que jâaie employĂ©.
Que tu aies employé,
puâil ait employĂ©.
Que jâaie jouĂ©.
Que tu aies joué,
QĂŒil ait jouĂ©.
Nous vengerons.
Vous vengerez.
Ils vengeront; '
Jâaurai vengĂ©.
Tu auras vengé.
Il aura vengé,' ^
Nous aurons vengé.
Vous aurez vengĂ©, â
ils auront vengé.
Je vengerais.
Tu vengerais,
vengerait.
Nous vengerions.
Vous vengeriez.
Us vengeraient.
Jâaurais vengĂ©.
Tu aurais vengé.
Il aurait vengĂ©l'â
Nous aurions vengé.
Vous auriez vengé.
Us auraient vengé.
Jâeusse vengĂ©.
Tu eusses vengé.
Il eût vengé.
Nous eussions vengé.
Vous eussiez vengé.
Us eussent vengé.
Venge
Vengeons.
Vengez,
Que je venge.
Que tu venges.
QĂŒil venge.
Que nous vengions.
Que vous vengiez.
QĂŒils vengent.
Que je vengeasse.
Que tu vengĂȘasto.
Qu'il vengeĂąt.â ^
Que nous vengeassions.
Que vous vengeassiez,
QĂŒils vengeassent.
Que jâaie vengĂ©.
Que tu aies vengé,
QĂŒil ait vengĂ©.
Que nous ayons appelé.
Que vous ayez appelé.
Quïls aient appelé.
Quejëusse appelé.
Que tu eusses appelé.
Quïl eût.appelé.
Que nous eussions appelé
Que vous eussiez appelé.
Quïls eussent appelé.
( o2'J )
Que nous ayons empIoyé.Que nous ayons joué.
Que TOUS ayez employé! Que vous ayez joué.
Quïls aient employé. Qûïls aient joué.
, PLOS-QUK-PARFAIT.
Que j'eusse employĂ©. Que jâeusse jouĂ©.
Que tu eusses employé. Que tu eusses joué.
Quâil eĂ»t employĂ©. QuĂŻl eĂ»t jouĂ©.
.Quenouseussionsemployé.Que nous eussions joué.
Que vous eussiez-empIoyé.Que vous eussiez joué.
Quïls eussent employé. Quïls eussent joué.
Que nous ayons vengé.
Que vous ayez vengé.
QĂŒils aient vengĂ©.
Que j'eusse vengé.
Que tu eusses vengé.
Quïl eût vengé.
Que nous eussions vengé.
Que vous eussiez vengé.
Quïls eussent vengé.
Appeler.
Appelant.
appelé
Ătant ou
appelée
ou
ayant appelé.
Ătre
ou appelé,
avoir
Employer.
Em'pĂźoyant.
employé
Ătant ou
employée
ow
ayant "employé.
Ătre
ou employé,
avoir
MODE INFINITIF.
PRĂSENT,
Jouer.
PARTICIPE PRĂSENT.
Jouant.
PARTICIPE PASSĂ.
joué
Etant ou
jouée
ou
ayant joué.
PASSĂ,
Ătre
ou joué,
avoir
Venger.
Vengeant.
vengé
Etant ou
vengée
ou
ayant vengé.
Ătre
ou vengé,
avoir
IN éer.
â N cer. EN ier,
MODE INDICATIF.
IN ur.
JâagrĂ©e.
Tu agrées.
Il agrée.'
Nous agréons.
Vous agréez.
Ils agréent.
Je perce. âą
Tu perces.
Il perce.
Nous perçons.
Vous percez.
Ils percent.
JâagrĂ©ais.
. Je perçais.
Tu agréais.
Tu perçais.
U agréait]
Il perçait.
Nous agréions;
Nous percions.
Vous agréiez.*
Vous perciez.
Us agréaient.
Ils perçaient.
F
JâagrĂ©ai.
Je perçai.
Tu agréas.
Tu perças.
11 agréa.
11 perça.
Nous agréùmes.
Nous perçùmes.
Vous agréùtes.
Vous perçùtes.
Iis agréÚrent.
Ils percĂšrent.
âą *
J'ai agréé.
Jâai percĂ©. ^
Tu as agréé.
Tu as percé.
U a agréé.
U a percé.
Nous avons agréé.
Nous avons percé.
Atous avez agréé.
A'^ĂŒus avez percĂ©.
Ils ont agréé.
Ils ont percé.
PRĂSENT.
Je prie.
Tu pries.
Il prie.
Nous prions.
Vous priez.
Ils prient.
. IMPARFAIT.
Je priais.
Tu priais.
Il priait.
Nous priions.
Vous priiez.
Iis priaient.
PASSE DĂFINI.
Je priai.
Tu prias.
Il pria.
Nous priĂąmes.
Vous priĂątes,
lis priĂšrent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai priĂ©.
. Tu as prié.
Il a prié.
Nous avons prié.
Vous avez prié.
Us ont prié.
Je jette.
Tu jettes.
Il jette.
Nous jetons.
Vous jetez.
Ils jettent.
Je jetais.
Tu jetais.
11 jetait.
Nous jetions.
Vous jetiez.
Ils jetaient.
Je jetai.
Tu jetas.
Il Jeta.
Nous jetĂąmes.
Vous jetĂątes.
Ils jetĂšrent.
Jâai jetĂ©.
Tu as jeté.
Il a jeté.
Nous avons jeté.
Vous avez jeté.
Us ont jeté.
{ )
PASSà antérigor défini.
J'eĂčb agree.
Tu eus agréé.
Il eut agréé.
Nous eûmes agréé.
Vous eûtes agréé.
Ils eurent agréé.
Jâai eu agréé.
Tu as eu agréé.
II a eĂŒ agréé.
Nous avons eu agréé.
Vous avez eu agréé.
Us ont eu agréé.
Jâavais agréé.
Tu avais agréé.
Il avait agréé.
Nous avions agréé.
Vous aviez agréé,
lis avaient agréé.
JâagrĂ©erai.
Tu agréeras.
Il agréera.
Nous agréerons.
Vous agréerez.
Ils agréeront.
Jâaurai agréé.
Tu auras agréé.
11 aura agréé.
Nous aurons agréé.
Vous aurez agréé,
lis auront agréé.
J'eus percé,
Tu eus percé.
II eut percé.
Nous eûmes percé.
Vous eûtes percé.
Ils eurent percé.
Jâeus priĂ©. *
Tu eus prié.
Il eut prié.
Nous eûmes prié.
Vous eûtes prié.
Ils eurent prié.
PASSE ANTERIEUR INDEFINI.
Jâai eu percĂ©.
Tu as eĂŒ percĂ©.
11 a eu percé.
Nous avons eu percé.
, Vous avez eu percé.
Ils ont eu percé.
Jâai eu priĂ©.
Tu as eu prié.
Il a eu prié.
Nous avons eu prié.
Vous avez eu prié.
Ils ont eu prié.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais percĂ©.
Tu avais percé.
II avait percé.
Nous avions percé.
Vous aviez percé.
Ils avaient percé. *
Je percerai.
Tu perceras.
Il percera.
Nous percerons.
Vous percerez.
Ils perceront.
s
Jâavais priĂ©.
Tu avais prié.
Il avait prié.
Nous avions prié.
Vous aviez prié.
Us avaient prié.
FUTUR.
Je prierai.
Tu prieras.
Il priera.
Nous prierons.
Vous prierez.
Ils prieront.
FUTUR antérieur.
Jâaurai percĂ©.
Tu auras percé.
Tl aura percé.
Nous aurons percé.
Vous aurez percé.
Ils auront percé.
Jâaurai priĂ©.
Tu auras prié.
Il aura prié.
Nous aurons prié.
Vous aurez prié.
Us auront prié.
Jâeus jetĂ©..
Tu eus jeté.
.1! eut jeté.
Nous eûmes jeté.
Vous eûtes jeté.
Us eurent jeté.
Jâai eu jetĂ©.
Tu as eu jeté.
U a eu jeté.
Nous avons eu jeté.
Vous avez eu jeté.
Ils ont eu jeté.
Jâavais jetĂ©.
Tu avais jeté.
Il avait jeté.
Nous avions jeté.
Vous aviez jeté.
Us avaient jeté.
Jejetterai.
Tu jetteras,
II jettera.
Nous jetterons.
Vous Jetterez.
Us jetteront.
Jâaurai jetĂ©.
Tu auras jeté.
Il aura jeté.
Nous aurons jeté.
Vous aurez jeté.
Us auront jeté.
MODE CONDITIONNEL.
PRESENT.
J'agréerais.
Tu agréerais.
Il agréerait.
Nous agréerions.
Vous agréeriez.
Ils agréeraient.
.Tâaurais agréé.
Tu aurais agréé.
Tl aurait agréé.
Nous aurions agréé.
Vous auriez agréé.
Ils auraient agréé.
J'eusse agréé.
Tu eusses agréé,
11 eût agréé.
Nous eussions agréé.
Vous eussiez agréé.
Us eussent agréé.
Je percerais.
Tu percerais.
II percerait.
Nous percerions.
Vous perceriez.
Ils perceraient.
J'aurais percé.
Tu aurais percé.
Il aurait percé.
Nous aurions percé.
Vous auriez percé.
Ils auraient percé.
Je prierais.
Tu prierais.
Il prierait.
Nous prierions.
Vous prieriez.
Ils prieraient.
PASSĂ.
Jâaurais priĂ©. *
Tu aurais prié,
ïl aurait prié.
Nous aurions prié.
Vous auriez prié.
Ils auraient prié.
On dit encore :
Jâeusse percĂ©.
Tu eusses percé.
Tl eût percé.
Nous eussions percé.
Vous eussiez percé.
Ils eussent percé.
Jâeusse priĂ©.
Tu eusses prié.
II eût prié.
Nous eussions prié.
Vous eussiez prié.
Ils eussent prié.
.Te jetterais.
Tu jetterais.
Ă1 jetterait.
, Nous jetterions.'
Vous jetteriez.
Us jetteraient.
Jâaurais jetĂ©.
Tu aurais jeté.
U aurait jeté.
Nous aurions jeté.
Vous auriez jeté,
lis auraient jeté.
Jâeusse jetĂ©.
Tu eusses jeté.
Il eĂ»t jetĂ©. âą
Nous'eussions jeté
Vous eussiez jeté,
llç eussent jeté.
66 *
( 522 )
Agrée.
Agréons.
Agréez.
MQDĂ IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Ăoint de premiĂšre personne;
Perce. Prie,
Perçons. Prions.
Percez. ' Priez.
r i
MODR SPBJONCTIF.
Que jâagrĂ©e.
Que tu agrées.
Quïl agrée.
Que nous agréions.
Que vous agréiez.
Quïls agréent. *
Que jâagrĂ©asse.
Que tu agréasses.
Quïl agréùt.
Que nous agréassions.
Que vous agréassiez;
Quïls agréassent.
Que j'aie agréé.
Que lu aies agréé.
Quïl ait agréé."^ *
Que nous ayons agréé.
Que vous ayez agréé.
Quïls aient agréé.
M
Que jâeusse agréé.*
Que tu eusses agréé.
Quïl eût agréé;
Que nous eussions agréé.
Que vous eussiez agréé.
Quïls eussent agréé.
Que je perce.
Que tu perces, '
QuĂŻl perce. *'*
Que nous percions,
Que vous perciez. '
QuĂŻls percent.
Que je perçasse.
Que tu perçasses.
Quïl perçùt.
Que noua perçassions.
Que vous perçassiez.
Quïls perçassent.
PRĂSENT.
r f
Que je prie.
Que tu pries. ,
QuĂŻl prie.
Que nous priions.
Que vous priiez.
QuĂŻls prient.
IMPARFAIT.
. '
Que je priasse.
Que tU'priassés.
QuĂŻl priĂąt. â
Que nous priassions.
Que vous priassiez,
QuĂŻls priassent.
1
PASSĂ.
Pue jâaie percĂ©.
Que tu aies peVcé.
Quïl ait percé.
Que nous ayons percé.
Que vous ayez percé. .
Quïls aient percé.*"
PLUS-QUE
Que jâeusse percĂ©.
Que tu eusses percé.,
Quïl eût percé.
Que nous eussions percé.
Que vous eussiez percé.
Quïls eussent percé;
Jette.
Jetons.
Jetez,
Que jâaie priĂ©.
Que tu aies prié.
Juïl ait prié.
2ue nous ayons prié.
Jue vous ayez prié,
Juïls aient prié.
-PARFAIT,
Que jâeusse priĂ©.â '
Que tu eusses prié.
Quïl eût prié, r ' '
Que nous eussions prié.
Que vous eussiez prié,
Quïls eussent prié.
Que je jette. .
Que tu jettes.
QĂŒil jette,
Que nous jetions.
Que vous jetiez.
QuĂŻls jettent.
*
Que je jetossq.
Que lu jetasse§,
QuĂŻl jetĂąt. "
Que nous jetassions.
Que vous jetassiez.
Quâils jetassent.
Que jâaie jetĂ©,
ßue tu aies jeté.
QĂŒil ait jetĂ©. '
Que nous ayons jeté.
Que vous ayez jeté.
QĂŒils aient jetĂ©.
Que jâeusse jetĂ©.
Que tu eusses jÚté.
QuĂŻl eĂ»t jetĂ©. â '
Que nous eussions jeté.
Que vous eussiez jeté.
Quïls eussent jeté.
Agréer.
Percer.
1
â AgrĂ©ant.
Perçant.
1
Ătant
Ott
ayant
agréé.
ou
agréée
agréé*.
Ătant
ou
ayant
percé
ou
percée
percé.
Ătre
ou
avoir
agréé.
Ătre
ou
avoir
percé.
MODE INEINĂTIF.
PRĂSENT.
' -r. .
- Prier.
Priant.
PARTICIPE PASSĂ.
prié
Etant ou
priée
'ou
ayant prié.
PASSĂ.
Ătre
ou prié,
avoir
Jeter.
Jetant. i
Etant ou
jetée.
Ott
ayant jeté.
Ătre
OM jeté,
avoir
OBSERVATIONS.
Oes verbes sont réguliers quant à leur conjugaison; mais ils offrent quelques difficultés
orthographiques» Ă«t câest pour les aplanir que nous eh avĂ©as donnĂ© le modĂšle.* * ' '
{ 523 )
Les «çrÎcs terminés à Vinfinitif présent en eler; doublent la lettre l quand, apirÚs cette
lettre, on entend le son d'un, e lURpt, ils appellent, ils étinçell§nf ; mais ou écrit ayec un
seul Z, ils appelaient, nous nivelons'.
Les verbes en eter suivent la mĂȘme rĂšgle, c'est-Ă -dire que le t se redouble dans les sylÂŹ
labes muettes : je jette, et que Ton n-en inĂšt qĂŒun seul dans les autres cas, nous jetons.
Les verbes tenir, venir, prendre, et leurs composés, dqublént ou ne doublent; pas la
lettre n dans les mĂȘmes circonstances! * ^ .
. ' , f ' t
Tous les verbes dont Vinfinitif présent est en yer conservent Vy gui se trouve dans Yin-
finitif, toutes les fois qĂŒon doit entendre le son de deux i, je payais, et ceci a lieu devant
toutes les voyelles sonnantes ; mais deyant les syllabes muettes e, es, ent, on ne fait usagq
que de Yi simple. Cette orthographe est aujourd'hui générale et repose sur la rajton. En
effet, devant les syllabes muettes on'qlentond que le son §jmpje d'un i. L'Acadéniie con
serve toutefois l'y dans toute fa conjugaison des verbes en ayer, tels que payer, essayer,etc.
Dans les uer&es én ger, onne met un e inuet aprÚs le y que lorsque cette consonne est suivie
des voyelles a ou o, et seulement pour conserver aĂč g le son doux de je. Les autres verbes ne
présentent aucune espÚce de difficulté, parce que leur orthographe est toute réguliÚre. Nou§
invitons seulement Ă 'cpmparer leurs terminaisons les unes aprĂšs les autres, et lâon sera
convaincu de ce que nous avançons. Dans les verbes en cer, le c prend une cédilje devant
a, 0 ei u : Nous plaçons, je menaçais,
MODĂLE DES DIFFĂRENTES CONJUGAISONS.
KN rir.
EN tir.
EN entr*
T I
EN vtr.
ĂNpĂźCAĂil*.
PRESENT.
* * âą
Jâouvre.
Je sens.
Je tiens.
Je sers,
Tu ouvres. ,
Tu sens.
Tu liens.
Tu sers.
11 ouvre.
Il sent-
11 lient.
Il sert.
-Nous ouvrons.' .
Nous sentons.
Nous tenons.
Nous servons.
Vous ouvrez.
Vous sentez.
Vous tenez.
yous servez.
Ils ouvrent.
Ils sentent.
ils tiennent.
Us servent.
IMPARFAIT.
Jâouvrais.
Je sentais.
Je tenais.
Je servais.
Tu ouvrais.
Tu sentais.
Tu tenais.
'fu servais.
Il ouvrait.
ĂŻl sentait.
Il tenait.
Il servait.
Nou ouvrions.
Nous sentions.
Nous tenions.â
Nous servions.
Vous ouvriez.
Vous sentiez.
Vous teniez.
Vous serviez.
Us ouvraient.
*jls sentaient.
Us tenaient.
Ils servaient.
m
PASSĂ DĂFINI.
J'ouvris.
Je sentis.
Je tins. '
Je servis.
Tu ouvris.
Tu sentis.
Tu lins.
Tu servis.
Il ouvrit.
fl SCIlljt.
II tint.
ĂŻlservit.
Nous ouvrĂźmes.
Nous sentĂźmes.
Nous tĂźnmes.
' Nous servĂźmes.
Vous ouvrĂźtes.
Vous sentĂźtes.
Vous tĂźntes.
Vous servĂźtes.
Ils ouvrirent.
Ils sentirent.
t
t
Ils tinrent.
PASSĂ INDĂFINI.
Ils servirent.
Jâai ouvert.
Jâai scnli.
Jâai tenu.-
Jâai servi. '
Tu as ouvert,.
Tu as senti.
Tu as tenu.
Tu as serv:.
Il a ouvert.
Il a senti.
U a tenu.
Il a servi.
Nous avons ouvert.
Nous avons senti.
Nous avons tenu.
Nous avons seni
Vous avez ouvert.
Vous avez senti.
Vous avez tenu.
Vous avez servi.
Us ont ouvert.
Us ont senti.
Us ont tenu.
Ils ont servi.
PASSĂ ANTĂRIEUR DĂFINI.
Jâeus ouvert.
JJeus senti.
Jâeus tenu.
Jâeus servi.
Tu eus ouvert.
'Tu eus senti.
Tu eus tenu.
Tu eus servi.
Il eut ouvert.
ĂŻ| eut senti.
«J .
11 eut tenu.
Jj eut servi.
Nous eûmes ouvert.
Vous eûtes ouvert.
Ils eurent ouvert.
Jâai eu ouvert.
Tu as eu ouvert,
II a eu ouvert.
Nous avons eu ouvert.
Vous avez eu ouvert.
Ils ont eu ouvert.
Jâavais ouvert.
Tu avais ouvert.
Il avait ouvert.
Nous avions ouvert.
Vous aviez ouvert.
Us avaient ouvert.
Jâouvrirai.
Tu ouvriras.
Il ouvrira.
Nous ouvrirons.
Vous ouvrirez.
Ils ouvriront.
Jâaurai ouvert.
Tu auras ouvert.
II aura ouvert.
Nous aurons ouvert.
Vous aurez ouvert.
Ils auront ouvert.
Jâouvrirais.
Tu ouvrirais.
Il ouvrirait.
Nous ouvririons.
Vous ouvririez.
Ils ouvriraient.
Jâaurais ouvert.
Tu aurais ouvert.
U.aurait ouvert.
Nous aurions ouvert.
Vous auriez ouvert.
âąIls auraient.ouvert.
Jâeusse ouvert.
Tu eusses ouvert.
Il eût ouv**r»,
Nous eussions ouvert.
Vous eussiez ouvert.
Ils eussent ouvert.
Ouvre,
Ouvrons.
Ouvr«.
Nous eûmes senti.
Vous eûtes senti.
Us eurent senti.
PASSĂ ANTĂRIEUR INDĂFINI.
( 524 )
Nous eûmes tenu.
Vous eûtes tenu.
Ils eurent tenu.
Jâai eu senti.*
Tu as eu senti.
U a eu senti.
Nous avons eu senti.
Vous avez eu senti.
Ils ont eu senti.
Jâai eu tenu.
Tu as eu tenu,
U a eu tenu.
Nous avons eu tenu.
Vous avez eu tenu.
Us ont eu tenu.
PLUS-OĂE'PARFAIT.
Jâavais senti. *
Tu avais senti.
U avaitsenti. .
Nous avions senti.
Vous aviez senti.
Ils avaient senti.
Je sentirai.
Tu sentiras.
U sentira.
Nous sentirons.
Vous sentirez.
Us sentiront.
Jâavais tenu. i
Tu avais tenu.
Il avait tenu.
Nous avions tenu.
Vous aviez tenu.
Ils avaient tenu.
FUTUR.
Je tiendrai;
Tu tiendras.
U tiendra.
Nous tiendrons.
Vous tiendrez.
Ils tiendront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai.senti.
Tu auras senti.
11 aura senti.
Nous aurons senti.
Vous aurez senti.
Ils auront senti.
Jâaurai tenu.
Tu auras tenu.
U aura tenu.
Nous aurons tenu.
Vous aurez tenu.
Us auront tenu.
MODE CONDITIONNEL.
Je sentirais.
Tu sentirais.
11 sentirait.
Nous sentirions.
Vous sentiriez.
Ils sentiraient.
Jâaurais senti.
Tu aurais senti.
Il aurait senti.
Nous aurions senti.
Vous auriez senti.
Ils auraient senti.
PRĂSENT.
Je tiendrais.
Tu tiendrais.
U tiendrait.
Nous tiendrions.
Vous tiendriez.
Us tiendraient.
PASSĂ,
Jâaurais tenu.
Tu aurais tenu
U aurait tenu.
Nous aurions terni,
Vous auriez tenu.
Us auraient tenu.
On dit encore:
Jâeusse senti.
Tu eusses senti.
U eût senti.
Nous eussions senti.
Vous eussiez senti.
Ils eussent senti.
Jâeusse tenu.
Tu eusses tenu.
II eût tenu.
Nous eussions tenu.
Vous eussiez tenu.
Ils eussent tenu.
Sens.
Sentons.
Sontez.
MODE IMPERATIF.
»
PRĂSENT.
Point de premiĂšre personne.
Tiens.
Tenons.
Tenez.'
Nous eûmes servi.
Vous eûtes servi.
Ils curent servi, -
Jâai eu servi.,
Tu as eu servi.
I! a eu servi.
Nous avons eu _servi.
Vous avez eu servi.
Ils ont eu servi.
Jâavais servi.
Tu avais servi.
Il avait servi'.
Nous avions servi.
Vous aviez servi.
Us avaient servi.
K
Je servirai.
Tu serviras,
ĂŻl servira.
. Nous servirons.
Vous servirez.
Ils serviront.
Jâaurai servi. *
Tu auras servi.
Il «aura servi.
Nous aurons servi.
Vous aurez servi.
Ils auront servi.
Je servirais.
Tu servirais.
II servirait.
Nous servirions.
Vous serviriez.
Ils serviraient.
Jâaurais servi.
Tu aurais scyvi.
Il aurait servi.
Nous aurions servi.
Vous auriez servi.
Us auraient servi.
Jâeusse servi.
Tu eusses servi.
Il eût servi.
Nous eussions servi.
A'ous eussiez servi.
Us eussent servi
Sers.
Servons.
ftflTW.
0
( 825 )
MODE SUBJONCTIF.
PRESENT.
Que jâouvre.
Que tu ouvres. -
QuĂŻl ouvre.
Que nous ouvrions.
Que vons ouvriez.
QuĂŻls ouvrent.
Que jâouvrisse.
Que tu ouvrisses.
QuĂŻl ouvrĂźt.
Que nous ouvrissions.
Que vous ouvrissiez.
QuĂŻls ouvrissent.
Que jâaie ouvert. '
Que tu aies ouvert.
Quâil ait ouvert.
Que nous ayons ouvert.
Que vous ayez ouvert.
QuĂŻls aient ouvert.
Que jëusse ouvert.
Que tu eusses ouvert.
Quâil eĂ»t ouvert.
Que nous eussions ouvert.
Que vous eussiez ouvert.
QuĂŻls eussent ouvert.
Que je sente.
Que tu sentes.
QuĂŻl sente.
Que nous sentions.
Que vous sentiez.
Quâils sentent.
Que je tienne.
Que tu tiennes. .
Quâil tienne.
Que nous tenions.
Que vous teniez.
QuĂŻls tiennent.
IMPARFAIT.
Que je.sentisse.
Que tu sentisses.
QuĂŻl sentĂźt. -
Que nous sentissions.
Que vous sentissiez.
QuĂŻls sentissent.
Que je tinsse/
Que tu tinsses.â*
QuĂŻi tĂźnt.
Que nous tinssions.
Queaâous tinssiez.
QuĂŻls tinssent.
PASSĂ.
Que jâaie tenu.
Que tu aies tenu.
QuĂŻl ail tenu.
Que nous ayons tenu.
Que vous ayez tenu.
QuĂŻls aient tenu.
Que jâaie senti,'
Que tu aies senti.
Quâil ait senti.
Que nous ayons senti.
Que vous ayez senti.
QuĂŻls aient senti.
PLDS-QDE-PABFAIT.
Que jâeusse senti. Que jâeusse tenu.
Que tu eusses senti. Que tu eusses tenu.
Quïl eût senti. Quïl eût tenu. .
Que nous eussions senti. Que nous eussions tenu.
Que vous eussiez senti. Que vous eussiez tenu.
QuĂŻls eussent senti. QuĂŻls eussent tenu.
MODE INFINITIF.
Ouvrir.
Ouvrant.
Ătant ouvert
ou
ouverte
ou
Ayant ouvert.
Ătre
ou ouvert.
ĂVoir
Sentir.
«
Servant.
Etant senti
ou
sentie
ou
Ayant senti.
Ătre
ou senti.
Avoir
PRESENT.
'Tenir.
PARTICIPE PRĂSENT.
Tenant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ătant tenu
ou
tenue
ou
Ayant tenu,
PASSĂ.
Ătre
ou tenu.
Avoir
Que je serve. '
Que tu serves.
QuĂŻl serve.
Que nous servions.
Que vous serviez.
QuĂŻls servent.
Que je servisse.
'Que tu servisses.
Quâil servit.
Que nous servissions.
Que.vous servissiez.
QuĂŻls servissent.
«
Que jâaie servi.
Que tu aies servi.
QuĂŻl ait servi.
Que nous ayons servi.
Que vous ayez servi.
. Quâils aient servi.
Que jâeusse servi.
Que tu eusses krvi.
Quïl eût servi.
Que nous eussions servi.
Que vous eussiez servi.
QuĂŻls eusseut servi.
Servir,
Servant.
Ătant servi
ou
servie
ou
Ayant servi.
Ătre
ou servi.
Avoir
SN chra.
Je plais.
Tu plais.
Il plait.
Nous plaisons.
Vous plaisez.
IU puisant.
EN uire.
. EN aiftctre.
MODE INDICATIF.
Je réduis/
Tu réduis.
Il réduit.
Nous réduisons.
Vous réduisez.
IU réduisent.
PRESENT.
Je crains.
Tu crains.
Il craint.
Nous craignons.
Vous craignez.
Ils craignent.
EN aĂŻtre
Je parais.
Tu parais.
II paraĂźt.
Nous paraissons-
Vous paraissez.
Us paraissent.
( 526 )
Je plaisais.
Tu plaisais.
11 plaisait.
Nous piaisioné;
Vous plaisiez.'
Ils plaisaient. â
Je plus.
Tu plus. '
11 plut.
Nous plûmes^
Vous plûteà :
Us plurent.
Jâai plu.
Tu as plu.
Il a plu.
Nous avons plĂŒ;
Vous avez plu:
Ils ont plu.
Jâeus plu:
Tu eus plu.
Il eut plu.
« Nous eĂ»mes plĂŒ;
Vous etitĂšs plĂŒ:
Us eurent plĂŒ:
Jâai eu plu:
Tu as eu plu.
Il a eu plu.
Nous avons eu plu.
Vous avez eu plu.
Ils ont eu plu.
Jâavais plu.
Tu avais plu.
U avait plu.
Nous avions plii;
Vous aviez plu.
Ils avaient plu:
Je plairai.
Tu plairas.
U plaira.
Nous plairons.
Vous plairez.
Ils plairont.
Jâaurai plu.
Tu auras plĂŒ.
Il aura plĂč.
Nous aurons plu.
Vous aurez plu.
Us auront plu.
Je réduisais.
Tu réduisais. '
Il réduisait.
Nous réduisions;
Vous réduisiez.
Us réduisaient.
Je réduisis. ^
Tu réduisis.
Il réduisit,
NousTéduisßmes.
Vous réduisßtes.
Us réduisirent.
Jâai rĂ©duit.
Tu,as réduit.
11 a réduit.
Nous avuns
Vous avez réduit;
Us ont réduit:
IMPARFAIT.
Je craignais.
Tu craignais,
li craignait.
Nous craignions.
Vous craigniez.
. Us craignaient.
PASSĂ DEFINI.
Je craignis.
Tu craignis.
Il craignit. '
Nous craignĂźmes.
' Vous craignĂźtes.
Ils craignirent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai craint:
TĂŒ as craintv
il a craint. ^ ^
Nous avons cfĂ ini.
Vous avez craint.
Us ont craint.
Jâeus rĂ©duit.
Tu eus réduit.
U eut réduit.^
Nous eûmes réduit
Vous eĂĂĂ«s rĂ©dĂŒit.
Us eurent réduit.
PASSĂ ANXĂRIEĂR DĂFINI. -
Jâeus craint.
Tu eus craint,
il eut craint.
Nous eûmes craint.
Vous eûtes craint.
Us eurent craint.
PASSà antérieur; indéfini.
Jâai eu rĂ©dĂŒit.
Tu as eu réduit.
U a eu réduit.
Nous avons eu réduit.
Vous avez eu réduit.
Us ont eu réduit.
PLUS*
Jâavais rĂ©duit.
Tu avais réduit.
Il avait réduit.
Nous avions réduit:
Vous aviez réduit.
Ils avaient réduit.
Je réduirai.
Tu réduiras.
Il réduira.
Nous réduirons.
Vous réduirez.
Us réduiront.
Jâaurai rĂ©duit.
Tu auras réduit.
11 aura réduit.
Nous aurons réduit.
Vous aurez réduit.
Us auront réduit.
Jâai eu craint.
Tu as eu craint.
Il a ëd creint.
Nous avons eu craint.
Vous avez eu craiut.
Us ont eu craint.
que-parfait.
Jâavais craint.
Tu avais craint.
U avait craint.
Nous avions craint.
Vous aviez craint,
lb avaient craint.
FUTUR.
Je craindrai.
Tu craindras.
Il craindra.
Nous craindrons.
Vous craindrez.
Us craindront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai craint.
Tu auras craint.
Il aura craint.
Nous aurons craint.
Vous aurez craint.
Ils auront craint.
Je plairais.
Tu plairais.
U plairait.
Je réduirais.
Tu réduirais.
11 réduirait.
MODE CO'NDITIONNEl.
PRĂSENT.
Je craindrab.
Tu craindrais.â
Il.craindrait.
Je paraissais.
Tu paraissais.
11 paraissait.
Nous paraissions.
Vous paraissiez.
Us paraissaient.
Je parus.
Tu parus.
Il parut.
Nous parûmes.
Vous parûtës,
lb parurent.
Jâai paru.
Tu as paru.
U a paru.
Nous avons paru.
Vous avez paru.
Us ont paru.
Jâeus paru:
Tu eus paru.
Il eut paru.
Nous eûmes paru.
Vous eûtes paru.
Us eurent paru.
Jâai eĂŒ paru.
Tu as eu paru.
II a eu paru.
Nous avons eu paru.
Vous avez eu paru.
Ils ont eu paru.
Jâavais paru.
Tu avais paru.
11 avait paru.
Nous avions parĂŒ.
Vous aviez paru.
Us avaient paru.
Je paraĂźtrai.
Tu paraĂźtras.
11 paraĂźtra.
Nous paraĂźtrons.
Vous paraĂźtrez.
Us paraĂźtront.
Jâaurai paru.
Tu auras paru:
Il aura paru.
Nous aurons paru.
Vous aurez paru.
Us auront paru.
Je paraĂźtrais.
Tu paraĂźtrais.
Il paraĂźtrait.
Nous plairions.
Vous plairiez.
Ils plairaient.
Jâaurais plu.
Tu aurais plu.
Il aurait plu.
Nous aurions plu.
Vous auriez plu.
ils auraient plu:
Jâeusse plu.
Tu eusses plii.
Il eĂ»t plĂŒ:
Nous eussions plu
Vous eussiez plu.
Ils eussent plu.
Plais.
Plaisons.
Plaisez.
Que je plaise.
Que tu plaises.
QuĂŻl plaise.
Que nous plaisions.
Que vous plaisiez.
QuĂŻls plaisent.
Que je plusse.
Que tu plusses.
Quïl plût.
Que nous plussions.
Que vous plussiez,
QuĂŻls plussent.
Que jâaie plu.
Que tu aies plu.
QuĂŻl ait plu.
Que nous ayons plu;
Que vous ayez plu.
QuĂŻls aient plu.
t
Que jâeusse plu;
Que tu eusses plu:
Quïl eût plu:
Que nous eussions plu;
Que vous eussiez plu.
QuĂŻls eussent plĂŒ:
Plaire.
Plaisant.
Nous réduirions.
Vous réduiriez.
Us réduiraient;
( 527 )
Nous craindrions.
Vous craindriez.
Ils craindraient.
J'aurais réduit.
Tu aurais réduit.
Il aurait réduit.
Nous aurions réduit.
Vous auriez réduit.
Ils auraient réduit.
Ori
J'eusse rédiut. .
Tu eusses réduit.
Il eût réduit:
Nous eussions réduit.
Vous eussiez réduit.
Ils eussent réduit.
PASSE,
J'aurais craint.
Tu aurais craint.
Il aurait craint.
Nous aurions craint.
Vous auriez craint.
Ils auraient craint;
dit encore :
J'eusse craint;
Tu eusses crainl.
11 eût craint:
. Nous eussions craint.
Vous eussiez craint.
Us eussent craint.
MĂbĂźi IMPERATIF.
PRĂSENĂŻ ou FUTUR.
Point de premiĂšre personne.
Réduis.
Réduisons.
Réduisez.
Crains.
Craignons.
Craignez.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT OU FUTUR.
Que jé réduise.
Que tu réduises.,
QĂŒil rĂ©duise, *
QĂŒe nous rĂ©duisions.
Que.vous réduisiez.
Qu'ils réduisent.
Que je craigne.
Que tu craignes.
Qu'il craigne.
Que nous craignions:
Que vous craigniez.
QĂŒils craignent.
IMPARFAIT.
(^ĂŒĂ© jĂ© rĂ©duisisse.
QĂŒĂ© tĂŒ rĂ©duisisses.
Quâil lĂ«dĂŒisiL
Que n'à h.'Ú réduisissions.
Que vous réduisissiez.
QdïiÚ réduisissent.
Que je craignisse.
Que tu craignisses.
QuĂŻl craignĂźt.
Que nous craigiiisrionl
Que vous craigiiisMcz.
QuĂŻls craignissent.
PASSĂ.
Que j'aie craint.
Que lu aies crainl .
Quâil ait craint.
Que nous ayons chiint.
Que vous ayez craiiil.
QuĂŻls aient waiiit.
Nous paraĂźtrions. -
Vous paraĂźtriez.
Us paraĂźtraient.
Jâaurais paru.
Tu aurais paru.
11 aurait paru.
Nous aurions paru.
Vous auriez paru. '
Ils auraient paru;
Jâeusse paru:
TĂ» eusses paru,
li eût paru:
Nouseusrions pafo;
Vous eussiez paru.
Us eussent paru.
PĂąrdiĂą.
Paraissons.
Paraissez.
Qué j'aie réduit.
QĂŒĂš tĂŒ aies rĂ©duit.
QĂŒâil ait rĂ©dĂŒit.
QĂŒe nous ayons rĂ©duit.
QĂŒĂš VoĂŒs ayez rĂ©duit.
QĂŒĂŻis aient rĂ©duit.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que j'eusse rĂ©duit. Que jâeusse craint.
QĂŒe tu ĂšĂŒsùës rĂ©duit. Que tu eusses craint;
QĂŒĂŻl eĂ»t rĂ©duit. Quâil eĂ»t craint.
Que nous eussions rĂ©duit. Que nous ĂšĂŒs'sidhĂą Ă©rĂŻiiht.
Que vous Ăšu§sicz rĂ©duit. Que vous eĂŒÂ§Ă iez ĂšrĂ int:
Quâils eussent rĂ©duit. Quâils eussent cĂŻĂąint.
MODE INFJNITIP.
PRĂSENT.
Réduire: Craindre.
PARTICIPE PRESENT.
t
Réduisant. Craignant
Que je paraisse.
Que .tu paraisses.
QĂŒil paraisse.
Qué nous paraissions.
Que vdus paraissiez.
QuĂŻls paraissent.
Que je. parusse.
QĂŒe.lĂŒ'parusses.
QĂŒâii parĂ»t.
Que-nbus parussions.
Que vbĂŒs parussiez.
QĂŒâils parussent.
t
QĂŒe jâaie paru;
QĂŒĂ© tĂŒ aies jiaru.
QuĂŻi ait paru.
Que nous Ă fous paru.
QĂŒe vous ajĂšz paru.
Quâils aient paru.
/
QĂŒĂ© jâĂšĂŒssĂȘ paru.
QĂŒĂ© tĂŒ eĂŒsses paru.
QĂŒâil eĂ»t paru:
QĂŒe nous eussions paru.
QliĂȘ vous ciiSsiez paru,
QliĂŻĂŻs Ă©ĂŒssĂšiit paru.
ĂdfĂąitfĂš'.
Paraissant:
Elu.
Ayant plu.
Ătre
ou plu.
Avoir
Ătant rĂ©duit
ou
réduite
ou â
Ayant réduit.
Ătre
ou réduit.
Avoir
(528)
1
FARTICIPB FA6SĂ.
Ătant craint
ou
crainte
ou
Ayant craint.
PASSĂ.
Ătre â
ou craint.
Avoir
Ătant paru
ou
parue
ou
Ayant paru.
Ătre
ou paru.
Avoir
Nota. Nous n'avons multiplié les modÚles de conjugaison des verbes réguliers qne pour
en rendre Torthographe plus facile, el pour réduire le nombre, qui serait presque illimité,
des verbes irréguliers dans notre langue.
Nâ CCCCLXXiy. C8
MODĂLE DE CONJUGAISON DES VERBES
PASSIFS.
PRONOMINAUX.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT,
Je suis aimé ou aimée.
Tu es airné ou aimée.
Il ou elle est aimé ou aimée.
Nous sommes aimés ou aimées.
Vous ĂȘtes aimĂ©s ou aimĂ©es.
Us ou. elles tont aimés ou aimées.
IMPARFAIT.
JâĂ©tais aimĂ© ou aimĂ©e.
Tu étais aimé ou aimée.
Il ou elle était aimé ou aimée.
Noys étions aimés ou aimées.
Vous étiez aimés ou aimées.
Ils ou elles étaient aimés ou aimées.
PASSĂ DĂFINI.
Je fus aimé ou aimée.
Tu fus aimé ou aimée.
Il ou elle fut aimé ou aimée.
Nous fûmes aimés ou aimées.
Vous fûtes aimés ou aimées.
Us ou elles furent aimés ou aimées.
PASSĂ INDĂFINI.
J|ai été aimé ou aimée.
.Tu as été aimé ou aimée. .
ïl ou elle a été aimé ou aimée.
Nous avons été aimés ou aimées.
Vous avez été aimés ou aimées.
Ils ou elles ont été aimés ou aimées.
PASSĂ ANTĂRIEUR DĂFINI.
Jâeus Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e.
Tu eus été aimé ou aimée.
Il ou elle eut été aimé ou aimée, j
Nous eûmes été aimés ou aimées.
Vous eûtes été aimés ou aimées.
Ils ou elles eurent été^aimés ou aimées.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je me flatte.
Tu te flattes.
Ă ou elle se flatte.
Nous nous flattons.
Vous vous flattez.
Us ou elles se flattent. ' *
IMPARFAIT.
Je me flattais.
Tu te flattais.
II ou elle se flattait.
Nous nous flattions.
Vous vous flattiez.
Ils ou elles se flattaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je me flattai.
Tu te flattas.
Il ou elle se flatta.
Nous nous flattĂąmes.
Vous vous flattĂątes.
Ils ou elles se flattĂšrent.
PASSĂ INDĂFINI.
Je mc suis flatté ou flattée.
Tu tâes flattĂ© ou flattĂ©e.
Il ou elle sâest flattĂ© ou flattĂ©e.
Nous nous sommes flattés ou flattées.
Vous vous ĂȘtes flattĂ©s ou flattĂ©es.
Ils ou elles se sont flattés ou flattées.
' PASSĂ ANTĂRIEUR INDĂFINI.
Je me fus flatté ou flattée.
Tu te fus flatté ou flattée.
Il ou elle se fut flatté ou flattée.
Nous nous fûmes flattés ou flattées.
Vous vous fûtes flattés ou flattées.
Ils ou elles s« furent flattés ou flattées.
( 529 .)
VLUS-QĂŒE-PARFAlT.
Jâavais Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e.
Tu avais été aimé ou aimée.
Il ou elle avait été aimé ou aimée.
Nous avions été aimés ou aimées*
Vous aviez été aimés ou aimées.
Us ou elles avaient Ă©tĂ© aimĂ©s oĂŒ aimĂ©es,
FUTUR.
Je serai aimé ou aimée.
Tu seras aimé ou aimée.
Il ou elle sera aimé ou aimée.
Nous serons aimés ou aimées.
Vous serez aimés ou aimées.
Ils ou elles seront aimés ou aimées.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e.
Tu auras été aimé ou aimée.
Il ou elle aura été aimé ou aimée.
Nous aurons été aimés ou aimécs;
Vous aurez été aimés ow aimées.
Ils ou elles'auront été aimés ou aimées.
MODE CONDITIONNEL.
. PRĂSENT.
Je serais aimé ou aimée.
Tu serais aimée ou aimée.
Il ou elle serait aimé ou aimée.
Nous serions aimés ow aimées.
Vous seriez aimés ow aimées.
Tls ou elles seraient aimés ow aimées. ^
PASSĂ,
Jâaurais Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e.
Tu aurais été aimé ou aimée.
Il ou elle aurait été aimé ow aimée.
Nous aurions été aimés ow aimées.
Vous auriez été aimés ow çimées.
Ils ow elles auraient été aimés ow aimées,
On dit'encore:
t
Jâeusse Ă©tĂ© aimĂ© ow aimĂ©e.
Tu eusses été aimé ow aimée.
Il ow elle eût été aimé ow aimée.
Nous eussions été aimés ow aimées.
Vous eussiez été aimés ou aimées.
Ils ow elles eussent été aimés ow aimées.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT ou FUTUR.
Point de premiĂšre personne.
Sois aimé ow aimée.
Soyons aimés ou aimées.
Soyez aimés ow aimées.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT OU FUTUR.
Que je sois aimé ou aimée.
Que tu sois aimé ow aimée.
Quâil ow quâelle soit aimĂ© ow aimĂ©e.
Que nous soyons aimés ou aimées.
Que vous soyez aimés ou aimées.
Quâils ou quâelles soient aimĂ©s ou aimĂ©es.
PLDS-QUE-PARPAIT.
Je mâĂ©tais flattĂ© ow flattĂ©e.
Ju tâĂ©tais flattĂ© ow flattĂ©e.
Il ow elle sâĂ©tait flattĂ© ow flattĂ©e.
Nous nous étions flattés ou flattées.
Vous vous étiez flattés ow flattées.
Ils ow elles sâĂ©taient flattĂ©s ou flattĂ©es.
FUTUR.
Je me flatterai.
XĂ» te flatteras.
Il ow elle se flattera.
Nous nous flatterons.
Vous vous flatterez.
Ils ow elles se flatteront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Je me serai flatté ow flattée.
Tu te seras flatté ow flattée.
Il ow elle se sera flatté ow flattée.
Nous nous serons flattés ow flattées.
Vous vous serez flattés ow flattées.
Ils ow elles se seront flattés ow flattées,
MODE CONDITIONNEL.
PRĂSENT.
Je nie flatterais.
Tu tĂš flatterais.
Il ou elle se flatterait.
Nous nous flatterions.
Vous TOUS flatteriez.
Ils ow elles se flatteraient.
PASSĂ.
Je me serais flattĂ© ow flattĂ©e. â
Tu te serais flatté ow flattée.
Il ow elle se serait flatté ow flattée.
Nous nous serions flattés ou flattées.
Vous vous seriez flattés ow flattées.
Us ow elles se seraient flattés ou flattées
On dit encore :
Je me fusse flatté ow flattée.
Tu te fusses flatté ow flattée.
Il ou elle se fût flatté ou flattée.
Nous nous fussions flattés ow flattées.
Vous vous fussiez flattés ou flattées.
Us ow elles se fussent flattés ow flattées.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT OU FUTUR.
Point de premiĂšre personne.
Flatte-toi.
Flattons-nous. '
Flattez-vous.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT OU FUTUR.
Que je me flatte.
Que tu te flattes.
Quâil ow quâelle se flatte.
Que nous nous flattions.
Que vous vous flattiez.
Quâils ou quâelles se flattent.
07
( 530 )
IMPARFAIT.
Que je fusse aime ou aimée.
Que tu fusses aimé om aimée.
Quïl OM quelle fût aimé om aimée.
aue nous fussions aimes om aimées,
ue vous fussiez aimés om aimées.
QuĂŻls OM quâelles fussent aimĂ©s ou aimĂ©es.
PASSĂ.
Que jâaie Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e.
Que lu aies été aimé ou aimée.
QĂčĂŻl ou qĂŒelle ait Ă©tĂ© aimĂ© om aimĂ©e.
Que nous ayons été aimés om aimées.
Que vous ayez été aimés ou aimées.
QĂŒilsouquâelles aienf Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es.
PLĂŒS-QUE-PARFAIT.
Que j'eusse été aimé ou aimée.
Que tu eusses été aimé ou aimée.
Quâil ou quâelle eĂ»t Ă©tĂ© aimĂ© ou aimĂ©e.
Que nous eussions été aimés ou aimées.
Que vous eussiez été aimés ou aimées.
QuĂŻls ou qĂŒelles eussent Ă©tĂ© aimĂ©s ou aimĂ©es,.
MODE INFINITIF.
*
PRĂSENT.
Ătre aimĂ© ou aimĂ©e.
PARTICIPE PRĂSENT.
Ătant aimĂ© ou aimĂ©e.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant été aimé ou aimée.
»
PASSĂ.
Avoir été aimé ou aimée.
IMPARFAIT.
Que je me flattasse.
Que tu te flattasses.
Quâil ou quâelle se flattĂąt.
Que nous nous flattassions.
Que vous vous flattassiez.
QuĂŻls ou qĂŒelles se flattassent.
PASSĂ.
Que je me sois flatté ou flattée.
Que tu te sois flatté ou flattée.
QuĂŻl ou quâelle se soit flattĂ© ou flattĂ©e.
Que nous nous soyons flattés ou flattées.
Que vous vous soyez flattés ou flattées.
QuĂŻls ou quâelles se soient flattĂ©s ou flattĂ©es.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que je me fusse flatté ou flattée!
Que tu te fusses flotté ou flattée.
Quâil ou quâelle se fĂ»t flattĂ© ou flattĂ©e-
Que nous nous fussions flattés ou flattées.
Que vous vous fussiez flattes ou flattées.
Quâils ou qu'elles se fussent flattĂ©s ou flattĂ©es,
MODE INFINITIF.
PRĂSENT. ' . .
Se flatter.
PARTICIPE présent.
Se flattant.
PARTICIPE PASSĂ.
Flatté ou flattée.
SâĂ©tant flattĂ© ou flattĂ©e.
PASSĂ.
SâĂŽtre flattĂ© ou flattĂ©e.
RĂšgle. Il nây a qĂŒĂŒne seule conjugaison pour les^verbes passifs. Elle se forme avec
lâauxiliaire ĂȘtre ', dans tous ses temps, et avec le participe passĂ© du verbe actif que lâon
veut conjuguer passivement.
La conjugaison des verbes pronominaux suit la rĂšgle du verbe que lâon conjugue ; seuÂŹ
lement on y ajoute deux pronoms qui se rapportent Ă la mĂȘme personne.
. J ^ * '
DE LA FORMATION DES TEMPS.
Nous avons déjà dit que les temps sont simples ou composés. On appelle temps simples
ceux qui nâempruntent pas un des temps des verbes auxiliaires avoir et ĂȘtre; et temps
composĂ©s, ceux qtii se forment des temps d'avoir ou d'ĂȘtre, et du participe passĂ© dâun
verbe. Parmi les temps'simples, il y en a cinq qĂŒon nomme primitifs, parce quĂŻls servent
a former les autres temps dans les quatre conjugaisons. Ce sont lepx'ésent et le prétérit
défini de Vindicatif, et le px'ésent, le participe présent et le participe passé de Yixifinitif.
I. Du présent de Vindicatif se forme ia seconde personne de l'impératif, en Îtant seule
ment le pronom 7âe, comine jâamc, impĂ©ratif, aime. Il nây a que quatre verbes dont Vim-
pératif ne suive pas cette formation ; savoir, dans la premiÚre conjugaison, je vais, impé
ratif, ua; dans la troisiÚme, fat, impératif, aie; je sais , impératif, sache; et dans la
. quatriÚme, jë suis, impératif, sois.
IL Du prétérit de Vindicatif se forme Vimparfait du subjonctif, en changeant ai en asse,
pour la premiĂšre conjugaison, comme j'aimai, f aimasse, et en ajoutant seulement se aux
autres terminaisons dn prélcrit défini, comme je finis, je finisse; je reçus, je reçusse] je
devins, je devinsse. â ^
III. Dn présent de Vinfinitif se forme le futur de Vindicatif et le présent du conditionnel.^
- ,eg changeant r ou re en rai et rais, comme çimer, j-aimerai, j'aimerais; rendre, je ren
drai, je rendrais.
Exceptions. Dans la premiĂšre conjugaison, aller h\i j'irai, j'irais.
Dans la seconde conjugaison, courir fait je courrai, je'courrais ; mourir, je mourrai,
je mourrais; acquérir, j'acquerrai, j'acquerrais; conqriérir, je conqiierrai, je conquerrais
Cueillir hit je cueillerai, je cueillerais. Saillir, signifiant déborder le nu du mur, fait i
saillera, il saillerait. Assaillir et tressaillir forment rĂ©guliĂšrement, suivant lâAcadomie,
leur futur et leur conditionnel. Voir plus loin la conjugaison de tressaillir. Tenir cl venir,
avec leurs composés, font^e tiendrai, je tiendrais; je viendrai, je viendrais.
TroisiĂšme conjugaison : avoir fait j'aurai, j'aurais; recevoir, je recevrai, je recevrais;
déchoir, échoir, j'écherrai, j'écherrais ; falloir, il faudra, il faudrait; pouvoir, je pourrai,
je pourrais; savoir, je saurai, je saurais; s'asseoir, je m'assiérai ou m'asseierat.^ je m'as-,
siĂ©rais ou fn'asseierais] voir, je verrai, je verrais. MĂȘme formation pour les composes
de ce dernier verbe ; excepté pourvoir et prévoir, dpnt ces deux temps se forment régu
liĂšrement. Pleuvoir, il pleuvra, il pleuvrait; valoir, je vaudrai je vaudrais vouloir,
je voudrai, je voudrais.
QuatriĂšme conjugaison : faire, je ferai, je ferais; ĂȘtre, je serai,'je serais.
Remarque. Les grammairiens forment du futur le présent du conditionnel en chan
geant rai en rais. Dans cette formation, il n'y a aucune exception.
IV. Du participe présent se forment : . * ,
1Âź L'imparfait de Vindicatif, en changeant ant en ai$, comme aimant, j'mmais ; finisÂŹ
sant, je finissais. Il n'y a que deux exceptions ; savoir : ayant, jâavais ; sachant, je savais.
2Ÿ Les trois personnes du pluriel du présent de Vindicatif, en changeant ant en ons, ez,
ent, comme aimant, nous aimons, vous aimez, ils aiment.
Exceptions. Dans la troisiĂšme conjugaisonon excepte ayajit et sachant, qui font
nous avons, vous avez, ils ont; nous savons, vous savez, ils savent; et dans la quatriĂšme
conjugaison, faisant et ses composés, qui font vous faites, ils font; disant et son composé
redisant, dont la seconde per^nne du jsrdsen/ est vous dites, vous redites; étant, qui lïiii
nous, sommes, vous ĂȘtes, ils sont.
La premiÚre et la seconde personne de Yirnpératif sont semblables à la preipiÚre et à la
seconde personne du pluriel du prĂ©sent.de Vindicatif, ei ont, par consĂ©quent, la mĂȘme
formation.
3Ÿ Le présent du subjonctif, en changeant ant, selon la personne et ße nombre, en e,
es, e, ions, iez, ent, comme aimant, que j'aime, que tu aimes, qu'il aime, que nous aimions,
que vous aimiez, qu'ils aiment. â , âą
Exceptions. Dans la premiĂšre conjugaison, on excepte allant, qui fait que faille,
que tu ailles, qu'il aille, qu'ils aillent. Dans la seconde conjugaison , tenant, ei venant,
et leurs composĂ©s que je tienne, que tu tiennes, qu'il tienne, quils tiennent; que je â
vienne, etc. La premiÚre et la seconde personne du pluriel se-forment réguliÚrement.
Dans la troisiĂšme conjugaison, on excepte les verbes en evoir, comme recevant, que je.
reçoive, que tu reçoives, qu'il reçoive, qu'ils reçoivent; pouvant, que je puisse; que lu puisses,
qu'il puisse, que nous puissions, que vous puissiez, qu'ils puissent; valant, que je vaille,
que tu vailles, qu'il vaille, qu'ils vaillent; voulant, que je veuille, qxte tu veuilles, quâil
veuille, qu'ils veuillent mouvant, que je meuve, que tu meuves, qu'il meuve, qu'ils meuvent.
Falloir, sans participe prĂ©sent, qu'ĂŒ faille. j â â
Dans la quatjiÚïne conjugaison* fakmt que je fasse, que tu fasses, qu'tl fasse, que nous
fassions, que vous fassiez^quHh fussent,MĂšmcconjugaisonf buvant, que je boive, que lu
{ 532 ) .
boives, qu'il boive, qu'ils boivent: MĂȘme conjugaison, prenant, que je prenne, que tu
prennes, qu'il prenne, qu'ils prennent ; étant, que je sois, que tu sois, qu'il soit, que nous
soyons, que vous soyez, qu'ils soient. s
Les troisiÚmes personnes de Vimpératif étant semblables aux troisiÚmes personnes du
prĂ©sent du subjonctif, ont la mĂȘme formation.
Remarque. Cette formation ne doit pas empĂȘcher le changement de Vy en i- dans les
vei'bes oĂč lâusage Ta introduit, comme voyant, que je voie; employant, que j'emploie:
essayant, que j'essaie, etc .-LâAcadĂ©mie Ă©crit gue/essaye, queje paye, etc., câest-Ă -dire qĂŒelle
conserve lây dans toute la conjugaison des verbes en ayer.
Du participe passé se forment tous les temps composés et swr-composes qui se trouvent
dans les verbes, en joignant à ce participe les différents temps des auxiliaires, amV ou
ĂȘtre, comme/ai aimĂ©, j'eus aimĂ©, fai eu aimĂ©, que j'aie aimĂ©, que J'eusse aimĂ©, avoir aimĂ©,
ayant aimé; je suis tombé, je fusse tombé, que je sois tombé, étant tombé, etc.
NÂź CCCGLXXY.
DES VERBES IRREGULIERS.
I
Nous avons dit que les verbes irrĂ©guliers sont ceux qui sâĂ©cartent de la rĂšgle des conÂŹ
jugaisons oridinaires.
PREMIERE CONJUGAISON
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.''
Je vais, ou je vas.
Tu vas.
U va. ^
Nous allons.
Vous'allez.
Ils vont.
J'envoie,
Tu envoies.
Il envoie.
Nous envoyons.
Vous envoyez.
Ils envoient.
Jâallais.
Tu allais,
ĂŻl allait.
Nous allions.
Vous alliez.
Us allaient.
Jâallai.
Tu allas.
II alla. -
Nous allĂąmes.
Vous allĂątes.
Ils allĂšrent.
IMPARFAIT.
Jâenvoyais.
Tu envoyais.
Il envoyait.
Nous envoyions.
Vous envoyiez.
Ils envoyaient.
PASSĂ DĂFINI.
Jâenvoyai,
Tu envoyas.
Il envoya.
Nous envoyĂąmes.
Vous envoyĂątes.
Ils envoyĂšrent.
PASSĂ INDĂFINI.
Je suis allĂ©, etc. Jâai envoyĂ©, etc.
Nous sommes allés, etc. Nous avons envoyé, etc.
PASSĂ ANTĂRIEUR.
<â
Je fus allĂ©, etc. Jâeus envoyĂ©, etc.
Nous fûmes allés, etc. Nous eûmes envoyé, etc.
PLUS-Q ĂE-P A R F A IT.
JâĂ©tais allĂ©, etc. Jâavais envoyĂ©, etc.
Nous étions allés, etc. Nous avions envoyé, etc.
FUTUR.
Jâirai. Jâenverrai.
Tu iras.^ ĂŻu enverras.
Il ira. ^ Il enverra.
Nous irons. Nous enverrons.
Vous^irez. Vous enverrez.
Ils iront. ' ^ Ils enverront,/
FUTUR ANTĂRIEUR.
Je serai allĂ©, etc. Jâaurai envoyĂ©, etc.
Nous serons allés, etc. Nous aurons envoyé, etc.
Jâirais. ,
Tu irais.
Il irait.
Nous irions.
Vous iriez.
Ils iraient.
MODE CONDITĂONNâEL.
PRĂSENT.
Jâenverrais,
, Tu enverrais.
Je serais allé, etc.
Il enverrait.
Nous enverrions.
Vous enverriez.
Us enverraient.
PASSĂ.
Jâaurais envoyĂ©, elc.
Nous serions allés, etc. Nous aurions envoyé, etc.
On dit encore :
Je fusse allĂ©, etc. Jâeusse envoyĂ©, etc.
Nous fussions allés, etc. Nous eussions envoyé, etc,
. MODE IMPĂRATIF,
PRĂSENT.
Envoie.
Envoyons, > .
Envoyez.
MODE SUBJONCTIF.
Va.
Allons.
AUez.
Que jâaille.
Que tu ailles.
Quâil aille.
Que nous allions.
Que vous alliez.
Quâils aillent.
PRĂSENT.
Que j âenvpie.
Que tu envoies.
QuĂŻl envoie.
Que rious envoyions.
Que vous envoyiez.
QĂŒils envoient.
( 533 )
Que j'allasse.
Que tu allasses.
QuĂŻl allĂąt.
Que nous allassions.
Que vous allassiez.
QuĂŻls allassent.
IMPARFAIT.
Que j'envoyasse.
Que tu envoyasses.
QuĂŻl envoyĂąt.
Que nous envoyassions.
Que vous envoyassiez.
QuĂŻls envoyassent.
PASSĂ.
Que je sois allé, etc. Que j'eusse envoyé, etc.
âQue nous soyons allĂ©s, Que nous ayons envoyĂ©,
etc. etc.
PLUS-OUE-PARFAIT.
Que je fusse allé, etc. Que j'aie envoyé, etc.
Que nous fussions allés, Que nous eussions en-
etc. voyé, etc. ' '
Aller.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
* Envoyer.
PASSĂ.
Avoir envoyé.
Ătre allĂ© ou allĂ©e. '
PARTICIPE PRĂSENT.
Allant. Envoyant.
PARTICIPE PASSE.
Ătant allĂ©. Ayant envoyĂ©.
Conjuguez sur.
Aller, s'en aller. Envoyer, renvoyer.
Observation. Aller, envoyer et renvoyer sont les seuls verbes irréguliers de celte con
jugaison. Puer nëst plus un verhe irrégulier. On écrit maintenant au présent de lïndi-
catif : jë pue, tu pues, il pue, et non pas je pus, tu pus, il put, que Ton pourrait confondre
avec le passé défini du verhe pouvoir
SECONDE conjugaison.
On conjugue comme finir les verbes unir, punir, âmunir, et tous ceux qui ont la preÂŹ
miÚre personne du singulier du présent de Tindicatif en is, j'unis, je punis, je munis, etc.,
et leurs composés.
ACQUERIR. BOUILLIR,
MODE INDICATIF.
Jâacquiers.
'Tu acquiers.
Il acquiert.
Nous acquérons .
Vous acquérez.
Us acquiĂšrent.
J'acquérais.
Tu acquérais.
Il acquérait.
Nous acquérions.
Vous acquériez.
Us acquéraient.
Jâacquis.
Tu acquis.
U acquĂźt.
Nous acquĂźmes.
Vous acquĂźtes.
Us acquirent.
Jâai acquis, etc.
PRĂSENT.
Je bous.
Tu bous.
âąIl bout.
Nous bouillons.
Vous bouillez.
Ils bouillent,
IMPARFAIT.
Je bouillais.
Tu bouillais.
U bouillait.
Nous bouillions.
Vous bouilliez.
Us bouillaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je bouillis.
Tu bouillit.
U bouillit.
Nous bouillĂźmes.
Vous bouillĂźtes.
Us bouillirenL:
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai bouilli, etc.
Nous avons'acquis, etc. Nous avons bouilli, etc.
PASSĂ ANTĂRD^DR.
Jâeus acquis, etc. Jâeus bouilli, etc.
Nous eûmes acquis, etc. Nous eûmes bouilli, etc
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais acquis, etc. * Jâavais bouilli, etc.
Nous avions acquis, etc. Nous avions boĂŒilli, ctc.
Jâacquerrai.
Tu acquerras.
Il acquerra.
Nous acquerrons.
Vous acquerrez.
Us acquerront.
FUTUR.
Je bouillirai.
Tu bouilliras.
U bouillira.
Nous bouillirons.
Vous bouillirez.
Ils bouilliront.
* FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai acquis, etc. J'aurai bouilli, etc.
Nous aurons acquis, etc. Nous aurons bouilli, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Jâacquerrais.
Tu acquerrais.
U acquerrait.
Nous acquerrions.
Vous acquerriez.
Ils acquerraient.
présent.
'Je bouillirais.
Tu bouillirais.
U bouillirait.
Nous bouillirions.
Vous bouilliriez.
Us bouilliraient.
PASSĂ.
J'aurais acquis, etc. J!aurais bomlli, etc.
Nous aurions acquis, etc. Nous aurions bouilli^ etc.
On dit encore :
Jâeusse acquis, ctc.
Nous eussions acquis,
etc.
J'eusse bouilli, etc.
Nous eussions bouilli,
etc.
Acquiers.
Acquérons.
Acquérez.
MODE piPĂRATIF.
PRĂSENT.
Bous.
Bouillons.
Bouillez.
. âą â , â (
MODE SĂŒllJĂŒiN'CTiF.
PRĂSENT;
Que jâacquiĂšre. Que je bouille.
Que tu acquiĂšres. QUe tu bouilles. â
Quâil acquiĂšre. Quâil bouille.-
Que nous acquérions. Que nous bouillions.
Que vous acquĂ©riez; QĂŒe vous bouilliez.
Qu'ils acquiĂšrent. Quâils bouillent.
IMPARFAIT.
Que jâacquisse. Que je bouillisse.
Que lu acquisses. QĂŒĂ© m bouillisses.
Quâil acquit. Quâil bouillit.
Que nous acquissions. Que nous bouillissions.
Que vous acquissiez. . . Que vous bouillissiez.
Qu]ils acquissent. Quâils bouillissent.
PASSĂ.
Que jâaie acquis, etc. QĂŒe jâĂ le bouilli, etc..
Que nous ayons acquis, QuĂš ĂŒous ayons bdĂŒlĂi,
etc. etc.
PLĂS-QUK-PARFAIT.
Que jâeusse acquis, etc. Que jâeusse bouilli, etc.
Que nous eussions ac- Que nous .eussions
quis, etc. ' bouilli, etc.
MODE infinitif;
PRĂSENT.
Acquérir. Bouillir.
PASSĂ.
Avoir acquis. Avoir bouilli.
PARTICIPE PRĂSENT.
Acquérant. Rouillant.
PARTICIPE PASSĂ.
Acquis, acquise^ ayant Bouilli, bouillie i ayant
acquis. bouilli.
COURIR.
MOURIR.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je cours. Je meurs.
Tu cours* Tu ineurs.
Il court. Il meurt.
Nous courons. NoĂŒs mourons.
Vous courez. VĂŽus mourez,
lis courent. Iis meurent;
iĂčĂšAĂ^ĂiT.
Je courais. Je mourais.
Tu courais. ^ TĂŒ mourais.
11 courait: Il mourait.
Nous courions^ Nous fnouriotig.
Vous couriez. Vous mouriez.
Ils couraient. Ils mouraient.
Passé défini.
Je courus. Je mourus.
Tu courus. ^ TĂŒ mourus.
Il courut. Il mourut.
Nous courûmes. Nous rnourûmes.
Vous courĂ»tes. â Vous mourĂ»tes.
Us coururent. Ils moururent.
' PASSĂ INUĂFIM.
Jâai couru, etc. JĂ« suis mort, etc.
Nous avons couru, etc. Nous sommes morts, etc.
534 )
PASSĂ ANTĂUIBĂr. '
jâeus couruj Ă«lc; . jĂš fus mort, etc.
Nous eûmes couru, elÎ. Nous fûmes ifiÎrts, fetc.
Plbs-QOE-PABFAIT.
J'avais couni; etc. jâĂ©tais mort, etc. *
Nous avions couru; etc. Nous étions morls; etc.
FUTUR.
.le mourrai.
âąTu mourras,
ii mourra.
Nous mourrons.
Vous mourrez.
Us mourront.
* FĂŒttm AntĂ©rieur.
Jâaurai couru, etc. Je serai mort, etc.
Nous aurons couru, etc. Nous serons morts, etc.
Mode conditionnel.
je courrai,
ĂŻu courras.
Il courra.
Nous courrons.
Vous courrez.
Us courront.
Je courrais.
Tu courrais.
Il courrait.
Nous courrions.
Vous courrions.
Ils courraient.
J*aurais couru, etc.
pUĂ©sĂȘnt.
Je mĂŽĂŒrrĂąisi
Tu mourrais.
Il mourrait.
Nous mourrions.
Vous mourriez.
Us mourraient.
PAĂSĂ.
Je serais mĂŽn^ etc.
Nous aurions couru, etc. Nous serions morts, etc.
On dit encore :
Jâeusse couru, etc. Je fusse mort, etc.
Nous eussions couru, etc; Nous fussions morts, etc.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Cours. ^ Meurs.
Courons. Mourons.
Courez. Mourez.
MODE SUBJONCTIF.
Que je coure.
Que tu coures.
Quâil coure.
Que nous courions.
Que vous couriez.
Quâils courent.
PRĂSENT.
Que je meure;
Que tu meures;
Quâil meure.
Que nous mourions.
Que vous mouriez.
Quâils meurent.
IMPARFAIT.
Que je mourusse.
QĂŒe tu mourusse^; âą
QĂŒil mourĂ»t.
eue nous mourussions,
ue vous mourussiez.
QUâils mourussent.
Que je courusse;
Que tu courusses;
Quâil courĂ»t.
Que nous courussions.
Que vous courussiez.
Quâiis courussent,
-PASSĂ.
Que jâaie couru, etc. Que je sois mort, etc.
Que nous ayons couru, Que nous soyons iiibfts,
etc. etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse couru, etc. Que je fusse mdfl, etc.
Que nous eussions couru, Que noĂŒs fĂŒssibhs mbrts,
etc, - etc.
iiofiĂ mFĂźNitiF.
PRĂSENT.
Mourir.
PASSĂ.
Ătre mort,
PARTICIPE PRĂSENT.
Mourant.
PARTICIPE PASSĂ.
Couru, cĂŽiirĂŒc, Ă©yant Mort, morte,
Courir.
Avoir couru;
Courant.
( 535 )
Vous offririez. Vous mentiriez.
Us offriraient. Us mentiraient.
PASSĂ.
Jâaurais offert, etc. Jâaurais menti, ete.
Nous aurions offert, etc. Nous aurions menti, etc.
Ăn dit encore : ' -
Jâeusse offert, etc. Jâeusse menti, etc-
Nous eussions offert; etc. NoĂŒs eussions menti, etc.
étant
couru. mort.
OFFRIR. MĂNtlR.
moRe indicatif.
PRĂSENT.
Je mens.
Jâoffre.
Tu offres.
Il offre.
Nous offrons!
Vous offrez:
Us offrent.
Jâoffrais.
Tu offrais.
Il offrait.
Nous offrions.
Vous offriez.
Us offraient.
Tu mens.
U ment.
Nous mentons.
Vous mentez.
Us menlent.
IMPARFAIT.
Je mentais.
Tu mentais.
U mentait.
Nous mentions.
Vous mentiez,
ils mentaient.
Jâoffris.
Tu offris.
U offrit.
Nous offrĂźmes.
Vous offrĂźtes.
Us offrirent.
J'ai offert, elc.
PASSE DEFINI.
Je mentis.
Tu mentis.
U mentit.
Nous mentĂźmes.
Vous mentĂźtes.
Us mentirent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai mentii etc.
Nous avons offert, etc. ^ Nous avons menti, etc.
PASSĂ ANTĂRIEUR.
J'eus offert, elc, Jëus menti, etc.
Nous eûmes offert, etc: ' Nous eûmes mënti, etc.
PLUS-QOE-PAHFAIT.
Jâavais offert, etc. Jâavais menti, etc. '
Nous avions offert, etc. Nous avions menti, etc.
FUTUR.
JĂ© mentirai.
Tu mentiras.
U mentira;
Nous mentirons.
Vous mentirez.
Us mentiront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai offert, etc. j'aĂŒrai menti, etc.
Nous aurons offert, etc. Nous aurons menti, elc.
Jâoffrirai.
Tu offriras.
Il offrira.
Nous offrirons.
Vous offrirez.
Us offriront.
Jâoffrirais.
Tu offrirais.
U offrirait.
Nous offririons.
- MODE CONDITIONNEL.
PRESENT.
Je mentirais.
Tu mentirais.
11 mentirait.'
Nous méntirions.
MODE IMPERATIF.
PRĂSENT.
Offre. Mens.
Offrons. Menions.
Offrez. Mentez.
ItfODĂ SĂBJONCTIF.
Que j'offre.
Que tu offres.
Qu'il offre.
Que nous offrions.
Que vous offriez.
Ouâils offrent.
Que jâoffrisse. â
Que tu offrisses.
Quâil offrit.
Que nous offrissions.
Que vous offrissiez.
QĂŒâils offrissent.
PRĂSENT.
Que je mente.
Que tu mentes.
QĂŒil mĂ©nie,
' Que noĂŒs mentions.
«Que vous meniiëz.
QuâUs mĂ©ntent.
IMPARFAIT.
Que je mentisse.
Que tu mentisses.
Quâil mentĂźt.
Que nous mentissions.
Que vous mentissiez.
QuĂŻls mentissent.
PASSĂ.
Que jâaie offert, etc. Que jâaiĂ© inenll, etc.
Que nous ayons offért; Que nous ùyoris ménli»
' etc. - elc;
PLĂS-QĂB-PARFAIT.
Que jëusse offert, eic. , Que jëusse mcnlr, etc.
Que nous eussions offert, Que nous eussions menti»
etc.
Offrir.
âąAvoir.offert.
Offrant.
etc.
INFINITIF.
PRĂSENT.
Mentir.
PASSĂ.'
Avoir menti.
PARTICIPE PRĂSENT;
Mentant.
PARTICIPE PASSĂ.
Offert, offerte, ayant Menti, mentie^ aypnt
offert. menti.
CUEILLIR. FAILLIR.
' MODE INDICATIF,
Je cueille.
Tu cueilles,
,11 cueille.
Nous cueillons.
Vous cueillez.
Us cueillent.
PRĂSENT.
Je faux.
Tu faux.
Il faut. ,,
Nous failloDS;
^ Vous faillez.
Us faiileĂŒt.
fi
( 536 )
> ^
Je cueillais.
Tu cueillais.
Il cueillait.
Nous cueillions.
Vous cuéilliez.
Ils cueillaient.
Je cueillis.
Tu cueillis.
Il cueillit. '
Nous cueillĂźmes.
Vous cueillĂźtes.
Ils cueillirent.
IMPARFAIT.
Je faillais.
Tu faillais.
ĂŻl faillait.
Nous faillions.
Vous failliez.
Ils faillaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je faillis.
Tu faillis.
11 faillit.
Nous faillĂźmes.
Vous faillites.
Us faillirent.
PASSĂ INDĂFINI.
J'ai cueilli, etc. Jâai failli, etc.
Nous avons cueilli, etc. Nous avons failli, etc.
PASSĂ ANTĂRIEUR.
J'eus cueilli, etc, ' Jâeus failli, etc.
Nous eûmes cueilli, etc. Nous eûmes failli, etc.
PtUS-QUE-PARFAIT,
J'avais cueilli, etc. ' J*âavais failli, etc.
Nous avions cueilli, etc. Nous avions failli, etc.
Je cueillerai. '
Tu cueilleras.
Il cueillerai
Nous cueillerons.
Vous cueillerez,
ĂŻls'^ cueilleront.
FUTUR.
Je faillirai.
Tu failliras.
II faillira.
Nous faillirons.
Yous faillirez.
Ils'failliront (1),
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai cueilli, etc. Jâaurai failli, etc.
Nous aurons cueilli, etc. Nous aurons failli, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Je cueillerais.
Tu cueillerais.
11 cueillerait.
Nous cueillerions.
Vous cueilleriez.'
Us cueilleraient.
PRĂSENT.
- Je faillirais.
Tu faillirais.'
Il failliraĂźL
Nous faillinons.
Vous failliriez.
,11s failliraient.
PASSĂ.
J'aurais cueilli, etc. Jâaurais failli, etc.
Nous aurions cueilli, etc. Nous aurions failli, etc.
On dit encore :
Jâeusse cueilli, etc. Jâeusse failli, etc.
Nous eussions cueilli, Nous eussions failli, etc.
etc.
f
MODE ITĂRATIF.
' 1
PRĂSENT.
Cueille. Faille, (inusité.)
Cueillons. Faillons.
Cueillez- Faillez.
ineat
cftiet,
nous scnilile avoir tort de donner au verhcy'ail/ir JĂš*mĂȘme futur et
le mcnie prĂ©sent conditionnel quâau vcrheyĂč//oir. (nuiMviLLiUHS.)
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT,
Que je cueille.
Que tu cueilles.
Quâil cueille.
Que nous cucilUonsT
Que vous cueilliez,
QĂŒils cueillent.
Que je faillje. (inusité.
Que tu failles.
Quâil faille.
Que nous faillions.
Que vous failliez.
Quâils faillent.
IMPARFAIT.
Que je cueillisse.' Que je faillisse, (inusité.
Que tu cueillisses. Que tu faillisses.
Quâil cueillĂźt. ' Quâil faillĂźt.
Que nous cueillissions. Que noiis faillissions.
Que vous'cueillissiez. Que vous faillissiez;
QĂŒils cueillissent. QĂŒils faillissent.
PASSĂ.
Que jâaie cueilli, etc. Que jâaie failli, etc.(i««s.)
Que nous ayons cueilli, Que nous ayons failli,
etc. etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse cueilli, etc.* Que jâeusse failli, etc.(in.)
Que nous eussions cueil- Que nous eussions failli,
Il, etc._ etc. y
MODE INFINITIF,
PRĂSENT.
Cueillir.
0
, Faillir,
J
PASSĂ.
Avoir cueilli.
. Avoir failli.
PARTICIPE PRĂSENT.
Cueillant.
Faillant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant cueilli.
Ayant failli.
FĂIB
HAIB.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT. '
Je fuis.
Je hais (prononcez je hĂšs).
Tu fuis.
Tu hais.
Il fuit.
Il hait.
Nous fuyons.
Nous haĂŻssons. :
Vous fuyez.
Nous haĂŻssez.
Ils fuient.
Us haĂŻssent.
IMPARFAIT.
Je fuyais.
Je haĂŻssais.
Tu fuyais.
Tu ha'issais.
11 fuyait.
11 haĂŻssait.
Nous fuyions.
Nous haĂŻssions.
Vous fuyiez.
Vous haĂŻssiez.
Us fuyaient.
Us haĂŻssaient.
â
PASSĂ DĂFINI.
Je fuis;
Je haĂŻs.
Tu fuis.
Tu haĂŻs.
Il fuit.
Il haĂŻt.
Nous fuĂźmes.
Nous haĂŻmes. '
Vous fuĂźtes.
Vous haĂŻtes.
Us fuirent.
Us haĂŻrent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai fui, etc.
Jâai-ha'ĂŻ, etc.
Nous avons fui
i, etc. Nous avons haĂŻ, etc.
{ 537 ) .
PASSĂ ANTĂRIEUR.
Jëus fui, etc. Jëus haï, etc.
Nous eûmes fui, etc. Nous eûmes haï, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais fui, etc.
Nous avions fui, etc.
Je fuirai.
Tu fuiras.
Il fuira. ^
Nous fuirons.
Vous fuirez.
Ils fuiront.
Jâavais haĂŻ, etc.
Nous avions haĂŻ, ctc.
FUTUR.
Je haĂŻrai.
Tu haĂŻras.
11 haĂŻra.
Nous haĂŻrons.
Vous haĂŻrez.
Ils haĂŻront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai fui, etc. , Jâaurai haĂŻ, etc.
Nous aurons fui, etc. Nous aurons haĂŻ, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Je fuirais.
Tu fuirais.
Il fuirait. '
Nous fuirions.
Vous fuiriez.
Us fuiraient.
PRĂSENT.
Je haĂŻrais.
Tu haĂŻrais.
U haĂŻrait.
Nous haĂŻrions.
Vous haĂŻriez.
Us haĂŻraient.
Jâaurais fui, etc.
PASSĂ. - yr
Jâaurais haĂŻ,' etc.
Nous aurions fui, etc. Nous aurions haĂŻ, elc.
On dit encore :
Jâeusse fui, etc. Jâeusse haĂŻ, etc.
, Nous eussions fui, etc. Nous eussions haĂŻ, etc.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT,
Fuis. ^ Hais.
Fuyons, ' HaĂŻssons.
Fuyez. HaĂŻssez.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je fuie.
Que tu fuies.
Quâil fuie.
Que nous fuyions.
Que vous fuyiez.
QĂŒils fuient.
Que je fuisse.
Que tu fuisses.
QĂŒil fuĂźt.
Que nous fuissions.
Que vous fuissiez.
Quâils fuissent.
Que jâaie fui, etc.
Que nous ayons fui,
Que je haĂŻsse.
Que tu haĂŻsses.
QĂŒil haĂŻsse.
Que nous haĂŻssions.
Que vous haĂŻssiez.
Quâils haĂŻssent.
IMPARFAIT.
Que je haĂŻsse.
Que tu haĂŻsses.
QĂŒil haĂŻt.
Que nous haĂŻssions.
Qut? vous haĂŻssiez.
QĂŒâils haĂŻssent.
f
PASSĂ.
Que jâaie haĂŻ, etc.
elc. Que nous ayons haĂŻ, ctc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse fui, etc. Que jâeusse haĂŻ, etc.
Que nous eussions fui, Que nous eussions haĂŻ,
â etc. etc.
Fuir.
Avoir fui.
Fuyant.
Ayant fui.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT,
HaĂŻr.
PASSĂ.
Avoir haĂŻ,
PARTICIPE PRĂSENT.
HaĂŻssant.
PARTICIPE PASSĂ.
â Ayant haĂŻ.
TRESSAILLIR.
VETIR.
MODE INDICATIF.
Je tressailleâ
Tu tressailles,
U tressaille. ^
Nous tressaillons..
Vous tressaillez.
Us tressaillent.
Je tressaillais.
Tu tressaillais.
Iltressaillalt.
Nous tressaillions.
Vous tressailliez.
Ils tressaillaient.
Je tressaillis.
Tu tressaillis.
Il tressaillit.
Nous tressaillĂźmes.
Yous tressaillĂźtes.
Us tressaillirent.
PRĂSENT.
Je vĂȘts.
Tu'vĂŽts.
U vĂȘt (1).
Nous vĂȘtons.
Vous vĂȘtez. âą
'Ils vĂȘtent.
IMPARFAIT.
Je vĂȘtais.
Tu vĂȘtais.
U vĂȘtait.
Nous vĂȘtions.
Vous vĂȘtiez.
Us vĂȘtaient. âą
PASSĂ DĂFINI.
Je vĂȘtis.
" Tu vĂȘtis.
U vĂȘtit.
âą Nous vĂȘtĂźmes.
Vous vĂȘtĂźtes.'*
Ils vĂȘtirent.
J
V
PASSK I>DĂFINI. *
Jâai tressailli, etc. Jâai vĂȘtu, etc.
Nous avons tressailli, etc. Nous avons vĂȘtu, etc.
PASSĂ ANTĂRIEUR.
Jâeus tressailli, ctc. J'eus vĂȘtu, etc.
Nous eĂ»mes tressailli. Nous eĂ»mes vĂȘtu, etc.
ctc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
J'avais tressailli, etc. J'avais vĂȘtu, etc.
Nous avions tressaiili, Nous avions vĂȘtu, etc.
etc.
FUTUR.
Je vĂȘtirai.
Je tressaillerai (2}.
Tu tressailleras.
U tressaillera.
Nous tressaillerons.
Vous tressaillerez.
Us tressailleront.
Tu vĂȘtiras.
U vĂȘtira.
Nous vĂȘtirons.
Vous vĂȘtirez.
Us vĂȘtiront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurais tressailli, ctc. Jâaurai vĂȘtu, ctc.
Nous aurions tressailli, Nous aurons vĂȘtu, ctc.
etc.
(1) Les grands écrivains font ce verbe régulier, et disent : // veUty
ils vĂȘtissent, il vĂ©lissait, etc. : Le cocotier ombrage, loge , vĂȘtit ,
nourrit tes enfanls de Uralima. (Voltaibk.)
' (2) LâAcadĂ©mie Ă©crit : je tressaillirai et je tressaillirais ; nous penÂŹ
sons quâon doit dire: je tressaillerai, je tressaillerais, et non pas
tressaillirai , tressaillirais , parce (^iic le présent est je tressaille.
Doraeigucet plusieurs bons grammairiens partagent notre opinion.
68
MODE CONDITIONNEL.
Je tressaillerais.
Tu tressaillerais.
Il tressaillerait.
Nous tressaillerions.
Vous tressailleriez.
Ils tressailleraient.
PRĂSENT.
Je vĂȘtirais.
Tu vĂȘtirais.
11 vĂȘtirait.
Nous vĂȘtirions.
Vous vĂȘtiriez.
Ils vĂȘtiraient.
PASSĂ.
Jâaurais tressailli ; elGi J âaurais vĂȘtu, etC;
Nous aurions tressailU, Nous aurions vĂȘtu, etc.
. etc.
On dit encore :
Jâeusse tressailli, etc. . Jâeusse vĂȘtu, etc.
Nous eussions tressailli. Nous eussions vĂȘtu, etc.
etc.
-MODE iMPĂRATIF.
PRĂSENT.
' VĂȘts.
VĂȘtons.
VĂȘtez. »
( 538 )
Que nous tressaillions. Que nous vĂȘtions.
Que vous tressailliez. Que vous vĂȘliez.
Quâils tressaillent; Quâils vĂ©tentt
IMPARFAIT,
Que je tressaillisse. Que je VĂȘtisse.
Que tu tressaillisses. Que lu vĂȘtisses.
Quâil tressaillit. Quâil vĂȘtit.
Que nous tressaillissions.- Que nous vĂȘtissions.
Que vous tressaillissiez; Que voĂŒs vĂȘtissiez.
Quâils tressaillissent. Quâils vĂȘtissent.
PASSĂ ANTĂRIEUR.
Que jâaie tressailli, etc,. Que jâaie vĂȘtUj ctC;.
Que nous ayons tressai!- Que nous ayons vĂȘĂźu, etc.
li, eto.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Quejâeusse tressailli, etc. QĂŒe jâeusse vĂȘtu, etc.
Que nous eussions trĂšs- Que nous eussions vĂȘtu^
sailli, etc. ' etc. .
MODE INFINITIF.
Tressaille.
Tressaillons.
Tressaillez.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT,
QĂŒe je tressaille. Que je vĂȘte.
Que tu tressailles. Que tu vĂȘtes.
Quâil tressaille. . Quâil vĂȘte.
PRĂSENT.
Tressaillir. VĂȘtir.
PASSĂ. V
Avoir tressailli. Avoir vĂȘtu.
PARTICIPE PRĂSENT,
Tressaillant. VĂȘtant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant tressailli. Ayant vĂȘtu.
. Les autres verbes irrĂ©guliers de celte classe, qu'il nâest pas nĂ©cessaire de conjuguer, fediit :
Bénir, qui a deux participes différents, bénit, bénite, pain bénit, eau bénite; et béni,
bĂ©nie : vous ĂȘtes bĂ©nie entre toutes les femmes. Voir plus loin pour la diffĂ©rence qui existe
entre ces deux participes. â
Fleurir, qui est régulier dans toutes ses formes, lorsqu'il est employé dans le sens pro
pre ; mais qui, au figuré, est irrégulier à l'irtiparfait et au participe présent : le commerce
florissait, et non pas fleurissait; les arts sont florissants, et non pas fleurissants.
Consentir, ressentir, pressentir, dormir, endormir, se repentir, sei'vir, desservir, sortir,
ressortir (lorsqu'il signifie sor/zV de nouveau], partir, impartir (lorsqu'il signifie répliqtler
et partir de nouveau,), se conjuguent comme sentir.
Mais ressorter (lorsqu'il signifie ĂȘtre dans la dĂ©pendance, dans le ressort] oXrĂ©partir (lorsÂŹ
qu'il signifie partager) se conjuguent comme finir : celte affaire ressortissait Ă tel tribunal,
et non pas ressortait; il ressortit Ă ma juridiction, et non pas^zZ ressort, etc. (1) H repartait
pour Varmée; en conséquence, il répartissait ses biens entre ses amis. N'oublions pas que
repartir sâĂ©crit, dans le premier cas, par un e muet, el dans le second par un Ă© fermĂ©.
Ouïr. Indicatif présent : j'ois, tu ois, il oit; nous oyons, vous oyez, ils oienti
Ni ce temps, ni l'imparfait j'oyerais, ni le futur j'oiteVai, ne sont en usage, non plus que
les temps qui en sont formĂ©s. On ne se sert maintenant de cet;er6e qĂŒau passĂ© dĂ©fini de
Tindicatif, j'owĂŻs, il ouĂŻt; Ă Timparfait dĂ» subjonctif, que j'ouĂŻsse, qu'il ouĂŻt; Ă Tinfiilitif,
ouĂŻr; et dans les temps composĂ©s, on se sert du participe otĂŒ, ouĂŻe, et de lâauxiliaire avoir.
(L'Académie, Wailly, Restadt, Féraud, Trévoux.)
Le 'verbe ouïr a une signification beaucoup moins étendue que le verbe entendré; il ne
se dit proprement que dâun sdh passager, et qĂŒon entend par hasard et sans dessein.
On ne doit pas sâen servir quand il est question d'un prĂ©dicateur, dâun avocat, d'un
(1) Le métropolitain à qui cette affaire ressortait de droit.
Voltaire aurait dĂ» dire : ressortissait.
Toutouyrage, toute doctrine
Ressortit Ă son tribunal.
{Voltaire.)
(J.-B. Rousseau.]
' ( 539 ) ^
discours public; mais Ori dit trĂšs-bien iouir la messeSeigneur', daignez ouir nos pnĂš*>
res; Us dimanches là messe oiiiras; et au palais : owïr des témoins. (Féuaud et Gattel.)
Férir. Ce verbe; qui signifie frapper; nëst plus en usage que dans cette phrase : sans
coup férir, pour dire : sans en venir aux mains, sans rien hasarder.
FĂ©ru, fĂ©rue, ne se dit,qĂŒe dans ces phrases badines : il est fĂ©ru de cette femme,
pour dire : il Cri est bien amoureux ; je suis fĂ©ru, jĂ«n ai dans TailĂš. (L'ĂcadĂ©iviie, FĂ©-
BAUD et TitĂvoĂŒx. )
Quét'ir nëst usité qu'à Tinfinitif présent.
Saillir, lorsqu'il signifie s'avancer eri dehors, n'a guĂšre quo cettĂš forme et le participe
présent saillant.i. Lorsqu'il signifie s'élancer ou s'élever, il a le participe passé sailli,
el par consĂ©quent toĂŒtes lĂšs formes qui se composent de ce participe et des formes du verbe
avoir. On dit à iissi : les eaux sdillisseht. « "
GĂ©sir nâest plus en usage Ă Tinfinitif; il signifiait ĂȘtre couchĂ©; ori dit cependant encore :
il'gĂźt, nous gisons, ils gisent; ĂŒ gisait, gisant. (LâAcadĂ©mie, Wailly, FĂȘraĂŒd,
Lévizac, Gattel, etc.)
THOĂS5ĂME CONJĂGAĂSOK.
ASSEOIR.
DECHOIR.
MODE INDICATIF.
PUĂSENT.
Je déchois.
TĂŒ dĂ©chois,
li déchoit.
Nous déehoyofis;
Vous déchoyez,
lis déchoient:
iMPĂRFAIT.
Je déchoyais.
'TĂŒ dĂ©choyais.
Il déchoyait.
Nous déchoyions.
Vous déchoyiez.
Ils déchoyaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je déchus.
Tu déchus,
li déchut.
Nous déchûmes.
Vous déchûtes;
Ils déchurent.
PASSĂ INDĂFINI.
Je suis déchu, etc.
Nous avons assis, etc. Nous sommes déchus, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT,
Jâavais assis, etc. J'Ă©tais dĂ©chu, etc.
Nous avions assis, etc. Nous étions déchus, etc.
FUTUR.
Je décherrai.
TĂŒ dĂ©cherras.
II décherra.
NoĂŒs dĂ©cherrons.
Vous décherrez.
lisdécherront.
Jâassieds.
Tu assieds.
Il assied.
Nous asséyoïis.
Vous asseyez;
Ils asséÿciit;
JâassĂ©yais.
Tu assévuis.
II asseyait.
Nous asséyiohs.
Vous asséyiez.
TU asséyaient,
/
t
Jâassis.
Tu assis.
11 assit.
Nous assĂźmes.
Vous assĂźtes.
Ils assirent;
Jâai assis, etc.
JâassiĂ©rai (1).
Tu assiéras.
11 assiéra.
Nous assiérons.
Vous assiérez.
Us assiéront.
(1) LâAcaHĂ©mie Ă©crit aussi \ a<!st^erai el fasseyerms. "Elle,âąperÂŹ
met encore de conjnguer ce vĂȘrbe aln.«i : farsois/ tu astois, il ai-
soit; nous assoyons y voua aMoyei, t(* assoient. J'ass or ais, f asÂŹ
soirai, y assoirais, assois \ ésaoyss , que f assoie , assoyant. Cette
derniÚre ccojagaiBon n*est guÚre usitée figuré : asseoir les
impoië.
FUTUR ANTERIEUR.
Jâaurai assis, etc. JĂ« serai dĂ©chu, etc.
Nous aurons assis, etc. Nous serons déchus, etc, ;
MODE. CONDITIONNEL.
JâassiĂ©rais.
Tu assiérais.
Tl assiérait.
Nous assiérions.
Vous assiériez.
Ils assiéraient.
PRESENT.
Je décherrais.
Tu décherrais.
II décheruait.
Nous décherrions.
Vous déclierriez.
Us décberraient.
je serais déchu, ,etc.
Nous serions déchus, etc.
PASSĂ.
Jâaurais assis, etc.
Nous aurions assis, ctc.
Oh dit encore :
Jâeusse assis,etc. Je fusse dĂ©chu, etc.
Nous eussions assis, etc. Nous fussions déchus, etc.
MODE I1VIPĂRAT1F.
/ »
PRĂSENT.
Assieds; Déchois.
Asséyons. Déchoyons. . .
Asséyez. Déchoyez.
MODE SĂBJONCTIF.
Que jâassĂ©ye.
Que lu asséyes.
Quâil assĂ©ye.
Que nous asséyions.
Que vous asséyiez.
Quâils assĂ©yent.
Que jâassisse.
Que tu assisses.
Quâil assit.
Que nous assissioiiL
Que vous assissiez.
Quâils assissent.
PRĂSENT.
Que je déchoie.
Que tu déchoies;
Quâil dĂ©choie.
Que nous déchoyions.
Que vous déchoyiez.
Quâils dĂ©choient.
IMPARFAIT.
N
Que je déchusse.
Que tu déchusses.
Quâil dĂ©chĂ»t.
Que nous déchussions.
Que vous déchussiÚz.
Quâils dĂ©chussent.
( o4Ă» }
PASSĂ.
Que j'aie assis, etc. Que je sois déchu, etc.
Que nous ayons assis, Que nous soyons déchus,
etc. etc.
PLĂS-QUE-PAUFAIT.
Que jâeusse assis, etc. Que je fusse dĂ©chu, etc.
Que nous eussions assis, Que nous fussions déchus,
etc.
Asseoir.
Avoir assis.
etc.
MODE INTINTTIE,
PRĂSENT.
Déchoir.
PASSĂ.
Etre déchu.
PARTICIPE PRĂSENT.
Déchéant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ătant dĂ©chu.
Asséyant.
Ayant assis.
MOUVOIR. POURVOIR.
MODE INDICATIF.
Je meus.
Tu meus*.
Il meut.
Nous mouvons.
Vous mouvez,
lis meuvent.
Je mouvais.
Tu mouvais.
11 mouvait.
Nous mouvions.
Vous mouviez.
Ils mouvaient.
Je mus.
Tu mus.
11 mut.
Nous mûmes.
Vous mûtes.
Ils murent.
PRĂSENT.
Je pourvois.
Tu pourvois.
. Il pourvoit.
Nous pourvoyons.
Vous pourvoyez.
Ils pourvoient.
IMPARFAIT.
Je pourvoyais,.
Tu pourvoyais.
Il pourvoyait.
Nous pourvoyions.
Yous pourvoyiez.
Ils pourvoyaient.
PASSE DĂFINI.
Je pourvus. -
Tu pourvus.
Il pourvut.
Nous pourvûmes.
Vous pourvûtes.
Ils pourvurent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai pourvu, etc.
Jâai mu, etc.
Nous avons mu, etc. Nous avons pourvu, etc.
PLUS-OĂE-PARFAIT.
Jâavais mu, etc.
Nous avions mu, etc.
Je mouvrai.
Tu mouvras,
ĂŻl mouvra.
Nous mouvrons.
Vous mouvrez.
Ils mouvront. ,
Jâavais pourvu, etc.
Nous avions pourvu, etc.
FUTUR.
Je pourvoirai.
Tu pourvoiras.
Il pourvoira.
Nous pourvoirons.
Vous pourvoirez.
Ils pourvoiront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai mu, etc. Jâaurai pourvu, etc.
Nous aurons mu, etc. Nous aurons pourvu, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Je mouvrais.
Tu moĂŒvrais.
Il mouvrait.
Nous mouvrions.
Vous mouvriez.
Us mouvraient.
PRESENT.
.Je pourvoirais.
Tu pourvoirais. *
ĂŻl pourvoirait
Nous pourvoirions.
Vous pourvoiriez.
Us pourvoiraient.
PASSĂ.
Jâaurais pourvu, etc.
Jâaurais mu, etc.^
Nous aurions mu, etc. Nous aurions pourvu, etc.
On dit encore:
Jâeusse mu, etc. Jâeusse pourvu, etc. "
Nous eussions mu, etc. Nous eussions pourvu, etc.
MODE EVIPĂRATIF.
PRĂSENT,
Meus. Pourvois.
Mouvons. Pourvoyons.
Mouvez. Pourvoyez,
ĂUODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que jé meuve.
Que tu nieuyes.
Quâil meuve.
Que nous mouvions.
Que vous mouviez.
Quâils meuvent.
â Que je pourvoie.
Que tu pourvoies.
Quâil pourvoie.
Que nous pourvoyions.
Que vous pourvoyiez.
Quâils pourvoient.
IMPARFAIT.
Que je musse, .
Que tu musses.
Quâil mĂ»t.
Que nous mussions.
Que vous mussiez.
QĂŒils mussent.
Que jâaie mu, etc.
Que je pourvusse.
Que tu pourvusses.
Quâil pourvĂ»t.
Que nous pourvussions.
Que vous pourvussiez.
Quâils pourvussent.
PASSE.
Que jâaie pourvu, etc.
Que nous ayons mu, etc. Que nous ayons pourvu,
etc.
PLUS-OUE-PARFAir.
Que jâeusse mu, etc. ^ Que jâeusse pourvu, etc.
Que nous eussions mu, Que nous eussions pour-
etc. vu, etc.
»
MODE INFINITIF,
' PRĂSENT.
Mouvoir. Pourvoir,
PASSĂ.
Avoir mu. Avoir pourvu.
* PARTICIPE PRĂSENT.
Mouvant. Pourvoyant. :
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant mu. Ayant pourvu.
( 541 )
POUVOIR.
PREVOIfi.
MODE INDICATIF.
Je peux, ou je puis.
Tu peux.
Il peut.
Nous pouvons.
Vous pouvez.
Ils peuvent.
Je pouvais.
Tu pouvais.
Il pouvait.
Nous pouvions.
Vous pouviez.
Ils pouvaient.
Je pus.
Tu pus.
Il put.
Nous pûmes.
Vous pûtes.
Ils purent.
Jâai pu, etc.
PRĂSENT.
Je prévois.
Tu prévois. .
Il prévoit.
Nous prévoyons.
Vous prévoyez.
Us prévoient.
IMPARFAIT.
Je prévoyais.
Tu prévoyais.
Il prévoyait.
Nous prévoyions.
Vous prévoyiez.
Ils prévoyaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je prévis.
Tu prévis-
11 prévit.
Nous prévßmes.
Vous prévßtes.
Us prévirent.
PASSĂ INDĂFINI.
- J,.., J'ai prévu, etc.
Nous avons pu, ctc. . Nous avons prévu, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais prĂ©vu, etc,
etc. Nous avions prévu, etc.
FUTUR. âą
Je prévoirai.
Tu prévoiras.
U prévoira.
Nous prévoirons.
Vous prévoirez.
Ils prévoiront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jëurai prévu, etc.
Nous aurons prévu, etc.
Jâavais pu, etc.
Nous avions pu
Je pourrai.
Tu pourras.
U pourra.
Nous pourrons.
Vous pourrez.
Us pourront.
Jâaurai pu, etc.
Nous aurons pu, etc
MODE CONDITIONNEL.
Je pourrais.
Tu'pourrais.
U pourrait.'
Nous pourrions.
Vous pourriez.
Us pourraient.
PRĂSENT.
Je prévoirais.
" Tu prévoirais.
Il-prévoirait.
Nous prévoirions.
Vous'prévoiriez.
Us prévoiraient.
PASSE.
Jâaurais pu, etc. Jâaurais prĂ©vu, etc.
Nous aurions pu, elc. Nous aurions prévu, etc.
On dit encore :
JĂ«usse pu, ctc. Jâeusse prĂ©vu, etc.
Nous eussions pu, etc. Nous eussions prévu, etc.
MODE UVlPĂRATiF.
PRĂSENT.
Peux. Prévois.
Pouvons. Prévoyons.
Pouvez. 0 ' Prévoyez.
I^ĂODE SĂBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je prévoie.
Que tu prévoies.
Quâil prĂ©voie.
Que nous prévoyions.
Que vous prévoyiez.
QĂŒils prĂ©voient.
IMPARFAIT.
Que je prévisse.
Que tu prévisses.
Quâil prĂ©vĂźt.
Que nous prévissions.
Que vous prévissiez.
QĂŒils prĂ©vissent.
Que je puisse. '
Que tu puisses. .
Quâil-puisse.
Que nous puissions
Que vous puissiez.
Quâils puissent.
Que je pusse.
Que tu pusses.
QĂŒil pĂ»t.
Que nous pussions.
Que vous pussiez.
Quâils pussent.
PASSĂ.
Que jâaie pu, etc. Que jâaie prĂ©vu, etc.
Que nous ayons pu, etc. Que nous ayons prévu,
etc,
PLUS-QUE-PABF AIT.
Que jĂ«usse pu, etc. â Que jâeusse prĂ©vu, etc.
Que nous eussions pu, Que nous eussions prévu,
etc. etc.
«
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Pouvoir.
Prévoir.
PASSĂ.
Avoir pu.
Avoir prévu.
PARTICIPE PRĂSENT,
Pouvant.
Prévoyant.
-
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant pu.
Ayant prévu.
9
SAVOIR. SURSEOIR.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je sais.
Je sursois.
Tu sais.
Tu sursois.
Ii sait.
II sursoit.
Nous savons.
Nous sursoyons
Vous savez.
Vous sursoyez. .
Us savent.
Us sursoient.
IMPARFAIT.
Je savais.
Je sursoyais.
Tu savais.
Tu sursoyais.
U savait.
U sursoyait.
Nous savions.
Nous sursoyions.
Vous saviez.
Vous sursoyiez.
Us savaient.
Us sursoyaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je sus.
Je sursis.
Tu sus.
Tu sursis.
U sut. '
U sursit.
Nous sûmes.
Nous sursĂźmes.
Vous sûtes.
Vous sursĂźtes.
Us surent.
Us sursirent.
PASSĂ INDĂFINI,
Jâai su, etc.
Jâai sursis, etc.
Nous avons su, etc. Nous avons sursis, etc.
' PLĂS-QDE-PARFAĂT.
Jâavais su, etc. v Jâavais sursis, etc.
Nous avions su, etc.
*9 t
â Ăź i
V
Je saurai.
Tu sauras.
II saura,
Nous saurons.
Vous saurez.
Us sauront.
Jâaurai su, etc.
Nous avions sursis, etc.
t
FĂTOR,
Je surseoirai.
Tu surseoiras.
Il surseoira.
Nous surseoirons.
Vous surseoirez.
Ils surseoiront.
FOTDR ANTĂRIEUR.
Jâaurai sursis, etc.
Je saurais.
Tq saurais,
llsaurait.
Nous saurions.
Vous sauriez.
Ils sauraient.
Nous aurons su, etc. Nous aurons sursis, etc,
MODE conditionnel.
. PRĂSENT.
Je surseoirais.
Tu surseoirais.
Il surseoirait.
Nous surseoirions. - -
Vous surseoiriez.
Ils surseoiraient.
t
PASSĂ.
Jâaurais su, etc. Jâaurais sursis, etc.
Nous aurions su, etc. Nous aurions'sursis, etc.
On dit encore :
Jâeusse su, etc. Jâeusse sursis, etc.
Nous eussions su, etc. Nous eussions sursis, etc.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT,
Sursois.
Sursoyons.
Sursoyez.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je sursoie.â
Que .tu sursoies.
Quâil sursoie.
Que nous sursoyions.
Que vous sursoyiez.
Quâils surscolent. ^
IMPARFAIT.
Que je sursisse.
Que tu sursisses.
Quâil sursĂźt.
Que nous sursissions.
Que vous sursissiez.
Quâils sursissent.
PASSĂ.
, Que jâaie sursis, etc.
Que nous ayons su, etc. Que nous ayons sursis,
etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse su, etc. Que jâeusse sursis, cto.
Que nous eussions su, Que nous eussions sursis,
etc. - etc.
Sache.
Sachons
Sachez.
^ Que je sache.
. Que tu saches.
Quâil sache.
Que nous sachions.
Que vous sachiez.
Quâils sachent'.
Que je susse.
Que tu susses.
Quâil sĂ»t.
Que nous sussions.
Que vous sussiez,
QĂŒils sussent.
Que jâaie su, etc.
Savoir.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Surseoir.
> ^
2 )
.
PASSĂ.
Avoir su.
Avoir sursis.
PARTICIPE PRĂSENT.
Sachant.
Sursoyant.
PARTICIPE PA^SĂ.
Ayant su.
Ayant sursis.
VOIR,
VOULOIR.
MODE INDICATIF,
âą
âąPRĂSENT,
Je vois..
'Je veux.
Tu vois.
Tu veux.
II voit.
11 veut.
Nous voyons.
Noûs voulons. -
Vous voyez.
Vous voulez.
Ils voient.
Ils veulent.
âą
lĂlPARFAIT.
Je voyais.
Je voulais.
Tu voyais.
Tu voulais,.
Il voyait.
II voulait.
Nous voyions.
Nous voulions.
Vous voyiez.
Vous vouliez.
Ils voyaient.
Ils voulaient.
âą
pASSĂ DĂFINI.-
Je vis.
Je voulus.
Tu vis.
Tu voulus,
Il vit.
Il voulut.
Nous vĂźmes.
Nous voulûmes.
Vous vĂźtes. .
Vous voulûtes.
Us virent.
0
' Us voulurent.
r
PASSĂ INDĂFINI*
Jâai vu, etc.
Jâai voulu, etc.
Nous avons vu.
etc. Nous avons voulu, otc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais vu,, etc.
' Jâavais voulu, etc.
Nous avions vu
, etc. Nous avions voulp, etc.
FUTUR.
Je verrai.
' Je voudrai.
Tu verras.
Tu voudras.
Il verra;
U voudra.
Nous verrons.
^ Nous voudrons.
Vous verrez.
Vous voudrez.
Ils verront.
Us voudront.
FUTUR antérieur.
Jâaurai vu, etc.
Jâaurai voulu, etc.
Nous aurons vu
, etc. Nous aurons voulu, etc..
MODE CONDITIONNEL.
âą
PRĂSENT.
Je verrais.
Je voudrais.
Tu verrais.
Tu voudrais.
Il verrait.
Il voudrait, â
Nous verrions.
Nous voudrions.
Vous verriez. *
Vous voudriez.
Ils verraient.
Us voudraient. ..
PASSĂ.
Jâaurais vu, etc. Jâaurais voulu, etc.
Nous aurions vu, etc. Nous aurions voulu, etc.
On dit encore:
Jâeusse vu, etc. Jâeusse voulu, etc.
i Nous eussions vu, etc. Nous eussions voulu, etc.
MODE IMPĂEATIF.
PRĂSENT.
Vois. ' Veuille (1).
Voyons. Veuillons.
Voyez, Veuillez.
MODE SUBJONCTIF.
( 543 )
Que nous vissions.
Que vous vissiez.
Qu'ils vissent.
Que je voie.
Que tu voies.
Quâil voie. .
Que nous voyions.
Que vous voyiez.
Qu'ils voient.
Que je visse.
Que tu visses.
Quâil vĂźt.
PRĂSENT.
Que je veuille.
Que «tu veuilles.
Qu'il veuille.
Que nous voulions.
Que vous vouliez.
Quâils veuillent.
IMPARFAIT.
Que je voulusse.
Que tu voulusses.
Quâil voulĂ»t.
(l) Le verbe vouloir a deux impĂȘraiih'. veuille, veuillons,veuil~
le», expresBĂonN de politesse; et veux, voulons, voulez, exprcs-
eioas de commandement ; voulons, et nous 'pourrons. L'abbé de
I.a Mennais a dit : FaĂźtes un effort, voulez seulement i celui qui
dorme le bon vouloir vous donnera aussi de lâaccomplir.
Que nous voulussions.
Que vous voulussiez.
Quâils voulussent.
PASSĂ.
Que jâaie vu, etc. - Que jâaie voulu^ ctc.
Que nous ayons vu, etc. Que nous ayons voulu,
ctc.
PLUS-QUE-PARFAIT,
Que jâeusse vu, etc. Que jâeusse voulu, etc.
Que nous eussions vu, Que nous eussions voulu.
etc.
Voir.
Avoir vu.
Voyant.
Ayant vu.
etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Vouloir.
PASSĂ.
Avoir voulu.
PARTICIPE PRĂSENT.
Voulant.
s
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant voulu.
Seoir, quand il signifie ĂȘtre convenable, n*a que la troisiĂšme personne des formes simples :
il sied bien ouâ mal, il sĂ©yait, il siĂ©ra, il siĂ©rait, qu'il siĂ©e. Point de prĂ©tĂ©rit dĂ©fini, et par
consĂ©quent point dâimparfait du subjonctif. r
Lorsquâil signifie prendre sĂ©ance, i\ nâa que lâinfinitif seoir, le participe prĂ©sent sĂ©ant, et
quelquefois le participe passé SZ5. ' ' ' /
Choir nâest usitĂ© qĂŒĂ celte forme et au .participe passĂ© cĂ w, chue, autrefois chute. Ăo
dernier fĂ©minin sâest conservĂ© dans les proverbes chercher chape-chute, trouver chape-
chute, pour dire profiter de la nĂ©gligence de quelquâun. . . ^
Echoir. Participe présent, échéant; participe passé, échu, échue; passé défini, fichus
( et son dérivé, imparfait du subjonctif, que féchusse). A la troisiÚme personne du singu
lier du prĂ©sent de lâindicatif, on dit il Ă©choit ou ĂŒ Ă©chet; hxixxT, f Ă©cherrai ; prĂ©sent du conÂŹ
ditionnel, fécherrais; présent du subjonctif, que f échoie. -
Apparoir nâest dâusage qĂŒĂ lâinfinitif avec le verbe faire, et Ă la troisiĂšme personne
singuliĂšre de lâindicatif, oĂč il ne sâemploie quâuniperson'nellement, et oĂč il fait ĂŒ appert.
[Dictionnaire de l'Académie, Féraud et Gattel.)
Comparoir a le mĂȘme sens que comparaĂźtre ; mais comparoir ne se dit quâau palais
et dans ces phrases ; assignation Ă comparoir, ou ĂȘtre assignĂ© Ă comparoir.
Ravoir ne sâemploie quâĂ lâinfinitif : Elle a piis Ă VAmour.ses tpaits, et h dieu, pour Ăźes
ravoir, vole toujours, auprĂšs dâelle. (Voiture.)
Réu, ou, ainsi que prononcent certaines personnes, ru; et je le raurai, je me raurai,
comme on le dit en quelques endroits,"sont des barbarismes. (L'Académie, Féraud,
Trévoux, etc.)
Souloir, qui signifie amir coutume, a vieilli et ne sâest guĂšre dit qĂŒĂ lâimparfait : U ou
eßßesowßart. (Girault-Duvivier.)
5U )
QUATRIĂME CONJUGAISON.
lĂźArrRE. BOIRE.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je bats.
Tu bats. . '
Il bat.
Nous battons.
Vous battez.
Us battent.
Je battais.
Tu battais.
Il battait.
Nous battions.
Vous battiez.
Us battaient.
Je battis.
Tu battis.
Il battit.
Nous battĂźmes.
Vous battĂźtes.
Ils battirent.
Je bois.
'Tu bois.
Il boit.
Nous buvons
Vous buvez.
Ils boivent.
imparfait.
Je buvais.
Tu buvais.
Il buvait.
Nous buvions.
Vous buviez.
Ils buvaient.
PASSE DEFINI.
Je bus.
Tu bus.
ĂŻl but.
Nous bûmes.
Vous bûtes.
Us burent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai bu, etc.
Jâai battu, etc.
Nous avons battu, etc. Nous avons bu, eic.
PLDS-QUE-FARFAIT.
Jâavais battu, etc. Jâavais bu, etc.
Nous avions battu, etc. Nous avions bu, etc.
Je battrai.
Tu battras.'^
Il baitra.
Nous battrons.
Vous battrez.
Ils battront.
FUTUR.
Je boirai.
Tu boiras.
Il boira.
Nous boirons,,
Vous' boirez.
Ils boiront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai battu, etc. Jâaurai bu, etc.
Nous aurons battu, etc. Nous aurions bu, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Je battrais.
Tu battrais.
Il battrait.
Nous battrions.
Vous battriez.
Us battraient.
PRESENT.
Je boirais.
Tu boirais.
Il boirait. .
Nous boirions.
Vous boiriez.
Us boiraient.
PASSĂ.
Jâaurais battu, etc. Jâaurais l)u, etc.
Nous aurions battu, etc. Nous aurions bu, etc.
On dit encore :
Jâeusse battu, etc. Jâeusse bu, etc.
Nous eussions battu, etc. Nous eussions bu, etc,
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
RatsI Bois.
Battons. Buvons,
Battez. Buvez.
MODE SUBJONCTIF.
PRESENT.
Que je batte.
Que tu battes.
Quâil batte.
Que nous battions.
Que vous battiez.
Quâils battent.
Que je boive
Que tu boives.
Quâil boive.
Que nous buvions.
Que vous buviez.
Quâils boivent.
I5IPARFAIT.
Que je battisse.
Que tu battisses.
Quâil battĂźt.
Que nous battissions.
Que vous battissiez.
Quâils battissent.
Que je busse.
Que tu busses.
QĂŒil bĂ»t.
Que noûs bussions.
Que vous bussiez.
Quâils bussent.
PRĂTĂRIT ou PASSĂ.
Que jâaie battu, etc. Que jâaie bu, etc.
Que nous ayons battu; Que nous ayons bu, etc.
etc.
PLUS-QUE-PARFAIT. .
Que jâeusse battu, etc. Que jâeusse bu, etc.
Que nous eussions battu, Que nous eussions bu»
etc. etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT,
Boire.
PASSĂ.
Avoir bu.
s PARTICIPE PRĂSENT.
Blivant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant battu. ' Ayant bu.
Battre.
Avoir battu.
Battant.
CLORE.
CONCLURE
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je clos.
Tu clos.
Il clĂŽt.
Nous closons.
Vous closez, (inusité.)
Ils closent.
Je conclus.
Tu conclus.
Il conclut.
Nous concluons.
Vous concluez.
Ils concluent. â
imparfait.
Je closais, (inusité.)
Tu closais.
Il closait.
Nous closions.
Vous closiez.
Ils closaient.
Je concluais.
Tu concluais. '
Il concluait.
Nous concluions.
Vous concluiez.
Us concluaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je closis (1). {jnusité ) Je conclus.
Tu closis.
Iljclosit,
Nous closĂźmes.
Vous closĂźtes.
Us closirent.
Tu conclus.
Il conclut.
Nous conclûmes.
Vous conclûtes;
Us conclurent.
Jâai clos, etc.
PASSE INDEFINI.
Jâai conclu, etc.
Nous avons clos, etc. Nous avons conclu, etc.
PLUS-QĂE'PAEFAIX.
Jâavais clos, etc. Jâavais conclu, etc.
Nous avions clos, etc. Nous avions conclu, etc.
FUTUR.
' Je conclurai.
( 545 )
PASSĂ.
Que jâaie clos, etc. Que j'aie conclu, etc.
Que nous ayons clos, etc. Que nous ayons conclu,
^ etc.
PlĂŒS-QDE PARFAIT.
Que jâeusse clos, etc. Que jâeusse conclu, etc.
Que nous eussions clos. Que nous eussions^con-
etc.'
Je clorai.
Tu cloras.
Il clora.
Nous clorons.
Vous clorez.
Us cloront.
Tu concluras.
Il conclura.
Nous conclurons.
Vous conclurez.
Ils concluront.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai clos, etc. Jâaurai conclu, etc.
Nous aurons clos, etc. Nous aurons conclu, etc.
MODE CONDITIONNEL.
PRĂSENT.
Je conclurais.
Tu conclurais,
ĂŻl conclurait.
Nous conclurions.
Vous concluriez.
Ils concluraient.
PASSĂ.
Jâaurais conclu, etc.
Nous aurions clos, etc. Nous aurions conclu, etc.
On dit encore :
Jâeusse clos, etc. Jâeusse conclu, etc.
Noiis eussions clos, etc. Nous eussions conclu, etc.
Je clorais.
Tu clorais.
Il clorait.
Nous clorions.
Vous cloriez.
Ils cloraient.
Jâaurais clos, etc.
Clos, {inusité.)
Closons.
Closez.
MODE IMPERATIF,
PRĂSENT.
Conclus.
Concluons.
Concluez.
MODE SUBJONCTIF.
PRESENT,
Que je close, (inusité.) Que je conclue.
Que tu closes. Que tu conclues.
Quâil close. Quâil conclue.
'Que nous closions. Que nous concluions.
Que yous closiez. Que vous concluiez.
QĂŒils closent. Quâils concluent.
IMPARFAIT.
Que je closisse. (inusité.) Que je conclusse.
Que tu closisses.
QĂŒil closĂźt. '
Que nous closissions.
Que vous closissiez,
QĂŒils closissent.
Que tu conclusses.
Quâil conclĂ»t. j
Que nous conclussions.
Que vous conclussiez.
Quâils conclussent.
(1) Académie ne donne pas ce temps ; nous ne comprcnon? pas
poar<jaoi lâon ne dirait pas bien ; je lui eloiis la bouche.
du, etc.
MODE INFINITIF,
%
PRĂSENT.
Clore. Conclure.
PASSĂ.
Avoir clos. Avoir conclu.
PARTICIPE PRĂSENT.
Closant, (inusité.). Concluant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant clos. Ayant conclu.
CONNAITRE COUDRE.
MODE INDICATIF.
Je connais.
Tu connais
Il connaĂźt.
Nous connaissons.
Vous connaissez.
Us connaissent.
présent!
Je couds.
Tu couds.
U coud.
Nous cousons.
Vous cousez.
Ils cousent.
Je connaissais.
Tu connaissais.
Il connaissait.
Nous connaissions.
Vous connaissiez-
Ils connaissaient.
Je connus.
Tu connus.
Il connut.
Nous connûmes.
Vous connûtes.
Us connurent.
Jâai connu, etc.
IMPARFAIT,
Je cousais.
Tu cousais.
11 cousait.
Nous cousions.
Vous cousiez.
Ils cousaient
PASSĂ DĂFINI. '
Je cousiĂą.
Tu cousis.
Il cousĂźt.
Nous cousĂźmes.
Vous cousĂźtes.
Us cousirent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai cousu, etc.
Nous avons connu, etc. Nous avons cousu, etc.
PtUS-QĂŒK-PARFAIT.
Jâavais connu, etc. Jâavais cousu, etc.
Nous avions connu, etc. Nous avions cousu, etc.
FUTUR.
Je connaĂźtrai.
Tu connaĂźtras.
U connaĂźtra.
Nous connaĂźtrons.
Vous connaĂźtrez.
Us connaĂźtront.
Je coudrai.
Tu coudras.
Il coudra.
Nous coudrons.
Vous coudrez.
Us coudront.
FDTĂR ANTERIEUR.
Jâaurai connu, etc. Jâaurai cousu, etc.
Nous aurons connu, etc, Nous aurons cousu, etc.
' . 69
( 546 )
MODE CONDITIONNEL.
PRESENT.
Je connaĂźtrais.
Tu connaĂźtrais.
Il connaĂźtrait.
Nous connaĂźtrions.
Vous connaĂźtriez.
Ils connaĂźtraient.
Je coudrais.
Tu coudrais.
Il coudrait.
Nous coudrions;
Vous coudriez.
Ils coudraient.
PASSE.
Jâaurais connu, etc. Jâaurais cousu, etc.
Nous aurions connu, etc. Nous aurions cousu, etc.
Ăn dit encore :
JâĂšusse connu, etc. Jâeusse cousu, etc.
Nous eussions connu, Nous eussions cousu, etc.
etc. â
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Connais,
Connaissons.
Connaissez.
Couds.,
Cousons.
Cousez.
;
MODE SĂBJONCTIF. .
ĂRĂSENX.
Que je connaisse. - Que je couse.
Que tu connaisses. Que tu couses.
Quâil connaisse. Quâil couse.
Que nous connaissions. Que nous cousions.
Que vous connaissiez. Que vous cousiez.
Quâils connaissent. Quâils cousent.
IMPARFAIT.
Que je connusse.
Que tu connusses.
QĂŒil connĂ»t.
Que nous connussions.
Que vous connussiez.
. Quâils connussent.
Que je cousisse;
Que tu cousisses.
Quâil cousit.
Que nous*cousissions.
Que vous cousissiez.'
QĂŒils cousissent.
PASSĂ.
Que jâaie connu, etc. Que jâaie cousu -, etc; *
Que nous ayons connĂŒ, Que nous ayons cousu,
etc. " etc. '
*
PtĂS-QĂE-PARFAIT.
Que jâeusse connu, etc. Que jâeusse cousu, etc.
Que nous eussions con- Que nous eussions cou-
nu, etc.
ConnaĂźtre.
Avoir connu.
Connaissant.
Ayant connu.
( su, etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Coudre.
PASSĂ.
Avoir cousu.
PARTICIPE PRĂSENT,
Cousant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant cousu.
FEINDRE; ĂROIRE,
MODE INDICATIF.
Je feins.
Tu feins,
11 feint.
Nous feignons.
Vous feignez.
Us feignent.
Je feignais.
Tu feignais,
II feignait.
Nous feignions.
Vous feigniez;
Us feignaient.
Je feignis.
Tu feignis.
Il feignit.
Nous feignĂźmes.
Vous feignĂźtes;
Us feignirent;
PRĂSENT,
Je crois.
Tu crois.
Ii croit.
Nous croyons.
Vous croyez.
Us croient.
IMPARFAIT.'
, Je croyais.
Tu croyais.
II croyait.
Nous croyions.
Vous croyiez.
Us croyaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je crus.
Tu crus.
U crut.
Nous crûmes.
Vous crûtes.
Us crurent,
PASSĂ INDĂFINI
Jâai feint, etc. J'ai cru, etc.
Nous avons feint, etc. Nous avons cru, etc.
PttS-QUE-PARFAIT.
Jâavais feint, etc. Jâavais cru, etc.
Nous avions feint, etc. Nous avions crUj etC;
Je feindrai.
Tu feindras.
Il feindra.
Nous feindrons.
Vous feindrez.
Us feindront.
FĂTĂR.
Je croirai.
Tu croiras.
U croira.
Nous croirons.
Vous croirez.
Iis croiront.
PĂTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai feint, etc. - Jâaurai cru, etc
Npus aurons feint, etc. Nous aurons cru, etc.
MODE CONDITIONNEL. .
Je feindrais.
Tu feindrais.
U feindrait.
Nous feindrions.
Vous feindriez.
Us feindraient.
Jâaurais feint, etc.
PRĂSENT.
Je croirais.
Tu croirais.
U crĂŽifĂąit.
Nous croirions.
Vous croiriez.
Us croiraient.
PASSĂ.
Jâaurais cruj etc;
Nous aurions feint, etc.' Nous aurions cruj ëtc.
,0n dit encore :
Jâeusse feint, etc. Jâeusse cru, etc.
Nous eussions feinta elc; Nous eussions cru, ëtc.
MODE ĂMFĂRATIF.
PRĂSENT.
Feins. . Crois.
Feignons. Croyons.
Feignez. Croyez.
0
MODE SUBJONCTIF.
Que je feigne.
Que lu feignes.'
Quâil feigne.
Que nous feignions.
Que vous feigniez.
Quâils feignent.
Que je feignisse.
Que tu feignisses,
' Quâil feignĂźt.
Que nous feignissions.
Que vous feignissiez.
Quâils feignissent.
PRĂSENT.
Que je croie.
Que tu croies-
Quâil croie. , â
Que nous croyions.
Que vous croyiez.
Quâils croient.
imparfait.
Que je crusse.
Que. tu crusses.
Quâil crĂ»t.
Que nous crûssions.
Que vous crussiez.
Quâils crussent.
PASSĂ.
Que jâaie feint, etc. Que jâaie cru, etc*
Que nous ayons feint, Que nous ayons cru, etc.
etc.
PLUS-QUE-PARFAIt.
Que jâeusse feint, etc. Que jâeusse cru, etc.
Que nous eussions feint, Que nous eussions cru,
etc.
etc.
MODE INTINITIF.
â
PRĂSENT.
Feindre.
. Croire.
â
PASSĂ.
Avoir feint.
Avoir cru.
PARTICIPE PRĂSENT.
Feignant.
g
CroyĂ ntl
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant feint.
Ayant cru.
DIRE. ĂCRIRE
MODE INDICATIF.
Présent.
Je dis.
JâĂ©cris.
Tu dis.
Tu écris.
Il dit.
Il écrit.
Nous disons.
Nous écrivons.
Vous dites.
Vous écrivez.'
Us disent.
Iis écrivent.
-
IMPARFAIT.
Je disais.
JâĂ©crivais.
Tu disais.
Tu écrivais-
11 disait.
11 écrivait.
Nous disions.
Nous écrivions,
Vous disiez.
Vous Ă©criviez, â
Us disaient.
Us écrivaient.
: PASSĂ DĂFINI.
Je dis.
JâĂ©cris.
Tu dis.
â Tu Ă©cris.
Il dil.
11 écrit.
Nous dĂźrries.
Nous écrivßmes. -
Vous dites.
Vous écrivßtes.
Us dirent.
Ils écrivirent.
PASSĂ INDĂFINI.
jai dit, m*.
jâai Ă©crit, etc.
Nous avonà dit^ etc; Nous avons écrit>
547 )
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais dit, etc, Jâavais Ă©crit, etc,
Nous avions dit, efc. Nous avions écrit, etc.
FUTUR.
JâĂ©crirai, '
Tu écriras,
ïl écrira.
Nous écrirons.
Vous écrirez.
Us écriront.
FDTĂR ANTĂRIEDR.
Jâaurai dit, etc. Jâaurai Ă©crit, etc.
Nous aurons dit, etc. > Nous aurons écrit, etc.
MODE CONDITIONNEL.
PRĂSENT.
JâĂ©crirais. .
Je dirai.
Tu diras,
- Il dira.
Nous dirons.
Vous direz.
Us diront.
Je dirais.
Tu dirais.
Il dirait.
Nous dirions.
Vous diriez.
Ils diraient.
Jâaurais dil, etc.
* Tu écrirais.
U écrirait.
Nous écririons.
Vous écririez.
Ils écriraient.
PASSĂ.
Jâaurais Ă©crit, etc.
Nous aurions dit, etc. Nous aurions écrit, etc.
On dit encore :
Jâeusse dit, etc. Jâeusse Ă©crit, etc.
Nous eussions dit, etc. Nous eussions écrit, etc.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Dis. Ăcris,
Disons. ^ Ăcrivons,
Dites. Ăcrivez.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que jâĂ©crive.
Que tu écrives.
Quâil Ă©crive.
Que nous écrivions.
Que vous écriviez,
k Quâils Ă©crivent,
IMPARFAIT.
Que j'écrivisse.
Que tu écrivisses.
Quâil Ă©crivĂźt.
Que nous écrivissions.
Que vous écrivissiez.
' QĂŒils Ă©crivissent.'
PASSĂ.
Que je dise.
Que tu dises.
Quâil dise.
Que nous disions.'
Que vous disiez.
Quâils disent.
i
Que je disse.
Que tu disses.
Quâil du.
Que nous dissions.
Que vous dissiez.
Quâils dissent.
Que jâaie dit, etc. Que jâaie Ă©crit, etc. ,
Que nous ayons dit, etc. Que nous ayons écrit,
etc.
plus-que-parpait.
Que jâeusse dit, etc. Que jâeusse Ă©crit, etc.
Que nous eussions dit, Que nous eussions écrit,
etc. ' etc.
t>ire.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Ăcrire.
( ,548 )
PASSĂ.
Avoir dit. * , Avoir écrit,
* â t
PARTICIPE PRĂSENT.
Disant. - Ăcrivant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant dit. Ayant écrit.
FAIRE. LIRE.
3 MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je fais.
Je lis.
Tu fais.
Tu lis.
U fait*.
U lit.
Nous faisons.
Nous lisons.
Vous faites.
Vous lisez.
Us fOHt.
Us lisent.
IMPARFAIT.
Je faisais.
Je lisais.
TĂ» faisais.
Tu lisais.
U faisait.
U lisait.
Nous faisions.
Nous lisions. ,
Vous faisiez.
Vous lisiez.
Us faisaient.
Us lisaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je fis.
Je lus.
Tu fis.
Tu lus.
Il fit.
U lut.
Nous fĂźmes.
Nous lûmes.
Vous fĂźtes.
Vous lûtes.
Us firent.
Us lurent.
*
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai fait, etc.
Jâai lu, etc.
Nous avons faitj
, etc. Nous avons lu,
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais fait, etc:
Jâavais lu, etc.
Nous avions fait
, etc. NĂŽus avions lu
FUTUR.
Je ferai.
, Je lirai.
Tu feras.
Tu liras.
U fera.
11 lira.
Nous ferons.
Nous lirons.
Vous ferez.
Vous lirez.
Us feront.
Ils liront.
( FUTUR ANTĂRIEUR.
Jâaurai fait, etc. < Jâaurai lu, etc.
Nous aurons fait, etc. Nous aurons lu, etc.
MODE CONDITIONNEL. «
PRĂSENT.
Je lirais.
TuTirais.
Il lirait.
Nous lirions.
Vous liriez.
Ils liraient.
PASSĂ.
Jâaurais lu, etc.
Nous aurions fait, etc. Nous aurions lu, etc.
^ On dit encore :
Jâeusse fait, etc. Jâeusse lu, elc.
Nous eussions fait, etc. Nous eussions lu, etc.
Je ferais.
Tu ferais.
Il ferait.
Nous ferions.
Vous feriez.
Ils feraient.
Jâaurais fait, etc.
Fais,
Faisons,
Faites.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Lis,
Lisons.
Lisez.
MODE SĂBJONCTIF.
Que je fasse.
Que tu fasses.
Quâil fasse.
Que nous fassions.
Que vous fassiez.
Quâils fassent.
Que je fisse.
Que tu fisses.
Quâil fĂźt.
Queânous fissions.
Que vous fissiez.
Quâils fissent.,
Que jâaie fait, etc.
PRĂSENT.
Que je lise.
Que tu lises.
QĂŒil lise.
Que nous lisions.
â Que.vous lisiez.
Qu'ils lisent;
IMPARFAIT,
Quei je lusse.
Que tu lusses,
QĂŒil lĂ»t.
Que nous lussions.
Que vous lussiez.
Quâils lussent.
PASSĂ.
Que jâaie lu, etc.
Que nous ayons fait, etc. Que nous ayons lu, etc.
PLUS-QĂE-PARFAIT.
Que jĂ«usse fait, etc. Que jâeusse lu, etc.
Que nous eussions fait, etc.Que nous eussions lu, etc.
Faire.
Avoir fait.
Faisant.
Ayant fait.
METTRE.
MODE INFINITIF.
* PRĂSENT.
Lire.
PASSĂ.
Avoir lu.
PARTICIPE PRĂSENT.
Lisant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant lu.
MOUDRE.
Je mets.
Tu mets.
Il met.
Nous mettons,
Vous mettez.
Us mettent.
Je mettais.
Tu mettais.
Il mettait.
Nous mettions.
Vous mettiez.
Ils mettaient.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je mouds. âą
Tu mouds.
U moud,
, ^ Nous moulons.
Vous moulez.
Us moulent (1).,
IMPARFAIT.
Je moulais.
Tu moulais.
Il moulait.
Nous moulions.
Vous mouliez-
Ils moulaient.
(1) Nous sommes forcĂ©s de suivre ici lâorttographe de lâAcadé
mie. Mais ee verbe devrait faire au pluriel du prĂ©seaC de lâindicaÂŹ
tif ; nous moudons , vous moudes, ils moudent; et Ă lâimparfait t
je moudais; et Ă lâimpĂ©ratif : moudons, moude»; et au prĂ©sect da
subjonctif ; que je moude; et enfia an participe prĂ©sent de lâiaiĂź-
nitif ; moudant. Alors on ne pourrait plus confondre les temps de
moudre avec ceux de mouler.
( 549 )
PASSĂ DĂFINI.
Je mis.
Tu mis.
11 mit.
Nous mĂźmes.
Vous mĂźtes.
Ils mirent.
Je moulus.
Tu moulus.
Il moulut.
Nous moulûmes.
Vous moulûtes.
Ils moulurent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai mis, etc. ^ Jâai moulu, etc.
Nous avons mis, etc.* Nous avons moulu, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
J'avais mis, etc. Jâavais moulu, etc.
Nous avions mis, etc. Nous avions moulu, etc.
Je mettrai. ,
Tu mettras.
Il mettra.
Nous mettrons.
Vous mettrez.
Ils mettront.
FUTUR.
Je moudrai.
Tu moudras.
Il moudra.
Nous moudrons.
Vous moudrez.
Us moudront. ,
FUTUR ANTĂRIEUR.
1.
Jâaurai mis, etc. Jâaurai moulu, etc.
Nous aurons mis, etc. Nou^ aurons moulu, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Je mettrais.
Tu mettrais.
Il mettrait.
Nous mettrions.
Vous mettriez.
Us mettraient.
Jâaurais mis, etc.
PRESENT. '
Je moudrais.
Tu moudrais.
Il moudrait.
Nous moudrions.
. Vous moudriez.
Ils moudraient.
PASSĂ.
Jâaurais moulu, etc.
Nous aurions mis, etc. , Nous aurions moulu, etc.
On dit encore : ,
Jâeusse mis, etc. Jâeusse moulu, etc.
Nous eussions mis, etc. Nous eussions moulu,* etc,
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Mets.- Mouds.
Mettons. Moulons,
Mettez. Moulez,
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je mette.
Que tu mettes.
Quâil mette.
Que nous mettions.
Que vous mettiez.
QĂŒils, mettent.
Que je moulé.,
Que tu moules.
QĂŒil moule.
Que nous moulions.
Que vous mouliez.
Quâils moulent.
IMPARFAIT,
Que je misse.
Que tu misses.
Quâil mĂźt.
Que nous missions.
Que vous missiez.
Quâils missent.
Que je moulusse.
Que tu moulusses.
Quâil moulĂ»t.
Que nous moulussions.
Que vous moulussiez.
Quâils moulussent.
, . PASSĂ.
Que jâaie mis, etc. Que jâaie moulu, etc.
Que nous ayons mis, etc. Que no us ayons moulu,etc.
PLUS-QUĂ-PARFAIT.
Que jâeusse mis, etc. Que jâeusse moulu, etc.
Que nous eussions mis, etc.Que nous eussions moulu,
etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Mettre. Moudre.
PASSĂ,
Avoir mis. Avoir moulu.
PARTICIPE PRĂSENT.
Mettant. Moulant.
I
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant moulu.
Ayant mis.
NAITRE.
* \
NUIRE.
Je nais.
Tu nais.
Il naĂźt.
Nous naissons.
JVous naissez.
Ils naissent.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT.
Je nuis.
Tu nuis.
Il nuit.
Nous nuisons.
Vous nuisez.
Ils nuisent.
Je naissais.
Tu naissais.
Il naissait.
Nous naissions.
Vous naissiez.
Us naissaient.
Je naquis.
Tu naquis.
Il naquit.
Nous naquĂźmes.
Vous naquĂźtes.
Ils naquirent.
IMPARFAIT.
Je nuisais.
Tu nuisais.
11 nuisait.
' Nous nuisions.
Vous nuisiez.
Ils nuisaient.
PASSĂ DĂFINI.,
Je nuisis.
Tu nuisis.
Il nuisit.
Nous nuisĂźmes
Vous nuisĂźtes.
Ils nuisirent.
PASSĂ INDĂFINI,
Je suis nĂ©, etc. Jâai nui, etc.
Nous somme| nés, etc. , Nous avons nui, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
JâĂ©tais nĂ©, etc.
Nous étions nés, etc.
Je naĂźtrai.
Tu naĂźtras.
Il naĂźtra.
Nous naĂźtrons.
Vous naĂźtrez.
Ils naĂźtront.
Jâavais nui, etc.
, Nous avions nui, etc.
FUTUR.
Je nuirai.
Tu nuiras.
Il nuira.
Nous nuirons.
Vous nuirez.
Us nuiront.
FUTUR ANTĂRIEUR. 0/
Je serai nĂ©, etc. Jâaurai nui, etc.
Nous serons nés, etc. Nous aurons nui, etc.
'(
MOI)E CONDITIONNEL.
PRĂSENT.
Je nuirais.
Tu nuirais.
11 nuirait.
Nous nuirioris;
Vous nuiriez,
lis nuiraient.
PĂS5Ă.
Jëurais nui, etc.
Nous serions nés, eto. Nous aurions nui, etc.
On dit encore :
Je fusse né, elc. Jëusse nui, etc.
Nous fussions nés, etc. ' Nous eussions nui, etc. *
MODE IMPĂRATIF.
* PRĂSENT.
Nais. Nuis.
Naissons. Nuisons.
Naissez. Nuisez.
MODE SUBJONCTIF.
Je nattrais.
Tu naĂźtrais.
Il naĂźtrait.
Nous naĂźtrions.
Vous naĂźtriez.
Ils naĂźtraient.
Je serais né, etc.
550 )
Nous paissons.
Vous paissez.
Us paissent.
PRĂSENT.
Que je nuise.
Que tu nuises.
Quâil nuise.
Que nous nuisions.
Que vous nuisiez,
Quâils nuisent. '
IMPARFAIT,
Que je nuisisse.
Que tu nuisisses.
Quâil nuisĂźt.
Que nous nuisissions.
Que vous nuisissiez,
Quâils uuisisseĂčt.
Que je naisse.
Que tu naisses.
Quâil naisse.
Que nous naissions.
Que vous naissiez.
QuâUs naissent.
Que je naquisse.
Que tu naquisses.
QĂŒil naquit.
Que^nous naquissions.
Que vous naquissiez.
Quâiis naquissent.
PASSĂ.
Que je sois nĂ©. etc. Que jâaie nui, etc.
Que nous soyons nés,' etc.Que iious ayons nui, etc.
PLĂS-QĂE-PARFAIT.
Que je fusse nĂ©, etc. Que jâeusse nui, etc. .
Que nous fussions nés,etc,Que nous eussions nui,etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
NaĂźtre. Nuire.
H '
âą PASSĂ. ç ^
Ătre nĂ©. Avoir nui.
PARTICIPE PRĂSENT.
Naissant. - Nuisant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ătant nĂ©. Ayant nui.
PAITRE. PRENDRE.
fi â
MODE INDICATIF.
Je pais.
Tu pais.
U palL
PRĂSENT.
Je prends.
Tu prends,
il prend.
Nous prenons.
Vous prenez.
. 11^ prennent.
IMPAIIFAIT.
Je prenais.
Tu prenais.
U prenait.
NoĂŒs prenions.
' Vous preniez.
Us prenaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je pris.
^ Tu pris.
Il prit.
Nous prĂźmes.
Vous prĂźtes.
Us prirent.
PASSĂ INDĂFINI.
* t t '
T»..: â
je paissais.
Tu paissais.
U paissait.
Nous paissions.
Vous paissiez.
Ăs paissaient.
V£»
Je pûs (l),(mMSï7é.)
t^pûs.
II pût.
Nous pûmes.
Vous pûtes,
lis pûrent.
Jâai pĂ», etc. Jâai pris. elc.
Nous avons pĂ», etc. Nous avons pris, etc.
^ PLĂS-QDE-PARFAIT,
Jâavais pĂ», eto. ' Jâavais pris, etc.
Nous avions pĂ», etc. â Nous avions pris, eto.
FĂTĂR.
Je prendrai.
'Tu prendras.
Il prendra.
Nous prendrons.
Vous prendrez.
Us prendront:
ĂĂTĂR ANTĂRIEUR.
Jâaurai pĂ», elc. Jâaurai pris, etc. .
Nous aurons pĂ», etc. Nous aurons pris, etc.
Je paĂźtrai. :
Tu paĂźtras.
U paĂźtra.
Nous paĂźtrons
Vous paĂźtrez.
Us paĂźtront.
MODE CONDITIONNEL.
Je paĂźtrais.
Tu paĂźtrais,
il paĂźtrait.
Nous paĂźtrions.
Vous paĂźtriez.
Ils paĂźtraient.
PRĂSENT.
Je prendrais.
Tu prendrais.
U prendrait.
Nous prendrions.
Vous prendriez.
Us prendraient.
PASSE.
I
Jâaurais pĂ», etc. J'aurais pris, etc.
Nous aurions pĂ», etc. Nous aurions pris, etc,
On dit encore :
Jâeusse pĂ», etc. JĂ«usse pris, etc.
Nous eussions pĂ», etc. Nous eussions pris, etc.
MODE IMPĂRATIF.
# *
PRĂSENT.
Pais. Prends.
Paissons. Prenons.
Paissez. Prenez.
MODE SUBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je paisse.
Que tu paisseis.
QiiâĂŒ paisse.
Que je prenne.
Que tu prennes.
Quâil prenne.
[1) Noas plaçons po aûnt circonllexe sur cette forme pour qu'pp
distingue ;⹠fu* dh VaiM paittv» ci [» put du verbe pouvoir. '
(551)
Que nous paissions. Que nous prenions.
Que vous paissiez. Que vous* preniez.
Quâils paissent. QĂŒils prennent.
IMPARFAIT.
Que je pûsse. (inusité.) Que je prisse..
Que tii pûsses. Que tu prisses.
Quâil pĂ»t. QĂŒil prĂźt.
Que nous pûssions. Que nous prissions.
Que vous pûssiez. Que vous prissiez.
Quâils pĂ»sscnt. Quâils prissent.
PASSĂ.
Que jâaie pĂ», etc. Que jâaie pris, etc. .
Que nous ayons pĂ», etc. Que nous ayons pris, etc.
^ plĂŒs-quĂȘ-parfait'.
Que jâeusse pĂ», etc. Que jâeusse pris, etc.
Que nous eussions pĂ», Que nous eussions pris,
etc. etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
PaĂźtre. Prendre.
PASSĂ.
Avoir pĂ». Avoir pris.
PARTreiPE PRĂSENT.
Paissant. . Prenant.
participe PASSĂ,
Ayant pĂ». Ayant pris. ^
RESOUDRE (1).
RIRE.
MODE INDICATIF.
Je résous.
Tu résous.
Il résout.
Nous résolvons.
Vous résolvez.
Ils résolvent.
Je résolvais.
Tu résolvais.
Il résolvait.
Nous résolvions.
Vous résolviez.
Ils résolvaient.
r
Je lésolus.
Tu résolus.
11 résolut.
Nous résolûmes.
Vous résolûtes.
Ils résolurent.
JâaĂź rĂ©solu, etc.
PRĂSENT. â '
Je ris.
Tu ris.
Il rit.
Nous rions.
Vous riez,
Ils rient.
imparfait.
Je riais.
Tu riais.
Il riait.
Nous riions.'
Vous riiez.
Ils riaient!
passĂ© DĂFINI.
Je ris.
Tu ris.
Il rit.
Nous rĂźmes.
Vous rĂźtes.
Ils rirent.
passe INDĂFINI.
Jâai ri, etc.
Nous avons résolu, etc. Nous avons ri, etc.
FLVS-QĂE-PARFAIT.
Jâavais rĂ©solu, etc. Jâavais ri, etc.
Nous avions résolu, etc. Nous avions ri, ert.
(1) Résoudre est pria ici d^ns le «oa de f/eïemitner.
Je résoudrai.
Tu résoudras.
Il résoudra.
Nous résoudrons.
Vous résoudrez.
Ils résoudront.
FUTUR.
Je rirai.
Tu riras.
Il rira.
Nous rirons.
Vous rirez.
Ils riront.
FUTUR ANTĂRIEDR.
Jâaurai rĂ©solu, etc. Jâaurai ri, etc. 4
Nous aurons rétolu» etc. Nous aurons ri, etc.
MODE CONDITIONNEL.
PRĂSENT.
Je résoudrais,
Tu résoudrais.
Il résoudrait.
Nous résoudrions.
Vous résoudriez.
Us résoudraient.
Je rirais.
Tu rirais.
Il rirait.
Nous ririons.
Vous ririez.
Ils riraient.
a k
PASSĂ.
Jâaurais rĂ©solu, etc, . Jâaurais ri, etc.
Nous aurions résolu, etc, Nous aurions ri, etc.
On dit encore :
Jâeusse rĂ©solu, etc. Jâeusse ri, etc.
Nous eussions résolu, Nous eussions ri, etc.
etc.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Résous. Ris.
Résolvons. Rions.
Résolvez, Riez.
MODE SUBJONCTIF.
« .
PRĂSENT.
Que je rie.
Que je résolve.
QuÚ tu résolves.
Quâil rĂ©solve.'
Que nous résolvions.
Que vous résolviez.
Quâils rĂ©solvent.
Que je résolusse,
Que tu résolusses.
Quâil rĂ©solĂ»t.
Que nous résolussions.
Que vous résolussiez.
Quâils rĂ©solussert. âą
Que tu ries.
Quâil rie.
Que nous riions.
Que vous riiez.
Quâils rient,
IMPARFAIT.
Que je risse.
Que lu risses.
Quâil rĂźt.
Que nous rĂźssionsc
Que vous rissiezt
Quâils rissent.
PASSĂ.
Que jâaie rĂ©solu, etc. Que jâaie ri, etc.
Que nous ayons résolu, Que nous ayons ri, etc.
etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Que jâeusse rĂ©solu, etc. Que j'eusse ri, ete.
Que nous eussions résolu, Que nous eussions ri, etc.
etc. ' '
MODE INFINITIF.
PRĂSENT,
Résoudre! Rire.
PASSĂ.
Avoir résolu. Avoir ri.
( 552 )
PARTICIPE PRĂSENT.
Résolvant. Riant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant résolu. Ayant ri.
SUIVRE.
VAINCRE.
MODE INDICATIF.,
,PRĂSENT.
Je vaincs.
Tu vaincs.
Il vainc.
Nous vainquons.
Vous vainquez.
Ils vainquent.
IMPARFAIT. <
Je vainquais.
Tu vainquais.
Il vainquait.
Nous vainq[uions.
Vous vainquiez.
Ils vainquaient.
PASSĂ DĂFINI.
Je vainquis.
Tu vainquis,
ĂŻl vainquit.
^ Nous vainquĂźmes.
Vous vainquĂźtes.
Ils vainquirent. '
PASSĂ INDĂFINI. .
Jâai vaincu, etc.
Nous avons suivi, etc. Nous avons vaincu, elc.
PLĂS-QĂE-PARFAIT,
Jâavais suivi, etc. Jâavais vaincu, etc.
Nous avions suivi, elc. Nous avions vaincu, etc.
FĂŒTĂŒR,
Je vaincrai.
Tu vaincras.
Il vaincra.
Nous vaincrons.
Vous vaincrez.
Ils vaincront.
, *
FĂTĂR ANTĂRIEUR.
Jâaurai suivi, etc. Jâaurai vaincu, etc.
Nous aurons suivi, etc. Nous aurons vaincu, etc.
MODE CONDITIONIVEL.
Je suis.
Tu suis.
Il suit.
Nous suivons.
Vous suivez.
Us suivent.
Je suivais.
Tu suivais.
U suivait.
Nous suivions;
Vous suiviez.
Us suivaient.
Je suivis.
Tu suivis.
U suivit.
Nous suivĂźmes.
Vous suivĂźtes.
'Ils suivirent.
Jâai suivi, etc.
Je suivrai.
Tu suivras.
Il suivra.
Nous suivrons.
Vous suivrez.
Us suivront.
PRĂSENT.
Je vaincrais.
Tu vaincrais.
U vaincrait.
Nous vaincrions.
Vous vaincriez.
Us vaincraient.
PASSĂ.
Jâaurais vaincu,Ă«tc.
Nous aurions suivi, etc. Nous aurions vaincu, etc.
I On dit encore :
J'eusse suivi, etc. Jâeusse vaincu, etc.
Nous eussions suivi, etc. Nous eussions vaincu, etc.
Je suivrais.
Tu suivrais.
U suivrait.
Nous suivrions.
Vous suivriez.
Us suivraient.
JâaurĂąis suivi, etc.
Suis.
Suivons.
Suivez.
MODE IMPĂRATIF.
PRĂSENT.
Vaincs.
Vainquons.
Vainquez.
«
MODE SĂBJONCTIF.
PRĂSENT.
Que je vainque.
Que tu vainques,
. QĂŒil vainque.
Que nous vainquions.
Que vous vainquiez.
Quâils vainquent.
IMPARFAIT.
Que je vainquisse.
Que tu vainquisses.
Quâil vainquĂźt.
Que nous vainquissions.
Que vous vainquissiez.
Quâils vainquissent.
PASSĂ.
Que jâaie suivi, etc. Que jâaie vaincu, etc.
Que nous ayons suivi, QuĂš nous ayons vaincu,
etc. etc.
PLUS-QUE-PARFAIT..
Que jâousse suivi, etc. Que jâeusse vaincu, etc.
(^ue nous eussions suivi, Que nous eussions vaincu,
etc. etc.
Que je suive.
Que tu suives.
Quâil suive.
Que noos suivions,
Que vous suiviez.
QĂŒils suivent.
Que je suivisse.
Que tu suivisses.
QĂŒil suivĂźt.
Que nous suivissions
Que vous suivissiez.
Quâils suivissent.
Suivre.
Avoir suivi.
Suivant.
Ayant suivi.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT,
Vaincre.
PASSĂ. *
Avoir vaincu.
PARTICIPE PRĂSENT.
' . Vainquant.
PARTICIPE PASSĂ.
Ayant vaincu.
VIVRE.
TRAIRE.
Je vis.
Tu vis.
Il vit.
Nous vivons.
Vous vivez.
-Ils vivent.'
Jerivais.,
Tu vivais.
II vivait.
Nous vivions.
Vous viviez.
Us vivaient.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT. .
Je trais,
ĂŻu trais,
ĂŻl trait.
Nous trayons.
Vous trayez.
Us traient.
IMPARFAIT.
Je trayais.
Tu trayais.
Il trayait.
Nous trayions.
Vous trayiez.
. , Us trayaient.
( 553 )
PASSĂ DĂFINI.
(Point de passé défini. )
Je vécus.
Tu vécus.
Il vécut.
Nous vécûmes. '
yous vécûtes.
Ils vécurent.
PASSĂ INDĂFINI.
Jâai vĂ©cu, etc. . J'ai trait, etc.
Nous avons vécu, etc. Nous avons trait, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Jâavais vĂ©cu, etc. Jâavais trait, etc.
Nous avions vécu, etc. Nous avions trait, etc.
Je vivrai.
Tu vivras.
'U vivra.
Nous vivrons.
Vous vivrez.
Bs vivront.
FUTUR.
Je trairai.
Tu trairas.
Il traira.
Nous trairons.
Vous trairez.
Ils trairont.
FUTUR ANTERIEUR.
Jâaurai vĂ©cu, etc. - âąâą Jâaurai trait, etc.
Nous aurons vécu, etc. Nous aurons trait, etc.
MODE CONDITIONNEL.
Je vivrais.
TĂŒ vivrais.
E vivrait.
Nous vivrions.
Vous vivriez.
Ils vivraient.
PRĂSENT.
Je trairais.
Tu trairais.
Il trairait.
Nous trairions.
Vous trairiez.
Ils trairaient.
PASSĂ.
Jâaurais vĂ©cu, etc. Jâaurais trait, etc.
Nous aurions vécu, etc. . Nous aurions trait, etc.
On dit encore :
Jâeusse vĂ©cu} etc. JâeusrĂš trait, etc.
Nous eussions vécu, etc. Nous eussions trait, etc.
MODE IMPĂRATIF.
Vis.
Vivons.
Vivez.
Que je vive.
Que tu vives.
Quâil vive.
Que nous vivions.
Que vous viviez.
Quâils vivent.
PRĂSENT.
Trais.
Trayons. *
Trayez,
MODE SUBJONCTIF.
I
PRĂSENT.
Que je traie.
Que tu traies. /âą
Quâil traie.
Que nous trayions.
Que vous trayiez.
Quâils traient.
IMPARFAIT.
Que je vécusse.
Que tu vécusses,
QĂeUuĂźvĂ©cussions. ' dâimparfait.)
Que vous vécussiez.
QĂŒils vĂ©cussent.
PASSĂ.
Que jâaie vĂ©cu, etc. ^ Que jâaie trait, etc.
Que nous ayons vécu, Que nous ayons trait, etc.
etc.
PLUS-QDE'FARFAIT. â
Que jâeusse vĂ©cu, etc. .Que jâeusse trait, etc.
Que nous eussions vécu, Que nous eusrions trait,
etc.
Vivre.
Avoir vécu.
Vivant.
Ayant vécu.
etc.
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Traire.
PASSĂ.
Avoir trait.
PARTICIPE PRĂSENT.
Trayant.
PARTICIPE PASSĂ,
Ayant trait.
Les autres verbes irréguliers de cette classe, et que nous n'avons pas cru nécessaire de
conjuguer, sont :
Absoudre. J'absous, tu absous, il absout; nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent.
â J'absolvais, nous absolvions. â Point dĂ© pass'Ă© dĂ©fini. â J'absoudrai, nous absouÂŹ
drons. â J'absoudrais, nous absoudrions. â Absous, absolvons. â Que j'absolve, que nous
absolvions. â Point d'imparfait du subjonctif. âAbsoudre. â Absolvant. â Absous, abÂŹ
soute. '
Braire. Il ne s'emploie guĂšre qĂŒĂ l'infinitif et aux troisiĂšmes personnes du prĂ©sent de
l'indicatif, du futur et du conditionnel : Braire; il'brait, ils braient; il braira, ils brai- âą
vont ; ĂŻl brairait, ils brairaient. . -
Bruire, bruyant, il bruyait. Point d'autre forme.
Circoncire. Je circoncis, tu circoncis, il circoncit; nous circoncisons, vous circoncisez,
ils circoncisent. â Je circoncis, nous circoncĂźmes.âJ'ai circoncis. â Je circoncirai. â Je
circoncirais.âCirconcis, circoncisons.âą^Queje circoncise, que nous circoncisions. â CirÂŹ
concire. â Circoncis, circoncise.
L'Académie ne donne que ces seules formes à ce verbe. Pourquoi ne dirait-on pas : je
circoncisais et circoncisant?
70
( 554 )
Dédire, contredire, interdire, médire, prédire, font à la seconde personne du
pluriel du présent de Tindicatif vous dédisÚzy vous contredisez , etc. ; les autres formes
comme cçlles de dire.
Maudire fait nous maudissons, vous maudissez, ils maudissent; au lieu de nous maur-
disons, etc. ; maudissant, participe actif ; le reste comme dire.
Ăclore; Ă©clos; il Ă©clot, ils Ă©closent; ĂŒ Ă©clora, ils Ă©cloront; il Ă©clorait, ils Ă©cloraient;
qu'il éclose, qu'ils éclosent.
Confire. * je confis, tu confis, ĂŒ confit ; nous confisons, vous confisez, ils confisent.
confisais, nous confisions. âJe confis, nous confĂźmes. â Je confirai, nous confirons. âJe
confirais, nous confirions. â Confis, confisons. â Que je confise ,,que nous confisions.â
Confire.âConfisant.âConfit, confite. Nous ajoutons en toute sĂ»rĂštĂ© de conscience, avec
Wailly et Lévizac, Timparfait du subjonctif, que je confisse.
CroĂźtre. Je croĂźs, tu croĂźs, il croĂźt; nous croissons, vous croissez, ils croissent.';âJe
croissais, nous croissions. â J'ai crĂ». â Je crĂ»s, nous crĂ»mes. â Je croĂźtrai, nous croir
irons. â Je croĂźtrais, nous.croĂźtrions, rrr- Crois, croissez. â Que je croisse, que nous crois-,
sions.âQue je crĂ»sse, que nous crĂ»ssions. =âCroissant. âCrĂ», crĂ»e. Nous croyons devoir
nous servir de Taccent circonflexe dans tous les temps et pour, toutes les personnes qui
pourraient ĂȘtre confondues avec celles du verbe croire.
Frire Ce verbe nĂ«st en usage qĂŒau singulier du prĂ©sent de Tindicatif : je fris, tu frĂŒ;
il frit; au futur, je frirai, etc. ; au conditionnel, je frirais; Ă la seconde personne singuÂŹ
liÚre de Timpératif, jris; aux temps formés du participe, frit, frite.
Pour suppléer aux temps qui manquent, on lui adjoint le verbe faire : nous faisons
frire, vous faites frire, ils font frire, je faisais frire, etc. (Wailly, Restaut, FérauDjJ
Luire . Je luis, tu luis, il luit ; nous luisons, vous luisez, ils luisent. â Je luisais, nows
luisions. â Je luirai, nous luirons. â Je luirais, nous luirions.â Que je luise, que nous*
luisions. âLuire, luisant, lui, devant luire. (LâAcadĂ©mie, Restaut, Wailly, LĂ©vi^aĂŒ
et Féraud.)
Ce verbe luire ĂŒa ni passĂ© dĂ©fini, ni impĂ©ratif, ni imparfait du subjonctif, et son parÂŹ
ticipe passĂ© nâa pas de fĂ©minin. Les temps composĂ©s se forment avec Tauxiliaire avoir.
( Girault-Duvivier. )
Oindre. J'oins, tu oins, il oint: nous oignons. â J'oignaisir:-J'oignis.J'ai oint.
â J'oindrai. âJ'oindrais. â Oins, oignez. â Que j'oigne, que nous oignions.âQue j'oiÂŹ
gnisse.â Oignant ; oint, ointe. (LâAcadĂ©mie, TrĂ©voux et FĂ©raud.)
Taire. Je tais, tu tais^ il tait; nous taisons, vous taisez, ils taisent. âJe taisais, nous
taisions. âJe tus, pous tĂ»mes. âJ'ai tu, nous avons tu.â:Je tairai, nous tairons.âJe taiÂŹ
rais, nous tairions.âTais, taisons. r:^Que je tajse, que ngus taisions. âQue je fusse, que
nous tussions..âTaire, taisant, (ft, devant taire. (Lâ^ĂAPĂĂźMp,) ]
'Tistre, synonyme de tisser, dit JâAcadĂ©mie, nĂ«st plus en usage que dans Jes temps
composés ; et il fait tissu, tissue, au participe. Cependant Voltaire a employé ce verfee
au passĂ©, dĂ©fini, oĂč il ne npus paraĂźt nullement choquant; 1Âź sens prppre: R'Iudo Ă
grands frais tissut ses yÚtements ; 2Ÿ sens figuré : Une femme hardie fissuf le fil de cette
perfidie.
t
( 555 )
CCCCLXXYI. 9^*â-
MODĂLE DE CONJUGAISON
DES
VERBES UNIPERSONNELS,
P , < , 4 *
Les verbes unipersonnels nâont pas de conjugaison qui leur soit particuliĂšre. Ils se conÂŹ
juguent suivant les inflexions qĂŒexige la forme de conjugaison Ă laquelle ils appartienÂŹ
nent rĂ©guliĂšrement. La seule chose qui les distingue, câest quâils nâont pas tous les temps
et quâils ne sâemploient quâĂ la troisiĂšme personne du singulier.
VERBES UNIPERSONNELS.
réguliers.
IRRĂGULIERS.
MODE INDĂGĂTIF.
âą
' »
PRBSBMT.
11 neige.
W pleut.
Il faut.
IMPARFAIT.
â
Il neigeait.
Il pleuvait.
[1 fallait.
PASSĂ DĂFINI.
11 nejgea.
11 plut.
il fallut.
PASSĂ iNDĂvnn..
t
11 a neigé..
11 a plu.
PASSĂ ANTĂRIEUR.
11 a fallu.
Il eut neigé.
n eut plu.
Il eut fallu.
PLUS-QU^rPARFAIT.
Il avait neigé.
Il avait plu.
FUTUR.
11 avait fallu.
X
11 neigera.
il pleuvra.
Il faudra.
FUTUR ANTĂRIEUR.
Il aura neigé.
n aura plu.
MQi)E CONIIIXIONNĂL.
PRĂSENT.
11 aura fallu
11 neigerait.
Il pleuvrait.
PASSĂ*
11 faudrait.
Il aurait neigé.
Il aureit plu.
11 aurait fallu.
âą
(Point dâiMPĂRATIF.)
MODE SUBJONCTIF.
â
PRĂSENT.
Qu'il neige.
Qu'il pleuve.
QĂŒfl fĂ Ule.
IMPARFAIT.
Qu'il neigeĂąt.
Qu'il plût.
QĂŒĂŒ fallĂ»t.
â
PASSĂ;
Quâil ait neigĂ©.
QĂŒil ait plu.
QnâUaitfaUn.
( 55G ) '
Quâil eĂ»t neigĂ©.
Neiger.
ĂToĂźr neigĂ©.
Neigeant.
Neigé.
PLĂS-QUB-PARFAIT.
Quâil eĂ»t plui
MODE INFINITIF.
PRĂSENT.
Pleuvoir.
PASSĂ.
Avoir plu.
PARTICIPE PRĂSENT.
«>
Pleuvant.
PARTICIPE PASSĂ*
Plu,
QĂŒil eĂ»t fallu.
Falloir.
Ayoir fallu.
{Inusité.)
Fallu.
âN" CCCCLXXVn
MODĂLE DES VERBES CONJUGUĂS INTERROGATIVEMENT.
Le langage par interrogation Ă©tant trĂšs-nsitĂ©, nous pensons qĂŒil est nĂ©cessaire de donÂŹ
ner un modÚle des verbes conjugués sous cette forme.
VERBE ĂȘtre CONJUGUĂ INTERROGATIVEMENT.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT,
Suis-je Ăź
Es-tu Ăź
Esl.il?
Sommes-nous ?
Ătes-vous? âą
Sont-ils ?
IMPARFAIT.
Ătais-je?
Ătais-tu ?
Ătait-il?
Ătions-nous ?
Ătiez-vous?
Ătaient-ils?
PASSĂ DĂFINI.
Fus-je?
Eus-tu ?
Fut-il?
Fûmes-nous ?
Fûtes-vous ?
Furent-ils ?
PASSĂ INDĂFINI.
Ai-je été?
Ais-tu été ?
A-t-il été ?
Avons-nous été?
Avez-vous été?
Ont-ils été?
PASSĂ ANTĂRIEUR.
Eus-je été?
Eus-tu été?
Eut-il été?
Eûmes-nous été?
Eûtes-vous été ? ^
Eurent-ils été?
PLUS-QUE-PARFAIT
Avais-je été? «
Avais-tu été?
Avait-il été ß
Avions-nous été?
Aviez-vous été?
Avaient-ils été?
FUTUR SIMPLE.
SeraĂź-je?
Seras-tu?
Sera-t-il? -
Serons-nous ?
Serez-vous ?
Seront-ils?
FUTUR ANTĂRIEUR.
Aiirai-je été ß
Auras-tu été?
Aura-t-il été?
Aurons-nous été ?
Aurez-vous été?
Auront-ils été ?
*
MODE CONDITIONNEL
PRĂSENT.
Serais-je ?
Seraxs-tu ?
Serait-il ?
Serions-nous ?
Seriez-vous ?
Seraient-ils?
PASSĂ.
Aurais-je été ?
Aurais-tu été ?
Aurait-il été?
Aurions-nous été?
Auriez-vous été ?
Auraient-ils été (1)?
N" CCGCLXXYIIl.
VERBE avoir conjugué INTERROGATIVEMENT.
MODE INDICATIF.
PRĂSENT,
Ai-je ?
As-tu?
A-t-il? a-t-elle?
Avons-nous Ăź
Avez-vous?
Ont-ils? ontrclles?
IMPARFAIT.
Avais-je?
Avais-tu?
Avait-il? avait-elle?
Avions-nous Ăź Eut-il ? eut-elle ?
Aviez-vous ? Eûmes-nous ?
Avaient-ils ? avaient-elles? EĂ»tes-vous? ' â
PASSĂ DĂFINI, Eurent-ils? eurent-elles?
PASSĂ INDĂFINI.
Eus-je?
Eus-tu?
Ai-je eu?
(1) On dit aussi : Eussé-je été? Eusses-tu été? Eût-il été? Eussions-nous été? Eussiez-vous été? Eus.
sent-ilsété? '
( 557 )
As-tu eu?
A-t-il eu ? a-t-elle eu Ăź
Avons-nous eu?
Avez-vous eu?
Ont-ils eu? ont-elles eu?
PASSĂ ANTĂRIEUR.
Ăus-je eu ?
Eus-tu eu?
Eut-il eĂŒ? eut-elle eu ?
Eûmes-nous eu?
Eûtes-vous eu ß
Eurent-ils eu ? eurent-elles Aurez-vous ?
' eu? Auront-ils? auront-elles? Aurais-tu?
PLUS-OĂŒE-PARPAIT.
Avais-je eu?
Avais-tu eu?
Avait-il eu? avait-elle eu?
.Avions-nous eu?
Aviez-vous eu?
Avaient-ils eu? avaient-
elles eu?
FUTUR SIMPLE.
Aurai-je?
Auras-tu ?
Aura-t-il? aura-t-elle?
Aurons-nous ?
FUTUR ANTĂRIEUR.
Aurai-je eu?
Auras-tu eu ? '
Aura-t-il eu? aura-t-elle
eu?
Aurons-nous eu ?
Aurez-vous eu?
Auront-ils eu? auront-
elles eu?
MODE CONDITIONNEL
X
PRĂSENT.
Aurais-je?
Aurait-Ăźl? aurait-elle?
Aurions-nous?
Auriez-vous ?
Auraient-ils? auraient-
elles?
PASSĂ.
Aurais-je eu?
Aurais-tu eu?
Aurait-il eu? aurait-elle
eu?
Aurions-nous eu?
Auriez-vous eu?
Auraient-ils eu? auraient*
elles eu (1)?
N* CGCCLXXIX.
MODĂLE DES QUATRE CONJUGAISONS INTERROGATIVES.
MODE INDICATIF.
Aimé-je ?
Aimes-tu?
Aime-t-il?
Aimons-nous ?
Aimez-vous Ăź
Aiment-ils 7
-x
Aimais-je?
Aimais-tu?
AĂźmait-il ?
Aimions-nous ?
Aimiez-vous Ăź
Aimaient-ils 7
Aimai-je?
Aimas-tu ?
Aima-t-il ?
AimĂąmes-nous?
AimĂątes-vous Ăź
AimĂšrent-ils?
Ai-je aimé?
As-tu aimé?
A-t-il aimé ?
Avons-nous aimé 7
Avez-vous aimé?
Ont-ils aimé?
EĂŒs^je aimĂ©?
Eus-tu aimé?
Eut-il aimé ?
Eûmes-nous aimé?
Eûtes-vous aimé?
Eurent-ils aimé?'
Finis-je?
Finis-tu?
Finit-il ?
Finissons-nous ?
Finissez-vous ?
Finissent-ils ?
Finissais-je?
Finissais-tu?
Finissait-il?
Finissions-nous Ăź
Finissiez-vous ?
Finissaient-ils?
Finis-je?
Finis-tu?
Finit-il ?
FinĂźmes-nous?
FinĂźtes-vous ?
Finirent-ils Ăź
Ai-je fini ?
^-tu fini?
A-t-il fini?
Avons-nous fini ?
Avez-vous fini?
Ont-ils fini ?
. PRĂSENT.
Reçois-je?
Reçois-tu ?
Reçoit-il ?
- Recevons-nous?
Recevez-vous ?
Reçoivent-ils ?
IMPARFAIT.
Recevais-je?
Recevais-tu ?
Recevait-il ?
. Recevions-nous?
Receviez-vous ?
Recevaient-ils ?
PASSĂ DĂFINI.
Reçus-je?
Reçus-tu?
Reçut-il ?
Reçûmes-nous ?
Reçûtes-vous ?
Reçurent-ils ?
PASSĂ INDĂFINI.
Ai-je reçu?
As-tu reçu?
A-t-il reçu?
Avons-nous reçu ?
Avez-vous reçu ß
Ont-ils reçu?
PASSE ANTERIEDR.
Eus-je fini Ăź
Eus-tu fini ?
Eut-il fini?
Eûmes-nous fini?
Eûtes-vous fini ?
Eurent-ils fini?
Eus-je reçu ?
Eus-tu reçu?
Eut-il reçu ?
Eûmes-nous reçu?
Eûtes-vous reçu?
Eurent-ils reçu?
Rends-je?
Rends-tu?
Rend-il?
âRendons-Ă»ousĂź
Rendez-vous ?
Rendent-ils?
Rendais-je? .
Rendais-tu ?
Rendait-il ?
Rendions-nous?
Rendiez-vous ?
Rendaient-ils?
Rendis-je ?
Rendis-tu?
Rendit-il?
RendĂźmes-nous ?
RendĂźtes-vous ?
Rendirent-ils?
Ai-je rendu?
As-tu rendu?
A-t-il rendu ?
Avons-nous rendu ?
Avez-vous rendu ?
Ont-ils rendu?
Eus-je rendu?
Eus-tu rendu ?
Eut-il rendu ?
Eûmes-nous rendu?
EĂ»tes-voĂŒs rendu?
Eurent-ils rendu?
(1) On dit aussi : EussĂ©-je eu? Eusses-tĂŒ eu? EĂ»t-il eu? EĂ»t-elle eu? Eussions-nous eu? Eussiez-vous
eu? Eussent-ils eu? Eussent-elles eu?
Avais-je aimé?
Avais-tu aimé ?
Avait-il aimé?
Avions-nous aimé?
Aviez-vous aimé ?
Avaient-ils aimé?
,ĂimĂ©fai-je?
Aimeras-tu?
Aimera-t-il ?
Airaerons-riĂus ?
ĂimĂšrĂ©z-vĂŽĂŒsĂź
AimeronUls ?
Aurai-je aimé?
Auras-tu aimĂ©? â
Aura-t-il aimé?
Aurons-nous aimé?
Aurez-vous aimé ?
Auront-ils aimé?
Aimerais-je?
Aimerais-tu?
Aimerait-il ?
AĂźmerions-nbĂŒs ?
Aimeriez-vous ?
Aimeraient-ils ?
Aurais-je aimé?
Aurais-tu aimé?
Aurait-il aimé?
'Aurions-nous aimé?
Auriez-vous aiiné?
Auraient-ils aimé?
Eussé-je aimé?
Eusses-tu aimé ?
Eût-il aimé?
Eussions-nÎûs
Eussiez-vous ùinië?
Eussent-ils aimé?
( 558 )
PLĂS^-QĂB-PAEFAIT..
Avais-je fini?
Avais-tu fini?
Avait-il fini? â
Avions-nous fini?
Aviez-vous fini?
Avaient-ils fini?
Finirai-je?
Finirasnu ?
Finira-t-il?
Finirons-nous?
Finirez-vous?
Finiront-ils?
Avais-je reçu?
Avais-tu reçu?
Avait-il reçu?
Avions-nous reçu?
Aviez-vous reçu?
Avaient-ils reçu?
FUTUR.
Recevrai-je?
Recevras-tu ?
Recevra-t-il ?
Recevrons-nous?
Recevrez-vous ?
Recevront-ils ?
FUTUR ANTĂRIEUR.
Aurai-je fini?
Ăuras-tu fini ?
Aura-t-il fini?
Aurons-nous fini?
Aurez-vous fini?
Auront-Ils fini ?
AiirĂčĂź-je reçu ?
Auras-tu reçu?
Aura-t-il reçu ?
AurÎns-nÎus reçu?
Aurez-vous reçu?
Auront-ils reçu?
MODE CĂNbltlOPĂNEL.
PĂĂĂąSBNt.
FinirĂąis-je?
Finirais-tu ?
FiniraĂźt-ll Ăź *
FioiriODS-noĂŒsĂż
Finiriez-vous ?
Finiraient-ils?
Aurais-je fini?
Aurais-tu fini?
Aurait-il fini ?
Aurions-nous fini ?
Auriez-vousâfini?
Auraient-ils fini Ăź
Recevrais-je?
Recemis-tu Ăź
Recevrait-Il ?
RecevrioDs-noĂŒs?
Recevriez-vous?
Recevraient-ils?
PASSĂ.
Aurais-je reĂ§ĂŒĂź
Aurais-tu réçu? ,
Aurait-il reçu ß.
Aurions-noUs reçu?
Auriez-vous reçU?
Auraient-ils reçu?
On dit encore :
Eussé-je fini ?
Eusses-tu fini?
Eûtril fini ?
Eussions-nous fini ?
Eussiez-vous fini?
Eussent-ils fini?
2ussé-je reçu ?
Eusses-tu reçu?
Eût-il reçu?
Eussions-nous reçu?
Eussiez-vous reçu ?
Eussent-ils reçu?
Avais-je fĂ©ndĂŒ?
Avais-tu rendu?
Avait-il rendu?
Avions-nous rendu?
Aviez-vous rendu?
Avaient-ils rendu?
Rendrai-je?
Rendras-tu? âą
Rendra-t-il?
Rendrons-nous Ăź
Rendrez-vous ?
Rendront-ils ?
Aurai-je rendu?.
Auras-tu rendu Ăź *âą
Aurart-il rendu?
AĂŒfĂŽhs-nous rendu?
Aurez-vous rendu T
Auront-ils rendu?
Rendrais-je?
Rendrais-tu?
Rendrait-il?
Rendrions-nous?
Rendriez-vous ?
Rendraient-ils?
Aurais-je rendu ?
Aurais-tu rendu ^
Aurait-il rehdĂŒ?
Aurions-nous rendu?
Auriez-vous rendu?
Auraient-ils rendu?
Eussé-je rendu ?
Eusses-tu rendu ?
Eût-il rendu?
Eussions-nous rendu?
Eussiez-vous rendu Ăź
Eussent-ils rendu?
4
Remarqués : 1Ÿ Yimpératif,\es temiis Au subjonctif, et Vinfinitif, ne sont pas employé» ,
interrogativement.
11 en est de mĂȘme de la premiĂšre personne du singulier du prĂ©sent de rindicĂątif, Ă TĂ©- *
gard de qtiĂȘĂźgues verbes qui nâont quâune syllabe. Ainsi on ne dit pas ; rends-je ? lis-je ?
mens-je? Il faut alors donner une autre forme Ă la phrase; par exemple, on pourrait dire :
est-ce que je rends? est-ce que je lis? etc. Les verbes avoir, ĂȘtre, aller, voir, devoir ,
faire, etc., sont exceptés; car on dit bien : ai-je? dois-je? fais-je? sais-je? vais-je?
vois-je? etc. '
2Ÿ Les pronoms personnels sont placés aprÚs le verbe dans les temps simples, et aprÚs
lâauxiliaire dans les temps composĂ©s, et sont liĂ©s Ă lâun ou Ă lâautre par un trait dâunion :
reçois-JB; ai-JE aimé; ieçoit-iL? '
( 559 )
3Ÿ Lë muet se change en é fermé quand il est suivi du pronom je : aimé-je ? donné-je (l) ?
4Âź Pour ne pas confondrĂ© Ăźe prĂ©sent de lâindicatif aimĂ©-je avec le passĂ© aimai-je, il faut
examiner si, en faisant perdre au verbe la forme interrogative, on obtient le présent ou le
passĂ© sans changer Tobjet de la pensĂ©e ; ainsi on nâĂ©crira pas aimai-je maintenant?
aimé-je hier ? car, en faisant disparaßtre la forme interrogative on obtient : /aime mainte
nant; f aimai hier. ĂŻ)onc il feut AiMĂ-je maintenant? aimai-/ hier?
5â Quand le verbe est terminĂ© par une voyelle et suivi de lâun des pronoms il, elle, on,
on les fait prĂ©cĂ©der delĂ lettre euphonique f, placĂ©e entre deux traits dâunion : donne-T-il?
aime-T-elle? a-T-on fini?
SYNTAXE DES VERBES.
N'CCCCLXXX.
CONCORDANCE DĂ VERBE AVEC SON SUJET SOĂS LE RAPPORT DĂ NOMBRE
I.
ACCORD AVEC ĂN SEUL SUJET.
SINGULIER.
Dieu tient le coeur des rois entre ses mains puis-
(RAcinĂȘ.) [santĂ©s.
Lâhomme est nĂ© pour rĂ©gner sur tous les animaux.
(Voltaire.)
La COLOMBE attendrit les Ă©chos des forĂȘts.
(Michaud.)
Lâhuile coule k flots dâor aux bords de la Durance.
(Castel.)
La PLATfTE a son hymen, la plante a ses amours.
(Delille.)
La RELIGION veitle sur les crimes secrets.
(Voltaire.)
Lâhtsope croit dans les plus profondes vallĂ©es.
. (Massillon.)
Le hibou fait son nid dans Vif des cimetiĂšres.
(Bern. de Sainx-Pierre.)
PLURIEL.
Les ROIS tiennent leurs droits dé Dieu, leur puis-
sancĂ© dĂŒ peuple; * , (Boiste.)
Les HOMMES sont encore enfants Ă soixante ans.
(Aubert.)
Les CĆURS ambitieux ne sâattendrissent pas;
(La Harpe.)
Mes VERS comme un torrent coulent sur le papier.
(Boileau.)
Les arbres ont leur vie, et les bois leurs prodiges.
(Delille.)
Les lois veillent sur les crimes publics.
(Volt AIRE.f
Les MARĂES croissent dans lâĂ©quinoxe.
(Académie.)
Les PASSEREAUX ardcnts, dĂšs le lever du jour,
Font retentir les toits de la grange bruyante.
(Michaud.)
Dans la premiĂšre colonne, les verbes tient, est, attendrit ; coule, a, veille, croĂźt, fait,
sont au singulier, à cause des mots Dieu, homme, coloriibé, huile, plante, religion, hysope,
hibou, qui sont du singulier.
Mais dans la secoride colonne, ces mĂȘmes verbes sont au pluriel, Ă cause des mots pluÂŹ
riels rÎts, homméSi coeurs, vers; arbres, lois, marées, passereaux.
(1) Nous nous conformons ici Ă Torthographe adoptĂ©e par les grammairiens, qui veulent quâon fasse enÂŹ
tendre un é fermé dans ces sortes de verbés ; mais Tusage universel et Tautorité des personnes qui parlent
le mieux démentent journellement cette opinion; elles prénoncent : à imÚ-jÚ, véillÚje, régné-je, avec
TÚéceni grave;
( 560 )
Telle est la loi Ă laquelle tous les verbes sont soumis, et cette loi ne souffre point dâexÂŹ
ception. '
DâoĂč ce principe : Le verhe Ă un mode personnel doit toujours prendre le nombre de son
sujet, c'est-à -dire du nom avec lequel.il est en relation; que ce nom le précÚde comme
dans les exemples que nous ayons citĂ©s, ou quâil le suive, ainsi que dans les exemples
ci-aprĂšs. * . o
II.
SUJET PLACE APRES LE VERBE.
SINGULIER.
LĂ , rougit la cerise; ici, noircitla mure.
(Delille.)
Dût le PEUPLE en fureur pour ses maßtres nouveaux,
De mon sang odieux arroser leurs tombeaux.
"(Corneille.)
Me préseroe le ciel de soupçonner jamais
Que dâun prix si cruel vous payiez mes bienfaits 1
(Racine.)
Voilà ce Capitole, et ce beau Panthéon,
OĂč semble encore errer Tombre dâun peuple libre.
(Bertin.)
0 terre de Saturne 1 ĂŽ doux pays Ăź beau ciel Ăź
Lieux oĂč cĂ an/q Virgile, oĂč peignit RaphaĂ«l.
(Saint-Victor.)
OĂč souriait Tenfance , e»/ assis le trĂ©pas.
(Soumet.)
PLURIEL.
Rome,câest toi surtout quâappellent nos transports.
(Saint-Victor.)
Mais dussent-ihs encore, en reprenant les eaux.
Demander votre fils avec mille vaisseaux.
(Raci^.)
Me prĂ©servent les cieux dâune nouvelle, guerre !
(Voltaire.)
Par ces portes »or/aten( les fiÚres légions.
(Saint-Victor.)
Dans leurs yeux entrâouverts brillent dâhumides
(Saint-Lambert.) [flammes.
Eh! qui nâa parcouru, dâun pas mĂ©lancolique,
Le dÎme abandonné, la vieille basilique
OĂč devant TĂternel s'inclinaient ses aĂŻeux ?
(Soumet.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Le ebĂźea aboie.
La brebis bĂąle.
VabeiUe boordomte.
Le cheral hennit.
Les chiens aboient.
Les brebis bĂȘlent.
Les abeilles bourdonnent.
Les chevaux heonissent.
LĂ , fleurit la rose. Ici, jaunissent tes gazons.
Le printemps (Quâannonce l'hiron* Dusseut-ils pĂ©rir!
delle.
LĂ , sâagitait ce peuple ambitieux. Mc prĂ©servent les dieux !
NCĆCLXXXI.
NOMBRE DU VERBE AVEC PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIĂS PAR et.
I.
VERBE AU
Parmi les lataniers qĂŒagite le zĂ©phyre,
La PERRUCHE bruyante et le lori vermeil,
Sautent sous la feuillée, à Tabri du'soleil.
(Castel.)
Dans la saison dâamour,
El TĂ©poĂŒse et TĂ©poux ont le mĂȘme sĂ©jour,
(Delille.)
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
(La Fontaine.)
Nous"* attendons chaque hiver que T hirondelle
et le ROSSIGNOL nous annoncent le retour des beaux
jours. (Bern. de Saint-Pierre.)
La COLĂRE et la prĂ©cipitation sont deux choses
fort opposées à la prudence. (Fénelon.)
PLURIEL.
V
Le SAULE, ami de Tonde, et la ronce épineuse.
Croissent au bord du fleuve, en longs groupes ran-
(Delille.) [gés.
Quand Lucullus vainqueur triomphait de VAsie,
Lâairain, le marbre et Tor frappaient Rome
(Jd.) [éblouie.
Plus loin, le tambourin,'le fifre et la trompette,
Font entendre des airs que le vallon répÚte.
(Saint-Lambert.)
Je soutiens quâil nây a qĂŒun gĂ©omĂštre et un sot
qui puissent parler sans figures.
(J.-J. Rousseau.)
La violence et la vertu ne peuvent rien Tune
sur Tautre. (Pascal.)
(561)
Oui, 5Ă la VIE et la mort de Socrate son? dâun
sage, la vie et ta mort de JĂ©sus son? dâun Dieu.
(J.-J. Rousseau.),
La VERTU et Tambition sont incompatibles.
(Bern. de Saint-Pierre.)
La MUSE et la bergĂšre ont le mĂȘme langage.
(Saint-L ambert. )
Le TONNERRE et les vents déchirent les nuages.
{Id.)
Lâor et Iâargent s'Ă©puisent ; mais la vertu ,
CONSTANCE et la pauvretĂ© ne sâĂ©puisent jamais.
(Montesquieu.)
Seigneur, quand par le fer les choses sont vidées.
La JUSTICE et le droit sont de vaines idées.
(Corneille.)
La RAPINE et Tobgueil sont les dieux de la terre.
(Voltaire.)
Lâambition et Ta varice des hommes sont les
seules sources de leurs malheurs.. (Fénelon.)
Que disent la plupart des grammairiens au sujet dé ces sortes de phrases? Que a toutes
les fois qu'un verbe a deux nominatifs singuliers, on met ce verbe au pluriel, parce que
deux nominatifs valent un pluriel, ii ^
Nous ne nous arrĂȘterons pas Ă fairasentir tout le ridicule de cette rĂšgle ; d'autres Tont,
fait avant nous ; nous nous bornerons aux observations suivantes :
Dans cette phrase : L'hirondelle et le rossignol nous annoncent le retour des beaux
jours, il est évident que je verbe annoncent ne se rapporte ni à hirondelle, qui est du sin
gulier, ni Ă rossignol, qui est du mĂȘme nombre. Or, si annoncent nĂ© convient ni Ă l'un ni
Ă Tautre de ces deux mots, comment pourrait-il, nous le demandons, se rapporter Ă tous
les deux ? Le moindre défaut de la rÚgle des grammairiens est donc, comme on le voit,
de pécher contre la logique.
Dans la phrase que nous examinons : L'hirondelle et le rossignol annoncent le retour
des beaux jours, le verbe annoncent est au pluriel, non pas précisément à cause des deux
mots hirondelle et rossignol,'maïs parce que ces deux mots singuliers font naßtre nécessai
rement Tidée d'un troisiÚme, avec lequel le verbe annoncent s'accorde ; et ce mot est celui
d'oiseaux, d'animaux, ou tout autre semblable, mot toujours sous-entendu, et destinĂ© Ă
indiquer que les individus ou les choses représentés par les deux noms qui précÚdent ce
verbe concourent ensemble Ă faire Taction exprimĂ©e par ce mĂȘme verbe.
Cëst comme s'il y avait : l'hirondelle (annonce le retour des beaux jours) et le rossignol
(annonce aussi le retour des beaux jours ; donc ces deux oiseaux) annoncent le retour
des beaux jour s. \oi\k la seule raison, Tunique raison de Taccord pluriel du verbe, pré
cédé de plusieurs substantifs, liés par et.
A la trUte et pitoyable rĂšgle des grammairiens, nous substituerons donc celle-ci : lorsque
Z'iDĂE exprimĂ©e par le verbe est affirmĂ©e de plusieurs substantifs singuliers liĂ©s par 'et,
ce verbe se met au pluriel, que ces substantifs le précÚdent, ainsi que dans les exemples
que nous avons cités, ou qu'ils le suivent, comme dans,ceux-ci :
Ils meurent : de ces lieux sâexilent pour toujours
La douce rĂȘverie et les discrets amours.
(Delille.)
. . . Cette illusion et ce charme magique,
QĂŒon? reçus TĂ©popĂ©e et la muse tragique.
(Id.)
La foudre éclate, tombe; et des monts foudroyés
Descendent Ă grand bruit les graviers et les ondes.
(Saini-Lambert.)
Et partout oĂč coula le nectar enchantĂ©,
Coururent le plaisir , Taudace et la gaIté.
(Delillb.)
U.
VERBE AU SINGULIER.
Le BIEN et le mal est en ses mains.
(La BruyĂšre.)
La politesse et Taffabilité est la seule distinc
tion qĂŒil^ affectent. (Massillon.)
Lâambition et Tamour de la fortune, dans les
, autres hommes, partage Tamour du, plaisir.
(«0
La GLOIRE et la prospérité des méchants est
courte. (Fénelon.)
Le SAVOIR-FAIRE et Thabileté ne mÚne pas jus
quâaux Ă©normes richesses. (La BruyĂšre.)
Avouons que la force et le courage a été comme
le manteau royal qui Ta parée.
(MĂąscabon.)
71
( 562 )
. Souvent la véhé5ïexce et la triste sévérité de
son discours protégera la vertu opprimée,'et.fera
trembler ie vice triomphant. (DâAgĂŒesseaĂŒ.)
Le TDMDLTE scul ct T A CITATION qui cnviroone le
trÎne, en bannit les réilexioris, et ne /atsse jamais
un instant le souverain avec lui-mĂȘme.
' (Massillon.)
Je sais que chaque science et chaque art a ses
termes propres inconnus au commun des hommes.
âą (FlbĂŒut.)
Lâarueur de leurs disputes insensĂ©es et leur reÂŹ
ligion arbitraire est devenue la plus dangereuse de
leurs maladies. , (Bossdet.)
La gua'ndeur et la taille des cerfs, en général,
dépend absolument de la quantité et de la qualité
dc la nourriture. (Massillon.)
s
Il sâagit de choisir un Ă©tat de vie : choisissez-le
cornme devant un jour mourir ; et vous verrez si la
tentation et le désir de vous élever vous y fera
prendre un vol trop haut. (Pascal.)
Sans se donner la peine de descendre dans la pensée de Técrivain, de sonder les vues de
son esprit el lestoOTi'^^nients de son ame, sans tenir compte de ces deux lois puissantes ,
Iâhabmonie et Toreille*, qui prĂ©sident s! souvent aux concordances, la plus grande parÂŹ
tie des grammairiens prononcent lâanathĂšme contre les phrases que nous venons de citer
ct celles qui leur ressemblent. Ce fameux principe : un et un font deux, renferme Ă leurs
yeux tous les agréments, toutes les grùces, toutes les gentillesses de la Grammaire. Ils ne
souffrent pas quâon sâen Ă©carte, et en font un vĂ©ritable lit de Procuste, oĂč phrases et locuÂŹ
tions sont tenues de sâĂ©tendre bon grĂ© ipal grĂ©.
Cependant, lorsque des écrivains tels que Voltaire, Bossuet, Racine, Fénelon, Pascal,
Rousseau, Massillon, La BruyĂšre et dâAguesseau, jettent de cĂŽtĂ©^ dans certaines circonÂŹ
stances, les rĂšgles des grammairiens, il faut croire qĂŒils ont eu leurs motifs poiur agir
ainsi. .
Or, comme, Ă notre sens, ce nâest ni par hasard ni par caprice que ces Ă©crivains, modĂšles
de goût et de pureté de style, ont préféré, dans les phrases citées, mettre le verbe au sin
gulier, nous allons chercher quelle peut ĂȘtre la cause dâune telle prĂ©fĂ©rence.
Quand Voltaire a écrit ;
. Lâhomme ct la femme est chose bien fragile,
il a considéré Yhomme et la femme comnqe un tout équivalant à TAwmam/^.NQn seulement
la Iqçution est correcte, mais Tauteur ne pouvait sâexprimer autrement, puisque, dans le
chant qui commence par ce vers, il nâest question que de la fragilitĂ© dâqne femme- Câest
uniquement par délicatesse envers le beau sexe que le poÚte a dit : Yhomme et la femme,
car \l nâavait en vue qĂŒun seul ĂȘtre (1).
Dans cette phrase de J.-J. Rousseau :
Chaque état et chaque ùge A ses devoirs, il y a ellipse : Chaque état a scs devoirs, chaque
ùge a ses devoirs. Le sens étan^ distributif, le singulier était nécessaire.
(1), Pourquoi ne pas convenir, dit un grammairien, que Voltaire a mis le singulier pour faire son vers t
Quâon nous cite des prosateurs qui aient mĂ©connu ce principe Ă©lĂ©mentaire, que deux singuliers valent un
pluriel. » Les exemples que nous avons donnés plus haut, ét ceux que nous allons donner encore, tous
tirés des écrivain^en prore» réfutent cette objection :
Plaçes que Taut el la nature a fortifieës,
(Flechier.)
Le boniieur ct le malheur des hommes ne dépend pas
moins de leur humeur que de ia fortune.
(La Rochefoucauld.)
T/ignorance et Taveuglement s'était prodigieusement
accru depuis le-temps dâAbraham. âą (BossUET.)
L'*univers, me dis-je, est un tout immense, dont toutes
les parties se correspondent'. La GRANDEUR el la simplicité
de celte idée éleva mon ame. (Thomas.)
I/intempérance et Tincohebence des imaginations
orientales «jt un faux gout; mais cëst plutÎt un manque
dâesprit quâun abus dâesprit, * (Voltaire.)
, Son abdication de (a dictature fĂźt voir que PAMniTiON
et l'ENyiE de rĂ©gner nâatiait pas Ă©tĂ© sa passion dominante.
La sagesse et la PIĂTĂ du sourerain peut faire toute
seule le bonheur du sujet. (Massillon.)
Mais Ă celte derniĂšre fois, la taleus et le grand NOM de
Cyrus JĂźt que les Perses ses sujets eurent la gloire de cette
conquĂȘte. - . (Bossuet.)
La DOUCEUR et la mollesse de la langue italienne s'est
insinuée dans le génie des auteurs italiens. (Voltaise.)
Sa PIĂTĂ et sa droiture lui attire ce respect.
(Bossuet.)
Le faste et le mĂ©pris quâon fait paraĂźtre pour les autres
n*a jamais rien produit de bon. (Fénelon.)
Du reste, leur défaite et leur ignominie leurJßt plaisir.
' (Rollin.)
Bien re'gner, câest rendre b Dieu le service et Phommage
qui lul Mt le plus agréable. C^ù.)
passion
(Vertot.)
. . ( 563 ) ' , .
Dans cette phrase de MassOlon :
La politesse et TaffabilitĂ© est la seule distinction qĂŒils affectent,
il y a synonymie, et les deux sujets nâoffrent, en quelque sorte, quâune seule idĂ©e.
La BruyĂšre a dit : '
Un peu dësprit et beaucoup de temps à perdre, lui suffit pour conserver son empire sur une femme.
Ici Tauteur a voulu dire que Tune des choses ne suffßt pas, mais que leur réunion suf
fit. Remarquez que dans la locution il n'y a qĂŒun sujet. Si La BruyĂšre eut mis suffisent,
il aurait reconnu deux sujets distincts, auxquels le verbe aurait Ă©galemĂ©nt convenu. Ăn peu
d'esprit SUFFIT, et beaucoup de temps à perdre suffit, ce qui eût été évidemment contre
sa pensée, et aurait fornaé un contre-sens. Les deux idées he pouvant se séparer pour former
chacune le sujet du verbe, le singuliÚr était indispensable.
Dans cette phrase : .
Pour avoir voulu exiger de ses sujets au-delĂ de çe qĂŒils lui devaient, Salomon perdit leur amour et leur
fidélité qui lui était due, . . .
le dernier substantif fidĂ©litĂ© ayant attirĂ© Ă lui seul la modification, par une figure qĂŒon
peut nommer affracfzon, .Massillon a dû mettre le verbe était au singulier.
Enfin, dans cette derniĂšre phrase de Massillon :
«LâagrĂ©ment et Tavantage que nous trouvons dans un pareil commerce doit nous porter Ă resserrer les
liens... »
il y a idée de récapitulation ; c'est comme s'il y avait ; Vagrément et VavaUitagé, etc.,
CELA doit nous porter, etc.
Nous ne pousserons pas plus loin cet examen. Il doit suffire pour faire comprendre que
Temploi du pluriel ou du singulier, dans les verbes, dépend entiÚrement des yuGS de l'es
prit , et que vouloir contraindre les Ă©crivains Ă nâemployer jamais que le premier, c'est
mettre des entraves au génie, c'est priver la langue de ses ressources, de son infinie va--
riĂ©tĂ© ; en un mot, c'est vouloir que les pensĂ©es se jettent dans le mĂȘme moule, Comrne. je dit
avec beaucoup de sens un Ă©crivain, il y a deux classes dâhommes, ceux qui ont du gĂ©nie
et ceux qui en sont privés. Laissons à ces derniers la stricte observation des régies, et
permettons aux premiers dĂš sâĂ©lever au-dessus ef de sâen Ă©carter. Non s ajouterons qĂŒil
est des cas oĂč, avec la meilleure volontĂ© du monde, on ne pourrait appliquer la rĂšgle des
grammairiens; cĂ«st lorsque plusieurs sujets se fondent dans un mĂȘme individu, comme
dans ces deux passages de Massilloii : *
Cëst un imposteur et un traßtre, qui annonce
les malheurs et la ruine entiÚre de Jérqsalçm.
Cëst un ministre et un envoyé de son pÚre, qui
rend témoignage par son sang à la vérité de sa mis*
sion et de ton ministĂšre.
Le pluriel, dans cette circonstance, serait une véritable monstruosité,
Nous terminerons en établissant ce grand principe auquel la* Société grammaticale a
eu la sagesse de donner sa sanction : Lorsque Von considÚre séparément chaque partie
d'un sujet multiple, on met le verbe au singulier ; mais si les parties du sujet multiple sont
considérées simultanément, le verbe doit prendre le pluriel.
Ce principe, fondĂ© sur la raison et sur les faits, s'applique mĂȘme lorsque les sujets sont.
exprimĂ©s aprĂšs le verbe, et qĂŒe celui qui le suit immĂ©diatement est au singulier, comme
dans ces phrases (1) : âą
A Paris rÚgne la liberté et Tégalité... la ja
lousie des rangs y est méconnue.
(Montesquieu.)
Mais pourquoi, dira-t-on, cet exemple odieux?
Que peut servir ici TĂgypte et ses faux dieux ?
(BouĂŠau.)
(i) Bescher croit,-Ă tort, que, dans ceite position, le verbe doit toujours se mettre "au singulier. Les
exemples citĂ©s plus haut prouvent qĂŒil peut aussi sĂ«mployer au pluriel.
o
\
Ce n'est pas Ă leur nation seule que se borne i'iAi-
PRESSION et Teffet de leurs exemples.
(Massillon,)
Le UARCBAND, ToDVRIER, le PRĂTRE, le SOLDAT,
Sont tous également des membres de Tétat.
(Voltaire.)
( 364.)
... Quel nouveau trouble excite eu mes esprits
Le SANG du pĂšre, 6 ciel, et les larmes du fils?
(Racine.)
La-PEUR, Tairain sonnant,' dans les temples Sacrés
Font entrer à grands flots les peuples égarés.
(Saint-Lambert.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Le hanneton et la mouche bourdonnent.
La colombe et le ramier roucoulent.
Lâepervier, le lapin et le renard glapissent.
Le loriot, le merle , le serpent et les oies sifflent.
Le perronuct ct la pie «ont bavards.
Le renard et le singe sont rusés. ,
Le lis et 1.1 roflc sont odorants.
Lâhermine et la zibeline se nourrissent dc rats.
Le bonbeur et la témérité ont pu faire des béros.
Lâordre et lâutilitĂ© publique ne peuvent ĂȘtre les fruits du criiiir,
A votre porte ei ù votre salut sont attachés la perte et le salut de
tous ceux qui vous environnent.
Câest de lui que dĂ©pend le bonheur et le salut des nations. *
Câest dans les chaumiĂšres quâhabitent la paix ct le bonheur.
Tou état et le mien ne. permet plus la plainte.
N" CCCCLXXXn.
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS PLUSIEURS SUBSTANTIFS NON LIĂS PAR et.
1. â Aveo le singulier.
SYNONYMIE.
Si notre ĂȘtre , si notre substance nĂ«s/ rien,
tout ce que nous bĂątissons dessus, que peut-il ĂȘtre ?
(Bossuet.)
Dans tous les Ăąges de la vie, Tamour du travail,
le GOUT de TĂ©tude ejf ĂŒn bien.
(Marmontel.)
La douceur , la bonté du grand Henri, a été
célébrée de mille louanges, (Pélisson.)
. . . Son crĂ©dit, son sacrĂ©.cARACTĂRE,
Peut appuyer le choix que vous prétendez faire.
(Voltaire.)
âą
Le CIEL éblouissant, ce dÎme lumineux,
Laisse échapper vers moi, du centre de ses feux,
Un rayon prĂ©curseur de la gloire suprĂȘme.
(COLAUDEAU.)
Le noir venin , le fiel de leurs écrits
N-excite en moi que le plus froid mépris. (Id.)
GRADATION.
Une OMBRE, un Dieu peut-ĂȘtre Ă mes yeux s*est mon^
(Voltaire.) [tré.
Louis, son fils, TĂ©tat, TĂurope est dans vos mains.
ild.)
Le ciel, tout Tunivers est plein de mes aĂŻeux.
(Racine.).
Le PĂROU, le Potose, Alzire est sa conquĂȘte.
(Voltaire.)
Que Tamitié, que le sang qui nous lie
Nous tienne lieu du reste des humains. {Id.)
La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge.
m
SENS DISTRIBUTIF OĂŒ ELLIPTIQUE.
Il ne faut aux princes et aux grands ni efforts ni
Ă©lude pour se concilier les coeurs. Une parole, Ăčn
SOURIRE gracieux, un seul regard suffit.
(DâAgĂŒesseau.)'
Le VERS le mieux rempli, la plus noble pensée
Né peut jp/aire à Tesprit quand Toreille est blessée.
(Boileau.)
La vanitĂ© est si ancrĂ©e dans le cĆur de Thomme,
qĂŒun GOUJAT, un marmiton, un crocheteur se
vante et veut avoir ses admirateurs. (Pascal.)
Lâhomme nâest quâun roseau, le plus faible de la
nature; iUne faut pas que Tunivers entier sâarme
pour Técraser; une vapeur , un grain de sable
pour le tuer. (Pascal.)
Quels sont donc ces forfaits que Tenfer en furie,
Que Tombre de Ninus ordonne quâon expie ?âą
(Voltaire.)
Le besoin, la raison! Tinstinct dot/ nous porter
A faire nos moissons, plutĂŽt quâĂ les chanter.
{Id.)
II. â Avec le pluriel.
1
Ce petit coin de Tunivers
Rit plus Ă mes regards quĂš le reste du monde.
Lâolive, le citron , la noix chĂšre Ă Pales,
Y rompent de leur poids les branches gémissantes.
(Bertin.)
Et de ces végétaux Tadmirable structure,
Leurs nerfs si délicats, leur flexibilité,
Leur repos , leur réveil , leur sensibilité ,
Semblaient les rapprocher de la nature humaine.
(Delille.)
/
Le PLAISIR turbulent, la joie immodérée,
Des heureux vendangeurs terminent la soirée.
^ {Id,)
Tous suivent cette loi : Tanimal, TarbrisseaĂŒ,
Vivaiew' jontemporains, cachés dans leur berceau
(Delille.)-
Jeune bomme, la vertu, la paix de lâinnocence,
Te rendront plus heureux quâune vaine science.
(Bernis.)
ĂŒne CHAUMIĂRE, un champ ne font pas le bonheur
(Lombard de Langres.)
565 )
Le timide bouvreuil , la sensible fauvette
SÎus la blanche aubépine ont choisi leur retraite.
(Michaud.)
On part: Tair du matin , la fraĂźcheur de lâaurore.
Appellent Ă Tenvi les disciples de Flore.
(Delille.)
Lâambition , Tamour , Ta varice , la haine ,
Tiennent^ comme un forçat, notre esprit à la chaßne.
(Boileau.)
Une petite monnaie , un morceau de pain valent
mieux que : Dieu vous bénisse! (J.-J- Rousseau-)
Lorsqu'un verbe est précédé de plusieurs substantifs qui ne sont pas liés entre eux par
et, il se met au singulier ou au pluriel. Au singulier, 1° si les substantifs ont une sorte
de synonymie : Son courage, son intrépidité étonne les'plus braves; son aménité, sa dou
ceur EST connue de tout le monde ; 2Âź si Tesprit s'arrĂȘte sur ledernier des substantifs expriÂŹ
mĂ©s, soit parce qĂŒil a plus de force que ceux qui prĂ©cĂšdent, soit parce qu'il est d'un tel
intĂ©rĂȘt qu'il fait oublier tous les autres : Ce sacrifice, votre intĂ©rĂȘt, votre homieur, Dieu
vous le commande ; Dieu rĂšgne seul dans une ame oĂč domine la piĂ©tĂ© ; l'intĂ©rĂȘt s'efface
devant Thonneur, Thonneur devant Dieu. Dieu reste seul, et doit seul imposer la loi au
verbe; 3Âź quand les substantifs, ne convenant pas tous au verbe de la mĂȘme maniĂšre,
doivent y ĂȘtre joints chacun Ă part ; ce quâannonce-le verbe au singulier, qui rend la proÂŹ
position elliptique, et marque que, pour la rendre pleine, il faut quâil soit rĂ©pĂ©tĂ© autant
de fois qĂŒil y a de sujets, et avec des formes analogues Ă chacun d'eux. Ainsi, ce vers
de Voltaire :
Un seul mot, un soupir, un coup dâĆil nous trahit,
a la force de ces trois propositions : un seul mot nous trahit, un soupir nous trahit, enfin
un coup d'oeil nousHrahit; ces trois choses-là nous trahissent, non pas simultanément,
mais chacune dâelles sĂ©parĂ©ment : d'oĂč le singulier.
On met le verbe au pluriel lorsque Tidée exprimée par ce verbe est affirmée de tous
les substantifs, et que celui qui écrit et qui parle a intention de lier le verbe à tous les
sujets ensemble, et non Ă chacun dâeux en.particulier. (Voyez la deuxiĂšme sĂ©rie des exemÂŹ
ples cités.* ) ' '
Les mĂȘmes rĂšgles sâappliquent au verbe suivi de plusieurs sujets singuliers, comme
dans ces phrases : '
D'oĂč peut venir alors cet ennui, cc dĂ©goĂ»t ?
(Coll. dâHarleville.)
A quoi sert ce transport, ce dĂ©sespoir extrĂȘme?
(Th. Corneille.)
Que maudit soit ton champ, ton pavillo^, ton lit!
(Chateaubriand.)
Que dira Tavenir, tout Tempire, un époux ß .
(Campistron.)
On danse pour danser, pour obĂ©ir Ă lâactivitĂ© naÂŹ
turelle oĂč nous met la jeunesse, la santĂ©, le
REPOS, la JOIE, et que le son dâun instrument invite
à se développer. (Marmontel.)
Si cependant parmi les substantifs qui accompagnent le verbe il y en avait un qui fut
au pluriel (celui qui le suit ou celui qui le précÚde immédiatement), il faudrait nécessai
rement mettre le verbe au mĂȘme nombre ; exemples : . ,.
La DOUCEUR, les soupirs de cette femme inforÂŹ
tunée ne pwren? le fléchir. (Wailly.)
Quel bruit, quels chants dâhymen ont frappĂ© mon
(Longepierre.) [oreille?
Son repentir, ses pleurs le fléchirent.
(Girault-Duvivier.)
Bajazet vous est cher, savez-vous si demain
Sa /Ăź6erÂŁĂ©, ses joĂŒrs seron? en vĂŽtre main?
(Racine.)
â Nous n'avons pas besoin dâajouter que si tous les substantifs Ă©taient au pluriel; le verbe
devrait ĂȘtre forcĂ©ment au pluriel, ainsi qĂŒon le voit par les phrases suivantes :
( 566 )
Les jours, jes le§ siĂšcles ĂŽoĂčten/ inseii-
siblemĂ©iiL (AcADĂMiE.)
Cependant ses palais, sĂ©s temples, see portioĂŒes ,
Attestent ses grandeurs, dans leurs restes confus.
(Saint-Victor.)
ĂXĂRCiCĂ PHRĂSĂOLOGIQĂĂ.
La trahison, le meurtre est le seeau du meosoage.
Son amciiilé > 90 iloiiceiir est couniie de tout le inoßide.
Le fer^ le bnudĂ©att, lit Uaihme est toute prĂȘtĂ©.
Mon repos, mon bonheur semblait ĂȘtre affermi.
Je tremblĂ© ([iiâĂčn regard , quâun soupir ne vons dompte. .
Le pà mpre \ le laurier^ lÚ mjrtÚ suit tés pas. '
Sa beautĂ©, son eiijĂčueinent j sa ooble fiertĂ© s'eufayait loin de lui.
Le RhĂŽne, la Loire} font les riviĂšres les pins remarquables delĂ
Lrance. .
Lâor; la grandeur peuveut-ils rendre heureux ?
La crainte, lĂ«spcrance troublent mon cĆtir-
Son orgueil, tous ses défauts me le font haïr.
Le devoir, mon repos me le commandent.
La raison , la dĂ©cence mâempĂȘchaient de parler.
N"* CCCCLXXXIII.
NOMBRE Ă)Ă VERBE APRĂS PLUSIEURS SUBSTANTIFS RĂCAPITULĂS PAR LES MOTS
tout, rien, personne, nul, chacun, aucun, etc.
i
avec le singulier.
Biens, fortune» intĂ©rĂȘt, gloire, sceptre» grandeur»
Rien ne saurait bannir CiaricĂš de mon cĆur.
(Rkgnard.)
La grandĂ©ĂŒri les richesses, lĂ©s victoires et tout
ce qui excite les plus, violents dĂ©sirs, nâest pas caÂŹ
pable, aprĂšs quelque temps, de surmonter les moinÂŹ
dres chagrins. (Essais de morale.)
Femmes, filles, valets, gros messieurs, tout enfin
Allait» comme autrefois, demande? son destin.
(La Fontaine.)
Remords» crainte, périls, rien ne m'a retenue. ,
(Racine.)
Femmes, moines, vieillards, tout était descendu.
(La Fontaine.)
. ; J OErope,Bippodamie»
Ma cour,., la terre entiĂšre est donc mon ennemie?
(Voltaire.)
I
La racine i le bois» la tige, les festons,. âą
Tout sert à distinguer leurs nombreux réjetons.
(Delille.)
Le tombeau du martyr,; le rocher, la retraite
OĂč dans un long exil vieillit lâanachorĂšte,
Tout par/e Ă qplre cĆur. ^ . (Soumet.)
Facteurs, associés, chacun lui fut fidÚle ;
Il vendit son tabac, son sucre, sa cannelle. ^
. , (La Fontaine.)
Avant tdiit, compte tor toi. Voisins, amis, paÂŹ
rents, chacun prĂ©fĂšre son intĂ©rĂȘt Ă celui de tout
autres. . (Voltaire.)
*
On ne suit pas toujours ses aĂŻeux ni son pĂšre ;
Le peu de soin, le temps, tout fait quâon dĂ©gĂ©nĂšre.
(La Fontaine.)
Un souffle, une ombre, un nën; tout lui donnait
{id.) [la fiĂšvre.
Hommes, dieux, animawx, tout y fait quelque
{lĂ .) [rĂŽle.
Accusateurs et faiseurs dâĂ©criture,
' Juges, témoi//s, ennemis, protecteurs,
Aucun de vous nëst sorcier, je vous juré.
(Cité par Lemare.)
Sa tendresse pour mĂŽi, VintĂ©rĂȘt dĂš to gloire,
'Sa vertu, tout enfin me défend de le croire.
(Corneille.)
Grands, richĂ©s, petits et paĂŒvrĂ©S', PĂRSĂNNfi du
NUL ne peut se toiirtfaire Ă la mort.
(Wailly;)
LÎrsqiié aprÚs plusieurs substantifs il y en a un qui totalise ou récapitule} Vaccord du
verbe se fait avec celui-lĂ seul. .
Telle est Ăźa rĂšgle que donnent tous les grammairiens, et qu'ils croient sans exception.
Cependant on trouve :
"t ~ *
avec le pluriel.
Ces conditions sont que leurs plaisirs et leurs
peines, leurs accidents et leurs avantages, en un
mot leur destinée, deviennent communs.
(Mirabeau.)
Nous convenons que lâEssai sur lâhomme, de iâil-
lustre Pope, ést un trÚs-bon ouvrage, et que ni'
Horace, ni Boileau, ni aucun poĂšte, n'ont rien
ait dans co genre. (Voltaire.)
Que ie crible, le vasi. . ,
La hersé, les traßneaux, tout Tattirail champÚ-
Sans crainte Ă nies regards osent ici paraĂźtre, [trĂš,
(Delille.)
Qué la iißort, Vexil, enfin'tout ce qui effraie le
plus les hommes, soient devant tes yeux. Par ce
moyen, tu nâauras aucune pensĂ©e basse, et lĂąche.
(PensĂ©es dâĂpicxĂxE.)
C'est une syllepse trĂšs-riatiirelle. Câest comme si les mots en italique Ă©taient renfermĂ©s
( 567 )
dans une parenthÚse. Ces exemples prouvent donc le danger des rÚgles absolues. Néan
moins nous conviendrons, avec M. Dessiaux, Ă qĂŒi nous devons ces prĂ©cieuses citations,
que le plus souvent il est mieux de sën tenir au principe des grammairiens.
Ce principe doit s'appliquer au verbe, lorsqu'au lieu dâĂ©tre prĂ©cĂ©dĂ© des snbstĂąnlifs,il
en est suivi. Ainsi on dirait Ă©galement -: ToĂŒt y fait quelque rĂŽle, hommes, dieux, aniÂŹ
maux; RIEN ne m'x retenue, remords, crainte ni pĂ©rils. Racine nâa-t-il pas dit :
Tout parlera pour vous; le dépit, la vengeance,
Vahsence de Titus, le temps, votre présence,
Trois sceptres que son bras ne peut seul soutenir,
Vos deux Ă©tats voisins qui cherchent Ă sâĂŒnif.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Hommes , femmes , enfante , tent fut tué. Tout fut tué, hommes femmes et enfants.
Homme:;, femmes , enfants , rien ne fut épargné. Rien ne fut épargné , ni farommes , ni femmest ni enfants.
Pauvres , riches , sayants ; ignorants, personne nâest exempt rie la' Personne nâest exempt de la inort, pauvres, riches, savants oa
mort. , ' ignorants,
N' CCCCLXXXlt.
i
NOMBRE Dtr VERBE APRĂS tout, chaqĂŒĂ© ET quelqĂŒe rĂ©pĂ©tĂ©s.
TOUT.
Tout plaisir, tout repos par là mëxf arraché. j Tout rang, tout sexe, tout ùge,
(MoliĂšre.) | * Doit aspirer au bonheur. (Yoltairb.)
r CHAQUE.
Chaque mot, chaque regard est un trait plein de
(MoliĂš ue . ) [flamme.
Chaque jour, chaque instant, pour rehausser ma
[gloire,
Met laurier sur laurier, victoire sur victoire.
(Corneille.)
Je sais que'chaque science et chaque art a
termes propres. (Fleury.)
CiUiiĂŒE Ăąge et cHAQUE'nation a vu des esprits
vains et superbes. (Massillon.)
Chaque vers, chaque ^mot court à Févénement.
(Boileau.)
QUELQUE.
Quelque brĂčlantdĂ©sir, quelque ardeur qui le presse.
Madame^ jën réponds, il tiendra sa promesse.
* (Campistron.)
Mais quelque ambition, quelque amour qui me
; â , [brĂ»le.
Je ne puis plus tromper ĂŒne amante crĂ©dule,
(RĂciNE.j
On voit quâaprĂšs tout, chaque et quelque rĂ©pĂ©tĂ©s, le verbe se met toujours aĂŒ singulier.
Nous en avons donnĂ© la raison plus haut. Cependant rien nĂ«mpĂȘche de le mettre au
pluriel : .
* ^ t
Chaque nuit et chaque aurore nous apportent de nouveaux journaux de la sagesse et de ßa bonté de
la Providence divine. (Bbrn. de Saint-Pierre.)
Aucun corps, aucune attaque n'avaient pu entamer la colonne, parce que rien ne sâĂ©tait fait de conÂŹ
cert et Ă la fois. (Voltaire.)
Quant Ă TĂ ccord du verbe aprĂšs quel et quel... que, cet accord Ă©tant le mĂȘme qĂŒavec lĂšs
adjectifs, nous prions le lecteur de recourir au chapitre des pronoms indéfinis ; car nous
ne pourrions guĂšre que noĂŒs rĂ©pĂ©ter.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Tout objet ; tent ĂȘtre.. ;. ; ' Toute ambitioa , toute passion
Chaque jour, chaque instant.,,.. Chaque art et chaque science
Quelque envie, quelque désir qui ^ - . Quelque mérite, quelque talent qoi
( 568 )
N" CeCCLXXXV.ĆKĂ«~~-
f
NOMBRE DO VERBE APRĂS PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIĂS PAR ni RĂPĂTĂ.
POETES.
AVBC LE SINGULIER.
Ăllons du moins chercher quelque antre ou quelque
[roche
DâoĂč jamais ni Thuissier ni le sergent n'approche.
(Boileau.)
Sans que ni la raison, ni le temps qui sënvole,
Puisse faire tarir ses pleurs. (Malherbe.)
Je reçus et je vois le jour que je respire,
Sans que pÚre ni mÚre ait daigné me sourire.
(Racine.)
Sainte ni saint n'était en Paradis,
Qui de ses vĆux n'eĂ»t la tĂȘte Ă©tourdie.
(La Fontaine.)
Ni CRAINTE ni RESPECT ne mën peut détacher;
De mes bras tout sanglants il faudra lâarracher. .
(Racine.)
Ni le SEXE ni Vage
Ne peut fléchir les dieux que TinfßdÚle outrage.
(Voltaire.)
Ni son COEUR ni le mien ne peut ĂȘtre perfide.
{fd.)
Ni Iâhomme ni aucun, animal nâapĂŒ se faire soi-
mĂȘme. â {Id.)
AVEC LE PLURIEL.
Ultssb ni Calchas nâont point encor parlĂ©.
(Racine.)
Quoi ! le ciel ni Iâenfer nâont rien qui lâĂ©pouvante!
(Th. Corneille.)
Ni lâOR ni la grandeur ne nous rendent heureux.
(La Fontaine.)
Lâabsence ni le temps nâeffaceront iamais
De son cĆur affligĂ© le prix de vos bienfaits.
(Longepierre.)
Dans son cĆur malheureux son image est tracĂ©e.'
La vertu ni le temps ne lâon? point effacĂ©e.
(Voltaire.)
Sinon, ton corps ni ton ame
Nâappartiendront plus Ă ta dame.
(La Fontaine.)
. . . Quand le mal est certain,
La PLAINTE ni la peur ne changent le destin.
{Id )
... En vain lâĂąge sâavance :
Ni Page ni IâexpĂ©riencb ,
Ne peuvent corriger nos moeurs.
(Le Baillt.)
PROSATEURS.
i
I.
AVEC LE SINGULIER.
Il nâest ni rang, ni naissance, ni fortune,
qui ne disparaisse devant une ame comme la tienne.
â (Marivaux.)
. %
Ni le reproche, ni la crainte, ni FambĂŻtion ne
trouble les instants dâun honnĂȘte homme en place.
(Marmontel.)
Nulle COURBE, ni nulle droite réelle, ne peut
passer entre deux lignes réelles qui se touchent.
(Voltaire.)
Comme il nâavait ni titre militaire ni magis-
TRATĂŒRE qui rau?on*5d? Ă commander une armĂ©e,
surtout contre un consul, il tùcha de mettre te sénat
dans ses intĂ©rĂȘts. . (Id.)
Il nây a ni plaisir ni voluptĂ© mondaine ç[ui, Ă
la longue, ne nous vienne Ă dĂ©dain et contre-cĆur.
(Pensée de Plutarqde.)
AVEC LE PLURIEL.
Le tigre est peut-ĂȘtre le seul de tous les animaux
dont on ne puisse fléchir le naturel; ni la force, ni
la contrainte, ni la violence ne peuvent le
dompter. (Buffon.)
Le maĂźtre ni Iâesclavb nâont plus de famille,
chacun des deux ne voit que son état.
(J.-J. Rousseau.)
Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder
fixement. , (La Rochefoucauld.)
I
Je demanderai si vous voudriez que ni votre dé
biteur, ni votre procureur, ni votre notaire,
ni votre juge, ne crussent en Dieu.
(Voltaire.)
Ni LUI ni son conseil nây peuvent rien comprenÂŹ
dre. â (Id.)
Ni le BONHEUR, ni le mĂ©rite seul, ne font lâĂ©lé
vation des hommes. (Vauvenargues.)
Quand les substantifs sont liés par ni répété, le verbe, suivant les grammairiens, se met
toujours au pluriel. ^ .
Encore une rĂšgle qui a Ă©tĂ© prisĂ© nous ne savons oĂč ; mais bien sĂ»rement ce nĂ«st ni dans
les écrits de nos poÚtes ni dans ceux de nos prosateurs, car les citations qui précÚdent
prouvent quën peut aussi mettre le verbe au singulier.
( 569 )
Nous le répéterons donc, si les parties constitutives du sujet sont considérées séparé
ment, on emploie le singulier ; et si elles sont considérées dans leur ensemble et sous le
mĂȘme point de vue, on fait usage du pluriel.
Avec ce principe-lĂ , on peut se passer de toutes les recettes grammaticales.
Faisons-en Tapplication.
En disant : Il n'est ni rang^ ni naissance, ni fortune, qui ne disparaisse devant une
Ăąme comme la tienne, Marivaux veut faire entendre, nen pas que le rang, la naissance
et la fortune disparaissent devant TĂąme dont il parle, mais bien quâil nâest aucune de ces
choses quâil vient de nommer, qui ne disparaisse devant elle. Câest comme sâil disait :
Il n'est pas de rang, quelque élevé qu'il soit, quine disparaisse devant une ùme comme la
tienne ;il n'est pas non plus de naissance, quelque illustre quelle soit, etc., ĂŒ n'est pas enfin
de fortune, quelque brillante qu'elle soit, qui ne disparaisse également.
Lâauteur considĂšre donc ici chaque chose isolĂ©ment.
H nâen est pas de mĂȘme dans cette phrase : le soleil ni la mort ne se peuvent regarder
fixement; Ici La Rochefoucauld nâenvisage pas Ă part le soleil et la mort ; il les embrasse,
et dit : le soleil ni la mort (ces deux choses) ne se peuvent regarder fixement. Câest par ce
motif quâil a mis le verbe au pluriel.
11.
Ni ma santé, ni mon goût, ni mes travaux ne
me permettent de quitter ma douce retraite'.
(YoltĂ irb, )
Le temps ou peu dëau nettoie les taches du corps,
le TEitfPs ni les badx dâaucun fleuve ne peuvent enÂŹ
lever les taches de lâĂąme. (Dict. de maximes.)
in.
Supposons-y ce que ne peut rendre ni la peinÂŹ
ture , ni la poĂ©sie, lâodeur des herbes et mĂȘme
celle de la marine, le frémissement des feuilles, etc.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Ils se trouvaient plus horribles et plus monstrueux
que nĂ«sf la^cuiMĂRE, vaincue par BellĂ©rophon, ni
Iâhtdre de Lerne, abattue par Hercule, ni CerbĂšre
mĂȘme. âą - . (FĂ©nelon.)
Ces exemples sont destinés à nÎus apprendre :
1° QĂŒon met le verbe au pluriel, lorsque le substantif qui le prĂ©cĂšde immĂ©diatement
est au pluriel ;
2Âź Que iquand il y a inversion, le verbe prend le singulier ou le pluriel, selon que le nom
qui le suit est de lâun ou dĂ© lâautre nombre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ni lui ni son frĂšre ne,sera nommĂ© dĂ©putĂč.
Ni la poĂ©sie ni Ja peinture nâa de charmes pour lui.
Ni lui ni son frÚre ne seront nommés députés.
Ni la poĂ©sie ni la peinture nâont de charmes ponr lui.
K CCCCLXXXYl. ^
NOMBRE DĂ VERBE APRES PLUSIEURS SUBSTANTIFS UNIS PAR OU.
AVEC LE SINGULIER.
Usez, Dâabusez point, le sage ainsi lâordonne.
Lâabstinence ou IâexcĂšs nç fit jamais dâheureux.
(Voltaire.)
Nous somnies si peu faits pour ĂȘtre heureux ici-
bas, qĂŒil faut nĂ©cessairement que Tame ou le corps
souffre, quand ils ne souffrent pas tous deux.
(J.-J. Rousseau.)
Une FROIDEUR ou une incivilité qui vient de
ceux qui sont au-dessus de nou s,ous les fait haĂŻr,
mais un salut ou un sourire nous les réconcilie.
(La BruyĂšre.)
avec le pluriel.
Lâignorance ou Iâerreur peuvent quelquefois
servir dâexcuse aux mĂ©chants. -
(Bern. de Saint-Pierre.)
Les enfants nâauraient garde de respecter un
maßtre que son mauvais équipage ou une vile su
jétion rendmënf méprisable. .
(J.-J. Rousseau.)
Le bonheur ou la témérité ont pu faire des
héros ; mais la vertu toute seule peut former de
grands hommes. (Massillon.)
72
( 570)
Si Iâamour ou la philosophie vous porte dans
cette solitude, vous.y trouverez un asile plus doux
Ă habiter que les palais des rois.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Le BIEN ou le mal se moissonne.
Selon quâon sĂšme ou le mal ou le bien.
(Lamotte.)
Toiit le BIEN ou le mal qĂŒon dit dâun homme
qĂŒon he connali pas, ne signifie pas grandĂ«hose.
(J.-J! Rousseau.)
Les jeux que les enfants aiment le mieux, sont
ceux oĂč iĂš corps est, en mouvement ; ils sont conÂŹ
tents pourvu quâils chan/nt souvent de place : un
VOLANT ou une BOULE Suffit. (Fénelon.)
La LIBERTà de publier scs pensées, ou la liberté
de la presse, doit ĂȘtre rĂ©glĂ©e sur la libertĂ© thĂšme
dâagir. (Bern. de Saint-Pierre.)
Le CALMĂ ou I'agitatĂŻon de notre humeiir ne
dépend pas tant dé ce qui nous arrive de plus con
sidĂ©rable dans la vie, que dâun arrangement com^
mode ou désagréable de petites choses qui arrivent
tous les jours. ' (La Rochefoucauld.)
Innocents animaux, avez-vous oublié
Et les piÚges mortels, et l'homme sans pitié?
Hélas ! Thomme ou la faim vont leur Îter la vie.
(Saint-LĂ mbert.)
La peur ou le besoin font tous les mouvements
de la souris.- ^ (Buffon.)
Nos maux physiques se dĂ©truisent oĂŒ nous dĂ©lrui-
ront. Le temps ou la mort sont nos remĂšdes.
(J.-J. Rousseau.)
Lâenthousiasme ou la haine des sols *
Sont ies deux malheurs du génie. (Dorat.^)
Déniétrius éprouva un sort bizarre, il fut souvent
relùché, et autant de fois retenu, que Tespérance
ou la CRAINTE prévalaient dans Tesprit de son beau-
pĂšre. (Bossuet.)
On instruit les enfants" à craindre Út à obéir : Ta-
vARicE, ou Torgueil oĂ la, TIMIDITĂ des pĂšres
leur enseignent TécÎnomié oii ta souniià siorl.
(Vauvenargues.)
Ici est en défaut la rÚgle absolue des grammairiens, qui veulent que lorsque deux
substantife singuliers sont liĂ©s par ou, on mette le vĂ«rbe Ă ĂŒ singulier. Car lĂšs citations de
la seconde colonne nous dĂ©montrent quâon peut aussi faire usage du pluriel.
Dans ces phrases, dit trĂšs-bien,Lemare, pn exprime sans doute une idĂ©e dâalternaÂŹ
tive , mais qui nâexclut point celle de pluralitĂ©. Les deux choses dont on parle agissent ,
il est vrai, successivement; mais elles agissent en effet toutes deux, tantĂŽt lâune, tantĂŽt
lâautre. Le pluriel peut donc ĂȘtre employĂ©. *
Rousseau, en disant que le temps ou la mort sont nos remĂšdes, veut dire que beux
CHOSES sont nos remĂšdes, le temps ou la mort ; câest donc comme sâil y Ăąvait : le temps ou
la mort (ces deux choses) sont nos remÚdes. Uné semblable ellipsé expliqué lë pluriel.
^ . â
La vérité ou Terreur...,
La sagesse ou le vice...
Le chien oo le chat
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Le chagrin ou Tennui.
Lâhomnie ou la femme..
Lo serin ou le rossignol.
N' CCCCLXXXVII.
NOMBRE DU VERBE APRĂS Vun et Vautre, Vun ni Vautre, ni Vun ni Vautre,
Vun ou Vautre.
I. â Lâun et Tautre.
AYEC LE SINGULIER.
Pour ne pas croire les apĂŽtres, il faut dire quâils
ont Ă©tĂ© trompĂ©s ou trompeurs. Lâon et lâautre
est difficile. âą (Pascal.)
4 *
Lâon Ăt lâĂ Ă»tre excĂšs choque, et tout homme bien
Doit fà irÚ des habits ainsi qué du langage. [sage
(MoliĂšre.)
A suivre ce grand chef lâun et l'autre y apprĂȘte.
(Boileau.)
Ătudiez la cour et connaissez la ville :
Lâun ex l'autre esl toujours en modĂšles fertile.
Ud.)
AVEC LE PLURIEL.
Lâun ET j/AXjraE* supposaient qĂŒe Thoinniepeul
se contenter de soi-mĂȘme et de ses biens prĂ©sents.
(Pascal.)
Leur conduite fit voir dans lĂ suite que lâon et
lâautre ne cherchaient quâĂ .s'Ă© dĂ©truire.
' (Vertot.)
Lâun et lâautre Ă mon sens ont le cerveau troublĂ©.
. (Boileau.)
Plus Thomme et*lĂ femme sâĂ ttacHfefoiiT Tun Ă
Tautre, plus lâun ex lâĂąuxrb seront hĂšlirĂ©dx.
(Franrlin.)
â ( 371 )
Lâune ex lâautre de ces deux factions ne cherÂŹ
chait véritablement à dominer en Pologne, que
sous la protection de la Russie. (RuLiiifeRE.)
Emilie et CĂ©sar, lâun et lâautre me gĂȘne,
'(Corneille.)
A demeurer chez soi lâun et lâautre sâobstine.
(La Fontaine.)
Lâun et lâautre consul vous auat/prĂ©venue.
(Racine.)
Le physicien et le poĂšte sont dignes dâĂȘtre comÂŹ
parĂ©s ; lâun -ET lâautre remontent au-delĂ de
toutes les traditions. (Fontanes.)
Lâun et lâautre Ă ces mots ont levĂ© le poignard.
(Voltaire.)
Lâun et lâautre avant lui s'Ă©taient plaints de la
(Boileau.) [reine#
On peut mettre MoliĂšre en parallĂšle avec Racine,
lâun et lâautre ont parfaitement connu le cĆur
de lâhomme. > (Vauvenargubs;)
II. â Ni Fun nĂź Fcmtre, Fun nĂź Fantre.
- .. . Affectant IHionneur de céder le dernier,
L'un Ni lâautre ne veut sâembrasser le premier.
(Racine.)
Ni lâun ni lâautre des deux frĂšres ne peut inÂŹ
téresser. (La Harpe.)
Ni lâun ni lâautre (Corneille et Racine) ne doit
ĂȘtre mis en parallĂšle avec Euripide et avec Sophocle.
(Boileau.)
La Fontaine fut oublié*; ainsi que Corneille; m
lâun ni lâautre nâĂ©tait courtisan. . (La Harpe.)
Ni lâune ni lâautre maniĂšre nĂ«sf Ă©lĂ©gante.
(Voltaire.)
III. â Lâun ou lâautre;
Je tremble quâopprimĂ©s de cĂ© poids odieux,
Lâun ni lâautre jamais n'osent lever les yeux.
(Voltaire.)
Ni lâune ni lâautre , Ă ce qĂŒĂ©llĂ«s me dirent,
n'avaient jamais vu dâhommĂš blĂŒric.
(BibliothĂšq. des voyages.)
Ni lâon ni lâautre li'ont eu la mdindrĂ© part au
grand changement qui va se faire,
(Voltaire.)
Ici lâun ni lâaĂŒtUb nĂ© c/tĂšfc/iejii Ă exposer lĂ«uir
vie. â (La BRUvĂkE.)
Lâun OD lâautre fit-il une tragique fin ? .
(Boileau.)
Jâaurai de vous ma grĂące, t)u lĂ mort dĂš thĂ main;
Choisissez : Lâun ou lâautre achĂšvera mes peines.
(Corneille.)
AprĂšs les mots Tun et Vautre, ni Vun ni Vautre, Vun ni Vautre, seuls ou joints Ă un
substantif, il est permis, comme ou le voit, de mettre le verbe au singulier ou au pluriel,
selon le choix que Técrivain fait du sens distributif ou du sens collectif.
AprÚs Vun ou Vautre, nous nfavons trouvé que le singulier,
Aujourdâhui les Ă©crivains prĂ©fĂšrent le pluriel avecâ /wrt et Vautre.
EXERCICE PnRASĂOWGĂQĂŒĂ.
Lâun et lâautre fut boo.
Ni lâun ni lâautre ne fat mĂ©chant.
Lâun ou lâautre sera nommĂ© cardinal.
âoc>c>oȧ
Ăźi'iin ct lâuutre furent bons.
Ni l'un ni l'atitre ne furent méchants:
««W N" CCCCLXXXVIII.
nombre du verbe aprĂšs les EXPRESSIONS comme; ainsi que, de mĂȘme que, aussi
â ' bien que, avec, etc.
AVEC LE singulier.
Coquette avec coquet ne trouve pas son compte,
Et COQUET de coquette a toujours de la honte.
(SCARRON.)
Le farouche Phalante, avec ses Lacédémo-
NiENS, fut surpris de trouver ses entrailles attenÂŹ
dries. (Fénelon.)
Le FER avec le feu vole de toutes parts ,
Des mains des assiégeants et du haut des remparts.
(Voltaire.)
â k ^
Ce malheureux pÚre, avec sa fille désolée, pleu-
rai/ sori épouse dans ce moment. (Florian.)
AVEC LĂ PLURIEL;
VertĂŒmnĂ« avec Pomone ont embelli ces lieux;
(Saint-Lambert.)
Le comte Piper, avec quelques officiers delĂ
chancellerie, étaient sortis de ce camp.
(Voltaire.)
Bacchus, avec CérÚs, de qui la compagnie
Met Vénus en train bien souvent.
Devaient ĂȘtre ce coup de la cĂ©rĂ©monie.
(La Fontaine.)
, Le SINGE avec le léopard
^ Gagnaient de lâargent Ă la foire,
Ils affichaient chacun Ă part. ' [Id.)
.( 5T2 )
Cëst Phalante avec ses Lacédémoniens qui a
fondé ce nouveau royaume. (Fénelon.)
La gloire de TEurope est de laisser partout des
trophĂ©es, TAfriqĂŒe, comme la nature, met ia
sienne Ă les renverser, (Bern. de Saint-Pikrre.)
Lâame, comme le corps, ne se dĂ©veloppe que
par l'exercice. (Id.)
Le nourrisson du PInde, at'nst que le guerrier,
A tout lâor du PĂ©rou prĂ©fĂšre un beau laurier.
(Piron.)
Le prodigue comme Tavare abuse de ses biens,
et sâen fait de vrais maux. [Le Noble.)
La CUPIDITĂ, ainsi que les autres passions, est
comme un chariot qui descend une montagne; si vous
ne Tcnrayez dĂšs le dĂ©part, vous ne lâarrĂȘterez pas
dans le milieu de sa course.
(Bern. de Saint-Pierre.).
La VĂRITĂ, comme la lumiĂšre , est inaltĂ©rable,
immortelle. [Id.)
Lâhistoire, ainsi que la physique , nâa comÂŹ
mencé à se débrouiller que sur la fin du seiziÚme
siĂšcle. âą (Voltaire.)
L'omission de ce ne, avec la transposition de
pas un, font que la phrase nâest pas française. .
(Voltaire.)
La SANTĂ, comme la fortune, retirent leurs faÂŹ
veurs Ă ceux qui en abusent.
(Saint-Ăvremont.)
Votre PĂRE, cn mourant, ainsi que votre mĂšre.
Vous laissÚrent de bien une somme légÚre.
(Regnard.)
La vérité, ainsi quela reconnaissance, m'o-
bliffent Ă dire que jâai Ă©tĂ© privĂ© de ces bienfaits, en
tout ou en partie, ù mesure que la révolution s'ap
prochait. (Bern. de Saint-Pierre.)
Le JAGUAR, ainsi que le couGĂŒAR,*AaĂšitent dans
les contrĂ©es les plus chaudes de lâAmĂ©rique mĂ©riÂŹ
dionale. ' (Buffon.) âą ^
Louis XiV, comme Napoléon , chacun avec la
différence de leur temps et de leur génie, substi
tuĂšrent lâordre Ă la libertĂ©. (Chateaubriand.)
Les sages quelquefois, ainsi que Vécrevisse ,
Marchent Ă reculons, tournent le dos au port.
(La Fontaine.)'
DansIâĂgypte, dans lâAsie et dans la GrĂšce, BacÂŹ
chus, ainsi gĂŒHERCULE, Ă©taient reconnus comme
demi-dieux. (Voltaire.)
Malgré la rÚgle absolue posée par Lemare, Boniface, Chapsal et tous les grammai
riens, nous pouvons, d'aprÚs les nombreuses citations qui précÚdent et que nous pour
rions multiplier encore, établir en principe :
Que toutes les fois que plusieurs substantifs sont joints par les expressions comme, ainsi
que, de mĂȘme que, aussi bien que, etc., on peut .mettre le verbe au singulier ou au pluriel,
selon les vues de Tesprit.
Veut-on exprimer uniquement une comparaison, on emploiera le singulier, et câest lĂ ,
en effet, Tusage le plus général.
Mais on mettra le verbe au pluriel, si les expressions comme, ainsi que, de mĂȘme que, etc.,
sont considĂ©rĂ©es moins comme des mots conjonctifs qui lient une proposition incidente Ă
une proposition principale, que comme des mots copulatifs ou additionnels qui des deux
propositions nâen font quâune, et amĂšnent par consĂ©quent la pluralitĂ©. ReprĂ©senter, en
pareil cas, le premier subsiantif comme Tidée dominante, ce serait altérer le séns des mots
et les vues de celui qui parle.
Il en est de mĂȘme d'avec. On met le verbĂ© au singulier toutes les fois quâon a Tintentioiv
dâindiquer une simple idĂ©e dâaccompagnement, de moyen ; mais on fait usage du pluriel,
si, Ă TidĂ©e dâaccompagnement, de moyen, on ajoute celle de coopĂ©ration. Câest pour ce
motif que Saint-Lambert a dit :
I
Vertumne avec Pomone ont embelli ces lieux. ^ â
Lemare pense que câest une faute dâemployer ici avec dans le sĂ©ns de et; il condamne
Ă©galement le pluriel ont embelli. «H n'y a, dit-il, quâun sujet dans la phrase; câest le mot
âą Vertumne, câest lui'qui a embelli ces'lieux avec Pomone. Lâinversion nây change rien. On
juge de la rĂ©gularitĂ© dâune phrase par la nature mĂȘme des mots et non par les idĂ©es . «
Lemare est tombĂ© lĂ dans une bien grande erreur. Comment, on nâirait pas des idĂ©es
aux mots? A la vérité celui qui lit va des mots aux idées ; mais celui qui écrit ne va-t-il pas
des idées aux mots? En voyant ont embelli dans le vers de Saint-Lambert, ne suis-je pas
obligé de me rendre compte des motifs qui ont porté cet écrivain à employer de préférence
la forme plurielle, Ă©t dâexaminer si ces motifs sont justes? Les mots ne sont que lĂ peinÂŹ
ture de la pensée. Or, si, malgré la particule avec, Saint-Lambert a voulu placer sur la
( 373 ) . , .
mĂȘme ligne Fer^wmne et Pomone, sâil a eu lâintention de les reprĂ©senter comme concouÂŹ
rant ensemble Ă lâaction exprimĂ©e par le verbe, il a eu raison dâĂ©crire :
Vertumne avec Pomone ont erabelli ces^lieux. ^
Que dirait donc Lemare, sâil lisait dans J.-J. Rousseau (traduction de Tacite) : La
lĂ©gion qu'il amenait dâEspagne, jointe Ă celle que NĂ©ron avait levĂ©e, remplirent la
ville de nouvelles troupes, qu'augmentaient encore les nombreux détachements d'Allemagne,
d'Angleterre Ă©t dâIllyrie? Bien certainement il condamnerait cette phrase, et il aurait tort ;
car elle exprime parfaitement la pensée de Rousseau, qui est de faire entendre que les deux
légions dont il parle remplirent toutes deux la ville de nouvelles troupes.
Ces phrases, si irréguliÚres en apparence, ne sont-elles pas une nouvelle preuve que la
saine logique lâemporte toujours sur ce qĂŒon appelle forme grammaticale?
Au surplus, peu importe Topinion de Lemare et celle de tous.les grammairiens. Une
phrase est bonne si elle est claire, si elle se comprend facilement. La forme nây faitrien. Un
seul exemple, puisé dans un bon écrivain, suffit pour la justifier!
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
La peste, ainsi que la guerre, a riésolé
Le pĂšre , comine le fils, se conduit sagement.
La peste, ainsi que la guerre, ont désolé.. :..
Le pfere , comme le fila , se conduisent sagement-
Nâ CCCCLXXXIX.
NOMBBE DU VEBBE APBĂs plutĂŽt que, non pim que, moins que, non seulement,
mais, ETC.
ACCORD DU VERBE AVEC LE PREMIER SUBSTANTIF.
. , /. . Câest la raison,
ÂŁt non pas ThabĂźt, qui fait Thomme.
(Le Brun.)
Cëst la loi, et non pas Thomme, qui doit ré-,
gner. .(Fénelon.)
La .nation des belettes,
Non plus que celle des chats,
Ne veut aucun bien aux rats.
(La Fontaine.)
Cëst le bon ordre, et non cértaines épargnes sor
dides , qui fait le profit. (Voltaire.)
Quel bonheur de penser
Que si lÚ corps périt, Tame échappe à la mort ;
Et que Dieu, non les rois, dispose de mon sort!
(Bernis.)
Je veux que la vertu, plus que Tesprit, y brille.
-j La mĂšre en prescrira la lecture Ă sa fille.
! ' â * (Piron.)
Cëst son ambition, plus encore que ses revers
qui a causé sa perte, (Jourih gramm.)
Ce sont ses revers, plus que son ambition, qui ont
causé sa ruine. {Id.)
Ce sont, ses revers, mais moins encore que son ara-
⹠bition, qui ont causé sa ruine. [Id.)
Cëst son ambition, mais moins encore que ses
revers, qui a causé sa perte. (/d.)
ACCORD DU VERBE AVEC LE DERNIER SUBSTANTIF.
Cëtait moins la naissance que les dignités curules
qui décidaient de la noblesse. (Vertot.)
Ce nëst pas ce quën apelle esprit, cëst-le sw-
blime et le simple qui font la vraie beauté.
(Voltaire.)
Ah! madame, ce ne seront,pas mes souhaits,
mais votre inclination qui décidera de la cbose.
(MoliĂšre.)
Non seulement'toutes-ses recherches et tous ses
honneurs, mais toute sa vertu sâĂ©vanouit.
(Vaugelas.)
Non seulement le peuple romain, mais encore les
peuples les plus Ă©loignĂ©s doivent ĂȘtre de rigides obÂŹ
servateurs de cette loi. (Cité par Boinvilliers.)
Cc sont ses revers, plus que son ambition, qui
ont causé sa ruine. * (Journ. gramm.)
*
Ce sont moins ses revers que son am6t?tën qui Ta
perdu. . {Id.)
Cëst moins son ambition que ses revers qui Tont
perdu, ' (Id.)
Ce sont moins ses attraits que sa vertu qui séduit
les cĆurs.' .{!(/âą)
Cëst moins sa beauté que ses vertus qui séduisent
les cĆurs. (Id.)
Quand on veut porter un jugement sur deux objets que Ton met en parallĂšle, on y pro-
(>74 ) âą âą â
cĂšde par deux propositions, Tune principale, Tautre secondaire, qui se rapportent chaÂŹ
cune Ă Tun de ces objets. Dans cette sorte de construction, la comparaison sâĂ©tablit par un
de ces mots plus que, plutĂŽt que, non moins que, non plus que, non seulement, ou autres
Ă©quivalents, qui se placent en tĂȘte de la proposition incidente, et le verbe revĂȘt alors le
nombre, soit du sujet dc la proposition principale, soit de celui de la proposition subÂŹ
ordonnée.
Pour connaĂźtre la maniĂšre dâorthographier ces sortes de phrases, il est essentiel de saÂŹ
voir distinguer la proposition principale dc la proposition incidente. âą
Dans les exemples de la premiĂšre colonne, le verbe sâaccorde partout avec le premier
substantif, parce que c^est sur ce substantif que se fixe particuliĂšrement Taltention. Quand
Voltaire dit : Oâest le bon ordre, e/ non certaines Ă©pargnes sordides, qĂŒi fait le profit, il
rapporte le verbe fait Ă bon ordre. La construction directe des mots est celle-ci : Ă'est le
bon ordre qui fait le profit, et non certaines épargnes sordides. Le bon ordre produisant
le profit, voilà la pensée dominante de Tauteur.
Dans les citations de la seconde colonne, le verbe sâaccorde partout, au contraire,'avec
le dernier substantif, parce que le sens logique le piet sur le premier plan, et que câest
sur ce mot que le jugement prononce spécialement. Lorsque Vertot dit ; C'était mçins la'
naissance que les dignités curußes qui décidaient de la noblesse, dÚs les premiers mots, il
annonce son dessein dâatta'cher une idĂ©e dâinfĂ©rioritĂ© Ă la naissance, relativement aux diÂŹ
gnitĂ©s curules, et câest ce quâexprime sa phrase, oĂč Taccord du verbe a lieu avec ce derÂŹ
nier mot pluriel..
En comparant les exemples que* nous avons citĂ©s, on ne peut sâempĂȘcher dâadmirer la
flexibilitĂ© de notre langue, qui se prĂȘte merveilleusement Ă la peinture des nuances les
plus délicates de la pensée.
Nous pouvons donc établir en principe que le verbe, dans les phrases analogues à celles
qui font Tobjet de ce numĂ©ro, sâaccorde toujours avec le nom qui exprime TidĂ©e princiÂŹ
pale,Tidée dominante. ^ '
Nous-ferons observer que si les expressions plutÎj que, non moins que, etc., étaient pré-
cĂ©dĂ©es de depx ou plusieurs substantifs, le verbe devrait se mettre au.pluriel, ainsi quâon
le voit dans la phrase suivante : ,
Il faut que ce soit la sagesse et /a vertu, plutÎt que la présence de Afentor, qui vpw» inspirent ce
que vous devez faire.
* * â % * '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE^
Oest lui, Ct non ses frires, qui esi coupable.
âąCâcst lâintrigue, non le mĂ©rite, qui rĂ©ussit.'
Câest le gĂ©nĂ©ral, que les officiers, qui est blĂąmabl.
Cëst autant la fille , que le fils , qui n cic déshéritée.
Ce sont.ses frĂšres , et non lui, qni sont coupables.
Ce sont les'talents, et non rintriguc, qui conduisent Ăą la gloire.
Câest moins le gĂ©nĂ©ral, que lĂ©s officiers , qni sont blĂąmables.
Ce sont autant les fils , que la fille , qui ont été déshérités.
Nâ CCCCXC.
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS DEĂX INFINITIFS. -
SINGULIER.
Vivre ou mourir, n'eût été rien pour elles, si
elles avaient pu rester ou partir ensemble. âą
(J.-J. Rousseau.)
Se TAIRE et souffrir en silence
Est souvent le parti que dicte la prudence.
* (Haumont.)
Bßon écouter et bien répondre est une des plus
grandes perfections que Ton puisse avoir dans la
conversation. â ! (La Rocuefoucauld.)
pluriel.
Ătre juste ou ĂȘtre vertueux, ne sont qu'une
mĂȘme chose. (De Jaucourt.)
Voir les choses comme elles sont, et les estimer
ce quëlles valent, donnent, sinon Je bonheur, du
moins lĂ© rcpoSi (Mââ' CĂ©cile FĂ©e.)
Vivre et jouir seront pour lui la mĂȘme chose.
(J.-J. Rousseau.),
Produire et conserver soiU Facte perpétuel de
la puissance. (/Ăą.)
Le FUIR ,et le bannir esi tout ce que je puis,
(Campistron.)
Vivre libre et peu tenir aux choses humaines
esi le meilleur moyen dâapprendre Ă mourir.
(J.-J. Rousseau.)
( 575 )
Bien dire et bien penser ne son? rien sans bien faire
(La Cuaussée.)
Vivre chez soi; ne régler que soi et sa famille;
ĂTRE simple, justeetmodçste, sont des vertus pĂ©niÂŹ
bles parce qûëlles sont obscures. (Fontenelle.)
« Il y a peu dĂ«xemp|es, dit Lemare, oĂč rinfinitif soit ainsi.le (fiujet du verbe; car
presque toujours aprÚs Vinfinitif ori ajoute le substantif çe devant le verbe personnel. »
1! ne sâagit pas de savoir sâil y. a peu ou beaucoup dâexemples oĂč rinfinitifsoit le sujet
du yerbe; "ce quâil importe de savoir, câest le"nombre auquel on doit mettre le verbe,
lorsquâil est prĂ©cĂ©dĂ© de'plusieurs infinitifs, et câest justement cĂ© que Lemare ne dit
Les autres grammairiens, Domergue en tĂȘte, pensent que les infinitifs, n'ayant pas par
eux-mĂȘmes Ăźa propriĂ©tĂ© du nombre, ne sauraient, lorsquâils sqnt employĂ©s comme sujets,
communiquer au verbe la forme plurielle. Le verbe, dans ce cas, reste au singulier (i).
Encore une rÚgle plutÎt imaginée que déduite des faits. ^ '
Car nos citations prouvent quâon peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel, lorsÂŹ
quâil est prĂ©cĂ©dĂ© de plusieurs infinitifs liĂ©s par et pu par ou. Tout cela dĂ©pend des vues de .
lâesprit. Envisage-t-on chaque acte sĂ©parĂ©ment, pn emploie le singulier. Si, au contraire,
on les considÚre simultanément, on se sert du pluriel. ' .
Barthélémy a eu tort de dire : Cracher ou se moucher dans les temples ou aux théùtres, aurait passé
pour DES ACTES d*incivilxU OU dâirrĂ©vĂ©rence.
Il aurait dû dire : Cracher ou se moucher dans les temples ou aux théùtres auraient
passé pour des actes d'incivilité ou d'irrévérence, ou bien cracher ou se moucher dans les
temples ou aux^ théùtres aurait passé pour un acte d'incivilité ou d'irrévérence.
Dans le premier cas, Tauteur fait rapporter le verbe aux deux sujets, et dit cracher ou se
moucher, ces deux actes auraient passé pour des actes d'incivilité ou d'irrévérence.
Dans le isecond cas, il y a alternative, câest-Ă -dire il y a incivilitĂ© dâupe payt, irrĂ©vĂ©- '
rence de Tautre. Lâupp est nUribuĂ©e au premier infinitif, Tautre au ^eçond. Le singulier
est nécessaire.
EXERCICE PHĂSĂOLOGIQĂŒE.
Manger, boire et riormir est leur unique occupatiou.
Venir, voir et vaincre fut la mĂȘme chose pour lui.
Cracher ou se moucher rians lâĂ©glise sont ries actes dâirrĂ©vĂ©rence*
Lâaimer ou le haĂŻr sont la mĂȘme chose pour luĂź.
Nâ CĂCĂXCL «8^Âź*
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS plus d'un.
OOOoâ
SINGULIER.
Plus dâun Achille sentirait, h la vue dâune Ă©pĂ©e,
son sang sâenflammer; plus dâun Vaucanson, Ă Tas-
pect dâune machine, mĂ©diterait dâorganiser le bronze
ou le bqis: (Bern. de Saint-Pierre.)
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs, '
Plus dâune PĂ©nĂ©lope honora son pays.
(Boileau.)
â
Plus dâun pays #erat? peut-ĂȘtre devenu une soliÂŹ
tude, si des vertus souvent ignorées ne combattaient
sans cesse les crimes et lesërreurs de la politique.
(La Harpe.)
Plus Ăąâune HĂ©lĂšne au beau plumage
Ăut le prix du vainqueur.
(La Fonxainl-/
(1) Cette opinion erronée a été tout récemment encore renouvelée par la Société grammaticale, qui a eu
à s'occuper de çette question. « Il est de principe, a-t-elle dit,' que plusieurs infinitifs placés pour sujets
ne sont j'qjnqw smiuis du verbe au d (V. joitrnal gram., 7^, tom. 1, 1834.)
Ăn voit par lĂ que les SociĂ©tĂ©s savantes, tout comme les grammairiens, peuvent aisĂ©ment se tromper,
ne prenant pas les faits pour guides.
en
( 576 )
A vouloir trop voler de victoire en victoire,
PlusĂ un ambitieux diminua sa gloire.
(Piron.)
_ Plus dâun Matthieu Garo s'Ă©rige en novateur,
Lucas est usurier, Colas agioteur.
(Delille.)
. . Plus dâun charmant ouvrage
Etait perdu pour moi. (Delille.)
Plus dâun hĂ©ros Ă©pris des fruits dĂ© mon Ă©tude
Vient quelquefois chez moi goûter la solitude.
(Boileau.)
' Bien que Texpression plus d'un réveille une idée de pluralité, elle exige le verbe au
singulier. Cependant Marmonte] a dit avec le pluriel : A Paris on voit plus dâĂŒn fripon
^ qui se DUPENT Vun Vautre, parce que Tidée de réciprocité appelle nécessairement le
pluriel.
Voltaire a Ă©galement dit, en employant le pluriel : Nous avons plus dâune ancienne
piĂšce qui Ă©tant corrigĂ©es pourraient aller Ă la postĂ©ritĂ© [ĂpĂźt. dĂ©die, de Sophonisbe),
et dans son Dict. philos., au mot Alcoran : C'est ainsi que parmi nous on a reprochĂ© Ă
plus d'un prélat d'avoir fait composer leurs sermons et leurs oraisons funÚbres par des
moines. ' .
Lorsque plus d'un est répété, le verbe peut admettre le pluriel ⹠.
Plus dâun brave guerrier, plus dâun vieux sĂ©nateur,
Rappelaient vos beaux jours,. (Destouches.)
J'ai connu p/ws dâun Anglais et plus dâun Allemand qui ne trowvatĂ«ntd'harraonie que dans leur langue.
(Voltaire.)
^ *
Si, au lieu de plus d'un, il y avait pluç de trois, plus de cinquante, fflus de cent, etc., on
mettrait alors le verbe au pluriel ;
JĂ«n connais plus de vingt qui font figure en France, â .
Qui doivent, comme moi, ce titre Ă la finance.
(Destouches.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Plus dâune rose...
Plus d'un savant...
Plus dâun Ă©colier...
Plus d'un ami,.,
Plus dâune femme...
Plus dâune'bergĂšre...
NOMBRE DU VERBE APRĂS LES NOMS COLLECTIFS.
t
Nâ CCCCXCII.
NOMS COLLECTIFS GĂNĂRAUX PRĂCĂDĂS DE L ARTICLE.
Si LE NOMBRE DES CULTIVATEURS propriétaires
était doublé dans le royaume, les terres en rap
porteraient au moins une fois davantage.
(Bern. de-Saint-Pierre.)
LâinfinitĂ© des perfections de Dieu mâaccable.
(Académie.)
Tandis que la foule des hommes sâenrichit et
s'illustre par lâagriculture, le commerce, la navi;;
galion et les arts, bien souvent ceux qui en ont
frayĂ© les routes ont vĂ©cu dans lâindigence et dans
Toubli de leurs contemporains.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Pison rapporte qĂŒau BrĂ©sil, et-mĂȘme dans les
terres humides du Pérou, la quantité de fourmis
était si grande, quëlle détruisait tous les biens que
Von confiait Ă la terre. (Buffon.)
Le nombre ' prodigieux de végétaux jetés
comme au hasard dans les prairies et dans les forĂȘts,
nous présente un spectacle trÚs-agréable. .
(Bern. de Saint-Pierre.)
La totalité des enfants sacrifie Tavenir au
présent. (Cité par Noël.)
Si le nombre des vertus morales de monsieur
de Turenne était plus grand que celui de scs, ex
ploits, sa religion le rend encore plus admirable que
toutes les qualités naturelles de son ame.
(Fléchier.)
Des enfants qui naissent, la moitié tout au plus
parvient Ă Tadolescence. (J.-J. Rousseau.)
I 5T7 )
La seconde moitié des paroles, së#f constam
ment refusée à tous mes efforts pour me la rappeler.
(J.-J. Rousseau.)
La MULTITUDE DES BONNES CHOSES quâOD trOUVC
quelquefois dans un ouvrage , fait perdre de vue la
multiplicité des mauvaises.
(Cité par Caminade.)
Cette foule de nobles réunis dans la Prusse,
se crut assurĂ©e dâun appui, (RulhiĂšres.)
La mort du général répandit la consternation
parmi les Phéniciens, et la multiplicité des chefs
y mit une confusion qui accéléra leur perte.
(Barthélemt.
Le parfait orateur ne négligera pas ces sciences
abstraites que le commun des hommes ne méprise
que parce quâil les ignore, (dâAgubsseaĂŒ.)
La pluralité de maßtres v/ést pas bonne.
(Académie.)
LâarmĂ©e des infidĂšles fut entiĂšrement dĂ©truite.
C/d.)
Tout verbe qui a pour sujet un nom collectif général précédé de Tarticle, comme la tota
litĂ©, VinfinitĂ©, etc., prend ordinairement le nombre de ce nom, parce qĂŒil exprime une
idĂ©e totale, indĂ©pendante des termes qui le suivent; enfin, parce quâil exprime TidĂ©e prinÂŹ
cipale sur laquelle sâarrĂȘte Tesprit : LTnfinitĂ© des perfections de Dieu m'accable.
Nous disons quën pareil cas le verbe se met ord^naiVemen^ au singulier ; car ßes écrivains
ont quelquefois fait indifféremment usage du singulier ou du pluriel, ainsi que le prouvent
les exemples ci-aprĂšs :
singulier.
La MOITIĂ dĂšs passagers affaiblis, expirants de
ces angoisses inconcevables, nâavait pas mĂȘme la
force de sĂŒnquiĂ©ter du danger. (Voltaire )
LâimmensitĂ© des eaux qui environnent ce globe",
a quelque cbose dâincomprĂ©hensible.
' (Cité par C am'inadb .)
PLURIEL.
La moitié de nos concitoyens épars dans le reste
de lâEurope et du* monde, vivent et meurent loin
de la patrie. (J.-J. Rousseau.)
Vinfinité des perfections de Dieu sont Inex
primables. (Cité par Caminade.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Le nombre des professeurs sâaccroĂźt de jour en jour. '
Le commun ries bommes est ai enclin au dcréglcaieiit.
La foule des affaires lâaccable. _ -
Le nombre des gens fa profession du cclil-.it c,:t prodigieux.
LâarmĂ©e des rebelles fut mise en dĂ©route.
La majorité des membres s'y est opposée.
La généralité des auteurs pense ainsi.
La moitié des arbres sont morts.
N" ccccxcm.
NOMBRE BU VERBE APRĂS la plupart, ETC., ET LES ADVERBES DE QUANTITĂ SUIVIS
dâun substantif pluriel.
Far tous pays, la plupart des fruits destinĂ©s Ă
la nourriture de Thomme, flattent sa vue et son
odorat. (Bern. de St-Pierre.)
La plus grande partie des votageĂŒrs sâaccorÂŹ
dant Ă dire que les habitants naturels de Java sont
robustes, bien faits, nerveux. (BĂŒffon.)
Avouons la vĂ©ritĂ© : peu dâHOMMES , dans les conÂŹ
seils des rois, sâoccupent dĂŒ bonheur des hommes.
(Bern. de St-Pierre.)
Beaucoup de maladies de nos villes sortent des
voiries qui sont placées dans le voisinage, et des ci
metiÚres situés autour de nos églises et jusque dans
le sanctuaire.' (fd.)
Bien des gens ne peuvent rendre compte de leurs
voyages que par les bornes' des grands chemins, ou
.par le nom des..auberges, des villages et des villes
qui se rencontrent sur leur route.
â {Id.)
ĂŒne infinitĂ© de familles entre les deux tropiÂŹ
ques, ne vivent que de bananes. [ĂŻd.)
Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre.
(Racine.)
Pour la santé, trop de précautions, trop de
SOINS, trop dâATTENTION, nuisent quelquefois Ă Ja
vie. (Lebrun.)
Tant de coups imprĂ©vus mâaccablent Ă la fois I
(Racine.)
Combien de gens sâimaginent avoir de TexpĂ©-
rience par cela seul quâils ont vieilli !
(Stanislas.)
Assez de gens méprisent le bien, mais peu savent
le donner, (La Rochefoucauld.)
Dieu sait que de livres, de discours et dâĂLOGES
ont été faits sur les vertus des plantes. Cependant
une multitude de malades meurent lâestomac plein
de ces merveilleux simples.
(Bern. de Sx-Pierre.)
Une infinitĂ© dânoMMES sont dans des Ă©tats quâils
ont raison de ne pas aimer. (Fontenelle.)
73
( 578 )
Lorsque les collectifs partitifs, tels que la plupart, une infinité, un nombre, une sorte,
une nuée, une foule f etc., elles adverbes qui expriment la quantité, comme peu, beaucoup,
assez, moins, plus, trop, tant, combien et que rais pour combien, sont suivis dâun nom
pluriel, le verbe revĂȘt toujours le nombre de ce nom, qui exprime TidĂ©e principale, celle
qui fixe le plus Tattention.
Lo verbe se mettrait également au pluriel, si Tadverbe de quantité était suivi de plu
sieurs noms singuliers, ou sâil Ă©tait lui-mĂȘme rĂ©pĂ©tĂ©. Exemples ;
-Trop de longueur et trop de hriÚveté obscurcis
sent an discours. ' â . (Pascal.)
BbaĂŒcoup de modestie et BEArcoĂŒP-de bontĂ©,
gijt des.chqrmes plu» grands que nën a la beauté.
" (Boursault.)
Tant de &ar6ariĂ« et tant dâacharnement mĂ«nt
surpris au dépourvu. (J.-J. Rousseau.)
Trop de jeunesse et trop de vieillesse empĂȘchent
Tesprit,, trop et trop peu de nourriture troublent
scs actions, trop et trop peu dâinstruction VabĂ©tii-
sent. â ^ (Pascal.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
'Le ĂC9 Ă©colĂ«rs sont indociles.
Xa plupart des hommes nĂŻeurent sans le savoir.
Peu'dâmpinnies Toient ta moet sans edroi.
Une Ăźoliniii dâĂ©toiles sont invisiLles.
Beaucoup dâirlandais ont conservĂ© leur religion.
Que dâen^anis meurent en naissant Ăź
Combien de gens sâimaginent avoir du talent !
l'ant de maux lâaccablent.
ooOO(
W CCCCXCIY.
jNOjĂżBRE pu VERBE APRĂS la plupart, beaucoup, peu, etc.y non suivis p'ĂŒn
SUBSTANTIF.
La plupart, emportés d'une fougue insensée,
Toujours loin du droit sens vont chercher leur pen-
(Boileau.) [sée.
Combien votënf encore avec une tendre émotion
les berceaux dĂ«sier et les poĂȘlons rustiques qui ont
servi Ă leurs premiĂšres couches et Ă leurs premiĂšres
tables, et ne peuvent voir sans aversion un Turser
lin ou un DespautĂšre Ăź (Bern. de St-Pierre.)
fPeu dâhommes ont autant gĂ©mi que moi, peu ont
autant versé de pleurs dans leur vie.
(J.-j. Rousseau.)
Les dieux dans leur séjour reçurent ces grands hora-
[mes ;
XetpssTE, confondus dans la foule oifnous sommés,
âJojiissatĂ«nt des travaux de leurs sages aĂŻeux.
(J.-B. Rousseau.)
Assez de gens méprisent-le bien, mais peu savent
le donner. (La.Rocuefoucauld.)
Combien saignent du nez, dans le moindre besoin,
Quitous les jours vous font cent promesses nouvelles I
(Lenoble.)
*
Rien nëst plus incertain que la durée de la vie de
chaque homme en particulier, trés-PEU parviennent
Ă ce plus long terme. (J.-J. Rousseau.)
Un petit nombre sâĂ©chappĂšrent et se sauvĂšrent
dans les marais. ' (Id.)
Quand chacun connaĂźtrait son talent et voudrait
le suivre, combien le pourraient? Combien surmonÂŹ
teraient dâinjustes obstacies? Combien vaincraient
dâindignes concurrents? (J.-J. Rousseau.)
Personne nâoublie ses plaisirs; mais peu se souÂŹ
viennent de leurs devoirs. (Oxenstiern.)
Tous souhaitent la prospérité ; peu savent en
jouir.
Le bonheur!... tout le monde eĂŒ parle, le
connaissent. â (Mâ>Âź Roland.)
Les horĂ mes semblent ĂȘtre nĂ©s pour lâinfortune,
la douleur el la pauvreté ;peu en échappent.
(La Bruyërb.)
Bien peu sont honorés d'un don si précieux.
(Racine.)
Le petit nombre nâenvisageaient que leur propre
intĂ©rĂȘt. (Rollin.)
» *
Lorsque les mots peu, beaucoup, la plupart, etc., sont relatifs Ă un substantif pluriel
sous-entendu, le verbe se met Ă©galement au pluriel : La plupart pensent; câest pour la
plupart [des hommes) pensent. Lâaccord a lieu avec le mot hommes ellipsĂ©.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
La plupart sont sojets 4 lâerrear.
Peu. aiment lâĂ©tude.
Beancoup'sont hors dâĂ©tat de swvir.
Nombre se sont précipités.'
Fen se^ sont expos^
Combien conrent & lenr raine.
TrÚs-peo réussissent.
Un petit nombre prirent la rnite,
Quautité ae sont enfois.
Bisaucoup sont malades.
{ W9 )
N" CCCCXCXV.
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS la plupart, une infinitĂ© y etc., suivis d'un nom
SINGULIER.
La plupart du monde ne se soticfe pas de Tinlen-
tlon ni de la diligence des auteurs. (Racine.)
... La moiftV du monde a toujours mangé Tautre.
Ainsi Dieu le voulut, et cëst pour noire bien.
(Voltaire.)
Une irt^nĂŻt^ de monde pensaque la vie des courÂŹ
tisans est une comĂ©die perpĂ©liiclle, quâils sont touÂŹ
jours sur le théùtre, et ne quittent jamais le masque.
(La Rocuefoucaulo.)
Un nombre infini de monde assistait Ă ce specÂŹ
tacle. (Académie.)
Quand le collectif partitif est suivi d'un nom singulier, comme dans les exemples qui
précÚdent, le verbe se met au singulier.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
Une infinité de monde accourut...
La moitié du monde assure...
La plupart du monde sâimagine...
La plus graude partie du monde snp|>ee«.
N" CCCGXC^l.ĂŒw»»*^
NOMBRE DU VERBE APRĂS force gens y nombre dTAommes, etH-
Force gens font du bruit en France,
Par qui cet apologue est rendu familier.
(LĂ Fontaine.)
QuantitĂ© dâĂŻ,TALiENS, dâEspACNOLS, (TAlle-
MANDS, dâAnglais, se #onf Ă©tablis chez nous et sây
établissent encore tous les jours.
(Bern. de St-Pierre.)
AprÚs quelques noms employés sans déterminatif, tels que force gens, nombre éThomme$,
quantité d'étrangers, etc., le verbe se met toujours au pluriel.
Force brillants sur sa robe fcfatatent.
' (La rONTAINB.)
Force gens ont été Tinstrument de leur mai. (M.)
Quantité de gens redoutent le jugement puDilc,
mais trĂšs-peu. se soucient des reproches Ăąe leur con
science. (Pensée de Sénëque.)
Force gens pensent.,.
QuantitĂ© de gens sâcflTraient.
EXĂRCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
f. â
Nombre infini de gens sont...
Nombre dĂ© gens se conduisent. â
-^0 CCCCXCVII.
0
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS LES NOMS COLLECTIFS PARTITIFS.
AVEC le singulier.
Une multitude de pawures barnabotes nâappro-
cAa jamais dâaucune magistrature.
(J.-J. Rousseau.) -
Ce peuple de vainqueurs, armés de son tonnerre,
A-t-il le droit affreux de dépeupler la terre ?
(Voltaire.)
Le PEU de rimes de notre langue, fait que pour
rimer Ă bommes, ou fait venir, comme on peut, le
siĂšcle oĂč nous sommes. (Voltaire.)
AVEC LE PLĂĂIĂL.
Une multitude de passions divisent les bommes
oisifs dans les villes. (Bern. de St-Pierrb.)
Ăn peuple de beautĂ©s, un peuple de vainqueurs ,
Foulant dâun pied lĂ©ger les gazons et les fleurs,
Entrelacent leurs pas dans les riants dédales.
(Tuomas.)
»
Le peu de jours que les dieux me destinent enÂŹ
core à passer sur la terre, seront environnés de
gloire et 4'honneurs. (VertoĂŻ.''' ^
Ciel I quel pompeux amas 6/esclaves Ăą genoux,
Est aux pieds de ce roi qui les fait tomber tous.
(Voltaire.)
Une FOULE Fécrimins Fest égarée dans un style
recherché, violent, inintelligible, ou dans la négli
gence totale de la grammaire. [Id.)
Un grand nombre dâhommes peut ĂȘtre nuisible Ă
TElat. - (Marmontel.)
Celte espÚce de paons paraßt avoir éprouvé les
mĂȘmes effets par ĂŻa mĂȘme cause. (BĂŒffon.)
Une Partie de ses amis ne peut apprendre sa
mort que Tautre nën soit déjà consolée.
(Chateaubriand.)
Ăn grand nombre dâhommes, lorsque leur raison
est libre, ne domie jamais son assentiment complet
Ă toutes les opinions dâun seul.
^ (MâąÂź DE Stael.).
Une troupe de pauvres montagnards dont toute
Tavidité se bornait à quelques peaux de moulons,
aprÚs avoir dompté la fierté autrichienne, écrasa
cette opulente et redoutable maison de Bourgogne,
qui faisait trembler les potentats de TEurope.
(J.-J. Rousseau.)
Le reste de# musulmans vit dans une sécurité
firofonde, sans craindre ni pour leurs vies ni pour
eurs fortunes, ni pour leur liberté. ,
(Voltaire.)
Une TROUPE dâassassin# entra dans la chambre
déColigny. ^ (/d.)
Une NUĂE de iraiis obscurcit Tair.
(Fénelon.)
Ciel! quel nombreux ESSAIM dâinnocentes beautĂ©s
Sâoffre Ă mes yeux en foule, et sort de tous cĂŽtĂ©s ?
' (Racine.)
V
Ceux qui aiment la dépense et le luxe forment uue
SORTE dâavares qui est infiniment nombreuse.
(Nicole.)
( S80 )
Ce long amas dâAiEUx que vous diffamez tous ,
5on£ autant de témoins qui parlent contre vous.
(Boileau.)
Vne foule de citoyens ruinés remplissaient \es
rues de Stockholm, et venaient tous les jours Ă la
porte du palais pousser des cris inutiles.
(Voltaire.)
Un nombre infini dâoiSEAUX faisaient rĂ©sonner
ces bocages de leurs doux chants. â (FĂ©nelon.)
- Cette espĂšce de chiens quâon appelle chiens do
Laconie, ne vivent que dix ans. (Boileau.)
Ăn homme alla pendant la nuit annoncer de sa
part aux chefs de la flotte ennemie quâune partie
des Grecs, le gĂ©nĂ©ral des AthĂ©niens Ă leur tĂȘte,
étaient disposés à se déclarer pour le roi.
Un nombre infini de maitbes de langues, dâarts
et de sciences, enseignent ce quâils ne savent pas.
(Montesquieu.) ,
Ăne troupe de soldats âqui regardaient Siccius
comme leur pĂšre, Ă©tant allĂ©s dĂ«ux-mĂȘmes sur le lieu
du combat, pour enlever son corps et lui rendre les
derniers devoirs, s'aperçurent que ceux qui avaient
été tués dans cette occasion étaient tous Romains.
(Vertot.)
En parlant des soldats : ils sont bien fous, dit-on;
et les autres, au contraire : il nây a rien de grand
que la guerre; le reste des hommes sont des coquins.
(Pascal.)
Ăne troupe de nymphes couronnĂ©es de fleurs naÂŹ
geaient en fouie derriÚre le char. (Fénelon.)
Ăne nuĂ©e de barbares dĂ©solĂšrent le pays.
(Académie.)
Ăne vingtaine de petites filles , conduites pas
une maniĂšre de religieuse, vinrent les unes sâasÂŹ
seoir, les autres folĂątrer auprĂšs de nous.
(J.-J, Rousseau.)
Toutes sortes de livres ne sont pas également
bons, (Académie.)
Lorsqu'un nom collectif figure daris une proposition en sujet grammatical, le verbe
s'accorde avec ce sujet, s'il occupe le premier rang dans la pensée de Técrivain, si Tat
tention se porte particuliĂšrement sur ce mot (1â colonne).
Le verbe s'accorde, au contraire, avec le substantif pluriel qui suit le collectif, si ce colÂŹ
lectif ne joue qu'un rÎle secondaire, s'il nëst employé que pour ajouter une idée accessoire
de nombre, dâagglomĂ©ration (2* colonne).
Rien de plus commun dans notre littérature, dit M. Marrast, que ces divers rapports
attribués tantÎt à un premier substantif, tantÎt à un second. Cëst ainsi que se peignent
les nuances de la pensĂ©e. Pour bien sâen rendre compte, il faut se mettre Ă la place rie
celui qui Ă©crit. Câest par la variĂ©tĂ© des accords que se manifestent les vues de son esprit.
Néanmoins, quand rien no force Técrivain à faire rapporter le verbe au premier des
substantifs, le second doit dĂ©terminer Taccord, puisquâil dĂ©signe les ĂȘtres sur lesquels
retombe Taffirmation. DâaprĂšs cette considĂ©ration, peut-ĂȘtre le pluriel eĂ»t-il Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable
dans les exemples qui suivent :
Une/bufe dâINTĂRĂTS, de prĂ©ventions, de pré
jugés corrompt toujours le jugement des compa
triotes. (Condorcet.)
Ces STATUES, dont le plus grand nombre était
brisé. (Thomas.)
( 581 )
En effet, malgrĂ© lâinversion, Ă©taient brisĂ©es conviendrait mieux, parce qnâun nombre
brisé ne présente pas une idée claire.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Unëimultitude de paysans fat...
Une foule de jeunes gens sc perd* ..
Un graud nombre d'Ă©coĂŒers a clĂ©...
Une partie de ses biens fut confisquée. -
Une tronpe de singes vint nous assaillir.
Une multitude de paysans furent...
Une foule de jeunes gens se perdent...
Un grand nombre dâĂ©coliers ont Ă©tĂ©...
Une partie dc ses biens furent confisqués.
Une tronpe de singes vinrent nous assaillir.
NOMBRE DU VERBE APRĂS qui.
K CCCCXCVIII.
I. â QdĂź prĂ©cĂ©dĂ© d'un seul nom.
singulier.
(
Un Jeune homme gui aime Ă se parer comme une
femme, est indigne de la sagesse et de !a gloire.
(Fénelon.)
Les homines alimentés de carnage et abreuvés dé
liqueurs fortes, ont tous un sang aigri et aduste
qui les rend fous en cent maniÚres différentes.
(Voltaire.)
L'économie est la chose qui a le plus contribué
Ă ma fortune. {Id.)
PLURIEL..
Heureux ceux qui aiment à lire ! (Fénelon.)
Les peuples nâaiment guĂšre dans les souverains
que les VERTUS qui rendent leur rĂšgne heureux.
(Massillon.)
La vertu souffrante attendrit tous les coeurs qui
ont quelque goût pour la vertu. (Fénelon.)
II. â Qui prĂ©cĂ©dĂ© de plusieurs noms.
' SINGULIER.
Ces beautés immortelles montrent une innocence,
une modestie, uue simplicité qui charme.
(Fénelon.)
Lâhistoire va apprendre par quel 'moyen les rois
de la troisiÚme race ont donné à la monarchie une
consistance, un éclat, une force gut aurait dû
la rendre indestructible. (Anquetil.)
PLURIEL.
Câcst votre orgueil et votre emportement qui
voĂŒs trompaient. (FĂ©nelon.)
Jâai une femme et une fille gui gĂ©missent de
mon absence. ' ' (Marmontel.)
11 avait une hauteur et une majesté gut n'a-
vaient jamais paru si grandes en lui que quand 11
domptait les monstres. (Fénelon.)
III. â Qui prĂ©cĂ©dĂ© dâun nom oolleotir
SINGULIER.
Perceral-je cet essaim d'hommes de tout Ăąge, de
tout rang, qui roule dans ce vaste salon I
(Lemontey.)
Partout encore le petit nombre de citoyens gui
gouverne, cherche Ă se maintenir contre le grand
nombre des citoyens qui obéit.
(Barthélémy.)
PLURIEL.
En quelque endroit que jâaille, il faut fendre la
[presse
BâĂčn peuple d'iMPORTUNS qui fourmillent sans
(Boileau.) [cesse.
On voit dans les cercles un petit nombre dâHOMHBS
et de FEMMES gui pensent pour tous les autres, et
par qui tous les autres parlent et agissent.
(J.-J. Rousseau.)
. Tout ce que nous avons dit jusquâici sur lâemploi du nombre sâapplique, comme r
voit, Ă tous les cas oĂč le verbe a pour sujet Tadjectif conjonctif qui.
. EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Lâoiseau qui vole.
Lâagneau qui bĂ©le.
Le chien qui aboie.
Le loup qui hurle,
colombe
La
qai roucoule.
Iras oiseaux qui volent.
Les agneaux qui bĂȘlent.
Les chiens qui aboieut.
Les loups qui hurlent.
Les cotomtjes qui Toncoolent.
. LâintempĂ©rance et lâoisivelĂ© (jtiĂź nous perdent.
.Sa douceur, son amabilité qui me charme.
Cëst sou pÚre ou sa mÚre qui viendra.
Câest cĂš pea de mots ^ui fit impression.
Le peu de tronpe» qui loi rssUieot...
',( 582 )
CCCCXCIX.
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS qui PRĂCĂDĂ DâĂŒN NOM SDIVI DE deS
SINGULIER.
ThalÚs est4e premier des Grecs qui ait enseigné
que les ùmes étaient immortelles. (Fénelon.)
ThalÚs a été le premier de tous les Grecs qui së
toit appliqué à la physique Út a rastrononuë.
: > Ud.)
Le pĂšre de famille est en droit deâ punir cuacun
de ses enfants ou pelits-cnfauts qui fait une mauÂŹ
vaise action. (Fénelon.)
Saint François dâAssise, monsieur, serait bien
étonné de voir un de ses enfants qui fait de si
bons vers français. (Voltaire.)
pluriel.
LâĂgypte se venge, par la peste qui sort de ses
canaux, dc l'oppression (h;s turcs qui empĂȘchent
les habitants de les entretenir.
(Bern. de St-Pierre.)
Le cerf Úst «ri de ces animaux innocents, doux el
iranqfiiltes, qĂčt ne semblent ĂȘtre faits que pour
embellir, animer la solitude des forĂȘts. (Buffon.)
Aiuiroinaquc est uns des piĂšces les plus parfaitee
gui existent chez aucun peuple. (Benj; Const.)
^ i
Une des cnosES qui me charment dans le caracÂŹ
tĂšre de .lĂ©sus nâest pas seuiemĂšiii la douceur des
iniL'urs, la simplicité, mais la facilité, la grùce, et
niĂȘriui rĂ«lĂ©gance. (J.-J. Rousseau.)
Dans la premiĂšre colonne les verbes sont au singulier, parce que le qiti se rapporte,
non aux substantifs pluriels Grecs el enfants, mais aux mots pi'eĂźhier et chacun. Dans la
colonne opposée, les verbes, au contraire, sont au pluriei, par la raison que le qui est on
rapport direct avec.le mol pluriel dont il est précédé; et non au substantif singulier énoncé
auparavant. 11 est donc trĂšs-important de bien savoir si le gwĆžest en relation avec le noin
qui précÚde la particule des , ou avec celui qui la suit.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
* .9
Chacun des écoliers qui ment.
Cbscune des demoiselles qui parlera.
Câest r*lçé de mes enfant» qm*a... â
Câest le premier des Français qui se soit
La tyrannie des rois qui ne veulent pas.
Le joug des tyrans qui empĂȘchent...
LĂ© caractĂšre des enfants qui sout.
La liberté des peuples qui doivent...
NOMBRE DĂŒ VERBE APRĂS Un de ceux qui, un des premiers qui, etc.
AVEC LE SINGULIER.
Euripide et Archßppus avaient traité ce sujet do
Iragi-cbmédie clicz les Grecs : Cëst une des piÚces
de PiĂąutĂš qui a eu le pliis de succĂšs. ^
(Voltaire.)
Vous savez quâuN de ces malheureux juges
gui avait tout embrouillé dans raffairc d'Abbeville,
vient (lâĂȘtre llĂȘtri par la cour des aides de Paris
comme 11 le méritait. (VoLTAiRE.)
On peut consulter la brochure de M. dc B. sur le
divorce; cëst un des meilleurs ouvrages qui
ait paru depuis long-temps.
(Chateaubriand.) '
A montons fut lâun dĂšs physiciens qui ait le
mieux coniiu Tail Ăźle* mĂšltrc lĂ uature en action par
lĂ«xpĂ©rieuce. â (Hauy.)
AVEC LE PLURIEL.
Le passage du Rhin est une des plus merveilÂŹ
leuses ACTIONS qui aïent jamais été faites dans ia
guerre. . (Boileau.)
NĂ© serons-nous pas encore plus ardents et plus
favopsés des dieux quand nous combattrons pour
UN*DES HEROS GRECS qui ont rciivcrsé la viilc,dé
Friarn? (Fenelon-)
LĂ«mpereĂčr Antonin est un des sikiLLĂutts
princes qui aient rĂȘguĂ©. (Rollin.)
Lâouvrage de St-Lambcrt sera toujours, parla
bëaiité du langage et la pureté du goût, un de
CEUX gûi, depuis la Uenriade, ont >fait le plus
dâhonneur Ăą notre langue. (La Harpe.)
Je mâĂ©tols retirĂ© depuis plusieurs annĂ©es dans un
DES FAUBOURGS de Parßs qui était le moins fré
quenté. (Berß(. Dà St-Pieuué.
Câcst UNE des PRITfCIPALES RAISONS (jĂŒi a fait
rĂ©volter contre TĂglise une grande partie de lâKu-
ropé. (Pascal.)
Voici, messieurs, une des Actions de sa vie qtii
est si belle et si extraordinaire que je ne puis me
résoudre à la passer sous silence.
(Fléchier.)
La poésie française manque de fixité. Est-ce une
des PKiNciPALES raisons qui empĂȘche de faire des
vers français sans rime?
(Le comte de St-Leu, Louis Napoléon.)
Un des puejiïbrs qui se présenta à mes. adora
tions fut un descendant de ThalÚs, nommé Tellia-
mĂšdc, qui mâapprit queles montagnes et les hommes
sont produits pur les eaui de la mer.'
(Voltaire.)
Lâastronomie e§t une des sciences, gui fait le
Ă iâesnrit humain. (AcadĂ©mie.)
{ 583 )
Un des plus ufetwc lions qui sortent du sominet
de lâAtlas, retournant, au point du jour, dans la caÂŹ
verne, s'Úst élancé sur moi.
(Bern. de St-PikrrL)
M. de Turenne Ăą eu tout ce qĂŒil fallait pour
faire un des plus grands capitaines qui furent jaÂŹ
mais. (Fléchier.)
lërdon ,* monsieur le maréchal, je suis dans tN
de ces moments qui doivent tout excuser.
(J.-J. Rousseau.)
plus dâhonneur Ă lâesiirit
Un jour je vis entrer chez moi un jeune homme
DE MES AMIS qui SB destine aux lettres.
(Bern. de St-PĂŻerrĂȘ.)
CĂ«st UNE DES CHOSES qui tnâoriHeplĂ»s dĂ«courĂȘgĂ©
durant ma courte carriÚre littéraire, de sentir que,
mĂȘme me supposant tous les talents dont jâavais beÂŹ
soin , jâattaquerais sans fruit des erreurs funestes.
HomÚre est un des plus grands, génies qui aient
existé jamais-; Virgile est un déé plus accomplis.
(Trublbt.)
Le Tasse eut ppĂčf pĂšrĂ© un hĂ©s Ă©crivains qui
contribuĂšrent le plus efficacement Ă mettre en honÂŹ
neur la poésie italienne. (Suard.)
Je suis peut-ĂȘtre un- de ceux qui cultivent let
lettres en France avec moins de succĂšs.
(Voltaire.)
« Croira-t-on, dit Lemare, quÚ le qui des phrases précédentes ait embrouillé le
monde grammatical, jusquâau point de hâen pas savoir faire le rapport Ă son substantif
absolu?» *
Et Lemare, qui sait bien faire ce rapport, de sâĂ©n prendre Ă Restant, Ă Wailly, Ă
dâAlembert et Ă tous les Ă©crivains prĂ©sents, passĂ©s et futurs.
A quoi bon tant de fracas? NâĂ©tait-il pas plus simple de dire :
«Quelques grammairiens, Thomas Corneille, dâAlembert, lâAcadĂ©mie et tous nos Ă©criÂŹ
vains, prĂ©tendent qĂŒdri pĂ©rit dire : L astronomie est une des sciences qui FAIT ou qui
FONT le plus dâhonneur Ă Vesprit humain ; et moi, qui me crois plus que Thomas Corneille,
que dâAlembert, que lâAcadĂ©mie et que toĂŒsles Ă©crivains erisemble, je ne veux pas que Ton
dise autrement que : L'astronomie est une des sciences qui FONT le plus dâhonneur Ă
l'humà nité.yi
Si Lemare sĂ«n .est pris, bien Ă tort, au pauvre monde grammatical, Boniface riâĂ
pas été non plus trÚs-consciencieux, el nous en sommes vraiment fùchés, car cëst là le prin
cipal mérite de cet infatigùblë grammairien. «Rollin, dit-il, a écrit au pluriel : L'empereur
Antonin est un des meilleurs princes qui aient rĂ©gnĂ©, et, en gĂ©nĂ©ral, câest ainsi que se sont
exprimés tous nos bons écrivains. » Boniface aurait dû ajouter, coinmo Lemare : « Ce
pendant il ne faudra pas. sâĂ©tonner si lâon rencontrĂ© quelques exemples dĂš cette faute
dans les auteurs; elle a pu leur échapper dans la chaleur de la composition. » _
Quoi quâen dise Lemare, dâAlembert a trĂšs-bien prouvĂ© que rien ne sâoppose Ă lĂ«m-
pldi du singulier dans les phrases semblables Ă celles que nous avons citĂ©es. 11 y troĂŒve
mĂŽme une nuance dĂ©licate. «En disant : C'est un des hommes QVi A fait le plus de bien Ă
sa patrie, on fait entendre ce qĂŒon nâose pas Ă©noncer, que cĂ«st lâhomme qui a fait le plus
de bien à sa patrie. »
Lâaccord est alors sylleptique et non grammatical. Câest, en quĂšlque sorte, comme si
lâexpression des hommes, que Vauteur nâajoute^que par euphĂ©misme, par dĂ©licĂ tĂšsse, Ă©tait
renfermée dans une parenthÚse ; car son intention est de dire simplement : C'est un homme
qui a fait le plus de bien Ă sa patrie. .
- ( 5S4 )
f.emare se trompe encore en avançant que cette phrase de d'Alembert et celles que
nous avons rapportées dans la premiÚre colonne offrent un assemblage de mots et d'i
dĂ©es qui se repoussent. Cette erreur vient sans doute de Timpuissance oĂč il s'est trouvĂ©
de les analyser; car, ramenĂ©es Ă leur construction pleine, ces phrases nâont rien que de
trÚs-naturel. En effet, c est un des hommes quia fait le plus de bien à sa patrie, est un abrégé
de : cest un (homme pris dans la classe) des hommes qui a fait le plus de bien Ă sa
patrie.
DâaprĂšs cela, et en se reportant Ă nos citations, chacun de nos lecteurs peut donc dire Ă
son gré un des hommes qui a ou un des hommes qui ont, et ajouter :
' Moi, des grammaires je me moque,
Quand les faits sont parlants (1).
Il n'y a dâexception, selon nous, qu'avec un de ceux, qui demande toujours le pluriel :
un de ceux qui ont.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
CV.«t une des pins b«lles actions qui ait...
CVst un de» plus grands malheurs qui ait.
C'est un des ineĂźlleara princes qui sit...
Câest un des philosophes qui a...
CVst une des plus belles action» qui aient...
Cëst un des plus grands malheurs qni aient
Câest ua des meilleurs princes qui aient. ..
Câest un des philosophes qui ont...
NOMBRE DU VERBE elre PRĂCĂDĂ DE
ĂŻ.â â Hors de T interrogation.
Câest.
Jamais lâambition ne voit ses vĆux remplis,
Câest le TONNEAU des Danaldes. (Lebrun.)
CâĂ©tait un homme qui faisait
Beaucoup de chemin en peu dâheures.
(La Fontaine.)
Ce fut ici le commencement des miracles dc
Jésus; il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent
en lui. - (Bossuet.)
Le bien pour lâavare est un mal, ' -
Et tĂŽt ou tard enfin, câest le bien qui le tue.
(Lenoble.)
Ce fut bien lĂ le comble. 0 science fatale !
Science que Darnon eĂ»t bien fait dâĂ©viterĂź
(La Fontaine.)
CâĂ©tait lĂ le seul aliment
Quëlle prit cn cc moment (/d.)
LĂ«mour-propre nous perd; câest un Ă©cueil flatteur
Qui porte à la raison de fùcheux préjudices,
(Le Brun.)
Ce sont les moeurs qui font la bonne compagnie.
(La Chaussée.)
CâĂ©taient les rĂ©compenses terrestres que cherÂŹ
chait le peuple de Dieu dans lâobservation de sa loi.
(De la LĂŒzerxNE.)
Ce /"«ren/lesPréniciens qui, les premiers, in
ventÚrent l'écriture. (Bossuet.)
Il semblait que ce fussent de nouveaux décem-
viRS prĂȘts a rĂ©tablir leur tyrannie.
(Vertot.)
Ce furent nos réfugiés français qui donnÚrent
une partie de notre industrie et de notre puissance
Ă la Prusse et Ă la Hollande.
^(Bern. de St-Pierrb.)
Les ariettes de Lulli furent trÚs-faibles ; c étaient
des baucaroi.es de Venise. (Voltaire.)
Ce sont nos cartes qui, .comme la plupart de»
instruments de'nos sciences, nous induisent en erÂŹ
reur. (Bern. de St-Pierrk.)
II.,â Dans les interrogations*
Est-ce ?
Q\iâest-ce quâune voix ? un souffle qui se perd en
Vair. ' (Bossuet.)
Sont-ce ?
Dâun courage naissant sont-ec lĂ les essais?
(Racine.)
(1) François de Neufchùteau.
( 585 )
Le DESSEIN de, Tarchitecte du temple dâĂphĂšse Das les mĂȘmes hommes?
nV£a»t-ce pas de faire revivre son nom? (Fonten.)
Serait-ee point quelque espĂšce de sort ?
(La Fontaine.)
(Chateaubriand.)
De mon aveugle amour seratënt-ce là les fruits?
(Racine.)
Le verbe ĂȘtre, prĂ©cĂ©dĂ© de ce, se met au singulier ou au pluriĂ©l, selon quâil est suivi dâun
nom singulier ou-pluriel : c'est un homme, ce sont des hommes (1).
Dans ce dernier cas, lâaccord du verbe est sylleptique ; il se fait, non avec le sujet ^am-
matical ce, qui est du singulier, mais avec Tattribut pluriel de la proposition.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE,
Câest une flevr.
Câest un bel oisean.
Câest une jolie femme.
C'est un écolier studienic.
Câest une demoiselle instruite.
Ce sont de.i ĂŒeurs.
Ce sont de beaux otseanx.
Ce sont de jolies femmes.
Ce sont des écoliers studieux.
Ce sont des demoiselles instraitw.
Nâ DU.
Câest ET ce sont, etc., suivis dâun nom pluriex.
I. â Sans interrogation.
Câest, câĂ©tait.
LĂ«ccaslon prochaine de la pauvretĂ©, câest de
grandes richesses. (La BruyĂšre.)
Ce ne fut que plaintes et que larmes. â Ce
nâĂ©tait plus que jeux et que festins.
' (Marmontel.)
Comme les seigneurs Ă©taient multipliĂ©s Ă lâinfini,
ce nâĂ©tait partout que violences et brigandages.
(Anquetil.)
Les meilleurs endroits pour élever les paonneaux,
FĂȘtait les petites Ăźles qui se trouvent en quantitĂ©
sur les cĂŽtes dâItalie. - (Buffon.)
Si lâon voulait ne point se tromper daris sa conÂŹ
duite, ce serait dâhabiles gens que Ton irait conÂŹ
sulter. (Th. Corneille.)
Ce nâĂ©tait pas, Ă la vĂ©ritĂ©, des morts resstiscitĂ©s,
mais les aveugles avaient vu, les boiteux avaient
marché, les malades avaient été guéris.
(Voltaire.)
CâĂ©tait tous les jours de nouvelles accusations.
(Id.)
Ce sont, câĂ©taient.
Lâhonneur parle, il suffit; ce sont lĂ nos oracles.
(Racine.)
Ce ne furent plus les soldats de la république,
mais de Sylla, de Marius, de Pompée j de César.
^(Montesquieu.)
Ce nâĂ©taient que bals, que festins.
' (Caminade.)^
CâĂ©taient les Marseillais qui avaient arrĂȘtĂ© de
lui fermer leurs portes. (Anquetil.
La pr'erhiĂšre nourriture des perdreaux, ce sont les
Ćufs de fourmis, les petits insectes quâils trouvent
sur la terre et les herbes. (Buffon.)
Ce seraient paroles exquises,
. SI câĂ©tait un grand qui parlĂąt. - (MoliĂšre.)
Nos,vrais biens sont ceux de la nature : câest le
ciel, câestla terre, ce sont ces campagnes, ces plaines,
ces forĂȘts dont elle nous offre la jouissance utile,
inépuisable. (Buffon.)
U. â Avec interrogation.
Est-ce ?
Est-ce ces moments que vous accordez Ă la reliÂŹ
gion sur le point d'un combat, qui flattent votre esÂŹ
pérance? (Massillon.) .
Est-ce les Anglais que vous aimez ?
(Académie.)
Est-ce les sons graves de Torgue que jâentends
tandis que des sons plus légers errent dans les voûtes
de verdure? (Chateaubriand.)
Sont~ce?
Sont-ce des religieux et des prĂȘtres qui parlent
de cette sorte ? Sont~ce des chrétiens ?
(Pascal.)
Sa haine ou son amour, sonf-ce les premiers droits
Qui font monter au trĂŽne ou descendre les rois ?
(Racine.)
Seraient-ce ses maßtres qui Tauraient façonné?
(Saint-Marc Girardin.)
(1) Cependant on dit par exception : c'est onze heures qui viennent de sonner; câĂ©tait quaireheure.
qui sonnaient.
âą â 74
( ).
Ce, devant le verBĂ© itlre, &ĂšmiĂźidĂš-t-ii toujdurs'qĂčĂš cĂ© verbe soit Ă u pluriel qĂŒand il Ă©^t
suivi dâun substantif de ce nombre Ăź , .
Les exemples que nous venons de citer dĂ©montrent suffisamment qĂčâĂŽn pĂšĂŒi aussi, dans
ce cas, faire usage du singulier, tant dans les phrases interrogatives que dans les phrases
non interrogatives.
^Cependant, nous le ferons obsĂ«iref, quoique les Ă©crivains dii siĂšcle de Louis XĂV Ă iĂšnf
employĂ© souvĂšrit indiffĂ©remment Tun bĂŒ Tautre nombre; le pluriĂšl paraĂźt gĂ©nĂ©ralĂšiiiĂ©n!
aujourdâhui en usagĂ©.
(( Ce quâil y a dc particulier, dit Boiste, câest qĂŒĂ Timparfait et au conditionnel, on mel
plutÎt c était, ce serai/, que c étaient, ce seraient, avec un pluriel ; ainsi on dit : si c'étaii
eux, ce serait d'habiles gens, etc. La raison en est bien simple, Tidée dé Taction est col
lective, gĂ©nĂ©ralisĂ©e ; le si c Ă©taient la particulariserait pour chacun dâĂšux.« Nous ignorons
jusquâĂ quel point cette observation est juste.
Une chose non moins digne de remarque, câest que dans les phrases interrogatives
on met est-ce, si le mot pluriel est suivi de que, Ăšt sont-'ce, sâil est suivi de qui. On peut
sâen convaincre par les exemples que nous avons citĂ©s. Dans la phrase de ChĂąteaubriand
8ont-ce les sons eût présenté une cacophonie insûpportablé. »»
III. â Cas partiottlĂźers.
Il nây aura que trop dâintĂ©rĂȘts qui diviseront les
hommes dans la mÎme société, ne fût-ce que ceux
de la fortune. (Bern. db Saint-Pibrrb.)
Ce sera nos descendants qui nous jugeront.
(Plancbe.)
Sera-ce vos frĂšbes que Ton choisira ? (Id,)
On dit ; N'Ă©pargnez personne, fut-ce vos meilleĂŒrs amis: Lâharmonie sâoppĂ©sĂš ii ĂŒe
s [ceci fûl-
reprend son
empire quand TorĂ©illo ĂŒest pas blessĂ©e. On fie croyait pas que ce fussent vos frĂšres qui
se seraient chargés de cette entreprise.
La mĂȘme chose a lieu pour sera-ce, qĂŒon substituĂ© Ăą serdnt-çe qui ne serait pas tolé
rable. Nous revoyons dâailleurs pour cĂ© sujet Ă lĂ page 415 (ij.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Ce seraient dâhabiles gens. CĂ© sera nos ami».
Cëtaßent (les imprudenU. Sera-ce vos amis ?
Co furent de» in»«ti»és. Fût-ce vos amis.
©
âN° T)TTT,
Câest ET ce sont, etc., dans les oppositions.
I.
Câest,
Ce n'est pas les .TROĆžĂNS, câest Hector qu'on pour-
(Bacine.) [suit.
Ce sont.
Et ce rie sont point les louanges.
Câest la vertu que tu chĂ©ris.
(J.-B. BousseXu.)
(1) Nous saisissons avec empressement cette occasion de rectifier une petite erreur que nous avons comÂŹ
mise à cet endroit au préjudice de Boniface. Nous y disons que cet estimable grammairien proscrit la
forme sont-ce. Câcst faux, Boniface, dans la troisiĂšme Ă©dition de sa grammaire, avait bien dit, il est
vrai, que sont-ce serait insupportable ; mais depuis ii sâest rĂ©tractĂ©, et cela parce que de nouveaux faits
sont venus lui apprendre quâil avait eu tort de condamner une forme qui est journellement employĂ©e par
DOS meilleurs Ă©crivains. AprĂšs une telle rĂ©tractation, qĂŒon vienne donc nier la puissance des faits?
Ce nâcit point tous ses droits, cĂ«st le procĂšs quĂ«lle
(BoilkaĂŒ.] [aime.
Dâailleurs ce nâest pas bux quâil faut punir, ce
sont les barbares sédentaires... qui ordonnent le
massacre dâun million dâhommes. (Voltaire.)
* Câest donc les dieux, et non pas la mer quâil faut
ßraindre. (Fénelon.)
khi cen'est pas des pleurs qĂŒâil sâagit de rĂ©pandre.
(CUĂNIER.)'
Ce nâest pas des conseils, câest des secours quâil
nous faiit. (Cité par la Gramm. univ.)
Ce fut moins des batailles que dés fuites con
certées. (Vertot.)
Ce nâesf plus lajsagesse djintĂ©rĂ©t public qĂŒi
prĂ©sident aui conseils, câest lâintĂ©rĂȘt des passipns.
(Massillon.)
Ce ne sonf pas les pierres qui font le tempie, c'est
la pensée. (A lletz . )
(587)
Ce ne sont point les mĂ©decins quâil joue, cĂ«st la
médecine. .(MoliÚre.)
Ce nesont pas des statues, ni des vases inutiles,
mais ĂŒne. vigne chargĂ©e de belles grappes ou des
buissons de roses. (Bern. de Saint-Pierre.)
Ce ne sont point des admirateurs que j>mbU
tienne, mais des amis indulgents. ,(fd.)
Ce ne sont pas tant les passions qui sont fortes,
que les hommes qui sont faibles. . .
(Sanial-DĂŒbay.)
, Ce sont moins leurs ennemis que les animaux
fuient, que la présence de Thomme. (Buffon.)
Ce ne sera ni /a force de vos armĂ©es, Ăi l'Ă«tĂ©hdĂčĂ«
de votrc empiré qui vous rendront cher à vos peu
plés, ce seront les vertus qui font les bons rois.
(MassillOiS.)
J Nous formons notre logique, et. souvent notre
morale,,des prenĂŻiĂšres notions que nous donne la nĂą
ture. CeJojtt elles, et non les raisonnements dé ja
métaphysique,- qui développent Tentendement hu
main. * (Bern. de Saint-Pierre.)
Suivant Boniface et quelques autres grammairiens, ĂŽn doit dire c'est et non ce sont,
quand Tesprit est dĂ©tournĂ© du substantif pluriel, poĂŒr Úë porter sĂčr iin autre substantif.-
Les citations que lious avons fĂčssĂ«rfibiĂ©es, et qiii orit Ă©tĂ© Ă dessein tirĂ©es non seulement
des poÚtes, mais à ussi des prosateurs; font assez sentir le peu dëxaçtitude de cette rÚgle
Nous lui substituerons celle-ci :
Toutes les fois qlie Tesprit est fra'ppĂ© avec force pĂčr iĂȘ ihdt pluriel qui suit Ăźe verbe,
le verbe sĂš met au plĂčriĂ©i ; si ce mot, ĂčĂč contraire, nâattire que faiblement i attention, s'il
n'occupe qĂŒun rang secondaire dans la phrase et ĂŽans la pensĂ©e, le verbe sĂš met lĂš plus
souvent au singulier.
Ce principe trouvera plĂŒĂ d'ĂŒnĂš fois son application.
il
CĂšst,
Ce nâest pas ma cabane, câest mes terres que jâai
voulu agrandir. (Berquin.)
N
Outre !a siiiritetĂ© et lâinnocence de JĂ©sus-Christ,
Ă y a un troisiĂšme point, câest ses miracles.
(Cité par la GuAMM. univ.)
Quel projet se prĂ©sente Ă mes yeux? ce nâest pas
seulement des hommes Ă combattre, câest un marais
Ă franchir, etc. (/d.)
Ce sont.
Ce ne fut pas une certaine invasion qui perdit
iâempire, ce furent toutes les invasions.
(Montesquieu.)
Uri homme inĂ©gal, ce nâest pas un seul homme,
c'esont PLUSIEURS. - (La BruyĂšre.)
Oh! là véritable féerie.
Ce sont Tesprit et les talents.
(Cité par Sicùrd.)
Dans les exemples de la premiÚre série, le premier c'est ou ce n'est est suivi d'un nom
pluriel; ici, au contraire, ces formes verbales ont pour attribut un nom singulier, ët le"
second c'est est suivi d'un nom du nombre pluriel. Dans ce dernier cas, on voit que les
écrivains mettent également lÚ verbe au singulier ou au pluriel.
Ils le mettent au singulier, si, comme dans la phrase de Berquin, le nom pluriel qĂŒi
vient aprĂšs est suivi de que.
Au PLURIEL, si le nom qui suit termine la phrase,* ainsi que dans iës exemples dë Mon -,
tesquieu et de La BruyĂšre/
i EXERCICE PHRĂSĂOLĂGIQĂŒE.
fc. 0 . . *
C« n*eit pa> le* flatterie», c'eit...
âŹâą nâeil p»» Je* richesses; câest. âąÂ«
C* n'est pas des pleurs, c'est. >.
Ăe ce sont pas des llalierleĂą , c'est..!
Ce oe Sont pas les richĂšsses , c'ea't!!.
Ce ne sont pas des pleurs, e'ert...
( 588 )
N" DIY.
Câest ou ce sont suivis de plusieurs substantifs.
Cest.
Lâaiimenl de lâftnie, câest la vĂ©ritĂ© el la justice.
(Fénelon.)
4 *
Câwf Torgceil et la mottESSE de certains homÂŹ
mes qui en mettent tant dâautres dans une affreuse
pauvretĂ©. â(FĂ©nelon.)
Cest la PLUIE et la chaleur qui fécondent la.
terre. (Descartes.)
pans cent ans le monde subsistera encore, ce sera
le mĂȘme théùtre et les mĂȘmes dĂ©corations.
(Voltaire.)
Ahl ce sont des tourterelles démon paÿs;Ve5t
le MALE ct la FEMELLE. *
(Bern. de Saint-Pierre.)
Vos lettres doivent passer par Lyon pour venir
ici ; ainsi câest les mercredi et samedi de bon maÂŹ
tin quĂ«lles doivent ĂȘtre mises Ă la poste.
(J.-J. Rousseau.)
Ce qui se trouvait naturellement dans lâĂąme de
Descartes, c'était la douceur et la bonté.
(Thomas.)
Ce nâĂ©tait toujours que plaines, vallĂ©es et
montagnes se succédant les unes aux autres.
(Bibl. des Voyages.)
On allait au temple* pour demander les faveurs
des dieux; ce n'était pas les richesses ct une heu
reuse abondance. (Montesquieu.)
Aujourdâhui on accuse Marat, Danton, RobesÂŹ
pierre; demain ce sera Santerre, Chabot, Meii-
LIN, etc. (Thiers.)
Ce n'Ă©tait plus cesjĂ«wa;, ces festins et ces fĂȘtes
OĂč de myrtc ct de rose ils couronnaient leurs tĂȘtes.
(Voltaire.)
Ătait-ce des palais? c'Ă©tait des verts bocages,
CâĂ©tait des prĂ©s fleuris. (Delille.)
*. La Société grammaticale consultée sur cette phrase de Fénelon : C est Vorgueil et la
mollesse de certains hommes qui en mettent tant d'autres dans une affreuse pauvreté, ré
pondit que dans cette phrase Texpression ce sont peut se justifier, et ne constitue pas une
FAUTE contre la langue, mais que TempToi du verbe au singulier est pĂźus conforme Ă
Tusage généralement suivi par les bons écrivaias.
Nos nombreuses citations donnent un petit démenti à la décision de la Société gram
maticale , car elles nous prouvent dâune maniĂšre irrĂ©fragable que dans cette circonÂŹ
stance on peut dire c'est ou ce sont. Les deux locutions sont également justifiées par Tusage,
et nous pourrions ajouter par la logique. ' ,
Pour rendre compte de la différence qui existe entre ces deux formes verbales c'est et
ce sont, il faut entrer, en quelque sorte, dans le mystĂšre de Tart de sâĂ©noncer et dâĂ©crire.
M. Thiers a dit : Aujourd'hui on accuse Marat, Danton, Robespierre; demain CE sera
Santerre, Chabot, Merlin, etc., en employant le singulier ce sera, parce que son esprit.
Ce sont.
âV.
Quelles senties trois vertus théologales? Ce sont
la FOI, IâespĂ©rance et la charitĂ©.
(Condillac.)
Ce nâĂ©tait pas de Tor et de Targent qui me manÂŹ
quaient; câĂ©taient du cafĂ© et de la cannelle.
(Voltaire.)
Quels sont lés quatre points cardinaux? Ce sont
le LEVANT, le couchant, le nord, le midi.
(LâabbĂ© Gaulthibr.)
Le prix des denrĂ©es, comparativement Ă ce quâil
est en Arigleterrre, est excessivement bas Ă la ville
du Cap. Ce sont la main-d'oeuvre, le loyer et le
BOIS de chauffage. (Bibl. des Voyages.)
Ce nâĂ©taient ni le mĂȘme homme , ni les mĂȘmes
JUGES. (Mirabeau.)
Quand Louis XIV donnait des fĂȘtes, câĂ©taient
les Corneille, les MoliĂšre, les QĂŒinault, les
Lulli, les Lebrun qui sĂ«n mĂȘlaient.
(Voltaire.)
Il appelle Ă lui quatre courriers quâil destinait au
message; câĂ©taient Iâane, le chien, le corbeau ct le
pigeon. (V oltairk.)
Les juges se placĂšrent
C'étaient le linot, le serin,
Le ROUGE-GORGE Cl IC TARIN. (FlORIAN.)
Ces deux jeunes gens couronnés de violettes et de
roses, ce sont Varius et'PLOTius.
(Pn. Chasles.)
Ce qui m'attache le plus Ă la vie, ce sont mes
ENFANTS et ma femme. [Marmontel.)
r*
C'étaient des épis et des grains dont ils enri
chissaient TAttique. ' (Barthélémy.)
. ( 389 )
embrassant difficilement l'idée collective de plusieurs substantifs qui ne s'énoncent que
successivement, reste frappé de Fimpression du premier, et le verbe obéit au nombre
que celui-ci indique. De telles phrases sont elliptiques; ia répétition du verbe se suppose
devant chacun des substantifs : Ce sera Santerre, ce sera Chabot, ce sera Merlin. Cette
ellipsé, dans notre langue, est d'un usage trÚs-fréquent.
Mais Voltaire a dit : On voit sortir de ce bateau trois graves personnages Ă demi vĂȘtus
de lambeaux déchirés, mais conservant sous les livrées de la pauvreté Và ir le plus majes
tueux : CâĂTAIENT Daniel, EzĂ©chiel et JĂ©rĂ©mie, eri mettant le verbe c'Ă©taient au pluriel,
parce que les trois substantifs qni suivent, considérés simultanément, emportent l'idée de
la pluralité.
Souvent les auteurs ont employĂ© le singulier et le pluriel dans la mĂȘme phrase et daii»
la mĂȘme analogie : tĂ©moin cet exemple de J.-J. Rousseau : âą
« Pour le poÚte, c'est Vor et Vargent; mais pour le philosophe, ce sont le fer et U blé
qui, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
C'est Voltaire et Ronssean qui ont... >
N'est-ce pas Voltaire et Rousseau qui ont?
C'est le bon ton et la décence qui...
C'étaient Racine et MoliÚre qui...
Ce,furent le duc et son épouse qui...
C'étaient le bon ton et Udécence qui,
N" DV.ksm*Kâooo.-
C'est ou ce sont aprĂšs plusieurs infinitifs.
Câest. ,
Prendre les choses comme elles sont, et les
BMPLOVER comme les circonstances le permettent,
cëst la sagesse pratique de la vie.
- ^ (Lacretelle aßné.)
Vivre libre et peu tenir aux choses humaines,
cĂ«sÂŁ le meilleur moyen dâapprendre Ă mourir.
(J.-J. Rousseau.)
* Voir et Ă©couter les mĂ©chants, câest dĂ©jĂ un
commencement de méchanceté.
(Pensée de Confucius.)
Punir rarement et toujours à propos, récom
penser quelquefois et'cARESSER souvent, câesf un
moyen sûr pour les pÚres de se laire aimer et res
pecter. (LaboĂŒisse.)
Ce tont.
Ăcouter les cantiques, respirer lâencens, alÂŹ
lumer les cierges, suivre les processions, câĂ©taient
leseulplaisir et toute lâoccupation de Moran Shitelah.
(pH. Chasles.V
Faibe du bien, entendre dire du mal de soi
patiemment, ce sont lĂ des vertus de roi.
âą (Louis XVI.)
Apprendre les langues les plus difficiles, conÂŹ
naßtre les livres et les auteurs, etc.. Font été vos
premiers plaisirs. (Fléchier.)
Vieillir, ĂȘtre malade et mourir, ce sont lĂ les
plus grands maux de la vie.
(Dict. de Maximes.)
Compatir aux erreurs des hommes, ĂȘtre indulÂŹ
gent pour leurs faiblesses, ce sont lĂ les devoirt de
chacun de nous. Ségur.)
Lemare, comme on lâa vu page 395, dit qĂŒil y a peu d'exemples oĂč l'infinitif soit
ainsi le sujet du verbe ; car, presque toujours aprĂšs lâinfinitif, on ajoute le substantif ce
devant le verbe personnel.
D'abord il n'est pas vrai qu'il y ait peu d'exemples de cet emploi de l'infinitif; il y en
a au contraire beaucoup, et il suffit dâouvrir le premier livre pour en avoir la preuve.
Ensuite il n'est pas vrai non plus qu'on ajoutĂ© toujours ce devant le verbe ĂȘtre. Voir
page 420. Enfin, quâon ajoute ce ou quâon ne l'ajoute pas, toujours est-il qu'il faut savoir
si aprĂšs plusieurs infinitifs on dgii dire c'est ou ce sont: Lemare n'en parle pas.
NoĂ«l et Chapsal prĂ©tendent qĂŒen cĂš cas il faut toujours se servir de cest, et ils citent
Ă l'appui celle phrase de Domergue, oĂč c'est est suivi dâun nom singulier qui demande
de toute nĂ©cessitĂ© le vĂ©rbe au mĂȘme nombre ; Manger, boire et dormir, câest leur unique .
occupation. . .
Nos citations, qĂŒil nous serait facile de multiplier, prouvent la faussetĂ© de cette asserÂŹ
tion, et dĂ©montrent qĂŒon dit cĂ«sÂŁ si le mot qui vient aprĂšs Ăšst au singulier, et ce sont
( 890 )
sâil est an pluriel. On voit par lĂ combien il est dangereux de mettre .entre les mains des
jeunes gens des livres qui ne contiennent quo des eireurs.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
* - -L. ^
Bien Ăšcoater et bien rĂ©pondre, ceeontlĂ deux qualitĂ©s prĂ©cieuses. VĂTre et jouir, ce ne sont pour lui...
Se taire et souffrir, ce sont... ' â ' Se'fier Ă tout le monde et ne se Cer Ă persoaae, ce sont deux excĂšs
N" DVI.
C'est nous, c'est vous, etc.
Cest. Âź
Le temps passe, disons-nous; nous nous trom-
pons : le temps reste, ç'fst nous qui passons.
' (Aimé-Martin.)
Cest vous, braves amis, que Tunivers contemple-
(Voltaire.)
Si jamais le destin a fait
Deux ĂȘtres vraiment Tun pour Tautre,
Cest vous et moi : le rapport est complet
Entre nous deux; mĂȘme allure est la nĂŽtre.
(De Nivernais.)
Est-çe nous qui avons fait cela? (Académie.)
Cest vous quâil faut remercier. (Id.) '
C est.
Nous croyons que tout change, quand c'est nous
qui changeons. (GrĂ©coĂŒrt.)
Dans le champ de la vie il faut semer des fleurs ;
Et câesĂź nous trop souvent qui faisons nos malheurs.
(CUĂNIER.)
Dieux vengeurs de nos lois, vengeurs de mon pays,
Cest vous qui, par mes mains, fondiez sur la justice
De notre liberté Téternel édifice.
(Voltaire.)
C est vous-mĂȘmes que tous les peuples accuseront
avec raison de vouloir usurper la tyrannie univerÂŹ
selle. ' â ' (FĂ©nelon.)
II.
Cest.
C.est eux que jâen atteste, ils sont tons trois mes gui-
ĂŻls vous arracheront aux mains des parricides, [des;
. (Voltaire.)
Cest eux qui .ont bĂąti ce superbe labyrinthe.
(Bossobt.)
' Ce sont.
âą
Ce sont eux que Ton voit, dâun discours insensĂ©,
Publier dans Paris que tout est renversé.
(Boileau.)
Les chevaux de Hollande sont fort bons pour le
carrosse, et ce sont ceux Ăont'on sc sert le plus
communément cn France. (Buffon.)
Chose bizarre ! on dit ce sont eux, ce sont elles, et il n'est pas permis de dire : ce sont
nous, ce sont vous, comme Texigerait rigoureusement la raison. Mais ici Tusage Temporte
sur la syntaxe, et il faut bien se soumettre Ă ses lois. ,
Ainsi on dit : c'est moi, c'est toi, c'est Ăźui, c'est elle, c'est nous, c'est vous; .et c'est toi et
moi, c'est lui et elle, c'est nous et vous, etc.
Il nây a dâexception que pour Jes pronoms eux, elles, avec lesquels on peut employer lo
singulier ou le pluriel! Encore Tusage a-t-il établi quelque distinction. On dit : c'est eux
OUE l'on appelle et ce sont eux qui viennent, en mettant le singulier si le pronom eux es!
suivi de que, et le pluriel sâil est suivi de qui. NĂ©anmoins Bossuet a dit ; C'es/ çux qui, ei
Boileau : Ce sont eux que, '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Cëst toi quo jëime,
Cëst lui seul qui me plaßt.
Cëst nous quile roulons.
Cist TOUS qui rordonnes.
CĂ«st eux que lâon tlemando.
Ce sont eus cjue l'on tnrite.
CĂ«st elles que lâon insulte.
Ce sont elles qui seront riatimes.
( 591 )
DVn.
^ 0
0
C'est SĂIVl'ĂUNE PRĂPOSITION.
Cest des contraires que résulte rharmonie du
monde. '
(Bern. de Baint-Pierre.)
Ce$t aux MAINS de Tamour Ă parer la victoire/
(Racine.)
Cruel Ăź câest Ă ces dieux que vous sacrifiez.
(De Bellov.) '
CTĂ©latthiende chansons quâalors il sâagissait! '
(La Fontaine.)
CĂ«sf parKux que Ton voit la vĂ©ritĂ© suprĂȘme
De mensonge et dâerrour accusĂ©e elle^mĂȘme. .
(Boileau.)
Cest dâEDx que jâalt/ds tout ; ils sont plus forts que
(Voltaire.) [moi.
C est des récoltes que dépend ta subsistance-de
Thomme. (Cité par Caminade.,)
Câest AUX Ă©diles Ă donner des'jeux publics.
(Voltaire.)
Quand ce et ĂȘtre sont suivis d'une prĂ©position et d'un nom pluriel, le verbe se met
toujours aĂč singulier (1).
« Le^motif de cette rÚgle, dit M. Chapsal, est que, dans ces sortes de phrases, il y a
inversion, et que le substantif pluriel, mis Ă la suite du verbe ĂȘtre, appartient Ă un verbe
qui est aprÚs : Dans la phrase de Bernardin de Saint-Pierre, cëst résulte; et dans le vers
de Racine, cëst sacrifiez. En éffet, la décomposition donne : Vharmonie résulte des
contraires; sacrifiez'Ă des dieux. Ce se rapporte Ă la prĂ©position qui suit le yerbe ĂȘtre;
il est par conséquent du nombre singulier, et oblige lé verbe à prendre ce nombre. »
Tout le monde a lu ou avpu lire cette explication , qui a été reproduite textuellement
par Girault-Duvivier dans sa Grammaire des gramniftires; mais nous doutons que perÂŹ
sonne y ait jamais rien compris, pas mĂȘme M. Chapsal. CĂ«st un vĂ©ritable grimoire.
Laissant donc de cÎté M. Chapsal et son inexplicable explication, nous nous conten
terons de donner Tanalyse de quelques-unes de nos phrases, afin dën faire saisir tout le '
mĂ©canisme. â
C'est des contraires que résulte l'harmonie du monde.
, Nous ne dirons pas comme M. Chapsal, que dans cette phrase il y a trois mots de
trop, ce, est et que. Cëst une singuliÚre maniÚre de rendre compte des mots que de dire
qĂŒils sont inutiles. Et pourtant voilĂ ce que font tous les jours les grammairiens. Faut-il,
aprÚs cela, s'étonner que la science ait fait jusquë présent si peu de progrÚs?
Plus hardis que nos devanciers, et surtout plus consciencieux, nous aborderons franÂŹ
chement cette difficultĂ© qui leur a paru insurmontable. . âą
Prenons le premier mot de la phrase citĂ©e, ce. Lâattribution de cet adjectif est, comme
nous Tavons démontré page 24t, de mettre sous les yeux de celui à qui Ton parle, ,ou
bien de présenter à son imagination un objet qu'on a devant soi ou dans la pensée.
Or, le mot qui reprĂ©sente cet objet n'Ă©tant pas ici exprimĂ©, ii est clair qĂŒil est sous-
entendu. Quel peut ĂȘtre cĂ© mot? Supposons que ce soit celui d'assemblage, et nous aurons
cet assemblage; mais ces mots ne prĂ©sentent qĂŒun sens vague et ont besoin dĂ«tre
déterminés. La proposition suivante.; que [pour duquel] résulte l'harmonie du monde,
exprime cette détermination. Nous avons donc : Cet assemblage duquel résulte Vharmonie
du monde. 11 ne reste plus qĂŒĂ frouyer ce gu'on affirme de cet assemblage, et nous
* ^ *
' (1) Mais pour cela il faut .quâil y ait inversion, car, dans le cas contraire, le verbe se met au pluriel.
Exemples :
On ne se lasse pas de lire Boileau, .Racine et VolÂŹ
taire, parce qqe ce sont dp grands poĂštes.
' â ' ' â (CiĂŻĂ«'par CĂMiNAi>B.)
Lamorale^et la philosophie triomphent de toutes les
peines ; ce sont de sûrs garants de la sagesse
" ,-r 1 Y* - , Ă
W
( 592 )
aurons es/ceZm'des con/razm. L'analyse complĂšte de la phrase que nous examinons
est donc celle-ci : Cet (assemblage) d'oĂč rĂ©sulte l'harmonie du monde est (l'assemÂŹ
blage) des contraires.
Ce vers de Racine : ,
'Cëst aux mains de Vamour à parer la victoire,
s'analysera de .mĂȘme : Ce (soin qui nous oblige) Ă parer la victoire est (un soin rĂ©servĂ©)
aux mains de Vamour.
Nous pensons avoir dissipé, par ces analyses rigoureuses, Tobscurité dont semblaient
s'envelopper ces sortes de locutions, regardĂ©es jusqĂŒici, mĂȘme par les plus habiles,
comme des gallicismes inexplicables.
Or, dans ces phrases le démonstratif ce se rapportant aux mots singuliers assemblage
et soin sous-entendus, nâest-il pas naturel que le verbe ĂȘtre soit au mĂȘme nombre?
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Câest avec des soins et des prĂ©venances qnâon se fait aimer. Câest jiar de faux bruits quâon sĂšme lâalarme parmi lo peuple.
J â
* .
Qu'est~ce gwe suivi bâĂŒn nom plĂŒriee.
Quâest-ce que cĂ«st que ces petits boutons jaunes
comme des tĂȘtes dĂ«pingles, qui sont au milieu de
la marguerite? Ce sont des fleurons.
(Bern, de Saint-Pierre.)
HĂ©! quâest-ce que les poĂšmes Ă©piques? en vĂ©ritĂ©,
me dit-il, je nën sais rien. (Montesquieu.)
Quâest-ce que les conquĂȘtes dâAlexandre, en comÂŹ
paraison de celies de Gengis-Kan? (/d.)
Quâest-ce que la vie et ses prospĂ©ritĂ©s, aux yeux
de Thomme tout occupé de son éternel avenir?
(Marmontel.)
On voit que dans ces sortes dâinterrogations on met toujours le verbe ĂȘtre au singuÂŹ
lier, bien qĂŒil soit suivi d'un nom pluriel.
f
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Quâe$t~ce que les. richesses publiques, sinon la
somme des richesses privées?
(Dupont de Nemours.)
QuâesUce que uos principes naturels, sinon nos
principes accoutumés? ' (Pascal.)
Quâest-ce donc que les cfioses les plus graves de
Thistoire, foi des autels, saintetĂ© des mĆurs, dignitĂ©
de lâhomme, indĂ©pendance, civilisation mĂȘme, si
elles doivent passer plus promptement que les staÂŹ
tuts de la vanitĂ© et les Chartres dâun caprice?
(Chateaubriand.)
Quâest-ce que nos vertus?
Quâest-ce que nos talents ?
Quâest-ce que vos richesses?
Quâest-ce que ces peĂźnlures?
W DIX.
Cest PRĂCĂDĂ DE DEUX NOMS.
Pierre et CĂ©phas, câest le mĂȘme apĂŽtre. Chacun admire DĂ©mosthĂšne et CicĂ©ron, parce qne
(Académie.) ce sont les deux plus grands orateurs de Tanti-
quilé. . (Cité par Caminade.)
Quand deux noms se trouvent devant ce et ĂȘtre, le verbe se met au singulier, sâil y a
identitĂ© de personnes, cĂ«st-Ă -dire si les deux ĂŒen font qĂŒune, comme Pierre et Cé
phas; il se met au pluriei, sâil ĂŒy a point identitĂ© de personnes.
»
, EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
AbaioU et Gustave, câest le mĂȘme homme.
Racine et Voltaire, ce senties deux plus srandspoĂštes delĂ Pranca.
( 593 )
>0^883 N* DX.
NOMBRE DU VERBE APRĂS. SI Ce ĂCS/.
Si ce nâest.
QuĂ«sl'Ce que le fils de lâhomme, ce nâest du
FUMIER et de la boue? (Bossuet.)
Qui m'aidera, si ce nâest mes amis?
(Cité par Boniface.)
Si ce ne sont.
Les Chinois ne savent point que leur pays s'apÂŹ
pelle la Chine, st ce ne sont ceux qui trafiquent
avec les Européens. Ils rappellent Chium koa» le
royaume du milieu.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Suivant Boniface et Bescher, si ce n'est, signifiant excepté, ne prend jamais le pßu-
riei. Lorsque ces messieurs ont établi cette rÚgle, ils n'avaient probablement pas lu la
phrase de Bernardin de Saint-Pierre.
EXEUCrCE PHRASĂOLOGIQUE.
Si ce nâest les Français.
Si ce nVst mes tulipes.
Si ce nâest toi frĂšres.
Si ce ne sont les Français.
Si co ne sont ses tulipes.
Si ce ne sont tos frĂšres.
N° DXI.
Cest lĂ , ce sont lĂ .
Le bonhomme disait ; ce sont lĂ jeux de prince.
(La Fontaine.)
11 est assez de geais Ă deux pieds comme lui,
Qui sĂ©parent souvent des dĂ©pouilles dâautrui.
Et que l'on nomme plagiaires.
Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui :
Ce ne sont pas lĂ mes affaires.
(Id.)
Tout aveugle et menteur quëst cet art,
n peut frapper au but une fois entre mille.
Ce sont lĂ des effets du hasard. (Id.)
Ce sont lĂ les exploits que tu dois avouer.
(Boileau.)
Regardez bien. Ne sont-ce pas lĂ vos tablettes?
â Ce les sont lĂ elles-mĂȘmes. (Boilbau.)
Dites-moi, sont~ce lĂ des signes d'opulence ou
dâindigence? (DâOlivet.)
Va porter tes présents aux autels des furies,
Conjure leurs serpents prĂȘts Ă le dĂ©chirer;
Va, ce sont lĂ les dieux que tu dois implorer.
(Voltaire.)
Ce sont là les leçons dont un pÚre manceau
Instruit son fils novice au sortir du berceau.
(La Fontaine.)
Simples lecteurs, ces phrases, que vous venez de lire, peut-ĂȘtre avez-vous la bonhoÂŹ
mie de penser qĂŒelles sont correctes, et qu'il nây a rien Ă reprendre? DĂ©trĂŽmpez-vous,
voici venir un . grammairien ou soi-disant tel, qui affirme que ce sont autant de fautes.
Les grands noms de Voltaire, de Racine, de Boileau, etc., ne lâarrĂȘtent pas et ne lui
imposent en aucune façon. Que sont ces gens-lĂ auprĂšs dâun grammairien !
u Dans ces phrases les écrivains, dit-il, oublient que ce, suivi de la particule là , équi
vaut Ă cela:i\$ trouvent que Tattribut est au pluriel, et ils mettent le Verbe au pluriel
Mais ce nâest pas Tattribut, câest le nominatif qui rĂšgle le nombre'du verbe; cest lĂ siÂŹ
gnifie comme cela est, (5h doit donc dire : cest là les leçons, c'est là des jeux d'enfants.
LâAcadĂ©mie, ajoute-t-il, Ă©crivait, en 1698 : Ce sont la de ces formes dont on ne peut
rien retrancher. Il faut lire ; Câest la une de ces formes ; c'est une des formes auxquelles
on ne peut pas toucher. »
Nous sommes vraiment honteux dâavoir Ă rĂ©futer une assertion aussi singuliĂšre, et qui
tendrait à faire croire que Racine, Voltaire, etc., écrivaient au hasard.
75
( 594 )
OĂč ce monsieur a-t-il donc vu que c'est lĂ Ă©quivaut Ă cela ? S'il avait su tant soit peu
'de grammaire, il saurait que cela esi une expression équivalente à cet objet qui est là . Et ^
que de mÎme qu'on dit:, ce des savants, c'étaient de beaux jours, on dit trÚs-bien ce
sont LA des savants, c'étaient LA de beaux jours, sans que l'addition ou la suppression de
la particule lĂ influe en rien sur lĂš nombre du verbe. Du moin^, c'est ce que prouvent
nos citations, qui valent mieux que les plus beaux raisonnements du Ăźnonde.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ce font lĂ de grands hommes.
Ce sont là vos affairés.
S,ont-cc lĂ ' des fleurs Ăź
Etaient-cc lĂ des palais?
DXU.
C'est SUIVI DE qui.
OOOO- â
SINGULIER APRĂS qui.
t *
Ce nâest pas tant la pompe et la majestĂ© qui fait
les rois. ^ ' (Flécuier.)
Câest la force et lĂ libertĂ© qui fait les excellents
hommes. (J.-J. Rousseau.)
Câest la duretĂ©, la hauteur des rois et leur molÂŹ
lesse qui les rend incapables de veiller sur tous les
membres de Tétat. (Fénelon.)
Cest le goût, la vanité ou Tintérét qui les lie.
(Massillon.)
Cest cette foi, cette dévotion gui la conduisit et
la régla dans tous les offices de la vie chrétienne.
^ ' (Fléchier.)
^ , pluriel aprĂšs qui.
Câest le nombre du peuple et Tabopdance des aliÂŹ
ments qui forment la vraie force el lĂ vraie richesse
des royaumes. - (Fénelon.)
Ce nâest plus la sagesse et TintĂ©rĂ©t public qui pré
sident aux conseils, cëst Tintérét des passions.
(DIassillon.)
Ce ne sera ni la force de vos armées, ni Tétendue
de votre empire, qui vous rendront cher Ă vos peuÂŹ
ples, ce sont les vertus qui font les bons rois.
^ (Id.)
Câest la mollesse et ToisivetĂ© gui rendent lĂ©s peuÂŹ
ples insolents et rebelles. (Fénelon.)
Ce nâest ni Terreur ni la vanitĂ© gui ont inventĂ©
ces noms magnifiques.
(Fléchier.) .
Voyez quelle bizarrerie! sâĂ©crient les grammairiens. On dit: C'est la mollesse et
l'oisiveté qui rendent, en mettant c'es{ au singulier et rendent au pluriel.
Quelques-uns ont cherché à expliquer cette espÚce de contradiction. Lorsqu'on énonce
le pronom cé, diùérit-ils, les substantifs singuliers qui doivent suivre ne sont pas encore
connus ; souvent mĂȘme celui qui parle ignore s'il en Ă©noncera plusieurs, et en attendant, il
fait usage de Texpression c'est, qui reste correcte, soit qĂŒil n'Ă©nonce qĂŒun substantif,
soit qĂŒil se dĂ©cide Ă en Ă©noncer plusieurs; car, dans ce dernier cas, lo verbe singulier
"est naturellement sous-entendu devant chaque substantif singulier. Il nâen est pas de
mĂȘme lorsquâon arrive au mot qui ; alors rien n'est incertain, lâĂ©numĂ©ration est con-
; sommée et Tidée plurielle qui en résulte passe nécessairement au second verbe.
Mais ces* raisons sont plus spĂ©cieuses que vraies, bien qĂŒelles appartiennent Ă LeÂŹ
mare, qui les a Ă©mises Ă lâoccasion des participes; comme on le verra plus tard. En effet,
dit trÚs-bien M. Marie, est-^ce que la pensée ne doit pas toujours devancer Texpression?
Est-ce qĂŒau moment oĂč Ton prononce le mot ce les substantifs dont ce mot est le signe
prĂ©curseur ne doivent pas ĂȘtre prĂ©sents Ă la mĂ©moire? Depuis quand est-il permis dâal-
lër des mots aux idées, et non des idées aux mots 1 Gardons-nous d'approuver des doc
trines qui légitimeraient ainsi la violation de tous les rapports grammaticaux, et dont le
premier effet serait de répandre d'épaisses ténÚbres dans le discours .
Dâailleurs, une chose Ă laquelle les grammairiens n'ont pas songĂ©, c'est qu'aprĂšs qui
les auteurs oĂŒt mis tantĂŽt le singulier, tantĂŽt le pluriel, comme on le voit par nos cita-
^ons.
( 595 )
Pour ne pas nous rĂ©pĂ©ter, nous renverrons Ă la pa^e 586 et suivantes, oĂč 1 on trouÂŹ
vera la raison dé cet usage. . .
Les Ă©crivains ont mis aussi le verbe ĂȘtre au pluriel, tĂ©moin Texemple suivant :
Seigneur, ce sont la femme et les enfants de Socrate, qui demandent qu'on les laisse entrer.
(Bern. de Saint-PibrrbO
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
CV$t sa fierté cl son arrogance qni le font détester.
Cet places, câest Tart et la natnre qui les a fortifiĂ©es.
Cëst la sagesse et la piété dà soiiTeraßÚ qnß fait le bonheur do
Câest sa piĂ©tĂ© et son bon cĆur qui lui attirent ces hommage».
'NOMBRE DES VERBES vivre, importer, périr, pouvoir, mourir, tomber, etc.
' Vive.
Vive les jeunes gens! tout est feu, tout est grĂące;
Ils ont quelques dĂ©fauts; ma foi, je les leĂŒr passe.
(Brbt.)
Yive le Seigneur et^ Gé^déon !
(Sacy.)
Si je nâĂąi plus de fils, que mâimporte un empire?
Que xsfimpQTte le ciel, ce jour que je respire?
(Voltaire.)
Que mHmpoftÎ à présentée peuple et son outrage,
Et sa FAVĂĂŒR crĂ©dule, et sa pitiĂ© volage? (W.)
QĂŒimporte sa pitiĂ© , sa joie et sa vengeance ?
Ud.)
Tombe Argos et ses mursI
(Lemercibr.)
Puisse la perfidie et la division
Ătre le digne fruit dâune telle union I
(Voltaire.)
Que vous importe Téterjuté ou la création de
ia matiĂšre, pourvu que vous rĂšconnaissiez un Bieu,
maĂźtre de la matiĂšre et de vous ? {Id.)
- T âą
Vivent. -
Cëst le Vestris de la voïaiïto, ^
Et vivent les canards pour apprenare a Ăąanief T
(L^ontby.)
Il est charmant, ma foi; vivent les o^s ĂŒespnt!
(rALISSOT.)
Je suis souris : vivent les rayet âą
Jupiter confonde les chaUt
(La roNTAnm.)
Vivent la Champagne et la BouRGoOTna pour les
bons vins I (Académie.)
Dans cette solitude champĂȘtre qĂŒont nabiiee vi»
â jĂšres, que vous importent les vains discours dee
lommes, et leurs lĂąches intrigues, et leurs naines
mpuissantes, et leurs trompeuses promesses
^ (Bergasse.)
Qnâimportent les plaintes et les muĂšmurks aci
auteurs, si le public sën moque? (féraud.)
Meurent plutĂŽt*les Grecs, moi, toi-mĂź|Mb et Cas-
.(LeMERCIER.) [SANDEEt
Puissent ces efficaces et saintes paroles ĂȘtre
éternellement gravées dans votre esprit 1
(Fléchier.)
LĂ plupart des grammairiens veulent que Ton dise : Vive les gens d esprit! et con
damnent le pluriel sans prendre la peine de motiver leur opinion. Nous nous ornerons
Ă leur rĂ©pondre que les faits sont encore ici contre eux, et que, de mĂȘme quon Ă©crit
périssent les méchants! meurent les tyrans! il faut écrire : vivent les gens espn e
' non VIVE les gens d'esprit! Bret a donc eu tort de dire : vive les jeunes gens.
Toutos ces phrases sont Ă la fois elliptiques et inverses. Vivent les gens d esprit!
câest-Ă -dire : je veux que les gens d'esprit vivent ; que vous importent es vains is
cours des hommes? Câest pour : Je demande ce que les vains discours des hommes imÂŹ
portent, etc. ; ce qui prouve, selon nous, la nécessité, ou plutÎt 1 indispensa
âą pluriel. Quelle que soit la place du sujet, le verbe doit toujours en revĂȘtir e nom le ( ).
(1) Cet accord du verbe ĂąvĂ©c son sujet ĂŒest pas particulier Ă notre langue seule. H a Ă©galement lieu en
itaiien. Cëst ainsi que le Tasse a dit :
JHfuojono le cittĂ , rwMoyono i regnir
(Quo les villes tombent, que les royaumes tombent !)
Câesl donc Ă tort que Voltaire a mis importe au singulier dans les vers suivants .
Qu^mpor/e Ă notre amour ou leurs moeurs ou leurs droits ?
Quâimporte des remords Ă mon juste courroux?
Il faut quâimportent. LâAcadĂ©mie et tous les autres Ă©crivains font accorder ce v«rbe^
'T
( 596 )
voit que quand les vérbes vivre, importer, périr, etc., sont suivis, par inversion,
asieurs substantifs singuliers, les écrivains ont mis tantÎt le singulier, tant le plu-
On
de plusieurs substantifs singuliers, â ,
riel. La raison de cet usage est la mĂȘme que celle que nous avons donnĂ©e au comÂŹ
mencement de la syntaxe du verbe.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Vivent les sotlĂź
Périssent les tyrans !
Meurent les traĂźtres !
Tombent ces superbes palais !
Puissent les dieux !
Quâimportent leurs cris?
VERBE AU PLURIEL AVEC UN SUJET SINGULIER
Tout ce qui reste encor de fidĂšles HĂ©bbeĂŒx
Lui viendront aujourdâhui renouveler leurs vĆux.
(Racine.)
Et ce qu'il y avait de plus grands hommes dans
la rĂ©publique se faisaient un plaisir et tenaient Ă
honneur de rendre ces sortes de services Ă leurs
concitoyens. (Rollin.)
Tout ce qĂŒil y a dânoMMES sont presque toujours
emportés à croire, non pas par la preuve, mais par
lâagrĂ©ment. . (Pascal.)
Tout ce qĂŒil y a dâHABiTANTs nĂ©s libffes, mĂȘme
ceux de condition la plus basse, ont accouru. *
(DâOlivkt.)
AprĂšs les bonnes leçons, ce qĂŒil y a de plus
instructif sont les ridicules.
(Duclos.)
Tout ce qĂŒil y a'd'agrĂ©able jonf effectivement fes
idées qui ont été prises de MoliÚre.
(MoliĂšre.)
II.
Ce que je vous dis lĂ ne sont pas des chansons.
(MoliĂšre.)
1
V
Veffet du commerce sont les richesses.
(Montesquieu.)
Savoir manier les chevaux et les armes, sont des
talents communs au chasseur, au guerrier.
(Buffon.)
Cc poison préparé des mains de l'artifice,
Sont les ARMES dâun sexe aussi trompeur que vain.
(Voltaire.)
La nourriture ordinaire de lâĂ©cureuil sont des
FRUITS, des amandes, des noisettes, de la fatne et du
gland. - (BĂŒffon.)
Sa maladie sont des vapeurs.
(Mâąe DE SĂ©vignĂ©.)
La partie la plus piquante des contes sont les
SCĂNES dialoguĂ©es.
(Marmontel.)
Cette espĂšce de chiens qĂŒon appelle chiens de
Laconie, ne vivent que dix ans.
(Boileau.)
(( De mĂȘme qĂŒun sujet pluriel ne peut gouverner un verbe au singulier, de mĂȘme un
sujet singulier ne peut sâaccorder avec un verbe au pluriel, quel que soit 1e nombre de
lâattribut. » '
Cëst coque répÚtent Tun aprÚs Tautre la plupart des grammairiens.
Suivant cette rĂšgle, qĂŒils se sont faite,les phrases qui prĂ©cĂšdent seraient trĂšs-vicieuses.
Sur quoi nous remarquerons que, dans les exemples de la premiÚre série, ce étant
une espĂšce de collectif, tout ce qui sây rapporte peut ĂȘtre Ă©noncĂ© au pluriel de mĂŽme
qĂŒau singulier. On met le pluriel quand TidĂ©e collective est plus frappante que TidĂ©e
distributive.
Quant aux phrases de la seconde sĂ©rie, ce qui prouve qĂŒelles sont bonnes, câest
qĂŒil serait impossible de substituer le singulier au pluriel sans que notre dclicatcsso
en fût blessée. On doit en rendre compte par la direction de la vue de Tesprit qui se
porte plus sur le mot qui suit le verbe que sur celui qui le précÚde. En effet, dominés
par TidĂ©e de ce mot, qui est au pluriel, les auteurs ont mis le verbe aĂŒ mĂȘme nombre,
sans sâapercevoir qĂŒils violaient les lois de la grammaire, et peut-ĂȘtre bien sans sĂ«n inÂŹ
quiéter.
( 597 )
Ils ont préféré se laisser aller à la nature des idées plutÎt que de se traßner pénible
ment sur les mots.
Câesl pour la mĂŽmĂ« raison que MoliĂšre a dit : Quatre ou cinq mille Ă©cus est un denier
considérable y en mettant le verbe est en rapport plutÎt avec le mot denier qu'avec le vé-
ritable sujet quatre mille écus.
Dâailleurs, les nombreux exemples que fournit notre liUĂ©rature suffisent pour faire
admettre ces sortes de locutions.
' EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Tout ce quâil y avait de braves soldats furent ..
Tout ce quâily a de savants euFrance partagent cette opinion-
Ce quâil a chantĂ© sont des airs choisis.
Tout ce qu'il vous a dit ne sont que dea contea.
CONCORDANCE DU VERBE AVEC SON SUJET
* \
\
SOUS LE RAPPORT DE LA PERSONNE.
Nâ DXIIL
ACCORD DU VERBE AVEC ĂN SEUL PRONOM.
âŠ
SINGULIER.
Jf*ai songĂ©, comme vous, quâĂ la GrĂšce, Ă mon pĂšre,
A moi-mĂȘme, en un mot, je devenais contraire.
(Racine.)
Tu nâas pas un sentiment, mon bon ami, que mon
cĆur ne partage.
(J.-J. Rousseau.)
ĂŒn homme est assez beau quand t7 a l'Ăąme belle.
(Boursault.)
Lënvie ne saurait se cacher. EUe accuse ct juge
sans preuve; Úlle grossit les défauts; elle a des qua
lifications énormes pour les moindres fautes.
(VaĂŒvenargues.)
pluriel.
Nous avons vu passer ces ombres fugitives.
FantĂŽmes dâempereurs Ă©levĂ©s sur nos rives.
(Voltaire.)
SiuoMS avez perdu, dans ce combat funeste.
Un empire, un époux, que la vertu vous reste.
Ud.)
Comme ils ont peu de part aux biens dont ils or-
[donnent.
Dans le cbampdu public largement ils moissonnent.
(Corneille.)
Peu de femmes ont assez de raison pour sentir
le besoia quĂ«//es ont dâĂȘtre gouvernĂ©es.
(De Lévis.)
On voit, par ces citations , que le verbe avoir apparaĂźt sous six inflexions ou termiÂŹ
naisons diverses : J'ai, tu as, il ou elle a, nous avons, vous avez, ils ou elles ont.
Au singulier, on a, pour la premiĂšre personne, j'ai; pour la seconde, tu as; pour la
troisiĂšme, il on elle a.
Au pluriel, la premiĂšre personne est nous avons ; la seconde vous avez ; et la troisiĂšme,
ils ou elles ont.
Il peut donc y avoir Ă chaque temps personnel dâun vĂšrbe six formes, dont trois
pour la premiĂšre, la deuxiĂšme et la troisiĂšme personne du singulier, et trois pour la
premiĂšre, la deuxiĂšme et la troisiĂšme personne du pluriel.
^ DâoĂč ce principe : Quand le verbe est Ă un temps personnel, il sâaccorde avec son
sujet en nombre et en personne.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Jâaime. Je pensais.
Tu aimes. Tu pensais,
n ai .Tie. Il pensait.
Nous aimons. Nous pensions.
Vous aimex. Vous pcnsiex,
lia siniĂŒQt. lia pcuiaieot.
Je chantai.
Tu cliaolas.
Il ou elle chanta.
Nous chantĂąmes.
Vous clianLĂlcs,
lia ou elles chanterant.
Je plairai.
Tu pl.a iras.
11 ou elle plaira.
Nous plairons.
Vons j)lairci..
Ils OU elles plairout.
Qne je me promĂšne.
Que tu te promĂšnes.
Quâil se promĂšne.
Que nous nous ]>romeriions.
Que vous vous pruijtcuiev..
Quâils se promĂšnent.
Je dirais.
Tu dirais.
Il ou elle dirait.
Nous dirions.
Vous diriez,
Ua ou elles diraient.
(5{)8)
X DXrV.
AĂCORD DĂŒ. VERBE AVEC PLĂSIEURS NOMS DE DIFFĂRENTES PERSONNES.
' Nous.,
Narhal et moi, nou# admirùmes la bonté des
dieux qui récompensaient notre sincérité.
(Fénblon.)
Nous nous quittĂąmes, moi et VIndienne, aprĂšs
nous ĂȘtre serrĂ© Ja main.. (Chateaubriand.)
Je vous assure que twm# sympathisons, vous et
moi. (MotiĂRE.)
Prenons, vous et moi, un de ces grands bancs de
rameurs. ' (Fénelon.)
Si de meilleurs conseils avaient été suivis,
Ma fille, vous et moi, nous serions tous péris,
PlutÎt qu'un lùche aveu fût sorti de sa bouche.
(Re GNARD.)
Vous.
Il* faut que toi et cetix qui sont ici fiissies les
mĂȘpies serments^ pu je vous tuerai tous.
/ ' " ' (Vertot.)
Vous et votre owuroge mĂ©ritez dâĂštre parfaits?.
(VoltaĂŻrb.)
Ni vous ni Vempereur ne voulez courir au. BosÂŹ
phore. {Id.)
Allez, vous et vos semblables n'ĂȘtes point faits
pour ĂȘtre transplantĂ©^. (Montesquieu.)
Il faut, madame, que vous décidiez un pari que
j'ai fait : iâa| gagĂ© .que cette dame et vous Ă©tiez
de mĂȘme Ăąge.
(Jd.)
Nous devons induire des exemples de Tune et de Tautre colonne, que toutes les
fois que le verbe se,rapporte^ non Ă plusieurs sujets, comme le disent improprement
les grammairiens (1), mais bien à plusieurs substantifs de différentes personnes, il se
met alors au pluriel et sâaccorde avec la personne qui a la prioritĂ© dans le discours.
On voit que la premiĂšre personne lâemporte sur la seconde , et que celle-ci, Ă son tour,
fait la loi Ă la troisiĂšme. .
En pareille circonstance, le seul sujet est nous ou vous; il peut ĂȘtre ou non exprime,
et alors cĂ«st le goĂ»t, cĂ«st TĂ©nergie qui en dĂ©cident. Voici dâautres exemples Ă lâappui
de cette derniĂšre observation :
AVEC nous.
Votre pÚre et mot', nous avon# long-temps été en-
nernis Tun de Tautre. (Fénelon.)
Pénélope, sa femme, et mot, qui suis son fih,
nous avons perdu Tespérance de le revoir. {Id.)
SANS nous.
. Ni vos nymphes ni mot nâavons jurĂ© par les ondes
duStyx. ^ ⹠(Fénelon.)
,Jâai ouĂŻ dire Ă feu ma sĆur, que sa fille ci moi
naquĂźmes la mĂȘme annĂ©e. (Montesquieu.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Toi et*moi nons sommes dâaccord.
Toi et moĂź nous sommes amis.
Lui et nous sommes yiarents*.
Kilo ctmoiBomines économes.
Vous et votre pĂšre vous vous portez bien.
Vous et votre frĂšre vons ĂȘtes mes amis.
Vous et lui nâctes pas musiciens,
Vous et eUe n'étes pas raisonnables.
ACCORD DĂŒ VERBE APRĂS qiĂč.
.coo.^ems Nâ PXy,
Qui PRĂCĂDĂ dâĂŒN pronom PERSONNEL.
C'est mo< qui suis Guillot, berger de ce troupeau.
(La Fontaine.)
Dans le champ de la vio U faut semer des fleurs.
Et câest nous trop souvent gut /atsons nos malheurs.
(Chénier.)
*
(1) Dans les phrases dont il s'agit le verbe n'a et ne saurait avoir qĂŒun seul sujet; cĂ«st ce que nous avons
démontré au chapitre des Pronoms personnels, oû nous renvoyons tant pour Tanalysé de cefj sortes de
phrasest que pour ia place que doiveut ĂŽcouper les prouomi pereotinale.
( 599 )
Cëst toi qui, ce matin, par des soins imprudents,
As voulu me parer de ces vains ornements.
(Regnard.)
CĂ«st lui qui mâa ravi TamitiĂ© de mon pĂšre,
Qui le fit mon rival, qui révolta ma iqÚre.
(Racine.)
T
O Neptune! cëst vous gut' excitùtes, pair votre
superbe trident, toutes les eaux de votre empire.
(Fénelon.)
Cëst eux qui ont bùti ce superbe labyrinthe.
(Bossuet.)
Lâadjectif conjonctif qui, nâayant par lui-^mĂȘme ni nombre ni personne, communique
au verbe dont il est le sujet le nombre et la, personne du mot auquel il se rapporte.
Ainsi, dâaprĂšs les ĂšxĂ©mplĂšs citĂ©s, il faut dire : moi qi(i suĂźs,â Ăźdi qui es, tui qui est, nous
qui sommes, vous qui ĂȘtes, eux qui sont.'
Ce principe posé, les exemples qui suivent sont-ils corrects :
Britannicus est seul ; quelque ennui qui le presse,
Il ne voit dans son sort que moi qui sâintĂ©resse,
â _ (Racine.)
Je ne vois plus que votw gwt la puisse défendre.
* Ud,)
VoilĂ , monsieur, de grands embarras, et il n'y a
que vous seul qui puisse débrouiller une affaire si
embarrassée. (Fénelon.)
Il nâavait que moi qui pĂ»t le secourir.
(Voltaire.)
Lemare approuve cette construction, oĂč^il ne voit quâune ellipse trĂšs-simple, et
il a raison. En effet, dans ces phrases, qĂŒi se rapporte au mot personne, individu sous-
entendu, La construction pleine est donc : il ne voit (aucune personne, aucun individu
autre) que moi qui s'intĂ©resse; je ne vois plus (dâautre personne, dâautre individu) que
vous qui la puisse défendre, etc.
Ainsi, dit M. Dessiaux, toutes les fois que Ton peut sous-entendre personne, nul, inÂŹ
dividu, il est permis, dans des phrases semblables, dâimiter Voltaire, Racine, FĂ©nelon.
Je trouve donc, ajoute-t-il, qĂŒil existe une diffĂ©rence entre les deux phrases suivantes:
Il nây a que moi qui aime mon Ă©pouse.
Il nây a que moi qui aime son Ă©pouse. ,
Là premiÚre signifie : mon épouse n'est aimée que de moi. ' ,
La seconde : nul homme n'aime son épouse, excepté moi.
Madame de' SĂ©vignĂ© sâest donc bien exprimĂ©e en disant : Il n'y d que moi qui PASSE .
SA VIE Ă ĂȘtre occupĂ©e et de la prĂ©sence et du souvenir de la personne aimĂ©e.
VoilĂ pour le singulier ; mais peut-on imiter ce passage de MoliĂšre : -
Nous chercherons partout Ăą trouver Ă redire,
.Et ne verrons que nous qui sachent bien écrire.
Nous ne sommes pas médiocrement surpris que M. Dessiaux Tait condamné ; il nous
semble que la construction Ă©tant exactement la mĂȘme que cĂ©lle des exemples que nous
venons dâanalyser, on ne saurait justifier Tune, sans aussi, pour ĂȘtre consĂ©quent, jusÂŹ
tifier Tautre. La diffĂ©rence du pluriel nây fait absolument rien. Or, en rĂ©intĂ©grant les .
mots ellipsĂ©s, voici quelle est Tanalyse : Nous ne verrons (dâautres personnes, dâautres,
auteurs) que nous qui sachent bien écrire. Qui se rapporte, comme on le voit, au
mot pluriel personnes ou auteurs sous-entendu, et MoliĂšre ne peut ĂȘtre blĂąmĂ© dâavoir
mis le verbe à la troisiÚme personne du pluriel. Néanmoins, dirons-nous en terminant,
il faut, dans toutes les phrases analogues, suivre la construction généralement en usage,
celle oĂč Ton fait accorder le verbe avec le pronom personnel qĂŒi prĂ©cĂšde le qui relatif,
comme dans ces deux exemples :
Je ne vois que nous deux qui soyons raisonnables. H nây eut que moi qui espĂ©rai la victoire.
(Collih-dâBUrlbville.)
(Fénelon.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
qaeVoM qttl.t, U'nây a qVeax qui. «.
Cëst moi qui,.. Cëst toi qui, *. Cëst lui qui... Cëst nous qui... Cëst tous qui . Cesont çnx qui..
n n*7 A quĂ© moi qui.,. Il nây Ă» que toi qdi. *. U nây a que loi qui*. * Il nây a que nous qn!... Il nây a
( 600 )
â «â o»»PiC80g N" DXVĂŻ. C883WHÂź
Qui PRĂCĂDĂ DâĂŒM adjectif.
fVaccma point mon sort, c'est toi seul gui Vas fait.
(Corneille.)
C'est moi seul qui suis coupable.
(Marmontel.) '
0
Cëst vous seuls qui donnez à la terre des poÚtes
lascifs, des auteurs pernicieui, des écrivains pro
fanes. (Massillon,)
Nous Ă©tions deux qui Ă©tions du mĂȘme avis.
(Jacquemard.)
Nous sommes ici plusieurs qui nous souvenons
des grands succÚs que nous eûmes dans ta derniÚre
guerre. * (Dacier.)
Cëst vous seuls qui vous chargez, par cet éclat,
de publier et de confirmer tous les propos de milord
Ădouard. (J.-J. Rousseau.)
Lorsque le conjonctif qui suit immédiatement un adjectif, comme dans ces exemples,
le verbe prend le nombre et la personne du,pronom qui précÚde.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
C'ckt mol seul qui... Câeit toĂź-mĂȘme qui... Ocst luĂź seul qui... C'est nous seuls qui... Câcst vous seul qui... Ce sont eux seuls qui. .* >
Nâ DXYII.
Qui PRĂCĂDĂ dâun adjectif PRIS SUBSTANTIVEMENT.
ACCORD A LA OU A LA 2*^ PERSONNE.
Vous ĂȘtes Je seul qui paraissiez me conduire
de toute façon Ă la fĂ©licitĂ©. (J.-J. RoussaeĂŒ.)
Cëst mot qui le premier montrai aux Français
quelques perles que jâavais trouvĂ©es dans son Ă©norme
fumier. (Voltaire.)
Je suis le premier qui ai fait connaĂźtre ShakesÂŹ
peare aux Français.
{Id.)
Vous fûtes les premiers qui élevùtes de grands
théùtres. . [Id.)
FiĂŒe d'Agamemnon, câesl mot qui la premiĂšre.
Seigneur, vous appelai de ce doux nom de pĂšre.
(Racink.)
Pour moi, qui le premier secondai vos desseins.
{Id.)
Câest vous qui le premier avez rompu nos fers.
(Voltaire.)
I
Vous ĂȘtes Ăźcseul qui vous plaigniez quâon ne sait
Ă quoi sâen tenir., (Massillon.)
accord a la PERSONNE.
Tu Ă©tais le seul qui pĂ»t me dĂ©dommager de lâabÂŹ
sence de Rica. (Montesquieu.)
Mais je ne suis pas Ăźe premier
Qui prend pour femme, et sans mën méfier,
Une ĂŒlle dĂ©pareillĂ©e. (Rkgnard.)
Je suis, je crois, le premier auteur modéré qui
ait donné la description de la Laconie.
(COATKAUBRIAND.)
Souvicns-toi que 'je suis le seul qui Va déplu,
(Fénelon.)
J'ai Ă©tĂ© malheureusĂ©ment leprcmtĂ«r qĂŒi ait fait
connaßtre en France la poésie anglaise.
(Voltaire.)
Sâil vous souvient pourtant gue jĂ« swtĂ« Ăźa premiĂšre,
Qui vous ait appelé de ce doux nom de pÚre.
(Racine.)
Ma destinée a,encore voulu que je fusse le pre
mier qui ait expliqué à mes concitoyens les décou
vertes du grand Newton. (Voltaire.)
Vous ĂȘtes Ăźe premier qui ait commandĂ© son souÂŹ
per chez soi. ' \ (/d).
.O
A l'occasion de ces exemples, les grammairiens nous disent que toutes les fois que le
conjonctif qui est relatif à ße seul, le premier, il est préférable de mettre le verbe à la
troisiĂšme personne (2Âź colonne), parce que, disent-ils, il y a ellipse du mot homme. PerÂŹ
mis donc aux grammairiens dâagir ainsi, eux et tous ceux qui les croient sur parole ;
mais la vérité est que ces mots h seul, le premier, sont tellement identifiés avec le pro
nom qui les précÚde, que le verbe peut également en prendre le nombre et la per
sonne (!'â « colonne).
( 601 )
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Jo suis le premier qui... Je suis le premier qui... Tues le seul qui.., Tu es ie seul qui... Yous ĂȘtes te mĂȘme qui... Vous ĂȘtes la mĂȘme qul..v
N" Dxvm.
Qui PRĂCĂDĂ dâĂŒn substantif.
ACCORD a la ou A LA 2Âź PERSONNE.
Je suis DiomĂšde, roi dâĂtolie, gut blessai VĂ©nus
au siĂšge de Troie-
(Fénelon.)
Je suis une 5ourgeotse
Qui sais me mesurer justement a ma toise.
(Regnard.)
Et gut ĂȘtes-vous, que de vils instruments que je
puis briser Ă ma fantaisie; qui n'existez quâautant
que vous savez obéir, (Montesquieu.)
En France, vous Ătes tous honnĂȘtes gens, trente
millions A'honnĂȘtes gens qui voulez gouverner le
peuple par la morale et la religion.
(P.-L. Courier.)
Nous sommes deux religieux de Saint-Bernard
gut voyageons pour nos affaires.
(Florun.)
Vous ĂȘtes un couple de fripons qui me jouez
d'intelligence.
(J.-J. Rousseau.)
Cëst là que vous me vßtes, Î grande déesse qui
habitez cette Ile. ' ' .
(Fénelon.)
Nous sommes cinq amis que la joie accompagne,
Qui travaillons ce soir au bon vin de Champagne.
â âą (Regnard.)
Vous ĂȘtes des enfants qui, dans vos jeux, ne saÂŹ
vez que faire du mal aux hommes.
(J.-J. Rousseau.)
Vous ĂȘtes un jeune chĂȘne qui essuyez une temÂŹ
pĂȘte, et moi je suis un vieux arbre qui nâa plus de
racine. (Voltaire.)
'Je ne suis géant ni sauvage,
Mais chevalier errant, qui rends grĂąces aux dieux,
Dâavoir trouvĂ© dans ce bocage
Ce quâĂ peine on pourrait rencontrer dans les cieux.
(La ItoNTAINK.)
ACCORD A LA 3Âź PERSONNE.
Ătes-vous encore ce mĂȘme grand seigneur qui
venait souper chez un misérable poÚte?
(Boileau.)
Vous ĂȘtes toujours ce modeste Virgile qui eut
tant de peine Ă se produire a la cour dâAuguste.
* (Fénelon.)
Nous sommes, au milieu de Tltalie, comme des
enfants abandonnés qui errent parmi les ruines des
palais de leurs aĂŻeux. (Villkmain.)
Notre premier soin fut de nous habiller fort proÂŹ
prement; puis, nous donnant pour deux' frĂšres
galiciens qui voyageaient par curiosité, nous con
nĂ»mes bientĂŽt de fort honnĂȘtes gens. (Lesage.)
Mais 'Aceste, nous prenant pour des étrangers
qui cachaient leur dessein, ordonna quën nous en-'
YoyĂąt dans une forĂȘt voisine. (FĂ©nelon.)
Vous ĂȘtes venu, en vrai philosophe, en homme
qui a Tesprit Ă©clairĂ© et un cĆur bienfaisant,
(Voltaire.)
Paris est fort bon pour un homme comme vous,
monsieur, qui porte un grand nom et qui le sou-*â
tient. Ud'Y
Je suis Vhomme qui accoucha dâun Ćuf.
Ud.)
Vous ĂȘtes un gĂ©nie tutĂ©laire qui est venu conÂŹ
solider la paix.
(Laveaux.)
Je suis ce TancrÚde qui a ceint Tépée pour Jésus-
Christ. (TradĂčct. de la JĂ©rus.)
...Oui, connais-moi, je suis ce Grec enfin
Qui, dans ces mĂȘmes murs, balança ton destin.
(Langue. )
A la suite de ces citations, que nous avons cru devoir multiplier, la dĂ©duction qĂŒil
faut tirer devient facile, car, en présence des faits clairement rassemblés, les difficultés,
. quelque grandes quĂ«lles soient, sâĂ©vanouissent.
Nous dirons donc ; .
(1^* colonne.) Quand un pronom personnel et son attribut ne prĂ©sentent pas Ă lâesprit
deux ĂȘtres distincts, le conjonctif qui se rapportant nĂ©cessairement au premier, le, verbe
se met Ă la premiĂšre oĂč Ă la seconde personne, soit du singulier, soit du pluriĂšl.
(2Âź colonne.) Mais si le pronom personnel et son attribut, quoique identiques, forment
Ă TidĂ©e comme deux ĂȘtres sĂ©parĂ©s, dans ce cas qui est relatif Ă lâattribut, et demande conÂŹ
séquemment le verbe dont il est le sujet à la troisiÚme personne.
76
ĂŻl en est de mĂȘme lorsquâil y a deĂŒx individus diffĂ©rents, comme dans ces exemples :
Tu n>s ni David qui tua le géant Goliaib, ni
Judith qni immola Holopherne.
(Le ch. D.)
Si vous étiez fort comme Samson, qui fit écrouler
les voûtes du temple, etc.
(Girault-DĂŒvivikr.)
LâĂȘtre reprĂ©sentĂ© par tu nâest pas celui que dĂ©signe le mot David, et comme cĂ«st ce
dernier qui Ăą fait Faction de tuer, câest Ă lui seul que doit se rapporter le verbe qui
marque cette action. Le raisonnement ^gt le mĂȘme pour tous les exemples semblables.
Enfin le verbe se met encore à la troisiÚme piersbnne lorsque la proposition est néga- .
Iive, car alors il nây a plus dâidentitĂ© :
Je ne suis pas un orphelin qui nâeut jamais con- Je ne suis pas jci un historien qui doit vous dé
naissance de ses p/ents. (Boniface.) veloppĂšr les secrets des cabinets. (Bo^ssupr.)
'exercice PHRASĂOLOGIQĂE.
4
Je Ănta tin bon boargcois qni... Je vis en bon beurgcdi» qui... Vous ĂȘtes un protĂ©e qui... Vous ĂȘtes comme un prĂȘtĂ©e qni...
Je suis un homme qui,,. Je suis lâhomme qui;^ ^ ' Vous ĂȘtes un bon pĂšre qui... Vous ĂȘtes çe bon pĂšre ,,,
Nous sommes deux amjs qui... Nous sommes ces denx amis qui... Tu es nn bon frĂšre qui... Tu es ce bon frĂšre qut...
TLAĂI pu SUJET.
DXIX. i28im3e»eeee-
SUJET BĂVANT LE VERBE
Tout esprit devient fort par Téruditlon.
(Destouches.)
Le destin rarement favorise Ă demi.
(PlRpN.)
Lâhomme le plus obscur aime la libertĂ©.
(Chateaubriand.)
LâespĂ©rance tient lieu des biens qĂŒetta promet.
(La Cuaussée.)
Nos destins sont prévus, no# moment# sont comptés.
(Chénier.)
La malédiction suit les enfants rebelles.
(La Harpe.)
Il rĂ©sulte de ces citations qĂŒen principe gĂ©nĂ©ral le sujet doit toujours prĂ©cĂ©der le
verbe, parce quâayant de dire quâune chose est, il faut dâabord Ă©noncer cette chose.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
L'hoTpmĂš pense'
|jâeufant çrie.
Les oiseaux chantent.
Les champs verdissent.
â00.9^0 DXX.
SUJET APRĂS LE VERBE.
liâair mĂ©pliitiqae des marais se trouve couTerti en
air pur, comme Vont prouvé des expériences utiles
et curieuses. â
(Bern. de Saint-Dierre.)
H nĂ«st point de noblesse oĂč manque la vertu.
(Crébillon.)
La fortune Ă©st Ă craindre oĂč fnanque la sagesse*
(Bourbault*)
Il faut ĂȘtre heureux, cĂ«st la fin de tout ĂȘtre senÂŹ
sible, cëst le premier désir que nous imprime la
nature et le seul qui ne noĂŒs quittĂ© jamais.
(J.-J. Rousseau.)
Plus haute est la faveur et plus prompte est la chute.
(Destouches.)
Et ce nëst point ainsi que parle la nature.
(Saurin.)
f 603 )
])e tous les sentiments quĂŻnspt're Ăźa nature,
LĂ«mpur est le plus beau quand TamitiĂ© lâĂ©pure.
(Fenouillot de Falb.)
Les roaui sont ici-bas, les biens sont dans les cieux.
LĂ disparaĂźt enfin Vorgueil du rang suprĂȘme. .
{Gb^NIĂȘr,)
Nou^ venons de dire que le sujet doit toujours prĂ©cĂ©der le Verbe; cependant noĂŒs
voyons par ces exemples que quelquefois aussi il pĂšut ĂȘtre mis aprĂšs; Ăšdit Ă©n prose, soit
en poésie. Dans celle-ci Tinversipu est plps fréquente, parce quëlle donne au vers plus
de rapidité et quëlle en rend la cadence plus agréable et plus harmonieuse. En prose,
on place surtout'Ie sujet aprÚs le verbe, quand le premier est composé de plusieurs mëts
qui en dépendent, comme dans lëxemple de Bernardin de Saint-Pierre. Du reste, cëst le
goĂ»t, cĂ«st roreille quâil faut consulter.
JSXERCĂŻĂg PHRASĂOLOGIQUE.
Comme ont vĂšcn nos pĂšres.
Comme ont fait nos aĂŻeux.
Ainsi que le public Ta voulu.
Comme le rent Vasage.
NÂź DXXI. 9^^
PLACE DĂŒ SĂŒJET DANS LES PI|RJ>SES INTEREQGATIVES
. SANS UN PRONOM.
V' . â 'â
Que fera Vamitié quand Tamour ne peut rien ?
(La Chaussée.)
De quoi n'est pas .capable une amante adorée?
(Piron.)
...Quand Tamour rĂšgne avec violence,
Que peut Ăźa faible voix de la reconnaissance?
(Longepierre,)
Mais que sert un long rĂšgne, Ă moins qĂŒil ne soit
(Boursault.) [beau?
AVEC UN PRONOM;
Le cĆtir des malheureux est-Al fait pour Tamour?
. . (Decaux.)
La mort esUelĂźe un mal ? La vie est-elle un bien ?
(CRĂBILLONi)
Ah! pourquoi Vhomme libre a-t-il créé des rois,-
Si ce nëst pour défendre et protéger ses droits?
' â - (Saurin:)'
Un cĆur dĂ©naturĂ© respecte-rtM les dieux ?
(De Belloy.)
Dans les phrases interrogatives, comme on le voit, le sujet, quel qĂŒil soit, se met tou-
jouri s aprÚs le verbe. A cet égard, Girault-Duvivier nous dit : c< Employé comme sujet, le
nom ne se place aprĂšs le verbe que quand il est seul : OĂč est votre pĂšre? Mais il conservĂ©
sa place avant le verbe, si le pronom correspondant doit marquer Tinterrogation: OĂč
votre pĂšre est-il? « Quant au fait en lui-mĂȘme, il est vrai ; il nây a erreur que dans la maÂŹ
niĂšre dĂ«nvisager les deux constructions. Dans la premiĂšre, oĂč est votre pĂšre? votre pĂšre,
voilĂ le sujet; dans la seconde, ad contraire, oĂŒ votre pĂšre est-il? le seul sujet est il;
car nous avons dĂ©montrĂ©, dans des phrases analogues, que t?o/re pcre ne pouvait ĂȘtre
que lĂ«lĂ©ment dâune proposition elliptique. Ypyez au chapitre des Pronoms.
EXERCĂCĂ PHRASĂOLOGIQUE.
OĂč est votre domicile?
Votre domicile oĂč est-il?
Pourquoi yen&it cette fpmme? Pourquoi cette femme venait-elle?
DXXII.
PLACE DĂŒ SĂŒJET BANS LES PHRASES INTERJETĂES.
9 , , * e -, # r-,
Heureux, disait Mentor, le peuple qui est conÂŹ
duit par un sage roi |
(Fénelon.)
Que jâai pitiĂ© de yous I rĂ©pondit Mentor : votre
passion est si furieuBe que yous ne la sentez pas/
(W
Quoi donc! répondit Télémaque, pouvais-je re
fuser à Calypso de lui raconter nës malheurs ?
(Fénelon.)
O fils d'Ulysse 1 me dit Aceste, je ne puis refuÂŹ
ser votre sang aux mĂąnes de tant de Troyens.
* â m
( 604 )
Lorsque Ton rapporte les paroles de quelquâun, et que dans une phrase interjetĂ©e on
exprime le nom de la personne, le sujet de cette phrase se place toujours aprĂšs le verbe :
Disait Mentor, répondit Télémaque, etc., sont des phrases interjetées, ainsi appelées
parce qĂŒelles se trouvent enchĂąssĂ©es dans une autre et qĂŒelles y forment une incise.
CoQtiotuit cet homme.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
[nteiTOispU quelquâun. Reprit cette personne.
Objecta mon pĂšre.
N° DXXIII.
PLACE DU SUJET APRĂS UN VEBBE AU SUBJONCTIF.
Vive ßa liberté! périssent les tyrans!
(COLABDEAU.)
Vivent les collĂšges, dâoĂč lâon sort si habile hommel
(MoliĂšre.)
PĂ©risse Ăźe mortel, pĂ©risse le cĆur bas.
Qui, portant dans ses mains le destin des états.
Plein des vils sentiments que lâintĂ©rĂȘt inspire,
Immole Ă sa grandeur le salut d'un empire I
(Saurin.)
...Puisse ce jour ne pas apprendre Ă Rome
Tout ce que peut coĂ»ter la perte dâun grand hommel
(La Harpe.)
Puissent les dieux vous conserver Ă nos enfants,
et leur faire sentir la joie devivresous un si bon pĂȘrel
(Fénelon.)
Périssent les beautés aux empires fatales,
Qui, de nobles vertus indignement rivales.
Plongent les jours des rois dans ToubU flétrissant.
Et nâosent sâillustrer qĂŒen les avilissant l
(Poinsinet.)
f
Périssent à jamais ces beautés malheureuses.
Qui, loin de tempérer les rigueurs du pouvoir,
Des peuples suppliants osent trahir lâespoir I
(Langue.)
Quand on exprime un souhait, un désir, une volonté, et que le verbe exprimant ce
souhait, ce désir, cette volonté, est sous-entendu, dans ce qas, le verbe qui est au sub
jonctif précÚde toujours son sujet, comme dans les .exemples ci-dessus : Vive la liberté !
périssent les tyrans l etc., cëst-à -dire je désire, je veux que la liberté vive, que les
tyrans périssent, etc. Mais quelle différence entre la construction pleine et la construc
tion elliptique 1 Lâune est faible et sans action sur les esprits; lâautre, au contraire, par
sa concision, a tant de force, tant dâĂ©nergie, quĂ«lle est capable de soulever les plus
grandes passions, ^
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Vivent les bonnes gens ! PÚi-isscntles méchants ! ' Fasse le ciel que...
Puisse la France..,
Nâ DXXĂV.
i
PLACE DU SUJET DANS LES PHRASES COMMENĂANT PAR tel, ainsi, voĂŒĂ comment,
voilĂ quel, etc.
Tel esf d'un cĆur Ă©pris l'aveuglement extrĂȘme,
Il se fait un plaisir de sâabuser lui-mĂȘme.
(Lefuanc.)
Des plus tendres amants voilĂ quel est le sort!
Toujours leur passion trouve un injuste obstacle;
Et pour les rendre heureux il faut quelque miracle.
(Destoucues.)
â Je sais quel est le peuple : on le change en un jour ;
11 prodigue aisément sa haine et son amour.
(VOLTAIttO.)
Tel est du préjugé le pouvoir ordfnai're,
H soumet aisément le crédule vulgaire.
(Lefranc.)
Telle est la multitude, et sans frein et sans lois.
Injuste, sans pudeur et sans remords ingrate,
EUe hait qui la sert, et chérit qui la flatte.
(La Harpe.)
VoilĂ ce Ă§ĂŒenfreprtf sainte ThĂ©rĂšse, ouvrage
plein de difticuUés qui paraissaient insurmontables
(Fléchier.)
( ti05 )
Dans les phrases commençant par tel, ainsi, voilà comment, voilà quel, etc., le sujet
se place aprĂšs le verbe.
Tel est l'osiĂg**
Pe lĂ eat vesa ce broh.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ainsi finĂźt cette rixe. VoilĂ comme se termine ce drame. VoilĂ quels sont ses prindpM.
D'oĂč est venu un pareil conte ? VoilĂ comment agissent ces Iriponi. Ainsi va le monde*
CONSTRUCTION.
'âąÂ«^83 Nâ DXXV. 0^se«©e~-
ELLIPSE OD REPETITION DU SUJET.
ELLIPSE PU SUJET.
Vhomme sâincline, sâagenouille, rampe, glisse,
nage, se renverse en arc, fait la roue sur les pieds
et sur les mains, se met en boule, court, marche,
saute, sâĂ©lance, descend, monte, grimpe, Ă«t est Ă©gaÂŹ
lement propre Ă gravir au sommet des rochers et Ă
marcher sur la surface des neiges, Ă traverser les
fleuves et les forĂȘts, Ă cueillir la mousse des fonÂŹ
taines et le fruit des palmiers; Ă nourrir Tabeille
et à dompter Téléphant.
(BĂšrn. PE Saint-PieiĂre.)
répétition PU SUJET.
VĂ©tat dâun roi est bien malheureux. Il est lĂ«s-
clave de tous ceux auxquels il paraĂźt commander;
il est fait pour eux ; il se doit tout entier Ă eux ;
il est chargĂ© de tous leurs besoins; t7 est lâhomme
de tout le peuple et de chacun en particulier. Il
faut quâ»7 sâaccommode Ă leurs faiblesses, quâi7 les
corrige en pĂšre, quât7 les rende sages et heureux,
(Fénelon.)
Il se lÚve, il regarde, U voit de tous cÎtés
Courir des assassins à pas précipités.
(Voltaire.)
Ces citations suffisent pour dĂ©montrer qĂŒil est permis dâexprimer ou de sous-entendre
le sujet devant chaque verbe, selon les circonstances. Si on le sous-entend, comme lâa
fait Bernardin de Saint-Pierre, la marche du discours en devient alors plus rapide; si,
au contraire, on le répÚte, comme dans les exemples de Fénelon et de Voltaire, cette ré
pétition rend à la fois la phrase el la pensée plus énergiques.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQ UE.
Les animaux boivent, mangent, dorment, et n'ont aucun soucĂź.
La femme que je connais est pleine de talents : elle peint, elle brode,
et elle touche du piano.
DXXVI.
VERBE SĂPARĂ DE SON SUJET PAR UNE PuĂaSE INCIDENTE.
Peuf-ĂȘtiâE un malheureux, mourant sur son fumier,
Du dernier des humains deviendrait \q premier, ^
(Delille.)
Le ciel en divisant la France et VAngleterre,
Sauve la liberté du reste de la terre.
(De Bellot.)
la terreur comprimant VhonnĂȘte homme abattu.
SÚche rhuma-nité, fait taire la vertu. (Cuénier.)
«
La raison d'aujourdâhui, semanf pour lâavenir.
Versant ds tous cÎtés sa lumiÚre féconde.
Vaincra les préjugés, ces vieux tyrans du monde.
Ud.)
Quand un verbe est séparé de son sujet par une phrase incidente, comme dans les
exemples qui précÚdent, il faut avçir "soin, tant en prose quën vers, de ne pas lui en
( 606 )
donner ĂŒh second. DâaprĂšs cette rĂšgle, hây aurĂ it-il pas ĂŒnĂš faute dans ce jpassĂ gĂ© de la
Henriade : '
Louis, en ce gapment; prenant #oĂź> diadĂšpie,
Sur le front du vainqueur t*ÂŁ le posa lui-mĂŽme,
<( Si le poĂšte, dit Besçherj avait besoin dâun mot de trois syllabes pour faire son vers,
ne pouvait-il pas dire : le dĂ©posa lui-mĂȘme, sans se servir de ĂŒ, qui semble superflu et
donne une redondance nuisible à la clarté du sens?
Nous rĂ©pondons que, dans les phrases un peu longues, lorsque lâidĂ©e du sujet Ă©noncĂ©
dâabord commence Ă sâaffaiblir, jeg aufeurs peuvent le rappeler par il ou elle, relever
ainsi lâexpression, et lui donner de la vigueur. Louis plaça lui-mĂ©me le diadĂšme; il
nâemploya pas une main Ă©trangĂšre.: rien de plus convenable que le pronom il ppur .
rendre cette idée, qui dÎtriißie dà nsiouté là phrasé.
Nous trouvons dans Buffon un exemple de la rĂ©pĂ©tition dâun mĂȘme sujet sous une
double forme : '
La terre Ă©tant partout en friche, et couverte, dans toute son Ă©tendue, dâherbes grossiĂšres, Ă©paisses et
touffues, elle ue sâĂ©chauffe, nĂ© se sĂšche jamais.
Pour quel Ăźhotif rejeter de la langue cette maniĂšre de sâexprimer, qui lui, est nĂ©cesÂŹ
saire ? Il ne' faudrait pourtant pas eh abuser. »
. Cette opinion de Bescher est conforme Ă celle que nous avons Ă©mise aĂŒ chapitre des
Pronoms personnels. Nous ne pouvons mieux faire que dây renvoyer le lecteur ; il verra Ă
quelle analyse sont soumises ces phrà ses en apparence si irréguliÚres.
EXĂRCICE, PBRĂ^ĂOLOGĂQiJĂ,
Cet homme; ptenant son tç mit stir sa tĂȘte:
Le roi, ayant vaincu ses eoocmis, leur pardonna.
ĂnĂ©e, chargeant son pĂšre et ses dieux pĂ©nates siir son dos, soi tit de
Troie. '
«
N" BXXVII.
* * *
RĂĂĂtltiON OD ELLIPSE Dtl VERBE, QUAND LES SUJETS SONT DE MĂME NĂMBBE.
VERBE RĂPĂTĂ.
Vespérance anime le courage, la crairUp anime
lâactivitĂ©. (EdgĂ©worth.)
Vinquiétude des déserts produit la curiosité,
lâinconstance; le vide des turbulents plaisirs proÂŹ
duit Tennui. Rousseau.)
La fiertĂ© du cĆur est Tattribut des honnĂȘtes gens ;
la fierté des maniÚres est celle des sots; la fierté
de la naissance et du rang est souvent la fierté des
dupes. (Duclos.)
VERBE ĂLLIFSĂ.
On/âofpnne les plantes par la culture, et les homÂŹ
mes par Tédûcùtion, (J.-J. Rousseau.)
La constance vient de la stabilité du caractÚre,
comme Vinconstance de la légÚreté. (Livnv.)
Lâimposture esf le masque de lĂ vĂ©ritĂ© : la fausÂŹ
seté, une imposture naturelle; la dissimulation,
une imposture réfléchie; la fourberie, une impos
ture qui veut nuire; la duplicité; une imposture
qui a deux faces.' (Vauvenargues.)
DâaprĂšs ces exemples, on voit quâil est des phrases oĂč, lorsque ies sujets sont de mĂȘme'
nombre, bn peut rĂ©pĂ©ter le verbe, et qĂŒil en est dâautres oĂč lâon peut le sous-enteudi e.V
A cet Ă©gard, il nây a de rĂšgle Ă suivre que le goĂ»t, lâĂ©lĂ©gance et la clartĂ©.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
s.
La route des précepies est longue; celle des exemples est plus Le travail conduit à lu piospéiïié, la paresse a la misÚre. *
courte et plus sûre. . Les livrés anciens sont pour les auteurs, les nouveaux ^>our tes lac-
L'hommc est uu ĂȘtre raisonnable, Tanimal est un Ă©tro sans raison. leurs.
(.6.07)
N° DXXVIII. -
RĂPĂTITION OU ELLIPSE DĂŒ VERBE QUAND LES SUJETS NE SONT PAS DE MĂME
NOMBRE.
TĂRBB RĂPĂTĂ*
La prĂ©sence dâesprit, la pĂ©nĂ©tration, les Ă bseii>a-
tià fis fines, sont la science ides femmes; Vhahilété dé
sën prévaloir est leur talent. (J.-J. Rousseau.)
La conscience est la voix dé Tùme, les passions
sont la voix du corps. \(4*)
Son culte est avili, sa» lois sont profanées.
(Gilbert.)
VEĂ BĂ ĂLLiPSĂ.'
La vie nous parait courte, ét les heures longues ;
nous voudrions allonger la chaßne et rétrécir les
anneaux. (Pensée d'AppissoN.)
Son regard est brûlant, ses pas désordonnés,
Ses^ chants sont la nature, et son poĂšme un monde.
(Delille.)
Tousrégnez;Xoi^fas asMibire; etuos/pts florissantes.
(Voltaire.)
Oa apprend par ces exemples que lorsque les propositions dâune phrase ont des sujets
de nombre diffĂ©rent et qĂŒelles sont toutes construites avec le mĂȘme verbe, celui-ci peut
ou non ĂȘtre ellipsĂ©. QĂčĂ«lquĂ©s grammairiens voudraient que dans ce cas on rĂ©pĂ©tĂąt touÂŹ
jours le verbe; mais, en prOse comme en vers, le besoin de précision permet de ne pas
tenir compte de cette rĂšgle.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Dans cette bataille le gĂ©nĂ©ral fut tuĂ©, et Jes troupes taillĂ©es cn Tous les mĂŽmĂ©otĂ oĂč repose sa lyre sont <Ju8 Ă FrĂ©dĂ©ric, le reste Ă
piĂšces. Tunivers.
DU COMPLĂMENT DES VERBES.
Nâ DXXIX.
DU COMPLEMENT DIRECT ET DU COMPLĂMENT INDIRECT
APRĂS LE VERBE.
Dans les malheurs publics, uu monarque économe
Doit-il prodiguer Vor aux besoins dâun seul homme ?
(De BéLloy.)
NĂš fais jĂŻOĂDt de mal au prochain;
Ji retomberai^ sur loi-mĂȘme.
âą (Du Tremblay.)
^ Met tout le monde contre 'soi
Qui fait Ăąu mal Ă tout le monde,
(Du Cerceau.)
AVANT LE VERBE.
Le malheur vainement Ă la mort nous dispose .*
On la brave de loin ; de prÚs cëst autre chose-
(J.-B. Rousseau.)
De valets ĂŽn peut se passer
Quand on est sous les yeux du maĂźtre.
(Voltaire.)
Dans la pasrion qui le guide,
-Lâhomme par lĂ raison devrait se modĂ©rer.
(Lenoble.)
\
Ces citations nous montrent :
,1Âź QĂŒun verbe peut avoir deux complĂ©ments; lâun direct, lâautre indirect. Dans pro-
digĂŒer Vor aux besoins d'un seul homme, Vor est le complĂ©ment direct, et aux besoins
Aomwe, le complément indirect.
2Âź Que ces compiĂ©ments se construisent ordinairemeui aprĂšs le verbe, comme lâindi-
( 608 )
qnent les exemples de la premiĂšre colonne; mais que, dâaprĂšs ceux de la seconde,il
peut y avoir inversion,
n suit de lĂ que Racine nâaurait pas dĂ» dire :
Ne tĂźoti# informcz'pas ce que je deviendrai.
ni Boileau: «
Cëst à vous, mon esprit, à qui je veux parler.
parce que dans le premier vers le mĂȘme verbe a deux complĂ©ments directs, vous et ce;
et que dans le second il a deux compléments indirects : à vous, à qui. Il aurait fallu :
Ne vous informez pas de ce que, etc.; c'est Ă vous que, etc. Au reste, pour cette derÂŹ
niĂšre construction, nous renvoyons au chapitre des Pronoms relatifs, oĂč cette difficultĂ© a
été traitée. '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
/ m. 0
DĂšetarer la guerre aux ennemis. ^ Donner son bien aux pauvres.
Se dépouiller de la souveraine puissance. S'honorer de l'estime des gens de bien.
âDXXX.
UN SEUL COMPLĂMENT AVEC PLUSIEURS VERBES.
PHRASES COnRECTKS.
Toujours, pour éclairer et charmer Vunivers,
La raison emprunta le prestige des vers.
(Delille.)
Qui se venge Ă demi court lui-mĂȘme Ă sa peine.
Il faut ou condamner ou couronner sa haine.
(Corneille.)
Heureux le sage roi qui connaĂźt sa faiblesse,
Et qui, laissant flécbir sa douce autorité,
Cherche, accueille, encourage, entend la vérité !
(CUĂNIEU.)
La force fonde, étend eimaintient un empire.
(Saurin.)
PHRASES VICIEUSES.
Le roi de ErancĂš avait su connaĂźtre et #e servir
de ses avantages.
⹠«i.
Le souverain créateur préside et rÚgle le mouve
ment des astres.
Un grand nombre de vaisseaux enfrenf et#orfenf
tous les mois de ce port.
ĂŻl attaqua et sâempara de la vĂ»le.
Pour quĂŒn nom puisse ĂȘtre en rapport avec^plusieurs verbes, il faut que ces verbes
appellent aprĂšs eux le mĂȘme complĂ©ment.
Ainsi les phrases de lĂ premiĂšre colonne sont correctes, parce que Ton a pu dire:
Ă©clairer, charmer Vunivers ; condamner, couronner sa haine, etc., le mĂȘme complĂ©ment
convenant Ă chaque verbe. âą
Mais les phrases de la seconde colonne sont vicieuses , en ce que les verbes demanÂŹ
dant les uns un complément direct, les autres un complément indirect, ou se construi
sant avec diffĂ©rentes prĂ©positions, Tellipse de lĂŒn des complĂ©ments ne saurait avoir lieu;
il faut, dans ce cĂżs, qĂŒils soient exprimĂ©s tous les deux. ConsĂ©quemment, ces phrases,
pour ĂȘtre correctes, devraient ĂȘtre construites ainsi: i
Le rui de France avait su connaĂźtre ses avantages et s'en servir. V
Le souverain créateur préside au mouvement des astres et le rÚgle.
Un grand nombre de vaisseaux entrent dans le port et en sortent tous les mois.
Il attaqua la ville eis'en empara.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
. Le joleil ccbaufle el «nitne toutes choses. Prenez lâargent et disposez-en.
Cette mÚre aime, adore let enfante.' Je snße eenaible à votre procédé, et j'en enis plus que eatiifait.
( 609 )
^ Nâ DXXXI.
PLACE DĂŒ COMPLĂMENT DIRECT AVANT LE COMPLĂMENT INDIRECT.
Tout le monde adore la fortune, et tout le monde
8âcn plaint. Nous attribuons ses faveurs Ă notre mé
rite, nous la rendons coupable de nos fautes,
(De SĂGUR.)
\
Le malheur ajoute un nouveau lustre Ă la gloire
des grands hommes. (Fénelon.)
LâambĂźtion, qui est prĂ©venante, sacrifie le prĂ©^
sent à Tavenir; la volupté, qui est aveugle, sacrifie
Vavenir au prĂ©sent; mais lĂ«nvie, lâavarice et les
autres passions empoisonnent le présent et Tavenir.
(Terrasson.)
Le dernier degré de la perversité est de faireser-
vir lés lois à Tinjustice. (Voltaire.)
Si un verbe a deux complĂ©ments diffĂ©rents et qĂŒils soient de mĂȘme Ă©tendue, le comÂŹ
plĂ©ment direct doit, dâaprĂšs lâordre des idĂ©es, venir avant le complĂ©ment indirect, Ă
moins cependant quâil ne faille Ă©viter une Ă©quivoque. Ainsi lâon ne dira pas: Ce phyÂŹ
sicien arrache tous ses secrets à la nature; tùchez de ramener ces esprits égarés
par la douceur, parce quâalors le sens serait Ă©quivoque ; mais on dira : Ce physicien arÂŹ
rache Ă la nature tous ses secrets ; tĂąchez de ramener par la douceur ces esprits
égarés.
On met encore le complément direct avant le complément indirect, quand le pre
mier est plus court : Préférer la mort à une honteuse servitude. (Fénelon.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il ffiut dire la vérité aax hommes.
Faites dn bien aux pauvres.
Préférez la pauvreté à la fortune acquise par des bassesses.
Donner son temps à l'étude.
Menacer les ennemis de la gnerre.
Signaler un crime Ă la vindicte publique.
Nâ DXXXII.
PLACE DĂŒ COMPLĂMENT INDIRECT AVANT LE COMPLĂMENT DIRECT.
Lërgueil et la vanité ne pardonnent pas à Vami-
Hé la connaissance quëlle acquiert de leurs fai
blesses. (Saint-Ăvrbmont.)
Les hypocrites parent des dehors de la vertu les
vices les plus honteux et les plus décriés.
(Cité par Noël.)
Les femmes sont comme les princes, souvent elles
accordent Ă VimportunitĂ© ce que la faveur nâaurait
pas obtenu. (De Lévis.).
^ Nous préférons à une heureuse médiocrité les ri
chesses , qui sont, hélas ! la source de toutes nos
infortunes. (Boinvilliebs.)
Par ces exemples on apprend que si le complĂ©ment indirect a moins dâĂ©tendue que le
complément direct, celui-ci se place alors le dernier. En général, le complément indirect
vient le premier, toutes les fois que le goût en fait une loi, et que la phrase en est plus
coulante. Exemple : Vos vaisseaux rendront à son fils un service signalé; ils répandront
dans Ithaque et dans les pays voisins le prochain retour dâUlysse. (FĂ©nelon.)
V *
' EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Piéréierà la fortaae une. vie tranquille el douce.
Donner 4 nn ami de meiUenrs conseil».
Attribuer 4 quelqu'un de» fautes quâil nâa pas commises.
Pardonner Ă quelquâun les offenses quâil nous a faites,
77
(610 )
Dxxxni.
COMPLĂMENTS DE HĂHE NATURE.
PHRASES CORRECTES.
Charlemagne aimait les lettres et la société de
ceux qui Ves cultivaient,
f (CitĂ© par NĂEt.)
Saint-LoĂŒis aitnĂ it Ă rendrĂ© lĂ justice et Ă chĂ n-
« ter les loĂŒĂąngĂȘs du Seigneur. (BoiNviLLiERs.)
Ii riâĂšSt pas nĂ©cessaire dâapprendre Ă tirer de.Varc
m Ă mafĂŒer le jdvelot. _ (JTd.j
Je vbiis souhaite du bien, et jé désire qu'il vous
profite. (Le François.)
PHRASES INCORRECTES.
Charlemagne aimait les Zeffres et Ă vivre avec
ceux qui lés cultivaient.
Saint-LoĂŒis aimait lĂ jusĂŒcĂš et Ă chanter les
louaiiges du Seigneur. ^
Il nâest pas nĂ©cessaire dâapprendre Ă tirer de
lâĂ rc, ni lĂš mariierfiĂ©rit dĂ» javelot.
JĂ© Vous souhaite du bien, et qĂčil vows profite.
Lorsquâun verbe a plusieurs complĂ©ments de mĂȘme naturej les parties qui les constiÂŹ
tuent doivent ĂȘtre semblables ; elles se composent de substantifs, de vĂŒrbĂ©s ou de prĂ©poÂŹ
sitions. Il résulte de là que les phrases de la premiÚre colonne sont correctes, et que
celles de la seconde Ă©tant vicieuses j lie doivent pas ĂȘtre imitĂ©es: On dira donc : ^limcr
LES LETTRES et LA SOCIĂTĂ DE CEUX qut Us Cultivent; apprendre attirer dĂš Varc et
A MANIER le javelot, etc.; et non : aimer les lettres et a vivre avec ceux qui les culÂŹ
tivent; appreridre a tirer de Varc et le maniement du javelot, etc.
ĂĂŻĂkciCĂ PhrasĂ©ologique.
Aimer le jeu et lâctudc.
Se plaire au spectacle et Ă la promenade*.
Aimer Ă chasser et Ă monter Ă cheval.
Condamner Ă Tamende et Ăą la prison.
Jccrois'que vos raisons Sont excellentes et que vous le conv.nin-
ctcz.
Je vous rĂ©ponds de votre libertĂ©, et je vous assure que vous nâanrcx
aucune crainte Ă avoir.
âW DXXXIV.
VERBES QUI ONT FOUR COMPLĂMENT UN AĂTKE VERBE A lâiNFINITIF.
H nây a rien que les hommes aiment mieux conÂŹ
server, et qĂŒils mĂ©nagent moins que leur propre vie.
(La ErutĂšre.)
Je ne condamne plus un courroux légitime ; -
, Et Ton vous va, seigiieĂŒf, Hbfer votre victime.
(RAciNEi) â
LĂšs grands ne croient ĂȘtre nĂ©s que pBĂŒr eut-mĂŽ-
meé. (Massillon:)
JĂ©ptĂ©thnds voĂŒs ir'aitĂšr comme mbri propre fils.
(Racine.)
... On ne voit guĂšre
Les hommes; en ce siĂšcle; accueillir la misĂšre.
(PlRON.>
Je «eni de jour eh jour dépérir mon génie.
(BOĂEAt.)
Jâaime mieux voir en compagnie exquise
Mou lils au bal qĂŒen mauvaise Ă TĂ©glise.
(J.-B. Rousseau.)
Et le Rhin de ses flots tra grossir la Loire,
Avdnt tiĂŒĂš les fĂąVedfs sbherit^de ma mĂ©moire.
(Boileau.)
Un seul jdiir petdu devrait nous, donner des reÂŹ
grets. (ĂąlASSiLLĂN.)
Câest lui quĂ© \ĂšprĂ©tendĂ© honorĂ©r aujourdâhui.
(Racine.) .
yéulez-vous du public mériter les amours?
Sans cesse, en écrivant, variez vos discours.
' . (Boileau.)
Je senfts tout mon corps et transir et hrûler.
(Racine.)
w â
Il est de» verbes qui peuvent avoir pour complĂ©ment un autrĂ« verbe a lâinfinitif, Ă«t ce
sans le secours dâune prĂ©position : tels sont aimer mieux, aller, croire, prĂ©tendre, voir,
Sentir, etc. Lâusage les fera connaĂźtre; U fera connaĂźtre aussi parmi ces verbes ceux qui
quelquefois prennent lâune des prĂ©positions Ă ou de. EspĂ©rer, souhaiter, par exemple, se
constriiisĂ©nt avec oĂč sans la prĂ©positibn de.
{ 611 )
SANS de.
.âą.yespĂ©rĂ iĂȘ y rĂ©gner sans effroi.
(Boileau.)
11 ne souhaitait ĂȘtre son collĂšgue que pour ĂȘtre
son disciplĂȘ. (Vertot.)
AVEC de.
PeutMin Ă©spĂ©reir dĂ© voĂŒs revoir aujourd'hui Ăź
(Académie.)
Il souhaitait avec passion de sâemparer de sa
personne et de ses trésors. (Bollin.)
Girault-Duvivier pense que ce serait une faute de ne pas faire suivre toujours de la
préposition de le verbe espérer quand il est à rinfinitif. Voici entre inillé,uri éxétople
du contraire :
Quand dÎis-jé donc espérer vous vd/f V (Voltaire.)
* *
«On peut juger par lĂ combien il faut ĂȘtre incessamment Ă©h gardĂ© contre lĂšs.dĂ«ciBions
des grammairiens, ihĂȘmĂ« sĂ»r les choses lĂšs plus simplĂ©s:
ĂXĂnClÚà PBRASĂOLOGIQĂE.
» 1
Compter voir quelquâun.
Daigner parler Ă qaĂ«lquânn.
Devoir faire quelque cnosç:
Entendre nommer quelquâun.
Faire foire quelque chose.
Faire taire quelqu'un.
Laisser fotrĂ« quĂąqĂŒ'tĂźQ.
Venir dire quelque cHbsé.
Penser voir quelque cituse.
Pouvoir faire quelque chose.
Prétendre parler.
Savoir écrire.*
Sembler voir. ^
Sâimaginer ĂȘtre.
Valoir mieux te taire.
.Voir souffrir..
Vouloir travailler.
Aller voir quelquâun.
ParaĂźtre avoir.
Ăimer mieux rester.
Nâ DXXXV.
VERBES QUI EXiGĂNT LĂ- 'pjSĂPĂSiTiOĂT Ă DĂVĂNT ĂN ĂOTRE VĂRBE A lâiNFIOTTIF,
Lâhonneur, 1& probitĂ©, le sens et la raison.
Demandent qĂŒon sâapplique avec attention
A remplir sĂ©s devoirs, Ă tiĂ© riĂŒii*Ă« Ă personne.
(Voltaire.)
Les mourants qui parlent dans leurs testaments
peuvent sâĂ iiendre Ă ĂȘtre Ă©coutĂ©s comme des oraÂŹ
cles. (La BruyĂšre.)
La religion ĂŒa pas, comme la philosophie, bornĂ©
toute sa gloire Ă essayer de former un sage dans
chaque siÚcle; elle en a peuplé toutes les villes.
(Massillon.)
Dieu se complaĂźt, ma fille, Ă voir du haut des cieux
Ces grands combats dâun cĆur sensible et vertueux.
(Voltaire.)
Il y a dans certains hommes une certaine mé
diocrité d'esprit qui confrtdtie à les rendre sages.
(LaBrutĂšrk.)
Tel excelle Ă rimer qui juge sottement.
(Boileau.)
La religion nous apprend ù obéir aux puissances,
Ă respecter iibs maĂźtres, Ă souffrir nos Ă©gaux, Ă ĂȘtre
affable envers nos inférieurs, à aimer tous les hom
mes oommĂš nous-mĂȘmes. (Massillon.)
Nous nâauons jamais quâun moment a uivre, et
nous avons toujours des espérances pour plusieurs
années, (Fénelon.)
Lâhomme dĂŒ meilleur esprit parle peu. nâĂ©crit
point ; il ne cherche point d imaginer ni d plaire.
(La BruyĂšre.)
La libĂ©ralitĂ© consiste moins Ă donner quâd donÂŹ
ner Ă propos.
Ud.)
- Il y a dans le cĆur de celui qui prie un fonds de
bonne volonté qui le disposé à embrasser Út d sen
tir là vérité. (Flécuier.)
Qui pardonne aisĂ©ment invite Ă lâoffenseri
(Corneille.)
/
11 y a dĂšs verbĂ©^ gĂči ĂšxigĂ©ht lĂ prĂ©position Ă , lorsquâils sont suivis dâun autre verbe Ă
lâinfinitif; tels sont ceux qui figurent dans l'exercice suivant
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
.Sâabaisser.
S'abandonner.
Aspirer.
Avilir.
Condamner.
Donner.^
Emplovcr,
ExceUer.
Héaitor*
Aboutir.,
Accoutnmer.
Assigner.
âą Avoir,
Consentir.
Désapprendre.
Sâamifoer.
Exciter.
Inviter.
Sâacbavner.
Sâadonner.
Assujettir.
Balancer.
Consister,
Déterminer.
Encourager.
Vouer.'
Manquer*
Aimer;
S'attacher.
Se borner.
Conspirer.
Dévouer,
Sâenhardir.
Exposer.
Mettre.
SâĂ©vertuer.
S'animer,
Sâappliquer.
Sâattendre.
Chercher.
Décider.
Disperset.
Enseigner.
Former.
Montrer. .
Apprendre.
ApprĂȘter.
Autoriser.
Concourir.
Demander.
Dresser.
SâĂ©tadiftr;
Habituer.
Nécesiiier.
(612)
N" DXXXtI.
VEBBSS QUI EXIGENT LA PRĂPOSITION de DEVANT UN AUTRE VERBE A lâiNFINITIF.
On croit faire grĂące Ă des malheureux quand on
nâtiekĂšve pas de les opprimer. (FlĂ©chier.)
^ On ne sĂ«st jamais peut-ĂȘtre avisĂ© de sâaffliger de
nâavoir pas trois yeux, mais on est inconsolable de -
nĂ«n avoir quĂŒn. (Pascal.)
Sans cesse on prend le masque, et quittant la nature,
On craint de se montrer sous sa propre figure.
(BoileaĂŒ.) .
Le timide chevreuil ne songeait plus Ă fuir.
Et le daim si lĂ©ger sâĂ©tonnait de Zangwir.
(Delille.)
Un auteur nëst jamais parfait
Quand il nĂ©glige dâĂȘtre aimable.
(Bernis.)
Recommandes Ă vos enfants de fuir le vice, dâaiÂŹ
mer la vertu. (AcAnĂMiE.)
Nous affectons souvent de louer avec exagération
des hommes assez médiocres. (La BruyÚre.)
Tant quâAlexandre eut en tĂȘte un si grand capiÂŹ
taine, il put se glorifier dâavoir vaincu un ennemi
digne de lui. (Bossuet.)
Le ciel protÚge Troie; et par trop de présages
Son courroux nous dĂ©fend dâen cher cher les passages,
(Racine.)
ĂŒn vers Ă©tait trop faible, et vous le rendez dur.
JâĂ©vite dâĂȘtre long, et je deviens obscur.
(Boileau.)
Des maux que nous craignons pourquoi nous assurer?
Lâincertitude au moins nous permet dâespĂ©rer.
(Racine fils.)
ĂŻl faut rougir de commettre des fautes et non de
les avouer, ' « (Voltaire.)
Certains verbes prennent la prĂ©position de, lorsquâils sont suivis dâun autre verbe Ă
lâinfinitif ; tels sont entre autres ceux qui se trouvent dĂ©signĂ©s CMprĂšs :
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
S'abstenir.
Appréhender.
Charger.
Craindre.
Délibérer.
Déserter. _
Dispenser.
S'enorgaeillir.
Sâexcuser.
Accuser.
Avertir.
Commander.
Ordonner.
Se dĂ©pĂȘcher.
Détourner.
Dissuader.
Enrager.
Sâexempter.
Achever,
Sâaviser.
Conjnrer.
Dédaigner.
Désa ccoutn mer.
Différer.
Se douter.
Entreprendre.
Ăviter.
Affecter.
BlĂąmer.
Conseiller.
Sc dédire.
Désespérer.
Dire.
Ăpargner,
Feindre.
Négliger.
Sâaffliger.
Brûler.
Se contenter.
Défendre.
Se déshabituer.
Discontinuer.
EmpĂȘcher.
Essayer.
Se féliciter.
Ambitionner.
Cesser.
Convenir.
Désirer.
Se désister.
Disconvenir.
Enjoindre.
SâĂ©tonner,
Frémir.
Nâ DXXXVII.
VEBBES qui prennent la préposition à OU de devant un autre VERBE A
lâinfinitif.
Je commence ù rougir de mon oisiveté.
(Racine.)
Pourquoi conftnwer Ă vivre pour ĂȘtre chagrin de
tout, et pour blĂąmer tout depuis le matin jusqu'au
soir? ' (Fénelon.)
Laissez-moi mâefforcer, cruel, Ă vous haĂŻr.
(Voltaire.)
Il a fallu une loi pour régler lëxtérieur de Ta-
vocat et le contraindre ainsi Ă ĂȘtre grave et plus
respecté. [La BruyÚre.)
Forces votre pĂšre Ă rĂ©voquer ses vĆux.
, (Racine.)
Câest h mon tour Ă parler.
(AcadémiÚ.)
Tout lĂŒnivers
S'empresse Ă l'effacer de votre souvenir.
(Racine.)
Puisque }âai commencĂ© de rompre le silence.
(Râacine.)
Quoique jâaie Ă me plaindre de madame, je conÂŹ
tinue de la voir, elle conftnwe de mâĂ©crire.
[Td.)
Ah! Ton sâefforce en vain de me fermer la bouche.
{Id.)
, Deux horribles naufrages contraignirent les RoÂŹ
mains dâabandonner Tempire de la mer aux CarthaÂŹ
ginois. (Bossuet.)
Ce dernier jour oĂ» la mort nous forcera de con~
fesser toutes nos erreurs. {Id.)
Câest Ă moi dâobĂ©ir, puisque vous commandez.
(Corneille.)
Vos gĂ©nĂ©reuses mains sâempressent d^effacer
Les larmes que le ciel me condamne Ă verser.
(Voltaire*)
( 613 )
Ainsi que le montrent ces citations^ plusieurs verbes prennent indifféremment, et sans
changer de signification, la prĂ©position Ă ou de, quand ils sont suivis dâun verbe Ă lâinÂŹ
finitif. Dans lâemploi de ces prĂ©positions, ce nâest que le goĂ»t, ce nĂ«st que lâoreille qĂŒil
faut consulter.
Quelques grammairiens, il est vrai, ont imaginĂ© des cas oĂč lâon doit se servir, tantĂŽt
de la prĂ©position Ă , tantĂŽt de la prĂ©position de ; mais ce qĂŒils ont dit Ă cet Ă©gard tĂ©moiÂŹ
gne plutÎt de la chaleur dë leur zÚle que de la solidité de leurs raisons. En effet, écou
tons un instant leurs graves et doctes dĂ©bats sur le verbe ĂȘtre joint au mot ce; il nâesl
vraiment pas peu curieux de voir ces messieurs aux prises.
Les uns veulent que lâon prĂ©fĂšre de, quand le verbe Ă lâinfinitif commence par une
voyelle; dâaprĂšs cela, il faut dire : cest Ă nous d'obĂ©ir, et non pas : c'est Ă nous Ă obĂ©ir.
Les autres prĂ©tendent quâon doit employer cest Ă vous Ă , toutes les fois qĂŒon exprime
une idĂ©e de tour : c'est Ă votre tour Ă parler; et c'est Ă vous de, lorsquâon fait entendre
une idée de droit ou de devoir; c'est au maßtre de parler, et au disciple d'écouter.
Enfin Laveaux, descendant dans la lice, veut qĂŒon mette Ă , quand il sâagit dâune acÂŹ
tion à faire par le sujet, et de, si le sujet est dans un état pasisif. Suivant Ini, on doit dire:
c'est au maßtre à parler et au disciple d'écouter.
On le voit, ici comme ailleurs, les grammairiens ne sont guĂšre dâaccord entre eux, et
ce qĂŒil y a de singulier, câest que chacun pĂšche dans son opinion : aussi ne doit-on se
ranger Ă aucune : Iliacos intrĂ muros peccatur et extrĂ . Nous viderons ce conflit, nous,
en disant : Employez lâune ou lâautre construction, car lâune ou lâautre est au libre choix
de celui qui parle ou qui écrit.
Les exemples qui suivent en font foi :
Cest Ă vous Ă .
Câest Ă la mi Ăźque Ă ponctuer les paroles,
(JT.-J. Rousseau.) '
Ce nâest pas aux militaires Ă prendre garde :
échappe qui peut, on tire toujours.
(Lemontey.)
S'il arrivait qĂŒon leur intentĂąt quelque procĂšs,
câĂ©tait au patron Ă dĂ©fendre ses clients et Ă plaider
pour eux. (Rollin.)
Cet homme avait un fils de dix-huit ans, né para-
^ lytique et imbĂ©cile : Dieu me Ta donnĂ©, dit-il, câest
Ă moi Ă en prendre soin.
(Bern. de Saint-Pierre,)
Câest Ă vous de.
Câest au copiste de rapprocher ces deux termes le
plus quâil est possible. (J.-J. Rousseau.)
Oiseau jaloux et qui devrais te taire,
Est-ce Ă toi dâenvier la voix du rossignol ?
(La Fontaine.,
.... Câest Ă toi de prouver
Si ce que tu ravis tu le sais conserver.
(Racine.)
Vous attaque-t-on sur le style, ne répondez ja
mais ; câest Ă votre ouvrage seul de rĂ©pondre.
(Voltairb.ĂŻ
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Commencer.
Essayer.
Se résoudre.
Câest Ă moi de.
Consentir.
Forcer.
Sâennnyer.
C'est Ă TOUS Ă .
Continuer.
Se hasarder.
Solliciter.
Cest Ă lui de.
Contraindre.
Obliger.
TĂącher.
Câest Ă nous Ă .
Sâefforcer,
Sâoccuper.
Tarder.
Câest Ă nous de.
Engager.
Refuser.
Se tuer.
Câest Ă eux k.
DXXXYIĂL
PARTICIPES DONT LE COMPLĂMENT EST PRĂCĂDĂ DE LA PRĂPOSITION de OD par.
AVEC de.
%
Nous sommes moins offensés du mépris des sots,
que dâĂȘtre mĂ©diocrement estimĂ©s des gens dâesprit,
^ f(VAUVENARGUES.)
LĂ«n gagne Ă mourir dâĂȘtre louĂ©s de ceux qui
nous survivent, souvent sans autre mérite que celui
de n'ĂȘtre plus. Le mĂȘme Ă©loge sert alors pour Caton
cl, pour Pison. (La BrĂŒtĂšbe.)
. AVEC par.
La poudre à canon fut inventée, dit-on, par ?
cordelier Berthold Sohwartz, vers la fin du treiziĂšme
siÚcle. (Lévizac.)
Les caractĂšres les plus doux, lorsquâils sont perÂŹ
sécutés PAR rtiÿwsftce, deviennent souvent les plus
intraitables. (Pensée de Richardson.)
Les Gaules furent conquises par César.
(Wailly.)
( eu )
Il y a des participes dont le complément est précédé de la préposition de ou por. C'est
la nature de lâaction exprimĂ©e par le verbe qui dĂ©termine le choix de lâune ou de lâautre,
A ce sujet voici la rÚgle posée par les grammairiens.
Sâagit-il dâun sentiment, dâune passion, ou, pour tout dire, dâune opĂ©ration de lâĂąme,
employez la préposition de: Il est chéri de ses parents ; les méchants sont détestés de tout
le monde, etc.
Est-il question, au contraire, non dâune passion, dâun sentiment, mais dâune action Ă
laquelle lâesprit ou le corps a seul part, faites usage de la'prĂ©position par: Le premier roÂŹ
man français en lettres a été composé par madame de Graffigny ; Henri IV fut assassiné
PAR un fanatique, etc..
Il sâen faut bien que cette rĂšgle soit toujours observĂ©e par les Ă©crivains, tant poĂštes
que prosateurs, car si lâon peut citer beaucoup dâexemples Ă lâappui, les exemples con-
traires ne manquent pas non plus; en sorte que ce nâest guĂšre que lâusage qui puisse ici
faire loi. On sâen convaincra par les citations suivantes :
Vaincu DĂŒ pouvoir de vos charmes.
(Racine.)
Et Dâuf» sceptre de fer veut ĂȘtre gouvernĂ©, [Id.)
Ja suis vaincu du temps ; je cĂšde Ă scs outrages.
(Malherbe.)
Je sais qĂŒil m'appartient, oe trĂŽne oĂč tu te sieds,
Que c'est Ă moi dây voir tout le monde Ă mes [lieds ;
Mais comme il est encor teint du sang de mon pĂšre,
S'il nëst lavé 'DU tien, il ne saurait me plaire,
(Corneille.)
On nëst méprisé par les autres que lorsqu'on a
commencĂ© par se mĂ©priser soi-mĂȘme.
^ (PensĂ©e de SĂ©nĂ«qĂŒe.)
D|eu et les rois sont mal loués et mal servis par
Ăźes ignorants, (Voltaire.)
Si vous avez été offensé par un lùche, soyez sûr
qĂŒil voudra Ă©ternellement votre perte.
(De Lévis.)
La flatterie grossiÚre offense un homme délicat au
lieu de lui plaire, et elle est ordinairement punie
par le mépris. (Fontenelle.)
Suivant la rĂšgle des grammairiens, il aurait fallu de dans les exemples de la premiĂšre
colonne, et par dans ceux de la seconde. âą â
Voltaire, qpi a blĂąmĂ© Corneille pour ayoir dit lavĂ© du Hen, a commis la mĂȘme faute
dans ces vers de Mérope :
Quelle est donc cette tombe en ces lieux éleyée,
Que jâai vue de vos pleurs en ce moment lavĂ©e?
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ătra aimĂ© de quelquâun.
Etre bonorĂȘ de quelqu'un.
Ătre bai de quelqu'un.
Ătre adorĂ© de quelquâun.
0
};:tre battu par quelquâun.
Ătre vengĂ© par quelquâun.
ftre maltraitĂ© par quelquâun,
tre tiattĂ© par quelquâun.
Nâ DXXXIX.
VERBES DONT LA SIGNIFICATION CHANGE SUIVANT LEUR COMPLEMENT,
OTTBliiBR A.
' ' En ne lisant jamais dn oublie à méditer.
(Académie.)
AICBR QĂBLQĂUN.
t Aider un malheureux de sa bourse.
' ,(M.)
*
ATTEINDRE QUELQUE CHOSE.
ĂźL'homme et son imagination ne peuvent atteindre
^Ă onheur que dans les cieux,
(Boiste.)
OUBLIER DB.
J*ai oublié de faire cette visite.
AIDER A quelqu'un.
* \
Aider Ă cet Aomme Ă se relever.
(Laveaux.)
(ĂCADĂfinE.)
ATTEINDRE X QUELQUE CHOSE.
Il vaut mieux exceller dans le médiocre, quo de
s'égarer en voulant atteindre au grand, au sublime.
(LaBrutërb.)
(615 )
CROIRE QUELQUE CHOSE.
Impie I tu ne croyais pas la religion.
(Fénelon.)
COMPARER A.
Comparons les oeuvres delĂ nature auĆ ouvragĂ©s
de Thomme.
(Buffon.)
CROIRE A QUELQUE ĂHpSB.
... O ciel ! qu'on doit peu croire
Aux dehors imposants des humaines vertus.
(Gresset*)
COMPARER AVEC.
Que Ton compare la docilité, la soumission du
chien avec la fierté et la férocité du tigre.
(Buffon.)
Il est des verbes dont la signification change selon lenr complément ; nous nous bor
nerons Ă en rapporter quelques-uns dans Texercice qui suit; car cet objet est moins du
domaine de la grammaire que du ressort des dictionnaires, auxquels ; dâailleurs, nous
renvoyons.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Aiosa qnel(]n'un, cĂ«st lâassister,
Appucbta quelquâun,,câest battre des mains pour lui tĂ©moigner son
approbation.
ArrsiifnRB signifie'Ă©galer, toucher, quâil y oit ou non difficultĂ© Ă
vaincre.
IirsuLTsa quelquâun, c'est Ini dire des paroles insultantes.
OuoLisa A, câest ne plus savoir, ,
Rktkahchbh a, câest priver quelquâun Je quelque chose : retraw-
caea la vis a un malade.
Ne servir a rien éveille ane idée de nullité relative.
SupplĂ©er quelquâun, câest le remplacer; supplĂ©er quelque chose,
câest le remplacer ou ajouter ce qui manque.
Croire une chote, câest lâestimer vĂ©ritable.
CoMPASBR A, se dit lorsque le rapport de la comparaison doit ĂȘtre
un rapport de ressemblance.
Aider a quelquâun, câest partager sa fatjgue, ses son travail.
^PLAUDtR A quelquâun, câest le fĂ©liciter du tnccrĂ , des moyens
quâil a employĂ©s pour faire une chose. â * *"â ' < * ; â '
Atteindre a suppose toujours un obstacle Ă sur^opjer.
Insttlter a quelqnâan, câest manquer aux Ă©gards qui loi sont-dos :
NâiNSULTBZ pas aux MALnEURECx!
Oublier de, cëst ne plus sc rappeler.
BoTRANcnER DE, câcst diminuer^ ĂŽter quelque chose dâun tont ;
Retrancher un couplet dâunr chĂ nsoiĂŻ. . . âą ;
Ne sertir de rien exprime une idée de nullité absolue.
SupplĂ©er a quelque chose, câest le remplacer par nn Ă©quivalent Ăź
Lâaudace supplĂ©e a la faiblesse.
Croire a quelque chose, câcst y ajouter foi., . *
Comparer avec, se dit lorsque le rapport' de la comparaison doit
ĂȘtre un rapport de difierence. '
DE LâĂMPLOI DES VERBES AVOIR OĂŒ ĂTRE
AVEC LES PARTICIPES DERIVES DES VERBES NEUTRES. .
DXL.
PARTICIPES QUI PRENNENT LâAUXILIAIRE WOOir.
Ăn a toujours assez vĂ©cu quand on a bien vĂ©cu,
(Henri IV.)
Pradon, comme un, soleil, en nos ans a paru.
(Boileau.)
L'art de flatter, mon cher, est vieux comme le monde.
Ăve a pĂ©chĂ©, pourquoi? parce qĂŒon la flatta.
(Collin dâHarleville.) .
AprÚs avoir marché deux lieues, nous vßmes sur
une hauteur une belle maison de pierre.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Philippe m mourut Ă quarajite ans, aprĂša en
avoir rĂ©gnĂ© quinze. â (Anquetil.)
Madame, y ai couru par votre ord|-e au rivage.
(Corneille.)
Si Minerve ne lëût conduit pas k pas, combien
de fois aurat'Ml succombé dans les périls?
(Fénelon.)
On ne pouvait lui reprocher en toute sa vie que
d'avotâr frtompW avec trop (}e faste des rois qu'il
avait vaincus. â ' (FĂ©nei^n.)
La plupart des participes dérivés des verbes neutres prennent T auxiliaire avoir,
comme vécu, paru, péché, régné, couru, triomphé, succombé; fai vécu, fai paru, fai
péché, etc.
Cependant Racine a dit avec le verbe ĂȘtre :
n en Ă©tait sorti lorsque jây suis couru.
(610)
Et Parny avec ie mĂȘme' verbe :
Ce digne loi sous l'ùge est succombé.
Mais ni l*un ni Tautre ne sont Ă imiter.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE»
Uonni.
Marché.
Menti.
Dtné.
Sonpé.
Repara.
Craché.
Joui.
Réfléchi.
Subvenu.
Contrevenu.
Bondi.
Nâ DXLI.
PARTICIPES QUI PRENNENT LE VERBE Ătre,.
eus les arts et toutes les sciences sont nés parmi
des nations libres. (Pensée de Hume.)
J'ai souhaité Tempire et j'y suis parvenu;
Mais, en le souhaitant, je ne Tai pas connu.
(Corneille.)
Strabon, malgré le témoignage d'Apollodore,
{laralt douter que les rois grecs soient allés plus
oin que SilĂšne et Alexandre. (Montesquieu.)
Tous les maux sont venus de la triste Pandore.
(Voltaire.)
Pudeur, sagesse, lois, moeurs, principes, vertus,
A Taspect du plaisir, qĂŒĂ©tes-vous devenus?
(La Chaussée.)
Mentor, qui craignait les maux avant qĂŒils arriÂŹ
vassent, ne savait plus ce que câĂ©tait que de les
craindre dĂšs quâils Ă©taient arrivĂ©s» (FĂ©nelon.)
Quelques participes, dĂ©rivĂ©s de verbes neutres, ne prennent que le verbe ĂȘtre.
Parmi eux il faut remarquer né, parvenu, allé, venu, devenu, etc. : je suis né, je suis par
venu, je suis allé, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Allé.
Arrivé.
DeTCDU.
Qécédé.*
Ăclos.
Parvenu.
Mort.
NĂ©.
Advenu.
Venu,
Revenu.
Déchu.
Nâ DXLII.
V
PARTICIPES QUI PRENNENT ĂȘtre OĂŒ avoir.
Avoir.
Jâai restĂ© plus dĂŒn an en Italie, oĂč je nâai vu que
le débris de cette ancienne Italie, si fameuse autre-
; fois. (Montesquieu.)
La procession a passĂ© soĂčs mes fenĂȘtres.
(Condillac.)
Les dieux nous ont conduits de supplice en supplice :
La famine a cessé, mais non leur injustice.
(Voltaire.)
.. . . Ma langue embarrassée
Dans ma boucbe vingt fois a demeuré glacée.
(Racine.)
Que peut contre le roc une vague animée?
Hercule o-t-il péri sous Teffort d'un pygmée?
(Piron.)
Les feux de la jeunesse ont passé; je suis vieux,
et je me trouve à cet égard dans un état tranquille.
(Montesquieu.)
. Ătre.
Elle donnerait pour vous sa vie, le seul bien qui
lui soit resté. (Marmontel.)
La foi du céntenßer, la foi du charbonnier, smt
passées en proverbe. (P.-L. Courier.)
Sion, repaire affreux de reptiles impars.
Voit de son temple saint les pierres dispersées,
Et du Dieu dâIsraĂ«l les fĂȘtes sont cessĂ©es.
(Racine.)
. . . Ces horribles secrets
Sont ^cor demeurés dans une nuit profonde.
(Voltaire.)
Les écrits impies des Leucippe et des Diagora
sont péris avec eux. (J.-J. Rousseau.)
0 divine harmonie ! .. . ,
Tu charmes le travail, tu distrais ĂŻa misĂšre...
Ils chantent, Theure yole, et leurs maux sont passés
(Delille.)
( 617 )
Parmi les participes dérivés de verbes neutres, il en est. qui se construisent tantÎt
avec le verbe avoir, tantĂŽt avec le verbe ĂȘtre : cela dĂ©pend absolument de TidĂ©e quâon
veut exprimer. Ils prennent le verbe avoir, comme dans les exemples de la premiĂšre co-
tlonne, si Ton a en vue Taction mĂȘme, si notre esprit embrasse le moment oĂč cette action
a eu lieu. Ainsi Ton a dit : Jâai restĂ©, la procession a passĂ©, la famine a cessĂ© , etc.,.
parce que Ton nâenvisage que Taction.
Mais on se sert du verbe ĂȘtre, conformĂ©ment aux citations de la seconde colonne, quand
câest TĂ©tat quâon veut pĂ©indre. VoilĂ pourquoi les Ă©crivains ont dit: Le seul bien qui lui
SOIT RESTà ; la fotdu centenier et la foi du charbonnier SONT passées en proverbe; les
fĂȘtes du Dieu d'IsraĂ«l sont cessĂ©es, etc.
Ce principe vrai, lumineux et fécond, a été violemment attaqué dans une grammaire
moderne. On a prĂ©tendu dans cet ouvrage que avoir cessĂ© et ĂȘtre cessĂ© expriment tous
les deux une action, et sâemploient indiffĂ©remment Tun pour Tautre.
Les faits suivants suffiront pour renverser cette étrange doctrine :
AVBC aVOXT.
Quand Mentor eut cessé de chanter, les Phéni
ciens se regardÚrent.- (Fénelon.)
L'administration a cessé de correspondre avec
eux. (Ratnal.)
Le sang avait cessé de couler. (Boiste.)
AVEC ĂȘtre.
Quand la contagion fut cessée, saint Charles Bor-
romée fit rendre à Dieu de solennelles actions de
grĂąces. (Griffet.)
OĂč sont-ils ces maris? la race en est cessĂ©e.
(La Fontaine.)
. Ce grand bruit est cessé. (MŸŸ ue Sévigné.)
S'il Ă©tait vrai que avoir cessĂ© et ĂȘtre cessĂ© sâemployassent indiffĂ©remment Tun pour
Tautre, on pourrait donc substituer ĂȘtre Ă avoir dans les. exemples de la premiĂšre coÂŹ
lonne, et dire : Quand Mentor fût cessé de chanter; le sang était cessé de couler;
Vadministration est cessĂ©e de correspondre. On sent les absurdes consĂ©quences dâun
pareil principe.
Plusieurs grammairiens avancent quâavec le participe tombĂ© on ne doit faire usage
que du verbe ĂȘtre. Boniface combat cette opinion, et proĂŒve par les exemples suivants,
tirĂ©s de nos meilleurs Ă©crivains, qĂŒon peut aussi se servir du verbe avoir.
Jamais Voltaire n'avait été plus brillant que dans
ĂĂźzire, et Ton a peine Ă concevoir qu'il ait tombĂ©
de si haut jusqu'à Julienne, ouvrage médiocre.
(La Harpe.)
Suivez l'histoire des superstitions.de chaque peuÂŹ
ple et de chaque pays; elles ont duré un certain
nombre d'années, et tombé ensuite avec la puis
sance de leurs sectateurs. j (Massillon.)
DĂ©jĂ dans les.forĂȘts voisines, les pins, les ormes
touffus, Tantique Ă©rable, le chĂȘne superbe, ont tombĂ©
de toutes parts sous le fer des Castillans.
(Florian.)
OĂč serais-je, grand Dieu I si ma crĂ©dulitĂ©
Eût tombé'dans le piÚge à mes pas présenté?
(Voltaire.)
Le coup que je lui porte aurait tombé sur moi.
Ud:)
I
Laveaux, contre Topinion de la plupart des grammairiens, pense, avec raison, qĂŒon
peut dire Ă©galement dâune personne et dâune'chose ; elle a expirĂ©, elle est expirĂ©e, selon
quâon a en vue Taction ou TĂ©tat, et il justifie Racine dâavoir dit :
. A ce mot, ce héros expiré
Nâa laissĂ© dans mes bras qĂŒun corps dĂ©figurĂ©.
f
. Expression que dĂ«utres Ă©crivains nâont pas craint dâimiter, malgrĂ© la critique de dâOÂŹ
livet :
Et dâun pĂšre ea?pirĂ© jâapportais en ces lieux
La volonté derniÚre et les derniers adieux. .
(Voltaire.)
Faibles, muets, de remords déchirés,
Ils contemplaient leurs amis expirés,
(Parny.)
Le pĂȘcheur Ă©c/iO«é sur le rivage peut-il se plainÂŹ
dre eu voyant sur la rner irritée des flottes dispersées?
Bern. de Saint-Pierre.)
Les Latins sont vaincus, Camille est expirée.
(Delille.)
78
' -âą
{ 618 )
Dâailleurs, Voltaire lui-mĂȘme nâa-t-il pas fait justice de cette critique? On reproche Ăą
Racine, dit-il, le héros expiré. Quelle misérable vétille de grammaire! Pourquoi ne pas
dire ce héros expiré, comme on dit : il est expiré, il a expiré ? Il faut remercier Racine
dâavoir enrichi la langue, Ă laquelle il a donnĂ© tant de charmes, en ne disant jamais que
ce quâil doit, lorsque les autres disent tout ce qĂŒils peuvent.
EXERCICE PHRĂSĂOlOGiQĂŒE.
Cette femme a accouché.
La procession a passé.
La riyiÚre a baissé.
J'ai descendu.
Jâai sorti.
Ma Tamitlea péri.
r>ette femme est accouchée.
La procession est passée.
La riviÚre est baissée,
je suis dĂȘsccndn.
Je suis sorti.
L'équipage est péri.
Mon caur a changé.
La riviĂšre a crĂ».
Les cris ont cessé.
Jâai montĂ©.
Jâai entrĂ©.
Ces hqmmes ont passé.
Mon cĆur est changĂ©.
La riviÚre est crûe,
'Les cris sont cessés.
Je suis monté.
Je suis entré.
Ces hommes sont passtés
DXLIII.
V - - -
EMPLOI DE ĂȘtre ET avoir avec les participes Ă©chappĂ©, convenu.
ĂCHAPPĂ.
AVEC avoir.
Jâai retenu le chant, les vers mâonf Ă©chappĂ©.
(J.-B. Rousseau.)
Cette diffĂ©rence ne mâa pas Ă©chappĂ©.
(J.-J. Rousseau.)
AVEC ĂȘtre.
Ce mot mâeat Ă©chappĂ©, pardonnez ma franchise.
' (VOLTAIRB.)-
Je suis bien aise dëxçpser pay les fautes de la tra
duction latine, celles qui pourront vaâĂȘtre Ă©chappĂ©es
dans la française. (Boileau.)
CONVENU.
Cette maison lui aurait convenu. (Féraud.)
Ils sont convenus dâattaquer Vennemi le naĂšme
jour. (Laveaux.)
On dit qĂŒune chose a Ă©chappĂ©, pour faire entendre qĂŒon ne Ta pas remarquĂ©e, quâon
ĂŒy a pas fait attention; et qĂŒelle est Ă©chappĂ©e, pour exprimer qĂŒelle a Ă©tĂ© faite par
inadvertance.
Convenu avec arotr rĂ©veille une idĂ©e de convenance, et avec ĂȘtre une idĂ©e de
convention.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ce mot mâa Ă©chappĂ©.
Ce mot mâest Ă©chappĂ©.
Cette personne a convenu. Cet homme est convenu de ses torts.
EMPLOI DES MODES ET DES TEMPS
INDICATIF.
\ .
Nâ DXLIV.
J
LE présent employé pour le futur.
i:
PRĂSENT,
Soyez secrĂšte, ou bien voĂŒs ĂȘtes morte.
(La Fontaine.)
FUTUR.
Ton sang va me venger, lùche et perfide époux ;
Tu mourras, (Longepierre.)
( 619 )
Ah i monsieur, m*a-Uil dil, je vous attends demain.
(Boileau.)
Et bientĂŽt dans ces murs vous ĂȘtes assiĂ©gĂ©s.
(Racine.)
Milord Fabridge estril Ă Londres ? â Non, mais il
revient bientĂŽt. (Voltaire.)
âJe suis de retour dans un moment. (MoliĂšre.)
Son procÚs se juge demain. (Académie.)
AĂźbe et Rome demain prendront une autre face.
(Corneille.)
Jérusalem sera bientÎt assiégée par les Romains.
' ' ' (Bossuet.)
Tu arriveras bientÎt dans cette ßle fortunée.
(Fénelon.)
César viendra bientÎt. (Corneille.)
Je seroi jugé demain. (Académie.)
t t r
Souvent, pour rendre Texpression plus vive, plus animée, pn emploie figurément le
présent à la place du futur. Cëst ainsi que nous disons : tu es mort, pour tu mourras; je
vous attends dernain, au lieu dn je vous attendrai demain.
Toutefois, cet emploi du prĂ©sent n'a lieu que lorsquâil sâagit dâun temps prochain, car
on sâexprimerait mal si Ton disait ; je succĂšde Ă mon pĂšre dans deux ans. La figure serait
ici un peu trop forte. .
IL
Si Ton vous trouve ici. vous gĂąterez lâaffaire.
(Regnard.)
f 4
tu ne me VarrĂȘtes, je te donnerai ma fpalĂ©^
diction. ' ! " (MoliĂšre.)
Si du sort des tyrans vous bravez les hasards,
11 naßtra des Brutus autant que des Césars.
(Crébillon.)
Sâil me voit, ce vieillard mâéçonduira peut-ĂȘtre
Fort incivilement. (Regnard.)
Notre vivacité nous porte aussi quelquefois à désirer de pouvoir rapprocher le temps
futur (1). VoilĂ pourquoi nous disons : si uows mâAiMEZ, je vous aimerai, au lieu de
régaMÚrement: si vous m'AIMEREZ, je vous aimerai.
Les Italiens, selon leur naturel politique, se sont ménagé les deux maniÚres avec si. Ils
disent : vi andrĂ , sepotrĂ (j'irai, si je pourrai), lorsque la chose dont il est question leur
est indiffĂ©rente, ou qĂŒils voudraient TĂ©loigner ; et ils disent vi andrĂ , se posso (jâirai, si
je puis), toutes les fois qĂŒils veulent tĂ©moigner le dĂ©sir qĂŒijs ont de voir dĂ©jĂ accompli
ce qui doit arriver, ou lorsque Taction peut suivre Ă peu prĂšs Tinstant de la parole (2).
Mais la phrase française : si vous m'aimez, je vous aimerai, prise isolément, nën pré
sente pas moins déux sens ; elle signifie : si vous m'aimez maintenant, je vous aimerai,
ou bien SI vous m'aimez élus tard, je vous aimerai aussi. Le verbe aimez désigne donc,
comme on le voit, tantÎt un présent, tantÎt un futur. Dans ce dernier cas, Tidéologie ré^
clame le futur ; mais Tusage ne permet pas en français de Temployer, la vivacité de Tima
gination a franchi Tespace. Ainsi nous nous sommes privĂ©s dâune nuance dans TexpresÂŹ
sion de la pensée.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Dans une heure elle est morte.
Dans ooe heure elle expire.
Demain tous ĂȘtes libre.
Demain la trĂšxe expire.
Demain le doctenr vient dĂźner chez moi.
Si TOUS étndiex, vous deviendrez savant.
Si vons venez, j'en serai enchanté.
Dans une henre elle lera morte.
, Dans ane heure elle expirera.
Demain vons serez libre.
Deiutn la trĂȘve expirera.
Demain le docteur viendra dĂźner chez moi.
Si tu te conduis bien, tu mériteras l'estime publique.
Si vous me le donuez, j'en prendrai bien soin.
^
(1) Et non de rapprocher Vaction exprimée par le verbe, comme le dit Boniface, car dans demain je
suis libre, il nây a pas dâaction proprement dite.
(2) Cëst aßnri que Bqccace dit :
AVEC LE PRĂSENT,
Che farai tu, se ella il dice aâ fratelli?
Traduction ; Que feras-tu si elle le dix Ă ses
frĂšres?
Se io infra otto gionii non vi guarisco, fatemi
bniciare.
Traduction : Si dans huit jours je UQ vous guéris
pas, fà ites^moi brûler.
AVEC LK FUTUR.
NoĂź gĂŒelo farem fare, o voglia ella, o no, se tu
vorrctt.
Traduction : Nous le lui ferons faire, quâelle le
veuille ou non, si tu yovon A s.
Se tu la toccherai con questa jscrĂźtta, ella ti verra
incontanente dietro.
Traduction : Si tu la toucheras aveo cet écrit,
elle te suivra aussitĂŽt.
\
( 620 )
DXLY.
LE présent pour le passe.
©©oeâ
PRESENT.
Turenne meurt, tout se cĂŽn/bnd, la fortune cAan-
celle, la victoire se/asse, la paix sâĂ©loigne, les bonnes
intentions des alliés se ra/enfissenf, le courage des
troupes est abattu par la douleur. Tout le camp
demeure immobile ; les blessés pensent à la perte
quâils ont faite, et non aux blessures quâils ont reÂŹ
çues. (Fléchier.)
PASSE.
Le roi amĂŒa jeudi au soir; la collation dans uu
lieu tapissé de jonquilles, tout cela fut à suuhait.
On soupa. Il y eut quelques tables oĂč le rĂŽti manÂŹ
qua. Cela saisit Vatel... Minuit vient : le feu dâarÂŹ
tifice ne rĂ©ussit point ; il fut couvert dĂŒn nuage.
A quatre heures du matin, Vatel sâen va partout;
il trouve tout endormi. (Mââ« de SĂ©vignĂ©.)
Beaucoup dâĂ©crivains, dit Boiste, voulant donner Ă leur style plus de rapiditĂ©, peindre
plus vivement les faits en les mettant sous les yeux du lecteur au présent, emploient ce
temps, au lieu du passĂ©, dans leurs narrations. On nevpeut que leur applaudir, lorsquâils
nâabusent pas de ce moyen ; mais ce prĂ©sent, trop rĂŽpkĂ©, mis avec Von, fait courir lĂ«s-
pritĂ perle dâhaleĂźne, et si vite, qĂŒil arrive Ă la fin dĂŒn alinĂ©a sans savoir ce qĂŒil a vu.
Les faiseurs d'analyses sont trĂšs-sujets Ă ce vice de style; et lâimagination, quelque vive
qĂŒelle soit, sâĂ©tonne de voir toute une famille, toute une nation voltiger ainsi devant ses
yeux, sur des on : On s habille, on se hùte, on s'avance, on se précipite, on se heurte,
ON se perd, etc., employĂ©s du commencement Ă la fin dĂŒne histoire des temps passĂ©s. Cet
effort de Timaginaiion la fatigue, et la lecture des livres devient insupportable par sa
ressemblance avec une lanterne magique dont les figures fuiraient sans laisser aux
yei]x le temps de les reconnaĂźtre. Lorsque lâauteur, lassĂ© lui-mĂȘme de cette tension de
Tesprit, revient par mégarde au passé, ce mélange de présent et de passé jette inévita
blement du dĂ©sordre dans la gĂ©nĂ©ration des idĂ©es ; le lecteur ne sait plus oĂč il en est ;
et si les personnages Tintéressent vivement, il lui déplaßt de les voir apparaßtre un mo
ment sous ses yeux, pour sâenfoncer dans les tĂ©nĂšbres du temps qui nâest plus. âą
Il faut donc user sobrement de cette figure de style, en imitant les peintres, qui ne
mettent pas tous les personnages, toutes les scĂšnes sur le premier plan du tableau, mais
rejettent les moins importants dans le lointain ; ce lointain, dans le style, est le passé ; le
premier plan est le présent.
La plupart des grammairiens disent que lorsquâon emploie ainsi le prĂ©sent pour le
passĂ©, il faut que les verbes qui sont en rapport dans la mĂȘme phrase soient aussi au
présent; dÚs lors les phrases suivantes ne sont pas correctes : Le centurion envoyé par
Mucien entre dans le port de Carthage; et dÚs quil fut débarqué il élÚve la voix. Il
fallait et dĂšs qu'il est dĂ©barquĂ© il Ă©lĂšve la voix. â Tandis que le cardinal Mazarin gaÂŹ
gnait des batailles contre les ennemis de l'Etat, les siens combattent contre lui. Dites
gagne, combattent, ou gagnait, combattaient.
Nous pensons cependant que rien nâempĂȘche dâemployer diffĂ©rents temps dans lĂ©
mĂȘme tableau, selon le rapport qĂŒon veut exprimĂšr. Les Ă©crivains nous en prĂ©sentent
de fréquents exemples. Nous ne citerons que les suivants :
Cependant ces chaleurs excessives élevÚrent de
rOcéan des vapeurs qui couvrirent TUe comme
un vaste parasol. Les sommets des montagnes les
rassemblaient autour dâeux, et de longs sillons de
feu sortaient de temps en temps de leurs pitons
embrumés. BientÎt des tonnerres affreux firent
retentir de leurs éclats les-bois, les plaines et les
vallons ; des pluies épouvantables, semblables à des
pataractes, tombÚrent du ciel. Des torrents écu-
A quatre heures du matin, Vatel sâen va partout ;
il trouve tout endormi, li rencontre un petit pourÂŹ
voyeur qui lui apportait seulement deux charges
'de marĂ©e. Il lui demande : « Est-cc lĂ tout? â Oui,
monsieur. » Il ne savait pas que Vatel avait en
voyé à tous les ports de mer. Vatel attend quelque
temps; les autres pourvoyeurs ne vinrent point.
Sa tĂȘte F Ă©chauffait; il crut qĂŒil. nây .ourot'f point
dâautre marĂ©e. Il trouva Gourville ; il lui dit :
( 621 ).
« Monsieur, je ne survivrai point à cet affiont-ci. »
Gourville se moqua de lui. Vatel monte Ă sa chamÂŹ
bre, met son épée contre la porte, et se la passe au
travers du cĆur ; mais ce ne fut quâau troisiĂšme
coup (car il sĂ«n donna deux qui nâĂ©taient pas morÂŹ
tels) qu'il tomba mort. La marée cependant arrive
de tous cÎtés; Qu'therche Vatel pour la distribuer;
on va Ă sa chambre, on heurte, ou enfonce la porte,
on le trouve noyé dans son sang. On court à M. le
prince, qui fut au désespoir. M. le-duc pleura;
c'était sur Vatel que tournait tout son voyage de
Bourgogne. M. le prince le dit au roi fort tristeÂŹ
ment. On dit que câĂ©tait Ă force d'avoir de l'honÂŹ
neur Ă sa maniĂšre. On le loua fort, on loua et
BLAMA son courage. (M'"Ÿ de Sévigné.)
meux précipitaient le long des flancs de cette
montagne; le fond de ce bassin était, devenu une
mer, le plateau oĂč sont assises les cabanes une petite
lie, et 1 entrĂ©e de ce vallon une Ă©cluse, par oĂč sor-
taient pĂȘle-mĂȘle, avec les eaux mugissantes, les
terres, les arbres et les rochers. Sur le soir la pluie
CESSA , le vent alisé du sud-est reprit son cours
ordinaire; les nuages orageux furent jetés vers le
nord-ouest, et le soleil couchant parut Ă Tborizon.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Les Romains, malgrĂ© l'inĂ©galitĂ© du lieu oĂč ils
COMBATTAIENT, repoussent de tous cÎtés les Gau
lois. Brennus les rallie, lĂšve le siĂšge, et campe Ă
quelques milles de Rojne. Camille le suit avec la
mĂȘme ardeur, l'attaque de nouveau et le dĂ©fait. La
plupart des Gaulois furent tués sur la place.
(Vertot.)
V f
Transposez .ces formes variĂ©es, ou peignez tout des mĂȘmes couleurs, et le charme est
détruit. Ce mélange des formes du présent et du passé produit dans ces tableaux une
pittoresque diversité..
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE»
AussitĂŽt je cours, je vole, je traverse la foule, jâarrive... Que vois-
je ? je vois une femme assassinée.
AussitĂŽt je cours, je vole, je traverse la foule, jâarrĂźve... Que vĂźs-jof
je vis nne femme assassinée.
Nâ PXLYI. «
* #
C'est moi qui parlerai ou ce sera moi qui parlerai, etc. ,
Câest.
\
Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui arriva Ă la premiĂšre
représentation de VOEdipe de Voltaire.
(La Harpe.)
Câest lĂ que s'allumera le premier flambeau du
génie européen. (Villemain.)
Est-ce par l'amour du bon goût que Des préaux
se croyait forcé à louer Segrais? (Voltaire.)
Câest Boileau qui, le premier, enseigna l'art de
parler toujours convenablement. [Id.) ^
Ah ! câest ici seulement qĂŒil fallait faire reÂŹ
tentir la parole sainte dans toute la force de son
tonnerre, et placer avec moi, dans cette chaire,
d'un cÎté la mort qui nous menace, et de l'autre,
mon grand Dieu qui vient vous juger.
(Bridaine.)
Câest alors que FĂ©nelon fit voir que les cĆurs
sensibles, Ă qui lâon reproche dâĂ©lendre leurs affecÂŹ
tions sur le genre humain, ĂŒen aiment pas moins
leur patrie. (La Harpe.)
On voit quâon peut trĂšs-bien dire c'est lui qui le fera, ou ce sera lui qui Ăźe fera, c'est
lui qui le fit,' ou ce fut lui qui le fit. Ces deux maniÚres sont également en usage. Néan
moins c'est moi qui parlerai, c'est moi qui parlai, présentent des expressions plus précises
que ce sera mot qui parlerai, ce fut moi qui parlai.
y ^
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Ce fut, ce sera, etc. «
Ce ne fut qu'à l'ùge de trente ans que Crébillon
COMPOSA sa premiÚre tragédie. (Voltaire.) ^
Ce sera yous qui de nos villes
Ferez là beauté refleurir. (Malherbe.)
Ouais.! serait-ce bien moi qui me tromperais,
et serais-je devenu mĂ©decin sans mâen ĂȘtre aperçu?
* , (MoliĂšre.)
La scÚne et le dialogue ne furent inventés que
dans la suite, et ce fut Ă Eschyle qĂŒon en eut lâoÂŹ
bligation. (La Harpe.)
CâĂ©tait pourtant la seule maniĂšre de critiquer
dont Corneille s'était servi contre ses rivaux, et ce
fut la seule que Racine employa contre Corneille
mĂȘme. (Voltaire,.}
Ce'fut alors quâAnnibal reconnut que dans les
affaires de la guerre, il y a des moments favorables
et décisifs qui ne reviennent jamais. (Vertot.)
Castalors que j'appris...
Câest Ă cette Ă©poque quâil revint.
Câest Ăą lâĂąge de trente ans que je me mariai,
ÂŁst-oe lĂ le sort qui mâottĂčidait?
Ce fat alors que j'appris...
Ce fut Ă cette Ă©poque quâil revint.
Ce fut Ă lâĂąge de trente aus que je me mariai.
Etait-ce lĂ le sort qui mâattendait 7
( 622 )
. IMPAllEAĂT.
âDXLYII. '
. On m'a dĂŒ gweĂEST, on m'a dĂźt que c'Ă©tait.
AVEC LE PRĂSENT.
\
Je le PRIAI dĂ© me dire ce qĂŒĂ© câest que le pouvoir
prechain. (Pascal.)
Dërgënt* point de caché: Mais le pÚre put sége
De leur montrer, avant sa mqrtj, ^
Que lĂ© travail est un trĂ©sor. (LĂ ĂoNTĂißïĂ.)
Jâat toujours remarquĂ© que les gens faiix sont
sobres, ét que là grande .réserve de la table annonce
assez soĂŒveiit des moĂ©ĂŒ'rs fĂ©intĂ©s et des Ăąmes douÂŹ
bles. ' (J.-J. Rousseau.)
Tous ceux qui ont mĂ©ditĂ© sur l'art dĂ© goĂŒverher
les hommes ont reconnu que câesf de riiistruction
delà jeunesse que dépend lÚ toift dés empires.
(L'Abbé Barthélémy.)
Il CONCLUAIT que sagesse vaut mieux quâĂ©loquence.
(VoltaIrb.)
Il reconnaissait que la vĂ©ritable gran'dfeĂŒr ti'Ă©it
quela modĂ©ration, la justice, Ăźa modestie et lâhu-
manité. (Fénelon.)
M⫠du Gué A mandé a M. de Coulanges que
vous ĂȘtes belle comme un ange.
(Mâą'e i)Ă ĂšĂVĂGNĂ.)
Ceux quën voit s'éiÎnhéf de ce nouvel amour
N'ont jamais bien conçu ce que câest que la cour.
(Voltaire.)
(JĂŒ'ëà t-ce (jĂŒe vous inĂ© voulez, mon papa ? Ma
belle-mĂąmĂ b ihâA bix ijiife vous mĂȘ demandez.
(MoliĂšre.)
On Ă DIT depuis long temps que les extrĂȘmes se
yucJiĂ©ht; câest lĂą vĂ©ritĂ© dĂ© cĂ«tie pensĂ©e qĂŒi lâĂą ren-
110 fpivßßiid ' ségur aßné.)
fo?*c/iënt
due triviale.
CĂ« fut alors qĂŒAnnibal reconnut que dans les
affaires de la guerre il y a des monients favorables
et dĂ©cisifs qĂŒi ne reviennent jamais. (Vertot.)
li TĂNAit pour maxime qĂŒun habile capitaine
peut bien ĂȘtre vaincu, mais qĂŒil ne lui Ăšst pas per ÂŹ
mis dâĂȘtre surpris. (Bossuet.)
Câest alors qĂŒon APPRIT.qĂŒĂ vec un peu dâadresse,
Sans crime liii prĂȘtre peut vendre trois fois la messe,
PouVvu que, laissant lĂ son salĂŒt Ă lâĂ©cart.
Lui-mĂȘme en la disant nây prenne aucune part,
CĂ«st alors que lâon sut qĂŒon peut pour une pomme
Sans blesser lĂą justice assassiner un homme.
(Boilbau.)
avec ltmparfait.
Je le SUPPLIAI de me dire ce qĂŒĂ© c Ă©tait que le
pouvoir prochain de faire quelque chose.
(Pascal.)
Jâai ouĂŻ dire Ă plusieurs de nos chastoufs, que
rien nâĂ©tait plus propre Ă dĂ©saltĂ©rer, que les feuilles
du gui qui croĂźt dans nos arbres.
(Bern. de Saint-Pierkb.)
Jâai loujoĂŒre vu qiie les jeunes gens cdlrdmpus
de bonne heure, et livrés aux femmes et à lù dé
bauche, étaient inhumains Út,cruels.^
(i.-J, RbûësBAĂ.)
Assez et trop longtemps lâarrogance de Borne
A cru qĂŒĂštre Romain eVtait ĂȘtre plus qĂŒhomme.
(Corneille.)
, Il faut un corps dâHercule pour vivre ici; mais
J'y sĂŒiĂą libre, et j'ai trouvĂ© que la libertĂ© valait
encore mieux que la santé. (Voltaire.)
J'Ai cdĂlĂźĂŒ qĂŒĂŒ nây Ă vĂąit de bon pour la vieilÂŹ
lesse qĂŒune occupation dont on fĂ»t toujours sĂ»r,
{Id.)
Mâ= de Coulanges m'Ă ^andĂ© que vous mâaimiez,
et que vous parliez de mois. (MŸ* de Sévigné.)
Tout ßë monde criait pour la liberté et la justice,
mais on ne savait point ce que câĂ©tait qĂŒe dâĂȘtre
libre et juste. (Voltaire.)
Oh ! mon ami! ne mâavez-vous pas dit qĂŒe vous
nâaviez point de naissance ?
(Bern. de Saint-Pierre.)
Le lynxĂź dont les anciens ont dit qĂŒe la yue Ă©tait
assez perçante pour pénétrer les corps opaques ^ est
-un animal fabuleux. (Buffon.)
Lâinstinct ne montre Ă lâanimal que ses besoins ;
mais lâhomme seul, du sein dâune ignorance prb-
fonde, A coNNU-qĂŒil y avait un Dieu.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Jean-Jacques disait que rien ne rendait les
mĆurs plus Ă imables que lâĂ©tude de la botanique.
{Id.)
Oti entendit prĂȘcher dans lâĂ©cole chrĂ©tienne,
Que sous le joug du vice un pécheur abattu
Pouvait, sans Ă imer Dieu ni mĂȘme la vertu.
Par la seule frayeur au sacrement unie.
Admis aĂŒ Ciel*, jdĂŒi'r dĂ© la gloire infinie ;
Et que, les clefs en main; sur ce seul passeport.
Saint Pierre Ă tout venant devait ouvrir dâabord.
(BĂŽileĂ d.)
11 serait difficile, répéterons-nous avec Letoare, de dire de quel cÎté U y a le plus
dëxemples. ,
Cependant les grammairiens sont divisĂ©s en deux partis, qĂŒon peut appeler les absoÂŹ
lus et les relatifs.
( 623 )
Les premiers, Ă la tĂȘte desquels est Urbain Domergue, veulent que toutes les fois
qu'on énonce une qualité habituelle Îu esséritlëlle; il faut toujours se servir du présent,
mĂȘme lorsque le verbe est employĂ© complĂ©tivement aprĂšs un passĂ©. Pour eux, toutes les«
phrases de la seconde colonne oĂč lâon fait usage du passĂ© sont des violations de la raison
Ă©ternelle, qui veut qĂŒon exprime comme prĂ©sent ce qui est existant dans tous les temps.
Les relatifs disent :
« C'est une rÚgle générale que Ioi;sque dans une phrase il y a deux verbes corres
pondants, dont le premier est au passĂ©, le second doit ĂȘtre Ă l'imparfait. »
Et pour eux tous lĂšs exemples de la premiĂšre colonne sont des fautes.
LĂŒne et l'autre de ces rĂšgles sont Ă©galement contraires aux faits.
LĂą raison Ă©ternĂ©lle veut sans doiitĂ© que lorsquâon Ăą lâintention dâexprimer une vĂ©ritĂ©
habituelle ou essentielle comme telle, câest-Ă -dire comme une maxime invariable, on
emploie le prĂ©sent ; mais elle nâexige point que nous la considĂ©rions toujours comme
maxime, elle nâempĂȘche pas que nous ne la fassions correspondre Ă tine Ă©poque passĂ©e,
et quĂ© pour peindre cette idéé nĂŽĂŒs ne nous servions de lâimparfait. Par exemple, de
ce que Dieu est toujours essentiellement bon, s'ensuit-il que je ne puisse pas dire qu'il
Ă©tait bon hier dĂŒne maniĂšre particuliĂšre, Ă telle pu telle occasion?
^ Quant Ă larĂšgjfe des relĂąlifs; ĂšllĂ« doit ĂȘtre classĂ©e parmi cĂ«s recettes dont leurs livres
sont pleins , et dont le pHncipĂąl effet est de dĂ©formçr lâintelligence et de convertir les
homtfies en automates. '
Quâimporte, en effet, que le temps qui prĂ©cĂšde soit passĂ© ^ si l'idĂ©e du second est une
idĂ©e du prĂ©sĂ«iit? car c'est toujours ce qĂŒil faut savoifi
Nous ĂiĂš poĂŒvPris ici Que rĂ©pĂ©ter ce quĂ© ĂźibĂčĂą Ăąvofis reproduit dĂ©jĂ sous tarit de
formes. ^ '
Reployez-vous sur voufe-mĂȘme, cherchez ce qui se passe en vous, si câest un sentiment
plutĂŽt quĂŒne maxime, un fait particulier plutĂŽt qĂŒune vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale, que voĂŒs voulez
exprimer. Dans ce cas, vous mettrez l'imparfait. Mais si câest plutĂŽt une maxime quĂŒn
sentiment, qĂŒun fait, vous emploiĂ©rez le prĂ©sent.
Ainsi tantĂŽt ce sera le prĂ©sent, tantĂŽt l'imparfait, qĂŒil conviendra de prĂ©fĂ©rer. Rien
ne peut apprendre à faire ce choix, il dépend uniquement de l'organisation de celui
qui parle.
QĂŒerqĂčĂšfois lĂšs Ă©crivĂąins ont employĂ© les dĂ«ĂŒx temps dans Ta inĂȘfflĂš phrù§é. En voici
quelques ĂȘxemplĂ©s : *
Ayant FAIT réflexion, depuis quelques années,
qĂŒbri nĂ© gagnatf rien Ă ĂȘtre bon tiomnie, je me
suis mis Ă ĂȘtre iiri peu gai, parce quâon mâĂ dit que
cela est bon à la santé.. (Voltaire.)
TVitnc La Fayette m'a mandé quëlle allait vous
Ă©crire, mais que la migraine lĂ«n empĂȘche. \
(Mme DE SĂVIGNĂ;)
Si Ton eût prétendu quën savait que la terre
ne tournait pas,~ on nëût point puni Galilée pour
AVOIR i)ĂT qu'elle tourĂŒĂši Rousseau.)
Jé t'Aï souvent ouï dire que les hßinimés étaient
nĂ©s pour ĂȘtre vertueux; et que la justice est une
qualité qui leur est aussi propre que lëxisteuce.
ĂxpliqĂŒe-moi ce que tu veux dire.
(Montesquieu;)
EXERCICĂ PHRASĂOLOGIQĂE.
il eĂąvĂ it v6as ĂȘtes mon ĂąmĂź. ^
On mâa dit que mon amitiĂ© tous incommo'dc:
Dn mâa dit qĂŒe lâamour fait des hĂ©ros.
Jâai toujours cru que Dieu est bon.
Il savait quÚ vous étiez mon ami.
Oo mâa dit que mon amitiĂ© vous incommodait.
On mâa dit que Tamour faisait des hĂ©ros.
Jâai toujours crn que Dléû Ă©Ult boa.
J
( 624 1
Nâ DXLTIII.
o
EMPLOI DB lâimparfait OU DU PRĂSENT APRĂS «.
I.
AVEC lâimparfait, *
Si mon cĆur Ăš/ai( libre, U pourrait ĂȘtre Ă vous,
k (Regnard.)
Si lâarL et le travail nâaidaient pas la nature,
On verrait fort souvent les champs les plus féconds
Ne pousser, faute de culture, '
Que des ronces et des chardons. (Lenoble.) .
X.
... Au barreau l'on serait maladroit
Si lâon nây savait pas, suivant quâon se rencontre,
Soutenir le pour et le contre. (Id.)
Si je ne laimais plus, tën PARLERAis-je encore?
(Demoustier.)
Si je vous aimais moins, je serais plus tranquille.
(Regnard.)
St nous vog/ons Vétendue des montagnes en pro
fondeur, les cheveux nous en dresseraient a la
tĂȘte. (Bern. de Saint-Pierre.)
AVEC le présent.
... Si Louis lâordonne,
Ces arbres parleront mieux que ceux de Dodonc.
(MoliĂšre)
. . . Elle PERDRA la vie
St, son Ăąme nâobtient T effet de son envie, (fd.)
Sâil est vrai qĂŒelle ait dit ce que je viens dâentendre,
Iâavocerai que mes feux nâontplusrien Ă prĂ©tendre,
(fd.)
Si vous nâĂ©clatez fort contre un trait si hardi.
Ou ne trouvez bientÎt moyen de me défaire
Des persĂ©cutions dâun pareil tĂ©mĂ©raire,
Jâabandonnerai tout. (/d.)
St vous voulez satisfaire mes vĆux,
Un saint nĆud dĂšs demain nous unira tous deux.
(Id.)
, Vous CAUSEREZ de terribles éclats.
Si vous ne mettez ĂŒn Ă tout cet embarras, (/d.)
... St vous avez tant soit peu de cervelle.
Vous PRENDREZ dâautres soins. (W.)
Le Journal grammatical avait proposé cette question :
(( Quelle rĂšgle peut-on poser pour enseigner que dans : si vous m'atmez, je vous aime-
« rai, le premier verbe doit ĂȘtre au prĂ©sent de Vindicatif, et que dans : si vous m'aimiez,.
D je vous aimerais, il doit ĂȘtre Ă Vimparfait? »
Voici la rĂ©ponse qĂŒy fit M. Dessiaux, et que nous croyons devoir reproduire.
1° Lorsque aprĂšs avoir reconnu la possibilitĂ© dâune action, oh affirme simplement que,
si cette action a lieu, elle produira, comme résultat certain et infaillible, une autre action '
qui' en dĂ©pend, ainsi que lĂ«ffet dĂ©pend de la cause; alors il nây a aucune incertitude
dans la pensĂ©e, lĂ«xpression doit donc ĂȘtre positive, et dans çe cas, cĂ«st du mode indiÂŹ
catif qĂŒil faut faire usage. Mais, puisque les deux actions ne peuvent avoir lieu que dans
un temps futur, relativement au moment de la parole, les verbes doivent se mettre au
futur, selon la construction idéologique . Cependant en français (1), par propriété de lan
gage, le verbe de Vaction principale se met au présent. Il faut chercher la cause de. cette
anomalie dans la vivacitĂ© de lâimagination, qui, franchissant lĂ«space, nous fait considĂ©rer
comme présent Vobjet de notre crainte ou de notre désir.
2Âź Sâil y avait doute, crainte ou dĂ©sir prononcĂ© relativement Ă Vaction primordiale, et
qĂŒon voulĂ»t seulement affirmer-quĂ«Jle produirait Vaction secondaire conditionnellement,
on mettrait à Vimparfait la proposition subordonnée, et au conditionnel la proposition
principale ; et alors, selon le point de vue de Vécrivain, cet imparfait désignerait ou un
présent ou un futur; il a donc perdu sa signification propre. En effet, comme tout est
vagĂčc dans la pensĂ©e, lâexpression devraitporter le mĂȘme caractĂšre dâindĂ©cision; VidĂ©o-
(1) V. p. 619.
( 625 ) . .
logie réclame donc le mode subjonctif (l);tbais ce ne sont pas des logiciens qui président
Ă la formation des langues. -
En général, aprÚs la conjonction si, nous mettons toujours Tindicatif [\e présent ou
Yimparfait, selon le cas) ; cëst un idiotisme (2).
Cette rÚgle convient surtout aux étrangers, et aux habitants de quelques provinces de la
France, qui, dans ce cas, se servent du conditionnel, et disent si j'aurais, au lieu de si
j'avais, etc.
IL
IMPARFAIT ET PLĂS-QUE-PARFAIT DE lâiNDICATIF OU DU SUBJONCTIF APRĂS sL
AVEC LE SOBJONCTIf!
Si mon oncle fût mort, j'aurais, à mon retour.
DisposĂ© de mon cĆur en faveur de lâamour,
(Regnard.)
Il est vrai, sâil mâeĂ»t cru, qĂŒil nëût point fait de vers.
^ (Boileao.)
Si madame eĂ»t gardĂ© son cĆur pour le plus tendre,
Plus que tout autre amant j'aurais pu l'espérer.
(Regnard.)
Et je pouvais pour vous gagner cette victoire, ^
St le ciel nëtlt voulu m'en dérober, la gloire.
(MoliĂšre.)
St jâeusse Ă©tĂ© surpris, quels traitements cruels
nëussé-je point essuyés ! (J.-J, Rousseau.)
AVEC L INDICATIF,
. Ah ! sât7 nâĂ©tait pas mort, câĂ©tait de lâor en barre.
(Regnard.)
Si lâon m'en avait cru, tout ĂŒen irait que mieui.
{Id.)
Si les ïiians avaient chassé du ciel Jupiter, les
poÚtes eussent chanté les Titans, (Voltaire.)
,âą Si on avait pu rire dans une si triste occasion,
quels portraits n'aurail-on pas faits de l'Ă©tat oĂč nous
. Ă©tions tous? (MâÂź de SĂ©vignĂ©.)
Si ces observations avaient été répétées, si elles
sâĂ©taient trouvĂ©es justes, lâexpĂ©rience eĂ»t pu, au
bout de quelques milliers de siĂšcles, former ĂŒn art
dont il eût été difficile de douter. (Voltaire.)
. , , Sâiis avaient suivi mes conseils et mes vĆux.
Je les auraĂźs^sauvĂ©s ou combattus tous deux. â {Id.)
ĂȘ
Les poÚtes eussent chanté le diable, si, par im
possible, le diable était resté vainqueur.
(Voltaire.)
Il aurait dĂ», sâil avait Ă©tĂ© innocent, se mettre en
prison,
(MâÂź de SĂ©vignĂ©.)
Heureuse mille fois,st ma douleur mortelle
Dans la nuit des tombeaux mâeĂ»f plongĂ©e avec elle 1
(Racine.)
^HĂ©las! st je fusse mort enfant, jâaurais dĂ©jĂ joui
de la vie, et nâen aurais pas connu les regrets.
(Gßté par Lemare.)
Si câeĂ»t Ă©tĂ© lâĆil droit, je lâaurais guĂ©ri; mais
les plaies de VĆil gauche sont incurables.
â . (Voltaire.)
Devant les-verbes auotret ĂȘtre, on se sert de Tindicatif ou du subjonctif, et Ton dit Ă
volonté : si j'avais, ou si j'eusse reçu votre lettre ; mais la premiÚre tournure est beau
coup plus usitée.
III.
INDICATIF ET SĂBJONCTIF DANS LA MĂME PHRASE.
.. . Mais si; sans vouloir rire.
Tout allait comme jâai lâhonneur de vous le dire, .
Et gĂŒAngĂ©lique enfin pĂ»t changer ? (Regnard.)
Si dans l'assemblée tout-à -coup paraissait un
orateur, et quâil voulĂ»t se faire entendre ?
(Thomas.) ,
(1) Comme cela a lieu dans d'autres langues. Les Italiens disent : si je susse, si je pusse, si je dusse,
et non si je savais, si je pouvais, si je devais.
Seio japesst pur chi lâha avuto, mi parrebbe essere
mezzo consolato. (Bocc. g. 8, n. 6.)
Se io non avessi paura di mio padre, io gli in-
segnerei la risposta. (Macchiavelli, Com.)
Se io avessi questi denari, io gli ti prestereĂź in-
contanenle. (Bocc. g. 8, n. 10.)
Se cosi non fosse, io non vi potrei prĂšs tare un
grosso. (Bocc. g. 8, n. 6.)
Si je susse cependant qui Ta eu, il me paraĂźtrait
dâĂȘtre Ă moitiĂ© consolĂ©.
Si je n'eusse pas peur de mon pĂšre, je lui enseiÂŹ
gnerais la réponse.
Si jâeusse cet argent, je te le prĂȘterais sur-le-
champ.
Si ce ne fût pas ainsi, je ne pourrais pas vous
prĂȘter un liard. âą
Les Latins disaient, comme les Italiens, si je susse : aßiud si scirem, id polHcerer tihi (Térbnce),
Traduction : Si je susse autre chose, je te Ăźe promettrais.
(2) Les Grecs employaient aussi la mĂȘme tournure : d fpvjv. (Si jâĂ©tais Alexandre.)
(Plutarqoe.)
79 '
V c
( 626 )
Pn doit encore remarquer que, dans le cas oĂč Ton remplace la conjonction si par gue,
lorsquâil y a Ă©numĂ©ration dâactions, la construction idĂ©ologique reprend ses droits, et
que lâon fait usage du subjonctif, quoique le premier verbe soit Ă lâindicatif. Ainsi on
dit avec le prĂ©sent: Si vous mâaimez, et que vous vouliez me le persuader; et avec le
passĂ©: Si vous mâaimiez et que vous voulussiez me'le persuader,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Si tu HĂmes Dieu, tu seras heureux.
Si tu meurs, je meurs.
Sâil Ă©tait parti.
Sâil le veut, et quâil me rĂ©ponde d'en avoir soin, je le lui donne.
.Si tu aimais Dieu, tu serais heureux.
Si tu mourais, je mourrais. - â
Sâil fit parti.
Sâil le voulait, et quâil me rĂ©pondit dâen avoir soin ,je le lut donÂŹ
nerais.
DXLIX.
EMPLOI DE lâimparfait DE lâiNDICATIF AĂŒ LIEU DU CONDITIONNEL
AVEC lâimparfait.
Si jâavais dit un mot, on vous donnait la moft.
(Voltaire.)
lime jurait que jusques Ă la mort
.Son amour me laissait maĂźtresse de son sort.
(Racine.)
Jaloux de ces prĂ©sents que convoitait tcfn cĆur,
Si tu nâavais pas nui, tu mourais de douleur.
(Tissot.)
: ' Il y en a de tels, que, sâils eussent obtenu six
mois de délai de leurs créanciers, ils étaient nobles!
(Cité par Lemare.) '
Et jepouĂŒai* pour vous gagner cette victoire,
Si le ciel nâeĂ»t voulu mâen dĂ©rober la gloire.
(MoliĂšre.)
avec le conditionnel.
Si jâavais dit un mot, on vous aurait donnĂ© ta
mort.
Il me jurait que jusquâĂ la mort son amoĂŒr me
laisserait maĂźtresse de son sort.
* * â
Si tu nâavais pas nui, tu serais mort de douleur.
Il y en a de tels, que, sâils avaient obtenu six
mois de délai dc leurs créanciers, ils auraient été
nobles.
Et/aurais pu pour yous gagner cette victoire, si
le ciel, etc.
Pans ces sortes de phrases on emploie lâindicatif ou le conditionnel ; mais lâindicatif est
plus énergique.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Sâil votu avait trouvĂ©, il vous tuait.
Sâil vous avait trouvĂ©, it vous aurait tuĂ©.
PPETĂRIT DEFmi ET PRETERIT INDEFINI.
I.
PRĂTĂRIT DĂFINI,
Je ĂŒte HIER une chose assez singuliĂšre, quoiquâelle
se passe tous les jours Ă Paris. (MontEsqĂŒieo.)
Je te parlai lâĂĂŒtre jour de lâinconstance proÂŹ
digieuse des Français sur leurs modes, '(/d.)
Je vous envoie, mon cher frÚre, une lettre qnefé-
crivis hier pour madame de Laval. (Fénelon.)
Je me/roïKßtt/un pçuincomniddéavec de l'émotion
avant-hier ; mais cela nâa point eu de suite, (/d.)
prétérit indéfini.
Le roi mâa nommĂ© aujourdâhui archevĂȘque de
Cambrai. (Fénelon*)
Ce matin jâat trouvĂ© le pavĂ© si glissant que jâai
pensé que si je venais à tomber sur le bras droit, je
serais tout-à -fait désemparé.
(Bern. de Saint-Pierre.)
â Je vous ai Ă©crit ce matin, ma chĂšre sĆur, sur
ma conversation avec M. le marĂ©chal. (FĂNĂLciN.)
Le citoyen Didot a renvoyé hier au soir son do-
roestique ayeç des paroles dures, et ce matin ori a
trouvĂ© ce* malheureux qui sâĂ©tei't pendu dans sa
chanabre.' * (Bern. de SAiNT-PiBRRE.)
( 627 )
Hier au soir jëws en me couchant un frisson de
fatigue; huit lieues dans un jour sont trop.
(BerT^. de SAINT-y.IERRB.)
En rentrant chez moi ce soir, jâai appris que Ăźe
citoyen Didot venait dâĂ©prouver un grand sujet de
chagrin. (Bern. de Saint-Eibrre.)
Les formes jĂ« vis, je parlai, je trouvai, ne doivent sâemployer que pour exprimer une
chose qui sâest passĂ©e dans une pĂ©riode de temps entiĂšrement Ă©coulĂ©e colonne), de
sorte que ce serait une faute de dire: Je yis cette année, je parlai ce mois-ci, je trou
vai cette semaine, jâeus ce matin. Il faut alors faire usage des formes,j"ai vu, faipaidĂ©,
7âai/routßÚ,/ai eu, etc. (2Âź colonne).
Cette distinction est observée dans la phrase suivante :
Je tâai dĂ©fendu cent fois de rĂącler ton maudit violon; cependant ie t'ai entendu ce ma-
TIN. Ce matin I ne vous souvient-il plus que vous me le mito hier en mille piĂšces? j
(Palaprat.)
, Les granamairiens disent qĂŒe pour employer le prĂ©tĂ©rit dĂ©fini il faut que le temps
soit Ă©loignĂ© au inoins dâun jour, quâil y ait eu une nuit depuis lâĂ©vĂ©nement ; la moindre
de toutes les pĂ©riodes admises pour lâemploi de ce temps Ă©fant celle dâhier (1).
Une heure suffit, pourvu que lâon ne soit plus dans lĂ«poque dĂ©signĂ©e.- Dâailleurs, il
nous semble qĂŒun homme qui le soir raconterait un Ă©vĂ©nement remarquable, une ba-
* 'taille qui aurait eu lieu le matin, pourrait bien dire :
Nous nâĂ©tions que cinq cents, mais, par un prompt renfort,
. . Noiis nous vĂźmes trois mille en arrivant au port. (Corneille, le âŹid, lY, iii.)
Et VoUairĂ© souhaite que celte licence soit permise Ăšn poĂ©sie..Racine nâa pas craint
non plus de faire dire Ă ThĂ©ramĂšne : ^ âą
4
Le flot quilâappor/a recule Ă©pouvantĂ©. . ,
Combien celte expression est plus vive ! Le temps quâont durĂ© de pareils Ă©vĂ©nements
est comme une époque particuliÚre.
Bien plus, comme le fait observer M. Dessiaux, il y a des cas oĂč lâon ne pĂȘuLsĂ«xpri-
mer qĂŒavec ce temps : Ce matin nous nous sommes rendus chez le ministre : il ny
Ă©tait pas; nous rĂ©solĂ»mes de lâattendre.
II.
PRĂTĂRIT PĂFINL
Je fus bien fùché hier, ma chÚre cousine, devons
avoir quittée avec tant de précipitation. (Fénelon.)
Nous partĂźmes hier de Paris Ă neuf heures du,
matin. (Bern. de Saint-Pierre.) ,
Il prétend que je lui dois tout le blanchissage du.
linge que vous eûtes la bonté de faire faire pour,
moi, iL^Y A CINQ ANS, lorsquc je m*ns"ici.
(Fénelon.)
Il y a environ ^n mop que madame Mes nard
m'offrit dĂ«lle-mĂȘmĂ© de me prĂȘter lâargent hĂ©ces-*
saire à l'édition de mon ouvrage..
(Bern. de Saint-Pierre.)
Huit jours aprĂšs son dĂ©part, il mâĂ©crivit une
lettre remplie de lamentations. (Id.)
PRĂTĂRiy ]^pĂFlNI.
Hier, en travaillant Ă nqon quatriĂšipe dialogue,
jâai Ă©prouvĂ© un vrai p|aisir, ' â, (Mirabeau.)'
Jâai* tenu hier ma seconde sĂ©ance Ă lâĂ©cole norÂŹ
male; jâai Ă©tĂ© comblĂ© dâapplaudissements. . *.
(BEjlN. DE SAlNT:Pl||lljE.)
â Il Y A UN an jâaf obtenu la somme de cent Ă©cus
sur le» secours réservés aqx pauvres gens de lettres.
" Ud.)
S'ai pw lâAUipE J QĂŒfl Ă r^euilly fuir un larron Ă
travers champs, aprĂšs lequel toĂŒt le village criait.
' . â [Id.)
Je vous ai écrit il y a une QUIi^zaine jo.qps
(1) Aussi MâÂź de SĂ©vignĂ© Ă©crit-elle : M. de Courtrai revient de Saint-Qermaini Ce fut le soleil qu\
Ă©claira ce mariage, la Ă Ă©tĂ© du reste. Ce qui veut dire \ Le sojeil (dâhier) Ă©c|.^ira Ăźe ma-
riage, et la lune (qui a lui peiidant la ni^it jusquâĂ ce matin) a Ă©tĂ© tĂ©moin du reste,, 'âą !
Les curieux, dit plaisamment q ce sujet Lemare, peuvent consulter les almanachs du temps, pour
savoir si le jour qĂŒĂ©cnvait de.SĂ©vignĂ© il v avait eu lune depuis minuit.
{ 628 )
On voit par ces exemples que si Von parle dâune chose arrivĂ©e dans une pĂ©riode de
temps dĂ©terminĂ©e, mais oĂč Von nĂ«st plus, on peut Ă volontĂ© faire usage du prĂ©tĂ©rit dĂ©fini
ou indĂ©fini, et dire VIS hier, ou jâaĂŻ vĂŒ hier ; je ĂŽows Ă©crivis Vautre jour, ou je
vous Ai ĂcaiT Vautre jour, eic»
III.
PRĂTĂRIT DĂFINI.
Cëst Boileau qui le premier enseigna Part de
parier toujours convenablement, (Voltaire.)
GrĂąces Ă mon amour, je me suis bien servie
Bu pouvoir qĂŒAmurat me donna sur sa vie.
(Racine.)
... Ce jour que tu repus de moi. {Id.)
Dieu ne créa que pour les sots
Les méchants diseurs de bons mots.
(La Fontaine.)
Dieu créa deux grands luminaires, le soleil et la
iune. (Pascal.) .
PRĂTĂRIT INDĂFINI.
Quelques animaux nous ont enseigné à bùtir des
maisons. (Académie.)
Je ne me souviens plus déjà de tous les déplaisirs
que vous mâave;Ăź donnas. (MoliĂšre.)
Cruelle, quand ma foi vous a-t-elle déçue?
Songez-vous quën naissant mes bras vous ont reçue f
(Racine.)
Dieu a créé le genre humain, et en le créant i!
në pas dédaigné de lui enseigner le moyen de le
servir et de lui plaire. (BossĂŒet.)
Les poÚtes ont créé les dieux. (Académie.)
' Lorsquâil sâagit dĂŒne chose arrivĂ©e dans une pĂ©riode de temps indĂ©terminĂ©e, mais
, entiÚrement écoulée, on peut, comme lo prouvent ces citations, employer le prétérit dé-
fini oxx Ib'prétérit indéfini.
On fait usage du premier, si Von ne songe qĂŒĂ la semaine, Ă la journĂ©e, Ă lâinstant
mĂȘme oĂč lâĂ©vĂ©nement dont on parle a eu lieu.
. On se sert du second, si lĂŒn veut faire entendre que la pĂ©riode de temps oĂč cet Ă©vé
nement sëst passé dure encore.
Câest ainsi que CrĂ©billon a dit :
La crainte fit les dieux, Taudace a fait les rois.
En mettant fit les dieux, Crébillon, comme le fait observer Lemare, nous suppose
hors de la pĂ©riode oĂč se faisaient les dieux, oĂč ils furent tellement multipliĂ©s quĂ«nfin,
selon la noble expression de Bossuet : Tout était Dieu, excepté Dieu lui-méme, Depuis
longtemps on ĂŒen fait plus,.
Au contraire, CrĂ©billon a dit a fait les rois, parce que lâaudace fit, fait et fera encore,
plus ou moins longtemps, des rois ; nous sommes encore dans cette période.
La Harpe remarque, Ă Toccasion de ce vers de Voltaire ;
âą ^ BrisĂątes mes liens, remplĂźtes ma vengeance,
qĂŒil faut Ă©viter ces sortes de prĂ©tĂ©rits, dont la prononciation lourde et emphatique dĂ©-*
plaĂźt Ă Toreille; il faut surtout se garder dâen mettre deux de suite, Tun prĂšs de Tautre,
cëst une négligence de style.
Le prĂ©tĂ©rit dĂ©fini sâemploie quelquefois pour un futur : Jâai fini dans un moment, au
lieu de ; JâaĂŒrai fini dans un moment
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je vi» hier, je vis Tautre jour..
Je trouvai avant-hier...
Je perdis beaucoup Tanuée derniÚre.
11 plut ce jour-lĂ .
J» le payai sur-le-champ, et le congédiai.
Jâai vu aujourdâhui.. .
Jâai trouve ce matin. .V
Jâai beaucoup perdu cette anDee
n Ăą pin cette semaine.
Je Tai paji ce ynoU-ct.
( 629 )
FUTUR.
AVBC LB FUTUR.
Dieu en vain tu ne jurera#. (Académie.)
I, -
AVEC LâiUPĂRATIF.
Ăvite de rien faire qui puisse tâattirer Tenvie.
(Dict. de maximes.)
On voit qĂŒon pĂ©ut faire indiffĂ©remment usage du futur ou de VimpĂ©ratif: mais il faut
bien se garder de croire avec Jes grammairiens que lĂŒn soit pour Tautre.
II.
AVEC LE FUTUR.
Rendez fidĂšlement le dĂ©pĂŽt qĂŒon vous aura conÂŹ
fié, et ne révélez jamais un secret. (Fénelon.)
Ne manquez jamais de tenir exactement tout ce
que vous aurez promis. (/d.)
AVEC LE PRĂTĂRIT.
Rendez fidĂšlement le dĂ©pĂŽt qĂŒon vous a confié»
Ne manquez jamais de tenir exactement tout ce
que vous avez promis.
On peut employer le futur ou le prétérit; mais le premier est plus usité.
III.
* -i
Croira qui voudra Thistorien Capitolin et quelÂŹ
ques autres écrivains qui font danser les éléphants
sur la corde. (Féraud.)
Expliquera, morbleu, les fenames qui pourra,
(Babthe.)
Boira qui voudra, larirette :
Paiera qui pourra, larira l (Chanson connue.)
«11 y a, dit la Grammaire des Grammaires, un tour de phrase assez particulier, oĂč le
futur se place au commencement, avant le sujet exprimé par un qui relatif : Croira qui
voudra. »
Girault-Duvivier se trompe grossiĂšrement ; mais ce nâest pas la premiĂšre fois (^ue ce
compilateur nous donne occasion de remarquer jusqĂŒĂ quel point il ignorait la science
grammaticale, dont pourtant if sâĂ©tait occupĂ© toute sa vie.
Dâabord, dans ces phrases, qui nâest pas le sujet des verbes croira, expliquera, mais
de voudra, pourra, ainsi qĂŒon le voit en rĂ©tablissant le mot celui, sujet sous-entendu
de croira, expliquera : (Celui) qui voudra croira; (celui) qui pourra expliquera.
âąEnsuite, ce tour de phrase nâest pas particulier seulement au futur, il est permis avec
tous les temps simples, des verbes : Se sauve qui peut, travaillait qui voulait,
viendrait qui voudrait.
r
Mais veille qui voudra, voici mon oreiller. (Racine.)
IV.
AVEC LE FĂTĂR.
... Ces lieux sont solitaires.
Elle est rentrĂ©e au camp... Oui, jâaurai trop tardĂ©.
(Chateaubriand.) *
Mais déjà dans le camp il owra pénétré.- (/d.)
avec LB PRĂSENT.
... Ces lieux sont solitaires.
Elle est rentrée au camp... Hélas ß j'ai trop tardé.
Mais dĂ©jĂ dans le camp peut-ĂȘtre a-f-ii pĂ©nĂ©trĂ©.
On voit que quelquefois, pour marquer le doute dans lequel nous sommes à Tégard
dĂŒn Ă©vĂ©nement, nous employons la forme du futur. Nous disons donc jĂŒwrai trop tardĂ©,
au lieu de fai trop tardé, '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
t f
Uo seul Dieu adorer&s. Adore uo seul Dieu. _
Nâoubliez jamais la bitnfail qn'oo vous aura rendu. NâoublieÂź jnmois le bieufaĂźi quâon tous a rendu.
( 63Ăf )'
FUTUR ET cdĂź^DmONNEL.
Nâ DL. 9^^-
PHRASES NON INTĂrROGATIVES.
Ă t
-C iJa * * ,
I.
FUTUR.
Cëst par trop vous hùter, monsieur, et votre mal,
Si vous sortez sitĂŽt,* pourra bien vous reprendre.
. (MoliĂšre.)
Mais peut-ĂȘtre qu'un jour je dĂ©pendrai de moi.
' : (Corneille.-)
Non, je ne Vaurai point amenée au supplice.
(fĂĂCINE.)
Peut-ĂȘtre avec le temps jâoserai davantage.
(Racine.)
Mes pleurs...,. . i
Ne ttendronif pas longtemps contre les soins d'A-
(Id,) [chĂŒle.
CONDITIONNEL.
Elle pourrai/bien^djre avec je prophĂšte : mon
pĂšre et ma mĂšre mâont abaĂKyinnéÚ. (Bossuet.)
Et de rĂ©vĂ©hĂšment dâun combat piĂčs humain^
DĂ©pendrait aujourdâhui lâhoriiieur du nom romain !
(Corneille.)
Jâaurais trop de regret, si quplque autre guerrjçr^
AĂŒ rivage tri^yeli dĂšscĂ©ilddit le ptĂ«mier. (Racine.)
Je nâosarais lâaller interrompre. (AcadĂ©mie.)
«
Jâai cru que mes torrilents me i'iĂ«ndraĂ»^l ^âa-
(Racine.) [mour.
IL
PHRASES iNTĂRROGATIvĂS.
m
Pourrai-je sans trembler lui dire : je vous aime?
(Racine.)
/âV . ' ' ' ? V t» » f i. * 'J i * ,'Ăź â
Ou pourrai-je trouver ce prince trop ûdele?
(fd.)
Croiror-i-il mes périls et vos larmes sincÚres?
â
Pourrais-je a ce penchant abandonner moti Ăąme?
(Longepierre.)
Pourrais-je Ă cette loi ne pas me conformer?
(Racine.)
Crbt*rai/-H madouleuf moins vive que la tienne?
{m
â * 1
II, suffit (ßÚ lirĂš uĂ« tableau pĂĂčf voir lĂ diffĂ©rence qui existe entre le futur et le condiÂŹ
tionnel, et sentir combien, il esl essentiel de ne pas confondre ces deux temps, surtout
dans les phrases iHtĂšrrogatĂźyes. , . ^
Celiii qui dit : Si j'Ă©tais rĂ i, je voudrais ĂȘtre juste, hĂ© veut pas faire croire qĂŒil espĂšre
ĂȘtre roi; il fait donc une supposition qui ne doit pas se rĂ©aliser; mais celui,qui dit : Si
je suis roi, je serai juste, est fils dĂš roi; on croit que, dâune maniĂ©rĂ© ou dâune autre, il
deviendra roi. DâoĂč ce principe : ^
Le futur sâemploie lorsquâon veut indiquer quâune chose arrivera ou pourra arriver
dans un temps plus oĂŒ ihbiris Ă©joignĂ© du moment de la parole. On se sert du conditionnel
toutes les>ois quâon exprime iihe action, un fait dĂ©pendant dâune condition Ă lâexĂ©cution
â de .laquelle on liĂš sâattend point : en français, le second meioabre de phrase qui renferme
cette condition commence toujours par si, quand, quand mĂȘme; ĂŽĂŒ jpar quelquĂ© terme
équivalent.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE:
l'avouerai.
Je dirai.
On verra.
Tu seras.
Il pourra.
Vous voudrez.
Noua croirooB. '
J'avouerais.
Je dirais.
Ou verrait.
Tu serais.
Il pourrait,
Xouj youdriert.
Noua croirious.
Avouerai-je ?
Dirai-je?
y erra-t-on 7
Seras-tu ?
PourrĂą-l-il?
Voudrez-vous?
Croirons-nous?
Avouerais-je?
Dirais-je?
Verrait-on?
Serais-tu ?
Pourrait-il?... '
Voudriez-vous.?
Croirioas-oous ?
(631 )
NâDLI;-
fLAGE DU FĂTĂR ET BĂJ CONDĂTIONNĂI. ĂtĂC M.
AVANT si.
Oui, je triompAerai, sĂź Nadab amoureux
Au culte dâAbraham arrache les HĂ©breux.
^ (Chateaubriand.)
11 ftapperĂ JacĂŽĂ, si Jacob TabandonDe.
(Id.)
APRĂS Si.
Si vous ne changez pas, vous éprouverez des
malheurs. (Laveaux.)
Oui, si je' lĂš rencontre, on verra du carnage.
(MoliĂšre.)
IL
Je ne craindrais pas tant, hĂ©las! si jâaimais^moins.
(LonoĂšpierre.)
En tfÚs-bbnnÚ sà hté f arriverais ici,
Si je nâĂ©tais porteur d'une large Ă©corchure.
(Begnard.)
Si je vous aimais moins; je serai# plus tranquille.
(RegnarĂ).)
, ⊠V - A * ^ â ' I â â ' *
. , . Sâil avait quelques deniers comptants,
Ne me paierait-il pas mes gages de ,ciDq,.ans ?
(Le mĂȘme.)
f
Le futur et le conditionnel peuvent ĂȘtre, comme ori voit, placĂ©s avant ou aprĂšs lĂ
phrase complémentaire commençant par la conjonction st.
/
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Je viendrai, si je puis.
Dieu vous punira, si vous medtez.
Je le ferais, si je pouvais. _ ,
Vous seriez puni, si voiis mentiez.
Si je puis, je viendrai.
Si vous mentez, Dieu voiis punira.
Si je pouvais, je le ferais. .
Si vous mentiez, vous seriez puni,
Nâ DLII
CONDITIONNEL ACCOMPAGNE OU NON ACCOMPAGNĂ DĂŒ SECOND MEMBRE DE PHBASĂ.
avec la particule si.
Si le papier qui sert aux amoureux billets
CoĂ»tait comme celui qĂŒon emploie au palais,
Cette ferme en un an produirait plus de rente
Que le papier timbrĂ© ĂŒen peut rendrq en quarante.
' ^ (Regnard.)
SI nous nâavioiis pas de dĂ©fauts, riotis ne pren^
driohs pas tant de plaisir Ă Ăšn remarquer chez les
autres. (La RocdĂroucAULD.)
SI les morts,revenaient ou dâen haut ou d]en bas,
Les pĂšres et les fils ne se connaĂźtraient pas.
(Boursault.)
. . . Jâeh sais qĂŒon verrait pester au dernier point,
SI de leurs soupirants on ne médisait point.
(Colin-dâHarlevillb.)
, SANS LA particule St.
N
Pour appui dën dattier empruntant un rameau, .
Le jour jâaurais guidĂ© ton paisible chameau.
Le soir, au bord riant dëne sOurce ignorée,
Jëwrats offert la coupe à ta bouche altérée, . ,
, (Chateaubriand.)
Soyez persuadé que, par .mon goût, yous seriez
âątout le beau premier Ă la fĂȘte! Que vdiis y .RenÂŹ
driez bien votre place ! (MâÂź de SĂ©vignĂ©!)
Vos lettres me pidiraient d'iin inconnu.
(La mĂȘme.)
Ăn enfant supportera des CliahgemĂ©nts qĂŒĂ© ne
supporterait pas un homme. (J.-J. RĂŽossĂȘaĂŒ.)'
Comme TidĂ©e exprimĂ©e par le conditionnel est vague, elle a besoin dâĂ©tre dĂ©terminĂ©e
par un second membre de phrase; mais ce second membre de phrase, ainsi qĂŒon le
voit, peut ĂȘtre exprimĂ© ou sbus-enlehdu : Vos lettres me plairaient d'un inconnu, câest-
Ă -dire : vos lettres'me plairaient (mĂȘme si elles venaient) d'un inconnu; â vous seÂŹ
riez fowi le premier Ă la fĂȘte, sous-entendu, si les choses se dĂ©cidaient dâaprĂšs
MON GOĂT, vous y tiendriez bien votre place! ajoutez : si voĂčs y veniez ; â
{ 632 )
enfant supportera des changements que ne supporterait pas un homme, cëst pour : un
enfant supportera des changements qu'un homme ne supporterait pas, s'il y était
exposk; â Le jour, f AURAIS guidĂ© ton paisible chameau, en sous-entendant : si tu
AVAIS RĂPONDU A MON AMOUR OU SI TĂŒ AVAIS VOULU DEVENIR MA COMPAGNE.
ĂŻ
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Si j'Ă©tais roi, je voudrais ĂȘtre juste.
Sâil ne me craignait pas, je le craindrais.
Je serais mardi chez vous, si Dieu le voulait.
11 épouse une femme tjui serait digne de vous.
Ce piano vous plairait-il?
Auriez-vous cette bonté ?
W DLIIl.
PRĂTENDU EMPLOI DU CONDITIONNEL POĂR lâIMPARFAIT DE tâiNDICATIF.
; t' â
EXEMPLES.
i
Deux taureaux combattaient à qui posséderait
Une génisse avec lëmpire. (La Fontaine.)
Et prenez-vous, seigneur, leurs caprices pour guides?
Avez-vous prĂ©tendu qĂŒils se tairaient toujours?
Est-ce Ă vous de prĂȘter Toreille Ă leurs discours ?
(Racine.)
Je les voyais tous trois se hĂąter sous un maĂźtre,
Et tous trois Ă Tenvi sâempresser ardemment
A qui dĂ©vorerait ce rĂšgne dâun moment.
(Corneille.)
ANALYSES.
Deux taureaux combattaient Ă Teffet de savoir
quel serait celui qui, sâil Ă©tait vainqueur, possé
derait une génisse avec Tempire (1).
Avez-vous prĂ©tendu quâils se tairaient toujours,
mĂȘme sâil se prĂ©sentait une occasion favorable de
parler ?
Je les voyais sâempresser Ă Teffet de savoir que
serait, celui qui le dĂ©vorerait, sâil Vemportait sur
ses rivaux, ce rĂšgne dâun moment.
Parce que dans toutes ces phrases le conditionnel peut se traduire ainsi : deux tauÂŹ
reaux combattaient Ă qui devait possĂ©der une gĂ©nisse ; â avez-vous prĂ©tendu qu'ils
DEVAIENT se taire toujours? â ils s'empressaient Ă qui devait dĂ©vorer ce rĂšgne d'un
moment, les grammairiens se sont imaginĂ© (car que ne sâimaginent-ils pas ?) qĂŒainsi em-
plçyĂ© le conditionnel Ă©tait un nouveau temps ; mais lâanalyse nous fait voir que ce mode
sëxplique naturellement par la réintégration des mots supprimés par lëllipse.
Il en est de mĂȘme dans les vers suivants : '
Savez-vous pourquoi Jérémie
A tant pleuré pendant sa vie ?
C'est quâen prophĂšte il prĂ©voyait
QĂŒun jour Le Franc le traduirait.
(Voltaire.)
Nous sommes encore Ă nous expliquer comment Lemare, qui attaque les gramÂŹ
mairiens poĂŒr avoir vu un nouveau temps dans iZscowĂ©ateatĂ«n/ Ă qui POSSĂDERAIT,atjcz-
vous prétendu qu'ils se tairaient toujours, vient nous dire, quelques pages plus loin,
que,, dans les vers prĂ©citĂ©s: Il prĂ©voyait qu'un jour Le Franc le traduirait, câest
pour : il prévoyait qu'un jour Le Franc DEVAIT LE traduire, cëst tomber s(»i-méme
dans le'vicequën signale.
ConsĂ©quents Ă ce principe, quâun temps ne saurait ĂȘtre employĂ© pour un autre, noua
dirons que traduirait est ici au conditionnel, en vertu de Ăźa phrase sous-entendue s'il
pleurait.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
[Is se disputaient Ă qui l'emporterait.
Ils jouaient Ăą qui perdrait-
Us couraient Ă qui arriverait le premier.
Avez-vous cru que je garderais toujours le silence ?
(1) Cette analyse ĂŒest-elle pas suffisamment justifiĂ©e par la phrase suivante .* Ils combattirent podr
SAVOIR de qui ils seraient les esclaves. (Voltaire.)
( 633 )
Nâ DLIV.
PRĂTENDU EMPLOI DĂŒ CONDITIONNEL POĂR LE PRĂSENT DE lâiNDICATIF.
I. â Emploi lĂ©gitime.
exemples .
Je souhaiterais que les philosophes s'appliquasÂŹ
sent à démontrer combien la paix serait avanta
geuse aux peuples de lâEurope. (CitĂ© par Wailly.)
3âaimerais qĂŒon travaillĂąt Ă former le cĆur et
lâesprit de la jeunesse. Ce devrait ĂȘtre le principal
objet do l'éducation. (Cité par Wailly.)
On dirait qu'il va pleuvoir. {Id.)
explications.
Câest-Ă -dire, si jâavais des-vĆux Ă faire, ou si
mes vĆux pouvaient, avoir quelque influence, je
souhĂ iterais, etc.
CĂ«st-Ă -dire, si j*âai;ais des vĆux Ă faire, y aimeÂŹ
rais, etc. '
c?
C'est-à -dire, si Von considérait les nuages, etc.,
comme je le fais, on dirait qĂŒil va pleuvoir.
Ces phrases, dit Wailly, sont les mĂȘmes que celles-ci : Je souhaite que les philosoÂŹ
phes s'appliquent Ă dĂ©montrer, etc.;/aime qu'on travaille Ă former le cĆur et l'esprit
de la jeunesse, etc. Ainsi, exprimer par une forme spéciale une idée de supposition,./
souhaiterais, j'aimerais, etc., et ne pas exprimer cette idée, .serait égal et présenterait le
mĂȘme sens I Une idĂ©e pour une autre; et mĂȘme plusieurs idĂ©es pour une? .VoilĂ cepenÂŹ
dant comme, de temps immémorial, on fait de la grammaire, et comme on en fera
encore dans des milliers dâannĂ©es, tant cette science est entre bonnes mains.
Celui qui dit ; J'aime qu'on travaille Ă former le cĆur et l'esprit de la jeunesse, et ce
doit ĂȘtre le but principal de VĂ©ducation, veut dire quĂ«n y travaille ou qu'on y doit traÂŹ
vailler, et que c'est lĂ positivement ce qu'il aime.
Mais celui qui dit J'aimerais qu'on travaillĂąt, etc., parle dĂŒn ton moins absolu, plus
modeste; il ne prĂ©tend Ă©noncer ni un fait ni un principe, câest un simple dĂ©sir quâil exÂŹ
prime : J'aimerais, si cela dépendait de moi.
Cet emploi du conditionnel est donc lĂ©gitime; il ne diffĂšre de lĂŒsage ordinaire que
par lâellipse; il en est de mĂȘme dans les phrases qui suivent :
On nëst point malheureux, quand on peut ignorer
Tout ce que l'on pourrait avoir à déplorer.
(La Chaussée.)
La faiblesse est le seul dĂ©faut qĂŒon ne saurait
corriger. (J.-J. Rousseau.)
Ne sawrats-tM trouver quelque moyen pour me
tirer dëmbarras? - (MoliÚre.)
Jamais jeune garçon n'aspira de lui-mĂȘme Ă ĂȘtre
tailleur. Il faut de l'art pour porter à ce métier de
femme le'sexe pour lequel il n'est pas fait. LâaiÂŹ
guille et l'Ă©pĂ©e ne sauraient ĂȘtre maniĂ©es par les
mĂȘmes mains. (J.-J. Rousseau.)
Ah! Nébée, à ce coup je ne saurais survivre.
(Chateaubriand.)
Je ne salirais peut souvent se traduire, par / ne puis, et paraßt alors nëxprimer que
lâidĂ©e dâun temps indicatif. Cependant, pour la forme, câest un conditionnel; il faut donc
chercher à y retrouver Tidée attachée à ce mode.
La faiblesse est le seul dĂ©faut qu'on ne saurait corriger, câest-Ă -dire qu'on ne saurait
corriger, si mĂȘme on faisait pour cela tous ses efforts.
Tout ce que Von pourrait avoir à déplorer, sous-entendu : si Von envisageait sa po
sition.
Câest donc faute dâavoir vu Tellipse que les grammairiens ont trouvĂ© un barbarisme
dans ces vers de Racine :
Frappe, et si tu me crois indigne de tes coups,
Si ta haine mâenvie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main SERAIT trempée, .
Au dĂ©faut ĂŒe ton bras, prĂȘte^moi ton Ă©pĂ©e.
. 80
( 634 )
Si ta main serait trempée, cëst pour.: si en me frappant tu croyais que ta fnain serait
trempée d'un sang trop vit, etc.
Il nây a dans ce prĂ©tendu barbarisme de Racine qĂŒune ellipse hardie peut-ĂȘtre, Ă la
vĂ©ritĂ©, Tuiie dĂ©s|)iĂŒs fottes que se soient permises nos Ă©crivains, niais aussi peut-ĂȘtre
lâune des plus heureuses, car la pensĂ©e de Racine est facilement comprise, et son ex- ^
pression est aussi rapide qĂŒil est possible quĂ«lle le soit.
Mais il y a Ă©videmment une fautĂ© dĂąns .ces vers, qĂŒi ont Ă©tĂ© critiquĂ©s par Voltaire
lĂŒi-mĂšme : -
Tes plaisirs sont les biens les seuls à désirer.
Si tes heureux transports pduvaient toujours durer.
Il faut tes plaisirs seraient et non tes plaisirs sont.
II. â' Emploi vioĂźĂšĂŒx:
. . . Ăn soufflet, Ă©crivons.
Lequel Hiérome, aprÚs plusieurs rébellions,
Aurai/atteint, frappé moi sergent à la,joue,
El fait tomber d'un coup mon chapeau dans la boue.
(Racine.)
* i»' 'i 1 i * i
. ,. Et de ce non content.
Aurai/ avec le pied rĂ©itĂ©rĂ©. â Courage !
â Outre plus, le susdit serait venu de rage
Pour lacérer ledit présent procÚs-yerbai...
â ĂUoris; mon cher monsieur, cela rie va pas mal.
(Racine.)
Dans ces vers Racine ù voulu parodier le style des enfants dé Barthqle. Le sens appe
lait lĂ© prĂ©sent : A atteint, a rĂ©itĂ©rĂ©, est venu, aĂŒ lieu de Ulirait atteint; aurait rĂ©itĂ©rĂ©;
serùil venu: Ce style barbare, disait Voltaire, cdtamélice à sé glissér dans lés pùpiérs
publics. On imprime que sa majestĂ© iuĂŒĂiT rĂšioMĂŒ fu'ĂŒn'Ă© telle province aurait Ă©tĂ©
endoinmagée par les ihÎndùtibm.
EXERcicĂ PBRASĂOLOGĂqĂŒĂ.
Je dĂ©sß«ra«,que vous fuuĂźn plua^ poli. â , , j i Pg dirait qu'il va neiger. .
Il sĂ«nii a soiibaitĂ©r que ces gens ftisseni pins toIeriLiits. Ou dirait qĂŒ'U va faire nuit-
â - Ă©
» ⹠'
âN" DLV.
r ^ *
PRĂTENDU EMPLoi DU ĂBl^DitioiiNĂL ĂĂ ĂĂU DU FUTUR.
AVEC LE CONDITIONNEL.
JĂ©sufi-Christa promis qĂŒil uienĂąraif jiigĂšr lĂšs ViÂŹ
vants et les morts. (Wailly.)
Vous mâavez dit que vous reviendriez Ae lendeÂŹ
main, ' (j:-J; RdussĂAu.)
- : * * . . â .
Vous avez bien prĂ©vu que cette lettre mâattendriÂŹ
rait. {Id.) *
Jâai toujours diffĂ©rĂ© Ă vous faire rĂ©ponse jusquâĂ
prĂ©sent, que jâai appris que .vous nv,. reviendriez
point. (>iŸÚ Ă)B SĂVĂGNĂ'.J
Vous me direz que ces conditions vous paraߏ
traient merveilleuses, si voĂŒs pouviez vous Ă ssĂŒrĂšr
qĂŒldomĂ©nĂ©c les accomplirait de bonne foi.
' (Fénelon.)
AVEC LE PUTUR.
k -J
Quiconque, leur promet quâils trouveront JĂ©sus-
Christ dans lé désert, ou dans le secret dé leur pa
lais, est un faux prophĂšte. (Massillon.)
Ceux qui se portent bien deviennent malades; il
lÚur faut dÚs gens dérit le métier soit de leur assu
rer qĂŒils ne mourront point. (La BrĂŒyĂ«re.)
Mais qui peut tâassurer qu'invincibfe au plaisir,
ĂllĂ© conservera sa premiĂšre innocence?
(BbltEAU.)
* Je hâĂ»serais me promettre que vous rĂąe ferez cet
honneur: (Académie.)
Il y a plaisir dâĂȘtre dans un vaisseau battu de TĂ©-
rage, lorsquâon est assurĂ© quâil iiĂšpĂ©rtrd pas!
(Pascal.)
On voit qĂŒon peut dire il m'a prorniĂš qu'il viendra ou il m'a promis qu'il viendrait,
et lâusage prĂ©fĂšre mĂȘme le conditionnel, parce que lĂ«xĂ©cution de ce quĂ«n promet dé
pend toujours de quelques conditions exprimées ou Supposées.
( 636 j
Celui dit ; Je lui di pfqihiVqdĂ© jĂ© viendrai; pĂ rlĂ« ĂąĂŒn ton Ă BĂ©blĂč el â^Ă©Ăčt dire
quâil viendra positivement, que câest une chose certaine et sur laquelle on peut compter ;
il nĂ© pensĂ© pas, il ne suppose pas mĂȘme que rien pourra y apporter obstacle ; mais celui
qui dit : Je lui ai promis que je viendrais; fait voir Thommç prudent; Thomirie à ccÎh-
tumé à andar co cdli'ùri dt piÎniBÎ; comme oh dit en italien, et qui, sachant par expér
rience que souvent nos entreprises tournent dĂŒne maniĂšre opposĂ©e Ă nos projets et Ă
nos espĂ©rances, a prĂ©sent Ă TĂȘsprit le |)rQĂżefbĂ© : L'homme propose Ăšt ĂHĂ©u disposĂ©; ion
expression Ă©quivaut ai celle-ci : Je lui aipfĂŽfnis que je vĂźehdrais si rien nĂš mâĂȘn empĂȘÂŹ
chait, si rien ne sây opposait.
Câest donc Ă tort, selon nous, que Lemare et quelques autres ^ainmairiens condamnent
lâemploi du conditionnel dans cette circonstance. Il nbiis semblĂ© parfaitement rĂ©pondrĂ©
aux vues de Tesprit.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
On aous a dßt que vous consentiriez à faire cette démarche. On nous a dit que vous consentirez à /aire cette démarche.
Votre frĂšre mâa assurĂ© quft vous iriez Ă lĂą campagne. Votre frĂšre mâo assurĂ© que vous irez Ă la campagne. .
bruit a coiiru que je quitterais ce pays incessamment. Le briiit a couru que je quitterai ce pays iucéssammÚnt.
Nâ DLVI. *3^^'
PKĂTĂNDD EMPLOI DD CONDITIONNEL PĂDB LE SĂBjdNCTĂF.
AVBC LB SUBJONCTIF. â
^ i ^ «' J * 4-
Il nëst espoir de bien, ni raison, ni maiime,
Qui pĂ»t en ta faveur mâarracher ĂŒnĂš rime.
* (Boileau.)
Il nây a que la discorde qui put### troubler la fé
licité qué les dieux nous préparent. (Fénelon.)
11 nây a aucun de ses sujets qui ne hasardĂąt sa
propre vie pour conserver celle dâun si bon roi.
\ {Id.)
On obtint du prince qĂŒil consentĂźt de traiter dâé
gal avec l'archiduc. (Bossuet.)
AVEC LE CONDITIONNEL.
Il semble que le roman et la comédie pourraient
ĂȘtre aussi utiles quâils sont nuisibles. ,
(LĂ BkuTĂRE.)
11 pourrait arriver quâen voulant perfectionner la
scéim française on la gùterait entiÚrement.
(Voltaire.)
11 semble que lâon aurait pu tirer un plus grand
parti de lâinvention de CaldĂ©ron. (Id.)
Il obtint de lui quâEurydice retournerait parmi
les vivants. . (Fénelon.)
Dans les exemples de la premiĂšre colonne et autres semblables, la condition sous-
entendue, sâil est permis de parler ainsi, va presque sans dire. La comĂ©die et le roman
poubraient ĂȘtre aussi utiles;..: sâils Ă©taient traitĂ©s comme il convient; âIl obÂŹ
tint de lui qu'Eurydice retournerait parmi les vivants...:, sâil ne regardait pas
DEĂRĂĂRĂ LUI, jĂŒSQĂŒâĂ CE bĂŒâlL tûß SORTI DE^ ĂNFĂRS...
; Comme on le voit, on peut, en pareille occasion, se servir du subjonctif ou du condiÂŹ
tionnel.
exercice phraÚéologique.
I
n semble que lâon pourrait le faire. Il semble que lâon pnissc ,le^ ra|re>
Il semble quâou pĂ Ă»rrĂąit le dire. ^ . ĂŻl semble qiie Ton pĂźitsse lĂ© dire.
IMPERATIF.
*
DLYIIfr
EMPLOI CIRCONSPECT QUâON DOIT FAIRE DĂ CE MODE.
ivĂ'c tâiAlhERĂTip.
Connais-rĂ oi tbut ^entiĂšre. ' (CoRlĂBiLiE:)
AVEC ilNB ĂĂ^RB TOURNDBB.
Daigne éhëdr iûe ÚÚnnéktrl eU Iria saison derniÚre.
(BoilbĂ u.)
Ah! sire, ëcoutez^nous, (Boilbau.)
Accordez cette grĂące aux larmes dâune mĂšre.
(Racine.)
Cieux, r^jHinde-s votre rosée. (/d.)
( 636 )
Ah ! demeurez, seigneur, et daignez mâĂ©couter.
(Racine.)
Daignez Ă mon amour accorder cette grĂące, (/d.)
Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elle
RĂ©pandre cet esprit dâimprudence et dâerreur.
Ud.)
k »
LâimpĂ©ratif, dit Lemare, est le mode le plus rapide, celui qui est le plus propre Ă aniÂŹ
mer, Ă Ă©lectriser lâauditeur. Câest surtout le mode de Jean-Jacques. Il convient trĂšs-bien
dans le style Ă©levĂ©; les rois, les dieux mĂȘmes ne sâen offensent point. Câest principaleÂŹ
ment le mode de la familiarité; cëst celui qui'est le plus usité dans la famille. Les enfants
eux-mĂȘmes, Ă©levĂ©s avec lâaimable libertĂ© qui est seule capable de former des hommes,
remploient avec grĂące envers les auteurs de leur ĂȘtre.
Ce mode exprime non seulement que lâaction doit se faire, mais qĂELLE est voulue
PAR CELUI QUI PARLE, CĂ«st donc le mode que les infĂ©rieurs, et mĂȘme les Ă©gaux qui ne
sont pas bien fanriiliers entre eux, doivent employer avec circonspection. LâidĂ©e du moi,
et surtout du moi qui commande, pourrait souvent effaroucher.
Pour adoucir ce que le commandement peut avoir de trop dur, on emploie des impé
ratifs qui, par eux-mĂȘmes, expriment une idĂ©e de soumission, tels que : veuillez, daignez,
faites-nous le plaisir ou Vhonneur, ayez la bĂŽntĂ©, etc., etc., ainsi qĂŒon le voit dans la
deuxiĂšme colonne.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ăcoutez-nous.
Laissez-nous parler.
Veuillez nous écouter.
Daignez nous laisser parler.
DLYIIL
Faisons, courons, etc., au lieu de fais, cours, etc.
I.
Faisons, courons. ' â ^
Courons chercher ma proie au fond du sanctuaire.
Osons Tcn arracher; Dieu me laissera faire.
(Cas. Delavigne.)
Mourons ; de tant dâhorreurs quâun trĂ©pas me dĂ©livre.
' (Racine.)
'
Ne tardons plus, marchons; etsâil faut que je meure,
Afowrons. * (Racine.)
Mai.s jouissons plutĂŽt nous-mĂȘrne de sa peine ;
Et si Rome nous hait; triomphons de sa haine.
(Corneille.)
" Fais, cours.
Ils tâont rendu cruel, perfide, ingrat comme eux :
Renonce Ă ton vieux pĂšre, achĂšve, et sois heureux.
(Cas, Delavigne.)
Octave, nâattends pas le coup dâun nouveau Brute,
Meurs, et dérobe-lni la gloire de ta chute. .
(Corneille.)
Meurs, puisque câest un mal que tu ne peux guĂ©rir ;
Meurs enfin, puisquâil faut ou tout perdre ou mourir,
(Corneille.)
Rentre en toi-mĂȘme. Octave, et cesse de Te plaindre.
Quoi, tu veux quâon tâĂ©pargne, et nâas rien Ă©pargnĂ©!
{Id.)
Dans les deux colonnes, le personnage se parle Ă luiTmĂȘme; cependant, comme on
peut le remarquer, il emploie deux formes différentes. Dans la premiÚre, il dit : Coui'ons,
osons, mourons, marchons, jouissons, triomphons, etc. , et dans la seconde : Renonce ,
achĂšve, meurs, etc.* Il serait difficile de dire laquelle de ces deux maniĂšres est la plus
usitée. - «
Le premier et le dernier exemple de la premiĂšre colonne, donnent lieu Ă une autre
observation.. On voit qĂŒaprĂšs courons, C. Delavigne a fait usage de ma proie, tandis que
Corneille a dit : Jouissons NOus-mdmc. DâoĂč nous pouvons conclure quâen cette circon-
{ 637 )
stance, on peut à son gré se servir oes adjectife possessifs ou des noms personnels de la
premiĂšjre personne du singulier ou du pluriel. ,
IL
A LA PREMIĂRE PERSONNE.
Soyons vrais, de nos maux nâaeeuson# que nous-
(ViLLEFRĂ.) [mĂȘmes.
Retirons-mns, sortons. (Racine.)
Faisons notre devoir ; les dieux feront le reste.
g (Voltaire.)
ChrĂ©tiens, en priant pour son Ăąme, songeons Ă
nous-mĂȘmes. ' (BossĂŒet.)
A LA DEUXIĂME PERSONNE.
Soyez sobre, attentif Ă placer votre argent,
Ne donnez jamais rien et prĂȘtez rarement.
(Voltaire.)
Viens, rentrons. (Cas. DelavĂŻgne.)
Commencez par rĂ©gler vos mĆurs.
(J.-B*. Rousseau.)
Songez, messieurs, quâil y va de votre honneur,
de votre intĂ©rĂȘt. (AcadĂ©mie.)
' Quelquefois, pour tempérer la sécheresse de Timpératif, au lieu des formes soyez,
sortez, faites, etc., on emploie la premiĂšre personne plurielle, soyons, sortons, faisons.
Par lĂ on a Tair de se commander Ă soi-mĂȘme comme aux autres. Cependant, ĂŒ est des
cas oĂč les convenances exigeraient la pĂ©riphrase. Par exemple, un subalterne, voyant ses
supĂ©rieurs engagĂ©s dans une discussion, ne dira pas: Messieurs, dĂźnons; on a servi; il âą
dira: Messieurs, veuillez vous mettre Ă table, le dĂźner est servi. Mais ce sont plutĂŽt lĂ des
leçons de politesse que de syntaxe.
exercice phraséologique.
Sortons'.
Sortez.
Partons.
Partez.
]\^ DLIX.
Vas-y, parles~en, etc.
sans s.
Va, vole, Gorasmin, montre-lui cet écrit.
(Voltaire.) ,
Va, enfant, va parmi les ombres chercher ton
pÚre, ' (Fénelon.)
Ah ! de grĂące! un moment souffre que je respire.
(Boileau.)
Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes
(Voltaire.) [veines.
Va, les honnĂȘtes gens se connaissent dâabord. âą
^ (Coll. dâHarleville.)
Regarde ce palais, contemple cette tour.
(Voltaire.)
As-tu dit Ă la mer : brise ici ton orgueil?
(Chateaubriand.)
Commence ici par moi, et si tu veux régner, frappe.
(Voltaire.)
Si tu veux goûter le repos.
Sache vivre avec tes égaux. Jouveau.)
AVEC#.
Puisquâon lui disait : vas-g, pourquoi nâaurait-il
pas dit irai-je-t-y f Remarquez de plus avec quelle
adresse il Ă©vitait lâhiatus de trot-je y, ou y irai-je f
(J.-J, Rousseau.)
Respecte ces tendres penchants, mon aimable ami;
tu leur dois trop pour les haĂŻr, mais sou/fre-s-en le
cher et doux partage. (/d.)
Cousine, songe-s-y bien : voilĂ quel est le mari
dont tu médites sans cesse de troubler indiscrÚte
ment le repos.. (/d.)
Pense-s-y bien, jeune homme; que sont dix,
vingt, trente ans pour un ĂȘtre immortel? (Id,)
Aime Cirina, ma fille, en cet illustre rang ;
PréfÚres-en la pompe à celle de mon sang.
(Corneille.)
Pense-s-y mieux, mon aimable amie; toi dont la
morale est aussi facile et douce qĂŒelle est honnĂȘte
et pure. (J.-J, Rousseau.) ,
Fais un grand feu bien ardent, jette-s-y toĂŒt ce
fatras. {Id.)
Toute seconde personne singuliÚre de Timpératif qui, par la conjugaison, nëst pas ter
minée par un s, prend cette lettre pour cause dëuphonie, lorsquëlle est suivie du pro
nom en ou du pronom y; Penses-y, vas-y ^ rappĂŒrtez-en des fruits, mangez-ĂȘn dans ia
route, MĂNES-Y des ouvriers, etc. .
638
MajĂ», {lan? le cas oĂč \fs pronoins et y sqnt cggiplĂ©niepts du verbe qui suit TinipĂ©ratif,
il peut y avoir-une pause entre cet impératif et ces pronoms.; dÚs Ifirs on ne dqjt pas
faire usage de la lettre euphonique : Va y mettre ordre, sache en trouver, daigne y meÂŹ
ner ton pĂšre, etc.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Pense Ă ton affaire.
SongĂ© Ă lâavenir.*
Ne donne'de conseils a personne.
Va 7 mettre ordre.
* L «â
Pénses-y bien
SohgeV-y sans cesse.
Donnes-en Ă tes amis
Vas-y tont seul.
SĂBJPNCTIĂ,
Verbes toigours suivis du subjonctif.
N° DLX.
. ,v V'_l. u t â '
N,
VERBES EXPRIMANT UNE IDĂP: DE priĂšre, de'dĂ©sir, DE commandement, etc
ObĂ©is, si tu veux qĂŒon tâo&Ă©isse un jour.
(VpLTA]RE.)
Jâaime mieux qĂŒAcantĂš sot'f'mĂ©chant que si je
Tétais. , (Fénelon.)
Pierre le Grand ordonna qĂŒon nâentrerait dans
les cloĂźtres quâĂ cinquante ans, et U dĂ©fendit qpâon
y rcpĂŒf, Ă quelque Ăąge que ce fĂ»t, un homme r&Ăź
vĂȘtu dâun emploi public. (Voltaiue.)
. . . Vous BRULEZ que je ne sots partie. (M.)
Je CONSENS que mes yeux soient toujours abusés.
(fd.)*"
s
Souffrez que Bajazet voie enfin la lumiĂšre. {Id.)
Je ne mIĂ©ionne p}us qĂŒil craigne de.me voir.
. ' ' ' (Corneille.)
Les devoirs de la société exigent que Ton ait
quel que'mĂ«iiagern ent pour lâamour-propre des homÂŹ
mes. ' â . ' ' ' (AcadĂ©mie.)
Faot-il que les mortels ne soient heureux quâen
(Voltaire.) [songe.
H souhaite en son cĆur que ce Dieu ne soĂŻt pĂ s.
^ (Boileau.)
Prends garde que jamais Tastre qui nous éclaire
Ne te.uote en ces lieux mettre un pied téméraire.
(Racine.)
. . , Qui rit dâautrui
Doit CRAINDRE qĂŒeu revanche on rte aussi de lui.
(MoliĂšre.)
Combattant Ă vos yeux, permettez que je meure.
(Racine.)
puisque vous le,voulez, jâAccoRDE quâil le fasse.
(Corneille.)
Amilcar mĂ©ritait quâon lui confiĂąt le comniaii-
deraent de Tannée qui devait agir en Espagne.
(Rollin.)
EmpĂȘchez qĂŒun rival vous prc'utenne et vous Ă raue.
^ (Corneille.)
Nous ne vous demandons pas quâil deutenue le
vainqueur de TEurope; nous vous demandons qu'il
soit le pĂšre de soi^ peuple. (Massillon.)
Gardez ce départ ne leur soit révélé.
(Racine.)
Je désire que vous soyez plus heureux,
' (Académie.)
Lëmploi da subjonctif est une des plus grandes difficultés de la langue française.
Tous les cas oĂč lâon doit faire usage de ce mode ne sont pas spĂ©cifiĂ©s dans la plupart
des grammaires ; on se tromperait mĂȘme singuliĂšrement si l'on regardait comme infail-
' libles les rĂšgles qĂŒelles Ă©tablissent sur cette importante question. Nous allons remplir
une partie de ces lacunes.
Dans la (hĂ©grie, nous ferons voir_, ap moyen dp npmhiâpuses analyses, que le vĂ©ritable
génip du su^jqnçdf esl df indiquer une action ou une chose cotnme terme d'une volonté
annoncĂ©e dans une proposition antĂ©cĂ©dente, proposition qui peut ĂȘ.tre exprimĂ©e ou sous-
entendqe. - .
Ainsi, pour recqqnqUre. ^ans gqpl cas on doit fajrç \i§age du subjonctif, il faqt consi
dĂ©rer. \a naturp mot an ^c^ent dont pp iBpdg dĂ©pen^fl, et examiner lâesprit qp lâin-
tention dans laquelle aura Ă©tĂ© conçue la phrasĂ© entiĂšre"^ Câest dqnc pay sqite, ĂŒq PTĂĂŒ-
( 630 ) â ,
cipq quc! nops vçnpn? dĂ«tablir que, dans jâps e^erpplef pitĂ©s plus haut, yer^eg qpi
suivent la"conjonction que sont tous ap subjoncUF. En pffet, pp ne peut désirer,
ordonner, souhaiter, etc., sans vouloir que ce qui est lâobjet de ces mouvements de TĂąme
soit effectué. On voit par là que, quelle que soit la forme par laquelle la volonté est
exprimĂ©e, soit de priĂšreâ, do dĂ©sir, de commandement, etc., notre principe nĂ«n est pas
moins vrai.
EXEmĂM P^RASĂOtmQĂ?*
âąTe YeuT que,..
Je désire que.*.
Je souhaite que...
.Vexigc que...
Il prétend que...
11 aime.mieux que...
TS - - *â *-*- JTl
Il consent que. ».
11 craint que...
Nous permettons que,,,
Nous souhaitons que...
lioĂčs VoulodsĂ«ĂčÂź ' '
Nous demandons qm;...
Vous empĂȘchez que*. âą
Gardez que...
M faut que*..
Ne vousYtounez pas que.*
K DLXI.
SĂBJONCTIF APRĂS ĂȘtre SUIVI uâĂŒN NOM OU DâĂŒN ADJECTIF.
I.
4
Il est jĂŒstb, grand roĂź, qĂŒun meurtrier pĂ©risse.
â ^ ' (CORNEILLE.y
âą Il k'est vas vqssiBLK qĂŒun esprit toujours raÂŹ
baissé vers dp petifs objets produise quelque chosp -
qui soit dignâĂš ĂŒĂ cimirĂątion Ă©t fait pour la postĂ©ritĂ©.
' ' â (Lesage./ *:
Il est difficile, quand on aime la vĂ©ritĂ©, qĂŒon
nâqit aussi dq zĂšle pour la justice. (Xd.)
Monsieur, il est impossible que vous voyiez â
prĂ©sent ma maĂźtresse; elle est dans lĂ«fflictĂźbn'lâa
plus cruelle. (Voltaire.)
Sans prendre avis, il est rare qĂŒon plaise. {Id.)
Ces vĂ©ritĂ©s sublimes, qĂŒil importe tant Ă rhqmm^
de connaßtre, il était essentiel que Bien dg^g^à t
les lui communiquer. (De la Luzerne.)
Il serait bon qĂŒon obéßt aui lois. (Pascal.)
Il était convenable que la nouvelle lumiÚre se
rĂ©pandit par ioiit TĂ»nlvĂ«rs/ ' â (Bossuet.).
Il Ă©tait nĂ©cessaire Ă la gloireâde la religion
que toute la raison humaine fùt épuisée, pour ren
dre les hommes vertueux. (Massillon.)
'iICj . r "i :oâ .t .1 ^ ' I >
Il Esy triste pqqr la France, si féconde en éprß-
vains*eĂźcell/isâJ qĂčâĂšlle sflt je seul pays qui proÂŹ
duise de paVeils rĂšcueils Ă 'ĂŽVdĂ»rĂ©s. * (Nâ'oltĂ1re!)
Il est temps qĂŒil paraisse et quâon tremble Ă sa vut
(Voltaire.)
Est-il naturel QuâAlaric voulĂ»t lasser les AlÂŹ
pes et lâApennin, lorsqueConstahlin, p usâ tremblant,
sâoffrait Ă sa conquĂȘte? (Voltaire.)
AprÚs ces locutions : Il est juste, il est bon, il est nécessaire, il est essentiel, il est im^
portant, il est possible, il est convenable, il est rare, il est temps, il est difficile, il est inÂŹ
dispensable, il est facile, il est impossible, il est urgent, et autres semblables, qui marÂŹ
quent une nĂ©cessitĂ©, on se sert toujours du subjonctif; lâanalyse va nous faire voir la
raison de cet usage. Il est juste qu'un meurtrier périsse, est un abrégé de : Il est juste
(le pouvoir qui veut) qu'un meurtrier pĂ©risse. â Il Ă©tait n^ccs^airc que toute la raison
humaine se fĂ»t Ă©puisĂ©e, est pour il Ă©tait nĂ©cessaire (lâactk qui voulait) que toute la raiÂŹ
son humaine se fût.épuisée, etc., etc. Ces anajyses sont rigouyeuges et ne ressemblent en
rien Ă celles de Lemare, qui, selon sa coutume, suhstitup Ă il est juste, la justice veut ;
k il est nécessaire, la nécessité VEifr. Lemare doit gavoir aussi Jiien que .nous que
substituer une phrase à une autre phrase, cÚ nëst pas lënalyser, cëst doubler ja diffi
cultĂ©, car au lieu dĂŒne phrase Ă examiner on en a "deux. ' *
II.
Je pris congé de ces deux époux en leur protes
tant que j'Ă©tais ilavi que I hymeu eĂ»t succĂ©dĂ© Ă
leurs longues apioufs, .. (Lesage.)
HippolytCEST heureux quâaux dĂ©pens de nos jours
Vous-mĂȘme, en expirant, appuyiez ses discours,-
(R4ĂIWB.)
Toutes les fois que lĂ© verbe ĂȘtre a pour attribut un adjectif marquant jĂŻuelqae Ă©motion
Ne SOYONS pas surpris non plus que Lycur^e
ait regardĂ© lâĂ©ducationĂ«omme lâaffaire la plus im-
portanio du législateur. (Barthélémy/)
Je ne suis point étonné que votre projet soit
encouragé par M. de Sartines. (Voltaire.)
( 640 ) ^
ou opération de Tùme, telle'que celle produite par \ajoie, la tristesse, là satisfaction, le
mĂ©con/en/emen/ou la surprise, le verbe qui suit doit ĂȘtre au subjonctif.
11 est juste /[ne...
11 est bon que.. â
tl était temps qne...
11 serait possible que.
Je suis ravi que...
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
n est facile qne...
Il serait difficile que...
Il est rare que. ..
Il est heureux que...
Je suis enchanté que...
S*il était possible que.. -
11 serait convenable que..
Il est bien que...
Il est malbeurcux que...
Je suis dĂ©solĂ© que. âą âą
U est honteux que...
n est biensĂ©ant que. â
Il est urgent que...
Il est nécessaire quti..
Je suis surpris que...
Nâ DLXII.
SUBJONCTIF APRĂS LES VERBES DITS impersonnels.
Il fallut quâau travail son corps rendu docile'. Dans le vulgaire obscur si le ciel Ta placĂ©,
Forçùt la terre avare Ă devenir fertile. (BoiLeau.) QĂŒimporte qĂŒau hasard un sang vil soit versĂ© ?
(Racine.)
Il ne hĂš plaĂźt pas que vous alliez lĂ . Il arrive bien difficilement qĂŒon sot/ malheu-
(AcadĂ©mie.) reux pour ne pas savoir ce qui se. passe dans le cĆur
' des autres. (Marc-AurĂšle.)
Lorsquâun verbe est prĂ©cĂ©dĂ© de lâun des impersonnels il faut, il importe, il convient,
il vaut mieux. Use peut, il plaĂźt Ă , il peut se faire, etc., il se met toujours au subjonctif,
parce que ces impersonnels font naĂźtre lâidĂ©e dâune volontĂ©, dĂ«ne nĂ©cessitĂ©. Aussi est-ce
parce que les verbes impersonnels suivants , il résulte, il s'ensuit, il paraßt, et autres
semblables , nâexpriment aucune idĂ©e de volontĂ© , de nĂ©cessitĂ© , que le verbe qui vient
aprĂšs eux se met Ă Vindicatif et non au subjonctif.
Il faudrait que.
Il importe'que.
11 «e peut que..
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
ConimçQt se peut-il que?
Il convieudrait que...
n vĂąut>mieux que...
Ne vaut-il pas mieux que.
Il ne convient pas quo. .
Il me .plaĂźt que...
Expressions aprĂšs lesquelles on emploie toigours le subjonotiF.
W DLXIII.
f
Quelque, quel que, quoi que, etc.
Quelque effort ([vie fassent les hommes, leur
néant paraßt partout. (Bossuet.)
Qui que ce soit, parlez, et ne le craignez pas.
(Racine'.)
Mais dans quelque haut rang que vous sogei placé,
Souvent le plus heureux sây trouve renversĂ©.
(Th. Corneille.)
Si mince qĂŒil puisse ĂȘtre, un cheveu fait de lâombre.
(VlLLKFUĂ.)
Du maĂźtre, quel quâil soit, peu, beaucoup, ou zĂ©ro,
Le valet fut toujours et le singe et Técho.
(Piron.)
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse.
(Boileau.)
Quoi Quâon dise, uii Ăąnon ne deviendra quâun Ăąne.
(Grozelier.)
On met toujours le subjonctif aprĂšs les expressions quelque que, quel que, qui
que, quoi que, si que, Ă quoi que, de quoi que.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Quelques richesses que voua ayei.
'sllés que soient vos richesses.
1 qne c« puim étra.
Juoi qu'il puisse arriver.
Quelque grand que soit ton mérita.
Si ridia qu'il «oit.
{ 641 )
W DLXIY.
Afin que, Ă moins que, avant que, en cas que, etc., etc
LĂ«n est mort avant QĂŒĂ«n ait aperçu quĂ«n pouÂŹ
vait mourir. (Fléchier.)
Bien Quë ses déplaisirs mon ùme compatisse,
(Corneille.)
Combien de fois a-t-on vu des hommes publics
faire échouer des entreprises glorieuses à Tétat, de
PEOR QDK la gloire nën rejaillßt sur leurs'rivaux.
^ (Massillon.)
Quoique le ciel soif juste, il permet bien souvent
Que l'iniquité rÚgne et marche en triomphant,
(Voltaire.)
Dieu vous place au-dessus des autres, afin'que
vous sogez les pĂšres des peuples,' (Massillon.)
Ău CAS QUE ce quĂ«n en dit soif vĂ©ritable.
(Pascal.)
Les hommes ont la volonté' de rendre service
jusqdâa ce Qulls en aiĂ«nf le pouvoir.
(Vauvenargues.)
Pour Quën vous obéisse, obéissez aux lois.
(Voltaire.)
Les puissances établies par le commerce sëlÚvent
peu à peu et sans que personne sën aperçoive.
(Montesquieu.)
Il fait bon craindre, encor que Ton soif saint.
(La Fontaine.)
PooRXTJ quën sache la passion dominante de
quelquën, on est assuré de lui plaire.
(Pascal.)
Soit que Julie eût étudié sa langue, et qûëlle la
parlùt par principes, soit que Tusage supplée k la
connaissance des rÚgles, elle me semblait sëxprimer
correctement. (J.-J. Rousseau.)
Lâamour-propre vit et rĂšgne absolument en nous,
A MOINS QUE Dieu nâait dĂ©truit son empire en vei^
sant un. autre amour dans noire cĆur. (Nicole.)
Loin que les peuples soient faits pour Ăšux, ils
ne sont eux-mĂȘmes tout ce. qĂŒils sont que pour les
peuples. , â(Massillon.)
On
Afin que.
A moins que
Avant que.
Au cas que.
Bien que.
(Voltaire.)
emploie toujours le subjonctif aprĂšs les expressions suivantes :
ue. De peur que. Loin que. 1
De peur que
De crainte que
En cas que.
Encore que.
Si tant est que
Loin que.
Nonjque.
Non pas que.
Nonobstant que.
OĂč que.
Pour que.
Pourvu que.
Quoique.
Sans que.
Soit que.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Afin que vous soyez content.
A moins que je oe sorte.
AvAnt que son pĂšre revienne.
Quoique je le lui aie défendu.
Pour que tu puisses réussir.
Pourvu quâelle me plaise.
N" DLXy.
SĂBJONCTIF APRĂS que EMPLOYĂ, DIT-ON, POĂR afin que, avant que, soit que, pour que,
sans que, Ă moins que, jusqu'Ă ce que, ET pour st.,
Si les hommes Ă©taient sages et QĂils suiufssan#
les lumiĂšres de la raison, ils sâĂ©pargneraient bien
des chagrins. (Cité par Wailly.)
En vendange autrefois dans les lieux oĂč nous sommes,
Peu de jours se passaient quâil nâarrivĂąt-mort
(Regnard.) [d'hommes.
... Je ne vous quitte point,
Seigneur, que mon amour nëif obtenu ce point,
(Corneille.)
Que Ton approuve ou non ma fermeté sévÚre,
QuâĂ Tunivers surpris celte grande action
Soif un objet dâhorreur ou dâadmiration,
Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire,
Ne considĂšre point le reproche ou la gloire.
(Voltaire.)
« On voit que toutes les fois que la conjonction que semble employée pour afin que,
avant que, soit que, sans que, pour que, Ă moins que, etc., Je verbe qui suit cette conjoncÂŹ
tion se met toujours au subjonctif. Pour Tanalyse de ce que, nous renvoyons le lecteur au
chapitre des Conjonctions. âą
81
{ 642 ) *
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Si VOUS revenez ici, et que je n*y boĂs pas...
Appliquez-vous, que vos parents soient contents;
Ne commencez pas ^Ăš-jĂȘ vous ĂąvĂȘrĂŒsse.
Attendez que votre ^re revienne.
Que je lise ou que jâĂ©crive, on j trouve toujours Ă redire.
I punit qu'il ne Vdlt mérité.
Jo ne puis rien dire que tu ne le saches.
Jamais on ne le punit quâil ne Vdlt mĂšri
CâĂ©tait une satisfaction pour moi que vous vinssiea me voir.
W DLXVI
SUBJONCTIF APRĂS que DIT IMPĂRATIF.
Quâaux accents de ma voix la terre se rĂ©veille.
(J.-B. Rousseau.)
Que celui dâentre vous qui est sans pĂ©chĂ© lui jette
la premiĂšre pierre! (Le Maistre de Sacy.)
Quâil pĂ©risse! aussi bien il ne vit pius pour noui.
(Racine.)
Lorsque vous ferez lâaumĂŽne, que votre main gauÂŹ
che ne sache point ce que fait votre main droite.
(Le Haistre de Sacy.)
Câest-Ă -dire : jĂš veux, je commandĂ© qĂŒe la terre se RĂVEiLtE aux accents de ma
voix, etc. Ce qui nous foit voir que dans ces sortes de phrases. le subjonctif est sous la
dépendance du verbe vouloir sous-entendu.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Quâil parle.,
Quâil soit jugĂ©.
Que votre pcrc ne Icâsachc pas.
Quâil soit pendu.
N" DLXYIL
SĂBJONCTIF EMPLOYĂ AVEC ELLIPSE DĂŒ qUOi
PlĂ»t aux dieux qĂŒon rĂ©glĂąt ainsi tous les procĂšs ;
Que des Turcs en cela Von suivßt la méthode !
(La Fontaine.)
Périsse le Troyen auteur de nos alarmes !
(Racine.)
Dût ma muse par là choquer tout rtmivers, - -
Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers.
(Boileau.)
Ăcrive qui voudra ; ctiacĂŒn Ă ce mĂ©tier
Peut perdre impunément de lëncre et du papier.
(Boilbau.)
J
Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge !
(Corneille.)
Majestueuses forĂȘts, paisibles solitĂŒdeĂ©, qui plus
dâune fois avez calmĂ© mes passions, puissent les cris
dé là guerre ne troubler jamais vos résonnantes clai
riĂšres I . (Bern. de Saint-Pierre.)
4-Gë§t-Ă -diĂĂ« JB ĆžotrĂRĂiĂ Qv'il p.lĂčt aux dieux; quand bien mĂȘme le sort voudrait
QUE ma muse dût choquer tout VUnivers, etc.
On voit par lĂ pourquoi, dans ces phrases oĂč Ton manifeste particuliĂšrement un vĆu,
un désir, on met le subjonctif.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Vivent les gens dâesprit !
Meurent les Grecs !
Périssent les méchants !
Dût-il cn mourir.
N" DLXVm. â
Je ne sache point, qĂŒe je sache.
Je ne sache pas Ăavoir TUy dans ma vie, un pĂąts
plus antipathique à mon goût que oelui-ci.
(J Rocsseau.)
Jene sache pas quâil y ait Ă©ĂŒ jdâhdnitDĂ©s blaccA
devenus noirs. * (Buffon.)
Jé nÚ sdeke pas quën ait jamais vu dënfùnt en
libertĂ© se tuer.â»' (J.-J. Rousseau.)
Je ne sache que trois peuples qui aient autrefois
pratiqué Téducation publique. (/d.)
Nous en dirons bientĂŽt la raison,* dont/e nĂš sache
pas que ses commentateurs se soient jamais occupés,
quoiquâils lâaient ressassĂ© de toutes les maniĂšres.
(Bern. de Saint-Pierre.)
( 643 ) '
Mais lĂą cĂąĂŒso Ăźa plus gĂ©nĂ©rale dĂŒ Strabisme, et
dont personne, que je sache, nâĂą fait mention, câest
l'inégalité de force dans les yeux. (Buffon.)
; . .Je ne sache point dâhonneur si bien placĂ©
iJont on ne vienne à bout, dÚs qu'on a financé.
(Hauteroche.)
Dâhabiles anatomistes ont analysĂ© les organes de
la vue et de lâouĂŻe, et aucun, quĂ© je sache, nâa dĂ©veÂŹ
loppĂ© le mĂ©canisme de lâodorat.
(Bern. dk Saint-Pierre.)
âąOn dit je nĂ© sache pas, nous ne sachions pas, pour ;Ă« ne connais pas, nous ne connaissons
pas. Ces locutions rie sont dĂ«sage quâavec ßù nĂ©gative, et appartiĂ©nriĂ«nt Ă ĂŒ style de la
conversation ; de mĂȘme que les expressions que je sache, que nous sachions, qui sâemÂŹ
ploient le plus souvent Ă la fin dâune phrase : il n'y a personne que je sache. Ce quâil y a
de particulier, câest que cette maniĂšre de parler, qui est un vĂ©ritable gallicisme, nâa lieu
qĂŒĂ la premiĂšre personne du singulier oĂŒ du pluriel, cĂ ron nĂ« dit pas tu fie saches pas,
il ne sache rien. â .
Séiori Lemare, cette phrasé unique est presque inexplicable.
Un autre grammairien pense que cette expression est elliptique^ et quëlle est pour/
suis atrivĂ© d cĂ© point de connaissance que je ne sache pas. Ce grammairien nĂ«ntend rien Ă
Tanalyse; car, malgré son explication, le subjonctif reste encore à expliquer,
Pourquoi le subjonctif? dit M. Marrast. Pourquoi cei Usage est-il propre au verbe sauozr
et Ă la premiĂšre personne ? ' .
Il est toujours difficile dâexpliqtiĂ«f des usages qĂŒĂ© des iĂŽiltatiĂŽns, dĂšs cifcoristĂąhcëÚ
particĂŒiiĂšfes, lâinfluence du gĂ©nie, quelquefois mĂȘme que la mode a introduits. Dans les
langues anciennes, on trouve quelques exemples semblables: Les Latins ne disaient pas
voh, ils disaient velim. Quand on prononce la phrase en question, on suppose sans doute
quâon nâa pĂ s prĂ©sents Ă lâĂ©sprit tous les objets de comparaison qui pourraient sâoffrir."
On Ă©vite alors de donner Ă lâexpression une valeur trop affirmative , et Ton emploie le
mode dubitatif, je ne sache rien... C'est une maniĂšre dĂ icate, un tour de convenance ,
et Ton voit facilement que Ton ne peut lâemployer dans cĂ© sens que quand lâon parle
de SOI. '
â VoilĂ pourquoi aussi cette locution ne sĂ«mploie jamais quâavec lĂ nĂ©gation. â Ăn ne
dit pas je sache, et quand cette phrase se trouve Ă la fin dĂŒne autre proposition, câest
que celle-ci est déjà négative. Un'est venv/persdnne que je sache. A-t-il été à la campagne?
Non pas, que je sache.
Ces exemples suffiront pour fairé sentir que cette maniÚre dé sëxpfimér indique tou
jours une sorte dâhĂ©ritĂ tion dahs la pensĂ©e; on ne saurait la rendre que pĂąr le iriode du
verbe le plus propre à peindre cette nuance délicate entre raffirmatiori ét lé doute.
Suivant Boniface, câest Ă VeuphĂ©misme quâil faĂŒt rapporter cet emploi du subjonctif,
et câest aussi notrĂ© avis. EiĂź effĂ©t, / ne sache pas Ăšst ĂčnĂ© expression dtibitĂ tivĂ©, Ăšt en
quelqĂŒe sorte palliĂ tive, qui affaiblit bĂ©aĂŒcoĂčp lâopiniori qĂŒon Ă©met, et lui ĂŽte ce quĂ«lie
pourrait avoir de trop dĂ©cisif ou dâabsolu=
On peut sâen convaincre par lâanalyse. Cette phrase de Buffon : Je ne sache pas qu'il y
ait eu d'hommes M^ncs devenus noirs, nâest-elle pas pour : Il est possible quil y ait eu
des hommĂ©s blancs devenus noirs, mais le hasard veĂŒt OUE je ne le sache pas? Câest
une des nombreuses délicatesses de notre langue.
Que je sache est un abrĂ©gĂ© de lâexpression suivante : (Je ne pense pas) que je (le)
sache.
Cëst donc ù tort que Laveaux et presque tous les grammairiens ont avancé que le sub
jonctif, dans ces locutions, nâexige pas une proposition antĂ©cĂ©dente, car lâanalyse que
( 6U )
nous en avons donnée nous prouve le contraire. Seulement Tusage veut que cette pro
position soit toujours ellipsée. ^ '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je ne sacne rien de pins précieux que la vertu.
Il n'a point été 4 la campagne, que je sache.
Nous ne sachions pas.
Je ue sache rien de si beau.
Il nây a personne, que je sache.
Est'd venu quelquâun? Non pas, que je sache.
DLXIX.
s *
EMPLOI DĂŒ SĂBJONCTIF DANS LES PHRASES NĂGATIVES OU INTERROGATIVES.
PHRASES NĂGATIVES.
Je nâai employĂ© aucune fiction qui ne soit une
image sensible de la vérité. (Voltaire.)
Je NE VOUDRAIS PAS Hssurcr quâon le dotĂ«e Ă©crire.
\ (Boileau.)
.. ⹠Ne crois pas quëlle meure. (Racine.)
, . , L4nnocence étonnée
Ne peut sâimaginer quĂ«lle soit soupçonnĂ©e.
(Corneille.)
... Je NE puis penser
QĂŒĂ feindre si longtemps vous puissiez vous forcer.
(Racine.)
11 NE PENSE PAS quc personne veuille lui dresser
des piĂšges. (La BruyĂšre.)
PHRASES interrogatives.
Ah! madame, est-il vrai qĂŒun roi fier et terrible
Auï charmes dé vos yeux soit devenu sensible?
Que lâhymen aujourdâhui doive combler ses vĆuxĂź
(Crébillon.)
Crois-tĂŒ que mes chagrins doivent sâĂ©vanouir
A Taspect dâun bonheur dont je ne puis jouir?
(Racine.)
Crois-tu que dans son cĆur il ait jurĂ© sa mort?
(fd.)
Lâhomme, pour qui tout renaĂźt, skra-t-il le
seul qui meure pour ne jamais revivre?
(Le Tourneur.)
Dieu juste ! serait-il vrai que tu visses avec inÂŹ
différence le crime triomphant ella vertu souffrante?
(fd.)
Penses-tu quën effet Zaïre me trahisse?
(Voltaire.)
Ou met le verbe de la proposition subordonnée au subjonctif, si la proposition princi
pale est négative ou interrqgative, parce que cette sorte de proposition exprime le doute,
Tincertitude, etc. (1).
' II y a quelques exceptions Ă cette rĂšgle. On les verra plus loin.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je ne pense pas qnâil ait raison.
Je ne soupçonne pas que cela soit aßosi!
Je ne crois pas quâil ait appris lâitalien.
Je ne gage pas que la girafe soit morte.
Je ne parie pas quâcUe soit encore vivante.
Pensez-vous quâil ait raison ?
Soupçonnez-vous que cela soit?
Croyez-vous quâil oit appris lâitalien?
Gogez-vous que la girafe soit morte?
Paricz-Tous quâelle soit encore vivante ?
(1) MoliÚre, dans sa comédie des Fùcheux (acte III, sc. iv), a dit : Tu penses quon te croie T Penser,
employĂ© affirmativement, veut aprĂšs lui Tindicatif et non le subjonctif; câest le contraire, quand il est emÂŹ
ployĂ© nĂ©gativement ou interrogativement : Tu penses quâon te croit ; ne pense pas quâon te croie ;
penses-tu quâon ie croie? Dans la phrase de MoliĂšre, le sens est interrogatif: mais la forme ne Test pas,
et elle devrait TÎtrc; il lui était facile de mettre : Penses-tu qûon te croie ?
( 645 )
i
Tftbleaux comparatifs des verbes et des locations qui, dans certains cas, réclament
le SUBJONCTIF, et dans dâautres TINDICATIF.
Nâ DLXX. -
EMPLOI DĂŒ,SĂBJONCTIF OĂŒ DE lâindicatif APRĂS LES VERBES ordofintr, tisoudre,
arrĂȘter, exiger, dĂ©cider, commander, etc.
SUBJONCTIF.
Un oracle fatal ordonne quëlle expire !
Un oracle dit-il tout ce qĂŒil semble dire?
(Racine.)
Nous Tavons vu ordonner qĂŒon flĂ©chĂźt les geÂŹ
noux devant la majesté présente. (Fléchier.)
Publius ValĂ©rius ordonna qĂŒon sĂ©parĂąt les
haches des faisceaux que les licteurs portaient deÂŹ
vant les consuls. . (Vertot.)
Il faut bien que je pleure
Mon insensible amant ordonne que je rnewre.
(Corneille.)
Il est injuste dâexiger des hommes qĂŒils fassent,
par dĂ©fĂ©rence pour nos conseils, ce qĂŒils ne veuÂŹ
lent pas faire pour eux-mĂȘmes.
(VaĂŒvenargues.)
INDICATIF OU CONDITIONNEL.
OrdonnĂ© qĂŒil sera fait rapport Ă la cour
Du foin que peut manger.une poule en un jour.
(Racine.)
Il ORDONNA que les vétérans recevraient leurs
récompenses en argent, et non en terres.
(Montesquieu.)
âą Pittaeus ordonna qĂŒun homme qui commettrait
quelque faute étant ivre, serait puni doublement,
(Fénelon.)
Dioclétien ordonna que les chefs des Mani
chéens seraient brûlés avec leurs écrits.
(Condillac.)
On exigea dĂ«ĂŒx qĂŒils rmettraiĂ«n/ aux Romains
la place et le port de Lilybée, dans la Sicile.
(Vertot.)
Laveaux et la plupart des grammairiens disent qĂŒaprĂšs les verbes ordonner, rĂ©soudre,
arrĂȘter, exiger, dĂ©cider, commander, on met toujours au subjonctif le verbe de la phrase
subordonnée.
Cette rĂšgle est fausse, car nos citations prouvent qĂŒon peut employer Tindicatif ou le
subjonctif : Tindicatif, quand lëxécution de Tordre est tellement sûre, que Taction or
donnĂ©e, rĂ©solue, exigĂ©e, etc., peut ĂȘtre regardĂ©e comme un fait qui aura nĂ©cessairement
lieu. Tels sont les ordres des souverains et ceux des cours de justice, qui, agissant au
nom du souverain, en imitent le langage. Ordonné qu'il sera fait rapport, est plutÎt une
dĂ©claration dâun fait quĂ«n ordre ; il est dĂ©clarĂ© qĂŒil sera fait, etc. (1).
On se sert, au contraire, du subjonctif lorsque les verbes ordonner, décider, exiger, etc.,
sont pris dans Tacception qui leur est propre, cĂ«st-Ă -dire qĂŒils marquent cette volontĂ©
soudaine, seule, unique, indĂ©pendante et absolue, et qĂŒils sont Texpression de la volontĂ©
d'une seule personne.
(1) Bernardin de Saint-Pierre ĂŒa pourtant pas observĂ© cette distinction dans Texemple suivant ;
Un homme criminel était condamné à mourir, de faim en prison; sa fille vint Ty trouver et Ty nourrit de
son lait. Le SĂNAT, instruit de cet acte de Vamour filial, ordonna que le pĂšre fĂ»t rendu Ă la fille, et
qĂŒĂ la place de la prison on Ă©levĂąt un temple Ă la piĂ©tĂ©.
Voici nĂ©anmoins un fait historique qui nous paraĂźt consacrer dâune maniĂšre irrĂ©vocable ce double emploi
du verbe ordonner.
M. le président B*** de TE'** eut le malheur de déplaire à Louis XV; Sa Majesté, pour le punir du
peu de respect ou de dĂ©fĂ©rence quâil avait montrĂ© envers la dignitĂ© royale, fĂźt ordonner, par la cour mĂȘme
dont il'était le président, son interdiction*pour deux mois. En conséquence, le procureur du roi, eu pré
sence de toute la cour, et aprĂšs les considĂ©rants dâusage, fut chargĂ© de prononcer la sentence suivante :
La COUT ORDONNE quc ĂB S. R*** de TEsera interdit de ses fonctions de prĂ©sident» prĂšs de ladite
cour» pendant deux mois.
M, B*â* de TE'** ne put dĂ©vorer cet affront, et, quittant son fauteuil, il sâĂ©cria :
Et moi, messieurs» qui suis plus puissant que la cour» jâordonne qĂ»il soit infĂ©rĂąt/ pour toujours.
(046)
I â
11 y a donc une grande différence entre U ordonna qu'on leur fßt grùce, et il ordonna
qu'on leur Ă©erĂ it grĂące, â Il ordonna qĂŒ'on leur eĂźt grĂące peut se traduire par il vouÂŹ
lait, il dĂ©sirait qu'on leur fĂźt grĂące, etril Vordonna; â il ordonna qu'on leur ferait
grùce, a le sens de il déclara qu'au ferait grflce,
n oVùÎhna qiiâil fĂ»t JĂ©capĂźtĂ©.
Jâexige que vous le fassiez.
f â â
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
La cour ordonne quâon informera sur les lieux.
Le sĂ©nat exigeai dâeux quâils lâindemniseraient.
Nâ DLXXI.
SUBJONCTIF ĂĂ INDICATIF APRĂS LES VERBES attendre, entendre, prĂ©tendre,
se plaindre, supposer, douter.
StjBJONCTIĂ.
NâATTENDEZ pas que jĂ© vous rĂ©ponde lĂ -dessus.
(Pascal.)
LĂ« bjĂŽ, pour se dpnner, saps peine ouvrant la terre,
N'ATTpßßpAiT pgs qĂŒun bĆuf, pressĂ© par Taiguillon,
Traçùt à pas tardifs un pénible sillop.
(Boileau.)
* « - ' â
Topté domination tend vers la tyrannie, car il est
lï^turei à rhpmmp de prétendre que sa yolonté
fasse loi. (Marmontel.) *
De lui,seul je prĂ©tends qĂŒon reçoive la loi.
(Boileau.)
Non, sâil vous plaĂźt, je nâentends pas que vous'
fassiez de dépense', et que Vous envoyiez rieri ache
ter pour moi. (MoliĂšre.)
Supposons toutefois qĂŒencor.fidĂšle et pure,
Sa vertu de ce choc revienne sans blessure.
(Boileau.)
Il nâĂ pù§ le droit de sĂȘ PLĂiNbRE que le roi nĂ©
vienne pas à son secours ß (Cité par Appert.)
* a
JĂš DĂĂTĂ que le ris excessif convienne aux homÂŹ
mes qui sont morteis. (La BruVĂšre.)
indicatif.
Cëst là que nous attendons que notre espérance
ne sera pas déçue. (Pascal.)
Jâattends du moins, jâAixisNDs de votre complai-
[sance
Que désormais partout vous fuirez sa présence.
(Racine.)
... Tu PRĂTENDAIS quĂ«n un lĂąche silence
PhĂšdre ensevelirait ta brutale insolence. {Id.)
âą 4
On PRĂTEND que ThĂ©sĂ©e a paru dans l'Ăpire,
(/d.)
Quand je vous ai dit cela, jâai entendu que vous
nâiriez pas le rĂ©pĂ©ter Ă tout le monde.
(Planche.)
Je SUPPOSE qĂŒun moine esf charitable.
(La Fontaine.)
Nous nous sommes plaints que la mort, enneÂŹ
mie des fruits que nous promettait la princesse, les
a ravagĂ©s dans la fleur, (BossĂŒet.)
Les tribuns disaient dans toutes les assemblées
qĂŒils sâĂ©taient toujours bien doutĂ©s que les pré
sents du sénat cachaient un poison secret.
(VertqtO
On voit quâĂ la suite deĂą verbes attendre, entendre, prĂ©tendre, supposer, se plaindre,
douter, on emploie lĂŒn ou lâautre mode, selon lâidĂ©e qĂŒon a dans lâesprit. Nous renÂŹ
voyons aux dictionnaires pour la diffĂ©rence dâacception dans laquelle ces verbes peuÂŹ
vent ĂȘtre pris.
EXERCICE PHRĂSĂOtOGIQĂŒE.
* ^
Jâattend» que vous me teniez parole.
Il prétënd que tout vienne et dépende de lui,
Jâeotends que vous mâobĂ©issiez. '
Supposons quâil revienne.
Je mâ.ittends qpâil mC manquera de parole.
Il prétend que tout viént et dépend de lui.
On entend par lĂ qnâil ferf*^ iÂź voiilai
« Nous supposons quâil reviendra.
Nâ DLXXII.
' VERBES SĂĂVIS DU SUBJONCTIF OĂŒ DE LâĂŻNDICATIF
SUBJONCTIF.
Penses-tu quâen effet ZaĂŻre me trahisse ?'
(Voltaire.)
INDICATIF.
Pensez-vous qĂŒil sâagit dâun forfait exĂ©crable ?
Un vain bruit, ĂŒh soupçon vousle rend vraisemblable.
(Chénier.)
Et CROIS-TU qĂŒaisĂ©meiit elle puisse quitter
Le savoureux plaisir de tây persĂ©cuter?
(BoĂŻleau.)
On PENSAIT, à Vitré, que ce /«ssen/des BohÚmes.
DE SĂVIGNĂ.)
Elle semblait ou^ier son rang, et on ne sâaperÂŹ
cevait PAS qĂŒon parlĂąt Ăą une personne si Ă©levĂ©e.
(Bossubt.)
IJ ne faut pas juger qĂŒune chose soit naturelle
parce quâune religion fausse Ta consacrĂ©e.
(Montesquieu.)
CĂ»ois-TĂŒ donc qĂŒe je sois insensible a iâoĂŒtrĂąge? â
(CorneillĂš.)
Le CRpiRAirjE, seigneur qĂŒun reste de tendresse
Vous fasse ici chercher une triste princesse?
(Racine.)
CuoYEz-vouB que cela soi7 dâung nĂ©cessitĂ© i^bso-
lue? ' '^(Bossuet.)
Croit-on que dans ses Ăaucs nn monstre mâait portĂ©?
â " (RACiNE.)*
Je relisais suq» cesse cette lcUfe,,et ne pouvais
me PERSUADER quâeilo fĂ»t de EhiloclĂšs.* (FĂ©nelon.)
Je savais bien que Phénice était hors de Madrid
depuis plus de deux ans; <mais jâignorais quâelle
fat comédienne. » * (Le S>qe.)
Il ne faut pas que vous pensiez, mon cher pĂšre,
que je me sois donné si parfaitement à la musique,
que jâaie nĂ©gligĂ© toute aUlfĂš espĂšfce dĂ© travail. "
o (J.-J. Rousseau.)
... Se peut-il que dâun cours si rapide
La victoire vous ait ramenĂ© dans lâAuiide?
(Racine.)
On ne peut pas dire que Carthago eût entiÚrér
ment renoncé à la gloire do Tétude et du savoir.
(Rollin.)
On ne tonrait nier quâUn homme nâapprenne
bien des choses quand.U voyage, et qĂŒĂŒ Ă©tudie sé
rieusement les paceufa de tant de peuples.
* ' " â (FĂ©nelon.)
.( 647 )
Ărois-tu que, toujours ferme au bord du prĂ©cipice,
ĂiiĂ© pĂŽwrrd marcher sans que le pied lui glisse?
. (BoiLEACf.)
JĂš pĂNSĂis qĂQ câdtait un petit chien.
(MâÂź DE SĂVIGNĂ.)
Jei NE mâaperçus pas que je parlais Ă lui;
(j.-B. Rousseau.)
Et sur quoi JugĂ©z-vĂŽĂŒs que jâen perds la mĂ©moire?
(Réprùi?.)
CaoiRAi-rĂ© ^âun mortel, avant sĂ derplĂšre heure,
Peut pĂ©nĂ©trer dĂšs morts la profonde dĂšhaeĂŒre?(ĂŻd.)
Croirai-je quâtinĂȘ nuit a pu yous Ă©branler?
â . (Mi) .
CnQTĂZ'Tpus qĂŒalors il acceptera vos hommages]?
(Massillon.)
^ ; Crois-tu,^ gi Je lâĂ©pquse,
QĂŒAndromaque e« son cĆur nâen sera pas jaĂźbusĂš?
âą (Racine;)
11 ne pouvait se persuader quâil leur Ă©tait imÂŹ
portun. (LaBruyĂšbe.)
Il ne pouvait ignorer quâil Ă©tait le fils de David.
(7d.)
CĂ«st abrĂ©ger, et sâĂ©pargner mille discussions, que
de PENSER de certaines gens quâils sont incapables
de parler juste. ' ^ (Id.)
Haïssez vos ennemis avec modération; car il se
PEUT FAIRE quâils seront vos amis dans la suite.
(Fénelon.)
Vous ne devez pas Dire qiiĂ© je voĂŒs ai baitĂŒ;
mais quâil vous semble que je vous ai battu.
(MoliĂšre.)
Je ne vous nierai point, seigneur, que ses soupirs
Mâon/ daignĂ© quelquefois expliquer ses dĂ©sirs.
(Racine.)
Comme ori levoitpar ces nombreuses citations, Ă lĂ sĂŒite dumĂȘirievet-béïtaritĂštoh eiri|)Ipie
Tindicatif, tantÎt le subjonctif; Tindicatif, si la personne qui énonce ce verbe exprime une
chose sur laquelle elle n'a point de doute, une chose certaine, positive, du moins dans son
esprit; on met le subjonctif dans le cas contraire. Chénier a dit avec Tindicatif : Pensez-^ '
voxis qu'il s'agit d'Ăčh' forfait Ă«xĂ©cfĂ hle, parce qĂŒil Ăšst certain qu'il s agit rĂ©ellement de
cela. C'est comme sâil eĂ»t dit ; Il s'agit dâun forfait exĂ©crable, je le sais, jĂ«n suis conÂŹ
vaincu; mais vous, le pénsez-vous? Voltaire, au contraire, fait dire à Orosmarie aVÚc le
subjonctif: Penses-tu qu'en effet ZaĂŻre me trahisse? parce quâil est dans le doute Ă cet
Ă©gard, et quâil dĂ©sire que cela ne soit pas. Ce vers est elliptique : Penses-tu qu'en effet
(la fatalitĂ© ĆžĂĂŒt que) ZaĂŻre me trahisse?
i)'aprĂšs cela, il est Ă©vident, cĂŽrniriĂ© le dit trĂšs-bien Boniface, quâil ne faut s'arrĂȘter
ni au matériel dÚs iriÎté, rii à la forme dé la proposition primordiale, pour faire usage dé
lâindicatif ou du subjonctif; le sens quâori veut exprimer doit seul dĂ©terminer lĂ«mploi de
Tun ou de Tautre mode.
Interrogez-vous vous-naĂȘme ; commencez par sentir, et votre expression sera presque
toujours Timage fidÚle de votre pensée :
Ce que lâon conçoit bien sĂ«iprime clairement,
Et les mots pour le dirc arrivent aisément, ' - .
s
( 648 )
Voilà la rÚgle sûre, la seule qui soit fondée sur la nature, et qui ait dirigé nos bons
Ă©crivains dans leurs immortels chefs-d'Ćuvre, que la plupart des grammairiens nâont pas
assez profondément étudiés pour établir les lois du langage.
Nous ferons observer, avec Lemare, que, dans lĂą seconde colonne, on n'interroge que
pour Je seul effet oratoire, que pour communiquer aux autres le sentiment, l'opinion Ă
laquelle on est dĂ©jĂ arrĂȘtĂ©. L'interrogation n'exprime point le doute, ne soumet point
lâaction qui suit Ă une volontĂ© quelconque, libre ou nĂ©cessaire. Câest une simple formule,
c'est lâinterrogation des rhĂ©teurs : elle est extrĂȘmement frĂ©quente.
Les grammairiens attribuent Ă la nĂ©gation la mĂȘme vertu qĂŒĂ lâinterrogation ; mais les
faits sont également contraires à cette nouvelle rÚgle.
Il y a mĂȘme beaucoup de phrases tout ensemble interrogatives et nĂ©gatives, comme :
Ne trouves-tu pas que fai raison? oĂč le verbe qui suit est Ă l'indicatif.
* I ^
EXĂRCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Le peuple, moins superstitieux, ne croit plus quâil y ait des rere- ,
nauts.
Montrez-moi nne faute qne ^aie faite.
Vous vous figurez que ce soit un jeu.
Vous ne croyez pas que je puisse résister à cette douleur.
Paiues>vous quo votre protection me soit nécessaire dans ce pays ?
Quâil est insensĂ© ! il ne croit pas qu'il j a un Dieu,
Montrez-moi la faute qne jâai faite.
Figurez-vous que câest un jeu.
Vous ne croyez pas que je pourrai résister à cette douleur.
Pensez-vous que votre protection m'est nécessaire dans ce pays ?
Nâ DLXXIII.
Il suffit que, SUIVI no subionçtif ou db lâindicatif.
SUBJONCTIF.
Ehl KK suFFiT-ĂŻL PAS, scigneuF, Ă vos souhaits
QĂŒb le bonheur public soit un de vos bienfaits?
(Racine.)
... Il SUFFIT QĂĂ voiis nous commandiez,
Yous nous verrez combattre et mourir Ă vos pieds.
(Racine.)
Je ne te dirai point oĂč.est ton pĂšre, il suffit que
tu 50t« libre de le chercher. (Fénelon.)
Madame, qui vous presse ? Il suffit que sa vue
Désormais à vos yeux ne soif plus défendue.
(Racine.)
Heureux ou malheureux, il suffit qĂŒon me craigne.
(Id.)
INDICATIF.
QĂŒil te suffise donc, pour me justifier,
Que je vis. que jâaimai la reine le premier.
(Racine.)
Et dâoĂč a-t-il pris cela? âH nâimporte dâoĂč il
lâait pris. Il suffit que les sentiments de ces grands
hommes-lĂ sont toujours probables dâeux-mĂšmes.
(Pascal.)
Ne vous suffit-il pas que je Vai condamné?
Ne vous suffit-il pas que ma gloire offensée
Demande une victime à moi seule adressée?
Que je le hais enfin; seigneur, quejë Vaimai?
(Racine.)
Il suffit que Ton est contente du détour.
(MoliĂšre.)
Suffit que vous devez de vous ĂȘtre content. .
(Regnard.)
Il suffit, disent les grammairiens, est toujours suivi du subjonctif. Cependant, sans
Ă©gard Ă cette rĂšgle et Ă deux autres, dâaprĂšs lesquelles le subjonctif est aussi de rigueur,
savoir lorsque le membre de phrase qui précÚde est interrogatif ou négatif, Racine a dit ;
" t
Ne vous SUFFIT-IL pas que je Toi condamné?
Que je le hais ?
* o
Cëst-à -dire, ne vous suffit-il pas de savoir que je Vai condamné... que je le hais? Il ne
sâagit lĂ que de faits positifs, que de simples Ă©nonciations, et Racine aurait pĂ©chĂ© contre
lâidĂ©ologie et fait plusieurs contre-sens, sâil n'avait Ă la fois violĂ© les trois rĂšgles des gramÂŹ
mairiens.
( 649 )
Pascal nën a violé qu'une en disant : fl suffit que les sentiments des grands hommes
sont probables d'eux-mĂȘmes ; c'est-Ă -dire, il vous suffit de savoir quĂ© de tels sentiments
sont probables:
Ainsi, quand on veut affirmer une chose positive, on emploie l'indicatif : Je Vai conÂŹ
damnĂ©, cela suffit. On se sert, Ă u .contraire, du subjonctif, quand le verbe qui suit ĂŒ
suffit que est sous la dĂ©pendance dĂŒne volontĂ© quelconque : Nous voulons que vous nous
commandiez, il le faut y Gt cela seul suffit. - -
M. Planche, dans son Dictionnaire de la langue oratoire, prĂ©tend que lĂ«llipse quâenÂŹ
traĂźne lâindicatif qu'il te suffise que je vis, pour qu'il te su ffise de savoir que je vis, est
une ellipse que le style poétique seul peut souffrir. Les exemples de Pascal et de Mo
liĂšre, et dWres que nous pourrions citer, prouvent assez qĂŒelle est Ă©galement permise
en prose. ' '
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
ĂŒ suffit qu'il le dise.
Il suffit qu'il l'ait touché.
U suffit que, cela soit permis..
II suffit quâon me craigne.
Il suffit qu'on lâa grondĂ©.
Il suffit qu'on l'a averti.
11 sufliL qu'on l'a prévenu.
II suffit quâon l'a condamnĂ©
Nâ DLXXIY.^?^'
Est-il possible? suivi du subjonctif de l'indicatif.
SUBJONCTIF.
Est-il possible que vous vouliez ĂȘtre malade, en
dépit des gens et de la nature? (MoliÚre.)
INDICATIF.
Est-il possible que vous serez toujours embéguiné
de vos a/tbicaires et de vos médecins?
(MoliĂšre.)
Ce nĂ«st donc pas la phrase ou le verbe qui prĂ©cĂšde qui cause le subjonctif, car voilĂ
les deux modes Ă la suite de est-il possible? Si MoliĂšre avait suivi la rĂšgle absolue que
donnent les grammairiens, il aurait dit: Est-il possible que vous soyez toujours embé
guiné, etc.? Mais il nëût point exprimé sa pensée.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Eat-ii possible quâil vcnilic se tuer?
Est-il possible que vous serez toujours mauvais sujet?
N" DLXXV.
II semble que, suivi du subjonctif ou de l'indicatif.
SUBJONCTIF.
Il semble que les climats extrĂȘmement chauds
soient contraires aux chevaux. (Buffon.)
Il semble que la nature ait employé la rÚgle et
le compas pour peindre la robe du zĂšbre. (Buffon.)
..
Il semble que lësprit de mensonge que Dieu
menaçait de répandre sur ses prophÚtes répandu
sur tous les hommes. (Massillon.)
Il semble Quâon soit convenu que la bonne foi ne
serait plus une vertu. (Massillon.)
INDICATIF.
A
Il semble que la rusticitĂ© nâest autre chose
qĂŒune ignorance grossiĂšre des bieusĂ©ances.
(La BudvĂšre.)
Il semble que lâabondance a Ă©puisĂ© une de ses
cornes dans nos jardins et dans nos campagnes.
(Bern. de Saint-Pierre, i
Il semble QĂŒâil est moins rare de passer de lâanÂŹ
tipathie Ă lâamour qĂŒĂ lâamitiĂ©. (La BruyĂšre.)
Ăš
Il semble QĂŒâune passion vive et tendre esf morne
.et silencieuse. (La ĂuĂŒyĂŒre.)
82
.( 650 )
Il semble que de tout temps la vérité ait eu
peur de se montrer aux hommes, et que les homÂŹ
mes aten/ eu peur de la vérité. (La Harpe.)
a
Par la science Thomme ose franchir les horep^
étroites dans iesquellÚs il semble que.la nature
T ai/* renfermĂ©. (Le BattĂĂŒx;)
Il semblait Qu'un sujet ainsi traité né dût four
nir qĂŒun acte ; mais cĂ«st le caractĂšre du gĂ©nie de
répandre sa fécondité sur un sujet stérile, et de va
rier ce qui semble uniforme. (Voltaire.)
ĂL SEMBLE QĂE CE SOIT son plaisir favori
De laisser entrevoir que je suis son mari. .
(Destouches.)
Toutes les fenĂȘtres brillĂšrent pĂ©hĂčarit tbĂŒtĂš la
nuit dâun nombre infini de flambeaux et de bouÂŹ
gies : IL SEMBLAIT QUE touie la ville fût en feu,
(VertĂt.)
Il SEMBLE QUE DOUS augmentom notre ĂȘtre lors,-
qĂŒe nous pouvons le porter flans la mĂ©moire des
autres : c'est Ăčne nouvelle viĂ« quĂš nous acquĂ©rons,
(Montesquieu.)
Il SEMBLE QUE Id prĂ©scnce dâun Ă©tranger retient
le sentiment etĂ«omprime des amesqui sâentendraient
si bien sans lui. (SĂintinĂ.)
Il SEMBLERAIT du moins Quâun homme qui se
hagarde à fà ue parler le législateur de notre poésie,
devrait avoir lu lâArt poĂ©tique, (Voltaire.)
Il semble QUE la nature sësf fait un plaisir de
multiplier dans le mĂȘme endroit les grands homÂŹ
mes, les grands artistes ét la' matiÚre la plus propre
'à cdnsërvér le souvenir des uns et des autres.
(Barthélémy.)
Il SEMBLĂ que le meilleur moyen Ă©tait dâĂ©quiper
des vaisseaux. (Raynal.)
Avec Tindicatif, il semble équivaut à il est certain, cëst une espÚce dëuphémisme que
Ton emploie pour ne pas avoir Tair tranchant; le mode du verbe suivant révÚle assez la
pensée de Tauteur : cëst Texpression de son jugement.
Avec le subjonctif, ĂŒ semble exprinae une supposition, ou met en question la proposiÂŹ
tion subordonnĂ©e; alors il semble a sa signification naturelle, il Ă©quivaut Ă il peut ĂȘĂŻre
vrai. Il semble, mĂȘme dans ce cas, est trĂšs-souvent suivi de Tindicatif; cĂ«st quand on a
de fortes raisons pour croire que ce que Ton va dire est positif.
II.
Il me semble, il te semble que.
subjonctif.
Il MEâ semble que mon cĆur veuillĂ© se fendre
par la moitiĂ©. â (Mâ« de SĂ©vignĂ©.)
Vous SEMBLE-T-iL QUE Ic mohatrĂŒ soit une chose
si vĂ©nĂ©rable, que ce soit un blasphĂšme de nâen pas
parler avec respect? (Pascal.)
V
Eh quoi! ĂŻesem6te-f-iZ gue la tristeĂriphile
Doive ĂȘtre do leur joie un tĂ©moin si tranquille?
' (Racine.) âą'
0 toi qui me connais, te semblait-il croyable
Quâun cĆur toujours nourri dâamertume et de pleurs
Dût connaßtre Tamour? (Racine.)
Il me semble que ce soit une crise que la naÂŹ
ture ait souhaitĂ©e. (MâÂź de SĂ©vignĂ©.) âą
IPĂSIĂAXIP.
%
Il me semblait Quëne flamme si belle
MâĂ©levait au-dessus du sort dâune mortelle.
- ' . (Racine.) .
, Il me semble que je uois lâaccomplissement de
cette parole dâun prophĂšte : le roi pleurera, et les
mains tomberont au peuple de douleur et dâĂ©toiuie-
ment. - (Bossuet.)
Il me semble Quâun fils devrait, avec raison,
Ignorer ou cacher la faiblesse dâun pĂšre.
(L'a Chaussée.)
Il me semble que qui sollicite pour les autres a
la confiance dâun homme qui demande justice,
(La BruyĂšre.)
A mesure que jëntrais dans le pays de ces pro
fanes, IL ME semblait QUE je devenais profane
moi-mĂȘme. (Montesquieu.)
' LâAcadĂ©mie, FĂ©raud et quelques autres grammairiens, veulent qĂŒaprĂšs il me semble
on mette le subjonctif.
te pĂšre Buffier, MĂ©nage, Thomas Corneille et Wailly, pensent qĂŒon peut employer
indifféremment le subjonctif ou Tindicatif.
Ni Tune ni Tautre de ces rĂšgles ne sont exactes, et nos citations en font assez foi.
CĂ«st Ă celui qui parle de savoir ce qĂŒil veut dire, s'il veut reprĂ©senter une action dé
pendante d'une volonté quelconque, libre ou nécessaire, et partant comme plus ou moins
hypothĂ©tique, ou comme un fait plus oĂŒ moins positif. Dans le jpremier cas, il se servira
du subjonctif, et de Tindicatif dans le second.
{ 651 )
Quand de SĂ©vignĂ© dit:,// «le semble que mon cĆur veuille se fendre, elle nĂ«st
point du tout convaincue de ce quëlle avance j cëst comme si elle disait : Je suis tentée
de croire que mori cĆur veuille se fendre.
Il nĂ«n est pas de mĂȘme lorsquĂš Voltaire dit : Jl me semble que Corneille x donnĂ© des
modĂšles de tous les genres. Voltaire avance ici un fait positif, dont ii ne doute nullement;
il en est convaincu ; il a examiné et jugé.
D'aprĂšs ces observations, et plus encore d'aprĂšs nos citations, nous pensons, contre
les grammairiens, qĂŒon doit faire usage : V de l'indicatif toutes les fois qĂŒon avance
un fait positif, un fait dont on est entiĂšrement convaincu ; 2Âź du subjonctif dans le cas
contraire, c'est-à -dire quand ßësprit est dans le doute, dans l'incertitude.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
n me semble qu'il fait jour.
11 me semblait que ce dĂ»t ĂȘtre ainsi.
N" DLXXVL ss^
On dirait que, suivi du subjonctif oc de l'indicatif.
SUBJONCTIF.
N
«On dirait que le livre des destins ait été ouvert
Ă ce prophĂšte. . - . (Bossuet.)
On dirait que Tancienne Egypte ait craint que
la postĂ©ritĂ© ignorĂąt un jour ce qiie câĂ©tait que Ja
mort, et qĂŒelle ait voulu, Ă travers les temps, lui
faire parvenir des échantillons de cadavres.
(Chateaubriand.)
Le nouvelliste connaßt la marche de ces armées,
il sait ce quâelles feront ef ce qĂŒelles ne feront pas*;
vous DIRIEZ,qĂŒil ait lâoreille du prince ou le secret
du ministre. (La BruyĂšre.)
On dirait QUE pour plaire, instruit par la nature,
HomÚre ait à Vénus dérobé sa ceinture.
On dirait que le ciel, qui se fond toĂŒt en-eau,
Yeuille inonder ces lieux dĂŒn dĂ©luge nouveau.
(Boileau.)
On dirait, à vous voir assemblés en tumulte, '
Que Rome des Gaulois craigne encore une insulte.
(Crébillon.) .
INDICATIF.
On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques
Vient encor fredonner ses idylles gothiques,
. . (Boileau.)
On DIRAIT Quâils ont seuls lâoreillĂ© dâApollon,
-QĂŒils disposent de tout dans le sacrĂ© vallon.
(Boileau.)
% «
Eoseigne-moi, MoliĂšre, oĂč tu trouves la rime.
On dirait, quand tu veux, quâelle te vient chercher,
(Boileau.) *
Cependant, Ă le Voir, avec tant dâarrogance.
Vanter le faux éclat de sa haute naissance.
On dirait que le ciel est soumis a sa loi,
Et que Dieu lâa pĂ©tri dâautre limon que moi. (ĂŻd.)
On dirait Quâils travaillent pour dĂšs annĂ©es
éternelles. (Massillon.)
^ ' 4 *
Lorsqu'on a de fortes raisons pour croire une chose, on emploie Tindicatif aprĂšs on
dirait que. Sâil n'y a que de lĂ©gĂšres apparences, on met le subjonctif.
Avec Vindicatif, on a ellipse d'une phrase principale : Si Von croyait ces gens, on diÂŹ
rait qu'ils ONT... A en juger parta facilité, ON dirait que la rime te vient
.chercher.
Avec le subjonctif, on dirait équivaut à il semble dans sa primitive signification. On
dirait que le livre des destins ait été ouvert à ce prophÚte : on ne croit nullement que ce
livre lui ait réellement été ouvert; mais on peut le supposer, surtout imaginairemeht.
L'emploi du mode est si peu arbitraire aprĂšs on dirait, que souvent Ton ne peut remÂŹ
placer Tindicatif par le subjonctif, comme dans les exemples cités.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
On airĂ it^qa'il le craigne.
On dirait quo vous ayez été malade.
On dirait qa'il le craint.
On dirait que vous avez été malade.
( 652 )
r Nâ DLXXYil.
Sâil est vrai que, suivi du subjonctif ou de lâindicatif.
subjonctif.
S'il est vrai QĂIĂĂŽmĂšre ait fait Virgile, cĂ«sl
son plus bel ouvrage. (Voltaire.)
Mon bonheur ne finira pas mĂȘme avec cette vie
monelle; et, sâil est vrai qĂŒil y ai/diffĂ©rents
lieux pour les Ăąmes aprĂšs la mort, je nâai rien Ă crainÂŹ
dre de ces endroits obscurs et tĂ©nĂ©breux oĂč sont reÂŹ
légués les méchants. (Vertot.)
INDICATIF.
Sâil est vrai qiie fai chassĂ© les ennemis de votre
territoire; que je leur ai tué beaucoup de monde_
dans deux combats; que fai forcé les débris de!
leurs annĂ©es de sâenfermer dans leurs places... que
vos tribuns se lĂšvent, (Vertot.) ,
Quand il sâagit dâune action certaine, positive, de quelque chose sur quoi il nây a auÂŹ
cun douteë former, on emploie Tiridicatif ; quand il y a incertitude, on se sert du sub
jonctif,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
I
S'il eit Trai y ait un Dieu. S^U est vrai qu'il y a un Dieu#
^ r DLXXVIII. -
, t
Ce nâesl pos gwe, SUIVI DU SUBJONCTIF ou DE lâindicatif.
SUBJONCTIF.
Ce nâest pas QĂŒaisĂ©mĂ©nt comme un autre Ă ton char
Je nepusje attacher Alexandre et César. (Boileau.)
Ce nâest pas que ma plume injuste et tĂ©mĂ©raire
.Veuille blĂąmer en eux le dessein de te plaire.
(Boileau.)
11 est vrai que les Césars elles puissants du siÚcle
ne crurent pas dâabord en JĂ©sus-Christ, mais ce
n'est pas que sa doctrine rÚprouud/ leur étal; elle
ne réprouvait que leurs vices. (Massillon.)
INDICATIF.
Ce nâest pas quâĂŒ faut pardonner quelquefois
Ă celui qui, avec un grand cortĂšge, sâen croit plus
de naissance et plus dësprii. (La BruyÚre.)
Ce nâest pas que, depuis quelques annĂ©es, les
acteurs on/ enfin hasardĂ© dâĂȘtre ce qĂŒils doivent ĂȘtre,
des peintures vivantes : auparavant ils déclamaient.
(Voltaire.)
On peut donc dire avec le subjonctif; Les enfants demandent Ă ĂȘtre menĂ©s sĂ©vĂšrement.
Ce nest pas gĂŒiL ne faille leur pardonner quelques petites fautes; ou bien avec lâinÂŹ
dicatif; Les enfants demandent Ă ĂȘtre menĂ©s sĂ©vĂšrement.,. Ce n'est pas qu il vaut leur
pardonner quelques petites fautes,
^ Lâanalyse de la premiĂšre phrase est celle-ci : Ce n'est pas Ă dire pour cela que je pousse
la sévérité jusqu'à prétendre qu'iL ne faille pas leur pardonner quelques petites fautes.
La seconde phrase peut sâexpliquer ainsi : Ce n'est pas que jene convienne qu'iLĂżav'ĂŻ
leur,pardonner quelques petites fautes. On'dit positivement qa'il faut pardonner.
Ce n'est pas que je ne pusse est un abrĂ©gĂ© de : Ce n'est pas Ă dire pour cela qĂŒe, si je
le voulais bien, je ne pusse...
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
«
Ce n'est pas qu'il faille.
Ce n'est pas qu'il soit.
Ce n'est pas quâil faut.
Ce n'est pas qu'il est.
( C53 )
N- DLXXIX.«Ê^»«~
Le seul, Vunique, SĂŒiVis dĂŒ subjonctif ou de x'indicatif<
SUBJONCTIF.
On peut dire que le chien est le seul animal dont
la fidĂ©litĂ© soif Ă lâĂ©preuve. (Bdffon.)
Xe prĂ©sent est lâunique bien
Dont lâhomme soit vraiment le maĂźtre.
(J.-B. Rousseau.)
La religion est le seul mors que les rois puisÂŹ
sent encore blanchir. (Marmontel.)
\ Lâhommfr est le seul des animaux qui soit obligĂ©
de se vĂȘtir, (Bern. de Saint-Pierre.)
Lâhomme est Le seul ĂȘtre qui ait honte de paraߏ
tre nu. {Id.)
Dieu tout-puissant, rends-nous lâignorance, lâinÂŹ
nocence et la pauvreté, les seuls hiens qui puis
sent faire notre bonheur et qui soient précieux de
vant toi. (J.-J. Rousseau.)
Rome était une ville sans commerce et presque
sans arts, le pillage était le seul moyen que les
particuliers eussent pour sâenrichir. (Montesquieu.)
Virgile est le seul poÚte latin qui ait excellé
dans la pastorale. (Helvétius.) '
La mùchoire inférieure est la seule qui ait du
mouvement dans lâhomme et dans les animaux.
* (Buffon.)
Lâhomme est le seul animal qui sache quâil doit
mourir : triste connaissance, mais nécessaire, puis
quâil y a des idĂ©es. (Bern. de Saint-Pierre.)
Je suis LE seul qui vous connaisse, (Fénelon.)
La passion du devoir est la seule qui ait fait
de grandes choses, des cboses qui durĂšnt.
(De Bonalb.)
indicatif.
«
Lâamour-propre est la seule chose
Dont on ne vient jamais Ă bout. (Nivernais.)
LâexpĂ©rience tient une Ă©cole oĂč les leçons coĂ»tent
cher; mais câest la seule oĂč les insensĂ©s peuvent
sâinstruire. (Franklin.)
Le Camoens fit naufrage sur les cĂŽtes de la Chine, âą
et se sauva, dit-on, en nageant dâune main, et teÂŹ
nant de Vautre son poĂšme, le seul bien qui lui
restait. (Voltaire.)
La tendre jeunesse est le seul Ăąge oĂč lâhomme
peut encore tout sur lui-mĂȘme pour se corriger.
(Fénelon.)
Le génie poétique de Torquato, la seule-ri
chesse quâil avait reçue de son pĂšre, se manifesta
dÚs lënfance. (Voltaire.)
Anéantir et créer sont les attributs de la toute-
puissance; altérer, changer, détruire, développer,
renouveler, produire, sont les seuls droits que
Dieu a voulu céder. (Buffon.)
s
La seule chose que nous ne savons poinC câest
dâignorer ce que nous ne pouvons savoir.
(J.-J. Rousseau.)
Nous sommes si imprudents que nous errons dans
les temps qui ne sont pas Ă nous, et ne pensons
point AU SEUL qui nous appartient. (Pascal.)
Ăn lieu que vous seul connaissez. (Racine.)
Souviens-toi que je suis le seul qui fa déplu.
(Fénelon.)
Dans presque toutes les grammaires, oĂč il sĂ«n faut bien que
Le sens et la raison y rĂšglent toute chose,
on donne comme une rĂšgle constante, quâaprĂšs le seul, Vunique, etc., on doit toujours
employer le subjonctif ; de sorte que ceux qui les ont lues nâosent jamais se servir de
Vindicatif en pareil cas,,exceptĂ© quand ils se trompent ou quâils y sont entraĂźnĂ©s par la
force mĂȘme des choses. En vĂ©ritĂ©, il faut que les grammairiens nâaient jamais lu les auÂŹ
teurs classiques avec soin ; car, autrement, ils auraient trouvé des exemples sans nombre
oĂč Vindicatif est employĂ©.
Nos citations lious permettent donc de substituer Ă la rĂšgle entiĂšrement fausse des
grammairiens, le principe suivant :
« AprÚs ces mots le seul, Vunique, on met le verbe au subjonctif, quand Vidée nëst pas
positive, quand elle tient du doute; mais on le met à Vindicatif, lorsque Vidée est affir
mative, quëlle ne tient pas du doute. »
EXERCICE PHRASĂOLOGIOUE.
Il est le seul qui soit.
£il« est la seule qui ait.
L'nique objet qui m'appartienne.
n est le eenl qui est.
Elle est la seule qui a.
Lâunique objet qui m'appartient.
( 654 )
* Nâ DLXXX.
Le âąpfĂ©rhĂčfj lĂ© dernier, suivis du sObJonctif ou be tâiNDiçĂtiF.
' â , SUBJONCTIF.
Néron est le premier empereur qui ait persé
cutĂ© VĂgXisQ, (Bossuet.)
Les Ăgyptiens sont les premiers qui atĂ«n/bien
connu les rĂšgles du gouvernement. (Rollin.)
Vous serez le premier philosophe qui ait jaÂŹ
mais excité un peuple libre, une petite ville et un
état pauvre, à se charger d'un spectacle public.
(J.-J. Rousseau.)
Lucullus apporta du royaume de Pont les preÂŹ
miers cerisiers qĂŒon ait tus en Europe.
(Cité par Boniface.)
Racine est .le premier qui ait su rassembler
avec art les ressorts d'une intrigiie tragique.
(Thomas.)
Cëst une des derniÚres épßtres que saint Paul
ait écritÚs. (Trévoux.)
Ma destinée a voulu que je fusse le premier qui
ait expliqué à mes concitoyens les découvertes du
grand NĂšwton. (Voltaire.)
'Sâil vous souvient pourtant que je suis la premiĂšre
Qui vous dit appelĂ© dĂ© ce doux nom de pĂȘfĂ©.
(RACiNĂ.)
Les intĂ©rĂȘts de leur vanitĂ© sont les derniers
quën doive méhà gér; (Geoffroy.)
M. Genoude est le premier qui ait fait passer
dans la langue française jù sublime poésie des Hé
breux. (Lamartine.)
INDICATIF.
Malpighi est i-E premier qui a fait cettÚ décou
verte et qui a donnĂ© Ă ces plantes le nOm qĂŒelles
portent. (Bern. de Saint-PierrbO
Lés Céciniens furent les premiers qui firent
éclater leur ressentiment. Us entrÚrent en armes sur
le territoire des Romains; (Vertot.)
La premiÚre chose que dot/ faire aprÚs l'éta
blissement des lois Vinstituteur dâune rĂ©publique,'
cĂ«st de trouver un fonds suffisant pour lâentretien
des magistrats et autres officiers.
(J.-J. Rousseau.)
Le premier de tous les peuples oĂč Von toit des
bibliothĂšques est celui d'Ăgyptc. (Rollin.)
Les Tyriens furent les premiers ^qui domptĂšrent
les flots. (Fénelon.)
Voyez le livre du pÚre Annat; oëst le dernier
qĂč'ti a fait contre M. Arnaud. (Pascal.)
VoilĂ LE premier livre'(le, firmament) que Dieu
a mon/ré aux hommes. (Massillon.)
Les Ăgyptiens prĂ©tendent ĂȘtre les premiers qui
ont Ă©tabli des fĂȘtes et des processions pour honorer
les dieux. (Rollin.)
Jâai fait voir que la grammaire grecque, qui est
LA premiÚre que nous connatssom, a été faite
aussi par les Grecs. (Fleury.)
Presque tous les grammairiens vous diront qĂŒaprĂšs' le premier, le dernier, on doit
toujours faire usage du subjonctif; dâautres vous assureront aussi que quand le premier
est immédiatement suivi du relatif qui, il est constamment accompagné du subjonctif;
mais que sâil est suivi du relatif que, le subjonctif nĂ«st guĂšre usitĂ©. Lisez les Ă©crivains, et
vous nây verrez rien de tout cela. En effets nos citations prouvent qĂŒon peut employer
lâindicatif ou le subjonctif aprĂšs le premier, le dernier, suivis de qui ou de que. Cet em-
âploi ne saurait ĂȘtrĂ© assujetti Ă quelques rĂšgles mĂ©caniques'; il dĂ©pend entiĂšrement des
vues de lâesprit. Bernardin de Saint-Pierre, en disant : Malpighi est le premier qui Ă
fait cette dĂ©couverte, affirme positivement j et ne pense pas que le fait qĂŒil avance soit
susceptible dâĂȘtre contestĂ©; il en-parle comme dâune chose positive, et dont il est entiڏ
rement sûr ; voilà pourquoi il sëst servi du mode indicatif. Bossuet, en disant : Néron
est le premier qui ait persĂ©cutĂ© VĂglise, fait entendre qĂŒil le croit seulement; il y a
doute dans son esprit, câest ce qui l'a portĂ© Ă mettre le subjonctif.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE,
C'est le premier tliĂšme quâil ait fait.
CâĂ©st la premiĂšre faute qu'elle ait commise.
Câest le premier tlicmc quâil a fait.
Câest lĂ pretnicre faute qu elle a commise.
( 68# )
' t
Nâ DLXXXI.
Le fins; la pius; le moindre, le meilleur, etC:, suivis du subjonctif bu de
l'indicatif.
subjonctif.
La Ptirs tioblĂš conquĂȘte que lâhomme at'f jamais
faite, est cĂ«ilĂ© dĂ©cĂš fiei* Ă«t fOugueĂŒt anihial.
(BuffON;)'
L'Evangile est le plus beau présent que Dieu
ait pu faire aux hommes. (Montesquieu.)
L'argent quâil mâa coĂ»tĂ© mâa acquis le plus cher
et le plus précieux ami que/ata sur la terre.
(Fénelon.)
Racine, lu par les connaisseurs, sera regardé
comme le poÚte le plus parfait qui ait écrit.
(La Harpe.)
En effet, si la voix de la natĂŒre est le meilleur
conseil que dotue écouter un bon pÚre pour bien
remplir ses devoirs, elle nâest pour le magistrat
quĂŒn faux guide qui travaille sans cesse Ă l'Ă©carter
des siens. (J.-J. Rousseau.)
Le meilleur usage quâon puisse faire de son
esprit est de sën défier. (Fénelon.)
La meilleure satire qĂŒon puisse faire des mauÂŹ
vais poĂštes, cĂ«st de donner dâexcellents oĂŒVfages.
(Voltaire.)
Depuis plus dĂš trois Ăąiis vous hâĂąvĂšz pas donnĂ©
LA MOINDRE marque quĂš vous me connaissiez seuÂŹ
lement, (Racine.)
CĂ«tait LĂ PLUS belle dĂ©cotation qĂŒon puisĂ©e
imaginer. Lebrun avait fait le dessin.
(J.-J. Rousseau.)
Le coup leplus cruel, lÚ plus irréparable.
Que puisse nous porter le destin ennemi,
CĂ«st de Ă»oĂŒs enlever un vĂ©titable ami,
(CiiatkaubrĂŒn.)
., .La clémence est la plus belle marque
Qui fasse Ă l'Univers connaĂźtre un vrai monarque.
(P. Corneille.)
Les mouvements des planÚtes sont les plus ré
guliers que rious connaissions. (Buffon.)
ĂNDiCATIF.-
CĂ«tait LA PLUS intrĂ©pide menteuse qiie jâai conÂŹ
nue. (Marivaux.)
Ă©
Jâai fait de mon hĂ©ros le portrait le plus brilÂŹ
lant et LE PLUS majestueux que j'ai pu.
(Voltaire.)
*CĂ«st LA PLUS belle occasion que jâaurai jamais
de voĂŒs peindre tant dâillustres originaux, et la
seule peut-ĂȘtre que vous aurez de les connaĂźtre.
(J;*J. Rousseau.)
Je suis le fils du grand Ulysse, le plus sage des
rois* de la GrÚce qui ont renversé la superbe ville de
Troie. (Fénelon.)
Ces désirs qui nous semblaient innocents ont re
mué peu à peu les passions les plus violentes qui
nous ont mis dans les fers que nous avons tant de
peine Ă rompre. (Mad. de La ValliĂšre.)
Le moins de servitude qu'on peut est le meilÂŹ
leur. (Pascal.)
Je fais LA MEILLEURE conteiiĂ ncB que je puis.
(Mad. DE Sévigné.)
La moindre louange quâon ^ewf lui donner, cĂ«st
dâĂȘtre sorti de l'ancienne et illustre maison de La
Tour d'Auvergne, (Flécuier.)
Câest LE moindre sĂ©cret qĂŒ1l pouvait rioĂŒs Ăąp^
(Racine:) [prendre.
LĂ PLUS grand mal que fait xin mihĂźrtre sans proÂŹ
bitĂ©; câest le nĂŻĂąuYĂąis Ă©xeiĂŒplĂ© qĂŒâil donne,
(Montesquieu.}
Nous vivons dans la plus grande amitiĂ© quâil
est possible. (Voiture.)
Madame ClĂŽt, bonne femme aĂŒ demeurant, Ă©tait
bien la vieille la plus grognon que je connus de
ma vie.
(J.-J. Rousseau.)
Autre rĂšgle des graĂŽiihĂąiriĂȘris : AprĂšs le superlatif , ĂŒ faut toujours employer le
subjonctif. ' '
S'il en était ainsi, que deviendraient nos classiques ?... de vastes recueils de fautes ; car
ils sont pleins d'exemples oĂč l'on trouve l'indicatif. â ,
Le moins de servitude que Voit peut est te meilleur, exprime ĂŒri principe, un fait. Le
moins de servitude qu'on pĂźiisSĂ, etc., exprime plutĂŽt un effort, ĂŒh sduhĂ it.
Le plus grand mal que fasse un ministre, et le plus grand mal que fait un ministre,
ce n'est pas non plus la mĂȘme chose-
( 656 )
n.
INDICATIF.
C'est la MODĂźDRB^des choses que je lui dote.
(Boileau.)
Ce genre d'hommes, qui ne souffrent pas la moinÂŹ
dre des injures qĂŒils peuvent repousser, font semÂŹ
blant de souffrir trĂšs-patiemment celles dont ils ne
peuvent se défendre. (Pascal.)
indicatif.
Nourri dans la plus absolue liberté , lb flub
GRAND des maux qĂŒĂŒ conçoit est la servitude.
(J.-J. Rousseau.)
La monarchie de France, la, plus ancienne et la
plus noble de toutes celles qui sont au monde,
commença sous lui. (Bossubt.)
Pourquoi nëmploie-t-on pas ici le subjonctif? Parce qne dans ces phrases et autres
semblables le verbe nëst point le complément du superlatif, mais du génitif pluriel. La
plus noble de toutes celles qui sont au monde, la moindre des injures quils peuvent receÂŹ
voir, le plus grand des maux quĂŒ conçoit, etc. Supprimez ces gĂ©nitifs, et le subjonctif se
produira naturellement. La France est la plus ancienne monarchie quLsoit au monde, la
moindre injure qu'il puisse recevoir, le plus grand mal qu'il conçoive, etc.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Le plus ßçrttnd que j'aie.
Les meilleurs que nous ayons.
Le plus grand que j'ai. ,
Les meilleurs que nous avons.
. ]>jo dlxxxii.
k.
Il n'y a que, ĂŒ ffest que, etc., suivis du subjonctif oit de lâindicatif.
SUBJONCTIF.
INDICATIF.
La plupart des naturalistes ont cru quTu nâv
AVAIT QĂŒune espĂšce dâanimal qui fournĂźt le parÂŹ
fum quâon appel e civette. (Buffon.)
Il nâest que trop dâesprits lĂąches et corrompus
Qui font plier la loi sous le joug de Vusage.
(La Harpe.)
Il n'v A jamais eu que mademoiselle de Lange-
roa à qui madame la princesse a parlé.
(Fénelon.)
â k
»
On ne voit que des gens qui font aisément des
choses médiocres; mais des gens qui en fassent,
mĂȘme difficilement, de fort bonnes, on en trouve
trĂšs-peu, (Boileau.)
%
AprĂšs il n'y a que, ĂŒ n'est que, il n'y a point, on ne voit que, les auteurs ont fait usage
du subjonctif et de Vindicatif, selon VidĂ©e qĂŒils voulaient exprimer. NĂ©anmoins, le subÂŹ
jonctif est le plus fréquemment employé.
Le subjonctif est Ă©galement nĂ©cessaire lorsque il ny a, ĂŒ y a, ĂŒ n'est, ĂŒ est, sont suivis
des mots personne, peu, guĂšre, rien, aucun, nul, etc. Exemples:
Jâai remarquĂ© qĂŒiL ĂŒt a que lâEurope seule oĂč
Von vende lâhospitalitĂ©. , (J.-J. Rousseau.) *
\
Il n'y a jamais que la guerre et les combats
effectifs qui fassent les hommes guerriers.
(Rollin .)
Il n'y a point de montagne dans les Ăźles de
VArchipel qui nâait son Ă©glise, ni de coteau Ă la
Chine qui nâait sa pagode.
(Bern, de Saint-Pierré.)
Il n'y a point de gens dont la conversation soit
si mauvaise, gĂŒon ĂŒen jĂŻutese tirer quelque chose
de bon. (Fénelon.)
Il n'y a personne qui, en pareil cas, ne négli
geĂąt un intĂ©rĂȘt si important. (Voltaire.)
Il t. a peu de rois qui sachent chercher la véri
table, gloire. (Fénelon.)
... Il n'est point de peste
Qui soit plus dangereuse et qui soit plus funeste,
Que Vappùt décevant, le poison séducteur
Que rĂ©pand chaque jour la bouche dâun flatteur.
(Boursault.)
Il n'y a rien qui rafraĂźchisse le sang comme
une bonne action.' âą (La BruyĂšre.)
Il n'y a aucun de ses sujets qui ne hasardĂąt sa
propre vie pour conserver celle dâun si bon roi.
(Fénelon.)-
Il n'est passion qui nuise plus au raisonna
ment que la colĂšre. (Montaigne.)
( 657 )
Ăinsi tous ceux qui cherchent Dieu sans JĂ©sus-
Christ ne trouvent aucune lumiĂšre qui les satisÂŹ
fasse. (Pascal.)
... Il n'est que les sots
Qui puissent regretter la vie. (JĂąuffret.) ,
Les changements d'état que fait l'ordre céleste
Ne coûtent point de sang, n'ont rien qui soit
(P, Corneille.) [funeste.
Il nây a guĂšre de mots qui, Ă©tant heureusement
placés, ne puissent contribuer au sublime.
(Voltaire.)
Il T A PEU de conjonctures oĂč il ne faille tout
dire ou tout cacher, (La BruyĂšre.)
Lâinsatiable rapacitĂ© a cherchĂ© des dĂ©pouilles
mĂȘme oĂč il n'y' avait guĂšre de richesses qui
fussent Ă son usage. (La Harpe.)
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂŒĂ.
Il n'y a qne lui Ă qai je paisse.
Il n'est personne qui ne le sache.
11 n'est point d'homme qui n'ait.
U nây a rien qnĂź ne soit.
DLXXXni.«^«â
1
, Qui, que, dont, oĂč, suivis du subjonctif ou de lâindicatif.
SUBJONCTIF.
Pompée aspirait à des honneurs qui le distin-
guassent de tous les capitaines de son temps.
(Vertot.)
On ne trouvera pas aux connaissances humaines
une origine qui rĂ©ponde Ă VidĂ©e quâon aime Ă s'en
former. (J.-J. Rousseau.) *
Elle ne prendra jamais pour Ă©poux qĂŒun homme
QUI'craigne les dieux et qui remplisse toutes les
bienséances. (Fénelon.)
Mentor voulait une grande quantité de jeux et
de spectacles qui animassent le peuple, mais surÂŹ
tout qui exerçassent les corps pour les. rendre plus
adroits, plus souples et plus vigoureux. (Fénelon.)
Ne croyez-vous pas voir ce prince se mĂȘler dans la
foule des courtisans et dans les assemblĂ©es mĂȘme de
la ville, avec la bonté et la familiarité d'un homme
QUI nâeĂ»t pas Ă©tĂ© distinguĂ© par tant dĂ«ndroĂźts.
(Fléchier.)
CaĂŻus proposa de faire construire des greniers
publics oĂč lâon pĂ»t conserver une assez grande
quantité de grains pour prévenir la disette des an
nées de stérilité. (Vertot.)
Si Ton prĂ©tend que jâai commis quelque crirrie
qui mĂ©ritĂąt un tel traitement, je suis prĂȘt Ă mâen
purger. (Voltaire.)
Il nây a point de piĂšce de théùtre qui ait excitĂ©
en moi tant de sensibilité. {Id.)
4NDICATIP.
CroĂźt-on que le dauphin regardĂąt les honneurs,
le sang ou la naissance, comme un droit qui dis--
pense dâĂȘtre vertueux? (Thomas.)
De jaloux mouvements doivent ĂȘtrĂ© odieux,
Sâils partent dâun amour qui dĂ©plaĂźt Ă nos yeux.
(MoliĂšre.)
Il nâest pas juste qĂŒon soit exposĂ© aprĂšs sa mort
Ă des insultes QUâon aurait repoussĂ©es pendant sa
vie. (Barthélémy.)
Solon voulut que Von donnĂąt par choix les maÂŹ
gistratures civiles. QUI exigeaient une grande dé
pense, et que les autres fussent données par le sort.
(Montesquieu.)
Nous voudrions que les places et les dignités fus
sent disposées à notre grc; que nos conseils réglas
sent la fortune publique ; que les faveurs ne tomÂŹ
bassent que sur ceux a qui notre suffrage les atait
destinées; que les événements publics ne fussent
conduits que par les mesures que nous avions nous-
mĂȘmes choisies, (Massillon.)
J ' *
C'est l'usage constant de la Chine, le pays du
monde oĂč les impĂŽts sont les plus forts et le mieux
payĂ©s. ' (J.-J. RoosseaĂŒ.)
Mon frĂšre croit qĂŒon ne donne le gouvernement
de Salces quâĂ une personne qui se chargera de la
récompense de cet enfant, (Fénelon.)
Nous ne pouvons malheuréusement jouer que des
piĂšces oĂč il y a,peu dâacteurs. (Voltaire.)
On dit avec Vindicatif ; J'habiterai un pays qui me plaĂźt, ou je serai tranquille; que
je POURRAI parcourir sans crainte, et dont la température est douce. Et avec le sub
jonctif: Jâhabiterai un pays qui me PLAISE, oĂč je sois tranquille, que je puisse parcouÂŹ
rir sans crainte, et dont la température soit douce.
Dans le premier exemple, on met à Vindicatif les verbes des propositions complé
tives, parce qĂŒon veut exprimer une idĂ©e positive, certaine; il n'y a pour celui qui parle
aucun doute sur le plaisir que* lui procurera ce pays, sur la tranquillité dont il y
jouira, etc. ^
Dans le dernier exemple, les mĂȘmes verbes sont au subjonctif, parce qu'on veut exÂŹ
primer quelque chose d'tncer/am, de douteux^ sur quoi porte le désir y la volonté*
83
( 668 )
Dans lĂ« preihier cas, le [)ay^ esi connu de la persĂŽiinĂ« qui parlĂ©; elle sait quĂ«lle sây
plaira, quëlle y sera tranquille, etc.
Dans le secohdj il sâagit dâun pays quĂ«n ne connaĂźt point encore; qĂčâon cherche, dé
sirant sây plairĂ©, y ĂȘtre tranquille, etc.
DâaprĂšs les exeihjrtes citĂ©s, qĂŒâil nĂŽus eut Ă©tĂ© facĂĂ© de iiiultiplier et dâĂąppĂŒĂżĂ©r de faits
incontestables, il est Ă©vident qĂŒil ne faut ni sâarrĂȘter au matĂ©riel des mots, ni Ă la forme
de la proposition primordiale, pour faire usage de lâaffirmalif ou du subjĂ«netif ; le sens
qĂŒon veut exprimer doit seul dĂ©terminer lĂ«mploi dĂš lâun ou de lâautre mode.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
J'épouserai une femme gui mÚ plà ieéi
J'irai dans une retraite oĂč je sois tranquillĂš.
j|épouj>erùi une femme gui me plaira.
J'irai dans une retraite ou je serai tranquille.
N° DLXXXIV.
Tout... que, suivi du subjonctif ou de LâiNDlCAtlF,
SUBJONCTIF.
LeĂą Ă©vĂȘques, tout successeurs dĂ©s apĂŽtres Quâils
jotĂ«nf, semblent moins lâĂȘtre que les missionnaires.
(Arnault.)
iâotit Ă utĂ©tif que je sois, je nĂ© suis pas jaloux
QuĂš tiion travail lui soit utile. (Bkgnard.)
Nous autres dieux, nous ne salirions mal faire.
TĂŽ'ĂŒt ĂąiĂ«ui que Vous soyez, je soutiens le contraire.
{Id.)
Toute dĂ©gradĂ©e qĂŒe nous paraisse sa nature (de
lâEsquimaux), on reconnait, soit en lui, soit dans
les arts qĂŒil pratiquĂ©, quelque chose qui dĂ©cĂšle çn-
cĂŽi'Ăš lĂą dignitĂ© de lâhomme. (ChĂątĂšaubĂŒiand.)
Tout méfiants que soient les Arabes dariù leurs
relations domestiques, ils ont entre eux pour lĂš
commerce une confiance absolue.
(BibliothĂšque des Voyages.)
Tout intĂ©ressante qĂŒe soit cette question; elle
demeure presque insoluble dâaprĂšs les donnĂ©es
communes- (Chateaubriand.)
indicatif-
Quélquefois un bruit sourd annoncé un grand orage;
Tout aveugle quâĂŒ esf, le peuple le prĂ©sage.
(VotTAlRE.)
Le TĂ©lĂ©maque, tout admirable Qu'il es/, nâa pas
pu obtenir parmi nous le titre de poĂšme.
(De lĂ LbzERNĂ.)
Tout inconstant qdâĂ esf, chevalier, entre noĂŒs,
Je lâavouerai, jâaime encor mon Ă©poux.
(Imbert.)
Tout cassé que je suis, je cours toute la ville.
(Corneille.)
Tout mort Qtâil esf ; ThĂ©sĂ©e est prĂ©sent Ă vos yeux-
(Racine.) '
Tout terrible Quâil esf, j'ai lâart de lâaffaiblir. .
(Voltaire.)
Tout infaillibles Qtâils Sont, les gĂ©omĂštres eux-
mĂȘmes sĂš trompent soĂŒYĂšht, (Pascal.)
Les hommes, tout ingrats Quâils sohf, sâintĂ©resÂŹ
sent toujours à une femme tendre, ùbà ndonn'éc pùf
un ingrat. (VĂŽltairĂš.)
Tout dĂ©crĂ©pit que vous ĂȘtes, bĂŒ ne difĂą pĂ s que
vous ĂȘtes vieux comme un chemin. {Id.)
LâĂ©niploi du subjonctif Ăą pris ĂŒn grand dĂ©veloppement. Depuis quinze Ă vingt ans,
on en fait usage aprĂšs le mot tout, de mĂȘme qĂŒaprĂšs quelque. Gâest une de ces nuances
dĂ©licates qui sâeffacent peu Ă peu de notre langue. Doit-on la regretter? Il nây a point
de grammaires Ă©ternelles; il faut changer avec le temps et se soumettre Ă lâĂŒsagĂš. Quây
peut-on faire? On dit aujourdâhui : tout habile qu'il est et tout habile quil soit. Tel est
lĂ«tat actuel de la langue. On peut employer lâun ou lâautre mode, et mĂȘme, dans le style
oratoire, le subjonctif sëffre le plus souvent.
Celui qui dit : Tout habile que vous ĂȘtes, est convaincu que vous ĂȘtes habile, et il exÂŹ
prime son jugement par le mode consacrĂ© Ă ' lâaffirmation, câest-Ă -dire par lâindicatif ;
mais celui qui dit : Tout habile que vous soyez, ne présente pas votre habileté comme
uhe chose positive, une chose quâil reconnaisse comme Ă©vidente^ et il exprimĂ© son Juge-
. ( 659 ) '
ment par le moiie consacré au doute > le subjonctif. Cette expression est un abrégé de
ceile-ci : (Bien) que vous soyez habile (de) tout (point) (1).
Lëmploi du mode aprÚs tout nëst donc pas une chose indifférente.
ĂXERCiCE PHRASĂOLOGIQUE.
Tout savant qu'il est.
Toute spirituelle qu'elle est.
Tout incoQstauts qu'ils sont.
Tout Savant quâil soit.
Toute spirituelle qu'elle soit.
Tout inconstants quâils soient.
N» dLXXXY.
Jusqu Ă ce que, SĂŒivi dd subjonctif oĂŒ de l'indicatif.
SUBJONCTIF.
Le sceptre ne sortira point de Juda jusquâĂ
ce que vienne celui qui doit ĂȘtre envoyĂ©.
(Bossuet.)
Des fosses profondes oĂč Ton prĂ©cipite chaque jour
les femmes, lĂ«s enfants, les vieillards,jusgĂŒti ce
gwëlles soient remplies,
(Bern. de Saint-Pierre.)
INDICATIF.
Lucaio fut d'abord ami dĂ© NĂ©ron, jusqu'Ă ce gĂŒil
eut la noble imprudence de disputer contre lui le
prix de poésie. (Voltaire.)
Ces trois grands hommes commencĂšrent Ă
meurer dans la terre de Chanaan ; mais comme des
Ă©trangers, ji^quâĂ ce que la faim attira Jacob en'
Egypte. (BossuĂšx.)
Existe-t-il une dĂ©pendance entre le verbe qui suit jwsgM'Ă ce que? Lâaction exprimĂ©e
par le second verbe est-elle le but auquel tend volontairement ou nécessairement le sujet ?
employez le subjonctif. Cette action est-elle fortuite, imprévue, indépendante du premier
verbe? employez l'indicatif. Voici d'autres exemples avec ce dernier mode :
On ne voit plus que carnage; le sang enivre,le
soldat, jusquâĂ ce que ce grand prince calma les
courages émus. (Bossuet.)
Les Juifs osÚrent s'y défepdre contre l'armée de
Titus, jusquâĂ ce quâun soldat romain ayant jetĂ© une
solive enflammée, tout prit feu à rinstant.
(Voltaire.)
Binet a dit, avec le présent :
On voit qĂŒil venait joindre ce guerrier et quâil lâaccompagne jusqu'a ce qu'il pĂ©rit en combattant.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Accompagnez>le jusqu'Ă ce soit hors de la ville. Je fus sou ami jusquâĂ ce que je mâaperçus quâil disait du mal de moi.
INFINITIF.
Nâ DLXXXYI.
INFINITIF EMPLOYĂ COMME SĂŒJET ET GOMME COMPLĂMENT.
sujet.
JTaïr est un tourment. (Dé Ségur.)
Ă imer est un besoin de lâĂąme. â [Id.)
COMPLEMENT.
On ne. lui donne pas le loisir d'acĂąeuer.
(T. Corneille.)
L'ardeur de vaincre cĂšde Ă la peur de mourir.
(Corneille.)
(1) Voyez Tout employé adverbialement, au chapitre des Adjectifs déterminatifs.
( 660 )
Mourir nëst rien; cëst notre derniÚre heure.
(Sedaine.)
Dissimuler nëst pas mon caractÚre.
(Voltaire.)
. âą. Tenir vaut mieux mille fois que dâattendre.
(Corneille.)
à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
(Corneille.)
Vouloir tromper le ciel, câest folie Ă la terre.
(La Fontaine.)
Je voudrais inspirer lâamour de la retraite.
{Id.)
Tout infinitif peut sâemployer comme sujet (premiĂšre colonne), et figurer comme comÂŹ
plĂ©ment dâune prĂ©position (voyez les trois premiers exemples de la deuxiĂšme colonne),
ou comme complĂ©ment dâun autre verbe [voyez les deux derniers exemples de la deuxiĂšme
. colonne).
EXERCICE PHRĂSĂOLOGJQVE.
Souffrir n'est rien.
BĂŽtir est beau.
Promettre est un.
Tenir est un autre.
Le désir de plaire.
Cela tend Ă noos miner.
Il voulait me tromper.
Pourquoi TOuloir mentirl
âN" DLXXXTII.
I
p
INFINITIF EMPLOYĂ SUBSTANTIVEMENT.
Ou plutĂŽt que ne puis-je au doux fomfter du jour...
(Lamartine.)
. La paix nous devenait nécessaire comme le man
ger et le dormir. (Voltaire.)
Le raisonner tristement sâaccrĂ©dite, (/d.)
La saintetĂ© nâest chose si commune,
Que le jeĂ»ner suffise pour, lâavoir.
, (La Fontaine.)
Le savoir-faire et lâhabiletĂ© ne mĂšnent pas jusÂŹ
quâaux Ă©normes richesses. (La BruyĂšre.)
Le voler des oiseaux frugivores nëst pas seule
ment destinĂ© Ă leur faire traverser les airs, mais Ă
les conduire Ă lâarbre dont ils mangent les fruits.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Enfin, le nager mĂȘme des poissons est coordonnĂ©
Ă leurs aliments. * {Id.)
La solitude lui a préparé7a uiëra elle couvert.
(Chateaubriand.)
Xe rire est sans doute lâassaisonnement de lâinÂŹ
struction et lâantidote de lâennui. (LĂ Harpe.)
Le long dormir est exclu de ce lieu,
(La Fontaine.)
En tout il prĂ©fĂ©rait VĂȘtre au paraĂźtre, et par lĂ il
sâattirait la considĂ©ration vĂ©ritable Ă laquelle il ne
sâattendait, pas. ^ (Voltaire.)
Jâaurai beau protester, mon dire et mes raisons
Iront aux Petites-Maisons.
(La Fontaine.)
Rien nëst encor perdu ; mon secret me demeure.
â Pauvre ovot'r que cela I (DorĂąt.)
Le marcher des quadrupĂšdes nâest pas seulement
coordonné à la terre, rnais aux herbes qui y croissent.
(Bbrn. de Saint-Pjbrbe.)
^ I
Lâinfinitif devient quelquefois un vĂ©ritable substantif, et alors il est susceptible dâĂȘtre
déterminé et modifié comme les autres substantifs, .
Il y a mĂȘme quelques infinitifs tellement assimilĂ©s aux substantifs, quâils sâemploient
au pluriel comme au singulier. Tels sont le devoir et les devoirs, le pouvoir et les pouÂŹ
voirs, le dire et les dires, le repentir et les repentirs, le souvenir et les souvenirs, Va-
venir et les avenirs, le vivre et lés vivres, le sourire et les sourires.
EmployĂ© comme substantif, lâinfinitif a lâavantage de reprĂ©senter presque en action
ridĂ©e du nom quâil remplace.
Nos anciens auteurs ont fait souvent usage de Tinfinitif de cette maniĂšre. Les modernes
nâont pas craint de les imiter, mais avec plus de rĂ©serve. Ainsi aujourdâhui on ne dirait
pas un bon mourir, un triste vivre, etc. En gĂ©nĂ©ral, le gĂ©nie de notre langue rĂ©pugne Ă
cet emploi de Tinfinitif; mais ce sont souvent des délicatesses réservées aux plumes élo
quentes et exercées.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Le boire.
l<e manger.
Lt dormir.
Le vivre.
Le mentir.
La nager.
Le marcher.
Le jeûnner.
La rira.
f '
(661)
. 1 *
DLXXXYIII.c^^-
EMPLOI DE lâINFINITIF DE PRĂFĂRENCE A TOĂT AĂTRE MODE.
AVEC l'infinitif.
Lâoffre flattait trop un convalescent mal en espĂšces
et accoutumé aux bons morceaux pour éfre rejetée.
(Le Sage.)
QĂŒon parle bien ou mal du fameux cardinal.
Ma prose ni mes vers nën diront jamais rien :
11 më fait trop de bien pour en dire du mal;
11 mâa fait trop de mal pour en dire du bien.
(Corneille.)
Y^os raisons sont trop bonnes dâelles-mĂȘmes, sans
é/ra appuyées de ces secours étrangers.
(Racine.)
Suis:je un de tes sujets pour me traiter comme eux ?
(Voltaire.)
La chose est de trop de conséquence pour la
traiter sérieusement. [id.)
A ta faible raison garde-toi de te rendre.
Dieu tâa fait pour Vaimer, et non pour le comprendre.
Ud.)
Le blaireau a les jambes trop courtes pour po'Ăčuoir
bien courir. (Buffon.) '
Dites au roi, seigneur, de vous Vabandonner.
(Racine.)
Il croit pouvoir encor cacher sa trahison, (/d.)
Je sens ses larmes baigner mon visage,
(Marmontel.)
Vous pensez tout savoir. (Pieyre.)
Tout ce qĂŒelle sâimaginait tenir, lui Ă©chappait
tout-à -coup. (Fénelon.)
Les hommeis croient ĂȘtre libres quand ils ne sont
gouvernés que par les lois. (Massillon.) .
Vos raisons sont trop bonnes dâelles-mĂȘmes, sans
que vous les appuyiez de ces secours étrangers.
Suis-je un de les sujets, pour que ĂŻu me traites
comme eux?
La chose est de trop de conséquence pour qûon
la traite sérieusement.
> Dieu tâa fait pour que tu Vaimes et non pour que
tu le comprennes.
t
Le blaireau a les jambes trop courtes pour qûil
puisse bien courir.
Dites au roi, seigneur, gĂŒtZ vous Vabandonne.
Il croit gĂŒil peut encore cacher sa trahison.
Je sens que ses larmes baignent rpon visage.
Vous pensez que vous savez tout.
Tout ce quĂ«lle sâimaginait qĂŒelle tenait lui Ă©chapÂŹ
pait tout-Ă -coup.
Les hommes croient qûïls sont libres quand ils
ne sont gouvernés que par les lois.
Il est dans le gĂ©nie de notre langue de prĂ©fĂ©rer, quand on peut, lâinfinitif Ă tout autre
mode; en effet, il débarrasse la phrase d'une foule de petits mois dont lëmploi fréquent
rend la construction lourde et languissante. VoilĂ pourquoi lâon dit ; Avez-vous peur de
TOMBER?'//"UOU/ mieux ĂȘtre malheureux que criminel; mon fVĂre est certain de rĂ©ussir;
je crois AYOIR fait ce que je devais, plutĂŽt que : Avez-vous peur que vous ne tombiez?
Il vaut mieux qu'on soit malheureux que criminel; mon frÚre est certain qu'il réus
sira; je crois que j'ai fait tout ce que je devais.
avec l'indicatif ou le subjonctif.
Lâoffre flattait trop un convalescent mal en espĂšces
et accoutumĂ© aux bons morceaux pour qĂŒelle fĂ»t
rejetée.
. .... Il më fait trop de bien pour que fen dise
du mal; il mâa fait trop de mal pour gue jâen dise
,du bien.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
11 a penr de ee montrer,
n craint de venir.
Il croit avoir tont dĂźt.
Elle est sûre de réussir.
Nâ DLXXXIX. «Ê»-
PLUSIEURS INFINITIFS DE SUITE.
CroĂźt-il le pottuoZr rompre?'
(Th. Corneille.)
11 crut pouvoir saisir la couronne.
(Corneille.)
Vous avez cru devoir en user autrement.
(Th. Corneille.)
Je croyais ne devoir prendre pour rĂšgle que
lâĂcriture et la tradition. (Pascal.)
( 662 )
Une mĂšre pour vous croit devoir me prier.
(BĂŒycinb.)
Ma tendre amitié ne vous est pas suspecte, et je
pâai que trop acqpis 4e lumiĂšres pour faire Ă©couter
(j.-J. RoĂŒssbatt.)
mes avis.
Nous crûmes voir revenir le temps des ipiracles,
(Bossupy.)
Vous avez tort, mon ami, car vous nâignorez pas
combien vous m/ĂȘtes cher; mais vous aimez Ă ypu?
le faire redire. (J.-J. Rousseau0
Il faut éviter dëmployer plus de trois infinitifs de suite, compléments Tun de Tautre,
comme dans : Il ne faut pas croire pouvoir le faire sortir. Je pense pouvoir aller
le VOIR, ne choque Toreille que par la consonriançe en otr ; car on dirait bien : Je crois
POUVOIR ALLER le CHERCHER.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il croit pouvoir uou« faire sortir.
Elle croit pouvoir nous faire rougir.
Ils s'imaginent pouvoir nons faire boute.
Il pense pouvoir aller se promener aujourd'hni.
Nâ DXC.
h'iNflRlTlF RApPORy SOIT AVEC LE SUJET DE LA PROPOSITION, SOIT AVEC
LE COMPLĂMENT.
EMPLOI CORRECT.
Eh quoi l mâattendiez-vous Ă cette extrĂ©mitĂ©
Pour m'oser librement dire la vérité?
(Destouches.)
Le ciel, pour les pwntr, voulut les exaucer.
(Voltaire.)
..... Et pour éfreapprouvés,
De serqhlables.projets veiijent ĂȘtre acbeyéç.
' ' " (Racine.)
EMPLOI
Quâai-je fait pour venir accabler en ces lieux
ĂŒn hĂ©ros sur qui seul jâai pu tourner les yeux ?
(Racine.)
QĂŒai-je fait pour uenfr troubler mon repos?
(Cité par Boniface.)
La vie de Pépin ne fut pas assez longqe pour
mettre la derniĂšre main Ă ses projets. {(d.)
Nous avons dit, dans le numéro précédent, que Tinfinitif est préférable à tout autre
mode ; mais cet emploi ne doit pas se faire aux dépens de la clarté. Ainsi Ton ne dit pas ;
Qii ai-je fait po\ir venir troubler mon repos? ni c'est pour ĂȘtre utile Ă Hs parents que
je t'ai instruit. La premiÚre phrase est louche, et la> seconde équivoque. Il faut dire :
Qu'ai-je fait pour que vous veniezâ/rowJZer mon repos? C'est pour que tu sois y^tUe
Ă tes parents que je Vai instruit.
NĂ©anmoins, sâil nây a dans la phrase aucune ambiguitĂ©, si la pensĂ©e est claire, et que
lâon nĂ© puisse se mĂ©prendre sur le vĂ©ritable rapport de Tinfinitif, ce mode peut ĂȘtre
employĂ©, quoiquâil ne se rapporte point au sujet de la proposition principale. CĂ«st donc
Ă tort, selon qou^, que Lpmare regarde comme incorrects les passages suivants, qui, bien
que contraires Ă la rĂšgle, se font trĂšs-aisĂ©ment comprendre et nâont rien dâĂ©quivoque :
Les moments sont trop chers pour les perdre en pa-
(Racine.) [rĂŽles.
Sans tën avoir rien dit, toutes choses sont pré-
parée.s pour satisfaire mon amour,' (MoliÚre.)
'Toutes les conventions se passaient avec solennité
pour les rendre plus inviolabĂźes.
(J.-J. Rousseau.)
Tout, sans faire dâapprĂȘts, sây prĂ©pare aisĂ©ment.
(Boileau.)
Pour éviter les surprises, les affaires étaient trai
tées par écrit dans cette assemblée. (Bossuet.)
Pour mieux cacher ton jeu,
Nâest-il pĂ s Ă propos que je te rosse un peu?
(AndrieĂŒx.)
Cet emploi de Tinfinitif est trÚs-fréquent, non seulement dans le.s écrivains du siÚcle dÚ
Louis XIV, mais encore dans ceux des siĂšcles suivants, et surtout ceux de nos jours. Ce
serait pousser un peu trpp.loin le purisme qué de le regarder commeunp faute.
t
* V
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Pour devenir savant, il faut etndier.
Pour me tirer des pleurs, il faut que vons pleorĂźcx.
( 663 )
^ k
CONCORDANCE DES TEMPS ET DES MODES DES VERBES.
CONCORDANCE DES TEMPS DE lTNDICATIF.
Tandis que nous parlons, la mort est en ces lieux.
(Voltaire.)
Vous serez mon ami quand vous me quitterez.
(MoliĂšre.)
AussitÎt qu'il eut porté de rang en rang Tardeur
dont il Ă©tait animĂ©, on le vit presque en mĂȘme
temps pousser Taile droite des ennemis.
(Bossuet.)
Pendant qu'ils étaient aux Thermopyles, un Tra-
chinien leur disait que le nombre de leurs traits
suffirait pour obscurcir le soleil. (Barthélémy.)
Quand Tùge leur eut donné Tinstinct de chercher
eux-mĂȘmes leur proie, cette famille se dispersa dans
les bois. (Raynal.)
Lorsquâil Ă©tait laquais, ĂŒ nâĂ©tait pas si sage.
(Quinault.)
Quand ce corps o quittĂ© son armĂ©e, çâa encore dM
une désolation!, (M⫠de Sévigné.)
Pendant qu'avec un air assurĂ© il sâavance pour
recevoir da parole de ces braves gens, ceux-çi, tour
jours en garde, craignent la ^urpri»e de quelque
nouvelle attaque, (Bossuet!)
Quand jâavais tuĂ© quelque oiseau pour ma nourÂŹ
riture, il fallait que je me traĂźnasse contre terre,
avec douleur; pour aller ramasser ma proie.
(FĂ©^lon.)
Je ne serais p»§ venu Ă bout dâacheyer, quand
jâaurais travaillĂ© toute la journĂ©e.
(Académïb.)
Il y a dans les temps des verbes un rapport de détermination qu'il p'est pas permis
dâignorer. Ce rapport, ou cette correspondance, est souvent fondĂ©e sur l'p^age, qui, lui
seul, établit toutes les rÚgles.
Câest .le temps du verbe pripcipal qui prescrit au second verbe le teinps qĂŒil jjpit
prendre; et la correspondance dans les verbes ne peut avoir lieu que dans la pj?fase
composĂ©e, oĂč,plusieurs verbes dĂ©pendent les uns des autres.
La concordance des teinps de rindicĂątif entre eux nâqffre aucune difficultĂ©; elle est
enseignĂ©e par lâusage. Voici nĂ©anmoins le tableau de» principaux rappopts des temps de
lâindicatif et du conditionnel.
*
CONCORDANCE DES TEMPS DE LâINDICATIF ET DU CONDITIONNEE.
Je LIS
quand vous lisez.
quand vous avez lu.
Je I quand tous éceiyiez.
] quand vous ĂcrivĂźtes.
LISAIS < ^ ,
I quand vous avez
\ ĂCRIT.
Je LUS
iquand vous le voulûtes.
quand j'sus nni db
^ JOUEE.
Quand J'eus lu
AprĂšs que Jâeus ĂŻ on
LU ) commença
DĂšs que Jâeus lu
/quand vous entriez.
1 quand vons entrĂątes.
V A |qâ3nd vous ĂTES entrĂ©.
** / quand vous fûtes en-
TRĂ.
que vous dâĂ©tiez pas enÂŹ
core ENTRĂ.
Je
URAI
'si vons le DĂSIREZ.
Isi vous AVEZ FINI votre
ouvrage,
quand vons voudrez.
quand vous rAOREs dit.
aussitĂŽt qne vous Tavez
VOULU.
Jâai LU Ă© ^0ŸŸ ĂCRIÂŹ
VIEZ.
' aprĂšs que vous AVBZ eu
DĂNĂ.
{quand vous^sbriez rem*
TRĂ.
si TOUS le voĂŒUEz.
si vous aviez fini.
Padrais ( pendant que vqqs au.
7 RIEZ ĂCRIT.
LU J âą Mk
f SI tu I'ata» toĂŒlu.
CONCORDANCE DES VERBES LIĂS PAB f,A CONJOĂICTION que.
ique vous ĂȘtes farti ce matin,
que TOUS Ătiez farti hier avant moi.
que TOUS partiriez aujourd'hui, si, etc.
qne vous seriez parti hier, si, etc.
que TOUS fussiez parti plus tĂŽt, si^etc.
/que vous partez aujourdâhui pour Paris
Ique vous PARTiEEz demain.
On mâASSURE/que TOUS SEREZ* parti, si, etc.
j que TOUS partiez hier, si, etc.
f que TOUS partĂźtes hier.
( 66» )
N* DXCII.
CONCORDANCE DES TEMPS DĂŒ SUBJONCTIF AVEC CEUX DE LâINDICATIF,
Il veut que je le serve. (Racine.)
Je voudrais que les philosophes voulussent bien
nous dire pourquoi tant de cailloux, de pierres et
de rochers, sont rompus, et par éclats, dans presque
toutes les parties du monde.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Vous avez bien vou/m que je vous fisse attendre?
(MoliĂšre.)
Qoand ils eurent goûté la douceur de la victoire,
âąils voulurent que tout leur cĂ©dĂąt. (BossĂŒet.)
Il est aisé de voir que le second verbe se met au présent ou au passé , selon que le
premier verbe exprimé Tune ou Tautre de ces deux époques. Pour faire mieux saisir les
divers rapports de concordance qui existent entre les temps du subjonctif et ceux de
Tindicatif, nous allons les réunir dans le tableau suivant :
CONCORDANCE DES TEMPS DU SĂBJONCTIF.
Je veux
Jo voudKĂŒi
Quaud yaurai voulu
que ta viennes.
le voulait \
Je voulus, Tai voulu I
) que tu vinsses.
3*avais voulu
Je vouilĂȘait
5'aurais voulu
Je veux
J'ai voulu
Je.voudrai
Quand j*aurai voulu
que tu aies écrit.
Je voulais \
Je vĂčultu, jfni voulu | quo tu eusses Ă©crit.
Quand j'eus voulu \
J'avais voulu f
Je voudrais I que tu Justes venu.
J'aurais voulu J
Nous ne pouvons nous empĂȘcher de faire ici une observation. H faut bien se garder de
croire que Ton doive toujours, et dans tous les cas, suivre les rÚgles de concordance éta
blies dans ce tableau : quën sente bien ce quën veut exprimer, si cëst un présent, un
passĂ© ou un futur, simples ou modifiĂ©s par les idĂ©es accessoires de simultanĂ©itĂ©, dâanté
riorité,,de postériorité ou de condition, et Ton trouvera sans peine la forme verbale des
tinĂ©e Ă peindre chacune de ces idĂ©es. Les numĂ©ros suivants feront sentir toute lâimportance
de cette observation.
Nâ DXCIII
EMPLOI DE je fusse AVRtS UN PRĂSENT OU UN FĂTĂR, KT DE jĂš SOis APRĂS UN PASSĂ
OU UN CONDITIONNEL
Je fasse. -
Je ne crois pas que vous me jugeassiez sans mâenÂŹ
tendre, et que vous me jugeassiez si sévÚrement.
(J.-J. Rousseau.)
Je dowfe mĂŽme que le sieur Pissot poussĂąt lâimÂŹ
pudence jusquâĂ rĂ©clamer quelques droits sur les
Ă©crits que jâai eu la bĂȘtise de lui laisser imprimer.
(Id.)
Quoique je ne pense pas trop bien de nos mĆurs
actuelles, je ne les crois pas encore assez mauvaises
pour quâelles gagnassent de remonter Ă lâamour.
(Id.)
Lâon ne voit aucun intĂ©rĂȘt sensible qui dĂ»t le
porter Ă faire ce qĂŒil fit. [Id.)
Je sois.
Vous avez exigĂ© quâaux yeux de votre cour
Ce grand événement se cache encore un jour.
(Voltaire.)
Jâaimerafs autant qĂŒon nous dĂ©fendit de boire,
dans la crainte que quelquâun ne.sĂ«ntvre. [Id.)
Dieu a voulu que lés vérités divines entrent du
cĆur dans lâesprit, et non de lâesprit dans ic cĆur.
(Pascal.)
Et si nous ĂŒĂ©tĂźoms seuls, malgrĂ© ee que je voi,
Je ne croirais jamais que Ton s'adresse Ă moĂź.
(Crébillon.)
( 665 )
Je iioute qĂŒon osĂąt mettre Aristote et PtolĂ©mĂ«c
en comparaison avec le chevalier Newton etM. Cas-
sini. (J.-J. Rousseau:)
Supposons qu'il expliquĂąt aprĂšs cela son systĂšme,
ei proposùt son moyen prétendu. [Id.)
Il n'est espoir de bien, ni raison, ni maxime,
QuijjĂčĂŻ en la faveur mâarracher une rime.
. (Boileau.)
il y a plus de quarante ans qĂče je dis de la prose
sans que jën sitsse rlÚn. (MoliÚre.)
Crois-fw que je ne susse pas Ă fond tous les senÂŹ
timents de mon pĂšre? {Id,)
Ce nâest pas quâon disputĂąt rien aux rois, ou que
personne eût droit de les contraindre.
(Bossuet.)
Ce nâest pas que Jâeusse mieux fait que vous.
(MâÂź DE SĂVIGNĂ.)
On craint quâil nĂ«ssugdf les larmes de sa mĂšre..
(Racine.)
Vous avez beaucoup de grĂąces Ă rendre Ă Dieu de
ce quâil a permis qĂŒil ne vous sotf arrivĂ© aucun
accident. (Racine.)
Les Romains de ce siĂšcle n'ont pas eu un seul
poĂšte qui vaille la peine dâĂȘtre citĂ©. (Boileau.)
Quelle raison Ă urait-on de vouloir que cette ex- '
pression sort malhonnĂȘte? ' (Id.)
Depuis deux ans entiers quâa~t~il dit, quâa-t~il fait.
Qui neprometle Ă Ruine un empereur parfait?
(Racine.)
Allez dire Ă ce vieillard : Pour qui plantez-vous?
11 vous répondra : Pour les dieux immortels, qui ont
voulu que je profite du travail de ceux qui mâont
précédé, el que ceux qui me suivront profitent du
mien. (DâOlĂŻvkt.)
Lâempereur a cornmandĂ© qu'il meure.
(Racine.)
Je ne fis rien qui vaille. (J.-J, Rousseau.)
Quën corrige ces passages sur les rÚgles de nos grammaires, dit Lemare, voilà autant
de contre-sens que de phrases. ' .
On craint qu'il n'essĂŒie les larmes de sa' mĂšre, changerait TidĂ©e d'Andromaque, et
signifierait : Il essuiera les larmes de sa mĂšre, et on Ăźe craint. Mais la veuve d'Hector
est bien loin dĂ«spĂ©rer un tel bonheur. On craint quĂŒ n'essuyĂąt, h\i penser Ă la condiÂŹ
tion tacite quëlle y met. On craint qu'il n'essuyùt les larmes de sa mÚre, si În le ßui
laissait,
\ , i
Depuis deux ans entiers, qĂŒ a-t-il dit, quâa-t-il fait,
Qui ne promĂźt Ă Rome un empereur parfait?
t * #
eût aussi tout changé, et nëût pu sëntendre de Titus qui doit régner, et qui, en effet,
régnera.
Ainsi Ton ne peut régler le choix du temps du subjonctif sur le verbe qui précÚde.
Cëst donc en vain quën se fatigue à multiplier les recettes, elles sont toutes en défaut.
Cëst à Tidée qu'il faut s'attacher.
La mĂȘme phrase prĂ©sente quelquefois des temps diffĂ©rents sous la mĂȘme dĂ©pendance ;
c'est que chacun de ces temps, comme nous Tavons déjà remarqué, est Texpression d'une
idée particuliÚre :
Soit que Julie eĂ»t Ă©tudiĂ© la langue et qĂŒelle la
parlĂąt par principes, soit que lâusage supplĂ©e Ă la
connaissance des rĂšgles, elle me semblait sâexprimer
correctement. ' (J.-J. Rousseau.)
Lâaffaire fut rĂ©solue par les suffrages dâune comÂŹ
pagnie composée de trois cents hommes. Qui croirait
que le secret eĂ»t Ă©tĂ© gardĂ©, et qĂŒon uâait jamais
rien su de la délibération que quatre ans aprÚs ?
(Bossuet.)
BalĂ©azar,est aimĂ© des peuples; i7 nâĂż a aucune
famille qui ne lui donnĂąt tout ce qĂŒelle a de biens!
sâil se trouvait dans une pressante nĂ©cessitĂ©; t7 nây
a aucun de ses sujets qui ne craigne de le perdre,
et qui ne hasardĂąt sa propre vie pour conserver
celle dâun si bon roi. (FĂ©nelon.)
Ces exemples, ainsi que la plupart des précédents, suffisent pour prouver que les
rĂšgles sur la correspondance des temps, qu'on sâobstine Ă Ă©tablir dans la plupart des
grammaires, loin dâĂȘtre utiles, peuvent occasionner de graves erreurs, en mettant en conÂŹ
tradiction Texpression avec la pensée. C'est sans doute à ces rÚgles erronées que nous
autres, pauvres grammairiens, nous devons la qualification Ă 'enfileurs de mots.
84
, ( 666 )
EXERCICE PBEASĂOLOGIQUE.
CroU-t* qae Je ne le snsse pas? Diea a voulu que nons,soyons mortels*..
Ce n'est pas que je voulusse. Joué vois rien lit qui dût le porter à cette extrémité.
On craint qn'il ne se tnat. Supposons qu'il Vint.
âDXCIV.
s
ESfPIOI DD PRĂSENT OD DE LâIMPARFAIT DD SDMONCTIF APRĂS DN PASSĂ
OD DN CONDITIONNEE.
Quâon puisse.
CĂ©tait lĂ une des plus belles fĂȘtes que l'onptifsse
voir. ' (Mââ* de SĂ©vignĂ©.)
Je nâai pu encore aller Ă Liyry, quelque envie que
jâen aie. {Td.)
Je la laissai seule décider la plus grande affaire
que je puisse avoir de ma vie.
Quâon pĂ»t.
CĂ©tait la plus belle dĂ©coration qĂŒon pĂ»t imaÂŹ
giner. (M⫠de Sévigné.)
Je nâai pu encore aller Ă Livry, quelque envie que
jâen eusse.
Je la laissai seule décider la plus grande affaire
que je pusse avoir de ma vie. ' (Montesquieu.)
r
Ici est encore en dĂ©faut la rĂšgle des grammairiens qui veut qĂŒaprĂšs un passĂ© ou un
conditionnel on mette Timparfait du subjonctif.
M"?Âź de SĂ©vignĂ© , en disant : C'Ă©tait lĂ une des plus belles fĂȘtes que Von puisse voir,
veut faire entendre qu'oN peut voir des fĂȘtes, et que c'Ă©tait lĂ une des plus belles. Son
intention est dëxprimer un présent ; elle a voulu , au contraire , exprimer un passé
lorsquëlle a dit : C'était la plus belle décoration qu'on pût imaginer ; ce qui peut se
traduire par : On pouvait voir des décorations, et c'était là la plus belle.
Traduisez de mĂȘme : Je h ai pu encore aller Ă Livry, quelqye envie quç j'en aie, par
je n'ai pu aller Ă Livry, et cependant j*en ai grande envie; et je n'ai pu encore aller Ă
Livry , quelque envie que fen eusse , par je n'ai pu aller Ă Livry , et cependant j'en
avais grande envie.
CĂ«st Ă TidĂ©e seule qĂŒon veut exprimer, rĂ©pĂ©terons-nous en terminant, quâil faut sâatÂŹ
tacher, et non Ă la forme du verbe de la proposition primordiale : les paots, ainsi que lĂš
dit trÚs-bien Boniface, ne sënfilent point comme les perles.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
^ . * *
C'était le plus joli ^ .
Je nâai pn encore lo voir, quelque envie que jâen eaew.
Cétait le plus joli garçon qn'on paisse voir. C'était le plus joli garçon qu'on pût voir.
Je nâal pu encore le voir, quelque envie que j'cn «ie.
( 667 )
CHAPITRE VI.
DES PARTICIPES.
B
DXCV.
t
NATĂRE DU-PARTICIPE, â SA DĂFINITION.
PARTICIPE PRĂSENT.
Une horrible maigreur creuse leurs flancs avides,
Qui toujours sâemp/tesqnldemeuteirt toujours vides.
(pELILLĂd
Des bataillons armés combattant dans les nues. '
(Voltaire.)
Poignards à double lapqe et frappant en deux seq».
: " Ud.)
Toutes sont donc de mĂȘme trempe.
Mais agissant diversement. (La Fontaine.)
QĂŒon ne vous trouve point tous deux par/anĂŻ en-
(MoliĂšbe.) . [semble.
Les Maures descendant de leurs montagnes parÂŹ
couraient et pillaient lâAfrique, (De SĂ©gur.)".
Us te prodigueront des vins délicieux,
Des vins 6r»//anï dans Vor et versés par les dieux.
(Délillb.)
participe PASSĂ.
Plusieurs personnes ont écrit en prose sur les
jardins. (Pblillb.)
... Les orages
Ont CESSĂ de gronder sur ces heureux rivages.
(Voltaire.)
La jqstice a descendßt en ço liqu. (Acapé^ie.)
/
Nos imprudents aĂŻeux nâont vaincu que ppur luj.
(Voltaire.)
VoilĂ quĂ«lle a fini, lâouvragĂ© aux yeux sĂ«xpose,
(MoliĂšre.)
Les Français Maient ouvert une retraite glo
rieuse par iĂ bataille de Fornoue, (Voltaire.)
Il crut avoir vu des miracles, et mĂȘme en avoir
FAIT. (Jd-j
Les participes, telle est la partie importante du discours qui va nous occuper; les parÂŹ
ticipes, Tépouvantail des enfants, la ressource consolante de Vignorant pédadogue, le
sujet des mĂ©ditations du vrai grammairien I CepĂ©ndant, comme Ta remarquĂ© M. LĂ©vi, Ă
qui nous empruntons ces réflexions, aucun point de notre, grammaire n'a été traité avec
plus de dĂ©tails; des volumes entiers ont Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă lâexamen des diffĂ©rents systĂšmes
sur ce qu'on est convenu d'appeler lepartecipĂĂźprton/ et le participe passĂ©. Les ouvrages
de Lemare, de Bescher et de tant dâautres, quoique lumineux et remplis de faits, einpĂȘ-
chent-i'ls les professeurs timides ou ignorants de se courber devant Tidole de la routine?
Nonl Quelques grammairiens établissent des rÚgles que dëutres combattent et rejettent
avec dédain ; coux-ci admettent des exceptions que ceux-là condamnent et proscrivent ;
les doutes de quelques-uns se changent par d'autres en décisions ; enfin chaque professeur
veut avoir un systĂšme Ă part. On rougirait dâĂ©crire ou de penser comme son collĂšgue ;
et s'il arrive qĂŒon ait fait imprimer une opinion erronĂ©e, on n'avoue sa faute que in petto,
et Ton meurt, comme le dit Domergue, dans TimpĂ©nitence finale ! Mais d'oĂč vierit que
nos grammatistes ne dirigent'pas leurs attaques vers la théorie compliquée, difficile et
Dportante de la préposition ; vers lëmploi, souvent embarrassant, du subjonctif; vers
la nature encore mal connue du verbe? C'est qĂŒil faut, mĂȘme pour exprimer ses doutes,
de la capacitĂ©, des connaissances, et, plus que tout cela, le dĂ©sir et la volontĂ© de sâĂ©claiÂŹ
rer ; et la plupart de nos maĂźtres ne sont pas assez instruits pour savoir qu'ils ne savent
rien... Ce qĂŒils savent, c'est quâil existe dans la langue française un petit mot appelĂ© pgr-
ticipe sur lequel les meilleurs grammairiens ue sâaccordent pas ; vite, ils sâen empareilt
o
( CC8 )
Te] savant a cru devoir se faire un systÚme : ils sën créent un aussi ; la question était
embrouillée : ils la compliquent davantage ; aux exceptions que présente une rÚgle, ils
ajoutent dâautres exceptions; ils ont enfin leur traitĂ© des participes! Etles voilĂ , censuÂŹ
rant avec orgueil ceux qui ne pensent pas comme eux, frayant une route nouvelle Ă leurs
Ă©lĂšves, qui, tout fiers dâĂȘtre les seuls Ă Ă©crire tel ou tel participe de telle ou telle maniĂšre,
bondissent de joie sur ies bancs de la classe des participes; car, vous le savez, les jeunes
demoiselles sâĂ©crient : Nous sommes en participes ! avec le mĂȘme enthousiasme que nos
collégiens disent : Nous sommes en philosophie ! Voilà comment nos éternelles discus
sions rĂ©pandent dans lâesprit des Ă©lĂšves lâincertitude et Terreur. Vingt professeurs, vingt
systĂšmes. Serait-il donc impossible de fondre toutes les opinions sur les participes et
dâen former un corps de doctrines sĂ»res et invariables qui fĂ»t Texpression de la majoritĂ©
des grammairiens, et servĂźt dĂšs lors de guide et de rĂ©gulateur suprĂȘme?
Sans aspirer à un tel succÚs, nous nous contenterons de développer cette matiÚre im-.
portante avec le plus de clarté possible, afin de la mettre à la portée de tous les esprits.
Disons dâabord un mot de la nature du participe.
Le participe est ainsi nommĂ©, en ce quâil semble participer de deux natures : de celle
du verbe et de celle de Tadjectif. Invariable sous le premier rapport, et, sous le second,
prenant, comme tout autre adjectif, Taccord du nom ou pronom dont il modifie Tac-
ception.
La seule difficulté est de savoir distinguer si le mot dont on cherche la valeur a la
nature du verbe ou celle de Tadjectif.
Quand il a la qualité de verbe, on le nomïhe participe, non que Ton veuillç entendre
que sa nature alors soit indĂ©cise, et quâil participe dâaucune autre ; mais ce mot participe
Ă©tant consacrĂ© par Tusage, nous Tadoptons, sans trop dâĂ©gard pour sa signification.
Lorsquâil a celle dâadjectif, comme susceptible dâune Ă©tude particuliĂšre, nous le tirons de
la classe générale, et nous le désignons sous le titre d'adjectif verbal, adjectif ayant cer
taine analogie avec le verbe.
On distingue deux sortes de participes, que les uns indiquent sous le nom de participe
prĂ©sent, participe passĂ©; connus, suivant dâautres, sous celui de participe actif, participe
passif. Il ne nous serait pas difficile de démontrer que ni Tune ni Tautre do ces dénomi
nations nâest exacte; mais, sans donner trop dâimportance aux mots, nous emploierons la
premiÚre comme la plus usitée.
Le participe prĂ©sent ajoute au mot dont il modifie lâacception, TidĂ©e dâune action faite
par ce mot; ĂŒ est terminĂ© en an/, et est toujoursinvariable.il est nommĂ© pr^scn/, parce
qĂŒil marque toujours un temps prĂ©sent par rapport Ă une autre Ă©poque : aimant la
poésie, je lis, je lus,/ lirai Racine et Boileau.
Le participe passĂ© ajoute au mot qĂŒil qualifie TidĂ©e dâune action reçue par ce mot; il
a sa terminaison : , .
1Ÿ En é, comme aimé, alarmé, été, né, etc.
2° En i, comme fini, bruni, noirci, refroidi, etc.
3Ÿ En u, comme couru, vu, lu, reçu, etc.
4Âź En aint, comme plaint, craint, contraint, etc.
SÂź En eint, comme peint, feint, ceint, astreint, Ăštc.
6Âź En is, comme surpris, compris, repris, pris, sursis, elc
7Ÿ En it, comme écrit, inscrit, décrit, prescrit, etc.
8Âź En ait, comme fait, contrefait, extrait, etc. .
9 * En m, comme reclus, inclus, etc.'
10Ÿ En os, comme clos, éclos, enclos, etc.
11Ÿ En ous, comme résous, absous, etc.
12* En ort, comme mort, etc.
( 669 ) âą'
13Ÿ En cri, comma ouvert, couvert, découvert, etc.
14Âź En oint, comine joint, rejoint, etc.
15Âź En eu, comme ew dans/ai ew. *'
Les participes passés joints au verbe avoir servent à former les temps composés, ei
cëst sans doute ce qui leur a valu le nomade participes passés, car les temps composés
sont des temps passés (1).
Nous traiterons d'abord du participe présent.
DU PARTICIPE PRĂSENT.
Nâ DXCVI.
ORTHOGRAPHE PRIMITIVE DU PARTICIPE PRĂSENT JUSQUE VERS LE MILIEU DU
DIX-HĂITIĂME SIĂCLE.
Ces enfants bienheureux, créatures parfaites,
Ayants Dieu dans le cĆur, ue le peuvent louer.
(Malherbe.)
Estantes illec les,dames arrivées,
A piteux cris et les mains élevées, ^
Firent leurs vĆux. (Henri Etienne.)
Petits ruisseaux y furent ondoyants,
Toujours faisants autour des prés berbUs
Un doux'inurmure. ' (Marot.)
Pour ce (jue jâappellerai de leurs oreilles escou-
tantes mal a elles-mĂȘmes, quand eljes escouteront
bien, (Henri Etienne.)
Ces corsaires incontinent sâapprochĂšrent et vinÂŹ
rent cÎtoyer notre navire, tenants le gué. (Amtot.)
Las! que dira la GrĂšce, Ă mon retour,
Tous ceux dâArgos ou du pays dĂ«ntour,
Sachants ta mort? (Saiel, 1545.)
Sur quoi le laisse, et vint droit rencontrer
Les deux Ajax se faisants accoutrer
De leurs harnois. {Jd.)
AgaiĂŻicrrmon, grande injure te font *
Tous les Grégeois qui sous ta charge sont,
EiUreprénants de retourner en GrÚce. {Id.)
On voit qĂče nos anciens Ă©crivains variaic.ĂŻt indistinctement les participes prĂ©sents,
mĂȘme ceux des verbes avoir et ĂȘtre, ainsi qu^ lâattestent les deux premiers exemples de
la premiÚre colonne. Cependant quelques-uns s'écartÚrent de la rÚgle, et dÚs lors grande
rumeur au camp des grammairiens. Pierre Laramée, dit Ramus, meilleur observateur
que Sylvius, au lieu de blùmer les auteurs qui se frayaient une nouvelle route pour éviter
la répétition monotone de toutes ces syllabes traßnantes en ante, justifia, sous le double
rapport du goĂ»t et de la raison, ceux que TĂ©cole de Sylvius taxaient dâinfraction Ă la
rÚgle. « Quand on exprime la qualité, dit Ramus, c'est Vadjectif; mais quand on exprime
(1) NĂ«st-ce pas toujours au moyen du participe passĂ©, autrefois nommĂ© participe passif, quâon exprime,
dit un Ă©crivain, la maniĂšre dâĂȘtre passive? Les anciens grammairiens ont raison : le participe passĂ© est un
participe passif, tout le prouve, les fonctions de ce participe el Tétymologie. Mais comment sc fait-il que
le participe passif soit rĂ©uni au verbe avoir pour exprimer une maniĂšre dâĂȘtre active : fai reçu une lettre,
fai reçu des livres? Bouhours ne voit plus là un participe, mais plulÎt un substantif verbal, le supin des
Latinsa Cëst comme si Ton disait habeo acceptum ßitteras, habeo accepium /tà ros. » Dumarsais et
Condillac prétendent que le participe esl pris alors substantivement, cësl un substantif. Ce nëst pas un
substantif, dit Lemare, ce nâest pas un supin, câest un adjeclif passif qui sâaccorde avec un substantif
sous-entendu (le negotium latin) : fai fait un peu de bien» câest-Ă -dire fai quelque chose fait... savoir;
un peu de bien. Puis il ajoute : « Cëst des Latins que nous avons emprunté la construction dc Vadjectif
passif a\ec avoir; car, lorsquâils voulaient donner plus dâĂ©nergie Ă leur pensĂ©e, ils disaient Ă aĂ eo divisum,
au lieu de divisi, habeo factum, au lieu de feci» etc. »
On comprend que nous avons dĂ» nous borner Ă faire remarquer ce fait grammatical, savoir ; que, dans
TĂ©tat actuel de notre langue, le participe passĂ© construit avec otjotr exprime unĂ© maniĂšre dâĂȘtre active.
Nos mots en ant, dits parHcĂpss prĂ©sents, reconnaissent deux origines, et, sous une seule forme, ce
( 670 )
» lâaction, câest le cer 6e; plus dâaccord. Servante, cĂ«st la qualitĂ©. 5ercan/ ses maĂźtres,
» cëst l'action.»
Telle est,, selon nous, la question vitale du participe présent. La rÚgle est unë, et sans
exception ; elle a cÎ grand avantage ,dé reposer sur un principe fondamental, et de parler
Ă la raison.
Le seul prosateur moderne oĂč Ton trouve le participe prĂ©sent variable, est Pascal, dans
sa premiÚre Lettre provinciale (1); mais dÚs lù seconde, qui fut publiée huit jours aprÚs,
on ne retrouve plus le participe présent décliné. Néanmoins, ce ne fut que le 3 juin 1679
que TAcadémie sanctionna la rÚgle en ces termes : « La rÚgle est faite, on ne décli
nera POINT LES PARTICIPES ACTIFS. »
1 *
âN" DXCVn. ^
t
PARTICIPES PRĂSENTS MARQUANT lâĂTAt ĂtJ ĂâACĂŻiON:
Etat.
SĂŒĂŒs ĂŒn roi bienraisant parcourons celte ville,
ObĂ©issante, heĂŒrĂ©use, agissante, tranquiĂŒe.
(Voltaire.)
II nây a que les ames aimantes qui soient proÂŹ
pres a Tétude dé la nature.
(Bern. de SĂ int-Pierre.) .
On vient dây coiĂźstruire deux pompes foulantes et
aspirantes qui donnent abondamment lâeau dont
on a besoin. ' de Genus.)
Quand lâĆil nĂš peut juger Vobjelde sa terreur,
Alors tout s'exagÚre à notre kmé tremblante.
(Delille.)
Les eaux dormantes sont meilleures pour les cheÂŹ
vaux que les eaux vives. (Buffon.)
Les peuples errants doivent ĂȘtre les derniers qui
aient écrit. (Voltaire.)
Soyons bienbwuan/s, bien mangeants,
Nous devons Ă la mort de trois Tun en dix ans.
(La Fontaine.)
^ Action.
Toutes sont donc de mĂŽme trempe,
Mais agissant diversement.
(La Fontaine.)
Ces deux infortunĂ©s, aprĂšs sâĂȘtre liĂ©s lâun Ă lâauÂŹ
tre, se précipitÚrent dans le RhÎiie, aimant mieux
mourir ensenible que de vivre séparés.
(Le Précurseur de LtoN.)
Tous les siĂšcles en deuil, Tun Ă lâautre semblables,
Courent sans sâarrĂȘter, foulant de toutes parts
Les trÎnes, les,autels, les empires épars.
(De Fontanes.)
Combien de pÚres, tremblant de déplaire à leurs
enfants, sont faibles et se croient tendres !
(Domergue.)
Je connais des personnes dormant dâun sommeil
si profond, que le bruit de la foudre ne les réveil
lerait pas. (Cité par Bescber.)
Les passions errant sur ce peuple assemblé
Offrent les vastes flots dâun ocĂ©an troublĂ©.
(Delille.)
Personne^assurément ne s'aviserait aujourd'hui
de reprĂ©senter dans un poĂšme une troupe dâanges
et de saints buvant et r»an( à table. (Voltaire.)
sont réellement deux mots différents. Quelques langues étrangÚres en sont une preuve incontestable. Les
Latins voulaient-ils eifprimer une action, ils se servaient des mots ridendo, faciendo, reptando; avaient-
ils, au contraire, Tintention dâindiquer un Ă©tat, ils employaient les mots ridens, faciens, reptans. Il en
est de mĂȘme en italien, en espagnol et en portugais.
Cette distinction avait Ă©galement lieu dans la langue romane, dâoĂč U est prouvĂ©, parles monuments les
plus authentiques, que notre langue tire immédiatement son origine. Le gérondif latin ando, endo, a fait
le gérondif roman an, en, par la suppression de la finale do ; et Tadjectif latin, dit participe du présent
ans, ens, a fait Tadjectif roman ans, gnf, ens, en/. Exemples :
Mas eu soi cei que temen muor aman. ,
(Arnauld de Mar.)
Traduction. â Mais je suis celui qui, en craiÂŹ
gnant, meurs en aimant. ~
SâĂŻcu de Tanar vas mi dons sui temens.
(Ramb. de Vaq.)
Traduction. â Si moi dâaller vers ma dame suis
craignant.
(1) Voici le passage : Je Ăźes lui offris tous ensemble, comme ne faisant^ quâun mĂȘme corps, et n'agisÂŹ
sants que par un mĂȘme esprit. (Pascal.)
( 671 )
Jëi passé plus avant; les arbres et les plantes
Sont devenus chez moi créatures parlantes.
(La Fontaine.)
Mais pour mieux réussir, il est bon, ce me semble,
QĂŒon ne vous trouve point tous deĂŒx porĂźahf en-
(MoliĂšrb.)' [semble.
Dans laprenriiÚre colonne, les mots agissante, obéissante, aimantes, foulantes, etc., ex
primant VĂ©tat, la maniĂšre dâĂ©tre, la qualitĂ© inhĂ©rente de Vobjet dĂ©signĂ© par le substantif,
subissent toutes les variations de genre et de nombre exigées par ce substantif.
Dans la seconde colonne, au contraire, les mots agissant, aimant, foulant, etc., exÂŹ
primant des actes, des actions instantanĂ©es, cĂ«st-Ă -dire dâĂčne durĂ©e courte, limitĂ©e,
sont restés invariables. Dérivés des verbes agir, aimer, fouler, etc., ils en conservent la
sighificatiori et le caractĂšre, Ăšt peuvent ĂȘtre remplacĂ©s par une autre forme verbale, sans
quĂš ia pensĂ©e en soit altĂ©rĂ©e. Combien de pĂšres tremblant de dĂ©plaire, etc. ; ĂŽĂŒ bien
combien de pÚres Quj tremblent de déplaire, etc.
Ainsi donc, toutes les fois que par la forme verbale en ant, comme souffrant, obéissant^
on vÚut exprimer un acte, une action instantanée; pure Út simple, et non un état, on em-
ploiĂš le participe prĂ©Ăent, qĂŒi-est toujours invariable : J'ai vu ces personnes souffrant
cruellement. .
Si, au contraire, on veut peindre un Ă©tat, une maniĂšre dâĂȘtre; une disposition Ă agir,
plutĂŽt qĂŒune action, ou mĂȘme une action qui, par sa continuitĂ©, sa durĂ©e, devient perÂŹ
manente, se transforme en Ă©tat, et nĂ«st accompagnĂ©e dâaucune des circonstances qui caÂŹ
ractérisent une action, on fait usage de Y adjectif verbal, qui est variable : J'ai vu des per
sonnes SOUFFRANTES et résignées.
LâidĂ©e d'actualitĂ© caractĂ©rise le participe; celle de permanence, Vadjectif verbal.
ĂXĂRCĂCĂ PHRASĂOLOGIQUE.
La fciiille tremblonlfe.
Une personne charmante.
Une histoire amusante.
Une lionne vivante.
Des choses surprenantes. <
Une chienne caressante.
Des pierreries éblouissantes.
Une femme suppliante.
Des eaux courantes.
Une fille tremblant de daplaĂźre Ă sa mĂč're.
Charmant la société par son esprit.
Une personne amusant ceux qui récoiitcnt.
Vivant avec un chien dans la mĂȘme loge.
La garde surprenant un voleur.
Caressant tout le. monde.
Kblouissant de toutes parts.
Suppliant scs juge».
Des biches courant dans les bois.
OOOOQ^^
N* DXCVm.
PARTICIPĂS PRESENTS EMPLOYĂS SANS AUCUN REGIME
Etat.
J'ai toujours vu ceux qui voyageaient dans de
bonnes voitures bien douces, rĂȘveurs, tristes, gronÂŹ
dants oĂč souffrants. (j.-J. RoosseaĂŒ.)
C'est la disette dâidĂ©es qui les rend si affamĂ©s
dâobjets Ă©trangers, dâautant plus qu'il ne. leur reste
rien, que tout passe en eux,⊠que tout en sort; gens
toujours regardants, toujours écoutants, toujours
pensants. (Marivaux.)
DâoĂč vient que tant de partisans de Rome, dâenÂŹ
nemis de Rome, ont été si sanguinaires, si barbares,
si malheureux, persécutants et persécutés?
(Voltaire.)
t
Ils ont cependant eu la témérité de s'embarquer
sur cette mer mugissante', malgré la défense que
nous leur en avions faite.
(Voyage dans le Levant.)
Action,
C'est une personne d'un naturel doux, jamais ne
grondant» ne contredisant, ne désobligeant.
(Cité par Bescher.)
Blondins y sont beaucoup plus femmes quâelles,
Profondément remplis de bagatelles,
Dâun Ćil hautain, d'une bruyante voix,
CAanlant, dansant, minaudant Ă la fois.
(Voltaire.)
, ... Ces ennemis des vers,
Qni, hérissés d'algÚbre et bouffis de problÚmes.
Au monde épouvanté parlent par théorÚmes.
Observant, calculant, mais ne sentant jamais. â
Ud.)
La mer mugissant ressemblâait Ă une personne
qui, ayant Ă©tĂ© longtemps irritĂ©e, nâa plus quâun
reste de trouble et dâĂ©motion. (FĂ©nelon.)
( 672 ) .
EmployĂ©s seuls, cĂ«st-Ă -dire sans ĂȘtre accompagnĂ©s dâaucun rĂ©gime, les mots en ant
sont uanaĂ Zes lorsquâils marquent lâĂ©tat physique ou moral du substantif auquel ils sont
joints, et invariables quand ils expriment une action faite par lui.
Dans la premiÚre colonne, grondants, pensants, etc., équivalent à grondeurs, pen
sifs, etc. Ce sont donc des qualités inhérentes au nom que ces mots accompagnent.
Dans'la seconde colonne, ne grondant, ne contredisant, ne désobligeant, etc., expriment
des actions. Câest comme sâiLy avait ne grondant, ne contredisant, ne dĂ©sobligeant
jamais personne.
Une observation qui a échappé à presque tous les grammairiens, cëst que les parti
cipes présents, surtout ceux des verbes neutres, sont susceptibles de devenir simples
adjectifs verbaux au besoin. Nous en citerons quelques exemples tirĂ©s dâĂ©crivains recom-
mandables : âą
La canaille cà balante, la canaille écrivante.
(VOLTAIRB.)
Elles ont besoin d'une puissance réglante pour
les tempérer. (Montesquieu.)
Décrirai-je ses bas en vingt endroits percés,
Ses souliers grimaçants vingt fois rapetassés?
(Boileau.) '
Je vous trouve aujourdâhui bien raisonnante.
(MoliĂšre.)
TantĂŽt elle donne (Thirondelle) la chasse aui in<
sectes voltigeants. (Buffon.)
Les insectes changexmts qui nous donnent la soie.
(Voltaire.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Câcst une enfant douce, caressante,
EUe jouit d'une santé brillante.
C'est avoir une défiance outrageante
Les ronces dégouttantes.
Des regards mourants.
Des mÚres gémissantes.
La foudre étincelante.
Des oiseaux dévorants.
A ses yeux expirants.
Toutes ses compagnes tremblatilo
Les taureaux mugissants.
Cette femme possĂšde un heureux naturel; jamais ne contrariant ,
ne m^isant, ne désobligeant.
Vous les verriez sâagiter, allant, venant, sortant, rentrant, et cela
sans raison ni motif.
Parfois anssi badinant, jouant, riant, folĂątrant, et l'instant dâapri s.
tristes, rĂȘveurs, gĂ©missant, murmurant, contestant, contrariant,
enrageant, menaçant. .
Nâ DXCIX. ^
«
PARTICIPES PHĂSKMS SUIVIS OU PRĂCĂDĂS dâĂŒN RĂGIME DIRECT,
Régime placé aprÚs ße participe.
On nâcntcndit plus les coups des terribles marÂŹ
teaux qui, frappant l'enclume, faisaient gémir les
profondes cavernes de la terre et les abĂźmes de la
mer. « (Fénelon.)
Les troubadours allaient chantant les amours
et la gloire sous les fenĂȘtres des chĂątelaines.
(De Marcuangt.)
Je hais la cruauté de ces peuples perfides
Qui, donnant au hasard leur haine et leurs faveurs,
S'immolent tour à tour leurs plus chers défenseurs.
(Decaux.)
Cëst là que, déplorant Îe plus brill antes scÚnes,
La vie offre à nos yeux ses plus beaux phénomÚnes.
(Delille.)
Ces mobiles poumons, dont le jeu toujours sĂčr,
Chassant lâair altĂ©rĂ© , rapporte un air plus pur.
(W.)
Régime placé avant ße participe.
A force de douleur il demeura tranquille,
Mais sa voix, sâĂ©chappant au travers des sanglots,
Dans sa boucbe Ă la fin fit passage Ă ces mots.
(Boileau.)
Les dames, le voyant arriver Ă la cour.
Dirent dâabord : Est-ce lĂ ce Narcisse
Qui prĂ©tendait tous nos cĆurs enchaĂźner?
Quoi! le pauvret a la jaunisse!
(La Fontaine.)
Le laurier, le jasmin sâarrondissant en voĂ»tes,
De leur ombre odorante embĂȘllissaicnt les routes.
(Castel.)
Jâentends des cris de guerre au milieu des naufrages,
Et les sons de l'airain se mĂȘlant aux orages. ' .
(La Harpe.)
4
Paris est plein de ces petits bouts dâhomme,
Vains, fiers, fous, sots, dont le caquet mâassomme,
Parlant de tout avec Tair empresse,
Ăt SE moquant toujours du temps passĂ©.
" (Voltaire.)
( 678 )
Ces arbres renversés façonnés avec art,
De leur digue Ă la vague opposant le rempaut.
(Delille.)
La nature
De verdure et de fleurs égayant ses attraits.
(id.)
Tels, traversant les airs, des bataillons de grues,-
De leur vol Ă grands cris obscurcissent les nues.
(/d.)
Vois ces groupes dënfants se Jotiant sous Tombrage,,
Qui de leur liberté viennent te rendre hommage.
(Delille.)
Leur fouleau loin sëmpresse.et leurs noirs bataillons.
Par un Ă©troit sentier sâavançant sous les herbes,
Entraßnent à Tenvi les dépouilles des gerbes.*(/d.)
Des malotrus soi-bisant beaux esprits.
(Voltaire.)
Lorsque le participe prĂ©sent est prĂ©cĂ©dĂ© ou suivi dâon rĂ©gime direct, il est toujours inÂŹ
variable, attendu que', dans ce cas, il a, comme le verbe dâoĂč il dĂ©rive, la propriĂ©tĂ© de
marquer lâaction. Lâadjectif, naturellement propre Ă se placer Ă la fin dâune proposition,
nâest jamais suivi dâun semblable rĂ©gime.
Bescher laisse aux poĂštes la libertĂ© de varier le participe prĂ©cĂ©dĂ© dâun rĂ©gime direct,
el, en conséquence, il approuve les vers suivants:
NâĂ©tant point de ces rats qui les livres rongeants.
(La Fontaine.)
Et pour lier des mots si mal sâentf accordant s.
(Boilead.)
Et plus loin les laquais l'un lâautre sâagapants,
(Boileau.)
Les spectateurs en foule se pressants.
(Voltaire.)
Aucun grammairien, que nous sachions, ditM. Dessiaux, ne partage sérieusement une.
pareille opinion, et les poĂštes modernes fournissent si peu dâexemples de cette infraction ,
Ă la rĂšgle de lâinvariabilitĂ©, qĂŒil faut considĂ©rer ceux quâon en cite comme de rares né
gligences ou des licences poĂ©tiques quâil faut bien se garder dâimiter.
Cette licence, les poĂštes ne se la permettent jamais qĂŒĂ la fin des vers, car, partout
ailleurs, ils ne font pas varier le participe. Témoin ces exemples :
Des milliers d'ennemis se pressant sous nos portes,
Foudeol sur nos remparts.
. (Delille.)
Mais déjà se jouant dans les airs qu'elle dore,
Des bras du vieux Tithon sortait la jeune Aurore.
(Delille.)
On doit mĂȘme remarquer que dâailleurs les poĂštes ne varient le participe quâau pluriel
masculin. Us nâont jamais dit : Des spectatrices en foule SE pressantes, de jeunes rivales
SE JOUANTES.
EXERCICE PHRASĂOLOGĂQVE.
Des bommes frappant des enfants.
Des enfants tuant une pauvre bĂȘte.
Des fĂźllrs caressant leur mĂšre.
Des enfants aimant bien leurs parents.
La itfne éclairant nos pas.
Ub aigla ravissant un mouton.
Des enfants se battant avec violence.
Des matlieureux se tuant de dcsesnotr.
Des personnes s'intéressant au malbcmr
Des frĂšres s'aimant avec tendresse.
La bougie l'cteignaot.
Les arbres se revĂȘtant de feuilles.
NÂź DC.
PASTICIPES PRĂSENTS SUIVIS SâUN RĂGIME INDIRECT.
Ătat.
Il y a des peuples qui vivent errante dans les
déserts. ' (Bern. de Sainx-Pierrb.) -
f
Les chanoines vermeils et brillants de santé.
(BoasAU.)
I
Ces serpents odieux de la littérature.
AbreuvĂ©s de poisons et rampants dans lâordurb,
' Sont toujours écrasés par les pieds des passants.
(VOLTAĂŻaS*)
Action. .
Seule errant Ă pas lents sua l'aride rivage.
La corneille enrouée appelle aussi Torage.
(Delille.)
La terre abonde
De ces gens brillant au caquet.
(Le Noble.)
Dans TagitatĂźon consumant leurs beaux jours,
Poursuivant la fortune, etrampan/dans les cours
(Voltaire.)
85
(671)
lL«s monstres bondissants sm cette affreuse me r ,
Et flĂŒil poursuit encor sousâsa glace Ă©ternelle.
(Esménard.)
CerlaĂźriement il ĂŒy a pas deux milliards d'argent
quatre cent millions dëspÚces circwZan/es dans la
Franck. â ' (Voltaire.)
t
N'en tends-tu pas de loin la trompette guerriĂšre.
Les cris des malheureux rou?an/s dans la poussiĂšre?
(Id.)
Il y a donc des peuples chrétiens gémissants dans
UN TRISTE ESCLAVAGE. (Id.)
Et la ville de Mars triomphante des rois.
Eût dans ses jours de gloire envié tes exploits.
^ (Castel.)
Nous eussions vu les jeux voltigeants sur vos
TRACES. ' (Voltaire.) â
Ces tonnerres dâairaiu grondants sur les remparts,
Tout Ă©tonnants qĂŒils sont, ĂŒont rien qui mâĂ«pou-
[Id.) [vante.
11 m'offrait une main fumante de mon sang.
[Id.)
Pleurante A mon départ, que Philis était belle ß
(Tissot.)
Pleurante aprĂšs son char veux-tu que Ton me voie ?
(Racine.)
Cëst ainsi que devraient naßtre ces ùmes vivantes
p'uNB VIE brute et bestiale. (Bossuet.)
CĂ«st lĂ qĂŒon voit errer les troupeaux qui muÂŹ
gissent, les brebis qui bĂȘlent, avec leurs tendres
agneaux bondissant sur l^erbe. (Fénelon.)
Toutes les planĂštes circulant autour du soleil,
paraissent avoir été mises en mouvement par une
impulsion commune. . (Buffon.)
Ces sphĂšres... roulant dans l'espace des cjiedx,
Semblent y ralentir leur cours siiencieux.
(Lemierre.)
Les grands pins gémissant sous les coups des
BAcnes, tombent en roulantduhautdes montagnes.
(Fénelon.)
Ainsi notre amitié triomphant a son tour,
Vaincra la jalousie en cédant à l'amour..
(Corneille.)
Et les zéphyrs légers voltigeant sur le thym.
Vous rapportent le soir les parfums du matin.
(Delille.)
J'ai vu les vents grondant sur ces moissons supkr-
Déraciner les blés, se disputer les gerbes. [bes,
(Id.)
Et la CrĂšte fumant du sang du Minotaure.
(Racine.)
Les peuples empressés au bord de l'Aréthuse,
Pleurant de son départ, admirant sa beauté,
Chargeaient le ciel de vĆux pour sa fĂ©licitĂ©.
(Voltaire.)
Les animaux, vivant dâune maniĂšre plus conÂŹ
forme Ă la nature, doivent ĂȘtre sujets d moins de
maux que nous. (J.-J. Rousseau.)
Lorsque les mots en ant sont suivis dâun rĂ©gime indirect, ils varient sâils expriment
lâĂ©tat, et sont invariables lorsquâils marquent lâaction.
NĂ©anmoins, quand le participe dâun verbe neutre a un complĂ©ment essentiel termi-
nùtif, marqué par d, de, etc., ce participe, quoique précédé de ce complément, doit rester.
invariable, parce qĂŒil Ă©nonce nĂ©cessairement lâaction. Mais les poĂštes, surtout ceux du
siĂšcle de Louis XIV, ne se sont pas toujçurs astreints Ă cette rĂšgle, ainsi qĂŒon peut sâen
convaincre par les exemples qui suivent:
On ne reconnut plus qu'usurpateurs iniques,
QuâinfĂąmes scĂ©lĂ©rats Ă la gloire aspirants.
(Boileau.)
Plusieurs se sont trouvĂ©s qui dâĂ©charpe changeants
Aux dangers, ainsi qĂŒeux, ont souvent fait la figue.
(La Fontaine.)
De quel air penses-tu que ta sainte verra
Dâun spectacle enchanteur la pompe harmonieuse.
Entendra des discours sur l'amour seul roulants?
(Boileau.)
Mille usuriers fournis de ces obscurs brillants,
Qui vont DE doigts en doigts tous les* jours circu-
(Regnard.) [lants.
Qui de ton sanctuaire au carnage courants,
Rpvolaiçnt enhardis à des forfaits plus grands.
(Lemercier.)
Qui veut qĂŒavec six pieds dâune Ă©gale mesure,
De deux alexandrins cĂŽte a cĂŽte marchants.
L'un serve pour la rime', et Tautre pour le sens.
(Boileau.) .
On ĂŒest pas aspirant Ă une chose. Ă1 es[ des caractĂšres changeants ,des personnes
changeantes; mais pn ne dit pas qĂŒune personneĂ«st changeante d'une chose, quĂ«lle est
changeante dâĂ©cbarpe. Les discours roulent sur tel ou tel objet; ils ne sont pas roulants.
Des brillants qui vont de doigts en doigts circulent tous les jours. On court au carnage.
Des vers ne sont pas marchant# cĂŽte Ă cĂŽte, 'Tous ces mots annoncent des actions, et, par
conséquent, ne devraient pas prendre le signe du pluriel. Cëst pour ßa rime seule que
les poÚtes leur ont donné ce signe; car dans le milieu du vers ils les ont laissés inva
riables. Exemples :
Un moment elle est gaie, un moment sérieuse,
Enfin changeant d'homeor mille fois en un jour.
(Destouches.)
Ces sphĂšres qui roulant dans lâespace des ciĂ©ĂŒx
Semblent y ralentir leur cours silencieux.
(Lemiebre.)
( 675 )
Des touffes dâaubĂ©pine et de lilas sauvage.
Qui courant en festons, pendent sur le rivage.
^ (Roocher.)
Tous mes sots, Ă lâinstant changeant de contenance.
Ont loué du festin la superbe ordonnance,
(Roi LE AU.)
Et mĂȘme Ă la fin du vers, quand la rime ne lĂ«xigeait pas, ils nâont fait subir au participe
aucun signe de pluralité :
On verrait les soleils lâon sur lâautre roulant.
Entrechoquer dans lâair leur front Ă©tincelant.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
(Soumet.)
«
Une personne obligeante par caractĂšre.
Voyez-Tous ces feuilles dégoût un tes de rosée?
Voyez sa ligure ruisselante de suenr.
Une personne obligeant plutÎt par vanité que par bienveillance.
Oa voit la tendre rosée dégroutUnt des ftuilies.
On voit la sueur ruisselant sur leur visage.
N° PCI. .
PARTICIPES PRĂSENTS PRĂCĂDĂS OU SUIVIS dâĂŒN COMPLĂMENT ADVERBIAL.
COMPLĂMENT PLACĂ APRĂS LE PARTICIPE,
A ction.
V
Tu foules une terre fumant toujours du sang des
malheureux mortels. (Cité par Bescher.)
PhĂšdre 6rĂŒ/anf encor dâillĂ©gitimes feui.
(Racine.)
On entondaĂźt au loin des clameurs retentissant
par intervalle, reténtissant au loin.
(Cité par Bescher.)
Vous verrez la paix renaissant par degrés dans
son Ăąme abattue. (/d.)
Les feuilles jaunissant chaque jour , commenÂŹ
çaient à se détacher des arbres. {Id.)
Ainsi notre amitié triomphant a son tour,
Vaincra la jalousie en cédant à Tamour.
(Corneille.)
COMPLĂMENT PLACĂ AVANT LE PARTICIPE.
Ătat.
TĂ©lĂ©maque lui-mĂȘme arrose de liqueurs parfuÂŹ
mées ses cendres encore/umantes. (Fénelon.)
Ils y trouvent une subsistance abondante, une
pĂąture TOUJOURS renaissante. " ,(Buffon.)
Ainsi lorsque la gfĂȘ|e, Ă coups prĂ©cipitĂ©s,
Tombe, frappe la plaine au loin retentissante.
(Delille.)
Ayx cris de nos besoins sans cesse renaissants,
Ni CĂ©rĂšs, ni Bacchus nâapportaient leurs prĂ©sents.
(Luce DE Lancival.)
La reine-mĂšre, longtemps errante» mourut Ă
Cologne dans la pauvreté. (Voltaire.)'
Ces deux églises, également gémissantes, sont
irréconciliables. [Id,]
ïe peindrai les plaisirs en foule renaissants »
Les oppresseurs du peuple A LEUR TOUR gémissants.
(Boileau,).
Conduite par Tamour, sa douceur bienfaisante,
Partout inépuisable et partout agissante,
Vole, fi«anchii les airs. (Lefranc de Pompignan.)
La place que le complément adverbial, tel que encore, sans cesse^ toujours, continuelle
ment, constamment, au loin, partout, longtemps, également, etc., occupe, relativement
au participe, peut influer sur sa valeur, et le faire considérer sous deux points de vue dif
fĂ©rents, comme lâattestent les exemples prĂ©citĂ©s;
Voici comment le judicieux Bescher explique ce phénomÚne grammatical :
(C En réfléchissant sur le mécanisme des mots, on voit que celui qui précÚde se déter
mine ordinairement par celui qui suit. CĂ«st ainsi que lâadjectif modifie le nom ; câest enÂŹ
core ainsi que le complément placé aprÚs le participe peut en restreindre le sens. Mais
lorsquâil le prĂ©cĂšde, il lui laisse la mĂȘme Ă©tendue dâexpression qĂŒil aurait si le complé
ment nâexistait pas. NĂ«tant point limitĂ© dans sa signification, le mot est propre Ă peindre
lâhabitude, la situation, etc. «
^ Nous ferons observer toutefois q|ue ce principe nâest applicable quâaux verbes neutres.
Toutes sont donc de mĂȘme trempe,
Mais agissant diversement,
(La Fontaine.)
( 676 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Lapliine an loin retaatiasaute.
Las plaisirs en foule renaissants.
Ses jeiiK dans l'onibre étincelants.
Cas églises égalemeat gémissantes.
La plaine retentissant ou loin.
Les plaisirs renaissant en foule.
Ses yeux étincelant dans l'ombra.
Ces églises gémissant également.
âĂźs» DQI.
IDES PARTICIPES appartenant, tendant, approchant, descendant, dépendant
pendant, etc.
APPARTENANT.
VARIABLE.
Il apprit que quelques officiers de ses troupes
appartenants aux premiĂšres familles dâAthĂšnes
méditaient une trahison en faveur des Perses.
vDartuélemv.)
Riga était pleine de marchandises apparfenqnfes
aux JHoiiandais. (Voltaire.) ^
t
Les Anglais eurent la hardiesse de venir attaquer
Surate, une des plus belles villes de Tlnde, et la
plus marchande, appartenante Ă lâempereur. '
[Id.)
invariable.
LesFidenates avaient pillé des bateaux do vivres
appartenant aux Romains. (De Ségur.)
Denys avait fait appeler secrĂštement .des Campa-
niens en garnison dans les places appartenant aux
Carthaginois. (/d.)>
Fieury prit le parti de se retirer au village d'Issy,
entre Paris et Versailles, dans une petite maison
de campagne appartenant à un séminaire.
(Voltaire.)
approchant.
Plusieurs savants ont soupçonnĂ©âque quelques
races dâhommes ou d'animaux approchants de
lâhomme, ont pĂ©ri. (Voltaire.)
Les Juifs apprirent la langue chaldaĂŻque, fort
approchante do la leur. (Bossuet.)
Les connaissances spéculatives ne conviennent
guĂšre aux enfants, mĂŽme approcAanf de Tadoles-
cence. â (J.-J. Rousseau.)
Je vis nos voyageurs approchant du sommet de
la montagne. (Cité par Bescher.)
DESCENDANT.
Les enfants de Louis descendants au tombeau.
Ont laissé dans la France un monarque au berceau.
(Voltaire.)
La famille des conquérants tartares descendants
de Gcngis-Kan avait fait ce que tous les conqué
rants ont tùché de faire. (Id.)
Les rois des nations descendant de leurs trĂŽnes,
TâallĂšrent recevoir. (L. Racine.)
Les Maures descendant de leurs montagnes parÂŹ
couraient et pillaient lâAfrique. (De SĂ©gur.)
dépendant.
Pise, qui nâest aujourdâhui quâune ville dĂ©peuplĂ©e
dépendante de la Toscane, était, aux treiziÚme et
quatorziÚme siÚcles, une république célÚbre.
(Voltaire.)
Ăquilibre que Ăźes efforts des hommes, non plus
que toutes les circonstances morales, ne peuvent
vaincre, ces circonstances dĂ©petidant elles-mĂȘmes
de ces causes physiques, dont elles ne sont que des
effets particuliers. (Buffon.)
PENDANTÂź
Lâarbre de ces vergers dont les rameaux fĂ©conds
Courbent leurs fruits pendants sur lâombre des ga-
(La Harpe.) [zons.
Voyez ces riants vergers remplis d'arbres qui plient,
sous le poids de leurs fruits pendant jusqu'Ă terre.
' (Cité par Bescher.)
tendant.
Le comte de Charolaßs et le prince de Conti pré
sentĂšrent une requĂȘte fendante Ă faire annuler les
droits accordés aux princes légitimes.
(Voltaire.)
La politique de plusieurs princes servit Ă Tac-
croissement de cette secte, libre, a la vérité, de su
perstition, mais fendanf aussi iropĂ©iueusemeni Ă
/anarchie que... (Voltaire.)
( 677 )
RĂSULTANT.
LâĂąme de Thomme, selon^ plusieurs, Ă©tait un feu
cĂ©leste; selon dâautres, une harmonie rĂ©sultante de
ses organes. (Voltaire. )
Cette union résultant de la nature des choses,
était la continuation de Touvrage du cardinal de
Richelieu. (DĂ Pradt.)
Les phrases de la. premiĂšre colonne, et quelques autres semblables, dit Lemare, ont
été introduites dans la langue et sont devenues usuelles: cependant on sent quëlles sont
contraires Ă Tanalogie. On dit qĂŒune chose appartient, approche, dĂ©pend, tend, et non
quëlle est appartenante, approchante, dépendante, tendante. Ce nëst ni la qualité, ni la
propriété, ni la nature de Tobjet que ces mots expriment. Il est peu de mots sur la nature
desquels les auteurs aient plus variĂ©, âą
Nous pensons nĂ©anmoins que rien nĂ«mpĂȘche de leur appliquer le principe quinousa
servi jusqĂŒici.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Une maUûn appartenant 4...
Les eafants approchant de raJoUacence.
Celte propriété attenant 4 la mien ne.
Une maison appartenante Ă ..,
Une couleur fort approchante du rong*.
Les circonstances dépendante* de...
NÂź DCIII.
PARTICIPES ET ADJECTIFS AYANT UNE ORTHOGRAPHE DIFFĂRENTE.
Participes.
Le vrai moyen dâĂ©loigner la guerre, cĂ«st de culÂŹ
tiver les armes, cëst d'honorer les hommes excellant
dans cette profession. (Fénelon;)
Les peintres nous représentent les Muses prési
dant Ă la naissance dâHomĂšre, de Virgile, etc.
(Académie.)
Les Turcs ont toujours des ministres étrangers
résidant contioueliement chez eux. (Voltaire.) .
Adjectifs,
Cette dame est dâun excellent caractĂšre.
(Wailly.)
i . "
LâarchevĂȘque de Narboune Ă©tait prĂ©sident nĂ© de»
étals du Languedoc. (Académie.)
La femme du rĂ©sident sâappelle madame la rĂ©si-
dente. Le résident de France à GenÚve. (ïd.) .
Quelques participes présents ont pour correspondants des adjectifs dont Vorthographé
est différente, et avec lesquels il faut bien prendre garde de les confondre.Tels sont les
suivants :
Participes présents.
Adjectift.
Extravaguant.
Fabriquant.
Vaquant.
Affluant.
Différant.
Excellant.
Précédant. .
Résidant.
Violant.
Intriguant.
Fatiguant.
Adhérant.
CoĂŻncidant.
Ăquivalant.
Négligeant.
Présidant.
Excédant.
Expédiant,
Extravagant.
Fabricant,
Vacant.
Affluent.
Différent.,
Excellent.
Précédent.
Résident.
Violent.
Intrigant.
Fatigant.
Adhérent.
CoĂŻncident.
Ăquivalent,
Négligent.
Président.
Excédent.
Expédient.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Ctft un «nfuit nésHzent.
Cet enfatttnéglisent aes devoirt n« fera aaeun procréa.
( 678 ) .
Nâ DCIY.
PABTIGIPES PRĂSENTS EMPLOYĂS COMME SUBSTANTIFS.
SmOULIER.
On élÚve stir les débris de la gloire du mort la
gloire du vivant. (Massillon.)
A plus dër) qçmbdtt&nt la Clélie est fatale.
(BoileaĂŒ.)
Los soupirs contagieux qui sortent du sein dĂŒn
mourant peuvent faire mourir ceux qui vivent.
(Flécuier.)
La femme du gouverneur dâunc province sâappelle
madame la gouvernante. (Académie.)
âą ' PLURIEL.
Les morts et les vivants se succĂšdent continuelÂŹ
lement. (Massillon.)
On dit que TfiĂšbes pouvait faire sortir ensemble
dix mille çqmputtarits par chacune de ses portes,
(Bos.euET.) ^
LâĂglise a instituĂ© des priĂšres pour les mourants.
(Fléchier.)
Plusieurs princesses de la maison dâAutriche onl
été gouvernantes des Pays-Bas. (Académie.)
On voit que lo participe prĂ©sent peut devenir substantif, ou ĂȘtre employĂ© substantiveÂŹ
ment, et quâalors il prend les deux genres etles deux nombres.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Un débutant.
Un intrigant.
Un médisant.
Un protestant.
Une débutante.
Une intrigante.
Une médisamo.
Une protestante.
Des débutants.
Des intrigants.
Des médisants.
Des protestants.
Des débntaotes.
Des iotrigaotes.
Des médisantes*
Des protestantes.
NÂź DCY-.
PARTICIPE PRĂSENT EMPLOYĂ COMME ADVERHK.
SANS ELLIPSE.
Jâaurais assez dâadr^^se pqur faire aççroire Ăš votre
pĂšre que ce serait ĂčnĂ© perspune riche,,de ceqt mille
écus en argent comptant. (MoliÚre.)
AVEC ELLIPSE.
Mais pour mieux parvenir à la leur faire cntçndre.
Offrez de les payer comptant, et san# attendrç ;
Ils sc.décideront; ils sont gens à savoir
TrÚs-bien ce que par heure un écu peut valoir.
(AndriEĂŒx.)
Le participe peut aussi, comme on le voit, sâemployer dâune maniĂšre elliptique pour
modifier un verbe, et remplir en quelque* sorte lĂ© rĂŽle dâadverbe. Offrez dehs payer
comptant est un abrégé da.offrez de les payer (en argent) comptant, ainsi que le prouve
de la maniĂšre la plus incontestable la phrase de MoliĂšre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Pa^ea-htg} çont ù«u8 qçt et comptant.
Le plaisir de faire du bien nous paye comptant de notre bienfait.
Nâ DCYI-
PARTICIPES PRĂSENTS PRĂCĂDĂS OU WN PRĂCĂDĂS DE LA PRĂPOSITION eh,
Voyant, disant, ZTC.
Ce chien voyant en lëau sa proie représentée,
La quitta pour lâimage, et pensa se noyer.
(La Fontaine.)
Envoyant, en disant, etc.
Il périt, en voyant de ses derniers regards
Brûler son Ilion, écrouler ses remparts.
(Delille.)
( 67» )
Hazaël me regardant avec un visage doux et hu-
âmain, me tendit la main et me releva.
(Fénblon.)
Disant ces mois, son gosier altéré,
Humait qn vin qui, dâambre colorĂ©,
Sentait encore la grappe parfumée. (Voltaire.)
Il nëst pour le vrai sage aucun revers funeste,
Et, perdant toute chose, a soi-mĂȘme il se reste.
, (Gresset.)
Sophocle enfin, donnant lëssor à son génie.
Accrut encor la pompe, augmenta lâharmonie.
(Boilead.)
Voulant ĂȘtre ce quâon nâest pas, on parvient Ă se
croire autre choto quĂ«n nâest. (J.-J. Bodsseau.)
Jây consens, dit.VĂ©nus souriant de la ruse.
(Delille.)
Enfin laissant en paix tous ces peuples divers,
De propos en propos pn a parlé de vers.
(Boileau.)
Mentor entendant la voix delà déesse qui appe?
lait ses, nymphes dans le bois, éveilla Télémaque.
(Fénelon.)
Palmyre Ă tes desseins va mĂȘme encor servir,
Croyant sauver SĂ©ide, elle va tâobĂ©ir,
(Voltaire.)
, ĂŒn valet le portait, marchant Ă pas comptĂ©s,
Comme un recteur suivi des quatre facultés.
. (Boileau.)
Quand, de la citadelle arrivant Ă grands pas,
Laocoon, quâentoure une foule nombreuse,
De loin sëcrie... (Delille.)
Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.
(La Fontaine:)
Ătant nĂ© souverain, je vois ici mon maĂźtre.
(Corneille.
Parlant ainsi, je vis que les convives
Aimaient assez nos peintures naĂŻves.
(Voltaire.)
Il riait en me regardant. Sori ris était malin, mo
queur et cruel. (Fénelon.)
'k
En disant ces mots, Mentor prit une lyre.
(«âą)
«
Votre seule colĂšre a fait notre infortune,
Nous perdons tout, madame, en perdant Bodogune.
(Corneille.)
Nâai-je pas bien servi dans celte occasion,
Dit lâĂąne, en se donnant tout lâhonneur delĂ chasse?
(La Fontaine.)
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Ud.)
Neptune en souriant entend sa plainte amĂšre.
(Delille.)
En le laissant ainsi maßtre de ses volontés, vous
ne fomentez point ses caprices. '
(J.-J. UOUSSEAĂ.)
En entendant cet essaim bourdonner,
On eût à peine entendu Dieu tonner.
(Gresset.)
Câest ainri quâen croyant reconquĂ©rir ses droitSj
Tout ĂŒn peuple est puni du malheur de ses rois,
(Raynouard.)
Illustre porto-croix par qui notre banniĂšre
Nâa jamais, en marchant, fait un pas en arriĂšre,
(Boilbau.)
Sa muse, en arrivant, ne met pas tout en feu,
Et pour donner beaucoup ne rious promet que peu.
Ud.)
On nâest pas oĂč Ton pense en me faisant injure.
(MoliĂšre.)
Vous ĂȘtes le vrai maĂźtre, en Ă©tant le plus fort.
(Voltaire;)
En parlant ainsi, de profonds .soupirs interromÂŹ
paient toutes mes paroles. (Fénelon.)
Quelquefois le participe prĂ©sent peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de la prĂ©position en. Mais dans quel
cas doit-il en ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©? CĂ«st ce qĂŒil nĂ«st pas aisĂ© de dĂ©terminer
Il est certain qĂŒil y a des circonsiaricĂšs oĂč il serait presque indiffĂ©rent dĂ«mployer la
prĂ©position en devant le participe, et qĂŒil y en a dâautres oĂč il nây a pojnt Ă choisir.
Il nâest pas extrĂȘmement difficile de dĂ©mĂȘler les diverses nuances de sens qui, dans
des phrases faites, résultent de Temploi ou du non emploi de la préposition en, ni peut-
ĂȘtre mĂȘme de donner des gĂ©nĂ©ralitĂ©s. Mais lorsquĂ«n Ă©crivant ou en parlant il faut se les
rappeler, et en faireime juste application, tout cela, comme dit La Fontaine,
Tout cela, câest la mer Ă boire.
Toutes les fois que les nuances deviennent trop dĂ©licates, lâanalogie seule peut instruire,
et lâinstinct dirige mieux que le raisonnement.
Le participe prĂ©sent, prĂ©cĂ©dĂ© de en, doit donc convenir, lorsqĂŒon veut exprimer une
action qui a une durĂ©e, dans TintĂ©rieur de laquelle, sâil est permis de le dire, on est
censĂ© ĂȘtre; il indique le terme dans.lequel lâaction principale est comprise, comme le
contenu dans le contenant.
Le participe seul ne montre que lâaction sans rapport Ă sa durĂ©e ; et si quelquefoiĂź
Taction quâil exprime est plus ou moins prolongĂ©e, ce nâest pas le participe qui cause
cet effet, mais Tensemble de la phrase.
( 680 )
C'est surtout ici que,
... Laissant les docUurs librement pratiquer
liâart de ne rien comprendre et de tout expliquer,
et nous bornant Ă renvoyer aux nombreuses citations que nous avons faites, nous dirons :
Lisez et comparez 1 '
Précédé de la préposition en, le participe présent est toujours invariable.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
parlaot.
Disant.
Grondant.
ĂtndUnt.
En parlant.
Ă*
isaat.
En çrondant.
En étudiant.
Frappant.
Blasphémant.
Jurant.
Travaillant.
En frappant.
En blasphémant.
En jurant.
En travaillant.
N" Dcvn.
En RĂPĂTĂ ou NON RĂPĂTĂ DEVANT PLUSIEURS PARTICIPES PRĂSENTS.
En répété.
Leur subtil conducteur, qui, en combattant, en
dogmatisant, bn mĂȘlant mille personnages divers,
en faisant le docteur et le prophĂšte, aussi bien que
le soldat et le capitaine, vit quâil avait tellement
enchanté le monde, etc. (Bossuet.)
De lâherbe parasite, en dĂ©gageant la fleur.
En redressant lâarbuste, on voit dans la nature
Des mĆurs du genre bumain la fidĂšle peinture.
(Demoustier.)
En faisant passer en revue devant un enfant les
productions de la nature cl de lâart, 'eĂ excitant
sĂ curiositĂ©, en le suivant oĂč elle le porte, on a
lâavantage d'Ă©tudier ses goĂ»ts.
(J.^, Rousseau.)
En NON RĂPĂTĂ.
Câest ainsi quâil apprend Ă sentir la,pesanteur, la
légÚreté des corps, à juger de leur grandeur, etc.,
EN regardant, palpant, écoutant, surtout en com*
parant [a vue au toucher. (J.-J. Rousseau.)
Elle y serait encore, comme un arbrisseau que les
passants font bientÎt périr, en le heurtant et le
pliant dans tous les sens, (J.-J. Rousseau.)
En raisonnant de cette sorle,
Et contre la fortune ayant pris ce conseil,
11 la trouve assise a la porte
De son ami plongé dans un profond sommeil,
(La Fontaine.)
Quand'il y a dans une mĂȘme phrasĂ© plusieurs participes prĂ©sents de suite employĂ©s
avec ou sans la conjonction et, cĂ«st lĂ© goĂ»t et Toreille qui doivent dĂ©cider sâil faut rĂ©pĂ©ter
ou non la préposition en.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
n Taborda en jurant et en blasphémant le nom de Dieu.
En lisant, en travaillant et en étudiant bien.
II Taborda en jurant et bliApbémaut le nom de Dßt».
En lisant, travaillant et étudiant bien.
w DCVIU.
PARTICIPES PRĂSENTS JOINTS OU NON JOINTS PAR LA CONJONCTION et.
AVEC et.
Je YOUS vois, monsieur, ne vous en déplaise, dans
le grand chemin justement que tenait Panurge pour
sĂ© ruiner, prenant argent dâavance, achetant cher,
vendant à bon marché ex mangeant son blé en
herbe, . (MoliĂšre.)
Bref, se trouvant Ă tout et nâarrivant h rien.
(La Fontaine.)
SANS et.
Si cĂ«st VarrĂȘt du sort, ĂŻa volontĂ© des cieux.
Que du moins assailli d'un peuple audacieux,
Errant dans lĂšs climats oĂč son destin lâexile, "
Implorant des secours, mendionf uu asile,
Redemandant son fils arraché de ses bras,
De ses plus chers amis il pleure ie trépas.
(Delille.)
L'autre, en fermantlesYcnts,les chassant tour Ă tour,
Trrite des brasiers les flammes paresseuses, (/d.)
- {681)
Comme on le voit par ce numéro et par le précédent, cëst une rÚgle imaginée et
contraire aux faits que celle par laquelle Wailly et dâautres grammairiens prescrivent
de ne pas employer deux participes présents accompagnés ou non de en, sans les joindre
par une conjonction. ^
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Volant, pillant et assassinant.
Volant, pillant, assassinant.
Nâ DCIX.
\
PARTICIPES PRĂSENTS PRĂCĂDĂS DE DEUX SORTES DE en.
En PRĂPOSITION. En pronom.
Ahl dit-i! au lion, jĂ« vois que la nature Ăn vieux renard, mais des plus fins.
Me fait faire en ce monde une triste figure; Fut enfin au piÚge attrapé.
Je pensais ĂȘtre roi, jĂ«vais certes grand tort. Par grand hasard en ^fanf Ă©chappĂ©,
Vous ĂȘtes le vrai maĂźtre,*bn Ă©tant le plus fort. Non pas franc, car pour gage il y laissa sa queue.
(Voltaire.) (La Fontaine.) '
En usant de la sorte on ne peut vous blĂąmer.
(Corneille.)
Les participes prĂ©sents peuvent ĂȘtre, comme on le voit, prĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de
en: Tun, préposition ; Tautre, pronom. En étant, cëst-à -dire, étant échappé de là , du
piĂšge. C'est aussi le pronom qui se trouve dans le vers de Corneille: En usant de la
sorte, cëst pour usant de la sorte (à Tégard) de cela. On dit il en use fort bien avec moi ;
on en use ainsi entre gens de bonne compagnie.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQ ĂE.
£n étant bon.
Tn tuant bien de ion amitié.
£n ayant bien loin de lui, root lerùx récompensé.
En étant le propriétaire.
En tuant ainsi. ^ '
Vous aviez peu de talents ; mais i présent, ta ayant acquis , vous
ferez fortune.
DCX.
EMPLOI DU PRONOM eU DEVANT LES PARTICIPES PRĂSENTS.
EMPLOI NON ĂQUIVOQUE.
Je vous ai mis mon fils entre les mains, voulant
EN faire quelque chose de bon. (Wailly.)
EMPLOI équivoque.
Je vous ai mis mon fils entre les mains, en voum
lant faire quelque chose de bon.
Il faut Ă©viter Temploi du pronom en devant les participes prĂ©sents, lorsquâon peut
craindre qĂŒil ne soit Ă©quivoque, ou qĂŒil ne rende la construction difficile.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
En pouvant faire quelque chose.
En voulant faire quelque chose.
En désirant faire quelque chose.
Eu devant faire quelque chose.
ÂŁa croyant faire un homme dâesprit.
Pouvant en faire quelque chose.
Voulant en faire quelque cliose.
Désirant en faire quelque chose.
Devant en faire quelque chose.
Croyant en faire un homme dâesprit.
86
( 682 )
DĂXI.
EMPLOI DES DEUX SORTES DE en DEVANT UN PARTICIPE PRĂSENT.
Tous les anciens manuscrits de Longus ont dĂšs
lacunes et des fautes considérables, et ce nëst que
depuis peu quâen en comparant plusieurs, on est
parvenu Ă supplĂ©er iâun par lâautre.
(P.-L. Courier.)
Je crus faire des vĆux pour la gloire de la France,
EN EN faisant pour que M. de Choiseul triomphĂąt.
(J.-J, Rousseau.)
La plupart des grammairiens blĂąment les phrases oĂč sĂ© trouvent les deux en, CĂ«st
en effet une rencontre qĂŒil faut Ă©viter. Les Ă©crivains en offrent cependant quelques
exemples.
EXERCICE PBRA SĂOLOGIQ ĂE.
IV UEQ PK :
niTM :
Le prince tempĂšre U rigueur du pouvoir en en partageant les Câest en partageant Ie« fonctions du pouToir, qne U prinçe en teni-
fonclioDi. ' pĂšre U riguetur.
Nâ Dcxn. ~â
RAPPORT pu PARTICIPE PRĂSENT PIT gĂ©rondif.
EN HBLATION AVEC LB SUJET.
Ă©
\
La graine en se gonflant boit le suc qui Tarrose ;
CĂ«st un Ćillet naissant, câest un Us, une rose.
(Delille.)
Le boeuf, en paissant lâHerbe, acquiert autant
de chair que lâhomme ou que les animaux qui ne
vivent que de chair et de sang. (Buffon.)
En faisant des heureux, un roi lëst à son tour.
(Voltaire.)
Locke ne se doutait pas qĂŒenre/wsonf Ă lâhomme
des idées innées, il fournissait des arguments ù
lâanarchie et au matĂ©rialisme.
(Bern. de Saint-PiĂšrhe.)
Lâavarice perd tout en voulant tout gagner.
(La Fontaine.)
LesTEUX, en la voyant, saisiraient mieux la chose.
(Boileau.)
I
Les NONNETTES sans voix,
Fout, m fuyant, mille signes de croix.
(Gresset.)
JĂŠ puissant foule aux pieds le faible qui menace,
Rt rit, en Vécrasant, de sa terrible-audace.
(Voltaire.)
On pleure sĂ victoire en domptant |a nature.
Jamais un cĆur français Ue la peut Ă©touffer. [Id,]
BN RELATION AVEC UN 8UR»TANTIF AUTRE QUE LE
SUJET DB LA PURASB,
⹠Je voudrais pouvoir vous décrire les pleurs de
Jacquine en voyant votre frĂšre monter Ă cheval.
> (M⫠DE Sévigné.)
Ce nâest pas ĂȘtre malheureux que dâoccuper votre
pensée, soit en dormant, soit en veillant,
(MoliĂšre.)
Je ne vous dirai point mes faiblesses et mes sotÂŹ
tises en rentrant dans Paris. (MâÂźde SĂ©vignĂ©.)
En disant ces mots, les larmes lui vinrent aux
yeux. ^ (Fénelon.)
. En disant ce» paroles, son regard était farouche
et ses yeux étincelants. ' {Id,)
Mais si scul en mon lit je peste avec raison,
Câest encor pis cent fois en quittant la maison.
(Boileau.)
' £n Doyanfles homines, hélas r
il inâçn souvient bien davantage,
(La Fontaine.)
Leur venin qui sur moi brûle de sëpancher,
Tousles jours, enmarchant, mâempĂȘche dĂš broncher.
(Boileau.)
Je vois qĂ» en mâĂ©coutant vos yeux au ciel sâadressent.
(Racine.)
%
Rare et fameux auteur dont la fertile veine
Ignore en écrivant le travail et la peine.
(Boileau.)
Dans les exemples de la premiÚre colonne, Taction ou Tidée exprimée par le participe
prĂ©sent^ et celle quĂ«xprime le verbe personnel, se rapporte Ă un mĂȘme substantif qui
( 683 )
remplit dans la phrase la fonction de sujet. En effet, cëst la graine qui se gonfle et qui
boĂŒlQ suc quiTarrose; cĂ«st le bĆuf qui acquiert de la chair et qui pal/ Therbe, etc.
Frappés de cette analogie, les grammairiens aussitÎt de conclure que le participe dit
gérondif doit toujours se rapporter au sujet ou au nominatif du verbe.
Les citations delĂ seconde colonne, en nous prouvant le contraire, nous montrent eri
mĂȘme temps combien de phrases trĂšs-lĂ©gitimes cette rĂšgle proscrirait.
Les pleurs de Jacquine en voyant, nĂ«st-ce pas la mĂȘme chose que: Les pleurs que
Jacquine versa en voyant?â Ce n'est pas ĂȘtre malheureux que d'occuper votre pensĂ©e ,
soit EN DORMANT, soit EN VEILLANT, nĂ«st-cc pas pour : Ce n'est pas ĂȘtre malheureux
que vous pensiez Ă nous, soit en dormant, soit en veillant? â: En disant ces mots,
les larmes lui vinrent aux yeux, në-t-il pas le sens de : Il se prit à pleurer en disant ces
mots?â C'est encore pis bn quittant la maison, nĂ«st-ce pas comme sâil y avait : Ce
que j'Ă©prouve en quittant la maison est encore pis?â Mes faiblesses en rentrant
dans i*aTO, nâoffre-t-il pas enjĂ©suUat le mĂȘme sens que: Les faiblesses quej'eus'BN
rentrant dans Paris ? â En voyant les hommes, il m'en souvient, nâest-ce pas idenÂŹ
tique Ă Je m'en souviens EN voyant hs hommes?
Dans aucune de ces phrases, le participe dit gérondif ne sé rapporte au sujet ou no
minatif du verbe. Cependant on ne peut en contester la légitimité.
Les pleurs de Jacquine, mes faiblesses, etc., dit Lemare, rĂ©veillent Ă peu prĂšs les mĂȘmes
idĂ©es que les pleurs qu'a ou que possĂšde Jacquine, câest-Ă -dire quelle verse, les faiblesses
que j'ai. , '
Telles sont aussi les propriétés dés autres substantife régis par de, vulgairement appelés
génitifs, et des autres adjectifs possessifs, etc.
Nous avons aussi coutume dâemployer souvent des tournures impersonnelles, comme
oĂč fuir? que faire? il faut voir, etc., oĂč notre esprit transforme avec une Ă©tonnante faÂŹ
cilité ces phrases en personnelles. Par que faire? on entend que ferai-je ? Voilà les causes
secrÚtes qui ont déterminé comme instinctivement les auteurs à donner beaucoup plus
dâextension au gĂ©rondif que ne leur en donnent les grammairiens.
Nous établirons donc en principe que le participe dit gérondif est bien employé toutes
les fois quâil ne donne lieu Ă aucune Ă©quivoque, Ă aucune obscuritĂ©, et surtout que, soit
par la construction, soit par Se sens de la phrase, il est facile de savoir Ă quel substantif
il se rapporte ; que ce substantif soit exprimĂ© ou sous-entendu, qĂŒil soit sujet ou rĂ©gime.
*
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Ou perd souvent en voulant trop gagner. Si vous aviez vu son désespoir en tronvant son pÚre mon.
lyo DCXIII.
I
PARTICIPE PRĂSENT DIT GĂRONDIF EMPLOYĂ DâĂŒNE MANIĂRE ABSOLUE.
i;
Le deuil enfin sert de parure. La grĂące, en sâexprimant, vaut mieux que ce quĂ«n
En attendant dâautres atours. (La Fontaine.)
(Voltaire.) [dit.
Lëmploi du participe présent, dit gérondif, est quelquefois trÚs-difficile à justifier. Le
grand usage quĂ«n en fait permet de sĂ«n servir dâune maniĂšre absolue, câest-Ă -dire sans
relation à un substantif exprimé.
Dans les phrases citées, il est facile de rétablir le substantif ellipsé auquel se rapporte
le gérondif; car ces phrases sont un abrégé de celles-ci: Le deuil enfin (nous) sert de
( 684 )
parure, fix attendant d'autres atours ; la grĂące (quâon a) en sâexprimant vaut mxmx
que ce qu'on dit, '
11.
Ce sont quelques idées sur le style que j*ai pui
sĂ©es dans vos ouvrages. Câcst en vous lisant, câest
en vous admirant, quĂ«lles ont Ă©tĂ© conçues; câest
en les soumettant à vos lumiÚres quëlles se pro
duiront avec quelque succĂšs. (Buffon.)
Il y a une infinité de gens de qui Ton ne peut
jamais croire du mal sans lâavoir vu; mais il nây en
a point dequiil doive nous surprendre en le voyant,
(La Rocuefoucauld.)
Rome retomba entre les mains de Marc-Antoine,
de Lépide et du jeune César Octavlen, petit-neveu
de Jules César, ct son Ois -adoptif; trois insuppor
tables tyrans, dont le triumvirat et le.«t proscriptions
font horreur en les /t5«n/. (Bossuet.)
Quand il serait vrai que cette bulle pourrait ĂȘtre
reçue en ne la regardant quĂ«n elhc-mĂȘme, on ne
devrait pourtant point la recevoir maintenant.
V ' (Pascal.)
t J
Lemare regarde ces exemples comme vicieux, parce que, suivant lui, les gérondifs ex
primés ne se rapportent à aucun mot qui y fasse ni formellement, ni virtuellement, les
fondions de sujet.
Nous ne somnies pas tout-Ă -fait de Topinion de Lemare, et il nous semble pousser un
peu trop loin le rigorisme en condamnant des phrases dont lesensest si clair. Ces phrases
ne diffĂšrent de toutes celles que nous avons citĂ©es jusqĂŒici que par Tellipse. En effet,
c'est EN vous LISANT qu'elles ont été conçues, ou c'est en vous lisant quelles ont été con
çues PAR MOI, ou que je les ai conçues; â il ny en a point de qui il r ou s doive surprenÂŹ
dre EN LE VOYANT, OU il ny en a point de qui nous devions ĂȘtre surpris en le voyant;
â dont les proscriptions font encore horreur en les lisant , ou dont les proscriptions
NOUS font encore horreur en les lisant; â quand il serait vrai que cette bulle pourÂŹ
rait ĂȘtre reçue en ne la regardant qu'en elle-mĂȘme, ou quand il serait vrai que cette
bulle pourrait ĂȘtre r'eçuevAK nousâen ne la REGARDANTgwĂ«n elle-mĂȘme, ou bien encore
quand il serait vrai que nous pourrions recevoir cette bulle en ne la regardant quen
elle-mĂȘme, nĂ«st-ce pas Ă©videmment la mĂȘme chose? De pareilles ellipses nâont rien quo
de naturel, et ne sont permises dans toutes ces phrases que parce qĂŒelles nâentraĂźnent
aucune obscurité.
Il en est absolument do mÎme dans les exemples suivants, qui ont été injustement criti
quĂ©s, car le sens en est extrĂȘmement clair.
Il quitte avec regret ce vieillard vertueux ;
Des pleurs, en lâembrassant, coulĂšrent de scs yeux.
(VOLTĂlttB.)
Permettez-moi, madame, en vous dédiant ma
tragédie, de raëtendre sur cet art des Sophocle ct
des Euripide.â * (Id.)
Mais lâappĂ©tit vient toujours en mangeant,
(Guimond de Latouche.)
Crois-tu qĂŒen me baignant dans le sang dc mes
ennemis, cela mc rendit la jeunesse et la vue ?
(Marmontel.)
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE,
Dix écui font pl&titir cn attendant mieux.
a faut bien la prendre en nltendant autre chnsn.
N" DCXIV.ssts».».
RAPPORT DIT IRRĂGULIER DU GĂRONDIF.
RAPPORT REGULIER.
La maison du Seigneur seule un peu plus ornée.
Se présente au dehors de murs environnée;
Le soleil, en naissant» la regarde dâabord.
(Boileau.)
RAPPORT DIT IRRĂGULIER.
i
Si son astre, en naissant, ne lâa formĂ© poĂšte,
Dans son génie étroit il est toujours captif:
Pour lui Phébus est sourd et Pégase esl rétif.
(Boilbau.)
t 683 )
La tragĂ©die, informe et grossiĂšre #n naissant, âą
NâĂ©tait qĂŒun simple chĆur, oĂč chacun en dansant,
Et du dieu des saisons entonnant les louanges,
S'efforcait dâattirer de fertiles vendanges. (Boileau.)
Enfin lâheure est venue, et la neuviĂšme aurore
Des rayons dâun jour pur, en naissant, se colore.,
(Delille.)
Oui, je voudrais quâaucun ne vous trouvĂąt aimable.
Que le ciel, en naissant, ne vous eût donné rien;
Que vous ĂŒeussiez ni rang, ni naissance, ni bien.
(MoliĂšre.)
Cruelle! quand ma foi vous a-t-elle déçue ?
Songez-vous qu! en naissant mes bras vous ont reçue?
(Racine.)
Flore mĂȘme, en naissant, le reçut dans ses bras.
(Delille.)
la premiĂšre colonne, le rapport se fait avec le sujet de la phrase : C est le soleil
t et qui regarde la maison du Seigneur; c'est la tragédie qui naßt et qui est in-
4 0.^ -m m It* m 1 i
Dans
qui naĂźt ^ ^ ^ ,
forme, etc. ; c'est la neuviĂšme aurore qui naĂźt et se colore des rayons d'un jour pur. Tel est
Tusage le plus constant. Tous les écrivains sont pleins de semblables exemples.
avec
naĂźt; c'est le ciel qui
vous qui naquĂźtes.
Mais comment sait-on, dit Lemare, que cĂ«st au poĂšte, plutĂŽt qĂŒĂ son astre, qĂŒil faut
rapporter en naissant ?
CĂ«st le sens qui Tindique, et, par cela seul que personne ne sây trompera, ces phrases
sont bonnes, quoique le rapport du gérondif paraisse irrégulier. Cëst donc à tort que
Lemare les condamne.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ud mal gu'on apporte rn naissant.
Je vousai reçu, en naissant, dans mes bras.
N'as-tu pas, en naissant, entendu cette voix?
11 eut ce dĂ©faut mĂȘme en naissant.
DĂŒ PARTICIPE PASSE.
N" DCXV.
ORTHOGRAPHE PRIMITIVE DU PARTICIPE PASSĂ JUSQUE VERS LE MILIEU DU
DIX-HUITIĂME SIĂCLE.
Nous AVONS admirée la vertu.. (Sylvian.)
EUe avait faite sa journée.
(Roman db la Rose.)
Promelheus, qui moult savoit,
De terre et dâeaue faite avoit
Une imagette Ă la semblance des dieux.
(xui« siÚcle. Trad. des Métam. d'Ovide.)
Nous AVONS franchis et franchissons les devant
dits ét leurs hoirs.
(1344, Coutume de Beauvoisis.)
. Reçue avons l'humble supplication.
(Ordonn. de Charles VII.)
Et ChrĂ©mĂšs qui mâavoit promise
Sa fille , et puis sâen Ă©toit dĂ©dit.
(1549. Le grand Théuence en français.)
O misérable que je suis
Dâavoir cette parole ouĂŻe / {Id.)
Je Al vues vos lettres. (Villk-HardoĂŒin.)
Comme elle eut mise sa main.
(Alain Chartier!)
Il Avoit, par commandement, presque énlerrée
toute vive la plus belle personne du monde.
(Amyot.)
Ils ont tous occupés
Les lieux voisins; ' (1545. Salel.)
Les tables ont Îtées
Sergents et écuyers.
(Roman de Grandor de Douay.)
Il est de tout son sang comptable Ă sa patrie.
Chaque goutte épargnée A sa gloire flétrie.
(Corneille,)^
A son cÎté pendait la noble épée
Qui dâHoiopherne A la tĂ©te coupĂ©e,
(Voltaire.)
Que uo» anciens écrivains fissent constamment varier le participe passé, quelle que fut
( 686 ) .
dâailleurs la place quâil occupĂąt dans le discours ; â que ce participe ne soit autre chose
quâun adjectif; câest ce que tĂ©moignent au plus haut degrĂ© les citations qĂŒon vient de
lire.
Mais, bien que le participe passĂ© ne soit quâun adjectif, et quâen cette qualitĂ© il dĂ»t
toujours revĂȘtir le genre et le nombre du nom avec lequel il est en relation, il nâen est
pas moins vrai que depuis le rÚgne de Henri III, et non pas depuis celui de François
comme le prĂ©tend lâabbĂ© dâOlivet, nos auteurs ont fait et fout encore aujourdâhui varier
ce participe dans certains cas, tandis qĂŒils le laissent invariable dans dâautres.
De lĂ les difficultĂ©s assez grandes quâoffre la syntaxe de cette partie importante du
discours. On a écrit sur ce sujét des traités spéciaux; on a rempli des volumes entiers
de rĂšgles, dâexceptions, dâexemples et dâapplications, et, avec tout cet attirail dĂ© science,
comme le dit VEncyclopédie moderne, on a embrouillé une matiÚre fort simple; on en a
fait la torture de lâenfance, TĂ©pouvantail des jeunes personnes et le dĂ©sespoir des
étrangers. ,
-Tout en passant en revue la plupart des distinctions établies par les grammairiens,
nous tùcherons de réduire la difficulté à un petit nombre de cas, et de donner pour cha
cun dëux des rÚgles simples et claires.
Dâabord, nous poserons en principe, quĂ«n tant quĂ«xprimanti comme Tadjectif, une
qualité, le participe passé remplit toutes les fonctions que nous avons assignées à ce
mot : il est susceptible de genres et de nombres ; en un mot, on peut lui appliquer tout
ce que nous avons dit de Vadjectif, On verra plus loin les exceptions qui lui sont partiÂŹ
culiĂšres.
DCXVI.
PARTICIPES PASSĂS EMPLOYĂS SANS AUCUN AUXILIAIRE.
PLACĂ APRĂS LE SUBSTANTIF.
' Voyez ce papillon échappé du tombeau,
Sa mort fut un sommeil, et sa tombe un berceau.
(Delille.)
Quel Ćil nĂ«st pas sensible au riant appareil
De lâherbe rajeunie et du bouton vermeil ?
(Castkl.)
Dieux! avec quel plaisir, dans tes sentiers fleuris»
J'aperçus, Ăč Meudon, ce ravissant ofris. {fd.)
Bien souvent, dans la nuit, de subßtes gelées
Frappent d'un coup mortel les plantes désolées,
{id,)
*
Eh 1 que vois-je partout? La terre nâesl couverte
Que de palais dĂȘWuits» de trĂŽnes renversĂ©s.
Que de lauriers flétris, que de sceptres brisés,
(Racine tils.)
Comme une lampe d'or dans Vaim suspendue,
La lune se balance aux bords de lâhorizon :
Ses BATONS affaiblis dorment sur le gazon.
(Lamartine.)
Là , celte jeune plante, en vase disposée.
Dans sa coupe élégante accueille la rosée.
(Delillk.)
PLACĂS AVANT LE SUBSTANTIF.
Quelquefois, consolé par une chance heureuse,
11 (l'ùne) sert de Bucéphale à la beauté peureuse.
(Delille.)
LĂ , des Ćufs maternels nouvellement Ă©close,
Sur le plus doux coton la famille repose, {fd.)
... NĂ©s pour lâindĂ©pendance,
Plusieurs (animaux) de leur instinct gardent la
{Id.) [violence.
Nourris à la campagne dans toute la rusticité
champĂȘtre, vos enfants y prendront Ăčne voix plus
sonore. (J.-J. Rousseau.)
FatiguĂ©s du butin qĂŒils traĂźnent avec peine,
Dc faibles voyageurs arrivent sans haleine
A leurs greniers publics. (Racine fils.)
RevĂȘtu de la peau dâun Ă©norme lion,
Ănke emporte Anchise et les dieux d'IuiON.
(Castel.)
TouchĂ©s de mes accords, les chĂȘnes applaudissent.
(Rosset.)
EmployĂ© sans.aucun auxiliaire, le participe passĂ© sâaccorde toujours en nombre et en
genre avec le nom auquel il se rapporte, que ce nom le précÚde ou le suive ; en un mot,
on peut, dans ce cas, lui appliquer tout ce que nous avons dit de Vadjectif.
( 687 )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Ln feuille arractiée de sa tige.
Des enfants.mal éleTts.
Des roses flétries.
Des plantes inconnne:^
ArraehĂ©e de sa tige cette fleur se fanera. âą
Nourris dans rnpntenre, ces enfants,..
A peine écloses, res llenrs..
Inconnues mĂȘme aux botanistes, ces plantes. â-
â-ooOO(
Nâ DCXYII.
â ooĆ-
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DĂŒ VERBE ĂȘtre.
SE RAPPORTANT A UN SEUL NOM.
Les mortels, plus instruits, en sont moins inhumains,
Le FER est'émoussé, les bûchers sont éteints.
(Voltaire.)
Dans Tatelier bruyant oĂč rĂšgne lâindustrie,
Du luxe des cités l'indigence est nourrie.
(Michaud.)
Mais comme les Romains et son grave sénat,
Les rats sont gouvernĂ©s par la raison dâĂ©tat.
(Delille.)
Ces différentes phrases (du rossignol) sont en
tremĂȘlĂ©es de silences, de ces silences qui, dans tout
genre de mélodie, concourent si puissamment aux
grands effets. (BĂŒffon.)
SE rapportant a plusieurs noms.
L'innocence et la vertu sont souvent opprimées^
(Cité par Boiste.)
Lâhonneur et la justice sont entrĂšrement bannis
de ce monde. {Id.)
Si la VERTU et la vérité étaient bannies de la
terre, elles devraient toujours se trouver dans la
bouche des rois. (/d.)
Il semble que la vie et la beauté ne nous aient
été données que pour aimer. (Aimé-Martin.)
Le participe passĂ© prĂ©cĂ©dĂ© du verbe ĂȘtr^, doit toujours prendre le genre et le nombre
du nom avec lequel il est en relation.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Une fllle sage e»t aimée de tout le monde.
Les vieillards étaient honorés.
L'hiver eit passe.
L'or et ie fer sont tirés des entrailles de la terre.
Les fleurs et les fruits sont multipliés à rinfloi.
' L'équité et la droiture sont produites par l'aniG
de Ja vérité.
aniottr de U justice et
N° DCXTIII.
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS BE VERBES AUTRES QĂE ĂȘtre ET UVOir
PLACĂS APRĂS LE NOM.
On dirait quâĂ©chappĂ© des antres de NorvĂšge,
Lâhiver revient armĂ© de glaçons et de neige.
(Castel.)
Ainsi, sans votre appui, les élÚves de Flore
Tomberaient abattu# Ă leur premiĂšre aurore.
. W
Oh ! qui mëxpßiquera les mystÚres des cieux?
Mon ame Ă leur aspect demeure suspendue.
(AlMĂ-aiARTIN.}
Et quand une fourmi bĂątit des pyrainides,
Nos ARTS semblent bornés et nos travaux timides.
(Delille.)
L'oiseau-mouche, cet amant léger des fleurs, vit
' à leurs dépens sans les flétrir; il ne'faitque pomper
leur miel, et câest Ă cet usage que sa langoe parait
uniquement destinée. (Buffon.)
PLACĂS AVANT LE NOM.
Je tiens Sylla perdu si vous laissez unie
A ce puissant renfort votre Lusitanie.
(Corneille.)
Jusqu'au terme des temps devenus leur conquĂȘte,
Voleront, respectés, les accords du prophÚte.
(Soumet.)
Lâoiseau montĂ© et descend dans une autre cellule,
OĂč, cachĂ©s et bravant les piĂšges, les saisons,
Reposent mollement ses tendres nourrissons.
(Delille.)
Je rends carrée une boule que lÚs premiÚres
loisâdu mouvement avaient faite ronde.
(Montesquieu.) <
Tenez toujours divisés les méchants , ^
La sûreté du reste de la terre
Dépend de là ; (La Fontaine.)
( 688 ) .
Tout participe passĂ© accompagnĂ© d*un verbe autre que le verbe avoir bu ĂȘtre, subit
toutes les variations de genre et de nombre que lui impose le nom qĂŒil qualifie, que ce
nom précÚde ou suive.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je tne eeas accablée.
Je les croyais partis.
Ils se virent forcés de se rendre.
ÂŁUe te montra parĂ©e de riches vĂȘtements.
Elle paraßt privée de mouvement.
Ils semblent interdits.
Je vous laisse unis.
L'imagination reste épouvantée.
NÂź DCXIX. Ă8^si.<
PARTICIPES PASSĂS CONSTRUITS AVEC LE VERBE avoir.
nĂGIME PI.ACĂ© APRĂS LE PARTICIPE.
f <
JĂ©sus-Christ nâa pas fait acception des blancs,
ni exception des noirs. (Cité par Boiste.)
Quand on a ainsi distinguĂ© IâĂ©loqĂŒknce du barÂŹ
reau de la fonction de lâavocat, et lâĂ©loquence de la
chaire du ministĂšre du prĂ©dicateur, on voit qĂŒil
est plus aisĂ© de prĂȘcher que de plaider.
(La BbdyĂšbe;)
Les dieux ont attaché presque autant de mal
heurs Ă la libertĂ© quâĂ la servitude.
(Montesquieu.)
Câest la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme qui lui a dictĂ© ces belles
PAuoLEsl (Bossuet.)
Vous serez heureux avec Ăntiope,, pour avoir
moins cherché la ebauxe que la sagesse et la vertu.
(Fénelon.)
régime placé AVANT LE PARTICIPE.
Eh! quel spectacle est préférable
Au spectacle touchant des heureux Quâon a faits I .
(Léonaud.)
Si Dieu nous a distingués des autres animauxi
c est surtout par le don de la parole.
(QĂŒintilibn.)
Pedro, qĂŒas-lu fait de nos montures? â SeiÂŹ
gneur, je LES ai attachées à la grille.
(Le Sage.)
Les meilleures harangues sont celles que le cĆur
a dictées, (Marmontel.)
Je LES ai cherchés (vos gants) dans tous les
coins, et je ne les ai pas trouvés.
(Mâ« de GenĂčs.)
Construit avec le verbe arotr, le participe passé est toujours invariable quand le ré
gime le suit, et variable lorsquâau contraire il le prĂ©cĂšde ; votre sĆur a Ă©crit une lettre;
â la lettre que votre sĆur a Ă©crite.
Dans ces deux cas, a Ă©crit, a Ă©crite expriment une action de votre sĆur; le participe
' est invariable dans la premiĂšre phrase, et nous venons dâen dire la raison; mais pourÂŹ
quoi ne lâest-il pas dans* la seconde? Est-ce une exception? Pourquoi dit-on la lettre,
que votre sĆur A Ă©crite, et non la lettre que votre sĆur A Ă©crit ?
Ce nâest point lĂ une bizarrerie, dit un grammairien, ce nâest point une exception ; ou
si câen est une, elle est imposĂ©e par les lois Ă©ternelles du langage, et Tusage est ici dâac- '
cord avec la raison. - ,
Quel est le but de la parole? dâexprimer les idĂ©es, de peindre fidĂšlement ce qui se
passe dans notre esprit (1). Si une idée se présente à nous cbmme la premiÚre au milieu
de plusieurs autres idées, si elle nous occupe plus particuliÚrement, notre langage con
servera à cette idée le rang que lui a donné notre attention, elle sera Tidée dominante
dans nos paroles, comme elle Test dans notre esprit.
Lorsque nous avons dit -ĂŒo/re sĆur a Ă©crit une lettre pendant que voiis vous promeniez,
quel tableau voulions-nous présenter, que voulions-nous peindre? Etait-ce la maniÚre
(lâĂ©tre de votre sĆur ou la maniĂšre dâĂȘtre de la lettre? Ăvidemment câĂ©tait 1a maniĂšre
dâĂȘtre de votre sĆur; TidĂ©e de la lettre Ă©tait upe idĂ©e tout-Ă -fait secondaire : nous vouÂŹ
lions exprimer cĂ« que faisait votre sĆur pendant que vous vous promeniez : elle a Ă©crit
0
(1) La proposition est un vĂ©ritable tableau, puisquâelle prĂ©sente des personnes ou des objets existant
d*un« certaine maniÚre.
( 689 )
une lettre, deux lettres, une page de son cahier? Quâimporte ce quĂ«lle Ă©crivait; elle
a Ă©crit pendant que vous vous promeniez, voilĂ TidĂ©e dominante, cĂ«st la maniĂšre dâĂȘtre .
de votre sĆur. Cette maniĂšre dâĂštre est active ; a Ă©crit est doncnine forme du verbe-adÂŹ
jectif ccnVe, et conséquemment le participe reste invariable.
Lorsque nous avons dit la lettre que votre sĆur a 'Ă©crite a-t-elle Ă©tĂ© mise Ă la poste?
voulions-nous peindre la maniĂšre dâĂštre de votre sĆur ou la maniĂšre/dâĂȘtre de ia lettrĂ©?
Sur quoi notre attention sâest-elle portĂ©e, sur la lettre, objet de noire demande, ou. sur
votre sĆur ? Evidemment TidĂ©e de la lettre est TidĂ©e dominante ; nous nous occupons de
cette lettre, nous voulons savoir ce quâelle est devenue; TidĂ©e de votre sĆur et de sa
maniĂšre dâĂštre nĂ«st ici que secondaire, elle nâarrive que comme complĂ©ment du sujet la
lettre. Nous pouvons mĂȘme, sans mutiler "la pensĂ©e, ne point prĂ©senter explicitement la
maniĂšre dâĂȘtre de votre sĆur, nous pouvons dire*/a lettre Ă©crite par votre sĆur a-t-elle
Ă©tĂ© mise Ă la poste? Câest donc la lettre, ei par consĂ©quent sa maniĂšre dâexister, que
notre esprit a principalement en vué, et le langage a traduit fidÚlement les opérations de
Tesprit lorsque nous avons dit la lettre que votre sĆur a Ă©crite; car Ă©crite.est prĂ©cisé
ment le mol dont la fonction est dëxprimer la maniÚre.dëtre passive de Tobjet lettre,
qui en effet existe passivement. '
Puisque le participe passé est employé dans cette phrase plutÎt pour exprimer une
maniĂšre dĂ«tre passive que pour former, au moyen de Tauxiliaire, un temps dâun verbe-
adjectif, ce participe passĂ© est adjectif et doit sâaccorder avec son substantif (1).
11 en sera de mĂȘme toutes les fois que le participe passĂ© construit avec avoir sera pré
cédé du substantif ou du pronom qui désigne la personne bu Tobjet existant passivement.
En un mot, toutes les fois que le complément passif (car le complément passif nomme
la personne ou Tobjet qui existe passivement) sera placé avant le participe, on voudra
exprimer la maniĂšre dâĂȘtre passive, plutĂŽt que la maniĂšre dâĂȘtre active, et le participe
sâaccordera avec ce complĂ©ment passif. Exemples : OĂč sont les livres que votre frĂšre a
achetĂ©s (qui ont Ă©tĂ© achetĂ©s par votre frĂšre)? Je croyais vĂ©ritable Vhistoire qu'ĂŒ m'a
contĂ©e (qui mâa Ă©tĂ© contĂ©e par lui).
De toutes ces observations nous pouvons tirer celte rÚgle générale sur Taccord du
participe passé :
RĂGLE GĂNĂRALE DĂ LâACCORD DĂŒ PARTICIPE PASSĂ.
Si le participe passĂ© est employĂ© pour exprimer une maniĂšre dâĂŽtre oc/zĂ«c, point
dâaccord ; sâil est employĂ© pour exprimer une maniĂšre dâĂȘtre non active, accord.
Le régime direct placé avant le participe est ordinairement un-subslatUif joint aux
mots quel, que de, combien de, ou représenté par ?ne, te, se, nous, vous, le, la, les, que.
Exemples:
Quel.
Quelle faute ai-je commise jusqu'ici?
(Vertot.)
Quels dangers n'a pas cowrus lâAutriche .pendant
la tempĂȘte de vingt ans gĂŒelle a essuyĂ©e!
(Dfi Phadt.)
Quelle guerre intestine avons-nous allumée?
(Corneille.)
Quels obstacles a jamais trouvés là -dessus la vo
lonté de ceux qui lieuuent en leurs mains la fortuiu*
publique? ~ (Massillon.)
(1) YoilĂ donc une beautĂ© de notre langue, oĂ» le premier coup dâoeil ne fait apercevoir dâabord quâune
OQpricĂźeuse volontĂ© de lâus-^age. Lâexpression sâaffranchit du rapport matĂ©riel di-s mois, mais câest pour.sc
soumettre au rapport plus puissant des idées, et peindre la pensée avec des couleurs plus vives el plus
fidĂšles. Si jâat reçu une lettre vient effectivement de haheo acceptum litteras, que acccptum soit un subÂŹ
stantif, comme le veulent BoĂčhours, Dumarsais, Condillac, ou bien quâil soit un adjectif neutre, comme
le prĂ©tend^Lemare, jamais on nâa pu dire litterĆ quas habeo acceptum; on aurait dit plutĂŽt littercs quas
habeoMceptas ou quas acceptas habeo (que reçues nous avons, disent nos vieux écrivains).
87
( 690 )
Quels paisibles ct délicieux jours nous eussions
coulĂ©s ensemble 1 (J.-J. RoĂŒsseaĂŒO
Nous ne savons si la matiĂšre raisonne ou ne raiÂŹ
sonne pas, çt quelle sorte de petite-intelligence Dieu
a donnĂ©e aux bĂȘtes. de SĂ©vignĂ©.)
Que de.
Que de vertus en vous un seul vice à détruites !
âą (Saorin.)
Que de filles, Ă dieux, mes piĂšces de monnaie
pnt produites! (La Fontaine.)
Que de cnâTnes, de guerres, de meurtres, de misĂšres
et dâhorreurs nâeĂ»t point Ă©pargnĂ©s au genre humain
celui qui aurait arraché les pieux ou comblé le fossé i
(J.-J. Rousseau.)
Que de remparts détruits! que de villes forcées!
Que de moissons de gloirç, en courant, amassées!
(Boileau.)
Que dâautels on eĂ»t Ă©rigĂ©s dans lâantiquitĂ© Ă un
Grec qui aurait dĂ©couvert lâAmĂ©rique !
(Voltaibb.)
Que de guerres aussi funestes qĂŒinjustes dç bons
directeurs nous auraient épargnées! Ud,)
Que de miracles les historiens ont prodigués
et contre les Turcs, et contre les hérétiques!
(/d.)â
Combien de.
, Combien de lettres anonymes avez-vous reçues?
Ud.)
Combien de projets a-t-il faits ou réformés !
Combien dâouvertures a-t-il donnĂ©es! Combien de
services a-t-il rendus / (Fléchier.)
Je sais combien de disputes} ei essuyées en An
gleterre sur notre versi/ication. (Voltaire.)
Je sais tout ce que jâai commis,
Et combien de devoirs en un jour jâai trahis.
(fd.)
Que.
Les solides trĂ©sors sont ceux quâon a'donnĂ©s.
(Racine.)
Pourquoi la nature nâaurait-elle pas mis sur la
terre, dans les fleurs, les images des objets gĂŒelle a
placés dans les cieux?
(Bebn, de Saint-Pierre.)
Je ne vois que des tours que la cendre a couvertes.
(Racine.)
Souvent les dons que la nature a suspendus aux
arbres sont déposés dans de simples herbes.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Me, te, se, nous, vous, etc.
Sans espoir de pardon, mâavez-vous condamnĂ©e ?
(Racine.)
Mes chĂšres richesses, quâĂȘtes-vous devenues?
Hélas! je vous ai perdues en moins de temps en
core que je ne vous avais gagnées!
*. (Le Sage.)
Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit?
(Racine,1
Le bruit de nos trésors les a .tous attirés.
(Racine.)
Quel plaisir dâaimer la religion, et de ĂŻa voir crue,
et soutenue par les Bacon, les Descartcs, les Newton, â
les Grotius, les Corneille , les Racine, des Boileau,
les Turenne, les dâAguesseau, lâĂ©ternel nonneur de
lâesprit humain I (La BruyĂšre.)
Aux filles de cent rois je vous al préférée.
(Racine.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Il m'a fait de la peine.
£lle a fondé une colonie.
Noos avons cultivé les champs.
La peine quâil lui a faite.
La colonie quâelle a fondĂ©e.
Les champs que nous avons cultives.
>OOCO
N" DCXX.
\
0 *
PARTICIPES PASSĂS SUIVIS OU PRĂCĂDĂS DĂŒ SĂŒJET.
Sujet placé avant.
Le moindre des tourments gue mon coeur a soufferts
Ăgale lous les maux que lâon souffre aux enfers.
(Racine.) '
Demandez-le, seigneur, Ă cent peuples divers
Que CETTE PAIX trompeuse a jetés dans les fers.
Ud.)
Sujet placé aprÚs. - ^
Qui pourra vou» sauver de lâimmortel courroux,
Lorsque vous rendrez compte au dieu de la mature
Des tourments quâa soufferts sa faible crĂ©ature?
(Chénier.)
(Il) veut savoir leur destin, (il) veut savoir en quels
[lieux
Les ont jetés les vents, les ont conduits les dieux.
(Delillb.)
J^onime, gwën tes mains mon pÚre avait laissée.
Avec tous ses attraits revint en ma pensée.
(Racine.)
Enfin, pour achever ces tableaux de la natufej
, je vous rappellerai les quatorze mille miroirs que
Hook a trouvĂ©s sur lâĆil dâun bourdon.
(Aimé-Martin.)
{ 691 )
Peut-ĂȘtre a-t-il dĂ» cette idĂ©e aux mĂ©moires graÂŹ
vait laissés SA mÚre, sous le titre modeste de sou-
Venirs. (Ăe CavlĂŒs.)
pĂ«st cetto Rodogune, oĂč lâun et lâautre frĂšre
TrouvĂ© encĂŽr les appas gĂŒavait trouvĂ©s leur pĂšre.
(Corneille.)
Que ie sujet de la phrase précÚde ou suive le participe passé, on voit que ce dernier
sâaccorde toujours avec le rĂ©gime. En effet, le sujet rejetĂ© aprĂšs le verbe ne peut nulleÂŹ
ment empĂȘcher cet accord, comme lâont avancĂ© quelques anciens grammairiens. Le seul
mot qui exerce ĂŒne influence sur le participe passĂ© est le rĂ©gime direct du verbe avoir,
lorsque ce régime le précÚde.
Dans ces .vers de Corneille :
Là , par un long récit de toutes les misÚres
Que pendant notre enfance ont enduré nos pÚres,
on doit regarder le mot enduré comme une licence de poÚte. Il faut endurées.
J
ĂXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Les poisons qne ses mains ont préparés.
Les rochers que le tonnerre a frappés.
La fortune que mon pĂšre raâa laissĂ©e.
Les scélérats que cette main a punis.
Les monstres que son courage a
Le.s poisons quâont prĂ©parĂ©s ses mains.
Les rochers quâĂ frappes le tonnerre.
La fortune que mâa laissĂ©e mon pĂšre.
Les scĂ©lĂ©rats quâĂŽ punis cette mairi.
Les monstres qu'a domptés son'couragc.
N" DCXXI.
PARTICIPES PASSĂS SUIVIS IMMĂDIATEMENT DâĂŒN ADJECTIF OU dâĂŒN AĂTRB
PARTICIPE.
Suivis dĂŒn adjectif.
Le long usage des plaisirs Ăźes leur a rendus inuÂŹ
tiles. â âą (Massillon.)
Pourquoi Dieu vous a-t-il fait cette dĂ©fense ? SâU
vous a'faits raisonnables, vous devez avoir raison
de tout. (Bossuet.)
... Assez de rois gue lâhistoire a faits grands,
Chez leurs tristes voisins ont porté les alarmes.
(Voltaire.)
J'ai vu la mort de prĂšs, et je Zâai vue horrible.
ilU.)
Il passa par des chemins gĂŒon avait toujours crus
impraticables. (Fénelon.)
Les Perses, leurs ennemis, adorateurs du soleil,
ne souffraient point les idoles .ni les rois g«âon avait
faits dieux. (Bossuet.)
Le salut de Tétat nous a rendus parents.
Ă«^Ol-TAIRE.)
Et le sortZâeĂ»t-il faite encor plus inhumaine,
Ăne iĂ rmedâun Bis peut amollir sa haine.
(Corneille.)
Suivis dĂŒn autre participe.
Ses regards, il est vrai, nâĂ©taient point enflammĂ©s
Du courroux dont souvent je les ai vus armés.
(Voltaire.)
Dieu, en créant les individus de chaque espÚce
dâanimal et de vĂ©gĂ©tal, a non seulement donnĂ© la
forme Ă la poussiĂšre de la terre, mais il Ta rendue
vivante et animée. (Buffon.)
Si de quelques mortels on mâa vue adorĂ©e.
Est-ce un crime pour moi? (Corneille.)
â n
Ces bras gue dans le sang vous avez vus baignés.
(Racine.)
Vous mâavez crue attachĂ©e Ă vous nuire:
Dans le fond de mon cĆur vous ne pouviez pas lire.
. ^ [Id.)
Cette armée, se défendant avec courage, ne put
empĂȘcher les ImpĂ©riaux de pĂ©nĂ©trer dans lâAlsace,
dont Turenne les avait tenus écartés.
* (Voltaire.)
QĂŒavez-vous fait? â HĂ©las I je me suis crue aimĂ©e ,
(Racine.)
La GrÚce en ma faveur est trop inquiétée.
De soins plus importants je Z'ai crue agitée.
(fd.)
( 692 )
LĂ© participe passĂ©, suivi dĂ«n adjectif ou dâun autre participe, doit toujours ĂȘtre conÂŹ
forme en genre et en nombre au nom qĂŒil modifie, toutes les fois que le rĂ©gime direct
prĂ©cĂšde. Lâusage Ă cet Ă©gard nâest plus partagĂ©.
IL
La médecine Ta échappé belib.
(MoliĂšre.)
Ma foi, mon ami, je Tai échappé belle depuis
que je ne t'ai vu. (Le SagĂš-)
« Ce participe Ă©chappĂ©, dit Bescher, dĂ©rive dâuri verbe peu propre Ă transmettre une
action directe, et Ton ne sait ce que représente le pronom. H faut regarder cette locution
comme un gallicisme qui échappe à tout examen grammatical. »
Dâabord, il nĂ«st point exact de dire que cette locution est un gallicisme, car elle existe
dans dâautres langues. Les Italiens disent avcta a huon mercato (il Ta eue Ă bon
marché] ; ce Vavete fatta bella (vous nous Tavez faite belle.)
Ensuite, nous ne croyons pas que le pronom le soit lĂ un mot insignifiant, par cela
seul quâil ne se rapporte Ă rien de ce qui a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment exprimĂ©.
Celte locution, suivant nous, est tout simplement une expression elliptique, et ce nâest
quĂ«n la ramenant Ă son intĂ©gritĂ© qĂŒon en peut bien saisir la valeur. Je Vai Ă©chappĂ©
belle doit ĂȘtre un abrĂ©gĂ© de jĂ« Vai Ă©chappĂ© d'une beĂźlemaniĂšre, ou bien par une belle peur,
et le pronom le se rapporte au fait, Ă TĂšvĂ©nement, aĂč malheur en question ; je Vai Ă©chappĂ©,
câest-Ă -dire fai Ă©chappĂ© le malheur, V accident qui me menaçait. Ces mots malheur, acÂŹ
cident, etc., bien qĂŒils ne soient pas formellement exprimĂ©s, nâen existent pas moins
dans Tesprit el peuvent trÚs-aisément se suppléer.
Cette question a déjà été traitée au chapitre des Adjectifs.
I
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Tu m'as faite ta complice.
Je lâai toujours trouvĂ©e telle.
Il fa trouvée fort grande ct fort jolie.
Voua mâavez crue guĂ©rie.
Mes affaires, quand Je 1rs ai eues terminées.
Des hommes quo jâai faits mes Ă©gaux.
Les cruautés que nous avons vues txenécs par les ennemis.
Cela est fondĂ© sur des observations que je nâaĂź jamais vues dĂ©men.
lies.
3Ta lettre, Ă cs que je Tai eue finie.
Votre lettre, quand on lâa eue lue.
Nâ DCXXII.
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DE DEUX RĂGIMES.
Régime direct pßacé avant ße régime indirect.
Va lui jurer la foi que tu Mâavais jurĂ©e.
(Racine.)
Aurai-je le bonheur de vous recevoir dans mon
palais, ct de vous payer des soins que vous Mâavez.
donnés dans ma jeunesse? (Bartïiélemy.)
Tu as joui de tous les biens que la nature tâavait
donnés. (J.-J, Rousseau.)
Je soupçonne violemment ce malheureux Italien
d ĂȘtre lâauteur de toutes les noirceurs gu'on vous a
^COLLĂ.)
Régime indirect placé avant ße régime direct.
Tout autre aurait voulu condamner ma pensée,
. Et personne en ces lieux ne te Teût annoncée.
,(Uacine.)
Et pour qui tiendrais-je Ă la vie? Câest pour tous
les Grecs, non pour vous seĂŒle, que vous me Tavez
donnée. (Delaporte-Dutbeil.)
Jâentrevois en vous des sentiments dangereux, et
je sais trop qui vous les a inspirés.
(Voltaire.)
Elle me parut comme vous me /'aviez dépeinte.
(Mâe DE SĂVIGNĂ.)
^ Lorsque le participe est précédé de deux régimes, Tun de*ces régimes est direct,
Tautre indirect; car un verbe ne peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© de deux rĂ©gimes directs diffĂ©rents.
( 693 J
jPour connaĂźtre quel doit ĂȘtre Taccord du participe, il suffit de savoir distinguer lequel
des deux régimes est en rapport direct.
La phrase suivante de J.-J. Rousseau nëst pas correcte : Je ne puis te dire quelle
PEINE tout cela MĂ« fait, il faut quelle peine tout cela m'a faite.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Les dingrins quâil mâa causĂ©s.
Lâamilßé que je vous ai portĂ©e.
Lâhistoire quâil m'a contĂ©e.
Il me les a donnés.
Je vous les ai portés.
Ces histoires, il me les a contées cent foU.
N" DCXXm
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DU VERBE avoĂT EMPLOYĂ SANS RĂGIME.
OĂč la mouche a passĂ©, le moucheron demeure.
(La Fontaine.)
Vous riez? Ăcrivez quĂ«lle a ri.
(Bacine.)
Nos imprudents aĂŻeux nâoNT vaincu que pour lui,
(Voltaire.)
Son visage a changé, son teint sëst éclairci.
(MoliĂšre.)
VoilĂ quĂ«lle a fini, lâouvrage aux yeux sĂ«xpose*
(MoliĂšre.)
Le Dieu qui vous inspire a marché devant moi.
(Voltaire.)
Mes amis ont parlĂ©, les cĆurs sont attendris.
[td.)
La fille, dit la loi, a crié et në point été entendue.
(J.-J. Rousseau.)
Lorsque le participe passé accompagné dd verbÚ avoir nëst suivi ni précédé dëucun
régime, il est toujours invariable.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Elle a pleuré.
Ils ont chanté.
Mes frÚres ont chassé.
Mes cousin as ont lu.
Ma sĆur a Ă©crit.
Elles ont Crié.'
Nous vous avons écrit.
Vous ne nous avez point rĂšpondo.
Elle a trop parlé.
N" DCXXIV.
PARTICIPĂS PASSĂS PRĂCĂDĂS DĂŒ VERBE ĂȘtre EMPLOYĂ, dit-on, POĂR avoir.
Me, te, se, régimes indirects.
Autant que sa fureur sĂ«st immolĂ© ds tĂȘtes,
Autant dessus la sienne il croit voir de tempĂȘtes.
(Corneille.J
Ils se sont donnĂ© lâun Ă lâautre une promesse de
mariage. ' (MoliĂšre.)
Ils ne sây sont proposĂ© pour exemple que la con*
stiiutiĂŒn la plus simple des anciens. (Voltaire.)
11 est vrai quëlle et moi nous nous sommes parlé
des yeux. (MoliĂšre.)
Fous ĂȘtes-vous accordĂ© cette dĂ©finition? ou sorit-ce
les loups, les singes et les lions qui vous lâont passĂ©e?
(La BruyĂšre.)
NĂ©anmoins il sâĂ©tait conservĂ© lâautoritĂ© principale.
(Bossuet.)
t
Jâadmire, jĂ«n conviens, lâaccord de ces trois frĂšres,
Pluton, Neptune, Jupiter,
Qui se sont divisé sans tumulte et sans guerres,
Le ciel et la mer et lënfer.
(F. DE Nedfcbatbau.)
. ⹠Jfe, te, se, régimes directs.
Je ne puis oublier quâAriĂ ne exilĂ©e
5âest pour vos iotĂ©iĂȘls elle-mĂȘmeĂŻnmĂŻo/Ă©c.
(Th. Corneille.)
Je la vis massacrer par la main forcenée.
Par la main des brigands à qui tu Ces donnée.
(Voltaire.)
Elles se sont proposées comme modÚles de dou
ceur. (Cité par Bescher.)
La langue latine et la langue grecque sont deux
langues qui se sont long-temps parlées, el qui ne
sc parlent plus. [Cité par Lemare.)
Il nây a rien en quoi les hommes se soient plus
accordĂ©s qiie dans lâaveu de ce devoir, (Nicole.)â
La vie pastorale, qui sâcst conservĂ©e dans plu?"
dâune contrĂ©e de lâAsie, nâest pas sans opulence.
(Voltaire.)
Il nëst pas un point de théologie sur lequel les
hommes ne se soient divisés. {Id.)
( 6% )
* ti . , .
Les RpmaiDs /étaient faits à la discipline. La
ĂźdĂčs les peuples du monde, sans en excepter les
Juifs, se sont fait des dieux corporels.
{Voltaire.)
Les Français sâĂ©taient dwofir/une retraite glorieuse
par la bataille de Fornoue. {Id.)
Cëst par son désintéressement que M. de Lamoi-
gnon sâĂ©tait rĂ©servĂ© cette l^ertĂ© dĂ«sprii si nĂ©cesÂŹ
saire dans la place qĂŒil occupait, (FlĂ©chier.)
sévérité de Manlius et lëxemple de Régulus y ont
beaucoup.contribué. (Cité par Lemare.)
Ils se sont ouverts de leurs desseins Ă leurs enneÂŹ
mis les plus dangereux. , (Voltaire.)
A quel tourment nouveau je me suis réservée!
(Racine.)
Ils se SONT réservés pour une autre qccùridn.
(Cité par Bescher.)
Ces exemples sont au nombre de ceux quën cite pour prouver ce principe absurde :
Que le verbe ĂȘtre peut remplacer et remplace souvent le verbe avoir; car, dit-on, dans
toutes ces cilĂątions, on peut substituer avoir Ă ĂȘtre. Certes, ils se sont dit des injures et ils
ont dit des injures Ă eux, prĂ©sentent absolument le mĂȘme sens ; mais la premiĂšre de ces
formes, moins énergique que la seconde, exprime un état; ella seconde une action.
ĂŻl est donc impossible que, ne fut-ce que pour la forme, ces expressions soient exacteÂŹ
ment les mĂȘmes.
En réfléchissant un peu sur le mécanisme de ces sortes de phrases, il nëst pas bien
difficile dĂ« sâapercevoir que, soit par Ă©lĂ©gance, soit par briĂšvetĂ© ou par toute autre cause,
lëllipse a sous-entendu le participe présent ayant, et que ils se sorit dit des injures est un
abrĂ©gĂ© de ils sont (ayant) dit des injures se (cĂ«st-Ă -dire Ă soi, Ă eux-mĂȘmes). Dans ce
cas, ils sont ayant dit Ă©quivaut, pour le sens, Ă ils ont dĂŒ.
CĂ«st faute dâavoir vu cette ellipse que les grammairiens ont prĂ©tendu que le verbe ĂȘtre.
dans toutes ces phrases, remplace le verbe avoir. Un mot ne peut ĂȘtre Ă la place dâun
autre; cette dĂ©plorable mĂ©thode des substitutions nâa fait que nuire jusqĂŒici aux proÂŹ
grĂšs de la science grammaticale, et cĂ«st Ă elle quo lâon doit surtout attribuer lĂ pluÂŹ
partdes erfĂ«urs qĂŒĂ« lâon a rĂ©pandues sur le participe passĂ©. Ce nâest pas en substituant
une phrase Ă une autre phrase qĂŒon parviendra jamais Ă rendre raison des nombreuses
difficultés qui se présentent à chaque pas dans Tétude de la grammaire.
Maintenant que nous avons envisagé les exemples que nous avons cités sous le point de
vue théorique, nous allons faire connaßtre les observations pratiques auxquelles ils don
nent lieu.
Autant que sa fureur s'est immolĂ© de tĂȘtes, est pour autant que sa fureur est (ayant)
IMMOLĂ de tĂȘtes A soi. ImmolĂ© Ă©tant suivi du rĂ©gime, a dĂ» rester invariable.
Ariane s'est immolĂ©e elle-mĂȘme, est pour Ariane est (ayant) soi ellĂš-mĂȘme immoÂŹ
lée. Le régime soi précédant, le participe a dû en prendre Taccord.
Toute la difficulté consiste donc à savoir quand les mots me, te, se, sont régimes directs
ou régimes indirects.
Or, on peut poser en principe quën fait de verbes dits pronominaux, quel que soit le
sens de la phrase, le rĂ©gime qui les prĂ©cĂšde uoit ĂȘtre regardĂ© comme direct toutes les
fois qĂŒil ne peut prendre une tdĂŒrhĂŒre indirecte. 11 suffit qĂŒon ne puisse dire : Elle est
(ayant) emparé A elle; tues {'ayant) repenti a toi; ils sont (ayant) écrié'a eux, pour
que dans elle i'est emparée ; tu T'es repentie ; ils se sorit écriés, les mots sÚ et lÚ soient
considérés comme régimes directs. . *
Lorsque les mots me, te, se, remplissent dans la phrase la fonction de régimes directs,
le participe passé doit en prendre Taccord ; si, au contraire, ils sont employés comme ré
gimes indirects, le participe reste invariable.
Cette rÚgle si simple, une fois admise, suffit pour lever toutes les difficultés auxquelles
peuvent donner lieu les verbes appelés vulgairement pronominaux, qui, du reste, sont
soumis aux mĂȘmes rĂšgles que les participes prĂ©cĂ©dĂ©s du verbe avoir.
( 695 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Us se sont adressé des lettres.
Us se sont amassé de la fortune.
Us se sont assuré un revenu.
Elles se sont baisé la main.
Us se sont cassé le cou.
Ils se sont jeté des pierres.
Us se sont donné la main.
Us se sont adressés à moi.
La foule s'est amassée.
Elles se sont assurées delavérßté.
Elles se sont baisées au front.
Ils se sont cassés comme verre.
Ils se sont jetĂ©s a lâeau,
lis se sont donnés au diable.
Us se sont abandonné leurs biens.
Ils le sont arraché les cheveux,
ils se sont avoué leurs torts.
Ils se sont barbouillé le visage.
Elles se sont coupé le pouce.
Ils se sont peint les sourcils.
Ils se sont abandonnés à la colÚre,
Ellçs se sont arrachées de nos mains,
tisse sont avoués comme auteurs
du délit.
Us se sont barbouillés de noir.
Elles sc sont coupées à la main.
EUe sâest peinte elle-mĂȘme.
DCXXY
DES PARTICIPES coûté, valu, pesé,
Que dĂš soins mëût coĂ»tĂ©s cette tĂȘte charmante!
(Racine.)
AprĂšs tous les ennuis que ce jour mâa coĂ»tĂ©s.
Ai-je pu rassurer mes esprits agites? âą (id.)
Vous nâavez pas oubliĂ© les soins que vous mâavez
coûtés depuis votre enfance. (Fénelon.)
Ne serait-il pas doux de retrouver dans lâelfet de
nos soins les plaisirs gwâils nous ont coĂ»tĂ©s ?
(J.-J. Rousseau,)
Je ne regretterais ni le temps, ni la peine guâil
mâa coĂ»tĂ©s. (Thurot,)
Voilà la charmante réception que mon costume
mâa value. (Jacquemart.)
Que de veilles, que de tourments il mâa coĂ»tĂ©st
(J.-J. Rousseau.)
Il paraßt en effet digne de vos bÎntés,
Il mĂ©rite surtout les pleurs gĂŒil mâa coĂ»tĂ©s.
(Voltaire.)
Ne goûtons-nous pas mille fois le jour le prix des
combats.gua notre situation npus & coûtés?
(J.tJ. Rousseau.)
* â i
Mes manuscrits ĂŻatĂŒrĂ©s, barbouillĂ©s^ et ihĂȘrrie inÂŹ
dĂ©chiffrables, aileslent la peine gĂŒils mâont coĂ»tĂ©e.
{IdJ
Cinquante familles seraient riches des somines
gue cette maison a coûtées. {Id:)
Les honneurs que jâai reçus,^cĂ«st mon habit qui
me ies Ăą valus.
Dans quelque setis qĂŒils soient pris, au propre comine au figurĂ©, les participes coĂ»tĂ©,
valu et pesĂ© sâaccordent toujours avec le rĂ©gime lorsque ce rĂ©gime les prĂ©cĂšde.
Les grammairiens, contre les faits et plus encore contre la raison, rie voĂŒlaient absoluÂŹ
ment pas que ces participes prissent dâaccord ; ils allaient chercher le verbe cqnstare,
neutre ; aussi voyons-nous, dans tous les dictionnaires, le verbe co«/er marqué de la lettre
N, comme si neutre pouvait signifier quelque chose dans notre grammaire. Ni Vun ni
Vautre, dites-vous. Eh bien! qĂŒest-il donc? 11 est actif, rĂ©pondrons-nous, parce quâil
faut parler pour tout Ăźe monde. Nous ouvronsRichelet [in-folio, Lyon, 1668), et nous
y trouvons que « coĂ»ter est un verbe actif, rĂ©gissant le nom de la chose Ă lâaccusatif, et
celui de la personne au datif. Exemple : Versailles a coûté des millions à Louis XIV. »
Or, si Ton dit : La peine que m'a coûtée mon travail, on peut dire aussi : Les millions
QUE Versailles a coûtés à Louis XIV.
. Les grammairiens, il est vr^i, se sont bien améndés depuis, malgré Tinsignifiante el
trompeuse lettre N dont ces verbes sont martelés dans tous nos lexiques, et cëst à la cri
tique éclairée de nos grammairiens philosophes que Ton doit leur retour à la raison.
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
Les cent francs quâil a coĂ»tĂ©s.
Le.s sommes quâil a values.
Les peĂźues quâil m'a values.
La considĂ©ration que cela mâa value.
Les deux livres de cerises que cette femme a pesées.
Les cent livres que ce ballot a pesées.
Les vingt francs que ce livre a coûtés.
Les cent Jouis que ce cheval a valus.
Les deux livres que cette boßte a pesées.
La peina que cela m'i coûtée.
( CM )
W DCXXVI. Ć
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DE DEUX SORTES DE que
Que RĂGIME DIRECT.
Le zĂšle dâune pieuse sĂ©vĂ©ritĂ© reprochait Ă La FonÂŹ
taine une erreur gwâil a pleurĂ©e lui-inĂšme.
(Ciiampfort.)
LâĂ©vĂȘque de Meaux a créé une langue que\m seul
t parlée. ' (Chateaubriand.)
Elle nâoublie pas les dangers gĂŒil avait courus
entre Scylla et Charybde. â (FĂ©nelon.)
Vous rendrez compte un jour au dieu de la nrflure
Des tourments gw'a soufferts sa faible créature.
(Chénier.]
Comment décrire tous les maux que cette guerre
avait traßnés api;Ús elle? (Fléchier.)
' Que EMPLOYĂ AVEC ELLIPSE DE pendant.
Il ne vous a pas dit tous les jours gĂŒil a pleurĂ©
en secret. {Anonyme.)
Toutes les fois gĂŒil a parlé» jâai gardĂ© le plus
profond silence. « {id.)
Comptez-vous pour rien les deux heures gue jâai
couru? * (Cité par Pons.)
Que serait-ce sâil me fallait vous dire tous les
moments gĂŒelle a souffert sans murmurer et sans
se plaindre! (Phrase de Fléchier arrangée.)
De quoi vous ĂȘtes-vous occupĂ©s durant les dix-
huit mois que les négociations ont traßné en lon
gueur? (Cité par Bescher.)
Dans ces exemples, les mĂȘmes participes sont Ă©crits dĂ«ne maniĂšre diffĂ©rente, parce
que \e que dont ils sont prĂ©cĂ©dĂ©s nĂ«st pas le mĂȘme dans les deux colonnes. Dans la
premiÚre, il fait les fonctions de régime direct, et doit en conséquence communiquer la
variabilité au participe qui le suit.\Dans la seconde, au contraire, il est employé avec el
lipse de la prĂ©position pendant: Tous des jours Qv'il a pleĂŒrĂ©, cĂ«sl-Ă -dire tous les
jours pendant lesquels ii a pleurĂ©, ou bien tous les jours oĂč il a pleurĂ©; toutes les
fois QĂŒ'U a PARLĂ, cĂ«st-Ă -dire toutes les fois oĂč il a parlĂ©; les deux heures qĂŒr j'ai
COURU, cĂ«st-Ă -dire les deux heures pendant lesquelles jâoz couru; lotis les moÂŹ
ments Qv'elle a souffert , cëst-à -dire tous les moments pendant lesquels elle a
SOUFFERT.
La mĂȘme ellipse a lieu dans les exemples qui suivent :
On croira que ces jours me durĂšrent huit siĂšcles;
tout au contraire, jâaurais voulu quâils les eussent
durĂ©, . â (J.-J. Rousseau.)
Oui, cëst moi qui voudrais effacer de ma vie
Les jours que jâai vĂ©cu sans vous avoir servie.
(Corneille.)
Qui pourrait'dire combien de siÚcles a vécu celui
qui a beaucoup senti et médité? (De Mëilhan.)
Que Je bien nâa-t-clle pas fait pendant le peu de
jours gĂŒelle a rĂ©gnĂ©. (FlĂ©chier.)
Toutes les heures que vous avez dormi, je les ai
pdssées ù écrire. (Cité par Bescher.)
Toutes les annĂ©es, toutes les heures f/ĂŒelle a lan-
gui» gémi, pleuré, soupiré, lui ont paru des siÚcles.
{Id.)
LâAllemagne a couru les plus grands dangers
pendant les annĂ©es gĂŒa durĂ© cette guerre.
(De Pradt.)
Puisse le ciel, qui lit dans mon cĆur Ă©perdu,
Ajouter Ă vos jours ceux que jâaurais vĂ©cu !
(La Chaussée.)
Je regrette les nombreuses années que j'ei vécu
sans pouvoir mâinstruire. (J.-J. Rousseau.)
Câest Ă la mĂŽme Ă©poque que la Clairon a dĂ©butĂ©.
(Voltaire.)
Tous les jours que cette cheminée a fumé ont été
pluvieux. (Cité par Bescher.)
Toutes les années que vous avez cro«pt dans une
honteuse insouciance ont été perdues ppur vous.
{Id.)
Donc, toutesles fois que les mois'que, les, combien, sont employĂ©s dâune maniĂšre ellipÂŹ
tique, et quâils ne font point les fonctions de rĂ©gimes directs, le participe qui suit doit
ĂȘtre invariable.
EXERCĂcĂ PBRASĂOLOGIQĂE.
Tons les maox qu'il a soufferts.
C'est une gavotte qu'on a flansee.
Tous les jours qu'il a souffert. .
C'est toute la nuit qn'on a dansé.
( 697 )
4
-«SiŸ N DCXXVn.
PARTICIPES PASSĂS CONSTRUITS AVEC LES VERBES DITS Ă»nipersonnels OU impersonnels,.
Les chaleurs excessives guâil a faitonl causĂ© beauÂŹ
coup de maladies. (Condillac.)
Que de pertes nous ont coûtées les orages multi
pliĂ©s gĂŒil y a CM cette annĂ©e !
(Cité par Boniface.)
Les mauvais temps gĂŒil a fait ont nui aux viÂŹ
gnes, et ruiné beaucoup de marchands de vin.
[Id.)
Que de feuilles d'arbres il a fallu pour couvrir
ainsi les chemins! [Id.)
Charlemagne a gouverné avec gloire une des plus
vastes monarchies guâil y ait eu depuis celle des RoÂŹ
mains. , {Id.)
La disette gĂŒil y a eu cet hiver a causĂ© bien des
maladies. (Cité par Lemare.)
Lorsque le gouvernement fut devenu monarchiÂŹ
que, on laissa cet abus, à cause des inconvénients
gw'il y aurait eu Ă le changer. (Vertot.)
Que de temps, gwe de rĂ©dcxions nâa-tâil pas fallu
pour épjer et connaßtre les besoins, les écarts et les
ressources de la nature! (Bartiiélemv.)
Rappelez-vous, Athéniens, toutes les humiliations
gw il voĂŒs en a coĂ»tĂ©l (Voltaire.)
Cëst en Egypte que Ton conçut une des idées les
plus utiles Ă la morale guâil y ait jamais eu.
(Tuomas.)
Les pluies gu'il a fait ont nui aux productions de
la terre. (Cité par Bescher.)
Que de maux il en est déjà résulté! {Id.)
Les participes des verbes dits unipersonnels ou impersonnels sont toujours invariables.
Tel est Tusage. ,
Nous pensons toutefois que ces participes étant précédés du régime direct devraient
varier tout comme les autres, et que câest par un aveugle usage qu'on les a exceptĂ©s de
la rĂšgle gĂ©nĂ©rale. Cette opinion, qui paraĂźtra peut-ĂȘtre hasardĂ©e, est partagĂ©e parplusieurs
grammairiens dâun mĂ©rite reconnu.
Mais, dira-t-on, toute action sâattribue Ă un sujet. Dans les phrases citĂ©es, on ne dit
pas qui a produit les pluies, qui a fait les chaleurs. LâĂȘtre agissant nâest point reprĂ©sentĂ©
par le pronom ^. Dâautre part, le rĂ©gime nâest pas modifiĂ©. La dĂ©composition gramÂŹ
maticale ne peut donc avoir lieu, et le participe conserve sa nature de verbe et son inÂŹ
variabilité.
Ce raisonnement est passablement faux.
Dâabord, il nĂ«st point vrai que TĂȘtre agissant ne soit pas reprĂ©sentĂ© par il; car, que ce
mot remplace ou non un substantif prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©, toujours est-il quâil remplit
dans la phrase les fonctions de sujet, et que Ton dit positivement que câest lui qui a proÂŹ
duit, qui a fait les chaleurs. Toute la difficultĂ© consiste Ă savoir quel peut ĂȘtre VĂȘtre ou
la chose que ce mot désigne. Nous avons démontré, au chapitre des Pronoms, que le pro
nom il, dans ce cas, tient la place des mots Dieu, ciel, air, ou autres semblables, et que
les chaleurs quih a fait est pour les chaleurs que le temps a fait.
Ensuite, ĂŒ nĂ«st pas moins inexact de dire que le rĂ©gime nâest point modifiĂ©, et que
la décomposition gramitiaticale ne saurait avoir lieu; car Tanalyse de cette phrase,
qui, selon nous, est celle-ci ries chaleurs, le /mps a* lesquelles chaleurs fai Ăź es,
prouve au plus haut degrĂ© dâĂ©vidence que le rĂ©gime que signifiant lesquelles chaleurs, est
modifiĂ© par faites, et que par consĂ©quent il doit ĂȘtre en rapport de genre et de nombre
avec ce régime.
Lemare prĂ©tend que dans ces sortes de phrases, le mot que nâest poinf un accusatif;
mais qĂŒil est le nominatif d'un verbe ellipsĂ©, et pour le prouver, il analyse les chaÂŹ
leurs quil a fait de la maniĂšre suivante : Les chaleurs (ceci sâest fait), savoir,
lesquelles chaleurs se sont faites, analyse, ou plutĂŽt galimatias, oĂč Ton chercherait en
vain le nominatif de Lemare, qui, ne sachant quâen faire, a cru devoir sâen dĂ©barrasser.
Nous ferons remarquer, pour la centiĂšme fois peut-ĂȘtre, que substituer une phrase Ă
88
n
( 698 )
une autre, ce nëst point Tanalyser. Or, dans la phrase citée, il y a qu'il a fait et non ceci
s'est fait; ce qui nĂ«st pas du tout la mĂȘme chose. Loin de rĂ©soudre la difficultĂ©
par une semblable substitution, Lemare ĂŒa donc fait que lĂ«mbrouiller encore daÂŹ
vantage. â *
Biagioli në pas été plus heureux. Dans sa Grammaire française écrite en italien, il dit
qĂŒe lĂ«n doit Ă©crire les chaleurs QĂŒ'ĂŒ A fait, en laissant fait invariable, parce que ce
participe est employé comme signe élémentaire de la forme a fait, dont lesquelles chaleurs
est ie régime, comme le démontre la construction directe, qui, suivant lui, est celle-ci :
Les chaleurs, IL, cëst-à -dire lé temps a fait lesquelles chaleurs.
bans sa Grammaire française Ă©crite en français, le mĂȘme grammairien donne une
autre analyse, et cherche à justifier Tinvariabilité du jparticipe, en substituant un régime
masculin au vĂ©ritable rĂ©gime, et en disant que les chaleurs qĂŒ'ĂŒ a fait est pour il, cĂ«st-
Ă -dire lĂš temps a (cet acte) FĂiT: savoir : lesquelles chaleurs.
Ces deux sortes dĂ«nalyse de notre savant maĂźtre ne prouvent qĂŒune chose, cĂ«st
que dans cette phrase, le mot que est réellement un régime direct, qui, précédant le patr
ticipe fait, devrait de toute nécessité lui imposer Taccord' exigé par la rÚgle générale
établie plus haut.
Mais laissons lĂ les Biagioli et les Lemare . Voici venir un grammairien qui va trancher
le nĆud gordien. Cet autre Alexandre est M. Pastelot. A lĂ«n croire, tous ses devanciers
n*y ont vu goutte. Lui seul a découvert tout ce que les phrases qui nous occupent ren
ferment de mystérieux ; armé de sa loupe, il y a vu presque un monde entier. « Dans ces
)) sortes de phrases, dit-il, il y a'métonymie, syllepse, ellipse et mÎme hyperbate. Les
)) chaleurs qu'il a fait... présente ce sens : qui ont existé. Cette proposition imibédiate;
« dĂ©terminative; doit ĂȘtre dans Tordre grammatical reconstruite ainsi, en conservant la
» forme de chaque mot : Les chaleurs que (touchant lesquelles) il(\e temps) a fait, pour
» a agi. Il nây a point de proposition qui ne renferme explicitement ou implicitement
)) le sujet,'\p verbe et l'attribut. Il y a dans cette locution métonymie, effet pour la cause,
)) fait employé pour existé; syllepse ou conception, construction commandée par le sens
)) plutÎt que par le rapport des mots ; il sujet indéterminé, pour le temps ou tout autre
)) équivalent ; ellipse, omission du mot qui régit que.n
Quelle foule de choses dans une phrase oĂč nous, pauvres aveugles quĂȘ nous sommes,
nous ne voyons qĂŒune simple faute dâorthographe consacrĂ©e parTusage 1 Que nâavons-nous
ĂŻa loupe de M. Pastelot 1 Loupe prĂ©cieuse, au moyen de laquelle on peut apercevoir mĂȘme
des choses qui nâexistent pas ! En altendĂąnt quâĂ©llĂ© nous tombe entre les mains, nous inÂŹ
voquerons le bienheureux fiat lux ! en faveur de Texposition que M. Pastelot nous a faite
de sa rare dĂ©couverte, car il nous est permis de douter qĂŒelle soit parfaitement saisie
par les lecteurs mĂȘme les plus intelligents. ^
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Les chaleurs ^u'Ăźl a fait.
Les froids ijiiâil y a eu.
Les pluies qu'il a fait.
Les sommes qu'il m'eu a coûté.
Les' livres ^u il a fallu.
La grande inondation qui a eu Heu.
oooo
^^«^9 Nâ DCXXYIIL
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DE DEUX SUBSTANTIFS JOINTS PAR plutĂŽt que, non
plus que, moins que, aussi bien que, non seulement, mais, etc.
, Accord avec le premier substantif.
CĂ«st moins son intĂ©rĂȘt que votre fĂ©licitĂ© gĂŒil a
eu en vue. (Cité par RnscaBR.)
Accord avec le dernier substantif.
Non seulement toutes ses richesses et ses honÂŹ
neurs, mai» toute sa vertu «âest Ă©vanouie.
(Vau'gblas.)
CĂ«st son intĂ©rĂȘt, gussi bien que votre, fĂ©licitĂ©,
gwâil a consultĂ©. '' . (id.)
Cëst §a glojre, plutÎt que le bonheur de la na
tion, gu il a ambitionnée. {Jd.)
( 699 )
On .raë parlé dë deux doni^iques, mais rioßam-
ment & Alexis; gĂŒĂh âa vm dans lâappartement oĂŒ
le malheur est arrivé. (Cité par BEscnEK.)
. Quand piusieurs substantifs sont joints par ies expressions coinparatives comme, ainsi
que, de mĂȘme que, aussi bien que, autant que, nonmoins.que, non plus que; le participe rie
sâaccorde ordinairement quâavec le sujet de la proposition principale.
Lorsquâau contraire les substantifs sont liĂ©s par mats ou 7tonsett/emen/,le participe prend
lâaccord du dernier.
Voyez le chapitre du Yerbe et celui deYAdjectif, oĂč cette question a dĂ©jĂ Ă©tĂ© traitĂ©e.
EXERCiCE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Câist son inlĂ©rĂȘtj'plus que la gloircj quâit a ambitionnĂ©.
Câest la gloire, plus qiiĂš son idtĂ©rĂȘt, qiiâil a anibitĂźdnnĂ©e- '
âNâ DCXXIX.
âą ^
* ^ 4
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DE DEĂX SUBSTANTIFS UNIS PAR LA PRĂPĂSIâTION de*
â Accord çLVOc Ăźe premier substantif.
Ce mal était devenu nécessaire dans une ville
immense, opulente et oisive, oĂč une partie des ciÂŹ
toyens était sans cesse occupée k accuser Tautre.
(Voltaire.)
Comment pourrai-je, madame, arrĂȘter ce torrent
de larmes gue le temps në pas épuisé, que tant de
sujets de joie n'ont pas tari? (BossĂŒet.)
Le plus grand nombre des insulaires fut égorgé.
(Marmontel.)
Quand les rois nâĂ©taient pas encore parvenus au
degrĂ© de puissance gĂŒils ont eu depuis, la veuve de
Louis le Gros ne fit aucune difĂŒcultĂ© dâĂ©pouser
Matthieu de Montmorency. (Voltaire.)
Tous les hommes ont toujours quelque petit grain
de folie mĂȘlĂ© k leur science. {Id.)
Jâeus une maladie assez sĂ©rieuse, causĂ©e par la
trop grande quantitĂ© de liqueurs que jâavais buĂ©.
(Florian.)
Accord avec Ăźe ucgnd substantif, .
Les uns coururent se jeter dans la riviĂšre de
Narwa, et une foule dĂȘ soldats y furent noyĂ©s,
(Voltaire.)
JâĂ©vitai par unĂ© prompte fuite une grĂȘle de coups
qui seraient tombés sur rnoi. (Le Sage.)
Quels miracles un pétU nombre de soldais, per
suadĂ©s de lâhabiletĂ© de leur gĂ©nĂ©ralrne peuvent-ils
pas enfanter? (CĂčateaĂŒbiuand.)
On voit quâils eurent dans leur langue un mĂ©lange
harmonieux de consonne# douces et de voyelles
quâaucun peuple de lâAsie nâa jamais connues.
(Voltaire.)
I
Cet ouvragĂ© dâAfistote sĂ«st prĂ©sentĂ©, Ă mes yeux
comme ĂŒne tablĂ© de matiĂšres gĂŒon aurait extraites
de plusieurs milliers de volumes. (Buffon.)
Que Voit-il, le pécheur, dans cette longue suite de
jours qu'il a passés sur là terre? (Massillon.)
m
Quanrt un participe passé est précédé de deux substantifs unis par ßà préposition
de, il faut chercher, pour Taccord, celui qui est le plus en rapport dâidĂ©e avec lui; car
câest celui-lĂ qui acquiert la principale influence; TaĂŒtre nâofire quâune idĂ©e secondaire
sur laquelle Tatteritiou glisse facilement. Câest ce que nous avons dĂ©jĂ observĂ© pour Tac-
cord de Tadjectif et du verbe.
Cette rÚgle suffit pour résoudre toutes les difficultés. Si elle diffÚre de celle posée par la
plupart des grammairiens, cĂ«st que ceux-ci, au Heu de sâĂ©lever Ă la hauteur des vues de
Tesprit, ne consultent souvent, dans leurs rÚgles de concordance, que Tarrangement maté- .
riel des mots. * .
Cette rĂšgle sâapplique Ă©galement au participe prĂ©cĂ©dĂ© des motspew de, ainsi quĂ«n le
voit par les exemples qui suivent :
â Mais dâoĂč viennent ces difficultĂ©s, si ce nâest du Le peu de talents et de' connaissances que Chris-
peu d'application gĂŒon y a donnĂ© jusqu'ici? tine avait remarquĂ©s en lui ne Pavait pas empĂȘchĂ©e
(BeauzĂ©ĂȘ.) de lui confier le soin de ses affaires.
(DâAxbmbbbt.)
( 700 )
MalgrĂ© le peu dâapprobation gĂŒa eu la saignĂ©e
de M. le comte, jâai trĂšs-grande fol Ă La MĂ©trie.
(Voltaire.)
Le peu de sĂ»retĂ© gue jâai vu pour ma vie Ă re-
tonrner uNaples, mây a fait renoncer pour toujours.
(Boilbau.)
Les Américains sont des peuples nouveaux; il
me semble qu'on nën peut pas douter au peu de
progrÚs que les plus civilisés dëntre eux avaient fait
dans les arts. , (Buffon.)
Cëst ce qui me paraßt difficile à décider, à cause
du peu de renseignements que nous ont laissé les
anciens. . (Buffon.)
Le peu dâinstruction gĂŒil a eu le fait tomber
dans mille erreurs. (Marmontel.)
Il ne laissa pourtant pas, en lui donnant des
marques de son affection, de lui reprocher le peu
de confiance gĂŒil avait eu en lui. (Le Sage.)
Je ne crois pas que jëusse besoin de cet exemple
dâEuripide pour justifier le peu de libertĂ© que fai
prise. - (Racine.)
Je ne parlerai pas du peu de capacitĂ© que jâal
acquise dans les armées. . (Vertot.) *
Le peu de utĂ«res guâon a conservĂ©s ou recueillis
est portĂ© Ă un prix qui effraie lâindigence, et qui
pĂšse mĂȘme Ă la richesse. (La Uarpb.)
Déjotanus gagne le port de PhasÚte, petite ville
oĂč il nâa point Ă craindre le peu dâhabitants que la
guerre y a laissés- (Marmontel.)
Elle regagne par une course rapide le peu de mo-
mehts guëlle a perdus. (Fontanelle.)
Le peu de troupes gĂŒil a rassemblĂ©es ont tenu
ferme dans leur poste. (Marmontel.)
Le mĂȘme principe reçoit encore son application lorsque le participe passĂ© est pré
cĂ©dĂ© dâun adverbe de quantitĂ©, quel quâil soit, comme le tĂ©moignent les citations qui
suivent :
Tant de faiblesse vous avez eu!
(Cité par Bescubr.)
Comment tant de vertu peut-il ĂȘtre ignorĂ© Ăź
(Cité par Bomfacb.)
Jamais tant de vertu nĂ« Ă©tĂ© rĂ©uni Ă tant dâintelÂŹ
ligence. (Cn. Nodibr.)
Si vous saviez com&tën de prudence et de retenue
il atm'a dans cette entrévue dangereuse.
(Cité par Bescher.)
Voyez gue dâherbe il a foulĂ©! {Id.)
Que dâeau il a rĂ©pandu par terre^ {Id.)
Jamais tant de vertu fut-elle couronnée? (Racine.)
Jamais "tant de savants ne furent immolés.
(Voltairb.)
Autant de vertus gĂŒelle a pratiquĂ©es, sont auÂŹ
tant de sujets de confiance en la bonté de Dieu. .
(Fléchier.)
Que dâherbes \\ a arrachĂ©es! (CitĂ© par Bescher.)
Que dâeaux diffĂ©rentes il a mĂȘlĂ©es ensemble! {!d.)
Tant de malheurs gue vous avez soufferts, ne vous
ont point encore appris ce qĂŒil faut faire pour Ă©viÂŹ
ter la guerre. (Fénelon.)
On reconnaĂźt encore lâinfluence du mĂȘme principe dans ces exemples ;
Câest un des bons mĂ©decins de Paris gĂŒil a conÂŹ
sulté. (Cité par Bescher.)
Un de vos valets gue jâai rencontré» mĂ« annoncĂ©
votre départ. (/d.)
Un de mes amis gue jëi visité hier, më assuré
que vous restiez. {Id.)
âąCâest un des plus cĂ©lĂšbres mĂ©decins gue vous avez
consulté. {Id.)
Un des droits les plus sacrés gue la constitution
nous .1 garanti» que la rĂ©volution mĂȘme a consacrĂ©,
câest la libertĂ© de conscience. (Jd.)
Câest une des pires Ă©ditions que vous avez achetĂ©e.
{Id.)
Câest un des moindres, un des plus lĂ©gers services
gĂŒil.vous a rendu. {Id.)
CĂ«sl un des plus jolis rĂȘves que jâai fait.
{Id.)
Ce sera un des plus grands bienfaits gĂŒil nous
aura procuré. {Id.)
ĂŒn de nos meilleurs Ă©crivains qui sâest prĂ©sentĂ©
chez moi, mâa communiquĂ© votre manuscrit.
Ud.)
Quant Ă Bayle, on sait que câest un des plus
grands hommes que la France ait produits.
(Voltaire.)
VoilĂ , parbleu, un des plus honnĂȘtes et des.plus
consciencieux avocats gue j'aie uns de ma vie.
(De Brueys.)
Les Anglais Ă©taient sous les ordres dâun des plus
singuliers hommes gĂŒait jamais portĂ©s Cc pays si
fertile en esprits fiers, courageux et bizarres.
(Voltaire.)
La scĂšne de la conspiration me paraĂźt une des
pĂźus belles et des plus fortes quâon ait encore vues
au théùtre. {Id.)
C'est une des plus grandes fautes que la politique
ait jamais/*attes. (De Pradt.)
La raison de cette inaction était un des desseins
les plus difficiles à exécuter guëit jamais formés
lâimagination humaine. (Voltaire.)
FrançoisMansard, lâun des plus grands architectes
gĂŒait cuv la France. {Id.)
Vous ĂȘtes un des plus absurdes barbouilleurs do'
papier qui se soient jamais mĂȘlĂ©s de raisonner.
(Voltaire.)
( 701 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
troii|)e'{le nos Jeunes gens sâest Ă©laticcc.
Uq essaim dâabeilics sâest agglomĂ©rĂ©.
Le reste de nos soldats sâest retirĂ©.
Les sacs dâespĂšces que jâai |iortĂ©s.
Une foule de guerriers se sont offerts.
Une foule, une troupe dâoiseaux se sont rassemblĂ©s.
La plupart des bataillons que nous avons form«. ^
Il tomba sur un monceau de morts qu'il avait immolés à sa fnrOBT*
N" DCXXX.
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DU PRONOM en.
En NON prĂ©cĂ©dĂ© D*ON RĂGIME DIRECT.
HĂ©lfis ! jâĂ©tais aveugle en mes vĆux aujourdâhui;
J'en ai fait contre toi quand jën ai fait pour lui.
(Corneille.)
II crut avoir vu des miracles etmĂšme en avoir fait.
(Voltaire.)
Il nây a quâune tontine qui soit onĂ©reuse; aussi
les anciens nâen ont jamais fait. (Id.)
Les publicistes ont fait de gros livres sur les
droits au royaume de JĂ©rusalem. Les Turcs nâen
ont point fait, (Id.)
Je ne hais point les grands, jën ai vw quelquefois
Quâun dĂ©sir curieux attirait dans nos bois.
{Id.)
Il nĂ«st que trop vrai qĂŒil y a eu des anthropoÂŹ
phages, nous en avons trouvé en Amérique.
[Id.)
Que jâaĂź dĂ«nvie de recevoir de vos lettres ! Il y a
dĂ©jĂ prĂšs dâune demi-heure que je nâen ai reçu.
(M»*« de Sévigné.)
Les PhĂ©niciens, en dĂ©couvrant lâAndalousie, et en
y fondant des colonies, y avaient établi des juifs, qui
servirent de courtiers, comme ils en ont servt partout.
(Voltaire.)
Tout le monde mâa offert des services, et personne
ne mâen a rendu. (ĂViâÂź de Maintenon.)
En PRĂCĂDĂ dâun rĂ©gime direct.
Croyons-le donc comme lui, malgré les railleries
Quâon en a faites.
(Voltaire.)
La traduction que jâen ai faite est loin dâatteindre
Ă la force et Ă la bonne plaisanterie de lâoriginal.
{Id.)
La derniÚre scÚne de la Afort de César est trÚs-
mal-imprimée et toute tronquée dans la misérable
Ă©dition Quâon en a/atte. i^d.)
11 nây avait peut-ĂȘtre pas en Europe dix gentilsÂŹ
hommes qui eussent la Bible ; elle nâĂ©tait point traÂŹ
duite en langue vulgaire, ou du moins les traducÂŹ
tions Quâon en a faites dans peu de pays Ă©taient
ignorées. * , (Id.)
Les rois qui les ont deyancés,
SitĂŽt qĂŒils y montaient sâen sont dus renversĂ©s.
(Racine.)
Voyez comme vous vous en ĂȘtes bien trouvĂ©e
avec ce vice-lĂ©gat. (MâÂź de SĂ©vignĂ©.)
Cassius, naturellement fier et impérieux, ne cher
chait dans la perte de César que la vengeance de
quelques injures qu'il en avait reçues. (Vertot.)
Il y remarqua beaucoup dâimpies hypocrites qui,
faisant semblant d'aimer la religion, sën étaient
servis comme dâun beau prĂ©texte. (FĂ©nelon.)
Les papes sën étaient rendus insensiblement les
maĂźtres usufruitiers. (Voltaire.)
LĂ«mploi du pronom en devant le participe, tout simple quâil paraĂźt, est peut-ĂȘtre
Vune des plus grandes difficultés de la langue. Pour juger de Tinfluence de ce pronom sur
le participe, il est essentiel de bien se rendre compte de sa valeur, et de le suivre dans
ses décompositions analytiques, en consultant les vues de Tesprit, qui influent toujours
sur les signes orthographiques, et qui marquent dâun sceau particulier les diverses nuances
de signification des mots.
Nous avons fait voir au chapitre des Pronoms, que le pronom en, qui se résout toujours
par de ce, de cet, de cette, de ces, avec Ténonciation du nom déjà exprimé ou sous-entendu,
remplit deux fonctions différentes : celle de complémentdirect, commedansles exemples de
la premiÚre colonne, el celle de complément indirect, comme dans ceux de la seconde.
Or, péut-on dire, puisque dans les exemples de la premiÚre colonne le pronom en fait
Ja fonction de régime direct, ou plutÎt, pour parler dëne maniÚre plus exacte, ren
ferme implicitement Texpression du rĂ©gime direct, et qĂŒil se trouve placĂ© avant le parÂŹ
ticipe, pourquoi ne suit-il pas la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, et nâexerce-t-il pas la mĂȘme influence
sur le participe que les autres rĂ©gimes de mĂȘme nature? DâoĂč vient qiTon ne dit pas, en
{ 702 )
parlant de fruits, jĂ«n ai mangĂ©s, et en parlant dâindividus, jĂ«n'ai vus, jĂ«n ai renconÂŹ
trĂ©s? Lâanalyse nâest-elle pas delle-ci : Jâoi plusieurs de ces fruits mangĂ©s; jĂ«i pluÂŹ
sieurs de ces genswjs, rencontrĂ©s? Lâaccord du participe, en cette circonstance, ne
sâappuie-t-il pas dâailleurs sur des autoritĂ©s?
LâusagĂš des cloches est chez les Chinois de la
plus haute antiquité; nous nën avons eues en
France quâau sixiĂšme siĂšcle de notre Ăšre
(Voltaire.)
Entre mille beautés, ces délices des ames,
En as-tu vue, Osmin, dont les attraits
Ăgalent ceux d'Ămilie?
(Favart.)
Vous critiquez nos piÚces de théùtre avec Tavari-
tage, non seulement dën avoir vues, mais encore
dĂ«n avoir faites. (DâAlembert.)
J'avais cherchĂ© ĂŒn moyen de donner Ă mes obserÂŹ
vations sur ces lois un air de nouveauté. Comme je
viens de le dire, à plusieurs époques on en a pro
posées et adoptées.. (Benjamin Constant.)
Il est impossible de disconvenir que cette maniĂšre dâĂ©crire ne rĂ©pondĂźt au vrai sens des
mots. Si elle prévalait, elle ferait disparaßtre toute difficulté; Temploi du pronom en, suivi
du participe, rentrerait dans la rÚgle générale; mais il nën est pas ainsi. Le nombre des
exemples que Ton vient de citer est bien faible eri comparaison de ceux qui leur sont opÂŹ
posĂ©s. Quoique nous ne prenions pas lĂ plume pour justifier un usage qui paraĂźt sâĂ©carter
des principes généraux de la grammaire, nous sommes contraints de tracer la rÚgle telle
que cet usage Ta consacrée. En quittant les routes battues, nous pourrions sembler mé
connaĂźtre TautoritĂ© de nos grands Ă©crivains, qui tous sâaccordent sur ce point, et comÂŹ
promettre ainsi Tautorité de nos solutions.
Nous poserons donc ainsi la rĂšgle : Toutes les fois que le pronom en nâest pas prĂ©cĂ©dĂ©
dâun rĂ©gime direct, le participe qui suit est invariable : ĂŻaime les fleurs, jâEN ai cueilli.
Lâusage Ta Ă©tabli ainsi.
Le participe, au contraire, varie si le pronom en se trouve prĂ©cĂ©dĂ© dâun rĂ©gime direct,
comme cela a lieu dans tous les exemples de la deuxiÚme colonne : Je n'ai point oublié ce
pays ni les mervrilles Quâon en o racontĂ©es ,
/
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Oc9 soupçons, Je n'*en ei point eu.
DĂš lĂą jalousie, je n'eu ai point en,
DÚ mes lettres, il n*en a jùmùU rÚçii.
Deç compliments, tous ne m'en avez jamais fait.
Dés révenants, personne n'eh a fu. '
Les soupçons qne jâen ai conçus.
La jalousie que jâen ai eue.
Les lettres quâil en a reçues.
Iras compliments que vous mâen aTei faits.
Iras échantillons que j'en ai vus.
N° DCXXXi.
PARTICIPES PASSĂS ACCOMPAGNĂS DE en ET D'uN ADVERBE DE QUANTITĂ
Adverbe de quantité placé aprÚs le participe.
Le glaive a tué bien des hommes,
La langue en a tué bien plus.
(Franç. de NeĂŒfchateau.)
penai connu beaucoup qui, polissant leurs mĆurs,
Des heaui-arts avec fruit ont fait un noble usage.
(Voltaire.)
I) sait beaucoup de choses, il en a inventé quel-
QĂŒbs-ones. ^ {Id.)
Le Télémaque a fait quelques imitateurs, les Ca
ractĂšres de La BruyĂšre en ont produit davantage.
, [Id.)
Tous jurÚrent alors dëbéir aux ordres du bacba
sans dĂ©lai, et curent autant dâimpatience dâaller Ă
1 assaut qĂŒils en avaient eu peu le jour prĂ©cĂ©dent*
(W.)
Adverbe de quantité placé avant le participe.
Quant aux sottes gens, plus jën ai connus y
MOINS jĂ«n ai estimĂ©s. â (CitĂ© par Dessiaux.)
Il y en a beaucoup dâappelĂ©s et peu dV/us.
(Cité par Besçuer.)
Des pleurs, ma faiblesto en a tant répandus I
(Voltaire.)
Ces terribles agonies effraient plus les spectateurs
quëlles ne tourmentent le malade; car combien
nâen a-t-on pas vus qui, aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă la derniere
extrĂ©mitĂ©, nâavaient aucun souvenir de tout ce qut
sâĂ©tait passĂ©, non plus que de ce qĂŒils avaient senti.
( 70o )
Le roi avait quatre cent cinquante mille hommes
cn armes; lâempereur turc, si puissant en Europe,
en Asie et en Afrique, nën a jamais ew autant.
. (Jd.)
Les animaux que lâhomme a le plus admirĂ©s sont
ceux qui ont paru participer Ă sa nature. Il sâest
Ă©merveillĂ© toutes les fois quâil 'en a vu qĂŒelqoes-
UNS faire ou contrefaire des actions humaines.
(Buffon.)
Un seul physicien mâa Ă©crit quâil a trouve une
écaille d'hußtre pétrifiée sur le mont Cenis. Je dois
le croire, ct je suis trĂšs-Ă©tpnnĂ© quâil nây en ait pas
VW DĂS CENTAINES. " (YOLTAIRK.)
Combien Dieu en a t-il exaucés!
(Massillon.)
Combien en'a-t-on vus, je dis des plus huppés,
A soufĂer dans leurs doigts dans ma cour occupĂ©s!
(Racine.)
Combien en a-t*on vus jusquâau pied des Ă»utqls,
Porter lin cĆur pĂ©tri de penchants criminel»*Ăź âą
(Voltaire.)
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tĂŽt ĂȘtre riches!
(La Fontaine.)
Autant dënnemis il a attaqués, autant il en a
vaincus. (Cité par Dessiaux.)
Toutes les fois qĂŒun participe passĂ© accompagnĂ© du profiom en est suivi dâun adÂŹ
verbe de quantité, il est.invariable; il varie, au contraire, si cet adverbe le précÚde,
comine dans les exemples de la deuxiÚme colonne: Autant d'ennemis il aattaqués, au
tant il EN a VAINCUS. Cet exemple, dit M. Dessiaux, prouve manifestement qĂŒil y auÂŹ
rait contradiction, inconséquence absurde à laisser invariable le participe dans le second
membre de la phrase, car en se traduit nĂ©cessairement par d'ennemis, dâoĂč cette Ă©quation :
Autant dâennĂiMIS a autant dâennemis il a vaincusĂe principe contraire
Ă celui que nous Ă©tablissons ne peut donc .ĂȘtre admis que par des gens irrĂ©flĂ©chis ou
prévenus. . '
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
J'ca ai connn beaucoup.
On en a vu tant qui...
J'en ai beaucoup connus qui.,.
Combien n'en a-t-on pas vus qui.
b
Nâ DCXXXII,
t * âą
participes , passĂ©s avec en prĂ©cĂ©dĂ© dâĂŒn adverbe de quantitĂ© pris DANS UN
SENS intĂ©gral 0U NE PRĂSENTANT QĂŒâĂŒNE IDĂE FRACTIONNAIRE.
Sens intégral.
i
Son supplice fit plus de prosélytes en un jour,
que les livres et les prédications nen avaient faits
en.plusieurs apnées. (Voltaire.)
Que les grandes'puissances de lâEurope .apprenÂŹ
nent qĂŒil leur faudrait beaucoup moins dâEFpoRTS
pour cette riche conquĂȘte, qĂŒelles nâen ont faits
depuis vingt ans pour détruire, en dernier résultat,
lâindĂ©pendance de quelques petits Ă©tats.
(JULLIEN.)
Les sĂ©nateurs accumulĂšrent sur sa tĂȘte p/us dâiioN-
ITEURS quâaucun mortel nâen avait encore reçus. ]
(De Ségur.)
Il est probable que notre habitation a éprouvé
autant de révolutions en physique, que la rapa
citĂ© et lâambition en ont causĂ©es parmi les peuples.
(Voltaire.)
Sens fractionnaire.
Par son analyse, il a fait faire plus de progrĂšs Ă
la gĂ©omĂ©trie quâelle'nâen avait /âat/'depuis la crĂ©aÂŹ
tion du monde. (Thomas.)
Les Russes ont fait en quatre-vingts ans, que
les vues de Pierre ont été suivies, plus de progrÚs
que nous nâen avons fait en quatre siĂšcles.
(Voltaire.)
VoilĂ une partie des chimĂšres quâune politique a
mises sous le nom dâun grand ministre, avec cent
fois moins de discrĂ©tion que JâabbĂ© de Saint-Pierre
n'en a montré: (Id.)
La théologie scolastique, fille bùtarde de la phi
losophie dâAristote, mal traduite et mĂ©connue, fit
PLUS de tort à la raison et aux bonnes études que
nâen avaient fait les Huns et les Vandales.
(Voltaire.)
Ce tableau est suffisant pour bien faire comprendre : âą
1Ÿ Que quelquefois le régime est représenté par un adverbe de quantité tenant lieu
dâun collectif; et quâalors, si le substantif auquel se rapporte le pronom en dĂ©signe des
ĂȘtres distincts, des touts individuels, le participe varie (DÂź colonne) ;
2Ÿ Que si le pronom en est relatif à unjsubstantif singulier pri#dans son sens génc *
( 704 )
rtque, Tadverbe de quantitĂ© ne prĂ©sente plus qĂŒune idĂ©e fractionnaire, el dĂšs lors il ne
peut imposer ni genre ni nombre au participe, puisque le sens nëst pas intégral, puisque
cet adverbe ne dĂ©signe point une collection dâĂȘtres, Ă chacun desquels peut convenir
le nom commun, mais bien une partie de lâobjet compris sous lâidĂ©e de ce substantif
{2Âź colonne).
II faudrait encore écrire : Plus nous m'avez servi de coNFitURES, plus J'en ai mangé ,
parce que le nom con/ß/wres, bien que pluriel, ne désigne pas des objets distincts.
Lâaccord du participe prĂ©cĂ©dĂ© du pronom en offrait quelques difficultĂ©s. Nous croyons
les avoir toutes résolues. Du moins la question est considérée sous tous ses aspects. Ce ne
sont point les grammaires que nous avons consultées pour asseoir les bases de notre ju
gement. En vain y aurions-nous cherché la solution des difficultés que fait naßtre cette
question. Les grammairiens lâont Ă peine abordĂ©e. Nous avons moissonnĂ© dans un champ
plus fertile. Câestla maniĂšre gĂ©nĂ©rale dâĂ©crire de nos meilleurs auteurs qui nous a servi
de guidĂ© et de point dâappui. Câesl dans notre bonne littĂ©rature que nous puisons ordiÂŹ
nairement nos décisions grammaticales, et que nous cherchons à pénétrer les motifs qui
doivent déterminer à choisir, dans des circonstances données, plutÎt tel signe orthogra
phique que tel autre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Cet homme aTait une éminente vertu. Combien il en a montré
dans le cours de sa vie !
Cet arbre m'a donné beaucoup de fruit; plus il en a prodntt . plus
jâen ai vendu.
On ne peut se figurer sa peine, tant il en a ĂšpronvĂš !
Que de science Ăźf a acquise 1 '
Cet bomme avait de çrandes vertus. Combien il en a montrée*
dans le cours de sa vie i
Mon verger m'a donné beaucoup de fruits; plus il en a produits,
plus j'en ai vendus. ' âą
On ne peut se figurer ses peines, tant il en a éprouvées !
Que de sciences il a étudiées !
«.*<0 N" DCXXXIII
PARTICIPES PASSES SUIVIS D UN INFINITIF.
Accord.
Pour ĂȘtre plus sĂ»r delĂ vĂ©ritĂ© de ces deux choses,
U faut les avoir vues sâaccomplir rĂ©ellement.
(J.-J. Rousseau.)
Je vous ai cSht fois entendue dire dans mou enÂŹ
fance, que vous ne pardonniez point Ă une jolie
femme... (Le Sage.)
Quant Ăą son mors, il doit ĂȘtre dâor Ăą vingt-trois
karats, car il en a frotté les bosselles contre une
pierre que jâai reconnue ĂȘtre une pierre de touche,
et dont j*ai fait lâessai. . (Voltaire.)
Ainsi des temples furent Ă©levĂ©s, avec le temps, Ă
tous ceux gĂŒon avait supposĂ©s ĂȘtre nĂ©s du coin-
mKCo surnaturel de la divinité avec une mortelle.
{id.)
A peine Zâavons-nous entendue parler. (Id,)
La désobéissance sëst trouvée monter au plus
haut point. - (DâOlivet.J
I
Ils nĂ«nt pas Ă©pargnĂ© les maisons de ceux guâils
ont sus ĂȘtre acquĂ©reurs de biens dits nationaux.
(Cité par Bescuer.)
Elle employait cette priĂšre gĂŒelle avait dite ĂȘtre
celle du malade. " '{id.)
Invariabilité.
Ils ne nous ont pas vu Vun et Vautre élever.
Moi, pour vous obéir, et vous, pour me braver,
(Racine.)
Pour ĂȘtre sĂ»r de la vĂ©ritĂ©, il faut ZĂ«voir entendu
annoncer dâune maniĂšre claire et positive.
(J.-J. Rousseau.)
Il n'est pas croyable quâHomĂšre et Virgile se
soient soumis par hasard Ă cette rĂšgle bizarre gue le
pÚre Le Bossu a prétendu établir. (Voltaire.)
Paul sâĂ©tant rendu par hasard dans ce lieu, fut
rempli de joie en voyant ce grand arbre sorti dâune
petite graine gĂŒil avait vu planter.
(Bern. de Saint-Pierre.)
CâĂ©tait une prĂ©tendue profession de foi gue des
polissons inconnus disaient avoir entendu prononcer.
(Voltaire.)
Il nâest pas Ă©tonnant que des princes qui avaient
dĂ©trĂŽnĂ© leur pĂšre, se soient voulu exterminer lâun
Vautre. . {id.)
Asservie Ă des lois gue jâai su respecter.
Câest dĂ©jĂ trop pour moi que (le vous Ă©couler.
(Racine.)
Lâalliance gue Judas avait envoyĂ© demander fut
accordée. (Bossubt.)
(705 )
Comment savoir quand le participe prĂ©cĂ©dĂ© dâun rĂ©gime et immĂ©diatement suivi dâun
infinitif est variable ou non? ïl faut examiner si le nom qui le précÚde est le régime du
verbe avoir ou celui de Tinfinitif; dans lo premier cas, le participe varie ; dĂ ns le second,
il est invariable. .
On reconnaßt mécaniquement que le nom ou le pronom qui précÚde le participe est le
régime du verbe avoir el non de IHnfinitif, lorsque ce dernier'peut se changer en parti
cipe présent. On reconnaßt que. ce nom ou pronom est le régime de Tinfinitif lorsque ce
changement ne peut avoir lieu. Ainsi, dans les phrases suivantes : Les personnes qne j'ai
Entendues chanter ; les enfants que j'ai vus dessiner, on peut dire : Les personnes que
fai entendues chantant, qui chantaient; les enfants que fai vus dessinant, qui
dessinaient; et Ton ne pourrait dire dâune romance : Je Vai entendu chantant ; mais
bien fai entendu quelqu'un chanter cette romance.
Les phrases suivantes : Les enfants que fai y vs jouer, la femme que fai vue peindre,
équivalent donc, pour le sens, à celles-ci : Les enfants que j'ai vus (en train de) jouer ;
la femme que fai vue (occupée à ) peindre-. Celte explication suffit pour faire sentir la
nécessité de Taccord du participe. .
Quelquefois, entre le participe et Tinfinitif, il y a un mot sous-entendu, comme dans
ces.phrases: Je les ai envoyés cueillir des fruits, puiser de l'eau, couper du bois,
chercher des nids d'oiseaux, qui sont des abrégés de: J'ai eux envoyés,(pour, afin do)
cueillir des fruits, etc. Lâaccord du participe nâen doit pas moins avoir lieu.
1 EXERCICE PERASĂOLOGIQĂŒE.
Je In ai tus prendre la fnĂźte.
Je les ai tus voler des fruits.
Je les ai vus frapper.
Le» enfants que /ai vus dessiner.
Les personnes que j'ai entendues chanter.
Je les ai vus vaincre.
Je les ai entendus louer leurs ennemis*
Ces élÚves que j'ai vus écrire.
La maison que j'ai vue tomber en ruines.
Je les ai vu prendre sur le fait.
Je les ai vn' voler par des lilous.
Je les ai vn frap|»er.
Les paysages que jâii vu dessiner.
Les airs que j'ai entendu chanter. ^
Je lĂ©s ai vĂŒ vaincre.
Je les ai entendu louer mĂȘme par leurs ennambv.
La lettre que j'aß vu écrire.
La maison que j'ai vu bĂątir.
N° DCXXXIV.
DU PAUTICIPE laissĂ© SUIVI dâun INFINITIF.
ACCORD.
Son pÚre sait bien que tout le menu linge nëût
point eu dâautre blanchisseuse quĂ«lle, si on Zâavait
laissée faire. {J.-J. Rousseau.)
II est écrit que Dieu në pas révélé ses jugements
aux Gentils, et quâil les a laissĂ©s errer dans leurs
voies.â {Id.)
0 Julie! si le destin fëût laissée vivre ! {Id.)
Et je V0U5 ai laissés tout du long quereller, \
Pour voir oĂč tout cela pourrait aller...
(MoliĂšre.)
-Nephté ne sëst point laissée aller, comme bien
des rois, aux injustices. (Terrasson.)
INVARIABILITĂ,
Ils Ă©taient punis pour les maux gĂŒils avaient
laisse faire. (Fénelon.)
Rappelez-vous, AthĂ©niens, Ăźes humiliations quâil
vous en a coĂ»tĂ© pour vous ĂȘtre laissĂ© Ă©garer par vos
orateurs. (Voltaire.)
EUe rougissait de honte de «ĂȘtre laissĂ© vaincre
au sommeil. (Amyot.)
Ils avaient été condamnés aux peines du Tartare,
pour sëtre laissé gouverner par des hommes mé
chants el artificieux. (Fénelon.)
Tous les soldats sâĂ©taient laissĂ© vrendre en sa
présence. (Voltaire.)
Comme dans le numéro précédent, il faut bien examiner si le nom ou le pronom qui
précÚde le participe est le régime du verbe avoir ou do Tinfinitif qui suit. Dans le premier
cas, il y a accord ; dans le second cas, le participe reste invariable.
Je le* ai laissĂ©s partir, cĂ«st-Ă -direjâot et«e /atisĂ©# au moment qu'ils partaient ; je
89
( 706 )
Us ai LAISSĂ emmener, câest-Ă -dire j'ai laissĂ© emmener eux. Cette diffĂ©rence de construcÂŹ
tion suffĂźt pour foire comprendre la diffĂ©rence dâorthographe du participe.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Je les ai laissés arnver, partir, venir, sortir, passer, marcher,
courir, chanter, manger, boire, rire, pleurer.
Je'lcs ai laissés gronder*
Je les ai laisses chasser.
Us sÚ sont laissé tuer, sÚdaire, Tà inere, gouverner, conduire, ren
fermer, assommer, voler.
Je les ai laissé gronder.
Je les ai laissé chasser.
Nâ DCXXXV. r-
DU PARTICIPE fait SĂIVI dâĂŒN INFINITIF.
Les serpents paraissent privés de tout moyen de
se mouvoir, et uniquement destinés à vivre sur la
place oĂč le destin les a fait naĂźtre. (LacĂ©pĂšde.)
Deux fois Ă mon oreille ils se sont fait entendre.
(VOLTAIBE.)
Les bontés que vous m'avez fait sentir, me don
nent le droit de me servir dâun nom si tendre.
(Fénelon.)
Par une Ă©trange facultĂ©, ĂŒ peut faire rentrer dans
son sein les petits monstres que lâamour en a fait
sortir. (Chateaubriand.)
Le participe /a{/suivi immĂ©diatement dâun infinitif est toujours invariable, parce qĂče
ce participe forme avec lâinfinitif une expression insĂ©parable, du moins dans la pensĂ©e.
On les a fait sortir, signifie on a fait sortir eux, on a expulsé eux, ou mieux on a fait en
sorte qu'ils sortissent. '
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Le hasard les ayant fait nqßïre dans le mĂȘme
mois, tous deux moururent presque au mĂȘme Ăąge. ,
(Hénault.)
. Elle jâest fait aimer, elle mâa fait haĂŻr.
(Corneille.)
Rappellerai-je tous les maux que mâa fait souffrir
Une mĂšre? (Delaportb-DĂŒtheil.)
Dans cc mĂȘme temps, dâautres gĂ©nĂ©raux de Justi-
nien, sortant d'ArmĂ©nie, sâĂ©taient fait battre sur
les frontiÚres de Perse. (De Ségur.)
Elle s'eat fait mourir.
Je l'ai fait élever au couvenL
En quel rang le ciel les a-t-il fait naĂźtre?
La piĂšce qu'ils ont fait jouer.
Les disputes qu'Ăźl a fait naĂźtre.
Les sentiments qu'il vous a fait entendre.
La personne ^ue j'ai fait passer en Angleterre.
Ceux qu'il a si bien fait parler.
N" DCXXXVI.
PARTICIPES PASSĂS SUIVIS dâĂŒN INFINITIF ET PRĂCĂDĂS DE DEUX RĂGIMES.
ACCORD.
Les secours que Ton vous a offerts, madame, et
que je vous ai vue dédaigner, vous auraient été ce
pendant fort utiles.- (Cité par BEsénER.)
VoilĂ , mon fils, le sujet des farmes que tu m'as
vue verser. ^ (Florian.)
* La France se montra dans Tatlitude qĂŒon Tavait
toujours tĂźue garder. âą
Il fallait, comme moi, Tavoir entendue déclamer
Mahomet. (Voltaire.
I INVARIABILITĂ.
Les secours que vous avez implorés, madame, et
gwe jevous ai vu refuser iphumainement, vous auÂŹ
raient sauvée du danger. (Cité par Bescher.)
Il faut quâĂŒs mc chantent une certaine scĂšne
dâune petite comĂ©die que je leur ai vu essayer.
(MoliĂšre.)
La France se montra dans lâattitude gĂŒon lui
avait toujours vu garder. (De Pradt.)
CĂ«sl une question que je leur ai laissĂ© dĂ©mĂȘler.
(J.-J. Rousseau.)
La diffĂ©rence dans la maniĂšre dâĂ©crire ces phrases vient de ce que les pronoms dans la
premiÚre colonne offrent un régime direct, et que dans la seconde ils sont construits en
rapport indirect. Cëst en comparant entre eux les exemples dont le sens diffÚre qu'on par
vient Ă se rendre compte des motife de la variation orthographique
( 707 )
Qui ne sent la diffĂ©rence quâil y a entre les offres de services que je leur ai vu faire,
et les offres de services que je les ai vus faire ? Cette diffĂ©rence est telle qĂŒen confonÂŹ
dant les deux façons dâĂ©crire, on exprimerait souvent le contraire de ce qĂŒon voudrait
faire entendre. , ^ â
EXERCICE PBRĂSĂOtOGIQĂŒE.
Les liq^neurs que je les et tos verser.
Les objets qne je les at vus prendre, enlever, ravir.
Ceux que je les ai vus offïir, porter, présenter, donner, refuser.
Les airs que je vous ai entenaus chanter.
Les liqnenrs que je Icnr aĂź tu verser.
Les objet» que je leur ai vu prendre, enlever, ravir.
Ceux que je leur ai vu offrir, porter, présenter, donner, refuser.
Les airs que je leur ai entendu chanter.
N° DCXXXVII.
PARTICIPES PASSĂS SUIVIS DâuNB PRĂPOSITION ET DâUN INFINITIF.
INVARIABILITĂ.
Partout les rayons perçants de la vérité vont
venger la vĂ©ritĂ© gĂŒil a nĂ©gligĂ© de suivre.
(Fénblon.)
Il entra en Italie, gĂŒil avait rĂ©solu de rendre le
théùtre de là guerre. (Rollin.)
Peut-ĂȘtre pouvait-on bien me l'Ă©pargner, aprĂšs
les services que jâai rendus et les charges qde j'ai
eu l'honneur dâexercer. (M°'« de SĂ©vignĂ©.)
Ne faites rien qui ne soit digne des maximes de
vertu gue jâai tĂąchĂ© de vous inspirer.
(Fénelon.)
CĂ«st une fortification gue jâai appris Ă faire. '
(Vaugelas.)
Je dois rendre compte au ciel des saintes réso
lutions gĂŒil a daignĂ© vous tnsptrcr.
(MoliĂšre.)
Nous ne te demandons pas que tu pardonnes Ă
ceux gue tu as résolu de faire mourir. (Vbrtot.)
. Lâon-'ne mâaccusera pas de mâĂȘtre fort occupĂ©
jusqu'ici des critiques gĂŒon a trotivĂ© bon de diriÂŹ
ger contre mes écrits. (Benjamin Constant.)
Quels travaux n'a-t-elje pas eu Ă supporter avant
de se reposer dans le port oĂč on la voit;
(De Pradt.)
Law revenant une seconde fois bouleverser la
France avĂšc des billets, trouverait des ennemis plus
acharnĂ©s quâil nĂ«n avait eu Ă combattre dans ses
premiers prestiges. (Voltaire.)
Il faut bien examiner, comme on voit, si le régime direct qui précÚde le participe est
celui du verbe avoir on bien celui de Vinfinitif. Lorsque le régime appartient au verbe
avoir, le participe varie; dans le cas contraire, il est invariable. Dans celte phrase :
Etudiez la leçon que vous avez oubliĂ© dâapprendre, le que est le rĂ©gime direct dâapÂŹ
prendre ; Yous avez oubliĂ© dâAPPRENDRE laquelle leçon. Mais dans cette autre phrase:
Etudiez la leçon Qxj'on vous a donnée à apprendre, le que est régime direct du verbe
avoir; on vous a laquelle leçon donnée afin de Vapprendre , pour que vous Vap
prissiez. .
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
accord.
Toute la cour a été pendant trois jours en com
bustion au sujet dâune mauvaise comĂ©die gue jâai
empĂȘchĂ©e dâĂȘtre reprĂ©sentĂ©e. (Voltaire.)
II a souffert la hardiesse gue jâai prise de le conÂŹ
tredire. . (/d.)
On sâest Ă©levĂ© avec force contre la tĂ©mĂ©ritĂ© que
nous avons eue de vouloir juger de cette cour orienÂŹ
tale. (/d.)
Jâai marchĂ© aux ennemis, que jâai contraints de'
se renfermer dans leurs places. (Vertot.)
La plante mise en libertĂ© garde lâinclinaison qĂŒon
lâa forcĂ©e Ă prendre. (J.-J. Rousseau.) .
En mémoire de la grùce que Dieu nous a faite
dâavoir aboli la superstition et recouvrĂ© lĂ libertĂ©.
(Voltaire.)
Il ne sâopposa point Ă lâhabitude que le parlement
avait pma de lâappeler toujours Monsieur, (/d.)
La permission que le czar avait donnée de vendre
du tabac dans son empire, malgré le clergé, fut un
des plus grands motifs*des séditieux. ~ (/d.)
On sait assez quelles peines la sagesse du roi et
du ministĂšre a eues Ă calmer toutes ces querelles,
aussi odieuses que ridicules. (/d.)
Aimez toujours vos parents; .souvenez-vous de la
peine gĂŒils ont eue a vous quitter.
(Louis XIV.)
Le» livres que jâaĂŻ cas Ă lire.
Les travaux que jâai eus Ă faire.
Les mĂ©moires que jâai eus Ă rĂ©gler.
' Les yplnmes que jâai eus Ă transcrire.
Les leçon» que jâai eue» Ă apprendre.
La fobJe qne jâai eue Ă composer.
Les obstacles que jâai eu Ă vaincre.
Les eunemis que nous avons eu Ă combattre.
Iras pérßb quje nous avons eu a courir.
' Les injures quâils ont eu Ă essnjer.
Les ravins qu'ils ont en Ă traverser*
Les peines qu'ils ont su 4 souflĂźdi'.
( 708 )
âąÂ«oKo N* DCXXXVIII.
PARTICIPES PASSĂS SUIVIS ĂUN VĂRBE A TOUT AUTRE MQUE QUE CELUI DR
L INFINITIF.
Les affaires gue vous aviez prĂ©vĂŒ gue vous auriez
eont-cMes terminées? (Beauzée.)
Je tne laissai enieverde lâhĂŽtellerie, au grand dé
plaisir de lâhĂŽte, qui se voyait,par lĂ sevrĂ© de la
dépense gu il avait compté gue je ferais chez lui.
(Le Sage.)
Les mathĂ©matiques, gue vous nâavez pas voulu
gue jâĂ©Zudtasse, sont cependant fort utiles.
(Waillt.)
Mes raisons» gue j'ai cru gĂŒon approuverait, me
paraissent meilleures qĂŒelles nâĂ©taient en effet.
(Cité par Bbscqer.)
Dans ces sortes de phrases, le participe est toujours invariable. Quand on dit : Les
affaires que j'ai prĂ©vu que vous auriez, on ne veut pas dire qĂŒon a prĂ©vu ces affaires,
mais quâon a prĂ©vu quâon aurait ces affaires ; le mot que Ă©tant le rĂ©gime dâun autre verbe
que celui qui prĂ©cĂšde le participe, ne saurait exercer sur ce dernier aucune espĂšce dâin-
flueiicc.
Il nâcn serait pas de mĂȘme si le participe, au lieu dâĂȘtre immĂ©diatement suivi de que.
TĂ©tait de qui; il varierait. Exemples : VoilĂ les malheurs qĂŒe jâai prĂ©vus qui nous ar-
riveraient: les inconvénients que fai soupçonnés qui surviendraient. De pareils ac
cords nâeffarouchent que ceux qui ne sont pas habituĂ©s Ă Tanalyse et aux principes, et
qui nâont jamais rĂ©flĂ©chi jusquâoĂčTon peut Ă©tendre une rĂšgle qui ne souffre aucune exÂŹ
ception.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
. Lfls embarras que jâaĂź au qĂźie von* avit*x.
La Ifçon que voiij avrï vtuilii que j'étuiliasse.
La cĂŒuduiie que j'ai »uj>po9ĂȘ que vous tteodricz.
Les peines que jâai prĂ©vu que voua causerait cette «{Taire.
Les secours'^ue vous avei prétendu que j'obtiendrai».
Quels sout les préparatifs qu'on a dit qu'à failail faire?
N" DCXXXIX.
PARTICIPES PASSĂS A LA SUITE DESQUELS LâiNFINITIF EST SUPPRIMĂ PAR ELLIPSB.
Vous avez aimé votre prochain si vous lui avez
rendu tous les services que vous avez pu, que vous
avez dû. (Cité par Waillv.)
Il a été libre de mettre à cet abandon la condition
quâil a voulu. (Sirey.)
/
Ils ont donné à leurs enfants toute Téducation
que leur & permis leur fortune.
(Cité par Bescher.)
Nâest-il pas louable dâavoir cherchĂ© les plus noires
couleurs gĂŒil a pu, pour donner de Thorreur dâun
si détestable abus? (Arnault.)
Sâil avait demandĂ© M. de Fontenelle pour examiÂŹ
nateur, je lui aurais fait tous les vers gĂŒil aurait
voulu. â (Voltaire.)
Je lui ai lu mon épßtre trÚs-posément, jetant dans
ma lecture toute la force et tout lâagrĂ©ment que fax
pu. (Boileau.)
AprĂšs- Ăźes participes des verbes vouloir, pouvoir, devoir, permettre, on sous-entend
quelquefois Tinfinitif, comirie dans les exemples qui précÚdent. Si vous.lui avez rendu
tous les .^services que vous avez pu, que vous avez DĂ (sous-entendu lui rendre). â lia eu
toutes ks grĂąces qu'il a voulu (sous-entendu avoir). â Les plus noires couleurs qu'il a pu
(sous-entendu trouver). â Les vers quil aurait voulu (sous-entendu avoir). â^ Tout l'a-
grĂ©hientquefai pu (sous-entendu y jeter).âQue leur a permis leur fortune (sous-entendu
de donner).
Dans ce cas, le participe reste invariable, parce que le mot que est le régime des inft-
nitifsellipsés. . *
(709 )
Mais oa doit écrire :
Elle m'a payé les sommes guëlle më dues.
(Cite par BEScnER.)
Il veut fortement les choses gĂŒil a une fois vouÂŹ
lues. - (/d.)
Jëi fait les démarches gue mes parents m'ont per
mises. (Cité par Bescher.)
Tous les maux gue je lui ai voulus lui sont arÂŹ
rivés.
Ici, il nây a aucun mot sous-entendu. Il faut donc toujours bien concevoir ce quĂ«n
veut dire : il nây a que ce moyen dâinfaillible.
âąJ
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
3e roiis ai donné tons les agréments qne fai pu.
Mous lui avons donné tous les secours que nous avons pu.
On a eu pour son Ă©ge et pour sa faiblesse tous les Ă©gards quâon a dĂ».
Ils mâont donnĂ© tous les plaisirs qne fai voulu. â
Elle a obtenu les grĂąces et les bienfaits qu'elle a voulu.
Elles ont lait toutes les dépenses que leur a permis leur fortnao*
Nâ DCXL.
PARTICIPES PASSĂS PRĂCĂDĂS DE V PRONOM.
ACCORD.
Tai vue à la fin, cette grande cité.
(J.-J. Rousseatt.)
Ma cousine est toujours la mĂȘme que je Tai vue.
(Cité par Bescher.)
Cette personne est coupable, depuis longtemps je
Tai soupçonnée. (Id.)
\
Cette difficulté, je Tai reconnue comme impossible
Ă lever. (7d.)
crue
Cette personne est dâun bon caractĂšre; qui TeĂ»t
ue sën serait bien trouvé. {Id.) ,
Cette iufĂąme calomnie, Tavez-vous crue?
Le signifiant cela.
f
JĂ«i vu mĂȘme prĂšs d'eux nos bergers, nos bergĂšrefly
Affecter, je Tai* vu, leurs modes étrangÚres.
(J.-B. Rousseau.)
Cette querelle fut, comme nous Tavons vu, Tti-
nique cause de la mort de Henri IV.
(Voltaire.)
Avec cette lot, plus sage et plus profonde que U
ministÚre ne/ë soupçonné» la puissance nationale
est lĂ oĂč elle doit ĂȘtre. (Benjamin Constant.)
La chose était plus sérieuse que nous ne Tavions
pensé dëbord. (Le Sage.)
Sa vertu était aussi pure quën Tavait cru jusqu'a
lors. (Vertot.)
Toutes les fois que le pronom Ăźe peut se traduire par cela, ou quâil reprĂ©sente un adÂŹ
jeclif ou une proposition, comme dans les exemples de la seconde colonne, le participe
qui vient aprĂšs est invariable. Il varie dans toiite autre circonstance.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
La vĂȘrilĂ©. Je vous Pat dĂ©clarĂ©e, qne voulez-vous davantage?
La nouvelle était publique, et il oe t'a pas sue.
Cette personne o peu de fraocbise; elle dissimule son caractĂšre; vous
lâaviez bien jugee.
Notre.perle n'a-pas Ă©tĂ© telle que vous vous lâĂȘtes Gguree.
Cette vérité, je vous l'ai déclaré, doit rester ensevelie dans un
profond secret
Cetie ( luise est arrivĂ©e sans quâil l'ail su.
La nouvelle s'esl trouvée vraie, comme vous l'aviez jugé.
La bataille n'a pas été telle ([ue vous l'avez penté.
â N. B. â Voir au chapitre des Adjectifs les rĂšgles particuliĂšres auxquelles sont soumis
les participes passés vu, attendu, excepté, ouï, etc. Le participe passé du verbe d/re, été,
ne varie jamais dans notre langue, quels que soient d'ailleurs les mots qui le précÚdent
ou le suivent.
(7i6)
/
CHAPITRE Vil
«DE LâADVERBE.
' t I -
N" bCXLI.
NATĂRE DE ĂADVERBE. â SA DĂFINITION.
DĂTERMINATIONS DE QUALITĂS.
r
Le vice sans pudeur est trop incorrigible.
(Lamotte.)
A vos moutons de ces feux consumés
Sachez offrir des nuits rafraĂźchissantes,
XJn air plus pur, un sol moins enttamraé.
(Campenon.)
Et qĂŒâuhe eau pure, Ă la source puisĂ©e,
Sâoffre Ă leur soiĂŻaisĂ©ment apaisĂ©e. (fd.)
Ce nëst pàs un fort bon moyen
Four payer qué de n avoir rlert.
(La Fontaine.)
dĂ©terminations dâactions.
On confond aisĂ©ment le vice et la vertu. âą'
(Lenoble.)
Ne vous fiez pas trop Ă la premiĂšre vue.
(Franç. de NbofchateaĂŒ.)
Les arbres, de la terre agréable parure,
Sortent diversement des mains de la nature.
(Delille.)
Le riche est né pour beaucoup dépenser ;
Le pauvre est fait pour beaucoup amasser.
^ ( Voltaire. )
Lâarbre nĂ© de lui-mĂȘme Ă©tale fiĂšrement
De ses rameaux pompeux le stérile ornement.
(Delille.)
Les qualités que nous apercevons dansles objets ou
exiĂ ter en eux Ă tel oĂŒ tel degrĂ©. 3Ă© juge que la qualitĂ© sage exis e ans o j e f *
et je dis : Venfaht est sdgĂš; inĂčis si je veux dĂ©terminĂšr Ă .quel degrĂ© cette qualitĂ© exis e
dans lĂ«nfant, je dirai iVenfarit est fĂȘĂŒ sage, assez sage, TRĂs-sĂ ge, N est pas sage, e e
degré de la qualité sera exprimé par les mots peu, assez, trÚs, mpà s. ⹠c - j;. .
Les actions produites par les objets sont également susceptibles de ^ J .
PĂŒrre travaille, nous marchons, ils courent, tu descends, vous montez, je ne ermine
par aucune idée accessoire les actions désignées par les mots travail e, marc
rent, descends, montez. Mais si je dis au contraire: Pierre travaille bien, pe j
COUP, SOUVENT, NE travaille pas; nous marchons doucement, longtemps, i s coure
VITE, RAPIDEMENT ; tu descends LENTEMENT ; VOUS moutez INUTILEMENT, CS DiĂč S teu,
peu, beaucoup, souvent, nepas; doucement, longtemps, vite, rapidement, ^
tilement, déterminent les actions, soit par une idée de degré, soit par une i p »
soit par une idée de maniÚre.
Cette quatriÚme espÚce de mots sert donc à déterminer les qualités ou les actions, soit
par une idée de degré, comme trÚs, fort, trop, plus, moins, peu, eaucoup,
idée de maniÚre, comme lentement, doucement, rarement, aisement, diversement, fi
ment; soit par une idée d'époque ou.de temps, comme dcmam, qujourdhui, hier, tou
jours, jamais ; soit enfin par une idée de lieu, comme ici, là .
Tous les mots qui servent à déterminer les gradations, les nuances diverses d u e
qualitĂ© ou d'une mĂȘme action, s'appellent adverbes, cĂ«st-Ă -dire mots destinĂ©s Ă modiÂŹ
fier les verbes, parce qĂŒils accompagnent plus ordinairement les verbes.
(711).
EXERCICE ANALYTIQUE.
(Dire si les mots imprimés en italique déterminent les action» ou les qualités par une idée de degré, dÚ
temps, de maniĂšre ou de lieu. )
* Mon malheur nâĂšst que trop certain ;
On me pousse et repousse, haut en bas on mâenvoie,
ÂŁt la raquette en rit de joie. âą
Pauvres solliciteurs, voilĂ votre destin. (Molletaut.)
Un philosophe, en cour, esl dâunâtrĂšr-mince aloi, ' (IIacmont.)
. . . . . Uéllexion et jeunesse
Ne sâunissent pas (Nivericais.)
Jâaimerais n/JM quâon fĂ»t reconnaissant. (Lombard de Lakgem.)
De tous les tourments le plus rude Ă sentir,
Câcst rinulilitĂ© d'un trop long repentir. (F. db NEVrCBATEAĂŒ.)
Le repentir toujours
Suit de folles amours,
Mais jamais il nâoppresse
Un coeur brûlant du feu d'une chaste tendresse. (Du Hodllae.)
. AprĂšs asmir
Bien travaillĂ©,â fait STO devoir,
11 est juste quâon se repose. [Lb BbUM.]
SUBDIVISIONS DES ADVERBES
ET DES LOCUTIONS ADVERBIALES.
N° DCXLIl. *28^-
DES ADVERBES DE TEMPS.
Alors jâĂ i fait pour fuir des efforts impuissants.
(Racine.)
HĂątons-nous aujourdâhui pour jouir de la vie,
Qui sait si nous serons demain? {Id.)
Notre bonheur bientÎt fait notre inquiétude.
(Boileau.)
Et du temple dĂ©jĂ lâaube blanchit le faite.
(Racine.) .
Que de savants plaĂźdĂ©ĂŒrs Ă Ă©sorrhĂ is inutiles!
(Boilbau^)
o
Il ne se faut jamais moquer des misérables,
- Car qui peut sâassurer dâĂȘtre toujours heureux?
(La Fontaine.)
Faut-il que la jeunesse
Apprenne maintenant Ă vivre Ă la vieillesse?
(Regnard.)
Les adverbes de temps sont ceux qui, ainsi qĂŒon le voit, expriment quelque cirbbn-
stance pu rapport de temps, et par lesquels pn peut répondre à lù question quand?
Ils sont de deux sortes :
Les uns dĂ©signent le temps dâune maniĂšre dĂ©terminĂ©e; ce sont, pour le prĂ©sent : auÂŹ
jourd'hui, présentement, maintenant, à présent, actuellement, à cette heure, oie. ; pour le
passé; hier, avant-hier, jadis, naguÚre, depuis peu', etc.; et pour le futur: demain, .
bientÎt, tantÎt, à l'avenir, désormais, dans peu, etc.
Les autres rie désignent le temps que d'une maniÚre indéterminée; ce sont : souvent,
d'abord, Ă Vimproviste, sans cesse, toujours, etc.
LISTE DES PRINCIPAUX ADVERBES OU LOCUTIONS ADVERBIALES DB TEMPS.
Alors.
Demain.
Longtemps.
Réceranà ent.
Anciennement.
DerniĂšrement. â
Lors.
Souvent.
Aujourdâhui.
Désormais.
Maintenant.
Si tĂŽt.
Auparavant.
Dorénavant.
NaguĂšre.
Simultanément.
AussitĂŽt.
Enfin.
Nouvellement.
TantĂŽt;
Autrefois. '
Hier.
Nuitamment.
Tard.
BientĂŽt.
Incessamment.
Parfois.
. TĂŽt.
ĂĂ .'
Incontinent.
Présentement.
Toujours.
Continuellement.
Jadis.
Quelquefois.
Vite.
Déjà .
Jamais.
Rarement. .
.
A cette heure.
A lâinstant.
Bien longtemps.
De nouveau.
A lâavenir.
A présent.
Dans peu.
Derechef.
A jamais.
AprĂšs-demain.
Dâavance. ;
Dés lors.
A tout jamais.
Avant-hier.
De bonne heure. âą
Depuis peu. _ ,
A rimproviste.
Bien tard.
«N
De temps én temps.
Depuis longtemps
( 712 )
DÚs à présent.
DĂšs demain.
Fort tard.
Jusquâici,
ĂŻusquâĂ prĂ©sent.
Le lendemain.
Le surlendemain.
La veille.
La surveille.
Lâautre jour.
IVtoins souvent.
Pas encore.
Plus souvent.
Peu souvent.
Pour le présent.
Plus tard.
Plus UH.
Moins tard.
Moins tĂŽt.
Sans cesse.
Sur-le-champ.
Trop lard.
Trop tĂŽt.
TrĂšs-tard.
TrĂŽs-souvent.
Trop souvent.
TĂŽt ou lard.
Tout de suite.
Une fois.
Deux fois,
Trois fois.
Cent fois.
â,..*85 N' DCXLUI.
.â
DES ADVERBES DB LIEU OU DE SITUATION.
Vous savez quel sujet conduit tâcf leurs pas.
(Racine.)
Je lâĂ©vite partout, partout il me poursuit, (fd.)
Tourne ailleurs les efforts de ton bras triomphant.
(Corneille.)
ïci-bos, toute créature
Entend tes sublimes accents.
(Lamartine.)
LĂ , dort dâun doux sommeil, mioique sans mausolĂ©e»
Dans le sein de sa mÚre un fils de la vallée. {Id.)
Et les fils du hameau... sont restés en bas,
Occupés à choisir des fleurs aii sein des plaines.
(Id.)
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
. (Racine.)
OĂŒ Tusage prĂ©vaut, nulle raison nĂ«st bonne.
(Qdinaqlt.)
Les adverbes de lieu sont, comme on le voit par ces citations , ceux qui désignent
toutes sortes de lieux indifféremment, et qui servent à exprimer la différence des dis
tances et des situations, par rapport ou Ă la personne qui parle, ou aux choses dont on
parle.
liste des adverbes et des locutions adverbiales db lieu ou db situation.
Ailleurs.
Alentour.
ArriĂšre.
AuprĂšs.
Céans,
Ci.
A terre.
A cĂŒlĂ©,
A Las.
Aux environ».-
Bien loin.
Bien prĂšs.
CĂ et lĂ .
Dâici,
De cĂ . de lĂ .
De cÎté.
De prĂšs-
DâĂŒu.
Dedans,
En {de lĂ ).
Partout.
Dehors.
Jusque.
PrĂšs.
Devant.
Ici.
Proche.
DerriĂšre.
LĂ .
Y.
Dessus.
Loin.
Dessous.
OĂč.
/
Dën haut.
Jusquâici.
Par de lĂ .
Dën bas.
Jusque lĂ .
Par en hauL
En dedans.
JusquâoĂč.
Par en bas.
En dehors.
LĂ -bas.
PrĂšs dâici.
En deçà .
LĂ -dedans.
Quelque part.
En bas, '
LĂ -dessus.
Tout proche.
En haut.
LĂ -dessous.
Tout auprĂšs.
En arriĂšre.
LĂ -haut.
Tout contre.
En avant.
Nulle part.
Tout le long.',
Ici-bas.
Par oĂč.
Vis-Ă -viis,
Ici dessus.
Par ici.
Toutduloni:.
Ici prés.'
Par lĂ .
w
N" DCXLIV.
DES ADVEUBRS dâOBDKR ĂT DĂ lĂŻANG.
A ton auguste nom tout sĂ«uvrifa dâabord^
(Boileau.)
Rome est encor telle quâaupararaĂŻu.
«Corneille.
Il me promĂšne aprĂšs de terrasse en terrasse.
' (Boileau.)
Elle fut destinée premiÚrement par sa glorieuse
naissance, et ertsmfe par sa malheureuse captivité,
Ă Terreur et Ă ThĂ©rĂ©sie. (BossĂŒet.)
Tout se découvre enfin lorsque moins on y pense.
(Imbert.)
{ 713 )
Les adverbes d'ordre et de rang sont cenx qui servent Ă exprimer Tordre dans lequel
les-choses sont arrangĂ©es les unes, Ă lâĂ©gard des autres, sans attention au lieu. Les uns
ont rapport à Tordre numéral, tels que: premiÚrement, secondement\ etc.; les autres dé
signent le simple arrangement respectif, tels que : d'abord, aprĂšs, devant, etc.
LISTE DES ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES INDIQUANT L'ORDRE ET LE RANG.
Avant.
AprĂšs.
Auparavant.,
Enfin.
Ensuite.
Ensemble.
De front.
De rang.
A la ronde.
A lâavance.
A la ĂŒn.
Alternativement,
A la fois.
Par ordre. .
Devant.
Puis.
PremiĂšrement.
Secondement.
De suite.
Tout de suite.
Dâabord.
Ci-aprĂšs.
En ordre.
Confusément.
PĂȘle-mĂȘle.
En foule.
De fond en comble.
Sens dessus dessous.
Soudain.
Successivement.
Eo premier lieu.
, t
Tour Ă tour.
A la file.
^En dernier lieu.
Sens devant derriĂšre.
Tout Ă rebours.
Pareillement.
Semblablement.
De la mĂȘme maniĂšre.
TroisiĂšmement.
CinquiĂšmement.
SixiĂšmement.
SeptiĂšmement.
BuitiĂšmement.
Nâ DCXLV.
DES ADVERBES DE QUANTITĂ ET DE COMPARAISON.
Sommes-nous assez sûrs de notre destinée
Pour le remetlreëu lendemain ?
(J.-B. Rousseau.)
Je vous laisse aussi libre et plus libre que moi.
' (Corneille.)
La vĂ©ritĂ© ne peut ĂȘtre trop claire,
(Boursault.)
Je crains peu dâessuyer cette Ă©trange furie.
(Boileau4
Ceux qui ont beaucoup sont obligés de donner
beaucoup. (La BruyĂšre.)
Rien nâest tant Ă nous que notre volontĂ©.
(Rotrou.)
Oh ! combien la vertu souffre à se démentirI
(La Uarpb.)
Dans un terrain trop seq le grain ne germe guĂšre.
(De BiĂšvre.)
Ah ! de peur de tomber, ne courons pas 5» fort.
(MoliĂšre.)
LĂ«hus des vĂ©ritĂ©s doit ĂȘtre autant puni que lâin-
troduction du mensonge. (Pascal.)
J'aime mieux un vice commode ,
Quâune fatigante vertu. (MoliĂšre.)
AfrtJi que les rayons du soleil dissipent les nuages,
ainsi la présence du prince dissipe les séditions.
(Académie.)
Les adverbes de quantité sont ceux qui modifient par une idée de quantité, soit phy
sique, soit morale : ils peuvent désigner Tune et Tautre de ces deux sortes de quantité
de trois-maniĂšrcs: 1â par estimation prĂ©cise, tels que: assez, trop, peu, beaucoup, bien,
fort, trĂšs, au plus; au moins, tout, tout du moins, du tout, toiit-Ă -fait, etc, ; 2Âź par comÂŹ
paraison, comme: plus, moins, davantage, aussi, autant, etc. ; 3Âź par extension, ainsi
que : tant, si, presque, quelque, encore, etc.
Les adverbes de comparaison sont ceux qui marquent une idée de comparaison ou
de diffĂ©rence de degrĂ©s entre les personnes et les choses ; ce sont : comme, de mĂȘme,
ainsi, plus, moins, etc. â
Comme une chose ou une personne peut ĂȘtre Ă©gale, ou supĂ©rieure, ou infĂ©rieure Ă
une autre en qualité ou en quantité, il y a aussi trois sortes de comparaison, ou degrés
de signification.
Les comparaisons dâĂ©galitĂ© s'expriment au moyen des adverbes : comme, de mĂȘme
ainsi, pareillement, autant, aussi, si, etc.
Les comparaisons de supériorité se rendent à Taide des adverbes: pßus, davantage,
de plus, pis, mieux, etc. . , .
Les comparaisons dâinfĂ©rioritĂ© sâĂ©noncent par les adverbes: moins, presque, quasi, Ă
peu prĂšs, tout au plus, eta
90
(7U)
LISTB DBS ADVBRBES BT EXPRESSIONS ADVBRB1ALBS DB QUANTITĂ ET DB COMPARAISON.
Ăbondamment.
Absolument.
Assez.
Aussi.
Autant.
Ainsi.
Bien.
Beaucoup.
Combien.
Comme.
A bon marché.
A foison.
A demi.
Au plus.
Au moins. âą
A peu prĂšs.
A peu de chose prĂšs.
Davantage.
Encore.
EntiĂšrement.
ExtrĂȘmement.
Environ.
Exclusivement.
EntiĂšrement.
Fort.
GuĂšre.
Infiniment.
A Tinfini.
A lënvi.
A qui mieux mieui.
A vil prix.
De mieux en mieux.
De plus.
De mĂȘme.
Mieux.
Moins.
Médiocrement.
Passablement.
Peu.
Pis.
Plus.
PlutĂŽt.
Presque.
Quasi.
Du moins.
Du tout.
Ni moins.
Ni plus.
Pas beaucoup.
Peu Ă peu.
Pour le plus.
o°oo»»gi88g DCXLYI.
Que.
Quelque.
Si.
Suffisamment.
Tant.
Tout.
TrĂšs.
Trop.
Pour le moins.
Tout-Ă -fait.
Tout au plus.
Trop peu.
Tant soit peu.
Un grand nombre,
ĂŒn peu.
DES ADVERBES DĂ MANIĂRE ET DĂ QUAtlTĂ.
Ayons la fermeté
De jouir pleinement de notre volonté. (Langue.)
Aisément de soupçon un vieux est susceptible.
(Bret.)
La seule valeur défend mat un état.
(Crébillon.)
Un tyran nÚ sait pas rougir impunément.
(Chénier.)
Allons, employons bien le moment qui nous reste.
(Racine.)
De ses habitudes premiĂšres
On se défait malaisément. (Lebrun.)
Les adverbes de maniÚre sont ceux qui expriment comment et dé quelle maniÚre les
choses se font.
LISTE DES ADVERBES ET EXPRESSIONS ADVERBIALES DB MANIĂRE ET DB QUALITĂ.
Autrement.
Bien.
Conjointement.
Constamment.
Ensemble.
A tort.
A travers.
A regret.
ExprĂšs.
Gratis.
Incognito.
Instamment.
Lentement.
A la hĂąte. â
Ă.la mode, et toutes les auÂŹ
tres expressions sembla-
MĂȘme.
Nuitamment;
Prudeminent,
Sagement.
Sciemment.
Tellement.
Vite.'
Véritablement, et tous les
autres adverbes terminés
en ment.
bles, formées de la pré- Avec soin,
position d et dâun suh- De biais,
stantif. PĂȘle-mĂȘle.
Nâ DCXLYII.
DES ADVERBES D'AFFIRMATION , DE NĂGATION ET DE DOUTE.
PĂšres, de vos enfants ne forcez point les vĆux;
Le ciel vous les donna, mais pour les rendre heureux.
(Chénier.)
Certes, à voir les hommes si occupés, sß vifs, on
dirait quâils travaillent pour des annĂ©es Ă©ternelles.
(Massillon.)
Certainement, il nây a rien de plus merveilleux
que ce changement. (Bossubt.)
Peut-pn mener une telle vie dans le monde? â
Oui, sans doute. (Id.)
Ferez-vous cela ? â FoZorĂ»tâm. (AcadĂ©mie.)
Lui cĂ©derez-vous vos droits? â Nullement. (Id.)
Au moment oĂč je parle, ils ont vjĂ©cu peut-ĂȘtre*
(Voltaire.)
Non, jamais les vertus ne sont assez nombreuses.
(CbéniÚr.)
(715)
Les adverbes d'affirmation sont ceux qui servent Ă affirmer; tels sont
doute, vraiment, oui, volontiers, soit, d'accord, etc.
Les adverbes de nĂ©gation sont ceux qĂŒon emploie poĂŒr nier, comme
pas, ne point, nullement,point du tout, etc.
U n'y a qu'un seul adverbe de doute, c'est peut-ĂȘtre.
certes, sans
non, ne, ne
DCXLVIII.
DES ADVERBES D'INTERROGATĂON.
>âŹ>Ooeâ
Comment se faire aimer, sans perdre un peu de
Tautorité ? (Flkcuibr.)
Quand verrai-je, ĂŽ Sion, relever tes remparts Ăź
(Racine.}
OĂč menez-TOus ces enfants et ces femmes T
(Racine.)
Par oĂč commencer? [ĂŻd.)
DâoĂč lui vient celte impudente audace? {ĂŻd.)
i
Les adverbes d'interrogation sont ceux qui servent Ă interroger. Ces adverbes sont :
combien, oĂč, d'oĂč, par oĂč, comment, quand, pourquoi, etc.
Telles sont les différentes classes adoptées par la plupart des grammairiens. Mais cette
classification est difficile, souvent inexacte, et ne saurait guĂšre offrir dâutilitĂ© qu'aux
étrangers. Nous allons suivre une classification plus simple, et pour ainsi dire maté
rielle. Nous placerons en premiĂšre ligne les mots qui ne peuvent ĂȘtre qĂŒadverbes, et
qui ne se composent que d'un,seul mot; au deuxiÚme rang seront les adverbes dérivés
des adjectifs; au troisiÚme rang , les locutions employées comme adverbes, et au qua
triĂšme rang, les mots pris adverbialement;., de lĂ quatre classes : adverbes purs oĂŒ
SIMPLES, ADVERBES DĂRIVĂS, MOTS PRIS ADVERBIALEMEiVT, et LOCUTIONS ADVERÂŹ
BIALES. ; ^
TABLEAU GĂNĂRAL DES ADVERBES.
DCXLIX.
Classe. ââadverbes purs ou simples et en un seul mot.
Ailleurs
Dedans.
Jadis,
PlutĂŽt.
Ainsi.
Dehors.
Jamais.
Pourtant.
Alentour. ^
Déjà .
Jusque.
Presque.
Alors.
Demain.
LĂ .
Puis.
Assez.
Désormais.
Loin.
; Quasi.
Aujourdâhui.
' Dessous.
Lors.
Quelquefois.
Auparavant..
Dessus..
Maintenant.
Sciemment.
Aussi.
Dorénavant.
Mieux. *
Souvent.
AussitĂŽt.
Encore.
Moins.
Surtout.
Autant.
Enfin.
, NaguĂšre.
Tant.
Autrefois.
Ensemble.
Ne.
TantĂŽt,
Beaucoup.
Ensuite. â
Néanmoins.
Tard.
Bien,
Fort,
Non, pour ne pas.
TĂŽt.
ĂĂ .
Gratis.
Notamment.
Toujours.
Certes.
GuĂšre-
Nuitamment.
Toutefois.
Céans.
11 ier.
OĂč.
TrĂšs.
Cependant.
Ici.
Parfois.
Trop.
Ci.
Diçesjarrimerit.
Partout.
Volontiers.
Combien.
incognito.
Peu.-
Etc., etc., etc.
Comment.
Incontinent.
Pis.
Etc., etc., etc.
Davantage.
Instamment.
Plu».
Etc., etc., etc.
7iĂŒ )
Distinctement.
Médiocrement.
Sagement.
Poliment.
Modestement.
Inconsidérément.
PremiĂšrement.
Secondement.
TroisiĂšmement.
Utilement.
Vraiment.
Ingénument.
Aisément.
Impunément.
A jamais.
A la fois.
A Tenvi.
A part.
AprĂšs-demain.
A présent.
A regret.
A tort.
A loisir.
A peine, etc.
Avant-hier.
Avec soin.
Avec peine.
Avec raison, etc.
ĂĂ et lĂ .
Ci-aprĂšs.
Ci-inclus.
UÂź Classe.'â adverbes dĂ©bivĂ©s dâadjbctips*
VéritablemenL
LégÚrement.
Doucement.
ExtrĂȘmement.
Bonncinent.
Lourdement.
Franchement.
Hanliment.
Civilement.
Joliment.
Gentiment.
Conjointement.
Lentement.
Promptement.
présentement.
Rarement.
Prudemment,
Lestement.
ĂlĂ©gamment.'
Nullement.
Doctement.
Autrement.
Savamment.
Ăloquemment.
FiĂšrement.
Amplement.
Ătourdiment.
EntiĂšrement.
III* Classe.â
i
locutions adverbiales.
Ci-jĂŽint.
Du tout, etc.
Dâabord.
En avant.
âD'accord.
En arriĂšre.
Dâailleurs.
En vain, etc.
De lĂ .
En sus.
De çà et de là .
De mĂȘme.
De plus.
De suite*.
De nuit.
De jour, etc.
Dés lors.
Dâici.
Dâordinaire.
DâoĂč.
Du reste.
Du moins.
Une fois pour toutes.
Jusque lĂ .
LĂ -dedans.
Longtemps.
NĂ« pas, ne point.
NĂ« plus, etc.
Ni plus ni moins.
Nu le part.
Par hasard.
Par ici.
Par lĂ ; ctc.
PĂ©le-mĂȘle.
Naturellement.
Vivement,
Audacieusement.
Facilement.
Silencieusement.
Rapidement.
Inopinément.
Clandestinement. \
I
Opinià trément.
Ordinairement.
Attentivement, et autres
adverbes termhiés en.
ment qui dérivent des
adjectifs.
Peut-ĂȘtre.
Plus tĂŽt.
Plus tard, etc.
Quelque part.
Sans doute.
TĂŽt ou tard.
Tour Ă tour.
Sens dessus dessous.
Tout dâun coup.
Mal Ă propos.
Coup sur coup.
Tout-Ă -fait.
Tout Ă Theure.
A lâamiable, etc., etauircs
locutions sembiabies.
IVÂź Classe.â mots pris adverbialement.
Chanter/usta-
Voir clair.
Rester court.
Coûter cher.
Parler bas. «
Frapper fort.
Lire haut.
Chanter faux.
Rire 6a#.
Tenir bon.
Frapper ferme.
Marcner droit.
Marcher incliné.
11 en est de mĂȘme des
adjectifs pris adverÂŹ
bialement.
Quelque grands.
Demt-nus.
Il ose mĂȘme.
AĂ«-pieds.
iVw-tĂŽte.
II dit aprĂšs.
Comme il parle.
,11 va derriĂšre.
Il est proche.
Mal fait.
11 vient exprĂšs.
I! est quatre heures envi'ron.
Il est prĂšs.
OĂŒ vas-tu?
Jâen vici\^.
V viens-tu? etc.
Il parle avec.
Je marche contre.
Je plaide pour.
Il sëst en allé avec.
EXERCICE ANALYTIQUE.
Les crimes sont pesés dans la juste balance ;
7ot ou iartl'lei forfaits trouvent leur récompense, (IIà Omoht.)
Nous croyons quùl/junfois des choses bien élrauges. (Hicaoo.)
(Haumoht.)
Les curieux ont souvent tort.
De scs habitudes premiĂšres
Oa se délait malaisément:
(Lebrcw.)
(HiOMOWT.)
(BooEsauLT.)
Pour rbomme, le travail est toujours nécessaire.'
Ăo grand fonds de vertu» rarement se confisque.
AprĂšs tant de rebuts qui tâont fait soupirer,
Vertu, Intp négligée, ose te remontrer. (Destoocbes.)
ffon, jamais les vertus ne sont a.rse» nombreuses. (Demoustier.)
La vertu malheureuse en est plus respectable. (Cbékiek.)
La vertu d'ell&.mĂ©me est partout respectable, ' (^â^0
SinguliÚre monnaie (la vérité), elle a pu sembler beIKi
Lorsqu'on Patipréciait ù sa valeur réelle;
Mais depuis aien longtemps elle a /brt peu de cours,
Et sou ^ids est partout ignoré dans les cour».
(CuKHiaa.)
Oh! que la vérité
Se peut cacher longtemps avec difficulté!
Qui se venge Ă lietni court lui-mcme Ă sa perte.
On aime encor quaud on veut se venger*
. , . Jusqu'ici jamais
La probité ne fut ia vertu de» valets.
Qui veut vaincre est d/jh bien prĂšs de la victoire.
. , . Aujourd'hui
Oo'passe sur l'honnĂȘte, et Fou songe Ă TotUe.
Le trĂȘoe fut toujours un dangereux abĂźme.
La foudre l'environne aussi bien que le crime.
Qui ne trompe famais sera souvent trompé.
La vaoilé nous rend aussi dupes que sots.
La vĂ©ritĂ© ne peut ĂȘtre trop claire.
Ah ! de peur de tomber, ne oourons^a/ /i fort !
Oh ! combien la vertu souffre Ăą se dementir !
Un bien quâon nâattend ptuafacilemenS sâoubU»,
(Moeiush.)
(CoAUEiLue.)
(Favart.)
(Quihault.)
(Rotroo.)
(DlSTOUCB&S.y
(Kacihb.)
^PoVRUIfS.)
(Kloriak.'
i BoURlAfLT.'
(Moi.iaaa.^
(La ItAUR.
(CHĂanaa.
(717) -
âo.aas^ N" DCL. C8sa<w««»»â «
DE LA FORMATION DES ADVERBES EN meflU
!<â « SĂRIE. â Ateemenf, poliment, ingĂ©nument
On censure aisément quand on est sans faiblesse.
- (Là Chaussée.)
Certes, il nëst rratmenf pire eau que lëau qui dort.
(Fabre dâĂglantine.)
Ăn financier jamais ne dort profondĂ©ment
(JĂąuffret.)
Outrageons hardiment qui nous ose outrager.
(Campistron.)
IIÂź SĂRIE. â Horriblement, terriblement
tes premiĂšres amours tiennent terriblement Ăn bien quĂ«n nĂ«ltend plus facilement sâoublie.
(Quinault.)
Rarement un valet dit du bien.de son maĂźtre.
(Collin dâHarlkville.)
(Chénier.)
On ne saurait manquer de louer largement
Les dieux. (L'a Fontaine.)
IIIÂź SĂ©rie. â Bonnement, hautement» vivement
Protéger hautement les vertus malheureuses,
' Cësl le moindre devoir des ùmes généreuses.
(Corneille.)
, Lâhomme entiĂšrement seul est celui qui nĂ« point
dëmis. (Dict. DE Maximes.)
Fortement appuyé sur des oracles vains.
Un-pontife est souvent terrible aux-souverains.
(Voltaire.)
Nëns nous plaignons quelquefois légÚrement de
' nos amis pour justifier par avance notre légcrelë.
(La Rochefoucauld.)
Un savant philosophe a dit élégamment :
Dans tout ce que tu fais, hĂąte-loi lentement.
(Regnard.)
Alors qĂŒi! veut entrer, lĂ«mi frappe Ă la porte ;
Le prince apparemment prend dëssaut la maison.
(Chénier.)
IVÂź SĂ©rie. â ĂlĂ©gamment» prtfdemment.
Une femme doitiplutÎt juger sainement les livre»
qĂŒen parler savamment.
(Dictionnaire de Maximes.)
. A la nise on peut bien se prĂȘter dĂ©cemment.
Lorsque lâhymen en doit-ĂȘtre le dĂ©nouement.
(Destouches.)
Ces quatre séries dëxemples nous montrent que les adverbes en ment se forment, pour
la plupart, des adjeclifs qualificatifs, de la maniĂšre suivante :
' 1Ÿ Quand Tadjectif masculin est terminé par une voyelle sonore, on ÿ ajoute ment:
aisément, poliment, ingénument. On excepte impuni, qui fait impunément, et les adjec
tifs beau, nouveau, fou et mou, dont les adverbes sont formés du féminin : bellernent,
nouvellement, follement, mollement. ^
2Ÿ Quand Tadjectif masculin est terminé par un e muet, on y ajoute la finale ment:
horriblement, terriblement; excepté aveugle; commode, conforme, énorme, incommode,
opiniùtre et uniforme, qui changent Y e muet en é fermé : aveuglément, commodément,
conformément, etc. On excepte encore traßtre; qui fait traßtreusement.
, 3*'Quand Tadjectif est terminé au masculin par une consonne, Tadverbe en ment se
forme de la terminaison féminine : bonnement, hautement, vivement, etc. Il faut excepter :
1Ÿ gentil,^ qui fait gentiment'; 2° commun, confuse, diffuse, ' expresse, importune, obs
cure, précise, profonde, qui changent lë muet en é fermé : communément, confusé
ment, etc.
4Âź Les adjeclifs en ant et en ent forment Tadverbe en ment par le changement de nt en
mment: élégant, élégamment ; prudent, prudemment. Ou excepte lent, présent et véhément,
dont les adverbes sont lentement, présentement et véhémentement.
Trois adverbes en mment dérivent d'anciens adjectifs qui ne sont plus usités aujour
d'hui ; ce sont notamment, nuitamment et sciemment.
Nota.â La finale ment, dans les adverbes, vient de Tablatif latin mente, qui veut dire
. (718).
esprit, maniĂšre. Ainsi de tenerĂą mente, forti mente, nous avons fait tendrement, forfe-
ment, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Sensément. -
Poliment.
Ingénument.
Politiquement.
Uniquement.
Oiùicilément.
Bonnement.
ComplĂštement,
Tardivement.
Méchamment.
Imprudemment.
I'*Âź SĂRIB. ââAisĂ©ment, poliment, ingĂ©nument.
Inconsidérément.'
Hardiment.
Dûment.
Dcterminément.
Vraiment.
Résolument.
Privément.
Joliment.
Goulûment.
Nommément.
Impoliment.
Absolument.
II« SĂRIE. â Horriblement» terriblement.
Solidement.
FidĂšlement.
Habilement.
SévÚrement.
Noblement.
Ăpouvantablement.
Sagement.
Magnanimement.
Rarement.
Comiquement.
Superbement.
Largement.
111Âź SĂRIE. â Bonnement, hautement, vivement*
Anciennement.
SecrĂštement.
Successivement.
ĂlĂ©gamment.
Prudemment.
Paternellement.
NaĂŻvement.
Pareillement.
Ăternellement.
Vivement,
Grossement.
DiscrĂštement.
Fugitivement.
Faussement.
IVÂź SĂRIE. â ĂlĂ©gamment, prudemment. *
Savamment.
Indécemment.
Galamment.
Diligemment.
Nonchalamment.
Décemment.
T^odérément.
Ătourdiment-
Assidûment.
Docilement.
Médi ocrement.
Horriblement.
IndiscrĂštement.
Ăvasivement.
Sottement.
Ătonnamment.
Evidemment.
Nâ DCLI.
DE QUELQUES ADVERBES EN ment QUI ONT ĂN COMPLĂMENT.
Le faux ami ĂŒaime que relativement a son
PROPRE intĂ©rĂȘt; ct si la cupiditĂ© le lui conseille,
il deviendra ingrat et parjure. (J.-J. Rousseau.)
Je pense à vous, ma chÚre fille, préférdhlement
A TOUTES CHOSES. (Mââ' DE SĂVIGNĂ.)
Indépendamment DUS grùces de son ùge et de
SA GAĂTĂ VIVE ET CARESSANTE, cllc a daus le CaÂŹ
ractĂšre un fonds de douceur et dâĂ©galitĂ©.
(J.-J. Rousseau.)
Polyeucte parle comme il doit parler, conforÂŹ
mĂ©ment AUX PRĂJUGĂS. (Voltaire.)
Trois adverbes en ment s'emploient avec un complément précédé de la préposition
de; ce sont dépendamment, différeniment [i), indépendamment ; et douze autres, avec un
complément précédé de la préposition à ; tels sont an/eriettremen/(2), conformément,
conséquemment (3), convenablement (4), exclusivement (5), inférieurement, postérieure
ment [6], préférablement, privativement, proportionnément, ou proportionnellement, reZa-
tivement et supérieurement fl).
Chacun de ces adverbes a conservĂ© le mĂȘme complĂ©ment que celui de l'adjectif dont il
est formé.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE*
Cette dette a été contractée antérieurement à la vÎtre.
Il Taut vivre conformément à son état.
Lânme agit souvent dĂ©pendamment dc! organes.
Faire une chose indĂ©pendamment de (luelquâun.
Cc quâil demandait lui fut accordĂ© privaliveinent Ă tont autre.
II a été récompensé proportionnément ù sou mérite. '
Kcgulus aimait la patrie exclusivement Ă soi.
parler convenablement au sujet.
Il a conduit lâanaire consĂ©quemment 4 ce q^ui,avait Ă©tĂ© rĂ©glĂ©.
Les princes agissent diOëremment des particuliers.
Aimer Dieu préférablement à toutes choses. .
Cet acte 0 été fait posiétieurement » celui dontvous parlez.
Cela a été dit relativement à ce qui précÚde.
Lâun a Ă©crit bien infĂ©rieurement, bien supĂ©rieurement Ă lâatitre.
(1) Différemment peut se mettre aussi sans complément : Ils ont agi chacun différemment,
(2) AntĂ©rieurement sâemploie Ă©galement sans complĂ©ment: Ce gue je vous raconte eut lieu antĂ©rieuÂŹ
rement. '
(3) ConsĂ©quemment n_e rĂ©git la prĂ©position ii que quand il signifie en consĂ©quence ; et lorsquâil signifie
d'une maniÚre conséquente il ne prend point de régiine: Conséquemment à ce qui a été décidé. Il parle
CONSĂQUEMMENT.
(4) Convenablement peut sâemployer absolument : Dans cette affaire vous nâavez pas agi convenaÂŹ
blement, ' «
(5) Exclusivement sâemploie presque toujours sans complĂ©ment: Penser Ă quelquâun exclusivement.
(6) PostĂ©rieurement sâemploie aussi absolument : Cette affaire eut lieu postĂ©rieurement.
(7) Supérieurement est également en usage sans complément : Il parle supérieurement.
(719)
N° DCLII. r
DEGRĂS DE SIGNIFICATION DANS LES ADVERBES EN mmt.
\
I. â Positif.
'Les hommes ne louent jamais gratuitement et I Toute la doctrine des mĆurs tend uniquement Ă
sans intĂ©rĂȘt. (Saint-Ăvremont.) J nous rendre heureux.
(Bossuet.)
II. â Comparatif â DegrĂ© dâĂ©galitĂ©.
Est-il possible qu'une nation qui pense aussi dé
licatement que la nation française, ne marque or
dinairement son esprit dans la sociĂ©tĂ© qĂŒĂ ux dé
pens de la réputation de ses compatriotes.
(Montesquieu.)
Puissé-je te revoir bientÎt, et retrouver avec .ioi
ces jours heureux qui coulent si doucement entre
deux amis. (Montesquieu.)
DegrĂ© de supĂ©rioritĂ© ou dâinfĂ©rioritĂ©.
Le génie consiste, en tout genre, a concevoir
plus vivement tiplus parfaitement son objet.
(Vauvenargues.)
Le lierre s'unit moins étroitement hVornxeau, le
serpent au serpent, la jeune sĆur au cou dâune
sĆur chĂ©rie. (Guateaubiuani).)
III. â Superlatif
Le, courage sâoccupe frĂȘS'SĂ©nĂ«iweĂźnerĂŻt de sa pro-. Nous avons fort exactement les histoires des
pre conservation.
(Dict. DE Maximes.)
peuples qui se détruisent; ce.qui nous manque est
, celle des peuples qui se multiplient.
(J.-J. Rousseau.)
Les adverbes en ment sont, comme tous les adjectifs dont ils dérivjgnt, susceptibles
des trois degrés de signification, qui sont U positif, le comparatif, et le superlatif. Le
premier exprime la maniĂšre purement et simplement; le second lâĂ©nonce Ă un degrĂ©
d'Ă©galitĂ©, de supĂ©rioritĂ© ou dâinfĂ©rioritĂ©, Ă©n ajoutant Ă Tadverbe les mots si, aussi,
plus, moins; le troisiĂšme, Ă Taide des mots bien, trĂšs, fort, la porte au plus haut
période.
Comment, Ă©ternellement, tellement, sont les seuls adverbes an ment qui nâadmettent
aucun degré de comparaison. >
EXERCICE PBItASĂOLOGIOUE.
HonnĂȘtement.
Anssi honnĂȘtement.
Fins honnĂȘtement.
Bien honnĂȘtement.
Gracieusement.
SĂź gracieusement.
Moins gracieusement.
Trcs^gracieusement.
pouccment.
Aussi doucement.
Plus doucement.
Fort doucement.
Dipemeut.
Si dignement.
Moins dignement.
Bien dignement.
SYNTAXE DES ADVERBES,
Nâ DCLIII.
Aujourd'hui. ,
Tel repousse aujourdâhui la misĂšre importune,
Qui tombera demain dans la mĂȘme infortune.
[La Harpe.)
Il semble quâaujoufXhui la fortune vous rie :
Demain le ciel se brouille, et la scĂšne varie.
(Dorax.)
( 720 ]
Aujourd'hui dam ce monde on no connaĂźt qĂŒun
" ' [crime,
Cëst lënnui ; pour le tuir, tous ies moyens son t bons.
(Gresset.)
.. . De tous les emplois, le plus lĂącbe ati/otircTAui'
Est dâĂȘtre lĂ«spion des paroles dâaĂčtruĂź.
(BoĂŒrsault.)
LâabbĂ© Girard voulait que Ton Ă©crivĂźt aujourdhwi sans apostrophe; mais personne
nâa adoptĂ© celte orthographe, et Ton Ă©crit aujourd'hui avec une apostrophe entrĂ© le d
et le A
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Aujourd'hui l'on rit, demain lâon pleure.
Les sentiments d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'autrefois.
Nâ DCLIT
Jusqu'aujourd'hui. Jusques Ă aujourd'hui. Jusqu'Ă aujourd'hui. Jusques aujourd'hui.
JusqtiâĂ aujourdâhui, jusguĂ©s Ă aujourdâhui.
JĂ«i diffĂ©rĂ© jusquâĂ aujourdâhui Ă vous donner
de.mes nouvelles. (Académib.).
Dans lâinlervalle de temps qui sĂ«st Ă©coulĂ© depuis
votre naissance jusgues d aujourdâhui...
(Massillon.)
Jusquâaujourdâhui, jusques aujourdâhui.
Reine, jusquâaujourdâhui vous avez pu connaĂźtre
Quelle tidĂ©litĂ© mâattachait Ă vos lois, (Voltaire.)
. . . Ei jusques oMjowrdâAui
Je Tai pressé de feindre. (Racine.)
La guerre a régné longtemps au sein du monde grammatical sur la question de savoir
si les quatre expressions jusqu'aujourd'hui, jusques aujourd'hui, jusqu'Ă aujourd'hui,
jusques à aujourd'hui, étaient également correctes, également françaises.
Les uns, Wailly et FĂ©raud en tĂȘte, ne voyant dans Tadverbe aujourd'hui qĂŒun com-
posĂ©de plusieurs mots (au jour de hdi), dĂ©cidĂšrent qĂŒon devait toujours direjwsgwâott-
jourd'hui ou jusques aujourd'hiii, et, pat tant, proscrivirent les deux derniĂšres locutions.
La meilleure et la plus solide raison qĂŒils en pouvaient donner Ă©tait que Ăźa prĂ©position Ă
se trouvant dĂ©jĂ exprimĂ©e dans jusqu aujourd'hui (jĂŒsqĂŒâa le jour de hĂŒi), on en faisait
un double emploi en disant jwsguâĂ aujourd'hui; dĂšs Ăźors ils prĂ©tendirent que celte rĂ©pé
tition de la préposition était vicieuse. .
Les autres, parmi lesquels il faut ranger Thomas Corneille et dâOIivet, sans rejeter abÂŹ
solument les deux expressions jusqu'aujourd'hui, jusques aujourd'hui, voulaient quâon
préférùt jusqu'à aujourd'hui, jusques à aujourd'hui ; et ils se fondaient sur ce que aujour-
d'hui devait ĂȘtre un seul mot comme demain, hier. Ainsi, puisque Ton d'\sa'\i jusqu Ă deÂŹ
main on jusques Ă demain, il sâensuivait quâil fallait dire aussi jusqu'Ă aujourd'hui o\x
jusques Ă aujourd' hui.
Ces deux opinions, motivĂ©es dâune maniĂšre si rationnelle, si pĂ©reniptoire, ont eu pour
résultat de faire consacrer les quatre expressions, qui en effet ont été sanctionnées et
par Tusage et par TAcadémie. .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je TOU» li attenda jusqn'aajotirj'hui.
Je vons ai alleadu jusques aujourd'hui.
Je vous ĂŒi attendu j
Je voui» 01
attendu jnsqn'h aujourd'hui,
atteudu jusque» k oujourd'hoL
( 721 )
DCLY.'
Alentour comparé avec autour.
Alentour.
Les plaisirs nonchalants folĂątrent alentour.
(Boileau.)
Les chagrins dévorants, etc.
Troublent Tair dâa/e«/our de longs gĂ©missements.
. ' * Ud.)
- - Autour.
La terre est emportée avec une rapidité ßnconccr
vable autour nu soleil. (La BruvĂȘre.)
Il était sur son char. Scs gardes affligés '
Imitaient son silence, autour de lui rangés.
(Racine.)
Ălenlottr est un adverbe qui ne doit jamais prendre de complĂ©ment,. et autour, une
préposition qui, au contraire, en admet toujours un. Ainsi on ne dira pas *; Cette mÚre a
ses enfants alentour d'elle, mais bien autour d'elle.
CĂ«sl parce que alentour ne sâĂ©crit plus aujourdâhui qĂŒen en seul mot et qĂŒon en a
fait un adverbe, que ce serait une faute de lui donner un complément; mais, au siÚcle
de Louis XIV, les écrivains, tant poÚtes que prosateurs, employaient entour comme
substantif^ et alors ce mot pouvait ĂȘtre suivi d'un complĂ©ment. Aussi lit-on dans La
Fontaine :
Le mallieureuĂŻ lion se dĂ©chire lui-mĂȘme,
Il tpurne Ă Ventour uu troupeau.
Fait résonner sa queue à Ventour de ses flancs. Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau.
A Ventour de est une expression maintenant hors d'usage, et néanmoins à regretter,
comme le dit Boniface.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Jâallai voir ee monument, je me promenai Ăą Tentour.
Uo rond »e forma, et U courut a l'entour.
Je me promenai antonr de rr|[lĂźie.
Je vis quelquâun rĂŽder autour de le mtisoa*
N° DCLYI.
Auparavant comparé av^ avant.
Auparavant.
11 ne faut employer aucun terme dont on nâait
auparauonf expliqué le sens. (Pascal.)
De terribles globes de feu sortirent des fondeÂŹ
ments, quâils avaient auparavant Ă©branlĂ©s par des
secousses violentes. (Bossuet.)
Avant.
Peut-ĂȘtre avant lb temps
Je saurai lâoccuper de soins plus importants.
(Racine.)
Il faut que vous soyez instruits, mĂȘme ouanf tous,
Des grands desseins de Dieu sur &o.n peuple et sur
. (Id.) [vous.
La diffĂ©rence qĂŒon doit remarquer entre auparavant et avant, c'est que le premier
est un adverbe, et le second une prĂ©position ; Tun se construit sans complĂ©ment, lâautre
avec un complément. Il y a donc une faute dans ces vers de Corneille :
Mon bras, dont ses mépris forçaient la retenue,
Këût plus considéré César ni sa venue.
Et lëût mise (Cléopùtre) en état, malgré tout son appui,
De se plaindre Ă PompĂ©e auparavant quâa ldi.
Auparavant oĂŒâalĂŒi nĂ«st pas français, dit Voltaire. Il faut avant quâa lĂŒi. .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
J
Voat *tm Bé fB 1760, «t moi rai* sÚ auparavant. ^
Ja Ind timt c« qua rtus comatandam, mat* j« forai aaU auparavant.
Si vous Îtes né «a iSOO, jo iu!» ai aveat voua.
Je forai nia avant touta* choeesi
01
( 722 )
t
âN° DCLYII.
ium» non plus.
Aussi.
Telle est la loi de VunĂźvers :
Si tu veux quâou t'Ă©pargne, Ă©pargne au.tii les autres.
(La Fontaine.)
Lâindulgence affaiblit et perd la discipline;
Trop de rigueur aussi quelquefois la ruine.
(Saurin.)
Si par la calomnie un homme a réussi,
Cent pour uu toĂŒt au moins sây sont perdus ansst.
(Boursault.)
Puisque chacun ici prend ce'qui lui convient,
Par droit dâaubaine aussi. Finette m'appartient.
(Regnard.)
Mila morte! René mort! sa petite fille va bientÎt
mourir! Chactas qui sâen va aussi! CĂ©luta, resteÂŹ
rons-nous seuls? (Chateaubriand.)
Non plus.
Dire que la religion nâest pas un motif rĂ©primant,
parce quâelle ne rĂ©prime pas toujours, cest dire
que les lois civiles ne sont pas un motif réprimant
non plus. (Montesouiku.)
Je ne saurais passer pour femme, Ă mon avis;
Ni pour veuve non plus, puisquâon elTet jâignore
Si le mari que jâeus est mort ou vit encore.
(Regnard.)
â Je ne comprends rien Ă tout ce que vous dites.
â Ma foi, ni moi non plus. (Regnard.)
Lorsque je veux vous faire ma priĂšre, je ne sais
en quelle langue je dois vous parler. Je ne sais pas
non plus en quelle posture je dois me mettre.
(Montesquieu.)
Dans les phrases de la premiĂšre colonne on a fait usage de aussi, parce que ce mot
exprime une idée de similitude ou d'égalité entre deux propositions positives.
Au contraire, dans,les exemples de la seconde colonne, les écrivains ont mis et ont dû
mettre non plus, parce que les deux propositions similaires sont construites dans un sens
négatif.
Nous établirons donc en principe que atissi, signifiant également, pareillement, sëm
ploie quand il y a deux propositions positives; et non plus, si ces propositions sont
négatives. -
Par conséquent les phrases suivantes sont entachées d'incorrection :
EMPLOI VICIEUX DE auSSt*.
LâĂąme de Mazarin. qui n'avait pas la barbarie de
celle de Croinwell, nën av;iit pas aussi la grandeur.
(Cité par Girault-Duvivier.)
La faveur dû prince nëxclul pas le mérite, et ne
le suppose pas aussi. (La BruyĂšre.)
H nâest pas juste quâil puisse entrer dans les
terres de ses voisins ; il nâĂ©si pas juste aussi que scs
voisins puissent entrer dans les siennes.
(Fénelon.)
Nous ne voulons pas que les autres nous tromÂŹ
pent; nous ne trouvons pas juste qu'ils vëuillent
ĂȘtre estimĂ©s de nous plus quâils ne mĂ©ritent : il
nâest donc pas juste aussi que nous les trompions*
^ (Pascal.)
Dans tous ces exemples il fallait non plus.
Qu'on remarque bien, toutefois, que quand aussi est employé comme conjonction et
dans le sens de conséquemment, d'aprÚs cela, le principe que nous venons de poser devient
sans application ; car, dans ce cas, il nâimporte queâ les propositions soient ou ne soient
pas négatives. Ces aulres phrases sont donc bonnes :
Toutes les occupations-dcs bommes.sont Ă avoir
du bien ; el le titre pur leqin'l ils le pos>Údenl nëst.
dans son origine, que la fantaisie de ceux qui ont
fuit les fois. Us «nâont au##i aucune force pour le
posséder sûrement. (Pascal.)
Ma douleur serait trop médiocre, si je pouvais
vous la dépeindre: je neTëiitrepremirai pas aussi»
DE Sévigné.)
De pareils sentiments nâentrent pas dans mon Ăąme.
â Monsieur ne pense pas aussi ce qu'il vous dit*
(Regkaiu>*)
( 723 )
Dans ces phrases,-aussi se mettrait avec plus d'élégance en téte de la proposition.
«t mai «lusi..
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Je nâirai pa*, ni lui non plus. Aime&-Ia et elle antsi.
N* Tatmez pu, ni elle &(» pin*.
W DCLVm.
Comme, comment.
Comme,
La t*rovĂźdencĂ© est grande, et jâadmire, en effet,
Comme le bien succĂšde Ă tout le mal quâon fait.
(Fabre'dâEglantine.) <
Quelque amoureux qĂŒon soit, Dorine, Dieu sait
[comme
Quatre mois de rigueur découragent un homme.
(DoH AT.)
Je ne sais pas encor comme on manque de foi,
(Voltaire.)
Vous voyez comme les empires se succĂšdent les
uns aux autres. (Bossuet.) ^
ĂŒn cĆur nĂ© pour servir sait mal comme on commande.
(Corneille.)
Comment,
Il faut que je vous raconte comment on avait emÂŹ
poisonnĂ© mon cĆur dĂšs ma plus tendre enfance.
(Bbrn. DE Saint-Pierre.)
Il est juste que vous sachiez comment est fait et
comment se gouverne un coeur. (Fléchier.)
Quand* on se porte bien, , on ne comprend pas
comment on pourrait faire si o» était malade.
(Pascal.)
Voulez-vous savoir comment il faut donner, mel-
tĂȘz-vous Ă la place de celui qui reçoit.
(MâÂź DE Puisieux.)
Ainsi que le prouvent ces citations, comme sâemploie souvent pour comment; il signifie
alors de quelle maniĂšre : La Providence Ăšst grande, Ăšt f admire en effet comme le bien
succÚde à tout le mal quon fait; comme le bien succÚde, cëst-à -dire comment, de
QĂŒelle maniĂšre Ăźe bien succĂšde, etc. On voit encore mieux que comme se dit pour
comment dans cette phrase ; VoilĂ comment il est pĂšre, voici gomme il esl ami. (Lacr'e-
TELLEaßné.)
Cependant on doit ĂȘtre trĂšs-rĂ©servĂ© sur cet emploi de comme au lieu de comment,
parce-quâii peut en rĂ©sulter quelquefois une Ă©quivoque; par exemple, quand on dit : Voyez
COMMENT il travaille, cela tombe sur la maniĂšre dont il travaille; et'si Ton dit : Voyez
COMMEi/ travaille, cela tombe sur la personne et fait entendre quëlie travaille beaucoup.
Dans ce dernier cas, comme signifie à quel degré.
11 nây a guĂšre que certains provinciaux qui se servent de comine au lieu de comment
dans le sens interrogatif: Comme vous portez^ous? disait un provincial à lënteuelle.
Comment vous voyez, lui répondit' celui-ci.
Voici cnmmo on gouverne.
EXERCICE PBRASĂOLOGĂŻQVE.
Voici comment on gouverne, VoUĂą comme va le monde.
Volli comment va le monde.
DCLIX.
Dessus, dessous, dedans, dehors, comparés avec sur, sous, dans, hors.
I.
Dessus*
n croit voir un prie-dieu : il se jette lourdement
dessus. âą (La BbdtĂšrb.)
Sur.
Pour monter «ur un trÎne il nëst rien quën ne quitté.
(Boursault.)
Il écrit une longue lettre, met de dessu#
k plusieurs reprises. (/d.) .
( 724 )
Four remonter au trÎne, il faut régner sur #oL
[De Bellot.)
Les voyages #ur mer sont remplisâdâavenlures.
(FaBEB^D ĂGLANTIHB.)
II.
Dessous,
t
On étale le litre de bon citoyen, el on cache des
sous celui de jaloux. (Massillon.)
Sous.
La vertu sou# Ze chaume attire nos hdmmages.
(Bernis.)
III.
Dedans.
«
Tous les maux sont depuis longtemps hors delĂ
botte de Pandore, mais Tespérance est encore de
dans, (Marmontel.)
.Dans,
La gloire dâun souverain consiste moins dans ĂŻa
grandeur de ses états que dans le bonheur de ses
peuples. (Fénelon.)
IV.
Dehors,
Sans doute que les Français, extrĂȘmement dé
criés chez leurs \oisins, enferment quelques fous,
dans une maison, pour persuader que ceux qui sont
de/tors ne le sont pas. (Montesquieu.)
Hier, jâavais mille affaires dans la maison, je sorÂŹ
tis, et/ demeurai tout le jour dehors. [ĂŻd,]
Hors.
Misérables jouets de notre vanité,
Nous cherchons hors de nous nos vertus et nos vices*
(Boileau.) -
Il y ayait.Aors la porte de la cour une terrasse.
(J.-J. Rousseau.)
AprÚs avoir examiné ce tableau comparatif, on voit que dessus, dessous, dedans, dehors, -
sont de vĂ©ritables adverbes, el quâils ne sauraient ĂȘtre suivis dâun complĂ©ment comme leurs
correspondants sur, sous, dans, hors, qui sont dés prépositions. Toutefois il faut excepter
les deux cas suivants : " o
1Âź Dessus, dessous, dedans, dehors, peuvent ĂȘtre suivis immĂ©diatement dâun substantif
lorsquâils sont en opposition et que le complĂ©ment est placĂ© aprĂšs la derniĂšre prĂ©poÂŹ
sition : '
11 nâest ni dessus ni dessous ta table.
(Académie.)
Les ennemis sont dedans et dehors la ville.
(Académie.)
2Âź Dessus, dessous, dedans, dehors, peuvent ou non, selon le cas, prendre aprĂšs eux un
complĂ©ment toutes les fois qĂŒils sont prĂ©cĂ©dĂ©s de lâune des prĂ©positions Ă , de, ou par,
comme dans les exemples suivants :
Avec un complément.
Mettre la loi ai*-dessus de Vhonneur est un proÂŹ
blĂšme insoluble eu politique. (J.-J. RousseauO
Ces montagnes voisines du ciel voient les nuages
se loTmrr'au-dessous dâelles. (La BhuyĂšre.)
JĂ©sus-Chrl.rt peut-il demeurer au~dedans dâune
idole abominable ? (Massillon.)
La main du Seigneur sâarrachera de dessus ĂŻa
terre, (Massillon.)
On a tiré cela de de#sou# la table.
(Académie.)
Tous nos avantages sont au-dehors de nous ,
par conséquent nous appartiennent. (Massillon.)
5an# complément»
Les esprits de ce temps,-
Qui loulblancs au-dehors sont toĂčt noirs au-dedans,
(Boileau.)
II occupe le:premier étage, et scs domestiques lo
gent uu-tZesswj. _ (Académie.)
Ainsi éclataient au loin la grandeur et la répu
tation de la France, tandis qu'au-dedans elle sâafÂŹ
faiblissait par ses propres avantages. (Massillon.)
Hérode fil tuer tous les enfans de Tùge de deux
ans et au-dessous. (Académie.)
Du temps de Corneille et de MoliÚre on employait indifféremment, comme prépositions
ou comme adverbes, dessus, dessous, dedans, dehors: On en trouve de nombreux exemples
dans les chefs-dâĆuvre de ces grands Ă©crivains. Aujourdâhui ce serait, en prose comme
( 725 )
6n poésie, autant de solécismes que de donner à ces mots un complément hors des cm
qui viennent dâĂȘtre spĂ©cifiĂ©s.
.EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
;.tre dessus,
pre dessous.
;,lre dedans,
ĂŻtre dehors.
Ătre sur le gazou.
Ătre 50U.S le Ht-
Ătre dans l'eau.
Etre hors du péril.
^ Au-dessus de Dieu.
Pur-<lessotis la jambe,
o Au-dedans de nous.
Au-deliors de nous. '
N'DCLX.
Beaucoup, bien.
Ătre au-dessus.'
Aller par-dessou». '
Regarder au-dĂȘdatts.
Revenir de dehors.
Bien.
On fait sur ce sujet 6tën des récits bizarres;
11 sën faut défier, les esprits sont fort rares.
(AndrikĂŒx.)
'Souvent on se donne hien du mal» pour nâĂȘtre
en définitif que ridicules.. (Malesuehbes.)
Bien DES GENS ont prétendu que la quantité des
eaux souterraines surpassait celle de toutes les eaux
qui sont Ă la surface de la terre. (Buffon.)
Beaucoup.
On fait beaucoup de bruit, et puis on se console;
Sur les ailes du temps la tristesse sënvole,
(La Fontaine.)
Lés bommes de jugement ont souvent beaucoup
d'ESFRit, cl les hoinnics dësprit ont pat fois peu de
jugeinent. (Lacretelle aßné.)
Le tempérament a beaucoup i»e part à la j'a-
lousie, et elle ne suppose pas toujours une grande
passion : cĂ«st cepemianL un paradoxe quâun violent
amour sans délicatesse. (La BruyÚre.)
0 Bien et beaucoup, dit Lemafe, substituĂ©s' Tun Ă lâautre dans ces phrases et autres
semblables, donnent Ă peu .prĂšs le mĂȘme rĂ©sultat. Mais il nĂ«n faut pas conclure que
rĂ©ellement ils ont le mĂȘme sens, et que si lâun est un nom de quantitĂ©, lâautre lĂ«st aussi. â
Ils diffÚrent essentiellement par Tétymologie, par le sens, par lëspÚce, par Temploi et
par la syntaxe; ^ o
Par TĂ©tymologie \Bien est une altĂ©ration du latin Ă»enĂ©, altĂ©rĂ© lui-mĂȘme de bonĂš, de
bonus, et signifie bonnement ou dâune bonne maniĂšre, tandis que beaucoup vient de bella
copia (dĂ«Ăč le français copieux), qui signifie belle quantitĂ© ou abondance.
Par le sens : Si jëntre dans un spectacle, et que j'y trouve, contre mon attente, une
grande quautité de monde, je dirai : Il y a bien du monde ici, eX ce tour exprime une
sorte dâĂ©tonnement. Je dirai; au contraire, il y a beaucoup de monde, si jây arrive prĂ©venu
dây trouver une grande affluence.
H a BEAUCOUP d'argent signifie seulement une grande quantité : Il a bien de l'argent
paraĂźt de plus marquer la.çonfiance avec laquelle on assure la chose, ou mĂȘme la satisfacÂŹ
tion que Ton aurait dâavoir la somme que possĂšde la personne dont on parle; et ĂŒ semble^
.qĂŒun avare ou un envieux dirait dâun homme riche : Il a bien de l'argent, lorsquâun
autre dirait : Il a beaucoup d'argent. . ^
Bien et beaucoup diffÚrent aussi par lëspÚce.: Tun est adverbe de maniÚre ou de qua
litĂ©, câest-Ă -dife un mot qui nâa point de complĂ©ment ctqui n exerce dans la phrase auÂŹ
cune influence sur un mot suivant; Tautre est un adverbe, ou plutĂŽt un nom ou un subÂŹ
stantif, de quantité; aussi dit-on : Le peu ou le^beaucoup d]drgent fait la plus grande
diffĂ©rence qui paraisse exister parmi les hornmes, eTlâon ne dirait pas Ăźe bien de l'arÂŹ
gent» etc.
Enfin par Ăźa syntaxe : La syntaxe elle-mĂȘme prouvĂ© quĂš biĂšh nĂ«st point ĂŒn adverbe de
quantité; car, à ce titre, il serait suivi de la seule préposition sans déterminatif, et Ton
. dirait iiën dÚ, comme on dit Úeawcowp de, peu de.» ^ j-
BUn dM ptrsonaM.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
VMMoop d* penona*». Bi«b da mond«.
Bcsacoup d* mo»ù«.
( 726 )
DCLXI.
*BĂŒn ET trĂšs.
Jßtën,
Il faut ĂȘtre 6/en fort ou bien fon pour oser ĂȘtre
intolérant. ' (Voltaire.)
Le véritable courage est hien opposé à la témé
ritĂ©, qui nĂ«iamlne rien, (FontenĂȘlle.)
Une louange peu commune et placée à propos,
a toujours un grand sel el flaito bien agréablement
celui qĂŒi la mĂ©rite. (Dict. ue Maximes.)
Je-présente mes respects a leurs excellences, et
les prie 6iën instamment de me conserver leurs
bontés. (Voltaire.)
TrĂšs.
Ăn quelque pays et en quelque condition quâon
soit, on est irĂšsrlibre, pourvu quâon craigne les
diçui, et quâon ne craigne quâeux, (FĂ©nelon.)
Cëst une tré^-mottuaise politique de changer
par ies lois ce qui doit ĂȘtre changĂ© par les maÂŹ
niĂšres. (MontesĂŽĂŒieu.)
Adraste remonta trĂšs-promptement sur les bords
du fleuve. (FĂ©nelonâ.)
Les hommes sont trĂšs-rarement dignes de se gouÂŹ
verner euĂŻ-mĂȘmes. (Voltaire.)
Quelques grammairiens pensent que bien et trĂšs ne doivent, comme dans ces exemples,
motjifier que des adjectifs ou des adverbes. Cependant comme on dit avoir htcn/atm, auotV
bien soif, pourquoi ne dirait-on pas avoir trĂšs-faim, avoir trĂšs-soif, aussi bien que quoir
bien chaud, avoir bien froid, avoir trĂšs-chaud, avoir trĂšs-froid? Boniface voudrait que
quand on a à modifier ces locutions verbales avoir faim, avoir soif, on préférùt toujours
bien Ă trĂšs ; mais trĂšs nĂ«st-il pas trois fois plus Ă©nergique que bien, et Tun peut-il ĂȘtre
substituĂ© Ă lâautre? Dâailleurs auoir trĂšs-faim, avoir trĂšs-soif sont des consĂ©crations Ă©tablies
par lâusage, et auxquelles il faut bien se soumettre. Marivaux nâa pas craint do dire :
Nous étions partis tkÚs-matin de cette ville.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Biea élevé.
Bien lioonĂȘt*.
Bien poliment.
Bien modérément.
TrÚs-çénéreuR.
TrÚ»-ma gnanßme.
Trés-gron Jument.
TrĂšs-doucement.
âąÂ«es» N" DCLXU.
De loin Ă loin, de loin en loin.
De loin Ă loin.
11 oe me vient,plus voir que de loin Ăą loin.
(Académie.),
Nous avions toujours continué à nous écrire de
loin Ă loin. , (DâOlivet.)
Ces arbres sont plantés de loin à loin.
(Académie.)
De loin en loin.
Pour combiner plus sûrement ma démarche,
jâallai plusieurs fois dĂš Zotnen loin examiner lâĂ©lai
des choses. (3--J- Rousseau.)
A Aix, quel spectaçlel auberges fermées, cafés,
restaurateurs fermés, à peine quelques rares bou
tiques eiilrëuvertes; partout silence et solitude;
quelques hommes apparaissent de loin en loin
/tristes et mornes, attendant tous dâheure fii heure
la fatale atteinte. (National.)
o
De loin à loin,,de loin en loin, sont deux locutions adverbiales que les écrivains em
ploient indiffĂ©remment pburĂ«ignifier Ă une certaine distance de temps ou de lieu. Câest
donc à tort que Boniface établit une distinction entre Tune et Tautre de ces expressions,
et veut que la premiÚre se dise du lieu et là seconde du temps. Cëst aussi à tort que
M. Planche met dans son Dictionnaire oratoire que ces expressions sont familiÚres. Nëus
les avons rencontrées plusieurs fois dans des poésies fort estimées, et J.-J. Rousseau,
La Harpe, Lacretelle, Linguet, en ont fait usage.
(727)
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Iras crtnds génies apperaissent de loin à loin.
Ătablir des vedettes de loin Ă loin.
Voir quelqu'un de loin en IcHn.
La foudre gronde de loin en loiJL
K DCLXIII.
ĂU moins, du moins.
Au moins.
Si Ton nëst pas maßtre de ses sentiments, au
moins on lëst de sa conduite. (J.-J. Rousseau!)
Il nây.a point de famille un peu Ă son aise qui
nâait sa provision Ăčâargent assurĂ©e au moins pour
vivre un an. (Bern. de Saint-Pierre.)
Si Lope de Vega el Shakespeare ne furent pas
regardés comme de saints personnages , personne
au moins» ni à Madrid, ni à Londres, ne reprocha
Ă ces deux cĂ©lĂšbres auteurs dâavoir reprĂ©sentĂ© leurs
ouvrages selon Tusage des anciens Grecs, nos
maĂźtres. (Voltaire.)
La sagesse inutile au mondp est pire que cerÂŹ
taines folies qui servent au moins Ă lâamuser.
(Lingrée.)
Si celui qui vise à la singularité ne Tatteßnt pas
toujours, il est au moins assuré d'attraper le ridi
cule. ' (Sanial Dubay.)
Du moins.
Puisque les dieux nous Îtent lëspérance de vous
voir régner au milieu de nous, du moins aidez-
nous à trouver un -roi qui fasse régner nos lois.
(Fénelon.)
....Jâaime Ă voir quereller les mĂ©chants :
CĂ«st un repos du moins pour les honnĂȘtes gens.
iCOLl.IN dâUahleville.)
La plupart des enfants aiment le vin, ou du moins
sâaccoutument fort aisĂ©ment Ă en boire.
(Buffon.)
Et si de tâagrĂ©er je n'emporte le prix.
Jâaurai du moins Thonneur de Ta voir entrepris.
(La Fontaine.)
Si Ton ne sait point divertir, il faut du moins
ne point ennuyer. (Laroche.)
Si ce nâest point un crime de ne. pouvoir rĂ©gler
les mouvements de son coeur,- cëst du moins un
trĂšs-grand malheur. (Duclos.)
Ainsi que le prouvent assez ces citations, au moins» du moins sont deux expressions ad
verbiales qui sâemploient, au grĂ© des Ă©crivains, Tune pour Tautre, et n'offrent entre elles
aucune différence de sens. Toutes deux signifient pour le moins, et servent à restreindre.
Tidée qu'on a précédemment exprimée.
H en est de mĂȘme de tout au moins, tout du moins : S'il nest pas riche, il a tout au
MOINS, il a TOUT DĂŒ MOINS de quoi vivre. - (AcadĂ©mie.)
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Sojex au moins sage.
Soyez dtt moins sage.
Soyez au moins honnĂšie homme. Soyez dti moins honnĂȘte homme.
N" DCLXIV.
* 0
Peut-ĂȘtre employĂ© avec ou sans le verbe pouvoir.
phrases avec peut-ĂȘtre.
Il nây a peut-ĂȘtre pas de roi qui ne puisse ĂȘtre
venu dâun esclave, ni dâesclave qui ne puisse ĂȘtre
descendu dâun roi. (La Mothe le Yaver.)
Mon Apollon mâa secouru ce matin, et, dans le
temps que jây pensais le moins, m'a fait trouver sur
mon chevet deux lettres qui, au défaut de la mien
ne, pourront peut-ĂȘtre vous amuser agrĂ©ablement.
(Boileau.)
Mais peut-ĂȘtre qĂŒun jour je pourrat faire mieux ;
Car je suis bien honteux dëtre un oncle inutile.'
(lUBBRT.)
LES MĂMES PHRASES SANS peut-ĂȘtre, âą
Il n'y a pas de roi qui ne puisse ĂȘtre venu dâun
esclave, ni dâesclave qui ne puisse.Ă©ire descendu
dâun roi.
Mon Apollon mâa secouru ce matin, et, dans le
temps que jây pensais le moins, rnâa fait trouvf^rsur
mou chevet deux lettres qui, au d< faut de lu mienÂŹ
ne, pourront vous airiĂŒser agrĂ©ablemeiit.
Mais un jour je pourrai faire mieux, car je suis
bien honteux dâĂȘtre un oncle inutile.
N
( 728 )
CĂŽ qu'on pourrait encore reprocher peut-ĂȘtre Ă
ce songe, cĂ«st quâil ne sert de rien dans la piĂšce.
(Voltaire.)
Il y a bien de la différence entre nëtre pas pour
Jésus-Clirist et le dire, ou nëtre pas pour Jésus-
Christ et feindre dĂ«n ĂȘtre. Lcs^prernicrs pourraient
peu/'terefaire des miracles, non les autres.
(Pascal ) ^
Puisquâil nĂ«st point de jouissa?lce de cĆur, des
sens, diâ l'esprit, ilc l'irnagiiiiitioti, que lâon puisse
supplrtr Ă force de richesses, peut-ĂȘtre mĂȘtne auÂŹ
cune nue lâon ne puisse obtenir sans leur secours,
il esl démontré, ce me semble, que la ricliesse ifc
saurait ĂȘtre regardĂ©e comme un premier moyen dc
bonheur, (DiueĂźiot.)
Les princes se privent du plus pur, f>eut-ĂȘtre de
Punique plaisir qu ils pwissen} goûter.
(ĂiCT. DES Maximes.)
Si nous nâĂ©tions attae.hĂ©cs Ă vous que par le deÂŹ
voir, nuus [)Ourrions quelquefois lâuiiblier: si nuus
nây Ă©tions entraĂźnĂ©es que par le penchant, peut-ĂȘtre
ua penchant plus fort pourrai/ lâaffaiblir.
(iVloNTESQUIEU.)
Peut-ĂȘtre que cet argent et mes services pourront
quelque jour obtenir de vous ce que je nâose vous
demander. (/c/.)
Cela pourrait peut-ĂȘtre arriver aisĂ©ment,
(KeONARD.)
Moitié Français, moitié Romain,
Je pourrais peut-ĂȘtre encor plaire,
[Id.)
Et nous en tirerons peut-ĂȘtre ĂŒn avantage
Qui pourra bien servir Ă noire mariage.
â (/d)
Oh çà , mon fils, j*ai une nouvelle à vous ap
prendre; la présence du musicien ne gùtera rien et
peut-ĂȘtre pourra-l^il nous ĂȘtre utile. (id.)
Ce quën pourraïf encore reprocher à ce songe,
cĂ«st quâil ne sert de rien dans la piĂšce.
I
Il y a bien de la différence entre nëtre pas pour
Jésus-Christ et le dire, ou nëtre pas pour Jésus-
Christ, ct feindre dĂ«n ĂȘtre. Les premiers pourraient
faire des miracles, non les autres.
.
Puisquâil nâest point dc jouissance du cĆur, des
sens, dc lâesprit, de lâimagination, que lâon puisse
supplĂ©er Ă force de richesses, aucune mĂȘme que
l'on ïie-pHßsse obtenir sans leur secours, il est dé
montré, ce me semble, que la richesse ne saurait
ĂȘtre regurdĂ©e comme un premier moyen de bon-
lieur.
Les princes se privent du plus pur, de lâunique
plaisir quâils puissent goĂ»ter.
Si nous nâĂ©tions attachĂ©es Ă vous que par le deÂŹ
voir, nuus pourrions quelquefois Toubiier; si nous
n'y étions entraßnées que par le penchant, un pen
chant plus fort pourrait TalTaiblir.
%
Cet argent et mes services po^irront quelque jour
obtenir de vous cĂ« que je nâose vous demander.
Cela pourrait arriver aisément.
Moitié Français, moitié Romain, je pourrai» en
core plaire.
Et nous en tirerons un avantage qui pourrait
bien servir Ă notre mariage.
Oh çà , mon fils, jëi une nouvelle à vous ap
prendre; la présence du musicien ne gùtera rien,
ct il pourra nous ĂȘtre utile.
S'il faut s'en rapporter aux grammairiens, on doit soigneusement éviter lëmploi de
peut-ĂȘtre, qui sâĂ©crit toujours avec un tiret, quand c'est une locution adverbiale, dans les
phrases oĂč se trouve dĂ©jĂ le verbe pouvoir. Suivant eux, les exemples de lĂ premiĂšre
colonne prĂ©sentant ce quâĂŒs appellent un plĂ©onasme vicieux, ne sont pas Ă imiter. Pour
les rendre corrects, il faut, nous disent-ils, les construire tels qu'ils sont rectifiés dans
la seconde colonne. Ainsi Boileau, Voltaire,'Diderot, Montesquieu, Begnard, etc., se
sont grossiÚrement trompés quand ils ont accolé le mot peu/-^/rc au verbe pouvoir. Cëst
ce que nous allons examiner. .
. Dâabord, quâori sâinterroge, qĂŒon se demande si les phrases oĂč le verbe pouvoir esl '
modifiĂ© par peut-ĂȘtre ne diffĂ©rent pas de celies oĂč cet adverbe est supprimĂ©? A notre
avis, il est Ă©trange, pour ne pas dire plus, dây apercevoir le mĂȘme sĂ©ns, la mĂȘme pensĂ©e,
car il existe entre les unes et les autres la mĂȘme diffĂ©rence qĂŒenlfe sĂ»rement ei peut-ĂȘtre :
les prernicrcs sont dubitatives, les secondes sont positives, absolues.
Celui qui dit ; Ne ni attendez pas, car jene poĂŒuuai peut-ĂȘtre pas y aller, annonce
dâune façon dubitative, incertaine, que Taction dont il parle nâaura pas lieu; il ne dit pas
tout-Ă -fait que la chose ne se rĂ©alisera pas ; il exprime seulement quâil peut en ĂȘtre empĂȘchĂ©
dans la prĂ©vision de tels ou tels obstacles ; câest aussi une maniĂšre modeste et dĂ©licate
de dĂ©guiser ce quâon est rĂ©ellemen.t dans Tintention de ne pas effectuer.
Au contraire, celui qui dit : Ne m'attendez pas, car je ne pourrai pas y aller, ne doute
plus de ce qĂŒil affirme; il est sĂ»r dâavance dâune chose, c'est quâil ne pourra pas ac-
( 729 )
complir lĂ«ction quâil exprime. Sa pensĂ©e est celle-ci : Ne m'attendez pas, car sĂ»rement
je ne pourrai pas y aller.
H y a donc une différence bien sensible, bien frappante, entre ne ni attendez pas, car
je ne pourrai peut-ĂȘtre pas y aller, et ne m'attendez pas, car je ne pourrai pasy aller,
différence qui nous paraßt exister aussi entre les phrases de la premiÚre et de la seconde
colonne. CĂ«st donc faute dâavoir assez mĂ»rement rĂ©flĂ©chi, que les grammairiens ont
condamnĂ© lâalliance de avec le verbe pouvoir. Ce qui les a entraĂźnĂ©s dans lâerÂŹ
reur, et notamment Lemare, câesl qĂŒĂŒs ont considĂ©rĂ© cet adverbe moins comme un mo-
dificatif que comme une proposition elliptique composĂ©e dâun temps personnel du verbe
pouvoir et de lâimpersonnel ĂȘtre, et qui, ramenĂ©e Ă son intĂ©gritĂ©, veut dire : CelapeutĂȘtre.
Mais, nous le demandons Ă Lemare, quâest-ce que cela fait?
Dans TĂ©tat actuel de la langue, peut-ĂȘtre, abstraction faite des Ă©lĂ©ments qui le comÂŹ
posent, ne doit plus faire quâun seul mot, rĂ©pondant au latin forsan ou Ă lâitalien forse, et
si Lemare avait Ă traduire celte phrase : Forse potrĂ fare quel che mi comandate, pour la
rendre exactement, il serait obligĂ© de dire : Peut-ĂȘtre je pourrai faire ce que vous m'orÂŹ
donnez. ^ '
Nous le dirons en terminant, Lemare sâest souvent Ă©levĂ© Ăą de trĂšs-hautes considĂ©raÂŹ
tions philosophiques; il est aussi quelquefois tombé plus bas que le plus humble gram-
matiste.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je ne pourrais peut-ĂȘtre pas vous le dire. Je ne pourrais sans doute pas vous le 'dire.
Vous ne pourriez peut-ĂȘtre pas marcher. Vous ne pourriez sĂ»rement pas marcher. .
âąNâ DGLXY
PlutĂŽt; plus tĂŽt.
PlutĂŽt.
PlutĂŽt souffrir que mourir,
Cëst la devise des hommes.
{La Fontaine.)
.....Le travail, aux hommes nécessaire.
Fait leur félicité plutÎt que leur misÚre,
(RoileaĂŒ.)
Les Rrachmanes font plutĂŽt une qu un peuÂŹ
ple; et leur religion, quoique trĂšs-ancienne, ne sâest âą
guÚre étendue au-delà de leurs écoles. (Butfon.)
BientÎt on découvre deux hommes, ou plutÎt
deux spectres, Tun co'uchĂ©, lâautre dehout.
(CuATKAUBlĂŻIArSD.)
Plus tĂŽt.
Si Thomme en question est tel quën me Ta dit,
Terminons au plus tĂŽt lâhymen dont il sĂ«git.
(Regnard.)
Mentor persuada Ă IdomĂ©nĂ©e quâil fallait au
plus tÎt chasser Protésiïas et Timocrate.
(Fénelon.)
Tout ce qui se passe est bien désagréable pour
la phil050|>hie. TĂąchez de faire partir au plus tĂŽt
vos deux Hollandais, (Voltaire.)
Ăźllila nâeut pas plus tĂŽt appris cette nouvelle,
(|u'(âIle dit Ă CĂ©luta : 11 nous faut aller Ă cette
chasse. (Cuateaubriand )
PlutĂŽt nâest bien sĂ»rement qĂŒune contraction de plus tĂŽt. Ccp'mdant, quoique ces
deux expressions soient originairement identiques, il nâest janiais permis de les employer
. Tune pour Tautre.
PlutÎt en un seul mot réveille une idée de choix, de préférence : PlutÎt souffrir que
mourir.
Plus tÎt en deux mots réveille une idée de temps, et se dit en opposition à plus tard:
La vie
On plus tĂŽt on plus tard doit nous ĂȘtre ravie. (RavnoĂŒard.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
VoTis it« venu tard aujourd'hui, venez plus tĂȘt demain. Venez plutĂŽt aujourd'hui que demain.
Lej'excĂšn abrĂȘgtnt la vie et font mourir plus tĂŽt. Lea soldat» pĂ©rirent plutĂŽt que de se rendre,
92
( 730
âDCLXVI.
Pourtant, cependant, néanmoins, toutefois.
Pourtant.
Le fanatisme, quoique sanguinaire et cruel, est
pourtant une passion grande et forte qui élÚve le
cĆur de rhomine. (J.-J. Uoussbau.)
Un auteur.....
Quâon blĂąme en le lisant, et pourtant quâon veut lire.
(Boileau.)
Cependant toutes les nymphes, assemblées autour^
de Mentor, prenaient plaisir Ăą le questionner.
(FĂ©nelon.) âą
Cependant.
On crie beaucoup contre les vices, et cependant
on ne se corrige point. (Giuaro.)
Néanmoins.
Le caractÚre dé railleur est dangereux; quoique
cette qualitĂ© fasse rire ceux quâelle ne mord point,
elle ne nous procure néanmoins aucune estime.
(OXENSTIERH.)
Nous nous persuadons souVent dâaimer les gens
plus puissants que nous, et nĂ©anmoins câesl lâinté
rĂȘt seul qui produit notre amitiĂ©.
(La Rocuefoucauld.)
Toutefois.
Qui est semblable Ăą Tyr? Et toutefois elle sâest
tue dans le milieu de la mer. (Bossubt.)
Câest Ă vos seuls remords que je vous abandonne;
Si toute fois J'açrh de si lùches efforts,
Un cĆur comme le vĂŽtre Ă©coute des remords.^
(Voltaire.)
Voici sur ces quatre mots pourtant, cependant, néanmoins, toutefois, la distinction éta
blie par lâabbĂ© Girard.
Pourtant, dit-il, a plus de force et plus dâĂ©nergie; il assure avec fermetĂ©, malgrĂ© tout
ce qui pourrait ĂȘtre opposĂ©. Cependant esi moins absolu et moins ferme; il affirme seuÂŹ
lement contre les apparences contraires. iWanmoins distingue deux choses qui paraissent
opposĂ©es, et il en soutient une sans dĂ©truire lâautre. Toutefois dit proprement une chose
par ex.ception; il fait entendre qĂŒelle nâest arrivĂ©e que dans lâoccasion dont on parle.
Selon nos Ăšxemples, ces quatre adverbes peuvent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s de la particule conÂŹ
jonctive c/, quoique le silence de Girault-Duvivier sur pour/an/* et nĂ©anmoins semble Ă
cet égard les priver de cette faculté.
ĂXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Je l'ai pourtant tu.
Vous ) avez pourtant dit.
ÂŁt pourUnt je le laii.
Cependant je vous aĂźmu.
Je le ferai cependant.
ÂŁt cependant vous arrivez.
Néanmoins je le veux.
Je le sais néanmoins.
Et nĂ©anmoins vous ĂȘtes lĂą.
Toutefois je vais vous le dire.
Je ne l'ignore nai toutefois,
£t toutefois il faut étro circonspect.
K DCLXYII.
Quand et quant comparés.
Quand.
Lâamour e#t privĂ© de son plus grand charme
quand ThonnĂȘtetĂ© lâabandonne.
(J.-J. Rousseau.)
J'estime d un guerrier la noble impatience
Qui sait, quapd il ie iaut, céder à .la prudence.
(La Harpe.)
Quant.
Quant au besoin de vivre, un vignoble, un verger,
une laiterie, un potager, fourniront agrĂ©abiement Ă
nos plaisirs, ^ (Bern. dkSaint-Bierre.)
Il nâest pour voir que lâoeil du maĂźtre;
Quant Ă moi, jây mettrais encor TĆil de lâamant.
(La Fontaine.)
Oo redoute Técueil quand on a fait naufrage,
Et le malheur dën ßou sert à le rendre sage.
(Destoucues.)
Si la tromperie en quelque cas sâexcuse,
Cëst quand on fait donner un ennemi qui ruse
Dans le piĂšge malin que lui-mĂȘme nous tend.
(DĂŒfresny.)
( 781 )
Le sage observe Je désordre public qu'il ne p«ut
arrĂȘter: il observe, el montre sur son visage attristĂ©
la douleur quâil lui cause; mais qua^it aux dĂ©sorÂŹ
dres particuliers, il s'y oppose et détourne les yeux,
de peur qĂŒils ne s'autorisent de sa prĂ©sence.
(J.-J. Rousseau.)
II existe une si grande diffĂ©rence entre ^wanrf et çwanf, quâil est presque impossible de
confondre ces deĂŒx mots. Quand, sâĂ©crivant avec un d, signifie lorsque ;ei quant, avec t,
a la signification de relativement Ă , pour ce qui est de. Le premier se distingue encore
du second en ce que celui-ci est toujours suivi de la préposition à .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Quand le soleil se lĂšve.
Quant Ă moi.
Quand les champs vendissent. Quant Ă vous.
Nâ DCLXYIII. 9^-
Au reste, du reste.
Au reste.
Nous sommes en état de résister, avec des forces
inégales, à cette multitude innumbrable dënnemis,
qui nous environnent. Au reste, la pnix entre eux
ct nous est devenue trÚs-diflicile. (Fénelon.)
Toute Tétude de Paul et Virginie était de se com
plaire eldesĂ«ntrâaider, A m reste. Us Ă©taient ignorants
comme des créoles, et ne savaient ni lire ni écrire,
(Bern. de Saint-Pierre.)
Pygmalion ne mangeait que des fruits qu'il avait
cueillis lui-mĂȘme dans son jardin, ou des lĂ©gumes
qu'il avait semĂ©s, et quâil faisait-cuire. Au reste, il
ne buvait jamais d'autrĂ« eau que de celle quâil puiÂŹ
sait lui-mĂȘme. (FĂ©nelon.)
. Du reste.
Je ne demande Ă mes lecteurs que de.lire tout, ct
tout de suite, avant que dĂ©juger; du reste, qĂŒils
usent de tous leurs droits. (Girard.)
Cet homme est bizarre, emporté; du reste, brave
et intrépide. (Boubours.)
JĂ© vous ai dit ce que je pensais sur cette affaire;
du reste, consultez des personnes plus éclairées que
moi. - ⹠(Académie.)
Du reste, il n'a rien fait que par votre conseil.
(Racine.)
Cet homme a'quelque chose dâextraordinaire dans
sa mise et daus sou maintien; du reste, il est aiÂŹ
mable. (Bouhours.)
Ces deux expressions adverbiales, au reste, du reste, sont souvent prises lâune pour
lâautre. Cependant elles ne sont pas tout-Ă -fait synonymes.
Ăureste sâemploie lorsque aprĂšs avoir exposĂ© un fait ou traitĂ© une matiĂšre, on ajoute
quelque chose dans le mĂŽme genre, et qui a du rapport Ă ce quâon a dĂ©jĂ dit : Madame
doit dissimuler son mĂ©contentement, et attendre tout du temps; aĂŒ restĂ©, elle est maĂźtresse
de sa conduite. ' * (Girard.)
Du reste se dit quand ce qui suit nâest pas dans le mĂȘme genre que ce qui prĂ©cĂšde, et
qĂŒil nây a pas une relation essentielle : Il est capricieux ; dd reste honnĂȘte hornme.
" (Académie.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
S* VOUS «ußv« mon consril, vous ne vous co repentirez pas; ou
reste, vous ferez ee qui vous eonviendra.
Selon ce que j'ai appris, Ăźl paraĂźt que votre onde a fait fortune ; au
reste, vous pouvez le saroir mieux que moi en lui écrivant.
II n'y a personne de plus^imahle, de plus instruit, de plus enjoué»
de plus spirituel que lui ; du reste, il est petit.
C'Ă©tait Itieo i'Iionmie le plus lĂȘ^er, le plus Ă©tourdi que je connaisse;
du reste, franc et loyal garçon.
(732)
DCLXIX.
p 4
De suite, tout de suite.
De suite.
Pygmalion ne coucha jamais deux nuits de suite
dans ia mĂŽme chambre, de peur dâĂȘtre Ă©gorgĂ©.
(Fénelon.)
Un étourneau peut apprendre à parler indiffé
remment français, allemand, latin, grecĂŻ etc., et Ă
prononcer de suite des phrases un peu longues.
(BĂŒffon.)
Tout de suite.
Il vole tout de suite au.camp des troupes du
PéloponnÚse et les amÚne au combat.
(Barthélémy.)
Nous étions si accablés de fatigue, que nous ga
gnĂąmes tout de suite une habitation commode qui
nous avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e. â ,
(Biblioth. DES Voyages.)
De suite signifie successivement, sans interruption: PygmalĂźonne coucha jamais deux
nuits DE SUITE dans la mĂȘme chambre, etc. (1" colonne.)
Tout de surte, signifie incontinent, aussitĂŽt, sur-le-champ : Il vole tout de suite au
camp des troupes. (2Âź colonne.)
Cependant il ne faut<ipas toujours sâattacher Ă cette distinction rĂ©pĂ©tĂ©e dans toutes les
grammaires et dans tous les dictionnaires, car de suite et tout de suite ne diffĂšrent que par
le mot fou/, qui rend la pensée plus vive, plus énergique. Ces deux expressions signifient
successivement, sans interruption, et peuvent ĂȘtre employĂ©es lâune pour Tautre. Essayons
de le prouver par le raisonnement : 1Âź Si quelquâun dit : Ăllez-y de suite ou tout de
SUITE, il fait entendre par Tune et Tautre façon de sĂ«xprimer qĂŒil veut que son ordre
soit exĂ©cutĂ© immĂ©diatement aprĂšs Tacte de la parole, câest-Ă -dire sans interruption de
temps, Ă«t, dans ce cas, les deux locutions sont Ă©galement bonnes; 2Âź sâil Ă 'ii: J'ai fait
vingt lieues de suite ou tout de suite, il Ă©nonce quâil a parcouru vinf,t lieues succesÂŹ
sivement, sans sâarrĂȘter, et ces deux maniĂšres de parler sont encore correctes. Au reste,
voici quelques exemples qui viennent corroborer notre opinion ; ,
Tout de suite pour de suite.
ITbut trois rasades tout de suite. (Planche.)
Il a couru vingt postes tout de suite. {Id.)
t de suite.
(Académie."!
II a fait trois courses de bague tout de suite.
. De Suite pour tout do suite.
Nous devons dĂ©mentir les vols quâon annonce
avoir Ă©tĂ© faits aĂŒ gĂ©nĂ©ral; il est vrai quâon nâa pas
retrouvĂ© de suite ses effets, mais rien nâa Ă©tĂ© pĂšrdĂ».
(JouBNAi. DE Paris.)
Maintenant il est essentiel de dérouler de suite le
tableau des moeurs depuis Henri l! jusquâĂ Henri IV.
Ăźj (Chateaubriand.)
Avant de terminer, nous ne passerons pas sous silence,Tanalyse que donne Lemare
des locûtions de suite et tout de suite. Selon ce grammairien, /ai/cs-Zcs marcAcr de suite,
cĂ«st faites-les marcher ayant eu la suite; il d couru trois postes tout de suite, câest
il a couru trois postes ayant eu entiĂšrement la suite. Et Lemare appelle cela de iâaÂź
nalyse l'/Ăź/sum tortca/is. ,
. " s . s
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
O
Prononcer ĂMix mois Je suite.
Passer trois nuits de suit*.
Partez tout de suite.
Allez-y tout de suite.
Cailcs-les marrlier de suite. * Vous vons échauffez tout de suite.
Ătresurpiedtroisjoursdefuitfr. ObĂ©issez tout de suite.
( )
â«»Ê(N- DCLXX.
0
\ I
Tout-Ă -coup, tout d'un coup,
Tout-Ă -coup.
ro«f-d-co«p je crus voir Vénus qui fendait les
nues dans son char volant, conduit par deux coÂŹ
lombes. _ (FĂNEI-ON.)
Tout-Ă -coup le pilote re^marquait que la terre
paraissait encore éloignée. {Id.)
Tout-Ă -coup une noire tempĂȘte enveloppa le ciel,
el irrita toutes les ondes de la mer. (Id.)
Ă» *
Ce mal lui a pris towf-d^coup, comme 11 y pensait
Je moins.^ ; (Académie.)
Tout dâun coup*
La confiance etraniitiĂ© :;Alssent font dâun coup
entre les mĆurs qui'se ressemblent par la bontĂ©_.
iPrfvot.)
Je ne lis^jamais les tnots de Flore ou dâHĂ©bĂ©,
que je ne songe tout d'uri coup Ă elle.
(Marivaux.)
^ Il faut que tous ceux qui assistent à une ;i'«ce de
théùtre connaissent tout dâun coup les personnages
qui se présentent. (Voltaire.)
Cet homme a gagné mille écus fowf dën coitp.
' (Académie.)
Il fĂźt sa fortune tout dâun coup. (Id.)
}
Ne confondez pas tout-Ă -coup avec tout d'un coup.
Tout-Ă -coup signifie, comine dans les exemples de la premiĂšre colonne, soudainement,
inopinément. '
Tout d'un coup, dĂ«prĂšs les citations de la seconde colonne, a lĂ© sens de en mĂȘme
temps, tout Ă la fois.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
La maison tomba tout-a-coup. Il perdit son argent tout d'un coup. La nuit survint tout-Ă -coup. Ălattres et chevaux se noyĂšrent tout dâun coup.,
N" DCLXXI. gâ»-"-
/ci, B. â âą -
I.
Ici.
âŹe titre de mari dĂ«ne jolie femme, qui se cache
en Asie avec tant de soin, se porte ici sans inquiétude.
(Montesquieu.)
LĂą.
Vos oisifs courtisans, que les chagrins dévorent,
Sâefforcent dâobscurcir les astres quâils adorent.
LĂ , si vous en croyez leur coup dâĆi] pĂ©nĂ©trant,
Tout ministre est un traĂźtre et loĂčt prince un tyran.
(Voltaire.)
II.
Ici, le camp paraissait ému à la vue dëne femme
sĂ©duisante,'^ qui semblait implorer le secours dâune
troupe de jeunes princes; lĂ , cette mĂȘme enchanteÂŹ
resse enlevait un héros dans les nuages.
. ' (CUATEAĂBRIAWD.)
LĂ , le vigneron effeuillait le ccp sur une colline
pierreuse.: ici le cultivateur appuyait les branches
,du pommier trop charge. (Cuaxeaubuiand.)
JciĂ«stle lieu mĂȘme oĂč est la personne; lĂ est un lieu diffĂ©rent. Le premier marque et
spĂ©cifie lĂ«ndroit; le second est plus vague; il a besoin, pour ĂȘtre entendu, dâĂȘtre acÂŹ
compagnĂ© de quelque signe de TĆil ou de la main, ou dĂ«vofr Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© auparavant
dans le discours.
On emploie ici et là dans les énumérations : ici indique /e lieu le plus.,proche; là ,
i«ëndroit le.plus éloigné.
AlUx U.
( '734 )
EXERCICE PBRĂąSĂOLOGIQĂŒB.
Ici son casque, là son épée.
Ici Je» eoteaiuc, li A*» pßsloei.
N" DCLXXU.
EN.
NATURE DE CE MOT;
lorsquâil së» alla, r
Je nĂ«tais qĂŒune enfant haute comme cela.
(Regnard.)
Adraste est semblable à un lion affamé qui, ayant
Ă©tĂ© repoussĂ© dâune bergerie, sâen retourne dans les
sombres forĂȘts. ' (FĂ©nelon.)
*
Le comte sâen vĂźnt Ă Ăźa prison oĂč son fils Ă©tait.
(Chateaubriand.)
Le fils dâĂole parlait Ă des gens qui nâavaient pas
grande envie de rire: ils ne purent pourtant s en
empĂȘcher: ce qui fitqĂŒii sĂ«n retourna bien confus.
(Montesquieu.)
somnres loreis. v- -
En est le.tncf^ des Latins; il signifie proprement de lĂ . Ainsi lorsqu on dit : Ils en alla,
ils en vint, il s'en retourna; en est pour de lĂ , de 1 endroit ou l on se trouve. En remplit
ici la fonction dâadverbe. GĂ«st donc par extension qĂŒon a vu ce mot jouer ailleurs e
rĂŽle de pronom .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
n» s'cn cUÚrcDl.
Il s'cn retourna.
Je mâen rcvin».'
IU sâen vinrent.
âąOOOO»
Nâ DCLXXI1I.Âź5Ă^^
Je m'en vais me promener Et je vais me promener.
Je mâen vais.
AccablĂ© des malheurs oĂč le destin me range.
Je mâenvais les pleurer. Va, cours, vote et nous venge.
(Corneille.)
Je mâen vais, luĂź dit-il, Venvoyer Ă Adraste par
les mains d'un Lucaiiien, nommé Polytrope, que
vous connaissez. " (Fénelon.)
Et inni, avec le jns de ces grenades, je mâen vais
vous faire des sorbets excellents comme ceux de
Naples. (Bern. de Saint-Pierre.)
Dame mouche #ën va chanter à leurs oreilles,-
Et fait cent sottises pareilles.
(La Fontaine.) -
Je «lënuat# frauatY/er, moi, pour vous contenter,
A vous faire, en raisons claires et positives,
Le mémoire succinct de nos dettes passives.
(Rkgnard^)
' Je vais.
Ăclatez, mes regrets, trop longtemps retenus;
Je vais mourir bientĂŽt, je ne me plaindrai plus.
(Regnard.)
0 Troglodytes, je suis Ă la fin de mes jours, mon
sang est glacé dans mes veines, je uats bientÎt revoir
vos sacrés ateux. (Montesquieu.)
0 toi, sage dervis, dont resprit*curieux brille de
tant de connaissances, écoute ce que je vais te dire,
{id.)
Je lui uctfs présenter mon estomac ouvert,
Adorant en sa main la vĂŽtre qui me perd;
(Corneille.)
Je vais ouvrir à la clarté divine des yeux fermés
depuis longtemps Ă la lumiĂšre terrestre.
(Cuatbaubriand,)-
DâaprĂšs ces exemples, et surtout dâaprĂšs ceux dont abondent nos poĂštes et nos prosa-
leurs, il est permis de dire avec ou'sans ellipse du mot en: je m'en vais me promewer ou
"je vais me promener, je mâen vais lui ouvrir ou je vais Un ouvrir. En exprimĂ© dĂ©signe
alors le temps ou le lieu. Quand il désigne le lieu, il est pour de ce heu, de l endroit ou
l'on parle; lorsquâil dĂ©signe le temps, il signifie Ă partir dâĂ prĂ©sent, de ce moment.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVEi
Je mâen vais vons le dire.
Je mâen vais lai pari».
Je mâen vai» le Mvoir.
Je vais vous le dire.
Je vais lui perler,
J* vais lo savoir.
( 735 )
N» DCLXXIV. 9^^»
GALLICISMES PRODUITS PAR en.
Tousles guerriers parlaient Ă la fois; des conÂŹ
tradictions on EN vint aux insultes.
(Chateaubriand.)
Ils ne sâen tinrent pas lĂ ; ils conservĂšrent Tun
contre lâautre une haine implacable.
-^(Académie.)
AprĂšs plusieurs explications, on en vint aux ra-
proches, ensuite.atiÂź menaces, et enOn aux coups.
(Académie.)
Les deux armĂ©es des Romains et des Ăques en
étaient venues aux mains dans la plaine,
(Vertot.)
Il,existe une infinité de gallicismes occasionnés par en, comme en venir aux insultes,
EN venir aux reproches, en venir aux mains, pas sâen tenir Ă une chose. Dans toutes
ces locutions, le mot en nĂ«st autre chose quâun adverbe. Ainsi envemVawĆinsM/to, etc.,
cĂ«st venir de lĂ aux insultes, cĂ«st-Ă -dire du point oĂč en est restĂ©e la dispute, la queÂŹ
relle, fiien nĂ«st donc plus facile quo de se rendre compte de ces sortes*dâidiotismes.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
En venir »nx invectives.
ÂŁn venir aux excĂšs.
Ne pas sVn tenir Ă ce quâon a. . En venir ani mains.
Nâ DCLXXV. 9^»â
' Y.
NATURB DE CE MOT.
Taßsez-vous. péronnelle,
Rentrez; et lĂ -dedans allez voir si jâj/ suis.,
(Regnard.)
OĂč la chĂšvre estliĂ©e, il fautbien quĂ«lle g broute,
t (MoliĂšre.)
... Dâici je ne veux point sortir;
Je mây trouve trop bien.
(Regnard.)
Ah! fuis ces lieux cruels, fuis cette terre avare:
. Jây pĂ©ris immolĂ© par un tyran barbare.
(Oblille.)
r est un mot essentiellement adverbe qui signifie lĂ , et dont le rĂŽle devrait ĂȘtre touÂŹ
jours de rappeler une idée de localité; ce nëst donc que par extension que nous lui
avons vu jouer ailleurs lâoffice de pronom. .
] EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Ycnei chez moi, jây suis toujours.
Allez lĂ , vous Ty trourerci,
Nâ DCLXXVI.
Je.n'irai pas ou je n'y irai pas.
Je nâirai pas.
Un tel viendra-t-il Ă la campagne ? â On mĂ« dit
quâtV tra. (AcadĂ©hie.)
Je suis absolument déterminé pour l'habitation
du pays de Galles, et jâirai au commencement du
printemps. (J.-J. Rousseau.)
Je nây irai pas.
Notre cher chevalier Destouches ira dâici Ă BourÂŹ
bon ue, cl tu y âiras. (FĂ©nelon.)
Il ne me sert donc de rien dâavoir voulu troubler
ces deux amants, enëéclaranl que je veux ĂȘtre de
cette chasse! En serai-je?... 0 malheureuse! quâai-je
fait? Non, je nây irai pas; ils nâr iront pas eux-
mĂšmes. (f<L)
(736)
On dit généralement dans la conversation, si vous allez à tel endroit, j*irai aussi, en
supprimant Tadverbe y, qui est grammaticalement nécessaire : on veut par là éviter Vhia-
tus qui résulte évidemment de lëxpression j'y irai aussi, et qui lui donne quelque chose
dĂ«xlrĂȘmemenl languissant. Cependant on voit que l'harmonieux auteur de TĂ©lĂ©maqne ne
sëst pas fait scrupule dëmployer Tadverbe y avec le verbe aller au futur. On peut donc
aprÚs lui sën servir sans crainte, soit dans le style épistolaire, soit dans le discours sou
tenu ; mais il est encore mieux de lo supprimer.
i
exercice PHRASĂOLOGIQVE.
Allez Ă Ăźa rliasne, mot je nâirai pas.
tn toi.9 allez la, j'iraĂź aussi.
Si vous allez Ă la chasse.^moi je nây irai pat.
Si vous ftjlez lĂ , j'y irai aussi.
DES EXPRESSIONS NĂGATIVES ET DE LEUR EMPLOI..
âNâ DCLXXVII.
DIFFERENCE ENTRE non ET ne.
Non.
«
Je crains votre secours el non sa barbarie.
(Voltaire.)
Le vrai courage est de savoir souffrir,
Aon dâaller exciter une foule rebelle
A lever sur son prince une main criminelle, (fd.)
Les hommes en seront-ils plus vertueux, pour ne
pas^reconnaßtre un Dieu qui ordonne la vertu ? Aon»
sans doute. (fd.)
LâInnocence est timide, et non la trahison.
(Boursault.)
Ae.
Il est peu de beautés que le temps ne détruise.
(Langue.)
Lâhistoire, qui punit et rĂ©compense, perdrait sa
puissance si elle ne savait peindre.
Xuateaubriand.)
Ăźl est des souvenirs qui portent dans notre Ăąme
Une douce jangueur, un charme attendrissant;
Oo ne saurait alors exprimer ce qĂŒon sent.
(Demoustier.)
De tout temps les chevaux ne sont nés pour les
(La Fontaine.) [nommes.
11 nây a que deux adverbes qĂŒon doive regarder comme essentiellement nĂ©gatifs; cĂŽ
sont non et ne.
Une bien grande différence caractérise ces deux particules ; la premiÚre se construit
sans verbe, la seconde toujours avec un verbe; non reprĂ©sente tout ou partie dâune pro*
position ; ne entre toujours compie Ă©lĂ©ment dâune proposition.
Souvent il arrive que non et ne se trouvent dans la mĂȘme phrase pour imprimer plus
de force à la pensée :
0 dĂ©testable orgueil!... Aon, il nâest point de vice
Plus funeste aux mortels, plus digne de supplice;
Voulant tout asservir Ă ses injustes droits,
De ThumanitĂ© mĂȘme il Ă©touffe la voix.
(Destouches.)
p ^
Non rĂ©pĂ©tĂ© ajoute encore plus dâĂ©nergie :
Aon, les divers fléaux, tant de maux nécessaires,
Dont le ciel en naissant nous rendit tributaires,
Dont Thomme ne peut fuir ni détourner les traits,
Ae sont rien prĂšs des maux que lui-mĂȘme sâesl faits.
(Lemierre.)
Aon» non, le consulat nâest point fait pour son Ăąge. Aon» non, je nây consentirai jamais.
(Voltaire.) (Académïb.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
fï*»
rßch»? m« mIs.
Ătes-roasivai#? No».
â COO©
( 737 )
DCLXXYIII.»^3«<
DIFFĂRENCE ENTRE pas ET point.
Pas.
Le# diÚux nëpousentpa# les passions des hommes.
(Lafosse.)
... Câest un insensĂ© quâun voyageur bien las
Qui peut se reposer, el-qui ne le fait pas.
XBotiRSAULT.)
Le monde par vos soins ne se changera pas.
(MOLlfeHE.)
Un affront vit toujours sur le front qui lëndure ;
Qui ne sâen venge pas est nĂ© pour le souffrir.
(Crébillon.)
L'a sagesse nâest pas toujours inaltĂ©rable.
(La Cuaussée.)
Le ciel sur nos souhaits ne rĂšgle pas les choses.
(Corneille.)
Lâamour ne doit-il pas cĂ©der Ă Ăźa raison?
(Boissv-.)
Il nâest pas toujours bon d'ĂȘtre trop politique.
(Rotrou.)
Savoir raisonner, ce nâest pas savoir plaire.
(LanoĂŒe.)
Point. '
... Pour un vieux garçon iß n'est potnf^d'avenlr.
PĂšres, de vos enfants ne forcez point les vĆux ;
Le ciel nous les donna, mais pour les rendre heureux.
(Chénier.)
Contre la mĂ©disance il nâest point de rempart.
(MoliĂšre.)
Le sol opulent
Aux sottises qĂŒil fait ne cherche point d'excuse.
(Dufresny.)
La Valeur ne met point Ă Tabri dâun orage.
(Legrand.)
Les affronts de lâhonneur ne se rĂ©parent point.
(Corneille.)
Et ce nâest point ainsi que parle la nature.
(MoliĂšre.)
Il nĂ«st point de noblesse oĂč manque la vertu.
(Crébillon.)
Il nâest point de fiertĂ© que le sort nâhumilie.
{Id.) *
Pas et point sont des substantifs exprimant des quantités positives, mais dëne trÚs-
peiite Ă©tendue; ces mots nâindiquent pas la nĂ©gation, seulement ils la complĂštent, la pré
cisent, la déterminent; ils montrent le degré dëxclusion auquel on porte la chose dont
on parle. Pas dit moins qae point : le premier achĂšve dâĂ©noncer simplement le sens
négatif; le second Taffirme absolument, totalement, sans réserve. Voilà pourquoi Tun se
place IrĂšs-bien devant les modificatifs, et que Tautre y aurait mauvaise grĂące. On dira
donc avec pas : N'ĂȘtre pas bien riche, n'avoir pas beaucoup d'argent, n'ĂȘtre pas fort heuÂŹ
reux ; et avec point : N'ĂȘtre point riche, n'avoir point d'argent, n'ĂȘtre point heureux.
Nous venons de dire que pas et point sont des substantifs : Tanalyse va le prouver. En
effet, quand on dit : Ne bougez pas, c'Ă©st ne bougez dâun pas; ne bougez point, câest ne
bougez dâun point, ĂȘtre dans une immobilitĂ© complĂšte. Il en est de mĂȘme de personne,
rien, goutte, mie, brin, dans il ne voit personne, il ne voit rien, il ne voit goutte, il
n'en veut mie, il n'y en a brin : tous ces mots sont des substantifs qui ne font que moÂŹ
difier la négation.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
n nâa pas beaucoup do fortune. U n'a point de fortune. H n'a pas beaucoup d'esprit. -Il n'a point iTesprit.
«
âDCLXXIX.cm»»-â
emploi ou suppression de pas ou point lorsquâun verbe a plusieurs
compléments liés par ni.
Suppression.
' Mon bras est Ă VendĂŽme, el ne peut aujourdâhui
Ni servir, ni traiter, m changer quâavec lui.
(Voltaire.)
Emploi.
Une noble pudeur Ă tout ce que vous faites
Donne un prixqueĂŒontpointni la pourpre n/Tor.
(Racine.)
93
( 738 )
Un vrai roi,ne connaĂźt ni protecteurs nt maĂźtres.
(Db Belloy.)
ĂŻl ne craint nt les dieux nt les reproches de sa
conscience. (Fénelon.)
Yous ne connaissez potnf ni Tamour ni ses traits.
(Corneille.)
Oh në trouve point dans les humains ni les vertus
ni les talents qĂŒon y cherche. (FĂ©nelon.)
Lorsquâun verbe a plusieurs complĂ©ments liĂ©s par m, on supprime gĂ©nĂ©ralement y?as
et point, en ne faisant usage que de la négative ne, conformément aux exemples de la
premiĂšre colonne.
GĂȘjiĂȘndĂ dl, malgrĂ© la critique de Voltaire sur ce vers de Cbrrieille : Yous ne connaissez
POINT NI Vamour ni ses traits, vers oĂč, Ă lâinstar des grammairiens, Voltaire condamne
point comme y étant explétif, nous croyons, avec Boniface, que cet exemple ét les analo
gues de lĂ seconde colonne sont loin dâĂȘire vicieux ; ils peuvent ĂȘtre imitĂ©s au contraire,
soit eri prosĂ«, soit Ă©n poĂ©sie, parce quâils rendent Texpression beauboup plus Ă©nergique.
Et certes , en puisant dans les chefs-dâĆuvre de Voltaire, il ne nous serait pas bien
difficile de trouver des passages qui le mettraient ici eri contradiction avec lui-mĂȘme.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Je né coanaUsais ni son pÚre ni sa mÚre. On hc cotinaissait point ni son pÚre ni sa mÚre.
r DCLXXX.
SUPPRESSION DE pas ET DE p'oitit DANS LES PHRASES CONSTRUITES AVEC guĂšre, tiul,
aucun, nullement, personne, rien, jamais ET plus.
GuĂšre.'
LĂ«mbĂźtion, seigneur, nâa guĂšre de limitĂ©s.
(Boursault.)
Quand on souffre en Thonneur, Tamour rie touche
(Scarron.) [guĂšre.
Nul, aucun, niillement.
Nul ne peut ĂȘtre heureux; iâil nĂš jouit dĂš sa lĂźrĂŽ-
pre estime; (J.-J. Rousseau.)
Ăucujie Ă©pouse, aucun fils, aucune soeur, aucune
mĂšre, ne sâarrĂȘtera Ă ma priĂšre funĂšbre.
(CUATĂĂUBĂĂAND.)
Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement,
Les gens en parleront, nâen doutez nullement.
(La Fontaine.)
Aucun ne ferait doute de punir de mort le juge
(Jui, par colÚre, aurait condamné un crimineß.
(Montaigne.)
Personne.
Personne nâaime Ă recevoir de conseils.
Personne ne veut ĂȘtre plaint de ses erreurs.
(De SĂ©gur.) âą (VaĂŒvenargues.)
»
RĂźen (i).
..... Un pĂšre est toujours pĂšre;
Rten nâen peut effacer le sacrĂ© caractĂšre.
(Corneille.)
Pour moi, je ne vois rien de plus sot; Ă mon senSj
QĂŒun auteur qui partout va gueuser des encens.
(MoliĂšre.)
Jamais (2j.
Jusquâici jamais
La probitĂ© ne fut la vertu des valets. (QĂŒinault.)
DĂ©irx mĂ©deciris hâriht pĂč iĂĂź dohner lĂ« trĂ©pas !
Il ne mourra/awiate... (Destouches.)
(1) Ce mot, qui nĂ«st pas par lui-mĂȘme nĂ©gatif, dĂ©rive du latin res, et signifie chose, quelque chose : Y
a~t~il rim de plus beau!
(2) Ce mot sĂ«mploie quelquefois dans les phrases affirmatives: Câest ce quâon peut jamais dire de plus
fort» de mieux. â XcĂ© j>«iisance 'des Normands Ă©tait une puissance exierminatricĂš, sâil Ă©n fut jamais.
(ĂcAnĂMlB.)
{ 739 )
PlĂŒf.
SI vous ne voyez plus votre auguste famĂźtle,
Le Dieu que vous servez vous.adopte pour fille.
(Voltaire.)
I
La mĂȘme nation nĂ«st p/tw reconnaissable au bout
de trois Ă quatre siĂšcles. (Voltaire.)
On supprime pas et point, comme dans tous les exemples qui précÚdent, quand il
entre dans la phrase Tun des mots guĂšre, nul, aUcun, nĂŒlUlhĂšnt, personne, tien, janiais
et plus, considéré comme adverbe de temps.
EXERCICE PHRASĂĂLOGĂQVE.
Nul v/j viendra. ' It n'en veut nullement.
Il nây allait personne. Rien ne lui fait.
Jamais il ne ie fera. U ne vient plus. 11 nâest plus le mĂȘme.
Jo n en ai gncre.
Personne nâentra.
Aucune personne no lâaime.
11 ne demande rién.
Rien ne le ferait néder.
Ancnn prix ne le toucbc.
Je nâirai jamais.
U ne cĂšde en rien.
DCLXXXl.
EMPLOI 00 SUPPRESSION DE pos ,0V point AVEC LES- VERBES pouvoir, oser, savoir,
cesser, suiVxs d*ĂŒn Autre verbe a l*infinitif, Ă«t avec bouger*
e
Pouvoir.
Pas SUPPRIMĂ.
Noii, dĂ©esse, jĂ© ne puis souffrir quâun de leurs
vaisseaux fasse naufrage. (Fénelon.)
Je ne put# soutenir sa colĂšre.
(Voltaire.)
Pas EXPRIMĂ:
Je ne puis po# mâimaginer que vous ayez dâautre
objet que celui de me plaire. (Montesquieu.)
Eh! ne pouviez-voiis point punir sa barbariĂš ?
(VĂŽfcTAlftE.)
Oser.
Dans son appartement elle nësat/ rentrer.
(Voltaire.)
CĂ«st un lĂąche sâil nâo#a ou se perdre ou rĂ©gner.
(Corneille.)
Pourquoi, ,par un sot orgueil, voĂŒlĂ«i-vĂŽUs plonÂŹ
ger votre faible raison dĂąn# ĂŒd Ă blmĂ© oĂč Bpinosa
n'a pas osé descendre? (Voltaire.)
Savoir.
Mon orgueilleux rival ne saurait tne troubler*
(Corneille.)
Lâor est comme une femme, on nây saurait toucher,
Que le coeur, par amour, ne sây laisse attacher.
(Regnard.)
Qui vit haĂŻ de tous ne saurait longtemps vivre.
(Corneille.)
SouVeût lé meilleur droit ne sait pas se montrer.
(La Chaussée.)
Le politique rempli de* vues et de réflexions ne
sait pas se gouverner. (La ĂrotĂšre.)
Je ne sais point blùmer la générosité.
(La Cqaussée.)
... La libertĂ© nĂą cesse dâĂȘtre Ă imĂ blĂ«.
(Corneille.)
de#sér.
I
ĂąoĂŒger.
La pĂźĂŒiĂš ne cessepas de tomber depuis huit jours:
(Mâ"« DE SĂVIGNĂ.)
' Je ne bougerai dĂ© lĂ , puisque vous lâordonnez.
(Académie.)
NĂ© bougez pas, ĂŻnonsieĂŒr, le fol a besoin de vduL
(CUATEADĂRiAND*)
On lit dans presque toutes les grammaires, quâavec les verbes pouvoir, oser, savoir.,
cesser, suivis dâun autre verbe Ă Tinlinitif, et avec bouger, on supprime pas ou point, tl
est vrai que cela a lieu généralement; mais il nëst pas non plus moins vrai, comme lët-
testent nos exemples, qĂŒon pĂ©Ăčl aussi quelquefois les exprimer, surtout lorsquâon* veut
appuyer fortement sur la nĂ©gation. Avec cesser, il y a des circonstances oĂč il serait im-
( 740' )
possible de supprimer pas. Nous dirons bien ; Cet ouvrier ne gesse de travailler; mais
si lâon nous demande Ă quelle heure cet ouvrier cesse de travailler, nous rĂ©pondrons.'
Cet ouvrier ne cesse pas de travailler avant midi.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je ne puis le dire.
Je ne saurais m'exprimer.
Sfe bougez de Ja.
Je ne puis pas te dire.
Je ne saurais pas m'exprimer.
Ne bougez pas de la.
Je n'ose le dire.
Je oe saurais me taire*
11 ne cesse de pleuvoir.
Je nâose pas le dire- .
Je ,ne saurais pas me taire.
U ne cesse pas de pouvoir
DCLXXXII.
SUPPRESSION DE pas ET point APRĂS ne SUIVI DE que
Un vrai rĂ©publicain nâa pour pĂšre et pour fils
Que la vertu, les dieux, les lois de son pays.
(Voltaire.)
Le malheur nëst vaincu que par la résistance.
(Cuénier.)
Un mal dëpinion ne touche que les sots.
(MoliĂšre.)
... La'gloire ct la "présomption
iVâattirent que la haine ct lâindignation.
(Dbmousxibiu)
On ne perd les états que par timidité.
(Voltairb.)
Les fortes passions ne touchent qĂŒune fois,
(Th. Corneille.)
Quand ne est suivi Ă eque, on supprime constamment pas ou point. Dans ces sortes de
phrases il y a ellipse de autre chose, autre personne: il ne fait que rire, il ne tient Qv'Ă
vous, cela ne sert Qv'à embrouiller, cëst pour il NE /ai/(autre chose) QUE rire; il NE
tient (Ă aucune personne) QuâĂ uaus, cela ne sert (Ă autre chose) QuâĂ embrouiller.
Ainsi, selon la remarque de Voltaire, point, dans les passages suivants de Corneille,
offre une faute contre la langue :
Ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu,
Et nd l'auront point vue obĂ©ir gĂŒĂ son prince.
Ici, dis-je, oii ma cour tremble en me regardant,
OĂč je nâai point encore agi gĂŒen commandant.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
U n» connaßt qne mon devoir. Je n'aime que vous.
U ne tient qu'Ă vous-
Il ne sert qu'Ă cela.
N- DCLXXXIII.
Pardonne Ă celui-ci, mais point Ă celui-lĂ ; vot/s lui donnez tout, et Ă nous rien.
... Un généreux courage
Pardonne Ă qui le hait, mais point Ă qui lâoutrage.
(Crébillon.)
On doit tout à Thonneur, et rtën à la fortune.
(Piron.)
Les lois humaines, faites pour parler Ă Tesprit,
doiventâdonner des prĂ©ceptes, et point de conseils.
(Montesquieu.)
Je ne mâen prends quâau vice, et jainais h la loi,
(Fabre dâKglantinb.)
Lorsque deux propositions sont liées ensemble, et que Vune est affirmative ct Tautre
négative, on peut dans celte derniÚre ellipser la particule ne, en nëxprimant que les
au)is point, rien, etc., qui complÚtent la négitiori.
Cette construction, qui. rend Texpression plus concise, la rend aussi plus énergique.
L'analyse de on doit tout Ă l'honneur, et rien Ă la fortune, est on doit tout Ă l'honneur,
et (Ton ne -doit) rien Ă la fortune,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
i'redda ceci, mais [loini cela.
Faites tout, lui ri*u.
( 741 )
âąÂ«eĂ N" DCLXXXIV.
' ' I
PAS d*observations; point d'observations.
AVEC pas.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau. ,
( La Fontaine.)
Sous Louis XI pas un grand homme. Il avilit la
nation; it n'y eut nulle vertu : lâobĂ©issance tint lieu
de tout. (VoLTAĂŻuB.)
AVEC potânf.
Point de vraies tragédies sans grandes passions*
(La Harpe.)
Le peuple seul enfin de Tétat est Tarbitre;
Ses flatteurs peuvent tout: point de rang, point ée
[titre.
De services, dëxploits qu'il ne mette en oubli,
Si devant ses tribuns on ne rampe avili. {id.)
Dans les propositions elliptiques, dit Boniface, on fait généralement usage de point.
Ajoutons quâon peut Ă©galement se servir de pas. . âą
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
â Pa.i d'argent, pa» de Suisse. Point d'argeot, point de Suisse.
r DCLXXXV.
i
SUPPRESSION DE ne DANS LES PHRASES A LA FOIS INTERROGATIVES BT
NĂGATIVES.
Voyez-vous pas à ce récit
Lâamour irritĂ© qui gĂ©mit?
(Voltaire.)
Voilà -t-il pas de vos jérémiades! {fd.)
... Voudrals-tu point encore
Me nier un mĂ©pris que tu crois que jâigrioreT
(Racine.)
Voyez-vous pas sâenfuir les hĂŽtes du bocage?
(Delille.)
Dans le style badin, dans le style comique et mĂȘme dans le style noble, les classiques
âą nous offrent une infinitĂ© dĂ«xemples oĂč la particule ne est supprimĂ©e dans les phrases Ă
ia fois nĂ©gatives et interrogatives : câest une licence accordĂ©e aux poĂštes. Girault Duvi-
vier nâaurait donc pas dĂ» blĂąmer les exemples qui prĂ©cĂšdent, ni dire qĂŒaujourdâhui ce
serait une faute de les imiter
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Voyei -TOUS pas...
VoudraU-tu poiot.
Nâ DCLXXXYI.
PLACE DE pas ET DE pOĂnt.
I.
AprĂšs un temps simple.
On ne voyagerait pas sur la mer pour ne jamais
en rien dire. (Pascal.)
l,e ciel sur nos souhaits ne rĂšgle pa# les choses.
(Corneii.le.)
Rome nâattache point le grade Ă la noblesse,
[id.)
AprÚs un temps composé.
On est rarement maĂźtre de se faire aimer; on Test
toujours de se faire estimer. Cette estime est le vrai
'principede la considération, qui nVsi pas toujours
attachĂ©e'hu'ĂŒ dignitĂ©s. (Fontenelle.)
... Les rois ne sont point protégés par les lois.
(CĂŻrĂvĂŻErw)
( 742 )
n.
Ăvant un verhe d l'infinitif.
« * k #
Tous nous apprenez des choses grandes et utiles ;
il serait honteux Ă nous de ne le pas avouer.
(Voltairb.)
Quoi! lu mâaimes assez pour ne le pas venger,
Pour ne pie punir pas de Tp§er outrager I (Id.)
Nous avons trop dâamis, trop dtillustres complices,
TJn parti trop puissant pour ne pas éclater. [Id.)
Je Ăźne respecte assez pour ne le point trahir.
Ud.)
AprĂšs un verhe Ă Vinfinitif.
Il faut compter sur Tingralitude des hommes, et
ne laisser pas de leur faire du bien.
(Fénelon.)
On pleure pour ĂȘtre pleurĂ©; enfin on pleure pour
éviter la honte dp ne pleurer pas,
(La Rochefoucauld.) .
On pardonne rarement aux rois dâavoir des amis
ou oe nën avoir pas. (Chateaubriand.)
... Câest ne rĂ©gner pas qĂŒĂȘtre deux Ă rĂ©gner.
(Corneille.)
/
On voit 1Âź que pĂ s et point se construisent aprĂšs le verbe quand il est Ă un teinps
simple ; entre rauxiliaire et le participe, sâil est Ă un temps composĂ©;
Que pas et point se construisent indiffĂ©remment avant ou aprĂšs lo verbe, sâil est Ă
Vinfinitif; pour ne point soulfrtTj pour ne souffrir point. En cela cëst Toreille qui doit
guider.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE*
On ne le dĂźt ^
On ne parle point.
On ne lâa pas dit.
On n'on a pa» parld.
Appf-çojn à ne le point haïr,
h faut ne le point céder.
Apprenex Ă ne le haĂŻr point.
11 font ne le céder pas.
DE LâEMPLOI DE LA NĂGATIVE
A
APRĂS CERTAINS VERBES ET CERTAINES LOCUTIONS.
N" DCĂXXXVIl.
Ăl'aindre, apprĂ©hender^ avoir peur, trembler, il est dangereux.
' - âąÂ»
PHRASES AFFIRMATIVES AVEC 110.
Je craindrais que bien des gens nâaussen/ pas
assez de présence d'esprit pour se servir de ces mé
thodes. (Pascal.)
Les pĂšres craignent que Tamour naturel des enÂŹ
fants ne s'efface. (/d.)
Je crains presque, je crains qĂŒun songe ne m'abuse.
(Racine.)
Car je dois craindre enfin que la haute vertu
Contre lâambition nâat'I en vain combattu.
(Corneille.)
Craignez» seigneur, craignejs que le ciel rigoureux
Ne vous haĂŻsse assez pour exaucer vos vĆux.
(Racine.)
HĂ©lasl on ne craint point qĂŒil venge un jour son pĂšre;'
On craint quâil rf essuyĂąt les larmes de sa mĂšre.
Ud.)
On apprĂ©henda qĂŒelle nâeĂ»t le sort des choses
avancées. * (Bossuet.)
Il doit appréhender que cette occasion* ne lui
échappe. , [La BruyÚre.)
Vous avez bien peur que je ne change dâavis.
(Marivaux.^
PHRASES NĂGATIVES SANS 110.
Il ne faut pas craindre qutils respectent moins
la puissance qui avoue son tort. (Massillon.)
Ne craignes pas que je me livre Ă mes douleurs,
(Fléchier.)
Ne crains pas toutefois que jâĂ©c/ate en injures.
(Corneille.)
Mais toi, qui ne crains pas quâune rumeur te noiY-
(Boileau.) [ciss0.
Je ne saurais craindre que vous vous remerciiez
ni Tun ni lâaulrei (Marivaux.)
Ne craignez point ici que sa bouche rebelle
Vous acca6/0 des noms dâingrate, dâinfidĂšle.
(Regnard.)
Jamais homme ne crmâgnftmotns quela familiaÂŹ
rité blessùt le respect. (Bossuet.)
Vous ne deyez pas appréherider que je le loue.
"(ÂŁa BruyĂšre.)
Mais nâapprĂ©hende pas qĂŒun autre ainsi mâobUenne.
(Corneille.)
I Je n'ai pas peur qĂŒil arrive. (AcadĂ©mie.)
. ^ (743)
ïl a pflur.que ce dieu dans cet affreux séjour
Dâun coup de sqn trident nĂš fasse entrer le jour.
â ' * ' ' â {ĂŻd.y
Tremble que je ne dévoile ton ùme aussi creuse
que le rocher oĂč se renferme Tours du Labrador.
(Chateaubriand.)
Jl est dangere^tx que la vapité n'étouffe une par-:
tie de ia reconnaissance. ' (Fléchier.)
Ne craignes pas quën vous ev.voyà nt ma piÚce,
je vous eu fasse une longue apolpgje.
(Voltaire.
Je ne tremble pas quâil, arrive.
(Académie.
Ne craignez point qĂŒe prĂȘt Ă vous dĂ©sobĂ©ir,
D apprenne avec moj, seigneur, Ă voqs trahir.
(Crébillon.)
De ces nombreuses citations découle un principe unique et toujours invariable, cëst
quâavec les verbes craindre, apprĂ©hender, avoir peur, trembler, et Texpression il est danÂŹ
gereux,on met wù dans lq proposition subordonnée, quand la proposition primprdiale est
affirmative; mais si cette proposition primordiale est nĂ©gative, dĂšs lors qn qâpxprijpe jq-
mais ne dans la proposition secondaire.
« Ăene, dit M. Colin dâAmbly, introduit dans la proposition complĂ©tive, et que dâOlivet
appelle prohibitif, paraĂźt redondant et abusif Ă dâautres grammairiens. Cependqnt ij a l|Ă«p
en latin ; cëst également Tusage constant et uniforme de tous nos écrivains, et nous sen
tons nous-mĂȘmes que nous ne pouvons le supprimer; il est donc fondĂ© en- raison. » En
effet, nous pouvons'trÚs-aisément on rendre compte par Tanalyse ; nous pouvons démon
trer que le sens nĂ©gatif doit ĂȘtre dans Texpression, par cela mĂȘme qĂŒil existe fĂ©ellement
danslapënsée.
Quand je dis : Je crains que vous ne veniez, je ne fais qĂŒexprijqier ceffe idĂ©g : pĂ©sirqnĂȘ
que vous fie veniez pas, je crains févénement contraire à rnon 'désir. Il est .évident que ne
joue en cette circonstance un rÎle néces^aipe, et que, loin dëtre une superfétation, comme
lâavancent des grammairiens ignorants;ou superficiels, il est indispensable pour bien
peindre Tijdée négative qui est dans notre esprit. ,
Dans les passages suivants, il faudrait ne; mais, dit Vbltaire, on peut en poésin se dis
penser de cette rĂšgle :
I.
Seigneur, je crains pour vous quâun Romain vous
(Corneille.) [écoute.
... Qui rit dâautrui,
Doit craindre quën revanche on rie aussi de lui.
(MoliĂšre.)
Nota. â Si Ton souhaitait que la chose exprimĂ©e par le verbe-de la phrase subordonÂŹ
née arrivùt, il faudrait mettre ne pas à la subordonnée. Par exemple, quand je dis, je
CRAINS que mon /reVe nâarrive pas, il est Ă©vident que je souhaite qĂŒil arrive, et voilĂ
pourquoi je mets ne pas.
II.
phrases interrooatĂŻvbs-affirmatives ayec ne.
Quoi Ăź craignesrvous quâil ne soit exaucĂ© ?
' â * ' (Racine.)
Quoi! vos vĆux irritĂ©s...
Quoi! craignes-vous quâils ne soient Ă©coutĂ©s?
{Id.)
phrases interrogativbs-affirmatives sans ne.
Peut-pn craindre que la terre manque aux homÂŹ
mes? â (FĂ©nelon.)
Quoi! dans mon .dĂȘçpspoir trouvezrvpus tant de
^ (charmes?
Craignes-A)0us que mes yeux versertt trop peu de
(Racine.) "[larmes ?
Le principe établi plus haut va nous servir pour expliquer ces phrases, à la fois inter
rogatives et affirmatives, dans lesquelles entre ou nëntre pas la particule ne; il ne faut
pour cela que les résoudre en phrases positives, et leur donner le sens quëlies qpt réel
lement.
Dans la premiĂšre colonne, craignez-voĂŒs qv'ĂŒ ne soit exaucĂ©? Craignez-vous dĂ©jĂ
qu'ils NE SOIENT Ă©coutĂ©s? CĂ«st pour v Yous CRAiGNEZ'ĂuĂ«/ne §oit exaucĂ© j vous crai- .
GNEZ déjà qu'ils ne soient écoutés. Les propositions primordiale^ étant affirmatives, les
subordonnĂ©es doivent ĂȘtre nĂ©gatives
{ 744 )
Dans la seconde colonne, si Fénelon et Racine ont dil sans négation : Peut-on craïn-
rrr que la terre manque aux hommes? Craignez-vous qwe mes yeuĆ versent trop peu
de larmes? cësl qu'ils voulaient exprimer celte.idée : On ne doit pas craindre que la
terre manque aux hommes; vous ne devez pas craindre que mes yeux versent trop peu
de larmes. 11 est évident qne le sens négatif étant dans la premiÚre proposition, la parti
cule ne doit ĂȘtre rejetĂ©e de la seconde. Au surplus, quand le verbe craindre est modifiĂ©
par peu ou par moins, ces mots tiennent toujours lieu de la particule ne.
III.
PHRASES INTERROGATIVES-NĂGATIVBS AVEC fie.
Vous souffrez quâil vous parle ? El yows ne craignez
[pas
Que du fond de Tablme entr'ouvert sous ses pas
Il ne sorte Ă lâinstant des feux qui vous embrasent,
Ou quën tombant sur lui ces murs ne vous écrasent?
(Racine.}
PHRASES INTERROGATIVES-NĂGATIVBS SANS ne.
Ne craignez-vota pas que Ton vous fasse le
mĂȘme traitement? (Racine.) '
Lorsque les phrases sont interrogatives et négatives tout à la fois, on peut exprimer ou
ne pas exprimer la particule ne dans ia proposition subordonnée, et dire trÚs-bien d'aprÚs
Raçipe : Ne cuaigne^^-voos pas que la foudre ne tombe sur vous ou tombe sur vous?
C'est donc bien Ă tort, selon nous, que M. Colin d'Ambly reproche Ă Racine dâavoir supÂŹ
primé ne dans l'exemple de la seconde colonne.
^ ^ »
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Je craint... Je ne crains pas. .. JâapprĂ©hende.... Je nâapprĂ©hende pas... Jâai peur... Je nâai pas peur...
Je Iremble... Je ne tremble pas... 11 est dangereut... Il nâest pas dangereux... Il Ă©tait dangereux... 11 n'Ă©tait pas dangereux. âąÂ»
Craignez-TOOs... ' ApprĂ©hendei-vous... Tremblet-vous.,. Pourez-rons craindre.,. Peut-il avoir peur.. âą
Ne'craigncx-vous pas que.,. * NâapprĂ©hcndei-vous pas que. .. Nâavei-vous pas peur que... Ne tremblez-vous pas que. âą.
âa» N" DCLXXXVIII. «8S».
Douter, contester, nier, disconvenir, désespérer.
I. â BBIPLOVĂS nĂ©gativement.
Douter.
Je ne doute pas que vpus nevous tostez*honneur
dans la carriĂšre oĂč vous entrez.
(J.-J, Rousseau.)
Jene doutepas que mes abricotiers ne descendent
de greffes apportées par les Romains.
(UëRN. de S.MNT-PlERRE.)
On ne pĂšut douter que les Grecs ne connussent
eux-mĂȘmes UagricuUure. ei qĂŒils nâaient Ă©tĂ© dans
la nécessité de la cultiver. (Condillac.)
Il n'est pas douteux que je ne doive les premiers
témoignages de ma reconnaissance aux hommes
auxquels je suis redevable des premiers besoins de
ĂŻa vie, (Bern. de Saint-Pierre.)
On «e penf pas douter que les pÎles «e soient
couverts dâune coupole de glaces. (fd.)
Sâil fuit, ne doutez point que, fiers de sa disgrĂące,
A la haine bientĂŽt ils ne joignent lâaudace.
(Racine.)
Je ne doute pas que ïa vraie dévotion ne soit la
source du repos. (La BruyĂšre.)
Un physicien, quiavaitdela réputation, ne doiita
pas que ce Needhain ne fà t un profond athée.
{Voltaire.)
Lâon ne peut guĂšre douter quo les animaux acÂŹ
tuellement domestiques riaient été sauvages aupa
ravant. (Buffon.)
Tempanius. qui ne doutait pas que les ennemi'
ne iattaquassent de nouveau dÚs que les ténÚbres
seraient dissipĂ©es, fut bien surpris lorsquâau poini
(lu jour il ne vil plus ni amis ni ennemis,
(Vertot.)
Je ne doute pas que tu ?ie balances Ăą les croire.
(Montesquieu.)
On ne doute pas aujourdâhui que les madrĂ©pores
ne soteni lâouvrage dâune infinitĂ© de petits animaux.
(Bern. de Saint-Pierre.)
. ( 745 )
*
Nier, contester, disconvenir, désespérer.
On ne peut niër que cette vie ne soit désirable. 1
(Bossuet.)
On ne saurait contester que la diversité des me
sures ne 6rom7/e les commençants pendant un temps
infini. (J--J. Rousseau.)
Je ne dĂ©sespĂšre pas qĂŒil ne te fournisse un jour
le moyen de Téclairer. (Montesquieu.)
Vous ne sawrtës disconvenir que ce remÚde ne
soit meilleur que tous les autres.
(MââÂź de SĂ©vignĂ©.) .
Je ne disconviendrai pas quâavec toutes ses perÂŹ
fections , on ne puisse faire quelques objections
contre Sophocle. (Voltaiub.)
On ne peut nier que le lùche et inutile men«
songe dâEuphorbe ne soit indigne de la tragĂ©die,
(Voltaire.)
On ne peut nier que je ne sois trÚs-fohdé à m'é-
riger en Aristarque, en juge souverain des ouvrages
nouveaux. (J.-J. Rousseau.)
On ne désespérait pas que vous ne devinssiez
riche. (Beauzée.)
Vous ne sawrtëjï disconvenir qu'il ne vous ait
parlé. (Académie.) ,
Je ne saurais disconvenir que Sophocle, ainsi
quâEuripide, ne devaient pas faire de Pylade un
personnage muet. (Voltaire.)
Quand les verbes douter, contester, nier, disconvenir, désespérer, sont employés néga
tivement, ne doit ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ© dans la proposition subordonriĂ©e. Selon TAcadĂ©mie, on
pourrait indifféremment mettre ou supprimer la négative, avec mer, contester, disconvenir,
et dire: je ne nie pas, je ne conteste pas, je ne disconviens pas quil ait
fait cela, ou qu'il n'ait fait cela, mais nos citations font voir que les écrivains ne man
quent jamais dÚ mettre cette négative. Remarquons néanmoins que s'il s'agissait dëxpri
mer une chose positive, incontestable, ne, dans ce cas, pourrait ĂȘtre sujpprimĂȘ, comme
dans : je ne doute pas, je ne nie pas qu'il y ait un Dieu. ÂŁes exemples suivants
confirment cette observation :
Je ne vous mërat potnf, seigneur, que ses soupirs
ATont daigné quelquefois expliquer ses désirs.
(Racine.)
Je ne nie pas qu'il ait raison.
(J.-J. Rousseau.)
Personne ne nie quâil y ait un Dieu, si ce nĂ«st
celui Ă qui il importe quâil nây en ail point.
(Chateaubriand.)
Je ne ntĂ«pas que je te lâai dit.
(Vaugelas.)
Cet autre exemple est curieux en ce qu'il présente les deux cas : Tls ne nient pas que
, la douleur soit un mal et qu'il n'y ait de la peine dans la désunion des choses auxquelles
nous sommes unis par la nature. " ' (Mallebranche.).
Jt. â EMPLOYĂS affirmativement.
Je doute qu'on osùt mettre Aristote et Plolémée
en comparaison avec Iç chevalier Newton et M. Cas-
sini. (J.-J. Rousseau.)
Douter quëlle vous aime. (Corneille.)
. Je nie qĂŒil soit venu. " _ (Laveaux.)
Il me paraĂźt absurde de nier quâil y atf une intelÂŹ
ligence dans le monde. (Voltaire.)
Doutant quâelle se puisse trouver dans la nature.
(Fléchier.)
Je doute qxhe le ris excessif connënna aux hommes
qui sont mortels. (LA BruyĂšre.)
Si les verbes douter, nier, etc., sont employĂ©s affirmativement, il nây a point de diffiÂŹ
culté, on ne met jamais «e dans la proposition complétive.
m. â EMPLOYĂS interrogativement.
Doutez-vous qne TEuxin ne me porte en deux jours
Aux lieux oĂč le Danube y vient finir son cours?
^(Racine.)
Peut-on nier que les bonnes mĆurs ne soient
essentielles Ă la durĂ©e des empires,âet que le luxe
ne sort diamĂ©tralement opposĂ© aux bonnes mĆurs?
(J.-J, Rousseau.)
RĂ©duit Ă voir sa tĂȘte expier son offense,
Doutes-tu quâil ne veuille implorer ma clĂ©mence?
(Racine.)
Osere::-Dow.ßnßër que cette scÚne bien repré entéf
ne fasse une impression plus heureuse et plus forte
sur lĂ«sprit dâun jeune homme, que tous les sermons
quâon dĂ©bite journellement? (Voltaire.)
Lorsque les verbes douter, nier, etc., sont employés interrogativement, ces exemples
font manifestement voir quën exprime la négative ne dans la proposition subordonnée ;
ils donnent un démenti formel aux grammairiens, qui établissent comme rÚgle générale
94
( 746 )
et constante quâavec le verbe mer on ne doi^amais mettre ne dans la proposition comÂŹ
plĂ©tive!, si la phrase est sous une forme interrogative. Voici des exemples oĂč non seu-
lerpegt avec nier, mais ùvec douter, les écrivains ont supprimé la négative :
Qui est-ce qui nie que les savant^ sachent mille
choses vraies que jes ignorants ne sauront jamais?
Peut-on nier que cette partie du mppdc doive
suffire Ă M. Simon? ' â (Bossuet.)
Peut-ĂȘtte doutez-vous quâĂ©tant Ă©loignĂ© du public,
///â /f encore'Ă©galâĂ lui-mĂ©ine ? (FlĂcmER.)
... Oseras-tu nier
Ăe qpe ton manyais cĆur tĂąche en vain dâoublier?
(Begnard.)
* . * '
Câest qpe lâidĂ©e exprimĂ©e par le verbe de la proposition subordonnĂ©e Ă©tait si Ă©vidente,
sj pq^itiye Ă leur esprit, quâils ont voulu la rendre encore plus affirmative par la supÂŹ
pression de ne. ,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
.Jç pc tloute pas que.
Je doute qud...
Doutez-vous que. âą.
Qa ne peut nier que.
Je nie quo...
Niez-vous que. ..
Ne contestez pas que... Ne désespÚre pas que..
Je conteste que.' Je désespÚre que..,
Contestez^vous que*... Désespérez-vous que...
n ne disconvient pas que...
Je disconviens que...
Disconveneiivoiis quo...
âN" DC3LXXXIX.
Prendre garde, garder, Ă©viter, empĂȘcher, tenir.
Prendre garde.
Prends garde que jamais lâastre qui nous Ă©claire
Ne te voie en ces lieux mettre un pied téméraire.
â ' ' ' (Racine.)
Prenons garde si nos bienfaits ne nuisent point
aux autres, et ne tournent pas contre ceux mĂȘmes
qui en sont Tobjet: (BiCT*
Vous devez prendre garde Ă ne jamais laisser le
vin devenir trop commun dans votre royaume.
(Fénelon.)
Prends garde qu'il ne surprenne les trois juges
et Pluton mĂŽme. [Id.)
Garder.
Crardons-nows* bien de croire qĂŒĂmilie, malgrĂ©
son ingratitude, et Cinna, malgré sa perfidie, ne
soient pas deux trĂšs-beaux rĂŽles. (Voltaire.)
Assez et trop longtemps son exemple vous flatte,
Mai^ gardez que sur vous le contraire nâĂ©clate.
(Corneille.)
Gardez quâun jour on ne vous plaigne
Dâavoir su mal user dâuu talent si 'parfait.
(Voltaire.)
Consulte ta raison, prends la clarté pour guide ;
Vois s\ de tes soupçons TapparÚnce est solide.
Ne démens pas leur voix; mais aussi garde bien
Que, pour les croire trop, ils ne tâimposent rien.
(ĂIoliĂšre.)
Gardez qujune voyelle, à courir trop hùtée,
Ne dâune voyelle en son chemin heurtĂ©e.
(Boileau.)
Gardez que quelque jour cet orgueil téméraire
Nattire sur vous-mĂȘme une triste lumiĂšre.
(Voltaire.)
Ăviter.
Ăvitez qĂŒun excĂšs de rigueur, dâindulgence,
Nâencourage Taudace, ou nâarme la vengeance.
(Delille.)
Ăvitez qu7l m vienne.
(Académie.)
EmpĂȘcher.
PHRASES affirmatives.
La pluie presque continuelle empĂȘche qĂŒon ne
se promĂšne dans les cours et dans les jardins.
(Racine.)
EmpĂȘcherz qnâĂ©We ne se mĂȘle dâaucqne affaire.
* ' (Voltaire.)
phrases négatives.
La philosophie ni le sceptre nâempĂȘchent quâon
ne soit homme. (Marc-AurĂšle.)
Cela nĂ«mpĂȘche pas que dans ce jour, madame.
Nous ne mettioris Ă fin une si be le flamme.
(Regnard.)
( 747 )
HĂ©! pourrai-je empĂȘcher, malgrĂ© ma diligence.
Que Roxane d'un coupn'a^jura sa vengeance?
(Racine.)
EmpĂȘcher que Caron, dans sa fatale barque,
Ainsi que le berger.na passe le monarque.
(Boileau.)
Le mot propre est souvent difficile Ă rencontrer,
et quand il est trouvĂ©, la gĂȘne du vers et de la rime
empĂȘche qĂčow ne Vemploie. (Voltaire.)
Cela nâempĂȘche pas que, dans quelques familles,
Je ne montre parfois Titalien aui filles. (Regnahd.)
Cette cure secrÚte de SévÚre est un mauvais arti
fice qui nâempĂȘche pas que la cure ne soit publique.
(Voltaire.)
Toutes les pratiques anciennes et modernes n'em*
pĂ©cheront pas que lâon ne viole les lois de la nature,
et que lâon ne soit rebelle Ă Dieu en coupant volonÂŹ
tairement la trame de ses jours. (Formey.)
Tenir,
PHRASES NEGATIVES.
X II ne tenait pas klni quâon n*ow6Ăč*d/ses victoires.
(Mascaron.)
Il ne tiendra 'pas Ă moi quâon ne vous rende tout
Thonneur qui vous est dĂ». (Boileap.)
niais ĂŒ ne tie/it quâĂ vous que spn chagrin ne
passe. (MoliĂšre.)
phrases AEFIRMATĂŻyKS OU INTERROGATIVES,
A quoi tient-il que nous ne parlions ?
(Planche.)
Je ne sais Ă quoi iĂź tient que je ne lui rompe en
visiĂšre. â (AcadĂ©mie.)
Je ne sais Ă quoi U tient que je ne Vabandonne.
(Planche.)
AprÚs le verbe prendrç garde, garder, dans le sens de prendre des mesures, de^pTé-r
cautions pour que tel événement n'arrive point, on fait usage de la négative ne dans la pro
position subordonnĂ©e. Il en est de mĂȘme pour les verbes empĂȘcher et Ă©viter, que le^
phrases soient affirmatives, négatives ou interrogatives.
A l'exemple de beaucoup dâautres grammairiens, Lemare prĂ©tend quelorsque empĂȘcher
est accompagnĂ© de.ne pas, ne point, op ne doit plus mettre ne aprĂšs que. A coup sĂčr
Lemare est dans lâerreur, car nous n'avons pas trouvĂ© un seul cas en prose qui puisse
lĂ©gitimer cette assertion. Ce n'est qĂŒe dans les vers, oĂč les Ă©crivains sĂ«ffranchissent
quelquefois des rĂšgles grammaticales, qĂŒon rencontre des passages oĂč ne nĂ«st pas exÂŹ
primé. Voici des exemples de cette liberté poétique : *
Cette friponnerie
N empĂȘche pas quâun homme se marie. .
(VbLTAIRE.)
Nous pourrions par un prompt achat de cette esclave
EmpĂȘcher (piĂŒn rival vousprĂšt;»ennee|, vpus brave.
(MoliĂšre.)
Quant à tenir, le que de la proposition subordonnée est toujours suivi de ne, soit dans
les phrases négatives, soit dans les phrases affirmatives ou interrogatives qu'on peut ré
soudre négativement. En effet, à quoi tient-il quenops ne parlions? Je ne,sais à quoi il
TIENT que je ne lui rompe en visiĂšre, câest pour, il ne tient a rien que nous ne parÂŹ
lions, IL NE tient a rien que je né lui rompe en visiÚre. Dans tout autre cas, il ne faut
pas employer la négative. On dira donc :
Iß tient à moi que cela se fasse. (Académie.) No tienHà pas à moi que cela se fasse?
(ĂOLIN pâAmBLY.)
En général, comme le dit fort bien M. Colin d'Ambly, on doit supprimer le ne de la
dépendante toutes les fois que la principale, avec ses accessoires, ne présente pas Tidée
dâun obstacle apportĂ© . . .
EXEIiCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Pi-enez garde qne-..
I^rendrez-vous garde que..
Evitez que. ..
il ne tient pa» à moi qae.
A quoi ttent-Ăźl que...
Garde que-..
Garderez-vous que.. âą
N'cvilerez-vous pas que..
11 ne tenait las a lui que.
A quoi tienclra-t-il que...
Empéclie que...
EmpĂȘclieras-tu que...
Evite que., .
11 oc lieiiilra pas a eux que.,.
Je ne sais Ă quoi il tient que.
NâempĂȘchez p?s que. âą *
WâempĂȘi'herĂŒÂ»-tu pas que...
As-tu évité que.. .
11 n'a pas tenu Ă nous que...
Je nesavaijjĂ quoi il tcuaitque...
{ 7^8 )
dcxc.«»
Défendre.
IldĂ«/Ăjndßï qĂŒaucun Ă©tranger erifrdt dans la ville.
(Voltaire.)
Avec quelle sévérité défendit-e\\e qu'il y eût rien
dans la maison que... (Fléchier.)
JĂ«i mĂȘme dĂ©fendu, par une loi expresse,
Quâon osĂąt prononcer votre nom devant moi.
' (Racine.)
Mais mon pÚre défend que lÚ roi se hasarde.
(Racine.)
Je dĂ©fends qĂŒon prenne les armes.
Âź (Voltaire.)
Mais il mc semblé, AgnÚs, si ma mémoire esl bonne,
Que jëvais défendu que vous vissiez personne. ,
(MoliĂšre.)
DĂ©fendre signifie prohiber, ne pas voitloir, ne pas permettre; par consĂ©quent, il nâadmet
jamais .de négation dans la proposition subordonnée. Quelques écrivains cependant,
ayant confondu ce verbe avec empĂȘcher, ont exprimĂ© ne aprĂšs que ; mais ils ne sont nulÂŹ
lement à imiter. Les passages suivants sont donc irréguliers :
%
DĂ©fends quâaucun objet dâun augure sinistre
Ne trouble le présage a|nsi que le ministre.
(Delille. iraduct. de IâĂnĂ©ide.)
Le roi défendit de ne pas songer à ce mariage.
(Mém. de Berwick.)
En effet, on ordonne de ne pas troubler, de ne jamais se présenter, de ne pas songer, de
ne rien écrire, et Von défend de troubler, de jamais se présenter, etc. La présence de la
nĂ©gative avec dĂ©fendre fait entendre en quelque sorte une idĂ©e contraire Ă celle que lâon
veut exprimer. Câest par la mĂȘme raison qĂŒil faut dire ; Gardez-vous de tomber, et prenez
garde de tomber, et non : gardez-vous de ne pas tomber, prenez garde de ne pĂ s tomber.
Il lui défendit, avec dureté, de ne jamais se pré
senter devant lui. (Vbrtot.)
Sa majesté défend de ne rien écrire pour soutenir
cĂ©lle doctrine. (DâAvrigny.)
DĂ©rcndn qaâĂźl approche.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
DĂ©fends quâil vienne. Jo dĂ©fendrai quâil agisse ainsi. DĂ©fendez quâil parle.
Nâ DCXCI.
Il s'en faut bien, il s en faut peu
Il sâen fautbien.
Je puis vous assurer qĂŒi7 sâen faut bien quâon y
meure de faim. (Racine.)
Il s'en faut beaucoup que chaque ĂȘtre Ă deux
mains et à deux pieds powéde un fonds de cent vingt
livres de revenu. (Voltaire.)
Il sâen faut de beaucoup, en mon particulier, que
je trouve Rodogune une bonne piĂšce. (/d.)
Le/ passions sont les mĂȘmes dans le peuple et
parmi les puissants; mais il sâen faut bien que le
crime soit égal. (Massillon.)
Il sâen fallait 'd'e beaucoup que la famille de Des-
cartes lui rendit justice, ' Thomas.)
Il sâen faut de beaucoup que Boileau ait mis dans
la satire le courage que MoliĂšre a rais dans la coÂŹ
médie. (fd.)
Il sâen faut peu. .
Il ne Jën faut pas de beaucoup que la somme
nây soit. (AcadĂ©mie.)
Peu sâen /dut que Mathan ne mâait nommĂ© son pĂšre.
(Racine.)
Peu sâen fallut que nous ne touchassions sur un
rocher Ă droite dans la passe.
[Bern. Saint-Pierre.)
Peu.s'en fallut que le mĂȘme accident ne lui arÂŹ
rivĂąt. (fd.)
âą *
Il sâen faut peu que le crime heureux ne soit louĂ©
comme la vertu mĂȘme. (La BruyĂšre.)
Un discours que rien ne lie et nëmbarrasse, mar-
,che et coule de.soĂčmĂȘme, ct il s'en faut peu quâil
nâaille quelquefois plus vile quela pensĂ©e mĂȘme de
Torateur. (Boilbau.)
( 749 )
Tant sâen faut quâun chrĂ©tien doive haĂŻr son proÂŹ
chain, quâau contraire ii est obligĂ© de le secourir et
de faire du bien mĂȘme Ă ses ennemis. (TrĂ©voux.)
Il' sâen faut de beaucoup que le roi de Prusse
soit enthousiaste des ouvrages de J.-J. Rousseau.
(DâAlembert.)
Le feu des volcans nâest pas si Ă©loignĂ© du sommet
des montagnes; et il sâen faut bien quâil redesÂŹ
cende au niveau des plaines. (Buffon.)
Nous ne trouvons pas ces railleries mauvaises;.
peu sâen faut que nous ne les trouvions plaisantes.
(FLĂCĂąlER.)
Peu sâen fallait que je ne me crusse parent da
duc de Lerme. (Le Sage.)
Annibal étant blessé, il y eut une telle épouvante
et une telle confusion, qĂŒi/5âen fallut de bien peu
que les ouvrages et les galeries ne fussent abanÂŹ
donnés. (Bureau de la Malle.)
Il s*en faut exprime dans toute sa conjugaison une absence, une privation, dont le
sens négatif se porte sur la proposition subordonnée. Les exemples de la premiÚre co
lonne nous font voir que quand le verbe nĂ«st accompagnĂ© ni dâune nĂ©gation , ni
de quelque mot qui ait uri sens négatif, tel que peu, guÚre, presque rien, etc., ia pro
position subordonnée ne prend pas la négative ne ; il s'en faut bien quën y meure de
faim, etc. ' -
Mais lorsquëZ s'en faut est accompagné de la négation ou de Tun des mots peu,
guĂšre, etc., qui ont un sens nĂ©gatif, on voit, dâaprĂšs les citations de la seconde colonne,
que la proposition subordonnée admet toujours la particule ne: il ne s'en faut pas de
beaucoup que la somme «ây soit; peu s'en fallut que nous ne touchassions sur un rocher, Ă©tc.
La nĂ©gative ne serait encore de rigueur si la phrase Ă©tait interrogative : combien sâen
FAUT-IL que la somme n'y soit? S'en faut-il beaucoup que la somme nây soit ?
Dans les exemples suivants, avec il s'efi faut bien, les écrivains, faisant abstraction du
sens négatif de la proposition primordiale, ont reporté la négative sur la complétive ;
mais lâusage gĂ©nĂ©ral est pour la suppression de ne ;
Il sâen faut htea que ceux qui sâattachent Ăą nos
finesses ne nous paraissent aussi ridicules que nous
le paraissons Ă nous-mĂȘmes quand, les finesses des
autres nous ont attrapés. (La Rochefoucauld.)
Cet homme paraĂźt faire tout ce quâil veut; mai»
il sâen faut bien qĂŒil ne le fasse. (FĂ©nelon.)
Il sâen faut bien que mon affaire avec M. Tron»
chin ne soit faite.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
11 aâcn faut Lien que
Combien s'en fout-il qa*...
H sâen fallait peu que...
Sâen faut-il de.beaucoup.quĂ©...
Il s'en faut beaucoup que.
Peu sâen faut que.*..
Tant sâen fout que...
Il ne sâen fout pas beaucoup qut...
W DCXCIL
Avant que, sans que.
Avant que, non suivi de mt.
PROSATEURS,
LâĂcrilure nous fait voir la terre revĂȘtue dâherÂŹ
bes et de touies sories de plantes avant que le .soÂŹ
le. ( ait été créé. (Bossuet.) '
Avant que les nations fussent conver'ties, tout
nâĂ©tait pas accompli. (Pascal.)
Combien de siÚcles se sont écoulés avant que les
hommes aient pu revenir au goût des anciens l
(La BruyĂšre.)
LĂ«n est mort avant guâon ait aperçu quâon deÂŹ
vait mourir. (Fléchier.)
poĂštes.
Vertueuse ZaĂŻre, ouant que lâhymĂ©nĂ©e
Joigne Ă jamais nos cĆurs et notre destinĂ©e,
' Jâai cm, sur mes projets, sur vous, sur mon amour,
Devoir en musulman vous parler sans détour,
(Voltaire.)
La guerre et la victoire
Nous ont longtemps unis par les noeuds de la gloire,
Avant que tant dâhonneurs sur ma tĂȘte amassĂ©s
TraĂźnassent aprĂšs moi des cĆurs intĂ©ressĂ©s. (Id.)
Je veux pourtant songer Ă mettre ordre Ă mon bien,
Avant gwâun prompt trĂ©pas mâen ĂŽte le moyen.
(Regnard.ĂŻ
( m )
Les premiers hĂŒmmesj avant gti'uti culte impie
se fût taillé des divinités de bois et dÎ pierre, ado
rĂšrent le mĂȘme Dieu que nous adorons.
(Massillon.)
Adrasto et ses soldats descendirent aedrU gĂŒĂŽn
pĂ»t les reconnaĂźtre. (IâĂ©nelon.)
Lç roi voulut voir ce cHĂ©f-dâĆuvrc abaiii mĂȘme
gwâii ftĂŻt achevĂ©: (VĂŒLrAihĂ;)
Avant qĂŒĂ© Tùéliofi fĂ»t letthifiĂ©c, (jĂŒeltiĂŒĂ©s ThĂ©-
baiiisj Ă te 4ĂŒâĂŽri pfĂ©tĂ©hd, tĂ© fendirent aux PĂ©tsĂš#.
⹠(Bartuélemy.)
Il fĂ»t des éßtoyéûë avant qĂč\\ fĂ»t dĂ©s hi a lires.
{Voltaire.)
Avdnt que sa furĂ«ĂŒr rauagedf tout le monde,
LâInde sĂš rĂ©pĂŽsait dans ĂŒhĂ© paix profonde.
(RĂCiNK.)
Et le Rhin de sés RÎts ira grossir la Loire
Jiant qûÚ tes faveĂŒfs sorfenfde ind mĂ©moire.
(BoĂźLeau.)
Avant que Ăźe sommeil te ferme la paupiĂšre.
Sur tes Ćuvres du jour porte un regard sĂ©vĂšre,
(Lefranc de Pompignan.)
Sans que, non suivi, dé nsi
prosateurs.
Tout le monde dit dâun ftil qĂŒil eSturi fĂ©t, Ă©t
personne nâose le lui dire Ă lui-mĂȘme: il meurt sans
lé savoif Úl sans que personne se sot7 vengé.
(La BruyĂšre.)
QĂŒicoriqĂŒĂ© est vivĂ©niĂ©nt Ă©mu voit les choses dâuii
autre Ćil que les autres hommes. Tout est pour lui
objet de comparaison rapide et de métaphore, sans
qĂŒâil y prĂštiĂ»e gdfde. (VoltaĂźre.)
ToutĂ©s lĂ©s créà tdfĂšs paraĂźtront devahtl)ieĂŒ commĂȘ
le nĂ©anti sans quâil y dit entre elles de prĂ©rogatives
que celles que la vertu y aura mises.
(Montesquieu.)
Raoul, comte dâEu et de Guines, accusĂ© dâintelÂŹ
ligence avec les Anglais, est dĂ©capitĂ©, sans quâoii
observe les formes de procĂ©dure. (HĂ©naĂŒlt.)
PdĂfĂĂ.
La CastiilĂ© dĂŒ hioins ĂŒaĂŒra pas Id ViĂ©lĂŽifĂȘ,
Sans que nous essayions dën pafiagÎr la gldjfé.
(MoliÚre».)
Eh I pcut-on ĂȘtre heureux sans qu'ĂŻX en coĂ»te rien Ăź
(LAfossé.) ,
Lé sort de Votre épÎiix est déjà trop Horrible,*
Sans que de nouveaux traits venant me déchiféi*,
Vous me donniez encor votre mort Ă pleurer.
(Voltaire.)
Vous pouvez rnĂ intenant, sans gnĂ©lĂ«n voĂŒs punisse,
Vous retirerchéz VoiiS; et quitter lÚ sérvice.
(Regnard.)
Tous ies fleuves du monde entrent au sein des mers.
Sans que leurs flots unis ravagent lâunivers.
(Lefranc dĂš Pompignan.)
Généralement, aprÚs les locutions conjonctives avant que, sans que, il ne faut pas ex-«-
primer la particule ne, ainsi que le prouvent les.nombreux exemples qui précÚdent, et
que nous aurions pu rtiultiplier à Tinfiiii. Il est vrai cependant que de bons écrivains ont
aussi fait usage de cette nĂ©gation ; mais les exemples quâon rencontre de-cet emploi abonÂŹ
dent si peu, quâifs sont en coniparaison de ceux oĂč ne est supprimĂ©, dans la proportion
de un Ă cent Lâusage milite donc en faveur des exemples oĂč les Ă©crivains nâexpriment
jamais la négation. Voici néanmoins les seuls que nous ayons trouvés avOÎ nÚ; ils oftt
pour eux des autorités respectables : . . '
Avant que suivi de «e.
Nous avons beau leur représenter que nous étions
paisibles possesseurs des Tuileries vingt ans avunt
qu'ils ne fussent au monde : je crois qĂŒils nous en
chasseront Ă -la ĂD. (Montesquieu.)
Jâirai vous voir avant que vous ne preniez auÂŹ
cune rĂ©solution. - (Mâ>Âź de SĂ©vignĂ©.)
Il me paraßt que les volontés de M. Fouquet sont
si ambulatoires, quâil ne vaut pas la peine de rien'
avant gwëlles tié soient fixées. (Bartuélemy.)
J
A peine âchacun se contient dans Tattentc du siÂŹ
gnai. HĂątez-vous de le donner vous-mĂȘme, avant
que vos trompettes ne vous échappent et ne le don
nent malgré vous, (Marmontel.)
Lâysatis, moins fort, mais beaucoup plus lĂ©ger
que le glouton, lui sert de pourvoyeur : celui-ci le
suit Ă Ăźa chasse, et souvent lui enlĂšve sa proie avant
gwâil ne Vait entamĂ©e; au moins il la partage.
(Buffon.)
Sans que suivi de ne.
Grùce au ciel, chÚre cousine, vous^voilà rétablie.
Mais ce HâĂšst pas sans gwe.votre silence et celui'de
M. G., que jâavais instamment priĂ© de mâĂ©crire un
mot à son arrivée, ne m'ait causé bien des alarmes.
(J.-J. Rousseau.)
Je ĂŒai jamais entendu ce chant grave et palliĂ©-
tique entonnĂ© par les prĂȘtres et rĂ©pondu alTectueu-
sement par une InfinitĂ© de voix dâtlommes el de femÂŹ
mes, de jeunes filles et dënfans, sans que mes en
trailles ne sën soient émues, nën afeni tressailli, et
que les larmes ne mën aoiënt venues aux yeux;
(Diderot.)
Elle ne voyaitâaucun ĂȘtre souffrant sans que son
visage n'exprimĂąt \a peine quâelle en ressentait.
(Bern. ĂŒe SAiNt-PiERRE.)
ITne mëst jamais arrivé de passer devant les
habitfints de Nëufchà tel sans que, petits et grands,
ils ne m'atĂ«nit prĂ©venu dâUn Ă©alĂŒl.
(RAOĂL-ROCUEtTĂ.)
Laveaux et quelques autres grammairiens" pensent quâon doit faire usage de ne aprĂšs
.tJ
( 751 )
avant que^, toutes les fois qĂŒâil y a ĂŒh doute sur la rĂ©alitĂ© de TĂ btioh Ă«xprimĂ©e jpar le
verbe qui suit avant que : cette opinion est partagée par Boniface. Suivant ce grammai
rien, on doit dire sans ne : Rentrons avant qU'U fasse nuit, parce quâil est certain quâil
fera nuit; et avec ne, rentrons avant qv'ĂŒ ne pleuve, parce qĂŒil nĂ«st pas certain quâil
pleuvra.Cëst ià unedoctrine beaucoup plus subtileque vraie, selon nous; car nous avouons
en toute humilitĂ© que, dĂ hs lĂ«s deĂŒx cas citĂ©s, nous nĂ© voyohs aucune idĂ©e de doute;
au contraire, lâaction exprimĂ©e par le verbe qui suit avant que est une action qĂŒi; pour
se rĂ©aliser postĂ©rieurement Ă une autre, nâen doit pas moins toujours avoir lieu : ce qui
le prouve, câĂ©st qĂŒe lâon dira affirmativement ; Rentrons avant qu'il pleuve; Ă«t sâil y avait
rĂ©ellement doute : Rentrons de peur qĂŒ'ĂŒ ne pleuve. Avec avant, on voit que la pluie doit
nĂ©cessairement tomber, et avec de peur que, il nâest pas siii* quĂ«lle tombe. La doctrine de
Boniface et des autres grammairiens sur Temploi de ne dubitatif aprĂšs avant que est donc
entiÚrement fausse, et les exemples que nous avons rapportés ne peuvent non plus servir
ni à Tasseoif ni à lù justifier, il faut sën tenir seulement à ce que nous avons dit en com
mençant : Nâempioyer jamais nĂ© aprĂšs avant que^ parce quâen effet câest lĂ Tusage le
plus constant. r
Quant à sans que suivi de ne, Boniface en rend compte ainsi par Tanalyse : « Je ne pou
vais parler sans Qv'il ne m'interrompĂźt ; câest-Ă -dire je ne pouvais parler sans ceci : Jl
né rn*interrompit pas sanà sa non interruption.
Le sans et le ne se dĂ©truisent et Ă©quivalent Ă une affirmation, ce qui dâabord paraĂźt biÂŹ
zarre, mais ce qui nâen est pas moins vrai, malgrĂ© le ridicule jetĂ© par Lemare sur cet
axiOmé : Deux négations valent une 'affirhiation. »
Quoi qĂŒâil Ă«n soit, les Ă©xemplĂ«s oĂč ne nĂ«st pas exprimĂ© aprĂšs Ă©ans 'qûé iibĂŒs paraissent
beaucoup plus rĂ tionnĂ«ls, beau coup plus logiques. Que signifie sĂŒĂŒs qti'e? Cette expression
signifie sinon que, si ce n'est que: je ne partirai pas sans qĂŒĂ© vous vĂ©niez, câest-Ă -dire
sinon que vous veniez, si ce n'est que vous veniez. Comme aprĂšs sinon que, si ce nâest que^ on
ne inet jamais ne, il sâensuit qĂŒon ne doit pas le mettre davantage avec sans que» qui est
pour que ne; ainsi que cela paraĂźt dĂ©montrĂ© jĂŒsquâĂ la derniĂšre Ă©vidĂ©nce dans les exemples
comparatifs qui Ă«ĂŒivent : .
Sans que.
Vous conviendrez (j^ué je ne pouvais obtenir Ta-
vĂ«u dĂŒ conseil, sanj que iĂŒon ouvragĂ© fĂ»t exairiinĂ©.
(J.-J. Rousseau.)
HĂ©las! nous ne.pouvons un moment arrĂȘter les
yeux sur lĂą gloire de la princesse, sans que la mort
sây rhĂȘre aussitĂŽt pbuf tbĂŒl offusquer de son ombre;
(Bossuet.)
Que ne.
Je ne vous quitte point,
Seigneur, gwe mon amour nâait obtenu ce point.
(Corneille,)
Je- ne saurais fà iré un pas seulement-, qué je ne
lâaie aussitĂŽt Ă mes trousses. {MoliĂšre.)
(Je ue saurais voir ^dâhonnĂȘtes pĂšres chagrinĂ©s
par leurs enfants, guĂ© cela ne mâĂ©meuve.
(MoliĂšre.)
ĂXERdiCĂ PHRĂSĂOLOGIQĂĂ.
*
Avant quâil vienne. Avant quâil sorte. Avant quâil meure. Avant quâilsoit nĂ©.
Sans qu il parle. Sans quâil plebre.; Sans qĂčâĂźl se lĂąche. Sans quâil y mette obatarlc.
N" DCXCIII. -
y
Ă moins que, de peur que, de crainte que.
A znoĂźnĂą que.
Il sera difficile dĂ©sormais qĂŒil s'Ă©lĂšve des gĂ©nies
nouveaux, -d moins que dâautres moeurs^ une aĂŒtre
sorte de gouvernement ne donnent un tour nouveau
aux esprits. * Voltaire0
ĂŒn amant toujours rebutĂ© par sa maĂźtresse Test
toujours aussi par lĂ© spectateur, Ă moins gwâil ĂŻie
respire la fĂŒfĂ«ĂŒr dĂ© la vengeance. (Voltaire.)
( 752 )
Quel indigne plaisir peut avoir lâavarice?
Ăt que sert dâamasser, d moins qu'on ne jouisse?
(Boursault.)
Un homme en vaut un autre, d moins que, par mal*
\ [heur,
L*un dĂ«ux nĂ«it corrompu son esprit et son cĆur.
(Dbstoucubs.)
De peur que.
Combien de fois a-t-on vu des bommes,publics
faire Ă©chouer des entreprises glorieuses Ă l'Ătat, de
peur que la gloire nâen rejaillĂźt sur leurs rivaux.
(Massillon.)
Laisse en paix ton cheval vieillissant,
Depeurque, tout dâun coup, efflanquĂ©, sans haleine,
Il ne laisse en tombant son maĂźtre sur lâarĂšne.
. " â âąâą (BoileaĂŒ.)
Ne jetez pas, dit'Jésus, les perles devant les pour
ceaux, de peur gĂŒils ne les foulent aux pieds, et
que se tournant contre vous, ils ne vous déchirent.
(Bern.ue Saint-Pierre;)
JâĂ©vite sa prĂ©sence.
I)e peur gĂŒen le voyant, (luelque trouble indiscret
Ne fusse avec mes pleurs échapper mon secret.
(Racine.)
De crainte que. .
Le seul avantage de la noblesse, câcst de ne pas
manquer dĂ«xemples dans sa maison, et dâtHre dans
la'nécessité de les imiter, dans la crainte de ne pas
ĂȘtre reconnu pour lĂ©gitime hĂ©ritier.
(Pensée de Pétrarque.)
Clarice le prie de parler plus bas, de crainte que
son pÚre ne lëntende. (Voltaire.)
Piutarque dit que les Grecs, ce peuple-si sensible,
frémissaient de crainte que le vieillard qui devait
arrĂȘter le bras de MĂ©rope nâarrivĂąt pas ns.sez tĂŽt.
(Voltaire.)
f â â
Les locutions conjonctives à mQtns que, de peur que, de crainte que, disent MM. Noël et
Chapsal, veulent toujours aprÚs elles la négation ne : A moins que vous ne lui parliez, de
PEUR Quën NE vous trompe, etc. Cette rÚgle est trop absolue; et si MM.Noël et Chapsal
Tignorent, nous leur dirons quën poésie, les écrivains sont en possession de supprimer
la nĂ©gative quand elle gĂȘne la mesure. «Autrement, sĂ«crie Voltaire, il nây aurait pas
de poĂ©sie possible; il faudrait renoncer Ă faire des vers!» Voici quelques passages oĂč les
poĂštes nâont pas exprimĂ© la particule ne:
A moins quâĂ , nos projets un plein effet rĂ©ponde,
(Corneille.)
De peur que ma présence encor soit criminelle,
Je le laisse. (MoliĂšre,).
Sois, donc prĂȘt Ă frapper, de peur quâon nous prĂ©-
(Voltaire.) [uiënne.
Si jâai besoin de vons, de peur gĂŒon me contraigne.
Jâai besoin que le roi, quĂ«lle-mĂȘine me craigne.
(Corneille,]
Nous défions MM. Noël et Chapsal de condamner cette phrase de Voltaire : Cest une
rÚgle assez généi'ale qu'un vers héroïque ne doit guÚre finir par un adverbe, a moins que
cet adverbe se fasse d peine remarquer comme aduerĂše. Bien que cet exemple soit en
prose, bien que la négative soit supprimée, la phrase est pourtant correcte ; il y a plus ;
ce serait une vĂ©ritable faute dâexprimer la nĂ©gation, et ia raison en est que Texpression
adverbiale à peine modifiant le verbe fasse, sëppose à Tintroduction de la particule ne
dans la phrase ; câest ce qui aurait Ă©galement lieu sâil y avait peu ou tout autre terme Ă©quiÂŹ
valent. Avant donc de poser des rÚgles, ii faut étudier les faits.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
A moins que.
De peur que.
De ciainte que.
Dans U crainte quo.
ĂT DCXCIV.
Autre, tout autre, tout, autrement que, plutĂŽt que, plus tĂŽt que.
Tout autre que, etc.
On se voit dĂ«n autre oeil gĂŒon ne voit son prochain.
(La EoirrAiNB.)
PlutĂŽt que.
Nous avons en France des tragédies estimées qui
sont plutĂŽt des conversations gĂŒelles ne sout la reÂŹ
présentation dën ëvénemont. (Voltairs.)
( 753 )
- II semble quâil y ait cn nous plusieurs hommes,
puisque souvent chacun dc nous pense et agit auÂŹ
jourdâhui tout autrement qu'il ne Ăźe faisait hier.
(Cité par Noël.)
La joie de faire du bien est tout autrement douce
que ne lëst celle de le recevoir. {Id.)
Ăn dompte ia panthĂšre plutĂŽt ça'on ne lâapprĂź-
voise. (Buffon.)
Chacun sâĂ©gare, et le moins imprudent
Est celui-lĂ quijĂź/us tĂŽt se repent. (Voltaire.)
AprĂšs les expressions autre, autrement, tout autre, tout autrement, plutĂŽt que, plus tĂŽt
que, on exprime là négation ne dans la proposition subordonnée (1), à moins que là pre
miÚre proposition ne soit négative : N'agissez pas autrement que vous parlez; nous
n'avons pas plus tĂŽt fait une chose que nous en faisons une autre, etc.
Autre.
Tout autre.'
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Autrement.
Tout autrement.
PlutĂŽt que.
â Plus tĂŽt que.
DE LA PLACE DES ADVERBES
*^3 N" DCXCV. Âź
CONSTRUCTION DES ADVERBES.
AVANT LE VERBE,
⊠ra
Bien souvent dans les camps un soldat honoré
Rampe à la cour des rois et languit ignoré.
(Voltaire.)
Toujours la tyrannie a dâheureuses prĂ©mices.
(Racine.)
... Aujourd'hui
Ob passe sur ThonnĂȘte, et Ton songe h Tutile.
(Destouches.)
... Je sais mépriser ces vains droits de noblesse.
Que la force autrefois conquit sur la faiblesse.
(Chénier.)
Sâil se faut quelquefois dĂ©fier quand on aime,
CĂ«st de tout ce qui peut, dans le cĆur alarmĂ©,
Soulever des soupçons contre Tobjet aimé.
(Piron.)
Le ciel parfois seconde un dessein téméraire.
Et Ton sort comme on peut d'une méchante affaire.
(MoliĂšre.)
... Un traĂźtre jamais ne doit ĂȘtre imitĂ©.
(Lefranc.)
Cela est heureusement exprimé. (Laveaux.)
Lorsque, dans la piĂšce anglaise, Orosmane vient
annoncer Ă ZaĂŻrĂ© quâil croit ne la pĂźus aimer, ZaĂŻre
lui répond en se roulant par terre. (Voltaire.)
«aprÚs le verbe.
Le Dieu que nous servons est un Dieu deJ)onté;
Mais dans les livres saints sâil prĂȘche lâindulgence,
IVcommanĂ e souvent la guerre et la vengeance.
(Chénier.)
Le succĂšs fut toujours un enfant de lâaudace.
(Crébillon.)
11 arrive aujourd'hui à midi, (Académie.)
Cela se pra/igwat/aw/re/bte, mais aujourdâhui on
en use autrement. (/d.)
Le témoin le plus vil et les moindres clartés
Nous montrent quelquefois de grandes vérités.
. (Voltaire.)
On se ĂźcwsĂŽ parfois dâĂȘtre femme de bien.
(MoliĂšre.)
»
Un roi ne sait jamais sâil a de vrais amis.
(BoursĂ ult.)
Cela est exprimé heureusement. (Lateaux.)
Protésilas ne pouvant souffrir que je ne crusse
pas tout ceâqĂŒil me disait contre son ennemi, prit
le parti de ne mâen parler plus. (FĂ©nelon.)
La construction des adverbes ne prĂ©sente guĂšre de difficultĂ© qĂŒaux Ă©trangers; cĂ«st en
gĂ©nĂ©ral la clartĂ©, le goĂ»t, TĂ©lĂ©gancĂ© et Tharmonie qui dĂ©cident de la place qĂŒils. doivent
occuper dans le discours. En effet, on voit que souvent, toujours, aujourd'hui, autreÂŹ
fois, etc., se mettent avant ou aprĂšs^le verbe.
. (1) La BruyÚre a néanmoins supprimé la négation dans cette phrase : Il est incapable de s'imaginer que
les grands pensent autrement de sa personne^u'il fait lui-mĂȘme.
95
f 754 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Toujours jo.vous aimerai.
Je vous aimerai toujours.
'â ooOQi
Autrefois j'étais .aimé.
J'étais aimé autrcfuiu.
N' DCXCVI.
CONSTRUCTION DĂ non seulement, mais encore.
Non seulement lâĂglise secourait ses enfants,
ELLE VEILLAIT ENCORE sur Ics infortunĂ©s dâune reÂŹ
ligion Ăšnneinie. (Chateaubriand.)
Non seulement on sâestime avant tout, mais on
ESTIME encore toutes les choses que Ton aime.
(Vauvenargues.)
Non seulement on obéit à un sage roi, mais on
AIME à lui obéir. (Fénelon.)
Mentor, non seulement ferme et courageux^
mat# DOUX ET tranquille, semblait commander
aux vents Út à la mer, * (Fénelon.)
Mentor parut dans ce danger non seulement
FERME ET INTRĂPIDE, mats PLUS GAI qĂŒĂ lâordi-
naire.' [Id.)-
La patience est non seulement nécessaire, mais
unLE, (Diderot.)
Non seulement doit précéder la partie de la phrase mise en rapport ayec celle qui suit
mais encore, comme^dans les exemples qui précÚdent. Dans la premiÚre colonne, non sew-
Zc?nen/est suivi dâun verbe, mais doit ĂȘtre suivi dâun autre verbe. Dans la seconde, non
seulement est suivi dâadjectifs, mais par consĂ©quent doit ĂȘtre aussi suivi dâadjectifs. Ce
serait donc mal sâexprimer que de dire : L'Eglise secourait non seulement ses enfants,
MAIS elle veillait encore, etc.; on s'estime non seulement avant tout, mais on
estime, elc. . .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Non seulement bon, mats bumain.
Non seulement il lâaimait, niais encore ill'estimait.
DES ADVERBES
EMPLOYES DANS LES COMPAUAISONS.
N* DCXCYlĂź.
MOTS AU MOYEN DESQUELS SâEXPRIMENT LES COMPARAISONS DâĂGĂLITĂ.
POUR LA MANIĂRE.
L'activité est aussi nécessaire au bonheur que
l'agitation lui est contraire. (De Lévis.)
Rien ne doit ĂȘtre si sacrĂ© aux hommes que les
lois destinées à les rendre bons, sages et heureux.
(Fénelon.)
Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.
(Racine.)
La loi doit ĂȘtre comme la mort, qui nâcpargnc
personne. {Montesquieu.)
Comme le soleil chasse les ténÚbres, ainsi la
science chasse lâerreur. (AcadĂ©mie.)
Rieu nâest Ă mon avis si trompeur que la mine!
âą (Campistron.)
L'oisiveté est aussi fatigante que le repos est
doux. (De Lévis.)
11 nâest rien de si beau que la sincĂ©ritĂ©.
(Destouches.)
pour la quantité ou le nombre.
Il y a autant de faiblesse Ă fuir la mode qĂčĂ lâafÂŹ
fecter. (La BruyĂšre.)
Souvent notre repentir n'est pas tant un regret
du mal que nous avons fait, gĂŒune crainte de ceÂŹ
lui qui peut nous en arriver.
(La Rochefoucauld.)
TJn malheureux qui en console un autre, a une
Ă©loquence dâawfant p/ws puissante quâil la puise en
lui-mĂȘme. (La Roche.)
Lâhomme est d'awfant moins pauvre gw'il dĂ©sire
moins. (Pensée de P. Svrus.) -
Je sais la chose mieux que vous, et d'autant
mieux que jâen suis tĂ©moin. [AcadĂ©mie.)
Autant la pitié est douce quand elle vient à nous,
QutaĂźit elle est. amĂšre, mĂȘme dans ses secours,
quand il faut Timplorer. (Lacretelle ahié.)
( 735 )
Les exemples qui précÚdent nous font voir que les expressions employées dans les com^
paraisons dâĂ©galitĂ© sont, pour la maniĂšre : aussi que, si que, ainsi que, comme, comme.,,
ainsi; pour la quantité et le nombre : autant que, tant gue, d'autant plus que, d'autant
moins que, d'autant mieux que, et autant... autant.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Le loup est aussi méchant que. ..
Le chien est si fĂźdĂšle que...
Ainsi qu'une ombre la vie est., .
La vie sâĂ©coule comme â
U y a daus cette action autant de lùcheté-qn*.,.
Il nây a pas tant de mal quâon ne puisse.. .
Les peuples sont dâautant plus Iicureux que...
Antant sa figure eat donce, autant son caractĂšre est-
N" Dcxcyni
Aussi, autant, suivis de que ou de comme.
SUIVIS DE que.
Quand on a prĂ©tendu que rien n.âĂ©tait aussi
rare que le génie, on avait oublié la perfection.
(Livry.)
LĂ«sclave nâa quâun maĂźtre ; Tambitieux en a om-
tant gwâil y a de gens utiles Ă sa fortune.
XhA BruyĂšre.)
La vérité ne fait pas autant de bien dans le
monde que scs apparences y font de mal.
(La Rochefoucauld.)
SUIVIS DE comme.
Tant qĂŒa durĂ© la guerre, on mĂ« vu constamment
Aussi bon citoyen comme parfait amant. âą
(Corneille.)
Quâil fasse autant pour moi commeje fais pour lui.
(Le MĂȘme.)
Le vrai brave conserve son jugement au milieu
du pĂ©ril avec autant de prĂ©sence dĂ«sprit comme sâil
n'y était pas. . (Phrase blùmée par Wailly.)
JusqĂŒĂ Corneille et MoliĂšre, on pouvait faire usage de que ou de comme aprĂšs les adÂŹ
verbes autant; tant, aussi, si; mais aujourdâhui il nĂ«st plus permis de se servir de comme
pour lier deux termes dâune comparaison ; il faut employer que Ăšlle a autant d'esprit
QUE vous; il n'est pas aussi savant que vous, etc. En effet, le mot ausĂŒ fait assez sentir
la comparaison dâĂ©galitĂ©. Aussi bon citoyen comme fidĂšle amant est une construction
italienne tout-à -fait tombée en désuétude parmi nous.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je suis anssĂź heuren% que vous.
LâĂ©lĂ©phant est aussi doux quâil est fort.
.Te vous aime autant que vous mâaimiw.
personne nâa autant dc bonheur que vous.
Si ET aussi.
AVEC aussi.
De la philosophie ù lïmpiété, il ÿ a aussi loin
gwe de la religion au fanatisme. (Diderot.)
Les athées sont de trÚs-mauvais raisonneurs, et
leur malheureuse philosophie est aussi dangereuse
gwâabsurde. * (Boiste.)
LâAllemagne est aussi peuplĂ©e que la ErancĂ©. -
(Waillt.)
Je fuis les oisifs des villes, gens aussi ennuyés
gwënnuyeui. (J.-J. Rousseau.)
AVEC SI.
Les agneaux de la premiÚre portée ne sont jamais
st bons gwe ceux des portées suivantes. (Buffon.)
Xes chevaux turcs ne sont jamais st bien propor
tionnés gwe les barbes. Ud.) i
i
En sâapprochant des plus grands hommes, on sâé
tonne de les trouver st petits. (Boiste.)
.Regarder les excĂšs des passions comme des.maUi^
dies est dâun effet st salutaire, que cette idĂ©e rend
inutiles tous les sermons dc morale. [td.)-
On emploie aussi dans les phrases positives et si dans les phrases négatives. Gepen-
( 756 ) '
dant rien nĂ«mpĂȘche de se servir do aussi dans ce dernier cas ; Il faut que la terre ait
Ă©tĂ© cultivĂ©e pour que la population Nâai/ pas Ă©tĂ© aussi grande quâon le suppose. ( ConÂŹ
dillac.)
Dans les deux derniers exemples de la seconde colonne on apprend que si sâemploie
dans les phrases positives quand il a la signification de tant, tellement,
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Vos maximes sont aussi fausses que dangereuses. Mes raisons uâctaĂźent pas si absurdes quâil le Son langage nâĂ©tait dĂ©jĂ pas si modĂ©rĂ©.
Cet avis est aussi celui de tout lé monde. disait- Les liommes ue sont pas si méchants.
La Fraucc est aussi Ă©clairĂ©e que l'Augleterre, La Russie nâest pas si avancĂ©e que les autres pays. Ce fut si vrai quâil fut persuade.
N* DCC.
Aussi ET autant.
AVEC aussi.
^ L Ăąne est de son naturel aussi humble, aussi paÂŹ
tient» aussi tranquille» que le cheval est fier, ar
dent, impétueux. (Buffon.)
Aussi intrépide que son maßtre^ le cheval voit
ie pĂ©ril et lâaffronte. {Id.)
Un athée qui serait raisonneur et puissant, serait
un flĂ©au aussi funeste gwâuh superstitieux saqgui-
lïûire. (Voltaire.) *
La probitĂ© est aussi rarement dâaccord avec lâinÂŹ
tĂ©rĂȘt, que la raison avec la passion.
(Sanial DĂŒbav.)
Quand la vĂ©ritĂ© nâoffense personne, elle devrait
sortir de'notre bouche aussi naturellement que lâair
que nous respirons. (Stanislas.)
Le nom de la vertu sert Ă lâintĂ©rĂȘt aussi utileÂŹ
ment que le vice. (La Rochefoucauld.)
avec autant.
Il faut autant de discrétion pour donner des
conseils, que de docilité pour les recevoir.
(La Roche.)
Chacun tourne en réalités,
Autant quâil peut, ses propres songes.
(La Fontaine.)
Les lois sont faites pour secourir les citoyens auÂŹ
tant, gue pour les intimider. âą (Voltaire.)
4
Cornélius Népos, auteur ancien et judicieux au
tant qûélĂ©gant» ne veut pas que lâon doute de la
date du dĂ©cret dâArtaxerxe, aprĂšs lâautoritĂ© de ThuÂŹ
cydide. (Bossuet.)
ĂŒn certain Grec disait Ă Tempereur Auguste.
Comme une instruction utile autant que juste,
Que lorsquâune aventure en colĂšre nous met,
Nous devons avant tout dire notre alphabet,
AĂŒn que dans ce temps la bile se tempĂšre.
t
Aussi se joint aux adjectifs et aux adverbes : aussi humble, aussi rarement. Autant se
construit particuliÚrement avec les noms, les verbes et les participes : autant de discré
tion, chacun tourne autant, etc.; les lois sont faites autant, etc. Quand il est joint Ă
deux adjectifs, on le met, en prose (1), toujours entre les deux : judicieux autant qu'élé
gant, et celte tournure a plus de force que aussi judicieux qu élégant, par la raison
déjà connue que aussi nëxprime que la qualité, tandis que autant implique une idée de
quantité, t
EXERCICE PHRASĂOLOGIQ UE.
Soyez un homme auBsi savant que modeste.
11 faut Ă©tudtCL* aussi longtemps que lâon peut.
U sc piâcsenta aussi galamment quâun chevalier.
Soyons aussi charitables quâon m prescrit.
Sois aussi juste quâhumam.
11 y avait autant dâĂ©pines que de fleurs.
Il faut autant nous cacher que nous sauver.
Vous ĂȘtes autant aimĂ©e quâcstimĂ©e.
ïlomtne crédule autaut que confiant.
Ecrivain habile autant que modeste.
(1) Nous disons en prose, car en poĂ©sie cette rĂšgle peut nâĂȘtre pas suivie, comme' le prouvent ces vers de
Racine, oĂč'autant est employĂ© pour aussiâ, afin dâĂ©viter Thiatus :
Passons chez Octavie, et donnons-lui le reste
D'un jour autant heureux que je Vai vu funeste.
( â57 )
N- DCCI.
Autmt HT tmt
AVEC tant.
Toute espĂšce de luxe est un crime envers la soÂŹ
ciĂ©tĂ©, tant quâil existe un homme dans le besoin,
* (DâAlembert.)
Tant gĂŒon peut se parer de son propre inĂ©rite,
on nĂ«mploie point celui de ses ancĂȘtres.
(Saint-Evremont.)
U y a tant de bassesse dans la plupart des louanÂŹ
ges, gĂŒelles avilissent plus ceux qui les donnent,
quĂ«lles riâhonorent ceux qui les reçoivent.
(De Lévis.)
Rien ne pĂšse tant gw un secret :
Lç porter loin est difficile aux dames ;
Et je sais mĂȘme sur ce fait
Bon nombre dâhommes qui sont femmes.
(La Fontaine.)
Il ĂŒy a rien qui exhorte tant Ă savoir bien mouÂŹ
rir que de ĂŒavoir point de plaisir Ă vivre.
(VOITĂRE.)
AVEC autant.
0 * '
0*
â Avec aussi peu de raison quĂ«n ont les hommes,
il leur faut aĂŒtanf de prĂ©jugĂ©s gĂŒils sont accoutuÂŹ
més dën avoir, (Fontenelle.)
Lâamour-propre fait peut-ĂȘtre autant Ă e tyrans
que lâamour. (Imbert.)
:
Pour ĂȘtre philosophe, il ne suffit pas dâen usurÂŹ
per le nom ; il faut le justifier par les vertus autant
que par les lumiĂšres. (LaboĂŒisse.)
La pauvreté estle plus grand des maux qui soient
sortis de la boĂźte de Pandore, et lâon hait autant
lâhaleine dâun homme qui nâa rien, que celle dâun
pestifĂ©rĂ©. (Saint-Ăvremont.)
Ah ! que devient des rois la majesté sacrée,
Si leur foi ne peut pas rassurer les mortels,
Si leur trĂŽne n est pur autant que les autels?
(HoĂŒd. de la Mothe.)
Les deux premiers exemples de la premiĂšre colonne montrent que dans les comparaiÂŹ
sons on se sert de aw/an/âdevant les substantifs, quand on veut exprimer wn awssi grand
nombre de : autant de préjugés que..., cësl-à -dire nn aussi grand nombre de préjugés ^
que... Dans les trois derniers, le mot autant, modifiant les adjectifs ou les verbes, signifie :
A DN DEGRĂ AUSSI GRAND QUE iL'ou hait f haleine dĂŒn homme qui n'a rien autant
QUE... est pour Von hait Vhaleine dĂŒn homme qui nĂŒ rien a un degrĂ© aussi grand ,
QUE...
On doit employer tant, comme dans les deux premiers exemples de la seconde colonne,
lorsquâon veut Ă©noncer une sorte de durĂ©e, et que lâadverbe comparatif a le sens de aussi
LONGTEMPS QUE : TANT Qv'on peut Se parer,... câest pour aussi longtemps Qv'on peut
se parer. D|tns les trois autres citations tant est pris dans lâacception de tellement, Ă un
tel point : Rien ne pĂšse tant quĂŒn secret, câest-Ă -dire Ă un tel point.
EXERCICE PBRASĂOLOQIQĂE.
Je lui clonnai autant de coups quâtJ en mĂ©ritait.
On lui laissa manger autant de fruits quâĂźi voulut.
Je vous aime autant que je puis.
Soyez franc autant quâun honnĂȘte homme doit l'ĂȘtre.
Je lui donnai tant de coups quâil en est mort.
On lui laissa manger tant de fruits quâil tomba malade.
Je vous aimerai tant que vous serez aimable.
Soyez franc tant que vous vivrez.
Nâ DCCII.
EMPLOI DE si ET DE tant.
Si.,
Il n'y a point dâhomme si vicieux qu'il ne possĂšde
quelque bonne qualité. (La Mothe le Vater.)
Les hommes sont en général si fourbes, si en
vieux, si cruels que quand on en trouve un qui
nâa que de ia faiblesse, on est trop heureux.
(Voltaire.)
Tant.
Rien ne persuade tantles gensgwa ce quâils nĂ«n-
tendent pas. (De Retz.)
On nâest heureux ni riche, tant quâon sâefforce de
lâĂȘtre davantage. (EiĂ©vĂ©e.)
1 f
( 758 )
L'amour nëst pas si despote que Taraour-propre.
On ne va jamais si loin que lorsqu'on ne sait oĂč
Ton va, (de Retz.)
Il n'y a si petit état qui ne puisse nourrir un
grand homme. (Bern. de Saint-Pibrre.)
Rien n'empĂȘche tant dâĂȘtre naturel que lĂ«nvie
de lĂš paraĂźtre. (La Rochefoucauld.)
. i . Je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations.
(MoliĂšre.)
Dans les exemples qui prĂ©cĂšdent, si et tarit ont absolument la mĂȘme valeur, le mĂȘme
sens, puisquâils signifient tous deux tellement; mais il y a cette diffĂ©rence entre eux, que
si modifie toujours les adjectifs et lĂ©s adverbes, tandis qĂŒe tant ne peut jainais moÂŹ
difier que les verbes. En poésie, cependant, on trouvé quelquefois des adjectifs modifiés
pĂ i* tant:
La fortune est comme les belles :
Acceptons ses faVeurs, tant légÚres soient-elles. (Jùuffret.)
Câest ce qui nous prouve qĂŒon ne saurait asseoir en rien des rĂšgles absolues (1).
EXERCICE PHRASĂOL\)GIQĂŒEi
Personne nâest si sage que...
Vous nâĂȘtes.pas si inĂ©cliant que..,
Vons nâĂȘtes pas si ambitKux que...
11 vous estime tant qne"..
11 Gt tarit qĂŒe.,.
U le pcrsĂŒĂ ila tant tjuĂ©. .
Nâ DCCUI.
emploi de ainsi que, auési que et dé comme.
I.
Ainsi que.
Les vertus devraient ĂȘtre sĆurs,
At'nst que les vices sont frĂšres,
(La Fontaine.)
PĂ©lagie dâAntioche Ă©tait dâune grande beautĂ©,
atnst que sa mĂšre et ses soeurs.
(Chateaubriand.)
Comme.
f 9
Pour grands que soient les rois, ils sontj^c que nous
[sommes ;
Iis peuvent se tromper comme les autres hommes.
(Corneille.)
Le matin de la vie est comme le malin du jour,
â plein de puretĂ©, d'images et dâharmonies.
« (CilATĂĂUBUIAND.)
II.
Comme.
LâamitiĂ© des enfants, qĂŒ est-ce? Pure habitude;
Vive et faible comme eux, tel est le cĆĂŒr bĂŒ'mĂąin ;
ĂujĂ»uiâĂbui dĂ©solĂ©s, et consolĂ©s demain.
(Fabue dâEglantinb^'i
Lâamour rend, comme uu autre, un sage inconsĂ©-
â l(La ChaussĂ©e.) [quent.
Attsst que.
Le roi. est aussi intĂ©ressĂ© que le peuple Ă lâĂ©quiÂŹ
libre politique, (Bern. de Saint-PiĂšrĂče,)
La beautĂ©, jâen conviens, peut, quand elle est rĂ©elle.
Inspirer un amour ausst passager guëlle.
(La Chaussée.)
La seule remarque que nous ayons Ă faire ici, Ăest que comme peut ĂȘtre employĂ© dans
les comparaisons pour ainsi que, aussi que. En effet, on pourrait dire : Les vertus deÂŹ
vraient ĂȘtre sĆurs comme les vices; le matin de la vie est ainsi que le matin du jour.
⹠Le roi est intéressé comme le peuple à Véquilibre politique : Vamour rend le sage aussi in
conséquent Qu'un autre. ,
^ (1) Voici encore un exemple de Bernardin de Saint-Pierre oĂč tant modifie un adjectif : Les guerres,
TANT intérieures Qo'extérieures». ont eu pour premiÚre cause dans chaque état Vamhition dés nobles;
mais il est vrai que tant nâa plus ici, comme dans les vers de JĂąuffret, la signification de tellement.
( 759 â )
EXERCICE PHRASEOLOGIQUE.
m
Elle est, ainsi que sa mĂšro, dâune grande beautĂ©.
Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés.
Il fut tout aussi généreux que lui.
1.1 se signala aussi bien que lui.
EUe est, comme sa mĂŻre, dâune grande beautĂ©.
Comme la vertu, le vice a ses degrés.
11 fut généi^eux tout comme lui.
Il se signala comme ITii.
N" DCCIV.
ELLIPSE DĂŒ SECOND TERME DE LA COMPARAISON.
EXEMPLES.
Elle approche, mais en tremblant ;
Une autre la suivit, une autre en fĂźt autant.
(La Fontaine.)
HĂąte-toi, mon ami, tu ĂŒĂąspas /an/Ă ^vivre :
Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre, (fd.)
Si tu nâavais servi qĂŒun meunier, comme moi,
Tu rie serais pas si malade. [Id).
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?
{Id.)
analyse.
Une autre en fit autant (que la derniĂšre avait
fait); cëst-à -dire la suivit.
HĂąte-toi, mon ami, (car) tu n'as pas tant Ă
vivre que {tu crois.)
Tu ne serais pas si malade (que tu Iës.)
Qui te rend si hardi (que tu Ves) de troubler mon
breuvage?
Du moment qĂŒil entre dans une phrase Tun des mots autant; tant, si, etc., il y a comÂŹ
paraison, et la comparaison nĂ«st complĂšte qĂŒautant que les deux termes qui la composent
sont exprimĂ©s. Or, dans les quatre exemples citĂ©s, le besoin, la nĂ©cessitĂ© de sâĂ©noncer
briĂšvement a fait sous-entendre le second terme de la comparaison. Lâanalyse, en nous
montrant le moyen de réintégrer les mots ellipsés, nous fait voir en outre que lëmploi
des adverbes comparatife est, en pareil cas, conforme aux principes que nous avons
précédemment établis.
\ V * . âą
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. ^
Si TOUS .ĂȘtes riche, je le suis tout autant.
Si vous mâaimiez beaucoup, je vous aimerais autant.
Qui diable vient si matin me déranger?
Je ne veux pas gne vous parliez ainsi.
Pourquoi le traiter aussi mal ?
Vous uri avez fait tau t de peine l
Qui te rend si fier ?
La nature est si belle!
DĂ©pĂȘchez-vous, vous nâavez plus tant Ă faire.
Vous ue pouvez lâestimer, vous le haĂŻssez tant ! '
Ne sois pas si égoïste, tu ne seras pas si méchant.
Je nâaurais jamais poussĂ© iĂšs choses aussi loin.
Peut-on Ătre aussi mĂ©chant !
Pourquoi tant de paroles?
Jâen «i autant Ă votre service.
Le ciel est si pur !
Nâ DCCY.
DES MOTS EMPLOYĂS DANS LES COMPARAISONS DE SUPERIORITE ET D INFĂRIORITĂ.
COMPARAISONS DE SUPĂRIORITĂ.
Les actions'5o,n/ plus sincĂšres que les paroles.
(]VUâÂź DE SCUDĂBY.)
Il est plus facile de faire des lois que de les exé
cuter. (Napoléon.)
Le pied du cerf est mieux fait que celui de la
biche. (BĂŒffon.)
comparaisons dTnfériorité.
Ma gloire vous serait moins chĂšre que ma vie Ăź
(Racine.)
Les jeunes cerfs ont le bois plus blanchĂątre et
moins teint que les vieux, (BĂŒffon.)
Le naufrage et la mort sont moins funestes que
les plaisirs qui attaquent la vertu. (Fénelon.)
Par ces exemples nous apprenons 1Âź que les mots qui servent Ă exprimer les comparaiÂŹ
sons de supĂ©rioritĂ© sont plus ou mieux suivis de que;2'^ que les comparaisons dâinfĂ©rioÂŹ
ritĂ© sont indiquĂ©es au moyen de lâadverbe moins Ă©galement suivi de que. On doit obÂŹ
server aussi que les mots plus, mieux, moins, se mettent toujours devant les adjectifs.
( 760 )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Plus grand que.
Plus petit que...
Plus riche que* âą â
Plus beau que. ..
Plus doux que...
Plus suave que..
Mieux dit que..
Mieux écrit que.
Vaut mieux que-
Moins par que..7
Moins joli que.. *
Moins poli qne...
DCCVI.
DES DEDX TERMES DES COMPARAISONS DE SUPĂRIORITĂ ET dâiNFĂRIORITĂ.
SECOND TERME ENTIĂREMENT EXPRIMĂ.
' Les cerfs blancs n'étaient pas plus communs an-,
ciennement qu'ils ne le sont aujourdâhui.
(BĂŒffo;v.)
On ne peut perdre un royaume plus gaĂźment que
vous le faites. (Bdssy-Bardtin.)
Les batailles sont moins sanglantes qu'elles ne
l'étaient. (Montesqdieo.)
SECOND TERME EXPRIMĂ BN PARTIE 00 TOUT-A-
FAIT SOUS-ENTENDU.
Quelle main était plus propre à ce ministÚre?
(Fléchier.)
Il nâĂ©tait sorti de la cour que pour y ĂȘtre plus
accrédité et pZt/j utile. {fd.)
Lâingratitude enlĂšve wiotns de plaisir au bienfaiÂŹ
teur qu'Ă lâingrat. (LingrĂ©e.)
Le but de ces citations est de nous apprendre que dans les comparaisons de supérioritéet
dâinfĂ©rioritĂ© le second terme peut ĂȘtre, selon les cas * exprimĂ©, soit en entier, soit en partie,
et quelquefois mĂȘme entiĂšrement ellipsĂ©. En effet, il pst permis de dire : 1Âź On ne peut
perdre un royaume plus gaĂźment que vous le faites; 2Âź on ne peut perdre unroyaume
PLUS gaĂźment que vous; S'â on ne peut perdre un royaume vluSi.g aiment. Les citations
de la seconde colonne sont donc elliptiques : Quelle main était plus propre à ce minis
tĂšre? (sous-entendu) que M. Le TelUer ; il n'Ă©tait sorti de la cour que pour y ĂȘtre plus accré
ditĂ© et plus utile,, (sous-entendu) qu'il ne VĂȘtait ; Vingratitude enlĂšve mpins de plaisir au
bienfaiteur quà Vingrat, cëst pour qu'elle n'en enlÚve à Vingrat.
. EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
AVEC LA CONSTRUCTION PLEINE.
AVEC LA CONSTRUCTION ELLIPTIQUE.
plus SgĂ© que vous l'ĂȘtes. Moins instruit que lâest Ă cet Ăąge Plus ĂągĂ© que vous.
Moins riche que tu lâes. tout autre enfant, , Moins riche que toi.
Plus savant que ne lâest un docteur. Plus adroit que ne l'est un singe. Plus savant quâun docteur.
Motos instruit que tout autre
enfant,
Plus adroit quâun singe.
Nâ DCCVll
RĂPĂTITION DE plus, DE moins ET DE mieux.
ilfoins on mĂ©rite un bien, moins on lâose espĂ©rer.
(MoliĂšre.)
Plus on a lu, plus on est instruit ; plus on a mé
ditĂ©, plus on est en Ă©tat dâaffirmer que lâon ne sait
rien. (Voltaire.)
Plus un bomme a TĂčme bonne, moins il soupÂŹ
çonne les autres de niéchanceté. (Boiste.)
Ah I qui versa des pleurs, tremble dâen voir couler ;
Et plus on a souffert, mieux on sait consoler.
(De Belloy.)
Moins notre esprit a de lumiÚre, moins il éclaire
nos vertus. (Bernis.)
Moins on a de richesse, et moins on a de peine ;
Câest possĂ©der les biens que savoir sâen passer.
(Regnard.)
.. .Câest ainsi qĂŒun pĂšre est toujours adorĂ©,
Et que moins il est craint, plus il est révéré,
(Piron.)
Plus on connaĂźt lâamour, et pĂźus on le dĂ©teste.
(QĂŒĂŻnault.)
PĂźus jâobserve ces lieux et pĂźus je les. admire. (W.)
Lorsque Tesprit embrasse une.suite dâidĂ©es croissantes ou dĂ©croissantes, plus, moins,
mieux se répÚtent, non seulement par élégance, mais par nécessité.
( 761 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Plus on lit de grammaires, plus...
Plus on a, plus...
Moins on voit de médecins, mieux..
Plus on a d'esprit, plus.. â
Moins on a dâesprit, moins..
Plus on est intéressé, plus..
Nâ DCCYIII.
OOOO-""
Plus, moins, mieux, rÚfÚtés avec ou sans et
POĂTES.
SANS et.
Plus lâoffenseur est cher, plus on ressent lâinjure.
(Racine.)
Mitliridate revient peut-ĂȘtre inexorable;*
Plus il est malheureux, plus il est redoutable.
Ud.)
Plus le coupable est grand, plus grand est le sup-
(Voltaire.) [plice.
Plus on mérite de mépris,
Plus on a de penchant à mépriser les autres.
(JaĂŒffret.)
Plus on grandit, plus on devient vaurien.
' (Florian.)
Plus on aime quelquâun, moins il faut qĂŒon le
(MoliĂšre.) [flatte.
Plus le malheur est grand,p/w# il est grand de vivre.
(Crébillon.)
Plus il est prÚs de quitter ce séjour.
Plus on lui trouve et dësprit et de charmes.
(Gresset.)
Plus un lien est éclatant,
Plus son étreinte paraßt dure.
(F. DE NeĂŒfchateaĂŒ.)
â , Plus un honnĂȘte homme a de cĆ^r, ^ ^
Plus dâun ennemi bas il mĂ©prise lâinjure.
(Lenoble.)
AVEC et.
Plus lâĂ»ffenseur est grand, et plus grande est lâof-
(Corneille.) [fense.
. . . Plus je vous envisage,
Et moins je reconnais, monsieur, votre visage.
(Racine.)
P/w# il sâagite, et plus il devient laid.
(Voltaire.)
Plus un bonheur est extrĂȘme,
Et plus il est dangereux. (J.-B. Rousseau.)
Plus jây pense, et p/us-jĂ«n enrage.
(La Fontaine.)
ATofns rassemblĂ©e est grande, e/p/u# elle a dâoreilles.
(Piron.)
Plus le sens est précis, et moins il nous échappe.
(La Motue.)
Plus la vie est tranquille, et plus sa faible trame
Ăchappe au ciseau dâAtropos. (Bernis.)
Plus la fortune rit, et plus on doit trembler;
Elle orne sa victime avant de lâimmoler. â
(F. DE NeĂŒfchateaĂŒ.)
Jouets de la fortune, assidus courtisans,
Examinez bien votre vie :
Plus vos fers sont dorés, et plus ils sont pesants.
(Lenoble.)
prosateurs.
Plus o'n a étudié la nature, p/u# on a connu son
auteur. . , (Voltaire.)
Plus les causes physiques portentrtes hommes au
repos, plus les.causes morales les en doivent éloi
gner. ' (Montesquieu.)
Plus leshommes sont médiocres, plus ils mettent
de soin Ă sâassortir, de Stael.)
Plus les devoirs sont étendus, plus il faut faire
dâefforts pour les remplir. (SIably.)
Plus ils sâaccumulent (les hommes), et phis ils
se corrompent. (J.-J. Rousseau.)
Plus je rentre en moi, plus je me consulte, et
plus je Us ces mots écrits dans mon ùme: Sois Juste,
et tu seras heureux. - (Id. )
Plus les hommes seront éclairés, et plus ils se
ront libres. (Voltaire.)
Plus je lis La Fontaine, plus je lâadmire» et plus
je le crois inimitable. (Marmontel.)
. Cëst ainsi que se sont exprimés et que sëxpriment tous les jours encore et les poÚtes et
les prosateurs. AprĂšs eux ne craignons donc pas de dire : Plus on lit Racine, plus o?i
Vadmire; ou bien : Plus on Ut Racine, et plus on Vadmire. Que les grammairiens sën-
rouent, si tel est leur plaisir, Ă rĂ©pĂ©ter, aprĂšs dâOlivet, que lĂ«mploi de et dans cette
derniÚre phrase est une faute grave. Scriptores dixerunt (les écrivains Tont dit), leur ré
pondrons-nous, et force leur sera bien, à eux si chétifs et si nuls, de mettre fin à leurs
cris, et de sâhumilier, comme nous, devant ces arbitres souverains.
90
(762)
1
En vĂ©ritĂ©, nous ne concevons pas comment dâOlivet a pu s'oublier logiqmmnt&n point
de dire Ă Racine quâil lui aurait suffi dâun-peu de logique pour comprendre que la conÂŹ
jonction et se trouve de trop dans ces vers :
PĂźus je vĂŽus envisage,
Et moins je reconnais, monsieur, votre visage.
La saine idéologie , au contraire, d'accord avec les faits, prouve que Tidée exige lëm
ploi de cette conjonction, et que lorsquëlle nëst pas exprimée, elle est sous-entendue.
En effet, de ce que je dis : Vous le suivez, et il vous fuit, ne puis-je pas, ou plutĂŽt
ne dois-je pas dire : Plus vous le suivez, ét plus il vous fuit? La conjonction et que jëm-
ploie avec le positiL pourquoi ne lëxprimerais-je pas au comparatif? Analysons cette
phrase, et nous aurons : Vous Ăźe suivez plus qu'Ă Vordinaire, ET par cela mĂȘme il vous
fuit plus qu'il ne le fait habituellement; ou bien : Vous le suivez plus que vous ne le feriez
s'il ne vous fuyait pas, et il vous fuit plus quĂŒ ne le ferait si vous ne le suiviez pas.
De toute maniĂšre et est nĂ©cessaire, et faire un crime aux Ă©crivains de sĂ«n ĂȘtre servis,
cĂ«st leur reprocher dâavoir Ă©tĂ© trop corrects, cĂ«st avouer quĂ«n ne sĂ«st jamais rendu
compte du sens prĂ©cis des phrases oĂč il se trouve ; en un mot, cĂ«st prouver quĂ«n manque
de logique.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Plus on a d'argent, plus..,
Plus on a d'amis, moins.. âą
Moins on a de fortune, moins...
Plus on a dâargent, ct plus... '
Plus Ou a dâamis, ct moius...
Moins on a de fortune, et moins* âą âą
N" DCCIX.
DES COMPARAISONS ENTRE DES ETRES OU DES OBJETS DE GENRE DIFFERENT.
EXEMPLES.
' La LOI mĂȘme est souvent moins forte que TĂŒsage.
(Arnault.)
-Lâame des femmes coquettes nâest pas moins farÂŹ
dée que leur visage. Il y a de Tartifice en "toutes
ieurs paroles et dans la plupart de leurs actions,
mais surtout dans leurs larmes. (Wailly.)
Lâhonneur est plus puissant, plus sacrĂ© que la loi,
jr (Voltaire.)
LâexĂ©cution de mauvaises fois est moins danÂŹ
gereuse que T arbitraire. (Boiste.)
Fille de Thonneur, Iâestime nâest pas moins dĂ©^
licate que son pĂšre ; un rien la blesse ; un rien la
fait mourir. (Sanial Dubay.)
Vaugelas croyait quën homme ne pouvait dire à une femme : Je suis plus vieux que
vous; je suis moins grand que vous; ni une femme Ă un homme : Je suis plus petite que
vous; je serai plus tĂŽt revenue que vous; parce que vieux et grand, masculins, ne peuÂŹ
vent s'appliquer Ă la femme, et que petite et revenue, fĂ©minins, ne sauraient sâappliquer Ă
Thomme.
L'oracle de ThÎtel de Rambouillet aurait donc condamné les citations précédentes, en
ce que les comparaisons sont faites entre la loi et Yusage, Yame et le visage, Y honneur et
la loi, Y exécution et Y arhitraire, Y estime et son pÚre, tous noms de genre différent?
CĂ«st pousser, comme on voit, un peu loin le scrupule; aussi ne dpit-on pas sâĂ©tonner
que TusĂąge nâait tenu aucun compte de la remarque excessivement minutieuse du sieur de
Vaugelas. Nouvelle preuve de dâimpuissance des grammairiens.
\ ' EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE^
Vusage est plus puissant que la syntaxe.
Cet arbre est plus élevé que cette montagne.
_ Le caillou est plus dur que la pierre.
Cette canne est plus haute que toi.
Ce cheval est plus beau que cette jument.
La vertu est plus prĂ©cieuse que lâor.
f 7G3 }
t
Nâ DCCX.
Mieux qucj plus que, pis que, ETC.j suivis ou non de la préposition de
I.
' AVEC de.
11 vaut mieux se flatter dâun espoir tĂ©mĂ©raire»
Que de cĂ©der au sort dĂ©s qĂŒil nous est contraire.
(Crébillon.)
Mieux vaut défricher un sillon
Que de bĂąiller dans sa cellule.
(Lombard de LangRes.)
II vaut mieux se taire que de parler mal Ă proÂŹ
pos. (Académie.)
Jâaime mieux, s'il le faut, succomber avec gloire,
Que dâavoir Ă rougir dâune indigne victoire.
(La Harpe.)
Vaincre ses passions, câest plus que de soumettre
des empires. (Marmontel.)
Il vaut mieux succomber qm de plaider*
(Voltaire.)
J'aime mieux n'ĂȘtre plus que de vivre avili.
(Thomas.)
SANS de.
... Il vaut mieux expirer
Et mourir avec tÎi que se déshonorer.
(Voltaire.)
. Mieux ĆžaĂŒt, tout prisĂ©.
Cornes gagner, que perdre ses oreilles.
(La Fontaine.)
SĂ© taire Ă propos vaut souvent mieux que bien
parler. (TTĂšad. de PlutarqĂŒe.)
La plupart des lecteurs aiment mieux sâamuser
que sâinstruire. (Voltaire.)
il vaut mieux déplaire à son ami que lui dis
simuler ce qĂŒon a sur lĂ© cĆur, (Marmontel.)
Celui qui aime mieux se faire craindre que se
fair'e-aimer, doit craindre tous ceux qui ne lâaiment
pas. (Boiste.)
Ma tante aimait mieux chanter les psaumes que
veiller Ă notre Ă©ducation. (J.-J, BoosseaĂŒ.)
CĂ«st Ă tort que les grammairiens ont avancĂ© qĂŒil ĂŒĂ©tait pas permis de supprimer le
de aprĂšs amer mieux, valoir mieux, etc. Les citations qui prĂ©cĂšdent, et qĂŒil nous eĂ»t Ă©tĂ©
si facile de multiplier, nous prouvent suffisamment le contraire. On peut donc dire égale
ment bien : Il vcTUi mieux Ăše taire que ĂŻ)e parler mal Ă propos, et il vaut mieux se taire que.
parler mal Ă propos.
Quant au de qui se trouve dans les phrases de la premiĂšre colonne, et qĂŒi a si fore
embarrassĂ© quelques grammairiens, Marmontel nous en donne lui-mĂšme lâanalyse. Ce
nëst pas inutilementj' dit-il, que la préposition de sëst glissée entre le qne comparatif
et le verbe : elle indique une ellipse, et suppose un mot sous-entendu. Ainsi, dans cette
phrase : J'aime mieux n'ĂȘtre plus que de vivre avili, de fait entendre le malheur et la
honte: j'aime mieux le malheur de n'ĂȘtre plus que la honte pe vivre avili.
II.
Il vaut mieux risquer de perdre sa fortune que II vaut mieĂŒtx risquer de perdre sa fortune que
- de perdre sa rĂ©putation. (Marmontel.) lâassurer par une lĂąchetĂ©. (Marmontel.)
Dans le premier de ces exemples on a du de toute nécessité exprimer de aprÚs que, parce
que, ainsi quele fait observer trĂšs-judicieusement Marmontel, la comparaison porte sur
risquer de. En effet, cĂ«st comme sâil y avait : Il vaut mieux risquer de perdre sa fortune que
(risquer) de perdre sa rĂ©putation. 11 nâen est pas de mĂȘme dans lâexemple opposĂ©. LĂ ,
Marmontel a pu he pasemployĂšr le de, par cette raiĂąon qĂŒil en a donnĂ©e lui-mĂȘme, que la
comparaison tombe sur il vaut mieux : Il vaut mieux risquer de perdre sa fortune qu'{il
NE vaut) l'assurer par une lùcheté.
Ainsi donc, toutes les fois que le verbe qui vient à la suite de ßnieux ù une préposition, il
faut absolument répéter cette préposition aprÚs le q ue.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Il vaut mieux rester paurre que de voler.
Se vaincre soi-mĂȘme, cest plus que de vaincre de* ennemis.
J'aimĂ» mieux sortir que de rester.
Il vaut mieux rester pauvre que voler. *
.Se vaincre soi-mĂȘme, câcsl plus que vaincre des ennemis.
Jâaime mieux sortir que rester.
( 7Ci )
r Dccxi.
4
Plus d'à moitié, pßus d'à demi, pßus qu'à moitié, plus qu'à demi.
Son apprentissage asiplus d'à moitié fait, par les
exercices dont nous lâavons occupĂ© jusqĂŒĂ prĂ©sent.
(J.-J, Rousseau.)
Mais un fripon dënfant(cet ùge est sans pitié)
Prit sa fronde, et du coup tua çZtw d'à moitié
La volatile malheureuse. [La Fontaine.)
Lâoubli de toute religion conduit Ă Toubli des deÂŹ
voirs de lâhomme: Ce progrĂšs Ă©tait dĂ©jĂ plus d'Ă
moitié fait dans le coeur du libertin.
(J.-J. Rousseau.).
Nous observerons que les glaces qui descendent
du Nord sont dĂ©jĂ plus dâĂ moitiĂ© fondues lorsÂŹ
quâelles arrivent sur le banc de Terrc-.Neuve j car,
en effet, elles ne vont guĂšre plus loin.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Elle tomba plus d'à demi pùmée.
(La Fontaine.)
La dame ouvrĂźt dormant plus d'Ă demi, (/d.)
«
Je me suis dit seulement votre ami.
De ceux qui sont amants plus d'Ă demi.
(Chammelav.)
NâĂȘtes-vous pas vaincu plus dâĂ demi?
(La Fontaine.)
Nos deux sĆurs entendirent pĂźus dâĂ demi ses
paroles et se rapprochĂšrent. {Id.)
11 a été plus d'à demi convaincu. (Laveaux.)
II.
Je.sais'déjà jeûner plus A'à demi,
(La Fontaine.)
Je sais déjà jeûner plus qu'à demi.
(La'Tontaine.)
La trame de mes jours est plus qu'Ă demi faite. .
(Bacan.)
Ces trois expressions : plus d'à moitié, plus d'à demi, plus qu'à demi, sont également
en usage ; les deux premiÚres néanmoins sont celles que les écrivains ont le plus fréquem
ment employées.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Plus dâĂ moitiĂ© mort.
Plus d'à moitié ruiné.
Plus dâĂ moitiĂ© brisĂ©.
Plus dâĂ demi mort.
Pius dâĂ demi ruinĂ©.
Plus dâĂ demi brisĂ©.
DCCXIl.
Plus que, moins que, mieux que, suivis ou non suivis de ne.
\
AVEC ne.
La poĂ©sie est plus naturelle Ă Thomme qĂŒ.on ne
le pense. (Saint-Lambert.)
La bĂȘchĂ© des esclaves a fait pius de bien que
répée des conquérants n'a fait de mal.
(Bern. de Saint-Pierre.)
r
La plus heureuse vie a plus de peines quëlle n'a
de plaisirs. (Marmontel.)
Les.lions sont maintenant beaucoup moins comÂŹ
muns qĂŒils ne TĂ©taient anciennement.
(Buffon.)
II.
SANS ne.
Cette guerre ne fut pas moins heureuse quâelle
était juste. (Académie.)
AVEC ne.
Le singe n'est pas plus de notre espĂšce que nous
ne sommes de la sienne. (Buffon.)
Les rochers ne sont pas plus insensibles aux
plaintes des amants, que TĂ©lĂ©maque lâĂ©tait a ces
offres. (Fénelon.)
On nën peut pas user mieux que je fais.
(MoliĂšre.)
( 765 )
Les Spartiates ne sont paaplus étonnés de se voir
mourir quâils ne l'avaient Ă©tĂ© de se trouver en vie.
(Barthélémy.)
Lâexistence de Scipion ne sera pas plus douteuse
dans dix siĂšcles quâelle ne lĂ«st aujourdâhui.
(DâAlbmbbrt.)
Dans les citations de la premiÚre série, plusieurs grammairiens ont regardé le ne comme
un mot explétif, cëst-à -dire comme un mot que le sens paraissait rejeter.
I Avant dĂ«ntreprendre de le justifier, reconnaissons dâabord que tous les Ă©crivains en ont
fait usage, et que chaque jour encore, dans la conversation, dans les journaux, Ă la triÂŹ
bune, la nĂ©gation ne est employĂ©e; de sorte qĂŒil ĂŒy a guĂšre que les grammairiens qui
luttent contre le torrent et qui cherchent Ă la proscrire. Chacun dâeux arbore les enseiÂŹ
gnes dĂ«utoritĂ©s souvent contradictoires, et jamais, suivant lâobservation du savant Bia-
gioli, dont nous aimons Ă nous dire les disciples, le camp dâAgramant nĂ«ffrit plus de
discorde.
Maintenant demandons à Tanalyse comment la forme négative ne, qui a tant indisposé
les grammairiens, et que nâadmettent ni les Grecs, ni les Latins, ni les Allemands, ni les
Anglais, sâest impatronisĂ©e dans notre langue, oĂč elle paraĂźt tendre Ă une domination
exclusive.
1° La poĂ©sie est .plus naturelle Ă tous les hommes qu'on ne le pense. LâĂ©crivain veut
dire quâon pense bien que la poĂ©sie est naturelle Ă tous les hommes, mais qĂŒon ne
pense pas qĂŒelle leur soit aussi naturelle qĂŒelle Test rĂ©ellement; dâoĂč Temploi de la
négation.
2Ÿ Cette guerre ne fut pasrrtoins heureuse qu'elle était juste. Dans cette phrase Tau
teur nâa point fait usage delĂ nĂ©gation aprĂšs le comparatif, parce que, dans son idĂ©e,
la guerre Ă /ai/juste.
3Âź Le singe n est pas plus de notre espĂšce que nous ne sommes de la sienne.- Ici, quoique
le cas soit tout-à -fait analogue au précédent, Buffon a exprimé la négation aprÚs le
comparatif, parce que, suivant lui, nous' ne sommes pas du tout de TespĂšce du singe, et
qĂŒe ce dernier nĂ«s/ pas non plus de la nĂŽtre. ' '
Dans toutes ces phrases ne indique uu sens négatif réellement contenu dans Tesprit de
celui qui parle; ce nâest donc pas un mot superflu.
Il ne nous reste plus qĂŒĂ dĂ©duire ce principe pratique : Quand le premier terme de la
comparaison est affirmatif, comme dans les citations de la premiÚre série, le second doit
ĂȘtre nĂ©gatif; si, au contraire, ce mĂȘme terme est nĂ©gatif, interrogatif ou dubitatif, ainsi
que dans les exemples de la premiÚre colonne de la deuxiÚme sérié, le second terme doit
ĂȘtre affirmatif. .
Cependant il est des circonstances oĂč, jnĂȘme dans ce dernier cas, on peut faire usage
de la nĂ©gation, comme on.le voit dans la deuxiĂšme colonne de la deuxiĂšme sĂ©rie. Câest
donc principalement Ă TidĂ©e qĂŒon veut exprimer qĂŒil faut sâattacher. Câest lĂ la preÂŹ
miĂšre de toutes les rĂšgles.
Les exemples qui suivent en sont une preuve convaincante :
11 ne sait pas plus de grec que / sais de latin.
(Marmontel.)
Cela nĂ«#/ pas plus vrai que Vest ce qĂŒon disait
hier. [Id.)
Il ne sait pas plus de grecque / ne sais de latin.
(Marmontel.) .
Cela nâest pas plus vrai que ne l'est ce qĂŒon diÂŹ
sait hier, (Id.)
Je dirai : que je sais, si je veux faire entendre que nÎus savons également, lui du grec
el moi du latin ; et que je ne sais, si je veux exprimer que nous ne savons, ni moi ie latin,
ni lui le grec.
\
(70G) -
Je dirai de mĂȘme : qm lâest, si lâun et lâautre est vrai ; et qw ne lâest, pour nier ou
mettre.en doute dâun et lâautre.
La distinction des deux sens est observĂ©e par lâusage.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
11 est plus riche quâil ne lâĂ©tait
Il a Ă©tĂ© mieux reçu (juâĂźl ne croyait.
Jâai dormi'plu# que je ne voulais.
Lo tcmp.s esf moins be.iu que je nâaurĂąis pensĂ©.
Que <1(: gens font .souvent plus de mal quâils ne croient !
Les batailles sont moins sanglantes quâelles ne lâĂ©taient.
Les lioinme.s sont plus civilisĂ©s quâils ne l'Ă©taient Ăźl y a
quelques sliiolcs-
On monte plus aisĂ©ment Ă un poste Ă©minent quâon ne sây
conserve.
Iics lois sont plus sĂ©vĂšres quâelles ne TĂ©taient.
Il nâest pas plus riche quâil lâĂ©tait.
11 nâa pas Ă©tĂ© mieux reçu quâil croyait.
Je n'ai pas dormi plus que je voulais.
Peut-on ĂȘtre plus heureux que je le suis?
On ne peut ĂȘtre plus touche que je le suis dc vos bontĂ©s.
On ne peut vous aimer plus que je vous aime.
On n'est pas plus insensible que vous lâĂȘtes.
On ne peut ĂȘtre plus aimable que vous TĂȘtes.
Peut-on ĂȘtre plus modeste que vous TĂȘtes?
On ne peut ĂȘtre plus occupe quo nous le sommes de vous.
âoooo
'N' DCCXIII.
Plus de.
CITATIONS.
«
Cela est plus long dâun quart, â (AcadĂ©mie.)
/
Cela ne vaut pas plus dĂ«n Ă©cu. (La MĂȘme.)
Il est plus grand de toute la tĂȘte. (Wailly.)
Il a fait plus de deux lieues Ă pied. (Laveaux.)
Cela në pas moins de trente pieds, (Id.)
H y en a plus d'un demi-boisseau. (Id.)
ANALYSES.
Cela est plus long (que ceci par la longueur) dĂŒn
quart.
Cela ne vaut pas plus (que la valeur) dâun Ă©cu.
Il est plus grand (que moi par la hauteur) de
toute Ăźa tĂȘte.
Il a fait plus (que la longueur) dc deux lieues Ă
pied.
Cela n'a pas moins (que la longueur) de trente
pieds.
Il y en a plus (que la mesure) d'un demi-bois-
seau.
(( Plus demande de avant le substantif qĂŒil modifie, lorsqu'il est adverbe de quantitĂ©,
)) et non adverbe de comparaison. « Voilà ce que disent tous ou presque tous les gram
mairiens. / ^ .
Si plus nëst pas adverbe de comparaison dans lÚs phrases citées plus haut, nous ne
comprenons plus rien à la valeur des termes. L'analyse que nous avons à dessein placée
en regard, tout en nous montrant la fausseté de cette assertion, nous dévoile le mystÚre
de ces sortes de constructions.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE
Plus long dâun tiers.'
Plus dâun louis.
Plus dâun cent.
Plus dâune femme.
Plus dâun Ă©crivoin.
Plus dâun auteur.
Plus dâune dcmi-liciie.
Plus dâune reĂźue.
Plus de la tĂȘte.
Plus de cent pieds.
plus de six lieues,
plus de trente ans.
Plus dâun^litre. j
Plus dâun homme.
Plus dâun historien.
Pins dâun romancier.
Plus dâun quart.
Plus de cent louis.
Plus de la moitié du corps.
Plus dânne toise.
Plus grand de deux pouces.
Jây prends plus dâintĂ©rĂȘt.
Il a neauçoup plus dâargent.
Il se conduit avec plus de sagc.ssc.
Donnez quelque chose do plus.
Plus dâun tĂ©moin a dĂ©pose.
11 a vu pins d'un médecin.
ÂŁssuyer plus dâun dĂ©sagrĂ©ment.
N" DCCXIV.
Plus ET mieux.
AVEC plus.
L'abbé PrévÎt a plus écrit que Fénelon.
(Lavbaux.X
A'VEC mieux.
Mais Fénelon a mieux écrit que Tabbé PrévÎt.
(Laveauxj
(767)
Plus, dans la premiĂšre phrase, tombe sur le nombre des volumes, et mieux, la
seconde, a pour objet la perfection du style. Plus ne sĂ«mploie que quand ii sâagit dĂ«xten-
sion, et mieux quand il s'agit de perfection. Ne dites donc pas comme quelques-uns :
fai gagné mieux de cent francs; cette terre mw/ mieux de cent mille francs; mais fai
gagné'VLVS de cent francs; cette terre vaut plus de cent mille francs.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il a lu plus que vous.
Jâai plus dormi que luĂź.
Jâai plus travaillĂ© que voua.
Elle a plus dansĂ© quâhier.
11 a plus ^arlé que ce matin.
11 a plus Ă©crit quâhier.
Il a mieux lu que vons.
J*ai mieux, dormi que lui.
Jâai mieux travaille que vous.
Elle a mieux dansĂ© quâhier.
Il a mieux parlé que ce matßu.
Il a mieux Ă©crit quâhier.
Nâ DCCXY.
Plus EX davantage.
30©-
I
Plus.
' II est riche, mais son frÚre lëstpZw# que lui.
(Académie.)
Il me semble que cĂ«st plus par lâair que par les
maniĂšres que les hommes sont gracieux. -
(Girard.)
Il est plus humiliant de perdre ses conquĂȘtes,
gwâil nâĂ©tait glorieux de les avoir faites.
(Boiste.)
A la bataille de Régille, personne ne se distingua
plus que ceux qui vinrent Ă lâappui de Marius.
(Rollin.)
La peau du rhinocéros est un cuir noirùtre ëe lù
mĂȘme couleur, mais plus Ă©pais et plus dur que celui
de'iâĂ©lĂ©phant. (BĂŒffon.)
. Davantage.
Il est riche, mais son frĂšre Test bien davantage.
(Académie.)
Quelque prompt que soit un mouvement, on peut
enâconcevoir un qui Je soit davantage.
(Pascal.)
Dans le champ de lâhonneur il nous fautdu courage;
Mais je vois qĂŒen ces lieux il en faut davantage^
(Raynouard.)
Je nâai fait en me dĂ©battant gue mĂ«nlacer davanÂŹ
tage. (J.-J. Rousseau.)
Le malheur qĂŒon mĂ©rite accable davantage.
(La Harpe.)
La maladie altĂšre un beau visage;
La pauvreté change encor davantage.
' (Voltaire.)
La langue paraĂźt sâaltĂ©rer tous les jours ; mais le
style, se corrompt bien davantage. [Id.)
Ces deux mots plus et davantage sont également comparatifs, et indiquent tous deux
une idée de supériorité ; cëst en quoi ils sont synonymes. Voici en quoi ils diffÚrent,
du moins quant Ă leur emploi.
Plus demande toujours aprĂšs lui un que, qui amĂšne le second terme de la phrase
comparative. Il est vrai que^ quelquefois Tusage permet de sous-entendre ce second terme
et le que, ainsi quën Ta vu plus haut; mais ils nëii sont pas moins nécessaires pour
Tintégrité de la pensée.
Davantage, au contraire, exprime par lui-mĂȘme TidĂ©e de supĂ©rioritĂ©. En effet, ce mot
nëst autre chose que la réunion de la préposition de et du substantif avantage : Tu ,es
savant, mais ton frÚre Vest davantage,.cëst-à -dire tu es savant, mais ton frÚre Vest de
MANIĂRE A AVOIR l'AVANTAGE SUR TOI. Par consĂ©quent, davantage ne doit jamais ĂȘtre
employĂ© comme le comparatif joZws, cĂ«st-Ă -dire qĂŒil ne doit jamais ĂȘtre suivi de mots
complémentaires qui le modifient. Ainsi, on ne dira pas : fai davantage d'argent, il
paye davantage d'impositions, tu as davantage d'esprit ; ni, avec Malherbe :
Ceux qui te veulent mal sont ceux que tu conserves ;
Tu vas à qui te fuit, et toujours te réserves
A souffrir en vivant davantage dâennuis.^
{7Cb) , .
Observez que nous disons ne peut jamais ĂȘtre suivi, car davantage peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©
de en, qui alors en est le vrai complément (1) (V. le troisiÚme exemple de la deuxiÚme
colonne.)
Presque tous les grammairiens, possédés de la ridicule manie de prescrire sur tous
les cas des rÚgles absolues, ont répété, comme à lënvi, aprÚs Girault-Duvivier, que da
vantage ne devait jamais avoir un de ou un que Ă sa suite. Toutes ces phrases seraient â
donc dĂ©fectueuses : â
Je suis flatté de plaire à un homme comme vous;
je lé suis encore davantage de la bonté que vous
avez. ' . . (Voltaire.)
Si vous ĂȘtes enchantĂ© de M. le marquis de Mora,
il lĂ«st bien davantage de vous. (DâAlembert.)
Celui-ci me venge davantage des sottises dâautrui.
(ChĂ mpfort.)
On remarquera davantage guëlle suppose faus
sement qĂŒune seconde lĂ©gislature nâapporte pas le
vĆu du peuple. (Mirabeau.)
Dans les douze Ă©pttres cependant, il sâagit daÂŹ
vantage des'habitudes du poeie. (Daunou.)
Ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons
pas davantage des reproches que les sciences moÂŹ
rales ont encourus. ' (Guizot.)
Otez davantage dans toutes ces phrases, il vous restera flatté de, il me venge de, en
chantĂ© de, il s agit de, on remarquera que. DâoĂč lâon voit que ces de et ce que ne se
rapportent en aucune maniĂšre au mot davantage, mais bien aux participes et aux verbes
qĂŒil modifie. Donc la rĂšgle des grammairiens est fausse, ou du moins incomplĂšte.
II.
Ici les effets â tiennent pĂźus souvent Ă la phrase
poétique; lù ils appartiennent pßus à un trait isolé,
a un vers saillant. (La Harpe.)
MoliĂšre semble sâĂȘtre plus attachĂ© aux ridicules,
et a peint quelquefois les formes passagĂšres de la
société. (Chà mpfort.)
MoliĂšre tne fait plus rire de mes voisins ; La FonÂŹ
taine me ramĂšne plus Ă moi-mĂȘme. (/d.)
Le vulgaire est content sâil remplit son devoir:
Il faut pius au héros, il faut que sa vaillance
Aille au-delà du terme et de notre espérance.
(Voltaire.)
Ceux qui estiment plus... dâavoir Ă©tĂ© VĂąine et.le
chef de la moitié de l'Europe... ceux-là , sans doute,
donneront le nom de grand Ă Guillaume plutĂŽt quâĂ
Louis. (Id.)
LâĂ©lĂ©gance de Racine plaĂźt davantage au goĂ»t,
celle de Voltaire Ă l'imagination.
(La Harpe.)
La Fontaine semble sâadresser davantage aux
vices, et a peint une nature encore plus générale.
(ChĂ mpfort.)
MoliĂšre me venge davantage des sottises dâauÂŹ
trui; La Fontaine me fait mieux songer aux miennes.
(/d.)
Sâil est pĂ©rilleux de tremper dans une affaire susÂŹ
pecte, il lâest encore davantage de sây trouver comÂŹ
plice dâun grand. (La BruyĂšre.)
Ceux qui sâĂ©tonnent daoaniage dâavoir vu un seul
état résister à tant de puissances... ceux-là donne
ront à Louis XIV la préférence. - (Voltaire.) -
III.
De plus, et davantage.
AVEC davantage. ^
Elle est loi, et rien davantage. (Pascal.)
Vous ne mâobjectez rien davantage. (Id.)
Que fallait-il davantage? (Bossuet.)
Que dĂ©sirez-vous davantage ? â {Id.)
Je veux qĂŒun homme soit bon, et rien davantage.
(La BruyĂšre.)
AVEC de pĂźus.
Celui qui a perdu la confiance ne peut rien perdre
de plus. (Boiste.)
Amour et liberté, quels bienfaits! Ces animaux
que nous appelons sauvages,'parce qĂŒils ne nous
sont pas soumis, ont-ils besoin de pour ĂȘtre
heureux? (Buffon.)
. Que demande-t-elle Ă Dieu dans ses priĂšres? sa
grùce, rien dc'plus. (Fléchier.)
La premi^e de ces deux sĂ©ries de^citations nous apprend qĂŒil est des circonstances
oĂč, pour donner plus de variĂ©tĂ© au discours, davantage eiplus peuvent sâemployer iii -
(1) Lemare sâesl donc trompĂ© en avançant que dauaniage Ă©tait toujours san? complĂ©ment.
( 769 )
distinctement Tun pour Tautre. Et Ton voit, parla derniÚre série, que déplus peut rem
placer davantage, et vice versĂą, CĂ«st ce qĂŒaucune grammaire ne dit. Mais cela doit aisé
ment se concevoir. Les grammairiens ont moins voulu enseigner la langue, et renseiÂŹ
gner dans ses moindres particularités, que faire briller leur savoir ou plutÎt leur
subtilité dësprit. De là ces omissions innombrables que Ton remarque dans tous leurs
livres.
IV.
â â 1
La vivacité et le feu, qui font le principal carac
tÚre des yeux, éclatent davantage dans les couleurs
foncées que dans les demi-teintes de couleur.
(BĂŒffon.)
LâĂąme prise davantage le temporel que le spirituel.
(Pascal.)
Je nën veux pas davantage que cet aveu pour
vous confondre. [Id.)
Quel astre brille davantage dans le firmament,
que le prince de CondĂ© nâa fait dans lâEurope?
(BossĂŒet.)
Que nous fallait-il davantage que ces livres sacrés?
{lĂ .) ,
Je ne doute pas que cet excÚs de familiarité né
les révolte davantage que nous ne sommes blessés
de leurs prosterilbtions. âą (La BrĂŒyĂšre.)
«Tousnos grammairiens, dit M. Planche, blùment ce davantage que; il a néanmoins
pour lui des autoritĂ©s assez respectables. » Nous ajouterons qĂŒil est peu d'Ă©crivains,
mĂȘme parmi ceux du jour, qui n'aient employĂ© davantage pour plus, et qui, par conÂŹ
sĂ©quent, ne Taient fait suivre de que. Cependant aujourdâhui cet emploi est gĂ©nĂ©ralement
regardé comme un solécisme, et les exemples que nous venons de citer, ainsi'que ceux
qĂŒon pourrait y ajouter, doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme autant de nĂ©gligences de style
qu'il faut bien se garder d'imiter.
Ceux qui admirent davantage le protecteur que
le persĂ©cuteur du roi Jacques, ceux-lĂ donneront Ă
Louis XIV la préférence. (Voltaire.)
ĂŻl nây a rien assurĂ©ment qui chatouille davantage
que les applaudissemenst ; mais cet encens ne fait
pas vivre. (MoliĂšre.)
Cëst une belle idée de Thomas, que ßes images
des objets en mouvement plaisent toujours davanÂŹ
tage que celles des objets en repos.
Necker.)
Si mauvaise que fût la route que nous avions dé
daignée, elle ne pouvait lëtre davantage que celle
oĂč nous marchions.. (Albert MontĂ©mont.)
Rien ne décrie davantage la violence des mé
chants que la modération des gens de bien.
(Sa int-Ăv remont . )
pins que lui.
plus que son pĂšre.
Plus que ses amis.
Plus que Ini-mĂȘmc.
Plus que son frĂšre.
Plus que pĂšre et mĂšre.
Cela appartient plus an romĂ n.
I
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Plus que la vie.
Plus que les étoiles.
Plus que la mer.
Plus que personne.
Plus que jamais.
Plus que moi.
Celui-ci me fait plus rire.
N" DCCXVI.
Pire ET pis.
Il en a davantage.
Je Taime davantage.
Cela me plaĂźt davantage.
Je n'en sais pas davantage.
On l'admire davantage.
Il n'en faut jf»as davantage. -
Gela appartient davantage au roman.
PIRE*
n ne sëst point corrigé, il est t^ire que jamais.
(Lemare.)
Louis XI était pire que TibÚre. {Id..)
Souventla peur dâun mal nous conduit dans unptVe.
(Boileau.)
Certes, il nâest vraiment pire eau que lĂ«au qui dort.
(Fabre dâĂglantine.)
QĂŒy a-t-il de meilleur que la langue? qĂŒy a-t-il
de pire? (La Fontaine.)
Craindre la mort est pire que mourir.
(Boiste.)
PIS.
H se portait un peu mieux, mais il est pis que
jamais. (Lemare.)
Vous ĂȘtes pts qĂŒun hĂ©rĂ©tique. (Voltaire.)
... Lâavarice
Peut faire dans les biens trouver la pauvreté.
Et nous réduire a pis que la mendicité.
(BoileaĂŒ.)
On fait pis en voulant mieux faire. (Jauffret.)
Je me porte le mieux du monde. âTant pis,
nourrice, tanty>»#« Cette grande santé est à craindre.
(MoliĂšre.)
. 97
( T70 )
ĂŻl donne Ă ses confrĂšres ce quâil Ăż Ă de pire, afin
de prendre pour lui ce qĂŒil y a dĂ© meilleur.
(LĂ ĂrutĂšrĂš.)
Us pfehnĂ©ht dĂ© ßà cour âce qd'Ă«ĂĂ« h de piM
m)
lié inédécin Tant-pij allail voir uri malade,
Que visitait aussi son confrÚre, Tant-mte«x;
(La Fontaine.)
Ce que jĂ© trouvĂ© dĂ© pts. â Il ri'ya rien de pis que
ctla. (AcAiiĂMii;.)
Pir^; adjectif, âsignifiĂ© plus mauvais ĂŽĂŒ plus mĂ©chant, et Ă©st TopposĂ© de meilleur ; pis,
adverbe, veut dire plus mal, et doit s'opposer Ă mieux. Il ne faut donc pas confondre
ces deux mots, et les employer Tun pour Tautre (1).
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ce vin-lù est pire, i Cela va do mal en pis. ßl en Hßl pi» quÚ pendre.
Votre frĂšre est pire que jamais. Tant pis pour eux. Et, qui pis est, menteur.
Un coup de langue est pire que... C'est encore pis ^ On ne peut voir rien de pis,
N DCCXVii. 9^â âą
Rien de moins et nen moim comparés.
Rien de moins:
II nĂ© faut Tien Ă e moins dans le monde quâune
vraie, et naïve impudence pour réussir.
(La BruyĂšre.)
La PhĂšdre dĂ© Racine, qĂŒon dĂ©nigrait tant, nâé
tait rien de moins quâun chef-dâĆuvre.
(MĂ rĂ ĂŻontel.)
Ăcoutez biferi cet homme, Ă nâest rien de moins
qĂŒun sage. (U.)
Rien motns;
Il ĂŒaspire htienmoins qĂŒĂ obtenir cette place;
il ne lâaccepterait point} liii fĂ»t-elle offerte.
(MARĂŻdONĂEt:)
Ne ie craignez pas tant, il nâest rien mĂŽmSr qb'Ă«
votre pÚre. (Académie.)
NâĂ©coĂŒtez point'cet bĂŽm mĂ©, car il nĂ«st rteti moins
que sage. (Collin dâAmbly.)
PremiĂšre colohiiĂ©i â Il ne faut rien de mÎßà s qĂŒ'unĂš vrĂ iĂš thipudĂ©n'cĂ© Veut dire
que sans cela on ne réussirà it pas.
PhĂšdre n'Ă©tait rien de^ĂŒoihs qĂŒ'Ă»h chef-d'Ăšuhre 'signiĂĂš PhĂšdre éïail ĂŒnihef-'d'ceĂ vrĂ©,
et rien de moins que cela.
Cet homme n'est rien de moins qu'un-sage, cëst-à -dire cet homme est un sage, et rien de
moins que cela.
DeuxiĂšme colonne. â Il n'aspire Ă rien moins qĂč'Ă obtenir cette place, cĂ«st pour
' il n'aspire Ă rien, Ă©t Ă©iĂŻcĂŽre moins Ă obtenir cette placĂ©,'on, pour rendre raisolĂč 'An qiie,'
il n'aspiré à rien 'moins, qu'à ce que je vais dire, savoir à obtenir cette place.
(i) La plupart des Ă©crivains, il est-vrai, nâont pas toujours tenu compte de cette distinction, et il nâest
pas rare de trouver des exemples oĂč ils aient fait utogĂ© dĂ© pire dans le sens de ptV. En voici quelques-uns :
La prose est pis que les vers. (MoliĂšre). Si ces ouvrages les ennuient, ce qui arrive souvent, ils ne les
Usent point, ou, ce qui est encore pire, s'ils les Usent malgré eux» ils en conçoivent pour le reste de
leur vie une grande rĂ©pugnance. (Bern. de Saint-Pierre). Lâhomme sâennuie du bien, cherche le mieux, *
trouve le mal, et sây tient crainte de pire. (De LĂ©vis). En voulant mieux trouver, souvent j>n trouve
pire. (Grenus).
Mais comment les Ă©crivains ne se tromperaient-ils pas sur ce point, lorsque les grammairiens et lâAcaÂŹ
dĂ©mie ellĂ©-mĂȘine nĂ© sont pas Ă©xempts de reproche Ă cet Ă©gard !
En effet; ouvrez le Dictionnaire de lâAcadĂ©mie, la Grammaire dĂšs grammaires, etc., et vous y trouÂŹ
verez : Jf?ĂŻen nâest pis qu'xine mauvaise langue. C'est f»ire qĂŒil t'allait, par lĂ raison donnĂ©e par l'AcadĂ©mie,
que pire est poĂŒr plus mauvais: rien n'est plus mauvais quâune mauvaise langue. Eri mettant PiĂš,
cĂ«st comme sâil Ăż avĂ ll : Rien ĂŒest plus mal qu'une mauvaise langue, ce qui ne prĂ©sente aucun sens.
Boiste aëgà lcmén't eu tort de dire *: Les critiques, injustement acharnés cohß're lés gouvernarits,
feraient comine eux, et pire encore. â Rendez grĂące Ă celui qui vous nuit, de ch qu'il ne fait pire, s'il
/ le peut.
Quand les grammairiens pĂšchent eux-mĂȘmes contre les principes qĂŒiĂźs Ă©tablissent, lĂšs Ă©crivains et le
public se mettĂ©ht Ă leuir Ăąise et einpĂŻoiĂ©ni des locutions quelt grammaire peut rĂ©prouver, mais qĂčâĂčri ĂŻorig
usage finit souvehi par cĂŽriéà cfef. Ăvis Ă tous nos grands faiseurs dĂ© rĂšgles I
. ( Ăź-i ) '
Il n'est rien moins que votre pĂšre, revient Ă il n'esffiĂȘn, et encorĂȘ mĂŽiĂŒs ce quĂš fl vais
dire, savoir votre pĂšre.
Il n'est rien moins quĂš Ăšag'ĂȘ Ăšst reqĂŒivĂąlent de il n'est tien, et encore moins ce que je
vais dire, savoir sage.
Ces analyses font suffisamment ressortir, selon nous, ßa différence qui existe entre le^
expressions rien de moins et riĂšn moins. La premiĂšre offre un sens affirmatif, tandis que la
seconde présente un sens négatif.
EXERCICE PHRASĂOiOGiQVE.
Bien de moins vraĂź.
Bien de moins, sûr.
Penser à rien de moins qn'ù. «.
Ce nâĂ©tait rien de moins quâun roi.
Ne penser Ă riĂšn moins quâĂ ses ĂfĂirĂȘs.
Ne penser Ă rien moins qu'Ă ...
Ce nâĂ©tait rien moins qn ĂŒn rĂŽt*
Ce nâĂ©tait rien moins que mon ami.
Nâ DCCXVIĂi.
DU GALLICISME Ă qui mteux mieux.
Adieu, monsieur, ma fille et moĂź nous vous aiÂŹ
mons toujours Ă qui mieux mieux-.
de SĂ©ViĂšNĂ.)
Le loup, en langue des dieux,
Parle au chien dans mes ouvrages,
Les bĂȘtes Ă qui mieux mieux
y font divers personnages.
(La Fontaine.)
VoilĂ un gallicisme-qui paraĂźt avofr dĂ©fiĂ© jĂŒs(}ĂŒici les grammairiens; car ils se sont
tous accordĂ©s Ă dire qĂŒil Ă©tait impossible de Tanalyser. Il nous semble pourtant aussi
naturel que ces locutions : de plus en plus, de mieux en mieux, meilleur que le meilÂŹ
leur (1), etc. Nous vous aimons à qui mieux mieux, cëst, selon nous, une*^ phrase ellip
tique; et qui; ramenée à son intégrité, est pour : nous vous aimons de maniÚre A ce que
cÚllÚ QUI dÚ nous deux vous aime déjà mieux que l'autre, vous aime encore mieux.
Cette locution, comme on lĂ© voit, ĂŒa riĂšn .que dĂš trĂšs-isimple et dĂš trĂšs-logique.
Et dire que les gallicismes sont des barbarismes, nĂ«st-ce pas avouer qĂŒon ne les
comprend pas? ' * ,
ĂXERCICE PHRASĂOlĂGĂŻQĂŒE. >
Ils courent Ă qui mieux mieux*
Se critiquer Ă qui mieux mieux.
âNâ DCCXIX.
Le plus COMPARà A davà ntagé.
Le plus.
AprĂšs les yeux, les parties du visage qui contriÂŹ
buent le plus Ă marquer la physionomie, sont les
sourcils. (BĂŒffon.)
PrQtésilas, qui est un peu plus ùgé que moi, fut
celui de tous les jeunes gens que jâaimai le plus.
(Fénelon.)
Le dĂ©sir immodĂ©rĂ© dâĂąmusĂšr engage lâhomme
sociable Ă immoler lâabsent qu'il estime le plus, Ă la
malignité de ceux dont il fait moins de cas, mais
qui l'Ă©coutent. (bĂŒCLOS.)
Davantage.
Je ne sais lequel de ces deux exemples nĂŽus dĂš-
vons admirer davantage. (Montesquieu.)
On demanda un jour quelle était la chose qui
flattait davantage les hommes?â L'espĂ©rance, ré
pondit-il. â (FĂ©nelon.)
Sur les ouvrages, vous rayez dĂšs cridfĂŽits ^bi PaÂŹ
raissent admirables Ă leur auteur, oĂč il se complaĂźt'
davantage, oĂč il croit sâĂȘtrĂš surpassĂ© luâąĂȘmĂ©.
(LĂ BRbvĂĂB.)
(1) Si jâĂ©tais Ă©n Angleterre avec du rhum des Barbades et des citrons, je vous ferais dupunch meilleur
QUE LE MEILLEUR viu de France, > (Bern. de Saint-Pierre.)
.( 772 )
La marque dâun mĂ©rite extraordinaire est de voir
que ceux qui lënvient te pßus sont contraints de le
louer. f (La Rochefoucauld.)
Ăn adulateur ingĂ©nieux Ă©piera les traces de voire
amour-propre, qui est le plus grand de tous les flatÂŹ
teurs, et ne manquera pas de vous louer par le titre
qui vous chatouille davantage. (Boiste.)
I Ces exemples font assez voir que le plus et davantage , portant Tidée de supériorité
/au plus hnut degrĂ©, sont deux expressions qui ont absolument la mĂȘme signification,
que les écrivains ont employées presque indifféremment. Les grammairiens, qui se plai-
â sent Ă tout attaquer, Ă tout interdire, la plupart du temps sans le moindre fondement,
nâont pas manquĂ© de sâĂ©lever contre Temploi de davantage dans le sens de le plus; ils
trouvent cet emploi vicieux et imposent pour rĂšgle que, toutes les fois qĂŒil y a une idĂ©e
de supĂ©rioritĂ© dans la phrase, on doit se servir de le plus, dĂ«Ăč il suit que les citations
de la seconde colonne seraient blĂąmables.
V f
Pour noûs, qui ne tenons pas registre des décisions de ces prétendus législateurs du
langage, mais bien des faits que nous puisons aux plus pures sources de notre littérature,
nous pensons quën peut, sans crainte, aprÚs Montesquieu, F énelon et La BruyÚre, em
ployer à son gré te p/ws ou damn/a^e.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Câest Ă moi quâon a donnĂ© le pĂźus.
Il y a toujours un enfant quâon aime le plus.'
Il y a toujours une pensĂ©e que lâon caresse le plus.
Non, câcst Ă lul quâon en a donnĂ© davantage.
Je ne saurais vous dire lequel jâaime davantage.
Dans le siĂšcle oĂč nous vivons, c'est lâargent qui flatte
davantage les hommes.
W DCCXX.
Le plus f le mieux ^ te woms,modifiant ĂŒn verbe
La pensée que vous avez de vous éloigner toujaurs
et de voir que ce carrosse va toujours en-delĂ , est
une de celles qui me tourmentent le plus,
(aiâÂź DE SĂVIGNĂ.)
Triste destin des rois! esclaves que nous sommes '
Et des rigueurs du sort, et des discours des hommes,
Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins,
Et les plus malheureux osent pleurer le moins.
(Racine.)
On serait tenté de croire que les hommes qui
amassent le plus de matériaux ne sont pas ceux qui
les metteut le mieux en Ćuvre.
(De Boufflers.)
CĂ«sl un phĂ©nomĂšne moral qui mâa paru longÂŹ
temps inexplicable de voir, dans tous les siĂšcles,
lâathĂ©isme naĂźtre chez les hommes qui ont le plus Ă
se louer de la nature. (Bern. de Saint-Pierre.)
On Ă©crit aujourdâhui assez ordinairement sur les
choses qĂŒon entend le moins. (P.-L. Courier.)
Les gens les plus aimables sont ceux qui choÂŹ
quent le moins lâamour-propre des autres.
(La BruyĂšre.)
Le,nom de communes nâa jamais Ă©tĂ© donnĂ© quâau
peuple, ainsi quâon peut le prouver par TautoritĂ©
des écrivains qui ont le mieux connu la valeur des
expressions, (Bern. de Saint-Pierre.)
Toutes les,fois que te plus, etc., modifie un verbe, cëst une expression adverbiale',
oĂč te, par consĂ©quent, nĂ«st pas susceptible de varier. Supprimer Tarticle dans ce cas
serait une faute. Dans les vers suivants, ĂŒ aurait donc fallu le moins:
ĂŒn fourbe, quand moins il y pense,
Doit pĂ©rir mĂȘme par son art.
Le* parent» que je pleurerai le plu».
Le» personnes quâon estime le moins.
Le» acteurs qui jouent le mieux.
Le» jours oĂč ils travaillent le plus.
La saison quâon aime le plus.
(F. DE Nedfchatbau,)
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Iras gens que j'aimerai le plus.
Les individus qnâon mĂ©pn?c le plus.
Les choses qui plaisent le mieux.
Les occasions oĂč ils espĂšrent le. moins.
Les livres qui vous attachent lo plus.
( 773 )
CHAPITRE VIII.
DE LA PREPOSITION.
Nâ DCCXXI. fiÂź
NATĂRE DES PREPOSITIONS. â LEUR DĂFINITION
SANS SIGNES BE RAPPORT.
La bonté... Dieu ést infinie.
Seigneur, je viens... vous.
Il était... son char.
Ils courent... une ombre trompeuse.
Tout change... le temps.
Ah! courez... la reine.
Tout parle... lui.
Je péris... le port.
Vous parlez... soldat.
Sa patrie semble fuir... lui.
AVEC SIGNES DE RAPPORT.
La bonté de Dieu est infinie. (Fénelon.)
Seigneur, je viens Ă vous. (Racine.)
Il était sur char. (/d.)
Us courent aprĂšs une ombre trompeuse..
(Fénelon.)
Tout change aved le temps. (Voltaire.)
Ah! courez chez la reine. (Racine.)
Tout parle contre lui." (/d.)
Je péris dans le port. (Corneille.)
Vous parlez en soldat. (/d.)
Sa patrie semble fuir devant lui. (Fénelon.)
Il est facile de reconnaĂźtre qĂŒil nây a pas de liaison entre les mots de la premiĂšre
sĂ©rie. La bontĂ©... Dieu prĂ©sentent lâidĂ©e de Tobjet bontĂ© et celle de Tobjet Dtew; mais
aucune liaison, aucun rapport nëst établi entre ces deux objets.
Cette absence de liaison ou de rapport ne se remarque pas dahs les mots de la seconde
série. Dieu est lié à bonté; viens à vous; char à était; ombre à courent ; temps à change;
reine kcourez ; lui k parle; port k péris; soldat à parlez ; lui k fuir.
Les mots qui ont établi cette liaison, ce rapport, sont de, à , sur, aprÚs, avec, chez,
contre, dans, en, devant.
Or, on comprend bien que, puisque lësprit saisit des rapports, soit entre les objets,
soit entre les qualitĂ©s ou les actions de ces mĂȘmes objets, il faut nĂ©cessairement dans les
langues une espÚce de mots qui soient signes de ces rapports, qui les indiquent. Cëst
précisément ceux dont nous nous occupons en ce moment qui remplissent cette fonction.
Les deux"mots mis en rapport sont appelés les deux termes du rapport. Les mots appe
lés prépositions précÚdent toujours le second terme du rapport. Cëst pour cette raison
que les grammairiens les nomment prĂ©positions, dâun mot latin qui veĂŒt dire : placĂ©
devant. \ '
EXERCICE ANALYTIQUE. "
(Désigner les deux termes du rapport.)
Le trafiquant estime peu
Le mĂ©rite sans lâopiUence, (StjUsĂ jkt.)
Lâodieuse trahison
Retombe souvent jur le traĂźtre. - (Le Battw,)
Cet univers est un mélangé affreux
De desoins du licos dangereux. (Aubkrt.)
Lâutile h tout doit ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©. (HadmĂ»kt.)
jivec la violence on' ne gouverne pas. (Fr. de NeukcqĂąteĂ u.)
Chacun che» soi doit ĂȘtre libre. (Haomost.)
La véritable dignité
Est dans le cceur, et non sur le visage. (Foumaok.)
( 774 )
SUBDIVISIONS DES PRĂPOSITIONS
9
N* DCCXXII.
PRĂPOSITIONS DE LlEU!
Ce nëst qpi*a«lour à e lui que vole la victoire.
(Racine.)
Enfin chez les chrĂ©tiens les mĆurs sont innocentes.
(Corneille.)
Il naĂźt Ă e dessous terre un autre clerc pour remÂŹ
plir cette place. (La BnuYĂnE.)
Ces montagnes, voisines du ciel, voient les nuages
se former au-dessous dëlles. {là .)
La main du Seigneur Parrachera de dessus la terre.
(Massillon.)
' Il saute par-dessus Ja murgille. (Académie.)
La cime de ces hautes montagnes sâĂ©lĂšve^ au-
dessus des nues. (La BruyĂšre.)
Fusses-tĂŒpar-de/d des colonnes dâAIcide,
Je me croirais encor trop voisin d'un perfide.
â (Racine.)
Il sâarrĂȘta dans un vallon tranquille,.
Tout vis-Ă -vis la porte dâun couvent.
(YoltĂ irb.)
Il se troublait axi-dedans de lui-mĂȘme.
(Fénelon.)
Les Romains oers lâEuphrate ont attaquĂ© mon pĂšre,.
(Racine.)
Les riches ne sont sur la terre que pour faire du
bien. ' (Fénelon.)
L'autel couvert de feux tombe qt fuit sous la terre.
_ - (yopTAlRE.)
On trouve seulement, pour nourrir les troupeaux,
des pĂąturages parmi les rochers, vers le milieu du
penchant de ces montagnes escarpées.
(Fénelon.)
Tout usurpateur est prés de son cercueil.
^ ' (Voltaire.)
Les prépositions qui s'emploient le plus ordinairement avec des nom§ de lieux spnt :
A. .
Dessus.
Parmi.
Sous.
AuprĂšs,
De.
PrĂšs.
Sur.
Autour.
Dessous.
Par,
Vers.
Chez.
Jusque.
Proche.
'
A travers.
Au-dessus.
De dessous.
Par-delĂ .,
Au travers de.
AĂŒ-dessous.
DelĂ le.
Par derriĂšre.
AurdelĂ ,
AttenauL
Loin de. .
Par devant.
Au dedans.
l)e dessus.
Par-d§ssĂŒs.
ViSTĂ -fVis.
âCOOD
««sa N" DCCXXIU.
PRĂPOSITIONS DE TEMPS,
Si jamais on peut dire que Ja ypie Ăčq chrĂ©tien
est étroite, cëst durant les persécutions..
(Bossubt.)
Durant toute la nuit ejle n'q point dormi.
(Corneille.)
Il était agité pendant toutes les nuits par des
songes. (Fénelon.)
Les prépositions qui marquent le temps sont : durant et pendant
DCCXXIV. Ć
PRĂPOSITIONS DE LIEU ET DE TEMPS.
LIEU,
Home nëst plus dans Rome
(Corneille.)
TEMPS.
Le czar Pierre ne pouvait dans sa jeunesse passer
un pont sans frémir. (Voltaire.)
( 775 )
DĂšs OrlĂ©ans: â DĂšs sa source. (AcadĂ©mie.)
Rodrigue ne vit plus ou respire en prison.
(Corneille.)
La France sâĂ©tend depuisXe Rhin jusqĂŒĂ lâOcĂ©an.
(Académie.)
«
Lßûutel couvert de feux tombe et fuit sous la terre.
- * ' (VoLTAiRE.)
Les Romains vers TEuphrate ont attaqué mou pÚre.
âą -(Racine.)
Lâhomme dĂ©# sa naissance a le sentiment du plaiÂŹ
sir et de Ăźa douleur. (Marmontel.)
Gagne-t-on en un an un million sans crime?
^ â (Regnard.)
En Orient, en Occident, depuis plus de deux
mille ans on ne parle que dâAlexandre.
(Massillon.)
A quoi sert-il Ă un peuple qpe son rqi subjugue
dâautres iiations, sĂź ou est malheureux sous son
rÚpe? (Fénelon.)
âY^rs le soir, vers le milieu du jour.
(Académie.}
Les prépositions dont on se sert le plus souvent avec des noms de lieux et de temps
sont : dans, dĂšs, en, depuis, sous, vers.
w DCGXXV. -
PRĂPOSITIONS dâordre.
La conscience nop^ tiyç^tit en ami qvqnt de npus
punir en juge. * '"(Stanislas.)
Je crains Dieu, et apré# Dieu, je crains principa
lement celui qui ne le craint pas. (Sadi.)
Lâhomme est placĂ© libre entre le vice et la vertu.
(ĂI^RMpNTEL.)
n se met toujours derriĂšre celui qui parle.
(La BrĂŒvĂšre.)
Fais marcher devant toi Tange exterminateur.
(Voltaire.)
Les prĂ©positions quâon emploie pour marquer le plus ordinairement 1â,ordre sont
avarié, aprÚs, devant, derri^e, entre, à cÎté de, depuis.
N" DCCXXTI.
BREPOSITION dâunion.
Je veux vivre avec elle, avec elle expirer.
(Corneille.)
Le mortel heureux contracte une dette avec le
malheur. (LbxoĂŒrneĂŒr.)
La seule prĂ©position qui marque Tunion, câest la prĂ©position avec.
N* DCCXXVII.
PREPOSITIONS DE CONFORMITĂ.
La terre, cette bonne mĂšre, multiplie ses dons
selon le nombre de ses enfants qui méritent ses
fruits par leur travail. (Fénelon:)
Les talents produisent suivant la culture.
(Marmontel.)
Les prépositions qni indiquent la conformité sont: selon et suivant.
( T76 )
*9^0 N" DCCXXVm.
PRĂPOSITIONS DE SĂPARATION, D'EXCEPTION
Le roi marche incertain, sans escorte et sans guide.
(Voltaire.)
Il travaille toute la semaine, excepté le dimanche.
(Académie.)
Nul nâaura de l'esprit hors nous et nos arais.
(MoliĂšre.)
On peut tout sacrifier Ă PamitiĂ©, sauf PhonnĂȘte
et.le juste. . (Marmontel.)
Hormis toi, tout chez toi rencontre un doux accueil.
(Boileau.)
Les prépositions qui marquent la séparation, lëxception, sont : excepté, hors, hormis,
sans, sauf.
N" Dcexxix.
PRĂPOSITIONS dâopposition.
Le travail est une meilleure ressource contre
Pennui que le plaisir. (Trublet.)
La loß ne saurait égaliser les hommes malgré la
nature. (VaĂŒvenargues.)
La vérité, nonobstant le préjugé, lërreur et le
mensonge, se fait jour et perce Ă la fin.
(Marmontel.)
Les prĂ©positions qui emportent une idĂ©e dâopposition sont: contre, malgrĂ©, nonobstant.
Nous ne pousserons pas plus loin cette classification, qui présente de grandes diffi
cultés sans offrir aucun avantage réel. Nous préférons donner la liste générale des ,pré-
positions, en les envisageant comnie les adverbes, cëst-à -dire matériellement. Ainsi on
aura des prĂ©positions pures et smptes, cĂ«st-Ă -dire qui ne peuvent ĂȘtre que prĂ©posiÂŹ
tions , telles qué : à , de, dÚs, etc. ; on aura ensuite des locutions prépositives dans les
quelles il entre souvent des mots qui seuls ne sont nullement prépositions, mais qui,
construits dëne certaine maniÚre et suivis de la préposition à ou de, prennent le nom
de locutions prépositives ; exemples : à cÎté de, à cause de, auprÚs de, jusqu'à , à fleur rfe,elc.;
cÎté, cause ci fleur pris séparément sont des substantifs; auprÚs, jusque, pris seuls, sont
des adverbes; mais, construits comme ils le sont, ils prennent le nom de locutions pré
positives ; on remarque encore des mots qui, pris seuls, jouent le rÎle de prépositions
sans ĂȘtre suivis dâd ou de de; ce sont des mots pris accidentellement comme prĂ©positions ;
ainsi: durant, joignant, attendu, suivant, etc. De là trois sortes de prépositions : les
PRĂPOSITIONS PORES OU SIMPLES, LES LOCUTIONS PRĂPOSITIVES , et LES MOTS PRIS
COMME PRĂPOSITIONS.
TABLEAU GĂNĂRAL DES,PRĂPOSITIONS.
Nâ DCCXXX. 9^â-,
PRĂPOSITIONS PURES OĂŒ SIMPLES.
A, aprĂšs, avant, avec, chez, contre, dans, de, depuis, derriĂšre, dĂšs, devant, en, entre,
envers, hormis, malgré, nonobstant, outre, par; parmi, pour, sur, sans, selon, vers.
( 777 )
tOCDTIONS PRĂPOSITIVES. -
A cÎté de, à cause de, au-delà de, auprÚs de, autour de, au travers de, delà , en deçà de,
jusqĂŒĂ , loin de, par-delĂ de, par-dessus de, prĂšs de, vis-Ă -vis de, faute de,Ă couvert de,
Ă fleur de, Ă force de, Ă la faveur de,*Ă Tabri de, Ă 'iamode de, Ă Tinsu de, Ă Topposite,
à Texclusion de, à raison de, au-dedans de, au péril de, aux dépens de,' aux environs de,
le long de, etc.; etc., quant Ă , proche.de, hors de.
MOTS ACCIDENTELLEMENT PRĂPOSITIONS.
I
A mĂȘme, attenant, attendu, concernant, durant, exceptĂ©, joignant, moyennant, penÂŹ
dant, plein (la bouteille), proche, sauf, suivant, supposé, touchant, vu.
Remarque. Attenant, proche et sauf sont ou sans préposition ou avec préposition ;
proche de, sauf Ă , attenant Ă . ' .
Remarque. Les seules locutions prépositives suivies d'à sont : jusqu'à , par rapport ù;
toutes les autres sont suivies de la préposition de ; lés prépositions pures ne sont suivies
d'aucune autre prĂ©position, cĂ«st pour cela qĂŒelles sont dites simples.
Dans Tune des parties suivantes, nous ferons connaßtre la véritable fonction des pré
positions, et les différents rapports qu'elles servent à exprimer.
EXERCICE ANALYTIQUE.
ÂŁncor si lâon savait le secret de la tombe :
Si l'Ăąme sâĂ©levait ainsi quâune colombe
travers le ciel bleu, vers cette immensité
Ou Dieu jouit de tout et de lâĂ©ternitĂ© l
Si lâĂąme, se trouvant sous la forme dâun ange.
Sâenivrait h jamais de bonheur sans mĂ©lange;
Si, rejetant la coupe oĂč lâon boit tant de fiel, ^
Les Ăąmes qui sâaimaient se revoyaient au ciel !
Si des mondes roulants Tineflable harmonie,
La majesté de Dieu, sa puissance infinie,
Lâorgueil dâĂ©tre immortel, de voir crĂ©er sans fin ;
D'unir son chant d'amour au chant du séraphin,
Si les plaisirs sacrés du céleste domaine,
Qui n auraient point de mot dans toute langue humaine,
Dont notre esprit a soif et quâil ne connaĂźt pas,
Se montraient devant nons au~delà du trépas !
Oui, jâen crois ce besoin que Dieu mit en notre Ăąme,
Ce vague instinct des cieux qui mâattire et mâenflatiiiiie ,
Ce dĂ©sir Ă©thĂ©rĂ© qui nâa rien d'ici bas ;
11 est un autre monde, un terme Ă nos combats ;
Une fĂȘte Ă©ternelle oĂč Dieu mĂȘme convie,
Un bonheur indicible, nn grand but Ăč la vie ,
Un sublime repos aux Ă©lans de lâesprit,
Un amour, Ăliza, qui jamais ne tarit.
Un port aux affliges, libres de toute crainte,
^Devant le Dieu de tous une égalité sainte,
Des prix Ă la vertu, des regrets aux pervers,
Un culte universel au Dieu de lâunivers.
(Gustave Daduih^au,)
DU RĂGIME DES PRĂPOSITIONS.
Nâ DCCXXXL
PRĂPOSITIONS QĂŒl PEDVENT ĂTRE SUIVIES UâĂŒN SUBSTANTIF OU DâĂŒN INFINITIF.
' SUIVIES ĂźFON substantif.
Lâhypocrisie est un hommage
Que rend le vice Ă la vertu. (Aubert.)
De toulXEMPS lâamour-propre aveugla les plus sages.
(Yillefré.)
Je crains Dieu; et aprĂšs Dieu, je crains principaÂŹ
lement celui qui ne le craint pas.
(Pensée de Saadi.)
Lâhomme est placĂ© libre entre le vice et la vertu.
(Marmontel.)
Nous naissons, nous vivons pour ia société.
(Boileau.)
SUIVIES dâun infinitif.
A RACONTER S6S maux souvent on les soulage.
(GorIVeille.)
Quand le tonnerre commence, de gronder, lâoÂŹ
rage nâest pas loin. (Marmontel.)
AprĂšs tâĂTRE couvert dĂš leur sang et dĂŒmien,
Tu te verras forcé de répandre le tien, (Racine.)
II y a de la différence entre avoir égard à et
AVOIR des égards pour... (Cité par Boinvilliers.)
Les rois, pour effrayer, ont la toute-puissance;
Mais pour gagner les coeurs, iis nâont que la clĂ©-
(Lanoue.) [mence.
98
l 77? )
Lënimi est entré dans le inonde par la pahbsse.
(La BruyĂšre.)
Point de vertu sans religion, point de bonheur
aans vertu. (Diderot.)
Foici trois médepins gui pe nous trompent pas:
Gatté, dÎiix exercice et modeste repas.
^ "(Cité par Domergue.)
La droiture du cĆur, la vĂ©ritĂ©, Tinnocence et la
rĂšgle des mĆurs, lĂ«mpire sur les passions, voilĂ
la véritable, grandeur et ta seule gloire réelle que
personne ne peut nous disputer. (Massillon.)
Commencez par gagner le cĆur de vos sujets,
(Massillon).
Et bien souvent, tout seul, si Ton Teût voulu croire,
11 s'y serait couché sans manger et sans boire.
(Racine.)
Voici VE^iR le printemps. (Académie.)
Voici appabaitrb le fils de Thomme sur les
nuées. (Chateaubriand.)
Et voilĂ COURONNER toutes les perfidies l
' (Bacipje.)
Les prĂ©positions qui peuvent ĂȘtre suivies dĂ«n substantif oĂč dĂ«n infinitif sont : Ă , de,
aprĂšs, entre, pour, par, sans, voici, voilĂ . ^
La prĂ©position en peut aussi ĂȘtre suivie dĂ«n substantif ou dĂ«n participe prĂ©sent;
exemples : ^
En toute chose, il faut considérer la fin.
(La Fontaine.)
Il nous faut riant instruire la jeunesse.,
(MoliĂšre.)
EXERCICE mRASĂdl0.mm-
Sauter Ă terre.
Regarde» de ce cAti.
Les autres aprĂšs moi.
Entre deux eaux.
Apprendre Ă danser.
Gardez-Tous 'de rire.
AprĂšs lâavoir sanvĂ©.
Entre rire et pleurer.
Pour ton bonheur.
Par la douceur.
Sans respect.
Agir en fripon.
Pour rire.
Commence par le faire.
Sans murmurer.
Instruir'Ăš en riant.
N- DCCXXXn. »*»»
PRĂPOSITIONS du LOCUTIONS PRĂPOSITIVES QUI NE PEUyENT ĂTRE SUIVIES QUB
PAR DES SUBSTANTIFS.
Causez avec Zénon, dansez aveo les Grùces.
(HelvĂ©tiĂŒs.)
Chez'les GENS cousus dër Thumanité nëst guÚre.
(Villefré.)
Depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans Tinnocence.
(Voltaire.)
Les Romains vers l'Eupbrate ont attaqué mon
(Racine.) pĂšre.
On nëst sur la terre que pour faire du bien.
(Fénelon.) '
Nous, voyons, nous jugeons suivant nos passions.
(Naudet.)
Les hommes insqlegt§ pendant la prospérité,
sont toujours faibles et tremblants dans la disgrĂące.
(Fénelon.)
k
Les Polonais sënfuirent tous dés le commence
ment de lĂą bataille. (Vpltaire.)
Ils courent aprĂšs une ombre trompeuse, et laisÂŹ
sent derriĂšre eux le vrai bonheur, faute de le conÂŹ
naßtre. (Fénelon.)
Devers la place arrive un écuyer. (Voltaire.)
Tout fut secret ; et quicĂŽnque eut du bien,
Pardevefs 'soi le garda, sah/fien dire.
(La Fontaine.)
Le travail est une meilleure ressource contre
Tennui que le plaisir. (Trublet.)
Les vertus dans Paris ont le destin des crimes.
(Voltaire.)
5ous un mauvais habit on méconnaßt "un sage.
(De Gaux.)
Envers un ennemi qui peut nous obliger?
(Corneille.)
La terre, cette bonne mĂšre, multiplie ses dons
selon le nombre de ses enfants. (Fénelon.)
Outre le rapport que nous avons du cÎté du
corps avec la nature mortelle, nous avons une seÂŹ
crÚte affinité avec Dieu. (Bossubt.)
La loi ne saurait égaler les hùmmes malgré la
nature. (VaĂŒvenargues.)
Par delà tous les cieux le Dieu des cieux réside.
(Voltaire.)
Il sauta par-dessus la muraille.
^ â (AcaoĂ©mie.)
Car la mode aujourd'hui est dâapprendre aux enfants
Tout, hormis le respect qĂŒon doit Ă ses parents.
(Etienne.) ,
( 779 )
Le jeune Caton, dwrant son enfance, semblait
un imbécile dans la maison. (J.-J. Rousseau.)
Cëst lin trésor que lën më pris.
â Votre trĂ©^r ! OĂč pris ?âTout/ignqnt cette pier-
â Eh Ăź sommes-nous en temps degûÚrre- . [rĂ.
Pour l'apporter si loin ? (La Fontaine.)
La vérité, nonobstant le préjugé, Terreur et le
mensonge, se fait jour et perce Ă la fin.
(Marmontel.)
L'homme, sa faiblesse et la longueur de son
enfance, nĂ« jamais pu ĂȘtre absolument sauvage.
â (CitĂ© par Girault-Duvivier.)
L*homme de bien, moyennant une conduite
égale et simple, se fait chérir et honorer partout.
(Marmontel.)
Dieu ne déclare pas tous ]çs jours ses volontés
par ses prophĂštes, touchant les rois et les monarÂŹ
chies quâil Ă©lĂšve ou qĂŒil dĂ©truit.' (Bossuet.)
' Celui qui a besoin de conseils concernant, touÂŹ
chant la PROBITĂ, nejnĂ©rite pas qĂŒon lui en donne.-
(Marmontel.)
11 a été exempté des charges publiques, attendu
son INFIRMITĂ, (AcadĂ©mie.)
Les prĂ©positions qui ne peuvent ĂȘtfe suivies que par des substantifs sonP: avec, chez,
depuis, vers, sur, suivant, pendant, dÚs, contre, dans, sous, envers, selon, parmi, malgré,
outre, derriĂšre, devers, hormis, par-delĂ , par-dessus, par-devers, et les mots suivants, reÂŹ
gardés vulgairement comme prépositions: Durant, joignant, nonobstant, moyennant,
touchant, concernant, vu, attendu.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Avec douceur.
Depuis deux ans.
Sur la table.
Pendant sou absence.
Contre rennemi.
Touchant vos affaires.
Chez son pĂšre.
Vers la terre.
Suivant lui. '
DĂšs'demain.
Dans la chambre.
Concernant ses intĂ©rĂȘts.
Sous le lit.
Envers les antres.
Selon les philosophes.
Parmi nons.
Malgré «nx.
Vn sa faiblesse.
Outre cela. «
DnraDt'sa vie.
Joignant cette montagne.
Nonobstant lâexpĂ©rience.
Moyennant la grĂące de Diea.
Attendn son infirmité.
Nâ DCCXXXin.
PRĂPOSITIONS QĂI PEUVENT ĂTRE SUIVIES IMMĂDIATEMENT, 1Âź DâĂŒN SUBSTANTIF;
2Âź ĂĂNE AUTRE PRĂPOSITION SUIVIE D'UN SpĂSTANTIE pq p'ĂŒN I^FINĂTIF:
1. -r Suivies dĂŒn substantif.
Ătre logĂ© prĂ©# le Palais-Rotal,
Tout périt, hors la gloire, et surtout la vertu.
(Dobat*)
(Académie.)
f
IL -rr Suivies dĂŒne qutr^ ppĂ©position et dĂŒn infinitif.
Je Tqi yu prĂ©# pu temple oĂč sou hymen sĂ«pprĂ©te.
(Racine.)
Trop de rigueur hors de saison. âą
(Boileau.)
III. rr- Suivies dĂŒne autre prĂ©position et dĂŒn infinitif.,
On ne connaĂźt lâimportance dâune action que
quand on est pré# de l'exécuter.
(La Fontaine.)
Ton esprit, fascinĂ© par les lois dâun tyran,
Pense que tout est crime, hors Dëtre musiilman.
(Voltaire.)
Les prĂ©positions qui peuvent ĂȘtre immĂ©diatement suivies 1Âź dâun substantif, 2Âź dĂ«ne
autre prĂ©porition suivie dâun substantif ou dâun infinitif, sont prĂšs, hors, hormis, exceptĂ©.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il demeure prés le boulevard.
Je lâai vu prĂšs du boulevard.
Je lâai vu prĂšs de mourir.
Il est logé hors la Porte-Saint-HonorÚ.
Tous les maux sont hors de la boĂźte de Pindore,
Je veux tout, hors dâĂ©tre son esdave.
( 780 )
DCCXXXIV,.Ÿ»^
PRĂPOSITIONS QUI PEUVENT ĂTRE IMMĂDIATEMENT SUIVIES, 1â DâUN SURSTANTIF*,
2» dâune autre prĂ©position suivie dâun infinitif seulement.
suivies D ĂN SUBSTANTIF.
Avant Louis XIV, la France, presque sans vaisÂŹ
seaux, tenait en vain aux deux mers. (Bossuet.)
On peut tout sacrifier Ă lâamitiĂ©, saw/âThonnĂȘte
et le juste. . (Marmontel.)
SUIVIES dâune autre prĂ©position et dâun
infinitif.
La conscience nous avertit en ami avant de nous
punir en juge. (Stanislas.)
Sauf A changer, sauf A déduire, sauf a recom
mencer. (Académie.)
Les prĂ©positions qui peuvent ĂȘtre immĂ©diatement suivies dâun substantif ou dâun infiÂŹ
nitif prĂ©cĂ©dĂ© dâune prĂ©position sont avant et sauf,
M
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Avant le rĂšgne d'Henri IV.
Sauf vo.trc rPspPi't.
Avant de partir.
Sauf Ă recommencer plus tard.
N" DCCXXXV.
FUĂPOSITIOXS OU EXPRESSIONS PRĂPOSITIVES QUI DEMANDENT TOUJOURS APRES ELLES
UNE AĂTRE PRĂPOSITION ET UN SUBSTANTIF.
L'art est toujours grossier auprĂšs de la nature.
(De Valmont.)
Nous demeurons tranquilles comme si le coup
^ devait toujours porter à cÎté de nous.
(Massillon.)
Les fondements de cet édifice sont déjà à fleur
DE terre. / (Académie.)
Tel en un secret vallon.
Sur le bord d'une onde pure,
CroĂźt, Ă Vabri de Vaquilon,
Un jeune lis... (Racine.)^
Au-delĂ DU besoin le reste est superflu.
(Villefré.)
Le Mercure galant est immédiatement au-des
sous DU rien; il y a bien d'autres ouvrages qui lui
ressemblent. (La BruyĂšre.)
Tous ces avantages qui sont au-dehors de nous,
et qui par conséquent ne nous appartiennent pas.
(/d.)
Il sc répand autour des* trÎnes certaines terreurs
qui empĂȘchent de parler aux. rois avec libertĂ©.
(Fléchier.)
Nos actions sont les nĂŽtres, Ă cause bu libre arÂŹ
bitre qui les produit, et elles sont aussi de Dieu, Ă
cause de sa grĂące qui fait que notre arbitre les proÂŹ
duit. ^ (Pascal.)
Partir à la faveur de ßù naissante nuit.
' (Boileau.)
La terre est petite à Tégard.du soleil.
(Académie.)
Une grande Ăąme est aĂč-'clessus de lâinjure, de
Tinjustice, dé la dbuleur, de la moquerie.
(La BruyĂšre.)
Le vide que tout ce qui vous environne laisse au-
dedans DE vous-mĂȘme. (Massillon.)
On va pour vous au-devant de la sollicitation,
(La BruyĂšre.)
Les prépositions ou locutions prépositives qui demandent toujours aprÚs elles une autre
préposition et 'un substantif sont awprés, au-delà , au-dessus, au-dessous, au-dehors, autour,
au-dedans, au-devant, et généralement toutes les expressions composées de la préposition'
âą Ă et dâun substantif, comme Ă 'cĂŽtĂ©, Ă Vabri, Ă la faveur, Ă VĂ©gard, Ă cawse, etc.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE,
AuprĂšs de vous.
A cĂŽte de la table.
A lâabri des orages.-
A'cause de lui.*
A la faveur do la nuit.
Au-devant des ennemis.
( 781 )
W DCCXXXVI.
LOCUTIONS PRĂPOSITIVES DONT LA PRĂPOSITION OUI LES SUIT TOUJOURS PEUT ĂTRE
ACCOMPAGNĂE DâUN SUBSTANTIF OD DâDN INFINITIF.
ACCOUTPAGNĂeS dâĂŒn SDBSTANTIF.
* I . *
Combien tout ce qĂŒon dit est ZotnuE ce qĂŒon pense!
(Racine.)
Les enfants mouraienj dans les bras de leur mĂšre,
faute i)E pain. â (FlĂ©chier.)
Je veux
A force D'attentats perdre tous mes remords.
(Racine.)
Je ne lui pardonnerai pas, Ă moins n'une rĂąfrac-
tation publique. (Académie.)
Lâart est toujours grossier auprĂšs de la nature.
(de Valmont.)
ACCOMPAGNĂES D*ĂN INFINITIF,
Loin Dà trembler devant les autels, on y mé
prise JĂ©sus-Christ prĂ©sent, (BossĂŒet.)
Ils laissent derriĂšre eux le vrai bonheur, faute db
le connaßtre, (Fénelon.)
A force n'ĂȘtre touchĂ© inutilement, on ne se laisse
plus toucher de rien. (BossĂŒet.)
A' moins n'ĂȘtre fou, il ĂŒest pas possible de rai-*
sonner ainsi. (Académie.) *
Quâest cela auprĂšs n'ĂȘtre pendu Ăź
Les prĂ©positions ou locutions prĂ©positives dont la prĂ©position qui les suit peut ĂȘtre
accompagnée dën infinitif ou dën substantif sont : loin, faute, à force, à moins, auprÚs.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Loin de ParĂ»,
Faute dâargent.
A force de priĂšres.
A moins de dix lonis/
Loin de demander pardon.
Faute dâctre riche.
A'force de prier.
A moins de le perdre.
âąÂ»Â»Â»Â» N* DCCXXXVn.
RĂ©gime be deĂŒx prĂ©positions liĂ©es par une conjonction
PHRASE VICIEUSE.
Un magistrat doit toujours juger suivant et conÂŹ
formément aux lois.
PHRASE CORRECTE.
Un magistrat doit toujours juger si|<ĂŒanf les lois,
et conformément à ce quëlles prescrivent.
. . (Marmontel.)
Il en est du régime des prépositions comme de celui des verbes. Quand deux prépo
sitions ont le mĂȘme rĂ©gime, on peut se dispenser de les faire suivre chacune de ce ré
gime; mais si ces deux prépositions demandent un régime différent, il faut de toute né
cessité donner à chacune le régime qui lui convient. Ainsi on ne peut dire suivant et
conformément aux lois, parce que suivant ne veut pas de préposition à sa suite, tandis
que conformément exige aprÚs lui, la préposition à .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
DâaprĂša votre avis et conformĂ©ment Ă ce qne vous mâavez prescrit.
DâaprĂšs et conformĂ©ment âą âą âą
( 782 )
PRĂPOSITIONS EMPLOYĂES} DIT«ON, POUR DâAUTRES PRĂPOSITIONS.
âDCGXXXVIIL
/I TENANT LA PLACE DE etivers, dans, devant, aprĂšs, auprĂšs de, avec, contre, sur, en,
par^ pour, vers.
Ă REMPLAĂANT ehvers.
Ne tĂ«Vise pas d'ĂȘtre complaisant Ă ceux qui parÂŹ
lent mal du prochain. (Fléchier;)
-Aurcr-vous le cĆur assez dur pour ĂȘtre inexoÂŹ
rable Ă votre rbi et Ă tous vos plus tendres amis ?
' (Fénelon.)
Inflexible dtw5 vaincus, complaisant auĂŠ vainqueurs.
(Voltaire.)
Je vous entends, seigneur, ces mĂȘmes dignitĂ©s
Ont rendu Bérénice ingrate à vos bontés;
(Bacine.)
Ă Ă©our dĂ ĂčĂ .
Tout mon ĂȘs'poir
N est plus quâau coup mortel que je vais recevoir.
(Racine.)
Au chotĂŽ de vbĂą nmis tore* lĂȘht et sĂ©vĂšre ;
Examinez l'ĂŽĂŒgtĂšmpS ; ĂŻa mĂ©prise est amĂšre.
(Royod.)
' Diéu laissà -t-il jamais ses enfants ati besoia ?
(Racine.)
Ă POUR devant.
Ne vous montrez d moi que sa tĂȘte Ăą ßù maiii.
(Racine.)
Cette énohné action, faite presque d nos yeux,
Outrage la nature et blesse jusqu'aux dieux.
(Corneille.)
A ces mots, l'Amour irrité s'envola.
(Fénélon.)
Ă POĂR aprĂšs.
A ces çaroßes, Phalante demeura épuisé et ai>attu
, d'un éxces de douleur. Fénelon.)
Ă POUR auprĂšs de.
Votre amour contre nous allume trop de haine,
Retournez, retournez à la fille d'HélÚne.
(Racine.)
Cessez de m'atrĂȘter. Va, retourne d ma mĂšre,
Ăgyne, il faut des dieux apaiser la colĂšre.
(RACirte.)
Ă POUR avec.
9
Ăn vrai chrĂ©tien foulĂ© atoc pieds toutes les vanitĂ©s | Que Ton tire au billet ceux que l'on doit Ă©lire.
(Académie.) 1
de ce monde.
(BoileaĂŒ.)
Ă AU LIEU DE contre.
Change le nom de reine ou nom dâimpĂ©ratrice.
(Racine.)
Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux;
C'est offenser les lois, c'est sâattaquer aux dieux.
(Boileau.)
i AD tĂED i)fe sur.
Sion, chĂšre Sion, que dis-tu quahd tu vois
Une impie étrangÚre
Assise, hélas! au trÎne de tes rois?
. (Racine ;)
Malheureuse, comment paraĂźtrai-je Ă sa vue,
Son diadĂšme au front, et, dans le fond du cĆur,
PhĆdime... tu mâentends, et tu vois ma rougeur.
(Racine.)
A AU LIEU DE en.
César prend le premier une coupe d la main.
(Racine.)
Un Ăąne, pour le moins, instruit par la nature,
A Tinstinct qui le guide obéit sans murmure;
Ne va point follement de sa bizarre voix
Défier atta; chansons les oiseaux dans les bois.
(Boileau.)
11 ne se laisse point séduire
A tous ses attraits périlleux. (Racine.)
La nature, féconde en bizarres portraits,
Dans chaque ùme est marquée à dé différents traits.
(BoileaĂŒ.)
Jëi oui condamner cette'comédied certaines gens.
(MoliĂšre.)
( 783 ).
Ă AU LIEU DE par,
JÚ mé laissai cCdduire à cet aimable guide.
(Racine.)
Et se laissant régler à son esprit tortu;
De ses propres défauts se fait une vertu.
(Boileau.)
Ne me préparez point la douleur éternelle '
De lëvoir fait répandre à la main paternelle.
(Racine.)
Que mon mariage est une leçon bien parlante Ă
tous les paysans qui veulent sâĂ©lever au-dessus de
leur condition! (MoliĂšre.)
isâhommĂ© est de glace aux vĂ©ritĂ©s ;
Il est de feu pour les mensonges,
(La Fontaine.)
Ă AU LIEU DE pour.
Tout autre objet le blesse, et peut-ĂȘtre aujourdâhui
Il nâattend qĂŒun prĂ©texte, Ă iâĂ©loigner de lui,
(Racine.)
Tous deuxdmetrompersont-iisdTntelliâgĂ«nce? {Id.)
Ce nâest quĂ© pour toi seul qĂŒelle est ficre etchagrine;
Aux autres elle est douce, agréable, badine.
(Boileau.)
A AU lieu de vers.
Je mĂ©ditais ma niUĂȘ Ă ttx terrĂ©s Ă©trangĂšres.
(Racine.)
Quel chemin le plus droit Ă lĂą gloire noĂŒs ^idĂ«,
Ou la Vasté science, ou la vertu solide?
(Boileaui)
i
Nous bornons lĂ ce tableau; car il nous serait impossible de rapporter ici toutes les
extravagances des grammairiens, qui ont attribuĂ© Ă lĂ prĂ©position Ă , ainsi quâĂ toutes les
prĂ©positions en gĂ©nĂ©ral, tant et de si Ă©tranges significations, qĂŒil y a vraiment de quoi
ĂȘtre Ă©tonnĂ© en les lisant.
DâaprĂšs lĂš sĂ gĂš conseil de MĂŽĂĂšfĂ©, nous regardons lĂ©s chĂŽsĂ©s dĂŒ "cĂŽtĂ© qĂŒâĂŽft nptis les
montre, et ne les tournons point pour y chercher ce qĂŒil ne faut pas y voir.
Ainsi, de ce que dâun cĂŽtĂ© nous lisons :
Quitter, à » de si grands besoins,
Vous, le Pont, vous, Colchos, confiés à vos soins! (Racine.)
et que, dâĂŒh Ă ĂŒthe cĂŽtĂ©-, nous voyons :
Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin? (LĂ MĂȘme.) âą
nous nous gardons bien dâĂ©n conclure follement, avec les grammairiens, que, dans ce
dernier vers, la préposition à tient là place de la préposition en ou dans. Un mot ne
saurait ĂȘtre mis pour ĂŒii autre. Or, si nous cherchons Ă pĂ©nĂ©trer dans la penÂŹ
sĂ©e de lâĂ©crivain et Ă nous rendre compte des motifs qui lâon dĂ©terminĂ© dans le
choix des mots dont il sâest servi, nous voyons que, dans le premier cas, il a fait usage
de la prĂ©position en parce qĂŒil a voulu exprimer un rapport dâintĂ©rioritĂ©, de situation :
Pensez-vous que je puisse vous quitter ( lorsque vous vous trouvez plongé ) en de si
grands besoins? et que, dans le second, au contraire, il sâest servi de la prĂ©position^^
3^rce quâil a voulu exprimer un tout autre rapport : Dieu lĂ issa-t-il jUnigis ses enfants
LIVRĂS EN proie) AĂŒ besoin? Analyse justifiĂ©e par ce vers de Boileau :
LĂ issons-le plutĂŽt en proie Ă son caprice.
Câest ainsi que, sans «perdre un moment le fil de lâanalogie, nous parvenons Ă dĂ©couÂŹ
vrir Chmmeht il peut se faire 'qĂŒon exprime la mĂȘme idĂ©e par des mots essentielleÂŹ
ment diffĂ©rents, tout comme deux Voyageurs Ă r'rivent nux mĂȘmes lieux aprĂšs avoir parÂŹ
couru deux routes tout-à -fait opposées.
ĂXERClÚà pnRASĂOLOGĂQVE,
Laisser quelqu'un dans le besoin. Laisser quelquâun Ă»ĂŒ besoin.
Ingrat'envers Dieu. Ingrat Ă sa patrie.
Ne TOUS montrez jamaĂ» devant mot. Montrez-vous Ă mĂŽi tel que voua ĂȘtes;
( )
«*» W DCCXXXIX.
;-©eA300
De MIS A LA PLACE DE d, Ă coMse de, avec, entre, par, pour, depuis.
. De POtR Ă .
Mes transports aujourdâhui s'attendaient dâĂ©clater. Vous n'ĂȘtes pas encore Ă©chappĂ© de sa rage.
(Racine.) ^ (Racine.)
De POUR Ă cause de.
Déjà Priam pùlit; déjà Troie en alarmes
Redoute mon bûcher, et frémit de vos larmes.
(Racine.)
Evrard a beau^gémir du repas déserté,
Lui-mĂȘme est au barreau par le nombre emportĂ©.
(Boileau.)
De POUR avec.
0 jour heureux pour moi I
De quelle ardeur jâirais reconnaĂźtre mon roi!
(Bacine.)
De quelle noble ardeur pensez-vous qĂŒils se rangent
Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux ?
(id.)
Entre nous, verras-tu d'un esprit bien tranquille
Chez ta femme aborder et la cour et la ville?
(Boileau.)
D'un air fier et content,^sa cruauté tranquille
Contemple les effets de la guerre civile.
(Voltaire.)
De MIS POUR entre.
Voyez de quel guerrier il vous plaĂźt de descendre;
Choisissez de César, d'Achille ou d Alexandre.
(Racine.)
Du Troyen ou de moi faites-le décider f
Qu'il songe qui des deux il veut rendre ou garder.
(Racine.)
De AU HEU DE par.
QjUoi! déjà votre amour des obstacles vaincu...
(Racine.)
*4 *
Ariane, ma sĆur! de quel amour blessĂ©e
VousmourĂ»tes aux bords oĂč vous fĂ»tes laissĂ©e!'
(W.)
0 ciel ! si mon amour est condamné de loi,
Je suis la plus coupable; épuise tout sur moi.
(Racine.) '
Si le pécheur, poussé de ce saint mouvement,
Reconnaissant son crime, aspire au sacrement.
(Boileau.)
De AU LIEU DE pour.
Ne rougis point de prendre une voix suppliante,^
Je tâavoĂ»rai de tout; je ĂŒespĂšre qĂŒen toi.
' (Racine.)
Mais la postérité d'Alfane et de Bayard,
Quand ce nëst qu'une rosse, est vendue au hasard,
Sans respect des aĂŻeux dont elle est descendue^
Et va porter la malle ou tirer la charrue.
(Boiléau.)
De POUR depuis.
Du moment que je lâai connu, je Vai aimĂ©.
(Académie.)
Du jour que jâarrachai cet enfant Ă la mort,
Je remis en vos mains tout le soin de son sort.
(Racine.)
' Cëst parce que tous nos faiseurs de grammaires et de dictionnaires ignorent la véri
table valeur des prĂ©positions, qĂŒils voient dans la prĂ©position de cinquante Ă soixante
mots diffĂ©rents. Cette prĂ©position ne peut jamais ĂȘtre employĂ©e pour aucune autre, et
lĂ«tymologie et Tanalyse dĂ©montrent quĂ«llĂ© ĂŒa toujours que le mĂȘme sens, un sens
unique.
Il faut donc sëttacher à retrouver ce sens unique, et non se fatiguer inutilement à re
tourner de pour y voir des idĂ©es qui ĂŒy sont pas. Souvent, il est vrai, ce sens paraĂźt
difficile à saisir, parce que nous en sommes peu frappés au premier abord ; mais aprÚs
" ( 785 )
I
un court examen, Tanalogie et Tanalyse nous le font découvrir et nous ramÚnent aussitÎt
au principe dont on semblait sâĂȘtre Ă©cartĂ©.
Au lieu de dire, comme les grammairiens, que, par exemple, dans ce vers de Racine;
Vous n'ĂȘtes pas, encore Ă©chappĂ© de sa rage
la préposition de est pour à , cherchons à nous rendre compte de Temploi de cette prépo
sition.
Or, en consultant Tusage, nous voyons qà échapper se metavec la préposition à , quand
signifie nâĂȘtre pas pris, nâĂȘtre pas saisi, n'ĂȘtre pas aperçu, etc. CĂ«st ainsi quĂ«n dit :
Ăchapper a la fureur, a la poursuite des ennemis. Ceux qui Ă©chappaient a ses coups. (BosÂŹ
suet.) â Parmi tant dĂ©placĂ©s, il n'y en eĂ»t qu'une seule qui put Ă©chappera ses mains.
(Le mĂȘme.),â Les pĂ©rils Auxquels il est Ă©chappĂ©. (Massillon.) â Le ciel me rend uri
frÚre A ta rage échappé. (Corneille.)
Donc Racine, en disant : ' '
Vous nâĂȘUs pas encore Ă©chappĂ© de sa rage,
a ellipsĂ© la prĂ©position Ă dont le participe Ă©chappĂ© doit ĂȘtre suivi en pareille circonÂŹ
stance, comme le prouvent les exemples que nous venons de citer; son vers est donc un
abrĂ©gĂ© de ; Vous n'ĂȘtes pas encore Ă©chappĂ© (aux coups) de sa rage, construction fort usiÂŹ
tĂ©e en prose. Corneille nâa-t-il pas dit: Je suis seule Ă©chappĂ©e aux fureurs ie la
guerre.
Mais, de ce quâil a plu Ă Racine dĂ«llipser la prĂ©position Ă , ce serait se tromper grosÂŹ
siÚrement que de prétendre que de soit pour à . Il faut faire comme nous, rétablir les
mots sous-entendus, et alors la pensĂ©e de Tauteur noĂŒs apparaĂźt dans tout son jour.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Deyiui* que je lâai vu. . ' - * Du jour oĂč'je lâai vu.
Choisissez entre lui et moi. Choisissez de lui ou de moi.
âN" DCCXL. «MWâ-"-
, En MIS a la place de Ă , selon, sur, avec, comme, de, par.
En AU heu de Ă .
Je sais ce qu'm ma place uu bon prince doit faire.
(Corneille.)
11 écrivßt en cour, comme nous disons nous au
tres provinciaux; ii Ă©crivait mĂȘme en parlement.
(Voltaire.)
J'écrivis en Argos pour hùter le voyage.
(Racine.)
Je n'avais en main que ma houlette.
(Fénelon.)
, En AU LIEU DE selon.
V â ^ â I
Juger en toute rigueur. (Fénelon.) | En conscience, en bonne justice. (Académie.)
I
En AU LIEU DE sur.
Les moins sĂ©vĂšres lois en ce point sont dâaccord.
(Corneille.)
Le roi fßt son entrée dans Stockholm sur un cheval
alezan, ferrĂ© dâargent, ayant le sceptre Ă la main et
la couronne en tĂȘte. (Voltaire.)
An AĂŒ LIEU Dâavec.
Bim couvent on ennuie en termes magnifiques.
(Boileau.)
Rt lui-méme, marchant en habits magnifiques,
Criait Ă haute voix dans les places publiques.
(Racine.)
99
/je'-., «.-.''I .-â «-'f.s
( 786 )
En AU LIEU DE comme.
Je pense en citoyen, jâagis en empereur,
Jo haU lo fanatique et lo persécuteur.
(Voltaire.)
Mais quoi! toujours la honte en esclaves nous lie,
Oui, c est toi qui nous perds, ridicule fotic.
(Boileau.)
En POUR de.
Et devant le Seigneur maintenant prosternée,
Ma mĂšre en ce devoir craint dâĂȘtre dĂ©tournĂ©e.
^ (Racine.)
En tout temps la vertu sëst fait estimer.
(Académie.)
En A LA PLACE DE par.
Faites choix dâun hĂ©ros propre a mâintĂ©resser,
En valeur éclatant, en vertus magnifique.
(Boileau.)
Plus'sage en mon respect que ces hardis mortels
Qui dâun indigne encens profanaient les auteĂŻs-
(Boileau.)
Pour prouver, par exemple, que en peut remplacer la préposition de, les grammairiens
citent ces vers de Racine :
*
Et devant le Seigneur maintenant prosjernée.
Ma mĂšre en ce devoir craint d'ĂȘtre dĂ©tournĂ©e.
On a bien raison de dire que fo routine est Thabilude sans jugement, car si les gramÂŹ
mairiens sâĂ©taient donnĂ© la peine de rĂ©flĂ©chir un instant, ils auraient senti que en est bien
ici pour en et non pour de.
En effet, il y a une grande diffĂ©rence, selon nous, entre ma mĂšre craint d'ĂȘtre dĂ©tourÂŹ
nĂ©e DE ce devoir, et ma mĂšre en ce devoir craint d'ĂȘtre dĂ©tournĂ©e. Dans ie premier cas,
on fait entendre que ma mĂšre craint dâĂȘtre sans cesse distraite de ce devoir au point de
ne pouvoir jamais lâaccomplir: dans le second cas, au contraire, le poĂšte nous repré
sente cette mĂšre au moment mĂȘme oĂč elle accomplit ce devoir; il nous la montre
devant le Seigneur maintenant prosternée. Il ne peut donc entrer dans sa pçnsée de nous
dire que cette mĂšre craint dâĂȘtre dĂ©tournĂ©e de ce devoir, puisquâelle lâaccomplit. Il veut
nous donner Ă entendre quĂ«lle craint dâĂȘtre distraite pendant qĂŒelle accomplit ce mĂȘme
devoir. Aussi est-ce pour celte raison que le fils de Joad, Zacharie, défend à Mathan
lâapproche du temple oĂč se trouve sa mĂšre, et qĂŒil lui dit :
TĂ©mĂ©raire, oĂč voulez-vous passer?
Au-delĂ de ce lieu gardez-vous dâavancer :
Cëst des ministres saints la demeure sacrée.
Les lois Ă tout profane en dĂ©fendent lâentrĂ©e.
Ainsi, prĂ©tendre que dans le vers de Racine en remplace de, cĂ«st dire que d'ĂȘtre dé
tournĂ© pf un devoir et ĂȘtre dĂ©tournĂ© pendant un devoir, pendant qu'on accomplit un
devoir, câest la mĂȘme chose l
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE,
K
Avoir Ă la main. Avoir un tnain. '
N" DCCXXI.
\ âą
Pour REMPLAĂANT de, comme, envers, contre, quant Ă , en la place de, au heu de
Pour REMPLAĂANT comme.
Vous ne comptez pour rien les pleurs de Bérénice.
(Racine.)
Il fut laissé ^ottr mort sur le champ de bataille.
(Académie.)
Donner de mauvaises pointes pour des traits
dësprit. (Encyclopédie.)
Tenez pour certain quâil ne rĂ©ussira pas.
(Académib,)
( 787 )
Pour AU HEU u'envers
On passe pour un monstre quand on manque de
reconnaissance pour son pĂšre ou pour un ami de
qui on a reçu quelques secours. (Fénelon.)
La fidélité pour les hommes et la crainte pour les
dieux. . (Fénelon.)
Pour REMPLAĂANT cofitre.
On n'a point pour la mort de dépensŸ 6e Rome. " La saignée est bonne pour la pleurésie
(Grand Vocabulaire français.)
(MoliĂšre.)
Pour AU LIEU DE quant Ă .
Pour moi, je crains les dieux. (FĂ©nelon.) Pour moi, j'ai toujours vu les honnĂȘtes gens asÂŹ
sez tranquilles, mais les fripons assez alertes.
(Bern. de Sainx-Piebre.)
Pour SIGNIFIANT en la place de, aulifu de.
Jâai fait cette rĂ©ponse pour vous. Il monta la garde pour moi. (AcadĂ©mie.)
, (Grand Vocabulaire français.)
Les grammairiens prétendent encore,
Tant les vieux préjugés fascinent leurs regards !
que, comme ses sĆurs, la prĂ©position pour tient la place dâune foule dâautres mots.
Ainsi, selon eux, les prépositions seraient comme des sentinelles qui se remplacent tour
Ă tour, et dont lâune peut bien faire les fonctions de Tautre. Mais comment ne se seraient-
ils pas trompés sur ce point, eux qui se sont trompés sur presque tous les autres, ainsi
qĂŒon a dĂ» le voir dans notre ouvrage, qui est comme lâinventaire de leurs erreurs, de
leurs bévues, de leurs extravagances? Ils ont constamment erré, parce que, suivant Ta-
veugle routine, ils ne se sont occupĂ©s que du matĂ©riel du langage, et qĂŒayant consiÂŹ
dĂ©rĂ© simplement la place que les mots occupent, et non les idĂ©es qĂŒils marquent, ils
ont cru reconnaĂźtre que les uns tenaient la place des autres. Câest-surtout TignorĂąnce de
Tellipse, une des plus simples et des pltis fréquentes figures de la grammaire, qui les a
jetés dans ce chaos.
De* ce que Tusage permet de dire pour VordinairĂ©, vite les grammairiens dâen conÂŹ
clure que dans la phrase suivante de Massillon, et autres semblables ; Les hommes n'admirent
ordinaire que les grands événements, la préposition de tient la place de la préposition
pour. Pauvres gens 1 comme il faut peu de. chose pour leur faire prendre le change!
Parce qĂŒil a plu Ă Massillon de supprimer quelques mots dans sa phrase, de nĂ«st plus
pour rfe. Quelle étrange idéologie, et que Montaigne parlait sensément quand il disait;
<( à la mode de quoi nous sommes instruits, il n'est pas merveille, si les écoliers ni les mai-,
trÚs n'en deviennent pas plus habiles. « Mais, pour Dieu, messieurs les grammairiens, au
lieu de vous marteler le cerveau pour trouver de quel mot la préposition de occupe la
place dans la phrase que nous venons de citer, cherchez donc plutĂŽt Ă en connaĂźtre la
véritable valeur, et vous verrez que celte expression : Les hommes n admirent d'ordinaire,
est une expression elliptique, et que cëst un abrégé de : Les hommes*(dans le cours) de
(Tusage) ordinaire n'admirent f etc. \ -
Il nây a donc aucune espĂšce dâanalogie, sous le rapport de la construction, et non
sous celui du sens, qui est exactement le mĂȘme, entre ces deux expressions pour l'ordiÂŹ
naire et d'ordinaire ; et il faut vraiment aimer Ă se repaĂźtre de chimĂšres pour rapproÂŹ
cher des choses aussi hétérogÚnes. Mais les grammairiens ne sont pas gens à y regarder
de si prĂšs.
. .f
â { 788 )
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Dâordinaire.
â Grmpter comme rien.
Manquer de reconnaiiisaiice envers quelquâun.
Four lâorilinaĂźre.
Compter pour rien.
Manquer He reconnaissance pour son hĂŻenfaĂŻtoar*
Nâ DCCXLIJ. <
>e>©ooâ
Sows EMPLOYĂ pouu moyennant ft'devant.
Sous POĂR moyennaĂźit.
Sous ces conditions.
(Corneille.)
Sous le bon plaisir des Ă©tats. â 5oms celte resÂŹ
triction. (Grand Vocabulaire français.)
Sous POĂR devant.
Lq comte Fleming, grand homme de guerre et de
cabinet, etleLiyonien Patklu, pressaient tous deux
le siĂšge de Riga, sous les yeux du roi. (Voltaire.)
Tout parle au souverain de sa puissance, tout lui
met sans cesse sous Toeil sa gloire et sa puissance.
(Massillon.)
Encore une fois, soMsëà t pour sous, et ne tient la place dâaucun autre mot.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE,
Moyennant le bon plaisir.
Sous le bon plaisir.
N" DCCXLIII.
Sur MIS POUR avec, dans, Ă , au-dessus, contre, par-dessus, quant Ă .
Sur POUR avec, dans.
Et que, les' clefs en main, sur ce seul passeport,
Saint Pierre Ă tous venants devait ouvrir dâabord.
(Boileau.)
Un roi sage, ainsi Dieu lâa prononcĂ© lui-mĂȘme.
Sur la richesse et lâor ne met point son appui.
(Racine.)
Sur POUR Ă .
Hercule, respirant sur le bruit de vos coups,
Déjà de son travail se reposait sur vous. (Boileau.)
DĂ©jĂ on nous menait sur le tombeau dâAnchise.
(Fénelon.)
Sur POUR au-dessus, contre.
Ces vents, depuis trois mois enchaßnés sur nos tÚtes,
DâUion trop longtemps vous ferment le chemin.
(Racine.)
Combien je vais sur moi faire éclater de haines !
(Racine.)
Sut au lieu de par-dessus, quant Ă .
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Sur tous mes frĂšres morts se faisant un passage,
Et de sang.tout couvert, sâĂ©chauffant au carnage.
(Racine.)
Je vois qĂŒun fils perfide, Ă©pris de vos beautĂ©s,
Vous a parlĂ© dâamour, et que vouslâĂ©coutez.
Je vous jette sur lui dans des craintes nouvelles.
(Racine.)
Sur POUR sous.
Le roi, autorisĂ© par les lois de lâĂ©tat, ordonne,
sur peine de la vie, Ă tous les gentilshommes de
monter Ă cheval. (Voltaire.)
ĂŒne ancienne loi, sacrĂ©e parmi les Moscovites, leur
défendait, sous peine de mort, de sortir, de leur
pays sans la permission de leur patriarche.
(Voltaire.)
. ( 789 )
Sur nâa rien Ă faire avec les prĂ©positions avec, dans, Ă , contre, etc., etc. Ces mots
sont destinĂ©s Ă marquer des rapports distincts, et qĂŒil nĂ«st pas permis de confondre.
âŠ
»
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Sur son passeport on le laissa passer. Mettre son appui snr lâor.
OBSERVATIONS SUR LâEMPLOI DE PLUSIEURS PRĂPOSITIONS.
Nâ DCCXLIV
DIFFĂRENCE GĂNĂRALE ENTRE en ET daUS.
En.
Lëffronterie, en France, est un vice à la mode :
Rien nëstplus nécessaire, etriennëstplus commode.
(Lafont.)
Les jeunes veaux sauvages, que Ton enlĂšve Ă leur
mĂšre aux Indes et en Afrique, deviennent en trĂšs-
peu de temps aussi doux que ceux qui sont issus de
races domestiques. (Buffon.)
En, Amérique, ce sont des bisons qui ont une
bosse sur le dos. " {Id.)
LĂ«sprit nĂ«st point du tout ce qĂŒil faut en mĂ©nage.
(MoliĂšre.)
Toute ruse est permise en amour comme en guerre.
(Collin dâHarleville.)
Quâon ne me vante plus FĂ©clat de la gaĂźtĂ©;
Rien nâĂ©gale en pouvoir les pleurs de la beautĂ©.
(Langue.)
Dans.
Dans la France un Martel, en Espagne un Pélage;
Le grand LĂ©on dans Rome armĂ© dâun saint courage.
(Voltaire.)
Dans toute VAfrique, 'dans tout le continent
oriental, les bĆufs sont bossus, parce quâils ont
porté de tout temps des fardeaux sur leurs épaules.
(BĂŒffon.)
Le bĆuf Ă©tait absolument inconnu dans VAmé
rique méridionale. (Jd.)
Dans un ménage il faut de petites querelles.
(Collin dâHarleville.)
Quelque avantage, ami, quâon cherche dans la
[guerre.
Compense-t-il les maux quëlle apporte à la terre ?
(Lemierre.)
HansiepoMvotârattribuĂ© aux intendants, Louis XV
fit des changements désirés. (Anquetil.)
En ui dans ont ceci de commun, qĂŒils indiquent tous les deux une. idĂ©e dâintĂ©rioÂŹ
rité ; et ceci de particulier, que la préposition en se met devant des noms indéfinis, et
la préposition dans devant des noms déterminés. On dit donc avec en\ En France, en
Afrique, en Amérique, en ménage, en guerre, etc. ; et avec dans: Dans la France, dans
VAfrique, dans l'Amérique, dans un ménage, dans la guerre, etc. On verra dans le nu
mĂ©ro suivant que en et dans peuvent aussi quelquefois sâemployer 1 un pour Tautre avec
des noms déterminés.
Il faut bien faire attention quand on emploie dans ou en; car souvent le sens est difÂŹ
fĂ©rent : Etre en campagne, en maison, en Ă©pĂ©e; en robe, nâest pas la mĂȘme chose qu'ĂȘtre
dans la campagne, dans la maison, dans VĂ©pĂ©e, dans la robe. Lâusage et les dictionnaires
feront connaßtre ces différences.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ătre en pays Ă©tranger.
Voyager en France.
Aller en Amérique.
Ătre en bonne compagnie.
Cette femme est belle en déshabillé-
Ătre dans un pays Ă©tranger.
Voyager dans la France.
Aller dans lâĂmĂ©rĂźqne mĂ©ridionale.
Vivre dans une bonne compagnie.
Cette femme est belle dans ce déshabillé.
( 790 ) '
Nâ DCCXLV.
t
En ET dans employĂ©s avec des noms hĂTEDMlNĂS
En.
Le peuple, en es qdi flatte ou choque sa manie,
Trouve de la justice ou de la tyrannie.
(Crébillon.)
Un bon mot en ce siĂšcle est un fort argument,
(De Bernis.)
En un cĆur gĂ©nĂ©reux, de remords combattu.
La honte de la chute affermit sa vsrtu.
(Lafosse.)
. . . En UNE AME bien faite,
Le mĂ©pris suit de prĂšs la faveur qĂčâon rejette.
(MoliĂšre.)
Je sais quel est le peĂčple: on le change en ĂŒn jour,
(Voltaire.)
Le mérite a toujours des charmes éclatants.
Et quiconque peiit tout est aimable en tout temps.
(Corneille.)
Il ne faut point avoir de mollesse en sa vie.
(Regnard.) â
DĂ©risse le mortel, pĂ©risse lĂ« cĆur bas.
Qui, portant dans ses mains le destin des états,
Plein des vils sentiments que lâintĂ©rĂȘt inspire,
Immole Ă sa grandeur le salut dâun empire.
(Saurin.*)
Le cĆur des mortels nâest point fait pour le crime,
Et dĂšs. quâĂ est coupable, il n'a pour sĂ« juger
QĂŒĂ descendre en ldi-mĂȘme, et quâa sâinterroger.
âą (Ducis.)
I! nĂ«st pas rare, quoi qĂŒĂ«n pense Lemare, que les Ă©crivains,fassent usage de la pré
position en aussi bien que de la préposition dans avec des noms* déterminés. On peut
dire, et nos exemples en font assez foi, puisque nous nous sommes attachés à trouver le
mĂȘme complĂ©ment pour chaque prĂ©position, en tout ce qui flatte ou dans tout cc qui flatte,
en ce siĂšcle ou dans ce siĂšcle, en un cĆur gĂ©nĂ©reux ou dans un cĆur gĂ©nĂ©reux, ennotre Ăąme
ou dans notre Ăąme, en un jour ou dans un jour, etc., etc.
Dans.
i
LâĂ©goĂŻste ne voit dan# tout ce quâon appelle
belles actions que des traits de dupe:
(Lacretelle Ă Ăźnd.)
Dans ce siĂšcle coupable Ă quoi sert la vertu ?
(Db Belloy.)
Les grandes passionsnaissentdansunGRAND coeur,
Qui les sent fortement sait en ĂȘtre.vainqĂźieur,
(De Belloy.)
Il est des souvenirs qui portent dans notre ame âą
Une douce langueur, un charme attendrissant.
(Demoustier.)
, . , Tout soldat est grand dans un jour de vic-
(La Harpe.) [toire.
Sachez que dan# un temps si funeste au devoir.
OĂč rien riâcnrichit mieux que lĂ« crimeĂ«i le vice,
La pauvreté souvent est un heureux indice.
(Fabre ĂŒĂglantine.)
, . . Dans LĂ VIE humaine,
Le bonheur, tĂŽt ou tard, fait oublier la peine.
(Collin dâUarleville.)
Lâhomme intrĂ©pide et ferme en ses vastes desseins
Tient toujours,'quand il veut, la fortune en ses
Et des événements il sait se rendre maßtre, [mains.
Le faible les attend; uu grand coeur les fait naĂźtre.
(Blin de Sain moue.)
. . . Nos plaisirs les plus doux
Naissent de notre cĆur, se puisent dans nous-mĂȘmes.
(Ducis.)
EXEnCĂĂE PHRASĂOLOGIQĂE.
ÂŁn ce moment.
En na an.
Dans ce moment.
Dans un an.
ÂŁn cette circonstance.
En un siĂšcle.
Dans cette circonstance.
Dans un siĂšcle.
W DCCXLVI. OB
Dans ET à comparés.
OOOOâ
Dans.
Eli ! qui peut pĂ©nĂ©trer dans le cĆur des humains ?
(Saurin.)
Au fatte dĂŒ bonheur on pousse des soupirs,
Et lâamertume nait dans le sein des plaisirs.
(Longepierre.)
H.
Tant dâespoir nĂ«ntre point aux cĆurs des malheu-
(Crébillon.) [reux.
Je plains le ccĂȘĂŒr siiperhe aw sein de la grandeur;
Il nâaura point dâamis dans les jours du malheur.
(Ghénier.)
( 791 )
Sâil est un sort heĂŒrĂ©iit, câert celui dĂ«n'Ă©poĂŒi
Qui rencontre Ă la fois dans lâobjet qui lâenchante
Une épouse chérie, une amie, une amante :
Quel moyen de nây pas fixer tous ses dĂ©sirs I
li trouve son devoir dans le sein des plaisifs.
(La Chaussée.) '
LâencensĂŽir est ici dans la main des bourreaux.
(Leuierre.)
LâirinocĂ©iit condamnĂ© par des jugĂ©s cĂŽĂ»pĂ bles,
Sous leĂŒr indignĂ© arrĂȘt tombant dĂ©sespĂ©rĂ©.
Va soulever contre eux le tribunal sacré ;
11 paeurt comblé de gloire au sein de i'infamie.
(Chénier.)
La faveur dâun Ă©crit laisse aux mains dâun amant
Des témoins trop constants de noire attachement.
(MoliĂšre.)
Ces citations nous prouvent que souvent dans les mĂȘmes circonstances on emploie la
préposition dans ou la préposition à ; cela a lieu surtout en poésie, quand la mesure le
rend nĂ©cessaire. On peut dire : Entrer dans le cĆur ou au cĆur des malheureux; naĂźtre
dans le sein ou au sein de la grandeur ; laisser dans les mains ou aux mains de quelÂŹ
qu'un, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Voir dans le fond des choses.
Lire dans le cĆur de quelquâun.
Mourir dans le moment du bonheur.
Voir au fond des choses.
Lire.au cĆur de quelquâun.
Mourir au moment du bonheur.
^9 DCCXLYII.
AuprĂšs de, au prix dei
AuprĂšs de.
La femme est lâamie naturelle de lâhomme, et
toute autre amitié esl faible ou suspecte auprÚs de
celle-lĂ . ' (De Donald.)
Que senties peines du corps auprĂšs des tourments
de i'Ă me! Quel feu peut ĂȘtre comparĂ© Ăąu feu des
remords 1 (Chateaubriand.)
Parmi les cris du sang lâamour en vain murmure;
Que sont les passions auprĂšs de la nature?
(De Bellot.) ,
MaĂŻs un gueux qui nâaura que lâesprit pour son lot,
AuprĂšs dâunhommenche,Ă moDgrĂ©, nĂ«stqĂŒunsot.
/Demoustier.)
La terrĂ© nâest qĂŒun point auprĂšs du reste de lâuÂŹ
nivers. (Marmontel.)
Tous les ouvrages de l'homme sont vils et grosÂŹ
siers auprĂšs des moindres ouvrages de la nature,
auprĂšs dâun brin dâherbe, de lâoeil dâune mouche.
(Marmontel.)
Au prix de.
Que lâhomme revenu Ă soi considĂšre ce qu'il est
au prix de ce qui est. (Pascal.)
' »
Que lâhomme considĂšre cette Ă©clatante lumiĂšre
mise comme une larrine éternelle pour éclairer l'u
nivers; que la terre lui paraisse comine un point
au prix du vaste tour que cet astre décrit. [Id.)
Nous avons beau enfler nos conceptions, nous
nâenfantons que des atomes au prix 4e la rĂ©alitĂ© des
choses. {Id.)
.. . BientĂŽt son hĂŽtesse nouvelle,
Le prĂȘchant, lui fit voir qĂŒil Ă©tait du prix dâelle
Un vrai dissipateur, un parfait débauché.
(Boileau.)
LâintĂ©rĂȘt nâest rien au prix du devoir.
(Marmontel.)
Je compte pour rien les infirmités qui me rendent
mourant, au prix de la douleur de nâavoir aucune
nouvelle de madame de Warens. (J.-J. Rousseau.)
AuprĂšs de, au prix de, sont des expressions qĂŒi servent Ă Ă©tablir une comparaison
entre deux objets, et qui marquent chacune une vue particuliÚre de lësprit.
Il faut mettre auprÚs de toutes lÚs fois quën comparant deux choses entre elles, on
veut faire ressortir leur différence en les plaçant réellement ou idéalement à cÎté Tune
de lâautre, abstraction faite de leur valeur respective. Cette maison est grande auprĂšs
DĂ la vĂŽtre, la terre est petite auprĂšs du soleil.
Mais on doit préférer au prix de si, dans les deux objets que Ton compare, on veut
surtout montrer la différence qui existe entre eux sous le rapport de leur valeur, de leur
mérite intrinsÚque; on dira donc. Cette maison ne vaut rien au prix de la mienne;
l'intĂ©rĂȘt n'est rieĂŒ au prix de la vertu. En effet, en sĂ«xprimant ainsi, on a dans la
( 792 ).
pensée que telle maison a pour vous plus de prix que telle ou telle autre ; que la vertu
a pour vous plus de prix que Tintérét.
Au surplus, ori peut voir, en se reportant aux exemples qui précÚdent, que si les deux
objets en comparaison éveillent indifféremment Tidée de prix ou de proximité, le choix
dépend alors de Técrivain.
Lemare nous paraĂźt avoir commis une double erreur en avançant qĂŒaw prix de se
trouve rarement dans les auteurs, et qĂŒil importe peu, dans Temploi de cette locution,*
quâil y ait ou non valeur entre les objets comparĂ©s.
f ' , -
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Votre mal nâest rien auprĂšs du Le cuivre est .vil au prix de lâor. Cette remme est blanche auprĂšs Cette bague nâest rien au prix de ce
sien.' > de cette autre. diamant.
Nâ DCCXLVni. <*>»â
4
PrĂšs de, prĂȘt Ă , prĂȘt de.
PrĂšs de.
Je voudrais que tout homme public, quand il est
prĂšs de faire une grosse sottise, se dtt toujours Ă
lui-mĂšme : L'Europe te regarde! (Voltaire.)
Qui nâest pas gĂ©nĂ©reux est bien prĂšs dâĂȘtre injuste.
(Royou.)
On ne connaĂźt lâimportance d'une action que
quand on est prĂšs de lâexĂ©cuter. (La Fontaine.)
Jour et nuit un bomme de mer est le jouet des
éléments ; le feu est toujours prÚs de consumer son
vaisseau, lâair de le renverser, lâeau de le submerÂŹ
ger, et la terre de le briser.
(Bern. bb Saint-Pierre.)
Ăn conjurĂ© qui tremble est bien prĂšs de pĂ©rir.
(Chénier.) *
. PrĂȘt Ă .
Les Noirs, avec une piĂšce dâĂ©toffe autour des reins,
une lance à la main et un cimeterre au cÎté, sont
prĂȘts Ă tout, en paix comme en guerre..
(Bern. de Saint-Pierre.)
Quelle mĂšre
PrĂȘte Ă perdre son fils, peut le voir et se taire?
(V9LTAIRE.)
La mort ne surprend pas le sage;
Il est toujours prĂȘt Ă partir.
(La Fontaine.)
Ah! quâaisĂ©ment un fils trouve le cĆur d'un pĂšre
PrĂȘt, au moindre remords, Ă calmer sa colĂšre l
: (Th..Corneille.)
Câest pour tous les humains (la religion) la mĂšre la
[plus tendre,
Et son'cĆur en tout temps est prĂȘt Ă nous entendre.
(Chénier.)
Lâamour dâun musulman est un amour impie,
Toujours prĂȘt, dans sa rage, Ă dĂ©truire l'autel
OĂč son respect brĂ»lait un encens solennel.
(Langue.)
PrĂȘt de.
Nous Ă©tions prĂȘts d'arriver quand la curiositĂ© me
prit. (Montbsqdieu.)
Nérestan ne revenait pas de France. Zaïre ne
voyaifquâOrosmane et son amour : elle Ă©tait prĂ©fe
dâĂ©pouser'le sultan lorsque le jeune Français arriva.
(Voltaire.)
Le cĆur nĂ«st quĂ«ffleurĂ©, pour lâordinair.e, des
plaintes dâune amante; mais il est profondĂ©ment
attendri de la douloureux situation dâune mĂšre
prĂȘte de perd/fe son fils.- (/d.)
M. Ménius et Q. Pétilius, quoique tous deux tri
buns du peuple, reprĂ©sentĂšrent qĂŒil fallait comÂŹ
mencer par sĂ©parer les intĂ©rĂȘts du peuple de ceux
de Maniius; qĂŒils Ă©taient prĂȘts de se rendre ses
accusateurs, comme dâun homme qui affectait la
tyrannie. ^ (Vertot.)
Qu'on rappelle mon fils, qĂŒil vienne se dĂ©fendre,
QĂŒil vienne me parler, je suis prĂȘt de lâentendre.
(Racine.)
Et les chefs de TĂ©tat, tout prĂȘts de prononcer,
Me font entre nous deux lâhonneur de balancer.
(Voltaire.)
Ils se craignent lâun lâautrĂ©; et tout prĂȘts dâĂ©clater,
Quelque intĂ©rĂȘt secret semble les arrĂȘter, [Id.)
Ce peuple, qui tant de fois a répandu son sang
pour la patrie, est encore prĂȘt de suivre les consuls.
(Vertot.)
Leur avarice, leur orgueil, les porteront Ă peindre
les Marattes comme des voisins inquiets toujours
prĂȘts dâenvahir Bombay. ^Raynal.)
( 793 ) '
- ' k
PrĂšs de, prĂȘt Ă , prĂȘt de, sont trois expressions qĂŒil ne faut pas confondre, du moins
les deux premiĂšres. â -
PrĂšs de signifie 5wr le point de; prĂȘt Ă signifie disposĂ©, prĂ©parĂ©, rĂ©signĂ© Ă ; prĂȘt de est
employĂ© dans les deux sens, ainsi que lâattestent nos exemples appuyĂ©s de TautoritĂ© des
meilleurs Ă©crivains. Croit-on que cela arrĂȘte Lemare? Nullement. Lemare ne veut pas
de prĂȘt de, et parlant il condamne avec Laveaux toutes les phrases oĂč cette locution
est employĂ©e. Vantez-vous donc aprĂšs cela, Lemare, dâavoir fait la Grammaire des auÂŹ
teurs, vous qui semblez prendre Ă tĂąche de les censurer, et souvent injustement, comme
dans cette circonstance I Ce quâil y avait Ă dire de raisonnable Ă cet Ă©gard, Boniface Ta
dit, et nous ne ferons que le rĂ©pĂ©ter aprĂšs lui. PrĂȘt de est peu usitĂ© aujourdâhui ; mais
ce nëst'point une faute : on trouve cette expression dans tous les bons écrivains du
siĂšcle de Louis XIV. Dâailleurs Tanalyse peut la justifier. PrĂȘt de T entendre est ellipÂŹ
tique, et la construction pleine est: PrĂȘt (d Vacte, Ă Vaction) de Ventendre.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
Pria de parler. PrĂȘt Ă parler. , PrĂšs de rnonm. PrĂȘt Ă monrir.
PlrĂši de frapper. â PirĂȘt Ă frapper. PrĂšs dâĂ©clater. PrĂȘt Ă Ă©clater.
Nâ DCC3XIX.
ĂuprĂšs de, prĂšs de.
AuprĂšs de.
Tout semblait, je Tavoue, esclave auprĂšs de lui,
(Voltairb.)
Ăh I si la solitude est douce en elle-mĂȘme.
Je sens quëlle est plus douce auprÚs de ce quën aime.
(Collin ĂŒHarleville.) .
Au sein de ses amis, auprĂšs de ses-parents,
Les plaisirs sont plus doux et les malheurs plus
(Delille.) [grands.
0 P
Le bel esprit sâĂ©clipse auprĂšs de la raison.
(Arnault.)
Le pavillon dâAntoine est auprĂšs du rivage.
(Voltaire.)
PrĂšs de,
11 restaU prĂšs de lui ceux dont la tendre enfance
Nâavait que la faiblesse et des pleurs pour dĂ©fense.
(Voltaire.)
Sa voix (de la nature) trop rarement se fait entendre
[aux rois,
Et prĂšs des passions le sang nâa point de droits.
Ud.)
De ses destins, Nadab, votre esclave incertaine
Accourt à votre voix prés de cette fontaine.
(Chateaubriand.)
Seigneur, Cicéron vient prÚs de ce lieu fatal'.
(Voltaire.) ^
Ces deux locutions prĂ©positives awj^rĂšs de eiprĂȘs de expriment Tune et Tautre une idĂ©e
de proximitĂ©, soit au propre, soit au figurĂ©, et bien quâelles soient employĂ©es presque
arbitrairement, âsurtout en poĂ©sie, on peut dire que auprĂšs indique gĂ©nĂ©ralement un plus
Ă©troit voisinage. Ainsi, demeurer prĂšs de V Ă©glise, câest y demeurer Ă quelque distance;
demeurer auprĂšs de VĂ©glise, câest y demeurer tout Ă cĂŽtĂ©.
Dans le discours familier on peut supprimer la préposition de dans prÚs de, si le com
plément est de plusieurs syllabes. On dit encore : PrÚs le Luxembourg, prÚs Saint-Roch,
prÚs la fontaine. Cette ellipse est entiÚrement consacrée dans les expressions suivantes :
Ambassadeur prÚs la cour d'Espagne, Passy prÚs Paris, etç.
On ne doit pas aujourdâhui so servir de prĂšs de dans le sens de en comparaison de, et
ainsi ce passage de Racine nâest pas Ă imiter :
Pour vous régler sur eux, que sont-ils prÚs de vous?
En pareille circonstance, on dit auprÚs de. Voyez auprÚs de et au prix de comparés.
100
lĂŻ ester ftwprfes de quelqu'un.
f 794 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Demeurer prĂšs do quelqu'un. Solliciter auprĂšs de quelquâun. Venir prĂšs de quelqu'un.
r DCCL. ««*».«
AprĂšs ET d'aprĂšs.
AprĂšs. '
En courant aprĂšs le plaisir, on attrape la douleur.
(Montesouied.)
La gloire est plus solide aprĂšs la calomnie,
Et brille dâautant mieux qĂŒelle sâen vit ternie.
(Corneille.)
... AprĂšs la bienfaisance, .
Le plus grand des plaisirs, cëst la reconnaissance^
(De BëIloy.)
La raillerie est belle aprĂšs une victoire;
On la fait avec grĂące, aussi bien qĂŒavec gloire,
(Corneille.)
Lâamour nĂ«st que plus doux aprĂšs ces dĂ©mĂȘlĂ©s,
Et lĂ«n sâen aime mieux de sâĂȘtre un peu brouillĂ©s.
(Quinault.)
DâaprĂšs.
L'hĂŽtnme ĂŒa rien imaginĂ© de lui*mĂȘme, et il ĂŒa
dĂ©veloppĂ© son intelligence que dâaprĂšs celle de la
nature. (Bern. de Saint-Pierre.)
Il faut apprĂ©cier les systĂšmes dâaprĂšs leur inÂŹ
fluence sur es peuples; quelle nation moderne peut
se dire au-dessus des Grecs et des Romains?
(J.-J. Rousseau.)
t
Faute de bas, passant le jour au lit,
Sans couverture, ainsi que sans habit,
Je fredonnais des vers sur la paresse :
DâaprĂšs Chaulieu je Vantais la mollesse.
(Voltaire.)
AprÚs exprime une pure et simple idée de postériorité : aprÚs ße plaisir, aprÚs la ca
lomnie, APRĂS unevict&ire, etc. D'aprĂšs, outre la postĂ©rioritĂ©, indique encore une idĂ©e
de cause, dâorigine: dâapbĂšs la nature, d'aprĂšs l'influence des systĂšmes, etc. Quand BerÂŹ
nardin de Saint-Pierre dit que Thomme a dĂ©veloppĂ© son intelligence dâaprĂšs celle de la
nature, il fait entendre non seulement que Tune est arrivée aprÚs Tautre/ mais aussi que
la seconde a servi de prototype Ă la premiĂšre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Kaciue est venu aprĂšs Corneille.
On jugo des choses dâaprĂšs ka thaniĂšre de voir.
DCCLI.
Jmnt, devant.
Avant.
... Dans ce pays-lĂ (la cour), mon neveu, sois certain
Que, fĂ»t-on Ă©veillĂ© longtemps avant lâaurore.
En arrivant, on trouve encore
'Dâautres gens levĂ©s plus matin.
(Imbert.)
Ces gens, auanf lâhymen, si fĂącheux et critiques.
DégénÚrent souvent en maris pacifiques.
(MoliĂšre.)
Un minisire honnĂȘte homme et qui fait son devoir
Fst lui-mĂȘme accablĂ© sous un si grand pouvoir:
Quoique avant le soleil tous les jours il se lĂšve.
Jusqu'Ă ce qĂŒil se couche il ĂŒa ni paix pi trĂȘve.
(Boursault.)
Devant.
Eh ! si de la vertu, premier de leurs bienfaits.
Un précipice affreux sépare les forfaits,
Le remords franchissant c^ intervalle immense,
Devant cesdieux, peut-ĂȘtre, est encor lâinnocence.
(Chénier.)
... Si je connais bien ce. Dieu, mon seul appui,
Les cultes différents sont égaux devant lui.
' {td.)
Lâinfortune, en secret se nourrissant de pleurs,
Saura quâil est un Dieu, tĂ©moin de ses douleurs,
QĂŒil faut se rĂ©signer devant la Providence;
Et qĂŒii nâest jamais temps de perdre lâespĂ©rance.
[Id.)
Avant et devant marquent tous les deux une idĂ©e dâantĂ©rioritĂ© ; mais ce qui les cĂąrac-
( 795 )
lĂ©rise, cĂ«st qu'avant a gĂ©nĂ©ralement rapport aĂŒ temps, et devant au lieu. Dans les exemÂŹ
ples qui précÚdent, devant signifie en face, en présence de.
On peut dire, suivant les vues de lësprit : je marche avant vous ou je marche devant
vous. Dans le premier cas, on exprime une idĂ©e de prĂ©sĂ©ance, une prioritĂ© dâordre ; dans
le second cas, on fait entendre simplement une idée de situation. On dit quëii marche
plutĂŽt devant qĂŒaprĂšs. Ce raisonnement est applicable Ă tous les cas semblables.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. '
Venir au monde avant quelquâun.
Se plarcr avant quelquâun,
âLes rois marchent avant les princes.
Lâadjeclif se met avant le suhslantif.
Venir se placer devant quelquâun.
Trembler devant la justice divine.
Les rois marchaient devant les princes.
Lâajectii se met devant lea substantifs.
^ DCCLII.
Ăntre, parmi.
aS^DOooo-'.'
Entre.
Un magistrat intÚgre peut se trouver placé entre
la haine dâun preniier ministre et le mĂ©pris de la
nation ; mais il ne peut balancer.
(Malesherbes.)
SÎn époux la retient tremblante entre ses bras.
(Voltaire.)
Ainsi donc ce malheureux enfant
Retombe entreses mains etmeurtprĂȘsque eanaĂźssant.
â {Jd.)
Parmii
Parmiles cris dĂŒ sang, Tamour eri vain murmure;
Que sont les passions auprĂšs dc la nature?
(De Belloy.)
Ahl parmi ces flatteurs, Ă©mules dâinfamie,
Une tĂȘte innocente est bientĂŽt ennĂ©inle. (ChĂ©nier.)
Que la loi rĂšgne seule, et fonde parmi nous
Le bonheur de Tétat sur la grandeur de tous.
{Id.)
Il fautpdrm le monde une^ertĂŒ traitable;
A force de sagesse on peĂŒt ĂŽĂźra blĂąmable.
Entre sëmploie quand il nëst question que de deux : entre ses mains, entre ses bras,
entre lui et moi.
Parmi se dit dĂ«ne collection dâobjets et demande toujours aprĂšs lui soit un substantif
pluriel, soit un nom collectif: Parmi les hommes, parmi le monde. Cëst donc avec raison
que Voltaire, dans ses commentaires sur Corneille, a blùmé ce passage :
Parmi ce grand amour que jâavais pour SĂ©vĂšre,
Jâattendais un Ă©poux de la maiu de moii pĂšfĂȘ.
a Parmi ce grand amour est un solécisme, dit Voltaire. Parmi demande toujours un
pluriel ou un nom collectif. » ,
11 est des cas oĂč Ton peut faire indiffĂ©remment usage de entre ou de parmi quand le
complément est un pluriel ; témoin ces autres exemples :
Entre.
' Lâamour entre les rois ne fait pas ThymĂ©nĂ© ; â
Et les raisons dâĂ©tat, plus fortes que ses nĆuds.
Trouvent bien les moyens dâen Ă©teindre les feux.
(Corneille.)
La haine entre les grands se calme rarement;
La paix souvent nây sert que d'un amusement.
[Id.)
... Il est bien permis
De brouiller entre eux ses ennemis.
(Collin ĂŒâHarleyille.)
Parmi.
Dans les grands corps on a vu de tout temps
Se glisser des fripons parmi dâhonnĂȘtes gens.
(BoĂŒrsaĂŒlt.)
... Une juste pri^e
J^amt les gens dâhonneur ne se refuse guĂšre.
(Scarron.),-
Orbassan, qĂŒil ne soit qĂŒun parti parmi nous,
Celui du bien public et du salut de tous.
(Voltaire.)
Une derniĂšre remarque Ă faire, câest quâon nâĂ©lide pas Ve final de la prĂ©position entre
9
( 790 )
quand le mot suivant commence par une voyelle. Ainsi il faut écrire entre eux, entre
elles, entre autres, entre amis, etc.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Entre nous deux.
Entre ces deux amis.
Parmi les hommes.
Parmi la foule.
K DCCLin.
Vers, devers.
Vers.
Mentor courut vers la porte de sa tente pour la
faire ouvrir. (Fénelon.)
Le merle noir vole en sifflant vers la cerise pourÂŹ
prée, et le taureau, semblable à un rocher, mugit
de joie Ă la vue des prairies en fleurs. .
(Bern. de Saint-Pierre.)
Le papier a été inventé vers la fin du quatorziÚme
siĂšcle, et rimprimerie vers le milieu du quinziĂšme.
(Cité par Lemare.)
Devers.
Plus que jamais confus, humilié,
Devers Paris je mën revins à pied.
(Voltaire.)
Cëst ainsi devers Caen que tout Normand raisonne.
(Boileau.)
/
Il entendit devers le bois voisin.
Bruit de chevaux et grand cliquetis d'armes.
(Voltaire.)
Vers ne se construit quâavec des noms qui indiquent le lieu ou le temps : Vers la porte,
vers le quatorziĂšme siĂšcle. Ce serait une faute aujourdâhui dâemployer cette prĂ©position
dans le sens d'envers.
Devers est un coup de pinceau de plus que vers. ĂŻl a vieilli, dit-on ; il nâest point vieux
quand il est bien employĂ©. C'est ainsi devers Caen, câest-Ă -dire du cĂŽtĂ© de Caen, dans
les environs de Caen. Vers Caen ne serait plus la mĂȘme chose.
Devers se joint quelquefois avec la prĂ©position par, et alors il nĂ«st guĂšre dâusage
quâavec lesânoms personnels; exemples ;
Retenir des papiers par devers soi. (Académie.)
Avoir le bon bout par devers soi. [Id.)
11 n'y avait guĂšre dâhomme considĂ©rable qui nëût
par devers lui quelque prédiction qui lui promet
tait lâempire. (Montesquieu.)
EXERCICE phraséologique.
Yen Paris.
Vew Ly on.
Vers le quatorziĂšme siĂšcle.
Vers lo seiziĂšme siĂšcle.
Devers Paris.
Devers Caen.
Par devers mnĂź.
Par devers nous.
Nâ DCCLIY.
A peine, avec peine.
A peine.
*
Ăź.e jour naissant Ă peine a blanchi les coteaux,
(Delille, trad. de IâĂneide.)
Eh bien ! vous le voulez ; vous choisissez ma haine,
Vous lâaurez; et dĂ©jĂ je la retiens Ă peine.
â^(Voltaire.)
QĂŒil est doux, quand le cĆur, de ses ennuis pressĂ©.
LÚve à peine le poids dont il est oppressé,
De rencontrer un cĆur qui sente nos alarmes,
Qui plaigne nos douleurs et s'unisse Ă nos larmes Ăź
(Ducis.)
Avec peine.
On rĂ©siste avec peine Ă lâaccent des remords.
(ĂUCIS.)
Dans un cĆur corrompu quand le vice a pris place.
Câest avec peine quâon lĂ«n chasse.
(Aubert.)^
Il faut au fond des cĆurs vous faire un hĂ©ritage.
Leur conquĂȘte ĂŒest pas l'ouvrage dâun moment :
On les gagne avec peine; on les perd aiseriicnt.
(La Chaussée.)
( 797 )
A peine dans ces lieux je crois ce que jâai vu.
(Voltairb.)
Les faibles idées du christianisme, tracées d peine
dans le cĆur de ZaĂŻre, sâĂ©vanouirent bientĂŽt Ă la
vue du Soudan. (fd-)
On acquiert la faveur dĂŒ prince avecpeine; on la
conserve avec inquiétude; on la perd avec désespoir.
(Montesquieu.)
ïl suffßt de lire ces citations pour sentir la différence de signification entre les expres
sions Ă peine et avecpeine. Ă peirie veut dire d'une maniĂšre insensible, presquepas : Le jour
naissait A peine, cëst-à -dire d'une maniÚre insensible, presque pas. Avec peine signifie
péniblement, difficilement : On résiste avec peine, çëst-à -dire péniblement, diffici^
lement.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
n se défendit à peine.
Il le snirait avec peine.
A peine nous eut'il parlé que... Ils obtinrent grùce arec peine.
N" DCCLV.
Durant, pendant.
Durant.
Je ne peux plus retrouver que bien rarement les
chĂšres extases qui, durant cinquante ans, mâa-
. vaient tenu lieu de fortune et de gloire.
(Ji-J. Rousseau.)
Certes,' l'on peut dire de M. de Turenne que
la gloire qui Ta suivi durĂ nt toute sa vie Ta accomÂŹ
pagné jusque aprÚs sa mort. (Fléchier.)
Durant Tabsence des chasseurs, les habitants de
la colonie sâĂ©taient, rĂ©pandus dans les villages inÂŹ
diens; des aventuriers sans mĆurs, des soldats dans
lâivresse, avaient insultĂ© les femmes.
(Chateaubriand.)
Pendant.
Une famille vertueuse est un vaisseau tenu penÂŹ
dant la tempĂȘte par deux ancres, la religion et les
mĆurs. (Montesquieu.)
I
Aller le soir entendre de la bonne musique, câest
accorderun juste dédommagement aux oreilles pour
tout ce qĂŒelles ont Ă souffrir pendant la journĂ©e.
(De Lévis.)
Eu hiver, pendantla neige, on ne peut pas courre
le cerf, les limiers nâont point de sentiment, et semÂŹ
blent suivre les voies plutĂŽt Ă TĆil quâĂ Todorat.
â(Buffon.)
Durant exprime un temps de durĂ©e, et qui sâadapte dans toute son Ă©tendue Ă la chose
*Ă laquelle on le joint. Pendant ne fait entendre qĂŒun temps dâĂ©poque, qĂŒon nâunit pas
dans toute son Ă©tendue, mais seulement dans quelquâune de ses parties. Nonobstant
cette diffĂ©rence donnĂ©e par les traitĂ©s de synonymes, ces deux mots sâemploient souÂŹ
vent Tun pour Tautre. On peut dire durant cinquante ans ou pendant.cinquante ans, duÂŹ
rant la tempĂȘte ou pendant la tempĂȘte; durant VĂ©tĂ©, durant Vhiver, ou pendant rĂ©tĂ©,
pendant *V hiver.
Une remarque trĂšs-essentielle Ă faire entre pendant et durant, câest qĂŒavec le premier
le complĂ©ment vient toujours aprĂšs, au lieu qĂŒavec le second il peut quelquefois le prĂ©^-
cĂ©der. Voici deux exĂ©mples oĂč avec durant le complĂ©ment se trouve transportĂ© devant
la préposition : '
Si un artisan Ă©tait sĂ»r de rĂȘver.toutes les nuits,
douze heures durant, quâil est roi, je crois qĂŒil seÂŹ
rait presque aussi heureux qu'un roi qui rĂȘverait,
douze heures durant, quâil est artisan.
(Pascal.)
Il fut convenu que lâhĂ©ritiĂšre de Raymond VII
épouserait Alphonse, le troisiÚme fils de Louis VIII,
et que le pĂšre de la princesse jouirait, sa vie durant,
de son comté. (Anquetil.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Ces troupes Ă©taient restĂ©es cantonnĂ©es garant tont FhĂTor*
Ces trottpes tinrent garnison pendant quelc[uc:j mois.
f 798 )
S
N" DCCLTI.
Jusque, jusques.
Jusque.
Jusque sur les autels on dojt pupir le crime.
(GĂŒymohd pK LA Touche.)
... Certains préjugés, sucés avec le lait,
Deviennent nos tyrans jwsgwe dans la vieillesse.
(CnĂBILLON.)
Les hommes ont la volonté de rendre service ywsr
qu'Ă ce quâils en aient le pouvoir.
(Vauvenargues.)
La bonne comédie fut ignorée jwsgw'd-Moliérc,
comme lâart dâexprimer sur le théùtre des sentiments
vrais et dĂ©licats fut ignorĂ© jusgĂŒd Racine.
. (Voltaire.)
Jusques.
ĂŒn mot ne fait pas voir jwsgwes au fond de lâĂąme.
(CORNEILLK.)
Jusques Ă quanti, Romains,
Voulez-vous profaner tous les droits des humains?
(Voltaire.)
Jâai poussĂ© la vertu jusgues Ă la rudesse.
* (Racine.)
... PercĂ© jMsgwes au fond du cĆur
Dâune atteinte imprĂ©vue aussi bien que mortelle.
(Corneille.)
Cette nouvelle nâĂ©tait pas encore venue jusques Ă
nous. (Académie.)
Jusque se joint presque toujours à une préposition, Si elle commence par une con
sonne, qn écrit jwsgwe sans s: jusque sur les autels, jusque dans la vieillesse; mais si
elle commence par une voyelle,gwsgwe sâĂ©crit avec ou sans s: jusqu'Ă MoliĂšre, jusqu'Ă
Racine; jusques au fond dé l'ùme, jusques à quand. En prose, cëst lëreille qui en dé-'
eide; en poésie, cëst la mesure du vers. On élide lë jusque devant une voyelle, si'
lâon Ă©crit ce mot sans s.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Jusqaé sur nous.
JusquâĂ Paris.
Jusques Ă nous.
Jusques Ă Rome.
N- DCCLTII
Ă travers, au travers.
A travers.
Un roi ne voit le peuple quâĂ travers le prisme
BRILLANT DE LA COUR; Comment devinerait-il la
misÚre sous les riches couleurs qu'il y réfléchit?
(Malesherbes.)
On a beau se cather sous un dehors austĂšre.
Un penchant malheureux porte son caractĂšre :
Il paraßt à Iraoers le plus sombre détour.
On laisse.apercevoir cc quâon doit ĂȘtre un jour.
(La Chaussée.)
Le sable de la mer Caspienne est si subtil, que
les Turcs disent en proverbe quâil pĂ©nĂštre Ă travers
LA COQUE dâun OEUB.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Lâhomme marche Ă travers une nuit importune.
(Chateaubriand.)
Au travers.^
t
Calypso, plus furieuse qĂŒune lionne Ă qui on a
enlevĂ© ses petits, courait au travers de la forĂȘt
sans suivre aucun chemin. (Fénelon.)
Je ne sais quoi de divin coule sans cesse au traÂŹ
vers de LEURS COEURS, comme un torrent de la diÂŹ
vinitĂ© mĂȘme qui sâunit Ă eux. ' (/d.)
Je le voyais encore né.inmoins au travers des
FLAMMES, avec un visage aussi serein que sâil eĂ»t
Ă©tĂ©âcouronnĂ© deâfleurs et couvert de parfums.
iid.) ^
Au travers des pĂ©rils un grand cĆur sc fait jour.
.(Racine.)
Nous passùmes aw travers des écueils, et nous
vĂźmes de prĂšs toutes les horreurs" de la mort.
(Fénelon.)
Ă travers, comme on voit, est suivi d'un simple complĂ©ment : Ă travers la forĂȘt. Au
travers, au contraire, exige la préposition de devant son complément: aw travers de la
forĂȘt: telle est la rĂšgle gĂ©nĂ©rale et on peut dire invariable. Cependant, comme Tob-
799 )
serve avec raison Boniface, si le complément qui suit à travers était pris dans un sens
partitif, force serait alors de faire usage de la préposition de. On dirait donc ; ils pas
sÚrent a trayers DES JARDINS, comme Bossuet a dit: Il porta ses armes redoutées a
TRAVERS DES espaces immenses dç terre et dç mer.
Maintenant il sâagit de savoir si la diffĂ©rence Ă©tablie par les grammairiens entre les
deux expressions à travers et au travers est bien fondée en raison. Selon eux, on doit
se servir de la premiĂšre, lorsquâil nây a aucune difficultĂ© de passer; de la seconde ,
quand il y a un obstacle à vaincre. Nous croyons encore ici la perspicacité des gram
mairiens en dĂ©faut. Dâabord nos exemples ne viennent guĂšre justifier celte distinction ,
et ce qui achĂšve de nous faire croire qĂŒelle est illusoire et entiĂšrement contre lâusage,
câest qĂŒon trouve dans le Dictionnaire de lâAcadĂ©mie: se faire jour a trayrrs les enÂŹ
nemis et au travers des ennemis. Ainsi donc quâil y ait ou non obstacle, on peut
dire Ă travers la forĂȘt ou au travers de la forĂȘt.
Dans les deux passages suivants on voit qĂŒĂ travers ou au travers peuvent aussi
quelquefois sâemployer sans complĂ©ment.
Les lois sont comme les toiles dâaraignĂ©e, les peÂŹ
tits insectes sây prennent, les gros passent Ă Jravers/
(Barthélémy.)
Le mensonge est transparent; avec de Tattention,
on peut voir au travers; mais Ja vérité, de quelque
cĂŽtĂ© qĂŒon la regarde, est toujours lĂ mĂȘme.
(Pensée.DE SénÚque.)
- EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
A travers la forĂȘt.
Ă travers les vitres.
Au travers de la forĂȘt.
Au travers des vitres.
A travers les ennemis.
A travers la toile.
An travers dc.s ennemis.
Au travers de Ja toile.
Nâ bCCLYIlI.
*
Envers, vis-Ă -^is.
Envers.
Lâabstinence du mal envers les bĂȘles est le preÂŹ
mier exercice du bien envers les hommes.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Tous tant que nous sommes,
Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous,
Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hom-
(La Fontaine.) [mes.
Une triste expĂ©rience atteste Ă tous les pays et Ă
tous les siĂšcles que le genre humain est injuste enÂŹ
vers les grands hommes. (Thomas.)
La royauté est un ministÚre de religion envers
Dieu; de justice envers les peuples, de charité en
vers les misérables, de sévérité envers les méchants,
de tendresse envers les bons. (Fléchier.)
Vis-Ă -vis.
AU PROPRE.
On connaßt fort bien, en présentant la fleur de
pois vts-d-uts TĆil, si on la tient dans sa situation
naturelle ou si on la renverse. (J.-J. Rousseau.)
Je mâassis sur'un petit banc de gazon et de trĂšfle,
Ă Tombre dâun pommier en fleurs, vts-d-vts une
ruche dont les abeilles voltigeaient en bourdonnant
de tous cÎtés. (Bern. de Saint-Pierre.)
Je mâarrĂȘtai au premier ruisseau quâon trouve
aprÚs avoir passé les deux riviÚres Noires: il se jette
Ă la mer vis-Ă -vis un petit Ăźlot. {Id.)
I
Quand on est tout seul vis-Ă -vis de Tinfini, on est
bien pauvre. (Voltaire.)
JâĂ©tais, sur les six heures, Ă la descente de MĂ©iĂŻil-
montant, presque vis-Ă -vis du Galant-Jardinier.
(J.-J. Rousseau.)
AU FIGURE,"
Le vrai dĂ©vot est un parfait honnĂȘte homme vis-
Ă -vis de Dieu, des hommes et de lui-mĂȘme.
(DâArconville.)
Des preuves administrées de celte maniÚre par
des gens si passionnés, perdent toute autorité dans
mon esprit vis-Ă -vis de vos observatiĂŽns.
(J.-J, Rousseau.)
SitĂŽt quâindĂ©pendamment des lois, un homme en
prétend soumettre un autre à sa volonté privée, i!
sort Ă lâinstant de lâĂ©tat de sociĂ©tĂ© et se met vis-Ă -vis
de lui dans Tétat de nature. {Id.)
Je vois avec déplaisir la continuation de vos pUiin-
tes vis-dëis de nos deux confrÚres. {Id.)
Le souverain n'a qĂŒun seul devoir Ă remplir vis-
Ă -vis do lâĂ©tat, câçfit de faire observer la loi.
(Napoléon.)
( 800 )
Envers ne présente aucune difficulté dans son emploi; cette préposition signifie à Vé-
gard de : agir bien envers quelqu'un, cëst agir bien à Végard de quelqu'un.
Vis-à -vis a deux sens Au propre, cette préposilion désigne le rapport de deux objets
qui sont en vue Tun de Tautre»; elle signifie en face, à Vopposite, et se construit *avec ou
sans la préposition de, quand son complément nëst pas un monosyllabe. On dit vis-à -
vis de l'église ou vis-à -vis l'église, vis-à -vis de la fontaine, ou vis-à -vis la fontaine. Mais
il faut toujours dire avec de: vis-Ă -vis de moi, vis-Ă -vis de lui, etc. Ău figurĂ©, vis-Ă -vis
signifie envers, Ă l'Ă©gard de, et est dâun frĂ©quent emploi dans ce sens, malgrĂ© TanathĂšme
lancĂ© contre cette expression par tous les grammairiens et par Voltaire lui-mĂȘme. On
dit trĂšs-bien aujourdâhui :vis-Ă ^is du Roi, vis-Ă -vis des Ministres, pour envers le Roi,
envers les Ministres. Lâusage Ta emportĂ©, et grammairiens et Ă©crivains doivent se sou-
luettre Ă ses lois.
Envers moi.-
Vis-Ă -vis lâĂ©glise.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Envers Jui.
Vis-Ă -ris delâĂ©glise.
Envers les hommes.
Vis-Ă -vis du roi.
Envers nous.
Vis-à -vis des étrangers.
DCCLIX.
Voici, voilĂ .
1.
Que le monde est grand el spacieux !
FoilĂ les Apennins, et voici le Caucase,
Me voici dans Charonne, et voici le logis
OĂč lâamour nous conduit : gardons d'Ă©tre surpris.
(Regnard.)
Voici et voilà sont des mots formés du verbe voir et des adverbes ici et Zà . Il y a donc la
mĂȘme diffĂ©rence entre voici et voilĂ quâentre ici et lĂ . Voici dĂ©signe le lieu le plus proche ;
toßZà , le lieu le plus éloigné : Fotci le Caucase, voilà les Apennins.
IL
Hoici.
Voici le code de Tégoïste ; tout pour lui, rien
pour les autres. (Sanial Dubay.)
Voici trois médecins qui ne nous trompent pas
Gaßté, doux exercice et modeste repas.
Voici qui vous surprendra, mon cher Thiriot;
cëst une lettre en français. (Voltaire.)
FotiĂ .
Hélas 1 de Tavenir, vains juges que nous sommes,
Ignorer et souffrir, voilĂ le sort des hommes!
(Delille.)
Les arts sont un besoin de Tesprit et du cĆur,
Aimer et sëccuper, voilà le vrai bonheur.
(Demodstiek.)
Veiller, régner sur soi, fuir ou vaincre le vice,
.VoilĂ de la vertu le plus noble exercice.
(Ducis.)
Dans la premiĂšre colonne, voici indique ce qĂŒon va dire; dans la seconde, voißà inÂŹ
dique ce qui vient dâĂȘlre dit.
III.
Voici.
Me voici dans le charmant pays de Vaud; je suis
au bord du lac de GenĂšve. (De Boufflers.)
Foi7d.
Les neiges sont sur nos montagnes, etinevotlĂ
redevenu aveugle, Dieu soit béni!
(Voltaire.)
Lorsquâil nây a point dâopposition Ă marquer, on peut ad libitum se servir de voici ou
de voiZà , et dire me voici arrivé ou me voilà arrivé. _
(801 )
On dit aussi revoici, revoilĂ v
Les revoilĂ sur Tonde ainsi qu'auparavant.
(La Fontaine.)
de Sévigné, MoliÚre,.Voltaire, etc., en offrent de nombreux exemples. Boiste a
tort de regarder ces prépositions comme inusitées.
*â
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Voici votre propriété, voilà la mienne.
Voici le frÚre aßné, voilà le cadet.
Voici le mobile de tout ; lâargent-
Me voici Ă votre disposition.
â ' r t
L'intĂ©rĂȘt : voila le mobile de tout.
Me voilĂ Ă votre disposition.
r DCCLX.
Sept Ă huit cents personnes, sept ou huit pĂšrsonnes
AVEC a.
Si les ennemis viennent de perdre une bataille oĂč
ßl soit demeuré sur la place quelque neufxdix 'mille
hommes des leurs, il en compte jusquâĂ trente mille,
ni plus ni moins. (La BruyĂšre.)
On a pris aux Allemands sept a huit cents hommes.
(Boilead.)
Les chevaux de Perse sont si bons marcheurs,
quâils font trĂšs-aisĂ©ment sept a huit lieues de cheÂŹ
min sans s'arrĂȘter. (Buffon.)
Les enfants ùgés de dix a douze ans sont suscep
tibles de raisonnements beaucoup plus étendus,
(Bern. de Saint-Pierre.)
Les cocotiers des Iles Séchelles, et les talepotes
de Ceylan, ont des feuilles de douze a quinze pieds
de long et de sept a huit de largeur. (/d.)
AVEC OM.
âą Nous sommes si vains, que Testime de cinq ou
six personnes qui nous environnent nous amuse et
nous contente. (Pascal.)
Je suis étonné de voir jusques à sept ou huit per
sonnes se rassembler sous un mĂȘme toit. '
(La BruyĂšre.)
La tigresse produit, comme la lionne, quatre oo
cinq petits. (Buffon.)
Les deux, jeunes bergĂšres voyaient Ă dix pas
dâelles cinq ou six chĂšvres. (La Fontaine.)
Il y avait dans la maison du paysan oĂč je logeais
cinq ou six femmes et autant dënfants qui s'y
étaient réfugiés. (Bern. de Saint-Pierre.)
DâaprĂšs ces exemples entiĂšrement conformes au principe des grammairiens, il faut
dire il y avait sept a huit cents personnes; yëi fait sept a huit lieues, et il y
avait SEPT ou huit femmes; cette piĂšce a deux ou trois actes.
Dans le premier cas, on fait usage de la prĂ©position Ă , parce quâil y a une sĂ©rie, un
espace Ă parcourir, et que cent personnes, une lieue, sont susceptibles dâĂȘtre divisĂ©es-
Dans ce cas mĂȘme on peut aussi employer la conjonction ou; exemples :
Douze jours aprĂšs, nous arrivĂąmes Ă Erzeron, oĂč
nous séjournerons trois ou quatre mots.
(Montesquieu.)
Les plus hautes montagnes ne sont non plus caÂŹ
pables dâaltĂ©rer la figure de la lerre, que quelques
grains dé sable ou de gravier sur une boule de deux
ou trois pieds de diamĂštre. (J.-J. Rousseau.)
Mais, dans le second cas, on doit se servir toujours de la particule conjonctive ou,
parce qĂŒil nây a point dâunitĂ© intermĂ©diaire entre sept ou huit femmes, deux ou trois
actes. â
Cette rÚgle, justifiée par la raison et par un usage assez général, est cependant trÚs-
vivement combattue par Laveaux. « Il y a une grande différence, dit ce grammairien,
entre ces deux expressions,/trafcte vous de sept a huit heures, eiil y avait sert
A HUIT femmes dans cette assemblée. La premiÚre indique un espace divisible entre sept
heures et huit heures ; la seconde indique un nombre approximatif montant Ă sept, oĂč tout
au plus Ă huit personnes. A la vĂ©ritĂ©, il nây a point de fraction entre sept ou huit femmes,
mais il ne sâagit pas ici dâun nombre entre sept et huit, mais, dâune estimation de sept a
. 101
( 802 )
huit femmes. Celui qui dit: Il y avait dans cette assemblée sept a huit femmes, nëst
pas certain qĂŒil y. avait sept femmes; mais il assure que de nombre qui sây trouvait
montait peut-ĂȘtre Ă sept ou tout au plus Ă huit. Le nombre huit est le seul certain et dé
terminĂ©; au lieu que dans/irai vous voir de sept a hĂŒit heures, les deux Ă©poques sont
déterminées et admettent un intervalle. Il y avait dans cette assemblée sept ou huit
FEMMES, nâexprime pas prĂ©cisĂ©ment lĂ«stimation faite du nombre, et le terme le plus
Ă©levĂ© portĂ© Ă huit. Cette façon de parler nâaffirme rien. Câest comme si Ton disait :
peut-ĂȘtre y en avait-il sept, peut-ĂȘtre y en avait-il huit, voilĂ mon estimation, je nâassure
pas plus Tun que Tautre. Si Ton veut bien réfléchir sur ces deux phrases, on conviendra
que ce sont là les nuances qui les distinguent, et que par conséquent on peut employer
Tune ou Tautre, suivant les vues de Tesprit. » Si cette opinion de Laveaux ne peut pas
faire k)i, il faut avouer du moins qĂŒelle est trĂšs-spĂ©cieuse, et qĂŒon ne serait pas emÂŹ
barrassĂ© de rapporter en sa faveur beaucoup dĂ«xemples ; nous rious bornerons Ă
citer les suivants puisés aux sources les plus pures :
Nous avons déjà dit que, dans la Mort de Pom
pée, il y a trois ,a quatre actions, trots a quatre
espĂšces dâintrigues mal rĂ©unies. (Voltaire.)
Cela est admirable : on ne veut pas que jâhonore
tin homme vĂȘtu de brocatelleet suivi de sept a huit
laquais. (Pascal.)
^ Il y avait sept A huit femmes dans cette assera-
blée. (Académie.)
Dans Tune des deux salles on jouait Ă la prime et
aux échecs, et dans Tautre, dix a douze pprsonnes
étaient fort attentives à écouter deux beaux.esprits
de profession qui disputaient. (Le Sage.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Deux Ă ,trois mille personnes.
Douze Ă quinze lieues.
Trois ou quatre hommes.
Dix ou onze coups;
DCCLXl.
Il y eut cent hommes de tués, ou il y eut cent hommes tués.
t"
avec de.
Il nây a pas une seule plante de perdue de celles
qui étaient connues de Circé, la plus ancienne des
botanistes, dont HomĂšre nous a en quelque sorte
conservé Therbier. (Bern. de Sa'ïnt-Pierre.)
Jl nâa eu toute sa vie aucun moment uâassurĂȘ.
(Fénelon.)
Il y eut trois cents sĂ©nateurs de proscrits, deĂŒx
mille chevaliers, plus de cent négociants, tous pÚres
defamillĂš. ' (Voltaire.)
sans de.
Sur mille combattants, il y eut cent hommes tués.
(Académie.)
Il y ewfuu grand nombre dâEgues c/ de Volsques
taillés en piÚces. (Vertot.)
Il y a déjà deux mailles rompues.
(Cité par Lemare.)
Il y a vingt exemples dâassassinats produits par
la vengeance ou par lâenthousiasme de la libertĂ©,
qui furent Teffet dâun mouvement violent plutĂŽt
que dâune conspiration bien rĂ©flĂ©chie.
(Voltaire.)
On dit également bien avec ou sans la préposition de.; il y eut cent hommes de tuéf, et
il y eut cent hommes tuĂ©s. La premiĂšre façon de parler diffĂšre de la seconde en ce quâil y a
ellipse dâun substantif. En voici Tanalyse : Il y eut cent hommes (dans TĂ©tat) d' (hommes)
tuĂ©s. Lemare, qui se moque de dâOiivet, pour nâavoir pas su rendre raison de la prĂ©posiÂŹ
lion de, et pour sâĂ©tre contentĂ© de dire que cette expression Ă©tait un latinisme, ne nous
semble pourtant pas en avoir dit davantage, bien qĂŒil ait essayĂ© de Tanalyser. Voici TaÂŹ
nalyse de Lemare, analyse curieuse ; Il y eut cent hommes (ayant eu pour cause les
hommes) tuĂ©s. Ayant eu pour cause les hommes remplace de. Gâest un vĂ©ritable escamoÂŹ
tage. Ohl Lemare, que nâavez-vous fait comme dâOlivetl nous ne serions pas obligĂ©s
de dire que vous non plus, youfiĂŒeatendezrien Ă Tanalyse.
L'.- .
( 803 )
Quant aux grammairiens routiniers, plutĂŽt que dâavouer leur impuissance, nous allions
dire leur ignorance, ils se sont facilement tirés dëmbarras en condamnant la préposi
tion de dans : il y eut cent hommes de tués. De est une faute, selon eux, et il faut toujours
dire cent hommes twÚs. Singulier moyen, en vérité, de résoudre les difficultés! Mais,
dirons-nous Ă ces grammairiens, ce qui prouve que dans Texpression il y eut cent
hommes de tuĂ©s, la prĂ©position de nâest pas fautive, ne serait-ce que sous le rapport euÂŹ
phonique, cëst quëlle devient indispensable si le substantif qui suit Tadjectif numéral
est représenté par en, comme dans ces deux exemples :
Les chevaux danois sont de si belle taille et si
Ă©toffĂ©s, quâon les prĂ©fĂšre Ă tous les autres pour en
faire djss attelages ; il y cn Ă de parfaitement wiowMs,
mais eri petit nombre, (Buffon.)
La terre commence Ă verdir, les arbres Ă bour-t
geonner, les fleurs Ă sâĂ©panouir : ti y en a dĂ©jĂ n»
passées. (Bern. de Saint-Pierre.)
Ne pas exprimer la préposition de en pareille circonstance serait une faute ; preuve
irrĂ©fragable que rien ne sâoppose Ă ce quâon dise aussi cent hommes de tuĂ©s.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE,
11 y a cent hommes de blessés.
Il y en eut trois cents de pris.
II y avait des roaes dâĂ©doses.
n y eut trois cents hommes tués on blessés.
Il y a des fleurs cdoses.
Il y a eu de Targent donné, '
DCCLXU.
S
>
Si j'étais de vous, si j'étais que de vous.
Si j'Ă©tais de vous autres comĂ©diens, jâaimerais
mieux tirer la langue d'un pßed que de présenter de
pareilles sottises. ' ^ (Regnard.)
Je ne souffrirais pas, si j'étais que de vous,
Que jamais dâHenriette il pĂ»t ĂȘtre TĂ©poux.
(MoliĂšre.)
' Si j'étais que des médecins» je me vengerais de
ses impertinences; et quand il sera malade, je le
laisserais mourir sans secours. (MoliĂšre.)
VoilĂ un bras que je me ferais couper tout Ă
Theure, si j'étais que de vous. {Id.)
On dit également bien si j'étais vous, si j'étais de vous, si j'étais que vous, et si j'étais
que de vous. Les trois derniÚres façons de parler sont elliptiques. Nous allons les rame
ner Ă leur intĂ©gritĂ© au moyen de lâanalyse. La premiĂšre, si j'Ă©tais de vous, est la moins
elliptique: si j'Ă©tais (la personne) de vous; la seconde , si fĂȘtais que vous, est un
peu plus elliptique : si j'Ă©tais (Ă la mĂȘme place) que vous ; la troisiĂšme, si j',Ă©tais que de
vous, est la plus elliptique de toutes : âą si j'Ă©tais (Ă la mĂȘme place) que (la personne) de
vous. Lemare analyse ainsi : si j'étais que de vous : si j'étais (en la place qui est celle)
de vous ; mais le moindre vice de celte analyse est de faire disparaĂźtre le que qui est
dans la phrase, et, comme nous Tavons déjà dit à Lemare, qui le sait tout aussi bien que
nous,,substituer une expression Ă une autre expression, ce nâest pas Tanalyser.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Si jâĂ©tais monsieur votre pĂšre. Si j'Ă©tais de monsieur votre pĂšre. Si jâĂ©tais que.monsieur votre pcw. Si j'Ă©tais que de monsieur votre pĂšre
( SOI. )
N" DCCLXIII.
On dirait un fou, on dirait J>ĂŒn fou.
On dirait un...
Tel personnage est si riche, il est logé dans un
si hel hĂŽtel, a un si nombreux domestique et de si
magnifiques équipages, quën dirait presque un roi.
(Anonyme.)
On dirait D'un...
Quand Santeuil récitait ses vers, on e^t dit D*un
démoniaque. (Boileau.)
... Quelle main quand il s'agit de prendre !
On dirait D'un ressor/ qui vient à se détendre.
(MoliĂšre.)
Ces deux locutions ; on dirait un fou, on dirait uĂŒn fou, sont Ă©galement françaises ;
mais elles ont un sens différent.
/ â
On voit un homme, dont les yeux Ă©garĂ©s ne sâarrĂȘtent sur aucun objet, ou qui resÂŹ
tent fixes, immobiles, dont les pafoleg sont sans suite, dont les gestes* paraissent
Ă©tranges. On dirait que câest un fou. On dirait un fou. C'est de la folie la rĂ©alitĂ© que lâon
a dans Tesprit. ^ ,
Un homme que. Ton connaßt pour raisonnable, maßtrisé par la douleur, par quelque
passion, se livre à des actions, se laisse aller momentanément à des propos qui blessent
le bon sens et la raison. Il fait des actes de folie, il ressemble Ă un fou. On dirait dĂŒn
fou. Ce nâest qĂŒune simple figuration.
On dirait u'un fou, on eĂ»t dit u'un dĂ©moniaque, on dirait DĂn ressort, sont des exÂŹ
pressions elliptiques ; c'est pour : On dirait (que les actions, les paroles de cet homme
sont celles) dĂŒn fou; oneĂ»t dit (que câĂ©taient les gestes) dĂŒn dĂ©moniaque; on dirait (que
câest Taction, le jeu) dĂŒn ressort.
Les expressions on dirait un fou, on dirait un fantÎme, sont également elliptiques,
elles sont des ^rĂ©gé§ de : on dirait (que câest) un fou ; on dirait {que câest) un fantĂŽme*
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
On dirait nn insensé.
On dirait une folle.
On dirait un fantĂŽme.
On dirait nn roi)
On dirait d'un insensé.
On dirait d'une folle.
On dirait d'un fantĂŽme.
On dirait d'un roi.
N- DCCLXIV.
C'est que, mieux que, plutÎt que, suivis ou non suivis de la préposition de.
C'est que.
AVEC de.
quelque chose encor gue de faire un beau rĂȘvĂ©.
A nos chagrins rĂ©els cĂ«st uue utile trĂȘve.
(COLI.IN ĂŒâHarlkville.)
... Cest imiter les dieux
Que de remplir son cĆur du soin des malheureux.
(Crébillon.)
Câest perdre ses bienfaits qĂŒe de les mal rĂ©pandre.
(Boursault.)
Est-ce ĂȘtre glorieux que Ăavoir de Thonneur?
(Destouches.)
SANS de.
Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et câest nĂ«siuiier rien guĂ«stimer tout le monde.
. [MoliĂšre.)
Le scandale du monde est ce qui fait Toffense,
Et ce n'est pas pécher que pécher en silence.
{Id.)
Câest aimer froidement que nâĂȘtre point jaloux.
[Id.)
Câest possĂ©der les biens que savoir sĂ«n passer
(Regnarh.)
( 805 )
E9tâCe un si grand malheur que de cesser de vivre?
(Racine.)
Ayez la fermetĂ© qĂŒi sied Ă la vertu;
"Cest mĂ©riter son sort que dĂ«n ĂȘtre abattu.
(GĂŒym. de Latouche.)
CĂ«sravĂ»ir fait ie bien Ă§ĂŒavoir voulu le faire.
(Collin dâHarlevillb.)
La vertu toute nue a Tair trop indigent,
Et câest jiĂ«n point avoir que nâavoir point dâargent.
(Boursault.)
Mieux que.
avec de.
II vaut mieux se flatter dâun espjit tĂ©mĂ©raire,
Que de céder au sort quand il nous est contraire.
(Crébillon.)
y aime mieux, sâil le faut, succomber avec gloire,
Que dâavoir Ă rougir dâune indigne victoire.
(La Harpe.)
II vaut mieux étouffer un bon mot qui est prÚs
de nous échapper, que de chagriner qui que ce soit.
^ . ^Bossuet.)
II vaut wiiewa; prĂ©venir.le mal gwe dâĂȘtre rĂ©duit.Ă
le punir. (Fénelon.)
sans de.
Agir vaut aprĂšs tout mieux gMĂ parler, dit-on,
, (Imbert.)
*
... Il vaut mieux expirer
Et mourir avec toi, que se déshonorer.
(Voltaire.)
v
La plupart des lecteurs aiment mieux sâamuser
que s'instruire. De lĂ vient qne cent femmes lisent
les Mille et ufie Nuits j pour une qui Ut deux chaÂŹ
pitres de Locke. (J.-J. Rousseau.)
PlutĂŽt que.
AVEC de.
Que les dieux me fassent périr plutÎt que de
souffrir que la mollesse et la voluptĂ© sâemparent de
mon cĆur. (FĂ©nelon.)
Ton épouse à mes yeux, victime de sa foi.
Veut mourir de ta main, plutĂŽt que dâĂȘtre Ă moi.
(Voltaire.)
SANS de.
Elle est prĂȘte Ă pĂ©rir auprĂšs de son Ă©poux,
PlutĂŽt que dĂ©couvrir lâasile impĂ©nĂ©trable
OĂŒ leurs soins ont cachĂ© cet enfant misĂ©rable.
(Voltaire.)
PlutĂŽt souffrir que mourir,
Cëst la devise des hornmes.
(La Fontaine.)
DâaprĂšs ces citations, il est permis de dire avec la prĂ©position de : câest quelque
chose QUE DE faire un beau rĂȘve; agir vaut mieux que de parler; pĂ©rir plutĂŽt que
DE souffrir ; ou, avec ellipse de la prĂ©position câest quelque chose que fairfi un beau
rĂȘve ; agir vaut mieux que parler; pĂ©rir plutĂŽt que souffrir. Le de nâest pas explĂ©tif,
comme se le sont imaginĂ© les grammairiens ; il est toujours sous la dĂ©pendance dâun mot
sous-entendu qui peut ĂȘtre Vacte, le devoir,ia nĂ©cessitĂ©, ou tout autre mot, selon les cirÂŹ
constances. Ce quile prouve, câest que Boileau a dit avec la construction pleine
au lieu de:
CeÚt un méchant métier que celui de médire.
Câest un mĂ©chant mĂ©tier que DE.wiĂ©dtre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
C'est mal parler quo de [parler... Câest mal parler que parler... Il vaut mieux se taire que de parler.. Il vaut mieux se taire que parler...
PlutÎt mourir que de sedeshonorer. PlutÎt mourir que se déshonorer. PlutÎt vivre que de mourir. PlutÎt vivre que mourir. '
N" DCCLXV.
Sauf, excepté.
Sauf,
Sauf erreur de calcul, le compte se monte Ă
10,000 fr. (Cité par Lemare. )
Il lui a cédé tout son bien, sauf ses rentes, sayf
une terre, saw^ses prétentions sur cette chose.
(Académie.).
Excepté,
Tout est grand dans le temple de la faveur, ex-~
cepté les portes, qui sont si basses, qu'il,faut y en
trer en rampant, (De Lévis.)
,,, Les femmes ont coutume dâoublier
Tous leurs adorateurs, excepté le premier.
(Demoustier.)
( 806 )
Sauf et excepté sont deux mots essentiellement adjectife et que les grammairiens ont
rangĂ©s au nombre des prĂ©positions, parce qĂŒils\n jouent ici tout-Ă -rfait le rĂŽle. LĂ«n et
Tautre caractérisent un rapport de séparation ; mais le premier, dans ce cas, est plus ra
rement employé que le second.
I
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il faut faire cela, sauf meilleur avis.
On supporte tout, excepté le ridicule.
N" DCCLXYI. «Ćwâ
f _ ,
Hors, hormis.
Hors.
Le ciel pardonne tout, hors rinhumanité.
(Chénier.)
Quiconque pour Tempire eut la gloire de naĂźtre,
Renonce Ă cet honneur s'il peut souffrir un maĂźtre:
jRors le trÎne ou la mort, Il doit tout dédaigner ;
C'est un lĂąche, sâil nâose ou se perdre ou rĂ©gner.
. (Corneille.)
Employez la raison dans les choses vulgaires ;
Mais, hors du temporel, en toutes les affaires
De Dieu, de son église, elle est hors de raison.
(ĂuĂ©nibr.)
Hormis.
Que nos politiques apprennent une fois qĂŒon a
de tout avec de Targent, hormis des mĆurs et des
citoyens. (J.-J, Rousseau.)
Tout y est entré, hormis tels el tels.
(Académie.)
L'habit des hommes chez les Maures du Ludamar
diffĂšre peu de celui des nĂšgres, hormis Tinsigneca-
ractéristiqujo de la secte mahométane, le turban.
(BibliothĂšque des Voyages.)
Hors et hormis sont deux prépositions qui marquent un rapport dëxclusion, et qui
peuvent ĂȘtre ou non suivies de la prĂ©position de; mais hormis nĂ«n est suivi que lorsque
son complément est, comme dans Texemple de J.-J. Rousseau, employé dans un sens
partitif.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Hors cela.
Hors InĂź.
Hors de la maison.
Hors de nous.
Hormis ces gens.
Hormis ces cboses.
Hormis de l'argent.
Hormis des fk-nits.
âDCCLXVII.
Sur, sus.
Sur.
Rien nëst si commun que d'érßger sa faiblesse en
systÚme, et de mettre ses goûts sur le compte de sa
raison. (Lemontev.)
5tis.
Allons, brave Diderot, intrépide d'Alembert
courez sus aux fanatiques et aux fripons.
(Voltaire.)
L'AcadĂ©mie dit que ces deux prĂ©positions sur et sws signifient la mĂȘme chose, mais que
sws nëst plus guÚre en usage que dans cette phrase : On ù enjoint à tous les bùtiments de
courir sus aux ennemis.
, s
Sus, dit elle encore, joint à la préposition en, signifie par-delà : Il a touché des grati
fications EN sus de son revenu.
EXERCICE PHRA^SĂOLOGIQĂE.
So jeter sur qneĂźqaâun.
CĂŒurtr sus aux ennemis.
( 807 )
Nâ DCCLXYUl.
*
⹠Sur tout ET surtout comparés.
Sur tout.
Cet orateur est toujours prĂȘt Ă parler sur tout.
(Cité par Lemare.)
N'imitons pas ceux qui trouvent Ă redire sur tout,
m
Surtout.
On en (des exemples) trouve toujours de tontes les
[espĂšces,
taiMe
Surtout liorsqbe lâon cherche Ă flatter ses faiblesses,
(La Chaussée.) ,
Lâamour aime surtout les secrĂštes faveurs;
Dans Tobstacle qĂŒon force il trouve des douceurs,
(MoliĂšre.)
Sur tou/sâĂ©crit en deux mots quand il signifie sur toutes choses : parler sur tout, cĂ«str
/ Ă -dire sur toutes choses. Mais il sâĂ©crit en un seul mot quand il signifie principaiement:
nous aimons SURTOUT qu'on nous flatte, veut dire nous aimons principalement qu'on
. nous flatte. i
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Aimer Ă parler sur tout.
Aimer Ă contredire sur tout.
Pariez, surtout parlez bien.
Allez, surtout, ne tous amnsexpas.
«eĆ Nâ DCCLXIX.
Par ce que ET parce que comparés.
Par ce que.
Par çe que je vous dis ne croyez pa/ madame,
Que je veuille applaudir Ă sa nouvelle flamme.
âą (Corneille.) ^
Et toi, fils de Vénus,
Vois par ce que je suis ce quâautrefois je fus.
(Delille.)
Il y a deux mensonges, celui de fait, qui regarde
le passé, et celui de droit, qui regarde Tavenir,..
Ces deux mensonges peuvent quelquefois se rassemÂŹ
bler dans le mĂȘme ; mais je les considĂšre ici par ce
gĂŒils ont de diffĂ©rent, (J.-J. Rousseau.)
Parce que.
Lâart de flatter, mon cher, est vieux comme le papnde.
Ăve a pĂ©chĂ©; pourquoi? parce gĂŒon la flatta.
(Collin-dâHarleville .)
La plupart des honnĂȘtes femmes sont des trĂ©sors
cachĂ©s, qui ne sont en sĂ»retĂ© que parce gĂŒĂŽn ne
les cherche pas. (La Rochefoucauld.)
Les fortunes promptes en tout genre sont les moins
solides, parce gĂŒil est rare qĂŒelles soient lâouvrage
du mérite. Les fruits mûrs, maisjaborieux, de la
prudence, sont toujours tardifs. (La BruyĂšre.)
Parce que, quoique Ă©crit en dĂ©ux mots, renferme les trois mĂȘmes Ă©lĂ©ments que par ce
que; mais ces deux expressions ont reçu chacune une consécration particuliÚre. Parce
que en trois mots signifie d'aprĂšs ce que : par ce que je vous dis ne croyez pas, etc,, câest-
Ă -dire, d'aprĂšs ce que je vous dis, ne croyez pas,^etc. Parce que en deux mots est une conÂŹ
jonction qui a le mĂȘme sens qĂŒĂ cawse que: Eve a pĂ©chĂ©; pourquoi? parce quâon la
flatta, câest-Ă -dire Ă cause qu'on la flatta.
' . i
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE*
Par ce que je v'oai dis, voyez le parti que vous avez Ă prendre.
Les rois ne sont entourés de flattenrs que parce qa'ils ont des faveurs
Ă donner.
808 )
W BCCLXX.
Pour ET quant à comparés.
JPowr.
A mon sens, la gaßté vaut presque la sagesse.
On dit que cëst un don. Pour moi, je le confesse,
Jën fais une vertu. (Imbert.)
Pour moi, je ne vois rien de plus sot, Ă mon sens,
Quâun auteur qui partout va gueuser^des encens;
Qui, des premiers venus saisissant les oreilles,
En toit le plus souvent les martyrs de ses veilles.
(MoliĂšre.)
Powr moi, jâaime les gens dont TĂąme peut se lire ;
Qui disent bonnement oui pour oui, non pour non.
(Gresset.)
Pour moi, je reconnais une saine raison. ^
(Boisst.)
Quant Ă .
Quant au mort, il semble que ce soit une douÂŹ
ceur, et pour le survivant un mérite.
{DâOlivet, trad. de CicĂ©ro'N.)
Si quelquâun va lire Pindare ailleurs que dans
lâoriginal, il croira quâHorace avait apparemment
ses raisons pour exalter ce lyrique grec; quant Ă lui,
il sâaccommodera fort peu de tout ce magnifique
appareil de mythologie qui accompagne les odes de
Pindare. (La Harpe.)
Quant à moi, je né pouvais rien dire de semblable.
(J.-J. Rousseau.)
Quant Ă moi, si je pouvais rassembler en un point
ce que je souffre, jâen ferais le marchĂ© de grand cĆur.
{ĂŻd.)
ĂȘ
L'usage autorise Ă dire indistinctement pour moi, pour lui, pour nous, ou quant Ă moi,
quant Ă lui, quant Ă nous. Laveaux observe que ces derniĂšres expressions sont du style
familier. Cette remarque nëst pas juste, et les faits sont là pour la condamner.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ponr moi.
Quant Ă mol.
Pour ce que vous peoMz.
Quant Ă ce que vous pensez.
N" DCCLXXI
Pour, afin de. >
Pour.
La clĂ©mence des princes nâest souvent qĂŒune
politique powr gagner l'affection des peuples.
(La Rochefoucauld.)
L'ambition ardente exile les plaisirs de la jeuÂŹ
nesse powr gouverner reĂŒle. (Vauvenargues.)
Powr conserver un ami, il faut devenir soi-mĂŽnae
capable de lâĂȘtre; (J.-J.»Rousseau.)
Pour acquérir la perfection de Téloquence, il faut
avoir un fond de bon sens Ăšt de bon esprit, lâimagiÂŹ
nation vive, la mémoire fidÚle, etc. ,
(Saint-Ăvrbmont.)
Afin de.
Mon galant ne songeait quâĂ bien prĂšndre son temps,
Afin de happer son malade*
(La Fontaine.)
Quand on ne sc mĂ©fie pas de ses opinions, on nâa
pas besoin de leur chercher de lâappui et des dĂ©fenÂŹ
seurs; on veut convaincre les autres, afin de se perÂŹ
suader soi-mĂȘme. â[PensĂ©e de Bacon.)
Lënnui est un mal si singulier, si.cruel, que
lâhomme entreprend souvent les travaux les plus
pĂ©nibles, afin de sâĂ©pargner la peine dĂ«n ĂȘtre tourÂŹ
menté. , (Le chev. DE Jaucourt.)
Pour et afin de désignent également le motif, la cause ou- la raison pourquoi on fait
telle ou telle action. Il semble que le premier de ces mots convient mieux lorsque la
chose qu'on fait en vue de l'autre en est une cause plus infaillible, et que le second est
plus Ă sa place lorsque la chose qĂŒon a en vue en.faisant Tautre en est une moins* né
cessaire. On lire le canon sur une place assiégée pour y faire une brÚche, et afin de
pouvoir la prendre dâassaut ou de Tobliger Ă se rendre. .
Pour regarde plus particuliĂšrement un effet qui doit ĂȘtre produit ; afin de regarde proÂŹ
prement un but oĂč Ton veut parvenir. Ces deux prĂ©positions peuvent se placer au preÂŹ
mier ou au dernier membre d'une période.
( 809 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
11 faut aimer pour ĂȘtre aimĂ© Ă son tour.
Pour ĂȘtre estimĂ© il faut ĂȘtre estimable.
Travaillez aCn d'ĂȘtre heureux.
Afin de n'avoir rien Ă vous reprocher, ne commettez aucune mauvaise action.
W DCCLXXII.
Renommé par, renommé ponr
Par.
QĂŒun crime ait ou non du succĂšs, il est toujours
un crime; mais sâil ne rĂ©ussit pas, il est de plus une
. sottise. Que de sots, Ă ce compte, chez le peuple le
plus renommé par son esprit! (De Donald.)
Pour.
Lâhomme le plus adroit, eĂ»t-il mĂȘme vĂ©cu
Cinquante ans, renommé pour sa hante prudence;
Dâun siĂšcle toutentier eĂ»l-il rexpĂ©rleiicc,
Sâil veut se mettre en lĂȘte, et sâavise, cn urrmot,
De garder une femme, il ne sera quâun sot.
(Fabre dâĂglantine.)
DâaprĂšs ces exemples, on peut dire renommĂ© par ou pour son esprit, renommĂ©e par
ou POUR sa prudence.
Renommé par se dit généralement quand la cause du renom est constante, et ne dépend
ni de la vogue ni du caprice : PlombiÚres et BarrÚges sont des lieux renommés par leurs
eaux minĂ©rales. RenommĂ© pour se dit quand le renom ne tient qĂŒĂ quelques considĂ©raÂŹ
tions particuliÚres dégoût et de fantaisie, Verdun est renommé pour les bonnes dragées,
Reims pour le pain d'épices.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Le Françai* est renommé par son esprit.
Crat homme est renommé par son avarice.
Bordeaux est renommé pour son anisette.
Cogoac est renommé pour scs eaux-de-vie.
N" DCCLXXm
Par terre, Ă terre.
Par terre.
A peine fut-il étendu par terre, que je lui tendis
la main pour le relever, ' â (FĂ©nelon.) .
Ătes-vous ici prĂšs, monsieur, tombĂ© par terre?
(Voltaire.)
A' terre.
BientĂŽt elle met les mains Ăč (erre, et sâavance
ainsi jusqĂŒĂ mes pieds. (Chateaubriand.)
Venclao et Nassoute posent Ă terre le lit du
blessé, et mettent un bùton de houx dans la main
gauche du frĂšre dâAmĂ©lie. (Id.)
Sar terre se dit dâun corps qui touche Ă la terre ; Ă terre, de tout ce qui nây touche pas.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Cet arbre était tombé par terre.
Les fruits de l'arbre tombaient Ă terre.
102
(810)
Nâ DCCLXXIY.
En campagne, Ă la campagne.
En campagne.
Enfin, aprĂšs un vain essai,
Il va trouver la goutte. Elle était en campagne,
Plus malheureuse mille fois
Que ia malhĂšureuse aragne.
(La Fontaine.)
On dit que Camille ne mena jamais dâarmĂ©e en
campagne sans la ramener comblée de gloire et
chargée de butin. , (Anquetil.)
Cette convention faite, nous nous mĂźmes en camÂŹ
pagne. Nous nous donnĂąmes dâabord de grands
mouvements sans pouvoir rencontrer ce que nous
cherchions, * (Le Sage.)
Ătre en campagne, en parlant dâun particulier,
câest ĂȘtre en voyage. (Laveaux.)
A la campagne. ^ .
Je suis venu Ă la campagne, me dit-il, pour faire
plaisir Ă la maĂźtresse de la maison, avec laquelle je
ne suis pas mal. , (Montesquieu.)
Sauvons-nous Ă la campagne, allons y chercher
un repos et un contentement que nous nâavons pu
trouver au milieu des assemblées el des divertisse
ments, (J.-J. Rousseau.)
Tes femmes ont Ă©tĂ© huit jours Ă la campagne, Ă
une de tes maisons les plus abandonnées.
(Montesquieu.)
âą I
Mon cher Usbeck, je crois que tu veux passer ta
vie Ă la campagne. {id.)
Ainsi que nous renseignent ces exemples, il faut bien se garder de dire en campagne
pour à la campagne; car Tusage a consacré à chacune de ces deux expressions une
signification différente.
Etre en campagne, cĂ«st ĂȘtre en mouvement, cĂ«st voyager : ces troupes sont en camÂŹ
pagnes; ce négociant est en campagne.
Ătre Ă la campagne, cĂ«st ĂȘtre ou Ă la promenade dans la campagne, ou dans une
maison de campagne pour y séjourner quelque temps : Vété tout le monde va a la cam
pagne, Cependant J.-J. Rousseau, dans ce cas, a souvent dit en campagne; mais les
exemples qĂŒil en fournit dans sa correspondance ne sont pas Ă imiter.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
LâarmĂ©e Ă©tait alors en campagne.
Ces marchanda sont en campagne.
Toute la famille est Ă la campagne.
DĂšs les premiers beaux jours le monde se rend Ă la campagne.
âNâ DCCLXXY.
t â ©
Malgré comparé avec malgré que.
Malgré.
⹠Malgré la vue de toutes nos misÚres qui nous
touchent et qui nous tiennent Ă la gorge, nous
avons un instinct que nous ne'pouvons réprimer,
qui nous élÚve. (Pascal.)
Le monde est une comédie :
MalgrĂ© VintĂ©rĂȘt que jây prends.
Je mâen amuse, etjâĂ©tudie
Les ridicules différents, (Favart.)
Mon estime toujours commence par le cĆur.
Sans luUëspritnëst rien, et, malgré uos maximes,
11 produit seulement des erreurs et des crimes.
(Gresset.)
Malgré que.
On nâa besoin dâĂ©lever que les hommes vulgaires,
leur Ă©ducation doit seule servir dâexemple Ă celle
de leurs semblables. Les autres sâĂ©lĂšvent malgrĂ©
quâon en ait. (J.-J. Rousseau.)
MalgrĂ© quâon en ait, nous voulons ĂȘtre comptĂ©s
dans lâunivers, et y ĂȘtre un objet important.
(Montesquieu.)
Pénétrée du regret de sa mÚre, elle voudrait vous
oublier; et malgrĂ© quâelle en ait, il trouble sa conÂŹ
science pour lĂą forcer de penser Ă vous.
(J.-J. Rousseau.)
Malgré doit toujours avoir pour complément un substantif : Malgré la vue, malgré
{ 811 )
VintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Cependant cette prĂ©position se construit avec gwe dans Texpression
consacrée malgré quil en ait, cëst-à -dire mauvais gré quil en ait. Hors de là , ce se
rait une faute. En effét, si Ton construisait malgré que avec un verbe autre que avoir,
on n'obtiendrait plus la mĂȘme analyse.
MalgrĂ© mon IntĂ©rĂȘt.
Malgré son devoir.
m
EXERCICE PBRĂSĂOtOGIQVE.
Malgré qu'on en ait.
MalgrĂ© qa'ils en aĂčnt
Malgré lui.
Malgré nous.
DE LA RĂPĂTITION DES PRĂPOSITIONS.,
4 * *
Nâ DOXXXXTl.
)©e©«â
REPETITION OU ELUPSE DES PREPOSITIONS EN GĂNĂRAL.
Ă.
RĂPĂTITION.
L'Ă©loquence est un art trĂšs-sĂ©rieux, destinĂ© Ă
instruire, Ă reprimer les passions, Ă corriger les
mĆurs, Ă soutenir les lois, Ă diriger ĂŻes dĂ©libĂ©raÂŹ
tions publiques, Ă rendre les hpinines bons et heuÂŹ
reux. (Fénelon.)
ellipse.
On voit partout que Tart des courtisans
Ne tend qĂŒd profiter des faiblesses des grands.
A nourrir leurs erreurs, et jamais dans leur Ăąme
NĂ© porter les avis des choses qĂŒon y blĂąme.
(MoliĂšre.)
De.
Ce monde-ci nĂ«st qĂŒune loterie
De biens, de rangs, de dignités, de droits.
Brigués sans titre, et répandus sans choix.
(Voltaire. )
C'est aux faibles courages, .
Qui toujours portent la peine au sein.
De succomber aux orages.
Et se IcLSser dâun pĂ©nible dessein. (Malherbe.)
En.
Les cadeaux consistaient en biĂšre du pays, en
cocos, en noix gouras, en citrons, en yams ou en
riz. (Biblioth. des Voyages.)
Le marché, lorsque nos gens le visitÚrent, leur
sembla bien approvisionné en taureaux, vaches,
moutons, chĂšvres et volailles.
(Biblioth. des Voyages.)
Dans.
La vertu des humains nëst point dans leur croyance ;
Elle est dans laiustiçç, dans la bienfaisance.
(Chénier.)
Le destin nâa point mis de sentiments Ă©gaux
Dans Vùme de l'esclave et cellÚ du héros.
(Crébillon.)
Avec.
Avec une femme aimable, avec des enfants bien
nés, et avec de bons livres, pn peut vieillir douce
ment Ă la campagne.
(CitĂ© par Girault-DĂŒvivier.)
La maxime qui dit rien de trop, est bien juste,
Et prouve que le sage, en toute occasion,
Doit TĂȘtre avec mesure et modĂ©ration. â
(Destouches.)
Pour.
Dieu crĂ©a les mortels pour sâatmer, pour sĂŒnir :
Ces cloĂźtres, ces cachots, ne sont pĂ s son ouvrage;
Dieu fit la liberté, Thomme fit Tésclavage.
(Chénier.)
... Pour se rapprocher, se convenir, se plaire.
Fort souvent il ne faut quâun rien.
(Favart.)
( S12 )
Par.
Toute femme est coquette, oĂŒ par raffinement»
Ou par ambition, ou par tempérament.
4 (Destouches.)
Que dé gens par la haine et Vorgueil séparés,
Vivraient fort bous amis s'ils sâĂ©taient rencontrĂ©sl
(Cuénier.)
Blalgré.
Ainsi, malgré mes soins et malgré ma priÚre.
Vous prenez dans César une assurance entiÚre.
(Voltaire.)
Il nëst plus temps de reprendre cette longue et
ennuyeuse besogne, malgré les erreurs et les fautes
dont elle fourmille. Rousseau.)
, GĂ©nĂ©ralement parlant, les prĂ©positions Ă , de, en, doivent ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©es devant chaque
complĂ©ment, quâil soit substantif, pronom ou verbe. Cependant il est des cas oĂč Ton
peut quelquefois déroger à ce principe, surtout en poésie, quand la mesure du vers én
fait une nécessité. Pour ce qui est de la répétition des autres prépositions, les rÚgles
quĂ«n ont donnĂ©es les grammairiens sont pour la plupart fausses ou imaginaires. Quâil
y ait ou non ressemblance de signification dans les régimes, que les prépositions soient
dâune ou de plusieurs syllabes, il est permis de rĂ©pĂ©ter ou dĂ«llipser ces prĂ©positions.
Le goĂ»t, TĂ©lĂ©gancĂ©, la concision, lâĂ©nergie, voilĂ les seules rĂšgles Ă suivre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
»
Aimer Ă rire et Ă platsaetcr. Clierchcr Ă dominer et surpasser les Homme de cinq ou de six ptcds. Homme de cinq ou six pieds.
autres.
Nâ DCCLXXYII.
RĂPĂTITION DE LA PRĂPOSITION SaWS.
i
Le fanatisme enfante tous les crimes,
, Sans égard eVsans choix il frappe les victimes;
Du sang, de la nature, ii fait taire la voit.
(Chénier.)
Lâhymen seul peut donner des plaisirs infinis;
On en jouit sans peine et sans inquiétude.
(La' Chaussée.)
Telle est la multitude, et sans frein ct sans lois.
Injuste sans pudeur, et sans remords ingrate,
Eile hait qui la sert, et chérit qui la flatte.
(La Harpe.)
Catilina Temporte, et sa tranquille rage
Sans crainte et sans danger médite le carnage.
(Voltaire.)
Lorsque plusieurs compléments sont sous la dépendance de là préposition sans, celte
prĂ©position se rĂ©pĂšte toujours devant chaque complĂ©ment. Cependant elle peut ĂȘtre
aussi remplacée par ni : sans crainte ni pudeur. Mais nous renvoyons pour cette diffi
cultĂ© au chapitre des Conjonctions, oĂč elle trouvera naturellement sa place.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Sans respect et sans crainte.
Sans mĆurs et sans principes.
PLACE DES PRĂPOSITIONS.
A.
PLACEES AVANT EE VERBE.
â
!jC crime Ă ses yeux paraIt crime,
(J.-B. Rousseau.)
PLACĂES APRĂS LE VERBE.
... Cette obéissance'
Parait digne Ă ses yeux dâune autre rĂ©compense.
- (Voltaire.)
i
( .813 )
Au seul nom de Henri, ies Français se rallient.
(Voltaire.)
... A ce nom, jë devins furieux.
(Th. Corneille.)
... Grands dieux! d ce noble maintien,
Quel Ćil ne serait pas trompĂ© comme le mien ? '
(Racine.)
Tous tremblaient au seul nom du roi de SuĂšde.
(Voltaire.)
J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom.
J) . (Racine.)
Je RECONNAIS mon sang Ă ce noble courroux.
(Corneille.)
L
AprĂšs.
AprĂšs la prise de Troie, tu enverras de riches
dépouilles à ton pÚre. (Fénelon.)
AprĂšs ces paroles, ils allĂšrent au lieu oĂč la
déesse les attendait. {Id.)
Tu REVERRAS le Calme aprĂšs ce faible orage.
(Corneille.)
Seigneur, ie pars contente aprĂšs cette assurance.
(Racine.)
Avec.
Avec le mauvais sort Torgueil sâassortit mal.
(Villbfré.)
PhiloclĂšs, avec un air respectueux et modeste,
recevait les caresses du roi. (Fénelon.)
Tout CHANGE avec le temps ; on ne rit pas toujours;
On devient sérieuxiau déclin des beaux jours.
(Voltaire.)
Pendant qqe je parlais ainsi, votre pĂšre, tranÂŹ
quille, me regardait avec un air de compassion,
(Fénelon.)
Chez.
Chez nous, le soldat est brave, et Thomme de^
robe est savant; chez les Romains, iâhomme de robe
ETAIT brave, et le soldat était savant.
(La BruyĂšre.)
La condition des comédiens était Infùme chez
les Romains et honorable chez les Grecs.
(La BruyĂšre.)
Contre.
, 1
Contre un si juste choix qui peut vous révolter? [ Tout Tempire a vingt fois conspiré contre nous.
(Racine.) | (Racine.)
Dans.
Dans ses superbes mains va flétrir ses lauriers.
(Voltaire.) '
Dans une heure vous pourrez revoir Pénélope. *
(Fénelon.) '
Dans votre appartement allez vous reposer.
(Racine.)
Partons. Bravons Tamour dans les bras de la gloire.
(Voltaire.)
Le czar Pierre ne pouvait, dans sa jeunesse,
passer un pont sans frémir. (/d.)
Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur.
(Racine.)'
En.
En efforts impuissants leur maĂźtre se consume.
(Racine.)
L'argent en honnĂȘte homme Ă©rige un . scĂ©lĂ©rat.
(Boileau.)
Hélàs ! je me consume en impuissants^efforts.
(Racine.)
Lâinfortune seule peut changer leur cĆur de
rocher en un cĆur humain* (FĂ©nelon.)
De.
. De ces antres muets sort un triste murmure.
(Voltaire.)
Des peines aux plaisirs nous passons tour Ă tour :
Tout change, cëst la loi, la nuit succÚiie au jour.
(Racine.)
De marbre blanc était bùti le mur.
(Voltaire.)
Dâun air distrait, le bon prince Ă©couta «
Tous les propos dont ou le tourmenta.
Ud.)
De mes faibles efforts ma vertu se défie.
(Racine.)
Un éclat de lumiÚre sortit de ses yeux.
(Fénelon.)
Fn un instant je passai de la plus amĂšre douleur .
Ă la plus vive Joie. (/d.)
4
Les chapiteaux Ă©taient dâargent.
(Id.)
Mentor, regardant dâun air doux et tranquille
Télémaque, prit ainsi la parole. (/d.)
Défions-nous toujours d'une incroyable histoire.
(Imbert.)
. ( 814 )
DĂšs.
DĂšs que dâun autre objet je le verrai TĂ©poux,
Si vous m'aimez encor, seigneur, je suis Ă vous. âą
^ (Tn. Corneille.)
Je vous RENVERRAI Ă Ithaque dĂšs que la guerre
sera finie. ' (Fénelon.)
Devant.^
Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grùce. Perfide, oses-tu bien te montrer devant moi?
(Racine.) (Racine.)
Durant.
Durant toute la nuit elle nâA point dormi.
(Corneille.)
... Entre eux partagez vos tendresses.
(Longepierre.)
Par un charme fatal vous fûtes entraInée.
(Racine.)
Elle ne dormit point durant toute la nuit.
(Auteréau.)
Entre.
Endors entre tes brĂąs son audace guerriĂšre.
(Voltaire.)
Par.
11 est toujours entraIné par son avarice, par sa
crainte et par ses soupçons. (Fénelon.)
Pour.
Pour les cĆurs corrompus TamitiĂ© ĂŒbst point faite .
(Voltaire.)
QĂAi-je FAIT pour Thonneur? Jâai tout fait pour
(Racine.) [Tamour.
Lâauteur de la Grammaire des Grammaires a cru devoir consacrer un article spĂ©cial
pour nous apprendre que « tes prĂ©positions doivent toujours ĂȘtre a la tĂȘte des mots
qu'elles régissent l »
Câest une naĂŻvetĂ© dite en trĂšs-mauvais français, car on ne peut employer Ă la tĂȘte en
parlant dâun mot qĂŒen style de logogriphe.
Dans leurs ouvrages si gros de riens, tous les autres grammairiens ĂŒont point parlĂ©
de la place des prĂ©positions. .Cependant, comme on le voit par nos citation^, dâautant
plus prĂ©cieuses que les oppositions y sont faites souvent avec les mĂȘmes mots, la chose
en valait la peine; car, si en cette circonstance, il importe peu
Que Pascal soit devant, ou Pascal soit derriĂšre, ^
il nĂ«n est pas moins vrai que lâharmonie, le goĂ»t, lâĂ©lĂ©gance peuvent parfois exiger que
la prĂ©position et son complĂ©ment soient placĂ©s plutĂŽt avant le verbe quâaprĂšs, et vice
versĂą: . ,
Certaines prĂ©positTons suivies dâun nom avec lequel elles forment une expression ad-
verbial'e, ou une phrase incidente qui sert à marquer la simultanéité de deux actions, se
mettent plus souvent et plus élégamment au commencement de la phrase ;
A Varrivée de la reine, la persécution se ralentit.
(Bossuet.)
A cet affront, Tauteur se leva de la table.
(Boileau.)
A ce spectacle, le peuple s'émut.
(Bossuet.)
Aux accords dâAmphion, les pierres se mouvaient,
(Boileau.)
. Les exemples de semblables inversions se rencontrent Ă chaque page dans les prosaÂŹ
teurs et dans les poĂštes. .
Mais ces inversions (et celles qĂŒon peut se permettre avec le rĂ©gime indirect de .cerÂŹ
tains verbes), qui sont Ă©lĂ©gantes dans la prose, cessent de TĂȘtre dans la poĂ©sie, oĂč elles
deviennent presque nécessaires pour distinguer les vers de la prose.
IXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Au seul son de sa voix.
A ce triste récit.
EnTers un enoemĂź.
Par trop de sévérité.
Ă cette fatale nou voile.
A la cour, Ă la ville.
Hors la gloire.
Par fierté.
( 815 )
CHAPITRE IX
LA CONJONCTION.
*SJ N* DCCLXXVm.
«OOOOâ
NATURE DE LA CONJONCTION. â SA DĂFINITION-
SANS SIGNES DE RAPPORT.
On est toujours estimĂ©... on est honnĂȘte homme.
Les gens qui savent peu parlent beaucoup... les
gens qui savent beaucoup parlent peu.
On donne des conseils... on ne donne pas lĂ saÂŹ
gesse dën profiler.
t
Je pense... Dieu existe.
Jean-Jacques Rousseau a été fort persécuté... il
prenait le parti des malheureux.
11 faut se hĂąter de jouir... il est encore temps.
AVEC SIGNĂS DĂ RAPPORT.
/ Ori est toujours estimĂ© quand on est honnĂȘte
homme. ' (Dict. de Morale.)
Les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les
gens qui savent beaucoup parlent peu,
(J.-J. RoĂŒssead.)
â On donne des conseils ; mais on ne donne pas la
sagesse dën profiter. (La Rochefoucauld.)
Je pense, donc Dieu existe. (La BruyĂšre.)
Jean-Jacques Rousseau a été fort persécuté, porce
gttll prenait le parti des malheureux. '
(Bern. de Saint-Pierre.)
Il faut se hĂąter de jouir, tandis gwâil est encore
temps. (Massillon.)
De mĂȘme qĂŒon met en rapport deux mots, on peut aussi mettre en rapport deux
énonciations de jugements, deux pensées. Si je dis : On est toujours Ústinié... on est hon
nĂȘte homme, jĂ«xprime deux jugements isolĂ©s Tun de Tautre ; mais si je dis ; On est touÂŹ
jours estimĂ© quand on est honnĂȘte homme, le mot quand, placĂ© entre la premiĂšre pensĂ©e
et la seconde, établit un rapport de dépendance et subordonne le premier fait au
second. ,
Il y a donc une espÚce de mots dont la fonction est d'établir un rapport entre deux
jugements énoncés, entre deux pensées : tels sont les mots e/, quand^ mais, donc, parce
que, tandis que, des exemples cités.
Tous les mots qui servent Ă joindre deux pensĂ©es sâappellent conjonctions, mot formĂ©
de la préposition cum qui signifie avec, et da mot junctio, jonction, union. Cette dénomi
nation peint parfaitement ia fonction que cette espĂšce de mots remplĂźt dans le discours.
EXERCICE ANALYTIQUE. '
(Désigner les deux pensées entre lesquelles le rapport est établi.)
Ua rien suffit pour amuser lâenfance ;
Mais dans ses jeux, plus qu'on ne pense,
Sâintrodnisent dĂ©jĂ les passionsdes grands* (tassĂ kt.)
Parfois nn sot possĂšde un emploi d'importance,
Tandis que les talents, l'esprit et la science
Sont relégués dans quelque coin. (De la Boutbatb.)
les bommes,
sommes.
Les premiÚres leçons peuvent tont sur
Et lâĂ©ducation nous fait ce que nous so
Qne sert d'éclairer les gens
Quand ils nâont pas reçu de quoi voir la lumiĂšre ? (NivsaftAis.)
(Fo!IA1AOB.)
( 816 )
t
SUBDIVISIONS DES CONJONCTIONS.
r DCCLXXIX.
DES CONJONCTIONS COPDLATIVES.
Le sage est citoyen : il respecte Ă la fois
Et le trĂ©sor des mĆurs, et le dĂ©pĂŽt des lois.
(ChĂ mpfort.)
Heureux celui qui sait se contenter de peu!'son
sommeil nëst troublé m par les craintes, m* par les
dĂ©sirs honteux de Tavarice. (Trad. dâHoRACE.)
Puisque chacun ici prend ce qui lui convient,
Par droit dâaubaine aussi, Finette mâappartient.
(Regnard.)
Je ne saurais passer pour femme, Ă mon avis,
Ni pour veuve non plus, puisquâen effet jâignore
Si le mari que jâeus esl mort ou vit encore. (Id.)
Je le sers tant pour lui que pour me faire plaisir.
* (Académie.)
Les conjonctions copulatives sont celles qui servent Ă rassembler deux noms ou,deux
verbes sous une mĂȘme affirmation ou sous une mĂȘme nĂ©gation. Telles sont pour Vaffir-
mation et, aussi, tant.,, que; pour la négation, ni, non plus.
Nâ.DCCLXXX.9^-
' CONJONCTIONS ALTERNATIVES.
La fortune, soit bonne ou mauvaise, soit passaÂŹ
gĂšre ou constante, ne peut rien sur LâĂąme du sage.
(Marmontel.)
Ou &tĂ«n, quelque malheur qĂŒil mâen puisse arriver,
Ce nâest que par ma mort quâon le peut obtenir.
(Racine.)
Un mal funeste et-cĂŽntagieux se rĂ©pandit et sâé
chauffa dans les principales villes de a Normandie,
soit que Tintempérie des saisons eût aissé dans les
airs quelque maligne impression; soit qûun com
merce fatal y eût apporté des pays éloignés, avec
de fragiles ricbesses, des semences de maladie et de
mort; soit que Tange de Dieu eût étendu sa main
pour frapper cette malheureuse province.
(Fléchier.)
Les conjonctions alternatives sont celles
le sens des choses dont on parle. Ce sont :
qui marquent alternative ou distinction dans
ou, ou bien, soit, soit que.
Nâ DCCLXXXI.
CONJONCTIONS ADVERSATIVES.
On aime Ă deviner les autres, mais on nâaime pas
Ă ĂȘlrede^nĂ©. (Vauvenargubs.)
Flus jâapprends son mĂ©rite, et plus mon feu sâaug-
[meiite;
Cependant mon devoir est toujours le plus fort.
(Corneille.)
Les Machabées étaient vaillants; néanmoins il
est Ă©crit qĂŒils combattaient par leurs priĂšres plus
que parleurs armes, (Bossuet.)
Ses Ă©crits, pleins partout dâaffreuses vĂ©ritĂ©s,
Ătincellent pourtant de sublimes beautĂ©s.
(Boileau.)
Dans quelle inquiétude, Esther, vous me jetez!
Toutefois quâil soit fait comine vous souhaitez.
tUACINK.)
La mode Ă©loigne les cheveux du visage, bien gĂŒils
ne croissent que pour lâaccompagner.
. (La BruyĂšre.)
Les conjonctions adversatives sont celles qui lient deux propositions en marquant opÂŹ
position dans la seconde à Tégard de la premiÚre. Ce sont : mais, cependant, néanr-
moins, pourtant, toutefois, bien que.
( 817 )
Nâ DCCLXXXII. 1!^»â-
CONJONCTIONS RESTRICTIVES.
Qui peut de vos desseins révéler le mystÚre,
Sinon quelques amis engagés à se taire ?
(Racine.)
QĂŒest-ce que le fils de lâhomme, si ce nâest du
fumier et de la boue? (BossĂŒet.)
... Quoi gĂŒon fasse,
Rien ne change un tempérament.
(La Fontaine.)
Ah ! pour ĂȘtre dĂ©vot, je nĂ«n suis pas moins bomme.
(MoliĂšre.)
Il fait bon craindre, encor que Ton soit saint.
(La Fontaine.)
De vos songes menteurs Timposture est visible,
A moins que la pitié qui semble vous troubler,
Ne soit ce coup fatal qui vous faisait trembler.
(Racine.)
Les conjonctions restrictives sont celles qui restreignent, de quelque maniĂšre que ce
soit, une idée ou une proposition. Telles sont : sinon, si ce n'est, si ce n'.est que, quoique,
pour employé dans le sens de quoique; encore que, à moins que, à moins de,
N* DCCLXXXin.
CONJONCTIONS HYPOTHĂTIQUES OU CONDITIONNELLES.
Nul empire nâest sĂ»r, sâil n'a Tamour pour base. Quand la nature nâaurait pas donnĂ© Ă Mâi« de
(Villefré.) Montausier tous ces avantages de Tesprit, elle aurait
pu les recevoir de Téducation. (Fléchier.)
Je serais votre ami quand hien wiĂšme vous ne le Bien des gens sâembarrassent peu de la route,
- voudriez pas. (AcadĂ©mie.) pourvu gĂŒelle les mĂšne Ă la source des richesses.
' âą ^ ^ (Dict. de Maximes.)
Les conjonctions conditionnelles ou hypothétiques sont celles qui lient deux proposi
tions par une supposition ou en marquant une condition. Telles sont les suivantes : si,
quand, quand mĂȘme, quand bien mĂȘme, pourvu que, supposĂ© que, au cas que ', en cas que,
bien entendu que, Ă condition que, a la charge, que.
Nous nous arrĂȘterons lĂ , car il serait inutile de suivre les grammairiens dans les nomÂŹ
breuses classifications qĂŒils font des conjonctions. Nous prĂ©fĂ©rons considĂ©rer ces sortes
de mots relativement Ă Texpression. .
Sous le rapport de Texpression, les conjonctions se divisent en simples ei en composées.
: Les conjonctions pures ou simples sont celles qui sont exprimées en un seul mot; les
conjonctions composées sont celles qui se forment de plusieurs mots. Outre ces deux di
visions, il y en Ă encore une troisiĂšme qui comprend les mots pris accidentellement
comme conjonctions.
TABLEAU DES CONJONCTIONS.
Nâ DCCLXXXIY.
* ^
Y
CONJONCTIONS PURES OU SIMPLES.
Et, ni, ou, que, si, car, or, donc, ainsi, comme, lorsque, mais, pourquoi, puisque,
que, quand, quoique, savoir, toutefois.
103
(818) .
Si est conjonction ; il est adverbe quelquefois, ou il répond à oui.
% *
LOCUTIONS CONJONCTIVES.
Soit que, bien que, dĂšs que, sitĂŽt que, aussitĂŽt que, avant que, aprĂšs que, tandis que,
qendant que, afin que, si peu que, si ce nĂ«st que, supposĂ© que, bien entendu que, Ă
condition que, attendu que, non plus que, pour que, parce que, pourvu que, en cas
que, Ă inoins que, sinon que, au lieu que, encore que, aussi bien que, de mĂȘme que,
ainsi que, vu que, de façon que, depuis que, jusqĂŒĂ ce que, de maniĂšre que, quand
mĂȘme, quand bien mĂȘme, dâoĂč vient que, sans que, etc.
*
MOTS ACCIDENTELLEMENT PRIS COMME CONJONCTIONS." ^
/
Toujours, encore, cependant, nĂ©anmoins, pourtant, ainsi, aussi, dâailleurs, bien
plus, etc.
11 est captif; /otyours est-il content.
II est misérable ; cependant il ne se plaint pas, etc.
Sinon, partant et soi/jouent le rĂŽle de conjonctions, quoiquâils soient des propositions
tout entiĂšres. -
EXERCICE ĂNALTIIQĂŒE.
Dieu absout aussiiĂȘt qu*i\ voit la pĂ©nitence dans le cĆur.
4 (Pascal.)
Pourvu quon. soit content, quâimporte quâon admire?
(Yoltaihe.)
ÂŁst-ou laide jamais, dĂšs qu'on est bonne mĂšre? (Gosse,)
Les grands emplois, selon qu'on sâcn acquitte,
Font voir le deçré du mérite. (Perrault.)
Tout eu irait mieux sur la terre ,
Si chacun se bornait Ă faire
Le métier pour lequel Jupiter Pappela. (Aubbat.)
Le monde est vieux, dĂźt-on ; Je le crois ; cependant
11 le faut amuser encor comine un enfant. (La FonrAiNn.)
Le monde est un passage infesté de brigands ; '
Mais les petits voleurs travaillent pour les grands. (Formacs.)
La mort s'avance ;
Les grands ni les petits n'échappent à sa loi. (Crkisier.
La nature est partout variée et féconde. (Lamotte
Il n'est point de vertu, lorsqu'il n'est point d'épreuve. (Kesitel.)
âąI
DE LA PLACE DES CONJONCTIONS.
DCCLXXXV.
CONJONCTIONS ET EXPRESSIONS CONJONCTIVES QUI PEUVENT SE PLACER, TANTĂT
AU PREMIER MEMBRE DE LA PĂRIODE, TANTĂT AĂŒ SECOND.
PLACĂES AU PREMIER MEMBRE DE LA PĂRIODE.
Pendant qĂče les Romains mĂ©prisĂšrent les riÂŹ
chesses, ils furent sobres et vertueux.
(Bossuet.)
Tandis que tout change et périt dans la nature, la
nature elle-mĂȘme reste immuable et impĂ©rissable.
(Marmontel.)
AussitÎt que le khan de Tartarie a diné, un
héraut crie que tous les autres princes de lù terre
peuvent aller diner, si bon leur semble.
(Montesquieu.)
DĂšs guâon sent qĂŒon est en colĂšre, il ne faut ni
parler ni agir. . (Marmontel.)
Afin gĂŒon ne puisse douter de leur bonne foi,
non plus que de leur persuasion, U les oblige Ă
sceller leur témoignage de leur sang. (Bossuet.)
PLACĂES AU SECOND MEMBRE DE LA PĂRIODE,
Le vrai sage nâest appliquĂ© quâĂ bien faire, penÂŹ
dant gue le fanfaron travaille Ă ce que lâon dise de
lui qĂŒil a bien fait. (La BruyĂšre.)
La religion eut ses David et ses Salomon, qui rouÂŹ
girent dâhabiter des palais superbes, tandis qpe le
Seigneur nâavait pas oĂč reposer sa tĂȘte.
(Massillon.)
â Dieu absout aussitĂŽt gĂŒil voit la pĂ©nitence dans
le cĆur. (Pascal.)
Le docteur nâinstruit plus dĂšs gĂŒil devient pĂ©dant.
(Sanlecque.)
Dieu accorde quelquefois le sommeil aux mé
chants, afin que les bons soient tranquilles.
(Sadi.)
(819)
Parce que les grandes fĂȘtis se passaient toujours
sans rien changer à sa fortune, Thébnas murmurait
' contre le temps présent. (La BruyÚre.)
Puisque jâai commencĂ© de rompre le silence,
Il faut poursuivre. (Racine.)
Lorsque Rome a parlĂ©, les rois n'ont plus dâamis.
(Voltaire.)
Quoique le ciel soit juste, il permet bien souvent
Que lâiniquitĂ© rĂšgne, et marche en triomphant.
[Id.)
De péur que ma présence soit ici criminelle, je te
laisse. (MoliĂšre.)
Avant que le sommeil te ferme la paupiĂšre,
Sur tes Ćuvres du jour porte un regard sĂ©vĂšre.
(Lefranc de Pompignan.)
Bien quâa ses dĂ©plaisirs mon Ăąme compatisse.
Ce que le comte a fait semble avoir mérité
Ce juste chùtiment de sa témérité. (Corneille.)
Si le prince est un sot, le peuple est sans génie.
(Piron.)
AprĂšs que Dieu eut donnĂ© de si heureux succĂšs Ă
cette guerre, il sâappliqua tout entier Ă -rĂ©gler ses
^tots. (Fléchier.)
Depuis gw'elle fut promise à Jésus-Christ, tille ne
chercha plus quâĂ lui plaire. {Id.)
SitĂŽt que sur un vice ils pensent me confondre,
Câest en me corrigeant que je sais leur rĂ©pondre.
(Boileau.)
Tant gue lâoo hait beaucoup, on aime encore un peu.
(Mâ« DE la SĂŒzk.)
Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.
(Racine.)
Quand vous me haĂŻriez, je ne mâen plaindrais pas.
[Id.)
Il y a des vérités qui sont la source des plus
grands désordres, parce guëlles remuent toutes les
passions. (Chateaubriand.)
Fais du bien aĂŒjourd'hui, puisque tu vis encor;
Crois-moi: câest le plus doux,le seul emploi de Tqr.
(Villefré.)
Il nâest point de vertu, Zorsgwâilnâest point d'Ă©preuve.
(Resnel.)
NÎus avons marché longtemps tout nus, quoique
le climat ne soit pas'chaud. (Voltaire.)
Sois donc prĂȘt Ă frapper, de peur quâon nous prĂ©-
â [Id.) [vienne.
Il fut des citoyens avant gĂŒil fĂ»t des maĂźtres,
(MO
La mode Ă©loigne les cheveux du visage, bien gĂŒils
ne croissent que pour lâaccompagner.
(LĂ BruyĂšre.) .
Que font les toits dorĂ©s, si Ton nây vit en maĂźtre?
(Imbert.)
Il faut bonne mĂ©moire aprĂšs gĂŒon a menti.
(Corneille.)
Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure,
Depuis que votre corps languit sans nourriture.
(Racine.)
Ou va bien loin sitĂŽt gu'on se fourvoie.
(Voltaire.)
Je les lui promettais tant quâa vĂ©cu son pĂšre.
(Racine.)
La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrĂąces.
' ' {Id.)
Je serais votre ami quand bien mĂȘme vous, ne le
voudriez pas. (Académie.)
Les conjonctions ou expressions conjonctives qui peuvent se placer tantĂŽt au premier
membre dâune pĂ©riode, tantĂŽt au second, sont :
Pendant que.
AussitĂŽt que.
De mĂȘme que.
Cependant que.
Si et quand.
A cause que.
A moins que.
De crainte que.
Au cas que.
Sans que.
Tandis que.
DĂšs que.
Lorsque.
Quoique,
AprĂšs que.
Ainsi que.
Attendu que.
En cas que.
Si ce nâest que.
Afin que.
Parce que.
De peur que.
Avant que.
Depuis que.
A moins que.
De sorte que.
JusquâĂ ce que.
Outre que.
Supposé que.
Puisque.
Tant que.
Bien que.
Encore que.
SitĂŽt que.
Soit que.
Au reste.
Durant que.
Ou bien.
Pourvu que.
Vu que.
NĂ©anmoins, la place de ces conjonctions dĂ©pend de celle qĂŒoccupent les propositions
quëlles précÚdent. :
Quand une phrase est composĂ©e de deux propositions âunies par une conjonction,
Tharmonie et la clarté demandent ordinairement que la plus courte marche la premiÚre.
On ne sâexprimerait donc ni avec grĂące ni avec harmonie
en disant:
On a bien de la peine à soupçonner son semblable
d.e nâĂȘtre pas honnĂȘte homme, lorsquâon lâest soi-
mĂȘme.
AU LIED de:
. Lorsquâon est honnĂȘte homme, on a bien de la
peine Ă soupçonner les autres de ne lâĂȘtre pas:
(Wailly.)
( 820 )
On ne peut haĂŻr une religion qui ne prĂȘche que la
vertu, quand on est vertueux.
A quoi bon une table servie avec somptuosité
et avec profusion, puisque la nature se contente de
peu?
Quand on est vertueux, on ne peut haĂŻr une reÂŹ
ligion qui ne prĂȘche que la vertu. (Wailly*)
Puisque la nature se contente de peu, Ă quoi bon
une table servie avec somptuosité et avec profusion?
(D'Ouvkt.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Pendant qu'il dort, lisez.
Parce quâQ est riche, il est arrogant.
Lisez, pendant quâil dort,
n est arrogant, parce qu'il est riche.
N* DCCLXXXYI.
CONJONCTIONS OĂŒ EXPRESSIONS CONJONCTIVES QUI SE PLACENT TOUJOURS AU SECOND
MEMBRE DE LA PĂRIODE.
Ma foi, le plus sûr est de finir ce sermon, '
Aussi bien je vois lĂ ces melons qui tâattendent.
(Boileau.)
Qui peut compter sur le lendemain ? Et cependant
nous vivons comme si tout ceci ne devait jamais
finir. , â (Massillon.)
On reconnaĂźt Joad Ă cette violence ;
Toutefois il devrait montrer plus de prudence.
â (Racine.)
Le conquérant est craint, le sage est estimé;
Mats le bienfaisant charme, et lui seul est aimé.
(Voltaire.)
Les tourterelles se fuyaient;
Plus dâamour, partant plus de joie.
(La Fontaine.)
La fortune est inconstante; câest pourquoi on
doit toujours avoir des sujetĂ» de crainte dans la proÂŹ
spĂ©ritĂ©, et des motifs dâespĂ©rance dans lâadversitĂ©.
(Dictionnaire de Maximes.)
Je pense : donc Dieu existe; car ce qui pense en
moi, je ne le dois point Ă moi-mĂȘme.
(La BruyĂšre.)
Qui peut de vos desseins révéler le mystÚre,
Sinon quelques amis engagés à se taire?
(Racine.)
' Il consentit.de traiter dâĂ©gal avec lâarchiduc, Ă
condition quâen lieu tiers, ce prince ferait les honÂŹ
neurs des Pays-Bas. (Bossuet.)
Il a véritablement quelques défauts; à u surplus,
il est honnĂȘte homme. (AcadĂ©mie.)
Il y a trois choses Ă consulter; savoir : le juste,
lĂ«onnĂȘle et l'utile. (Marmontel.)
Les quatre lettres I. N, R. I., qui sont au haut
de la croix de Notre-Seigneur, signifient Jésus
Nazarenus, rex JudĆorum ; câest-a-dire , JĂ©sus
de Nazareth, roi des Juifs. (Girard.) .
Les conjonctions ou expressions conjonctives qui doivent toujours se mettre entre
deux membres de phrase et qui ne peuvent jainais commencer le discours, Ă moins qĂŒon
ne le suppose momentanément interrompu, sont les suivantes :
Aussi bien.
Toutefois,
Partant.
Cëst pourquoi.
Par conséquent.
Cependant.
Mais.
Pourtant.
Cëst-à -dire.
AprĂšs tout.
Donc.
Sinon.
A condition que.
Câest Ă savoir.
En effet.
Car.
Savoir.
Au surplus.
Sans quoi.
Et puis.
On a blĂąmĂ© Malherbe et Corneille dâavoir commencĂ© des phrases poĂ©tiques par donc,
et lâon a eu tout Ă la fois raison et tort : raison, si lâon veut sâen tenir Ă la rigueur gramÂŹ
maticale; tort, si Ton ne sent pas que câest un tour, un mouvement pindarique qqi supÂŹ
prime les antĂ©cĂ©dents, les idĂ©es antĂ©rieures, pour se jeter sur lâidĂ©e dominante,
Doyç un nouveau labeur Ă tes armes sâapprĂȘte!
Le poĂšte suppose que le hĂ©ros auquel il sâadresse a rempli toute la terre du bruit de
ses hauts faits, et quâil serait superflu de les rappeler; il conclut dâaprĂšs eux, et le gramÂŹ
mairien nâa pas plus le droit dâappliquer sa rĂšgle Ă la marche du gĂ©nie, quelle gĂ©omĂštre
son compas Ă lâApollon du BelvĂ©dĂšre. Dans la poĂ©sie, comme dans les arts, lâeffet est
tout, et quiconque le produit, nâimporte comment, sans offenser le goĂ»t ou la raison ,
(821)
mérite des éloges. Il y a dans la littérature, comme dans les arts, un point de vue, disons
mieux, de sentiment que la nature seule et non la méthode peut faire saisir par ses fa
voris : ce point produit lëffet désiré; Tirrégularité qui le cause disparaßt aux yeux illu
sionnés par le talent de Tartiste ou de Técrivain,
N. B. Le seul mot qui se place toujours au premier membre de la'période, cëst le
moi comme employé accidentellement comme conjonction :
Comme il ne comprend rien, un sot fronde sans cesse.
(VOISENOX.) .
Néanmoins, remarque Voltaire, toutes les phrases qui commencent par comme sentent
Ja dissertation, le raisonnement;, etdĂą chaleur du raisonnement ne permet guĂšre, dans
les vers, Temploi de ce tour prosaĂŻquh. * ,
EXERCICE PHR4SĂOLOGI0VE.
Je pense, donc j'existe.
Vons le voulez ; toutefois vous pourriez. âą .
Vous ĂȘtes riche ; mais je le suis plus que vous.
Plus d'argent, partant plus de joie. â
Faites-le, sinon vous ĂȘtesmort.
Je le dirai, Ă condition que... ,
Il T a trois choses à considérer*: savoir
LTiomme est faible ^ c'est ponrquoii..
OBSERVATIONS SUR LâEJIPLOI DE LA PLUPART DES CONJONCTIONS.
r
ET.
N" DCCLXXXm
Et KĂPĂTĂ ou NON KĂPĂTĂ.
Et NON RĂPĂTĂ.'
L'esprit, la science et la vertu sont les véritables
biens de Thomme,* (Dict. de Maximes.)
EUe sort pompeuse et parée.
(Malherbe.)
Les véritables sages vivent entre eux et tranquilles.
(Voltaire.)
Et partout oĂč coula le nectar enchantĂ©,
Coururent le plaisir, Taudace et la gaßté.
(Delille.)
Ils meurent; de ces lieux s'exilent
La douce rĂȘverie et les discrets amours. {Id.)
Le sage est ménager du temps et des paroles.
(La Fontaine.)
On ne parla que de pinceaux.
Dâombres ef de couleurs, dâimages, de tableaux.
(La Harpe.)
Plus loin, le tambourin, le fifre et la trompette,
Font entendre des airs que le vallon répÚte.
(Saint-Lambert.)
Quand Lucullus vainqueur triomphait de TAsie,
Lâairain, le marbre et Tor frappaient Rome Ă©blouie.
(Delille.)
l.es plaintes, les regrets et les pleurs sont perdus.
(Voltaire.)
Et RĂPĂTĂ.
Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort,
Vont tous également des douleurs à la-mort.
(Voltaire.)
Ăne coquette est un vrai monstre Ă fuir;
Mais une femme, et tendre, et belle, et sage.
De la nature est le plus digne ouvrage.
{Id.)
Quel carnage de toutes parts!
On égorge à la fois les enfants, les vieillards,
Et la sĆur et le frĂšre,
V Et la fille ef la mĂšre,
Le fils dans les htas de son pĂšre.
(Racine.)
Les plats sont mis sur la table divine
Des belles mains de la tendre Euphrosine,
Et de Thalie ef de la jeune ĂglĂ©,
Qui, comme on sait, sont lĂ -haut les trois GrĂąces
Dont nos pédants suivent si peu les (races.
(Voltaire.)
Le beau temps et la pluie, et le froid ef le chaud,
Sont des fonds quâavec elle on Ă©puise bientĂŽt.
(MoliĂšre.)
Des dieux les plus sacrĂ©s jâinvoquerai le nom,
Et la chaste Diane ef Tauguste Junon,
Et tous les dieux enfin. (Racine.)
... DansJa^saison dâamour,
Et TĂ©pouse ef TĂ©poux ont le mĂȘme sĂ©jour.
(Demlle.)
( 822 )
Lorsquâon ne veut exprimer qĂŒune simple addition, il suffit dâemployer un seul ct,
qu'on place devant le dernier mot additionné, comme dans les exemples de la premiÚre
colonne. ' '
Mais sâil sâagit dâagrandir, de grossir les objets, on multiplie les et, ainsi qĂŒon le voit
dans les exemples delĂ deuxiĂšme colonne.
Souvent on se contente de distinguer par la ponctuation les parties énuméréeà ;
exemples : ^ '
Il ûvait «otra port, vos yeux, votre langage.
(Bacine.)
Vous eussiez vu tomber Ă bas -
Epaules, nez, mentons, cuisses, pieds, jambes, bras.
(Voltaire!)
Quiconl|ue est riche est tout ; sans sagesse il est sage;
Il a, sans rien savoir, la science en partage.
Il a Vesprit, Ăźe cĆur, le mĂ©rite, le rang.
La vertu, la valeur, lù dignité, le sang,
(Boileau.)
Vicieux; pénitent, courtisan, solitaire.
Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire.
(Voltaire.)
Lëmploi de et serait vicieux si, dans les parties énumérées, il y avait gradation, on si
le dernier mot était récapitulant.
Femmes, moines, vieillards, tout était descendu ;
LâĂ©quipage suait, soufflait, Ă©tait rendu.
(La Fontaine.)
Je confesserai tout; exil, assassinats,
Poison mĂȘme, (Bacinb.)
Comment se trouve-t-il tant dâhommes qui, pour
si peu dâargĂšnt, se font les persĂ©cuteurs, les satelÂŹ
lites, les bourreaux des autres hommes ?
(Voltaire.)
Je le vis, je rougis, je pĂąlis Ă sa vue. (Racine.)
Quelquefois, pour plus de clarté, et pour éviter plusieurs sortes de et, on en sup
prime un, comme dans ces exemples ;
Boileau fut tout à la fois la terreur, le fléau des
mĂ©chants poĂštes, et le dĂ©fenseur, lâappui des bons
écrivains. (Domergue .)
L'homme est un assemblage de lumiĂšre et dâignoÂŹ
rance, dâespĂ©rance et dâincertitude. (Pluche.;
La coupe de la premiÚre de ces phrases en deux parties aurait été perdue ou insen
sible, si Ton avait dit.: Boileau fût la terreur et ße fléau des méchants poÚtes, et le dé
fenseur ET Vappui des bons écrivains.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Jolonx ét fle 'éob bonheur et Je st fortune.*
£t les pleura et la rage.. «
Jaloux dë sÎn bonheiir Út de sa fortune.
Les pleurs et la rage...
W DCCLXXXYin.
DES MOTS LIĂS PAR et.
Et UNISSANT DBS SUBSTANTIFS.
LâAUBiTiON et Pavaricb deĂ hommes sont les
seules sources de leur malheur. (Fénelon.)
Lâharmonie et sooBRiiiT flatteur sont lâorhcment
de la pensée. (Voltaire.)
UNISSANT DES ADJECTIFS.
Dans le fond d'un chĂąteau, tranquille et sotitAiRE,
Loin du bruit des combats elle attendait son pĂšre.
(Voltaire.)
Je me tranquillisais; oistvs et solitaĂźrb,
Je goĂ»tais le plaisir de nâavoir rĂźen a faire.
(Dobat.)
Je mâen retournerai seule et dĂ©sespĂ©rĂ©e.
(Racinb.)
( 823 )
Et UNISSANT DES VERBES.
O puissante nature, ĂŽ grande enchanteresse !
Tout ce que jâaperçois me charme et mâiNTĂRESSE,
(La Harpe.)
Le triomphe de la religion est de consoler
Thomme dans le malheur, et de mĂȘler une douÂŹ
ceur céleste aux amertumes de la vie.
(Marmontel.)
Et UNISSANT DES PROPOSITIONS.
Généralement, les gens qui savent peu parlent
beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent
peu. (J.-J. Rousseau.)
Lâadulation enfante Torgueil, et Torgueil est touÂŹ
jours T écueil fatal de toutes les vertus.
(Massillon.)
Il fut tĂ©moin des regrets touchants qĂŒEudoxe
donnait"à sa mÚre^ et il en revint pénétré.
(Marmontel.)
La conjonction et ne peut lier que des mots de'" mĂȘme nature, des verbes avec des
verbes, des noms avec des noms, des adjectifs avec des adjectifs, etc., etc. Ce serait jeÂŹ
ter du trouble dans les idĂ©es que de lâemployer pour rĂ©unir, par exemple, TĂ©tat dâun
ĂȘtre avec sa qualitĂ© : Louis XIV Ă©tait koi et fier, pour ne pas rĂ©pĂ©ter ĂŒ Ă©tait fier. La
phrase est mĂȘme affaiblie par cette contraction ; les deux idĂ©es, les deux motifs quâelle
exprime, sont confondus. On veut dire : il était roi, de plus il était fier.
Cette réunion imprévue forme une disparate, un choc entre deux idées, plus désa
grĂ©able .encore lorsque Vet joint un substantif avec un verbe : Vous aimez le jeu et Ă
GAGNER; dites ; vous aimez le jeu et le gain, dâautant mieux que vous satisferez TharÂŹ
monie par la suppression dâun dur hiatus.
Nous disons que la conjonction et lie des substantifs avec des substantifs, des verbes
avec des verbes, etc. Mais celte liaison ne peut avoir lieu qĂŒĂšn vertu dâune ellipse ; car,
quoique les conjonctions ne paraissent lier que des mots, elles joignent pourtant touÂŹ
jours, et ne peuvent jamais lier que des propositions. Dans celte phrase : J'ai lu VolÂŹ
taire et Rousseau, il semble dâabord que la conjonction et ne lie que les deux noms
Voltaire et Rousseau; Tanalyse fait voir quëlle unit deux propositions;*car cette phrase
est un abrĂ©gĂ© de : J'ai lu Voltaire et (j'ai lu) Rousseau. CĂ«st lĂš dĂ©sir dâĂȘtre plus concis
qui a introduit Tusage oĂč Ton est dĂš dire : J'ai lu Voltaire ex Rousseau.
La BruyĂšre a-t-il pu dire :
ĂŒn honnĂȘte homme qui dit : ouĂŻ et non, mĂ©rite d'ĂȘtre cru. Son caractĂšre jure pour lui.
donne créance à ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance.
Lemare condamne cette phrase. Voici son raisonnement: «On ne peut direowi et
» non que dans des temps différents. On peut dire oui sur une question, et non sur une
» autre; mais, sur chaque point, câest oui oĂŒ non qĂŒil faut dire, si en effet on veut mĂ©-
)) riter dâĂȘtre cru. » . '
Bien que ce raisonnement soit juste en lui-mĂȘme, ce serait se montrer par trop sé
vĂšre que dâen tirer la consĂ©quence que la phrase de La BruyĂšre est vicieuse. Pour nous,
nous la trouvons trĂšs-claire, et nous croyons mĂȘme quâelle perdrait beaucoup de sa
force si ori reiĂŒplaçait et par ou. Ce que Lemare nâa pas mĂȘme entrevu, câest que cette ,
phrase est elliptique, et quâelle est un abrĂ©gĂ© de Un honnĂȘte homme qui dit oui [quand
il faut dire oui) et non [qnand il faut dire non) mĂ©rite d'ĂȘti'e cru. La BruyĂšre aurait cru
faire injure à ses lecteurs en exprimant les mots que nous avons rétablis, et que tout le
monde, Lemare excepté, peut rétablir comme nous.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
LecheTal et ieiie.
La sagesse et la verta.
S* figure me charme et m'intéresse.
Sage et réservé.
Riches et pauvres.
Savants et igmHrants.
( 824 ]
NI.
â e©ooo Nâ DCCLXXXIX. 9Ăź^«~
Ni RĂ©pĂ©tĂ© oĂŒ non rĂ©pĂ©tĂ©.
Ni NON RĂPĂTĂ.
Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixeÂŹ
ment. â ' (La Rochefoucauld.)
Quoil le ciel ni lĂ«nfer nâont rien qui VĂ©pouvante?
(Th. Corneille.)
La volupté m* la mollesse ne peuvent contenter
nos cĆurs. (Lebrun.)-
Dans son cĆur malheureux son image est tracĂ©e :
La vertu m le temps ne Tont point effacée.
(Voltaire.)
Lâabsence ni le temps nâeffaceront jamais
De son cĆur affligĂ© le prix de vos bienfaits.
(Longepierre.)
Ni répété.
Ni lâor, ni la grandeur ne nous rendent heureux.
(La Fontaine.)
Ni ma santé, ni mon goût, ni mes travaux, ne
me permettent de quitter ma douce retraite.
(Voltaire.)
- Ni \e reproche, ni la crainte, nt lâambition, ne
trouble les instants dâun honnĂȘte homme en place.
(Marmontel.)
iVtla bienfaisance, nt lâhumanitĂ©, nt son devoir,
ne lui permettaient de venir faire Ă sa sĆur une
telle insulte. [Id.)
Ni sa jeunesse, nt les charmes de Calypso et de
ses nymphes, ni les traits enflammĂ©s de lâAmour,
nâont pu surmonter les artifices de Minerve.
(Fénelon.)
Nt sâemploie dans les phrases nĂ©gatives, et, comme on le voit, il peut ou non se ré
pĂ©ter. Lorsquâil est rĂ©pĂ©tĂ©, la phrase en acquiert une bien plus grande Ă©nergie.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Les sciences ni les lettres...
Son pĂšre ni lui...
Ni les sciences ni les lettres...
Ni son pĂšre ni lui...
N- DCCXC.
Ni SUIVI ou NON SUIVI DE pas OĂŒ DE point.
SUIVI DE pas ou de point.
Buchanan nt Grotius ne lâont pas fait dans leurs
poĂšmes. (Corneille.)
Dans son cĆur malheureux son image est tracĂ©e :
La vertu nt le temps ne lâont point effacĂ©e.
(Voltaire.)
Mais lâun nt lâautre enfin nâĂ©tait point nĂ©cessaire,
(Racine.)
SANS pas ou potnf.
A^t Buchanan ni Grotius ne lâont fait dans leurs
poĂšmes.
Son image est tracĂ©e dans son cĆur : nt la vertu
nt le temps ne lâont effacĂ©e.
Nt* lâun nt lâautre enfin n'Ă©tait nĂ©cessaire.
9
Dans ces ortes de phrases il est plus élégant de supprimer pas et point et de répéter
ni. (V. le chapitre dés Adverbes.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
u ne cuUĂTe pas les lettres ni les sciences.
Cet cnTant n'est pas instruit ni modeste.
II. nâagit pas lentement ni prudemment.
11 ne cultive ni les lettres nĂź les sciences.
Cet enfant n'est ni instruit nĂź modeste
Il n'agit ni lentement ni prudemment.
( 825 )
-««Ksa N" DCCXCI.
EMPLOI DE et OĂŒ DE m DANS LES PHRASES NĂGATIVES
AVEC et.
Ce (piâon ne peut plus recouvrer,
11 faut le savoir perdre ; et les pleurs et la rage
Ne le font pas récupérer.
(François dE'NeĂŒfchateaĂŒ.)
Hélas! j'ai beau crier et me rendre incommode,
L'ingratitude et les abus
Nën seront pas moins à la mode.
. (La Fontaine.)
Car vous ne mâĂ©pargnez guĂšre,
Yous, vos bergers et vos chiens.- {Id.f
Rien nâest si aisĂ© et si commun que de calomnier
Ă demi-mot, et rien nâest si difficile que de repousser
cette espĂšce de calomnie. (La Harpe.)
Les animaux nâinventent et ne perfectionnent
rien. (BĂŒffon.) â
Nos langues nĂ«nt pas lâharmonie et la prĂ©cision
des langues anciennes. (Marmontel.)
Le sĂ©nat et le peuple romain nâoublient ni les
services ni les injures, (Vertot.)
AVEC m*.
Sinon, ni ton corps ni ton Ăąme
Nâappartiendront plus Ă ta dame.
(La Fontaine.)
Et les soins défiants, les verroux etles grilles.
Ne,font point la vertu des femmes m des filles.
(MoliĂšre.)
Sâils nĂ«nt point dâarmes ni de chiens, il continue
Ă marcher dâassurance. (BĂŒffon.)
se
On nâest jamais si heureux ni si malheureux quĂ«n
Timagine. (La Rochefoucauld.)
Les grands ni les rois De peuvent se perdre ni se
sauver tout seuls. (Massillon.)
A la-tahie de ClĂ©omĂšne, il nây avait point de mu-
sique ni de concert, (Montesquieu.)
. . . Quand le mal est certain,
La plainte ni la peur ne changent le destin.
(La Fontaine.)
Les grammairiens ont fait une rÚgle par laquelle ils excluent et des phrases négatives,
et veulent le faire remplacer par ni. Les exemples de la premiĂšre colonne et des milliers
dâautres que nous pourrions citer donnent un dĂ©menti Ă cette rĂšgle. Lorsqu'on Ă©numĂšre
plutÎt quën n'additionne, ni convient mieux : ni ton corps ni ton ùme; Hortense Ni Dor
mis; des femmes ni des filles. Et, au contraire, sĂ«mploie quand il s'agit plutĂŽt dâaddiÂŹ
tionner que dâĂ©numĂ©rer : et les pleurs et la rage ne le font pas rĂ©cupĂ©rer ; cĂ«st-Ă -dire
ces deux choses ensemble, les pleurs et la rage, ne le font pas récupérer. La Fontaine
cumule aussi les objets lorsquâil dit : L'ingratitude et les ahus; vous, vos bergers et vos
chiens.
Boniface pense que, dans les quatre derniers exemples- de la premiĂšre colonne, lâemÂŹ
ploi de m, conforme Ă lâusage leplus gĂ©nĂ©ral, serait prĂ©fĂ©rable.
EXERCICE PHRĂSĂOtOGIQVE.
Les fleura et la rage ne...
Le bien et le mal ne...
L'ingratitude et les abus ne...
Lâor et la grandeur ne...
Les ]^leurs ni la rage ne...
Le bien ni le mal ne...
Lâingratitude ni Jes abus ne.
Lâor ni la grandeur ne.. âą
N"DCCXC11.
EMPLOI DE ni APRĂS San#.
oooc^â
Sans RĂPĂTĂ.
* /
Les plus charmantes retraites ne plaisent guĂšre
SANS Bacchus et sans CérÚs. (Le Sage.)
Sans REMPLACĂ PAR ni.
Ăn ennemi, dit un cĂ©lĂšbre auteur,
Est un soigneux et docte précepteur,
FĂącheux parfois, mais toujours salutaire,
Et qui nous sert sans gages ni salaire.
(J.-B. Rousseau.)
104
( 826 )
Quelques aborigĂšnes, espĂšce de sauvages, vivent
indépendants et isolés, sans lois et sans gouverne
ment. (Ddreau de la Malle.)
Faites ce changement sans retard et sans bruit.
(Raynouard.;
Sans joie et sans murmure elle semble obéir.
(Racine.)
Assis le plus souvent aux portes du palais.
Sans se plaindre de vous ni de sa destinée,
Ily traßne; seigneur, sa vie infortunée.
(Racine.)'
Il la trouve sans peine ti< travail. (Buffon.)
Sans crainte ni pudeur, sans force nt vertu.
(Racine.)
Comme on le voit, on peut dire : sans Bacchus et sans CérÚs; sans lois et sans
gouvernement; sans retard Et sans bruit; ou, pour éviter la répétition desans.* sans
gages ni salaire, SANSj^etne ni travail, etc. Cëst à Toreille à décider si la répétition de
sans doit ou non avoir lieu.
Les exemples oĂč ni se trouve employĂ© sont peut-ĂȘtre les plus nombreux; en voici quelÂŹ
ques autres à Tappui de ceux que nous avons déjà cités :
tJn roman, sans blesser les lois ni la coutume,
Pcutconduire un héros au douziÚme volume.
(Boileau.)
Tarquin prĂźt la couronne sans ĂȘtre Ă©lu par le
sénat ni par le peuple. (Montesquieu.)
On arma tous les habitants sans distinction de
sexe ni dâĂąge. (De SĂ©gur.)
Wous perdrez ainsi la confiance de vos amis sans
les avoir rendus ni meilleurs nt plus habiles.
(Voltaire.)
Je reçus et je vois le jour que je respire,
Sans que pÚre nt mÚre ait daigné me sourire.
* (Racine.)
Dans les rĂȘves, les sensations se succĂšdent sans
que Tùme les compare ni les réunisse.
(Buffon.)
Dans la phrase suivante Fénelon a fait usage seulement de et aprÚs sans : Il n'y apoint
dé véritable vertu sans le respect et Vamour des dieux.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Sans force et «ni vertu.
Voir la inort sans la craindre efc sans la désirer.
Sans flpprét et «os prétention:
Sans force ni veHu. ^ ^ '
Voir la mort sans la craindre niïa désirer.
Sans apprĂȘt ni prĂ©tention.
Nâ DCCXCIIL
Ni APRĂS empĂȘcher, dĂ©fendre.
.Nous défendons que vous insultiez au malheur, *
et que vous lui refusiez votre assistance,
(Cité par Boinvilliebs.)
Le ministre a empĂȘcub que cet opuscule ne fĂ»t
imprimĂ©, et qĂŒil ne circulĂąt manuscrit. {Id.)
Nous pourrions, par un prompt achat de cette esclave,
EmpĂȘcher qĂŒun rival nous prĂ©vienne et nous brave.
(MoliĂšre.)
, Lui-mĂȘme en mesura le nombre et la cadence,
DĂ©fendit quâun vers faible y pĂ»t jamais entrer,
Ni quâun mot dĂ©jĂ mis osĂąt sây rencontrer.
(Boileau.)
BientÎt ils défendront de peindre la prudence,
' indeaĂč ni
De donner à Thémßs ni ban
balance.
{Id.)
JâempĂȘche'que, pendant le resle^ de lâannĂ©e, on
appelle quelqu'un en jugement pour cette affaire,
ni qĂŒon le mette en prison, (Vertot.)
c( Quand les verbes empĂȘcher, dĂ©fendre, etc., sont employĂ©s affirmativement, il faut,
disent la plupart des grammairiens, se servir de et Ă la place de ni, dans la proposiÂŹ
tion additionnelle. »
Les exemples de la seconde colonne nous font assez voir le peu dëxactitude de cette
rĂšgle.
En effet, ils nous prouvent quën peut se servir de ni par syllepse, aprÚs une expres
sion de défense ou de privation; ce qui équivaut en quelque sorte à une idée négative.
( 827 )
ĂȘ
Il serait dâautant plus rigoureux de condamner ces exemples,qĂŒon en trouve en grand
nombre dans la plupart de nos meilleurs écrivains.
Nous croyons mĂȘme avec Boniface que je vous dĂ©fends d'ouvrir la porte Ni la fenĂȘtre,
a un tout autre sens que jĂ« vous dĂ©fends d'ouvrir la porte et la fenĂȘtre.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Je vous défend» de sdrtßr et de jouer.
Je T0U5 défends de sortir ni de joiicn
N* Dccxav
Ni SUIVI DE ne.
Un sot ni nëntre, m ne sort, ni ne se lÚve, ni ne
se tait, ni nëst sur ses jambes comme un homme
dësprit. . (La BruyÚre.)
Son grand cĆur ni ne s'aigrit, ni nĂš sĂ«mporte
contre elie. (Bossdet.)
. . . Pour vivre eiempt de chagrin,
Il faudrait ne voir ni nëntendre.
(Nivernais.)
CĂ«st parce que les animaĂŒi ne peuvent joindre
ensemble aucune idĂ©e, quâils ne pensent ni ne parÂŹ
lent; câest par la mĂȘme raison qu'ils nâinventent ni
ne perfectionnent rien. (BĂŒffon.)
Jamais pécheur ne demanda un pardon plus
humble, ni ne sën crut plus indigne.
(BossĂŒet.)
« Lorsque plusieurs verbes se succÚdent, dit Boinvilliers, Tadverbe négatif ne tient
lieu ordinairement de m. avant le premier verbe : Il ne boit ni ne mange ; je ne veux, ni
ne dois, ni ne puis vous obĂ©ir. Quoique Bossuet ait dit : Son grand cĆur ni ne s'aigrit, ni
ne s'emporte contre elle, nous aimons cependant mieux dire, avec tous les autres écrivains;
Son grand cĆur ne s'aigrit ni ne s'emporte contre elle, d
Boiste pousse le rigorisme beaucoup plus loin.
« Quoique Tusage etles grammairiens, dit^il, permettent de .placer immédiatement
aprÚs le ni un ne pour lier deux propositions négatives, comme dans cette phrase de
Bossuet: jamais pécheur ne demanda un pardon plus humble, ni ne s'en crut plus in
digne, Tharmonie réclame contre cette permission, qui produit des consonnances désa
gréables, comme le ni ne s'en crut plus, échappé à la plume éloquente de ce grand ora
teur, qui préférait à Tharmonie la force de Texpression. Ce son désagréable et bizarre,
ni ne s'en, le serait plus encore si le ne se trouvait suivi du verbe avoir, ét que Ton eût
dit; ni n'a cru en ĂȘtre plus. Celui qui sait mouvoir sa langue Ăšt sa plume trouvera
des tournures de phrases moins choquantes, »
Boiste voudrait donc qĂŒon remplaçùt ni ne par et nĂ©, comme Massillon Ta fait dans
cette phrase : La religion n'abat et N'amollit point lĂš cĆur; elle l'ennoblit et l'Ă©lĂšve.
CĂ«st une affaire de goĂ»t et dâharmonie.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
U ne voit ni n'entend.
11 ne parle ni no bouge.
Nâ DCCXCV.
Ni AĂŒ' LIEĂ BE et DANS DES PHRASES AFFIRMATIVES.
Fût-il vingt fois plus larron que Sisyphe,
Et plus damnĂ© qĂŒHĂ©rode ni CaĂŻphe.
(J;-B. Rousseau;)
V t
Gardez donc de donner^ ainsi que dans Clélië,
Lâair ni iâespiit français Ă Lâantique Italie.
(BoĂŻtĂAU.)
( 828 )
Il ne faut pas qĂŒil y ait trop dâimagination dans
nos conversations ni dans nos écrits.
(La BrutĂšuĂ.)
La fortune y aurait plus de part que sa valeur ni
sa conduite: (Fontenelle.)
Plus dangereux fléau que la peste n» la guerre.
(Boileau.)
. . . Plus glorieux, plus craint dans ses défaites,
Que Bunois ni Gaston ne Vont jamais été.
(Voltaire.)
La plupart des grammairiens regardent comme une faute le ni des phrases qui précڏ
dent ; suivant eux, les Ă©crivains,â pour parler purement, auraient du employer et.
Nous nous permettrons de leur objecter que les écrivains font usage de ni au lieu de
e/,lorsque la phrase, en apparence affirmative, renferme une idée négative; alors il y a
syllepse, et condamner ces exemples, cëst tomber dans le purisme, cëst vouloir appau
vrir notre langue.
Si nous analysons les vers de Voltaire, nous trouvons : pim craint qne DunoĂŻs ne lâa
ĂTĂ, que Gaston ne lâa Ă©tĂ©. Qui empĂȘchait TĂ©crivain de mettre et? Rien; son goĂ»t seul
a donc dĂ©cidĂ©, car on ne peut Taccuser dâignorance.
Le passage de J.-B. Rousseau est un abrégé de : plus damné que ne le sont Hérode ni
CaĂŻphe: on a condamnĂ© ce passage, parce qĂŒon nâa pas songĂ© Ă rĂ©tablir lĂ«llipse.
Dans la phrase suivante, Marmontel sâest servi de et : Rien de plus naturel et de plus
doux que de participer aux malheurs de ses amis ; il aurait tout aussi bien pu mettre ni,
sâil TeĂ»t voulu.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. ' .
Plus aimable <^ne son frĂšre et tous.
Plus aimable que son frĂšre ni vous.
OU
j^OOOo-^
N" DCCXCVI.
MOTS QUE LA CONJONCTION OU SERT A LIER.
Ou ENTRE DES SUBSTANTIFS.
Souvent la nĂ©gligence ow lâinfĂ me avarice,
Firent de tous les maux lâĂ©pouvantable hospice,
(Delille.)
Sera-t-il Dieu, table ow cutette ?
Il sera Dieu. (La Fontaine.)
Que mâimporte, en effet, leur vie ow leur trĂ©pas
(Voltaire.)
Ow ENTRE DES ADJECTIFS ET DES PROPOSITIONS.
On peut ĂȘtre quelquefois plus fort ow plus heuÂŹ
reux que ses ennemis. (Massillon.)
Le cerf est dâun naturel assez simple; et cepenÂŹ
dant il est curieux et rusĂ© : lorsquâoN le siffle ou
qĂŒoN lâappelle de loin, il sâarrĂȘte tout court et reÂŹ
garde fiĂšrement. (Buffon.)
Ou sert Ă lier des noms, des adjectifs ou des. propositions.
11 faut éviter avec soin de joindre par la conjonction ou deux membres de phrase
dont Tun exige la nĂ©gative et lâautre ne Texige pas. Câest donc Ă tort que BarthĂ©lĂ©my a
dit : Des pays qui ont été ou point ou mà l décrits, il devait dire : des pays qui n'ont point
été décrits, ou qui Vont été fort mal. La phrase suivante : On y trouve peu ou point d'eau
douce est également fautive; il faut dire : on n'y trouve point d'eau douce ou du moins on
y en trouve fort peu.
Ne dites pas non plus : Je pardonne, les taches qui proviennent ou de négligence, ou
Ă©chappent Ă notre faible nature. Pour ĂȘtre exact et correct, vous devez choisir.une des
trois phrases suivantes : Je pardonne les taches qui proviennent ou de négligence ou de
la faiblesse de notre nature. â Je pardonne les taches qui ou proviennent de nĂ©gligence, OĂŒ
( 829 ) âą. >'
Ă©chappent Ă notre faible nature. â Je pardonne : les taches ou qui proviennent de nĂ©gligence^
ou que laisse échapper notre faible nature. *
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Lc.bonbeur ou la vertu.
La peur ou le besoin.
Heureux ou malbeureux.
Uu homme que l'on baĂźt ou que lâoa craint*
Nâ DCCXCVII.
âą ..
Ow RĂPĂTĂ OĂ NON RĂPĂTĂ.
Ou NON RĂPĂTĂ.
te roi, l'Ăąne om moi, nous mourrons,
(La Fontaine.)
Ăyez moins de frayeur ou moins de modestie.
(Racine.)
Pour ĂȘtre protĂ©gĂ© des grands, il faut flatter leur
ambition ou leurs plaisirs.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Avec moi, de ce pas, vénez vaincre ou mourir.
(Boileau.)
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous feront blanc ou noir.
(La Fontaine.)
..... Dans ces tristes jours
La retraite ou le trÎne était mon seul recours.
(Voltaire.)
Lâinstinct ou lâesprit des animaux varie; mais le
sentiment est pareil dans toutes les races; soĂŒs la
peau de-Tours, vous retrouvez le cĆur de la coÂŹ
lombe. (Chateaubriand.)
Ou RĂPĂTĂ.
Que Tamour soit ou non ou penchant ou vengeance,
La faiblesse des cĆurs fait toute sa puissance.
(Crébillon.)
Plus de raison : il faul ou le perdre ou mourir.
(Racine.)
Ou mon amour se trompe, ou ZaĂŻre aujourdâhui.
Pour TĂ©lever Ă soi, descendrait jusqĂŒĂ lui.
(Voltaire.)
Selon qĂŒil vous menace ou hien qĂŒii vous caresse,
La cour autour de vous ou sâĂ©loigne ou s'empresse.
(Racine.)
Messieurs, ou la maladie vous tuera, ou le méde
cin, ou bien ce sera la médecine. (MoliÚre.)
Ou nâĂ©crivez rien de bon, ou les sots sâĂ©lĂšveront
contre vous, ou bien contre vous les sots sâĂ©lĂšveront,
ou les méchants vous dénigreront. (/d.)
4
La conjonction ou peut, comme on voit, se répéter ou non se répéter. Cette répéti
tion dépend uniquement du goût ou de Ténergie que Ton veut donner à la phrase.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
â Le cheval ou Ffine.
Je veux vaincre ou mourir.
Ou le cheval ou lâĂąne.
Je veux ouvraincre ou mourir.
Nâ DCCXCVm.
Ou AVEC OĂŒ SANS de, lorsquâil est prĂ©cĂ©dĂ© de qui, quel, lequel.
AVEC de.
s
OĂč vas-tu nous rĂ©duire, amitiĂ© fraternelle?
Amour, qui doit ici vaincre, de vous ou dâelle ?
(Corneille.)
Nous tâavons éßu pour nous dire qui a raison dĂ©
moi ou de ma fille. (MoliĂšre.)
Nous verrons qui des deux emporte la balance.
Ou de son artifice, ou de ma vigilance?
(Voltaire.)
Elle doit épouser, non pas vous, non pàs moi;
Mais de vous ou de moi quiconque sera roi.
(Corneille.)
SAKS de.
Quel, chemin le plus droit a la gloire nous guide,
Ou la vaste science, ou la vertu solide?
(BoileaĂŒ.)
Lequel vaut mieux, ou une ville superbe en or
et en argent, avec une campagne négligée ou in
culte, ou une campagne cultivée et fertile, avec une
ville mĂ©diocre et modeste dans scs mĆurs?
(Fénelon.)
Commençons Ă ĂȘtre amis, et voyons lequel de
nous dëux sera de meilleure foi avec Tautre? Ou
moi qui te laisse la vie, ou toi qui me la devras ?
(La Harpe.)
Kt nous verrons aussi qui fait mieux un brave homme,
Des leçons d'Annibal oĂŒ de celles de Rome.
(Corneille.)
Lequel est le plus heureux dĂšs ce monde, dusage
avec sa raison, ou du dévot avec son délire?
(J.-J. Rousseau.) â
Ils combattaient pour savoir de qui ils âseraient
esclaves, ou dâOctave, ou d'Antoine.
(Voltaire.)
Qui de toi ov de moi a le plus gagné ou le plus
perdu à ce changement déposition?
(La RrĂtĂ«rb.)
Qui des héros ou des chevaßieTs méritent la pré
férence ? (Chateaubriand.)
«
Qui étaient les plus,fous et les plus anciennement
fous de nous ou des Ăgyptiens ? (Voltaire.)
* * ^
Dans les champs phrygiens les effets feront foi
Qui la chĂ©rit le plus ou dâUlysse ov de moi.
(Racine.)
Dites-moi, de grĂące, lequel vous aimez le mieux,
ou de la loiRoscia, oĂč de cette chansonnette?
(Binet,)
{ 830 )
On no savait, dans lâEurope,"qui on devait plainÂŹ
dre davantage, ou un jeune prince accusé par son
pÚre et condamné à la mort par ceux qui devaient
ĂȘtre un jour ses sujets, ou un pĂšre qui se croyait ,
obligé de sacrifier son propre fils au salut de son .
empire. (Voltaiiie.)
Allez. On apprendra qui doit donner la loi ;
Qui de rious est César, ou le pontife ou moi.
(Voltaire.)
Je demande qui a le plus de religion, ou le caÂŹ
lomniateur persécute, ou le calomnié qui par
donne? (/d.)
Qui est plus criminel, Ă votre avis, ou celui qui
achĂšte un argent dont U a besoin, oo bien celui qui
vole un argent dont il nâa que faire? (MoliĂšre.)
Que loĂčrai-je le plus, ou la cadence juste,
Ou de ses vers aisés le tour harmonieux ?
(CnAULIEU.)
Lequel des deux" a tort, ou celui qui cesse dâaiÂŹ
mer, 00 celui qui cesse de plaire? (Marmontel.)
On ne savait ce qĂŒil fallait le plus admirer dans
lâauteur (ChĂ mpfort), ou son gĂ©nie, ou son Ăąme,
(La Harpe.)
Qui des deux est plus fou, Ăźe prodigue ou l'avare ?
(Regnard.)
Qui est le plus coupable, ou celui qui prĂȘche touÂŹ
jours la vérité, ou ce/w< qui résiste toujours à la vé
rité? (Racine.)
Quand les mots qui, quel, lequel, etc., accompagnent la conjonction ou, doit-on exÂŹ
primer ou supprimer la préposition de devant les noms ou pronoms unis par cette con
jonction? Lâusage, comme on peut sĂ«n convaincre par nos citations, est encore partagĂ©,
et permet de dire Ă©galement : Lequel des deux fut le plus intrĂ©pide, de CĂ©sar ou Dâi-
lexandre, ou bien; lequel des deux fut le plus intrépide. César ou Alexandre?
Dans le premier cas, dit Lémare, lequel des deux fut le plus intrépide, de César ou
d'Alexandre, peut facilement sëxpliquer ; de est le complément de lequel, lequel de Cé
sar, lequel dâAlexandre. '
Lemare se trompe; de, dans la phrase quâil cite, nâest pas le complĂ©ment de lequel,
puisque ce dernier a déjà pour complément des deux, mots dont Lemare ne parle pas
dans son analyse, tant il est habitué à supprimer les mots qui pourraient lëmbarrasser.
Domergue et Boinvilliers pensent que dans cette phrase il y a trois propositions :
1Ÿ Lequel des deux fut le plus intrépide? 2» César fut-il plus intrépide qu'Alexandre?
3Ÿ Alexandre fut-il plus intrépide que César? et que par conséquent les mots César et
Alexandre, remplissant chacun la fonction de sujets, ne sauraient ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s dâune
préposition.
OĂč ces messieurs ont-ils donc vu que des mots employĂ©s comme sujets ne pouvaient
pas ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s dâune prĂ©position ? Ne dit-on pas Ă chaque instant : Des hommes
m'ont dit, des voyageurs m'ont raconté telle chose? Mais, objecteront-ils, dans ces ex
pressions, des est employĂ© dâune maniĂšre elliptique. Eh l qui leur dit quâil nâen est pas
de mĂȘme dans lequel des deux.de CĂ©sar ou d'Alexandre? En effet, si, au lieu de vouÂŹ
loir Ă toute force et contre toute raison transformer en sujets ces deux derniers mots,
CĂ©sar et Alexandre, ils les eussent envisagĂ©s tels qĂŒils sont, câĂȘst-Ă -dire comme comÂŹ
plément de la-préposUion de, ils auraient vu que cette phrase est un abrégé de la sui
vante: (Vous donnant Ă choisir entre la personne) de CĂ©sar oĂŒ (cetec)VALEXANDRE,
(jĂ« ĂŒow« demande) lequel des deux fut le plus jntrĂ©pide; ou bien {je demande, en
Lequel vaut mieux, ou une ville superbe, ou une
campà gne cultivée et fertile? (Fénelon.)
âą (831)
par/an/) DE CĂ©sar OĂŒ dâAlexandre, lequel des deux fut le plus intrĂ©pide.
Parmi les nombreux exemples que nous avons cités, on a dû remarquer les deux
suivants :
Dites-moi, de grĂące, lequelyoxxs aimez-mieux,ou
de la loi Roscia, ou de cette chansonnette ?
(Binex.)
Observez qĂŒil sâagit de deux objets fĂ©minins, et que nĂ©anmoins lequel est au masÂŹ
culin.
Lorsquâil'y a comparaison entre des objets similaires, lequel, laquelle, lesquels,'
lesquelles prennent le genre et le nombre de lâun ou de plusieurs de ces objets qĂŒils
modifient. Laquelle aimez-vous des trois cousines? Laquelle vonlez^-vous de ces deux
poires? De tous ces fruits, lesquels préférez-vous? mais si les objets sont dissembla
bles, ils se trouvent nĂ©cessairement sĂ©parĂ©s dans la pensĂ©e. ^Lâadjeclif dĂ©terminatif
nën modifie aucun, car ce ne sont,plus les substantifs que Ton compare entre eux, mais
la chose que lâon dit, et qui, nâayant aucun genre dĂ©terminĂ©, prend le neutre en latin,
et en français le masculin qui en tient lieu. Ainsi on ne peut établir de terme de compa
raison entre une loi et une chansonnette, il ĂŒy a point lĂ dâanalogie. Le traducteur a
donc eu raison dâĂ©crire : dites lequel vous aimez le mieux; lequel objet, Ă»q la loi ou de la
chansonnette, et non
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
Lequel de» deux, de vous ou de votre frÚre ?
Laquelle des deux, de vous ou do votre poeur?
Lequel des deux, vous ou votre frĂšre?
Laquelle des deux, vous, ou votre sceiir ?
MAIS*
W DCCXCIX.
Mais RĂPĂTĂ ou NON RĂPĂTĂ.
Mais encore, mais enfin, que dites-vous de cela?
(Académie.)
Mais qĂŒavez-vous fait, qĂŒavez-vous dit?
(La MĂȘme.)
Du marbre, .de lâairain, qĂŒun vain luxe prodigue,
Des ornements de Tart, TĆil bientĂŽt se fatigue;
Mais les bois, mais les eaux, mais les ombrages
Tout ce luxe innocent ne fatigue jamais. [frais,
(Delille.)
Mais peut ou non se rĂ©pĂ©ter, la rĂ©pĂ©tition ajoute beaucoup dâĂ©nergie Ă la phrase.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Mai» son pĂšre, sa mĂšre, sa sĆur/U nây pense donc plus?
Mais quâa-t-il dit, quâa-t-U fait?
Mais son pĂšre, mais sa mĂšre, mais sa sotir, il n'y pense donc plus ?
Biais quâa-t-ii dit, mais quâa-t-U fait ?
N" DCCC.
RĂPĂTITION ou SUPPRESSION DU YERBE APRĂS mais.
répétition du verbe.
Les convenances de la nature ne sont pas celles
dâun Sybarite ,* mais elles sont, celles du genre huÂŹ
main et de tous les ĂȘtres.
(Bern. de Saint-Pierre.)
suppression du verbe.
Les richesses engendrent le faste et la mollesse,
qui ne sont point des enfants bĂątards, mais leurs
vraies et légitimes productions. (Boileau.)
( 832 )
În trouve des moyens pour guérir de la folie ;
MAIS oa nën trouve pas pour redresser un esprit de
travers. [ Yauvenargdes.)
/
Le flambeau de la critique ne doit pas brûler,
wats éclairer. (Favart.)
Curius, à qui les Samnites offraient de l'or, ré
pondit que son plaisir nâĂ©tait pas dĂ«n avoir,
mais de commander Ă ceux qui en avaient.
(Bossuet.)
Quand on a besoin des hommes, il faut bien s'aÂŹ
juster à eux ; et puisquën ne saurait les gagner que
. par les louanges, ce nâest pas la faute de ceux qui
flattent, mais de ceux qui veulent ĂȘtre flattĂ©s.
(MoliĂšre.)
Ce nĂ«st pas le mot dâinquisition qui nous fait
peur, mais la chose mĂȘme. (Pascal.)
Chapelain, Colin, Pradon, Coron, ne sont pas
des noms de femmes, mais de poĂštes.
(Arnaud.)
Les ministres ne devaient pas agir pour eux-mĂȘÂŹ
mes, mais pour le prince qui était leur chef, et pour
tout le corps de lâEtat. (fd.)
Les satires de Rousseau (J.-B.) n.âĂ©taient paS;
comme celles de Boileau, de mauvais ouvrages,
mais des injures personnelles et atroces.
(Voltaire.)
Il nĂ«st pas dans lĂ«sprit humain de se mettre Ă
la place des gens qui sont plus heureux, mais seuÂŹ
lement de ceux qui sont plus Ă plaindre.
(J.-J. Rousseau.)
Le caprice des enfants nĂ«st jamais lâouvrage de
la nature, mais dâune mauvaise discipline, (/d.)
Le premier de tous les biens nâest pas dans lâauÂŹ
torité, mais dans la liberté. (/d.)
Nous ne sommes point les esclaves du prince,
mais ses amis ; ni les tyrans du peuple, mais ses
chefs. (/d.)
Il ne doit point (le roi) avoir plus de richesses et
de plaisirs, mais plus de sagesse, de vertu et de
gloire que le reste des hommes. (Fénelon.)
Lâharmonie ne frappe pas simplement Voreille,
mais lâesprit. ^ ' (Bossuet.)
Ce ne sont pas les mĂ©decins quâil joue, mais le
ridicule de la médecine. (MoliÚre.)
Le gibier du lion ce ne sont pas moineaux,
Mais beaux et bons sangliers, daims et cerfs bons
(La Fontaine.) [et beaux,
Rome nâĂ©tait pas proprement une monarchie ou
une rĂ©publique, mais la tĂȘte dâun corps formĂ© dc
tous les peuples du monde, (Montesquieu.)
Ces citations suffisent sans doute pour faire sentir le peu dëxactitude de la rÚgle don
née par les grammairiens sur lëmploi de mais, et par laquelle ils véulenß^que toutes les
fois que le premier membre dâune phrase est affirmatif et le second nĂ©gatif, et rĂ©ciproÂŹ
quement, le verbe se répÚte aprÚs mais.
Cette rÚgle, qui nécessiterait souvent des répétitions fastidieuses et entraverait la
marche du style, est contraire à Tusage de nos grands écrivains, qui ont répété, selon
leur goût, ou supprimé le verbe aprÚs mais.
Avec la rÚgle des grammairiens, on aurait: Nous né.sommes point les esclaves du
prince, mais nous sommes ses amis; ni les tyrans du peuple, mais nous sommes ses chefs;
et Ton réunirait les grùces du Rudiment aux charmes de la Syntaxe.
* *
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
On aime Ă deviner les autres, mais on nâaime pas
Ă ĂȘtre deyinĂ©. {Id.)
Les grandes passions sont aussi rares queles grands
hommes. On est occupé, intéressé ; mais on nësf pas
amoureux. * (Meilhan.)
«
Il manque bien des choses Ă lâindigence; mais
tout manque Ă lâavarice. (Trad. de P. Svrus.)
k
Il faut regarder son bien comme son esclave ; maĂŻs
il ne faut pas perdre son esclave. (Montesquieu.)
Le cĆur suffit pour savoir ; mais il ne suffit pas
pour savoir choisir. (Dict. de Maximes.)
On donne des conseils; mais on ne donne pas la
sagesse dâen profiter. (La Rochefoucauld.)
Il est aisé de critiquer un auteur; mais il est dif
ficile de TapprĂ©cier. (VaĂŒvenargues.)
Il esl bon de se fier aux hommes; mais il est enÂŹ
core meilleur de sâen dĂ©fier.
(Dict, de Maximes.)
Le premier de nos devoirs est dâĂȘtre homme ; mais
l^second est dâĂȘtre citoyen. (Labouisse.)
On excuse souvent ceux qui sont avares de leur
esprit; MAis_on n'excuse jamais ceux qui en sont
prodigues. (Dict. de Maximes.)
U faut, en quelque sorte, respecter les fautes des
grands hommes ; mais il ne faut pas les imiter.
^ (La Roche.)
La nature a dit Ă la femme ; Sois belle si tu peux,
sage si tu veux; mais sots considérée, il le faut.
(Beaumarchais.)
Câest un parti sage Ă la guerre de se tenir sur la
dĂ©fensive; mais ce nâosl pas le plus brillant.
(La Roche.)
Je ne l'ai pas vu ; mais je Tai entendu.
Je ne l'ai pas tu, mais seulement entenda.
t 833 )
N' DCCCI.
OU QUE. .
Ne dis donc pas : Que m'importe oĂč que tu sois?' OĂŒ que vous soyez, vous ĂȘtes mort pour moi.
(J.-J. Rousseau.) (J.-J. Rousseau.)
^ ^ X i . usage
nâĂ©quivaut pĂ s du tout Ă en quel lieu ; oĂč est un mot qui suppose toujours un antĂ©cĂ©dent,
et qui, par consĂ©quent, doit se, traduire par dans lequel. En effet, le lieu oĂč vous ĂȘtes; le
siĂšcle oĂč nous vivons, câest la mĂȘme chose que le lieu dans lequel vous ĂȘtes, le siĂšcle pans
LEQUEL nous vivons. Quelquefois Tusage permet de sous-entendre lâantĂ©cĂ©dent de oic,
comme quand on dit: oĂč ĂȘtes^ous? oĂč allez-vous? Mais il faut de toute nĂ©cessitĂ© rĂ©taÂŹ
blir cet antécédent pour Tintégrité logique de la phrase. Ces locutions sont donc des
abrĂ©gĂ©s de : dites-moi le lieu oĂč, dans lequel vous ĂȘtes; dites-moi lâendroit oĂč,
DANS LEQUEL VOUS allcZ.
OĂč QĂE vous soyez, comme on le voit Ă©videmment, est une expression elliptique, qui,
analysĂ©e, revient Ă celle-ci: (Dans tous les lieux) oĂč (le sort veut) que vous soyez.
La SociĂ©tĂ© grammaticale a dĂ©cidĂ© que cette locution nâest plus usitĂ©e. Quant Ă nous,
nous ignorons si elle a jamais Ă©tĂ© employĂ©e par dâautres Ă©crivains que Rousseau; mais ce
que nous pouvons assurer, cĂ«st quâelle est empruntĂ©e de la langue italienne, et quâelle
a pour elle le mĂ©rite de la clartĂ© et de la concision. Lâanalyse, dâailleurs, suffit pour la
justifier. ^
Comme que, dans cette façon de parler empruntée encore de J.-J. Rousseau : comme
QUE je fasse, il m'empoisonnera, signifie quelque chose que je fasse, et sâanalyse par : (ainsi)
comme (le sort voudra) que je fasse.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. ^
Ou que vous sojei. . OU quâil soit.
SOIT.
Nâ DCCCII.
Soit BĂPĂTĂ AVEC OU SANS que.
Soit.
Nën doutez point, seigneur, soit raison, soit caprice,
Rome ne Tattend point pour son impératrice. .
(Racine.)
Soit la hardiesse de lëntreprise, soit la seule pré
sence de ce grand homme, soit la protection viÂŹ
sible du ciel, il étonne par sa résolution.
(Fléchier.)
Soit que.
Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir
De ses yeux oĂč jâai lu si longtemps mon devoir;
Soit quâk tant de bienfaits ma mĂ©moire fidĂšle
LuĂź soumette en'secret tout ce que je tiens d'elle,
Mon génie étonné tremble devant le sien.
(Racine.)
105
La fortune, soit bonne ou mauvaise, soit passaÂŹ
gĂšre ou constante, ne peut rien sur lâĂąme du sage.
(Marmontel.)
Soit en bien, soit en mal, mon ami, la prudence
Dit quâil faut rarement juger sur lâapparence.
(Ghéron.)
( 834 ) '
ĂŒn mal funeste et contagieux se rĂ©pandit et sâé
chauffa dans les principales villes de Normandie ;
soit que lâintempĂ©rie des saisons eĂ»t laissĂ© dans l'es
airs quelque maligne impression, soit gwâun comÂŹ
merce fatal y eût apporté des pays éloignés, avec de
fragiles richesses, des semences de maladie et de
mort, soit que lâange de Dieu eĂ»t Ă©tendu sa maiu
pour frapper cette malheureuse province.
(Fléchier.)
Soit SQ rĂ©pĂšte ordinairement dans la mĂȘme phrase, et Ton dit soit raison, soit indiffé
rence. Lorsque soit est accompagné dën verbe, on le fait suivre de que : soit qu'il le
fasse, SOIT qu'il ne le fasse pas.
N' DCCaiI.
Soit REMPLACĂ PAR OU.
1
Ceux qui ont leur fĂ©tiche avec eux, soit quâils le ' Avant de commencer la guerre, les sages peuvent
Sortent aux jambes ow aux bras, lâarrosent dâun peu sây opposer ; mais dĂšs quâelle est dĂ©clarĂ©e, soit gwâon
evin. (La Harpe.) la trouve juste ow Injuste, ii ne doit pto exister
qu'une volonté ; chaque citoyen se doit tout entier
à sa patrie. (Ségub.)
Quelquefois on sous-entend le second soit, et on se sert de la conj'onction ou ; SOIT
Qu'il le fasse ou qu'il ne le fasse pas.
Nous disons quën sous-entend le second soit, car ces phrases sont elliptiques : soit
Qv'ils le portent aux jambes, soit QĂŒĂ«Zs le portent aux bras, soit Quâon la trouve juste,
OĂŒ SOIT QU'on la trouve injuste.
Les grammairiens qui prĂ©tendent que ou est lĂ pour soit ne savent donc ce qĂŒils di-
sĂšnt; pour les convaincre de leur erreur, il nous suffira sans doute de produire cet
exemple tiré dën de nos anciens écrivains : .
Soit pour courir ou soit pour arrĂȘter.. Salel, 1545.
Laveaux pense qĂŒil y a une grande diffĂ©rence entre soit rĂ©flexion, soit instinct, et
SOIT rĂ©flexion oĂŒ instinct. Il lui semble quĂ«n rĂ©pĂšte soit pour marquer une liaison plus
foĂte entre la premiĂšre.proposition et.la troisiĂšme. On dit donc : soit Qv'il dorme, soit
Qu'il veille, il a toujours le visage enflammé. Il y a ici liaison .intime entre les deux pre
miÚres propositions et la troisiÚme, il y a une simultanéité dëtat dans les deux cas. Mais
on dira ; soit Qu'il ait de l'appétit ou Qv'il n'en ait pas, il croit toujours qu'il est
malade. Ici la liaison nĂ«st pas intime, il nây a pas simultanĂ©itĂ© dâĂ©tat; câest seulement une
opinion qui rĂ©sulte Ă©galement dâune circonstance ou dâune autre.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Soit vertu, soit courage.
Soit qu'il sorte, soit qu'il entre.
Soit vertu ou courage.
Soit qa'il sorte ou quâil entre.
N" DCCCIT.
CAR, PARCE QUE.
Car.
HĂąte-toi de jouir, tu nâas pas tant a vivre.
Je te rebats ce mot ; car il vaut tout un livre.
(La Fontaine*)
Parce que.
LĂ , tout est beau, parce que tout est vrai.
(J.-B. Rousseau.)
( 835 )
Les reines des étangs, grenouilles, je veux dire;
Car que coĂ»te-t-il dâappeler
Les choses par noms honorables?
(La Fontaine.)
0 doux printemps, saison des fleurs,
J'aime ta premiĂšre verdure;
Car elle annonce au laboureur
ToĂčs les bienfaits de la nature.
(Aimé Martin.)
Je pense, donc Dieu existe; car ce qui pense en
moi, je nĂ© le dois point Ă moi-mĂȘme.
(La BruyĂšre.)
Le peuple sÚ figure une, félicité imaginaire dans
les situations Ă©levĂ©es oĂč il ne peĂŒt atteindre, et il
croit [car tel est lâhomme) que tout ce quâil ne peut
avoir, cĂ«st cela mĂȘme qui est le bonheur qu'il cherÂŹ
che. * ' (Massillon.)
D'un masi^ue étudié craignez la tromperie;
Car SI vous jugez sur la peau
Ou sur quelque autre singerie,
ÂŁn homme, vous prendrez un loup pour un agneau;
Vous aurez pour un ange, en femme, une furie.
(François de Neufchateau.)
11 ne se faut jamais moquer des misérables ;
Car qui peut se vanter d'ĂȘtre toujours heureux?
(La Fontaine.)
Et parce gĂŒelle meurt, faut-il que vous mouriez ?
' (Racine.)
Il y à dans quelques femmes un esprit éblouis
sant qui impose, et que l'on nâestime que parce
gĂŒil nĂ«st pas approfondi. (La BruyĂšre.)
M. de Montansier Ă©tait respectĂ©, parce gĂŒil Ă©tait
juste; aimĂ©, parce gĂŒil Ă©tait bienfaisant; et quelÂŹ
quefois craint, parce,gĂŒil Ă©tait sincĂšre et irrĂ©proÂŹ
chable. (Fléchier.)
Non, il est question de réduire un mari
A chasser un valet dans la maison chéri,
Et qui, parce gĂŒil plaĂźt, a trop su lui dĂ©plaire.
(Boileau.)
Elle commande, et elle est obéie plus prompte
ment que ne serait un monarque, parce que l'inté
rĂȘt est lĂ© plus grand monarque de la terre.
(Montesquieu.)
que
gare
humain.
'orgueil et de la faiblesse de lëspnt
(Bern. de Saint-Pierre.)
Jean-Jacques Rousseau a été fort persécuté,paTca
gĂŒil prenait le parti des malheureux. - (Id.)
Car et parce que marquent tous deux une idée de cause ; mais le premier se rapporte
à celui qui parle^ le second à Taction, quel quën soit Tagent.
Un liĂšvre en son gtte songeait ;
Car que faire en un gĂźte, Ă moins que Ton ne songe Ăź
(La Fontaine.)
Car, cëst-à -dire ma raison est (et non pas la raison du liÚvre) qu'on ne peut rien faire
dans un gĂźte, Ă moins de songer.
Lâart de l'Ă©crivain, dit trĂšs-bien Lemare, consiste surtout Ă se sĂ©rvir du terme propre.
Il ne faut donc rien négliger pour bién connaßtre la valeur et Temploi des mots les plus
importants de notre langue.
Quâon lise les bons auteurs, on y trouvera peu de parce que, mĂȘme en prose ; et beauÂŹ
coup de car en prose et en vers, à moins que ce ne soit dans la poésie élevée. ^
' Allez au barreau, ce ne sont que des car.
Tout semble rassemblé contre nous par hasard,
. Je veux dire la brigue et Téloquence, car
Se passer toute sa vie de car I ceux-là ne parlent donc pas ? « Car, dit Vaugelas, est un
» mot sans lequel on ne peut raisonner^ et qui nâest pas moins nĂ©cessaire au discours
» qué le feu et Teau ne le sont à la vie. »
a Quelle persĂ©cution, dit aussiLa BruyĂšre, le car nâa-t-il pas essuyĂ©e ? et sâil nâeĂ»t trouvĂ©
» de protection parmi les gens polis, nâĂ©tait-il pas banni honteusement dâune langue Ă
» qui il a rendu de si longs services, sans qĂŒon sĂ»t quel mot lui substituer? »
Car et parce que peuvent-ils quelquefois sâemployer indiffĂ©remment Tun pour Tautre ?
NoĂŒs nĂš le pensons pas. Cependant, quand celui qui parle est aussi celui qui agit,
car et parce que peuvent se substituer quelquefois Tun Ă Tautre.
Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre, ou parce QuâiZ vaut tout un livre; mais
Tun ĂŽĂŒ Tautre est meilleur, selon TidĂ©e qĂŒon a dans Tesprit.
Parce que, dit Voltaire, est une conjonction dure Ă Toreille et traĂźnante en vers; il faĂŒt
toujours TÎviter ; mais quand il est répété, il devient intolérable.
( 836 )
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Il no faut pas faire telle chose, car Dieu le défend.
Je le veux bien, parce que cela est Juste.
Nâ DCCCV.
PARCE QĂE, PUISQUE.
Puisque.
Mais Ă quoi servent les oiseaux? Ils sont inutiles,
pwtsgwâon ne peut les attraper?
(Bebn. de Saint-Pierre.)
Fais du bien aujourdâhui, puisque tu vis encor ;
Crois-mĂ«ĂŒ : cĂ«st le plus doux, le seul emploi de lâor.
(Villefré.)
Parce que.
*
Les grands hommes entreprennent de grandes
choses, parce guëlles sont grandes; et les fous,
parce gwâils les croient faciles. (Vauvenargdes.)
Xes ouvrages dâagrĂ©ment ont particuliĂšrement
l'avantage dâĂ©tendre une langue, parce gwâils flatÂŹ
tent lâimagination, et que le plaisir qĂŒils causent
esta la portĂ©e dâun plus grand nombre de personnes.
(Duclos.)
Parce que vous ĂȘtes environnĂ© dâhonneurs friÂŹ
voles, vous n'osez ĂȘtre sage et solide Ă leurs yeux.
(Cité par Lemare.)
Rien * Ăźblouit les grandes Ăąmes, parce que rien
nâest plus haut qĂŒelles. La fiertĂ© ne prend donc sa
source q«e dans la médiocrité. (Massillon.)
La mémoire de Henri IV est et sera toujours chÚre
aux Français, parce gwâil mettait sa gloire et son
bonheur Ă rendre le peuple heureux.
(Cité par Lemare.)
DorĂźlas . quand la nuit nous rend lâobscuritĂ©,
En paraßt toujours attristé ;
Mais ce nâest pas Ă cause dâelle,
Câest parce gwe le jour Ă©pargne la chandelle. {Id.)
f ' / . â *
Pour sentir la différence qui existe entre parce que et puisque, i\ suffit de substituer
Tun à Tautre dans les exemples cités. ' .
Quelquefois on sĂ©pare le que depuis : PĂŒis donc que vous le voulez.
Il* ne faut pas confondre parce que, écrit en deux mots, avec par ce que, écrit en trois
mots.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Ne vous lassez point dëxaminer les causes des
grands changements, puisgue rien ne servira jamais
tant Ă votre instruction. (Bossuet.)
Il faut croire quâil passe autant de vin dans le
corps de nos Bretons que dëau sous les ponts, pwis-
que câest lĂ -dessus qĂŒon prend lâinfinitĂ© dâargent
qui se donne Ă tous les Etats.
(JlTQc DE SĂVIGNĂ.)
Puisqu'on plaide, et qĂŒon meurt, et quĂ«n devient
Il faut des médecins, il faut des avocats, [malade,
(La Fontaine.)
Les dieux ne sont pas inflexibles,
Ptttegwâils punissent nos forfaits.
(J.-B. Rousseau.)
parce que vous le voulez.
Parce qu'il le faut.
Parce qu'il le sait.
Puisque vous le voulez.
Puisqu'il le faut. â
Puisqu'il le sait.
DCCCVL
PARCE que; a cause QUE.
Parce que.
Si quelquefois une femme survient dans ces soÂŹ
ciĂ©tĂ©s, la bande joyeuse ne peut comprendre quâelle
paraisse insensible Ă des fadaises qĂŒils nĂ«nlendent
eux-mĂȘmes que parce gwâils les ont faites.
(La BruyĂšre.)
Il ĂŒy a que la vertu seule dont personne ne peut
mal user, parce gwëlle ne serait plus vertu si lën
en faisait un mauvais usage. (Bossuet.) «
A cause que.
Elle ne vous loue quâĂ cause guĂ«lle vous croit
faible, ct assez vain pour vous laisser tromper par
des louanges disproportionnées à vos actions.
(Fénelon.)
Artaxerce était nommé Longue main, parce ^ue
les bras lui tombaient jusquâaux genoux, et non Ă
cause gwâil avait une main plus longue que lâautre.
(La BruyĂšre.)
Il nĂ«bĂ©it aux lois qĂŒd cause quâil les croit justes.
(Pascal.)
Les princes font beaucoup dâingrats, parce gwâils
rie donnent point tout ce qĂŒils peuvent.
' (Vauvenargues.)
( 837 )
Si Dieu prend pour son titre Ă©ternel le DieudâA-
braham, dâIsaac et de Jacob, cĂ«st Ă cause que ces
saints hommes sont toujours vivants devant lui.
(BossĂŒet.)
Parce que et Ă cause que ont Ă peu prĂšs le mĂȘme sens ; mais le premier est plus usitĂ©.
. Le second, qui se trouve assez souvent dans Pascal, La BruyĂšre et Bossuet, et rarement ^
dans Fléchier et dans Massillon, ne se rencontre jamais dans les poÚtes.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Parce quâil le veut.
A cause quâil le veut.
N ° DCCCVII.
PENDANT QUE, TANDIS QUE
Pendant que.
Elle sâest instruite elle-mĂȘme, pendant que Dieu
instruisait les princes par son exemple.
(BossĂŒet.)
Pendant que ce grand roi la rendait la plus ilÂŹ
lustre de toutes les reines, vous la faisiez, monseiÂŹ
gneur, la plus illustre de toutes les .mĂšres. [Id.)
Ils ne sont tous deux appliquĂ©s qĂŒĂ bien faire,
pendant que le fanfaron travai le Ă ce que Ton dise
de lui qĂŒil a bien fait. (La^BruyĂšre.)
Pendant gwâil dĂ©libĂšre', vous ĂȘtes dĂ©jĂ hors de
portée. ' {Id.)
Pendant que Rome Ă©tait affligĂ©e dâune peste Ă©pouÂŹ
vantable, saint Grégoire le Grand fut élevé malgré
lui sur le siĂšge de saint Pierre ; il apaisa la peste
par ses priĂšres. (Bossuet.)
Tandis que.
. Il faut se hĂąter de jouir du monde avant quâil
nous Ă©chappe, et tandis gwâil est encore temps.
(Massillon.)
Lâabondance embellit le dedans du royaume, tanÂŹ
dis que la valeur en recule les frontiĂšres. {Id.)
Cette vaine-félicité qui trompe les. spectateurs,
tandis gwëlle ne peut vous rendre heureux et vous
sĂ©duire vous-mĂȘme. (fd.)
Et que me servira que la GrĂšce mâadmire.
Tandis que je serai la fable de lâEpire ?
(Racine.)
Un astrologue un jour se laissa choir
Au fond dâun puits. On lui dit ; Pauvre bĂȘte !
Tandis qĂčĂ peine Ă tes pieds lu peux voir,
PensĂ©s-tu lire au-dessus de ta tĂȘte?
(La Fontaine.)
Suivant la Grammaire des grammaires, pendant que marque la simultanéité de deux
événements, de deux choses, tandis que indique une opposition entre deux actions.
Cette distinction est en contradiction avec lâusage de nos meilleurs Ă©crivains. Le preÂŹ
mier exemple de la deuxiĂšme colonne et ceux qui suivent prouvent suffisamment que
tandis que peut sâemployer dans le sens de pendant que, dans Vinstant mĂȘme que :
Réparez promptement votre force abattue ;
Tandis gue de vos jours prĂȘts Ă se consumei'
Le flambeau dure encore et peut se rallumer.
/ , ' â (Racine.)
Et tandis gueTâAsie occupera Pharnace,
De cette autre entreprise honorez mon audace.
{Id.)
Tandis que nous parlons, la mort est en ces lieux.
(V0Ă.TAIRE.)
Quoi ! tandis que NĂ©ron sâabandonne au sommeil,
Faut-il que vous veniez attendre son réveil ?
(Racine.)
Travaillez, tandis gwâil ira se promener.
(Académie.)
Dans les vers suivants. La Fontaine a également employé pendant que dans le sens de
tandis que :
Pendant gwâun philosophe assure . ,
Qucvtoujours parleurs sens les hommes sont dupés,
Un autre philosophe jure
QĂŒils ne nous ont jamais trompĂ©s.
( 838 )
Nâ DCCCVIII.
QUOIQUE, BIEN QUE,, ENCORE QUE
Quoique.
Quoiqu'à peine à mes maux je puisse résister,
J'aime mieux les souffrir que de les mériter,
(Racine.)
11 faut attacher dans la comédie comme dans la
tragédie, quoique par des-moyens absolument dif
férents. - (Voltaire.)
Quoique l'Ăvangile propose Ă tous la mĂȘme docÂŹ
trine, il ne propose pas Ă tous les mĂȘmes rĂšgles.
(Massillon.)
Quoique trop convaincu de son inimitié,
Vous devez à ses pleurs quelque ombre de pitié.
(Racine.)
Oui, les fils de ce roi,
Quoique nés dc mon sang, sont étrangers pour moi.
. m -
Bien que.
De la^peau d'un lion l'Ăąne sâĂ©tant vĂȘtu.
Ătait craint partout Ă la ronde,
ÂŁt bien gwâanimal sans vertu,
Il faisait trembler tout le monde.
(La Font AIN?. I
Et btĂ«n gĂŒon soit, Ă ce quâil semble,
Beaucoup mieux seul qĂŒavec des sots. {Id.]
Et hien que la vertu triomphe de ses feux,
La victoire est pénible, et le combat honteux.
(Corneille.)
Ce sont des gens brusques, inquiets, suffisants,
qui, bien gĂŒoisifs et sans aucune affaire qui les apÂŹ
pelle ailleurs, vous expédient en peu de paroles.
(La BruyĂšre.)
Pour moi, bien que vaincu, je me réputé heureux.
(Boileau.)
Encore que.
Encor gĂŒĂ mon devoir je coure sans terreur,
Mon coeur sĂ«n effarouche, et jâen frĂ©mis dâhorreur.
(Corneille.
Encore gĂŒil soit fort jeune,il ne laisse pas d'ĂȘtre
fort sage. (AcadĂ©miĂ.)
Encore gĂŒil semble que les novateurs aieotvoulu
retenir les esprits... (Bossuet.)
Il fait bon craindre, encor gue lâon sqjt saint.
(La Fontaine.)
Encore que les rois de ThĂšbcs fussent les plus
puissants de tous les rois de TĂgypte, jamais ils
nâont entrepris sur les dynasties voisines.
(Bossuet.)
LĂ«nvie honore le inĂ©rite, encore gĂŒelle sĂ«fforce
de lâavilir. (Marmontel.)
Quoique, bien que, encore que, donnent Ă peu prĂšs le mĂȘme rĂ©sultat. Cependant quoiÂŹ
que, qui est la locution la plus usitée, est aussi la moins expressive. Bien que y ajoute
une idée d'augmentation, encore que une idée de temps.
Il ne faut pas confondre quoique, toujours traduisible par malgré qué, qui nëst plus
usité que dans malgré que fen aie, avec quoi que écrit en deux mots (V. page 445.)
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Quoiqu'il soit fort jeune.
Encore qu'il soit fort jeune.
Bien qu'il soit fort jenne.
Quoique tous soyez riche.
N" DCCCIX.
EN CAS QUE, AU CAS QUE.
En cas
En casque vous persistiez, il faudra que jâallĂšgue
au prince et au roi mĂȘme votre mauvaise santĂ©.
(Fénelon.)
Comme jâai osĂ© faire force quetiions Ă votre maÂŹ
jesté, je lui ferai un petit conte; mais cëst en cas
gĂŒelle ne le sache pas dĂ©jĂ . (Voltaire.)
JĂš ne'mets point dans cette prĂ©face ce que lâon
verra dans la critique, en cas que je me résolve à la
faire paraĂźtre. (MoliĂšre.)
Au cas que.
⹠Au cas que ce quën en dit soit inévitable.
f â . (Pascal.)
Il n'est hĂ©rĂ©tique qu'au cas gĂŒil soit conforme Ă '
ces erreurs condamnées. (/d.)
Au cas que cela soit, au cas que cela arrive.
(Académie.)
( 839 )
fous les grammairiens, nous ne savons trop sur quel fondement, disent que lëxpres-
sion conjonctive en cas que est peu en usage, et qĂŒil faut lui prĂ©fĂ©rer au cas que.
BeauzĂ©e trouve mĂȘme une diffĂ©rence entre ces deux expressions en cas et au cas, et dé
cide que Ton ne doit pas dire eri cas que. Il motive son oj>mionpar ce principe, que tout
ce qui exige un antĂ©cĂ©dent le suppose dĂ©terminĂ© individuelleme'nt ; or, il ne peut TĂȘtre
que par Tarticle. Au cas renferme cet article : au cas que signifie dans le cas que; mais en
cas ĂŒa point dâarticle, il ne doit donc pas ĂȘtre suivi de que.
Les raisons de Beauzée pour proscrire en cas que ne sont point convaincantes, puisque
Ton pourrait les appliquer aux autres locutions a/Ăźn que, de peur que, etc. On dit en cas
de eiencas que, comme on dit afin de, afin que; de peur de, de peur que. Du reste, en cas
que nâest nullement surannĂ©, on le trouve dans les Ă©crivains les plus modernes, mĂȘme
dans les contemporains : ,
En cas gwâil eĂ»t Ă©tĂ© fait prisonnier de guerre.
(Vertot.)
Je mâassortis de quelques livres pour les Chaririet-
tes, en cas gwe jâeusse le bonheur dây retourner,
(J.-J. Rousseau.)
LâAcadĂ©mie elle-mĂȘme dit qĂŒon jpeut trĂšs-bi^n employer en cas que ou au cas que.
Suivant Boubaud, ces deux locutions marquent également une supposition; mais la
premiÚre est moins probable que la seconde. Ainsi on doit dire : en cas que cela s'é
claircisse un jour, et AU CAS QUE cela soit comrne vous le dites.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
En cas quUl vienne. Au cas quâil vienne.
N" DCCCX.
SI.
L
Nul empire nĂ«st sĂ»r, sâil ĂŒa Tamour pour base.
(Villefré.)
Si la vie et la mort de Socrate sont dâun sage, la
vie et la mon de JĂ©sus sont dâun Dieu.
(J.-J. Rousseau.) '
La conjonction si peut, comme on le voit, se placer au premier ou au second membre
dâune pĂ©riode.
n.
Et nâĂ©tais que je vois que câest Ă bonne fin,
Que tout cela ne tend qĂŒau mariage enfin.
Vous me verriez toujours résolu de me taire.
(Regnard.)
Et nâeĂ»t Ă©tĂ© LĂ©once en la derniĂšre guerre,
Ce dessein avec lui serait tombé par terre.
(Corneille.)
Il nâest plus permis, observe Voltaire, de dire : n'eĂ»t Ă©tĂ©, n'Ă©tait, au lieu de ; Si ce
n'eĂ»tĂ©tĂ©, sice n'Ă©tait; ces expressions sont bannies aujourdâhui, mĂȘme du style familier.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Si je Vavais vu, je ranrais...
Je TauraĂźs... si je lâavais vu.
{ 840 )
QUE.
N" DCCCXI. a
»
EMPLOI DE Ă«e APRĂS UNE CONJONCTION PRĂCĂDEMMENT ĂNONCĂE.
CONJONCTIONS RĂPĂTĂES.
Si les hommes Ă©taient sages, et sâils suivaient les
lumiĂšres de la raison, ils sâĂ©pargneraient bien des
chagrins. (Cité par Boniface.)
a
Comme leurs pertes sont irréparables, leur tris
tesse est sans borne, et comme ils nâont point dĂ«s-
pĂ©rance, ils nâont pas aussi de consolation.
(Fléchier.)
Quâil meure, puisque enfin il a dĂ» le prĂ©voir,
Et puisquâil mâa forcĂ©e enfin Ă le vouloir. -
(Racine.)
Quel progrĂšs ne fait-on pas dans lâĂ©tude, quand
on soutient de longues veilles par la santé et par la
constance, quand, outre ses propres lumiĂšres, on a
le conseil et la communication des grands hommes,
et quand on joint à Tassidußté du travail la faci
lité du génie! (Fléchier.)
On est presque également difficile a contenter
quand on a beaucoup dâamour et quand on nâen a
guĂšre. (V auvenargues . )
LâĂąme se dĂ©pouille de ce qĂŒil y a en elle de terÂŹ
restre : telles sont les grĂąces quâon trouve Ă la mort ;
mais c'est quand on iâa mĂ©ditĂ©e, et quand on s'y est
longtemps prĂ©parĂ© par de bonnes Ćuvres.
(Bossuet.)
, remplacées par que.
Si Voltaire eût également soigné tontes les par
ties de son style, et gwâil eĂ»t plus tendu Ă la perÂŹ
fection qĂŒĂ la fĂ©conditĂ©, il serait incontestableÂŹ
ment le premier de nos poĂštes.
(Palissot.)
Comme lâambition nâa pas de frein, et que la soif
des richesses nous consume tous, il en résulte que
le bonheur fuit Ă mesure que nous le cherchons.
(Th. Corneille.)
Pwisgw'on plaide, et gwâon meurt, et gu'on devient
Il faut des médecins, il faut dés avocats, [malade,
' (La Fontaine.) .
A quoi vous servira dâavoir de lâesprit, si vous ne
lâemployez pas, et que vous ne vous appliquiez pas?
(Bossuet.)
Neptune, quand il Ă©lĂšve son trident, et gwâil meÂŹ
nace les flots soulevĂ©s, nâapaise point plus soudaiÂŹ
nement les flots. (Fénelon.)
Ainsi de ces héros que nos histoires louent
Vous descendez en vain, lorsgMâils vous dĂ©savouent,
Et que ce qĂŒils ont fait et dâillustre et de grand
Nâa pu de votre cĆur leur ĂȘtre un sĂ»r garant.
(Th. Corneille.)
Quand,on ne cherche qĂŒĂ faire du bien aux homÂŹ
mes, et gĂźiâon nâoffense point le ciel, on ne redoute
rien, ni pendant [a vie, ni Ă la mort.
(Voltaire.)
Lorsqu'il y a dans une phrase deux verbes régis par les conjonctions quand, comme,
si, puisque, quoique, lorsque, etc., on met que devant le second, ou bien Ton répÚte ces
conjonctions. Nos citations le prouvent. ' '
Si vous partez, et que vous vouliez me prendre avec vous. Ce tour, disent les gramÂŹ
mairiens, vaut mieux que si vous partiez, et si vous vouliez me prendre avec vous.
Cette rÚgle nëst pas tout-à -fait exacte : on répÚte le si, ou on met le que, suivant les
cas. Lorsqu'il nây a pas de liaison entre les deux propositions, il faut rĂ©pĂ©ter si; lorsÂŹ
quâil y en a, il faut mettre la conjonction que, qui alors marque cette liaison. On dira
donc fort bien : si vous gagnez votre procĂšs, et si vous allez dans votre pays, si Ton ne
veut pas marquer une liaison de conséquence entre ces deux propositions. Mais on dira :
SI voĂŒs gagnez votre procĂšs, et que vous vous trouviez dans une situation avantageuse ;
parce que Ton marque par lĂ la liaison qĂŒil y a entre les deux propositions, et que Ton
fait considérer Tune comme une suite de l'autre.
I ,
Les grammairiens, qui ne se sont jamais donné la peine de rien analyser, ont avancé
quCj dans les phrases de la seconde colonne et autres semblables, la conjonction que
est employée pour si, quand, lorsque. Cette opinion est tout-à -fait erronée; et il n'y a
aucune espÚce d'analogie, ni pourlërthographe, ni pour le sens, entre#/, quand, comme
et gwe. Les phrases de la seconde colonne sont elliptiques. Si vous plaidez vous-mĂȘme
et que vous alliez le lendemain... Quand on a souffert ou QĂŒĂ«n craint de souffrir\.. sont
"( 841 ) "
des abrĂ©gĂ©s de : Sivows plaidez vous-mĂȘme, et (s!il arrive) QUE vous alliez lelendemain...
QUAND on a souffert ou (quand il arrive) Qxfon craint de souffrir...
Gette analyse nous dĂ©montre jusquâĂ lâĂ©vidence, non pas que le mot que remplace ici
les conjonctions si et quand', comme le disent Ă tort les grammairiens, mais que ces deux
derniĂšres conjonctions sont sous-entendues devant que.
- Lemare, en analysant si vous plaidez vous-mĂȘme et que vous alliez le lendemain...
quand on a souffert ou Quâow craint de souffrir, par si vous plaidez, et supposĂ© que
vous alliez le lendemain... Quand on a souffert ou dans le temps dans lequel on craint
de souffrir, au lieu de rĂ©futer les grammairiens, comme ĂŒ le prĂ©tend, leur a donnĂ© gain
de cause; cavsupposé que équivaut sans nul doute à st; et dans le temps dans lequel a
tout-Ă -fait le sens de gwanĂ . . .
Si Lemare avait vu lĂ«llipse du second si ou du second quand, il nâaurait pas cherchĂ©
à donner à çwe la valeur de ces deux conjonctions.
Ceci suffit pour faire comprendre que Tanalyse est un instrument qui, entre des mains
habiles, aplanit tous les obstacles que Ton rencontre sur son passage, mais qui, entre
des mains inexpérimentées, peut creuser des précipices incommensurables.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
. Si vous le voyez, et que,.. " " Si vons ĂŻe voyez, et sĂź.. .
Quand vous serez heureux, ct que... Quand vous serez heureux,- et qnand...
Lorsqu'il sera graud, et quc.Lorsqu'il sera grand, et lorsqu il...
âDCCCXII.
Que, EMPLOYĂ, DIT-ON, POĂR avant que, aprĂšs que, en placĂ© de, puisque, afin que, depuis
que, et cependant, pourquoi, Ă quoi, si ce n'est, etc., etc.
I. â Avant que et que comparĂ©s.-
Lâon est mort avant qu'on ait aperçu quâon pouÂŹ
vait mourir. (Fléchier.)
Il ne veutpas qĂŒon dĂ©cide sur la moindre vĂ©ritĂ©,
avant guëlle soit connue clairement et distincte- "
ment. (La BruyĂšre.)
0
. . . Je ne vous quitte point, âą
Seigneur, que mon amour nâait obtenu ce point.
(Racine.)
Il nây a point au monde un si terrible mĂ©tier que
celui de se faire un grand nom; la vie sâachĂšve que
lâon a Ă peine Ă©bauchĂ© son ouvrage.
(La BruyĂšre.)
Ayant de dire que, dans les exemples de la seconde colonne, la conjonction que tient
la place de Texpression conjonctive avant que, les grammairiens auraient dĂ», ce nous
semble, chercher Ă substituer Tune Ă Tautre, et Ă .sâassurer que cette substitution ne
changerait en rien les mots de ces phrases. Ils auraient vu alors que, si le mot que était
en effet pour avant que, dans lés vers de Racine, il ne serait point suivi de la négation ;
car on dit avant qu'il ait obtenu ; et dans la phrase de La BruyĂšre, il faudrait le subÂŹ
jonctif, avant que Vouait ébauché. Les exemples de la premiÚre colonne en font assez foi..
Lemare analyse ainsi les vers de Racine : Jenevous quitte de cette maniĂšre, qui est: je
nâai pas obtenu ce point; il analyse de mĂȘme la phrase de La BruyĂšre : La vie s'aÂŹ
chĂšve de cette maniĂšre qui est: si on A A peine Ă©bauchĂ© son ouvrage. QĂŒa fait par
là Lemare? Il a remplacé que par qui, et le subjonctif de Racine n'ait obtenu par Tindicatif
n'ai obtenu, Ă©t il nous a expliquĂ© son qui et son indicatif En somme, il nâa rendu
compte de rien ; loin de là , il a tout embrouillé, car je ne vous quitte de cette maniÚre qui
Ăšst, nous paraĂźt un remplissage tout-Ă -fait vide de sens, et qui ne sâapplique Ă aucun des
mots de la phrase. .
106
{ 842 )
On voit bien que Lemare ignore le vĂ©ritable but de l'analyse. Lâanalyse, selon nous,,
doit se borner à faire connaßtre la dépendance et le rapport des mots, la raison deMeurs
différentes modifications, et le mystÚre de toute irrégularité apparente. Elle ne peut se
permettre de supprimer aucun des mots exprimĂ©s, et doit les conserver tels qĂŒils sont, et
sans y rien changer. CĂ«st ce que ĂŒa pas fait Lemare, ou plutĂŽt cĂ«st ce qĂŒil ne fait jaÂŹ
mais. Présentez à un chimiste une piÚce de métal : il Tanalysera, la décomposera, et vous
dira de quels principes elle est composée ; mais soumettez une phrase à Lemare, vite, il
lui en substituera une autre toute différente, et s'imaginera par là l'avoir analysée. Les
analyses de Lemare sont de véritables escamotages ; et cependant Lemare est regardé
comme le premier de nos grammairiens. QĂŒon juge aprĂšs cela de lâĂ©tat de la science !
' Selon nous : Je ne vous quitte point que mon amour n'ait obténu ce point, est un abrégé
de : Je ne vous quitte point (a moins) que mon amour n'ait obtenu ce point; ou bien :
Je ne vous quitte point (tant que votre cruauté voudra) que mon amour n'ait (pas)
obtenu ce point. â La vie s'achĂšve, que Von a Ă peine Ă©bauchĂ© son ouvrage, est pour :
, La vie s'achĂšve (et elle sâachĂšve au moment) que Von a Ă peine Ă©bauchĂ© son ouvrage. On
voit par ces analyses, oĂč nous avons scrupuleusement conservĂ© chaque mot du texte,
Ÿ combien il est ridicule de prétendre que, dans ces phrases et autres analogues, la con
jonction qĂŒe est pour avant que.
. II. â Que MIS POUR aprĂšs que.
CONSTRUCTION PLEINB.
Lorsque la foudre a cessé de gronder, souvent on
tremble encore. (Dict. oratoire.)
construction elliptique.
On leur parle encore gwâils sont partis.
(La BuuvĂšre.)
LëxÚmple de La BruyÚre est un abrégé de : On leur parle encore (alors) ou (aprÚs)
QĂŒĂ«7s sont partis, ainsi quele prouve Texemple opposĂ©; car on pourrait dire dâune maÂŹ
niÚre elliptique : Souvent on tremble encore que la foudre a cessé de gronder.
III. â Que POUR en place de.
construction pleine.
Mon cĆur se met sans peine en Ăźa place du vĂŽtre.
(Racine.)
construction elliptique.
Si fĂȘtais que dĂ© vous, je lui achĂšterais une belle
garniture de diamants. (MoliĂšre.)
Lemare analyse si j'Ă©tais que de vous par si j'Ă©tais ce qui est de vous, en sorte quâil
nous laisse ignorer ce que pourtant nous aurions bien voulu connaßtre; cëst-à -dire la
signification du mot que, auquel, selon son habitude, Lemare a substitué ce qui.
Le vers de Bacine nous révÚle Tanalyse de, la phrase de MoliÚre, et , nous dit assez
- quâelle est un abrĂ©gĂ© de ; si j'Ă©tais (en la mĂȘme place) que (la personne) de vous.
(V. plus haut.)
On raconte, à Toccasion de cette expression, un mot assez plaisant du maréchal de
Clairambault. Le duc de Créqui, dans la chaleur de la conversation, lui dit : « Monsieur
le marĂ©chal, si j'Ă©tais que de vous, je mâirais pendre tout-Ă -Theure. » â c< HĂ© bien I ré
pliqua le maréchal, soyez que de moi. n ^
V
IV.âQue vovR puisque ou pourquoi.
construction pleine.
Que tarde XipharĂšs Ăź Et dĂ«& vient quâil diffĂšre
A seconder des vĆĂŒx quâautorise son pĂšre ?
(Racine.)
construction elliptique.
QĂŒavez-vous donc, dit-il, gue vous ne mangez pointP
^ (Boileau.)
Que ne me jurez-vous que vous ĂȘtes le mĂȘme?
(Th. Corneille.)
( 843 ),
Lâexemple de la premiĂšre colonne nous dĂ©montre que dans ceux de la seconde ia
conjonction que est employĂ©e dâune maniĂšre elliptique pour (nâoĂ» vient) que : qu'avez-
vous donc (et dâoĂ» vient) que vous ne mangez point ? â (dâom vient) que vous ne me
jurez (pas) que vous ĂȘtes le mĂȘme ? Que nĂ«st donc pas, comme le disent les grammaiÂŹ
riens, pour pw/#gwe ni powrgwo/.
V. â Que POUR afin que.
SANS ELLIPSE.
Imitons ce saint roi, afin gwe, pratiquant.les
mĂȘmes vertus, nous arrivions Ă la mĂȘme immortaÂŹ
lité. ' (Fléchier.)
avec ellipse.
Approchez, gwe je vous parle. (Académie.)
Que, aprĂšs lâimpĂ©ratif, se met, dit la Grammaire des Grammaires, pour afin que;
cela est faux. Que, aprÚs Timpératif, sëmploie avec ou sans ellipse de Texpression afin.
VoilĂ tout; mais jamais que ne peut renfermer implicitement le sens de afin que.
VI. â Que POUR depuis que.
SANS ellipse.
Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure,
Depuis gwe votre corps languit sans nourriture.
(Racine.)
AVEC ELLIPSE.
n y avait déjà longtemps gue les ordonnances du
sénat le défendaient. (Bossuet.)
1
La conjonction que peut bién dans certains cas sëmployer avec ou sans ellipse de la
préposition depuis', mais il faut bien se garder dën conclure, avec les grammairiens,
que cette conjonction ait a elle seule le mĂȘme sens que Texpression conjonctive deÂŹ
puis que. Ce serait donner à ce mot une valeur tout-à -fait idéale.
VIL â Que POUR et cependant.
sans ellipse.
, Cela venait de la part dâune telle personne, dâune
personne dâune telle considĂ©ration, guâll nây eut
quâĂ obĂ©ir. (AcadĂ©mie.)
AVEC ELLIPSE.
Les avares auraient tout For du PĂ©rou, gwâils es
désireraient encore.
(Cité par la Gramm. des Gramm.) '
On dit sans ellipse : Il est d'une telle difformité, Qu'on n'a jamais rien vu de sem
blable ; ily avait une telle multitude de gens, Qv'on ne pouvait pas se remuer ; il faisait
un tel bruit, Qu'on ne pouvait rien entendre; cela venait de la part d'une telle perÂŹ
sonne Qu'il n'y eut qu'à obéir. On pourrait dire, en sous-entendant Tadjectif tel: Il est
dâune difformitĂ©, Qxs'on n'a jamais rien vu de semblable; il y avait une multitude de gens,
QĂŒâoTt ne pouvait se remuer; il faisait un bruit, Qu'on ne pouvait rien entendre; cela veÂŹ
nait de la part dâune personne, Qu'il n'y eut qu'Ă obĂ©ir. Dans Tun comme dans Tautre
cas, le mot que reste toujours ce qĂŒil est, et ne peut nullement remplacer, ainsi qĂŒon
le prétend, Texpression et cependant. Si les grammairiens, au lieu de chercher de quels
mots que peut tenir la place dans Texemple de la seconde colonne, avaient pris la peine
de Tanalyser, ils auraient vu qĂŒil est employĂ© avec ellipse de Tadjectif tel; car cet
exemple est un abrégé de : Les avares auraient tout Vor du Pérou (leur caractÚre
EST tel) Qu'ils Ún désireraient encore.
VIII. â Que POUR Ă quoi, de quoi.
. A quoi, de quoi.
' A quoi sert cette machine? (Académie.)
Mais sans un Mécénas, à quoi sert un Auguste?
(Boileau.)
Que,
Et gwe me sert, hélas! cet excÚs de faveur?
(Th. Corneille.)
Et que peut me servir le destin le plus doux ?
. (Id.)
( 844 )
Ces projets de conversion que vous renvoyez Ă lâaÂŹ
venir, de quoi vous serviront-ils ?
(Massillon.)
De quoi lui sert que ta voix le rappelle?
(BoileaĂŒ.)
De quoi nous.a servi cette indigne contrainte?
â (Racine.)^
Que sert dây penser? .
(Tu. Corneille.)
Que me sert qĂŒau dehors, redoutable ennemie;
Je rende par la paix ma puissance affermie?
W
Que peut servir ici VĂgypte et ses faux dieux?
- (Boileau.)
Lâusage, comine oĂŒle voit, permet*de dire : Ă quoi sert? de quoi sert? et que sert?
Lorsquâon dit gwe serZ? que est tout simplement employĂ© avec ellipse de (dites-moi
ce) que sert, ainsi que le prouve le vers suivant de Th. Corneille : VoilĂ ce que vows
sert d'avoir étudié, II nëst donc ni pour à quoi ni pour de quoi,
IX. â Que POUR sinon, si ce n'est.
SANS ellipse.
On nâa dâautre remarque Ă faire sur cette scĂšne,
SINON quâelle est Ă©crite^avec la mĂȘme Ă©lĂ©gance que
le reste, el avec le mĂȘme art. â (Voltaire.)
Je nâai rien Ă dire de ce cinquiĂšme acte (de BĂ©ré
nice), sinon que cĂ«st en son genre un chef-dâĆuvre.
{Id,)
AVEC ELLIPSE.
Quel crime, quelle offense a pu les animer,
HĂ©las ! et qĂŒai-je fait que de vous trop aimer?
â (Racine.)
Que vois-je autour de moi, que des amis vendus,
Qui sont de tous mes pas les témoins assidus?
(M.)
Alors, quâaura servi ce zĂšle impĂ©tueux,
QĂŒĂ charger vos amis dâun crime infructueux?
(W.)
La conjonction que peut bien ĂȘtre employĂ©e avec ellipse de sinon ou si ce nest; mais
jamais elle ne peut tenir la place de cette expression ni en avoir le sens, comme le diÂŹ
sent les grammairiens. *
Voltaire remarque que ce vers :
Et pour qui mépriser tous nos rois que pour lui ?
est digne du grand Corneille; aussi Ta-t-il imité dans Alzire :
Ai-je fait un seul pas que pour te rendre heureuse?
Ce que, employé avec ellipse de si ce n'est, fait aussi bel effet en prose quën poésie.
i
X. Que POUR autremerit que.
Pour moi, grand ennemi de leur art hasardeux,
Je ne puis cette fois que je ne les excuse.
' (Boileau.)
Quant aux volontés souveraines
De celui qui fait tout, et rien gĂŒavec dessein,
Qui les sait que lui seul? Comment lire en son sein?
Aurait-il imprimé sur le front des étoiles
Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles?
(La Fontaine.)
k
Dans ces exemplĂšs, que, suivant les uns, est pour si ce n'est, et; suivant les autres, pour
autrement que. Tous se trompent Ă©galement ; que est tout simplement employĂ© ici dâune
maniÚre elliptique. Je ne puis cette fois QUEjene les excuse est un abrégé de: Jene puis
faire autrement) cette fois (a moins) que je ne ies excuse. â Quant aux volontĂ©s dĂ©
celui qui fait tout et rien Qu'avec dessein, qui les sait QĂŒe lui seul? câest-Ă -dire : quant
aux volontés de celui qui fait tout et (qui ne fait) rien (autrement) qu'avec dessein,
(quel est celui) qui les sait (autre) que Zw/, seul? Câest faute de nâavoir jamais rien
analysé que les grammairiens ont donné à certains mots des propriétés tout-à -fait ima
ginaires.
XI. â QĂŒe POUR ce que. -
SANS ELLIPSE.
On ne sait plus ce gwëst devenue cette formi-
(Bossuet.)
dable armée.
AVEC ELLIPSE.
Eh bien ! de mes desseins Rome encore incertaine
Attend que deviendra le destin de la^reine:
(Racine.)
( 845 )
DĂš ce que lâusage permet dĂ«llipser quelquefois Tadjectif ce devant que, les grammaiÂŹ
riens en concluent faussement que cette conjonction, dans les vers de Racine, est emÂŹ
ployée pour ce que.
Dire que notre que sâemploie avec diflKrentes sortes dĂ«llipses, plus ou moins grandes,
rĂ©pĂ©terons-nous en terminant avec Lemare, câest annoncer une vĂ©ritĂ© attestĂ©e par des
faits innombrables ; mais ce nëst point là admettre plusieurs sortes de que, ni prétendre
que ce mot se substitue* Ă tels ou tels autres.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. ,
Je ne sors pas quâil ne mâaĂźt payĂ©.
II tremble encore que le danger est passé.
Quâavex-vous, que vous ĂȘtes triste ?
Venez, que je vous le montre.
N? DCCCXIII.
«
DES EXPRESSIONS que je crois, que je pense,
Il en a fait serment, que je pense, Ă la cour.
(Regnard!)
La mÚre dën amant qui nous plaßt, qui nous aime,
Est toujours, que je crois, reçue avec plaisir.
(Voltaire.)
Que je crois, que je pense, sont des abrégés de à ce que je crois, à ce que je pense.
Il avait, à ee que je crois, étudié la question toute la matinée. (Pascal.)
Ces expressions ne sont plus dâusage 5 on dit aujourdâhui.: ce me semble, selon moi, ou
Ă ce qu'il semble:
Et bien quĂ«n soit, Ă ce qĂčil semble.
Beaucoup mieux seul quâavec des sots.
Nâ DCCCXIV.
Avant de ex avant que de.
(La Fontaine.)
Avant de.
Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu;
Ils soutiennent les lois avant de les abattre.
(Voltaire.)
SâĂ©loignera-t-on de la cour avant dĂ«n avoir tirĂ©
le moindre fruit? (La BruyĂšre.)
Il meurt ouanf dâavoir pu passer le Jourdain.
(Massillon.)
Va,'vole, Corasmin ; queTinfidĂšle meure!
Mais avant de frapper... Ah! cher ami, demeure!
(Voltaire. )
A
Avant que de.
On doit se regarder soi-mĂȘme un fort long temps,
Avant que de songer Ă condamner les gens,
(MoliĂšre.)
Avant que de louer, jëiamine longtemps;
Avant .que de blĂąmer, mĂȘme cĂ©rĂ©monie.
(Gresset.)
Avant que de désirer fortement une chose, il faut
examiner le bonlfcur de celui qui la ^possĂšde,
(Saint-Ăvremont.) ,
Avant que de se jeter dans le péril, il faut le pré
voir et le craindre. (Fénelon.)
h
Laquelle de ces deux locutions, avant que de ou avant de, doit-on préférer? Les granr-
mairiens et les Ă©crivains sont trĂšs-partagĂ©s dâopinion, et Ton peut aujourdâhui choisir
entrĂ© Tune et Tautre. NĂ©anmoins avant de sâemploie plus frĂ©quemment. FĂ©raud fait obÂŹ
server quâil ne faut pas mettre indiffĂ©remment avawt que avec le subjonctif, et avant que
de ou avant de avec Tinfinitif, quand cet infinitif se rapporte au sujet de la proposition.
Je lui ai payĂ© cette somme avant QĂŒe de partir oĂč avant de partir; câest-Ă -dire,
( '846 )
avantâque je partisse; mais si Ton voulait parler du dĂ©part de celui Ă qui Ton a payĂ© la
somme, il faudrait dire : Je lui aipayĂ©'cette somme avant qxj'ĂŒ partĂźt , ou avarit son
départ, et non pas, avant de partir.
On trouve quelquefois la particule de supprimée. En voici quelques exemples.
Avant quĂ© se livrer Ă trop dĂš sĂȘnlinlĂ©htSj
Il faut un peu voir clair, et connaĂźtre ses gens.
(Poisson.)
Laissons venir la fĂȘte avant que la chĂŽmer.
' (MoliĂšre.)
Mais avant que partir je me ferai justice.
(Racine.)
Faut-il toutefois vaincre avant que triompher.
* (Corneille.)
Pour me justifier avant que vous rien dire.
Ud.)
Cette licence nĂ«st plus permise aujourdâhui.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE. ,
Avant de partir.
Avant de parler.
Avant qne de partir.
Avant que de parler.
N" DCCCXV.
/
\
DE QUELQUES GALLICISMES PRODUITS PAR LA CONJONCTION que.
AVEC que.
CÚsi une mùladié dësprit que de souhaiter des
chotos impossibles. (Eénelon.)
Quel plaisir que de revoir sa patrie!
(Cité par Noël.)
SANS que.
Oétait un plaisir assez vif pour David de chan
ter sur la lyre les louanges du Seigneur.
(Massillon.)
Quel plaisir de vous voir et de vous contempler!
(Racine.)
Lëxpérience est le bùton que la nature a donné
Ăą nous autres aveugles pour nous conduire dans nos
recherches ; nous ne laissons pas, avec son secours,
de faire be^coup de chemin ; mais nous ne pouvons
manquer de tomber, si nous cessons de noĂŒs en
servir; (MââÂź du Chatelet.)
Lësage, comme on le voit, permet dë dire ; C'est peu que de ou c'est peu de; c'est im
plaisir que de ou c'est un plaisir de ; c'est ĂȘtrĂ© sage que de ou c'est ĂȘtre sage de ; quel plai- "
sir que de ou quel plaisir de; ne laisser pas que de ou ne laisser pas de. Cëst le goût qui
décide du choix que Ton doit faire de Tune ou de Tautre de ces expressions.
Boniface obse^rveque Temploi de la conjonction gwe donne plus dâĂ©nergie Ă Texpression.
AprÚs Tié laisser pas les auteurs ont presque généralement supprimé que. En voici
plusieurs eicétnpiés
Vous savez que les poĂštes se piquent dâĂȘtre proÂŹ
phĂštes; mais Ăše nĂ«st que dans lâenthousiasme de
leur poĂ©sie qĂŒils le sont; et M. DesprĂ©aux parlait
en prose : ses prédictions ne laissÚrent pas néan
moins que de me faire plaisir. (Racine.)
Ne laissons pas cependant de publier ce miracle
de nos jours. ^ (Bossdet.)
Ceux qui sâen plaignent tous les jours ne laissent
pas de sây plaire. (FlĂ©chier.)
Lorsquâil semblait cĂ©der, ii ne laissait pas de se
faire craindre. {Id.)
Ne laissons pas, en la perdant> dâadorer la main
qui nous lënlÚve. (Fléchier.)
Au sein des grandeurs, il ne laisse pas dâaimer
Topprobre de Jésus-Christ. (Massillon.)
Il est pauvre, mais il ne laisse pas dâĂȘtre hon-
nĂȘtc.homme. (AcadĂ©mie.)
Lëmploi de que aprÚs c'est a déjà été traité ailleurs.
EXERCĂCĂ PHRASĂOLOGIQUĂ*
(','csL tin devoir que de.. . t
Cet homme ne laisse pas que dĂȘ.,.
Câcst un devoir de...
Cet liomme ne laisse pas de
{ 847 )
CHAPITRE X.
S
DÂŁ LâINTERJECTION*
Nâ DCCCXVI.
NATĂRE DE L INTERJECTION. â SA DEFINITION.
Ah / que de la vertu les charmes sont puissants !
(Corneille.)
HaĂŻ Thomme savant, on vous y prend aussi !
. (Domergue.)
Ehl la peur se'corrige-t-elle?
, , (La Fontaine.)
0ht que la nature est sÚche, quëlle est vide,
quand elle est expliquée par des sophistes I
, (Chateaubriand.)
Hélas! est-ce une loi sur notre pauvre terre,'
Que toujours deux voisins auron t entre eux la guerre !
' (Andrieux.) -
Ouf! hai ! je nën puis plus.
(Regnard.)
Elie mëtrangle...., ay7 ayß
(Racine.)
Ayet ouf! on mëstropie;
(Voltaire.)
Ma robe vous fait honte, un fils déjugé, ah! fi!
(Racine.)
Pouah! pouah! Seigneur, mon ùme n'a pas été
souillée. * (Voltaire.)
Lorsque nous éprouvons une émotion vive, imprévue, notre ùme est trop fortement
impressionnée, trop brusquement saisie pour nous permettre dëxprimer notre sentiment
par plusieurs mots. Un cri sëchappe de notre bouche, et peint avec vérité la vivacité du
sentiment qui vient de nous surprendre. Tels sont ah! aïe! oh! hélas! etc.
Cette nouvelle espÚce de mots a pour objet dëxprimer lëxclamatiÎn.
Les interjections et les exclamations, qui sont le langage de la passion, furent les preÂŹ
miers éléments du langage. Cëst par ces cris expressifs, accompagnés de gestes, que les
homm^ sëffÎrçaient de se communiquer leurs sensations.
Les niots imprimés en italique servant à peindre les émotions vives, imprévues de
notre ùme, ces émotions qui se traduisent par un cri quën jette au milieu du discours,
sâappellent interjections, dĂ«n mot latin qui veut dire milieu.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Ah ! que je suis heureux ! et que jâaĂź de plaisir
De trouver une femme au gré de mon désir.
Hél monsieur, peut-on voir soanrßr les malheureux ! (Racuck. j
Oh / quâil est* cruel da nâespĂ©rer plus. (FensLoir. )
Ha ! TOUS ĂȘtes dĂ©vot, et vous vous emportez !
EhJ qui n'a pas pleuré quelque perte cruelle?
Tout passe donc, hélas'} ces globes inconstants
CĂšdent comme le nĂŽtre Ă lâempire du temps. (Ds Fontawes.)
AĂŻe , aie / Ă lâaide 1 au meurtre, au secours, on m assomme !
Ahl ahiahiĂ hlĂ hĂź ah} ĂŽ traĂźtre ! ĂŽ bourreau dâhomtfto !
(MoliĂšxx.
(
O'i'
U'+CĂź
SUBDIVISIONS DES» INTERJECTIONS.
%
w DGCCXVn.
INTERJECTIONS dâaDMIRATION , DâĂTONNEMENT.
â<ao©é>
Ah! je les reconnais mes aimables abeilles.
' (Delille.)
Ha! vous ĂȘtes dĂ©vot, et vous vous emportez t
(MoliĂšre.)
Oh! dit-il, quëst ceci? ma femme est-elle veuve?
i(La Fontaine.)
Ho ! ko ! les grands talents que votre esprit possĂšde I
(MoliĂšre.)
HĂ©! laissez-nous, cuk! euh!
(Racine.)
Beaux-arts, eh! dans quel lieu nâavez-vous droit de
(Delille.) [plaire.
Ha! ha! monsieur est Persan?
(Montesquieu.)
Les interjections qui marquent Tétonnement sont: ah! haï oh! ho! 6! heu! euh! eh t
hél ha, haï oh! hol tarare! etc. . ,
N" DCCCXVra.
INTERJECTIONS DE DOULEUR, DâĂFFLICTION
Ah! pleure, fille infortunée! (Racine.)
Tout passe donc, hélas! (De Fontanes.)
Oh! qĂŒil est cruel de nĂ«spĂ©rer plus!
(Fénelon.)
Eh! qui nâa pas pleurĂ© quelque perte cruelle!
.(DelilĂŒb.)
Ouf! je me sens déjà pris de compassion.
(Racine.)
Les interjections qui expriment la douleur, l'affliction, sont: ahl ohl ehl oufl diel
ahĂMyel hĂ©lĂ sl holĂ l etc.
DCCCXIX.
INTEKIEGTION.S DE DĂRISION, DE DĂFIANCE, DâIRONIE.
Ouais ! cc maĂźtre dâarmes vous tient bien au cĆur !
(MoliĂšre.)
Oui-dd/ lâĂ©tat de veuve est une douce chose.
(La Fontaine.)
Hum ! je soupçonne ici quelque anguille sous roche*
(Fabre dâĂglantine.)
Ah! ah! Thomme de bien, vous vouliez mâen donner?
(MoliĂšre.)
Les interjections qui marquent la dérision, la défiance, Tironie, sont: oui-dà l ah!
hum I hom / ouais !
t ^
Nâ DCCĂXX.
INTERJECTIONS DâAVERSION, DE MĂPRIS.
Pi! ne mâapprochez pas! votre haleine est cm^
pestée* (MoliÚre.)'
Foin du loup et de sa race !
(La Fontaine.)
Pouah! vous mĂ«ngloĂčtissez le cĆur.
(MoliĂšre.)
J849)
Les interjections qui rĂ©veillent une idĂ©e dâaversion, de mĂ©pris, sont: fil fi donc!
pouah ! bah I baste ! hon I zeste I
âNâ DCCCXXI.
si I
INTERJECTIONS POĂR APPELER, QUESTIONNER, SONDER.
Hé bien! à me venger nëst-il pas préparé ?
(Racine.)
HĂ©! hĂ©! dĂ«Ăč vient donc ce plaisant mouvement?
(MoliĂšre.) .
Juste ciel! quĂ«ntepds-je? Ăčem/ que dites-vous ?
Milord Monrose condamné à (Voltaire.)'
Ah ! cĂ«st qu'il est dâheureuses sympathies.
Hein! quën dis-tu, ma fille?
(Collin dâHarleville.)
Ho! venez ici. ⹠(Académie.)
Hoßà ! quelquâun, quĂ«n appelle Nanine.
(Voltaire.)
HolĂ ! monsieur Robinet, monsieur Robinet, apÂŹ
prochez-vous du monde. (MoliĂšre.)
A'-t-il lâair dâun pĂšre qui querelle?
Hein! comme sa surprise a paru naturelle ?
(Piron.)
S//#1/un mot. (BoĂŒrsault.)
Les interjections qui servent à appeler, à questionner, à sonder, sont: hé! hé bien!
hem! hein ! ho! holĂ ! oh lĂ ! heim Ăź st! ' -
1
» N*" DCCCXXII.
INTERJECTIONS POUR IMPOSER SILENCE.
Chut! chut! parlez donc bas. St! paix! rangeons-nous chacune immédiatement,
(Collin dâHarleville.) contre un des cĂŽtĂ©s de la porte.
(MoliĂšre.)
Les interjections destinées à imposer silence, sont : chut! st l paix /
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette classification trÚs-compliquée et trÚs-
difficile. ConsidĂ©rĂ©es sous le rapport de lâexpression, les interjections se divisent en interÂŹ
jections pures et simples, comme ah! ehl fil oh! on locutions interjectives, eh hien ! tout
beau! allons! morbleu! et en mots pris accidentellement comme interjections: bon!
courage! ferme! miséricorde ß etc.
TABLEAU DES INTERJECTIONS.
N" DcĆxxill.
INTERJECTIONS PURES OĂŒ SIMPLES.
Ah!
Ahi!
Bah!
Chut!
Crac !
DĂ !
Dia!
Diantre !
Eh!
Fi!
Gare!
Ha!
Hélas!
Heu!
HolĂ !
Ho!
Hem!
Hein!
Hu!
Hum!
HĂ©!
0!
Oh!
Ouais !
OuM
Paf! .
Parbleu !
Pouah I
Pouf!
St!
Sus!
Zest!
107
( 850.)
LOCĂTIONS interjectives.
Fi donc! Hi! hil
Hoâ ha! HĂ© bien!
Ho Ăź ho I -Eh bien!
Hoçà ! Ouidà !
Or çà !
PlaĂźt-il 1
Tout beau !
Etc., etc.
MOTS PRIS ACCIDENTELLEMENT COMME INTERJECTIONS.
Allons !
Bon I
ĂĂ !
Courage !
Ciel !
Dieu t
Ferme I
Miséricorde !
Paix I
EXERCICE ANALYTIQUE.
Peste !
Platt-il !
Quoi !
Silence !
Ah! sâil eat nn heureux, câest sans doute un enfant. (Villefrk/
JJonl parlĂšz-lui du cĂźel, il rĂ©pond dâun sourire. (Corneille.!
Chut! je veux Ă .vos yeux leur en faire nn afTrout. (HIoliĂšre.!
Mai dâo6, diantre» aprĂšs tout, avez-vous su la ruse ?
Ăt j cela sent mauvais, et Je suis tout gStĂ©. ylĂ©.]
Hi tient c'en est donc fait ! vous n'avez plus d'ami ! (Coeneille.)
^ . TiOin de toi i
Tâa vais-je pas recommandĂ©, gros Ăąne,
Dc ne rien dire et de demeurer coi ?
(La rONTAIHE.)
Hélai t sans la santé, que m'importe un royaume !
â (MoliĂšre.)
Hol ho! qui tp peut amener?
HolĂ ,hol Sganarelle.
Ud.)
DES INTERJECTIONS PROPREMENT DITES (1).
t
r Dcccxxiv.
Ahl hal
Aht . .
Ah! qĂče je suis heureux l et que j'ai de plairir
De trouver une femme au gré de mon désir!
(MĂŒliĂšbĂ«.)
Akf pleure, fille infortunée,
Ta jeunesse va se flétrir
DaiJs.sa fleur trop tÎt moissonnée !
[CASi Delavigne.)
Ah! que de Ăźa vertu les charmes sont puissants !
(Tu; Corneille.)
Mais quel bourdonnement a frappé mes oreille^?
Ah! je les reconnais, mes aimables abeilles.
(Delille.)
zlA/aA/Thommedebien, vousvouliez mën donner?
(MoliĂšre.)
. Ha!
Ha! vous ĂȘtes dĂ©vote et vĂŽus vous emportez?
(MoliĂšre.)
Ha! voyons donc, quëst-ce que Téloquence?
(FénelÎn.)
Ha! ha! monsieur est Persan? comment peut-on
ĂȘtre Persan? (Montesquieu.)
^ Ha! lâhomme savant, on vous y prend aussi'.
(Domergue.)
Je gage mes oreilles
QĂŒil est dans quelque allĂ©e Ă bayer aux corneilles,
Sâapprodhafit Ă pas lĂ©nts dâun haha qui lâattend,
Et quâil nâapercevra qĂŒen s'y prĂ©cipitant,
(Piron.)
Lfinterjection ahl exprime la joie, la douleur, Tadmiration, Tétonnement, etc., une
Ă©motion profonde, ou qui a quelque durĂ©e: . â
Ha! exprime un sentiment subit : Tétonnertient, la surprise, Tefffoi. Ahl comme Ta
remarquĂ© Boniface, Ăą un son prolongĂ©; ha! n'a qĂŒun son bref. CĂ©ltĂ© diffĂ©rence de pro-
(1) Cette partie est entiÚrement due aux soins d'un de liÎs plus habiles grammal?iéfls,M. Dessiaux, membre
de la SociĂ©tĂ© grammaticale de Paris, de la SociĂ©tĂ© royĂŽĂźe des sciences, lettres et arts dâOrlĂ©ans, auteur de
VExamen critique de Id Crramma^re des grammaires, Tun des rédacteurs duTowrrtdfgrammaftcal, direc
teur de l'écolD supérieure dTssoudun*
( 851 )
iiĂŒhcĂźatiĂŽân indiquĂ©' assez lĂ valeur de ces interjections. LĂ«fnafĂš riĂš reconnaĂźt quĂ«n sens
à ces expressions. Selon lui, ah! signifie jë le sens vivement ou je suis profondément af
fecté: cëst une erreur: le son ah nous Úst si naturel que nous le prononçons à chaque
instant et dans des situations diĂ mĂ©'iralement opposĂ©es, sbĂŒveni sĂ riĂ ĂȘtre profondĂ©r
ment affectĂ©s. Le mĂȘme grammairien dit que hd! signifie uriiquement je sm's grandement
surpris; mais dans la crainte, la douleur; Timpatience, on peut employer ha) ^i la cir- âą
constance lëxige.
Ifaha, devenu substantif, dĂ©signĂ© une ouverture faite au inur dâun jardin; avec ĂŒn
fossé én dehors. Ce mot est le cri dÚ surprise que pousse celui qui; croyant passer paf
cette ouverture, se^trouve arrĂȘtĂ© par le fossĂ©.
Ah ! que je suis aise!
Ah i ah ! je tou toĂ» !
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Ah ! quHI est malheureux !
Ah ! ah 1 quel plaisir de vous voir !
Ha ! je vous y prends.
Ha ! ha ! mouiietur ae dĂźt savant
N" DCC-GX-X-V.
ĂHIhll
Ehl
MĂšne-moi vers Pean : rends un fils Ă son pĂšre.
Ehl que je crains, ĂŽ ciel f que la Parque s/Ăšre
De ses ans loin de moi nâait terminĂ©. Ăźe çoursj * ^
{La Harpe;)
Ehl qut nâa pas pleurdquelque perte cruelle?
(Delille.)
Beau^arts; fift/ dans quel lieu nâayez-vous droit de
Est-ii à votre joie une joie étrangÚre? [plaire?
. Ud.)
. Corrigez-vous,' dira quelque sage cervelle/
Ehl la peur sĂš corrige-t-elle?
, . (La Fontaine.)
' Eh quoil ton Ú'me sombre et lÚs yeux éblouis
Nâosent-ils contempler le siĂšcle de Louis?
(Lebrun.)
Eh hiĂȘfii manger moulons,- canĂąlUe, sotte' espĂšce",
Est-ce un péché ? Non, non, vous leur fßtes, seigneurj
En les croquantâbeaucoup* dâhonnâeur.'
(La Fontaine.)
Eh hten.donci par lënnui ramené dans la ville,
QĂčftĂŻarit AbĂš'criAmmrn*Ă©nĂŻ (6n* b'ĂšnAĂšt' dâĂ© vĂšfĂŽâĂčr/ ^
Tu'vĂ s donc seul biĂ©rifĂŽt bĂ illĂšC a\i ĂĂčxĂ©mbĂŽurg.
(Ducis.)
BĂ©!
Hé! mon Dieu, nos Français si souvent redressés,
Në prendront-ils jamais ud air de gens sensés ß
(MoliĂšre.)
Béß madĂąmĂ«, lâon Idne aujourdâhui toĂŒtle motade;
Et le siĂšcle par lĂ nâa rien quâon ne confonde.
â (W-)..
BĂ©! monsieur, p'eut^onâvoirsoĂ»ffrirles.ttalbeureuĂŻĂź
(Racine.)
0 passion du jeu! hé quoi! rhqurme en délire,
MĂȘme avec des-bocfiels se blesse Ăšt se dééhi'rel
(tEMlBRĂB.)
' V â . -
Ah ! le ptfvrĂš lĂči-m'ĂȘme est riche en espĂ©rance,
Et chacĂčrr redevreiri: Gros-JĂšan.cofhme devanj ; ,
HĂ© biĂ©ril chacun du* moins fut heurettx' Ăšn rĂȘvant.-
(Collin d'Harlbville.)
BĂ© hien! Ă me venger nâest-il pas prĂ©parĂ© ? .
-JefiĂȘsals*. (HAĂšiNĂ.^
jtfĂš; Viéà V(ĂŻ6âriĂ©*cĂ© plaĂźslaflt Ă ibĂYĂ©AiehĂźf
(MoliĂšrA.)
BĂ© b'iĂšH; maĂŒĂąftfe. HĂ© ViĂ©fÚï Skktdhv satĂź^aitsâ/ âą
m*)
La valeur principale des interjections eh! hĂ©! est dâattirer Tattention sur ce qui va
ĂȘtre dit; de lĂą.leur emploi en apostrophe, en interrogation. Comme ces interjections sĂ©
prononcent dans uneâfoule de sentiments, KĂ©l hĂ© quoi! hĂ© bien! conviennent mieux
aux» Ă©/ffotionsâviolentĂ©s* et instautanfĂ©es'; Ă©h! eh quoi! ek bien! aifx Ă©motions prolongĂ©es ou
profoiĂźĂĂ©sâ.* ĂĂŻfns'cĂ©* Ă©Vs,^ Ă iiĂŻsi' dĂ AV fe' ]^rĂ©cĂ©dent, lĂš' s'cns Ăšst. d'ĂąâccbĆžd f^yĂ©c" Fa
nonciatiÎiï. Lés écrivains ont souvent confohdu cÚt lAferjecfibris, Úaciné" em^^oié'
presque toujours hé !
Les mots quoi, bien, qui font partie du style interjectif, viennent ajouter une force et
une valeur particuliĂšre Ă ces expreĂ ^MI.
(832)
HĂ© sert aussi Ă appeler quelquun. Piron, qui.avait besoin dâune rime fĂ©minine, a dit
dans io Métromanie : .
I ^ "
Holà 1 liée l
Que Ton aille chercher .monsieur de lâEmpirĂ©e.
Cette orthographe me paraĂźt conforme Ă la prononciation dans ce cas ; Ton commence
par une légÚre aspiration pour donner une certaine force à la voix, et Ton prolonge en
suite le son pour ĂȘtre entendu,
Beaumarchais, dans le Mariage de Figaro, fait dire au comte ; S'il payĂ it... Eeeeh!
n'ai-je pas le fier Antonio dont le noble orgueil dédaigne en Figaro un inconnu pour sa
niĂšce? Cette interjection Ă©eeeh, qui se trouve plusieurs fois dans le mĂȘme auteur, se proÂŹ
nonce longuement, et finit par une légÚre aspiration. Les écrivains ont le droit d'écrire
les interjections comme ils les prononcent, afin de leur faire produire lĂ«ffet qĂŒils en atÂŹ
tendent.
ÂŁh ! je TaĂ9 toos le dire.
Eh quoi ! ToĂ s tous pUignei?
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Eh bien Ăź laissez-le parler.
Eh quoi ! n'est-ce que cela?
Hc bien ! que diras-ta 7
HĂ© bien I en venez-roua 4 bout ?
W DCCCXXVL
Olohlhol
% *
I.
O!
Ot combien d'actions, combien d'exploits célÚbres.
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténÚbres (1) !
' . " (Corneille.)
O! si la sagesse était visible, de quel amour les
hommes s'enfiammeraient pour elle t
, (D'Olivbt.)
â H en coĂ»te Ă qui vous rĂ©clame,
Médecins du coçps et de Tà me,
O temps 1 6 mĆurs! jâai beau crier,-
Tout le monde se fait payer.
. (La Fontaine.)
O çà l je suis ravi de vous voir, tous ensemble ;
Parlons de bonne foi sur ce qui nous rassemble.
(Boursault.)
Ohl
s
0ht que la nature est sĂšche, qĂŒelle est vide,
quand elle est expliquée par des sophistes!
(Chateaubriand.) -
Oh! quâil est cruel de n'espĂ©rer plus.
(Fénblon.)
i
Oh hont quelle folie ! Ătes-vous de ces gens
Soupçonneux, ombrageux ? croyez-vous aux mé-
(Gresset.) [chants?
Oh bien! je vous apprends que vous vous abusiez.
(Regnard.)
Oh çà l maßtre Jacques, approchez-vous, je vous
ai gardé pour le dernier. (MoliÚre.)
01 oh! marquent également un sentiment d'admiration, d'exaltation; mais Î, plus
grave, tient Ă une Ă©motion plus profonde ; il sert aussi dans lâapostrophe oratoire, et ne
prend pas alors le signe de ponctuation immédiatement aprÚs lui. Fénelon fait un fréquen
usage de cette interjection dans Télémaque. Oh bon! oh bien! oh çà ! Î pà / sont dt
style familier*
11.
Oh!
Oh! dit-il, qĂŒest-ce ci? Ma femme est-elle veuve?
(La Fontaine.)
OĂč, oh! ma fille, on nous fait des âaffaires
Qui fout dresser les cheveux aux beaux-pĂšres.
(Voltairb.)
Ho!
Inconstant ! Ho ! voilĂ votre mot ordinaire.
Eh / cĂ«st pour ne pas ĂȘtre inconstant; au contraire^
Quâon me voit sur mes pas revenir tout exprĂšs.
(Collin DâHĂLBvaLK.)
(1) Comment des exploits cĂ©lĂšbres peuvent-ils ĂȘtre sans gloire?
( 853 )
Oh, ohĂź je n'y prenais pas garde ;
Tandis que sans songer Ă mal je vous regarde,
Votre Ćil en tapinois me dĂ©robe mon cĆur.
(MoliĂšre.)
J'ai poussé jusqu'au bout un projet si hardi.
âBo, ho ! les grands talents que votre esprit possĂšde'.
(MoliĂšre.)
Bo i venez ici. (Acadésiib.)
Ohl oh, oh! marquent aussi Tétonnement d'une personne qui s'avise, comme Ta re
marquĂ© MoliĂšre dans sa comĂ©die des Femmes savantes, oĂč il fait le commentaire des vers
que nous venons de citer, Hol ho, hol marque particuliĂšrement une invitation de s'arÂŹ
rĂȘter, d'Ă©couter ; il tient de la contradiction ; cette interjection sert encore pour appeler.
' Les interjections ah, ha; eh, hé ; oh, ho, peuvent se répéter. Si cette répétition se fait
rapidement, on ne doit les séparer que par une simple virgule, la sensation est unique
quoique Texpression soit double; si la sensation était double comme Texpression, il
faudrait mettre un point Ăšxclamatif aprĂšs chaque interjection.
De mĂȘme, lorsque certains mots interjectifs se jpignent aux interjections proprement
dites, comme dans le numéro précédent, il faut ponctuer comme le sentiment le réclame;
aussi trouve-t-on ohl bon! et oh bon! oh! bien! et oh bien! On trouve oooh! dans BeauÂŹ
marchais. (V. page 855.)
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
Oh ! je l'aurais parié.
Ob ! oh ! vous en venez aux gros mots.
Ob bon ! le voilĂ pris.
Ob bien ! nous le teuons.
Ho ! vous nâen finirez donc pas.
Ho ! venez.
DCCCXXVII.
Holà ! ho, là ! çà , là .
BoĂźdl
BolĂ ! quelqu'un, qĂŒon appelle Nanine ;
CĂ«st mon malheur qĂŒil faut que jĂ«iamine.
(Voltaire.)
BolĂ ! ne pressez pas tant la cadence, je ne fais
que sortir de maladie (1). (MoliĂšre.)
Bo, lĂ !
Bo, lĂąl monsieur BobĂźnet, monsieur Bobinet,
approchez-vous du monde. (MoliĂšre.)
Bo, lĂ , ho ! descendez que Ton ne vous le dise,
Jeune homme, qui menez laquais Ă barbe grise (2).
(La Fontaine.)
HolĂ sert Ă appeler quelqu'un d'absent, ou simplement Ă avertir ; câest la rĂ©union de
ho et de lĂ , qui signifient arrĂȘtez lĂ : Les adverbes de lieu lĂ et çà / dĂ©tournĂ©s de leur
signification primitive', sont devenus eux-mĂȘmes de vrais interjectifs. Nous avons dĂ©jĂ
vu 0 çà et oh çà ; on trouve encore ah çà ! dans les comédies de Beaumarchais et
ailleurs. ».
ĂĂ , voudriez-vous ĂȘtre persuadĂ©e?.
(J.-B., Rousseau.)
ĂĂ I messieurs les chevaux, payez-moi de ma peine.
(La Fontaine.)
Or çà , verbalisons. (Racine.)
Là , ne vous troublez point, répondez à votre aise.
(Racine.)
Rn les voyant pleurer, mon Ăąme est attendrie.
LĂ , lĂ , consolez-vous, je suis encore cn vie.
(Regnard.)
ĂĂ , c'est-Ă -dire, venez pĂ pour Ă©couter. Cette interjection sert Ă commander, Ă encouÂŹ
rager. LĂ sert Ă apaiser, Ă calmer.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQVE.
HolĂ ! les gens, arrĂȘtez.
HolĂ ! hola ! faut-il courir aprĂšs vous?
Ho, lĂ ! arrivez donc.
Ho, là , bo ! réveillez-vous.
I t
(1) On dirait aujourdâhui je ne fais que de sortir de maladie. Cette distinction n'Ă©tait pas Ă©tablie
alors. , J .
(2) On trouve le plus souvent ohĂź lĂ , haut! Nous pensons avec lejudĂźcieux Lemare que cette orthographe
t vicieuse. ..
( 834 )
N^DCCCXXVm
Hélasl las! hé, là !
BĂ©,lĂ l
ffĂȘ, ßà l tout 4ouçement, â BĂ©j ßà ! hĂ©, fĂ ! mon
petit ami. ' (MouÚré.)
,11 a Tair noble, et mĂȘme certains traits ,
Qui rùënt touché. Là ! je ne.vois jamais '
De matbeĂŒrcux Ă peq prĂšs de son Ăąge.
Que de mon ĂŒls Ăźa douloureuse image
Ne vienne alors, par un retour cruel,
PersĂ©cuter ce cĆur trop paternel.
(Voltaiub.)
BĂȘlas!
m
* ' i âą . > .
/ éstrce une loi sur notre pauvre terre,
Que toujours deux voisins aĂŒrĂŽnt entre eux la guerre !
ĂŻ?"âR?55? AenĂ, (, fies, glçto jpconstanis
CÚdent comme le nÎtre a lëmpire du temps.
(Db FĂŒnxĂnĂs.)
Hélas ß on voit que de tout temps
Les petits ont pĂ ti Ăąps igtyaes. des grands, .
(l-f FoJ(XA|!JB.)
ffélùsl exprime principalement la tristesse, la douleur morale : tantÎt il précÚde, tantÎt
il suit la rĂ©flexion. Zas,'abrĂ©viation de hĂ©las, nâa vieilli que dans le haut style, et cĂ«st
tant pis; les ppctes doivent combattre un ri(iicule usage et réhabiliter cette interjection.
HĂ©, lĂĂ sert Ă arrĂȘter, Ă rĂ©primer, Ă calmer.
EXERCICE PHRĂSĂQLOGIQVE,
Hélas ß nous sommes trahis ! Las ! comment voos contenter ? Hé, là I pas si vite.
N" DCCCXXIX.
Heim! hem! hem! hen!
ffeinkihemi
Tu lut vas avouer les choses toutes pures,
Et je te donnerai, moi, de cçs copfeures
Si'brillantes de sucre,ët dont tû fais grand cas,
Jfçim! pour te fqire voir que mqi je ne mens pas.
' . Art-ll Tair d*pn pĂšre qqi querĂȘlle?
Beiml comme sa surprise a paru nùtûrÚlleß
(PinoN.)
Juste cielt quëntends-jel. Aem/ que dites-vous?
milord Mbnrose cbndĂ mnĂ« Ă .l7 rVĂštTĂĂRB.j
Ueml heml viens cĂš*.
(ACApĂMlB.)
Hein! henl
Ah! cĂ«st qĂŒil est dâheureuses sympathies,
Bein! quâen dis-tp, raq fille!
(Collin dâHarleville.)
Plusieurs femmes pleuraient, maissurtoutuneblonde
Me parut âbeile, heini -:-la plus belle du monde.
â (?aron.)
Hein! rusée signera. (Beaumarchais.)
Hen, hen ĂŻ quand il y aura des accompagnements
lĂ -dessus, nous verrons, encore, messieurs de la caÂŹ
bale, si je ne sais ce que je dis. {Id.)
Heim a un son moins'aigu que hein, il marque le sentiment quâĂ©prouve une personne
qui sâarrĂȘte avec complaisance sur la pensĂ©e qui lâoccupe, et qui cherche Ă en pĂ©nĂ©trer
ceiulĂ qni elle parle. Hein sert pour interroger ou sonder la personne Ă qui Ton sâadresse;
mais il ne sâemploie qĂŒentre gens qui ont ensemble une grande familiaritĂ©. Hein peut
avoir encore dâautres sens. Quant Ă la valeur de lâinterjection hen, hen! elle se sent
mieux quĂ«lle ne sâexplique. Elle se prononce Ă peu prĂšs comme hein, câest le seul trait
de ressemblance qui existe, entre ces interjections. Hem, dont le ffi final se ifait sentir,
sert pour appeler et a de lâanalogie avec hĂ©,
EXERCICE PHRASĂOLOGIQĂE.
Heim l comme il a été toué !
Hem, hem 1 accourez toutda suite.
Heia ! étes-vÎos le maßtre?
Ueu, hen ! c'est oa habile hommo.
( 85S)
â«b85 r Dcccxxx
Hai! haiel ayl
, QĂŒf! hait je nĂ«n puis plus, vous serrez le sifflet ;
ĂĂźai/ monsieur, jusquâau bout Usez donc le billet*
(KegnĂąrd.)
Dans le Menteur de Corneille, Clarice, en faisant
un faux pas, prononce le monosyllabe hai! ClauÂŹ
dine ^/laĂŒ â Ah! que tu es rude Ă de pauvres
gens. â Bail je te donnerai sur le nez.
(MoliĂšre.)
Bai, hai ! mon petit nez, pauvre petit Ăoqchqn»
Tu ne languiras pas longtemps, je tën réponds,
(MoliĂšre.)
Baie, haie! ceci ne vaut pas le diable,
(DançoĂŒrt,)
Ăy!.., Petit-Jean. Pelit^Jean.,,
Que diable! sĂŻmatin que fais-tu dans la rue?
(Racine.)
Elle mâĂ©trangle... Ay, ayl [Id.)
L'interjection hai! marque la surprise, la douleur, l'avertissement, quelquefois mĂȘme
la satisfaction. Haie! marque le mécontentement, la crainte, la surprise avec sensation
prolongĂ©e, etc. Quant Ă ay, nous ne lâavons trouvĂ© que dans les Plaideurs de Racine;
ce nâest peut-ĂȘtre que lâinterjection hai diversement Ă©crite, ou bien cĂ«st riaterjection aye
moins Te final. '
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Hai ! TOU$ me faĂźtes mal.
Haie ! câest bien mauvais.
Aj, ay ! vous voulez donc mâĂ©tonfier 7
Nâ DCCCXXXI. ĂŒ*»»-
Aie! ahi! aye! ouf!
AĂŻetahit *
AĂŻe, aĂŻe t Ă Taide ! au meurtre l au secours, on m'as-
[sommel
Ah! ah! ahl ah! ah! ah! O traĂźtre! ĂŽ bourreau
(MoliĂšre.) [dâhomme!
Ahi Ăź ahi! ahi!
Yous ne m'aviezpas dit que les coups caseraient ! {Id.)
Aye! ouf!
VoilĂ ton pĂšre! â OoohĂź aye de mol!
(BbaĂŒuarghais.)
Aye! ouf! on mëstropie.
(Voltaire.)
Nous croyons que aĂŻe et aye ne sont que la mĂȘme interjection Ă©crite diffĂ©remment, et
qĂŒil faut prononcer ces monosyllabes Ă peu prĂšs comme le mot ail (espĂšce dâognon).
Ahi est de deux syllabes, eta le mĂȘme sens que les deux autres. Ces trois interjections
expriment un sentiment de douleur physique. Ouf! exprime de plus JâĂ©tpuffement que
produit une Ă©motion violente, TanxiĂŽtĂ©, lâangoisse :
Ouf! je me sens déjà pris de compassion :
Ce que cĂ«st qĂŒĂ propos toucher la passion 1
(Racine.)
Nous avons dû remarquer, et nous aurons occasion de remarquer encore, que les écri
vains emploient souvent plusieurs interjections de suite, et quelquefois mĂȘme des interÂŹ
jections dâune nature diffĂ©rente, pour produire plus dâeffet.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQĂE.
AĂŻe, aĂŻe ! vous me tuez.
Ahi, abi, le bourreau !
Aye, je suis blessé.
Ouf ! je nâen pois plus.
( 856 )
N" DCCCXXXII
Hom! hon! hum!
BomI
Cela ne vaut-il pas bien une prise de casse? â
Bom! de bonne casse est bonne.- (MoliĂšre.)
EUe employait Vart des subtiles trames '
De ces filets oĂč lâamour prend les Ăąmes.
BomI la coquette. (Voltaire.) â
i â
Lisons. Hom/... hom! «Vous méritez de me charmer.
» Je sens à vos vertus ce que je dois dëstime, -
» Maià je ne saurais yous aimer. » (/d.) .
Bon! huml
Vous n'avez qii'à y venir, jëvais vous y attendre.
Boni lâextravagant. . (Regnard.)
Si vous ĂȘtes mĂ©decins, je n'ai que faire de vous,
et je me moque de la mĂ©decine. â Boni hon! VoilĂ
un homme plus fou que nous ne pensons.
(MoliĂšre.)
Bum! je soupçonne ici quelque anguille sous roche.
(Fabre d'Ăglantine.)
. Bum I grand escogriffe ; il est sourd (1).
(Beaumarchais.)
Hom, hon, hum, marquent mécontentement, contradiction ; mais hom exprime de plus
doute et méfiance. Hon, dont le son est plus bref, exprime retour et sentiment de diffi
culté; Awm, pressentiment, réticence, impatience. , \ .
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Hom ! le faquin.
Hom 1 liom r voyons cela.
Hon l bon! voilĂ les hommes,
.Hum ! grand sot. |
W DCCCXXXIU.
Euh 1 heu!
Euht
4 *
Chrysale, dans les âą Femmes savantes, mutant
savoir pourquoi on cbasse Martine, et ayant reçu
déjà des réponses négatives à plusieurs questions,
dit, avec réticence ;
Comment? diantre 1 friponne! euh! a-t-elle com-
(Moliëre.) [mis.."?
L'Intimé interrompu; et voulant continuer de
parler, sâĂ©crie ;
Héi laissez-nous... euh! euh! (Racine.)
. Beu!
C'est une comĂ©die nouvelle. :â Quelque drame
encore; quelque sottise dâun nouveau genre. â Je
nĂ«n sais rien. â Beu!.heu! les journaux et Vauto-
rité nous en feront raison. (Beaumarchais.)
Beu! voilĂ ce que cĂ«st dâĂ©tudierĂź*
(MoliĂšre.)
Euh et heu marquent Ă©galement lâadmiration, mais ils sont du style familier. Euh marÂŹ
que de plus apprĂ©hension, ennui, impatience, surtout quand il est redoublĂ©. Heu sâemploie
ironiquement.
EXERCICE PBRASĂOLOGIQUE.
ÂŁub ! allez-vons-en.
Ueu 1 heu Ăź efit-co vous qui nom rapprendrez.
(1) Figaro parle ainsi Ă don Bazile, qui ne veut pas comprendre leur stratagĂšme.
( 857 )
...« DGCCXXXIY
Ouais/ voit po^^-ott'â
^ Ouais Ăź
Mon choix sera suivi/ cëst un point résolu.
â Ouais Ăź vous le prenez lĂ d un ton bien absolu.
(MoliĂšre.)
Ouais ! vous ĂȘtes bien obstinĂ©e, ma femme.
(/d.)
OuaisĂź ce maĂźtre d'armes vous tient bien au cĆur,
(/d.)
oiĂź pou~ou!
Jâirais trouver mon juge et lui dirais. â Oui. â Foi!
EtluidiraistMonsieur.âOui, monsieur.âLiez-moi.
, (Racine.)
Pour profiter de cette douce libertĂ©, jâannonce
un Ă©crit pĂ©riodique, et, croyant nâaller sur les brisĂ©es
dâaucun autre, je le nomme Journal inĂ»tile.
Pou-oul je vois sâĂ©lever contre moi mille pauvres
diables Ă la feuille; on me supprime, Ă©t me voilĂ
de rechef sans emploi. (Beaumarchais.)
Ouais, voi, pou-ou, ont cela de commun qĂŒils marquent TĂ©tonnement; mais ouats
marque de plus mécontentement, et quelquefois pitié. Chicaneau, souvent interrompu
par la comtesse de Pimbesche, prononce le monosyllabe voi! et reprend son discours.
Nous ĂŒavons pas trouvĂ© ailleurs cette interjection, qui nous paraĂźt ĂȘtre la,mĂȘme que
ouais. Pou-ou est le cri que jette Figaro iH*. pensant combien il sâabusait, combien ses esÂŹ
pérances ont été déçues. Il ne faut pas contester aux écrivains le droit de créer des inter
jections. Souvent dans la conversation il en échappe qui ne sont écrites nulle part, et qui
nâen sont ni moms expressives, ni moins bonnes.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Oaai»! TOUB ĂȘtes bien insapportable. Voi ! cela ne se peut pas.
Pon-ou ! tout le mondtf a^Indigne.
N" ncccxxxv.
Fi, foin! pouaM
Fil
Ma robe vous fait honte, un fils de juge, ahĂź fi!
^ , (Racine.)
Fi donc! dâun.mĂ©decin ma maĂźtresse ĂȘtre femme!
Tous ces gens-iĂ , madame, Ă lâintĂ©rĂȘt soumis,
Haïssent la santé jusque chez leurs amis.
(Bret.)
Fi du plaisir que la crainte peut corrompre!
(La Fontaine.)
Foin! pouah! ,
Foin de moi 1 (Racine.
Foin du loup et de sa race. (La Fontaine.)
Fi7 ne mâapprochez pas! votre haleine est emÂŹ
pestĂ©e... Pouah! vous mâengloutissez le cĆur, j
(MoliĂšre.)
Pouah! pouah! seigneur, mon ùme n'a pas été
souillée. (Voltaire.)
Fi, foin, pouah expriment dédain, répugnance, mépris. Mais fi sert particuliÚrement
Ă rĂ©veiller, Ă inspirer la honte, lâĂ©loignement ; /bm marque imprĂ©cation, il est presque
toujours suivi dâun complĂ©ment; pouah exprime le dĂ©goĂ»t. Fi est du style tempĂ©rĂ©, foin
du-style familier, pouah du style populaire. Quant Ă pouais et Ă pouas quâindique Lemare,
au lieu de pouah ! nous ne les avons trouvés nulle part.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Fi donc \ me prĂȘter un tel sentiment.
Foin de tout son esprit f
Pouah ! le vilaine bĂȘte !
108
( m )
N" DCCCXXXVI.
Bah! baste! zest!
Bahj bastel
Malgré vous et les vÎtres,
On vous fera bien voir,âBaĂč/jĂ«n ai vu bien d'autres.
(Fabre ĂŒFglanpneO
CĂ«st vous qui me gĂȘnez;
Ft cëst ma place aussi que vous prenez.
â Bahl bahl (Collin d'Uahlrvillb.)
Bastel laissons lĂ ce chapitre^ il suftit que nous
savons ce que nous savons. (MoliĂšre.)
ĂestĂź
11 soit dit que sur l'heure il se transportera
Au logis de la dame, et lĂ , dâune voix claire,
Devant quatre tĂ©moins assistĂ©s dâun notaire,
{Zeste!) ledit HiĂ©rĂŽme avoĂčra hautement
QĂŒil la tient pour sensĂ©e et de bon jugement.
(^CINK.)
Il se vante de faire telle chose, zest!
(Académie.)
Bah Tinsouciance, lâincrĂ©dulitĂ©, le peu de cas que lâon fait dps menaces ou
des piarolé^ d'autrui, marque aussi Tinsoucianco, ja résolution et Tennuique cause
ce quâon vient (lâenteiĂźcjre, Oi) (/ouve quelquefois bash Qu^nd ChĂźcaneau prononce zeste
en Ji,tont !âevpioit que Iqi Ăą4r§sse la cpintesse de Pimbesçhe, il veut faire entendre quâil
souçie fpft pei| de çq qĂŒon Iqi (jjt. Sans /ia contrainte de la mesure. Racine aurait Ă©crit
zestj orthographe ordinaire dpcptie interjection.
Nous avons trouvĂ© dans le Dictiorinaife des fiiçtionnaire^ lâanalyse de lâinterjection
bah ! que nous avions cherchĂ©e long-temps, analyse prĂ©cieuse, qui confond lâimagination,
et dont nous serions vraiment fùchés de priver nos lecteurs. La voici i a Bahl interjection
qui équivaut à ß Mowd/onnemen/ es/bas , cëst-à -dire: J*y mets peu d'importance. » 0 don
Quichottel oĂč es-tu? toi qui prenais des montagnes pour des gĂ©ants!.,.. Comment,
M. ĂŒarbois, vous pensez sĂ©rieusemĂ©nt qup bah Ă ^gnlĂe mon Ă©tonnement est ras"!... Ahl
bahl.. vous voulez rire.. .Au fait, on dit bien qĂŒÂŁgwus vient d'Alphana.
Hall ! je nele croirai jamais.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
\
Baste ! Ăźl faut un peu de philosophie.
Il pense nous en faire accroire,lest
K DCCCXXXVII.
Chut! motus! sti
Chut! motus!
Chut! n'offensez pas ces mestieur^(1es médecins
et les apothicaires).' (MoliĂšre')
Chut! chut! parlez donc bas ;
Surtout jamais de lut; yous q'y POPtoZ dope pas?
(Collin b Harle ville.)
Motus! il ne faut pas dire que vous m'avez vu
sortir de lĂ . (MoliĂšre.) âą ,
Stt
St ! pafa:/ rangeons-nous chacune Immédiatement
contre un des cÎtés de la porte.' (MoliÚre.)
St, $tl ramassez vite, et sauvez-vous.
(Beaumarchais.)
St! $tl un mot : comme amis Tun de l'autre,
Buvez à ma santé, je vais boire à ia vÎtre. .
(Boursault.)
chut, motus, sont également employés pour engager à faire silence ; motus sert en,
outre Ă exhorter Ă la discrĂ©tion. St I sert aussi pour appeler quelquâun Ă voix basse.
( 859 )
n vient. Chnt 1
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE.
Je vais VOQS 1» dire, mais motus !
6t 1 tt ! par leh
Nâ DCCCXXXVIU.
Sus! tarare! alerte! hravoĂź vivat! ou%-dĂ Ăź
EXEMPLES.
Sut! que de ma maison on sorte de ce pas.
(MoliĂšre.)
Sms / Dave, il nëst plus temps de bayer aux cor-
(Baron.) [neilles.
Peut-ĂȘtre la beautĂ©. ââ Tarare! la beautĂ© ! la
beautéI Cëst bien la beauté, vraiment, qui prend '
un bonime comme lui. (BrĂŒevs.)
Tarare!.,, il ne Taura jamais.
(Beaumarchais.)
Sois mon trompette, et sonne les alarnies;
Point de quartier, marchons, a/erto / aux armes !
(Voltaire.)
Alerte / alerte! on vient dënlever ina pqpille.
(Fabre nâĂGL'AkTiNE.)
Bravo ! voilĂ mon homme ; allons, vite, quâil vienne.
(Collin dâHarlĂšville.)
Monsieur rhonqme accompli, du paoins qui proye^.
[jâĂȘtre,
Prenez, prenez leçon, car voilà votre mattfe*
Bravo! bravo! bravo! (Piron.)
Ahß vivat! jëi gagné ma cause.
(Dancourt.)
Vive, viye Crispin ! et vivat la folie !
' ' /(Regnard.)
- âą
Jâai fait vĆu dâĂȘtre veuve, et je le veux tenip.
â Oui-dĂ ! lâĂ©tat de veuve est UnĂ« douce chose;
On a plusieurs amants sans que personne en glose.
(Regnard.)
explications.
Sus sĂ«mploie pour exhorter Ă marcher, Ă agir, Ă
sortir de lâapathie,.
Tarife marque l'incrĂ©dulitĂ©, lâiropie et souvept
la colĂšre, cbnĂźrnĂš dans la phrase de Beaumarchais
que prononce Antonio irrité. -
Alerte^ devenu substantif, est un cri pour sepf)çr
lâalarme et lâeffroi. Cette expression est tjrĂ©e'dejâita-;
lien anĂ«rfĂą, qui' signifiĂȘ sur un lieu Ă©levĂ© ; câhst
comme snâon criait : 5orte;s de vos maisons!
Bravo ! est pn adverbe italien -employé en inter-
jeçtmn; il signifie frÚs-bien/ bravement!
Vivat, troisiÚme personne du présent subjonctif
du yerbe latin vßvere, a le niÚme' sens que ûiua en
français. 11 marque la joie, Tallégresse.
' Oui'dĂ , ordinairement particule ou adverbe afÂŹ
firmatif, Ă un sens tout particulier ici; U signifie,;
Je comprends. ' " «
EXERCICE PHRASĂOLOQIQVE.
Sus ! qu'on décampe.
"Vons dites que vous ĂȘtes noble ? Tarare !
A(er^ ! alertç ! yoilà les ennemii.
Bravo ! c'est cela.
Vivat i vivat ! les choses vont bien.
Loi qTea-yon^ T"i Q*Ă»*dĂ .
( 860 )
EXPRESSIONS INTERJECTIVES.
N" DCCCXXXIX.
SUBSTANTIFS INTERJECTIFS.
EXEMPLES.
JlfĂŻracte.' criait-on, venez voir dans les nues
Passer la reine des tortues.
(La Fontaine.)
Ehl miséricorde! on traßne mon mari en prison,
(Voltaire.)
Malheur aui aveugles qui conduisent ! malheur
aux aveugles qui sont conduits! (Pascal.)
Qui frappe l'air, hon Dieu! de ces lugubres cris?
Est-ce donc pour veiller qĂŒon se couche Ă Paris?
(Boilbau.)
Mon Dieu ! lâĂ©trange embarras qu'un livre a metÂŹ
tre au jour. (MoliĂšre.^
QĂŒun ami sur nos bords soit jetĂ© par lâorage,
Ciell ayec quel transport jelëmbrasseau rivage!
(Ducis.)
Paix! silence! il me vient un surcroßt de pensée.
(Regnard.)
Peste : comme Tutilité vous a bientÎt rapproché
les distances. (Beaumarchais.)
Peste soit la sincérité ! cëst un mauvais métier.
(MoliĂšre.)
Peste soit des fĂącheux t (Id.)
MalepesteĂź leur Ăźmagiuation travaille beaucoup.
(Regnard.)
Te voilĂ sur tes pieds droit comme une statue;
DĂ©gourdis-toi, courage! allons, qĂŒon s'Ă©vertue 1
(Racine.)
GrĂące, grĂące! seigneur, que Pauline l'obtienne.
(Corneille.)
Halte-lĂ ! mon beau-frĂšre.
Vous ne connaissez pas celui dont vous parlez.
* (MoliĂšre.)
Patience! avant peu tout cela va changer.
(Collin d'Harlevillb.)
Ma foi! sur l'avenir bien fou qui se fiera.
(Racine.)
Oh! dame! on ne court pas deux liĂšvres Ă la fo(s!
[Id.) *
Tredame! monsieur, est-ce que madame Jourdain
est décrépite? (MoliÚre.)
Si vous nâĂ©tes pas malade, que diable ne le dites-
vous? {Id,)
Diantre I que de façons 1 signez, pauvre butor.
Au diantre tout valet qui vous est sur les bras I
/ Ud.)
Eh oui, de par tous les diantres, je l'ai vu !
Ud.)
explications.
Miracle! cëst-à -dire, voiià un miracle, venez voir
un miracle.
JfĂźsĂ©rtĂ«orde! c'est-Ă -dire, jâimplore misĂ©ricorde.
âąMalheur Ă , câest-Ă -dire, le maMeur arrivera aux
aveugles ; ou le malheur doit arriver Ă , etc. '
Laveaux regardé bon Dieu! comme une interjec
tion dans ces vers ; il est certain que ce n'est pas uue
simple apostrophe:
JMTon Dieu! n'est pas en apostrophe non plus dans
cette phrase, ou du moins il y a une proposition
ellipsée.
Ciel! Dieu! etc., sont des invocations. On dit
mĂȘme quelquefois dieux! au pluriel, surtout en
poésie, ce qui sent un peu le paganisme; mais Tu-
sage l'autorise.
; PatÂŁc/siterice! c'est-Ă -dire, donnez-nous la paix,
faites silence.
Peste! est ici une vraie interjection dâadmiration,
'avec Ă©tonnement et ironie. Peste! nâest souvent
qĂŒune simple imprĂ©cation; il peut ĂȘtre suivi dâun
' complément.
Malepeste (mauvaise peste) a le mĂȘme sens que
peste; il est un peu plus populaire. Fabre dâEglanÂŹ
tine écrit malpeste par licence poétique. {Intrigue
épistolaire.) - . *
Courage, câest-Ă -dire, prenez courage.
GrĂące, câest-Ă -dire, faites grĂące.
Halte-lĂ , câest-Ă -dire, faites une halte lĂą, arrĂȘtez-
vous lĂ .
Patience/ câest-Ă -dire, prenez poticnce.
Ma foi! cĂ«st-Ă -dire, jâen jure par ma foi.
ĂȘ
J9ame/ câest-Ă -dire, jĂ«n jure par Notre-Dame.
{Voyez Gattel.) Tredame, plus rare, et du style
campagnard, est moins éloigné de l'expression to
tale.
« ,
On jure aussi par le diable; mais comme on a
craint de prononcer ce mot, on l'a remplacé par
diantre, ce que prouvent jusqĂŒĂ TĂ©vidence les
phrases citéesën regard et la suivante.
Allez ow diantre/ Au diantre soit le fou!
(Académie.)
( 861 )
Nous avons dĂ» remarquer par quelques exemples du numĂ©ro prĂ©cĂ©dent, quâindĂ©penÂŹ
damment des interjections proprement dites, Thomme agitĂ© dâune Ă©motion violente, pĂ©né
trĂ© dâune idĂ©e vive, a eu recours Ă "des signes du langage analytique, qĂŒil a un peu dé
tournés de leur signification primitive, pour les rendre propres à exprimer ses affections
avec rapidité et concision. Les expressions interjectives sont en général des membres de
propositions elliptiques ; nous nâavons prĂ©sentĂ© ici que les plus usitĂ©es. i
Les mots bonjour, adieu, salut, doivent ĂȘtre rangĂ©s dans la mĂȘme catĂ©gorie ; Wailly dit
mĂȘme que bonjour est interjection [Dictionnaire). Voyez La Fontaine, fable du Renard et
du Corbeau; Gilbert, Derniers moments dĂŒn jeune poĂšte ;Mi\\cYOjc, la Chute des feuilles',
oĂč ces mots se trouvent dans le sens interjectif.
ïl est une foule de noms qui, prononcés dans certains mouvements subits de Tùme, ont
la force de lâinterjection. CĂ«st le ton, dit Dumarsais, plutĂŽt que le mot, qui fait alors Tin-
terjection. En voici quelques exemples :
Par mon chef, cĂ«st unâsiĂšcle Ă©trange cpie le nĂŽtre.
(MoliĂšre.)
Par saint Janvier, mon patron. (Scribe.]
Jour de Dieu! je saurai vous frotter les oreilles.
(MoliĂšre.)
... Mort de ma vie! est-ce un crime d'avoir
Un tendre engagement avec un honnĂȘte homme?
(Rkgnard.)-
EXERCICE PHRASEOLOGIQĂE.
Ciel ! q[ael malbenr !
Peste soit de tou» !
Patience ï cela viendra peni«Stre*
Oh dame n'y pensau pas.
N" DCCCXI
MODIFICATIFS {adjectifs OD adverbes) intebjectifs.
Tout doux! vous suivez trop votre amoureuse envie.
(MoliĂšre.)
Nâavez-vous jamais vu donner la question?...
HĂ© I monsieur, peut-on voiir souffrir des malheu-
[reux 1
âBon Ăź cela fait toujours passer une heure ou deux.
(Racine.)
Bon! bon! ilfaut apprendre Ă vivre Ă la jeunesse.
' ' (Regnard.)
Tout beau .^ 'monsieur le tireur dâarmes, ne parlez
de la danse qĂŒavec respect...
Tout doux! vous dis-je. (MoliĂšre.)
Ăllons! ferme! poussez, mes bons amis de cour.
Vous nën épargnez point, et chacun a son tour.
Ud.)
%
Quoi! vous pensez ĂȘtre dans tous les temps
MaĂźtre absolu de vos yeux, de vos sens?
(Voltaire.)
Comment ! montrer partout et lettres et portrait.
En public, Ă moi-mĂȘme! AprĂšs un pareil trait,
Je prétends de ma main lui brûler la cervelle.
{Id.)
Le serpent de Tenvie a sifflĂ© dans son cĆur.
Oh I* bien! bien! double joie en ce cas pour le nĂŽtre.
(Piron.)
Ah ! fort bien / vous nommez les passions des maux !
Sans elles nous serions au rang des animaux.
(Collin ĂŒHarlbvillb.)
RiÚn de nouveau dans Tétat. Tant mieux /
Moins de nouvelles, moins de sottises.
(Voltaire.)
âŠ
Nous ne nous arrĂȘterons pas Ă faire sentir la,valeur de ces modificatifs interjectifs : il
est facile de rétablir les mote ellipsés; nous remarquerons seulement que les mots certes,
bref, sont souvent employĂ©s dans la mĂȘme analogie.
EXERCICE PBRĂSĂOLOGIQVE.
Tout doux ! monsieur.
Tout beau ! jeune homme.
Ferme i Ă Touvrage.
Bon ! cela noua amiuera.
Quoi ! vons ĂȘtes libre.
Gomment 1 roue partez.
Fort bien ! j**! entendu.
Oh ! bien ! bien I câeet Ă merreillff.
{ 86Ăą )
mMCCSLh
iMPEĂźlĂTiĂS iNTĂfiĂEfiTIFS.
Va, va, dans sa doĂŒlĂ©rif le sĂ©ief est faĂźsĂŽrihĂąblĂ«,
Et jĂ« nâai jamais vu dĂ« femme ift'consĂŽlablĂš.
(Gollin dâHĂ BLETILLB;)
Allons! je vois que je ne réussirai jamais.
(Marmontel.)
Allà hs gà i! vous k^à doiiri'é VÎ'trë congé?
(Regnard ;)'
Allons gai! ce petit prélude vous mettra en hu
rleur! (Brueys.)
Ailes, allez; il nĂ« faut passĂ© laisser irienĂ«f cotĂŒfnĂ«'
un oison; (MoliĂšre.)
Gaire quâaux carrefours on ne vous tympanĂźse. ^
(MoliĂšre.)
pieu me pardofme, on se bat; âGarĂ©.' gare.'
Voyons un peu d'oĂč vierit ce tintamare'.
(Voltaire.)
Tiens! Darmin tâaime, et Darmin dĂąris son cĆur
A tes vertus avec plus de douceur. (/d.)
Tcnejs, mille ducats
Au b'Ă©nt* dĂ© vds disĂšoĂŒrs nĂ© iriĂ© ten'tĂ©rĂąieht pas.
(Andribux.)
LĂ©s impĂ©ratifs t?a, oZtens, ĂŒttez, sont Ă©videmment dĂ©tournĂ©s de leur signification proÂŹ
pre ; ils servent à encourager, à persuader, et quelquefois sont purement explétifs. Allons
gai! est une interjection, seloiĂźléà 'lĂ©xßéb^ĂąfihĂȘĂ , elldefcitĂ© Ăą la gaĂźtĂ©.
Gare, impératif du verbe garer j est une vraie interjection pour.aveßftßr de |)fendre garde
Ă soi.
Tims et tenez ne servent ici qĂŒĂ Ă©veiller Tattention sur ce qĂŒon va dire.
EXERCICE PHRASĂOLOGIQUE,
Va, va, je sais ce jqwà jé fais;
Allons, vous ne savez ce que vons dites.
CiĂŻrĂš ! Ăź on viĂšr Ăąllei ĂȘtre Ă©crasĂ©.
Tiens ! cette étrange figure.
fiĂS jlĂRĂMĂNTĂȘ OU JĂRĂ'ĂźiiS Ăźi^fĂRJĂCtĂFS.
Parbleu! ta jugĂ©rafĂż toĂź-mĂȘâraĂ« sĂź jĂ«i tort^
(MoliĂšre.)
... PhisquĂ« Ă sc ruiner ori fait*tant dâfronneur,*
Corbleu! jây vais* aassif cravĂ©iHĂ«r dĂ© bori ĂšcĂšarl
(Destoucues.) .
MorbĂźetßß dlt nir vieux setgneur,' TĂ©tĂ t Ăest* plus
gouvernĂ©. TrouvĂ«^-mob maintĂȘriâarit un ministrĂ©
coramë Mv Colbert, « (Montesquieu.)
ObIâ veritr'Ă©bleu! fafĂ til qĂčĂš PĂą* jeĂčnĂ«toĂ«
Apprenne maiĂčtetfĂ nt la ViĂ«iHâĂ©^éë;
(Regnard.)
FĂ©rlĂŒbleu! mon neveu, comme vous ĂȘtes brave.
(DĂ©s^ĂŽuchĂšsâ.)
TĂȘtebßéû! ce mĂ« sont de mortelles blessures,
DĂ© vofr qûétÿéc fĂ« vice ori ga'fdĂ« dĂȘĂ mĂšsĂrĂ©s' !
(MoliĂšre.)
MdĂŒfjrĂ©bĂźĂ©ĂŒ dd géïtĂ© f , (PiĂ©oN.)â
Tubleu ! quelle* caresse !
(D'ESTOĂčĂŻfiriĂ©.)'
PùßsĂ mblĂ©Ăč f jĂ© sĂčii' Ăieif nourri'.
(ĂĂGNAĂ D.)
La' TĂ©lĂŻgidn dĂ©fĂ©rĂźdâ dV jfffcfĂ«ĂŒ vain par ĂŻĂš nom dĂ« jftieĂ», ĂȘi inĂŽmĂȘ par cĂ©lui dâaucune
cr'éà turĂ«â. Ări sait ^Ă»eâdĂ©sâfĂŽiĂ trĂšs'-éévĂšVes'ont Ă©tĂ© portĂ©es Ă©f Ă©xĂ©cĂŻĂŻteĂ©s autrefois contre les
blasphémateurs. Mais comment concilier ce* commaridémérßf avec lÚs mouvements impé
tueux de la colĂšre, avec le dĂ©sir de persuader ce qĂŒon a besoin de faire croire 1 Les FranÂŹ
çais ont pris un biais, et avec fe mot bteu ils ont formĂ© une foule de jurons et dâimprĂ©caÂŹ
tions qui Ăont" ĂąĂŒeuiĂŻ sens par etie^-'mĂȘmes,' et qui tirent fĂŽ^tĂ© rĂ©Ăčr valeur du ton plus oiĂŻ
moins véhément, du sentiment plus ou moins vif de celui qui les prononce.
( 863 )
Parbleu, morbléu, 'corbleu (1) sont én usage parmi les gens du bon ton ; ventrebleu, ver^
tubleu, tĂȘtebleu, tubleu, moins usitĂ©s, sentent le gros homme; palsemblĂšu est villagĂ©ais.
Dans le style campagnard il existé une foule dëxpressions de cette nature, telles que pardi,
pardié, pardienne, mordié, fnorgué, mordiÚnne, morguenne, testidié, tatigué, etc. On les
trouvera en lisant les comiques* , '
DES ONOMATOPĂES, DES MIMOLOGISMES, etc.
Il est allé trouver ce chien d'avare, ha, ha, ha,
ha! il lĂči a dit qĂŒĂ«n se promenant sur ie port avec
son fils, Hi, hi, hi! ils Ă vdiĂ«nt vu unegà ßÚrĂ© tĂŒfqĂŒd
(MoliĂšre.)
Taf ta; ta, ta, voilĂ bien instruire'une affaire :
Il dit fort gravement ce dont on nâa que faire,
Et court le grand galop quand il est Ă son fait.
(Racine.)
Prenez uiie Ă©nitare* â ^Que veux-tU; que }Ă«i>
fasse ? jâçn joue si mal. â Avec le dos de Ăźa main,
frĂŽm, frĂŽm, front. '(Ă'Ă©aĂŒmĂąrcĂŒĂ is.}
Je vis défaire la petite malle devant moi; et en
mĂȘme temps frast, frast, je dĂ©mĂȘle le mien, et je
vois que vous vous.portez bien.
(MâÂź DE SĂVIGNĂ.)
Madame se trouve-t-elle incommodée? Zest! en
deux pas te voilĂ chez elle. Monsieur a-t-il besoin de
moi? crac! en trois sauts je suis dans sa chambre.
(Beaumarchais.)
OĂč Ă©tais-tĂč donc?
aah!
Monsieur,* jâĂ©tais ah,' ah,
(Beaumarchais.) .
Et chi, et cha, Tun mâĂ©ternuĂš au nez, lâautre teây
Mille. {id.)
Ils passaient au travers dé' Nantérfé, trù, tfa,
ira! ilsfencontrĂ©fit ĂŒn homme Ă cheval, gdrĂ©, gdre!
(MŸŸ DE Sévigné.*)
Jâai entendu pouf! câĂ©taiĂ© un matelas.
(ĂĂ©marĂ©.}
Pùtif! ii feut Vùtoraër, vous à mon gré,
La prĂ©sence dâesprit au suprĂȘme degrĂ©.
(Reçnard.)
Le mĂąle de la caille fait ouan, ouan, ouan, ouan;
la femelle a un petit son trembtent, cri,' cri.
(Buffon.)
Dansles articles précédents nous avons examiné les différentes sortes dëxpressions qui
composent le style interjectif; les unes, interjections pures, nesont que des signes de senÂŹ
sations ; les autres, noms, adjectifs, verbes ou adverbes, sont Ă la fois des signes de senÂŹ
sations et dâidĂ©es. Il existe une autre classe dĂ«xpressions. que les grammairiens ont
rangées, mais avec bien peu de discernement, au nombre des interjections, ce sont les ono-
matopĂ©es non passĂ©es Ă lâĂ©tat de mot, les mimologismes ou imitations du langage de quelÂŹ
quën, enfin certains cris ou effets vocaux. 11 suffßt de réfléchir un instantpour reconnaßtre
combien ces expressions diffĂšrent des interjections ; ce ne sont pas des signes de sensaÂŹ
tions.
Ea, ha, est plus éclatant que hi, hi; mais on trouve aussi hé héi.. pour signe graphique
du rire.
(1) Il ne faut que consulter nos anciennes chroniques pour se convaincre que parbleu, corbleu, morbleu,
sont des altérations et des contractions de par Dieu, par le corps 'de Dieu, par la mort de Dieu.
Nâarez de mol, par le cors DĂ©,
Fors cote et sercot de cordé.
(Roman de la Rose.)
Par ma foy, Domine, si vous voulez soupper
avecques moy, par le corps Dieu; cor Dieu, dit le
maistre dâhostel. (RaiĂźelais.)
Il en est de mĂȘme de tubleu, vertubleu, tĂȘtebleu, maugrebleu, palsamhleu, etc., qui se sont formĂ©s de
par la vertu de Dieu, par la tĂȘte de Dieu, par le mauvais grĂ© de Dieu, par le sang de Dieu, etc.
Ce qui prouve que cĂ«st bien lĂ lâorigine de tous ces jurements, cĂ«st qĂŒon lit dans le glossaire de la
langue romane par Roquefort que corbieu, cordieu sont une syncope de par le corps de Dieu.
. 864 )
Ta, ta, ta, ta est un mimologisme ou une imitation de la vitesse déplacée de Tavocat
dont on parle ici.
Zest peint la légÚreté de laëourse, crac le bruit de quelque chose, qui cÚde avec effort,
qui cragwc enfin. Ce monosyllabe est pris au figuré dans les vers suivants: '
Le brusque philosophe en ses sombres humeurs
Vainement contre nous élÚve sesxlameurs.
Une belle paraĂźt, lui sourit et l'agace,
Crac ! au premier assaut elle emporte la place. .
(Destouches.)
Ăh, ah, aah! sont articulĂ©s par une personne qui bĂąille.
Et chi, et cha, peinture graphique de Téternuement.
Tra, tra, tra, imitation du bruit de la course.
Pouf reprĂ©sente ie bruit que fait la chute dâun corps mou. Dans les vers de Regnard,
ce monosyllabe fait entendre que celui Ă qui lâon sâadresse a fait une balourdise, une c4w/e
morale.
Enfin, ouan, ouan, est, comme le dit Buffon, le cri imitatif du mĂąle de la caille, et cri,
cri celui de la femelle.
Nous bornerons lĂ ces citations; nous terminerons en.disant que dans nos meilleurs
chansonniers, DĂ©ranger, DĂ©saugiers, de Piis, etc.,'on trouvera une foĂŒle dâimitations de
certains bruits: lés/Ionfondes violons, les pan pan des bouchons, le tic toc das brocs et
le drelin^din-din des verres, etc^yetc
FIN.
t.
TABLE ALPHABĂTIQUE DES MATIĂRES.
A (Il n'y), suivi du subjonctif. 656
â A,*Nombre des substantifs aprĂšs cette prĂ©posiÂŹ
tion 143
Abattu, participe 687
Absolument 1^
Absoudre 553
A CAUSE QUE 836
Acception 14
Accord U
Accordé, participe ⹠893
Acheté, participe.700
Acquis, participe <' 700
Activement 14
Adhérant, Adhérent 877
A MOINS QUE, suivi du subjonctif 641
ADJECTIFS (Origine des) 18
â Leur nature 187
â Leur dĂ©finition 187
â Qualificatifs. 187-188
â DĂ©terminatifs 187
â Verbaux : 188-668
â Pris substantivement 95
â Leur genre..^. â 189
â Leur nombre 189
⹠Formation de leur féminin 190
â De. toute terminaison 190
âą â TerminĂ©s en e muet 191
â TerminĂ©s en x âą * âą
â TerminĂ©s par /. '. 193
â TerminĂ©s en eur 194
â TerminĂ©s en el, en, et , ou: 196
â Dont le masculin a deux formes 197
â TerminĂ©s par un c 198
â Dont le fĂ©minin est irrĂ©gulier.. 199
â Exprimant des qualitĂ©s attribuĂ©es aux
bommes............... 200
â Formation de leur p/wrlcl 200
â En a/. 203
â Leur syntaxe 205
â Accord avec un substantif 205
â Accord avec plusieurs substantifs 206
â Accord avec plusieurs substantifs de difÂŹ
férent genre 206
â Avec deux substantifs liĂ©s ou non liĂ©s
par et 207
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs et ne se
rapportant qĂŒau dernier 208
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs liĂ©s par
ou........: 209
â ParticularitĂ©s qui leur sont relatives.... 209
â Leur accord avec le substantif qui prĂ©- '
cÚde ou suit la préposition de 211
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de plusieurs substantifs.liĂ©s par
ainsi que, comme, avec, etc 212
â Feu, nu, demi,, exceptĂ©, passĂ©, vu, y â
compris, ci-joint, ci-inclus, franc de
port, etc ^13, 214
â Proche et posĂżibĂźe 216
â Violette, pourpre, vert-dorĂ©, cendrĂ©,
aurore, marron, carmin, etc 217
â ComposĂ©s, blevh-cĂźair, chĂątain-clair, etc. 217
â Nouveau-nĂ©s, demi-morts, etc : 218
â En rapport avec le mot^air.'. 220
â Pris adverbialement.,. 222
â En rapport avec un substantif non exÂŹ
primé : ENDORMI sur le trÎne, ie poids
de sa couronne, etc 223
â Beau, belle, bonne, avoir beau, l'Ă©chapÂŹ
per belle, etc. 224
âą â Place des adjectifs aprĂšs le substantif.. 226
â Leur rĂ©gimeâ 228
â Suivis de la prĂ©position d 228
â Suivis de la prĂ©position de. 229
'â Suivis de diffĂ©rentes prĂ©positions 230
â Construits avec il est 230
â Demandant aprĂšs eux des prĂ©positions
'différentes 231
â Ayant quĂšlque ressemblance, mais dont
la signification diffĂšre 231
â Convenant les uns aux personnes, les auÂŹ
tres aux choses 232
â Leurs modifications pour exprimer les diÂŹ
vers degrés de signification 233
â EmployĂ©s dans les comparaisons d'Ă©galitĂ©. 234
â EmployĂ©s dans les comparaisons de suÂŹ
périorité , 234
â Exprimant par eux-mĂȘmes une idĂ©e de
supĂ©rioritĂ© ou dâinfĂ©rioritĂ© 235
â Formation des superlatifs 236
âą â ManiĂšre dâĂ©noncer le superlatif relatif., 237
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de le plus, le moins, le miaux,
ou de les plus, les moins, lesmieux,etc. 238
â Susceptibles ou non susceptibles de comÂŹ
paraison 239
ADJECTIFS DĂTERJUNATIFS 240
â Leur nature, leur dĂ©finition 240
â Leur emploi et Jeur syntaxe 245
ADJECTIFS DĂMONSTRATIFS 241
â Leur genre ct leur nombre 245
â Ce suivi de ci ou de ZĂ 246
â Ce suivi de plusieurs substantifs 247
ADJFXTIFS POSSESSIFS 242
â Genre, nombre, placĂ© ; 261
â Avec plusieurs substantifs liĂ©s par ef,OM, 265
â Avec plusieurs adject. liĂ©s par ef, ou. 266, 267
â Emploi de leur, notre, votre. 267
âr Leur adjectif, et leur pronom 268
â Jlfon, fon, son, suivis de que ou de qui. 268
â Emploi de l'article ou de Tadjectif posÂŹ
sessif 269
â' Jâai mal Ă ma tĂȘte. 269
â Emploi de son, sa, ses, ou de en 270
â Emploi de mon, ton, son, ou de mien,
tien, sien, précédés de en ^ 271
â Le mien, le tien, le sien, etc., comparĂ©s
avec mien, tien, sien, etc 272
ADJĂCTIFS NUMĂRAUX 243
109
>
» J* :
V - (866
/ * ' Ă« - ^ ^
CĂąrdjnaux 243
â Ordinaux i... 243
â Leur orthographe 248
â/Vingt et cent.,', 24Q
Mille : 250
Mil ei mille 251
â Douzaine, millier, million 251
â Cardinaux, leur emploi 252
rrx 'Ttrtg/et«n,vtngt-wn, etc 253
â ĂŒn rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 254, 255, 256
âSuppression de wn, une dans les exprĂšs r
sions proverbiales 257
â; LĂŒn de eiun de\ 258, 259, 260
f
ADJECTIFS INDĂFINIS 244
â Tout, genre et nombre 272
â Tout, en rapport avec un pronom 273
Tout, signifiant totalement 274
â Tout autre,. 276
â Tout adverbe et tout adjectif 277
Tout dans le sens de chaque.: 278
â= Tout en rapport avec un nom prĂ©cĂ©dem-
m en t ex primé. 280
-3 Tout pris substantivement 280
â Tout devant plusieurs substantifs ou adÂŹ
jectifs! 281
â devant un nom de ville. 282
â Tous deux, tous les deux, etc :. 282
â Plusieurs 284
â Chaque 285
â Chaque et chacun.". 286
Chaque employé pour chacun 286
Nul, genre et nombré..* 287
^â Nul, ]^acĂ© aprĂšs le substantif 288
-r: Aucun, genre et nombre 289
â Aucun, placĂ© aprĂšs le substantif 290
â Maint .* 291
â Certain, genre, nombre et emploi 291
âI Certain, prĂ©cĂ©dĂ© ou non prĂ©cĂ©dĂ© de «n. 292
â Tel, genre et nombre 293
â Quel, genre et nombre 293
â Quel, non suivi immĂ©diatement dĂ«n sufo
stantif 294
â Tel et quel comparĂ©s 294
â Quel employĂ© sans substantif. 295
â Quel suivi de plusieurs noms 296
â Quel, fonctiop de ce mçt..' 296
â Quel que, genre et nombre 297
-rt Quel que suivi dé plusieurs noms. 297
-7^ Tel que soit et quel que soit 298
â Tel que, dans le*s comparaisons. 300
Quelque, genre et nombre. 301
â QuĂ©lque suivi dĂ«n adjectif. 302
â. Quelque devant un adverbe.. ! 303
Quelque, signifiant environ 303
-T. Quelconque, genre et nombre... ..... 304
â Pas un ! 304
â MĂȘme, genre et nombre.............. 305
â MĂ©neie joint Ă un nom 305
â- Nous-mĂ©mĂš, vous-mĂȘme.............. 306
âL MĂȘme en rapport avec un nom prĂ©cĂ©dera-,
' âment exprimĂ©........... !..., 307
employé adverbialement 307
â MĂȘme placĂ© devant ou aprĂšs un adjectif
ou.un participe..... 308
MĂȘme, variable ou invariable aprĂšs un
substantif, 309
â âŹeux mĂȘme, ceux-mĂȘmes, etc 310
â Autre, genre, nombre ot emploi 310
) . â
â AuJS^ rĂ©pĂ©tĂ©. 311
Adjectivement ; 14
Adopté, participe 702
ADYLRBES 7i0
â Leur origine 20
â Leur nature, leur dĂ©finition. 710
â Leurs subdivisions 711
â De temps .*.... 711
â De Ijeu 712
â D ordre et de rang 712
â De quantitĂ© et de comparai^qn713
De maniÚre et de qualité.. 714
â Dâaffirmation, de nĂ©gatioR et dĂ©boute.. 714
â Dâinterrogation 713
â Tableau gĂ©nĂ©ral des adverbes,715
â Formation des adverbes en ment..!... 717
â En ment qui ont un rĂ©giine............ 718
^ â DegrĂ©s de signification dans les adverbes
en ment * âą âą 719
â Syntaxe des adverbes 719
»â Aujourdâhui 719
Jusquâaujourd'hui, jusques Ă ĂątĂżowr-
d'hui 720
â Alentour comparĂ© avec autour !.. 721
^ Auparavant comparé avec quant 721
â AwssC non plus , 722
Comme, comment 723
â: Dessus, dessous, dedans, dehors, compa-
,. rés avec sur, sous, dans, hors 723
â Beaucoup, hien 725
â Bien et trĂšs 726
-r- De loin Ă loin, de loin en loin 726
â Au moins, du moins 727
â Peut-ĂȘtre avec le verbe pouvoir 727
PlutĂŽt; plus tĂŽt 729
â Pourtant, cependant, nĂ©anmoins, touteÂŹ
fois 730
-T Quand et quant. 730
-TT Au reste, du reste ' 731
â De suite, tout de suite. 732
â Tout-Ă -coup, tout dĂŒn coup 733
â Ici, lĂ 733
â Ln, nature de ce mot 734
â' Je mâen vais, je vais âą âą 734
â Gallicismes produits par en.. 735
âJe nâirai pas, je nây irai pas. 735
â Expressions nĂ©gatives, leur emploi 736
â DiffĂ©rence entre non et ne 736
â Pas et point '. 737
â Emploi ou suppression de j?a# o\x point. 737
â Place de pas et de point. 741
â Emploi de la nĂ©gative aprĂšs certains verÂŹ
bes.' ' 742
â Place des adverbes 753
â EmployĂ©s dans les comparaisons 754
Adverbial 14
Adverbialement.
âą â (Adjectifspris),. 222
Adverbialité.
Adversatif 1J
AffĂąibli. 686
Affluant, Affluent . .. 677
Afin que, suivi du subjonctif.
Agaçants (s*) 673
Agissantes ! 675
Ah! ha..!.., 848
AhĂź! ^
Aide , son genre..# 77, 79
1 * L
( 867 )
AĂŻe! r * ^
AĂŻeuls , AĂŻeux. ; ; âą 54
Aigle, son genre 42, 60
Ainsi que (nombre des adjectifs et des verbes"
aprĂšs),... 212, 571
Air (genre des adjectifs aprĂšs).^ 220
Alentour et Autour. 721
Allumé. t. 689
Amassé 690
Amateur 92
ĂM ATRiCE «. 93
Ambitionné* 699
Amour « 11, 42, 61
Analogie 14
Ange,son genre*»* 48, 81
Angesse 48
Annoncé « 692
Antécédent 14
Antérieurement a .......... 718
AphérÚse.'. 14
Apocope 14
Appartenant 676
Appelé 702
Apposition 14
Appréhender, emploi de la négative aprÚs ce
verbe....; *. 742
Apprentie. 93
Appris, suivi d*un infinitif 707
Approchant : ' 676
Appui * âąâą 14
Armé . 687
Arraché 700
ArrĂȘter, suivi de Vindicatif ou du subjonctif. 645
Art (quĂ«st-ce qĂŒun) 22
ĂBTICLE 156
âąr- EaĂźt-il connaitre le genre dâun nom 42
Sa nature, sa définition 156
â Genre et nombre 161
â Joint aux prĂ©positions Ă , de ; 162
ââ Place et Ă©lision 163
Syntaxe , 165
-T Emploi de du,, des, de V, ou simplement
de la préposition de 165
~ Emploi de au ou simplement de d. .'i... 166'
, -r- Emploi de lâarticle dans les phrases affirÂŹ
matives ou négatives. 167
â Emploi de lâarticle devant un nom suivi
d un adjectif. ... 168,169, 170
â Emploi de lâarticle devant les noms de
contrées, de royaumes, de provinces.. 172
-r- Emploi de Varticle aprĂšs les adverbes de
quantité 173
â De la rĂ©pĂ©tition,de Varticle devant pluÂŹ
sieurs substantifs liés par et. 174
â KĂ©pĂ©tition de Varticle dans les dates.... 176
râ RĂ©pĂ©tition de Varticle avec deux noms
unis par ow 177
â RĂ©pĂ©tition de lâarticle avecdeux adjectifs
liés par cf. . 177, 179
p Répétition de Varticle avec deux adjectifs
liés par ou 180
â Emploi de Varticle dans les superlatifs.. 181
⻠Emploi dé Varticle aprÚs les prépositions, 182
â, Emploide Varticle avec les noms propres. 182
Suppression ' de Varticle dans certaines
phrases proverbiales 183
â Suppression de Varticle devant les rĂ©gimes ^
de certains verbes. 185
â Entendre raillerie, entendre la raillerie, 186
â Observations particuliĂšres sur lĂ«mploi
de Varticle.... 186
Aspirants 674
Aspiration 14
Aspirer.. 14
A,ssbmblé. 700
Attaché.... ..i..... 688
Attendre, suivi de Vindicatif ou du subjoncÂŹ
tif 646
Attendu, quand invariable 709
Attiré 690
Attribut (de V) V.. 23
Au CAS QUE 838
Au CAS QUE, veut le subjonctif..: 641
Aucun, adjectif. 289
â Pronom 481
Aucun, suivi de la négation * 738
Au-dedans........ 724
Au-dehors....:..... 724
Au-dessous 'âą 724
Au-dessus 724
AuiouRDâaui 7lĂ
Au MOINS et Du MOINS :.,, 727
Aune 71, SO
Auparavant et Avant r âą ? ? âą âą âą 721
Au RESTE et Du reste 731
Aurore, adjectif. 217
Aussi et ?Ăźon plus 722
Aussi, emploi vicieux 722
Auteur, sans féminin. 92
Auteur (spirituelle)...,, 93
Automne, son genre. 42.65
Autour et Alentour. 721
Autre .* 310
Avançant (sâ) 673
Avant de et Avant que de 845
Avant et Auparavant 721
Avant que; veut le subjonctif.. 641
Avec, nombre du substantif aprĂšs ce mot.... 152
Avoir peur, suivi de la négation. r.
Atb ! AhiI
742
848
B
Bachelier..... 45
Bahà étymologie curieuse 5
Bailli, son féminin 46
Banni..* 687
^Barbb 77
Barde 77
Beau (avoir) 13, 224
Beaucoup et Bien. 725
Beaucoup, nombre du substantif aprĂšs ce mot. 130
Beccard, genre de ce mot 37
Belle (l'échapper). 224
Bien et Beaucoup 725
Bien et TrĂšs 726
Bien que ; 838
Bien que, suivi du subjonctif « 641
Bleu-clair « 217
Bondissants .* : 674
Bonne (la donner) 224
Borgnbsse 48
Borné. 1 687
Botaniste, son féminin 93
Bouger, suivi delà négation 739
Braire..: : 553
Brillants 673
( 868 )
Brisé ?
Bruire
Brûlant
BĂŒ.^
\
C
Caché
Car, parce que
Cardinaux (adjectifs)
Carmin, adjectif.
Carré :
Causé
Cause que (Ă )
Ce, cette, CBS (syntaxe de)
Ce nâest, pas que , suivi du subjonclff ou de
Tindicatif
Cent, sa syntaxe !
Centauresse
Cependant, Pourtant, IJßéanmoins, Toute
fois
Certain.;
Certain (un). ..'
Cesser, suivi de la négation
Chacun et chaque
Chamelle
Changé
Changeants '. 674,
Chaque et Chacun
Chasseresse, Chasseuse
Chatain-clair
Cherché..:
Chose (quelque), son genre
Ciel, son pluriel
CiKCONCiitE.. : :
Circulantes
Coche,'son genre
CoĂŻncidant, CoĂŻncident
Collectifs (noms), leur définition
â Nombre des substantifs aprĂšs un nom colÂŹ
lectif
^â Emploi de Tarticle aprĂšs les noms collecÂŹ
tifs
Commander , suivi du subjonctif ou de TindiÂŹ
catif r
Comme
Comme et Comment
COMĂIISB ...'
Compagnon, son féminin
Comparaison
â DâĂ©galitĂ©.
â DâinfĂ©rioritĂ©
â De supĂ©rioritĂ©.
Comparatifs
Complétip
Compris (y)
Complément :....
ComptĂ©, suivi dâun verbe
CONDAMNEE..
Conduits i.....
Confire
Conjonctif
CONJONCTIONS, leur origine
â Leur nature, leuir dĂ©finition
â Copulatives
â^ Alternatives
â Adversatives
â Restrictives, hypothĂ©tiques
686
553
675
699
687
834
243
217
687
703
830
245
652
249
48
730
291
292
739
286
38
693
675
286
51
217
688
67
54
553
674
77
677
32
140
173
645
817
723
689
94
14
234
234
235
233
14
215
491
708
690
690
554
14
19
815
816
816
816
817
â Tableau gĂ©nĂ©ral des conjonctions 817
â Leur place 818
â Emploi des principales conjonctions.... 821
â Et rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© 821
â Des mots liĂ©s par et 822
â Ni, rĂ©pĂ©tĂ© oU;non rĂ©pĂ©tĂ© 824
â â Ni, suivi de pas ou de point. 824
â Emploi de et oude nt 825
â Emploi de ni aprĂšs sans 825
â iVt, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre 826
â Ni, suivi de ne 827
â Ni au lieu de ef dans les phrases affirmaÂŹ
tives 827
â Ou, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ© *... 829
â Om, avec ou sans de â 829
â Mais, rĂ©pĂ©tĂ© ou non rĂ©pĂ©tĂ©.. 831
â RĂ©pĂ©tition du verbe aprĂšs mais 831
â' OĂč que tu sois 833
â Soit rĂ©pĂ©tĂ©, avec ou sans que ?... 833
â Soif, remplacĂ© par om... . 834
â Car, parce que 834
â Parce que, puisque 836
â Parce que, Ă cause que ... 836
â Pendant que, tandis que 837
â OMoigMe, bien que, encore que. 838
â En cas que, au cas que 838
â Si., 839
â Que 840
â Avant.que et que comparĂ©s >841
â Que je crois, que je pense 845
â Avant de, avant que de 845
â Gallicismes produits par Temploi de gue. 846
Connu..: ! 699
Consacré 700
Conseiller 94
Conséquemment à ⹠718
Conservé 693, 700
Consolé 686
Construction 14
Construire. 14
Consulté 699, 700
Contester, suivi de la négation. 744
Contraint, suivi dën infinitif 707
Contre, nombre du substantif aprÚs cette pré
position â : 152
Contredire 554
Convenablement Ă 718
Craindre, suivi de la négation 742
CrĂȘpe, genre de ce mot ^ 77, 81
Crié 693
Critique, genre 79
CroĂźtre 554
Croupi.. 696
Cru, suivi dâun verbe 708
Crue 690
Crus 691
Coulés 690
Couple, son genre 42, 68
Courant 675
Courants 674
Couronné 700
Courus .' 689, 696
Coursier.; 37
Coûté 697
Coûtés. 695
Couvertes 690
D
DaignĂ©, suivi dâun infinitif â 707
Daine, sa prononciation 36
Dangereux {il est), suivi de la négation..... 742
Dans et Dedans . 723
De... Ă , de... en, nombre du substantif aprĂšs
ces prépositions 141, 147
Débuté 690
^Décider, suivi du subjonctif ou de VindicatiL 64o
De crainte que. suivi du subjonctif 641
Dedans et Dansâ 723
Dedans (au) 724
De dessous .' 724
De dessus 724
Dédire 554
Dehors (au) 724
Dehors et Hors 723
Délice, genre de ce mot 69
De loin en loin, De loin a loin 726
Demi ' 214
Demi-mort 218
Démonstratifs (adjectifs) 241
Dénominations grammaticales (des)...... 20
Dépeinte 692
Dépendant... 676
De peur que, suivi du subjonctif 641
Dériver. 14
Descendant 676
Désespérer, suivi de la négation 744
Désinence 14
Désolé ; 686
Dessous (au) 724
Dessous (de) 724
De suite, Tout de suite 732
Dessus (de) 724
Dessus (au)...' 724
Dessus et Dessous 723
Destiné 687
DĂ©terminatif ..... â 14
Déterminer 14
Déterminatifs (adjectifs).... 240
Détruit 686
Détruites 690
Devin, DevinkĂŒse, Devineresse.. 51
Dicté 688
Différant, Différent... 677
Différemment 718
Dirait que (on), suivi du subjonctif ou dĂš lâinÂŹ
dicatif 651
Direct 14
Discours (du) 24
Disconvenir, suivi de la négation 744
Disjonctif 14
Disposé 686
Dissyllabe 14
Distingué 688
Dit. . ; 704
Divisé 693
Divisés 687
Docteur ; 92
Doctoresse 93
Donné 693-699
â Suivi dâun infinitif 707
Donnés 690-692
Données ⹠605
Dormi 696
Douter, suivi du subjonctif ou de lâindicatif. 646
Douter, suivi dâune nĂ©gation 744
( 869 )
Douteux 14
Douzaine 251
DrĂŽlesse... , 48
Du reste et Au reste 731
DĂ», variable ou invariable : 708
Duré. .. i 696
E
Echappé '686 692
, Echappé belle 692
Echo 77-80
Eclore 554
Eclose ; *. 686
Egayant 673
Egorgé 699
Eh 1 HĂ! 848
Eléments du langage (origine des)........ 18
â Du discours . .' 24
Ellipti(}ĂŒement. 15
Elliptique *... 15
Elider 14
Ellipse.. 15
Elu ... 702
Emoussé 687
EmpĂȘchĂ©, suivi dâun infinitif. 707
En, pronom........]............... 7
En, adverbe. Gallicismes produits par ce mot. 735
En attendant..'; 683
â Sâexprimant 683
En cas que. 838
En CAS que, suivi du subjonctif 641
En cendres 151
En couches. . 151
En, suivi dâun participe prĂȘtent 681-683
Encore que... : : 838
Encore que, sĂŒivi du subjonctif 641
Enduré...i..691
Enseigne, genre de ce mot. 77-79
Entendre, suivi du subjonctif et de lâindicaÂŹ
tif 646-707
Entendre raillerie, entendre la raillerie..... 186
Entendu. 704
Entrâaccordants (sâ). 673
EntremĂȘlĂ© 687
Envoyé 704
Epargnés 690
EpitbĂšte *. 15
Epuisé 699
Equivalant 677
Equivalent 677
Equivoque causée par le participe présent... 681
Erigés. 690
Errante. 675
Errants 673
Espace,...' 77-80
EssuĂŻĂ '.. 689-690
Est 697-700
â suivi d'un infinitif. 707
Est-il possible? suivi du subjonctif ou de
lâindicatif 649
Et, son emploi 821
Etant (en) 681
Eté, toujours invariable. 709
Euh! Heu! 848
Exaucé 690-703
Excédant, Excédent 677
Excellant, Excellent â ; 677
Excepté , quand invariable 214, 709
( 870 )
. ĂXCLCSIVBMENT A * 718
Exemple, genre de ce mot 77-8i
Exiger, suivi du subjonctif ou de Tindicatif... 045
Expédiant. 677
Expédient. 677
Extension, 16
Extrait. . . , 699
ExtravagĂŒant . 677
Extravagant 677
Fabricant ;.. .* ;.077
Fabriquant. , 677
Fait 688-703
â Suivi dâun infinitif, 700, 707
Fallu 697
Fatigant, 677
Fatiguant. 677
Fatigué. ⹠, . .. 686
Faut (il). ;... 6
Fautes de français.* .* 5
Féminin des substantifs, leur formation 45.
â Des adjectifs, leur formation. 190
Feuilles de , nombre des substantifs aprĂšs cette
expression. * 135
Fil 818
Figuré 15
Figurément., . . . ; : 15
Final. . * . . * . 15
Fini . 15
Flétri.,.. 686
Fleuri. ' 686
Feu, adjectif. 213
Foin l: âą .,848
Forcé : 690
â Suivi dâun infinitif. 707
ForĂȘt, genre de ce mot 77-
Formation 15
Formation du féminin' dans les substantifs.... 45
â Dans les adjectifs , 190
Forme. . 15
Formé 700
Foudre , genre de ce mot 71
Foulé 700
Fourbe, genre de ce mot 77-79
Franc de port.. .1.. .215
Frire 554
Fumant. .' '. . 674, 675
Fumé. . ..... ..... .... a*......69Q
Fusseâ (je), son emploi aprĂšs un prĂ©sent ou un
futur. 664
Gagné 690
Gallicisme jproduit par en\ adverbe 735
Garanti 700
Garde, son genre 77-79
Garde-sacs 11
Gémi.
Gémissant. 674, 675
Général. ⹠⹠⹠92
Genre (du) dans les noms âą. 34
â Est-il arbitraire? 35
ââ Des noms dâĂ©lres inanimĂ©s 4o
â Son rapport entre un nom et la penséé.. 41
â Neutre 6
Gens, genre de cé mot. 72
GéouÚtrb 92
Gestes (des) 25
Givre, son genre ,80
GouvernĂ©.â. ÂŁ 687
Grammaire en FUance (de la) 5
âą âSa dĂ©finition 21
â Son Ă©tymologie. 21
ââą Est-elle une science ou un art? 22
â GĂ©nĂ©rale ; 21
â ParticuliĂšre 21
â Importance de son Ă©tude 21
Graveur 92
Greffe, son genre ^-80
Grondant 674
GuÚre, suivi de la'négation 738
Guide, son genre 78
H
HaIahI 848
Haquenée 37
HĂ I eq! : 848
Hélas ! ; 848
Héliotrope j genre de ce mol 78-80
Hol oh!. 848
Hola! 848
Homme de lettres 94
Homonyme \ 13
Homonymie.... 13
Hors et Dehors ... ; 723
HĂŒissiĂšrb. , 93
Hum! Hom! 848
Hymne 78-82
Ici et La 733
Idiotisme ^ 13
Ignoré !,.! 700
Il : 327
Il nây a que, suivi du subjonctif ou de lâindiÂŹ
catif 636
Il n'est que, mode 'du verbe aprĂšis cette exÂŹ
pression. ..... ; 636
Immolé , 693-700
Imparfait.... ;.. * ;
Imparfait du subjonctif, son emploi CG4
Impersonnel 13
Impersonnellement 13
Inclus (ci). 215
Indéfini 13
Indéfinis (adjectifs] 244
Indéfiniment : ; 13
Indépendamment .............. : 718
Indicatif '
Concordance de ses temps 663
â AprĂšs tl n*y a que ; * 636
â AprĂšs il ĂŒest que ; 636
â AprĂšs ce nâest pas que 632
â AprĂšs sât7 est vrat gwe â 632
â AprĂšs on dirait que 631
â AprĂšs est-il possible ? ;.. 649
â AprĂšs il semble 649
â AprĂšs qui, que, dont, oĂč 637
Infinitif, employé substantivement,.. ;.. i. ; 660
â EmployĂ© comme sujet et comme rĂ©gime. 639
â Emploi Ă©quivoque. 662
â EmployĂ© de prĂ©fĂ©rence Ă tout autre mode* 661
â En rapport soit avec le sujet, soit avec le
â rĂ©gime 6^2
( 871 )
ĂNFiiaTiPS (plusieurs) de suite, lĂšur emploi... 661
Inflexion ; 15
Inspiré 692
Instituteur 94
.INTERJECTIONS, leur origine 19
â Leur nature, leur dĂ©finition. 847
ââą Leurs subdivisions 848
â D'admiration, d'Ă©tonnement 848
â De douleur, dâaffliction ; 848
â De dĂ©rision, de dĂ©fiance, d'ironie 848
â Dâaversion, de mĂ©pris 848
â Pour appeler, questionner^ sonder 849
â Pour imposer silence 849
â Tableau gĂ©nĂ©ral des interjections 849
â Leur syntaxe. 850
Interdire 554
Interligne.. 80
Interrogant 15
Interrogatif â 15
Interrogation. . 15
Intrigant. : 677
Intriguant 677
Invariables (des mots). 15-26
Inversion." V 15
Jamais, suivi de la négation 738
Jaunissant..:. i 675
Jeté 690
Jeu DE; nombre du substantif aprĂšs cette exÂŹ
pression 135
Joint (ci). ; 215
Jouant (se) 673
Jugement (du)...... 23
Jujube, genre de ce mol.. 78
Jurée.. : 692
Jusquâaujourdâhui 720
Jusques a aujourdâhui 720
Jusquâa aujourdâhui 720
TĂŒsqubs aujourdâhui 720
Xa et Ici. -. 733
Laissé 691-700
^ Suivi dâuri infinitif...... ; 705, 706
Langage (origine et progrĂšs du) 17
Langue (vicissitudes de la). . 5, 227
Laque, son genre 80
Leur 242
Liaison. - 15
Livre; son genre 78, 80
Loin (de) en loin : 726
Loin que, suivi du subjonctif 641
Luire 554
M
Ma tĂȘte ou la tĂ©te (j'ai mal Ă ) ! 269
Maint 291
Mais, répété ou non répété 831
â RĂ©pĂ©tition du verbe aprĂšs mats 831
MaItre, son fĂ©minin. â 94
Manche, son genre 78-80
Manoeuvre , son genre ' 78, 79
Marche. 693
Marron , adjectif . 217
Maudire ; 554
Médire .... : 554
Meilleur (le), suivi du subjonctif ou de lâindiÂŹ
catif 655
MĂȘlĂ© ; ,699-700
MĂȘme 305
' Mémoire, son genre ; 78-80
Métis, son féminin 45
Mien, tien, sien, etZeTntén, lé tien, lÚ,sién,, 272
Mil et mille 251
Mille 250
Millier 251
Million.... 251
Mis 700
Mode, son genre 78-80
Modes des verbes, leur concordance.. i..,. 663
^loDES (des)495
Mode indicatif. 497
Conditionnel, etc...............j..... 499
Moindre (le), suivi du subjonctif ou de lâindiÂŹ
catif i 655
Moins (au) et Du moins âą,â âąâą âą 727,
Moins de, nombre du substantif aprĂšs cettĂš exÂŹ
pression 130
MĂŽle, son genre ^0
Mon, TON, SON............. 271
Montré ;. 703
Mots (des).... 25
â Leurs diffĂ©rentes classĂ©s 26
â Variables 26
â invariables ....... 26
Mots empruntés aux langues étrangÚres, leur
orthographe 98
Moule, son genre 78-80
Mousse, genre de ce mot 78
Mulet, a-tril un féminin ?.. 34
N â
Nasalement : 15
Nasalité 15
Ne, emploi ^^. 741
Ne et Non, leur différence 736
Ne... Que. 740
NĂ .686
Néanmoins, Pourtant, Cependant 730
Négatif 15
^Négativement.... 15
Négatives (expressions), leur emploi 736-742
Négligeant ; 677
Négligent 677
NĂ©gligĂ©, suivi dâun infinitif :,. 707
Neotbalemenx ih
Neutre (genre).,...* 6, 41
Ni, répété ou non répété 824
â. Suivi de pas ou de potnf 824
â Emploi de et ou de n» 825
â Emploi de ni aprĂšs sans 825
â Ni, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre 826
Ni suivi de ne,,, 827
.â Ni au lieu Ă e et 827
Nier, suivi de la négation 744
Nombre (du)' dans les substantifs 43
NOM. Voir Substantifs.
Non et Ne, leur différence 736
Non que, suivi du subjonctif ^ 641.
Non pas que, suivi du subjonctif 641
Non plus et aussi 722
Nonobstant que, suivi du subjonctif........641
(872)
Notre âą 242
Nourri *â âą 686, 687
Nous - 321
Nouveau-né 218
Noyé 699
Nu...â 214
Nul, adjectif 287
â Pronom 480
Nul, suivi de la négation ............. .... i38
Nullem ENT, enßploi de la négation avec ce mot.- 738
Numéraux (adjectifs) 243
O .
0! OHf HOl 848
Observations sur le génie et les vicissitudes
de la langue 3
Occupé 699
OEuvre, genre de ce mot 78-85
OKils, yeux..... 64
Office, genre de ce' mot 78-83
Oindre 334
Onomatopée 13
Opposant 673
Opprimé 687
Ordinaux (adjectifs)........ 243
Ordonner, suivi du subjonctif ou de lâindicaÂŹ
tif 643
Orge, son genre 74
Orgue, genre de ce mot 42,73
Origine et progrĂšs du langage 17
Orné de, nombre du substantif aprÚs cette ex
pression.... i 131
Orthographe des mots empruntés des langues
' étrangÚres ......... 98
Ou, son emploi 828
OĂŒ OUE,â suivi du subjonctif 641
Ou QUE tu sois 833
Ouais 848
Ouf! 848
Oui-DA !.. 848
OuĂŻ, quand invariable 709
Ouvert 694
»
»
Page, son genre 78, 79
Palme, son genre '80
Pantomime^ son genre 79
1?aquesâąâąÂ».. ...*(...... 78â86
Par, nombre du substantif aprÚs cette prépo
sition ; .... 152
ParallĂšle '! 78
Parce que 836
Parlé 693-696
Paronyme 13
PARTICIPES (origine.des).!.' ...* 20â
â Leur nature, leur dĂ©finition 667
Participes présents i 669
â Leur orthographe primitive 669
â Marquant lĂ©tat oĂŒ lâaction 670
, â EmployĂ©s sans rĂ©gime ; 671
â Suivis ou prĂ©cĂ©dĂ©s dâun rĂ©gime direct... 672
â Suivis dâun rĂ©gime indirect 673
â PrĂ©cĂ©dĂ©s ou suivis dâun complĂ©ment adÂŹ
verbial 673
â Appartenant, rĂ©sultant, approchant,
descendant, dépendant, pendant 676
697
698
â Extravagpant, extravagant, * fabriÂŹ
quant, fabricant, etc 677
â EmployĂ©s comme substantifs : 678
â EmployĂ©s comme adverbes 678
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de la prĂ©position en 678-680
â Joints par la conjonction ef 680
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de en ...... 681
â EmployĂ©s avec le pronom en 681
~ Précédés de deux sortes de e?i 682
â Leur rapport, 682
â EmployĂ©s dâune maniĂšre absolue 683
â Rapport irrĂ©gulier du gĂ©rondif 684
Participes passés 085
â Leur orthographe primitive 685
â EmployĂ©s saqs auxiliaire 686
â PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe fifre. 687
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de verbes autres que ĂȘtre et
avoir 687
â Construits avec le verbe avoir 688
â Suivis ou prĂ©cĂ©dĂ©s du sujet 69o
â Suivis immĂ©diatement dâun adjectif ou
dâun autre participe 691
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux rĂ©gimes. 692
' â PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe fifre employĂ© pour avoir 693
Coûté,., valu, pesG.. 693
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux sortes de que 696
â Construits avec^les verbes dits impersonÂŹ
nels ........
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux substantif?'joints par
plutĂŽt que, non plus que, non moins
que, etc '
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de deux substantifs unis par la
préposition de 699
Précédés du pronom en 701
â AccompagnĂ©s de en et dâun adverbe de
quantité 702
â Suivis dâun infinitif. 703, 704
â LaissĂ©, suivi dâun infinitif 703
â Fait, suivi d'un infinitif /..... 706
â Suivis dâun infinitif et prĂ©cĂ©dĂ©s de deux
régimes... 706
â Suivis dâune prĂ©position ou dâun infinitif. 707
â Suivis dâun verbe Ă tout autre mode que
lâinfinitif 708
â A la suite desquels lâinfinitif est supÂŹ
primé par ellipse. 708
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de V pronom. 709
â Qui prennent lâauxiliaireâ auot'r. 615
â- Qui prennent le verbe fifra 6i6
â Qui prennent fifre ou avoir 616
â ĂchappĂ©, convenu, avec auotr ou fifre.. 618
Partisan, son féminin 4*5
Pas. son emploi ou sa suppression... . 737-739
Passé 215, 693-699
Passivement ' 15
Pauvresse : 48
Paysan, son féminin. 45
Peintre (la) 93
Pendant... ; 676
Pendule, son genre... ! 78
PĂNiTENTiEL, pluriel dc ce mot..; 53
Pensée (de la) 23
Perdu 690-700
PĂRIODE, son genre 78-87
Permis, invariable du variable 708
Personne (de la) dans les verbes 493
Personne, suivi de la négation 738
PersuadĂ©...' â 699
PesĂ©\ 6ĂŒ5
( 873
PĂŒAUx HE, nombre du substantif aprĂšs cette exÂŹ
pression 131-135
Philosophe, son féminin 92
Phonique 15
Phrase, étymologie de ee mot 24
Phrase et proposition, leur différence 23
Place des adjectifs 226
â Des pronoms 332
â Du sujet 602
Placé 690
Plaindre (se), suivi du subjonctif et de Tindi-
catif i.... 646
Plantes (noms des), leur genre 39.
Plein de, nombre du substantit aprĂšs ce mot. 131
pLEĂŒR, employĂ© au singulier fl, 97
Pleurant .... ; 11, 674
Pleuré 696
Pleut (il). " 6
Pluriel (du) v,--. 43
Plus (non) et aussi. 722
Plus de, nombre du substantif aprĂšs cette ex-
* pression 130
Plus (le ou la) suivi du subjonctif ou de lâinÂŹ
dicatif ; 655
Plus, suivi de la négation 738
Plus (le), la plus, les plus : 238
Plusieurs, adjectif. 284
â Pronom 479
PlutĂŽt et Plus tĂŽt 729
PoÚte, son féminin 80-92
Point, sa différence avec pas 737-741
Sa place 7 41
â Sa suppression aprĂšs ne suivi de que..,. 740
Point, sa place 741
Point et Pas, leur différence 737
Point, emploi ou suppression de ce mot.. 737-739,
Point, sa suppression aprĂšs ne suivi de grue... 740
Polysyllabe * 15
Possessif 15
Possessifs (adjectifs) 242
Possible, quand invariable 216
Possible (Ă©st-il), suivi du subjonctif ou de lâinÂŹ
dicatif. : 649
Poste, son genre 79,80
Postérieurement a 718
PouahI 848
Pour , nombre du substantif aprÚs cette prépo
sition âą 152
Pour que, suivi du subjonctif 641
Pourpre .. 79-80
Pourpre, adjectif.217
Pourtant, Néanmoins, Cependant, Toute
fois, différence 730
Pourvu, suivi du subjonctif.. - 641
Pouvoir, emploi de la négation avec ce verbe.. 739
Pratiqué 700
Précédant, Précédent. . 677
Prédire ' 554
Préférablement a. 718
Préféré .... 690
Premier (le)', suivi du subjonctif et de lâindiÂŹ
catif 654
Prépositif - 15
PRĂPOSITIONS (origine des) :,. 19
â Leur nature, leur dĂ©finition 773
" â Leurs subdivisions...^ 774
â De lieu, de temps 774
â Dâordre, dâunion. 775
)
â De sĂ©paration, dâopposition 776
â Tableau gĂ©nĂ©ral ; 776
â Leur syntaxe 777
â Leur rĂ©gime 777
â Leur emploi Ă la place dâautres prĂ©posiÂŹ
tions 783
â Observations sur lâemploi de plusieurs
prĂ©positions â 789
\â DiffĂ©rence entre dans et en. 789
â Dans et Ă compa rĂ©s ! 790
â En et dans avec des noms dĂ©terminĂ©s... 790
â AuprĂšs de, au prix de 791
â PrĂšs de» prĂȘt à » prĂȘt de 792
â AuprĂšs de, prĂšs de 793
â AprĂšs» dâaprĂšs 794
â Avant, devant 794
â Entre, parmi 795
â Vers, devers 796
â A peine, avec peine 796
â Durant, pendant, 797
â Jusque, Jusques 798
â A travers, au travers '. 798
â Envers, vis-Ă -vis 799
â Voici, voilĂ 800
â Sept Ă huit, sept ou huit. 801
â Cent hommes de tuĂ©s, cent hommes tues. 802
â St jâĂ©tais de vous 803
â On dirait un fou, on dirait dâun fou,,, 804
â Cest que avec de 804
â Sauf, exceptĂ© .* 805
â Hors, hormis 806
â Stir tout, surtout 807
â Par ce que, parce que 807
â Pour et quant Ă 808
â Pour, afin de 808
â RenommĂ© par, pour 809
â Par terre, Ă terre , 809
â En, Ă la campagne 7 810
â MalgrĂ© et malgrĂ© que 810
â RĂ©pĂ©tition des prĂ©positions 811
â Leur place 812
Présenté : 700
Présidant, Président 677
Pressants (se) âąâąâą*..*â âą *âą(âąâą*.... âąâ ...â 673
PrĂ©tendre, suivi du subjonctif et de lâindicatif. 646
PrĂ©tenduâąâąâą 704
PrĂ©vu, suivi dâun verbe 1 708
Primitif 15
Pris. 700
â Suivi dâun infinitif 707
Privatif 16
Proche 216
Prodigué 690
Produit 690,700
Professeur 92
Pronominalement * 16
PRONOMS (origine des) : 18
â Nature et dĂ©finition 313
-- Différentes sortes.* .' 314
â Personnels'. 315
â Genre et nombre de je, me, moi, etc.... 318
â Nous et Dows employĂ© pour jĂ© et tu.,,, 321
â Fonctions de je, me, moi 323
â Fonctions de nous "... 325*
â Fonctions de DOUS 326
â Fonctions de il, le, lui. 327
â Fonctions de ils, eux, les, leur 328
â Fonctions de elle, la, lut 329
110
Fonctions de elles; les, tour
â Fonctions de re* âą âą âą â âą* * âą âą <
â De r Ă©lision de lĂ« dansjĂ«, me, te,,se, le,
â place des pronoms personnels remplissant
^ la fonction de sujet.,,i
â Leur place dans les phrases eicĂźamatives.
" Leur place dans les phrases interjetées..
â Leur place personnelle dans les phrases
par aussi, en vain, peutĂȘtre, etc.....
â Peux-je, conrs-Je, dors-jeâ ; :..
~ Place des pronoms employés commençant
comme complémenis directs..
â Place des pronoms personnels employĂ©s
comme compléments indirects;.
â i)eux pronoms personnels ensemble....
â CombinĂ©s avec en
â-«* Construits avec g*.......... »...
Construits avec deux impératifs .
â ComplĂ©ments dĂ«n infinitif i
Leur répétition
â Moi, toi, etc., placĂ©s deyant je, iu, iĂź.,
â Je, tu, sous-entendu aprĂšs tnoi, toi, etc..
â Nous, exprimĂ© ou sous-entendu.
â Il, Ă©llĂš, ils, elles, considĂ©rĂ©s comme plĂ©oÂŹ
nasmes
â Jouant le rĂŽle de doubles sujets...
â Emploi de.tt, elle aprĂšs un participe prĂ©-
, sent. -. :
â PrĂ©tendus doubles sujets transposĂ©s* ;..
â j) employĂ© absolument .âąâą âą.âą,* 3^8
» Equivoques occasionnées par il, elle} ils,
elles, etc ^ âą âą âą âą âą âą âą
â Moi, toi, lui, considĂ©rĂ©s comme plĂ©oÂŹ
nasmes. âą
â RĂ©duplicatĂźon des complĂ©ments directs..
â RĂ©duplicatĂźon des complĂ©ments indirects.
â Le, la, Ăźes, rĂ©gimes directs, regardĂ©s
comme pléonasmes
Le, la, les en rapport avec des noms dé
terminés ou indéterminés.364
â Xe signifiant cela :..
â Emploi de to aprĂšs un verbe
â Il, elle, Ăźe, la, les, etc., se rapportant Ă
; des noms indéterminés.... *
â Emploi vicieux de to, la, les
Ellipse de to ,
â Gallicismes occasionnĂ©s par le. *
â Emploi de le, la, tos et de lui, elle, euX;
elles, sot ... *. âą. m jf
â Soi employĂ© avec des noms dĂ©terminĂ©s..
â Equivoques occasionnĂ©es par soi et par
lui.
â Soi en rapport avec un nom pluriel.. *.
â ifJot-mfime, toi-mĂŽme
â Ăn autre moi-mĂȘme, une autre moi-mĂȘme
â EmployĂ©s,par apposition.
Leur emploi avec c'est, ce sera
â^ Genre et nombre du pronom y .
â Ćž signifiant cela ;
â Construction de y.
â Place, de, y, complĂ©ment indirect dĂ«n
verbe Ă lâinfinitif.....,
â Emploi de y et dĂ© lui, d lui, d elle, d eux,
. d elles, *
â Lui, leur etc., en rapport avec des noms
de choses, 'et y en relation avec des
_ noms dĂȘ personnes :...
â Emploi de y oii de lui, elle, etc., avec des
prépositions.
(
330
331
331
874 )
332
333
334
334
333
337
338
340
341
343
344
343
347
348
331
332
333
353
356
357
339
360
361
362
363
363
363
366
367
367
368
369
369
370
372
373
373
373
374
375
376
376
377
378
\
379
379
380
381
387
387
388
389
390
â Il y va de ma vie, etc 382
â Genre et nombre'du pronom en........ 382
â En, rappelant des propositions entiĂšres.. 383
â Construction de en Ă lâImpĂ©ratif........ 384
â En avec deux verbes, dont le dernier est
Ă lâinfinitif ;.. 383
â Fonctions de en 38J)
â En comparĂ© avec de lui, d'elle. ;.. 386
â â Emploi de en ou de lui, d'eßße, etc., avec
des noms de personnes.,
â Ăn; se rapportant Ă des noms de person-
, nĂ©s,,et dedâelle, etc., Ă des noms
de choses
â' Emploi de en et de son, sa, ses
â Ăn pour les personnes, et son, sa, ses, etc-,
pour les cboses
â Ămploi de en ou de son, sa, ses, eic.,
avec le sujet dâune proposition.
â Rapport de Ă©n avec des noms dĂ©terminĂ©s.
ou indéterminés 391
> â En, ne se rapportant Ă aucun mot exprimĂ© 391
Pronoms démonstratifs 394
â Leur nature, leur dĂ©finition *. 394
â Leur genre, leur nombre et leur construcÂŹ
tion . âą 393
â CeĂŻui, cette,immĂ©diatement suivis de qui,
dâun adjectif, etc.... 396
â Ellipse de celui, celle, etc 397
â Celui, celle, etc., en rapport avec un subÂŹ
stantif pluriel ou singulier........... 398
â Celui, celle, dans les phrases comparaÂŹ
tives . 399
â Celui, celle, exprimĂ©sâou sous-entendus. 400
â Celui-ci, celui-lĂ , en rapport avec deux
substantifs*.....,..; 401
â Celui-ci, celui-lĂ , nâayant rapport quĂ« un
seul substantif,exprimé
-7 Celui-ci, celui-lĂ , nâayant rapport Ă auÂŹ
cun substantif exprimé
â Celui-ci, cette-ci, ayant rapport Ă ce qui
suit
' â Celui-ci, celuidĂ , suivis de qui ou de que. 402
â Celui-lĂ , suivi ou non suivi de qui, etc.. 403
â-Ăe, suivi ou non suivi dâun substantif.. 404
-r. Emploi de ce, dit pronom 403
â, Ceci, cela. 408
â Ce, employĂ© par Ă©nergie 417
â Ce, regardĂ© comme plĂ©onasme 417
â Ce entre deux noms 418
Ce entre un nom et un verbe. 419
â Ce aprĂšs cegwt, çe que 419
â Ce aprĂšs plusieurs infinitifs 420
Pronoms possessifs * 421
â Leur nature, leur dĂ©finition........... 421
â Xe mien, le tien, etc., pris substantiveÂŹ
ment *. 423
â EmployĂ©s avec des noms indĂ©terminĂ©s.. 424
Pronoms relatifs 424
â Leur emploi. ;.. 423
â Qui dans les Ă©numĂ©rations * -423
â Que, genre et nombre * 426
â Dont, genre et nombre 426
â Lequel, laquelle, etc 427
â .Quoi 427
â OĂŒ, dâoĂŒ, par oĂč... ;. ;... * v * * ^ " - âą -
â Qui que ce soit, quoi quĂ© ce fĂąt 428
-7 Qui, son emploi comme sujet...... 429
â Qui ou lequel avec des prĂ©positions 429
â Dont et duquel. 430
401
402
402
( 875 )
. " l>ont, rĂ©gime dâun VerbĂ© OU d'un adjectif.
â Dont, pour du fĂŻidyen duquel
â OĂč,son emploi ..i
â Dont, d'oĂč, leur emploi........... i...
â Lequel avec plusieurs substantifs.
â Emploi de qui ou lequel,
â Equivoque de qui, que, dont
â Qni, que, dont, sĂ©parĂ©s dĂ© leur antĂ©cé
dent
â Construction de qui et dĂ© qĂče
â RĂ©pĂ©tition de qui.
â iQm SUIVI de xl
â Qui ou quel, qui des deux, ou lequel des
deux: ,
â Cest Ă vous que, câĂ©st Ă vduS qui, câest Ă
vous Ăą qui
â Ce qui, ce que,
â QĂŒi est-ce qui, qĂ» est-ce qĂŒi?,\
^ Câest lĂ que,
â Que et combien,.' ;
â Au moment qĂŒe, aĂč moment oii
- â Quoique et quoi qĂŒe
â Que pour Ă quoi, de quoi,
Pronoms indéfinis
â Leur nature, leur dĂ©fĂźriitioii ;.
â On, son origine. ;
â Genre et nombre de on...............
â On en rapport avec un adjectif fĂ©minin..
â On suivi d'un substantif tiiigĂŒlier ou pluÂŹ
riel
â On, sa construction 450-
â On suivi de ne
â RĂ©pĂ©tition de on..
â Rapport de on rĂ©pĂ©tĂ©
â On en rapport avec nous, vous
â On pour je, tu, il, etc ^.
â On ou Von, leur emploi....
â On pu Von aprĂšs sC et oĂč 456-
â QuĂš Von ou qĂ»on
fck ' â Se employĂ© pour on,*
^ â Qutcongue, genre, nombre et construction
^ â Suivi dc t7 .
â ^utrwt, construction
â Son emploi comme sujet
â Autrui el les autres : i,,.
â ĂŒn autre et autrui
â Autrui en rapport avec son, sa, sĂȘs, etc..
â Personne, genre et nonibre
â En rapport avec un pronom ou un adjec-
â Sa construction
â Quelquâun, nature dĂ© ce liiot.. ;
â Pris absolument :
â EmployĂ© relativement.... ; ; ;...
â Chacun, nature de ce mot
â Genre Ă©t nombre
â EmployĂ© dans un sens relatif,
â Construction ;
â En rapport avec son, sa, ....
â Suivi de son, sa, ses ou dĂ© leur,
â Sa c/tac une
â Un chacun
â Tel suivi de qui oii de que,... ;
â EmployĂ© substantivement.
'â Tout
â Plusieurs
â Nul ;Ăź.
^ .ducun;.' ; ... .
ââ VĂŒri, rawtrĂ ; emploi, syntĂąkĂš. ;.. ;. 482
431
431
432
433
433
434
434
435
436
437
437
438
440
441
443
443
444
445
445
446
446
446
448
449
450
452
450
452
453
454
454
455
457
458
459
460
462
463
463
464
465
465,
466
467
468
468
469
470
471
472
472
473
473
474
476
476
477
478
479
479
480
481
-488
Proposé
693-702
Proposition (delĂ ) 16, 23
â Principale. 24
â Incidente. .* 24
â Primordiale 24
â SubordonnĂ©e 24-
â Pas, variable oĂč invariable 708
Prosodie . ;.. i i,. 16
Prosodique 16
Puisque ;^ ^^ . 836
Quadrille, son genre 80
Quaker, son féminin i..... 45
Quand et Quant ; 730
Que, conjonction, son'emploi 840
Que, pronom. 424
Que JE CROIS 843
Que, employé pour afin que, et suivi du sub
jonctif. w. 641
Quel .293
Quelconque, 303
Quelque 301
Quelquâun...;.;. 468
Quoique, 838
Quoique, suivi du subjonctif 641
B
Raciné des mots iÎ
Rajeuni 686i
Rampants 673
Rapport 10
Reconnu 704
Reçu â 690-703
Recueilli 700
Réduplicatif 16
Réfléchir 16
Réformés 690
Régir.: 16
RĂšgle IG
Réglisse, sÎn genre 79
Régné t.. 696
Relativement A... 718
Remarqué 699
Remords, avec dĂŒ sĂąnĂš t eu poĂ©sie. 58
Rempli de, nombre du substantif aprĂšs cette
expression 131
Renaissantes .' 675
Rencontré 700.
Rendu 690-700
Bénversé 686
Répandu ; 700-702
Réservé . 694
Résidant, Résident.. 677
RĂ©solu, suivi dâun infinitif. 707
Résoudre, suivi du subjonctif ou dc Tindica-
tif 645
Respecté.... ; 687
RestaURATRICE ; 51
Reste (au), du reste 731
Résultant .076
Résulté 697
Retentissante 675
Réuni 700
RevĂȘtu. 686
Ri 693
( 87« )
Ribn, suivi de la négation 738
Rongeants 673
Roulant : 674,675
Sa 242
Sache (je ne) : 642
â (Que je) 642
Sans, nombre du substantif aprĂšs 152
Sans que, suivi du subjonctif 64l
Satyresse 48
Sauvagesse 48
Savoir, suivi de la négation 739
Science (quĂ«st-ce quâune) 22
Semble (il), suivi du subjonctif ou de lâindicaÂŹ
tif 649
Sens 16
Sens, Sensation 23
Sentinelle, son genre 79-88
Serpentaire, son genre 80
Ses 242
Seul (le), suivi du subjonctif ou de lâindicatif. 653
Sexe, son étymologie.35
Si tant est que, demande le subjonctif 641
Singulier (du) 43
Sois (je), son emploi aprÚs un passé ou un con
ditionnel... ' 664
Soit 833
â Avec bu sans que 833
â RemplacĂ© par ou 834
Soit que, demande le subjonctif. 641
Solde, son genre 80
Somme, son genre....' 79, 80
Son, sa, ses et en comparés ' 270
Souffert > .. 690-700
Soupiré.... 690
Souris, son genre 79
SoĂŒs et Dessous. 723
SOUS-ENTBNDRK .' 16
Soutenu ; 690
Souverain 94
So ' 704
Subjonctif ;
â AprĂšs les verbes exprimant une idĂ©e de
priÚre, de désir, de commandement... 638
â AprĂšs ĂȘtre suivi dâun nom ou dâun adjecÂŹ
tif 639
â AprĂšs les verbes unipersonnels. 640
â AprĂšs quelque, quoique, etc 640
â AprĂšs afin que, a moins que, etc 641
â AprĂšs qtte employĂ©â pour afin que, etc... 641
â AprĂšs gwe dit impĂ©ratif 642
â EmployĂ© avec ellipse du que 642
âJe ne sache poinf,"gwe je sache 642
â Dans les phrases nĂ©gatives ou interrogaÂŹ
tives... '. 644
â Tableaux comparatifs des verbes et des
locutions qui, dans certains cas, récla-
' ment le subjonctif, et dans dâautres â
Vindicatif..::.... 645
â AprĂšs il suffit que .' 648
â AprĂšs est-il possible? 649
â AprĂšs il semble que 649
â AprĂšs on dirait que 651
â AprĂšs sâil est vrai que 652
â AprĂšs ce nâest pas que 652
. â AprĂšs \e seul, Vunique 653
â AprĂšs le premier, ledernier*. 654
â AprĂšs leplus, lemoindre, lemeilleur, etc.
â AprĂšs il nây a que, il nâest que:
â AprĂšs gwi, gwe, dont, oĂŒ
âąâ AprĂšs fowf, que
â AprĂšs jwsgwâĂ ce que
Substantifs (origine des)
â (DĂ©finition des)
â Communs, propres
â Collectifs
â ComposĂ©s
^ (Du genre dans les)
â DiffĂ©rents pour les mĂąles et les femelles.
â Servant Ă dĂ©signer le mĂąle et la femelle.
â DĂ©signant les ĂȘtres inanimĂ©s, leur genre.
â [Du nombre dans les)
â (Formation du fĂ©minin dans les)
Terminés par une consonne
â TerminĂ©s par une voyelle autre que l'e
muet
â TerminĂ©sâ()ar un e muet
â TerminĂ©s en e qui se changent en esse..
â TerminĂ©s par eaw, en; on, et
â TerminĂ©s par ewr
â TerminĂ©s par x..
â (Formation du pluriel dans les)
â De toutes terminaisons :.
â TerminĂ©s en ou
â TerminĂ©s en at7
â Ciel, Ćil, aĂŻeul, etc .
. â TerminĂ©s par eau, au
â TerminĂ©s par eu
â TerminĂ©s par al
â TerminĂ©s par #, x, z..
â TerminĂ©s paranf, enf
â [Syntaxe des) *
â Aigles
â Amour
. â Automne
â Chose
â Couple
â DĂ©lice
â Foudre...
â Gens
â Orge
â Orgue
â Masculins dans une acception, et fĂ©minins
dans une autre '
â Exprimant des Ă©tats, des'qualitĂ©s, qui ne
conviennent quâaux hommes...
â Qui, ayant un fĂ©minin, ne sâemploient
quëu masculin .
â GĂ©nĂ©ralement employĂ©s au singulier. *...
â Toujours employĂ©s au pluriel
â DĂ©rivĂ©s des langues Ă©trangĂšres.
â Pris matĂ©riellement
'â Propres*
â Propres, dĂ©signant plusieurs individus
dâune mĂȘme famille
â ComposĂ©s
â ComposĂ©s (liste alphabĂ©tique des)
â ComplĂ©ments dâune prĂ©posilion ou dâun
verbe..
â ComplĂ©ments de la prĂ©position de
â PrĂ©cĂ©dĂ©s des expressions plus de, moins
de, etc
â PrĂ©cĂ©dĂ©s de plein de, rempli de, ornĂ© de.
â RĂ©gimes de verbes suivis de la prĂ©posiÂŹ
tion de
â ComplĂ©ments de toute sorte de, toute es-
655
656
657
658
659
18
27
30
32
33
34
36
37
40
43
45
45
46
47
47
49
50
51
52
52
53
53
54
55
56
56
57
59
60
160
61
65
67
68
69
71
72
âą 74
75
77
92
94
95
96
97
104
106
*
108
110
124
128
129
130
131
133
{ 877 )
pĂȘcB dCf etc* 134
ComplĂ©ments des expressions tĂȘtes dĂš,
jeux de, voix de, etc ' 135
â Invariables aprĂšs de 138
â PlacĂ©s aprĂšs un nom collectif 140
â EmployĂ©s avec les prĂ©positions de, en,,, 141
, â AprĂšs la prĂ©position Ă 143-145
â EmployĂ©s avec de, Ă 147
â AprĂšs la prĂ©position en,. 148
" Cendres, couches , 151
â AprĂšs le/'prĂ©positions par, sans, avec,
pour, sur, contre 152
â ComplĂ©ments de verbes, et non dĂ©termi- .
nés : , .154
Suffit (il) que, suivi du subjonctif ou de lâinÂŹ
dicatif 648
Sujet (du) 23
Supérieurement A.. 718
Superlatif (formation du) 236
Superlatif (emploi du subjonctif ou de lâinÂŹ
dicatif aprĂšs le) 655
Supplément ', 16
Supposé 215, 704
Supposer, suivi de lâindicatif ou du subjonctif. 646
Sur (nombre des substantifs aprĂšs) 152
Sur et Dessus 723
^ Suspendu 686-690
Syllepse 16
SynalĂšphe 16
Stnchise 16
Syncope. 16
' Synonyme 16
Synonymie, 16
Syntaxe. 16
â Des adjectifs.... 205
â Des substantifs 60
â Des verbes ; 559
â Des adverbes 719
â Des pronoms 313
â Des interjections 850
â Des participes 667-685
â Des conjonctions 821
â Des articles..... 165
â Des prĂ©positions 777
T â
TachĂ©, suivi dâun infinitif 707
Tandis QUE 837
Tant de (nombre des substantifs aprĂšs) 131
Tarare! 848
Tari 699
Tel, adjectif 293
- â Pronom 477
â Un ; 478
â Que soit, quel que soit, 298
Temps des verbes 494
Tendant.., 676
Tenu 691
^Terminaison 16
TĂȘtes de (nombre des substantifs aprĂšs) 135
Tigresse 34
Tistre 534
Tombé 699
Touché : 686
Tour 79-88
Tout Ă vous, toute Ă vous 276
Tout, adjectif, sa syntaxe 272
Tout autre, toute autre. 276
Tout, adverbe 274
Tout, substantif 280
Tous deux, fous les deux, . 282
Tout, pronom., 479
To\ite espĂšce (de), nombre des substantifs
aprĂšs cette expression....'. 134
Tout a coup et Tout dâĂŒn coup 733
Tout DE SUITE et de suite 732
Tout que, suivi du subjonctif et de lâindicatif. 658
Toutefois, Néanmoins 730
Touts (des) 59
Traducteur 92
Trahi. 690
Traßné , 696
Traire 554
Traversant 673
Trembler, suivi de la négation............ 742
TrĂšs et Bien - 726
Triomphant * 675
Trompette 79.
Troncs de (nombre des substantifs aprĂšs).... 135
Trouvé 688-704
TrouvĂ©, suivi dâun infinitif 707
TĂŒ 321
Tué..: 602
Tyran 92
V
Un, répété ou non répété 254
Un de, lâun de 258
Uni. 687
Unique flâ), suivi du subjonctif ou de lâindiÂŹ
catif 653
Universel, son pluriel 54
Usant (en)...... * 681
Vague 79-89
Vaincu 693-703
Valu 695
Vaquant, Vacant 677
Variables (mots) 26
Vase
VĂCU ; âą 696
VERBES (origine des),.. 19
â (DĂ©finition desj 489
â (Du sujet du) *490
â (Du rĂ©gime du) 491
â (Du nombre et de la perteĂŻine dans les).. 492
^ (Modifications des) 494
â (Des temps des) 494
â (Des modes des) 495
â Mode indicatif..... -497
â Mode conditionnez 499
â Mode impĂ©ratif 600
â Mode subjonctif, : 600
Mode infinitif * -601
â Participes % 602
â DiffĂ©rentes espĂšces de verbes 503
â Actifs -.. âą 605
â Passifs 606
â Neutres 607
â RĂ©flĂ©chis 608
â Unipersonnels. âą âą 609
â Auxiliaires 610
â Des conjugaisons 610
â (De la formation des temps des) 530
IrrĂ©guliers.â, V.
ĂŒnipersonnnels *.
Conjugués interrogativement
(Syntaxe'des)..;. ; âą ^ âą
(Accord desj.
A vec plusieurs sujetsâUĂ©s par et
Avecplusieurs'substantifs non liés par et.
Avec plu^eurs substantifs récapitulés par
âą les mots tout, rien, personne, nul, etc.
AprÚs tout; chaque et quelque répétés..
AprÚs plusieurs substantifs liés par ni ré-
⹠pété.
AprĂšs plusieurs substantifs unis par ou,.
AprÚs *«n et Vautre, Vun ni l'autre,,,,
AprĂšs les expressions comme, ainsi que.
AprĂšs plutĂŽt que, non plus que, mais,,.
AprĂšs deux infinitifs
AprĂšs plus d'un.
AprĂšs les noms collectifs:
AprĂšs la plupart ei les adverbes dc quanÂŹ
tité 577-
AprĂšs force gens, nombre dâhommes
AprĂšs les noms collectifs partitifs
AprĂšs qui,,
AprĂšs ca
Câest, ce sont i
Câest, ce sont, suivis dâun nom pluriel...
Câest, et ce sont dans hs oppositions...
Câest, ce sont, suivis de plusieurs subsÂŹ
tantifs /
C'est, ce sont,*aprĂšs plusieurs infinitifs.
Cest nous, câest vous
C-est, suivi dâune prĂ©position
Quâest~ce que, suivi dĂ«n nom pluriel...
Câest, prĂ©cĂ©dĂ© de deux noms.;...
Si ce n'est, si ce ne sont.
Câest lĂ ce sont lĂ ..
â -Câesf suivi de qui
Vivre, importer, périr, pouvoir, et leur
nombre
- Au pluriel avec un sujet singulier...
Leur accord avec le sujet sous le rapport
de la personne
âą Ăn accord-avec un seul pronom
- Accord avec plusieurs noms de différentes
âą personnes
â Accord aprĂšs qui, prĂ©cĂ©dĂ© d'un nom perÂŹ
sonnel.. ......
AprĂšs qui, prĂ©cĂ©dĂ© dâun adjectif.
- AprĂšs qui, prĂ©cĂ©dĂ© dâun substantif
âą Place du sujet .
⹠Précédés du sujet
' Suivis du sujet
âą Place du sujet dans les phrases interroga-
âą âą tives -
> Place du sujet dans les phrases interjeÂŹ
tées
( 878 )
532 â Place du sujet aprĂšs un verbe au sub-
555 jonctif., " 604
556 â Place dĂ» sujet aprĂšs tel, ainsi,voilĂ , etc. 604
559 â,Construction, ellipse ou rĂ©pĂ©tition du
559 * sujet. 605
560 â SĂ©parĂ©s du sujet par une phrase ihci-
564 dente 605-607
â ComplĂ©ment direct, indirect 607
566 â Place duâcomplĂ©ment ou rĂ©gime... 608, 609
567 â Suivis de la prĂ©position Ă ., 611
â Suivis de la prĂ©position de,,*,, 612
568 â Suivis de Ă ĂŽu de ; 612
569 â Suivis de par ou de 613
5V0 â Avoir ou ĂȘtre avec les participes. 615
5T1 â Emploi des modes et des temps 618
573 â Le prĂ©sent employĂ© pour le/*uf«r 618
574 â Le prĂ©sent pour le passĂ© .... 620
575 â Cest moi ou ce sera mĂŽi qui parlerai,.. 621
576 â Emploi de rimpar/dit 622
. ^ Emploi du plusqtte-parfait ;. 625
âą579 â Emploi du prĂ©tĂ©rit dĂ©^ni. 626
579 â ,Emploi du prĂ©tĂ©rit indĂ©fini, 626
579 ââą Emplohdu futur 629.
581 â Emploi du conditionnel, ;... 630
584 â Emploi de VimpĂ©ratif, 635
584 Fas-y, parles~en 637
685 â Emploi du subjonctif 638
586 â Emploi de Vinfinitif 659
â Concordance des temps et des modes.... 663
588 Vert-doré,. 217
589 Vieillot, son féminin 45
590 Vingt 249
591 Vingt et];dn. 253
592 Violant; Violent 677
592 Violette; adjectif 217
593 Visité . ! 700
593 Vocabdlairb (petit) grammatical 14
594 Voile. 79-89
Voix DE (Nombre des substanlift aprĂšs).,.., 135
595 Voltigeant 674
596 Votre 242
Voulant en faire, En voulant faire... 681
597 Voulu, suivi dâun verbe 704
597 Vous 326
Vrai (sâil est) que, suivi du subjonctif ou de
598 I indicatif. 652
Vu, suivi dâun infinitif. ;.. 706
Vu!. 691-704
Vulnéraire.......,....; 79
598
600
601
602
602
602
*
603
603
Yeux, OEil 54
Y, adverbe.. 735
â Avec aller 739
ââą Pronom (observations sur le) 7
»
A
A (Il n'y), suivi du subjonctif
A, Nombre des substantifs aprÚs cette préposition
ABATTU, participe
ABSOLUMENT
ABSOUDRE
A CAUSE QUE
ACCEPTION
ACCORD
ACCORDE, participe
ACHETE, participe
ACQUIS, participe
ACTIVEMENT
ADHERANT, ADHERENT
A MOINS QUE, suivi du subjonctif
ADJECTIFS (Origine des)
Leur nature
Leur définition
Qualificatifs
Déterminatifs
Verbaux
Pris substantivement
Leur genre
Leur nombre
Formation de leur féminin
De toute terminaison
Terminés en e muet
Terminés en x
Terminés par f
Terminés en eur
Terminés en el, en, et, ou
Dont le masculin a deux formes
Terminés par un c
Dont le féminin est irrégulier
Exprimant des qualités attribuées aux hommes
Formation de leur pluriel
En al
Leur syntaxe
Accord avec un substantif
Accord avec plusieurs substantifs
Accord avec plusieurs substantifs de différent genre
Avec deux substantifs liés ou non liés par et
Précédés de plusieurs substantifs et ne se rapportant qu'au dernier
Précédés de plusieurs substantifs liés par ou
Particularités qui leur sont relatives
Leur accord avec le substantif qui précÚde ou suit la préposition de
Précédés de plusieurs substantifs liés par ainsi que, comme, avec, etc.
Feu, nu, demi, excepté, passé, vu, y compris, ci-joint, ci-inclus, franc de port, etc.
Proche et possible
Violette, pourpre, vert-doré, cendré, aurore, marron, carmin, etc.
Composés, bleu-clair, chùtain-clair, etc.
Nouveau-nés, demi-morts, etc.
En rapport avec le mot air
Pris adverbialement
En rapport avec un substantif non exprimé : ENDORMI sur le trÎne, le poids de sa couronne, etc.
Beau, belle, bonne, avoir beau, l'échapper belle, etc.
Place des adjectifs aprĂšs le substantif
Leur régime
Suivis de la prĂ©position Ă
Suivis de la préposition de
Suivis de différentes prépositions
Construits avec il est
Demandant aprÚs aux des prépositions différentes
Ayant quelque ressemblance, mais dont la signification diffĂšre
Convenant les uns aux personnes, les autres aux choses
Leurs modifications pour exprimer les divers degrés de signification
Employés dans les comparaisons d'égalité
Employés dans les comparaisons de supériorité
Exprimant par eux-mĂȘmes une idĂ©e de supĂ©rioritĂ© ou d'infĂ©rioritĂ©
Formation des superlatifs
ManiÚre d'énoncer le superlatif relatif
Précédés de le plus, le moins, le mieux, ou de les plus, les moins, les mieux, etc.
Susceptibles ou non susceptibles de comparaison
ADJECTIFS DETERMINATIFS
Leur nature, leur définition
Leur emploi et leur syntaxe
ADJECTIFS DEMONSTRATIFS
Leur genre et leur nombre
Ce suivi de ci ou de lĂ
Ce suivi de plusieurs substantifs
ADJECTIFS POSSESSIFS
Genre, nombre, place
Avec plusieurs substantifs liés par et, ou
Avec plusieurs adject. liés par et, ou
Emploi de leur, notre, votre
Leur adjectif, et leur pronom
Mon, ton, son, suivis de que ou de qui
Emploi de l'article ou de l'adjectif possessif
J'ai mal Ă ma tĂȘte
Emploi de son, sa, ses, ou de en
Emploi de mon, ton, son, ou de mien, tien, sien, précédés de en
Le mien, le tien, le sien, etc., comparés avec mien, tien, sien, etc.
ADJECTIFS NUMERAUX
Cardinaux
Ordinaux
Leur orthographe
Vingt et cent
Mille
Mil et mille
Douzaine, millier, million
Cardinaux, leur emploi
Vingt et un, vingt-un, etc.
Un répété ou non répété
Suppression de un, une dans les expressions proverbiales
L'un de et un de
ADJECTIFS INDEFINIS
TOUT, genre et nombre
Tout, en rapport avec un pronom
Tout, signifiant totalement
Tout autre
Tout adverbe et tout adjectif
Tout dans le sens de chaque
Tout en rapport avec un nom précédemment exprimé
Tout pris substantivement
Tout devant plusieurs substantifs ou adjectifs
devant un nom de ville
Tous deux, tous les deux, etc.
PLUSIEURS
CHAQUE
Chaque et chacun
Chaque employé pour chacun
NUL, genre et nombre
Nul, placé aprÚs le substantif
AUCUN, genre et nombre
Aucun, placé aprÚs le substantif
MAINT
CERTAIN, genre, nombre et emploi
Certain, précédé ou non précédé de un
TEL, genre et nombre
QUEL, genre et nombre
Quel, non suivi immédiatement d'un substantif
Tel et quel comparés
Quel employé sans substantif
Quel suivi de plusieurs noms
Quel, fonction de ce mot
QUEL QUE, genre et nombre
Quel que suivi de plusieurs noms
TEL QUE SOIT et QUEL QUE SOIT
Tel que, dans les comparaisons
QUELQUE, genre et nombre
Quelque suivi d'un adjectif
Quelque devant un adverbe
Quelque signifiant environ
QUELCONQUE, genre et nombre
PAS UN
MEME, genre et nombre
MĂȘme joint Ă un nom
Nous-mĂȘme, vous-mĂȘme
MĂȘme en rapport avec un nom prĂ©cĂ©demment exprimĂ©
MĂȘme employĂ© adverbialement
MĂȘme placĂ© devant ou aprĂšs adjectif ou un participe
MĂȘme, variable ou invariable aprĂšs un substantif
Ceux mĂȘme, ceux-mĂȘmes, etc.
AUTRE, genre, nombre et emploi
Autre répété
ADJECTIVEMENT
ADOPTE, participe
ADVERBES
Leur origine
Leur nature, leur définition
Leurs subdivisions
De temps
De lieu
D'ordre et de rang
De quantité et de comparaison
De maniÚre et de qualité
D'affirmation, de négation et de doute
D'interrogation
Tableau général des adverbes
Formation des adverbes en ment
En ment qui ont un régime
Degrés de signification dans les adverbes en ment
Syntaxe des adverbes
Aujourd'hui
Jusqu'aujourd'hui, jusques Ă aujourd'hui
Alentour comparé avec autour
Auparavant comparé avec avant
Aussi, non plus
Comme, comment
Dessus, dessous, dedans, dehors, comparés avec sur, sous, dans, hors
Beaucoup, bien
Bien et trĂšs
De loin Ă loin, de loin en loin
Au moins, du moins
Peut-ĂȘtre avec le verbe pouvoir
PlutĂŽt, plus tĂŽt
Pourtant, cependant, néanmoins, toutefois
Quand et quant
Au reste, du reste
De suite, tout de suite
Tout-Ă -coup, tout d'un coup
Ici, lĂ
En, nature de ce mot
Je m'en vais, je vais
Gallicismes produits par en
Je n'irai pas, je n'y irai pas
Expressions négatives, leur emplois
Différence entre non et ne
Pas et point
Emploi ou suppression de pas ou point
Place de pas et de point
Emploi de la négative aprÚs certains verbes
Place des adverbes
Employés dans les comparaisons
ADVERBIAL
ADVERBIALEMENT
ADVERBIALEMENT (Adjectifs pris)
ADVERBIALITE
ADVERSATIF
AFFAIBLI
AFFLUANT, AFFLUENT
AFIN QUE, suivi du subjonctif
AGAĂANTS (s')
AGISSANTES
AH ! HA
AHI !
AIDE, son genre
AĂE !
AĂEULS, AĂEUX
AIGLE, son genre
AINSI QUE (nombre des adjectifs et des verbes aprĂšs)
AIR (genre des adjectifs aprĂšs)
ALENTOUR et AUTOUR
ALLUME
AMASSE
AMATEUR
AMATRICE
AMBITIONNE
AMOUR
ANALOGIE
ANGE, son genre
ANGESSE
ANNONCE
ANTECEDENT
ANTERIEUREMENT A
APHERESE
APOCOPE
APPARTENANT
APPELE
APPOSITION
APPREHENDER, emploi de la négative aprÚs ce verbe
APPRENTIE
APPRIS, suivi d'un infinitif
APPROCHANT
APPUI
ARME
ARRACHE
ARRETER, suivi de l'indicatif ou du subjonctif
ART (qu'est-ce qu'un)
ARTICLE
Fait-il connaĂźtre le genre d'un nom
Sa nature, sa défintion
B
Genre et nombre
Joint aux prépositions à , de
Place et élision
Syntaxe
Emploi, de du, des, de l', ou simplement de la préposition de
Emploi de au simplement de Ă
Emploi de l'article dans les phrases affirmatives ou négatives
Emploi de l'article devant un nom suivi d'un adjectif
Emploi de l'article devant les noms de contrées, de royaumes, de provinces
Emploi de l'article aprÚs les adverbes de quantité
De la répétition de l'article devant plusieurs substantifs liés par et
Répétition de l'article dans les dates
Répétition de l'article avec deux noms unis par ou
Répétition de l'article avec deux adjectifs liés par et
Répétition de l'article avec deux adjectifs liés par ou
Emploi de l'article dans les superlatifs
Emploi de l'article aprÚs les prépositions
Emploi de l'article avec les noms propres
Suppression de l'article dans certaines phrases proverbiales
Suppression de l'article devant les régimes de certains verbes
Entendre raillerie, entendre la raillerie
Observations particuliĂšres sur l'emploi de l'article
ASPIRANTS
ASPIRATION
ASPIRER
ASSEMBLE
ATTACHE
ATTENDRE, suivi de l'indicatif ou du subjonctif
ATTENDU, quand invariable
ATTIRE
ATTRIBUT (de l')
AU CAS QUE
AU CAS QUE, veut le subjonctif
AUCUN, adjectif
AUCUN Pronom
AUCUN, suivi de la négation
AU-DEDANS
AU-DEHORS
AU-DESSOUS
AU-DESSUS
AUJOURD'HUI
AU MOINS et DU MOINS
AUNE
AUPARAVANT et AVANT
AU RESTE et DU RESTE
AURORE, adjectif
AUSSI et NON PLUS
AUSSI, emploi vicieux
AUTEUR, sans féminin
AUTEUR (spirituelle)
AUTOMNE, son genre
AUTOUR et ALENTOUR
AUTRE
AVANCANT (s')
AVANT DE et AVANT QUE DE
AVANT et AUPARAVANT
AVANT QUE, veut le subjonctif
AVEC, nombre du substantif aprĂšs ce mot
AVOIR PEUR, suivi de la négation
AYE ! AHI !
BACHELIER
BAH ! étymologie curieuse
BAILLI, son féminin
BANNI
BARBE
BARDE
BEAU (avoir)
BEAUCOUP et BIEN
BEAUCOUP, nombre du substantif aprĂšs ce mot
BECCARD, genre de ce mot
BELLE (l'échapper)
BIEN et BEAUCOUP
BIEN et TRES
BIEN QUE
BIEN QUE, suivi du subjonctif
BLEU-CLAIR
BONDISSANTS
BONNE (la donner)
BORGNESSE
BORNE
BOTANISTE, son féminin
BOUGER, suivi de la négation
BRAIRE
C
BRILLANTS
BRISE
BRUIRE
BRULANT
BU
CACHE
CAR, parce que
CARDINAUX~(Ăądjectifs)
CARMIN, adjectif
CARRE
CAUSE
CAUSE QUE (Ă )
CE, CETTE, CES (syntaxe de)
CE N'EST PAS QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
CENT, sa syntaxe
CENTAURESSE
CEPENDANT, POURTANT, NEANMOINS, TOUTEFOIS
CERTAIN
CERTAIN (un)
CESSER, suivi de la négation
CHACUN et CHAQUE
CHAMELLE
CHANGE
CHANGEANTS
CHAQUE et CHACUN
CHASSERESSE, CHASSEUSE
CHATAIN-CLAIR
CHERCHE
CHOSE (quelque), son genre
CIEL, son pluriel
CIRCONCIRE
CIRCULANTES
COCHE, son genre
COĂNCIDANT, COĂNCIDENT
COLLECTIFS (noms), leur définition
Nombre des subjstantifs aprĂšs un nom collectif
Emploi de l'article aprĂšs les noms collectifs
COMMANDER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
COMME
COMME et COMMENT
COMMISE
COMPAGNON, son féminin
COMPARAISON
D'égalité
D'infériorité
De supériorité
COMPARATIFS
COMPLETIF
COMPRIS (y)
COMPLEMENT
COMPTE, suivi d'un verbe
CONDAMNEE
CONDUITS
CONFIRE
CONJONCTIF
CONJONCTIONS, leur origine
Leur nature, leur définition
Copulatives
Alternatives
Adversatives
Restrictives, hypothétiques
Tableau général des conjonctions
Leur place
Emploi des principales conjonctions
Et répété ou non répété
Des mots liés par et
Ni, répété ou non répété
Ni, suivi de pas ou de point
Emploi de et ou de ni
Emploi de ni aprĂšs sans
Ni, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre
Ni, suivi de ne
Ni au lieu de et dans les phrases affirmatives
Ou, répété ou non répété
Ou, avec ou sans de
Mais, répété ou non répété
Répétition du verbe aprÚs mais
OĂč que tu sois
Soit répété, avec ou sans que
Soit, remplacé par ou
Car, parce que
Parce que, puisque
Parce que, Ă cause que
D
Pendant que, tandis que
Quoique, bien que, encore que
En cas que, au cas que
Si
Que
Avant que et que comparés
Que je crois, que je pense
Avant de, avant que de
Gallicismes produits par l'emploi de que
CONNU
CONSACRE
CONSEILLER
CONSEQUEMMENT Ă
CONSERVE
CONSOLE
CONSTRUCTION
CONSTRUIRE
CONSULTE
CONTESTER, suivi de la négation
CONTRAINT, suivi d'un infinitif
CONTRE, nombre du substantif aprÚs cette préposition
CONTREDIRE
CONVENABLEMENT Ă
CRAINDRE, suivi de la négation
CREPE, genre de ce mot
CRIE
CRITIQUE, genre
CROITRE
CROUPI
CRU, suivi d'un verbe
CRUE
CRUS
COULES
COUPLE, son genre
COURANT
COURANTS
COURONNE
COURUS
COURSIER
COUTE
COUTES
COUVERTES
DAIGNE, suivi d'un infinitif
DAINE, sa prononciation
DANGEREUX (il est), suivi de la négation
DANS et DEDANS
DE... à , DE... EN, nombre du substantif aprÚs ces prépositions
DEBUTE
DECIDER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
DE CRAINTE QUE, suivi du subjonctif
DEDANS et DANS
DEDANS (au)
DE DESSOUS
DE DESSUS
DEDIRE
DEHORS (au)
DEHORS et HORS
DELICE, genre de ce mot
DE LOIN EN LOIN, DE lOiN A LOIN
DEMI
DEMI-MORT
DEMONSTRATIFS (adjectifs)
DENOMINATIONS GRAMMATICALES (des)
DEPEINTE
DEPENDANT
DE PEUR QUE, suivi du subjonctif
DERIVER
DESCENDANT
DESESPERER, suivi de la négation
DESINENCE
DESOLE
DESSOUS (au)
DESSOUS (de)
DE SUITE, TOUT DE SUITE
DESSUS (de)
DESSUS (au)
DESSUS et DESSOUS
DESTINE
DETERMINATIF
DETERMINER
DETERMINATIFS (adjectifs)
DETRUIT
DETRUITES
E
DEVIN, DEVINEUSE, DEVINERESSE
DICTE
DIFFERANT, DIFFERENT
DIFFEREMMENT
DIRAIT QUE (on), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
DIRECT
DISCOURS (du)
DISCONVENIR, suivi de la négation
DISJONCTIF
DISPOSE
DISSYLLABE
DISTINGUE
DIT
DIVISE
DIVISES
DOCTEUR
DOCTORESSE
DONNE
Suivi d'un infinitif
DONNES
DONNEES
DORMI
DOUTER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
DOUTER, suivi d'une négation
DOUTEUX
DOUZAINE
DROLESSE
DU RESTE et AU RESTE
DĂ», variable ou invariable
DURE
ECHAPPE
ECHAPPE BELLE
ECHO
ECLORE
ECLOSE
EGAYANT
EGORGE
EH ! HE !
ELEMENTS DU LANGAGE (origine des)
Du discours
ELLIPTIQUEMENT
ELLIPTIQUE
ELIDER
ELLIPSE
ELU
EMOUSSE
EMPECHE, suivi d'un infinitif
EN, pronom
EN, adverbe. Gallicismes produits par ce mot
EN ATTENDANT
S'exprimant
EN CAS QUE
EN CAS QUE, suivi du subjonctif
EN CENDRES
EN COUCHES
EN, suivi d'un participe présent
ENCORE QUE
ENCORE QUE, suivi du subjonctif
ENDURE
ENSEIGNE, genre de ce mot
ENTENDRE, suivi du subjonctif et de l'indicatif
ENTENDRE raillerie, entendre la raillerie
ENTENDU
ENTR'ACCORDANTS (s')
ENTREMELE
ENVOYE
EPARGNES
EPITHETE
EPUISE
EQUIVALANT
EQUIVALENT
EQUIVOQUE causée par le participe présent
ERIGES
ERRANTE
ERRANTS
ESPACE
ESSUYE
EST
suivi d'un infinitif
EST-IL POSSIBLE ? suivi du subjonctif ou de l'indicatif
ET, son emploi
ETANT (en)
ETE, toujours invariable
F
G
EUH ! HEU !
EXAUCE
EXCEDANT, EXCEDENT
EXCELLANT, EXCELLENT
EXCEPTE, quand invariable
EXCLUSIVEMENT A
EXEMPLE, genre de ce mot
EXIGER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
EXPEDIANT
EXPEDIENT
EXTENSION
EXTRAIT
EXTRAVAGUANT
EXTRAVAGANT
FABRICANT
FABRIQUANT
FAIT
Suivi d'un infinitif
FALLU
FATIGANT
FATIGUANT
FATIGUE
FAUT (il)
FAUTES de français
FEMININ DES SUBSTANTIFS, leur formation
Des adjectifs, leur formation
FEUILLES DE, nombre des substantifs aprĂšs cette expression
FI !
FIGURE
FIGUREMENT
FINAL
FINI
FLETRI
FLEURI
FEU, adjectif
FOIN !
FORCE
Suivi d'un infinitif
FORET, genre de ce mot
FORMATION
FORMATION du féminin dans les substantifs
Dans les adjectifs
FORME
FORMĂ
FOUDRE, genre de ce mot
FOULE
FOURBE, genre de ce mot
FRANC de port
FRIRE
FUMANT
FUME
FUSSE (je), son emploi aprÚs un présent ou un futur
GAGNE
GALLICISME produit par en, adverbe
GARANTI
GARDE, son genre
GARDE-SACS
GEMI
GEMISSANT
GENERAL
GENRE (du) dans les noms
Est-il arbitraire ?
Des noms d'ĂȘtres inanimĂ©s
Son rapport entre un nom et la pensée
Neutre
GENS, genre de ce mot
GEOMETRE
GESTES (des)
GIVRE, son genre
GOUVERNE
GRAMMAIRE EN FRANCE (de la)
Sa définition
Son étymologie
Est-elle une science ou un art ?
Générle
ParticuliĂšre
Importance de son étude
GRAVEUR
GREFFE, son genre
GRONDANT
GUERE, suivi de la négation
GUIDE, son genre
H
HA ! AH !
HAQUENEE
HE ! EH !
HELAS !
HELIOTROPE, genre de ce mot
HO ! OH !
HOLA !
HOMME DE LETTRES
HOMONYME
HOMONYMIE
HORS et DEHORS
HUISSIERE
HUM !HOM !
HYMNE
ICI et LA
IDIOTISME
IGNORE
IL
IL N'Y A QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
IL N'EST QUE, mode du verbe aprĂšs cette expression
IMMOLE
IMPARFAIT
IMPARFAIT DU SUBJONCTIF, son emploi
IMPERSONNEL
IMPERSONNELLEMENT
INCLUS (ci)
INDEFINI
INDEFINIS (adjectifs)
INDEFINIMENT
INDEPENDAMMENT
INDICATIF
Concordance de ses temps
AprĂšs il n'y a que
AprĂšs il n'est que
AprĂšs ce n'est pas que
AprĂšs s'il est vrai que
AprĂšs on dirait que
AprĂšs est-il possible ?
AprĂšs il semble
AprĂšs qui, que, dont, oĂč
INFINITIF, employé substantivement
Employé comme sujet et comme régime
Emploi équivoque
Employé de préférence à tout autre mode
En rapport soit avec le sujet, soit avec le régime
INFINITIFS (plusieurs) de suite, leur emploi
INFLEXION
INSPIRE
INSTITUTEUR
INTERJECTIONS, leur origine
Leur nature, leur définition
Leurs subdivisions
D'admiration, d'étonnement
De douleur, d'affliction
De dérision, de défiance, d'ironie
D'aversion, de mépris
Pour appeler, questionner, sonder
Pour imposer silence
Tableau général des interjections
Leur syntaxe
interdire"
INTERLIGNE
INTERROGANT
INTERROGATIF
INTERROGATION
INTRIGANT
INTRIGUANT
INVARIABLES (des mots)
INVERSION
JAMAIS, suivi de la négation
JAUNISSANT
JETE
JE DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression
JOINT (ci)
JOUANT (se)
JUGEMENT (du)
JUJUBE, genre de ce mot
JUREE
JUSQU'AUJOURD'HUI
JUSQUES A AUJOURD'HUI
JUSQUES AUJOURD'HUI
J
M
N
LA et ICI
LAISSE
Suivi d'un infinitif
LANGAGE (origine et progrĂšs du)
LANGUE (vicissitudes de la)
LAQUE, son genre
LEUR
LIAISON
LIVRE, son genre
LOIN (de) EN LOIN
LOIN QUE, suivi du subjonctif
LUIRE
MA tĂȘte ou la tĂȘte (j'ai mal Ă )
MAINT
MAIS, répété ou non répété
Répétition du verbe aprÚs mais
MAITRE, son féminin
MANCHE, son genre
MANOUVRE, son genre
MARCHE
MARRON, adjectif
MAUDIRE
MEDIRE
MEILLEUR (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
MELE
MEME
MEMOIRE, son genre
METIS, son féminin
MIEN, TIEN, SIEN, et le mien, le tien, le sien
MIL et mille
MILLE
MILLIER
MILLION
MIS
MODE, son genre
MODES DES VERBES, leur concordance
MODES (des)
MODE indicatif
Conditionnel, etc.
MOINDRE (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
MOINS (au) et DU MOINS
MOINS DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression
MOLE, son genre
MON, TON, SON
MONTRE
MOTS (des)
Leurs différentes classes
Variables
Invariables
MOTS empruntés aux langues étrangÚres, leur orthographe
MOULE, son genre
MOUSSE, genre de ce mot
MULET, a-t-il un féminin ?
NASALEMENT
NASALITE
NE, emploi
NE et NON, leur différence
NE... QUE...
NE
NEANMOINS, POURTANT, CEPENDANT
NEGATIF
NAGATIVEMENT
NAGATIVES (expressions), leur emploi
NEGLIGEANT
NEGLIGENT
NEGLIGE, suivi d'un infinitif
NEUTRALEMENT
NEUTRE (genre)
NI, répété ou non répété
Suivi de pas ou de point
Emploi de et ou de ni
Emploi de ni aprĂšs sans
Ni, aprĂšs empĂȘcher, dĂ©fendre
Ni suivi de ne
Ni au lieu de et
NIER, suivi de la négation
NOMBRE (du) dans les substantifs
NOM.
Voir SUBSTANTIFS
NON et NE, leur différence
NON QUE, suivi du subjonctif
L
NON PAS QUE, suivi du subjonctif
NON PLUS et AUSSI
O
P
NONOBSTANT QUE, suivi du subjonctif
NOTRE
NOURRI
NOUS
NOUVEAU-NE
NOYE
NU
NUL, adjectif
Pronom
NUL, suivi de la négation
NULLEMENT, emploi de la négation avec ce mot
NUMERAUX (adjectifs)
O! OH ! HO !
OBSERVATIONS sur le génie et les vicissitudes de la langue
OCCUPE
OEUVRE, genre de ce mot
OEILS, yeux
OFFICE, genre de ce mot
OINDRE
ONOMATOPEE
OPPOSANT
OPPRIME
ORDINAUX (adjectifs)
ORDONNER, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
ORGE, son genre
ORGUE, genre de ce mot
ORIGINE et progrĂšs du langage
ORNE DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression
ORTHOGRAPHE des mots empruntés des langues étrangÚres
OU, son emploi
OU QUE, suivi du subjonctif
OU QUE TU SOIS
OUAIS
OUF !
OUI-DA !
OUĂ, quand invariable
OUVERT
PAGE, son genre
PALME, son genre
PANTOMIME, son genre
PAQUES
PAR, nombre du substantif aprÚs cette préposition
PARALLELE
PARCE QUE
PARLE
PARONYME
PARTICIPES (origine des)
Leur nature, leur définition
PARTICIPES PRESENTS
Leur orthographe primitive
Marquant l'état ou l'action
Employés sans régime
Suivis ou précédés d'un régime direct
Suivis d'un régime indirect
Précédés ou suivis d'un complément adverbial
Appartenant, résultant, approchant, descendant, dépendant, pendant
Extravaguant, extravagant, fabriquant, fabricant, etc.
Employés comme substantifs
Employés comme adverbes
Précédés de la préposition en
Joints par la conjonction et
Précédés de deux sortes de en
Employés avec le pronom en
Précédés de deux sortes de en
Leur rapport
Employés d'une maniÚre absolue
Rapport irrégulier du gérondif
PARTICIPES PASSES
Leur orthographe primitive
Employés sans auxiliaire
PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe ĂȘtre
PrĂ©cĂ©dĂ©s de verbes autres que ĂȘtre et avoir
Construits avec le verbe avoir
Suivis ou précédés du sujet
Suivis immédiatement d'un adjectif ou d'un autre participe
Précédés de deux régimes
PrĂ©cĂ©dĂ©s du verbe ĂȘtre employĂ© pour avoir
Coûté, valu, pesé
Précédés de deux sortes de que
Construits avec les verbes dits impersonnels
Précédés de deux substantifs joints par plutÎt que, non plus que, non moins que, etc.
Précédés de deux substantifs unis par la préposition de
Précédés du pronom en
Accompagnés de en et d'un adverbe de quantité
Suivis d'un infinitif
Laissé, suivi d'un infinitif
Fait, suivi d'un infinitif
Suivis d'un infinitif et précédés de deux régimes
Suivis d'une préposition ou d'un infinitif
Suivis d'un verbe Ă tout autre mode que l'infinitif
à la suite desquels l'infinitif est supprimé par ellipse
Précédés de l' pronom
Qui prennent l'auxiliaire avoir
Qui prennent le verbe ĂȘtre
Qui prennent etre ou avoir
EchappĂ©, convenu, avec avoir ou ĂȘtre
PARTISAN, son féminin
PAS, son emploi ou sa suppression
PASSE
PASSIVEMENT
PAUVRESSE
PAYSAN, son féminin
PEINTRE (la)
PENDANT
PENDULE, son genre
PENITENTIEL, pluriel de ce mot
PENSEE (de la)
PERDU
PERIODE, son genre
PERMIS, invariable ou variable
PERSONNE (de la) dans les verbes
PERSONNE, suivi de la négation
PERSUADE
PESE
PEAUX DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression
PHILOSOPHE, son féminin
PHONIQUE
PHRASE, étymologie de ce mot
PHRASE et PROPOSITION, leur différence
PLACE des adjectifs
Des pronoms
Du sujet
PLACE
PLAINDRE (se), suivi du subjonctif et de l'indicatif
PLANTES (noms des), leur genre
PLEIN DE, nombre du substantif aprĂšs ce mot
PLEUR, employé au singulier
PLEURANT
PLEURE
PLEUT (il)
PLURIEL (du)
PLUS (NON) et AUSSI
PLUS DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression
PLUS (LE ou LA) suivi du subjonctif ou de l'indicatif
PLUS, suivi de la négation
PLUS (le), la plus, les plus
PLUSIEURS, adjectif
Pronom
PLUTOT et PLUS TOT
POETE, son féminin
POINT, sa différence avec PAS
Sa place
Sa suppression aprĂšs ne suivi de que
POINT, sa place
POINT et PAS, leur différence
POINT, emploi ou suppression de ce mot
POINT, sa suppression aprĂšs ne suivi de que
POLYSYLLABE
POSSESSIF
POSSESSIFS (adjectifs)
POSSIBLE, quand invariable
POSSIBLE (est-il), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
POSTE, son genre
POSTERIEUREMENT A
POUAH !
POUR, nombre du substantif aprÚs cette préposition
POUR QUE, suivi du subjonctif
POURPRE
POURPRE, adjectif
POURTANT, NEANMOINS, CEPENDANT, TOUTEFOIS, différence
POURVU, suivi du subjonctif
POUVOIR, emploi de la négation avec ce verbe
PRATIQUE
PRECEDANT, PRECEDENT
PREDIRE
PREFERABLEMENTA
PREFERE
PREMIER (le), suivi du subjonctif et de l'indicatif
PREPOSITIF
PREPOSITIONS (origine des)
Leur nature, leur définition
Leurs subdivisions
De lieu, de temps
D'ordre, d'union
De séparation, d'opposition
Tableau général
Leur syntaxe
Leur régime
Leur emploi à la place d'autres prépositions
Observations sur l'emploi de plusieurs prépositions
Différence entre dans et en
Dans et à comparés
En et dans avec des noms déterminés
AuprĂšs de, au prix de
PrĂšs de, prĂȘt Ă , prĂȘt de
AuprĂšs de, prĂšs de
AprĂšs, d'aprĂšs
Avant, devant
Entre, parmi
Vers, devers
A peine, avec peine
Durant, pendant
Jusque, Jusques
A travers, au travers
Envers, vis-Ă -vis
Voici, voilĂ
Sept Ă huit, sept ou huit
Cent hommes de tués, cent hommes tués
Si j'étais de vous
On dirait un fou, on dirait d'un fou
C'est que avec de
Sauf, excepté
Hors, hormis
Sur tout, surtout
Par ce que, parce que
Pour et quant Ă
Pour, afin de
Renommé par, pour
Par terre, Ă terre
En, Ă la campagne
Malgré et malgré que
Répétition des prépositions
Leur place
PRESENTE
PRESIDANT, PRESIDENT
PRESSANTS (se)
PRETENDRE, suivi du subjonctif et de l'indicatif
PRETENDU
PREVU, suivi d'un verbe
PRIMITIF
PRIS
Suivi d'un infinitif
PRIVATIF
PROCHE
PRODIGUE
PRODUIT
PROFESSEUR
PRONOMINALEMENT
PRONOMS (origine des)
Nature et définition
Différentes sortes
Personnels
Genre et nombre de je, me, moi, etc.
Nous et vous employé pour je et tu
Fonctions de je, me, moi
Fonctions de nous
Fonctions de vous
Fonctions de il, le, lui
Fonctions de ils, eux, les, leur
Fonctions de elle, la, lui
Fonctions de elles, les, leur
Fonctions de se, soi
De l'élision de l'e dans je, me, te, se, le
Place des pronoms personnels remplissant la fonction de sujet
Leur place dans les phrases exclamatives
Leur place dans les phrases interjetées
Leur place personnelle dans les phrases par aussi, en vain, peutĂȘtre, etc.
Peux-je, cours-je, dors-je
Place des pronoms employés commençant comme compléments directs
Place des pronoms personnels employés comme compléments indirects
Deux pronoms personnels ensemble
Combinés avec en
Construits avec y
Construits avec deux impératifs
Compléments d'un infinitif
Leur répétition
Moi, toi, etc., placés devant je, tu, il
Je, tu, sous-entendu aprĂšs moi, toi, etc.
Nous, exprimé ou sous-entendu
Il, elle, ils, elles, considérés comme pléonasmes
Jouant le rĂŽle de doubles sujets
Emploi de il, elle aprÚs un participe présent
Prétendus doubles sujets transposés
Il employé absolument
Equivoques occasionnées par il, elle, ils, elles, etc.
Moi, toit, lui, considérés comme pléonasmes
Réduplication des compléments directs
Réduplication des compléments indirects
Le, la, les, régimes directs, regardés comme pléonasmes
Le, la, les en rapport avec des noms déterminés ou inditerminés
Le signifiant cela
Emploi de le aprĂšs un verbe
Il, elle, le, la, les, etc., se rapportant à des noms indéterminés
Emploi vicieux de le, la, les
Ellipse de le
Gallicismes occasionnés par le
Emploi de le, la, les et de lui, elle, eux, elles, soi
Soi employé avec des noms déterminés
Equivoques occasionnées par soi et par lui
Soi en rapport avec un nom pluriel
Moi-mĂȘme, toi-mĂȘme
Un autre moi-mĂȘme, une autre moi-mĂȘme
Employés par apposition
Leur emploi avec c'est, ce sera
Genre et nombre du pronom y
Y signifiant cela
Construction de y
Place de y, complément indirect d'un verbe à l'infinitif
Emploi de y et de lui, Ă lui, Ă elle, Ă eux, Ă elles
Lui, leur etc., en rapport avec des noms de choses, et y en relation avec des noms de personnes
Emploi de y ou de lui, elle, etc., avec des prépositions
Il y va de ma vie, etc.
Genre et nombre du pronom en
En, rappelant des propositions entiĂšres
Construction de en à l'impératif
En avec deux verbes, dont le dernier est Ă l'infinitif
Fonctions de en
En comparé avec de lui, d'elle
Emploi de en ou de lui, d'elle, etc., avec des noms de personnes
En, se rapportant Ă des noms de personnes, et de lui, d'elle, etc., Ă des noms de choses
Emploi de en et de son, sa, ses
En pour les personnes, et son, sa, ses, etc., pour les choses
Emploi de en ou de son, sa, ses, etc., avec le sujet d'une proposition
Rapport de en avec des noms déterminés ou indéterminés
En, ne se rapportant à aucun mot exprimé
PRONOMS DEMONSTRATIFS
Leur nature, leur définition
Leur genre, leur nombre et leur construction
Celui, celle, immédiatement suivis de qui, d'un adjectif, etc.
Ellipse de celui, celle, etc.
Celui, celle, etc., en rapport avec un substantif pluriel ou singulier
Celui, celle, dans les phrases comparatives
Celui, celle, exprimés ou sous-entendus
Celui-ci, celui-lĂ , en rapport avec deux substantifs
Celui-ci, celui-là , n'ayant rapport qu'à un seul substantif exprimé
Celui-ci, celui-là , n'ayant rapport à aucun substantif exprimé
Celui-ci, celle-ci, ayant rapport Ă ce qui suit
Celui-ci, celui-lĂ , suivis de qui ou de que
Celui-lĂ , suivi ou non suivi de qui, etc.
Ce, suivi ou non suivi d'un substantif
Emploi de ce, dit pronom
Ceci, cela
Ce, employé par énergie
Ce, regardé comme pléonasme
Ce entre deux noms
Ce entre un nom et un verbe
Ce aprĂšs ce qui, ce que
Ce aprĂšs plusieurs infinitifs
PRONOMS POSSESSIF^
Leur nature, leur définition
Le mien, le tien, etc., pris substantivement
Employs avec des noms indéterminés
PRONOMS RELATIFS
Leur emploi
Qui dans les énumérations
Que, genre et nombre
Dont, genre et nombre
Lequel, laquelle, etc.
Quoi
OĂč, d'oĂč, par oĂč
Qui que ce soit, quoi que ce fût
Qui, son emploi comme sujet
Qui ou lequel avec des prépositions
Dont et duquel
Dont, régime d'un verbe ou d'un adjectif
Dont, pour au moyen duquel
OĂč, son emploi
Dont, d'oĂč, leur emploi
Lequel avec plusieurs substantifs
Emploi de qui ou lequel
Equivoque de qui, que, dont
Qui, que, dont, séparés de leur antécédent
Construction de qui et de que
Répétition de qui
Qui suivi de il
Qui ou quel, qui des deux, ou lequel des deux
C'est Ă vous que, c'est Ă vous qui, c'est Ă vous Ă qui
Ce qui, ce que
Qui est-ce qui, c'est-ce qui ?
C'est lĂ que
Que et combien
Au moment que, au moment oĂč
Quoique et quoi que
Que pour Ă quoi, de quoi
PRONOMS INDEFINIS
Leur nature, leur définition
On, son origine
Genre et nombre de on
On en rapport avec un adjectif féminin
On suivi d'un substantif singulier ou pluriel
On, sa construction
On suivi de ne
Répétition de on
Rapport de on répété
On en rapport avec nous, vous
On pour je, tu, il, etc.
On ou l'on, leur emploi
On ou l'on aprĂšs si, et oĂč
Que l'on ou qu'en
Se employé pour on
Quiconque, genre, nombre et construction
Suivi de il
Autrui, construction
Son emploi comme sujet
Autrui et les autres
Un autre et autrui
Autrui en rapport avec son, sa, ses, etc.
Personne, genre et nombre
En rapport avec un pronom ou un adjectif
Sa construction
Quelqu'un, nature de ce mot
Pris absolument
Employé relativement
Chacun, nature de ce mot
Genre et nombre
Employé dans un sens relatif
Construction
En rapport avec son, sa, ses
Suivi de son, sa, ses ou de leur
Sa chacune
Un chacun
Tel suivi de qui ou de que
Employé substantivement
Tout
Plusieurs
Nul
Aucun
L'un, l'autre, emploi, syntaxe
Proposé
PROPOSITION (de la)
Principale
Incidente
Primordiale
Subordonnée
Pas, variable ou invariable
PROSODIE
Q
R
S
PROSODIQUE
PUISQUE
QUADRILLE, son genre
QUAKER, son féminin
QUAND et QUANT
QUE, conjonction, son emploi
QUE, pronom
QUE JE CROIS
QUE, employé pour afin que, et suivi du subjonctif
QUEL
QUELCONQUE
QUELQUE
QUELQU'UN
QUOIQUE
QUOIQUE, suivi du subjonctif
RACINE des mots
RAJEUNI
RAMPANTS
RAPPORT
RECONNU
REĂU
RECUEILLI
REDUPLICATIF
REFLECHIR
REFORMES
REGIR
REGLE
REGLISSE, son genre
REGNE
RELATIVEMENT A
REMARQUE
REMORDS, avec ou sans s en poésie
REMPLI DE, nombre du substantif aprĂšs cette expression
RENAISSANT^
RENCONTRE
RENDU
RENVERSE
REPANDU
RESERVE
RESIDANT, RESIDENT
RESOLU, suivi d'un infinitif
RESOUDRE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
RESPECTE
RESTAURATRICE
RESTE (AU), DU RESTE
RESULTANT
RESULTE
RETENTISSANTE
REUNI
REVETU
RI
RIEN, suivi de la négation
RONGEANTS
ROULANT
SA
SACHE (je ne)
SACHE (Que je)
SANS, nombre du substantif aprĂšs
SANS QUE, suivi du subjonctif
satyresse'
SAUVAGESSE
SAVOIR, suivi de la négation
SCIENCE (qu'est-ce qu'une)
SEMBLE (il), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
SENS
SENS, SENSATION
SENTINELLE, son genre
SERPENTAIRE, son genre
SES
SEUL (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
SEXE, son étymologie
SI TANT EST QUE, demande le subjonctif
SINGULIER (du)
SOIS (je), son emploi aprÚs un passé ou un conditionnel
SOIT
SOIT Avec ou sans que
SOIT Remplacé par ou
SOIT QUE, demande le subjonctif
SOLDE, son genre
SOMME, son genre
SON, SA, SES et en comparés
SOUFFERT
SOUPIRE
SOURIS, son genre
SOUS et DESSOUS
SOUS-ENTENDRE
SOUTENU
SOUVERAIN
SU
SUBJONCTIF
AprÚs les verbes exprimant une idée de priÚre, de désir, de commandement
AprĂšs ĂȘtre suivi d'un nom ou d'un adjectif
AprĂšs les verbes unipersonnels
AprĂšs Quelque, quoique, etc.
AprĂšs afin que, Ă moins que, etc.
AprÚs que employé pour afin que, etc.
AprÚs que dit impératif
Employé avec ellipse du que
Je ne sache point, que je sache
Dans les phrases négatives ou interrogatives
Tableaux comparatifs des verbes et des locutions qui, dans certains cas, réclament le subjonctif, et dans d'autres l'indicatif
AprĂšs il suffit que
AprĂšs est-il possible ?
AprĂšs il semble que
AprĂšs on dirait que
AprĂšs s'il est vrai que
AprĂšs ce n'est pas que
AprĂšs le seul, l'unique
AprĂšs le premier, le dernier
AprĂšs le plus, le moindre, le meilleur, etc.
AprĂšs il n'y a que, il n'est que
AprĂšs qui, que, dont, oĂč
AprĂšs tout, que
AprĂšs jusqu'Ă ce que
SUBSTANTIFS (origine des)
(Définition des)
Communs, propres
Collectifs
Composés
(Du genre dans les)
Différents pour les mùles et les femelles
Servant à désigner le mùle et la femme
DĂ©signant les ĂȘtres inanimĂ©s, leur genre
(Du nombre dans les)
(Formation du féminin dans les)
Terminés par une consonne
Terminés par une voyelle autre que l'e muet
Terminés par un e muet
Terminés en e qui se changent en esse.
Terminés par eau, en, on, et
Terminés par eur
Terminés par x
(Formation du pluriel dans les)
De toutes terminaisons
Terminés en ou
Terminés en ail
Ciel, oil, aĂŻeul, etc.
Terminés par eau, au
Terminés par eu
Terminés par al
Terminés par s, x, z
Terminés par ant, ent
(Syntaxe des)
Aigles
Amour
Automne
Chose
Couple
Délice
Foudre
Gens
Orge
Orgue
Masculins dans une acception, et féminins dans une autre
Exprimant des états, des qualités, qui ne conviennent qu'aux hommes
Qui, ayant un féminin, ne s'emploient qu'au masculin
Généralement employés au singulier
Toujours employés au pluriel
Dérivés des langues étrangÚres
Pris matériellement
Propres
Propres, dĂ©signant plusieurs individus d'une mĂȘme famille
Composés
Composés (liste alphabétique des)
Compléments d'une préposition ou d'un verbe
S
Compléments de la préposition de
Précédés des expressions plus de, moins de, etc.
Précédés de Pleine de, rempli de, orné de
Régimes de verbes suivis de la préposition de
Compléments de toute sorte de, toute espÚce de, etc.
ComplĂ©ments des expressions tĂȘtes de, jeux de, voix de, etc.
Invariables aprĂšs de
Placés aprÚs un nom collectif
Employés avec les prépositions de, en
AprĂšs la prĂ©position Ă
EmployĂ©s avec de, Ă
AprÚs la préposition en
Cendres, couches
AprÚs les prépositions par, sans, avec, pour, sur, contre
Compléments de verbes, et non déterminés
SUFFIT (il) QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
SUJET (du)
SUPERIEUREMENT A
SUPERLATIF (formation du)
SUPERLATIF (emploi du subjonctif ou de l'indicatif aprĂšs le)
SUPPLEME^
SUPPOSE
SUPPOSER, suivi de l'indicatif ou du subjonctif
SUR (nombre des substantifs aprĂšs)
SUR et DESSUS
SUSPENDU
SYLLEPSE
SYNALEPHE
SYNCHISE
SYNCOPE
SYNONYME
SYNONYMIE
SYNTAXE
Des adjectifs
Des substantifs
Des verbes
Des adverbes
Des pronoms
Des interjections
Des participes
Des conjonctions
Des articles
Des prépositions
SA
SACHE (je ne)
SACHE (Que je)
SANS, nombre du substantif aprĂšs
SANS QUE, suivi du subjonctif
SATYRESSE
SAUVAGESSE
SAVOIR, suivi de la négation
SCIENCE (qu'est-ce qu'une)
SEMBLE (il), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
SENS
SENS, SENSATION
SENTINELLE, son genre
SERPENTAIRE, son genre
SES
SEUL (le), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
SEXE, son étymologie
SI TANT EST QUE, demande le subjonctif
SINGULIER (du)
SOIS (je), son emploi aprÚs un passé ou un conditionnel
SOIT
SOIT Avec ou sans que
SOIT Remplacé par ou
SOIT QUE, demande le subjonctif
SOLDE, son genre
SOMME, son genre
SON, SA, SES et en comparés
SOUFFERT
SOUPIRE
SOURIS, son genre
SOUS et DESSOUS
SOUS-ENTENDRE
SOUTENU
SOUVERAIN
SU
SUBJONCTIF
AprÚs les verbes exprimant une idée de priÚre, de désir, de commandement
AprĂšs ĂȘtre suivi d'un nom ou d'un adjectif
AprĂšs les verbes unipersonnels
AprĂšs Quelque, quoique, etc.
AprĂšs afin que, Ă moins que, etc.
AprÚs que employé pour afin que, etc.
AprÚs que dit impératif
Employé avec ellipse du que
Je ne sache point, que je sache
Dans les phrases négatives ou interrogatives
Tableaux comparatifs des verbes et des locutions qui, dans certains cas, réclament le subjonctif, et dans d'autres l'indicatif
AprĂšs il suffit que
AprĂšs est-il possible ?
AprĂšs il semble que
AprĂšs on dirait que
AprĂšs s'il est vrai que
AprĂšs ce n'est pas que
AprĂšs le seul, l'unique
AprĂšs le premier, le dernier
AprĂšs le plus, le moindre, le meilleur, etc.
AprĂšs il n'y a que, il n'est que
AprĂšs qui, que, dont, oĂč
AprĂšs tout, que
AprĂšs jusqu'Ă ce que
SUBSTANTIFS (origine des)
(Définition des)
Communs, propres
Collectifs
Composés
(Du genre dans les)
Différents pour les mùles et les femelles
Servant à désigner le mùle et la femme
DĂ©signant les ĂȘtres inanimĂ©s, leur genre
(Du nombre dans les)
(Formation du féminin dans les)
Terminés par une consonne
Terminés par une voyelle autre que l'e muet
Terminés par un e muet
Terminés en e qui se changent en esse.
Terminés par eau, en, on, et
Terminés par eur
Terminés par x
(Formation du pluriel dans les)
De toutes terminaisons
Terminés en ou
Terminés en ail
Ciel, oil, aĂŻeul, etc.
Terminés par eau, au
Terminés par eu
Terminés par al
Terminés par s, x, z
Terminés par ant, ent
(Syntaxe des)
Aigles
Amour
Automne
Chose
Couple
Délice
Foudre
Gens
Orge
Orgue
Masculins dans une acception, et féminins dans une autre
Exprimant des états, des qualités, qui ne conviennent qu'aux hommes
Qui, ayant un féminin, ne s'emploient qu'au masculin
Généralement employés au singulier
Toujours employés au pluriel
Dérivés des langues étrangÚres
Pris matériellement
Propres
Propres, dĂ©signant plusieurs individus d'une mĂȘme famille
Composés
Composés (liste alphabétique des)
Compléments d'une préposition ou d'un verbe
Compléments de la préposition de
Précédés des expressions plus de, moins de, etc.
Précédés de Pleine de, rempli de, orné de
Régimes de verbes suivis de la préposition de
Compléments de toute sorte de, toute espÚce de, etc.
ComplĂ©ments des expressions tĂȘtes de, jeux de, voix de, etc.
Invariables aprĂšs de
Placés aprÚs un nom collectif
Employés avec les prépositions de, en
AprĂšs la prĂ©position Ă
EmployĂ©s avec de, Ă
AprÚs la préposition en
Cendres, couches
T
U
AprÚs les prépositions par, sans, avec, pour, sur, contre
Compléments de verbes, et non déterminés
SUFFIT (il) QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
SUJET (du)
SUPERIEUREMENT A
SUPERLATIF (formation du)
SUPERLATIF (emploi du subjonctif ou de l'indicatif aprĂšs le)
SUPPLEMENT
SUPPOSE
SUPPOSER, suivi de l'indicatif ou du subjonctif
SUR (nombre des substantifs aprĂšs)
SUR et DESSUS
SUSPENDU
SYLLEPSE
SYNALEPHE
SYNCHISE
SYNCOPE
SYNONYME
SYNONYMIE
SYNTAXE
Des adjectifs
Des substantifs
Des verbes
Des adverbes
Des pronoms
Des interjections
Des participes
Des conjonctions
Des articles
Des prépositions
TACHE, suivi d'un infinitif
TANDIS QUE
TANT DE (nombre des substantifs aprĂšs)
TARARE !
TARI
TEL, adjectif
TEL, Pronom
TEL, Un
Que soit, quel que soit
TEMPS des verbes
TENDANT
TENU
TERMINAISON
TETES DE (nombre des substantifs aprĂšs)
TIGRESSE
TISTRE
TOMBE
TOUCHE
TOUR
TOUT Ă vous, TOUTE Ă vous
TOUT, adjectif, sa syntaxe
TOUT autre, TOUTE autre
TOUT, adverbe
TOUT, substantif
TOUS DEUX, tous les deux
TOUT, pronom
TOUTE ESPECE (de), nombre des substantifs aprĂšs cette expression
TOUT A COUP et TOUT D'UN COUP
TOUT DE SUITE et DE SUITE
TOUT QUE, suivi du subjonctif et de l'indicatif
TOUTEFOIS, NEANMOINS
TOUTS (des)
TRADUCTEUR
TRAHI
TRAINE
TRAIRE
TRAVERSANT
TREMBLER, suivi de la négation
TRES et BIEN
TRIOMPHANT
TROMPETTE
TRONCS DE (nombre des substantifs aprĂšs)
TROUVE
TROUVE, suivi d'un infinitif
TU
TUE
TYRAN
UN, répété ou non répété
UN DE, L'UN DE
UNI
UNIQUE (l'), suivi du subjonctif ou de l'indicatif
UNIVERSEL, son pluriel
V
USANT (en)
VAGUE
VAINCU
VALU
VAQUANT, VACANT
VARIABLES (mots)
VASE
VECU
VERBES (origine des)
(Définition des)
(Du sujet du)
(Du régime du)
(Du nombre et de la personne dans les)
(Modifications des)
(Des temps des)
(Mode indicatif
Mode conditionnel
Mode impératif
Mode subjonctif
Mode infinitif
Participes
Différentes espÚces de verbes
Actifs
Passifs
Neutres
Réfléchis
Unipersonnels
Auxiliaires
Auxiliaires
Des conjugaisons
(De la formation des temps des)
Irréguliers
Unipersonnels
Conjugués interrogativement
(Syntaxe des)
(Accord des)
Avec plusieurs sujets liés par et
Avec plusieurs substantifs non liés par et
Avec plusieurs substantifs récapitulés par les mots tout, rien, persone, nul, etc.
AprÚs tout ; chaque et quelque répétés
AprÚs plusieurs substantifs liés par ni répété
AprĂšs plusieurs substantifs unis par ou
AprĂšs l'un et l'autre, l'un ni l'autre
AprĂšs les expressions comme, ainsi que
AprĂšs plutĂŽt que, non plus que, mais
AprĂšs deux infinitifs
AprĂšs plus d'un
AprĂšs les noms collectifs
AprÚs la plupart et les adverbes de quantité
AprĂšs force gens, nombre d'hommes
AprĂšs les noms collectifs partitifs
AprĂšs qui
AprĂšs ce
C'est, ce sont
C'est, ce sont, suivis d'un nom pluriel
C'est, et ce sont dans les oppositions
C'est, ce sont, suivis de plusieurs substantifs
C'est, ce sont, aprĂšs plusieurs infinitifs
C'est nous, c'est vous
C'est, suivi d'une préposition
Qu'est-ce que, suivi d'un nom pluriel
C'est, précédé de deux noms
Si ce n'est, si ce ne sont
C'est lĂ ce sont lĂ
C'est suivi de qui
Vivre, importer, périr, pouvoir, et leur nombre
Au pluriel avec un sujet singulier
Leur accord avec le sujet sous le rapport de la personne
En accord avec un seul pronom
Accord avec plusieurs noms de différentes personnes
Accord aprÚs qui, précédé d'un nom personnel
AprÚs qui, précédé d'un adjectif
AprÚs qui, précédé d'un substantif
Place du sujet
Précédés du sujet
Suivis du sujet
Place du sujet dans les phrases interrogatives
Place du sujet dans les phrases interjetées
Place du sujet aprĂšs un verbe au subjonctif
Place du sujet aprĂšs tel, ainsi, voilĂ , etc.
Construction, ellipse ou répétition du sujet
Séparés du sujet par une phrase incidente
Complément direct, indirect
Y
Place du complément ou régime
Suivis de la prĂ©position Ă
Suivis de la préposition de
Suivis de Ă ou de
Suivis de par ou de
Avoir ou ĂȘtre avec les participes
Emploi des modes et des témps
Le présent employé pour le futur
Le présent pour le passé
C'est moi ou ce sera moi qui palerai
Emploi de l'imparfait
Emploi du plusque-parfait
Emploi du prétérit défini
Emploi du prétérit indéfini
Emploi du futur
Emploi du conditionnel
Emploi de l'impératif
Vas-y, parles-en
Emploi du subjonctif
Emploi de l'infinitif
Concordance des temps et des modes
VERT-DORE
VIEILLOT, son féminin
VINGT
VINGT ET UN
VIOLANT, VIOLENT
VIOLETTE, adjectif
VISITE
VOCABULAIRE (petit) grammatical
VOILE
VOIX DE (Nombre des substantifs aprĂšs)
VOLTIGEANT
VOTRE
VOULANT EN FAIRE, EN VOULANT FAIRE
VOULU, suivi d'un verbe
VOUS
VRAIS (s'il est) QUE, suivi du subjonctif ou de l'indicatif
VU, suivi d'un infinitif
VU
VULNERAIRE
YEUX, OEIL
Y, adverbe
Avec aller
Pronom (observations sur le)