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Author: Dujčev I.
Tags: histoire historiographie byzance histoire de byzance esquisses historiques histoire des slaves culture slave
Year: 1979
Text
BYZANCE
ET LES SLAVES
Études de Civilisation
MÉLANGES
IVAN DUJCEV
ASSOCIATION DES AMIS DES ÉTUDES ARCHÉOLOGIQUES
DES MONDES BYZANTINO-SLAVES ET DU CHRISTIANISME O.&^NÇAJ
11 bis, rue Sextius-Michel 75015 PARIS
COMITÉ D’HONNEUR
B. Lavagnini (Palerme)
D. Lichacev (Leningrad)
D. Obolensky (Oxford)
f S. Radojcic (Belgrade)
H. Rothe (Bonn)
Responsable de l’édition S. Dufrenne (Paris)
TABULA GRATULATORIA
Cette édition n’aurait pu être réalisée sans l’aide efficace de nombreux
amis. Je citerai tout particulièrement Dominique Couson, mon assistante
technique à l’EPHE, qui a consacré de longues heures de ses loisirs aux
tâches multiples de secrétariat exigée par cette édition. Je ne saurais non
plus oublier les collègues et amis divers qui m’ont aidée — selon le vœu de
plusieurs auteurs — à revoir les textes ou à relire les épreuves et tout spé-
cialement Mme, Mlle ou M. : M.-T. Canivet, J. Cazamian, S. Hemmerle,
H. Laroche, D. Papachrysanthou, J. Paramelle, Ch. Walter. Je remer-
cierai aussi chaleureusement MM. J. Bonamour et L. Kovacs qui ont
aimablement accepté de résumer en français les articles rédigés en russe et
en serbe.
Notre reconnaissance va aussi aux souscripteurs divers qui ont rendu cette
édition possible.
Adrados Francisco R. (Madrid)
Allen S. Jelisaveta (Washington)
Bernard Roger (Paris)
Bompaire Jacques (Paris)
Bosch Ursula (Münster)
Bouvier Bernard (Genève)
Chaperon Andrée
(Vaison-la-Romaine)
Charanis Peter (New-Brunswick)
Dagron Gilbert (Paris)
Dumortier Jean (Chantilly)
Follieri Enrica (Rome)
Gouillard Jean (Paris)
Graciotti Santé (Rome)
Hemmerle Servane (Strasbourg)
Hussey Joan (Engelsfield Green)
Kaplan Hélène (Paris)
Kriaras E. (Thessalonique)
Labande Edmond-René (Poitiers)
Laroche Henriette (Poitiers)
Lavagnini Bruno (Palerme)
Lavagnini Renata (Palerme)
Lecaque Parick et Faith
(Paris-Chicago)
Lemerle Paul (Paris)
Mares Frantisck V. (Vienne)
Merendino Erasmo (Palerme)
Mioni Elpidio (Padoue)
Moffatt Ann (Canberra)
Mornet Suzanne (Tours)
Nazloglou Catherine (Nice)
Obolensky Dimitri (Oxford)
Pallas Demetrius (Athènes)
Paramelle Joseph (Paris)
Pennington Ann-E. (Oxford)
Pollok K.H. (Passau)
Prinzing Günter (Münster)
Rapp Francis (Strasbourg)
Revel Elisabeth (Jérusalem)
Ries (Louvain-la-Neuve)
Roques René (Paris)
Rothe Hans (Bonn)
de Santos Otero Aurelio (Bonn)
Schiro Giuseppe (Rome)
Schreiner Peter (Berlin)
SENECHAL M.A. (Paris)
Stenger Marie-Madeleine
(Strasbourg)
Stern Hélène (Toulouse)
Stratos André N. (Athènes)
Strunk Olivier (Rome-Princeton)
Sevcenko Ihor (Harvard)
Thouzellier Christine
(Paris-Montpellier)
Tsuji Sahoko (Tokyo)
Violette Jean-Guy (Québec)
Woltner Margarete (Bonn)
Vlll
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Amsterdam, Bysantÿns-Nieungrieks Seminarium.
Athènes, Ecole française d’archéologie d’Athènes, Bibliothèque.
Berlin, Archâologisches Institut.
Berlin, Byzantinisch-Neugriech. Seminar, Freie Universitât.
Berlin, Slavisches Seminar.
Berlin, Universitâtbibliothek.
Bonn, Philologisches Seminar, Universitât.
Bonn, Slavisches Seminar, Universitât.
Bruxelles, Bibliothèque des Bollandistes.
Caen, Bibliothèque de l’Université.
Cambridge (Mass.), Harvard University.
Chapel Hill, University of North Carolina.
Chicago, University.
Cincinnati, University.
Concordia, University.
Copenhague, Kongelige Bibliothek.
Dijon, Université.
Edimbourg University.
Frankfort, Slavistisches Seminar der Universitât.
Graz, Institut f. Slavistik, Universitât.
Heidelberg, Slavistisches Institut, Universitât.
Innsbrück, Institut f. Slavistik.
loannina, Institut d’Histoire et de Philologie Byzantines.
Istambul, Deutsches Archâologisches Institut.
Leyde, Bibliothek der Rijksuniversiteit.
Londres, Warburg Institute.
Louvain, Bibliotheek Orientalistich K.U. Leuven.
Louvain, Universiteitsbibliotheek K.U. Leuven
Madrid, Instituto Antonio de Nebrija.
Munich, Bayerische Staatsbibliothek.
Munich, Institut f. Byzantinistik.
Munich, Zentralinstitut f. Kunstgeschichte.
Munster, Seminar f. Byzantinistik der Universitât.
Naples, Istituto di Filologia Classica, Cattedra di filologia Bizant.
New-Haven, Slavic and East European Collect., Yale University.
Nicosie, Cyprus Research Centre.
Padoue, Istituto Studi bizantini, Université.
Palerme, Istituto di Siciliano di Studi Bizantini.
Paris, Bibliothèque de l’institut Byzantin.
Paris, Bibliothèque de la Sorbonne.
Paris, Ecole Normale Supérieure.
Paris, Institut d’Etudes Byzantines.
Paris, Institut de Recherche d’Histoire des Textes.
Paris, Institut des Langues Orientales, Bibliothèque.
Paris, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1, Centre de Recherche d’Etudes
byzantines.
Paris, Université Paris-Sorbonne, Paris IV, UER de grec.
Poitiers, Centre d’Etudes supérieures de Civilisation Médiévale.
TABULA GRATULATORIA
IX
Rome, Biblioteca Apostolica Vaticana.
Rome, Université des Lettres, Institut de Philologie slave.
Rome, Istituto di Studi Bizantini e Neoellenici, Facoltà di lettere.
Rome, Istituto Storico Germanico.
Rome, Pontificio Istituto Orientale.
Rouen, Université, bibliothèque.
Seattle, University of Washington.
Strasbourg, Bibliothèque nationale universitaire.
Strasbourg, Université, Institut d’Histoire Médiévale.
Thessalonique, Association Hellénique d’Etudes Slaves.
Thessalonique, Société d’Etudes Macédoniennes.
Toulouse, Bibliothèque interuniversitaire du Mirail.
Tours, Université, Bibliothèque section Lettres.
Trieste, Istituto di Studi Bizantini e Neollenici.
University Park, The Pennsylvania State University.
Utrecht, Bibliotheek der Rijksuniversiteit.
Venise, Istituto Ellenico Studi.
Vienne, Bibliothek des Institut f. Slavische Philologie.
Vienne, Institut f. Byzantinistik.
Washington, Dumbarton Oaks Research Library.
Zurich, Zentral Bibliothek.
ACADEMICUS INTERNATIONAL (Huntingdon).
E.S. BURIONI (Genève)
CARL F. CHRISPEELS (Bonn)
DOKUMENTE VERLAG (Offenburg)
BLANCHETEAU Aux Amateurs de Livres (Paris)
CERCLE DE LA LIBRAIRIE (Paris)
DORNBUSCH (Hamburg)
HACHETTE International (Paris).
Librairie TOUZOT (Paris).
Librairie des 4 Chemins EDITART (Paris).
Librairie LAUVERJAT (Douai).
Librairie Orientale SAMUELIAN (Paris)
Librairie des ARCADES (Paris)
Librairie LIVREXPORT (Paris)
Librairie de l’Université (Poitiers)
RICCARDO ZANNONI & F°-Ldt (Padoue)
STECHERT MacMillan Inc. (Paris)
WASMUTH K.G. (Berlin)
UN HISTORIEN ENTRE LE MONDE SLAVE,
L’OCCIDENT ET BYZANCE
Suzy Dufrenne
Après des études secondaires dans sa ville natale de Sofia, Ivan Dujcev
se spécialise en histoire et suit les cours de l’Université de Sofia entre 1928
et 1932. Il subit alors l’influence du grand historien bulgare V.N. Zlatarski
et du byzantiniste P. Mutafciev, comme aussi celle du professeur P.M.
Bizilli, chargé, en ces années-là, de cours spéciaux, consacrés à l’histoire
de l’Europe occidentale aux xive et xve siècles. Dès la seconde année de
ses études universitaires, il publie un bref article sur l’histoire bulgare du
Moyen âge. Il est alors pris sous la protection du prof. V.N. Zlatarski qui
le pousse à abandonner l’archéologie classique et la linguistique slave,
ses premières passions, et à consacrer toute son énergie à l’étude de l’histoire
nationale médiévale et à l’histoire byzantine. Ce tournant détermine tout
son avenir. Il part, à la fin de 1932, avec une bourse bulgare, pour Rome
afin d’y continuer ses études et d’y entamer des recherches dans les Archives
et dans la Bibliothèque du Vatican. Pendant son séjour à Rome, entre la
fin de 1932 et le printemps de 1936, Ivan Dujcev a la chance de suivre les
cours de quelques professeurs célèbres, comme celui qui devient alors
son maître, S.G. Mercati, professeur d’histoire et de philologie byzantines,
comme aussi N. Festa, V. Usani, etc. Avec une thèse sur l’histoire de la
famille bulgaro-byzantine des Asenides, il obtient en 1935 le titre de docteur.
Tout en travaillant assidûment aux Archives et à la Bibliothèque vati-
canes, il suit le cours biennal de la « Scuola Vaticana di archivistica e
paleografia» et, en 1934, est diplômé archiviste-paléographe. Son maître
Xll
MÉLANGES IVAN DUjCEV
en la matière est un spécialiste bien connu, le prof. Giulio Battelli. A l’Uni-
versité et à l’institut pour l’Europe orientale, il suit les cours du prof.
G. Zoras (alors immigré en Italie) qui l’initie au grec moderne ; il visitera
d’ailleurs ultérieurement, et à plusieurs reprises, la Grèce, pour y étudier
le grec vivant.
Son séjour en Italie est, en raison de ses rapports avec les milieux
scientifiques italiens, une période décisive et fructueuse pour sa formation
d’historien et de philologue dans le domaine des études byzantines et de
l’histoire de l’Occident. C’est alors qu’il se lie d’amitié et commence à
collaborer avec certains spécialistes italiens, avant tout avec l’excellent
connaisseur de la codicologie byzantine, scriptor à la Vaticane, Ciro Gian-
nelli (1905-1959). C’est toujours pendant ces années de formation érudite
que, grâce à ses recherches dans les Archives et dans les fonds de manuscrits
de la Vaticane, il réunit un nombre considérable de documents et de textes,
souvent encore inédits, d’importance particulière pour l’histoire de Byzance
et des pays balkaniques du Moyen âge. Il découvre ainsi, en 1934, dans
le cod. Vatic. gr, 2014, le récit anonyme de l’expédition de l’empereur
Nicéphore Ier en Bulgarie, en juillet 811. Publiée par ses soins en 1937 et
rééditée à Paris, dans une meilleure édition, en 1965, cette narration, au-
jourd’hui connue sous le titre de «Chronique Dujcev», est considérée
comme la source historique la plus précieuse des événements de 811. Grâce
à des découvertes d’archives, au Vatican et dans d’autres villes italiennes,
il s’occupe alors également de problèmes du xvne siècle et tout particulière-
ment de l’histoire du catholicisme en Bulgarie et de l’activité dans les
Balkans des commerçants de Dubrovnik (Raguse). Il publie ainsi, en 1935
à Rome et en 1937 à Sofia, deux livres, contenant quelques centaines de
documents inédits d’archives remontant au xviie siècle, écrits par les com-
merçants de Dubrovnik, comme des « avvisi » (« lettres d’information »),
riches de renseignements sur l’état politique, militaire et économique de
l’Empire Ottoman, à cette époque. Sur la base d’autres documents inédits,
eux aussi découverts aux Archives du Vatican, dans le fonds peu exploité
des « Processi informativi sulla nomina dei vescovi cattolici », Ivan Dujcev
publie, en 1937 à Rome, dans la collection de l’Istituto Pontificio Orientale,
un livre sur l’histoire du catholicisme en Bulgarie au xvne siècle. Dans
la préface de ce livre, monseigneur Angelo Mercati, alors préfet des Archives
du Vatican, le grand savant italien, second maître du jeune savant, à côté
de son frère S.G. Mercati, écrit notamment : « Corne sia diligente e in-
telligente cacciatore e raccoglitore di importanti documenti, corne ne sia
accurato edi tore ed erudito illustratore ha agregiamente dimostrato il
Dr. Dujcev, oltre che con vari articoli apparsi in questo e quel periodico,
INTRODUCTION
XIII
colla sua pubblicazione degli Avvisi de Ragusa..., che ha schiuso una fonte
interessantissima di notizie sull’Impero turco nel secolo xvn. Ora l’amore
patrio ha attirato la sua attenzione verso un’altra fruttuosa fonte storica
esistente nell’Archivio Segreto Vaticano, ma fino ad ora poco conosciuta
e non consultata corne meriterebbe, voglio dire i processi informativi,
délia S. Congregazione Concistoriale e délia Dataria sui candidati aile sedi
vescovili... ». C’est toujours en utilisant des documents découverts aux
Archives du Vatican, qu’Ivan Dujcev édita, en 1939, à Sofia, une contribu-
tion détaillée à l’histoire de l’archevêché catholique de Sofia au xvne siècle,
en ajoutant en appendice un certain nombre de documents inédits. A partir
de documents grecs et latins des Archives de Venise, il publie aussi, en
1937, une étude sur la juridiction qu’exerçait l’archevêché d’Ochrid sur
certaines régions d’Italie.
Privé pendant plusieurs années de toute possibilité d’effectuer des re-
cherches d’archives, Ivan Dujcev se consacre désormais avant tout à l’étude
du Moyen âge. Tout en plaçant au centre de ses intérêts l’histoire médiévale
des Bulgares, il s’efforce de l’étudier sur un plan des plus larges, dans ses
rapports avec l’Empire byzantin et avec l’Europe Occidentale. Par ailleurs
les recherches historiques n’ont pas, pour lui, le but unique ou premier
d’éclairer les événements politiques, mais elles se doivent d’élucider dans
toute sa complexité, le processus historique : d’où l’intérêt qu’Ivan Dujcev
porte aux problèmes de caractère linguistique, telle l’interprétation de noms
et de termes d’origine byzantine, latine ou slave, d’où le soin qu’il porte
aussi à l’édition et à l’interprétation des monuments de l’art médiéval,
comme la Chronique de Manassès, conservée en une traduction médio-
bulgare dans le Cod. Vatic. slave, II (de 1344/45), et le Psautier dit de Tomic,
daté du début de la seconde moitié du xive siècle et conservé au département
des manuscrits du Musée historique de Moscou, etc. C’est avec une pré-
dilection toute spéciale qu’il étudie aussi plusieurs œuvres littéraires bulgares
et slaves médiévales, dans leurs rapports avec la littérature byzantine.
Préparant une vaste étude sur les rapports littéraires entre Byzance et les
Slaves orthodoxes, tant à l’époque médiévale que dans les siècles postérieurs,
il publie dans ce domaine toute une série de contributions. Grâce à ses
recherches effectuées dans diverses bibliothèques, il a la chance de découvrir
quelques textes jusqu’alors complètement ignorés. Tel, par exemple, un
fragment grec de la Vie de l’hésychaste bulgare saint Romyle-Roman
(xive siècle), composée par son élève Grégoire et jusqu’ici uniquement
connue dans sa version moyen-bulgare. Ce fragment, conservé dans un
manuscrit de la Vaticane (Cod. Urb. gr. 134, f. 258') est publié par Ivan
Dujèev à Prague en 1938. En septembre de la même année, il séjourne
XIV
MÉLANGES IVAN DUJCEV
quelques semaines dans les bibliothèques du Mont Athos ; il y découvre,
au monastère de St-Denys, le texte complet de la Vita Romyli en grec :
promettant une édition intégrale de la Vie, selon les deux manuscrits trouvés
à deux extrémités de l’Europe, il peut, en 1940, donner une brève annonce
de sa seconde découverte. Les temps difficiles de la guerre et de l’après-
guerre ne lui permettent pas de réaliser le projet : entre-temps, l’éminent
bollandiste, le P. Fr. Halkin, découvre une nouvelle copie du texte grec
et l’édite en 1961. Les séjours d’Ivan Dujcev au Mont Athos, en 1938 et
en 1943, lui ont permis aussi de découvrir quelques autres textes grecs
et slaves, conservés au monastère bulgare du Zographou, documents dont
il prépare actuellement une édition critique pour la série « Acta Athoa »
de Paris.
Le slavisant italien A. Danti a écrit dernièrement : « Ivan Dujcev non
abbisogna certo di una presentazione. Per l’anagrafe è citadino bulgaro,
ma per il suo lavoro scientifico si puô a buon diritto considerare un IVelt-
bewohner giacchè in oltre quarant’anni di intensa attività scientifica studiato
negli archivi e nelle biblioteche di mezzo mondo, ha tenuto corsi, conferenze
e lezioni e ha publicato libri e articoli in una quindicina di lingue... ».
Car l’activité strictement érudite n’est qu’un aspect de l’œuvre d’Ivan
Dujcev : l’enseignement, les contacts scientifiques humains, les œuvres de
divulgation, parallèlement aux écrits de synthèse, sont un besoin de cette
âme ouverte, généreuse et enthousiaste. Dès son retour en Bulgarie, en
1936, il est nommé assistant à l’Université de Sofia ; en 1939, il est chargé
d’enseignement en histoire bulgare ; puis, en 1943, à la mort du prof. P.
Mutafciev, il est élu titulaire de la chaire d’histoire de la Bulgarie, de
Byzance et des peuples balkaniques. Cet enseignement universitaire est
interrompu au début de 1945. En 1949, il entre à l’Académie bulgare des
sciences, comme collaborateur en chef et professeur à l’institut d’histoire,
et il y reste jusqu’en 1974. Parallèlement à son travail de recherches et de
publication des sources historiques, il est, jusqu’en 1957, dans le cadre
des cours spéciaux, chargé d’enseigner l’archivistique, la paléographie et
la diplomatique. Il est actuellement président de la commission bulgare
d’archéographie auprès du Comité de la culture. Depuis une vingtaine
d’années, il a la possibilité d’entreprendre des voyages d’études à l’étranger
et d’y enseigner dans divers centres universitaires, en Italie (Rome, Paterme,
Bologne, Venise, Milan, Naples, Spolète, Padoue, Ravenne, Cosenza,
Tarente...), en France (Paris, Poitiers, Strasbourg), en Allemagne (Münster,
Bonn, Cologne, Munich), en URSS (Moscou, Leningrad, Kiev), en Angle-
terre (Londres, Oxford, Cambridge), en Autriche (Vienne), en Pologne
Varsovie, Lodz), en Tchécoslovaquie (Prague), en Yougoslavie (Belgrade),
INTRODUCTION
XV
en Grèce (Athènes), en Roumanie (Bucarest), en Espagne (Barcelone), à
Chypre. A la suite d’un séjour de quelques mois, comme Visiting Professer,
(fin 1969-début 1970) au Centre d’études byzantines de Dumbarton Oaks
(Washington), il donne une série de cours dans quelques universités des
USA (Boston, Los Angeles, Ann Arbor, Pittsburgh...) et du Canada
(Montréal).
La production érudite d’Ivan Dujcev compte environ une trentaine de
livres et plus de 500 études, compte-rendus et recensions, non compris les
quelques centaines d’articles de vulgarisation en bulgare, en français, en
italien, etc. En dehors de ces publications, il participe comme rédacteur
à quelques éditions internationales bien connues : « Historical Abstracts »
(American Bibliographical, California, USA), « Byzantine Studies » (Uni-
versité de Pittsburgh, USA), « Balcanica » (Belgrade), etc. Il est collaborateur
régulier des principales revues d’études byzantines : « Byzantinoslavica »
(Prague : depuis 1937), «Byzantion» (Bruxelles : depuis 1935), « Byzan-
tinische Zeitschrift» (Munich : depuis 1941, pour la partie bibliographique,
avec plusieurs milliers de notices bibliographiques sur les publications
russes, bulgares, etc. et plusieurs recensions : l’ampleur de cette participation
fut tout spécialement relevée par l’éminent byzantiniste, Fr. Dôlger, quand,
en 1963, quittant la rédaction de cette revue, il remercia chaleureusement
les collaborateurs de la partie bibliographique, « insbesonders Herrn
I. Dujcev»). Depuis le XIIIe Congrès international des études byzantines
(Oxford, septembre 1966), il fait partie de la «Commission internationale
pour l’édition des sources de l’histoire de Byzance» (composée de cinq
membres). Il fait également partie du « Collegium directorium centrale »
du « Repertorium fontium historiae medii aevi », édité à Rome par l’« Isti-
tuto Storico Italiano per il medio evo ».
En 1967, Ivan Dujcev est élu «membre étranger» de l’Académie de
Palerme, en 1975, de celle de Naples et de l’institut d’études byzantines
et néo-helléniques de Palerme ; en 1976, il devient membre de la « British
Academy» ; en 1978, il entre à l’Académie de Spolète. En 1977, il est reçu
docteur honoris causa de l’Université de Bonn. Le gouvernement bulgare
lui attribue, en 1971, le titre honorifique de « Cultur benemeritus scientiae »
et, en 1976, le plus haut titre honorifique pour son travail érudit, « naroden
dejatel» dans le secteur des sciences. En 1974, il reçoit à Vienne le «Prix
Herder» pour son activité dans le domaine des recherches historiques.
Sans chercher à établir un bilan des principaux aspects d’une production
qui s’étend des plus hautes époques du passé bulgare jusqu’à la période
ottomane et qui déborde largement le cadre national pour s’élargir aux
contacts avec Byzance et avec le reste du monde (de la Perse à l’Europe
XVI
MÉLANGES IVAN DUJCEV
tout entière) et pour éclairer maints problèmes qui concernent la seule
histoire de Byzance, il faut tenter d’entrevoir la force qui anime une vie
totalement dédiée à l’histoire médiévale : il ne s’agit en rien d’une forme
d’évasion, d’un rêve romantique projeté vers le passé, il s’agit avant tout
d’un effort pour connaître la vérité historique au service des plus nobles
idéals humains. En recevant, le 3 mai 1974, le Prix Herder, dans la Grande
Salle de l’Académie autrichienne, Ivan Dujcev a formulé son credo de
savant : « Jeder, der auf dem Kulturgebiet als Wissenschaftler, als Dichter,
oder als Künstler tâtig ist, muss also seine hôchste Lebensaufgabe darin
sehen, Brücken des Friedens und des gegenseitigen Einvernehmens zwischen
den Menschen spannen und dadurch zur Verwirklichung dieses ewigen
Traumes der Menschheit beizutragen. Nur auf diese Weise kann der Kultur-
schaffende seinen Teil der Verantwortung übernehmen, seinem Volke und
der ganzen Menschheit von Nutzen sein und seiner heiligen Mission im
Leben und Schaffen gerecht werden, zwischen den Menschen zu span-
nen... ». Dans toute son activité érudite, le Prof. Ivan Dujcev cherche à
atteindre ce haut idéal du savant.
Pourtant il renonce souvent à la paix qu’exige cette vocation ; et ceux qui
l’ont entrevu en ce haut-lieu de travail qu’est sa maison-bibliothèque, au
pied de la Vitosa, savent combien le téléphone et la sonnette troublent ce
travail studieux et comment à la chaleur de l’accueil d’Elena Dujceva
répond le sourire tout à tour ironique et détendu du maître de maison.
Toujours en effet et inlassablement, Ivan Dujcev répond aux besoins de
ceux qui l’entourent, guide ceux qui se confient à son jugement, soutient
les jeunes chercheurs, à Sofia, dans toute la Bulgarie et dans bien d’autres
coins du monde ; et ce faisant il n’épargne jamais ni les critiques sévères,
ni les encouragements efficaces, ni les éclairages fulgurants de pistes que
lui-même dégage. Et ceci dans un don spontanément généreux qui fait
percevoir l’authenticité et la valeur de témoignage de toute forme de gra-
tuité. Ces Mélanges, qui rassemblent en une sorte d’échantillonnage quel-
ques marques de la diversité de ses amitiés, amitiés de ses pairs, amitiés
de jeunes savants conscients des dons reçus, se voudraient comme un écho
reconnaissant venu de la profondeur de cette vie tout entière offerte à
l’amour de la vérité.
SUITE DE LA BIBLIOGRAPHIE
DES PUBLICATIONS
DU PROFESSEUR IVAN DUJÙEV
Pour les publications des années 1931-1976 v. Byzantion, t. XLVII
(1977), pp. 5-41, aux soins d’Enrica Follieri (Hommage à I. Dujcev).
1976
528. Les diplômes bulgares médiévaux comme œuvres littéraires. — Folia
Diplomatica, II (Brno 1976), 17-26.
529. Influences orientales et occidentales dans les Balkans aux xe-xne
siècles. — Byzantine Studies II/2 (1975) (1976), 103-121.
530. (To the Editor, About the Note of F.C.M. Kitch, in Slavonie and
East European Review 52, nr. 129, 1974, p. 635) : ibidem, p. 200.
531. Nravstvenata reforma na sveti Ivan Rilski. — Duchovna kultura,
LVI, 10 (1976), 8-15.
532. K voprosu o jazyceskich zertvoprinosenijach v drevnej Rusi. — Kul-
turnoe nasledie drevnej Rusi. Istoki stanovlenie tradicii. Moskva 1976,
31-34.
533. Rec. : P.A. Yannopoulos, La société profane dans l’Empire byzantin
des viie, viiic et ixe s. Louvain 1975. — Revue d'histoire ecclésiastique,
LXXI, 3-4 (1976), 457-460.
1977
534. Quelques traits spécifiques de la civilisation bulgare aux ixe-xe siècles.
— Revue des études Sud-est-européennes, XV, fasc. I (1977), 63-73. -
xvm
MÉLANGES IVAN DUJCEV
535. Die Polemik gegen die Astrologie bei Johannes Exarcha. — Anzeiger
für slavische Philologie, 9 (Graz 1977), 49-57 ( = Gedankenschrift
J. Matl).
536. Observations méthodologiques sur l’édition des Actes de l’Athos :
Déchiffrement et transcription des anthroponymes, des toponymes
et des termes slaves. In : Colloques internationaux du CNRS. Nr. 559.
La paléographie grecque et byzantine (Paris 21-25 octobre 1974).
Paris, 1977, 475-483.
537. Aaron. — Lexikon des Mittelalters, I (1977), col. 6.
358. Slavonie Manuscripts from the British Muséum and Library. In :
Slavonie Manuscripts from the British Muséum and Library. London
1977-1978. Sofia (1977), 5-20.
539. Tradizioni etniche dei paesi slavi nel matrimonio nell’epoca alto-
medioevale. — Settimane di studio del Centra Italiano di studi
sulVAlto Medioevo. XXIV. Il matrimonio nella société altomedioevale.
22-28 aprile 1976. II. Spoleto 1977, 845-863; 866-867.
540. (A proposito del matrimonio del clero). — Ibidem, I (Spoleto 1977),
562-564.
541. Un trésor nous revient. — Obzor, 40 (1977), 88-90 ; = A Treasure
back from the Past. — Obzor, 40 (1977), 88-90 ; = El retorno de un
tesoro. — Obzor, 40 (1977), 86-89.
542. L’œuvre de Méthode d’Olympe ‘De libero arbitrio’ et les discussions
entre orthodoxes et hérétiques. — Balcanica, VIII (1977), 115-127
(= Mélanges V. Êubrilovié).
543. De la fondation de l’Etat bulgare à la conquête ottomane. — In :
I. Dujcev, V. Velkov, Jo. Mitev, L. Panayotov. Histoire de la
Bulgarie des origines à nos jours. Ed. Horvath, Roanne 1977, 55-244.
544. Slavjanski rükopisi ot Britanskija muzej i biblioteka. — Slavjanski
rükopisi ot Britanskija muzej i biblioteka, Sofia 1977, 3-22. Cf. n° 538.
545. Borilovijat Sinodik kato istoriceski i literaturen pametnik. — Biblio-
tekar, 24, kn. 7-8 (1977), 26-31.
546. Napadenija e zaselvane na slavjanite na Balkanskija poluostrov. —
Voenno-istoriceski sbornik, 46, kn. I (1977), 69-84.
547. Bùlgarskata rukopisna kniga ot x-xvm w. — Izkustvo, XXVII, 3
(1977), 30-33.
548. Nakazanieto na kradeca. Epizodi ot Kievo-pecerskija Paterik i
BIBLIOGRAPHIE
XIX
Èitieto na Ivan Rilski. — Zbornik Vladimir MoSin. Beograd 1977,
75-79.
549. Imennik na pürvobtilgarskite knjaze. — Recnik na bulgarskata lite-
ratura, Il (1977), 102-103.
550. Joan Ekzarch. — Ibidem, 128-131.
551. Nadpisi starobulgarski. — Ibidem, 414-415.
552. Blasius Klainer i negovata ‘Istorija na Bülgarija’ ot 1761 godina.
Introduction à : Istorija na Bülgarija ot Blasius Klainer stistavena
v 1761 godina. Pod redakcijata na I. Dujëev i K. Telbizov. Sofia
1977, 5-21. Et aussi adjonction des notes explicatives au texte (pp.
163-184).
553. Chludovskaja Psaltyr v naucnoj literature. — In : M.V. Sôepkina,
Miniatjury Chludovskoj Psaltyri. Greceskij illjustrovannyj kodeks IX
veka. Moscou 1977, 7-26.
554. Mojat ziznen put. Otvetno slovo na jubilejnoto turzestvo na 3 oktomvri
1977 g. _ Vekove, VI, nr. 6 (1977), 87-90.
1978
555. (Introduction à) : A. Grabar, Bojanskata cïïrkva. L’église de Boïana.
Deuxième édition. Sofia 1978, 4-15.
556. A propos du traité byzantino-bulgare de 814-815. — Studia in
honorent V. Besevliev. Sofia 1978, 500-503.
557. Les rapports littéraires entre Byzance et les Slaves pendant le Haut
Moyen Age. —Les cultures slaves et les Balkans. I. Sofia 1978, 229-238.
558. Alciocus. —Lexikon des Mittelalters, II (1978), col. 343.
559. Alexander, bulgarischer Fürst. — Ibidem, col. 369.
560. Alexis Slav. — Ibidem, col. 387-388.
561. Le rôle de l’Etat bulgare dans l’histoire des Slaves aux vii'-x' siècles.
— Bulgarian Historical Review, VI, 2 (1978), 54-71.
562. Die historische Voraussetzungen fur die Entstehung des slavischen
Schrifttums. In : Studien zu Literatur und Aufklarung in Osteuropas.
Aus Anlass des VIII. Internationalen Slavistenkongresses in Zagreb.
Giessen 1978, 19-28.
563. Roljata na cfirkvata za zapazvane na bulgarskata narodnost prez
XX
MÉLANGES IVAN DUjëEV
rannite vekove na osmanskoto vladicestvo. — Izvestija na Cùrkovnija
istoriko-archiven institut, I (1978), 65-86.
564. Zacharij Zograf - licnosl i tvorcestvo. In : Marin Goleminov,
Zografïït Zacharij. Opéra. — Sofia 1978, 5-6.
565. Vatikanski rùkopisi i dokumenti kato izvori za bùlgarskata istorija.
In : Slavjanski rùkopisi, dokumenti i karti za bùlgarskata istorija ot
Vatikanskata apostoliceska biblioteka i Sekretnija archiv na Vatikana
(IX-XVII vek). Sofia 1978, 10-16, 146-147. — Cf. Narodna
kultura, a. XXII, nr. 48 (1169), du I-XII-1978, p. 3.
566. Quelques notes sur les rapports historiques entre les Géorgiens et les
Bulgares au Moyen âge. — Vizantinovedceskie etjudy. Tbilisi 1978
(Mélanges S.G. Kauchcichvili) 75-81.
567. Un remarquable monument de l’art médiéval bulgare. — Études
balcaniques, XIV, 2 (1978) 149-151. — Rec. sur : L. Zivkova, Das
Tetraevangeliar des Zaren Ivan Alexander. Recklinghausen 1977.
568. Drevnoeziceski misliteli i pisateli v starata bûlgarska zivopis (Antike
heidnische Dichter und Denker in der alten bulgarischen Malerei).
Sofia 1978, 182 (1), pp. 63-126 illustrations.
569. Istoriceskite predpostavki na Paleologovskija Renesans. — Izkustvo,
XXVIII, 10 (1978) 8-15.
570. (Bonn als Zentrum der byzantinisch-slavischen Studien im 19. Jahr-
hundert). — In : H. Rothe, I. Dujcev, Ansprachen aus Anlass der
Promotion zum Doktor honoris causa von Prof. Ivan Dujcev. Bonn
(1978), 12-23. Mit 1 Bildnis.
571. Lo studioso spoletino Carlo Bandini. A quarant’anni dalla sua
scomparsa. — Spoletium, XIX. 22 (Dicembre 1977) (1978) 37-40.
Avec 2 images.
572. Slavica dans les Acta Athoa. I. — Byzantino—bulgarica, V (1978)
289-296.
ABRÉVIATIONS UTILISÉES
D O P = Dumbarton Oaks Papers
BZ = Byzantinische Zeitschrift
Viz. Vrem. = Vizantinijskij Vremennik
Byz. = Byzantion
Rev. Et. Byz. = Revue des Etudes byzantines
LES CROIX À CRYPTOGRAMMES, PEINTES
DANS LES ÉGLISES SERRES
DES XIIIe ET XIVe SIÈCLES
Gordana B A Blé
Sans prétendre mentionner toutes les croix peintes, décorées de crypto-
grammes, conservées dans la peinture murale des églises serbes médiévales,
nous avons essayé de présenter une liste d’exemples, restée malheureuse-
ment imparfaite et incomplète, du fait que toutes les recherches ne sont
pas encore faites. Malgré ces défauts, la liste peut démontrer la présence
presque constante et le nombre considérable de croix à cryptogrammes
dans la décoration murale des églises serbes peintes entre la fin du xine
et la fin du xive siècles. Ensuite, cette liste fait remarquer une variété
inattendue de cryptogrammes, aussi bien grecs que serbes. En plus, la
liste fait observer la disposition de telles croix aux endroits déterminés
dans les églises, ce qui suggère l’explication de leur signification.
Mentionnées depuis longtemps dans les études des historiens des langues
et des littératures médiévales grecques et slaves, de même que dans les
études de certains historiens de l’art byzantin, ces croix à cryptogrammes
n’ont pas souvent attiré l’attention des historiens de l’art médiéval serbe1.
1. A.I. Jacimirsku, Kistorii loznych molitv v juznoslavjanskojpis'mennosti, II. «Pochvala
krestu» kak molitva i tolkovanija «krestnych slaves», «Izvêstija otdelenija russk. jazyka
i slovesn. Imp. akad. nauk», XVIII, 3, S. Petersbourg 1913, 22-51; M. Michajlov,
Pamjatniki russkoj vescevoj paleografii, S. Petersbourg 1913, 50-53, fig. 22; N. Bees,
SupPoXi; eîç «rropiav tcôm povcov rœv Mete<!>pù>v, « BuÇav-riç », I, 1909, 578 ; K.
ZeSiou, ’ETriypaçal xpioTiavixœv xpôvwv 'EXXâSoç, «BuÇavrlç», I, 1909, 132 ; A. Or-
2
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Et pourtant le thème n’est pas sans intérêt. L’étude de ce motif symbolique
et traditionnel révèle quelques traits particuliers de la mentalité de l’homme
médiéval, plus fortement reflétés dans l’art à certaines époques et moins
visibles à d’autres.
En hommage à l’œuvre scientifique du professeur Ivan Dujcev et à son
effort pour aborder fréquemment des thèmes communs à la littérature et à
l’histoire, ou à la littérature et à l’art, nous avons essayé de présenter ici
des documents qui eux aussi appellent les commentaires de spécialistes
divers.
La croix peinte est un des plus anciens thèmes de l’art chrétien. Cependant,
nous n’avons considéré que la croix dotée de cryptogrammes et conservée
dans la décoration murale des églises fondées entre la fin du xme et la fin
du XIVe siècles sur le territoire de l’Etat serbe médiéval et par les membres
de la société féodale serbe. Le nombre de croix conservées et la diversité
LANDOS, 'H àp’/iTEZTO'jixr, xal al puîaMTi'jal TOf/OYpa^lai -rfjç [xovîjç toü ©eoZoyou
IIaT[J.oü, èv ’A&ïjvaiç 1970, 173-174, fig. 105 et 60; idem, Tà ^v^avrlva ptvqpieïa rîjç
Kaa-roplaç, « ’Ap’/eïov tcôv fîupa'jTiMcÔM Mvqpteiùiv -rfjç 'EXXdSoç », IV, 1, 1938, 70 ; G.
et M. Sotiriou, Eîxôveç -rfjç p.ovî)<; Sivâ, I-II, Athènes 1958, I 136-143 et II 121-123;
A. Xyngopoulos, 01 Toixoypaçieç toü 'Ay. NixoXdiov ’Opçavoü GeaaaXovixïjç, Athènes
1964, 24, fig. 152-153 ; idem, Newrepai ëpeuvai elç tov "Aytov NixôXaov ’Opcpavàv
OeaaaXovlxïjç, « MaxeSovixà » VI, 1964-1965, 93 ; C. Mango and E.J.W. Hawkins,
The Hermitage of St. Neophytos and its Wall Paintings, « D.O.P. », 20, 1966, 162-163,
fig. 58-59; G. Agnello, Le arti figurative nella Sicilia bizantina, Palermo 1962, 331,
n. 1 ; N.I. Giannopoulos, Al TraXaial êxxX-qalai TpixxdtXwv (OeaaaXiaç ), «B.Z.», XXVII,
3-4, 1927, 350-364, 360; L. Mirkovic, Hilandarske starine, «Starinar», III ser. X-XI,
1935-1936, 83-94, fig. 2 ; G. Subotic, Pocecl monaskog zivota i crkva manastira Sre-
tenja u Meteorima, « Zbornik za likovne umetnosti Matice srpske», 2, Novi Sad 1966,
172; plusieurs cryptogrammes conservés dans les monuments de l’Athos ont été relevés
par : P. Uspenskij, Pervoe putesestvie v Afonskie monastyri, cast’ II, otd. II, Moscou
1880, 24-26, 180-181 ; G. Millet-J. Pargoire-L. Petit, Recueil des inscriptions chré-
tiennes de l'Athos, I, Paris 1904, n” 212, n° 275, n° 393, n° 543.
En étudiant les monuments byzantins et post-byzantins exécutés en divers matériaux
les chercheurs ont remarqué également la présence des croix à cryptogrammes : F.I.
Uspenskij, Artosnaja panagija, «Izvestija Russk. Arch. Inst, v K-lë», VIII, 3, Sofia 1903,
249-263 ; N. Pokrovsku, Evangelie v pamjatnikach ikonografii, S. Petersbourg 1892,
356 ; L. MiRKOvlé, Crkva Petkovica, « Glasnik, Sluzbeni list Pravoslavne Patrijarsije »,
Sremski Karlovci 1922, 153; A. Grabar, La peinture religieuse en Bulgarie, Paris 1928,
337-354, pl. LXIII, b. A. Frolow, La relique de la Vraie Croix, Paris 1961, n° 340; n°
574 ; n° 663 ; n° 771 ; n° 872 ; idem, Les reliquaires de la Vraie Croix, Paris 1965, fig. 41,
fig. 48.
Dernièrement Dj. Trifunovic a essayé de donner la bibliographie concernant ce sujet
dans la littérature slave, Azbucnik, Belgrade 1974, 126-127. Voir aussi infra n. 18.
Beaucoup de renseignements utiles au sujet des cryptogrammes sont réunis dans le
Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, s.v. antimension, vol. LXX-LXXI,
Paris 1926, col. 2325; s.v. pséphie, isopséphie, ibidem, col. 629; col. 631.
CROIX À CRYPTOGRAMMES
3
des cryptogrammes les accompagnant témoignent du rôle important que
jouait ce motif dans la décoration des églises serbes de cette époque. Ces
cryptogrammes sont en grande partie bien connus, par exemple : IC XC
NIKA (’Ictouç XpiCTToç vtxa) ; IC XC YC OY (’Iooüç Xpicrràç ôtàç (tou)
0eoü) ; T K II T (Tottoç Kpavtou KapàSsiooç yéyovEv) ; O X O II (Oûç
XpioToü <patvet itcimv) ; E E E E ('Eàévt; eupev èÀéouç epeiopia), etc. Cepen-
dant, il y en a aussi qui sont plus rares et exigent un déchiffrement adé-
quat, par exemple : E N B K, EE PP TT PP ou IG XG ,5,11 etc-
De plus il existe des cryptogrammes correspondant à plusieurs maximes :
la tradition littéraire a confirmé en effet l’existence des maximes variées
qu’on peut déduire d’un cryptogramme (voir ci-dessous). Ainsi, dans la
littérature grecque médiévale comme aussi dans la littérature ancienne des
peuples slaves, ces cryptogrammes et les maximes qui en dérivent cons-
tituent-ils un genre particulier. Ces maximes présentent souvent, on le sait,
un effort poétique ; elles constituent donc, une forme particulière d’expres-
sion littéraire. Pour l’homme médiéval déjà ces initiales de maximes
sous-entendues comportaient une sorte de pouvoir magique, utile dans la
lutte constante contre les forces diaboliques, contre tout mal. Souvent
répétées en guise de protection, ces maximes sont finalement devenues des
prières apocryphes2. En effet, l’homme du Moyen Age pour vaincre sa
peur se protégeait soit par le signe de la croix, soit par des prières et des
lettres magiques ; les cryptogrammes se sont ainsi multipliés et ont pénétré
dans la littérature et dans l’art. Cela fut surtout évident dans les milieux
monastiques.
De nombreuses maximes connues en forme de cryptogrammes évoquent
le pouvoir surnaturel de la croix, la découverte de la vraie croix, le mystère
de la croix, ce symbole par excellence de la religion chrétienne dont l’ap-
parition avait vaincu le démon ; ensuite, elles évoquent l’origine divine de
Jésus Christ, la lumière surnaturelle offerte par le Christ ouvrant le chemin
vers le paradis, le rôle de la Théotocos dans l’économie du salut, etc.
Dans les églises serbes la forme de la croix peinte est partout identique :
c’est la croix à double traverse. Souvent, mais pas obligatoirement, elle a
le suppedaneum et les feuilles stylisées qui se dégagent du rinceau sorti de
la base du montant planté dans un piédestal à gradins3. Les initiales de la
2 Jacimirskij, op. cit. (n. 1), 22-51.
3. Etude détaillée des croix décorées par J. Flemming, Kreuz und Pflanzenornament,
«Byzantinoslavica» 30, Prague 1969, 88-115 (avec la bibliographie antérieure); sur la
croix fleurie voir D. Talbot Rice, The Leaved Cross, «Byzantinoslavica» XI, 1950,
72-81 ; le postament est expliqué par K. Ericson, The Cross on Sfeps and the Silver
Hexagram, «Jahrbuch der Ôsterr. Byz. Gesellschaft » 17, 1968, 149-164.
4
MÉLANGES IVAN DUJCEV
maxime choisie ornent les champs supérieurs délimités par les bras de la
croix ; cependant, lorsque plusieurs cryptogrammes sont attachés à une
seule croix, les lettres se trouvent également dans les champs inférieurs
autour du suppedaneum. De cette façon le vieux symbole chrétien, la croix
fleurie, s’empara des lettres magiques et reçut un sens iconographique
nouveau, plus complexe.
La vraie signification iconographique de telles croix se dévoile lorsqu’on
observe leur emplacement dans la décoration des églises. En Serbie, ces
croix ornent les montants des portes et des fenêtres des églises, les entrées
du sanctuaire, la table d’autel lorsqu’elle est maçonnée et peinte de fresques,
les niches souvent creusées dans les murs du sanctuaire, les arcosolia qui
abritent les tombes aménagées dans les églises. Le fait qu’on les trouve
toujours à ces endroits précis découvre leur pouvoir prophylactique. Elles
protègent les entrées des églises et plus particulièrement les entrées du
sanctuaire ; elles protègent aussi les célébrants qui y officient et les défunts
qui y sont enterrés. Ces croix à cryptogrammes ont remplacé les autres
ornements purement décoratifs, qui occupaient les mêmes endroits dans
les églises serbes avant la fin du xme siècle. Elles furent surtout au xive
siècle régulièrement appliquées aux entrées des pièces les plus vulnérables
et où l’on redoutait l’action des forces extérieures, impures. Il n’est point
difficile de comprendre alors qu’un tel emplacement des croix à crypto-
grammes fut choisi aussi par pure superstition. Par ailleurs il est intéressant
de noter que l’Eglise serbe encouragea cette formule iconographique sur-
tout au cours du xive siècle. A cette époque les iconographes cherchaient
systématiquement des motifs et des personnages saints qui pouvaient
protéger les entrées des églises. Les saints Constantin et Hélène, sainte
Marina, les archanges, tous se groupent autour des portes occidentales
des églises, de façon à empêcher la pénétration du mal dans l’édifice. Ce
mal est personnifié par le diable noir et souvent ailé, Belzébuth, que sainte
Marina tue. Cette scène est conservée, par exemple, dans l’église de Karan,
immédiatement à côté de l’entrée occidentale du naos (fig. 1) : le personnage
noir est bien identifié : AHlïEOAh . DK G . K>GTh . EPfirh . (le
diable, qui est l’ennemi). La même scène est conservée à Ohrid, dans
l’église des Saints-Constantin-et-Hélène4. Tout un programme iconogra-
phique s’est développé à cette époque autour de la porte d’entrée, inspiré
4. G. SuBoné, Sveti Konstantin i Jelena u Ohridu, Belgrade 1971, 52-56. J. Lafontaine-
Dosogne, Un thème iconographique peu connu. Marina assommant Belzébuth, « Byzantion »
32, 1962, 251-259.
CROIX À CRYPTOGRAMMES
5
par les légendes apocryphes et des croyances qui promettaient aux hommes
la présence de gardiens puissants dans leurs églises. Les croix à crypto-
grammes jouaient le même rôle que ces Saints.
Dans les églises serbes on trouve le plus souvent la croix ornée d’un
cryptogramme bien connu : IC XC NIKA. C’est la célèbre acclamation
de victoire dont l’origine remonte à l’époque paléo-chrétienne5. A l’époque
médiévale avancée cette acclamation fut introduite dans le texte de la messe
où elle fait partie du rite de la proscomidie : le prêtre incise ces lettres dans
la première parcelle préparée pour être consacrée6. Les fresques conservées
dans les catacombes de Saint-Janvier à Naples (ixe s.)7 et beaucoup d’autres
attestent que ce cryptogramme fut de bonne heure associé à la croix peinte,
formant ainsi un symbole iconographique particulier. Au cours du Moyen
Age son expansion fut considérable, spécialement dans la peinture byzantine.
En Serbie on trouve le cryptogramme IC XC NIKA sur les croix peintes
dans de nombreuses églises à partir de la fin du xm' siècle :
Sopoéani, chapelle Sud, lunette de l’entrée du mur Nord (fin xm' s.) ;
— chapelle Nord, lunette de l’entrée du mur Sud (xive s.) ;
Arilje (1296), montant Ouest du passage entre le sanctuaire et laprothésis ;
— montant Est du passage entre le sanctuaire et le diaconicon ;
— lunette de la fenêtre du mur Sud du transept ;
— fenêtre de l’abside centrale ;
— montants des fenêtres de la travée Ouest (les cryptogrammes
des croix peintes sont très endommagés).
Peé, Sainte-Vierge-Odighitria (vers 1330-1334), arc surmontant le passage
entre le sanctuaire et le diaconicon ;
Gracanica (vers 1321), niche du mur Sud du naos ;
Kuceviste, Saint-Sauveur (vers 1330-1337), entrée du diaconicon, montant
Est ;
— entrée du diaconicon, montant Ouest ;
— diaconicon, mur Sud ;
Karan, Bêla crkva (vers 1342), iconostase maçonnée : montant Sud du
passage central vers le sanctuaire ;
— iconostase maçonnée : sommet de l’arc du passage central ;
— sanctuaire, niche du mur Sud ;
5. DACL LXX-LXXI, col. 661 ; col. 687 ; fasc. CXXXII-CXXXIII, col. 1269-1272.
6. 'lepartzov Ttepie^ov tïç ©eïaq Aeiroupyiaç, Athènes 1951, 95.
7. DACL III, 2, Paris 1914, col. 3184-3186.
6
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Decani (1335-1350), narthex, montant Est de l’entrée Sud ;
— narthex, montant Ouest de l’entrée Sud ;
— narthex, entrée principale (Ouest) ;
— fenêtre de la prothésis, montant Nord ;
Pec, Saints-Apôtres (vers 1375-1380) mur Est du transept Sud : le portrait
de l’archevêque Sava Ier de Serbie dont l’omophorion est
orné de croix à cryptogrammes (fig. 2) ;
— exonarthex, mur Est : le portrait de l’archevêque Sava Ier
de Serbie dont l’omophorion est orné de croix à crypto-
grammes ;
— exonarthex, la fenêtre du mur Ouest ;
Sopocani (vers la fin du xive s.), passage entre la prothésis et le transept :
sommet de la voûte ;
Ohrid, Saints-Constantin-et-Hélène (vers la fin du xive et le xve s.), fenêtre
de l’abside centrale : les deux montants ;
— entrée Ouest de l’église, montant Nord ;
— entrée Sud de l’église, montant Ouest ;
— façade Sud de l’église (à côté de l’entrée Sud) ;
Ohrid, Saint-Nicolas-de-l’Hôpital (la fin du xive s.), entrée Ouest, les
deux montants ;
Susica, Monastère de Marko (vers 1380-1382), autel maçonné : les crypto-
grammes ornent les côtés : Est, Ouest, Nord et Sud.
Un des cryptogrammes qu’on trouve souvent attaché à la croix peinte
et qui se prête à des interprétations différentes est le suivant :
E E E E : 'EXévv) eôpev èXéouç ëpetopix ;
'EXévy; èx ©eoü EÛpyjpia ÈSôûy; ;
'EXévtjç eûpy;p.a 'E[3pa[cov ëXey/oq ;
'EXÉvv) eôpev eupTjpia èv roXyoûa ;
'EXévy; eûpyjxev ëpetopia eùciepiaç ;
'Ecompopoq EKeoev eûpy|xap.ev ’ESép. ;
Au cours du xive siècle ce cryptogramme ornait parfois la croix soutenue
par les saints Constantin et Hélène. La légende ancienne attribuait à sainte
Hélène la découverte de la Vraie Croix; ce cryptogramme évoquait donc le
pouvoir mystérieux du bois, le mérite de l’impératrice et le rôle prophylac-
tique des images rappelant cet événement8.
8. R. Ljubinkovic a remarqué la présence de ce cryptogramme sur la fresque de Donja
Kamenica («Starinar», I, 1950, 58, si. 9) et a mentionné quelques autres exemples où il
CROIX À CRYPTOGRAMMES
7
En Serbie on le trouve dans plusieurs églises :
Arilje (1296), fenêtre de l’abside centrale, montant Nord ;
Staro Nagoricino (1318), entrée du narthex, montant Sud ;
Gracanica (vers 1321), niche dans le mur Sud du naos ;
Kuceviste, Saint-Sauveur (vers 1330-1337), mur Sud du diaconicon ;
Sopoéani (vers la fin du xive s.), passage entre le transept Nord et la pro-
thésis : sommet de la voûte ;
Ohrid, Saints-Constantin-et-Hélène (vers la fin du xive s.), entrée Sud de
l’église, montant Ouest.
Un des anciens cryptogrammes qui devient de plus en plus fréquent dans
l’art byzantin après le Xe siècle est le suivant :
X X X X : XptctToç /ptoTtavotq /apt^erat /àptv ;
XptctToç /àptv /aptÇet /ptcmavotç.
En Serbie on le trouve moins fréquemment à l’époque considérée :
Pec (xive s.), exonarthex, fenêtre du mur Ouest, montant Sud.
Le cryptogramme suivant se prête à des déchiffrements différents :
P P P P : 'Ptjtcoç pyjTopeç pTjTopeûoucn p^pta ;
'PyjTcop pTjTcpcov pTjTopeuei. prjptaTa ;
'Prjcretç pyjTopcov ptjTopeûoum pyjpiaTa ;
Pappl püctat p(r)piaTa) paûupttaç9.
Gracanica (vers 1321), niche dans le mur Sud du naos.
Un autre cryptogramme ancien dont l’expansion fut assurée par la litur-
gie est le suivant :
O X O II : Owç Xptcrroü tpaivet Kacnv ;
Arilje (1296), passage entre le transept et la prothésis, montant Est ;
apparaît également attaché à la croix placée entre les figures des saints Constantin et
Hélène ; actuellement, les fresques de Donja Kamenica sont considérées comme une œuvre
du début du xive s., voir : L. Mavrodinova, Càrkvata v Dolna Kamenica, Sofia 1969, 14,
fig. 38 ; D. Panayotova, Les portraits des donateurs de Dolna Kamenica, « Zbornik ra-
dova Vizantoloskog instituta», 12, 1970, 143-156. L’exemple analogue de Berende est
publié par E. Bakalova, Stenopisite na càrkvata pri selo Berende, Sofia 1976, 53-54,
fig. 46.
9. Orlandos, op. cit., «ABME», IV, 1, 1938, 69-70; en décrivant les fresques des
Taxiarches à Kastoria, l’auteur proposa les déchiffrements des cryptogrammes qu’il y a
observés.
8
MÉLANGES IVAN DUJCEV
— passage entre le transept et le diaconicon, montant Ouest ;
Sopocani (vers la fin du xive s.), passage entre le transept et la prothésis,
sommet de la voûte ;
Staro Nagoricino (1318), entrée du narthex, montant Nord ;
Graèanica (1321), naos, niche du mur Sud ;
Lesnovo (1349), narthex, portrait de l’évêque Arsenije, dont l’omophorion
est décoré de croix à cryptogrammes ;
Pec, Saints-Apôtres (vers 1375-1380), mur Est du transept Sud : le portrait
de l’archevêque Sava Ier de Serbie, dont l’omophorion est
orné de croix à cryptogrammes ;
— l’exonarthex (vers 1375-1380), mur Est, portrait de l’arche-
vêque Sava Ier de Serbie, dont l’omophorion est orné de croix
à cryptogrammes ;
Ohrid, Saints-Constantin-et-Hélène (fin xive et XVe s.), entrée Sud de l’église ;
— montant Ouest ; façade Sud de l’église (à côté de l’entrée).
Les initiales O X O II évoquent la maxime qui était inscrite in extenso
dès le VIe siècle sur les lampes à huile, d’origine palestinienne. Cette mention
de « la lumière du Christ qui brille pour tous » inscrite à l’origine sur les
lychnaria, sans doute employés pendant les offices liturgiques dans les
églises, fait supposer que cette maxime a dû être introduite très tôt dans la
liturgie des présanctifiés où on la trouve encore aujourd’hui. Au cours
de la liturgie des présanctifiés, à la fin du lucernaire (avec le pain et le vin
consacrés le samedi ou le dimanche précédent, comme c’est la règle pour
le temps du Carême), après la leçon de la Genèse, le célébrant tourné vers
l’autel trace le signe de la croix avec l’encensoir et porte un cierge allumé
en disant : Lo<pia ôpûoi. Et ensuite il bénit le peuple en disant ffiùSç XpioToü
ipawet, kôcoiv 1 °.
Le cryptogramme <P II M S - ’Ap/îj klotecoç .(xucmQptou erraupép, ap-
paraît deux fois à Pec :
Saints-Apôtres (vers 1375-1380), mur Est du bras Sud du transept : portrait
de Sava Ier de Serbie dont l’omophorion est orné de croix
à cryptogrammes ;
Exonarthex (vers 1375-1380), mur Est : portrait de Sava Ier de Serbie dont
10. DACL, fasc. LXX-LXXI, Paris 1926, col. 666 ; t. I, fasc. 2, 1907, col. 2325 ;
fasc. LXXXIV-LXXXV, Paris 1928, col. 1108-1111 ; EùxoXôyiov to Méya, Venise 1851,
111; 'lepaTixiv, 153.
CROIX À CRYPTOGRAMMES
9
l’omophorion est également orné par des croix à crypto-
grammes.
Au cours du xive siècle ce cryptogramme était très apprécié et on le voit
souvent attaché aux croix peintes non seulement sur les murs des églises,
mais aussi sur les objets de culte, et même sur les vêtements des moines
mégaloschèmes et des évêques. L’Habit angélique des mégaloschèmes
comporte un capuchon orné de la croix à cryptogramme (fig. 9)11. Les
omophoria des évêques portent souvent aussi au xive siècle des crypto-
grammes décorant les croix. Il est intéressant de noter que les cryptogram-
mes suivants : IC XC NIKA, <I> X <I> H, <P Il M 4 ornent les bras des
croix appliquées aux omophoria des évêques de l’Eglise serbe. De tels
omophoria ont été observés sur le portrait de l’évêque Arsenije (1347-1354 ?)
de Zletovo, peint à Lesnovo et sur les deux portraits de l’archevêque Sava Ier
de Serbie (1219-1235) conservés à Pec (fig. 2)12. Au cours du xive siècle et
plus tard, sur les icônes et sur les fresques, les saints évêques et les anciens
hauts-dignitaires de l’Eglise byzantine portaient de tels omophoria. Saint-
Nicolas, peint sur une icône de Chilandar (milieu du xive s.) porte un omo-
phorion avec des croix à cryptogrammes13. Sur les fresques de l’église dédiée
aux Archanges Taxiarches, à Kastoria (1359-1360), saint Antypas et saint
Eleuthérios ont aussi des omophoria à croix décorées de cryptogrammes,
de même que saint Ephraim le Syrien dans la même église14. Saint Athanase
porte un omophorion pareillement décoré dans l’église qui lui est dédiée
à Kastoria encore (1384-1385)15. Saint Jean Chrysostome a des croix à
11 Plusieurs icônes de Chilandar (encore inédites) prouvent que saint Simeon Nemanja
portait l’Habit angélique avec le capuchon décoré de la croix à cryptogramme IC XC
NIKA ; parfois les autres saints sont représentés en mégaloschème, par exemple, saint
Cosma de Maïouma sur une icône de Skoplje, de la première moitié du xvie s. illustrant
la Dormition de la Vierge, voir : S. Radojcic Ikonen, Herrsching-Amoersee 1974, fig. 29 ;
voir aussi fig. 41 et 43.
12. Ces deux portraits ont été publiés; le premier par G. Babic, O rekonstrukciji
ostecenih epigrama i natpisa na portretu sv. Save u juznoj pevnici Sv. Apostola u Peci,
« Zbornik zastite spomenika kulture», XV, 1964, 159-164 ; D. Tasic, Zivopis pevnickih
prostora crkve Sv. Apostola u Peci, « Starine Kosova i Metohije », IV-V, PriStina 1968-
1971, 233-267 ; le deuxième portrait est publié par V. Djuric, «Presto svetoga Save»,
«Spomenica», knj. 55, posebna izdanja SANU knj. CDLII, Belgrade 1972,93-104,
fig. 1-3.
13. Mirkovic, op. cit., «Starinar», X-XI, 1935-1936, fig. 2. S. Radojcic a daté cette
icône du milieu du xive siècle, voir son article : Umetnicki spomenici manastira Hilandara,
« Zbornik radova Vizantoloskog instituta», 3, 1955, 174 (saint Nicolas est peint au dos
de l’icône de la Vierge Trichéroussa) ; l’icône est bien reproduite in S. Radojcic, Staro
srpsko slikarstvo, Belgrade 1966, pl. XXXIX.
14. S. Pelekanides, Kaaropta, I, Thessalonique 1953, pl. 134 et 136.
15. Pelekanides, op. cit., pl. 1456.
10
MÉLANGES IVAN DUJCEV
cryptogrammes sur toute la surface de son polystavrion, dans l’église des
Saints-Apôtres à Kastoria (1547)16 ; on peut encore citer les saints Clément,
Nicolas et Antoine d’Alexandrie peints vers 1426 dans l’église du village
de Leskovec (près d’Ohrid), présentés eux aussi avec des omophoria décorés
de croix à cryptogrammes.
Ces images nous font croire que les omophoria des évêques ont en réalité
reçu de telles croix à partir du xive siècle, à Byzance, aussi bien qu’en Serbie.
Ces croix prophylactiques protégeaient les moines et les évêques du mal
qu’ils pouvaient éventuellement rencontrer quand ils officiaient ; la super-
stition a donc laissé sa trace évidente dans la peinture et, ce qui est plus
intéressant, sur les habits des moines et des évêques.
En cherchant les phrases courtes et rythmées qui pourraient être trans-
formées en quatre lettres magiques (ce qui était la formule normale des
cryptogrammes) les auteurs anciens s’inspiraient parfois de la Bible ou de
la poésie liturgique. La maxime suivante en est un exemple évident. Elle
dérive d’une phrase connue de la lte épître de Jean (IV, 15) :
''Otc ’It]<toüç ècttw ô uéoç tou 0eoü.
I X Y 0Y : ’lyjooüç Xpicrroç vloç toü 0eoü.
Ce cryptogramme fut souvent répété sur les croix peintes de l’église
Saint-Georges à Staro Nagoricino :
Staro Nagoricino (1318), entrée du narthex, montant Sud ;
— entrée Sud du naos, montant Ouest ;
— entrée Sud du naos, montant Est ;
— iconostase maçonnée, face Est de l’icône Nord ;
— prothésis, fenêtre du mur Nord : montant Ouest ;
— entrée du diaconicon, montant Ouest.
Un autre exemple des lettres magiques qui dérivent de citations bi-
bliques a été trouvé à Bêla crkva de Karan. Les lettres initiales y sont même
multipliées et parfois renversées, soulignant de cette manière le caractère
magique du cryptogramme, qui dérive, en effet, du Psaume 150, ver-
set 6 :
Il II AAA JTJI'M ; nacra Ttvor) atvecrocTco tov Kupiov.
Karan (vers 1342), iconostase maçonnée, passage central vers le sanctuaire,
montant Sud (fig. 3).
16. Idem, op. cit., pl. 192â.
CROIX A CRYPTOGRAMMES
11
Nous citons deux autres cryptogrammes de Karan sans en proposer de
déchiffrement :
OK OK np np : ?
Karan (vers 1342), iconostase maçonnée, passage central vers le sanctuaire,
montant Nord (fig. 4).
IG XG AL AL ; ?
Karan (vers 1342), iconostase maçonnée, passage vers la prothésis, montant
Sud.
Dans l’exonarthex de Pec nous avons relevé un cryptogramme plutôt
rare en Serbie :
(A) (X) X II : ’Ap^y; XptoToü /pttmavtxTÎç tÛotscûç.
Pec, exonarthex (vers 1375-1380), mur Est portrait de saint Sava Ier de Serbie
dont l’omophorion est orné de la croix à cryptogrammes.
Un cryptogramme apparaît parallèlement en versions grecque et serbe :
T K II P : Tokoç Kpavtou Kapà&iooç yéyovev.
Gracanica (vers 1321), naos : niche du mur Sud ;
En version serbe on le trouve à Pec :
M A P Ê : MESTO LOBNO RAJ BIST.
Pec, exonarthex, fenêtre du mur Ouest, montant Sud17.
Certains cryptogrammes évoquent le rôle de saint Constantin ou de sa
mère Hélène au moment de la naissance du culte de la Vraie Croix :
E Y 0 (E) : 'EXévrçç 'Ytoç Oaüpta eTSev.
Staro Nagoricino (1318), narthex, entrée, montant Nord.
Pour le cryptogramme suivant nous n’avons pas trouvé le déchiffrement
satisfaisant :
ENB K : ?
Staro Nagoricino (1318), iconostase maçonnée, face Est de l’icône Sud.
De nombreuses croix peintes décorées de cryptogrammes ont été conser-
vées à Decani. Certains reflètent des maximes connues en langue serbe :
K (E) n (K) : KRST VOZNOSITE PADAJUT BESOVE ;
17. C’est le début d’un tropaire, voir : E. Follieri, Initia hymnorum ecclesiae graecae,
vol. IV, Cité du Vatican 1963, 245.
12
MÉLANGES IVAN DUJCEV
narthex entrée Nord, montant Ouest (fig. 5) :
Ig © A ’I ELENA OBRETE DREVO CASNO ;
narthex entrée Ouest, montant Nord (fig. 6) ;
K Æ X f : ?
narthex entrée Nord, montant Est (fig. 7) ;
(?) f (?) H : ?
narthex entrée Sud, montant Ouest (fig. 8).
Dans l’exonarthex de Pec on trouve également des cryptogrammes
évoquant des maximes écrites en serbe :
K K Ê K BILJEG BOZIJI BIJET BESI ;
exonarthex, fenêtre du mur Ouest, montant Nord ;
ît H, U CARSKI CVIJET CRKVAM CVIJETI ;
exonarthex, fenêtre du mur Ouest, montant Sud.
PfâTPKX : ?
exonarthex, fenêtre du mur Ouest, montant Nord.
Parfois ces cryptogrammes évoquent certaines prières ou certains chants
liturgiques et dans ces cas les lettres initiales sont plus nombreuses et il est
plus difficile de les déchiffrer18.
Voici d’autres exemples de cryptogrammes qui n’ont pu encore être
déchiffrés :
EE PP TT PP : ?
Gracanica, naos, niche du mur Sud.
r p X î'î : ?
Ohrid, Saints-Constantin-et-Hélène (fin xive s.), naos, entrée Sud, montant
Ouest.
Cette étude et les exemples mentionnés montrent que les croix à crypto-
grammes présentent un groupe particulier d’images (symboliques et pro-
phylactiques) de l’art byzantin et de l’art serbe. Le déchiffrement des crypto-
grammes nous échappe dans certains cas et cela n’est pas dû au hasard.
En effet, à l’époque médiévale on inscrivait rarement les maximes in ex-
tenso ; on conservait ainsi leur caractère magique et mystérieux. Et ceci
18. Egalement sur les antimensia tardifs ces nombreuses lettres sont fréquentes, J.S.
Jastrebov, Podaci za istoriju crkve u Staroj Srbiji, « Glasnik Srpskog ucenog drustva»,
XL, Belgrade 1874, 196.
CROIX À CRYPTOGRAMMES
13
présente un obstacle sérieux pour nos études. Cependant, les exemples
déchiffrés et présentés ici attestent que les maximes transformées en crypto-
grammes ont leurs sources dans la tradition liturgique, dans les écrits
bibliques19 et dans la création poétique populaire des différentes époques.
Ces images symboliques dévoilent l’angoisse de l’homme médiéval et
reflètent ses croyances et aussi ses superstitions.
19. Le thème des portes marquées par le sang de l’Agneau pascal (Exode II, 7-14) est
mis en rapport avec l’emplacement des croix à cryptogrammes dans les églises serbes et
étudié dans l’article de S. Radojcic, Izobrazenie otroka pri cerkovnom vchode v serbskoj
zivopisi nacala XV veka, in « Vizantija, Juznye Slavjane i Drevnjaja Rus’, Zapadnaja
Evropa, Sbomik statej v cest’ V.N. Lazareva », Moscou 1973, 324-332.
AUTOUR DU CHRYSOBULLE D’ANDRONIC II
POUR CHILANDAR
DE MARS 1319
Franjo BARlSlC
Ce chrysobulle d’Andronic II, qui fera l’objet des considérations qui
suivent, attire notre attention pour diverses raisons. Il se fait déjà remarquer
par son apparence extérieure, — il est écrit calligraphiquement sur un
rouleau de plus de 2 m de long en fin parchemin —, et encore plus par son
contenu. L’empereur Andronic II a été, cela est bien connu, très généreux
envers tous les monastères du Mont Athos, mais tout particulièrement,
grâce à un concours de circonstances historiques envers le monastère
serbe de Chilandar. Dans le nombre assez abondant d’actes de donation
de l’empereur, ce chrysobulle offrait de loin le plus grand nombre de do-
maines à ce monastère. Il y a ensuite également assez de choses insolites
dans le texte-même de ce chrysobulle. Il se présente sous forme d’une petite
revanche pour les grands mérites du roi Milutin. De là, ce long préambule
solennel, modèle de rhétorique de l’époque, mais en même temps document
de source qui mérite l’attention. Mais, dans la partie du texte qui suit,
cette rhétorique se maintenant constamment produit, par endroits, des
dispositions concernant certains domaines qui ne sont pas clairement
formulées. De plus, le hasard a voulu que les actes de cadastre conservés,
par lesquels on remet au monastère en jouissance certaines possessions
accordées par le chrysobulle, sont également défectueux. Un de ces do-
cuments ne porte aucune date, tandis que les trois autres sont signés par
une indiction qui se rapporte à l’année précédant celle de l’émission du
16
MÉLANGES IVAN DUJCEV
chrysobulle même. C’est donc ainsi qu’en discutant sur la chronologie de
ces actes et en acceptant la date marquée comme étant exacte, certains
savants sont arrivés, ce que nous verrons tout de suite, à la conclusion
que ce chrysobulle d’Andronic II, dans son ensemble, ne signifie pas l’ad-
jonction de nouvelles donations, mais seulement la confirmation des
domaines qui avaient été accordés antérieurement. Mentionnons enfin que
deux chrysobulles de confirmation, émis le même mois par les corégnants
de l’empereur, ne sont pas non plus de type standard, pas plus par leur
apparence extérieure que par leur contenu. Bref, le chrysobulle d’Andronic II
de mars 1319 et une dizaine d’actes, conservés ou non, génétiquement liés
à lui, constituent un groupe de sources diplomatiques intéressantes à plu-
sieurs points de vue et insuffisamment examinées. Parmi les nombreuses
questions qui se posent au sujet de cet ensemble d’actes, nous allons essayer
de traiter ici et de mettre au clair certaines d’entre elles, les plus impor-
tantes, pensons-nous.
Examinons avant tout ce que contient le chrysobulle. Il commence par
un préambule solennel dans lequel, avec force détails et en choisissant les
mots, on expose que « krales de la Serbie » Milutin, naguère à titre d’allié
d’Arès, « à l’époque... de luttes et de guerres, comme aussi de quelques autres
infortunes», a obligé l’empire par de grands actes héroïques et dignes de
louanges. Maintenant, il demande « qu’on adjoigne quelques villages »
au monastère de Chilandar, manifestant à cette occasion également « sa
générosité » par « une revanche anticipée » et par une plus importante
donation : il cède à l’Etat des Romaioi « des circonscriptions entières dans
la région frontalière1 ». C’est pour cette raison que sa demande est acceptée
«très promptement et avec joie», et l’on cède au monastère Chilandar
cinq grands et riches villages près du lac du fleuve Strymon : Georgela
avec le hameau de Apidea, Eunouchos avec l’ancienne possession de
logariastes Kassandrenos, Leipsochorion, Malouka et Sdravikion, en
excluant la pêcherie et un lieu de passage se trouvant là. De plus, l’empereur
ordonne que le monastère tienne en sa possession la montagne /TrXavrçvrç/
Matzista qui appartenait à l’Etat et qui se trouvait près de Mélénikon,
ainsi que la montagne voisine de Hagios-Démétrios-Ptérotos, et l’hivernage
pour le bétail Hagia-Trias sur la presqu’île Kassandra. Enfin, l’on confirme
au monastère le droit à la pêcherie de Stauros sur le fleuve Vardar.
1. Actes de Chilandar No 41, 43 : zai. avriStSwai 'Pù>p.a(<ov zâ/et... ’/topaç
5Xœq oùz èXiyaq où8’ eÙTtepuppovqrouq èv... toïç za-fl’ rçp.âç ôpoiç.
Sur quelle partie de la frontière serbo-byzantine Milutin a-t-il, aux environs de 1319,
accordé des concessions et quelle en fut l’ampleur, c’est ce que nous ignorons.
CHRYSOBULLE D’ANDRONIC II
17
Cinq villages sur le lac du fleuve Strymon
Pour tous ces villages qui ont été attribués par le chrysobulle impérial
au monastère de Chilandar en propriété, à l’exception de l’unique village
de Georgela avec le hameau d’Apidea, les actes cadastraux par lesquels
les villages ont été transférés en possession du dit monastère, ont été conser-
vés. Par le premier acte (îrapaSortzov ypàpipia) on remet le village Malouka
(N° 37), par le second acte, qui est à vrai dire un praktikon, les villages
de Eunouchos et Leipsochorion (N° 38), et par le troisième le village Sdra-
vikion (N° 39)2. Ces trois actes ont été émis par l’apographeus Michel
Néokaisaritès3, qui rapporte dans ses paroles d’introduction, identiques
dans les trois actes, qu’il exécute le paradosis d’après les ordres de l’em-
pereur (thploh'yjv) et qu’il est question de l’un «des villages sur le lac du
fleuve Strymon, qui ont été offerts par le chrysobulle divin et digne de véné-
ration à ce monastère4». Comme nous savions déjà que les villages près
du lac du fleuve Strymon avaient été offerts par le chrysobulle d’Andronic II
de mars 1319, cela nous fait immédiatement penser que Néokaisaritès fait
justement allusion à ce chrysobulle. Toutefois, une surprise nous attend.
Les trois actes portent à la fin la date « septembre, indiction 2 » ce qui ne
peut se rapporter, comme l’éditeur Petit l’a tout à fait correctement inter-
prété, qu’à l’année 1318.
Le premier des savants de l’époque récente qui a pris en considération
la chronologie de ces trois actes, a été G. Ostrogorsky. Examinant le prakti-
kon de Chilandar pour les villages Eunouchos et Leipsochorion, c’est-à-
dire l’acte N° 38 de Néokaisaritès, Ostrogorsky trouve que la datation de
celui-ci de septembre 1318 est tout à fait correcte, «puisque les droits de
Chilandar sur ces villages (sc. Eunouchos et le Leipsochorion) se trouvent
confirmés dans le chrysobulle d’Andronic II de mars 1319, tandis que dans
le chrysobulle de juillet 1317, du même empereur, ces villages ne sont pas
encore cités parmi les propriétés de Chilandar5 ».
L’acceptation de septembre 1318 comme date exacte pour nos trois
actes a conduit inévitablement, comme nous le voyons, à l’interprétation
que par le chrysobulle d’Andronic II de mars 1319 les villages de Strymon
étaient, à vrai dire et effectivement, seulement confirmés. Si nous acceptons
2. Actes de Chil. No 37 et 38 (conservés en original), No 39 (en copie non certifiée).
3. Sur un acte datant de 1324 que Michel Néokaisaritès signe à titre de « grand adnou-
miastes» (Actes de Chil. No 104).
4. Actes de Chil. No 37, 5 : Tà 8ià Ileiov... ^pvaopouXXov So&évTa rtpàç aùrrjv ytopia,
Tœ rrepl Xijrvqv roù Stp>j[1[i6'joç Siaxetpieva.
5. G. Ostrogorsky, Pour l’histoire de la féodalité byzantine, Bruxelles 1954, 273.
18
MÉLANGES IVAN DUJCEV
qu’il en fut ainsi, nous devons supposer que les villages en question ont été
offerts au monastère par un autre chrysobulle antérieur, datant d’avant
septembre 1318, et émis par le même empereur. Dôlger propose précisément
une telle solution, tout en supposant et démontrant que les villages men-
tionnés furent attribués au monastère, « kurz vor 1318 sept.», par un
chrysoboullon sigillion d’Andronic II, et qu’en même temps, c’est-à-dire
«kurz vor 1318 sept.», l’on envoya également l’horismos de l’empereur,
sur la base duquel Néokaisaritès exécutera, en septembre 1318, la paradosis
des villages donnés. Par les chrysobulles d’Andronic II et de ses corégnants
de mars 1319 ces villages, offerts antérieurement, ont été confirmés en
commun. Après avoir constaté que jadis P. Bezobrazov avait mis en doute
l’exactitude de la date inscrite dans ces trois actes « septembre, indiction 2 »
(c’est-à-dire sept. 1318), vu que dans ce cas il faudrait supposer que la
paradosis cadastrale des villages a précédé leur donation, Dôlger répond :
« dies ist nicht richtig. Zuerst erfolgt die Schenkung, die wohl auch durch
das chrysob. Sigillion oder Prostagma erfolgen kann, dann pflegt kurz
darauf die Gesammtbestâtigung des Besitzes zu folgen6 ».
Nous devons faire remarquer que ces suppositions, d’après lesquelles
les villages sur le Strymon devraient être seulement confirmés par le chryso-
bulle de 1319, sont en contradiction avec ce qui est exprimé dans le texte
de ce chrysobulle. A savoir, dans la partie finale du préambule, à la question
rhétorique « Que demande (sc. krales de la Serbie) ? », on répond : « Il
demande de mon empire de présenter au monastère et de lui céder généreuse-
ment quelques villages... Et recevant tout à fait prêt et avec joie cette de-
mande, mon empire... d’après sa demande offre les villages... et à ce sujet
émet ce chrysobulle par lequel, etc.7». L’information qu’Andronic II
« a offert » (àTC/apicraTo ) les villages mentionnés, nous la trouvons égale-
ment dans les chrysobulles de ses corégnants8.
Comme nous le voyons, par le chrysobulle de mars 1319 les cinq villages
sur le lac du fleuve Strymon n’ont pas été confirmés mais donnés à Chilan-
6. Dôlger, Regesten IV 2416, 2401, 2402. A l’époque d’Andronic II, pour autant que
nous ayons pu l’établir, on accorde le plus souvent des prostagmata de donation, mais les
chrysobulles de donation seulement lorsqu’il est question d’un grand domaine ou lors-
qu’on fait une donation à une très haute personnalité. Le chrysoboullon sigillion toutefois
est souvent employé comme un acte par lequel l’on confirme quelque chose (cf. Reg.
IV 2107, 2331, 2345, 2374, 2382, 2493) et tout à fait exceptionnellement comme un acte
de donation {Reg. IV 2307 de 1307).
7. Actes de Chil. N° 41, 35 : tîç 8è rj aïngaiç; ...èÇai-reÏTCti ttjv {3aaiXeîav X«>pia
Ttvà Ttpoaveîpai xai èm8aipl^s'-l<jaa&ai... ; 1. 47 : Tà arrfjaeùiq tocuttjç aù-roü... ))
PamXeia pou TtpoaSe^apiévï), ...àTroxapiÇeTai xcerà rijv avToû Çfj-ngcnv Ta x“pi“---
8. Actes de Chil. No 42, 1-15 ; No 43, 1-16.
CHRYSOBULLE D’ANDRONIC II
19
dar. S’il en est ainsi, nous pourrions conclure avec raison que l’apogra-
pheus Néokaisaritès se réfère précisément à ce chrysobulle, respectivement
que la remise cadastrale de ces villages a eu lieu après mars 1319. L’analyse
comparée du texte de la paradosis pour le village Malouka (N° 37), au sujet
duquel il existe dans le chrysobulle une disposition spécifique, nous mène
à la même conclusion. Dans le chrysobulle on relate que dans la zone du
village Malouka, « comme il a été offert au monastère par ce chrysobulle »,
se trouvent des terrains qui sont en possession légale du monastère Iviron
et que ces terrains sont confisqués et remis à Chilandar, et que l’on attribue
à Iviron sur le territoire du même village d’autres terrains de même sur-
face9. C’est précisément de cette situation dans le village de Malouka
que parle aussi la paradosis de Néokaisaritès. Sa description d’une telle
situation « trouvée» (eupopev) se termine par l’information sur la
façon dont l’échange des terrains entre Iviron et Chilandar a été
«accompli» (àvT7]XXàyr))10. Il est tout à fait évident que Néokaisaritès,
en émettant la paradosis, exécute une stipulation du chrysobulle de mars
1319.
Les trois actes conservés sur le transfert en possession du Chilandar
« des villages sur le lac du Strymon donnés par le chrysobulle », nous
pouvons le conclure avec une pleine certitude, n’ont pas été émis « au
mois de septembre, indiction 2» (sept. 1318), comme cela est écrit dans
ceux-ci, mais « au mois de septembre, indiction 3 », c’est-à-dire septembre
1319. En d’autres termes, P. Bezobrazov avait raison en supposant que le
scribe s’était trompé en y introduisant le numéro de l’indiction11. De quelle
façon une telle erreur a pu se glisser, erreur qui est indiscutable, c’est ce
que nous ne pouvons que conjecturer12.
La montagne Matzista et l'hivernage pour le bétail Hagia-Trias
Après avoir énuméré les privilèges qui sont attribués pour les villages
donnés sur la Strymon, dans le chrysobulle on poursuit : « De même mon
empire veut et ordonne que ledit monastère Chilandar tienne en sa posses-
9. Actes de Chil. No 41, 109-117.
10. Actes de Chil. No 37, 47-65.
11. P. Bezobrazov, Afonskie dokumenty, « Vizantijskoe obozrenie» 1 (1915), 53-54.
12. On pourrait supposer que le scribe a mécaniquement transmis le signe « indiction
2 » de prostagma ainsi daté, par lequel on ordonnait le paradosis du village. Que notre
scribe, en copiant trois ou même quatre longs textes, n’ait pas toujours été attentif, c’est
ce qui est démontré par la partie introductive de l’acte No 38, dans lequel à peu près toute
une phrase est omise. Les textes des actes conservés en original (No 37 et 38) sont écrits
en couleur sombre et la signature de l’apographeus (ô Neoxaiaape[rr)ç ) à l’encre verte. '
20
MÉLANGES IVAN DUJCEV
sion (tva xarépiTat ) la montagne publique Matzista près de Mélénikon
avec la montagne Hagios-Démétrios-Ptérotos, ainsi que l’hivernage pour le
bétail nommé Hagia-Trias dans la région de Kassandreia (/eipiaSetov ro
xaXoéptevov rrjç 'Ayîaç TptàSoç) (Chil. N° 41, 97-101).
A première vue, l’on dirait qu’il est question ici de deux domaines qui
avaient été attribués antérieurement au monastère et qui, maintenant,
étaient solennellement confirmés. En effet, dans le chrysobulle du même
empereur de février 1321, nous lisons que l’hivernage pour le bétail de
Hagia-Trias a été «dernièrement» (KpooXlyou) offert au monastère par
le « prostagma de mon empire» (8ià KpooTàypiaToç pacnXeiaç ptou)
et qu’il a été «introduit (eîoa/fièv) dans le chrysobulle attribué (sc. aux
moines de Chilandar)»13.
Le seul document conservé et immédiatement lié à la possession de
Hagia-Trias se trouvant sur la presqu’île Kassandra, est bien un acte
qui a été émis par l’arpenteur Nicolas Tzyrakès au monastère. Cet acte,
sans date, décrit les limites et les superficies, calculées en modioi, pour
dix « des biens abandonnés » dans le village d’Aphétos. Ces biens dans le
village d’Aphétos se trouvent dans le complexe de la propriété terrienne de
Hagia-Trias, qui est accordée au monastère par le chrysobulle. Les données
portant sur les limites et les superficies de ces terres abandonnées, repré-
sentent, dit-on dans l’acte, un «extrait» (éx[3X7]&ÉvTa) du codex cadastral
des impôts (fiéoecoç), qui a été préalablement effectué, lors dé la révision
cadastrale, par les apographeis, feu sébastos Alyattès et Théodore Spas-
trikos. En même temps, ajoute-t-on à la fin, ils ont transféré ces propriétés
terriennes en possession du monastère en émettant le praktikon14.
Comme nous le voyons, d’après l’information fournie par Tzyrakès, la
possession terrienne de Hagia-Trias (Tà t^ç 'Ayiaç TptàSoç Sixata), dans
le contexte de laquelle se trouvent aussi les terres abandonnées du village
d’Aphétos, a été attribuée au monastère par un chrysobulle impérial.
Immédiatement les questions suivantes se posent : Est-ce que dans le
complexe de la propriété terrienne de Hagia-Trias, en plus des stasia
abandonnés pour lesquels Tzyrakès émet son acte, se trouve également
l’hivernage pour le bétail de Hagia-Trias, mentionné supra ? Est-ce que les
appellations «propriété terrienne Hagia-Trias», que Tzyrakès emploie, et
« l’hivernage pour le bétail Hagia-Trias », que l’on cite dans le chrysobulle
13. Actes de Chil. No 58.
14. Actes de Chil. No 40 : Tà ÉÇaXeip.p.aTixà a-raata Tà 'Ayiaç TpiàSoç Sîxaia
Tà Sofl-évTa 8ià /puaoflo'jXXou Kpôç tJjv ae|3a<jp.iav piovïjv... eiç tô -/upiov tî;ç ’AçÉtou,
éxfiX-q&évTa 8è Ttœpà TÎjq Uéaecoq... So&évra 8è xaî 8ià KpaxTixoü aÙTÔiv, ...
CHRYSOBULLE D’ANDRONIC II
21
impérial, sont deux appellations pour le même domaine ? S’il en est ainsi,
comment pouvons-nous expliquer alors l’information non concordante de
leur attribution, car Tzyrakès allègue que la « propriété terrienne de Hagia-
Trias» a été offerte par un chrysobulle impérial, tandis que l’empereur
lui-même rapporte que « l’hivernage pour le bétail de Hagia-Trias », il
l’a offert par son prostagma ?
Examinons ce que l’on communique au sujet de la propriété terrienne
de Hagia-Trias appartenant à Chilandar dans d’autres documents. Avant
tout, dans le périorismos commun pour tous les domaines du monastère
Lavra, de janvier 1321, nous trouvons l’indication que les terres du village
de Gymnou, sur la presqu’île de Kassandra, confinent en plusieurs endroits
à la route qui mène au village d’Aphétos, comme aussi aux « propriétés
du village de Hagia-Trias, en possession du monastère des Serbes»15.
D’autre part, dans le chrysobulle de confirmation générale de Jean V pour
Chilandar de juillet 1351, on mentionne également «le métochion Hagia-
Trias, avec l’hivernage pour le bétail et les parèques dans celui-ci»16.
Enfin, dans le chrysobulle mentionné d’Andronic II, de février 1321, nous
lisons que « quelques parèques d’Etat », trouvés dans l’hivernage de Hagia-
Trias lors de son attribution, ont été laissés au monastère17.
Ce qui dans l’acte de Tzyrakès est nommé « propriété terrienne de Hagia-
Trias» (rà rîjç 'Ayiaç TpiàSoç Sixaia), tel qu’il ressort des données
mentionnées, est en réalité un métochion d’agriculture et d’élevage qui
porte le nom de Hagia-Trias d’après le village ainsi nommé. Des données
citées il s’ensuit que dès avant janvier 1321, dans l’ensemble du domaine
Hagia-Trias, se trouvent les propriétés du village portant le même nom,
les « stasia abandonnés » dans le village d’Aphétos et l’hivernage pour le
bétail. Ce métochion qui était ainsi composé, c’est-à-dire « la propriété
terrienne Hagia-Trias », a été, d’après Tzyrakès « attribué à Chilandar
15. Actes de Lavra II No 108, 508: tà. Sizaia -rfjç [xovïjç tôv Sép^wv tà à-rtb xwplov
tîjç 'Ayiaq TptàSoç.
16. Actes de Chil. No 138, 33 : eiq tïjv KaaavSpeiav [ieto/iov -nj? 'Ayiaç TptâSoç
p.erà tou /EL[iaSt.o,j aÙTOv zai tov èv aÙTCÔ Ttapoixoïv.
17. Actes de Chil. No 58. Ici l’on annonce que les moines, immédiatement après la
donation «de l’hivernage de Hagia-Trias» (est-ce que cela signifie après l’émission du
chrysobulle de mars 1319, ou bien après l’émission de l’acte de la remise cadastrale sur
la base du même chrysobulle ? cela n’est nullement clair), demandèrent qu’on leur aban-
donne les «parèques d’Etat», trouvés là. L’empereur «donna l’ordre » (ûpiaev) que
le monastère garde les parèques, en prenant l’engagement de payer au fisc un télos annuel
d’un montant de 13 hyperpres. Toutefois, les moines soumettent sous peu une nouvelle
demande et exigent d’être libérés du télos en question. Par le chrysobulle de février 1321
cela leur est accordé.
22
MÉLANGES IVAN DUJCEV
par le chrysobulle divin et digne de vénération ». Enregistrant cette donnée
aux Regesten, Dôlger suppose qu’il est question d’un chrysobulle de
donation non conservé (chrysoboullon sigillion) d’Andronic II, qui avait
dû être émis « kurz vor Mârz 1319», vu que dans le chrysobulle de cette
date la propriété mentionnée (c’est-à-dire l’hivernage pour le bétail et les
stasia abandonnés) est consignée et confirmée18. L’interprétation de
Dôlger que l’appellation de «l’hivernage Hagia-Trias», qui est mentionné
dans le chrysobulle de mars 1319, signifie la même chose que « propriété
terrienne de Hagia-Trias», de l’acte de Tzyrakès, s’accorde entièrement
avec la conclusion à laquelle nous sommes arrivé ici en prenant une autre
voie.
En communiquant que « la propriété Hagia-Trias » avait été attribuée
au monastère par un chrysobulle, l’employé Tzyrakès n’invente sans doute
rien, mais transmet l’information, donnée dans le prostagma de l’empereur
non conservé, sur la base de laquelle les apographeis Alyattès et Spastrikos
avaient émis, un peu plus tôt et pour cette même propriété terrienne, un
praktikon au monastère. En d’autres termes, l’indication que la « propriété
terrienne de Hagia-Trias» a été attribuée par un chrysobulle, tire en fait
son origine de la prostagma de l’empereur. S’il en est ainsi et si, d’autre
part, « la propriété terrienne de Hagia-Trias » est la même chose que
« l’hivernage pour le bétail de Hagia-Trias », comment alors pouvoir
coordonner l’indication du chrysobulle du même empereur de février
1321, d’après lequel l’hivernage pour le bétail est attribué par son pros-
tagma ?
Pour résoudre cette aporie revenons une fois de plus au texte cité
plus haut, qui est donné dans le chrysobulle de mars 1319, au sujet
de « l’hivernage de Hagia-Trias». Ce texte signifie-t-il en réalité une
confirmation ?
Il nous faut répondre tout de suite : la phrase au sujet de la montagne
Matzista et de l’hivernage Hagia-Trias, que nous lisons dans le chrysobulle
de mars 1319 et que nous venons de citer dans sa traduction, n’est certaine-
ment pas ce qu’elle paraît au premier coup d’œil et n’est pas une confir-
mation. Les deux propriétés mentionnées, la montagne Matzista et l’hiver-
nage de Hagia-Trias, sont en fait offertes par le chrysobulle. Que les mots
cités de ce chrysobulle doivent être ainsi interprétés, c’est ce que démontrent
les chrysobulles contemporains, émis par les corégnants Michel IX et
Andronic III. A savoir, dans ces actes il est dit, de façon tout à fait claire,
18. Dôlger, Reg. IV 2415.
CHRYSOBULLE D’ANDRONIC II
23
que la montagne Matzista et l’hivernage de Hagia-Trias « sur la demande...
du roi de Serbie... au monastère de Chilandar ont été attribués par le
chrysobulle» du vieil empereur19, et c’est dans ce sens qu’on les confirme,
c’est-à-dire comme deux propriétés qui à présent et de la même façon
que les villages sur le Strymon, cités dans le texte, ont été données par le
chrysobulle d’Andronic IL Autrement dit, la stipulation du chrysobulle
d’Andronic II concernant la montagne Matzista et l’hivernage de Hagia-
Trias, bien que formulée par l’expression qui confirme généralement une
propriété attribuée antérieurement (l'va xaré^Tai), par ses corégnants
Michel IX et Andronic III est considérée comme un acte de donation et
c’est dans ce sens qu’elle est confirmée.
Il n’y a aucun doute que ces confirmations au sujet des deux propriétés
ainsi formulées de la part de corégnants, interprètent clairement et expriment
l’intention et le vrai sens de ce qui, au sujet de ces deux domaines, a été
exprimé dans la charte émanant du vieil empereur20. Bien plus, vu que
les chartes du vieil empereur et de ses corégnants sont écrites sur parchemin
de la même qualité et, ce qui est bien plus significatif, indubitablement
par la même main, il est tout à fait bien fondé de supposer que derrière
ces trois chrysobulles il y a la même rédaction et qu’ils proviennent de la
chancellerie du vieil empereur. Par conséquent, dans ces deux chartes des
corégnants rien n’a été dit par hasard. Le fait qu’il en soit ainsi est égale-
ment confirmé par les paroles d’Andronic II lui-même au sujet de la
montagne Matzista qui, comme nous l’avons vu, dans les trois chrysobulles
est inséparablement reliée à l’hivernage de Hagia-Trias. A savoir, dans le
prostagma de février 1321 nous lisons : « Mon empire a récemment ordonné
19. Actes de Chil. No 42, 39 et No 43, 38 : étrei 8è àim ai-rqaecoq toü... xpàX-q Seppîaq
Trpoaexvpd>&ï) rî;... piovî) toü XeXavTapîov 8t.ce xpuaopouXXov -roü... pamXétoq xai -q rrepl
t6v MeXevlxov 8-qp.oaiaxr) rrXavqvT) -q MàT^iaTa... xai... yeipiaSerov xœXovptevov Tqq
'Ayiaq TptàSoq, ...
20. Lorsqu’on compare ce chrysobulle d’Andronic II avec ceux de ses corégnants,
émis simultanément et textuellement presque identiques, on constate que les textes des
chartes des corégnants, rédigés en langue d’affaires, sont par leur ampleur deux fois moin-
dres, étant donné que dans ceux-ci, en plus de certaines abréviations, on omet non seule-
ment tout le préambule, mais, ce que nous considérons comme étant fort caractéristique,
également le texte du vieil empereur par lequel on confirmait la donation antérieure de la
pêcherie Stauros sur le Vardar. Par ces chrysobulles, les deux corégnants confirment en
fait seulement et exclusivement ce qui, par le chrysobulle du vieil empereur, avait été
« offert » (àTreyctpiaaTO, TtpoaxupôSnq ) sur la demande du roi de Serbie. Ces différences
dans le contenu de ces trois chrysobulles, inusitées et assez nombreuses, exigent un examen
particulier. Dans les Regesten IV 2634 et 2650 pour ces deux chrysobulles des corégnants
on dit, de façon inexacte, qu’elles ont « le même contenu » que celui émis par le vieil
empereur.
24
MÉLANGES IVAN DUJCEV
et la montagne Matzista, près de Ménélikon, fut donnée au monastère
de Chilandar par le chrysobulle...»21.
L’acte signé par Tzyrakès22, qui apporte pour les dix stasia abandonnés
le relevé des biens terriens immobiliers (champs, vignes, prairies, jardins,
arbres fruitiers isolés, etc.) et des indications détaillées sur l’endroit, la
superficie, l’origine, le nombre et la grandeur de chaque parcelle et des
arbres — représente un document cadastral tout à fait spécial, rare et
digne d’attention. L’établissement de cet acte est rangé par l’éditeur Petit
«vers 1318» (dans texte), resp. «vers 1320» (dans l’index, s.v. TÇupàx-rçç).
En supposant que les stasia abandonnés, dont il y est question, repré-
sentent une partie de la propriété terrienne Hagia-Trias, confirmée
dans le chrysobulle de mars 1319, Dôlger considère que l’acte lui-même
date de cette même année23. En partant de ce qui vient d’être exposé,
nous sommes d’avis que cette datation de 1319, bien qu’en principe
correcte et déjà généralement adoptée24, ne peut être acceptée que condi-
tionnellement. Si le praktikon pour les parèques de la propriété d’Hagia-
Trias a été émis au monastère par feu le sébastos Alyattès et Spastrikos,
comme cela est indiqué dans notre acte, de là il s’ensuit qu’entre l’émission
du praktikon, exécutée de toute façon vers la seconde moitié ou bien vers
la fin de 1319, et le moment où Tzyrakès émet son acte, un certain temps
a dû s’écouler. Par conséquent, l’acte a pu être émis tout aussi bien en
1319 qu’en 1320. C’est pour cette raison qu’il serait bien plus exact de
dater l’acte aux environs de 1320. Le transfert cadastral de la montagne
Matzista en possession de Chilandar, d’après un témoignage indirect,
aurait été accompli aux environs de l’année 131925.
21. Actes de Chil. No 56 (prostagma adressé au despote Constantin Paléologue,
pour que celui-ci écarte les obstacles autour de la montagne Matzista) : 7j flaaiXeia [zou
éSpuje rrpooXiyou xaî è86fh) 8ià /p'jaopoùZZo'j aùrr)ç... 7) rrepi rèv MeXevtxov TtXavïjvï) 7)
Mâ-riara.
22. Nous trouvons que le nom du signataire, que l’éditeur Petit lit comme 6 TÇ’jpâx-^ç,
doit être lu ô TÇupàrr/)<;.
23. Dôlger, Die Kaiserurkunden des Johannes-Theologos Klosters auf Patmos, BZ 28
(1928) 369.
24. Cf. Ostrogorsky, Féodalité 277 n. 1 ; Oikonomidès, Actes de Dionysiou, p. 142.
25. Ce témoignage indirect est apporté par le prostagma d’Andronic II de 1321 men-
tionné ci-haut, dans lequel l’empereur expose que « l’homme», respectivement l’employé
du despote Constantin, qui se nomme Pouloulon, crée de grands obstacles aux moines
dans la prise de possession et l’utilisation de la montagne Matzista, qui leur avait été
accordée par le chrysobulle, en constatant d’une manière répréhensible que déjà « pour
la seconde fois » (rraXiv) il en informe le despote. Depuis le moment de la prise en pos-
session de la montagne de la part des moines et jusqu’en février 1321, les moines ont porté
plainte, donc, à deux reprises contre Pouloulon, d’où il ressort que le paradoxis de la
montagne a été exécuté probablement déjà au cours de 1319.
CHRYSOBULLE D’ANDRONIC II
25
La pêcherie (oyaQaTbaov) Stauros sur le Vardar
C’est là le seul bien qui dans le chrysobulle d’Andronic II de mars 1319
est réellement confirmé et qui, comme nous l’avons déjà rapporté, n’est
nullement mentionné dans les chrysobulles de confirmation des corégnants.
Cette propriété, dit-on dans le chrysobulle, est donnée par le « prostagma
de mon empire », et « dernièrement » (àpTÎcoç ) Constantin Kounalès,
Démétrios Konténos et Léon Kalognomos ont remis au monastère l’acte
cadastral. Ce paradotikon gramma, conservé en copie certifiée, est daté
« du mois de mai, indiction 2 », ce qui sans aucun doute se rapporte à
l’année 1318, comme l’a proposé l’éditeur Petit (Chil. N° 36). Le prostagma
de donation d’Andronic II, mentionné dans le chrysobulle et auquel se
rapportent les apographeis cités, n’est de toute façon pas émis bien avant
mai 131826.
Les résultats des considérations précédentes pourraient être brièvement
formulés comme suit : le chrysobulle d’Andronic II de mars 1319 (Chil.
N° 41) n’est pas un acte de confirmation, comme cela a été considéré
jusqu’ici, mais un acte de donation par lequel l’empereur, en s’acquittant
envers le roi Milutin comme allié de guerre et exauçant ses désirs, donne
au monastère Chilandar sept nouveaux et grands domaines et n’en confirme
qu’un seul antérieurement offert (pêcherie sur le Vardar). Dans les deux
chrysobulles contemporains des corégnants de l’empereur (Chil. Nos 42
et 43), ces sept domaines sont confirmés, tandis que le huitième, celui
qui avait été confirmé par le vieil empereur (« la pêcherie Stauros »), est
omis. Trois actes cadastraux conservés (Chil. Nos 37, 38, 39), par lesquels
l’apographeus Michel Néokaisaritès remet au monastère quatre des cinq
villages offerts sur le Strymon (Malouka, Eunochos, Leipsochorion, Sdra-
vikion), ne sont pas émis au «mois de septembre, indiction 2» (1318),
comme cela a été signé par un lapsus calami du scribe, mais ces paradoseis
ont été effectuées dans « l’indiction 3», c’est-à-dire en septembre 1319.
«L’hivernage pour le bétail Hagia-Trias», sur la presqu’île Kassandra,
offerte par le chrysobulle, représente en fait un assez grand métochion sur
26. Ce prostagma non conservé a été signalé à deux reprises par Dôlger et daté diffé-
remment : « 1318 k.v. mai » (Reg. 2400) et « k.v. 1319 marz » {Reg. 2414).
II est intéressant de remarquer que dans les chrysobulles de confirmation d’Andronic II
et d’Andronic III de juin 1321 (No 62, 29 et 54 ; No 63, 30 et 61), ce domaine est appelé
«terrain de chasse (tô zwfpfiov) sur le fleuve Vardar, au passage (tôv rropov) nommé
Stauros » et, de plus, il est dit que ce terrain de chasse a été « dernièrement attribué
(rcpô oXîyov Soflèv) par le chrysobulle » d’Andronic II. Si la «pêcherie Stauros»,
est la même que « le terrain de chasse Stauros » alors cette indication du chrysobulle
ne serait pas exacte.
26
MÉLANGES IVAN DUJCEV
lequel se trouvent, en plus des pâturages, des biens de « quelques parèques
d’Etat», trouvés sur place et laissés au monastère, ensuite des biens des
parèques du village de Hagia-Trias, ainsi que dix « stasia abandonnés »
dans le village voisin d’Aphétos. Le praktikon non conservé, par lequel
les apographeis Allyattès et Théodore Spastrikos avaient remis au monastère
les staseis des parèques de ce métochion, a été émis de toute façon au cours
de 1319, tandis que pour l’acte sans date, par lequel Nicolas Tzyrakès
(editoris TÇupàxTjç corrigitur in TÇupàTvrjç) remet « les terres abandonnées »
dans le village d’Aphétos, nous trouvons qu’à la place de la datation
acceptée jusqu’ici, c’est-à-dire 1319, il serait plus juste de le mettre aux
environs de 1320. Il serait bon d’ajouter que cet acte de remise des domaines
abandonnés représente un document extraordinairement rare et précieux.
La remise cadastrale de la montagne Matzista près de Mélénikon offerte
par le chrysobulle, attestée indirectement, peut être aussi datée seulement
approximativement aux environs de 1319.
Le chrysobulle de donation d’Andronic II pour Chilandar de mars 1319,
et les deux chrysobulles de confirmation de ses corégnants, en reflétant
et en exprimant les rapports politiques entre Byzance et les Serbes à cette
époque, sont caractérisés par des particularités et des différences singulières.
Les analyses de ces différences, s’étant révélées très utiles dans les consi-
dérations précédentes, rendent possible une conclusion générale non moins
utile : la charte de confirmation des corégnants a parfois la valeur d’un
document autonome. Enfin, les exposés précédents mettent en évidence
un fait qui, semble-t-il, n’a été jusqu’ici qu'insuffisamment évalué. Les
données conservées sur une quelconque possession (nom, endroit, mode
et date de donation à tel monastère, etc.) sont signifiées dans les actes
où il en fait mention de manière diverse et inégale. Aussi est-il nécessaire,
pour établir l’état réel, d’examiner ces données de manière comparative.
LA PRISE DE TARNOVO PAR LES TURCS
ET L’EXIL DU PATRIARCHE EUTHYME
Traduit du moyen bulgare et annoté par Roger BERNARD
Nous donnons ici les dernières pages de la traduction française, non
encore publiée dans son ensemble, que nous avons faite en 1946 du Pané-
gyrique de notre saint père Euthyme, patriarche de Tàrnovo par Grégoire,
archevêque de Russie.
L’auteur, désigné dans le titre par « Grégoire, archevêque de Russie »,
est Grigorij Camblak, Bulgare d’origine, qui, après la prise de Tàrnovo
par les Turcs (17 juillet 1393), quitta sa patrie asservie et poursuivit, à
travers bien des difficultés, sa carrière ecclésiastique en Serbie, en Moldavie
et en Russie, où il fut nommé en 1414 archevêque de Kiev. Le Panégyrique
d’Euthyme n’est pas daté, mais tout porte à penser que c’est en Russie et
peu après cette date de 1414 qu’il fut composé.
Camblak avait été à Tàrnovo le disciple d’Euthyme, le dernier et le plus
populaire des patriarches de la Bulgarie médiévale. Principal propagan-
diste de l’hésychasme en Bulgarie, écrivain doué et fécond, théologien,
grammairien, épistolier, pédagogue, patriarche de Tàrnovo à partir des
environs de 1375, Euthyme devait révéler d’éminentes qualités d’homme
d’action en la tragique année 1393, qui fit de lui l’âme de la résistance bul-
gare contre l’envahisseur ottoman et où il inscrivit, par son courage et par
son attachement à ses devoirs de pasteur et à son peuple, une page particu-
lièrement glorieuse dans les annales de l’Eglise d’Orient.
Le lecteur moderne peut être déçu de ne pas trouver dans le Panégy-
rique d’Euthyme certaines indications propres à satisfaire sa curiosité.
L’on achève la lecture de ce document sans avoir de réponse précise à des
questions comme la date et le lieu de la naissance et de la mort d’Euthyme
28
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ou la durée de son patriarcat. Il est clair que l’intention de Camblak n’a
pas été de faire œuvre d’historien, mais qu’il a voulu avant tout contribuer
à l’édification morale de son lecteur en lui proposant Euthyme comme mo-
dèle. Que le disciple ait quelque peu idéalisé l’image de son maître apparaît
comme fort vraisemblable. Il n’en est pas moins précieux d’avoir sur les
circonstances de la chute du deuxième royaume bulgare et de l’exil d’Eu-
thyme le témoignage d’un écrivain de valeur, ayant connu de près le patriar-
che de Târnovo, ayant assisté aux événements qu’il rapporte, alors qu’il
devait être âgé d’une trentaine d’années, et rapportant ces événements
avec émotion et avec un accent personnel qui introduit une note nou-
velle dans la littérature ancienne des Slaves.
En ce qui concerne l’établissement du texte moyen bulgare, nous nous
étions fondé en 1946 sur l’ouvrage de Kaluzniacki Aus der panegyrischen
Litteratur der Südslaven (Vienne, 1901). Nous avons revu depuis lors le
texte moyen bulgare et notre traduction d’après des travaux plus récents
sur la littérature du deuxième royaume bulgare, en particulier d’après les
travaux d’Ivan Dujcev et d’après l’ouvrage intitulé IIoxBajiHO cjiobo 3a
Ebtumjiîi ot rpiiropnii IJaMÔJtaK, publié en 1971 par l’Académie des
sciences de Bulgarie.
Voici la traduction française du texte de Grigorij Camblak :
Comme le roi barbare1, fier d’avoir vaincu et soumis beaucoup de peu-
ples, avait entendu parler d’une ville d’un grand prestige, munie de puis-
santes murailles, une belle ville, que sa position même rendait fort diffi-
cilement prenable, car, outre ses murailles, la nature l’avait suffisamment
fortifiée, comme il avait entendu parler, de plus, de ses grandes richesses,
de sa population nombreuse, ainsi que de toute la gloire attachée tant à
son Eglise qu’au trône de ses souverains, cet homme qui hait le bien décida
de la détruire. C’est pourquoi, ayant levé toutes ses troupes d’Orient à
partir des confins de la Perse, de la Lycaonie2 et de l’Asie3, il franchit
1. Ce «roi barbare» est le sultan turc Bajazet 1er dit «l’Eclair», qui succéda à son
père Mourad 1er en 1389 après la bataille de Kosovo. II semble que le soin de diriger les
opérations du siège de Tàrnovo ait été délégué par Bajazet à son fils Soliman, plus connu
sous le nom de Celebi.
2. Ancien district élevé de l’Asie Mineure, situé au Nord de la chaîne du Taurus,
limité à l’Est par la Cappadoce, au Nord, par la Galatie, à l’Ouest, par la Phrygie et ayant
pour principale ville Iconium (aujourd’hui Konya).
3. Le mot ne désigne pas l’ensemble du continent asiatique, ni même l’Asie Mineure.
Il faut entendre Asie dans le sens où le mot est couramment employé dans le Nouveau
Testament, par exemple dans la première épître de Pierre, I, 1, où l’apôtre s’adresse « à
PRISE DE TÀRNOVO
29
l’Hellespont et trouve assemblées, comme il en avait donné l’ordre, toutes
ses troupes d’Occident, si bien que son armée dépassait non seulement
celle de Darius, roi des Perses et des Mèdes, mais même celle d’Alexandre
le Macédonien. Et il attaque la ville à l’improviste, non d’un côté, non de
deux, mais en l’investissant tout entière et de toutes parts à grand renfort
d’hommes. Et bien loin s’étendaient ces cruelles troupes. Le barbare,
dans sa fureur, menaçait de livrer aux flammes, affirmait qu’il couperait
en morceaux et qu’il vouerait à d’autres morts violentes les habitants, s’ils
persistaient à ne pas se soumettre4. Et, à la fin, il s’empara de la ville, non,
certes, par sa propre puissance, mais parce que la voix de la divine provi-
dence s’était tue.
Aussitôt le prêtre est chassé de l’église5, dont s’emparent les artisans de
l’infamie, l’arche de l’alliance6 tombe entre les mains des étrangers, le saint
des saints7 est au pouvoir des Assyriens8, et, fait absolument véridique, les
saintes espèces sont livrées aux chiens.
En quoi le saint méritait-il, dites-moi, de souffrir ainsi, lui qui voyait
alors de ses yeux ce dont son oreille eût pu à grand-peine endurer le récit ?
En effet, si David, qui était un roi et qui n’appartenait point à la classe
sacerdotale, souffrait assez pour dire : « Le zèle de ta maison m’a dévoré»
et « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi »9, ne devait-
il pas souffrir bien davantage, lui qui était prêtre, à voir foulé aux pieds
l’objet de ses peines et de ses sueurs ? Qu’advint-il ? Succomba-t-il à la
douleur plus qu’il n’eût été séant ? La peur le fit-elle mollir ? Montra-t-il
de la pusillanimité ou de l’indolence ? Prit-il la fuite en voyant ravager son
troupeau ? Prononça-t-il un seul mot qui, de près ou de loin, fût indigne de
ceux qui sont dispersés dans le Pont, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie». Il s’agit de
l’ancienne province romaine d’Asie proconsulaire, qui comprenait seulement l’extrême
ouest de l’Asie Mineure, limitée par la Bithynie, la Galatie, la Pamphylie, et qui avait
pour principales villes Ephèse, Smyrne et Pergame.
4. La fureur des Turcs s’explique sans doute par l’opiniâtreté des Bulgares, qui, sous
la conduite d’Euthyme, résistèrent pendant trois mois environ aux assiégeants.
5. Il s’agit de l’église « L’Ascension du Christ », qui fut convertie par les Turcs en
mosquée, comme d’autres sanctuaires chrétiens.
6. Le mot, qui désignait chez les Hébreux un coffre renfermant les tables de la loi,
ne doit pas être entendu ici au sens littéral, mais s’applique aux objets les plus sacrés de
l’église chrétienne.
7. Le mot, qui désignait la partie la plus sacrée du temple juif, celle où l’arche de l’al-
liance était placée, s’applique ici à l’endroit le plus sacré de l’église chrétienne.
8. L’influence du vocabulaire de l’Ancien Testament se poursuit avec ce mot, par
lequel les Turcs sont assimilés à des ennemis du peuple juif, réputés pour leur impiété
et pour leur cruauté.
9. Citation du Psaume LXIX, 10, de David.
30
MÉLANGES IVAN DUJÔEV
sa sagesse ? Nullement. Mais il se présente au roi, calme son impétuosité
respirant le carnage et transforme ce barbare à l’aspect terrifiant en un
homme affable, tout comme autrefois le prophète dompta les lions dans
la fosse et comme les jeunes garçons domptèrent les flammes de la four-
naise10. Car même la fureur d’un barbare bien souvent a honte devant
de tels exemples de vertu. Lorsqu’il vit de loin cet homme s’avancer avec
le noble maintien qui lui était familier, avec une sage maîtrise de soi, sans
avoir un seul regard pour aucune des scènes qui se déroulaient devant lui
et qui attiraient les yeux et les oreilles de gens à la courte sagesse, mais
passant outre, comme si elles eussent été peintes sur un mur, le monarque
prit un air aimable et ne demeura pas assis plus longtemps. Aussitôt il se
lève, lui rend les honneurs, le juge digne de s’asseoir tout à côté de lui,
écoute la requête qu’il lui adresse au sujet du peuple, encore qu’il ne tînt
pas jusqu’au bout sa parole.
Il en était d’Euthyme comme d’un valeureux capitaine, qui, vaincu par
ses adversaires, ne se résout pas à leur montrer son dos, mais regroupe
ses forces et remporte la victoire. Chassé de son église, il pénètre dans une
autre église placée sous l’invocation des princes des apôtres11, se met sous
leur protection et se livre à des exploits plus nombreux encore que les pré-
cédents ; il avise aux moyens de conserver les gens indemnes des fléaux
causés par le barbare, il instruit, il console, il relève ceux qui tombent,
tend la main à ceux qui trébuchent, remet sur pied ceux qui gisent à terre,
soutient ceux qui vont tomber, loue ceux qui luttent, les oint pour qu’ils
soient vaillants ; en même temps il en retranche certains, comme on coupe
un membre gangrené pour qu’il n’infecte pas tout le corps ou comme on
chasse une brebis galeuse pour qu’elle ne communique pas son mal à tout
le troupeau. Et ainsi, les nouvelles prouesses de cet homme, les victoires
qu’il remportait sur le malin étaient plus grandes encore qu’auparavant,
lorsque dans la paix il dirigeait la vie de ses concitoyens. Bien souvent,
en effet, la divine providence laisse le diable soulever une tempête contre
les saints, afin que ceux-ci, à travers leurs tribulations, triomphent de lui
et remportent la palme, et afin que leurs adversaires, malgré les assauts
10. Allusion à des miracles rapportés par le prophète Daniel dans la Bible. Voir
Daniel I, 3-7 et III, 19-30 au sujet des trois jeunes garçons juifs qui sortirent indemnes
de la fournaise où ils avaient été jetés par le roi de Babylone ; ibid., VI, 16-23, au sujet de
Daniel lui-même, qui, jeté dans la fosse aux lions, sortit de là sans la moindre blessure.
H. Il s’agit des apôtres Pierre et Paul auxquels est consacrée à Tàrnovo une église
qui subsiste encore de nos jours.
PRISE DE TÀRNOVO
31
qu’ils livrent et les tourments qu’ils infligent, soient vaincus par eux et
deviennent dignes de risée. C’est ce dont Job nous offre l’exemple ; au
moment où le diable pensait avoir vaincu et frappé à mort sa victime par
des malheurs si grands et si terribles que l’imagination même ne peut les
supporter, c’est alors que le misérable se vit foulé sous les pieds de Job,
sans même pouvoir respirer12. Il en fut encore ainsi au temps des apôtres ;
alors que le diable croyait avoir mis en échec la prédication de l’Evangile,
à l’heure où il déchaîna des persécutions, où il anima des bourreaux, où
il excita des empereurs au meurtre des apôtres, où il fit périr ces derniers de
male mort, c’est alors qu’il vit le monde conquis par l’Evangile, non sur tel
ou tel point, mais tout entier, tel un second ciel.
Mais, comme le malin se voyait ainsi lui-même lié de ses propres chaînes
et blessé de ses propres flèches et comme il ne pouvait supporter en silence
de se voir déchu de sa puissance et complètement démuni de ses armes,
il souleva une tempête plus forte et plus âpre encore que la précédente,
si bien qu’à l’évoquer la langue humaine s’engourdit et qu’un frisson vous
pénètre jusqu’aux moelles. Le chef militaire, un Turc13, qui avait été établi
par le roi turc pour gouverner la ville, convoque ceux des fidèles qui se
distinguaient par leur notoriété, par leur vertu et par leur noblesse, afin
qu’ils délibérassent sur des questions d’intérêt commun. Et eux, suivant les
funestes messagers, ils allaient dans l’ignorance, marchant comme des
brebis sur les pas de ceux qui allaient les égorger, et chacun, apportant
son propre sang, se hâtait de se confier à des mains meurtrières. Voyant
qu’ils étaient entre ses mains, la bête fauve altérée de sang les égorge au
milieu de l’église, ou, pour mieux dire, les sanctifie, sans égards pour les
têtes chenues, sans merci pour la jeunesse, et fait de leurs gosiers le jouet
de son poignard. Hosties vivantes, holocaustes doués de langage, ils furent
baptisés une seconde fois de leur propre sang, qu’ils répandirent au milieu
de l’église, le mêlant au sang de Zacharie, afin que, de concert avec le sang
12. Allusion au livre de la Bible intitulé Job. Il est exact que Job, personnage central
de ce livre, confondit Satan, qui l’accabla de maux sans réussir à abattre sa foi en Dieu.
Toutefois, Satan disparaît dès après le deuxième des quarante-deux chapitres de Job,
et il n’est écrit nulle part dans ce livre que « le diable se vit foulé sous les pieds de Job,
sans même pouvoir respirer ». II est possible que Camblak se soit souvenu de tel autre
passage de la Bible, par exemple de Romains, XVI, 20 : « Le Dieu de paix écrasera bientôt
Satan sous vos pieds ».
13. L’on ignore jusqu’au nom de ce chef turc qui décida d’exterminer l’élite bulgare,
profitant, selon l’opinion de certains historiens, du départ de Soliman, plus humain que
lui.
32
MÉLANGES IVAN DUJCEV
d’Abel14, crie de la terre jusqu’au Seigneur le sang de ceux qui ont bu le
calice du martyre, ce calice digne d’être bu par ceux qui appartiennent au
Seigneur et qui dans leur sang ont noyé toutes les hordes du diable, comme
furent noyés les écuyers15 du superbe Pharaon. O sainte cohorte, tes soldats
ne se présentèrent pas au bourreau les uns après les autres, mais tous en
même temps ; ils lui crachèrent à la face, puis, ayant comparu devant le
Christ, ils reçurent la palme. Le bourreau laissa leurs cadavres en pâture
aux oiseaux du ciel, mais le Seigneur incorpora leurs esprits aux légions des
anges supraterrestres. O soldats, qui êtes demeurés fidèles à votre foi sans
une seule défection (sachez aussi quel fut leur nombre : ils furent cent-dix
à empourprer l’église de leur sang) et, bien qu’ils fussent aussi nombreux,
pas une seule maille du filet de la confession de la foi ne se rompit. Voilà
comment étaient les enfants du bienheureux Euthyme, voilà comment ils
se montrèrent fidèles à son enseignement, voilà comment ils firent honneur
aux multiples efforts que cet homme avait déployés pour eux. Ils ne se
bornèrent pas à la perte de leurs biens, de leurs maisons, de leurs enfants
et d’autres membres de leur famille, mais ils luttèrent jusqu’à verser leur
sang pour une piété qu’ils tenaient de lui comme un legs paternel.
Il suffirait de leur mort exemplaire et digne d’être louée par les anges
pour couronner l’éloge d’Euthyme, sans qu’il fût besoin d’un plus long
discours pour relater ses hauts faits. Lui-même, appréhendé par les soldats,
se présenta crânement au bourreau, d’un cœur sans émoi, sans que la crainte
eût altéré ses traits, mais d’un front serein où se lisait la grâce de l’esprit
qui habitait en lui. Lorsqu’on l’eut dépouillé de ses vêtements et qu’on
14. Les noms d’Abel, tué par son frère Caïn d’après Genèse, IV, 8, et de Zacharie,
autre martyr, sont associés ici comme dans Matthieu, XXIII, 35, où il est précisé que
Zacharie, « tué entre le temple et l’autel », était le fils de Barachie. A noter toutefois que
les exégètes distinguent mal ce personnage de Zacharie « lapidé dans le parvis de la maison
de l’Eternel» et présenté comme le fils du souverain sacrificateur Jehojada d’après II
Chroniques, XXIV, 20-22.
15. Allusion à Exode, XIV, 7, à propos du passage de la Mer Rouge par les Hébreux
sous la conduite de Moïse. Notre traduction de TpncraTM du texte de Camblak (= gr.
TpiaTàTaç de la traduction des Septante) par « écuyers » est celle d’Osty (La Bible,
Paris, 1973), où il est précisé par une note que le mot, dont le sens littéral est « troisièmes »,
s’appliquait primitivement au « troisième » homme dans les chars Israélites, qui étaient
montés par un cocher, par un combattant et par ce troisième homme, porteur du bouclier
et des armes, mais que ce mot s’est étendu par la suite à l’armée égyptienne, d’une manière
d’ailleurs impropre, vu que les chars égyptiens n’avaient que deux occupants. Cette même
traduction par « écuyers» a été reprise par la Traduction œcuménique de la Bible (1975).
Noter des approximations un peu différentes dans d’autres traductions françaises de la
Bible : «chefs de l’armée» (Lemaistre de Sacy), «capitaines» (Osterwald, Darby),
« combattants» (Segond), «équipages d’élite» (Bible de l’école biblique de Jérusalem),
« guerriers» (Bible du Rabbinat français, Paris, 1978).
PRISE DE TÀRNOVO
33
l’eut conduit sur le mur de la ville16, afin que sa mort fût spectaculaire,
lorsque l’on eut fait tous les préparatifs afferents à son exécution, changea-t-
il de visage, trembla-t-il, laissa-t-il paraître en quoi que ce fût un attachement
à la vie ? Nullement, car il était un disciple de Pau!, et, comme son maître,
il avait hâte de se dégager de son corps et de vivre avec le Christ17. C’est
ce que prouvent les paroles qu’il adressa au barbare : « Pourquoi, dit-il,
as-tu, d’une manière à ce point insensée et humiliante, amoindri la grandeur
de ma dignité, ô homme injuste ? Il eût été normal que le prêtre fût sacrifié
le premier et que les victimes le suivissent, il eût convenu que le pasteur
précédât ses brebis et que le père précédât ses enfants. C’est à ma garde
qu’eux tous ont été tout d’abord confiés ; aussi eussé-je dû boire le premier
le calice de l’immolation, car il appartenait à l’artisan qui peine de goûter
le premier à ce fruit savoureux». Par ces mots, cet homme d’une haute
sagesse appelait le bourreau, inclinait sa tête, allongeant son cou avec
empressement. Et le bourreau s’avançait et s’apprêtait déjà à porter le
coup fatal. Mais Celui qui autrefois frappa soudain de paralysie le bras
du roi impie, qui s’était tendu pour se saisir du prophète, d’une manière
semblable, paralyse et engourdit ce bras18. Et il semblait, à le voir, que ce
fût un bras mort collé à un corps vivant et doué de mouvement. La prière
de David était ainsi exaucée : « Donne-leur selon les œuvres de leurs
mains »19. Ce spectacle mua en effroi les sentiments de cet homme orgueil-
leux et ceux de tous les assistants ismaélites20, et fit qu’au lieu de demeurer
là plus longtemps, ils s’enfuirent loin de cet endroit après avoir revêtu
de ses habits le saint et lui avoir dit qu’il pouvait se rendre librement où
il le voulait.
Avez-vous vu, comme je l’ai dit plus haut, que ce démon malin est vaincu
et terrassé par les armes mêmes grâce auxquelles il pense triompher des
grands hommes ? Voilà qu’une fois de plus notre père terrassa sa puissance
imaginaire, et qu’à l’heure où lui-même devait mourir, il confondit le
16. Par là Camblak désigne probablement le mur d’enceinte de Tàrnovo, près duquel
se trouve le rocher où avaient lieu les exécutions capitales.
17. Allusion aux paroles de Paul : « Je désire d’être dégagé des liens du corps et d’être
avec le Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur » (Philippiens, I, 23).
18. Allusion à un miracle relaté dans I Rois, XIII, 4, où il est écrit que la main de Jéro-
boam, roi d’Israël, se dessécha après s’être tendue pour donner l’ordre de se saisir d’un
homme de Dieu.
19. Citation du Psaume XXVIII, 4, de David.
20. II s’agit des Turcs, ainsi nommés parce qu’ils sont musulmans comme les Arabes,
qui passent pour être les descendants d’Ismaël (fils d’Abraham et d’Agar), placé par
Mahomet en tête de sa généalogie.
34
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
démon. Et, puisqu’il est impossible à l’homme de mourir plusieurs fois21,
il accomplit volontairement cette parole : « Il a été immolé et il est glorifié
comme martyr sans effusion de sang»22. Et voyez combien cette victoire
fut féconde : elle fit connaître l’invincible puissance du Christ jusqu’à ceux-là
mêmes que le démon avait soulevés contre le bienheureux Euthyme. Ils
virent, en effet, le courage de ce grand homme, son mépris de la mort,
sa foi en Dieu, sa sollicitude pour ses enfants, ainsi que le glorieux miracle
du bras du bourreau, et ils trouvèrent là une preuve de la vérité de la foi
chrétienne. Ce qui le montre bien, c’est qu’ils fuirent loin de ce lieu. Cer-
tains pensaient, en effet, qu’ils seraient réprouvés par une plus grande colère
d’en haut s’ils torturaient le prélat, si bien qu’ils le laissèrent, jugeant
eux-mêmes qu’il valait mieux s’enfuir.
Qu’arriva-t-il ensuite ? Après ce miracle, le barbare décida de déporter
le peuple en Orient23 (ainsi le voulaient les ordres du roi) et d’exiler l’homme
de Dieu en Macédoine24. Et il s’en allait avec le peuple, tel un second
Jérémie25, et c’était là un spectacle propre à arracher des larmes aux pierres
mêmes de la ville. En effet, les enfants étaient séparés des pères et les frères
étaient séparés de leurs propres frères. Car ils n’étaient même pas emmenés
tous ensemble. Ainsi, du moins, eussent-ils eu, en se voyant, une consolation
dans leurs malheurs. Mais l’on prenait tous ceux qui se distinguaient par
leur naissance, par leur fortune, par la beauté de leur visage, et on laissait
les autres. Et ces jours-là furent des jours de larmes. En effet, est-il rien de
plus amer que la déportation, rien de plus affligeant que d’être séparé des
siens ? Le souvenir de la patrie et des êtres chers transperce sans cesse le
21. Probablement d’après Hébreux, IX, 27, où il est écrit : « Et, comme il est réservé
aux hommes de mourir une seule fois... ».
22. Il est vraisemblable que Camblak fait intervenir ici, comme nous le suggère notre
collègue M. Jean Gouillard, le thème du « martyre sans effusion de sang », fréquemment
opposé dans des ouvrages du moyen âge chrétien au « martyre sanglant », sans qu’il nous
soit possible, si Camblak se fonde sur un texte patristique ou hagiographique, de donner
une référence précise. Ce qui paraît probable, c’est qu’il ne saurait s’agir d’une citation
de la Bible et qu’aucun texte biblique ne permet un rapprochement pleinement satis-
faisant.
23. Les historiens admettent que c’est en Asie Mineure que les Turcs déportèrent une
partie de la population bulgare, dans le dessein de laisser la place libre à des colons turcs
et d’asseoir ainsi plus solidement leur domination sur les terres conquises.
24. La science ne dispose pas de données suffisantes pour déterminer le lieu de la
déportation d’Euthyme. Le mot « Macédoine», qu’emploie Camblak, avait au moyen
âge un sens encore plus extensible que de nos jours. Plusieurs savants ont émis, mais sans
un fondement suffisant, l’hypothèse qu’Euthyme aurait terminé ses jours dans le monas-
tère de Baëkovo, au sud de Plovdiv.
25. Allusion à Jérémie, XLI-XLIII, où le prophète Jérémie raconte comment il fut
entraîné, contre son gré, en Egypte avec une partie du peuple juif.
PRISE DE TÀRNOVO
35
cœur, comme d’un aiguillon26. Ils échangeaient donc embrassades, baisers,
adieux et faisaient retentir l’endroit de leurs sanglots. Au milieu d’eux,
s’appuyant sur sa crosse, s’avançait à pied ce grand homme, le visage noyé
de pleurs et l’âme blessée de mille traits, non de ceux dont il subissait
lui-même l’atteinte, accablé comme il l’était par la maladie et par la vieil-
lesse, mais les souffrances du peuple le peignaient, ainsi que l’âge tendre
des enfants.
Une fois qu’ils furent parvenus à l’endroit où, bien malgré lui, leur
pasteur devait se séparer d’eux (qui se remémorera cette scène sans verser
des larmes ?) les gens tombaient à ses pieds, que leurs yeux mouillaient
d’un flot de larmes ; ils le pressaient de leurs lèvres et de leurs visages,
baisaient sa main, l’appelaient leur pasteur, leur maître, leur tendre père.
Se séparer de lui était un déchirement pour leurs âmes. Des femmes dépo-
saient leurs enfants à ses pieds ; d’autres profitaient de ce qu’elles étaient
près de lui pour toucher, qui ses vêtements, qui sa main, en pressant cette
main comme celle d’un saint et en l’arrosant de leurs brûlantes larmes ;
d’autres encore, dans un élan de foi, arrachaient l’herbe sur laquelle il
avait posé ses pas ; d’autres enfin, que la foule pressait et empêchait de
s’approcher de lui, imploraient de loin sa suprême bénédiction en l’appelant
de leurs larmes amères et lui demandaient de leur accorder la rémission
de leurs péchés, car elles savaient en leur cœur qu’elles ne le reverraient
jamais plus ici-bas. Lui, cependant, les consolait, répandait sur elles la
parole de son enseignement, les exhortait à demeurer fidèles aux commande-
ments de Dieu et à conserver une foi sans tache ; car c’est à elle qu’on
reconnaît l’amour pour le Seigneur, et, de plus, la gloire accompagne ceux
qui l’ont gardée jusqu’en leur lieu d’exil. « Les descendants du fidèle
Abraham en sont la preuve, disait-il, et tout d’abord Joseph qui, vendu
injustement comme esclave par ses frères, fut ensuite glorifié comme roi27.
C’est aussi le grand homme qui voyait Dieu, lui qui né en Egypte au sein
de la maison de la servitude, punit miraculeusement les bourreaux avec
26. L’on sera attentif ici à une note personnelle de l’auteur qui, après la prise de
Tàrnovo par les Turcs, dut fuir loin de sa patrie asservie pour mener en terre étrangère
une existence errante et parsemée d’embûches. L’on peut comparer ces lignes, animées
d’un accent humain et personnel, à un passage du Panégyrique de Cyprien, où Camblak
évoque avec nostalgie le souvenir de sa patrie, la Bulgarie, naguère encore souveraine et
maintenant esclave, mais toujours près de son cœur dans sa lointaine terre d’exil.
27. Allusion à l’histoire de Joseph, onzième fils de Jacob et arrière-petit-fils d’Abra-
ham, qui, vendu par ses frères et envoyé en Egypte comme esclave, devint, sinon roi,
comme le prétend Camblak, du moins le personnage le plus important de l’Egypte après
le Pharaon d’après Genèse, XLI, 37-46.
36
MÉLANGES IVAN DUJCEV
les flots de la mer et fit sortir tout son peuple de l’Egypte, de la maison de
servitude28. C’est encore Zorobabel, fils de Salathiel, qui dans sa captivité
resplendissait de gloire grâce à la piété qu’il montrait au sein de la maison
du roi et qui contribua puissamment à la libération d’Israël et à l’édification
du Temple29. N’y a-t-il pas aussi Daniel qui dompta les lions, et les trois
jeunes garçons qui éteignirent les flammes ? N’est-ce point la foi qui leur
donna d’accomplir de tels exploits et d’autres, plus grands encore ? Paul
leur rend témoignage par ces paroles : « Ils éteignirent la puissance du feu,
ils fermèrent la gueule des lions »30 31. N’y a-t-il pas aussi Esther, cette femme
magnanime et grande par la foi ? N’est-il pas vrai qu’après avoir imploré
Dieu tout d’abord par le jeûne et par la prière, elle apaisa la colère du Roi
des Mèdes, qui s’était allumée, et arracha à la mort les Juifs, ses compa-
triotes, qu’un seul jour devait faire périr et dont le nombre égale aujourd’hui
celui des grains de sable au bord de la mer ? »3 3. Et il les instruisait à être
reconnaissants des malheurs qui les avaient atteints, leur donnait l’assu-
rance qu’il fallait attendre de là un bonheur ineffable, et, en un mot, dispo-
sait leurs cœurs par ses douces exhortations à supporter sans amertume
28. Nouvelle allusion à l’exode du peuple juif de l’Egypte vers la Terre promise, sous
la conduite de Moïse, à travers la Mer Rouge qui s’ouvrit pour livrer passage aux Hébreux,
puis se referma pour engloutir leurs poursuivants égyptiens d’après Exode, XIV, 21-31.
L’expression «maison de servitude», appliquée à l’Egypte, est biblique et empruntée
au décalogue {Exode, XX, 2).
29. Moins connu de nos jours que les autres personnages bibliques cités par Camblak,
Zorobabel n’en a pas moins joué un rôle important lors du retour des déportés juifs de
Babylone à Jérusalem et en Juda, après l’édit de Cyrus, et dans la construction du second
temple de Jérusalem, appelé parfois « le temple de Zorobabel ». Voir en particulier
Esdras, I, 1-4, II, 2, V, 2, Zacharie, IV, 6-10. L’indication que Zorobabel est le fils de
Salathiel figure dans Matthieu, I, 12, Luc, III, 27, ainsi que dans plusieurs textes de l’An-
cien Testament, sauf I, Chroniques, III, 19, qui fait de lui le fils de Pedaja. La gloire que
Camblak attribue à Zorobabel « à cause de sa piété dans la maison du roi » pourrait être
attribuée plus vraisemblablement à Scheschbatsar, qui représenta Cyrus, reçut de lui les
objets sacrés du temple juif et fut établi par lui gouverneur {Esdras, V, 14). II est possible
d’ailleurs que, comme certains exégètes, Camblak ait vu en Zorobabel et Scheschbatsar
un seul et même personnage portant deux noms, l’un hébreu, l’autre chaldéen.
30. Citation assez libre A'Hébreux, XI, 33-34, où il est écrit, à propos de plusieurs
personnages de l’Ancien Testament ; « Ils fermèrent la gueule des lions, ils éteignirent
la puissance du feu». Il apparaît que Camblak attribue cette épître anonyme à Paul,
conformément au point de vue, fort contesté aujourd’hui, de certains exégètes.
31. Allusion aux faits rapportés dans le livre de la Bible intitulé Esther à propos de
l’héroïne juive Esther (autre nom de Hadassa), dont la grande beauté fit l’épouse du roi
de Perse Assuérus et dont l’ardente foi sauva les Juifs exilés en Perse d’un massacre, qui
avait été ordonné par Haman, premier ministre et favori d’Assuérus. La comparaison
du peuple juif avec le sable au bord de la mer apparaît plusieurs fois dans la Bible, et tout
d’abord dans Genèse, XXII, 17, lors de la promesse faite par Dieu à Abraham que sa
postérité se multiplierait.
PRISE DE TÀRNOVO
37
leurs cruelles épreuves. Ayant ainsi parlé, cet homme dont la langue était
inspirée de Dieu s’agenouilla et pria avec eux, puis, après avoir prié, il se
leva pour leur donner sa suprême bénédiction. Et voici que dans la foule
quelqu’un qui sanglotait s’écria en s’adressant à lui : « A qui nous remets-tu,
bon pasteur ? — Je vous remets à la Sainte Trinité, répondit-il, maintenant
et pour l’éternité ».
Qu’advint-il ensuite ? Quand il fut parvenu à l’endroit où on l’avait
conduit, quand son âme éprise de solitude eut vu la solitude et qu’il eut
constaté que l’endroit répondait à ce qu’il recherchait32, il versa des larmes
car son cœur était réchauffé par l’action perspicace de l’esprit. Et il dit :
« Voici le havre de paix où je demeurerai le peu de temps que durera ma
vie d’ici-bas, rendant grâce à Dieu qui m’y a conduit, jusqu’au jour où
il viendra me dégager de mes liens corporels ». Mais quel était le travail
d’Euthyme jusque dans son exil ? C’était la pêche, travail familier aux
apôtres, pour prendre non des poissons, mais des hommes, chaque jour,
chaque nuit et à toutes les heures sans exception33. Aussi voyait-on se rendre
auprès de lui tous les gens du pays aux alentours de cette montagne, comme
autrefois auprès du Baptiste se rendaient tous les habitants de Jérusalem
en Judée34. Et les uns se débarrassaient de diverses hérésies, comme on se
débarrasse de maladies35. Les autres fuyaient les ténèbres impies des
Sarrasins36; les autres quittaient une vie profane, comme on quitte une
sordide défroque37. Toutes sortes de vertus étaient semées, les gens étaient
32. Les indications que Camblak donne ici sont tout aussi imprécises et aussi insuffi-
santes pour permettre de déterminer l’endroit où Euthyme fut exilé que celles qu’il avait
données supra. Voir note 24.
33. Cette phrase rappelle le fait que les principaux disciples de Jésus étaient d’anciens
pêcheurs et s’inspire probablement des paroles de Jésus disant à Simon et à André :
« Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Marc, I, 17), ou encore disant à
Simon, après le récit de la pêche miraculeuse : « Sois sans crainte, désormais ce sont des
hommes que tu prendras» (Luc, V, 10).
34. Camblak s’inspire sans doute de Marc, I, 5, où la popularité de Jean-Baptiste est
suggérée par les mots : « Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se
rendaient auprès de lui ».
35. Il n’est pas étonnant qu’Euthyme ait poursuivi jusque dans son exil la lutte contre
les hérésies, qui avait occupé une large place dans son activité au cours de son patriarcat,
en particulier la lutte contre l’hérésie bulgare, plusieurs fois séculaire, des bogomiles,
ainsi que la lutte contre certaines tendances rationalistes nouvelles dont le protagoniste
était dans l’Eglise d’Orient Barlaam, stigmatisé par les hésychastes à l’égal des plus
grands hérétiques.
36. Allusion à l’Islam, qui non seulement était incompatible avec la vraie foi, mais dont
l’adoption eût menacé le peuple bulgare de dénationalisation.
37. II doit être fait allusion ici à la prédication morale d’Euthyme, réputé pour son
austérité à son époque où régnaient le vice et la corruption, comme tendent à le prouver
plusieurs documents, en particulier certains passages des épîtres de ce prélat.
38
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
instruits dans la connaissance du Seigneur, et les ignorants eux-mêmes
instruisaient les autres38. Ce n’était pas seulement en cet endroit que des
foules se rassemblaient pour voir ce nouvel Elie39 ; dans toutes les villes,
dans les villages, sur les routes, sur les places publiques, dans les maisons,
dans les églises, l’on pouvait entendre le nom d’Euthyme, que l’on se trans-
mettait de l’un à l’autre comme un message sacré. C’est avec justesse que le
prophète a dit : « Le son de sa voix s’est répandu sur toute la terre et ses
paroles sont parvenues jusqu’aux confins de l’univers»40.
Puisque donc il avait tellement resplendi dans sa patrie et au sein de sa
ville, le renom de cette âme éprise de sagesse allait se répandre aussi dans
presque tout l’univers. Certains pensent peut-être que ce que nous rappor-
tons à ce sujet est faux41. Si Dieu lui accorda de se montrer tel jusqu’en terre
étrangère, c’est, au contraire, pour que les éloges qu’on fait de lui soient
pleinement fondés et pour que les habitants même de l’endroit se fassent
les prédicateurs et les panégyristes de ce captif, exilé, étranger, recru de
fatigue. Bien souvent, en effet, ils lui apportaient dans leurs bras leurs
enfants en proie à différentes maladies, et, au retour, ils les voyaient sur
pied et marchant seuls, délivrés de la maladie comme d’une lourde chaîne42.
Il s’ensuivait nécessairement que ceux qui avaient été guéris célébraient
comme avec des trompettes le bien que leur avait fait ce médecin. C’est
pourquoi beaucoup de femmes en vue, épouses de ceux qui gouvernaient
le pays, venaient à lui et étaient par lui conduites à la piété ; et ces femmes,
à leur tour, gagnant à Dieu leurs maris, grâce à ses prières, les conduisaient
à lui, qui les conduisait au Christ. De plus, ces gens lui apportaient beau-
coup d’or, qu’ils le priaient d’accepter pour les besoins de son havre de paix,
mais lui, les instruisant à distribuer de leurs mains cet or aux pauvres, il
38. Cette phrase suggère qu’Euthyme a poursuivi jusqu’à sa mort son travail de péda-
gogue, qui avait été l’un des aspects les plus féconds de son activité durant son patriarcat.
39. L’un des plus grands prophètes de l’Ancien Testament et le plus populaire de tous
en Bulgarie, où Elie occupe une certaine place jusque dans le folklore national.
40. Citation approximative du Psaume XIX, 5, que Camblak a adapté à Euthyme en
le modifiant légèrement (sa voix... ses paroles, au lieu de leur voix... leurs paroles). A noter
aussi celui que Camblak appelle « le prophète » est David, qui n’est pas classé parmi les
prophètes de l’Ancien Testament, malgré les dons prophétiques que lui attribuent certains
commentateurs de la Bible.
41. Ces détracteurs d’Euthyme pourraient être, d’après Kaluzniacki, des moines grecs,
qui ne pouvaient manquer d’en vouloir à ce prélat patriote du zèle avec lequel il avait
toujours défendu l’indépendance de l’Eglise bulgare.
42. La liste des hauts faits que Camblak attribue à son maître Euthyme dans son exil
ne serait pas complète s’il ne lui avait attribué aussi des pouvoirs de thaumaturge, qui
avaient été attribués dès auparavant à d’autres prélats demeurés particulièrement popu-
laires dans la Bulgarie médiévale comme Clément d’Ohrid.
PRISE DE TÀRNOVO
39
en faisait pour eux une échelle s’élevant vers le ciel. L’un d’eux lui dit
« Qui donc est plus pauvre que toi, ô Seigneur ? Qui, plus que toi. a qualité
pour recevoir des aumônes, éprouvé comme tu l’es par la souffrance, par
la maladie, ainsi que par les tourments que te causent les mécréants ?»
Mais, lui, le regardant avec tendresse, (car son âme détachée de ce monde
ne savait pas regarder avec colère), il lui répondit avec douceur et d’un
visage souriant : « Ma richesse est cachée ici, mon enfant, (et il lui montrait
l’Evangile) et elle doit être mise au grand jour quand Celui qui nous l’a
confiée siégera pour juger comment nous l’avons fait fructifier. C’est là
un bien qui n’appartient pas à moi seulement, mais à tous ceux qui aiment
le Seigneur ».
O sainte parole, parole digne des apôtres, ô réponse d’une âme noble,
ô sagesse de notre père qui demeurait telle jusqu’en terre étrangère ! Ainsi,
jusque dans la persécution et dans l’exil, le salut des hommes était sa pré-
occupation, et il conduisait au Christ des pays entiers, des villes, des villa-
ges, des peuples. Aussi bien, mettons un terme à nos louanges, car c’est
le Seigneur lui-même qui le loue en disant : « Le bon berger donne sa vie
pour ses brebis»43. Paul aussi lui a tressé une couronne lorsqu’il a dit :
« Tel est le grand prêtre qui nous convenait »44. Que mes paroles à son
sujet prennent donc fin là où a pris fin sa vie45, ou plutôt là où ont pris fin
ses souffrances et où a commencé sa vie dans le Christ. Cette vie, puissions-
nous tous la recevoir par la grâce et l’amour de notre Seigneur Jésus, à
qui soient, ainsi qu’à son Père éternel et à son Esprit saint et vivifiant,
gloire, honneur, puissance, vénération, maintenant, à jamais et dans les
siècles des siècles. Amen.
43. Citation de Jean, X, 11.
44. Citation à.'Hébreux, VII, 26. A noter, ici encore, que Camblak attribue cette épître
anonyme à Paul. Voir note 30.
45. Camblak ne précise pas la date de la mort d’Euthyme, que la science n’est pas
en mesure d’établir, sinon avec une grossière approximation (fin du xtv' siècle ou début
du xv* siècle).
ORIENTE E OCCIDENTE IN TRE MOMENTI
DI CULTURA BIZANT1NA A PADOVA
Silvio BERNARDINELLO
Ogni fondo manoscritto è testimonianza tangibile délia tradizione cultu-
rale del singolo centro di studio. Nel caso di Padova quattro codici greci,
finora completamente ignoti ai filologi quanto agli specialisti in cataloghi
di manoscritti1, sono emblematici di tre momenti di cultura bizantina
(e, per riflesso, di cultura classica) locale. Conservati tutti alla Biblioteca
Civica, furono esemplati in epoche diverse e provengono da fondi etero-
genei. Si tratta dei codici seguenti, completamente o parzialmente vergati
in lingua greca : CM. 567, CM. 803, CM. 856, CM. 938.
Il manoscritto CM. 938 conserva la Grammatica di Giorgio Scolario,
che l’analisi grafica rivela autografa, in una redazione più breve di quelle
note finora2. Appartenne al grammatico padovano Pietro da Montagnana
(Montagnana ca. 1400-Padova 1478), che ne compose anche una fedele
1. Nessuna menzione se ne trova nel fondamentale e preziosissimo ben noto repertorio
del Richard, cosi corne in particolare nel Catalogo di manoscritti greci esistenti nelle
biblioteche italiane, a cura di E. Martini, Milano 1893-1902 (= RR.75), nell’omonimo
catalogo di E. Mioni (Roma [1966]) e nei Catalogi codicum Graecorum qui in minoribus
bibliothecis Italicis asservantur in duo volumina collati et novissimis additamentis aucti,
accuravit Chr. Samberger, Lipsiae 1965-1968. Da questi cataloghi sono già noti altri
33 manoscritti, sparsi non uniformemente nelle biblioteche Antoniana, Civica, del
Seminario Vescovile, Universitaria.
2. Per la descrizione e l’analisi particolareggiata del codice cf. GH studi propedeutici
di greco del grammatico padovano Pietro da Montagnana, in « Quaderni per la storia dell’
Università di Padova», IX-X (1976-1977), pp. 103-128. In questa sede rendo conto solo
dei dati essenziali.
42
MÉLANGES IVAN DUJCEV
traduzione in latino. Nella ricerca di strumenti didattici sempre più validi
all’apprendimento del greco da parte degli umanisti latini la redazione
padovana del testo dello Scolario è prova dell’acuto senso critico che
ispirava Pietro da Montagnana, il primo umanista padovano che s’in-
teressô all’insegnamento pubblico del greco.
Dei 37 manoscritti greci, ancora oggi conservati nelle biblioteche di
Padova, sette provengono da altri centri3, per lo più del Veneto, undici
sono posteriori al Rinascimento, o comunque la loro presenza a Padova
è posteriore a taie période4, uno è un libro a stampa con annotazioni
manoscritte5, proveniente dalla biblioteca di Pompeo Caimo. Sugli altri
diciotto codici, un tempo in varie biblioteche umanistiche, tutte più o
meno largamente accessibili al pubblico degli studiosi, ben nove sono di
carattere didattico-grammaticale. Oltre al Patav. Commun. CM. 938 e al
CM. 856, del quale ultime si parlerà tra poco, essi sono : Patav. Anton.
23, Erotemata del Crisolora6, o, meglio, il Compendio che ne fece il
3. Patav. Semin. 40, Grammatica di Teodoro Gaza (RR. 660, p. 159; Mioni, p. 241)
giunta tardiva a S. Maria in Vanzo di Padova dalla biblioteca del docente pisano Lorenzo
Laurenziano, per il quale probabilmente l’esemplô espressamente Giovanni Roso nel
1476 (per lo stesso committente il Roso dichiarô nella sottoscrizione di aver scritto nel
1485 il Pindaro del Mutin. Gr. 250 ; cfr. M. Vogel-V. Gardthausen, Die griechisehen
Schreiber des Mittelalters und der Renaissance, Leipzig 1909, p. 189, 257 nota 2. È
verosimile quindi che il Roso abbia esemplato anche il Semin. 40 per lo stesso Lauren-
ziano, che del resto ne risulta chiaramente possessore) ; Semin. 137 delle epistole di
Libanio, proveniente dalla bilioteca di Giovanni Angelo Augustano di Rovigno (RR.
660, p. 159; Mioni, pp. 241-243); Univ. 695, manoscritto liturgico, da Feltre (Mioni,
pp. 256-257); Univ. 1009, Grammatica del Crisolora (RR. 661, p. 431 ; Mioni, p. 258),
proveniente dai Minori Conventuali di Belluno; Univ. 1190, Grammatica di Moscopulo,
da S. Nazario di Verona (RR. 661, p. 431 ; Mioni, p. 261) ; Univ. 1408 (RR. 661, p. 20;
Mioni, p. 264), Grammatica di Teodoro Gaza, proveniente da S. Giorgio di Venezia ;
Univ. 1722 (RR. 661, p. 20; Mioni, p. 265), preghiere e canone monastico da Praglia.
4. Semin. 138 (RR. 660, p. 160; Mioni, p. 243) a Padova non prima del 1600 presse
Matteo Ruperti ; il Dioscoride del Semin. 194 (Mioni, pp. 244-246) nel s. xvn nella
biblioteca privata di Giovanni Rodio da Magdeburgo ; lo scartafaccio degli aa. 1731-
1733 dell’abate Giacomo Giacometti del Semin. 309 (Mioni, pp. 247-248); quattro
innologi e un eucologio del s. xvn : Univ. 432 (RR. 661, p. 18; Mioni, p. 253), 437
(RR. 661, p. 18; Mioni, pp. 253-254), 1137 (RR. 661, p. 19; Mioni, pp. 258-259), 1140
(RR. 661, p. 19; Mioni, pp. 259-260), 1289 (RR. 661, p. 19; Mioni, pp. 262-263); il
prontuario retorico del s. xvm dell’Univ. 1173 (Mioni, pp. 260-261); la Grammatica
anonima del s. xvn dell’ Univ. 1355 (RR. 661, p. 432; Mioni, p. 264); il filosofico
Univ. 2247 (RR. 661, p. 432; Mioni, pp. 265-266), di recente acquisizione.
5. Patav. Univ. 2 a 20 : Pericope del N.T.
6. R.R. 660, pp. 163-164 ; Mioni, p. 233 ; G. Abate-G. Luisetto, Codici e manoscritti
delta Biblioteca Antoniana. Col catalogo delle miniature a cura di F. Avril, F. d’ARCAis,
G. Mariani Canova (Fontie Studi per la storia del Santo a Padova, Fonti 1-2), Vicenza
1975, pp. 24-25.
ORIENTE E OCCIDENTE
43
Guarino7 8. Anche se gli Erotemata terminano con quelle preghiere in greco e
latino, che già negli incunaboli concludevano il Compendia del Guarino, non
necessariamente il manoscritto fu esemplato da un religioso. Infatti il
codice si âpre con un alfabetario greco ed ebraico, secondo il
canone umanistico dell’uomo trilingue, e si chiude con l’idillio I (Tirsi)
di Teocrito. A loro volta i Disticha Catonis6 del Patav. Commun. CM. 396
per il loro carattere gnomico sono molto adatti all’insegnamento prope-
deutico di retorica del loro probabile possessore Giovanni Calfurnio
(Bordogna ca. 1443-Padova 1503). Il testo greco aggiunto posteriormente
fra le righe delle Epistole paoline del Patav. Semin. 209 non puô essere
giovato ad altro che a esercitazione filologico-grammaticale di un anonimo
del s. xvi. Il miscellaneo Semin. 13910 contiene una grammatica del s. xv.
Il Patav. Univ. 1218 conserva la Grammatica di Teodoro Gaza, seguita
da question! grammaticali di Erodiano e proviene da S.Giustina11, mentre
una parte grammaticale greco-latina si legge anche nell’Univ. 98312.
Pertanto se ne deduce che la metà dei codici greci esistenti a Padova nel
s. xv-xvi è costituita da scritti grammaticali. La percentuale tuttavia non puô
essere presa corne valore assoluto13, ma diviene comunque significativa se
si considéra la varietà d’indirizzi didattici che rifugge dall’uso costante e
univoco délia grammatica canonica degli umanisti, gli Erotemata del Criso-
lora14, nella ricerca di nuove sistemazioni teorico-didattiche, passando da
Giorgio Scolario a Manuele Caleca, da Erodiano agli erotemata anonimi.
È questa una caratteristica dell’ambiente culturale padovano, che nel
Rinascimento italiano è l’eco di un’affannosa ricerca di sistemazione di
tutta la materia, quale si verifica a Bisanzio alla fine del Trecento e per
tutto il Quattrocento, dal Crisolora in poi, con il progressive passaggio
da una forma erotematica a una più sistematica sul modello délia scuola
latina15 ; è questa l’espressione marginale, ma non per questo meno féconda,
7. Cf. A. Pertusi, ’EganT/pata. Per la storia e le fonti delle prime grammatiche
greche a stampa, in « Italia Medioevale e Umanistica», V (1962), p. 325 nota 4.
8. RR. 660, pp. 162-163; Mioni, p. 237.
9. RR. 660, p. 158; Mioni, p. 241.
10. RR. 660, pp. 160-161 ; Mioni, pp. 243-244.
11. RR. 661, p. 19; Mioni, pp. 261-262.
12. RR. 661, p. 431 ; Mioni, pp. 257-258.
13. Per una statistica più compléta e più valida bisognerebbe tener conto anche per lo
meno delle biblioteche di Palla Strozzi e di S. Giustina, ora disperse e non più a Padova.
14. Infatti delle grammatiche elencate sopra una è di Giorgio Scolario, una è del
Gaza, imegrata dal testo di Erodiano, una è del Crisolora-Guarino e le altre sono
anonime.
15. Su tutto il delicato problema qui accennato, dettagliato ed esauriente è lo studio
del Pertusi, ’EpcoTTjjia-ra..., cit., pp. 321-351.
44
MÉLANGES IVAN DUJCEV
di un fenomeno d’interscambio culturale di ben più vasta portata, quale
la conservazione del patrimonio délia cultura greca antica che ancor oggi
costituisce, malgrado tutto, una parte intégrale délia nostra civiltà, grazie
proprio « all’opera degli umanisti italiani e europei del Rinascimento e
dei loro predecessori bizantini»16 *.
L’interesse padovano per lo studio grammaticale non è limitato al Rinasci-
mento. Ne è una prova l’altro codice, finora ignoto e inesplorato, auto-
grafo del fisiologo e linguista Paolo Marzolo (Padova 1811-Pisa 1868),
il CM. 856 délia Civica, contenente il Trattato critico délia grammatica
greca11. Si tratta di uno scartafaccio non rilegato di 52 pagine di testo,
non numerate, di cm. 31,5x21, con intercalati numerosi foglietti volanti
di dimensioni più piccole, che costituscono appunti a integrazione del
testo manoscritto. Interessanti in questo Trattato le osservazioni sull’ana-
fora, l’aspetto verbale e la pronuncia del greco, con particolare riferimento
al periodo bizantino, quasi un’eco degli studi grammaticali bizantini
presenti nelle grammatiche manoscritte di Padova del Quattrocento. Arric-
chiscono questo saggio numerosi esempi di linguistica comparativa18 e
di grammatica storica comparata. « Eterodosso géniale », corne lo definisce
il Migliorini, il Marzolo tenne l’incarico di grammatica e lingue comparate
a Pisa dal 1862. Evidentemente è al periodo pisano che si riferisce il caotico
CM. 856, ultima testimonianza délia scuola padovana di « bizantinologia »,
sorta con l’Umanesimo.
L’ellenismo a Padova non si manifesta soltanto con lo studio dei testi
linguistici fondamentali che poteva mettere a disposizione la cultura
bizantina, ma giunge anche a una fase creativa, almeno in due dotti locali :
Jacopo Giacometti (1663-1737), docente di Morale all’Università, compose
sette elegie De moribus e scrisse numerose lettere in greco, ora conservate
nel codice 309 délia Biblioteca del Seminario Vescovile, mentre Giovanni
Domenico Polcastro (1710-1787) lasciô un garbato ed elegante epigramma
’Ev rfl tou IlatSoç ’Ateotwou yeveT^, il cui autografo ora costituisce
il terzo fascicolo délia busta-manoscritti CM. 803 délia Biblioteca Civica.
Finoro ignoto agli studiosi consta di quattro fogli non rilegati, intercalati
16. P.O. KriSteller, Umanesimo italiano e Bisanzio, in Venezia e l’Oriente fra tarda
Medioevo e Rinascimento, a cura di Agostino Pertusi, Venezia 1966, p. 32.
•17, È una parte dei Monumenti storici rivelati dall’ analisi del linguaggio, inedita
per .vôlere dello stesso Marzolo che nel f. 1 del codice appose la seguente postilla :
« Questo' è affatto a parte délia Storia naturale/ délia Grammatica. Non va stampato
coll’ opéra Monu/menti Storici ecc. »
18. Vi si leggono paralleli, spesso alquanto discutibili nell’ attuale prospettiva glotto-
logica, con le lingue semitiche e le altre lingue indo-europee.
ORIENTE E OCCIDENTE
45
da un foglio isolato, contenente nel recto le Correctiones epigrammatis
del Polcastro stesso e nel verso la stesura definitiva deU’epigramma, nella
quale l’autore tiene conto dei comment! e dei rilievi ortografici, grammati-
cal! e soprattutto metrici dell’editore, cui il Polcastro s’era rivolto per
la stampa. Le osservazioni dell’editore sono ai ff. 2-4 del fascicolo in
questione. Al f. 4V l’autore s’era sentito in dovere d’esporre la sua «Metri
et syntaxecoç ratio », per superare lo scoglio più forte che si opponeva
alla stampa deU’epigramma.
Di tenore completamente diverso è l’ultimo codice greco di Padova
tuttora ignoto agli studiosi : CM. 567, del quale presentemente si fornisce
la descrizione.
PATAVINUS, Bibl. Communalis, CM. 567 (olim C. RM. 675).
Chart., saec. XVII, mm. 215x180, ff. 11.57+15.
Librarii duo diligenter, non aequabili tamen calamo nitidaque scriptura
exaraverunt, quorum prior (a) ff. lr-5r alter (b) ff. 5V-56V et 71r lineis plenis 25
exaraverunt. Ff. 42v-43v, 57r-v, 58r-7Ov, 72r-v scriptura vacant. Fasciculi quattuor
quorum primus trium foliorum, extremus quindecim, ceteri duo de triginta
foliorum, nulla subputatione praediti. Decimum autem quodque folium a librario
b arabice numeratur. Nulla nota conspicitur. Folium I additum custodiae causa.
Litterae initiales grandiores. Atramentum subnigrum. Iota mutum subscribitur.
Lineatio OOD1 (Leroy), attamen altéra verticalis linea utroque in margine haud
exaratur. Officinarum chartariarum signa sunt gentilicia insignia diversa atque
causia: in repertoriis non reperiuntur.
Contentorum indiculus latinus f. Ir « Defensio Ecclesiae Grecae/contra Latinos:/
Agitur de Primatu Papae, /Purgatorio etc. G.M.S.j Barlaamus de Primatu Papae/ et
de Aliis etc. G.M.S./ Marcus Ephesinus E(piscopus)/Dissertatio contra Latinos
G./Hieremias Constantinopolitanus P(atriarcha)/Tertium responsum ad Germanosj
A Martino Crusio Latine conversum. G.L./ Editum 6. Junii.l581./Secundum Re-
sponsum etc./Editum mense majo 1579,/Actus contritionis et Oratio B.V.M.G.»
Integumenti spissae chartae saec. XVII. In dorso inscribitur « Defensio/Eccl(esiae)
Grae[cae]/Barlaam/dePrim (atu) Papae/Marc (us) Eph(esinus)/C (ontr)a Latino[s]/
Hieremias/ Resp (onsum) ad/Germanos/G. »
1. [NILUS CABASILAS], Libri duo de causis dissensionum in
ecclesia, et de Papae primatu. Liber prior (ff. lr-7r) inscr. Bipxlov
KpÛTov ^toi kovoç à7ro8ei.xvùç pièv aXXo ti to TÎjç 8i.a<7Tà<7eco<;...7rpà^ecov.
Inc. /jyoup.effa 8eïv Kpoç Xarivouç Troioupiévouç tov Xoyov..., expi. oute
oi tcûv KocTÉpcov poûXovTai. vôp.01., rà Trapovra àpxeT (P.G. 149.
700 A). Liber alter (ff. 7r-23r) inscr. toü aÙToü 7tepi TÎjç toü nàT^Kp/Tjc
Pt^Xlov P'. Inc. Oaolv ol XaTÏvot tov piaxapiov KÉTpov..., expi. ir/j $ep(.éXy;<:
èx toü GTopiaTÔç piou tov Xôyov àXyj&eiaç (ibid. 700A-729A).
46
MÉLANGES IVAN DUJCEV
2. [DIALOGUS THEOLOGICUS]. Inscr. ’Ap/y; tlvoç
Ppaixoü xal KaXSyjvapicov (recte KapSivaXlcov) tlvûv arco rrjç IIpeopuTépaç
'Pcopiy;?. Inc. 'O KaX8y;vàpi.oç. Trjç; 'Pcopialcov àylaç ÈxxXTjcnaç rà tcov
èxxXvjm.ûv Katjcov xXTjpcocjapiév/jç KpcûTo/.Eia..., expi. oûtco tûv Kpay^àvcov
àvT(.poa>vrcov. téz.oç (ff. 23r-26v) : cf. Vat. Palat. Gr. 409, ff. 338 ss., Marc.
Gr. Z. 150 ff. 297r-307v.
3. [BESSARIO NICAENUS], Responsio Graecorum ad posi-
tionem Latinorum de igné purgatorio a Bessarione Nicaeno
recitata die 14 iunii 1438 (ff. 27r-42r). Inscr. Ilepî. toü KaftapT^plou
Ilupàç [3(.pX(ov êv. Inc. et p.èv Kepi âXXy)Xo!.p àp.cpurP'/jTOÜp.ev..., expi.
toç KpooSoxoup.év7)ç érépœç xœ&œptrecop (Patrologia Orientalis, XV. [61], 1-
[79]. 29, edidit Louis Petit).
4. BARLAAM, De Papae primatu (ff. 44r-56v). Inscr. Toü oo<pcoTàTou
BœpXaàp. Àoyoç nept, TÎjç toü mxTta àpxîjç. Inc. xe<p. a'. 01 Kspi, xàç È7n.<7TT)p.aç
Sewot, d> ^py)<7TÈ Opayxtoxe..., expi. xat [TaxpoS'ùp.cop àxouaôp.eS'd trou
(P.G. 151, 1255-1280).
5. TOT ATIQTATOY IIATPOS HMQN MAPKOY APXIEÜI-
SKOÜOY EtPESOY TOY NEOY 0EOAOPOY <7uXXoY(.<7Ti.xà xecpaXaia
Kpàç AoctIvouç (opus typis impressum saec. XVII, cc. Cclv-Ee3r).
6. MAPKOY EOESOY TOY EYTENIKOY xe<pàXai.a OTjXXoyi.cmxà TÎjç
aîpéaecoç tcôv àx(.v8uv(.a<7TÛv irepi 8i.axp[<7ecoç 9-eiaç oùalap, xaî.èvepYe(aç(opus,
ut superius, typis impressum ex eodem editione saec. XVII, cc. Ee3r-Ff3r).
7. NIKHTA BYZANTIOY OIAOSOOOY KAI AIAAXKAAOY
xecpdcXaia, x8' truXXoyiffTixà èx xoivûv rapt &eoü ewoicov (opus, ut supe-
rius, typis impressum ex eodem editione saec. XVII, cc. Ff3v~Hh4Ÿ).
8. Tertium Patriarchae Constantinopolitani, D. Hieremiae, responsum :
a Martino Crusio... conversum, ed. 1581, pp. 217-244.
9. Secundum Patriarchae Constantinopolitani, D. Hieremiae, respon-
sum : a Martino Crusio... Latine conversum, ed. 1579, pp. 129-216.
10. [ACTUS CONTRITIONIS]. Inc. Kùpie Tkjctoü Xpurré, où kSv
dyahov..., expl. xai. Tipuoplav, xal aÙTOv tov S-avaxov KaS-Eiv (f. 71r).
11. Oratio Beatae Virginis Mariae, opus typis impressum a.
1680 et codicis chartae 71v glutinatum.
Nemo de codice scripsit.
La risposta del Bessarione alla Chiesa di Roma sul Purgatorio lino a
pochi anni or sono era attribuita a Barlaam, anziché al Bessarione. Martin
Jugie19 la considéra invece sicuramente del Bessarione e di Marco d’Efeso.
19. D.H.G.E. VI. 830.
ORIENTE E OCCIDENTE
47
In realtà l’opéra fu pubblicata fin dal 1555 (Basilea), corne anonima20.
Fu un’ accidentale scelta d’impaginazione che fece attribuire l’opéra a
Barlaam. Dato che nell’ Appendice del trattato di Claude Saumaise contro
il primato del Papa21 e nell’ edizione di Londra del 1627 il nostro trattato,
anonimo, segue immediatamente il IIpoç toü flaKa àp/îjç di Barlaam,
Pietro Arcudio 1’ attribui definitivamente a Barlaam22. Si deve al Petit,
sulla base délia cronistoria del Concilie di Firenze, l’attribuzione di questo
scritto alla collaborazione di Marco d’Efeso e del Bessarione, che s’incaricô
di leggerlo nella seduta conciliare del 14 giugno 1438. Precedentemente
Gorskij23 l’aveva attribuito al solo Marco ; altri a Nilo Cabasila. Si tratta
comunque di un’opera molto rara, délia quale i codici sono in numéro
limitatissimo, e che fino al 1627 era attribuita comunemente a Barlaam24.
Il dialogo dei ff. 23r-26v, nel quale è affrontato il tema del primato délia
Chiesa di Roma, è d’impostazione socratico-platonica fra un greco e un
KapStvàXioç. Il codice fu rilegato nello stato attuale alla fine del s. xvn,
quando i brani a stampa furono intercalati ail’ originale manoscritto délia
fine del Cinquecento o dei primi anni del Seicento. Dato che le opéré ivi
contenute sono scritti antilatini, tutti difficilmente reperibili anche oggi,
appare évidente l’intenzione del compilatore délia raccolta del CM. 567 :
disporre di una sintesi di testi contrari alla dogmatica délia Chiesa di
Roma, scelti fra quelli meno divulgati, manoscritti o stampati, e d’incerta
attribuzione. Nessuna nota di possesso o altro elemento codicologico
c’illumina sulla provenienza del manoscritto, salvo l’insignificante vecchia
segnatura C.RM. 675. Tuttavia, trattandosi di una silloge teologica greca
antilatina, è in questo ambiente che sarà presumibilmente da ricercare
il primo possessore e il riordinatore del codice. A Padova a queste caratte-
ristiche risponde bene il collegio per studenti greci dell’Ateneo, fondato
da Giovanni Cottunio nel 1657 con sede in piazza del Santo, a pochi metri
dall’attuale Biblioteca Civica e ancora opérante fino al 194425.
20. Nell’edizione di Basilea è accompagnata da una traduzione latina di Joannes
Hartungus, mentre in quella di Leida del 1595 la traduzione è del Vulcanius.
21. CI. Saumasii librorum de Primatu Papae pars prima. Cum apparatu. Accessere
de eodem primatu Nili et Barlaami tractatus, Hanoviae 1608, Lugduni Batavorum 16452.
22. Cf. la sua opéra, pubblicata postuma, De Purgatorio igné adversus Barlaam,
Romae 1637.
23. The History of the Council of Florence, London 1861 (trad. V. Popoff).
24. Bibliotheca Graeca, XI, p. 467 (Fabricius-Harles).
25. A. Favaro, L’Università di Padova, Venezia 1922, p. 202. Sul Cottunio, lettore
di filosofia nello studio di Padova e ivi laureatosi in medicina il 29 dicembre 1615 e sul
collegio da lui fondato cf. T. SOTHPIAAHS, 'EXX-qvixà xoXXéyta èv Ilceraulcp Ir.l
Beveroxparoplaç, in « ‘HpiepoXoYWv rîjç MeyàXïjç ’ExXâSoç », 1926, pp. 431-448-;
48
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Se, corne tutto lascia supporre, l’identificazione è esatta, questo s’accorda
con la tendenza 'laica’ dell’Università che al tomismo oppose la filosofia
averroistica di Pietro d’Abano (1257-ca. 1315), cosi corne alla scuola dei
Gesuiti nel s. xvii contrappose la silloge 'ortodossa’ del CM. 567. Non
a caso s’istituisce questo parallèle : Pietro d’Abano nei suoi lunghi viaggi
s’era formate alla scuola di Costantinopoli, a quel tempo molto influenzata
dalle teorie di Fozio. A distanza di secoli un anonimo greco del collegio
Cottunio fa rivivere in Padova la meno divulgata teologia bizantina. È
solo nostalgia di esule, o non piuttosto tradizione d’ambiente culturale,
contrassegnato dal motto araldico « Universa universis Patavina libertas » ?
L’incontro dell’Oriente bizantino e dell’Occidente umanistico lascia quindi
a Padova un’inconfondibile testimonianza manoscritta, in tre fasi culturali :
studio grammaticale, ricerca teologica, produzione letteraria in lingua greca.
K. MEPTZIOS, 01 èx MaxeSovtaç (xeyàXoi eùepyÉTat toü "E&vouç. ’lcodwqç Kcot-
touvï)?, in Mvqpieïa Maxe8ovtxï)ç îa-ropiaq, Thessaloniki 1947, pp. 471-504 ; A.
STEPEEAAHS, Néa ptoypaçixà CTOt/eïa ytà vàv ’Iùxxvvï) Kùjttovvio (1572-1657), in
« ®ï)aavpiap.aTa », V (1968), pp. 249-254 ; K. MEPTZIOS, 'O ’lcoâvvqq Kù>t-
touvioç ^to ôp&68o!;oç, in « MaxeSovix?) Çwr, », 47 (1970), pp. 14-15 ; G. Plumidis,
GU scolari greci nello studio di Padova, in « Quaderni per la storia dell’ Università di
Padova», IV (1971), pp. 128, 134, 137.
L’ÉVOLUTION DES GENRES
DANS LA LITTÉRATURE SERBE DU XIIIe SIÈCLE
Dimitrije BOGDANOVK^
L’œuvre littéraire au Moyen Age n’est pas une œuvre autonome mais
un chaînon du développement du genre littéraire auquel elle appartient.
Cela nous est prouvé par l’histoire des littératures byzantine et russe
ancienne. La poésie médiévale met au premier plan ce qui est universel ;
au lieu de s’orienter vers ce qui est individuel, particulier, elle gravite
au sein des genres et des types d’œuvre littéraire établis. C’est pourquoi
l’étude des genres fera voir, si l’on se penche sur l’ancienne littérature
serbe, les mêmes phénomènes et les mêmes normes que l’on a pu constater
dans les littératures de Byzance, de l’ancienne Russie ou de l’Europe
occidentale du Moyen Age. L’œuvre littéraire de la littérature serbe n’était
pas non plus une œuvre strictement délimitée et simple, que l’on pourrait
étudier à la lumière de l’individualité de son auteur, sachant à quel point
le principe individuel était loin des conceptions artistiques médiévales.
Les textes se confondent et varient, ils s’amplifient ou se transforment
en textes nouveaux, et tout au long de ces changements de nombreux
auteurs connus et inconnus se relaient. L’œuvre littéraire médiévale est une
abstraction faite d’une série de formes concrètes. Si nous parlons de la
« Vie de saint Sava » ou de « l’Office de saint Sava » nous les considérons
comme une œuvre strictement circonscrite d’un auteur connu ou inconnu,
or, en réalité il existe tout un réseau de textes qui s’enchevêtrent, de textes
sujets à mille modifications et variant suivant la rédaction du milieu
qui s’en servait. Chacun de ces textes, pris à part, connaît son propre
sort et il peut tout aussi bien s’associer à un autre que devenir auto-
50
MÉLANGES IVAN DUJCEV
nome au cours de la formation et modification dynamique des genres.
Peut-être que dans la recherche sur la genèse de certains genres dans la
littérature serbe ancienne, l’on s’est trop arrêté sur le côté formel, composi-
tionnel des textes qui ont donné naissance au vieux genre littéraire serbe
de la « biographie ». Bien des choses restent encore à dire à ce sujet, en
particulier au sujet du prétendu « dualisme » dans les biographies des
souverains serbes (données historiques et idéalisation de celles-ci) comme
étant « le principal problème littéraire » et le facteur fondamental de la
constitution de ce genre1. Nous voudrions, tout au contraire, attirer
l’attention sur le fait que la conception hagiographique est le motif principal
et universel des biographies de la littérature serbe ancienne, comme elle
l’avait été dans les biographies byzantines. Le triomphe sur l’opposition
entre le ciel et la terre, entre le corps et l’esprit, à l’aide de l’ascèse et du
martyre par lesquels l’on atteint à la sainteté, n’est pas un « dualisme »
qui serait propre aux biographies dynastiques serbes. D’autre part il me
semble que dans ces recherches l’on avait négligé la fonction liturgique
de ces textes biographiques, fonction qui justement constitue l’un des
éléments, élément dynamique, de l’évolution de ce genre. En un mot,
il n’est pas sans importance de savoir si un texte biographique est un
document diplomatique ou l’annonce de la mort d’un personnage saint,
ou un synaxaire lu à matines ou encore une biographie destinée à être lue
dans le réfectoire d’une grande cénobie. Il peut en découler toutes sortes
d’abréviations ou de prolongements, de variations dans les formules et
le style ou même l’élimination totale et le remplacement par un autre
texte.
Nous avons essayé d’étudier l’évolution des genres dans la littérature
serbe du xine siècle à l’aide de quelques textes continus assez longs et dont
les rapports et relations mutuels n’ont pas été suffisamment étudiés, tout
en tenant surtout compte du fait qu’il s’agit de textes à contenu spirituel
homogène, et de textes dont la forme est définie par la place qu’ils occupent
dans le culte, par leur fonction liturgique. C’est la raison pour laquelle
nous avons choisi la Vie de saint Sava et l’Office de saint Sava. Ces textes
nous permettent de suivre de très près l’évolution des formes, de simples
en complexes, et la dépendance de celles-ci de l’histoire du culte et de
quelques autres facteurs « extérieurs » comme par exemple d’une « norme»
littéraire spécifiquement byzantine, qui se reflète dans la nouvelle codifica-
1. R. Marinkovic, Poceci formiranja srpske biografske knjizevnosti. Povelje o osnivanju
manastira Hilandara, « Prilozi za knjizevnost, jezik, istoriju i folklor » 39 (Beograd
1973), 3-19, spéc. p. 3.
GENRES LITTÉRAIRES EN SERBIE
51
tion liturgique (nouveaux typicons, nouveaux minées, nouveaux synaxaires
etc.) norme qui, précisément au xme siècle pénètre dans la vie liturgique
— et par conséquent aussi littéraire — serbe2.
En étudiant de près la Vie de saint Sava dans le manuscrit de Moscou
GBL f. 178, N° 10272 (jadis Hlud. 105), datant du troisième quart du
xive siècle, nous en avons conclu que la Vie de saint Sava de Domentijan
datant de 1243 n’est point du tout le premier texte biographique consacré
à notre saint. L’analyse de cette œuvre, que nous avons appelée « Kratko
zitije Sv. Save» (Vie sommaire de saint Sava) (KZ), nous fait distinguer
quelques unités indépendantes plus petites, et, de plus, quelques étapes
de l’évolution de la Vie de saint Sava, de ses formes les plus simples à des
ensembles complexes3. Ce sont : La Vie de saint Sava de Chilandar; la
Translation de Mileseva (description du transfert des reliques du Saint
de Trnovo à Milesevo) et l’annotation de Chilandar sur la mort de saint
Siméon. Le premier en date de ces textes est probablement l’annotation
sur la mort de saint Siméon, écrite vraisemblablement immédiatement
après le transfert de sa relique en Serbie, en 1206. Le second serait la Vie
de saint Sava de Chilandar, écrite bientôt après la mort de saint Sava à
Trnovo en 1235, et bientôt après, en 1237 la Translation de Mileseva,
l’année même ou seulement quelques années après ce transfert. Cependant,
il ne s’agit pas ici seulement d’un ordre chronologique dans lequel se suivent
les parties isolées d’un ensemble plus complexe, qui dès 1240 constituaient
un tout intégral4, mais du phénomène de la création en cercles concen-
triques dans certains milieux littéraires, qui ne sont littéraires que parce
qu’ils sont des centres religieux, des endroits dédiés à un culte défini.
Dans la genèse des textes sur saint Siméon l’on pouvait distinguer cette
création concentrique tournant surtout autour de Studenica : la Vie de
saint Siméon, écrite par saint Sava est la vie du fondateur de ce monastère
insérée dans le typicon de celui-ci5. L’on a de bonnes raisons de croire que
l’Office de saint Siméon, écrit par saint Sava, provient aussi de Studenica6.
2. P. SlMié, Rad Svetog Save na osavremenjavanju bogosluzenja u Srpskoj crkvi,
« Sveti Sava. Spomenica povodom osamstogodisnjice rodjenja 1175-1975», Beograd
1977, 181-205.
3. D. Bogdanovic, Kratko zitije svetog Save, « Zbornik Matice srpske za knjizevnost
i jezik» 24 (Novi Sad 1976), 5-32.
4. Avant que Domentijan ait rédigé sa volumineuse Vie de saint Sava (1243), et
surtout avant qu’il ait rédigé celle de saint Siméon (1264).
5. V. Corovic, Spisi sv. Save, Beograd-Sr. Karlovci 1928, pp. XV-XXI, 151-175.
6. Dj. TrifuNoviô, Beleske o delima u Srbljaku, «O Srbljaku. Studije», Beograd
1970, 271-272, avec une bibliographie.
52
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Même la Vie de saint Siméon, écrite par son autre fils Stefan, est une
variante plus vaste et indépendante qui se rattache au culte de Studenica
pour ce saint (suintant la myrrhe)7, et l’on suppose que la Vie de saint
Siméon de type plus ancien en forme de synaxaire se rattache aussi à
Studenica (et serait peut-être due au moine de Studenica Spiridon de
1227-1233)8. Cela formerait donc un ensemble. Un autre ensemble serait
formé par ce que j’ai appelé le cercle de Mileseva, qui est constitué par les
textes suivants : l’Office de saint Sava, dans toutes ses rédactions du
xme siècle, avec la Vie de saint Sava sous forme de synaxaire de type plus
ancien9, et l’on peut y ajouter la Translation de Mileseva dans son KZ,
et dans sa deuxième phase le synaxaire plus récent de saint Sava et la
compilation de divers textes dans le KZ. C’est sur ce plan que s’est établi
le contact entre le cercle de Mileseva avec un troisième cercle, celui de
Chilandar. Ce dernier a créé ses propres textes destinés au culte : au sujet
de Siméon les deux chapitres de l’introduction au typicon de Chilandar
(chapitres 2 et 3)10, et la description de la mort du saint dans le KZ; au
sujet de saint Sava : la vie du saint dans le KZ et après ces textes, dans un
élan brusque, se développent les genres des Vies de saints écrits de façon
rhétorique et prolixe : les œuvres de Domentijan (Vie de saint Sava et
Vie de saint Siméon)11 et finalement l’œuvre de Teodosije qui est une
œuvre complète et comprend non seulement leur hagiographie mais aussi
leur hymnographie12. Le cercle de Chilandar se rattache à celui de Studenica
7. V. Corovic, Ëitije Simeona Nemanje od Stevana Prvovencanoga, « Svetosavski
zbornik» 2. Izvori, Posebna izdanja SKA 125, Beograd 1938, 1-76.
8. V. Mosin, Cirilski rùkopisi Jugoslavenske akademije I, Zagreb 1955, 159; Dj. Sp.
Radojicic, Antologija stare srpske knjizevnosti (XI-XVIII vekd), Beograd 1960, 314-315.
Cf. D. Bogdanovic, Prolosko zitije svetog Simeona, « Prilozi za knjizevnost, jezik,
istoriju i folklor » 42 (Beograd 1976), 9-19.
9. V. Corovic, Prolosko zitije Sv. Save, «Svetosavski zbornik» 2. Izvori, Posebna
izdanja SKA 125, Beograd 1938, 77-87.
10. V. Corovic, Spisi sv. Save, pp. VIII-XIII, 26-29.
11. Zivot svetoga Simeuna i svetoga Save, napisao Domentijan, ed. Dj. Danicic,
Beograd 1865.
12. L’auteur du présent article est en train de préparer une édition critique des
œuvres complètes de Teodosije Hilandarac. Pour le moment existent : Zivot svetoga
Save, de Teodosije, éd. par Dj. Danicic et faussement attribué à Domentijan, Beograd
1860. Zitije sv. Petra Koriskog, de Teodosije, éd. St. Novakovic, « Glasnik Srpskog
ucenog drustva» 29 (Beograd 1871), 320-346, et « Starine Jugoslavenske akademije»
16 (Zagreb 1884) 9 sqq. Voir les textes hymnographiques dans l’édition : Srbljak.
Sluzbe, kanoni, akatisti. I, Beograd 1970, 139-507 (transcription et traduction par
D. Bogdanovic), et notes sur ces textes : Dj. Trifunovic, Beleske o delima u Srbljaku,
278-291. Cf. T. Jovanovic, Pohvala svetome Simeonu i svetome Savi Teodosija Hilan-
darca, « Knjizevna istorija» 5 (Beograd 1973) sv. 20, 703-778.
GENRES LITTÉRAIRES EN SERBIE
53
par deux chartes de fondation de Chilandar, celle de Siméon et celle de
Stefan13.
Que nous reste-t-il donc : l’existence indépendante de divers cercles,
ayant leurs points d’attache et leurs influences mutuelles. Chaque centre
avait sa propre production littéraire, pour satisfaire aux besoins de son
culte. Ce n’est que pendant une seconde phase que l’on « perce » ce cercle
concentrique et établit des contacts, ce qui provoque des mélanges, des
combinaisons et des contaminations des textes de diverses provenances.
Cependant les centres dans lesquels la création littéraire était plus forte
continuent leur activité littéraire propre, sans se contenter de l’activité
des autres centres. C’est ainsi que Chilandar arrivera à jouer un rôle
prépondérant, en reléguant d’abord par l’intervention de Domentijan,
puis par celle de Teodosije, toutes les autres traditions locales au second
plan, y compris le saint Siméon de Studenica (La Vie et L’Office de saint
Siméon écrits par saint Sava, la Vie écrite sous forme de Prologue, et la
Vie écrite par Stefan), et la tradition de Mileseva sur saint Sava (tous les
Offices de saint Sava du xnie siècle, La Translation de Mileseva, c’est-à-
dire probablement une Vie sommaire ajoutée à la Translation). Ce qui
est important c’est que l’on remarque, surtout à l’intérieur d’un cercle
l’imbrication d’un texte dans un autre, l’élaboration d’un texte sur les
traditions du texte plus ancien. En effet, Domentijan se sert du texte
KZ comme de l’une de ses sources pour élaborer sa volumineuse Vie
de saint Sava et aussi celle de saint Siméon en se servant notamment
du procédé déjà mentionné d’interpolation et de fioriture oratoire,
procédé dont Radmila Marinkovié a parlé au sujet des deux chartes de
Chilandar14.
L’Office de saint Sava, qui est un texte de caractère strictement liturgique
est un cas encore plus intéressant. Il n’est pas originaire de Chilandar
et pendant tout le xme siècle il n’y est pas reconnu comme tel, pour être
remplacé vers la fin du siècle ou plus probablement au début du siècle
suivant par un texte de la production littéraire et liturgique de Chilandar.
Jusqu’à présent l’on connaissait trois différents Offices de saint Sava
ayant été produits au xme siècle : L’Office du Trépas de saint Sava (fêté
13. Edition de charte octroyée à Chilandar par Siméon : V. Corovic, Spisi sv. Save,
pp. I-IV, 1-4. La charte du Stefan, éd. par A. Solovjev, Hilandarska povelja velikog
zupana Stefana (Prvovencanog) iz 1200-1202, « Prilozi za knjizevnost, jezik istoriju i
folklor» 5 (Beograd 1925) 62-89. Pour la date de ces chartes, voir : F. Barisic, Hrono-
loski problemi oko godine Nemanjine smrti, « Hilandarski zbornik» 2 (Beograd 1971)
31-58.
14. R. Marinkovic, op. cit., 18-19.
54
MÉLANGES IVAN DUJCEV
le 14 janvier)15, L’Office du Transfert de ses reliques (fêté de 6 mai)16,
et l’Office du Menée de Bratko, à savoir de la partie de ce vieux codex
qui a été écrite vers 133017. L’enchevêtrement de ces divers textes a tout
de suite été remarqué, mais aussi leur autonomie, sans égard au fait qu’une
partie du texte hymnographique se répète dans chacun des offices ou du
moins dans deux de ces trois textes. L’on s’est aussi posé la question de
la priorité des textes, et l’on en est arrivé à la supposition que le premier,
à savoir le plus ancien, des offices à saint Sava était celui du transfert de
ses reliques, que le second en date était celui de l’anniversaire de son
Trépas, et que le dernier en date était celui de Bratko qui n’était qu’une
version abrégée18. Il y avait aussi d’autres opinions contraires à celle-ci.
L’on doit tout particulièrement tenir compte de l’avis compétent liturgique
de Lazar Mirkovié qui estime que l’Office du Trépas du saint est quand
même le plus ancien19. Une étude approfondie des similitudes et de l’appa-
rition de l’un ou de l’autre stichiaire ou tropaire dans les deux offices
principaux, celui du Trépas (U) et celui du Transfert (P) n’a pas donné
de résultats qui puissent mener à une conclusion définitive à ce sujet.
Le quatrième office qui se trouve dans le Menée sur parchemin de Sofia
originaire du dernier quart du xme siècle (CIAM 403), n’a pas été étudié.
Il est seulement mentionné par Corovié, sur la foi de renseignements
obtenus par voie indirecte, comme un « office sur le transfert du corps
de saint Sava»20. Or, l’on a vu par la suite que l’on avait eu tort, et que
cet office méritait qu’on lui accorde plus d’attention. Ce n’était pas un
office sur le transfert du corps de saint Sava mais un office sur l’anniver-
15. Edition d’après le manuscrit sur parchemin de Moscou Und. 75 du début du
xive siècle : Lj. Stojanovic, Stari srpski hrisovulji, akti, biografije, letopisi, tipici, pomenici,
zapisi i dr., « Spomenik SKA » 3 (Beograd 1890) 165-175. Cf. Dj. Trifunovic, Beleske
o delima u Srbljaku, 275-276.
16. Edition d’après le manuscrit des archives de la ASSA Cod. 339 de 1599/1600 :
Lj. Kovacevic, Nekoliko priloga za crkvenu i politicku istoriju juznih Slovena, « Glasnik
Srpskog ucenog drustva » 63 (Beograd 1885) 19-40. Cf. Dj. TRiFuNovié, Beleske o delima
u Srbljaku, 273-274.
17. Seul le canon à saint Sava a été publié : St. Novakovic, Primeri knjizevnosti i
jezika staroga i srpsko-slovenskoga, Beograd 1904, 152-158. Le manuscrit du Menée de
Bratko se trouve actuellement à la Bibliothèque nationale de Serbie à Belgrade et porte
une nouvelle cote Rs 647.
18. Lj. Stojanovic, Stari srpski hrisovulji etc., 165. Cf. Dj. Sp. RADOJicté, Anto-
logija, 321.
19. D. Kostic, Liéesée sv. Save u kanonizaciji sv. Simeona, « Svetosavski zbornik» 1.
Rasprave, Posebna Izdanja SKA 114, Beograd 1936, 173-175; L. MiRKOvié, Heorto-
logija ili istorijski razvitak i bogosluzenje praznika pravoslavne istocne crkve, Beograd
1961, 130.
20. V. Corovic, Prolosko zitije Sv. Save, 79.
GENRES LITTÉRAIRES EN SERBIE
55
saire de sa mort, le 14 janvier. Il contient des éléments obituaires, c’est-à-
dire des éléments de son trépas et de son transfert, mais combinés d’une
autre manière et ayant une structure qui diffère tout à fait de U. Il est
vrai que les textes se répètent dans tout le groupe de l’Office de Sofia (S)
dans celui du Menée de Bratko (B), dans U et dans P, mais ce qui y importe,
ce sont les autres éléments, nous dirons les éléments « extérieurs » comme
par exemple la place des textes consacrés à l’office de saint Sava par rapport
aux autres offices, dans notre cas par rapport aux offices des pères du
Mont Sinaï, fêtés eux-aussi le 14 janvier. C’est à cet égard que l’office S
se montre antérieur à l’un et à l’autre des deux offices publiés jusqu’à
présent. Il n’y a pas d’enchevêtrements comme dans U ; les textes
sont séparés les uns des autres, surtout les canons qui alternent dans toute
une série de « cantiques » sans s’entrecroiser. L’office de Sofia montre
précisément dans le sens liturgique l’étape la plus ancienne de la formation
d’une acolouthie complexe. Or même cette étape est plus récente que
celle dans laquelle le saint est d’abord introduit dans le kondakion typique,
puis par un tropaire et un kondakion séparés dans l’office d’un autre saint
fêté à la même date21, ou de celle où l’on se sert, pour le vénérer, du culte
voué à un autre saint de la même catégorie. C’est ainsi que saint Sava
fut vénéré, d’après les règlements du typikon, dans les hymnes faisant
partie de l’office de saint Jean Chrysostome, fêté le 13 novembre22. Dans
le cas S, toute la construction d’un office particulier est déjà élaborée,
dans une espèce de « coexistence » avec l’office préalable de la même date
(consacré aux Saints Pères du Sinaï). La phase suivante englobera l’enche-
vêtrement U avec l’office préalable, puis sa mise à l’écart et finalement
son élimination, d’autant plus que la fête de saint Sava s’est identifiée
plus tard dans l’église serbe à celle d’une grande fête (fête avec une veillée23).
Nous en avons conclu que c’était une raison suffisante pour considérer
l’office de Sofia comme étant l’acolouthie le plus ancien de saint Sava.
C’est justement ce mélange des motifs de trépas et de transfert des reliques,
qui, en plus des motifs extérieurs mentionnés, nous prouve que l’office S
est le plus ancien, et qu’il a été élaboré sûrement juste après le transfert
des reliques, en 1237 ou 1238, lors de la constitution du culte de saint Sava,
21. Voir : Dj. Trifunovic, Stara srpska crkvena poezija, «O Srbljaku. Studije»,
Beograd 1970, 15-20.
22. R. Grujic, Sluzba 13 novembra kao prva sluzba Sv. Savi srpskom, « Glasnik
Skopskog nauënog drustva» 15-16 (Skoplje 1935, publ. en 1936), 355.
23. D. Bogdanovic, Sluzba Svetom Savi u ruskim minejima XV-XVII veka, « Sveti
Sava. Spomenica povodom osamstogodisnjice rodenja 1175-1975 », Beograd 1977,
349-360.
56
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ce qui n’a pu se passer qu’à Mileseva et seulement à l’occasion de la trans-
lation de son corps. C’est la raison pour laquelle nous considérons cet
office comme provenant du cercle de Mileseva qui s’est fait remarquer
par le texte chronologique du transfert des reliques de saint Sava et par
la rédaction de sa Vie sommaire (Kratko Zitije).
A partir de cet office originel prendront naissance deux offices condi-
tionnés par des raisons liturgiques. Si bien que l’on fêtera à Mileseva le
14 janvier en mémoire du saint lui-même et le 6 mai en mémoire du transfert
de ses reliques (comme fête locale du monastère où sa relique reposait).
L’office de Sofia est fêté le 14 janvier. L’office consacré au transfert des
reliques a été élaboré à partir de celui-ci (S) en extrayant les textes qui
avaient pour sujet ce transfert. Plus tard l’on remplaça l’office S par une
structure élargie et une variante remaniée (U). L’office du Menée de
Bratko, qui lui-même était originaire de la région du Lim (probablement
du monastère des apôtres Pierre et Paul près de Bijelo Polje)24 est une
variante spéciale, une espèce d’abrégé basé sur l’office S, avec un nouveau
canon. Il est évident qu’une situation liturgique complexe est apparue dans
la seconde moitié du xme siècle, situation dans laquelle diverses versions
et rédactions de Mileseva étaient utilisées et se faisaient concurrence entre
elles. Il est intéressant de remarquer que le typikon du temps de l’empereur
Dusan (1346-1355), qui se trouve aujourd’hui à Chilandar (Cod. slav.
165), ignore l’existence d’un office particulier pour le transfert des reliques,
mais indique pour le 6 mai « le transfert des reliques du saint archevêque
Sava» l’utilisation de l’office «écrit pour le 14 janvier». La structure de
cet office, selon ce typikon, correspond à la rédaction S, sans toutefois
mentionner les Pères de Sinaï, et ne correspond pas aux autres rédactions
du xme siècle, surtout pas à celle de l’office de Teodosije, qui n’a rien
de commun avec elle25.
Pendant toute cette époque et tout au long du xme siècle Chilandar
reste sans office qui serait propre à son fondateur, et surtout sans office
qui suivrait les règles prescrites par le typikon qui est en vigueur au Mont
Athos, c’est-à-dire le typikon de Jérusalem. C’est la raison pour laquelle
Chilandar met sur pied un nouvel office, qui n’a aucune relation avec les
24. Lj. Stavljanin-Djordjevic, Bratkov minej, « Zbornik istorije knjizevnosti
SANU» 10. Stara srpska knjizevnost, Beograd 1976, 21-40, spéc. pp. 23-25.
25. L. Mirkovic, Heortologija, 132-133 ; id., Rukopisni tipici srpskoslovenske recenzije,
« Bogoslovlje » 19 (Beograd 1960) 1-2, pp. 4-6, N" 5. A comparer avec les règlements
du typicon contenu dans l’évangéliaire serbe du diacre Bunilo du troisième quart du
xuie siècle (Chilandar, Cod. slav. 23, fol. 232 v) et dans le Tétraévangile de la fin du
xnt'-début du xiv' siècle (Ljubljana, NUK Cod. Kop. 12, fol. 389 v).
GENRES LITTÉRAIRES EN SERBIE
57
offices préalables issus de Mileseva, et lance, suivant les règles du typikon
de Jérusalem un nouvel office, celui de Teodosije, élaboré très probablement
au début du xive siècle, et complètement nouveau dans toutes les parties
de sa structure complexe. Différant par là des textes de la Vie du saint
qui ont un certain rapport entre eux et qui s’enchevêtrent par endroits
et se complètent. L’office de Teodosije accuse une rupture complète avec
la tradition de Mileseva et s’impose comme tradition nouvelle, probable-
ment par suite de l’inconséquence liturgique et de la composition hété-
rogène de la tradition de Mileseva.
Que pouvons-nous conclure de cette analyse comparative ? Tout d’abord
que le genre littéraire de Vie d’un saint, passe au cours du xme siècle par
différentes formes. Dans la genèse de ce genre se trouve une narration
ou une annotation sur la mort d’un saint (l’annotation de Chilandar sur
la mort de saint Siméon), ou la description du transfert des reliques d’un
saint en tant qu’élément essentiel de la fête d’un miracle qui sera la base
d’un culte (transfert des reliques de saint Sava à Milesevo). L’acolouthie,
l’office qui suit son cours réglementaire, est forcément accompagné ou
plutôt précédé d’un synaxaire (synaxaire de saint Siméon et celui de saint
Sava). Pour arriver à composer une « Vie de Saint », c’est-à-dire un ensemble
destiné à être lu au réfectoire, on réunit des formes primitives, plus simples,
en un nouvel ensemble de Vie Sommaire (KZ). De cette réunion et grâce
à de nombreux développements rhétoriques, et emprunts à d’autres sources
littéraires et d’autres modèles, même de modèles qui n’appartiennent
même pas au même genre ni à la même littérature (« L’homélie sur la Loi
et la Grâce », de la littérature russe du xie siècle)26, est élaborée la première
Vie de Saints vraiment « vaste » de la littérature serbe. C’est la Vie de saint
Sava de Domentijan, qui est très complexe et combine plusieurs « genres
mineurs ». Nous y voyons déjà l’influence de la rhétorique et surtout celle
de l’idéologie du Mont Athos et de la conception byzantine des grandes
Vies de Saints.
Le genre de l’Office (acolouthie), en tant que genre hymnographique,
reflète tout d’abord le moment transitoire dans lequel se trouve en général
le service religieux orthodoxe et byzantin aux xne et xme siècles, lors de
l’introduction définitive du typikon de Jérusalem comme norme liturgique
générale. Dans le cas de l’office de saint Sava, ce genre passe des formes
26. M. P. Petrovskij, llarion, mitropolit Kievskij i Domentian, leromonah Hilan-
darskij, « Izvestija OtdeJenija russkogo jazyka i slovesnosti IAN » 13 (SPb 1908) 4,
81-133. Cf. V. Corovic, Medjusobni odnosaj biografija Stevana Nemanje, « Svetosavski
zbornik» 1. Rasprave, Posebna izdanja SKA 114, Beograd 1936, 1-40.
58
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
simples contenant le kondakion et le tropaire au saint et de l’utilisation de
l’office de saint Jean Chrysostome, en tant qu’office typique pouvant être
utilisé pour notre saint, et de l’acolouthie en mémoire du saint célébré
le jour de son Trépas le 14 janvier (S), et des divers offices du cercle de
Mileseva à l’occasion du transfert de ses reliques le 6 mai (P) et de son
Trépas (U), pour arriver à un rejet de toutes ces créations hybrides, et à
la création d’un office complexe mais standardisé suivant le typikon de
Jérusalem, à l’office de saint Sava composé par Teodosije. Il est intéressant
de remarquer que le culte du transfert des reliques de saint Sava ne s’est
pas maintenu dans l’église serbe. Il n’y a été introduit de nouveau que
tout récemment.
L’étude de ces deux principaux genres de la littérature serbe au XIIIe siècle
nous apprend beaucoup de choses au sujet des autres genres, et surtout
peut animer les recherches sur la structure des œuvres littéraires volumi-
neuses que l’on rencontrera au xive siècle lors de l’élaboration de ce qui
est connu sous le nom du Recueil de Danilo des Vies des Rois et Arche-
vêques serbes27.
C’est ainsi que le développement des genres littéraires au xive siècle
chez les Serbes apparaît comme une superstructure sur la base qui s’est
formée au siècle précédent, comme une évolution de ses formes, qui,
soumises à de nouveaux rapports, arrivent à de nouveaux ensembles dans
lesquels se fait sentir une nouvelle et haute qualité littéraire.
Décembre 1977
27. J’ai traité ce sujet plus amplement dans mon rapport soumis au Symposium sur
Graëanica, réuni à Belgrade en 1973 : Nove teznje u srpskoj knjizevnosti prvih decenija
XIV veka, « Zbornik radova » (sous presse). Dans l’intervalle une étude approfondie
traitant le sujet a paru : Dj. TrifunoVic, Proza arhiepiskopa Danila II, « Knjizevna
istorija » 9 (Beograd 1976), sv. 33, pp. 3-71.
LES CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS
D’ÉPOQUE RYZANTINE (XIe-XVe s.)
Jacques BOMPAIRE
Les catalogues, inventaires et listes de manuscrits datant de l’époque
byzantine sont plus nombreux que ne le pensait Charles Diehl au début
de ce siècle1. Krumbacher en recensait au moins treize antérieurs à 1500,
sur une liste de plus d’une trentaine2. Bees en ajoute encore treize antérieurs
à 1500, sur une liste de vingt nouveaux3. L’ouvrage d’Atsalos, La termino-
logie du livre-manuscrit à l'époque byzantine, en signale quelques autres4.
Leur étendue varie de quelques mots à plusieurs pages. Pour l’Italie méri-
dionale et la Sicile, Batiffol en mentionnait huit au total, dont deux d’époque
byzantine5. A. Guillou a considérablement enrichi cet apport, notamment
grâce au Liber visitationis d’Athanase Chalkéopoulos, codex 816 de Grotta-
ferrata, resté inédit jusqu’à nos jours6. Cet higoumène du Patir près de
Rossano fait un rapport d’inspection sur soixante-dix-huit couvents « grecs »
1. In « B.Z. », 1, 1892, Le trésor et la bibliothèque de Patmos au commencement du
XIIP s., p. 488-525, cf. p. 490 ; il signale, n. 1, p. 491, plusieurs catalogues de Patmos
et Constantinople.
2. Geschichte der byzantinischen Literatur, 2e éd., München, 1897, Bibliographical
Sériés, Burt Franklin, New York, XIII, p. 509 sq., 1958.
3. In « Revue de l’Orient chrétien», 7, 1912, p. 268-79, dont l’un déjà signalé par
Diehl et Krumbacher. Il étudie aussi dans cet article sept catalogues inédits des Météores
(Nos I-VII), dont cinq byzantins.
4. Thessalonique, 1971, en particulier p. 72 sq., 140 sq., 217-19.
5. L’abbaye de Rossano, Paris, 1891, Variorum reprints, London, 1971. Pièces justi-
ficatives IV-XI, dont cinq signalées à nouveau par Krumbacher.
6. M.H. Laurent et A. Guillou, Studi e Testi, 206, Vatican, 1960.
60
MÉLANGES IVAN DUJCEV
de Calabre en 1457-58 et omet rarement de recenser, même brièvement,
leur bibliothèque (p. 5, 11, 16, etc.) sauf pour le Patir précisément. «Il
énumère environ 1600 manuscrits ; il nous révèle l’existence d’un nombre
indéterminé de parchemins grecs et latins» (p. XLV). Ces catalogues
sont d’ailleurs loin d’être tous repérés, et a fortiori publiés. Ils apportent
quantité de renseignements sur l’histoire des manuscrits et de l’écriture ;
cependant c’est au contenu de ces livres que nous nous intéresserons ici,
d’un point de vue culturel et non pas technique. Bien entendu nous ne
posons que de simples jalons, sans viser à faire l’histoire des bibliothèques
et de leur rayonnement intellectuel. Il ne s’agit nullement d’une synthèse,
comme celle de C.A. Manaphès dans Les bibliothèques de Constantinople,
impériale, patriarcale, et leurs manuscrits, jusqu'à 14537.
On connaît la déception des érudits qui au siècle dernier ont visité les
bibliothèques des couvents grecs. Dans son rapport à l’Empereur de 1865
(sur son voyage à l’Athos de 1863) Emmanuel Miller écrit ceci : « Le
nombre des manuscrits grecs conservés dans tous ces monastères et que
j’ai pris la peine d’examiner monte environ à six mille (le chiffre estimé en
1976 est de 11 000/12 000). Malheureusement ce sont presque toujours
les mêmes ouvrages : évangiles, psautiers, liturgies, Saint Jean Chrysostome,
Saint Basile, Saint Grégoire de Nazianze et les autres Pères de l’Eglise.
Loin de moi la pensée de déprécier ce genre de manuscrits... Mais ce n’était
pas le but de ma mission. Sans négliger complètement la littérature théo-
logique, je devais diriger mes recherches d’un autre côté et tâcher de décou-
vrir quelque page inconnue appartenant aux belles époques de la litté-
rature»8. Les réflexions de Krumbacher sont analogues au sujet des
manuscrits classiques, mais beaucoup plus positives dans le domaine de
la littérature byzantine. Il rappelle le pillage des bibliothèques grecques
par les érudits occidentaux ou russes et cite l’exemple frappant du manuscrit
de Platon rapporté de Patmos en Angleterre par Clarke en 18039. On sait
qu’aujourd’hui on ne compte que quelques dizaines de manuscrits d’auteurs
antiques (souvent tardifs et copiés sur les premières éditions imprimées)
sur la masse des manuscrits athonites inventoriés. On cite toujours le Pto-
lémée et le Strabon de Vatopédi, comme le Diodore de Patmos. On peut
ajouter par exemple deux mss. d’Aelius Aristide, dont l’un utile pour
l’établissement du stemma, à Iviron, un Callimaque à Vatopédi, des mss.
recentiores de Lucien. Mais la liste est vite épuisée.
7. En grec, in « ’AO-qvœ», supplément 14, 1972, cf. la bibliographie in loco.
8. Le Mont Athos, Paris, 1889, p. 377.
9. Krumbacher, Z.c., p. 507.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
61
Les catalogues byzantins permettent-ils d’avoir une idée précise de
certaines des bibliothèques grecques médiévales, celles des couvents de
Grèce et des pays relevant de l’influence grecque, y compris l’Italie méri-
dionale et la Sicile, et celles de quelques particuliers ? Pour répondre,
nous analyserons une série de documents classés chronologiquement
et numérotés de 1 à 40, incluant quelques-uns de la seconde moitié du
xve siècle. Cette liste comprend, croyons-nous, l’essentiel de ce qui est
publié, mais appelle certainement des compléments. Elle ne retient que
les sources documentaires, à l’exclusion des sources littéraires. Elle laisse
de côté les inventaires des bibliothèques occidentales, et en particulier
celles des humanistes grecs réfugiés en Italie, peu significatives pour notre
enquête10. Nous donnons un Numéro bis ou ter aux documents : 1) inédits
que nous n’avons pas vus, 2) qui ne sont pas de véritables inventaires,
3) aux inventaires d’archives, 4) au document N° 8 bis ajouté après numé-
rotation.
XIe siècle - N° 1 — Pour le xie siècle, la pièce la plus intéressante est
sans doute la plus ancienne, le testament d’Eustathe Boïlas, Avril 1059,
connu par un manuscrit de la B.N. de Paris (Coisl. 263)11. Dans l’église
fondée par lui (dans la région d’Edesse en Syrie, selon P. Lemerle), il laisse
divers livres de piété ou de patristique. Entre autres, poésies de Grégoire
de Nazianze (le Théologien), Ethica de Chrysostome, Hexaéméros de
Basile, lettres d’Isidore de Péluse, œuvres de Jean Climaque, Jean Damas-
cène. Il faut inclure dans cette série le Panarion d’Epiphane (cf. Photius,
Bibl., cod. 122, et H.G. Beck, Kirche und Theologische Literatur im Byzant.
Reich, München, 1959, p. 614), le Pandectes qui désigne une compilation
pieuse d’Antiochos de St Sabas (Beck, l.c., p. 353, 449-50), le recueil Melissa
d’Antoine dit Melissa, œuvre contemporaine du testament (Beck, l.c.,
p. 643). Le contingent des ouvrages profanes est appréciable : (Fables)
d’Esope (il peut s’agir d’un recueil ou d’une Vie d’Esope en grec vulgaire,
10. Cf. Krumbacher, p. 509-10, catalogues de la Vaticane de 1295 et 1311, et en
général R. Devreesse, Le fonds grec de la bibliothèque Vaticane, des origines à Paul V,
Studi e Testi, 244, Vatican, 1965. Voir aussi H. Omont, Inventaire sommaire des mss.
grecs de la B. N. et des départements, IV, Index, p. 37 (1898) : la liste comporte pour une
part des catalogues récents (mission Minoïde Mynas à l’Athos et en Macédoine), pour
une part des catalogues de collections occidentales des xvi'-xvue siècles, dont quelques
couvents basiliens.
11. V.N. Benesevic, in « Journal du Ministère (russe) de l’instruction publique»,
IX, Mai 1907, p. 226 sqq. Cf. l’importante étude de P. Lemerle, Cinq études sur le XI°
siècle byzantin, Paris, 1977, où il traite de nos Nos I, 3, 4. Edition du N° 1, p. 20-29, voir
1. 141-166.
62
MÉLANGES IVAN DUJCEV
cf. Krumbacher, l.c., p. 897, 906), Philon (le Juif plutôt que le tacticien,
cf. infra N° 10), un couple de livres révélateur des lectures de Boïlas,
ô ’AXé^avSpoç, y; AeuxiTnn), sans aucun doute une des versions du roman
d’Alexandre du Ps. Callisthène et le roman d’Achille Tatius, Leucippé
et Clitophon (cf. infra, dans le N° 3 et le N° 10, on trouve un Alexandrinos
/-dros religieux ?, cf. Diehl, l.c., p. 516, n. 21). On hésitera à attribuer à
Artémidore l’Oneirocritès, vulgaire Clé des songes anonyme. Signalons
enfin des Questions de grammaire, titre assez fréquent (deux mss. de Ques-
tions), un texte juridique dit Nomos, et des ouvrages de littérature byzantine,
(un poème de) Georges Pisidès, deux Chronographoi anonymes et rà Ilepmxà
(s’agit-il du De Persica captivitate, sur la prise de Jérusalem en 614, cf.
Beck, p. 450 où le lien avec le Pandectès apparaît, cf. supra). Bref un tiers
d’ouvrages profanes, ce qui est exceptionnel, comme nous verrons.
N° Ibis — Brébion (inventaire) de la métropole de Reggio, cire. 1050
(éd. A. Guillou, Vatican, 1974) : mentions dispersées de quelques livres
religieux, 1. 271-74, 481-82, dont Nil (ouvrage non précisé) ; les Dialogoi
mentionnés sont peut-être ceux qu’on associe au nom de Grégoire le Grand
(en traduction grecque). — Cf. un acte de Lavra (Athos), de Septembre
1065, donation de livres, non détaillée (Lemerle, Guillou, Svoronos, Papa-
chryssanthou, A. Lavra, I, 1970, N° 34, 1. 16-17), avec mobilier divers.
N° 2 — Mars 1073, donation de l’empereur Michel VII à Andronic
Doucas12. Elle comporte une demi-douzaine de livres religieux ; aucun
auteur connu.
N° 3 — La diataxis, à la fois « typicon de fondation et testament »,
(P. Lemerle) de Michel Attaliate, de Mars 1077, en faveur de sa fondation
charitable et religieuse à Raidestos et à Constantinople13, mentionne dans
le brébion des ouvrages de piété, certains richement ornés, des Vies de
Métaphraste, ainsi que Basile (Hexaéméros, Ascetica, C. Eunomios etc.),
Grégoire de Nazianze, Chrysostome ou Ps. Chrysostome (Sur les statues,
Hexaéméros, peut-être les Margaritai, cf. infra, N° 13, où Chrysostome
est indiqué comme l’auteur, etc.), Ps. Clément (toü IléTpou xà 8tà
KXy|p.evToç), Ps. Denys l’Aéropagite, Dorothée (de Gaza, cf. Beck,/.c., p.
353), Jean Damascène, Théodore Studite, Théophylacte de Bulgarie (cf.
12. Actes de Patmos, Miklosich-Müller, (M.M.), Acta et diplomata graeca medii
aevi, Vienne, VI, 1890, N" II, p. 6.
13. M.M., V, p. 293 sqq., catalogue p. 324-26 et p. 471 (addition postérieure), d’après
l’éd. princeps Sathas (1872). Cf. l’étude de W. Nissen, Die diataxis des M.A., lena, 1894,
p. 95 sqq. ; et P. Lemerle, l.c., p. 67-112. Il y a deux mss., à Athènes, xle s., et à Chalki,
xvme s.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
63
Lemerle, l.c., p. 97, pour la date de l’addition concernant Théophylacte) ;
et aussi une Histoire de la prise de Jérusalem (cf. supra, N° 1), le Pandectes,
un ouvrage «scientifique» (Seismobrontologion, cf. Diehl, l.c., p. 520,
n. 10), l’histoire même de Michel Attaliate (Chronicon). Mention d’un
Alexandros, livre de piété associé à un évangile dans le même volume.
Mention d’actes d’archives (dikaiômata, cf. Atsalos, l.c., p. 175) et d’un
Nomocanon. Il est douteux qu’il faille lire avec la copie C du cod. de Chalki :
Xpovtxov xaî. AeuxlKTuqv au lieu de XpunooToptov xal Aeuïnxév, malgré
le parallèle du N° 1, car le contexte est purement religieux, M.M., V, p.
471,1. 27.
A0 4 — Le typicon du Grand domestique d’Occident, d’origine géor-
gienne, Grégoire Pacourianos, en faveur de sa fondation, le couvent de
Pétritzos (Backovo) en Bulgarie, Décembre 108314, mentionne des livres
des Pères et de leurs successeurs, Grégoire de Nazianze, Basile (Ethica),
Climaque, Maxime (le Confesseur), Isaac (le Syrien, cf. Beck, l.c., p. 453),
(Théodore) Studite, et des Miracles de Saint Syméon (de la Montagne
admirable). Liste d’actes d’archives, d’une « importance exceptionnelle »
(P. Lemerle, l.c., p. 161 : 150 à 200 documents).
N° 4bis — Dernier témoin du xie siècle, le testament de la veuve Kalé,
femme de Pacourianos (autre que Grégoire, ci-dessus), lègue en 1098 à
Vatopédi (Athos) des icônes et des livres liturgiques, dont un Climaque15.
N° 4ter — En Mars 1093, premier inventaire de la série de Patmos,
le testament de Christodoulos, le fondateur16. En fait l’acte se contente
de signaler l’existence de l’inventaire (apographé) des livres personnels
de Christodoulos, document indépendant et revêtu de sa signature (non
retrouvé), auquel le testateur attache une grande importance.
XIIe siècle - N° Aquater — La série de Patmos est représentée par un
inventaire inédit, de date incertaine (xi-xne s.), dans le cod. Patmos 17017.
N° 5 — Même série, inventaire d’Octobre 110318, qui présente deux
listes, chacune de onze livres. On relève deux volumes d’Athanase (divers
14. L. Petit, in « Viz. Vrem. », XI, Suppl., 1904, éd. d’après cod. Bucarest (xvllle s.).
Cf. P. Lemerle, l.c., p. 115-191 (en particulier p. 115-131, sur la tradition manuscrite
complexe, grecque et géorgienne). Brébion (§ 66) : 31 livres grecs et géorgiens, cf. § 16;
actes d’archives, § 68-69, p. 154-57.
15. Acte inédit d’Iviion.
16. M.M., VI, N" XX, p. 83.
17. Signalé par Atsalos, l.c., p. 242-43, sur l’indication d’E. Vranoussi et A. Kominis.
Il se trouve aux fol. 265-67.
18. E. Vranoussi, IIaTp.iaxà, III, dans « Deltion Christian. Arch. Hetair. », IV,
1964, p. 349.
64
MÉLANGES IVAN DUJCEV
discours, entre autres contre Arius et Apollinarios), de Basile (dont VHexaé-
méros), Chrysostome (deux livres d’exégèse), Grégoire de Nazianze, et
des Vies de Métaphraste, la plupart appartenant à un moine érudit, Joseph
le lasite, successeur probable du fondateur Christodoulos (souvent men-
tionné dans le N° 10, infra).
N° Sbis — La bibliothèque de St Sauveur du Phare (Messine)19 contenait
d’après le typicon, cire. 1132, un fonds païen, c’est-à-dire antique, loropixà
re xai. crêpa rrjç OupaOev àXXorptaç aùXrjç.
N° 6 — Un acte de Rôssikon (Saint-Panteleimon) de l’Athos de Décem-
bre 1142 {Acta Rossici, Kiev, 1873, N° 6) contient un inventaire du couvent
de Xylourgou (apographé). Il associe, comme d’habitude, le mobilier
sacré, les étoffes, reliques, icônes et les livres : ce sont des livres liturgiques
en russe, en particulier, Saint Ephrem et (une Vie de) Saint Pancrace.
Mention d’actes d’archives.
N° 6bis — Le typicon de Saint-Mamas de Constantinople, Novembre
115920 a un appendice avec une liste précise des seuls actes d’archives,
confiés au skeuophylax, dans une cassette.
N° 1 — La brève liste incluse dans un évangile de Thessalonique ne
comporte que des livres liturgiques, y compris la messe de Saint Basile
(Mars 1188)21.
A0 8 — En Sicile, Octobre 1189, la veuve Oulô fonde le couvent de
Sainte-Marie de Bordonaro22, et le dote de mobilier sacré ainsi que de dix
manuscrits (1. 57-60), tous religieux, mais d’excellente qualité : Grégoire
de Nazianze, Grégoire de Nysse, Jean Damascène; s’y ajoute un recueil de
Questions de grammaire.
N° Sbis — Acte de la Lembiotissa, près de Smyrne, de Septembre
1191, testament de Gérontios, moine (M.M., IV, N° CVII, p. 202) ; deux
séries de livres, au total quinze, dont Climaque et l’Histoire Lausiaque
(Aaücjoç), et la messe de Chrysostome.
N° 9 — On peut dater du xii-xine siècle, et probablement plutôt du
xme s., un testament en faveur de Saint-Georges des Manganes, la fon-
dation de Constantin Monomaque, portant sur douze livres (11, plus un
19. Passage étudié par J. Irigoin, XXII Settimane di studio del Centra italiano di
st. suU’ alto medioevo, Spolete, 1974 (1975), p. 444-45, d’après G. Mercati, Per la stor.
d. manoscr. gr. di Genova, di var. badie basiliane d’Italia e diPatmo, St. e Testi, 68, Vatican,
1935, p. 42.
20. S. Eustratiades, in « 'EXX-qvixâ », I, 1928, p. 245-314.
21. P.N. Papageorgiou, in « B.Z. », VI, 1897. p. 544. C’est le n° 3 de la liste de Bees,
l.c., qui reproduit la date erronée de l’éditeur.
22. A. Guillou, Actes de Ste Marie de Messine, Palerme, 1963, p. 199, appendice.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
65
pour l’higoumène), à quoi s’ajoutent six livres destinés à une église des
Blachernes23. Il est conservé dans le cod. Vatic. Pal. 128 du xi-xne siècle
(et aussi, selon O. Volk, l.c., infra, n. 55, dans le cod. Mosq. Syn. 311,
210/CCXI, du xme siècle). Ici encore la liste est purement religieuse : Basile,
Isidore de Péluse, Ps. Denys, Dorothée, Maxime (le Confesseur), Jean
d’Euchaïta, c’est-à-dire Mavropous (Beck, p. 555), la Dioptra (de Philippe
le Solitaire, cf. Beck, p. 642), et trois œuvres du xne siècle, commentaire
d’Euthyme Zigabène sur Saint Paul, commentaire de canons et triodia
par Théodore Ptochoprodromos (cf. Krumbacher, p. 679), Nomocanon
commenté par Zonaras (Beck, 656).
xme siècle - N° 10 — L’inventaire majeur est celui de Patmos, Septem-
bre 1200 (et non pas 1201)24. Il associe le trésor (reliques, orfèvrerie,
étoffes) et la bibliothèque (mss. de parchemin et de papier classés distinc-
tement) ; on trouve aussi en marge et au verso du rouleau d’inventaire
« le registre des prêts faits par la bibliothèque du couvent», datant égale-
ment de la première moitié du xme siècle. On sait que Charles Diehl a
réussi à identifier partiellement ces livres dans la bibliothèque actuelle
(environ un tiers). Une partie du fonds avait été apporté de St Paul du
Latros par Christodoulos lui-même (cf. supra N° 4ter) ; d’autres manuscrits
ont été composés dans le scriptorium du couvent, d’autres enfin proviennent
de donations et acquisitions diverses (cf. les indications de l’inventaire
même). Sur 330 mss., dont 63 de papier, la masse des mss. religieux est
considérable : 145 livres liturgiques, textes bibliques et exégèse, 36 Vies
de saints et métaphrases (y compris l’Histoire Lausiaque), 4 Paterika (Vies
des Pères du désert entre autres). Les œuvres des Pères et théologiens sont
au nombre de 106 : Basile (16), Chrysostome (27), Grégoire de Nazianze
(7), Grégoire de Nysse (7), Théodoret de Cyr (5), Jean Damascène (2),
Théodore Studite (3). divers (39). Détail de ces « divers » : notamment,
23. S.G. Mercati, in « Rev. Et. Byz. », VI, 1948, p. 36-47. Il indique que trois mss.
de ce catalogue subsistent : Basile (Escorial, O-III-8, fin xn' s., selon E. Miller), Ps.
Denys (Oxon. Bodl. Clark. 37, xie s., « vetustus», selon Th. Gaisford), Mavropous
(Vatic. gr. 676, xi-xit' s.). Volk en ajoute un quatrième : précisément le cod. Mosq.,
qui contient les canons et triodia commentés. C’est à tort que Janin, Géographie ecclé-
siastique de l'Empire byzantin, I/III, 1953, p. 80, écrit que « vers 1270, ('Oxford Clark.
lui (au monastère) est donné» ; Vogel-Gardthausen, cité dans la note 6, ne dit rien de
tel et renvoie simplement au catalogue de Gaisford ; le Gabriel de 1270 n’est pas notre
donateur.
24. Ch. Diehl, « B.Z. », I, 1892. p. 498-526. Pour la date, Septembre 6709, indiction
IV, il s’agit bien de 1200 et non pas 1201, cf. Thearvic, « Echos d’Orient », 1906, p. 298,
et Bees, l.c., N° 4. Texte de l’inventaire de la blibiothèque, p. 514-523, liste de prêts,
p. 524-525 C’est à cette pagination que nous renvoyons dans la suite.
66
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
Origène, Hippolyte, Athanase, Ephrem, Isidore de Péluse, Epiphane de
Salamine (Panarion, cf. Diehl, p. 522, et un autre ouvrage, p. 521), Cassien,
Barsanuphe, Dorothée (ces trois derniers dans un même volume), Climaque,
André de Crète, Maxime le Confesseur, Isaac le Syrien, Photius (en tant
que théologien), Léon (le Magistre ou le Philosophe, cf. Beck, p. 594-5),
Basile de Néopatrai (Beck, p. 595), Syméon le Nouveau Théologien, Euthyme
Zigabène, ainsi que le Pandectes d’Antiochos (Diehl, p. 516, et «divers
chapitres » du même, p. 518) ; le recueil Melissa, « que nous appelons aussi
Saint-Nicon» (Diehl, p. 518, 522), en deux exemplaires (s’agit-il du moine
Nicon « de la Montagne noire», auteur de Pandectai, Beck, p. 600 ?) ;
le Paradis, recueil versifié (cf. Diehl, p. 516, n. 16; Beck, p. 554 ; Guillou-
Laurent, Liber visitationis, p. 333, pour le «Nouveau Paradis»). Mention-
nons enfin une traduction de Grégoire le Grand (Dialogos) et un livre de
Théophylacte de Bulgarie (Beck, p. 649). En regard de ces 301 ouvrages
religieux, dix sept ouvrages profanes assurés25 ! Aristote, Catégories,
et un autre traité non précisé, Philon (Sur la Genèse, compté par Diehl
parmi les livres religieux), un volume de Josèphe et le commentaire d’Eus-
tathe sur les Antiquités juives. Et pour le domaine byzantin, le roman édi-
fiant de Barlaam et Joasaph, en deux exemplaires, cinq ouvrages historiques
ou chronographiques dont l’un du patriarche Nicéphore, et un autre de
Scylitzès. Pour compléter le lot, grammaires, traités médicaux, lexiques26.
Presque tous les livres profanes ont aujourd’hui disparu de la bibliothèque,
ainsi qu’une bonne partie de Chrysostome, Basile et Grégoire de Nysse :
pillage sélectif sur plusieurs siècles. Notons que la supériorité écrasante
des livres religieux est confirmée par la liste de prêt, qui ne comporte
aucun titre profane sur 45.
N° lObis — Inventaire d’actes d’archives du même couvent de St Jean
Théologos de Patmos, des environs de 120027. Il recense près de 200
actes, déjà mis au rebut (tbç ôc^pyjora) et presque tous disparus aujour-
d’hui. « Specimen rare, habituellement connu uniquement par les typica
des couvents » (E. Vranoussi).
N° lOter — Typicon d’Août 1210 du couvent de la Théotocos de Machaira
25. Diehl signale encore douze « divers » (ou non identifiables). On a par exemple,
p. 523, deux recueils de lettres, deux traités sur le mariage ou les lois du mariage, un
dialogue en vers entre Ame et Corps, un poème d’un saint yépwv (qui n’a rien à voir avec
le Gérontikon, recueil hagiographique, p. 519, 522).
26. P. 520, un livre de « physique », un Brontoseismologion.
27. E. Vranoussi, in « Sôfxfxeixra K.B.E. », I, 1966, p. 137-162. Cf. Actes du Colloque
international de Paléographie grecque et byzantine de Paris, 1974 (1977), p. 437 et planche I.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
67
(Chypre)28 ; il signale l’existence d’un ëyypa<pov distinct (et non retrouvé),
où sont rencensés icônes et livres, avec recommandation de bons soins.
N° 11 — Acte de la Lembiotissa, de 1232/3329, donation d’une douzaine
de livres liturgiques.
A0 12 — Acte de la Lembiotissa, du xm' siècle sans précision30, dona-
tion d’une douzaine de livres, liturgiques ainsi que deux ouvrages de Gré-
goire de Nazianze.
A0 13 — C’est d’Anatolie que provient aussi un inventaire considérable,
de 1247, celui du couvent de (?), près de Philadelphie, en Lydie31.
Il s’agit du testament du moine fondateur Maxime, qui lègue plus de cent
livres, qui sont pour la plupart dans l’église, et pour le reste dans trois
métoques (1. 149-169, 179-186, 279-283 du document, § 28, 30-31, 40 de
l’éd. Eustratiadès). A l’exception du Barlaam (et Joasaph), ce ne sont
que des ouvrages strictement religieux, évangiles, liturgies, théologiens
anonymes (1. 159, OeoXoytxâ), Vies de Métaphraste et plusieurs livres du
premier rayon : Chrysostome (Hexaéméros, discours, recueil des MapyaptTeq
en deux exemplaires, homélie Sur les statues, messe), Basile (divers discours,
œuvres ascétiques, exégèse, messe), Grégoire de Nazianze, Ephrem, Cli-
maque (plusieurs fois), Dorothée, le Studite, Théophylacte de Bulgarie
et encore le Pandectès d’Antiochos.
N° 14 — Le testament de Skaranos, cire. 1270/7432, porte sur quinze
volumes (1. 11-12, 1. 93). On retrouve dans l’habituel lot liturgique trois
grands noms, Basile, Chrysostome (il s’agit probablement des messes),
Grégoire de Nazianze le Théologien ; notons le typicon de St Sabas.
A0 15 — Contenu analogue dans le testament de Gérasimos de Calabre,
abbé du couvent des Apôtres Pierre et Paul33. Distinguons Basile (messe
notamment), Ephrem, Climaque, le Studite et un recueil intitulé "AvOt)
(cf. N° 13, Margarites ; cf. Apanthismata de Chrysostome, supra N° 10,
Diehl, p. 519, 523 ; cf. Flos Vet. Testam., infra, N° 35).
28. M.M., V, p. 392 sqq., p. 428.
29. M.M., IV, N° XV-XVI, p. 57. Cf. le N" L, p. 111, de 1274, donation non détaillée
de livres.
30. M.M., IV, N’ VIII/II, p. 45 ; datation de Bees, l.c., N° 8.
31. Acte de Vatopédi, éd. Eustratiadès, in « 'EXXrjvixà », III, 1930, p. 317 sqq. ;
éd. M. Gedeon, Mikrasiatika Chronika, II, 1939, p. 271-91.
32. J. Bompaire, Actes de Xéropotamou, 1964, N° 9. Cf. Actes de Lavra, II, 1977,
N05 70 (1240), 75 (1284), legs de livres non détaillés.
33. Daté du xme s. par Bees, l.c., N° 6 ; éd. Lambros, in « Néoç ’EXXvivouvnuùjv »,
VII, 1910, p. 39.
68
MÉLANGES IVAN DUJCEV
7V° 16 — Liste de livres détenus, à la fin du xme siècle, à Thessalonique34.
Ce document pose bien des problèmes (notamment de déchiffrement et de
destination). La liste contient une douzaine de livres religieux, dont deux de
Basile {Hexaéméros et un autre), deux de Grégoire de Nazianze, des lettres
de Chrysostome, un Nomocanon. Une douzaine également de livres anti-
ques: Homère (?), Sophocle, Euripide, Isocrate, Eschine, Arrien, Philos-
trate, Themistios, Julien, Synesios, Hippocrate (6Xoç) et Galien {Therapeu-
tiké, Diagnostiké ou De diagnoscendis pulsibus ?, De usu partium, Anato-
rniké, IIeqI TQotp&v, ITeqI dtarrr/ç dÇéaw voarjfidrajv, Aphorismes', à la fin
xaî. crêpa). Le Dionysios mentionné entre Arrien et Isocrate est un auteur
antique. Plutôt que Denys le Périégète (à qui on peut songer à cause du
voisinage d’Arrien), c’est vraisemblablement Denys d’Halicarnasse, auteur
d’un traité sur Isocrate, dans le Sur les orateurs antiques', d’ailleurs le cod.
Vatic. 64, à la fin duquel est notre liste, comprend dans ses tniscellanea le
traité Sur les orateurs (dont l’Isocrate) et le De compositione. Les auteurs
antiques sont regroupés dans la liste sous le titre général: rcov èxroç raüra.
On a un recueil de lettres de Philostrate xaî. èrépcov oùx àXîycov. On relève
précisément le nom de plusieurs épistoliers supra (Julien, Synesios et aussi
Isocrate et Eschine), et on notera que, pour une part, le cod. Vatic. 64 se
présente comme un de ces recueils de lettres chers aux byzantins. Il est
composé vraisemblablement de trois codices : I- Isocrate, Arrien, lettres
de Libanios, lettres de Jean Pediasimos (de Bulgarie, un contemporain
dont l’activité se poursuit jusque sous le règne d’Andronic III), lettres
et hymnes de Synesios, lettres d’un pythagoricien, lettres et discours de
Synesios, discours de Libanios. II- Eschine, lettres d’Isocrate, lettres de
Socrate et de socratiques, Grégoire de Nazianze. III- D. d’Halicarnasse
{De composit., Sur les orateurs), Philostrate (V. Soph.), Callistrate, Aristide.
Il y a de curieuses analogies entre le contenu du Vatic. et notre liste de
livres, introduite par la formule : rà ëiëXia amp xéxTTqpiai... èv ©etroa-
Xovlxy).
N° 17 — Le testament de Sabbas, higoumène de Patmos, n’est pas
daté avec précision (xiiie-xive siècle)35. L’inventaire mutilé comporte
plus de trente livres, dont des titres juridiques : Procheiros nomos (de
34. H. Usener, in«Neue Jahrbücher für Philol. und Pâdagogik », 107, 1873, p. 147.
II s’agit d’une notice à la fin ducod. Vatic. 64, provenant de Thessalonique; elle est d’une
autre main. La troisième partie de ce codex composite est datée de 1269/70. Rééd. Usener-
Radermacher, Dion. Halic., vol. V, opuscula I, p. IX-X, n. 2, Teubner, 1899.
35. M.M., VI, N° CIV, p. 241-43 ; Bees, l.c., N° 5.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
69
Basile Ier), Synopsis synopseôs (des Basiliques, plutôt qu’une chronique
ou une quelconque compilation). Un manuel médical .Parmi les ouvrages
religieux : Basile (Ascetica), Grégoire de Nysse, Chrysostome (A Stagiros,
A Théodore, Ethica, etc.), Nil, Ps. Denys l’Aréopagite, Dorothée, Jean
Damascène, Maxime le Confesseur, Jean Carpathos (Beck, p. 452), Isaac
le Syrien, Léon le Magistre, des Vies métaphrastiques, un recueil de lettres
patriarcales. Sont associés dans le même volume une œuvre de Dorothée
(Didascaliai ?) et des « chapitres de St Marc» ; cf. supra, N° 10, p. 522,
mention côte à côte de 1) Dorothée et autres auteurs ascétiques, en un
volume, 2) un livre «très ancien», St Marc ; N° 13, éd. Eustratiadès,
§ 28, Gédéon, p. 280, dans le même volume Dorothée et « divers chapitres
de Marc» ; s’agit-il des xecpàXata v/jKTizà (De temperantia), œuvre du
xie siècle, mise à tort sous le nom de Marc l’ermite (Beck, p. 587) ?
N° 18 — Un premier catalogue des Météores est daté du xme-xive
siècle par Bees, l.c., supra n. 3 (il lui donne le N° I). Il contient dix livres
religieux, dont le synaxaire du poète Christophore de Mytilène (Beck,
607 ; cf. supra, N° 10, p. 522).
xive siècle - N° 19—Au xive siècle, la série de Patmos est d’abord
représentée par l’inventaire de 1355, dont la comparaison avec celui de
1200 (N° 10), faite par Diehl, est instructive36. Il ne compte que 58 mss.,
dont 22 nouveaux par rapport à 1200, bien que la bibliothèque en ait
compté beaucoup plus en 1355, comme le montre a fortiori la compa-
raison entre le N° 10 et l’état actuel. Vingt, parmi les 58 mss. du N° 19,
ont disparu aujourd’hui (Diehl, p. 508). Les nouveautés sont en majorité
des titres religieux de valeur : Grégoire de Nysse, Nemesios d’Emèse,
l’higoumène Sabas (Beck, p. 397-8, 409), Histoire ecclésiastique d’Evagre
(le Syrien), Anastase (le Sinaïte ou le patriarche d’Antioche ?), Ps. Denys
l’Aréopagite et des livres beaucoup plus récents de Nicétas de Serrés
(Beck, 619) et Macarios, métropolite de Philadelphie (1326-1372, Beck,
p. 790). On relève des compositions des empereurs Isaac Ier et Mathieu,
associé de Jean VI Cantacuzène en 1353, «pieuses élucubrations» selon
Diehl (cf. Beck, ibid.), et surtout les Basiliques, la Chronique de Zonaras,
des œuvres de Nicéphore Choumnos, quasi-contemporain, ainsi qu’une
histoire des Paléologues écrite par Georges (?). Les ouvrages antiques sont
remarquables : Platon (l’exemplaire emporté par Clarke), Xénophon
(Cyropédie), Diodore de Sicile. A vrai dire la proportion d’ouvrages
36. « B.Z. », I, 1892, en particulier p. 506-7 ; éd. Mai, 1853, d’après Vatic. 1205,
Migne, P.G., 149, 1047-1052, Studemund in « Philologus », 26, 1867, p. 167-73.
70
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
profanes a augmenté depuis 1200, mais elle reste très faible. Il est difficile
de parler d’un « esprit nouveau » à Patmos, avec Diehl. Ce qui est plus
frappant, c’est l’ouverture à des ouvrages récents.
N° 20 — On trouve des éléments courants dans une liste de 26 mss.
de Bérat en Albanie, de 135637. Livres liturgiques, hagiographiques,
un Chrysostome et une cassette contenant des actes d’archives ).
N° 21 — Un manuscrit de Chalki contient une liste de 1362/63, exclusi-
vement religieuse : 38 : Grégoire de Nysse {Eloge de Macrine et Hexaé-
tnéros), Chrysostome (éloges de Saints, lettres à Olympias), Epiphane
(Panarion 2), Ps. Denys, Basile le Jeune (métropolite de Césarée au x'
siècle), (Vie) de Saint Nicolas (de Myra), ainsi qu’un lexique du Ps. Cyrille
d’Alexandrie.
N° 22 — Un inédit de Vatopédi (Athos) est un inventaire du couvent
de Melnik (Bulgarie), de 1365 (?) : on y trouve des livres religieux, au
nombre d’une trentaine. L’acte est mutilé à l’endroit même de la liste,
1. 13-19. Signalons un Basile (Ascetica) et plusieurs livres à ornements
précieux.
N° 23 — Un brébion de 1375, du couvent de la Gabaliotissa à Vodéna,
donné à la Grande Lavra de l’Athos39, mentionne en plusieurs passages,
avec les icônes, le mobilier sacré et les tissus liturgiques, une cinquantaine
de livres, tous religieux : Grégoire de Nazianze, Chrysostome (Margaritai,
cf. supra, N° 13), Hexaéméros (de Basile), Histoire Lausiaque, Théophy-
lacte de Bulgarie.
N° 23bis—Inventaire inédit de Patmos, de 1382, comprenant 300
volumes40.
N° 24 — L’inventaire de la Grande Eglise de Constantinople, qui possé-
dait un magnifique trésor, Octobre 138741, ne retiendra l’attention que
sur le plan artistique. Les ornements de plusieurs évangiles sont minutieu-
sement décrits, et les livres sont considérés comme des objets précieux.
Mention de tactica (ecclésiastique), p. 567, et de trois chrysobulles, p. 569.
N° 25 — On datera aussi du xive siècle le catalogue N° II des Météores
(Bees, l.c.), qui contient onze livres liturgiques.
37. Dans le cod. 43 de l’église St Georges de Bélégrada (Bérat), cf Alexoudès, in
«Deltion Hist. Ethn. Hetair. », IV, 1892, p. 276.
38. Papadopoulos-Kerameus, in « Viz. Vrem. », 11, 1904, p. 395-6.
39. Acte de Lavra, inédit, à paraître dans A. Lavra, III, N’ 147.
40. Cf. Diehl, l.c., p. 491, 508.
41. M.M., II, N° DCLXXXVI, p. 566-69.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
71
N° 26 — Un manuscrit de Léningrad du xive siècle42 contient dans
ses premières feuilles (fol. 1-8 vo) un « pinax des fêtes despotiques et
des autres saints», provenant d’un couvent inconnu (scribe de St Sabas
de Jérusalem), avec l’indication des lectures appropriées pour chacune.
Ces textes doivent être cherchés eîç to [3iêXiov ) par les moines dans
des livres du couvent (au nombre de 14, et non pas de 15, car les Nos 14
et 15 sont bien identiques, p. 90). Les références sont données dans l’ordre
des fêtes et la mention des livres est très désordonnée, nombreuses redites.
Il s’agit surtout de recueils du type Biblion panegyrikon, Praxapostolos
(au sens large, cf. Ducange, s.v), Métaphras(e)is, etc. Un livre est désigné
par ^apréa, ce qui signifie simplement manuscrit (cf. Atsalos, l.c., p. 139).
Les textes les plus représentés dans ces recueils sont ceux de Chrysostome
(mentionné 27 fois, homélies, exégèse, etc.), André de Crète (7 fois), Basile
(5 fois, deux mss. lui sont particulièrement consacrés et désignés par les
titres Ethica et Ascetica) ; Athanase d’Alexandrie, Epiphane de Chypre
(Salamine), Anastase le Sinaïte, chacun 3 fois ; Grégoire de Nysse, Amphi-
lochios (d’Iconion), Jean Damascène, Georges, prêtre de Césarée, auteur
d’un éloge des Pères de Nicée (Beck, p. 545 ; il est appelé aussi Grégoire),
chacun deux fois. Notons encore les références suivantes (une seule fois) :
VHistoire Lausiaque, et des textes du patriarche Nectaire, du moine Ammo-
nios, auteur d’une diégésis sur le rapt des moines du Sinaï (Beck, p. 413),
de l’évêque Théoteknos de Libias (p. 400), d’Hesychios, prêtre de Jéru-
salem (Beck, p. 453 ?, cf. 403), de l’archevêque Jean de Thessalonique
(p. 458), de Georges de Choziba (Jérusalem, p. 462), Théodore de Trimi-
thous (p. 463), des patriarches Germain Ier (p. 475, homélie sur la Vierge)
et Taraise, de Théodore Studite, et enfin pour le Xe siècle Théodore (Daph-
nopatès), protasecretis (p. 552), et Cosmas Vestitor (Krumbacher, l.c.,
p. 169).
N° 26bis — (?) Nous n’avons pas identifié le couvent du Sauveur men-
tionné dans le cod. gr. 631 de la B. Nationale de Paris: « Index librorum
monasterii Salvatoris Christi s. xiv » (Omont, Inventaire sommaire). La
liste occupe le dernier folio verso. S’agit-il d’un couvent basilien ? On trouve
trois couvents ou églises du St Sauveur dans le Liber Visitationis au xve
siècle, sans compter celui de Messine.
xve siècle — N° 27 — On date du xive-xve siècle, sans plus de pré-
cision, l’inventaire III des Météores (Bees, l.c). Il compte sept ou huit
42. Edité par E. Granstrem, Mélanges N.V. Pigulevskaja, Acad. Sciences de l’URSS,
Moscou, 1967, p. 88-95.
72
MÉLANGES IVAN DUJCEV
livres, dont V Hexaéméros de Basile, des Questions (grammaticale) que Bees
rapproche des celles de Manuel Moschopoulos (début xive siècle), mais
cf. supra N° 1, N° 8 ; un manuel médical du moine Nicéphore (Blemmydès,
selon la suggestion de Bees ?), des chronographies anonymes ; le roman de
Barlaam et surtout des lettres de Synesios.
N° 28 — Même datation approximative (xive-xve siècle) pour la notice
du codex Taurinensis, C. III, 17, « constituant une sorte de registre de
prêt des mss. », et provenant de St Nicolas de Casole (Terre d’Otrante)43.
On y trouve, parmi de nombreux livres pieux (total de 70 environ), la
liturgie de Basile, les Margaritai (de Chrysostome, cf. supra, N° 13, N° 23),
mais aussi un ouvrage de VOrganon d’Aristote, Réfutations sophistiques,
un Aristophane (le poète, cf. infra, N° 35), ainsi qu’un Oneirocriticon
(le titre presque exact du livre d’Artémidore, à la différence du N° 1),
un «Lapidaire», un lexique, des Questions et un Nomimon.
N° 29 — Liste incluse dans un évangile de Thessalonique et datée de
140644. A côté d’objets culturels, elle mentionne la messe de Basile (deux
exemplaires) et Chrysostome.
N° 30 — Le testament du moine Damilas, de 1417 (de la famille crétoise
du typographe installé en Italie dans la seconde moitié du xve siècle),
est connu par un manuscrit d’Oxford, Baroc., 5945. Il est fort intéressant.
La liste de 49 volumes comprend, outre des Vies de Métaphraste, Basile
(f Hexaéméros, deux fois), Grégoire de Nazianze, Chrysostome (exégèse,
messe), Climaque, Dorothée, Maxime le Confesseur (plusieurs exem-
plaires), Thalassios (de Libye, Beck, p. 450), Jean Damascène, Photius,
Saint Macaire (d’Egypte ?, cf. Beck, p. 571, extraits par Métaphraste),
(Grégoire ?) le Sinaïte ; plusieurs livres relatifs à la querelle palamite,
toute récente, de Palamas, Mathieu, métropolite d’Ephèse, Contre Barlaam
et Acyndine, du métropolite Théophane de Nicée (Beck, p. 746), ainsi que
le recueil dit Paradis (cf. supra, N° 10) et le synaxaire de Xanthopoulos
(Beck, p. 705). On note surtout, dans le même volume, la Chronique de
Constantin Manassès et (deux traductions), Bot]ti.o<; xai. KdtTovaç. Il
s’agit probablement de la Consolatio traduite par Maxime Planude, un
43. Batiffol, l.c., p. justif. VIII, p. 125-6, trad. latine incomplète ; la même liste,
plus complète, dans Omont, in « R.E.G. », 3, 1890, p. 389-91 (texte grec). C’est le N°
216 du catalogue de Pasini, 1749.
44. P.N. Papageorgiou, in « B.Z. », VI, 1897, p. 545-56 ; c’est le N° 10 de Bees,
l.c. Ces livres auraient appartenu à l’église St Nicolas de Thessalonique. Il y a une diffi-
culté de datation, le texte donnant aussi, mais à tort, celle de 1309/1310.
45. Lambros, in « B.Z. », IV, 1895, p. 586 ; précédente édition dans «R.E.G. »,
4, 1891, p. 180, par E. Legrand.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
73
siècle auparavant, et d’un recueil de sententiae de Caton, traduit par le
même (cf. Manaphès, l.c., p. 57, n. 2), plutôt que du Cato major de Cicéron,
auteur familier à Planude. Enfin, mention d’un lexique, d’un nxéSoç (sic),
c’est-à-dire d’une grammaire élémentaire, d’un Nomocanon.
N° 31 — Autre testament important, celui de Joseph Bryennios, le
théologien adversaire des Latins, qui en Juillet 1421, lègue des livres à Sainte-
Sophie de Constantinople46. La liste -tva [2?; èvaXXayŸi- indique neuf livres
qui témoignent de l’érudition de Bryennios. Un livre de grammaire ;
un livre contenant « prosodie, proverbes, grammaire » de (Michel) Glycas,
Planude, Moschopoulos, (Thomas) Magistros ; un livre contenant Rhé-
torique et Organon, sans doute d’Aristote ; ces deux derniers manuscrits
sont qualifiés de xàXXtrtTa ; ensuite, dans le même volume, Physique et
Métaphysique d’Aristote, Sur les animaux (rapt Oehov Çcàcov ? ), Arith-
métique de Nicomaque (de Gérasa), Sur Pâme, en trois tomes, « du philo-
sophe» (sc. Aristote), « et de (Nicéphore) Blemmydès les Météores»
(?) ; une géométrie en quinze livres ; musique de Manuel Bryennios et de
Ptolémée (Harmoniques en trois tomes), le Persikon Procheiron, c’est-à-dire
l’ouvrage d’astronomie d’Isaac Argyros tiré des auteurs perses (Krumba-
cher, p. 623) ; la Grande Syntaxe (d’astronomie), c’est-à-dire l’Almageste
de Ptolémée (zâ/./.irrrov ) ; les Problèmes d’Aristote ; la Géographie de
Claude Ptolémée. C’est un ensemble exceptionnel, dans le domaine profane
et scientifique.
N° 32 — Catalogue de la bibliothèque du couvent de Kosinitza (Drama,
Macédoine), de 1428/2947, principalement religieuse et bien fournie ;
Basile (exégèse, Ethica), Chrysostome (exégèse), Grégoire de Nazianze
(trois livres), (Pseudo)-Clément (xà KX7]p.évxta), Ps. Denys, Vies de Méta-
phraste, l’ouvrage tout récent de (Macarios) d’Ancyre (Contre les Latins)
(Beck, p. 741-42). Notons aussi Jean Zonaras (deux exemplaires), qui est
associé une fois avec (Nicétas) Choniatès ; deux recueils dit Nomimon,
dont l’un d’Harménopoulos (cire. 1350), et les actes (praktika) de deux
conciles. Quelques-uns de ces manuscrits étaient encore conservés au
couvent à la fin du xixe siècle. On sait qu’ils ont presque tous disparu
pendant la guerre de 1914-18.
N° 33 — On retrouve la même primauté de la littérature religieuse dans
46. Papadopoulos-Kerameus, Varia graeca sacra, Petrograd, 1909, p. 295 ; c’est
le N° Il de Bees, l.c., dans un ms. de Corcyre. Cf. Manaphès, l.c., p. 156-157.
47. Dans le cod. 265, fol. 297. Ed. Papadopoulos-Kerameus, in « 'EXXrpj. ŒtXoX,
SûXXoyoç », C/ple, 1886, supplément 17, p. 29 ; c’est le N° 12 de Bees, l.c.
74
MÉLANGES IVAN DUJCEV
la liste de vingt livres (xofzp.àTia ) de Bérat, de 144248. Citons l’Hexaéméros
de Basile, Grégoire de Nazianze (deux exemplaires), Ephrem (on ne peut
guère penser au chroniqueur-poète de ce nom du xive siècle), Anastase
{cf. N° 19 supra), Antiochos {Pandectes 1), et encore Jean Zonaras. Mention
d’un Nomimon et de chrysosbulles.
N° 34 — Document important, l’inventaire de N. Dame de Pitié (Ele-
ousa) de Stroumitza, 144949. A côté des objets du trésor, il recense 68 volumes
exclusivement religieux, dont 54 liturgiques. Notons trois Vies de Méta-
phraste, Clément ou Pseudo-Clément (rà KXtj^evtoç), Basile, Chrysostome
{Sur les statues et un volume d’exégèse « que les ignorants appellent Hexaé-
méros»), Grégoire de Nazianze, Ephrem, Dorothée, Climaque (deux fois),
Melissa d’Antoine (deux fois), deux recueils de droit canon. Ce n’est pas
« un simple fatras de sacristie » (Petit). Mention de 17 Sixaicô^ara, soigneu-
sement énumérés (dont sept encore conservés à Iviron, selon Petit).
N° 35 — Sous un même numéro nous rangeons globalement les indi-
cations — en latin — du Liber visitationis d’Athanase Chalkéopoulos,
de 1457/58 {cf. supra, note 6). Il recense, entre autres, des bibliothèques
des couvents basiliens d’Italie du Sud. Certaines sont relativement riches,
St Philarète de Seminara, p. 110-111, St Elie de Carbone, p. 154-55. Par
exception celle du Patir de Rossano n’est pas inventoriée. Il n’est pas
question ici de faire état de tous les livres patristiques ou théologiques,
même importants. L’index des mss., p. 323 sqq., permet d’en avoir une
idée précise. Signalons Basile, Grégoire de Nazianze, Ephrem, Climaque,
Jean Damascène, Théodore Studite, Syméon Métaphraste et le roman
de Barlaam, conservés dans de nombreuses bibliothèques, et parfois en
plusieurs exemplaires. On trouve, moins fréquemment, Grégoire de Nysse
V Histoire Lausiaque, Théodoret, Nil, Ps. Denys, Dorothée, Maxime le
Confesseur, Théophylacte de Bulgarie, et les recueils comme Pandectes,
Melissa ou Flos Veteris Testamenti. Mention d’ouvrage de grammaire,
Erotemata, Klisis, Schedae, de lexiques, livres de droit et de médecine.
Comme livres antiques, on a Homère, Euripide (Hécube), Aristophane,
tous trois à St Philarète de Seminara près de Reggio (Homère aussi dans
un autre couvent), Galien. Relevons aussi un Physiologos. Bref, les propor-
tions habituelles.
48. Alexoudès, in « Deltion Hist. Ethn. Hetair. », IV, 1892, p. 279-81, cod. 46 de
l’Eglise de la Vierge, kastro de Bérat.
49. L. Petit, in « Izvestija Ruskago Arch. Inst, v K/pole», 6, 1900, p. 120 sqq. La
date est bien 1449, cf. ibid., p. 21, et non pas 1085/1106, qui est celle du typicon, cf. Atsalos
l.c., p. 72, à rectifier. Première éd., Omont, Midanges H. Weil, Paris, 1898, p. 309 sqq.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
75
N° 36 — Inventaire de Ste Marie de Grottaferrata, 1462 (inclus ici à
titre de couvent basilien)50. Environ 150 livres religieux dont : Polycarpe
(dit à tort évêque d’Ephèse), Grégoire de Nazianze (deux exemplaires),
Chrysostome (plusieurs titres), Isidore de Péluse, le pape Grégoire le Grand,
Climaque, Jean Damascène (deux fois), Isaac (le Syrien) etc. A noter le
commentaire sur saint Marc de Théophane (probablement Kerameus,
évêque de Taormine, Beck, p. 632, « das sogenannte italo-griechischc
Homiliar», xne siècle) et sans doute le roman de Barlaam (« Varnaam
de vita sanctorum», cf. Krumbacher, p. 889, pioç tcov ôotcov Travépcov
BapXaàp. xal ’lcoànacp), le Livre des cérémonies (« unum librum
cerimoniarum » ?) et des Erotemata (megalaJ.
N° 36bis — Notice du célèbre manuscrit de Lysias, cod. Palatinus 88
(un de ceux de Heidelberg), xve siècle51, mentionnant 15 xopiptarta brochés,
non détaillés.
N° 37 — Inventaire d’un couvent grec inconnu, xve siècle, dans une
notice du cod. Baroc. 230 d’Oxford52. Livres religieux, dont Grégoire de
Nazianze. Egalement, grammaires, prosodie, Erotemata, lexique, et Sopho-
cle, Euripide, Aristophane, Lycophron, Aristote. Il s’agit peut-être d’un
couvent basilien, cf. les livres antiques du couvent de St Philarète, supra,
N° 35 ; mais cf. aussi N° 16, de Thessalonique.
N° 38 — Inventaire N° IV des Météores, xve siècle (Bees, l.c.) : une demi-
douzaine de livres religieux, dont Climaque.
N° 39 — Liste de livres, du xve siècle, dans un manuscrit de Philotheou
(Athos), aujourd’hui à Moscou53. Environ 80 livres religieux, sans compter
un lot en vrac (£' ou ). A côté de Vies de Métaphraste (six), on a Basile
{Hexaéméros et un autre livre), Grégoire de Nysse, Chrysostome (exégèse,
Sur les statues, Margaritai sans nom d’auteur), Dorothée, Climaque (sept
fois), le Pandectes et un autre ouvrage d’Antiochos, « un livre de Saint
Antoine » (Vie ?), un manuel médical, deux Nomocanon, enfin un Homère.
N° 40 — Inventaire n° V des Météores, xv-xvie siècle, (Bees, Le.). Vingt
et un livres, la plupart religieux, dont Basile, Ephrem, Climaque, Maxime
le Confesseur, Grégoire Kerameus (Beck, p. 632), deux volumes du grand
philologue (et hymnographe) Thomas Magistros, alias Thékaras (Beck,
p. 704, cire. 1300) ; et aussi des livres de médecine et un Physiologos (puxpov ).
50. Batiffol, Abbaye de Rossano, p. justif. IV, p. 118-20, traduction latine, extrait de
l’inventaire de Bessarion, cod. Cryptensis, Z, 8, XJJ.
51. Lambros, in « Néoç 'EXXï)vop.vf)p.cov », 10, 1913, p. 242.
52. W. Allen, in « Jo. of Philology», 19, 1890, p. 65-68.
53. E. Granstrem, l.c., p. 95-96.
76
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Liste de livres du couvent de Medikion, en Bithynie, non retenue ici.
Heiberg, suivi par Bees54, la date du xve siècle (Heiberg « au plus tôt du
xve siècle») ; Janin, de 1574. Objets précieux et livres liturgiques exclu-
sivement.
La série ci-dessus comprend, de 1059 à la fin du xve siècle : xie, 7 docu-
ments (dont 3 Nos bis) ; xne, 9 (dont 4) ; xme, 11 (dont 2) ; xive, 10 (dont
2) ; xve, 15 (dont 1). Total, 52, dont 12 nos bis. En fait, certains documents
sont datés xi/xiie (1 doc.), xii/xme (1 doc.), xm/xive (2 doc.), xiv/xve
(2 doc.), xv/xvie (1 doc.), et plusieurs dates sont à préciser ou rectifier.
D’autre part nous avons groupé sous un seul N° (35) plusieurs inventaires
d’Italie du Sud. Parmi les documents du xve siècle, huit au moins appar-
tiennent à la première moitié.
Il est normal que les inventaires soient plus nombreux à l’époque des
Paléologues. Il est plus intéressant de voir s’il y a une évolution dans le
contenu des bibliothèques.
L’antiquité est représentée dans onze cas, surtout au xve siècle : Nos 1
(xie), 10, 16 (xme), 19 (xive), 27, 28, 30, 31, 35, 37, 39 (xvc), auquel on peut
ajouter le N° 5 bis (xiie). C’est peu, d’autant que la part des auteurs antiques
est très minoritaire dans tous les inventaires, sauf dans les Nos 16 (document
mal situé), 31 (testament de Bryennios), 37 (couvent inconnu), et, à un
moindre degré, 1 (testament de Boïlas). Une seule collection particulière
caractérisée, celle de Bryennios. On a déjà relevé la faible part des livres
antiques dans la bibliothèque patriarcale de Constantinople (Manaphès,
l.c., p. 128).
Les auteurs ou ouvrages grecs représentés sont :
Homère, N° 16 (?), N° 35 (deux couvents d’Italie du Sud), N° 39.
Sophocle, Nos 16, 37.
Euripide, Nos 16, 35 (Italie du Sud), 37.
Aristophane, N° 28 (Italie du Sud), 35 (id.), 31.
Esope, N° 1 (?, cf. in loco).
Hippocrate, N° 16.
Platon, N° 19.
Xénophon, N° 19.
Isocrate, N° 16.
Eschine, N° 16.
54. Dans cod. de Horsens, Danemark, J.L. Heiberg, in«B.Z. », XX, 1911, p. 507-
508 ; R. Janin, Eglises et monastères des grands centres byzantins, Paris, 1975, p. 167.
C’est le N° 13 de Bees, l.c.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
77
Aristote, Nos 10, 28 (Italie du Sud), 31, 37: mention de 8 ouvrages
et plusieurs sans titre.
Lycophron, N° 37.
Diodore de Sicile, N° 19.
Denys d’Halicarnasse, N° 16.
Philon, N° 1, 10.
Josèphe, N° 10.
Arrien, N° 16.
(Artémidore), N° 28 (Italie du Sud).
Ptolémée, N° 31 (trois titres).
Nicomaque de Gerasa N° 31.
Galien, N° 16 (plusieurs titres), N° 35 (Italie du Sud).
(Achille Tatios), N° 1.
Roman d’Alexandre, N° 1.
Philostrate, N° 16.
Themistios, N° 16.
Julien, N° 16.
Synesios, N° 16, 27.
Deux ouvrages latins, sans doute en traduction, (Sententiae) de Caton,
(Consolatio) de Boèce, N° 30. On constate que, dans l’ensemble, la période
impériale équilibre le classicisme, et que les couvents basiliens fournissent
un contingent relativement considérable.
On a vu que les Pères de l’Eglise et tous les noms importants de la
littérature ascétique et théologique byzantine sont le répertoire majeur.
Assez souvent des ouvrages religieux récents ou de dernière actualité sont
recensés (Nos 3, 9, 10, 19, 30, 32). Par le nombre, ce sont les livres de piété,
courants, voire anonymes, qui l’emportent. La littérature profane byzantine
est assez bien attestée, D’une part, par une série d’ouvrages techniques,
souvent anonymes : lexique, grammaire, prosodie, droit canon (y compris
les praktika des conciles, N° 32, cf. déjà Photius, Bibl., cod. 15-19), et droit
public (Procheiron et Synopsis, N° 17, Basiliques, N° 19, recueil d’Harmé-
nopoulos, N° 32), médecine, sciences (physique, mathématiques, astronomie,
météorologie, géologie), « clé des songes» etc. D’autre part, on trouve
auteurs et ouvrages connus : poètes, comme Georges Pisidès (N° 1, il est
possible que V Hexaéméros sans précision d’auteur soit le poème de Pisidès,
plutôt que les homélies de Basile, comme nous l’avons restitué dans plusieurs
Nos), Ephrem (? - N° 33) ; historiens, comme Michel Attaliate (N° 3),
Nicétas Choniate (32), chroniqueurs, comme le patriarche Nicéphore
(10), Jean Scylitzès (10), Jean Zonaras (19, 32, 33, cf. 9), Constantin Ma-
nassès (30), et aussi chronographes anonymes (1, 10, 27), historiens anony-
78
MÉLANGES IVAN DUJCEV
mes (1, 3, 19) ; philologues et rhéteurs, Nicéphore Choumnos (19), Planude
(30, 31), Moschopoulos (31 : il est un des auteurs de Ilept o/eSûv, cf.
N° 30, 35, et Krumbacher, p. 590-93), Thomas Magistros (31, 40), et aussi
Michel Glycas (31, non pas comme chroniqueur, mais comme « grammai-
rien », auteur d’une collection de proverbes, cf. Krumbacher, p. 905) ;
roman édifiant de Barlaam et Joasaph, très fréquent (10, 13, 27, 35, 36 ;
plusieurs exemplaires en 35), peut-être le célèbre Livres des cérémonies
(36), des ouvrages scientifiques de Nicéphore Blemmydès (27, 31), Manuel
Bryennios (31), Isaac Argyros (31), ou pseudo-scientifique comme le
Physiologos (35, 40). Ici, les catalogues des couvents basiliens apportent
peu : Barlaam, Livre des cérémonies, Physiologos (35, 36).
Quelles conclusions culturelles peut-on tirer d’un recensement sans doute
incomplet et qui n’est pas vraiment statistique, et qui d’autre part ne pré-
sente qu’une face des choses ? En effet, nous n’avons pas utilisé la méthode
« indirecte », celle qui consiste à reconstituer les fonds de bibliothèques,
disparus ou non, à un moment donné, d’après les manuscrits retrouvés
qui en proviennent. C’est déjà la méthode de Batiffol pour la bibliothèque
du Patir au xvie siècle : il identifie 71 manuscrits {l.c., p. 48-70), qui sont
en gros des ouvrages de piété et des Pères de l’Eglise tout comme dans
les catalogues (ils ont été pour la plupart copiés en Calabre, mais plusieurs
viennent de Grèce). C’est avec quelques différences la méthode de Mana-
phès, l.c., qui reconstitue les grandes collections de Constantinople d’après
les ouvrages utilisés par les érudits ou athétisés par les conciles (cf. aussi
Krumbacher, p. 61)55.
Constatation évidente : la part de la littérature antique est faible
du xie au xve siècle, en particulier, semble-t-il, dans les couvents de Grèce,
et du secteur oriental. La différence est grande avec la période précédente,
dite du « premier humanisme byzantin ». Même une collection relativement
riche comme celle de Boïlas — de 1059 précisément — ou précieuse comme
celle de Bryennios (mais elle ne compte que 9 livres !, dont l’œuvre de
Nicomaque de Gerasa, SuoeûpeToç, selon Photius, cod. 187)56, est de peu
de poids à côté de la bibliothèque de Léon le Mathématicien57, de la
55. Sur cette méthode « indirecte », cf. J. Irigoin, Centres de copie et bibliothèques,
dans Byz. Books & Bookmen, Dumbarton Oaks, 1975, p. 17. Références aux études sur
les bibliothèques de Constantinople, Thessalonique, Athos, Anatolie, de O. Volk (dissert,
inédite, cf. « B.Z. », 48, 1955, p. 535), B.L. Fonkitch, etc.
56. Un seul cas fait exception, la liste de notre N° 16, qui comporte une douzaine
d’auteurs anciens, soit la moitié de l’ensemble. La liste N" 37 est trop limitée.
57. P. Lemerle, Le premier humanisme byzantin, Paris, 1971, p. 168 sqq.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
79
Bibliothèque de Photius, c’est-à-dire de ses notes de lecture sur des manus-
crits de Constantinople58, ou de celle présumée d’Aréthas59. Les ouvrages
de l’antiquité païenne, et les ouvrages profanes en général, étaient beaucoup
mieux représentés dans ces grandes collections, même si — chez Photius
par exemple — la part de la littérature chrétienne reste majoritaire.
A l’autre bout de la chaîne, à l’époque de la Renaissance humaniste,
la part du profane — et de l’antique — est également sans comparaison
avec la période que nous avons étudiée. Au reste le jugement de Paul
Lemerle sur l’humanisme proprement grec — des Paléologues — est
profondément vrai : (cet humanisme) « popularisé par l’image du savant
grec fuyant devant le conquérant turc en serrant dans ses bras de précieux
manuscrits» a été peu étudié, dans « son histoire véritable, dans celle
des savants, et de leurs manuscrits avant l’arrivée en Occident» (l.c., p. 7).
En Orient on ne décèle pas, d’après nos catalogues, de différence notable
entre la « Renaissance » et la période antérieure ; l’évolution au xve siècle
est peu marquée. Il faudrait faire un enquête détaillée pour le xvie siècle.
L’exemple du couvent de Médikion, en Bithynie (cf. supra et n. 54, « ârm-
liche Bibliothek »), ne suffit pas à indiquer quelle est la tendance. En Sicile,
dans le catalogue considérable de St Sauveur de Messine (xvie siècle)60,
il n’y a pas, sur 150 mss., dix titres profanes, Hermogène étant attesté
trois fois, ainsi que la Souda et Tzetzès. Il serait intéressant d’étudier en
détail les listes signalées par Lambros dans des mss. d’Iviron (Catal., Nos
4512, 4701, 4713, qui sont les N05 14-15-16 de Bees, l.c.). Ce sont surtout
des catalogues des bibliothèques occidentales (mis à part les couvents
basiliens) que nous connaissons. Il suffit de mentionner deux exemples.
La bibliothèque léguée en 1460 à St Marc de Venise par le cardinal Bessa-
rion, infatigable collecteur de mss. (« in perquirendis graecis libris omnes
meas vires, omnem curam ,omnem operam, facultatem industriamque
comsumpsi »)61. L’inventaire en latin comporte 482 mss. grecs et 264
latins, dans un ordre méthodique. Toute la littérature antique, avec ses
commentateurs plus récents, est représentée : à titre d’exemple on trouve
cinq mss. de Lucien, jamais attesté dans nos catalogues. La bibliothèque
58. Lemerle, l.c., p. 190 sqq. Sur la discussion entre P. Lemerle et Impellizzeri, cf.
Manaphès, l.c., p. 120 sqq. (bibliothèque personnelle ou non).
59. Lemerle, l.c., p. 237 ; Irigoin, Centres de copie, p. 19-20.
60. Batiffol, l.c., p. justifie. X, p. 128-142. Ibid., p. justifie. VI, St Pierre d’Arena,
VII, St Philarète. Le catalogue de Patmos du xvi‘ s. est une simple traduction latine,
incomplète, de celui de 1355, cf. Diehl, l.c., p. 491 et n.l. Cf. Omont, Inv. som., cod.
3067, fol. 228-231 (Patmos, xvie s.).
61. H. Omont, in « Revue des Bibliothèques», IV, 1894, p. 129-187, citation p. 138.
80
MÉLANGES IVAN DUJCEV
de Jean Lascaris, chargé par Laurent de Médicis, de rapporter des mss.
grecs d’Orient et aussi d’Italie du Sud (où il sera imité un siècle plus tard
par le cardinal Sirlet), contient tous les antiques un peu connus et leurs
scholies62. Bref, les listes que nous avons étudiées du xie au xve siècle,
font piètre figure à côté de ces richesses.
Deux remarques pour finir. La place de la littérature byzantine pro-
fane est honorable dans les bibliothèques orientales (mais à peu près nulle
dans les couvents basiliens). Lorsque J. Irigoin écrit que « jamais la litté-
rature byzantine prise dans son ensemble ne jouit d’un respect comparable
à celui dont les œuvres antiques restent entourées» (Centres de copie, p.
27), il fait allusion au non-respect du texte d’origine par les copistes. Quan-
titativement, dans la série étudiée ici, sa place n’est pas inférieure à celle
de l’antiquité. C’est un signe certain de l’originalité de la culture byzantine.
D’autre part, la littérature religieuse est en partie d’excellente qualité.
On est parfois porté à parler de « fatras liturgique ou théologique » (Diehl,
l.c., dans notre N° 10, p. 501), voire de « fatras de sacristie» (cf. supra
N° 34) ,mais ce serait injuste. L’essentiel de la patristique, les grands textes
qui ont nourri et nourrissent encore la réflexion et la mystique orthodoxes,
sont abondamment représentés. On peut dire, avec Diehl encore, que
« la bibliothèque (de Patmos) était composée d’une manière assez heureuse
et convenable (à un) grand établissement monastique »63. Mais c’est encore
insuffisant. Si le couvent de Patmos demeura « un foyer vivant de culture
62. P. de Nolhac, in « Mél. archéol. et hist. Ec. Fr. Rome», VI, 1886, p. 251-274, qui
rectifie K.K. Müller, in « Zentral Bl. Biblioth. », I, 1884, p. 371 sqq. On a dans le PaZic.
1412 :1 — liste des desiderata d’acquisition pour la bibliothèque Médicis ; II — inventaire
de la bibliothèque de Laurent, antérieur à 1492 ; III — liste d’acquisitions de Lascaris,
dans ses missions ; IV — une liste qui n’est pas une liste d’emprunts de Lascaris à la
bibliothèque Médicis, comme le pensait Müller, mais bien une liste de livres appartenant
à Lascaris (fol. 66-69). Dans le Vatic 1414, catalogue des livres mss. et imprimés de feu
Lascaris, dressé par Mathieu Devaris, bibliothécaire du cardinal Ridolfi (128 mss. inven-
toriés). Dans le Vatic. 1413, de la main de Lascaris, après 1523, un inventaire en latin.
Sur d’autres collections particulières, cf. L. Dorez, in « Rev. Biblioth. », III, 1893, p.
387-90 : celle de Théodore Gazés, léguée en 1476-77 à Démétrios Chalcocondyle (la liste
des livres grecs et latins n’est pas détaillée par le notaire, et le seul manuscrit sur lequel il
insiste est de Galien) ; cf. Legrand, in « Bibl. hellén. », Paris, 1885, I, p. LIV sq., sur la
bibliothèque d’Andronic Callistos, cousin de Gazés, vendue à Milan en 1476.
63. II note, p. 510-11, que seuls les livres religieux ont été empruntés,cf. listed’emprunts.
Cette place privilégiée des livres religieux se retrouve naturellement dans les couvents
grecs d’Occident : outre les couvents basiliens d’Italie du Sud, citons St Biaise de Venise,
dont un catalogue de 1477 a été publié par C. Dimaras, in « Thesaurismata », I, 1962,
p. 1-3 (en grec) (exclusivement des livres pieux). C’est vrai aussi, dans une certaine mesure,
de la bibliothèque de Bessarion, qui compte environ 2/5 d’ouvrages patristiques ou assi-
milés ; notons ici le très petit nombre d’auteurs byzantins profanes.
CATALOGUES DE LIVRES-MANUSCRITS BYZANTINS
81
et de civilisation » (Diehl, p. 511), ce n’est pas seulement parce qu’il conser-
vait quelques manuscrits antiques, mais parce qu’il est un témoin de la
culture chrétienne byzantine. De récentes recherches ont mis en lumière
l’intérêt des bibliothèques de Grèce pour les études patristiques, par exemple
la découverte de huit catéchèses inédites de Jean Chrysostome à Stavro-
nikita (Athos) par A. Wenger (Sources chrétiennes, 1957)64.
64. Cf. les travaux de l’institut patriarcal d’Etudes patristiques de Thessalonique,
signalés par M. Aubineau: celui-ci a étudié, entre autres, à l’Athos, le cod. Pantocrator,
26 (« Rev. Phil», 1977), le cod. Iviron 255, (« Vigiliae Christianae », 1975), le cod. Pante-
leimon 58 (« Anal. Bolland. », 1974), où se trouvent des inédits ou des textes rares de
Grégoire de Nysse, Chrysostome, André de Crète, etc.
EINIGE BEMERKUNGEN ZUM KANZLEIWESEN
DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
Ursula Victoria BOSCH
Die Voraussetzung jedweder Aussage über die Urkunden einer Kanzlei
ist die Bestimmung und Einordnung der erstgenannten nach den allgemeinen
Regeln der Diplomatik. Das ist aber letztlich nur dann môglich, wenn man
vom Original einer Urkunde ausgeht ; nun ist eben, was die Originale
mittelalterlicher byzantinischer Kaiser- und Kaiserinnenurkunden anbe-
langt, der Bestand nicht als sehr reichhaltig zu bezeichnen und so ist es
denn notwendig, um eine Vorstellung von dem Urkundenwesen einer be-
stimmten Person, bzw. einen Überblick über dasselbe und seine Typen zu
bekommen, auch auf die Kopien der Originale zurückzugreifen, die freilich
nicht immer vollstândig sind. Eine weitere Môglichkeit, an Urkunden in
verkürzter Form zu gelangen, ist dieselben als Zitate oder als mehr oder
weniger ausführliche Exzerpte spâterer Urkunden in theologischen, hi-
storischen und literarischen Quellen aufzuspüren. Hierbei lâBt sich nur in
den seltensten Fâllen feststellen, was fehlt, aber die Vermutung liegt nahe,
daB bisweilen Anfang und Ende überhaupt nicht mehr vorhanden sind oder
nur in verkürzter Form in diesen Schriften Aufnahme gefunden haben,
was sich natürlich auch auf weite Teile des Inhalts beziehen kann. Zuletzt
kann aber auch die Überlieferungsmôglichkeit durch die obengenannten
Exzerpte ausfallen und wir müssen uns bescheiden, daB wir aus den schrift-
lichen Quellen nur von der einstigen Existenz einer Urkunde erfahren -
und weiter nichts.
DaB sich die Diskussion über die Legitimitât der Ausübung der Kaiser-
gewalt durch eine Frau an der Frage ihrer Kanzleirechte entzündet hat,
84
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ist bereits des ôfteren vermerkt worden. Es wâre freilich wohl kaum zu
dieser Problemstellung gekommen, wenn die Urkundentâtigkeit der
Kaiserinnen bereits bekannter und auf einer breiten Basis erforscht
gewesen wâre. In den einschlâgigen Werken, die sich mit der byzantinischen
Diplomatik befassen, ist unseres Wissens sehr selten die Frage nach der
Existenz der Kanzlei der Kaiserin gestellt worden. Eine Ausnahme machen
hier etwa J. Sevcenko1 und F. Barisic.2 Nur gelegentlich fanden einzelne
Urkunden als Kuriosa der byzantinischen Geschichte am Rande Erwâhn-
ung. Sie wurden vielfach nur dann einer Anführung für wert erachtet,
um die charakteristischen Merkmale einer Fâlschung zu demonstrieren.
Ein Paradebeispiel hierfür ist jenes von F. Dôlger ausführlich kommentierte
Falsifikat eines Chrysobullos Logos des Kaisers Theodosios II. für das
Kloster Xeropotamu3, das angeblich auf die Initiative der Kaiserin
Pulcheria zurückgeht4.
Wie bereits in der Einleitung angedeutet, beschâftigten sich bisher nur
wenige Gelehrte mit den Urkunden der byzantinischen Kaiserinnen. Hier
ist vielleicht an erster Stelle Jo. Chr. Lunig (1662-1740)5 zu nennen, der
im Codex Italiae diplomaticus ein Instrumentum Publicum der Kaiserin
Jolanthe-Eirene, ziemlich unvollstândig verôffentlicht hat. Danach wurde
der Text dieser Urkunde, der von dem Lokalchronisten der Markgrafen
von Montferrat Benvenuto di San Giorgio6 (1527) in dessen Geschichte
1. I. Sevcenko, Etudes sur la polémique entre Théodore Métochite et Nicéphore
Choumnos, Brussel, 1972,1. Sevcenko weist auf die Kanzlei der Kaiserin Eirene (-Yolan-
the) von Montferrat hin, S. 274 ff.
2. Vgl. F. Barisic, Povelje Vizantijskich carice, « Zbornik Radova », 13 (1971), 143-202.
3. Vgl. hierzu, F. Dôlger, Aus den Schatzkammern des Heiligen Berges, München,
1948, S. 132 ff., Nr. 47.
4. Die Rolle der Kaiserin aïs Intervenientin der Urkundentâtigkeit eines Kaisers ist
ein Bereich, der u.W. bisher für das byzantinische Reich noch kaum untersucht worden
ist. Im Westen sind Herrscherinnen vielfach Intervenientinnen der Urkundentâtigkeit
des Kaisers gewesen. Am bekanntesten dürften hierfür Theophano, die Gemahlin Kaiser
Ottos II. (vgl. Johann Heumann von Teutschenbrunn, Commentarii de re diplomatica
imperotricum, augustarum ac reginarum Germanicarum ex probis literarum monumentis
ad temporum seriem, Nürnberg 1749, S. 143-146 ; ferner Kunigundc, die Gemahlin des
Kaisers Heinrich II. (Heumann, a.a.O., S. 157-159) sein. Aber auch viele andere Herr-
scherinnen deutscher Kaiser und Kônige kommen in Betracht. Vor allem Konstanze,
die Gemahlin Kaiser Heinrichs VI., die freilich als Kônigin von Sizilien und deutsche
Kaiserin auch in eigener Initiative Urkunden ausstellt (Heumann, a.a.O., S. 235 ff.) ;
K.A. Kehr, Die Urkunden der Normannischen und Sizilischen Kônige, Berlin 1932, Unver.
Nachdr., Aalen 1972, S. 467 ff.
5. Jo.Chr. Lunig, Codex Italiae diplomaticus, Frankfurt und Leipzig, 1723 Sp. 1765-
1768.
6. Benvenuto di San Giorgio, Historia Montisferrati ab origine (900) marchionum
KANZLEIWESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
85
der Markgrafen aufgenommen worden war, im Jahr 1733 von L.A.
Muratori (1672-1750) in seiner Kollektion der Scriptores rerum Italicarum
ediert. Nach L.A. Muratori hat die Urkunde Jo. Heumann neben anderen
Diplomata byzantinischer Kaiserinnen in seine Sammlung von Herr-
scherinnenurkunden einbezogen. Jo. Heumann verweist noch auf weitere
Zeugnisse der Urkundentâtigkeit byzantinischer Kaiserinnen bzw. auf
Aktionen, die wohl mit einer gewissen Sicherheit der schriftlichen Beglau-
bigung nicht entbehrt haben dürften. Hier ist der in abendlândischen und
byzantinischen Quellen gut bezeugte, letztlich vielleicht zum Zweck einer
ehelichen Verbindung aufgenommene diplomatische Verkehr zwischen
der Kaiserin Eirene von Athen und Karl dem GroBen zu nennen7. Des
weiteren findet sich in der Sammlung von Jo. Heumann die Einleitung des
bekannten Chrysobullos Logos des Kaisers Alexios I. Komnenos aus dem
Jahre 1081, in dem der Kaiser seiner Mutter, der xoupoKaXàTtooa Anna
Dalassena, die Erlaubnis erteilt, wâhrend seines Feldzuges gegen die Nor-
mannen die Regierungsgeschâfte zu führen und verschiedene einem Kaiser
vorbehaltene Urkundentypen auszustellen8.
Zwar ist Anna Dalassena keine Kaiserin gewesen, doch gehôrte sie nach
dem Zeugnis ihrer gelehrten Enkelin Anna Komnena der hôchsten Senats-
klasse an9 und sie konnte als Kaiserinmutter in ihren Verordnungen und
Gesetzen als Titel die kaiserliche Selbstbezeichnung [3amXeia ptou führen1 °.
Dies ist u.E. ein Beweis dafür, daB eine Frau, die familiâr einem Kaiser
verbunden war, Urkunden gleichen Typs, wie sie auch der Kaiser erlieB,
selbst weitgehend ausstellen konnte.
Im AnschluB an den Chrysobullos Logos des Alexios I. Komnenos
findet sich ein Brief des Papstes Innozenz HL (1198-1216) an Maria-Mar-
gareta11, die Tochter Kônig Bêlas III. von Ungarn und Witwe des Kaisers
Isaak II. Angeles, anlâBlich ihrer Heirat mit dem Kreuzzugführer Bonifaz
von Montferrat (ca. 1150-1207). Der Papstbrief — er enthâlt Schenkungen
illius tractus usque ad a. 1490 seu Ragionamento familiare dell’origine, tempi e costumi
degli illustri principi e marches! de Monferrato, in : L.A. Muratori, Scriptores Rerum
Italicarum, Bd. 25 ; Mailand, 1733 S. 312-762 ; S. 1414-1415.
7. Heumann, a.a.O., S. 465-468.
8. Heumann, a.a.O., S. 469-473.
9. Anna Komnena, Alexias VI. 4 : éd. Leib, 1,121 : xai yàp t<3 auyxXïjTixqS xctTaXôyco
aÙTTjç tjuvoucnqq.
10. J.u.P.J. Zepos, Jus Graecoromanum, ex. ed. C.E. Zachariae von Lingenthal,
Aalen 1962 (Nachdr. d. Ausg. Athen 1931), Bd. 1, S. 298. Der Titel, den Anna Dalassena
auf der gleichen Urkunde als àrreXù&ï) Vermerk führt, lautet : âyîa Séanoiva xaî p.f)Tr;p
toü paatXéùx;.
11. Heumann, a.a.O., S. 473.
86
MÉLANGES IVAN DUJCEV
anlâBlich der zweiten Heirat der Kaiserinwitwe — ist hier deshalb angeführt,
weil er wohl eine Korrespondenz von Seiten der Maria-Margareta voraus-
setzt.
Maria-Margareta — ihr Titel Maria Dei gratia Imperatrix Baiula Imperii
Constantini Serenissimi ist für die Herrschaftsansprüche der ehemaligen
Kaiserin ans der Zeit vor dem Vierten Kreuzzug charakteristisch — gewâhrt
im Februar des Jahres 1214 dem pisanischen Podestà Ubaldo und der
Vertretung der Pisaner Privilegien. Diese Urkunde ist auch in die Sammlung
von Jo. Heumann aufgenommen12.
Im AnschluB daran sind bei Jo. Heumann noch einige Urkunden von
Herrscherinnen aus den Familien der lateinischen Kaiser von Konstanti-
nopel und von lateinischen Titularkaiserinnen angeführt, so z.B. ein Brief,
den die lateinische Kaiserin Maria, Tochter des Kônigs von Jérusalem
Johann von Brienne (1210-1225), an die verwitwete franzôsische Kônigin
Blanka von Kastilien, die Mutter Ludwigs IX. des Heiligen (1226-1270),
im Jahre 1240 richtete13. Besonders wesentlich erscheint uns der Tatbestand,
daB Jo. Heumann in seinem kurzen, wenngleich für seine Zeit sehr reprâ-
sentativen AbriB über die byzantinischen Kaiserinnenurkunden auf Frag-
mente des durch J. Goar (1601-1654) im Jahre 1648 (Paris) im Anhang
seiner Pseudo-Kodinos-Edition mitherausgegebenen « Manuel de Chancelle-
rie»14 hinweist15. Dieser interessiert im Rahmen dieser Untersuchung
vor allem deshalb, weil er halboffizielle Anleitungen für die Korrespondenz
mit einer Kaiserin beinhaltet, wovon manche Teile bereits in der Hexabiblos
des Matthaios Blastares aus dem Jahre 1345 aufgenommen sind und
weitere bis ins 15. Jahrhundert reichen. Dieses Handbuch lâBt auf einen
offiziellen Briefwechsel der Kaiserin, den sie mit dem Basileus und dem
Patriarch unterhielt, schlieBen.
Weiter gibt Jo. Heumann noch Hinweise auf die âuBeren Merkmale der
Kaiserinnenurkunden. So zitiert er Johannes Kantakuzenos, der in seiner
Geschichte des byzantinischen Reiches schreibt, daB die Kaiserin Anna von
Savoyen und ihr Sohn, der Kaiser Johannes V. Palaiologos, ein Chryso-
12. Heumann, a.a.O., S. 474 f.
13. Heumann, a.a.O., S. 476.
14. So J. Faral, Un manuel de chancellerie du XIVe siècle. La Chaux-de-Fonds,
1912. Vgl. hierzu die kritischen Bemerkungen von P. Marc, « B.Z. », 22 (1913), 232-
233. Zur Überlieferungsgeschichte des Textes ist jetzt auch die kritische Ausgabe von
J. Darrouzès (Ekthesis Nea. Manuel des Pittakia du XIVe siècle, Paris 1969).
hinzuweisen.
15. A.a.O., S. 489 ff.
KANZLE1WESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
87
bull — das Privileg des ersten Kaisers — erlassen und beglaubigt haben16.
Nach Jo. Heumann haben die Frage nach der Urkundentâtigkeit der
byzantinischen Kaiserinnen erst wieder O. Seeck17 und F. Dôlger18 im
Rahmen der Herausgabe der Kaiserregesten behandelt.
Bei der Erôrterung der byzantinischen Kaiserinnenurkunde kommen
die Urkunden der lateinischen Kaiserinnen und der Kaiserinnen von
Trapezunt nur als Vergleichsmaterial in Betracht, d.h. im Hinblick
darauf, wie etwa der byzantinische Kanzleistil sie beeinfluBt und gepragt
hat. Wir denken vor allem an das bekannte Stiftungstypikon des Kaisers
Alexios III. Komnenos von Trapezunt (1349-1390) und seiner Gemahlin
Theodora für das Athoskloster Dionysiu und an ein Prostagma der Despoina
des Epirus Francesca Acciaiuoli.
Im Chrysobull für das Dionysiukloster vom Jahre 1374 findet sich im
Protokoll das eben genannte Kaiserpaar19 in einer künstlerisch überaus
geschmackvoll gestalteten Miniatur dargestellt20. Die Herrscher, die von
dem in der Hôhe schwebenden Hl. Johannes Baptista gesegnet werden,
halten gemeinsam die Rolle des Typikons in der Hand. Wahrend der
Kaiser das Kreuzszepter tragt, hait die Kaiserin den Reichsapfel in der
Hand. Kaiser und Kaiserin verkôrpern demnach beide den Staat. Dazu
gibt es eine byzantinische Parallèle, nâmlich ein von Manuel H. Palaiologos
und Helene Dragas gewâhrter Chrysobullos Logos vom Jahre 139521.
Der EinfluB der byzantinischen Kaiserkanzlei zeigt sich auch an einem
7tpoffTaxTixàç xai, eùepysTixôç optop-oç der Francesca Acciaiuoli, der Ge-
mahlin des Herrschers des Epirus, des Carlo I. Tocco (1413 7-1429). F.
Dôlger meint hierzu : « Es ist fast ergôtzlich, daB auch noch eine Schatten-
figur wie Francesca Acciaiuoli, die Gattin des Carlo Tocco, welche den
16. A.a.O., S. 486 ; Joh. Kantakuzenos, III. 53.
17. O. Seeck, Regesten der Kaiser undPâpste für die Jahre 311-476 n. Chr., Stuttg. 1919
(unver. Nachdr. Frankfurt 1964) passim. Hier verweist O. Seeck auf Kaiserinnenbriefe,
teils privater, teils offizieller Art in staats- und kirchenpolitischer Hinsicht.
18. So berücksichtigt F. Dôlger, Regesten, dabei die Tâtigkeit folgender Kaiserinnen :
Sophia (Regesten Nr. 31) ; Eirene von Athen (Regesten Nr. 339-359) ; Zoe (Regesten
Nr. 851, 852) ; Theodora (Regesten Nr. 929-931) ; Eudokia Makrembolitissa (Regesten
Nr. 967). In der Einleitung zum 5. Teil der Regesten (S. V-VII) beschâftigt sich F. Dôlger
mit der Urkundentâtigkeit der Kaiserin Anna von Savoyen.
19. Zu Alexios III. und Theodora vgl. auch W. Miller, Trebizond, The Last Greek
Empire, London 1926, S. 55 ff.
20. Die letzte und wohl vorzüglichste Abbildung dieser Miniatur findet sich in :
The Treasures of Mont Athos Vol. 1. The Protaton and the Monasteries of Dionysiou,
Koutloumousiou, Xeropotamou and Gregoriou, hrsg. von S.M. Pelekanidis u.a., Athen
(1973), S. 40
21. F. Dôlger, Regesten Nr. 3257.
88
MÉLANGES IVAN DUJCEV
lângst bedeutungslosen Titel einer imperatrix Romanorum von den latei-
nischen Vorgângern geerbt hatte, noch im Jahre 1428 in der Unterschrift
als [JaffûXiffffa (!) 'Pcoptalcov22 mit roter Tinte urkundet23».
Nach F. Dôlger beschâftigt sich W. Ohnsorge24 zwar nicht speziell
mit den Urkunden der byzantinischen Kaiserinnen, wohl aber mit deren
Titeln. In seiner Untersuchung zum Kaisertum der Eirene weist der Ge-
lehrte, wie vor ihm bereits F. Dôlger25, auf den divergierenden Bericht
über die Unterzeichnung der Konzilsakten des zweitenNikaenumsim Jahre
787 hin, in dem die Bestimmungen des Konzils durch die Kaiserin Eirene
und deren Sohn Konstantin V. bestâtigt wurden. Wâhrend nun die Kon-
zilsakten den Vorgang dieser Unterzeichnung mit folgenden Worten aus-
drücken: «xai toutcov è^<pcov7]üévTtov Kpoocpépet 6 TtaTptàp/Tjç toïç PamXeüot
rov àvayvcoCTilévTa Toptov toü ôpou xal èÇrjTei ptETà Ttào'/jç T?jç cruvôSou èm-
trcppaylcrai xal È7u[3s[3ai<o<Tai Si’ eùoepûv aÙTÛv ÙKoypacpûv. Kal Za^oucra
y; aîcrlcoç KpoXàpiKoucra eùnepEOTaTi) PaolXtocra, 'jKéypa^e xal èSISou tû
mjpiPacnXeûovTi. aÙTT) ulû xal aÛTov 'jKoypâçîiv »26 wird über das gleiche
Geschehen bei Theophanes Confesser27 und im Cod. Vatic. Gr 2014 (S.
XI)28 so berichtet : « xal û Kéypa^ev ô te pamXeùç xal tj pciqTTjp aÙToü
xupaxravTEÇ ttjv eùoepelav xal twv àylcov mxTÉpcov àp/aïa SoypiaTa ».
Bei der Frage, wer nun wirklich als erster unterzeichnet hat : Eirene oder
Konstantin, muB der u.E. prâgnanteren Formulierung des Konzilstomos
der Vorrang gegenüber der konventionellen Darstellung des Theophanes
eingerâumt werden. Zum anderen hatte, wie bekannt, Eirene vorübergehend
ja auch den Vorrang vor ihrem Sohn.
Ausgehend von dem oben erwâhnten Chrysobull des Kaisers Alexios I.
Komnenos, durch das dieser Kaiser seine Mutter Anna Dalassena mit der
Führung der Regierungsgeschâfte beauftragt, erforschte F. Barisic haupt-
sâchlich die Urkundentâtigkeit der Kaiserinnen des Reiches von Nikaia
und der Palaiologenzeit29. Als wichtigstes Ergebnis dieser Forschung ist
zu konstatieren, daB den byzantinischen Kaiserinnen des 13. und 14.
22. F. Miklosich-Müller, Acta et Diplomata Graeca Medii Aevi, Bd. 3, Wien 1865,
unv. Nachdr. Athen (s.a.), S. 253.4-5 ; 254.27-28.
23. F. Dôlger, Byzanz und die europdische Staatenwelt, Ettal 1953, S. 31, Anm. 81.
24. W. Ohnsorge, Das Kaisertum der Einere und die Kaiserkrônung Karls des Groflen,
«Saeculum» 14 (1963) S. 224 Anm. 19 = ders., in : Konstantinopel und der Okzident,
Darmstadt 1966, S. 54 f. Anm. 19.
25. Dôlger, Regesten Nr. 348.
26. Mansi, Bd. 13, S. 415.
27. Theophanes, Chronographia, de Boor, I, S. 463-8.
28. Cod. Vatic. Gr. 2014, f. 128 v. 22.
29. Barisic, Povelje, passirn.
KANZLEIWESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
89
Jahrhunderts ein betrâchtliches MaB an EinfluBnahme auf die Administra-
tion des Reiches zuerkannt worden ist, was sich an der Existenz folgender
Urkundentypen wie etwa des TrpooTaypta, des optcrptoç30 und der hcoîua
paniXixà31 dokumentieren lâBt.
DaB die obigen Bemerkungen zu den Urkunden der byzantinischen
Kaiserinenkanzlei nur einführenden Charakter haben kônnen, liegt an den
spârlichen Vorarbeiten, wie an dem mangelnden Überlieferungsstand. Wie
bekannt, gibt es kaum Originale von Kaiserinnenurkunden. Deshalb sind
wir weitgehend angewiesen auf die Kopialüberlieferung sowie auf die in den
literarischen oder historiographischen Quellen inserierten Kaiserurkunden
bzw. auch auf die Erwâhnung derselben mit gelegentlicher Inhaltsangabe32 33.
Wie wir bereits vorweggenommen haben, waren die strengen Kanzlei-
vorbehalte des Kaisers nicht auf die Frauen der kaiserlichen Familie aus-
gedehnt, was sich ganz besonders an gewissen Bestimmungen des schon
erwâhnten Chrysobulls des Kaisers Alexios I. Komnenos aus dem Jahre
1081 ersehen lâBt. Hier erhâlt Anna Dalassena die vôllige Unabhângigkeit
auf dem administrativen Sektor. Die in Frage kommende Passage lautet,
wie folgt : « îracrav Sè tcûv KpaypiàTcov Stoîz’/joiv xai. TtoXtrixàç àp^àç xai.
Toùç TCEpl tcuv etmpopûv Xoyouç xai tûv ùîrèp rrjç pamXetaç àvaXcopitXTCOv
Tfi pz.iQ'rpt. xaTeTuœreuoe..rrçv aÙToxpaTopa StocxTjcrtv Tfl jJDjTpi xai p.ov7]
à7rexX7]pa><7aTO xat 8tà xpuaoPoûXXou Xoyou xà pepouXeuptéva etç KpoÜKTov
~ f 3 3
Kamv xaTeoTTQoev » .
Hier wird deutlich, daB die « ^ytaopiévy; p.r|TV)p aÙTrjp tt)ç paenXetaç xai
SÉOTtowa » fast aile Urkundentypen ausstellen konnte. Anna Dalassena
erhâlt die Môglichkeit, wie ein Kaiser (paotXtxtüp) zu handeln, hinsichtlich
«crû TtpoPoXcov (d.h. der Beamteneinsetzung34) xai. 8ta8o/cuv oexpércov xai
30. Hinsichtlich der Bedeutung von rcpoaTayiia und ôpiapôç als einer kaiserlichen
Verwaltungsurkunde, s. : F. Dôlger-J. Karayannopulos, Byzantinische Urkunden-
lehre, S. 109 ff.
31. Vgl. J. Sevcenko, Etudes sur la polémique entre Théodore Métochite et Nicéphore
Choumnos.
32. Auf die wenigen Originale von Kaiserinnenurkunden hat, wie erwâhnt, F. Barisic
(Povelje, passim) hingewiesen. Das Original einer Kaiserinnenurkunde, nâmlich das
bereits zitierte Instrumentum Publicum der Kaiserin Eirene-Jolanthe beabsichtige ich
in Kürze mit kritischem Apparat zu publizieren.
33. Anna Komnena, Alexias, VII 1 : I, 123U-14 . und VI 2 : I, 120i9-21. Über
die intensive Verwaltungstâtigkeit der Anna Dalassena berichtet auch Michael Glykas
(BC. S. 622) : -ri)v fJaaiXeiav otnaaav oixovopiovaa.
34. Zur npo6oXf; bzw. np66Xï)at.ç s. F. Dôlger, Byzantinische Diplomatik, 20 Auf-
sâtze zum Urkundenwesen der Byzantiner, Ettal 1956, S. 128, Anm. 58 ; O. Treitinger,
Die ostrômische Kaiser und Reichsidee nach ihrer Gestaltung im hofischen Zeremoniell,
2. unv. Ausg., Darmstadt 1956, S. 219.
90
MÉLANGES IVAN DUJCEV
rûv Ü£piaT<ov xal ekI Toïç à^tcbpiaCTt xal ôcpcptxtotç xm ScopEaïç twv
àxivijTcov... ».
Das heiBt, die Kaiserinmutter erhielt die Vollmacht zur Ernennung der
Kanzleibeamten also, über die Zentralgewalt, ferner der Beamten der
Provinzverwaltung und des Militârs in den sogenannten Themen. Im ganzen
gesehen bedeutet dies, daB Alexios I. Komnenos nach seinem Regierungs-
antritt der Mutter die gesamte Reichsregierung wie einer Selbstherrsche-
rin35 anvertraut hatte, einschlieBlich der besonderen Berechtigung, über
die Staatsausgaben zu verfügen, Ehrenâmter zu verteilen und Grund-
besitz zu gewâhren. Hinzu kommt, daB die schriftlichen (à-rsp èyypàîpcûç
SioplcnjTai) Verwaltungsverfügungen der Anna Dalassena unumstôBlich
(à[A£Taxw7)Tot. xal àpieràKTcoToi.) sein sollten.
Der Text des Chrysobullos Logos lautet folgendermaBen : « AXXà xal
etTtvsç KpopXTjüyjoav eIç rà eréxpera vj xal etc, üép.aTa xal StaSEX^ctovTat,
T(.[A7)&7]crovTai 8e xal sv (zeylcrroiç à^tcoptacn xal ... èXa/l<7T0tç, ecovrat elç
Ta àpieTaxlvyjToi. xal àptETaTTTcoTOt,. »
Unwiderruflich sollen also folgende Verordnungen der Kaiserinmutter
sein : atT^eretç - xplaeiç - Xût7£tç - Scopsal àxtvrjTcov.
Gültig aber sind — ob schriftlich oder nicht schriftlich — die KpooTa^eiç
£fYpa<poi. xal aypa<pot. Diese letztgenannte Formulierung è'yypatpot -
àypa<po(. erinnert an einen Paragraphen der Hexabiblos36, gemâB dem ailes,
was ein Kaiser sagt, spricht (ôplÇei)37 oder schreibt, unumstôBlich ist.
Der in Frage kommende Text lautet so : « Oîat yàp av Xûaeiç rcap’ aÙTÎjç
àTO<pav07)<jovTa(, îj yàp al 7rpo<7Tâ^et,<; Eyypa<pot tq ôcypa<pot xàv euXoyoi
xàv àveûXoyoi, aÙTrjç rîjç paatXslaç ptou Xoyt(7Ü7)<7ovTai. »
In der Aufzâhlung des Kaisers Alexios I. Komnenos werden mit Aus-
nahme der auBenpolitischen Vertrâge fast aile Urkundentypen angeführt,
mit denen ein Kaiser seine Verwaltungsakte bestâtigt - unter Einschhfà
der Gesetzgebung. Dies erscheint uns ganz besonders deshalb erwâhnenswert,
weil einst J.B. Bury die Môglichkeit bestritt, daB eine Kaiserin Autokrator
sein kônne, mit der Begründung, sie kônne nicht Gesetzgeber sein : « She
was, of course always spoken of as the Empress, but in her official acts
she is styled not « Irene the Empress » but « Irene the Emperor » (Basileus).
35. Anna Komnena, Alexias, II, 6 : I, 121 ff ; Dôlger, Regesten, Nr. 1073.
36. Harmenopulos, Constantini Harmenopuli Manuale legum sive Hexabiblos cum
appendicibus et legibus agrariis, ed. G.E. Heimbach, Lpz. 1851, I, 28 = K.G. Pitsakes,
K<ùv<JTavTivou'App.evo7toôXov Ttpi/Etpov v6più>v ïj 'EÇâptp/.op, Athen 1971, S. 17,BuchI, 28.
37. Zu épîÇetv als kaiserliches Sprechen vgl. F. Dôlger, in « B.Z. », 38 (1938), 490 =
Ders., Byzanz und die europâische Staatenwelt, Darmstadt 1964 (unv. Nachdr. d. 1.
Aufl. Ettal. 1953), S. 23.
KANZLEIWESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
91
It was «felt» that only an Emperor could legislate and so the legal fiction of
her masculinity was adopted38». Burys These, daB « gefühlt wurde»,
daB nur ein Kaiser (bzw. ein Mann) Gesetze geben kônne, erscheint uns
— zumal die Quellen dieser Auffassung widersprechen — unannehmbar.
LâBt sich doch eine legislative Tâtigkeit der byzantinischen Kaiserinnen
bzw. deren Mitwirkung bei der Gesetzgebung bereits seit der Mitte des 6.
Jahrhunderts, seit Justinian und Theodora, feststellen39. Neben Eirene von
Athen40 übt im 11. Jahrhundert auch die gelehrte Nichte des Patriarchen
Michael Kerullarios (1043-1058), die Selbstherrscherin41 Eudokia Makrem-
bolitissa, ebenfalls die Gesetzgebung aus. Von dieser Kaiserin ist in Tipu-
keitos ein Hypomnema erwâhnt42.
Neben der Legislative nahmen die Kaiserinnen auch die hôchste Gerichts-
arbeit wahr, wie das Beispiel der Kaiserin Pulcheria deutlich macht,
auf deren Befehl ihr Erzfeind — der Günstling des Kaisers Theodosios IL
der Hofmarschall, der Eunuch Chrysaphios — hingerichtet wurde43.
Eirene von Athen lieB den eigenen Sohn blenden und wahrscheinlich
auch tôten44.
Die Kaiserin Zoe Karbonopsina, die Witwe Leons VL, übte ebenfalls
eine richterliche Tâtigkeit aus. So erlieB die Kaiserin einen Xoyoç àrra-
&etaç45, einen Sicherheitsbescheid für ihren alten Gegner, den Patriarchen
Nikolaos I. Mystikos (901-907/912-925). Der AnlaB für diesen Amnestie-
erlaB war ein hochpolitischer. Wie bekannt, war Nikolaos I. Mystikos
ein erbitterter Gegner der vierten Ehe Leons VL, was sich ganz besonders
darin gezeigt hat, daB er sich weigerte, die àvayopeumç der Kaiserin Zoe
in der Hagia Sophia vorzunehmen und ihren Namen in die Heiligen Dip-
tychen zu setzen.
Nach dem Tode ihres Gemahls, des Kaisers Leon VI. im Jahre 912
38. J.B. Bury, The Constitution oj the Later Roman Empire, Amsterdam 1964 (unv.
Nachdr. d. Ausg. Cambridge 1910) ed. by H. Temperley, S. 111.
39. Vgl. hier L. Wenger, Die Quellen des rômischen Rechts, S. 564.
40. Zepos, J. Gr. R., Bd. 1, S. 45 ff., Nov. 27, S. 49 f. Nov. 28 ; vgl. Dôlger, Regesten
Nr. 358, 359.
41. Psellos, Chronographia, E. Renauld, Bd. 2, S. 152 : 'H EùSoxîa
xarà ràç toü àvSpôç xai paaû.éuç SiaTâ^eiq tôv ôXùjv èYXpar))ç yevopiévr).
42 Dôlger, Regesten Nr. 967.
43. Theodoros Anagnostes. H ist. Eccl. I, 1 in : Migne, P. Gr. 86, Sp. 165 a ;
Chron. Pasch. (BC), S. 590.6 ; Johannes Antiocheus, Fr. 194, in F Gr. H, Bd. 4, S.
613 ; Theophanes, Chronographia, de Boor I, S. 103.28.
44. Vgl. hierzu die Zusamnienstellung der Belege bei Ohnsorge, Zum Kaisertum
der Eirene, S. 222-223, Anm. 8 und 9.
45. Zum z6yoç àTta&eiaç im allgemeinen s. Dôlger. Byzantinische Diplomotik,
S. 87.
92
MÉLANGES IVAN DUJCEV
verbannte dessen Bruder Alexandros (912-913) Zoe aus dem Kaiserpalast,
in den sie erst zurückgekehrt war, als Alexandros im Sterben lag. Nach
dem Tode des Alexandros begann sie wieder den Kampf gegen die Kirchen-
leitung um die Vormundschaft für ihren Sohn Konstantin (VIL) Porphy-
rogennetos. Zuerst siegte der Patriarch, der, um die Rückkehr der Zoe
auf den Thron zu verhindern, sie zum Klostereintritt zwang. Gleichwohl
gelang es Zoe Karbonopsina, die Opposition gegen Nikolaos Mystikos um
sich zu scharen. Noch im Jahre 912 konnte Zoe die Regierung wieder
übernehmen. Sie fordert nun im Einvernehmen mit dem Sénat und den
Vertretern der Kirche (nach der Vita Euthymii soll es die gesamte Kirche
gewesen sein) in einem Brief den Patriarchen Euthymios (907-912) auf,
ihre âvayôpeunu; in der Hagia Sophia vorzunehmen46. Doch Euthymios
lehnt ab. Daraufhin besinnt sich Zoe auf Nikolaos Mystikos, der sich bereit
erklârt, nunmehr die avayépeumq zuzulassen, nachdem ihm die Kaiserin
den vorher erwàhnten Amnestiebescheid zugesagt hatte47.
Wir haben die Vorgeschichte dieses Indemnitâtsversprechen hier
deswegen angeführt, um zu demonstrieren, wie eng die verfassungsrechtliche
Stellung einer Kaiserin mit ihrer verwaltungsrechtlichen Position verbunden
war. Auch wollten wir die Abhângigkeit des Kaisers von den kaiserkürenden
bzw. kaiserbestâtigenden Instanzen — also hier besonders von der Kirchen-
leitung — aufzeigen. Um aber nochmals auf Michael Psellos, den lang-
jâhrigen Berater Konstantins X. Dukas, zurückzukommen, so schreibt
er von Eudokia Makrembolitissa und ihrer gesetzgebenden und richter-
lichen Tâtigkeit : « èv nam. à^ETaÇoptèvz) xat rraot àpptôÇouoa 7rpàyp.a<7t
àp/atpsatatq, TroXtTtxatq ÔKoOéasat, STjjjtocrtwv ouvetcrcpopatq ècmv, otcvj
Kapeixot, xat Ttxç paoiXeîaç cpwvàç àirayyéXXouCTa- toctoutov yàp aùr^
to TOpiov toü cppovf|p,aroç »48. In der Nationalbibliothek von Paris be-
46. Der Text des Briefes ist teilweise in der Vita Euthymii enthalten : ed. C. de Boor,
Vita Euthymii. Ein Anecdoton zur Geschichte Leons des Weisen, 886-912, Berlin 1884,
S. 71 ; nunmehr P. Karlin-Hayter, Vita Euthymii Patriarchae CP, Text, Translation
and Commentary, Brüssel 1970 (Bibliothèque de Byzantion 3), S. 137 Die Kaiserin macht
in diesem Brief dem Patriarchen Vorhaltungen. Sie erinnert ihn, daB er durch ihre In-
tervention auf den Thron gekommen ist : ’Ayvoetç, & rüàrep, to tIç Kporepov etç
Ttoîœv Tipiïjv 8i’ èpiè dtvîjXteç ; (de Boor, S. 59). Ferner weist die Kaiserin darauf
hin, daB es nicht recht sei, sie, die mit einem paotXeùç xai aÙToxpàTwp verheiratet
gewesen ist und einen gekrônten Sohn, einen TropçupoYévvqToç habe, nicht zu
akklamieren (àvafopeücrai ), wenn sogar der Sénat dies getan hat. Vgl. auch Grumel,
Les Regestes, Nr. 627-629.
47. Vgl. de Boor, a.a.O., S. 71 ; Karlin-Hayter, S. 137 ; vgl. Grumel, Les Regestes,
Nr. 650.
48. Psellos, Chronographia, Bd. 2, S. 152.
KANZLE1WESEN DER BYZÀNTIN1SCHEN KAISERIN
93
findet sich eine Miniatur49, die Eudokia Makrembolitissa im Gestus des
Gesetzgebers und Rechtslehrers darstellt. Obgleich diese Abbildung in
den Beginn des 14. Jahrhunderts zu setzen ist, ist dennoch das Motiv einer
kaiserlichen Gesetzgeberin ohne eine gewisse Tradition nicht leicht zu
erklâren und nicht zu verstehen, ohne daB man wuBte, daB von der gleichen
Kaiserin 86yp,aTa und &£<77rt<7(iaTa erlassen worden sind50.
In der Zeit zwischen Eudokia Makrembolitissa, dem Kaiserreich von
Nikaia und der Palaiologenepoche begegnet uns auBer der bereits erwâhn-
ten Anna Dalassena keine kaiserliche Dame, die als Gesetzgeberin bzw.
als kompetente Person Urkunden zu konkreten Rechtsfâllen ausstellte.
Nach 1264 haben viele Kaiserinnen und sogar Frauen von Mitkaisern
Urkunden zu bestimmten Rechtsfragen erlassen51.
Eine Mittelstellung zwischen den gesetzgebenden Urkunden allgemeiner
Art und innenpolitischen Urkunden wie Privilegienerteilung und Verwal-
tungsverordnungen, darf man wohl jenen Urkunden zugestehen, die eine
KAISEREINSETZUNG vornehmen. Hierfür gibt es nun ein Parade-
beispiel nâmlich die Sacrae bzw. iepal xeXeûoeu; der Kaiserin Verina.
In verschiedenen Quellen bei Johannes Malalas52, Johannes Antiocheus53
und bei Theophanes Confesser54 finden wir die Nachricht, daB die Kaiserin
Verina, die Gemahlin Leons I. einige Sacra bzw. xeXeûffeiç erlassen hatte.
Diese Mitteilung interessiert aus zwei Gründen : Sie bietet einerseits gewisse
Aufschlüsse über die Entwicklung der frühbyzantinischen Kaiserkanzlei. Sie
ist ferner auch deshalb wichtig, weil sie etwas über die Position einer Augusta
im Staat aussagt. Die sogenannten Sacrae kann man als sehr frühe Zeug-
nisse einer nur dem Kaiser vorbehaltenen Urkundenart nach F. Dôlger55
und L. Wenger56, den Edikten zuordnen, gelegentlich aber auch den
Auslandsbriefen des byzantinischen Kaisers. Eine genaue Festlegung
vermeiden die beiden oben genannten Gelehrten wohl deshalb, weil der
49. Lambros, Aeuxcop.a, IlivaÇ 61.
50. Dôlger, Regesten, Nr. 967.
51. Barisic, Povelje, passim.
52. Johannes Malalas, ed. C. de Boor, in : «Excerpta de Insidiis», Vol. 3, Berlin
1905, S. 165.30-166.5.
53. Th. Mommsen, Bruchstücke des Johannes von Antiochia und des Johannes Malalas,
« Hernies» 6 (1872) 371.17-372.2.
54. Theophanes, Theophanis Chrouographia, rec. C. de Boor, Vol. I, Lpz. 1883
(unv. Ndr. Hildesheim 1963), S. 129.10-21.
55. Dôlger, Diplomatik, S. 34. Dort wird auf die besonders feierliche Form der
Kaiserurkunde, nâmlich das Edikt hingewiesen, dem die Sakrai nahestehen. Vgl. auch
Dôlger-Karayannopulos, Byzantinische Urkundenlehre, S. 24, 89.
56. L. Wenger, Die Quellen des romischen Rechts, Wien, 1953, S. 436 f.
94
MÉLANGES IVAN DUJCEV
verhâltnismâBig geringe Bestand an Sacrae bzw. divales litterae uns nur
aus der Kopialüberlieferung bekannt ist.
Auf solche kaiserlichen Sacrae weist O. Seeck57 in seinen Regesten hin.
Ediert findet man sie in den Konzilsakten von E. Schwartz (1858-1940)
und G.D. Mansi (1692-1769). Es lassen sich also vom Ende des 4. Jahrhun-
derts bis etwa ins 9. Jahrhundert regelmâBig Sacrae nachweisen. Dieser
Terminus erlischt als Bezeichnung einer Kaiserurkunde erst in der Zeit
Manuels I. Komnenos58.
Eine rein literarische oder kopiale Überlieferung setzt einer diploma-
tischen Bestimmung einer Urkunde Grenzen, wenn dieselbe nicht sogar
ganz unmôglich ist. Fehlt doch hâufig die Unterschrift, die Datierung und
die vollstândige Intitulatio. Deshalb scheint uns auch die Frage nicht
überflüssig : Wie âuBerten sich die Byzantiner selbst zu den Sacrae. Eine
Basilikenglosse nennt sie ganz einfach : « Sàxpai ol Xoyoi, toü SyjjLo-
cjIod xal èppTjveûovTai Ispà ». Auf den Privilegcharakter der Sacrae weist
auch eine Notiz aus dem sogenannten Lexikon Kyrilli hin59, die von einem
7rp6t7Tayp.a Kapaxcopy)Ti.x6v60 spricht und damit die Sacrae in die Nâhe
der spâteren Chrysobulla Sigillia rückt, durch die hauptsâchlich Privilegien
erteilt wurden. Auf die Tatsache, daB es sich bei den Sacrae nicht um eine
einfache Verwaltungsverfügung oder um ein schlichtes Beglaubigungs-
schreiben handelt, weist ein Bericht der Chronographia des Theophanes
Confesser über den hôchst ehrfürchtigen Empfang einer Sacra des Kaisers
Justin I. durch den Aithioperkônig Arethas (Harith) hin. Hieraus erfahren
wir zur âuBeren Form einer solchen Urkunde, daB sie ein Siegel mit dem
Brustbilddes Kaisers trug6 ’. Ferner zâhlt noch Neilos von Ankyra( + 430)62
die Merkmale auf, die einen Papyrus zur Sacra machen : « ’Ex KaKÛpou
xal KoXXyjç (wohl xôXXyjç) /àpr/jç xaTa<Txeuaed>e[ç, /àpTyjç xaXeÏTat,
émiv 8è Û7roypacp7]v Sé^eTat PamXécoç, SïjXov coç Sàxpa ôvop.à^£Tat.. »63
57. Seeck, Regesten der Kaiser und Pâpste, S. 278 (Hinweis auf ein Exemplum Sacra-
rum Litterarum aus dem Jahre 391) ; vgl. ferner ebd. S. 338 ; 340.
58. Dôlger, Regesten, Nr. 1354.
59. Krumbacher, Geschichte der byzantinischen Litteratur, (in : Hdb. d. klass.
Altertumswiss. 9) München 1897, unv. Nachdr. New York s.a.) S. 570, 572.
60. Ch. Ducange, Glossarium ad scriptores mediae et infimae graecitatis, Sp. 1325.
61. Theophanes, Chronographia, de Boor, S. 244.34 f. : AeÇâp.evo<; 8è ttjv toü
PaaiXéùiç aàzpav zaTeçiXïjae ttjv açpayîSa Tï]v tô arqTJdpiov toü paaiXéwç.
62. Zu Neilos von Ankyra (früher irrtümlich Neilos Sinaita genannt) s. H.C.
Graef, LThK, Bd. 7 (1962) Sp. 870 f.
63. Migne, P. Gr. 79, Sp. 104 ; ferner auch bei Ducange, Glossarium ad scriptores
mediae et infimae graecitatis, Sp. 1325, unter dem Artikel aàzpa.
kanzleiwesen der byzantinischen kaiserin
95
So wurde den Sacrae als kaiserlicher Urkundentyp oder doch wenigstens
als kaiserlichem Schreiben hohe Bedeutung beigemessen.
Um aber auf die Sacrae der Kaiserin Verina zurückzukommen, so
berichten die eingangs erwâhnten Quellen, daB die Kaiserin mehrere Sacrae
verschickt hatte, so an die Antiochener, an die Statthalter des Ostens,
Afrikas und Âgyptens. Von diesen Briefen ist uns nun bei Malalas eine
offenbar vollstândige Sacra überliefert, die wir mit einer allgemeinen
Adresse und mit gewissen Auslassungen bei Theophanes fast wôrtlich
wiederfinden. Die Intitulatio ist bei Theophanes knapp : Bep'wa aùyoûcrra
und wird im Malalasfragment ergânzt durch AlXia t; àeî, aùyoûcrra. Es
handelt sich folglich um eine Titulierung, die sich mit der Münzlegende der
betreffenden Kaiserin deckt64. Inscriptio und salutatio wenden sich in
dem hierfür meist üblichen Dativ bei Theophanes ganz allgemein an die :
toïç TjfzeTépoiç ap/ouci xai cpiXo/pi<7Totç Xaoïç, wâhrend Johannes Malalas
eine prâzise Anrede überliefert : ’Avrio/eüm. TroXtTatp TjpteTépotç. Die
salutatio ist bei Theophanes im Infinitiv gehalten, bei Malalas fâllt sie
überhaupt weg, was wohl auf das Konto der Überlieferung geht. Die
promulgatio fâllt knapp aus und ist gerade für unsere Untersuchung von
groBer Bedeutung : « Ïgtô otl to paolXetov TjpieTepôv Ècttw und daB wir
nach dem Ableben meines Gemahls, Traskalissaios zum Kaiser erwâhlt
haben, der sich spâter Zenon nannte Kpo/etpacràpieha (Terminus Technicus
für eine Promotion, ganz besonders für die eines Kaisers) TpaoxaXcooatov. »
Beide Texte, Malalas sowohl als Theophanes, erganzen sich fast wort-
wôrtlich. Zweck der Sacra ist : « mt: to ôttzixoov È7n.6s/*!.cû07p>at ».
« Und als wir sahen, daB dieser nicht gut tat (gemeint ist der Schwieger-
sohn der Kaiserin : Zenon), da wâhlten wir Leontios und krônen ihn hier».
Wir haben hier die narratio und dispositio, die sanctio fehlt oder sie ist
nicht überliefert. Sie lieBe sich allenfalls aus dem Malalastext rekon-
struieren : « xai, pci) àvrwrTÎivai aÙToùç aÙTÛ » bzw. es fragt sich, ob dieser
Satz nicht vielleicht aus der verkürzten Sacra stammt. Darüber, ob der
Text unterschrieben war, ist nichts überliefert, auch fehlt ein Hinweis auf
eine éventuelle Datierung. Die Unterschrift mag vorhanden gewesen sein.
Sie war vielleicht, wie dies aus der eingangs angeführten Notiz des Neilos
von Ankyra hervorgeht, unerlâBlich. DaB keine Datierung vorhanden ist,
muB nicht verwundern. Es fehlt ja so oft die Unterschrift in der kopialen
Überlieferung.
64. Sabatier, Description générale des monnaies byzantines frappées sous les
empereurs de l’Orient depuis Arcadius jusqu’à la prise de Constantinople par
Mahomet II, Bd 1, Paris 1862 (unv. Ndr. Graz 1955) PL. VIL
96
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Der Text des Johannes Malalas und der des Theophanes geben uns also
eine ungefâhre Vorstellung über die Form einer Kaiserinnenurkunde der
frühbyzantinischen Zeit. Die prostagmahafte Knappheit steht natürlich,
wenn man die Überlieferung als verlâBlich ansehen will65, in Kontrast zu
den Sacrae des Konstantinos IV. Pogonatos auf dem 6. ôkumenischen
Konzil (680/681) und den Sacrae der Kaiserin Eirene und ihres Sohnes
Konstantin VI. anlâBlich des 2. Nicaenum (787), ferner auch zu ail den
Sacrae, die E. Schwartz ediert hat.
Es ist daher zulâssig, den Text in die Diskussion um die staatsrechtliche
Stellung einer Kaiserin einzubringen, und zwar auf Grund der eingangs
dargelegten Exklusivitât der Sacrae als eines kaiserlichen Schriftstücks.
Wir kônnen also mit einer gewissen Wahrscheinlichkeit annehmen, daB
die Kaiserin der frühbyzantinischen Période entweder selbst über das
Goldsiegel die Verfügung hatte, bzw. Urkunden, die ein solches tragen
konnten oder muBten, ausstellen konnte. Von vier weiteren Kaiserinnen
sind wir unterrichtet, daB diese entweder allein oder gemeinsam mit der
Schwester oder dem Gemahl, Urkunden, die mit einem Goldsiegel beglau-
bigt waren, ausgestellt haben. Es sind dies folgende Augustae : Zoe und
Theodora aus der makedonischen Dynastie ; Theodora Palaiologina, die
mit Michael VIII. Palaiologos verheiratet war ; Eirene (Jolanthe von Mont-
ferrat) ; vielleicht auch Anna von Savoyen und schlieBlich die letzte Kaiserin
des byzantinischen Reiches Helene Dragas. Auf Grund von drei Quellen
wissen wir, daB die Kaiserinnen Zoe und Theodora ihre Urkunden mit
dem Goldsiegel bestâtigten : Da ist einmal eine Notiz erhalten in einem
/pucrôëouXXov ffiyiXXiov bzw. einer /puooëouXXoç ypa<py| des Kaisers
Nikephoros III. Botaneiates (1078-1081), das diesen Sachverhalt
bestâtigt. Der in Frage kommende Passus lautet folgendermaBen66 :
« eth’ outcoç eèç avaxa1.vtc7p.ov tûv IqStq tco /povco crpECjhsvTcûv /pu<7o[3oûXXcov
aÙTÛv tàvaveot TaÜTa 7] PacrtXeta pou xal Èmxupoï xal ràç TreptXyj^etç
aÙTcov Kacraç xal StaTdcÇscç [xal] StaTpavot Ta KpoyEyEVTjpÉva /puoo-
pouXXa fftytXXta Trapà te tûv paxaptTtScov 8£ci7rotvûv xal tcûv sv paxapla
TÎj X^ei àotStpcov pacitXÉcov, toü te xupoü KcovcjTavTtvou toü Movop.de/ou,
toü xupoü ’lciaaxtou toü Kopvvjvoü, [toü] xupoü AtoyÉvoup toü 'Pcopavoü
65. E.W. Brooks, der in : The Emperor Zeno and the [saurions, « English Historical
Review», 8 (1893), 226 Anm. 117, eine Kontamination des Malalastextes bringt,
vertritt die Auffassung das Griechische wâre so schlecht, daB man es sicherlich aus dem
Lateinischen übersetzt hatte.
66. M.M., Bd. 5, Nr. VI. S. 9.6-14.
KANZLEIWESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
97
[xaî. toü] xupoü Mt/az]X toü Aoüxa, {fecnrlÇoucia to èvSôvaptov ë/etv xaTà
mxvTa xal èvepyetv Tà TotaÜTa xal coç rcap’ aÙTÎjp rrjç PacnXelaç ptou
£X<p<ov7]&évTa te xal ôpuy&ÉvTa outcoç lo/uetv xal to ÈvSûvaptov àîrocpé-
peo&ai.. »
Weiter weiB man von einer Inschrift der Kathedrale von Ani, daB die
Kaiserin Theodora im Rahmen ihrer Armenienpolitik dorthin ein Chryso-
bull, ein Privileg also, das einen SteuererlaB gewâhrte, gesandt hatte67.
SchlieBlich ist von ihrer Schwester, der Kaiserin Theodora, noch ein Gold-
siegel erhalten68. Nicht bekannt ist, wie ein Goldsiegel gesialtet war, das
die oTTjXy; der Kaiserin Theodora Palaiologina zeigte, infolgedessen auch
nicht wie das gleiche Siegel mit den übrigen Goldsiegeln der Chrysobulloi
Logoi der Palaiologenzeit übereinstimmt. Doch gibt immerhin der Kopial-
vermerk dieser Urkunde eine Vorstellung, was auf dem Siegel dargestellt
war : « orap Sià olxeio^slpou oTaupoü air’ ap/yjç ÈirtcrTcocraTo xal xaTco Sià
rrjç olxelaç ot^X'/jç èv /puolvï) poûXXï) <pepop.évy;ç xal àK7]copy)[.iévy)ç 8t’
o^elap »69
Môglicherweise stimmt die Gestaltung jener ot-^X'/] in gewisser Hinsicht
mit dem Aussehen eines Bleisiegels eines 6picrpt.6ç dieser Kaiserin vom Juli
1269 überein, der sogar mit dem roten Menologem der Kaiserin beglaubigt
war. Auf dem Avers des Siegels ist die Theotokos mit dem Kind auf dem
Arm abgebildet mit der Legende MP 0T, auf dem Revers die Kaiserin
Theodora mit hoher Krone, an die Pendilien angefügt sind. Das Siegel trâgt
67. Dôlger, Regesten Nr. 852.
68. Grierson, Byzantine Gold Bullae, S. 243 ; 249 f. Abb. Nr. 3 (nach S. 253).
69. S. Pétridès, Chrysobulle de l’impératrice Théodora (1283), «Echos d’Orienl »,
14, (1911), 26. Vgl. Georgios Pachymeres, De Michaele et Andronico Palaeologis, I.
Bekker (Bonn), 1835, Bd. II, 16. Hier in dieser ôp.oXoyîa (bzw. einem Xi6eXXoç kîgtcwç
bzw. einem àTroooXrj handelt es sich um ein Glaubensbekenntnis der Theodora
Palaiologina, der Witwe des Kaisers Michael VIII. Palaiologos, in welchem sie die
Unionspolitik ihres Gemahls, und die Beschlüsse des Konzils von Lyon verurteilt. Eine
Kopie dieses Glaubensbekenntnisses hat S. Pétridès ediert : a.a.O. S. 25-28. S. Pétridès
weist hier noch auf zwei weitere Kopien dieses Chrysobulls hin. So auf eine Hs. des
Xenophontos-KIosters. Vgl. hierzu Sp. Lambros, Catalogue of the Greek manuscripts
of Athos, Bd. 1, S. 61, und auf ein Athener Exemplar, s. Sp. Lambros, KaTaXoyoç
tcôv xcoSîxcov -rfjç îaTOpixîjç xaî èOvoXoyixîjç ÉTaipeîaç, « NE », 6 (1909), 239.
Diese letztgenannte Kopie ist (wie mir Frau Prof. B. Papulia liebenswürdigerweise
mitteilte), heute unauffindbar. Eine weitere Kopie befindet sich in Madrid. Die editio
princeps dieses Chrysobulls ist von I. Iriarte besorgt, in: Regiae Bibliothecae Matritensis
Codices Graeci, Paris 1769, Bd. 1, S. 283 Cod. 77.
Vgl. Barisic, Povelje, S. 196.
98
MÉLANGES IVAN DUJCEV
folgende Legende : ©eoScopa eùtjepetJTàTy; aùyoûcrra t; naXatoXoyîva70.
Nicht erhalten ist u.w. das Goldsiegel der Kaiserin Eirene (Jolanthe) von
Montferrat, durch welches das erwâhnte Instrumentum Publicum zugunsten
ihres Sohnes, des Markgrafen Theodoros Palaiologos-Montferrat beglau-
bigt wurde.
DaB einer Kaiserin aber im allgemeinen der Gebrauch des kaiserlichen
Siegels zustand, findet zudem noch durch die folgende Notiz des Pseudo-
Kodinos eine Bestâtigung7 1 : « tj 8è Toiaurv] acppaylç, t; 8tà xzjpoü S^XaSy;,
oùSaptoü ywETai. àX-Xa/oü rcapà roü PamXécoç, ec per; kooç tt]v SéaTrowav
tï)v piàvvav aùroü xai, tov paa'.XÉa tov uîov aÎToü. »
Aus diesen wenigen, aber gleichwohl in der Hauptsache doch so reprâ-
sentativen Zeugnissen lâBt sich abschlieBend mit einiger Sicherheit behaup-
ten, daB die byzantinische Kaiserin das im allgemeinen allein dem Kaiser
vorbehaltene Privileg der Beglaubigung eigener Urkunden durch Goldsiegel
zugekommen ist.
Wie aber stand es mit dem anderen, so vornehmen kaiserlichen Vorbehalt,
nâmlich dem Gebrauch der roten Tinte durch die Kaiserin? Es ist eine
nicht zu leugnende Tatsache, daB die Kaiserinnen sich in gleicher Weise
wie die Kaiser ihrer bedient haben72. Zwar sind u.W. nur zwei Originale
einer Kaiserinnenunterschrift erhalten, aber die Tatsache, daB die Kaise-
rinnen selbst wichtige Staatsdokumente unterzeichnet haben, ist mehrfach
überliefert. Was nun die erhaltenen Kaiserinnenunterschriften betrifft,
so befindet sich die eine auf dem Typikon73 der Kaiserin Eirene Dukas, der
Gemahlin des Alexios I. Komnenos für das Kloster tt-ç ©eotoxou t9)ç
70. Vgl. Dôlger, Schatzkammer, S. 78, Anm. 4. Ders., Die Kaiserurkunden des
Johannes-Theologos Klosters auf Patmos, « B.Z. », 28 (1928), 352-533 ; Sb. d. Bayer.
Akad. d. Wiss., Phil.-Hist. Kl. 1935, Heft 9, München 1937 ; Barisic, Povelje, S. 153.
71. Ps. Kodinos, S. 175, 26-32.
72. Ein fast gleichzeitiges Typikon des Kaisers Johannes II. für das Pantokrator-
kloster von Oktober 1136 hat auch die rote Unterschrift, vgl. dazu F. Dôlger, Regesten,
Nr. 1311.
73. Vgl. hierzu die Bemerkungen in der Einleitung. Das Faksimile dieser Unterschrift
in der Nachzeichnung von de Montfaucon, Palaeographia Graeca, S. 301 ; Heisen-
berg, Das byzantinische Reich, S. 194. Über diese Unterschrift der Kaiserin schreibt
Montfaucon, a.a.O., S. 301 = Migne, P. Gr. 127, Sp. 1107, Anm. 99 : « Haec
manu propria imperatricis in ms. descripta sunt rubris characteribus, ut moris erat
Constantinopolitanis imperatoribus, et eorum uxoribus. In codice Regio post finem
capitis praecedentis quod ad calcem fere paginae desinit, sequitur Augustae subscriptio
rnagnis characteribus, quae femineam manum redolet. Sed cum tota in haec pagina
contineri nequeat, ad sequentem paginam absolvitur, quam fere mediem occupât. Dehinc
duo capita quae sequuntur non modico elapso tempore diversa manu exarata sunt.
Hoc non sine causa animadvertimus : nam hic efficitur hune codicem esse autographum ;
KANZLEIWESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
99
XapiTwptévïjç und die andere auf dem vorhin erwâhnten Horismos74 der
Kaiserin Theodora Palaiologina in der Form eines Menologems. Daraus
folgt unseres Erachtens gerade die Tatsache, daB vor jener Regelung
der Kanzleirechte durch Michael VIII75, wonach die Unterzeichnung
mit Menologem in roter Tinte allein dem ersten Kaiser zustand, eine
Augusta die vollen Kanzleirechte hatte bzw. sich derselben bedienen
konnte und daB es für sie auf diesem Sektor keinen Vorbehalt gegeben
hat, selbstândig opt.cTfz.ot zu erlassen76 oder auch die des Gemahls zu
bestâtigen77. Wir wissen z.B. von der Unterzeichnung wichtigster Staatsdo-
kumente durch Kaiserinnen. So hat z.B. Eirene von Athen den Konzilstomos
des Jahres 78778 unterzeichnet oder Eudokia Makrembolitissa die bekannte
Eidformel des Jahres 106779, in der sich die Kaiserin verpflichtet hat, vor
ihrem Gemahl Konstantin X. Dukas (1059-1067) und dem Patriarchen
Johannes VIII. Xiphilinos (1064-1075) unter Annahme des Anathems nach
dem Tode des Gemahls nicht wieder zu heiraten und als Selbstherrscherin
ihren Kindern das Kaisertum zu sichern. Dort heiBt es über die Unter-
schriftleistung der Kaiserin : « xal ïva to àocpaXèç e/y; tô îrapôv tt-ç
ôpxcofioalaç ëyypacpov, olxelatç /epcrlv wéypa^a toüto, Èvcoklov toü ooü
xparouç xal tcûv xotvûv yjficov rcalScov xal toü àytcoTaTou 7raTpt.àp/ou
xal toü eÙTO/eoTaTou xaloapoç xal tt)ç Ispaç ouvôSou xal tt)ç fieyàX'/jç
cmyxX^Tou. »
Jenes Dokument ist neben seiner Bedeutung als Zeugnis dafür, daB die
Kaiserinnen durch die Leistung ihrer Unterschrift in gewissem Sinne für
« haftbar » galten und — somit ganz allgemein für die Kanzleirechte einer
Kaiserin wichtig — auch aus dem Grund bemerkenswert, weil es zeigt, daB
eine Kaiserin und eine Selbstherrscherin, was Eudokia Makrembolitissa
nach dem Zeugnis des Michael Psellos spâter gewesen ist, nicht wieder
heiraten muBte, um die Staatsgeschâfte an einen Mann weiterzuverleihen.
Die Unterzeichnung von Staatsdokumenten durch eine Kaiserin, der
EinfluB kaiserlicher Frauen auf die Kanzlei hat unseres Erachtens Ursache
si enim transsumptum tantum esset, nulla esset ratio, cur ea quae diversa manu et diverse
tempore primum édita fuerant, diversa quoque manu transcriberentur. Cui sententiae
patrocinatur Augustae subscriptio : ipsi enim soli licebat proprium nomen rubris charac-
teribus scribere, ut dictum est. »
74. Vgl. hier S. 387 f.
75. Vgl. Dôlger, Regesten, Nr. 2061.
76. BARlSié, Povelje, S. 146 ff.
77. A.a.O., S. 145.
78. Der Text ist hrsg. von N. Oikonomidès, Le serment de l'impératrice Eudocie
(1067). Un épisode de l'histoire dynastique de Byzance, « Rev. Et. Byz. », 21 (1963), 101-128.
79. A.a.O., S. 108.
100
MÉLANGES IVAN DUJÔEV
und Moglichkeit in der engen Verknüpfung zwischen Staatlichem und
Familiârem in Byzanz. Wir haben vorher von dem Chrysobull des Alexios I.
Komnenos für seine Mutter gesprochen. Man kennt den EinfluB der Kaise-
rin Pulcheria auf das Kanzleiwesen ihres Bruders zur Zeit von dessen
Vormundschaft und von dessen Regierung. Man kennt die Briefe dieser
Kaiserin, die so maBgebend für die Einberufung des Konzils von Chalkedon
waren wâhrend der Regierung des Markian80. Es gibt aber auch Zeugnisse,
80. Der EinfluB der Augusta Pulcheria auf die Kaiserkanzlei war zu jeder Zeit ihres
Lebens sehr bedeutend ; über die Zeit ihrer Vormundschaft (408-ca. 423) vgl. hierzu
W. Ensslin, RE, XXIII, 2 (1954), Sp. 1954 ff. (Artikel : Pulcheria). Philostorgios,
Kirchengeschichte, hrsg. von J. Bidez, Lpz. 1913, XII, 7, S. 145. DaB die Kaiserin Pul-
cheria einen wesentlichen Anteil an der Einberufung des 4. ôkumenischen Konzils hatte,
ist bekannt und dieser Sachverhalt wird auch aus ihrem Briefwechsel deutlich. So kennen
wir verschiedene Briefe zum Zweck der Einberufung des erwâhnten Konzils. Vgl. E.
Schwartz, ACOc, II, 1, S. 29 an Stratégies, den Konsul von Bithynien (gr. Text ebd.
II, 3, S. 21). Bemerkenswert für die Position, die einer Kaiserin auch innerhalb der Kirche
zukam bzw. zugestanden wurde, ist die Begründung, die die Augusta Pulcheria in diesem
Schreiben zur Einberufung dieses Konzils, das zur Beilegung der christologischen Strei-
tigkeiten geplant war, gibt. Diese Begründung zeigt, daB einer Kaiserin in einem
solchen Fall die gleichen Rechte zukamen wie einem Kaiser. Das erhârten auch noch
andere Beispiele. Wir begegnen Kaiserinnen, die Synoden einberufen haben, noch des
ôfteren in der byzantinischen Geschichte, wie z.B. Eirene von Athen, Theodora von
Paphlagonien und schlieBlich Anna von Savoyen. DaB die Einberufung von Kirchenver-
sammlungen als das Recht einer Kaiserin angesehen wurde, das die Kirche selbst
respektierte, zeigt folgendes, dem Patriarchen Johannes Chrysostomos zugeschriebene
und auf Eudoxia, die Mutter der Kaiserin Pulcheria, bezogene Pauluszitat : « oportet
enim et regibus obedire, maxime cum et ipsi obtempèrent ecclesisasticis legibus. Dicit
enim Apostolus: Principibus et potestatibus subditi esto» (Tit. 3, 1. Migne P. Gr. 52,
Sp. 426. D.H. die Obrigkeit ist nicht abhângig vom Geschlecht der Person, also in
unserem Fall von der Kaiserin). Liber die Rolle der Pulcheria bei der Einberufung
des Konzils von Chalkedon vgl. ferner : P. Goubert, Le rôle de Sainte Pulchérie et de
l’eunuque Chrysaphios, in « Das Konzil von Chalkedon. Geschichte und Gegenwart».
Bd. 1, Würzburg 1962 (ergânzter Nachdr. d. verbess. Aufl. von 1959), S. 303-321 ; E.
Schwartz, Die Kaiserin Pulcheria auf der Synode von Chalkedon, Festgabe für A. Jüli-
cher (Tübingen 1927), 203-212 ; W. Ensslin, Artikel : Pulcheria in RE XXIII, 2, Sp.
1954-1963. Wir kennen einen Brief der Kaiserin an Papst Léo I. den GroBen (440-
461), in dem dieselbe den Papst ihrer und ihres Gemahls Rechtglâubigkeit und der
Sorge für das anberaumte Konzil versichert (ACOe, Conc. Chalc., II, 3, S. 18 f.); ferner
einen Brief an die Archimandriten und die übrigen Mônche in Jérusalem und Umgebung.
Es geht dabei um eine Auseinandersetzung mit der Lehre des Eutyches, dessen Anhânger
die Adressaten eine gewisse Zeit waren. Die Kaiserin gewâhrt, indem sie den betreffenden
Personenkreis auffordert, der Orthodoxie, d.h. der Lehre von Chalkedon, treu zu sein,
demselben Verzeihung. Für den EinfluB der Kaiserin Pulcheria auf das Kanzleiwesen
ihres Bruders, des Kaisers Theodoros sprechen unseres Erachtens zwei legendâre Zeug-
nisse. So soll die Kaiserin Pulcheria die Intervenientin für die Ausstellung einiger
a-r)p.eid>aeiç ihres Bruders, des Kaisers Theodosios II. zugunsten des Klosters Xeropotamu
gewesen sein (vgl. dazu F. Dôlger, Aus den Schatzkammern des Heiligen Berges, München
1948, S. 132 ff., Nr. 47). Einer volkstümlichen Überlieferung zufolge soll die Kaiserin ihrem
Bruder sogar das Todesurteil für seine Frau Athenais-Eudokia zur Unterschrift vorgelegt
KANZLEIWESEN DER BYZANTINISCHEN KAISERIN
101
die von dem Wirken einer Kaisertochter in der vâterlichen Kanzlei berich-
ten. So wird etwa bei Theophanes Continuatus erzâhlt, daB die Prinzessin
Agathe, die Tochter Konstantins VII. Porphyrogennetos, ihrem kranken
Vater bei den Verwaltungsgeschâften und vorzüglich bei der Abfassung
kaiserlicher Beschlüsse eine wertvolle Hilfe gewesen ist : « xai yàp xai
aÙTÔç èripia xai ècpiXet èv è^aipÉTco 8è tî; 'AyaO?] àoxvcoç Xei/roupyoucra
tû paoù.ôï eiç Ttxç àppcooTÎaç aÙToü xai xaTapDjvôeoOai. 8i aÙTrjç tov
PacnXéa tcûv oexprjTcov xai tcûv àp/6vT<ov Tà 8i.oi.xiqp(.aTa- ^Tip xai p.eoÎTi.ç
àvecpaivêTO xai oùx àvscpaiveTO piovov, àXXà xai lyvcopiCeTO xai èyévsTO81 ».
Der pieoa^cov, der mânnliche Ministerprâsident, hat also in dieser Kaiser-
tochter gewissermaBen einen Vorgânger82.
Diese Bemerkung zum Kanzleiwesen der byzantinischen Kaiserin und
weiblicher Angehôriger des Kaiserhauses - gleichgültig, ob sie EinfluB
nahmen auf das Kanzleiwesen des Bruders, wie die Kaiserin Pulcheria, oder
auf das des Sohnes, wie Anna Dalassena, oder sogar des Vaters, wie die
Prinzessin Agathe, die eine Tochter Konstantins VII. Porphyrogennetos
war, ist unseres Erachtens ein Beweis dafür, daB die Damen des Kai-
serhauses im Prinzip EinfluB auf die Verwaltung nehmen konnten, ohne
daB ihnen hierzu eigens die Befugnis wie z.B. einem Beamten gegeben sein
muBte. Die tieferen Ursachen hierfür liegen, wenn eben die Macht einmal
einer Person anvertraut war, in der monarchisch absolutistischen Struktur
der Verwaltung und in den rechtlich vielfach nicht festgelegten Privile-
gien, die einer Frau aus ihrer Zugehôrigkeit zur herrschenden Dynastie
meist stillschweigend zugestanden wurden.
Die Tatsache schlieBlich, daB sogar bei Fâlschungen mit der Existenz
eines Chrysobullos Logos einer Kaiserin bzw. eines von einer Kaiserin
angeregten Chrysobulls argumentiert wurde83, ist —auch wenn es in
postbyzantinischer Zeit geschah — wie wir eingangs am Beispiel der Augusta
Pulcheria gezeigt haben —, ein Beweis dafür, daB die sogenannte « Volks-
meinung» sowohl einem Kaiser als auch einer Kaiserin die Kompetenz
eingerâumt und zugestanden hat, etwas tun zu kônnen, was — auch der
haben, um den Kaiser seiner Nachlâssigkeit beim Unterzeichnen von Dokumenten zu
überführen — das der zerstreute Kaiser dann auch ohne nâhere Prüfung unterzeichnete.
81. Theoph. Cont., S. 459. 7-12.
82. Vgl. hierzu H.G. Beck, Der byzantinische Ministerprâsident, « B.Z. », 48 (1955),
321 = Ders., in : Ideen und Realitaeten, London 1972, S. 321.
83. Die Mônche hatten wohl— es seierinnert an den Chrysobullos Logos (?) Manuels
Palaiologos und der Helene Dragas für das Johannes Prodromoskloster (s. Dôlger,
Regesten Nr. 3257) und an den Chrysobullos Logos des Kaisers Alexios II. Komne-
nos von Trapezunt und seiner Gemahlin Theodora für das Kloster Kutlumusiu —
Beispiele solcher Privilegien-Urkunden vor Augen.
102
MÉLANGES IVAN DUJCEV
epische Roman zeigt dies84 — vielfach als der hôchste Ausdruck angesehen
wurde, die byzantinische Kaiser- und Reichsidee zu manifestieren : nâmlich
Urkunden und Privilegien, die mit dem Goldsiegel beglaubigt waren, zu
gewâhren.
SchlieBlich ist noch hinzuzufügen, was schon eingangs angedeutet wurde :
ein definitives Urteil über die Urkunden der byzantinischen Kaiserinnen
wird erst dann môglich sein, wenn die nicht sehr zahlreich erhaltenen
Originale und Kopien in einer mustergültigen Edition vorliegen bzw. wenn
davon eine zufriedenstellende Übersicht gegeben ist ; dann wird man auch
wissen, ob die gemeinsamen Bestandteile von Kaiser- und Kaiserinne-
nurkunden überwiegen oder ob es bei den Kaiserinnenurkunden spezifische
Abweichungen gibt.
84. Dort heifit es : xal /api<7« raivra StnXâ [ierà -/_p>j<TOêo>jzXou TàxparrjOévra
rrpè xatpoü ZT^pictTa toü aoü TrâTtTtou (aus : Digenis Akritas, Synoptische Ausgabe
von E. Trapp, Wien 1971 (Wiener byzantinistische Studien, 8). S. 235. Z. 2369-2379).
JOHN LYDUS AND THE QUESTION OF THE ORIGIN
OF THE VLACHS IN THE GREEK LANDS
Peter CHARANIS
The expression torna, torna, fratre, used by two Byzantine chroniclers1
to explain the panic which seized the Byzantine army in Thrace south of
the Haemus near the modem town of Aitos in 586 and prevented it from
inflicting what might hâve been a décisive defeat upon the Avars against
whom it had been sent has often been commented upon, most recently by
the Roumanian scholar, H. Mihâescu2. The circumstances of the utterance
of the expression is weil known. It had been addressed to the driver of one
of the beasts of burden who was marching ahead of his animal to turn
and set aright its burden which had lost its balance and had fallen. But the
expression was passed along the line of the march of the army and, as it
was night, it was taken to mean that the army had suddenly corne upon
the enemy and Should retreat and did so in disorder. The expression has been
commented upon for its possible significance in the évolution of the Latin
idiom which led to that spoken by the Vlachs and as a conséquence of
the origin of the Vlachs themselves. Mihâescu reviews the various interpré-
tations given to the expression and himself cornes to the conclusion that its use
means simply that Latin was still the language of the army and is not related
1. Theophylact Simocatta, Historiae, ed., Carolus de Boor, Leipzig 1887, 99 f ;
Theophan., Chronographia, ed., Carolus de Boor, Leipzig 1883, 1, 258, The fratre
appears only in Theophanes. J.B. Bury once put this épisode in 687 : A History of the
Later Roman Empire from Arcadius to Irene, London 1889, 2, 120.
2. H. Mihâescu, Torna, torna, fratre, in «Byzantina» 8 (1976), 21-35.
104
MÉLANGES IVAN DUJCEV
to the language spoken by the natives of the région where the incident took
place in connection with which it was used. Besides, that région was within
the sphere of Greek, not Latin. The expression, therefore, has no signi-
ficance with reference to the problem of the origin of the Vlachs. There is
no solid reason to question Mihàescu’s conclusion.
There is another text, this one going back to the reign of Justinian, which
is said by some scholars to relate to the origin of the Vlachs. The reference
is to a passage in the De Magistratibus of John Lydus, used especially by
Greek scholars in their contention that the Vlachs in the Greek lands proper
were originally Greek speakers who became Latinized and survived as
Vlachs. The passage reads3 :
« It was an old rule that ail that was transacted by the prefects and also
by other officiais was to be expressed in the language of the Italians [La-
tins]... Ail that was transacted about Europe was done according to this
old tradition by necessity because its inhabitants, though in large part
Hellenes (''EXXyjveç ) spoke the language of the Italians. This was especially
so of the public servants ».
There is something intriguing in this passage and one may be tempted,
given the Latin basis of the idiom of the Vlachs and the numerical strength
of the Vlachs in the Greek lands, particularly in the région of the Pindus
mountains and in Thessaly, when they first appeared in the historical lit-
erature, to relate it to the question of their origin. But this would be a
mistake. Quite obviously what John had in mind when he wrote this passage
was not the language spoken by the general public, the public which in its
origins was Greek, but the language of administration then in use in the
Balkan peninsula which is what John means by Europe. This is the meaning
of the term Europe in the other four places where John uses it4, and it
must be its meaning in this passage also. The statement that the inhabitants
of Europe, i.e., the Balkan possessions of the empire « though in large part
Greek spoke the language of the Italians » is, of course, not true. It may
be considered an exaggeration, a point in John’s criticism of John of Cappa-
docia for his administrative innovations, including his restrictions on the
official use of Latin. The statement may be accepted as true only if it is
restricted to the public officiais. That these officiais, spread throughout
3. John Lydus, De magistratibus populi Romani, ed., R. Wuensch Stutgart 1965,
159 (bk. II, ch. 68). For its use by Greek scholars, see T.M. Katsougiannes, Concerning
the Vlachs of the Greek Lands (in Greek), Thessaloniki 1964, 1, 23 ff ; 28-31.
4. Ibid., 65 (bk. I, Ch. 10) ; 87 (bk. III, ch. 1) ; 100 (bk. II, Ch. 13) ; 128 (bk. III, ch.
40) ; 136 (bk. III, ch. 46).
JOHN LYDUS AND THE VLACHS
105
the Balkan peninsula and, necessarily comparatively few in numbers, were
the ancestors of the numerous Vlachs found inhabiting the Greek lands
when they were first noted by the sources and in their life-style quite diffe-
rent from their presumed ancestors, is an assumption which makes no
sense. It is rather best to view John’s text as having no relation to the ques-
tion of the origin of the Vlachs. The most that one can make of it is this,
that in the sixth century there were Latin speakers throughout the Balkan
peninsula who by origin had been Greek. But these Latin speakers could
not hâve been very many.
With the élimination of the texts containing the expression torna, torna,
fratre and the text of John Lydus from considération, there is no early
text which relates to the question of the origin of the Vlachs. The first
genuine evidence of the existence of this people is a reference to an event
which took place in 976 and is reported by a chronicler of the eleventh
century5. Thereafter the references to the Vlachs become much more fre-
quent, but, with one important exception, there is very little in any of these
references which relates to their origin. The exception is Kekaumenos who
as governor of Hellas which included Thessaly knew the Vlachs very weil
and whose Strategikon, written in the last quarter of the eleventh century, is
perhaps the most original political treatise which the Byzantines hâve passed
on to us. This is what Kekaumenos wrote about the origin of the Vlachs6:
The Vlachs « are the people called Dacians and Besans who formerly
dwelt near the rivers Danube and the Saos, which we now call the river
Save, where of recent years the Serbs dwell, in strong and inaccessible pla-
ces ». After their conquest by the Romans, « some of them came forth from
those parts and were scattered throughout ail Epirus and Macedonia,
whereas the majority settled in Hellas ». The Besans were, of course, Thra-
cians and the Dacians belonged by origin in Kekaumenos’ mind to the
Dacians who once had been ruled by King Decebalus and who had been
conquered by the Romans.
Kekaumenos thoroughly disliked the Vlachs and distrusted them utterly.
He wrote on this point7.
5. John Scylitzes, Synopsis historiarum, ed. J. Thurn, Berlin 1973, 329. Cf. Mathias
Gyôni, L'auvre de Kekaumenos. Source de l'histoire Roumaine, in « Revue d’Histoire
Comparée», Nouvelle Série, III (1945), 129.
6. Cecaumeni Strategicon et incerti Scriptoris De officiis regiis libellas edited by V.
Vassilievsky and V. Jernstedt, St. Petersburg 1896 (= Publications, History and Phi-
lology Department of the Impérial University of St. Petersburg, 38), 74 ; Cecaumeni
Consilia et Narrationes, ed., G.G. Litavrin, Moscow 1972, 268 ff.
7. Vassilievsky, 74 ; Litavrin, 268.
106 MÉLANGES IVAN DUJCEV
« The Vlachs are wholly faithless and perverse. They keep true faith
neither with God nor with the emperor nor with kinsman or friend. But,
striving to work against them ail, they tell many lies and steal much, swear-
ing daily most solemn oaths to their friends and easily violating them.
They make contracts of adoption as brothers or alliances through baptism
and scheme by such means to deceive the simpler minded. They never yet
hâve kept faith with any man».
There are considérations in the testimony of Kekaumenos which may
make one reluctant to accept it at its face value. There is first of ail, the
lateness of its date and the difficulty of tracing its sources ; there is the
author’s erroneous view concerning the location of the country of the
Dacians of Decebalus ; and there is finally the possibility that his convic-
tion that the Vlachs were utterly disloyal and faithless may hâve led him
to identify them with the Dacians of Decebalus who had the same réputa-
tion. These various questions hâve been thoroughly examinad by M.
Gyôni8, a distinguished Hungarian scholar, now dead. Gyôni has been able
to show that Kekaumenos derived his knowledge of the Dacians, their
relations with the Romans and finally their conquest by Trajan from the
Roman History of Dio Cassius, and that the location of the country of these
Dacians in the Danube-Sava région as given by Kekaumenos is erroneous.
He surmises also that it was not concrète knowledge but the Byzantine
habit of identifying peoples of their time occupying certain régions with the
ancient inhabitants of these régions which underlie Kekaumenos’ identi-
fication of the Vlachs with the Dacians. The last point is, of course, highly
spéculative and may not apply to Kekaumenos, a highly practical man.
Besides, this Byzantine habit should hâve led him to identify the Vlachs
with some ancient people of the Greek lands, not with Dacians and Besans
who had never lived there. Gyôni’s argument on this point is by no means
conclusive.
Gyôni oriented his study in the direction of showing to what extent the
testimony of Kekaumenos on the origin of the Vlachs may be taken to
strenghten the theory of the Daco-Roumanian continuity. His analysis has
led him to the conclusion that it does not at ail9 and in this he is followed by
P. Lemerle10. Although some remarks hâve already been made concerning
8. Gyôni, op. cit., 147 ff.
9. Ibid., 179 f.
10. P. Lemerle, Prolégomènes à une édition critique et commentée des « Conseils et
Récits» de Kékauménos, (= Académie Royale de Belgique. Classe de Lettres. Mémoires.
Collection in -8°). Deuxième série, Bruxelles, 1960, 75.
JOHN LYDUS AND THE VLACHS
107
the weakness of one of the principle arguments which has led to this conclu-
sion, the theory of the Daco-Roumanian continuity is not the subject of
this paper and as a conséquence there cannot be any further discussion
about it. What particularly concerns this paper, the question of the accuracy
of the testimony of Kekaumenos to the efîect that the Vlachs in the
Greek lands were late comers, who had corne from elsewhere in the
Balkan peninsula, to that question Gyoni did not specifically address
himself. He did say, howevcr, but without citing his source, that the Vlachs
of the Greek lands had gone there from elsewhere in the Balkan peninsula
sometime during the first half of the tenth century or towards the end of
the ninth1 '. However that may be, there is no solid reason to question the
testimony of Kekaumenos. On the contrary, given his association and that
of his family with Greece there is a strong presumption in favor of its
accuracy. The Vlachs of Greece were not the descendants of the Latinized
public officiais of whom John Lydus speaks, but new corners, most pro-
bably descendants of Latinized Thracians11 12, who had corne into the Greek
lands perhaps during or shortly after the Slavic invasions.
11. Gyoni, op. cit., 134.
12. Cf. E. Stânescu, La population Vlaque de l’empire byzantin aux xie-xiil' siècles.
Structure et mouvement, Athènes 1976, 1-21. This paper was read at the Fifteenth Inter-
national Congress of Byzantine Studies, held in Athens, September, 1976. It was published
separately to be distributed to the participants of the Congress, but it will be included in
the Acts of the Congress which should corne out soon.
NOTE DI ICONOGRAFIA TARDO-BIZANTINA :
TYCHE BIOS E THANATOS
IN TEODORO MELITENIOTES
Carolina CUPANE
Nella storia, ancora tutta da scrivere, dell’iconografia profana bizantina
un ruolo particolare fra le fonti letterarie spetterebbe certamente a Teodoro
Meliteniotes. In quel polveroso negozio da rigattiere che è il suo poema
allegorico-morale Eîç rrçv Scocppoouv/jv1 si ammucchiano infatti in caotico
e colorito disordine mirabilia di ogni tipo — animali fantastici, statue di
dei e di eroi, preziose suppellettili — spesso descrittici con sufficiente
precisione da permettere un’indagine di tipo iconologico. Quest’indagine,
fin’ora ch’io sappia mai tentata, cercherô qui di abbozzare limitandomi
aile due ekphraseis di Tyche e del gruppo Bios-Thanatos che si sono rivelate
particolarmente degne di nota, sia per i particolari problemi interpretativi
che pongono, sia perché costituiscono un esempio tipico dell’enciclopedismo
dell’autore e del metodo da lui seguito nella rielaborazione e nel riadatta-
mento delle sue disparatissime fonti letterarie e figurate2.
TYCHE - La ekphrasis di Tyche, che abbraccia i vv. 1813-1852, corona
1. Ed. E. Miller, Poème allégorique de Méliténiote, in Not. et Extr. de la Bi bl. Imp.
19/11 (1857) 1-138.
2. V. Tiftixoglu, Digenes, das « Sophrosyne » Gedicht des Meliteniotes und der byz.
Fünfzehnsilber, in « B.Z. » 67 (1974) 39, è incline ad escludere che Meliteniotes si sia ser-
vito per il suo poema di modelli figurati ; spero di poter dimostrare nel corso dell a tratta-
tzione che, almeno per quanto riguarda le due ekphraseis prese in esame, l’esistenza di
ali modelli, se non altro a livello di generica suggestione, è più che probable.
110
MÉLANGES IVAN DUJCEV
la sfilata delle statue degli dei pagani (vv. 1485-1812) che adornano il
seconde muro di cinta del giardino di Sophrosyne. Contrariamente aile
altre divinité, le cui figure vengono spesso sommariamente abbozzate dal
punto di vista figurative con una forte sproporzione a favore dell’elemento
allegorico e mitologico-narrativo3, la descrizione di Tyche è armonicamente
suddivisa in due parti simmetriche : nei vv. 1813-1828 la statua viene pre-
sentata prima in un generico colpo d’occhio (vv. 1813-1822), poi, attraverso
la demanda dell’autore, (vv. 1823-1828) in dettaglio ; segue (vv. 1829-1852)
la spiegazione allegorica fornita da Sophrosyne. I tratti caratterizzanti délia
Tyche di Meliteniotes sono quindi i seguenti : la statua è StcpuTjç, cioé d’oro
nella parte superiore fine al petto, di ferre p.éXaç ÇsÇocpcopiévoç in quella
inferiore ; raffigura una donna d’età avanzata, yrçpaXéa, cieca, con le ali
aile spalle e i piedi gravati da pesi di piombo, p.6Xi»p8ov4.
La lunga interpretazione che segue è perd ben lungi dall’essere esauriente
e lascia aperti molti interrogativi. Da essa apprendiamo in pratica soltanto
che le ali sono da Tyche impiegate per accorrere da colore cui la sorte ha
concesso un rapide arricchimento (kXoutsïv auvTÔpicop), mentre il piombo
rallenta il sue procedere verso gli infelici cui è stato destinato il contrario
(tô ppaSuKXouTsïv ). Non un accenno a quella che costituisce l’aporia
principale delle spettatore — e del lettore moderne — per quale motive
cioè la statua sia costruita con due diversi metalli, l’oro e il ferre, risultando
cosi bicolore. Rispetto alla Tyche alessandrina e romana che, col nome
di dea Fortuna, régna secoli più tardi protagonista incontrastata nella
poesia allegorica e nell’arte medievale e rinascimentale, la figura descritta
da Meliteniotes non présenta a prima vista che scarsi elementi in comune,
e per giunta dei meno caratterizzanti5. La cecità è l’unico attributo tipico
3. Cfr. ad es. la ekphrasis di Kronos, in cui la descrizione vera e propria délia statua
si limita ai vv. 1488-1492 ed i successivi vv. 1493-1527, che ne costituiscono il corpo
principale, riferiscono in dettaglio il mito del dio ed il suo significato allegorico. Lo
stesso vale per Zeus (vv. 1528-1570 ; vv. 1528-1533 la descrizione) ; Ermes (vv. 1607-
1631) ; Ares (vv. 1639-1647) ; Dioniso (vv. 1648-1670) ; Efesto (vv. 1671-1684), in cui la
descrizione manca addirittura del tutto.
4. Sulla forma e l’aspetto di questo pi6Xu[38ov niente apprendiamo dal testo, cfr.
infra, p. 112.
5. Sulla figura di Fortuna e di Tyche e sulla loro progressiva assimilazione letteraria
e trasformazione da divinité cultuale dispensatrice di béni in capricciosa e onnipotente
dea del destino, con tutta una sérié di attributi simbolici non attestati nel culto, v. le
trattazioni complessive con ricca bibliogr. di I. Kajanto, in « Reallexikon für Antike
und Christentum », VIII, coll. 182-197 s.v. Fortuna, e O. Waser, in W.H. Roscher,
Ausführliches Lexikon der griech. und rom. Mythologie, N, coll. 1309-1380 s.v. Tyche;
cfr. ancora G. Herzog-Hauser, Tyche und Fortuna, « Wiener Studien» 63 (1948) 156-
163 e H.-R. Patch, The Tradition of Goddess Fortuna in Roman Literature and in the
TYCHE, BIOS E THANATOS
111
délia capricciosa divinità del destine che egli conserva, mentre la dota in
più, al posto del classico timone o del corno di Amaltea6, delle meno
consuete ali che, pur essendo attestate fin dall’ antichità, escono perô dal
répertorie iconografico délia Fortuna medievale per riapparire soltanto
nell’arte italiana quattrocentesca7. Ma l’omissione più grave è quella
délia sfera su cui poggia la dea e délia ruota che ella fa incessantemente
girare, simboli entrambi délia sua incostanza e délia sua instabilità e, par-
ticolarmente l’ultimo, attributo caratterizzante e immancabile délia Fortuna
medievale, al punto da sostituirla in molti monumenti dell’arte figurata8.
Essendo impossibile supporre che Meliteniotes ignorasse la sfera di Fortuna
che gli veniva dalla tradizione classica e l’immagine délia ruota che, per
non parlare délia documentazione monumentale antica9 e delle testimo-
Transitional Period, in « Smith College Studies in Modem Language» III, 3, 1922. —
Per quanto riguarda la Fortuna in età medievale e rinascimentale, mi limito qui a rinviare
aile esaurienti monografie di A. Doren, Fortuna im Mittelalter und in der Renaissance,
in « Vortr. der Bibl. Warburg» 2 (1922/23), 71-144, H.-R. Patch, The Goddess Fortuna
in Médiéval Literature, Cambridge Mass. 1927, X, e soprattutto F.P. Pickering, Literatur
und darstellende Kunst, Berlin 1966, 112-145.
6. Gli attributi tipici délia Tyche alessandrina, ripresi fedelmente dalla Fortuna
medievale sono chiaramente elencati e simbolicamente interpretati da Dione Chrys.,
Or. LXIII (46), 7 (Ed. J. de Arnim, II, p. 146, 6) : ”E/ei 8’ où xaxœç où8è Tà tôS'j T.a-
Xatcôv alvi-ypia-a nepl aÙTTjv. Ol [xèv vàp èr.ï ï>jpoù ïaTi)aav aÙTTjv, ol 8è ènl cnpal-
paç, ol 8è TTrçSàXiov eScoxav xpaTeïv, ol 8è xpeiTTfo YpâcpovTeç to tt)Ç ’AptaXOelaç
êSoaav xépaq, KXîjpeç xai |3pùov rai? oipaiç ... (cfr. anche Or. LXV 12, p. 159, 8) e
nella Cebetis Tabula, VII 1 (Ed. Prachter, p. 6, 8) : 'H 8è éxelvi) tIç èotiv ï) ciarrep
tuçXtj xai p.aivop.6vï) tiç eïvai Soxoùaa xai éaTïjxula ènl XlOou tivoç ŒTpoyYuXoù ; ...
7. Già Amm. Marc., Res gestae, XIV 11, 26 (Ed. Clark, p. 36, 11), ci présenta la
Fortuna alata : Pinnas autem ideo illi fabulosa vetustas aptavit, et praetendere guberna-
culum dédit eique subdidit rotam..., ma il medioevo trascurô questo attributo per insistere
invece su quelli che simboleggiavano la sua instabilità, cfr. in proposito E. Lommatzsch,
Beitrage zur âlteren ital. Volksdichtung. IL El libre de Santa Justo paladino de Franza nach
dem Druck von Venedig 1490, Berlin 1951, 100-101. — La Fortuna alata di Meliteniotes
pué essere perd un richiamo al Katpùç alato la cui immagine era familiare alla lettera-
tura bizantina e il cui significato simbolico era affine a quello di Tyche con cui divide
per altro alcuni attributi, quali il rasoio o la sfera ; sul Kaipôç nella lett. bizantina cfr.
V. Grecu, Die Darstellung des Kaipoq bei den Byzantinern, in « Atti V Congr. Int. St.
Biz. » II (= « Studi biz. e neoell ». VI), Roma 1940, 147-154 (in particolare p. 153, n. 1,
l’autore fa riferimento alla Tyche di Meliteniotes e a suoi possibili contatti con la figura
del Katpôq).
8. Sulla ruota di Fortuna e sulla sua diffusione nell’arte occidentale, cfr. in particolare
K. Weinhold, Glücksrad und Lebensrad, in « Abhandl der Akad. der Wiss. zu Berlin » 1
(1892), 1-27 ; R. Van Marle, Iconographie de l’art profane au Moyen-Age et à la Renais-
sance et la décoration des demeures, IL Allégorie et Symboles, La Haye, 1932, 178-202 e P.
Courcelle, La Consolation de Philosophie dans la tradition littéraire. Antécédents et
Postérité de Boèce. Paris 1967, 147-158.
9. Cfr. gli esempi raccolti da Courcelle, Consolation, 127-134 e D.M. Robinson,
The Wheel of Fortuna, in « Classical Philology » 41 (1946) 207-216.
112
MÉLANGES IVAN DUJCÈV
nianze offerte dalla poesia greca e soprattutto latina dell’età impériale10,
era senza dubbio familiare alla letteratura bizantina grazie aile traduzioni
boeziane di Massimo Planude11, resta perd da spiegare il perché di certe
omissioni e di certe innovazioni. L’attributo più sorprendente délia Tyche
di Meliteniotes, quello che le conferisce un aspetto singolare e del tutto
ignoto alla tradizione è infatti il piombo ai piedi che rende lento e gravoso
il suo procedere verso gli sfortunati. Per spiegare l’origine di questa carat-
teristica che snatura in un certo senso la personalità di Tyche, trasfor-
mando l’instabile e mutevole dea del destino, dagli imprevedibili e rapi-
dissimi mutamenti in un emblema personificato délia ponderatezza e délia
«stabilité», bisogna —a mio avviso— rifarsi alla contrapposizione, più
volte chiaramente espressa nel testo, fra la célérité délia buona sorte e la
lentezza délia cattiva. L’identico concetto ritroviamo, ch’io sappia per la
prima volta, in un’operetta del xm s., il cosiddetto dramation di Michèle
Hapluchir12. Qui il letterato, perseguitato dalla miseria e dalla mala sorte,
definisce aspramente Tyche (v. 20) : tj ypaüç, t; PpaSÛKouç à&Xia
e più avanti (v. 22) : tj ^coXokouç, mentre Tyche, apparsa di persona sulla
scena per difendersi dalle accuse (vv. 29-30) rivendica di contro con indi-
gnazione gli attributi di ra/u8p6pioç e àprircouç. L’antitesi PpaSwouç -
àpriKouç è ripresa da Meliteniotes che, al pari di Hapluchir, non s’inté-
ressa tanto alla proverbiale instabilité di Tyche, simboleggiata iconografi-
camente dalla ruota o dalla sfera, quanto all’ambiguité délia sua natura,
al suo contemporaneo essere buona e cattiva, propizia e avversa. Coeren-
temente a questa diversa interpretazione, la sfera dell’instabilité su cui
poggia Tyche nell’iconografia classica e medievale diventa per Meliteniotes
una palla di piombo ai piedi, un simbolo délia sua lentezza. Altro infatti
non è, a mio avviso, il pioXu(38ov che egli le pone sotto i piedi, che la ocpatpa di
cui parla Dione Crisostomo o il Xl&oç oTpoyyuXôç délia Cebetis Tabula13.
E’ vero che il testo non specifica di che forma sia questo piombo che appe-
santisce i piedi délia dea, ma mi sembra verosimile che esso non sia in ulti-
ma analisi un nuovo attributo creato da Meliteniotes quanto piuttosto una
10. Cfr. H.V. Canter, Fortuna in Latin Poetry, in SP 19 (1922) 64ss.
11. La traduzione planudea del De Consolatione si puô leggere nell’ed. di E.A. Be-
tant, De la Consolation de la Philosophie, Traduction grecque par Maxime Planude,
Genève 1871 (rist. Amsterdam 1974) ; cfr. in proposito A. Pertusi, La fortuna di Boezio
a Bisanzio, in « Mélanges H. Grégoire» (= «Ann. de l’Inst. de philol. et d’hist. orient,
et slaves» II), Bruxelles 1950, 301-322.
12. L’operetta di Hapluchir si puô ora leggere nella recente ed. di P.L.M. Leone,
Mychaelis Hapluchiris versus cum excerptis, in « Byz. » 39 (1969) 251-283 (il testo aile
pp. 268-279) ; il passo di Hapluchir relative a Tyche mi è stato gentilmente segnalato
dal Dr. Wolfram Hôrandner (Vienna) che desidero qui ringraziare pubblicamente.
13. V. supra, n. 6.
TYCHE, BIOS E THANATOS
113
diversa interpretazione délia tradizionale sfera finalizzata ad una diversa
concezione délia dea délia fortuna. Funzionale a questa diversa concezione
di Tyche è inoltre la seconda caratteristica estravagante délia statua di
Meliteniotes, cioè la sua duplice composizione : la parte superiore d’oro con
le ali simboleggia infatti la sorte favorevole, quella inferiore di ferro con
i piedi gravati di piombo, la sorte avversa. Dove l’autore abbia attinto
l’idea di questa bipartizione non è possibile affermare con certezza14.
Giova perô ricordare in questo contesto che il medioevo occidentale, svilup-
pando l’immagine boeziana degli ambigui vultus di Fortuna15, amô spesso
raffigurarsi la dea corne racchiudente in sè contrastant! caratteristiche,
gioventù e vecchiaia, gioia e dolore, povertà e ricchezza, bellezza e bruttezza.
Taie è ad esempio la dea Fortuna di Alain de Lille16, di Federico Frezzi17,
délia Danse des aveugles di Pierre Michault18 19, e corne una figura bicipite
o bicolore essa viene spesso rappresentata in alcuni manoscritti miniati
del De Consolations^. In mancanza di prove più concrète non è possibile
precisare la natura dei rapporti intercorrenti fra la Tyche di Meliteniotes
e la Fortuna bipartita délia letteratura allegorica romanza, ma la struttura
del suo poema, che denuncia chiari ed inequivocabili rapporti di filiazione
dal filone allegorico-didattico occidentale20, rendono credibile l’ipotesi
14. Forse il ricorrere all’uso di due diversi metalli, l’oro e il ferro, per esprimere
il concetto délia bipartizione di Tyche puà essere stato suggerito daU’immagine biblica
(Dan., II 31-33) délia statua d’oro, di ferro, di bronzo, di rame e di argilla apparsa in
sogno al re Nabuccodonosor.
15. De Cons., II, pros. 1 29 (Ed. Bieler, p. 18). Nella traduzione planudea (II, p.
20) l’espressione viene letteralmente resa : zaTÉXape; rà àpupipoXa -rijç TvçXîjç 8aî-
[xovoq 7tp6aù>na.
16. Anticlaud., vv. 31-47 (Ed. R. Bossuat, pp. 174-175) : Ambiguo vultu seducit forma
videntem /.../ Pars vultus vivit, vivo flammata colore, (Pars moritur, quam pallor habet,
qua gratta vultus/ Exspirat, languet faciès et forma liquescit.
17. Quadriregio, II, cap. 13 (Ed. E. Filippini, pp. 158-159) : E sol davanti avea capelli
in testa, /e d’oro fin dinanti avea la gonna. / Ma dietro calva, e dietro avea la vesta /
tutta stracciata, ed era di quel panno / che vedoa porta in dosso, quando è mesta.
18. Pierre Michault, Danse des aveugles et autres poésies du XVe siècle, Lille 1748,
30 : car l’une partie et droite moytié estoyt noire comme charbon et l’autre partie blanche
comme croye, cit. da I. Siciliano, François Villon et les thèmes poétiques du Moyen-
Age, Paris 1934, 293-294 ; lo stesso uso dell’ alternanza bianco - nero per caratterizzare
la duplicità delle sorte già in Alberto Magno, Phys. II, II, XI : dimidium nigrum et dimi-
dium album propter eufortunium et infortunium (il passo è commentato in Pickering,
Literatur, 140).
19. Cfr. Courcelle, Consolation, 147-158, tavv. 65-99.
20. Cfr. F. Dôlger, Quellen und Vorbilder zu dem Gedicht des Meliteniotes « El; t'<v
Sùxppoaûvqv ». Mit einer Einleitung über die Person des Dichters, Diss. München 1919,
5-27 ; mi permette inoltre di rinviare al mio art. Il motivo del castello nella narrativa
bizantina d'amore. Evoluzione di un’allegoria, in « Jahrbuch der ësterreichischen Byzan-
tinistik» 27 (1978) 229-267.
114
MÉLANGES IVAN DUJCEV
di una conoscenza e di una personale rielaborazione. Un’ulteriore conferma,
a mio avviso, ci fornisce inoltre un testo in lingua demotica, più o meno
contemporaneo a Meliteniotes, il Aoyoç 7rapy)yop7]Tixô<; -rcepl Autrcu/laç
xal EÙTU/iap, che nel riprendere fedelmente da modelli occidentali il
personaggio di Fortuna e l’immagine délia sua ruota, accentua ancor
più il concetto délia duplicità délia sorte, scindendo Tyche in due figure
ben distinte Eù-ru/ta, la buona sorte e AuctTu^ta, la cattiva sorte, con diversi
attributi e diverse e separate dimore21.
Alla luce di quanto detto, la strana Tyche di Meliteniotes riassume quindi
proporzioni più familiari e note : il personaggio canonizzato letteraria-
mente e iconograficamente in età ellenistica — una figura femminile cieca e
spesso alata che poggia su una sfera — si fonde con la Fortuna medievale
— una vecchia rugosa dall’aspetto demoniaco e sovente bipartita —, per
servire, con tutto il suo armamentario di attributi, per la maggior parte tradi-
zionali, ad un’interpretazione alternativa del carattere délia dea e che
pone l’accento sulla duplicità délia sorte più che sulla sua incostanza.
BIOS E THANATOS - Segue immediatamente la ekphrasis del trono di
Sophrosyne quella delle due statue ai suoi lati, raffiguranti Bios e Thanatos,
che ad esso sono strettamente legate e ne integrano il significato allegorico.
Il trono d’oro e di pietre preziose, simbolo délia sovranità assoluta, è in-
fatti sorretto dalle personificazioni delle quattro virtù cardinali (vj fiau-
ptàota TETpaxTÙç rcov sù xaXcov xp7]7ri8cov) che ammoniscono chi vi siede
a non trar vanto eccessivo da questa sovranità (vv. 2650-2651 : « "Qç nu-
KponpXéKouna Ttxç àpsTàç èv toutco, / Mt; xaTE7ra(petv te KoXXà
p.y;8È xopiTrà^Eiv pifa), e affiancato, ad ulteriore ammaestramento morale,
dalle personificazioni délia vita e délia morte. Che il senso allegorico délia
ekphrasis che qui c’interessa e che abbraccia i vv. 2665-2698 sia appunto
quelle di raffrenare la vanità e l’orgoglio del dominio col rappresentare
plasticamente la morte dominatrice di ogni cosa umana e délia vita stessa
è chiaro, anche se, in seguito ad un guasto meccanico, probabilmente la
caduta di un foglio, l’intera interpretazione allegorica manca. Di essa
resta la parte iniziale, introdotta nel modo consueto, con l’esposizione
dell’ aporia dell’ autore : Taûraç Tàç nriqXaç cycoyc PXékcov È^c&ap.P'iq-
hyjv, / Kai, xa&’ auTov cfiaupta^ov cppovrt^cov tîvoç /àptv22. Il v. 2698 :
’Ex Ss^tûv p.èv è'<7T7]<7Ev Kôpyjv ô xaXXcrÉ/vTjç, doveva probabilmente intro-
21. Il poemetto ci è giunto in due redaz. entrambe édité da Sp. Lambros, Collection
de Romans grecs, Paris 1880, 289-321, la prima, e NE 3 (1906) 402-432 la seconda ; per
l’immagine in esso ricorrente délia ruota di Fortuna, dalle caratteristiche tipicamente
occidentali, rinvio ancora al mio art. sopra citato (260-263).
22. Vv. 2696-2697.
TYCHE, BIOS E THANATOS
115
durre uno di quei brevi riassunti tanto cari a Meliteniotes, in cui egli, fedele
aile regole retoriche delVamplificatio suole riprendere le fila délia descrizione
enumerandone sinteticamente gli elementi salienti e ordinandoli sovente
in forma di demanda23. A questo punto finisce il foglio 121v. Il foglio
successivo, 122r, prosegue con un testo che non dà senso e non présenta
alcuna connessione logica con quanto immediatamente précédé. Mentre
infatti ci si aspetterebbe di trovare il seguito délia demanda e la battuta
di conseguenza all’interrogante, cioé all’autore, il v. 2703 : Outoç êtmv èjzoç
TOcrrçp.... ci porta bruscamente nel bel mezzo di un discorso di Sophrosyne
che, senza assolutamente curarsi delle perplessità del suo protetto, dà
ampie spiegazioni sulla sua genealogia, parentela ed educazione. Solo i
quattro versi immediatamente precedenti si riferiscono con tutta probabilità
alla lunga interpretatio allegorica di cui dovevano costituire la parte finale :
Kai. ttocvtsç ttjv aKoepaatv eüpap.ev tou havaTou / Ilapà tou KavTcov ttoitjtoü
toü Çcovtoç sîç accovaç, / ''Oç îràvTa Tà ôpcopteva Kapayaywv tÇ> Xoyco, /
’Attocutcov ecm PacnXeùp tcov aveu xai tcov xaTco24.
Quale fosse il contenuto dedV interpretatio ed il suo précisé scopo didatti-
co si puô solo ipotizzare, ma certo esse non doveva essere moite dissimile
da quello sopra accennato, e cioè, corne già nel case delle due ekphraseis
del Tacpoç25 e délia xXivr;26 di Sophrosyne, una sorta di memento mori
espresso non più per allusioni ma attraverso la contrapposizione plastica
délia vita alla morte, entrambe personificate. Alla Vita, donna giovane,
bella e ridente, si oppone infatti in stridente antitesi, perseguita anche nei
dettagli iconografici, la scura e minacciosa figura délia Morte, raffigurata
con i tratti di un guerriero ferino e temibile. La corrispondenza gestuale e
compositiva è perfettamente simmetrica : entrambe le figure guardano
verso il trône, entrambe protendono un braccio sorreggendo rispetti-
vamente una cptàX?] contenente i déni e le dolcezze délia vita (tk Tcp^và
KavTa toü piou toutou) ed un KOTTjpiov ripieno dell’amaro veleno délia
morte (tcov aKcuxTatcov toïç PpoTotç cpapptàxcov).
Sia nel suo insieme, sia nei particolari, il gruppo Bios-Thanatos descritto
23. Tipico è ad es. il caso délia lunga ekphrasis délia natura primaverile che âpre il
poema (vv. 40-103), in cui gli elementi compositivi, piante fiori, erbe, canto degli uccelli,
vengono scomposti e ricomposti, mescolati in vari accoppiamenti per essere poi succin-
tamente elencati in forma schematica nei vv. finali 100-104.
24. Vv. 2699-2702.
25. Vv. 2749-2794 ; il sepolcro di Sophrosyne viene espressamente definito : p.v7)p.ï)ç
flavaTou /pela.
26. La decorazione délia xXivr) è congegnata eîç p.v7)[rqv toü S-avàTov (v. 1109), e a
conclusione e sigillé délia lunga ekphrasis (v. 1211) essa viene definita : Sxf)|zaToç 8è toü
Ttev&ixoü aüp.[3oXov.
116
MÉLANGES IVAN DUJCEV
da Meliteniotes pone notevoli interrogativi, dal momento che esso rappre-
senta un unicum nell’arte e nella letteratura bizantina. Se infatti le rappre-
sentazioni allegoriche délia vita e délia morte ci sono familiari27, la raffi-
gurazione in questione è invece assolutamente originale. Meno problematica è
la figura di Thanatos, per cui è stato possibile ritrovare modelli sia figurativi2 8
che letterari29, mentre per quella di Bios non si è fin’ora trovato alcun
precedente in area bizantina30. L’arte bizantina ha infatti personificato
la vita o sotto le spoglie di un giovanetto nudo, prestandogli gli attributi
del Katpoç lisippeo31, o in forme più sottilmente allegoriche, quali l’albero
délia vita descritto nel romanzo di Barlaam e Joasaph e ripreso da Manuele
Philes in una sérié di epigrammi32 o la ruota délia vita rappresentata nella
épp.'yjveia rrjç Çcoypacpi.x'^ç té/vtjç di Dionisio di Furna33. Malgrado le
possibilità implicite nella lingua di personificare la vita corne donna, Zcoz|
appunto34, tali possibilità, ch’io sappia, non sono State sfruttate : fino in
epoca post-bizantina è l’immagine del Btoç-Katp6ç che domina tanto in arte
27. Per le rappresentazioni allegoriche délia Vita nell’arte e nella letteratura bizantina
cfr. A. Munoz, Studi d’arte medievale, Roma 1909, 7-46, in cui vengono ripresi e ampliati
i dati contenuti in un precedente art., Le rappresentazioni allegoriche délia Vita nell'arte
bizantina, in « L’arte» 7 (1904) 130-135 ; per quanto riguarda invece la figura di Morte
e la sua iconografia, cfr. R. Stichel, Studien zum Verhaltnis von Text und Bild spat-und
nachbyzantinischer Verganglichkeitsdarstellungen (Byz. Vindobonensia 5). Wien 1971.
28. Dôlger, Quellen, 112-113 ritiene che il sicuro modello del Thanatos di Meli-
teniotes sia la miniatura del calice délia morte del Salterio serbo di Monaco (cod. slav.
4, edito da J. Strzygoswki-V. Jagic, Die Miniaturen des serbischen Psalters der kônigl.
Hof-und Staatsbibliothek in München..., Wien 1906).
29. Si tratta di un epigramma anonimo contenuto nel cod. Vat. gr. 207, f. 372r del
XIII s. ed edito da G. Moravcsik, Il Caronte bizantina, in « Studi biz. e neoell. » 3 (1931)
60 ; sui rapporti fra l’epigramma e la ekphrasis di Meliteniotes cfr. Tiftixoglu, Digenes,
30-40 ; v. anche Stichel, Studien, 19-20.
30. Cfr. Dôlger, Quellen, 113, il quale, sottolineando corne l’opposizione délia vita
allettante e piena di vane promesse alla morte ineluttabile e impietosa sia un topos délia
letteratura ascetica e mistica bizantina, svolto in numerosi xeçàXaia dal titolo Il Epi.
(zvr)p.ï)ç SavàTou, si sorprende che esso non abbia tuttavia dato origine ad alcuna
rappresentazione figurata di questo tipo.
31. Cfr. Munoz, Studi, 7-20; v. ad es. l’epigramma di Teodoro Prodomo EL; elxo-
viapévov tov plov (PG 133, coll. 1419-1420) che descrive Bios corne un giovinetto nudo,
con ruote ai piedi, ali aile spalle, in mano una bilancia e calvo nella parte posteriore
del capo.
32. PG 96, 112 B, col. 976 il passo dal romanzo di Barlaam ; gli epigrammi di Philes
da leggere nell’ed. di E. Miller, I, 246-252.
33. Aiovucriov toü èx Ooupvâ 'Eppcqveia tï)ç Çco'fpaçi.xîiç té/vt,; ed. A. Papado-
pulos-Kerameus, Petrupoli 1909, 213-215 : § «rropiÇeToa ô [xàTaioç pioç toü
xôapiou toûtou ; cfr. in proposito A. Didron, Symbolique chrétienne : la vie humaine,
in « Annales Archéologiques», 1 (1844) 422-440.
34. Munoz, Studi, 9 sembra implicitamente escludere questa possibilità quando
afferma che solo la mente greca poteva concepire la vita, ô ptoç, corne una figura virile,
mentre altrove essa avrebbe certamente assunto forma muliebre.
TYCHE, BIOS E THANATOS
117
che in letteratura35. Per trovare raffigurazioni délia vita corne donna
giovane e bella e più particolarmente per trovare lo schéma iconografico
che contrappone una giovane e bella donna alla morte, dobbiamo invece
guardare all’occidente romanzo. Più raramente corne personificazione délia
Vita36, spessissimo invece corne incarnazione di Luxuria, Voluptas o Frau
Welt31, innumerevoli monumenti dell’arte figurata, sculture, pitture e
persino testi letterari38, raffigurano il concetto diffusissimo neU’ascetismo
medievale délia fallacità dei béni e delle dolcezze di questo mondo che la
morte ineluttabile annienta, servendosi dello schéma iconografico che
contrappone la donna alla morte39. lo credo che proprio a questo schéma
iconografico che perfettamente si adattava ai suoi intenti moralistici, for-
35. Cfr. ad es. la ekphrasis délia vita édita da A. Papadopulos-Kerameus, in « Viz.
Vrem». 12 (1906) 491 sotto il titolo di ZæI/oi àpaioTct-roi, in cui vediamo : tov Blov,
i^youv tt)v Çwqv, cràv àv8pa ’aTopiap.évov /.../ yupivùv TeXelùiç xal Çïjpév, xa-flwç
ypàçouv tov Xàpo- /«rrà Sué tou TtéSta 8uè Tpo/ot, .../ xal elç Taïç àvTÇaiç tou
TtTepà x’ £va Çuyl... ; testimonianze figurative troviamo egualmente in età post-bizan-
tina, cfr. Ch. Bouras, ’AXXïjyopiXT) TtapdaTam) toü piou-xaipoü aè pila (xeTa[3uÇavTivï)
ToixoYpaçla a-ri) Xlo, « ’Ap^aioX. AeXtIov » 21 A’ (1966/67) 26-34.
36. Il motivo iconografico dell’opposizione délia Vita alla Morte è attestato con
minore frequenza nell’arte religiosa occidentale (Van Marle, Iconographie, 411) ; a
titolo d’esempio si possono ci tare una croce d’avorio dell’xi s. conservata nel museo
di Copenaghen (pubbl. in A. Goldschmidt, Die Elfenbeinskulpturen aus der Zeit der
karoling. und sâchsischen Kaisern... III. Berlin 1914-26, n“ 124), una miniatura dall’Evan-
geliario di Uta, s. xi (pub), in G. Swarzenski, Die Regensburger Buchmalerei des 10.
und 11. Jh., Leipzig 1901, 93-94, tav. XIII, n° 30), una scultura nella sala capitolare di
S. Georges de Boscherville del xn s. (disegno in A. Darcel, La Vie et la Mort à Saint
Georges de Boscherville, in « Annales Archéologiques» 27 (1870) 398-399) e più, tardi,
rispettivamente nel xiv e xv s., una scultura nel coro del Duomo di Colonia ed un affresco
nel chiostro del Duomo di Bressanone (riprodotto quest’ultimo in J. Walchegger, Der
Kreuzgang am Dom zu Brixen, Brixen 1895, 49 e 112).
37. Sulla contrapposizione di Mors a Vanitas si veda in particolare l’esauriente mono-
grafia di W.A. Skreiner, Studien zu den Eitelkeits-und Verganglichkeitsdarstellungen
in der abendlândischen Malerei, Diss. Graz 1963, particolarmente, 52-168 ; cfr. anche
Van Marle, Iconographie, 382-410. — Per quanto riguarda il personaggio allegorico
di Frau Welt, mi limite a rinviare alla monografia di W.A. Stammler, Frau Welt. Eine
mittelalterliche Allégorie, Freiburg 1959.
38. Cfr. ad es. il Miroir de Vie et de Mort di Robert L’Omme (xm s.) edito da A.
Langfors in « Remania» 47 (1918) 511-531 e 50 (1921) 14-53, vv. 53-54 e 61-65 : Sor
l’arbre une dame seoit/ Ki meut bien aornée estoit /.../ Mais à la senestre partie/ Estoit
une eskielle drechie ;/ Desus une feme montoit/, Sous son bras un linsseul portoit/ La
face avoit laide et oscure ; cfr. in proposito A. Tenenti, La Vie et la Mort à travers l'art
du XVe s., Paris 1962, 12-13.
39. Le testimonianze, sia plastiche che pittoriche, del motivo allegorico « la Morte
e la donna », dove la donna simboleggia per lo più la vanità, sono cosi numerose nell’arte
occidentale che sarebbe impossibile elencarle qui anche sommariamente ; una ricchis-
sima documentazione, anche fotografica, che si estende cronologicamente dal medioevo
all’età barocca, si troverà nei testi sopra citati (n. 37).
118
MÉLANGES IVAN DUJCEV
nendogli uno strumento di particolare efficacia rappresentativa, si sia
rifatto Teodoro Meliteniotes per costruire il gruppo Bios-Thanatos, model-
lando poi le sue figure con tornio tradizionalmente bizantino. Cosi la
ekphrasis di Thanatos è ripresa pressocché letteralmente su un anonimo
epigramma del xm s.40 e quella di Bios è strettamente imparentata aile
mille descrizioni délia bellezza femminile che costellano la letteratura
retorica bizantina. Quanto infine al dettaglio, non riconducibile a modelli
e suggestioni occidentali, délia cpiàXy; colma delle dolcezze di questo mondo
che Bios porta fra le mani, esso si puo semplicemente spiegare corne un
logico pendant alla coppa délia morte che è, insieme con la spada, attributo
tipico di Thanatos sia in oriente che in occidente41, a meno che non sia da
considerarsi corne un riflesso, forse inconscio, del famoso vaso di Pandora
esiodeo, origine di ogni sciagura umana42.
L’analisi sopra condotta, oltre ad aver chiarito, corne spero, alcune
questioni ancora aperte nell’ iconografia del poema di Meliteniotes, credo
fornisca inoltre da un lato un esempio illuminante dei metodi di composi-
zione dell’autore e dall’altro mostra sotto quale prospettiva esso vada
studiato. Se infatti l’eclettismo di Meliteniotes, il suo scomporre e ricomporre
elementi di svariatissima provenienza ed il suo tipico reinterpretare in for-
me bizantine le suggestioni non bizantine, seconde una tendenza che è
comune alla letteratura narrativa di corte dell’epoca, rende problematica
l’identificazione dei modelli, e addirittura difficile parlare di modelli, se non
nel senso lato di generici e ampi influssi culturali, mi sembra d’altra parte
che non si possa prescindere, per la comprensione del suo poema, dal
volgere lo sguardo all’occidente. Infine, e questo è un fatto di notevole
importanza, i suoi rapporti con Parte figurata, e non soltanto con quella
bizantina, sono molto più concreti di quanto non si sia generalmente rite-
nuto43. Nel caso delle ekphraseis sopra esaminate mi sembra infatti evi-
40. Cfr. n. 29. E’ significative délia « ortodossia iconografica » di Meliteniotes il fatto
che, una volta assunto uno schéma compositivo occidentale, egli si metta poi d’impegno
a « bizantinizzare » i dettagli. Cosi il suo Thanatos non ha niente délia Morte occidentale,
una vecchia magra vestita di cenci funerei, o, più spesso, uno scheletro armato di falce ;
questa iconografia délia Morte, canonizzata dalle illustrazioni dei Trionfi del Petrarca, sarà
recepita solo molto più tardi, dall’arte post-bizantina, cfr. in proposito R. Stichel,
Darstellungen des Trionfo delta Morte in der nachbyzantinischen Malerei, in « Byzanti-
noslavica», 32 (1971) 296-317.
41. Sulla coppa délia Morte cfr. Stichel, Studien, 17-48.
42. Sul vaso di Pandora e sulla sua iconografia nell’antichità classica e nell’arte délia
Rinascenza si legga la bella monografia di D. e E. Panofsky, Pandora's Box. The Chan-
ging Aspects of a Mythical Symbol (Bollingen Sériés 53), New York 1956, 3-26.
43. V. supra, n. 2.
TYCHE, BIOS E THANATOS 119
dente che gli elementi occidentali, la bipartizione di Tyche e lo schéma
iconografico délia contrapposizione donna-morte, siano di natura visiva
più che letteraria. In entrambi i casi si tratta infatti di elementi o colori-
stici — la bipartizione oro-ferro — o plastici — lo schéma compositivo —
di grande efficacia e immediatezza visiva, e sono proprio questi a sedurre la
fantasia dell’autore, che per il resto si mantiene fedele agli schemi letterari
délia tradizione. Che manoscritti, anche miniati, del De Consolatione
boeziano tradotto da Planude il secolo precedente circolassero a Costanti-
nopoli è ipotesi molto verosimile ; da uno di essi Meliteniotes avrà tratto
lo spunto per la sua Tyche bicolore, e forse qualche testo ascetico o teolo-
gico occidentale — ed anche di tali opéré è verosimile supporre l’esistenza
nelle biblioteche private costantinopolitane dell’epoca — gli avrà fornito
il modello per il gruppo Bios-Thanatos.
Questa potrebbe forse essere una via per lo studio e la comprensione del
trascurato, eppur cosi intéressante, poema di Meliteniotes, una via che
porterebbe, io credo, a risultati nuovi e tutt’ora inattesi.
« AYANT AJOUTÉ LA LUMIÈRE A LA LUMIÈRE »
Une expression de la Vie de Constantin-Cyrille (ch. 18)
Paul DEVOS
Au chapitre 18 de la Vie slave de Constantin-Cyrille (VC), la phrase
par laquelle l’auteur signale l’entrée en religion définitive de son héros
commence par ces mots : « Le lendemain il revêtit le saint habit monacal » ;
elle se termine par : « il se donna le nom de Cyrille » ; mais entre les deux
il y a cinq mots qui n’ont pas manqué d’embarrasser les exégètes : h
CK'ÈTTs. K'h CE^TOy npiHATh1.
Nous n’en voulons pour preuve que les deux traductions qu’en a données
à près de quarante ans de distance un même interprète, le regretté Dvornik.
En 1933, dans Les Légendes de Constantin et de Méthode vues de Byzance,
il traduisait : «et, ayant pris la lumière à la lumière»2. En 1970, dans
son livre Byzantine Missions among the Slavs3, la phrase entière est rendue
par : « The next day he put on the holy monacal dress and adding counsel
to counsel he accepted the name of Cyril. »
Et l’auteur de s’expliquer : « Hitherto the last phrase has been trans-
lated « adding light to light » and was interpreted as meaning that Cyril
1. Cf. P. A. Lavrov, Materialy po istorii vozniknovenija drevnejsej slavjanskoj pismen-
nosti (Leningrad, 1930), p. 34 (recension « russo-slavonne ») ; npieaih (rec. « serbo-
slavonne », p. 65).
2. P. 379.
3. P. 143. Le sous-titre de l’ouvrage est : SS. Constantine-Cyril and Methodius.
Voir aussi la traduction tchèque de V. Vavrînek, Byzantské misie u Slovanu (Prague,
1970), p. 156.
122
MÉLANGES IVAN DUJCEV
had added to the baptismal vows — often called by the Byzantines « light »
(phos) — the monacal vows which would be regarded as a new baptism. »
Telle est en effet l’interprétation courante, dont Grivec est un bon témoin
lorsqu’il commente : « 'Empfing Licht zu Licht’ bedeutet, dass er zur
Taufe, welche im griechischen Osten Licht hiess, nun die zweite Taufe
empfangen hatte. Das feierliche Mônchsgelübde nannte man nâmlich die
zweite Taufe. »4 Et dans un commentaire parallèle, en note à sa traduction
latine « luce ad lucem accepta », le même Grivec écrivait : « Vocabulum
lumen in hoc contextu vel ad habitum monasticum, vota monastica, vel
ad nomina Constantinus et Cyrillus referri potest. Ast loco parallèle in
graeca Vita Clementis haud dubie ostenditur, lumen hic votum monasticum
significari. »5
Nous reviendrons plus loin sur le passage de la Vie de S. Clément
d’Ochrida auquel Grivec fait allusion et nous retournons à Dvornik qui
poursuit : « Such an interprétation seems somewhat awkward. It should
rather be read in the original not as sujet' which means light, but as s'vjet'
which means counsel (consilium, pactum). In this way the passage becomes
perfectly clear and shows that Constantine took the two monacal vows
in Rome. »6
Cette étrange interprétation, Dvornik observe qu’il la reprend à Vasica,
dans sa traduction tchèque de VC qui ouvre le volume collectif Na ûsuitu
kfest'anstvi («A l’aube du christianisme»), paru à Prague en 1942 sous
la direction de Chaloupeckÿ. Vasica justifiait sa traduction « a prijav k
ûmluvë ümluvu » (« et ajoutant un pacte à un pacte ») et déclarait, p. 249 :
4. F. Grivec, Konstantin und Method, Lehrer der Slaven (Wiesbaden, 1960), p. 82.
Dans zywoty Konstantyna i Metodego (Poznan, 1959), T. Lehr-Splawinski a tout
simplement traduit les mots difficiles : « i zlozywszy sluby zakonne » (« ayant prononcé
ses vœux monastiques »).
5. Dans F. Grivec-F. Tomsic, Constantinus et Methodius Thessalonicenses. Fontes
(Zagreb, 1950), p. 120. A la lumière du premier baptême viendrait donc s’ajouter la
lumière du second baptême que constituent les vœux monastiques. Dans la suite de la
note, Grivec rappelle les deux degrés de l’engagement monastique correspondant l’un
au [iLzpôv <r/r,[ia — que représenteraient les «vêtements honorables» (cestnyje rizy)
revêtus par Constantin la veille du jour dont nous avons parlé —, l’autre au [zéya xal
àvyeXixôv a/Gia porté par lui les cinquante jours suivants. — Comme on peut le lire
dans Goar, Eù-/_oX6vlgv sive Rituale Graecorum (Paris, 1647), p. 506, la catéchèse de
l’office du «grand habit» comporte cette monition au candidat : SeÙTepov ^arr-rtapta
Xap.pctveiç a7;p.epov, àScXcpé ... xaî. uîèç cpùxrôç yivï) ; plus loin (p. 508) on prie pour
qu’il devienne utôq cp«>Tàç xal ïjpiépaç.
6. L’interprétation traditionnelle comprend donc : «ajouter lumière à lumière» et
Grivec avec la plupart l’entend de la lumière du second baptême, la profession religieuse,
ajoutée à celle du premier; l’autre comprend : «ajouter pacte à pacte» et l’entend du
pacte du « grand habit » ajouté à celui du « petit ».
« AYANT AJOUTÉ LA LUMIÈRE À LA LUMIÈRE »
123
« C’est ainsi que je comprends les mots de la Légende 'svëUh krh svëtu
priions.’, à la différence de toutes les traductions précédentes, qui inter-
prètent 'svët’ comme 'lumière’ (cf. Pastrnek, Grivec, Stanislav). Ici cepen-
dant il faut plutôt expliquer 'svëtTs.’ par l’ancien 'sTvvëtTh’ dans le sens de
'consilium, pactum’ : 'ajoutant à un pacte (à savoir le degré inférieur
du monachisme) un autre pacte (le degré supérieur), il s’appela du nom
de Cyrille’. Les vœux monastiques sont comme un pacte entre le moine,
qui s’engage à accomplir certaines obligations, et Dieu. » Ajoutons aussitôt
que Vasica ne maintint pas cette position7.
L’interprétation de Vasica (première manière) et de Dvornik (seconde
manière) se heurte à une objection de poids, qui dispense de toute autre
considération. C’est qu’elle ne tient pas compte de la présence, à laquelle
nous avons déjà fait allusion, de l’expression cpom cpwç KpooXapdtv dans
la Vie grecque BHG 355 de S. Clément, évêque d’Ochrida et l’un des
principaux disciples de Cyrille et de Méthode (f 916). Sans entrer ici dans
la question de savoir qui est l’auteur de cette Vie (Théophylacte d’Ochrida,
j- 1107/8, ou un autre)8, ni sous quelle forme il connut la VC (l’important
est qu’il la connut, comme il appert notamment de cet écho-ci), nous
soulignerons seulement que ces mots grecs correspondent rigoureusement
aux mots slaves qui nous occupent, encore qu’ils ne s’insèrent pas tout à
fait de la même façon dans la phrase grecque de la Vie de Clément et dans
la phrase slave de la Vie de Cyrille. Citons en effet la partie principale de
cette phrase (§ 11)9 : Kpoyvoùç 8à (KuptXÀo<;) rJp éocutou tsXsutt]v, to
TCÛV ptova/wv tJ/TjpttZ ÈKap.CpLÉWUTai., XtZl T7./.7.L [JISV TOUTO 7TO0COV, 8tà 8è
picTptocppomjv’rjv wç paya ti xtzt. ttjv ocutou îo/ùv ôrrepPaïvov àvaSuoptevoq’
8éxa 8è Tjuépaç sv toutw 8Laysvô[jisvo<; xal cpcoTt cpcoç KpoaÀa[3cùv
stç oùpavoùq ptsTéoTt), où ô XpitJTÔç...
En traduction (mise à part l’expression grecque sur laquelle, nous le
verrons sans tarder, du neuf a été découvert récemment) : « Cyrille, connais-
sant à l’avance sa propre fin, endosse l’habit des moines — ce à quoi il
aspirait d’ailleurs depuis longtemps, mais que, par modestie, il déclinait,
comme quelque chose de grand et qui dépassait ses forces — ; puis, ayant
7. En tout cas, en 1966, dans ses Literarni pamdtky epochy velkomoravskê (Prague),
il traduit le passage en question : « prijal k svëtlu svëtlo » (« il ajouta la lumière à la
lumière ») et se rallie à l’interprétation classique dans le commentaire qui suit.
8. C’est l’objet notamment de la thèse du P. Paul Gautier, dont nous parlons plus bas.
9. On la trouvera éditée, par exemple, par A. Milev, soit dans Teofilakt, Kliment
Ohridski (Sofia, 1955), p. 38, soit dans Grückite zitija na Kliment Ohridski (Sofia, 1966),
p. 84, ou reproduite en photocopie, d’après le manuscrit d’Ochrida, par I. Snegarov,
dans Kliment Ohridski, 916-1966 (Sofia, 1966), p. 180, col. 1,
124
MÉLANGES IVAN DUJCEV
passé dix jours en cet habit et cpûç KpooXapcov10, il émigra vers les
cieux, où est le Christ...». Dans VC, la phrase continuait en ces termes :
« il se donna le nom de Cyrille et il resta pendant cinquante jours dans
cet habit et, quand l’heure fut proche de prendre du repos et d’émigrer
vers les demeures éternelles, il éleva les mains vers Dieu...»11.
C’est feu André Vaillant qui, dans un article intitulé Constantin-Cyrille
et le Pseudo-Théophylacte et paru dans Slavia en 196912 — donc l’année
avant celle où la publication de Dvornik « ressuscitait » l’interprétation
de Vasica abandonnée par son auteur —, faisait savoir que le P. Paramelle
avait découvert une attestation de l’expression cpwrl KpooXaptpàvetv
chez Grégoire de Nazianze. Cet articulet de quatre pages est une présen-
tation critique d’une thèse de doctorat du P. Paul Gautier : Deux œuvres
hagiographiques du Pseudo-Théophylacte. Après quelques remarques sur
l’expression <pco-r't <pûç KponXaP<ov qui, dans la Vie de Clément, « est
exactement la même (que celle de VC) et la reproduit » et sur la traduction
de Dvornik, relative à VC, «ayant pris la lumière à la lumière»13, à
corriger en « ayant ajouté», Vaillant écrivait : « La question est de savoir
comment interpréter l’expression grecque, qui en soi est banale et que le
Père Paramelle a signalée au Père Gautier, dans un contexte tout différent,
chez Grégoire de Nazianze, Migne, P. G. 35, col. 106514. Dans la Vie
de Clément, il n’y a pas de doute : la lumière ajoutée est celle de l’habit
monastique. Mais l’auteur de la Vie de Clément ne prend pas toujours
10. Mentionnons diverses traductions : «et lumini lumine adiecto», dans P.G.,
t. 126, col. 1198; « nachdem er ein Licht zum Licht erlangte» (Bujnoch, Zwischen
Rom und Byzanz, Graz, 1958, p. 111 ; cf. pour VC, p. Tl : « indem er ein Licht zu dem
Lichte empfangen» - traductions pratiquement inchangées dans la réédition de 1972);
«et lucem ad lucem accipiens» (Grivec, dans Grivec-Tomsic, op. cit., p. 78).
11. Légères différences entre les versions serbo-slavonne et russo-slavonne de VC.
La déformation du chiffre originel de 50 en 10 dans la Vie de Clément a plus d’une
explication possible.
12. Année 38, p. 517-520.
13. Cf. ci-dessus. Dans l’autre traduction, si Dvornik parlait de «counsel», il disait
aussi : « adding ».
14. La Bibliothèque de l’institut d’Études slaves à Paris tenant un exemplaire dacty-
lographié de la thèse du P. Gautier à la disposition des lecteurs, comme le signale
Vaillant au début de son article, c’est là que nous avons pu prendre connaissance de la
note 13, pp. 141-142, qui se termine par : « Nous interprétons l’expression de la manière
suivante : Clément ajouta la lumière, c’est-à-dire l’habit monastique qui est l’arme de
la lumière (...), à la lumière, c’est-à-dire à la grâce divine qui brillait en lui»; puis un
renvoi aux Addenda. P. 142, Vaddendum est le suivant : « Mais ce texte qui a prêté à
discussion n’est peut-être qu’un emprunt textuel à Grégoire de Nazianze, qui écrit à
propos des étapes de la purification et de l’illumination : çum TtpoaXappàvovTa tpcôç xai
àp.avpoTép<j> Tpavovepov. Oratio 20, I : PG 35, col. 1065AB (Communication du P.
Paramelle) ».
« AYANT AJOUTÉ LA LUMIÈRE À LA LUMIÈRE »
125
la peine ... de bien citer ou de bien comprendre les Vies de Constantin et
de Méthode qu’il utilise. Dans la Vie de Constantin, une autre interpré-
tation est possible : « Il revêtit le saint habit monastique et, ayant ajouté
la lumière à la lumière, il se donna le nom de Cyrille ». La lumière ajoutée
paraît être ici le nom, celui de Cyrille, qui est le nom glorieux de deux
Pères de l’Eglise, Cyrille d’Alexandrie et Cyrille de Jérusalem.»15 On
voit par là que Vaillant entendait maintenir l’explication, à nos yeux peu
convaincante, qu’il avait proposée l’année précédente dans ses Textes
vieux-slaves : « le sens est : ajoutant à son propre éclat celui de ses patrons,
saint Cyrille d’Alexandrie et saint Cyrille de Jérusalem.»16
Mais l’important est la présence de l’expression dans une œuvre de S.
Grégoire le Théologien. Si on se reporte à l’endroit cité de la P.G., on cons-
tate qu’il s’agit d’un passage de la deuxième phrase du Discours 20, repi
SôypiaToç xal xaTaoTaoecop èrecrxoKcov. Nous croyons devoir la transcrire,
malgré sa longueur : OùSèv yàp ptot Soxeï toloütov, oïov piôcravTa ràç al<707)-
tTeiç, aapxop xal xoaptou yevoptevov, ptv)8evo<; tûv àvOpcorevcov irpocrareo-
ptevov, otl p.7) Kacra àvàyxy), éauTco reoo/.az.oüvTa xal tco Oeû, Çfjv ôrèp xà ôpco-
pteva xal àel xàç Oelaç èptcpàretç xaOapàç èv éauTÛ ipépeiv àpn.Yeïç tûv xarco
XapaxTTjpcov xal 7rXavcop,évcov, oïov etrorepov àxïjXlScoTOV ©ôoü xal tcov Oelcov
xal ôv xal àel yivofrevov, çcot'i 7rpooz.ap.pàvovTa <pcüç xal àpiaupoTe-
pcp TpavÔTepov17, pté/ptq av Kpoç ttjv mqyàjv ëXOcopiev tcûv r?j8e àKauya<7|j.à-
tcov xal TÛ/copiev toü piaxaplou TeXouç, XuOévTcov tcûv èaôrepcov Tfl àXïjOela.
Mais nous nous permettons de faire observer — ce sera notre modeste
contribution à ces Mélanges en l’honneur de M. Dujcev — que cette longue
phrase, terminée par une conclusion un peu différente et comportant la
même expression çcotI 7rpooXapi[3àvovTa cpûç xal àpiaupoTepcp TpavÔTepov,
se trouve originellement dans le Discours 2, BHG 730c, toü aÙToü à-rcoXo-
Y'/JTixoç Trjç elç tov IIÔvtov cpuyrjç evexev, xal auOiq èrravoSou êxeïOev,
pteTa tt]v toü Kpeop'JTépo'J /eipoTovlav, èv & tI to T?jç lepcoGÛvrjç èTràyyeXp.a18.
15. P. 519-520.
16. Op. cit., II. Traductions et notes (Paris, 1968), p. 33. En prenant le nom de Cyrille,
il est certain que Constantin a choisi un seul patron, non deux.
17. Traduction latine de l’édition des Bénédictins, reprise dans P.G. : « ut lumen
lumine, et clarius obscuriori excipiam ».
18. Ch. 7, P.G., t. 35, col. 413-416. La conclusion, après TpavÔTepov, est ici : ^8ï) to toü
péXXovToç aluivoq àyaQôv Taïç èXnl<ji xapTtoôpevov xal aupTtepinoXeïv àyyéXoïç, £ti
ûrrèp yîjç ovTa xaTaXirrôvTa tïjv y^v xal ûttô toü TtveupaToç àvu> TiOépevov. Le début
commence par : Où8èv yàp èSôxei poi, et un peu plus loin, après yevôpevov, on lit :
eîç éavTÔv avaTpaçévTa ; de plus, àel (avant Ta? Oelaç) précède ici xaOapàç. L’ex-
pression qui nous intéresse est traduite ici, par les mêmes éditeurs : « ac lucem per
lucem excipiat, clariorem per obscuriorem » ; traduction qui n’apporte qu’une lumière
très obscure, pour rester dans la note ! Voir la note finale de cet article.
126
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Non seulement ce Discours 2, qui date des environs de Pâques 362,
précède d’une vingtaine d’années le Discours 20, lequel « présente la parti-
cularité d’être à peu près entièrement composé de réminiscences des autres
discours»19 ; mais son retentissement, aussi bien immédiat que permanent,
fut beaucoup plus considérable. N’est-il pas, en même temps qu’une
« explication détaillée de sa conduite » par Grégoire, « une sorte de traité
du sacerdoce d’une grande élévation de pensée et dont s’inspirera saint Jean
Chrysostome quand il écrira sur le sujet»20? Cela n’est pas indifférent
à notre propos, car les chances que ce texte ait pu influencer l’auteur de
VC sur le point dont nous traitons augmentent avec le succès durable
qu’il recueillit.
Ceci dit, il faut remarquer que, les deux fois où nous rencontrons
l’expression cpom KpooXafzpàvovra cpcoç, chacun des substantifs cpcoç est
suivi d’un adjectif au comparatif qui le détermine : àfzauporépco TpavoTepov.
Une telle circonstance a l’avantage de faire ressortir que le sens de l’expres-
sion est, non pas de prendre une lumière à une lumière, mais d’ajouter
une lumière à une lumière. En effet, on ne prend pas une lumière « plus
claire » à une lumière « plus obscure », mais au contraire on ajoute une
lumière «plus claire» à une lumière «plus obscure»21.
Nous laissons à de plus compétents Je soin de nous dire la place de la
lumière dans la pensée de S. Grégoire. M. l’abbé Justin Mossay a consacré
à «L’âme et la lumière» tout un chapitre (p. 110-168) de son livre sur
La mort et l'au-delà dans saint Grégoire de Nazianze22. En plus des biens
de l’au-delà, Grégoire « appelle aussi 'lumière’, soit la divinité ou la Trinité
ou les anges, soit encore la révélation dans ses formes successives, mais
c’est surtout Je Christ que le Théologien considère comme la 'vraie
19. P. Gallay, La vie de saint Grégoire de Nazianze (Lyon-Paris, 1943), p. 183, avec
renvoi à T. Sinko ; à propos du titre du Discours 20, cf. ibid., p. 186.
20. Ibid., p. 74.
21. Dans Saint Grégoire de Nazianze. Textes choisis et présentés par E. Devolder
(Namur, 1960), ce dernier traduit le passage en mettant un lien entre le miroir (du neutre,
en grec) et le participe (au masculin) : « être le miroir..., faire en sorte qu’il reflète toujours
la lumière qu’il reçoit et que ses reflets soient d’autant plus éclatants que la lumière
reçue est plus pauvre» (p. 147). Déjà dans la traduction allemande de Hauser, Des
heiligen Bischofs Gregor von Nazianz Reden {Bibliothek der Kirchenvater, Munich, 1928),
p. 9, Discours 2 : « ein wahrhaft fehlerloser Spiegel Gottes zu sein und, Licht für das
Licht, Helligkeit für das Halbdunkel erhaltend, immer wieder zu werden » (avec l’excel-
lente note : « Der menschliche Verstand ist Licht, aber gegenüber dem gôttlichen Lichte
nur Halbdunkel ») ; cf. p. 404, pour le Discours 20 : « mit dem schwàcheren Lichte das
stârkere auf zu nehmen ». On voit que les traducteurs tant du slave que du grec ont été
mis à rude épreuve.
22. Louvain, 1966.
« AYANT AJOUTÉ LA LUMIÈRE À LA LUMIÈRE »
127
lumière’. »23 Voici par exemple, dans le Discours 7, un passage qui n’est pas
sans parallèles avec celui des Discours 2 et 20 : « Ayant reçu ici-bas une
faible émanation de cette (lumière), juste assez pour en trouver l’image
dans des miroirs et des énigmes, puissions-nous après cela entrer en contact
avec la source même du beau en contemplant la vérité pure avec une
intelligence pure...»24 25 Ou encore, cette question de Grégoire à sa mère,
dans le Discours 18, prononcé à la mort de son père : Tl toIvuv Seivôv
TC7r6v6ap.ev, sî... psTà tcov écttcotcov xaî. où psôvTcov saofzeOa cpÛTa ptxpà
~ \ / t 25
(pcoç to ^.eya Trspi/opeuovTcÇ ;
Dans la mesure où, dès ici-bas, l’homme se soustrait au monde pour
se rapprocher de Dieu, il ajoute (en la recevant) une lumière plus claire
(celle qu’est Dieu) à une lumière plus obscure (celle qu’il est lui-même).
N’est-ce pas ce que fait éminemment celui qui, un beau jour, comme
Constantin, décide de n’être plus « le serviteur ni de l’empereur ni de qui
que ce soit sur terre, mais seulement de Dieu 'pantocrator’ » et de devenir
moine ? Et ce passage radical à un surcroît de lumière se marque par le
passage à un nouveau nom.
Il nous semble que, si l’on admet que l’auteur de VC a été influencé
par la lecture de S. Grégoire à l’endroit mentionné, c’est bien ce qu’il
a voulu dire en écrivant : « Le lendemain il revêtit le saint habit monacal
et, ayant ajouté la lumière à la lumière, il se donna le nom de Cyrille ».
Il faut par conséquent renoncer à assimiler l’un et l’autre cpûç (ou svjef)
de l’expression à telle ou telle réalité trop particulière et bien circonscrite,
comme seraient par exemple le baptême — celui de l’initiation chrétienne
ou celui des vœux —, le nouveau nom, avec tel caractère qui s’y attacherait,
etc.26. Il s’agit, globalement, du choix de l’état de perfection et non d’une
de ses modalités.
Et, dira-t-on, si l’on n’admet pas cette influence ? Celle-ci, nous l’accor-
23. Ibid., pp. 113-114.
24. Ibid., p. 121 ; P.G., t. 35, col. 776.
25. P.G., t. 35, col. 1041.
26. Citons, entre autres interprétations, celle du P. S. Sakac, voyant dans l’une
des deux lumières la révélation du nom nouveau et dans la seconde la révélation de la
mort prochaine : « Constantinus indidit sibi nomen 'Cyrillus’, quia id ei revelatum erat,
ut notât Gaudericus (ou plus exactement l’auteur de la « Légende italique»), VC autem
poetice exprimit verbis 'luce (revelationis nominis) ad lucem (revelationem mortis)
accepta’ », cf. De dignitate episcopali S. Cyrilli Thessalonicensis, dans Orientalia chris-
tiana periodica, t. 16 (1950), p. 257 ; et celle d’A. Salajka : « Konstantin habe sich am
Feiertag der Theotokos, 'Licht zum Licht’, zum Namen Kyrill (Cyrille d’Alexandrie)
entschlossen, um auf diese Weise den Verteidiger der Gottesmutterschaft Mariens zu
ehren » ; cf. Konstantin-Kyrill aus Thessalonika (Würzburg, 1969), p. 70.
128
MÉLANGES IVAN DUJCEV
dons bien volontiers, n’est après tout qu’une possibilité, tout au plus une
probabilité — contre laquelle on pourrait même invoquer le fait que, en
VC, les adjectifs qualifiant l’une et l’autre lumières sont absents. Eh bien,
nous croyons qu’en ce cas également, la conclusion reste la même. Si
Dvornik trouvait « somewhat awkward » l’interprétation « courante », c’est
sans doute qu’il répugnait à enfermer dans des limites trop strictes et trop
précises la métaphore de la double lumière, sous la forme où elle se
présentait.
Il faut espérer, en tout état de cause, que la découverte de l’attestation
de l’expression en deux des discours de S. Grégoire de Nazianze — envers
qui M. Dujcev a encore récemment prouvé combien l’auteur de VC était
redevable27 — stimulera la recherche, en ce qui concerne tant l’œuvre
du Théologien lui-même que l’existence possible d’une pareille locution,
toute faite, dans la littérature grecque en général28.
Note finale. Tout ce qui précède était imprimé lorsqu’à paru, dans la
collection des “ Sources Chrétiennes ”, l’édition par Jean Bernardi des
Discours 1-3 de Grégoire de Nazianze (n° 247, 1978). On voudra bien s’y
reporter pour ce qui regarde le Discours 2, dont nous avons parlé. Le
passage qui a retenu notre attention est traduit : “ en ajoutant lumière à
lumière et en substituant la netteté à la confusion ” (p. 97 et voir note 3).
27. Ivan Dujcev, Costantino Filosofo-Cirillo e Giovanni VII Grammatico, dans «Zbor-
nik radova vizantoloskog instituta», t. 12 (1970), pp. 15-19, et Nestor in the Life of
Constantine-Cyril, dans Studia palaeoslovenica (Prague, 1971), pp. 73-76.
28. Cet article était à l’impression quand a paru celui de M. St. Maslev, Zur Quellen-
frage der Vi a Clementis, dans Byzantinische Zeitschrift, t. 70 (1977), p. 310-315. L’auteur
sait qu’on a découvert l’expression en question chez Grégoire de Nazianze. Mais il écrit
d’une part : « Es ist aber kaum daran zu denken, ihn (= diesen Ausdruck) in den beiden
Fallen direkt auf diesen Schriftsteller zurückzuführen », et d’autre part, à propos de la
dérivation possible de l’expression à partir de VC : « Angesichts dieser Unterschiede
in den Nachrichten, die gegen eine unmittelbare Benutzung der Pannonischen Legenden
vom Verfasser der Vita Clementis sprechen, môchten wir uns wenigstens vorlaufig einer
kategorischen Stellungnahme enthalten» (p. 311).
L’INSENSE DANS L’ILLUSTRATION
DES PSAUTIERS RYZANTINS ET SLAVES
Suzy DUFRENNE
Les initiales de nombreux psautiers illustrés occidentaux présentent sou-
vent, on le sait1, une image du « fou » correspondant au verset 1 des psaumes
13(14) et 52(53), « Dixit insipiens in corde suo non est Deus ». Les psautiers
médiévaux à illustration intégrale issue du texte2 présentent également,
pour illustrer les mots équivalents de ces mêmes textes, plusieurs versions
iconographiques de l’insensé. Leurs images s’ajoutent donc à celle que j’ai
récemment déchiffrée et qui figure « le peuple insensé » de la deuxième Ode
de Moïse (Deut. 32, 21) dans le Psautier serbe de Munich3.
Si l’on considère l’ensemble des quinze Psautiers à illustration « intégrale »,
seul le Psautier carolingien d’Utrecht assimile l’insensé à un roi sanguinaire,
inspiré par les forces mauvaises que symbolisent des serpents4. Seul aussi il
1. Voir à ce sujet D.J. Gifford, Iconographical Notes towards a Définition of the
Médiéval Fool, dans « Journal of the Warburg and Courtauld Institutes », 37 (1974),
pp. 336-342.
2. Cette catégorie de psautiers médiévaux est définie dans S. Dufrenne, Tableaux
synoptiques de quinze psautiers médiévaux à illustration intégrale issue du texte, Paris
1978, Introduction.
3. Munich, Bayer. Staatsbibl., Cod. Slav. 4, fol. 190 : Der Serbische Psalter. Faksi-
mile-Ausgabe des Cod. Slav. 4 der Bayerischen Staatsbibliothek München. Textband unter
Mitarbeit von S. Dufrenne, S. Radojcic, I. Sevcenko, R. Stichel, herausgegeben von H.
Belting, Wiesbaden 1979, pp. 251-252 : la référence au v-21 est préférable à celle donnée
dans mes tableaux, op. cit. (n. 2), en raison de la place de l’image dans le texte.
4. Utrecht, Rijksuniversiteit, Cod. 32, ff. 7v (ps. 13) et 30v sup. (ps. 52) : E.T. De Wald,
The Illustrations of the Utrecht Psalter, Princeton-Londres-Leipzig, s.d., pis. XI et XLIX
et pp. 9 et 25. Voir aussi S. Dufrenne, Les illustrations du Psautier d’Utrecht. Sources et
apport carolingien, Paris 1978, pl. 49, 1-2 et p. 110.
130
MÉLANGES IVAN DUJCEV
répète la même image, à quelques détails près, pour les deux psaumes dont
les textes sont presque identiques5. C’est enfin le seul Psautier de cet ensemble
qui n’emprunte rien au monde byzantin6. Par contre le Psautier carolingien
de Stuttgart (S), qui reflète, comme on l’a bien souligné, l’origine sûrement
italo-byzantine de son modèle7, présente, pour les psaumes 13 et 52, des
images nettement différentes et l’insensé n’est suggéré qu’au psaume 13.
Peut-on expliquer les raisons de ces dissemblances : est-ce mode de division
du travail dans les ateliers ? N’est-ce pas plutôt une répulsion pour toute
redite ? Quoi qu’il en soit, c’est seulement dans le Vat. Gr. 1927 (V)8 que
l’on trouve deux images de l’insensé pour les deux psaumes considérés ;
ailleurs l’insensé ne figure qu’au psaume 13.
Les types iconographiques de ces divers insensés sont bien différenciés.
Dans le Psautier de Stuttgart (S), le démon noir, pointant avec arrogance,
la main droite vers Dieu, alors que, de la gauche, il désigne sa propre tête,
semble bien, comme l’avait noté De Wald9, se référer à l’insensé du texte ;
son allure toute contournée, qui rappelle celle des jongleurs, confirme
vraisemblablement cette identification.
Dans le Psautier du Vatican (V), l’insensé est deux fois figuré et chaque
fois nommé par une légende (acppcov)10. Au psaume 13, sa taille, près du
double de celle de ses voisins, en fait une sorte de géant, armé d’un bâton :
c’est donc celui qui, tel Goliath11, se fie stupidement à sa force, au lieu de
s’en remettre à Dieu. L’insensé du psaume 52 n’est qu’un petit discutailleur,
de stature nettement inférieure à celle de David, son voisin ; il est figuré
pieds nus, comme les Hébreux qui reviennent d’exil et qui se trouvent à sa
5. Sur les légères différences entre ces deux psaumes, voir les remarques d’E. Beaucamp,
dans H. Cazelles et A. Feuillet, Supplément au Dictionnaire de la Bible, fasc. 48, Paris
1975, col. 193.
6. Voir S. Dufrenne, op. cit. (n. 4), pp. 55-56.
7. Stuttgart, Würt. Landesbibl., Bibl. Fol. 23, flf. 15 et 65v : B. Bischoff, J. Eschweiler,
B. Fischer, H.J. Frede, F. Muetherich, Der Stuttgarter Bilderpsalter, I Facsimile,
Stuttgart 1965, II Untersuchungen 1968, pp. 200-202. Sur l’hypothèse d’un modèle soit
ravennate, soit italien du Nord, voir les références données par Dufrenne, op. cit. (n. 4),
p. 33 n. 62.
8. Vatican, Cod. Gr. 1927, ff. 19 et 94 : E.T. De Wald, The Illustrations in the Manus-
cripts of the Septuagint, III, Psalms and Odes, 1. Vaticanus Graecus 1927, Princeton-
Oxford-La Haye 1941, pp. 7-8 et 18, pis VII et XXIII.
9. E.T. De Wald, The Stuttgart Psalter. Biblia Folio 23, Württembergische Landes-
bibliothek, Stuttgart, Princeton 1930, pp. 16-17. Cette identification n’est pas mise en
valeur par la description nouvelle {Der Stuttgarter Bilderpsalter, p. 68).
10. Ces légendes reprennent les versets ou quelques mots de versets illustrés. Cf. De
Wald, op. cit. (n. 8), p. 3 n. 3.
11. I Sam. 17.
l’insensé dans les psautiers
131
droite12. La jactance de l’insensé pourrait aussi être suggérée parl’image de la
marge inférieure du fol. 59 (ps. 13) du Psautier gréco-latin de Berlin; mais
il s’agit sans doute plutôt ici de l’image du riche face au Christ qui illustre
le v. 3 du ps. 13 dans les Psautiers grecs de Chludov et de Barberini, qui
comportent légendes et renvois au texte13.
Par contre les trois illustrations des Psautiers à illustrations marginales
de Londres (L) (fig. I)14, de Barberini (B)15 (fig. 2) et du Psautier slave de
Kiev (R)16 (fig. 3) sont du plus haut intérêt. Elles présentent deux person-
nages en prière sous l’image du Christ figuré en buste dans un médaillon.
Dans R, le Christ (seul nommé par une légende) est situé sur la gauche, très
légèrement incliné sans que l’on puisse distinguer si son regard se pose de
préférence sur l’un ou l’autre des deux personnages, ni sans que soit perçu
le moindre geste de ses mains qui semblent invisibles17. Dans L et B, le
Christ, penché vers le seul personnage situé à sa droite, le bénit de la main
droite qui sort du médaillon ; dans l’image de L, de cette main divine tombent
des rayons sur le personnage béni. L et B nomment, par des légendes, les
deux hommes en prière : l’orant, situé vers la gauche du Christ, est l’insensé
12. Vêtements et types de chaussures des diverses catégories de personnages de l’illus
tration de ce manuscrit mériteraient une étude.
13. Berlin, Staatliche Museen, Kupferstichkabinett 78 A 9, fol. 59 à comparer à
Moscou, Musée historique d’Etat, Cod. 129 D, fol. 11, et à Vat. Barb. Gr. 372, fol. 18
(cf. fol. 86 pour le ps. 52) : on peut consulter les photographies des illustrations de ces
différents psautiers, encore inédits, dans les albums de la Photothèque G. Millet, à la 5e
section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Sorbonne). Cf. aussi la description que je
donne dans mes tableaux synoptiques (op. cit., n. 2).
14. Londres, British Muséum, Add. 19352, fol. 12v, image sup. : S. Der Nersessian,
L'illustration des psautiers grecs du moyen âge. II. Londres, Add. 19352, Paris 1970,
fig. 23, p. 20. Le manuscrit est, comme on le sait, daté par colophon de 1066 et attribuable
au monastère constantinopolitain de Stoudios (voir Der Nersessian, p. 12).
15. Vatican, Bibl. Apost. Barb. gr. 372, fol. 17v (21v). Pour ce ms. inédit, voir mes
descriptions dans Tableaux synoptiques (op. cit. n. 2). La datation reste discutée, même
après les tentatives du livre très décevant de I. Spatharakis, The Portrait in Byzantine
Illuminated Manuscripts, Leyde 1976, pp. 26-36, où l’on trouvera la bibliographie anté-
rieure.
16. Leningrad, Bibl. Publique d’Etat, cod. 1252 F. VI, fol. 15v : voir les épreuves du
facsimile publiées au xixe s. par la Société des Amateurs de textes anciens ; Licevaja
psaltir 1397 goda prinadlezascaja Imperatorskomu Obscetvo Ljubitelej drevnej pis’ mennosti
(n. 1252 F. VI), Saint-Petersbourg 1890 ; voir la description de N.N. Rozov, O geuealogii
russkich licevychpsaltirej XIV-XVJ vekov, dans l’ouvrage collectif Drevnerusskoe iskusstvo
Moscou 1970, pp. 226-257, et spécialement p. 238, en attendant la publication en fac-
simile à paraître à Moscou en 1978, avec un vol. de commentaires de G.J. Vzdornov,
que je remercie vivement ici, car il m’a envoyé avec une extrême diligence et amabilité
la photographie que je publie dans cet article.
17. C’est tout ce que je perçois sur la photographie ; car je n’avais pas prêté attention
à ce détail, lors de mon examen de ce manuscrit, à Leningrad en 1974.
132
MÉLANGES IVAN DUJCEV
(ô acppwv) du psaume 13, 1 ; celui qui est béni et lève les mains vers le
Christ est le juste (Stxatoq) ; un renvoi au texte est indiqué, dans L, sur
le verset 1 ; mais l’allusion au juste, d’ailleurs figuré nimbé, dans L, ne
correspond guère au mot à mot du début du psaume et c’est seulement au
verset 5 que la notion de justice est formulée18. L’illustration est donc
essentiellement complexe.
Son interprétation est facilitée par le costume donné à l’insensé qui porte,
comme S. Der Nersessian l’a bien souligné, le vêtement normalement
réservé au Juif ; encore que l’on puisse en nuancer l’analyse : sur L et B,
la tunique est en effet partiellement couverte non pas du « manteau enca-
puchonné»19, mais de l’espèce de cape fermée qui remonte à la caesula
antique, attribuée de bonne heure par les artistes chrétiens à tous ceux qui
ne sont ni Prophètes, ni Apôtres, ni dignitaires, ni militaires, ni simples
serviteurs : à Ravenne, à Saint Apollinaire-le-Neuf, les Disciples d’Emmaüs
en sont revêtus, tout comme les Juifs qui s’opposent au Christ20; dans
L et B (R ne semble plus comprendre ce détail)21, une sorte de cucullus,
tombant sur les épaules, couvre la tête et masque en partie le haut de la
caesula22. Quant au juste, sur L et B (là encore R est moins clair), il porte
la chlamyde au-dessus de la tunique. Plus remarquables encore sont les
gestes et les attitudes du juste et de l’insensé. Dans les trois manuscrits,
l’insensé, frontal et solennel, lève les mains en orant ; il jette un regard de
côté sur son voisin, sur L et B, mais il ne se soucie guère de la présence du
Christ, figuré au-dessus de lui, mais comme dans son dos ; sur R, il tourne la
tête, en direction opposée à celle du Christ. Dans L et B, le juste se présente
de trois-quarts et lève les mains et les yeux, en suppliant, vers le Christ ;
dans R, figuré de face, il semble désigner l’insensé au Christ (l’image est-
elle encore comprise ou est-elle interprétée dans un sens différent de celles
de L et B ?)23. Il est clair que, dans L et B, la prière des deux personnages est
18. Ps. 13, 5 : ... Sri ô 9eèç tv yeveâ Sizaiçt.
19. S. Der Nersessian, op. cit. (n. 14), p. 20; c’est la remarque du vêtement «juif»
qui m’a mise sur la voie de l’interprétation de l’image.
20. F.W. DeichmaNN, Ravenna. Hauptstadt des spatantiken Abendlandes, Wiesbaden,
III 1958, pl. 161 (aveugles guéris) 190, 192... (adversaires du Christ), 208 (disciples
d’Emmaüs).
21. On ne peut malheureusement pas vérifier ce détail dans le ms. (W) byzantin qui
reflète son original, puisque le Psautier grec de Baltimore (Walters Art Gallery, cod.
W. 733) ne conserve que les ps. 18, 5 à 120, 7. Sur R la coiffure ne semble pas retomber
sur les épaules.
22. Ce détail apparaît plus nettement sur la photographie de B que sur celle de L.
23. On doit noter d’une part l’absence de légende sur R, pour ces deux figures et d’autre
part les incompréhensions que j’ai cru observer dans quelques autres images, où R peut
l’insensé dans les psautiers
133
opposée, non seulement par l’intervention du Christ qui ne bénit que le
juste, mais par l’attitude même des deux hommes : l’humble supplication
du juste contraste avec la confiance en soi dont témoigne la prière de l’insensé
Les détails iconographiques tout autant que les légendes de L et B donnent
la clef de cette opposition. L’autosatisfaction de l’insensé, figuré en Juif,
et l’humilité du juste correspondent exactement à la prière du Publicain et
à celle du Pharisien, dans la Parabole transmise par saint Luc, 18, 9-14.
L’illustration la plus anciennement connue de cette Parabole évangélique
est, on le sait, celle de la mosaïque de S. Apollinaire-le-Neuf, à Ravenne24
(fig. 4). Si les costumes du Pharisien et du Publicain (tunique et caesula,
mais tête nue) sont identiques à ceux de nos Psautiers, le Temple qui forme
l’arrière-plan du tableau n’a pas sa place sur les marges de nos manuscrits,
où il est remplacé, en un certain sens, par la figure du Christ. A part de
menus changements, les attitudes des personnages sont les mêmes : l’humilité
de la prière du Publicain se traduit, sur la mosaïque, par l’inclinaison du
corps et de la tête et par le geste de la main droite qui frappe la poitrine,
alors que le Pharisien, frontal et immobile, est, comme sur nos images,
figuré en orant.
La Parabole est également illustrée dans les Evangiles byzantins du XIe
siècle. L’image de l’Evangile de la Laurentienne (Plut. VL 23)25 (fig. 5) est
la moins intéressante pour notre propos : le Temple y est figuré par un
kiborium vide, vers lequel le Pharisien, présenté de trois-quarts, tend les
mains, alors que le Publicain s’en détourne par humilité et s’incline, mains
jointes à hauteur de poitrine ; aucun détail de costume (une simple tunique
à manches longues) n’y distingue les personnages.
Il n’en est pas de même du Par. Gr. 7426 (fig. 6), où le Publicain, nimbé
comme sur L, est vêtu d’une tunique brodée, alors que le Pharisien porte
le même costume de Juif que l’insensé de nos psautiers. La Main divine,
issue du ciel étoilé, envoie des rayons sur le Publicain, mains jointes à
aller jusqu’à expliciter des images restées sans légende dans W et dans un sens étranger
au reste de la famille byzantine des psautiers à illustration marginale : ex. ps. 32, 18
(fol. 43 avec renvoi et lég. Joseph et Putiphar), alors que l’iconographie semble être celle
de 33, titre qui fait défaut dans ce ms. alors que cette image est attestée dans tous les autres
psautiers byzantins et qu’elle est très proche de l’image rejetée au psaume précédent dans
R, alors que sans légende, ni renvoi, elle a seulement un peu glissé au-dessus du titre du
ps. 33...
24. Deichmann, op. cit. (n. 20), II, 1 (1974), p. 168 et III (1958), pl. 168.
25. Florence, Bibl. Laurent., Plut. VI. 23, fol. 147 : T. Velmans, Le têtraévangile de
la Laurentienne, Florence, Laur. VL 23 (sic) Paris 1971, fig. 246 et p. 46.
26. Paris, Bibl. Nat., Gr. 74, fol. 148 : H. Omont, Evangiles avec peintures byzantines,
Paris s.d., Il, pl. 128 n° 1 et p. 5.
134
MÉLANGES IVAN DUJCEV
hauteur de poitrine, incliné et figuré loin du Temple. Quant au Pharisien,
il est, lui, de face, tout près du Temple qui est présenté comme un autel
chrétien (kiborium dominant l’autel sur lequel repose le Livre de l’Evangile) ;
son attitude n’est pas, comme sur nos Psautiers, celle de son orgueilleuse
action de grâces : il ne prie pas en orant, mais il pointe l’index de la main
droite vers le haut du kiborium, tandis qu’il désigne de la main gauche le
publicain, pécheur qu’il méprise comme l’indique son cou raide, sa tête
haute : il semble donc que l’on ait là l’allusion au contenu de la prière du
Pharisien, son rappel insensé à Dieu qu’il n’est pas comme ce pécheur27.
Néanmoins plusieurs détails correspondent à l’iconographie de L et B :
les rayons et la bénédiction célestes (même si la Main divine remplace
l’image du Christ), le costume du Pharisien, sa pose frontale, son regard
méprisant lancé au Publicain.
L’esquisse marginale, datable elle aussi du xie siècle, qui illustre, au
fol. 134v de l’Evangile conservé à New York, à la Pierpont Morgan Libr.
(Ms. 748)28 (fig. 7), le texte de saint Luc, 18, 10 sqq., présente la prière du
Publicain, nommé par la légende (« ô tsXcÔv/jç »), tombant à genoux,
tandis que le Pharisien, lui aussi nommé par une légende (« ô cpapioaïot; »),
prie les mains levées en direction du Temple (légende : « ro lepàv ») ;
mais il tourne la tête vers le publicain. La présentation du Temple n’est
pas claire : on a pensé à un autel, ou encore à « the cross section of part
of a church»29 ; n’est-ce pas plutôt une sorte d’abside telle qu’on en voit
dans la scène de la Présentation de la Vierge au Temple ? Quoi qu’il en soit
de ce détail, le sens de l’image est évident : c’est la prière des deux hommes
montés au Temple, mais là encore l’accent est mis sur le moment où le
Pharisien rend grâce de ne pas être «comme ce Publicain». Les trois Evan-
giles de Paris, de Florence et de New York illustrent donc de façon analogue
notre parabole ; par là ils se distinguent des images de nos Psautiers.
Par contre l’image du fol. 193 de l’Evangile de la Nationalbibliothek
de Vienne (Theol. gr. 154)30 (fig. 8) oppose de façon assez semblable à nos
27. Luc, 18, 11 : « ô Oeôç, eù/apiarô aot ôti oùx .. wç oôroç ô Te>.cü'/r,ç ».
28. Sur ce ms. voir le Catalogue de l’Exposition de Princeton, G. Vikan (éd.), lllu-
minated Greek Manuscripts from American Collections. An Exhibition in Honor of Kurt
Weitzmann, Princeton 1973, n” 17, pp. 92-95, auquel il faut joindre le n” 18, pp. 96-97.
Je remercie vivement Messieurs les Conservateurs de la Pierpont Morgan Lib. qui ont
facilité ma consultation du ms. en févr. 1978 et qui m’ont procuré très vite la photographie
que je publie ici.
29. L’expression est celle de la description dactylographiée du ms. que j’ai lue à la
Pierpont Morgan Lib.
30. Voir les références et les remarques de V. Lazarev, Storia délia pittura bizantina,
Turin 1967, pp. 187-188 et 248, n. 3.
l’insensé dans les psautiers
135
Psautiers la prière des deux hommes ; les deux minuscules figures s’inscrivent
dans les espaces de gauche des deux bras d’une croix formée par les aligne-
ments d’un texte de commentaire de l’Evangile de Luc, 10, 9-14, occupant
la colonne de droite du fol., alors que le texte de Luc occupe la colonne de
gauche. Dans l’espace supérieur se dresse le Pharisien, grand et mince,
présenté presque de profil, mains et tête tendues vers le haut (mais le ciel n’est
pas figuré) ; le publicain, vu de trois-quarts, lève humblement les mains,
en inclinant fortement la tête, sous le médaillon où apparaît le buste du
Christ ; sa tunique courte et aussi son attitude le font paraître, à tort d’ail-
leurs, plus petit que son voisin qui semble le dominer par sa place dans la
composition. L’absence de figuration du Temple, la présence du médaillon
du Christ qui bénit le publicain, l’opposition des gestes de la prière des deux
hommes soulignent les ressemblances de cette illustration avec celles de nos
Psautiers. Ces diverses analogies confirment encore que l’insensé de nos
Psautiers est bien assimilé au Pharisien de la Parabole, et le juste au publicain.
Comment a pu se réaliser une telle assimilation ? Est-ce un simple recours
à une formule iconographique pour figurer l’insensé comme un orgueilleux ?
L’orgueil spirituel, le plus subtile et le plus dangereux des mensonges de
l’homme face à Dieu, a été analysé, illustré et rapproché de l’attitude du
Pharisien de la Parabole dans l’Echelle céleste de Jean Climaque. Le manus-
crit illustré de Jean Climaque (Gr. 418 du Sinaï) (fig. 9) utilise, comme cela
a été démontré31, la Parabole du Pharisien et du Publicain pour figurer
l’orgueil : debout, près d’un édifice que l’on peut identifier au Temple,
le Pharisien désigne de la main droite le Publicain, alors qu’il regarde le
Temple vers lequel sa main gauche se tend, conservant le geste de l’orant;
une image frontale du Christ domine la scène. Cette iconographie est à peu
près synonyme de celle du Par. Gr. 74, encore qu’elle ait été adaptée au
texte de Jean Climaque par le détail de l’intense supplication du Publicain
qui lève regard et mains vers le buste du Christ; ce geste est, on l’a vu,
attribué également au juste de nos psautiers. Or, il ne s’agit pas, pour le
manuscrit de Jean Climaque, du simple emprunt d’une formule iconogra-
phique, mais de la traduction en image du texte même de l’Echelle céleste
où est citée la Parabole évangélique32.
31. Sinaï, Monast. de Sainte Catherine, cod. gr. 418, fol. 184v : J.R. Martin, The
Jllustration of the Heavenly Ladder of John Climacus, Princeton 1954, fig. 204 et pp.
96-97, qui cite notamment le texte de Jean Climaque d’après Migne, P.G. 88, col. 965 C.
32. Cette suffisance spirituelle s’oppose en fait à l’attitude des « pauvres de Yahvé » :
voir à ce sujet les différentes nuances de cette « pauvreté », et son opposition à l’orgueil
dans A. Gelin, Les pauvres de Yahvé, Paris 1953, pp. 63-77.
136
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Qu’en est-il de nos trois Psautiers. L’insensé n’y est plus seulement celui
qui met sa confiance dans sa force physique (comme en V), mais celui qui,
tel le Pharisien de la Parabole, se fie à sa force spirituelle, alors que le juste,
tel le Publicain, est celui que Dieu rend juste. La condamnation de ceux qui
mettent leur espoir en eux-mêmes et non en Dieu est une constante du
message biblique33; mais les spéculations sur l’insensé correspondent au
courant vétéro-testamentaire issu de la littérature sapientielle : l’insensé
est celui qui refuse la sagesse, qui est incapable de rectitude et de vérité,
qui ne reconnaît pas l’ordre divin et va jusqu’à méconnaître et nier Dieu ;
certes la recherche d’une sécurité hors de Dieu que poursuit l’insensé n’est
pas éloignée de l’orgueil, mais l’assimilation des deux notions n’est pas évi-
dente. Par ailleurs le rapprochement de l’insensé des textes vétéro-testa-
mentaires et du Pharisien de la Parabole et plus particulièrement de l’insensé
des ps. 13, 1 et 52, 1 et de Luc, 18, 9-14 ne semble pas attesté chez les com-
mentateurs du psautier et semble des plus rares dans les commentaires et les
homélies de la Parabole du Pharisien et du Publicain34 ; je ne l’ai rencontré
en fait que dans un texte unique, l’Homélie de Basile de Crète sur la Parabole
du Pharisien et du Publicain35 : au début de cette homélie, il présente
plusieurs exemples d’orgueilleux, d’Adam à Nabuchodonosor en passant
par le Pharaon; entre ces divers types sont intercalées des citations bibli-
ques, assez hétérogènes ; la citation qui correspond à l’orgueil du Pharaon
est celle des ps. 13 et 52, 1. Cette citation est intercalée dans une homélie
sur le Pharisien et le Publicain qui ne se rencontre que très rarement dans les
33. Le mot hébreu nâbal auquel correspond cette notion de l’insensé est traduit par
les Septante par àcppwv ou par p.ù>pôç : voir à ce sujet E. Jenni et C. Westermann,
Theologisches Handworterbuch zum Alten Testament, II, Munich-Zurich 1976, sous
nâbâl, Tor, cols. 26-31 ; voir les références bibliques où ces mots sont utilisés, dans E.
Hatch et H.A. Redpath, A Concordance to the Septuagint and the other Greek Versions
of the Old Testament (including Apocryphal Books), Oxford 1897, I, pp. 186-187 (sous
àçpùjv : avec prédominance des livres des Proverbes et de l’Ecclésiaste) et 11, p 938
(sous [zùjpôq, avec prédominance du Deutéronome et de Siracide) ; voir aussi G. Kittel,
Theologisches Wôrterbuch zum Neuen Testament, IV, Stuttgart (1949), sous « p.ù>p6ç
und Verwandte im griechischen Alten Testament und die entsprechenden hebraïschen
Grundwôrter», pp. 838-841, et «Der Begriff der Torheit im N. T.», pp. 842-852. Voir
enfin les remarques de G. Von Rad, Israël et la Sagesse, Genève 1970, pp. 80, 128, 345-6.
34. J’ai mené cette petite enquête en partant des citations fournies par les références
données dans les 2 vol. publiés de Biblia Patristica, Paris 1975 et 1977, pour ps. 14/13, 1
et 53/52, 1 et Luc, 18, 9-14; j’ai également consulté les commentaires des psaumes et les
homélies publiées dans Migne, PG.
35. Saint André de Crète, Oratio XX, De argumente Publicani et Pharisaei, Migne,
P.G. 97, col. 155-56, où sont présentés des exemples d’orgueil (àXaÇoveia). Pour des
références bibliques à ce mot, voir Kittel, op. cit. (n. 33), I, pp. 227-8 et Hatch et Red-
path, op. cit., p. 52.
l’insensé dans les psautiers
137
manuscrits contenant des œuvres de Basile de Crète36; seul un spécialiste
de cet auteur pourrait éventuellement apprécier cette rareté : cette homélie
est-elle authentique ? L’origine du manuscrit qui la transmet peut-elle être
localisée ? Le texte peut-il se rattacher à une tendance précise de l’auteur ?
Les réponses à de telles questions pourraient éventuellement éclairer le mode
d’inspiration et de travail des illustrateurs de nos manuscrits. A défaut,
la citation de notre psaume, introduite dans l’homélie de Basile de Crète,
à la manière de Sacra Parallela, sur le thème de l’àXaÇoveia, atteste que le
commentaire iconographique de nos images n’est pas le fait d’un simple
recours à quelque formule iconographique, mais transmet une pensée
profonde, enracinée dans une expérience spirituelle, vécue par les moines,
par les anachorètes du désert, transmise par saint Jean Climaque et par les
illustrateurs de son Echelle céleste, comme elle est éprouvée par tout chré-
tien nourri de la prière du Christ.
36. D’après mes recherches menées dans les catalogues publiés des grandes biblio-
thèques.
THE SOCIAL RANK OF A PHYSICIAN
IN THE EARLY BYZANTINE EMPIRE
nVTH-VIITH CENTURIES A.D.)
Halina EVERT-KAPPESOWA
The présent contribution is an enlarged version of a paper read in May
1973 at the University of Bochum but, at the same time, it was intended
as a chapter for a work planned on a larger scale, namely the question
of social assistance in the early Byzantine Empire. The subject being very
vast, I would like to call the attention of the reader to the représentative
of medical art, this certainly being the most vital question of the whole
problem.
I am not going to try to show the level of medical knowledge at that
time, nor its methods. I am not competent for that. My scope is to highlight
as much as possible what was the professional training of a physician,
his field of activity, his prospects, his social rank1.
The professional training of a physician
What was the professional training of a future doctor ? According to
Galen it should last eleven years2, but it is doubtful whether so long and
1. In the bibliography the reader will find a certain amount of publications which,
though not quoted in the foot-notes, hâve been very useful to the author.
2. W. SzuMOWSKl, Historia Medycyny (The History of Medicine), in Polish,
Cracow 1935, pp. 125-126.
140
MÉLANGES IVAN DUJCEV
expensive a period of studies was common. In the sources such cases are
strongly stressed as a big achievement3. Gregory of Nazianzus studied three
years in Cappadocian Caesarea and in Alexandria, and over six years in
Athens which makes in total nine years. Basil the Great spent on his studies
eight years, which was the space of time Libanius considered necessary
for the scientific formation of a scholar4.
Of professional subjects anatomy is frequently mentioned and the medical
school in Alexandria enjoyed a spécial renown for it. It was even believed
that vivisection (a proceeding generally condemned) was practised there5.
Pharmacology and probably toxicology must hâve been taught on a large
scale6, because the physicians prepared personally their medicines and
drugs7.
There were medical schools in Athens, Constantinople, Alexandria.
The last one was the most famous : according to Ammianus Marcellinus
a young graduate would claim a higher post and higher fees merely because
he had made his studies in Alexandria8. Many students who had no inten-
tion to consider medicine as their profession, got basic notions of it ; such
was already the case for Seneca and eleven hundred years later Emperor
Manuel I was a skilled physician.
3. MPG. 35, Gregory of Nazianzus, Oratio VII, col. 761-762. Gregory enumerates
ail the subjects which his brother Kaisarion had to study in Alexandria : reoipieTplaç
pév ye xal aarpovopilaç xal -rfjç èmxtvSüvou toïç à 7.7.0 lç nai8euaeù>ç (i. e. astrology)...
àpi9[zô>v 8è xal Xoyiap.ù>v xal -rfjç Saupiaalaq laTpiXTjq, ôot) Tà Ttepl tpuaeiç xal xpàaeiç
xal Taç dpxà? twv vocn)p.dTù>v çiXoaoçeï.
4. J.M. Szymusiak, S.J., Grzegorz Teolog (Gregory the Theologian), in Polish,
Poznan 1965, p. 47-48.
5. Cf. L. Edelstein, Selected Papers of... Studies in Ancient Medicine, ed. by O.
Temkin and C.L. Temkin, Baltimore 1967, pp. 247, 297. Theophanes mentions a case
of vivisection which occurred in Constantinople (Chronographia, C.B. sub a.D. 756,
p. 673-674). A certain Christain, a heretic, was sentenced to hâve his feet and hands
eut oflf and after the execution was abandoned, still alive, in the harbour of St Thomas
where some iatroi of the capital proceeded to a vivisection : ...xal toütov avérepiov
(i. e. ol laTpol) ^ôjvra aTtô toü 06paxoç Ttpôç to xaTavoTjaai tïjv toü
àv0pd>7tov xaTaaxev-qv... Cf. also H.J. Frings, Medizin und Arzt bei den griechischen.
Kirchenvatern bis Chrysostomos, Bonn. 1959.
6. It is unnecessary to draw up the long list of ail the subjects taught in these schools
as it is to be found nearly in each handbook of the history of médiéval medecine. Cf.
C. Schnayder, Kulturgeschichte des Hellenismus, Münich 1967-1969, v. II, V, 5, p. 414 sq.
7. C. Schnayder, o.c., II, V, 5, p. 438. Also Joannes Chrysostomos, MPG, 49. Ad
populum Antiochenum VIII, 1, col. 98 : IloXXâziç yoüv larpol TtoXXà npayp.aTevaâ-
p.evoi xal [ojpla xaTaaxeuâaavTeç tpcippiaxa...
8. Ammianus Marcellinus, with an English translation by J.C. Rolfe, v. I-III, Cam-
bridge, Massachussets, 1956-1958, I : XXII, 16, 18 : pro omni tamen expérimente suffi-
ciat medico ad commendandam artis auctoritatem si Alexandriae se dixerit eruditum.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
141
Probably no certificate was issued to the graduate9, but a physician was
held to take the Hippocratic oath. Namely we learn from Gregory of Nazian-
zus that his brother who was an excellent physician, enjoyed such renown
that nobody would even dream of asking whether or not he swore this
oath10.
Medical Spécialisation
A spécialisation existed already and was probably undergone during
the studies. A young student was trained in an experimental way under the
tuition of his professer11. It is certain that there were specialists in different
internai diseases12 and there were specialists in surgery13. Even the holy
healers had their speciality : some of them tended in their temples hydropsy,
the others epilepsy etc. To St Artemius people went for abnormal protu-
bérance and testicular diseases14. When Gorgonia, the sister of Gregory
of Nazianzus was very ill, the family called several doctors for consultation.
They examined her each one separately and then exchanged their opinions
(xa 6’ éauTÔv exaoToç xal <rùv àXXTjXotç)1 5.
John Chrysostome mentions physicians who are specialists and recom-
mends Consulting them16. The surgeons seem to hâve deserved his particular
considération, they are for him : ot twv iaTpcov aptoToi.17.
9. Konstantinos, metr. of Eirenoupolis, Oi latQoi ènl BvÇavTivtùv, « ’0p9o8o^la »,
31 (1956), p. 404-405, gives an information about certificates and examinations required
from the candidates, but this is relative to the xnth cent.
10. MPG. 35, Oratio VII, col. 768. This Oratio is a harangue at the funeral of Kaisarios
who died at a young âge but in spite of that was already holding a high post, namely
that of an archi-iatros of the impérial court : ... xal ... rà rip.ia mareu6p.evo<; xal
(Xï)8èv 'ImroxpàTouç ôpxia-roü 7tpoa8e6p.evoç...
11. Konstantinos metr. of Eirenoupolis, l.c.
12. MPG. 51, Joannes Chrysostomos, De angusta porta..., col. 41. Cf. also J. Frings,
o.c., p. 87.
13. MPG. 51, ibid. the same, In illud Pater..., col. 31 : ’Ertel xal laTpôq Tsp.vei tô
2Xxoç... rf) vont» xal tô Tpaup.aTt paxop-evoq. The same, ibid., In paralyticum
demissum..., col. 55 : El yàp èm tôv laTpœv, èrreiSàv Tépvcoaiv r; xalwaiv...
koXXoI TtepicrroixlÇovTai tôv... TaÜTa rroioüvTa laTpôv... Cf. also MPL. 22, St. Hierony-
mi, Epistola XL, Ad Marcellam, de Onaso, col. 473 : Medici quos vocant chirurgicos.
14. A. Papadopoulos-Kerameus, Varia Graeca Sacra (Zapiski Istor. Fakult.
Imperatorsk. St. Petersbursk. Un. ; Travaux de la Faculté Histor. de l’Univers. Impériale
de St. Petersbourg), 1909, pp. 1-75.
15. MPG. 35, Gregory of Nazianzos, Oratio VIII, col. 809 : ... xal to xaxôv oùx àv
àvQpômvov èvop.lÇeTO xal oüte laTpôv ijpxouv TÉ’/oat, Xlav èmp.eXcôç 8taaxenTop.évù>v
TTEpi TOÜ TràOouÇ...
16. MPG. 51, De Angusta porta, col. 4L Cf. also notes 13 and 68.
17. MPG. 63, In Epistolam ad Hebraeos, xxi, col. 147.
142
MÉLANGES IVAN DUJCEV
The prospects of a young graduate
When his studies were over the graduate could apply for an official
post in the army, in a temple or hospital, in a city as municipal physician,
or he could start his private practice.
The Military Physician
It is impossible to say whether the military physician was appointed
by the respective authorities or applied on his own free choice, but the
existence of a good organised medical aid in the Byzantine army (and proba-
bly in the navy too) is évident from several mentions of the sources. In
the De Bello Gothico there is a very vivid account how after the battle the
wounded soldiers were taken care of by a whole staff of physicians and their
attendants. The description of an operation which saved the sight of Beli-
sarius’shield-bearer is of utmost interest. Procopius even gives us the name
of the chief-surgeon Theoctistus18. Alexander of Tralles, the brother of
Anthemius, the architect of St Sophia, is said to hâve served 25 years in
the navy and army. He is very weil known for his medical dissertations19.
Ammianus Marcellinus mentions the name of a physician of the Emperor’s
régiment whom he knew closely20.
In the VIlh century A.D. the existence of medical services in the army
is attested by the Strategicon of Pseudo-Mauricius. Namely it is said that
a spécial staff should be appointed to take care of soldiers wounded during
the battle or dismounted from their horses in an attack. For each « proso-
pon» thus saved they were to be paid one nomisma as reward21. In the
second mention it is clearly stated that after every battle the wounded
should be properly nursed and the strategos is to see to it personally. The
author of the Strategicon makes the following remark : if the wounded
are carefully tended it will produce a good impression on their fellow-
soldiers and — at the same time — stimulate them to a greater activity.
18. History of the War s, with an English translation by H.B. Dewing, Londres 1919,
De Bello Gothico, VI, II, 25, 30, p. 304 ; ’Enel 8è raxvreç èv tï) rrôXei (i. e. Rome)
è-févov-ro tcôv Tpaup.dTù>v È7tep.eXoüvTO.
19. F. Brunet, Medecine et thérapeutique byzantines. Œuvres inédites d’Alexandre
de Tralles, Paris 1933, vol. I-IV.
20. o.c. XVI, 6, 2 : Dorum quidam ex medico scutariorum...
21. Mauricii Strategicon (Ars Militaris), ed. J. Schefferus, Uppsala 1654, lib. II
cap. 8, p. 62/63 : ... 8eï ... ôxt<1> t) 8éxa $v8paç ... toïç ISioiç Tàypiaaiv àxcoXouQeïv xai
toùç ... TpaupiaTi^opiévouç ... i) èxntnTovraç tcôv Ikttcôv ... àvaXeyeaOai, xai XapifSaveiv
uTTep ... piujOoü ... xa9’ êxanrov np6aù>nov 8taacpÇ6p.evov ... vôpuafxa ev.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
143
Besides a wounded man if he is cured will return to the ranks22. Finally
we are informed that the Slavs used poisoned arrows, but a skilled physi-
cian will immediately apply a proper antidote23.
It would be impossible for a man wounded in such a way and thus in
mortal danger to wander around in search of a doctor, So this passage
as weil as the preceding ones implies the existence of, at least, a first aid
station with nursing attendants and physicians. Undoubtedly it was an
institution inherited from Rome where it is known to hâve been established
in the Impérial Army.
The physician in a temple
It may seem strange that there were physicians employed in the temples
of holy healers, where people came in hope of a miraculous cure, but it
is necessary to réalisé that in the majority of cases patients had to wait
for a long time, even several years, for the miracle to occur. Most of the
temples had no proper accomodation, the patients were crowded, the
wealthy ones, accompanied by their servants, resting on beds as near as
possible to the altar or to the shrine of the saint. The big mass of poor
folks had to stay in the narthex or in the courtyard with a bundle of straw
as their whole bedding. In sum an agglomération of persons of different
social standing and habits, ail of them desperately ill. A sad, quarrelsome
and ill-smelling lot. It is only natural that in these conditions there would
occur a nervous collapse or a disease due to bad sanitary conditions. This
was the moment when the aid of a physician was required24. He might
hâve been employed by the clergy of the temple, or one with a strictly
22. Ibid., lib. vm, cap. 2, p. 189 : noXX))v rœv rpaupiarcov rrpôvoiav ri9e<j9ai
Slxatov ... àfxeXoüvTeç aÙT<3v touç te Xoittoùç ÈQeXoxaxoüvTaç èv -raîç p.ce/aiç EÙpiaofXEV.
23. Ibid., lib. xi, cap. 5, p. 275 : Ké/pr^Tat xai t6'oiç ÇtXlvoiç xai tjayÎTaiç pux-
paîq xs/piptévaiç TtoEixù cpœpp.àxcpv, ônep èariv èvepyzjTixôv.
24. M. Hamilton, Incubation or the cure of disease in Pagan Temples and Christian
Churches, London 1906, p. 132. H.J. Magoulias, The Lires of the Saints as Sources
of data for the history of the Byzantine medecine in the sixth and seventh centuries, B.Z.,
57 (1964), p. 129. Papadopoulos-Kerameus, Varia Graeca Sacra, o.c. pp. 1-79. There
is a description of a xenodochion situated in the vicinity of the church of St. Anastasia
in the capital, under the patronage of which Saint it probably was. These institutions
served also as a kind of hospitals and as such employed physicians. Sometimes there
were also regular hospitals attached to the church of the holy healers. Cf. H. Delahaye,
Les récits antiques des Miracles des Saints, «Anal. Boll. », XLIII (1925), p. 12.
Cf. also MPG. 873, Sofronii, Narratio Miraculorum SS. Cyri et Joannis, col. 3424-3676.
144
MÉLANGES IVAN DUJCEV
private practice, to whom his consultations in a temple represented an
additional revenue.
The municipal physician
But the post which was most eagerly sought by older as well as young
doctors was the one of municipal physician. This institution inherited
as many others from Greece by the Romans25, was fostered by Constantine
the Great26 and then confirmed succesively by Julian the Apostate27,
by the Codex Theodosianus28 and the Codex Justinianus29, which proves
that it continued to exist.
According to some searchers the purpose of this institution was not so
much to provide medical aid to the poor population of a city but rather to
make sure that it would be always available, of course for these who could
afford to pay for it30. A decent city ought to hâve a school, a library, an
aqueduct, a public bath, an agora, a theatre, a xenodochion, a hospice,
some shops, a professer and doctors31. On the other hand a municipal
doctor, or as he was called the city-iatros, being to a certain extent a muni-
cipal fonctionary, it is only logical to suppose that he had in return some
obligations, and they would quite naturally consist in tending free or at a
low fee the poor32. Nevertheless the information given by the sources is so
scarce and so vague that it is impossible to corne to a definite conclusion.
In the Codex Theodosianus it is said that the city-iatros being paid from
public taxes ought to take care not only of the rich citizens who can afford
to remunerate him, but also of the poor ones33. According to Libanius
the law expects from the doctor the « Xei-roupyia » which arises from his
25. Hands, o.c., IX, p. 131.
26. C.Th., XIII, 3, 2 : Archiiatri omnes... ab universis muneribus curialium... a pres-
tationis quoque publicis liberi immunes que permanunt...
27. C.Th., XIII, 3, 4.
28. l.c.
29. C.J. : Medicos et maxime archiiatres... grammaticos et professores... ab omni
functione... immunes esse praecipimus...
30. Hands, o.c., p. 132. Edelstein, o.c., p. 345.
31. Procopios, De Aedificiis, ed. Dewing, Cambridge/Massachussets, 1954, I, 11 ;
II, 3, 4, 10 ; II, 5, 6, 2 ; V, 3.
32. A. Gervais, Que pensait-on des médecins dans l'ancienne Rome ? « Bulletin de
l’Association Guillaume Budé », 1964, 2, p. 217. O. Temkin, Byzantine Medecine, Tra-
dition and Empirism, « D.O.P. », XVI (1962), p. 100. D. Constantelos, Byzantine Phi-
lantropy and Social Welfare, New-Brunswick/New Jersey, 1968, VII, XXVIII, p. 8.
33. C.Th. XIII, 3, 8 : ... qui (sc. archiiatri) qui scientes annonaria sibi commoda
a populi commodis ministrari honeste obsequi tenuioribus malint quam turpiter servire
divitibus... ».
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
145
art34. But « expect» is not the same as « require » and in any case it seems
that only few of the doctors shared Libanius point of view35. The fact is
that the holy Fathers blâme the physicians for their cupidity, Gregory of
Naziansus is forced to confess that among them there are many who are
looking merely for high fees36, and John Chrysostom in spite of the great
considération he professed for their skill, mentions very often their love
of money. « In case of a serions disease — he says — we call a doctor to
our bedside and we implore him to cure us, offering him any sum he asks »37.
Their fees are very high and their greed for wealth, their longing for famé,
are their dominant features38. He expresses his deep sorrow for the poor
who cannot afford to pay for such a treatment39.
But who is to be understood by the « poor » whom the doctor was expected
to tend free of charge and very often did not ?
The destitute population of a city
There are two terms to design the destitute : ô kÉvtjç or ô ktco/oç, and
although in the IVlh century A.D. they are used as synonyms there is a
big différence between them. The « penetoi » who were by far the majority,
correspond more or less to the middle class or our modem society. Accor-
ding to the law a « penes » was a person whose property did not extend
beyond 50 nomismata40. Socially as « penetes » were those who could not
rely upon their revenues for their living and had to earn it usually by manual
labour and of course could not devote their time to public activity and their
leisure to intellectual spéculation41. Their socio-economical status was
not the same ; there were among them argyropratai or craftsmen who were
34. Edelstein, o.c., p. 141. Cf. note 33.
35. Hands, o.c. On this point of view cf. ch. IX, p. 133 sq.
36. Sister M.E. Keenan, Gregory of Nazianzos and early medecine, « Bullet. of the
Hist. of Medecine», 9, 1941, pp. 8-31.
37. MPG. 47, De Compunctione, Ad Demetrium, lib. I, col. 395.
38. MPG. 58, Homilia 74 in Math., col. 684-685 : ... xav ôtioüv È7tiTàÇù>ai,
nei96p.e9a zal p.ia9oùç aÙToïç (sc. roïç iaTpoïç) tcôv Ttpo<jTay[xâTù>v toùtwv TeXoüfxev ...
Où8è yâp eiaiv oùtoi oî iarpoi (sc. oî npo<pî)Tai) xa9ànep ol tcov œù>(juxtù>v ...
39. MPG. 54, De Anna, Sermo, III, col. 65 : Où8è yàp ’/pr^iaTà ècti xara-
ëaXeïv ïva Tteviav 7tpo6aXXd>p.e9a. Où yàp àpyùpiov ov-roç ô laTpàç (ô ©eôç) ànaireï
rèv p.ia96v.
40. Ph. Koukoules, L’assistance aux indigènes dans l’Empire byzantin, « Mémorial
L. Petit», Bucarest, 1948, p. 255.
41. Hands, o.c., ch. V, a very clear exposition of the problem, though the author
is rather interested in the Ancient world.
146
MÉLANGES IVAN DUJCEV
quite well off, there were also rhetors, professors, doctors, who enjoyed
popularity and were held in great esteem by their countrymen and the
authorities of the city. But the great mass of them had to toil hard to live
and maintain a family. It is this part of population to which the law applies
the term «penetes». They were entitled to certain forms of social aid42
and their names were entered into spécial registers kept by the Church and
the city-authorities, after an accurate vérification43. If there was a class of
the city-population legally entitled to medical aid free of charge it would
certainly be this one, but the respective mentions of the sources furnish no
ground for such a conclusion. Even the term used by Libanius « leitourgia »
suggests rather a gift made by a wealthy one to a poor citizen, than a legal
obligation of one citizen to another one.
The « ptochoi » were the lowest group of the population, they consisted
of people who would not or could not work and had no means of supporting
themselves : cripples, invalids, persons with répulsive and often contagious
diseases, for whom the exhibition of their misery was an expédient to awake
the pity of charitable christians. This enormous mass of beggars inundated
the eastern cities. A certain percentage of them was composed of craftsmen
ruined by some misfortune or taxes, of strangers who on their way from one
city to another, found themselves penniless and friendless in a foreign
place. There were also war prisoners who somehow escaped from captivity
but had not yet reached home nor received the property to which they had
rights44, seasonal-workers such as builders or sailors whose vessel was
lying in the port waiting for the season of navigation45. Neither the munici-
pality nor the law was interested in them since the prépondérant majority
of them were aliens to the city, mostly vagabonds, moving from place to
42. C.Th. XIII, 3, 8 (A.D. .370) ; C.J.X. 53, 9.
43. MPG. 93, Vita Sti Joannis Ellemosynarii, auct. Leontii Neapoleos, col. 1617-
1660. Also, H. Delahaye, Une vie inédite de St. Jean l’Aumonier, « Anal. Boll. », 45
(1927), p. 17. A. Puech, St Jean Chrysostome et les mœurs de son temps, Paris 1891,
p. 240. Also MPG. 48, Joannes Chrysostomos, Homilia in Sacerdotio, III, 16, col. 654
sq. ; very interesting data about persons to whom the material aid of the Church was
extended : widows, orphans, young girls who were familyless etc. The number of such
persons amounted in Antiochia in the ivth century to 3 000. Cf. MPG. 58, col. 630
Jean Chrysostome, In Matthaeum Hom. LXVI : ... ’és~t rô SéxaTov piépoç ttXoixjîùw
xal to SéxaTov 7tevf)Tù>v tôv oùSèv 6Xù>ç éyovTtov' ol 8è XoiTtol tcov ptéacov eîal ...
evvdïjaov ocrai? ènapxeï xa9’ éxiicrngv 7j[iépa'j ôaaiç 7tap9évoiç’ xal yàp elç
tôv tcôv Tpia/iXlcov àpi9[zàv à xaTàXoyoç aÙTùiv êtj)9aaê.
44. On this subject cf. Ph. Koukoules, Bv^avrivêov Bioç xal IIoXniap.6z, v. II,
Athènes 1948, pp. 118-128 : 'Yrrèp ar/jraXwTÔSo xal tÿ;? cramgplaç aÙTÔv.
45. J. Rougé, La navigation hivernale sous l'Empire Romain, « Rev. des Etudes An-
ciennes », t. LIV (1952), pp. 316-325.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
147
place with no lawful means of support nor any established résidence. They
were considered by the authorities as an undesirable element, unproductive
and entirely reliant on the mercy of their fellowmen. Thus they were
abandoned to the charity of the Church or private persons, and the city
iatros had no commitment with them.
The appointment of a municipal physician
It is not clearly stated in what way the municipal physician was appointed ;
the above mentioned edicts of the Codex Theodosianus and the Codex
Justinianus say that the choice between the candidates belongs to a commis-
sion composed of seven physicians. Evidently the members of such a com-
mission would be residents of the city and in the case of a small town they
would hâve to be convoked from elsewhere, which would not hâve been
a problem, the distance between towns and boroughs in the Byzantine
Empire not being considérable46. But it is probable that the appointment
was made by the Municipal Council in which the upper members of the
clergy and the big landlords perhaps took part. At least in some cases the
Emperor had to confirm the choice, or even to proceed to it himself. From
a Homily of Gregory of Nazianzus we learn that when his brother Kaisarion
left Constantinople to return to Nazianzus, the Emperor Constantius,
yielding to the request of a délégation called him back and conferred him
the dignity of the archi-iatros of the Impérial Court47. It is interesting to
note in passing what popularity a skilled physician could enjoy : in
Nicomedia there were serious riots when John Chrysostom deprived its
bishop Gerontius of his dignity to replace him by Pansophius. The
population of Nicomedia refused to part with Gerontius and to accept
Pansophius. Moreover Gerontius who was a very poor clergyman but a
notorious intriguer, was at the same time a very good doctor and as
such rendered eminent services to the population of Nicomedia48.
46. A.P. Rudakoff, Oterki vizantijskoj kultury po dannym greceskoj agiografii (Byzan-
tine civilisation as seen in the hagiographical sources), Moscou 1917. The author is
of the opinion that it was in average from 20 to 50 km. (p. 73).
47. MPG. 35, Oratio VII, col. 764 (unfortunately Gregory gives no information as to
whom represented the said délégation)..xai Ttpàq 6aatXéa npeaêeiav <jTaX7)vat tov piéyav
àrrà xotvoü 86yp.aTO<;, tïjv Ttpcorqv tt6Xiv tù> 7tpd>TO Zoylto xo<jp.ï)07)vai ...
48. MPG. 67, Sozomeni, Hist. Eccl., lib. VIII, col. 1532 : SraattiaavTeq (the
inhabitants of Nicomedia) yoüv TroXXâxiq zoivrj te xai Ttpàç Sxaarov à7T/)pi0p.oüvTo
raç repov-t-iou eùepyeaiaç xai -rijv èx rî)Ç Èma-t-r)[X7)ç ôtçOovov xpeta.'j, xai tô Ttepi TtàvTaç
TtXovaiovç te xai névrjTaç èniar^ç, àçOovov ...
148
MÉLANGES IVAN DUJCEV
The Rémunération of a City-iatros
The office of the municipal physician was hardly a lucrative one. He was
to be treated on equal terms with the city-professor49, which means that
he was not only exempted from ail taxes50 and munera51, but was entitled
to a certain sum in cash, which as it seems from Libanius’ complaints was
very irregularly paid, and to an annona, i.e. a part of the products of a farm
belonging to the Municipality. This meant a certain amount of vegetables,
cereals and fruits, which were not at ail easy to obtain from the farmers52.
As material rémunération ail this did not amount to very much, but for a
young graduate and even for his older colleague the choice to the post of
a municipal iatros was a public asknowledgement of his endowments and
it certainly was of considérable importance for his private practice. Such a
position gave him too the opportunity of close contact with ail high officiais
of the city (oî èv réZet) and by rendering them services, by his « philan-
thropia» towards them, and thanks to his skill he could obtain many
favours for himself personally as weil as for his native town, his friends and
relatives53. In Galen’s opinion his colleagues applied so eagerly for the
municipal post not from healthy ambition to make use of their professional
knowledge but rather to escape the obligations of the munera, and he
déplorés the fact54.
The private practice
The income from an official post being modest, the municipal physician
relied as weil as his colleagues upon his private practice. This required some
investment : he had to hâve his « iatreion» where he would attend to his
49. C.Th. XIII, 3, 3 : ... medicos as professores litterarum... ab omni functione et
ab omnibus muneris publicis vacare praecipimus...
50. Ibid. : They are also free «... ab universis muneribus curialium senatorum et
comitum perfectissimarumque... » Also C.J. X, 53, 6.
51. Cf. foot-note 26.
52. P. Petit, Libanios et la vie municipale à Antioche au IVe s. après Jésus Christ,
Paris 1955, p. 409.
53. Cf. Gregory of Nazianzos, o.c. Gregory says that Kaisarios decided to retum
to Constantinople in order to obtain a réduction of taxes and other privilèges for Nazian-
zos. Cf. too Libanios, Oratio éd. R. Foerster, LU, 36 : doctors hâve their entrance free
to the governor of the district, they can inform him what bribes his subordinates are
claiming from the tax payers or they can even persuade him to modify the sentence of
a judge. Cf. too MPG. 35, Gregory of Nazianzos, Oratio VII, col. 767, where he says
in what way Kaisarios gained the favours of the high functionaries «... àp.ta6ov 8è -rijv
TÎjç téyyTjZ ?iXav9pù>mav toïç èv tÉXei kpot19ï)<jiv ».
54. Édelstein, o.c., p. 346.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
149
patients. We meet in the sources with the description of such « iatreia » :
they were equipped with a bed on which the patient was examined, on a
shelf there were « so many different instruments that a layman was unable
to understand to what purpose they served»55. To mention only the most
common : different knives, scalpels (very much alike our modem ones)
razors, lancets, scissors, cathéters, forceps etc. They were made of various
metals : iron, Steel, copper, bronze, lead, silver, gold, but also of wood,
stone, bone, horn56. The secret of an efficient potion or powder would be
jealously kept57. The iatreion had to be pretty large as the patients were
usually accompanied by their friends and relatives, who watched the doctor
at his work and often expressed their feelings or gave their advice. Ail
medical interventions, specially the surgical ones, were performed publicly
and the attendance was great58. The «iatreia'» seem to hâve been a very
popular place : St Jerome complains that people gather « per medicorum
tabernas» just to waste time and make gossip59. John Chrysostomus says
quite frankly that the « iatreia » are the favourite place of ail lazybones
in Antioch60.
The wandering iatroi
Ph. Koukoules mentions a group of physicians whom we could call
«wandering»61. They were probably former students who, for one reason
55. MPG. 49, Joannes Chrysostomos, Ad populum Antiochenum, Hom. XII, col.
130 : ... èàv eîç laTpeïov elaéXOflç xai èpyaXeïa. rroXXà npoxelpieva, Oaupid^eu;
tïjv rrotxiXlav tôjv ôpydvùiv, xalroi ye Taç /peiaç aÙTÛv oùx el3â>ç.
56. In the work of John Milnes, M.A.M.D., Surgical Instruments in Greek and Roman
times, Aberdeen 1907, the reader will find a great many illustrations with an exhaustive
description. Cf. also Collection de chirurgiens grecs avec dessins attribués au Primatice.
Reproduction des 200 dessins du manuscrit latin 6866 de la Bibliothèque Nationale, Paris
(1908). These drawings are exceedingly interesting and it is obviously the second volume
of a work, the first volume of which must hâve contained the text. The ms. was
discovered in the xth century, the French translation was published in Paris between
1542-1549. This publication is rather rare.
57. Sister M.E. Keenan, o.c., 0. 16.
58. MPG. 62, Joannes Chrysostomos, Hom. 19, in Epist. ad Ephes. cap. V, 4, col. 132 :
’'A7teX9e elç laTpeïov xai O'-pEt ÔTav e’jpeOy tiç Tpaüpia êx“v, èxeïvov aÙTÔv répivovra
xai xaiovra. The same, MPG. 51, In paralyticum demissum..., col. 55 : El yàp èrtl
tù>v larptlv, ènetSàv Tèp.vù>aiv r, xalwatv ... TtoXXol rrepiŒToixlÇovTai tov te àppùxjTOv
xai tov TaÜTa Toiouvea larpov ...
59. MPL. 22, Epist., Ad Domnionem, 5, col. 515 : Non est grande, mi Domnion,
garrire per angulos, et medicorum tabernas, ac de mundo ferre sententiam...
60. MPG. 47, Joannes Chrysostomos, Adversus oppugnatores vitae monasticae, lib.
I, col. 322 : ... xàv sic, àyopàv èp.6dXï)<;, ôtpei, xai êv toïç laTpeloiç, xàv êv rravrl
P-épet tîjç nôXewç Ëv9a ouveSpeûetv elwOaatv ol rrpàrTeiv oùSèv èbêXovTeç ...
61. o.c., v. VI. Athènes 1955, pp. 9-35 : Tarpixâ.
150
MÉLANGES IVAN DUJCEV
or another did not pursue their studies, had no stable position nor regular
income and thus were wandering from town to town, from a borough to a
village, offering their services to the people in the Street or on the market,
or simply entering a house to inquire whether or not their help or their
drugs were needed62. It happened also that people with no professional
qualifications, pretending to be physicians, acted as such in small provincial
towns and villages63. It is possible that such fraud, when discovered, was
condemned, but there is no proof that it was legally prosecuted64.
The revenues from a private practice
How much could a doctor earn ? This is a question of no small
importance, considering that a society is generally inclined to appreciate
a profession according to the standard of life it can assure to its représen-
tatives.
We can only approximately say what were the fees of a physician. It is
very likely that they amounted from one trimissa to a whole nomisma,
this being the amount a very skilled doctor, a Persian, received from his
patient65. The same source quoted again a fee of a trimissa in an other
case, but at the same time it is said that a poor widow was asked to pay
from 8 to 12 nomismata for the treatment of her child66. Maybe that in
one case we hâve to do with the price of a simple consultation and in the
other with the price of an entire cure67, even including the medicines. John
Chrysostom who, ail his life, had to do with doctors, being a seriously
ill man, mentions also their fees. « When we are not in good health — he
says — we go to a specialist and we don’t hesitate to pay him considérable
62. MPG. 45, Gregorii Nysseni, Contra Eunomium, lib. I, col. 261. (Gregory relates
the adventures of a certain Aetius ): ’AxéXovffov 8è ... îarpoü tivoç tcôv àyup-reuôvTcov,
w? Sv p.ï) TtavreXùiç ànopvjaf) Svayxaiaç Tpocpi)Ç, oixiaiq re raïq Stpavearépau;,
xai riaiv Sneppip.p.évoiç Sv9pd>7toiç êrà Tipoa/ripiari TÎjç tarpixT)? èrrupépeaffai...
63. Ibid. : ’Appteviou tivoç eùeÇctTrarfjTou 8tà rà pSp6apov ù>ç iarpcô Kpoaé/Eiv
àvcCTEiaOévTOç xal au/vôv aùrôi ÙTroxopï)yoüvToç àpyûpiov, [xixpàv ïjyeïaQai...
64. Julian Apostata, Listy (Julian the Apostate, Letters), Wroclaw 1962, in Polish,
Ep. 35 (80), to his uncle Julian, p. 32. These letters were accessible to me only in translation.
65. A. Papadopoulos-Kerameus, Cuda sw. Arsenija (The Miracles of st. Arsenius),
Varia Graeca Sacra, (o.c., notes 14 and 24), p. 32.
66. Ibid., p. 57.
67. See Dom Cabrol-Dohi Leclerc, Dictionnaire d’Archéologie Chrétienne et de
Liturgie, vol. 3, 1913, pp. 598-653, under « Charité» : according to an edict of Emperor
Valentinian a physician was not supposed to take his fee in advance. He was entitled
to it only if his treatment had proved to be efficient. But this does not seem to hâve been
observed either by the phys-cians or by their patients.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
151
sums»68. And so for the treatment of the same disease they take (I under-
stand according to the means and position of the patient) a hundred gold
pièces of money, fifty or sometimes less. But — he adds — it happens too
that they give their consultation free69. In ail hagiographical texts which
relate miraculous healings, we continually find remarks that the patient had
previously consulted many doctors, had spent a « fortune » on a treatment
with no resuit. These taies should not be treated too seriously, they represent
typical topoi, which one author repeats after the other. Their aim is not so
much to discrédit the physicians and their art as to exalt the power and
generosity of the holy healers. At the same time the authors seem to forget
that in many cases the Saints received also a reward for their help, though
they were called « anargyroi ». This reward was of different kind : a poor
fellow from Libya gave three nomismata to a doctor — whom the hagio-
grapher calls a « iatriskos » — for a medicine which proved to be absolutely
ineffective70. Finally he implored St Cyrus’help. The Saint cured him on
condition that he would offer to his temple a sum equal to the doctor’s fee.
Sophronius says that wealthy patients, when they want to show their
gratitude, présent the Saints with such gifts as beautiful vessels made of
silver and gold, with icons and wonderful tissues, but he, Sophronius, will
honour them by a description of their miraculous deeds71. It happened that
an artisan who had recovered his health stayed for a certain time in the
temple and undertook without payment many repairs, considering it as
a proof of his gratitude72. Again an innkeeper, Ferentius, whose son had
been healed in the temple of St Artemius, offered the Saint a horse73. Of
course there is a différence between such gifts given so to say « sua sponte »,
by persons more or less weil off, and a regular fee, required by a physician
from his patient.
68. MPG. 51, De angusta porta et in orationem Dominicam, col. 41 : ... zai tüv pèv
toü awpaToç ëvexa rraOïjpàTùjv çoiToiai rrpôç toùç TaÜTa OepaTteùovTaç ... xal piaOoùç
rrapé/ovaiv Ôti paXtara rrXeiaTOUç ... ïva vi;v èxeivoo ûyeiav ù>vï)ao>VTat.
69. Ibid., In paralyticum demissum..., col. 55-56 : ’AXXà xaOàrrep laTpoi to aÙTÔ
vôa-qpa OepaTteoovTeç rcapà pèv tôv èxaTÔv xpoaîvouç eXaoov, rrapà 8è tù>v rjiicciç, rrapà
tôv ÈXàaaovq, rrap’ èvîcov 8è oùSèv ÔXcoç.
70. MPG. 873, Sti Sophronii Hierosolimitani, Laudes SS. Cyri et loannis Miracula, col.
3577 : 'O 8è (i. e. Joannes Libyus) ... toùç vetppoùç flapécoç evoa^aev ... ’laTpiaxoq tiç
tootov I8<bv /aXerroiq ôSuvdipevov ... Tpia 86q pot, rrpàç aÙTÔv ëcpr), vop.lap.aTa xàyù>
aot 8i’ âvTtSÔToo rrapé/co ri)v Eaatv.
71. Ibid., Sti Sophronii Hierosolimitani, Laudes in SS. Cyri et Joannem, col. 3388.
72. Papadopoulos-Kerameus, o.c., p. 29-30.
73. E. Dawes and N.H. Baynes. Three Byzantine Saints (Contemporary Biographies
translated from Greek), Oxford 1948, pp. 10-109.
152
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Following on our subject : if we admit that a physician who disposed
of a iatreion and had acquired some expérience and some skill in his pro-
fession74, received from each patient one trimissa as an average fee,
we will corne to the conclusion that his income was sufficient to allow a
decent living. The pay of an unqualified worker amounted from 12 to 15
follies a day75. In Alexandria in the second decade of the vuth century
A.D. the allowance of a refugee from Syria varied from one to two kerata a
day, i.e. 12 to 24 follies^6. Paragraphs 22 and 62 of the Nomos Georgicos
call for a payment of 12 follies for a day’s work77 78. And Moschos in his
well-known story relates how an old couple, by hard labour of their entire
life, had managed to save four nomismata™.
Of course this data applies to the poorest class of population whose life
was but a misérable existence, but anyway a doctor with an average practice
would earn from three patients a day a sum for which an unqualified worker
would hâve to toil 19 days.
Some doctors acquired considérable wealth but this was rather due to
their exceptional abilities and a piece of good luck. Libanius mentions a
doctor wellknown throughout Antioch who was treating the governor of
the district79 and who certainly did not complain about his fees. The same
may be said about Olympius80 and Marcellus81, two pupils of Libanius,
both excellent specialists, famous in the city. Olympius was advanced to the
post of the archi-iatros of the court82. Kaisarios the brother of Gregory
of Nazianzus, received the dignity of the « cornes sacrarum largitionum »
74. Already at this epoch the Byzantines appreciated highly in a physician his pro-
fessional expérience, cf. Papadopoulos-Kerameus, o.c., pp. 28-31 : in the xenodochion
near the church of st Anastasia in Constantinople there was a whole staff of doctors,
the chief archiiatros had 33 years of practice, the surgeon 28. The fact is stressed by the
hagiographer.
75. H. Evert-Kappesova, Studia nad historia wsi bizantyjskiej (Studies on Byzantine
village), in Polish, Lodz 1963, p. 41, note 203. G. Ostrogorsky, Loehne und Preise
in Byzanz, B.Z. XXXII (1932), p. 298.
76. MPG. 93, Vita Sti Joannis Eleemosynarii, col. 1620 : Continue ergo plagatos
et infirmes in xenodochiis et nosocomiis fecit recumbere... Eorum vero qui sani essent
et egeni... masculis quidem singulas siliqua dabat, mulieribus autem et puellas tanquam
infirmioribus membris binas. »
77. W. Ashburner, in « Journ. of Hellenic Studies», XXX, 1910, pp. 85-108 ; § 22 :
‘Eàv YEùjpyàç xXé^T) év axà<pù> Xlayov r, SixéXXav xal pierà /pôvov SiaYvcoaOj), rra-
pE’/ÉTto tû rçp.epfjatov aùroü çôXXeiç 8d>8exa.
78. MPG. 87, Pratum spirituale, col. 3057-3061.
79. Libanios, Oratio, éd. Foerster, LU, 35.
80. The same, Epist. 65, Cf. note 61.
81. The same, Epist. 359, 6.
82. The same, Epist. 65.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
153
in Bithynia, where he built up a big fortune83. Joseph the catholicos of the
Nestorian Church in Persia, tended king Chosroes for a serious disease
with good results and gained in this way his favour and the highest dignity
in the Nestorian Church84. The bishop of Martyropolis, Maruthas, a
doctor of exceptional abilities, was the physician of the Persian king Izdegerd
and became a great favourite with him85.
The social standing of a physician
To say that in the Roman Republic the medical profession was despised
would be perhaps putting it too strongly, but it certainly did not enjoy
much considération86. As a rule the physicians were slaves, nearly always
Greeks. Their profession obliged them to render sometimes distasteful
services to their patients and the surgeons had to proceed manually, which
must hâve produced a disadvantageous impression, manual work being held
very cheep with the Romans. It is true that even some members of the best
Roman society were interested in medicine, but knowledge of a subject,
treated as a hobby, and the use of this knowledge with the purpose of earning
one’s living, are two different things. That is what was understood in Greece
as « té/vï; » a spécifie skill practically applied and « èmemip-t) » - the study
of a problem solely for the sake of intellectual satisfaction. The Romans
had kept for centuries the mentality of an agrarian people, a people
of small farmers and landlords. It was a generally accepted opinion that a
man of a certain social rank should live upon the revenues of his estâtes
and devote his activity to farming and State service.
This State of things began however to change in the course of time;
the vast Empire could no longer be governed with the methods applied
83. MPG. 35, Oratio VII, col. 773 : Kaisarios was an unusally attractive young
man. When he decided to settle in Constantinople he married into a rich and powerful
family and certainly was strongly backed by his new relatives. He died at a
young âge leaving a considérable fortune which he probably owed to his dignity of
cornes. Cf. col. 764 : ... tocootov Kaicrâpioq xXdoç Tjvéyxaro waTe 8ï)p.o<jiaç -rip.àç
(in Constantinople) aùrâ xai yâ[xov tù>v eùSoxipicov. Col. 773 : Atérpiêe pièv èv -rj)
Bdhjvœv t))v où 7roXXoar7;v ... ànù> PaaiXéox; SIettcùv àp‘/T|V ...
84. A. Guillaumont, Justinien et l'Eglise de Perse, in D.O.P., 23-24 (1969/1970),
pp. 41-43.
85. MPG. 67, Socratis, Hist. Eccles., lib. VII, cap. VIII, col. 752 : Kal yàp xeçaXaXyiav
aùroü (i.e. ’Ia8iyép8ov) /poviav, f)v oî pictyoi 9epœ?reü<jai [X7j 8e8ùv7)vrai, -raùr/jv ô
MapovQâq eùxaïç èâepàTtevae ... col. 753 : 'û 8è ô flaaiXeùç ^8ï) Ttporepov ÙTtônrouç
ê/wv roùç piayouç ... MapovQâv 8è 8tà TtXeiovoç 7)ye Tip.7)ç.
86. Cf. V. Nutton, The doctor and the Oracle, « Revue belge de Philologie et d’his-
toire», XLVII (1969), pp. 37-43.
154
MÉLANGES IVAN DUJÔEV
under the Republic ; it required an administration and a whole staff of
qualified functionaries. It was no longer members of the Senate who had
weight and importance but those « èv réXei ». And slave labour having
fallen into désuétude it was replaced by the labour of free citizens. Different
professions, especially learned ones, which were hitherto only tolerated
began to be valued87. Rhetors did not hesitate to accept rémunération
for their teaching and the social status of the doctor, who was no longer a
slave but a man enjoying civil and political rights, as a fully trained pro-
fessional, had also entirely changed. In the second century A.D. a Galen
and in the sixth a Paul of Aigina enjoyed world-wide famé. James Psychres-
tos, the archi-iatros of Léo I, obtained the dignity of a cornes and was
honoured with statues88. Oribasius was as much the physician of Julian
the Apostate as his friend. John Chrysostom met doctors in the best society
of Cappadocian Caesarea89. Libanios likedto spend his time in the company
of his « old doctor»90. And in the vilh century we find the chief physician
of Justinian the Great interfering in political affairs91. After the conquest
of Syria and Egypt the Arabs became cognizant of Byzantine medical
achievements which, in the course of time, spread to Europe by their
intermediary. There was, however, this différence that a doctor in Médiéval
Europe had far less knowledge than his Byzantine predecessor and was far
less human. It should never be forgotten that the system created by Galen
and his methods of treatment survived for more than a thousand years.
Throughout the sources we meet with a high regard not merely for a physi-
87. Cf. W. Ceran, Rzeniieslnicy i kupcy Antiochii i ich ranga spoleczna w drugiej
polowie IV w. (Artisans and merchants in Antioch and their social rank in the second half
of the ivth century), in Polish, Wroclaw-Varsovie-Cracovie, 1969.
88. F. Brunet, o.c., p. 95-96.
89. A.M. Malingrey, Jean Chrysostome, Lettres à Olympias, Paris 1968, Lettre
IX, 2b.
90. A.F. Norman, Libanios’ autobiography (Oratio L), the Greek text, edited by...,
London, New York, 1965.
91. Chronicon Pascale, C.B. 1832, v. I, p. 624-628. His name was Thomas. The nephew
of the Emperor Anastasius, when he was proclaimed in the hippodrome as emperor,
sent to Justinian one of his intimâtes, a certain Efrem, candidate, with a secret mission:
namely he had to ask Justinian how he wanted him to act in this dangerous situation
in which he found himself against his will. Thomas, whom the messenger met incidentally
and asked as someone weil informed whether he could see the Emperor, fooled him with
a lie, telling him that the impérial couple had already fled from the capital. This was not
true because Justinian and Theodora were still in the palace and decided, as we know,
to stay in the capital. It is not clear what induced Thomas to act in such a way : he might
hâve thought that Justinian’s situation was hopeless and he was perhaps eager to gain
the favour of the new sovereign. Anyhow he had to pay the utmost price for his fraud
because, when it was discovered, Justinian ordered him to be beheaded.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
155
cian as individual but for the profession as a branch of science92. St Jerome
says that the medical art is the one most useful for a human being93.
Ammianus Marcellinus stresses its development94 ; according to Firmus
Caesariensis Homer already had a high opinion of the physicians, which
opinion he entirely shared95. For Gregory of Nazianzus the medical art
is a resuit of theory and expérience96, according to John Chrysostom nobo-
dy, even if he has a iatreion, pupils, necessary instruments and drugs, can
prétend to be a physician unless he has acquired the indispensable degree of
knowledge97. In one of his sermons he says that the Almighty God had
endowed us with a soûl but also with a body, so it would be a big mistake, if
not a sin, to neglect our health98. That is why we ought to follow blindly ail
that our doctor prescribes, trusting in his knowledge and expérience99.
During his exile in a forlorn little town on the confines of the Empire, the
lack of good physicians was one of the worst sufferings he had to endure100.
Sophronius goes so far as to compare the « philanthropia » of a physician
with the mercifulness of the Almighty101. A confesser and a penitent are
like a doctor and a patient102.
92. Owsey Temkin, o.c., p. 97-113.
93. MPL. 22, Epistola LUI, Ad Paulinum, 6, col. 544 : Taceo de Philosophis... Dia-
lecticis, Musicis, Grammaticis, Rhetoribus, Astronomis, Astrologis, Médicis quorum
scientia mortalibus utilissima est...
94. Ammianus Marcellinus, XXII, 16, 18.
95. MPG. 77, Firmi Caesariensis Episcopi Epistolae, VIII, col. 1488 : « ’Appievicp
’ApxuFrpù). 'Op.y;pù> pièv 8oxeï to aocpô rroXXcüv àirraSiouç elvat toùç laTpoùç. ’Epiol
8è ri)v aiTiav œxottoüvti, 8uoïv evexa toüto elpyjaS-ai çaîvsrai. • to ptèv xarà ttjv èm.<7v7)fZ7)v,
ôti OeparreuTal <jù>ptàTOv to 8è xoerà rr)v cpiXiav 6ti xal ... aup.[3ouXeùoVTeç Tàç
XÙTraç rrausTs ... » (Iliade, XI, 514 : TrjTpôç vàp àvrjp rroXXrôv àv-nx^toq àXX<ov
96. MPG. 36, Oratio, XL11I, 23, col. 528 : ’laTpixrp pièv yàp xal t; toü ad>p.a7oç
d^pora-rla xal voaoxopila, cpiXoaocplaç xal cpiXorrovlaç oùaav zaprrôv ...
97. MPG. 60, In Acta ApostoL, Homilia LU, 5, col. 365 : "Ap/cju yàp oùy ô
xaXoûpievoç ègt'.v, àXX’ ô c’iv. "fitnrep yàp laTpàv oùx au ttoitjoeie fJaaiXeùq ... ’Errsl,
eî (3oi5Xer, oi-zoSoptel-ùj tiç laTpeïov, éyé-ro xal p.aO-ï)Tàç, èyÉTO xal opvaua xal <pàpp.axa,
xal elaÎTGi Kpôç toùç xâptvovTaç' àpa àpxeï TaÜTa rroi^aai la-rpùv ; Où8ap.ù>ç.
98. MPG. 62, In Epist. ad Titum, Homilia 1, col. 670 : Oùx ol8aç oti ànOsveia
ocoptaTixà) -îjç xaTà i^u/ap àaOevelaç où/ ^ttov xal Tjpiâç pXàr:TO'. ...
99. MPG. 47, Ad Stagirium..., lib. I, 7, coi. 441.
100. Montfaucon, Letters to Olympias, v. III, p. 724 ; 783 ; 826 ; 692. Cf. A.M.
Malingrey, o.c.. Lettre XVII, b. p. 213.
101. MPG. 873, Sti Sophronii Hierosolymitani, Oratio V, De Festo Sti Crucis, col. 3309:
... èxiSeSwxévai (s.c. tùu xàp.vov-ra) Taïq toü laTpoü ycpal xal ... êrroiTO Taïç repaient
Taïç toutou. Tou aÙTOv Sr, Tpùrrov xal ô à-faOàç z^icou Oeàç neTrolTjxe, xal cpàppiaxou ...
rrpocrrlQ'qaiv Tjijiïv tt)u îepàu TaÜTTjv ... uïjaTelav.
102. The same, ibid., De Peccatorum Confessione, col. 3365 :... 6<nrep ô Sozip-oq laTpùç
éxàaTOu rrùvou ... xal àXv-/;p.aToç Tàç te [îo-àuap xal ~à xeucoTixà ... yivdiaxei xal Èrric-
ra-rai, oütoç xal ol rà- é5aYyeXiaç 8e/6p.sw. ocpeiXovaiv el8évat ~i ècrri ipv/r-xij vôaop ...
156
MÉLANGES IVAN DUJCEV
The criticism of the medical art
Of course we meet with criticism too, but it usually does not concern the
medical art, the great importance of which nobody seems to deny, but the
physicians as individuals. It has already been said what admiration John
Chrysostom professed for the art, but it did not prevent him from seeing
the vices of its practitioners ; a famous doctor to whom patients corne
from across the seas daims extraordinarily high fees103 ; he does it even
in case of a slight indisposition104. And what is the comportment of many
doctors ? At the bedside of their patient they engage in argument and the
différence of their opinions is many a time a mortal danger to the sick. Love
of wealth and professional pride are their main features105.
St Jerome blâmes the surgeons for their cruelty : in cold blood they
proceed to cauterize a wound or to amputate a limb106. Ephraim the
Syrian has still an other objection : the surgeons will easily eut off one of
your limbs but they are unable to restore it to its former place107.
It is generally known that complaints against doctors are as ancient as
the medical art itself ; we meet with them where they certainly should not
be expected. For instance, in Hellenistic times, an author such as Philemon
senior says that for a physician a healthy person is like a town for a soldier
which he has not yet had the opportunity to rob and burn down, and Phile-
mon Junior is of the opinion that a judge and a dodor are the only persons
who are allowed to murder with impunity108.
This criticism however does not seem to be very serious and it did not
alter the general esteem for medicine as one of the most important parts
of the human knowledge, because it renders the gréa test services to
mankind.
103. MPG. 54, De Anna, Sermo II, col. 653-654 : Kal eTepoi p.èv xal TteXàyT)
8ié6aXov piaxpà ... xal xp'ÔP-'XTa èSanâvqaav ... ïva tov èîtl -rfjç àXXoTpîaq p.r)vu9évTa
la-rpàv î8ù>ai ...
104. MPG. 47, De Compunctione, Ad Demetrium, lib. I, 2, col. 395 : ’AXXà èr.i p.èv
toü ad>p.aTOÇ, xàv to t’j/ôv 7)[zâ<; èvo'/Xïjor, TtàOoç, xal îaTpoùç xaXoüpiev xaî ypr^iaTa
avaXlaxopiev xal xapTepîav èni8eixvùp.e9a ...
105. MPG. 58, In Matth., Homilia LXX1V, 4, col. 684 : Kav ôtioüv èniTàÇcoat (ol
laTpoî), 7tei96p.e9a, xaî piiaOoùq aÙTOiç ... TeXoüpiev ... EISeç laTpcôv té^vïjv pieTà üyeîaç
xaî xpripaTa Ttapex^vTùiv ; Ibid., col. 685, 5 : "Opa yoüv eîaeX96vTa rcâXiv êrepov
(sc. laTpôv) xal ’/aXETrà XéyovTa ...
106. MPL. 22, Epistola XL, Ad Marcellam, de Onaso, col. 473 : Medici quos vocant
chirurgicos, crudeles putantur et miseri sunt. An non est miseria alienis non dolere vul-
neribus et mortuas carnes inclementi secare ferro ?
107. Carmena Nisibena. Uebersicht von Ed. Beck, Louvain 1961, I Teil, XXVII,
P- 75, 1.
108. C. SCHNAYDER, O.C., II, V, p. 405.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
157
Personal hygiene
There is still a factor that carries big weight : Byzantium had inherited
from the Antiquity a long tradition of personal hygiene. « Perhaps more
important (than public doctors)... to the health of the lower class were
institutions such as the large public baths, the gymnasia, aqueducts...
They ail acted as préventive measures against diseases by encouraging
exercise and cleanliness... ». It was the Romans «who developed baths
on a large scale... The town of Timgad may be quoted as evidence of the
extent to which in some towns the baths must hâve been frequented, for
there are traces of no less then twelve separate bathing establishments... for
a population of some 15,000 inhabitants... It is of some interest to compare
this situation with that in xixth century England... in London the bath-
houses were credited with the awesome total of two million baths a year »109.
Theodosius the Great when he wanted to punish the population of
Antioch for the riots of 386 A.D. ordered ail the public bathhouses to be
closed, however with the sole resuit that the inhabitants of both sexes
went to bathe together in the Orontes110. John Chrysostom who, on his
way to exile, was very badly treated by the soldiers of the convoy, night
after night deprived of a proper sleep and nearly starving, nevertheless
had the possibility to wash nearly every day, though not in a tub but in
a barrel111.
Likewise the regenerative action of fresh air, pure water and hot springs in
the case of certain diseases was known at least in a certain class of society. Am-
mianus Marcellinus mentions the hot springs of Palestine, which proveto be
very efficient in many diseases112. Gregory of Nazianzus, when he was in so
bad a State of health that he could hardly walk, was sent by his physician
to a health resort, where he stayed in a monastery and took regularly hot
baths113. For John Chrysostom there is nothing to restore one’s health
109. Hands, o.c., p. 143-144. Cf. too MPG. 62, Joannes Chrysostomos, Homil, I.
in Epist. ad Titum, col. 670. : ’AXXà XoùeaOat, tp-rjaiv, où xpri- Aià ri, eîné p.ot ; IIoü
toüto xexwXurat ; Où8è yàp ô purroç xaXôv.
110. Chr. Baur, O.S.B., Der heilige Joannes Chrysostomos und seine Zeit, München
1930, v. I, p. 225.
111. o.c., v. Il, p. 353.
112. Ammianus Marcellinus, XIV, 8, 12 : in locis plurimis aquae suapte natura
calentes emergunt, ad usus aptae multiplicium medellarum.
113. MPG. 37, Ep. CXXV, col. 220 : ’EneiSr; 8è nepairépco TtpOTjyaYev 7) àpp<oaria
xai roïq HavÇapiSoç Oeppioïç àvaYxaïov larpœv roüro aup.6ou-
XeuaàvTùiv ...
158
MÉLANGES IVAN DUJCEV
like pure water and bathing in hot springs114. He seems to hâve followed
this régime himself for he mentions several times that, on account of this
health, he had to leave the city and make a longer stay in the country115.
Théodore of Sykeon who had the réputation of a saint and of a healer,
often prescribed to his patients balneological treatment116. Again according
to Palladius it is advisable to leave Egypt during the flow of Nile in order
to avoid the noxious évaporations of the river117. Basil the Great underwent
a balneological cure when he suffered from hepatetic troubles118.
The degenerated forms of ascesis
But if so how to explain the disgusting, degenerated forms of ascesis,
practised by hermits who never took a bath, never washed their feet and
lived in revolting dirt ?
They lived in dirt but did they delight in it ? A great deal has already
been written about asceticism, treating the subject under the angle of
psychology, religion or medicine. However, the asceticism of early Chris-
tianity has yet another aspect. The third and the fourth centuries A.D. mark
the décliné and fall of the Roman Empire — that enormous and powerful
State, within the limits of which nearly the whole oikumene was contained.
At the same time ancient civilisation, knowledge and faith were rapidly
coming to an end. Mankind was in search of new values to replace the old
ones which were falling into désuétude. For the hermits ascesis was not
only the most certain way to salvation but also a protest against ail what
they considered useless, vain and also pernicious for the soûl, particularly
the pagan love of beauty and of life. Their dirtiness may hâve been not
only a mortification but also one of their most vigorous forms of protest.
At the same time it is interesting to note that their extreme asceticism,
though admired by masses, was very frequently disapproved by laymen
as weil as by regular monks and clergy. In John of Ephesus we find the
story of a certain Harfat who lived in the first quarter of the vi,h century.
114. MPG. 49, Adversus eos qui dicunt daemones..., 5, col. 251 : Kal yàp ô laTpôç
où-/ ÔTav eiq napaSeiaouç xal Xetp.ôwaç è'ayâ'ffl tôv xâjxvovTa, QaupiaaTÔç Èoti pidvov,
où 8' Ôtow eiç paXaveïa xal xoXup.67)9paç ùSàTcov ...
115. Ibid., De poenitentia, Homil. I, 1, col. 277 ; Atà toüto xal -rfjç toü awpiaToq
œppùxjTÎaç s7tl nXéov èxeï 8taTpl6eiv (in the country) àvayxaÇoùcnqç xal -rfjç toü
aépoq üxpeXelaç elç tï)v Tijç aapxàç ànoXaùeiv ûyleiav ...
116. E. Dawes and H.N. Baynes, o.c., pp. 146, 182.
117. H.F. Frings, o.c., p. 73.
118. Ibid.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
159
He left his native town Arsamosata and his family to lead the life of a
hermit. At the outset he loaded his feet and hands with heavy chains but
nevertheless continued to work in a field. Of course in such conditions the
results obtained were very poor. Finally John of Ephesus persuaded him
that it would be more reasonable to take off his chains. And so he did119.
There is another story told by the same author : a certain Thomas, a
man of excellent éducation, fine manners, brought up in luxury, was exi-
led under Justinian the Great as a monophysite to Palestine. He learnt one
day that in the vicinity of Mendes (Mendesche) where he resided there
was a big cavern, and immediately decided to live there as an anchorite.
The entire village was very amused when it learnt of this decision. What
— they ail said — he who used to wash his hands and face ten times a
day, practising such ascesis ? So much refinement, such an éducation in
a muddy den ! And to what purpose ? What is the use of it ?120
Quite frequently the regular monks would not tolerate extreme forms of
ascesis in their monastery. This was the case of a certain Abbi, whose
clothes were swarming with vermin. From time to time his fellow-monks
forced him to take off his rags and plunge them into boiling water ; then
they provided him with clean underwear and a clean habit121. Simeon the
Stylite was turned out of his monastery by the prior who found that his
ways of torturing himself were absolutely absurd, while the monks could not
stand his smell and his vermin. Here a detail worth noting : before he was
turned out the prior called a doctor to apply a dressing to the wounds
caused by his chains and louse bites122. The case of Severus, the
monophysite patriarch of Antioch at the time of Justinian the Great, was
a bit similar : he refused to bathe because he did not want to sec himself
naked, but his clergy insisted so much that he agreed to take a bath under
the condition to keep on his shirt123. It also happened that the monks,
119. John of Ephesus, Lives of the eastern Saints, Patr. Orient., XVII, fasc. I, 1923,
p. 63.
120. Ibid., p. 189 sq.
121. Ibid., p. 217.
122. MPG. 114, Simeon Logotheta Metaphrastes, De Sti Symeone Stylitae, col. 340.
Cf. also E. Dawes and N.H. Baynes, o.c., p. 4. Also H.J. Magoulias, The lives of the
saints as sources of data for the history of Byzantine medicine in the sixth and seventh
centuries, B.Z. 57 (1964), pp. 127-150.
123. Zacharie le Scholastique, Vie de Sévère, ed. M.A. Kugener... Patr. Orient,
v. II, 1, 1903, p. 259. The situation may be however somewhat different here : Severus
was seriously ill and a hot bath was generally considered as a cure for many diseases.
Cf. MPG. 49, Joannes Chrysostomos, De Statuis, Hom. XIV, 6, col. 151-152.
160
MÉLANGES IVAN DUJCEV
not satisfied with the possibilities of washing in their monastery, urged
their prior to set up for their use proper installations124.
Here are still more examples : in Heliopolis we may witness a very simple
but amusing scene : the master of the house being ill, his wife is at his bed-
side. Ail the servants of the household are only too glad to seize this oppor-
tunity to leave their work and start ail kinds of pranks. The maids prétend
to be possessed by démons ; they scream, they run about the courtyard,
rolling on the ground, while one of the men, having put on a furcoat, paro-
dies a hermit by muttering exorcisms125.
Daniel of Samosata, who lived in the second half of the sixth century,
was also blamed by his prior for his excess of mortifications. He therefore
left the monastery with the intention of living on top of a column. He
chose for this purpose a small meadow, but, when he proceeded to erect
the column the proprietor of the place protested vehemently. He was afraid
that his piece of land might be devastated by the crowds which would
arrive, moved by pious feelings or sheer curiosity. Besides he was of the
opinion that a monastery would be a much more appropriate place for
Daniel than a column. And this was also the point of view of the patriarch
of Antioch126.
AH that was said above does not mean of course that so incongrous,
not to say absurd, a display of faith was generally condemned ; on the con-
trary it is undeniable that it was admired and even venerated by many,
especially in the lower strata of the population. My only aim was to show
that it had opponents as weil. St Basil the Great, who was one of the most
erudite and cultivated men of his time and at the same time one of sound
judgment, always preferred prayer and labour to ascesis. He was not even
enthusiastic about celibacy.
Miraculous healings
There is still a question which deserves to be examined, namely why in
a society which had a long tradition of medical help and a number of skilled,
weil trained physicians, people betook themselves so often to the holy
healers ? Does it not betray a lack of trust in the medical art ?
124. MPG. 87, Moschos, Pratum spirituale, col. 2937-2940.
125. MPG. 82, Theodoreti Cyrensis, Religiosa Historia, col. 1384 : ... êçaaxev êv
'HXtovTtôXei tov [ièv toü olxéTou àppù>aTÎ;aai SecmâTTjv, ttjv 8é ye SéaTtotvav t<5
... 7tapaxa9î)<j6ar Tàç 8è TtatSlaxaç tî;ç oixlaç ... tov êv ’AvTio'/ela <piXoao<po6vTcov
[lova/cov 8iï)Yeïa9ai tôv piov, xai ôavjv xaTà 8aip.6vo>v ê/ovot. tt;v lcr/’jv.
126. E. Dawes, and N.B. Baynes, o.c. p. 23.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
161
In the early times of Christianity a disease was considered from a point
of view very different from the modem one. For a Christian of the fourth
or fifth century an incurable affliction was a punishment imposed by the
Almighty on a sinner and the doctor, being a simple mortal, was in such
a case helpless. In spite of ail his wisdom he could not restore the health
of his patient against the will of God. Thus when he saw that ail his efforts
were vain, the best thing he had to do was to advise his patient to go to a
temple and implore the mercy of the Saints. In other words it was not in
quest of a cure but in the hope of a miracle.
According to John Chrysostom the Almighty gave to the holy martyrs
the power of healing as a reward for the ardour of their faith. And this
power is unlimited127 128. Their prayers are the best of treatment. They are
« iatroi pneumatikoi»i2S. But many times he recommends people to
consult physicians and follow their advice, which he did himself, so that it
may be said that in his opinion people should invoke the mercy of the Saints
in a desperate case or if they were absolutely deprived of the possibility
to consult the doctor and God was their only and last refuge.
Thus the strong belief in supernatural forces at this early period of Chris-
tianity can in no way be considered as a distrust or a dépréciation of the
medical art and its représentatives.
Summary
If we would proceed now to summarize ail that has been said above,
we would corne to the conclusion that the level of the medical knowledge
in the Byzantine Empire was — for those times — rather high. There existed
several schools in which a young adept could get a good professional trai-
ning and, when his studies were over, he had different possibilities of employ-
ment. The average revenue of a physician seem to hâve been at least enough
for a decent living. Nevertheless among several vital questions concerning
the activity and status of physicians in the early Byzantine Empire, there are
two which ought to be examined further : how numerous were the doctors
in the Byzantine Empire and to what social stratum belonged their patients.
In the vith century the number of cities in Byzantium amounted to 911129,
127. Jean Chrysostome, Huit catéchèses baptismales inédites. Introduction, texte cri-
tique, traduction et notes d’A. Wenger, Paris 1954, VII, 7, p. 232.
128. Ibid, VII, 5, p. 231.
129. E. Honigmann, Le Synekdemos d'Hiéroclès et l’opuscule géographiaue de Georges
de Chypre, Bruxelles, 1939.
162
MÉLANGES IVAN DUJCEV
from which 442 (that is less than a half) were in the Balkans, Asia Minor
and Palestine, and 470 in Syria and Egypt. If the law, according to which
each city ought to hâve from one to five municipal doctors, were strictly
observed, we would obtain the number of 4555 iatroi, and if we add half
of it for private practitioners it would give us the incredible number
(for those times) of nearly 7000 doctors. Of course it was only possible for
big towns to possess four of five doctors, but at the same time in very
important centres like Constantinople. Alexandria, Antioch, Berytus, there
was a doctor for each district of the city. As it is known the capital itself
was divided into 14 districts. A.H. Jones is of the opinion that the average
population of the Byzantine town at this epoch amounted to 5000 inha-
bitants130, but, though so small a place could hardly afford to hâve its
own city iatros, nothing would prevent a candidate from settling there,
— which he probably did— as the considérable quantity of villages and
boroughs in the vicinity131 would amply provide him with patients.
Thus I believe that, though we are far from attaining the number of
7000 physicians, there was in general no great shortage of medical aid
in early Byzantium, with the exception however of the small forlorn towns on
the confines of the Empire, where it was nearly impossible to obtain medicine.
So at least John Chrysostom complains132. But was he quite right ?Arabissus
and Kukusus could not be so entirely deprived of medical help, given that
there were garrisons there. John Chrysostom’s situation was spécial : he
was a political deportee and a very badly treated one.
By far the greatest part of patients belonged — as it usually happens —
to the wealthy classes ; the methods of treatment described by some doctors
were meant for persons with plenty of leisure and money : refined diet,
good living conditions, a rest during the day time, long and repeated visits
to a health resort133. For a craftsman, a merchant, a farmer, and even for
a man of learned profession it was not so easy to abandon his workshop,
his farm or establishment in order to undergo an expensive cure, and of
course he would not be able to afford it. But this does not mean that middle
classes did not consult a physician in case of a disease, if it was a serious
one. Hagiography tells frequently of craftsmen who corne to the temple
in hope of a miraculous healing after having undergone, but to no effect,
130. A.H. Jones, The Greek city from Alexander to Justinian, Oxford 1940, p. 25.
131. Ibid., p. 60 sq.
132. Jean Chrysostome, Lettres à Olympias. Introduction, texte critique, traduction
et notes par A.-M. Malingrey, Paris 1968, Lettre XV, p. 358 ; MPG. 52, col. 620.
133. Edelstein, o.c., p. 306 ; Brunet, o.c., pp. 197-198, 233-289.
THE SOCIAL RANK OF A BYZANTINE PHYSICIAN
163
medical treatment. Certainly there is much fantasy in hagiographical
texts, but in our case it is not important whether or not these sayings are
true ; what is important is that they reflect an attitude towards the medical
art, the common and natural habit of seeking the help of a professional.
The frequent references to doctors and the medical art which are to be found
in the sermons of John Chrysostom can serve as evidence that on whole the
medical aid was required and appreciated. This of course does not concern
the masses who lived by mendicity ; their social status needs studying apart.
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SERBEN, TÜRKEN UND BYZANTINER
VON DER TÜRKISCHEN EROBERUNG
KALLIPOLIS’ (1354) BIS ZUR SCHLACHT
AN DER MARICA (1371)
Jadran Ferluga
Ivan Dujcev, dem diese Festschrift gewidmet ist, hat sich noch vor
kurzer Zeit mit der Eroberung der Balkanhalbinsel durch die Türken
in einem Artikel über die Epoche zwischen der Schlacht an der Marica
(1371) und der auf dem Amselfeld (1389) beschâftigt1. Es ist kein Zufall,
dap er seine Studie mit der serbischen Niederlage von 1371 angefangen
hat, da auch er ohne Einschrânkungen dem Urteil Ostrogorskys, dap
« ... der osmanische Sieg an der Marica, der grôpte und folgenschwerste
vor 1453...» für Byzanz so wie für die Vôlker und Staaten der Balkan-
halbinsel gewesen sei, beipflichtet2. In diesem Beitrag zur Ehrung meines
guten Freundes môchte ich für die vorhergehende Période, die den Zeitraum
zwischen der Einnahme von Kallipolis durch die Türken und der Schlacht
an der Marica umfapt, mich nur auf einige neuere Ergebnisse der For-
schung, besonders jene, die die innere Entwicklung in Byzanz und Serbien
betreffen, beschrânken.
1. I. Dujcev, Ot C.ernomen do Kosovo polje. Kum istorijata na tursko zavoevanie v
Trakija prez poslednite desetiletija na XIV v., « Izvestija na Trakijskija naucen institut»
2 (1970), 73-105, jetzt auch in : I. Dujcev, Bulgarsko srednovekovie, Sofija 1972, 546-587.
2. G. Ostrogorsky, Geschichte des byzantinischen Staates, München 19633, 447.
166
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Der Zeitabschnitt, der hier betrachtet ist und der kaum 20 Jahre umfapt,
hat für die Entwicklung Europas und ganz besonders der Balkanhalbinsel
eine weitreichende Bedeutung und trotzdem gehôrt er, so wie die ganze
Période des ausgehenden Mittelalters (14. und 15. Jh.) zu den dunklen
Zeitabschnitten der Geschichte Südosteuropas3. Mit der Eroberung von
Kallipolis begann eine neue Epoche : die der endgültigen Ansiedlung
der Osmanen auf dem Boden Europas. Sie markiert den Ausgangspunkt
zur Bildung des grôpten Reiches der Neuzeit in Südosteuropa, für die
Vôlker der Balkanhalbinsel aber den Anfang des Endes ihrer Unabhân-
gigkeit.
Man hat sich schon lângst mit Recht gefragt, wie es überhaupt môglich
war, dap die Türken so rasch und leicht in Europa Fup fassen konnten.
Jede Epoche hat der gestellten Frage ihre, dem Zeitgeist oder der Auffas-
sung des einzelnen Forschers entsprechende Antwort gegeben. Es ist nicht
nôtig, hier die Entwicklung der Geschichtsschreibung zu verfolgen4, desto
mehr, da wir nur einigen Problemen dieser Entwicklung uns widmen
wollen.
Die Osmanen überquerten die schmale Meeresenge der Dardanellen5,
nachdem das byzantinische Reich praktisch ganz Kleinasien, auper ein
paar Stâdten, endgültig an die Türken verloren hatte. Aber auch auf dem
Balkan war die Lage der Byzantiner nicht besser : Serben, Venezianer
und Genuesen hatten grope Gebiete erobert. Der byzantinische Macht-
bereich beschrânkte sich auf Thrakien und die Inseln im nôrdlichen Teil
des âgâischen Meeres, auf das durch die serbischen Eroberungen abgeschnit-
tene Thessalonike und auf einen Teil der entlegenen Peloponnes. Schlimmer
aber als die territoriale Verstümmelung war die wirtschaftliche und die
3. E. Werner, Die Geburt einer Groümacht. Die Osmanen (1300-1481). Ein Beitrag
zur Genesis des türkischen Feudalismus, Wien-Kôln-Graz 1972 2, 116 und die dort zitierte
Literatur.
4. Ohne den Ehrgeiz zu haben, daB hier eine vollkommene Auswahl getroffen wurde,
sollen doch einige neuere Werke wegen ihres synthetischen Charakters aufgezâhlt werden,
die aile mit reichen Verzeichnissen von Quellen undLiteratur versehen sind: Werner,
Osmanen, 3 sqq. ; H. Inalçik, The Ottoman Empire. The Classical Age 1300-1600,
London 1973 ; The Cambridge Médiéval History, Vol. IV : The Byzantine Empire, Part
I : Byzantium and his Neighbours, ed. J.M. Hussey, D.M. Nicol, G. Cowan, Cambridge
1966 ; Ostrogorsky, Geschichte, 384 sqq. ; D.M. Nicol, The last Centuries of Byzan-
tium, 1261-1453, London 1972.
5. Tzympe wurde schon 1352 erobert, aber die Bedeutung Kallipolis’, das im Mârz
1354 in türkische Hânde fiel, ist viel grôBer ; zur Chronologie cf. Ostrogorsky, Geschichte,
437-438, Anm. 1.
SERBEN, TÜRKEN UND BYZANTINER
167
finanzielle Krise des byzantinischen Staates, begleitet von dem Zusammen-
bruch der Zentralmacht und der Auflôsung des Verwaltungssystems6.
Es wird heute allgemein angenommen, dap die spâtbyzantinische Epoche,
besonders die der Palaiologen, durch grundsâtzliche Elemente des Feuda-
lismus gekennzeichnet ist. Eines von diesen ist das sogenannte Apana-
gensystem7. Die Apanagen — es sei nebenbei bemerkt, dap der Termin
nicht sehr glücklich ausgewâhlt ist8 — kommen am hâufigsten um die
Mitte des 14. Jh. vor, in einer Zeit also der Hôchstentwicklung der feudalen
Institutionen in Byzanz. Als Apanagesystem ist eine bedingte Aufteilung
des Staatswesens im Kreise der Dynastie und die zum gropen Teil unab-
hângige Verwaltung durch die jüngeren Mitglieder der Herrscherfamilie
über grôpere Gebiete zu verstehen. Die Entstehungs- und Entwicklungs-
geschichte der Apanagen beweist, dap die gesellschaftlichen Beziehungen
der Mitte des 14. Jh. es Johannes Kantakuzenos9 sowie seinen Nach-
folgern ermôglicht haben, das System breit anzuwenden. Das führte zu
einer feudalen Zersplitterung und Zerstôrung der Reichseinheit, so dap
seit dieser Zeit das ganze Territorium des Staates praktisch in Apanagen
aufgeteilt war10. Dadurch wurde die Verteidigungskraft von Byzanz
vorerst stark gelâhmt, dann bedeutend geschwâcht und baldvôlligzerstôrt.
Auch das einst vorzügliche Verwaltungssystem, aus dem die Apanagen
nicht wegzudenken sind, fiel dem allgemeinen EntwicklungsprozeP in
Byzanz zum Opfer ; und wie es letzlich Maksimovic in seinem hervorra-
genden Buch über die Verwaltung in der Palaiologenzeit11 ausführlich
6. Cf. unter anderem Ostrogorsky, Geschichte, 433-440, und D Zakythinos, Crise
monétaire et crise économique à Byzance du XIIIe au XVe siècle, « L’Hellénisme Contem-
porain », Athènes 1948, 1-148.
7. Cf. J.W. Barker, The Problem of Appanages in Byzantium during the Palaiologan
Period, « BuÇavvivà » 3 (1971), 103-122, grundlegend ist aber Lj. Maksimovic, Geneza
i karakter apanaza u Vizantiji, «Zbornik radova Viz. inst. » XIV/XV (1973), 103-152,
mit englischer Zusammenfassung und altérer Literatur.
8. Barker, o.c., 119 sqq.
9. Cf. die neueste Literatur : Lj. Maksimovic, Politicka uloga Jovana Kantakuzina
poste abdikacije (1354-1383), « Zbornik radova Viz. inst. » IX (1966) 119-188, mit engli-
scher Zusammenfassung 189-193 ; D.M. Nicol, The Byzantine Family of Kantakou-
zenos (Cantacuzenus), ca. 1100-1460. A Geneological and Prosopographical Study, Wa-
shington 1968, 35-103; G. Weiss, Jbannes Kantakuzenos — Aristokrat, Staatsmann, Kaiser
und Mônch — in der Gesellschaftsentwicklung von Byzanz im 14. Jahrhundert, Wiesbaden
1969 (aber nur bis zum Rücktritt).
10. Maksimovic, o.c., 104, 130 sqq.
11. Lj. Maksimovic, Vizantijska provincijska uprava u doba Paleologa, Beograd 1972 ;
cf. die Rezension von G. Prinzing in « Südostforschungen » XXXIII (1974), 509-511
und von G. Weiss in « BuÇavrivà » 7 (1975), 402-410.
168
MÉLANGES IVAN DUJCEV
analysiert und gezeigt hat, bildeten sich bis zur Mitte des 14. Jh. Verwal-
tungseinheiten für die der Termin « Thema » sich durchgesetzt hatte.
Diese kleinen Bezirke, aus einer Stadt oder Stâdtegruppe mit umliegender
Région bestehend, waren von einem « Kephale » oder « Dux » verwaltet
und in ihnen fand nicht nur die Privatisierung des Gouverneuramtes
statt, sondern es kam auf allen Stufen der Provinzbeamtenschaft zu einer
Verflechtung mit der Landesaristokratie — und das gilt in anderen Formen
auch für die stâdtische Verwaltung — die der Zentralregierung ihre ôko-
nomische und finanzielle Basis dauernd schmâlerte und endlich entzog12.
Die Resultate der neueren Forschung haben folglich bestâtigt, dap
von der Mitte des 14. Jh. Byzanz durch das Fortschreiten der feudalen
Krâfte mehr und mehr unfâhig wurde, sich aus sich selbst heraus dem
türkischen Vormarsch zu widersetzen. Da die kritische Lage des byzanti-
nischen Reiches, grundsâtzlich von der inneren Schwâche verursacht,
sich durch die âupere Bedrohung dauernd verschlimmerte, hat man sich
mit Recht die Frage gestellt, ob es Wege gegeben hatte, die Krise des byzan-
tinischen Staates zu bewâltigen. Das Problem wurde in der modernen
Historiographie behandelt13. Angeboten wurden verschiedene Antworten,
die die Lôsung auf dem inneren und âuperen Plan suchten. In Byzanz
setzte man Hoffnung auf die Hilfe aus dem Ausland, besonders dem west-
lichen, aber die europâischen Staaten und das Papsttum zeigten kein gropes
Interesse an der Vertreibung der Türken. Da oben einiges zur inneren
Entwicklung in Byzanz gesagt wurde, môchte ich auf Grund der neueren
Literatur hier nur einen Aspekt dieses Problèmes, nâmlich die Bedeutung
Serbiens in dieser Zeit, analysieren.
Die grôpte Macht auf dem Balkan war um die Mitte des 14. Jh. Serbien14.
Heute wissen wir, dank der eingehenden Analyse von Mihaljcic, dap
sie es blieb für eine gewisse Zeit, auch nach dem Tod des Zaren Stephan
Dusan im Jahre 135515. Trotz der wachsenden Schwâche der Zentral-
macht und trotz der selbstândigen und halbselbstândigen Dynastien in
12. Ostrogorsky, Geschichte, 433-434, 439-440 ; Maksimovic, Viz. uprava, 7-19
und passim.
13. Werner, Osmanen, 144-150, 332-334 und die dort besprochene Literatur.
14. Für die byzantinisch-serbischen Beziehungen überhaupt und auch für die hier
betrachtete Epoche, cf. besonders G. Ostrogorsky, Problèmes des relations byzantino-
serbes au XIVe siècle, Proceedings of the XlIIth International Congress of Byzantine
Studies, Oxford 1966, Main Papers II, 1-15, jetzt auch in : Byzanz unddie Welt der Slaven,
Beitrage zur Geschichte der byzantinisch-slavischen Beziehungen, Darmstadt 1974, 73-87,
wie auch Nicol, The Last Centuries, 165-266.
15. R. Mihaljcic, Kraj srpskog carstva, Beograd 1975, 11 sqq.
SERBEN, TÜRKEN UND BYZANTINER
169
den sechziger Jahren, stellten die Serben noch immer eine relativ starke
Militârmacht dar, besonders in einigen Teilfürstentümern. So war sogar
der Staat von Serrhes, wie es letztlich Ostrogorsky in seinem meisterhaften
Buch gezeigt hat, stârker geworden als er es früher war16. In Serbien war
auch die Zentralmacht auf dem Wege der Festigung, seitdem Kônig Vukasin
als Mitregent des Zaren Uros die Zügel der Macht in seine Hânde genom-
men hatte, obwohl auch er sich grundsâtzlich auf sein Gebiet stützte17.
Als immer neue Gebiete und Stâdte in Thrakien von den Türken erobert
wurden und osmanische Scharen zum erstenmal unter die Mauern von
Konstantinopel kamen (1359), wandte sich die Regierung des Kaisers
Johannes V. Palaiologos im Jahre 1364 an Jelena, Dusans Witwe, die die
Herrscherin des Gebietes von Serrhes war, aber durch den plôtzlichen
Tod des Patriarchen Kallistos, der die Verhandlungen führte, kam es
zu keinem Ergebnis18. Fast ohne jedes Résultat — wenn man von der
Expédition Amadeos von Savoyen, der 1366 Kallipolis von den Türken
zurückeroberte, absieht — blieben auch die Reisen des byzantinischen
Kaisers Johannes V., zuerst nach Ungarn und nachher nach Rom und
Venedig19. Es war das erste Mal, dap ein byzantinischer Kaiser in die
Fremde reiste, um Hilfe zu erbitten ; bisher waren es andere Herrscher,
die nach Konstantinopel kamen, um den Kaiser zu begrü0en : so trostlos
und bedrângt war die Lage des alten Reiches geworden. Verhandlungen
für ein militârisches Bündnis mit Byzanz wurden im Jahre 1371 von seiten
des Despoten Johannes Ugljesa, der im Staat von Serrhes seit 1365 herrschte,
wâhrend seiner Vorbereitungen der Offensive gegen die Türken, wieder
aufgenommen.
Über das Gebiet von Serrhes, seine innere Entwicklung und Beziehungen
zu Serbien, Byzanz und den Türken haben wir unsere Kenntnisse seit
dem Erscheinen der eben erwâhnten Monographie Ostrogorskys grund-
sâtzlich erweitert20. Es handelt sich nicht nur um die Bereicherung der
16. G. Ostrogorski, Serska oblast posle Dusanove smrti, Beograd 1965, 80 sqq,.
134.
17. Mihaucic, Kraj srpskog carstva, 152-153.
18. Ostrogorsky, Geschichte, 443.
19. Ostrogorsky, Geschichte, 444-446. Für die Expédition Amadeos von Savoyen
cf. jetzt E.L. Cox, The Green Count of Savoy. Amadeus VI and Transalpine Savoy in the
Fourteenth Century, Princeton N.J. 1967, 218-220, 231.
20. G. Ostrogorski, Serska oblast posle Dusanove smrti, Beograd 1965, cf. die
Rezension von S. Cirkovic in BZ 60 (1967), 112-114, und eine franzësische Zusammen-
fassung von H. Miakotine in « Travaux et Mémoires » 2 (1967), 569-573. Für die Verhand-
lungen der Gesandten aus Serrhes in Konstantinopel cf. Ostrogorski, Serska oblast,
137-139.
170
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Geschichte dieses Gebietes, die bisher noch ziemliche Lücken aufwies,
durch neue Kenntnisse oder durch Berichtigung alter Vorstellungen,
was sicher sehr wichtig ist, sondern auch darum, dap die Rolle des Despoten
Johannes Ugljesa in neues Licht gerückt ist : er erscheint als einer der ganz
wenigen Herrscher, die die Gefahren der Ansiedlung der Osmanen nach
1354 klar gesehen und entsprechend gehandelt haben. Wahrend Kaiser
Johannes V. Palaiologos im Ausland war und sich, wie es der zeitgenôs-
sische Schriftsteller Demetrios Kydones schildert, « vergeblich ohne jeden
Nutzen für unser Vaterland mühte » und Bulgarien zersplittert und schwach
war, ja sogar sich mit den türkischen Eroberern verbunden hatte, hat
Johannes Ugljesa als einziger auf dem Balkan mehrere Mapnahmen in
Ansicht der wachsenden türkischen Gefahr getroffen.
Er stellte den kirchlichen Frieden mit Byzanz, der durch die Erhebung
Stephan Dusans zum Kaiser und die Errichtung des serbischen Patriar-
chates verursacht wurde, im Jahre 1368 (vom byzantinischen Patriarchen
erst 1371 verôffentlicht) wieder her und erkannte die Rechte des konstan-
tinopolitanischen Patriarchats in seinem Herrschaftsgebiet an21.
Zwischen 1363 und 1369, nachdem die Türken das griechische Komotini
(türk. Gümüldzina) hôchstwahrscheinlich erst 1364/65 eingenommen
hatten, eroberte Johannes Ugljesa das Gebiet zwischen dem Flup Nestos
und dem Bistonisee (heute Lagos) und verlegte so die Grenze seines Staates
so weit nach Osten, dap er jetzt eine gemeinsame Grenze mit dem tür-
kischen Staat hatte22.
Das oben erwâhnte Bündnis, das im Sommer 1371 Gesandte des Despo-
ten Johannes Ugljesa in Konstantinopel gegen den gemeinsamen Feind
der byzantinischen Regierung vorgeschlagen hatten, und dem der Kirchen-
friede von 1368 den Weg geebnet hatte, kam nicht zustande. Auf der Suche
nach Verbündeten wandte sich Johannes Ugljesa auch an seinen Bruder
Kônig Vukasin. Wie es Ostrogorsky bewiesen hat, war Vukasin kein
Teilfürst, sondern er wurde vom Zaren Uros im Sommer des Jahres 1365
zum Mitregenten erhoben und wie das in Serbien üblich war23, mit der
Kônigswürde bekleidet, in derselben Zeit also als Johannes Ugljesa die
Despotenwürde erhielt. Die Teilnahme von Kônig Vukasin an dem Krieg
21. Ostrogorski, Serska oblast, 129-136.
22. Ostrogorski, Serska oblast, 31-37 ; E.P. Naumov, K. istorii serbo-vizantijskoj
granicy vo vtoroj polovine XIV v., «Viz. Vrem. » 25 (1964), 231-233.
23. Ostrogorski, Serska oblast, 7-13 ; Mihaljcic, Kraj srpskog carstva, 87-97, und
die dort zitierte altéré Literatur ; für die Bedeutung der Fresken für dieses Problem jetzt
auch cf. V.J. DjuRié, Byzantinische Fresken in Jugoslawien, München 1976, 100-115.
SERBEN, TÜRKEN UND BYZANTINER
171
gegen die Türken bekommt dadurch eine besondere Bedeutung : Er
stellte für die bevorstehende Offensive nicht nur die Krâfte seines Teilfür-
stentums auf, sondern die des gropen serbischen Reiches. Dadurch fand
der Despot Johannes Ugljesa in seinem Bruder Kônig Vukasin den z.Zt.
stârksten Verbündeten auf der ganzen Balkanhalbinsel24.
Ein besseres Verstândnis, der Ereignisse in Serbien nach dem Tod des
Kaisers Stephan Dusan 1355, das wichtig ist für die richtige Einschâtzung
des hier behandelten Problemkreises, bringt das schon erwâhnte Buch
von Mihaljcic, das 1975, also vor ganz kurzer Zeit, erschienen ist25. Wir
brauchen uns hier nicht damit ausführlich zu befassen ; es sollen nur einige
bedeutendere Ergebnisse einbezogen werden.
Mitte des Sommers 1371 ergriff Johannes Ugljesa die Initiative für den
Anfang der Offensive gegen die Türken. Kônig Vukasin unterbrach den
Krieg gegen Nikola Altomanovic im Westen und eilte nach Serrhes. Der
Despot hatte sich für den Angriff entschieden, nicht weil die türkischen
Krâfte irgendwo in Kleinasien gewesen waren, sondern zu einer Zeit des
verstârkten türkischen Druckes in Europa. Johannes und Vukasin mar-
schierten direkt auf Adrianopel, das die Hauptstadt des Sultans, wie man
jetzt als fast sicher annehmen kann, erst seit 1369 war26, wodurch ihr
Ziel, die Türken aus Europa zu verjagen, klar zum Ausdruck kam.
Zur Schlacht bei Cernomen an der Marica, über die man nichts Zuver-
lâssiges weip27, kam es am 26. September 1371. Die beiden Brüder Johannes
und Vukasin verloren das Leben und eine grope Zahl von Serben wurde
niedergemetzelt. Es war nach Ostrogorsky « der grôpte und folgenschwer-
ste Sieg der Türken vor 1453. Das erste Résultat war der Zusammen-
bruch des Staates von Serrhes, die weiteren Folgen der Untergang aller
Balkanstaaten, deren Eroberung nur noch eine Frage der Zeit war>>28
Es wurde aber auch die zur Zeit einzige und stârkste Macht auf der Balkan-
24. Ostrogorski, Serska oblast, 7-13, 140.
25. R. Mihaljcic, Kraj srpskog carstva, Beograd 1975.
26. Das Datum der Eroberung Adrianopels durch die Türken ist ein viel und lange
umstrittenes Problem. Letztlich scheint doch das Jahr 1369 akzeptiert zu sein, cf. I.
Beldiceanu-Steinherr, La conquête d'Andrinople par les Turcs. La pénétration turque
en Thrace et la valeur des chroniques ottomanes, «Travaux et Mémoires» 1 (1965), 439-
461 ; E.A. Zachariadou, The Conquest of Adrianople by the Turks, «Studi Veneziani»
XII (1970), 211-217 ; so jetzt auch D.M. Nicol, The Last Centuries of Byzantium, 285.
27. Das gilt für aile Beschreibungen, da sie auf spâteren Quellen beruhen, cf. S. Cir-
kovic, Dopune i objasnjenja in St. Novakovic, Srbi i Turci XIV i XV veka, Beograd 1960,
448, und auch G. Skrivanic, Bitka na Marici (26 septembra 1371. godine). « Vojno-
istorijski Glasnik» 3 (1963), 71-94.
28. Ostrogorski, Serska oblast, 142-143 ; cf. Anm. 2.
172
MÉLANGES IVAN DUJCEV
halbinsel, die den Türken den Weg nach Europa zu sperren versucht hatte,
endgültig ausgeschaltet.
Dieses Urteil über die Bedeutung der Schlacht an der Marica kônnte
im ersten Augenblick etwas übertrieben erscheinen und es ist auch nicht
das allgemein akzeptierte, auch nicht in der neuesten Geschichtsschrei-
bung29. Es kônnte deswegen von Nutzen sein, sich die Folgen des Sieges
der Türken etwas nâher anzusehen.
Byzanz geriet bald nach der Schlacht an der Marica in die formelle
Abhângigkeit vom osmanischen Herrscher ; es wurde ein Vasallstaat, der
Tribut zahlen und Heeresfolge leisten mupte. Schon 2 Jahre nach der
Schlacht begleitete der byzantinische Kaiser Sultan Murat auf einer Kriegs-
expedition in Kleinasien30.
Um dieselbe Zeit erkannte auch der bulgarische Kaiser Johannes Sisman,
seit Februar 1371 Nachfolger von Johannes Alexander, die türkische
Hoheit an und schickte seine Schwester Tamara in Murats Harem31.
Das Gebiet von Serrhes kam wieder in byzantinische Hânde. Im Novem-
ber 1371 wurde es vom Despoten Manuel, der in Thessalonike das Zentrum
seiner makedonischen Apanage hatte, wieder besetzt. Es war aber ein
Scheintriumph : Im Jahre 1383 nahmen die Türken Serrhes und 1387
Thessalonike ein32.
Vasallen der Türken wurden nicht nur Vukasins Nachfolger Marko,
der legendâre Kraljevic Marko von Prilep33, sondern auch die Brüder
Johannes und Konstantin Dragas, unter denen sich ein gropes Gebiet
mit den Zentren in Strumica und Stip befand34.
29. Ein Urteil, das dem von Ostrogorsky sehr nahe steht, gab schon St. Novakovic,
Srbi i Turci XIV i XV veka. Istorijske studije o prvim borbama s najezdom turskom pre
i posle boja na Kosovu, Beograd 1960, 233 (es besteht eine deutsche Übersetzung von K.
Jezdimirovic, Semlin 1897, leider ziemlich schlecht) in der ersten Ausgabe aus dem
Jahre 1893. Es ist unnotig aile Beurteilungen anzuführen und man kann sich auf einige
neuere Werke beschrânken. Àhnlich wie Ostrogorsky beurteilen die Schlacht bei Cerno-
men M. Dinic in der Cambridge Médiéval History, Vol. IV, 542 ; I. Dujcev, Ot Cerno-
men do Kosovo polje, 546-551 ; Nicol, The Last Centuries, 286, übernimmt die Formulie-
rung von Ostrogorsky, schwâcht sie aber mit einem « perhaps » ab. Für Werner, Osma-
nen, 157, ist es eine Entscheidungsschlacht und nach der Istorija Vizantii, tom. III, Moskau
1967, 165, ôffnete sie endlich den Türken den Weg zur Eroberung der Balkanhalbinsel.
Inalçik, Ottoman Empire, 12, erwâhnt sie kaum und miBt der Schlacht von Kosovo,
ib. 15, entscheidende Bedeutung zu.
30. G. Ostrogorsky, Byzance, Etat tributaire de l’Empire turc, « Zbornik radova
Viz inst. » V (1958), 49 sqq.
31. Girkovic, Dopune i objasnjenja, 450.
32. Ostrogorski, Serska oblast, 143-146.
33. Mihaljcic, Kraj srpskog carstva, 166-168.
34. Ibidem, 173-184.
SERBEN, TÜRKEN UND BYZANTINER 173
Es war die Politik des Sultans Murat I. (1362-1389) seit 1371, um den
türkischen Staat herum ein breites System von Vasallstaaten aufzubauen,
aber nicht nur auf der Balkanhalbinsel sondern auch in Kleinasien (z.B.
Kandariden in Kastamonu, Hamiden in Antalya). Sein Nachfolger Bajezid
I. (1389-1402) brach mit dieser Politik seines Vaters, mit dem Ziel, einen
zentralisierten Staat aufzubauen.
Zu den Ereignissen, die sich auf die innere Entwicklung von Byzanz
auswirkten, aber weitreichende Folgen hatten, gehôrt nach 1371 die Ent-
scheidung der byzantinischen Regierung, nicht nur den Klôstern des Heili-
gen Berges und des Gebietes von Thessalonike, sondern allen die Hâlfte
ihres Besitzes zu entziehen und es als Pronoialehen zu vergeben, um da-
durch die byzantinische Abwehrkraft zu verstârken. Diese Lândereien
wurden den Klôstern nie zurückgegeben, da sich die Lage nicht ver-
besserte, sondern nur schwieriger und tragischer wurde35.
Territorial gesehen erweiterten die Türken unmittelbar nach 1371 ihr
Machtgebiet am wenigsten. Der Sieg an der Marica aber hatte ihnen die
Wege in Richtung Bulgarien und der Donau sowie in Richtung Make-
donien und von da aus nach Griechenland, Albanien, Serbien und Bosnien
geôffnet, die sie bis 1402 mit grôpten Erfolgen betraten ; und sie festigten
ihre Lage in Thrakien.
Einiges wurde nur angedeutet oder bewupt ausgelassen. Die Türken
wurden oft nebenbei erwâhnt, obwohl sie dauernd anwesend waren ;
und man soll nicht vergessen, dap für sie diese Epoche eine der grôpten
Wenden ihrer Geschichte darstellt. Es war der Anfang einer systematischen
türkischen Kolonisation und der Versuch, einen Teil der Balkanhalbinsel
zu türkisieren ; der türkische Staat wurde zu einem der bedeutendsten
in Südosteuropa ; es entstanden neue Verwaltungsformen ; es fing eine
neue Phase des Feudalisierungsprozesses an mit der Vergabe von Timaren
(1368), wahrscheinlich wurde zu dieser Zeit das Janitscharenkorps orga-
nisiert, usw.36 um nur einige der wichtigsten Verânderungen zu erwâhnen.
Wie bedeutend diese Zeitspanne für die Vôlker und Staaten auf der Balkan-
halbinsel war, wurde vorher gezeigt. Damais wurden die Grundlagen
für einen türkischen Brückenkopf in Europa gelegt, die durch den Sieg
von 1371 endgültig gesichert und anschliepend befestigt wurden, so dap
der türkische Staat den Rückschlag von 1402 aushalten und überstehen
konnte.
35. Ostrogorski, Serska oblast, 146.
36. Werner, Osmanen, 153 sqq.
174
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Am Ende môchte ich unterstreichen, daP diese relativ kurze Epoche
von kaum 20 Jahren, der sich in der letzten Zeit die Forschung mehr und
mehr gewidmet hat, diese Aufmerksamkeit verdient, da es damais zu einer
solchen Konzentration von alten und neuen, sozialen, wirtschaftlichen,
militârischen, politischen und überhaupt historischen Phânomenen gekom-
men ist, wie kaum zu einer anderen Zeit.
CAP0V0LG1MENTI SEMANTICI E TRASMISSIONE
DELL’ ANTICO
Antonio GARZYA
Il termine Kappyjma è fra quelli che per la pregnanza e la molteplicità
semantica, nonché per la tenace vitalità, più valgono a caratterizzare la
continuité e la versatilité dello spirito greco sia nella fase classica e elle-
nistica che dopo il ferace incontro col cristianesimo, e giù giù sino all’eté
di mezzo1.
Guardando a volo d’uccello all’itinerario semantico del termine, si
puô osservare che esso, originariamente connesso nell’Atene del v secolo
a.C. con la facolté, e quindi col diritto, di dire quanto si pensa, si applica
poi alla sfera morale, corne diritto di dire la vérité, di parlare con franchezza
(o, negativamente, con eccessiva franchezza), e a quella religiosa, a indicare
la 'fiducia’ con la quale il pio rivolge a Dio la sua preghiera o il 'coraggio’
con il quale il cristiano dichiara in pubblico la propria fede. Ma il ventaglio
1. Sulla storia del termine manca una trattazione esaustiva. Si pub consultare l’articolo
relative di H. Schlier in Theologisches Wbrterbuch zum NT hrsg. von G. Kittel u. G.
Friedrich, V (1954), 869-884 ; G. Scarpat, Parrhesia. Storia del termine e delle sue
traduzioni in latino, Brescia 1964 (a p. 29, 2 bibliografia). Fra i contributi successivi si
citano N.B. Tomadakis, ÜAPPHSIA - ÜAPPHSIASTIKOS, in ’Etct. 'Eratp.
SrtouS. XXXIII (1964), p. 100; M. Gioante, Philodème : Sur la liberté de parole,
in Actes du VIIIe Congrès de l’Ass. G. Budé, Paris 1969, pp. 196-217 ; G.J.M. Bartelink,
Quelques observations sur naoorirda = Graecitas et Latinitas Christianorum Primaeva,
Suppl. III, Nijmegen 1970, pp. 19ss. Menzione a sé mérita il lavoro di W.C. van Unnik,
De semitische achtergrond van naQÿqala in het Nieuwe Testament, in « Mededel. der
koninkl. Nederlandse Akad. », 1962, pp. 585-601, dal quale emerge la contrastata
dialettica dell’acclimatazione di rrapp-qata in terreno greco-cristiano.
176
MÉLANGES IVAN DUJCEV
delle sfumature che assume nei secoli è molto piû ampio. Nell’ insieme,
peraltro, si puô osservare che l’elemento déterminante, anche etimologi-
camente, del valore primo del termine, l’esercizio, cioè, del dire, viene
messo in ombra, corne accade, da notazioni inizialmente accessorie e
concomitanti assunte, ora, in sé e per sé, si che nappycia si trova a esser
detto di « liberté d’azione », « libéralité, munificenza », « tranquillité,
sérénité », oppure di « sicurezza di vita, fiduciosité », « abbondanza,
facolté di », ecc.2, con un processo che potremmo dire di « deconcretiz-
zazione» semantica destinato a culminare in epoca tardobizantina, quando
il termine varré, nel greco volgare (Kappyjmà), poco piû di « pregio,
qualité »3. La nota présente riguarda invece un caso di riviviscenza, natural-
mente sui generis, délia accezione classica primaria in un ambiente culturale
affatto insospettato4 quai è quello délia letteratura ascetica dei primi secoli.
Prendiamo un luogo degli Apophthegmata patrum (PG LXV 373ab,
7t. toü àppà IIiotoü) nel qua>e l’anacoreta Sisoe intrattiene su tèmi
spirituali alcuni ascoltatori. Prima espone, parlando degli 'abbati’ Or e
Atre, un mirabile esempio di obbedienza ; poi i presenti gli chiedono un
supplemento di dottrina e egli risponde con la sentenza '0 xaTÉ/œv to
à4*r)<pioTov èv yvcooct, ettiteXeI Ttàoav tvjv Tpaqwjv ; si ha infine lo squarcio
dialogico che c’interessa :
IlâXtv eTepoç Tjpiûv eIttem aÙTÔ? « Tl ècm ^cvtTcla, IlaTcp » ; Kal
eIke* « S(.a>7ra xal etTcé" Oùx è'/co Kpocypa, Èv 7ravTt tokco oîtou Éàv
à7rép/7]- xal aÜTT] eotIv t; ^evtreloc »5.
Si dé ivi una definizione délia ^EvtTcla monastica, la « fuga dal mondo »
che Nilo di Ancira dice kocott) twv XapiKpûv aycovio-piaTcov (tract, ad
Eulog. 2 = PG LXXIX 1096b). La ÇcviTcla — si dice — consta di due
elementi : oicoKav e oùx è'/ctv Kpôcypia. Il secondo è la mancanza tanto
di béni quanto di impegni mondani, di 'affari’6 ; il primo non è il classico
2. Documentazione nei lavori sopra citati.
3. Cosi, p. es., nel /CcovaravTii’owioÂecoç, ed. G. Zoras in Ilapvaaaùç
1 (1959), pp. 329ss. (v. 140 7) -rjBovri aou êStâp-qxev, ol Ttapp-qatèç TtapTjX&ov ).
4. Cfr. Scarpat, op. cit., pp. 102ss.
5. Il testo occorre con qualche giunta nel « codice Regio 932 » (ap. Migne, che
ripete il Cotelier) : ...Oùx 7rpàyp.a’ xal toüto ttoIei èv Ttavrl xaipÿ xal tùttw xal
7rpâyp.aTi- xal a(5rï) èarlv r) àXï)&7;<; ÇevtTela, versione che a sua volta coincide a un
di presse con l’apoftegma 7 délia sérié attribuita a S. Macario Magno d’Egitto ( = PG
XXXIV 236a).
6. Pensiamo piû a quest’accezione, generica, che all’altra, specifica e tecnica, che è
talora, anche negli Apophthegmata (ved., p. es., 260b), dell’espressione êxetv ^pàypia
( =» « non essere, non essere ritenuto, responsabile » di qualcosa).
CAPOVOLGIMENTI SEMANTICI
177
silenzio monastico (corne descritto, ad esempio, da Diadoco di Fotice
nel decimo dei suoi Capita centum de perfectione spiritualï), ma ciô che
si trova corne a monte di taie silenzio, la sua motivazione prima e più
profonda, ossia la rinuncia al 'diritto’ di parlare. In altri termini, cncoKâv
ha qui valore pregnante, sta corne antonimo di rcappvpla nel senso di
« diritto alla (liberté di) parola ». A provarlo valgano le seguenti consi-
derazioni : 1) In testi affini al nostro occorre l’accostamento, per antitesi,
fra oÎxéttjç «schiavo» e mxppvjala ; cosi, per esempio, in Palladio, hist.
Laus. 32,7 ...(va xàv cuç oixérai tt]v aùvTa^tv KXyjpoüvTEÇ tî;ç KoXiTEtaç
SiaTe&cômv èv KappTjola, dove l’ultimo commentatore, il Bartelink, giusta-
mente osserva : « forse [ma eliminerei ogni riserva] c’è qui un’antitesi
voluta tra i termini oixérai e nappvjala : in fondo solo il cittadino libero
possedeva il diritto di parlare nell’ assemblea politica (che aveva la
Ttappvjma) »7. Non diverso senso ha l’elogio délia ravta in quanto
produttrice di Kappyjcrta che si legge in Giovanni Crisostomo, hom.
18, 2 in Heb. (XII 176c-177b Montf.) : ...ôpaç cm toüto |xàXtc7Ta koleï
tt]v Trappyjcrfav, 7) KEvia; ...oùx àv ouv, si % nevlx ekoIei. à-TrocppT)-
oràaTouç, ô XpicjToç piETà Kcvlaç EKEpiTTE Toùç pia&7)Tàç elç Trpôcypia
Trappvjcriaç KoXXîjç ScépiEvov8. 2) La ^cviTsia monastica viene connessa
con la KappTjcrla anche in altri testi : per esempio in Giovanni Climaco
(PG LXXXVIII 665) che la dice aKappyjalacrTov yj-hoç. Si puô anche citare
un luogo degli Apophthegmata nel quale la connessione è quanto mai
esplicita, e nel senso da noi indicato : ...îjX&e rcpoç aÙTÔv [tov à[3[3à
'Ayah-cova aczY.] àSsÀcpàç Xéycov ©éXco oixyoa!. picxà àScXcpcüv eIkov ptot
ttcôç jaet’ aÙTÛv o’lxyjcko. AéyEt aÙTÛ ô yépcov 'Qç èv t?) rcpcoTy Tjpiépa ôte
eîosp/y Kpoç aÙToùç, outcoç cpùz.aôov ttjv ^cviTciav trou Kacraç xàç Tjpièpaç
rrjç Çcoîjç trou, tva pzàj 7tapp7)C7tac7&7)ç pier’ aÙTÛv (PG cit., 109a, k. toü
âppà ’Ayà&covoç). 3) Il passo dal quale abbiamo preso le mosse, nella
redazione ampliata da noi citata alla nota 5, précisa che occorre e oicûkSv
e oùx s/eiv Kpàyp.a « in ogni circostanza e luogo e affare » : se i primi
due riferimenti potrebbero essere ritenuti solo vagamente intensivi délia
negazione implicita nel discorso, il terzo non puô che aveie una précisa
forza allusiva : e allude infatti aile vicende délia vita e aile occasioni di
7. Cfr. Palladio, La storia Lausiaca, Introduzione di Christine Mohrmann, Testo
critico e commente a cura di G.J.M. Bartelink, Traduzione di M. Barchiesi, Milano
1974 (« Fondazione Lorenzo Valla : Scrittori greci e latini »), p. 360. È da notare che
la traduzione (p. 156) non concorda con il commentario !
8. Altri esempî dai Padri in G.W.H. Lampe, A Patristic Greek Lexicon, Oxford
1961-68, s. vv. ffixppTjaia, B ; rtappTjaiàopiai, B.
178
MÉLANGES IVAN DUJCEV
azione nelle quali il 'mondano’ puô usare del suo diritto di parlare,
l’asceta deve rinunciarvi.
Il ritorno dell’ accezione classica del vocabolo Trappyjota in ambiente
monastico, sia pure corne entità da respingere vigorosamente (a un ptéyaç
xaùcrcov la paragona l’anonimo degli Apophthegmata, l. cit.), sembra
assodato. C’è da chiedersi se trattisi d’un casuale revival o d’una ripresa
suggerita da particolari anelli intermedî. Si legga intanto un luogo célébré
delle Fenicie di Euripide (vv. 388ss.) :
lo. rt to aTÊpeaS-at KtZTplSoç ; î) xaxov p.éya ;
üo. pteytoTov- ëpyco S’ÈgtI ptet^ov 7; Xoyco.
lo. t!ç ô TpoTTOç aÙToü ; Tt (puyaotv to Suo/epéç ;
Ho. êv ptèv ptéytoTov, oùx ë/et Kappyjolav.
lo. S où/.ou t68’ ebraç, pzàj Xéyetv a tiç <ppovet.
I punti di contatto con i luoghi degli Apophthegmata, nonché con quello
di Palladio, da noi addotti, tenuto conto delle trasformazioni lessicali
intervenute, sono evidenti e non pochi : a to aTépea&ai. KaxptSoç cor-
risponde l;evt.T£ta, al posto di oùx ë/etv Kappyjotav c’è cncoKÔcv nel primo
passo, in luogo di SoùXou, in Palladio, oIxéttjç. C’è in più anche la coinci-
denza délia forma dialogica di apophth. 373ab con la sticomitia del dramma
euripideo, per non parlare délia presenza, affermât! nel testo più antico
negati nel più recente, degli stessi valori morali sottesi aile stesse espres-
sioni. Se tutto ciô sia o no casuale è difficile dire. Sulla cultura dei mistici
e degli ascetici del tardoantico non molto di sicuro si sa, anche se ormai
si sia quasi tutti d’accordo nel valutare corne espressioni d’un particolare
Kunstwollen certe manifestazioni di 'umiltà’ stilistica o di naïf. Certo,
quando nella Historia monachorum leggiamo (13,11) una frase corne
dtao tûv aîoh'/jTcûv èm Tà voTjTà àva/œpetv, possiamo anche esser
d’accordo col Festugière nel dubitare che vi sia in essa la prova délia
cultura filosofica dell’ autore9 ; dobbiamo perô riconoscere che non v’è
neanche la prova del contrario. Né valgono molto, in proposito, le note
riserve del monachesimo primitive nei riguardi délia cultura profana10
o il fatto che l’uno o l’altro motivo classico abbia origine topica11. In
9. Cfr. Historia monachorum in Aegypto, Édition critique du texte grec et traduction
annotée par A.-J. Festugière, Bruxelles 1971 O< Subsidia hagiographica », n° 53),
p. 88, 58.
10. Per cui cfr. A.-J. Festugière, Les moines d'Orient, I, Paris 1961, pp. 75-91.
11. Sul che cfr. A.-J. Festugière, Lieux communs littéraires et Thèmes de folklore
dans l'hagiographie primitive, in «Wiener Studien» LXXIII (1960), pp. 123-152.
CAPOVOLGIMENTI SEMANTICI 179
alcuni casi, piuttosto, puô giovare riflettere sul Fortleben dei testi antichi
e sulle possibili vie délia loro trasmissione indiretta. Per esempio, il luogo
delle Fenicie euripidee chiamato or ora in causa résulta più volte citato
da autori tardi : è due volte nel De exilio di Plutarco (599d-605f), è in
Musonio, in Stobeo. Inoltre, è da tener présente che le Fenicie sono uno
dei drammi d’Euripide più letti, uno di quella che sarà poi indicata corne
la 'triade bizantina’ (gli altri due sono VEcuba e VOreste), una ristretta
e fortunatissima scelta formatasi in ambiente scolastico per l’uso del-
l’insegnamento. Non è molto, ma è quanto basta perché non sia, a nostro
avviso, temerario pensare che per l’uno o l’altro di tali tramiti i versi
euripidei sieno giunti al pio monaco autore dello squarcio su cui discutiamo.
MŒURS POPULAIRES BULGARES
AU TOURNANT DES 12e/13e SIÈCLES
Paul GAUTIER
Le Monacensis gr. 380 — un énorme recueil canonique1 de 568 folios,
que Hardt estimait du 14e siècle, mais qui remonte en réalité, l’écriture en
fait foi, au début du 13 e, voire à la fin du 12e siècle — a conservé sous un
titre anodin un texte intéressant que nous devons nous borner à présenter
en raison du cadre très restreint imposé à notre contribution, mais qui ne
manquera pas de susciter l’intérêt des spécialistes de la société bulgare
médiévale, et spécialement de M. Dujcev à qui nous dédions ce modeste
article.
Le lemme « Choix de canons divins et sacrés des saints apôtres et des
saints Pères concernant l’application des peines canoniques et la correction
des fautes spirituelles » ne correspond en effet que très inadéquatement au
1. Cf. I. Hardt, Catalogus codicum manuscriptorum graecorum Bibliothecae regiae
Bavaricae, IV, Munich 1810, p. 131-183. Papier. Dimensions inconnues. Ecriture très
menue ; mélange de petites onciales et de minuscules dans les titres ; 34 lignes à la page ;
très nombreuses abréviations ; pagination sans verso. Les pages qui nous intéressaient
ont été collationnées sur des reproductions photographiques appartenant à notre Institut.
Dans le manuscrit le texte que nous publions est précédé (p. 565) d’une lettre de Denys
d’Alexandrie à Novat (PG 10, 1296A) et suivi (p. 567) d’un pittakion synodal rédigé,
vers 1122, par Michel Choumnos, archevêque de Thessalonique (éd. V. Bénésévic,
Monumenta vaticana ad juscanonicumpertinentia, «Studi bizantini» 2,1927,p. 184-185),et
(p. 568 : fin du manuscrit) d’une lettre inédite du dikaiodotès Constantin Manouèlitès
à Sabas de Rodosto. J’exprime ici mes remerciements au P. Darrouzès qui m’a signalé
ce document et ne m’a pas ménagé ses suggestions.
182
MÉLANGES IVAN DUJCEV
contenu. Le document n’est pas un recueil canonique, mais une lettre offi-
cielle, émanant d’une autorité ecclésiastique et adressée à une personne
anonyme qui avait consulté celle-ci (1.101) sur les sanctions à appliquer à
divers égarements de conduite. Le début du texte est à cet égard instructif,
car il contient nombre d’éléments qui jettent quelque lumière sur le rédacteur
et le destinataire : « A vous qui êtes coupés (de nous) et loin de notre Eglise
et qui ne pouvez être par nous continuellement instruits et exhortés, les
présentes instructions, mises par écrit, vous sont données pour que vous
n’oubliiez pas ce qui s’impose à vous et pour que les fautes spirituelles
commises dans votre énoria reçoivent la correction appropriée ». Manifes-
tement, l’impétrant est un chef d’Eglise, qui s’était adressé à un supérieur
hiérarchique, lequel, en raison de circonstances exceptionnelles, n’était
plus en mesure de communiquer librement et aisément avec lui. Le titre
original ayant été remplacé par un titre de librairie et toute titulature étant
absente ou ayant été omise par le copiste, il est de prime abord impossible
de se prononcer sur l’identité du destinataire. Toutefois, celle-ci se laisse
partiellement deviner. La première réponse à la consultation contient en
effet des instructions sur la conduite à tenir à l’égard des « amusements
sataniques » auxquels se livre le peuple bulgare : « Les prêtres de votre
énoria doivent interdire les amusements sataniques, que les Bulgares dans
leur langue barbare appellent « nédalai » et qui consistent en des réunions
nocturnes d’hommes qui s’assemblent sous le prétexte de s’amuser».
Quoique le terme énoria désigne une circonscription ecclésiastique indéter-
minée : paroisse, diocèse, métropole, selon les cas, il est exclu que le desti-
nataire puisse être un simple prêtre : on aura en effet remarqué que le
rédacteur mentionne les prêtres de Vénoria, et nous constatons qu’il fait
allusion à ceux-ci dans d’autres endroits (1. 22, 31) et surtout dans les deux
derniers paragraphes. Nous pouvons donc tenir pour certain que la lettre
est adressée à un évêque de Bulgarie, probalement d’origine grecque à en
juger par le mot « barbare » employé pour qualifier l’idiome des Bulgares
et leurs mœurs (1. 16). Je m’abstiendrai d’en dire plus à son sujet, car les
éléments font défaut pour s’engager plus avant dans l’identification. Quant
à l’identité du rédacteur, libre à chacun de se livrer au jeu des hypothèses :
ce peut être le chartophylax de Sainte-Sophie, qui était qualifié pour répon-
dre à de pareilles consultations, ou le saint synode de Constantinople, ou
encore l’archevêque d’Achrida. Il est vraiment impossible de se prononcer.
La date du document paraît pouvoir se déduire de la première phrase :
compte tenu que le manuscrit a été copié à la fin du 12e ou tout au début du
13e siècle, la coupure des deux Eglises que déplore le rédacteur pourrait
être une allusion au conflit armé provoqué par l’insurrection, en 1186, des
MŒURS POPULAIRES BULGARES
183
frères Vlaques Pierre et Asen, auxquels succéda en 1197 leur frère loannitsa2,
conflit qui naturellement ne manqua pas d’entraver les communications entre
l’Eglise grecque de Constantinople et d’Achrida et les Eglises du pays bulgare.
Examinons maintenant le contenu du document. Après une introduction
brève et sèche, comme il sied à un mandement officiel, le rédacteur donne,
sous une forme plus ou moins développée, la solution canonique appropriée
aux quatorze problèmes présentés par le requérant. Comme ils sont tous
d’ordre pastoral, on doit considérer que les cas poui lesquels cet évêque
anonyme de Bulgarie sollicite des éclaircissements ne sont pas théoriques,
mais reflètent une situation bien réelle : par le biais de cette lettre nous
sommes par conséquent informés des désordres moraux qui affectaient un
diocèse de la Bulgarie médiévale et, à cet égard, ce petit document fait
pendant, à un niveau naturellement bien inférieur, aux célèbres réponses
du pape Nicolas Ier au tzar Boris, trois siècles plus tôt3. Les dérèglements
dénoncés n’ont d’ailleurs rien d’exceptionnel : le simple fait que le rédac-
teur trouve dans la législation en vigueur la sanction canonique toute prête
applicable à chacun d’eux est la meilleure preuve que les mœurs du petit
peuple bulgare n’étaient pas pires que celles de ses voisins orthodoxes.
Comme on pouvait s’y attendre, le rédacteur a puisé l’essentiel de ses
réponses dans les canons de saint Basile et de Jean Je Jeûneur. Mais, fait
qui mérite d’être relevé, au lieu de suivre la législation somme toute mitigée
du patriarche de Constantinople, comme nous l’indiquons dans les notes
afférentes au texte grec, il adopte toujours la position plus rigoureuse du
législateur cappadocien, et il lui arrive même de la durcir.
Parmi les quatorze cas exposés, deux au moins retiendront l’attention
des spécialistes médiévaux, le premier et le dernier. Le premier paragraphe,
qui est aussi le plus développé, décrit et stigmatise « les divertissements
sataniques », que les Bulgares appellent nédalai (mot qui transcrit le slavon
nédélia) et qui consistent en des attroupements (èrapti^tai ) masculins
nocturnes, source de nombreux débordements. Cette pratique doit cesser.
Mais, averti que cette coutume folklorique est enracinée dans l’âme popu-
laire, le rédacteur prescrit que, faute de mieux, ces attroupements aient lieu
2. Sur la naissance du second empire bulgare, l'élude la plus impartiale et la plus
fouillée reste encore celle de R.L. Wolff, The « Second Bulgarian Empire ». Its Origin
and History to 1204, in « Spéculum » 24,1949, p. 167-206. Voir aussi N. Zlatarski, Istorija
na bâlgarskata dârzava prez srednite vekove, 2, Sofia 1934, p. 410-483.
3. Texte dans PL 119, 978c-1016c. Voir aussi I. Dujcev, Die Responsa Nicolai I
Papae ad Consulta Bulgarorum als Quelle für bulgarische Geschichte, in « Festschrift
des Haus-, Hof- und Staatsarchivs », 1, 1949, p. 349-362 ; Idem, I Responsa di papa
Nicolo lai Bulgari neoconvertiti, in «Aevum» 42, 1968, p. 403-426.
184
MÉLANGES IVAN DUJCEV
de jour plutôt que de nuit et que les femmes en soient exclues, et il sera
expressément recommandé aux parents d’interdire à leurs enfants, garçons
et filles, de prendre part à ces amusements. Les récalcitrants seront punis :
leur maison ne sera pas bénie par les prêtres, et eux-mêmes seront excom-
muniés jusqu’à résipiscence. Les enfants qui désobéiront à leurs parents
seront eux aussi exclus de la communauté chrétienne.
Dans le dernier paragraphe, dont la construction grammaticale est par
endroits fort obscure, le rédacteur précise le montant et les modalités de
perception du kanonikon, soit ce versement annuel en nature et en espèces
qui était exigé des fidèles pour l’entretien de leur clergé4. Sa réponse à la
question est la suivante : « Du fait que l’annonce de l’évangile n’est pas
rémunérée, mais ne va pas sans dépenses, nous ordonnons aussi par écrit
ceci : la gratification sera d’un aspre pour six « feux » desservis... on fournira
aussi une peau d’agneau une fois par an et rien de plus ; pour couvrir les
dépenses et pour l’annonce de l’évangile chaque foyer des gens du peuple
qui sont aisés versera pour toute l’année un nomisma aspron ou un boisseau
de blé pris sur l’aire ou une mesure de vin prise au pressoir. Les gens sans
ressources ne donneront rien, à l’exception de trois journées de travail. Il
faut assurément que les prêtres obtiennent une petite compensation, mais
qu’ils se contentent de cela et ne demandent pas une rémunération à chaque
commémoration ou à chaque mémoire de saint ou à chaque baptême ».
Le document se termine par des recommandations à l’adresse du clergé
local : les prêtres doivent lire le psautier, les évangiles, saint Paul et les
prophètes, pour être à même d’instruire leurs gens et de les former à une
vie vertueuse. Les négligents seront déchus du sacerdoce.
’ExXoyT] ctÙv 0ecô èx tûv Oelcov xal lepûv xavovcov tûv àylcov
aKooroXcov xal tûv âylcov Karépcov elç to xavovlÇeaOat,
xal StopOoucrOai rà ’^'j^ixà mpàXpiara
’AcpeCTTÔjmv ûptïv xal piaxpàv TÎjç 7)p.eTÉpaç èxxXyjcrlaç èxxeipiévo(.<; xal
Stà to <7uve/é<7Tepov û<p’ 7)p.ûv StSàcrxecrOai xal vouOeTeïcrOai p.7] 8uvap.évotç
M = Monacensis graecus 380, p. 564-566.
1 M
4. Sur le kanonikon, consulter E. Herman, Das bischôfliche Abgabenwesen im Patriar-
cat von Konstantinopel vont XI. bis zur Mitte des XIX. Jahrhunderts, in « Orientalia
Christiana Periodica» 5, 1939, p. 437-457.
MŒURS POPULAIRES BULGARES
185
5
10
15
20
25
30
35
aï Kapoüoai. TtapayyeXlai syypaço!. yeyovuïai. êSoOvjoav &cne pjSepiiav
X-fflyv aÙTOÏç tûv àpp.oÇovT<ov ylveaOai, àXXà xai rà xarà tv]v ToiaÙTïjv
êvoplav <jA>Xtxà <7cpàXp.ara êv8exop.êvv;v Xap.[3àve(.v SiopOcoaw.
Tà yàp oaTavixà Kalyvia, à veSàXaç aèv papPapixûç xaXoüow oi
BoùXyapoi., vuxTepivàç 8è e/ouCTiv àvSpûv êmptil'laç êrcl tô Kal^eiv
SvjOev ouvayopiêvcov, xàvTeüOev rà tov axôrovç ëoyu ^u8aïa TsXoùpieva,
tpOopàç 8s ocoptaTcov xat ptoi/siai;, ëri xXouàç xai êp.7rpv;<7pioùç xai XvjoTelaç
xai 6<ra toùtolç SKopisva xcoXûeoOai rcapà tûv lepêcov rrjç ToiaÛTVjç êvoplaç.
’E7n.<TX7)7rTop.ev 8è xai KapayyéXXopiev, xàv pièv Î) SuvaTov, ràç èrct Kaiyvlcov
<7WeXeû<7ei.ç aKOKauQ^vat,- toüto êKaivoüasv xai àKoSexopieOa. Tà yàp rcal-
Çeiv àei xai ptsTecopl^eciOai. ràç ’y'Jxàç xaxlaç êcmv àKaavjç yevvvjTixov xai
tov toü 0eoü cpo^ov à<p’ vjfzûv pàXXet, xai rcpoç à7ry;yopeup(.êvaç êpyaolaç
mapaxivà. El 8è tô ypoviov êv t<5 xaxco êOoç xai to tûv yvcoptcov toü Xaoü
^àp^apov àxaTaXuTov vtap’ aÙToïç tv]v tcûv rcaiyvlcov <7uv/|0ei.av téOsixsv,
olxovofzlaç Xoyco xat ouyxaTapàoecoç toüto ’jKOTiOêasOa cûots X<aplç
êvripii^laç àvSpwv xai yuvaixûv piv) êv vuxtI, àXX’ êv vjpiépa TaÙTaç Tàç
veSàXaç TeXeïoOai.- êv yàp tcû cpcûTi Tà toü oxôtouç êpya alox’Jvy pàXXeTai
xai àaOevèç to xaxôv ylveTai.. El tisv oùv xai 6 Xaôç àrcaç sÙtolO^ç eôpeO^,
tco ©soi X^P1? TV Ê4P T® xaQÔîaç avrcôv cbra ÀaÀtjtravrr Toùç yàp
KaTepaç tûv vêcov àvSpœv ts xai yuvaixûv ttjv KapayyeXlav êx tûv Ispêcov
Séxeaôai vou6eToüp(.ev mots xcoXûeiv Tà Ï8i.a Têxva êart Kaiyvlco OTjvàysaôau
oïoç vüv Kap’ 7)p.ûv Xôyoç fTuyxaTapàciecoç olxovopieÏTai.. El 8é tlvsç tûv
KaTêpcov tco Xoyco oùx Ù7toxù<pouffiv, où8è Tà Ï8ia Têxva ococppovl^eiv xai
âneyreiv t^ç xaxîjç Ô8oü TaÙTijç OeX^ococn, ptêveiv Tàç olxlaç aÙTÛv 7rà<D]ç
lepaTix^ç eùXoylaç ê<7Tepy)p,êvaç xai aÙToùç TÎjç àylaç xoivcovlaç aKelpyso-Oai.,
écoç àv 8â> ô 0eop toutou êKlyvcooiv xai àvav/|4i<o<7i.v êx toü oxotouç tÎjç
àyvcoolaç. El 8è xai toïç yoveü<7i.v àKsiOoüo!. Tà Têxva, arcal; xai 8iç Kap’
aÙTÛv KaiSs’jOêvTa, Toùç p,êv yoveïç àveyxXyjTouç slvai, Tà 8ê ToiaÜTa
KaiSla xai rcapà tûv lepêcov ê7n.Tip.ào0cûoav xai ê^co T?jç êxxXTjolaç
pàXXeoOai. xai tûv ayiaopiàTcov oTepsiciOai. xai toü Xootoü xPtcmavt'X0ü
TtX^Oouç àTTOpàXXsrjOa!. xai TÎjç tûv xPlcmavûv kIotscoç ê^ouOeveïaOai.,
êcoç àv TV] ts Tvjç êxxXvjolaç êKi.Ti.p(.v]<7et, xai toïç toü Xaoü KavToç ôvel8e<7i.v
elç OTJvecnv eXOcooiv.
“Eti xai toüto ylveoOai. KapaYyéXXop(.ev, Tàç p.èv xopaç p.sTà to ùrepP^vai.
tov ScoSexaeTT] XP°V0Vi toùç 8è véouç p.sTà to ÙKepPvivai. tï]v Teociapecixai.-
SexaeTlav piv) aXXcoç à^ioüoOai. Tvjç xoivcovlaç, si [xv] TraTpàcn KveupiaTi.xo'ïç
8 )p58ea M || Rotn. 13, 12 15 rtapaxtvâ sic : pro mxpaxiveï 21 Gen. 20 8;
Ps. 9, 38 32 pàXeaOœt M 33 àiropàXeaOai M 34 tî+tt) M
186
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ri êauTcuv È^ayopsuCTcoCTi. TtTalajzaTa, èratS^ xaî toüto aÙTOtq ècpoStov
40 piéya xal sùcpposùvT] ysvYjSETat.
neQl TioQveiaç réKvcov1. El 8è Kopvslav tiç èE, àptsXstaç 7rXv)ptpteXy|<5et
xal toüto è^ayopsùast èv vèa sti tt; TjXtxla xal p.ï]KCi> raxpà tcûv yovècov
ecp GuÇuylav à/0stç, aÙTov tièv tov KEKopveuxoTa 8tà to vèov t^ç TjXtxlaq
èkI TpisTiav sK(.Tip.à<70co, cogts xaO’ sxàsTTjv 7)p.èpav KevTyjxovTa p,èv
45 yovuxXtGtap ttoisïv, sxaTOVTaxtç 8è to « K'jpie ÈXÉtjgov » èmçcovsïv,
TrauGtxptsvov 8è tt;p àptapTtaç vyjGTsùstv K'zoa.v TETpàSa xal TrapaGXEuyjv,
coaaÛTCop xal Tàç àytaç TEGGapaxoGTaç, Tupoü, yàXaxToç, cpoü xal xpéaToç'
toÙç 8è yovstp [aù]Toü àvayxâÇsaOai to KsKopvsuxàç ttociSIov Kpop svvoptov
•yàptov aystv sî 8è aÙTO toüto où cppovTt^ouGtv, ôptolcoç xal TouTOtç
50 è7UTip.à<70coaav.
p. 565 ITeqc <ionayïi~ èl; ègcoro;2. El ptèvTot àpKcicGst tiç èE, spcoToç | rrapà
yvcop.7]v tcov olxelwv yovècov, 8taGKaa0at Toùç outcoç auvacpOévTaç xal xaTà
yvcop,7]v tcov olxslcov yovscov sîç é'Tspa àyesOac suvoixèaia. ’Eri 8è tw tîjp
apKay^ç âptapTTjptaTt CTtrà /povotç èKtTtp.àG0co xal xaTà ttjv àvco0Ev
55 elp7][p.év7)v] tov rropvsÙGavTa àxoXou0lav ttjv v/jcrrelav èTnTeXeïaOau el 8è
xal ol yovsiç toüto xaTaSèEovTat, tv]v oixlav èxslvci>[v] 'raxOTjç eùXoylaç
elvac è<7Tsp7]p.év7]v, ëcoq av o ÈE, àpKayîip yàptoç fzévx], pc/jTs aùroùç TÎjp
àylaç xotvcovlaq à^toüs0ac, ptyjTE toÙç yovsïp aÙTcov, pt7]8è sùXoy/jOîivai. rrapà
Ispscov yàptov ôXcoq èE àpTray^ç, àXXà svco0évTsp outcoç 8cao7ràa0cosav.
60 HeQC àvÔQÔw xal yvvatxôiv [Mixcôv3. "Ogoi. 8s avSpsç ÙTroyùvacoi. Ôvtsç
7] yu[valxsç] ÙKavSpoi. oùsai slç ptot/slav èp.7réaou<5i.v èra revTsxalSexa stt)
S7UTUjt.âr>0cor>av xavà tt]V avco s’.p7]p.év7]v âxoXou0lav.
46 Ttavaâpevoç M || 8è an xal incertum 49 toùtouç M 56 olxeîav M 59
Yàpoq M 61 ouaat : ôvtcç ante corr. M
1. Le cas de la prostitution enfantine n’est pas, à ma connaissance, abordé dans la
législation canonique antérieure. Le rédacteur adopte à peu près le point de vue de Jean
le Jeûneur à l’égard de l’adulte homosexuel ou adultère : trois ans d’excommunication
avec 200 métanies quotidiennes et un jeûne quotidien jusqu’au soir.
2. Dans le cas du rapt amoureux le rédacteur ne suit pas la législation canonique an-
cienne, qui prévoit soit l’anathème pour le laïc (canon 27 de Chalcédoine, repris par le
canon 92 du concile In Trullo), soit une épitimie équivalente à celle qui frappe l’adultère :
3 ou 4 ans d’excommunication selon les cas (canons 22 et 30 de s. Basile). Il témoigne
d’une plus grande sévérité : un mariage consécutif à un rapt amoureux opéré contre le gré
des parents doit être dissous, et le fautif frappé d’une excommunication de 7 ans accompa-
gnée d’un jeûne rigoureux. Si les parents tolèrent ce mariage, la maison des époux sera
privée de bénédiction, eux et leurs parents seront privés de communion. Les prêtres ne
béniront pas un mariage consécutif à un rapt.
3. Le rédacteur n’adopte pas la position modérée de Jean le Jeûneur (3 ans d’excom-
munication), mais celle de s. Basile : 15 ans d’excommunication (c. 58).
MŒURS POPULAIRES BULGARES
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fleQi xXéntov4'. 01 xXètpavTEÇ èm ttévte stt; è/sTcoaav vvjcrreiav xal
axotvcov-rjalav xal nàrav ttjv pTjOsïaav àxoXouôlav, àKE^optsvot xal aÙT^ç
TÎjç xXoTwjç’ stop av èpyàÇsTal tiç ttjv àpiapTiav, ô ypovoç où XoylÇsTai
èxstvoç siç ptsTavotav.
riËQi (povéatv5. 'O cpovsùaaç, si p.sv àxoualcoç tÔv tpovov slpyâoaTO,
xaTa xuvàç xaTa yio’j ÉTÉpou Ï) ÔTjplou àyplou ^ùXov rj XlOov paXcov, xai
xarà aTir/lav avOpcorrov zXr.paç xai arTOXTslvaç, èv ôéxa ëreatv àxoïvdjvrjro;
ëffrat, kolcov xai yovuxXialaç xa6’ sxàoTTjv Tjpispav sxaTov, to « Kùpts
ÈXÉTjaov » Siaxocrta ptsTa xXauOptoü, vtjotsÙcov Taç TSTpaSoTrapaoxsuàç
àraxaaç xai tt.ç Tpstç âylaç TsaaapaxoaTàç xai ptsTa Séxa ett] à^toüaOat
Tïjç àyiaç xotvcovlaç. 'O 8è ;j.£t7. ôsXyjptaTop xai èx ptsXÉTTjç cpovsùoaç, si
p,èv eXocttcov tcov TptàzovTa etcov slvat, scoç sïxoaiv stcov èKtTip(,7]6y]osTai’
si 8s ÙTOpsBï] ttjv TOiaÛTTjv 7)Xtxlav, ecoç OâvaTov èv èzLTip.ioj serrai xai
tà)v avcoOsv pTjOsÏCTav àzoXouôlav SouXsùstv.
ITegl xr^voflaalaç xal aggevoxotrelai;6 7. Ot xTTjvoPaTat xal àpps[vo]xoï-
Tai to tt)ç [xoi^elaç s7ciTlp.iov Ss^ovTat.
IInù yor/Twv, àcT(>ov6/M’jv xal XQtdaQisTfov1. Oi yôyjTsç, oi àaTpovopioi.
xal oi xpiOapcciTai, èàv pur) àKOOTwatv oi Ta TOtaÜTa èpyaÇôptsvoi., ebaaÙTCùç
xai oi XaTpEÙovTsç, ïg avSpep r) yuvaïxsç, sîç èxxXvjoiav ÔXtoç p.r) razpa-
Se/éaOcixrav pisra 8è to àxoor^vat sraTipLaaOcoctav stt) KsvTsxalSsxa xal
outcoç KapaSs/éaôcociav.
Heçl q>aQ(j,axelaç8. 'H epappiaxsia ôp.olcoç tg> epôvcp sKiTi.p.oiCT6<j.
JlIëqI ôiyâ/JM>v. 'O 8lyap.o<; s7n.Tcpià<56co stt] rpla, vtjoteùcov t<xç TETpa-
SoKapaerzsuàp xal ràç âylaç Tpeïç T£ffoapaxoc>Tàç TUpoü, yàXaXTOÇ, <p°ù
63 xXéepaveç M 69 àTtoxTqvaç M 74 ïXccttov M
4. Ici encore le rédacteur se montre plus sévère que la législation coutumière, puisque
s. Basile (c. 61) prescrivait une excommunication de 1 ou 2 ans selon la gravité du cas, et
Jean le Jeûneur encore moins : 40 jours ou 6 mois.
5. S. Basile prescrit une excommunication de 10 ans pour un meurtre involontaire
(c. 57) et de 20 ans pour un meurtre volontaire (c. 56) ; Jean le Jeûneur réduit la durée de
la peine à 3 ans en cas de repentir sincère. Le rédacteur qui suit à peu près s. Basile, qu’il
cite textuellement (I. 69), aggrave considérablement le châtiment, quand le meurtrier est
âgé de plus de trente ans, puisqu’il prévoit une excommunication perpétuelle.
6. La peine est identique à celle prescrite par s. Basile dans les deux cas (c. 62-63) :
celle de l’adultère.
7. Dans la législation courante n’est envisagé que le péché de sorcellerie, pour lequel
s. Basile (c. 65) prescrit une peine identique à celle de l’homicide volontaire, soit 20 ans,
peine que Jean le Jeûneur réduit à 3 ans. Le rédacteur, en proposant 15 ans d’excommuni-
cation, fait donc preuve de sévérité.
8. Le péché d’empoisonnement est assimilé au crime de sorcellerie et puni de la même
manière chez s. Basile (c. 65), comme il a été indiqué ci-dessus.
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xal xpéaToq, (xeTavolaq éxaTÙv, to « Kùpte èXé7]C7ov » Staxéaia, xal etO’
outcoç à^toùoOco T/jç àylaç xotvcovlaç.
IIeqi TQtydpMV9. 'O Tplyaptoç sTnTiaanOcû ëTt) ttévte, pteTavolaç Staxoota,
to « Kùpte èXéyjoov » TETpaxotria xal ttjv Xootïjv àxoXouOtav.
Heq! TET(iayd/j,MV. 'O TETpàyaptoç oùx ë^ectTtv- èàv ëXOyj etç pteTavotav,
àKo^cûpi^éoOcû rrjç ouvacpetaç, eïO’ oÛtcoç Xapt^avÉTco ÈTTtTtpttov, èv ëTeotv
àxotvcov/)TOÇ, xal ttjv p-rçOstctav avcoOev àxoXouOtav- et 8è aîretO^ toü
Sta/coptoO^vat, ëoTco TÎjç èxxXyjotaç ë^co, xal 7) otxta aÙToü rràna tepaTtx-rjç
eùXoylaç èoTepyjptév/;, ëcoç av ëX07] etç pteTavotav.
HeqI ît.Qiéov ueÜvovtmv10 . 01 pteOùovTeç tepetç asTà KpcoTyjv xal SeuTÉpav
èmqxôviqcrtv pi?) àcptoTàptevot toü xaxoü [........] TÎjç tepcocttaç’ et 8è Èvtoç
tcûv Tptcov È7rt<p<ovy|t7ecov....à7ro plÉOtqç Ttvà aÙTÛv èptéoat, tva à-rcé/eTat
TEtJtJapàxovTa Tjptépaç rrjç àytaç XetToupytaç xal rîjç xotvcovtaç.
Taüra ptèv rapl tcûv àptapTTjptaTcov xal tcûv <tûv> tepécov ÈTTtTtpttcov
Êké/cov, è^Tyjcjaç xal ttjv xaT* è'toç cjuv/|6ei.av11 aÙTcuv 8tà toü KapovToç
ÈfYpàtpou 8^Xy;v yevéctOat. Ilepl tepécov kcûç Set xavovtÇstv12 xaT’ ëToç,
Ttepl àStxouptévcov xal è^ too'j eÏte kXeIouç xaîrvoùç site ÈXciIttouç ^aXXovTaç
Ta ùrap ouv/jOetaç eloKpaTToaeva13, é'ti 8è xal TÎva èx toü Xaoü TTjç tStaç
Çcoyjç ë/etv ôcpelXouot Ttoptoptov. Atà to àpttoOov ptèv to eùayyéXtov eïvat,
oùx aSàtravov 8é, Tunoüptev èyypàcpcoç xal TaÜTa’ cûote ttjv ptèv ouvyjOetav
àvà ê£ tpa/.z.opiÉvo'jç xaîrvoùç acurpov êv outcoç <pTQ<ptÇeffOai, xal tôv p,èv
TtXeïov, tov 8è ÿjTTov, xaTà àvaXoylav è7n.T7)poùp.evov KotJOTTjTa ùrèp ouv/jOelaç
88 àÇioùaâùj + àÇioüaOat M 98 lacunam notavi 11 èpp.éaai M
9. Le rédacteur adopte à propos de la trigamie la position coutumière, qui prévoit
une excommunication de 5 ans (c. 4 de s. Basile et Jean le Jeûneur). En revanche, il aggrave
la peine prévue pour la digamie, qui était limitée à 1 ou 2 ans d’excommunication.
10. La première partie du paragraphe reproduit la législation antique (c. 42 des saints
apôtres). La seconde partie n’est pas claire : elle est anormale grammaticalement et in-
compréhensible si on ne conjecture pas une lacune après èm<pù>vY)<jeù>v (1.98). La finale
rappelle en effet une prescription de Jean le Jeûneur : ô p.erà vi;v Oeiav èp.éaaç [lETâÂr/jjtv
fx' J)p.épaç TÎjq Oelaç à^laTarai xoivùjviaç.
11. Terme technique désignant une gratification, et ici le kanonikon.
12. A la différence de xavovlÇeaOat employé dans le lemme et signifiant « imposer
des peines canoniques », xavovlÇetv signifie « établir le kanonikon », c’est-à-dire le verse-
ment en nature et en espèces dont les fidèles étaient tenus de s’acquitter pour l’entretien
de leur clergé.
13. Ce membre de phrase est boiteux et incompréhensible : nous proposons de corri-
ger les deux derniers verbes en ^aXX6vrù>v et ela7tpaTTop.évù>v, comprenant le texte ainsi :
« au sujet des prêtres qui sont lésés, s’ils perçoivent le montant de la gratification à sommes
égales, qu’ils desservent des « feux » plus nombreux ou moins nombreux. » La suite nous
paraît d’ailleurs imposer ce sens. L’expression ^àXXetv xarivouç équivaut à ij'âXXeiv
èxxX-qaiav (MM, 2, p. 33914) et signifie « desservir des feux».
MŒURS POPULAIRES BULGARES
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p 566 êT/jffcwç 8i86vat14 | — aSixotTaTov yàp ècm tov te TptàxovTa £KtTY]poüvTa
110 xaKvoùç xai tov êE, tu/ov y] 8éxa ôpiolcoç (7uvY)0(.àÇ£C70at —, Kapé/eiv 8è
xai Sopàv àpviaxoü êv araxî; toü ÈviauToü xai tù.éov oùSêv, aÙToüç 8è arco
toü Xaoü /àpiv SaTràvYjç xai ûràp toü cùayysXlou xop.[Çs<70at ècp’ éxàoTou
xaîrvoü tt]v eÙKopiav e/ovtcûv Si’ o/.o'j toü èviauToü vôp.(.<7p.a êv àcnrpov y]
cl tov èv Taîç aXcocrt ptéStov êv y] èv toïç Xyjvoïç ptÉTpov êv, èx 8è tcûv àîropcov
115 86pta ptèv p.Y)8év, Tptûv 8è toü èvcauToü SouXctcuv15- 8e t yàp xai Toùç lepeïç
piixpàv Tiva KapaijwOiav e/elv, àpxsîcrOat 8è xai toutou; xat p.Y] xaO’
êxaOTOV ptVY]p,6(7UVOV Y) p,VY|p.Y]V àytOU Y) pàKTI.<7p(.a pt,tO06v È7n^Y)TEÏV.
TaÜTa oÛtco TUKeoOévTa tJ) èxxXYjcrla xpaTYjcrcocrt toÏç te lsp£Ü<7t xai
tyj èxxXYjola àpapYj ôvTa, ÈKi.p.sXs'ïcjOal te touç Upstç rŸjç àylaç toü
120 ipaXTŸjpoç p.a0Y|<5£coç xai tyjç àvayvcooecoç tcûv te sùayysXtxûv xai aKOOTo-
XlXCÛV xai KpOÇYJTlXCÛV pY)p,aTCOV, tv’ èx TO’JTCÛV ixavwç £/<0<7t 8(.8àc7X£tV
tov Xaàv xai vou0etcïv Tà 7rpocrY|XovTa. 'O 8è xaTatppovcov tyjç te tûv
lepcov Xoylcov yvdxjecoç è'xktcotoç xai tyjç IspcooôvYjç êoTai.’ outco yàp eIke
8ià toü TrpocpvjTou ô Küpioç- av ànâtcm yvâxJtv Hayw àmbooij,ai ae tov p.?]
125 leçaTEveiv pe. TaÜTa àvayivcooxovTsç ol lepelç xai tov KpÛTOv àp/iepéa
Xai ÈkIoXOKOV TOV 'y'jyCÛV Ÿ]p,ÛV TOV KÛpiOV Ÿ)p.WV ’IyJOOÜV XplOTOV Èv
xapSla cpépovTeç, tov èp.Ki.<7Teu0ÉVTa ôp/lv Xaôv ôolcoç xai p,£Tà SixaioOTjVYjç
KOI.p(.aV£ÏTE. ’Afl^V.
109 aSixoTarov M 114 toïç sic M 124 Osée 4, 6
14. Phrase également peu claire.
15. Montant à rapprocher de celui exigé par Isaac (Zépos, JGR, 1, p. 275-276) et
Alexis Comnène (Jbid., p. 311-312) pour le kanonikon à verser à un évêque local. Cf.
E. Herman, loc. cit., p. 441-442. II ressort en outre clairement de notre texte qu’en Bul-
garie au moins, comme d’ailleurs en Egypte au 12e siècle, le clergé local, et pas seulement
l’évêque du lieu, était autorisé à percevoir un kanonikon, pratique qui n’est pas encore
attestée pour le territoire proprement byzantin.
GIOVANNI VILLANI E LA LEGGENDA GUELFA
DI ROBERTO IL GUISCARDO
Francesco GIUNTA
In uno studio su « Dante e i sovrani di Sicilia »* ho posto in rihevo corne
il poeta florentine avesse coperto di silenzio la dinastia dei Normanni
d’Italia, ad eccezione di due dei protagonisti, Roberto il Guiscardo e
Guglielmo II il Buono. E la spiegazione era nel fatto che Dante, accettando
una certa tradizione, aveva voluto valorizzare soltanto il Guiscardo, nella
sua qualifica di crociato e re Guglielmo perché gli si ascriveva il merito
di aver riportato, con il matrimonio fra la zia Costanza ed Enrico VI di
Svevia, l’« eretico » regno di Sicilia nell’alveo dell’obbedienza impériale :
Poscia trasse Guiglielmo, e Renoardo,
e ’l duca Gottifredi la mia vista
per quella croce, e Ruberto Guiscardo.
(Par., XVIII, 46-48)
Dante, in sostanza, aveva contribuito a quell’opera di salvataggio dei
due personaggi normanni, che il monde guelfe aveva cominciato quasi
alla fine délia parabola storica dei Normanni d’Italia e che aveva avuto
le sue punte di affermazione fra Due e Trecento. Anche perché questo
nuovo topos su alcuni protagonisti dell’epopea normanna, veniva a contrap-
porsi all’altro costruito contemporaneamente aile svolgimento delle
imprese normanne nel Sud italiano ed affermatosi in un’area bende finita
1. Vedilo nel vol. La coesistenza nel Medioevo, Bari, 1968, p. 99 sq.
192
MÉLANGES IVAN DUJCEV
corne momento significative del particolare epos1. Ora mi pare intéressante
verificare la posizione dantesca nel monde culturale florentine, nel tentative
di tracciare le linee di sviluppo, o meglio di diffusione, délia leggenda.
Perché siamo appunto dinnanzi alla genesi di una leggenda storica, per
una manipolazione ideologica di taluni personaggi storici e delle loro gesta.
Per il Guiscardo il punto di partenza di questa operazione è la « Historia
Ecclesiatica » di Orderico Vitale, un menace di Saint Evroul sur Ouche2 3,
che appare il primo modificatore délia tradizionale figura eroico-avventurosa
di Roberto. In tre capitoli il frate inglese traccia una caratterizzazione del
personaggio, che, a mio avviso, ha una sua chiave di interpretazione sia
nelle parole con le quali si âpre il capitolo IV, che nella titolatura del VI.
La prima affermazione di Ordorico concerne la situazione délia Chiesa
all’epoca del duca : « In tanta obscuritate catholica gemebat Ecclesia,
orans Dominum, qui vera lux est et Justitia, ut, prostratis et ablatis
discordiae auctoribus, pacem et veritatem conferret in terra bonae voluntatis
hominibus »4.
Se a queste parole aggiungiamo quelle del titolo del cap. V, si puô vedere
corne l’uomo di buona volontà, magnanimo e cattolico, fosse proprio il
duca Roberto : « Robertus Wiscardus ad succurrendum Gregorio papae
contra Henricum imperatorem in Italiam venit. Romam Expugnat. Gregorio
instante, urbi parcit»5. In un siffatto clima viene valorizzata soprattutto
l’azione di Roberto a favore del papa e contro Enrico IV, perché taie
politica di sostegno aveva realmente capovolto le sorti del pontefice.
Piuttosto che stare ad osservare la politica antibizantina del Guiscardo,
che ha pure le sue motivazioni di carattere religioso —non si puô dimenti-
care che nel 1054 c’era stato lo scisma di Michèle Cerulario—, ma rimane
alla fine una spedizione dagli evidenti contenuti politici, a me pare che la
leggenda guelfa di Roberto (« magnanimus héros ») affbndi le sue radici
nell’aiuto tempestivo dato al papa Gregorio. Nel pensiero di Orderico
Vitale Roberto ed i Normanni d’Italia continuano a mantenere quegli
atteggiamenti epici ampiamente sottolineati da cronisti corne Amato di
Montecassino, Guglielmo di Puglia e Goffredo Malaterra6 e che presso
2. H. Grégoire, La base historique de l'épopée médiévale, Baden Baden, p. 8 sq.
3. Historia Ecclesiastica, in Migne, P.L., 188, 518 sq.
4. Ibid., p. 518.
5. Ibid., p. 522,
6. M. Oldoni, Mentalità ed evoluzione délia storiografia normanna fra /’xi e il xn
secolo in Italia, in Centre di studi normanno-svevi di Bari : Ruggero il Gran Conte e
l’inizio dello stato normanno, Roma, 1977, p. 155 sq.
GIOVANNI VILLANI E ROBERTO IL GUISCARDO
193
di lui si estrinsecano in un diffuse accostamento dei Normanni ai protagonisti
délia storia romana in particolare Costantino.
Del reste il discorso messo in bocca al morente duca Roberto dal monaco
Orderico, torna ad aprirsi con Roma (« Romam cum magno timoré vix
pertransivimus »), mentre Costantinopoli e Gerusalemme erano rimaste
allô stato di intenzione, di programma: « Constantinopolim, quam possidet
imbellis populus, delicrisque serviens et lasciviae, decreveram, si Deo
placuisset, Catholicis pugnatoribus subjugare, qui sanctam Dei civitatem
Jérusalem Turcis auferret, ethnicisque bello repulsis, Christianum imperium
dilatarent »7. Del resto, quando Orderico stende la sua «Historia eccle-
siastica », era ormai passata la vittoriosa prima crociata sulla scena délia
storia occidentale a dare scopi e colori nuovi ai programmi orientali dei
principi europei. Per questo Costantinopoli, ma non Gerusalemme poteva
affiorare nelle parole del Guiscardo.
Corne osservavo, in Orderico Vitale non è scomparso il tono epico:
nello stesso discorso del duca Roberto esso viene richiamato, là dove viene
formulato un preciso giudizio sull’avventura normanna d’Italia: « Hinc
igitur, o viri fortes, —conclude il Guiscardo-— sapiens consilium accipite,
pristinamque virtutem vestram, quam in arduis et angustis rebus multoties
expertus sum, perdere nolite. Unus homo sum ac, ut reliqui, mortalis.
Vos autem multi estis, multisque charismatibus, largiente Deo, vigetis.
Famosa vero gesta, quae longe lateque divulgata sunt, vos fecistis; nec
unquam majora a tam paucis et infimis hominibus leguntur in aliquibus
historiis quam, juvante Deo, a vobis facta sunt »8.
In pieno Duecento Ricordano Malispini seleziona fra tutte le notizie che
riguarda il Guiscardo quelle che legano la figura del duca al pontefice
Gregorio VII, offrendo cosi la chiave d’interpretazione délia leggenda
guelfa. Schiettamente il cronista toscano inserisce il Guiscardo nel momento
critico délia politica gregoriana nei confronti dell’imperatore Enrico IV:
«Il quale (= Gregorio VII) mandata per soccorso in Puglia a Roberto
Guiscardo, incontanente venne Roberto a Roma con grande esercito.
Onde il detto Arrigo col suo papa, per timoré di Roberto, si partirono
dall’assedio, e guastarono e arsono la città Leonina, cioè dal lato di San
Pietro di qua dal Tevere insino in Campidoglio: e non possendo resistere
al detto Roberto, fuggissi col detto suo papa a Siena. E fu liberato papa
Gregorio da Roberto, che rimiselo in sedia: e tutti quelli romani (che furono
7. Hist. Eccl., op. cit., p. 526.
8. Ibid.
194
MÉLANGES IVAN DUJCEV
acconsenzienti delle dette cose) puni gravemente in avéré e in persone.
E il detto papa Gregorio se n’ando con Roberto nel regno, cioè nella città
di Salerno, e là mon' santamente »9.
Il compendio malispiniano punta soprattutto sull’aiuto guiscardiano al
papa: e ciô è in fondo il nucleo portante di un discorso che viene ripreso
ed ampliato da Giovanni Villani. Nell’economia délia sua cronaca quest’ul-
timo dedica ai signori del sud due soli capitoli del quarto libro: il XIX
(« Di Ruberto Guiscardo e dei suoi discendenti i quali furono re di Cicilia
e di Puglia ») ed il XX (« De’ successori di Ruberto Guiscardo che furono
re di Cicilia e di Puglia »). Nella realtà, il primo è dedicato interamente al
Guiscardo ed è redatto con un sapiente dosaggio di storia e di invenzione :
tutto manipolato al fine di creare intorno alla personalità del duca pugliese
i topoi dell’eroe crociato, che il Normanno in verità non ebbe.
Non a caso, infatti, il cronista guelfo mostra esplicitamente la sua inten-
zione di crearsi un alibi per eventuali errori ed incertezze, quando afferma
a conclusione del XIX capitolo: « Queste cose di Ruberto Guiscardo in
alcuna cronica parte se ne leggono, e parte a coloro n’udii narrare: quali
le storie del regno di Puglia pienamente seppono ». L’analisi del testo
villaniano conferma corne la preoccupazione preminente del cronista sia
stata rivolta aile cose ascoltate e non a quelle lette: per questo il suo è un
personaggio « costruito » con una tecnica che avrebbe dovuto colpire il
lettore e catturargliene la simpatia.
Già l’ascendenza genealogica, tutta inventata, serviva a sottolineare la
condizione di figlio cadetto del Guiscardo: « Fu adunque il primo duca
Ruberto, a cui succedette il figliuolo suo Guglielmo, il quale generô
Ricciardo, e Ricciardo ingenerô il seconde Ricciardo. Questo Ricciardo
ingenerô Ricciardo e Ruberto Guiscardo, il quale Ruberto Guiscardo non
fu duca di Normandia, ma fratello del duca Ricciardo »10. Per opportuna
memoria val la pena di ricordare che Tancredi di Altavilla ebbe dalla prima
moglie Muriella: Guglielmo Braccio di Ferro, Drogone, Umfredo, Goffredo
e Serlone; e dalla seconda, Fresenda: Roberto il Guiscardo, Maugero,
Guglielmo di Principato, Alveredo, Tancredi, Umberto e Ruggero.
Per questi motivi, Giovanni Villani mostra di non avéré alcun interesse
ai problemi genealogici ed indirizza tutto il discorso a sottolineare l’ascesa
del Guiscardo sin dal momento in cui pone piede in Italia : « Questi, secondo
l’usanza loro, perochè minore figliuolo era, non ebbe la signoria del ducato,
9. R. Malispini, Storia Fiorentina, Livorno, 1830, cap. LXII.
10. G. Villani, Cronica, Trieste, 1857, IV, 19.
GIOVANNI VILLANI E ROBERTO IL GUISCARDO
195
e perd volendo sperimentare la sua bontà, povero e bisognoso in Puglia
venne, e era in quel tempo duca in Puglia Ruberto nato del paese, al quale
Ruberto Guiscardo vegnendo, prima suo scudiere, e poi da lui fu fatto
cavalière »11.
Né hanno chiarezza e precisione le prime imprese del Guiscardo in Italia,
se il cronista fiorentino continua ad equivocare sui nomi dei veri signori
normanni presso i quali il Guiscardo presto servizio: a duca di Puglia,
infatti, compare un indefinito Ruberto, che aveva guerra col « prenze di
Salerno », quando si sa che Roberto Guiscardo fu a servizio presso Drogone
e Pandolfo e che venne dirottato subito in Calabria12. Al Villani intéressa
mttolineare che il suo eroe « moite vittorie con prodezze contre a’ nemici
soostrô » e che, infine, « guidardonato magnificamente tornô in Nor-
mandia ». Taie supposto ritorno in patria serve al cronista per fard ecantare
dal Guiscardo le bellezze dell’Italia e per raccogliere compagni per una
nuova spedizione. Le parole del nostro cronista sembrano risuonare quelle
che Amato di Montecassino e Leone Marsicano in bocca ai primi avven-
turieri inviati in Normandia a reclutare altri uomini:
Giovanni Villani
(Cron. IV, XIX)
Le delizie e le ricchezze
di Puglia recô in fama,
ornati i cavalli con freni
d’oro e con ferri d’ar-
gento ferrati, in testi-
monio di ciô siccom’era.
Amato di Mont.
(Hist. I, XVIII)
Et mandèrent lor mes-
sages avec ces victoriouz
Normans ; et mandèrent
citre, amigdole, noiz
confites, pailles imperi-
als, ystrumens de fer
aorné d’or. Et ensi les
clamèrent qu’il deussent
venir à la terre qui mene
lat et miel et tant belles
coses.
Leone Marsicano
(Cron., in M.G.H.,
SS. VII, 651)
Et veluti alter Narsis,
poma per eos cedrina,
amigdalas quOque et
deauratas nuces, ac pal-
lia imperialia, necnon et
equorum instrumenta
auro purissimo insignita
illuc transmittens, ad ter-
ram talia gignentem illos
transire non tam invita-
bat quam et traebat.
Dice Amato a mo’ di conclusione: « Et alcun se donnèrent bone volonté
et corage à venir en ces partiez de sà, pour la ricchece qui i estoit »13. E la
stessa considerazione fa il Villani rapportandola pero al Guiscardo, quando
11. Ibid.
12. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, I, Paris,
1907, p. 115, sq.
13. Amato di Montecassino, Storia dei Normanni, ed. De Bartholomaeis, in F.S.I,
Roma, 1935, p. 24 (I, 19).
196
MÉLANGES IVAN DUJCEV
afferma: «Per la quai cosa provocati a se più cavalieri, seguendo questa
cosa per cupidigia di ricchezze e di gloria, tornando in Puglia seco gli menô ».
La costruzione del personaggio villaniano continua con la tecnica del
compendio delle gesta guiscardiane, che consentiva al cronista di sorvolare
su tutti quegli avvenimenti —dal soggiorno in Calabria alla battaglia di
Civitate etc.—, che avrebbero potuto intaccare gli attributi propri di un
« crociato ». Il Villani, infatti pone Roberto in una posizione di sudditanza
e di attesa nei confronti degli altri Altavilla che lo avevano preceduto nel-
l’avventura italiana, corne Drogone ed Umfredo: « Estette appo il duca di
Puglia fedelmente contro a Gottifredi duca de’ Normanni; e, non lungo
tempo poi, Ruberto duca di Puglia vegnendo alla morte, di volontà de’
suoi baroni nel ducato il fece successore, e corne promesso gli aveva, la
figliuola prese a moglie gli anni di Cristo 1078 ».
La scalata feudale del Guiscardo in realtà comincio dopo la morte del
fratello Umfredo (1057), che gli permise di assumere il titolo di conte di
Puglia e, quindi, nel’ 59 quello di duca (« Et pour ce, Robert sailli en plus
grant estât qu’il non se clame plus conte, mès se clamoit duc »); essa venne
consolidata sempre nel 1058 con il ripudio fatto da Roberto délia prima
moglie Alveiada, accampando motivi di parentela, e con il matrimonio con
Sichelgaita, figlia di Guaimaro V e sorella di Gisulfo, principi di Salerno.
E’ chiaro che per il Villani il nucleo del discorso sul Guiscardo era il
passo dedicato all’intervento del duca a favore del pontefice Gregorio VII:
« E poco tempo passato, Alessio imperadore di Costantinopoli, che Cicilia
e parte di Calavra aveva occupata, e’ Viniziani vinse, e tutto il regno di
Puglia e di Cicilia presi; e avvegnachè contro alla Chiesa romana questo
facesse a cui il regno di Puglia era propria possessione, e la contessa Mattelda
contro a Ruberto Guiscardo guerra facesse in servigio di Santa Chiesa;
ma Ruberto riconciliato alla perfine colla Chiesa di sua volontà, fatto ne
fu signore; e non molto poscia, Gregorio settimo assediato co’ cardinali da
Arrigo quarto imperadore nel castello di Santo Angelo, vegnendo a Roma,
e cacciato per forza il detto Arrigo coll’antipapa suo il quale avea fatto per
sua forza, dall’assedio il papa e’ cardinali diliberô, e il papa nel palagio di
Laterano rimise, puniti gravemente i Romani che contro a papa Gregorio
favore allô 'mperadore Arrigo e al papa per lui fatto aveano dato ».
Corne puô osservarsi, il richiamo al Malispini è évidente, corne se il
Villani nel dare notizia dell’avvenimento che sta al fondo délia leggenda
guelfa abbia voluto affidarsi a fonti certe e scritte. Del resto, la conferma di
una simile preoccupazione del cronista, possiamo ritrovarla nel fatto che
egli aggancia subito all’impresa romana, il racconto delle cure prese dal
duca per un lebbroso incontrato mentre era andato a caccia: Roberto lo
GIOVANNI VILLANI E ROBERTO IL GUISCARDO
197
aveva preso sul suo cavallo, lo aveva condotto a casa sua e lo aveva fatto
dormire nel suo letto. E continua significativamente il Villani per risolvere
il mistero dell’apparizione: «E il seguente di per visione apparve Cristo
a Ruberto dicendo: che se in forma di lebbroso gli s’era mostrato, acciocchè
provasse la sua pietà; e annunziôgli che délia sua moglie avrebbe figliuoli
de’ quali l’uno imperadore, l’altro re, il terzo duca sarebbe ».
L’ultima parte del capitolo del Villani è dedicata alla verifica délia
predizione : « Di questa promessa confortato Ruberto, abbattuti i rubelli
di Puglia e di Cicilia, di tutto acquistô la signoria ». Il resto del racconto
torna tutto approssimativo, sia nei nomi che nella cronologia. Il Villani,
infatti, assegna a Roberto cinque figli : un Guglielmo, che avrebbe sposato
una figlia di Alessio Comneno « e fu dello 'mperio di colui duca e possessore,
ma mori sanza figli » e sul quale lo stesso cronista avanza dei dubbi : « Questi
si dice che fu Guglielmo il quale fu detto Lungaspada; ma questo Lungas-
pada molti dicono che non fu del legnaggio di Ruberto Guiscardo, ma dalla
schiatta dei marchesi di Monteferrato »). Il secondo figlio è Boagdinos,
cioè Boemondo, unico figlio avuto da Alverada: il terzo Ruggero, duca di
Puglia, che viene confuso con Ruggero II, figlio del gran conte Ruggero
« che dopo la morte del padre fu coronato re di Cicilia da papa Onorio
secondo (= Anacleto II)». Spuntano poi corne figli del Guiscardo un Errico
« duca de’ Normandi » e un Riccardo conte Cicerat o délia Cerra (= d’A-
cerra). Ora sappiamo che Enrico conte di Monte S. Angelo, era figlio di
Roberto conte del Gargano e di Lucera e marito di Alice, figlia del gran
conte Ruggero14.
Il Riccardo d’Acerra non puô essere identificato con questo titolo (un
Riccardo d’Acerra ebbe posizione di primo piano sotto Guglielmo II il
Buono), ma, forse, corne fratello di Enrico di Monte S. Angelo: il che
spiegherebbe l’equivoco fatto dal Villani fra Roberto il Guiscardo e Roberto
conte del Gargano e di Lucera, assegnando al primo anche i figli del
secondo15.
La parte conclusiva délia leggenda riprende il discorso délia spedizione a
Gerusalemme, che in Orderico Vitale il Guiscardo si rammarica di non
aver compiuto, pur avendone avuto il desiderio, mentre corne Villani il
duca intraprese realmente. L’interpretazione in chiave crociata délia
spedizione balcanica di Roberto, condotta con intenzione imperialistica
contro l’impero d’Oriente, colora di misticismo un’ awentura puramente
14. Palumbo P.F., Honor Montis Sancti Angeli, in Arch. Stor. Pugliese, VI, 1953,
p. 317 sq.
15. Chalandon, op. cit., I, p. 253, n.l.
198
MÉLANGES IVAN DUJCEV
militare, che mirava a Bisanzio. Del resto il problema délia Terrasanta al
tempo del cronista fiorentino era divenuto argomento di propaganda e non
esisteva più alcuna volontà politica di riprendere in termini concreti l’espe-
rienza crociata: il Levante si era sempre più allontanato dall’ottica politica
occidentale, dopo che per la caduta di S. Giovanni d’Acri (1291) «non
rimase nella Terra Santa neuna terra per gli cristiani »16.
Se rileggiamo il passo del Villani, possiamo comprendere corne ormai la
parabola crociata fosse conclusa e corne un legame nostalgico ne tenesse
viva l’idea ancora nel primo Trecento: « Questo Ruberto Guiscardo dopo
moite e nobili cose in Puglia fatte, per cagione di divozione dispuose di
voler andare in Gerusalem in peregrinaggio; e detto gli fu in visione che
morrebbe in Gerusalem: dunque accomandato il regno a Ruggero suo
figliuolo, prese per mare il viaggio verso Gerusalem, e pervenendo in Grecia
al porto che si chiamô per lui porto Guiscardo, cominciô ad aggravare di
malattia; e confidandosi nella rivelazione che fatta gli fu, in niuno modo
temeva di morire. Era incontro al detto porto una isola alla quale per
cagione di ripigliare forza e riposo si fece portare, e portato là non miglio-
rava, ma quasi forte aggravava. Allora domando corne si chiamava quel-
l’isola, e risposto gli fu per gli marinai : che per l’antica Gerusalem si chiama.
La quai cosa udita, incontanente certificato délia sua morte, divotamente
tutte le cose dell’anima s’appartengono s’acconciô, e mori grazioso a Dio
negli anni di Cristo 1110 »17.
Mi pare évidente la paternità del discorso villaniano A&W Alessiade di
Anna Comnena (VI, 1-2); ma è intéressante riportarne il passo per cogliere
l’opéra di trasformazione in senso guelfo fatta dal Villani del testo délia
principessa bizantina: « Roberto intanto... nemmeno dopo questa sconfitta
rimaneva ancora in quiete. Ma poiché aveva già inviato alcune navi con il
proprio figlio a Cefalonia, cercando di occuparne la città, fece approdare
le navi che gli rimanevano a Bunditza con tutto l’esercito ed egli stesso
imbarcatosi su una monoreme da caccia raggiunse Cefalonia. Ma prima
di congiungersi col resto delle sue truppe e con suo figlio, mentre era ancora
all’Atere (è questo un promontorio di Cefalonia) fu colto da una violenta
febbre. E non sopportando l'arsura délia febbre chiedeva acqua fiedda.
I suoi uomini si spaisero dappertutto alla ricerca del l’acquae uno del luogo
disse loro: 'Vedete: questa è l’isola di Itaca. In essa sorgeva in passato una
città chiamata Gerusalemme che è andata in rovina col tempo: in essa vi
16. G. Villani, Cron., VII, 145.
17. Ibid., IV, 19.
GIOVANNI VILLANI E ROBERTO IL GUISCARDO
199
era un fonte che dà sempre acqua potabile e fresca’. Ciô udito Roberto
fu preso da grande terrore: poiché, collegando l’Atere con la città di
Gerusalemme, comprese che ormai la morte per lui era imminente. E infatti
molto tempo prima alcuni gli avevano predetto, corne soglion gli adulatori
far coi potenti: 'Fino all’Atere tutto tu sottomctterai : di là partirai per
Gerusalemme e compirai il tuo destino’. Se egli fu ucciso dalla febbre o se
la malattia fosse pleurite non posso dire csattamente. Sei giorni dopo
moriva »18.
Corne puô osservarsi, il rapporto Anna Comnena-Villani è, per contenuto,
diretto : non è perd possibile individuare per quale via il testo délia prima
sia pervenuto al seconde.
Non ci aiutano i testi intermedi, corne Ordorico Vitale ed il Malispini;
non ci aiutano le notizie, in parte vere, in parte fantastiche, raccolte da
Ruggero de Hoveden sulla vita e sulle opéré del Guiscardo19. Del resto
anche quest’ultimo cronista esamina la personalità del Guiscardo dal
punto di vista eroico e non mistico, dato che ne sottolinea le imprese contro
il papa e contro l’imperatore d’Oriente, ponendo nel dovuto rilievo le
intenzioni del duca Roberto nei confronti dell’Impero bizantino: « Deinde
magnum congregavit navigium, jactans quod ipse imperium Constantino-
politanum invaderet, et totum sibi subjugaret »20.
Non c’è, quindi, ombra di crociata, né di Gerusalemme, mentre le
operazioni militari e navali spaziano da Corfù a Creta, a Rodi. Ma esiste
un punto di contatto fra il de Hoveden ed il Villani, là dove il primo dice:
« Deinde venit ad portum qui nunc nomine suo nuncupatur portus
Wiscardi»21. Nella cronaca del Villani, infatti, abbiamo già letto: «E
pervenendo in Grecia al porto che si chiamô poi per lui porto Guiscardo »22.
La leggenda guelfa, dunque aveva preso il modcllo eroico del Guiscardo,
il mito délia sua epopea e lo aveva rimanipolato a proprio uso. Basti mettere
a fronte il passo délia Comnena con quelle del Villani, per rendersi conto
corne nelV Alessiade Roberto rimanga il guerriero insofferente, alla febbre
ed all’idea délia prossima morte, mentre nella cronaca villaniana il duca è
sottomesso al volere di Dio e si rassegna devotamente alla morte imminente.
18. Anna Comnena, La precrociato di Roberto il Guiscarao, a cura di S. Impellizzeri,
Bari, 1965, p. 181.
19. Ruggero de Hoveden, Cronica, ed. W. Stubbs, London, 1870, vol. 111, p. 161 sq.
20. Ibid., p. 161.
21. Ibid., p. 162.
22. Cron. IV, 19. Sul porto Guiscardo, cf. G. de Pouille, La geste de Robert Gidscard,
ed. M. Mathieu, Palermo, 1961, pp. 253 n. 2 e 335.
200
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Un esempio significative di corne col volgere del tempo la storiografia si
impadronisca di taluni personaggi e li faccia, suoi, sfumando le tinte,
mutandone il carattere, tradendo la verità storica per quella ideologica.
E potrebbe essere, alla fine, un discorso valido per ogni tempo e per ogni
ideologia.
ÜBER DAS PROBLEM DER LÂNGEREN FASSUNG
DES NIKODEMUSEVANGELIUMS
IN DER ÂLTEREN SLAVISCHEN LITERATUR
Biserka GRABAR
tinter der Bezeichnung « Nikodemusevangelium » war in der gesamten
christlichen Welt ein gut bekanntes Apokryphon verbreitet, das nach
Tischendorf1 aus zwei voneinander unabhângigen apokryphen Schriften
entstanden ist, u. zw. aus den sogenannten Gesta Pilati und dem Descensus
Christi ad inféras. Im ersten Text wurde mit zahlreichen apokryphen
Einzelheiten der Prozess Jesu vor Pilatus, der Tod und die Auferstehung
Jesu dargestellt, im zweiten dagegen sein Abstieg in die Vorhôlle. Dieses
Apokryphon (dessen einzelne Teile zunâchst in griechischer Sprache
abgefasst wurden und erst nachher, spâtestens aber im 5. Jahrhundert
in das Lateinische — übrigens der einzigen Version, in der beide Teile
erhalten blieben — übersetzt wurden) fand schon sehr früh Eingang in
die alte slavische Literatur (in zwei verschiedenen Grundfassungen). Die
erste, sogenannte kürzere Fassung, überliefert nur den ersten Teil dieses
Apokryphons und wurde aus dem Griechischen übersetzt ; die zweite,
lângere Fassung wurde aus dem Lateinischen übersetzt und beinhaltet
auch die Übersetzung des Descensus.
Beide Fassungen waren Gegenstand der Forschung und Auseinander-
setzung zahlreicher bekannter Slavisten, im Mittelpunkt des Interesses
1. K.v. Tischendorf, Evangelia apocrypha, Leipzig 18762, LIV.
202
MÉLANGES IVAN DUJCEV
der Forschungen auf dem Gebiet der âlteren slavischen Literatur blieb
aber die zweite Fassung. Wir wollen uns auch in dem vorliegenden Bei-
trag damit befassen ; sie ist nâmlich nicht allein für die Frage der Anfânge
der apokryphen Literatur bei den Slaven, sondern auch für die Frage
der ersten slavischen Übersetzungen überhaupt von Belang.
Die lângere Fassung ist uns nur in einer geringen Anzahl von Hand-
schriften bekannt. Es sind dies grôsstenteils russische aus dem Zeitraum
vom 14./15. bis 18. Jahrhunderts, eine serbische aus dem 15./16. Jahrhundert
(herausgegeben im Jahre 1885 von Lj. Stojanovic im Glasnik Srpskog
ucenog drustva 63, 89-120) und zwei kroatisch-glagolitische Fragmente
aus dem 14. und 15. Jahrhundert, die bislang noch nicht herausgegeben
wurden und bislang der Aufmerksamkeit der Erforscher des slavischen
Nikodemusevangeliums entgangen sind.
Einer der ersten, der sich mit der Frage der Entstehung des slavischen
Nikodemusevangeliums befasste, war der russische Slavist M.N. Speranskij.
Die Resultate seiner Untersuchungen der ihm bekannten Handschriften
des Nikodemusevangeliums verôffentlichte er auf den Seiten 92-119 seiner
Abhandlung über die slavischen apokryphen Evangelien2.
Über die lângere Fassung des Nikodemusevangeliums, von der er erkannte,
dass sie aus dem Lateinischen übersetzt wurde, kam er aufgrund der be-
kannten Handschriften, im besonderen des âltesten und besten Textes,
d.i. die Handschrift aus der Bibliothek der Hl. Sophia in Novgorod aus
dem 14./15. Jahrhundert (heute in der Publicnaja biblioteka in Leningrad)
zu folgenden Schlüssen : 1) die Übersetzung entstand im südslavischen
Raum und zwar in einem Gebiet, in dem die glagolitische Schrift heimisch
war oder wo sich die Tradition des Glagolitischen lângere Zeit gehalten
hatte ; 2) der Text gehôrt zu den frühesten Denkmâlern des slavischen
Schrifttums, und 3) neben serbischen und russischen Abschriften bestanden
jedenfalls auch sehr alte bulgarische, die den russischen als Vorlagedienten3.
Gleichzeitig, jedoch vollkommen unabhângig von Speranskij, kam auch
der tschechische Slavist J. Polivka4, zu denselben Ergebnissen hinsichtlich
der Entstehung der lângeren Fassung des Nikodemusevangeliums.
Ganz anders lôste A.T. Sobolevskij die Frage des Entstehungsgebiets
2. M.N. Speranskij, Slavjanskija apokrificeskija evangelija, Trudy vos'mago arheolo-
giceskago s'ezda v Moskve 1890, t. Il, Moskva 1895, 38-133.
3. M.N. Speranskij, op. cit., 99.
4. J. PolIvka, Evangelium Nikodemovo v literaturàch slovanskÿch, CMKC, 65 (1891)
440-460.
DAS NIKODEMUSEVANGELIUM IN DER SLAVISCHEN LITERATUR 203
der slavischen Übersetzung derlângerenFassung desNikodemusevangelium5.
Seiner Meinung nach entstand diese Übersetzung in demselben Gebiet
wie die Übersetzung der Evangelienhomilien Papst Gregors des
Grossen, von denen er in derselben Abhandlung spricht, nâmlich im tsche-
chisch-mâhrischen Raum. Mit den übrigen Forschern teilt er die Meinung,
dass die Übersetzung sehr ait ist6. Ohne besondere Argumente anzuführen,
folgert er dies aufgrund der Lexik des Denkmals, die er lediglich einseitig
beleuchtete und — zum Unterschied von den beiden anderen Forschern —
keineswegs weiters erôrterte.
Als Denkmal tschechischer Herkunft wird das Nikodemusevangelium
auch im Slovm'k jazyka staroslovënského der tschechoslowakischen Aka-
demie der Wissenschaften bezeichnet.
Mit der lângeren Fassung des Nikodemusevangeliums befasste sich
in letzter Zeit auch der franzôsische Slavist A. Vaillant. Er erôrterte das
Problem im Vorwort seiner kritischen Ausgabe des besten und bisher
nicht edierten Textes aus der kyrillischen Handschrift russischer Redak-
tion aus der Bibliothek der hl. Sophia in Novgorod aus dem 14./15. Jahr-
hundert7. In erster Linie lôste Vaillant die Frage des Verhâltnisses der
kyrillischen Texte der lângeren Fassung zueinander und stellte fest, dass
aile Texte ein und derselben ursprünglichen Übersetzung angehôren.
Über die Entstehungszeit âussert sich Vaillant aufgrund seiner sprach-
lichen Untersuchungen folgendermassen : « Les indications fournies par
l’état de la langue et par les traces de glagolite invitent à placer la tra-
duction de l’Évangile de Nicodème sur le latin à une époque du vieux
slave tout proche de celle de la traduction sur le grec de l’Homélie d’Êpi-
phane, qui est conservée dans le Clozianus glagolitique et le Suprasliensis
cyrillique, c’est-à-dire au xe siècle»8.
Besondere Aufmerksamkeit widmete Vaillant der Lexik als einem der
entscheidenden Momente für die Feststellung des Gebiets, in dem die
Übersetzung enstanden ist. Seine lexikalischen Untersuchungen brachten
folgende Ergebnisse : 1) die Lexik ist grundsâtzlich altslavisch und weist
— wie die Sprache des Nikodemusevangeliums im allgemeinen — darauf
hin, dass es sich um sehr altes Denkmal des slavischen Schrifttums handelt,
5. A.I. Sobolevsku, Materialy i izsledovanija v oblasti slavjanskoj filologii, « Sbor-
nik ORJaS » 88 (1910), 52-54.
6. A.I. Sobolevsku, op. cit. 54.
7. A. Vaillant, L'Evangile de Nicodème, Centre de recherches d’histoire et de phi-
lologie, Paris 1968.
8. A. Vaillant, op. cit. XIII,
204
MÉLANGES IVAN DUJCEV
2) es kommen Wôrter vor, die nur dieser Übersetzung zu eigen sind, so
etwa das Wort muka für lat. inferus und infemum oder der Ausdruck
velika nocb, der in allen westslavischen Sprachen (tschechisch, polnisch,
slowakisch und kroatisch-kajkavisch) das Osterfest, lateinisch pascha,
bezeichnet (nicht bloss im Tschechischen, wie Sobolevskij behauptete)
und schliesslich, 3) kommen im Nikodemusevangelium einige Wôrter vor,
deren Âquivalent wir sowohl im modernen wie auch im alten Kroatoser-
bischen und Slovenischen vorfinden. So z. B. das Adjektiv vrëdbnb, das
gerade eben im Kroatoserbischen und im Slovenischen in derselben Bedeu-
tung wie im Nikodemusevangelium vorkommt, u. zw. für lat. dignus ;
im Altslavischen hingegen und in anderen slavischen Sprachen bedeutet
der Ausdruck « schâdlich ». Von den übrigen Beispielen seien lediglich
die auffâlligsten erwâhnt, so das Wort vëstbnica für das lediglich der Slo-
vnik jazyka staroslovënského einen Beleg anführt, das in der Form vijecnica
in der heutigen wie in der âlteren kroatoserbischen Sprache im Gebrauch
ist. Der Ausdruck slovo dati für lat. permittere kann mit demselben Ausdruck
im Slovenischen und im Kajkavischen in Zusammenhang gebracht werden.
Die erwâhnten Beispiele, bei Vaillant kann man noch eine ganze Reihe
weiterer Belege finden, weisen auf das kroatische Gebiet, bzw. auf die
Nâhe des slovenischen Sprachgebiets hin. Wenn wir dazu noch vor Augen
haben, dass es sich dabei noch um eine der seltenen altslavischen Über-
setzungen aus dem Lateinischen handelt und dass sich in den kyrillischen
Abschriften in der Substitution des Zahlenwertes der Buchstaben zahl-
reiche Spuren einer glagolitischen Vorlage finden, so konnte Vaillant
mit gutem Recht schliessen, dass die Übersetzung irgendwo in Kroatien
entstanden ist, wie im übrigen vor ihm schon Speranskij und Polivka
feststellten.
Für eine derartige Lokalisierung spricht auch die Tatsache, dass uns
gerade in der kroatisch-glagolitischen Literatur die âltesten Zeugen des
Nikodemusevangeliums erhalten geblieben sind. Vaillant und seine Vor-
gânger wussten nichts vom tatsâchlichen Vorhandensein eines kroatisch-
glagolitischen Textes des Nikodemusevangeliums, von dem wir nur zwei,
allerdings verhâltnismâssig umfangreiche Fragmente kennen. Das erste
Fragment gehôrt zu den sogenannten glagolitischen Fragmenten aus Pazin
und stammt aus dem frühen 14. Jahrhundert9 und ist demnach der âlteste
auf uns gekommene Text des Nikodemusevangeliums, dessen Bedeutung
9. Das Fragment ist im Archiv der Jugoslawischen Akademie der Wissenschaften
unter der Signatur, Fragm. glag. 90 g-h, aufbewahrt.
DAS NIKODEMUSEVANGELIUM IN DER SLAVISCHEN LITERATUR 205
deshalb nicht zu unterschâtzen ist. Das Fragment beinhaltet den Beginn
des Nikodemusevangeliums u. zw. insgesamt drei nicht vollstândige Kapitel.
Das zweite, jüngere Fragment stammt aus dem 15. Jahrhundert10 und
umfasst nahezu das gesamte 21. und 22. Kapitel des zweiten Teils des
Nikodemusevangeliums, den sogenannten Descensus.
Da über diese Fragmente — ihre Beschreibung ausgenommen11 —
bisher nichts verôffentlicht wurde und sie der Wissenschaft geradezu
unbekannt sind, ist es notwendig einige Worte darüber zu sagen, vor allem
ihrer textgeschichtlichen Bedeutung wegen, die sie für die lângere Fassung
des slavischen Textes des Nikodemusevangeliums und für die endgültige
Lôsung des Problems der Ubersetzungsheimat dieses Textes haben.
Vor allem muss erwâhnt werden, dass beide Fragmente Abschriften
eines wesentlich âlteren Grundtextes sind, der auf ein und dieselbe Über-
setzung aus dem Lateinischen zurückgeht, der auch in den bekannten
kyrillischen Texten der lângeren Fassung überliefert ist. Der Vergleich
mit den kyrillischen Texten zeigt, dass die erwâhnten Fragmente in einer
Reihe von Belegstellen wôrtlich mit dem âlteren und weitgehend besser
tradierten Text der Novgoroder Handschrift übereinstimmen als mit
den übrigen Handschriften. Diese Übereinstimmung lâsst sich am besten
nach den gemeinsamen Fehlern feststellen, so z. B. upvahu im glagoli-
tischen bzw. upovaahu im Novgoroder Text anstatt vbpiêhu für lat. cia-
mabant. (Die jüngeren kyrillischen Texte korrigieren diese Stelle zu pokivahu
bzw. negodovahu, was ebenfalls nicht richtig ist.) Ein weiteres Beispiel :
die Novgoroder Handschrift und die Texte aus Pazin haben obruceni
bihomb anstatt vb obrucenii byhomb wie Vaillant aufgrund des lateinischen
Textes im desponsabilus... fuimus rekonstruierte, oder wie auch zwei weitere
kyrillische Texte zeigen, denen man klar entnehmen kann, dass es sich bei
der fraglichen Stelle um das Substantiv obrqcenie bzw. obrucenie und nicht
um das Verbum obrqciti bzw. obruciti handelt. Solche und âhnliche Über-
einstimmungen mit dem Novgoroder Text einerseits, andererseits mit
der jüngeren Gruppe kyrillischer Texte, deren es noch eine weitaus grôssere
Zahl gibt, sprechen eine deutliche Sprache hinsichtlich der gemeinsamen
Herkunft aller slavischen Texte des Nikodemusevangeliums, die durch
unsere glagolitischen Fragmente zu einer grossen gemeinsamen Familie
verbunden werden.
10. Im Archiv der Jugoslaw. Akad., Fragrn. glag. 32c.
11. Vj. StefaniC, Glagoljski rùkopisi Jugoslavenske akedemije I, Zagreb 1969, 46-50,
II Zagreb 1970, 12-14.
206
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Das Studium unserer glagolitischen Fragmente zeigt weiter, dass die
Paziner Fragmente nicht nur die sprachliche, sondern auch die textuelle
Struktur der ursprünglichen Übersetzung in vielen Fâllen besser tradieren
als die übrigen slavischen Texte oder der Text des jüngeren glagolitischen
Fragments, der sprachlich verjüngt und beim Kopieren ziemlich verdorben
wurde und deswegen einzelne Stellen unklar geworden sind. So hat das
Paziner Fragment nach lat. ejice foras richtigerweise vbnb zeni, der Nov-
goroder Text hat on zeni (fehlerhaft wahrscheinlich für otbzeni oder vonb
zeni), der von Stojanovic herausgegebene Text hat izvedi, der Text Ivan
Frankos hat dagegen vbvedi ; im glagolitischen Text heisst es nach lat. vo-
bis dixit Deus : non occideris, sed mihi ? wôrtlich vam' rece bogb ne
ubiesi, razvë m'né (razvë steht wie auch sonst des ôfteren in diesem Denkmal
für sed) im Novgoroder Text haben wir anstatt vam' rece unrichtig rece
nam' und anstatt des Dativs m’në den Akkusativ mene, sodass der Satz
keinen Sinnzusammenhang ergibt. Aus diesem Grund haben wahrschein-
lich die beiden übrigen kyrillischen Handschriften, die nach einer âhnlich
verdorbenen Vorlage abgeschrieben wurden, die betreffende Stelle über-
haupt ausgelassen. Àhnliche Beispiele dafür, dass die Paziner Fragmente
dem Original nâher stehen als die übrigen Handschriften des Nikodemus-
evangeliums, gibt es noch eine ganze Anzahl ; im vorliegenden Aufsatz
ist hiefür allerdings nicht der Platz und die Gelegenheit für weitere Ausfüh-
rungen. Doch auch aus den oben zitierten Erwâgungen lâsst sich der Schluss
ziehen, dass den glagolitischen insbesondere den Paziner Fragmenten
die Prioritât vor den kyrillischen Handschriften zufâllt und dass es dem-
nach auch wahrscheinlich ist, dass diese Abschrift auf demselben Terrain
enstanden ist wie die Originalvorlage. Wenn wir dann auch noch die übri-
gen Argumente, die für die kroatische Herkunft des Nikodemusevangeliums
sprechen, hinzufügen, so kônnen wir uns tatsâchlich den Ergebnissen
Speranskijs, Polivkas und Vaillants anschliessen, die besagen, dass das
Nikodemusevangelium irgendwo in Kroatien übersetzt wurde, was wiede-
rum für eine frühe kyrillo-methodianische Tradition bei den Kroaten
sprâche.
DEUX IVOIRES CONSTANTINOPOLITAINS
DATÉS DU IXe ET Xe SIÈCLE
André GUILLOU
Je prépare depuis de nombreuses années le recueil des inscriptions
grecques de l’Italie médiévale d’époque byzantine et post-byzantine, du
vie au xve siècle. Le premier volume est désormais assez avancé : il com-
prendra les inscriptions non gravées en Italie et pour la plus grande partie
d’entre elles constantinopolitaines. De ce groupe j’extrais ici deux pièces
bien connues qui sont liées à deux grands moments de la vie publique
de la capitale de l’Empire byzantin : un mariage impérial et une grande
victoire militaire.
I
Le premier objet (fig. 1-5) est le coffret d’ivoire conservé à Rome au
Palais de Venise, dans la «Sala tedesca» (n° 149). Le couvercle porte,
en vers de douze syllabes, l’inscription suivante :
1. + Xpmr’ eûXo-fr) tov Sectkotcov ^uvcoptSa-
2. A(oû)Xy) ^uvcopiç Ttpoaxuveî xar’ à^iav1
Ce qui veut dire :
« O Christ bénis le couple impérial.
1. Edition partielle, A. Goldschmidt-K. Weitzmann, Die byzantinischen Elfen-
beinskulpturen des 10. bis 13. Jhs (Deutscher Verein für Kunstwissenschaft), t. 1, Berlin,
1930, n° 123, que je critiquerai dans l’apparat de mon édition,
208
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Le couple, ton serviteur, t’adore comme il convient. »
Le mot Seokotcov du premier vers nous assure qu’il s’agit bien d’un mariage
impérial. L’interprétation de la double scène est la suivante : en bas en
pied un empereur et sa future épouse dans l’attitude de l’adoration, en
haut la cérémonie du mariage, le Christ officiant a les mains sur la tête
de l’empereur et celle de l’impératrice, tous deux en vêtements impériaux.
Les quatre côtés du coffret sont ornés de scènes de la vie de David, dont
on sait que les Byzantins le considéraient comme l’un des modèles impériaux.
La longue inscription qui court tout autour du coffret permet de dater
celui-ci avec une relative précision, ce dont on ne s’est pas encore aperçu.
L’inscription est originale jusqu’à la fin du deuxième côté Kpo- ; le reste
a été récrit à l’époque moderne (xvne siècle) par quelqu’un qui ne savait
pas le grec, sauf les trois dernières lettres arco. Ce sont cinq vers de douze
syllabes que l’on peut lire ainsi :
1. + ©Tjoaupoç Scopcov aùroxparopcov
2. 'H <77) Xai O’ZSÎjOÇ hîlCÛV /p7)p.àT<ov
3. IIXTjv xal ffTjoaupoç 7rpoTep7)p.àTcov ^évcov
4. To <5ov <5X7jvoç, à) pamXlç, EITA,
puis une lettre écrasée par le rivet et P (1).
Ensuite on lit TtjXlxoûtco auÇûyco, puis un certain nombre de lettres
qui ne donnent aucun sens ouÇuyoç arco et n’entrent pas dans un
vers de douze syllabes. Je propose à^icoraTco.
Je traduis : « Ton âme est un trésor de dons des hauts empereurs, un
vase des richesses impériales (ou divines, le mot a le double sens, ce qui
plaît beaucoup aux Byzantins). En outre, ton corps, ô impératrice (ici un
certain nombre de lettres, qui restent à interpréter) est un trésor des qualités
étrangères, pour un mari si grand et si digne».
L’invocation est donc adressée à l’épouse étrangère d’un empereur
byzantin. Lequel ?
La paléographie de l’inscription permet de dater celle-ci vers la fin du
ixe ou au Xe siècle2. Durant cette période deux souverains ont épousé
une étrangère : Eudokia Ingérina, concubine de l’empereur Michel III,
a été donnée par l’empereur comme femme au futur empereur Basile Ier,
son courtisan ; Zoè Zaoutzaina, seconde femme de Léon VI, s’est mariée
au printemps de 898, elle était arménienne. Reprenons l’inscription.
2. Voir, par exemple, E.M. Thompson, An introduction to greek and latin Palaeo-
graphy, Oxford, 1912, p. 216, fig.
DEUX IVOIRES CONSTANTINOPOLITAINS
209
Au vers 4 après paatXiç, impératrice, il manque quatre syllabes pour
compléter le vers. La première lettre est certainement E, la troisième T,
la quatrième A, la sixième P. Je ne pense pas être bien téméraire en propo-
sant de lire EIFAIP pour EirAIP((.va) donc la fille d’Inger ou d’Igor.
L’hypothèse est aussi soutenue par le fait que les qualités physiques de
l’épouse Scandinave3 auxquelles fait allusion le poète sont mises en relief
par l’historien Constantin Porphyrogénète qui écrit dans la Vie de Basile :
« Cette femme était d’une beauté, d’une grâce et d’une vertu supérieures
à celles des plus nobles dames, la fille d’Inger, et elle était célèbre entre
toutes par sa noblesse et sa sagesse »4. Ce sont bien les paroles du poème
porté sur le coffret.
Je retiens donc comme date presque sûre du coffret celle de 866, date de
la nomination de Basile Ier comme co-empereur ; le mariage avec la belle
Eudokia pouvait remonter à quelques mois5.
Cadeau du mari ou de l’amant ? Je ne saurais le dire, mais cadeau de
luxe : l’ivoire, rare, venait du Niger ou de Ceylan, le sculpteur comme le
poète travaillaient pour la cour impériale de Constantinople.
II
Le deuxième objet (fig. 6-7) est une stavrothèque, donc un reliquaire
qui contient un petit morceau de la Vraie Croix. Cette stavrothèque d’ivoire
fut rapportée de Constantinople par le frère Elie de Coppis, disciple de saint
François d’Assise, qui y avait été envoyé par Frédéric II en 1245 ou 1246.
Il donna la stavrothèque à l’église franciscaine qu’il avait construite dans
son pays, Cortona en Toscane, où elle se trouve encore jalousement conser-
vée dans le trésor de l’église S. Francesco.
Il s’agit d’une plaque d’ivoire dont le droit est orné d’une croix, de
quatre saints sculptés (la Mère de Dieu, s. Jean Prodrome, s. Stéphane, s.
Jean le Théologien) et de deux bandes sculptées en haut et en bas occupées
par trois médaillons contenant le Christ entre les archanges Gabriel et
Michel, Constantin entre Hélène et Longin.
Au verso sont gravées deux inscriptions.
3. Voir C. Mango, Eudocia Ingerina, the Normans, and the Macedonian dynasty,
in « Zbornik Radova», 14/15, 1973, p. 17-27.
4. Cité par A. Rambaud, L’empire grec au dixième siècle, Paris, 1870, p. 155.
5. 865, dit R. Jenkins, Byzantium. The impérial centuries AD 610-1071, Londres,
1966, p. 195.
210
MÉLANGES IVAN DUJCEV
La première, en forme de croix, dit en quatre vers de douze syllabes :
1. Kac 7tplv xpaTatû Ssokôtt] Kcovaravrivco
2. XpiCTTOç SéScoxs araupov e’tç tnoriqpiav
3. Kal vüv 8è toütov èv 0sû Ntxyjcpopoç
4. ’’Ava^ TpoTOÜTai. cpüXa [îappàpcov ë/cov6.
Je traduis : « D’abord le Christ a donné la croix au puissant empereur
Constantin (Constantin le Grand au ive siècle) pour son salut, et mainte-
nant Nicéphore, en Dieu notre prince, avec elle met en fuite les tribus bar-
bares ».
La paléographie de l’inscription parle pour le xe siècle. L’identification
du souverain est donc simple : il s’agit de Nicéphore II, qui régna de 963
à 969. Mais, et c’est exceptionnel, on peut dire beaucoup plus.
L’inscription précise que cet empereur avec elle « met en fuite les tribus
barbares». Nous lisons sous la plume du chroniqueur Jean Zonaras, qui
écrit au douzième siècle, après le récit de la prise de Tarse et de Mopsueste
aux Arabes en 965 : « L’empereur remit comme offrande de son armée
à Dieu les croix vénérables que les Barbares avaient prises, quand Stip-
piôtès, le domestique des Scholes, tomba dans le malheur par suite d’une
malveillance au siège de Tarse, et les restitua au divin sanctuaire de la
Sagesse du Verbe de Dieu »7. La croix de Cortona pouvait être du nombre,
car il s’agit bien de Sainte-Sophie, l’église patriarcale de Constantinople.
Et il est très probable que notre stavrothèque faisait partie des reliquaires
transportés durant la campagne, comme toujours, par l’armée byzantine.
Et d’autant plus que l’inscription qui court tout autour de la plaque dit
ceci : 4- 'O TÎjç pteyàX7]ç èxxXTjotaç 0eoü aocpiaç <rx£uo<pûXa^ Sré<pavoç
TÎ) [xovîj Eù^p.y)<; KpooqjépEt, c’est-à-dire « Le skévophylax
de la Grande Eglise de la Sagesse de Dieu, Stéphane offre au monastère
d’Euèmè (sic), qui l’a éduqué ». Nous savons que le skévophylax de Sainte-
Sophie de Constantinople, au xe siècle, est responsable du mobilier, des
vases et objets liturgiques, ornements et livres de l’église8. Le rapprochement
du texte des deux inscriptions, qui ont été gravées par la même main, per-
6. Editions antérieures : C.I.G., t. IV, n° 8694 ; Teresa Venuti de Dominicis, La
Croce Santa di Cortona. Dittico bizantino del decimo secolo, Cortona, Tip. Commerciale,
1913 (en lettres latines) ; A. Goldschmidt-K. Weitzmann, Die byzantinischen Elfen-
beinskulpturen, cit., t. II, Berlin, 1934, p. 48 (et fig. 23) ; A. Frolow, La relique de la
Vraie Croix (Archives de l’Orient Chrétien, 7), Paris, 1961, n° 146, p. 241. Les leçons
divergentes seront relevées dans mon édition.
7. Ed. M. PiNDER-Th. Buttner-Wobst, t. III, Bonn, p. 503.
8. Voir J. Darrouzès, Recherches sur les Offikia, Paris, 1970, p. 314-318.
DEUX IVOIRES CONSTANTINOPOLITAINS
211
met à mon sens de donner les précisions suivantes à propos de cette stavro-
thèque :
1) En rentrant de sa campagne Nicéphore II remet le reliquaire, fabriqué
sous son règne et avant la guerre, donc entre 963 et 965, au Trésor de Sainte-
Sophie, dont le skévophylax est un certain Stéphane ;
2) Ce dernier, pour une raison qui nous échappe, s’approprie en un sens
le reliquaire, qui porte le buste de son saint patron. Sur son ordre, un
graveur écrit la fameuse référence historique et le don fait par Stéphane,
qui en a ainsi accru la valeur9. Comme l’empereur Nicéphore est mentionné
comme régnant, nous pouvons en déduire que l’inscription doit être datée
entre 965 et 969.
Tel est l’apport de la lecture des inscriptions portées sur deux ivoires
depuis longtemps connus : elles enseignent, je crois, l’origine, la date
de ceux-ci, le milieu qui les a produits, l’usage qu’on en a fait.
9. Stéphane n’est pas connu, sauf si on l’identifie avec le fils de Romain Lékapène.
La parenté avec la famille impériale expliquerait le sort subi par le reliquaire. Le nom du
monastère « Euèmè », qui doit être, je pense, constantinopolitain, est sûrement corrompu
(ou populaire ?). Je propose de l’identifier avec le monastère fameux de Sainte-Euphémie
d’Olybriou, situé entre les Saints-Apôtres et le Philadelphion (R. Janin, La géographie
ecclésiastique de l'empire byzantin. T" partie. Le siège de Constantinople et le patriarchat
œcuménique. Tome HL Les églises et les monastères, 2e éd., Paris, 1969, p. 124-126.)
SAINT ALEXANDRE
MARTYR DE THESSALONIQUE
François HALKIN
Les hagiographes ont distingué ce martyr d’un saint Alexandre de Pydna
en Macédoine, d’un saint Alexandre de Drusipara en Thrace et d’un saint
Alexandre de Dinogetia en Mésie inférieure. Il semble bien que ces quatre
«homonymes» ne font en réalité qu’un seul personnage1. Alexandre de
Thessalonique est inscrit dans certains synaxaires byzantins au 7 ou au 9
novembre et pourvu d’une notice brève, qui résume sans doute une Passion
perdue2.
De cette Passion perdue, Ehrhard croyait avoir retrouvé un exemplaire
dans un texte acéphale du ms. 91 d’Andros3. Il ne s’agissait en réalité que
d’un fragment du panégyrique bien connu de saint Grégoire le Thauma-
turge par Grégoire de Nysse4.
Mais il en subsiste un abrégé d’une certaine longueur dans le curieux
synaxaire-ménologe du ms. 2108 d’Athènes, qui provient de Thessalonique
et a été signalé naguère par Madame E. Lappa Zizicas dans les Analecta
1. Voir dans le Propylaeum Decembris des Acta Sanctorum, paru en 1940, le commen-
taire du martyrologe romain, au 9 novembre, p. 506-507. Cf. Act. SS., Nov. 4 (1925),
p. 100 ; H. Delehaye, Les origines du culte des martyrs, 2e éd. (Bruxelles, 1933), p. 230.
2. Synax. Eccl. CP., éd. H. Delehaye (Bruxelles, 1902), col. 204 et 208 ; Migne,
P.G. 117, col. 152.
3. Überlieferung..., t. 2 (= T.U. 51, 1938), p. 416.
4. Mélanges Roger Goossens (Bruxelles, 1954), p. 70-72. Reproduit dans nos Recher-
ches et documents d'hagiographie byzantine (= « Subsidia hagiographica », 51, 1971),
p. 92-94, avec deux notes additionnelles, p. 305.
214
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Bollandiana, t. 88 (1970), p. 265-266. Cet abrégé inédit mérite bien d’être
publié. En voici la teneur (fol. 25 v-26).
priqvi tcû aÙTÛ 6' toü àylou jzàpTupoç
’AXe^àvSpou toü èv 0£C7C7aXovlx7]
OÜtoç ô àyioç ptàpTuç ’AXè^avSpop îjv éîtl Maii/itavov toü pacnXscoç xai
7rapa<7Tàç tco py|p.aT(. xai TrpoTparrelç Oüaai. toïç Oeoïç copioXoyTjosv to
ôvopia toü àX7]0i.voü Oeoü Xéycov otl « ’Eyco èva 0£ov xai pacnXèa tiôvov
Sixaioxplr/jv p.ep.àOyjxa 7ri.c7T£Ù£i.v xai Kpooxuveîv, tov K0i.y)C7avTa 7)p.àp xai
’jjzaç ». ’ETrixaTKipàtraTo 8è t<5 x6ap(.<p toÙtco tû ptaTalco xai toïç àp/oumv
aÙToü Sià to pc?] èKiyvcovai aÙToùp tov xùptov. Kal àKeuSoxyjoaç toü xocrpiou
toÙtou ô ayioç ’AXè^avSpoç ÊXàxTinev tt]v Tpaîrs^av ottoli îjv tj cttovSt)
ê7VLxet.fz.év7)’ xai oTpacpeïoa 7) cttovSt] è^£/ù07). Kal opyiaOelp ô pamXeùç
èxéXeuoev aÙTov àreve/Oîjva!. ûtto Mivovntavov TrpoTlxTopop xai àTOTp.v)Oî)va!..
Kal éXxùaaç to ^Icpoç ô MivovntavoQ eltrnqxsi coç èv èxcrTaoei. Kal elkev
ô xaïaap Kpàç MtvQvHiavQV « Tl £<7T7)xaç, xaxè crTpaTicoTa, xai où TrXyjpoïç
to KpooTa/Oèv oot èv Ta/si ; » Kal slttsv Mtvovxiavôç’U BamXsü, 7) x£cpaX7|
ao'j tôç ôpoç ècrrlv xai clpu. £VTpop.oç. » ''HTTjffev 8è ô àyioç fzàpTup
’AXè^avSpop 58cop xai vi^âp.evoç xàç /eïpaç Kporr^ùçaTO xat àvspoTjoEV
xai £OT£V« "Ayiop, ayioç, àywç xopiop ô 0£oç. » Kal èraKamEv aÙTov 6
CTTpaTixoTvjç. EISsv 8s ô paoù.sùç £Ù0ècoç xècmapaç àyyèXouç X£u<7/7)p.ovoüvTaç
kcûç 7rapèXa[3ov tov ptaxapiov ’AXè^avSpov xai àmqp/ovTo elç Ta èuoupàvia’
xai piETEVoEi otl èKol'/joEV auTov àTroOavslv. Kal OTuyvol ^oav ol asT’a’jTOÜ
/picmavol’ xai eÏkev aÙToïç ô paoi>.£Ùç' « OoPsï<70£ piï) xai ùp.£Ïç aKO-
0àv7)<70£ ; » xai sl-rav « Où/l, xûpi.£’ to yàp üràp XpioToü àKO0av£Ïv
^oal èoTiv. ’AXXà 8£6p.£0à trou ïva à^lcoç rrjç ptapTuplap X7)8£u0fl 6
à8£Xcpoç 7)p.ûv ’AXè^avSpoç. » Kal eIkev ô ['iarjù.s’jç' « Tl ècmv piapTupla ; »
BIhtWQ Ô <7TpaTl.d>T7)Ç eIkîV « ’Ev TCp 7)p.£T£pCp VOfZCp, paOLZÆÜ, Ô<7T(.Ç av
wrèp XpiOTOÜ outcoç àKoOàvy; piâpTup ècrrlv xai 7ràvT£p ol /picmavol
auv£p^6p.£vot, OaTTToucnv aÙTov. A£op.£0a oùv aou, paoiz.EÜ, èTurjTaz.yvai toïç
èv &EQaaXovi™] àSsz.çoïç cûote alolcoç xv)8£u0-?jva(. aÙTov. » E’içaç oùv ô
PacnX£Ùç èypa^ev oÔtcoç- « MaÇuuavù" xaïaap toïç ©ecnraÂowxécoi’
Xpicmavoïç /alp£i.v. Tov outcoç èv tco ùp.£Tèpco voptco xaTacppovYjaavTà
p.ou xai x£À£uc70èvTa Ùtt’ èpioü à7ro0av£Ïv, ôqStq a7roc7T£lXavT£Ç toùç £l<o0oTaç
àvaXap.pàv£(,v Tà tûv p.apTupoùvTcov mû a axa Oà^aTC. "Erapi^a yàp Stà
toüto xai àxTov iva Sià Ta/ouç a7ravT£ç avaXà^ETS tô Xsl^avov toü p.àpTupoç
’AX£^àv8pou. 'Qç yàp ûp.£Ïç Xèy£T£, èp.apTÙpv)<7£v. » ’A7ravT7|<7avT£p oùv
ol àîrà ©eoffaÂoi’ixzjç àSsz.'poi E'jz.apslç àvèz.apov to <7Ûp.a toü aaxaplo’j
’Ax£^àv8pou toü 0£ocpi.Xoüç piàpTupoç xai £07jxav £lç à^iov t^ç èSpalap
saint Alexandre de thessalonique
215
xal eùoePoüç aÙTOÜ ôp.oXoylaç tôkov xaXoujzsvov ©cogyiai, rrâvTa KXyjpco-
oavTeç rà ÈkI TÎjç èvepyelaç auToü- xal kIotei àvs^cbpyjcrav slç ttjv ©eoffa-
Aovixipt. 'H 8è toü piaxaplou ptàpTupoç ’AXe^àvSpou ^X^, “S x.od aÙToç ô
PaaiXsùç cbpioXoyTjcrEv, Ûtto àyyÉXcov àvsX7)<p07) etç Tà EKOupavia 8tà toü
xuptou 7)p.ûv ’lyjooü XpioToü, pte0’ ou tco rraTpl 7) S6ça xal to xpaTOÇ oùv
tco âylco 7rveûp.aTi etc; touç aîwvaç.
Quelques notations pourront suffire en guise de commentaire.
Dans beaucoup de Passions épiques5 le persécuteur est appelé Maximien
ou Dioclétien ; il aurait aussi bien pu rester anonyme : ce n’est pas une
individualité mais un type.
Plusieurs synaxaires, notamment deux mss. de l’Ambrosienne6, donnent
au bourreau (cmexouXaTcop ) le nom de Minoukianos. Ici le même Minou-
kianos est qualifié de npoTixTwp, soldat de la garde impériale. La variante
ne tire pas à conséquence, puisque le « protector » joue le rôle d’exécuteur
des hautes œuvres.
Le toponyme ©wpylai, qui indique l’endroit de la confession du martyr
et de sa sépulture, ne semble pas connu d’ailleurs. Nous le recommandons
à l’attention des spécialistes en topographie de la Macédoine. Si ce lieudit
a été relevé par l’auteur de l’abrégé, c’est apparemment parce qu’il désignait
le sanctuaire de S. Alexandre, hors les murs de Thessalonique.
5. Sur le genre littéraire des « Passions épiques», voir tout le chapitre 3 du livre clas-
sique en la matière : H. Delehaye, Les Passions des martyrs et les genres littéraires,
1" éd. (Bruxelles, 1921), p. 236-315 ; 2e éd. (1966), p. 171-226.
6. B 104 sup. et D 74 sup. Cf. Synax. Eccl. CP., ed. H. Delehaye (Bruxelles, 1902),
col. XXX (Cb et Cc).
EIN WEITERER PARALLELTEXT
ZU DEN SLAVISCHEN VERSIONEN
DER “LEGENDE VON DEN VIERZIG MÀRTYRERN
IN SERASTEIA ” (RHG3 1201)
Helmut KEIPERT
Mit seiner 1960 publizierten ausführlichen Beschreibung des sog.
« German-Codex » aus dem Jahre 1359 hat loan lufu die slavistische
Mediaevistik an ein Denkmal erinnert, das seit den Arbeiten von Jaci-
mirskij und Kahizniacki etwas in Vergessenheit geraten war1. Die durch
seinen Aufsatz angeregten weiteren Forschungen, die wir vor allem den
bulgarischen Gelehrten Kiril Mircev und Dora Ivanova-Mirceva verdanken,
haben die auBerordentliche Bedeutung dieser Handschrift für die Über-
lieferungsgeschichte der kirchenslavischen Literatur im südslavischen Raum
noch klarer hervortreten lassen : neben weitverbreiteten Werken enthâlt
sie verschiedene zweifellos alte Texte, die bisher nicht oder nur wenig
bekannt waren, und ihre Sprache scheint manche mehr archaischen Züge
aus der Frühzeit des homiletisch-hagiographischen Schrifttums bei den
Slaven zu bewahren2. Unterschiedliche Meinungen sind allerdings zu der
Frage geâuBert worden, ob man der Sammlung als ganzer textologisch
1. I. Iufu : Sbornicul lui Gherman (1359), « Ortodoxia. Revista Patriarhiei Romîne»,
12, 2 (1960), S. 253-279.
2. Die wichtigsten Arbeiten sind jetzt bei D. Ivanova-Mirêeva, i. Ikonomova :
Chomilijata na Epifanij za slizaneto v ada (neizvesten starobl>lgarski prevod). Sofija 1975,
S. 17, genannt.
218
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
ein relativ hohes Alter zuerkennen darf : wâhrend Ivanova-Mirceva den
Hauptbestand bereits am Ende des 9. Jh. vereinigt sehen will, hait Dilevski
eine gemeinsame überlieferung der hier verbundenen Stücke nicht vor
dem Ende des 12. Jh. für môglich3. Die wünschenswerte Gesamtausgabe
dieses interessanten Codex wird seit lângerem dadurch vorbereitet, daB
einzelne besonders bedeutsame Stücke untersucht und ediert werden.
AufschluBreiche Kriterien für die allgemeine Beurteilung der in Ttrnovo
entstandenen Handschrift ergeben sich gerade aus dieser Detailforschung.
Namentlich die mehr oder weniger ausgedehnte Parallelüberlieferung
solcher Einzeltexte kann die Eigenart dieses Sammelbands nâher zu bestim-
men helfen, auch wenn die noch ganz unzureichende bibliographische
ErschlieBung der hagiographischen Werke in ksi. Sprache vorlâufig keine
vollstândigen Vergleiche mit allen erhaltenen Handschriften erlaubt und
deshalb immer wieder mit ergânzenden und das gewonnene Bild korri-
gierenden Funden gerechnet werden muB.
1
Die im « German-Codex » auf f. 143v-153v (im folgenden : G) über-
lieferte « Legende von den vierzig Mârtyrern in Sebasteia » ist eine besonders
glückliche Entdeckung, denn die hier begegnende Version weicht zumindest
im Anfangsteil von der bekannten ksi. Fassung dieses Martyriums im
« Codex Suprasliensis » (im folgenden : S) so stark ab, daB man eine selb-
stândige Übersetzung vermuten darf. Die Gegenüberstellung der zwei si.
Texte, die auf voneinander wohl nur wenig unterschiedene griech. Vorlagen
zurückgehen, ergibt, daB der neugefundene offenbar sehr ait ist und lexi-
kalische Besonderheiten der sog. « Ochrider Schule» aufweist, die sich
von den « Preslaver » Merkmalen der « Suprasliensis » — Version deutlich
abheben4. Freilich : streng genommen handelt es sich bei dieser Publika-
3. Vgl. N. Dilevski, Kt>m Vbprosa za proizchoda na « Germanovija sbornik » ot
1359 g. « Bllgarski ezik», 17 (1967), S. 307-322.
4. Neben den knappen lexikalischen Bemerkungen bei D. Ivanova-Mirceva : Gncko-
starobldgarski leksikalni usporedici, « Slavisticen sbornik (Po slucaj VII Mezdunaroden
kongres na slavistite vl>v Varsava) ». Sofija 1973. S. 85-92 vgl. vor allem Ausgabe und
ausführlichenKommentar von derselben Autorin : Nepoznat variant ot starobllgarskija
prevod na Maprupiov rüv âyicov xal ÈvSdÇcov reaaapâxovTa [jtapr’jpwv rœv èv Sepaareia
(xapTvp-qaàvTùjv « Izvestija na Instituta za btlgarski ezik», 17 (1969), S. 51-103. Die
« Suprasliensis » -Version wird zitiert nach : Suprasl’skaja rukopis’. Trud S. Sever’ jano-
va. Tom I, Sankt-Petersburg 1904. S. 68-81, der griech. Text nach R. Abicht, H.
Schmidt : Quellennachweise zum Codex Suprasliensis, « Archiv für slavische Philolo-
gie», 18 (1896), S. 144-152.
LEGENDE VON DEN VIERZIG MÂRTYRERN
219
tion um eine IFzWerentdeckung. Schon 1903 hat Aleksandr Sobolevskij
einen âhnlichen Text aus einer russ. Handschrift vom Anfang des 15. Jh.
(Pogodin- Sammlung N° 872 ; im folgenden : P) verôffentlicht und dabei
auch auf dessen eigenartiges Verhâltnis zur Version im « Codex Supras-
liensis » hingewiesen : « Der hier edierte Text des Martyriums zeigt betrâcht-
liche Unterschiede gegenüber dem Text des Martyriums im ksi. ’Codex
Suprasliensis’ [...] Aus ihrem Vergleich geht unzweifelhaft hervor, daB
wir es mit zwei Übersetzungen zu tun haben, die nach griech. Texten zweier
verschiedener Redaktionen von etwas unterschiedlicher Lange angefertigt
worden sind [...] Die Übereinstimmung einer Reihe von Ausdrücken und
Wôrtem lâBt die Vermutung zu, daB der eine Übersetzer bei seiner Arbeit
das Werk des anderen benutzt hat, daB also die eine Übersetzung etwas
früher als die andere entstanden ist, obwohl beide zur ersten Période des si.
Schrifttums gehôren»5. Sobolevskij hat die Frage der Prioritât unent-
schieden gelassen ; sie klârt sich, wenn man seinen Text zu dem jetzt zugâng-
lichen des « German-Codex » in Beziehung setzt. Das damit entstehende
textologische Dreieck liefert jedoch auch einige neue Argumente für die
Beurteilung der « German» — Version unserer Legende, insbesondere was
ihre merkwürdige Übereinstimmung mit dem « Codex Suprasliensis»
anbelangt, die man doch wohl anders zu deuten hat, als es bisher geschehen
ist.
Wenn man Sobolevskijs Kopie für ein besseres Verstândnis der Problème
des Martyriums im « German-Codex » nutzbar machen will, dann ist
stets zu bedenken, daB sie als Folge einer anscheinend lângeren Über-
lieferung des Textes im ostsl. Raum zahlreiche Russismen aufweist, die
in der südsl. Ausgangshandschrift dieser Tradition natürlich nicht voraus-
gesetzt werden dürfen. Man findet z.B. auf Schritt und Tritt den Ersatz von
zd durch z (preze 60.22, pobezachonn, 60.24, ispostrazemb 62.10 u.â.),
von ë durch e (posredé 62.20, vremja 64.88, razumejutb 66.1. u.â.) und âhn-
liche Erscheinungen, vgl. auch ostsl. Formen wie sobë 61.3, tobë 67.22.
Der Unaufmerksamkeit der Abschreiber anzulasten sind namentlich die
spezifischen Nordrussismen wie die hâufige Schreibung von c statt c (vgl.
cislomi, 60.9, cto 64.2, c(elo)v(ë)cb 66.22) oder die Verwechslung von é
und i (z.B. bjachu utverzenë voinë ch(ri)s(to)vë 60.10 ; umgekehrt etwa
vo vremenemb semb voinestvi 62.9). Diese Ostslavisierung ist aber nicht
konsequent durchgeführt, vgl. ozero 64.26 mit dem kurz danach folgenden
5. iitija svjatych po drevne-russkim spiskam. I. Mucenie sv. Klimenta Rimskago. 2.
iitie sv. Vasilija Velikago. 3. Mutenie 40 mucenikov v Sevastii. Trud A. I. Sobolevskago.
Sankt-Peterburg 1903. S. 58f. (Text S. 60-68).
220
MÉLANGES IVAN DUJCEV
jezera 64.28 oder nynë 62.23 mit nyni 62.31. Bis zur Auffindung weiterer
Parallelhandschriften bleibt es deshalb eine offene Frage, in welchem
MaBe auch andere Divergenzen, z.B. lexikalische, als solche durch das
nicht-südsl. Überlieferungsmilieu bedingte Neuerungen angesehen werden
müssen.
2
Trotz ihrer Herkunft aus einem relativ fernen Überlieferungszweig
kann die russ. Handschrift zur Ausbesserung von Korruptelen im « Ger-
man-Codex» beitragen und die textgeschichtliche Interprétation schwie-
riger Stellen fôrdern:
Das von Ivanova-Mirceva anstelle des G 52.18 überlieferten bëdg r/)v vixt]v
konjizierte pobëdç wird durch P 60.20 pobêdu zweifelsfrei.
Angesichts P 60.23 po umirajuscemb c(ësa)rë erweist sich po umiraç-
stim't.i c(ésa)rT> G 52.20 f. als nicht ganz korrekt (vgl. auch o neumiragstimi,
G 53.2).
Die sinnentstellende Wiedergabe G 53.22 eze chostete reSti nelicemèrno
g(lago)lç, ng jakoze es(th) istina ô ë/co ebreïv, où rcpoç /àpw Xéyœ, àXX’
œç ëffxw stellt sich zumindest teilweise als fehlerhafte Abschrift heraus,
wenn man das ebenfalls nicht ganz richtige eze choscu ne licemërno g (lago)-
lati k vami>, no jako istinu P 61.18 vergleicht.
Sprachlich unanfechtbar, aber grammatisch weniger genau als die
Übersetzung in P (und S !) ist G 54.28 egda nacinaachom'b brani ôxav yjp^à-
p.eha 7toXe|xeïv gegenüber jegda nacinachom bratisja P 62.28.
Die eigenwillige Ergânzung G 55.1 f. i vsi [ljudie] snidosç vidëti [ifch,)]
xa't. rcavreç <Tjv7y.llov fiecop-^oat, ist kein Zufall, da auch die russ. Kopie
sie zeigt : i vse ljudbje snidosasja viditi, ichi, P 63.2 ; mit dem Supinum vidifb
wird dort sogar eine alte Sprachbesonderheit bewahrt, die der sonst so
archaische « German-Codex » an dieser Stelle zugunsten des Infinitivs
vidëti aufgegeben hat.
Das unsinnige Satzstück G 55. 5 f. toju ze dvoju prilezith vas Xootùv êv
èx twv 8ûo Ttpoxeirai ù|xïv lâBt sich emendieren mithilfe der falsch getrenn-
ten Folge ... [z nech] to uze ot dbvoju predidezitb vasi, P 63.6.
Die beschwôrende Formel des Hegemon G 55.21 tako mi b(o)dzi,
v'bskorenit’b c(elo)v(ë)c(b)sky obrazi, vwnëstil'b sç es(ti>) zde p.à toùç
fieoùç, YoTjTela tiç repoexcopyjaev hat ursprünglich wohl nicht das Adjektiv
zu celovëk’b enthalten (es fehlt ein Indefinitpronomen !), vgl. tako mi bozi
vse korenickyi obrazi, vmëstilsja jestb zdë P 63.23.
Die in G 56.6 fehlende Ortsangabe videz’sem ze imi, siosÀ-hov-rcov 8è
aùxœv èv -rf) çuÀaxyj findet sich in der russ. Kopie, freilich umgedeutet
LEGENDE VON DEN VIERZIG MÂRTYRERN
221
zu byvsim-h ze imt> v temnicë P 64.8 (vgl. hier aber auch S 75.13 : vï>vedenoim>
ze byv'bsem'b imi, üb tem’nicç)6.
Solche Stellen — die Reihe lâBt sich fortsetzen — zeigen anschaulich,
daB ungeachtet des sehr konservativen Charakters der Legende im « Ger-
man-Codex » auch mit mancherlei Verderbnissen gerechnet werden muB :
anscheinend hat der alte Text die lange handschriftliche Tradition nicht
ohne allen Schaden überstehen kônnen. DaB er dennoch insgesamt hier
viel besser erhalten ist als in der russ. Kopie, sieht man überzeugend, wenn
man mit seiner Hilfe deren Defekte zu emendieren versucht.
3
Neben den Einwirkungen des ostsl. Milieus und Überlieferungsmân-
geln scheint es noch andere Ursachen für Divergenzen in den Lesarten
von G und P zu geben. Die russ. Handschrift weist lexikalische Besonder-
heiten auf, die ihr (auch wenn sie grundsâtzlich zu demselben Überset-
zungstyp wie G gehôrt) einen eigenen Platz sichern. Bei ihrer Analyse
der zwei Legendenversionen im « German-Codex» und « Codex Supras-
liensis» hat Ivanova-Mirceva eine grôBere Zahl jeweils unterschiedlich
übersetzter griech. Wôrter beobachtet und in diesen Gegensâtzen das
Fortwirken verschiedenartiger Sprachtraditionen gesehen. Vergleicht man
die Liste solcher lexikalischer Varianten7 mit der Vertretung in P, dann
ergibt sich folgendes :
a) In den meisten Fâllen verwendet P das in G begegnende Synonym :
(xéyaç velik'b (S)/velij(G) : velije P 60.3
Osoç boghlidolh : idolomi, 60.5
/jyeixoveûaw vojevodafknçdz'b : kn(ja)zju 60.5
èv KoXéfzotç ui> ratechv/na branech : na branëchh 60.19
ôpio&up.a86v v'bkupëikupno : kupno 60.21
TÛpawoç pakost\>nikrblmociteh> : m(u)c(i)t(e)lju 60.23
vtxàv odolëvatijpobëzdati : pobezachom^ 60.24
yvcàfzT] nraw/volja : volju 60.26
nxÉKTEcrüai pomysliti/popesti sç : popecitsja 61.2
xà[X7treiv prëklonitilpokloniti : poklonisa 61.7
6. Vgl. zu diesen Stellen Ivanova-Mirceva a.a.O. S. 63-86.
7. Ivanova-Mirceva a.a.O. S. 102.
222
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Tteipaor^piov napastbjiskusenie : iskuseiïbja 61.8
Tüpoîkoiç izvolenijelvolja : volja 61.13 usw. usw.8
Zu dieser zahlenmâBig weitaus überwiegenden Gruppe müssen auch die-
jenigen Stellen gerechnet werden, an denen die russ. Kopie das in G vorkom-
mende Wort in verânderter oder verderbter Form überliefert :
èv voupiépœ évt üt> sanu jednomb (S)/üt> edinotm, nutnirë (G) ist entstellt
zu dem von der griech. Vorlage nicht gedeckten Ausdruck vb jedinoi verë
P 60.8 f., vermutlich weil irgendein Abschreiber das griech. Fremdwort
*numeri> nicht mehr verstanden hat.
zacinaase Kpo^ysiTo (vgl. bëase... starëi in S) findet sich umgedeutet
als nacinase P 61.11.
Hinter dem unsinnigen priprëvë P 63.29 steht die richtige Wortverbindung
von G prëprë pr'bvoe Keiüei... t; KpcoTT] (vgl. uvérith... prbvyj in S).
Der Archaismus golotb xpûoraXXoç (gegenüber led-b in S) ist offenbar
nicht mehr gelâufig gewesen : golodb P 65.169.
b) An einigen Stellen findet sich dagegen das in S gebrauchte Alternat :
avpiov utro(S)/utrë(G) : utro P 61.5
p.epi.pivav pesti sç/popesti sç : pecetsja 61.4
Spàxcov zmijlzmija : zrnëj 64.24
èXàcpp'jvov obleg’bcilolegci : obleci (!) 65.27
Die Unterschiede sind hier allerdings viel geringer, so daB die Überein-
stimmung auch zufâllig eingetreten sein kann. Kaum denkbar scheint
ein solcher Zufall aber bei folgenden Gemeinsamkeiten zwischen P und S
zu sein :
nxàvSaXov wird in G mit skandalh, in S mit s'bblazn\> übersetzt. Wegen
einer Lücke in P 61.8 scheidet das Psalmen-Zitat (Ps. 91, 1-3) für die Beur-
teilung der russ. Kopie zwar aus, doch findet sich für die Schmâhworte
des Sprechers der Mârtyrer ô /opyjyoç tûv nxavSàXcov, t; zscpa/.T] toü 8i.a[36Xou
(G davce skandëlb, glava diëvolë ; S podatelju blaznonvb, glava dijavolë)
als Entsprechung in P 63.28 s't.blaznaja glava, aus dem man trotz der Text-
verderbnis für P die Gleichung <rxàv8aXov/s'i>Wa.znb, d.h. eine Überein-
stimmung mit S, ableiten kann.
In der Morphologie fâllt auf, daB P und S gelegentlich erweiterte Aorist-
formen gebrauchen, wo G die âlteren Wurzel- oder sigmatischen Bildungen
8. Vgl. zu diesen Divergenzen die Bemerkungen bei Ivanova-Mir&va a.a.O. S.
61-68.
9. Vgl. Ivanova-Mirceva a.a.O. S. 62, 68, 85.
LEGENDE VON DEN VIERZIG MÂRTYRERN
223
zeigt : iznemogoSa i padosa P 63.21, vozvedochi, 64.9, rkosa 65.9 (vgl. izne-
mogç i padg G 55.19, vt>zvëst> 56.7, résç 57.2)10.
Auch wenn diese Koinzidenzen meist im Verband von Psalter-Zitaten
begegnen, tritt mit ihnen in P eine jüngere Sprachschicht zutage, als sie
für G charakteristisch ist. DaB P tatsâchlich eine Art KompromiB zwischen
der starken lexikalischen Archaizitât von G und der neueren Sprachform
von S darstellt, kann man auch bei der Durchsicht des zwischen G, S und
P weitgehend gemeinsamen SchluBteils beobachten.
c) SchlieBlich bietet P an nicht wenigen Stellen zusâtzlich zu den zwei
Wiedergaben in G und S noch eine dritte Übersetzungsmôglichkeit an :
êvrpep)? bystri>{S)lQdri>(G) : skor 60.6
8a(p.ov£ç bésildemoni : idolorm, 60.7
to aûp.qxôvov uspésbno/inod('u)sie: jedinod(u)sbje 60.19
tnipiepama jed'noglasbjelinod(u)sie-. jedinod(u)sbje 60.21
papTupeïv poslusbstvovatilsvëdëtel’bstvovati'. g(lago)l(e)si 60.24
à<7<paX<5ç tvrbdëfchranno : krepko 62.6.
ôp.o4iûxtoç xai by.Q^çwu>ç,jed,nojq d(u)sejç i jedinëmb umomb!inod(u)Sno...
inod(u)sno : jedinod(u)sno... jedinod(u)sno 62.9 f.
KpoxeiTai prëd'blozim'b'prilezit'b: predlezitb 63.6
àpioTspoç lëv'bisjuj : drugoi 64.24
Trapapîjvai pristgpitijotstgpiti : prestupiti 65.2
oçî-'f'fsoha!. sbklëstati sç/s'bgrazdati sç : zdrogachusja 65.3
ôSyjYe'ïv otstQpitijotlqciti sç : otverzemsja 65.13 usw11.
Einige dieser eigenstândigen Lesarten kônnen individuelle Besonderheiten
des Sobolevskij-Textes sein, andere vielleicht gemeinsamer Besitz typisch
ostsl. Handschriften, weitere môgen sich auch sonst noch finden — hier
wird eine genauere Abgrenzung erst bei einem besseren Überblick über
die erhaltenen Textzeugen môglich sein. Zumindest bei den yetZzno-Kompo-
sita sind jedoch zweifellos schon in der südsl. Tradition gegenüber dem
« German-Codex » altéré Bildungen (ino-) durch jüngere ersetzt worden ;
insofern wiederholt sich hier in der russ. Kopie die Tendenz zur Moder-
nisierung, die auch für manche ihrer Gemeinsamkeiten mit dem « Codex
Suprasliensis » gilt.
Noch deutlicher wird die Eigenstândigkeit des Sobolevskij-Textes
10. Vgl. zu diesen Unterschieden zwischen G und S. Ivanova-MirCeva a.a.O. S.
68, 102.
11. Vgl. auch Ivanova-MirCeva a.a.O. S. 61-91.
224
MÉLANGES IVAN DUJCEV
unterstrichen, wenn man auch diejenigen griech. Wôrter berücksichtigt,
die in G und S zwar einheitlich, in P aber anders übertragen sind, z.B.
eùoepôiç G 52.3 bl(a)govërno, S 68.26 blagovërwië, P 60-4 bl(a)goctivno
i verno. Da der zweite Teil der Legende besondere textgeschichtliche Pro-
blème aufwirft, ist es intéressant, daB es derartige Fâlle auch in ihm gibt,
etwa vecorepoç G 59.1 = S 79.26 junëi, P 67.17 mladije oder xaràyeXcoç G
58.11 = S 78.29 tn> rgg'b, P 66.24 v porugam>je.
4
Von betrâchtlichem Wert ist das Zeugnis der russ. Handschrift schlieB-
lich deshalb, weil sie wie der « German-Codex » nach stârkerer Divergenz
zu Anfang gegen Ende eine frappante Âhnlichkeit mit dem Wortlaut
im « Codex Suprasliensis » gewinnt. Ja, in mancher Hinsicht steht sie ihm
sogar noch nâher als der 1969 edierte Text, weil ihre Sprache jünger ist.
Wahrscheinlich hat vor allem diese auf den letzten Blâttern sichtlich engere
sprachliche Verwandtschaft Sobolevskij an eine Zweitübersetzung in
Kenntnis der ersten denken lassen (deshalb wohl auch sein Zôgern bei der
Festlegung der Prioritât). Heute, zumal nach Ivanova-Mircevas sprachli-
chen Analysen, dürfte kein Zweifel mehr daran môglich sein, daB die russ.
Handschrift einen âlteren Übersetzungstyp reprâsentiert als die « Supras-
liensis »- Version. Folgt man Sobolevskij, dann müBte letztere unter Benut-
zung eines Textes in der Tradition (G-)P aus dem Griechischen übersetzt
worden sein.
Ivanova-Mirceva gibt dagegen eine ganz andere Erklârung : da die
Gemeinsamkeiten zwischen « German-Codex » und « Codex Suprasliensis »
mit einem neuen Blatt beginnen (G f. 151r), vermutet sie, daB hier eine
durch Blattverlust eingetretene Lücke irgendwann einmal mithilfe eines
Übersetzungsexemplars vom « Supraliensis »-Typ ausgebessert worden
ist, freilich mit dem Text einer archaischeren Redaktion (po-archaicna
recenzijd), als sie die uns erhaltene aksl. Handschrift zeigt12.
Abgesehen von der Schwierigkeit, daB bisher eine solche archaischere
Redaktion der jüngeren Übersetzung in Handschriften nicht bekanntge-
worden ist, muB man gegen diese Deutung vor allem einwenden, daB sie
die auffallenden Unterschiede in der Verwendung lexikalischer Archaismen
nicht genügend berücksichtigt. Die Legende im « German-Codex » ist in
bezug darauf weitgehend homogen (gerade wegen dieser Gleichartigkeit
12. Ivanova-Mirceva a.a.O. S. 100.
LEGENDE VON DEN VIERZIG MÂRTYRERN
225
des « ursprünglichen » und des vermeintlich « ergânzten» Teils benôtigt
Ivanova-Mirceva als Ausbesserungsexemplar eine « Suprasliensis «-Fassung
von archaischerem Sprachstand !). Bis jetzt scheint jedoch übersehen worden
zu sein, daB die Sprache der « Suprasliensis- «Legende in dieser Hinsicht
inhomogen ist :
rûpavvoç tritt in G als mçcitelb auf. Diese Wiedergabe charakterisiert
die G-Version als ganze und gilt als eines ihrer archaischen Merkmale (vgl.
im SchluBteil G 58.15, 23, 59.10, 18 und zu den vorausgehenden Stellen
Ivanova-Mirceva S. 64, 79, 88). Die S-Version dagegen beginnt zwar mit der
Gleichung xùpcLvvoç/pakostbnik'b S 69.25, 73.16, 76.3, geht im zweiten
Teil aber zu rôpavvoç /mçcitelb über, folgt also plôtzlich dem Sprachge-
brauch von G, vgl. S 79.12, 21, 80.11, 24.
Àhnlich inkonsequent ist S bei griech. TteipatrrljpLov : wâhrend G an
beiden Stellen iskusenie verwendet, d.h. ein sehr altes Wort (G 53.12,
58.7, vgl. dazu Ivanova-Mirceva S 68, 95), bietet S in dem Psalter-Zitat
das jüngere napastt, (S 70.15) und kehrt im zweiten Teil zu iskusenije (S
78.22) zurück.
Die Unterscheidung von knçdzb (G) und vojevoda (S) bei der Übertra-
gung von 7]yep.ûv, 7)yep.oveûcov ist wohl die am hâufigsten belegte Divergenz
zwischen G und S und ganz regelmâBig. S hat das G kennzeichnende Wort
abgeschen von dem Possessivadjektiv knçz — S 74.15 nur an einer Stelle
im zweiten Teil, zu der in G (58.13) durch Zeilensprung (sT>tvorq... si>tvorQÏ)
die Entsprechung fehlt : knçzema moima tcûv àp/ovrcov S 79.2. DaB das
auch im vollstândigen Wortlaut der Vorlage von G gestanden haben muB,
darf man wegen kn(ja)zema moima P 66.26 vermuten.
Ô7rop.éve(.v übersetzt G konsequent mit prëtrhpëti (53.18, 56.14, 59.3) ;
S dagegen hat zunâchst s't.tr^pëti (71,1. 75.27), im zweiten Teil aber prë-
tri,pëti (79.30).
Aile diese Wortgleichungen verbinden den SchluBteil der S-Version
mit der G-Version als ganzer ; andererseits heben sie den Anfangsteil von
S mit eigenen Merkmalen ab. Wenn zur Erklârung der auffâlligen Textüber-
einstimmungen zwischen den Handschriften G, P und der Handschrift S
mit der Môglichkeit einer Zweitübersetzung im Sinne Sobolevskijs oder
einer Ergânzung nach Blattverlust gerechnet werden soll, dann kommt
als beeinfluBter oder ergânzter Text allein die « Suprasliensis «-Legende
in Frage. Nur in ihr ist mit lexikalischen Kriterien die Aufspaltung in
einen sprachlich jüngeren (Anfang) und einen âlteren Teil (SchluB) nach-
zuweisen. Bei der Schârfe dieser Grenze dürfte im übrigen die Annahme
einer mechanischen Ergânzung des fehlenden Schlusses mehr für sich
haben als eine Neubearbeitung, bei der doch ein besserer Ausgleich der
226
MÉLANGES IVAN DUJCEV
lexikalischen Inkongruenzen zu erwarten gewesen wâre. In diesetn Zusammen-
hang ist die Handschrift P von besonderem Interesse, weil sie im Unter-
schied zu dem archaischeren Legendentyp in G eine sprachlich bereits
etwas modernisierte Fassung bietet. Die jüngeren Sprachbesonderheiten
im SchluBteil der « Suprasliensis »-Legende brauchen deshalb durchaus
nicht aile von der adaptierenden Hand desjenigen Kopisten herzurühren,
der die Ergânzung gemacht hat ; wahrscheinlich hat er einige dieser moder-
neren Züge wie den erweiterten Aorist rekosç S 79.15 (G 58.20 rësç, aber
P 67.8 rkosa), das Wort drbkotb pàxXov S 79.23 (G 58.25 drçg'b, aber P
67.14 drekolbjë) oder die Form Vbsypasç S 80.30 (G 59.21 vbsunçsÿ, aber
P 68.66 vsypasa) schon in seiner Ausbesserungsvorlage antreffen kônnen.
Damit lâBt die Textgeschichte der hier behandelten griech. Legende
im Slavischen vorlâufig folgende Etappen erkennen :
1. Es gibt eine sehr alte Version, die uns der « German-Codex » aus dem
14. Jh. überliefert. Auch wenn sie einige kleinere Defekte aufweist, ist
sie entgegen der bisher geâuBerten Ansicht nicht kontaminiert.
2. Diese Übersetzung muB noch auf bulgarischem Boden sprachlich
modemisiert worden sein ; als eine solche leicht überarbeitete Fassung
ist die von Sobolevskij edierte russ. Handschrift vom Anfang des 15. Jh.
trotz ihrer Textschâden und Ostslavismen gut zu erkennen..
3. Eine vôllig neue Übersetzung ist noch in aksl. Zeit nach einer nur
schwach divergenten griech. Vorlage angefertigt worden. Von ihr ist ledig-
lich der Anfang erhalten (etwa zwei Drittel des Textes), da in dem sie
überliefernden « Codex Suprasliensis» aus dem 11 Jh. der SchluBteil
bereits nach einer Handschrift der bearbeiteten âlteren Version ergânzt ist.
Auch wenn die textologischen Problème der drei in Ausgaben zugâng-
lichen Fassungen der Legende auf begrenztem Raum hier nur knapp
umrissen werden konnten, dürfte deutlich geworden sein, daB die Suche
nach weiteren si. Handschriften lohnt, weil man nur durch einen môglichst
umfassenden Vergleich den Rang des einzelnen Textes richtig beurteilen
kann. Die viel günstigere Bewertung der Version des « German-Codex»
zieht neue Fragen beim « Codex Suprasliensis » nach sich, z.B. die, ob sich
nicht auch die vollstandige « Preslaver» Übersetzung noch finden lâBt.
Korrekturnotiz ; Ausführlicher behandelt die Kontaminationsproblematik mein Beitrag
“ Eine Übersetzungskontamination im Codex Suprasliensis ” im Referateband des diesem
Denkmal gewidmeten Symposiums in Sumen (September 1977, im Druck); zu âhnlichen
SchJüssen, die die scharfsinnigen Beobachtungen von N. VAN WIJK, Zur Komposition
des altkirchenslavischen Codex Suprasliensis (Amsterdam 1925) fortsetzen, gelangt jetzt
auch M. CAPALDO : Zur linguistischen Betrachtungsweise der Komposition des Codex
Suprasliensis (Die Passio der vierzig Martyrer von Sebaste), « Contributi italiani ail'
VIII Congresso internazionale degli slavisti », Roma 1978. S. 23 — 60.
DES MANUSCRITS GRECS A POITIERS
AU XVe SIÈCLE - A PROPOS DE DEUX LETTRES
D’ERASMO RRASCA
Edmond-René LABANDE
Erasmo Brasca (1463-1502) est un personnage notoire dans le duché de
Milan à la fin du xve siècle. Il joua un grand rôle diplomatique au service
des derniers Sforza. C’est une chance exceptionnelle pour les historiens que
les archives d’État à Milan aient conservé grand nombre des dépêches
expédiées par Erasmo lorsque, durant de longs mois, il séjourna en France
comme représentant de son gouvernement : messages très documentés,
méticuleux parfois, qui permettent de suivre presque jour par jour la
politique1, informent sur ce qui se passe à la cour, commentent toutes les
rumeurs qui circulent. Beaucoup de ces documents sont encore inédits ;
d’autres furent publiés, parfois cependant dans des ouvrages rares ou igno-
rés, et trop souvent commentés de façon très incomplète.
C’est le cas des deux lettres dont ici je redonnerai le texte, qui furent
adressées, quelques semaines après le mariage de Charles VIII avec Anne
de Bretagne, au premier secrétaire du duc de Milan, Bartolomeo Calco2.
Dans l’entourage de Ludovic le More, Calco était une figure tout à fait
1. Y. Labande-Mailfert, Charles VIII et son milieu, Paris, 1975, pp. 106 n. 120, 108
n. 123, 111 n. 126, 150 n. 169, fournit des exemples fort significatifs ; voir aussi, du même
auteur, Le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII vu par Erasmo Brasca, dans
« Mémoires de la Société d’Histoire et d’archéologie de Bretagne », t. LV, 1978, pp. 17-42.
2. Magnifico et prestantissimo equiti et domino meo observandissimo domino Bartho-
lomeo Chalco, ducali primo secretario dignissimo.
228
MÉLANGES IVAN DUJCEV
saillante ; approchant alors de la soixantaine, il eût pu être le père de son
correspondant ; sa position était, depuis une quinzaine d’années, prépondé-
rante dans l’État milanais3 ; non seulement il gouvernait la chancellerie,
mais il était en même temps un agent important du renouveau humaniste
en Italie. En relation avec tous les lettrés illustres, possédant parfaitement le
latin et le grec, il se préoccupait fort de découvrir de nouveaux manuscrits
des auteurs classiques, et saisissait toutes les opportunités d’en faire recher-
cher.
C’est à sa curiosité que nous devons nos deux lettres, lesquelles ont été
publiées en 1875 par Girolamo d’Adda4 ; si la lecture que ce dernier en fit
était dans l’ensemble correcte5, il n’en allait pas de même pour son com-
mentaire qui révèle, chez l’érudit, une connaissance superficielle de la
France du xve siècle6. Quelques mois plus tard, en introduction à un article
signalant d’autres documents, l’inlassable enquêteur que fut Léopold
Delisle recommandait fort la publication de D’Adda, signalant les lettres
en question en en traduisant quelques passages7 ; cependant il révélait
là qu’il était peu familier avec le langage italien médiéval, ce qui l’amena
à des traductions parfois boiteuses. Les deux textes, mentionnés ici et là
par les érudits8, le sont en général rapidement. Ils n’ont jamais été intégrale-
ment traduits en français. De là les éléments de compréhension et d’inter-
prétation que je me permettrai de proposer.
I
1491, décembre 18 ; Tours9
Magnifiée ac prestantissime aeques I Magnifique et très distingué cheva-
et domine mi observandissime, sapiendo lier, mon seigneur très digne de respect,
3. F. Pétrucci, Bartolomeo Calco, dans « Dizionario biografico degli italiani », t.
xvi, 1973, pp. 526-529.
4. G. d’Adda, Indagini storiche, artistiche e bibliografiche sulla libreria visconteo-
sforzesca del castello di Pavia..., Milan, t. 1, 1875, pp. 149-152.
5. Cf. toutefois infra, n. 10, 13, 15-17.
6. C’est ainsi que Turone, d’où est datée la première lettre, est interprétée « Toulon » (’.),
et que de Poitiers l’auteur fait la patrie de la fameuse Diane de Poitiers.
7. L. Delisle, Notice sur vingt manuscrits du Vatican, dans « Bibliothèque de l’École
des Chartes », t. xxxvir, 1876, pp. 471-474. Mais Mgr E. Lesne, Histoire de la propriété
ecclésiastique en France, t. iv, Lille, 1938, p. 508 n. 2, a eu tort de présenter cela comme
une publication due à Delisle.
8. Ainsi R. Sabbadini, Le scoperte deicodicilatiniegrecineisecoli XIVe XV, Florence,
1905, p. 139 ; S.A. Nulli, Ludovic le More, 1451-1508, Paris 1932 («Bibliothèque his-
torique»), p. 138 ; H. Rüdiger, Die IViederentdeckung der antiken Literatur im Zeitalter
der Renaissance, Zurich, 1961 (« Geschichte der Textüberlieferung », 1), p. 544.
9. Milan, Archivio di Stato, Arch. sforzesco, Potenze estere, Francia, carton 548.
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
229
el desiderio quale ha la Mc,a V. in
vedere cosse nove, maxime pertinente
alla eruditione, et havendo moite
volte intexo da Lei che di qua si
trovano opéré che in Ytalianonsonno,
non ho manchato di studio et dilligentia
per cierchare et investigare se alcuna
cossa si possa trovare in questo
reame délia quale ne sia carestia
in Ytalia ; et, quantunche fin questa
estate passatta intendessi che nella
abatia di Marmostier, qua presso,
ne fossero alcune degne, tamen non
ho possuto, non solo vedere, ma
intendere quai cossa sieno, per li
rispecti significai alla Mc,a V.
Hora, essendo ritornatto da Pon-
tiers, antiqua città in questo regno,
uno nostro Millanese nominato Pieran-
tonio da Fossanno, homo veramente
docto et curioso di simili cosse, me ha
dicto havere10 trovatto in dicta città
una pichola bibliotecha resperta11
di libri, non solo antiquissimi, ma
anche exquisiti, greci et latini, tra
quali in lingua latina dice esservi
Periarmenias Apulei(us), Martianus
Capella, Cornutus super Persium, Por-
phirion super omnibus operibus Ari-
stotelis, idem Porphirion super Thimeum
Platonis ; in greco Aristotelis volumen
quam maximum in quo libri Aethi-
corum, Politicorum posteriorum12, Me-
thaure, de Celo et mondo, de Anima,
Metaphisices ; item Dionisius de Gerar-
sachant le désir qu’éprouve Votre
Magnificence de voir des nouveautés,
tout particulièrement en ce qui concerne
l’érudition, et lui ayant à bien des
reprises entendu dire que l’on trouve
par ici des ouvrages qui n’existent pas
en Italie, je n’ai pas manqué de m’em-
presser et de faire diligence pour
rechercher et tâcher de savoir si l’on
pourrait trouver quelque chose dont
il y ait disette en Italie. Bien que, dès
l’été dernier, j’aie appris qu’à l’abbaye
de Marmoutier, auprès d’ici, il y
aurait quelques livres dignes [d’atten-
tion], cependant je n’ai pu, non seule-
ment voir, mais même pas savoir de
quoi il s’agit, ceci pour les motifs
que j’ai exposés à Votre Magnificence.
Or, un de nos [compatriotes] mila-
nais, nommé Pierantonio da Fossano,
homme vraiment savant et curieux de
telles choses, étant revenu de Poitiers,
une ville ancienne de ce royaume, m’a
dit avoir trouvé dans ladite ville une
petite bibliothèque pleine de livres,
non seulement fort anciens, mais encore
recherchés, grecs et latins. Parmi ceux-
ci, il dit qu’il y a en langue latine :
le Péri Hermeneias d’Apulée, Martia-
nus Capella, [les livres de] Cornutus
sur Perse, de Porphyre sur toutes les
œuvres d’Aristote, du même Porphyre
sur le Timée de Platon ; en grec un
très gros volume d’Aristote contenant
les livres de ^Éthique, de la Politique
(dernière partie), des Météores, du
Ciel et du Monde, de VAme, de la
10. D’Adda lit à tort : « ne ha dicto avéré ».
11. Terme assez inexplicable ; la lecture n’est pas douteuse, cependant D’Adda impri-
me : « refferta ».
12. Delisle, op. cit., qui reproduit cette énumération, introduit une virgule entre ces
deux derniers mots, ce qui n’a évidemment aucune signification.
230
MÉLANGES IVAN DUJÊEV
chiis13 angelorum, Constitutiones gre-
carum eclesiarum, et nonnulli alii
libri greci, quorum titulos minime
potuit assequi ; insuper totius lingue
hebraice vocabularium, cum expositione
latina super unaquaque dictione.
Queste cosse parendomi sieno rare
in Ytalia, lhe ho voluto notificare alla
Mcla V., perché, cognoscendo Lei
molto meglio di me la virtù loro, et
sapendo se altrove che qua le pô
havere, ho piacendoli de haverne
exemple di qualcuno, sapia che se
haverà la comodità di farlo cavare
perché quello gli ha in custodia ne
lassarà pigliare exemple, ma non
portarlo fuora dil luocho, per essere
questi li medesmi libri che sancto
Ylario, revenendo de l’exilio suo di
Pontho, riportô in questa città dove
n’era episcopo. Ma forse cum grande
cautione si poteriano trare, cum oblige
de restituirle.
Sicché, volendo la Mcia [V.] ch’io
faccia alcuna cessa circa questo,
La prego me lo comanda, che me
sforzarô exequire la volontà sua.
Similmente ho trovato qua, nella
bibliotheca di Sancto Martino, Pla-
cido Fulgentio, che tira la maggiore
parte delle fabule et genealogia degli
dei aut ad veram hystoriam aut ad
mores.
Alla V. Mcla mi richomando. Ex
Métaphysique ; et encore Denys,
Des hiérarchies angéliques, les Consti-
tutions des Églises grecques, et plu-
sieurs autres livres grecs dont il n’a
absolument pas pu obtenir les titres ;
enfin, un vocabulaire complet de la
langue hébraïque, avec explication
en latin à propos de chacun des mots.
Comme il me semble que de telles
choses doivent être rares en Italie,
j’ai voulu les faire connaître à Votre
Magnificence, car elle sait beaucoup
mieux que moi la valeur de ces ouvrages
et dans quelle mesure elle se les peut
procurer ailleurs qu’ici. Que s’il lui
plaisait d’avoir copie de l’un ou de
l’autre, elle doit savoir que l’on aura
facilité de faire copier, car celui qui a
ces [volumes] en garde en laissera
prendre copie, mais non pas les empor-
ter hors du lieu, étant donné qu’il
s’agit là des livres mêmes que saint
Hilaire, lorsqu’il revint de son exil
dans le Pont, rapporta jusqu’en cette
ville dont il était évêque. Mais peut-être
pourrait-on, moyennant une forte cau-
tion, en faire sortir, avec engagement
de les rendre.
Ainsi donc, au cas où Votre Magni-
ficence désirerait que je fasse quelque
démarche à cet égard, je la prie de me
donner ses ordres, et je m’efforcerai
d’exécuter sa volonté.
Dans le même ordre d’idées, j’ai
trouvé ici, en la bibliothèque de Saint-
Martin, Placidus Fulgentius, lequel
traite de la plus grande part de la
Fable et de la généalogie des dieux soit
dans le sens de l’histoire véridique,
soit à des fins morales.
Je me recommande à Votre Magnifi-
13. « Yerarchiis» : lecture de D’Adda.
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
231
Turone. xviij. decembris 1491. Magni-
ficence Vestre servitor :
Herasmus Brascha.
cence. Écrit à Tours le 18 décembre 1491.
De Votre Magnificence le Serviteur :
Erasmo Brasca.
II
1492, janvier 31 ; Paris 14
[fol. 1 r°] Magnifiée et prestantis-
sime eques et domine mi observandis-
sime, havendo cognosciutto (et) el
desiderio de V. Mcia de havere exemple
di Porphirione sopra le opéré d’Ari-
stotele et del Timaeo di Platone, quali
sono stati veduti da Pierantonio da
Fossano a Pontiers, sono restato in
qualche displicentia per essermi tro-
vatto, alla ricevutta delle lettere di V.
Mcia, in questa terra dove non ho
quella comodità quale haveria hautto
a Torse, donde significai essermi
venutto a nottizia queste opre, perché
a Torse, quale è dischosto solo due
picole giornate da Pontiers, omne
giorno havea comodità di pratichare
per lettere et altri mezzi con li custodi
de dicti libri, el che non poteria fare
cossi bene di qua, che siamo più
dischosti de cimque giornatte. Pur
questo non impedirà chel desiderio
de V. Mcia non se adempischa, ma lo
dedurà alquanto più in longo, peroché
havendomi affermato messer Batti-
stino da Campofregoso, quale è restato
a Torse, volere ornnino andare ad
vedere dicte opéré et le altre quale sono
nella libraria del dicto Pontiers, alla
suasione de Pierantonio ho deliberato
di présente, per uno mezzo aposta et
per mie lettere, de nuovo confortarlo
ad andare là, et andando li, pratichare,
Magnifique et très distingué cheva-
lier, mon seigneur très digne de respect,
lorsque j’ai appris le désir qu’éprouve
Votre Magnificence d’avoir copie [des
livres] de Porphyre sur les œuvres
d’Aristote et sur le Timée de Platon,
qui ont été vus par Pierantonio da
Fossano à Poitiers, j’ai éprouvé quel-
que contrariété, car au reçu de la
lettre de Votre Magnificence, je me
trouvais [déjà] en cette ville-ci, et
ici je n’ai plus les mêmes commodités
que j’aurais eues à Tours, d’où je
vous ai averti que j’avais eu connais-
sance de ces ouvrages. A Tours en
effet, ville qui n’est éloignée de Poitiers
que de deux petites journées, j’avais
quotidiennement des commodités
pour négocier, soit par lettres soit par
d’autres moyens, avec les conservateurs
desdits livres, chose que je ne saurais
faire aussi bien d’ici, car notre éloigne-
ment s’est accru de cinq journées. Ceci
n’empêchera point cependant que le dé-
sir de Votre Magnificence soit satisfait,
mais cela créera un assez long retard.
En effet, messire Battistino da
Campofregoso, qui est demeuré à
Tours, m’a confirmé qu’il tenait
absolument à aller voir lesdits ouvrages,
ainsi que les autres qui sont dans la
bibliothèque dudit Poitiers : aussi
ai-je résolu présentement, sur la sug-
14. Arch. sforzesco, Potenze estere, Francia, carton 549.
232
MÉLANGES IVAN DUJCEV
con lo aiuto et favore del dicto Pieran-
tonio al quale farô scrivere, quanto
sarà necessario de fare cavare exemplo
d’epse opéré, overo se sarà possibile,
con sicurtà de 500 o 1000 schudi,
farli portare fuori et, restituiti i libri,
si resti li(e)bero dalla cautione. Et
in caxo che non li vada, lo pregarô
manda uno de’ suoi aposta, con le
lettere di Pierantonio all’amico suo,
per fare el medesmo effecto, et simil-
mente lo pregarô ad fare usare dilli-
gentia per havere gli titoli de’libri
greci. Ben non ometterô alla Mc,a V.
che li volumi [fol. 1 f°] de Porphirione
sono grandi como le Vitte di Plutarco.
Et ultra li libri greci quali sono a
Pontiers, Pierantonio m’à dicto che
in una cittade posta in Lorrena,
quale antiquamente s’apellava Leuca,
ora Tullum, in una abatia di Sancto
Apro extra muros, sono molti volumi
pure scriptij in greco, quali per l’anti-
quità15 sono corrosi nelli principij,
in modo non si possono deprehendere
e’ titoli (et), se non le persone erudite16
in lingua greca, quale legendo l’opéra
cognoscerebbono la qualità d’epsa.
Avisando la Mcia V. che questi volu-
mi di Tullo furno trovatti sotterratti,
et stimassi fusseron posti in terra nel
tempo che Attilla, re de li Hunni,
gestion de Pierantonio, d’encourager
à nouveau Battistino — par messager
spécial et par lettre — à aller là-bas
et, lorsqu’il y sera, à employer tous
ses efforts, avec aide et faveur dudit
Pierantonio, à qui je demanderai
d’écrire, afin d’obtenir copie de ces
Ouvrages, ou bien, si possible, de les
faire sortir en déposant une garantie
de 500 ou de 1000 écus ; une fois
restitués les livres, on se trouverait
libéré de cette caution. Au cas où il
ne s’y rendrait pas, je prierai [Batti-
stino] d’y envoyer spécialement l’un
des siens, muni de la lettre de Pieran-
tonio à son ami, ceci en vue d’aboutir
au même résultat, et je le prierai
semblablement de faire faire diligence
pour connaître les titres des livres
grecs. Je ne dois pas omettre de [pré-
ciser] à Votre Magnificence que les
volumes de Porphyre ont la dimension
des Vies de Plutarque.
En dehors des livres grecs qui se
trouvent à Poitiers, Pierantonio m’a
dit que, en une ville située en Lorraine,
laquelle anciennement se nommait
Leuca, à présent Tullum, en l’abbaye
de Saint-Epvre hors les murs, il
existe beaucoup de volumes également
écrits en grec, qui sont rongés dans leurs
premiers [feuillets] à cause de leur
antiquité, de telle sorte que l’on ne
peut en discerner les titres ; seules des
personnes érudites en langue grecque,
en lisant [tel ou tel] de ces ouvrages,
pourraient reconnaître ce que c’est. Je
dois dire à Votre Magnificence que ces
volumes de Toul ont été découverts en-
15. « Pur l’antiquità» : bévue de D’Adda.
16. Ibid. : «se non da persona erudita» lecture fautive.
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
233
passé in Galia, e passando afflise
Metz, Verduno et Tullo.
Questo ho voluto significare alla
Mcia V. perché intenda, se bene non
potrà havere questi exempli cossi
presto chomo desidereria, né mi mancha
el modo de haverli, né io sarô négli-
gente ad repOrtarne lo effecto.
Et anche farô scrivere da Pierantonio
a quello abatte di Tullo per vedere
se possibille è per suo mezzo havere
notizia quale opéré si siano, et di
quello più oltra sequirà avisarô la
V. Mcia.
terrés, et l’on croit qu’ils furent enfouis
dans le sol à l’époque où Attila, roi des
Huns, passa en Gaule ; lors de ce pas-
sage il ravagea Metz, Verdun et Toul.
Voilà ce dont j’ai voulu informer
Votre Magnificence afin qu’elle sache
que, même si elle ne peut avoir les
copies [demandées] aussi vite qu’elle
l’eût souhaité, je ne suis pas dépourvu
de moyens pour me les procurer, ni
ne serai négligent pour ce qui est de
parvenir au but.
Je ferai aussi écrire par Pierantonio
à cet abbé de Toul afin de savoir si,
par son entremise, il est possible d’être
informé sur les œuvres qui existent
là-bas ; de ce qui s’ensuivrait ultérieure-
ment j’informerai Votre Magnificence.
[Brasca explique ensuite combien sont pressants ses besoins d'argent.
Que Calco veuille bien, encore une fois, en prévenir le duc.
Après quoi l'auteur de la lettre poursuit .']
[fol. 2 r°] Havendo scripto fin qui,
mi sono richordato che di présente
si ritrova a Milano, o vero in corte,
el vicario de Maglieres, il quale ha
grande amicitia17 in Pontiers et fa
proffessione de lettere ; et tornando
a Maglieres, como stimo farà in breve,
haveria bona comodità, per la vi-
cinità de’ luochi, de praticare di
havere dicti exempli. Perô, per obtenere
più presto l’intento délia Mcia V.,
laudaria che epsa intendesse se col
mezzo suo potessi farene cavare exem-
pte ; io non mancharô perô, con la
via sopradicta et con ogni altra mi
sarà possibille, de ha verne copia.
Alors que j’avais déjà écrit ce qui
précède, je me suis souvenu qu’en ce
moment même est présent à Milan,
ou plus exactement à la cour, le
vicaire de Maillezais, lequel a de
grandes amitiés à Poitiers et se donne
pour lettré. Lorsqu’il va s’en retourner
à Maillezais, ce qu’il fera, je crois,
bientôt, il aurait toute facilité, étant
donné la proximité des lieux, pour
s’employer à avoir lesdites copies.
Aussi, pour atteindre plus vite l’objec-
tif de Votre Magnificence, je serais
d’avis qu’elle réfléchisse pour voir si,
par ce moyen [/.e. du vicaire], elle
pourrait faire exécuter un exemplaire.
Toutefois je ne manquerai aucune-
ment, par le moyen précédemment
dit ou par tout autre à moi possible,
de m’en procurer copie.
17. Ibid. : «grandi amicizie».
234
MÉLANGES IVAN DUJCEV
A la Mcia V. me ricommando.
Ex Parisiis die ultimo januarii 1492.
Mc,e V. servitor :
Herasmus Brascha.
Je me recommande à Votre Magni-
ficence. Écrit à Paris le dernier jour
de janvier 1492. De Votre Magnifi-
cence le serviteur :
Erasmo Brasca.
Dans la première lettre, datée de Tours, Brasca fait tout naturellement
référence d’abord à une abbaye tourangelle, celle de Marmoutier, mais
note qu’il n’a pu obtenir aucun détail sur la composition de la bibliothèque ;
il semble en avoir déjà précédemment entretenu son correspondant, ceci
dans une lettre dont nous n’avons pas gardé trace. D’après le peu que nous
savons18, je ne crois pas que les érudits italiens auraient pu alors y trouver
des œuvres rares. A Saint-Martin de Tours, en revanche, Brasca a repéré
un manuscrit d’un mythographe africain du ve siècle, Fabius Planciades
Fulgentius, et ce doivent être les Mythologiae ; ce texte n’y avait pas été
signalé, si l’on en croit le recensement de Mgr Lesne19.
L’homme qui est venu en aide à Brasca dans sa démarche est un Lom-
bard, Pierantonio da Fossano, autre chargé d’affaires de Ludovic20 tout
comme Battistino Campofregoso, un Génois assurément21, dont il va être
question dans la seconde missive. Ce Pierantonio, présenté ici comme un
érudit consommé, amateur de textes classiques, ne paraît pas avoir laissé
beaucoup de traces dans l’histoire littéraire : les quelques livres, consacrés
à l’humanisme milanais de cette époque, qui parlent de lui le font unique-
ment d’après notre texte22. Quoi qu’il en soit, il avait profité de son séjour
à Tours pour visiter les environs et travailler dans les bibliothèques, à la
18. Lesne, Histoire de la propriété ecclésiastique en France, t. iv, pp. 563-564.
19. Ibid., p. 564. Il en existait en revanche un exemplaire à la bibliothèque de Saint-
Epvre de Toul, dont on parlera plus loin : R. Fawtier, La bibliothèque et le trésor de
l’abbaye de Saint-Evre-lès-Toul la fin du XIe siècle, dans « Mémoires de la Société archéo-
logique lorraine», 1911, p. 152 ; Lesne, p. 672.
20. Il devait partir de Paris le 25 février 1492, en mission pour Rome de la part du roi
de France cette fois, qui lui avait assigné pour but d’obtenir le chapeau en faveur de Guil-
laume de Haraucourt, évêque de Verdun. Le 1 " ou 2 mars, il était à Saint-Jean-de-Maurien-
ne où il eut avec le comte de Cajazzo, agent de Ludovic, un long entretien politique prou-
vant combien il était au courant de toutes les affaires de France. Ceci toujours d’après les
dépêches d’Erasmo Brasca (carton 549).
21. On sait que Gênes, en principe possession du roi de France à ce moment, était
en fait à la disposition de Ludovic, investi par Charles VIII. Que des Génois de haute
naissance se soient engagés au service de Milan n’offre rien que de naturel.
22. J’ajoute que, d’après F. Malaguzzi Valeri, La carte di Lodovico il Moro, t. iv,
Milan, 1923, p. 31, un Pierantonio da Fossano faisait partie d’un groupement d’armu-
riers en 1491 précisément ; mais, malgré la concordance chronologique, il peut s’agir
d’un homonyme.
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
235
manière des clercs du concile de Constance quatre-vingts ans plus tôt23.
Poitiers n’étant, écrit-il, qu’à deux petites étapes de Tours — ce qui veut dire
que des hommes peu sportifs, ainsi que d’ordinaire sont les érudits, faisaient
normalement des étapes quotidiennes de 50 ou 60 km24, — il est allé y
visiter les chanoines de Saint-Hilaire, et c’est de là qu’il a rapporté à Brasca
une fiche de renseignements que celui-ci a dû recopier : le tout donné en
latin pour Calco.
De l’examen de cette petite liste, bien sèche et qui nous laisse sur notre
faim, il résulte que Saint-Hilaire possédait des ouvrages latins évidemment,
d’autres en langue grecque qui doivent retenir notre attention, et en outre
au moins un manuscrit intéressant les études hébraïques : un vocabulaire
hébreu-latin, peut-être celui de saint Jérôme25.
Parmi les ouvrages en latin que cette liste comporte, il en est qui, pour les
enquêteurs, ne devraient présenter aucun intérêt, car on les trouve en quan-
tité de bibliothèques. Le plus connu est le De nuptiis Mercurii et Philolo-
giae de Martianus Capella (premier tiers du Ve siècle)26, qui eut un immense
succès et fut sans cesse recopié comme un manuel classique. Martianus avait
très largement utilisé l’autre livre dont le titre amorce notre liste : le Péri
Hermeneias d’Apulée. Ce dernier auteur n’avait pas seulement rédigé le
très célèbre Ane d'or, mais aussi cet ouvrage qui, malgré un titre grec em-
prunté à Aristote, constitua le plus ancien travail en langue latine sur les
«catégories» aristotéliciennes et sur les modes ou figures du syllogisme27.
Le Péri Hermeneias de ce vulgarisateur figurait dans des bibliothèques
monastiques aussi diverses que Fleury, Cluny, Jumièges, Saint-Amand,
Corbie, Moyenmoutier, Saint-Gall28 et Toul29 ; il fut au programme des
écoles jusqu’au xne siècle au moins.
23. G. Schnürer, L'Église et la civilisation au moyen âge, t. in, Paris, 1938 (« Biblio-
thèque historique»), p. 453. Cf. infra, p. 237 et n. 40.
24. Brasca lui-même confirme son dire en précisant que Paris est à sept jours de Poi-
tiers. Sur les vitesses de déplacement, on peut se référer encore à l’excellente esquisse
d Y. Renouard, Information et transmission des nouvelles, dans L’histoire et ses méthodes,
Paris, 1961 («Encyclopédie de la Pléiade»), pp. 95-142, notamment pp. 113-114.
25. Liber interpretationis hebraicorum nominum, cf. P.L., t. xxm, col. 771-858.
26. Éd. Dick, 1925.
27. Éd. P. Thomas, Leipzig, 1908, Consulter : M.W. Sullivan, Apuleian Logic : The
Nature, Sources and Influence of Apuleius «Péri Hermeneias», Amsterdam, 1967, pp.
-13 , J. Isaac, o.p., Le « Péri Hermeneias» en Occident de Boèce à saint Thomas..., Paris,
53 («Bibliothèque thomiste»), pp. 26, 29. Cf. HJ. Marrou, Saint Augustin et la fin
e la culture antique, 4' éd., Paris, 1958 (« Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes
et de Rome», 145) ,pp. 113, 578 n. 2.
28. Lesne, op. cit., pp. 532, 557, 581 n. 3, 621 n. 8, 651, 673, 759.
9. Fawtier, La bibliothèque... de Saint-Èvre-lès-Toul..., p. 151 n. 2.
236
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Le commentaire de L. Annaeus Cornutus (mort après 65), professeur de
rhétorique à Rome, sur les œuvres de son jeune disciple le poète Perse, mort
prématurément, figurait également à Saint-Hilaire de Poitiers. Mais ce qui
allait davantage attirer l’attention de Bartolomeo Calco, puisque la seconde
lettre de Brasca révèle qu’il en demanda copie, ce sont les livres de Porphyre
relatifs à toutes les œuvres d’Aristote et au Tirnée de Platon. Ce remarquable
compilateur de la deuxième moitié du me siècle, issu des milieux négo-
ciants de Tyr30, élève de Longin et disciple de Plotin, doctissimus philoso-
phorum au dire de saint Augustin, mais qualifié de scélérat par Jérôme pour
la virulence de ses attaques contre les chrétiens, était un auteur extrême-
ment recherché en mainte bibliothèque médiévale, d’abord comme intro-
ducteur à Platon et Aristote. Abélard l’avait commenté31. Calco n’avait
pas pour Porphyre, peut-on penser, le même dédain que Pétrarque un siècle
et demi avant lui32. L’exemplaire que possédaient les chanoines de Saint-
Hilaire-le-Grand, en dehors de ce qui concerne Platon, contenait-il un
commentaire d’Aristote plus complet que ceux qui circulaient ailleurs ?
C’est ce que peut-être suggère Brasca en sa seconde lettre, lorsqu’il donne
cette brève précision que les volumes de Porphyre constituent un ensemble
aussi important qu’un Plutarque.
Mais ce qui émerveille Pierantonio, c’est l’existence à Poitiers de toute
une série de volumes en grec, à commencer par un Aristote contenant un
nombre imposant de ses traités. Or, en 1491, on est plus friand que jamais
de textes grecs. Milan était mal placé de ce point de vue, face à Venise où
Giovanni Aurispa avait apporté de Constantinople près de trois cents
volumes, où le cardinal Bessarion en 1468 avait, par des dons inestimables
de manuscrits grecs, jeté les bases de la Marciana ; face à Florence d’autre
part, où l’on avait vu Leonardo Bruni traduire Aristote et Platon, Poli-
tien traduire VEnchiridion d’Épictète33 * *. On comprend que Bartolomeo
Calco ait cherché à tout prix à rétablir quelque équilibre ; le mécénat des
Sforza n’avait pas toujours été porté vers la qualité de l’érudition. On
possède une consignât™ librorum du château de Pavie, datée de janvier
30. J. Bidez, Vie de Porphyre, Paris, 1913 ; A.C. Lloyd, dans The Cambridge
History of Later Greek and Early Médiéval Philosophy, 2e tir., Oxford, 1970, pp. 283
et ss.
31. É. Gilson, La philosophie au moyen âge, 2e éd., Paris, 1952 (« Bibliothèque histo-
rique »), p. 282.
32. P. de Nolhac, Pétrarque et l'humanisme, nouv. éd., Paris, 1965, t. Il, p. 150 n. 3.
33. I. Maier, Ange Politien, la formation d’un poète humaniste (1469-1480), Genève,
1966, pp. 84, 374; cf. E.R. Labande, L'Italie de la Renaissance..., Paris, 1954 (« Biblio-
thèque historique »), p. 327.
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
237
142634, qui est un inventaire très complet des livres des Visconti à cette
époque : sur 988 titres, on trouve en grec l’Iliade, un «petit volume»35
et un « assez gros» Platon (n° 120) ; pour deux autres (nos 122 et 547)36,
l’auteur du répertoire, non seulement ne donne pas les titres, mais ne saurait
affirmer que ces livres soient écrits en grec, car il note prudemment : liber
in littera greca seu ebraica. Toutefois, dira-t-on, au cours de plus de quatre-
vingts ans depuis cet inventaire, les maîtres de Milan avaient pu faire d’au-
tres acquisitions ; c’est très possible, mais nous sommes peu informés à
ce sujet37. En tout cas, ce fut seulement en 1494 que l’on fit, dans l’abbaye
colombanienne de Bobbio, la découverte sensationnelle de nombreux
• 3 8
manuscrits grecs .
Malheureusement, à Poitiers comme, d’après ce que conte Brasca, à
Saint-Epvre de Toul, on ne savait guère non plus lire le grec ; très sympto-
matique est le fait que le conservateur des livres de Saint-Hilaire (« quello
li ha in custodia »39), n’a pas voulu, ou peut-être simplement pas pu dire à
Pierantonio les titres des ouvrages qu’il détenait, en dehors de ceux, bien
identifiables, d’Aristote ou du pseudo-Denys ; ce serait alors que, moins
heureux que Vadius, il ne savait pas lire ce langage. Plus triste encore le
destin des livres grecs qui pourrissent dans la bibliothèque monastique de
Toul, puisque, au dire de Pierantonio, les premiers feuillets en sont rongés.
On songe au fameux Quintilien triomphalement découvert à Saint-Gall
par Poggio Bracciolini, qui pour sa part était squalentem barbant gerens et
concretos pulvere crines40. Les titres de Saint-Epvre sont inutilisables,
est-il dit, en sorte que seuls des érudits très versés dans la littérature hellé-
nique pourraient peut-être dire de quoi il s’agit. Quant à espérer que l’abbé
de Toul, consulté par lettre, voudra bien donner des précisions, c’est peut-
être se bercer d’illusions. On ignore quelle réponse l’obscur Guillaume
34. Éd. D’Adda, Indagini storiche, t. I, pp. 1-91 ; É. Pellegrin, La bibliothèque des
Visconti et des Sforza, ducs de Milan, au XVe siècle, Paris, 1955 (« Publications de l’ins-
titut de Recherche et d’histoire des textes», 5), pp. 75-289. Cf. Nulli, Ludovic le More,
p. 12.
35. «In mediocri volumine» : Pellegrin, op. cit., n° 8, p. 76.
36. Ibid., pp. 99, 195.
37. Pas d’ouvrages en grec dans les inventaires milanais de 1459 et 1469 ; ibid., pp.
290-352.
38. Rüdiger, Die Wiederentdeckung der antiken Literatur..., pp. 545-546 ; E. Garin,
La cultura milanese nella seconda metà del XV secolo, dans Storia di Milano, t. VII, Milan,
1956, p. 579; Nulli, op. cit., p. 138.
39. Dans la deuxième lettre il est question de plusieurs responsables : « li custodi
de dicti libri ».
40. Rüdiger, op. cit., p. 541.
238
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Gautier, qui depuis 1489 présidait aux destins de Saint-Epvre41, a pu four-
nir pour éclairer son correspondant.
Justifiant leur méfiance à l’égard des curieux, ou désireux d’excuser le
délabrement des volumes, les conservateurs n’hésitent pas alors à faire
usage d’explications historiques fondées sur la tradition de leurs maisons
respectives ; nous n’avons nulle raison de suspecter leur sincérité, mais
plus singulier apparaît l’aplomb avec lequel Brasca répercute ces étranges
données. C’est que, à part de brillantes exceptions, tel Lorenzo Valla, les
chercheurs italiens du temps ne sont guère encore pénétrés d’esprit criti-
que : le contexte dans lequel ils vivent les rend bien excusables. Mais, de
nos jours, qui pourrait croire que le grand saint Hilaire ait rapporté de son
exil en Phrygie42 un gros Aristote ? Pour combattre les ariens ? Quant au
pseudo-Denys, nous savons que ses ouvrages, inspirés de Plotin, ne sauraient
être antérieurs à la fin du ve siècle, et sont donc postérieurs de cent cinquante
ans au moins à la mort d’Hilaire. Il est question ici du livre que Hilduin
et Scot Erigène traduiront sous le titre De coelesti hierarchia et qui, sans
cesse recopié sous cette forme dans les scriptoria, inspirera encore l’ordon-
nance angélique du Paradis de Dante43.
Pour le manuscrit de Porphyre qui excite tant l’intérêt de Calco, ne
serait-ce pas tout simplement celui que le grand Fulbert de Chartres, au
début du xie siècle, avait fait parvenir au chapitre de Saint-Hilaire dont il
était trésorier, ceci à la requête de son cher disciple Hildegaire44 ?
Quant à penser que les manuscrits grecs de Toul auraient été enfouis sous
terre au milieu du ve siècle pour échapper aux hordes des Huns, en un temps
où l’abbaye Saint-Epvre n’existait pas45, cela ressortit de toute évidence
au domaine de la légende. En tout cas, le très précieux inventaire des livres
de ce monastère dressé vers 1080 pour l’abbé Wido46 ne comportait aucun
volume écrit en grec.
En post-scriptum à sa seconde lettre, un détail donné par Erasmo demeure
mystérieux. Il se souvient subitement qu’un ecclésiastique dont la résidence
41. Gallia chr., t. XIII, col. 1032 B.
42. Et non dans le Pont, comme disent les gardiens de son tombeau.
43. «Che... più addentro vide / L’angelica natura e ’l ministère». Par., X, 116-117.
Cf. Par., xxvtli, 130-132.
44. « Mitto tibi Ciprianum, Porphyrium et Vitas patrum cum psalterio, ut petisti » :
Fulbert, Letters andPoems, éd. F. Behrends, Oxford, 1976 (« Oxford Médiéval Texts »),
n“ 88, p. 158. Cf. Lesne, Histoire de la propriété ecclésiastique..., t. tv, p. 438 ; R. Favreau,
Les écoles et la culture à Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers des origines au début du XII’
siècle, dans «Cahiers de civilisation médiévale», t. m, 1960, p. 475.
45. L'existence de cette église n’est pas attestée avant le vne siècle.
46. Fawtier, La bibliothèque..., notamment p. 138 n. 9.
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
239
est proche de Poitiers, et qui se pique de lettres, est en mission diplomatique
à la cour des Sforza en ce mois de janvier 1492. Peut-être Calco devrait-il
entrer en contact avec ce personnage qui, de retour en Poitou, est en mesure
d’intervenir utilement, en voisin et ami, à Saint-Hilaire-le-Grand pour que
le bibliothécaire autorise les copies souhaitées. Or, on le désigne ici unique-
ment comme le « vicaire de Maglieres ». L’italianisation des noms de lieux
français par les Italiens pose de fréquentes énigmes47, obéissant à des
impératifs de prononciation dont le secret nous échappe le plus souvent.
«Maglieres» n’est sans doute pas Maillé48, ni Mazerolles49, non plus
que Mazières en Gâtine ou en Mellois50 ; plus vraisemblablement s’agit-il
ici d’un vicaire général51 de l’évêque de Maillezais. La prononciation « Ma-
gliezes » est exactement ce que l’on attend en pareil cas, et la confusion
paléographique entre r et z des plus faciles. L’évêque administrateur de
Maillezais est en 1491 précisément un Italien52, le cardinal Federico d’Ara-
gona da San Severino, il a dans son entourage des clercs milanais comme
cet Andrea da Gallarate à qui il résignera, quelques années plus tard, une
des abbayes qu’il détient en commende53. Que ce prélat non résident ait
pour représentant local un compatriote diplomate, humaniste et ami des
Sforza n’a donc rien que de tout naturel ; mais on aimerait en savoir davan-
tage à ce propos.
Les demandes de copie adressées à son correspondant par Bartolomeo
Calco furent-elles satisfaites ? Il est probable que nous l’ignorerons
toujours. Tout ce que Brasca ajoute, dans une dépêche du 24 février, encore
datée de Paris, c’est que Pierantonio va partir pour le Milanais et, ajoute-
47. Tout comme la francisation des anthroponymes de « Lombards » installés dans
le royaume, cf. E.R. Labande, De quelques Italiens établis en Languedoc sous Charles V,
dans « Mélanges L. Halphen» (Paris, 1951), p. 362.
48. Cant. de Vouillé, arr. de Poitiers, Vienne, ou bien Saint-Pierre-de-Maillé, cant. de
Saint-Savin, arr. de Montmorillon, Vienne.
49. Cant. de Lussac-les-Châteaux, arr. de Montmorillon.
50. Ch.-l. de cant., arr. de Parthenay, ou bien cant. de Melle, arr. de Niort, Deux-
Sèvres.
51. Sur les origines de cette fonction : A. Amanieu, v° Archidiacre, dans « Dictionnaire
de droit canonique », t. i, 1935, col. 986-989.
52. Ce n’est pas le seul alors dans le royaume. Des parents d’innocent VIII, le cardinal
Lorenzo Cybo est administrateur de Vannes, Nicola Cybo est archevêque d’Arles. Grâce
à Sixte IV, Leonardo délia Rovere avait eu le siège d’Agen, Clemente délia Rovere celui
de Mende. Gabriele Schiafanati est évêque de Gap, le Génois Nicola Fieschi évêque
d’Agde. Et qui ne pense ici au Bénéventain Angelo Cato, archevêque de Vienne, inspi-
rateur de Commynes ?
53. C. Eubel, Hierarchia catholica medii aevi, Ratisbonne, 1914, t. il, pp. 21 n. 5,
184 ad verbum n. 3.
240
MÉLANGES IVAN DUJCEV
t-il, « de sa bouche Votre Magnificence apprendra ce que l’on a fait pour
les livres de Poitiers54». Cela nous laisse insatisfaits.
*
* *
11 reste à nous demander ce qu’ont pu devenir les manuscrits repérés à
Poitiers par les Milanais. «Nous n’avons rencontré nulle part», écrivait
Longuemar en 185755, une mention détaillée du contenu de cette biblio-
thèque-librairie. » Et Redet de renchérir : « Il ne nous est parvenu aucun
document qui nous fasse connaître de quels ouvrages se composait cette
riche bibliothèque56. » D’où l’intérêt de nos textes, intérêt que certains
faits viennent étayer encore.
L’un de ceux qui méritent le plus d’être notés, et sur lequel l’attention
a déjà été attirée57, c’est que dans la seconde moitié du Xe siècle, en des
chartes de Saint-Hilaire, un certain Salomon, écolâtre et sans doute chan-
celier, introduisait des caractères grecs. Assurément le philhellénisme
dans le vocabulaire était un péché mignon de certains érudits en ce temps-là
(pensons à Liutprand de Crémone), mais en France ce tic n’était pas répandu,
et dans la graphie il l’était moins encore. Ainsi peut-on penser que la pré-
sence de livres grecs dans la bibliothèque du chapitre aura créé pareil
engouement.
De tels livres ne devaient pas sortir souvent ; cependant, un extrait de
délibération du chapitre nous apprend qu’en janvier 1451 le chanoine
Geoffroy Rousseau a été chargé de porter à Angers au roi de Sicile — le
« bon» roi René — un manuscrit grec qu’on lui prêtait pour six mois58.
A notre grand regret, ce texte n’est pas identifié, mais c’est une occasion
pour nous de voir rejaillir la tenace tradition selon laquelle les livres en
question avaient été apportés d’Orient par Hilaire.
Pour l’érudit Calco se montra-t-on, à Poitiers, aussi libéral que, quarante
54. « Et da lui intenderà anchora la Mcla V. quelle si è facto per li libri da Potiers » :
carton 549.
55. Longuemar, Essai historique sur l’église collégiale de Saint-Hilaire-le-Grand de
Poitiers, Poitiers, 1857 («Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest», 1" s.,
23), p. 247.
56. Documents pour l’histoire de l’église de Saint-Hilaire de Poitiers, éd. L. Redet,
t. il, Poitiers, 1857 (même coll., 16), p. 235 n. 1. Cependant, un des textes qu’il cite établit
que le chapitre possédait au moins un Grégoire de Nazianze en grec.
57. Par R. Favreau, Les écoles et la culture..., p. 474.
58. Bibl. munie. Poitiers, Coll. Fonteneau, t. xxxv, fol. 109 v“ : « ... pro deponendo
alterum libr[or]um in graeco de praesenti ecclesia quos beatissimus Hylarius apportavit
de Graecia ad praesentem ecclesiam ».
MANUSCRITS GRECS À POITIERS
241
ans auparavant, pour le lettré monarque de la maison d’Anjou ? Ce n’est pas
évident. Maint érudit, à la fin du xve siècle, se plaint de trouver trop souvent
visage de bois lorsqu’il demande au gardien d’une bibliothèque, ecclésias-
tique ou monastique, de lui ouvrir ses trésors. Et cela se prolongera tard.
Vers 1530, le théologien de Sorbonne Jean Gagney, ayant traduit un com-
mentaire des Épîtres pauliniennes dû à Primase d’Hadrumète, il déclare
dans la préface à ce travail qu’il dédie à François Ier, que bien des travaux
illustres demeurent encore ignorés « pour la superstitieuse garde d’aulcunes
nations barbares qui d’icelles défendent l’entrée ; telles nations consistent
en aulcuns moynes claustriers59... ».
Dangereusement prêtés aux érudits extérieurs, ou jalousement dérobés
aux regards par «un dragon toujours veillant», les manuscrits grecs de
Poitiers, quels qu’aient été leurs avatars, n’ont pas survécu. Le seul fragment,
infime, que conserve à l’heure actuelle la Bibliothèque de cette ville60
consiste en trois feuillets du xie siècle qui contiennent des fragments de la
Règle de saint Basile : ce qui nous situe à l’écart de l’énumération due à
Brasca. A Paris en revanche, un manuscrit, un seul61, qui n’est pas antérieur
au Xe siècle, comporte la mention : de Sancto Hilario majori Pictaviensi62,
et il contient, avec divers éléments patristiques, des ouvrages du pseudo-
Denys.
En 1563, dans ses remontrances adressées à Charles IX, le chapitre de
Saint-Hilaire-le-Grand déclara, à propos des ravages opérés à Poitiers
par les huguenots :
Et d’avantage la tant fameuse et renommée librairie et bibliothèque
du dit lieu, qui étoit munie de si grand nombre de bons et anciens livres
tant grecs, hebreux, que latins et ou de toutes parts les gens doctes accou-
roient pour en tirer et apprendre quelque chose pour servir au public,
n’a pu éviter la barbarie et cruauté plus que gothique desdits séditieux63.
Le vénérable Suppl, gr. 8 de la Bibliothèque Nationale est peut-être
le seul survivant du lot.
59. Cité par Ch. Terrasse, François Itr, le roi et le règne, t. il, Paris, 1948, p. 327.
Cf. P.L., t. lxviii, col. 410 B.
60. Bibl. munie. Poitiers, ms 126 (25).
61. Bibl. Nat., suppl. gr. 8, fol. 1.
62. D’une main du xve siècle d’après Delisle, Notice sur vingt manuscrits..., p. 474 ;
du xive pour Favreau, op. cit., p. 478.
63. Coll. Fonteneau, t. xll, p. 281 ; cf. Documents..., éd. Redet, n" 399, p. 235.
QUALCHE RELITTO DI ETÀ BIZÂNTINA
NELLA TOPONOMASTICA E NELLA ONOMASTICA
DELLA SICILIA
Bruno LAVAGNINI
Esce fuori in tutte lettere dalle pagine délia Cronaca di Monemvasia
il nome di Acheva, corne centro fondato in Sicilia da popolazioni greche,
fuggiasche dal Peloponneso durante il regno di Maurizio (582-602), dinanzi
alla invasione di Avari e Slavi1. Rimane problematica la connessione
del nome, accennata nella stessa cronaca, con quello di (Aaxe)8a((zova,
alla quale potrebbe dare sostegno la tradizionale denominazione Val
Demone, coniata dagli Arabi, per indicare la zona nord orientale dell’isola.
1. Riferiamo il testo dalla recente edizione di I. DujCev (Palermo, 1976), p. 12 :
T6re xai ol Aâxwveç rà naTpœov êSaçoç xaraXiTrôvTeq èv rÿ; SixeXlqi éÇéTtXeuaav
xarotxoüvTeç i'j TÔTtùJ xaXoup.évù> Aépieva, xal àvrl Aaxe8aip.oviTùiv AepievÏTai
xaTOvop.àÇovTai.
Particolarmente frequente la menzione di Aéfzeva nel gruppo di diplomi provenienti
dal Monastère di S. Filippo di Fragalà, che ci consente di seguire le vicende del Monastère,
nei suoi rapporti con la corte normanna e nei non infrequenti contrasti con altri mona-
steri per il possesso di terre o per l’autorità su monasteri dipendenti.
Da notare il ricordo di un Romane, stratège di Demenna (F. Cusa, Diplomi greci
e arabi di Sicilia, Palermo, 1868, vol. I, XIX, p. 418); nella pergamena n. XI (presse
Cusa I, p. 317) dell’anno 1154 è ricordato un P-qyxéptoç, xptr);ç 8ep.évvù>v ; infine un
lacopo, protopapa délia Valle di Demenna compare nella pergamena XXXIV dell’anno
1269, presso Cusa, p. 458. Dal formulario si deduce che il distretto di Demenna è
indicato nei documenti più antichi col termine Staxpàreaiç al quale, in seguito, subentra
il vocabolo fja&ela, che sembra un calco greco di « valle » usato nel senso di circoscri-
zione. Corne nel case di Traina, il nome sembra designare insieme il centro principale
e il suo territorio.
244
MÉLANGES IVAN DUJCEV
La sopravvivenza délia città, almeno in età normanna e sveva, e anche
oltre, è testimoniata da document!2. Tuttavia in età successiva cessa ogni
menzione di questo abitato ed il suo stesso nome scompare.
Nel suo Dizionario toponomastico délia Sicilia, il benemerito Vito Amico3
ne ravvisa il sito, in base a document!, a poca distanza dall’attuale Alcara
Li Fusi. Alla loro città sopravvissero, almeno in parte, gli abitanti, che ritro-
viamo tuttavia non più in Sicilia, ma in Calabria. Ancor oggi serba il loro
nome, a 14 Km. da Reggio Calabria4 lo abitato di Diminniti. Altri tre
toponimi dello stesso tenore, variamente ubicati, registra il Rohlfs nel
suo Dizionario toponomastico e onomastico délia Calabria (Ravenna, 1974),
e del resto già 1 ’Ughelli5 aveva annotato il nome di Demenniti, enumerando
2. L’esistenza di Demenna è di fatto attestata in età normanna, sveva e angioina.
Nella raccolta dei Diplomi greci ed arabi di Sicilia di Francesco Cusa, Palermo, 1868,
l’indice greco, vol. II, p. 806, registra trentacinque volte il nome délia cittadina in di-
plomi che vanno dal Conte Ruggero a Carlo d’Angiô, e provengono tutti dal territorio
délia diocesi di Messina. Potrebbe risalire a tradizione locale, confluita nella Cronaca,
la connessione del demotico AqrevÎTai con (Aaxe) SaipioviTai da cui si puô considerare
dedotto il toponimo Achevai. Ipotesi erudita sembra invece le glossa dello Etymologi-
cum Magnum Achevai • topa TÎjç EixeXlaç 6tl êv aÙT'fj SéSeTai ô Tutptôv, riportata da
St. KyriakidIS, 01 SXâfioi èv neXoTrovvTjcjtp, in «BuÇavTival pieXÉTai», VI, Thessaloniki
1947, p. 60. La paretimologia è tuttavia intéressante, perché rivela la sicura connessione
del toponimo colla zona dell’Etna.
3. Tradotto dal latino e annotato da Gioacchino Di Marzo, Palermo, 2 voll. Nel vol.
I, p. 369, col. 12, l’Amico ritiene che la scomparsa Demena sorgesse presso Alcàra Li
Fusi e ricorda un diploma del Conte Ruggero del 1090 nel quale sono descritti i confini
délia diocesi di Messina, che coincide con la circoscrizione amministrativa di Val Demone.
Il testo greco del diploma, nella edizione del Cusa, I, PP- 289-291, consente di confermare
la indicazione dell’Amico. Dopo la descrizione dei confini délia diocesi il Sovrano indica
aU’interno di essa i possedimenti assegnati al Vescovo. E fra l’altro cosi si esprime :
« SèStoxa 8è xai eiç Tà Sèpteva tô xaaTÉXXiov T7jç à/apt)? ». Nel xaaTèXXiov t5)? à'/àpr^
è facile riconoscere il toponimo odierno di Alcàra Li Fusi, nel territorio di Demenna.
Lo stesso ricorre due volte in un diploma del 1144 col quale re Ruggero ne conferma
al vescovo di Messina la proprietà, contestata dai funzionari régi. Nel diploma stesso,
riportato col n. 9 tra i diplomi délia Chiesa di Messina, presso Cusa, I, il nome ricorre
due volte al plurale, p. 312 : ù>ç oti àSixoücn ty^v èxxX-qaiav xai ytôpav tt;ç 8iaxpaTr)<jeù>ç
à/aplùiv, e p. 314 : ... elç à/àpacç.
E’ stata avanzata anche la ipotesi che il sito di Demenna possa essere identificato
nell’attuale abitato di San Fratello, distante circa 17 km. dalla Costa tirrena (da L. Vasi,
Notizie storiche e geografiche délia città e Valle di Demona in « Archivio storico sici-
liano», X, 1885, pp. 1-15).
Per confermare e precisare la identificazione del luogo di Demenna ci piace auspicare
che possano essere intrapresi almeno saggi di scavo nella zona predetta, corne anche a
Rometta e Traina, legate aile memorie bizantine dell’isola.
4. Annuario Generale dei Comuni d'Italia del T.C., 1968.
5. Ughelli, Italia sacra T. IX, ed. romana 1644-62, col. 430, citato presso A.
Pellegrini (Il dialetto greco-calabro di Bava, Torino e Roma, Loescher, 1880, p. XIV).
QUALCHE RELITTO DI ETÀ BIZANTINA IN SICILIA 245
un gruppo di localité délia Calabria inferiore, nelle quali al suo tempo
si parlava anche il greco. Corne si vede, ancora una volta, i Greci di
Sicilia avevano passato lo Stretto...
Non so se il compianto scrittore Vitaliano Brancati e le altre persone
che con lui hanno in comune il cognome6, abbia avuto sentore di qualche
parentela del suo attributo onomastico col patrono di Taormina, S. Pan-
crazio, che délia cittadina etnea fu il primo vescovo e vi introdusse la fede
cristiana7.
La apparente deformazione puô essere in qualche modo spiegata nel
quadro délia fonetica neogreca in quanto la sonorizzazione délia sillaba
mediana da Pancratios a Pangratios ha portato, insieme al ribaltamento
del -p-, alla sonorizzazione délia consonante iniziale. D’altra parte la
desinenza -toç si è ridotta ad -tç con successiva caduta del ç finale, normale
anch’essa nei dialetti grecanici (cfr. Màprrçç da MàpTtoç, OXepdcpyjç da
0e[3poudp(.oç etc.). Cosi da nayxpdcTtoç, in Grecia, l’esito normale è
IIaYxpàT7)ç8, che nei casi obliqui si confonde coll’esito dei neutri da dimi-
nutivi in -lov, corne uaXotTi da TraXdmov e cttcLt!. da ocsmno'j (hospitium).
Non sembra di poter ricondurre aile precedenti la forma Brancasi,
che si registra nell’Annuario dei telefoni a Brindisi e a Bari.
Al Brancati nome di luogo sembra invece poter accostare il toponimo
Brancaccio, che dà il nome a un sobborgo di Palermo e ricorre anche in
Campania (Brancaccio Scafati, 5 Km. da Salerno ; Brancaccio Boscoreale,
Km. 6 da Napoli). Alla base del toponimo sembra essere un incrocio
6. E ve ne sono. Da recenti elenchi telefonici abbiamo rilevato 29 Brancati nella Sicilia
Orientale, 6 nella Occidentale, e 3 in Calabria, dove anche è toponimo (monte, sorgente)
corne registra il Rohlfs, nel già citato Dizionario toponomastico e onomastico délia
Calabria, che giustamente lo spiega corne deformazione di Pancrazio.
Rifatta su Brancati la forma siciliana Brancato, cognome anch’esso assai diffuse in
Sicilia. Oltre 70 ne annovera per la sola Palermo l’elenco telefonico 1978.
7. Cosi il Rohlfs, nel già citato Dizionario toponomastico e onomastico délia Calabria,
Ravenna 1974, s.v. : « Brancati : ctr. in mont, sopra Mammola ; sorgente presse S.
Luca ; Brancati ; cognome in CS, CZ, RC ; deformazione di Pancrazio».
8. Il sobborgo ateniese di nayxpàri, a oriente délia città, in direzione deU’Imetto,
sotte l’aspetto fonetico puô essere ricondotto ad un nafxpàrio<;. E taie spiegazione
è riportata da Kostas Biris, Tonovupixà ™ ’A&ï)vù>v, 1945 s.v. In una seconda
edizione dell’opera, Atene, 1972, tuttavia, lo stesso autore riferisce che in seguito a scavi
effettuati nel 1969 dall’eforo I. Miliadis, («npaxrtxà -cïjç àpx- êratpelaç», 1953 pp.
47-60 e 1954 pp. 41-49), lungo la sponda méridionale dell’Ilisso, a nord-ovest delle
stadio, si sono trovati rilievi ed epigrafi che rivelano la esistenza ivi di un sacello dedicato
a 'HpaxXïjç nayxpâTr^, e pertanto si rende verosimile la persistenza in situ di un
toponimo dell’età classica.
246
MÉLANGES IVAN DUJCEV
tra neogreco e romanzo, prevalendo nel finale l’esito del nome latinizzato
Pancratius. La ipotesi trova sostegno nella attestazione di taie forma inter-
media Brancatio che si legge nel dorso di una pergamena relativa alla
fondazione di un monastero di rito greco sullo scoglio di Scilla. Taie anno-
tazione relativa al contenuto del diploma si présenta in due redazioni,
delle quali la più antica, di mano del sec. XV, qui riportiamo dalla nota
del Cantarella : « privilégie di lu gran conte Rogerio Princ. supra la edifi-
catione et constructione di abbazia di sancto Brancatio e soi erectione in
libéra»9. Tali reciproche influenze fra neogreco e romanzo trovano la
loro spiegazione nel bilinguisme determinato dalla convivenza di neolatino
e di romaico in Calabria e in alcune zone délia Sicilia. Ne danno conferma
gli esiti divergenti di toponimi corne Reggio-Riggio coi rispettivi demotici
Reitano, Rigitano, e fors’anche Rizzitano, che fa presupporre anche un
ipotetico Rizzo per Reggio.
Per quasi tre secoli, tra la fine del regno gotico d’Italia e la conquista
saracena dell’isola, la dominazione bizantina riconduce la Sicilia nella
consueta trama di rapporti non solo politici ma anche culturali, religiosi
ed artistici coll’ Oriente greco ed ellenizzato, non escluse le regioni del
Mediterraneo orientale. E quando cessa in Sicilia la presenza diretta di
Bisanzio essa si prolunga, sia pure con alterne vicende, nell’Italia del
Sud, che cosi rimane per oltre mezzo millennio nell’orbita délia civiltà
bizantina. Non sorprende pertanto che taie influsso possa aver lasciato
tracce, corne in altri aspetti délia vita del Mezzogiorno d’Italia, anche nei
registri d’anagrafe e negli elenchi di utenti dei telefoni. Nel suo già ricor-
dato Dizionario toponomastico e onomastico délia Calabria, Gerhard Rohlfs
ha passato in rassegna molti cognomi, notandone spesso la diffusione e la
provenienza, talvolta anche col richiamo ad antiche carte o testimonianze
del passato. Si puô cosi constatare coll’aiuto del Rohlfs la persistenza nella
onomastica familiare délia Calabria e délia vicina Sicilia di appellazioni atti-
nenti a uffici e dignità bizantine che nulla dicono all’uomo d’oggi, ma che
furono in altri tempi oggetto di stima e di ossequio per chi ne era rivestito.
In questo regno di ombre ci si fa incontro dapprima una piccola schiera di
armati... che cingono al fianco una spada lunga e piatta. Sono gli « spadari ».
9. La pergamena, di recente accessione, non è inclusa nel Syllabus del Trinchera.
La pubblicô, nel 1935, R. Cantarella, Documenti greci meridlonali inediti del grande
Archivio di Napoli (estratto dall’ « Archivio Storico per le province napoletane» LX,
1935). Il diploma contiene l’autorizzazione alla costruzione di un monastero dedicato ai
Santi Basilio, Gregorio e Pancrazio. Nel pubblicarne ed illustrarne il testo il Cantarella
mette in evidenza le contraddizioni interne che fanno ritenere non autentico il documente.
QUALCHE RELITTO DI ETÀ BIZANTINA IN SICILIA
247
In Calabria il cognome ci si présenta con un aspetto arcaico e quasi irri-
conoscibile, sotto la forma Spasari, per il passaggio di a -a-, fenomeno
tipico del laconico e présente anche nei dialetti grecanici.
Del più usuale Spataro (SKa&àpioç ), sempre fra gli utenti del telefono,
ho riscontrato 42 presenze nella Sicilia Orientale, 84 nella Occidentale
e solo 2 a Reggio Calabria. Più frequente la forma colla consonante sono-
rizzata nella sillaba mediana. Ne incontro 179 nella Sicilia Occidentale, nella
Orientale 27 e altri 9 nelle regioni meridionali (7 a Reggio, 1 a Bari, 1 a
Taranto).
Corne c’è Spadaro accanto a Spataro, cosi del composto oKa&ocpopoç
accanto a Spatafora appare Spadafora : dei primi, nella Sic. Or. 12 e 35
a Palermo. Meno numerosi gli Spadafora (17 a Palermo, 4 nella Sic. Or.,
8 a Cosenza).
Più rari gli esiti di trrpaTTjyôç : 2 Stratigô a Palermo e 1 Straticô a R.C.
I titoli latini di dux e iudex, ellenizzati con nominative in -aç, soprawi-
vono nei cognomi Duca e ludica. Ne abbiamo notati rispettivamente 75
e 21, salvo errore od omissione, corne si dice.
Nel cognome Trimarchi, registrato 78 volte nella Sicilia Orientale (60
nella sola Messina !) abbiamo la sorpresa di riconoscere il bizantino
«turmarca» (Toupp.àpp;ç dal lat. turma), capo di unità militare, o, anche,
funzionario preposto alla amministrazione di un distretto. Ne abbiamo
trovati altri 7 qua e là per la Sicilia e 1 a Reggio. Si incontra anche qualche
raro Logoteta, termine che presso i Bizantini ha significato di preposto
al tesoro e, anche, di ministro.
Queste note non sono frutto di ricerca sistematica e potrebbero avéré
un seguito. Ma vorremmo intanto concludere con un singolare cognome,
non certo frequente, ma diffuso in una larga zona méridionale. Si tratta
di Saporito. Sempre limitando la inchiesta agli utenti del telefono, ne ho notato
11 nella Sicilia Orientale e 26 nella Occidentale, di cui ben 20 a Palermo...
Se non andiamo errati, ci sembra di poter qui ravvisare il calco tardo greco
e bizantino del latino a secretis : ô àKoppy|Tcov, cioè il « segretario»,
che cosi in qualche modo ci svela il segreto del suo nome.
KATAPCMC B «CJ10BE O nOJlKY MFÛPEBE»
JHnMHTpiiü JlnxaneB
Kan ii3BecTHo, noHHTHe Karapciica y ApncToTejin n.weeT mho-
jKecTBo TonKoBaHiiü. B HpeBHepyccKoii JiHTepaType noHHTHe
KaTapciica, << TparnnecKoro oanmennn» h np. oTcyTCTBoBaJio,
ojiHaKo b xi-xiii bb. npaKTHnecKoe npaMenenne « Tparnne-
CKoro oanmeHMH» b Jin-reparypHUX npoH3BeneHMHX 6bi.no no-
ctohhhmm. Il ecJin roBopHTb o tom, KaKoe H3 cymecTByiomHx
hjih cynjecTBoBaBiiiHX noHHMaHHü aToro « Tpamnecnoro onn-
meHHH» 6bI.HO CBOHCTBCHHO HpeBHCpyCCKHM JIHTepaTypHMM npoH3-
BejxeHHHM, to 3necb npaMo h peinnTejibHo mo®ho ynasaTK na
3TnaecKoe.
B xi-xiii bb. (b nocjiejiyiomee BpeMH 3HannTejibHo peine)
Bce oômecTBeHHbie 6encTBim b nepKOBHbix nponoBejmx ncnoJib-
30BajiiiCb nan npusHBbi k nonaannio. B ôojiliiihx oônjecTBeHHbix
6ejxcTBHHx (« HainecTBHH MHonJieMeHHUKOB », « raaji», « Tpyc» —
3eMjieTpnceHne n np.) nepKOBHbie nponoBennnnn Bnnejin ne
TOJibKO noBon hjih npn3MBa k nonannnio, no n caMoe naKasanne
3a rpexn, noTopoe BepyiomnM cjienoBa.no BocnpnnnMaTb ne
TOJibKO c noKopHocTbio, ho n c pajiocTbio, nan cBnjieTejibCTBo
1. HaHÔojiee npocTaa Kjiaccn$HKaiinH 3thx TOjiKOBaHHü c npuBeneHiieM
BaiKHeünieü jiHTepaTypu b cTapoü pa6oïe H. H. HosocancKoro : ApncTo-
Tejib «rioaTHKa», AKaneMMa, JI., 1927, c. 15-20 n c. 111-113. IIocjiejiHmï
oGaop sonpoca b npeKpac.Hoii KHUre : A. Nicev, L'énigme de la catharsis tragi-
que dans Aristote, Sofia 1970.
250
MÉLANGES IVAN DUJCEV
OomecTBennon 3a6oTH 06 mx nyinax. HaKa3anne bjickjio 3a coôoiî,
no MBicjin nponoBejmnKOB, onniiienne ot rpexa n yMnpoTBo-
penne, ycnonoenne, BO3Bbimenne nan cyeTnocTbio rpexa.
Eme peinnTejibHee npnMenHJiocb 3to « TpariuiecKoe onnineinie»
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hiih, yônüCTB, nneHeiimi, ynnnTomennn ropona, nosecTb nepe-
xohht k paccKasy o nnane IIurBapn IlnrBopeBima no yôiiTbiM,
o norpeOennn nornômnx n o npiieage na KHHmecKnü ctoji b
Pnsami khh3h Kiip Mnxanjia. TparimecKoe yMiipoTBopeime
3jiecb, b 3toü noBecTii npeHCTaBjieno b CBoeiî nojinon cnjie ii b
HByx acneKTax — npaBCTBennoM n coôbithmhom.
Echu C 3TO11 TOHKH 3peHHH MH HOUOÜHeM K « C.TIOBy o nOJIKy
HropeBe», to TparnnecKoe yMiipoTBopenne b neM Tanme nemiiT
b ocnoBe caMoro ciomera n conpoBomnaeTCH npaBCTBemibiM
oanmenneM. Oôpamy BHiiManiie na to oôcTonTeJibCTBo, hto yme
2. IJuTupyio no iisaannio : «HoBecTb BpeMeiiHbix ner», t. I, cepnn
« JIirrepaTypHbie naMHTHHKii», M.-JI., 1950, c. 147.
3. TaM me.
LA KATHARSIS DANS LE « DIT DE LA CAMPAGNE D’iGOR »
251
b ÔJiHJKaftnieM k «CnoBy» paccnase o nopaiKennn Ilropn Lliia-
TteBCKon jieTonMCM ecTb 3tot ajieweHT « Tparanecnoro » onn-
mennn b ero upeBnepyccnoM, aTimecnoM Bapuairre. njieneHHbiii
Ilropt npoH3HocnT ôojibinyio nonanniiyio penn na nojie ôhtbbi
b caMbiii MOMeiiT CBoero nuenennn, a sareM BTopnnno Kaercn b
iiJieny. Bennnuft KHH3b KiieBcnnii CBHTocjiaB n.iaaeT, n saitan-
HHBaeTCH jieTonucHaH noBeCTb BoaBpainenneM Plropn 113 luiena.
B « CnoBe o nojiKy IdropeBe» nocne paccKaaa o noparKenim
Ilropn n ero niienennn (nanoMmo, iito nneiienne paccMarpuBaiiocb
b xi-xm bb., nan canoë CTpauiHoe nocnencTBiie nopamennn)
naCTynaeT cnononnoe ,'iBii?Keiiiie noBecTBOBannn k npaBCTBeii-
HOMy yMHpoTBopemiio : CBHToenaB npoiisnociiT CBoe cjiobo « co
cjiesaMii CMemeno». 3ïOMy sojioTOMy cjiobv CBHTocnaBa, ero
OÔpameHIIlO KO BCeM pVCCKHM KIlH3bHM Kai{ 6bl BTOpnT B JIHpiI-
qeCKOM BapnaHTe nnan HpocnaBHbi h ee oôpamenne k ciinan
npnponbi : k cojinny, BeTpy n Jlnenpy, naK 6ni cooTBeTCTByio-
IIJHe nOJIHTHHeCKHM OÔpaiIieiIHHM CBHTOCJiaBa KO BCeM pyCCKHM
KHH3BHM noonepenno. 3areM npaBCTBeiiHoe yMiipoTBopeHiie ne-
pexonHT b yMiipoTBopemie coÔLiTiiMiioe : llropb ôeîKirr 113 njieaa,
BO3BpamaeTCH na cboü ctoji h eiieT no ISopnneBV k ôoroponnne
rinporonieft c oneBiiniioü iienbio BO3gaTb eii ônaronapiiocTb :ia
CBoe ocBOÔoîKnenne. 3aKannnBaeTCH « Cjiobo» cjiaBoii pycciam
KHH3BHM. TpariiHecKoe yMHpoTBopenne BbinepjKano n b stii-
necKOM n b coôbiTiiiîHOM njiane. ripncyTCTByioï h cjiesbi, Koropbie
y upeBHiix aBTopoB cunTajincb npiiiiocniuiiMn oôjiernenne 11
yMHpoTBopenne 4.
XapaKTepiio, 1ito cooTBeTCTBemio JiHTepaTypnoii npanTiiKe
xi-xiii bb. ne TOJibKO miTaTejin iicnbiTbiBaioT aro Tparunecnoe
npaBCTBennoe oniiinemie, « noepenCTBoM cocTpanamm n crpaxa»,
KoTopoe npoii3BoniiT oniiineinie nx nyBCTB, no n r.iaBHbie neii-
CTByiouine Jinna paccnasa. IIoaTOMy n Hropb annan ne mof pac-
CMarpiiBaTbcn b « Gnose» n b paccnaae o nopaînennn Hropii
IlnaTbeBCKoü jieTonncn nan jihiio ôesycjioBno nojiojKiirejibnoe.
Oii-to n iionBepraeTcn b nepsyio onepeun npaBCTBennony onn-
menmo n aienoBaTejibiio Honaieii ôbiTb b ii3BecTiioii jiepe bhiiob-
HHKOM HCIIblTblBaeMblX MM CTpaHaHIIÜ.
4. Cm. o6 3T0M y H. 14. Honocaacnoro, ynaa. coa., c. 18.
252
MÉLANGES IVAN DUJCEV
RÉSUMÉ DE L’ARTICLE
Si le concept de katharsis est inconnu de la littérature vieux-russe les
œuvres littéraires des xi-xme siècles — beaucoup plus rarement avant —
font une large place à la « purification tragique », sur le plan éthique. Les
calamités publiques sont pour les prédicateurs non seulement une occasion
d’appel au repentir, mais encore le châtiment lui-même, qui doit être
accueilli avec joie car il témoigne du souci divin de l’âme des pécheurs,
et devient par lui-même purificateur.
Cette « purification tragique » est encore plus accusée dans les chroniques
et les récits historiques. Quelques exemples sont donnés.
On trouve le même élément à la base même du sujet du « Dit de la cam-
pagne d’Igor», associé à la purification morale (il existe également dans
le récit de la défaite d’Igor de la chronique d’Ipat’ev, très proche du « Dit »).
Dans le « Dit », après le récit de la défaite et de la capture d’Igor vient une
phase d’apaisement moral. Les paroles de Svjatoslav s’adressant aux princes
sont mêlées de larmes, et les pleurs de Jaroslavna s’adressant aux forces
de la nature en sont une réplique lyrique. A cet apaisement moral succède
l’apaisement sur le plan événement : fuite et retour d’Igor, sa gratitude
envers la Vierge.
Il est remarquable que, conformément à la pratique littéraire des xi-
xnr siècles, les lecteurs connaissent cette purification morale par le tra-
gique, « la terreur et la pitié» : les principaux personnages la vivent aussi.
C’est pourquoi on ne peut considérer Igor dans le « Dit » — non plus
que dans la chronique d’Ipat’ev — comme un personnage entièrement
« positif ». Etant le premier à subir la purification morale, il doit être dans
une certaine mesure responsable des souffrances qu’il endure.
TEXTGESCHICHTLICHE ERWÀGUNGEN
ZUR L KIRCHENSLAVISCHEN WENZELSLEGENDE
IM LICHTE EINER DUNKLEN STELLE
Frantisek Vâclav MARES
Der Jubilar ist ein Slavist : ein philologisch orientierter Historiker und
ein historisch ausgerichteter Philologe. Die Anfànge der bôhmischen
Geschichtsschreibung und der einheimischen Literatur sind mit der L
kirchenslavischen Wenzelslegende und mit der Legende Christians aufs
engste verbunden.
Die I. ksi. Legende vom hl. Wenzel, Herzog von Bôhmen, die im X.
Jahrhundert entstanden ist, bald nach dem Mârtyrertod des Helden (f929),
ist in drei Überlieferungen erhalten ; es sind dies : 1) die Vostokovsche
Redaktion (abgekürzt Vost — eine einzige russisch-kirchenslavische Hand-
schrift aus dem xvi. Jahrhundert) ; — 2) die Minâenredaktion (abgekürzt
Min — russisch-ksl. Handschriften aus dem xvi. Jahrhundert) ; — 3) die
kroatisch-glagolitische Redaktion (abgekürzt Glag — kroatisch-glago-
litisch-kirchenslavische Handschriften aus dem XIV. und XV. Jahrhundert).
Daneben gibt es Kurzfassungen im russisch-ksl. Prologos, eine zum Fest
des hl. Wenzel (28. September, die âlteste Handschrift aus dem xm./xiv.
Jahrhundert), die andere zum Fest der Translation seiner Reliquien (am
4. Mârz, abgekürzt VencTr, die âlteste Handschrift aus d. J. 1406).
Im Text der ksi. Legende kommen einige wenige unklare Stellen vor,
deren schwierigste vielleicht diejenige ist, wo über das Blutwunder nach
dem Mârtyrertod des Heiligen berichtet wird :
Vost : krovi z(e) ego ne xotjasci po tri dni v zemlju iti. vt> tretii ze vecen
vsirrn, vidjascimb crkvi vzide nad nimt>. i divisasja tu vsi.
254
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Min : i krovb ego po tri dni ne raci v zemlju iti vb -g- ( = 3) ze dnb krovb
ego potrebisja. i crkvi vzyde nadb nimb vsëmb ljudemb vidjascimb tu i
divjascimsja.
Glag : kr’v ze ego do (Var : po) tri d'ni ne raci v z(e)mlju iti. Treti ze
danb v’sëmb videcimb crëki v’z ide n(a)d nimb ëko diviti se v’sëmb1.
VencTr : jako krovb jego ne idjase za g (= 3) dni v zemlju. tretii ze dnb
vecerb vzide crkvb (Var: crkôvb, crky, crkvi, cerkvi ; s(o)lnce2) ndd
nimb. jako divitisja vsëmb vidjascimb3.
Deutsche Übersetzung : Drei Tage lang wollte sein Blut nicht in die Erde
gehen; am dritten Tag (abends) eine Kirche stieg über ihm empor,
so dap aile, die es sahen, staunten.
Der schwer verstândliche zweite Teil dieser Aussage wurde verschieden
gedeutet, z. B. : «eine Kirche erhob sich wunderbar über ihm» (d.h.,
eine wôrtliche Interpretierung) ; « über dem mit Blut getrânkten Boden
wurde ein Baldachin aufgestellt, damit niemand den heiligen Ort betritt,
der Hagiograph hat diese Einrichtung poetisch als Kirche aufgefapt » ;
c(e)rkvi ist als Lokativ singularis zu verstehen, dann also «(das Blut)
erschien über ihm in der Kirche »4. Aile Erklârungsversuche entbehren
jedoch der erwünschten Stufe einer plausiblen Wahrscheinlichkeit.
Vor kurzem haben wir eine neue Lôsung vorgeschlagen : die Stelle ist
verstümmelt, sie lautete ursprünglich krbvb ze ego po tri dbni ne raci vb
zemljo iti, (vb) tretii ze dbnb vecerb crbka vb zbdë5 nadb nimb, jako
diviti sç vbsëmb, d.h. 'Drei Tage lang wollte sein Blut nicht in die Erde gehen,
am dritten Tag abends sickerte es an der Wand über ihm6, so dap
aile staunten’. Die Entstehung des Fehlers ist um so besser vorstellbar,
1. Vgl. Sbornik staroslovanskÿch literàrnich pamâtek o sv. Vâclavu a sv. Lidmile, red.
von J. Vajs, Praha 1929, 19, 27, 42.
2. Diese letzte Variante ist bestimmt als ein (weiterer) Neologismus zu bewerten ;
der Abschreiber des Prologus Grigorovicianus (XVII. Jahrhundert) empfand die Lesung
'Kirche’ im ganzen gegebenen Zusammenhang als unklar und falsch.
3. V.F. Mares, Proloznye zitija cesskix svjatyx v rukopisjax Puskinskogo doma, « Sla-
via » 34 (1965), 353-363 (bes. 360, 362, 363).
4. Für eine Übersicht der bisherigen Meinungen und der bisherigen Literatur des
Gegenstandes s. im ausgezeichneten neuen Werk : E. Blàhovà—V. Konzal—
(A.I. Rogov), Staroslovënské legendy ceského puvodu, Praha 1976, 99-100, 136, 310-
312.
5. Aksl. Vb zbdë, tsch. zbdi, tschechisch-ksl. wahrscheinlich beides môglich ; vgl.
J. Gebauer, Historickâ mluvnice jazyka ceského, IHjl'. Sklonovàni, Praha—Vlden 1896,
375-376 ; — Lexicon linguae palaeoslovenicae - Slovnik jazyka staroslovënského, Pragae
1966 (t. I), s.v. zbdb.
6. « ... über ihm», d.h., «über dem Ort, wo der hl. Wenzel begraben lag». Diese
Interpretierung ist problemlos ; die betreffende Stelle wurde auch immer früher so ver-
standen, denn der ganze Kontext ist in dieser Hinsicht eindeutig und klar.
DIE I. KIRCHENSLAVISCHE WENZELSLEGENDE
255
wenn wir bedenken, daP die Handschriften in der scriptio continua geschrie-
ben waren, ohne Spatien zwischen den einzelnen Wôrtern. Das Verb
crkati im Sinne 'sickern’ oder 'rieseln’ sollte man für einen Bohemismus
halten, denn in dieser Bedeutung ist es im Alttschechischen, in den tsche-
chischen Dialekten und im Obersorbischen (cyrkac) belegt (daneben aber
auch im Bulgarischen)7.
Die âlteste bôhmische Chronik, das Werk Christians Vita et passio s.
Wenceslai et s. Ludmile avie eius, stammt aus dem x. Jahrhundert ; trotz
Bedenken einiger Historiker (früher besonders J. Dobrovskÿs, spâter
R. Urbâneks) und dank der dadurch angeregten ernsten wissenschaft-
lichen Diskussion kann man heutzutage dieses hohe Alter der Legende
Christians für endgültig bewiesen halten (bes. durch die Werke J. Pekaf s,
V. Chaloupeckÿs und J. Ludvikovskÿs)8. Es ist allgemein bekannt,
daP sich der lateinische Autor unter anderen Quellen auch auf die I. ksi.
Wenzelslegende stützt9, einige Stellen der beiden Denkmâler stehen sogar
im Verhâltnis einer freien Übersetzung oder Paraphrase. Nachtrâglich
habe ich bemerkt, daP sich auch die erwâhnte unlângst vorgeschlagene
rekonstruierte Urlesung durch den Wortlaut bei Christian bewahrheitet ;
im Kapitel VIII steht : Sanguis beati martyris, qui ab impiis impie effusus
est in terrant et per parietes sparsus, lotus est aqua et abstersus. Sed die
7. V.F. Mares, Ob odnom nejasnom meste v pervom staroslavjanskom Zitii sv. Vjaceslava
Cesskogo, « Kul’turnoe nasledie drevnej Rusi» ( = Festschrift D.S. Lixaèev), Moskva
1976, 368-369.
8. Vgl. J. Pekaé, Nejstarsi kronika ceskâ, Praha 1903 ; — ders., Die Wenzels-
undLudmilalegenden und die Echtheit Christians, Prag 1906 (dort ist auch eine vollstândige
Übersicht der'âlteren Fachliteratur); — ders., Svaty Vàclav, « Svatovâclavskÿ sbornik » I,
Praha 1934, 9-101 ; — V. Chaloupeckÿ, Prameny X. stoleti legendy Kristidnovy o
sv. Vàclavu a sv. Ludmile, « Svatovâclavskÿ sbornik»II/2, Praha 1939;— R.UrbAnek,
Legenda tzv. Kristiâna ve vyvoji predhusitskÿch legend ludmilskÿch a vàclavskÿch, I-II,
Praha 1947-1948 (gegen Pekar) ; — J. LudvIkovskÿ, O Kristiâna, l-ll, « Nase vëda»
26 (1948-1949) 209-239 und 27 (1950) 158-173, 197-216 (für die Echtheit Christians) ;
— ders., Rytmické klasule Kristidnovy legendy a otàzka jeho datovdni, « Listy filolo-
gické» 75 (1951) 169-190 ; — ders., Crescente fide. Gumpold a Kristiân, «Sbornik
praci filosofické fakulty brnënské university» III-D/1, Brno 1955, 48-66 ; — ders.,
Great Moravia Tradition in the lOth-Cent. Bohemia and Legenda Christiani, « Magna
Moravia», Praha 1965, 525-566 ; — O. KrAlIk, Sest legend hledâ autora, Praha 1966
(und seine anderen zahlreichen Bûcher und Studien) ; — R. Turek, Cechy na üsvitë
dëjin, Praha 1963, 263, 265 ; — ders., Bôhmen im Morgengrauen der Geschichte, Wies-
baden 1974, 37, 40 ; — BlAhovA—Konzal, o.c. (s. FuBnote 4), 266-268. — Eine
synthetische Studie J. Ludvikovskÿs, welche die Gesamtproblematik der mediâvalen
bôhmischen Legenden auf Grund der lebenslangen Forschung und Erfahrung des
Autors darstellt, behandelt und beleuchtet, befindet sich itn Druck (laut Mitteilung
J. Ludvikovskÿs im Briefe an F.V.M.).
9. Vgl., z.B., Pekaé, Die Wenzels- u. Ludmilalegenden... (s. FuBnote 8), 247-251.
256
MÉLANGES IVAN DUJCEV
altéra, qui pridern laverunt. regredientes, acsi nunquam aquam inmisissent,
reperiunt parietes et terram sanguine infectant, quod rursus abstergere
festinant. Hoc eciam facto tercio, videntes se nichil proficere, discesserunt1 °.
Was anderes bedeutet der Passus reperiunt parietes et terram sanguine
infectant als 'sie haben die Wânde und die Erde mit Blut durchsickert
(getrânkt, gefârbt) gefunden’ ? Diese Feststellung bekrâftigt unsere
Théorie und steigert die Wahrscheinlichkeit der vorgeschlagenen Konjektur
(Emendation) praktisch bis zur Evidenz.
Der Tatbestand ermôglicht uns noch folgende Schlupfolgerungen zu
ziehen :
1) Aile drei bekannten Textredaktionen der L ksi. Wenzelslegende
(Vost, Min, Glag) und auch VencTr gehen wahrscheinlich — direkt oder
indirekt — auf eine Handschrift (auf einen Hyparchetypus) zurück,
deren Abschreiber die betreffende Stelle nicht verstanden und deswegen
verstümmelt hat (ein gleicher Fehler zweier Abschreiber ist jedoch nicht
ganz auszuschliePen, s. unter 3).
2) Christian, der Autor der lateinischen Vita, bediente sich im Bôhmen
des x. Jahrhunderts noch einer in dieser Hinsicht fehlerfreien Version.
3) Weil das Verb crkati weder im Altrussischen noch im Altserbischen
belegt ist 11 und neuserbokroatisch nur 'krepieren’ bedeutet (vgl. tsch.
trivial skdpnout, eigentlich 'herabtropfen’) kann man vermuten, daB die
Fehllesung ein nichttschechischer Kopist eingeführt hat, dem die Àquivalenz
crkati = 'sickern, rieseln’ fremd war, also ein Russe oder ein Kroate (aile
bekannten Handschriften der Legende sind russischer und kroatischer
Herkunft). Im Falle eines kroatischen Abschreibers wâre es verstândlicher:
crbka vb zbdë (oder vb zbdi) hatte er lautlich besser mit crbkavb vbzide assozi-
ieren kônnen, mit Rücksicht auf das kroat. -a- in crkav, auf das kroatische zid
(m.), tschechisch-ksl. zbdb (f.) oder zbdb (m., vgl. FuBn. 5) und auf die
Verwechslung é/e, bzw. i/e in vb zbdë (zbdi) -> vbzide. Ist die I. ksi.
Wenzelslegende aus Bôhmen über Kroatien nach RuBland gelangt, oder
aber verfügte ein bôhmisches Kulturzentrum (z. B. Sasau ?) über einen
Kroaten (Bosnier ?), der sowohl die Glagolica als auch die Kyrillica
beherrschte und für den Export nach RuBland die Handschriften trans-
it). Ibid., 115, Zeile 19-24.
11. LI. SreznevSku, Materialy dlja slovarja drevnerusskogo jazyka, I-III, dopolne-
nija, Sanktpeterburg 1893-1912 (Neuausgabe : Moskva 1958); — Dj. DaniCic, Rjecnik
iz knjizevnih starina srpskih, I-III, U Biogradu 1863-1864 (Neuausgabe : Beograd 1975) ;
— F. MikloSich, Lexicon palaeoslovenico-graeco-latinuni, emendatum, auctum, Vindo-
bonae 1862-1865. In diesen drei Wôrterbüchern kommt das Verb crbkati nicht vor.
DIE I. KIRCHENSLAVISCHE WENZELSLEGENDE
257
kribierte12 ? (Eine viel spâtere Vermittlung des Emaus-Klosters zu Prag
ist, unter anderem, schon deshalb ausgeschlossen, weil die âlteste
Handschrift der Prolog-Legende zum 28. September bestimmt aus der
voremautinischen Zeit stammt.) — Doch zeigen die Varianten crkvi, crky,
crëki..., daB die kroatische Zwischenstufe (crbkavb) nicht unbedingt
vorauszusetzen ist. Auch ohne die kroatische Aussprache konnte die
Verstümmlung gut zustande kommen, und zwar bei jedem Abschreiber,
der das Wort crbka nicht verstanden hat. Im Altrussischen ist zidb nicht
belegt, zbdb (m.) bedeutet 'ôorpaxov, testa, irdene Scherbe’ (Sreznevskij)
oder 'Bau’ (ibid., Nachtrâge), crbkati war unbekannt; also auch ein
russischer Kopist hat zu einem derartigen MiBverstândnis und zu der damit
zusammenhângenden Textânderung genug AnlaB gehabt. Man kann sogar
a priori kaum ausschlieBen, daB die gleiche Verstümmlung in der ersten
kroatisch-glagolitischen und in der ersten russisch-ksl. Abschrift unabhângig
voneinander entstanden sein konnte13. Diese Erwâgungen sollten vielleicht
in der künftigen Erforschung aller Redaktionen der I. ksi. Wenzelslegende
im Vergleich mit der lateinischen Legende Christians zu konkreteren
Aufschlüssen über die Wege der Verbreitung des ksi. Textes aus Bôhmen
führen.
Zusammenfassend stellen wir fest : Die unklare Stelle über das
Blutwunder in der I. ksi. Wenzelslegende lautete ursprünglich 'am dritten
Tag abends sickerte es (scil. das Blut) an der Wand über ihm’. Diese
Konjektur wird durch den lateinischen Text der Legende Christians vôllig
bestâtigt. Dies bedeutet, dap im x. Jahrhundert in Bôhmen noch die
richtige ursprüngliche Lesung vorhanden war. Erst ein nichttschechischer
Kopist (ein Kroate oder ein Russe oder beide unabhângig voneinander)
hat sich geirrt, denn er veistand den tschechischen Ausdruck crkati ('sickern,
rieseln’) nicht und interpretierte die Stelle als 'eine Kirche stieg über ihm
empor’. Es tritt klar zutage, wie wichtig der philologische Vergleich der I.
ksi. Wenzelslegende mit der lateinischen Legende Christians auch für
die künftige Erforschung der beiden Denkmâler sein kann.
12. Es unterliegt keinem Zweifel, daB die I. ksi. Wenzelslegende ursprünglich glagoli-
tisch geschrieben war, die Fehler in den Zahlen beweisen es eindeutig ; vgl. F.V. Mares,
Das Todesjahr des hl. Wenzel in der I. kirchenslavischen Wenzelslegende, « Wiener Sla-
vistisches Jahrbuch» 17 (1972, Festschrift R. Jagoditsch), 192-208.
13. Letzten Endes konnte den Fehler auch ein nachlâssiger oder ermüdeter tsche-
chischer Abschreiber begangen haben, obwohl er die einzelnen Ausdrücke kannte, be-
sonders falls er sich einer schwer lesbaren Vorlage bediente.
RÈGLES SUR LES ACTIONS DE SAUVETAGE
ET D’ASSISTANCE SUR MER
DANS LES STATUTS MÉDIÉVAUX DE DALMATIE
Ante MARINOVIC
Malgré la précision de tous les moyens techniques et l’équipement, la
navigation maritime encore aujourd’hui, n’est pas débarrassée de tous
risques ; c’était bien pire jadis. D’où notre embarras et peut-on dire notre
étonnement devant le fait que le droit statutaire de presque toutes nos
villes de Dalmatie, même celui de Dubrovnik (sans doute le plus développé
de tous), ne connaît aucune règle spéciale de sauvetage et d'assistance sur
mer.
Le Statut de Dubrovnik, par exemple, considère et confirme encore le
principe du droit côtier élémentaire au sujet de la découverte d’épaves :
les habitants de la côte ont le droit de préhension des épaves d’un navire
naufragé (ius naufragii), rejetées sur le rivage, et aussi de tous les objets
abandonnés en mer comme quelque chose qui n’appartient à personne
(res nullius). Ce droit a été mis en relation et est entré en concurrence avec
l’institution médiévale du droit régalien du suzerain ou de celui à qui ce droit
était cédé. Aussi, par le même Statut de Dubrovnik, appartiennent à la
cathédrale de Notre-Dame, tous les objets (sauf les bois combustibles en
petits morceaux) rejetés par la mer sur l’espace délimité par l’église
Saint-Jacques à Visnjica (aujourd’hui c’est le faubourg oriental avec l’an-
cienne église et l’ancien couvent bénédictin de Saint-Jacques) et par l’extré-
mité du cap oriental de l’île de Lokrum jusqu’au port de la ville (« Et scien-
dum est quod omnia que mare portaverit ab ecclesia s. Jacobi de Visniça et a
260
MÉLANGES IVAN DUJCEV
punta de Secco de Crumula versus portum Ragusii debent esse ecclesie S.
Marie, exceptis parvis lignis de foco»)1.
Si un navire de Dubrovnik trouve les épaves d’un naufrage ou n’importe
quel objet surnageant dans la mer (afflatura), ou s’il capture lui-même un
bateau ennemi, le butin, par le Statut, se partage en quatre parties égales :
un quart appartient au patron (armateur) du bateau, le deuxième quart
s’ajoute à la cargaison du bateau, le troisième est donné aux marins, et le
quatrième aux marchands, propriétaires de la marchandise. (« Si navis vel
lignum inveniret aliquam afflaturam, vel caperet aliquam navetn vel lignum
inimicorum, totum habere inventum in ea vel in eo in quatuor partes debet
dividi; unam partent habeat ipsa navis vel lignum, unam aliam habeat ipsum
habere quod erit in nave vel ligno ipso, reliquas duas partes habeant marinarii
et mercatores equaliter inter eos »)2.
Mais, si le navire de Dubrovnik a été capturé par des pirates ou s’est
échoué d’une autre manière, et si un autre citoyen de Dubrovnik, qui
n’est pas son propriétaire, s’en est emparé par un rachat ou par une
appropriation différente sans l’accord ni le consentement du patron du
bateau, ce dernier a droit de le reprendre sans compensation ni rançon3.
On peut donc en conclure que ni un bateau du pays ni ses épaves en cas
de naufrage ne peuvent être l’objet de l’occupation comme res nullius et
que, par suite ceux qui découvrent des épaves, quand ils apprennent qui
étaient les vrais patrons du bateau naufragé, doivent tout lui restituer
sans récompense. Ici nous avons déjà le commencement d’wne institution
sur la protection du droit de propriété sur les objets perdus en mer, limitée
seulement, en vérité, encore exclusivement aux navires du pays. Cette
institution n’était cependant pas assez clairement élaborée dans le Statut
1. Cf. Liber Statutorum civitatis Ragusii, compositus anno 1272..., édition critique avec
préface-dissertation, commentaire et index préparent V. Bogisic et C. Jirecek, comme
volume 9 de recueil JAZU (Jugoslavenska <4kademija Znanosti i t/mjetnosti =
Académie Yougoslave des sciences et des Beaux Arts) Monumenta historico-iuridica
Slavorum Meridionalium, Zagrabiae MCMIV (dans le texte suivant : Le Statut de
Dubrovnik), Liber I, cap. XXIII (no. 10).
2. « De afflaturis ». Le Statut de Dubrovnik, liber VII, cap. XXXV.
3. « Si navis vel lignum caparetur a cursariis, vel pignoraretur ab aliquo, vel per forcium
a dominatore aliquo teneretur, et aliquis Raguseus sine voluntate patroni illius navis vel
ligni recuperaret eam, patronus ligni possit et debeat eam vel eum accipere sine aliquo
precio. Et ille qui pactasset lignum pro recuperacione perdat precium quod pro ea solvisset,
et patronus ligni possit eum accipere, ubicunque eum invenerit. Et si ille qui ipsum lignum
recuperaverit extra Ragusium in quocunque loco, patrono ligni sine questione reddere nolet,
quod ipse illud in Ragusium salvum cum omnibus viagiis que dictum lignum fecerit, postquam
patronus pecierit, ille qui ipsum recuperaverit reddere teneatur. ». Le Statut de Dubrovnik,
liber VII, cap. XXXIII « De navibus captis a cursariis. ».
SAUVETAGE ET ASSISTANCE SUR MER
261
de Dubrovnik et laissait beaucoup de problèmes non résolus et des possi-
bilités d’interprétations différentes. Est-ce que, par exemple, celui qui a
trouvé une épave a droit à une récompense quelconque ? En considérant
l’Article 33 du Livre VII du Statut, il semble que ce n’est pas possible et
que ce droit n’existait pas non plus pour celui qui a libéré des pirates un
bateau de Dubrovnik. Par ailleurs quelle était la limite de temps de resti-
tution des épaves ? Existait-il (ce qui est vraisemblable) un délai pour que
le propriétaire puisse se présenter et demander ses objets ? - etc.
Au point de vue de l’appropriation des épaves, trouvées en mer, plus
progressif et aussi plus humain est le Statut de Korcula. Ses dispositions
s’approchent de la conception moderne de l’institution du sauvetage et
de l’assistance en mer ; il est beaucoup plus avancé que toutes les institutions
maritimes de son temps, pas seulement sur l’Adriatique, mais aussi sur
la Méditerranée. Suivant ce Statut, si quelqu’un apprend qu’un naufrage
a eu lieu, il doit immédiatement en informer l’administration communale,
qui organise alors l’assistance et récompensera celui qui a vu le bateau en
difficulté. (« Item statuimus ac inuiolabiliter obseruari uolumus, quod in
futurum quodcunque nauigium extraneum in districtu ciuitatis, seu insuie
maris contingeret tempestate rumpi, et per aliquem hominem seu feminam
uisum fuerit, talis statim teneatur uenire ad ciuitatem et annunciare regimini
et habeat yperperum vnum, quod regimen de fiendis habeat prouidere ; et
si fuerit annunciatum in uilla, quod UH de uilla dent dictum yperperum
annunciatoribus;... »)4. Il est évident qu’il n’y avait aucune discrimination
envers les bateaux étrangers, et ceci était dit explicitement « quodcunque
nauigium extraneum ». La disposition fut probablement prise pour
protéger les navires étrangers qui autrefois, après le naufrage, devenaient
la proie des habitants du pays. Ceci est tout à fait évident dans la formu-
lation de cette même disposition « quod in futurum quodcunque nauigium
extraneum in districtu ciuitatis, seu insuie maris contingeret tempestate
rumpi,... ». D’ailleurs, personne ne doit organiser l’assistance du navire
sans le consentement du patron du navire sous menace d’une amende de
50 perpers et de la restitution de tous les objets déjà sauvés. (« ...si quis
uellet ire ad recuperandum aliquid, primo concordet cum patrono, et si
patronus nollet auxilium, nec concordare, nullus audeat aliquid accipere sub
pena yperperorum quinquaginta, (qui) deueniant in commune et restituât
res, quas accepperit. Et si patronus sit contentus, quod liceat vnicuique res-
4. Cf. J.J. Hanel, Statuta et leges civitatis et insulae Curzulae, dans Monumenta histo-
rico-iuridica Slavorum Meridionalium, pars I, vol. I, édition de JAZU, Zagrabiae 1877.
(Abrège ci-après : Le Statut de Korcula), cap. LXXXII « De navigiis rumpendis », p. 47.
262
MÉLANGES IVAN DUJCEV
catare et recuperare cum eo pacto, quo concordauerit cum patrono. »)5.
Mais ceux qui ont activement assisté les naufragés, avec le consentement
du patron du navire naufragé ou de la municipalité, ont droit à un quart
de tous les objets sauvés. (« Item statuimus, quod si aliqua nauis propter
naufragium ruperit in nostri comitatus districtu, et homines nostrarum insu-
larurn iuuarent extrahere et traxerint de naui fracta seu mari, habeant
quartam partem omnium rerum, quas ipsi traxerint in terram, seu in locum
tutum. »)6.
Il n’est permis à personne de s’approprier des épaves, ni d’acheter
des objets trouvés au fond de la mer car ils sont considérés extra com-
mercium. (« Item statuimus, quod si aliquod nauigium rumperetur, nullus
Curçulanus audeat emere res, seu mercancias in mari, uidelicet, que sint in
fundo, sub pena perdendi totum id, quod expenderet, et accusons habeat
medietatem dummodo probet per duos idoneos testes. »)7 8.
Le droit statutaire des villes dalmates et celui de Dubrovnik, n’ont
pas de dispositions particulières quant à la répartition et l’attribution (des
avaries) dûes à Vabordage sur la mer. Dans ces statuts il n’y a point de
texte sur les abordages maritimes3. Mais il ne faudrait pas considérer
cela comme une grave lacune, car vraisemblablement les abordages de
navires étaient rares compte tenu d’un trafic assez peu développé. Quand
ils se produisaient, les abordages n’occasionnaient probablement pas de
grandes avaries étant donné la lenteur et le mode de construction des
navires. En ce temps là, les rames et les voiles étaient les uniques moyens
moteurs. Il faut ajouter aussi que la brume était la cause la plus fréquente
de l’abordage et qu’elle exclut le vent. Quand la visibilité dans la brume
était limitée au minimum, les voiliers sans vent se trouvaient presque
immobiles en mer, et un abordage était presque impossible.
Mais, il faut constater que dans les statuts de certaines villes méditer-
ranéennes de cette époque (dans Constitutum usus di Pisa de 1160, et dans
Consuetudini del Valenza9, par exemple) et même dans ceux de l’Adriatique
5. Ibidem.
6. Le Statut de Korcula, op. cit., cap. X « De naui fracta », p. 9.
7. Le Statut de Korcula, op. cit., cap. CXXVII « De nauigiis frangendis », p. 59.
8. Cf. Vladislav BRAJKOVlé, Étude historique sur le droit maritime privé du Littoral
Yougoslave, Marseille 1933, p. 218, et d’après lui Dr Hrvoje KaCic, Naknada stete u
slucaju sudara pomorskih brodova ( = Récompense /compensation/ du dommage dans
les cas des abordages), édition Jadranskog instituta (de l’institut Adriatique) JAZU,
Pomorsko pravo (le droit maritime), livre 7, Zagreb 1968, p. 18.
9. Cf. Bissaldi, L’urto di navi, Milano 1939, p. 42, et d’après lui KaCic, Naknada
stete..., op. cit., p. 13.
SAUVETAGE ET ASSISTANCE SUR MER
263
(le Codex de Venise d’une époque plus tardive, de 1786, et dans le Statut
de la ville d’Ancône de 139710), des dispositions spéciales existaient,
réglementant les conditions d’abordage. Cela veut dire que les abordages,
quoique assez rares, arrivaient néanmoins, car en mer les accidents sont
toujours possibles. Et les bâtiments à voiles de nos villes maritimes ne
semblaient pas épargnés ni protégés de ces accidents. Comment donc
étaient résolus, sur le plan du droit des biens, les conflits issus d’un abordage
quand il n’y avait pas de traces de ces problèmes dans les statuts de ces
villes ?
Aux statuts des villes méditerranéennes, ci-dessus mentionnées, où il
y avait des dispositions spéciales pour les cas d’abordage, où les abordages
au moins sont mentionnés, les principes du droit romain de la responsabilité
pour les dommages hors contrat sont adoptés selon le critère subjectif posé
par la loi bien connue Lex A quilia de damna de 467 ab Urbe candita selon
laquelle les abordages sont classés par catégories : abordages volontaires
ou involontaires, occasionnels, ou provoqués par un cas de force majeure.
Dans l’esprit du principe fondamental du droit romain (« casum sentit
dominus », ou «res périt domino»), pour un cas d’abordage occasionne]
ou par force majeure, il n’existe aucune relation obligatoire, au sens du droit
des biens, aucune responsabilité juridique sur la compensation du dommage.
De plus, en cas de compensation seulement on ne compte que le dommage
causé par l’action physique directe de l’auteur du dommage, et non le
dommage survenu comme conséquence d’une action négative éventuelle de
l’auteur du dommage. Donc selon la Lex Aquilia, la responsabilité était
strictement fondée sur la culpabilité ; on exigeait dolus ou culpa11.
Brajkovic12, et d’après lui Kacic13 estiment que les conflits éventuels
provoqués par un abordage sur notre territoire, étaient jugés selon les
règles générales du droit des biens sur la restitution d’un dommage hors
contrat, en supposant que les principes de la Lex Aquilia étaient la base de
10. Cf. V. Brajkovic, Pomorsko pravo, Razvoj i izvori ( = Le droit maritime, Dévelop-
pement et sources), dans Pomorska enciklopedija Leksikografskog zavoda FNRJ
( = L’Encyclopédie maritime de l’institut lexicographique de la République Fédérative
Populaire de la Yougoslavie), volume 6, Zagreb MCMLX, p. 281 ; cf. etiam Bissaldi,
L’urto di navi, op. cit., p. 42 et H. Kacic, Naknada stete..., p. 13.
11. Cf. Marijan Horvat, Iz historije sudarâ, brodolomâ, spasavanjâ ipomaganjâ (= De
l’histoire des abordages, des naufrages, des sauvetages et des assistances) ZZP Zagreb
1967, p. 8 ; cf. etiam Bissaldi, L’urto di navi, op. cit., p. 26 et ss., puis Eisner-Horvat,
Rimsko pravo ( = Le droit romain), Zagreb 1948, p. 457 et ss. et H. Kacic, Naknada
stete..., op. cit., p. 12-13.
12. Cf. V. Brajkovic, Étude historique..., op. cit., p. 218.
13. Cf. H. Ka&C, Naknada stete..., op. cit., p. 18.
264
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ces règles. Kacic estime cette opinion juste d’autant qu’elle était en accord
avec la solution donnée par les Basiliques14. « Mais, ajoute Kacic,15 pourtant
jusqu'à maintenant les recherches étaient incomplètes quant au poids de
l'influence des solutions juridiques pratiquées et existantes sur l'abordage
dans Lex Rhodia de iactu dans notre activité juridique sur notre territoire
d'autrefois ».
D’après mes recherches, il semble que les conflits, provoqués par un
abordage sur notre territoire, étaient considérés et jugés comme les cas pré-
vus de {'institution du droit maritime médiéval de l'avarie commune, très
connue et prescrite dans tous les statuts de la Dalmatie médiévale, surtout
dans celui de Dubrovnik. Cette institution dans le Statut de Dubrovnik,
mentionnée comme « avarea », « varea », est très largement représentée.
A l’encontre de l’institution classique du droit romain, la Lex Rhodia
de iactu très connue (en usage dès 479 av. J.-C. sur l’île grecque de Rhodos
d’où son nom, et plus tard introduite dans le droit romain par les Digestes
de Justinien), qui permettait la contribution de tous les participants de
l’action nautique uniquement en ce qui concerne les dommages provoqués
par le iactus marin, c’est-à-dire par l’acte volontaire et intentionnel pour
sauver le navire et sa cargaison trouvés en danger, l’institution médiévale
de l’avarie était beaucoup plus ample. La Lex Rhodia de iactu partait du
principe d’une justice sévère et exclusive de ne pas approuver une contribu-
tion collective là où il n’y avait pas de danger commun (periculum commune),
la cause du danger commun était à écarter (removendi communis periculi
causa), personne n’était obligé de contribuer à la diminution des dommages
de l’autre sans y avoir eu un propre intérêt ; au contraire l’institution
médiévale de l’avarie partait d’un point de vue pratique ayant pour consé-
quence que tous les participants d’une action maritime formaient une
communauté, dont tous attendaient un certain profit, et que par conséquent
le risque devait être aussi commun.
Une telle conception de la communauté est passée à son tour du recueil
juridique médiéval postérieur de la même île de Rhodos (recueil connu
sous le nom « Nojloç 'PoSicov vatmxôç » et datable entre le ve et le vne
siècles) dans les statuts des villes de l’Adriatique médiévale, et dans celui
de Dubrovnik.
En Méditerranée orientale, à cause des attaques incessantes des pirates
et corsaires, le droit rhodien (vieille Lex Rhodia de iactu) a évolué dans
14. Cf. Bissaldi, L'urto di navi, op. cit., p. 30; H. Kacic, Naknada stete..., op. cit.,
p. 18.
15. Cf. H. Kacic, Naknada stete..., op. cit., p. 18, la note 55.
SAUVETAGE ET ASSISTANCE SUR MER
265
le sens d’une assistance collective dans le cas d’un danger collectif : pour
tous les dommages du navire ou de la cargaison, et même d’une partie
d’entre eux, pendant le périple nautique, à l’inverse de la Lex Rhodia
de iactu, plus ancienne, qui prévoyait seulement les dommages causés par
le iactus marin, tous les participants de l’action doivent désormais compter
comme une communauté unique. Cette communauté, d’après le Statut
de Dubrovnih, était « communitas navis vel ligni »16. Et Dubrovnik en ce qui
16. Toutes les personnes, d’un navire privé de commerce, nommément mentionnées
par les dispositions du droit marin dans le Statut de Dubrovnik, à partir du patron
(de l’armateur et propriétaire du navire) en passant par les marins jusqu’aux commer-
çants, excepté les passagers dits « pivati », avec le navire et toute la marchandise
embarquée, y compris aussi et le « paraspodium » des marins (petite quantité des mar-
chandises que, selon le Statut, les marins pouvaient embarquer sur le navire au nom de leur
compte) cet ensemble est désigné sous le nom juridique commun « communitas navis vel
ligni » (communauté du navire). Ce n’était pas seulement une conception formelle et
abstraite, mais également une notion juridique exacte, concrète et pratique. Tous ceux,
qui appartenaient à la communauté, avaient des droits et des devoirs bien délimités et
précis, et qui provenaient logiquement de l’état juridique d’une telle communauté consi-
dérée comme une unité tout à fait délimitée. Cette communauté correspond, non seule-
ment par le nom, mais aussi réellement à la notion (conception) d’une communauté
(communitas) sur la terre pareillement (par analogie) à la commune médiévale, qui était
aussi une unité tout à fait fermée de la classe sociale dirigeante, de l’aristocratie de
Dubrovnik le fameux « Vlastela » (c’est-à-dire désignant ceux qui ont la puissance).
Comme la noblesse (à Dubrovnik « Vlastela ») dirigeait une commune autonome dont
elle excluait, parce que contraire à ses intérêts, toutes les autres classes de la société médié-
vale, de même la communitas navis administrait l’action nautique, en excluant toutes les
autres. C’était une caractéristique générale de la société féodale du Moyen Age, une
quantité des petites unités autonomes, exclusives et fermées, dont l’économie autarcique
exclue toutes les autres. Ces unités autonomes, communitates, représentaient, selon une
coupe horizontale à travers une certaine société, une classe déterminée exactement, née
sur la base des intérêts matériels communs (d’où provient leur nom commune - commun),
et ces unités s’opposaient fortement aux universitates qui, selon une coupe verticale de
cette même société, désignaient l’ensemble de ses membres sans égards à n’importe quel
intérêt matériel. Par conséquent, toutes les personnes sur le navire, y compris les
pivates, appartenaient à l’universitas navis, à l’inverse de la communitas navis, à laquelle
les pivates n’appartenaient point du tout. En effet, la notion universitas navis jusqu’à
présent ne se trouve pas à notre connaissance, dans les sources historiques du droit
marin de l’époque des statuts, ni à un autre moment, mais cela ne serait pas extraordinaire,
ni étonnant si on la trouvait un jour. — Davantage et plus détaillé sur ce sujet chez A.
Marinovic, Pomorskopravnipropisi sredovjecnog dubrovackog statuta ( = Dispositions du
droit marin dans le Statut médiéval de Dubrovnik), dans Pomorski zbornik Drustva za
proucavanje i unapredenje pomorstva Jugoslavije ( = Recueil maritime de la Société des
recherches et développement de la marine de la Yougoslavie), livre 1/63, Zagreb 1963 a.,
p. 441 et sq. Au sujet des notions juridiques communitas et universitas voir d’une manière
plus détaillée ma dissertation Lopudska Universitas-Pravnipolozaj otoka Lopuda u Dubro-
vackoj Republici ( = L’Universitas de Lopud-Position (état) juridique de l’île de Lopud
dans la République de Dubrovnik), Chapitre II, dans Anali Historijskog instituta JAZU
( = Les Annales de l’institut d’histoire JAZU) à Dubrovnik, a. III, Dubrovnik 1954,
pp. 187-194.
266
MÉLANGES IVAN DUJCEV
concerne cette communauté allait encore plus loin, et comptait encore
comme avarie commune les taxes médiévales, connues dans son Statut sous
le nom de « strina » ou de « pedocia »17.
La particularité du droit statutaire de Dubrovnik s’appliquait à la
participation de tout un groupe de navires de commerce, qui naviguaient
ensemble (dans le Statut de Dubrovnik connu sous le nom « conserva »),
à une avarie collective, pour un accident arrivé à l’une de ses unités, comme
aussi à un traitement spécial de l’équipement du navire (d’après le même
Statut « corredi » de navire) dans l’avarie18.
Avec l’institution de l’avarie collective si largement conçue, on comprend
— d’après moi — que dans les statuts des villes maritimes médiévales
(chez nous — celles de Dalmatie), aussi dans le Statut de Dubrovnik, il n’y
ait pas eu mention d’abordages entre les navires, car cela ne répondait à
17. Strina est le nom déformé du latin strena = cadeau occasionnel. C’était la donation
forcée, faite à un navire de guerre ou généralement à un navire armé (des pirates ou des
corsaires) de la part d’un navire de commerce quand il l’avait rencontré sur sa route.
Bien que cette «donation» n’eût pas le caractère d’une rançon et fût faite aussi aux
navires alliés amis, elle était, sans doute, considérée comme le symbole de la rançon,
et était donnée autrefois dans ce but. — Cf. Le Statut de Dubrovnik, liber VII, cap. LVI.
Pedocia (pedochya) est la taxe du pilotage, qui devait être payée, comme aujourd’hui,
par un navire pour les services du pilotage dans les endroits incertains et dangereux, et
ainsi qu’à l’entrée et la sortie dans les ports étrangers. — Cf. Le Statut de Dubrovnik,
liber VII, cap. LVI. — Cf. etiam A. Marinovic, Pomorsko-pravni propisi..., op. cit.,
p. 450.
18. « De navigiis euntibus in conserva » — Le Statut de Dubrovnik, liber VIII, cap.
LXIV ; « De danipnis que eveniunt navibus in arboris et antendis » — Le Statut de Dubrov-
nik, liber VII, cap. VII; — M. Kostrencic, Pomorsko pravo u statutima primorskih
nasih gradovâ i otokâ (= Droit maritime dans les statuts de nos villes littorales et des
îles), Mjesecnik Pravnickoga drustva u Zagrebu (= Revue mensuelle de la Société des
juristes de Zagreb), an XL, livre II, N" 12, décembre 1914, à la page 1004, dans la note 68
présente un exemple (modèle) du Statut d’Ancône (cap. 86) comment une avarie collective
était calculée et partagée. Pour être plus clair, je cite littéralement : « le navire était évalué
à 1 500 florins, un tiers est décompté (déduit) pour l’équipement (« corredi » dans le
Statut de Dubrovnik) de navire, est resté 1 000 florins ; sur le navire se trouvait la marchan-
dise des quatre négociants, estimée de chaque (marchand) de 1 000 florins, en total, donc,
de 4 000 florins. La marchandise était variée. La marchandise d’un commerçant était le
coton, du second la cendre, du troisième le poivre, et du quatrième le sucre. Chacun de ces
quatre (marchands) était obligé, au cas d'un dommage (dégât) sur le navire, à payer un
quatrième, donc, si tout le navire était détruit, il doit payer 250 florins. Puis, ce statut ordon-
nait, dans le même article, que le navire et la marchandise, s’ils sont perdus totalement, ne
soient liés à aucune restitution mutuellement par avarie. Si la marchandise fut endommagée
partiellement, il faut contribuer à l’avarie seulement la partie intacte de la marchandise.
De même, dans ce cas le navire était obligé vers la marchandise de chaque commerçant par
250 florins. » — Plus détaillé sur le conserva des navires, voir chez A. Marinovic,
Pomorsko-pravni propisi..., op. cit. (The marine-juridical Régulations of Dubrovnik's
mediaeval Statutes), p. 450.
SAUVETAGE ET ASSISTANCE SUR MER
267
aucune nécessité particulière. Quand on sait que le Statut de Dubrovnik
a compté aussi dans l’avarie collective les taxes médiévales (« strina vel
pedocia » ci-dessus mentionnées), alors — à mon point de vue — il ne
serait pas logique de supposer qu’il n’ait pas agi de même façon avec les
dommages causés par les abordages de navires. D’autant qu’il ne mentionne
les abordages dans aucun de ses chapitres ni sous aucun nom. D’autre part,
il est très probable que le législateur de Dubrovnik ne jugeait pas néces-
saire de régler spécialement les abordages qui étaient, à l’époque, très
rares.
Pourquoi le législateur de Dubrovnik n’a-t-il pas d’une part respecté les
principes du droit romain, exprimés par Lex Aquilia de damno, et ne les
a-t-il pas d’autre part utilisés dans ces cas d’abordages des navires, alors
que nous savons très bien à quel point le droit de Dubrovnik a tenu
compte précisément du droit romain, et comment il l’avait pris comme
modèle ? Les habitants de Dubrovnik, marins excellents, commerçants
et diplomates encore plus excellents, ne voulaient d’aucune façon limiter le
développement de leur marine, comprenant bien qu’elle était la base de
leur force économique et de leur prospérité. Ils divergeaient d’autant plus
facilement des principes du droit romain, qu’ils avaient eu comme son
modèle les Rôles très connus d’Oleron, l’un des recueils les plus importants
du Moyen Age paru avant l’an 122619 (le Statut de Dubrovnik est paru en
1272) ; ces réglements abandonnaient déjà le principe du droit romain sur ce
point des cas occasionnels d’abordage, qui précisait que le dommage
était supporté par celui par la faute duquel l’accident était arrivé (res
périt domino, ou casum sentit dominus) et que personne d’autre ne pouvait
en être chargé.
Comme je l’ai déjà souligné, le droit rhodien, contenu dans l’ancienne
Lex Rhodia de iactu, a subi une évolution (entre le ve et le viie siècles), dans le
N6fzo<; 'PoSLcov varmxoç, par laquelle tous les participants de l’action nau-
tique contribueraient, en tant que communauté, à tous les dommages
encourus par le navire ou par la cargaison au cours d’une navigation.
Il faut souligner encore que Dubrovnik plus tard que toutes les villes
adriatiques a limité les cas d’avarie collective, et il est très intéressant
de remarquer que ce n’est qu’en 1452 qu’elle a adopté la disposition, selon
laquelle il n’y avait pas avarie collective entre les habitants de Dubrovnik
et les étrangers, mais cette disposition fut violée très souvent à cause des
19. Cf. Iv. Vlasic, Oleronska pravila (Rôles d’Oleron, Jugements — ou Rôles —
d’Oléron), dans “ Pomorska enciklopedija...'», recueil c., tome 5, Zagreb MCMLVIII,
p. 647; H. Kacic, Naknada stete..., op. cit., pp. 13-14.
268
MÉLANGES IVAN DUJCEV
rapports internationaux et commerciaux très développés de cette ville croate
sur l’Adriatique20.
Pour l’exécution d’une avarie, c’est-à-dire pour le partage de la resti-
tution (contribution entre les participants, on a mis en place dans la
Dubrovnik médiévale une organisation spéciale habituellement d’une ou
plusieurs personnes, que les sources historiques mentionnent sous le nom
d’« impositores avariae», ou plus souvent encore de « consules»21.
Les décisions de cet organe étaient promptement exécutoires et dans le
cas de désobéissance, le client lésé était adressé au tribunal régulier22.
Quant aux dispositions particulières et plus précises sur le sauvetage
des vies humaines, je ne les ai trouvées dans aucun des statuts médiévaux
de nos villes de Dalmatie, ni dans le Statut de Dubrovnik.
20. Cf. Liber Viridis, cap. CCCCXXI (die 28 Januarij 1452), p. 253, manuscrit dans
L’Institut d’histoire JAZU à Dubrovnik; plus détaillé Brajkovic, Étude historique...,
op. cit., pp. 192-194 et Marinovic, Pomorsko-pravnipropisi..., op. cit., p. 452.
21. Cf. A. Marinovic, Pomorsko-pravnipropisi..., op. cit., p. 451.
22. Plus détaillé, au sujet de l’avarie, cf. mon texte Pomorsko-pravnipropisi..., op. cit.,
pp. 448-452, cf. aussi les sources et la littérature qui y sont cités.
GENESIS DER BAROCK-BYZANTINISCHEN
STILSYMBIOSE IN DER SERBISCHEN
KUNST DES XVIII. JAHRHUNDERTS
Dejan MEDAKOVIC
Schwer wâre es in der Geschichte der Serben eine Jahreszahl heraus
zufinden, die deren Schicksal so weitgehend bestimmte wie es das Jahr
1690 war als die grosse Auswanderung unter Führung des Patriarchen
Arsenije Crnojevié unternommen wurde. Seit diesem Zeitpunkt ânderte
sich die überaus komplizierte soziale und politische Lage des serbischen
Volkes von Grund aus, und zwar sowohl des im türkischen Imperium
verbliebenen als auch jenes, das sich nun auf dem historischen Gebiet des
Kônigreichs Ungarn eingefunden hatte, welches damais staatsrechtlich
dem Kaisertum Ôsterreich untergeordnet war. Die Kompliziertheit dieser
Verhâltnisse wird auch noch durch die Tatsache vervollstândigt, dass
sich ein Teil des serbischen Volkes bereits im Gefüge des Habsburger
Reichs befand, eingegliedert in das weitverzweigte System der Militâr-
grenze, oder aber jenen Niederlassungen angehôrte, die auf dem Terri-
torium Ungarns noch im Laufe des xv. Jahrhunderts enstanden sind, als
die ungarischen Kônige versuchten, dem Vordringen der ottomanischen
Macht irgendwie Einhalt zu tun, indem sie sich zu diesem Zwecke auch
die militârischen Dienstleistungen der Serben zunutze machten. Mit
anderen Worten : seit 1690 beginnt in Ôsterreich auch das juridische
Feststellen der Lage der Serben, und dieser — zwischen dem serbischen
Volk und der Staatsverwaltung geführte — Kampf um die Anerkennung
der serbischen Privilegien ist vielfach bezeichnend auch für einen bedeu-
tenden Teil unserer gesellschaftlichen und politischen Tâtigkeit im xvin.
270
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Jahrhundert, als Ôsterreich sich in einen fortschrittlichen absolutistischen
Staat verwandelt hatte. Daher ist es durchaus kein Zufall, dass aile jene
verwickelten Staatsinstrumente, welche damais von den Zentralbehôrden
in Wien geschaffen wurden, die Gegenwart einer geistlichen Organisation,
wie sie der Patriarch von Pec vertrat, und deren Rechtstâtigkeit das otto-
manische Reich streng begrenzt und bestimmt hatte, — sehr empfindlich
registrierten. Die Anerkennung eines solchen Status innerhalb des ôster-
reichischen Imperiums, das überdies den Hauptstützpunkt des militanten
Katholizismus gegen aile Abtrünnige und Ketzer — Schismatiker und
Hâretiker — darstcllte, hat einen starken Widerstand der Zentralbehôrden
hervorgerufen, demi man war — übrigens durchaus richtig — des Um-
stands innegeworden, dass die beanspruchten Privilegien die Serben,
im Verhâltnis zu den anderen Vôlkern Osterreichs in ein sogenanntes
« Corpus separatum » verwandeln würden, was zweifellos von den Haup-
trichtlinien der gesamten Staatspolitik abweichend erschien. Und trotz-
dem : damais waren in Wien die Soldaten stârker als die Politiker, und
die kriegerischen Eigenschaften eines Volkes, das sich zum grossen Teil
an der âusserst unsicheren Ostgrenze des Landes niedergelassen hatte,
waren doch entscheidend anlâsslich der endgültigen Fassung der kaiser-
lichen Beschlüsse. Dank der Staatsraison wurde der Widerstand der
konservativen Kreise, besonders der Kirche, gebrochen, und in diesem
Ringen mit vielfâltigen gesellschaftlichen und politischen Hindernissen
in einem multinationalem Imperium, schârfte sich das nationale Wesen
des serbischen Volkes. Es soll noch hinzugefügt werden, dass sich in diesen
Kampf, bereits anfangs des xvm. Jahrhunderts, ganz besonders aktiv
auch das russische Kaiserreich eingemischt hatte, das seit Peter dem Grossen
sein Bestreben, als Beschützer der Christen in der Türkei, der allgegen-
wârtige Teilnehmer an der Balkanpolitik zu werden, ganz offen zur Schau
trug. Mit anderen Worten : seit diesem Augenblick hat die Agonie des
türkischen Imperiums in Europa aufgehôrt, ein Problem zur ausschliess-
lichen Lôsung seitens der westlichen Nachbarstaaten zu sein — die soge-
nannte Ostfrage wird zu einer Herausforderung für aile Grossmâchte
Europas.
Für das Verstândnis der serbischen Verhâltnisse in Ôsterreich nach
1690 ist jenes geistige Erbe von grundsâtzlicher Bedeutung, mit welchem
die serbischen Massen auf dem Gebiet dieses westeuropâischen Reiches
erschienen sind. Aile neuesten Forschungen zeigen ganz klar, dass dieses
Erbe im Organisationsgefüge des Patriarchats von Pec entwickelt wurde
und von ihm, seit seiner Wiederherstellung im Jahre 1557, ein dominant
kirchliches Geprâge verliehen bekommen hat. Die eindeutige Zugehôrigkeit
DIE BAROCK-BYZANTINISCHEN STILSYMBIOSE EN SERBIE
271
zur Orthodoxie lehnt sich offensichtlich an die Tradition des entschwun-
denen serbischen mittelalterlichen Staates, und diesem Zwecke dienen
auch aile Kulte des « Heiligengebârenden » Stammes der Nemanjiden
und deren legitimen Nachfolger. Die lebendige Überlieferung im Volke war
ebenfalls im Dienste dieser Ideen, und hat zur Zeit der Türkenherrschaft
auch eine eigene Sicht vieler ethischer Postulate der serbischen feudalen
Gesellschaft erhalten. Diese mündliche Überlieferung hat sich allmâhlich
auch in die âusserst intéressante Renaissance-barocke Historiographie
eingeschlichen, die in den Stâdten des Küstenlandes oder auf dem Gebiet
der Republik Dubrovnik von gebildeten Humanisten gepflegt wurde.
In der Zeitspanne seit Ende des xvi. Jahrhunderts wurde die Idee des sla-
wischen Illyriens allmâhlich herausgebildet ; hinter dieser Idee sieht man
schon auch einen Versuch der Wiederherstellung des serbischen mittel-
alterlichen Staates klar hervorschimmern. Das gesamte Kunstchaffen
dieser Zeitspanne ist ebenfalls von Stileigenschaften der spâtbyzantinischen
Kunst dominant geprâgt. Die verfeinerte, spirituelle Eigenschaft und
die theologische Gelehrtheit dieser hohen Kunst haben in den Zeiten der tür-
kischen Herrschaft allmâhlich schematische, retardierte Formen ange-
nommen, die deutlich bezeugten, dass das goldene Zeitalter ihrer ursprün-
glichen Kraft und Blüte schon lângst verflossen war. Die Traditionge-
bundenheit verwandelte sich schliesslich in ein machtloses Epigonentum,
in ein zographisches Hantieren mit dem überlieferten Handbuch in der
Hand, das nur die handwerklichen und ikonographischen Grunddilemma
zu lôsen vermochte. Hinter dieser Kunst standen nicht mehr gebildete
Mâzene, sondern schlichte, treuherzige Bauerngemeinschaften, aus denen
sich wieder eine dünne Schicht christlicher Grundbesitzer oder vom Sultan
bestallter Vorsteher herausbildete, die marginal in die Entwicklung des
türkischen Feudalsystems miteingeschlossen waren. Die Existenz dieser
Kunst — auch so wie sie war — wurde gesichert dank der Geschicklichkeit
der Erzbischôfe, sich auf dem oft schwankenden Thron von Pec zu erhalten,
der in mancher Beziehung an jene Ungewissheit erinnerte, in welcher
selbst die Patriarchen von Konstantinopel lebten, in voiler Abhângigkeit
vom launenhaften Willen der türkischen Sultane und deren Vesire. Und
doch, trozt der vielen Gegensâtze, war für die orthodoxen Christen des
Balkans, ohne Rücksicht auf ihre Nationalitât, ihre Angehôrigkeit zur
Welt der ôstlichen Orthodoxie von primârer Bedeutung — der Ortho-
doxie, die sie im ganzen Levant verbreitet hatte und bis Venedig selbst
gelangt war. In deren System ist auch die gesamte mônchische Tradition
von Athos und dem Heiligen Lande wirksam ; diese unermüdlich wandem-
272 MÉLANGES IVAN DUJCEV
den Mônche haben dieses weite Gebiet als beharrlichste Vertreter der
alten rechtglâubigen Reinheit, wie mit einem Netz überzogen.
Mit einem solchen geistigen Erbe hat sich das serbische Volk nach
1690 in Ôsterreich eingefunden. Auf diesem Gebiet hat es damais die schon
früher eingewanderte orthodoxe serbische Bevôlkerung vorgefunden,
die in kirchlicher Beziehung einen Bestandteil des Patriarchats von Pec
bildete und in einsamen Klôstern dieselben Ideen und dieselbe Kunst
pflegte wie dies in Pec geschah. Von dieser Seite kônnte nichts Neues
erwartet werden, das treue Festhalten an die Tradition âusserte sich aber
in dieser serbischen Diaspora auf eine unglaublich empfindliche Weise.
Die Wandlungen und Neuerungen im serbischen geistigen Leben, zum
guten Teil auch in der Kunst, besonders in der Malerei, entquollen im
Laufe des xvm. Jahrhunderts den neuen, südrussischen Quellen. Mit
anderen Worten : das serbische geistige Leben ist seither engstens ver-
bunden mit Kiew und Moskau, den grossen Zentren in denen, nach müh-
seligen kirchenpolitischen Streitigkeiten, schliesslich die neue barocke Théo-
logie — eine geschickte Symbiose morgenlândischer Orthodoxie und der
abendlândischen katholischen Idee der Kontrareformation — erfolgreich
den Sieg davongetragen hatte. Die zaristische Orthodoxie wusste damais die
missionâre Schârfe der aus Polen gegen die Ukraine vorrückenden kâmp-
ferischen Jesuiten geschickt in die entgegengesetzte Richtung umzuwenden
und Kiew in eine wahre Festung der orthodoxen Missionâre zu verwandeln.
Diese neuen ukrainischen Missionâre sind unter den Serben auf ôsterreichis-
chem Gebiet als Haupttrâger der gesuchten geistigen Hilfe aufgetreten.
In ihrer Gefolgschaft kamen auch die Buchândler und wandernden Maler.
Von den zwanziger bis zu den sechziger Jahren des xvm. Jahrhunderts
dauert und herrscht unbeschrânkt der südrussische kulturelle Einfluss
auf dem Gebiet des Karlowitzer Erzbistums. Dessen voile Europâisierung
und der entschiedene Bruch mit der spâtbyzantinischen Kultur geschah
damais auf Umwegen, mittels der Ukraine wo sich auch sonst der erfolg-
reiche katholische Drang nach Osten aufgehalten hatte, als die Ukraine
die Stilânderungen im Geiste der westeuropàischen barokken Auffassungen,
welche seitens der Lavra von Kiew (Kijevopecerska lavra) bereits früher
aufgenommen worden waren, sich nun ganz aneignete. Auf der Suche nach
neuen Formen hat die serbische Malerei schon damais jene Entwicklungs-
stufe der serbischen Architektur erreicht, welche als erste, gleich nach
1690, die « neue Architektur», wie die alten Schriften die barocke Bau-
kunst nennen, unaufhaltsam annahm. Übrigens, schon am 2. XII. 1724,
hat der Patriarch Mojsije Petrovic, in seiner Ansprache über den Bau und
die Aussicht neuer Kirchen ausdrücklich geraten, dass diese Bauten nicht
DIE BAROCK-BYZANTINISCHEN STILSYMBIOSE EN SERBIE
273
« eng und niedrig wie un ter der Türkenherrschaft, sondern môglichst
lang und breit » sein sollen.
Aber aile Ânderungen in der geistigen Kultur der Serben in der ersten
Hâlfte des xvm. Jahrhunderts, und besonders in der Kunst, ihre ganze
Gebundenheit an die barocke Ukraine, wirken nicht wesentlich auf die
Hauptanforderungen des serbischen Volkes : im fremden und multina-
tionalen Staate seine eigene Unabhângigkeit zu bewahren und in kirchen-
rechtlicher Beziehung nicht die Verbindung mit seiner alten Mutterkirche
in Pec zu unterbrechen, ohne Rücksicht auf den Umstand, dass das Patriar-
chat damais bereits verfallen und verarmt war. Die kirchliche Organisa-
tion in Ôsterreich pflegte und unterhielt auch weiterhin die Ideen eines
besonderen Historismus, hinter denen sich das Bestreben, ein serbisches
Sonderterritorium zu erlangen, diesmal im Gefüge des ôsterreichischen
Staates, klar zum Ausdruck kommt. Der alte Traum von der Wieder-
herstellung des serbischen Staates taucht bei jeder passenden Gelegenheit
auf, so dass man den Eindruck gewinnt, als ob diese Idee in ihrer wahren
Kontinuitât verfolgt werden konnte. Noch einmal ist der Gedanke der
Historiker und Dichter aus dem Küstenlande — die Idee vom illyrischen
Staate reaktiviert. Diesmal versucht Graf Djordje Brankovic für deren
Verwirklichung den Schutz des ôsterreichischen Staates zu gewinnen
und sie den imperialen Zielen der Habsburger anzupassen. Und 1741
werden sich diese illyrischen Ideen im Rahmen jener Auffassungen des
Patriarchen Arsenije IV Sakabenta âussern, der versuchte seine kirch-
liche Jurisdiktion, mittels Ôsterreich, für die ganze Balkanhalbinsel sicher-
zustellen. Seit jenen Jahren wird die Trennung von Russland immer sicht-
barer, der Gedanke der Abhângigkeit und schicksalbestimmter Verbin-
dung mit dem ôsterreichischen Kaisertum immer gegenwârtiger. Es wurde
klar, dass auch innerhalb der serbischen Gesellschaft die unumgângliche
Teilung der einzelnen Schichten vor sich geht, und das bedeutet, dass das
jahrhundertelange Primat der Kirche in der geistigen und politischen
Vertretung des serbischen Volkes ernstlich angegriffen ist. Das junge
Bürgertum erscheint immer entschlossener und immer hartnâckiger auf
der Bühne der serbischen Gesellschaft. Sein Auftreten wird auch den
Mittelpunkt der geistigen und künstlerischen Einflüsse wesentlich ver-
schieben. Seit den sechziger Jahren ist die direkte Verstândigung mit
der Welt der westeuropâischen Kultur immer gegenwârtiger. Die Agonie
von Spatbyzanz wird unabwendbar. Aus diesem langdauernden Absterben
hat das serbische Volk in Ôsterreich doch viele Lehren und Vorteile heraus-
gezogen. In diesem Losreissen vom alten Erbe wurde auch ein neues,
modernes Gefühl der nationalen Angehôrigkeit und der neuen gesellschaft-
274
MÉLANGES IVAN DUJCEV
lichen Verantwortung der herrschenden bürgerlichen Schichten geboren.
Den von der Kirche vertreteten und gedeuteten Historismus hatte das
serbische Bürgertum übernommen und versuchte nun den alten Inhalt
mehr wissenschaftlich zu bestimmen und in eine neue Form umzubilden.
Der allenfalls grôsste Erfolg dieser neuen Bestrebungen âusserte sich in der
Tatsache, dass die Ideen des serbischen Historismus nunmehr aile Gesell-
schaftsschichten durchdrungen haben. Auch der serbische weltliche Gedanke
ist im Prozess des weiteren Ausbaus des serbischen nationalen Wesens
mit eingeflochten. Im goldenen Zeitalter der europâischen Aufklârung,
die sich in Ôsterreich bereits im letzten Jahrzehnt der Regierung der Kaiserin
Maria Theresia offenbarte, war die serbische Gesellschaft schon fâhig
aus ihrer Mitte Persônlichkeiten entspriessen zu lassen, welche die west-
europâische Kultur und Kunst in die schôpferischen Programme der
serbischen Gesellschaft umgegossen haben. Es waren das Jahre frucht-
bringender kulturellen Symbiose, in denen man mit der jahrhunderte-
langen Rückstândigkeit entschlossen brach, in denen man an das alte
geistige Erbe schon mit der Neugier aufgeklârter Leute herantrat. Kurz
gefasst : in den letzten Jahrzehnten des xvm. Jahrhunderts geschah auch
die vollkommenste Wandlung der gesamten serbischen Gesellschaft, und
mit diesem grossen moralischen und politischen Kapital begann das Jahr
1804, begann die serbische Révolution, wie Léopold Ranke den Aufstand
der Karadjordje mit Recht benannte.
EARLY BYZANTINE SCHOOL CURRICULA
AND A LIBERAL EDUCATION
Ann MOFFATT
CONCERNING THE LIBERAL EDUCATION
«Liberal arts (èyxûxXta fzaO-rjfzaTa) are properly those associated with
the lyre and first having this désignation from the fact that the lyric chorus
stood in a circle (xûxXoç), being a body of fifty men to recite the choral
songs. Liberal arts are properly the arts pertaining to the lyre. Later the
term « liberal arts» was applied to the cycle (xûxXoç), the full accomplish-
ment of ail the arts, grammar, rhetoric, philosophy, itself, and the four
sciences underlying it, those of counting, music and geometry and the
traversing of the heavens, that is, astronomy. Eventually ail these were
the liberal arts, as stated by Porphyry in this Lives of Philosophers, and by
countless other men who are held in high esteem. But now they call grammar
a liberal éducation (èyxûxXtoç îratSeta) appropriating the teim, but
using it inappropriately ». John Tzetzes 12th century1
How did this last transformation corne about ? How did the liberal
éducation (èyxûxXtoq KaiScta) become equated with grammar in the
East ? 2 In the West in the early Middle Ages the seven liberal arts, expoun-
1. John Tzetzes, Historiae, ed. P.A.M. Leone (Naples, 1968), 377, lines 513-28
(Chiliades, xi) ; excerpt quoted in full.
2. F. Fuchs, Die hiiheren Schulen von Konstantinopel im Mittelalter, Byzantinisches
Archiv 8 (Berlin, 1918 ; rp. Amsterdam, 1964), 41-45, traces some changes in the meaning
of the term from Aristotle to the thirteenth century.
276
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ded in encyclopaedic treatises, were sometimes used as a basis for secondary
éducation in a period when formai tertiary éducation did not exist. But
for the Greek-speakers there was no équivalent to the treatises of Martianus
Capella, Cassiodorus or Isidore of Seville to be used as textbooks of the
liberal arts3. The first treatise in Greek in this genre to survive from the
Middle Ages is the anonymous work on logic and the quadrivium written
in 1008 and once attributed to Psellus4.
The formulation of an integrated curriculum of studies dates from at
least the fifth century B.C. with the educational daims of the sophists.
In the next century Plato’s outline of the idéal éducation for a philosopher
contains the éléments of the System espoused by Hellenistic and Roman
educationists, namely a limited number of specified disciplines or « arts »
to be studied in stages. At the same time, Plato’s listing of spécifie disci-
plines was a precursor of the seven liberal arts curriculum. For him the
quadrivium of mathematical studies belonged to higher éducation, as a
preliminary to the study of philosophy5. For the Byzantines too, mathe-
matical studies were closely associated at this level with the study of philo-
sophy, and philosophy was itself by then, of course, primarily a study of
Plato and Aristotle. Isocrates considered rhetoric the suprême subject
for study and this tradition persisted along with the Platonic one, finding
favour particularly in Rome, for example with Quintilian, but also among
the sophists in the East. But whereas in the West in the early Middle Ages
the study of the liberal arts, endorsed by St. Augustine, became the idéal
éducation to be pursued at secondary school level, particularly as a propai-
deutic to theology, in the Byzantine East in the early centuries secondary-
3. Martianus Capella’s De nuptiis Philologiae et Mercurü, written probably early
in the fifth century, appears to hâve been the first treatise with one book devoted to each
of the seven liberal arts, the trivium of grammar, rhetoric and dialectic and the quadrivium
of geometry, arithmetic, astronomy and music. Varro’s earlier encyclopaedia dealt
with a further two arts, medicine and architecture. For the influence of Martianus’ work
see W.H. Stahl and R. Johnson with E.L. Burge, Martianus Capella and the Seven
Liberal Arts, 2 vols. (Columbia, 1971-77), i, 55-71. H.-I. Marrou, St. Augustin et la fin
de la culture antique (Paris, 4th ed., 1958), 216-17, has produced a chart showing the
varions listings of the « arts » in antiquity and there is a similar chart in F. Kühnert,
Allgemeinbildung und Fachbildung in der Antike (Berlin, 1961).
4. Ed. J.L. Heiberg, Anonymi logica et quadrivium cum scholiis antiquis, Det Kgl.
Videnskabernes, Historisk-filologiske Meddelelser, 15, 1 (Copenhagen, 1929). The Byzan-
tines did, however, make much use of existing short treatises on individual arts, such as
the works of Dionysios Thrax, Hermogenes, Aphthonios and Porphyry’s Isagoge. For
the mathematical subjects pursued at an advanced level teachers and students had the
benefit of révisions and commentaries on Euclid, Ptolemy, Nikomachos and Apollonios
of Perga by teachers of the early Byzantine Empire, including the Neoplatonists.
5. Plato, Republic, 376e - 412b and 521c - 541b.
EARLY BYZANTINE SCHOOL CURRICULA
277
level studies were generally described as the study of grammar, and there
was little suggestion that a grammarian’s field was of much wider compass.
Rhetoric, dialectic and the mathematical subjects belonged to tertiary
studies. This is confirmed by an analysis of the works which the teachers
of grammar themselves wrote. Topics include the spelling of names, métrés,
pitch, aspirâtes, nouns of particular endings, orthography, diphthongs,
enclitics, and the conjugations of verbs. Poetry was their chief source-
book for examples and for exegesis, and many of them wrote poetry them-
selves, plus the occasional panegyric6. Only rarely is there a topic
like Seleukos of Emesa’s treatises On Fishing which provides light relief in the
list7. Of the seventy-seven secondary-school teachers known by name
in the East for the period A.D. 330 - 610, John Philoponos was the only
one to write on mathematics or philosophy. It seems that he worked
for a time as a teacher of grammar before becoming established as a teacher
of philosophy in Alexandria in the first half of the sixth century8.
The idéal of a rounded éducation in the liberal arts was not strange to
the Byzantines. A range of meanings seems to hâve been comprehended
by the term in the early centuries. Phrases referring to teachers of the
liberal arts occur in Justinian’s corpus which was intended for use in both
East and West. In the Code we corne across liberalium studiorum profes-
sores and professores artium liberalium, and in the Digest, praeceptores
studiorum liberalium9. In these cases «teachers of the liberal arts» were
not specifically grammarians ; rather the phrase was used to embrace ail
teachers involved in some phase of the educational process beyond ele-
mentary éducation. This all-embracing use of the term is rather peculiar
and was perhaps devised to take into account varying usages in West
and East. In the East an integrated éducation was usually achieved not by
studying the full range of disciplines under the one teacher at secondary-
6. Details of the works written by these school-teachers will appear in my School-
teachers in theEarly Byzantine Empire, A.D. 330-610, Dumbarton Oaks Studies (Washing-
ton, forthcoming).
7. The writings of Seleukos of Emesa are listed in the Suda, ed. A. Adler, Suidae
Lexicon, Lexicographi Graeci, 1 (Leipzig, 1928-38), s.v. SéXeuzoç.
8. H.D. Saffrey, Le chrétien Jean Philopon et la survivance de l'école d'Alexandrie
au VI" siècle, « Revue des Etudes Grecques », 67 (1954), 396-410. His grammatical works
were an epitome of the works of Dionysios Thrax, Apolionios Dyskolos and Herodian
and commentaries on them.
9. Codex lustinianus, ed. P. Krüger (Berlin, 1929), X.53.4, législation of Diocletian ;
Digesta Justiniani Augusti, eds. Th. Mommsen and P. Krüger (Berlin, 2nd ed., 1962-63),
L. 13.1 : ... sedpraeceptoribus tantum studiorum liberalium. liberalia autem studia accipimus
quae Graeci èXeuQepta appellant : rhetores continebuntur, grammatici, geometrae, citing
Ulpian.
278
MÉLANGES IVAN DUJCEV
school, but by moving from one teacher to another to achieve compé-
tence finally at tertiary level in one or more disciplines such as rhetoric,
or mathematics and philosophy, or law or medicine. This, at least until
the sixth century, was the norm. Examples of men with such an éducation
are extremely numerous. The most famous include St. Basil, his brother
Caesarius, and his friend Gregory Nazianzen, and for the fifth century,
the éducation of Severos of Antioch in both rhetoric and law is known
to us in detail10. This same idea of an integrated or liberal éducation
achieved in stages was contained in Theodosios’ législation of A.D. 425
concerning the teachers using rooms on the Capitol in Constantinople.
Here the Emperor stipulated that there should be teachers of Greek and
Latin grammar and rhetoric and, « since we want the finest of our youth
to be grounded not in these arts alone, let us associate authorities of the
higher science and learning too with the teachers mentioned above. There-
fore we wish the rest to be joined by one who can investigate the secrets
of philosophy and, as weil, two who can explain law and legal terminology »11
It is made explicit here that the Emperor was concerned that a range of
disciplines should be available for study.
Given the potential to achieve a liberal éducation by moving through
the various stages of éducation, the East seems to hâve been less concerned
with formulating a System of comprenhensive éducation at secondary
level12. Perhaps there was not the same need that Cassiodorus felt to draw
things together in order to preserve the educational héritage, although
certainly there was a décliné in the East in the sixth century in the number
of teachers at ail levels, and particularly in tertiary éducation. There is,
however, one reference to a Greek grammarian teaching the liberal arts.
On the recto of a wooden writing-tablet in the Cairo Muséum (no. 41756)
is an inscription dated A.D. 509 « to Flavios the very learned grammarian
and teacher of the Greek liberal arts » (îratSeuT^ 'EXXtjvixwv Xoycov
èXeuOeplcov)13. The Roman name and the spécifie remark that it was
Greek studies that he taught suggest that he was in an area of Egypt where
Latin culture might hâve been prédominant. Western influence in the choice
of the phrase « liberal arts » might be suspected. Here we hâve a grammarian
10. Gregory Nazianzen, Orationes, PG, 35-36, Ors. 7,7 ; 43, 13-23 ; Zacharias,
Vie de Sévère, ed. and trans. M.-A. Kugener, Patrologia Orientalis, II, 1 (Paris, 1907).
11. Codex Theodosianus, ed. Th. Mommsen, 2 vols. (Berlin, 1905), XIV.9.3.
12. Grammar as the sole secondary-school subject was itself very wide-ranging in
content since it involved a detailed explication of the texts being studied.
13. F. Presigke, Sammelbuch griechischer Urkunden aus Agypten, I (Strasbourg),
1915), 652 f.
EARLY BYZANTINE SCHOOL CURRICULA
279
teaching the liberal arts, though not an explicit indication that the liberal
arts should be a synonym for grammar. References to a Greek éducation
in the liberal arts occur quite rarely in the early centuries of Byzantium.
Eulogios, a hermit of Alexandria who visited St. Antony, was a man edu-
cated in the liberal arts14. Again in fourth-century Egypt Diokles, at the
âge of twenty-eight, having studied grammar and philosophy, left the
liberal arts to become a hermit in the Thebaid15. He may hâve been a
teacher of the ÈYXÛxXta fzaOrjfzaTa ; even in the fourth century few were
still students in their late twenties. According to Rufinus of Aquileia,
writing in Latin, Didymos the Blind of Alexandria had taught himself
dialectic, geometry, astronomy and arithmetic, that is to say, four of the
seven liberal arts subjects, as weil as theology16. This interest in the liberal
arts accords with the earlier views of fellow Alexandrians like Philo and
Clement that the arts were a propaideutic or handmaiden to theology,
and in ail the cases cited here reference is to students who became holy
men. In the Jast three examples, however, we hâve no clear indication
whether this liberal éducation was achieved at secondary-school or at an
advanced level.
It is in the centuries after Justinian that bald references to a liberal
éducation and listings of the liberal arts occur relatively more frequently
in our Greek sources. Again the context is the lives of men revered for
holiness. For them an éducation was never a prerequisite for sainthood
and the number with a liberal or advanced éducation was small. Some
examples of those who were particularly well-educated are John Damascene
and Kosmas of Jérusalem, students of another Kosmas in the late seventh
century, Théodore the Studite (759-826), Michael Synkellos (761-846)
and his students Théodore and Theophanes Graptos (775-844 and 778-
845), and three whose lives were described by Ignatios the Deacon, namely
George of Amastris (760-ca 825), the patriarch and historian Nikephoros
(ca 758-829) and Gregory Dekapolites (780/90-842)17. To these we should
14. Palladius, The Lausaci History, ed. C. Butler, Texts and Studies Vf, 2 (Cam-
bridge, 1904), 21.
15. Ibid., 58.
16. Rufinus, Historica ecclesiastica, II, 7, Patrologia Latina, 21, col. 516. Euse-
bios wrote in similar terms of the teaching of Origen, Histoire ecclésiastique, ed. and
trans. G. Bardy, Sources Chrétiennes, 4 vols. (Paris, 1952-60), VI, 18.
17. P. Lemerle, Le premier humanisme byzantin. Notes et remarques sur enseignement
et culture à Byzance des origines au X* siècle (Paris, 1971), 97-104, has made an initial
examination of the hagiographie sources for information about éducation during the
eighth and early ninth centuries.
280
MÉLANGES IVAN DUJCEV
add the Life of John Psichaïtes (875-813/20) because the anonymous author
described in considérable detail the advanced éducation which John mana-
ged very weil to do without ! The earliest surviving Life of John Damascene
is of the tenth century, but ail the Lives of the men named here born in
the second half of the eighth century appear to hâve been written before the
end of the ninth century and are amongst the most reliable examples of
Byzantine hagiography that we hâve.
The Greek-speaking monk Kosmas from Italy found himself a prisoner
of the Arabs on the Syrian coast and about to be slaughtered. The father
of John Damascene, hearing him lament that his éducation was thus going
to be wasted, took him on as tutor to his son John and adopted son Kosmas.
The monk Kosmas boasted expérience in rhetoric and an éducation in
dialectic, ethics according to Aristotle and Ariston (sic), physics, arithmetic,
geometry, the harmony of music, astronomy and theology. In turn he
taught his two students grammar plus the same subjects which he himself
had studied, so that they became comparable even to Pythagoras and Dio-
phantos in the mathematical subjects !18 What we hâve here in the list
of Kosmas’ accomplishments are the fields of study traditionally taught at
tertiary level, rhetoric, philosophy and theology, mathematics and dialectic.
The overwhelming impression, as Kosmas undoubtedly intended in his
dire plight, was that there was nothing that he had not studied in depth.
For the boys it was much the same. Whereas Kosmas’ own list stressed
advanced subjects, the boys had first to study grammar before moving
on to the other liberal arts. The theology is added almost as an afterthought,
as a statement of the obvious. What is significant in their case is that
amongst Greek-speakers in Arab-occupied territory the liberal arts
were being taught by the one teacher rather than by specialists in each
discipline. In this respect the situation approximated to that in the West
at this date.
Some Lives of well-educated saints born in the next century imply that
they underwent the traditional three-tiered System of studies. According
to the earliest Life of Théodore the Studite, written aftei A.D. 868 by a
Studite monk called Michael, Théodore studied grammar after his ele-
18. John, patriarch of Jérusalem, Vita S. Joannis Damasceni, PG, 94, cols 429-90,
especially cols. 440-48. The author was patriarch of Jérusalem A.D. 965-69 ; H.-G. Beck,
Kirche und Theologische Literatur im Byzantinischen Reich (Munich, 1959), 567. For
the éducation of Kosmas and other Greek-speakers in Italy in this period, A. Guillou,
L'école dans l'Italie byzantine, in La Scuola nell' Occidente Latino dell's Alto Medievo,
« Settimane di studio del centro Italiano di studi sull’ alto medioevo», 19, 15-21 aprile
1971, 2 vols (Spoleto, 1972), I, 291-311.
EARLY BYZANTINE SCHOOL CURRICULA
281
mentary éducation, then dialectic « which some insist on calling philosophy »
and rhetoric19. Here the trivium of the liberal arts is listed, but it probably
means the secondary-school éducation in grammar was followed by some
logic, perhaps as training in sophistic, plus other rhetorical studies at
tertiary level. An advanced éducation is in keeping with Theodore’s career
and writings. Nikephoros, patriarch of Constantinople A.D. 806-15, at
the end of the interlude between the two phases of iconoclasm, was a contem-
porary of Théodore the Studite. So too were George of Amastris and Michael
Synkellos. Ail were born within a year or two of 760. Ignatios the Deacon,
the biographer of Nikephoros and George, was born about ten years
later (770/80 - ca 845) and was actually older than his other subject, Gregory
Dekapolites (780/90-842)2°. Again, even if through ignorance some of
the details might not be completely accurate, Ignatios must hâve described
forms of éducation that were available in his own time. Indeed we might
expect more than usual accuracy on this subject since he himself was for a
time a teacher of grammar21. The Life of Nikephoros may hâve been
written soon after his death, but was not finished until shortly after 842.
Ignatios wrote of Nikephoros’ éducation in grammar, with its concentra-
tion on orthography and métré, in rhetoric and in the quadrivium
(tt]ç p.aO-/;jj.aT!.z7iç TETpaxTÛoç), the four servants of philosophy, speci-
19. PG, 99, cols. 233-328, especially col. 237. The date was proposed by C. Van de
Vorst, La translation de S. Théodore Studite et de S. Joseph de Thessalonique, in « Analecta
Bollandiana », 32 (1913), 29. The other life published in PG, cols. 113-232 is now
attributed on the basis of other manuscripts to Théodore Daphnopates of the tenth
century.
20. The Lives of both George of Amastris and Gregory Dekapolites are attributed now
to Ignatios : I. Sevcenko, Hagiography of the Iconoclast Period, in eds. A. Bryer and
Judith Herrin, Iconoclasm. Papers given at the Ninth Spring Symposium of Byzantine
Studies, March 1975 (Birmingham, 1977), 113-31, especially 121-25. Ignatios also wrote
the Life of Tarasios, Nikephoros’ predecessor as patriarch (784-806). Tarasios’ formai
éducation is mentioned only briefly as some Christian and secular learning : ed. I.A.
Heikel, Vita Tarasii Archiepiscopi Constantinopolitani (Helsinki, 1889), especially 3 and
29 ; also published in «Acta Societatis Scientiarum Fennicae», 17 (1891), 139-439.
21. A better appréciation of the stages of Ignatios’ varied career should be possible
with the publication of C.A. Mango, Observations on the Correspondence of Ignatius,
Metropolitan Of Nicaea (First Half of the Ninth Century), to appear in the Festschrift
for Marcel Richard, and with a new édition of these letters. Ignatios uses educational
images, e.g. in the Life of Tarasios, op. cit., 21, 23, and in his letters he makes many
classical references and discusses matters dear to the heart of a grammarian, e.g. concern-
ing the student Theophilos (ep. 18), on métré (ep. 32), on syllables and grammatical
canons (ep. 36), on the Iliad as a schooltext (ep. 47) ed. M. Gedeon, Nés BipXioO-rçxr)
’ExxX-qaiaaTtzùiv S'jvviarpécüv (Constantinople, 1903). One of his poems laments the
death of his student Paul : ed. G. Mercati, Di un carme anacreontico spurio e mutilo di
Gregorio Nazianzeno, «BZ», 17 (1908), 389-96.
282
MÉLANGES IVAN DUJÔEV
fically astronomy, geometry, music and arithmetic22. The introduction
here for the first time in our sources of a Greek term for the Latin quadri-
vium, coined by Boethius, may be a deliberate translation, but the word
did not hâve this exclusive meaning for Ignatios as he also used it, as
Eusebios had, of the four Evangelists23. Nikephoros then proceeded to
philosophy. This reads as the traditional three-staged System of éducation
with mathematics as a propaideutic to philosophy as Plato recommended.
There follows in the Life a page of topics in the fields of logic and physics
which Alexander suspected Ignatios lifted from some textbook yet to be
identified24. Ignatios gives far less detail of the éducation of George of
Amastris and Gregory Dekapolites. George, he says, was entrusted to
some teachers (mxi.8oTpipai. ) and was taught the full liberal arts curri-
culum (iraaav èyxûxXi.ov TraiSsucnv), both sacred and profane, embracing
the whole and selecting from it what was useful25. From the âge of eight
Gregory received elementary and higher éducation (TeXetoTÉpav...p(.à6y)C7tv)
from teachers referred to as ypaptptaTetç, sufficient to act as a guide to the
more important things26. In the last case there can be little doubt that
Gregory received no éducation beyond the secondary level. This was
probably true also of George, for it is unlikely that Ignatios would hâve
missed an opportunity if it was offering to elaborate on an educational
theme27. If this is so, as Lemerle too judged the case28, we hâve an example
22. Ed. C. de Boor, Nicephori opuscula historica, Teubner (1880), 139-217, especially
149-51. P.J. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople. Ecclesioastical
Policy and Image Worship in the Byzantine Empire (Oxford, 1958), 57 f., suspected that
Ignatios was ignorant of the particular details of Nikephoros’ early éducation and so
supplied for this an outline of the current curriculum.
23. Ignatios, Ep. 22 ; Eusebios, HE, III, 25.
24. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople, 57, note 3 ; I. Sevcenko,
The Définition of Philosophy in the Life of Saint Constantine, in For Roman Jakobson.
Essays on the Occasion of his Sixtieth Birthday (The Hague, 1956), 450 note 6, suggests
some parallels in the works of the Alexandrian Neoplatonists ; Lemerle, Le pre-
mier humanisme byzantin, 132 f., reports a strong element of Aristotelianism in this
passage.
25. Ed. V. Vasil’evskU, Sitija svv. Georgija Amastridskago i Stefana Surozskago,
in « Russko-vizantijskija Izsledovanija », II (St. Petersburg, 1893), 1-73, especially 15.
26. Ed. F. Dvornik, La Vie de saint Grégoire le Décapolite et les Slaves Macédoniens
au IXe siècle (Paris, 1926), 47. There is some difficulty with the term ypap.p.aTeîç which
must apply to both the elementary and secondary-school teachers as a comprehensive
term, just as Themistios and probably Libanios used ypapp-ariaTaî in the fourth century
(Themistios, Orationes, ed. H. Schenkl, G. Downey and A.F. Norman, 3 vols., Teubner
11965-74], Ors. 21, 251A ; 26, 312C ; 32, 361A).
27. See above, note 21.
28. Lemerle, Le premier humanisme byzantin, 100.
early byzantine school curricula
283
here of a highly educated man, Ignatios, prepared to call secondary-school
studies « a full liberal éducation ».
The trio of Michael Synkellos and his two students Théodore and Theo-
phanes Graptos présents parallels with Kosmas the Monk and his two
students who lived a century earlier. Michael was born and apparently
educated in Jérusalem before joining the monastery of St. Sabas when he
was twenty-five. In his late thirties he became a deacon of the Church of
the Anastasis in Jérusalem and two years later took up the life of a hermit.
It was then, in the 790’s, that Théodore and Theophanes studied under
him when they were in their early twenties29. Apart from his career in the
Church Michael is known to us too as the author, significantly, of a grammar
as weil as a confession of faith, an anacreontic hymn on the restoration of
the cuit of images and some canons, ail of which survive. There are encomia
and orations, some of which may be his30. Of the two versions of the Life
of Michael which survive one was written apparently before 86731. Accor-
ding to it, after an elementary éducation he proceeded to grammar, rhetoric
and philosophy, and not only these but also poetry and astronomy32.
Something has gone wrong with the list here. Poetry certainly belongs at
the secondary level with grammar. Particular attention could hâve been
paid to it because of the hymn and canons which he wrote. Astronomy
too is conspicuous here, but to date there are no works in this field which
hâve been attributed to him33. Michael Synkellos is credited then with a
29. S. Vailhé, Saint Michel le Syncelle et les deux frères Grapti saint Théodore et
saint Théophane, in «Revue de l’Orient Chrétien», 6 (1901), 213-32.
30. The grammar was first published in Florence under the name of George Lekapenos
in 1515, and under Michael’s name first in Venice in 1745 ; M. Donnet, La tradition
imprimée du traité de grammaire de Michel, le Syncelle de Jérusalem, in « Byz », 42 (1972),
441-508. There seem to hâve been three Michaëls, including Michael the Monk, author
of the Life of Théodore the Studite cited above, in this period and the various works by
these men hâve yet to be sorted out conclusively : Beck, Kirche und Theologische Lite-
ratur, 503-5.
31. Sevcenko, Hagiography of the Iconoclast Period, 116, note 19.
32. Ed. Th. Schmitt, Kahrie-djami in « Izvestija Russkago arkheologicheskago
Instituta v Konstantinopolie », 11 (1906), 227-59, especially 228, and the second version,
ibid., 260-79, preserved in fifteenth and sixteenth century manuscripts, Cod. Vat. gr. 1085
and Cod. Monac. gr. 10.
33. In the second version which is slightly more elaborate Michael, after his elementary
éducation, came in contact with secular learning. Later in his account the author inserted
a passage explaining how Michael exceiled in grammar as could be seen « from the canons
which he pubblished, and he produced brilliant works for the phrasemongers to use for
ail time, absolutely perfect, like lamps or précisé guide-lines. And he was familiar with
poetry and ail liberal learning (ÈYzùzXiœ ooçia), such as leads to the highest pinnacle
of studies, namely astronomy, and he accomplished these studies to the full». (Ibid.,
262, 265.)
284
MÉLANGES IVAN DUJCEV
high level of éducation. The listing of grammar, rhetoric and philosophy
suggests that the author was thinking of the three-tiered system, though we
do not know whether the advanced subjects were taught by specialist
teachers. The brothers Graptoi, however, do appear to hâve been dépendent
on Michael alone for their higher studies. Judging from his writings Michael’s
strength was in grammar and poetry, but the Graptoi learned from him
grammar, philosophy and some reflections contained in poetry34. In the
same way John Damascene and Kosmas of Jérusalem were dépendent on
Kosmas the Monk. With none of our hagiographical sources do we get
clear evidence of men studying under more than one teacher after their
elementary schooling35. Kosmas and Michael, our only teachers known by
name from the Lives, both appear not to hâve been professional teachers, but
monks, and to hâve taught their students a range of studies extending some-
what beyond that of the secondary-school of earlier centuries. Both were
operating in Arab-occupied territory. They may not hâve been typical.
One final example of an account of a liberal éducation is the Life of John
Psichaïtes, an anonymous work by a member of the monastery which John
had directed. He was writing after 842. John and his brothers got their first
éducation from their father Later the whole family opted for the monastic
life, the father and three sons going to the Monastery of the Source in
34. Ibid., 231 : Tr,v te 'fpap.p.atix-qv xal cpiXoaoçîav xal twv ttoiï)ti.xù>v oùx ùÂlva
<Txé[i[iaTa, The same words, « reflections contained in peotry » are used at 242 of
the iambics the Emperor Theophilos had tattooed on their faces as punishment for
their staunch opposition to iconoclasm. There is an encomium of Théodore Graptos
by Theophanes, archbishop of Caesarea in Cappadocia, identified as the friend of Pho-
tios and attested in 886 ; ed. J. Featherstone, Senior Thesis, Harvard University, 1976.
It survives in a manuscript of the late ninth or early tenth century. Like the Meta-
phrastic Life of Théodore (PG, cols. 653-84, especially col. 657), the encomium remarks
that Theodore’s speeches, his defense of orthodoxy against heresy and his encomia of
holy men were evidence of his good éducation. The school Théodore attended in Jéru-
salem had a distinguished teacher who, however, is not named in the encomium (§ 12).
In the Metaphrastic Life there is an interesting account of how Théodore left the monas-
tery briefly to get training in Xôyoi, that is in rhetoric, a subject not included in the pre-
Metaphrastic Life’s list of what Michael taught.
35. Théodore, bishop of Edessa (ca 793-860+), received an elementary éducation in
rijv èyxùxXiov naiSeumv, studying grammar, rhetoric and philosophy under the sophist
Sophronios in Edessa. His Life, written ostensibly by the saint’s nephew Basil of Emesa,
dates probably from the mid-tenth century and is such a highly romantic taie that its
historical value is difficult to assess. The term « sophist » was normally applied to a teacher
of rhetoric only, and at the tertiary level. The author may hâve been invoking the famous
sophist Sophronios, bishop of Jérusalem A.D. 634-38, for an impressive effect. Ed.
J.P. Pomjalovskij, Zitie ize vo sv. octca nasego Théodore archiepiskopa edesskago (St.
Petersburg, 1892), 6 ; this passage is discussed in my Schooling in the Iconoclast Centuries,
in eds. Bryer and Herrin, Iconoclasm, 89 and 91 f.
EARLY BYZANTINE SCHOOL CURRICULA
285
Constantinople. The biographer having got them into the monastery back-
tracked in his account to give a remarkable excursus on the éducation of
which John had no need since he was content with the wealth to be gained
from the Scriptures. He had no need of the forms of nouns and verbs, and
dialects, and « the nonsense of Homer, or its golden thread or the yoking
and unyoking of chariots ». Nor did he need the other disciplines, the rheto-
ric and dialectic — « prémisses and syllogisms and logical arguments being
like spiders’ webs, he assigned to the dung-heap. Astronomy, geometry
and arithmetic he despised as irrelevant». These he went on to denigrate
in more detail. In an attempt to describe a comprehensive secular éducation
our ninth-century biographer has written of the seven liberal arts, only
failing to mention music. He gives no due as to the level at which these
subjects might be studied36.
From these hagiographical texts we can draw two conclusions. In the first
place there are signs that the three stages of early Byzantine éducation had
not been forgotten and remained an idéal, whether or not they were still
available within the Empire37. But there was also a pattern of referring to
a moderate level of éducation as a liberal éducation and in one case at
least, that of George of Amastris, it appears almost certain that this éduca-
tion was not carried to a more advanced level than secondary schooling.
The second conclusion then is that secondary éducation could be equated
with a liberal éducation. This is still not to say that the liberal arts were
synonymous with grammar. An examination of the writings of the teachers
known to us between the mid-seventh and mid-ninth centuries, however,
suggests that this probably was the case.
Most of the men writing these biographies would hâve been alive in the
reign of Theophilos when Léo the Philosopher was a teacher of mathematics
and philosophy, first privately and then with impérial support in the Church
of the Forty Martyrs in Constantinople. His appointment in 840 as arch-
bishop of Thessalonica ended with the restoration of Orthodoxy and he
returned to teach in Constantinople, and eventually got support from the
Caesar Bardas who promoted him as weil as his student Théodore to teach
36. Ed. P. Van den Ven, La vie grecque de S. Jean le Psichaïte, confesseur sous le
règne de Léon l'Arménien (813-820), in «Le Muséon», NS 3, (1902),97-125, especially
105-10.
37. Lemerle, Le premier humanisme byzantin, 100, challenged by P. Speck, Die Kaiser-
liche Universitât von Konstantinopel. Prâzisierungen zur Frage des hoheren Schulwesens
in Byzanz im 9. und 10. Jahrhundert, « Byzantinisches Archiv » 14 (Munich, 1974), 29, 33,
34 note 28.
286
MÉLANGES IVAN DUJCEV
geometry, Theodegios astronomy, and Kometas grammar38. These are
the first examples we hear of in the Empire since the seventh century of
teachers specialising in any of the liberal arts disciplines other than grammar.
From the eighth century the grammarian Theodosios is remembered for
his account of an Arab siégé of Constantinople, probably that of 71739.
Late in that century, around the time when most of our saints were getting
their éducation, another grammarian is known by name. This is Constan-
tine, bishop of Syllaion from ca 814, who became the iconoclast patriarch
Antonios I Kassimatas (821-37). He had been educated in grammar and
became a notary in the Sphorakios quarter and taught young students40.
In the first half of the ninth century grammarians included Ignatios the
Deacon, already mentioned as hagiographer, poet and letter-writer41,
and Theognostos, whose grammar survives and who can be dated by the
fact that he wrote on the revoit of Euphemios in Sicily (A.D. 826/27)42.
Kometas, the grammarian who like Léo was supported by Bardas, may also
be the poet of the Greek Anthology*3. On two other possible teachers of
grammar we are insufficiently informed. John the Grammarian, the note-
rions iconoclast patriarch (A.D. 837-43) who succeeded Antonios I Kassi-
matas, may also once hâve been a teacher44. Whether Photios’ protégé
Constantine-Cyril, « apostle of the Slavs » (827-ca 869), was ever a profes-
sional teacher is debated, and Photios himself appears to hâve taught only
informally on the side while holding other positions or as private tutor to
the children of Basil I45.
38. Theophanes continuatus, Chronographia, ed. I. Bekker, Corpus Scriptorum
Historiae Byzantinae (Bonn, 1838), IV, 25 f., pp. 185-92.
39. K. Krumbacher, Geschichte der Byzantinischen Litteratur (Munich, 2nd ed.,
1897), 712 ; poem ed. Sp. Lampros, Taropixà MeXeT7)[zœTa (Athens, 1884), 129-41.
40. Scriptor incertus, Historia de Leone Bardae Arinenii filio, ed. I. Bekker, CSHB
(Bonn, 1842), 350 and emended R. Browning, The Scriptor incertus de Leone Arntenio,
in « Byz. », 35 (1965), 394 : YeyovÔTa vopuxàv elç Tà Scpopaxiou xai StSà'avra naiSla ;
Lemerle, Le premier humanisme byzantin, 140 f.
41. See above, note 21.
42. Ed. K. Alpers, Theognostos Ilepi. ôpQovpacplaç, Überlieferung, Quellen und
Text der Kanones 1-85, Diss. (Hamburg, 1967) ; the grammar was dedicated to Léo (V,
the Armenian, A.D. 813-20) ; Theophanes continuatus, ed. Bekker, CSHB, II, 27, p. 82.
43. Anthologia Graeca, ed. H. Beckby, 4 vols. (Munich, 1957-58), XV, 36-38, 40.
44. It is only by the tenth century that we hâve evidence of the term « grammatikos »
being extended to mean « scribe », and the twelfth century to mean « secretary » ; J.
Bick, Die Schreiber der Wiener griechischen Handschriften, Museion Abhandlungen 1
(Vienna, 1920), 17 and pl. 1 ; M. Treu, Michael Italikos, in « BZ », 4 (1895), 2 f. and
idem, Manuel Holobolos, in « BZ », 5 (1896), 541 f.
45. According to the Life of Constantine which survives in Slavonie (ed. and Latin
EARLY BYZANTINE SCHOOL CURRICULA
287
From the time of Theophilos and Bardas we hear intermittently in our
sources of support for teachers at tertiary level, and the amount of activity
in the fields of literature and learning increased markedly. Even given that
for the previous two hundred years our sources are meagre and hostile to
the iconoclast régimes, opportunities for a tertiary éducation appear to
hâve been at an all-time low. Nevertheless the hagiographical sources suggest
that the East remained aware of the concept of an éducation in the liberal
arts. It did not hâve to be «revived» in the Macedonian period under
influence from the West, in the heyday of the use of Martianus’ treatise.
The liberal arts were sometimes still referred to in a context suggesting the
three-tiered System of the first centuries of Byzantium which assumed
specialist teachers at each stage. The idea at least was not forgotten. There
were some examples of one teacher described as teaching the liberal arts
such as Flavios, attested on a sixth-century wooden tablet, and Kosmas the
Monk and Michael Synkellos, the last two teaching outside the Empire.
There are references which suggest that a liberal arts éducation might be
received at the secondary level of schooling, such as the Life of George of
Amastris. In such a case it becomes difficult to détermine whether the
secondary-school teacher who traditionally had taught only grammar had
now extended the range of his teaching to embrace more of the liberal arts.
A survey of the teachers known from this period and of the works they wrote
suggests that this was normally not the case within the Empire. John
Tzetzes’ remark that «now they call grammar a liberal éducation» need
not refer to a change in or near his own century46. The seeds of this exten-
sion of meaning lie probably in the downturn in tertiary educational oppor-
tunities in the East in the sixth century, if not earlier, and gained ground,
trans. F. Grivec, Constantinus et Methodius Thessalonicenses, Fontes, Radovi Staroslav.
knjige 4 (Zagreb, 1960), IV, 1) he studied under both Léo the Philosopher and Photios.
Speck, Die kaiserliche Universitât von Konstantinopel, 14-21, unlike Lemerle, does not
doubt that both were for a time professional teachers, while emphasizing that there is no
indication that either held a public chair in philosophy ; Lemerle, Le premier humanisme
byzantin. 163, 183-85. Maria D. Spadaro, Sull’ insegnamento di Fozio e suit’ Accademia
Patriarcale, in«Siculorum Gymnasium», NS 26 (1973), 286-304, has attempted to take
the argument back to square one again, asking for one literal interprétation of the Life
and the acceptance of Photios as a teacher in the « university » and Constantine later in
the Patriarchal Academy. This is now adequately refuted by Speck.
46. Fuchs, Die hôheren Schulen von Konstantinopel im Mittelalter, 43, notes a tenth-
century example of the phrase rr(v zyv.byDj.ov na(8e»aiv as a synonym for grammar in
the Book of the Eparch (ed. J. Nicole [Geneva, 1893], I, 2 ; English trans. E.H. Fresh-
field [Cambridge, 1938] as an early example of the usage remarked on by Tzetzes. It
refers to the type of éducation required of a notary so that « he might not err in drafting
documents or expressing himself correctly».
288
MÉLANGES IVAN DUJÔEV
becoming accepted even by the best educated men like Ignatios the Deacon
in the centuries before the so-called « Macedonian Renaissance ». But the
idea of a fully-fledged advanced éducation embracing the liberal arts was
never lost.
AUTOUR DE SAINT SPYRIDON
LE JEUNE DE TÀRNOVO
Petre §. NÀSTUREL
Saint Spyridon le Jeune de Tàrnovo? Inutile de compulser l’admirable
BHG3 du R.P. François Halkin pour se documenter à son sujet. Naguère
encore hagiographes et historiens de l’Église orthodoxe ne soupçonnaient
point son existence1 et c’est dans sa communication présentée à Bucarest
en 1971, au xive Congrès International des Études Byzantines, que M.
Léandre Vranoussis a, pratiquement pour la première fois, signalé ce
personnage2. En attendant la publication de ses recherches, qu’il me soit
permis de résumer ici les brèves informations dont on lui est déjà redevable.
1. A ma question s’il posséderait depuis la parution des quatre volumes de la BHG,
quelque information au sujet de ce saint, le R.P. Fr. Halkin a bien voulu répondre,
par lettre du 20 juillet 1977, que « saint Spyridon le Jeune de Tàrnovo semble être un
inconnu ».
2. L. Vranoussis, Textes et documents concernant la Valachie tirés des manuscrits
et des archives des Météores et d'autres monastères de Grèce, cahier-annexe sans pagi-
nation au volume «XIVe Congrès International des Études Byzantines 6-12 septembre
1971, Résumés-communications », Editions de l’Académie de la R.S. de Roumanie,
Bucarest 1971 ; puis, du même, l’article portant le même titre mais paru en roumain
dans « Magazin istoric», n° 2, 1972, p. 6-10, reproduit in extenso en annexe à la thèse
de doctorat de D. Zamfirescu, Neagoe Basarab fi învâfâturile câtre fiul sait Theo-
dosie. Problème controversate, Bucarest 1973, p. 379-385, d’après lequel nous le citerons
désormais (saint Spyridon figure aux p. 380-381). A la p. 222 de son ouvrage, M. Zam-
firescu déclare avoir consulté au Secrétariat du Congrès byzantin de Bucarest, la commu-
nication de M. Vranoussis déposée en vue de sa publication. Mais elle ne figure dans
aucun des 3 volumes des Actes de ce Congrès.
290
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Puis nous y adjoindrons quelques détails et faits nouveaux, qui ne seront
peut-être pas dénués de tout intérêt.
Le manuscrit d’Iviron 512, qui renferme des œuvres de Manuel de
Corinthe, offre, aux ff. 90r-98v, l’acolouthie (office) de Saint Spyridon le
Jeune de Târnovo, composée à la demande du prince de Grande-Valachie
Radul, possesseur des reliques de ce saint à Târgoviçte3. Manuel fut grand
rhéteur du patriarcat de Constantinople de 1480 à 15304. Bien connu
pour les relations d’information théologique qu’il entretint avec le voévode
de Valachie Neagoe Basarab (1512-1521)5, il appert maintenant qu’il
eut aussi des rapports avec un autre voévode, ce Radul, détenteur des
reliques de saint Spyridon. L’identification de ce prince est, de prime
abord, malaisée. Il peut s’agir ou bien de l’un des prédécesseurs de Neagoe,
Radu le Grand (1495-1508), ou bien de son gendre et successeur, Radu
de la Afuma(i (1522-1529)6.
Du texte (encore inédit) de l’acolouthie en question, M.L. Vranoussis
a tiré l’information que saint Spyridon le Jeune fut un hiérarque de Tàr-
novo (Bulgarie), sous la dynastie des Assénides. Inconnu des fastes de
l’Eglise de Târnovo, il aura donc vécu à la fin du xne siècle ou dans le
courant du xnff7.
3. L. Vranoussis, apud D. Zamfirescu, op. cit. p. 380. Sp. Lampros. Kmàkoyoç
tm èv ratç [h[}Âio6-qxaiç tov 'Aylov "Oqovç éXXt]vixâ>v xcoôlxcov, t. Il, Cambridge,
1900, p. 160, a déjà signalé cette acolouthie, mais sans fournir la moindre précision.
4. Sur Manuel de Corinthe : Ch. G. Patrinelis, Ol peyâXoi QtjTogeç Mavovrft. Ko-
Qivdioç, ’AvTtbvioz, Mavovfji xai o %qovoç rfjç àxpfjç to>v, « AeXtiov rîjç
TaTopixîjç xai ’EQvoXoyixTjç ‘Eraipelaç 'EXXâSoç », 15, 1962, p. 23 sqq. ; idem,
Avo àvéxôoTa xelpeva neQi tov Mavovifi. KoqivOIov (Mià èmaroXi) tov ’IovotIvoo
Aexaôiov xat pià «èvdépr]a-r]»), « IleXonowqaiaxâ », 8, 1971, p. 137-148 ; P.$. Nàstu-
rel, Manuil din Corint câtre Neagoe Basarab, «România literarâ», 11/51 (63), jeudi 18 déc.
1969; L. Vranoussis, résumé cité', L. Vranoussis, apud D. Zamfirescu, op. cit., p. 380-
384; D. Zamfirescu, op. cit., passim et surtout p. 220-280, 380-391, 423-442; P.$.
Nàsturel, Remarques sur les versions grecque, slave et roumaine des «Enseignements du
prince de Valachie Neagoe Basarab à son fils Théodose », « Byzantinisch-neugriechische
Jahrbücher», XXI, 1976, notamment p. 254-263 (les tirages à part ont paru en 1975 :
mon travail est une réplique à celui de D. Zamfirescu); D. Nastase, «Boeftoôaç, Oi-yyoo-
flÂayla; xai amoxpaTioq 'Piopaicov ». Remarques sur une inscription insolite, tiré à part
des « Byzantinisch-neugriechische Jahrbücher», XXII, 1976, p. 6-9.
5. Voir en dernier lieu, P.§. Nàsturel, Remarques..., p. 254-263 (avec M. Vranoussis,
je considère Manuel de Corinthe comme l’un des auteurs matériels des Enseignements
commandés par Neagoe Basarab).
6. L. Vranoussis, résumé (qui songe à Radu le Grand) ou apud D. Zamfirescu, op.
cit., p. 380-381 (ne prend plus position). D. Zamfirescu, op. cit., p. 222 ne se prononce
pas davantage.
7. L. Vranoussis, rés. et apud Zamfirescu.
SAINT SPYRIDON LE JEUNE DE TÀRNOVO
291
A cela se réduisaient nos connaissances quant à saint Spyridon de Tàr-
novo, lorsque la lecture fortuite du testament d’un évêque roumain du
xvme siècle raviva notre curiosité.
Le testateur, Grégoire de Sidè, était natif de Valachie dans l’actuelle
Roumanie. Hiéromoine à l’église métropolitaine de Bucarest à partir de
1761, il fut bientôt remarqué par le métropolite de Hongrovalachie Grégoire,
devint higoumène du monastère de Dealu en 1776, puis archimandrite de
l’église métropolitaine en 1782 et fut, enfin, sacré métropolite titulaire de
Sidè. Du temps où il avait la charge du monastère de Dealu, il resserra
ses liens avec le métropolite Grégoire, lequel lui confia notamment la direc-
tion au spirituel des couvents valaques. A la mort du métropolite de Hongro-
valachie qui avait manifesté le désir que le titulaire de Sidè lui succédât,
ce dernier fut évincé par l’évêque de Buzâu, Cosmas. Grégoire de Sidè
séjourna alors à Târgoviçte, à titre d’administrateur de l’ancienne église
métropolitaine. Le 1er juin 1795 il rédigea en roumain son testament et
l’année suivante, vraisemblablement, passa de vie à trépas8.
Or ce testament intéresse notre enquête. Au nombre des légataires insti-
tués par Grégoire de Sidè figure l’économe Dosithée, auquel il laissa quatre
manuscrits roumains, une pendule et des reliques. Voici, mot à mot et
en traduction, le passage les concernant :
«... 1 petite boîte en argent avec de saintes reliques, dont un doigt,
qui est dans la boîte, est celui d’un saint Spyridon le Jeune. Feu le Père
métropolite Cozma me l’a donné, quand le monastère de Dealu m’incom-
bait, vu que Sa Sainteté l’avait pris de ce monastère du temps où il était
higoumène de Dealu. Et, bien qu’il y ait encore des reliques de ce saint
audit monastère, néanmoins que ce doigt y soit donné et que cela soit noté
dans le registre d’acquisition de biens9 tenu par l’higoumène... »10.
Le monastère Saint-Nicolas, ou de Dealu — entendez Saint-Nicolas-
de-la-Colline — est l’un des plus beaux et des plus célèbres de toute la
Valachie. Son ancienneté semble remonter à la fin du xive siècle. Il fut refait,
somptueusement, de 1500 au 4 décembre 1501 par le voévode Radu le
8. N.-A. Gheorghiu, Grigorie al Sidei. Documente inédite privitoare la viafa fi
activitatea unui vlâdicâ roman din secolul al XVIlI-lea, Paris, 1953, 168 p.
9. « Catastih igumenesc de perilavi» (N.A. Gheorghiu, op. cit., p. 124). Sur perilavi
en roumain (du grec ?repiXafir() : ce témoignage est antérieur à ceux cités par L. GAldi,
Les mots d’origine néo-grecque en roumain à l’époque des Phanariotes, Budapest, 1939,
p. 225, s.v.
10. N.-A. Gheorghiu, op. cit., loc. cit. (Le testament de Grégoire de Sidè se trouve
aux Archives de l’État, à Bucarest, cote Mitrop. Bue., liasse 144, « netrebnice», doc. 35).
292
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Grand11. Ce couvent tire son nom de la colline (’deal’ en roumain) qui
se dresse à faible distance de la lisière même de la ville de Târgoviçte,
l’ancienne capitale des princes valaques, séparée qu’elle en est par le cours
de la Ialomi(a. Une promenade d’une heure à pied mène, par le village de
Viforâta ou par celui de Ràzvad et la vallée des Voévodes, à ce monastère
désaffecté depuis le siècle dernier. Son église, monument clef dans l’histoire
de l’évolution de l’architecture valaque, fait figure de nécropole princière12.
Elle abrite, entre autres, le tombeau de son fondateur, Radu le Grand,
qui y fut enseveli en mars 150813.
Au xvme siècle, les higoumènes de Dealu, tels Cozma Popescu, futur
évêque de Buzàu (1763-1787), puis métropolite de Hongrovalachie (1787-
1792) ou encore notre Grégoire de Sidè (1776-1782), qui avaient la haute
main sur tout l’avoir de Saint-Nicolas-de-la-Colline, savaient que leur
monastère possédait des reliques de saint Spyridon le Jeune. Quel était
ce Saint ? Ils l’ignoraient eux-mêmes, à preuve l’emploi de l’article indé-
fini14 sous la plume de Grégoire de Sidè lorsqu’il en fait mention. Ils
savaient seulement que c’était saint Spyridon le Jeune — Sfântul Spiridon
cel Nou, le Nouveau, ô Néoç — et cette épithète hagiographique exclut
d’emblée toute identification avec saint Spyridon de Trimithonte, le fa-
meux évêque chypriote qui, après avoir brillé au Concile de Nicée, mourut
vers l’an 350 et que l’Église d’Orient honore le 12 décembre. Ses reliques
se trouvent en Grèce, à Corfou, depuis 148915.
Pour l’historien sensibilisé par la découverte de L. Vranoussis, il n’y
aura pas l’ombre d’un doute que les reliques signalées à Dealu au xvme siècle
sont bien celles que possédait déjà à Târgoviçte un prince roumain du
nom de Radul. Ceci va nous permettre de reprendre la question de l’identi-
fication de ce voévode et, conséquemment, de dater approximativement
l’acolouthie écrite par Manuel de Corinthe.
11. Informations regroupées commodément par N. Stoicescu, Bibliografia locali-
tâfilor t>i monumentelor feudale din România. I) Tara Româneascâ..., vol. 1, [Craiova],
1970, p. 269-270.
12. Gr. Ionescu, Histoire de l'architecture en Roumanie, Bucarest, 1972, p. 216 et
fig. 140, p. 217.
13. D. Pleçia, Mânâstirea Dealu, necropola domneascâ gi ceva despre frâmintârile
interne din Tara Româneascâ in veacul al XVI-lea, « Acta valachica » [III], Tîrgoviçte,
1972, p. 143.
14. « ... un deget... al unui Sfântü Spyridonü cel nou... » : N.-A. Gheorghiu, op. cit.,
p. 124.
15. Voir par ex. Mïjvœîov roü Aezep.[3piou, par les soins de G.G. Geglès, [Athènes],
s.a., p. 131-134 notamment, mais surtout l’ouvrage fondamental de P. Van den Ven,
La légende de saint Spyridon de Trimithonte, Louvain, 1953.
SAINT SPYRIDON LE JEUNE DE TÀRNOVO
293
Nous rappelions précédemment l’embarras où l’on se trouve pour opter
entre Radu le Grand ou Radu de la Afuma(i, dont les règnes concordent
l’un comme l’autre avec l’époque d’activité du grand rhéteur du patriarcat
œcuménique. Mais Radu le Grand étant le nouveau fondateur du couvent
de Dealu, la balance incline d’ores et déjà en sa faveur, car conformément
à la tradition orthodoxe, il aura fait don de précieuses reliques à son monas-
tère. N’aura-t-il pas dans ces conditions remis aux moines de Dealu ce
trésor spirituel que représentait la dépouille terrestre de l'hiérarque de
Tàrnovo ? Mais s’il en fut ainsi, pourquoi Manuel de Corinthe précise-t-il
que le prince « possède aussi les reliques » dudit saint, selon l’extrait même
qu’en donne Vranoussis16 ? Deux possibilités s’offrent à l’esprit du com-
mentateur. Ou bien Radu commanda cette acolouthie à une époque anté-
rieure à la réfection de Dealu, ou bien il garda sa vie durant, car il avait
mauvaise santé, ce bénéfique phylactère17. Pour me limiter à des exemples
roumains de même époque, je rappellerai que le voévode de Moldavie
Étienne le Grand (1457-1504) ne se séparait pas du chef d’un saint moldave
qu’il avait bien connu, saint Siméon de Pângâra(i18, etqueNeagoeBasarab
de Valachie se fit apporter du Mont Athos les restes de son père spirituel,
l’ex-patriarche de Constantinople Niphon (qu’il fit canoniser) et qu’il les
restitua à leur monastère de Dionysiou non sans en avoir retenu pour lui-
même le chef et une main, qui furent déposés, après la mort du voévode,
à son couvent-nécropole d’Argej19. Rien ne s’oppose donc à ce que Radu
ait acquis les reliques de saint Spyridon après la reconstruction de l’église
de Dealu (donc entre 1501 et 1508), demandant alors à Manuel de Corinthe
de composer l’acolouthie destinée à être chantée devant le précieux dépôt
qui, sinon de son vivant, du moins lors de son décès, l’aura suivi à Dealu
16. L. Vranoussis, apud Zamfirescu, op. cit., p. 380 (« Acolouthie... en l’honneur du
saint hiérarque entre les hiérarques Spyridon le Jeune, composée par le même Manuel,
grand rhéteur, à la demande du vrai croyant Jean, prince de la Grande-Valachie, qui possè-
de aussi les reliques dudit saint ». Le nom du voévode Radu est précisé dans le corps
même de l’acolouthie, ibid. On sait que le nom-titre de Jean, Io, précédait de règle le nom
de tous les princes roumains).
17. Radu le Grand souffrait de la podagre : N. Vàtamanu, Medicina veche româ-
neascâ, Bucarest, 1970, p. 165-166. Je pense qu’il mourut du cancer.
18. P.§. Nàsturel, Cea mai veche inscripfie de la §tefan cel Mare, « Omagiu lui
George Oprescu », Bucarest, 1961, p. 354, note 1 (notre prochaine étude sur Le Dit du
monastère de Pângârati reviendra sur cette question).
19. P.$. Nàsturel, Aperçu critique des rapports de la Valachie et du Mont Athos des
origines au début du XVIe siècle, « Revue des études sud-est européennes», II/1-2, 1964,
p 119-120 et, du même, Recherches sur les rédactions gréco-roumaines de la « Vie de
saint Niphon II, patriarche de Constantinople », « Revue des études sud-est européennes »,
V/l-2, 1967, passim et not. p. 61-63 et p. 74, note 107.
294
MÉLANGES IVAN DUJCEV
pour y veiller dans une muette, opiniâtre et incessante intercession, au
pardon de ses péchés.
Cette présomption que Radu le Grand posséda lesdites reliques me semble
bien plus forte que l’éventualité qu’elles aient appartenu à Radu de la
Afuma(i. Radu le Grand connut un règne paisible, qui lui offrit la possibilité
de manifester sa générosité au profit des couvents valaques et de ceux du
Mont Athos. Et ce fut sur son initiative couronnée de succès auprès du
sultan, qu’il parvint à faire venir l’ancien patriarche de Constantinople
Niphon, en Valachie pour y réformer l’Église et la vie du peuple chrétien20.
En revanche, le règne de Radu de la Afumati, qui affronta les Turcs à
plusieurs reprises, fit face à une jacquerie et repoussa sans désemparer
les partisans de son compétiteur Vladislav III, ne laisse guère de répit
aux manifestations de piété inter-orthodoxes, si l’on excepte des donations
à Chilandari et à Kutlumus, sur l’Athos21. J’ajoute que l’on ne connaît
aucune charte de ce prince au profit du monastère de Dealu, alors qu’il
résidait tout à côté, à Târgoviçte, d’où il délivra des diplômes à maints
autres couvents de son pays22.
Mais les informations roumaines relatives à ce saint de Bulgarie ne
s’arrêtent point au testament de Grégoire de Sidè, Le sort de ses reliques
se trouve être solidaire de celui même de la Valachie au début du xvne
siècle.
Pour replacer le lecteur dans le contexte des événements d’alors, on doit
rappeler qu’après l’assassinat (9 août 1601) du prince Michel le Brave,
le rassembleur de tous les territoires roumains, la Valachie connut plusieurs
règnes princiers. Mais la politique d’affranchissement du joug ottoman,
en alliance avec les chrétiens de toute confession, qui avait été celle de
Michel, fut reprise par Radu-§erban (1602-1620, avec interruption depuis
la fin-décembre 1610 jusqu’en juin 1611). Radu-§erban dut combattre
Moïse le Szekler, prince de Transylvanie, qui avait trempé dans le complot
qui avait été fatal à Michel le Brave : en dépit de l’aide turque et tatare,
Moïse fut vaincu et perdit la vie en 1603. Mais Gabriel Bâthory, qui était
monté sur le trône de Transylvanie depuis 1608, et rêvait de dominer
aussi à l’est des Carpathes, profita de l’approche de Noël pour lancer une
20. P.$. Nàsturel, Recherches..., p. 71 et la bibliographie citée à la note 99. Sur
les donations de Radu le Grand aux couvents athonites mon Aperçu critique..., passim.
21. La monographie de T. Palade, Radu de la Afumafi, Bucarest, 1939 demeure
indispensable. Pour les liens de Radu de la Afumati avec l’Athos : D. Nastase, op. cit.,
p. 6 et note 1 (selon qui ce prince aurait également refait le katholikon de Lavra).
22. Voir le Corpus des documents de Valachie, passim.
SAINT SPYRIDON LE JEUNE DE TÀRNOVO
295
attaque brusquée contre la Valachie. Franchissant donc à l’improviste
les cols enneigés, la soldatesque réunie autour de sa personne mit à feu et
à sang le territoire envahi. Radu-§erban dut se réfugier dans la principauté
voisine de Moldavie, le temps d’organiser son retour victorieux : sur le
champ de bataille même, où en 1603 il avait anéanti le prince Moïse, le
voévode valaque allait, dans l’été 1611, vaincre à plate couture Gabriel
Bâthory et son armée, Entre-temps, les occupants avaient dépouillé bien
des monastères et des églises, comme en font foi les documents du temps23.
Et le métropolite Mathieu de Myres, le lettré grec devenu higoumène du
monastère de Dealu, a consigné lui aussi les abominations, les homicides,
les sacrilèges perpétrés sous la responsabilité de Bâthory : vols de vases
sacrés, tortures infligées à la population de tout sexe et de tout âge, ainsi
qu’aux prêtres et aux moines24. La désolation fut si grande qu’aujourd’hui
encore l’église même du couvent Saint-Nicolas-de-la-Colline clame toujours
sa protestation douloureuse. Ses façades en effet portent des inscriptions
slavonnes peintes en rouge et qui, même corrodées par la dent des siècles,
tiennent encore un langage édificateur pour notre sujet, car elles rendent
l’écho même de l’invasion sauvage de 1610. Voici, en traduction française,
ce que l’une d’elles nous apprend à point nommé.
« L’an 7119 (= 1610), le 24 du mois de décembre, est venu Bator Gabor
(= Gabriel Bâthory), l’ignoble voévode de Transylvanie, au Pays de Vala-
chie et il a pillé tout le pays et il a souillé les églises [et il a arraché les objets
en] métal et les vêtements [sacrés] des temples et [les tombeaux] il les a
découverts de leurs pierres [... ? ...] à l’improviste il a fait aussi [détruire ?]
les icônes [... ? ...] il a jeté et brisé aussi les reliques de saint Spyridon,
à l’improviste /..../»25.
Cette inscription, même mutilée, prouve qu’en 1610, soit un siècle après
Radu le Grand, les reliques de saint Spyridon se trouvaient à Dealu. L’émo-
tion qui fit consigner leur profanation par les mercenaires à la solde de
Bâthory, atteste bien l’existence de leur culte. Sans doute ignorait-on déjà
tout, ou à peu près tout, de la personne du saint hiérarque Spyridon. L’ins-
23. N. Iorga, Histoire des Roumains et de la romanité orientale, N, Bucarest, 1940,
p. 480-483.
24. N. Iorga, Manuscripte din biblioteci streine (deuxième mémoire), « Analele
Academiei Romane. Mem. Secf. Ist. », 2e série, t. XXI, 1899, p. 19-20.
25. R. Gioglovan, Inscripfii inédite de la mânâstirea Dealu, « Studia valachica»,
[II], Tîrgoviçte, 1970, p. 169 (la phrase relative aux reliques de saint Spyridon est la
suivante : « ... izvïze i sadrovi i mosti s(vë)t(a)ga Spiridona, bez vësti... ». Les mots de la
traduction placés entre crochets sont de notre cru).
296
MÉLANGES IVAN DUJCÉV
cription slave du monastère Saint-Nicolas-de-la-Colline ne l’affuble même
pas de son prédicat de « Nouveau ». Mais l’essentiel pour la masse des
fidèles, à commencer par Radu le Grand, n’était-ce point que ce fût un
saint, autrement dit un thaumaturge, c’est-à-dire avant tout un guérisseur
des malades, un consolateur des affligés ?
Mais revenons-en à saint Spyridon de Tàrnovo. Il convient de retenir
le vague des informations que renferme l’acolouthie composée par Manuel
de Corinthe, dont M. Vranoussis a extrait la quintessence. La seule indi-
cation positive qu’elle semble contenir c’est sa qualité de hiérarque sous
la dynastie des Assénides : ce détail chronologique nous cantonnerait
aux années 1187 (début du règne d’Asan Ier)-1280 (fin de celui de Jean
Asan III)26. A quelle époque, dans quelles circonstances les reliques de
cet évêque ou même de ce patriarche de Tàrnovo furent-elles apportées
au nord du Danube, en Valachie ? Rien ne nous l’apprend. Auront-elles
été achetées à Constantinople ou ailleurs par un prince roumain (Radu
le Grand) ? Comment le savoir ? Mais il ne faut pas non plus perdre de vue
les conséquences de la chute de Tàrnovo au pouvoir des Turcs en 1393
et la destruction de l’empire bulgare et de son patriarcat : cette conquête,
qui entraîna l’exil à Backovo du vénérable patriarche Euthyme de Tàrnovo
et le repli en terre roumaine de bien des Bulgares, avec des trésors de leur
vieille civilisation27, n’aura-t-elle pas occasionné la translation des reliques
de saint Spyridon ? Car c’est bien ce qui se passa avec celles de sainte
Philothée de Tàrnovo d’abord amenées à Vidin entre 1393 et 1396, avant
leur transfert en Serbie, puis en Valachie28. A cela pourtant s’opposerait,
semble-t-il, un argument a silentio : le patriarche Euthyme, qui nous a
laissé les vies et les panégyriques de plusieurs saints de son pays, ne men-
tionne rien au sujet d’un saint Spyridon de Tàrnovo29...
De même qu’après tant de siècles d’oubli, à peine traversés par de maigres
témoignages, les reliques 30 et la personnalité de saint Spyridon de Tàrnovo
26. G. Ostrogorsky, Histoire de l'État byzantin, Paris, 1969, p. 603.
27. C’est le thème même de l’ouvrage classique de E. Turdeanu, La littérature bulgare
du XIVe siècle et sa diffusion dans les Pays roumains, Paris, 1947.
28. E. Turdeanu, op. cit., p. 84-90.
29. Liste des œuvres d’Euthyme chez Turdeanu, op. cit., p. 70-114. Mais l’on est
en droit de se demander si les écrits hagiographiques du patriarche bulgare se sont tous
conservés. En effet, et à titre d’exemple, le Panégyrique de saint Jean de Polyvoton
ne nous serait pas connu sans le manuscrit recopié en 1438 par le moine roumain Gavril
Uric (cf. Turdeanu, op. cit., p. 113). Dans ces conditions il n’est pas absolument exclu
qu’il ait existé aussi une Vie (disparue) de saint Spyridon de Tàrnovo...
30. Où sont aujourd’hui les reliques de saint Spyridon le Jeune ? au Patriarcat de
Bucarest ? dans quelque couvent de Roumanie ? dispersées ? (On a vu, d’après le testa-
SAINT SPYRIDON LE JEUNE DE TÂRNOVO
297
commencent à piquer la curiosité des historiens, de même la réactualisa-
tion de la question permettra, peut-être, à d’autres chercheurs de nous
en apprendre plus long à leur propos. Si nous avons un vœu à émettre,
c’est que le professeur Ivan Dujcev en personne, auquel nous lient près de
trente années de la plus déférente amitié, ait, lui, le bonheur de ramener
à la lumière d’autres témoignages illustrant la figure d’un saint évêque
que, dorénavant, l’histoire des Églises bulgare et roumaine se doit de
partager de compagnie avec celle des lettres grecques de tradition byzantine.
Note additionnelle : On trouvera le facsimilé (autographe de Manuel de
Corinthe) du début du canon en l’honneur de saint Spyridon le Jeune —
ms. d’Iviron 512, f. 90r — chez L. Vranoussis, Les 'Conseils’ attribués au
prince Neagoe ( 1512-1521 ) et le manuscrit autographe de leur auteur grec,
dans « Actes du IIe Congrès International des Études du Sud-Est Européen
(Athènes, 7-13 mai 1970) », tome IV (Linguistique et littérature), Athènes,
1978, planche I (photo droite), en regard de la p. 382.
ment de Grégoire de Sidè, que l’on avait l’habitude au xvme d’en prélever des parcelles
pour alimenter la dévotion de certains personnages). L’avenir, sans doute, nous l’appren-
dra. A remarquer toutefois qu’elles ne figurent point au nombre des reliques conservées
dans des châsses à inscriptions historiques ou d’intérêt artistique, signalées par la regrettée
Corina Nicolescu, Argintâria laicâ religioasâ in Tàrile romane. Sec. XIV-XIX, Bucarest,
1968 ou Arta metalelor prefioase in România, Bucarest, 1973. Nous verserons enfin au
dossier de saint Spyridon et du manuscrit d’Iviron renfermant son acolouthie un détail
intéressant. En 1630, Iviron obtint à titre de métochion en Valachie, le monastère de
Dealu, situation juridique annulée en 1641 (T. Bodogae, Ajutoarele româneçti la mânàsti-
rile din Sfântul Munte Athos, Sibiu, 1940, p. 140). Est-il permis d’établir un lien entre la
présence aujourd’hui à ce couvent athonite du codex qui contient l’Office du saint par
Manuel de Corinthe et cette appartenance, aussi brève fût-elle, du monastère roumain
aux moines d’Iviron ? Logiquement, le texte composé par le grand rhéteur dut, initiale-
ment en tout cas, partager le sort des reliques qu’il concernait, autrement dit les accom-
pagner à Dealu. Une dernière remarque : nous ignorons si les peintures du ménologe
d’églises roumaines, et plus particulièrement de celles de Târgoviçte et de ses environs,
renferment (à une date autre que celle du 12 décembre réservée à saint Spyridon de Tri-
mithonte) l’image d’un saint Spyridon le Jeune. (Même question quant à la peinture
bulgare). Mais nous devons signaler l’existence à Târgoviçte même d’une église placée
sous le vocable de saint Spyridon. Lequel ? Vu que cette ville a aussi une église consa-
crée à saint Niphon, il n’est pas du tout impossible que le saint dont un prince valaque
puis le couvent tout proche de Dealu possédèrent les reliques, ait eu lui aussi les honneurs
de la dédicace d’un édifice religieux, du moins à l’origine. Voir N. Stoicescu, op. cit.,
II, 1970, p. 642 (église Saint-Spyridon, dite aussi Lemnu, Bois ou, en vieux roumain,
Arbre : avant 1810 il existait sur l’emplacement une église de bois sur fondations de
maçonnerie : elle s’appelle aussi église de la Dormition, ou des Quarante Martyrs, et
encore de Saint-Charalampe !). L’église Saint-Niphon, refaite, n’est pas classée : je l’ai
visitée, il y a bien un quart de siècle.
A LATE FOURTEENTH-CENTURY RYZANTINE
DIPLOMAT : MICHAEL, ARCHRISHOP
OF RETHLEHEM
Dimitri OBOLENSKY
A remarkable feature of late Byzantine history is the rôle played by the
Patriarchate of Constantinople as the spearhead of the Empire’s foreign
policy in eastern Europe. This rôle was particularly marked in the second
half of the fourteenth century. The policy of the Patriarchate in this area
and period had two principal aims: to strengthen and extend its authority
in countries which for long had been under its jurisdiction (such as Muscovy
and other Russian principalities) or, like Lithuania, Poland and Moldavia,
had sizeable Orthodox populations whom it was thought essential to attach
more closely to the Byzantine Church; and to support and channel the
efforts of the impérial government to obtain from those same countries
military or financial aid in the face of the growing Turkish threat to
Byzantium.
The aim of this article is to consider the rôle played in Byzantium’s
diplomatie activity in eastern Europe during the closing years of the
fourteenth century by a man whose importance seems so far to hâve been
barely noticed: Michael, Archbishop of Bethlehem.
Our knowledge of his diplomatie career is derived almost solely from
the records of the Byzantine Patriarchate which refer to three missions
— in 1393, 1397 and 1400 — in which he played a leading rôle. The
rest of his life is unknown. We cannot even be certain whether he ever
occupied his see of Bethlehem which, in the second half of the fourteenth
300
MÉLANGES IVAN DUJCEV
century, was in the hands of the Mamluks: the history of the Greek
diocese of Bethlehem in the late Middle Ages is an almost total blank1.
Presumably during the whole, or most, of the last decade of the fourteenth
century he resided in Constantinople, ready to embark on his missions to
eastern Europe and, when not abroad, took part in the sessions of the
patriarchal œjmoSoç èvSyjfzoüoa. We know that he was a close friend and
admirer of Cyprian, the Bulgarian metropolitan of Kiev and Ail Russia.
Unless the two had met before 1370 either in Bulgaria or on Mount Athos,
we must assume that their friendship was cemented during Cyprian’s visits
to Constantinople, which occurred in c. 1370-3, 1375, 1379-80 and 1385-7.
By 1397 at the latest Michael was a familiar figure in the courts of eastern
Europe, and is said to hâve enjoyed the confidence of several rulers of
that area. In the written instructions given to Michael in 1397 for his
mission to Moldavia and Galicia the Patriarch Antony States that he
« has a community and a kinship in dialect and language » with « the
Christians of those lands »2. The Moldavians spoke Rumanian, but used
Church Slavonie as their liturgical language; while the greater part of
Galicia then belonged to the Kingdom of Poland, and its Orthodox com-
munities likewise used Church Slavonie for liturgical purposes. Because
of the Patriarch’s imprécise wording, we cannot exclude the possibility
that the local language known to Michael was Rumanian; though, in
view of his friendship with Cyprian and his repeated journeys to Muscovy,
it is more likely to hâve been one of the Slavonie languages, either Church
Slavonie or one of the vernacular longues, Polish, Ukrainian or Russian.
The wording of the Patriarch’s statement would not, in my view, justify
the belief that Michael himself was a Slav or a Rumanian.
I. THE EMBASSY OF 1393
Of Michael’s three east European missions, the first one, planned by
the Patriarch Antony IV in the summer of 1393 and initiated in the autumn
or early winter of that year3, is much the best documented: we possess
the text of seven documents, issued by the Byzantine Patriarchate, which
1. P.E.D. Riant, Etudes sur l’histoire de l’Eglise de Bethléem, I (Genoa, 1889), p. 11,
note 2 ; II, ed. Ch. Kohler (Paris, 1896), pp. 79-81.
2. Acta Patriarchatus Constantinopolitani, ed. F. MikloSich and J. Müller, II
(Vienna, 1862), p. 278 [cited hereafter as MM}.
3. J. Darrouzès, Le registre synodal du patriarcat byzantin au XIVe siècle. Etude
paléographique et diplomatique (Paris, 1971), p. 125, note 34.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
301
Michael carried with him, and an eighth (a letter from the Patriarch to
the Metropolitan Cyprian) is alluded to in one of the extant letters4.
The most difficult to interpret is the first of the seven printed in the
Acta Patriarchatus Constantinopolitani5. Entitled IIpoTpoKT) tû lepcordcTcp
dcp^isTnoxoTrw ByjOXeép, and signed by the Patriarch, this « hortatory letter »
(7tpoTpe7tT7)piov Ypàp.p,a) grants to Michael a number of spécifie ecclesi-
astical prérogatives during his impending mission « to Russia (eîç ttjv
'Pcomav) ». These include the right to perform épiscopal fonctions
« in our church bereaved of its own pastor (eîç èxxX-rçmav 7)p.eTÉpav
^Tjpeûouoav toü I8tou Koi.p(,évoç ) ». The identity and location of « our
church» can be determined in the light of the following considérations.
In the first place it is hardly possible to imagine that the Patriarch could
hâve applied the epithet « widowed » to any diocese under the jurisdiction
of the Metropolitan Cyprian: for the latter had the right, and indeed
the duty, to fill himself, without reference to Constantinople, any vacancy
which occurred on the territory of his metropolitanate : which, at least
in the view of the Byzantine Patriarchate, covered at the time the whole
of central and north-western Russia (including Muscovy and the Novgorod
lands) as weil as the Orthodox communities in the Grand Duchy of
Lithuania. The conclusion seems inescapable that the letters patent
delivered to Michael of Bethlehem applied to the Orthodox metropolitanate
of Galicia, which was then on Polish territory and owed allegiance to
Constantinople. Antony, its incumbent, had died in 1391, and no suc-
cessor acceptable to the Byzantine authorities had been appointed. The
epithet « widowed » could thus appropriately be applied to this church
by the Byzantine authorities in 1393. Moreover, the term 'Pcoota, used
in this document to designate Michael’s mission field, sometimes served
in the late fourteenth century as an abbreviation of Mixpà 'Pcoata, an
expression commonly applied by the Byzantine Patriarchate in this period
to Galicia6. Even the words sxx/.^olav 7)p.eTÉpav, used by the Patriarch,
point to Galicia: for a Latin ecclesiastical organisation had recently been
set up in that country by Pope Gregory XI7, which naturally appeared
as a rival to the Byzantine metropolitanate.
There were urgent and compelling reasons for the Patriarch to send
4. MM, II, p. 197.
5. Ibid., pp. 171-172.
6. See A.V. Soloviev, Le nom byzantin de la Russie (The Hague, 1957), pp. 20-23.
7. See K. Vôlker, Kirchengeschichte Polens (Berlin and Leipzig, 1930), p. 73 ; A.M.
Ammann, Abriss der ostslawischen Kirchengeschichte (Vienna, 1950), pp. 107-108.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
a personal envoy to Galicia. It is probable that news had reached the
Patriarchate by the summer of 1391 that King Jagiello of Poland was
only waiting for the death of Metropolitan Antony to appoint a candidate
of his own to the Orthodox see of Galicia. It was doubtless in order to
forestall this eventuality that the Patriarch Antony IV in August 1391
gave the monk-priest Symeon the prospective right to administer the
church of Galicia after the death of Metropolitan Antony, until a canon-
ically consecrated bishop was appointed to succeed him by the Byzantine
authorities8. The latter were clearly anxious not to be outmanœuvred
by the Polish king, and to retain control over the metropolitanate of
Galicia. Symeon was hastily pardoned for having, it seems innocently,
accepted a bishopric from the bogus Patriarch Paul Tagaris9; and, as an
extra précaution, the Patriarch Antony decreed that if Symeon were to
die before a legitimate metropolitan of Galicia was appointed, two
Rumanian noblemen, the voivode Balica and his brother Dragu, who
owned a stauropegiac monastery in Maramureç (in northern Transylvania),
would hâve the right to appoint Symeon’s successor as exarch of the
Galician Church10.
The Patriarch’s anxieties were weil founded. No sooner had the Metro-
politan Antony died (in 1391) than King Jagiello resolved to fill the
Galician see without waiting for the Patriarch’s approval. His choice fell
upon John, Bishop of Lutsk, a town in Lithuania under Cyprian’s juris-
diction. This blatantly uncanonical act caused Cyprian to protest to
Constantinople. Jagiello countered this move by sending John to Byzan-
tium, requesting the Patriarch to consecrate him metropolitan of Galicia.
The Patriarch, unwilling to be rushed, decided to hold an inquiry. John,
feeling no doubt that his case was a weak one, hurriedly left Constantinople.
On being invited to return to appear before a synod, he declined on the
grounds that the Galician church had been given him by the Polish king,
its secular sovereign, and that he had also secured the Patriarch’s « blessing »
for his new appointment. The first of these statements was true; the
second, outrageously disingenuous: for by the term «blessing» (eùXoytav)
8. MM, II, pp. 157-158.
9. On this colourful character see D.M. Nicol, The Confessions of a bogus Patriarch:
Paul Tagaris Palaiologos, Orthodox Patriarch of Jérusalem and Catholic Patriarch of
Constantinople in the fourteenth century, « Journal of Ecclesiastical History », XXI
(1970), pp. 289-299. Reprinted in the same author’s Byzantium: its ecclesiastical history
and relations with the western world (London, 1972).
10. MM, II, pp. 156-157; cf. N. Iorga, Histoire des Roumains et de la Romanité
orientale, III (Bucharest, 1937), pp. 245-260.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
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John, who seems to hâve been something of a humorist, could mean no
more than the customary greeting extended to ail Orthodox visitors to the
Patriarchate.
We learn these facts from another letter entrusted to Michael of
Bethlehem by the Patriarch Antony, and dated October 1393. It is
addressed to John’s immédiate superior, the Metropolitan Cyprian.
Cyprian, the Patriarch commands, is to déposé the ambitious and insub-
ordinate bishop, and to appoint another incumbent to the see of Lutsk11.
We may hence conclude that in ail probability one of the duties assigned
to Archbishop Michael in 1393 was to travel to Galicia, in order to persuade
King Jagiello to withdraw his support from John of Lutsk and to accept
a metropolitan appointed by the Patriarchate.
We can be reasonably sure that Michael did go to Galicia during his
first embassy. For in a document issued by the Patriarchate in 1397 on
the occasion of his mission « to Russia (etç ttjv 'Pcoolav) » it is stated
that he is going to that country for the second time (to SeÜTepov ) ; and
his duties are there stated to include that of restoring order in the church
of Galicia12. However, he clearly failed to persuade the Polish king :
for the deposed John of Lutsk was in January 1397 still solidly entrenched
in the metropolitan see of Galicia13.
Two other Patriarchal letters, entrusted to Michael of Bethlehem in
1393, were addressed to the bishop, the city officiais, and the clergy and
people of Novgorod14. This merchant republic, which owned extensive
lands in the north of Russia, owed a tenuous allegiance to the Grand
Prince of Moscow but was still to ail intents and purposes a sovereign
State. Novgorod’s periodic conflicts with the Muscovite church were a
thorn in the flesh of the Byzantine Patriarchate. In the last two décades
of the fourteenth century the main issue involved the judicial rights of the
Muscovite metropolitan over the church of Novgorod. The metropolitan
11. MM, II, pp. 180-181.
12. Ibid., p. 278.
13. Ibid., p. 281.
14. Ibid., pp. 177-180, 181-187. The editors of the Acta Patriarchatus Constantino-
politani, following the arrangement of the folios in the manuscript, printed the two
letters in the wrong chronological sequence. The correct order was restored by A.S.
Pavlov, the Russian translater of these letters, who pointed out that the undated letter
printed first in the Acta must hâve been written after the other one, which is dated
September 1393, for it mentions an ambassador from Novgorod, who arrived in Con-
stantinople after the September letter had been drafted : Pamyatniki drevne-russkogo
kanonicheskogo prava: Russkaya Istoricheskaya Biblioteka, VI (St Petersburg, 1880),
appendices, cols. 253-254.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
claimed the double prérogative of summoning Novgorodian clerics for
trial in Moscow, and of visiting the city for one month at a time to collect
judicial fees and taxes. Novgorod was one of the wealthiest of Russian
towns, and these revenues must hâve been considérable. In 1385 the
clergy and citizens rejected both the judicial prérogatives claimed by the
metropolitan. Cyprian, on his appointment to the Muscovite see in 1390,
inherited this conflict with Novgorod. An admonitory letter, written at
his request by the Patriarch Antony to the Novgorodians, had no effect15.
In 1391 Cyprian visited Novgorod, was received with honour, but was
unable to persuade the citizens to recognize his judicial rights. He then
excommunicated the Novgorodians and sent a written complaint about
them to Constantinople.
The Patriarch took the Novgorodian crisis very seriously. The « apo-
stasy »16 of this powerful and wealthy land threatened to deprive Byzantium
of its most reliable outpost in north-west Russia; the increasingly pro-
Polish oiientation of the Grand Duchy of Lithuania, which bordered on
Novgorod’s dominions, made it impérative to resist the advance of Roman
Catholicism in this area. The Novgorodians, not to be outdone by their
metropolitan’s punitive action, sent an embassy to Constantinople in 1393,
reiterating, in stark terms, their demand for judicial immunity from Moscow.
Inspired no doubt by earlier attempts of the Lithuanian rulers to blackmail
the Byzantines by the threat of going over to the Roman Church, they
now threatened, if their demands were not met, « to become Latins ».17
The défection of the church of Novgorod would hâve deprived the Patri-
archate of an important source of revenue. In the second half of the
fourteenth century contributions from Russia, in money and kind, were
of great value to the bankrupt Empire, and a major portion of the funds
collected in Russia by Byzantine agents could be expected to corne from
Novgorod18.
These diplomatie and financial préoccupations, as weil as evidence that
the conflict between Moscow and Novgorod was beginning to assume
15. MM, II, 182; Sofiiskaya Pervaya Letopis’: Polnoe Sobranie Russkikh Letopisey,
V (St Petersburg, 1851), p. 244; Voskresenskaya Letopis’, Polnoe Sobranie Russkikh
Letopisey, VIII (St Petersburg, 1859), pp. 60-61. On Cyprian’s conflict with Novgorod
see A.E. Presnyakov, Obrazovanie velikorusskogo gosudarstva (Petrograd, 1918), pp.
366-370; E. Golubinsky, Istoriya russkoy tserkvi, II, 1 (Moscow, 1900), pp. 306-319;
A. Kartashev, Ocherki po istorii russkoy tserkvi, I (Paris, 1959), pp. 333-335.
16. MM, II, p. 188.
17. Ibid., p. 178.
18. See F. Ternovsky, Izuchenie vizantiiskoy istorii i ee tendentsioznoe prilozhenie
v drevney Rusi, II (Kiev, 1876), pp. 15-16.
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305
ugly features19, may explain the fact that Michael of Bethlehem was
accompanied on his mission by a high impérial official. This was Alexios
Aaron, an oikeios of the ruling emperor, Manuel IL In late Byzantine
society the oikeioi were influential officiais, serving usually the emperor,
and often entrusted with important and confidential missions20. Michael
and Alexios had been chosen to lead the embassy of 1393 jointly by the
Emperor and the Patriarch21. Their task was to bring the Novgorodians
to their senses by expounding the arguments contained in the letters of
both. The impérial letters, which were no doubt entrusted to Alexios
Aaron, are not extant22. As for the patriarchal missives, their tone is
solemn and severe. Canon law is cited as a warning of the spiritual dangers
incurred by those who, disobeying their bishop, fall into schism23. The
excommunications against the clergy and people of Novgorod hâve, they
are informed, been endorsed by the patriarchal synod24. The Novgo-
rodians are warned that it would be a waste of their time to offer bribes
to the patriarchate in the hope of having them lifted25. And the Patriarch
solemnly déclarés to the « incorrigible » people of Novgorod (Xaoü
àSiopOcorou) that he writes to them in his capacity as «universal judge
of the world» (ô xaOoXtxoç vrjç otxoufzévzjç xpirzjç)26.
Novgorod’s insubordination is mentioned again in another of Patriarch
Antony’s letters, entrusted to Michael of Bethlehem in 1393. It is addressed
to the Grand Prince of Moscow, Basil I, and is weil known for its éloquent
exposition of the Byzantine doctrine of the emperor’s oecumenical author-
ity27. In it the Patriarch administers two severe rebukes to the Muscovite
19. In 1393 war broke out between Muscovy and Novgorod. See L.V. Cherepnin,
Obrazovanie russkogo tsentralizovannogo gosudarstva v XIV-XV vekakh (Moscow, 1960),
p. 696. The Patriarch Antony was aware of this: MM, II, p. 180.
20. On the oîxeïoi in late Byzantine society, see J. Verpeaux, Les 'oikeioi'. Notes
d'histoire institutionnelle et sociale, in « Revue des Etudes Byzantines », XXIII (1965),
pp. 89-99; G. Weiss, Joannes Kantakuzenos — Aristokrat, Staatsmann, Kaiser und
Monch — in der Gesellschaftsentwicklung von Byzanz im 14. Jahrhundert (Wiesbaden,
1969), pp. 143-145 and passim', Lj. Maksimovic, Vizantijska provincijska uprava u doba
Paleologa (Belgrade, 1972), pp. 14-15, 18-19, 33, 35, 117.
21. MM, II, p. 186.
22. They are alluded to in MM, II, p. 195.
23. MM, II, pp. 182-185.
24. Ibid., p. 178.
25. Ibid., p. 187.
26. Ibid., pp. 184, 187.
27. Ibid., pp. 188-192. There are abridged English translations of the letter in
E. Barker, Social and Political Thought in Byzantium (Oxford, 1957), pp. 194-196, and
in J.W. Barker, Manuel II Palaeologus (1391-1425) : A Study in Late Byzantine States-
manship (New Brunswick, N.J., 1969), pp. 105-110.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
ruler. The first amounts to the charge that Basil has been showing
disrespect to the Patriarch and to his envoys28. The indictment, unfortu-
natcly, is couched in vague language; but, if viewed in conjunction with the
crisis in Novgorod’s relations with Byzantium, it suggests that in 1393 the
Byzantine authorities were aware of the danger that the entire Russian
Church might sever relations with Constantinople and lapse into schism29.
The situation was equally grave on the political front. In the second,
and more frequently quoted, half of Antony’s letter the Russian ruler is
taken to task for disparaging the emperor, removing his name from the
commémorative diptychs of the Russian Church, and declaring : « We
hâve the church, but not the emperor»30. The Patriarch’s rebuttal of
this expression of Muscovite nationalism, and the éloquence with which
he supports his contention that « it is not possible for Christians to hâve
the church and not to hâve the emperor», hâve aroused much admiring
comment among historians of the later Empire31.
Antony’s letter to Basil I mentions no Byzantine envoys to Russia;
but after J. Darrouzès’ careful study of the manuscript32 there can be
no doubt that it was written in 13933 3 and that it was entrusted to Michael
of Bethlehem and Alexios Aaron. It is clear that the two ambassadors
were assigned a mission, at once religious and political, of considérable
importance and delicacy. To persuade the powerful Muscovite monarch,
who had hardened his heart against Byzantium, to continue to recognize
the authority of the Byzantine patriarchate and the emperor’s supranational
suzerainty, required diplomatie ability of a high order as weil as real courage.
The Byzantine envoys must hâve been weil informed about the « contempt »
expressed, on the Patriarch’s showing, by the Muscovite authorities for
his previous legates to Russia34.
28. MM, II, pp. 189-190.
29. In the event neither Muscovy nor Novgorod severed their canonical links with
the patriarchate. The Novgorodians, however, remained adamant in their refusai
to acknowledge the judicial rights of the Muscovite metropolitan. The Byzantine
embassy to Novgorod is mentioned, though in a manifestly censored form, in a fifteenth-
century Novgorod chronicle, s.a. 1394: « Michael, the bishop of Bethlehem, came from
Constantinople, from the Patriarch Antony, and he brought to Novgorod two letters,
with édification for Christians»: Novgorodskaya Pervaya Letopis', ed. A.N. Nasonov
(Moscow-Leningrad, 1950), p. 387.
30. MM, II, p. 190.
31. See G. Ostrogorsky, History of the Byzantine State (Oxford, 1968), pp. 553-554;
J.W. Barker, Manuel 11 Palaeologus, pp. 105-110.
32. J. Darrouzès, Le registre synodal, p. 125, note 34.
33. As J.W. Barker has rightly argued (pp. cit., pp. 109-110, note 31).
34. MM, II, p. 189.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
307
It seems that our intrepid ambassadors were at least partly successful
in their double assignment. Certainly the danger of an ecclesiastical
schism between Constantinople and Moscow, if it ever existed, was averted
in 1393. As for the emperor’s name, it was soon restored to the diptychs
of the Russian Church: for in a letter written between 1395 and 1406 by
Metropolitan Cyprian to the clergy of Pskov he States that the emperor
is commemorated liturgically in the churches of Moscow35. We cannot,
however, be sure whether Michael and Alexios, or the Metropolitan Cyprian,
were primarily responsible for bringing about this réconciliation.
The names of Michael and Alexios figure again in the next letter of the
sériés, addressed to Evfrosiny, archbishop of Suzdal’36. It concerns a
complicated dispute between the archbishop and the Metropolitan Cyprian
over two Russian towns, Nizhny Novgorod and Gorodets. The envoys
hâve instructions to conduct a full-scale inquiry, and are given powers
of arbitration and judgement ; while the archbishop is invited to cooperate
fully with them and to supply them with the relevant documentation.
The last letter in the sériés is, for the student of Byzantine diplomacy,
the most interesting. Dated 29 October 1393, it is written in the form
of a directive (ÛTtoTÛTrtomç ) from Patriarch Antony to Michael and Alexios,
with detailed instructions on how they should conduct themselves during
their mission to Russia37. These written directives were intended to
supplément the oral briefing they had already received from the emperor
and the patriarch; and they were to regard themselves as envoys of both.
These rules of conduct were defined as follows:
« We.. command you that above ail you should hâve spiritual unity and
concord, as we hâve united you, and should préserve peace and love among
yourselves, as we hâve many times (îroXXàxtç) enjoined you to do: for neither
you, Archbishop, must ever say that you hâve been chosen by me, the Patriarch,
or that you hâve a private letter (ypà^pta ’t'Siov) from me, or simply an
oral message (?) xav Xoyov àTtXcüç) of which Aaron is unaware; nor must
you, Aaron, say that you hâve been chosen and sent by my august and holy
emperor, and that you hâve from him some private command, of which the
archbishop of Bethlehem is unaware. We together, the holy emperor and I,
hâve jointly chosen you, and ail that we had to say by letter and by word of
mouth we hâve transmitted to you both, so that neither of you has anything
private and secret, but everything is now held by you in common and Openly ».
35. Russkaya Istoricheskaya Biblioteka, VI (St Petersburg, 1880), col. 239.
36. MM, II, pp. 192-194.
37. MM, II. pp. 194-197.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
The two envoys are further instructed to keep together the letters which
they hâve been given, and upon their arrivai in Moscow to hand over
jointly (ol 8ûo) to the metropolitan and to the grand prince the letters
addressed to them. « And whenever you see them, whether for the business
for which you hâve been sent, or simply for a friendly talk in your capacity
as envoys, either on your own initiative or by joint or separate invitation
from the metropolitan and the grand prince, speak to them together; but
let neither of you, under any pretext, see the grand prince or the metropol-
itan alone».
The letter then goes on to brief the ambassadors with regard to Novgorod
and to the daims of the archbishop of Suzdal’. In Novgorod, before
handing over to the city authorities the letters from the emperor38 and the
patriarch, they were to address the town assembly (?) oûva^u; = veche).
If the Novgorodians were able, as they claimed to be, to produce im-
périal chrysobulla and patriarchal sigillia in support of their cause, the
ambassadors were to make word-for-word copies of these documents
(rà fera toûtcov aùroXe^et) and bring them back to Constantinople. The
same procedure was to be adopted over the daims of the archbishop of
Suzdal’. The letter ends with a cryptic reference to a (non extant) letter
which, the patriarch States, he is writing to the Metropolitan Cyprian, to
remind him of his duties towards the emperor; and the envoys are urged
to continue the good work by persuading Cyprian « to repay the holy
emperor the debt he owes him for the favours (ràç eûepyetrtaç) he has
received [from the emperor] previously and now ».
The instructions issued by the Patriarch Antony to Michael of Bethlehem
and Alexios Aaron are clearly of great interest to the student of Byzantine
foreign policy. It is surprising that they hâve, so far, been largely ignored
by historians39. Byzantine embassies often enough included ecclesiastical
and secular officiais. It seems likely, however, that this professional
dualism at times diminished the embassies’ efficiency and laid them open
to certain dangers. The patriarch’s admonition to Michael and Alexios
suggests that there had been cases when the secular and the clérical envoy
38. These pacü.izà Ypàp.p.aTa carried to Russia by Michael and Alexios (MM,
II, p. 195) are not extant.
39. The Soviet scholar I.P. Medvedev has drawn attention to the importance of
this patriarchal ÔTTOTdmaau; ; his main interest, however, is centered on the evidence
which this document provides on contemporary Byzantine diplomatie: Reviziya vizan-
tiiskikh dokumentov na Rusi v kontse XIV v., in « Vspomogatel’nye istoricheskie
distsipliny » [Akademiya Nauk SSSR, Otdelenie istorii, Arkheograficheskaya Komissiya,
Leningradskoe otdelenie], VII (1976), pp. 289-297.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
309
of Byzantium had each received secret instructions which he had failed
to divulge to his colleague. Each could presumably hope thereby to
enhance his standing: the impérial ambassador could boast of being the
bearer of confidential political messages ; while the patriarch’s représentative,
at least in the late Middle Ages, might expect to enjoy a greater prestige
in the courts of eastern Europe than his secular colleague. Such divisive
behaviour would scarcely hâve facilitated the negotiations; and the Russians
in 1393 may weil hâve been tempted to play off against each other the
archbishop of Bethlehem and the emperor’s oikeios. Had not the
Muscovite ruler recently declared: « we hâve the church, but not the
emperor»? No wonder that the Patriarch Antony felt obliged to warn
the Byzantine envoys to avoid compromising situations in which the one
could be played off against the other. This, no doubt, was particularly
important when they were faced with the task of persuading Basil I to
restore in churches of his realm the practice of commemorating the
emperor’s name40.
Another curious feature of this letter is the patriarch’s repeated injunction
to his envoys to make accurate copies of ail official Byzantine documents
produced by the Russians, and to bring them back to Constantinople.
One might hâve expected such copies to be available in the impérial or
patriarchal chancelleries. It seems, however, that in this period, whether
out of carelessness or because of lack of funds, copies of such documents
were not always made at the time of composition41. Sometimes no
doubt, when copies were available in Constantinople, it was thought
désirable to check the accuracy or the genuineness of the documents
produced by the Russians in support of their daims42.
The mission of Michael of Bethlehem and Alexios Aaron to Muscovy,
Novgorod and Galicia43 in 1393 was clearly of great ecclesiastical and
40. Presumably Michael and Alexios were also given oral instructions urging them
to persuade the Metropolitan Cyprian to stand firm in defence of the emperor’s oecumen-
ical authority. This seems to be implied in the written instructions they were given
to urge Cyprian to repay the debt of gratitude he owed to the emperor: MM, II, p. 197.
41. See E. Gerland, Das byzantinische Registerwesen, in « Archiv für Urkunden-
forschung», XIII (1935), pp. 32, 38; J. Darrouzès, Recherches sur les 6<p<pixux de
l Eglise byzantine (Paris, 1970), p. 463; I.P. Medvedev, op. cit., pp. 294-297.
42. Medvedev, op. cit., pp. 296-297.
43. There is no direct evidence that Alexios accompanied Michael to Galicia. It
seems improbable, however, that the two leaders would hâve parted company before
e mission was completed; and the presence of an experienced impérial official would
ave been helpful to the archbishop of Bethlehem during his negotiations in Galicia
W|th King Jagiello of Poland.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
political importance. As far as we can judge from the somewhat inadéquate
evidence, it miscarried in Galicia, partially failed in Novgorod, but was
successful in Muscovy. The eight patriarchal letters which the two envoys
carried with them are striking evidence of the range of activity of the
Byzantine Church in the closing years of the fourteenth century. When
added to the impérial missives with which they were also entrusted (and
which are not extant) they must hâve formed an impressive portfolio.
IL THE EMBASSY OF 1397
On his second embassy to eastern Europe Michael of Bethlehem was
sent to Moldavia and Galicia. It is possible, though by no means certain,
that he went to Moscow as weil44. We do not know whether this time
he was accompanied by a secular colleague; but in view of the important
political aspect of his mission it seems likely that an impérial official of
high standing was, as in 1393, attached to Michael’s embassy.
We possess the text of three letters entrusted to Michael by the Patriarch
Antony in 1397. The first one has the superscription « Injunction
(è'vraXfia) given to the Archbishop of Bethlehem, departing to Russia
for the second time»45. The area of his mission is defined as « Mavro-
vlachia», and Galicia. The term 'Maupo^Xa/ta’, at the turn of the
fourteenth century, was commonly used to dénoté Moldavia46. The
situation of the Orthodox Church of Moldavia in 1397 was a tangled
44. One of the letters entrusted to Michael by the Patriarch in 1397 is addressed to
Metropolitan Cyprian. It is clear from the wording that the two were expected to
meet (MM, II, p. 284). The natural venue for such a meeting was Moscow, Cyprian’s
place of résidence. It is possible, however, that the meeting took place in Lithuania
or Poland. We know from Russian chronicles that Cyprian visited his Lithuanian
diocèses sometime between 1396 and 1398. The date varies in different chronicles:
1396: Voskresenskaya Letopis', Polnoe Sobranie Russkikh Letopisey, VIII (St Petersburg,
1859), p. 69; 1397: Nikonovskaya Letopis', ibid., XI (Moscow, 1965), p. 166; 1398:
M.D. Priselkov, Troitskaya Letopis' (Moscow-Leningrad, 1950), p. 449. The correct
date is presumably 1396, since in January 1397 the Patriarch Antony wrote both to
Cyprian and to Jagiello in reply to their joint proposai for a church council, no doubt
made after a Personal meeting: see below, p. 313.
45. MM, II, p. 278.
46. See MM, II, pp. 223, 241,257, 278, 519. Alternative synonyms were 'l’waoSXa/ia
(MM, II, pp. 241-245, 494) and, by the early fifteenth century, MoXSopXa/ia (MM,
II, pp. 528-533). See E. Stànescu, L'unité du territoire roumain à la lumière des mentions
extérieures. Le nom de 'Valachie' et ses sens, in «Revue Roumaine d’Histoire», VII
(1968), pp. 886-887; idem, Byzance et les pays roumains aux IXe-XV" siècles, in « Actes
du XIV' Congrès International des Etudes Byzantines », I (Bucharest, 1974), pp. 419-420.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
311
and unhappy one. For the past ten years Moldavia had been under
Polish suzerainty47. The Moldavian rulers wished to see their church
governed by primates of local Rumanian origin. The Patriarchate of
Constantinople, to which the Moldavian church was subordinated, was
equally determined to nominale its own candidates — preferably Byzantine
clerics — and, in general, to resist the tendencies of local rulers to propose
their own candidates for high ecclesiastical offices48. Matters came to a
head in the 1390s. Probably shortly before his death in 1391, Antony,
metropolitan of Galicia, without recourse to his ecclesiastical superior,
the Patriarch of Constantinople, consecrated two bishops, Joseph and
Meletios, for the Moldavian church49. This act, undoubtedly carried
out at the request of the Moldavian ruler Peter I Mu?at (c. 1376-92), was
the cause of an acute conflict between Constantinople and Suceava, which
continued for some ten years. A brief and abortive visit to Moldavia
by Theodosius, envoy of the Patriarch50, was followed by the appointment
(probably in 1394) by the Byzantines of the Greek Jeremiah as metropolitan
of Moldavia51. The Moldavian authorities refused to accept him, and
expelled him from the country. Jeremiah then excommunicated Bishops
Joseph and Meletios and the entire Moldavian nation, including the dead.
This excommunication was confirmed by the Patriarch of Constantinople52.
In 1395 an attempt to mend the breach was made by the Moldavian ruler
Stephen I (1394-9). He sent the Moldavian archpriest Peter to Constan-
tinople with the request that the two bishops be confirmed in office, and
the excommunications lifted. This the Patriarch Antony refused to do.
He did, however, show some willingness to compromise: he appointed
Peter as his exarch in Moldavia, with wide administrative powers, and
in a letter to Stephen I expressed his willingness in principle to appoint
47. See A.-D. Xénopol, Histoire des Roumains, I (Paris, 1896), p. 214; N. Iorga,
Histoire des Roumains, III, p. 312; $. Pascu and others, Istoria Medie a României,
I (Bucharest, 1966), pp. 159-61.
48. The grounds for the struggle between the Patriarchate and local authorities over
the right to nominale candidates for such offices are discussed in D. Obolensky, Byzan-
tium, Kiev and Moscow: A Study in Ecclesiastical Relations, in « D.O.P. », XI (1957),
pp. 40-42; reprinted in the same author’s Byzantium and the Slavs: collected studies
(London, 1971).
49. In a patriarchal document of 1401 we are told that Metropolitan Antony conse-
crated Joseph as ÈTrlazoTroç MoXSopXa/îaç {MM, II, p. 531). Meletios is mentioned
as Joseph’s colleague as early as 1395 {ibid., p. 244), and it is natural to assume that
both bishops were consecrated by Antony.
50. MM, II, p. 531.
51. Ibid., pp. 528-532.
52. Ibid.
312
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Peter metropolitan of Moldavia and to lift the excommunications, provided
that the two « pseudo-bishops », whom he described as « thieves, adulterers
and robbers», were removed from office53. This proved unacceptable
to Stephen, unwilling to part at least with Bishop Joseph, who was his
relative54. The schism remained unhealed; nor did the dispatch to
Moldavia, in the autumn of 1395, of the metropolitan of Mytilene, with
an impérial, as weil as a patriarchal, commission, appear to help matters55.
It was at this point that the Patriarch Antony decided to send Michael
of Bethlehem to Moldavia as his exarch. His instructions were to persuade
the local authorities to expel the uncanonical clerics from the country
and to restore communion between the Moldavian Church and the
Patriarchate56. We know from a letter written in 1401 to the Patriarch
by the Moldavian ruler that Michael did go to Moldavia, where he made
himself unpopular by what seems to hâve been a high-handed demand
that the Metropolitan Jeremiah (who had laid the country under an interdict
in 1394) be acknowledged as the local primate57. His mission to Moldavia
was unsuccessful, and it was not until 1401, under a new Moldavian ruler,
Alexander the Good, and a new oecumenical patriarch, Matthew I, that
the lengthy conflict between Suceava and Constantinople was ended by
the Patriarch’s decision, subject to certain, mainly formai, conditions, to
recognize the controversial bishop Joseph as metropolitan of Moldavia58.
Michael’s duties in Galicia were to negotiate with its sovereign, King
Jagiello of Poland. These duties, some ecclesiastical, others political,
are defined in a letter from the Patriarch Antony to Jagiello, dated January
53. Ibid., pp. 243-244.
54. Ibid., p. 529.
55. Ibid., pp. 256-257. N. Iorga {Histoire des Roumains, III, p. 374) mistakenly
States that both the metropolitan of Mytilene and Michael of Bethlehem lifted the
excommunications against the Moldavians and recognized Joseph’s canonical status.
Two documents issued by the Patriarch Matthew I make it clear that these two events
occurred only in 1401 : MM, II, pp. 528-533.
56. MM, II, pp. 278-280.
57. This at least is my reading of the words of the Moldavian ruler Alexander
the Good, cited by the Patriarch in his reply to him: k<£Xiv ^X9ev ô BTjQXeèp., xal
oloq 9éXei xaTaTtaveî tt;v 7)p.ù>v èxxXïjaiav, xal Soxeï, oti ^xop.ev èmaxortov, xal
oùx ê^o[zev : MM, II, p. 531. The resentment discernible in this judgement suggests
that Michael had been less than adroit in his dealings with the Moldavian government.
58. MM, II, pp. 528-533. Cf. Arseny, Bishop of Pskov, Issledovaniya i monografii
po istorii Moldavskoy Tserkvi (St Petersburg, 1904), pp. 20-25. The acceptance by the
Byzantine authorities of a primate of local origin, and one who had been consistently
opposed by the Patriarchate, was a signal triumph for the Moldavian ruler. It is probable
that the Wallachian ruler Mircea the Old acted as mediator between the courts of
Suceava and Byzantium. See Iorga, op. cit., III, p. 375.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
313
139759. The ecclesiastical mission was concerned with the metropoli-
tanate of Galicia. The egregious John of Lutsk was still in uncanonical
occupation of this see, under Jagiello’s protection. Antony, so irrecon-
cilably opposed to this ambitions prelate in 1393, now showed a willingness
to compromise. He agreed to recognize John as metropolitan of Galicia,
provided he obtained pardon and absolution from his immédiate superior
as bishop of Lutsk, the Metropolitan Cyprian. Otherwise, the Patriarch
stated, he would be prepared to accept another candidate put forward
by the Polish king: the archbishop of Bethlehem (who presumably was to
vet the candidate) would then bring him to Constantinople for consécra-
tion. If the king were unable lo produce a suitable candidate, the Patriarch
undertook to find a Greek one acceptable to Jagiello. The outcome of
these proposais is unknown: it is certain, however, that by February 1398
John had still not been accepted as metropolitan of Galicia by the Byzantine
Patriarchate60.
The Patriarch’s letter to Jagiello is in the main concerned with weightier
and more urgent matters than the tenure of the Galician see. It is a
reply to a (non-extant) letter from Jagiello, in which the king, jointly
with Metropolitan Cyprian, proposed the convening of a church council,
presumably on Lithuanian territory, with the aim of reuniting the Byzantine
and the Latin churches. The Patriarch had received a similar requcst
from Cyprian; and the third letter entrusted to Michael of Bethlehem is
his reply to the metropolitan of Russia61. The two patriarchal letters are
similar in content: Antony shows a cautious interest in the project, but
points out that neither the time nor the place proposed is suitable.
Byzantium’s military position was indeed at that time precarious: a few
months earlier (on 25 September 1396) the Christian forces had been
routed by the Turks at the battle of Nicopolis, and Constantinople had
been under siégé by the Sultan Bayazid since 139462. The blockade
alone made the summoning of such a council impossible. Only let the
kings of Hungary and Poland organize another crusade against the Turks :
59. MM, II, pp. 280-282.
60. On that date the indefatigable John of Lutsk wrote to King Jagiello, offering
him a sum of money (two hundred Russian grivny) and thirty horses in exchange for
his récognition as metropolitan of Galicia: Akty, otnosyashchiesya k istorii Zapadnoy
Rossii, I (St Petersburg, 1846), no. 12, p. 27.
61. MM, II, pp. 282-285. Part of the letter has been translated into English by
J.W. Barker, Manuel II Palaeologus, p. 152.
62. For the dating of this siégé, see Barker, op. cit., pp. 479-481.
314
MÉLANGES IVAN DUJCEV
then, says the Patriarch, a council could be held, for the roads will be
open. It is with justice that John Barker, commenting on this letter,
observes : « This passage makes clear that the Byzantines regarded [church]
union as the cart and aid as the horse, and that they had very strong
opinions as to which should corne first»63.
It is clear from the Patriarch’s two letters that Michael’s embassy of
1397 was entrusted with the negotiations with the king of Poland, whose
aim was to obtain military relief for the beleaguered Byzantine capital.
Whether or not a secular diplomat was attached to the embassy, there is
no doubt that Michael represented not only the patriarch, but also the
emperor64. Some of the messages he was carrying were so confidential
that they were not consigned to writing65.
It seems that Michael’s embassy to Poland was no more successful than
his mission to Moldavia. The Byzantine plans for a Polish-Hungarian
crusade against the Turks were still-born. Perhaps the only tangible
outcome of the mission of 1397 was the dispatch to Constantinople of a
considérable sum of money, collected in Russia andLithuania in 1397-866.
It was a meagre resuit.
III. THE EMBASSY OF 1400
Michael of Bethlehem’s last recorded mission to eastern Europe was
his embassy to Russia in 1400. We learn of it from a letter written,
probably early in 1400, by Matthew I, Patriarch of Constantinople, to
Metropolitan Cyprian67. Its purpose was to persuade the Russian primate
to embark on another fund-raising campaign in aid of Constantinople,
still besieged by Bayazid I. Michael was instructed to cooperate in this
venture to the limit of his powers. It is apparent from a marginal note
in the manuscript that at first he alone was appointed to head this mission,
but at a later stage two high-ranking officiais of the Empire, both relatives
63. Ibid., p. 151. On this project of union see also Golubinsky, op. cit., II, 1, pp.
337-339; Presnyakov, op. cit., p. 370; O. Halecki, La Pologne et l’Empire byzantin,
in «Byzantion», VII (1932), p. 49; Kartashev, op. cit., I, pp. 336-337.
64. êp’/ETat oùv (xùt60i où 8tà ôpeÇw aÙToü, àXXà 8ià Tàç SouXeiaq Tyjç p.eyàX7)Ç
èxxX-qaiaç, ’évi 8è xai toü paaiXécoç toü ayiov : MM, II, p. 281.
65. Ibid., pp. 282, 284.
66. See F. Dôlger, Regesten der Kaiserurkunden des ostrômischen Reiches, V (Munich,
1965), p. 85, no. 3267; D. Obolensky, A Byzantine Grand Embassy to Russia in 1400
in «Byzantine and Modem Greek Studies», IV (1978), p. 125.
67. MM, II, pp. 359-361.
MICHAEL, ARCHBISHOP OF BETHLEHEM
315
of the Emperor Manuel II, Constantine Rhales Palaiologos and Théodore
Palaiologos Kantakouzenos, were added to the embassy’s personnel68.
We do not know why the Byzantine authorities decided, at the last minute,
to reinforce the embassy in this manner. Perhaps, in the light of the
failures of the 1397 mission, they had corne to distrust Michael’s diplomatie
abilities. The Patriarch’s letter contains a noteworthy statement. In
furtherance of his fund-raising campaign, the Metropolitan Cyprian was
to assure his Russian flock that it was more important to contribute money
for the defence of Constantinople « than to perform works of charity,
to give alms to the poor, and to redeem prisoners »69. We do not know
whether the duty of expounding this remarkable doctrine was entrusted
to the archbishop of Bethlehem, or whether it was delegated to his two
secular colleagues. The outcome of this embassy is also unknown.
Our final verdict on the achievements of Michael of Bethlehem as a
diplomatist must, it seems, remain a cautions one: we know too little
about the results of his embassies of 1393, 1397 and 1400. Of his energy,
courage and dévotion to duty there can be no doubt. In an âge when
eastern Christendom was threatened with disaffection and schism, his
name deserves to be remembered — alongside that of his distinguished
friend, the Metropolitan Cyprian — for the contribution he made to the
maintenance of the unity of the Byzantine Commonwealth. The story
of his missions to Moldavia, Galicia and Russia enlarges our knowledge
of the ecclesiastical and political history of eastern Europe in the last
decade of the fourteenth century. And it provides an example of the
vigour, coolness and resourcefulness displayed by the authorities of the
Byzantine church and State at a time when the continued existence of the
Empire seemed to hang in the balance.
68. D. Obolensky, «A Byzantine Grand Embassy», pp. 126-132.
69. MM. II, p. 361.
IIopvixT] V) twv BouAyapcov
Joseph PARAMELLE
«Bulgarie (note sur un hiver en)» : c’est cette mention, dans l’index
admirablement détaillé du seul volume actuellement paru du catalogue
du Supplément grec de Paris1, qui a attiré mon attention sur le cod. 1202
de ce fonds. Mon espoir a été déçu d’y trouver, sous forme de chronique
brève, la moindre contribution à l’histoire climatique des Balkans, voire
à l’histoire économique (tels ces curieux détails sur la disette qui sévit
« dans toute la Roumélie » au début de 1576, avec l’évolution du prix des
grains entre mars et mai, dans un manuscrit de Chalki2) : néanmoins, le
texte de ces vingt lignes, dont le déchiffrement est parfois malaisé et dont
l’interprétation reste en grande partie conjecturale, m’a paru mériter d’être
soumis au Professeur Dujcev : spécialiste des relations entre Byzance et la
Bulgarie, mais aussi connaisseur averti de la culture byzantine sous tous ses
aspects, à ce double titre il jugera du bien-fondé des hypothèses, un peu
hasardeuses sans doute, au prix desquelles j’ai cru reconnaître, dans ce
specimen particulièrement abscons d’une rhétorique presque dépourvue
de toute coordonnée spatio-temporelle, les débris ou les ébauches d’exercices
rhétoriques qui présenteraient cette originalité de reposer sur une œuvre
1. Bibliothèque Nationale. Département des manuscrits. Catalogue des manuscrits grecs.
Troisième partie, le Supplément grec. Tome III, Nos 901-1371, par Charles Astruc et
Marie-Louise Concasty, Paris 1960.
2. Cod. 45 de l’ÉcoIe Théologique, actuellement au Pariarcat Œcuménique, f. 91v
(93v) ; on trouvera le texte de cette notice dans l’introduction de Mgr. Basile Krivochêine
à son édition de Symeon le Nouveau Théologien, Catéchèses, vol. I (coll. Sources
Chrétiennes 96), Paris 1963, p. 74.
318
MÉLANGES IVAN DUJCEV
presque contemporaine de l’auteur, à savoir VAlexiade. Si donc, au terme
d’une recherche guère moins sinueuse que la pensée ou le style du texte
étudié, nous aboutissons bien à vérifier et à préciser le raccourci un peu rapide
du Catalogue, tel que nous l’avons cité en commençant, et à établir un
rapport réel, bien que purement livresque, entre ce texte et l’hiver, ou plutôt
la « neige hors de saison» qui recouvrit en septembre 1059 les environs de
Lovée, un aussi mince résultat ne méritera sans doute jamais de figurer dans
les Fontes Historiae Bulgaricae : que cependant le Professeur Dujcev agrée
l’hommage paradoxal de cette épithète malsonnante décochée, par un
obscur magister byzantin, sans doute contemporain du second Empire
bulgare, à l’adresse des redoutables voisins du nord.
*
* *
Le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, Supplément grec 1202, est
un recueil factice qui a appartenu à la collection d’Emmanuel Miller ; il
groupe des fragments de huit ou neuf manuscrits différents, entre le xme
et le xve siècle3. Les deux premiers de ces fragments, qui au jugement de
M.-L. Concasty « proviennent peut-être du même manuscrit », comprennent
respectivement dix et deux feuillets de papier oriental, la plupart en mauvais
état, où l’on peut reconnaître le travail de plusieurs copistes du xive siècle :
M.-L. Concasty distingue quatre mains pour « les principaux textes » du
fragment I — sans compter les textes ajoutés dans des espaces vides, tel
le nôtre, ouvrage d’ailleurs d’une main contemporaine —, et un cinquième
copiste pour le fragment II (dont personnellement nous croyons déjà
reconnaître la main dans le fragment I, au sommet du fol. 64). Par leur
3. Dans le Catalogue précité, la description de ce manuscrit (p. 375-380) est l’œuvre
de la regrettée M.-L. Concasty.
4. Il faut en effet corriger sur un détail la description du Catalogue : le petit florilège
profane qui commence au f. 4 s’achève au bas du f. 5V, comme l’indiquent le signe terminal
nettement visible et la fin de ligne laissée en blanc, et comme le confirme la comparaison
avec l’éd. Walz citée par M.-L. Concasty. Les sept lignes qui occupent le sommet du f. 6
(inc. <ü>âaav xaxtav ÈStSaÇev ï) àpyîa) se distinguent du florilège qui précède, non
seulement par l’écriture — même si elle paraît bien contemporaine —, mais par le contenu :
elles consistent en extraits d’un développement édifiant, exhortation à la vertu et au travail
adressée à « la jeunesse», œuvre d’un chrétien (au début de la ligne 3, on reconnaît une
citation implicite de Matth. 11, 7), qui pourrait bien appartenir au même ensemble, qui
en tout cas se rattache certainement au même genre pédagogique, que le texte du « frag-
ment II» (ff. 11 et 12). —On peut ajouter, à propos du florilège des ff. 4-5v, qu’il est
sommairement analysé (d’après l’édition Walz) par C. Wachsmuth, Studien zu den grie-
chischen Florilegien (Berlin 1882), V Gnomologium Byzantinum èv tÆw ATjpioxpiTou
’IooxpdcToup ’Emxoùpou, p. 163 : même si le ms. de Paris ne représente qu’un témoin
IIopvtXT] 7] tcûv BouXyàpcov paoÙÆia
319
allure, ces diverses écritures ne dénotent pas seulement une même époque
___que, pour notre part, nous préciserions volontiers en parlant plutôt de
la première moitié du xive siècle —, elles évoquent un même niveau de
culture, un même milieu : celui de ces érudits, ou plus simplement (à en
juger par les lapsus, qui ne sont pas rares, et l’orthographe, parfois hési-
tante) de ces professeurs, d’un niveau dans le cas présent assez modeste,
qui à partir des dernières décades du xme siècle ont produit ou reproduit
en abondance schédographies, miscellanea de grammaire et de rhétorique,
scolies de toute espèce.
C’est bien à cette littérature que se rapportent, à un titre ou à un autre,
les textes que M.-L. Concasty a identifiés dans ces douze folios, soit (ff. 4-5v)
le florilège mentionné ci-dessus, (ff. 7-8v) une recension inédite, ici anonyme,
de la Schédographie de Manuel Moschopoulos, (ff. 8V-9V) de brefs extraits
de la correspondance de Grégoire de Nazianze, ce modèle par excellence du
beau style et particulièrement du style épistolaire, (f. 10) trois fables d’Esope
et (ff. 1 l-12v) un texte acéphale et mutilé de la fin, « réponse d’un maître
(Psellos ?)5 aux difficultés de son disciple», avec une enfilade de sentences,
la plupart en vers politiques. S’y ajoutent, soit dans les ff. 1-3V, sans doute les
anciens folios de garde du même manuscrit d’après M.-L. Concasty, soit
sur des bas de folios primitivement laissés en blanc, plusieurs additions
contemporaines, qui par leur caractère s’accordent bien avec l’image qu’on
peut se faire du recueil auquel ont appartenu tous ces folios, du genre
de préoccupations qui expliquent qu’on l’ait compilé, du genre d’intérêt
qu’il a pu nourrir, du milieu où il a dû être conservé et enrichi : prières
variées — ceci n’a rien de caractéristique, mais ici l’invocation chère aux
hésychastes devient prétexte à analyse grammaticale —, énigmes ou oracles
en vers extraits de l’Anthologie, enfin, au bas du f. 9V, le texte qui nous inté-
resse et que M.-L. Concasty résume en ces termes : « deux courts fragments,
indirect du Gnomologium de Wachsmuth, il mérite sans doute par sa date (et par plusieurs
de ses leçons, dans les passages où le ms. florentin utilisé par Walz apparaît fort corrompu)
de prendre place à côté de ceux qu’a signalés Marcel Richard, comme un témoin de la
large diffusion qu’a connue à l’époque byzantine cette anthologie de la plus haute sagesse
profane : voir M. Richard, «Rapport sur la quatrième mission d’études en Grèce»,
Bulletin de l’I.R.H.T., 7 (1958), p. 40 (reproduit dans : Opéra minora, Turnhout-Leuven
1977, t. III, n° 76).
5. Même présentée de façon aussi prudente, l’attribution n’est pas seulement gratuite,
elle nous paraît absolument exclue par la platitude et le simplisme du texte : il est vrai
que le nom de Psellos a couvert tant de marchandises, dans le vaste domaine de cette
production pédagogique, qu’on ne saurait exclure l’éventualité où la découverte d’un
témoin complet du même texte, portant ce nom d’auteur, autoriserait à l’enregistrer
comme « Pseudo-Psellos ».
320
MÉLANGES IVAN DUJCEV
le premier concernant une rivalité entre belle-mère et bru, le second relatif
aux rigueurs d’un hiver à la frontière bulgaro-grecque ».
Ces préliminaires paraîtront un peu longs pour un texte aussi bref, et
que le lecteur jugera sans doute assez insignifiant. A nous attarder ainsi au
contexte, à y flâner, il nous a semblé gagner autre chose encore qu’une
accoutumance à ce genre d’écriture menue, hérissée d’abréviations parfois
drastiques, celle d’un homme entraîné à écrire beaucoup et vite, mais non
d’un professionnel qui produit des copies pour le public — et cet exercice
nous a été utile, en dépit de la pluralité des mains, pour nous permettre de
déchiffrer complètement notre texte — : cette curiosité a été aussi une voie
d’accès à la compréhension de ce texte et de ce que j’oserais appeler son
Sitz im Leben. Dans le fatras de modèles, de notes, de brouillons peut-être,
que devait constituer le recueil dont nous avons ici des débris — tous élé-
ments en rapport avec l’enseignement de la grammaire et d’une rhétorique
assez élémentaire, ainsi qu’avec l’éducation morale et religieuse (mais nulle-
ment « théologique ») qui en est à Byzance inséparable —, rien assurément
n’appelait la présence d’une notice d’intérêt purement historique ou anec-
dotique : au contraire, si les extraits que l’on va lire ont été insérés dans un
tel dossier par un lecteur sans doute de très peu postérieur, à en juger par
l’écriture, un lecteur qui devait être encore un utilisateur, c’est très probable-
ment comme un modèle de style, — un modèle ou un exercice, en tout cas
un texte dont l’origine est à chercher dans les procédés d’enseignement que
Byzance a hérités de l’antiquité.
Pour se faire une idée du foisonnement et de la monotonie à la fois de
cette littérature d’^Ooraxtai. et autres 7rpoyup(.và<7p(.aTa, il suffit de feuilleter
les commentaires d’Hermogène, échelonnés depuis Aphthonios d’Antioche
(ive siècle) jusqu’à Matthieu Kamariotès (fin du xve siècle), qui occupent
les deux premiers volumes des Rhetores graeci de Walz. A prendre au hasard
quelques échantillons de cette production, combien de fois réussirait-on,
sans le secours du titre, à deviner quel épisode de l’antiquité classique ou
I. My|T/)p xal VL»{j.cpTQ, xal ÇrjXoç pD)Tpi.x6ç re xal wptcpixàç, cpcoacpopco
Tivl KpOrpOKY) TOÜ KpCÛTO'J TjXloU TOÜ VO7]TOÜ p.ï)Tp(.X<ô<; Xal VUp.Cpi.X<ôç CÛÇ
ulû xal vupicplco éxaTÉpcoç Kap’ éxaTÉpcov acpcomcopiévai., ÇyjXoTUKOüoai.
^/)XoTU7roôp.evai., Oeoü Kpovola vüv xaTaXXzjXcoç xàç à^laç à7roXap.pàvou<7i..
1 (XïjTpixcôç ... wjpupixôiç S 3 Ttap’ éxaTépùiv nos : TtapexaTÉpox; S
IIopvixT] 7] tcov BouXyàpcov paaiXaia 321
de la fable, quelle situation extrême ou paradoxale, a servi de prétexte à
l’amplification rhétorique ? Que, dans le cas présent, les ciseaux d’un excerp-
teur dont semblable curiosité était le moindre souci aient aggravé l’obscurité
d’un texte dont il ne voulait retenir que l’imprévu ou l’ingéniosité de l’ex-
pression — l’obscurité native d’un texte qui s’interdit par principe la préci-
sion, le nom propre, le terme usuel —, et le galimatias devient énigme. Au
lecteur, maintenant, de juger.
*
* *
Dans le manuscrit, le texte se présente d’une seule venue, sans qu’aucune
initiale en marque le début ou les divisions : celles-ci toutefois sont indiquées,
discrètement mais nettement, par la ponctuation, qui nous invite à diviser
cet ensemble en quatre parties dont chacune s’achève par un double point.
Même s’il est difficile de reconnaître d’abord, dans un texte tel que celui-ci,
la suite des idées et d’en déceler les ruptures, une lecture un peu attentive
confirme cette division. Peut-être, en fin de compte, notre interprétation du
texte nous invitera-t-elle à regrouper deux ou trois de ces fragments comme
les pièces détachées d’une seule composition : mais, en ce cas, l’excerpteur a
certainement omis les développements, plus ou moins longs, qui les reliaient.
Au point où nous en sommes, nous devons donc parler, non pas comme
le Catalogue cité plus haut de « deux courts fragments », mais de quatre.
Voici, divisé comme nous venons de l’expliquer, le texte du Paris supplé-
ment grec 1202, f. 9V. Nous avons suppléé entre parenthèses les mots ou
parties de mots qui ont disparu par suite de déchirures du papier6 ; l’apparat
indique toutes les corrections que porte le manuscrit (S), ainsi que les nôtres,
dont les plus importantes seront discutées et justifiées plus loin.
6. Nous avons tenu compte, pour ces suppléments, de la longueur du texte disparu :
mais l’irrégularité de l’écriture et les nombreuses abréviations n’autorisent qu’une appro-
ximation assez vague.
I. Une mère et une épouse —jalousie à la fois maternelle et conjugale ! —,
en vertu d’une lumineuse influence du premier Soleil, du (Soleil) intelligible,
après s’être à la façon d’une mère et d’une épouse, chacune de son côté
et chacune à sa façon, acquittées (envers moi de leurs devoirs) comme envers
un fils et un époux, (toutes deux) éprouvant et subissant la jalousie, par la
providence de Dieu reçoivent maintenant, (chacune) de façon appropriée,
322
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TaÜTa yàp t; PaoiXeia pou èx tcûv Sutlxcûv Xtj^ecov 7ràcn toïç àvaToXixoïç
sx^oa, xal tjv 8è ô Xoyoç àvayxa<7Ti.x<üp àXyjOéoTaToç, oti p.7)T7)p xal vüpcpT]
pa/ôpsvai. ïrepl uloü xal vupcplou, TÎjp paoiXelaç pou, àKÉXa[3ov 0£oü Kpovola,
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T7)V TOÜ £pOÜ KaTpàç T£À£UT7)V XaTÉ/ELV p£ TOV ulÔV, OV S^TEp È^éOpE^SV,
ôv 8tj y£ xal £yaXoû/7)<7£v, ôv 8v) xal £T(.07]V7]<7a(To) p7]Tpi.x<üç KspOTOiT]-
oapÉvT] xal Kspl Ttàç àyxàXap èv ^u/si xal xaüacovi TrepiéîtoutTa, ôte xaipoç
xal Ttapà tov xaipov [Kspisïrav], iva <Èv> T?j KaTpcoa <7Tspy|<7£i. xàv toü
uloü TTjç £7U[jt,SZ.slaÇ £KI.TUyyàV7], y7)pop6<TX7)<7I.V £x8£/Op£V7) Ttvà xal oïov
ttjç KoXi.(àç) ÈxsIvtjç xal toü y^pcoç àva(xco)x7]v.
IL Ilopv(.xï] yàp y; tcûv BouXyàpcov ['iaoù.sla xaOécmqxsv, pàXXov t; oxià
Kpoç àX7)0si.av xal IvSaXpa îrpoç KpcoTÔTUKOv xal p7] Ôv Kpoç (Tà ôvTa)
xal <7T£p7)<7I.Ç KpOÇ T7]V Ô^LV, <TO §7) > CplXoCTOtpCOTaTOV.
III. Kal è'PaivE psv eIç èvOaSl, aXXop Èxsïcte, ëxaoTOÇ ttjv ISlav ocoTTjplav
7rpaYp.a(T£u6p.£Voç' ë7t)eiTa Tpialv Tjpépaiç ôSEÜoavTEÇ, ysipcùv 7)pîv È7tei-
aÉppsuaE, /£ip.cùv SsivoTaTop cpoPspcÔTaToç’ Tà KpcÜTa Ppo/al p£Tà àv(iapo)ü
TOÜ KVE'jaaTOÇ XaTSepÉpOVTO, £LTa TTOcXlV Ô /£(.pcûv èrappst, Tà paXicrra xal
è^ü/ETO to ûypov xal £K/.£Ôva^£ (t)o (k)oXÙ, xal o Ûstoç slç ôpPpov ecttoi-
/si.oüto- £Ïra Taïç nvoaïç tcov àv£p.cov xal Taïç cpopaïç ô à'^p è^u/palvETo xal
Taïç <7U<7TpO<pa1ç TOÜ xaixlou ol SaKEipOf. È^y)TOpOUV ot TÛV àvéfZCOV ÈcpÉpOVTO
yàp al vscpéXai. xal àvTEtpépovTO rcapauTà, xal XaïXaiJ; èx py^Ecoç KV£up.àTcov
TÔv tokov tov X(.p.vàÇovTa è^scrrpôpEi. xal TÎj GTpocpfj te xal tt] cpopa p.£T7)X-
XaTTE TO Ôp.Ppc58£Ç £ÎÇ /(.OVCoSeÇ xal TO p.é<70V ^VXpÔTTJTOÇ £ÎÇ àxpov ^v/pô-
T7)toç, xal xaTà Tàp ÈxTopiàp tûv Tp.v)p.àTcov t; ^ü^lç xa-r^p/ETo, xal pua
tmyp.fi yÉyovE to ksSIov t^u^poTaTov xal XsuxoTaTov xal olov Èxpipo’jpsvov
Tàç àp/àç- ElpyàÇsTo yàp 7) Top.7] to ^u/pôv xal 7) crrpocpT) to Xeuxov, xal
to Kap’ êxaTépcov Selvov tjtteIXei. tov ôXsOpov. etu/e 8è tô Kpàypa xal t;
tpopà £Îç to tt)Ç ào(.XT|TOU p.£tialTaTov, xal ^v ex toü tokou xal -jp EX Tïjç
copaç xal îjv èx tûv <7up.[3ai.v6vT<ov Kapà TroSap ô (ÔXe )6poç' ÈXlpcoTTEV
Ïkkoç àXX’ EtrcpaTTETo [3oüç, xal ô Ikkottjç xal oTpaTicoTTjç aKopla ctuveI/eto,
xal c'ûOKEp ôXxàp èv (raJXàysi. T(pi.x)upla(.p xal KV£Ûpa<7t, xaTaKovToupévT)
£^aKop£Ï, to pupiapiOpov £xi.v8ûvsu£ trrpàTsupa, Xipû xal iJaj^ei. xal à(0u)-
pla ÈpaKopoüv. àXX’ ô 8i.8oùç touç rcopouç £v toîç aTOpoip Oeôç év Tjpïv
Tà aÛToü Oaupacna è^EipyàaaTO xal KavTtov toutcov (7)p.àç £x)eï SiEacociaTo.
5 pou add. S,u 12 raxpà nos : rrpàç S 12 TtepieÏTtev se.dusi èv addidi 13
èm-ruy^àvei S yï)pù>p6az7)aiv S 15 pâXXov t) nos : tj pâXXov S 17 to St; addidi
24 èpeinôpovv S“c 25 èx xpvjÇewç S 26 tov tôttov tôv nos : tô ôttô tôv S
26-27 peTTjXXaTe S 31 7)[neiXei Spc : p Sac 35 SXxaq S (nejXXàyei S 38
aÙTOÙ (cum spir. leni) S.
IIopvt.X7) 7] twv BouXyàpcov paoiXeSa
323
leur dû. Voici en effet ce que ma Majesté, des confins de l’occident, proclame
pour tous les habitants de l’orient — et c’était là une parole de toute néces-
sité parfaitement véridique — : une mère et une épouse, combattant pour
un fils et un époux — ma Majesté —, ont reçu par la providence de Dieu
ou du moins reçoivent désormais leur récompense. Ma mère en effet, après
le décès de mon père, était jalouse de me conserver, moi son fils, (ce fils)
qu’elle avait élevé, (ce fils) qu’elle avait même nourri, (ce fils) qu’elle avait
même bercé, s’étant montrée une vraie mère à son égard et l’entourant
de ses bras dans le froid et la chaleur, à propos et hors de propos, afin que,
privée du père, elle bénéficiât au moins de la sollicitude du fils, attendant
(de lui) quelque soutien pour ses vieux jours et comme un soulagement à sa
vieillesse et à ses cheveux blancs.
II. Décevante, en effet, s’est avérée la nation bulgare, plus que l’ombre
au prix de la réalité, l’image au prix du modèle, ce qui n’est pas au prix de ce
qui est et la privation au prix de la possession, pour parler en termes tout
à fait philosophiques.
III. Et on marchait l’un par ici l’autre par là, chacun s’occupant de son
propre salut. Ensuite, après trois jours de route, l’hiver nous fondit dessus,
un hiver très rigoureux, très effrayant : d’abord des averses, tombant avec
un vent lugubre, ensuite l’hiver, de nouveau, sévissant de plus belle, et
l’humidité se refroidissait, les (gouttes) nombreuses se multipliaient, la
pluie se changeait en déluge. Ensuite, sous les souffles des vents déchaînés
l’air se glaçait, et devant les tourbillons de l’autan les connaisseurs des
vents restaient cois : en effet, les nuages étaient poussés et aussitôt repoussés,
et du choc des courants d’air un ouragan (naissait, qui) bouleversait l’espace
inondé et, par son tournoiement et son déchaînement, changeait l’élément
pluvieux en élément neigeux et le froid relatif en un froid extrême, et par les
fentes des morceaux (de glace) s’exhalait la froidure et en un instant la
plaine devint toute froide et toute blanche, comme si elle imitait les (deux)
principes : en effet, la coupure produisait le froid, et le tournoiement la
blancheur, et le danger (qui venait) des deux côtés menaçait (l’armée)
de mort. Or l’affaire et le déchaînement survinrent en plein milieu du désert,
et du fait du lieu, de la saison, des circonstances, la mort était imminente.
Le cheval souffrait de la faim, mais on égorgeait le bœuf, cavalier et soldat
étaient réduits à la dernière extrémité, et de même que la nef est désemparée
sur l’océan, quand la submergent les vagues redoublées et les vents, (ainsi)
cette innombrable troupe était en danger, (accablée) par la faim, le froid et
la démoralisation, désemparée. Mais celui qui procure une issue dans les
(situations) sans issue, Dieu, a opéré en nous ses merveilles et, là-même,
nous a sauvés de tous ces (maux).
324
MÉLANGES IVAN DUJCEV
IV. ’Eîù to6toi.ç to îrâv è^eTepfzaTcoOï), Osoü 8^[iocycûyl<x xai. T7) POTrZ, T°
40 êjzoî. xaTaOûpttov.
I
Le premier extrait est en somme le plus clair. Il suffit de minimes correc-
tions orthographiques7 et de trois restitutions évidentes là où une syllabe
a disparu8 pour obtenir satisfaction, au point de vue de la correction gram-
maticale et de la logique, presque de bout en bout : ayant ainsi le sentiment
de marcher sur un sol ferme, nous n’avons pas hésité à y introduire les
corrections qui nous ont paru nécessaires. Si l’addition de èv devant xj)
KaTpcoa CTTep^nsi. ne fait guère problème, à peine plus hardie est la correc-
tion de Kpoç en rcapà qui, seule, permet de donner un sens au membre de
phrase, d’y retrouver sans doute une expression proverbiale9 ; enfin KeptsÏKev
nous parait l’insertion malheureuse d’un scribe qui, faute peut-être de saisir
le sens de ce passage, a contre toute syntaxe répété le verbe rapté-troucra
de la ligne précédente. En revanche, nous préférons garder la leçon du
manuscrit, même si elle a chance d’être corrompue, là où aucune correction
ne s’impose et où le sens et le mouvement de la phrase n’en sont pas atteints :
ainsi de l’expression bizarre àvayxaeraxcoq àXyjOècrraToq, ainsi de eïye xai.
qu’il est tentant de corriger en si 8’ ouv, xai ^8v;.
Quoi qu’il en soit du bien-fondé de nos choix, aucune de ces difficultés
de détail n’empêche de saisir la pensée. Un souverain, qui a perdu son père
assez jeune et été élevé par sa mère, qui est maintenant marié, adresse une
proclamation « à tous les Orientaux » pour leur exposer, avec une complai-
sance qui, pour notre goût moderne, ne va ni sans quelque fatuité, ni surtout
sans indiscrétion, comment, entre sa mère et son épouse, il est l’enjeu d’une
7. Ou bien, à peine plus grave, celle de napexaTépwç en mxp’ ézarspcjv : quelle que
soit la prétention et la maladresse de l’auteur de notre texte, dans son culte du mot rare,
il semble avoir gardé un sentiment de la langue suffisant pour qu’on ne lui impute pas
sans preuve un barbarisme tel qu’un composé d’éxâTepoq ; en revanche, l’erreur s’expli-
que bien, sous la plume d’un copiste distrait, par l’influence d’ézaTÉp<j; qui précède et
peut-être la mélecture d’une abréviation de son modèle.
8. Pour la troisième, on peut hésiter entre àvaxù>xr)v et àva^uxflv 1 nous avons préféré
le terme le plus recherché, comme étant davantage dans le ton du morceau.
9. Cf. II Tint. 4, 2, eùxaipwç àzaipwç : il faut toutefois reconnaître que la confusion
entre rrapà et Ttpàç ne peut s’expliquer par une mélecture d’abréviation comme entre na.-
pà et rrepi.
IIopvixT] 7] tûv BouXyàpcov [3a<7tXeca 325
IV. Avec cela est arrivée à bon terme, sous la conduite de Dieu et sous
son impulsion, la totalité de mes souhaits.
rivalité d’affection et de soins, qu’avec l’aide de Dieu il veut maintenant
reconnaître en rendant à chacune son dû. Apparemment, cet exposé des
motifs fait attendre un dispositif qui comporterait des mesures en faveur
de l’une et de l’autre femme : en fait, il est interrompu après une phrase qui, à
nouveau, mais avec une particulière insistance, évoque le dévouement dont
la mère a fait preuve envers son fils dès sa plus tendre enfance, et en retour
duquel elle est en droit d’attendre de lui un soutien pour sa vieillesse.
Une telle situation est d'une vérité psychologique assez banale pour avoir
pu se vérifier en tout temps et en tout lieu ; une pointe d’humour, peut-être
involontaire, dans l’évocation de ces deux femmes faisant assaut de tendresse
envers l’homme qu’elles se disputent « à la fois sujettes à la jalousie et objets
de jalousie », aussi bien que du dévouement, au besoin « intempestif », de
la veuve muée en mère abusive, donnerait envie de regarder dans la direction
de quelque épisode romanesque, remontant peut-être à la Comédie nouvelle.
Mais la formule répétée ÿ] [3amXsla p.ou nous invite à chercher un empereur
byzantin qui aurait pu, sinon s’exprimer de la sorte, en tout cas se trouver
dans cette situation, — et le cas d’Alexis I Comnène se présente d’abord
à l’esprit.
Racontant, au Livre III de V Alexiade10, les débuts de son règne, sa fille
ne fait pas mystère de l’opposition obstinée d’Anne Dalassène, mère d’Ale-
xis, envers la famille des Doukas à laquelle appartenait Irène, femme du
nouvel empereur, jusqu’à faire obstruction à ce qu’Irène fût couronnée
comme impératrice en même temps que son époux. Cette situation accrédita
même dans le public le bruit qu’Alexis songeait à répudier celle-ci, pour
prendre la femme de Nicéphore Botaniatès après lui avoir pris son trône,
comme Nicéphore le premier en avait usé avec Michel VII : sans doute Anne
ne rapporte-t-elle cette rumeur que pour se récrier que jamais son père
n’y aurait seulement songé11, mais elle ne nous précise pas si quelqu’un de
proche, sa mère, n’y aurait pas pensé pour lui...
10. Anne Comnène, Alexiade, éd. et trad. B. Leib, tome I, Paris 1937 ; nous citons le
texte par ses divisions (chapitres et paragraphes), sans répéter l’indication du Livre,
en même temps que par les pages et les lignes de l’édition.
11. II, 2 (p. 106,22 s.).
326
MÉLANGES IVAN DUJCEV
A cette hostilité d’Anne Dalassène, la porphyrogénète ne veut reconnaître
que des mobiles dignes de sa grand-mère, des raisons dynastiques12 :
celles-ci se doublaient-elles d’une rivalité plus intime entre la mère impé-
rieuse qui, veuve depuis plus de treize ans13, avait reporté sur ses fils toutes
ses affections et toutes ses ambitions, et l’épouse de quinze ans14? Si,
comme nous le supposons, c’est bien cette situation familiale qu’évoque
notre texte, encore faudrait-il d’autres arguments pour lui reconnaître
une quelconque valeur historique, pour le recevoir comme un témoignage
indépendant, l'écho de quelque bavardage de gynécée; bien plutôt avons-
nous affaire ici à une amplification purement rhétorique, à une interpréta-
tion romanesque (mais non dépourvue de vraisemblance) à partir des
données fournies par le récit d’Anne Comnène : par exemple, cette semaine
d’incertitude qu’Irène et sa famille passèrent dans le Palais d’en-bas, tandis
qu’Alexis, sa mère et tous les siens étaient installés au Boukoléon où résidait
toujours l’impératrice déchue.
Libre au lecteur moderne de soupçonner, de deviner « la jalousie d’une
mère et celle d’une épouse » entre les lignes de VAlexiade, à la fois histoire
officielle et édifiante chronique de famille, — d’autant plus réservée lors-
qu’elle touche à un sujet aussi délicat pour la fille d’Alexis et d’Irène— ;
quant au texte que nous étudions, le peu qui en subsiste nous garantit que,
même après avoir lourdement insisté sur la rivalité entre les deux femmes,
il devait finalement, d’une façon ou d’une autre, tourner à la gloire de la
majesté impériale, y compris dans les sentiments et la conduite des deux
femmes qui touchent de plus près la personne de l’empereur et lui témoignent
« chacune à sa façon » une aussi jalouse affection. Ainsi celle qui était bien
placée pour satisfaire notre curiosité s’est-elle gardée de dire un mot de trop,
choisissant de clore en quelque sorte le récit de cette crise sur l’image, hié-
ratique comme une icône, compassée comme une photographie de mariage,
des « deux basileis Alexis et Irène », des « autocrators nouvellement cou-
ronnés»15. Pour elle, dirait-on, à la fois en tant que fille et en tant qu’his-
torienne, maintenant l’essentiel est acquis. L’épouse légitime couronnée
et réunie à son époux dans le palais que Marie d’Alanie a enfin quitté pour
12. De même d’ailleurs, pour le dire en passant, qu’à l’attitude de Marie d’Alanie :
si elle reste au palais, où siège maintenant Alexis qui a détrôné son second mari, c’est
uniquement, on doit l’en croire sur parole ! pour protéger le fils qu’elle a eu du premier :
I, 2-4 (p. 104 s.).
13. Son mari Jean Comnène survécut de peu à Constantin IX ; F. Chalandon, Essai
sur le règne de l'Empereur Alexis IeT Comnène, p. 23, suppose qu’il mourut à la fin de 1067.
14. I, 5 (p. 105, 22) ; cf. III, 3 (p. 111, 19).
15. III, 1 (p. 110, 18 s., 24 s.).
üopvtxT] 7] tcov BouXyàpcov (3a<5tXeta 327
un monastère, le patriarche — autre utilité — rentré également dans les
coulisses, la scène est libre, où Anne Dalassène va enfin trouver un rôle
à sa mesure.
Le portrait en pied de cette femme extraordinaire, les circonstances dans
lesquelles Alexis lui assigna son rôle, la façon dont elle s’en acquitta sans
rien changer à ses dévotions accoutumées — et à cela se raccroche une lon-
gue digression sur un épisode du règne de son beau-frère, le premier empe-
reur Comnène —, occupent onze pages de V Alexiade : soit, pour prendre
un exemple, autant que le siège et la prise de Constantinople16. Sans doute,
dès son arrivée au pouvoir et tandis qu’il différait encore le couronnement
de sa femme, Alexis avait-il reconnu à sa mère le titre de ScoKoiva, Souve-
raine17 ; mais ce n’est qu’un peu plus tard, peut-être l’esprit plus libre du
côté du gynécée, en tout cas sous la pression des circonstances et du danger
extérieur, qu’il officialise la place prépondérante que, dans les faits, il avait
tout de suite donnée à sa mère : en août 1081, avant de partir pour Dyrrha-
chium assiégé par Robert Guiscard, il lui confie, par un chrysobulle dont
Anne reproduit le texte « en n’omettant que les ornements de style », les
pleins pouvoirs en tout ce qui concerne les affaires intérieures de l’Empire,
administration et finances18.
En quoi pouvaient consister ces xopupeïat toü ypacpécoç, ces ornements
imputables au seul fonctionnaire chargé par l’Empereur de rédiger le docu-
ment et dont l’historienne a cru devoir alléger son récit ? sans doute, en ces
développements soulignant tel ou tel aspect de l’idéologie impériale, sur
lesquels le Professeur Hunger a attiré l’attention. Mais, même si pour le
lecteur moderne, au moins le lecteur pressé, le début du chrysobulle tel
qu’Anne nous l’a conservé fait l’effet d’un hors d’œuvre, il faut croire que
ce début suivait le Kpooipuov proprement dit, et c’est à bon droit qu’elle
l’a jugé bien en situation et digne de passer à la postérité, comme une
pièce de son récit, une pierre du monument qu’elle dresse à la gloire de sa
famille. Sur un ton d’abord sentencieux, « Il n’y a rien qui égale une mère
tendre et aimante», etc., puis plus personnel, jusqu’à l’attendrissement,
Alexis y évoque ce qu’est pour lui Anne Dalassène : « dès mon plus jeune
âge, ma mère et souveraine vénérée fut en tout pour moi une éducatrice et
un guide (...) On a reconnu qu’il n’y avait qu’une seule âme dans nos deux
corps et, par la grâce du Christ, cela heureusement a duré jusqu’à présent. »
16. VI-VIII (p. 119-130); cf. Lib. II, cc. IX-XII (p. 90-101).
17. H, 7 (p. 110, 12-15).
18. VI, 4-8 (p. 120-122); Fr. Dôlger {Regesten der Kaiserurkunden des ostrômischen
Reiches, n° 1073) remarque que nous ne connaissons pas autrement ce document.
328
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Aucune précision, — mais, à ce ton, le lecteur non prévenu croirait assister
aux épanchements d’un fils unique prématurément privé de son père :
en fait, celui qui parle ainsi n’était que le troisième de quatre fils (le second
depuis la mort de l’aîné, Manuel, survenue alors que lui-même avait quinze
ans), sans parler des quatre sœurs, et il avait eu le temps de connaître son
père ! Mais cette stylisation, pour s’exprimer en termes affectifs, et d’une
affection telle qu’on la croirait exclusive, n’a en réalité d’autre objet, en
tête de ce texte officiel, que de justifier et de fortifier un acte de gouvernement
aussi important et aussi étranger à la tradition étatique byzantine que cette
délégation formelle, solennelle, d’un pouvoir quasi souverain à une femme,
* 10
presque a une nonne .
Lu de cette façon, ce préambule n’a rien au fond que de très naturel,
Alexis ne l’a «écrit», c’est-à-dire inspiré et signé, ni pour raconter sa vie
et ouvrir son cœur à ses sujets, ni pour renseigner les historiens futurs,
curieux de grande ou de petite histoire. Rehausser le rôle de sa mère au point
de laisser entendre qu’il doit tout à elle, rien à son père, et qu’il a été le seul
objet de ses soins, à plus forte raison ne souffler mot de sa femme — qu’à
lui seul son âge, toute autre considération mise à part, aurait d’ailleurs empê-
chée de tenir un rôle dans cette espèce de régence à laquelle au contraire
Anne Dalassène était bien préparée —, ce sont là simples effets de perspec-
tive, dont notre curiosité ne peut rien tirer. Mais si déjà Alexis lui-même,
ou le rédacteur de service, a pu se prendre à son propre jeu en développant
avec cette complaisance le côté sentimental de la situation que, froidement,
il veut mettre en valeur, — à plus forte raison voit-on le parti que pouvait
tirer, de ces suggestions et de ces silences même, quelque rhéteur en quête
d’un sujet romanesque et inédit, d’un beau thème à amplifications ingénieu-
ses et pathétiques. Un rhéteur qui feuilletait VAlexiade et qui, tombant sur
ce début de chrysobulle quelques pages après l’évocation discrète, mais assez
claire, de la rivalité entre les deux familles et entre les deux femmes, aurait
voulu, en somme, resserrer l’intrigue, faire ressortir l’antithèse, en rejetant
dans un lointain passé le père défunt et en amenant au premier plan pour
19. Il s’agit en effet de bien plus (en dépit des apparences) que d’une association au
trône, — et de tout autre chose également que de l’autorité de fait reconnue (ou aban-
donnée) par plusieurs des prédécesseurs d’Alexis à ce personnage caractéristique de la
période précédente — au demeurant, toujours un homme —, le « ministre tout-puissant » ;
voir les exemples (où l’on remarque l’absence significative d’un «titre spécial» qui
« consacre (ce) rôle ») dans P. Lemerle, Cinq études sur le xie siècle byzantin, Paris 1977,
p. 260-263, avec la conclusion : « (ces personnages) n’ont pas leur équivalent sous Alexis
Comnène, où leur rôle est tenu par la mère de l’empereur Anne Dalassène, puis par sa
femme Irène Doukas».
IIopvtxT) "f] rûv BouXyàpcov pamXeia
329
la « scène à faire », cette délibération impériale en forme de TtpoocûKOKoita,
l’épouse effacée, toute passive, de V Alexiade, — quitte à faire d’un préam-
bule de loi un monologue hugolien, et du Basileus légiférant un empereur,
au sens précis où Corneille emploie ce terme, de tragi-comédie.
II
Le texte du second fragment est bien conservé : une minime correction
(deux mots intervertis par un lapsus du copiste), un supplément qui s’impose
(deux autres disparus dans un trou du papier) et, à peine plus problématique,
un complément facile20 suffisent à restituer une phrase coulante. La seule
obscurité, en somme, de ces trois lignes est dans le premier mot, dans le sens
exact du qualificatif Tropvixv) appliqué au « royaume des Bulgares ».
En l’absence de tout contexte, et même d’un point de repère indiquant
si c’est le premier ou le second Etat bulgare que visait un morceau dont nous
pouvons seulement dire qu’il est antérieur au xive siècle, c’est dans cette
brève phrase elle-même que nous devons chercher la lumière. Cette série
de quatre oppositions, en tout cas, montre que ce que l’auteur reproche ici
aux Bulgares n’est pas une particulière immoralité (en ce cas d’ailleurs, c’est
[xoi^ixoç par exemple que l’on attendrait, plutôt que rcopvixoç) : elles
orientent au contraire l’attention vers l’emploi fréquent dans l’Ancien
Testament du vocabulaire et de l’imagerie de l’adultère et de la prostitu-
tion, pour flétrir les infidélités dont la nation sainte ou la ville de Jérusalem
se rend coupable envers l’alliance quasi conjugale qui l’unit à Dieu. De ces
infidélités, les désordres moraux en général, et particulièrement en matière
sexuelle, ne sont qu’une conséquence et un signe : l’essence en est le refus
pratique du monothéisme intransigeant du Sinaï, du culte exclusif que récla-
me, et que seul accepte, ce Dieu « jaloux », ce Dieu sans image, sans parèdre
et sans mythe. Pour évoquer toutes les formes de cette infidélité, le seul
ton qui convient est celui de l’invective et du sarcasme, et le prophète
ne s’embarrasse pas de nuances, pour distinguer rigoureusement « femme
adultère » et « prostituée » : les deux d’ailleurs étaient-elles tellement dis-
tinctes, dans une société (et dans l’image qu’elle nous donne d’elle-même
en cette transposition symbolique) où, de quelque nom qu’on l’appelle,
c’est surtout l’inconduite de la femme qui est clouée au pilori ? Il faut égale-
ment se souvenir qu’à certaines époques au moins de l’histoire d’Israël, un des
20. J. Grosdidier de Matons propose, au lieu d’ajouter <tô 8t;>, de considérer çtXoao-
çcôraTOv comme une remarque marginale introduite dans le texte.
330
MÉLANGES IVAN DUJCEV
dangers majeurs pour le culte de Yahveh — danger de concurrence ou
danger de contamination — a été la prostitution sacrée : c’est-à-dire, insé-
parablement, une faute religieuse contre le culte du vrai Dieu, lequel refuse
absolument soit d’être confondu soit d’être associé avec les divinités qui
dispensent par magie sympathique la fécondité des champs et des trou-
peaux, et une faute contre l’éthique sexuelle assez rigoriste qui est tradition-
nelle dans le Peuple de l’Alliance.
Aux exégètes, ce rappel paraîtra rapide, superficiel même : peut-être
aidera-t-il le non spécialiste à sentir ce que pouvait évoquer le terme à
l’esprit d’un lecteur de la Septante, et de toute la littérature chrétienne qui
s’en est nourrie21. Un simple coup d’œil sur une Concordance22 montre que
Kopvy; et ses dérivés sont deux fois plus fréquents, au moins, dans la traduc-
tion grecque de l’Ancien Testament, que izor/oç et les termes apparentés,
— que dans les deux familles le sens principalement ou exclusivement
métaphorique, tel que nous l’avons souligné, est plus courant que le sens
exclusivement « moral », — enfin que, dans cet emploi métaphorique,
« adultère » et « prostitution » sont des images interchangeables. En somme,
la prostituée —puisque c’est presque toujours d’une femme qu’il s’agit,
ou d’une personnification féminine, soit la ville de Jérusalem (ou ses syno-
nymes : Fille de Sion, etc.), soit une hypostase féminine de la collectivité
qui est la partenaire de Dieu, interpellée comme telle, en son nom, par le
prophète23 —, c’est dans la langue des Septante le peuple ou toute partie
du peuple infidèle à l’Alliance qui fait toute sa dignité et sa légitimité, et
qui par là ment en quelque sorte à son statut, à sa définition.
On voit par quels chemins cette notion, ou simplement cette image,
historico-religieuse à sa source, peut se rapprocher de ce qu’évoquent les
quatre oppositions qui, dans notre texte, définissent, ou plutôt situent,
comme des points de repère, cette tare de la « prostitution » infligée au
« royaume bulgare » : les deux premières évoquent, en un parallélisme
synonymique qui n’est que redondance, le rapport de l’image — inférieure
par définition, et en quelque sorte trompeuse — à la réalité, selon ce qu’on
21. On peut s’en faire une première idée en parcourant les articles rropveîa, Ttopveéeiv,
Ttôpvr), dans Lampe (G.W.H.), A Patristic Greek Lexikon, p. 1121 s.
22. Hatch (E.), Redpath (H.A.), A Concordance to the Septuagint, pp. 932 et 1194 s.
23. Particulièrement caractéristique est le c. 16 d’Ézéchiel, où revient trois fois le
terme Ttépvr) (versets 30, 31, 35; cf. 24, nopvtxév), l’allégorie la plus suivie et
qui présente les détails les plus crus, sur les infidélités qui ont marqué l’histoire d’Israël,
représenté sous les traits d’une sorte de nymphomane (certains de ces traits ont pu inspirer
l’auteur de la Vie de Marie l’Egyptienne), alors qu’en fait les prostitutions sacrées ne
sont qu’un détail dans cette suite d’idolâtries ou de concessions à un syncrétisme religieux.
Ilopvüd) t; tcôv BouXyàpcov pamXsia 331
pourrait appeler l’interprétation pessimiste du platonisme; les deux der-
nières s’efforcent, dirait-on, de serrer de plus près, dans un souci affiché
de technicité « philosophique », l’essence purement négative de ce rapport.
De même que le mal, selon toute la tradition anti-manichéenne (elle-même
enracinée dans la plus authentique tradition platonicienne et déjà socra-
tique, autant dire congénitale à l’esprit grec), à proprement parler, n’est
rien, n’étant que la privation du bien, de même l’image qui veut se faire
passer pour la réalité n’est qu’illusion, que privation de la vérité. A la fois
erreur et perversion : en un mot, mensonge24.
L’histoire des relations entre la paoiXeta rcov BouXyàpcov et le seul
Empire qui (ne l’oublions pas), en rigueur de terme, pouvait revendiquer
légitimement ce titre de pamXefa, est assez mouvementée pour ne laisser
que l’embarras du choix, à qui voudrait deviner en quelle circonstance
précise un sujet du second a pu ainsi décharger son ressentiment et son
mépris. Peut-être, au terme de l’étude des deux fragments qui suivent,
pourrons-nous proposer, comme une conjecture vraisemblable, l’épisode
qui aurait été l’occasion. Quoi qu’il en soit de cette précision, nous croyons
que l’analyse qui précède a suffisamment dégagé la portée du texte, la
pointe du sarcasme, — et qu’elle nous excuse d’avoir peut-être, dans notre
traduction, sacrifié une littéralité minutieuse à l’effort pour fournir au
lecteur français un équivalent plus parlant et plus clair, que ce soit par le
choix du terme approximatif, voire anachronique, de « nation», faute d’un
synonyme féminin à « royaume » ou « empire », — ou bien par celui d’une
épithète, « décevante », qui exténue malheureusement la verdeur du mot grec.
(A suivre)
24. Peut-être l’influence de cette tradition biblique, que nous croyons prédominante,
est-elle renforcée par celle d’un topos bien attesté dans ce qu’on pourrait appeler la dia-
tribe chrétienne, au moins depuis Chrysostome : par opposition à la femme honnête,
dont la beauté ne doit rien à l’artifice — et qui d’ailleurs la dissimule soigneusement aux
regards —, la prostituée affiche une beauté artificielle, qui doit tout au fard, tandis qu’en
réalité les traits de son visage correspondent à sa laideur intérieure et à sa déchéance.
Par ce biais encore, Ttopvixôç aboutit donc au sens « illusoire, menteur ».
SOUTH SLAVS IN MALTA
Anne E. PENNINGTON
The vinovnink of this volume has set us an example by his devoted pursuit
of manuscripts even into the remoter countries, sparsely populated by Slavs1.
Perhaps one may offer him a note — though trivial — on a book in Malta
’serendipititiously lighted on’ some years ago by J.S.G. Simmons, but
not yet fully described2. MS Valetta 470 consists of one printed section —
a slightly imperfect copy of the Psalter element of Ivan Fedorov’s Psalter
and New Testament (Ostrog, 1580), and one manuscript section. This
occupies fols. 98-346 and comprises four main parts, with some insertions.
It contains liturgical texts, written in Church Slavonie of the Serbian
recension, dating from the end of the sixteenth or the beginning of the
seventeenth century. The printed and manuscript sections are bound
together and there are two fly-leaves and a paste-down at the front and the
back, on which are a number of inscriptions, most of them evidently dating
from the seventeenth century.
Two of these inscriptions belong to the tradition of apocryphal prayers
and practices, especially widespread amongst South Slavs during the six-
teenth and seventeenth centuries3, but not unknown later, even in the
1. See most recently I. Dujcev and A. D&jrova, Slavjanski râkopisi ot Britanskija
Muzej i Biblioteka, Sofia, 1977.
2. See J.S.G. Simmons, Early-printed Cyrillic psalters at Lambeth and Valetta, « Sola-
nus» (London : National Central Library), No. 3 (July, 1968), pp. 10-11. It is hoped
that a fuller description of the manuscript section of the book will shortly appear.
3. See I. Dujcev, Edin râkopisen svitâk s apokrifni molitvi i zaklinanija, BAN Institut
za literatura. « Starobâlgarska literatura. Izsledvanija i materiali» I. Sofia, 1971, pp.
157-166 ; further bibliography there too. Not ali the articles he cites hâve been available.
334
MÉLANGES IVAN DUJCEV
twentieth century (I hâve recently corne across a Russian tajnoe pis'mo
in use as a charm or amulet).
One inscription is on fol. 346v, one of the back fly-leaves. It is the so-
called ’Seal of Solomon’, the rebus formed of the letters of Pater Noster
with A(lpha) and O(mega). This rebus, used as an object of piety in Europe
as early as the third century (the five words representing the five wounds
of Christ, or the names of the five nails), eventually travelled as far as Ethiopia
and Brazil4. It may hâve corne to Serbia via Russia, where it was probably
known by the fifteenth century — Sobolevskij cites a sixteenth-century
manuscript where it appears, in Cyrillic letters, apparently copied from a
translation made by Archbishop Gennadij of Novgorod5.
MS Valetta 470 shows the rebus in Cyrillic in a corrupt form on fol.
346v :
Sator
AREPO
TEPOT
OPERA
ROTAS
and it is copied in a still more corrupt form on the back paste-down :
SATORA
REPO<P>ERA
ROTAS”
Obviously the original sense is lost and the palindrome spoilt by the
alteration of SATOR to §ATOR and of TENET to TEPOT. The first
alteration is presumably an attempt to make at least one word compré-
hensible, and it appears to hâve been common in Serbia, though sometimes
the palindrome is restored by the modification of the last word to ROTAS6.
The rebus was apparently often used in this period as a charm against
the bite of a mad dog — there is a note on fol. 346v : Sïà slôva ot besna
psà — and Dujcev, Novakovic, and Jacimirskij record the same intention.
Evidence of its efficacity is, not surprisingly, lacking.
4. See J. Carcopino, Le christianisme secret du carré magique, « Muséum Helveticum »
V. 1 (1948), pp. 16-59.
5. See A.I. Sobolevskij, Perevodnaja literatura Moskovskoj Rusi XIV-XVIII vv.,
« Sbornik ORJaS imp. AN » LXXIV. Saint Petersburg, 1903, p. 226.
6. See A.I. Jacimirskij, K “ istorii loznyx ” molitv “ v ” juznoslavjanskoj pis’mennosti,
«Izvëstija ORJaS imp. AN », XVIII. 3. SPb., 1913, p. 96, for a palindromie Serbian ’Seal’ ;
also S. Novakovic, Apokrifski zbornik nasega vijeka, « Starine», XVIII, Zagreb, 1886,
p. 181 and I. Dujcev, op. cit., (note 3), p. 165 for two non-palindromie versions.
SOUTH SLAVS IN MALTA
335
The other inscription, on fol. 344, which had been left blank, is a list
of ’evil days’, the days of each month on which no important business
should be begun. This also belongs to a well-known tradition, but since
there is some disagreement between sources as to which these unlucky
days are, it is worth reproducing the full list : September 3, 24, October
3, 21, November 10, 11, December 6, 14, January 2, 4, February 1, 23,
March 4, 20, April 20 (one only), May 6, 20, June 3, 12, July 6, 22, August
4, 87.
The Valetta MS daims that these days were given to Moses for the gui-
dance of Israël, Tixonravov’s fifteenth-century Serbian manuscript names
the priest Sixar (scil. Sirax) as intermediary, Gorskij and Nevostruev’s
sixteenth-century Russian source names the Archangel Michael. Evidently
it was essential to find an authoritative figure to support such rules, but
it is curious the tradition was not more stable.
7. For other such lists see N. Tixonravov, Pamjatniki otrecennoj russkoj literatury
I. SPb., 1893, p. 386 ; S. NovakoviP, Primeri knjizevnosti i jezika staroga i srpsko-slo-
venskoga (3rd ed.), Belgrade 1904, pp. 608, 620 ; A.V. Gorskij and K.I. Nevostruev,
Opisanie slavjanskix rukopisej Moskovskoj Sinodal'noj Biblioteki III. 2. « C'ienija OIDR
imp. AN », M., 1917, 4, p. 265.
LA SITUAZIONE DELL’ EUROPA ORIENTALE
DOPO LA CADUTA DI SMEDEREVO (1439)
IN UNA LETTERA INEDITA
DI FRA RARTOLOMEO DI GIANO
f Agostino PERTUSI
E’ noto che l’ancor giovane sultano Murâd II, dopo il fallimento dell’asse-
dio di Costantinopoli (10 giugno - 6 settembre 1422) e dopo la conquista
di Tessalonica operata dalla flotta turca al comando deU’ammiraglio Hamza
Beg (29 marzo 1430), regno tranquillamente per alcuni anni (1431-1437)1.
Ciô malgrado Ducas, parlando proprio délia caduta di Tessalonica, del
sacco délia città e délia deportazione in schiavitù délia popolazione, scrive
che essa fu « un brutto inizio e di funesto presagio per ciô che sarebbe
successo nella capitale»2. Si tratta, ovviamente, di una riflessione inse-
rita qui, dopo che altri eventi ben più gravi si erano avverati, per dar mag-
gior risalto drammatico alla narrazione degli awenimenti assai tragici per
1. Corne è noto, l’assedio posto a Costantinopoli nel 1422 era un atto di vendetta
per l’aiuto dato da Manuele II a Mustafâ, presunto figlio di Bajezid, sconfitto da Murâd II
nei pressi di Gallipoli (22 genn. 1422). Nel 1423 c’era stata l’invasione délia Morea del
generale Turachan Beg, poi l’incursione contro l’Albania e il blocco per mare di Tessa-
lonica, ceduta poi dai Bizantini ai Veneziani, i quali riescono a concordare con i Turchi
un grosso tributo annuale. Nel 1428 era avvenuto il primo grande attacco contro la
Serbia e fra il 1426 e il 1430 la riconquista délia Karamania e la sottomissione di Ibrâhîm
Beg : cfr. F. Babinger, Maometto il Conquistatore e il suo tempo, trad. it. di E. Polacco,
Torino2 1967, pp. 7-15.
2. Ducas, Istoria turco-bizantina (1341-1461), ed. V. Grecu, Bucureçti 1958, pp. 249,
16-251, 21, e particolarmente p. 251, 5-6 .
338
MÉLANGES IVAN DUJCEV
tutta l’Europa orientale che seguiranno a breve distanza di tempo. In
realtà, Murâd II, fatta la pace con Venezia (4 settembre 1430)3 e in pace
anche con l’imperatore Sigismondo di Lussemburgo, re d’Ungheria, di
Boemia e di Germania, col quale aveva stipulato più di una volta patti
di tregua e li aveva rinnovati nel novembre 1433, sembrava soddisfatto dei
risultati ottenuti4. L’occasione per intervenire di nuovo nelle regioni
dell’ Europa orientale venne al momento in cui il nipote di Sigismondo di
Lussemburgo, Alberto V d’Austria, fu incoronato re di Ungheria e di
Boemia il 1 gennaio 1438, succedendo a Sigismondo, deceduto a Znaim
il 9 dicembre 1437, non senza contrasti con la classe nobile ungherese.
Per quale ragione Murâd II abbia deciso tutto ad un tratto di riprendere
l’offensiva contro la Transilvania e poi contra la Serbia, non è del tutto
chiaro ; pare che fosse stato spinto a ciô da alcuni elementi délia sua corte,
convinti che fosse venuto il momento di approfittare délia situazione pro-
fondamente turbata dell’Ungheria, ma non è da escludere che il sultano
ritenesse il nuovo imperatore non molto favorevole a rinnovare i patti di
tregua precedentemente conclusi con Sigismondo. Puô essere un indizio
forse il fatto che l’offensiva riprese allô scadere dei cinque anni délia tregua
del 1433, cioè nell’autunno del 1438. Comunque sia, è certo che nell’estate
del 1438 Murâd inviô un corpo di spedizione contro la Transilvania al
comando di 'Alî Beg, figlio di Evrenos, e al suo fianco parteciparono anche
le truppe del despoto Giorgio Brankovic délia Serbia e del principe Vlad
Dracul délia Valacchia, nella loro qualité di vassalli del sultano.
La spedizione contro la Transilvania, svoltasi fra l’agosto e l’ottobre del
1438, ci è narrata, da punti di vista diversi, dallo storico bizantino Ducas,
da fra Bartolomeo di Giano e da fra Giorgio di Ungheria5. Secondo Ducas
gli invasori avrebbero trovato le città abbandonate dagli abitanti, si sarebbe-
3. S. Romanin, Storia documentata di Venezia, IV, Venezia2 1913, pp. 236 e 529-531
(testo del trattato inserito in quello del 18 apr. 1454 con Mehmed II) ; G.M. Thomas-
R. Predelli, Diplomatarium Veneto-Levantinum sive Acta et diplomata res Venetas,
Graecas atque Levantis illustrantia a. 1300-1454, II, Venetiis 1889, n° 182, pp. 343-345 ;
H. Kretschmayr, Geschichte von Venedig, II, Gotha 1920, rist. anast. Aalen 1964, pp
355-356 e 634.
4. Babinger, Maometto..., p. 15.
5. Cfr. Ducas, Istoria..., p. 259, 1-20 ; Bartholomaei de Jano, Epistola de crudelitate
Turcarum, PG 158, c. 1058 B (altra edizione di questo testoameinaccessibilediDeGuber-
natis in A.M. Della Torre, Orbis seraphicus, Historia de tribus ordinibus, II, Quaracchi
1886, pp. 837-841) ; Theodorus Bibliander, Machumetis Sarracenorum principis vita
ac doctrina, Basileae 1543, vol. II, p. 8 (Georgii de Hungaria Tractatus de moribus, condi-
cionibus et nequicia Turcorum, prologus : per le edizioni precedenti di questo testo cfr.
J.A. Palmer, Fr. Georgius de Hungaria, O.P. and the Tractatus de moribus condicionibus
et nequicia Turcorum, « Bulletin of the John Rylands Library », 34, 1951-1952, pp. 64-68).
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
339
ro impossessati di un piccolo villaggio (Sighiçoara ?), avrebbero infine
assediato inutilmente la cittadina di « Zipinion » (cioè, Sibiu o Hermann-
stadt) e si sarebbero ritirati, per paura di qualche imboscata. Secondo
invece gli altri due memorialisti le devastazioni sarebbero State ben più
gravi. Bartolomeo di Giano6, scrivendo il 12 dicembre 1438 al proprio
confratello dei Frati Minori, Alberto da Sarteano, allora a Venezia, da
Costantinopoli, « eminentissimo loco, in capella videlicet Constantini
iuxta palatium eius, quam sancti Hieronymus et Augustinus et Nicolaus
cum reliquis tercentis octodecim patribus Chalcedonensis concilii conse-
crarunt»7 (allude certo al convento di S. Antonio dei Cipressi dei Frati
Minori, iniziato in quegli anni, non lontano dall’antico Palazzo impériale8),
cosi si esprime :
« Ubi est ille Hieremias propheta, qui non unam solam defleat civitatem,
sed très, sed quatuor, sed castra atque villas innumeras, magnam dico ac nota-
bilem patriam, habitatoribus et divitiis opulentissimam, iam destructam in cine-
remque redactam, de mense videlicet Augusti praesentis anni ; patriam dico
fidelium populorum, qui Saxones nuncupantur in patria Transylvana, quae,
ut frater mihi narrat ex praeda redemptus, OCtO dierum longitudine et trium lati-
tudine tendebatur, quae prius Septemsolia [= Siebenbürgen] dicebatur, nunc
vero quid nominetur ignoro, nisi forte locus lamentationis et planctus... Très
magni montes capitum occisorum hominum facti sunt ibi, qui se pacifice eorum
manibus tradere noluerunt, corporibus per convexa montium rotulatis, lupis
et canibus atque avibus horrenda cibatio ; sacerdotes, religiosi, iuvenes et antiqui,
dum tamen ambulare possent, in catenis ferreis perducti sunt ad caudas equorum ;
6. Su Bartolomeo di Giano, OFM, la sua vita e le sue opéré, cfr. J. Govens, in Dict.
de géogr. eccl., VI, 1932, c. 1005 ; A. Teetaert, in Dict. de droit canon, II, 1935, cc. 212-
213 ; A. Alecci, in Diz. biogr. degli ital., VI, 1964, pp. 723-724 ; Repert. Font. Hist.
Medii Aevi, II, Roma 1967, pp. 452-453. Sempre utili : L. Wadding, Annales Ordinis
Minorum, ad Claras Aquas 1932, voll. X, pp. 127, 210, 274 ; XI, pp. 67, 166, 244, 248-
251 ; XIV, pp. 404-405 ; XV, p. 368 ; ID, Scriptores Ordinis Minorum, Romae 1906,
pp. 37, 39 ; H. Sbaralea, Supplementum et castigatio ad Scriptores Trium Ordinum S.
Francisci, I, Romae 1908, pp. 117, 126. Bartolomeo di Giano era stato prescelto assieme
ad altri confratelli, tra cui Alberto da Sarteano, nel capitolo di Bologna del 1431 per esser
inviato in Oriente. Partito nel 1435, molto probabilmente verso la fine di quell’anno, su
invito del papa Eugenio IV, rimase a Costantinopoli almeno fino al 1443 (cfr. più innanzi,
n. 15). Nel 1444 fu nominato « vicario délia provincia orientale» deU’Ordine dei Frati
Minori, ma non si sa quando sia rientrato in Italia. E’ probabile che gli ultimi anni délia
sua vita li abbia trascorsi tra Assisi e Perugia ; morl nel 1483 ed è sepolto nel convento
di San Francesco de Monte a Perugia.
7. Bartholomaei de Jano Epistola..., c. 1060 B.
8. Cfr. A. BelIN, Histoire de la latinité de Constantinolpe, Paris2, 1894, pp. 105, 108 ;
R. Janin, La géographie ecclésiastique de l’Empire Byzantin, I, Le siège de Constantinople
et le patriarcat oecuménique, 3, Les églises et les monastères, Paris1 1969, p. 577.
340
MÉLANGES IVAN DUJCEV
reliquum vero vulgus cum pueris et mulieribus ut pecora a canibus impulsa sunt
absque ulla misencordia vel pietate... » .
C’è molto probabilmente délia esagerazione nel racconto di fra Bartolo-
meo e già certo nella narrazione che gli aveva fornito un confratello, il
quale aveva assistito alla tragedia délia regione transilvana e che aveva
seguito le torme delle persone fatte schiave fino ad Andrinopoli, dove poi
era stato riscattato e liberato. Anzi, fra Bartolomeo soggiunge che, in conco-
mitanza con questa spedizione, molto probabilmente al ritorno, « plus-
quam sexaginta millia, ut dicitur, animarum asportavit de regno Rasiae
[= Serbia], Hungariae convicino »9 10, e che già da più di venticinque anni
« anno quolibet non minus quam decem vel quindecim millia, pauciora
dico, ut credas, animarum rapit»11, dove è da vedere forse un’ allusione
alla consuetudine, che si andava affermando in quegli anni, del « devsir-
me», cioè del reclutamento forzato dei giovinetti12. Pare comunque,
a quanto racconta fra Bartolomeo, che quando già l’esercito turco stava
per rientrare dalla spedizione, si staccassero da esso circa 25.000 uomini,
i quali, tornati in Ungheria, « Hungaros quasi iam securos repentissime
invaserunt in quadam provincia quae dicitur Siculorum [= Szekels], quasi
in medio Hungariae», facendo ivi prigionieri altri trentamila uomini13.
La spedizione transilvana del 1438 era stata da tempo prevista e temuta a
Costantinopoli, tanto che fra Bartolomeo aveva scritto più lettere a re e
principi per invocare il loro aiuto :
« Nam et ego ex parte maiorum et fratres direxi et litteras plusquam triginta
conscripsi diu ante de mense Decembri [sciï. 1437], quando ille parabat exercitum
contra ipsos ; et has ad imperatorem [= Sigismundum] et duces rnisi, quas et
habuerunt et legerunt, nec curaverunt, prout exitus ipse demonstrat »14.
Purtroppo tali lettere, fino a questo momento, che io sappia, non sono
State ritrovate, e solo a grande fatica si riesce oggi a riunirne soltanto tre,
una inedita, di cui publichiamo qui il testo, scritta avanti l’aprile 1440,
corne vedremo, e Paîtra, conosciuta in una versione in francese antico, del
3 febbraio 144315. Ed è un grande peccato, perché queste lettere di fra
9. Bartholomaei de Jano Epistola..., c. 1058 B.
10. Ibid., c. 1057 D.
11. Ibid, cc. 1057 D - 1058 A.
12. Ibid., 1. c., e più innanzi, cfr. n. 45.
13. Ibid., cc. 1060 D - 1061 A.
13. Ibid., cc. 1060 D - 1061 A.
14. Ibid, c. 1064 BC.
15. Segnalata già dal Palmer, Fr. Georgius de Hungaria..., p. 55 n. 2, che ha corretto
l’errore di interpretazione dell’editrice, la quale aveva inteso l’espressione «de Jenne»
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
341
Bartolomeo ci restituirebbero un’immagine ancor più chiara e realistica
délia situazione dell’Europa orientale fra il 1435, anno in cui egli giunse a
Costantinopoli, e il 1444, anno in cui venne nominato « vicario délia pro-
vincia orientale » dei Frati Minori.
La versione dei fatti data da Giorgio di Ungheria16 è più circoscritta,
nel senso che è da lui incentrata sull’avvenimento che gli costô la prigionia
di vent’anni in mano turca, cioè sulla caduta di Szâszebes (= Mühlbach) :
« Cum anno Domini mccccxxxvi [in realtà, 1437] in obitu imperatoris Roma-
norum Sigismundi magna inter Hungaros et Alemannos exorta fuisset dissensio
de faciendo rege, eo quod imperator legitimum successorem sibi non reliquisset,
Turcus magnus, qui vocabat (-atur ?) Moratbeg, pater illius qui nunc régnât,
videlicet Mechemetbeg, cum magna exercitus multitudine partes illas intravit.
Dicebatur enim habuisse trecenta milia equitum, ea intentione ut totam Hunga-
riam devastaret : quod fecisset, nisi cuiusdam fluvii inundatio — Deo disponente
— sibi impedimento fuisset. Ilia itaque intentione frustratus, direxit aciem ad
provinciam ultramontanam quae Septemcastra [= Siebenburgen, Transilvania]
vocatur et omnia sibi occurrentia crudeliter devastavit et demolitus est, nullo
sibi impedimento obstante. Ea tempestate ego iuvenis XV vel XVI annorum,
eiusdem provinciae, anno praecedente recesseram de loco [= Ramocz, Rumes]
civitatis meae et veneram in quoddam castellum seu civitatulam nomine Schebesch
[= Szâszsebes] secundum Hungaros, in Teutonico vero Muelenbag. [= Mühl-
bach], studendi gratia. Quae quidem civitas tune erat satis populosa, non multum
tamen bene munita. Ad quam, cum Turcus venisset, et castris positis expugnare
cepisset, dux Valachorum [= Vlad Dracul], qui cum Turco venerat propter
antiquam, quam prius contraxerat cum civibus ipsius civitatis, amicitiam, venit
ad murum et sedata pugna vocatis civibus persuasif, ut suis consiliis consentirent
et cum Turco non pugnarent, eo quod nequaquam civitatis munitio esset sufficiens
ad resistendum — hoc enim eius erat consilium, ut civitatem Turco cum pace
darent —, et ipse a Turco impetrare vellet, quod maiores civitatis usque ad terrant
suam secum ipse duceret et postea, quando placeret eis, recedere vel etiam stare
possent, reliquum vero vulgus sine aliquo rerum vel personae detrimento Turcus
corne se fosse «de Gênes», è stata pubblicata dal cod. Paris, fr. 1278, ff. 130-133, in
Anchiennes chronicques d’Engleterre par Jehan de IVawrin, Choix de chapitres inédits
annotés et publiés... par Mlle Dupont, II, Paris, 1859, pp. 2-11, e riprodotta da N. Jorga,
Les aventures ‘sarrazines’ des Français de Bourgogne, in C. Marinescu, Mélanges d’his-
toire générale, I, Cluj 1927, pp. 35-42. La data indicata alla fine délia lettera : « Escript
en Constantinoble le IIIe de février l’an M.CCCC. et XLII», è certo errata. Vi si parla
infatti di avvenimenti verificatisi fino al 2 sett. 1442, corne vedremo, e quindi non « XLII »,
ma « XLIII » (e cosi è datata già dallo Jorga). Non si comprende bene che cosa abbia
voluto dire la Dupont nella nota : « fin de l’année» del 1442.
16. Su Giorgio di Ungheria cfr. Fl. Banfi, Fra Giorgio di Settecastelli O.P. detto
Georgius de Hungaria, « Memorie domenicane», 56 (1939), pp. 130-141 e 202-209 ;
Palmer, Fr. Georgius de Hungaria..., pp. 44-68 ; Babinger, Maometto..., pp. 16 e 455-456.
342
MÉLANGES IVAN DUJCEV
in terram suam duceret illicque data ipsis terra ad possidendum, deinde ad placi-
tum recedere vel habitare in opportunitate temporis in pace possent»17.
I patti vengono mantenuti e l’indomani la maggior parte délia popola-
zione se ne va via pacificamente. Ma due fratelli, di cui uno era stato il
« castellanus » délia città, si rifiutano di aderire ai patti, a lui si uniscono
altri, tra cui Giorgio di Ungheria, e decidono di combattere fino alla morte
rinchiusi in una torre ; ma ben presto i Turchi hanno il sopravvento e
catturano i pochi rimasti vivi nella torre. Cosi, anche Giorgio di Ungheria,
cadde prigioniero, venne venduto a dei mercanti di schiavi che lo trassero
in catene fino ad Andrinopoli, rimanendo in stato di schiavitù per venti
anni (1438-1458). Solo molto tempo dopo, verso gli anni settanta18, pose
mano a descrivere le sue terribili esperienze presse i Turchi nel suo Tracta-
tus de moribus, condicionibus et nequicia Turcorum.
Il nostro Giorgio dunque fu meno fortunato del confratello di fra
Bartolomeo, il quale, corne si è visto, riusci a liberarsi poco tempo
dopo esser giunto ad Andrinopoli ; in ogni caso, avanti il 12 dicembre
1438.
Ma la spedizione contro la Transilvania non fu che il prodrome délia
ripresa delle ostilità di Murâd II contro l’Europa orientale. L’anno dopo
avveniva l’irruzione nella Serbia, e questa volta l’esercito era comandato
dal sultano stesso. Pare che, pure all’origine di questa spedizione, ci sia
l’intento di Murâd II di approfittare délia lotta per la successione al trono
dell’impero19 per conquistare una fetta del territorio europeo, nella convin-
zione che Alberto V d’Austria non avrebbe potuto aiutare validamente il
despoto di Serbia, Giorgio Brankovic. Invano questi sperô di acquistarsi
il favore del sultano concedendogli in moglie la figlia Mara, di circa sedici
anni20. Verso l’estate del 1439 avevano inizio le operazioni contro la Ser-
bia : in Italia, a Firenze, nello stesso anno, stava per concludersi il Concilie
di Firenze con l’accordo tra la Chiesa greca e quella latina21. Era ormai
troppo tardi per poter sperare negli aiuti promessi dagli Occidental!. Pare
17. Theodorus Bibliander, Machumetis..., p. 8. Sul luogo di nascita, Romocz o
Rumes, dato da una glossa di un antico manoscritto, cfr. Palmer, Fr. Georgius de Hun-
garia..., p. 45.
18. Banfi, Fra Giorgio..., p. 207 ; Palmer, Fr. Georgius de Hungaria..., pp. 45-46.
19. Cfr. C.J. Jirecek, Geschichte der Serben, II 1, Gotha 1918, rist. anast. Amsterdam
1967, pp. 175-176 ; Babinger, Maometto..., p. 15.
20. Jirecek, Geschichte der Serben..., II 1, p. 170.
21. L’unione venne proclamata dal card. Giuliano Cesarini, per i Latini, e dal Bessa
rione, vesc. di Nicea, per i Greci, il 6 luglio 1439 in Santa Maria del Fiore : cfr. J. Gill,
Il Concilia di Firenze, trad. it. di A. Orsi Battaglini, Firenze 1967, pp. 350-352.
l'europa orientale dopo la cadijta di smerderevo
343
che il despoto Giorgio avesse chiesto a Venezia la città di Dulcigno suite
costa22, forse corne rifugio neH’imminente pericolo, ma Venezia non accon-
senti alla sua richiesta e poco dopo faceva rispondere al « cornes » di
Cattaro che « capitula pacis, quam habemus cum Despoto Georgio non
obligant nostrum Dominium accipere loca sua aut subditos suos in protec-
tionem neque guerram pro eis sumere» (12 luglio 1439)23. La richesta
di potersi rifugiare sulla costa da parte di Giorgio Brankovic si fece molto
più pressante poco dopo la caduta di Smederevo, ma anche quella volta
Venezia fece rispondere che non intendeva cedergli Dulcigno e che, se egli
si fosse rifugiato in territorio sotto il dominio veneziano, sarebbe stato
accolto con la sua famiglia, e il « cornes » di Scutari gli avrebbe versato la
somma di denaro che gli spettava (2 gennaio 1440)24.
E’ chiaro che Venezia a quella data non era ancora al corrente délia
tragedia di Smederevo, ma poco dopo veniva a sapere che il despoto
Giorgio era fuggiasco dalla sua patria ed era giunto a KJjuc con la sua
famiglia e 1500 cavalieri diretto verso il Friuli (30 maggio 1440)25. Il destino
del sovrano délia Serbia s’era compiuto il 18 agosto 1439, quando la for-
tezza di Smederevo aveva ceduto di fronte aile forze preponderanti dell’eser-
cito turco.
La storia di questa fortezza è nota. Variamente denominata nelle fonti
bizantine e occidental! (Sp.evTopopov, Sphrantzès ; Sp.é8popov, Ducas ;
Sap.àv8p(.a, Critobulo ; SravSépoPov Chalcocondyles ; « Samandra seu
Smederavo », vesc. Martino Segono ; « Semedrum » docc. veneziani ;
«Semendire», in turco ; ecc.)26, sorgeva sul Danubio, alla confluenza
délia Jezava, braccio occidentale délia Veliki Morava. Al momento in cui
Bertrandon de la Broquière passé da queste parti, verso il 1432-1433, il
despoto Giorgio Brankovic non aveva la sua residenza ancora a Smederevo,
22. Il 23 aprile 1439 ; cfr. J. ValentIni, Acta Albaniae Veneta saeculorum XIV et
XV, vol. XVI, Monaci in Bavaria 1972, pp. 56-57.
23. Ibid., pp. 78-79.
24. Ibid., pp. 85-86.
25. Ibid., pp. 95-97.
26. Georgios Sphrantzès, Memorii (1401-1477), ed. V. Grecu, Bucureçti 1966, p.
108, 20 e 24 ; Ducas, Istoria..., pp. 257, 30 ; 261, 24 sgg. ; 273, 13 ; 397, 30 ; Critobuli
Imbriotae De rebus per annos 1451-1467 a Mechemete gestis, ed. V. Grecu, Bucureçti
1963, pp. 185, 31-35 ; 205, 22-23, etc. ; Laonici Chalcocandylae Historiarum demonstra-
tiones, ed. E. Darkô, Budapestini 1922-1927, vol. II, pp. 23, 19-25, 5 ; Martini de Segonis
Quos terrarum limites ed. A. Pertusi, Martino Segono di Nova Brdo, vescovo di Dulcigno.
Un umanista serbo-dalmata del tarda Quattrocento, Roma (in corso di stampa) ; e per la
forma in turco, cfr. D.E. Pitcher, An historical geography of the Ottoman Empire, Leiden
1972, pp. 71 e 166.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
ma abitava, egli dice, « à une ville nommée Nicodem qui est une ville
champestre», che si trovava a mezza giornata di cavallo da Belgrado27.
Secondo Milcevic questa « casa di campagna » di Nekudim sarebbe da loca-
lizzare alla confluenza fra la Jasenica e la Kubrsnica nei pressi di Palanka,
e quindi a 30 km, circa a sud di Smederevo28. A quell’epoca dunque Sme-
derevo non era forse che un piccolo villaggio, sorto nel luogo in cui si tro-
vava in epoca romana la cosiddetta « mutatio Vingeio»29, presso il quale,
nel triangolo di terra formato appunto dalla Jezava, sorse poi la grandiosa
fortezza di stile bizantino. Fu appunto il despoto Giorgio Brankovic
che, ottenuta l’autorizzazione da Murâd II nel 1428, fece costruire dal
cognato Tomaso Cantacuzeno, fratello di sua moglie Jerina, a fianco délia
cittadina di Smederevo, già esistente almeno dal sec. xiv, prima una fortezza
più piccola triangolare, di 120 m. circa di lato, con sei torri laterali ed un
torrione centrale, fra il 1428 e il 1430, corne si puô desumere dall’iscrizione
incastonata ivi, poi una fortezza più grande, che includeva quella più
piccola, fra il 1430 e il 1438, portando a diciannove le torri e da 400 a 500 m.
ciascuno dei tre lati del triangolo30. In essa, e particolarmente nella for-
tezza più piccola, il despoto costitui la residenza sua personale. In effetti,
nella fortezza piccola, si notano ancora le vestigia di un palazzo le cui
bifore si affacciano sul Danubio, e nel trattato del 1435 tra Giorgio Bran-
kovic e Venezia si dice che esso fu stipulato e sottoscritto « apud Semedrum
27. Ch. Scheffer, Le Voyage d'Outremer de Bertrandon de la Broquière, Paris 1892,
rist. anast. Westmead 1972, pp. 208-209.
28. Cfr. C.J. Jirecek, Die Handelstrassen und Bergwerke von Serbien und Bosnien
wahrend des Mittelalters, in Abhandl. d. konigl. bôhm .Gesell. d. Wiss., vi Folge, 10. Band
Cl. f. Philos., Gesch. u. Philol., 2, Prag 1879, p. 88 ; M. Dinic, Oblast centralne Srbiji u
srednjem veku, in Arheoloski spomenici i nalazista u Srbiji, vive Centralna Srbija, Beograd
1956, pp. 58-59.
29. Cfr. K. Miller, Itineraria Romana. Rômische Reisenwege an der Hand der Tabula
Peutingeriana, Stuttgart 1916, p. 499 ; G. Skrivanic, Putevi u srednjovekovnoj Srbiji,
Beograd 1974, p. 83.
30. Sulla fortezza di Smederevo e la sua storia, cfr. Dinic, Oblast centralne..., pp.
61-62 ; A. Deroko, Smederevski grad. Stanovanje u jednom nasem srednjovekovnom
gradu i jos neki drugi nereseni problemi, « Starinar», Arheol. Inst., 2 (1951), pp. 59-98 ;
A. Deroko, S. Nenadovic, Smederevski grad. Ispitivanja 1956 godine, ibid., 7-8 (1956-57),
pp. 181-192 ; A. Deroko - I. Zradvkovic, Zastita ostataka dvorca despota Djuradja u
Smcderevskom gradu, «Zbornik zastita spomenika kulture», 9 (1958), pp. 48-78 ; A.
Deroko - I. Zdravkovic, Konzervatorsko-istrazivacki radovi u Malome gradu Smedere-
vske tvrdjave, ibid., 10 (1959), pp. 137-148 ; I. Zdravkovic, Smederevo najveda srpska
srednjovekovna tvrdjava, « Starinar», Arheol. Inst., 10 (1969), pp. 423 -429; S. Cirkovic,
Smederevo - Prestonica srpske despotovine, « Zbornik radova Oslobocenja gradova u
Srbiji od Turaka 1862-1867 god », Srpske Akad. Nauka i Umietn., Od. drustvenih nauka,
Beograd 1970, pp. 61-69 ; S. Dimitrijevic, Novae grada Smedereva, ibid., pp. 71-86 ;
I. Zradvkovic, Srednjovekovni gradovi u Srbiji, Les forteresses médiévales de Serb ie,
Beograd 1970, pp. 74-83.
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
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in curia sive in palatio residentie suprascripti i(llustris) et excelsi domini
domini Despoti in sala magna audientie ipsius domini»31.
E’ possibile che Giorgio Brankovic abbia tentato di allontanare dal suo
territorio « con preghiere e con promesse » il flagello che stava per abbatter-
si su di lui, corne narra Martino Segono32, ma di tali trattative non sappia-
mo nulla. Hammer e Zinkeisen33 pensano che esse siano avvenute nel
1432-1433, ma taie data è tratta da un’errata datazione délia costruzione
délia fortezza di Smederevo. Certo nella trattativa ci fu l’offerta délia gio-
vanissima figlia Mara in sposa a Murâd e del figlio Stefano corne ostaggio,
perché nel 1434, a quanto sembra, secondo le cronache turche34, il capo
eunuco Uruz Beg venne inviato con la moglie di Ishâq Beg, governatore
délia Serbia, aprelevare la fanciulla, e molto probabilmente anche Stefano35.
Questo figlio infatti, al momento délia caduta di Smederevo, si trovava
prigioniero del sultano ad Andrinopoli. Ma tutto fu vano, il sultano rimase
irremovible nella sua decisione di conquistare la Serbia e quindi il primo
obiettivo che egli si propose, dopo la conquista délia cittadina fortificata
di Krusevac (1428), fu quello délia fortezza di Smederevo. Essa cadde
il 19 agosto 1439 dopo tre mesi di assedio durissimo36.
La notizia délia sua caduta e delle conseguenze che essa ebbe sul despoto
Giorgio Brankovic, sulla sua famiglia e sulle popolazioni délia Serbia,
giunse ben presto ad Andrinopoli, certamente avanti il 12 febbraio 1440,
31. S. LjUBlé, Listine o odnosajih izmediu Juznoga Slavenstva i Mletacke Republike,
il, 1423-1452, Zagreb, 1890, p. 84.
32. Martino Segono, Dell'origine, délia milizia e delli costumi de i Turchi, in Pertusi,
Martino Segono di Novo Brdo..., cit.
33. J. v. Hammer-Purgstall, Geschichte des osmanischen Reiches, i, Pest 1827, rist.
anast. Graz 1963, pp. 444-446, trad. ital. di S. Romanin, Storia delTimpero osmano,
iv, Venezia 1828, pp. 398-401 ; J.W. Zinkeisen, Geschichte des osmanischen Reiches
in Europa, i, Gotha 1854, pp. 582-583.
34. Hammer-Purgstall, Geschichte..., 1. c.
35. Verso il 1432-3 la figlia Mara era già stata inviata, corne dice Bertrandon de la
Broquière : « Car oultre le tribut qu’il paye, il doit envoyer quant le Turc le mande, son
fils second et mil ou vm cens chevaulx en sa compagnie ; et avecques cela, il luy a donné
une de ses filles à femme et encoires est ung doubte qu’il ne luy toulle tout son pays... »
(Schefer, Le Voyage d'Outremer.., p. 209).
36. Délia caduta di Smederevo parlano alcuni cronisti bizantini e turchi : Ducas,
Istoria..., pp. 261, 24-263, 4 e 25-27 ; Laonici Chalcocandylae Historiarum demonstra-
tiones..., n, pp. 23, 19-25, 5 ; Critobuli Imbriotae De rebus..., p. 185- 31, 35 e 186, 30-33 ;
Cronici turcesti privind jarile Romane. Extrase, vol. 1, sec. XV-mijlocul sec. XVII, volum
intocmit de M. Guboglu çi Mustafa Mehmet, Bucuresti 1966, pp. 53-55 (Orudji bin
Adil), 87-88 (Asik Pasa-zâde), 121 (Mehmed Nesri), 168-169 (Idris Bitlisi), 194 (Kemal
Pasa-zâde). Cfr. Jirecek, Geschichte der Serben..., n, pp. 174-175 ; Babinger, Maometto...,
pp. 16-17.
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MÉLANGES IVAN DUJCEV
e poco dopo anche a Costantinopoli. Le indicazioni ci provengono da due
documenti inediti, molto interessanti, conservati in un codice délia Herzog-
August-Bibliothek di Wolfenbüttel, il Guelferb. lat. 42.3 Aug. 2°, cart.,
sec. XV, miscellaneo, scritto da diverse mani, ff. 290v-292v. Corne ho già
segnalato altrove37, c’è un grosso errore nel catalogo dello Heinemann. A
parte la confusione tra la relazione sulla caduta di Costantinopoli del 1453
di Benvenuto, console degli Anconetani, e la lettera che segue, del doge di
Venezia, Francesco Foscari, al papa Nicolô V del 30 giugno 1453. si deve
osservare che le due lettere che qui publichiamo non trattano « de destruc-
tione et captivitate Constantinopolis et de factis Turcorum», corne ha
indicato lo Heinemann, ma délia caduta délia fortezza serba di Smederevo
nel 1439 e delle conseguenze che essa ebbe sulle popolazioni dell’Europa
orientale cadute sotto il giogo dei Turchi. Inoltre, corne ora vedremo, la
seconda lettera non è indirizzata a un fantomatico « B. Tholomensis de
Jano», ma al ben noto fra Bartolomeo di Giano, di cui si è già parlato.
Ma vediano innanzi tutto i due documenti.
Diu, pater beatissime, cogitavi crebriusque mente revolvi an quae in
praesentiarum dicturus sum dicere magis expédiât vel tacere. Cogito nam-
que quid prodest malorum nostrorum implere libros, vestra beatitudo, alio-
rumque orthodoxorum corda consternere, inimicorum Christi dominationes
5 christianorum quae excedunt latius explicare, cum nemo succurrat ?
Scimus, videmus, tangimus, flemus, clamamus ad sidéra : aqua tamen
Tiberis vel Danubii continue labitur cursu et divinae sententiae onus suo
semper pondéré fertur. Scripsi, pater beatissime, ruinas et calamitates
quas hic oculis aspicimus manibusque palpamus ; ipsorum infidelium
10 félicitâtes atque victorias adnotavi, Christi vero cultorum amarissimas
servitutes perdititionesque die noctuque viscerosius deplangendas. Sed
quid in ventum verba iactavi, quid laborem cartamque consumpsi, quid
clamando raucus sum effectus, cum omnes dormiant, ymmo letargium vel
mortem potius patiuntur ? Quid sperabam insipiens, numquid in homine
15 salus est ? Maledictus qui confidit in eo : sed absit ut in homine spes
nostra sit, sed in Deo potius, qui nunquam in se despicit confidentes. Verum
inscriptio deest 5 latius scripsi'. laceus W 11 viscerosius sic W 16 despicit
scripsi : despisit W
37. Cfr. A. Pf.rtusi, GH Anconetani a Costantinopoli e la relazione di Benvenuto,
console degli Anconetani, sulla caduta délia città, in Festschrift P. Charanis, Rutgers
University, New Brunswick (in corso di stampa).
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cum non ignorem humana opéra nichilominus arbitrii libertate quam Dei
providentia gubernari, quodque si divinum iudicium stabile firmumque est
ulla potest ratione divelli, ipsa tamen sententia semper est mutabilis meritis
commutatis, ut Ezechiae regis et Ninivae conservatae probatur exemple.
Quodque si prophetae illi prophetieeque loquentes Dei iudicium reique
exitum ignorabant vere, nichilominus et sine mendacio Dei pronunciavere
sententiam quod videlicet post XL dies Ninive subvertetur et Ezechias rex
de lectulo non consurget. Quo manifeste apparet divinam sententiam ex
meritis dependere nostris, quibus (ut) nulli dubium (est) commutatis,
ipsam Dei innuere sententiam necesse est. Idcirco, beatissime pater, nulla-
tenus ab humana exhortatione, invitacione, clamore, oracione lacrimisque
cessandum puto. Potest namque, béatitude vestra, ista toti palam facere
mundo, potest oracioni indulgenciam aliaque virtutis opéra iniungere,
potest regum, principum corda permovere ab ipsisque super his auxilium
postulare, potest, dico, manibus propriis vexillum assumere Crucis, quo
post se totum pertrahat orbem. Solet enim Deus semper his favere inceptis
et cordis sancta desideria adinplere ; postremo potest, non dico milia
animarum, sed decies centena milia liberare a miseranda servitudine atque
morte. O si videres, beatissime pater, quae nos videmus, firmissime credo
quod vero vestrae beatitudinis pium cor prae doloris amaritudine scindere-
tur. Et certe mirer quomodo non hominum corda solum, sed ipsi prae-
sentes lapides non franguntur. Sed iam induratum est malum, iam ipsa
consuetudine insensibile factum est. Tali namque anime talisbusque oculis
christianorum turbam aspicimus in cathenis duci ad servitutem atque quasi
porcorum gregem vel pecorum ad stabulum vel macellum. O christianorum
pia corda, quid facitis, cur non findimini prae dolore ? Oculi fidelium,
quid tacetis a fletu, ut non penitus liquescatis in lacrimis ? Sexa-
ginta et eo amplius milia animarum, pater beatissime, hoc anno perdita
sunt et ab infidelibus asportata ; dicerem LXXX potius, sed dubito ut
prae multitudine non credatur. Si enim dominus baylus Venetorum, si
dominus potestas terrae Perae, si mercatores innumeri, si frater denique
meus, quem Andriopholim destinavi, ubi sedes est Thurci, cuius hic litte-
ra inclusa est, mendacia isti loquuntur, ut forte infidelibus blandiantur,
20-23 Ezechiae... non consurget: cf. Jon. 3,4; 4 Reg. 20, 1 ; 2 Par. 32, 1 ; 2 Isai. 38,
1 sqq.
25 ut... est supplevi (cf. lin 123.) 26 innuere dubitanter legi 30 his scripsi: hiis
hic et infra W 36 vero dubitanter legi : ûô vel nô W 36-37 scinderetur vel scindeatur
W 45 asportata scripsi : apportata W 46 baylus correxi : kaylus W
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mentior et ego cum eis. Sed utinam potius mentiamur omnes, quam vera
esse probemus. Totum enim regnum Raciae vel Serviae desolatum est,
Georgio dispoti expulso de regno, castrum cuius potentissimum multo
tempore et labore confectum super ripam Danubii collocatum Spendrano
nomine diu obsessum non sine suorum sanguine tandem obtinuit, quo
facile nunc potest, nisi Deus ipse succurrat, totam pro frigore Ungariam
et Almaniam devastare. Quod tamen ex magna parte iam fecit : potitus
enim Castro praelibato, ubi transitas erat, illico copiosum transvadavit
exercitum, non parvamque Hungariae partem igné consumpsit, civitatem
quandam nomine < ), gentibus plenam, repentino Thurcorum
consternatam adventu cepit, exercitum quendam Ungarorum, qui proinde
collocatus erat fregit, aliam vero civitatem nomine Cuminim, ex altéra
parte Danubii, prius ac ceperat quam Castro potiretur. Et sic non una
tantum vice vel duobus exercitibus missis infinitam paene multitudinem
captivorum arripuit. Nec tamen quod velim credas, beatissime, haec ipsa
mala aestatis tempore solum facere, sed hyeme potius quam aestate, prop-
ter Dannubii aquam congelatam. Febris continua est, perpetuum malum,
dolor continuas est ; vix est enim mensis et forte vix dies quoniam mille,
milia, CXXX et X quandoque transeunt latronum more : nunquam tamen
vel raro redeunt abs praeda. Si vivente rege atque praesente talia facta
sunt et continue fiunt a multis paucisque, quid modo timendum est, beatis-
sime pater, cum ille Albertus rex veneno referatur necatus ab Ungaris
totumque regnum illud divisionis turbine quassatur, et hic inimicus Christi
cum infinité» nunc se parat exercitu ut regnum illud, si possit, obtineat
vel saltem destruat et perdat in finem ?
Sed pius et misericors tu solus succure qui potes, in tantis periculis
subvenire ; sed et tu, beatissime pater, qui tanta et tam ardua pro ecclesia
Dei facta fecisti tantaque dura et acerba es passus, huic tanto morbo etiam
succurre, si potes : pauper es diviciis fateor, attamen magnitudine non
pauper ; aurum et argentum non est <tibi), sed zelus, sed caritas, sed in
Deo confidentia magna. Quamquam superfluum procul dubio sit praesum-
ptuosumque ad huiusmodi opus vestrae beatitudinis incitare mentem, quam
certissime scio die noctuque nil aliud plangere, nil aliud suspirare, nisi
errantes velle reducere oves reductasque servare ac iam perditas de faucibus
liberare luporum. Ecce, pater beatissime, errantes reduxisti : opus est
54 sanguine scripsi : sagwine W
civitatis nomen non transcripsit W
77 etiam dubitanter legi : ct/W 78
esti W 79 caritas scripsi : ka-W
56 Almaniam sic W 59 lacunam conieci :
65 hyeme scripsi : yeme W 73 ut correxi : et W
pauper scripsi : paup W 79 est tibi supplevi :
80 superfluum correxi : superflua W
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iam quaerere perditas, sed non minus servare perdendas, quod si forte
praesentium temporum condicio mala atque christianae patriae calamitas
exterreant ipsam mentem, memento, quaeso, Dei nostri consuetudinem
ab antiquo, ut cum videlicet fideles sui in extrema inciderunt mala, ut
quasi nec salutis spes amplius videatur esse remedii, tune continue ille
potens succurrit manum ostenditque, quod ipse sit solus qui facit mira-
bilia magna, solusque ille potest impossibilia facere, confracta dirigere,
reformare destructa, desperata resumere et ad vitam quae videntur mortua
revocare, ut cum consumptum se homo putaverit oriatur ut Lucifer. Solitus
enim ille semper est hominum dissipare cogitatus qui vani sunt, superbos
debellare, exaltare humiles, de magnis parva de parvis magna formare.
Quare autem hoc dixerim patet : nam omnia paene christianorum régna
omnesque civitates et patriae bellis incendiis pestilentiisque confracta
sunt, ut ira super populum suum iam debere quiescere videatur. Iam enim
diviciae in paupertatem, gloria in confusionem, altitude in humilitatem
versa sunt. Ecce spes hominum annullata : nunc tempus est, pater beatissi-
me, Dei temptare et experiri bonitatem et antiqua miracula revocare ;
cooperatores enim Dei sumus, ut ait Apostolus, ymmo per ipsos homines
salutem plerumque hominum operatur. Incipe christianae salutis opus,
ymmo prosequere iam incepta cum magna iam experte perfeceris. Ipse
autem pius et bonus Deus vota sancta complebit.
Misisti, pater sanctissime, religiosos multos praedicatoresque Verbi
Dei nonnullos pluresque missurus es ad Orientis partes, sed certum est
quoniam enses, lanceae et sagittae in istis partibus melius praedicarent.
O si liceret distendere alas transcurreremque per Graeciam et Thurciam,
quam facile lumen agnoscerent veritatis ! Ibi enim nunc, si mori libet,
praedicare licet ; sed quid facit lingua, si ne gladio tueatur eorum ? Si
quandoque divina bonitate tuaeque sanctitatis aliorumque fidelium soler-
tia gladius ille conteratur, et Thurcus non tam difficile fulgur ab Oriente
exit et apparet in Occidente quam Verbi Dei splendor omnium regionum
istarum nebulas effugaret, nec tam difficile christiani perventuntur a fide,
quorum paene infinitus est numerus, quam illi ad fidem christianissimam
convertantur, cum fere ibi nullus sit qui christianus non fuerit vel patrem vel
saltem avum habuerit christianum. Addendum ad hoc quod tanti inter ipsos
90-91 qui... mirabilia: cf. Judic. 13, 19; Psalm. 71, 18; etc. 91 impossibilia facere :
cf. Luc. 18, 27 102 cooperatores... sumus: cf. I Cor. 16, 16; 3 Joann. 8
90 potens correxi : potes11 (i.e. ti expuncto) W 111 si ne scripsi : sine W post gla
dio fort, addend. quidem
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iam sunt adhuc fidelissimi christiani, licet tamen sclavi, ut quasi ab ipsis
in numéro superentur, quod si unum solum christianorum vexillum erige-
retur, ipsi soli sufficerent ad se vindicandum de suis crudelissimis inimicis.
Taceo de Graecis, qui inter ipsos habitant in civitatibus atque villis etiam
usque Iherusalem, qui, ut nulli dubium est, ut fertur, tamen quod in numéro
superant ipsos Thurcos.
O igitur, beatissime pater, accinge sicut vir lumbos tuos et digitos tuos
ad fortia mitte. Credo iam tempus est ut clamorem populi sui Deus exaudiat
vel miserabilium captivorum non spernat lacrimas et labores, qui taies
ac tanti sunt ut non modo ille qui pietatis et misericordiae fons est, sed
ipsi leones et tigrides ad misericordiam moveantur. Quis, inquam, non
fleret ex intimo cordis sui, dum cerneret quamplures ex infidelium manibus
fugam capere et tanto desiderio (flagrare) libertatis, ut se ipsos ad mare
proiciant, nullaque navigandi vel natandi arte gubernati, alii quidem ligno
se applicant, alii vero coriis boum vel caprarum pro navibus utentes abs
velis et remis, nauta vel nauclero, pelago iactantur et undis, <inscii> quo
pergant, ad quem perveniant portum ? Pie pater, tu ipse considéra, in isto
maxime currentis aquae impetu velocissimo ex centum enim vix unus
egreditur. Quid insuper credis, o pie pater, qui fugam ex longis partibus
capiunt ut ad istam perveniant urbem ? Cum igitur ignorent viam, se réfu-
giant in silvis ferarum more, vagantur humanum cibum per dies XX vel
XXX nullatenus dégustantes, quorum plurium aspexi ossa solum pellibus
involuta, pars vero non parva famé et frigore periit, quidam ferarum denti-
bus consumuntur, plures vero se ipsos quasi iam mortuos iterum tradunt
ad servitudinem, ad vincula, reducendos melius aestimantes etiam ab
aliis, quam ab ipsis occidi. Si quis autem miraculo se salvatur, qui vix
unus ex C est. Et ne quisquam me credat talia ex opinione referre, sciât
hoc verissimum, quod XXX et eo amplius de talibus per unum annum
vel circa sustentamus iuxta monasterium nostrum pro ipsis ostiatim elemo-
sinam postulantes, cum et ipsi adhuc intra ipsa moenia civitatis minime
securi comparere non audeant, sed potius si inveniri contingat, per barbam
et collum iterum captivantur a Thurcis, reducti ad ipsam miserabilem
[sortem] servitutem, nare prius vel crinibus amputatis. O miseranda cala-
mitas christianorum ad quam nostra perduxerunt peccata ! Numquid
talia sunt ista, pater sancte, ut ipsum Deum sanctosque angelos eius possint
124 superant correxi : supantur W 131 flagrare libertatis supplevi et correxi:
liberatos W 132 gubernari scripsi'. gubernati W an legend. praediti? 133 coriis
scripsi -, coreis W 134 iactantur correxi: iactari W inscii supplevi 144 qui
vix sic W : fort legend. qui vivit 151 sortem seclusi
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
351
155
160
165
5
10
ad misericordiam inclinare ? Quocirca, cum miserandi tempus advenit,
confortandae sunt dissolutae manus, genua debilia roboranda, quoniam
Deus pro nobis pugnabit et vos flebitis. Tu forsitan, pater sancte, Moyses
ille eris, qui crucis virga mari diviso dispersisque gentibus inimicis terram
promissionis intrabis ; tu ille Gedeon, qui Dei populum liberabis ab infi-
delium miserabili servitute, quod Deus ipse pius atque misericors donare
dignetur sua bonitate et gratia. Amen.
Scripsi hoc alias, pater sancte, quod nec replicare me piget : XX vel
XXX ad plus galeae sufficiunt ut strictum teneant parvusque per terram
exercitus, ut facil<l)ime Turci expellantur a Graecia, ymmo ipsa fama
exercitus, cum praesentia gallearum satis est testimonium: qui ista noverunt,
quasi absque alio bello, ut ipsimet, quasi inclusi, disponantur ad fugam.
Parce, pater sanctissime, praesumptioni meae, parce loquacitati : conscentia
mordet, caritas urget, nécessitas cogit primitive. Si timor pudorque silen-
tium inperet, ipsa tamen bonitatis tuae confidentia facit ut clamem. Deus
vestram beatitudinem conservet per tempora multa.
Infra scripta est copia cuiusdam litterae fratris pe(tri), catholici capellani
mercatorum in civitate Andrinopoli, ubi est sedes regis Turcorum, scriptae ad
fratrem B<ar)tholomaeum de Jano, virum Ordinis Minorum, in partibus Constan-
tinopolitanis.
Pater karissime, multiplicata est familia, sed non magnificata laetitia.
Scripsi tibi his diebus litteram aliam de factis Turcorum et inter alia quo-
modo, sicut ab his mercatoribus qui linguam thurciam sciunt plenissime
sum informatus, in istis duobus annis C et LX milia animarum christia-
norum acceperunt ex diversis partibus christianorum ; et quod miserant
ista hyeme duos exercitus qui mundum circuerant, sed de uno audivimus
156-158 Moyses.. intrabis: cf. Exod. 10, 13 158-159 Gedeon... servitute: cf.
Judic. 8, 28
156 pugnabit correxi: pugnabat W 163 exercitus scripsi: excercitus W facillime
scripsi : facilime W
5 multiplicata... magnificata: cf. Isai. 9,3
1 Pétri supplevi (cf subscriptionem)
7 his scripsi: hiis, hic et infra, W
3 Bartholomaeum correxi : B. Tholomensem W
10 exercitus scripsi : excer- W
352
MÉLANGES IVAN DUjë'EV
modo quod cepit VII milia animarum, inter quas septem fratres nostri
capti sunt, omnes Ytalici, frater Franciscus de Padua et alius de Tiusio,
qui est hic mecum ; unus est interfectus, alii sunt in manibus eorum. Nomina
illorum ignoro, expectamus quod veniant prope, quod omnes liberabuntur,
15 quia ille Jegorius, dispotus Serviae, qui fugit in Ungariam, est devotus
homo et omnes promisit liberare, si venient ad manus suas. Illos fratres
duxit de Ytalia frater Jacobus. Et cepit unum locum novum in Ungaria
et omnes sunt ibi capti, et nunquam fuit auditum quod illuc transierunt
Thurci. De praeda capta tria milia sunt mortui a frigore et animalibus :
20 ignoramus si fratres sunt mortui inter illos.
Pater karissime, quod dicam cum lacrimis scribo : incredibilia sunt mala
quae hic fiunt super christianos in partibus istis ; die ac nocte vadunt per
civitatem plorando et ullulando et non est qui liberet eos et non est spes
nisi in Deo. Orate Deum, pater, una cum fratribus, ut sit nobis propitius
25 ac misericors et non sumat totalem vindictam de peccatis nostris, quia
tempus est iam misericordiae. Orate pro me. Recommendo me fratribus
et orationibus eorum.
Datum XII Februarii.
frater Petrus de Alla11 (?) Ordinis
Minorum capellanus mercatorum in Andrinopoli
Lasciando da parte, per il momento, considerazioni sul latino delle
due lettere, non sempre corretto dal punto di vista lessicale e sintattico,
imputabile in parte, io credo, anche al trascrittore del codice che ce le ha
trasmesse, è certo che esse hanno una loro dignità ed eloquenza, soprattutto
nelle cose che esse raccontano. La più éloquente è certo la prima, anche
per il fatto che appare indirizzata a un alto personaggio délia chiesa ; ma
anche la seconda, nel suo fraseggiare scabro, non è priva di attrattiva.
Evidentemente le due lettere sono State spedite l’una assieme all’altra.
Che la seconda sia stata allegata alla prima è detto chiaramente appunto
nelle prima : « cuius (scil. fratris mei) hic littera inclusa est » (lin. 48-49).
E poiché la seconda appare indirizzata da fra Pietro « de Alla <...> a38,
« catholicus capellanus mercatorum in civitate Andrinopoli », cioè capel-
11 cepit W2; accepit W 12 Tiusio sic W: legend. Tinsio ? (cf. comm. n. 38)
15 Jegorius: i.e. Georgius 29 Allaa W: Alla(ni)a? Alla(in)a? Allaa? (cf. comm.
n. 38) Alliaco coni. Heinemann
38. Non è facile sciogliere l’abbreviazione «de allaa» del codice. Se questo Pietro
è anche lui un italiano, potrebbe essere o di Alagna (Lomellina o Valsesia) o di Allain
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
353
lano dei mercanti latini délia capitale turca d’Europa, « ad fratrem B<ar>-
tholomaeum de Jano, virum Ordinis Minorum in partibus Constantino-
politanis », è chiaro gia da questo momento che fu fra Bartolomeo di
Giano ad accluderla alla propria lettera. Pare che fra Pietro avesse scritto
un’altra lettera a fra Bartolomeo, perché ad essa accenna all’inizio : « Scripsi
tibi his diebus litteram aliam de factis Turcorum...» (lin. 6), in cui, tra
l’altro, parlava dei 160 000 uomini fatti prigionieri e deportati dai Turchi
« in istis duobus annis ».
Quanto alla prima lettera, non c’è alcun dubbio che essa è stata indi-
rizzata al papa di quel tempo, cioè ad Eugenio IV : lo provano non solo
le espressioni «pater beatissime», «pie pater», «pater sancte», ecc., ma
anche gli accenni, corne vedremo, alla sua opéra per l’unione delle Chiese.
La seconda lettera porta la data « 12 febbraio», ma non l’anno ; la
prima invece manca interamente délia datazione, ma non sarà difficile
giungere ad una notevole approssimazione. In effetti, sia nella seconda,
sia nella prima, ci sono delle indicazioni storiche abbastanza précisé.
Nella seconda si dice : « ille Jegorius, dispotus Serviae, qui fugit in Unga-
riam » (lin. 15) : è chiaro che si tratta di Georgio Brankovic, despoto délia
Serbia, che dopo la caduta di Smederevo abbandono la sua terra diretto
verso l’Ungheria. Poiché si sa dai documenti veneziani che verso il 2 gen-
naio 1440 era già in viaggio, appare chiaro che la lettera di fra Pietro venne
scritta il 12 febbraio 1440. Nella stessa lettera si accenna poi alla conquista
di una città ungherese (« locum novum in Ungaria ») e alla deportazione
dei cittadini, in un punto — evidentemente al di là del Danubio — in cui
i Turchi non erano mai arrivati prima d’allora. L’accenno è troppo vago,
ma ci aiuterà a chiarirlo un passo délia prima lettera. Ciô che perô rimane
évidente sin da questo momento è che i Turchi, dopo aver conquistato
Smederevo, fecero una puntata verso il territorio ungherese.
La prima lettera conferma i dati contenuti nella seconda e, in parte,
li amplia. Innanzi tutto, è évidente che la prima lettera è stata scritta a
Costantinopoli : ci aiuta a definire questo punto non solo la menzione del
destinatario délia seconda che si trovava « in partibus Constantinopoli-
(Aosta) o di Allai (Cagliari) ; non credo comunque che si possa integrare « de Alliaco»
corne ha fatto lo Heinemann (cfr. del resto più innanzi, n. 48). Se non è un italiano,
si potrebbe integrare « de Alla(mani)a », ma mi sembra poco probabile. Non è facile
nemmeno identificare il toponimo « de Tiusio » (o « Tivsio » o forse anche « Tinsio »)
del confratello italiano fatto prigioniero assieme a Francesco da Padova e che si trovava
con fra Pietro ad Andrinopoli : penso a Tesino o Tisens (zona di Bolzano) o a Tiezzo
(Pordenone) o a Tussio (L’Aquila) ; mi sembra molto difficile che « Tiusio » o « Tivsio »
stia per Treviso.
354
MÉLANGES IVAN DUJCEV
tanis », ma anche qualche accenno dello scrivente délia prima lettera,
quando parla del bailo dei Veneziani, del podestà genovese di Pera, del
« monasterium » dei Frati Minori, ecc. Un primo dato cronologico ci è
offerte dalla frase : « Totum enim regnum Raciae vel Serviae desolatum
est, Georgio dispoti expulse de regno, castrum cuius potentissimum ...
super ripam Danubii collocatum Spendrano nomine diu obsessum ...
tandem obtinuit (scil. Turcus)» (lin. 51-54) : si tratta, è évidente, délia
caduta di Smederevo. Dopo di essa il Turco « transvadavit exeicitum,
non parvamque Hungariae partem igné consumpsit », conquistô una città
ungherese al di là del Danubio — ma una lacuna nel testo non ci permette
di dire quale fosse —, sconfisse un « exercitum... Ungarorum», ma prima
ancora aveva preso, al di là del Danubio, la città di « Cuminim» (= Ko-
vin ?)39. Si puô supporre che queste operazioni si siano svolte tra il settem-
bre e l’ottobre 1439, e abbiano interessato la zona del Banato di Temesvar
(Vojvodine). Poco più innanzi (lin. 71 sgg.) si parla di Alberto V d’Austria
corne già morto («cum ille Albertus rex veneno referatur necatus ab Unga-
ris ») : poiché si sa che Alberto V morî il 27 ottobre 1439 di dissenteria,
non di veleno, mentre tornava a Vienna40, è chiaro che la lettera fu scritta
dopo questa data. Ma in essa si allude alla possibilità che Je operazioni
turche continuino anche durante l’inverno, utilizzando il Danubio gelato,
per « totam... Ungariam et Almaniam devastare» (lin. 55-56).
Tutto concorda : la prima lettera dunque fu scritta nell’inverno del
1440, certamente il 12 di febbraio. Gli accenni che riguardano il papa
Eugenio IV ci conducono alla stessa conclusione. Rivolgendosi diretta-
mente a lui dice : « qui tanta et tam ardua pro ecclesia Dei facta fecisti »
(lin. 76-77), e poi : « tantaque dura et acerba es passus », e infine : « errantes
leduxisti» (lin. 77 e 84) : ci sembra chiara l’allusione aile preoccupa-
zioni per il Concilie dell’unione délia chiesa greca e latina, alla sua deposi-
zione (25 aprile 1439), alla proclamazione dell’unione a Firenze (6 luglio
1439) e alla creazione di un antipapa (Felice V, 5 novembre 1439)41. Si
noti infine che nella stessa lettera non si parla dell’assedio di Belgrado
39. « Cuminum» potrebbe essere una cattiva lettura dell’amanuense per « Cuvinum»
o « Covinum », cioê appunto Kovin, variamente denominata nelle fonti : « Kovinum »,
« Kubin», « Keve», ecc., l’antica Constantiola, cfr. Skrivanic, Putevi..., p. 83.
40. Cfr. Jirecek, Geschichte der Serben..., n, p. 175 ; Babinger, Maometto..., p. 17.
Che Alberto V sia morto di dissenteria é afïermato anche da un contemporaneo, Johannes
Spiessheimer, detto Cuspinianus : cfr. loannis Cuspiniani De Caesaribus atque impp.
Romanis, rec. Wolphangus Hungerus, Francofurti 1601, p. 403.
41. Su Eugenio IV, cfr. Gill, Il Concilia..., pp. 375 e sgg. ; ID., Eugenius IV Pope of
Christian Union, Westminster Maryland 1961.
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
355
(aprile-settembre 1440) e non si parla nemmeno délia triste sorte riservata
a Gregorio, figlio maggiore di Giorgio Brankovic, e a Tomaso Cantacuzeno,
suo cognato, difensori di Smederevo, che caddero prigionieri e furono por-
tati ad Andrinopoli ; né si parla infine dell’accecamento di Gregorio e di
suo fratello Stefano a Toqat in Asia Minore (8 maggio 1441)42. Insomma,
la lettera è certo antecedente all’aprile del 1440, molto probabilmente
dettata tra la fine di febbraio e il marzo.
Che l’autore délia prima lettera sia proprio fra Bartolomeo di Giano
puô essere provato anche dal confronto fra alcune espressioni usate qui
nella nostra lettera e quelle che si ritrovano, molto simili, nella sua prece-
dente lettera a fra Alberto da Sarteano43 :
ad Eugenio IV
... cum omnes dormiant, ymmo
letargium vel rnortem potius patiuntur
(lin. 13-14).
... numquid in homine salus est ?
Maledictus qui confidit in eo : sed
absit ut in homine spes nostra sit,
sed in Deo potius, qui nunquam in se
despicit confidentes (lin. 14-16)
...sexaginta et eo amplius milia
animarum... hoc anno perdita sunt
et ab infidelibus asportata ; dicerem
LXXX potius, sed dubito ut prae
multitudine non credatur (lin. 43-46)
O si liceret distendere alas trans-
curreremque per Graeciam et Thur-
ciam, quam facile lumen agnoscerent
veritatis ! (lin. 109-110)
nec tam difficile christiani perver-
tuntur a fide... quam illi (scil. Thurci)
ad fidem christianissimam convertantur
(lin. 115-117)
ad Alberto da Sarteano
Dormiuntque an lethargum potius
patiuntur, ut paulatim exspectent chris-
tianitatem consumi ? (1062 C)
... si ab ipso (scil. Deo) adiutorium
nostrum non veniat, frustra exspec-
tatur ab homine, in quo est vana
salus, et qui sperat in eo, potius
maledictus (1065 B)
... Teucer... plusquam sexaginta
milia, ut dicitur, animarum asportavit
de regno Rasiae, Hungariae convicino
(1057 D - 1058 A)
... quis mihi det... pennas ventorum
ascendere ac super christianorum pa-
triam volitare, non ut modo corda
lapidea, verum ipsi montes et valles
a vocis magnitudine terreantur ?
(1058 C)
... iuvenes, qui tanta facilitate per-
vertuntur a fide et ad christianorum
inimicitiam convertuntur... (1059 D)
42. Babinoer, Maometto..., pp. 17-18.
43. Indicherô con « lin ». le citazioni dalla lettera al papa Eugenio IV qui pubblicata ;
con i rinvii aile colonne délia PG i brani délia lettera ad Alberto da Sarteano ; con l’indi-
cazione delle pagine i brani délia lettera al priore di S. Giovanni di Gerusalemme nell’edi-
zione di Mlle Dupont.
356
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Corne si vede, anche quando la frase cambia un po’ di significato, la
consonanza verbale e stilistica è perfetta, e quindi l’attribuzione délia
lettera a fra Bartolomeo mi sembra definitivamente assodata. Ma non
basta : un’ulteriore conferma ci viene dal paragone con l’altra lettera di
fra Bartolomeo giuntaci in traduzione francese antica, paragone che ci
permetterà, tra l’altro, di determinare più esattamente la sua autenticità
e attribuzione a fra Bartolomeo :
al priore di S. Giovanni
di Gerusalemme
... que les Turcs en l’espasse de
six années derrainement passées ont
ravi en terre des chrestiens plus de
IIIe mil chrestiens, tous fais leurs
esclaves, ont mis à mort et destruis,
tant de royaumes et pais de Servie,
Sclavonie, Dalmachie, Valachie, Trans-
silvanie, Bulgarie, Bosnie et, par
especial, du royaume de Hungarie
et de Saxonie... (p. 3)
... veoir... especialement les povres
chrestiens et chrestiennes mener en
servitude, en cordes, en chaînes de
fer, liés acouplés parmi cest cité (scil.
Constantinople), parmy les loges des
marchans venissiens et genevois chres-
tiens, cent LX m., plus et mains...
tout ainsi que on maigne bestes au
marchié ... (p. 4)
Et ce n’est pas avenu seullement
depuis six ans, mais continuelement,
depuis xxim ans ou environ, que le
grant Turcq est passé en Gresse par le
destroit de la grant mer et par le bras
(de) Saint George et la Dunoue,
et que, par force, sans grant resistence
des empereurs de Grece ou des Chres-
tiens, ilz ont désolé et destruit innu-
merables provinces, cités et royaumes...
(PP- 4-5)
... et y sont deffallis les chrestiens
qui habiter y soloient, et les Sarrazins
ad Alberto da Sarteano
al papa Eugenio IV
... Ubi nunc, quaeso, est patria
Dalmatiae, Croatiae, Bosniae, Rasciae,
Bulgariae, Albaniae, Walachiae, régna
non parva, in paucis annis habitato-
ribus spoliata ? Ad Hungariam venio,
de qua, ut dicitur, a diebus non multis
plusquam tercenta millia, verius dixis-
sem sexcenta millia animarum (as)
portata sunt ... (1062 B)
... Tali namque animo talibusque
oculis christianorum turbam aspicimus
in cathenis duci ad servitutem atque
quasi porcorum gregem vel pecorum
ad stabulum vel macellum... (lin.
39-41)
Sed multo magis mireris et doleas,
quod a viginti quinque ac triginta
annis citra quam non parvo damno
sibi et verecundiae computat, quoniam
anno quolibet non minus quam decem
vel quindecim millia, pauciora dico,
ut credas, animarum rapiat ? (1057
D - 1058 A)
Ecce ducenti vel circa anni sunt
quando tota Asia usque Antiochiam
l’europa orientale dopo la caduta di SMERDEREVO
357
augmentez et moulteplyez, que, se
Dieux par sa pitié n’y pourvoit, plus
n’y sera mémoire ne nommé le nom de
notre Seigneur Jh<es)ucrist. Esquelz
pais jadis soloit estre la foy chrestienne
et l’eglise très hautement honorée ;
et n’y a point IIe ans qu’il n’estoit
nouvelle en tout le monde du Turq,
senon d’aucuns larons qui habitoient
es montaignes de Damast, en deux
villes seullement, pasteurs de bestail
et tenans la loy de Mahommet...
Et mesmement ou temps de Godeffroy
de Bouillon et de Bauduin son frère,
conquereurs de Jherusalem, iceulx
Turcs euchent commencement ... et
d’autre part, jusques à Damast et
Trapesonde sont surmontez et telle-
ment multipliez, qui sont innumera-
bles peuples mescreans, appelez Turcs,
hommes rudes et bestiaulx ; au com-
mencement sans armures et sans
aucune sience et, pour voir dire, sans
apparenche d’ommes, de fet habitans
ez montaignes et gardant leurs bestes
lesquelz, pou à pou ... sont venus à
telz hautesses et grandeurs qu’ilz
ont soubmis à eux reys et empereurs
et ont acquis si très grans richesses
des despouilles des chrestiens, par leurs
rapines, qu’ilz ne se vestent et ne se
aournent fors de or et de pieres pre-
chieuses Et ne y a, à paine, celui
d’eux qu’il n’ait au mains VI, VIII ou
X esclaves, jadis nobles chrestiens,
qu’ilz les servent en leurs luxures et
en leurs delices ... et ilz demeurent en
solaz et en esbatement, reposant en
leurs luxures et delices entre leurs
femmes ou millieu de leurs richesses,
sur tapis, cousins et aournements de
soye, d’or et d’argent et divers maniérés
de précieuses coses... (pp. 5-6)
et ultra Christianorum erat populis
habitata ; nunc vero paulatim tali
igné combusta est, ut paucos ibi
reperias Christianos, nisi forte sclavos
obsequio Teucrorum députâtes... (1061
D - 1062 A)
Heu heu, non multi anni sunt,
quod nec Teucres nominabatur in
mundo, nisi pastores juxta Damascum
in quibusdam nescio montibus habi-
tantes, rustici, indocti, silvestres, sine
litteris, sine scientia ulla ... (1062 C)
... O ubi est dux ille christianis
simus, fortis, pius Gottofredus Boxon
(!), Balduinus et reliqui principes per
infinita saecula gloriosi, qui Christi
sepulchrum de infidelium manibus
liberarunt ? (1066 C)
Nunc vero auro vestiti et gemmis
regibus et imperatoribus principantur,
sed tamquam domini in ipsis tapetis
aureis et mollibus pulvinaribus accu-
bant eorumque luxuriis turpibus et
immundis, olim nobiles, nunc sclavi
famulantur miseri christiani. Nam
pauci ipsorum sunt qui octo vel
decem, magni vero triginta et centum,
minimi vero duos vel très ad minus
sclavos non habeant christianos...
(1062 D)
358
MÉLANGES IVAN DUJCEV
O princes chrestiens, que faites
vous ? pourquoy dormez vous ?
pourquoy derompez vous et froissiez
l’un contre l’autre vos armures et
vous consommez en vous mesmes... ?
(P- 7)
Regardez aussi Charlemagne et le
roy saint Louis... lesquelz pour le
nom de Jehucrist et pour sa foy firent
tant d’armes, non pas pour acquérir
gloire terrienne, mais la gloire eternele
et retribucion divine... (p. 7)
... et se pour l’amour de Dieu ne
volez gueroyer ou doubtez vostre sang
espandre, mais pour et désir d’acquérir
honneurs et richesses terriennes ou
grans royaumes et empires... et se
vous amez plus à avoir grans richesses,
grans seigneuries et terriennes hon-
neurs, icy les poez très legieremcnt
avoir et acquérir ... (p. 7)
Mais que vault exhortation humaine !
Je croy que je jette mes parolles ou
vent, se Dieux proprement de sa grâce
n’esmuet les cœrs des poissans et
catholiques prinches... (p. 8)
Et que feraient XX gallees pour
garder le destroit ? Je vous di ... que X
galees souffiroient à présent pour
garder le pas contre eulx qu’ilz ne
passasent par decha... Certes..., les
Turs ont si très grant peurs de la venue
des chrestiens contre eulx, que seule-
ment la renommee des dites galees
fust qu’elles venissent, il est creable
qu’ilz s’enfuiraient... (pp. 10-11)
Car la renommee est, entre eux
Turs et Sarrazins, toute commune
Quid igitur nunc faciunt mtseri
christiani ? quid eorum principes ?
... Dormiuntne an lethargum potius
patiuntur ? ... Ludunt in hastis et
choreis, vel potius lacérant semet-
ipsos... (1062 BC)
... cum omnes dormiant, ymmo
letargium vel mortem patiuntur ?
(lin. 13-14)
... Ubi Carolus ille nobilis Francorum
rex, cuis celestem et aeternam gloriam
nulla delebit aetas nullaque oblivio,
qui non modo fortitudine et armis,
verum multo magis prudentia et
pietate Christi Jesu iniuriam vindicatus
est... (1066 CD)
... quod si ncc altéra causa invitaret
ad arma sumenda, utpote fidei, liber-
tatis et gloriae, mirum certe si ipsum
temporale lucrum corda non raptitet,
cum hae gentes ... aura et argento
plenae sunt et lapidibus pretiosis...
(1067 A)
... Sed quid in ventum verba iactavi,
quid laborem cartamque consumpsi ?
(lin. 12)
... XX vel XXX ad plus galeae
sufficiunt ut strictum teneant parvusque
per terram exercitus... ymmo ipsa
fama exercitus cum praesentia gallea-
rum satis est testimonium : qui ista
noverunt, quasi absque alio bello,
ut ipsimet, quasi inclusi, disponantur
ad fugam (lin. 161-165)
Nam publica inter Saracenos et
Teucros fama divulgata defertur, insta-
L’EUROPA ORIENTALE DOPO
LA CADUTA DI SMERDEREVO
359
que jà le tamps est venus qu’ilz doivent
estre destruis, seloncq le tamps que
annoncha leur très faux et très mauvaix
prophète Mahommet... (p. 11)
re tempus destructionis eorum, et
jam praeteriisse, ut eorum quaedam
prophetiae déclarant... (1066 C)
Credo che non possano esistere più dubbi di sorta sull’attribuzione
delle tre lettere a fra Bartolomeo : la consonanza di stile e di pensiero in
esse è identica, e tutte e tre nell’insieme ci restituiscono un quadro délia
situazione dell’Europa orientale, dall’Ungheria alla Serbia fino a Costan-
tinopoli, fra il 1438 e il 1443, assolutamente degno di attenzione
Ricordiamo, tra l’altro, che esse sono il primo grido d’allarme lanciato da
un occidentale sul pericolo dell’avanzata turca e sulla condizione delle popo-
lazioni balcaniche di fronte al flagello delle spedizioni ed incursioni dell’eser-
cito turco. E tutto ciô, ben inteso, da uno che o vedeva con i propri occhi
o riceveva notizie direttamente dai mercanti latini o dai confratelli che
si trovavano nelle zone sotto dominio turco. E’ un punto su cui egli insiste
continuamente nelle sue lettere :
ad Alberto da Sarteano : « quod nuper oculis meis ipse inspexi » (1057 C);
« nos igitur, qui in istis partibus habitamus et supradicta omnia vera esse et
scimus et tangimus » (1060 A); « damna et opprobria... quae cernimus in partibus
istis » (1062 D) ; « vidimus his diebus etc. » (1064 A); « ut primo haec tanquam
a fideli narrante esse vera cognosces » (1065 A) - « ut frater mihi narrat ex praeda
redemptus» (1058 B); « praedicto fratre narrante percepi » (1059 B); «testes
sunt qui viderunt» (1061 A); «ut ego ipse ab illo, qui vidit, accepi » (1063 B).
ad Eugenio IV : « ruinas et calamitates quas hic oculis nostris aspicimus mani-
busque palpamus» (lin. 8-9); «o si videres quae nos videmus» (lin. 35); « tali-
busque oculis christianorum turbam aspicimus in cathenis duci ad servitutem »
(lin. 39-41); «quorum plurium aspexi ossa solum pellibus involuta» (lin. 140-
141); «et ne quisquam me credat talia ex opinione referre, sciât etc.» (lin. 145
sgg.) — « si frater denique meus... cuius hic littera inclusa est » (lin. 47-49).
alpriore di S. Giovanni di Gerusalemme : « Si comme je puis savoir et véritable-
ment dire et recorder, comme celui qui à mes yeulx en ay vu très grant partie...,
tant par la relation certainne des marchans venisiens et genevoys... comme par
mes freres les religieux de Saint Franchois et demeurans ès convens à eux ordon-
nez... » (p. 2); «je le scai par le témoignage des marchans venisiens et des gene-
voys et de mes freres qui demeurent à Andrenopoli » (p. 3); « laquelle cose nous
meismes avons veu à nos propres yeulx et veons tous les jours» (p. 4); « et nous
qui ce veysmes très amèrement» (p. 4); « avons ossi veu les petits enfans etc. »
(p. 4) ; ecc.
Non ci sono ragioni dunque per porre in dubbio le testimonianze di
fra Bartolomeo sulla situazione da lui descritta dell’Europa orientale,
360
MÉLANGES IVAN DUJCEV
anche se, corne ora vedremo, le valutazioni, ad esempio, del numéro di
prigionieri o di schiavi dei Turchi non sempre corrispondono.
Ma veniamo al contenuto delle tre lettere. Fra Bartolomeo, corne si
è detto, era a capo di una missione, inviata dal papa Eugenio IV nel 1435,
formata da una trentina di frati minori, partita da Venezia (« a Venetia
discessimus... », 1057 D) e giunta a Costantinopoli, molto probabilmente
o alla fine del 1435 o agli inizi del 1436. E’ da rilevare infatti che fra Baito-
lomeo, parlando nella sua lettera al priore di S. Giovanni di Gerusalemne,
scritta il 3 febbr. 1443, dice « il y a maintenant six ans que nostre saint pere
le Pape, Eugene quart, nous envoya en Constantinoble nous XXX freres
mineurs » (p. 3) : è chiaro che egli conta gli anni a partira dal 1436, poiché
arriva fino a tutto l’anno 1442, di cui narra gli avvenimenti. Una parte dei
trenta, fra Bartolomeo li inviô « en la cité de Tafuse », cioè, molto probabil-
mente, a Tiflis », (p. 3), l’altra parte la trattenne con sé a Costantinopoli
nel « monastère reedefyer » dei Frati Minori (cioè a Sant’Antonio dei
Cipressi). Si deve pensare che circa la metà limase con fra Bartolomeo,
perché egli parla di nove frati « inter novitios et professes» (1065 D)
installai nel convento di Costantinopoli, e di altri « qui demeurent à Andre-
nopoli » (p. 3), i quali, seconde fra Pietro, erano, lui incluse, otto in tutto.
Ma la comunità di Andrinopoli deve aver avuto una vita molto breve,
perché nella lettera del 1443 se ne parla corne di già sciolta : « lesquelz
freres ont demeuré illec par longtemps » (p. 3). Ad altri conventi di Frati
Minori in Oriente accenna nella lettera del 1438, ma corne già abbando-
nati : « in Persia et in Scythia... ubi nostrorum fratrum loca fratribus
vacuata consistunt» (1057 B). Certamente il convento di Costantinopoli
servi da rifugio per coloro che erano scampati alla prigionia : « XXX et eo
amplius de talibus, egli scrive, per unum annum vel circa sustentamus
iuxta monasterium nostrum pro ipsis ostiatim elemosinam postulantes»
(lin. 146-148). Ma il monastero dei Frati Minori e la città stessa di Costan-
tinopoli non erano che un piccolo ed effimero luogo di rifugio in mezzo
al turbine délia tempesta . Dal punto in cui si trovava il suo convento,
fra Bartolomeo poteva vedere tutta quanta la città, « totam prospicere
civitatem, olim totius orbis excellentissimam, nunc vero tanta calamitate
deiectam, ut fiera potius libeat, quam mirari..., totque ecclesias et monasteria
stupendissima ruina collapsa intus et extra quam maxime... ; nunc vero,
proh dolor !, et spinae et vêpres super muros ascendunt et ibi résonant
ululae et bubones» (1060 CD). Benché fosse ancora in mano dei Bizantini,
si potevano vedere già in quegli anni dei soldati turchi che tornavano da
incursioni trascinandosi dietro « très vel quatuor iuvenes collo et manibus
ligatos » e che non esitavano a passare « per mediam Constantinopolim... in
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
361
conspectu Venetorum et Januensium mercatorum », perché la gente potesse
ingiuriarli e picchiarli (1061 BC). La gente sapeva di avéré le ore contate e
temeva « vehementissime » che Murâd II la assalisse di nuovo nel 1439.
« Quod, scriveva fra Bartolomeo, si istam civitatem ceperit — quod Deus
avertat —, heu, heu, ceteiis christianis, quos de facili postmodum oppu-
gnare poterit et per mare et per terram, cum ad praesens alteram solam
manum possit extendere ad nocendum ! Quare cordialissime exorandum
est, ut, si obsidionis casus accident, ipse adiuvet Deus, quoniam de Italia,
unde illi civitati succurri forsitan timuisset, maxime a Venetis, penitus est
securus ; ex quo non creditur toto suae tempore vitae hune fuisse tam for-
titer animatum, tamque dispositum ad hoc, quomodo nunc est» (1065 D-
1066 A). A poco meno di quindici anni di distanza dunque dalla data fatale
délia caduta di Costantinopoli (29 maggio 1453), i timori di fra Bartolomeo
potevano sembrare eccessivi, ma non infondati. A questa nera previsione
lo conducevano diverse considerazioni : innanzi tutto la storia più recente
dell’espansione dei Turchi e poi la storia degli ultimi anni, cioè delle con-
quiste turche in Europa orientale. Rivolgendosi al papa Eugenio IV, che
aveva già inviato dei frati in Oriente e altri si preparava ad inviarne, gli
dice un po’ crudamente : « sed certum est quoniam enses, lanceae et sagittae
in istis partibus melius praedicarent (scil. Verbum Dei) !» (lin. 107-108).
Occorreva ben altro che la predicazione di una trentina di frati per arrestare
il dissanguamento delle regioni cristiane e spezzare la violenza delle armate
turche ! I cristiani d’Occidente avevano ritenuto che Murâd II si fosse
acquietato (1058 C), ma non avevano tenuto présente che il Turco, « ubique,
inimicus Christi », signoreggiava nelle zone orientali (1056 C) e che dispo-
neva di un esercito di « tercentorum millium hominum» (1058 D)44.
Da tempo, quelle regioni che erano già popolate da cristiani, ora erano
abitate soprattutto da popolazioni turche, «et augentur diaboli sectatores
et numéro et virtute armorum » (1057 C). Due secoli fa, dice Bartolomeo,
« n’estoit nouvelle en tout le monde du Turq, senon d’aucuns larons
qui habitoient es montaignes de Damast..., pasteurs de bestail et tenans
la loy de Mahommet» (p. 5 e 1062 C) ; e ancora al tempo di Goffredo di
44. Sulle valutazioni degli Occidentali delle forze turche ai tempi di Murâd II e di
Mehmed II cfr. A. Pertusi, Le epistole storiche di Lauro Quirini sulla caduta di Costan-
tinopoli e la potenza dei Turchi, in K. Krautter, P.O. Kristeller, A. Pertusi, G. Rave-
onani, H. Roob, C. Seno, Lauro Quirini umanista, Firenze 1977, pp. 198-205 ; A. Pertusi,
La caduta di Costantinopoli. Le testimonianze dei contemporanei, Verona 1976, pp. lxxiii
e lxxvi. La cifra di 300 000 è certamente esagerata, ma non è affatto inverosimile che
l’esercito turco, già verso la prima metà del sec. XV, raggiungesse la cifra globale di
150 000 uomini. tra fanti e cavalieri, ivi comprese le truppe irregolari.
362
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Buglione e di Baldovino erano considerati dei « larons et mescreans »
(ibid.). Ma da quando, da ventiquattro anni, cioè nel 1444, «le grant Turcq
est passé en Gresse par le destroit de la grant mer et la bras (de) Saint
George... et que, par force, sans grant resistence des empereurs de Grece
ou des chrestiens, ilz ont désolé et destruit innumerables provinces, cités
et royaumes » (pp. 4-5) — non è chiaro a quale avvenimento allude, ma
credo al periodo di lotta tra Solimano e Mohammed, figli di Bajezid I,
risoltasi a favore di Mohammed I nel 1413 —, «tant ont acquis, qu’ilz
ont en leur sugession toute la Grece et, par escepial, Ayse la Mineur»
(p. 5) ; essi « ont surmontez et tellement multipliez, qui sont innumerables »
e per di più « ont acquis si très grans richesses des despouilles des chrestiens,
par leurs rapines, qu’ilz ne se vestent et ne se aournent fors de or et de
pierres prechieuses» (p. 6, ed anche 1062 C), a tal punto che i più poveri
tra loro possono permettersi di possedere da sei a dieci schiavi cristiani,
ed i più ricchi da trenta fino a cento (1062 D e p. 6). Era da prevedere che,
prima o poi, i Turchi avrebbero ripreso le loro conquiste territoriali in
Europa, malgrado che il loro esercito non fosse ben fornito di armi
(«videmus... in exercitu transire non solum rusticos et pastores iner-
mes, solo areu vel ense munitos, sed passim senes et curvos prae
nimia antiquitate asella devectos», dice fra Bartolomeo (1061 B). Ma
hanno una enorme riserva di uomini, e per di più per fare le loro guerre si
servono degli schiavi «qu’ilz ont fait de chrestiens très mauvais Sarrazins»
(p. 6).
E a proposito degli schiavi cristiani : pare che occorra distinguere in
questi anni fra i prigionieri occasionali che i Turchi potevano fare tra le
popolazioni delle regioni o delle città da loro invase, ed i prigionieri giovi-
netti, fra i dieci ed i vent’anni (« a decem usque ad viginti aetatis annos »),
che « de omnibus villis, civitatibus et castellis suo subiectis imperio »
venivano raccolti con la forza e che costituivano una « décima puerorum ».
cioè il cosidetto « devsirme », « quod prius nunquam fecerat », afferma
fra Bartolomeo (1066 B), il che vuol dire che la pratica del « devsirme »
ebbe inizio appunto verso il 1437/8. Lasciando agli specialisti di turcologia
il problema dell’inizio del « devsirme », che è alla base délia formazione
militare degli « Jeni ceri» o giannizzeri45, veniamo piuttosto all’altro
45. Su questre e altre testimonianze del « devsirme » cfr. Palmer, Fr. Georgius de
Hungaria..., p. 55 ; B.D. Papoulia, Ursprung und Wesen der ’Knabenlese’ im osmanischen
Reich, München 1963, pp. 85 e 92 ; J.A. Palmer, The Origin of the Janissaries, « Bulletin
of the John Rylands Library», 35 (1953), pp. 448-481. Per altre testimonianze del sec.
XV cfr. Pertusi, Martino Segono..., cit.
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
363
problema, quello del numéro dei prigionieri fatti dai Turchi. Raccogliamo
qui le testimonianze :
1) dopo l’attacco degli Ungheresi (primav. 1438) : « plusquam sexaginta millia,
ut dicitur, animarum asportavit de regno Rasiae» (1057 D);
2) nell’incursione in Transilvania (estate 1438) : « ad triginta et forte quadra-
ginta millium numerum (scil. animarum) extenduntur », oltre che « très magni
montes» di teste di coloro che non si sono arresi che hanno combattuto fino
all’ultimo (1058 C - 1059 A);
3) al ritorno dalla spedizione in Transilvania del 1438 : altre « tringinta mille
animae » deportate dalla regione di Szekels (1061 A);
4) daU’Ungheria, «a diebus non multis» (nel 1438 ?) : «plusquam tercenta
millia, verius dixissem sexcenta millia, animarum (as) portata sunt » (1062 B);
5) dalla Transilvania (?) : «sexaginta et eo amplius animarum... hoc anno
(1440) perdita sunt et ab infidelibus asportata ; dicerem LXXX potius, sed dubito
ut prae multitudine non credatur» (lin. 43-46);
6) dopo la caduta délia fortezza di Smederevo, 1439 : « et sic... infinitam paene
multitudinem captivorum arripuit » (lin. 62-64);
7) da tutta l’Europa orientale : « in istis duobus annis (1439-1440) C et LX m.
animarum christianorum acceperunt ex diversis partibus» (fra Pietro, lin. 8-9);
8) in Serbia (?) : « ista hyeme (1440)... quod cepit VII milia animarum» (fra
Pietro, lin. 11); « de praeda capta tria milia sunt mortui a frigore et animalibus »
(ibid., lin. 20);
9) da tutta l’Europa orientale : «en l’espasse de six annes (1436-1442) derrai-
nement passées, ont ravi en terre des chrestiens plus de 1111e mil chrestiens, tous
fais leurs esclaves... sans ceux qui estoient vielles gens et malades, qu’ilz ont occis
et decolez pour ce qu’ilz ne les pooient emmener » (pp. 3 -4).
E’ per sé évidente che né fra Bartolomeo, né fra Pietro, né altri degli
Occidentali, mercanti veneziani o genovesi, avevano a loro disposizione
indicazioni précisé ; l’espressione ripetuta «ut dicitur» lascia intendere
che ci troviamo di fronte a valutazioni approssimate. La cifra forse più
credibile è quella che si legge nella lettera al priore di S. Giovanni di Gerusa-
lemme : più di 400 000 in sei anni, cioè dal 1436 al 1442, perché corrisponde
alla valutazione minore fatta nel 1438 (60 000 dalla Serbia, 30 000 dalla
Transilvania, altri 30 000 da Szekels, 300 000 daU’Ungheria = 420 000),
e quindi una media di circa 70 000 persone ogni anno.
La situazione di tali prigionieri è quanto di più inumano si possa pensare.
Erano condotti in catene di ferro, legati mani e piedi, spinti innanzi, corne
greggi di animali destinati al macello (lin. 40-41 ; 1061 BC e p. 4), lungo le
strade, dal luogo délia cattura fino ad Andrinopoli o altrove ; se cadevano
364
MÉLANGES IVAN DUJCEV
sfiniti per la famé e per la sete, venivano uccisi (1059 A). Il frate informatore
di fra Bartolomeo dice che ad un certo punto non riusciva più a recitare
il De profundis per ogni persona che moriva e che fu costretto a recitare
la preghiera collettiva Inclina (1059 AB). Fra Pietro, tra l’altro, ci fa sapere
che di 7 000 prigionieri fatti nell’inverno del 1440, quasi la metà morirono
lungo il cammino (lin. 19-20), e che i superstiti giunti ad Andrinopoli
« die ac nocte vadunt per civitatem plorando et ullulando, et non est qui
liberet eos» (lin. 22-23). Ma cio che doveva più suscitare la pietà e l’orrore
era certo il vedere « les petis enfans et jones pucelles mener et porter ès
caiges, si comme l’en porte les oysiaulx au marchié sur cars et sur chevaux »
(p. 4), e più ancora forse quei miseri che cercavano di sottrarsi alla cattura
o che sfuggiti dalle mani dei loro aguzzini, si gettavano in mare, senza
saper nuotare, o si affidavano ad un pezzo di legno o ad un otre rigonfio,
senza avéré alcuna cognizione marina e senza sapere dove dirigersi, per poi
finire a rifugiarsi nelle selve in preda alla famé, al freddo, aile belve, e alla
fine, più morti che vivi, darsi nelle mani dei Turchi, « reducendos melius
aestimantes etiam ab aliis, quam ab ipsis occidi» (lin. 129-144). Ed anche
coloro che riuscivano a rifugiarsi presso qualcuno, corne presso i Frati
Minori di Costantinopoli, non osavano apparire « intra ipsa moenia civi-
tatis », per paura di essere riconosciuti e catturati « per barbam et collum »,
« nare prius vel crinibus amputatis» (lin. 148-151).
Un problema che sembra stare particolarmente a cuore a fra Bartolomeo
è quello del passaggio alla religione musulmana di alcuni di questi prigio-
nieri, « maxime utriusque sexus iuvenes » (1059 DC) ; e non solo tra i
laici, ma anche tra i giovani religiosi (1060 A). «Pou en y a aujourdehui,
scrive fra Bartolomeo nel 1443, qui n’aient, par forche, renié la foy et souvent
faiz très mauvais et crueux Sarazins » (p. 4) ; anzi, « qui anno praeterito
ducti sunt captivi, hoc anno Teucri Teucrorumque omnium crudeliores
effecti in exercitu, primi audacia et fortitudine promptiores... propriam
patriam tradere festinant» (1061 C). E’ chiaro che allude sopiattutto a quei
giovani che, dopo un periodo di istruzione durissima, venivano arruolati
nel corpo dei giannizzeri, e a quelle giovinette che venivano destinate agli
« harem» dei signori ; ma ciô non estante il buon frate non sa darsi pace
di questo « tradimento », pur rendendosi conto che la prova a cui erano
sottoposti questi giovani era veramente terribile. « O utinam, egli esclama,
talis probatio, talis experientia, talis fornax non veniat super nos, si consump-
tura foret, non probatura ! » (1059 D).
Certo nella sua opéra missionaria non lo aiutava l’atteggiamento dei
mercanti latini presenti in Oriente. « Nam, si qui in his partibus vel morantur
vel adveniunt christiani, tanta temporalis lucri cupiditas exardescunt,
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
365
ut vel non ista (scil. mala) considèrent, vel, quod horrendum est dicere,
latenter exoptent : ecce, ex Teucrorum lucris bursas implent et seipsos
ex christianorum sanguine locupletant» (1060 D). Mercanti veneziani e
genovesi facevano soprattuto « leurs marchandises » (p. 2) e in particolare
trasportavano sulle loro navi dell’acciaio, che vendevano agli Ebrei ed ai
Greci, i quali, a loro volta, lo rivendevano ai Turchi (1063 D-1064 A),
pensando cosi, molto probabilmente, di far tacere la loro cattiva coscienza.
Purtroppo non commerciavano soltanto in acciaio con i Turchi, ma anche
in carne umana, cioè in schiavi46. Pare che la sola città di Corinto pagasse
per il « pedagium captivorum de Gallipoli in Turchiam transeuntium »
migliaia di ducati ogni anno (1058 A). Ad Andrinopoli talvolta venivano
buttati « in mercatorum Latinorum conspectu » centinaia di prigionieri
quasi morenti e non era concesso loro di rimuoverli o di seppellirli, se morti,
« nisi prius pretio dato » (1059 BC). Sul mercato di Costantinopoli giunge-
vano ogni anno più di trenta navi « sclavis plenae », venduti dai Tartari
a Moncastro (Aq-kerman, Cetatea Alba), alla Tana e a Caffa a prezzi
irrisori (1 000 per 4, 6 e 10 fiorini !) (1063 B). Su questi stessi mercati si
concentravano i mercanti musulmani del Cairo, di Alessandria e dell’Orien-
te, « et ibi a Christianis christianos emunt pretio magno superque christia-
norum naves portant, quia ipsi non habent, ad patriam suam, ut non modo
sclavos habeant, sed ut libentius faciant Saracenos, christianorum postmo-
46. Su questro triste aspetto del commercio dei Genovesi e dei Veneziani nel Levante
si vedano soprattutto gli studi specifici di C. Verlinden, Esclavage et ethnographie sur
les bords de la mer Noire (XIIIe-XIe siècles), in Miscellanea L. Van der Essen, Bruxelles-
Paris 1947, pp. 287-298 ; La colonie vénitienne de Tana, centre de la traite des esclaves
au XIVe et au début du XVe siècle, in Studi in onore di G. Luzzatto, II, Milano 1950, pp.
1-25 ; Aspects de l’esclavage dans les colonies médiévales italiennes, in Hommage à L.
Febvre, H, Paris 1958, pp. 91-103; La Crète, débouché et plaque tournante de la traite
des esclaves aux XIVe et XVe siècles, in Studi in onore di A. Fanfani, ni, Milano 1962,
pp. 593-669; Traite des esclaves et traitants italiens à Constantinople (XIIIe-XVe
siècles), « Le Moyen Age», 69 (1963), pp. 791-804; Le recrutement des esclaves
à Venise aux XIVe et XVe siècles, « Bulletin de l’institut Historique Belge de Rome »,
39 (1968), pp. 101-102; Le commerce en mer Noire des débuts de l’empire byzantin au
lendemain de la conquête de l'Egypte par les Ottomans ( 1517), in Actes du XIIIe Congrès
international des sciences historiques, Moskva 1970 ; La traite des esclaves dans l’espace
byzantin au XIVe siècle, in Actes du XIVe Congrès international des études byzantines,
Bucarest 6-12 septembre 1971, Bucurejti 1975, H, pp. 281-284 ; Les routes méditerranéennes,
in Istanbul à la jonction des cultures balkaniques, méditerranéennes, slaves et orientales,
aux XVIe-XIXe siècles, Bucarest 1977, pp. 27-42; M. Balard, Les Génois dans l’ouest
de la mer Noire au XIVe siècle, in Actes du XIVe Congrès intern. des études byzantines...,
n, pp. 21-32 e particolarmente p. 24; G. Forchieri, Navi e navigazione a Genova nel
Trecento. Il 'Liber Gazarie', Genova 1974, pp. 48-49; G.I. Bratianu, Recherches sur
le commerce génois dans la mer Noire au XIIIe siècle, Paris 1929, pp. 228 sgg. ; ID., La
mer Noire des origines à la conquête ottomane, Monachii 1969, pp. 262 e 318 sgg
366
MÉLANGES IVAN DUJCEV
dum inimicos » (1063 C)47. In taie situazione fra Bartolomeo aveva ragione
di parlare del « mysterium» délia giustizia divina, « quare tantum sustinet
christianos » (ibid.).
Ma le lettere di fra Bartolomeo e di fra Pietro assieme ad un’altra di
fra Alberto da Sarteano, scritta il 24 ottobre 1443 al papa Eugenio IV per
la liberazione di alcuni confratelli caduti prigionieri dei Turchi48, costi-
tuiscono una fonte preziosa non soltanto per comprendere la situazione delle
popolazioni dell’Europa orientale investite dalla prima grande invasione
délia armate turche, ma anche per ricostruire i fatti d’arme più salienti
del periodo che va dal 1438 al 1442.
Si ritiene, in generale, che l’incursione sanguinosa contre la Transilvania
nell’estate del 1438 sia stata corne un « diversivo » organizzato da Murâd II
approfittando delle lotte all’interno dell’Ungheria per la successione a
Sigismondo di Lussemburgo. Ma fra Bartolomeo ci fa sapere che al mo-
mento in cui egli sbarcava a Costantinopoli e ivi lo raggiungeva, quasi
contemporaneamente, fra Alberto da Sarteano, che rientrava da Gerusa-
lemme — dunque agli inizi del 1436 —,« vulgabatur ibidem diebus proximis
Hungaros aliqua Teucrorum navigia combussisse nec non etiam plurimos
occidisse illorum : haec, inquam, omnia vera fuerunt» (1057 D). Quando,
esattamente, e dove awenne questa battaglia ? La scarsità delle fonti non
ci permettono di determinare meglio questo fatto d’arme, avvenuto forse
sul Danubio, ma non c’è ragione di dubitare dell’informazione di fra Bar-
tolomeo. Seconde il quale, l’incursione délia Transilvania dell’estate de]
1438 sarebbe stata prcceduta da un’altra incursione contre la Serbia,
proprio «ex hoc», cioè in seguito all’attacco vittorioso degli Ungheresi.
47. Per quanto ho potuto vedere, non mi sembra che queste important! testimonianze
di fra Bartolomeo sul commercio degli schiavi da parte di mercanti italiani e musulman!
abbiano finora attratto l’attenzione degli studiosi indicati nella nota precedente.
48. Cfr. Wadding, Annales Ordinis Minorum..., xi, p. 343. E’ curioso che in questa
lettera fra Alberto da Sarteano, oltre che supplicare il papa Eugenio IV a che venissero
liberati i «fratres... ad grandia fidei negotia missos», ricordi un fra Pietro in questi
termini : « Venit autem mihi in mentem Petrum ilium, qui pridem profecturus erat in
Graeciam pro illorum salute, qui iamdiu ad fidem nostram suspirant, plusquam dici
a me possit, futurum idoneum ad praedictos e manibus Teucrorum eripiendos, cum et
linguam illorm infidelium probe calleat, et in eisdem provinciis pariter habeat parentes
captivos ». Mi chiedo se questo Pietro sia lo stesso estensore délia lettera invia'a a fra
Bartolomeo di Giano il 12 febbr. 1443. Poiché fra Alberto scrisse la sua il 24 ott. 1443
da Venezia, è possibile che fra Bartolomeo avesse informato délia situazione sia il papa
Eugenio IV, con la lettera che qui pubblichiamo, sia il confratello fra Alberto, a cui era
legato da profonda amicizia. Si ricordi poi che il papa Eugenio acconsenti a che venisse
raccolta una somma per il riscatto dei francescani prigionieri : affidb la somma di 400
aurei al mercante veneziano di Cipro Giovanni de Martini e questi la fece pervenire al
« presbitero » Giovanni di Marostica, che riusci a liberarli e a riportarli in patria.
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
367
E fu in questa prima incursione condotta personalmente dal sultano (« Teu-
cer ipse iratus illuc cum magno exercitu peisonaliter accedens » 1057 D),
che « plusquam sexaginta millia, ut dicitur, animarum asportavit de regno
Rasiae » (1057 D), molto probabilmente nella primavera del 1438. Successi-
vamente l’esercito turco «de mense Augusti» (1064 B) avrebbe invaso
l’Ungheria — sotto il comando, secondo Babinger, di ’Alî Beg, figlio
di Evrenos e con il concorso di Vlad Dracul, principe délia Valacchia, e di
Giorgio Brankovic, despoto délia Serbia — ed ivi avrebbe devastato « non
unam solum... civitatem, sed très, sed quatuor, sed castra atque villas
innumeras, magnam dico ac notabilem patriam habitatoribus et divitiis
opulentissiman, iam destructam in cineremque redactam de mense videlicet
Augusti praesentis anni ; patriam dico fidelium populorum, qui Saxones
nuncupantur in patria Transylvana... quae Septemsolia dicebatur, nunc
vero quid nominetur ignoro, nisi forte locus lamentabilis et planctus»
(1058 B). Sembra accennare qui all’assedio di Sibiu (Hermannstadt), aile
devastazioni di Braçov (Kronstadt) e di Médias (Mediasch) e alla distruzione
dei sobborghi di Sighiçoara (Schâssburg) e di tutta la zona del Banato di
Temeçvar, cioè di quella regione che era detta «Septemsolia» o « Septem-
castra» (= Siebenbürgen) o anche «Transylvania» (ungh. Erdély, rum. Ar-
dealu, turc. Erdel)49. Pare che al momento del ritorno dell’esercito dalla
spedizione in Transilvania «de mense Septembris», «subito ex eis viginti
millia vel circa retroversi Hungaros quasi iam securos repentissime invase-
runt in quadam provincia, quae dicitur Siculorum, quasi in medio Hunga-
riae; ex quibus, ut fertur, triginta mille animas (as)portaverunt» (1061 A).
Si tratta dunque di un supplemento, per cosi dire, délia spedizione in Tran-
silvania, cioè di un’incursione fatta nella zona di Szekel da un reparto stac-
catosi dal grosso dell’ esercito nel settembre del 1438. Ma non basta : fra
Bartolomeo ci informa anche dell’invio di un altro corpo di spedizione in
Transilvania nell’ottobre dello stesso anno, ma « si quid mali fecerit, non
narratur» (1061 A); e poi di una contemporanea incursione dei «Tartari».
i quali, «videntes christianos populos occupatos in bellis », a seguito delle
lotte per la successione al trono impériale, «Poloniam invasere» (1064 B)50.
49. Cfr. Babinger, Maometto..., p. 16 e, più indietro, qui, n. 5. Per Sighisoara, cfr.
Ducas, Istoria..., p. 258 n. 2, che cosi interpréta il Grecu il vago accenno ad un « piccolo
villaggio ». Molto più incerto si dimostra N. Jorga, Histoire des Roumains et de laroma-
nité orientale, iv, Les chevaliers, Bucarest 1937, pp. 73-74, il quale non ricorda che Sebeç,
sulla base délia testimonianza di Giorgio di Ungheria, ma aggiunge che la fortezza di
Giurgiu fu occupata e ricostruita.
50. Si ha notizia di due incursioni dei Tartari délia Crimea, ma non in Polonia, bensi
in Moldavia, per l’anno 1439 : cfr. Jorga, Histoire..., iv, pp. 85-86.
368
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Délia conquista délia fortezza di Smederevo e délia fuga di Giorgio
Brankovic, a cui accennano fra Bartolomeo e fra Pietro, si è già detto ; qui
c’è da soggiungere soltanto che pare che Murâd II si proponesse di devas-
tare durante l’inverno del 1439-1440 « totam... Ungariam et Almaniam»
(lin. 55-56), ciô che poi non attuô, ma è possibile che l’abbia pensato al
momento in cui le truppe turche fecero un’incursione al di là del Danubio
subito dopo la conquista di Smederevo, conquistando « Cuminim » ( = Ko-
vin ?) e un’altra città ungherese il cui nome ci sfugge per difetto délia tradi-
zione del testo (lin. 56-62). Forse si tratta délia stessa città di cui parla
anche fra Pietro : « et cepit unum locum novum in Ungaria et omnes sunt
ibi capti » (Pietro, lin. 17-18).
All’inizio del 1443, secondo fra Bartolomeo, i Turchi avevano conqui-
stato o avevano già sotto il loro controllo la Serbia, la Schiavonia (= Slo-
venia), la Dalmazia, la Valacchia, la Transilvania, la Bulgaria, la Bosnia,
e « par especial », il regno di Ungheria e di Sassonia (pp. 3 et 5), senza
contare « villes, chasteaulx et citez qu’ilz ont destruit totalement avecq
le pais d’entour, qu’ilz ont aussi perdu par feu et flame» (p. 4). Più che
di vere e proprie conquiste di tali territori, si tratta, corne lascia intendere
fra Bartolomeo, di zone sottoposte ad atti di terrorisme e di devastazione,
per cui le popolazioni si sentivano ormai sotto l’incubo di una totale conquis-
ta. Ma i maggiori particolari ci vengono sull’impresa di Giovanni Hunyad,
voevoda di Transilvania, al quale, assieme a Niccolô Ujlaky, il giovane re
Alberto V aveva affidato la difesa dei confini dell'Ungheria. Fia Bartolo-
meo non parla espressamente di Giovanni Hunyad, ma non c’è alcun
dubbio che alluda alla sua impresa del 1442. Egli afferma che nella quaresi-
ma del 1442 (cioè, fra il 18 febbr. e il 17 marzo), Murâd II, volendo di-
struggere il regno di Ungheria, inviô ivi un « très grant et très poissant
nombre de Turs », che saccheggiô il paese e fece molti prigionieri e che, al
ritorno, esso venne attaccato dagli Ungheresi, i quali ne uccisero 36.000 :
« et fu dimence de la Passion », cioè il 18 marzo 1442 (p. 8)5 *. Poi racconta
che il sultano, dopo la sconfitta subita, mandé a chiamare « le seigneur de
Valaquie, lequelz est son serf, ... nommé Dracule», cioè Vlad Dracul,
padre di Vlad IV Jepeç (l’Impalatore), lo ricevette onorevolmente a pranzo
con i suoi bojari, ma poi l’imprigionô e gli fece tagliare la testa, « disant
qu’il estoit sachant de la desconfiture faicte par les chrestiens » ; in seguito
avrebbe imprigionato anche i suoi bojari e avrebbe confiscato le loro terre
51. Si tratta délia ben nota, e discussa, corne luogo, battaglia di «Waskapu» o di
Sântimre (Szent Imreh, Sîntimbru), a est di Alba Julia : cfr. I. Minea, Vlad Dracul
vremea sa, « Cercetari istorice», 4 (Jajy 1928), p. 121 ; Jorga, Histoire..., iv, pp. 83-84.
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
369
in Valacchia, e poi inviato un « seigneur turq » corne governatore con un
presidio di 12.000 turchi. Ma Ungheresi e Valacchi si sarebbero opposti e
li avrebbero tutti uccisi (pp. 8-9)5 2. Quando il sultano venne a conoscenza
délia nuova sconfitta, avrebbe inviato in Valacchia tutto il suo esercito,
composto di 124.000 uomini, per distruggerla e far prigioniera tutta la sua
popolazione. Sul primo momento i Valacchi avrebbero fatto tinta di pro-
mettere ubbidienza, ma poi riunitisi sulle montagne agli Ungheresi ed ai
Polacchi, avrebbero scatenato una grande battaglia e sconfitto l’esercito
turco, uccidendo 52.000 uomini, facendo un numéro considerevole di
prigionieri e catturando 5000 bestie da soma, tra cammelli e cavalli, carichi
di tende e di bottino52 53. A seguito di questa vittoria, le truppe cristiane,
imbaldanzite, sarebbero arrivate fino ad Andrinopoli « et y ont prins
plusieurs villes et chasteaulx, et le pays d’otour ars et brûlé : et ce, du moys
de septembre l’an xlii, le IIe jour dudit mois ». Contro di esse Murâd II
avrebbe inviato altri 15.000 uomini, ma anch’essi sarebbero stati sconfitti
e uccisi (pp. 9-10)54.
Si tratta délia stessa impresa esaltata dal vescovo Martino Segono con
queste parole (verso il 1480-81) :
« Est in ea (scil. Transilvania) Huniadum oppidum [= Hunedoara] loci natura
munitissimum, unde loannes Albus [= « Blancus », i.e. « Blachus », Giovanni
Hunyad] oriundus fuit, qui fusis hic primum Turcis, eorum duce Mesitbego
interfecto, melioribus semper auspiciis victoriam prosequendo adeo hostibus
52. Lasciando da parte per il momento il racconto su Vlad Dracul, su cui ritorneremo
tra poco, ricordiamo che, molto probabilmente, questa battaglia si sarebbe svolta in
prossimità délia Porta di ferro il 25 marzo 1442 : cfr. Minea, Vlad Dracul..., p. 121 nn.
1 e 2 ; Jorga, Histoire..., iv, p. 84.
53. Si tratterebbe qui dell’altra famosa battaglia svoltasi Jungo il fiume lalomifa,
forse non lontano da Tîrgoviçte, il 2 o il 6 o il 25 sett. 1442, ricordata anche dal cronista
veneziano délia cosiddetta Cronica Zancaruola (brano edito da N. Jorga, Studii jz docu-
mente eu privire la Istoria Rominilor. m, Fragmente de Cronici fi stiri despre Cronicari,
Bucureçti 1901, pp. xvii-xvm), che sembra aver avuto notizia délia lettera di fra Barto-
lomeo al priore di S. Giovanni di Gerusalemme, data la somiglianza di certo espressioni,
su cui cfr. Jorga, Les aventures..., pp. 13-17 ; Minea, Vlad Dracul..., pp. 127 sgg. ; Jorga,
Histoire..., iv, pp. 87-88.
54. E’ assai difficile dire fino a che punto sia giunto Giovanni Hunyad subito dopo la
sua vittoria sulla lalomifa. Certo puntô al di là del Danubio, passato nei pressi di Nikopol,
verso Filippopoli (Plovdiv), con l’intenzione, molto probabilmente, di raggiungere la
cosiddetta «via trasversale», cioè la strada che da Filippopoli portava a Costantinopoli
attraverso Andrinopoli (Edirne), da tempo in mano turca. Ma forse, sorpreso dall’inverno,
fu costretto a tornare indietro. Un tentative di raggiungere Costantinopoli verra fatto
da Giovanni Hunyad l’anno successive (1443), ma movendo da Belgrade (Babinger,
Maometto.., pp. 25-27 ; Jorga, Histoire..., iv, pp. 88-90) e risoltosi non bene, anche
questa volta, a causa del freddo invernale e délia mancanza di viveri.
370
MÉLANGES IVAN DUJCEV
terrori et suis admirationi fuit, ut omnium sententiis ad regni gubernationem
deposceretur »55.
Esiste una certa divergenza fra gli storici moderni sulla successione dei
combattimenti di Giovanni Hunyad nel 1442. Contrariamente a quanto
afferma, ad esempio, lo Jorga56 ; che segue sostanzialmente la versione
data da Bartolomeo di Giano, il Babinger57 sostiene che il voevada transil-
vano avrebbe sconfitto prima Sihâb ed-Dîn presso il fiune lalomifa, poi
Mezîd Beg, caduto sul campo di battaglia con il figlio, a Szent Irnreh, e
infine ancora Sihâb ed-Dîn, che era accorso per vendicare la morte di
Mezîd Beg, in luogo non precisato. Non siamo in grado di decidere la que-
stione. Sarebbe utile vedere su questo punto le fonti turche più accreditate
e compararle aile fonti occidentali : ciô che ci porterebbe troppo lontano
dal nostro discorso58. Piuttosto, è opportuno forse fermarsi un momento
sulla storia di Vlad Dracul narrata da fra Bartolomeo. Si tratta di una voce
che era corsa a Costantinopoli e alla quale fra Bartolomeo ha creduto, in
buona fede, ma sulla cui verità da tempo la critica ha espresso chiaramente
la sua opinione, dal Jorga al Minea59. Corne già riconosceva lo Jorga,
benché la notizia sia falsa, essa rimane corne espressione di « psychologie
populaire dans le milieu d’Église»60. In effetti, Vlad Dracul non mori
nel 1442, né fu giustiziato dal sultano, corne racconta fra Bartolomeo, ma
continué a combattare contre i Turchi a fianco degli Ungheresi fino al
1447, anno in cui sarebbe stato ucciso assieme al figlio Mircea, forse per
ordine di Giovanni Hunyad, il quale invase la Valacchia appunto in
quell’anno per punire Vlad che aveva concluso l’anno prima una pace
con i Turchi61. Ma nel racconto favoloso di fra Bartolomeo c’è un’anima
55. Martini de Segonis Tractatus (il 5, 14-18) in Pertusi, Martino Segono..., cit.
56. Jorga, Histoire..., iv, pp. 83-84.
57. Babinger, Maometto..., p. 20.
58. Purtroppo, corne è noto, i) Babinger scomparve tragicamente senza aver pubblicato,
corne avera promesso, un volume di note al suo libro su Maometto. Ma è certo che
l’illustre studioso aveva visto e valutato con grande accuratezza anche le fonti orientali,
e quindi prima di dissentire délia versione da lui data, occorrerebbe rifare il suo lavoro
di sintesi.
59. Jorga, Studii ji documente..., m, pp. xvii-xvm ; Les aventures..., pp. 13-17 ; Minea,
Vlad Dracul..., pp. 102-131 e particolarmente 124-127; Jorga, Histoire..., iv, pp. 74-75.
60. Jorga, Les aventures..., p. 15.
61. Jorga, Histoire..., iv, pp. 106-108 (che cerca di discolpare Giovanni Hunyad di
taie uccisione) ; Minea, Vlad Dracul..., p. 215 ; F. Pall, Intervenfia lui lancu de Hunedoara
in rfarn Româneascâ fi Moldova in anii 1447-1448, « Studii», 16 (1963), pp. 1049-1072 ;
N. Stoicescu, Vlad Tepef, Bucurejti 1976, p. 15 ; St. Andrescu, Vlad Tepef (Dracula).
Intre legendâ fi adevàr istoric, Bucureçti 1976, pp. 21 sgg. ; G. Giraudo, Drakula. Contri-
bua alla storia delle idee politiche nell'Europa orientale alla svolta del XV secolo, Venezia
l’europa orientale dopo la caduta di smerderevo
371
di verità, perché sembra che effettivamente Vlad Dracul, dopo la spedizione
turca in Transilvania del 1438, seconde Jorga62, o dopo la spedizione di
Giovanni Hunyad délia primavera del 1442, molto più probabilmente,
seconde gli storici romeni più recenti63, sarebbe stato costretto a recarsi
alla Porta del sultano per fare alto di omaggio e lasciare nelle sue mani i
due figli, Vlad, il future Vlad IV Tepe§, e Radu, che furono rinchiusi
nella fortezza di Egrigôz o di Nymphaion (Nif), corne ostaggi. E’ possibile
che la leggenda raccontata da fra Bartolomeo sia nata proprio attorno a
questo episodio, tant’è vero che da una parte lo storico greco Ducas lo
mette in relazione alla caduta di Smederevo del 143964, mentre Chalkon-
dyles parla di un rifugiarsi di Vlad Dracul presso la Porta dopo la campagna
del 144265. Poteva accadere che il sultano giudicasse un suo vassallo col-
pevole di intelligenza con il nemico e, approfittando dell’atto di omaggio,
lo punisse con la pena délia decapitazione ; ciô che perd non avvenne in
questa circostanza, perché Vlad Dracul, dopo aver lasciato nelle mani di
Murâd II i suoi due figli corne ostaggi, poté tornarsene tranquillamente
in Valacchia.
Le tre lettere conservate di fra Bartolomeo sono dunque documenti di
grande interesse per la storia dell’Europa orientale negli anni 1439-1442
ed è un vero peccato che non si siano conservate le altre che egli scrisse in
quegli anni (o almeno, finora non sono State ritrovate, ma è possibile che
siano nascoste in qualche manoscritto non interamente esplorato). Esse
ci dicono con quale attenzione fossero seguiti gli avvenimenti dolorosi
dell’Europa orientale, invasa ripetutamente dalle truppe di Murâd II, da
parte délia Chiesa di Roma, e corne tutto ciô préoccupasse profondamente
1972, p. 49. Gli studiosi più accreditati (Jorga, Minea, Pall, Stoicescu, Andrescu, ecc.)
non sono interamente d’accordo sulla data di morte di Vlad Dracul (die. 1446 o nov.-dic.
1447 o avanti 4 die. 1447), ma non sembra che essa sia da porre in relazione con l’impri-
gionamento dell’Hunyad in Valacchia, dove si era rifugiato dopo la sconfitta di Varna
(1444), bensi al fatto di aver concluso una pace separata nel 1446 con i Turchi, pace di
cui parlano diversi storici contemporanei ed anche un documento.
62. Jorga, Histoire..., iv, p. 74.
63. Minea, Vlad Dracul..., p. 120 ; Stoicescu, Vlad Tepes—, p. 10 ; Andrescu, Vlad
Tepe§..., pp. 33 e 38 ; M. Berza, Vlad Tepe$, ses règnes et sa légende. En marge de deux
livres récents, « Revue des études sud-est européennes », 15 (1977), pp. 326-327.
64. Ducas, Istoria..., p. 263, 8-17, che parla anche di un imprigionamento di Vlad
Dracul a Gallipoli, subito dopo il suo arrive in territorio turco, perché, egli dice, « stava
per tradire, in Ungheria », il giuramento di vassallo del sultano.
65. Laonici Chalcocandylae Historiarum demonstrationes..., n, pp. 36-37. Ma giusta-
mente Minea, Vlad Dracul..., pp. 120, pone in relazione taie notizia, o meglio, taie confu-
sione di Chalkondyles con l’atto d'omaggio e la consegna dei due figli in ostaggio nel
1442.
372
MÉLANGES IVAN DUJCEV
l’Occidente impaurito dell’avanzata dei Turchi. Ma questi non erano che
i prodromi di avvenimenti ben più gravi e più dolorosi per l’Europa orien-
tale.
ZUR HISTORISCHEN RELEVANZ DER
« MEMOIREN EINES JANITSCHAREN ODER
TÜRKISCHEN CHRONIK »
DES KONSTANTIN MIHAJLOVIC AUS OSTROVICA
Günter PRINZING
In seinem groBen Aufsatz « La conquête turque et la prise de Constan-
tinople dans la littérature slave de l’époque» charakterisiert I. Dujcev
die Memoiren eines Janitscharen, die gleichermaBen der polnischen und
tschechischen Literatur der Wende des 15. zum 16. Jh. zuzuzâhlen sind,
als « une œuvre extrêmement intéressante par son contenu et par la personne
de son auteur » und stellt im Verlauf seiner Ausführungen hierüber u.a.
fest : « Ecrits d’après ses souvenirs et des observations personnelles, com-
plétés par quelques renseignements puisés dans les livres, les Mémoires
du Janissaire doivent être considérés comme une des œuvres les plus impor-
tantes de la littérature slave de cette époque, qui mérite une étude mono-
graphique »1.
Wenn auch bisher eine solche Monographie, zu deren Abfassung
neben slavistischen und byzantinistischen auch osmanistische Kenntnisse
vonnôten wâren, nicht erschienen ist, so sind für sie inzwischen doch
wichtige Vorarbeiten einerseits in übergreifenden Studien und Spezialar-
1. Vgl. «Byzantinoslavica» 17 (1956) 333-334 und im Sammelband I. Dujcev,
Medioevo Bizantino-Slavo 3, Rom 1971, S. 478 und 479-80.
374
MÉLANGES IVAN DUJCEV
beiten, andererseits in neuen Textausgaben und kommentierten Über-
setzungen erstellt2 * * * * * B..
Dies gilt gerade für die Textausgaben und Übersetzungen — letztere
beginnen übrigens schon «indirekt» 1596 !, vgl. unten —, denn da das
Original der « Memoiren » als verschollen gelten muB und jeweils tsche-
chische und polnische Redaktionen des Textes die Grundlagen der heuti-
gen Ausgaben bilden, verbinden sich mit jeder Ausgabe, Übersetzung und
deren Kommentar von neuem die eng zusammenhângenden Fragen nach
der Person des Autors, der Genesis und literarischen Form des Textes
und der Zuverlâssigkeit und Bewertung der im Text vermittelten Informa-
tionen. So bieten denn auch die neuesten Übersetzungen, von denen ja
eine auf dem erstmals verôffentlichten und vor der polnischen Version
mindestens teilweise den Vorzug verdienenden Text der tschechischen
Handschrift M (16. Jh.) fuBt, zugleich Grundlage und Ausgangspunkt
für eine eingehendere Beschâftigung mit diesem Werk.
Mit dem vorliegenden Beitrag hoffe ich, hierfür einige Anregungen
geben su kônnen.
Daj Werk, um das es hier geht, besteht aus 48 Kapiteln (und einem
2. Vgl. Dj. Zivanovic, (Hrsg.), Konstantin Mihajlovic iz Ostrovice, Janicarove Uspo-
mene Ui Turska Hronika (« Spomenik » SAN 107, Odeljenje drustvenih nauka NS 9),
Belgrad 1959 (Wiederabdruck der polnischen kritischen Edition von J. Los /Krakau 1912/
mit serbischer Übersetzung und ausführlicher Einleitung). — Konstantin Mihajlovic iz
Ostro‘ ice, Janicarove Uspomene ili Turska Hronika, predgovor, prevod i napomene
Dj. Z vanovic (= Brazde pos. izd. ser. 5), Belgrad 1966. —Memoiren eines Janitscharen oder
Türki che Chronik, eingeleitet u. übersetzt v. Renate Lachmann, kommentiert von
C.-P. Haase, R. Lachmann, G. Prinzing (= Slavische Geschichtsschreiber 8), Graz-
Wien-Kôln 1975. — Konstantin Mihailovic, Memoirs of a Janissary, translated by
B. Stolz, historical commentary and notes by S. Soucek (= Michigan Slavic Translations
3), Ann Arbor 1975 (enthâlt neben der Übersetzung vor allem die erstmals edierte tsche-
chische Version M). Jüngst erschien eine italienische Übersetzung (von A. Danti) des
Kap. 26 über die Eroberung Konstantinopels mit Einleitung und Anmerkungen von A.
Pertusi im Rahmen des Werkes von A. Pertusi. La caduta di Constantinopoli. Le testi-
monianze dei contemporanei, Verona 1976, S. 254-260 u. S. 434-438. — Man hat meist
übersehen, daB eine von Ph.A. Dethier besorgte polnische Ausgabe mit Kommentar
u. franzôs. Übersetzung (diese von T. d’Okcza) in der kurzlebigen Ausgabe der Monu-
menia Hungariae Historica, Bd. 22, 1 u. 2, Konstantinopel 1872 erschienen ist. Zu dieser
Ausgabe, die übrigens ein Torso blieb, bemerkt K. Krumbacher, Geschichte der byzant.
Litteratur, München 1897, S. 311 daB die Bande « kaum geboren, zum grausamen Tod
in der Stampfmühle verurteilt wurden». Erst Pertusi, op. cit., S. LVI und S. 254 hat
wieder auf diese immerhin in seltenen Examplaren noch greifbaren Bande der Monu-
menta Hung, Hist. auch in unserem Zusammenhang aufmerksam gemacht. Weitere
bibliographische Hinweise sind den genannten neueren Ausgaben und Übersetzungen
zu entnehmen. Vgl. auch den von M. Stoy verfaBten Artikel s.v. Konstantin, in : Bio-
graphisches Lexikon zur Geschichte Südosteuropas, Bd. 2, München 1976, S. 467.
MEMOIREN EINES JANITSCHAREN
375
SchluBaufruf, der als Kap. 49 oder 49/50 gezâhlt wird), die sich inhaltlich
folgendermaBen gliedern : Kap. 1-8 enthalten Angaben über die islamischen
Glaubensbrâuche, 9-13 eine mythische Genealogie des osmanischen Herr-
scherhauses, 14-24 umfassen verschiedene Angaben besonders zur serbisch-
südslavischen Geschichte ab 1330, daneben aber auch zur byzantinischen
ab Johannes VI. Kantakuzenos und zur osmanischen Geschichte bis zum
Herrschaftsantritt Mehmeds IL, 25-35 bringen die Ereignisse der Regie-
rungszeit Mehmeds IL (wobei Kap. 26, 27 u. 29-34 biographisch verwert-
bare persônliche Angaben des Verfassers enthalten, so daB dieser Abschnitt
als der eigentliche Memoirenteil gelten kann) und 36-48 handeln über
Organisation und Besonderheiten des osmanischen Hof- und Heerwesens.
Der SchluB fordert die Christen zu Wachsamkeit und Einigkeit auf.
Es ist ganz sicher, daB redaktionelle Zusâtze — oft traktathaft tenden-
ziôse und moralisierende Bemerkungen — bereits in die vorliegenden
àltesten Versionen eingeflossen sind und daB die spâteren Textversionen
Produkte immer umfangreicherer Verânderungen und « Aktualisierungen »
darstellen, die erfolgten, um den jeweiligen Bedürfnissen des Publikums
gerecht zu werden, ein ProzeB, der z.B. aus der Textgeschichte der litera-
rischen Volksbücher auch wohlbekannt ist.
Dabei spielte die Frage der Autorschaft nur eine sekundâre Rolle,
denn vom Publikum wurde ein solcher « Wiedergebrauchstext », wie R.
Lachmann gezeigt hat, jeweils als « homogène Einheit gelesen»3.
So lassen Aufteilung und Inhalt des Textes, sowie die Unsicherheit der
Textkonstitution auf den ersten Blick Zweifel berechtigt erscheinen, ob
ein so heterogener Text überhaupt von einem Autor allein geschaffen
worden sein kann oder ob es sich bei dem Autoren-Ich nicht vielleicht
um eine pure Erfindung spaterer Textkompilatoren handelt4. Auf jeden
Fall wird évident, wie schwierig es sein muB, aus den vorliegenden Versionen
auf das Original und seinen Autor Rückschlüsse zu ziehen.
Es ist im Zusammenhang dieser vieldiskutierten Frage vielleicht hilf-
reich, nur eines anzumerken : Die Heterogenitat des Textes, die Kombi-
nation legendârer, chronistischer und memoirenhafter sowie traktathaft-
belehrender Teile miteinander bietet für sich genommen noch keinen
hinreichenden AnlaB, von vornherein den Text als Kompilation zu betrachten
3. Vgl. die Einleitung zu den Memoiren eines Janitscharen, S. 31.
4. Vgl. ebenda S. 30 unter Berufung auf die Arbeiten von A. Danti, der übrigens
eine neue kritische Ausgabe des polnischen Textes vorbereitet.
376
MÉLANGES IVAN DUJCEV
oder gar die Authentizitât des von sich erzâhlenden Autors grundsâtz-
lich in Frage zu stellen. Die zeitgenôssische Türkenliteratur kennt nâmlich
mehrere Beispiele âhnlich strukturierter Schriften, wie die des Georg von
Mühlenbach, lacopo de Promontorio, Gian-Maria Angiolello5 und die
meist übersehene, aber jüngst von A. Pertusi aus anderem AnlaB berück-
sichtigte und in die Nâhe des Janitscharen gerückte Schrift des Büchsen-
machers Jôrg von Nürnberg (zuerst verôffentlicht in Memmingen ca.
1482/3)6. Letztere scheint mir trotz ihrer Knappheit den «Memoiren»
literarisch besonders nahe zu stehen, aber auch inhaltlich. Die seltene
Inkunabel ist noch immer nicht ediert und kommentiert, so muB hier ein
Hinweis darauf genügen, daB Jôrg in seiner Schrift über den Ursprung
der Türken, die Herrschaftstaten ihrer Kaiser und deren Gewinne an Land
und Stâdten, ferner über Glauben und Ritus und schlieBlich über die
Behandlung der Gefangenen bei den Türken berichten will7.
Freilich bleiben die Person des Autors der Janitscharen-Memoiren,
seine biographischen Daten und die Frage von Ort, Zeit und âuBeren
Bedingungen, unter denen das Original einmal abgefaBt wurden, noch
verhâltnismâBig stark im Unklaren. Bis heute lâBt sich z.B. nicht zweifels-
frei klâren, wo Konstantin, der sich ja 1463 als osmanischer Kommandant
der kleinen bosnischen Festung Zvecaj den Ungarn hatte ergeben müssen,
seine Schrift verfaBt hat ; genannt werden Ungarn, Bôhmen und Polen8.
Auch hinsichtlich der Abfassungszeit des Werkes verfügen wir noch
nicht über gesicherte Daten, sondern man vermutet aufgrund inhaltlicher
Kriterien, vor allem des letzten Kapitels (49/50), es sei etwa zwischen
1491 und 1500 verfaBt. Die am SchluB der polnischen Redaktion in der
Hs. Z (16. Jh.) in einer chronologischen Notiz (« Ta krojnika pisana napr-
zod litera Ruska lata Narodzenia Bozego 1400» = Diese Chronik ist
zuerst mit russischen Lettern im Jahre des Herrn 1400 geschrieben worden)
überlieferte Jahreszahl 1400 wird dementsprechend als Kopistenfehler
5. Vgl. hierzu F. Babinger, Die Aufzeichnungen des Genuesen lacopo de Promon-
torio — de Campis über den Osmanenstaat um 1475, München 1957, S. 10-13.
6. Vgl. zuletzt A. Pertusi, Premières études en Occident sur l'origine et la puissance
des Turcs, in « AIESEE Bulletin» 10, 1 (1972) 49-94, speziell S. 64-65 Anm. 47, u. 67-70.
Jôrgs Schrift (Geschicht von der Turkey) wurde noch einmal in Memmingen 1496 und
Nürnberg 1500 gedruckt. Der Text, der auf f. 8r endet, ist illustriert ; vgl. bei Pertusi
Abb. 1-3. Das Werk Jôrgs hat in der Bayer. Staatsbibliothek die Signatur 4° Inc.s.a.
901m.
7. Fol. 2r der Schrift Jôrgs (Abb. 2 bei Pertusi).
8. Vgl. darüber die Angaben der Ausgaben von Zivanovic, Lachmann u. Stolz.
MEMOIREN EINES JANITSCHAREN
377
gewertet, denn gemeint sei offenbar 1490 oder 15009. Da bisher aber noch
nicht zu klâren versucht wurde, wie dieser Kopistenfehlerpalâographisch zu-
standegekommen sein kann, môchte ich hier ein paar kurze Überlegungen
anschlieBen, die nicht nur hierin, sondern vielleicht auch in den oben
erôrterten Fragen zur Entstehung des Werkes etwas weiterführen kônnen.
Statt der Zahl 1400, die in der polnischen Notiz steht, dürfte in der
russisch/bzw. serbisch-kyrillischen Vorlage10 ein in Zahlbuchstaben
geschriebenes Datum mit der in den orthodoxen Lândern üblichen Welt-
jahrsangabe gestanden haben. Dem Jahr 1400 entspricht das Weltjahr
6908 (Januar-Ende August) [bzw. 6909 (September-Ende Dezember)], grie-
chisch kyrillisch : wSIJH oder wSAH). Da nun der Zahlbuchstabe
für 8 (gr. H', tj', kyr. H) sowohl im Griechischen wie auch im Kyrillischen
bei einer etwas nachlâssigen Handschrift unschwer aus dem Zahlbuchstaben
für 90 (gr. od. kyr. ç, mÿ) verlesen worden sein kann11, erscheint
es durchaus denkbar, daB sich hinter der Zahl 1400 in Wirklichkeit das
Weltjahr 6990 = 1481/82 verbirgt, und damit die Zeit um das Todesdatum
Mehmeds II. (3. Mai 1481)12.
Ist man geneigt, dieser Erklârung zu folgen und der Notiz auch eine
textgeschichtliche Relevanz zuzubilligen, ergâben sich sogleich zwei Fol-
gerungen :
a) Bei der Frage der Textkonstitution wâre davon auszugehen, daB
mindestens Kap. 37 und 49/50 nicht zu dem Teil gehôren kônnten, der
um 1481/82 verfaBt wurde. Diese Kapitel müBten folglich, wie eine Reihe
anderer Zusâtze in den voraufgehenden Kapiteln, Produkte einer ersten,
wohl ca. 1492-1502 erfolgten Bearbeitung sein, die vielleicht mit der Über-
setzung einherging13.
9. Vgl. ÉivANovtc, Einleitung zu seiner Ausgabe von 1959, S. XV, Memoiren eines
Janitscharen, ed. Lachmann, S. 228 Anm. 418 und Memoirs of a Janissary, ed. Stolz
S. XXII und im Kommentar von Soucek S. 236 Note 1 zu Kap. 50.
10. Die Frage, in welcher Sprache die Vorlage der polnischen Hs. geschrieben ist,
kann ebensowenig wie die Frage nach der Sprache des Originals eindeutig beantwortet
werden. Die kontroversen Standpunkte werden jeweils von den Editoren referiert.
11. Eine Darstellung der verschiedenen Formen des kyr. H findet man bei E.F. Kar-
sku, Slavjanskaja kirillovskaja paleografija, Leningrad 1928, Nachdruck Leipzig 1972,
S. 192, die der Formen des q S. 202 und die der Zahlbuchstaben für 90 auf S. 216.
Vgl. auch die Zahlentabelle S. 215.
12. Vgl. F. Babinger, Mehmed der Eroberer undseine Zeit, München 19592, S. 443-448.
13. Vgl. Memoirs of a Janissary, ed. Stolz, Kommentar v. Soucek S. 236 zu Kap.
50 und die Rezension von $. Papacostea, in « Revue Roumaine d’Histoire» 14 (1975)
735.
378
MÉLANGES IVAN DUJCEV
b) Der Gedanke drângt sich auf, daB der HauptanlaB der Abfassung
des Werkes im Tod Mehmeds II. gesehen werden kann, der das Ende
einer Âra auch für die Zeitgenossen sichtbar markiert haben dürfte. Warum
soll damais der Tod eines solchen Sultans nicht ebenso das Informations-
bedürfnis der Nachwelt gesteigert haben, wie es derlei Daten erfahrungs-
gemâB noch heute zu tun pflegen ? Man kann sich gut vorstellen, daB
der Janitschar fôrmlich zum Schreiben (oder Diktieren) gedrângt wurde,
denn Mânner, die wie er eine Karriere im Reich Mehmeds II. hinter sich
hatten und aus den schon eroberten Gebieten stammten, waren derzeit
in Südost-Mitteleuropa wohl nicht gerade reichlich gesât.
DaB der Janitschar seine Schrift dann mit Absicht auch so abgefaBt
habe, daB sie seinen Dienst bei den Osmanen im rechten Licht erscheinen
lâBt, nâmlich ohne ihn selbst nachtrâglich zu kompromittieren, hat
jüngst V.L. Ménage m.E. überzeugend vorgebracht14 : Denn aus dem
Bemühen, sich zu rechtfertigen, würde auch Konstantins Angabe verstând-
lich, beim Fall von Novo Brdo 1455 als Knabe in türkische Hânde gefallen
zu sein, die schwer in Einklang zu bringen ist mit der vorangehenden
Nachricht, daB er 1453 im serbischen Kontingent Mehmeds IL an der
Belagerung Konstantinopels teilnahm : Konstantin ist eben 1455 gar
nicht von den Türken verschleppt worden, so der SchluB Ménages, sondern
hat sich vermutlich bald nach 1453, als er ja schon Soldat war, freiwillig
in den Dienst des Sultans begeben, was natürlich nach 1463 retuschiert
werden muBte (dies auch der Grund für die nach Ansicht von Ménage
« thoroughly inconvincing story», in der er erzâhlt, wie die bosnischen
Gesandten von ihm vor dem Einmarsch Mehmeds IL gewarnt wur-
den).
Die Relevanz des Textes in literarischer und historischer Hinsicht wird
indes nicht so sehr ersichtlich werden aus der ohnehin noch weitgehend
hypothetischen Klârung der eben diskutierten Problème, als vielmehr
aus der môglichst umsichtigen Lôsung u.a. folgender Fragen :
1) Weisen Aufbau, Formulierung und Inhalt des Textes Gemeinsam-
keiten und engere Bezüge zu anderen vorhergehenden, gleichzeitigen oder
nachfolgenden Quellen auf und lassen diese gegebenenfa'ls Abhângig-
keiten des einen vom anderen Text erkennen oder auf gemeinsame dritte
Quellen schlieBen ?
2) Welche Bedeutung kommt dem Janitscharen als Prima und Sekun-
dârquelle im Vergleich mit den jeweiligen Parallelquellen zu ?
14. Rezension in « Bulletin of the School of Oriental and African Studies» 40 (1977)
155-160, dort S. 158.
MEMOIREN EINES JANITSCHAREN
379
Leider kônnen diese Fragen hier nicht in extenso behandelt werden,
so daB ich mich auf ein paar Bemerkungen zum chronistisch-autobio-
graphischen Teil des Werkes beschrânke.
Für die Diskussion der im ersten Punkt aufgeworfenen Fragen nehmen
die Kapitel zur serbischen Geschichte einen wichtigen Platz ein. Nachdem
M. Braun in seiner Untersuchung über die Kosovo-Tradition den epischen
Charakter des entsprechenden Konstantin-Kapitels hervorgehoben hat15,
kônnte R. Lachmann diese Beobachtungen nicht nur auf andere Kapitel
ausdehnen, sondern auch nachweisen, daB in den Kapiteln zur serbisch-
südslavischen Geschichte der Janitschar stark der von S. Hafner unter-
suchten Topik der serbischen Herrscherviten verpflichtet ist und so etwas
wie « gesunkene» Vitenliteratur reprâsentiert16. Zu Recht merkt sie aber
an, daB es noch eines genauen Vergleichs des Janitscharen-Textes mit den
Lebensbeschreibungen der von ihm erwâhnten serbischen Herrscher
und besonders den serbischen Chroniken (letopisi) und Genealogien
(rodoslovi) bedürfe, um sein Verhâltnis zu den serbischen Quellen genauer
bestimmen zu kônnen17.
DaB die Bezüge zu den Chroniken und Genealogien überwiegen, kônnen
hier einige Beispiele vor Augen führen, die aile dem Kap. 15 entnommen
sind : Der Kirchenbau des serbischen Kônigs Stefan III. Decanski nach
(beim Janitscharen : vor) der Schlacht von Velbuzd 1330 ist im Karlo-
vacki Rodoslov (im 16. Jh. aufgezeichnet) überliefert, samt der Bemerkung
« ize i donynja stoit’ » (= welche auch bis heute dasteht), die der Janitscha-
ren Text ebenso aufweist — nur topisch amplifiziert um den von ihm auch
dem bulgarischen Zaren Michail Sisman zugeschriebenen zweiten Kirchen-
bau18. Bei der Schilderung des Ausbruchs und Ausgangs der genannten
Schlacht folgt Konstantin einer Tradition, die nicht dem serbischen Kônig,
sondern seinem Sohn Stefan Dusan die Tôtung, bzw. Ermordung des
bulgarischen Zaren zuschreibt. Propagator dieser Version war immerhin
Zar Stefan Dusan selbst im Epilog zu seinem Gesetzbuch, auch wenn seine
Behauptung im Lichte anderer Quellen zum Tode Michail Sismans nicht
ohne weiteres glaubhaft erscheint19. (Es kônnte sein, daB hinter den
15. M. Braun, 'Kosovo'. Die Schlacht auf dem Amselfelde in geschichtlicher u. epischer
Überlieferung, Leipzig 1937, S. 66 u. 79-80, 83-86.
16. R. Lachmann, Antitürkischer Traktat u. serbische Volkstradition, in « Serta
Slavica in memoriam Aloisii Schmaus», München 1971, S. 427-434 u. ihre Einleitung
zu den Memoiren eines Janitscharen, S. 34-42.
17. ebenda, Einleitung, S. 49 Anm. 36.
18. Lj. Stojanovic, Stari srpski rodoslovi i letopisi, Belgrad, Sr. Karlovci, 1927, Nr.
21 (S. 34). Vgl. auch Memoiren eines Janitscharen, ed. Lachmann, S. 186 Anm. 92.
19. Vgl. die Belege in Memoiren eines Janitscharen, ed. Lachmann, S. 186 Anm. 93.
380
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Einzelheiten der Darstellung des Janitscharen eine epische Tradition
steht, die vielleicht vom Selbstzeugnis des Zaren Stefan Dusan beeinfluBt
war).
Wenn im AnschluB daran der Janitschar überleitet zur Schilderung des
Konflikts zwischen Stefan Decanski und seinem Sohn, der mit der Ermor-
dung des Vaters durch den Sohn endete, dann befindet sich der Janitschar
hier wieder in Übereinstimmung mit einem Teil der serbischen Chronistik
und der von Grigorij Camblak verfaBten Vita des Stefan Decanski20.
Bemerkenswert ist es aber, daB sogar der in Anlehnung an Jesaja 1, 2
formulierte Ausspruch des Stefan Deëanski bei seiner Ermordung im Text
des Janitscharen wôrtlich übereinstimmt mit dem Studenicki Letopis
(redigiert 2. Viertel 15. Jh.) und dem Pejatovicev Rodoslov (aufgezeichnet
im 17. Jh.) sowie gekürzt mit dem Cetinjski Letopis (redig. 16. Jh.)21.
Vom Sohn des Stefan Dusan, dem Zaren Uros, sagt der Janitschar,
der Herrgott habe ihm um der Sünde seines Vaters willen den Verstand
genommen, weshalb er auch von seinen neuen Dienern verrückter Uros
genannt worden sei. Diese Charakteristik des Uros hat ihre Parallèle,
jedenfalls teilweise, in den âlteren serbischen Letopisi (Koporinski, Pecki,
beide redigiert im 14. Jh. ; Studenicki und Cetinjski), wo auf die schwache
Verstandeskraft und das kindliche Gemüt des Uro§, sowie die schlechte
Behandlung durch seine Ratgeber hingewiesen wird22.
Bezogen sich diese Beispiele eher auf Quellen, deren Fixierung im wesent-
lichen vor der Zeit des Janitscharen angesetzt werden kann, so weisen
andere Beispiele auf Bezüge zu gleichzeitigen oder spâter entstandenen
Quellen :
In Kapitel 26 klingen anfangs mehrere Passagen auffallend an Formu-
lierungen des byzantinisch-osmanischen Historikers Mehmeds IL, Michael
Kritobulos, an23 ; im Chronicon Majus (Pseudo-Phrantzes, 16. Jh.)
finden sich zu den ersten beiden Sâtzen des 14. Kapitels (Herrschaftsüber-
20. Zivot kralja Stefana Decanskog, ed. Safarik, in « Glasnik drustva srbske sloves-
nosti», knj. 11 (Belgrad 1859) 78-79, Stojanovic, Stari srpski rodoslovi i letopisi, Nr.
397, 447, 463, 479, 501 u. 518. Dazu vgl. auch K. Jirecek, Istorija Srba, prev. J. Radonic,
t. 1, Belgrad, 1952, S. 209.
21. Stojanovic, Stari srpski rodoslovi i letopisi, Nr. 57 und 129. Vgl. auch Memoiren
eines Janitscharen, ed. Lachmann, S. 187, Anm. 96a.
22. Stojanovic, Stari srpski rodoslovi i letopisi, Nr. 58 und 131.
23. Vgl. Critobul D1N Imbros, Din Domnia lui Mahomed al Il-lea, anii 1451-1467,
ed. V. Grecu, Bukarest 1963, S. 47, 15-17 u. 20-23 ; S. 49, 4-25 (hier nur sinngemâB)
und S. 49, 26, -51, 2.
MEMOIREN EINES JANITSCHAREN
381
gabe an Johannes Kantakuzenos) verblüffend âhnliche Wendungen24,
und was Konstantin in Kap. 18 von der « rômischen » Herkunft der Palâo-
logen zu berichten weiB, taucht âhnlich bei Theodoros Spandunis (Spandu-
gnino), der nach 1583 gestorben ist, auf25.
Ail diese Belege, die sich noch vermehren lieBen, reichen noch nicht
aus, um bestimmte Abhângigkeitsverhâltnisse zu konstatieren. Mit ihnen
soll lediglich vorsichtig angedeutet werden, daB, entgegen der Auffassung
einiger Forscher26, manches dafür zu sprechen scheint, daB der Janitschar
seine Informationen wohl nicht nur aus mündlicher « Volks » überlieferung,
eigenem Erleben und vom Hôrensagen in der Truppe geschôpft hat,
sondern darüberhinaus aus Überlieferungen, die zumindest auch auf schrift-
liche Vorlagen zurückzuführen wâren.
Ob der Janitschar selber lesen konnte, ist dabei nicht so entscheidend,
weil ihm vorgelesen werden konnte. Im übrigen wird man die ganze Quel-
lenproblematik erst nach genaueren Recherchen, die die osmanischen
Quellen mit einbeziehent, klarer beurteilen kônnen.
24. G. Sphrantzès, Memorii, în anexâ : Pseudo-Phrantzes : Macarie Melissenos,
Cronica (1258-1481), ed. V. Grecu, Bukarest 1966, S. 182, 18-22 u. 34-35.
25. Theodoro Spandugnino, Patritio Constantinopolitano..., ed. C.N. Sathas, in
« Documents inédits relatifs à l’histoire de la Grèce au moyen-âge», t. 9, Paris 1890,
S. 175 (Vgl. auch Memoiren eines Janitscharen, ed. Lachmann, S. 195 Anm. 139). In
seiner Einleitung schreibt Sathas auf S.V. zu der Passage : « On doit même regarder comme
un souvenir de famille le renseignement qu’il nous donne sur l’origine italienne de la
maison impériale des Paléologues ». Spandunis selbst beruft sich auf « li annali dei
Greci» (ebenda S. 175).
26. Vgl. z.B. C. Jirecek, Staat u. Gesellschaft im mittelalterlichen Serbien, Studien
zur Kulturgeschichte des 13.-15. Jh., 3. Teil, Wien 1914, S. 60 : « Auch die Erzâhlungen
des Michael Konstantinovié von Ostrovica aus dem 15. Jh. über die altéré serbische
Geschichte sind wahrscheinlich meist aus Liedern geschôpft, die er in seiner Jugend
gehôrt hatte». J. Radonic, Kritovul : vizantijski istorik XV v., in « Glas SKA» 138
(1930) S. 63 betont, daB Kritobulos zuverlâssiger sei als der Janitschar, den er als schlicht
und ungebildet bezeichnet und dem er kritisches Gefühl abspricht. Andererseits enthalte
sein Werk manche wichtige Detailinformation. M. Braun, Kosovo, schreibt S. 42 :
« Der Janitschare ist ein kluger Beobachter, von keiner theologischen Gelehrsamkeit
berührt, und schreibt einen natürlichen volkstümlichen Stil. Schriftliche Quellen benutzt
er offenbar nicht, schôpft vielmehr seine Kenntnisse aus eigener Erfahrung u. aus münd-
licher Überlieferung». und ebenda, S. 68 : « ... ofïensichtlich von keiner literarischen
Bildung berührt. » Vgl. auch Zivanovic, Einleitung zu seiner Ausgabe von 1959, S. XXXVI,
der die Charakterisierung von Radonié aufgreift, aber noch hinzufügt, der Janitschar
habe offenbar in der Türkei Griechisch gelernt (wegen der nur in die polnische Version
eingeflossenen griech. termini technici aus Heer und Verwaltung). Dujcev schlieBt jedoch
Benutzung schriftlicher Quellen durch den Janitscharen nicht aus, vgl. die eingangs
zitierten Sàtze. Auch S. Cirkovic hat sich dagegen gewandt, den Bildungsstand des
Janitscharen allzu gering einzuschâtzen, vgl. dess., Ideja svetskog carstva kod Konstan-
tina iz Ostrovice, « Zbornik radova Viz. Inst. » 7 (1961) 141.
382
MÉLANGES IVAN DUJCEV
An dieser Stelle soll aber noch darauf hingewiesen werden, daB in einem
Fall ganz sicher die « Memoiren» des Janitscharen als Vorlage gedient
haben. Der Fall ist den Spezialisten seit langem bekannt : Es handelt
sich um die 1541 gedruckte Chronik des Tschechen Vâclav Hâjek von
Libocan, in die mehrere Kapitel der « Memoiren » — allerdings z.T.
gekürzt oder anderweitig verândert — inseriert sind, ohne daB Hâjek
diese seine Vorlage (die tschechische Version M) mit nur einem Wort
erwâhnt hat, was er bei anderen Quellen durchaus tat27.
Freilich wurde von der Janitscharen-Forschung und leider auch den
Übersetzern bisher übersehen, daB Hâjeks Chronik 1596 von J. Sandel
ins Deutsche übersetzt wurde und mit ihr eben auch die inserierten Kapitel
des Janitscharentextes28. Um eine kleine Kostprobe dieser Übersetzung
zu bieten, gebe ich hier den von Hâjek leider auch gekürzten und etwas
umgestellten Abschnitt über die Eroberung Trapezunts wieder. Er ist
m.W. die erste Übersetzung eines allerdings nur indirekt vermittelten
Augenzeugenberichtes dieses Ereignisses ins Deutsche (môglicherweise
lâBt sich über den Abschnitt, der die Eroberung von Konstantinopel
schildert, das Gleiche sagen) und steht in der Hâjekschen Chronik unter
dem Jahr 1464 :
« In diesem Jahre, zog der Türckische Kayser wider den Kônig zu
Trapezont, in Cappadocia. Trapezont aber ist eine vortreffliche grosse
Stadt, und liegt, gleich wie Synap, am Gestad des schwartzen Meers, welches
zu dieser Zeit die Türcken und Tartarn unterscheidet, da der grosse Cham,
der Tartarische Kayser wohnet. Diese Trapezonter Landschafft, ist sehr
groB und bergig, und an etlichen Orten sehr gesümpffig, daB der Türkische
Kayser mit grosser Mühe an die Stadt kommen. Und als ihme von seinen
Kundschafftern angezeigt worden, daB die Stadt nunmehr über zwoTeutsche
Meilen vor ihme nicht gelegen wâre, sandte er zwey tausend Strâiffer
zuvoran, zu versuchen, ob sich auch die Tartarn wehren würden, es kam
aber weder des andern noch des dritten Tages keiner wieder zurücke.
27. Hâjek hat vor allem die Kapitel 20-35 ausgeschrieben, wie C. Zi'brt, Michala
Konstantina z Ostrovic Historia neb Kronika Tureckà 1565, 1581, in : « Casopis muzea
krâlovstvi ceského » 86 (1912) 424-254 u.a. festgestellt hat. Es finden sich aber bei Hâjek
auch unter dem Jahr 1300 Auszüge aus Kap. 9 und unter dem Jahr 1396 Auszüge aus
Kap. 17. Zur Bearbeitung durch Hâjek vgl. auch Zivanovic, Einleitung zu seiner Ausgabe
von 1959, S. XVI.
28. Bohmische Chronica Vyenceslai Hagecii..., jetzt aus Bôhmischer in die Deutsche
Sprache... transferiert... durch J. Sandel, anno MDXCVI, Prag. Mir lag vor die Aus-
gabe Leipzig 1718.
MEMOIREN EINES JANITSCHAREN
383
Der Machomet lieB den gantzen hellen Hauffen fortrucken, und waren
unterwegens diese zwey tausend Türkcken aile todt geschlagen funden.
Also lâgerte sich der Türkische Kayser vor die Stadt Trapezont, und
kam ihme mittler Weyle in die einhundert und funfftzig tausend Mann
(in den Vorlagen Hâjeks ist von 150 Schiffen die Rede, G.P.), auf dem
Meer zu Hülfe, mit grossem Geschütz, da ward die Stadt hefftig beschossen.
Die Belâgerten thâten harten Widerstand, aber dieweil sie bey Menschen
Gedencken dieser Oerter keinen Krieg geführet, waren ihnen die Türcken
in der Übung und Gewohnheit sehr überlegen.
Die sechste Woche der Belâgerung, begab sich der Kônig zu Trapezont
mit dem Türcken unter einem Friedens-Stande in Unterredung, und ergab
sich ihme auf Gnade. Der Türcke nahm ihn an, sandte ihn gen Drinopolin,
und nahm das gantze Land ein ». (Es folgt noch ein Abschnitt über das
Projekt Mehmeds, gegen die Georgier zu ziehen)29.
Dieses Zitat führt nun auch zum Punkt zwei, der Frage nach dem Quellen-
wert der Memoiren, weil zwar der Bericht des Konstantin über den Fall
Trapezunts in der einschlâgigen Literatur hâufig übersehen wurde, sich
dieser Umstand aber nicht als ein gravierendes Versâumnis der Historiker
herausgestellt hat : Konstantin bestâtigt lediglich, daB Trapezunt sich
nicht ohne ca. 6 Wochen Gegenwehr ergeben hat ; über den Ablauf und
die nâheren Umstânde der Übergabeverhandlungen weiB er nichts. Dafür
liefert er einige Details über die Schwierigkeiten beim Übergang über das
Küstengebierge (fehlt bei Hâjek) und die Verluste der Vorhut30. So kann
man hier wie auch anderenorts in seinen Memoiren feststellen, daB sowohl
die historischen Abschnitte, die er nur aus 2. Hand bezogen hat, wie auch
die Teile, wo er Selbsterlebtes mit eingeflochten hat, durchaus zutreffende
Einzelheiten enthalten, die wir in anderen erzâhlenden Quellen nicht
oder selten finden31. Die historischen Prozesse werden jedoch von ihm
29. Ebenda, Ausg. 1718, S. 799-800.
30. Vgl. zum Fall Trapezunts E. Janssens, Trébizonde en Colchide, Brüssel 1969,
S. 156-159, A.E. Vacalopoulos, Origins of the Greek Nation, New Brunswick 1970,
S. 225-226 und D. M. Nicol, The Last Centuries of Byzantium, London 1972, S. 431-432.
Zum Datum (erste Septembertage 1461) vgl. jetzt P. Schreiner, Die byzantinischen
Kleinchroniken, 2. Teil. Historischer Kommentar, Wien 1977, S. 499-500.
31. Vgl. z.B. die Erwâhnung der Saule auf dem Amselfeld in Kap. 16 (dazu Memoiren
eines Janitscharen, ed. Lachmann, S. 191, Anm. 117) und des serbischen Despoten-
palastes in Buda in Kap. 20 (vgl. dazu Memoiren..., S. 198 Anm. 159 und neuerdings
die Arbeit von Jovanka Kalic, Palata srpskih despota u Budimtt, in : « Zograf » 6 (1975)
51-58, die vermutet, daB der Palast schon Stefan Lazarevic geschenkt wurde, was durch
die Angabe des Janitscharen, den sie nicht berücksichtigt hat, bestâtigt wurde. Die oben
erwâhnte Anm. 159 wâre dementsprechend zu korrigieren). Die Existenz einer Kirche
384
MÉLANGES IVAN DUJCEV
ohne ausreichende Hintergrundinformationen, faktischer und zeitlicher
Genauigkeit, stattdessen mit um so grôBerer Lebendigkeit und Engagement
dargestellt. Er will ja auch nicht, dies muB man berücksichtigen, pure
Historiographie liefern, sondern vor dem Hintergrund seiner eigenen
Erfahrungen die Expansion der Osmanen aus der Fehlerhaftigkeit, Unvor-
sichtigkeit, Sündhaftigkeit und mangelnden Einigkeit der christlichen
Herrscher und Heerführer erklâren und seinem Leser Grundkenntnisse
über Herkunft, Religion und staatlich-militârische Organisation der Osma-
nen vermitteln. Dabei beeintrâchtigt es keinesfalls die Relevanz der Quelle,
wenn die historischen Informationen unter dem Standard anspruchsvoller
Historiographie bleiben oder wenn an einigen Stellen Pseudoinformationen
legendâren Charakters die Darstellung bereichern, denn in jedem Fall
erhalten wir einen wertvollen Einblick in die Mentalitât und das Geschichts-
bewuBtsein des Verfassers und wohl auch seiner Umgebung.
Ergânzung zu Anm. 2 :
Vor kurzem erschien eine von A. I. Rogov herausgegebene und kom-
mentierte Übersetzung der Memoiren ins Russische unter dem Titel :
Zapiski Janycara, napisany Konstantinom Michajlovicem iz Ostrovicy.
Vvedenie, perevod i kommentarij A. I. Rogova, Moskau 1978, 136 S.
(= Pamjatniki srednevekovoj istorii narodov Central’noj i Vostocnoj
Evropy). Die Übersetzung beruht auf dem polnischen Text. Vgl. auch die
Rezension von Maria Kiselinceva in « Etudes balkaniques » 14,3 (1978)
159-160.
« Gün-gôrmez » (in Istanbul), die in Kap. 27 erwàhnt wird, bestâtigt Ménage in der oben,
Anm. 14, erwâhnten Rezension, S. 157-158. Ebenda S. 157 zeigen die Ausführungen
Ménages auch, daB die Angaben des Janitscharen in Kap. 32 (Feldzug gegen Uzun
Hasan) in der Substanz und der Chronologie (Anf. 1461) zutreffen.
Hier wâre auch nachzutragen, dass das in Kap. 21 der Memoiren genannte Stâdtchen
«Tajanice» von K. Jirecek, Geschichte der Bulgaren, Prag 1876, S. 365 mit dem Dorf
Tamjanica « am ostlichen Ausgang des Passes ober der Nisava » identifiziert wurde.
ÜBER DIE SPRACHE DES ALEXANDERROMANS
IN DER HS. NR. 771 DER BULGARISCHEN
NATIONALBIBLIOTHEK “KIRIL I METOD” IN SOFIA
Hans ROTHE
1
Mit ihrer textkritischen Untersuchung der Hss des südslav. Alexander-
romans hat R. Marinkovic 1969 für jede weitere Beschâftigung mit diesem
Text eine unentbehrliche Grundlage geschaffen1. Sie hat auch die Sofioter
Hss ausführlich berücksichtigt, die 1923 Conev als Nr. 771 und 772 be-
schrieben hat2. In der sehr lebhaften Forschung vor dem ersten Weltkrieg
waren sie kaum beachtet worden, und auch in den danach seltener publi-
zierten Studien fanden sie sonst keine Aufmerksamkeit3. Nachdem aber die
bisher wohl âlteste bekannte Fassung, die sog. Belgrader illustrierte Hs
aus dem Ende des 14. Jh.s im Kriege verbrannt ist, ohne publiziert worden
zu sein, muss die Sofioter illustrierte Hs (Conev Nr. 771) als eine der âlte-
sten, wo nicht die âlteste erhaltene überhaupt gelten4 S..
1. R. Marinkovic, Srpska Aleksandrida. Istorija osnovnog teksta. (Beogr. Univ.
Filol. Fakult. Monografije knj. 31), Belgr. 1969.
2. B. Conev, Opis na slavjanskite ràkopisi v Sofijskata narodna biblioteka II, Sofija
1923 S. 432-438.
3. Ein eingehender Forschungsbericht bei Marinkovic S. 17-63.
4. Nur eine Belgrader Hs (Marinkovic : V) lâsst sich nach dem Wasserzeichen sicher
auf Mitte 15. Jh. datieren, die Hs Nr. 771 nur ungefâhr auf 15. Jh., vgl. Marinkovic
S. 12, 166, 301.
386
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Die interessanteste bekannte Hs ist sie in jedem Fall. Denn sie ist aus
mehreren Schichten zusammengesetzt. Drei verschiedene Hss bilden zu-
nâchst den laufenden Text. Vom ursprünglichen Text aus dem 15. Jh. (I)
fehlte offenbar ziemlich bald recht viel, vor allem im ersten Drittel, und
ein Redaktor des 17. Jh.s heftete einige Blâtter aus einer anderen Hs ein,
die aus dem 16. Jh. stammt (II). Da auch diese anscheinend unvollstândig
war, ergânzte er selbst nach einer weiteren Hs das Fehlende (III)5.
Der âlteste Teil (I) geht aber seinerseits nach den Untersuchungen von
Marinkovic noch einmal auf sehr verschiedene Quellen zurück. Er basiert
nàmlich auf der von Marinkovic A gennanten Redaktion, deren wichtig-
sten Text die 1878 von Novakovic publizierte Hs a aus dem Ende des 15./
Anfang des 16. Jh.s ist, jedoch nur bis fol. 64 v. 13. Danach ginge der Text
I « plôtzlich, ohne Übergang » auf die von Marinkovic B gennante Redak-
tion zurück, deren wichtigster Text eben die Sofioter Hs Nr. 772 ist (Marin-
kovic S. 297). Darüber hinaus befinden sich in diesem zweiten Teil zahl-
reiche grôssere oder kürzere Einschübe, die sich in der Redaktion B nicht,
sondern nur in noch « jüngeren » Hss finden5 6. Der Text nach I ist damit
aus den beiden wichtigsten Redaktionen und weiteren, jüngeren Einschü-
ben zusammengesetzt. Marinkovic spricht denn auch von einer « redak-
tionellen Überarbeitung», die tatsâchlich «eine neue Redaktion» ergeben
habe. Diese sei bisher unbekannt gewesen, und die Frage, wann, wo und
unter welchen Umstânden sie erfolgte, sei damit als neue Aufgabe gestellt
(S. 327).
Marinkovic ist zuzustimmen, dass die Bedeutung dieser Frage in der
Tatsache liegt, dass ein Hauptkennzeichen dieser neuen Redaktion die
volkssprachliche Stilisierung ist, die eben an den Verbindungsstellen der
Redaktionsteile und in den Einschüben zu bemerken sei, deren Sprache
Marinkovic, etwas zugespitzt, « volkssprachlich oder halbvolkssprachlich »
nennt (S. 327).
Über diese Sprache selbst aber gibt es bisher nur allgemeine Angaben.
Marinkovic nennt, im Anschluss an Conev (II 433) : c, dstatt st, zd; e für è;
neue Endungen in der Morphologie (gemeint sind vor allem die femininen
5. Marinkovic, S. 13 f, 300 f.
6. Marinkovic S. 149 f, 312 f, 316 ff. Zu den S. 325 genannten sieben Einschüben
aus jüngeren Hss müssen trotz der Versicherung von Marinkovic, dass es weitere in den
alten Hss nicht gebe, noch folgende neun gezâhlt werden, die mindestens die Hs Nr.
772 nicht enthâlt (in Klammern die Stelle, wo in 772 die Lücke ist) : fol. 143 v. 18 -144 v.
12 (94 r. - v. : leer); 145 r. 12-13 (95 r. 15); 146 v. 12-13 (96 r. 14); 151 r. 13-17 (99 r. 19);
155 r. 13-17 (loir. 6) 174 v. 19-175 r. 2(111 v. 18); 183 v. 9-11 (116 v. 3); 183 v. 20-184 r.
2 (116 v. 9); 184 r. 13-14(116 v. 14).
DIE SPRACHE DES ALEXANDERROMANS DER NAT. BIBL. IN SOFIA 387
Deklinationstypen) ; j nach Demonstrativpronomina ; neue syntaktische
Wendungen (S. 325). Sie deutet also eine Serbisierung des ksi. Textes an,
geht aber auf die Frage weiter nicht ein.
Eine vollstândige Übersicht über die sprachlichen Merkmale soll einer
spâteren Arbeit vorbehalten, hier nur einige Dialekteigenheiten erwâhnt
werden, auf die noch nicht hingewiesen wurde.
2
Die sog. volkssprachlichen Merkmale sind in der Hs 771 viel stârker
vertreten als in 772, dem besten Zeugen der Redaktion B, der lautlich und
morphologisch im ganzen archaisch ksi. gehalten ist und nur eine schwache
Serbisierung aufweist. Wegen der grossen Verwandtschaft beider Hss
werden hier in Klammern immer die Belege aus 772 hinzugefügt.
Die Grundlage der Sprache in beiden Hss ist die Ersetzung des ë durch e.
Aber es gibt einige Fâlle mit ja : 37 v. 3 : jazdese (jezde) ; 22 r. 11 : poveljava
(povelevaete) ; 55 v. 8 : 3.sg.aor. povelja (keine Entsprechung), vgl. v. lo :
povele ; 73 r. 3 : jadese (ebenso) ; 74 v. 9 : jazdestu (jezd-) ; 97 v. 15 :
jasti (esti) ; loo r. 2 ; jadechu (jadut) ; 117 r. 11 : jasti (izëdati) ; 132 v. 2 :
poveljavaesi (povelëvaesi) ; 186 r. 11 : jada (eda), vgl. aber r. 6 : edb (eda).
Es ist damit ein Merkmal des Ostbulg., das jedoch auch in westbulg. Dia-
lekten vorkommt, vorhanden7.
Die Yertretung alter rt>, tb, etc. ist immer auch so wiedergegeben, also
immer dligu, srbdbce, sl’bnce, stlipi etc. Doch gibt es vereinzelte Ausnah-
men. Fol. 60 r. 17 : sblnbcnaa (slbn-) und 158 r. 4 : dbrzesta (drbz) gegenüber
r. 6 : drbzbstu. Demgegenüber findet sich nur einmal 106 v. 5 : dugu (dlbgu),
sonst immer dlbbokb 113 r. 8, (glbboku) dlbga 136 r. 17. In diesem wegen
der starken Lautabweichung wichtigen Merkmal gibt es also zwar wenige,
aber doch nicht zu übersehende Belege, die entweder bulg. sind, eher aber
noch auf das Nordmaz. weisen, wo ’br für rb zu belegen ist, für II aber
neben serb. u auch bulg./maz. ’bl8.
Einige vereinzelte Belege müssen festgehalten werden, 115 r. 20 : glbboke
(so 772) und 190 r. 3 : glbbinu (fehlt in 772 mit dem ganzen SchluP). Ob sie
7. Vgl. St. Mladenov, in « Roczn. Slaw. » V 1912 S. 191, 197 f. - Ders., Gesch. d.
bulg. Sprache (Slavischer Grundriss 6), Bln. Lpz. 1929 S. 98 f.
8. B. Conev, Uvod v istorijata na bâlgarski ezik, in « SbNU » xvm 1901 345-425, hier :
411 ff. — Mladenov, in « Roczn. Slaw. » V 1912 S. 205.
388
MÉLANGES IVAN DUJCEV
die sonst nur im nôrdlichen Cakav. belegte Wurzel gltb- reflektieren oder
bulg. glob-, ist unklar9.
Recht zahlreich sind Fâlle einer Vokalkontraktion in den Kasusendungen
der neutralen und femininen Deklinationstypen auf -ije, -ija, die wiederum
für das Neubulg. charakteristisch ist10 ; : 46 v. 7 : o razoreni (-nii) ; 55 r.
16: vb poslanich (po epitsolijach) ; 55 v. 17 : pisane (epistoliju) ; 59 v. 3 :
o vbzvrastenny (-nii) ; 90 r. 17 : instr. sg. veselym (-liem) ; 90 r. 14 : podslB-
nbcne (-nie); 97 r. 15: instr. sg. videnym (-niem) ; 105 v. 3: o izbgnani
(-nii); 111 v. 1 : instr. sg. povelënym (-niem); 120 v. 9: o sbgrëseni (-nii);
144 r. 20 und v. 3: vb nedoumëni (keine Entsprechung), und dieselbe
Wendung 166 r. 19, 167 v. 13 und 171 r. 18 (immer ebenso).
In einigen Fâllen kann man Reduktion unbetonter Vokale belegen, die
aus dem bulg. expiratorischen Akzent statt der serbokroat. Intonationen
erklârt wird, die aber auch im Maz., im nôrdllich daran anschliessenden
Sopluk (Torlakischen) und z.T. auch in dem dann nordwestlich sich an-
schliessenden serb. Kosovo-Resavadialekt vorkommt11. Danach kann
unbetontes e zu i oder gar zu b, unbetontes o zu u, unbetontes i zu b und
unbetontes a zu b werden. Hierher wâren zu stellen 67 v. 6 : uruzati (or-) ;
101 r. 5: utesbt (-sitb) ; 146 v. 15: temilija (temelija). Bei Namen kann
natürlich willkürliche Entstehung schon im Vorbild erfolgt sein. Doch
sollen immerhin erwâhnt werden 135 v. 7: vb Indijupolb neben 136 r. 11 :
Iliopolb für dieselbe Stadt (beidemal so auch 772) ; 142 r. 4 und 6: zugraf
(so 772) kann ebenso schon aus dem Griech. kommen wie 57 v. ff sechsmal
Jerimia (immer Jeremia), doch vgl. 57 v. 9, 70 v. 4 und 77 v. 20 : Ijeremija
(so immer 772).
Ob hierher auch 146 r. 1 : imbm (imam) und 72 r. 13 : talbnbtb (talanbtb)
zu stellen sind, muss offen bleiben, da hier b auch die Wiedergabe für
serbokroat. a aus b sein kann. Immerhin wâren es die einzigen Belege
überhaupt in 771 für die Wiedergabe eines ursprünglichen a durch b, und
deshalb ist eine bulg./maz./sop. Reduktion wahrscheinlicher. Noch weniger
eindeutig ist 148 r. 6 : mnbsi (mansi) 'weniger’, doch auch dies der einzige
Beleg dieser Art. Schon ait im Bulg. und môglicherweise aus dem Griech.
9. Vgl. Skok (wie Anm. 17) I 450 f.
10. Vgl. W. Vondrâk, Vergl. Slav. Gram., 2. Aufl. von O. Grünenthal, Gôtt. 1928
il 28. — H. Brâuer, Slav. Sprachwiss. li : Formenlehre, i. Teil (Sammlung Gôschen 1192),
Bln. 1969 S. 95.
11. Dazu O, Broch, in « Roczn. Slaw. » IV 1911 S. 54. — Mladenov, ib. V 1912 S.
196. — Ders., Geschichte (wie Anm. 7) S. 81, 83, 85 f, 87. — Iv. Popovic, Gesch. d. ser-
bokroat. Sprache, Wiesb. 1960 S. 244 f.
DIE SPRACHE DES ALEXANDERROMANS DER NAT. BIBL. IN SOFIA 389
beeinflusst ist dagegen trbpeza (trapeza) : 82 v. 17; 153 v. 17; 172 r. 9,
vgl. aber umgekehrt 72 v. 20 : trapezu (trupezu).
In Anlehnung an die Reduktion von unbetontem o zu u kann unbetontes
u auch als o wiedergegeben werden12, 26 r. 9 : o desnuju i o levoju stranu
(levuju) ; 185 v. 12: PN Vrionosb (-nusb aus -nus), sonst immer (über ein
Dutzendmal) -nust.
Von der Auflôsung der Deklination, die gleichfalls neben dem Bulg. auch
im Maz., im Sop. und im Kosovo-Resavadialekt (z.T.) vorkommt13,
kônnen Fâlle iwtbedingt sein, in denen die Endung verândert ist, 60 v. 9 :
kb aleksandruvu vracju (aleksandrovu) ; 93 v. 7 : sb Roksanduju (-doju) ;
99 r. 6 : vb zemlju nekoju (neku) ; 146 v. 18 : i vb vojsko svoju otide (vojsku).
Eindeutig ist der Kasusverfall bei dem promiscue-Gebrauch von acc.
und loc. sg., wie er gleichfalls bis hin zum Kosovo-Resavadialekt vor-
kommt, 114 r. 17: u ezeru utekose (ezero) ; 144 v. 1 : u jezeru skociti,
neben v. 6 : u jezero skoci (beidemal keine Entsprechung) ; 146 r. 13: vb
lugb sbkrise (lugu) ; 146 r. 2 : u poklisarstvu tebe pustit (poklisarstvo),
sonst immer hier poklisarstvo.
In einigen Fâllen werden die Endungen -(i)i und -(i)ju promiscue ge-
braucht, 93 v. 10 : loc. sg. vb Makedoniju (-nii) ; 96 r. 10 : loc.sg. vb zemlu
(-li), ebenso 105 r. 14; 112 r. 18: vu oruziju stojutb (-zii); 134 r. 13: u
vsem oruziju (-zii). Auch die gelegentliche Verwechslung von gen. und
instr.sg.f. gehôrt hierher, vgl. 26 r. 13 : jarostiju isplimiv së i gnëva (jarosti
i gneva) mit 32 r. 15 : jarosti i gneva (so 772) und mit 46 v. 11 : radostiju
i zalostiju isplimiv se (radosti i zalosti). Vielleicht gehôrt hierher auch
137 v. 19: vb epistolie siei (keine Entsprechung). Die Fâlle einer Ver-
wechslung von i, ju und je kônnen auf Vereinheitlichung des Gebrauches
nach v und na zurückgehen, aber auch einfache Schreibfehler sein, viel-
leicht sogar die dialektische ost- und westbulg. Verwandlung von u, ju
in i.14 Jedenfalls sind derartige Abweichungen, auch als Abschreibefehler,
im Bulg. sehr ait und bei sich auflôsendem Kasussystem kaum zufallig.
In einzelnen Fâllen sind Pronomina von dieser Erscheinung erfasst, 114 i.
20 : u ezeru tomui okupati se (vb ezerë tom) ; 154 v. 4 : uleze u toi polatu
(keine Entsprechung).
Einmal kommt als instr.sg. des pers. pron. azfa/ja vor: mnomb 79 r. 11,
12. Mladenov, Geschichte (wie Anm. 7) S. 87.
13. Dazu P. Ivic, Die serbokroat. Dialekte. Ihre Struktur und Entwicklung. I : Allge-
meines und die stokavische Dialektgruppe (Slavistic Printings and Reprintings 13), Mouton
1958 S. 238.
14. Mladenov, Geschichte (wie Anm. 7) S. 89.
390
MÉLANGES IVAN DUJCEV
was heute im Resavadialekt ôstlich Belgrad gesprochen wird, früher weiter
südôstlich verbreitet gewesen sein kann15.
Bemerkenswert sind schliesslich noch zwei Fâlle, in denen eine Vokal-
reduktion nur in der sonst archaischen Hs 772 vorzuliegen scheint, dort
43 r. 15 : eziro für 771 60 r. 18 : jezoro (!) und wohl Ibze für 771 89 v. 5
korrekt leze. Das würden demnach auch in dieser sonst eindeutig ksl.-
serb. Hs der (âltesten) Redaktion (B) Spuren sein, die in das sop./maz./
bulg. Sprachgebiet führen.
Es sind damit eine Reihe von sprachlichen Merkmalen in dieser Hs
nachzuweisen, die, zusammen genommen, auf das Nordmaz., das Sopische,
ja z.T. darüber hinaus auf das Bulg. verweisen. Bemerkenswert scheint
dabei die Beobachtung zu sein, dass aile diese Merkmale in denjenigen
Textteilen enthalten sind, die nicht (nach Marinkovic) aus jüngeren Hss
stammen. Diese « jüngeren » Entlehnungen enthalten tatsâchlich charakte-
ristisch serbische Abweichungen in grosser Zahl, so dass hier die Feststel-
lung « halbvolkssprachlich » im Sinne einer serb. Stilisierung berechtigt ist.
Wenn diese Beobachtung auch sonst bestâtigt werden kônnte, so würde
sie den Schluss zulassen, dass die bulg./maz./sop. Abweichungen vor den
typisch (d.h. ausschliesslich und allgemein) serb. Abweichungen erfolgt
sein müssen, da die Hs 771 aus dem 15. Jh. stammt und alter ist als die
archaische Hs 772, da überdies die « jüngeren » Hss aus denen sie serbisie-
rend ergânzte, eben jünger gewesen sein werden als die Vorlage nach der
Redaktion B, die diese Zusâtze noch nicht enthielt. Es ist vielleicht auch die
Frage, ob nicht eben diese knappere Vorlage diese « bulgarisierenden »
Elemente enthielt, vielleicht sogar gleichermassen für den ersten wie für
den zweiten Teil nach den Redaktionen A und B.
3
Damit bestâtigt sich die Kompliziertheit der Grundfrage dieses Textes :
wo liegt sein Ursprung im südslav. Raum? Es geht bei der Beantwortung
dieser Frage nicht darum, westbulg., maz. und ostserb. Züge festzustellen
und zu sondern, denn der Beweis für das intensive Leben des Romans an
der Sprachgrenze zwischen dem ôstlichen und dem westlichen Teil des
Südslav. kann als erbracht gelten. Mit dem relativ hohen Alter von bulg./
maz./sop. Merkmalen muss vielmehr die gleichzeitige Existenz von Ele-
menten weit auseinander liegender Sprachgebiete erklârt werden.
15. Ivic (wie Anm. 13) S. 236 und 239.
DIE SPRACHE DES ALEXANDERROMANS DER NAT. BIBL. IN SOFIA 391
Die Lexik bestâtigt das Problem. So ist das bisher nur zweimal in Dubrov-
nik im 17. Jh. belegte Wort usto 'bis, wâhrend’16 hier einmal vorhanden,
118 v. 17, und zwar ebenso in 772. Das bisher nur in Dubrovnik nach
1420 belegte, serbokroat. allein dort auch noch existierende Wort korda
'Schwert’ (heute in Dubrovnik 'Schlachtmesser’) ist auch hier belegt, 158 v.
9. Es ist ein altes turktatarisches Lehnwort schon im Urslav., das im Russ.
und (aus dem Ungarischen?) auch westslav. belegt ist, auffalligerweise
aber nicht im Bulg. Doch schreibt Skok dem neueren türkischen Einfluss
seine « Wiederbelebung » im Serbokroat. zu, also doch wohl nach 1400 und
zuerst im Osten17. Daneben kommt — und zwar allein in den Hss des
südslav. Alexanderromans — das türk.pers. Lehnwort chonkijar (oder
chonciar) 'Kaiser, Kônig’ in der auf Alexander angewendeten Formel
veliki nasar i ch. vor, 129 v. 9, 132 v. 6, 159 v. 15 (so immer 772)18. Es
deutet doch wohl cher auf ôstlichen als auf dalmatinischen Einfluss. Auf
das ôstliche Sprachgebiet deuten ferner opasa 'Schwanz’, 116 r. 16 (so 772),
das sop. und bulg. ist19, weiter sbdi ’jetzt’ 86 r. 13 (nynja), 89 v. 14.17.18
(so 772) ; kbdbkbda 'wenn, wann’, 138 r. 10.19, 139 r. 1, 154 v. 4 (keine
Entsprechung) ; vbzda 'immer’: 110 v. 8 (vsegda) ; kakono'. 87 r. 14 (kak)
und 122 v. 14 (keine Entsprechung). Aber dalmatinisch cakavisch ist
sikoi, sikov statt sice : 64 v. 5.6 (sice seze) und 156 v. 7 (ebenso)20.
Schliesslich noch zu der deiktischen Partikel —zi nach Demonstrativ-
pronomina. Sie fehlt in 772: dat./loc.sg.f. tojzi\ 95 v. 10, 106 v. 4, 113 r.
12, 136 v. 5, 149 v. 7 ; instr.sg./dat.pl.m. témbzi : 94 v. 12, 116 r. 15 ; ferner
98 v. 1 : takovbzi. 140 r. 19: ovechzi (sich), 98 v. 2 : tizi, 138 r. 1 : onbzi
potokb und 154 v. 1 instr.sg.f. tombzi (ohne Entsprechung) kommen hinzu.
Marinkovic hat bereits vermerkt, dass dieses Merkmal nur im zweiten Teil
der Hs, die auf die Redaktion B zurückgeht, vorkommt (S. 326). Dieses
Elément ist bulg., maz., kommt früh auch schon (seit dem 13. Jh.) im Kosovo
vor, ist aber auch, wohl seit dem 15. Jh. in Dubrovnik belegt, im 16. Jh.
auch in einer Dubrovniker Alexanderabschrift21. Das ist nicht zu über-
16. Vgl. Akad. Rjecnik xx 1971-72 S. 70.
17. Vasmer, Russ. etym. IVôrterb. I 1953 S. 624. — P. Skok, Dictionnaire étymologique
de la langue croate ou serbe, Zagreb i 1971 S. 360.
18. Vgl. Skok, ib. S. 679 nach Akad. Rjecn. m 1887-91 S. 650.
19. Vgl. Popovic (wie Anm. 11) S. 279 und 539.
20. Vgl. Skok (wie Anm. 17) m 1973 S. 232.
21. A. Leskien, Gram. d. serbo-kroat. Sprache, Heidelbg. 1914 S. 457. — Gl. Elezovic,
Recnik kosovo-metohiskog dijalekta i (Srpski dijal. sb. 4), Belgr. 1932 S. 209. — Skok,
(wie Anm. 17) m 653. — R. Marinkovic, Srpska Aleksandrida u Dubronviku, in « Anali
FiloIoSkog Fakulteta», xn, Belgr. 1976 23-59, hier : S. 43.
392
MÉLANGES IVAN DUJCEV
sehen, obwohl doch sein Auftauchen im Alexanderroman eher im Osten
begonnen haben wird.
So stellen Vokalismus, Morphologie, Prâpositionen und Wortschatz
der historisch-kritischen Herstellung des Grundtextes die âusserst kompli-
zierte Aufgabe, zur Lôsung der Frage beizutragen, an welcher Stelle zwischen
der südlichen Adria und dem westlich-nordwestlichen Bulgarien die ser-
bische Alexandreis entstanden ist.
UN MANUSCRITO DEL STOGLAV
EN LA BIBLIOTECA NACIONAL DE MADRID
(Ms. Res. 260)
Aurelio DE SANTOS OTERO
Sobre la existencia de manuscrites eslavos en Espana no hay apenas
constancia en la literatura cienti'fica, y desde luego no existe description
alguna de estos côdices1. Uno de ellos se encuentra en la Biblioteca Nacional
de Madrid, con la signatura Res. 260. Se trata de un manuscrite ruso de
finales del s. xvi o principios del xvn, que contiene las actas del famoso
concilie celebrado en Moscû el ano 1551 por iniciativa de Ivan el Terrible.
En consonancia con les 100 capitules en que estân divididas dichas actas,
ha venido en llamarse GTOIMdBTs. o (zTOIMdBHHKTs. al libre en que estân
contenidas, del mismo modo que el citado concilie es también conocido
como el de les «tien capitules»2.
1. La alusiôn general de N.F. Bel’cikov - Ju. K. Begunov en su CnpaBOHHHK-
yKaaarejib neuaTHbix onncannü cjiaBHHo-pyccKnx pyKonnceü, M.-JI. 1963,
p. 275 es falsa en cuanto a la localizaciôn del côdice aludido por M. Richard en
su trabajo Les manuscrits grecs de Madrid, de l'Escorial et de Salamanque, en « Bulletin
d’information de l’institut de recherche et d’histoire des textes », Nr. 2, Paris 1954,
p. 65. Este manuscrite no se encuentra en el Escorial, como parecen indicar los autores del
CnpaaoUHHK, sino que forma parte ya de antiguo de la colecciôn de côdices griegos de
la Biblioteca Nacional de Madrid con la signatura 4696. Se trata de un Salterio serbio
y sera objeto de una descripciôn pormenorizada por mi parte en fecha prôxima.
2. Sobre la importancia de este concilie en la historia de Rusia y sobre los problemas
que présenta la transmisiôn de sus actas véase el documentado trabajo de E. Duchesne,
Le Stoglav ou les cent chapitres. Traduction avec introduction et commentaire, Paris 1920.
394
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Del Stoglav se conocen mâs de doscientos manuscrites3, la mayoria
de ellos del s. xvm y posteriores. Solo una parte casi insignificante de este
material documentai ha servido de base para las ediciones aparecidas hasta
el présente, desde la editio princeps impresa en Londres el ano 18604,
cuyo valor critico es prâcticamente nulo, hasta el trabajo mâs concienzudo
— pero no définitive — publicado por Stefanovic en 19095.
Junto a los cien capitules del Stoglav (fol. 10-196) el codice de Madrid
contiene otro documente importante : una carta de Ivan el Terrible
al monasterio Kirillo-Belozerskij [IIoCAdHHÊ FOCy^dÇJEBO R KM0MAOB
/HOHdCTKl^K (fol. 196v-234)], escrita el ano 1573. También este documente
esta conservado en numerosos manuscritos. D. S. Lichacev en su ediciôn
de las cartas de Ivan el Terrible enumera hasta 28 6.
El côdice de Madrid no ha sido hasta ahora objeto de ningûn estudio,
ni existe de él description alguna. Segûn una nota inserta en la parte interior
de la cubierta, ingresô en la Biblioteca Nacional el 5 de diciembre de 1946.
Su procedencia es evidentemente rusa. Mâs concretamente se le puede
asignar como lugar de origen la zona de interferencia de los dialectos
rusos del Norte con los del Sur, es decir : la région central de Moscù. Prueba
de ello son los repetidos casos de akanje que se observan en la escritura,
p. e. d ... ÇdnOH'k (fol. 67 1. 2), a ... HHHy (fol. 47 1. 6),
O ... nOHd/Md^'k\ (fol. lv 1. 18), asi como la terminaciôn dura -tt>.
en la conjugaciôn del verbo (tercera persona) en lugar de tk.
En el aspecto morfolôgico el côdice de Madrid refleja el estadio de
transiciôn caracteristico de la lengua rusa durante el s. xvi y xvn. Los dos
tipos de déclination para sustantivos masculinos — tan diferenciados en
el antiguo ruso — se mezclan entre si con cierta frecuencia, p. e. w BçjdKy
(fol. 55 1. 6, fol. 55v 1. 18) en lugar de 0 BÇJdU'k (fol. 54v 1. 8), 0 ... 8qEHMK0\
[< SMEHHKTs.)(Ts.] (fol. 27v 1. 20) en lugar de SMEHHtck^Ts. etc. La llamada se-
gunda palatalizaciôn, comun en el antiguo ruso y en pleno vigor en los dialectos
3. AI numéro considérable de éstos que consignô D. Stefanovic en su obra
O CTorjiaee. Ero nponcxomaemie, peaaKimn n coeTaB, Cn6 1909, hay que
anadir los indicados por G. Z. Kuncevic en su recension del trabajo precedente
publicada en UsBecTHH Otrcjichhh Pyccitaro Hsbina n CjioBecHOCTii IlMiiep.
AKaneMim Hayn t. 15, Cn6 1910, kh. 4 c. 317-348.
4. Coôop ôbiBmnü b Mockbë npn BeJinKOM Tocynape, Ifape h BejiHKOM
Khhsc Iliiane Bacujibesnne b jiëto 7059, edited with a Préfacé by LA., London,
1860.
5. Op. cit., v. nota 3.
6. D.S. Lichaôev - Ja.S. Lur’e, flocJiaHHH Plsana TpoaHoro, M.-JI. 1951, c.
562-564. Texto de la carta, ib. p. 162-192.
UN MANUSCRITO DEL STOGLAV EN MADRID
395
del Sur, va perdiendo terreno, dando lugar a formas como 0
(fol. 56v 1. 20), w rçyktE (fol. 66 1. 11), 0 HHOp'k^Ts. (fol. 28v 1. 3),
0 ?dTKOÇJHHHE\ (fol. 168v 1. "17-18) por una parte, y 0 (fol. 34v
1. 2), 0 n040HAHHK1kxrh (fol. 29v 1. 10), 0 CKAipEHHHK'k^Ts. (fol. 59v 1.
19), 0 çjSre (fol. 18 1. 15) etc. por otra.
El corpus del codice (fol. 10-234) esta escrito en skoropis’ (cursiva) por
una sola mano, con la caligrafla de ra, 10 y a corriente en documentes
moscovitas de finales del s. xvi y principios del xvn. A este nùcleo fonda-
mental hay que anadir un detallado indice (fol. 1-10) escrito en poluustav
(semiuncial) por una segunda mano y encuadernado juntamente con el
corpus. Cabe suponer que el autor de este indice ha sido un copista distinto
del anterior. No solo la caligrafia de ambas partes difiere sensiblemente
entre si, aun teniendo en cuenta la diversa forma de escritura que las caracte-
riza. Las diferencias atanen incluse a la misma lengua. Asi p. e. las formas
arcaizantesdelnom.pl. B0nç)0CH, ©TK'ÙTH (fol. 101. 2, fol. 38v 1. 17), co-
rrientes a lo largo del manuscrite, estân sustituidas en el indice por las co-
rrespondientes R0n^0CKI, ©TK'kTbl (fol. 1). Mas afin, el autor de este
indice ha corregido a lo largo del codice la numération de capitules, que
originariamente iba del 1 al 100 de acuerdo con la estructura y el nombre
mismo del Stoglav. Esta segunda numération, que en gran parte ha suplan-
tado a la original, llega a la disparatada suma de 174 capitules, por consi-
derar como taies muchos incises que en el texte y en la numération original
son solamente partes de un capitule, p. e. las 37 preguntas del capitulo 5 (fol.
26v-38v).
En el codice se notan ademâs huellas recientes de lectores, indicando en
notas marginales lagunas del texto y anadiendo incluso el titulo bajo el que
este libre es conocido en la época moderna : CTorJiaBHMKb CHpeub
neHHHH CTornaBHaro HMenyeMaro coôopa ObiBinaro Bb jiero 7059 P.
X. 1551 Bb Mockbc (fol. 1).
La numération en folios viene indicada en el anverso de cada hoja en
cifras, llegando hasta el numéro 235 (en blanco). En realidad consta el
codice de 234 folios, ya que, si bien la numération salta del 8 al 10 y del
50 al 52, entre el 147 y 148 falta un folio por numerar. En la description
que acompana me atengo a dicha numération a pesar de los defectos
indicados.
DESCRIPCION DEL CODICE
Cubierta, parte interior: n,açtKH£ aonpotH H tOEHKlt «TB'kTH h notddHHt roty-
AdÇERO B KHÇHdOB AtOHdCTM0K.
Signaturas : Nro. 47, Nro. 814 (tachadas), Nro. 129.
396
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Nota al pie : Ingresô el 5 die. 1946, 237 fol. R. P.
Fol. 1 : Titulo (ortografia moderna) : CTorJiaBHHKT> cupe'ib ueHHiiH CTor.iau-
naro HMeHyewaro coôopa ôMBinaro bt> jiëto 7059 a ott> P. X. 1551 bt>
MocKBe.
Fol. 1-10 (poluustav) : GKd3dHÏ£ rddBddi HdCTOAipEii ceü KHH^E. BÇdÇCKfA ao-
HÇOCKI H COROÇHKfA WTR'kTKf 0 diHOrOfldÇdHHHKtX IVflKOBHMX HHH'kxX.
Fol. 10 : FddBd d. E d'ÉTO dfkCAl^d -Q-EB^ddld K Tl KÊ Ae,,K BKfLLId CHU 80-
npOCH H WTB'kTH dIHOÇH 0 ÇdÇdHVHKJX l^EÇKOBHMX’K VHH'kX’B.
Fol. 11 : FddBd B. [...] n^E^HtdOBHE CEPO COEOÇd HdVktd HdHHCdHHE CHU,E. ÜÇE-
/HHdOCTHBMH H dtHdOCK0Ah,H Eorh.
Fol. 14 : FddBd r. H Hd TOAVh ?KE COBOÇE B^dCTTi U,dÇK CBOEIO p8KH HdHHCdHHE
; ROrO^SXHOKtH'hHKfAt'h HdKdÇdHHEdt H ^SUJtnOdt^HKfdFh HORdraHHEdEB ÇEdO H0-
dEÇHO CdKILLIdtpHdt'K H RHEdtdlOt|lH di CHI3 HdlSlJJE CHU,E.
Fol. 23 : FddBd Â- H nOTOdEh U,dÇK BAdCTTi Hd COBO^E HHdA HdHHCdHHA 0 HOBKIX
MIOAOTBOÇUEX H 0 diHOPHX 8 fldÇdHVHKlX 4EÇK0BHKJX VHHEX H BOHÇOCEX H/H8l|Jd
CHU,E.
Fol. 26v : FddBd É. Eonpot d. W TÇHAECI3T CEAdtH l^d^CKHX KOnpOfkx'K 0 4E$-
KOBHO/H CTÇOEHHH. Fol. 27 : EOHÇOCTi B. W dHTHdtHCEX- Fol. 27 : EOHÇOCTi P. O
CRATKIX H HECTHK1X IKOHdX. Fol. 27v : EOHÇOC À- O ÇHddIEHdX B'kHEVHMX* Fol. 27v :
Eonpoc É. O bojkectbehmx KHHPdX- Fol. 27v : Eonpoc s. O Svehhkox- Fol. 28 :
Eonpot ?. O CBATHTEdKCKHX CYAraX- Fo1’ 28v : Eon^OCTi H. O diOHdCTMÇEX I
HHOn'kx'h- Fol. 29 : Eonpoc O HHtjjEnHTdTEdCTB'k. Fol. 29v : Eonpoc 1. O nodo-
HAHHK'fcx'h- Fo1- 30 Eonpoc di. O npocKYÇHHu.dX'K. Fol. 30 : Eonpoc si. O
AiHdocTKtHH. Fol. 30v : Eonpoc ri. O veçhkh^ex h o ve^nhi^x hjke beçtiVhctbSiot.
Fol. 31 : Eonpoc AÎ- 0 hecyahaikix rçddiOTdx. Fol. 31 : Eonçoc tt. 0 diOHdCTMÇ’kx'B
HJKE nYCTKl OT HEBÇEJKEHHA. Fol. 31v : EOHÇOC SÏ. O 4EÇK0BHBJX H 0 /HOHdCTMÇ-
CKHX Kd^H'kAEHPdX- Fol‘ 32 : Eonpoc ?L 0 HHAHCTBEHOdiTi RHTHH. Fol. 32 : Eo-
npoc ni. O baobmx hohexti. Fol. 32v : Eonçoc g.i. O BMtTdBKdx h o hobmx
nStTKiHiax- F°l- 33 : Eonpoc k. 0 non'kx'B « « A8AK0H'^X'k H HrY^^X- F°l- 33v :
Eonpoc Kd. O hjke b 4EpKBdx ctoat b TdBTiiax h b wdnKdXTi. Fol. 33v ; Eonpoc
kb. 0 non'kx 1 AHlaK0HeX HJKe 8 Ue9K8dX ooiot becvhhho. Fol. 34 : Eonpoc kë.
G3 hohex h AH'f'K0H'kx «?ke he OBddVdiOTCia bo cbai|jehhma çh^ki. Fol. 34v ;
Eonpoc kâ- G3 4Eçkobhmx noHOdidp'kx 8 AH'flK'kX- Fo1 34v : Éonpoc ké. H?ke
B0IOTT1 EddBM H BÇdAKl. Fol. 34v : EonflOC KS. H?KE XflUCTHAHE 98KOIO KÇECTK-
ATCA HE no CYUJECTBS. Fol. 34v : Eonpot K?. HjKE KÇECTKAHE KdEHSTtra H ddlOTCA.
Fol. 35 ; Eonpoc K’9’. 0 HEROKdAHHH rp'fcx- Fo1- 35v : Bonnot d. 0 PY’881^ nonsx.
Fol. 36 : Eonpoc dd. 0 pY^n^'X Ue9K8{X H 0 diOHdtTKj^Ex. Fol. 36v : Eonpoc dB.
H?ke x^hcthahe AdBdEHHHY MAiaTii. Fol. 36v : Eonçoc dr. G3 e?ke Hd revenurax
CRATKfra CddBKI HE HOIOT H Hd 3dYT$EHIdX CddBOCdOBHId. Fol. 37 : EOHÇOC dÂ,.
G3 HJKE Hd dHTOÇPHiaX WTU,d H CMHd H CBATdPO A^Xd CBATSiO TÇOHl^S [...]. Fol. 37v :
Eonçoc di. G3 jkhbotroçauiea K^EtT'k. Fol. 37v : Eonpoc ds. 0 hjke he aôhocht
80 OdTdfl nHAHCTBEHHdPO RHTHA. Fol. 38 : EonflOC dÇ. H?KE HEÇHl^M H tHOKHHH
BTi EAHHOdl /HOHdCTMÇ'k JKHBYT.
Fol. 38v : FddBd S. Ao ?Ae Ud9CKHE BOnÇOCH H 0 T'kx 9 BC'kx’B 4d$CKHX BO-
npot'kx COBOpHOH OTB'kT.
Fol. 41 : FddBd ÛYKd^Ti o ?boh8 h o i^kobhoai n'knHH.
Fol. 42v : FddBd H. 0 BOJKECTBEHHMX CdY?KBdX.
Fol. 44 : FddBd Ô'. OyKd? BOJKECTBEHHMA CdY?KBM.
Fol. 47 : FddBd i. 0 4d^tKHX ABe9£X’
Fol. 47v : FddBd di. OTB'kT COBOQHOH d (o) ÇdHOH'k CBATdPO OdTd^td.
UN MANUSCR1TO DEL STOGLAV EN MADRID
397
Fol. 48 : FddBd BÎ. CaTB'kT'h W CBAipEHHOAVh OdTd^E.
Fol. 48v : FddBd ri. OtE^T OT CRAt|lEHHKIX npdBHd.
Fol. 49v : FddBd 3J. O CBAtlIEHHHHECKOdi VHHy no CBAl|JEHHMdI npdBHdOdITi.
OtB'ÈT cokoçhoh.
Fol. 49v : FddBd EÎ. ÜÇdRHdO SÎ HEpEOdl HJKE HE OBddHdIOTCld BO CBAljJEHHMA
ÇHÇKf.
Fol. 50 : FddBd SÎ. ÜÇdBHdO CE3,dIOHd3,ECiaT [...] CBATdPO lOdHHd diHdOCTH-
Bdro b roSvehhe nonodt.
Fol. 52v : FddBd ?î. 0 A'kTHHOdi KpEtjJEHHH.
Fol. 53v : FddBd HÎ. CSTB'kT'h 0 OB^yVEHHH t 0 B'kHVdHHH.
Fol. 53v : FddBd ^.î. Vhhti h SKdç dqje oohath sy^ET BA0BUV A'^BHlAÏ-
Fol. 54 : FddBd (k). ÜOCd'kAOBdHHE HHO KdKO RO^OBdET BddrOCdOBHTH H COBO-
KynHTH dtyjKECKdro nody h iKEHCKdro obohaui cytjjHdi ao b^obctb'Is.
Fol. 54v : FddBd (Kd). 0 BTO^Odl KÇdl^'k.
Fol. 54v : FddBd (KB). 63 TOdi ?KE HhKHTKI EddJKEHHdPO dIHTponOdHTd H0d-
KdHHCKdPO.
Fol. 55 : FddBd (kÉ). 63 BTOpOdVh JKE BfldKy 1 0 TÇHJKEHl^EX.
Fol. 55v : FddBd (KÂ>. 0 VETBEpTOdVh JKE OTÇEVEHHOdiTi BÇdKy.
Fol. 56v : FddBd (ké). 0 AHAU'^X'k X0T'f'4JHX 811 Ah'f'K0Hh, H B nonhl CTdBH-
THCia.
Fol. 57v : FddBd (ks). 0 yVHdHipdx khhjkhkix'k no nufadi r^d^Odi.
Fol. 58v : FddBd (K?). 0 CBAThtX HKOHdX H 0 HCRÇdBdEHHH KHHJKHOdl.
Fol. 59 : FddBd (kh). 0 khhjkhkix nnci|EX.
Fol. 59v : FddBd (k^). 0 bc^x11 n^OTOnonEx h o cobo^hmx h o w?khkix h o
RÇHA'kdHKlX CBAqjEHHHK'kX'R 8 AHAK0HeX-
Fol. 61 : FddBd (d). 0 98?khmx non'kx H AHiaK0HeX-
Fol. 62 : FddBd (dd). 63 K^ECTHOdi ÇHddIEHHH.
Fol. 64v : FddBd (dB). 0 KÇEtTAt|iHXcra he no VHHy.
Fol. 66 : FddBd (dr). 63 co^OdicKOdi r^'kc'k.
Fol. 67 : FddBd (dÂ>. (0) 4E^K0BH0di VHHy.
Fol. 68v : FddBd (dÊ). OyKd? COBO^HMdi CTdflOCTddVh nOnOBCKHdVh Hd ÆotKB'k
no BcfediTi rpd^Odi.
Fol. 70v : FddBd (dS). 0 HdKd^dHHH Md^ CBOHX-
Fol. 71v : FddBd (d?). G3 TOdi HTOBM HddJKHBE K^ECTd HE lyfcdOBddH.
Fol. 72 : FddBd (dis). Ot BOKECTBEHHKIX n^dBHdTi 0 TOdi IRE KÇECTHOdl HEdO-
BdHHH.
Fol. 73v : FddBd (d’Q-). 0 Td^iaXTi BE^BOIKHdrO EdXdIETd.
Fol. 74 : FddBd (di). G3t CBAljJEHHKlX n^dBHd 0 CTÇ(h)?KEHHH BÇdA-
Fol. 76 : FddBd (did). 0 T^H^EtiaT h 3,ay l^ckhx'k borçocex h coboçhkie
otb'ètm no rddBddi. Fol. 76-95 : Eonpoc d-dà.
Fol. 95 : FddBd (dIB). G3 T^EryBOH ddHdSHH.
Fol. 96 : FddBd (dir). Goboçhoh wtb'ètti o asHBonnci^EX h o vecthmx’k hko-
HdXTi.
Fol. 100 : FddBd (dSA). 69 dHTHdiHC'kx'k-
Fol. 101 : FddBd (dû). Toro ?KE nÇdBHdd TOdKOBdHÏE.
Fol. 101 : FddBd (dis). 0 B'kHEVHOdi nOUJdHH'k.
Fol. 101v : FddBd (di?). 0 VECTHMX CRATMX diOHdCTMÇ'kX’8-
Fol. 108 : FddBd (dl^). 0 CBAt|JEHHVECKOdI t HHOHECKOdl HHH8.
Fol. HD : FddBd (H). 0 n^HX0AA41HX CBAt|lEHHK,kx h 3,HiaK0HEX.
Fol. 112 : FddBd (Hd). G3 RHiaHCTBEHOdi RHTHI.
398
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Fol. 116 : FddBd (HB). GO CBATHTEdKCKOATi
Fol. 117 : FddBd (HP). 0 TOA JKE CBATHTEdKCKOA CYA'k-
Fol. 118v ; FddBd <HÂ>. GO TOATi JKE CBATHTEdKCKOA CYA'k-
Fol. 119v : FddBd (hé). O toati jke CBATHTEdKCKOA cyA'k’
Fol. 120 : FddBd (Hs). O TOATi JKE OT KHHPT1 H8CTHHHiaHd l^d^ld.
Fol. 120v : FddBd (H?). O TOATi JKE 0 fldÇdHVHKtX’K THTdEX HStTHHIdHd UdÇA.
Fol. 121 : FddBd (H^). GO toati jke nçdRHdO nç.
Fol. 121 : FddBd (3). GO T0AT1 JKE CBATdPO H ÇdBHOdnOCTOdKHdrO U,dÇA Koh-
CTdHTHHd.
Fol. 123v : FddBd (gà). ^dnos'kA'h BddponECTHBdro u,dpra AlduSHdd KodiHHHd.
Fol. 125v : FddBd (3b). GO TOATi JKE BddPOVECTHBdPO 4d$ia BtëCTHHHiaHd.
Fol. 126 : FddBd (gr). 0 TOATi JKE CBATdPO H ÇdRHOdnOCTOdKHdPO REdHKdPO
KHAÇA KddAHAMÇd KHEBCKdPO.
Fol. 129 ; FddRd (3Â). o TOATi JKE HOCddHHE Kun^HAHd AHTÇOHOdHTd KHER-
CKdro [...]
Fol. 130 : FddBd (gé). A CE VtO CSAATTi nOnORTi AHÇAHE H KdÇHATTi HXTï h
OCyjKdlOT.
Fol. 131v : FddBd (gs). GOTB'kT'K 0 CBATHTEdKCKOA'h CYAe-
Fol. 132 : FddBd (3|). GO hecyahamx rÇdAOTdX-
Fol. 133 : FddBd (gH). GOBO^HOH OTE^T 0 dÇXHAdHApHT'kX'k H 0 HrydiEHEX
H 0 CBAljJEHHHKEX H 0 AHAK0,,eX-
Fol. 139 : FddBd (3^). GO BEHEVHOH ROlUdHHE l^dÇlEB'K SKd?% H COBO0HOH 8dO-
JKEHHE.
Fol. 147v : FddBd (ô). GOtb^tti o nycTBix HE^KBdX-
Fol. 148 : FddBd (Od). 0 HHljJEnHTdTEdCTB'k.
Fol. 149v : FddBd (OB). 0 HCKyndEHHH ndEHEHHMX-
Fol. 150v : FddBd (or). GOTB'kT'K o sordAEdHiax h o npoKdJKEHHKtx-
Fol. 151 : FddBd (OÂ). GOTB'kT'K 0 CBATMX'K HECTHMX HKOHdX'K.
Fol. 152 : FddBd (OÉ). GOTB'kT 0 BOTVHHdX H o RyndiaxTi.
Fol. 155 : FddBd (os). GOTB'kT'K 0 CBATHTEdKCKHX'K H 0 AOHdCTKtflCKHX AeHrdX-
Fol. 156 : FddBd (0?). 0 TOATi ?KE nOCddHHE REdHKdrO EdCHdHId F^HPO^HIO
n^ECBHTE^Y-
Fol. 156 : FddBd (oii). G3 toatr ?ke ot nocddHHia ^OT'kia AHTponodHTd accd
P8CHH.
Fol. 157 : FddBd (o^). G3 T'kx'a >ke BAoatTBStonjHX non’kx'11-
Fol. 157v : FddBd (n). ÜOBEdEBdET ERHCKOnS B^dKd H MAC H BHHd HE PHSlSdTHCA.
Fol. 165 : FddBd (nd). GOth^t'e o baobmx non'kx h ahi3K0hex.
Fol. 166v : FddBd (nÈ). OTB'kTTi 0 T0AT1 VTO BnÇEA VE^HHHOATi h ve^hh-
HddVh B OAHOA AOHdCTht0 HE JKHTH.
Fol. 167 : FddBd (nr). Hil TOdETi ?KE COBOÇE HÇE?K(e) HdCTi WTU,KI OYdOJKHd(H).
Fol. 167v : FddBd (nÂ). GOTB'kT'h O HO(BO)nOCTdBdEHMX l^KBdXTï H 0 HOBKIX
nScTKiHiax.
Fol. 168v : FddBd (ni). G3 ^dTBO^HHi^Ex h 6 hyctmhhhex.
Fol. 169v : FddBd (ns). GaTB'kT 0 H?B^dHHH H 0 HOCTdBdEHHH d$XH‘HAHA0HT®B
H HryAEHOB.
Fol. 170 : FddBd (n?). 0 n^OTO^E (Hd) HOBOCTdBdEHHE AHIdKOHd H nOHd.
Fol. 171 : FddBd (nii). GO TOATi IRE BddrOHECTHBdrO Hd^A H8CTHHHAHd.
Fol. 172 : FddBd (nî>). 0 TOATi JK£ HOCTdBdEHHH H 0 n^OTO^XTi.
Fol. 175v : FddBd (V). GOTB'kTTi 0 TOATi KOASjKA® OOAOBdETTi CBOH VhH X?d-
HHTH.
UN MANUSCRITO DEL STOGLAV EN MADRID
399
Fol. 177v FddBd (Vd). GOTB'kT'K 0 KÇOBOAAEHHI H SAdBdEHHHH.
Fol. 178 : FddBd (VB). GOTB'kT'K 0 HrpHtjJdX EdHHCKdPO E'ktORdHHA.
Fol. 181 : FddBd (VF). GOTB'kT'K 0 TOATi JKE ïddHHCKO/HTi BECORdHHH.
Fol. 184v : FddBd (VÂ). OTB'kT b KOTOÇOA'K AHH tV^ Ht CYAraTCIa H nô?OÇHl|lE
H£ BKtBdET.
Fol. 185 : FddBd (VÉ). GO T0AT1 JKE dl|J£ nÇHCn'kET'K n^d^'h^HHK'h Hd^CKÏH B
HEA'kaio.
Fol. 185v : FddBd (VS). GOTB'kT'K KdKO n«AÔBd£T'8 npdBOCddBHMA Flpd^AHO-
BdTH.
Fol. 187 : FddBd (V;). GO EnHtKonEX h o npHVETHHi^X-
Fol. 187 : FddBd (VH). GOTB'kT'K 0 AHdOCTKtHH H 0 ÇSrE HO AHOrHA'h AOHd-
CTKt^SA'K.
Fol. 188v : FddBd (V^). A'kTd [7059=1551] CEHTiasçia BTi eÎ ae(hk). . .
Fol. 189v : FddBd (9). n,dÇCKO£ H COBOÇHOE nôtddHHE K BMBIUEAY AHTÇOnO-
dHT8 H«dCd^.(8) H DK£ C HHA'h.
Fol. 193v : FddBd (pd). A'kTd AdHia BTi df A£Hh • • •
Fol. 196v-234 : (UocddHHE rôCYAd9£BÔ 8 KH^HdOB diOHdCTKfpK). Incipit (fol. 196v) :
E n^EVECTHYW H BEdHKYHJ WBHTEd(K) H^ECBATMA H RÇEHHCTKfA BddAHVHt^KI
HdiufA EoropoA81!81 vetTHdro h tddBHdro sia YtfiEHHia h np£noA®8HdE9 « Roro-
HOCHdr© 0T4d HdlUEPO KHÇHdd V8A0TB«94d EJKE 0 X^HCT'k BOJKErô HOdKd HdCTdB-
HHKY H BOJKY H ÇSKOKOAHTEdW K nÇEHEEECHOAY CEdEHHIO n^EnOA^KHdAY HrYAEHY
Ko^dvk EJKE 0 XçHCT'k BÇdTHElO U,dÇK H BEdHKHH KHA^K IsdH EdCHdKEBHVK
BCEd PYCHH VEdOdETi BKET.
Desinit (fol. 234) : Eom jke diHfld H npsVHCTKtA EorO9«AHUhl dtOdHTBKi H Vio-
AOTBOptljd KHÇHdd AOdHTBM KYAH c0 RCkAH BdAH H HddiH. AaHHK. d AKI Bd(A'K)
rocnoAHE aoh h othki vsd© eheati a® d<i4d ^EAHdro.
Fol. 234v - 235 : En blanco.
OMPHALION UND ROTA PORPHYRETICA.
ZUM KAISERZEREMONIELL IN KONSTANTINOPEL
UND ROM
Peter SCHREINER
Jedem Besucher der Hagia Sophia fallt in der rechten Seite des Haupt-
schiffes ein besonders charakteristischer Teil des alten FuBbodenschmuckes
auf: ein groBer runder Kreis, dem weitere 15 verschieden groBe Kreise anlie-
gen, denen wiederum insgesamt einQuadrat umschrieben ist1. Die kleineren
Scheiben bestehen aus roten, grünen und schwarzen Steinarten, die Zen-
tralplatte aus grauem Granit. Es herrscht heute Einhelligkeit in der
Forschung, daB jene Stelle mit dem ôp.cptxXtov rropcpupouv identisch ist, das in
verschiedenen âlteren Quellen genannt ist2. Wesentlich weniger Einhelligkeit
besteht allerdings darüber, welchem Zweck jener Platz in der Hagia Sophia
diente.
Der Begriff des omphalion, welches mit dem omphalos (Mittelpunkt)
nicht identisch ist, soll in einem Anhang nâher untersucht werden. Das
1. Die kreisrunde Scheibe hat einen Durchmesser von 3,15 m. Die Seitenlânge des
Quadrats betragt 6,3 m, was eine Gesamtflâche von knapp 40 qm ergibt.
2. E.M. Antoniades, ’'Ez<ppaaiç -rfjç 'Ayiaç Sotpiaç, Bd. 2, Athen 1908, 38-39.
Solange die Hagia Sophia als Moschee diente, war jene Stelle vom Teppichbelag über-
deckt. Es ist daher einem Zufall zu verdanken, daB sie W. Salzenbero sehen kônnte
und in seinen « Altchristlichen Baudenkmalen von Constantinopel» (Berlin 1854) erstmals
erwâhnte und abbildete (Tafel 22).
402
MÉLANGES IVAN DUJCEV
omphalion muB sich demnach von seiner Wortbedeutung her keineswegs
in der Mitte befunden haben3.
Die zentrale omphalion-Platte in der Hagia Sophia besteht allerdings,
wie bereits erwâhnt, heute nicht mehr aus Porphyr. Der Einsturz des
ôstlichen Teiles der Hagia Sophia, bei dem nachweislich auch Ikonostase
und Ambo zerstôrt wurden, zog sicherlich auch das nahegelegene omphalion
in Mitleidenschaft4. Im 14. Jahrhundert war es wohl unmôglich, eine so
groBe Flâche aus Porphyr zu ergânzen.
Die Anbringung des omphalion im rechten Teil des Schiffes, von dem
aus sich der Zugang zum Kaiserpalast befand, und die Verwendung von
Porphyr sprechen für eine besondere Bedeutung innerhalb des Kaiser-
zeremonielles. Dies ist in der Forschung auch nicht bezweifelt worden,
zumal einer wohl âhnlichen Porphyrscheibe im Consistorium des Kaiser-
palastes ebenfalls zeremonielle Bedeutung zukam5. Da bisher Entstehungs-
zeit und Rolle des omphalion nie zusammenfassend untersucht wurden,
lohnt es sich, dieser Frage einige Aufmerksamkeit zu widmen.
A.M. Schneider, der, soweit ich sehe, erstmals auf die Bedeutung des
omphalion im Rahmen des kirchlichen Kaiserzeremonielles zu sprechen
kommt, sieht es in Verbindung mit der Kaiserkrônung, und dies auf Grund
einer Stelle in einem Pilgerbericht, der unten noch zu behandeln ist6.
Ein weitverbreitetes, gerade in den Details aber oft unzuverlâssiges Hand-
buch stellt demzufolge die Behauptung auf, Schneider « habe nachge-
wiesen », daB das omphalion der Krônungsplatz der byzantinischen Kaiser
3. Die Vermutung von A.M. Schneider, Byzanz. Vorarbeiten zur Topographie
und Archâologie der Stadt (= Istanbuler Forschungen 8), Berlin 1936, 36, in der Hagia
Sophia sei dies nicht môglich gewesen, weil der Platz zwischen Ambo und Altarraum
zu klein war, ist in dieser Form nicht stichhaltig. Das omphalion stand auch nicht, wie
Schneider a.o. vermutet, mit der p.eyâXï) eïaoSoç in Verbindung ; siehe F. Taft, The
great entrance (= Orientalia Christ. Analecta, 200), Rom 1975.
4. Zusammenfassung der Daten und Quellen bei P. Schreiner, Die byzantinischen
Kleinchroniken, Bd. 2, Wien 1977, 265. In den verschiedenen Quellen über den Einsturz
ist allerdings das omphalion nie ausdrücklich genannt.
5. De cerem. I 23 = I 130,8 (Reiske). Siehe auch unten S. 409. In diesemZusammenhang
wâre auf die Verwendung der Purpurrota im rômischen Kaiserzeremoniell zu verweisen,
über die meines Wissens keine zusammenfassende Untersuchung existiert. Einige Hin-
weise bei R. Delbrueck, Antike Porphyr*erke, Berlin-Leipzig 1932, S. XXI, 27, 28,
32, 148. Umstritten ist weiterhin die Bedeutung der Porphyrrota in der Villa von Piazza
Armerina ; siehe dazu C. Ampolo u.a., La villa del Casale a Piazza Armerina, « Mélanges
Ec. Fr. de Rome », Ant. 83 (1971) 141-281, bes. 223-224, und S. Settis, Perl'interpretazione
di Piazza Armerina, « ibid. » 87 (1975) 873-994, bes. 901-903 (mit Abb.). Ich verdanke
den Hinweis auf den letzgenannten Aufsatz R. Stichel, Rom.
6. Schneider, op. cit., S. 36-37.
KAISERZEREMONIELL IN KONSTANTINOPEL UND ROM
403
gewesen sei7. Auch die Feststellungen von Mamboury tragen kaum zur
Klarlegung bei ; er sieht zwar eine Verbindung mit dem liturgischen Kaiser-
zeremoniell an bestimmten Festtagen8, legt sich schlieBlich aber doch
auf das Krônungszeremoniell fest : « Was die quadratische Mosaikplatte
anbelangt, die sich an der rechten Seite des Schiffes findet, so muB sie dem
Kaiserzeremoniell des 13. und der folgenden Jahrhunderte angehôren.
Sie markierte wohl den Platz des kaiserlichen Thrones. Die runde Zentral-
'platte mit ihren 3,15 m Durchmesser ist wohl jene, die sich vor dem Mita-
torion befunden haben muBte und die man unter den Palâologen im Mosaik-
quadrat unterbringen lieB»9.
Das omphalion war jedoch in der Regel nie etwas anderes als die Stelle,
an welcher der Kaiser, gegebenenfalls in Begleitung der Mitkaiser, stand,
ehe er beim Gottesdienst in den Altarraum eintrat10. Freilich ist nur
einmal in diesem Zusammenhang ausdrücklich der Name « Porphyr-
platte » genannt, nâmlich bei der allgemeinen Schilderung der kaiserlichen
Prozession in der Hagia Sophia11 : « Und sobald die Kaiser zu den heiligen
Toren gelangt sind, am purpurnen omphalion, tritt allein der Patriarch
innerhalb die Schranken, indem er sich neben die linke, heilige Tür stellt.
Indem die Kaiser sich dreimal mit den Kerzen verneigen, danken sie Gott
und treten ein mit einer nochmaligen Verneigung vor der heiligen Tür,
an der der Patriarch steht». Das Warten des Kaisers vor dem Altarraum
ist im Zeremonienbuch genannt beim Pfingstgottesdienst12, beim Oster-
montagsgottesdienst13, beim Fest der Kreuzerhôhung14, an Epiphanie15
und am Karsamstag16.
7. W. Hotz, Byzanz-Konstantinopel-Istanbul. Handbuch der Kunstdenkmàler, Darm-
stadt 1971, 141.
8. E. Mamboury, Topographie de Ste-Sophie, in « Atti del V Congresso Intern. di
Studi Bizantini », Rom 1936, Bd. 2 (= « Studi bizantini e neoellenici » 6). Rom 1940, 202.
9. Ibid., 207 ; so auch die Unterschrift zu Abb. 1. Eine Purpurscheibe vor dem Mita-
torion ist nirgends nachweisbar. Den hier postulierten Verânderungen in der Palâolo-
genzeit fehlt jeder Anhaltspunkt.
10. Belege dazu sind, allerdings bisher kaum beachtet, zusammengestellt bei J. Eber-
solt, Sainte-Sophie de Constantinople. Étude de topographie d'après les cérémonies,
Paris 1910, 10 und A.I.
11. De cerem. I 1, 10 = I 15, 10-17 (Reiske). Siehe auch H. Kahler, Die Hagia
Sophia, Berlin 1967, 68.
12. De cerem. I 9, 5 = I 64, 15-22 (Reiske).
13. De cerem. I 10, 2 = I 74, 3-6 (Reiske).
14. Ibid., I 22, 1 = I 126. 12-17 (Reiske).
15. Ibid., 1 26,2 = 1 145, 4-12 (Reiske).
16. Ibid., I 35, 2 = I 182, 4-7 (Reiske).
404
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Der Pilgerbericht des Antonios von Novgorod (um 1200) hat hinsicht-
lich der Interprétation des omphalion erhebliche Verwirrung gestiftet17.
Es heiBt dort : « In der Hagia Sophia, nahe dem Altar, an der rechten Seite,
ist ein purpurnes Marmorstück, auf das man einen goldenen Thron setzt und
auf dem man den Kaiser krônt. Diese Stelle ist von einem Metallgitter umge-
ben,damit niemanddarauftretenkann. Das Volk aber küBt diese Stelle».
Es ist in jedem Fall unzutreffend, daB der Kaiser auf dem omphalion
gekrônt wurde. Nach dem im Zeremonienbuch überlieferten mittelbyzanti-
nischen Zeremoniell tritt der Kaiser aus dem Mitatorion in das Kirchen-
schiff, verrichtet vor den heiligen Türen ein Gebet, besteigt den Ambo
und wird dort vom Patriarchen gekrônt18. Die Krônung auf dem Ambo
wird auch die gesamte spâtbyzantinische Zeit über gewahrt. Der Bericht
über die Krônung Andronikos’ III. (1326), die Schilderung bei Ps.-Kodin
und ein russicher Pilgerbericht über die Krônung Manuels IL (1392)
sprechen nun von einem kleinen Aufbau, zu dem Stufen hinaufführten
und auf welchen sich der oder die Thronsessel befanden, von denen aus der
Kaiser zur Krônung auf dem Ambo schritt19. Die Traktate geben keinerlei
Hinweis darauf, daB die Throne über dem omphalion errichtet wurden.
Der russische Bericht des Jahres 1392 erwâhnt das Podium « unter dem
Chor », auf der rechten Seite, doch ist auch diese Angabe nicht genügend
prâzise. Keinesfalls besteht, wie mir scheint, ein zwingender Grund, das
omphalion mit der Krônung des Kaisers in Verbindung zu bringen. Anto-
nios von Novgorod, der selbst keiner Krônung beiwohnte, hat hier mit
groBer Wahrscheinlichkeit ungenaue Fremdenführerberichte wieder-
gegeben. Selbst wenn in spâtbyzantinischer Zeit das Podium für den Thron
über dem omphalion errichtet worden sein sollte, so lag darin nicht der
ursprüngliche Zweck.
Nicht minder unsicher gestaltet sich die chronologische Festlegung
für die Anbringung des omphalion. Der justinianeische Bau kennt ihn
17. Antonij Norgorodskij, Kniga palomnik, hrsg. Chr. M. Loparev. St-Petersburg
1899, 15.
18. De cerem. I 38 = I 192, 16-193, 4 (Reiske). Die hier geschilderte Krônung haben
G. Ostrogorsky und E. Stein, Die KrônungsOrdnungen des Zeremonienbuches. Chrono-
logische und verfassungsgeschichtliche Bemerkungen, in « Byz. » 7 (1932) 185-233 mit
derjenigen Michaëls I. (811), Leos V. (813) oder Michaëls II. (820) in Verbindung
gebracht.
19. Johannes Kantakuzenos I 41 = I 196, 7-204, 3 (ed. Bonn) : Andronikos III. ",
J. Verpeaux, Ps.-Kodinos. Traité des offices, Paris 1966, 252-273 ; P. Schreiner, Hochzeit
und Krônung Kaiser Manuels II. im Jahr 1392, in « B.Z. » 60 (1967) 70-85.
KAISERZEREMONIELL IN KONSTANTINOPEL UND ROM
405
noch nicht, da es sich Paulos Silentiarios sicher nicht hatte entgehen lassen,
ihn zu beschreiben20. Erster literarischer Beleg istdie oben (S. 403) übersetzte
Stelle aus dem Zeremonienbuch, welche um 945 anzusetzen ist, da von
beiden Kaisern, also Konstantin und Romanos, die Rede ist21. Angesichts
des Mitwirkens des Kaisers in Teilen der Liturgie an bestimmten Festtagen
kann es jedoch als sicher angesehen werden, daB das omphalion schon
lange vor Konstantin VIL in der Hagia Sophia angebracht wurde. Jede
weitere zeitliche Festlegung erscheint aber zu gewagt.
War eingangs davon die Rede, daB das omphalion zu den unüberseh-
baren Denkmâlern in der Hagia Sophia zâhlt, lâBt sich gleiches nicht
behaupten von der Porphyrscheibe, die heute nahe dem Haupteingang
von S. Pietro in Rom in den von Bernini gestalteten MarmorfuBboden
eingelassen ist22. Altéré Zeichnungen und Quellenangaben weisen aller-
dings darauf hin, daB sich die Porphyrrota einst am Ende des ersten Drittels,
gegenüber dem Altar der Hll. Simon und Judas befand23. Innerhalb des
Zeremoniells der Kaiserkrônung kam dieser Stelle eine ganz besondere
Bedeutung zu. Ehe der Kaiser, von der porta argentea her kommend,
zur Confessio vorangeschritten war, machte er auf der Rota hait und der
Bischof von Porto sprach über ihn ein Gebet24. Der Ordo Cencius II aus
der 1. Hâlfte des 12. Jh. berichtet, daB auf der rechten Seite der Rota für
den Kaiser ein Sessel errichtet war, auf welchem er dem Papst beim Scru-
tinium gegenübersaB25. Bei der Kaiserkrônung Heinrichs IV. (1111)
fand auf der Rota die Diskussion mit Paschalis IL über die Investitur
20. P. Friedlànder, Johannes von Gaza und Paulus Silentiarius. Kunstbeschreibungen
justinianischer Zeit, Leipzig 1912. Jetzt griechischer Text mit deutscher Übersetzung bei
O. Veh, Prokop, Bauten, München 1977, 306-358.
21. Natürlich ist hiermit nur ein terminus post quem non gegeben, da sich das ent-
sprechende Kapitel auch auf frühere Haupt-und Mitkaiser beziehen kann, vgl. A. 18.
22. Mit 2,635 m Durchmesser steht sie der konstantinopolitanischen Porphyrscheibe
nicht allzu viel nach. Die archaologischen Details und zeremoniellen Verwendungs-
weisen dieses Monumentes sind ausführlich untersucht bei M. Andrieu, La rota porphy-
retica de la Basilique Vaticane, in « Mélanges d’Archéologie et d’Histoire de l’École
Française de Rome» 66 (1954) 189-218. Da die rota bei der Umsetzung an den heutigen
Platz zerbrach und dann neu gefaBt wurde (Andrieu 218), dürften die ursprünglichen
MaBe noch etwas grôBer gewesen sein.
23. Dazu ausführlich Andrieu.
24. Siehe R. Elze, Die ordines für die Weihe und Krônung des Kaisers und der Kaiserin
(= Fontes iuris Germanici in usum scholarum ex monumentis Germaniae historicis
separatim editi, 9), Hannover 1960, index s.v. ecclesia beati Pétri, rota.
25. Elze, op. cit., 38, 4-40, 15.
406
MÉLANGES IVAN DUJCEV
statt26. Es braucht in unserem Zusammenhang nicht auf die stets gleich-
bleibende Funktion der Rota bei den weiteren Kaiserkrônungen einge-
gangen zu werden und ebenso wenig auf ihre Rolle bei der Papstordination2 7
Bisher wenig beachtet war die Frage nach der zeitlichen Fixierung
dieses Zeremoniells in Rom. Erstmals erwâhnt ist die Rota im « Roma-
nischen Ordo im Ottonischen Pontificale»28. Die zeitliche Entstehung
dieser Krônungsordnung ist in der Forschung allerdings erheblich umstrit-
ten, zwischen 878 und 924, zwischen 891 und 924 oder «vor 962»29.
Die chronologische Festlegung ist auch dadurch erschwert, daB Kaiser-
krônungen in anderen Quellen nicht oder nur summarisch geschildert
werden30. VerhâltnismâBig viele Quellen stehen für die Krônung Karls
d.Gr. zur Verfügung, doch war hier, trotz einer spâtmittelalterlichen
Tradition, die Rota noch nicht vorhanden31.
Omphalion und Rota sind in der bisherigen Forschung stets getrennt
voneinander behandelt worden, von manchen Autoren vielleicht auch
ohne wechselseitige Kenntnis32. Sie sind jedoch in einem Zusammenhang
zu sehen, der vielleicht auch die Frage nach der zeitlichen Entstehung
im Westen einer Klârung nâher bringen kann. Die Verbindung liegt freilich
nicht im Krônungszeremoniell, sondern in der Tatsache, daB omphalion-
rota den Warteplatz des Kaisers wâhrend einer liturgischen Handlung
26. Liber Pontificalis, ed. L. Duchesne, Bd. Il, Paris 21955, 340. Vgl. Andrieu 198.
27. Andrieu 199-208. Bemerkenswert ist in jedem Fall, daB es auch bei der Krônung
Karls V. in Bologna 1530 an einer Nachbildung dieser rota nicht fehlte : in medio eccle-
siae, ubi est rota porphyrea, erit aliud faldistorium cum coperta aurea, cussino et scabel-
letto vel tapete cum cussino tantum, super quod genuflectit electus, supra quem alius
episcopus cardinalis senior dicit orationem Deus inenarrabilis (nach J.B. Gattico, Acta
Caeremonialia Sanctae Romanae ecclesiae... I, pars 2, Rom 1753, S. 108, zitiert bei An-
drieu 205). Diese « Ersatzrota » erinnert auffâllig an den Orlec in der Bischofsliturgie
der russischen Kirche (vgl. unten Anm. 53).
28. M. Andrieu, Les ordines Romani du haut moyen âge, Bd. 4, Lôwen 1956, 437-471.
29. Die Argumente sind zusammengestellt bei C.A. Bouman, Sacring and Crowning.
The development of the Latin ritual for the anointing of kings and the coronation of an
emperor before the eleventh century (= Bijdragen van het Instituât voor Middeleewse
Geschidenes der Rijks-Universiteit te Utrecht, 30), Groningen 1957, 45-49. Ich danke
R. Elze, Rom, der mich auf die Arbeit aufmerksam machte. — Die Spâtdatierung
vertreten Elze op. cit. und E. Erdmann, Die Kaiserkronung im Abendland, Bd. 1, Würzburg
1942, 64.
30. Eichmann, op. cit.
31. Miniatur des Jean Fouquet im Par., Bibl. Nat., fr. 6425, f. 89.
32. Ein zeremonieller Zusammenhang wird erstmals von Reiske im Kommentar
zum Zeremonienbuch (S. 606-607) angedeutet, doch ist diese Verbindung bisher unbeach-
tet geblieben. Reiske scheint auch eher von der Bedeutung omphalos (Mittelpunkt)
auszugehen und diese mit omphalion gleichzusetzen (vgl. dagegen Anhang unten S. 407).
KAISERZEREMONIELL IN KONSTANTINOPEL UND ROM
407
darstellen. In der 2. Hâlfte des 9. Jh. und den ersten Jahrzehnten des 10.
Jahrhunderts hat man aus Byzanz keine nachweisbaren zeremoniellen
Anleihen genommen. Es scheint mir wenig wahrscheinlich anzunehmen,
daB man für die Krônung von Kônigen, denen auch in den Augen der
Zeitgenossen keine besondere Bedeutung zukam, auf das Porphyrreservat
des byzantinischen Kaisers zurückgegriffen hatte. Anders bei Otto d.Gr.,
dessen Politik in vielfacher Weise das byzantinische Vorbild wenigstens
nachzuahmen suchte33. Ich môchte daher am ehesten annehmen, daB
die Porphyrrota für die Krônung Ottos I. errichtet wurde34. In Byzanz
war sie zu diesem Zeitpunkt jedenfalls schon lângst in Gebrauch.
Ivan Dujcev hat sich in Rom die Grundlagen seiner wissenschaftlichen
Ausbildung erworben. Trotz vieler offener Problème soll daher dieser
kleine Beitrag ein Dank an den Jubilar sein, der die Verbindungen zwischen
Osten und Westen im Mittelalter zu einem seiner Forschungsanliegen
gemacht hat.
ANHANG
Zur Wortbedeutung « omphalion » und « omphalos »
Die zeremonielle Funktion des omphalion ist zu sehen vor dem Hinter-
grund der Wortbedeutung, die bisher nicht untersucht wurde35. Omphalion
ist nicht gleichbedeutend mit omphalos. Letzterem kommt vor allem
in den Mittelmeerkulturen eine besondere Bedeutung zu, insofern damit ein
zentraler Punkt(Mittelpunkt) bezeichnet wird der auch durch eine auffallende
Gestaltung sichtbar zum Ausdruck gebracht ist36. Spâtestens im 6. Jahr-
33. Ausführlich P.E. Schramm, Kaiser, Rom und Renovatio, Darmstadt 31962, 68-
86, sowie Ders., Kaiser, Basileus und Papst in der Zeit der Ottonen, in P.E. Schramm,
Kaiser, Kdnige und Papste, Bd. 3, Stuttgart 1969, 200-245.
34. Die rota wurde bei der Datierung des Krônungsordo bisher nicht herangezogen.
Unsere Hypothèse stimmt mit der von Elze vorgeschlagenen Datierung « vor 962»
überein. Schon Eichmann hat den ordo mit Otto I. in Verbindung gebracht, doch lehnte
Andrieu, Les ordines Romani 450, diese Datierung ab. Die Verwendung des Porphyr
ist in jedem Fall ein bewuBter Rückgriff auf das byzantinische Zeremoniell, ebenso wie
der Gebrauch von Purpurpergament und Goldbuchstaben im Pactum Ottonianum.
35. Die hier vorgebrachten Wortbelege sind sicher nicht vollstândig, zeigen
aber genügend klar den Weg. Er ist bereits vorgezeichnet durch die Hinweise von
Ducange, Glossarium ad scriptores mediae et infimae graecitatis, Lyon 1688, s.v.
36. W.H. Roscher, Omphalos (= Abhandlung der Sâchsischen Gesellschaft der
Wissenschaften. Phil-Hist. Kl. 29, Heft 9), Leipzig 1913, bes. 26-28 (Jérusalem), Ders.,
Neue Omphalosstudien (= Abhandlungen usw. 31, Heft 1), Leipzig 1915, bes. 15-18
(Jérusalem) und Ders., Der Omphalosgedanke bei verschiedenen Vblkern (= Verhand-
lungen der k. sâchsischen Akad. d. Wiss. zu Leipzig, Bd. 70), Leipzig 1918.
408
MÉLANGES IVAN DUJCEV
hundert heiBt omphalos auch einfach « Mitte », ohne daB diese besonders
charakteristisch gekennzeichnet sein müBte : Paulos Silentarios nennt
die Mitte des Atriums der Hagia Sophia «omphalos»37. Gregorios Pres-
byter (9. Jh.) spricht in einem sonst unbedeutenden Bericht über die Synode
von Nikaia vom « ptecroptcpaXoç » im Kaiserpalast von Nikaia38.
Omphalion bedeutet wôrtlich « kleiner omphalos », ist aber in dieser
konkreten Weise nur für die Schildmitte belegt39. Aus einer Reihe von
Beispielen zeigt sich jedoch, daB omphalion identisch ist mit àcrrrlç (Rund-
schild) oder einem Gegenstand, der rund ist wie ein Schild. Paulos Silen-
tiarios verwendet es in der übertragenen Bedeutung für runde Platten40.
Runde Scheiben dieser Art waren beispielsweise auch vor der Confessio
von Alt-St. Peter angebracht. Auf ihnen war das Glaubensbekenntnis
in lateinischer und griechischer Sprache aufgezeichnet ; der Liber Ponti-
ficalis bezeichnet sie als scuta, Photios als àomScç41. Eine solche kreis-
runde Platte mit dem Kreuzesmonogramm hat man in Palâstina auch
Johannes Phokas (1185) auf dem Berg Tabor gezeigt ; sie bezeichnet dort
eine Stelle, wohin Christus wâhrend der Verklârung seinen FuB gesetzt
hat42. Demselben Autor zufolge ist jener Ort, an dem Maria im Hause
des Johannes entschlief, durch zwei omphalia gekennzeichnet43.
Diese Beispielreihe macht es deutlich, daB die Bezeichnung omphalion
nicht in Bezug steht zu einer bestimmten, den Mittelpunkt andeutenden
Stelle, sondern sich allein auf die kreisrunde Form bezieht. Allenfalls
der dem « omphalos » eigene mythische Gedanke kann dabei im Hinter-
grund mitspielen, jedoch in einer Art, die sich an Hand der Quellen nicht
ermessen lâBt.
37. Paulos Silentiarios, ed. Friedlander (oben A. 20) v. 594.
38. Migne, PG 111, 436 B.
39. Suda, ed. Adler, Bd. 3, Leipzig 1935, 536, s.v.: ô ôp.<paXèç -rfjç àarriSoç. So auch
Anthologia Graeca, Buch 6, Nr. 84 (Paulos Silentiarios).
40. Beschreibung der Hagia Sophia, ed. Friedlander (oben A. 20) vv. 715-718.
41. Liber Pontificalis, ed. L. Duchesne, Bd. 2, Paris 21955, 26, 18-19. Die Photios-
stelle in De S. Spiritus mystagogia, Migne. PG 102, 380 A.
42. Johannes Phokas, ’'Ex<ppaaiç èv auvô^ei tù>v art’ ’Av-no/elaç [zéxplS *Iepo<J°-
Xôfjuov xâarpwv xal /ù>p<ôv Suplaq, Ooivixi)? xal tcôv xaTà HaXaiaTiv^v àyitùv tôkcov,
hrsg. J. Trojckij, in « Pravoslavnij Palest. Sbornik» 8, 2 (Heft 23), St. Petersburg 1889,
9 ; übers. A. Stewart, The Pilgritnage of Joannes Phokas in the Holy Land, London 1896,
14. Die Stelle war, wie das omphalion in der Hagia Sophia (nach der Beschreibung des
Antonios von Novgorod), von Metallschranken (ùtto xaXxelcov xiyxXISwv) umgeben,
damit niemand es betreten kônne ; zu solchen Schranken siehe Antoniadis, Ekphrasis,
Bd. 2 (wie oben A. 2) S. 83.
43. Griech. Text bei Trouckij S. 12 und Übersetzung S. 18.
KAISERZEREMONIELL IN KONSTANTINOPEL UND ROM
409
Somit sind auch die Voraussetzungen gegeben, wieder auf den zeremo-
niellen Ausgangspunkt zurückzukommen. Das omphalion in der Hagia
Sophia war nâmlich keineswegs das einzige seiner Art in Konstantinopel.
In einem Triklinium des Kaiserpalastes, dem sog. Justinianos Triklinos,
errichtet 694, waren runde Marmorplatten eingelassen, die das Zeremo-
nienbuch als pteyàXa ôpupàXia bezeichnet44. Die Tatsache, daB man sich
vor ihnen verneigte (Kpooxuve tv ) spricht dafür, daB sie ebenfalls aus Por-
phyr waren und somit in unmittelbarer Verbindung zum Kaiserkult standen.
Ein Kopcpupoüç XtOoç, auf dem der Kaiser stand, ist aus dem Consisto-
rium des Kaiserpalastes bekannt, doch sagt das Zeremonienbuch nichts
über die Form45. Vielfach erwâhnt ist die Porphyrscheibe vor dem Eingang
zur Chalke46. Erstmals taucht sie als rcopcpupoüv ôpcpàXtov unter Maurikics
602 auf47. Kaiser Léo V. verrichtet (813) dort nach seiner Krônung ein
Gebet vor der Christusikone48. Ohne den Namen omphalion zu erwâhnen,
berichtet davon auch Theophanes Continuatus, mit der Variante, daB
Léo dabei den Feldherrnmantel (das Kolobion) getragen habe49 ; Ps.-
Symeon Magistros spricht in diesem Zusammenhang vom xuxXtxôp
xai Kop<pupoüç ptapptapop50. Romanos I. schlieBlich verbrennt auf dem
Koptpupoüv opcpàXtov der Chalke die Schuldverschreibungen der konstan-
tinopolitanischen Bürger51.
Aus dieser zweiten Beispielreihe wird ersichtlich, daB ôpcpàXtov
mit dem Zusatz Kopcpupoüv allein auf den Kaiserkult bezogen ist, in
dessen Zusammenhang auch die Bodenplatte in der Hagia Sophia zu
sehen ist.
44. De cerem. II 2 = I 524, 6 (Reiske). Siehe auch J. Ebersolt, Le Grand Palais de
Constantinople, Paris 1910, 96, — Zu einer âhnlichen Stelle im Katepanatspalast in
Bari, heute noch in der Apsis von San Nicola erhalten, siehe F. Schettini, La Basilica
di San Nicola di Bari, Bari 1967, 51-53.
45. De cerem, I. 23 = I 130, 8 (Reiske).
46. Dazu C. Mango, The Brazen House. A study of the Vestibule of the Impérial
Palace of Constantinople (= Arkaelogiskkunsthistoriske Meddelelser utgivet af det
kon. Danske Videnskabernes Selskab IV, 4), Kopenhagen 1959, 84 (dort irrtümlich
immer « omphalos », statt, wie in den Quellen selbst, « omphalion » bezeichnet).
47. Theophanes, Chronographia, ed. C. de Boor, Bd. 1 285, 10-11.
48. Johannes Genesios, ed. Bonn, 6, 20-22.
49. Theophanes Continuatus, ed. Bonn, 19, 1-5. Dies ist das einzige Beispiel, bei
welchem die Bedeutung ôpipaXiov = iamç (wie bei der Schilderhebung) auch im Hin-
blick auf das Kaiserzeremoniell deutlich hervorzutreten scheint.
50. Ps.-Symeon Magistros, ed. Bonn, 604, 8.
51. Johannes Skylitzes, ed. Thurn, 231, 50.
410
MÉLANGES IVAN DUJ&EV
In sicherlich nicht ursâchlicher Verbindung damit steht die Verwendung
kreisrunder Scheiben in der Liturgie der orthodoxen Kirche, wie sie spâ-
testens seit der Palâologenzeit anzunehmen sind52. Diese Frage bedarf
einer eigenen Untersuchung, zu der im vorliegenden Beitrag einige Voraus-
setzungen geschaffen sein kônnen53.
52. Symeon von Thessalonike, De sacris ordinationibus, cap. 200, Migne, PG
155, 408-409. Siehe auch L. Allacci, De rebus ecelesiasticis Graecorum observationes
variae, S. 118-119, in : Ders., De libris et rebus ecelesiasticis Graecorum dissertationes
et observationes variae, Paris 1646. Allacci zitiert dabei eine Stelle aus « Marcus Hieromo-
nachus» (Markos Eugenikos), die ich nicht zu identifizieren vermag.
53. Verschiedene Beispiele siehe bei H. Kier, Der mittelalterliche SchmuckfuBboden
unter besonderer Berücksichtigung des Rheinlands, Düsseldorf 1970, 25-26 ; Die Autorin
betrachtet das omphalion allerdings unter ausschlieBlich dekorativen Gesichtspunkten
ohne Berücksichtigung der zeremoniellen Funktion ; die Arbeit, deren Schwerpunkte
auf anderen Aspekten liegen, ist als Materialsammlung auch in unserem Zusammenhang
nützlich. Zum liturgischen Fortbestand in der russischen Kirche siehe den Beitrag von
A. Golubcov, O miré sredi cerkvi v svjazi s voprosom o prouschozdenii orleca (Über
den Raum mitten in der Kirche in Verbindung mit der Frage nach der Herkunft des
orlec), in « Bogoslovskij Vëstnik» 12, Bd. 2 (Mai 1903) 46-64. Ich verdanke den Hinweis
auf diesen seltenen Aufsatz R. Stichel, Rom.
QUELQUES MOTS SUR LA LITURGIE SLAVE
EN POLOGNE ET L’ÉVÊCHÉ RULGARE
A CRACOVIE
Wincenty SWOBODA
La christianisation du Sud de la Pologne dans la deuxième moitié du
ixe siècle par la mission de Méthode et la persistance de la liturgie appelée
slave jusqu’au xie siècle peut être considérée comme un des problèmes les
plus instructifs de la méthode de l’historiographie polonaise. Cette appré-
ciation résulte surtout de l’absence dans la littérature savante d’un accord
sur le sens de l’expression « liturgie slave » malgré les controverses et les
discussions approfondies ; en d’autres termes, on ne sait pas de quoi il
s’agit pour les divers chercheurs : est-ce de l’organisation ecclésiastique d’un
type particulier résultant génétiquement de la métropole de Méthode en
Grande Moravie, ou bien de la langue liturgique ou d’une liturgie slave
particulière, ou bien enfin est-ce l’influence de l’organisation ecclésiastique
byzantine selon la forme observée en Bulgarie et en Russie ainsi que de la
langue vieille-slave de la rédaction bulgare ou russe. Chacune de ces inter-
prétations exige à notre avis une analyse séparée1. Confondre le tout sous
la rubrique « liturgie slave » a, bien entendu, une influence sur le choix et
le caractère des arguments. En second lieu, il n’y a pas beaucoup de sujets
d’observation si souvent soulevés qui aient une base fondamentale si fragile.
Cette base est le renseignement qui se trouve dans le XIe chapitre de la Vita
1. Nous consacrons à ce problème plus de place dans « Istota obrzqdku slowianskiego
i jego zasiçg », Roczniki Historyczne (sous presse).
412
MÉLANGES IVAN DUJÊEV
Methodii : la prophétie prononcée devant le puissant prince « na Wislech »,
qui insultait les chrétiens et leur faisait tort2. L’interprétation de toutes
les données qui subsistent dépend de la relation de ce renseignement. Le
résultat est que les partisans de l’examen positif du problème (de la liaison
du commencement du christianisme en Petite Pologne avec cette prophétie
de Méthode) se servent depuis un temps immémorial de cet argument et
ne prennent pas en considération les réserves de leurs adversaires. Pour
constater cela il suffit de passer en revue les plus importantes publications,
qui représentent 1 ’opinion négative, par exemple un fragment de monographie
de W. Abraham concernant l’Eglise polonaise jusqu’au xne siècle3, le livre
de l’abbé W. Szczçsniak4, les œuvres de T. Lehr-Splawinski5 et enfin l’exposé
d’E. Dqbrowska et T. Poklewski en 1965 au Ier Congrès International
d’archéologie slave à Varsovie6. Toutes ces publications reflètent les étapes
successives de la discussion, depuis l’argumentation de M. Gumplowicz7
jusqu’à l’essai d’adaptation dans la discussion (par W. Antoniewicz, Z.
Wartolowska et J. Kramarek) des preuves, qui étaient fondées sur des dé-
couvertes archéologiques8. L’étude de H. Lanckoronska9 a inauguré
la dernière phase de la discussion ; mais cette discussion n’est pas close.
La reprise récente de ce problème a certainement été influencée par le
1 100e anniversaire de la mission cyrillo-méthodienne en Moravie (1963)
et de la mort de Constantin-Cyrille (1969), aussi par le 1 000e anniversaire
de l’introduction du christianisme en Pologne (1966). Mais il faut tout de
même souligner que les nombreuses publications relatives10 à tous ces anni-
2. zyw°ty Konstantyna i Metodego (obszerne), éd. T. Lehr-Splawinski, Poznan
1959, pp. 114-5.
3. Organizacja kosciola w Polsce dopolowy Xllwieku, III' éd., Poznan 1962, pp. 156-61.
4. Obrzqdek slowianski w Polsce pierwotnej, Varsovie 1904.
5. Réédition de ces œuvres se trouve en : Rozprawy i szkice z dziejôw Slowian, Var-
sovie 1954, pp. 182-9, et aussi dans Od piçtnastu wiekôw, Varsovie 1961, pp. 34 et suiv.
6. E. D^browska, La Pologne du Sud et l'état de Grande-Moravie au IXe siècle, « I
Miçdzynarodowy Kongres Ârcheologii Slowianskiej », Varsovie, t. 3, 1970, p. 180-4
et T. Poklewski, A propos des opinions plus récentes sur l'origine méthodienne du chris-
tianisme en Pologne méridionale, ibidem, t. 5, 1970, pp. 414-21.
7. Zur Geschichte Polens im Mittelalter, Innsbruck 1898.
8. W. Antoniewicz, Recenti scoperte d’arte preromanica e romanica a Wiilica in
Polonia, Rome 1961 ; Z. Wartolowska, Wislica - urbs famosissima..., « Z Otchlani
Wiekôw », 34 (1968) nr 3, pp. 184-7 ; J. Kramarek, Ze studiôw nad problematykq archeo-
logicznq zwiqzanq z dzialalnosciq Konstantyna (Cyryla) i Metodego, « Munera Archaedo-
logica Josepho Kostrzewski... oblata», Poznan 1963, pp. 397-417. Voir aussi Odkrycia
w Wislicy, Varsovie 1963.
9. Studies on the Roman-Slavic Rite in Poland, Rome 1961.
10. Voir par exemple, M. Rechowicz, Sprawa obrzqdku slowianskiego cyryllometo-
dianskiego w Polsce. Przeglqd dyskusji, « Pastori et magistri ». Praca zbiorowa dla uczcze-
LA « LITURGIE SLAVE » EN POLOGNE
413
versaires n’ont pas apporté à la discussion d’éléments nouveaux11 (en
comparaison des étapes précédentes). De plus, en accord avec la base mise
en valeur par nous ci-dessus, on s’appuyait plus d’une fois sur les renseigne-
ments rassemblés par Lanckororiska, qui prouvaient, on le pensait, l’im-
portante floraison de la liturgie slave en Pologne ; or ces renseignements ont
été reconnus sans valeur aucune, par la critique objective et compétente12.
Enfin H. Lowmianski a fait la somme de toutes ces discussions dans son
œuvre monumentale sur les débuts de l’Etat polonais13. Ce savant a de
nouveau et résolument réfuté la plupart des preuves avancées par les parti-
sans de l’existence dans la seconde moitié du xc siècle (c’est-à-dire autour des
années 972-999) à Cracovie, d’un évêché dépendant juridiquement de
l’Eglise bulgare. Cette hypothèse a été examinée par quelques chercheurs14,
mais n’a jamais fait l’objet d’un examen critique. Cet examen est le but
fondamental de cet article.
L’hypothèse de Lowmianski se fonde avant tout sur l’acceptation de la
prophétie de saint Méthode comme un fait prouvant la christianisation du
Sud de la Pologne grâce aux missionnaires de la Grande Moravie. La pré-
misse suivante est l’acceptation des informations fournies par le « Récit
des lettres slaves» à savoir : que le christianisme selon la liturgie slave
a formé en Petite Pologne une organisation ecclésiastique et une hiérarchie
qui, dans la seconde moitié du Xe siècle, était combattues par saint Adalbert.
nia jubileuszu J.E. Ks. Biskupa P. Kalwy, Lublin 1966, pp. 73-85 et aussi L. Moszyn-
ski, Liturgia slowianska a glagolickie zabytki w Polsce, « SIovo », 21 (1971) pp. 255-73.
11. Dans l’appréciation nous ne sommes pas d’accord par exemple avec W. Hensel,
Uz.rôdelPolski sredniowiecznej, Wroclaw 1974, pp. 227-9, qui se référé à H. Lanckoronska.
12. F. Dvornik, Byzantské misie u Slovanu, Prague 1970, pp. 204-14 (traduction tchèque
du travail : Byzantine Missions among the Slavs. SS. Constantine-Cyril and Methodius,
New Brunswick N.J. : Rutgers University Press 1970). Voir aussi compte-rendu du
travail H. Lanckoronska - J. Szymanski, « Revue d’histoire ecclésiastique», 58 (1963)
pp. 911-20 ainsi que W. Dziewulski, Pràba regeneracji teorii o obrzqdku slowianskim,
«Kwartalnik Historyczny », 72 (1965) pp. 39-46.
13. Poczqtki Polski, Varsovie, t. 4, 1970, pp. 493 et suiv. et de même, The Slavic Rite
in Poland and St. Adalbert, « Acta Poloniae Historica», 24 (1971), pp. 5-21.
14. Par exemple, J. Szafranski, Przyjçcie chrzescijanstwa przez Slowian, Katoli-
cyzm wczesnosredniowieczny, Varsovie 1973, pp. 207-44 et aussi J. Boba, Methodian
and Moravian Continuity and Tradition in Poland, « VII Miçdzynarodowy Kongres
Slawistôw». Streszczenie referatôw i komunikatôw, Varsovie 1973, p. 970. Tandis que cet
article est sous presse, l’étude de O. Kralik, Pfedmëskovské krestanstvi a ceskÿ podil
na christianizaci Polska, « Z tradic slowanské kultury v Cechâch », Prague 1975, pp.
41-49, nous parvient. C’est le premier auteur qui apprécie de façon très critique la base
de l’hypothèse de Lowmianski. Avant tout il met en valeur le « Récit des lettres slaves »,
et l’interprétation fausse du caractère du christianisme oriental et occidental, au Xe
siècle. Cela coïncide partiellement avec notre argumentation.
414
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Le troisième anneau est l’explication du texte de la bulle du Pape Jean XIII
de l’année 973, qui interdit l’ordination sur le nouveau siège épiscopal à
Prague d’un représentant de la « secte bulgare», ce qui témoigne des appré-
hensions de Rome devant l’extension aux Tchèques de l’Eglise bulgare,
à laquelle était déjà soumis l’évêché de Cracovie. Des arguments supplé-
mentaires sont invoqués : reconstitution, d’après diverses traditions locales
qui parlent du séjour de saint Adalbert, de l’itinéraire de sa pérégrination
en Pologne, rôle capital tenu par Cracovie, situation de cette ville sur la
route marchande reliant Kiev à Prague, d’après cela devait résulter la
médiation des marchands varègues (participant à l’expédition du prince russe
Sviatoslav Igorevic contre la Bulgarie en l’an 968) en organisation de
l’église slave en Petite Pologne, et enfin le patronage de la première cathé-
drale Saint Michel à Cracovie. (le culte de saint Michel avait été importé
de Byzance par les Normands et saint Michel avait ses églises sur les
coteaux, comme le Wawel à Cracovie)15 16. Il n’est pas possible d’accepter
les éléments de l’hypothèse de Lowmianski ni d’être convaincu par son
argumentation. Il y a trop de questions, qui restent sans réponse. Nous
commencerons par la prophétie de Méthode. La minutieuse analyse, faite
à plusieurs reprises par les chercheurs, de cette information de la Vita
Methodii nous libère ; mais à cet égard nous devons encore une fois affirmer
que ce renseignement ne donne pas aux interprétateurs exempts de préjugés
des preuves même indirectes de la christianisation du territoire des Vislanes.
Même si parmi ceux-ci agissait une mission chrétienne, — en faisant abstrac-
tion de sa qualité slave ou méthodienne bien fondée par la situation ecclé-
siastique dans le pays de la Grande Moravie— pour l’estimation de son
efficacité, il faudrait prendre en considération la très courte période où
fut possible l’activité de cette mission. Il est incroyable que pendant les
quelques années, qui se sont écoulées entre la soumission de la terre de
Vislanes (vers 875) et l’expulsion des disciples de Méthode de la Moravie
(886), le christianisme soit devenu solide en Petite Pologne. Les arguments
ci-dessus sont réduits à néant non seulement par l’information citée par
Lowmianski du paganisme des Croates au milieu du Xe siècle17, mais aussi
par les exemples d’une très lente réception du christianisme dans différents
15. Lowmianski, Poczqtki Polski, pp. 493-515.
16. Voir J. Dabrowski, Studia nad poczqtkami panstwa polskiego, Wroclaw 1958,
pp. 20 et suiv.
17. Lowmianski, Poczqtki Polski, p. 493, voir aussi Constantine Porphyrogenitus,
De administrando imperia, éd. Gy. Moravcsik, Budapest 1949, pp. 146-7 et Commentary
Londres 1962, p. 124. Le résumé de toute la discussion au sujet des Croates païens : N.
Klaic, Povijest Hrvata u ranom srednjem vijeku, Zagreb 1975, pp. 61 et suiv., 138 et suiv.
LA « LITURGIE SLAVE » EN POLOGNE
415
pays slaves et non slaves18. Il faut ajouter un élément supplémentaire, c’est-
à-dire, que les effets du travail de la mission ne pouvaient pas être en grand
nombre, si l’on prend en considération les conditions prouvées par Low-
mianski disant que les Vislanes avaient l’indépendance dans le cadre du
système politique de l’Etat grand-morave. Converti malgré lui le prince
n’exerçait pas de pression sur ses sujets. En conclusion de tout cela on ne
peut accorder que la Vita Methodii soit un témoignage positif pour l’hypo-
thèse que nous étudions. Et il n’y a aucun autre fait supplémentaire qui
appuierait cette interprétation de la prophétie de Méthode19 20.
En conséquence de tout cela, un obstacle se rencontre : le problème de la
persistance de l’organisation et de la hiérarchie de la liturgie slave en Petite
Pologne jusqu’à la deuxième moitié du Xe siècle. L’élimination — avec
raison par Lowmianski entre toutes les preuves citées habituellement,
de la théorie de l’existence en Pologne, au temps de Boleslav le Brave,
d’une autre métropole slave (dit-on!), et aussi l’attribution d’une faible
autorité à la découverte par J. Zathey des fragments du calendrier polonais
daté du xive siècle avec le prénom de S. Gorazd qui devait après son expul-
sion de Moravie venir sur la Vistule21, cette élimination et cette faible
attribution font que l’hypothèse étudiée ci-dessus n’est apparemment pas
18. Cette question a une littérature très riche. On peut indiquer par exemple des
œuvres polonaises : W. Dziewulski, Postçpy chrystianizacji i procès likwidacji poganstwa
w Polsce wczesnofeudalnej, Varsovie 1964 et S. Piekarczyk, Barbarzyncy i chrze'sci-
janstwo, Varsovie 1968.
19. Lowmianski, Poczqtki Polski, pp. 499 et 504, il est avec les partisans de l’activité
de la mission méthodienne en Petite Pologne. Il faut donc rappeler aussi l’opinion scep-
tique sur cette question de G. Labuda, Nowa synteza dziejôw spolecznych ko'sciola pols-
kiego w sredniowieczu, « Przeglqd Historyczny », 60 (1969) p. 377 et dernièrement de
J. LeSny, Uwagi o podstawach chronologicznych misy chrzcielnej w Wiilicy, « Slavia
Antiqua», 23 (1976), pp. 193-209.
20. Lowmianski, Poczqtki Polski, p. 496. Il place la deuxième métropole de Gallus l’Ano-
nyme, lib. I, c. 11 (éd. K. Maleczynski, MPH NS, t. 2,1952, p. 30) en Russie, par rapport
à l’expédition de Kiev faite par Boleslas le Brave (1018). Malgré la tradition conservée
dans la ci-devant chronique, effectivement la Russie n’était pas rattachée à la Pologne.
D’après cela vraisemblablement et au moins égale nous semble la localisation de cette
deuxième métropole en Moravie, qui appartenait à la Pologne aux temps de Boleslas le
Brave. Cela ne veut pas dire que cette métropole existait vraiment. La tradition de celle-ci
dure, ce qu’on voit du ci-dit Privilegium ecclesiae Moraviensis - Kosmas, lib. I, c. 15
(éd. B. Bretholz, MGH SrG, t. 2, 1923, p. 25). Boleslas le Brave pouvait prendre en
considération cette tradition dans ses projets politiques.
21. Lowmianski, Poczqtki Polski, p. 504. Résumé des informations relatives à saint
Gorazd dans Magnae Moraviae jontes historici, Brno, t. 3 1969, pp. 440-1. Voir aussi
l’article de A. Frinta, Kdé skoncil Gorazd zak Metodéjuv 1, « Slovacko», Uherské
Hradiste 1968, pp. 119-23; idem, Prtspévek ke Goradzové ikonografii, «Umëni», 17
(1969) pp. 383-4.
416
MÉLANGES IVAN DUJCEV
justifiée par les sources, ces sources étant faibles et incertaines. A leur place
pourtant a été cité le renseignement du « Récit des Lettres russes ». Cette
œuvre est aussi connue dans la littérature savante sous le nom mal précisé
du « Chronograf » écrit par Samuel de Dubkovo. La date de la rédaction
du « Récit » n’est pas connue. Ce monument se conserve seulement en manus-
crits provenant des xv-xvne siècles et, à cause de son caractère confus,
il n’a pas bonne réputation parmi les chercheurs213. Lowmianski a tenté
un essai de réhabilitation du «Récit». D’après lui c’est un document
authentique qui tire son origine, vraisemblablement au xie siècle, d’une tra-
dition du monde slave oriental relative à la persécution du clergé slave
par saint Adalbert. L’ample analyse de l’information du « Récit » réalisée
par Lowmianski ne répond pas à la question fondamentale, où a eu lieu
la persécution. Lowmianski suggère qu’il s’agit du Sud de la Pologne,
ou bien de la Moravie22. D’après nous, il n’y a pas de preuves convain-
cantes. Si nous laissons de côté le problème ci-dessus mentionné de la sur-
vivance douteuse d’une hiérarchie slave en Petite Pologne, il faut dire que
cela a un rapport avec l’appartenance politique de ce pays aux Tchèques.
D’après une mention de Kosmas cette appartenance devait durer jusqu’à
l’année 99923. Mais c’est cependant une opinion contestable. En dehors
d’antagonistes résolus, il y a aussi des adeptes de la thèse qui affirme la
réalité de cette situation politique dans la deuxième moitié du Xe siècle,
cependant ils inclinent à rejeter la date de l’annexion de Cracovie par les
Piasts dès avant le règne de Boleslas le Brave24. Après tout il n’est pas
certain que pendant le ministère de saint Adalbert à Prague dans les années
21a. MPH, t. 1, p. 90. Le deuxième fragment de ce monument renseigne sur l’activité
de saint Adalbert contre la liturgie slave. Dans l’historiographie tchèque, V. Chalou-
peckÿ, Svatÿ Vojtéch a slovanskà liturgie, « Bratislava », 8 (1934) pp. 37-47 soulignait très
fort les embrouillements de cette information, et dans l’historiographie polonaise T.
Lehr-Splawinski, Rozprawy i szkice, p. 185. Le point de vue contraire chez A.W. Fto-
rowsku, Cechi i wostocznye slawjane, Prague, t. 1, 1935, pp. 146-82. Voir aussi W.F.
Mares, Skazane o slawjanskoj pismennosti, Trudy Otdela Drewnerusskoj Literatury »,
19 (1963), pp. 169-76 et O. Kralik, Powest wremennych let i legenda Kristiana o swjatych
Wjaceslawe i Ljudmile, ibidem, pp. 177-207 ; idem, Pfedmëskovské kfestanstvl, p. 41
et suiv.
22. Lowmianski, Poczqtki Polski, p. 430 et suiv., 509, mais de même s’il s’agit de la
Moravie, il existe differents points de vue sur leur appartenance politique pendant la
deuxième moitié du Xe siècle. A ce propos voir G. Labuda, Morawy, « Slownik Starozyt-
noSci Slowianskich », t. 3, p. 298.
23. Kosmas, lib. I, c. 34 (éd. B. Bretholz, MGH SrG, t. 2, 1923, p. 60).
24. G. Labuda, O rzekomej utracie Krakowa przez Czechôw w r. 999, « Slavia Occi-
dentalis », 20 (1960) fasc. 2, pp. 79-93. Voir aussi, P. Bogdanowicz, Przynaleznosc
polityczna Slqska w X wieku, Wroclaw 1968, passim.
LA « LITURGIE SLAVE » EN POLOGNE
417
982-995 (exception faite de son séjour en Italie entre 986-992) Cracovie ait
été soumise à la juridiction de l’évêque de Prague. En outre saint Adalbert
n’a jamais été un adversaire de la liturgie slave, cela est reconnu unani-
mement dans la littérature savante25. Alors on est intrigué par la naissance
de la tradition de la persécution de la liturgie slave par saint Adalbert
et par la persistance de cette tradition en Russie. Les hagiographes de saint
Adalbert qui étaient bien renseignés sur la situation en Pologne et chez
les Tchèques, ne savent rien de cette persécution26. Mais on n’a pas conservé
non plus de tradition analogue sur leur activité en Hongrie, pays qui,
d’après certaines preuves, se trouvait aussi dans la sphère d’influence de
l’Eglise byzantine27. Il faudrait aussi se demander si, dans la situation poli-
tique compliquée qui entourait saint Adalbert pendant ses deux courts
séjours à Prague dans les années 982-88 et 992-95, le saint avait la possibilité
de renouveler personnellement une quelconque action répressive sur un
lointain territoire de son diocèse, qui de plus était un membre indépendant
du système politique des Prémyslides. Très douteuse est aussi la conjecture
situant cette hypothétique persécution au temps de son séjour en Pologne,
qui avait lieu avant la mission prussienne. Pourtant saint Adalbert n’avait
jamais reçu mission d’évêque sur la Pologne même d’après l’interprétation
d’Abraham : d’après ce dernier, il partageait son travail pastoral avec l’évê-
que missionnaire polonais Unger28. D’après cela, saint Adalbert pouvait
enseigner, baptiser, construire des églises et fonder des monastères. H
n’avait pas le pouvoir de prononcer un jugement dans les affaires de disci-
pline. La reconstitution de l’itinéraire de sa pérégrination dans le Sud ou
l’Ouest de la Pologne, d’après des traditions locales ci-dessus mentionnées,
(jusqu’à présent non encore entièrement rédigées et pas toujours vérifiées),
n’aide pas, selon nous, à résoudre cette question. Dans ces circonstances,
le fait que le « Récit » se rapporte à l’extermination de la hiérarchie slave
par saint Adalbert ne peut être tenu pour preuve principale de l’hypothèse
25. Lowmianski, Poczqtki Polski, p. 509. s’accorde aussi avec cela, mais il n’aperçoit
pas la contradiction de son point de vue .Mais si l’on prouve la vérité de tout le texte
on ne peut pas l’accepter seulement dans la partie concernant la lutte de saint Adalbert
contre la hiérarchie slave en mettant à part les autres informations.
26. S. Adalberti Vita prior, éd. J. Karwasinska, MPH NS, t. 4, fasc. 1, 1968 et S.
Adalberti Vita altéra, éd. J. Karwasinska, ibidem, fasc. 2, 1969.
27. Gy. Moravcsik, Studia Byzantina, Budapest 1967, pp. 245-59, 326-40 ; idem,
Byzantium and the Magyars, Budapest 1970, pp. 102 et suiv. Voir aussi, Gy. Gyôrffy,
Rôle de Byzance dans la conversion des Hongrois, Cultus et Cognitio. Studia z dziejôw
àredniowiecznej kultury, Varsovie 1976, pp. 169-80.
28. W. Abraham, Organizacja kosciola, p. 121.
418
MÉLANGES IVAN DUJCEV
de Lowmianski. En dépit des traits archaïques caractéristiques et de l’appa-
rence d’authenticité qu’offrent les données du « Récit», c’est sans aucun
doute la confusion. Il y a ici probablement l’amalgame des événements
liés à l’action de l’évêque missionnaire Adalbert à Rome en 962 et de ses
éventuelles querelles avec les missions byzantines ou bulgares avant la
conversion officielle de la Russie29. Il faut compter avec des missions sem-
blables et prendre bien-entendu en considération les renseignements concer-
nant les rapports bulgaro-russes du Xe siècle, et aussi les faits très bien connus
de la pénétration du christianisme byzantin en Russie30.
Le dernier argument important en faveur de l’existence de l’évêché
bulgare à Cracovie est l’information notée par Kosmas de l’interdiction
d’ordination sur le nouveau siège épiscopal à Prague d’un représentant de
la secte bulgare31. Lowmianski croit que la teneur de la bulle entière de
973 a été transcrite fidèlement par Kosmas. D’après lui, l’obstacle le plus
sérieux est seulement la mention de la secte russe32 : à notre avis, c’est une
interprétation qui va bien trop loin. On peut accorder que le texte de la bulle
est fondé sur des faits historiques, à savoir : l’érection de l’évêché de Prague
et l’intercession dans cette affaire, auprès du pape, de la Mlada. Par contre,
la formulation « sectes bulgare et russe » ne pouvait pas se trouver dans la
bulle. Et surtout on ne peut pas passer sur la principale objection à son
authenticité faite autrefois par Dvorak. D’après ce savant, la chancellerie
papale se servit de ces « termini technici » (sectes grecque, bulgare, etc.)
en connexion avec les églises orientales pendant la deuxième moitié du xie
siècle33. Il faut ajouter, que cela s’accorde avec ce que l’on sait des relations
entre la papauté et la Bulgarie qui appartient, par l’aspect théologique, au
monde byzantin. Alors la papauté ne pouvait pas au Xe siècle se servir du
terme « de secte » ni pour la Bulgarie ni pour Byzance. La situation changea
après l’année 1054, par suite du schisme entre la papauté et le patriarcat de
29. C’est l’idée de J. Birkenmajer, Zagadnienie autorstwa Bogurodzicy, Gniezno
1935 pp. 97-8. W.F. Mares, Skazane o slawjanskojpismennosti, p. 172 a ramassé les autres
possibilités de l’identification.
30. I. Snegarov, Duchovno-kulturni vràzki mezdu Bàlgarija i Rusija prez srednite
vekove, Sofia 1950, pp. 11 et suiv. Voir aussi A. Poppe, Panstwo i ko'sciôl na Rusi w XI
wieku, Varsovie 1968, pp. 20-1 et M.N. Tichomirow, Drewnjaja Rus, Moscou 1975,
pp. 261-73.
31. Kosmas, lib. I, c. 15 (éd. B. Bretholz, MGH SrG, t. 2, 1923, p. 43). Cette bulle
est depuis longtemps reconnue comme un faux notoire, voir Magnae Moraviae fontes
historici, t. 3, 1969, pp. 272-3.
32. Lowmianski, Poczqtki Polski, pp 509-10.
33. M. Dvorak, O listine papëze Jana XIII. v kronice Kosmové, « Vëstnik Kralovské
Ceské Spoleénosti Nauk », R. 1899, Prague 1900, pp. 1-5.
LA « LITURGIE SLAVE » EN POLOGNE
419
Constantinople34. Sans doute la polémique doctrinale de l’église byzantine
avec des « latinistes » avait alors de l’influence pour la rédaction de la
phraséologie diplomatique de la curie papale. A cette polémique participa
aussi Léon, l’archevêque d’Ohrid (1037-1056), qui conformément au droit
ecclésiastique, se proclamait officiellement « l’archevêque de toute la
Bulgarie »35. Ce fait devait être bien connu à Rome, ce qui explique l’appa-
rition du terme « secte bulgare ». Cela empêche de façon évidente, de consi-
dérer la bulle de l’année 973 comme une manifestation des craintes de la
papauté devant l’expansion de l’organisation ecclésiastique bulgare, et de
même aussi comme indiquant sa persistance en Petite Pologne36. Et, de plus,
il faudrait encore prouver que l’Eglise bulgare avant l’année 972 (c’est-à-dire
la chute du susdit premier Royaume bulgare) développait son expansion en
dehors du territoire de l’Etat. A ce sujet on ne nous donne pas de renseigne-
ment. On pense que la réponse négative à cette question est fondée par le
rejet répété des « preuves » qui attribuent l’obéissance ecclésiastique de la
Russie à l’Eglise bulgare37. Il n’y a pas non plus de trace de l’existence de
l’organisation ecclésiastique bulgare en Transylvanie, proche de la Bulgarie.
L’information conservée du baptême d’un des chefs locaux transylvain
dans la ville bulgare de Vidin, et de la fondation par lui « in Morissena
urbs»38 du monastère Saint Jean Prodrome prouve seulement l’infiltration
dans cette région du christianisme bulgare. On n’avait même pas entendu
parler de cela pour les autres territoires de l’Etat hongrois, pénétré au
Xe siècle par les missionnaires byzantins et par les missionnaires bavarois
de Passau39. Encore plus incertaine à notre avis est la possibilité de rapports
ecclésiastiques entre la Bulgarie et la Petite Pologne. Pendant la deuxième
moitié du Xe siècle, ces pays se trouvaient séparés par des territoires domi-
nés par l’expansion hongroise.
34. W. Swoboda, Schizma a Slowianie, « Slownik Starozytnosci Slowiarskich », t. 5,
p. 94.
35. V. Mosin, Poslane russkogo mitropolita Leona ob opresnokach, « Byzantinosla-
vica», 24 (1963) fasc. 1, p. 87-105 et A. Poppe, Traité des Azymes, « Byz.», 25 (1965)
pp. 504-27.
36. L’interpolation de Kosmas au texte de la bulle de l’a. 973 doit être liée à sa relation
(et certainement de tout le clergé latin dans l’Etat tchèque) à Sazave slave, ou bien d’après
nous est encore plus véritable avec le projet manqué d’effet de Vratislav II (1061-1092)
de la propagation de liturgie slave dans l’état tchèque.
37. A. Poppe, Panstwo i kosciôl na Rusi, pp. 19-21.
38. Vita S. Gerardi, Scriptores rerum Hungaricarum, t. 2, 1938, pp. 489-90. Voir
aussi G. Feher, Bulgarisch-ungarische Beziehungen in den V.-Xl. Jahrhunderten, Budapest
1921, pp. 472 et suiv.
39. Gy. Gyôrffy, Rôle, pp. 169 et suiv. A propos des missions bavaroises en Hongrie
voir Lowmianski, Poczqtki Polski, pp. 435-6.
420
MÉLANGES IVAN DUJCEV
En résumé nous estimons que l’hypothèse de l’existence à Cracovie d’un
évêché d’obédience bulgare entre 972-999 environ n’est pas nécessaire.
Le rôle de Cracovie est ainsi clair, comme localité de grande importance
et milieu culturel en Petite Pologne dans le Haut Moyen Age.
Traduit par Krystyna Brodowska
RECHERCHES SUR LE NOMRRE DES “ LATINS ”
IMMIGRÉS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
AUX XIIIe-XIVe SIÈCLES
A Ivan Dujcev, au Confrère et à l’Ami
Freddy THIRIET
Il est étonnant que la République de Venise, pourtant très soucieuse de
connaître les moyens dont elle pouvait disposer, ait été si peu attentive
aux problèmes démographiques, au moins pendant la période médiévale.
Ce n’est pas que les dénombrements de population fussent si rares : dès
qu’une zone se trouvait soumise à l’autorité de la Commune, certains
officiers avaient pour mission de contrôler la population rurale, de la
compter et d’évaluer ses possibilités de travail. Ces recensements portaient
le nom grec d’anagraphe (àvaypacpy; ) et se déroulaient tous les deux ou
trois ans ; toutefois, les comptes ainsi dressés ne semblent pas avoir été
très sérieux. De fait, une délibération du Grand Conseil vénitien nous
apprend qu’une « anagraphe» générale sera effectuée en Messénie véni-
tienne (Coron et Modon), où aucun dénombrement n’a été opéré depuis
plus de trente ans, alors que les coutumes de Romanie imposent un recense-
ment trentenaire1. Afin de donner à ce dénombrement toute sa valeur et
sa pleine efficacité, les conseillers en confient l’exécution aux châtelains
1. Le texte complet de cette délibération se trouve dans F. Thiriet, Délibérations
des Assemblées vénitiennes concernant la Romanie, Paris-La Haye, 1966, t. I, p. 292
(22 février 1312).
422
MÉLANGES IVAN DUJ&V
et à leurs collaborateurs les plus immédiats2. C’est assez dire que la Commu-
ne n’avait aucune confiance dans les officiers chargés de surveiller les
mouvements de la population paysanne et, par cela même, leur puissance
de travail et plus encore, leur capacité fiscale. L’économie des colonies
romaniotes était surtout agricole ; il convenait donc de disposer d’une main
d’œuvre suffisante.
Malgré tout, il est très difficile de connaître le nombre exact des parèques,
dont nous connaissons parfaitement, par ailleurs, les occupations et, même,
la mentalité3. On devrait mieux savoir les chiffres relatifs au nombre des
« Latins» venus s’installer dans l'Empire colonial fondé en Romanie.
L’enquête que nous avons tentée à ce propos apporte certaines données
intéressantes qui, cependant, demeurent insuffisantes pour connaître la
population « latine» avec certitude4. Que l’on nous permette de montrer
les résultats acquis, si incertains soient-ils ; ils font progresser la question.
Nous étudierons donc trois aspects essentiels : la forte immigration au
lendemain du succès occidental que représente la conquête de Constanti-
nople, en 1204 ; les différentes catégories de ces immigrants, des feudataires
aux officiers les plus humbles ; enfin, nous rassemblerons toutes les données
numériques que nous avons pu glaner dans nos documents comme dans
les travaux complémentaires, notamment ceux de Silvano Borsari et de
Georges Ploumidis5.
*
* *
Au lendemain de la quatrième croisade, le flot migratoire atteignit un
niveau relativement très élevé. En effet, aux marchands vénitiens et pi sans
déjà nombreux avant 1204, vinrent s’ajouter des groupes importants de
« Francs », champenois et bourguignons en Morée et en Attique, lombards
et piémontais dans l’île d’Eubée et en Macédoine, vénitiens en Thrace
2. Ibid., quod ipsa anagraffi generalis fiat per castellanos, redores et alios... non faciendo
oblivionem alicui persone.
3. F. Thiriet, Romanie vénitienne, 2e éd., Paris, 1975, p. 259-266 et, plus approfondi,
F. Thiriet, La condition paysanne et les problèmes de /’exploitation rurale en Romanie
gréco-vénitienne, « Studi veneziani », IX, (1967), pp. 35-69 et, à présent réimpr. in Variorum
Reprints, étude XIII.
4. Nous utiliserons également les données plus tardives, mais aussi plus précises, de
l’époque moderne.
5. S. Borsari, Studi suite colonie veneziane in Romania del XIII secolo, Napoli, 1966,
— G.S. Ploumidis, Ol BeveroxÿaTovpeve; éXXrjnxèç /(bqe; peragv tov Sevrépov xai tov
tqItov TovQxofieveTixov jiot.éiiov (1503-1537), publications de l’Université de Janina,
lôannina (1974), cités désormais ainsi : Borsari, Studi colon., et G. Ploumidis, Pays
gréco-vénit.
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
423
et à Constantinople, ainsi que dans l’Archipel et en Crète, après 1210.
Il est évident que les barons francs sont venus avec leurs mesnies et la plu-
part de leurs fidèles : ainsi plusieurs milliers d’hommes ont accompagné
Baudouin de Flandre, Boniface de Montferrat et Guillaume de Villehar-
douin et, si quelques-uns sont revenus au pays, la plupart se sont installés
dans les fiefs qui leur furent attribués par leurs « seigneurs » en Thrace,
en Macédoine, en Thessalie, en Eubée et en Attique comme au Péloponèse
des,Villehardouin. Quant aux Vénitiens qui accompagnèrent le doge Enrico
Dandolo, on sait que beaucoup restèrent à Constantinople, leur grand nom-
bre venant s’ajouter aux marchands déjà installés et, partiellement tout
au moins, fortement hellénisés6. La cohésion des groupes, ceux installés
depuis longtemps et ceux arrivés avec les croisés occidentaux, fut rapide-
ment assurée, au point de développer, au sein de cette nombreuse commu-
nauté un sentiment d’autonomie très puissant que nous avons analysé
ailleurs7. D’autres Vénitiens suivirent leurs chefs dans leurs aventures
insulaires au cœur du monde égéen : ainsi firent les compagnons de Marco
Sanudo8. Combien étaient-ils ? On ne peut le savoir au juste ; toutefois,
l’activité même de ces hommes, leur dynamisme prouvent qu’ils se sen-
taient forts, donc nombreux et capables d’exercer leur autorité sur les
autochtones grecs, traumatisés par leur défaite. Prenons un exemple d’ins-
tallation bien connu, celui de la colonie de Lampsaque qui, en face de
Gallipoli où Marco Dandolo, petit-neveu du doge, s’est établi vers 1206
ou 1207, permet aux Vénitiens de verrouiller le détroit des Dardanelles
et, du même coup, d’interdire l’accès à Constantinople et à la Mer Noire.
A dire vrai, ce document important n’est pas des plus clairs et, bien que
daté de 1219 par ses éditeurs9, ne laisse pas de poser des problèmes. Mais
voyons le texte d’après le Liber pactorum I, nettement meilleur que celui
publié par Tafel et Thomas, comme le dit, à juste titre, S. Borsari10. Il
s’agit, précisément, d’une sorte d’inventaire fiscal analogue au katastichon
byzantin : « Anno Domini ( ?) inveni in Lapsaco homines LX (50 chez
6. F. Thiriet, Romanie vénit., pp. 40-49.
7. Ibid., pp. 74-88.
8. Ibid., pp. 83-85 ; et John K. Fotheringham ; Marco Sanudo the conqueror of the
Arcipelago, Oxford, 1915, notamment, pp. 52-62.
9. Tafel et Thomas, Urkunden zur âlteren Handels - und Staatengeschichte der Republik
Venedig, Fontes rerum austriacarum, II, Vienne, 1856-57, vol. Il, pp. 208-209 (d’après le
Liber Albus, IT. 50-51, sous le titre de Tributa Lampsacenorum et la date de 1219, obtenue
par une simple référence aux documents qui encadrent celui qui nous intéresse).
10. De fait, le Liber Albus et le Liber Pactorum II, ff. 169-170 v, dérivent l’un et l’autre
du Liber Pactorum I, ff. 157-158, comme le dit Borsari, Studi colon., cit. p. 114 ; il est
donc préférable de l’utiliser.
424
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Tafel/Thomas) ; et reddent perpera LI et karatos. VI... » ; suivent les caté-
gories des paysans, zeugarates (21 qui rapportent 208 hyperpères), boïdates
(52; rapport = 251 hyp.), aktèmones (18; rapport = 48 hyp), apori (22
aKopoi ; rapport = 22 hyperpères) ; la somme globale s’établit ainsi à
681 hyperpères et 6 carats. Le vérificateur est sûrement un agent du Podestat
vénitien de Constantinople, d’où le texte en latin et la transcription de tous
les termes techniques grecs en langue latine. On distingue bien les soixante
« hommes » des parèques de la campagne ; que représentent-ils ? Des habi-
tants de la cité de Lampsaque, évidemment, mais déjà accoutumés à la
présence vénitienne. Pourquoi ne seraient-ils pas, ces homines, des Vénitiens
issus des nombreux mariages mixtes qui irritaient si fort les chroniqueurs
byzantins contemporains?11. A ce titre, ils paient un impôt moins élevé,
un peu moins d’un hyperpère par tête, que ce soit au titre du kapnikàn
ou d’une autre taxe personnelle. Les autorités de la Commune à Constanti-
nople les considèrent, en tout cas, avec faveur et comptent sur eux pour
encadrer les autochtones. Au demeurant, le terme d'homo est souvent
employé dans les documents vénitiens de la haute époque pour désigner
des popolani, le terme de civis se trouvant réservé aux membres des grandes
familles ou, à tout le moins, aux popolani de souche intégralement vénitienne.
Ce n’était évidemment pas le cas des homines de Lampsaque qui préfigurent
les gasmules de la période suivante.
La situation paraissant très favorable aux Vénitiens, beaucoup de mar-
chands s’établirent en Romanie pour y développer leur trafic au plus près
des nouveaux marchés d’où se trouvèrent évincés les rivaux génois, au
moins au cours des vingt ans qui séparèrent la victoire de 1204 des traités
vénéto-génois de 1218-1223. Dans les documents publiés par Morozzo
délia Rocca et Ant. Lombarde on trouve, pour le xme siècle, environ
500 noms de marchands vénitiens installés en Romanie vénéto-franque,
de Durazzo à la Mer Noire12. Parmi eux un Matteo di Manzolo opère
depuis Négrepont et de Candie13 et un Paolo Greco, Candiote décédé en
1225 qui laissa des affaires embrouillées ; c’est du moins ce que paraissent
montrer les écritures de son cahier de Comptes examinées très attentivement
par les autorités de la Commune. Ce cahier fait apparaître une sorte de
11. Et notamment, Kinnamos et Nicétas Choniate. V. Romanie véttit. cit., pp. 41-43.
12. Morozzo Della Rocca et A. Lomdardo, Document! del commercio veneziano
dei secoli XI-XIII, Turin, 1940, vol. Il, passim ; aussi les Nuovi doeumenti commerciali del
commercio veneziano, 1953, passim.
13. L’activité de Matteo di Manzolo est bien retracée dans le travail de Borsari,
Studi colon., cit. pp. 108-109 (d’après les documents commerciaux publiés par Morozzo
della Rocca et Ant. Lombardo).
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
425
spécialisation dans le transport de la laine entre la Crète et Venise ; en effet,
sur les six débiteurs mentionnés dans les comptes de Paolo Greco, quatre
lui doivent une somme de 49 hyperpères et 14 carats pour des avances
consenties par le marchand candiote afin d’acquitter sans retard les frets
dus pour des transports de laine. Les six débiteurs de Paolo Greco portent
des noms illustres : Pietro Querini, Leone Deno, Marco Zeno, Angelo
Gradenigo, Giovanni da Canal et Giovanni Foscolo14. Le réseau écono-
mique est déjà bien en place, moins de quinze ans après l’occupation effec-
tive de la Crète par des feudataires vénitiens15. La Commune ne se montre
pas chiche et accorde assez libéralement le statut de Vénitien, et à parts
entières, à des « Latins » et, même, à certains Grecs : le 12 mai 1248, Pietro
da Milano, déjà bourgeois vénitien dans la seule cité de Négrepont, où
il réside, est fait citoyen vénitien sans aucune restriction (et sit venetus in
omnibus partibus...) : il pourra donc exercer le commerce par terre et par
mer, avec tous les privilèges accordés aux citoyens de Venise16. Le 27 sep-
tembre 1254, un décret analogue confère le statut de Vénitien à Filippo
Vistariti, probablement un Vénéto-grec établi à Constantinople ; toutefois,
avec prudence, la Commune assortit sa libéralité de deux conditions restric-
tives : le privilège n’est attribué que pour la Romanie et Filippo Vistariti
devra épouser une citoyenne vénitienne17.
Les témoignages ne manquent pas, qui mentionnent des attributions de
terres à des colons vénitiens, patriciens et simples citoyens. Ainsi, en 1256,
un bien foncier est donné à Donato Moro, de la paroisse vénitienne de
San Gervasio, et à ses héritiers pour une durée de 29 ans (24 mai 1256)18 ;
le 18 mars 1258, la Commune concède à Aliodano Vital et à ses héritiers
une terre vacante, située près du port de Négrepont ; cette fois la concession
est déclarée perpétuelle et, le 4 juillet 1258, un décret complémentaire fixe
le loyer annuel à un hyperpère19. Nouvelle concession, le 23 août, d’une
14. Ces documents sont empruntés au Liber comunis sive plegiorum (plegius = garant,
celui qui verse une caution pour un autre), le premier livre conservé des délibérations
du Grand Conseil, publiées par R Cessi, Deliberazioni del Maggior Consiglio di Venezia,
Bologne, 3 vol. in-4°, ici t. I, n" 140 à 148 ; cf. aussi nos Délib. Ass. vénit., rubriques,
n» XIII-XV.
15. Thiriet, ibid., rubrique n" XXV.
16. Sur cet apport massif d’éléments « latins», v. infra.
17. Thiriet, ibid., rubr. n° XXIX.
18. Ibid., rubr. n" XXXI (1256).
19. Ibid., rubr. n" XXXII (1258). On trouvera les textes complets de ces délibérations
dans l’ouvrage signalé plus haut, de Cessi, auquel je renvoie toujours le lecteur dans mon
édition des Délibérations des Assemblées vénit., cit. (avec le sigle Délib. Ass. vénit. et
le n° de la rubrique ou du regeste.
426
MÉLANGES IVAN DUJCEV
maison sise à Négrepont en faveur d’Enrico Trevisan, pour une durée de
29 ans et pour un loyer annuel de trois hyperpères20. Tous ces Vénitiens
installés en Romanie sont riches ou, du moins, fort aisés. Deux exemples
seulement : le 24 janvier 1256, un décret du Grand Conseil impose à tous
les citoyens vénitiens installés en Romanie le prélèvement de 1 % récemment
décidé sur le capital déclaré des Vénitiens ; il est précisé que les Vénitiens
de Romanie seront assujettis à tous les emprunts publics (imprestiti) que la
Commune se verrait contrainte de lever à l’avenir21. Cet additif permet de
supposer le grand profit que comptait retirer la Commune de tous ses fils
lotis en Romanie. Autre exemple, peut-être plus éclairant encore : le 25
septembre 1268, le Grand Conseil reconnaît une dette de 500 hyperpères
souscrite par le prince d’Achaïe en faveur du noble Albertino Morosini ;
trois mois plus tard, le 31 décembre 1268, Leonardo Venier, Procurateur
de Saint-Marc, est autorisé à détenir une somme de mille livres, provenant
de la succession de Pietro Marino de Crète22. Ajoutons que la plupart de
ces Vénitiens ont pénétré profondément dans le monde féodal romaniote
et ils l’ont fait grâce à un seul moyen : l’argent qu’ils gagnent, détiennent
et prêtent à qui ils veulent. Ce n’est pas sans péril, car les débiteurs sont
souvent récalcitrants. A preuve cette délibération du 28 mars 1272 qui
envisage des moyens de pression, ou de rétorsion, à l’égard du prince d’Achaïe
(Guillaume de Villehardouin) et du duc d’Athènes (Jean de la Roche),
qui refusent à des nobles de la Cà Beligno la restitution de biens, à Marino
Morosini et à ses frères, ainsi qu’à Gabriele Querini les dédommagements
qui leur sont duspro debitis et rebus captis23. Le rôle commercial et financier
des Vénitiens est tel qu’il suffit à la Commune d’interdire à ses ressortis-
sants de trafiquer en un lieu donné, l’Empire byzantin en 1282-85, le Despotat
d’Epire en 1284, pour y déclencher une certaine panique, en tout cas y
créer de graves difficultés24.
Tous ces documents témoignent d’une remarquable vigueur vénitienne
en Romanie au cours du xme siècle, mais ils ne permettent pas de préciser
leur nombre, de l’ordre de quelques milliers, sans aucun doute. Un seul
20. Ibid., rubr. n° XXXVII.
21. Ibid., rubr. nû XXXI.
22. Ibid., rubr. n° XXXVIII (1268).
23. Ibid., rubr. n" XLII (1272).
24. Ibid., rubr. n° LV, LXVI, LXXVI (1283), LXXXVI (17 juin 1284), et LXXXXI
(17 août 1284 : Ordre est donné à Bono Grioni, consul vénitien à Corfou et Arta, d’inter-
dire à tous les Vénitiens établis dans le Despotat de continuer leur trafic ou toute autre
activité ; ceux qui résident dans le territoire soumis au despote (Nicéphore Ier Ange
Comnène, 1271-1296) devront quitter ce pays au plus tôt.
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
427
territoire autorise plus de certitude, la Crète, où les difficultés de la conquête
ont amené la Commune à pratiquer un système de colonisation militaire.
Militaire est bien le mot qui convient puisque, dès 1211, les régions occupées
par les Vénitiens furent réparties en milices (miliciaé), confiées à des Véni-
tiens de souche, les morceaux les plus vastes à des patriciens, les plus petits
à des popolani ; les premiers prirent le nom de chevaleries (cavalleriaé),
les seconds, plus modestes, furent appelés sergenteries (seruenteriae)25.
Observons bien ici qu’il s’agit d’un véritable transfert de population,
puisque les partants furent désignés dans leur sestier d’origine, puis réins-
tallés en Crète par groupements analogues aux sestiers vénitiens. A ces
« feudataires » (feudati, aussi jeudatariï) furent confiées deux tâches prin-
cipales ; tenir le pays conquis en encadrant les autochtones, d’autre part
exploiter les terres concédées pour eux-mêmes et, surtout, pour leur mère-
patrie26.
Le plus intéressant est que nous avons des chiffres. En 1211, date de la
première transplantation, on distribua 132 lots de chevalier et 48 lots de
sergent, donc 180 en tout, chiffre auquel il faut ajouter les membres de la
familia, parents et domestiques, au moins cinq par feudataire, soit IcO x 6 =
1 080. En 1222, nouveau flot de cent feudataires, tous lotis dans la région de
Réthimo, soit 600 Vénitiens; un faible envoi en 1233, de 9 feudataires,
soit 54 personnes; dernière concession importante en 1252 (le 29 avril)
dans la région de La Canée, gravement dépeuplée par un violent séisme :
45 chevaliers et 6 sergents s’installent alors dans 75 milices réparties le long
de la Côte NO. de l’île, soit environ 320 personnes. Au total, si l’on s’en
tient à ces chiffres, un peu plus de 2 000 Vénitiens de pure souche (les fa-
meux ossa de ossibus nostris...) vinrent habiter la Crète, afin d’y faire la
police ; toutefois, sous certaines conditions, les feudataires étaient admis
à faire du commerce27. De toute façon, ils participaient pleinement à
la gestion de la grande île, comme le montrent bien tous les docu-
ments, alors que les archontes grecs ralliés n’obtinrent jamais ce droit,
sauf les Kalergis demeurés fidèles à Venise pendant la grande insur-
rection de 1363-65, fomentée — oh douleur et dérision — par les plus
25. Sur tout cela, v. notre Romanie vénit., pp. 95-98 et 124-133.
26. D’où, à la longue, une grande amertume chez beaucoup de feudataires : sur ce
point outre Romanie vénit., v. F. Thiriet, Sui dissidi sorti tra il Comune di Venezia e i
suoi jeudatari di Creta nel Trecento, à consulter à présent dans le volume de Variorum
Reprints, Londres, 1977 (étude n° VI, de nos Recherches sur la Romanie gréco-vénitienne).
27. Romanie vénit., pp. 133-139. Je réduis un peu le chiffre de 3 500 feudataires que
j’ai donné dans cet ouvrage p. 131 ; il me semble un peu excessif en des temps où Venise
ne dépassait pas 60 000/75 000 habitants.
428
MÉLANGES IVAN DUJCEV
illustres des feudataires, les Venier et les Gradenigo en premier lieu28.
Aux côtés des feudataires qui, participant tous aux Conseils de la Commune
en Crète, résident la plus grande partie de l’année en ville, on rencontre
beaucoup d’autres Vénitiens et des « Latini », nantis du statut de bourgeois
(burgensis venetus noster), ou non. S’y ajoutent des « latins » étrangers ou
habitatores, s’ils sont installés à demeure, ou forenses, s’ils ne font que des
séjours, même prolongés29. Combien étaient-ils ? Aucun document ne nous
le dit avec précision ; cependant, en retenant tous les noms de consonance
« latine », c’est-à-dire italiens ou « francs », et en les affectant d’un coeffi-
cient 4 pour tenir compte de leurs familles et des factores30, on aboutit à
une dizaine de milliers de personnes, dont les trois-quarts sont Vénitiens
ou naturalisés. Sur ce chiffre, 8000 demeurent en Crète, notamment à Candie,
Réthimo et La Canée, ports actifs et fréquentés sur la route du Levant
où l’on peut multiplier ses profits grâce au trafic lointain ; environ un millier
d’autres résident à Négrepont ou à Oréos, face à l’active colonie vénitienne
d’Halmyros et proche du château de Phtéléon, qui défend l’entrée du golfe
de Volos31. Enfin, de 1 000 à 1 500 «latins» se trouvent répartis entre
l’Archipel et Corfou ; les citoyens vénitiens représentent la moitié de ce
chiffre car, sauf à Coron et Modon, ils ne sont plus chez eux. A ces quelques
10 000, plutôt plus que moins de ce nombre, il convient d’adjoindre les
2 000 habitants vénitiens ou protégés par la Commune qui ont leur principal
établissement à Constantinople, et environ 800, répartis entre Trébizonde
et le comptoir de La Tana, qui devient un centre commercial important,
précisément vers la fin du xnie siècle. La fortune de ces bourgeois peut
atteindre de jolies sommes. Après 150 ans de dimora stabile de sa famille,
le Vénéto-Candiote Graziadeo da Benedetto lègue à ses héritiers, par testa-
ment établi le 5 novembre 1390 par son notaire Angelo Traversario une
somme globale de près de 10 000 hyperpères, plus des maisons et terrains
fort appréciés, l’un d’eux étant situé en bordure de la rue principale de
Candie (la ruga maistra)32.
28. Pour cette insurrection, v. notre Romanie vénit., pp. 174-176, et, pour en compren-
dre la genèse, notre art. cit., Sui dissidi sorti... in Variorum Reprints, étude VL
29. Thiriet, Romanie vénit., pp. 268-271.
30. Je retiens le relevé établi à partir des index de mes Régestes, des Délib. Ass. vénit.,
et de certains notaires, publiés ou non (Pietro Scardon, da Brixano, Ang. Traversario,
etc.). J’adopte un coefficient 4, plus faible que pour les feudataires (= 6), parce que,
et les documents le montrent bien, la moitié des marchands sont célibataires ; d’autre
part, ils ne disposent pas, ou très peu, de domestiques attachés à leur personne.
31. V. la carte in Romanie vénit., p. 94.
32. Romanie vénit., cit., pp. 282-3, et le plan de Candie, p. 267.
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
429
La fortune de Graziadeo da Benedetto apparaît déjà considérable ;
bien entendu, il s’agit d’un marchand. Une foule de petits commerçants et
plus encore, d’artisans avaient, de leur côté, gagné les terres de Romanie
où l’existence devait sembler plus facile. Au reste, la Commune elle-même
envoyait en Crète et à Négrepont des artisans tels que maréchaux-ferrants,
calfats, charpentiers, tonneliers33 qui, une fois leur temps obligatoire de
service passé, demeuraient dans la colonie, en Crète notamment où ils
étaient assurés de conserver une clientèle. Il faut y ajouter ce que l’on peut
appeler les techniciens : d’abord les médecins, physiciens et chirurgiens,
qui sont envoyés de Venise ou recrutés sur place, pour les besoins des seuls
Vénitiens, tel ce maître Bonazunta, physicien originaire de l’Eubée, que
nous voyons au service des feudataires en 134734. Les amiraux (admirait)
étaient les capitaines chargés de la police des ports et de la bonne conser-
vation des arsenaux locaux : leur importance explique l’élection faite par
les assemblées vénitiennes de la métropole35. Moins reluisants mais égale-
ment nécessaires étaient les métiers du bâtiment, zapatores et cabavolizatores,
souvent confiés aux seuls Vénitiens36. Enfin, il convient de tenir compte des
officia, en grande partie liés à l’économie et à la fiscalité ou, encore, à la
justice : des agents des Camériers ou des Avocats publics (Avvogadori di
Comun) sont, en Crète, une bonne centaine à laquelle il faut ajouter un
millier de petits officiales comunis, la plupart élus sur place et qui sont chargés
de surveiller le trafic et les transactions, en compagnie des missetarii ou
courtiers37 38 ; de même, les nombreuses charges d’avocats sont distribuées
à Candie, à La Canée et dans les châteaux de Crète, où ils assistent les
castellani3S. D’autres aident à la sécurité publique, en tant que capitanei
pro furtis (en Crète, les vols étaient fréquents à la campagne), ou seigneurs
de nuit (signori di notte). Inutile d’allonger cette liste déjà longue : on sait
avec quelle minutie la Commune, la « Dominante » surveillait les hommes,
33. Nombreux témoignages dans nos Régestes du Sénat et nos Délibérations Ass.
vénit., I, cit., not. n" 511 (19 juin 1345), texte p. 311 (aussi à propos de la nomination
d’un maître d’école pour les jeunes Vénitiens de Candie), n° 550 (30 juillet 1348) et
572 (10 mars 1350).
34. Délib. Ass. vénit., I, n° 537 (31 mai 1347), 545 et 550 (février-juillet 1348) : alors,
il est vrai, agit Vingens mortalitas, la Peste.
35. Ibid., n° 556 (4 janvier 1349 : commissio pour l’amiral de La Canée).
36. Ibid., n° 591 (9 janvier 1352).
37. Romanie vénit., cit., pp. 230-1 et 420, 433.
38. On sait que le Vénéto-Crétois Leonardo della Porta occupa cette charge (officium)
d’Avocat à Candie, par décret du 10 mai 1389. V. l’étude de M.I. Manoussakas, Le
poète Leonardo della Porta, in « Ep. de la Société des Etudes byzantines », Athènes, 1957,
pp. 340-348 (en grec).
430
MÉLANGES IVAN DUJCEV
leurs biens et leurs trafics39. Ajoutons, cependant, les troupes en garnison
outre-mer, presque totalement constituées de soldats « latins » ou réputés
tels40. Près de 1 500 hommes assuraient la garde en Crète, quantité bien
insuffisante puisque, lors du soulèvement des feudataires candiotes, en
1363-64, il fallut engager 1 000 cavaliers et 2 000 fantassins et, en outre,
300 soldats anglais (Anglicï) pour les placer à la disposition de Luchino
dal Verme, capitaine général des troupes envoyées contre les rebelles41.
Soixante-dix ans auparavant, en 1294, alors qu’il fallait soutenir un pénible
combat contre Alexis Kalergis, on s’était contenté d’envoyer 230 arbalètes,
dont deux cents en bois « pour être distribuées aux feudataires et bourgeois
de l’île » ; un peu plus tard, le 31 décembre 1298, un envoi de 500 cuirasses,
500 gants de maille, 500 casques, plus deux cents arbalètes à deux pieds
et deux cents arbalètes à crochets, avec les munitions nécessaires42. Nous
citons tous ces chiffres parce qu’ils renforcent notre opinion : il y avait,
à la fin du xiiic siècle, 500 milites, au moins, donc en ajoutant les membres
de leur famille et leurs valets d’armes (écuyers, etc.), environ de 2 000 à
2 500 feudataires, 3 000 au plus; j’entends bien 3 000 feudataires et leurs
attinentes (membres de leur famille et domestiques). Tout cela prouve une
légère progression sur les chiffres concernant les éléments envoyés de 1211
à 1252, progression due à la natalité et à la venue de parents autorisés à
rejoindre leurs proches en Romanie, et surtout en Crète, où la Commune
régnait sans aucun partage.
Que la Commune de Venise s’occupât de ses feudataires de Crète est
un fait bien connu et illustré par de fort nombreux documents43. Toutefois,
ceux-ci ne sauraient faire illusion, car ces textes concernent, assez souvent,
les mêmes personnes. Il faut donc prendre garde à ne les comptabiliser
qu’une fois, sous peine de dénombrement trop généreux, donc faux. En
second lieu, il convient de prendre garde qu’il existait aussi un clergé latin,
Venise ayant introduit dans tous les territoires occupés l’Eglise catholique
39. Sur la Dominante , v. Romanie vénit., pp. 215-6, 305, 419-420.
40. Ibid., pp. 254-6 ; et dans nos Régestes Sénat, passim, notamment ce n° 492 p. 125,
où les sénateurs enjoignent au Capitaine de Crète de licencier sans retard les soldats
de souche grecque et, même, les soldats « latins » qui auraient épousé des Crétoises
(10 février 1371).
41. Nos Délibérations Ass., t. II, n° 736 (29 janvier 1364) et 740 (11 février 1364),
et l’appendice p. 273 (avec photographie du texte).
42. Délib. Ass., t. I, rubr. n° CLXXXV (28 janvier 1294) et CCXVI (31 décembre
1298).
43. Ibid., rég. n° 370 et p. 303 (15 mars 1317) et n° 392 et p. 304-5 (10 décembre 1317),
et l’index s.v. « feudataires».
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
431
romaine, afin de mieux l’associer à son destin colonial et de permettre aux
Latins immigrés en Romanie orthodoxe de pratiquer leur foi44. Cependant
ce clergé latin fut toujours moins nombreux : de plusieurs milliers au lende-
main de la victoire vénéto-franque de 1204, le nombre des clercs et religieux
latins et catholiques ne cessa de diminuer après 1261, quand le Patriarche
latin de Constantinople dut s’enfuir pour, finalement, s’établir à Négrepont,
à l’ombre de la puissance vénitienne. Le nombre de ces clercs tomba à
quelques centaines lors du Grand Schisme, à la fin du xive siècle45. Encore
tous ces religieux et prêtres étaient-ils de souche vénitienne, la Commune
désirant utiliser le clergé latin comme l’instrument de sa domination
et se souciant assez peu, dans cette perspective, de l’opinion du Siège
romain46.
Au lendemain de la Peste Noire, donc à la fin de l’année 1348, la popu-
lation des terres romaniotes a nettement fléchi ; le fléau n’a toutefois pas
frappé partout avec la même vigueur. S’il entraîne des pertes relativement
lourdes dans les villes (un sur trois, disent les documents), il a peu touché
les campagnes, où les feudataires vénitiens, d’ailleurs astreints à résider au
plus près de leurs miliciae, ont trouvé un refuge47 ; de toute façon, la Com-
mune s’est préoccupée, en premier lieu, de repeupler les cités crétoises et
la ville de Négrepont ; il en fut de même après l’épidémie de 1362 et celle
de 139748. Les mesures sont, à chaque fois, en faveur de forenses latini
auxquels le décret sénatorial va jusqu’à conférer le statut de citoyens véni-
tiens, toujours très envié puisqu’il permettait de pratiquer le grand commerce
maritime et, par cela même, pouvait ouvrir aux nouveaux venus la voie du
profit49. Mais nous n’avons pas les dénombrements exacts de ces immi-
grants et devons procéder, avec prudence, à l’examen des noms cités dans
nos textes, parfois avec la mention « novus civis noster », information pré-
cieuse mais très rare. Les habitudes médiévales ne portaient pas à recenser
les gens, même dans un Etat aussi strict et aussi centralisé que la Commune
de Venise. Les difficultés que rencontra la Seigneurie lors du transfert
44. Sur l’Eglise latine en Romanie, v. Romanie vénit., pp. 283-6.
45. Ibid., et F. Thiriet, Le zèle religieux d'un Franciscain crétois et la riposte de Venise,
réimpr. in Variorum Reprints, cit. étude n" XII.
46. On sait que la Commune n’accordait aucun privilège fiscal à l’Eglise latine ni
à ses membres ; sur le peu de cas que le gouvernement vénitien faisait du Saint Siège,
cf. la lettre écrite en 1309, extraite des Commemoriali et publiée par le Diplomatatium
veneto-levantinum, T. I, pp. 79-81.
47. Romanie vénit., p. 262 ; et nos Rég. Sénat, I, n° 214 (12 août 1348).
48. Ibid., n» 455 (18 mars 1368) et 555 (27 février 1375).
49. Ibid., n° 106 (27 juin 1340).
432
MÉLANGES IVAN DUJCEV
des habitants de la petite île de Ténédos en Eubée et en Crète viennent
bien du flou du recensement opéré par les magistrats envoyés là-bas50.
Revenons un instant sur la catégorie la mieux définie et la plus connue,
les feudataires de Crète. Pour l’évaluer d’une façon sûre, nous disposons,
outre des documents déjà cités et relatifs aux grands transferts initiaux du
xme siècle, des listes des membres du Grand Conseil de Candie. Ces person-
nages étaient choisis, chaque année au mois de décembre, par le duc de
Crète, ses deux conseillers, assistés des camériers et, plus tard du capitaine de
Crète, soit un Collège de sept membres. Or le registre conservé des Déli-
bérations du Grand Conseil candiote fournit les noms des élus, souvent
les mêmes car, au moins, après trois années, il fallait bien reprendre les
nobles notoirement connus et de souche vraiment vénitienne ; il est vrai
que l’on pouvait choisir des nobles vénitiens en résidence provisoire à
Candie, comme le prouve la liste que j ’ai publiée, concernant le choix du
Regimen pour 1360. Sur les 334 membres élus le 4 décembre 1359, quinze
seulement ne sont pas établis dans l’île et sont notés de Venetiis, de Ragusio
(deux) ; de Clugia (Chioggia, un) et de Abatia (Abbazia, aujourd’hui Opatija,
en Istrie : un), de Mélos (un certain Zanachi Partegon dictus Molinensis) ;
tous les autres sont des Vénitiens de Crète, feudataires qui portent les plus
grands noms de la noblesse vénitienne, des Querini, des Gradenigo, des
Venier, des Corner, des Ghisi (également possessionnés dans l’Archipel)51,
des Barbarigo, des Sanudo, des Foscolo, des Badoer, des Trevisan, des
Molino ou, mieux, des da Molin, des Dandolo, des Mudazzo (ou Muazzo),
des Tron, des Polo, des Giustinian, des Avonal, des Zancaruolo, des Fos-
carini, des Gritti, des da Canal, et alii. On peut bien dire que tous les noms
des grandes familles figurent sur ces listes, à côté de quelques représentants
de maisons moins illustres et même de simples popolani, semble-t-il52.
Mais, pour les noms des sénateurs, ces rogati, ces « appelés » ou « convo-
qués » pour évoquer les problèmes fondamentaux de la politique insulaire,
50. Cf. F. Thiriet, Venise et l'occupation de Ténédos, à présent réimpr. in Variorum
Reprints, étude n° III. Je compte reprendre la question du transfert de populations dans
les prochains Mélanges offerts à P. Lemerle.
51. Sur les Ghisi, outre nos Régestes Sénat, index s.v. Ghisi, v. le travail approfondi
dû au regretté P. R.J. LoenërTZ, Les Ghisi, dynastes vénitiens dans T Archipel (1207-1390),
Florence-Venise, 1975.
52. Ainsi les noms de baptême accompagnés du seul patronyme ( = quondam N...)
comme Paolo da Ruggiero, ou encore, les noms de baptême suivis du nom de la ville
d’origine et de résidence habituelle, tels ces deux Zanachi, l’un du Grado et l’autre de
Clugia (= Chioggia). V. dans nos Délib. Ass. vénit. I, n° 660(4 décembre 1359) et, mieux
la liste intégrale p. 315-318.
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
433
en liaison étroite avec les intentions de la métropole53, tous désignés le
31 décembre 1359, c’est-à-dire près d’un mois après le choix des membres
du Grand Conseil candiote, nous ne voyons que les noms de la plus pure
aristocratie vénitienne : parmi eux, deux Bragadin, trois Corner, quatre
Dandolo, deux Contarini, deux Gradenigo, trois Mudazzo, trois da Molin,
quatre Querini, deux Pasqualigo, quatre Venier, trois Trevisan, deux Grima-
ni et un Zancaruolo54. Cette liste manifeste bien l’influence des case Corner,
Dandolo, Mudazzo, Querini, Venier et Trevisan sur la politique générale
suivie par le Regimen crétois, influence encore mieux soulignée par les
détails des scrutins dans le Sénat de Candie55.
Pour notre propos, il y a mieux. En effet, puisque le nombre total des
membres du Grand Conseil de l’île est toujours compris entre 330 et 340
par an (en 1359-60, il atteint 334) et que l’on ne retrouve les noms de ces
personnages que tous les trois à quatre années, on peut affirmer, avec une
marge d’erreur minimale, que le nombre des feudataires atteignait bien le
chiffre de 1 000 à 1 200, soit, en multipliant par le coefficient 6, que nous
avons retenu plus haut, de 6 000 à 6 500 Vénitiens d’origine noble au lende-
main de la grande Peste de 1348. C’est la preuve d’une belle vitalité qu’il
faut bien attribuer aux meilleures conditions d’hygiène, aux médecins
affectés au service des seuls Vénitiens feudati56 57 et, enfin, aux mérites singu-
liers des campagnes crétoises où la plupart des feudataires trouvèrent un
sûr refuge pendant le terrible été de l’an 1348. Le grand air, l’altitude et le
soleil dissipèrent vite les miasmes sinistres des plaines littorales et de leurs
agglomérati ons urbaines5 7.
Au quinzième siècle, les chiffres intéressent davantage les autorités véni-
tiennes comme les voyageurs. C’est ainsi que le célèbre Emmanuel Piloti,
né en Crète et fervent propagandiste pour une croisade destinée, par l’atta-
que et la prise d’Alexandrie, à reprendre les Lieux Saints, fait de Palèo-
castro le pivot crétois de la flotte chrétienne. Celle-ci, bien entendu, sera
53. Celle-ci est tenue constamment au courant par les informations reçues de Crète
(cf. la série Missive e responsive de VArchivio del Duca di Candia, ASV, et la série Ducali
e lettere ricevute, du même dépôt, qui contient les mandements adressés par la Commune
au Rêgimen crétois).
54. V. cette liste in Délib. Ass. vénit., I, pp. 319-322.
55. Ibid., stt. rég. n° 516, 531, 538, 560, 593, 619, 654-5 et 688.
56. Ibid., notamment les rég. n° 521, 537, 545-6, 550, 589 et 649.
57. Evitons tout triomphalisme : les pertes furent assez lourdes comme le prouvent
nos rég. n° 545-6, 550, 553, 562 et 592 (1348- à 1352) ; mais les feudataires ont beaucoup
mieux résisté à l’épidémie, en raison des mesures prises pour les soigner (v. stt notre
rég. n° 550, qui manifeste parfaitement à la fois l’affolement des feudataires et les grandes
précautions qu’ils prennent pour échapper au fléau).
434
MÉLANGES IVAN DUJCEV
armée à Palèocastro (proche de la magnifique baie de La Sude) et pourrait
se composer de 25 galères et de 10 autres grands vaisseaux ou «naves»,
chacune montée par 300 hommes. 300 x 10 = 3 000, certainement tous bons
latini et désireux d’en découdre avec les Musulmans. Nous sommes en 1420 ;
soixante-dix ans après, en 1490, le pèlerin français Philippe de Voisins,
qui séjourna en Crète sur la route de la Palestine, évoque les 14 000 casalia
et parle des 7 000 Vénitiens de l’île58. Joints aux quelque 3 000 autres
Latins, nous pouvons parler d’une dizaine de milliers de résidents d’origine
latine, sans doute même un peu plus. Le chiffre a baissé, en raison des épidé-
mies et de la grave révolte de Siphi Vlastos qui, en 1453-1454, donna beaucoup
de mal à la Seigneurie dans le district de Réthimo, précisément là où une
forte concentration de patriciens vénitiens avait été relevée peu d’années
auparavant59.
Dans son travail sur les pays grecs sous la domination vénitienne60,
G. Ploumidis donne quelques statistiques, parfaitement valables pour les
quatre premières décennies du xvie siècle, à l’exception, toutefois, du nom-
bre concernant la population totale de la Crète en 1510, fourni sur la foi de
Marino Sanudo le Jeune61 : il est impensable que la Crète ait atteint, en
1510, les 300 000 habitants ; en revanche, le total donné par un document plus
officiel de 175 268 habitants me paraît correct pour 153462 ; de même, le
recensement opéré en 1576-77 par le provéditeur Foscarini et qui nous
donne, outre une population de 184 000 Grecs, 407 familles vénitiennes
établies dans leurs chevaleries ou cavalleriae, soit, si l’on multiplie par six,
nous donne le chiffre total de 2442, absolument conforme à ce que l’on sait
de l’évolution de la population «noble» dans l’île de Crète, compte tenu
de sa stagnation, en raison des tremblements de terre du 29 mai 1508,
très meurtrier, et de 1517, infiniment moins grave, mais bien ressenti à
Candie; quant aux séismes du 9 avril 1522 et du 6 novembre 1531, s’ils
furent sensibles dans l’île entière, ils firent beaucoup moins de dégâts63.
Pour l’année 1629, donc peu de temps avant la conquête ottomane, le
58. 14 000 casaux est impossible à admettre ; il convient de ne retenir que le dixième,
soit 1 400. Ces données sont rassemblées dans un art. dû à la regrettée D. Iliadou, La
Crète sous la domination vénitienne et lors de la conquête turque (1322-1684), « Studi
venez ». IX, (1967), pp. 553-623.
59. Cf. F. Thiriet, Réthimo et son district au XVe siècle, maintenant réimpr. in Vario-
riunt Reprints, recueil cit., étude n° XVI.
60. In Oi BevEToxqm. é/./. '/fririe;, op. cit., pp. 40-42.
61. Marino Sanudu Le Jeune, Diarii (1496-1533), t. II, p. 349 (éd. de Venise, 1879-
1903).
62. ASV., Collegio, Relazioni, busta 61.
63, Ploumidis, op. cit., p. 43 et la note 1, où l’auteur indique bien ses sources.
IMMIGRÉS LATINS EN ROMANIE GRÉCO-VÉNITIENNE
435
chiffre fourni par Basilicata dans sa description de la Crète est remonté à
479 cavaleriae, soit 2894 feudatarii vénitiens, d’ailleurs en partie fortement
hellénisés.
Et dans le reste de la Romanie gréco-vénitienne ? Les chiffres donnés par
Marino Sanudo le Jeune pour les trois premières décennies du xvie siècle,
que reprend G. Ploumidis, sans les critiquer d’ailleurs, sont les suivants :
en 1505-1506, Corfou avait 15 700 habitants; en 1510, 30 000, dont
13 200 pour la* cité; ce deuxième chiffre, seul, nous paraît digne de foi,
étant donné que celui fourni par C. Sathas pour la ville de Corfou, en 1534,
correctement recensé, est de 14 246 (7 421 femmes et 6 825 hommes).
Pour Zante, les chiffres indiqués sont plus homogènes, passant de 20 000
habitants en 1515 à 24 700 en 153464, progression acceptable puisque, au
cours de ce quart de siècle, il n’y eut pas d’épidémie et que le séisme du
16 août 1521, assez faible, n’entraîna que peu de destruction et de victimes.
Pour le territoire de Nauplie, nous ne retiendrons que les chiffres de 1525,
soit 8 249 habitants dans la ville, et de 1529, soit 9 431 habitants dans la cité
(13 299 dans le territoire entier). Tous ces chiffres, rapportés par C. Sathas
d’après les relazioni faites au Sénat, peuvent être acceptés, leur marge
d’erreur restant très faible, à tout prendre65.
Après 1550, on entre déjà dans Père pré-statistique : les calculs devien-
nent plus méthodiques et les dénombrements plus sérieux. Nous avons
tenté, pour notre part, d’établir un certain nombre de données à partir
de sources incontestables. Or, répétons-le, ces documents restent peu nom-
breux pour la haute époque (fin du xne siècle jusqu’au milieu du xve siècle) :
non que l’on méprisât absolument les données chiffrées (nous connaissons
les recensements périodiques des parèques-t>i7/ani et nous savons combien
de prix la Commune attachait au recrutement d’une main-d’œuvre nom-
breuse et capable)66. Mais les chiffres fournis par l’anagraphe sont, quand
on les connaît, ou relatifs à de petits villages où résident les choriatikoi
(/copiomxol), ou bien, au contraire, ils sont donnés pour un territoire assez
64. Ibid., p. 41, et Sanudo, op. cit., t. 5, p. 854 ; t. II, p. 69 ; pour 1534, C. Sathas,
MvTipeïa rfjç Ë/./.r/v. îaroplaç, t. 6, p. 296 (à Corfou), t. 6, p. 263 (à Zante), aussi, toujours
pour la population de Zante, ASV, Collegio Relazioni, busta 61 (rapport de Matteo
Barbarigo au Sénat, fait le 22 décembre 1534).
65. Sathas, op. cit., t. 6, pp. 245-248, et ASV., Relazioni al Collegio, busta 61 (et
Sanudo, Diarii, t. 56, 168).
66. Notre art. cit., La condition paysanne..., in Variorum Repeints, notre ét. n" XII ;
et la décision du Sénat vénitien du 12 août 1348, in Regestes Sénat., I, n° 214 ; et l’expres-
sion « Reduci et populari loca nostra Romanie», afin d’obtenir une main-d’œuvre suffi-
sante.
436
MÉLANGES IVAN DUJCEV
vaste mais ils sont, dans ce cas, toujours faux puisque beaucoup de parèques
s’enfuient dans les montagnes (en Crète) ou dans le territoire voisin (les
parèques de Coron-Modon se réfugient dans le pays appartenant au Despote
de Morée, ceux de l’Eubée ont le choix entre le Duché d’Athènes et le Duché
égéen de l’Archipel). Ces translations sont permanentes, certes, mais se
font plus massives à la veille du recensement67.
Mais ces données regardent la population paysanne, entièrement grecque.
Pour évaluer la population immigrée et, notamment, les éléments « latins »
il faut s’en remettre au comptage, patient et méthodique, des noms de conso-
nance latino-franque ou italo-franque, en prenant bien garde au nom de
baptême (l’actuel « prénom ») et au nom patronymique. La tâche est rela-
tivement facile quand il s’agit des noms « nobles » ; elle devient peu commode
pour les popolani, artisans de Venise ou du Veneto, marins italiens, et tous
ces petits officiales comunis, si nombreux en Crète. Vers 1350-1450, époque
de calme relatif (épidémies moins fortes et séismes moins nombreux et,
surtout, moins meurtriers)68, on peut évaluer le nombre des Latins catho-
liques romains à 20 000 résidents environ, dont une bonne moitié en Crète.
Le chiffre peut paraître faible ou médiocre ; c’est cependant le seul qui décou-
le d’un comptage sérieux et, croyons-nous, assez complet.
Saujon, 31 août 1977.
67. Parfois, Venise réagissait en « naturalisant» les parèques d’autrui (ainsi, in Délib.
Ass. vénit., cit., t. Il, n° 935, 1396 : à propos des villani du Prince d’Achaïe qui s’étaient
réfugiés à Modon et ont été faits « parèques de la Commune », dont le Prince réclame
la restitution).
68. Mais non moins spectaculaires, comme le montre le récit fait par le capitaine du
Golfe Zuan Contarini, dans sa lettre du 30 août 1402 (écrite à son cousin Domenico
Soranzo, alors à Damas) et dont j’ai donné le texte intégral dans ma Romanie vénit.,
cit., pp. 5-7.
CATHARES ET MOINES BASILIENS
Christine THOUZELLIER
Il y a plus d’un siècle (1867), un historien serbe B. Petranovic comparant
le rite de profession religieuse pratiqué par les moines orthodoxes avec la
cérémonie du consolamentum cathare aux xiie-xme siècles en avait relevé
les parallèles'. Faisant les mêmes observations, Mme M. Miletic en dédui-
sait plus tard que le rite des hérétiques médiévaux ne serait autre que celui
de ces moines slavo-orthodoxes1 2. Tout récemment, Jean Duvernoy, revenant
sur le sujet, adopte les thèses de ses prédécesseurs3.
Au cours des siècles, la création et l’organisation des ordres monastiques
présentent évidemment bien des similitudes entre les règles imposées aux
religieux les plus divers : que ce soit en matière de discipline, austérité de
vie, liturgie et même hiérarchie. En approfondissant ses investigations,
Mme Miletic en arrive à penser que le terme de 'Krstjanï ou 'chrétiens’,
donné aux moines basiliens selon la règle de saint Basile — appellation
que revendiquent les dualistes albigeois et 'albanenses' d’Italie — confirme
cette analogie4. J. Duvernoy reprend ces idées à son compte, en les aggravant
par certaines considérations : « Le catharisme, écrit-il, a été organisé sous
une forme monastique manifestement basilienne » et, il rapproche les
cathares — il s’agit bien sûr des parfaits — «des 'moines origénistes’
1. B. Petranovic, Bogomili. Crkva bosanska i Krstjani, Zadar 1867, p. 75-78.
2. Maja Miletic, I « Krstjani » di Bosnia alla luce dei loro monumenti di Pietra
(Orientalia christiana Analecta 149), Roma, 1957, p. 74-79 et notes, 180.
3. Jean Duvernoy, Le catharisme : la religion des cathares, Toulouse 1976, p. 380-381.
Voir notre compte-rendu de cet ouvrage dans la «Revue de l’Histoire des religions, »
193, 2 (1978) pp. 218-225.
4. M. MlLETïé, / ' Krstjani ’, p. 66-82.
438
MÉLANGES IVAN DUJCEV
condamnés aux tournants des ive et Ve siècles puis, plus officiellement,
par Justinien en 553 »5.
Nous avons dernièrement consacré toute une étude à ce soi-disant
problème, ignorant encore la position de J. Duvernoy6.
Les cathares dénient toute valeur au baptême d’eau, conféré par Jean-
Baptiste avec une matière créée par le diable et qui s’oppose au baptême
du Christ ou don de l’Esprit-Saint7. Ils administrent ce sacrement au cours
d’une cérémonie précédée de nombreuses révérences et oraisons, d’une
absolution générale : rites de purification du ministre et de l’assemblée qui
vont ensemble procéder au baptême. L’officiant prépare ensuite la table
avec le Livre ou Évangile que, s’étant approché, le récipiendaire reçoit de
ses mains en faisant trois révérences. Le ministre l’interroge sur son désir
de recevoir le baptême spirituel par l’imposition des mains des ’bos homes'
ou parfaits et leur intercession ; à l’acquiescement du croyant, il prononce
l’homélie. Le célébrant enseigne ensuite au postulant la règle morale qu’il
doit s’engager à suivre : amour de Dieu et du prochain, obéissance à Dieu
et à l’Eglise, soumission à la loi obligatoire d’abstinence et de chasteté8.
Après cette longue exhortation, le ministre prend le Livre des mains du
croyant qui, interrogé une seconde fois, réitère son consentement et prie
humblement Dieu de lui faire grâce et miséricorde pour ses péchés. Au nom
de Dieu, en le sien personnel et celui de l'Église, l’officiant lui accorde le
'perdomtrn, véritable absolution générale donnée au requérant par l’assem-
blée des 'chrétiens’ présents9.
Ces préambules propitiatoires achevés, le croyant se lève, pose la main
sur la table devant le célébrant qui lui impose le Livre sur la tête. A ce
moment, les autres clercs et l’assemblée chrétienne (ensemble des parfaits),
lui imposent la main droite, tandis que l’officiant prononce les prières
rituelles et l’Évangile de Jean (I, 1-17) suivi d’oraisons. Le nouveau 'chrétien’
embrasse le Livre, fait plusieurs révérences, dit des invocations, témoigne
sa reconnaissance à l’officiant. Tous les assistants reçoivent le 'service’ ou
apparelhamentum, confession générale des parfaits qui, pour finir, se donnent
mutuellement le baiser de paix10.
5. J. Duvernoy, Catharisme, p. 387.
6. Ch. Thouzellier, Rituel cathare. Introduction, Texte critique, Traduction et
Notes (Sources chrétiennes, 236), Paris, 1977, p. 184-192 ( = Rituel), cf. notre recension
op. cit. (n. 3).
7. Moneta de Cremone, Adversus Catharos et Valdenses, éd. Th.-A. Ricchini, Rome
1743 ; rééd. anastatique, Ridgewood (New Jersey, U.S.A.), 1964, p. 278-279.
8. Rituel, § 7-13, p. 222-265 ; et p. 88 sq. et notes correspondant au Rituel provençal.
9. Rituel § 14, 1-25, p. 254-257, et p. 92 et notes.
10. Rituel § 14, 26-54, p. 256-261, et p. 92-95 et notes.
CATHARES ET MOINES BASILIENS
439
D’après le Rituel provençal11 et le récit d’Ermengaud de Béziers12,
B. Petranovic déclare que le consolamentum cathare a pour modèle le rite
de profession religieuse de l’église orthodoxe13. S’inspirant de Charles
Schmidt, il signale l’édition du Rituel provençal de Cunitz et compare le
texte d’Ermengaud sur le consolamentum cathare avec le 'Trebnik’, ou
rituel de l’église orthodoxe, qui décrit la cérémonie de la prise d’habit
dans les monastères orthodoxes14. « Il est évident, écrit-il, que les fondateurs
de l’hérésie (cathare), en instaurant le consolamentum (ou cérémonie
concernant la réception des néophytes), ont eu sous les yeux le rituel monas-
tique à l’usage de l’église orthodoxe»15.
L’auteur ne donne aucune précision de date ou de manuscrit sur ce
'Trebnik’ qui peut, aussi bien, être du xive siècle et conçu d’après des
modèles bulgare et grec antérieurs. De ce fait, on n’est pas en mesure de le
comparer avec les rituels latin et provençal plus anciens des cathares médié-
vaux. En outre sauf l’engagement d’une vie plus parfaite dont le célébrant
prescrit les règles au postulant et le baiser de paix, rien ne justifie cette
hypothèse dans la description que le Pseudo-Denys donne de la profession
monacale vers la fin du ve - début du vie siècle :
« Debout derrière le prêtre qui récite l’invocation monastique devant l’autel,
le postulant ne fléchit aucun genou. A son intention, l’officiant prononce la
prière de consécration, mais ne lui impose pas les Écritures sur la tête. Ayant
reçu son engagement, il le marque du signe de la croix, lui confère la tonsure en
invoquant la Trinité et le revêt (dépouillé de ses vêtements) d’un nouvel habit.
Avec la pieuse assemblée, il lui donne le baiser de paix et le fait participer aux
mystères divins. »16.
La cérémonie du Livre, chère aux dualistes, n’apparaît point, pas plus
11. Rituel provençal, éd. L. ClÉdat, Le Nouveau Testament traduit au xm' siècle en
langue provençale, suivi d’un rituel cathare (Photolithographie. Bibliothèque de la Faculté
des Lettres de Lyon, IV), Paris 1887 ; rééd. anastatique, Genève 1968, p. 470a s. :
consolamentum, p. 475”, 1. 20 - 479b 1. 6 ; consolamentum des mourants, p. 480a-
482b. Voir Rituel, Appendice n° 22, p. 290 s., planche VIL
12. Ermengaud, Contra haereticos cap. 14, Patrologie latine (= PL), 204, 1262 A-B.
13. B. Petranovic, Bogomili, p. 75-78.
14. Ch. Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des cathares ou Albigeois, t. Il,
Paris-Genève 1849, p. 128. E. Cunitz, Ein Katarisches Rituale (Beitrage zu den theolo-
gischen Wissenschaften, IV), léna 1852, p. 59 sq. B. Petranovic, Bogomili, p. 78, n. 2.
15. B. Petranovic, Bogomili, p. 76, I. 3-7.
16. Denys-L’Areopagite, De ecclesiastica hierarchia VI, 3, Patrologie grecque (= PG)
3, 533 A-B. Voir R. Roques, Eléments pour une théologie de l’état monastique selon
Denys TAréopagite, dans Théologie de la vie monastique (Théologie 49), Paris 1961, p. 284-
285. M. Wawryk, Initiatio monastica in liturgia byzantina (Orientalia christiana
Analecta, 180), Roma 1968, p. 62-63 et commentaires p. 63-68. Rituel cathare, éd.
Ch. Thouzellier, p. 188-189.
440
MÉLANGES IVAN DUJCEV
l’imposition de l’Évangile sur la tête du récipiendaire, que la lecture de Jean
I, 1-17 ; il en est de même pour l’imposition des mains dont s’abstiennent
l’officiant et l’assemblée : deux actes spécifiques du consolamentum cathare.
Comparant les rituels cathare et russo-orthodoxe, Mme Miletic en tire,
à bon droit, plusieurs parallèles. Mais, si elle se réfère en général à une
«antique tradition monastique» et, semble-t-il, plutôt dans l’ordre béné-
dictin du Mont-Cassin, elle n’émet pas les hypothèses que, maladroitement,
lui prête J. Duvernoy, d’un parallélisme du Rituel cathare avec les pré-
tendues règles de saint Basile17. Dans son Asceticon, le saint ne fait jamais
mention d’une imposition du Livre sur la tête du néophyte et, selon les
enquêtes menées par d’érudits spécialistes, aucun rituel monastique byzantin
n’y fait allusion171”5.
L’ascèse de vie et les oraisons imposées à quiconque s’incorpore à un
ordre religieux et communes à tous les groupements monastiques, chrétiens
ou non (même bouddhistes), n’impliquent pas une identité de rite. On peut
entrevoir des rapports entre les cérémonies qui inaugurent l’entrée d’un
postulant dans un ordre donné, mais les comparaisons, que B. Petranovic
et Mme Miletic suggèrent en regard des cathares et des moines orthodoxes,
ne font qu’accentuer leurs différences18.
Fondateur des premières communautés de moines, S. Pachôme (f 346)
a voulu entraîner ses frères à imiter la vie des premiers chrétiens de Jérusalem
engagés envers Dieu par Je baptême. La profession religieuse n’est nullement
un second baptême et n’offre guère de liturgie : devenir moine c’est prendre
l’habit, revêtir le 'schème’. La cérémonie pachômienne se limite pour
l’impétrant à une vêture d’habit monacal suivie d’un engagement formel
d’obéissance, de pureté, d’interdiction de vol, faux-serment, mensonge, etc.
Qu’elle soit de type byzantin, arménien, chaldéen ou syrien oriental, syrien
occidental, copte, la profession monacale est, en dehors de la tonsure,
centrée sur la vêture19.
Quant à Basile, qui n’a jamais fondé de monastère, son idéal le poussait
à mener une vie d’ascèse en Cappadoce, dans le sillon d’Eustathe de Sébaste
(f 389). Voulant réformer l’Êglise, celui-ci, misérablement vêtu prônait
17. M. Miletic, / ' Krstjani p. 74-78 et p. 81, note. J. Duvernoy, Catharisme, p. 380.
I Ibis. P. Raffin, Les rituels orientaux, cf. infra, note 19. Ceci nous a été encore confirmé
par MM. J. Gouillard et J. Paramelle, qui font autorité.
18. Rituel, p. 188-189. M. Wawryk, Initiatio monastica, p. 49-54 ; p. 121-126, 187-190.
19. F. Halkin, Sancti Pachomii Vitae Graecae § 24-25 (Subsidia hagiographia 19),
Bruxelles 1932, p. 14-16. P. Raffin, Les rituels orientaux de la profession monastique
(Spiritualité Orientale 4), ronéot. Abbaye de Bellefontaine 1968, 2' éd. 1974, p. 13-14,
15-16 et passim. Tableau comparatif, p. 143-144, 154-159.
CATHARES ET MOINES BASILIENS
441
le célibat, la pauvreté totale qu’il imposait à ses disciples, recrues de tous
genres : gens mariés, débiteurs, esclaves, enclins à s’affranchir du cadre
social et à se livrer à des excentricités20. Très vite, Basile en comprit les
dangers et se stabilisa dans la voie de l’Évangile qui lui inspira les Règles
morales. Visitant les disciples d’Eustathe, il répondait à leurs questions
et ses réponses improvisées constituent V Asceticon, dénommé à tort 'Petites
et Grandes Règles’21. On devrait donc éviter de parler de 'Règle’ de saint
Basile22 qui n’a pas voulu en donner, ni fonder un ordre.
L’emploi du terme 'chrétien’ peut susciter aussi des parallélismes entre
la dénomination des cathares et celle des moines basiliens23. Les dualistes
se désignent souvent ainsi, notamment dans leur Rituel24.
D’usage général en Asie Mineure, spécialement en Syrie du Nord,
l’expression ^ptoTiavôç, fréquente dans V Asceticon, est conforme à la
pensée de son auteur. Bien qu’on lise parfois la mention de « moines »,
comme dans le sermon sur la renonciation au siècle, ou au hasard de ses
recommandations25, saint Basile n’a guère appliqué à ses interlocuteurs
le nom de « moines » qu’il a rigoureusement proscrit, en faveur de celui
de «chrétiens»26 27, tenus à vivre selon l’Évangile et en esprit de charité.
De même, les fratrum societates21, ou communautés auxquelles il s’adresse,
n’ont rien d’une ascèse monacale qu’il interdit: ce sont des fraternités de
chrétiens intégrés au clergé et pratiquant le renoncement évangélique de
pauvreté, obéissance et chasteté : idéal accessible aux chrétiens vivant
dans le monde et s’adonnant aux œuvres de charité28.
20. J. Gkibomont, Eustathe de Sébaste, dans Dict. de Spiritualité, IV, 2, Paris 1961,
1708-1712.
21. J. Gribomont, Le monachisme au IVe s. en Asie Mineure: de Gangres au Messa-
lianisnie, dans Studia Patristica II (Texte und Untersuchungen zur Geschichte der
Abtchristlichen Literatur, 64), Berlin 1957, p. 400-415. ID, Les Règles Morales de saint
Basile et le Nouveau Testament, ibid., p. 416-426.
22. Malgré l’usage fréquent de certains auteurs : M. Miletic, I ' Krstjani ’, p. 58-59
et passim et, à sa suite, J. Duvernoy, Catharisme, p. 380.
23. M. Miletic, I ' Krstjani ’, p. 66 s.
24. Rituel, éd. Ch. Thouzellier, Voir Index, p. 331, Christianus...
25. Basile de Césarée, Sermo de renuntiatione seculi, PG 31, 625 CD :
« TrpoaSpapieïv Tùj’aTaupoçopocp [3iù> râv [lova’/côv » Voir aussi Regulae fusius tractatae,
ibid., 1003 C : « sive in augendo monachorum numéro » (tcôv àSeXçœv).
26. ID. Morelia, Tàv /g/anaw»', Régula 38, 1 ; 53, 1 ; 59, 1 ; 62,3 ; 63,1 etc. PG 31,
757 C, 780 A, 792 B, 800 C, D. Voir Rituel, p. 186 et notes.
27. Basile de Césarée, Regulae brevius tractatae cap. 85, 94, 102, 106, 181, 284-286,
303-304, 308, etc. PG 31, 1060-1077 passim a8eX<p6r»)ç, 1144-1301. M. Miletiô,
I ' Krstjani ’, p. 58, n. 2.
28. J. Gribomont, Obéissance et Evangile selon saint Basile le Grand, dans La vie
spirituelle, supplément, t. 20-23, 1952, p. 192-215.
442
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Le rôle de saint Basile, écrit à bon droit Dom Gribomont « fut de main-
tenir pleinement intègre dans la grande Église le radicalisme ascétique des
disciples d’Eustathe » condamné au concile de Gangres vers 340, « en
mettant en puissant relief les exigences chrétiennes essentielles centrées sur
les engagements baptismaux ». « Sa vocation fut de purifier l’enthousiasme
eustathien en le ramenant constamment au Nouveau Testament »29.
Dans ces conditions, malgré des analogies de termes prêtant à confusion,
on ne saurait en rien envisager quelque rapport entre les communautés
cathares et les fraternités de saint Basile. Nonobstant l’identité des appella-
tions et une forme de vie tendant à certaine perfection, le 'chrétien’ des
sectes dualistes ne peut se comparer au 'chrétien’ basilien. On a pu repérer
des patarins (ou hérétiques) dans des couvents bosniaques : en 1203, l’inter-
vention d’innocent III en fait foi. Le pape envoie son légat Jean de Casamari
pour obtenir leur abjuration. Peut-être alors, en Bosnie, le catharisme
gravitait-il secrètement dans leurs associations30 ? Ceci, contrairement
à l’idéal de saint Basile réfractaire à une telle doctrine.
L’évolution du cérémonial avec Théodore Studite (f 826), fidèle aux
normes dionysiennes du mystère de la 'perfection monacale’ (Ttjv
TeXelwmv)31, l’amplitude du Schème aux siècles suivants, surtout dans
l’Église byzantine, n’altèrent pas les trois actes fondamentaux de l’entrée
dans l’ordre monastique : profession, tonsure, vêture, et communs à la
plupart des rites orientaux: arménien, syrien, chaldéen, copte, etc.32
On est loin de toutes les explications précédemment énoncées sur le
consolamentum cathare dont B. Petranovic rappelle le rite essentiel de
l’imposition du Livre, inconnue du Pseudo-Denys dans la profession
monacale33. Dans cette perspective, il paraît insolite de penser que «le
catharisme a été organisé sous une forme monastique manifestement
29. J. Gribomont, Histoire du texte des Ascétiques de S. Basile (Bibliothèque du
Muséon, 32), Louvain 1953, p. 307. ID., Saint Basile, dans Théologie de la vie monastique
(Théologie 49), Paris 1961, p. 99-113.
30. Innocent III, Epist. VI, 141, PL 315, 153-155, cf. 154 A. A.-T. Smiciklas, Codex
diplomaticus regni Croatiae, Daltnatiae et Slavoniae, t. III, Zagreb 1905, p. 24, n. 19.
Ch. Thouzellier, Hérésie et Hérétiques (Storia e Letteratura, 116), Roma 1969, p.
216-219. F. Sanjek, Les chrétiens ' bosniaques ’ et le mouvement cathare aux xue-xve
siècles (Publicat. Sorbonne, NS. Recherches, 20), Paris 1976, p. 45-52.
31. Théodore Studite, Epistola II, 165 PG 99, 1524 A. M. Wawryk, Initiatio
monastica, p. 74-77.
32. Sur l’évolution du Schème, petit et grand habit aux ix'-xme siècles, voir
M. Wawryk, Initiatio monastica, p. 84-93 ; 121-126 ; 133-137. R. Raffin, Les rituels
orientaux, p. 38-39 ; 154-159. Voir ci-dessus, p. 440, n. 19.
33. Rituel cathare, p. 190. Par suite d’erreurs d’impression, il faut rectifier ainsi les
lignes 8-13 de cette page.
CATHARES ET MOINES BASILIENS
443
basilienne », comme l’écrit Jean Duvernoy34. Des parallèles surgissent
toujours entre rites liturgiques les plus divers. Néanmoins, non seulement
il s’avère exclu que le rite du consolamentum cathare s’inspire de la profes-
sion basilienne ; que le terme 'chrétien’ corresponde à des caractères
identiques dans les deux ordres ; mais encore que les cathares puissent être
comparés aux 'moines’ de saint Basile. L’organisation de l’église cathare,
composée d’une hiérarchie ecclésiale : évêque, assisté d’auxiliaires : Fils
majeur, Fils mineur et de diacres, n’a rien de commun avec la structure
monastique.
Il semble enfin aberrant que « le catharisme apparaisse essentiellement
origéniste » à cet auteur pour qui, en définitive, les cathares sont à « rappro-
cher des moines origénistes condamnés aux ive-ve siècles »35. Jean Duvernoy
ignore complètement la véritable doctrine d’Origène qu’il confond avec
l’origénisme proprement dit et commet de lamentables confusions.
Ancrée sur les normes des cérémonies religieuses établies par l’Église des
premiers siècles, la liturgie cathare reflète essentiellement toute l’ordonnance
du culte chrétien primitif. Véritable ordination pour accéder à l’état de
parfait, puis pour recevoir une charge épiscopale ou, le cas échéant, changer
d’appartenance à une église déterminée en faveur d’une autre, comme on
le voit en Italie, le baptême de l’Esprit demeure, chez les cathares, totalement
distinct de la profession religieuse traditionnelle dans les monastères
basiliens, et ses adeptes n’ont rien à voir avec les moines origénistes des
tve-ve siècles.
34. J. Duvernoy, Catharisme, p. 387.
35. ID., ibid.
THEODOSIOS PHUDULES
Erich TRAPP
Der Jubilar, dem dieser kleine Beitrag gewidmet ist, gehôrt bekannter-
mapen zu den ganz Wenigen, die in umfassender Weise die byzantinische
und slavische Kultur kennen und immer wieder bewiesen haben, dap die
verbindende Kenntnis der beiden Disziplinen neue Ergebnisse zu bringen
vermag. In diesem Sinn soll nun hier an einem winzigen Beispiel gezeigt
werden, wie man durch die Kombination von slavischen und griechischen
Quellen für die Prosopographie einen Gewinn ziehen kann.
In der Lobrede des Grigorij Camblak auf den Patriarchen Evtimij
von Trnovo findet sich eine Stelle1, die in deutscher Übersetzung folgen-
dermapen lautet:
« Ich werde eines von vielen Ereignissen erzâhlen, das auch vielen dama-
ligen Leuten bekannt war. Ein gewisser Piron — ein eifriger Hüter der
Hâresie des Akindynos und Barlaam und dabei ein Vorkâmpfer der bilder-
feindlichen Lehre— kam aus Konstantinopel und gelangte in die Stadt
Trnovo, ein Wolf im Schafspelz. Und als er dort einen falschen Mônch
fand, Theodosij mit dem Zunamen Fudul, ihm gleichgesinnt und in allem
übereinstimmend, welche Saat des Bôsen sâte da dieses üble Gespann
nicht aus, indem sie den Leib der Kirche zersetzten durch ihre umstürzle-
rischen Lehren, die Menge spalteten und einen Aufstand vorbereiteten
und besonders die GroPen und Vornehmen des Reiches durch die Macht
der Zauberei und durch dâmonischen Trug verrückt machten! In gropes
1. P. Rusev - I. Gàlàbov - A. Davidov - G. Dancev, Pochvalno slovo za Evtimij
ot Grigorij Camblak, Sofia 197], S. 184 f. (40.1 - 41.3).
446
MÉLANGES IVAN DUJCEV
Unglück stiePen sie die Schar der Glâubigen, denn sie war gewohnt, gleich
gehorsam im Guten wie im Bôsen den Führern nachzueifern.
Was tat nun jener Mann des Himmels ? Als er das erfuhr, machte er
seine Kehle den Trompeten jener Priester gleich, durch die die Mauern
Jerichos einstürzten und begann mannhaft mit der Vernichtung jenes
Unheils. Am Tag versammelte er die Leute in der Kirche und bestârkte
sie durch seine Belehrung, lôste ihre Zweifel und legte das bôse Unkraut
bloP; in der Nacht aber betete er und rief unter Trânen um Hilfe von oben.
Und sofort warf er sie nieder wie Jannes und Jambres, er besiegte sie wie
Amalek, wie Priester der Schande zerhieb er sie mit dem Schwert der Rede,
sie, die die Ikone dei allehrwiirdigen ewigen Jungfrau mit dem Schwert
durchbohrt hatten, und wie arabische Wôlfe vertrieb er sie weit aus den
Grenzen der Kirche ».
Den einen der beiden genannten Hâretiker (über die die Herausgeber
weiter nichts wissen) finden wir in griechischen Quellen wieder und zwar
zunâchst in einer Patriarchatsurkunde vom Jahr 13712, in der einige Fâlle
von Zauberei in der Hauptstadt behandelt werden. Unter den Angeklagten
befand sich ein falschei M ônch (^Eu8ojj.6va/_oç) OouSoùXtjç, von dem es heipt:
(S. 543) ’Ev ooco 8e TaÜTa sKpaTTETO, àvTjp tlç èmoraç tcûv yvcoplpicov
Toü ^EuSopiovà/ou xal àosPoüç OouSoùXt; xaTTjyopwv îjv, toütov XÉycov
twv oaTavixcov è'pywv toÙtcûv 8(.8àcrxaXov xal Tiva koleiv ëpya, â où8è ô
SiàpoXoç aÙTÔç koltjosiv Ïo/jjoev, où p.7]v où8è ÈveOuji^Ot] ye kcokote, xal
yuvaïxaç aKOKXavav xal Kpôç tov êauToü eXxeiv è'pcoTa, aï xal Toùç ISlouç
avSpaç xal Tà TÉxva xaTaXi.|XKàvouc7ai. ^TjToümv èxslvov xal to ptiapov àel
toutou ekI yXwTTTjç cpépoumv Ôvopia. Tà yoüv toü àoepoüç toutou OouSouXt],
o0£V te <jSpp,TjTo xal tIç t) èvafTjç aùroü xal àxàOapTOÇ KoXiTela, [xaxpov
àv eït; Sie^eXOeïv ttoXXcûv xal àmlpcov ovtcov xal 0Ù8È yXdxnrfl <pop7]T<ov
È^ELKEÏV, fZTjTOl Y£ Xal àxoÜoai. TCÛV CpiXo^plffTCOV T(.và xal TTTCjTCûV. *Ev 8è
toüto KavTaç elSÉvai /p7), wç où8è tcûv àaeficüv tiç xal ttjç 7)p.£T£paç
kIotswç àXXoTplcûv y] tcûv vüv 7j xal tcûv ETtl xaxla KaXai kote p.V7)p.ovEUo-
pièvcov ToiaÜTa xpa^ew tet6X[X7]XE kcokote. Olxsîv 8è toÜtov toutcû tco
TpOKCÛ VÜV èv Tfl KcoVGTaVTlVOUKoXEt. OUVÉp'/], OTOTEp È'<p0aC7£V OUTOÇ TTpà
xaipoü TT) ouvoScp KEptcpOelp ptETà xal tcûv aÙTOÜ xaT7]yopi.côV, ôç 8tj xal
KapaoTàç tt)v è^op.oX6y7)C7i.v ÙK£xpl07j xal ttjv piETavoiav xal toùç xavùvaç
xal Ta £K(.T[p.(.a xaTà ttjv Isoàv èSé^aTO tcûv 0eIcov KaTÉpcov SiaTayiqv.
Outoç oûv èv Taïç pxapaïç aÙTOÜ pipXoïç aÙTlxa |X£TaK£p.tp0slç xal, k60ev
2. F. Miklosich - J. Muller, Acta Patriarchatus Constantiiiopolitaiii 1, Wien 1860,
S. 541-550.
THEODOSIOS PHUDULES
447
ëo/e TauTaç, èpcoT7]0elç Kap’ laTpoü ti.vo<; toü SupoKoüXou àK£XoyY[<7aTo...
Danach ist von drei Mitangeklagten die Rede, deren einem mit Namen
Demetrios Chloros übrigens auch vorgeworfen wird, er sei früher ein
Anhânger des Barlaam und Akindynos gewesen. Die Strafe für die Übrigen
lautet schliepiich :
(S. 546) Toùç 8è KpoppvjOévTaç Tpeïç toutouç avSpaç, SupoKouXév ts xai
FaPpi.7]X6KouXov xal xal OouSouXïjv tov 'pe’j8otj.6va/ov, tôç KoXXàxf.ç
xal toutouç èkI to6to(.ç xal aXXotç àoEpécnv àXôvTaç ToXp.7]p.a<n, xai
toutcûv acpeoTavai. xal tov p.£Tap.eXov ÈKiSeï^ai. PouXopévouç p.7)8ÉKOTe xai
TaÜTa fzeTà KoXXàç Ttxç UKO<7/é<7ei.ç éxeïvaç xai Tàç ouvOyjxaç, «pOopàv 8è
pàXXov toïç âKXou<7TÉpoi.ç xal 'puyixàv Kapé/ovTaç oXeOpov, TÎjç paoù.lSoç
TauTTjç è^opiffOTjvai tcov koXecov xal xal Katnjç Tïjç tûv kiotcûv yÿç, èv
y xaTocxoüm. /pioTiavol. tà tcûv eùoepûv ëpya 8f.aKpaTT6p.evoi. è^ycploavTo,
côç toü XpiffTiavtxoü KavToç yévouç Xûpiyv xal Tà tvjç eùoepelaç àvaTpeKovTàç
te xai xaTaXûovTaç àvTi.xpuç Taïç 8af.pov(.xaïç raÔTaiç xal
yoyTelatç xal Taïç ptayelaiç.
Wir kommen zur zweiten, zeitlich spâteren, Erwâhnung desselben Phu-
dules3. Es handelt sich hierbei um ein schriftliches Versprechen, nach
mehrfacher Rückfâlligkeit nun endgültig mit Zauberei und Beschwôrungen
aufzuhôren. Da dieser Text für uns von noch grôPerer Bedeutung ist als
der vorige, sei er in extenso übersetzt :
« Nachdem ich oftmals dabei ertappt wurde, wie ich Beschwôrungen und
Zaubereien durchführte und nicht bloP meiner Seele schadete und mich
vom Glauben an Christus entfernte, indem ich den Werken des Satans
folgte, sondern auch die Seelen anderer Menschen vernichtete, die zu mir
kamen — deshalb [statt 8ià lies 81.0] ertrug ich Belâstigungen, Schmâ-
hungen und Verfolgungen sowohl von Seiten der Kirche Christi als auch
von allen Christen —, nun aber das Greisenalter erreicht habe und den Tod
vor Augen sehe, habe ich mich an unseren allerheiligsten Herrn, den
ôkumenischen Patriarchen, gewandt, den gemeinsamen Hüter der Christen
und für die Sünder Führer und Helfer zur Rettung, und ailes in Wahrheit
bekannt, was ich getan habe, und Hilfe gesucht, um errettet zu werden.
Da er nun, den menschenliebenden Gott nachahmend, mein Bekenntnis
und meine Reue angenommen hat — natürlich mit einem Versprechen—,
gebe ich hiermit die vorliegende schriftliche Versicherung und verspreche
vor seiner gropen Heiligkeit und vor der ganzen Kirche, dap man mich
3. Ib. 11, Wien 1862, S. 84 f.
448
MÉLANGES IVAN DUJCEV
niemals mehr, wo immer ich mich befinde, dabei ertappen wird, dap ich
eine Zauberei oder eine andere teuflische Tat der Gottlosigkeit vollbringe,
und daP ich auch zu niemandem etwas sage, der vielleicht einmal kommt
und mich darum ersucht, sondern dap ich mich bis zu meinem letzten
Atemzug davor hüte, frei und môglichst auPerhalb jeden Verdachts dieser
teuflischen Werke, indem ich in Reue, Trânen und jeglicher Entbehrung
verharre, damit ich Gott barmherzig und gnâdig finde an jenem Tag der
gerechten Vergeltung. AuPerdem gebe ich auch diese Versicherung, dap
ich, falls ich bei so etwas ertappt werde, was ich früher getan habe, nicht
zu Verbannung und Gefângnis und auch nicht zu kôrperlicher Verstümme-
lung, sondern zur vollstândigen Hinrichtung verurteilt und im Feuer ver-
brannt werde. Deshalb nun habe ich dieses schriftliche Versprechen ab-
gefapt im Monat Mai der 7. Indiktion.
Ich, der armselige Mônch Theodosios Phudules ».
Aufgrund dieser zwei griechischen Urkunden und der Erwâhnung bei
Camblak wâre der Lebenslauf des Theodosios Phudules etwa folgender-
mapen zu zeichnen : Geboren vielleicht in Thrakien oder Makedonien
wohl im ersten Drittel des 14. Jahrhunderts, wurde Phudules, als dessen
weltlicher Vorname Theodoros anzunehmen ist, Mônch mit Namen Theo-
dosios. Schon bald zeigte er hâretische Neigungen, war wahrscheinlich
wie Piron und Demetrios Chloros ein Anhânger des Barlaam und Akindy-
nos, wandte sich aber dann in besonderem MaPe der schwarzen Magie
zu. In der Folge wurde er deswegen mehrmals angeklagt und mupte im
Mai 1371 zumindest zum zweiten Mal vor der Synode in Konstantinopel
erscheinen, nachdem seine Reue nichts gefruchtet hatte und er wieder
rückfâllig geworden war. Damais hatte er mit dem Arzt Syropulos Kontakt,
von dem er Zauberbücher erhielt. Er wurde zusammen mit diesem, Gabrielo-
pulos und Demetrios Chloros für schuldig befunden und diesmal hârter,
nâmlich mit Verbannung bestraft. So mupte er im Jahre 1371 die Haupt-
stadt und das gesamte byzantinische Reich verlassen, wandte sich daher
nach Bulgarien und lieP sich in Trnovo nieder. Nachdem Evtimij Patriarch
geworden war4, traf er hier mit Piron zusammen, der damais gerade aus
Konstantinopel kam, ebenfalls wegen hâretischer Lehren verbannt. Nun
verbreiteten sie in Trnovo gemeinsam ihre Irrlehren und gewannen viele
Anhânger aus allen Volksschichten, bis es schliepiich Evtimij gelang, ihrem
Treiben ein Ende zu machen und sie aus Bulgarien zu vertreiben. Danach
versuchte Phudules wohl allein sein Glück wieder in Konstantinopel, zu
4. Um 1375, vgl. Camblak S. 177 A. 49.
THEODOSIOS PHUDULES
449
einer Zeit, da Philotheos Kokkinos, der Patriach, von dem er vor einigen
Jahren verurteilt worden war, abgesetzt (1376/7)5 oder wahrscheinlich
gar nicht mehr am Leben war6. Es ist anzunehmen, dap es ihm in der
Hauptstadt wieder gelang, FuP zu fassen und Anhânger für seine Magie
zu gewinnen, er dafür aber neuerlich verurteilt wurde und vermutlich ins
Gefângnis wanderte, ja vielleicht mit Verstümmelung bestraft wurde,
wenn wir seine Worte xaTaSixâ^opiat, oùx elç è^opiav xai. <puXaxï]v ovôè
àxoojTr/giMG/j.ov aa>p,miH6v, àXXà OàvaTov KavreX^ xai xaraxaiopai. Ttupi
ganz genau nehmen. Schjiepiich gab er aber, vom Alter gezeichnet, vor
dem Patriarchen Neilos (1379-88) das Versprechen ab, der schwarzen
Kunst endgültig abzuschwôren, und ist wohl bald darauf gestorben.
5. Vgl. P. Schreiner, Die byzantinischen Kleinchroniken, 2. Teil, Historischer Kommen-
tar, Wien 1977, S. 314 f.
6. Vgl. Miklosich-Müller, ii 13 àoiSifxoç « der un verge Bliche».
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KOHnaKa h HKoca, qHTa.no ce, oôiihho, CBeTHTejteBo cnnaKcapcKO
HWTnje. Joui He 3HaMo Kana cy ce jaBJtaua OBa KpaTKa ZKHTHja —
na jih npe cnyjKÔe, y coKy ibenor nacTanKa hjih Kacnaje. IJecHHijH
cjiyæôii, 3HaaH, Hiicy Mopajin 6mtm m hmcijm ciinaKcapcKor Hmcnja.
Morjin cy na « ymianajy » Beh nocrojehe KpacKo îKHTHje hjih
na pauynajy na neKor KacHHjer cacTaBJBaua.
TanaB je cjiyqaj h ca C.iya;6ovi cbctom apajby CTeiJiany JJeqan-
ckom, Kojy je FpnropHje IJaMÔjïaK nanncao 3a BpeMe CBor ôaBJte&a
y CpônjH H3Mel)y 1402. n 1406. hjih 1409. connue x. Tauo je
IJaMÔjiaKOBa Cjiy;œ6a Bpjio pano ym.ia non 11. y Muneje 3a hobcm-
6ap1 2. PyKonucHa TpanmjHja IJaMÔJiaKOBe CjiyjKÔe, Kao h
Behnne cpncKHX cjiyHtôn, joui nnje npoynena, ce ce ne wo®e
(1) H. Tpn<j)yHOBHiï, Bejiennte o aeamia y Cp6j&aKy, O Cp6n>aKy. Cry-
Hiije. Beorpaa 1970, CTp. 316-317.
(2) TpeôaJio 6n non 13. hobcmôpom. Bhh. JI. naBJioBnh, Ky.iTonn
.iirpa ko;i Cp6a n MaKeaouapa (IIcTopwjcKo-eTjtorpa<f>CKa pacnpasa),
CMeaepeBO 1965, CTp. 99-109.
452
MÉLANGES IVAN DUJCEV
noysnano nparaTH nojaBa CHnancapcKor œnTnja y oKBHpy Tpn-
ropnjeBor flena.
CjiyMîfia ce y Behnnn cjiynajeBa jaBJta 6es cimaKcapcKor iKirrnja,
Kao iiiTo je to, na npuMep, y MimejuMa 3a HOBeMÔap BnOnnoTene
Marnue cpncKe (6p. 289, 1550. ronnne), Myseja CpncKe npaBo-
cJiaBHe npKBe y Beorpajiy (6p. 174, 1561. ronnne; 6p. 170, xvn
bck) mjih aônpne PagocjiaBa rpyjnha ncTora Myseja (6p. 225,
xvn bck) 3. OBa nojaBa je nocJienno cnpoBejieHa npos CBe
nperaenane Mnneje, jep nu jeana CJiynrôa ou 1. no 30. HoBeMÔpa
neMa cnnaKcapcKo jKnrnje hjih nTennje. HaMÔJianoBa CjiyiKÔa
ca cnnaKcapCKHM JKHTnjeM, Me^yTHM, jaBJta ce y oKBnpy Mnneja
hjih 36opnnKa y nojnMa n cjiymôe HpyrnM CBeTUTejtnMa canp>Ke
cnnaKcapcKo HŒTnje.
JejiaH oh najcTapnjnx TaKBnx npennca najiasn ce Hanac y
36opnMKy 6poj 306 cpneKe penaniinje y Apxnsy PyMyncKe ana-
HeMnje nayna y ByKypeniTy. A. II. JannMnpcKM pynonnc CTaBJta
y xv, a II. ITananTecKy y noneTan xvi Bena4. Pynonncy
PyMyncKe aKaneimije BpeMencKn je ÔJinsan npaannnnn Mnnej
BojKnjiapa ByKOBMha, niTaMnan y Mjiennwa n3Mel)y 1536. h
1538. Fournie (ITM). lia noannjer BpeMena je 36opnnK ca naa-
ôpannM cJiyiKÔaMa CBeTHTeJtMMa, Kojn je Knnpnjan Panannn
npenncao 1692. n 1694. ronnne (KP)5. J^BaneeeTaK ronnna
nocjie Knnpnjana Monax MaKCHM je y Manacmpy PanoBiiy y
Cpewy aaBpniMo (1714) npenncnBaite npsor noTnynor CpÔJtana,
y KojeMy je ônjia h IJaMÔJiaKOBa ûiyjKfia. Ha ocnoBy obof Hanac
M3ry6ji>eHor pynonnca apancnn enncnon Cnnecnje JKnBanoBnh
npnnpeMno je 1761. y PnMnnny npso nanaite CpÔJtana na pycno-
(3) Obom npajWKOM cnoMHiteMo cawo Mimeje Koje cmo HenocpejiHO
nperjieaajin. JI. IlaBJioBnh, MeljyTHM, Hasoan n «pyre npennce UaM6.ua-
Kone CaysKfie (KyjiTOBH flrnna, 102). Uperjiejiajin cmo n MUHeje aa HoseM6ap
Kojn ne cajipjKe Uaw6jjaK0By Cjiy®6y : VHHBepaHTeTcKa 6H6jinoTeKa y
Beorpany Pc 14 («pyra HeTBpTHHa xv Beica); Pc 7 (HeTBpTa neTBpTUHa
xvi BeKa); Myaej CpncKe npanocjiaBHe npKBe 6p. 21 (xvi bck).
(4) A. U. HiiHMnpcKiii, (jibbhiickIc h pyeeuie pyitonnen pyMi.iiieKnxi.
6n6.lioTein», CaHKT-neTep6ypri> 1905, 151; P. P. Panaitescu, Manuscriaele
slave din Biblioteca Academiei RPR, vol. I. Bucuresti 1959, 306.
(5) Jb. CrojaHOBHh, Karajior pyKonnea h CTapnx niTaMnaniix K».nra.
36npaa CpncKe KpaAeseae aKa;(CMnje. Eeorpaji 1901, 6poj 28 (142).
RÉCIT BREF DE LA VIE DE SAINT STEFAN DECANSKI
453
cjiobchckom (C). Phmhhhkh CpôJtaK je totobo Ses n3Mena npe-
nrraMnaH y MneiiiiMa 1765. routine6.
CBe naBenene nature h pynonncn HMajy cnnaKcapcKo JKHTnje
y oKBiipy LJaMÔJiaKOBe Civiniie. IIpenucH ce, yrjiaBHOM, cnamy
Meïjycoôno. OncTynarta cy nesnaTna, Kao iiito ce Monte Biinera
H3 nanoMena y3 iisnaae. Hene paannne nnan nonasyjy usa
TOKa pyKonncHe Tpanniinje. JennoMe Tony npiinana npennc
PyMyncne aKaneMnje, a npyroMe — npenncn Hpasnnmor Müneja
n Knnpiijana Panannna. O panoBannoM npenncy, nan, tciuko
je noysnano saKJtyHMBaTii na ocnoBy PiiMniiiKor CpôJtaKa,
jep ce ne 3na kojihko je eau Cnneciije JKnBanoBnh irpujniKOM
iiiTaMnaiba Morao MeitaTM cpncKOCJiOBencKH npejiJioîKaK.
Cbh npenncn ce, yi jiaBHOM, cnanty y nojiontajy Tanne. y Ilpa-
3HH1H0M MHnejy ii ko;i Knnpnjana Panannna, MeïjyTiiM, mia
nennx sajenHHHKHx MHTepnyHKUHjcKMx oncrynaita ou TencTa
PyMyncne aKageMiije. To cy naj^enihe 3ape3n, KojHMa ce neno-
TpeÔHo npennna nsBopnn cnHraKCMTOU tok osnanen TannaMa.
Y norjieny niiTepnyHKHiije tckct PyMyncne ananeMnje nysa
H3Bopiinje CTaite.
KpaTKo HtHTHje CTecjiaHa JXenancnor npnnana jnanpy Tai-to-
3BaHHX « CTHIIIHHX » IIJIH CTHXOBHHX CHIiaKCapCKMX ÎKHTllja7.
Ilocjie naTyMa n HMena CBeTHTejta, a npe noneTKa caMora ntnTnja,
cpncKii nnciiH cy, no yraeny na BusanrnjcHe Ctiixobhc cnnancape,
cacTaBJtajin uBa-Tpn CTnxa, a nonenan n BHine. y Ben ce naraa-
(6) 3a oBy npnjiHKy hhcmo ôiijih y MoryiïHocTn na HenocpenHo nperjie-
HaMo n npyre pynonnce nojn 6h caHpwaBaJin CmiaKeapcKo iKHTnje Ctc-
4>ana JleHaHCKor. TanaB je, Ha npnMep, jenan MnHej sa HOBeMBap xvi
BeKa HapojjHe 6n6jinoTeKe y Co<f>njn (B. IJoHeB'b, Onnci> na p;Ki;onncHT'Ii
n CTapoiiC'iaTriHT'h kiiiitii na HapoQHaTa 6n6.niOTCKa bt> Co<(ihh, Co<[ihh
1910, 139/252); CüHaKcap ctiixobhh aa cenTeMÔap-neneMOap, npaj xv
hjih noierait xvi BeKa, ManacTHpa Tleiana, 6poj 59, Kojn canpani Cima-
Kcapeiso aïiiTHje CTeÿaiia JlenaHeKor (X(. BomaHOBHh, JJae penaititnje
eTHxoBHor npo.iora y pyKonncnoj afinpnw ManacTHpa Teiaiia, Niiopeana
HCTpaiKHBaiba, 1, Eeorpan 1976, CTp. 45).
(7) H. TpinjiyHOBHiï, AaGymnK epncKirx epe;iH>oBCKOBHWX i.H>w;KCBnnx
nojMoaa, Beorpan 1974, CTp. 296-298; JI. EornaHOBnh, JjBe penauiinje,
37-72; JH. EoruaHOBnh, üpojiouiKo sKHTnje cbctot CnMeona, IIpHJioBH
sa KH>HH<eBH0CT, jeaHK, HCTopujy H $ojiKJiop, XLII, 1-4, BeorpaH 1976,
CTp. 9-19.
454
MÉLANGES IVAN DUJCEV
maBa yoÔHHajenoM CKpahennnoM na ce pann o cTMxy. Tano je
nocTynno n nain nucaij. Hcnesao je nBa npaBnjina HeTpnaecrepna
ca ueaypoM nocne niecTor cjiora. Ctiixobh ce Ha KpajeBHMa n
pHMyjy. Y $oHeTCKoj TpancKpnnnnjn (no nuTainy) n ca anne-
naTCKoM BpenHoinhy oKCnje — npBa usa crnxa rnace8.
Hé™ y6o Cré^an no CnMeôny CpncKOMy
Janome npéBJte Jôb no AspaâMy BépnoMy
CnnaKcapcKO îKMTnje, nnane, n no crnjiy n no canpJKnnn sasncn
on IJaMÔjiaKoBor npocTpanor SRimija cbctof Kpajta CTeipana
jJeqaHCKor (îk)9. Hckojihko caMo cjiiihhhx hjim jennaKnx MecTa
nena noKa;i:e oBy saBncnocr — « laine ot Tyny Ba KoncranTHH
rpan nocnnajer ce aaroneH 6hb» (îk. 50) : « Ta;i:e n Ba napnrpan
nocnjiajeT ce aaTonen 6hb» (c>k); « jano n nacrojeniToMy caMOMy
h bccm ôparajaM hhbh™ ce» (>k. 50) : « jano nryMeny oôhtcjbm
n BceM OpaTnjaM hhbhth ce» (cîk); nap « necro Ka ceôe Toro
npii3HBa™» (>k. 51) : nap « Toro necro npii3HBa™ na ceôe»
(cjk); « nsnece aKHHnnnaTCKHje jepecn Hanennnna» (jk. 51) :
« aKHHHHHaTCKHje jepecn Hanennnnn nporna» (cm); « yroroBH
ce nponeje cre^ane» (jk. 77) : « yroTOBii ce rnarojte cre^ane»
(cjk) n np.
Tenino je pehn nana je mof.ho na ôyne cacTaBÆeno CnHaKcapcKO
JKMTHje Cre^ana ftenancKor. Onnnienna cnnnnocr naMeljy npo-
CTpaHor n KpaTKor jKHTnja npyjna use Moryhnoc™ : nnn na je
LlaMÔjïaK caM nanncao CnnaKcapcKO JKMTnje hjih na je to nenn
nenoana™ nncan ycnopo ynnnno npeMa L(aM6jiaKoBOM SKnTiijy
Cre^ana ftenaHCKor. Heii3Becna je n npBoônTna naMena Cnna-
KeapcKor ii.HTnja. J],a nn je ne.no npBoônTno nncano 3a CnnaKcap,
onnocno npojior, na onaTJie npeneceno y Mnnej 3a HOBeMÔap,
hjiii je onMax yrpaïjeno y CaysKôy. Obo nirraifce noônja n innpii
ananaj, jep ôynyha ncTpamnBaiba ren Tpeôa na noKawy : nano
(8) y npenncy PyMyHCKe aKaneMnje usa «CTe$aH» n «Job» newa
« no», iiito je onnraienna npenncUBaneBa owaniKa, KaKO cBenone npyrn
npenncn.
(9) IKhboti, Kpa.in CTWpana HenancKon». [Upnpenno] Hpi H. IHa$a-
Phkt>, rjiacmiK’b HpyinTBa cpôcKe cjioBeCHocra, KHBnra XI, Y Beorpajiy
1859, cïp. 35-94.
RÉCIT BREF DE LA VIE DE SAINT STEFAN DECANSKI
455
cy ce CBa HSBopna cpncKa cnnaKcapcKa jKHTnja oHHocinia npewa
CnnaKcapy (Ilponory) n MwHejy.
y npiiJiory hohochmo CnnaKcapcKo iKUTiije npeMa npenncy
PyMyncKe aKajieMnje nayna y ByKypeniTy. IlaocTaBJteHH cy
HaupejiHH 3Haiin. Sanpacann cy ii3BopHH anaiin HHTepnyHKijnje.
CKpaheHHije osnaneHe thtjiom paapewyjy ce y noJiyKpyiKHHM
3arpanaMa. Paspemeiba y yrnacTHM 3arpanaMa noKaayjy na
cKpahemiiie y HSBopmiKy neMajy Timiy. BemiKa iipBena (« khho-
Bapna») caoBa niTaMnajy ce Kao Bepaanna.
/H('k)c(E)nd Torw • ai • naaieTK c(ee)t(a)f0 kmhkoai(0Y)“
h(é)hHKA BK CTE0AHA, CÇJbSCKAAFO, HJKE Bb ^EHAX c[th]x ’
HETÏH OyEO CTE0AHK CV/HEWH8 CÇJbECK0/H8 ' C[th]x ' IdKOÎKE ^'kEAie
IWEb AEÇJAAAI8 B'feçJHO/HS : Bb Al ’ Oy^ABAieHÏEAI CTE(<|)A)H(b)
BbCT(e)qE Kb r(ocnOA)8 :
GbH c(EE)Tbl H nçj(H)CH0n<MIHHAIH CTEE^ANb, c(bl)Hb E^UIE
AIHAOYTHHA h(a)ç|A CÇJbfibCKAFO ’ EA(A)rOH(b)CTHBAA COyqiAA H
c(EE)TA AlOyjKA ’ Kb 16410^ JKE WKAEBETAHb EHBb ’ IAK0 4(A)çj(b)CTE0
tero xoqiETb chaoio wtigth 1 • ieTb SHEAieTb • h nçjbE'kie oyso
TO/HOy H3EAAAKJTb OHH ’ TAJKE H Bb ^A^HFÇJA^ POCHAAieT CE
Bb 3AT0MEHÏE 2 ’ H TAAI0 C£I/lIAI0A,kT(b)H0 n^PÇIOEO^ÏH ’
Eb WEHT'kAH CHUE HApHMEÆI'k nAHTOKÇJATOÇJOE'k ’ CAb3A/HH /MHO-
PblM/HH H EbS^HXAHAIH ’ H MECTHAIH /M(o)a(h)tEAAIH, E(or)oy
OyTAÎKAAtE ’ IAK0 HrOy/MEHOy WEHT'feAH H BCfeai EÇJATÏA/Hb 3,HEHTH
CE, H WEÇJA3b nOAb3E T0F0 HÆI'kTH ’ Hb H CAAI0AI8 H(A)çj0y TOPO
ME CTO nÇIHSHEATH Kb CEE*k C AHUJABUJAA IdîKE W HIEÆIK H?KE H
WT H16FO HAOyHEHb EHBb ' AKÏH^ÏHATCKblE EÇIECH HAHEAHHKbl
IlÇJOrHA 3 ’ H Cb/MHÇPkHÏE 4 WTC[oy]AOï nÇJÏETb 4Ç>(b)K0Eb ’ TAÎKE
WT 3AT0HEHÏA s(o)«ÏEAIb CO^O/Mb nÇJH3BAHb EHBb, OHH/HA BH1â,,k
IAK0 H nçFkjK^E • H Oy w(Tb)4A EHBb A0K3AK>Tb A00yT(b) AP°Y"
FA ’ H nÇJOipEHÏE AIE«3,0Y C0E0I0 IlÇJÏEAIdl0Tb ’ TAJKE /HAAO H'kHTO
T0F0 WT(b)4b nOJKHBb Kb rfoCnO^OY WTH^E ’ TbîKE Al(0)4(H)TE,k
KOynHO H 4(A)çj(b)CTE0y PÇJ'kieAlHHKb Sblc(Tb), EJKE H OyflÇJABH
1 nôJÇHTHTH C 2T<DKE H BK n(d)0Hr0d3,K nOCHMET CE SdTOMEHK BK1BK IIM, Kp
’ nÇOCHdBK HM, Kp, C 1 /HHÇ'K C
456
MÉLANGES IVAN DUJCEV
’ B(é)?KÏE/Hb WKÇJb/HdhH6 5 CTÇMXO/Mb ’ TOAHKO /KE Bblc(Tb)
/H(H)4(0)CTblBb ’ 14 K O HE 1âI0B4'fcTH HHbfX ÇJOyKd/HH Kb ÇM3A4HÏK5
HHLjlHX Hb H Cd/Hb HO BCE HO1J1H XO^HTH H CH/Hb CB0I6W ÇJOyKOlô
llO^dldTH 6 ’ CbS^A ?KE H WBHT'fcdb nÇJ'ÙKpdCHOY Bb MdKOV BbCE-
AflbîKHTEdra x(çjHCT)d H BAH3b IGE AY^Y'^Y10 WFÇJd^OIf ‘ H Td/HÔ
/HHOJKbCTBO /MHOTO HÎKE c(BE)l|JEHHdrO HE^Oyrd 7 CbBÇJd 8 HÔTÇJ'k-
BHbl/HH H BbUk/HH T'fcx OyT'klUdlG ’ T0AHK0 /KE Bb Ai(o)/l(H)TB,k
n^HCirksb, TdKOBbIHX nOnEMEHÏH CH IdKOTKE WT BEAHKhlXb WH'kx
I10C(Tb)HHKb ’ H/HJKE OBl|JE HHHT0 >KE WT /HHÇJbCKhlHX B’fclHE ’
H/H'klUE JKE H C/tbSHhl AdYK5 CbFddCH'feHUlE /KE Æl(o)/l(H)TBbl A't^O '
CHU,E A0K0<1Ndd d^Td nÇJ'kBHBb H BbÇJOVM£NNdd ^OY WT B(or)d
AOBÇjdk OyCTÇJOHBb, IdBdldlGT CE I6/H8 TÇJETÏE BEAHKbl HHKOddlE •
OyTOTHBH CE 9 r(ddro)/H6 CTE0dHE ’ HE nO /HHOS'k BO K/l(â)r\(bl)H'k
np'kACT^TH HAIdLUH ’ WH JKE ÆIHO/KdlG IIÇH/tOÎKH H Kb /H(H)d(o)-
CT(bl)HH, H HHbl/Hb A^BY°A^T£/Ue/H ’ TdTKE HE HO /HHOFbfHX A(l\)HEXb
BbU,(d)çiHB CE c(bl)Hb I6FO, H/HEHE/Hb OyBO w(Tb)nS nOA[°]KNK ’
A'kdH JKE HHKdKO 7KE H HdW[b]Ab BbHESdnôy, H IG/H/HETb b(o)?KÏ<1FO
HdfôB^Kd • Kb BHWHIE/HOY WbCTBÏK» r0T0Bdl01|UU nOTÇVkBHdd ’
H Bb EAHHb, FÇJdA 10 HOCddBb OVAdK0W WT JKHTÏd HS/M'kllHTH
HOBEd'kBdieTb ' H TdKO /H(0Y)m(e)hÎA B'kHUb BbCnÇJÏETb C(be)tôI6
«E tero T'kdO • Bb CBOie/Hb E/HOy /HÔH4CTHÇ>H IIOdOa<EHHO Eblc(Tb) •
HA^HCE H A° A(k)NWCK CTOHTb ’ TBOÇJE MI<Ja[e]C4 np'fcC/ldBHdd
H HCH'kdKHÏd, B'kçJOKJ nÇJHXOAELPH'Mb 11
RÉSUMÉ DE L’ARTICLE
Djordje Trifunovic pose le problème général du récit bref de la vie du
saint du jour et celui concernant le roi Stefan en particulier.
Deux questions principales se posent :
1° La place de cette vie par rapport à l’office proprement dit ; le synaxa-
rion étant un prologue à l’office lui-même devait généralement la contenir
et c’est ainsi qu’est née l’expression sinaksarsko zitije.
6 WKÇSAMMKAI I1M, Kp, C 6 CBOHAM nOAdATH UM, Kp, C 7 COBO^A C
8 C'KKÇdB'h Kp 9 SPOTOBH C£ Kp, C 19 WT CÇA^OBTiC 11 H HCq'kdEHÏA
no,a,Arrii B'kçoio npnxoAA4lhl‘M'H w X^(H)tT,k lHc(oy)t'k . ü/HHHik. c
1. Bn6jinoieKa PyMyHCKe aKajjeMJije HayKa, 6p. 306, CTp. 271 6-272 a.
1. BnGjinoTeKa PyMyncKe aKa«eMnje HayKa, 6p. 306, CTp. 272 6-273 a.
RÉCIT BREF DE LA VIE DE SAINT STEFAN DECANSKI
457
2° La date d’apparition dans l’office et en conséquence l’identité du
rédacteur.
La discussion se fonde sur l’analyse de différents manuscrits issus de
Camblak et la tradition qu’ils révèlent. Deux courants se font jour :
d) manuscrit de Bucarest
b) manuscrit de Kiprijan Racanin.
Les deux familles se rejoignent sur des points de détail. C’est ainsi qu’il
est possible de rapprocher le sinaksarsko zitije de Stefan du Récit de la Vie
du Saint Roi Stefan Decanski que donne Camblak au début du 15e siècle.
Les ressemblances sont telles que l’on peut conclure :
1° soit que Camblak lui-même a rédigé le sinaksarsko zitije de Stefan,
2° soit qu’un auteur inconnu s’est servi du texte de Camblak.
D’autre part demeure incertaine la première destination du sinaksarsko
zitije de Stefan.
1° Fut-il écrit, comme son nom d’indique pour être intégré au synaxarion
de l’office ?
2° Fut-il inclus dès l’origine, comme nous le connaissons aujourd’hui,
directement dans l’Office de Stefan ?
La réponse est d’importance : elle montrera si tous les sinaksarska
zitija originaux entretiennent des rapports avec le synaxarion et lesquels.
En annexe on trouvera le texte du manuscrit de Bucarest.
TABLE DES MATIÈRES
Tabula gratulatoria .......................................................... VII
Suzy Dufrenne (Paris), Un historien entre le monde slave, l’Occident et Byzance XI
Bibliographie d’Ivan Dujcev (suite : années 1976-1978) ........................ XVII
Abréviations utilisées ....................................................... XXI
Gordana Babic (Belgrade), Les croix à cryptogrammes, peintes dans les églises
serbes des XIIIe et XIVe siècles................................................. 1
Franjo BariSic (Belgrade), Autour du chrysobulle d’Andronic II pour Chilandar,
de mars 1319 ................................................................... 15
Roger Bernard (Paris), La prise de Târnovo par les Turcs et l’exil du patriarche
Euthyme ........................................................................ 27
Silvio Bernardinello (Padoue), Oriente e Occidente in tre momenti di cultura
bizantina a Padova ............................................................. 41
Dimitrije Bogdanovic (Belgrade), L’évolution des genres dans la littérature serbe
du XIIIe siècle ................................................................ 49
Jacques Bompaire (Paris), Les catalogues de livres-manuscrits d’époque byzan-
tine (XIe-XVe s.) .............................................................. 59
Ursula Victoria Bosch (Münster), Einige Bemerkungen zum Kanzleiwesen der
byzantinischen Kaiserin ........................................................ 83
Peter Charanis (New Brunswick), John Lydus and the Question of the Origin
of the Vlachs in the Greek Lands .............................................. 103
Carolina Cupane (Palerme), Note di iconografia tardo-bizantina : Tyche, Bios e
Thanatos in Teodoro Meliteniotes .............................................. 109
Paul Devos (Bruxelles), « Ayant ajouté la lumière à la lumière ». Une expression
de la Vie de Constantin-Cyrille (ch. 18)....................................... 121
Suzy Dufrenne (Paris), L’insensé dans l’illustration des psautiers byzantins
et slaves ..................................................................... 129
Halina Evert-Kappesowa (Lôdz), The Social Rank of a Physician in the Early
Byzantine Empire (TVth-VIIth Centuries A.D.) .................................. 139
Jadran Ferluga (Münster), Serben, Türken und Byzantiner von der türkischen
Eroberung Kallipolis’(1354) bis zur Schlacht an der Marica (1371) .......... 165
Antonio Garzya (Naples), Capovolgimenti semantici e trasmissione dell’ antico . 175
Paul Gautier (Paris), Mœurs populaires bulgares au tournant des 12/13e siècles . 181
Francesco Giunta (Palerme), Giovanni Villani e la leggenda guelfa di Roberto
il Guiscardo ............................................................... 191
Biserka Grabar (Zagreb), Über das Problem der lângeren Fassung des
Nikodemusevangeliums in der âlteren slavischen Literatur ...................... 201
André Guillou (Paris), Deux ivoires constantinopolitains datés du IXe et
Xe siècle ..................................................................... 207
460
TABLE DES MATIÈRES
François Halkin (Bruxelles), Saint Alexandre, martyr de Thessalonique ...... 213
Helmut Keipert (Bonn), Ein weiterer Paralleltext zu den slavischen Versionen
der « Legende von den vierzig Mârtyrern in Sebasteia» (BHG 31201)............ 217
Edmond-Rene Labande (Poitiers), Des manuscrits grecs à Poitiers au XVe siècle.
A propos de deux lettres d’Erasmo Brasca .................................... 227
Bruno Lavagnini (Palerme), Qualche relitto di età bizantina nella toponomastica
e nella onomastica della Sicilia ............................................ 243
Dimitrij Lichacev (Leningrad), Katarsis v « Slove o Polku Igoreve » ........ 249
Frantisek Vâclav Mares (Vienne), Textgeschichtliche Erwâgungen zur I. kirchen-
slavischen Wenzelslegende im Lichte einer dunklen Stelle..................... 253
Ante Marinovic (Dubrovnik), Règles sur les actions de sauvetage et d’assistance
sur mer dans les statuts médiévaux de Dalmatie .............................. 259
Dejan Medakovic (Belgrade). Genesis der barock-byzantinischen Stilsymbiose
in der serbischen Kunst des XVIII. Jahrhunderts ............................. 269
Ann Moffatt (Canberra), Early Byzantine School Curricula and a Liberal
Education ................................................................... 275
Petre ?. Nàsturel (Paris), Autour de saint Spyridon le Jeune de Tàrnovo... 289
Dimitri Obolensky (Oxford), A Late Fourteenth-Century Byzantine Diplomat :
Michael, Archbishop of Bethlehem............................................. 299
Joseph Paramelle (Paris), Pornikè è ton Boulgarôn basileia.................. 317
Anne E. Pennington (Oxford), South Slavs in Malta .......................... 333
Agostino Pertusi)* (Milan), Lasituazio ne dell’Europa orientale dopo la caduta
di Smederevo (1439) in una lettera inedita di fra Bartolomeo di Giano..... 337
Günter Prinzing (Münster), Zur historischen Relevanz der « Memoiren eines
Janitscharen oder türkischen Chronik» des Konstantin Mihajlovic aus
Ostrovica.................................................................... 373
Hans Rothe (Bonn), Über die Sprache des Alexanderromans in der Hs.Nr.771
der bulgaiischen Nationalbibliothek « Kiril i Method » in Sofia.............. 385
Aurelio De Santos Otero (Bonn), Un manuscrite del Stoglav en la biblioteca
nacional de Madrid (Ms.Res.260).............................................. 393
Peter Schreiner (Berlin), Omphalion und Rota Porphyretica. Zum Kaiser-
zeremoniell in Konstantinopel und Rom........................................ 401
Wincenty Swoboda (Poznan), Quelques mots sur la liturgie slave en Pologne et
l’évêché bulgare à Cracovie ................................................. 411
Freddy Thiriet (Strasbourg), Recherches sur le nombre des « Latins » immigrés
en Romanie gréco-vénitienne aux XIIIe-XIVe siècles .......................... 421
Christine Thouzellier (Paris), Cathares et moines basiliens ................ 437
Erich Trapp (Bonn), Theodosios Phudules .................................... 445
Djordje Trifunovic (Belgrade), Sinaksarsko zitije svetog krajla Stefana
Decanskog................................................................... 451
IMPRIMÉ EN FRANCE
IMPRIMERIE MARCEL BON
70000 VESOUL
d.l. N° 2345 - 11-79