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ÉLOGES POUR L’ART DE GUÉRIR
« Derrière le monde visible du corps se trouve un domaine invisible et inconscient qui peut
être une puissante force de guérison. Pionnier en la matière, Dr Bernie Siegel enseigne à des
gens à prendre conscience de ce facteur. Cela leur apporte non seulement une guérison
physique, mais également un sentiment de paix, d’accomplissement et de joie de vivre.
Quand nous combinons l’art de guérir avec la science médicale, la médecine moderne
devient alors entière. Merci, Bernie, de nous montrer la voie. »
— Larry Dossey, M.D., auteur de One Mind
« Bernie Siegel était déjà un chirurgien reconnu quand il a découvert les formes subtiles de
communication que possède l’esprit humain. Il a commencé à explorer l’inconscient, les
travaux de Carl Jung et le pouvoir de guérison inné chez toutes les créa-tures vivantes. Il a
entrepris une démarche qui a aidé beaucoup de ses patients à se sentir mieux. Sa carrière a
alors pris une autre direction et il a commencé à écrire des livres sur ce qu’il avait
découvert. Dans ce dernier livre, il imprègne les connaissances scientifiques de compassion
en utilisant son regard professionnel pour examiner de manière chaleureuse et personnelle
comment la perception, l’intention et la communication non verbale (psychique) influencent
la guérison et le bien-être. Ce nouveau livre positif offre différentes méthodes pour que [les
lecteurs] puissent apprendre à accéder plus facilement à ce pouvoir et à l’utiliser. »
— Anna Jedrziewski, critique littéraire pour Retailing Insight
ÉLOGES POUR 101 EXERCICES POUR L’ÂME
« Un autre livre agréable, sage, pratique et transformateur du Dr Bernie. Ce guide
d’exercices étape par étape s’adresse à la partie de vous qui a des ailes. »
— Rachel Naomi Remen, M.D.,
auteure de Sagesse au coin du feu
« Ce livre simple possède toute la sagesse dont vous avez besoin pour vivre en devenant le
meilleur de vous-même. Bernie a le don de simplifier et de rendre accessibles des idées
complexes. Suivez son plan d’entraînement et vous connaîtrez une vie encore plus
merveilleuse que ce que vous auriez pu imaginer. »
— Joan Borysenko, Ph. D., auteure de Brûlé : l’épuisement professionnel et la reconquête de la vie
« Offert par un des plus grands guérisseurs des États-Unis, ce guide pratique enseigne
étape par étape à vivre de manière plus saine et accomplie. Siegel a le don d’inspirer les
gens à aller au-delà d’eux-mêmes et à atteindre ce qu’ils croyaient inaccessible. »
— Larry Dossey, M.D., auteur de Ces mots qui guérissent
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« Un livre magnifique et sincère écrit par un médecin légendaire qui vous aide à nourrir
votre esprit, votre corps et votre âme. »
— Judith Orloff, M.D., auteure de Liberté émotionnelle et Accéder à son énergie sacrée
« J’ai toujours admiré Dr Bernie Siegel comme étant un des esprits les plus remarquables de
notre temps. Il combine un esprit analytique et scientifique à une profonde connaissance de
la spiritualité. Son livre 101 exercices pour l’âme vous aidera à comprendre cette partie de
vous-même qui est le génie ultime et suprême et qui reflète la sagesse de l’univers. »
— Deepak Chopra, auteur de Le livre des secrets
« Les exercices inspirants de Dr Siegel pour atteindre l’illumination dans la vie quotidienne
réunissent la sagesse ancestrale dans un livre clair, précis et facile à lire. C’est un précieux
ajout à la bibliothèque de tout voyageur spirituel. »
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L’ART DE GUÉRIR
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Copyright © 2013 Bernie S. Siegel, MD
Titre original anglais : The Art of Healing
Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française
Éditeur : François Doucet
Traduction : Jo-Ann Dussault
Révision linguistique : Féminin pluriel
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe
Conception de la couverture : Matthieu Fortin
Photo de la couverture : © Thinkstock
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89733-949-4
ISBN PDF numérique 978-2-89733-950-0
ISBN ePub 978-2-89733-951-7
Première impression : 2014
Dépôt légal : 2014
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7
Téléphone : 450-929-0296
Télécopieur : 450-929-0220
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— Allen et Linda Anderson, auteurs de Angel Dogs et Horses with a Mission
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Remerciements
J e tiens à remercier Cindy Hurn et Georgia Hughes, ainsi que mon
agente Andrea Hurst, pour l’aide qu’elles m’ont apportée dans la
création de ce livre.
Je remercie également ceux qui ont été mes guides de vie et mes
enseignants : mon épouse, Bobbie ; nos enfants, Jonathan, Jeffrey,
Stephen, Carolyn et Keith ainsi que leurs familles ; et tous mes amis
à quatre pattes qui sont trop nombreux pour que je les nomme.
DR BERNIE SIEGEL
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Introduction
LES GRANDES QUESTIONS
Si vous voulez guérir le corps et l’esprit, vous devez d’abord guérir l’âme.
— PLATON
H ier,
je suis allé renouveler mon permis de conduire. Je
m’attendais à ce qu’il y ait une longue file d’attente et à devoir
patienter avec les autres tout en souhaitant être ailleurs. Je n’avais
donc pas vraiment envie d’y aller. Mais peu de temps après mon
arrivée, une femme derrière le comptoir a annoncé mon numéro.
Étonné, j’ai regardé autour de moi. Beaucoup de personnes
attendaient depuis beaucoup plus longtemps que moi ; c’était
sûrement le tour de quelqu’un d’autre. Mais elle a répété mon
numéro, alors je me suis levé.
Dès que je suis arrivé au comptoir, elle m’a souri, comme si elle me
reconnaissait. Il s’avère que j’avais opéré sa mère il y a de
nombreuses années. Nous avons bavardé gentiment et elle m’a
raconté combien sa mère allait bien. Quand je suis parti, elle m’a
encore remercié d’avoir aidé sa mère à guérir. Elle ne faisait pas
référence à l’opération chirurgicale ni à la chimiothérapie. Elle
parlait de la vie de sa mère. Vous vous en rendez compte ? Elle ne
parlait pas de son corps physique ou de sa maladie, mais de ce qui
donnait un sens à la vie de sa mère. Je me sentais tellement bien en
quittant ces lieux. Notre rencontre n’avait pas été accidentelle ni
fortuite. C’était un cadeau. Il n’y a pas de coïncidences.
Ce que je m’apprête à partager avec vous — ce qui m’a procuré
une nouvelle compréhension de la nature de la vie — ne vient pas de
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mes croyances, mais de mon expérience personnelle et de mon
travail auprès de mes patients et de leurs familles. Ma capacité à
garder l’esprit ouvert m’a permis de tirer beaucoup plus de choses
de mes expériences et de devenir un meilleur guérisseur que ceux
dans ma profession qui disent qu’ils ne peuvent pas accepter ce
qu’ils ne comprennent pas ou ne peuvent pas expliquer. Si nous ne
cherchons pas à repousser les limites du savoir, nous n’apprenons
rien ; nous nous privons de l’occasion de vivre notre vie de manière
créative. Voilà pourquoi je ne cesse jamais de poser les questions
importantes. Qu’est-ce que j’entends par « questions importantes » ?
Les questions que nous devons poser sont : comment l’invisible
devient-il visible ? Quelle partie de notre être continue de voir
quand nous quittons notre corps lors d’une expérience de mort
imminente ? Comment savons-nous intuitivement ce que notre
inconscient planifie ? Comment les voyants et les médiums
communiquent-ils avec les individus et les animaux, peu importe
s’ils sont loin ou morts ? Comment la communauté des cellules du
corps communique-t-elle ses besoins et son état de santé à l’esprit
conscient ? Et quel est le langage de la création et de l’âme ?
L’invisible dont je parle est ce qui se trouve dans notre corps
physique, mental, émotionnel et psychique. La plupart d’entre nous
prennent conscience de leur équilibre ou déséquilibre intérieur selon
leur humeur, leurs sentiments et leurs symptômes, et nous nous
fions aux examens médicaux et aux tests de laboratoire pour savoir
ce qui se passe dans notre corps. Mais imaginez si nous étions
capables de le savoir avant qu’une souffrance physique ou une
dépression se manifeste. Nous serions tellement en meilleure santé
et nos vies seraient beaucoup plus remplies. En raison de la
formation limitée des médecins, nous avons rarement l’occasion
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d’apprendre la cause réelle d’une maladie. Et pourtant, il est possible
de prévenir la maladie et la dépression.
Si nous soulevons le couvercle de notre inconscient, nous pouvons
être guidés par un savoir plus profond. Les pratiques et les
techniques utilisées pour plonger en nous-mêmes nous permettent
de communiquer avec l’intelligence supérieure et à apprendre d’elle,
que nous choisissions de le faire au moyen du dessin spontané, des
rêves, de la méditation, des techniques de respiration ou de toute
autre pratique qui nous donne accès au pouvoir de guérison de
notre sagesse intérieure.
Il est non seulement possible de communiquer avec l’intelligence
supérieure, mais cela se produit constamment, que nous en soyons
conscients ou pas et que nous cherchions à le faire ou pas. La même
intelligence qui permet aux cellules de communiquer à l’intérieur du
corps humain est inhérente à toutes les formes de vie. Elle est
caractérisée par sa fluidité et elle circule à la fois avec intention et
abandon, en traversant toutes les barrières de la matière, du temps et
de l’espace. Elle se manifeste d’une manière qui ressemble souvent à
une coïncidence. Des événements, des guérisons et du secours
inexpliqués ou des messages réconfortants surviennent au moment
où vous en avez besoin, comme cela m’est arrivé hier, quand j’ai pu
renouveler plus rapidement mon permis de conduire et que j’ai reçu
un cadeau de gratitude.
Pour être réceptif à cette communication, qu’elle vous soit
transmise sous forme de symboles ou de mots, vous devez calmer
votre esprit, comme un étang tranquille dont les reflets ne sont
troublés par aucune turbulence. Ce que j’ai vécu aujourd’hui en est
un bon exemple. Je prends soin de mon épouse, Bobbie, qui souffre
de la sclérose en plaques depuis des décennies. Il y a des jours où je
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suis dépassé par tous ces soins que je dois donner et par mes autres
responsabilités. C’est parfois un défi d’aimer mon destin et
d’apprendre la leçon de la compassion. J’ai consacré la majeure
partie de ma vie à guérir les gens et je les ai encouragés à prendre
soin d’eux-mêmes aussi bien qu’ils prennent soin des autres. Mais il
est parfois difficile de joindre le geste à la parole quand vous prenez
soin d’une personne que vous aimez durant des années. C’est facile
d’oublier que vous avez vous aussi des besoins.
Ce matin, je suis allé promener mes chiens à un de mes endroits
préférés. Le cimetière près de notre maison date de plusieurs
centaines d’années. Il est situé en banlieue et il est rare que j’y croise
des gens, sauf si c’est l’anniversaire du décès de quelqu’un ou s’il y a
des funérailles. Parce que le cimetière est si paisible, je peux laisser
mes chiens courir librement. Pour moi, c’est comme si je méditais en
marchant et pour eux, c’est une aventure. Les chiens sont passés
maîtres dans l’art de vivre dans le moment présent. Aujourd’hui,
mes chiens ont trouvé un objet sur le sol, près du chemin, à plusieurs
mètres du chemin. Je me suis approché et je l’ai pris. C’était un petit
ours en peluche blanc. Sur sa poitrine, il était écrit « Aime-moi ».
L’ours était propre et en très bon état, comme s’il venait de tomber
de la tablette d’une boutique. J’ai regardé autour de moi dans le
cimetière. Il n’y avait personne. J’ai relu les mots à voix haute : «
Aime-moi ». C’était comme si quelqu’un l’avait déposé là en sachant
que c’était le message dont j’avais besoin. C’était un si beau cadeau.
J’ai glissé l’ours dans ma poche et je l’ai apporté à la maison.
Des coïncidences apparentes de ce genre se produisent exactement
quand vous en avez le plus besoin. Quand vous vous accordez des
moments de tranquillité, vous augmentez les chances de recevoir
des messages d’amour et de soutien. Le petit ours est maintenant
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assis sur le comptoir de la cuisine en compagnie d’autres ours en
peluche que j’ai trouvés. J’ai dressé des petits espaces sacrés dans
notre maison, qui me procurent la thérapie dont j’ai besoin durant
toute la journée.
Le langage de la création et de l’âme s’exprime de nombreuses
façons. Il prend parfois la forme d’un murmure subtil ou il est
parfois si clair qu’il est difficile d’en douter ou de l’ignorer. Avant,
j’étais sceptique par pure ignorance. Je n’avais pas été formé à avoir
une autre vision des choses. Mais avec le temps, j’ai appris à ouvrir
mon esprit aux autres sortes de communication et de possibilités. J’ai
consulté un médium, qui a repéré notre chat égaré au Connecticut,
alors qu’elle se trouvait en Californie. J’ai vécu une expérience de
mort imminente qui m’a permis d’apprendre que nous sommes
davantage que notre corps. J’ai vécu des expériences de vies
antérieures et j’ai des patients qui m’ont transmis des messages par
l’entremise de médiums. J’ai même entendu des voix me parler de
l’Au-delà. Je n’ai pas cherché à vivre ces expériences, mais elles se
sont produites. Au lieu de nier leur réalité parce que je ne les
comprenais pas, j’ai cherché, comme les astronomes et les
physiciens, à accepter ce que j’avais vécu, à explorer l’invisible et à
communiquer avec lui.
Le psychothérapeute Ernest Rossi a observé que « les expériences,
les sensations, les pensées, les images, les émotions et le
comportement que nous avons chaque jour et à chaque heure
peuvent moduler l’expression génétique et la neurogenèse de
manière à changer la structure physique et le fonctionnement de
notre cerveau1 ». Ce qu’il voulait dire est que notre esprit est comme
une télécommande avec un nombre infini de canaux (la conscience
supérieure) et que notre corps est comme l’écran de télévision qui
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affiche le canal que vous choisissez. Si vous vous limitez aux canaux
acceptés par vos pairs, votre vie consistera à demeurer dans les
limites de leur discipline et votre idée de la réussite sera basée sur la
quantité de reconnaissance que vous avez obtenue. En d’autres
mots, si vous prêtez attention au canal de l’argent plutôt qu’au canal
spirituel, votre vie ne sera que matérialiste et vous baserez votre
réussite sur ce que vous avez accumulé. Mais si vous prêtez
attention au canal spirituel, votre vie consistera alors à améliorer le
monde et vous baserez votre réussite sur ce que vous avez fait pour
améliorer la vie. Vous n’êtes plus gouverné par les règles sociales,
politiques et religieuses. Votre vie, qui est un cadeau de Dieu,
devient un cadeau que vous offrez à Dieu par vos actions.
La conscience peut être ressentie comme un champ universel qui
nous touche tous, et des physiciens quantiques l’ont démontré dans
leurs études. Des livres tels que The Psychobiology of Gene Expression,
d’Ernest Rossi, donnent un aperçu de la façon dont l’esprit universel
fonctionne. Rossi fait référence à une forme d’intelligence qui
communique au moyen des changements dans nos gènes. Il écrit : «
Cette catégorie particulière de gènes (les gènes précoces immédiats)
peut réagir en quelques minutes d’une manière adaptative aux
signaux psychosociaux et aux événements marquants dans la vie.
Les gènes précoces immédiats ont été décrits comme étant les
médiateurs, nouvellement découverts, entre l’inné et l’acquis : ils
reçoivent des signaux de l’environnement pour activer les gènes qui
codifient la formation des protéines qui actionnent ensuite les
fonctions adaptatives des cellules en santé et malades. Les gènes
précoces immédiats intègrent le corps et l’esprit ; ce sont des joueurs
clés en médecine psychosomatique, en guérison du corps et de
l’esprit et dans les arts thérapeutiques2. »
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Si vous avez de la difficulté à croire que les gènes peuvent
communiquer des messages qui initient des réactions immédiates de
survie, pensez à la façon dont les bactéries apprennent à résister aux
antibiotiques, à celle dont les virus résistent aux antivirus, à celle
dont les blessures des êtres vivants guérissent, à celle dont les êtres
vivants résistent aux parasites, etc. Tous ces processus exigent une
forme d’intelligence qui comprend la situation et demande au reste
des cellules du corps de réagir d’une manière désirée. Et cela doit
s’effectuer à l’échelle des gènes pour que ce savoir soit transmis aux
générations futures.
Nos connaissances et nos souvenirs sont non seulement
emmagasinés dans notre cerveau, mais aussi dans les cellules de
notre corps. Cela devient plus apparent quand une personne qui
reçoit une transplantation d’organe se réveille après l’opération en
ayant de nouveaux souvenirs uniques et des préférences
appartenant à son donneur. Peu de temps après avoir reçu une
transplantation cardio-pulmonaire à l’hôpital Yale-New Haven, on a
demandé à Claire Sylvia ce qu’elle désirait plus que tout et elle a
répondu :
— En fait, je meurs d’envie d’une bière3.
Elle s’est demandé pourquoi elle avait dit cela. Elle ne buvait
jamais de bière ; elle n’aimait même pas la bière. Il s’avère que son
cœur venait d’un adolescent qui adorait la bière et qui roulait en
motocyclette. Il lui est plus tard apparu dans un rêve et lui a dit son
nom. Elle a fini par retracer sa famille grâce à la notice nécrologique
de leur garçon ; elle les a rencontrés et en a appris davantage sur ce
dernier. Claire, dont je parle plus loin dans le chapitre 4, m’a
demandé d’aller la voir parce qu’elle savait que je l’écouterais, même
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si tout le monde croyait qu’elle était folle. Elle a raconté son
expérience dans un livre, Mon cœur est un autre.
Une autre forme d’intelligence invisible et de communication à
l’extérieur du corps est décrite dans le livre de Lynne McTaggart, Le
champ de la cohérence universelle. Elle écrit : « Les physiciens
spécialisés en physique quantique avaient découvert dans le monde
subatomique une propriété étrange appelée « non-localité ». Par
cette propriété, une entité quantique, comme un électron isolé, peut
avoir un effet instantané et à distance sur une autre particule
quantique, même en l’absence d’échange de force ou d’énergie entre elles.
Ce phénomène laissait donc entendre qu’une fois les particules
quantiques en contact, elles maintiennent entre elles un lien même si
elles sont séparées4. »
La preuve qu’il existe une communication invisible entre des
particules plus petites que des atomes a été faite depuis longtemps.
Par exemple, les mutations biologiques qui se produisent chez une
variété de plantes dans une partie du monde ont également été
observées dans d’autres parties du monde chez la même variété de
plantes. Le savoir est également transmis, comme lorsqu’une espèce
animale apprend à utiliser un bâton pour accomplir une tâche
particulière et que cette habileté est apprise au même moment, dans
d’autres parties du monde, par la même espèce, même si aucun
moyen de communication visible ou de lien physique n’est présent.
En Angleterre, après des années de livraison du lait à domicile, les
oiseaux ont soudainement appris à ouvrir les bouteilles de lait avec
leur bec. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les livraisons de lait
ont cessé. Puis, quand elles ont repris après la guerre, les oiseaux ont
aussitôt commencé à ouvrir les bouteilles. Étant donné les années
qui s’étaient écoulées, peu d’oiseaux du premier groupe étaient
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encore en vie quand les livraisons ont cessé. Comment les plus
jeunes oiseaux ont-ils compris aussi rapidement comment procéder ?
Après que les physiciens eurent identifié la non-localité (la
propriété subatomique des particules quantiques qui influencent
d’autres particules sans qu’il y ait un échange physique de force ou
d’énergie), des observateurs ont reconnu que cela expliquait certains
phénomènes, comme le fait que des animaux possédaient des
habiletés qui ne leur avaient jamais été enseignées. Ce qui voyageait
à travers le monde et d’une génération à l’autre n’était pas de la
matière, mais de l’intelligence.
Dans la médecine occidentale, quand les médecins entendent une
chose qui ne faisait pas partie de leur éducation ou de leur
formation, ils disent souvent :
— Je ne peux pas accepter cela.
Ce qu’ils veulent dire, c’est :
— Je ne peux pas l’expliquer.
Alors, ils la rejettent. Dans son livre The Energy Cure: Unraveling the
Mystery of Hands-On Healing, William Bengston, Ph. D., a écrit à
propos de sa recherche expérimentale sur des souris à qui il avait
inoculé un cancer virulent qui devait arriver en phase terminale au
bout de quelques semaines. Bengston a formé ses étudiants
chercheurs à utiliser une technique de guérison appelée « défilé
d’images ». Les chercheurs n’avaient jamais pratiqué la guérison, pas
plus qu’ils ne s’y intéressaient ou avaient foi en elle. Dans la majorité
des cas, les souris ont été entièrement guéries. Et les chercheurs ont
obtenu ce résultat à de nombreuses reprises durant les expériences
avec groupe témoin, dans les laboratoires scientifiques de plusieurs
institutions très respectées. Même les pairs de Bengston qui ont
assisté à ces expériences, qui ont vu les contrôles et ont été témoins
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des résultats renversants ont refusé de croire que la médecine
traditionnelle prendrait un jour son travail au sérieux5.
Les expériences de mort imminente nous révèlent que nous
sommes davantage qu’un simple corps physique. Jung disait
souvent que la psyché et la matière sont des aspects
complémentaires de la même chose. Je crois que ces deux aspects
communiquent entre eux au moyen d’images, du langage de la
création et de l’intention. Avec les images qui apparaissent dans nos
rêves et le dessin spontané, nous pouvons accéder à notre sagesse
intérieure et voir la personne authentique que nous sommes
vraiment destinés à être. Nous pouvons chasser les messages
négatifs qui ont été implantés dans notre esprit et transformer nos
pensées en utilisant la visualisation créative et des affirmations
positives pour adopter une attitude qui valorise la vie. Nous
pouvons apprendre à vivre dans le moment présent et à utiliser le
pouvoir de guérison de différentes pratiques quotidiennes telles que
le rire, la méditation et la tenue d’un journal. Aimer et guérir notre
vie ne consiste pas seulement à anéantir la maladie ; cela consiste
aussi à être en santé, en paix et comblé.
Dans L’art de guérir, je parle de tous ces sujets ainsi que des
avantages de travailler avec les animaux, les médiums et les
personnes intuitives, et d’apprendre d’eux. En partageant les
histoires de certains de mes patients, j’espère illustrer de manière
pratique comment d’autres personnes ont obtenu des résultats
positifs en adoptant ces pratiques créatives. Je suggère aussi des
exercices (que j’appelle « l’ordonnance du médecin ») pour vous
aider à explorer votre propre sagesse intérieure.
Depuis que j’ai abandonné la chirurgie pour aider mes patients à
guérir d’une autre façon, je me suis donné le nom de « chirurgien
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jungien ». Pour aider mes patients, j’utilise maintenant d’autres
outils que les instruments chirurgicaux. Ces outils comprennent
entre autres une boîte de crayons de cire, un pistolet à eau, une
crécelle et un marqueur. Dans ce livre, vous allez lire à propos du
groupe de thérapie pour les patients cancéreux exceptionnels
(Exceptional Cancer Patients — ECaP) que mon épouse Bobbie et
moi avons créé. Le groupe continue de se voir régulièrement et il a
aidé des centaines de patients à guérir leur vie ainsi que leur corps.
Les gens possèdent en eux le potentiel de s’autoguérir. J’ai vu à de
nombreuses reprises mes patients obtenir des résultats positifs en
adoptant certaines des techniques et des attitudes décrites dans ce
livre.
Sur mon site Web, au www.berniesiegelmd.com, j’offre des livres
et des CD de méditation, ainsi que des conseils individuels dans la
section « Ask Bernie a Question ». Dans les nombreux articles et
entrevues affichés sur le site, je recommande des outils créatifs qui
guident les gens dans leur processus de décision, que ce soit dans
leur vie quotidienne ou lorsqu’ils rencontrent différentes difficultés.
L’art de guérir a pour but de leur fournir davantage d’outils et d’aider
les gens à vivre (ou à mourir) avec un sentiment d’harmonie, de
plénitude et de paix.
Je veux partager ma méthode de chirurgie jungienne avec le
monde entier, en particulier avec les professionnels de la santé, les
patients et leur famille afin qu’ils comprennent combien les aspects
somatiques de la santé et de la maladie sont inséparables de
l’intégration naturelle de l’esprit, du corps et de l’âme. Nous
dépensons beaucoup de temps et d’argent à explorer l’espace, mais
notre espace intérieur offre les mêmes merveilles et le même
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mystère, et il devrait faire partie de notre formation médicale
professionnelle.
Quand nous ouvrons notre esprit et que nous sommes à l’écoute
de notre sagesse intérieure et de la conscience supérieure, nous
entreprenons alors un voyage enrichissant et parfois miraculeux vers
la santé et l’autoguérison. Quand nous acceptons d’effectuer ce
voyage, nous devenons des artistes et notre vie devient la toile. Je
vous invite maintenant à avoir la curiosité et l’ouverture d’un enfant.
Prenez ma main et avancez avec moi à travers ces pages. Vous allez
bientôt découvrir, tandis que nous cheminons ensemble, que vous
avez créé, pratiqué et fait l’expérience de l’art de guérir. Quand nous
laissons l’artiste vivre en nous, nous devenons des êtres stimulants
et créatifs qui profitent à tout notre entourage. Alors, lisez ce livre,
saisissez votre pinceau et votre palette et commencez à vivre votre
vie authentique.
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Chapitre 1
L’ÉVEIL DU MÉDECIN
Bien enfouie dans notre inconscient, tapie au fin fond de notre mémoire, se trouve la
connaissance de tout ce que nous devons savoir sur la vie.
— RABBIN NOAH WEINBERG
I maginez ce que vous ressentez quand vous regardez une personne
dans les yeux et que vous lui dites :
— Vous avez un cancer de stade 4.
Sa vie entière vient de basculer. Vous voyez l’expression dans son
regard et dans celui des proches qui l’ont accompagné. Imaginez ce
que vous ressentez quand la patiente est seule, sans personne pour
la soutenir quand elle apprend la nouvelle. Dans un cas comme dans
l’autre, vous êtes sa bouée de sauvetage et sa source d’espoir. Vous
êtes son guide de vie sur le chemin de la survie et vous pouvez
l’aider à atteindre son plein potentiel au moyen de l’autoguérison.
Je suis devenu médecin parce que j’aime les gens et que je voulais
les aider à aller mieux quand ils étaient malades. Mais après des
années de pratique en tant que pédiatre et chirurgien, et après avoir
effectué de nombreuses opérations, je me suis un jour senti anéanti
quand j’ai pris conscience que je ne pouvais pas guérir tous mes
patients. Je souffrais beaucoup et je n’avais personne à qui en parler.
J’étais également fâché que ma formation de médecin ne m’ait pas
préparé à composer avec la vie des gens ; elle ne m’avait enseigné
que la mécanique de la médecine et de la chirurgie. J’ai même écrit
aux doyens de la faculté de médecine où j’avais étudié pour leur dire
qu’ils avaient fait de moi un merveilleux technicien, mais qu’ils ne
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m’avaient pas appris comment prendre soin de moi ou de mes
patients.
Un médecin à la retraite qui est allé à l’école religieuse et est
devenu aumônier à la faculté de médecine de Yale a effectué une
étude au cours de laquelle il a demandé à des chirurgiens comment
ils se sentaient en tant que chirurgiens. À chaque répondant, il a dû
répéter de trois à cinq fois la question avant que la personne cesse de
commencer sa phrase par « Je crois… ». Quand ces chirurgiens ont
finalement utilisé les mots « Je me sens… », la plupart ont dit que
c’était pénible et ils ont admis qu’ils ne voulaient pas connaître leurs
patients.
Beaucoup d’autres études ont révélé que le taux de dépression,
d’épuisement professionnel et d’idées suicidaires est plus élevé chez
les chirurgiens que dans la population en général, et que lorsqu’une
erreur chirurgicale est commise ou qu’une opération chirurgicale ne
parvient pas à guérir un patient, les chirurgiens souffrent encore
davantage. Parmi les professions soumises à des niveaux élevés de
stress (comme la police, les travailleurs sociaux, les enseignants et les
infirmières), ils sont également ceux qui sont les moins susceptibles
d’aller chercher de l’aide psychologique ou autre.
Parce qu’ils essaient d’éviter toute souffrance émotionnelle, les
chirurgiens se distancient souvent de leurs patients et font référence
à eux en nommant plutôt leur diagnostic ou leur maladie, le numéro
de leur chambre d’hôpital ou leur traitement. J’ai entendu des
médecins discuter de leurs patients avec des collègues en faisant
référence à eux comme étant « la double mastectomie » ou « le
glioblastome », même quand le patient pouvait les entendre. Quelle
image vous vient à l’esprit quand je dis « double mastectomie » ?
Voyez-vous le visage d’une femme qui a une famille, un mari et des
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enfants qui l’aiment ? Non. Vous ne voyez que l’ablation de ses seins
et les cicatrices sur son corps.
Je crois qu’un médecin qui voit ses patients sans savoir comment
les écouter et communiquer avec eux est comme un prêtre qui ne sait
pas comment s’adresser à Dieu. Quand un patient sent que son
chirurgien ne le voit pas comme un être humain, sa maladie et son
traitement deviennent alors une source de grande frayeur ; le patient
peut se sentir isolé et impuissant, ce qui atteint sa capacité de survie.
Plus j’ai pratiqué en tant que chirurgien, plus il m’est devenu
difficile de ne pas avoir l’impression de décevoir mes patients et
moi-même. Je ne comprenais pas pourquoi Dieu avait créé un
monde aussi imparfait. En 1977, j’ai entendu parler d’un atelier
appelé « Les facteurs psychologiques, le stress et le cancer », animé
par Carl Simonton, un radio-oncologue.
Durant les premières années de sa carrière, il a observé que
lorsque des patients atteints d’un cancer similaire recevaient la
même dose de radiation, les résultats de leurs traitements variaient
considérablement. Il a relevé les variables entre les patients et a
constaté que la seule différence statistiquement significative semblait
être leur attitude et leur volonté de vivre. Il en est venu à la
conclusion que les gens qui ont une attitude plus positive vivent
habituellement plus longtemps et souffrent moins des effets
indésirables de la radiothérapie.
Simonton a ajouté à ses techniques thérapeutiques des conseils en
matière d’habitudes de vie, qui comprenaient la méditation et
l’imagerie mentale, et il a aidé à rompre le modèle rigide des
pratiques médicales établies de l’époque. Les résultats de sa
recherche indiquaient que lorsque des conseils en matière
d’habitudes de vie étaient intégrés au traitement médical des
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patients atteints d’un cancer à un stade avancé, leur période de
survie doublait et leur qualité de vie était améliorée. Simonton a
publié les résultats de ses études dans des journaux médicaux et
dans Guérir envers et contre tout, un livre qu’il a coécrit avec son
épouse, Stephanie Matthews-Simonton (une psychologue) et James
Creighton1.
J’avais hâte d’assister au séminaire de Simonton et d’apprendre
des habiletés qui m’aideraient moi et mes patients. J’avais présumé
que l’atelier avait été conçu pour des médecins et d’autres personnes
du milieu médical ; j’ai donc été surpris de voir que j’étais le seul
médecin dans la salle. À l’exception de deux psychologues, toutes les
autres personnes étaient des patients atteints du cancer.
Dans le cadre de mon travail de chirurgien, il m’arrivait souvent
de visualiser en détail la procédure chirurgicale, la veille de
l’opération, afin de me préparer aux structures anatomiques sur
lesquelles j’opérerais et de prédire quels obstacles pourraient se
présenter durant l’opération, mais je n’avais aucune expérience en
matière d’imagerie mentale guidée. J’étais donc plutôt sceptique
quand Carl Simonton a fait jouer une musique douce et a demandé
aux personnes dans la salle de fermer les yeux. J’étais assis à côté
d’un de mes patients, dans la première rangée, et quand Carl m’a
regardé, je n’ai pas voulu qu’il croie que je refusais de participer,
alors j’ai fermé les yeux. Quand Carl a dit :
— Vous allez voir votre guide intérieur s’approcher de vous…
J’ai pensé : « C’est complètement insensé ; je ne suis pas venu ici
pour ce genre de chose ».
Je suis un artiste — un peintre —, ce qui signifie que je suis une
personne visuelle. Malgré mon scepticisme, j’ai fermé les yeux et j’ai
écouté la voix de Carl, et j’ai vite commencé à avancer dans
23
l’imagerie guidée, en visualisant les choses avec clarté et beaucoup
de détails. J’ai vécu une expérience incroyable. Soudain, la question
n’était plus « Qu’est-ce que je crois ? » mais « Qu’est-ce que je viens
de vivre ? ».
Durant chaque exercice auquel nous avons participé, mon esprit
s’est ouvert à des choses qui ne m’avaient jamais été présentées
durant ma formation professionnelle. Ma perception des choses a
commencé à changer. J’ai regardé avec fascination les participants,
qui étaient visiblement détendus et qui avaient une expression de
joie, d’espoir et de sérénité sur leur visage. Plutôt que de se sentir
victimes de leur maladie, les patients en sont venus à comprendre
qu’ils possédaient en eux de puissantes ressources pour guérir et
résoudre des problèmes.
En 1979, je suis retourné à mon bureau trois jours après avoir
assisté à un autre séminaire, donné cette fois-ci par Elisabeth KüblerRoss. À la fin de la journée, un de mes partenaires, Dr Richard
Selzer, m’a dit :
— Tu vas partir.
— Que veux-tu dire ? lui ai-je demandé.
— Tu es une personne complètement différente. Tu vas
abandonner la chirurgie.
Il pouvait sentir le changement qui s’était produit dans ma
conscience et il voyait intuitivement ce que je ne voyais pas. Il avait
raison. Moins de 10 ans plus tard, j’ai abandonné la chirurgie pour
m’adresser aux gens et les aider à guérir d’une autre manière.
Comment avait-il su quel était mon avenir ? Quelle intuition l’avait
traversé et d’où était-elle venue ?
Quand j’ai assisté au séminaire d’Elisabeth Kübler-Ross, le travail
que nous avons effectué avec le dessin spontané m’a permis de
24
découvrir, en quelques heures, des révélations incroyables et de
l’information à propos de ma vie. En raison de ma formation de
chirurgien et de mes connaissances de l’anatomie, je voyais
également des choses dans les dessins des autres qu’un
psychothérapeute ne verrait pas normalement, en particulier la
structure des différentes maladies et les traitements qui étaient
inconsciemment révélés dans ces dessins. L’inconscient s’exprimait
dans des objets normaux, comme les arbres, les nuages et les gens,
en illustrant le véritable état physique, émotionnel et spirituel du
patient. Les images sont devenues les symboles de la vérité
intérieure et extérieure de chaque personne. Durant ce séminaire, j’ai
appris que Carl Jung était fasciné par les connaissances qu’avait
l’inconscient d’un individu à propos de son corps et de sa psyché,
comme le révélaient les dessins de ses patients.
Je suis alors devenu un croyant et la boîte de crayons de cire est
devenue un de mes outils thérapeutiques. J’ai commencé à
demander à mes patients et à leur famille de me faire des dessins.
Cela nous aiderait à prendre des décisions thérapeutiques basées
non seulement sur notre intellect, mais aussi sur un savoir intérieur ;
et cela nous aiderait à comprendre les relations familiales et les
problèmes psychologiques. J’étais fâché que la signification des
dessins et des rêves, en lien avec des facteurs physiques et
psychologiques, ne fût pas systématiquement enseignée dans les
facultés de médecine. Je n’ai pas encore rencontré un étudiant en
médecine ou un médecin qui se soit fait dire durant sa formation que
Carl Jung a pu diagnostiquer une tumeur au cerveau à partir du rêve
d’un patient2.
Quand j’ai pris conscience de toutes les connaissances que je ne
possédais pas, malgré les nombreuses années passées à la faculté de
25
médecine, j’ai communiqué avec des thérapeutes jungiens pour
explorer leur travail et leur sagesse. Gregg Furth, psychanalyste
jungien et auteur de The Secret World of Drawings3, m’a guidé, ainsi
qu’une autre psychanalyste jungienne, Susan Bach, auteure de Life
Paints Its Own Span. Son livre est basé sur ses études de dessins
réalisés par des enfants atteints de la leucémie. Elle avait elle aussi
pris conscience des aspects psychologiques et physiques qui étaient
révélés dans les dessins des enfants. Les indices somatiques et
organiques aidaient à poser un diagnostic, à traiter l’enfant et à faire
un pronostic ; les dessins sont devenus un important outil de
communication pour le médecin, le patient et sa famille4.
Je n’oublierai jamais la note que j’ai reçue de Susan Bach après lui
avoir écrit pour lui dire ce que j’avais découvert dans les dessins de
mes patients. Elle m’a répondu : « Calmez-vous ; nous savons tout
cela. » Cela fait longtemps que les psychologues ont observé un
changement dans la santé physique des gens quand ces derniers
retrouvaient une vie équilibrée. Dans mon excitation, j’ai également
écrit aux rédacteurs en chef de journaux américains en psychologie
et j’ai eu pour réponse que cette information était « pertinente, mais
pas intéressante », tandis que les rédacteurs en chef de journaux en
médecine m’ont dit qu’elle était « intéressante, mais pas pertinente »
pour leurs publica-tions. La réaction de ces rédacteurs en chef, ainsi
que celle de Susan Bach, m’a confirmé que ce que les professionnels
de la santé mentale du monde entier savaient à ce sujet et acceptaient
était cohérent.
Avant d’assister à des ateliers, quand je voyais mes patients, je
voyais leur cancer. Je me concentrais sur les aspects physiques de
leur maladie et je me disais que j’étais responsable de les guérir.
Après les ateliers, j’ai commencé à voir mes patients comme des
26
êtres humains qui ont la capacité et le potentiel de guérir. Je leur ai
consacré plus de temps pour les écouter et leur poser davantage de
questions comme : « Pouvez-vous me décrire ce que vous ressentez
et ce que vous vivez ? » Des mots comme « confusion », « échec » et «
épuisant » sortaient de leur bouche. Si un patient me disait :
— Je ressens comme une pression dans le dos et sur mes épaules.
Je lui demandais alors :
— Que se passe-t-il dans votre vie qui pourrait être décrit comme
de la pression et qui crée une tension chez vous ?
Le patient parlait inévitablement d’une situation actuelle ou
récente dans sa vie qu’il avait associée avec le sentiment de porter un
poids sur ses épaules ou de ployer sous le poids des responsabilités.
En faisant un lien mental entre son émotion et son état physique, il
pouvait alors mieux explorer des façons d’apporter des changements
dans sa vie pour atténuer ce poids et donner une meilleure chance à
son corps de guérir. Certains patients ont commencé à guérir quand
ils ont vu leur maladie comme une bénédiction, une sonnette
d’alarme ou un nouveau commencement.
UNE APPROCHE DIFFÉRENTE
Maintenant que je me concentrais sur les aspects positifs de mes
patients et sur les buts que nous voulions atteindre, je ne me sentais
plus isolé et accablé par mes responsabilités. Une de mes patientes
m’avait dit à l’atelier de Simonton :
— Bernie, je me sens mieux quand je suis dans ton bureau, avec
toi, mais je ne peux pas t’emmener chez moi. Je dois apprendre
comment vivre entre mes visites à ton bureau.
En entendant cela, je me suis dit : « Eh bien, je n’ai pas à éprouver
un sentiment d’échec. Même si je ne peux pas guérir leur maladie,
j’ai tout de même accompli quelque chose pour eux en les aidant à
27
vivre. » J’ai donc envoyé une lettre à une centaine de patients atteints
d’un cancer pour leur dire que s’ils voulaient vivre et jouir d’une vie
plus longue et meilleure, ils n’avaient qu’à venir assister à une
rencontre.
Je n’avais aucune idée du nombre de personnes qui répondraient à
la lettre. À ce moment-là, je pensais : « Si j’avais le cancer et que mon
médecin m’envoyait une lettre me proposant d’essayer quelque
chose de nouveau, ne dirais-je pas à tous ceux que je savais atteints
du cancer de venir à la rencontre ? »
Quelques heures avant le début de l’atelier, j’ai paniqué.
J’imaginais que plusieurs centaines de personnes étaient venues et
qu’elles formaient une longue file à l’extérieur de l’immeuble. Où
allais-je faire asseoir tous ces gens ? Mon épouse Bobbie, qui m’aidait
à organiser l’atelier, m’a rappelé que toutes les nouvelles aventures
doivent commencer quelque part et que peu importe ce qui
arriverait, nous avancions au moins dans une direction positive. Elle
m’a lancé quelques-unes de ses plaisanteries et nos rires m’ont aidé à
me détendre.
À l’heure où l’atelier devait commencer, moins d’une douzaine de
femmes étaient présentes. J’étais stupéfait. J’ai compris qu’il me
faudrait accepter le fait que j’ignorais quelle était la volonté de vivre
de mes patients ou leurs motivations et désirs réels. Ma femme m’a
dit que comme la majorité de mes patients atteints d’un cancer
avaient reçu l’invitation, mais qu’ils n’avaient pas saisi l’occasion
d’assister gratuitement à une rencontre qui pourrait les aider, ceux
qui étaient venus devaient être des patients exceptionnels ; elle a
donc appelé notre nouveau groupe les Exceptional Cancer Patients
ou ECaP (patients cancéreux exceptionnels).
28
Mes patients sont devenus mes enseignants. Une des choses les
plus importantes qu’ils m’ont enseignée est que nous sommes tous
capables d’avoir un comportement exceptionnel et que quand nous
apprenons à le mettre en pratique, nous prenons conscience de notre
propre potentiel de guérison. Les rencontres ont procuré aux
membres de notre groupe tellement de bienfaits physiques,
spirituels et psychologiques que beaucoup d’entre eux ont acquis
auprès de mes collègues de l’hôpital la réputation d’être « un des
patients fous de Bernie ». On pouvait entendre les médecins dire :
— Ce groupe de Bernie… Ils semblent un peu cinglés, mais ils ne
cessent d’aller mieux.
La description « un des patients fous de Bernie » est donc devenue
un compliment.
Le groupe des ECaP existe encore. C’est la combinaison d’une
thérapie individuelle et d’une thérapie de groupe qui utilise la
méditation, la visualisation créative, le dessin spontané, les rêves,
l’humour et l’exploration des sentiments. Il est basé sur une douce
confrontation : une confrontation sûre, aimante et thérapeutique qui
facilite les changements apportés au mode de vie, la revendication
du pouvoir personnel et la guérison de la vie de l’individu.
Je suis heureux de dire que plus de 30 ans après la création du
groupe des ECaP, les centres du cancer des quatre coins du pays font
de la thérapie de groupe faisant appel à plusieurs méthodes. Le
besoin d’encourager davantage une approche esprit-corps-âme dans
la médecine traditionnelle demeure grand, surtout dans la formation
des professionnels de la santé. Mais les études scientifiques et les
attitudes changent lentement et la direction qu’a prise ce
changement a souvent été positive.
29
Dans ce livre, j’espère offrir non seulement de l’information, mais
aussi de l’inspiration. Dans chaque chapitre, je fournis des éléments
théoriques appuyés par des histoires concernant mes patients, et je
recommande des exercices qui vous donnent l’occasion d’essayer
chacun de ces outils de guérison complémentaires.
30
Chapitre 2
LA SOURCE, LA SIGNIFICATION ET LA VALIDITÉ
DES SYMBOLES
Quand l’âme veut faire l’expérience de quelque chose, elle projette une image devant elle et
plonge dedans.
— MAÎTRE ECKHART
J e suis souvent émerveillé par l’intelligence qui se trouve dans les
graines et je me demande quelle image de la vie elles renferment
dans leurs cellules. Comment une graine sait-elle ce qu’elle doit
devenir et comment favoriser sa croissance ? Ce qui m’impressionne
encore davantage est de voir une pousse s’élever à travers la
chaussée. Comment les graines savent-elles par où se frayer un
passage quand la lumière et la chaleur sont bloquées ? Et pourquoi
n’abandonnent-elles pas quand elles constatent qu’il y a de
l’asphalte au-dessus d’elles et qu’elles vont se buter à un mur de
pierre ? J’ai utilisé des exemples du comportement des plantes pour
inspirer ma famille et mes patients. Les plantes possèdent une source
de sagesse dans leurs gènes ainsi qu’un sens de la gravité. Elles ne
cèdent pas face à l’adversité quand elles se butent à des obstacles ;
elles se fraient un chemin ou trouvent de nouvelles façons
d’atteindre la lumière. Alors, qu’est-ce qui incite les plantes à
progresser et à ne pas céder face aux obstacles ?
La clé pour toutes les formes de vie est la communication. Cela
comprend la capacité de communiquer entre eux que possèdent tous
les organismes unicellulaires, de même que les organismes plus
complexes tels que les êtres humains. Cela fait également référence à
31
l’échange d’information entre les systèmes, les organes et les cellules
à l’intérieur de chaque corps et avec la conscience supérieure qui
englobe toute la création.
La communication entre les cellules a évolué quand les organismes
unicellulaires ont découvert comment transmettre de l’information
vitale en modifiant la chimie de leur environnement. En présence
d’un danger, elles sécrétaient des substances qui leur permettaient
de former des boules de cellules qui pouvaient survivre dans des
conditions de vie difficiles, comme lors des sécheresses ou des
fluctuations de la température. Il est également possible d’observer
ce genre de regroupement chez des créatures beaucoup plus
complexes, comme les troupeaux d’animaux ; c’est le cas, par
exemple, des éléphants et même des baleines grises, quand elles
encerclent les membres plus vulnérables de leur communauté pour
les protéger des prédateurs.
Les organismes en évolution ont compris la différence entre un
comportement qui assure leur survie et un comportement
autodestructeur, autant consciemment qu’inconsciemment ; ainsi,
l’intelligence de leurs prédécesseurs a pu être transmise aux
individus vivants de chaque espèce. L’espèce humaine est
confrontée à des difficultés quand nous ne prêtons pas attention aux
messages de danger parce que notre « état de conscience » nous
distrait. Notez que je n’ai pas dit notre « intelligence ».
Si nous grandissons en recevant des messages aimants et
encourageants des figures d’autorité dans notre vie, nous réagissons
face au danger et nous protégeons notre santé et notre vie parce que
nous avons une bonne estime de nous. Nous nous comportons
intelligemment et nous prêtons attention aux signaux inconscients
que nous transmettons à notre corps et à ceux qu’il nous envoie.
32
Mais si nous grandissons en étant rejetés, nos réactions et nos choix
deviennent autodestructeurs plutôt que sains. Quand nous
réagissons de manière appropriée aux signaux de notre corps, la
communication intracellulaire vise à améliorer la qualité de notre
vie, mais quand nous les ignorons, que nous les nions ou que nous
vivons dans la peur, ils peuvent entraîner des maladies.
Pensez à l’homme qui, à la demande de son patron, accepte tout le
temps de faire des heures supplémentaires, sans écouter les signaux
qui disent que son corps est épuisé en raison du stress lié à la
surcharge de travail. Quand l’homme ignore les signes de fatigue et
qu’il ne prend pas soin de lui, son corps pourrait réagir en tombant
malade parce que la maladie lui permet de cesser de travailler. Il
pourrait souffrir du syndrome du lundi matin — nommé ainsi parce
que c’est la journée où les crises cardiaques, les suicides, les
accidents vasculaires cérébraux et les maladies sont les plus
nombreux. Par contre, s’il se réveille en appréhendant la journée,
qu’il sent sa pression artérielle augmenter et qu’il est à l’écoute de
son corps, il va prendre conscience qu’il doit se trouver un autre
emploi moins stressant, un emploi qu’il aime, ou changer son
attitude envers son travail et son patron. Une fois qu’il aura changé
ses messages intérieurs, son corps va réagir en retrouvant la santé.
L’imagerie est un mécanisme de communication. Avant qu’une
information soit transmise, elle doit prendre la forme d’un schéma
ou d’un code. Ce schéma peut tracer une figure, comme un patron
de couture le fait. Le code peut formuler une pensée, comme une
abeille qui danse pour montrer à ses pairs où se trouve le nectar, ou
il peut prédire une action, comme lorsque le feu de circulation
devient vert. Une fois qu’une intention existe, une image est née et la
communication commence. La communication peut être un message
33
simple, comme lorsqu’un commutateur dit « Allumer » ou «
Éteindre », ou le message peut être composé d’une série complexe
d’images qui ont mené à la construction d’une cathédrale, telle que
celle illustrée par l’histoire de mon ami.
Près de la ville de Wells, en Angleterre, il y a un cottage en pierres
qui se trouve au bord d’un ancien bosquet. Quand Harry a acheté la
propriété, il a découvert derrière celle-ci les restes d’une carrière
abandonnée qui avait fourni les pierres utilisées pour construire la
cathédrale de Wells, en 1175. J’ai été fasciné d’apprendre de Harry
qu’une partie de sa maison avait appartenu à un des ouvriers
d’origine de la carrière, ce qui en faisait une habitation presque
millénaire.
— Sous les racines des arbres et la mousse, m’a-t-il raconté, j’ai
trouvé de gros blocs de pierre avec des marques de ciseau encore
visibles. Plus tard, quand je me suis retrouvé sous les magnifiques
arches de la cathédrale, j’ai été frappé par l’ampleur du travail.
Grâce à l’imagination d’un homme, à son désir et à son intention,
d’immenses pierres avaient été extraites de la terre, transportées à
huit kilomètres en bas de la colline et sculptées pour créer des
piliers, des murs et le toit voûté complexe de la nef. J’ai eu
l’impression d’être en présence de la main de Dieu et de voir ce
miracle de création illustré par la vision initiale d’une personne. Sans
l’habileté des hommes à visualiser et à communiquer des idées
complexes, aucune cathédrale n’aurait pu être construite.
À un certain degré, toutes les espèces réagissent aux images. Ce
qui rend notre espèce unique est notre habileté à raisonner ; c’est
ainsi que nous utilisons les images. Même les personnes aveugles de
naissance peuvent réagir à des images et à des symboles et les
interpréter. Par exemple, pour lire le braille, il faut avoir la capacité
34
de percevoir et de reconnaître des formes et des schémas particuliers
qui ont une signification.
Quand nous avons évolué pour devenir des êtres humains, nos
interactions avec le monde extérieur sont devenues plus complexes.
Nous avons développé le langage et avons créé des œuvres d’art.
Mais dans notre conscience supérieure dépourvue de mots, nous
avons cherché à obtenir de l’information d’une intelligence
universelle qui ne pouvait être conçue qu’au moyen d’images
visuelles, auditives et tactiles, et nous avons exprimé ce que nous
avons appris avec des histoires et des symboles. Par exemple, les
dessins préhistoriques sur les parois des cavernes et sur les pierres
des déserts illustrent les visions que les êtres humains recherchaient
auprès d’une source invisible durant les périodes de sécheresse. À
d’autres endroits, les illustrations des chamans offraient aux
chasseurs de l’information sur la direction à suivre et sur la distance
à parcourir pour trouver des proies et assurer leur survie.
Les symboles sont une forme de langage qui est compris sans
qu’un mot soit prononcé et qui sert de raccourci mental. Ils peuvent
représenter un objet, une situation, une croyance, un groupe de gens
et de nombreuses autres choses. Un symbole, tel que le panneau de
signalisation rouge et octogonal, peut n’avoir qu’une seule
signification ou, tel qu’un mythe ou une parabole, il peut avoir
plusieurs niveaux et profondeurs. De tels mythes et paraboles sont
des histoires symboliques qui enseignent quelque chose et forment
la structure et les croyances des cultures et des religions. Ces
histoires finissent par faire partie non seulement de la culture, mais
aussi de la psyché des gens.
Les couleurs possèdent souvent une symbolique universelle. Pour
les gens, la couleur rouge prend une connotation émotive (comme
35
face à du sang), la couleur jaune correspond à une énergie qui
réveille (le soleil), tandis que la couleur verte correspond à un
indicateur positif (la croissance). La signification symbolique de la
couleur influe non seulement sur la façon dont nous allons agir, mais
elle communique également avec notre corps, notre esprit et nos
émotions de manière inconsciente.
Dans The Secret World of Drawings, Gregg Furth écrit : « Le symbole
libère une énergie psychique inconsciente et il lui permet de circuler
à un niveau naturel qui donne lieu à une transformation. L’individu
qui est face à une difficulté a alors la possibilité de prendre
conscience d’éléments inconscients, de composer avec eux et ainsi de
transcender le problème. Le problème externe peut encore être
présent, mais il est maintenant compris différemment1. » Cette
nouvelle compréhension est la clé menant à la croissance et à la
survie.
Quand les mots, les sons et les images deviennent des métaphores,
ils ont une plus grande signification dans une simple représentation,
comme le tintement d’une cloche, et ils sont capables de favoriser
une guérison du cœur et de l’esprit. Ces symboles communiquent
avec le corps sous la forme de sentiments, d’humeurs et de réactions
physiques automatiques. Les images symboliques et les sentiments
qui y sont associés peuvent changer notre chimie intérieure.
Par exemple, les adeptes du bouddhisme apprennent à prendre
conscience du calme qui se trouve dans le tintement d’une cloche,
dans leur appel à la prière et dans la méditation. J’enseigne souvent
aux gens à utiliser la sonnerie du téléphone comme une occasion de
pratiquer la pleine conscience. Une femme perturbée qui avait
adopté cette pratique a été sauvée par le signal auditif. Elle avait
sombré dans une profonde dépression et était sur le point de se
36
suicider quand son téléphone a sonné. Le son lui a rappelé de
plonger en elle et de retrouver ce calme inté-rieur. Elle a alors
compris qu’elle n’avait pas besoin de se suicider. Elle avait besoin
d’apprendre à vivre.
Dans les années 1960, l’approche analytique de Carl Jung par
rapport à la psychologie a transformé la compréhension et l’attitude
des psychologues et des sociologues européens et américains. Il avait
étudié la psyché à travers les rêves, les arts, la mythologie, la religion
et la philosophie. Même s’il était psychologue clinicien, il a consacré
la majeure partie de son travail à explorer d’autres champs de
connaissance, y compris la philosophie orientale et occidentale,
l’alchimie, l’astrologie et la sociologie, de même que la littérature et
les arts. Sa théorie de l’inconscient collectif tel qu’exprimé par les
symboles et les archétypes a mené à ce qui est maintenant appelé la
psychologie jungienne.
Selon la définition de Jung, un archétype est un caractère
symbolique qui est compris collectivement par des groupes entiers
de gens à différentes époques. Ces caractères archétypes sont les
symboles des figures d’autorité et des personnes clés dans notre vie.
Les symboles en soi ont une grande influence sur nos sentiments,
nos pensées et notre comportement2.
Jung reconnaissait que notre futur est formé inconsciemment. Il a
également observé que nous agissons comme si des dieux avaient
une emprise sur notre vie et que lorsque nous découvrons les
aspects cachés en nous, nous constatons alors que nous sommes
influencés et changés par de nombreux facteurs invisibles. Pour en
savoir davantage sur le sujet, je vous recommande de lire le livre de
Joseph Campbell, The Hero’s Journey, et la retranscription de ses
entretiens avec Bill Moyers dans Puissance du mythe3.
37
Le Livre des transformations, aussi appelé Yi King, contient la
sagesse des anciens sages chinois, qui ont divisé leurs observations
de la nature en 60 scénarios ou objets visuels. En lançant des
bâtonnets ou des pièces de monnaie, nous obtenons un schéma
composé de 6 lignes droites ou brisées et le symbole qui en résulte,
appelé un hexagramme, représente une des 60 images. La personne
qui consulte cet oracle utilise les interprétations et les commentaires
que les sages ont écrits à propos de cet hexagramme pour en savoir
davantage à propos d’un problème ou d’une situation. C’est fou ce
que cet oracle m’a permis de découvrir durant des périodes de
questionnement. Lors d’une récente période de changement, il m’a
rappelé que j’avais des limites et que je devais en tenir compte, et il
m’a aidé à me souvenir que je ne peux pas tout réparer et que j’ai
moi aussi des besoins.
Quand on a demandé à Carl Jung d’écrire la préface de la
troisième traduction anglaise du Yi King, il a hésité. Il savait qu’il
serait critiqué par ses pairs en présentant un système de divination
pouvant être utilisé pour appliquer à un problème moderne des
interprétations d’un livre ancien en lançant des bâtonnets ou des
pièces de monnaie.
Ayant pris en considération comment cela pourrait perturber sa
bonne réputation, Jung a écrit : « J’ai toujours essayé de demeurer
curieux et non biaisé. Pourquoi ne pas essayer d’établir une
communication avec un livre ancien qui prétend être animé ? » Il a
décidé de lancer les pièces de monnaie et il a demandé au livre ce
qu’il pensait du fait qu’il avait « l’intention de le présenter à l’esprit
occidental ». Il a obtenu l’hexagramme nommé « le chaudron », qui
représentait « un récipient rituel qui contient de la nourriture cuite.
38
Ici, la nourriture doit être interprétée comme étant de la nourriture
spirituelle4. »
De nombreux symboles dans le Yi King n’auraient pas pu
s’appliquer à la question de Jung. En fait, la plupart n’auraient pas
eu de lien avec celle-ci et l’interprétation aurait paru insensée. Mais
l’interprétation des sages à propos du chaudron s’appliquait
tellement bien à la question de Jung que cela l’a encouragé à aller de
l’avant. Il a écrit la préface en se servant de sa propre expérience
avec les pièces de monnaie comme d’un exemple fiable de la
possibilité d’accéder à la sagesse universelle en utilisant une
ancienne méthode chinoise basée sur des symboles.
John Greenleaf Whittier, un ardent défenseur de l’abolition de
l’esclavage et un des « poètes au coin du feu » américains a écrit : «
La nature s’exprime au moyen de symboles et de signes5. » Combien
de fois avez-vous réfléchi à une question et avez-vous trouvé la
réponse en regardant le coucher du soleil ou des oiseaux en train de
se nourrir dans la nature ? Beaucoup plus qu’une simple métaphore
ou une histoire, les symboles peuvent susciter des réactions
émotionnelles, entraîner une guérison et donner des leçons qui
transforment.
J’ai connu une femme qui luttait contre la dépression après avoir
déménagé sur la côte ouest. Malgré la beauté qui l’entourait, elle a
eu des pensées suicidaires un jour qu’elle marchait sur une plage
déserte.
Je désirais vivre à cet endroit depuis des années, mais
maintenant que j’y étais, je me sentais terriblement seule. J’avais
beau regarder au loin, je ne voyais aucun autre être humain à
des kilomètres de distance. J’étais tellement déprimée que même
si quelqu’un avait surgi, je l’aurais évité. Ce sentiment
39
d’isolement m’a presque fait perdre la tête. J’ai essayé très fort
de ne pas paniquer tout en disant « merci » à voix haute dans
l’espoir que la gratitude chasserait mes pensées sombres.
C’est alors qu’une pierre dans le sable a attiré mon regard. Elle
était lisse et plate, et elle avait la forme d’une empreinte de pied.
Je l’ai prise dans ma main. Malgré l’eau froide et le ciel nuageux,
elle renfermait la chaleur du soleil et sa chaleur a commencé à
m’envelopper. Je savais que l’empreinte du pied était un
message qui m’était destiné et je ne me suis plus sentie seule. J’ai
également pris conscience que mon sentiment d’isolement
résultait de mes propres choix.
Moins d’une semaine après, je me suis impliquée dans ma
communauté en faisant du bénévolat ; j’ai aussi commencé à
assister aux rencontres d’un groupe de soutien et à me faire des
amies parmi les femmes du programme en 12 étapes. Il
m’arrivait encore de me sentir seule, mais quand cela arrivait,
j’allais aider quelqu’un d’autre et j’allais me promener en
compagnie d’un autre être humain. La pierre en forme
d’empreinte de pied repose sur mon bureau au moment où
j’écris ces lignes ; elle me rappelle combien je suis aimée et que je
ne suis pas seule.
Pour cette femme, la pierre représentait une histoire à propos
d’empreintes de pied dans le sable. Cette histoire est devenue une
métaphore de la présence de Dieu. Le symbole a transformé son
schéma de pensée ; il l’a réconforté et lui a rappelé qu’elle devait
avancer et agir pour donner un sens à sa vie.
Je cherche moi aussi des signes un peu partout et quand je trouve
un sou noir, j’ai toujours l’impression que je suis sur la bonne voie.
Les mots « In God We Trust » sont gravés sur chaque pièce d’un sou,
40
ce qui me rappelle qu’il faut avoir la foi, et le mot « Liberty », que je
dois être mon moi authentique. Abraham Lincoln me rappelle que je
suis mortel et que je dois prendre les choses un peu plus à la légère.
Il y a une communication cellulaire lorsque des signaux chimiques
et électriques déterminent le comportement des cellules, mais
j’ignore complètement comment la molécule d’une protéine sait ce
qu’elle doit faire. La création est un miracle et elle est au-delà de
notre compréhension. Il est renversant de penser qu’une cellule —
un ovule — puisse se développer et devenir un être humain
composé de tous ces éléments différents qui lui sont propres et qui
savent quel est leur rôle et dans quelle partie du corps ils doivent se
développer pour accomplir leur tâche. Imaginez le nombre infini de
signaux intercellulaires qui doivent être transmis à chaque élément
du corps durant le processus de création d’un être humain viable —
un bébé. Et songez aux signaux que ce corps reçoit après avoir été
formé et durant toute sa vie.
Qu’est-ce qu’une caresse ou une étreinte dit à ce corps à propos de
la vie ? Qu’est-ce que les sentiments de peur, de désespoir et de
dépression non exprimés disent sur le désir de vivre ? Chaque
cellule de notre corps est consciente de notre volonté de vivre, ainsi
que de nos désirs et de nos intentions. L’aspect émotionnel et
l’aspect physique ne font qu’un. L’esprit et la matière ne sont pas des
entités distinctes. Comme Jung l’a dit, la psyché et le soma sont
simplement des aspects différents de l’être unique que nous
sommes.
Tout comme les organismes unicellulaires réagissent à leur
environnement, les cellules de notre corps réagissent aux
environnements physique, mental et émotionnel, autant internes
qu’externes. Une image que nous percevons comme étant négative
41
peut nous éloigner de notre parcours de vie, mais quand nous la
transformons en une image positive, nous pouvons revenir sur la
bonne voie et poursuivre notre parcours de vie, plus forts et plus
sages.
Les êtres humains ont une vision dualiste de la vie : là où il y a de
la lumière, il y a aussi de l’ombre. Cependant, l’ombre correspond
simplement à l’absence de lumière. Quand vous faites face au soleil,
vous ne voyez pas les ombres. Et notre perception des choses influe
sur notre santé. Et cette perception est souvent une question de
choix. La maladie correspond à la perte de la santé et non pas à une
punition. Il faut chercher à retrouver la santé perdue, tout comme
vous chercheriez les clés de votre voiture que vous avez égarées,
plutôt que de présumer que Dieu voulait que vous rentriez à pied à
la maison.
LES SYMBOLES DE LA GUÉRISON
Vous connaissez sûrement le symbole du serpent qui s’enroule
autour d’un bâton. À l’origine, il représentait Asclépios, le dieu grec
de la guérison et de la médecine. Le bâton d’Asclépios, qui est
devenu le logo de différents organismes médicaux du monde entier
(par exemple de l’American Academy of Family Physicians), illustre
cette dualité avec un symbolisme intrigant. Le venin du serpent est
un poison mortel. Mais dans la Chine et l’Inde antiques, il était
utilisé pour soigner divers problèmes de santé, allant de la
dépendance à l’opium aux cancers de la peau et aux troubles du foie.
De nos jours, on l’utilise pour soigner les maladies touchant le
système immunitaire, comme la sclérose en plaques et le sida.
D’après des études expérimentales sur le venin du cobra, celui-ci
ralentirait le taux de croissance de certains cancers.
42
Une autre caractéristique intéressante du serpent est sa capacité de
muer. À la fin de sa mue, il semble venir d’éclore de son œuf, tout
comme une personne malade qui se rétablit d’une maladie en ressort
rajeunie. Quand nous changeons notre perception des choses et que
nous faisons face au soleil plutôt qu’aux ombres, c’est comme si nous
étions des nouveau-nés : notre corps ressent notre amour renouvelé
pour la vie et il peut en résulter une forme d’autoguérison.
Historiquement, le bâton sur lequel s’appuyait le médecin pour
aller visiter ses patients était peut-être réconfortant aux yeux des
gens ou il a peut-être représenté la douleur et la mort, selon l’état du
patient et l’expertise du médecin. Le serpent et le bâton réunis en un
seul symbole rappellent clairement au médecin et au patient les
aspects positifs et négatifs du traitement médical.
En tant que médecin-guérisseur, je préfère me concentrer sur les
symboles qui reflètent le pouvoir de l’amour. Tout en nous aimant
les uns les autres, nous devons nous rappeler que la noirceur, le
froid et la mort spirituelle n’existent que là où il n’y a pas de
lumière, de chaleur ou d’amour. La première image symbolisant la
guérison qui me vient à l’esprit est celle du cœur sur une paume
ouverte. Ce symbole vient d’une secte de Shakers qui s’est établie
dans le nord-est des États-Unis et dont la discipline spirituelle
prônait le dur labeur et la simplicité, ainsi qu’une vie consacrée à
Dieu. La main représente la charité et le cœur, la compassion.
Combinés ensemble, ils représentent un accueil aimant et une
acceptation non moralisatrice ; la main accomplit le geste que le
cœur désire.
L’effet thérapeutique de la compassion est incommensurable. Les
soins sincères qu’un médecin apporte à ses patients favorisent la
guérison et peuvent même éliminer la nécessité d’un traitement
43
médical ou d’une chirurgie. Quand une personne reçoit une
attention aimante, un message vivant pénètre dans son corps à
l’échelle des cellules. Un jeune homme qui mourait du sida m’a déjà
dit qu’il croyait que « ce qui est mal, ce n’est pas la maladie, mais
c’est de ne pas éprouver de la compassion pour la personne qui
souffre de la maladie ».
La compassion ne doit pas nécessairement venir de sources
extérieures. Il est également possible de la trouver en nous-mêmes.
Un des exercices de visualisation que j’utilise avec mon groupe des
ECaP consiste à transformer une peur ou une douleur en une
métaphore visuelle et à travailler avec cette image. Si vous êtes aux
prises avec une peur ou une douleur, essayez l’exercice suivant.
Imaginez que votre peur ou votre douleur est symbolisée par un
bébé qui pleure. Assoyez-vous confortablement, fermez les yeux et
imaginez que vous marchez dans votre maison, guidé par les pleurs
déchirants de cet enfant. En pénétrant dans une pièce, vous trouvez
l’enfant étendu dans son berceau. Prenez-le tendrement dans vos
bras et bercez-le tout en l’apaisant jusqu’à ce qu’il soit réconforté et
qu’il cesse de pleurer. Puis, éloignez doucement le bébé de votre
corps. Soyez conscient que ce n’est pas vous, mais que vous pouvez
l’étreindre et apprendre quelque chose de lui. Quelle leçon ce bébé at-il à vous enseigner ?
Cette métaphore du bébé qui pleure vous enseigne que votre peur
et votre douleur sont une occasion de marcher dans vos parts
d’ombre, d’en prendre soin, de les tenir dans vos bras et de les
apaiser. Il ne faut pas les ignorer ou les nier, mais plutôt les étreindre
et les aimer. Vous pouvez effectuer le même exercice quand vous
rêvez. Au lieu de fuir le démon qui surgit, affrontez-le dans votre
44
rêve ; demandez-lui la raison de sa présence et ce qu’il attend de
vous.
Ce n’est pas par accident qu’un symbole apparaît dans des
cultures, des régions et des pays différents en ayant à peu près la
même signification malgré l’écart physique ou chronologique. Par
exemple, dans la science moderne, un triangle (qui est également le
symbole grec appelé « delta ») symbolise « un changement ». Les
météorologues placent un triangle devant la lettre T pour signifier
un change-ment de température ; une infirmière inscrira un triangle
devant les lettres PA, dans le dossier médical d’un patient, pour
noter un changement dans la pression artérielle.
Le logo des Alcooliques Anonymes est un triangle à l’intérieur
d’un cercle qui signifie que, pour demeurer sobres et jouir d’une
guérison à long terme, ils doivent changer leur comportement et leur
attitude. Les pyramides, construites par des sociétés anciennes dans
les deux hémisphères, représentent la transformation, ou le
changement, de la vie à la mort, de ce monde à l’autre monde. Les
Amérindiens utilisent des triangles sur leurs poteries, leurs objets
tissés et leurs bijoux pour symboliser le portail à travers lequel l’âme
entre dans le nouveau-né ou retourne à ses ancêtres.
Les chiffres sont également des symboles. Par exemple, toutes les
religions et les cultures ont une semaine de sept jours, et le chiffre
sept représente un cycle de vie. Le chiffre huit représente un
nouveau commencement. Le chiffre quatre représente un
achèvement ou une totalité, tout comme la Terre a quatre saisons et
quatre points cardinaux.
Une autre sorte de symbole est composée de plusieurs images qui
forment une métaphore, une parabole ou une histoire. Elle illustre
une leçon ou une notion que les gens peuvent facilement saisir et
45
vivre. J’ai commencé à raconter des histoires pour deux raisons. La
première a été magnifiquement illustrée par l’auteure Isabel Allende
lors d’une conférence qu’elle a donnée il y a quelques années et à
laquelle j’ai assisté. Quand elle a cité un proverbe juif, la leçon qu’il
contenait m’a aussitôt frappé et je ne l’ai jamais oubliée. Le proverbe
posait la question suivante : « Qu’y a-t-il de plus vrai que la vérité ? »
Et la réponse est : une histoire.
Durant les séances scientifiques, j’ai souvent essayé de convaincre
les autres médecins de l’hôpital Yale-New Haven que mes patients
voyaient vraiment leur santé s’amé-liorer après s’être joints au
groupe de soutien des ECaP. Je leur expliquais que quand les gens
guérissent leur vie, leur maladie guérit également. Je leur citais
différents journaux et articles, mais les références que je faisais à des
données scientifiques ne faisaient qu’ouvrir la porte à davantage de
débats. Les médecins me disaient :
— Je ne peux pas accepter cela.
Certains se mettaient même à me crier :
— La méthode expérimentale utilisée lors de cette expérience
n’était pas bonne.
Ou chaque fois que je citais une référence, ils répliquaient :
— Ce n’est pas un bon journal.
J’ai même constaté que lorsque j’essayais d’effectuer une
recherche, les gens me disaient :
— Ce que vous dites n’a pas de sens, alors nous n’allons pas
subventionner votre recherche.
D’autres personnes me répliquaient :
— Vous n’avez effectué aucune recherche, alors pourquoi
devrions-nous vous croire ?
46
J’étais incapable de donner une réponse acceptable dans un cas
comme dans l’autre. Les gens se sont fâchés contre moi et ils ont
finalement effectué des recherches pour prouver que j’avais tort.
Quand les résultats ont plutôt révélé que ce que je disais était vrai,
des membres de la profession médicale ont commencé à s’ouvrir à
de nouvelles possibilités.
Un étudiant de Yale qui rédigeait sa thèse de maîtrise a effectué
une étude auprès de femmes atteintes du cancer du sein et qui
faisaient partie de notre groupe de soutien. Il a obtenu des
statistiques qui indiquaient un meilleur taux de survie parmi les
patientes qui avaient adopté une approche esprit-corps-âme dans un
groupe qui se concentrait non pas sur la maladie, mais sur la
capacité de vivre et d’assumer la responsabilité de son propre
rétablissement. C’était impressionnant. Quand son professeur a vu
ces statistiques tirées de données scientifiquement recueillies, il a
dit :
— Ça ne peut pas être vrai. Tu vas devoir changer le groupe
témoin.
Vous voyez, l’étudiant a bel et bien effectué la recherche et il a
obtenu des résultats que les gens refusaient d’accepter. Son
professeur lui a dit que cela ne pouvait pas être vrai, alors il devait
corriger ses données. J’ai expliqué à l’étudiant que les gens n’étaient
pas obligés de faire partie de mon groupe pour être des survivants,
qu’il y a des patients exceptionnels partout dans le monde. Pour
apaiser son professeur, l’élève a trouvé un nombre suffisant
d’individus dont la santé s’est aussi bien améliorée que celle des
patients de mon groupe de soutien ; ces nouvelles données n’ont
montré aucune différence significative entre les patients qui
adoptaient l’approche esprit-corps-âme durant leur traitement et
47
ceux qui ne l’adoptaient pas. Encore une fois, les médecins m’ont
accusé de mentir parce que « la recherche n’avait rien prouvé ».
J’ai constaté que quand j’allais devant le même groupe de
médecins et que je leur racontais une histoire à propos d’un patient,
personne ne quittait la pièce en colère, étant donné que je ne faisais
que raconter une histoire. Je ne menaçais pas leur système de
croyances. C’était une anecdote, une observation. Mais l’histoire
pouvait avoir un effet significatif. Elle pouvait ouvrir une porte. Par
exemple, si, un mois plus tard, ils avaient un patient « fou » dans
leur bureau, ils avaient tendance à me dire :
— Hé ! Siegel, tu vas aimer cette histoire.
Et nous commencions alors à parler et ils commençaient à ouvrir
leur esprit. Ces histoires sont devenues des symboles du potentiel
humain de l’autoguérison.
Au lieu de refuser catégoriquement de croire à une chose que vous
ne pouvez pas voir, entendre ou ressentir, ouvrez au moins votre
esprit et soyez prêt à prendre en considération de nouvelles idées.
Soyez comme Jung et les grands philosophes. Soyez comme les
enfants et laissez-vous guider par votre curiosité dans les merveilles
de la vie. Prêtez attention aux symboles et aux archétypes, et laissezles être vos enseignants.
Dans les prochains chapitres, nous allons examiner des rêves et
des dessins, et nous allons apprendre comment les symboles qu’ils
contiennent donnent accès à notre sagesse intérieure. L’esprit est un
outil incroyablement puissant qui peut permettre à une personne de
survivre ou de mourir, selon ses croyances. Ce que vous croyez est
communiqué à votre corps et cela influe sur la façon dont les
traitements et leurs effets indésirables agissent en vous.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
48
Parcourez un magazine pour trouver des archétypes et des
symboles. Vous trouverez peut-être un médecin, un juge, une
chandelle, un billet d’un dollar ou une rose rouge. Demandez-vous
si sa signification est personnelle, universelle ou les deux à la fois.
Prenez conscience des émo-tions que le symbole suscite en vous.
Durant la journée, dressez une liste des symboles avec lesquels vous
interagissez consciemment et inconsciemment. Notez le rôle qu’ils
jouent dans vos pensées, vos émotions, votre comportement et vos
choix. Est-ce qu’un des archétypes ou des symboles apparaît
fréquemment dans vos rêves ? Si c’est le cas, que croyez-vous qu’il
vous communique ?
Découpez un symbole qui vous rappelle un sentiment agréable et
collez-le sur votre miroir ou sur votre réfrigérateur ; il s’agit d’une
lettre d’amour à vous-même. Fabriquez des temples d’amour
partout dans votre maison, comme je l’ai fait chez nous.
49
Chapitre 3
LE POUVOIR DE LA VISUALISATION
Chaque patient porte en lui-même son propre médecin.
— ALBERT SCHWEITZER
J e n’étais pas un chirurgien typique parce que j’essayais toujours
d’aider mes patients de manières non traditionnelles. Même si de
nombreux médecins trouvaient mes méthodes complètement folles,
personne n’était contre ce qui fonctionne, alors quand j’obtenais des
résultats positifs auprès de mes patients, l’hôpital décidait d’adopter
mes méthodes. Cependant, je n’ai jamais réussi à convaincre les
administrateurs d’utiliser les téléviseurs dans les chambres des
patients pour les préparer en vue d’une opération au moyen de
l’imagerie guidée.
L’imagerie mentale est différente de l’acte qui consiste à
simplement penser à une chose. La pensée analytique a lieu surtout
dans les régions de l’hémisphère gauche du cerveau, là où le
langage, la planification, le jugement et les chiffres règnent. La
visualisation créative, ou l’imagerie mentale, est un processus qui
fait surtout appel à l’hémisphère droit, ainsi qu’à d’autres régions du
cerveau, étant donné qu’elle nécessite l’utilisation de la vue, de l’ouïe
et de l’odorat, ainsi que de la mémoire, de l’humeur, des émotions,
etc. Le côté créatif du cerveau peut être utilisé pour préparer ou
entraîner le corps et l’esprit en vue d’une expérience, qu’il s’agisse
d’apprendre une tâche, de stabiliser l’humeur, d’améliorer une
performance athlétique ou de guérir un trouble médical.
50
Par exemple, si vous songez à inscrire des citrons sur votre liste
d’épicerie, l’hémisphère gauche de votre cerveau s’active quand
vous pensez « j’ai besoin d’acheter des citrons » et que vous
remarquez qu’ils coûtent 4,39 $ le kilogramme. En guise d’exemple
d’un exercice de visualisation, imaginez que vous tenez un citron
frais dans votre main. Sentez sa peau cirée contre vos doigts et
sentez sa douce odeur citronnée. Maintenant, imaginez que vous
prenez un couteau bien aiguisé et que vous tranchez le citron en
quartiers. Du jus coule et l’odeur citronnée s’amplifie. Prenez un des
quartiers entre votre pouce et vos doigts et pressez-le doucement.
Observez les gouttes de jus qui éclatent et qui coulent de la chair
pulpeuse du fruit. Portez le citron à votre bouche et laissez le jus
couler jusqu’au fond de votre langue.
Vous devriez maintenant percevoir le citron d’une façon
entièrement différente. Tout votre cerveau participe au processus.
Vos glandes ont commencé à saliver et vous avez peut-être fait la
grimace en imaginant le goût amer du citron. Votre corps réagit
comme si vous aviez goûté un vrai citron. Le processus de
visualisation a convaincu votre cerveau que c’était un vrai citron.
Si vous songez à la réaction immédiate que votre corps a eue
durant cette expérience avec le citron, imaginez ce que vous pourriez
accomplir en visualisant que vous vous faites opérer ou que vous
recevez des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie, puis
que vous guérissez sans aucun effet secondaire négatif. J’ai été
témoin de ce phénomène et j’ai entendu des histoires renversantes
de centaines de patients qui ont utilisé ce merveilleux outil mental
pour transformer leur peur du traitement en une puissante et
agréable expérience de guérison.
51
L’imagerie mentale est une technique utilisée depuis très
longtemps dans le monde du sport. Les athlètes ont appris à
visualiser qu’ils réussissent leur mouvement, comme le tir du ballon
au basketball ou un élan au golf, avant même qu’ils ne l’effectuent ;
ils obtiennent ainsi de meilleurs résultats. Mon ami, un golfeur
professionnel, m’a dit :
— Si je visualise clairement la balle en train d’atterrir là où je le
désire, mon corps sait exactement quoi faire pour obtenir cet effet. Je
n’ai pas à penser aux détails concernant ma prise du bâton, ma
position et mon élan. J’imagine seulement le résultat final et je laisse
le reste du travail à mon bâton et à mon élan.
Ce n’est que depuis quelques années que l’imagerie cérébrale peut
mesurer et illustrer l’activité du cerveau avec une grande précision
grâce à des outils technologiques tels que l’imagerie par résonance
magnétique fonctionnelle (IRMf) et la tomographie par émission de
positons (TEP). Ces outils sont devenus d’usage courant et ils
permettent aux scientifiques d’observer en temps réel ce qui se passe
dans le cerveau. À la fin des années 1990, Alvaro Pascual-Leone, de
la faculté de médecine de Harvard, a mené des expériences auprès
de volontaires qui apprenaient un exercice de piano à cinq doigts1.
Sa recherche lui a notamment permis d’observer le même
élargissement de l’aire motrice corticale chez les volontaires qui
s’imaginaient en train d’effectuer l’exercice répétitif que chez les
personnes qui effectuaient réellement l’exercice. Les volontaires qui
avaient fait de la visualisation mentale avaient fait croire à leur
cerveau qu’ils effectuaient bel et bien l’exercice.
J’ai eu l’occasion d’être témoin d’un phénomène semblable. Un
jour, avant d’effectuer une opération mineure dans mon bureau, j’ai
eu une discussion fort intense et intéressante avec mon patient.
52
Pendant que nous parlions, j’ai pris le scalpel et j’ai effectué une
incision. J’ai remarqué que mon infirmière agitait frénétiquement la
main pour attirer mon attention. Puis, elle a pointé la seringue qui
contenait l’anesthésique local, que je n’avais pas injecté. J’ai
demandé au patient comment il se sentait et il m’a répondu qu’il
allait bien, alors j’ai poursuivi l’opération. Par la suite, je lui ai
expliqué que nous avions tous les deux été hypnotisés par notre
discussion et que je n’avais pas utilisé d’anesthésique local pour
rendre insensible la zone opérée. Il a été vraiment surpris. Il croyait
qu’il avait été anesthésié et il n’a ressenti aucune douleur. De
grandes opérations ont également été pratiquées alors que le patient
était sous hypnose et j’ai également recouru aux services
d’hypnothérapeutes dans la salle d’opération.
Mon expérience m’a également montré que lorsque les gens
croyaient recevoir des traitements de radiothérapie, ils avaient des
effets indésirables et leur tumeur diminuait même s’il n’y avait pas
de matière radioactive dans l’appareil en raison d’une erreur de
réparation. On pourrait dire que leur croyance était devenue une
forme d’auto-hypnose ou qu’ils avaient visualisé de manière créative
que la matière radioactive avait accompli sa tâche. Peu importe la
façon dont vous décrivez le processus, leur cerveau avait imaginé
que le traitement avait eu lieu et leur corps avait réagi en
conséquence.
Une femme m’a écrit pour me raconter son expérience avec la
technique de visualisation créative qu’elle avait utilisée après avoir
reçu un diagnostic de cancer du poumon, à l’âge de 32 ans.
Le garçon de ma voisine était en phase terminale d’un cancer
des os après avoir été en rémission durant sept années. Quand
elle a su que j’avais le cancer, cette femme attentionnée a pris le
53
temps de me parler de votre premier livre, L’amour, la médecine et
les miracles, même si elle devait composer avec la maladie de son
propre garçon. Elle m’a expliqué que, dans votre livre, vous
parliez de manger le cancer en visualisant le jeu Pac-Man. J’ai
pratiqué cette visualisation tous les jours et je me suis imaginée
en train de courir un marathon avec des poumons roses et en
santé. Dieu merci, quand je suis retournée pour faire des
radiographies, mon cancer avait disparu, tout simplement
disparu. Mon médecin ne me l’a appris qu’une demi-heure après
le traitement, parce qu’il avait fait le tour de son bureau pour
annoncer la bonne nouvelle à tout le monde !
En aidant mes patients à visualiser leur corps en train d’éliminer la
maladie, j’ai appris à éviter les connotations négatives telles que «
manger » ou « tuer » le cancer. Pour certains patients, l’approche
agressive ne fonctionne pas. Au lieu de leur demander de visualiser
Pac-Man ou des animaux qui mangent leur cancer comme un
morceau de viande, je les aide à se débarrasser de leur maladie d’une
manière aimante, par exemple en visualisant que la lumière de Dieu
fait fondre la tumeur qui a la forme d’un bloc de glace.
Parfois, mes patients me demandent pourquoi les oncologues
recommandent la chimiothérapie quand ils savent qu’elle peut tuer
le patient. Je leur explique que la chimiothérapie peut sauver des
vies et qu’elle y parvient effectivement. La réalité est que tout le
monde meurt, mais que si vous choisissez la voie de la guérison,
l’élément clé à prendre en considération est jusqu’à quel point vous
êtes prêt à souffrir pour renaître et rendre la douleur acceptable.
Quand une personne se concentre sur les aspects négatifs du
traitement, elle doit se réapproprier son pouvoir et avoir l’occasion
de prendre sa propre décision à propos de ce qui est bon pour elle et
54
pas seulement essayer d’éviter de mourir. Les patients ne devraient
pas se concentrer uniquement sur la maladie ; cela donne du pouvoir
à l’ennemi. Voilà pourquoi j’insiste tant sur le puissant partenariat
qu’il doit y avoir entre le patient et le médecin. Dans ce partenariat,
le patient a l’avantage de connaître les différents traitements qui
s’offrent à lui de la bouche d’un médecin spécialisé et le médecin a
l’avantage de l’aider à prendre une décision avec laquelle il est à
l’aise. Par exemple, je rencontre beaucoup de gens qui préfèrent la
chimiothérapie à un régime alimentaire particulier parce que le
régime constitue davantage un problème pour eux que le traitement
médical.
L’esprit est puissant. Si vous voyez le traitement comme un
cadeau de guérison, vous n’aurez pas tous les effets indésirables qui
l’accompagnent. Je demande aux gens de se dessiner avant de
recevoir un traitement ; à partir de ce dessin, nous pouvons dire si le
patient perçoit négativement le traitement. Par exemple, j’ai déjà eu
un patient qui avait dessiné la chimiothérapie comme étant un
poison qui lui était administré ; j’ai alors su qu’il y avait un
problème. Dans pareil cas, nous pouvons utiliser les techniques de
visualisation pour aider l’inconscient du patient à transformer la
pensée négative à propos de la chimiothérapie en une expérience
positive de guérison. Quand un patient est incapable de renverser sa
croyance, je lui recommande de ne pas choisir ce traitement.
J’insiste encore pour dire que lorsque vous êtes confronté à une
maladie potentiellement mortelle comme le cancer, il est essentiel
que vous trouviez un oncologue avec qui vous pouvez
communiquer ouvertement et honnêtement, et sans aucune gêne. La
plupart des oncologues n’ont jamais reçu de chimiothérapie et ils ne
peuvent pas comprendre par expérience ce que les patients vivent.
55
Le patient doit être traité avec compassion et ses choix doivent être
respectés. Quand nous gardons notre pouvoir en tant que patients, le
choix du médecin et du type de traitement nous revient. Comme je
l’ai mentionné, certaines personnes détestent manger des légumes et
préfèrent la chimiothérapie plutôt que d’adopter seulement une
approche nutritionnelle en guise de traitement. D’autres veulent
laisser Dieu les guérir et il n’y a rien de mal à cela. Il est important
que tous les patients soient à l’aise avec leurs choix et qu’ils ne soient
pas fâchés contre eux-mêmes si les choses ne se déroulent pas
comme ils l’avaient souhaité.
Pour trouver un « bon » médecin pour soigner votre cancer,
essayez de trouver un médecin « d’expérience » (c’est-à-dire qui a
déjà eu un cancer) ou dont un proche a souffert de la maladie.
Choisissez aussi un médecin qui accepte les critiques des patients,
des infirmières et des familles. C’est le genre de médecin qui voit les
critiques comme des enseignements et qui apprend de ses erreurs. Il
ne trouve pas d’excuses et ne blâme pas ses patients. Si vous
connaissez quelqu’un qui a été soigné pour un cancer, demandez-lui
comment était son médecin et s’il le recommande. Demandez à une
infirmière quel oncologue elle consulterait si elle avait le cancer.
Le potentiel d’autoguérison est inné en nous ; une entaille dans un
doigt qui guérit d’elle-même en est un exemple. Quand vous
pratiquez l’imagerie guidée, vous reprogrammez votre corps.
L’imagerie guidée peut vous aider à accomplir n’importe quoi, alors
utilisez-la pour devenir la personne que vous voulez être et
accomplir les choses que vous voulez faire. C’est une manière
puissante de donner à votre corps ce dont il a besoin pour être bien.
Les études ont démontré que la chimie corporelle d’un acteur change
selon qu’il joue une comédie ou une tragédie. Alors, répétez
56
mentalement et pratiquez la visualisation jusqu’à ce que vous
deveniez la personne que vous voulez être.
Un jour, Bobbie et moi étions en Floride et nous sommes allés
visiter un ami neurologue. À notre arrivée, il était avec un patient,
alors nous nous sommes assis dans la salle d’attente. Quelques
minutes plus tard, une infirmière est venue nous dire :
— J’emmène une femme dans la salle voisine. Elle va bientôt être
hospitalisée. Je vous le dis pour que vous ne fassiez pas de bruit,
parce qu’elle a beaucoup mal. Elle souffre d’une migraine depuis
une semaine.
Quand l’infirmière a quitté la salle, je me suis dit : « Qu’ai-je à
perdre ? Je pourrais peut-être aider cette femme avec l’imagerie
guidée ou quelque chose du genre. » Je suis donc allé dans la salle
voisine et j’ai demandé à la femme :
— À quoi ressemble votre douleur ?
— On dirait de la pression, a-t-elle répondu.
Si elle avait été ma patiente, je lui aurais ensuite demandé :
— Quelle pression ressentez-vous dans votre vie ?
Mais je lui ai plutôt dit :
— Concentrons-nous sur la pression dans votre tête et dans votre
vie afin de la soulager.
J’ai effectué avec elle un petit exercice d’imagerie guidée pour
soulager la pression, puis je l’ai quittée et je suis retourné m’asseoir.
Quelques minutes plus tard, l’infirmière est revenue dans la salle
d’attente, l’air déconcerté.
— Elle a dit que la douleur avait complètement disparu et elle m’a
demandé de vous dire que la pression était associée à son mariage.
Puis, elle est partie.
57
Nos mots créent des images tout comme nos souvenirs. Ces
images et ces souvenirs sont emmagasinés dans notre corps et quand
ils sont nuisibles, ils finissent par causer des dommages. Il est donc
essentiel de nourrir notre esprit avec des images saines et positives.
Le message de nombreux maîtres spirituels est que nous choisissons
de nous voir non pas en tant que personnes malades et handicapées,
mais entières et pleines de potentiel.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Si ces images intolérables nous rendent malades, nous guérissons grâce à l’imagination.
— JAMES HILLMAN
Trouvez une position confortable. Levez les yeux vers le plafond,
puis laissez vos paupières se fermer lentement tandis que vous vous
concentrez sur votre respiration, en expirant les choses négatives et
en inspirant de l’inspiration. Laissez une vague de paix envahir
votre corps pendant que vous inspirez la vie. Quand vous vous
sentez prêt, faites une longue promenade mentale dans votre corps.
Trouvez les blessures du passé. Aimez ces parties de votre corps ;
voyez-les guérir et redevenir saines et normales. Imaginez que votre
corps effectue ce que vous voulez qu’il accomplisse. Continuez de
marcher mentalement jusqu’à ce que vous ayez visité l’ensemble de
votre corps. Prenez le temps d’apprécier la promenade.
Quand vous avez fini, pensez aux endroits dans votre corps où
vous ressentez ou avez ressenti un malaise ou d’autres symptômes.
Demandez-vous quels mots vous utiliseriez pour décrire votre
expérience du malaise ou des symptômes. Maintenant, pensez aux
relations dans votre vie que vous décririez avec les mêmes mots. Si
une relation ou une situation nuit à votre santé, abandonnez cette
relation ou sortez de la situation. Pensez à quelque chose d’autre
dans votre vie que vous pourriez décrire de la même manière.
58
Quand vous l’aurez trouvé, éliminez-le de votre vie et vous serez
également soulagé de vos symptômes.
En guérissant votre vie, votre chimie intérieure change et votre
corps en bénéficie. Trouvez l’harmonie et le rythme authentiques
pour vous, au lieu d’accepter ceux que les autres vous imposent.
N’ayez pas peur d’imaginer votre moi idéal. Votre corps a le
potentiel de créer tout ce que vous visualisez. Et quand votre santé
n’est pas en cause, voyez comment l’amour peut guérir votre vie et
votre maladie.
59
Chapitre 4
LES RÊVES : L’ATELIER CRÉATIF DU CERVEAU
Le rêve est […] nullement une chose morte qui produit le bruissement d’un papier froissé.
C’est une situation vivante ; c’est comme un animal muni d’antennes ou de nombreux cordons
ombilicaux.
— CARL GUSTAV JUNG
D ans
notre passé lointain, le sommeil était une entreprise
dangereuse. Vous vous étendiez dans votre caverne ou votre abri et
un prédateur pouvait venir avant que de nombreuses heures se
soient écoulées. Beaucoup de créatures ne dorment pas, ou elles
dorment debout, ce qui leur permet de se réveiller et de réagir
instantanément au danger.
Adrian Morrison décrit ce paradoxe dans son article « The Brain
on Night Shift » : « Bien que nos ondes céré-brales soient actives
durant le sommeil paradoxal, nous sommes physiquement paralysés
[…], sans mentionner que nous sommes inconscients de ce qui nous
entoure […]. Nous […] sommes en apparence sans défense, ce qui
soulève des questions surprenantes sur le rôle du sommeil
paradoxal du point de vue de l’évolution1. »
Si nous sommes si vulnérables durant notre sommeil, alors
pourquoi dormons-nous ? En quoi le risque en vaut-il la peine ? Les
rêves donnent l’occasion aux êtres vivants de s’entraîner à adopter
un comportement de survie sur un écran mental. Dans un rêve, nous
pouvons croiser un monstre ou un ennemi, alors que dans la réalité,
ce ne serait pas pratique ni sûr. Nous pouvons avoir le courage de
60
l’affronter et d’apprendre de ce qui nous menace. À notre réveil,
nous pouvons appliquer cette sagesse dans notre vie consciente.
Quand les animaux dorment, des parties de leur cerveau qui
activent leur vue et d’autres sens demeurent éveillées durant leurs
rêves, même si leur corps est au repos. Combien de fois avez-vous
vu un chien endormi qui agite ses pattes comme s’il chassait des
lapins dans son sommeil ? Des athlètes racontent qu’ils pratiquent
leur sport dans leurs rêves, comme si c’était une course d’essai, alors
que des écrivains ont vu des scènes du livre qu’ils étaient en train
d’écrire se dérouler sur la page des rêves. J’ai effectué des opérations
dans mes rêves et j’ai appris de cette expérience autant sur le plan
pratique qu’émotionnel.
J’ai fait un rêve la nuit de la fête des Pères. J’avais gagné à la loterie
et, à mon réveil, j’ai pris conscience que c’était un message à propos
de la vie qui est comme une loterie et combien nos cinq enfants et
leurs familles me donnaient le sentiment d’être un gagnant. Comme
dans ce cas, les rêves peuvent aussi confirmer des choses dans notre
vie qui sont des sources de force et qui sont là pour nous aider.
Je crois que la raison pour laquelle nous dormons n’est pas
seulement de reposer notre corps, mais aussi de laisser une
conscience supérieure nous parler dans nos rêves au moyen de
symboles et d’histoires. J’ai eu de nombreux rêves et des expériences
qui sont devenus des guides person-nels et qui m’ont fait réfléchir à
ma vie et à mes actes, ainsi qu’à la création qui forme un tout. J’en
suis venu à accepter qu’il existe une conscience et que cette
conscience est liée à Dieu… et que la conscience est Dieu parce que
Dieu s’exprime au moyen des rêves et des images — le langage
universel.
61
Les rêves et les dessins contiennent de l’information sur votre
passé, votre présent et votre futur, que vous créez inconsciemment.
J’ai demandé à des patients de faire des dessins en y intégrant des
lieux et des événements, et il s’est avéré qu’ils étaient liés à leur
futur. Un dessin indiquait où un patient allait mourir d’un accident,
tandis qu’une autre patiente avait dessiné en détail sa salle
d’opération (voir la figure 22 dans l’encart), même si ces patients
n’étaient jamais allés à ces endroits avant.
Dans le chapitre 3, nous avons parlé de la visualisation créative.
Tout en écoutant un exemple d’imagerie guidée sur un CD ou celle
donnée par un animateur dans un atelier, nous laissons derrière
nous nos inquiétudes et nos responsabilités. La voix du guide nous
encourage à suivre un parcours dirigé par notre intuition et notre
imagination. En laissant notre esprit conscient basé sur notre ego
lâcher prise, nous pénétrons dans une dimension détendue, sûre et
créatrice, où le corps et la psyché fusionnent. Dans le monde de la
visualisation guidée, nous sommes capables de créer des ponts avec
l’énergie aimante et paisible qui réside en chacun de nous et qui
nourrit, guérit et veille à notre bien-être.
Quand nous rêvons, nous vivons un processus semblable, mais au
lieu d’écouter la voix d’une autre personne, nous devenons notre
propre guide. Le rêve est notre lien avec notre inconscient, notre
âme, notre moi supérieur.
Le langage des rêves est en majeure partie formé d’images,
souvent de symboles, qui utilisent tous nos sens et toutes nos
émotions. Plus les images sont étranges, plus notre inconscient veut
attirer notre attention. Les images dans les rêves sont toutes des
aspects de différentes parties du rêveur. Souvent, quand vous
62
décrivez ce qui était dans votre rêve, vous prenez conscience de ce
que cela représente dans votre vie ou par rapport à votre corps.
Par exemple, si vous ressentez beaucoup de stress en raison des
défis incessants auxquels vous avez été confronté durant la journée,
vous pourriez rêver que vous êtes poursuivi par une foule en colère.
Avec vos pieds trop lourds pour courir, vous agitez frénétiquement
vos bras jusqu’à ce que votre corps s’élève miraculeusement audessus de cette foule, hors de la portée de leurs griffes. Voler vous
semble tout à fait naturel. Vous vous envolez plus haut jusqu’à ce
que vous soyez au-dessus des nuages et, avec un grand
soulagement, vous vous sentez de nouveau comme un enfant qui
joue dans le ciel.
Un rêve de ce genre nous enseigne que nous sommes capables de
nous élever au-dessus de nos peurs et de nos inquiétudes. Ce faisant,
il nous libère et nous permet d’être nous-mêmes et de savoir que
nous pouvons vivre dans la joie du moment présent. Cette
expérience d’avoir l’impression d’être un enfant qui joue pourrait
également être un message thérapeutique de notre guide intérieur
qui nous dit de prendre une journée de congé, d’aller marcher sur la
plage ou de commencer à pratiquer la méditation ou le yoga, et de
calmer notre étang intérieur agité jusqu’à ce que notre reflet soit
visible.
Nos rêves nous avertissent aussi des dangers dont nous ne
sommes pas conscients, telle une maladie qui se développe dans
notre corps. Comme je l’ai souligné précédemment, Carl Jung a
interprété le rêve d’un de ses patients et il a correctement
diagnostiqué une tumeur au cerveau. J’ai vécu des expériences
semblables avec mes patients en utilisant leurs rêves pour
63
diagnostiquer des états physiques. Par exemple, une patiente
pourrait venir me voir et me dire :
— Ma mammographie était normale, mais dans mon rêve, elle ne
l’était pas.
Je lui répondrais :
— D’accord. Nous allons faire une biopsie.
Au fil des ans, j’ai constaté que chaque fois que les rêves de mes
patients et de mes patientes leur révélaient quelque chose de ce
genre, la biopsie pratiquée par la suite menait toujours à un
diagnostic de cancer. J’ai appris à respecter la sagesse intérieure des
patients parce qu’elle a toujours raison. Je connais des patients qui
ont dû consulter jusqu’à cinq médecins avant qu’un accepte enfin de
faire une biopsie, permettant ainsi de trouver un cancer. Je connais
aussi des patients qui sont morts parce qu’ils n’ont pas suivi
l’avertissement de leur rêve ou parce que les médecins ne les ont pas
écoutés et qu’ils n’ont pas insisté pour avoir une biopsie.
Susan Hoffman a partagé son histoire dans ma dernière collection,
A Book of Miracles. Dans son rêve, une Asiatique au corps frêle avec
des doigts minces a touché le haut de son sein droit en lui disant :
— Le cancer est ici.
À son réveil, Susan a senti une bosse exactement à l’endroit que lui
avait indiqué la femme dans son rêve ; elle est donc allée consulter
son médecin qui a pris un rendez-vous pour une biopsie. Quelques
jours plus tard, elle est allée au centre médical de l’Université de
Californie à Los Angeles pour se faire faire une biopsie. Voici ce
qu’elle m’a écrit : « On m’a emmenée dans une salle où des médecins
sont venus palper mon sein à l’endroit où se trouvait la tumeur.
Quand ils sont partis et que j’ai commencé à me rhabiller, une
femme médecin — une Asiatique — est arrivée d’un pas pressé en
64
disant qu’elle devait se rendre de toute urgence à la salle d’opération
; elle a palpé mon sein et elle a dit ‘‘Ah oui, il est ici, le cancer est ici’’.
» Susan a aussitôt reconnu que c’était la main du médecin qu’elle
avait vue dans son rêve2.
Il y a plusieurs années, j’ai trouvé du sang dans mon urine et mes
collègues ont voulu que j’aille immédiatement me faire examiner.
J’étais très occupé et je ne me suis pas soucié de leurs préoccupations
; et je n’ai pas pris de rendez-vous. Ce soir-là, j’ai rêvé que j’étais
assis avec notre groupe de soutien pour les patients cancéreux et que
nous nous présentions. Quand mon tour est arrivé, avant même que
j’ouvre la bouche, tout le monde s’est tourné vers moi et a dit :
— Mais vous n’avez pas le cancer.
J’ai alors su que j’allais bien et c’était effectivement le cas. J’ai
consulté un urologue qui a soigné mon infection, mais cela s’est fait
sans stress ni peur parce que je faisais confiance à mon rêve.
Un patient a raconté à son médecin un rêve dans lequel un barrage
de castors bloquait constamment l’écoulement de l’eau d’une rivière.
Cela le bouleversait tellement qu’il s’est réveillé et n’a pas pu chasser
ce rêve de son esprit. Il l’a même raconté à son médecin lors d’un
examen de routine. Son médecin a fait le lien symbolique entre les
rivières et les artères, et il a immédiatement ordonné que des tests
soient effectués. Ces derniers ont révélé que l’homme avait une
artère coronaire obstruée et que s’il n’était pas traité, il risquait de
mourir.
Certains rêves nous préparent à de mauvaises nouvelles. Andrea
Hurst se sentait prisonnière dans son mariage malheureux avec un
partenaire qui la maltraitait ; elle se sentait déprimée, impuissante et
sans aucun recours. Une nuit, elle a rêvé qu’elle marchait avec une
foule de gens qui portaient des affiches et qui manifestaient pour
65
une cause très importante. Elle a soudainement eu peur de la foule
déferlante et elle s’est déplacée sur le côté, tout en sachant qu’elle
devait choisir entre manifester avec eux ou abandonner. Elle était
consciente que les enjeux étaient importants. Elle a rassemblé son
courage, puis elle a décidé de se battre et elle a rejoint les
manifestants.
Peu de temps après ce rêve troublant, Andrea a appris qu’elle
avait un cancer du sein. Au début, elle a été tentée de capituler, mais
elle s’est rappelé le rêve et elle a décidé de ne pas abandonner.
Andrea a accepté de se faire opérer. Elle s’est procuré mes livres et
mes cassettes, et elle a entretenu une conversation quotidienne avec
Dieu.
— Dès que j’ai pris conscience que mon sentiment d’être
prisonnière n’était pas ma réalité, mais ma perception des choses, j’ai
retrouvé mon pouvoir et ma vision a changé, m’a-t-elle raconté plus
tard. Je ne me sens plus victime des circonstances. Le rêve illustrait
que je pouvais faire ce qui était bon pour moi et il m’a donné le
courage de mettre fin à mon mariage. Après avoir quitté mon mari,
je me suis créé un environnement paisible et aimant qui soutenait les
effets positifs de ma chirurgie et de mes traitements.
Une autre femme était ambivalente à propos de la thérapie que
son médecin et elle avaient choisie. Quand elle a rêvé à un chat blanc
qui lui a dit qu’il s’appelait Miracle et lui a révélé quel traitement
était préférable pour elle, elle l’a noté et elle a convaincu son
médecin de suivre le conseil de Miracle. Elle a écouté sa voix
intérieure, la sagesse de son rêve, et des années plus tard, elle était
encore en vie et en bonne santé.
Je rencontre souvent des patients qui ont vu des structures
anatomiques dans leurs rêves, même s’ils ignorent à quoi
66
ressemblent ces structures dans le corps. Une femme a refusé qu’on
lui retire son thymus pour traiter une myasthénie grave. Après de
nombreuses semaines pendant lesquelles elle a vu sa santé se
détériorer, elle a rêvé à un objet gris avec des extensions semblables
à des doigts qui poussait dans son corps. Elle a demandé à son
médecin à quoi ressemblait un thymus normal et quand il le lui a
décrit, elle a vu que le sien n’était pas normal, alors elle a accepté de
se faire opérer. Quand elle s’est réveillée après l’opération, elle a
demandé à son médecin à quoi son thymus malade ressemblait. Il a
levé sa main et il a retourné sa paume vers le plafond, les doigts
repliés, en disant :
— Il ressemblait à cela, avec des extensions semblables à des
doigts.
Son thymus avait une tumeur maligne et son rêve l’avait
parfaitement illustré.
Tout comme l’artiste n’a plus conscience du monde quand il peint
sa toile, notre conscience analytique est temporairement endormie
quand nous rêvons, ce qui empêche notre ego d’intervenir. Au lieu
d’interrompre notre rêve avec une pensée critique telle que « c’est
ridicule ; ne prête pas attention à cela », nous demeurons à l’écart et
observons le film qui se déroule à l’écran. Plongés dans le monde
des rêves, nous avons des sensations, des désirs et des connaissances
précises qui nous sont procurés par les lieux où le rêve se déroule,
les actions qui s’y passent et les sensations sonores, visuelles,
olfactives et même gustatives.
Cathy Thayer enseignait à 28 enfants ayant des besoins
particuliers. Elle adorait son travail et elle était entièrement dédiée à
ses élèves, mais comme son travail était très exigeant sur le plan
mental, physique et émotionnel, sa santé en souffrait gravement. À
67
la fin de sa première année d’enseignement, Cathy a appris qu’elle
avait le cancer du sein. Elle a refusé d’abandonner ses élèves et elle a
continué d’enseigner tout en faisant de la chimiothérapie et en
recevant par la suite des traitements durant cinq ans.
Un matin, Cathy s’est réveillée en se sentant épuisée et
profondément troublée. Elle avait rêvé que des centaines de
personnes faisaient du camping sur le gazon devant sa maison. Elle
avait beau les supplier de la laisser en paix et tranquille, les
campeurs avaient fait des feux de joie avec ses meubles de jardin, ils
avaient laissé traîner des déchets, ils avaient pris son gazon pour des
toilettes et ils avaient fait beaucoup de bruit.
— Les campeurs avaient franchi toutes mes limites et ils n’avaient
aucun respect pour ma personne, m’a raconté Cathy. Ils agissaient
comme si j’étais à leur service. J’étais en train de ruiner ma vie en
répondant à leurs besoins.
Après avoir refait le même rêve à plusieurs reprises, ce qui
l’avertissait qu’elle n’avait pas résolu le problème, Cathy a compris
que son inconscient essayait de lui montrer ce que le stress de son
travail lui faisait.
— Je n’écoutais pas mon corps, alors mon inconscient a décidé de
me prendre par les épaules et de me secouer en disant : « Réveille-toi
! Ton travail te tue ! » C’est à ce moment-là que j’ai décidé de cesser
d’enseigner à temps plein. Depuis, ma santé s’est améliorée ; je n’ai
plus le cancer et je n’ai plus refait ce rêve.
Il y a de nombreuses années, une de mes patientes devait prendre
une décision à propos de son traitement. Elle m’a raconté un rêve
dans lequel elle devait choisir entre prendre l’ascenseur ou l’escalier.
Elle a choisi l’escalier. Après en avoir discuté avec moi, elle a pris
conscience que son rêve lui avait indiqué qu’elle était déterminée à
68
compter sur ses propres moyens plutôt que d’utiliser des méthodes
mécaniques pour aller mieux. Même si elle savait que l’escalier était
une façon plus pénible de monter les étages, elle s’est sentie mieux
d’avoir choisi des méthodes qui dérivaient de sa sagesse intérieure et
de sa force.
Parfois, les rêves sauvent des vies quand les médecins passent à
côté de renseignements vitaux. Ruth prenait des médicaments pour
soigner une douleur dans le bas du ventre. Une nuit, elle a fait
quatre fois le même rêve en se réveillant et en se rendormant après
chaque épisode. Dans son rêve, un homme très gentil tenait un
couteau de manière non menaçante du côté gauche du bas de son
ventre. Quand elle a enfin compris que le rêve lui disait qu’elle avait
besoin d’être opérée, elle a réussi à bien dormir. Le lendemain, elle a
pris un rendez-vous chez son gynécologue. Elle a demandé au
chirurgien de lui enlever son ovaire et sa trompe de Fallope gauches,
ainsi que son utérus. Après l’opération, le rapport de pathologie a
révélé qu’elle avait une tumeur envahissante du côté gauche de son
utérus.
Les rêves peuvent aussi nous transmettre des messages d’amour,
de réconfort et d’approbation ; des messages qui traversent les
barrières physiques de notre conscient, de notre intellect et de notre
ego. Les rêves reconnaissent souvent que nous sommes sur la bonne
voie ou ils peuvent nous montrer une source de force et ainsi nous
soutenir et nous encourager. Quand votre intuition sait plus
profondément quelle voie vous devez suivre, elle collabore avec
votre conscience et la direction de votre vie devient claire.
Peu de temps après avoir créé notre groupe de soutien pour les
patients cancéreux, je me suis demandé si je l’avais fait pour des
raisons malsaines liées à ma peur du cancer et à la mort. Un soir, j’ai
69
rêvé que j’étais le passager dans une voiture qui dévalait une colline
; tout le monde criait, mais j’étais calme avec l’idée de mourir. Je me
suis réveillé en sachant que la peur n’était pas en jeu. Tout comme je
suis devenu chirurgien pour réparer les choses et non pas parce que
j’aime couper la chair des gens, mon rêve m’a confirmé que je
dirigeais le groupe pour des raisons salutaires.
Après sa sortie d’un hôpital psychiatrique à la suite d’une
tentative de suicide presque réussie, Kelly s’est jointe à un
programme en 12 étapes pour soigner sa dépendance à la drogue et
à l’alcool. Dans la lettre qu’elle m’a envoyée, elle m’a décrit un rêve
qui illustrait la force et la sagesse avec des symboles qui étaient
significatifs pour elle.
Au début de mon rétablissement, j’ai été submergée par une
vague d’émotions et de peur qui ne semblait jamais me quitter.
Mais une nuit, après six mois de sobriété, j’ai fait un rêve qui m’a
donné une nouvelle perspective.
Je me suis vue en train de fixer un lion dans les yeux ; une telle
lumière émanait d’eux qu’on aurait dit qu’ils avaient avalé le
soleil. Le lion était entouré d’une eau bleu foncé et agitée et, sous
la surface, sa patte avant droite était reliée par une chaîne à un
lionceau, tout mignon et innocent. J’ai ressenti le puissant désir
de le protéger. Malgré ma peur, j’étais impressionnée par la
force et le pouvoir sauvage du lion. J’étais terrifiée et je
tremblais, mais j’ai réussi à libérer le lionceau tout en essayant le
plus possible de garder mes distances du lion adulte.
Une fois le lionceau libéré, je me suis retournée pour regarder
la magnifique bête de lumière et d’or, et cela m’a rappelé
combien j’avais failli tout perdre — combien j’avais failli me
perdre. J’avais tellement eu honte de n’avoir rien accompli dans
70
ma vie et d’avoir essayé de m’enlever la vie. Mais maintenant,
j’affrontais mes peurs et mes émotions sans consommer de
substances. J’avançais dans la vie avec de l’acceptation, de la
volonté et de la foi. Le fait d’avoir sauvé le lionceau m’a prouvé
que j’avais du courage et a renforcé mon engagement à ne plus
consommer. Le rêve m’a fait voir tout ce que j’avais accompli en
six mois. Maintenant, je n’ai pas à avoir honte de quoi que ce soit
et j’ai tout à aimer de moi-même.
Le processus visant à reconstruire votre vie, à devenir une personne
authentique, exige que vous vous voyiez comme étant dynamique,
en perpétuel changement et en devenir. J’aime toujours me rappeler
que les remises de diplôme sont des commencements et que la Bible
se termine par une révélation et non une conclusion. Nos rêves,
comme le lion de Kelly, illustrent cet aspect et ils nous encouragent à
continuer d’avancer. C’est le processus de vivre qui est important,
celui avec lequel nous luttons tous, et non pas le produit final ou le
résultat. La vie est une aventure. Plutôt que de chercher le sens de la
vie, nous donnons un sens à notre vie par la façon dont nous nous
aimons et dont nous aimons le monde.
Parfois, les rêves nous aident à nous libérer de choses de notre
passé qui ne sont plus utiles. Quand Jean était enfant, sa mère est
morte d’un cancer du sein dont les métastases s’étaient étendues
jusque dans ses os. Jean n’a reçu aucune aide psychologique ou de
soutien de la part des adultes dans sa vie et on l’a découragée
d’exprimer son chagrin après la mort de sa mère. Une fois devenue
adulte, Jean a souffert de crises de panique chroniques qui la
laissaient paralysée de peur et incapable de conduire une voiture.
Comme elle était la seule personne de sa famille à pouvoir conduire,
c’était un problème qui concernait tous les membres de sa famille.
71
Jean a décidé de participer à une retraite spirituelle qui avait lieu
dans un endroit où elle n’était jamais allée. Une semaine avant
l’événement, elle a rêvé qu’elle allait dans un grand hôtel devant
lequel s’étendait un magnifique jardin. Dans le hall, un grand
escalier menait aux chambres et les cours étaient donnés dans des
salles situées au rez-de-chaussée. Une infirmière a descendu
l’escalier et a demandé à Jean si elle voulait voir sa mère, qui habitait
en secret dans cet hôtel depuis toutes ces années. Ressentant à la fois
de l’espoir, de la peur et de la stupéfaction, Jean est allée dans le
jardin, ne sachant trop si elle souhaitait revoir sa mère. La perte de sa
mère avait été trop douloureuse. Elle a finalement accepté de la
revoir. L’infirmière est donc allée chercher sa mère. Mais elle est
revenue seule et elle lui a annoncé que sa mère venait de mourir.
Elles ne se reverraient pas. Jean s’est réveillée en versant toutes les
larmes qu’elle avait retenues depuis son enfance.
Une semaine plus tard, quand Jean est arrivée à la retraite
spirituelle, elle a constaté que l’hôtel était le même que celui dans
son rêve. Au début, elle a voulu fuir, mais sa curiosité l’a convaincue
de rester. Le troisième jour de la retraite, Jean est allée dans le jardin
durant une pause. Une voix qui semblait venir de nulle part lui a dit
que, durant toutes ces années, elle s’était accrochée à son deuil parce
que c’était la dernière chose qui la reliait à sa mère. Jean craignait
que si elle se permettait de vivre son deuil, elle ne ressentirait qu’un
immense vide.
— C’est bien de lâcher prise, lui a dit la voix. Tu n’as pas à avoir
peur. Tu ne seras jamais seule, car je suis avec toi.
Jean n’a raconté à personne l’expérience qu’elle venait de vivre.
Plus tard, ce jour-là, l’animateur de la retraite lui a donné un bout de
papier sur lequel était imprimé le passage biblique suivant : « Ne
72
crains rien, car je suis avec toi. » Depuis, Jean n’a plus eu de crises de
panique. Son rêve est devenu son lien avec l’esprit supérieur qui l’a
aimée et guérie de l’intérieur.
Si vous entendez une voix, cela ne veut pas dire que vous êtes fou.
J’ai entendu des voix à de nombreuses reprises et elles m’ont
toujours aidé à guérir ma vie et mes émotions.
Claire Sylvia, la patiente exceptionnelle dont j’ai parlé dans
l’introduction, a fait des rêves frappants après sa transplantation
cardio-pulmonaire. Grâce à eux, elle a commencé à connaître le
donateur et à se fier à ce qu’elle savait être une vraie communication
avec l’âme de ce dernier. Même si ce phénomène n’a pas été
rapporté par la majorité des receveurs d’un don d’organe, beaucoup
ont affirmé avoir eu des souvenirs postopératoires ou de nouvelles
préférences qui appartenaient à leur donateur. Claire a été surprise
quand elle a soudainement voulu boire de la bière, manger des
pépites de poulet et conduire une motocyclette. Tout comme Claire,
certains receveurs ont également dit avoir fait des rêves concernant
le donneur.
Claire a décrit un « rêve extraordinairement frappant » dans son
livre, Mon cœur est un autre. Dans son rêve, elle était dans un vaste
espace en plein air avec un jeune homme mince, et ils passaient du
bon temps ensemble. Quand elle a dû le quitter, ils se sont
embrassés. « Nous nous embrassons — et ce faisant, je l’inhale en
moi. C’est l’inspiration la plus profonde que j’aie jamais prise. Et je
sais qu’à compter de cet instant, Tim et moi serons ensemble pour
toujours. »
Le jeune homme est apparu dans beaucoup d’autres rêves de
Claire et, au fil des ans, il lui a montré des choses qui l’ont aidée à
trouver la famille du donateur et à confirmer que les impressions
73
visuelles et les souvenirs de son visiteur appartenaient vraiment au
jeune homme, dont le cœur et les poumons lui avaient permis de
vivre.
Notre esprit et notre corps communiquent constamment entre eux
et cela se produit surtout de façon inconsciente. Voilà pourquoi je
conseille souvent à mes patients de noter leurs rêves. Le corps ne
peut communiquer qu’au moyen de symboles et si l’imagerie
symbolique des rêves peut être difficile à comprendre au début,
nous pouvons apprendre à interpréter nos rêves avec de la pratique
et des connaissances. En utilisant l’imagerie et en notant nos rêves,
nous ouvrons le coffre aux trésors de notre inconscient.
Dans son livre Dreaming Insights, Dr Gillian Holloway offre un
plan simple en cinq étapes pour noter et interpréter les rêves.
Chaque jour, avant de se coucher, la personne doit inscrire la date
dans son journal, rédiger une brève description des événements de
la journée et poser une question à laquelle elle aimerait que son rêve
réponde. Holloway recommande aussi qu’à son réveil, la personne
note son rêve au temps présent afin de pouvoir se replonger plus
facilement dans celui-ci4.
Une lectrice qui a essayé cette méthode m’a écrit pour me dire que,
pour la première fois de sa vie, elle a été capable de se souvenir non
pas d’un seul rêve, mais de trois. Elle a obtenu de précieuses
révélations en notant et en analysant la progression des trois rêves à
son réveil.
Avant d’aller me coucher, j’étais préoccupée par une rupture
non désirée et j’ai demandé à mes rêves de m’aider à
comprendre ce que je devais en tirer. En dormant, je croyais que
j’étais éveillée et j’ai senti une présence près de moi qui observait
les rêves. Après chacun d’entre eux, je me suis réveillée et j’ai
74
griffonné avec difficulté quelques mots, étant donné que j’étais à
moitié endormie. À mon réveil le lendemain, je me rappelais
clairement les trois rêves et j’ai pu noter de manière cohérente ce
que j’avais vu et comment je m’étais sentie dans chaque rêve.
En analysant les objets symboliques et les actions qui s’étaient
déroulées dans mes rêves, des phrases ont surgi dans ma tête,
alors je les ai également notées. Dans une scène, j’avançais sur
un chemin et je suis arrivée à un endroit où il se divisait en deux.
À droite, j’ai vu un sapin géant ; ses branches étaient recouvertes
de milliers de nouvelles aiguilles vertes. Il était si beau que j’ai
décidé d’emprunter ce chemin. Un verset d’un poème de Robert
Frost a surgi dans ma tête, à propos de deux routes qui
divergeaient dans un bois jaune, ainsi que la signification des
aiguilles vertes, qui étaient une promesse d’abondance et de vie
si j’empruntais cette voie.
Quand j’ai fini de tout noter, je me suis sentie comme si les
pièces d’un casse-tête avaient été réunies et j’ai pu voir et
comprendre l’ensemble du portrait. J’ai pris conscience de ce que
je devais apprendre des événements récents qui m’avaient
bouleversée et je me suis sentie en paix avec les nouvelles
circonstances. Tout se passe comme il se doit pour notre plus
grand bien. J’ai maintenant hâte d’utiliser mon journal des rêves
comme un outil de croissance créatif et divertissant.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Un rêve non interprété est comme une lettre non lue.
— LE TALMUD
Déposez un calepin et un stylo près de votre lit. À votre réveil, notez
vos rêves avec le plus de détails possible. Notez tout ce dont vous
vous souvenez, même si cela ne semble pas important. Ne vous
75
souciez pas de la qualité de vos phrases ; notez simplement le rêve
sur papier. Écrivez aussi ce que vous avez ressenti durant le rêve et à
votre réveil. Après avoir tout noté, prenez conscience des thèmes
récurrents, des schémas, des images symboliques et des signes.
Prenez des notes dans les marges et soulignez les éléments qui
ressortent. Faites cet exercice durant une semaine. Vous pourriez
vouloir discuter de ce que vous avez noté avec un partenaire qui
effectue le même exercice ou avec un conseiller. Est-ce qu’une chose
dont vous n’étiez pas conscient est devenue claire pour vous ? Est-ce
que votre partenaire a saisi des choses que vous n’aviez pas
remarquées ?
76
Chapitre 5
LES DESSINS : QUAND LE CONSCIENT ET
L’INCONSCIENT NE S’ENTENDENT PAS
L’art est lorsque vous entendez votre âme frapper… et que vous répondez.
— TERRI GUILLEMETS
Q uand nous prenons conscience que les images et les symboles
dans les rêves sont un dialogue entre notre intelligence psychique ou
somatique et notre conscient, il est alors facile de voir que les dessins
constituent aussi une forme de communication entre la conscience
collective et notre moi supérieur. J’ai découvert le dessin spontané
lors d’un atelier animé par Elisabeth Kübler-Ross, à la fin des
années 1970. Kübler-Ross, psychiatre jungienne et auteure de Sur le
chagrin et le deuil, a consacré sa vie à enseigner aux professionnels de
la santé que la mort est un processus de croissance qui nécessite cinq
étapes d’adaptation (le déni, la colère, le marchandage, la dépression
et l’acceptation), et elle a grandement participé à l’amélioration des
soins palliatifs1.
Un des outils thérapeutiques de Kübler-Ross pour ouvrir la
communication entre le patient mourant et les personnes qui en
prenaient soin était le dessin spontané. Les dessins aidaient à révéler
les problèmes émotionnels dont les patients et les membres de leur
famille n’avaient pas été à l’aise de discuter. Ces dessins offraient
une autre façon de déterminer les questions non résolues avant la
mort du patient.
Ayant appris la signification des rêves et ayant été témoin des
effets positifs de la visualisation guidée, j’avais hâte d’assister à
77
l’atelier d’Elisabeth Kübler-Ross, de la rencontrer et d’acquérir un
nouvel outil chirurgical jungien pour le partager avec mes patients.
Durant la semaine, des patients et des professionnels de la santé
ont eu l’occasion de partager leurs émotions et leurs expériences de
vie, ainsi que de créer des dessins. Ces ateliers étaient suivis de
séances au cours desquelles Elisabeth expliquait et appliquait les
techniques d’interprétation qu’elle utilisait.
J’ai été surpris des choses qu’Elisabeth a révélées à partir de mes
dessins et de leur authenticité — des choses dont je n’étais pas
conscient et qu’elle m’a permis de comprendre avec ses questions et
ses observations. Par exemple, j’ai choisi de dessiner une scène
extérieure décrivant une montagne au sommet enneigé, au pied de
laquelle se trouvait un étang avec un poisson qui sautait hors de
l’eau.
Quand Elisabeth a examiné mon dessin, sa première question a
été :
— Que cachez-vous ?
— Que voulez-vous dire ? lui ai-je demandé.
Je croyais que mon dessin révélait combien j’apprécie la paix et la
beauté de la nature. Elle a alors pointé la neige.
— Vous avez utilisé un crayon blanc sur une feuille blanche. Ce
n’était pas nécessaire de mettre du blanc sur du blanc. Vous avez
ajouté une couche qui suggère que vous couvrez quelque chose.
Vous avez aussi dessiné un poisson — un symbole spirituel —, mais
il est hors de l’eau.
Un an avant l’atelier, j’avais décidé de raser ma tête. Beaucoup de
gens ont cru que je l’avais fait par sympathie envers mes patients
cancéreux, mais c’était seulement un désir auquel je ne pouvais pas
résister. J’ai soudainement compris que j’avais maintenu un
78
couvercle sur mes sentiments, ainsi que sur ma spiritualité, pour me
protéger de la peine de ne pas pouvoir guérir tous mes patients.
Raser ma tête avait été une tentative symbolique de retirer le
couvercle, mais j’avais besoin de découvrir davantage que de la
peau.
Le sommet enneigé et le poisson hors de l’eau illustraient mon
sentiment d’être séparé de mon moi spirituel et aimant, tout comme
mon crâne rasé ne visait pas à révéler ma peau ; c’était plutôt un
geste symbolique, tout comme celui du moine qui se rase la tête
comme s’il dévoilait symboliquement sa spiritualité. Une fois que j’ai
compris cela, j’ai trouvé en moi la paix intérieure et Elisabeth est
devenue ma guide et ma professeure.
Les révélations qui m’ont été faites durant l’atelier ont confirmé
que mon conscient et mon inconscient communiquaient pendant que
je dessinais. Cependant, ce qui m’a excité en tant que médecin est ce
que j’ai observé dans les dessins des personnes qui assistaient à
l’atelier. Il y avait non seulement des aspects psychologiques de leur
vie qui étaient reflétés dans leurs dessins, mais aussi des aspects
anatomiques de leur corps et des maladies qu’ils avaient dessinés
inconsciemment. Étant chirurgien, j’ai reconnu les structures
anatomiques que les patients et les psychologues connaissent peu ou
pas du tout. En raison des aspects physiques et psychologiques des
dessins, j’étais convaincu que la pratique de cet art pourrait être un
précieux moyen de communication entre les patients, les médecins
et les autres personnes concernées par les soins des patients. Je suis
retourné à mon bureau et à l’hôpital équipé d’une boîte de crayons
de cire — mes nouveaux outils de chirurgien.
Beaucoup de médecins ont refusé de croire ce que je leur disais ;
personne ne leur avait soumis ce genre de chose durant leur
79
formation. Comment enseigner à vos patients à s’autoguérir n’est
pas un sujet qui est enseigné dans les facultés de médecine. Alors, les
médecins ont refusé d’accepter ce phénomène tant qu’ils n’ont pas
fait l’expérience de ce que j’avais observé chez les autres et dans mes
dessins.
Le dessin spontané est une excellente ressource pour la
prévention, le diagnostic, le pronostic et le traitement d’une maladie.
Plutôt que de remplacer les interventions médicales, les dessins
deviennent une ressource additionnelle et ils améliorent l’expertise du
médecin. En accédant à la sagesse de l’inconscient du patient, le
médecin et le patient peuvent prendre de meilleures décisions
concernant la thérapie. Les gens croyaient que j’étais fou quand je
demandais à mes patients de dessiner avant que je fasse des
recommandations ou que je prenne des décisions concernant leur
traitement, mais chaque fois que mes patients surmontaient leur
peur de ne pas être des artistes et qu’ils dessinaient simplement,
leurs dessins s’avéraient de puissants guides que nous ne pouvions
pas nous permettre d’ignorer.
Les médecins n’apprennent pas à communiquer avec les gens,
alors quand ils disent « nous allons vous donner de la
chimiothérapie et les effets indésirables sont… », ils ne précèdent pas
leur phrase de : « Cela va vous guérir ou prolonger votre vie. »
C’est comme les publicités à la télévision : après vous avoir dit
qu’une pilule est bonne pour vous, elles mentionnent tous les
risques associés à la prise du médicament, comme la crise cardiaque,
l’insuffisance hépatique, la stérilité, la perte des cheveux ou la mort
subite. Aussi effrayantes que soient les fins des publicités, elles
commencent au moins par les effets bénéfiques du médicament
avant de mentionner les effets indésirables possibles. Ce que les
80
patients entendent de la bouche des médecins à propos des effets
indésirables a pour but d’éviter que l’hôpital et le médecin soient
poursuivis. L’hôpital et le médecin ne pensent pas à l’effet que les
paroles d’une figure d’autorité a sur les sentiments et le processus
décisionnel d’un patient. Voilà pourquoi je commence toujours par
dire :
— Cela peut vous aider à aller mieux et vous faire vivre encore des
années.
Ou encore :
— Cela peut vous guérir. Il y a quelques effets indésirables, mais
ce n’est pas tout le monde qui en souffre.
J’appelle cela « leurrer » les gens pour qu’ils se concentrent sur
leur santé. Je biaise un peu l’information pour leur bien, en mettant
l’accent sur ce qui est positif parce que les gens peuvent être
influencés à se concentrer sur la santé ou la maladie.
Un homme qui était venu me consulter a insisté pour ne pas
recevoir de chimiothérapie, même si c’était le traitement
recommandé pour son cancer. Il était incapable d’expliquer ce qui le
préoccupait, mais j’étais certain de savoir quel était le problème. Il
avait peur des effets indésirables en raison de ce que son médecin lui
avait dit. J’ai demandé à cet homme de dessiner le traitement
recommandé (fig. 18). Il a dessiné la chimiothérapie comme étant un
liquide jaune qui coulait en lui à un endroit précis de son corps et
qui le rendait malade, mais qui allait directement vers le cancer. Il
venait de l’est et il avait l’air d’un rayon de soleil — un signe positif
d’énergie. À gauche de la feuille, un de ses globules blancs
chevauchait un cheval et perçait le cancer avec une lance. Je lui ai
expliqué que son intuition lui disait que la chimiothérapie était le
bon traitement pour lui et qu’elle allait fonctionner.
81
Quand vous accédez à la sagesse intérieure d’un patient, celui-ci
reconnaît que cela ne vient pas du médecin, mais de lui-même, et
une lumière s’allume alors dans son esprit ; ce moment
d’illumination se produit et vous pouvez le voir sur son visage. À ce
moment-là, je lui ai dit :
— Allez vous faire donner des traitements de chimiothérapie ;
c’est la bonne chose pour vous.
Son attitude a changé et il a pu accepter le traitement
recommandé. Il a envisagé sa chimiothérapie avec espoir et
confiance et elle s’est avérée être le bon choix.
Un autre patient a dessiné sa cuisine avec toute sa famille
représentée à l’envers, comme s’ils se tenaient sur leur tête. Je lui ai
demandé de m’expliquer ce que cela représentait et il m’a dit qu’il
avait choisi de traiter son cancer avec un régime macrobiotique
plutôt qu’avec la chimiothérapie.
— Les enfants ne mangent plus avec moi. Mon épouse déteste
préparer ce genre de repas et je n’aime pas les manger. Je crois que je
préfèrerais la chimiothérapie.
Avant que ce dessin révèle qu’il était de plus en plus triste que son
régime perturbe ses relations avec les membres de sa famille et
l’empêche de partager ses repas avec eux, il avait été incapable
d’exprimer sa tristesse à propos de sa décision de ne pas avoir de
chimiothérapie.
— Vous n’êtes pas obligé de traiter votre cancer avec des légumes,
lui ai-je dit. Vous pouvez encore choisir la chimiothérapie et traiter
votre cancer de cette façon.
Son regard s’est allumé et il a semblé heureux pour la première
fois depuis son arrivée dans mon bureau. Le fait de voir ses
sentiments réels illustrés sur une feuille de papier l’a motivé à
82
choisir ce qui, selon son instinct, était bon pour lui, et il a reçu des
traitements de chimiothérapie.
Quand l’inconscient et le conscient — les deux sources de sagesse
d’un patient — ne s’entendent pas à propos d’un traitement, le
patient va inévitablement souffrir de davantage de problèmes et
d’effets indésirables. Vous pourriez avoir deux patients qui ont le
même cancer et le même traitement. Mais si un des deux patients
dessine la salle d’opération en ne dessinant que lui-même, étendu
sur la table, il va avoir plus de problèmes liés à la douleur et aux
effets indésirables postopératoires (fig. 57). Si l’autre patiente dessine
un chirurgien qui ne porte pas de masque et qui la soutient avec de
la musique, de l’amour, Dieu et des arcs-en-ciel, elle va se réveiller
après l’opération en étant un peu endolorie, mais sans ressentir une
grande douleur ou des effets indésirables, et elle va se rétablir plus
rapidement (fig. 58).
Il est souvent possible de relever dans leurs dessins la peur
qu’éprouvent les patients par rapport à leur traitement. Quand une
patiente dessine une image négative, comme une seringue emplie
d’un liquide noir (fig. 52), je lui demande de visualiser la même
chimiothérapie avec un résultat positif, c’est-à-dire sans effets
indésirables. J’ai créé un CD appelé Getting Ready, qui aide les
patients à adopter des pensées positives et de belles images par
rapport à leur traitement. Elles deviennent une forme d’autohypnose
et elles aident les patients à prendre la bonne décision et à préparer
leur corps à s’attendre à un résultat positif, peu importe le
traitement. Au bout d’environ une semaine, le dessin du patient sera
différent de la première version et il va confirmer que le conflit entre
l’intellect et l’intuition a été résolu au bénéfice de ce patient. Il peut
alors recevoir son traitement avec peu ou pas d’effets indésirables et
83
obtenir de meilleurs résultats. Quand un patient est incapable de
visualiser un résultat positif, j’essaie de l’aider à préciser la
différence entre essayer de ne pas mourir et choisir ce qui est bon
pour lui.
Dans les chapitres précédents, nous avons discuté du pouvoir de
la visualisation créative pour stimuler la réaction du système
immunitaire face à la chimiothérapie et au cancer. Quand un patient
dessine son traitement en illustrant des globules blancs qui éliminent
le cancer (fig. 59) ou qu’une patiente dessine des rayons dorés qui
traversent son corps (fig. 58), ils utilisent des outils divins pour
s’autoguérir. Tout ce que nous imaginons et sur quoi nous fixons
notre attention envoie un message à notre corps, alors quand nous
dessinons des images de guérison, notre corps réagit en ce sens.
Après une visualisation guidée, quand les dessins d’une patiente
comprennent des symboles et des images positives (fig. 64), je n’ai
aucune inquiétude à propos du résultat de son traitement. Ce genre
de personnes obtient un taux de guérison remarquable et je sais que
cette patiente va bien aller.
La maladie frappe souvent là où le corps a emmagasiné des
souvenirs douloureux du passé. La sagesse intérieure d’un patient
reconnaît que ces souvenirs doivent être identifiés pour être guéris.
La psychologue et auteure Alice Miller dit que « la vérité de notre
enfance est inscrite dans notre corps. […] Mais un jour ou l’autre, il
nous présente l’addition : car notre corps […] ne cesse de nous
tourmenter qu’à partir du moment où nous ne fuyons plus la vérité.
» Dans Abattre le mur du silence, elle écrit : « Les sentiments que vous
ressentez vraiment ne vous tueront jamais ; ils vont vous aider à
aller dans la bonne direction. Seuls les émotions et les besoins qui ne
sont pas ressentis, mais qui sont puissants, ceux que vous craignez et
84
que vous vous interdisez de ressentir, peuvent vous tuer […]. Les
thérapeutes ont été surpris de constater que lorsque les patients
pouvaient […] prendre au sérieux les émotions qu’ils ne voulaient
pas ressentir et qu’ils parvenaient à les exprimer en utilisant des
mots clairs et sains, ils pouvaient alors se rétablir complètement. »
La douleur nous aide à nous identifier et à nous définir ; quand
nous en prenons conscience et que nous travaillons avec elle, elle
devient une douleur d’enfantement ou de croissance. Quand la
technique du dessin spontané fait remonter à la surface de vieilles
blessures du passé, il est alors possible de composer avec les
blessures psychologiques qui ont le potentiel de devenir une maladie
physique. Et cela vaut le coup de ressentir la douleur de
l’enfantement quand nous donnons naissance à notre vrai moi.
Dre Caroline Thomas, qui est professeure et psychiatre à la faculté
de médecine de l’Université Johns Hopkins, a demandé à des
étudiants en médecine de dresser le profil de leur personnalité et de
faire un dessin d’eux-mêmes dans le cadre d’une étude à long terme
qui continue de recueillir des données même après la fin de leurs
études. Après quelques années, Dre Thomas a examiné les dossiers
médicaux des étudiants et a constaté que des aspects particuliers de
leur personnalité et du dessin qu’ils avaient réalisé avaient un lien
direct avec les maladies dont les étudiants ont souffert après leurs
études en médecine, ainsi qu’avec les parties du corps qui ont été
touchées. Cela l’a encouragée à approfondir sa recherche sur la
possibilité de prédire avec une certaine précision de quelles maladies
les gens sont susceptibles de souffrir durant leur vie et dans quelle
partie du corps, en se basant sur le profil de leur personnalité. Un
des facteurs pour prédire le cancer s’est avéré être lié à un profil où
la personne disait ne pas être proche de ses parents4.
85
Les enfants en particulier ne sont pas préparés à composer avec les
traumatismes physiques ou émotionnels, et ils sont vulnérables à ce
que leurs figures d’autorité adultes leur imposent dans ces
moments-là. Si des adultes aimants ne les aident pas à composer
avec le traumatisme, les enfants vont adopter une stratégie
d’adaptation qui fait en sorte qu’ils emmagasinent leurs émotions et
leurs souvenirs des événements dans leur inconscient et dans leur
corps, quitte à composer avec eux plus tard ou à ne jamais les
résoudre. Les graines de l’anxiété, du deuil, de la peur, de l’abandon
ou de toute autre émotion s’enracinent dans des parties du corps et
demeurent latentes jusqu’à ce que, des années plus tard, le système
immunitaire soit attaqué par le stress d’un deuil ou d’un autre
traumatisme. C’est alors que ces graines peuvent prendre la forme
d’un cancer, d’une crise cardiaque, de troubles respiratoires ou
digestifs, d’allergies, etc. Ces maladies potentielles sont souvent
révélées dans les dessins des patients — et ce ne sont pas seulement
des maladies potentielles pour eux, mais aussi pour les membres de
leur famille.
Je serais préoccupé par le dessin qu’une mère a fait de sa famille et
dans lequel son garçon porte un objet ovale vide qui ressemble au
trou dans le tronc d’un arbre qui se dresse à côté d’eux — un
symbole de la situation familiale à propos du cancer de la mère
(fig. 61). Dans son dessin, son garçon se trouve au bout de la rangée
et il n’a aucun contact avec les autres membres de sa famille. La vie
du garçon ressemble à l’objet vide qu’il tient sous son bras. L’analyse
d’un dessin semblable permet aux parents de ne pas se sentir
critiqués, mais de voir la solitude et le chagrin que leur garçon
n’exprime pas, même quand ces émotions sont reflétées
intuitivement dans le dessin de la mère. Le père doit être solidaire de
86
la mère, tout comme les membres de la famille entre eux. Ensemble,
ils peuvent faire tout ce qui est nécessaire pour aider le garçon à se
sentir aimé et soutenu durant cette épreuve.
Les liens entre les souvenirs significatifs ou traumatisants et l’état
de santé actuel d’une personne sont souvent révélés dans les dessins.
Une fois qu’ils sont identifiés, la personne peut accorder toute
l’attention nécessaire à sa souffrance du passé et à son âme. Il n’est
jamais question de blâmer le patient, mais de savoir comment nos
émotions créent notre chimie interne et influent sur nos gènes et
notre santé.
Un bon exemple de cela est une journaliste sceptique qui avait
demandé à m’interviewer. J’ai tout de suite vu que cette personne
très intellectuelle vivait en ne se fiant qu’à sa tête et non à son cœur.
Constatant que ce ne serait pas une entrevue agréable, je me suis dit
qu’il fallait que je fasse quelque chose dès le début pour changer sa
vision des choses. Je lui ai dit :
— Pendant que je m’occupe de mes deux derniers patients, je vous
invite à faire un dessin de vous-même.
Elle a accepté et quand elle m’a tendu son dessin, j’ai vu une
silhouette avec une grosse tête ; j’avais donc très bien identifié son
attitude (fig. 45). Il y avait également dans son dessin une horloge
avec une aiguille qui pointait le nombre 12.
La question la moins compromettante à lui poser aurait été :
— Pourquoi le nombre 12 est-il important pour vous ?
Et elle aurait peut-être répondu :
— Ma maison a été détruite par le feu il y a 12 mois.
Mais je voulais vraiment la secouer, alors j’ai couru le risque et j’ai
pointé l’horloge en lui demandant :
— Qu’est-il arrivé quand vous aviez 12 ans ?
87
— Cela signifie que je n’aime pas les délais.
— Mais l’horloge n’a qu’une seule aiguille. Qu’est-il arrivé quand
vous aviez 12 ans ?
Elle a éclaté en larmes et m’a raconté qu’elle avait été agressée
sexuellement à l’âge de 12 ans. Cela m’impressionne toujours : les
nombres dans les dessins ne sont jamais accidentels. À partir de ce
moment, l’entrevue s’est déroulée différemment. La journaliste a
compris que sa sagesse intérieure lui disait de prêter attention aux
sentiments de son enfant intérieure, de cesser de se cacher de ce
souvenir en étant rationnelle et d’aller consulter un psychologue.
Les dessins relient non seulement des aspects de l’esprit et du
corps, mais ils intègrent aussi la vie des patients en dehors de l’arène
médicale avec des aspects somatiques de leur maladie. Un médecin
m’a envoyé un dessin d’une patiente qui souffrait de problèmes
pelviens. Malgré les différents traitements qu’il lui avait donnés,
aucun n’était parvenu à la soulager de ses symptômes. Dans son
dessin, il y avait un cœur, comme un cœur de la Saint-Valentin, avec
une immense fissure et 20 gouttes de sang qui s’écoulaient de lui. J’ai
dit au médecin de lui demander ce qui lui était arrivé quand elle
avait 20 ans. Sa réponse a permis de déterminer que la source de son
problème était qu’elle avait été agressée sexuellement à l’âge de
20 ans. Les nombres ne sont pas toujours liés à l’âge d’une personne.
Elle aurait pu répondre que quelque chose s’était produit 20 mois
plus tôt. Quand elle a reçu des soins psychologiques pour son
traumatisme, elle a vu ses symptômes disparaître.
D’autres dessins ont permis de trouver les causes des symptômes.
Une mère était bouleversée parce qu’elle croyait que les ganglions
lymphatiques enflés de sa fille étaient un signe qu’elle souffrait d’un
lymphome, une maladie qui était répandue dans sa famille. Quand
88
cette femme a emmené sa fille pour qu’elle soit examinée, elle a
également apporté deux dessins qu’elle avait faits. Dans un des
dessins, la fille s’était dessinée avec le cou et le visage enflés, tandis
que dans l’autre, elle avait dessiné un chat avec de grosses pattes
avant. J’ai dit à la mère de ne pas s’inquiéter, que sa fille souffrait de
la maladie des griffes du chat. Les examens et une biopsie ont révélé
que mon diagnostic était bon.
Quand nous dévoilons l’inconscient et révélons la vérité intérieure,
les conflits entre les individus, les familles et les professionnels de la
santé cessent. L’intellect et l’intuition ne sont plus en conflit et une
véritable guérison peut se produire. Certains médecins pourraient se
demander qui a du temps à consacrer à cela.
Ma réponse est que vous gagnez du temps en utilisant les dessins.
Quand une enfant atteinte du cancer me dit que sa famille ne lui
accorde pas assez de temps, je peux parler à six membres de sa
famille et essayer de clarifier le problème ou je peux lui demander de
faire un dessin de sa famille.
Une enfant atteinte du cancer a dessiné les membres de sa famille
assis sur un canapé. Au bout du canapé, elle a laissé une place vide
et elle s’est dessinée assise sur une chaise, à l’écart d’eux. Les bras de
ses parents entouraient soit ses frères et sœurs ou eux-mêmes et ils
étaient physiquement distants de leur fille malade (fig. 62).
Je n’ai pas eu besoin de passer une heure à expliquer aux parents
que leur fille se sentait abandonnée : le dessin disait tout. Une fois
qu’ils ont compris comment leur fille se sentait, ils ont pu exprimer
qu’ils s’étaient détachés émotionnellement parce qu’ils avaient peur
de la perdre ; c’était leur stratégie d’adaptation pour pouvoir être
forts pour leurs autres enfants. Le fait que la fille malade se soit
89
dessinée en violet, une couleur spirituelle, m’a également indiqué
qu’elle savait qu’elle allait mourir du cancer.
Le dessin a joué un rôle déterminant pour changer le
comportement des parents. Ils ont commencé à se parler davantage
de leurs émotions et ils ont accordé à leur fille l’attention et le
soutien aimant dont elle avait besoin. Cela a non seulement aidé
l’enfant à traverser son épreuve, mais cela a permis à toute la famille
de se rapprocher avant sa mort. Quand nous laissons l’âme et les
symboles être au service de la vie, nous pouvons être des guides de
vie uniques pour ceux que nous aimons et dont nous prenons soin.
Et nous pouvons nous permettre de poursuivre notre vie sans nous
sentir coupables, comme les parents de cette enfant ont réussi à le
faire.
LA MÉTHODE ET LA THÉORIE
Pour créer vos propres dessins ou pour faciliter le travail d’autres
personnes, vous n’avez pas besoin d’être un artiste ou un
thérapeute. Vous n’avez besoin que de feuilles blanches ordinaires et
d’une boîte de crayons de cire ou de crayons à colorier. Vous devez
avoir toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, plus un crayon noir, un
crayon blanc et un crayon brun, étant donné que chaque couleur a
une signification.
J’évite de dire aux gens quoi dessiner parce que je veux que leur
inconscient, leur sagesse intérieure, soit libre de créer un dessin qui
révèle des questions non posées et des désirs non exprimés. Mais en
présence d’un cancer ou d’une autre maladie, je demande à la
personne de se dessiner avec sa maladie et son traitement, avec ses
globules blancs qui éliminent la maladie. J’évite d’utiliser des mots
qui font référence à tuer ou à combattre parce que je veux aider les
gens à guérir leur vie et leur corps, et non pas à se concentrer sur
90
leur ennemi. Il m’arrive aussi de demander à une personne de faire
son autoportrait ou de dessiner une scène extérieure ou sa maison et
sa famille.
Vous pouvez faire un dessin qui est lié à une décision que vous
devez prendre, par exemple, par rapport à un emploi, à la personne
que vous allez épouser ou à une opération que vous devez subir.
J’encourage les gens à intégrer les images, les objets et les symboles
qui leur viennent à l’esprit pendant qu’ils dessinent. Les enfants
n’ont pas tendance à se critiquer quand ils dessinent, tandis que les
adultes ont besoin de se faire dire qu’il n’y a pas de mauvaise façon
de faire un dessin. C’est nécessaire pour chasser leur peur d’être
jugés comme étant incapables de bien dessiner.
La première étape de l’évaluateur est de noter ses premières
impressions et d’identifier tout sentiment évoqué par le dessin,
comme l’isolement, la colère, la tristesse ou la joie. La prochaine
étape consiste à voir ce qu’il y a dans le dessin (des personnes, des
objets, du mouvement et la direction du mouvement, la taille des
corps, etc.). Remarquez ce qui manque (comme les mains ou les
pieds) et ce qui est étrange, ainsi que les accidents ou les erreurs
(comme des lignes qui traversent une personne). L’évaluateur
devrait prêter attention aux couleurs utilisées, à leur intensité et à
leur nuance, ainsi qu’aux couleurs qui étaient disponibles et qui
n’ont pas été utilisées, et à tout choix de couleur étrange (comme un
soleil violet). Il devrait aussi prêter attention aux nombres et compter
les objets récurrents. Dans un dessin qui comporte plusieurs thèmes
et éléments, l’évaluateur peut noter dans quel quadrant de la feuille
chaque symbole ou image se trouve. Il devrait observer si le dessin
couvre toute la feuille et vérifier si la personne a également dessiné
au dos de celle-ci.
91
Avant que l’analyse commence, l’artiste devrait être disponible
pour discuter du dessin avec l’évaluateur et répondre à ses
questions. Pour interpréter correctement le dessin, nous devons
savoir pourquoi la personne a ainsi fait son dessin. Par exemple, un
enfant m’a déjà tendu un dessin qu’il avait fait entièrement au
crayon noir et j’ai été inquiet pour lui jusqu’à ce qu’il me dise :
— J’ai deux frères plus âgés que moi. C’est le seul crayon auquel
j’ai droit.
L’évaluateur doit comprendre qu’il représente une figure
d’autorité. S’il ne base son interprétation du dessin que sur sa propre
compréhension et ses croyances, il pourrait mal l’interpréter ou avoir
l’air de le critiquer, et cela peut être nuisible dans les deux cas. Le
dessin ne doit pas être interprété comme un horoscope ; il devrait
plutôt être utilisé comme un outil thérapeutique qui donne lieu à
une discussion avec l’artiste afin que les bonnes interprétations et les
bons choix puissent être faits.
Voici un exemple d’une évaluation qui a besoin d’être clarifiée.
Dans le dessin qu’un patient a fait de son traitement, il y a un chat
noir qui marche sur le plancher. Pour l’évaluateur, le chat noir
pourrait suggérer quelque chose de négatif, une menace, alors qu’en
réalité, le patient a un chat noir et son inconscient laisse entendre
que la présence du chat durant le traitement serait une chose
positive, une source de réconfort et d’amour. Au lieu de révéler un
problème émotionnel ou une menace, le chat noir représente un
aspect important de ce dont le patient a besoin pour guérir.
Le violet, une couleur spirituelle, pourrait révéler une transition à
venir où l’âme quitte le corps physique, au moyen d’un symbole
approprié tel qu’un papillon violet qui s’envole dans le ciel. Mais un
patient qui se dessine vêtu de violet ne prédit pas nécessairement sa
92
propre mort. Pour lui, le violet pourrait représenter sa nature
spirituelle. Ou il pourrait être la couleur de son équipe de basketball
préférée ; il signifierait donc une victoire sur la maladie grâce à
laquelle il pourra assister à de nombreuses autres parties. Il est donc
essentiel que la personne qui guide l’artiste dans l’interprétation de
son dessin ait l’esprit ouvert et ne porte aucun jugement durant leur
discussion, car c’est l’artiste qui est l’expert pour analyser la
signification de ce qu’il a dessiné. Le thérapeute n’est là que pour
aider à trouver la signification cachée, comme une personne le ferait
avec le rêve de quelqu’un d’autre.
Le passé, le présent et le futur peuvent être tous représentés dans
le dessin d’une personne. D’une certaine façon, nous sommes
conscients de notre futur parce que, comme Jung l’a dit, nous créons
d’avance notre futur de manière inconsciente. Cette conscience
s’étend aux changements et aux événements importants dans notre
vie, ainsi qu’à notre mort prochaine, causée par un accident ou par
une maladie.
Dans un dessin réalisé par une femme atteinte d’un cancer, son
mari faisait voler un cerf-volant violet. J’ai compris qu’elle disait
qu’elle était prête à mourir, mais qu’il était incapable de la laisser
partir parce qu’elle prenait soin de tout. Quand je lui ai fait part de
mon interprétation, elle est allée dire à son mari :
— Je vais te montrer à te débrouiller seul.
Six mois plus tard, il lui a dit qu’il avait coupé la corde et elle lui a
répondu :
— Je vais mourir jeudi quand les enfants arriveront ici de la
Californie.
Et c’est ce qui est arrivé.
93
J’ai demandé à une femme de faire un dessin et elle a dessiné une
pierre tombale devant laquelle trois arbustes verts étaient plantés. À
gauche, il y avait un petit tas de terre à côté d’une tombe vide. Le
vert est la couleur de la vie, alors son dessin semblait suggérer que
face à la mort, elle avait choisi de vivre. Combien de temps croyezvous qu’elle a vécu ? Elle a été enterrée dans la tombe presque trois
années jour pour jour après avoir fait ce dessin (fig. 24).
Les dessins peuvent être simplement liés à ce qui se passe
présentement dans la vie de l’artiste, mais ceux qui contiennent de
nombreux objets ou dont le contenu est complexe peuvent souvent
être divisés en quadrants où le passé, le présent et le futur sont
révélés comme dans un quadrillage.
Le milieu du dessin représente ce qui est central et significatif pour
l’artiste, comme dans le dessin d’une femme qui a illustré son cancer
du sein avec les deux voiles d’un bateau (fig. 12). Le quadrant
supérieur droit d’un dessin représente le présent, ou le « moment
présent ». Dans la figure 19, l’artiste, atteinte d’un cancer, a
représenté ses enfants par des oiseaux, qu’elle a dessinés dans le coin
supérieur droit. Les ailes qui pointent vers le bas révèlent le chagrin
qu’ils ressentent à propos de la situation et leur incapacité à aider
leur père. Le quadrant inférieur droit représente soit le proche avenir
ou le passé récent ; le quadrant inférieur gauche représente le passé
lointain, tandis que le quadrant supérieur gauche représente le futur
lointain ou le concept de la mort. Par exemple, si une personne
dessinait sur une feuille de papier les différents endroits où elle
songe à déménager, l’endroit qui se trouverait dans le coin supérieur
gauche serait celui où elle déménagerait.
La figure 21 est un parfait exemple de la théorie des quadrants.
Une de mes voisines était venue me voir et elle m’avait dit qu’elle
94
était déprimée ; je lui ai donc demandé de me faire un dessin. Dans
le quadrant supérieur droit (le présent), elle descendait une colline
avec quatre rayons de soleil derrière elle.
— Je suis triste à propos de mon divorce et les quatre rayons
représentent mes enfants. Ils sont mes rayons de soleil, m’a-t-elle
expliqué.
Dans le quadrant inférieur droit (le proche avenir ou le passé
récent), il y avait huit bonshommes allumettes rouges (une émotion
forte), mais elle ne savait pas ce qu’ils signifiaient. Dans le quadrant
inférieur gauche (le passé lointain), il y avait des vagues de la mer et
elle m’a dit qu’elle avait grandi dans une maison située au bord de la
plage. Dans le quadrant supérieur gauche (le futur lointain), elle
avait dessiné des nuages sombres. Elle croyait qu’ils faisaient
référence à son divorce imminent.
Des semaines plus tard, après avoir dit à ses enfants d’aller
prendre l’autobus scolaire, elle a avalé des somnifères pour se
suicider. Fait étonnant, ses enfants ont refusé de monter à bord de
l’autobus quand il est arrivé. Quelque chose leur a dit qu’ils devaient
revenir à la maison et c’est ce qu’ils ont fait. Ils ont trouvé leur mère
et ils lui ont sauvé la vie. Elle s’est réveillée à l’unité des soins
intensifs où huit membres de sa famille en colère se tenaient à son
chevet (les bonhommes allumettes rouges).
Susan Bach signale que le mouvement et la direction sont
également importants dans les dessins. Un autobus qui circule vers
le bas du côté gauche de la feuille dénoterait une spirale descendante
de l’état physique ou émotionnel, tandis qu’un autobus qui remonte
du côté droit peut indiquer une amélioration ou une sortie des
sombres profondeurs5.
95
Je tiens à mentionner un autre aspect avec lequel il faut être
prudent : la disposition d’objets dans des quadrants ne devrait servir
que de guide, car il n’y a pas de règles absolues quand il s’agit de
composer avec le langage inconscient des gens. La division en
quadrants n’est pas une science, mais une théorie basée sur les traits
communs observés dans des centaines de dessins ; elle pourrait donc
ne pas toujours s’appliquer.
Les nombres jouent un rôle significatif et ils devraient être
examinés avec soin parce qu’ils représentent une façon dont nous
emmagasinons nos souvenirs. Tout comme les archétypes
représentent une idée plus large, les nombres peuvent être des
symboles significatifs et complexes. Jung a dit : « J’ai le sentiment
bien net que le nombre est une clef de l’énigme, car il est tout autant
découvert qu’inventé. Il est autant quantité que sens6. » Les nombres
peuvent apparaître dans les dessins sous la forme de signes
numériques, comme le chiffre 7 sur la voile d’un bateau (fig. 65), ou
de quantités, comme le nombre d’arbustes verts (fig. 24) ou de
hublots sur un avion (fig. 70).
Les couleurs renferment des significations universelles. Le jaune
représente l’énergie. Le vert représente la croissance et la force vitale.
Le noir symbolise la tristesse ou le désespoir, etc. Cependant, la
prudence est encore une fois de mise parce que les couleurs
pourraient avoir des significations personnelles ou culturelles. Une
couleur en soi ne devrait jamais être considérée comme étant bonne
ou mauvaise. Par exemple, en Chine, le rouge signifie la chance et la
prospérité, tandis qu’aux États-Unis, il représente sou-vent la colère
ou l’amour. Un médecin ou un thérapeute sage demandera toujours
à son patient ce que la cou-leur signifie pour lui. L’interprétation des
dessins devient alors beaucoup plus utile au patient et aux
96
personnes qui prennent soin de lui. Rappelez-vous que la personne
pourrait réellement posséder une maison grise avec un toit noir
(fig. 63). Voilà pourquoi nous devons connaître les faits.
En général, le noir représente le chagrin et le désespoir. Le rouge
représente les émotions fortes, allant de la douleur ou de la colère à
l’amour et à la passion. L’orange symbolise un changement, qui peut
être une bonne chose si c’est la couleur de votre traitement. Le jaune
symbolise l’énergie et vous voulez voir cette couleur dans votre
traitement et non dans votre maladie. Le vert, le bleu et le brun sont
tous des couleurs naturelles et saines qui encouragent la vie, mais
quand elles sont pâles, ou surtout quand elles pâlissent sur les
différents dessins réalisés au fil du temps, elles peuvent signifier que
la force vitale diminue. Le blanc signifie qu’une chose est recouverte
étant donné que la feuille est déjà blanche, tout comme le rose ou le
gris peuvent repré-senter le rouge ou le noir qui sont
émotionnellement recouverts. Le violet symbolise une propriété qui
guérit, une croissance spirituelle ou une transformation, comme celle
d’une personne vivante qui devient un esprit.
Pour plus d’information, je vous recommande chaudement deux
livres que j’ai déjà mentionnés et dont les auteurs m’ont aidé dans le
passé : Life Paints Its Own Span, de Susan Bach, et The Secret World of
Drawings, de Gregg Furth7. Ils sont entièrement consacrés aux
dessins.
Les dessins peuvent révéler des problèmes dont les patients ne
parlent pas à leurs médecins, souvent parce qu’ils n’en sont pas
conscients. Mais leur inconscient est conscient et l’art offre un
langage visuel permettant de trouver le problème. Je trouve
particulièrement utile de montrer aux parents les dessins de leurs
enfants afin qu’ils voient les messages qu’ils souhaitent transmettre
97
sans qu’ils aient l’impression que je les critique. Quand un garçon
s’est représenté comme un insecte noir sur une table d’opération
(fig. 44), cela a révélé son manque d’estime de soi. Ses parents ont vu
qu’il avait besoin de bien plus que d’une chirurgie plastique ; il avait
besoin de leur amour.
Dans les dessins représentant une famille, il est important de
prêter attention aux expressions des visages, aux corps qui se
touchent et à l’espace entre les gens. Les personnes ou les parties du
corps qui manquent, la position des gens et toutes les étrangetés ou
les erreurs révèlent également d’importants éléments conflictuels.
Freud a souligné que lorsque le conscient d’une personne est en
désaccord avec son inconscient, l’élément conflictuel que le patient
ne peut pas exprimer est toujours révélé sous la forme d’une erreur
ou d’une omission dans ses paroles, ses écrits ou ses dessins. Il
croyait qu’il n’y a pas d’erreurs, que l’inconscient demande toujours
notre attention.
Quand une religieuse atteinte d’un cancer m’a remis le dessin
qu’elle avait fait des membres de sa famille (fig. 68), j’ai constaté que
la position de leurs corps indiquait qu’ils n’étaient pas ouverts les
uns envers les autres. J’ai dit à la religieuse qu’elle allait devoir leur
dire qu’elle avait besoin de leur soutien ou obtenir de l’aide de
quelqu’un d’autre, parce que sa famille n’était tout simplement pas
là pour l’aider.
Il n’est pas nécessaire d’être malade pour tirer avantage des
dessins. Vous pouvez les utiliser pour mieux vous comprendre et
comprendre les autres et les aider à mieux se connaître également.
Avec les adultes et les personnes âgées, la comparaison entre les
dessins qui les représentent aujourd’hui et ceux qui les représentent
25 ans plus tôt est un exercice révélateur qui confirme leur degré
98
d’acceptation de soi et leur identité. Les sentiments de
mécontentement vont être révélés dans le dessin « d’aujourd’hui »
quand la personne se dessine comme étant grosse, chauve et
malheureuse par rapport à il y a 25 ans, alors qu’elle s’est dessinée
comme étant mince, heureuse et dotée d’une chevelure abondante.
Cela permet à la personne d’examiner ses sentiments d’une manière
bénéfique.
Chez les personnes âgées, les dessins leur permettent souvent
d’exprimer qui elles étaient, qui elles sont maintenant et qui elles
peuvent être. Par exemple, un homme n’a fait qu’un seul dessin,
puis il m’a dit :
— C’est moi alors et c’est moi maintenant.
Il n’avait jamais cessé de donner de l’amour ou de prendre soin
des autres ; il y a maintenant une plaque commémorative à son nom
dans la bibliothèque de la maison de retraite où il habitait et où il est
mort. Quand la plus jeune génération qui prend soin des résidents
des maisons de retraite en apprend davantage sur ses clients grâce à
de tels dessins, elle cesse de les voir simplement comme des vieux.
Chaque résident devient un individu, un être humain qui a une
histoire.
Il est également possible d’utiliser les dessins pour prendre des
décisions importantes dans la vie. Un étudiant en médecine qui était
venu me demander des conseils en est un bel exemple. Son père, un
médecin et un ami, était mort du cancer. Son fils n’était plus certain
s’il voulait vraiment être médecin ; il avait peur que la pression et les
émotions que ressentent les médecins fussent en partie responsables
de la maladie de son père. Je lui ai dit :
— Fais-moi un dessin de toutes les professions auxquelles tu
songes.
99
Il est revenu me voir avec trois dessins en main. Dans le premier
(fig. 13), il était politicien. Il était la seule personne dans le dessin qui
avait une oreille ; il n’avait ni mains ni pieds, et personne d’autre
n’en avait. Il n’y avait pas beaucoup de couleurs et le dessin était
encadré d’un trait noir, alors je lui ai dit :
— Non, ne deviens pas politicien.
En me tendant le deuxième dessin (fig. 14), il a dit :
— Je pourrais être enseignant.
Je lui ai conseillé de ne pas choisir cette profession non plus.
Toutes les belles couleurs étaient à l’extérieur de la fenêtre. À
l’intérieur de la pièce, il y avait des pupitres rouges, une couleur
émotionnelle, et personne n’avait d’oreilles ou de pieds, y compris
lui. Je lui ai donc dit qu’il se sentirait prisonnier s’il allait dans
l’enseignement. Puis, nous avons examiné son troisième dessin
(fig. 15), où il s’était représenté en médecin. Il lui manquait encore
une oreille, mais j’ai cru que c’était lié à ses craintes concernant son
père, comme s’il pensait : « Que vais-je entendre qui va constituer un
problème pour moi sur le plan émotionnel ? » Mais la pièce était
d’une couleur saine, avec un plancher vert et des plantes, ainsi qu’un
bureau bleu. Il tendait les bras vers le patient. Et il y avait une porte
dans la pièce. Si les choses devenaient difficiles, il pourrait sortir et
prendre des vacances. Son pantalon violet était d’une couleur
spirituelle. Cela indiquait que son lien avec les gens était basé sur sa
conscience de la vie sur le plan physique, mental et spirituel. Il est
éventuellement devenu psychiatre et il est heureux dans son travail.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Prenez une situation, un sujet, un problème ou une décision que
vous envisagez. Dessinez vos choix et observez les détails le
lendemain, quand vous pouvez les voir de manière rationnelle —
100
comme si quelqu’un d’autre les avait faits — et que vous n’êtes plus
aveuglé consciemment par le symbolisme illustré sur ceux-ci.
Montrez vos dessins à quelqu’un en qui vous avez confiance.
Demandez-lui de vous dire ce qu’il voit dans les dessins et ce qu’il
ressent. Les commentaires de cette personne, combinés à votre
propre interprétation, vont vous en révéler davantage sur votre
problème et vous aider à effectuer un choix authentique qui est dans
le meilleur de vos intérêts. Rappelez-vous ceci : vous êtes la seule
personne qui connaît la vérité qui se cache derrière l’imagerie
symbolique, alors ne laissez pas les autres vous imposer leur
interprétation de votre sagesse intérieure et de la connaissance que
vous avez de vous-même.
101
Chapitre 6
L’INTERPRÉTATION DES DESSINS
J’ai découvert qu’à l’aide de couleurs et de formes, je pouvais dire des choses que je ne pouvais
pas exprimer autrement — des choses pour lesquelles je n’avais pas de mots.
— GEORGIA O’KEEFE
L es dessins suivants proviennent de ma collection, que j’assemble
depuis 30 ans. Ces dessins ont été réalisés par des amis, des
membres de ma famille, des collègues, mes patients et les patients
d’autres médecins. Mes commentaires à propos de ces dessins vont
aider les lecteurs à comprendre comment chacun a été interprété.
Dans certains cas, quand c’était approprié et significatif, j’ai
mentionné ce qu’il était advenu du patient. Le but de ces
commentaires n’est pas de raconter des histoires personnelles, mais
de faire connaître aux lecteurs le langage de l’inconscient à travers
les dessins et d’illustrer comment chaque dessin devient une
précieuse ressource, même quand ce ne sont que quelques lignes
griffonnées sur une feuille. Les études récentes révèlent comment
l’imagerie peut accélérer la guérison et réduire la douleur après une
opération. Les dessins révèlent quelles images doivent être créées
pour que cela se produise dans tous les aspects de la vie.
LES COULEURS : CE QU’ELLES PEUVENT RÉVÉLER
FIGURE 1
L’enfant artiste a dessiné une balle de couleurs qui est assez bien
formée, mais dont les couleurs ne sont pas en ordre, comme elles le
seraient dans un arc-en-ciel. La section noire suggère que quelque
chose dans la vie de l’enfant la dérange. L’image montre qu’il y a
102
beaucoup d’émotions (les rouges) et toutes sortes de choses qui se
passent dans sa vie : les violets correspondent aux aspects spirituels ;
les jaunes correspondent à l’énergie. Mais il y a tout de même un
problème qui est enfoui et qui doit être exprimé. Ce n’est pas un
problème grave, mais c’est quelque chose qui la dévore de
l’intérieur. C’est comme si sa vie était en désordre et non pas qu’elle
souffre d’un problème physique. Si l’enfant s’était dessinée et qu’elle
avait mis du noir dans cette image, j’aurais alors dit que cela pouvait
représenter une maladie physique, mais cela signifie plus clairement
un problème émotionnel.
FIGURE 2
Quand le garçon qui a fait ce dessin est heureux et que tout va bien
dans sa vie, il y a un arc-en-ciel ; toutes ses émotions sont bien
gérées. Mais ici, l’arc-en-ciel se trouve entre deux nuages noirs.
Quand il vit dans l’arc-en-ciel, il se sent bien. Alors même quand il y
a des problèmes dans sa vie, il continue de maîtriser ses émotions.
Le dessin contient beaucoup de bleu et de vert : des couleurs saines
et naturelles. Sa vie est comblée ; cela est indiqué par le fait qu’il a
pris le temps de colorier toute la feuille. Mais il y a tout de même des
choses qui limitent son arc-en-ciel. Je lui demanderais quels
problèmes le dérangent — ce qui nuit à son bon-heur — et
j’examinerais avec lui tout problème qu’il mentionnerait.
FIGURE 3
Les couleurs de cette montgolfière ressemblent à un arc-en-ciel, mais
elles ont été disposées autrement : le rouge et l’orange se trouvent à
l’intérieur. Cela pourrait signifier que l’artiste cache ou garde
enfouies en lui les émotions qu’elles représentent, plutôt que de les
exprimer. Le soleil est présent, mais il y a des rayons rouges devant
103
lui. Cela suppose qu’il doit composer avec un problème émotionnel ;
ce n’est pas un problème grave parce qu’il y a beaucoup de couleurs
saines et naturelles dans le dessin, et il y a un nuage bleu et jaune et
non pas un nuage noir. Helen Keller a dit que si on reste face au
soleil, on ne voit jamais les ombres, mais il est difficile pour ce
garçon de demeurer face au soleil parce que, dans son dessin, le
nuage (son problème émotionnel) l’en empêche.
Étant donné les couleurs qu’il a choisies, je ne crois pas que son
problème serait difficile à résoudre. Je lui demanderais pourquoi sa
montgolfière est attachée au sol avec trois cordes. Pourquoi n’est-il
pas dans la montgolfière en train de faire une belle envolée ? Je lui
demanderais ce qui le retient, qui le limite et qui crée une tension
émotionnelle.
La montgolfière ressemble aussi à une ampoule, qui pourrait être
sa voix intérieure qui lui dit :
— Je dois éclairer la situation et la résoudre.
Je lui demanderais également de compter les petites plantes vertes
et de voir si le nombre est significatif pour lui.
FIGURE 4
Comparez ce dessin avec la figure 2 et notez ce que vous ressentez.
Vous demandez-vous : « Mais qu’est-ce qui se passe dans la vie de
cet enfant ? » Il est désordonné et il y a du noir. Il pourrait illustrer
un problème parental ou familial, une maladie ou toutes sortes
d’autres choses. L’enfant a besoin d’aide pour trouver de l’ordre
dans sa vie. Les lettres sont violettes, ce qui indique que l’enfant a un
côté spirituel et qu’il n’est pas malade au point de mourir. Toutes les
émotions sont représentées, mais elles doivent être exprimées d’une
manière saine afin que le problème puisse être résolu et que la
confusion disparaisse.
104
FIGURE 5
On dirait de la laine ou des fils de fer entremêlés. C’est le problème
central. Le dessin n’est formé que de traits minces qui s’entremêlent
avec beaucoup d’énergie et dans une confusion totale. Quelque
chose a créé cet enchevêtrement et a causé le problème. S’il n’y avait
pas de noir, je dirais qu’il s’agit d’un désordre, mais le noir laisse
entendre qu’il y a un problème émotionnel significatif qui doit être
résolu. L’enfant doit exprimer ses émotions et recevoir de l’aide pour
démêler sa vie. Cela va nécessiter beaucoup plus de travail que pour
l’enfant qui a dessiné la figure 4.
L’ANATOMIE : LE SAVOIR INTÉRIEUR DES STRUCTURES ET DES
MALADIES
FIGURE 6
Après une appendicectomie, le ventre d’un jeune garçon était
ballonné, ce qui signifiait que ses intestins étaient emplis de gaz
parce qu’ils n’avaient pas recommencé à fonctionner. J’ai aussitôt
craint qu’il y ait une obstruction, ce qui nécessiterait une autre
opération pour l’éliminer. Je lui ai demandé de faire un dessin de
lui-même. Il a dessiné une radiographie sur le mur, même s’il n’y
avait pas d’écran radiologique dans sa chambre, alors j’ai examiné
avec soin la radiographie. Sur celle-ci, la grande région blanche est
son estomac et les tubes enroulés en dessous représentent ses
intestins. Quand vous avez une obstruction intestinale, l’intestin
grêle s’emplit de gaz et de liquide parce qu’il est incapable de se
vider, mais dans ce cas-ci, il est bien replié et il n’est pas ballonné. De
plus, le garçon a choisi le brun et le bleu, des couleurs saines, plutôt
que le rouge et le noir, ce qui aurait laissé croire qu’il y avait un
problème.
105
Ces détails m’ont mené à croire que ses intestins se remettaient
simplement de l’infection originelle et de l’anesthésie, et qu’il n’y
avait pas d’obstruction intestinale. Ayant appris avec l’expérience à
me fier aux dessins de mes patients, j’ai continué de l’observer et de
le traiter symptomatiquement. Au bout de quelques jours, ses
intestins fonctionnaient de nouveau et il a commencé à dégager des
gaz. Son corps avait simplement eu besoin de davantage de temps
que d’habitude pour se rétablir et aucune autre opération n’a été
nécessaire.
FIGURE 7
Un patient masculin qui présentait les symptômes d’une appendicite
a fait ce dessin, puis il l’a jeté à la poubelle. Je l’ai pris et je l’ai
examiné. Un appendice ressemble au doigt d’un gant attaché à
l’intestin, tout comme les bras et les jambes dans ce dessin. Quand il
devient obstrué par des matières fécales ou autre chose, il s’engorge
et devient enflammé. Observez la petite balle à l’extrémité du bras
de cette personne. On dirait un blocage. Notez également les
extrémités gonflées, sans mains ni pieds, et les espaces vides. La
couleur est orange, ce qui fait référence à un changement ; après une
opération, le patient serait différent. Ce dessin, combiné à ses
symptômes, m’a mené à croire qu’il souffrait effectivement d’une
appendicite et qu’une opération était nécessaire. Nous l’avons opéré
et le diagnostic a été confirmé.
FIGURES 8 ET 9
Quand ce garçon a été transporté en fauteuil roulant dans la salle
d’opération, il m’a remis deux dessins, même si je ne lui avais pas
demandé de dessiner quoi que ce soit. En me tendant la figure 8, il a
dit :
106
— C’est comme avant l’opération.
Puis, il m’a tendu la figure 9 en disant :
— Et ça, c’est après l’opération.
Prenons le temps d’examiner ces deux dessins. Voilà un bon
exemple de la façon dont l’inconscient utilise le langage visuel.
D’après vous, quelle opération a subie ce garçon ? Il a dessiné des
avions, mais vous pouvez identifier quelle partie de son anatomie ils
représentent. En anglais, un autre mot pour pénis est « cock » et
dans le dessin, le pilote est assis dans un cockpit. Dans la figure 8, le
prépuce recouvre le pénis, tandis que dans la figure 9, le prépuce a
été enlevé et le pénis est exposé.
Dans le premier dessin, le cockpit est ouvert et la tête du pilote
ressort à l’extérieur, mais dans le deuxième dessin, l’artiste a fermé
le cockpit et le pilote se trouve à l’intérieur. Cela m’indique qu’il va
protéger son pénis durant le reste de sa vie et qu’il ne laissera pas
une pareille chose lui arriver de nouveau. Il est intéressant que les
balles tirées par la mitraillette fixée à l’aile de l’avion passent de simples gouttelettes, dans le premier dessin, à des lignes droites dans le
deuxième. Je dirais que les lignes droites semblent plus puissantes,
plus percutantes. Il sait que son pénis va pouvoir fonctionner de
nouveau et remplir ses fonctions. Et le bleu est une couleur saine. Le
patient ne ressent donc pas de douleur ni d’angoisse quant à
l’opération. Ces dessins me disent que la circoncision est une bonne
chose pour lui.
FIGURES 10 ET 11
Ces deux dessins ont été faits par des frères. Timothy a dessiné sa
maison (fig. 10) et elle ressemble à un symbole phallique en rouge,
un signe émotionnel, qui est lié à son opération (une circoncision). Et
il a dessiné 14 pommes dans son arbre, ce qui pourrait être lié à des
107
membres de sa famille, à une date ou à une quantité quelconque. Il a
utilisé des couleurs saines pour le soleil (jaune = énergie), pour
l’arbre (vert = vie) et pour les balançoires (bleu = santé). Les
balançoires sont une source d’amusement : le rouge le représente et
le bleu représente son frère. Le drapeau de la boîte aux lettres est
levé et sa présence, en plus de sa couleur (brun = terre nourricière),
laisse croire qu’il n’a aucune difficulté à communiquer ses
sentiments. La cheminée sur la maison lui offre un exutoire pour se
soulager de la pression et de l’inquiétude. Ce dessin laisse entendre
qu’il va bien aller.
Thomas a également dessiné une maison de forme phallique
(fig. 11), de couleur violette et avec neuf fenêtres sur un côté et une
seule fenêtre à l’extrémité du grenier. Dans son arbre, il a dessiné
neuf pommes proches les unes des autres et une autre pomme placée
à l’extrémité gauche de l’arbre. Les nombres neuf et un sont
significatifs parce qu’il répète ce schéma. S’il avait été mon patient, je
lui aurais demandé si ces nombres avaient une signification pour lui.
Ses couleurs sont saines, mais le cadre qu’il a ajouté aux bords de la
feuille me fait croire qu’il se sent limité ou confiné ; et il n’a pas
dessiné de cheminée pour libérer la pression ou l’inquiétude.
FIGURE 12
Examinez ces voiles. Il est facile de voir que cette femme a un cancer
du sein. Les oiseaux sont les personnes dans sa vie qui ont de la
difficulté à composer avec son cancer ; ils sont donc noirs. Le soleil a
sept rayons, mais il n’est pas dessiné au complet sur la feuille. Le
bateau représente la femme et son problème actuel, et ses contours
sont tracés en noir et en rouge (chagrin, douleur, inquiétude) ; il
navigue sur une mer agitée. Il n’y a personne à bord du bateau ; il
108
semble être secoué par les vagues ; seul le vent dirige les voiles, ce
qui révèle ce que cette femme vit.
LE FUTUR, LA MORT ET L’INTUITION :LE SAVOIR CONSCIENT ET
INCONSCIENT
FIGURES 13, 14 ET 15
Dans le chapitre précédent, j’ai fait référence à un étudiant en
médecine qui était venu me demander conseil à propos de son choix
de carrière après que son père, un médecin, soit mort d’un cancer. Il
craignait que les exigences sur le plan physique et émotionnel
auxquelles un médecin est soumis aient contribué à la maladie de
son père. Je lui ai demandé de se dessiner dans les professions qu’il
envisageait. Dans la figure 13, il est politicien. Dans la figure 14, il est
enseignant. Aucun de ces dessins ne m’a paru concluant. Son dessin
de médecin (fig. 15) était la scène la plus agréable, avec ses couleurs
saines, ses images et ses actions. Je lui ai recommandé de poursuivre
ses études en médecine et c’est ce qu’il a fait. Il est devenu
psychiatre, ce qui s’est avéré la bonne profession pour lui.
FIGURES 16 ET 17
J’ai demandé à des étudiants en médecine de se dessiner en tant que
médecins et les figures 16 et 17 représentent deux extrêmes de cette
classe. Presque tous les étudiants, hommes ou femmes, ont dessiné
un médecin assis derrière un bureau, avec un diplôme accroché au
mur, mais sans aucun patient ou individu dans la même pièce. La
figure 16 m’a complètement renversé. Il y a un visage flou dans le
coin inférieur droit, mais il est difficile de dire s’il représente le
médecin ou le patient. Il semble signifier l’intellect et non pas un être
humain, parce que seule la tête est dessinée. Et qu’y a-t-il d’autre
dans le dessin de ce médecin ? Des livres, un ordinateur, un nom,
109
des légumes, des médicaments — aucun être humain. Ce dessin ne
fait pas référence au fait de prendre soin des gens, mais de traiter
une maladie. La personne qui l’a réalisé aurait tendance à qualifier
ses patients ainsi : « Vous souffrez d’une migraine ou vous avez un
cancer ; prenez ceci. » Ou encore ainsi : « Si vous êtes déprimé,
prenez ceci. » Je ne peux pas voir cette artiste être médecin sauf si
elle se lance plutôt dans la recherche et qu’elle travaille uniquement
dans un laboratoire plutôt qu’auprès de patients.
À l’autre extrême, il y a un merveilleux dessin réalisé par un
étudiant de la même classe (fig. 17). Voilà ce que signifie être
médecin. L’artiste s’est dessiné avec un genou posé par terre afin
d’être à la hauteur de sa patiente. Regardez son bras — ce médecin
ne fait qu’un avec elle. Il la regarde dans les yeux, il lui sourit et il lui
tend un mouchoir de papier. Son corps dit qu’il y a de l’espoir. Il a
un stéthoscope, mais ce n’est pas ce qu’il utilise pour toucher à sa
patiente. Quand les étudiants se dessinent en train de toucher à un
patient, ils le font habituellement avec leur stéthoscope ou un autre
instrument, pas avec leurs mains.
Parmi les dessins de mes patients, les plus encourageants
montrent des individus dans leur chambre — la salle d’opération ou
la chambre d’hôpital où ils sont censés être isolés et en train de
recevoir une greffe de moelle osseuse — et le médecin est avec eux et
il les touche. Quand des patients visualisent leur médecin sans la
tenue habituelle (bonnet, masque et blouse) qu’il porterait dans
l’environnement stérile d’une vraie salle d’opération, la symbolique
est magnifique. Elle sous-entend qu’il y a une relation personnelle et
que le résultat sera positif.
FIGURE 18
110
L’homme qui a réalisé ce dessin avait peur de la chimiothérapie et il
refusait le traitement. Mais l’énergie jaune qui pénètre dans son
cancer révélait que son intuition savait que ce serait une bonne chose
pour lui. L’intellect et l’intuition ne s’entendent pas toujours. Que
vous décidiez de recevoir ou non un traitement, vous ne voulez pas
douter de votre décision. Après avoir compris ce que sa voix
intérieure lui disait, il a décidé d’aller de l’avant et sa décision s’est
avérée la bonne.
FIGURES 19 ET 20
Ces deux images ont été dessinées par un médecin victime d’un
cancer. Dans la figure 19, les trois oiseaux sont ses enfants. Les ailes
qui pointent vers le bas signifient qu’ils ont de la difficulté à
composer avec la maladie de leur père. Le poisson (un symbole
spirituel) est hors de l’eau et il est face à l’ouest, là où le soleil se
couche, ce qui révèle comment cet homme se sent face à sa maladie.
Il s’éloigne aussi du soleil et de ses enfants. Son épouse et lui sont à
bord du bateau, unis dans cette aventure, et ils sont de couleur
orange (ce qui indique un changement). J’espère que la voile jaune et
le bateau violet font référence à la foi, à la croissance spirituelle et à
la transformation du couple, et non pas au fait qu’il s’attend à
mourir. Il est assis et les lignes traçant les contours du bateau sont
derrière ses jambes et ses pieds ; il n’est donc pas attaché ; il peut
quitter le bateau. Par contre, les lignes passent par-dessus les jambes
de sa femme et la retiennent dans le bateau. Il tient la voile et la
barre du gouvernail, alors même si elle est avec lui pour le voyage, il
ne la laisse pas l’aider. Ce n’est pas un comportement de survie.
C’est comme s’il essayait de protéger sa famille en ne lui disant pas
ce qu’il ressent (il a une main derrière le dos). C’est lui qui tire les
111
ficelles et quand il ne les laisse pas l’aider, ils se sentent encore plus
mal.
Après une petite thérapie, le médecin a dessiné la figure 20.
Remarquez les couleurs éclatantes qu’il a utilisées pour dessiner ses
enfants (les oiseaux) et les ailes qui pointent vers le haut. Il navigue
maintenant en direction du soleil (l’avenir lointain) et des rayons
d’énergie en émanent. Comptez les rayons : il a encore beaucoup
d’années devant lui. Le poisson s’est retourné et il semble plus
puissant, avec une meilleure couleur. Il est face à l’est, là où le soleil
se lève — et quand vous restez face au soleil, vous ne voyez pas les
ombres. Les quatre vagues représentent un achèvement. Le vent
gonfle sa voile ; il n’a pas besoin de la tenir ou de la diriger, et sa
femme et lui se tiennent par la main. Ils sourient. Ils vivent ensemble
cette aventure et ils ne sont plus séparés. Ils ont des yeux et un nez.
Dieu a insufflé la vie à Adam par ses narines. Si vous n’avez pas de
nez, comment pouvez-vous respirer la vie ? Il a une oreille afin que
sa femme puisse lui parler et il l’écoute.
FIGURE 21
La femme qui a fait ce dessin n’était pas consciente que son dessin
prédisait sa tentative de suicide, mais aussi que ses enfants,
symbolisés par les quatre rayons de soleil, la sauveraient et que huit
membres de sa famille seraient à son chevet quand elle se réveillerait
à l’hôpital. J’ai plié le dessin en quadrants pour montrer comment le
présent, le passé et le futur étaient tous représentés.
FIGURES 22 ET 23
La couleur orange signifie un changement et quand Monica, une
fillette de sept ans, a écrit son nom avec des traits noirs sur du
orange (fig. 22), cela indiquait qu’elle n’était pas contente de se faire
112
opérer. Dans la salle où Monica allait être opérée, un système
d’éclairage jaune, qu’on peut ajuster pour bien diriger les deux
lumières sur le bloc opératoire, était suspendu au-dessus de la table
d’opération (fig. 23). Les deux lampes étaient fixées à des bras
articulés qu’on peut manœuvrer pour diriger la lumière et maintenir
en place en serrant la poignée noire située au coude de chacun. Ce
qui est vraiment intéressant est que Monica n’était jamais allée dans
une salle d’opération. Elle a tout de même dessiné une salle en forme
de boîte, et aux deux extrémités, elle a mis deux lumières jaunes avec
deux poignées noires. Durant une opération, le patient est étendu
sur un drap blanc, puis il est recouvert d’un drap bleu stérile qui a
une ouverture vis-à-vis la zone devant être opérée. Ici, Monica a
dessiné les draps blanc et bleu, et elle est la silhouette rose au centre.
Elle a également dessiné quatre lignes au-dessus de sa tête. Dans la
salle d’opération, il y a une instrumentiste (une infirmière vêtue
d’une blouse stérile), un anesthésiste et moi-même, ainsi qu’une
infirmière en service externe — qui ne porte pas de blouse stérile et
qui peut quitter la salle pour aller chercher le matériel dont le
chirurgien pourrait avoir besoin. Dans le dessin, l’infirmière en
service externe est représentée par une ligne qui traverse en partie la
bordure de la boîte qui représente la salle. Monica savait
intuitivement que c’est une personne qui peut aller et venir, et qui ne
resterait pas tout le temps dans la salle avec elle.
C’est ce dessin qui a changé la façon de penser des gens à l’hôpital.
Beaucoup croyaient que j’étais cinglé de recueillir de l’information à
partir des dessins, mais nous avions ici une enfant qui avait dessiné
des éléments clés d’une salle d’opération même si elle n’en avait
jamais vu une. Alors d’où lui est venu ce dessin ? Après avoir été
impressionné par le dessin de Monica, le personnel a été converti et
113
les dessins de mes patients sont devenus beaucoup plus intéressants
que les radiographies ou les imageries par résonance magnétique.
FIGURE 24
Dans le dessin de cette femme, les trois arbustes prédisaient combien
de temps elle vivrait : elle a été enterrée presque trois ans jour pour
jour après les avoir dessinés.
FIGURES 25 ET 26
Avant que notre fille se marie, j’ai demandé au futur couple :
— Pourquoi ne faites-vous pas chacun deux dessins : un où vous
êtes seuls et un en couple ?
Notre fille a dessiné sur les deux côtés de la feuille, ce qui est
significatif parce qu’on peut tenir le dessin face à la lumière et que
l’autoportrait est alors superposé sur le couple au dos de la feuille.
(Si la personne ou des membres de la famille sont disposés de
manière à être sur vous, cela signifie que votre famille vous cause un
problème.) Quand j’ai tenu son dessin face à la lumière, j’ai vu que
sa main levée reposait sur la tête de son fiancé, tandis que son autre
main reposait sur son propre cœur. Je lui ai dit :
— Si sa vie est dictée par sa tête et toi par ton cœur, vous allez
avoir un problème.
Dans son dessin du couple (fig. 25), elle tire son fiancé par le bras
pour qu’il aille dans sa direction, mais il ne la regarde même pas. Ils
ont des oreilles, mais les siennes sont noires parce que ce qu’il lui dit
lui cause du désespoir. Dans son autoportrait (fig. 26), elle porte des
chaussures orange, alors qu’en couple, elle porte des chaussures
noires. Elle a de plus gros pieds dans son autoportrait, elle a donc
une meilleure emprise sur les choses quand elle n’est pas avec lui. Je
lui ai dit :
114
— Entre sa tête et ton cœur, vous devez trouver une façon de
communiquer ensemble et de résoudre les choses si vous voulez que
votre relation survive.
Mais ils n’y sont jamais parvenus. Un de leurs garçons est né avec
un grave problème métabolique génétique. Cela a aggravé la
situation et ils ont fini par divorcer.
FIGURE 27
Ce dessin a été réalisé par un médecin atteint d’un cancer et dont les
enfants étaient adultes. Il se demandait comment ses enfants allaient.
Je lui ai dit :
— Dessinez-moi un dessin de votre famille.
— Ils sont dispersés ici et là dans le pays. Qu’est-ce que le dessin
va bien pouvoir me dire ?
Je lui ai répondu qu’il savait intuitivement ce qui se passait. Il m’a
donc apporté ce dessin. La première chose que je lui ai dite est de
cesser de qualifier ses enfants. Il avait écrit sous chacun : « Yale », «
architecte », « avocat », etc. Ils étaient tous des professionnels. Je lui
ai donc demandé :
— Si vous aviez un toxicomane, un décrocheur et un meurtrier,
auriez-vous ajouté ces détails ?
Il a éclaté de rire en secouant la tête.
— Ne qualifiez pas vos enfants, lui ai-je répété.
En examinant le dessin, j’ai vite constaté à quel enfant il avait
besoin de parler. Je dis toujours qu’être avocat est une maladie
grave. Un avocat m’a déjà dit :
— À force d’apprendre à penser, j’ai presque oublié de ressentir
les choses.
Et c’est ce qui était arrivé à l’enfant avocat de ce médecin : il est
vêtu de noir, il ne touche à aucun membre de la famille et, si je me
115
fie à ce dessin, je suis certain que c’est un être purement rationnel. Il
avait besoin d’être en contact avec sa famille et d’être encouragé à
exprimer ses sentiments. Son père a réussi à communiquer avec lui
et il l’a aidé en ce sens.
LA NATURE : UN MIROIR DE NOTRE ENVIRONNEMENT INTÉRIEUR
FIGURE 28
Nous percevons les arbres comme des symboles qui représentent les
êtres humains : nos familles, nos vies et nos corps. Quand vous
dessinez un arbre, la partie qui se trouve dans le sol — les racines —
symbolise habituellement votre inconscient. Elle peut également
faire référence aux racines de votre famille. Le tronc représente votre
corps et ce qui se passe dans votre vie. Les branches supérieures de
l’arbre peuvent représenter le futur ainsi que votre croissance et
votre conscience.
Dans la figure 28, les racines de l’arbre ne constituent pas la partie
la plus importante ; l’artiste a peut-être coupé ses liens avec sa
famille. Le trou dans le tronc laisse croire que quelque chose gruge
un trou en elle ou dans sa vie. Je ne crois pas que la créature dessinée
dans le trou représente une maladie, mais plutôt une personne qui la
dévore. Regardez la confusion qu’il y a dans les branches. Il y a de la
vie, mais dans quelle direction va-t-elle ? C’est la pagaille. Cette
artiste a besoin de régler un problème relationnel avec sa famille. Je
lui demanderais donc :
— Qui est-ce qui vous gruge ?
Il est possible que la chose dans le tronc soit la patiente elle-même
— elle est représentée par un enfant dans l’utérus de l’arbre. Elle a
besoin de créer sa propre vie authentique ; elle ne doit pas vivre la
116
vie que les autres lui imposent. Elle a besoin de renaître pour être
son vrai moi.
FIGURE 29
Ce dessin illustre ce que nous sommes tous venus faire sur la Terre.
La vie est une occasion de grandir et de nous épanouir de manière
saine. C’est tellement un beau dessin, avec son énergie jaune en
arrière-plan, la fleur qui baigne dans les rayons du soleil et sa tige et
ses feuilles vertes, un signe de vie. Quand des enfants ont le cancer
et qu’ils ne vont pas bien, les couleurs deviennent plus pâles. Mais ce
dessin révèle une personne qui s’épanouit et qui tend les bras vers
tout ce qui est bon dans la vie.
FIGURE 30
Quand les bras des gens sont levés dans les airs, cela peut
représenter différentes émotions. Mais regardez cet arbre : il a des
branches minces et entremêlées, aux couleurs émotionnelles. Les
deux personnages sont debout, ce qui signifie que leurs pieds
reposent sur quelque chose de solide. Les gens se dessinent souvent
en train de flotter dans les airs, sans aucun support. Les pieds de ces
deux personnages pointent dans des directions opposées, ce qui
indique qu’ils doivent vraiment se faire une idée, décider dans
quelle direction aller. Il est difficile de trouver quelque chose qui
ressemble à un tronc sur cet arbre ; il n’y a qu’un trait mince. Leur
vie ensemble doit être solidifiée ; ils doivent remettre de l’ordre dans
leur vie. Aucun des personnages n’a de nez, ce qui indique que leur
vie n’est pas inspirante. Ils ont besoin de se créer une vie plus
dynamique et non pas de vivre sur une île.
FIGURE 31
117
Les oiseaux représentent presque toujours des personnes dans votre
vie. Dans ce dessin, il y a trois oiseaux regroupés devant la lune et
un oiseau seul. Les oiseaux en noir peuvent représenter des
personnes qui créent en vous du chagrin et du désespoir ou qui en
font elles-mêmes l’expérience. Il y a un peu de couleur parmi le noir
de ce ciel de nuit, mais il n’a pas un aspect agréable. Le bateau a été
dessiné avec deux couleurs émotionnelles, le noir pour le chagrin ou
le désespoir, et le rouge qui pourrait représenter l’amour, mais qui,
dans la plupart des cas, représente une douleur ou un conflit. Quand
le parcours de vie du patient (le bateau) est noir et rouge, je n’ai pas
un bon pressentiment à propos de son état. Et qui dirige le bateau ?
Dans quelle direction va-t-il ? Un des traits traverse la voile de part
et d’autre ; elle semble prise — presque comme dans un tourbillon
—, comme si elle était fixée à l’horizon. L’eau violette pourrait
signifier une sorte de voyage spirituel, mais le bateau a besoin
d’aide, c’est-à-dire qu’il a besoin que quelqu’un le dirige et compose
avec les émotions douloureuses que cette personne ressent. Les
petits oiseaux pourraient être des personnes dans la vie de l’artiste,
mais elles n’ont pas l’air de pouvoir être très utiles. Cette personne
doit donc demander de l’aide. Quand vous avez besoin d’aide,
demandez-la ; c’est un comportement de survie.
FIGURE 32
La neige sur les trois montagnes n’a pas été dessinée avec un crayon
blanc, mais elle recouvre tout de même quelque chose. Je
demanderais donc à l’artiste :
— Y a-t-il trois personnes ou trois choses dans votre vie qui vous
posent problème et réprimez-vous ce que vous ressentez envers elles
?
118
Le soleil est dans le quadrant du futur, ce qui donne un sentiment
d’espoir, mais il n’y a pas de rayons (de joie) dans ce dessin. Le
chemin parcouru va du passé récent (le quadrant inférieur droit) au
futur lointain (le quadrant supérieur gauche) et il devient étroit ; il
sera donc difficile de demeurer sur ce chemin.
Tout comme il y a trois montagnes, il y a également trois gros
arbres. Un des arbres a l’air vivant ; les deux autres ont l’air morts ou
en dormance. S’ils représentent des individus, personne ne les
nourrit et, tout comme le chemin, ils commencent à s’éteindre. C’est
comme s’ils perdaient leur force vitale. Même les sapins ont un tronc
noir, ce qui pourrait symboliser leurs problèmes. Les montagnes
violettes sont des symboles spirituels et un arbre du genre « sapin de
Noël » peut également être un symbole spirituel, mais quelque chose
a vidé de leur vie les deux arbres à feuilles caduques, qui pourraient
représenter un parent et un enfant. Je demanderais également à
l’artiste :
— Est-ce que le chiffre 5 signifie quelque chose pour vous ?
La clôture, avec cinq poteaux, se trouve dans le quadrant du
dessin qui représente le passé. De l’herbe verte et en santé pousse à
la base de chaque poteau. Il y a également encore quelques arbres
dans le passé. Mais comme tous les conifères ont un tronc noir, il y a
un conflit même s’ils semblent en santé. Je crois que quelque chose
du passé de l’artiste qui a besoin d’évoluer est retenu par cette
clôture et que l’artiste a besoin de faire une thérapie pour le faire
remonter à la surface.
FIGURE 33
Ce dessin illustre une autre sorte d’arc-en-ciel, avec du rouge, du
jaune, de l’orange, du violet et du vert ; il est plein de vie. Même si
les couleurs ne sont pas dans l’ordre habituel d’un arc-en-ciel, il y a
119
de l’ordre dans le dessin — un équilibre — et il est magnifique. Le
pot repose sur une table brune, une puissante couleur terrestre ; il est
donc soutenu. La poignée suggère que vous pouvez le prendre et
l’emporter avec vous. Vous pouvez l’emplir d’eau pour maintenir les
fleurs en vie. Ce dessin me donne une bonne impression à propos de
la vie de la personne. Je demanderais à l’artiste :
— Pourquoi y a-t-il quatre fleurs jaunes, deux violettes, etc. ?
Ou encore :
— Pourquoi y a-t-il huit fleurs ?
Si le chiffre huit ne signifie rien de précis pour l’artiste, il peut
signifier un nouveau commencement en cours ou à venir.
FIGURE 34
Mon épouse, Bobbie, a dessiné cette scène extérieure avec cinq
arbres dans le haut de la feuille. Nous avons cinq enfants et au
moment où elle a fait ce dessin, un de nos enfants nous causait des
difficultés. C’est celui qui se trouve sous les quatre autres. J’essayais
alors de le convaincre d’aller au collège plutôt que de traîner à la
maison en se plaignant tout le temps. C’est un enfant brillant qui a
beaucoup d’énergie, mais il trouvait l’école ennuyante. Quand il
était plus jeune et que mon épouse et moi étions partis en vacances,
il se cachait dans le placard pour lire des livres toute la journée
plutôt que d’aller à l’école. J’essayais donc de le convaincre d’aller
étudier dans un domaine qui l’intéressait.
Quand Bobbie a fait ce dessin, deux de nos enfants vivaient
ailleurs et trois vivaient avec nous. Mais regardez bien dans le bas
du dessin, là où il y a sept fleurs (qui représentent notre famille).
Dans le coin inférieur gauche, il y a nos jumeaux, mon épouse et
moi. La troisième fleur se trouve à droite des quenouilles, ce qui m’a
indiqué qu’il allait quitter la maison ; cela a entièrement éliminé la
120
pression. Il y a six quenouilles. Six semaines après la réalisation de ce
dessin, notre garçon a pris le volant de sa voiture et il s’est rendu à
Denver rejoindre son frère pour aller étudier là-bas. Ce dessin
m’impressionne encore et nous le gardons accroché au mur dans
notre maison.
L’IMAGE DE SOI : VOIR COMMENT NOTRE VALEUR PERSONNELLE
INFLUE SUR NOTRE CORPS
FIGURE 35
Cette jeune femme avait été admise à l’hôpital parce qu’elle se
laissait mourir de faim. Tout le personnel de l’hôpital était fâché
contre elle et exigeait de savoir pourquoi elle agissait ainsi. Et ils
étaient impolis avec elle. Je suis donc allé la voir et je lui ai
demandé :
— Ma chère, fais-moi un dessin.
Et voici ce qu’elle a dessiné. Je suis allé montrer le dessin au
personnel de l’hôpital et je leur ai dit :
— Regardez. C’est un dessin d’elle-même. Comprenez-vous
maintenant quel est son problème ? Son image d’elle-même est celle
d’une femme obèse qui a l’air enceinte.
Quand ils ont pris conscience de la façon dont elle se voyait, ils se
sont calmés et ils ont commencé à la traiter différemment.
Ce que j’aime de ce dessin est que les deux pieds pointent vers
l’est. Je savais qu’avec la thérapie, elle allait dans la bonne direction
et que comme ses pieds ne pointaient pas dans des sens opposés, elle
n’était pas confuse ou déchirée intérieurement. Elle avait besoin de
plus gros doigts pour pouvoir prendre les choses en main. Les
quatre boutons signifiaient peut-être quelque chose pour elle. Elle
commençait à se trouver, ce qui était symbolisé par sa façon d’étirer
121
un peu le cou. N’ayant illustré son nez que par deux points, cela me
laissait croire qu’elle devait trouver quelque chose qui l’inspirerait et
que si elle le trouvait, elle deviendrait une personne entière. Cela
serait démontré par l’utilisation de couleurs plutôt que de traits
noirs. Sans amour de vous-même, vous ne pouvez pas voir votre
vrai moi dans le miroir et vous accepter comme une personne qui
mérite d’être aimée. Vous ne voyez que les défauts.
FIGURE 36
Ce qui est intéressant à propos du dessin de cette fille, ce sont ses
bras : elle a des mains, mais elles sont retenues contre la robe par les
deux traits qu’elle a tracés par-dessus ses bras. Elle a dessiné toutes
les parties, y compris les yeux, le nez et la bouche et elle a couvert
toute la feuille, ce qui indique quelque chose de positif à propos de
son estime d’elle-même, comparé au petit autoportrait dessiné par la
femme anorexique. Mais je voudrais lui demander :
— Qu’est-ce qui vous maintient les mains liées ? Qu’avez-vous
besoin d’atteindre ?
Ses bras sont bruns et son visage est blanc ; le fait d’avoir colorié
ses bras d’une couleur foncée révèle peut-être sa difficulté à faire
appel aux autres et à accomplir ce qu’elle doit accomplir. C’est une
personne blanche avec des bras bruns. C’est comme si elle avait peur
d’être jugée. Ses pieds ne pointent pas dans la même direction, ce
qui indique un peu d’indécision. Elle a peut-être été critiquée par les
autres, qui lui ont dit quoi ne pas faire.
FIGURE 37
Vous donnez des crayons de cire à une personne, puis vous regardez
ce qu’elle en fait. À part les yeux et la bouche rouges, le reste de la
femme est dessinée en noir. Elle a des yeux, un nez et une bouche,
122
mais pas d’oreilles, de mains ou de pieds. Cela représente sa
dépression. Au moins, elle n’a pas dessiné un sourire sur son visage
et nié ainsi ses sentiments — la plupart des gens qui sont
profondément déprimés se dessinent tout de même avec un gros
sourire. De même, le trait est plus épais à la hauteur des épaules ;
elle porte donc un poids sur celles-ci. Je lui demanderais :
— Qu’est-ce qui se passe ?
Elle s’est dessinée comme n’ayant rien pour remédier à la
situation. Elle se sent impuissante. Elle a besoin d’aide pour
apprendre à faire appel aux autres, à faire pousser des pieds, à se
déplacer et à accomplir ce qui doit être accompli. Sa ceinture est
presque trop serrée, comme si elle signalait que quelque chose dans
sa vie l’étouffe. Elle doit apprendre à être à l’écoute de ses
sentiments de la même façon que nous réagissons à la faim en allant
chercher de la nourriture.
FIGURES 38 ET 39
La figure 38 a été dessinée sur les deux rabats d’une feuille, ce qui
fait que la personne que vous voyez s’ouvre comme un livre. Les
couleurs de l’image extérieure sont saines et pleines d’énergie, mais
les mains de la personne sont presque cachées (l’artiste ne peut pas
composer avec ce à quoi elle est confrontée) et ses pieds sont pointés
dans des directions opposées (elle est indécise). Les épaules sont
larges, comme si elle portait un poids. L’image couvre la feuille ;
cette femme a donc une bonne estime d’elle-même. Quand je lui ai
demandé pourquoi elle avait plié la feuille, elle l’a ouverte. Voyez ce
qu’il y a à l’intérieur : dans la figure 39, son corps est dépersonnalisé.
L’artiste s’est dessinée en train de recevoir une chimiothérapie, qui
est jaune (ce qui représente de l’énergie) et qui pénètre directement
dans la tumeur, ce qui est une bonne chose (moins d’effets
123
indésirables). Mais regardez-la : elle n’a pas de tête ; elle n’a même
pas de mains, ses pieds pointent dans des directions opposées et son
corps est rouge. Je dirais donc qu’elle se sent complètement
impuissante et qu’elle ne sait pas quoi faire. Quelqu’un d’autre a
prescrit le traitement et elle croit qu’elle est obligée de s’y soumettre.
Son traitement devrait relever de sa propre décision et non pas lui
être prescrit par le médecin. Malgré cela, elle a caché son
appréhension sous les rabats de la feuille. J’ai recommandé que la
patiente cesse le traitement ou qu’elle change son attitude envers
celui-ci. Si vous vivez l’enfer, dites-le ; ne le cachez pas aux gens.
Prenez soin de vous et demandez aux autres de vous soutenir. Cette
femme a besoin de revendiquer son pouvoir et de ne recevoir le
traitement que parce que c’est son choix et non celui de quelqu’un
d’autre. Elle aurait ainsi beaucoup moins de problèmes. À raison de
10 fois par jour, elle devrait se visualiser pendant trois ou quatre
minutes en train de recevoir le traitement, d’obtenir un résultat
positif sans effets indésirables et de retourner chez elle régénérée et
en santé. Quand vous vous sentez impuissant ou que vous avez
l’impression d’être empoisonné par votre traitement, vous créez le
pire des résultats.
J’ai écouté une émission sur une chaîne publique dans laquelle un
psychologue parlait d’un projet de recherche où l’activité cérébrale
de différents volontaires a été observée en temps réel au moyen de la
technique d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle
(IMRf). À chaque essai, les chercheurs plaçaient une main devant la
personne et observaient sur le moniteur quelles zones du cerveau
étaient activées. Quand ils retiraient la main, l’activité cessait dans
ces zones. Le psychologue a noté que si on retirait la main et qu’on
disait à la personne de fermer les yeux et d’imaginer une main, le
124
cerveau sur le moniteur s’activait dans les mêmes zones qu’avant ;
l’activité cérébrale était donc la même que si la personne regardait
réellement une main. Alors quand vous vous visualisez en train de
recevoir un traitement et que tout se passe bien, c’est comme si vous
le receviez vraiment. Cela fait une énorme différence.
FIGURE 40
C’est moi. Voyez comme mes épaules sont larges. Je me mets
beaucoup de pression dessus, si vous voyez ce que je veux dire. Mais
j’ai couvert toute la feuille, ce qui signifie que j’ai une bonne estime
de moi. Les couleurs sont des couleurs naturelles. J’ai toutes les
parties nécessaires : un nez, une bouche, des yeux et des oreilles. Je
souris sincèrement ; ce n’est pas un faux sourire. Mon t-shirt a quatre
boutons ; pour moi, ce nombre pourrait symboliser une forme de
complétude. Mes pieds reposent bien à plat sur le plancher. Même
quand vous savez ce que vous dessinez, c’est étonnant de voir tous
les petits détails qui se glissent. Si vous avez l’air d’avoir plus de
muscles que dans la réalité, cela signifie que vous essayez d’être fort
face aux autres et que vous ne prenez pas aussi bien soin de vousmême que des autres. Je ne devrais pas en faire autant ; je dois
prendre soin de moi et ralentir. Ensuite, si je faisais un autre dessin,
je serais peut-être moins musclé et davantage en santé.
FIGURE 41
Par contraste avec le dessin précédent, examinez cette image
dessinée par le garçon de notre voisin, qui était déprimé. Le corps du
garçon ne couvre pas la feuille ; il n’est qu’une petite tache et il s’est
dessiné tout en noir : le gardien de but d’une équipe de hockey. Que
doit-il affronter ? Un gardien de but doit affronter tous les objets
durs et noirs que tout le monde lui lance. La symbolique de cette
125
image est tellement claire, avec la noirceur de la dépression et la
petitesse de l’image de soi. Et la façon dont il tient son bâton laisse
croire qu’il s’attend à faire face à d’autres problèmes. Cet enfant a
vraiment besoin d’aide.
FIGURES 42 ET 43
Ce garçon est venu dans mon bureau et il a fait un dessin de luimême qui couvrait toute la feuille. En raison du violet, j’ai vu qu’il
était un être spirituel, mais dans son dessin, il n’a pas de jambes
(fig. 42). Je n’avais pas remarqué qu’il avait écrit le mot « verso ». Je
lui ai donc demandé :
— Qu’est-ce qui se passe ? Tu n’as pas de jambes. Te sens-tu coincé
ou prisonnier ?
— Tournez la feuille de l’autre côté, m’a-t-il dit.
De l’autre côté, il a les pieds qui reposent à plat sur le plancher
(fig. 43). Quand je me dessine, je couvre un côté de la feuille, mais ce
garçon a besoin des deux côtés. Il a donc une très bonne estime de
lui. S’il a besoin des deux côtés de la feuille et qu’il a du soutien, il va
s’en sortir. Ce dessin me dit que les choses vont bien aller pour lui.
FIGURE 44
Ce garçon m’a dit :
— Dr Siegel, les enfants se moquent de moi dans le vestiaire de
l’école et je veux que vous me circoncisiez afin qu’ils cessent.
Je lui ai tendu une boîte de crayons de cire contenant du noir, du
blanc, du brun et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et je lui ai dit :
— Fais-moi un dessin de toi dans la salle d’opération.
Il a pris un crayon noir et il a écrit « Moi » en noir, puis il a dessiné
un insecte noir sur la table d’opération. Il a ensuite écrit au-dessus : «
La raison pour laquelle j’ai fait ce dessin est que je suis fatigué. » Je
126
savais que ce n’était pas pour cette raison ; c’était ce qu’il ressentait à
propos de lui-même. S’il avait eu l’impression qu’il était un bel
enfant et qu’il était aimé, il se serait dessiné en beau jeune homme
qui voulait ou ne voulait pas être circoncis. Je lui ai dit :
— D’accord, tu ne veux pas que les enfants se moquent de toi ?
Nous pouvons faire la circoncision.
Mais j’ai montré le dessin à ses parents et je leur ai dit :
— Je vais faire la circoncision pour l’aider, mais il pourrait passer
sa vie à consulter des chirurgiens plastiques sans jamais se trouver
beau quand il se regarde dans le miroir. Ce dont il a le plus besoin,
c’est de votre amour.
Lors d’un congrès, j’ai observé la même chose parmi des
entraîneurs personnels. Je leur ai demandé :
— Que pourrais-je suspendre dans le hall de tous les édifices
publics pour transmettre le message « Voyez comme la vie est belle
et significative » ?
Ils ont crié des choses comme « des papillons ! », « des arcs-en-ciel
! », « des photos de bébés ! », jusqu’à ce que je dise :
— Non, il faut suspendre un miroir.
Quand la première pensée qui vous vient est un miroir, cela
signifie que vous vous acceptez entièrement et que vous vous aimez.
Quand nous nous acceptons en tant que créatures de Dieu, que nous
voyons de la beauté et du sens dans ce que nous sommes, tels que
nous sommes, nous acceptons également les autres en tant que
créatures de Dieu. Les enfants prennent conscience de leur valeur
personnelle à travers l’amour et l’acceptation de leurs parents. Une
fois qu’ils en sont conscients, ils n’ont pas à se soucier de leur
apparence, de ce que leurs amis disent et de ce que les voisins
127
pensent. S’ils ne reçoivent que de l’indifférence et du rejet de leurs
parents, cela peut être désastreux.
FIGURE 45
Ce dessin a été réalisé par une journaliste qui était venue
m’interviewer. Quand elle a dessiné une horloge avec une seule
aiguille qui pointait le 12, j’ai compris que son inconscient lui
demandait qu’elle prête attention à une expérience traumatisante de
son passé ; elle avait besoin d’une aide thérapeutique pour guérir.
FIGURE 46
Je montre souvent ce dessin lors de mes conférences et je demande
aux gens :
— Selon vous, qui rédigerait ainsi des instructions détaillées sur la
façon de faire un dessin alors que je lui ai simplement demandé de
dessiner quelque chose ?
Quand je réponds que c’est un ingénieur, tout le monde éclate de
rire. Il a écrit en haut de la feuille : « J’ai de la difficulté à dessiner. »
Que craignait-il ? Ce n’était pas un cours de dessin ; il n’allait pas
être noté. Il n’a pas seulement ajouté quelques mots pour qualifier
des choses, comme certaines personnes le font ; il a plutôt rédigé une
page d’instructions. Il essayait de tout régenter dans sa vie en se
servant de sa tête. Ce qui est intéressant est que cet événement a tout
de même eu un énorme effet sur lui parce que je lui ai dit :
— Vous laissez votre tête dicter votre comportement et non pas
vos sentiments. L’ingénieur en vous a de la difficulté avec les
relations interpersonnelles et, tout comme les avocats, vous
rationalisez et vous calculez ; vous n’écoutez pas votre cœur.
Cela l’a vraiment ébranlé.
128
Environ 15 ans plus tard, j’ai montré ce dessin lors d’une
conférence à l’université Yale. À la fin de celle-ci, un homme est
venu me voir et il m’a dit :
— C’est l’écriture de mon père. Quand vous lui avez dit qu’il
agissait seulement de manière rationnelle et qu’il ne ressentait pas
ses émotions, cela l’a changé. Cela a eu un profond impact sur lui et
l’a aidé à survivre à son cancer.
J’ai donc fait une copie du dessin et je l’ai donnée à son garçon.
Certaines personnes ont si peur de dessiner qu’elles font faire le
dessin par leur enfant. Je leur dis alors :
— Vous luttez contre un cancer et vous avez peur de dessiner ?
Un garçon de 10 ans a dessiné sa mère avec une grosse tête et un
faux sourire. Il comprenait bien la situation : elle agissait de manière
rationnelle et elle ne ressentait pas ses émotions.
LE TRAITEMENT : NOTRE PERCEPTION DES CHOSES MODIFIE
NOTRE EXPÉRIENCE
FIGURE 47
Cette artiste a un sens de l’humour qui l’a aidée à sur-vivre. Ici, elle
s’est dessinée en train de recevoir une chimiothérapie avec le produit
qui circule dans toutes les parties de son corps ; elle se préparait
donc inconsciemment à avoir beaucoup d’effets indésirables. Elle est
reliée à l’appareil qui injecte la thérapie intraveineuse durant toute
une journée et une soirée ; c’est une des différentes séances
auxquelles elle devra se soumettre durant plusieurs mois. Elle m’a
dit :
— J’en ai assez de traîner cette chose avec moi.
Elle était vraiment prête à abandonner et à mourir. Je l’ai donc
regardée dans les yeux et je lui ai dit :
— Vous savez, vous êtes Lady Dragon1.
129
Elle a éclaté de rire. Durant ses séances de visualisation, les
dragons sont devenus les symboles qui représentaient ses globules
blancs et elle s’est sentie mieux à partir de ce moment-là. Elle a bien
supporté le traitement et tout le reste parce qu’elle était devenue
Lady Dragon.
Les médecins auraient avantage à apprendre des techniques
psychologiques pour soigner les gens, comme le jeu de mots que j’ai
utilisé pour amuser et donner de l’énergie à « Lady Dragon ».
J’utilise également une technique appelée le paradoxe, durant
laquelle je fais le contraire de ce qu’un patient s’attend à ce que je
fasse. Par exemple, quand quelqu’un vient me voir et me dit :
— Ils m’ont dit qu’il me restait une semaine à vivre.
Je lui réponds :
— J’ai plutôt l’impression qu’il ne vous reste que quelques jours.
Le patient me regarde habituellement, l’air secoué, puis il saisit ; ce
n’est qu’une blague. Ce que j’ai dit est tellement horrible que le
patient éclate de rire. Puis, nous commençons à parler et la tension
disparaît. Le paradoxe aide le patient à voir les choses de manière
plus positive, ce qui en retour a un effet sur la façon dont il vit le
traitement. Cela a pour résultat une meilleure espérance de vie, alors
je leurre souvent les gens pour qu’ils se concentrent sur leur santé.
Les dessins suivants montrent les réactions émotionnelles de deux
patients envers leur traitement. Ils illustrent clairement pourquoi
une attitude positive peut jouer un rôle important dans la guérison.
FIGURE 48
Voici une personne qui reçoit une greffe de moelle osseuse et on
dirait que cela se produit dans une prison. Aucun rayon de soleil ne
pénètre par la fenêtre et il n’y a rien d’agréable à l’extérieur. Les
infirmières sont des bonshommes allumettes sans mains et elles ne
130
touchent pas la patiente. La patiente n’a qu’un bras ; elle n’a pas
d’yeux, pas d’oreilles et pas de nez ; elle ne peut donc pas
s’exprimer. Elle est simplement étendue sur une table avec une
énorme aiguille pointée vers elle. On dirait un cauchemar et non une
thérapie visant à la guérir. Une personne qui fait un tel dessin a
besoin d’aller chez elle et de visualiser le traitement d’une manière
différente, comme une chose thérapeutique, jusqu’à ce qu’elle puisse
le voir comme étant bénéfique. J’ai un CD qui s’appelle Getting Ready
et qui aide les gens à se « reprogrammer » à l’aide d’une
visualisation guidée. Je l’aurais recommandé à cette patiente parce
que cela aurait complètement changé sa façon de réagir à son
traitement de même que le résultat obtenu. Maintenant, comparons
le dessin suivant, la figure 49, à celui-ci.
FIGURE 49
Il s’agit de la scène d’une greffe de moelle osseuse et la main de Dieu
soutient la patiente. L’intraveineuse est en place ; le médecin est
dans la salle. Il porterait normalement un bonnet, un masque et une
blouse, mais dans ce dessin, il n’en porte pas et touche la patiente
non pas avec un stéthoscope, mais avec sa main — une main
humaine —, et il sourit. Même si le dessin a pâli avec le temps, on
peut encore voir l’arc-en-ciel de vie qui est dans la salle avec elle et
qui est symbolisé par les couleurs de la chaise. On dirait qu’elle est
en croisière et non pas qu’elle subit une intervention médicale
difficile à l’hôpital. De la lumière brille sur elle. La porte est rouge :
une couleur émotionnelle ; c’est sa porte d’entrée vers la vie. On
aperçoit par une fenêtre l’arbre de vie, un arbre qui a l’air en santé.
Par l’autre fenêtre, on peut voir sa famille qui l’attend. Dans la salle,
il y a le lecteur de CD pour faire sa visualisation et tout ce dont elle a
besoin. Je ne suis pas inquiet pour ce genre de patiente. Les études
131
révèlent que les personnes qui font ce genre de dessin et qui ont cette
optique psychologique ont un taux de survie plus élevé que les
personnes qui font des dessins négatifs.
FIGURE 50
Cette femme a écrit « À l’aide » sur son ventre après avoir suivi le
conseil que je donne aux patients qui doivent être hospitalisés. Je
leur dis toujours d’apporter une trousse Siegel. Elle contient un
marqueur, une crécelle et un pistolet à eau. Le marqueur sert à écrire
« Coupez ici » et « Pas celui-là, imbécile ». Une femme a écrit juste
au-dessus de son pubis : « Ne tondez pas le gazon. » Avec ce genre
d’humour, tout le monde dans la salle d’opération rit et devient une
famille. La crécelle peut sauver des vies. Une femme était en train de
s’étouffer avec de la nourriture de l’hôpital et personne n’est venu
quand elle a appuyé sur le bouton d’appel. Elle m’a plus tard
raconté :
— Si je n’avais pas eu de compagnon de chambre, je serais morte.
Le pistolet à eau sert à arroser ceux qui vous dérangent dans votre
intimité sans aucune bonne raison.
FIGURE 51
Le violet est une couleur spirituelle et bien que son utilisation puisse
suggérer que la personne va mourir, je ne crois pas que la couleur de
la chimiothérapie de cette patiente indique qu’elle croit que cela va
la tuer. Je crois qu’elle voit que cela peut la guérir. Les points rouges
sur son corps — une couleur émotionnelle — représentent le cancer.
Les quelques points blancs parmi eux, qui sont presque invisibles,
sont ses globules blancs. La perception que cette patiente a d’ellemême en se dessinant en bonhomme allumette illustre son sentiment
d’impuissance. Elle s’est dessinée en noir et elle est suffisamment
132
honnête pour montrer qu’elle n’est pas heureuse. Mais parce qu’il
n’y a personne sur le dessin qui lui administre la chimiothérapie et
qu’elle a dessiné le liquide en violet, elle semble croire que le
traitement est davantage un cadeau de Dieu. Ses pieds pointent vers
le traitement, ce qui indique que son intuition lui dit qu’il va lui être
bénéfique.
En ce qui concerne le traitement, je lui dirais :
— Oui, essayez-le. C’est ce qu’indiquent la façon dont vous vous
êtes dessinée, la couleur du traitement et la direction de vos pieds.
Je lui soulignerais également que le cancer semble s’être répandu à
différents endroits dans son corps et qu’il est rouge, ce qui indique
qu’il cause un problème émotionnel dans sa vie. La façon dont les
gens se visualisent compte beaucoup : s’ils dessinent un millier de
cellules cancéreuses et quelques globules blancs, cela correspond à
ce qui se passe dans leur corps. Je recommanderais à cette patiente
de changer son image d’elle et ce qu’elle pense d’elle-même.
FIGURE 52
La chimiothérapie de cette femme est administrée avec une seringue
noire et elle ne laisse pas le produit pénétrer dans son corps. Ses
yeux et sa bouche sont noirs et les points représentant les cellules
cancéreuses sont violets ; dans ce cas-ci, le violet semble représenter
la mort. Son message semble être : « Cela va me tuer. Ma maladie va
me transformer en esprit. » Elle n’a pas de nez pour inspirer ; elle ne
peut donc pas inspirer la vie, ce qui laisse entendre qu’elle ne croit
pas que son traitement puisse l’aider à survivre. Un de ses pieds
pointe vers sa droite — l’ouest, la place de la noirceur — et ses
chaussures sont noires.
Elle semble aussi devenir de plus en plus pâle : le haut de son
corps est rose pâle (une émotion ou une douleur cachée) et elle
133
montre les cicatrices de sa mastectomie. Susan Bach note qu’il arrive
que les enfants malades dessinent initialement des scènes extérieures
avec des couleurs éclatantes comme le vert, puis qu’avec le temps,
les cou-leurs dans leurs dessins successifs deviennent de plus en
plus pâles, soit parce qu’ils appuient moins fort sur la feuille, soit
parce qu’ils choisissent des tons plus pâles. Quand cela se produit,
cela indique que la lumière de la vie pâlit, qu’elle quitte ces enfants.
De façon similaire, le dessin que cette femme a fait n’annonce rien de
bon quant à son avenir.
FIGURE 53
Ce dessin dramatique est très coloré. Comme la patiente n’a pas
dessiné ses pieds, je dirais qu’elle se sentait coincée au moment où
elle a fait ce dessin. Et elle l’était effectivement parce qu’elle avait
environ 16 ans et que ses parents lui avaient enlevé son pouvoir. Ils
l’avaient obligée à recevoir une chimiothérapie contre sa volonté,
jusqu’à ce qu’elle refuse finalement de continuer. Quand ils l’ont
emmenée à mon bureau, je lui ai demandé de me faire un dessin.
Quand j’ai vu les mots « Je vous hais », je lui ai demandé si cela
voulait dire qu’elle haïssait le cancer. Elle m’a répondu :
— Non, je ne hais pas le cancer ; le cancer traverse le même enfer
que moi. Il pleure et il dit : « Aidez-moi. »
Quelle déclaration. Elle était triste pour le cancer ! Alors, qui
voulait-elle transpercer d’un coup de lance ?
— Je veux la planter dans mon médecin, m’a-t-elle dit. À cause de
lui, je suis chauve, je suis laide et mon genou est affreux.
Sa colère visait donc les médecins. Je ne sais pas ce qui lui est
arrivé, mais au moins, ses parents ont pu mieux comprendre ce
qu’elle ressentait. Je leur ai suggéré de redonner à leur fille son
pouvoir et de la laisser décider quoi faire.
134
Le mot patient est dérivé d’un mot qui signifie « personne
souffrante soumise ». Cela suppose que si vous êtes un « bon »
patient, vous allez endurer la souffrance, la chirurgie et la
déformation de votre corps, ainsi que toute complication qui
survient, sans exprimer de colère. Et vous allez peut-être mourir à
un moment qui plaît à tout le monde ou mourir à la suite de
décisions médicales faites par des professionnels qui ne vous
connaissent pas personnellement et qui vous donnent le mauvais
traitement.
Je dis aux gens de ne pas être de bons patients, mais plutôt des
partiponsables. Qu’est-ce qu’un partiponsable ? Un « participant
responsable ». Vous assumez la responsabilité de votre traitement.
Le médecin pourrait prescrire une chose, mais c’est vous qui décidez
de la faire ou pas. Et quand vous prenez les décisions, vous ne vous
considérez pas comme un perdant si vous n’obtenez pas le résultat
souhaité. Voici comment je vois les choses : essayez-vous de ne pas
mourir ou de faire ce qui est bon pour vous ?
La plupart des gens se soumettent à des procédures difficiles dans
l’espoir de ne pas mourir ou de vivre plus longtemps, mais certains
se préoccupent davantage de leur qualité de vie et choisissent un
traitement avec lequel ils peuvent composer, même si cela signifie
qu’ils ne vivront pas aussi longtemps. Un partiponsable décide ce
qui est bon pour lui et si cela ne fonctionne pas, il ne se fâche pas
contre lui en se disant qu’il a échoué. Quand les gens disent qu’ils ne
veulent pas mourir, je leur réponds :
— Alors, faites tout ce que votre médecin recommande. Si cela ne
fonctionne pas, au moins, vous ne vous sentirez pas coupable de ne
pas avoir essayé.
FIGURE 54
135
Dans ce dessin, l’adolescent est étendu sur son lit d’hôpital et il
reçoit une chimiothérapie. Je crois qu’il pense que c’est bon pour lui
parce qu’il l’a dessinée en orange, la couleur du changement. Mais il
ne laisse pas le produit circuler dans son corps ; il s’arrête à son
poignet. Sous son lit, il y a un bac au cas où il vomirait en raison des
effets indésirables qu’il anticipe. Le porte-perfusion est noir et il a
tracé sa silhouette en noir ; son cancer lui cause donc beaucoup de
chagrin. La fenêtre est également noire, mais il y a des nuages bleus
(l’énergie de la vie), et c’est un bon signe. Ses vêtements sont
également bleus, bien que cela puisse simplement être la couleur de
la chemise d’hôpital ; dans ce cas, cela n’a aucune signification. Le
jaune du matelas sur lequel il est étendu est une couleur positive si
elle est liée à son traitement.
La chose qui me trouble est la porte à droite du dessin : ce garçon a
besoin de compagnie. Sa famille a décidé qu’il devrait recevoir une
chimiothérapie et il est allé à l’hôpital pour recevoir le traitement.
Mais où est sa famille ? Elle n’est pas là pour le soutenir. Il est seul
dans sa chambre et il souffre des conséquences de leur décision sans
recevoir leur soutien et leur amour.
Faites l’expérience suivante : plongez votre main dans un seau
empli de glace, tout en étant assis seul dans la salle de bain.
Observez le temps qui s’écoule. Notez par écrit combien de temps
s’est écoulé avant que cela devienne trop douloureux et que vous
soyez obligé de retirer votre main de l’eau glacée. Puis, apportez le
seau dans le salon et demandez à toute votre famille et à vos
animaux de compagnie de s’asseoir autour de vous. Plongez de
nouveau votre main dans le seau et observez combien vous pouvez
tolérer plus longtemps l’eau glacée quand vous êtes entouré des
gens qui vous aiment. Cela illustre parfaitement combien les
136
personnes qui luttent pour se rétablir ont besoin d’amour et de
compagnie.
FIGURES 55 ET 56
Cette femme s’est dessinée dans une boîte munie d’une courroie
pour empêcher sa tête de bouger pendant que les rayons sont dirigés
sur sa tumeur (fig. 55). La ligne traçant un côté du lit passe pardessus son pied afin qu’elle ne puisse pas se lever et partir. D’un
point de vue symbolique, elle est enfermée et le fait qu’elle n’a pas
dessiné de doigts laisse croire qu’elle n’a pas d’emprise sur les
choses. Elle n’a pas de nez, ce qui suppose son manque d’inspiration
à propos du traitement. Les techniciens qu’elle a dessinés sans nez et
de l’autre côté de la fenêtre, c’est-à-dire complètement séparés d’elle,
illustrent également un manque d’attention et de soutien
émotionnel.
Dans la figure 56, les rayons de la radiothérapie sont rouges et
noirs, deux puissantes couleurs émotionnelles ; elle va donc
beaucoup réagir au traitement. Notez que les rayons sont non
seulement dirigés vers la tumeur, qui est illustrée par une grosse
tache noire sur sa mâchoire, mais aussi vers ses épaules, son cou et
son visage. Heureusement, les cellules noires de la tumeur sont
entourées de son système immunitaire, qui possède une couleur
terrestre nourrissante. Cette zone brune semble être constituée de
briques ou de billes de verre qui bloquent la tumeur et la confinent
dans cette partie de son corps. Il s’agit d’une approche utile, mais je
crois néanmoins qu’elle va souffrir de beaucoup d’effets indésirables
là où les flèchent pointent en raison de son attitude envers son
traitement.
FIGURE 57
137
Ici, le patient est étendu sur la table d’opération. Son cardiogramme
est accroché au mur et il a deux lignes intraveineuses fixées à son
corps. Le drap vert qui le recouvre est une couleur saine, mais il n’y
a personne pour prendre soin de lui. On dirait qu’il est mort et que
quelqu’un a recouvert son corps. Ce patient a sans doute peur d’aller
dans la salle d’opération, parce qu’il a dessiné son cardiogramme et
qu’il est noir. Le cardiogramme pourrait suggérer qu’il a
l’impression que personne ne veille sur lui, ce qui fait que son cœur
pourrait s’arrêter ; il est donc mort de peur.
FIGURE 58
Dans ce dessin, on voit le contraire de la peur. Quelle différence.
Parce qu’elle sent que Dieu et l’amour sont présents dans la salle
d’opération, cette femme ne va rencontrer aucune difficulté. La table
est jaune soleil et cette femme est entourée des rayons d’une énergie
vivifiante. Le chirurgien ne porte pas de masque, de blouse ou de
gants — il est là en tant que personne, il la touche et il la traite
comme un être humain. Il y a un arc-en-ciel au-dessus de la tête du
chirurgien et la patiente imagine une fleur ; ces deux objets sont
reliés à la personne par quatre bulles. Quatre est le chiffre de la
complétude ou de la plénitude ; il peut également signifier quelque
chose de personnel pour l’artiste. Trois cœurs et trois notes de
musique violettes dansent dans les airs. Le trois pourrait faire
référence à la Trinité. Il y a 12 fleurs, ce qui pourrait signifier une
période de temps, des personnes ou quelque chose de personnel. Ce
dessin est tout simplement magnifique. Il n’est que paix et guérison.
Je ne m’inquiéterais pas du tout à propos de cette patiente.
FIGURE 59
138
Cet homme cache ses mains et il n’a pas de pieds. Il est coupé du
monde. Comment peut-il demander de l’aide pour accomplir ce qu’il
doit accomplir ? C’est bien que ses épaules soient arrondies, parce
que les problèmes vont glisser dessus sans problème. L’homme a
dessiné deux grosses cicatrices sur sa poitrine tout en croyant que sa
maladie est à l’extérieur de son corps, comme s’il ne pouvait rien
faire. Il a des yeux, un nez, une oreille et une bouche, mais quand
vous dessinez votre maladie à l’extérieur de votre corps, cela indique
que vous n’avez pas accepté la réalité ou la responsabilité de
composer avec elle, alors comment pourriez-vous avoir un effet sur
elle ?
Sa sagesse intuitive nous révèle ce qui se passe dans son corps. Ici,
les cellules noires sont les cellules cancéreuses ; le traitement est
rouge et ses globules blancs ressemblent aux personnages jaunes du
jeu Pac-Man. Une cellule cancéreuse dans le bas n’est pas touchée
par le traitement ; je dirais donc que 80 % de son cancer est attaqué
par le traitement et son système immunitaire.
En utilisant la même métaphore qu’il a choisie pour son dessin, je
lui dirais :
— Sortez vos mains, bougez vos pieds et acceptez que la maladie
soit dans votre corps.
Accepter ne veut pas dire faire face à une issue négative ; c’est
prendre conscience que « c’est arrivé et je dois m’impliquer et non
pas simplement rester là à ne rien faire ». Nous devons aider cet
homme à améliorer l’imagerie qu’il utilise durant ses séances de
visualisation et à voir que l’ensemble de son cancer est traité.
FIGURE 60
Cet homme a utilisé des chevaux pour représenter ses globules
blancs. Je lui dirais :
139
— Ne vous limitez pas à sept chevaux ; utilisez-en une centaine ou
même davantage.
(Une femme a utilisé du maïs soufflé, une très bonne image. Les
grains de maïs possèdent beaucoup d’énergie et semblent en
quantité infinie ; et en éclatant, ils peuvent étouffer les cellules
cancéreuses.) Dans ce dessin, la substance chimique du traitement
n’atteint pas toutes les cellules cancéreuses de l’homme. Je lui
demanderais de visualiser que toutes les cellules sont attaquées et je
lui suggérerais de visualiser que cela se produit dans son corps.
LA FAMILLE : LE PREMIER RÉSEAU DE SOUTIEN
FIGURE 61
Un arbre symbolise la famille ou une personne. Le tronc représente
le corps ; la partie supérieure d’un arbre signifie la conscience et les
racines sont ce qui se trouve sous la surface : le passé et l’inconscient.
Ici, nous ne voyons que la partie de l’arbre correspondant au corps et
il y a un trou au milieu. Le dessin a été fait au crayon, sans aucune
cou-leur ; les émotions et la vie n’y sont donc pas représentées.
Quand les membres d’une famille ne communiquent pas, il n’y a pas
de vie dans celle-ci. Le père a les mains dans les poches. La fille tend
son bras vers sa mère, mais la mère ne fait pas de même et personne
ne touche au garçon. Ils ont besoin de communiquer, de se soutenir
et d’exprimer leurs sentiments.
FIGURE 62
Regardez le canapé. Même s’il y a une place vide, cette enfant est
assise seule. Elle s’est dessinée en violet, alors je savais qu’elle me
disait :
— Je vais mourir de ma maladie. Je vais devenir un esprit.
140
J’ai montré ce dessin à ses parents et il a eu un profond impact sur
toute la famille. Environ un an après la mort de leur fille, ils m’ont
appelé pour me dire :
— Merci de nous avoir aidés avec ce dessin. Cela nous a incités à
consacrer davantage de temps à notre fille. Nous avons eu une
magnifique relation avec elle et nous avons fait la paix avec nos vies
avant sa mort.
Le processus de sa mort n’a donc pas seulement été associé à une
perte ou à un échec ; il leur a plutôt procuré un sentiment
d’accomplissement et il était très important pour eux que leur fille
puisse mourir en se sentant profondément aimée.
FIGURE 63
Le toit noir de cette maison pourrait être sa couleur réelle ou il
pourrait représenter les problèmes émotionnels de l’artiste. Avant
d’interpréter un dessin de ce genre, il est important de demander :
— Quelle est la couleur du toit de votre maison ?
J’ai déjà eu une patiente qui a dessiné un toit rouge et une voiture
noire. Il s’est avéré que ces deux couleurs émotionnelles
représentaient son mari. C’était un alcoolique qui fumait dans la
maison et qui conduisait en état d’ébriété ; il était donc dangereux
pour elle d’être dans la maison ou dans la voiture avec lui. Ici, deux
personnes sont assises devant la maison et il est évident qu’il y a de
la place pour toutes les deux à l’intérieur. Il y a aussi un chien et des
fleurs, et le dessin couvre toute la feuille. Quand les gens couvrent
toute la feuille, cela indique que leur vie est emplie. Les cheminées
permettent à l’air chaud de s’échapper facilement de cette maison.
Quand ces deux personnes ont un problème, elles le résolvent. Il ne
va pas créer de tension et détruire leur vie.
FIGURE 64
141
Le papillon est un symbole de transformation, alors la vie des gens
dessinés ici est en train de changer. Ce papillon est violet, mais il ne
vole pas dans le coin supérieur gauche, là où le concept de la mort
est représenté. Et le dessin n’est pas tragique ; je ne considère donc
pas qu’il prédit une mort. Comme le papillon occupe le milieu de la
partie droite (le présent), je le vois comme un symbole de
transformation spirituelle et de changement ; il est lié à ce qui se
produit présentement dans la famille. Au-dessus d’eux, il y a un arcen-ciel avec les couleurs dans le bon ordre ; il reflète donc qu’il existe
de l’ordre dans la vie de cette famille et qu’elle connaît un sentiment
de plénitude. Ils se touchent et il y a de la couleur partout ; ce dessin
est empli de vie. Les quatre fleurs pourraient représenter les
membres de la famille. Il y a trois fleurs rapprochées et une plus à
l’écart, comme le petit garçon, mais il se dégage de ce dessin de
l’énergie, de la croissance et des relations saines ; voilà pourquoi il
est agréable à regarder.
FIGURE 65
Le chiffre sept apparaît au milieu du dessin ; il pourrait donc
représenter l’âge de la personne qui l’a dessiné. Il y a beaucoup de
rayons de soleil dans le quadrant supérieur droit, qui représente le
présent, le moment présent, et qui pourrait être lié à la vie de l’artiste
en général, aux personnes dans sa vie, etc. Elle a dessiné quatre
nuages, mais ils sont bleus — une couleur saine et positive — et non
pas noirs. Il y a également trois vagues. Il serait bon de discuter avec
elle à propos de ces chiffres. Ce qui est particulièrement intéressant
est que nous obtenons le chiffre sept quand nous additionnons les
quatre nuages et les trois vagues ; je lui demanderais donc également
ce que cela signifie. Le chiffre sept, qui correspond aussi au nombre
de jours dans une semaine, pourrait être lié à la situation que l’artiste
142
vit présentement et à ce que le changement crée. Ce dessin a été fait
par une enfant adoptée, et je soulignerais ceci à la famille :
— Elle montre que vous êtes dans le même bateau, mais aux
extrémités opposées de celui-ci. Les bras de chaque personne sont
tendus, mais ils ne touchent pas l’autre personne et elle a besoin que
vous soyez plus près d’elle.
FIGURES 66 ET 67
Ces dessins ont été réalisés par une amie médecin qui a été victime
d’un accident d’automobile ; par chance, elle a survécu. Sa voiture
avait quitté la route et, heureusement, quelqu’un l’a remarquée ; il a
trouvé mon amie et l’a sauvée. Elle est cependant devenue
paraplégique. Dans la figure 66, où elle est seule, vous la voyez sur
un chemin qui suit une pente descendante. Il y a encore du soleil
dans sa vie, mais il y a aussi des nuages contenant des émotions —
elle a ajouté un peu de rouge à l’intérieur d’eux. Cependant, ce ne
sont pas des nuages noirs et elle sourit ; c’est un sourire sincère. Mais
il y a un gros trou noir dans son cœur : c’est sa blessure, sa paralysie.
Imaginez, elle allait devenir médecin et voyez ce qui lui est arrivé
pendant ses études en médecine. Elle a eu de la difficulté à être de
nouveau admise à la faculté en raison de sa paraplégie.
Dans le dessin qu’elle a fait d’elle-même et de son petit ami
(fig. 67), elle est entière. Comme je l’ai déjà mentionné, quand vous
êtes entouré de vos êtres chers, la souffrance et les problèmes de
toutes sortes s’atténuent. Son chemin ne suit plus une pente
descendante et il est maintenant vert. Quand quelqu’un vous aime,
votre chemin dans la vie devient un chemin de guérison ; tout
change quand vous êtes ensemble. Elle semble de nouveau entière :
elle se tient debout. Ils se regardent et se tiennent par la main. Les
quatre fleurs pourraient représenter d’autres personnes ou le temps,
143
peut-être le nombre d’années qu’il lui reste pour terminer sa
formation médicale.
FIGURE 68
Ce dessin a été réalisé par une religieuse. Elle se trouve
complètement à gauche et souffre d’un cancer. Elle m’a dit :
— J’ai besoin de davantage d’aide de ma famille.
Puis, elle m’a tendu ce dessin. Je lui ai souligné que les membres
de sa famille ont un défaut génétique : leurs bras et leurs mains sont
collés contre leur corps. Les lignes de la robe bleue de la femme
dessinée au centre passent par-dessus ses mains ; ces dernières sont
donc liées et elle ne peut pas les utiliser. Les mains des autres sont
enfoncées dans leurs poches ou collées sur les côtés de leur corps.
Personne ne se touche vraiment, même si les frères sont davantage
rapprochés. Le troisième frère à partir de la droite écrase les orteils
de son autre frère. Des détails de ce genre se glissent souvent dans
les dessins et ils ne sont pas accidentels. Il se passe quelque chose
entre ces deux hommes, étant donné la symbolique liée au fait qu’un
marche sur les orteils de l’autre et la position de leur corps. Ils
révèlent qu’ils ne sont pas ouverts l’un envers l’autre.
Dans le bas, l’artiste a écrit « Ma famille » en rouge, bien que les
traits soient parfois pâles, ce qui indique qu’il n’y a pas de passion et
d’affection dans cette famille. J’ai dit à ma patiente qu’elle allait
devoir demander de l’aide. C’est un comportement de survie. Elle se
fait du mal en étant trop gentille et en n’osant pas demander à sa
famille de l’aider. Elle doit obtenir leur aide ou aller en chercher
ailleurs.
FIGURE 69
144
Je suis certain que ce dessin appartient à un de nos enfants. Il m’a
dessiné avec un bras plus long, celui avec lequel je portais mon
porte-documents. J’étais toujours parti à l’hôpital et, dans son dessin,
il exprime ce qu’il ressentait. Bobbie porte des vêtements noirs, mais
cela ne représente pas une maladie ; c’est ce qu’elle portait quand
elle a posé pour ce dessin. Stephen a finalement étudié en droit, mais
il avait d’abord étudié la mécanique automobile et il reconstruisait
constamment des véhicules ; voilà pourquoi il tient dans ses mains
un outil de mécanicien. Les membres de la famille se touchent. Keith
(à droite) a de très longs bras ; cela pourrait signifier qu’il a
davantage besoin des autres ou qu’il cherche à saisir des choses.
Mais voyez comme ses épaules sont larges, un signe qu’il en prend
trop sur ses épaules. Carolyn (vêtue d’un chandail bleu) et Keith
sont jumeaux ; à l’arrière, il y a John (avec des lunettes) et Jeffrey. Les
arbres dans le fond ont l’air en santé.
Encourager vos enfants à faire des dessins est une excellente façon
de lancer une discussion sur les sujets dont ils sont mal à l’aise de
parler. Quand ces choses figurent dans les dessins, les enfants
peuvent alors en discuter. Les jours des visites des parents à l’école,
les enseignants de mes enfants étaient souvent étonnés que je puisse
regarder les dessins des autres élèves et leur parler de la famille de
ces derniers. Par exemple, je pouvais voir si une famille était
confrontée à un divorce, à une maladie ou à autre chose en
particulier. Les enseignants me demandaient :
— Comment savez-vous cela ?
Et je répondais :
— C’est dans le dessin.
Nos enfants ont appris à utiliser les dessins comme des outils de
vie. Ils étaient conscients que je m’y connaissais beaucoup en matière
145
de dessins, alors quand ils devaient prendre une décision à propos
de quelque chose et qu’ils faisaient un dessin à ce sujet et que je
pénétrais dans leur chambre au même moment, ils n’avaient aucune
difficulté à me demander de les aider. Mais s’ils étaient en train de
dessiner à propos d’une chose personnelle et que je pénétrais dans
leur chambre, ils recouvraient alors le dessin avec un objet ou ils se
penchaient au-dessus pour le cacher. Ils ne voulaient pas que
j’interprète ces dessins et que je m’inquiète pour eux ou que je me
mêle de leur vie privée.
FIGURE 70
La femme qui a fait ce dessin se demandait si elle devait demeurer là
où elle vivait ou déménager pour se rapprocher de sa famille.
D’après vous, quelle a été sa décision ?
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN POUR LES PARENTS ET LES AUTRES
MEMBRES DE LA FAMILLE
Prenez des feuilles blanches et une boîte de crayons de cire et
demandez à vos enfants de faire un autoportrait, puis un dessin de
la famille que vous allez coller sur le réfrigérateur. Ne leur dites pas
que vous souhaitez les analyser. Vous serez étonné de ce que vos
enfants expriment dans leurs dessins. Utilisez-les comme une autre
façon de vous rapprocher d’un membre de la famille et de guérir des
blessures familiales par l’entremise de ces nouvelles révélations.
Quand des membres de votre famille doivent prendre une décision,
vous pouvez leur suggérer de dessiner les différents choix qui
s’offrent à eux afin de voir, d’après leurs dessins, quel est le meilleur
choix pour eux, que la décision consiste à déterminer quel est le
meilleur traitement, où aller étudier, qui épouser, où aller vivre, etc.
146
1. N.d.T.: En anglais, la patiente dit : « I’m tired of dragging this thing around. » Et le Dr Siegel fait un jeu de mots en l’appelant
la « Draggin’ Lady » en référence à la Dragon Lady. D’où le nom de Lady Dragon en français.
147
Chapitre 7
LES ANIMAUX, LES MÉDIUMS ET LES PERSONNES
INTUITIVES
Il n’y a pas de conclusion à l’infinité. Il n’y a que de l’inclusion […]. Nous arrivons au même
endroit où nous ne pouvons pas arriver puisque nous ne l’avons jamais quitté.
— GLORIA WENDROFF
J e crois que nous sommes ici pour contribuer à la planète chacun à
notre façon. Et même si notre contribution humaine à l’amour est
essentielle, les êtres humains ne sont pas la seule source d’amour de
la planète. Quand une personne qui vit seule me dit qu’elle souffre
en raison d’une maladie, d’un deuil ou d’une dépression, je lui
conseille de développer une relation. Quand vous donnez ainsi un
sens à votre vie, cela change votre vie et la façon dont vous et votre
corps vous sentez. Mon ordonnance pour ceux qui souffrent est de
s’entourer d’autres créatures vivantes, d’autres êtres qui dépendent
d’eux et auxquels ils se sentent liés, comme un chien ou un chat.
Quand les gens le font, ils ont l’impression qu’ils ne doivent pas
mourir et briser le cœur de l’animal. En ouvrant votre cœur à
l’amour d’un animal, vous donnez à votre corps une raison de vivre.
Les études ont fait état des effets bénéfiques sur la survie de la
présence d’un chien, d’un chat ou d’un poisson chez vous ou dans
les centres de soins de longue durée — et même des plantes, par
exemple quand les résidents des centres ont la responsabilité d’en
prendre soin. D’autres études ont révélé que 12 mois après avoir fait
une crise cardiaque, le taux de mortalité chez les patients qui avaient
un chien à la maison était beaucoup plus bas que celui des patients
148
qui n’en avaient pas. Dans une autre étude, des courtiers en valeurs
mobilières qui souffraient d’hypertension ont reçu un traitement,
mais la moitié d’entre eux ont également reçu un chien à apporter à
la maison et au travail. Ceux qui avaient un chien ont maintenu une
pression artérielle plus basse.
Une de mes patientes atteinte d’un cancer possédait 12 chats et sa
famille était préoccupée par la salubrité de sa maison. Ils avaient
même cessé d’aller la voir en raison de l’odeur. Ils craignaient aussi
que ce soit trop exigeant pour elle de prendre soin de ses animaux
durant les semaines où elle recevrait son traitement et ils m’ont dit
qu’ils avaient convaincu ma patiente de donner ses chats. J’ai dit à la
famille :
— Si vous lui enlevez ses chats, elle va mourir. Dites-lui que vous
n’avez pas réussi à leur trouver un foyer ; et allez nettoyer sa
maison.
Ils lui ont laissé ses chats. Et ces derniers sont devenus sa thérapie
et elle a pu se rétablir.
Notre environnement intérieur change quand les émotions
déclenchent des réactions électriques et chimiques. Quand une
personne caresse un animal, son organisme libère de l’ocytocine
dans son sang. Il s’agit de la même hormone qui circule dans le
corps d’une femme qui vient de donner naissance à un enfant et qui
l’aide à s’attacher à ce dernier. Quand le père et les autres membres
de la famille tiennent le bébé, ils sécrètent la même substance
chimique. Les hormones et les neurotransmetteurs qui nous aident à
entrer en relation avec les gens et les autres créatures vivantes
envoient des messages positifs dans notre corps. En d’autres mots,
l’attachement et l’affection sont bons pour votre santé.
149
Vous avez non seulement des récepteurs dans votre cerveau, mais
vous en avez aussi dans votre estomac, dans les extrémités de vos
doigts et dans d’autres parties de votre corps. Pourquoi les gens
disent-ils qu’ils « sont envahis d’une sensation de bien-être » ou
qu’ils sentent quelque chose « dans leurs tripes » ou qu’ils ont « le
cœur brisé » ? Quand les substances chimiques stimulent des
récepteurs, tout votre corps en bénéficie ou en souffre, selon les
hormones qui sont secrétées. Je parle de votre moelle osseuse, de la
paroi de vos vaisseaux sanguins, de chaque organe et de chaque
cellule de votre corps.
L’adage voulant que les animaux volent la vedette est basé sur le
fait qu’ils ont le merveilleux don de nous faire rire. Qui peut être
triste quand son chien court après sa queue ou que son chaton
bondit de peur en passant devant un miroir et en voyant son reflet ?
La science a prouvé que la composition des hormones et des
neuropeptides qui circulent dans le sang d’un individu qui rit
plusieurs fois par jour est différente de celle d’une personne
dépressive, en colère ou effrayée ; la personne qui rit a également de
meilleures chances de survivre.
Je ne peux compter le nombre de fois que j’ai vu l’effet bénéfique
de l’amour d’un animal sur la volonté de vivre d’un patient et sa
capacité de se rétablir. Le message que nous devons retenir des
animaux est le suivant : prenez en exemple les animaux. Allez
dehors et faites de l’exercice. Jouez aussi souvent que vous le
pouvez. Créez des liens et des amitiés en étant à l’écoute des autres
et en ne les jugeant pas, et faites preuve d’empathie. Prenez soin de
vous aussi bien que vous prenez soin de vos animaux. De grâce, ne
faites pas ce qu’une amoureuse des chats a fait. Son mari et elle ont
cessé de fumer dans la maison, mais ils ont continué de le faire dans
150
la cour arrière pour ne pas tuer leurs chats avec la fumée secondaire.
Si vous voulez vivre et être là pour vos animaux, aimez-vous autant
que vous les aimez et mettez fin à vos dépendances malsaines.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Allez promener un chien. Remarquez comment vous vous sentez en
marchant avec votre compagnon canin par rapport à quand vous
marchez seul. Les gens autour de vous se comportent-ils
différemment ? Par exemple, s’arrêtent-ils pour bavarder avec vous ?
(Un gros pourcentage de femmes interviewées dans une ville ont dit
qu’elles avaient rencontré leur futur époux alors qu’ils promenaient
tous les deux leur chien.) Après la promenade, prêtez attention à
votre humeur. Est-elle la même qu’avant votre promenade avec
votre chien ? Si vous ne pouvez pas marcher, demandez à quelqu’un
de vous emmener dans un refuge pour animaux. Prenez un chat, un
petit chien ou un lapin sur vos genoux et caressez-le durant un
moment. Remarquez comment vous vous sentez avant, pendant et
après votre visite. Exprimez votre volonté d’y retourner.
UNE PRÉSENCE BÉNÉFIQUE
Les animaux peuvent servir de catalyseurs en ayant des effets
bénéfiques dans notre vie quand nous sommes confrontés à des
circonstances difficiles. Dans A Book of Miracles, Mary Rose Anderson
raconte la fois où elle a rapporté chez elle un chat errant qui a sauvé
la vie de sa fille. Frances avait été diagnostiquée comme souffrant du
trouble oppositionnel avec provocation et du syndrome de la
Tourette, et elle avait d’importants troubles d’apprentissage. Mary
Rose comparait les crises quotidiennes de sa fille et son
comportement provocateur à la jeune Helen Keller avant qu’Annie
Sullivan entre dans sa vie. Mary Rose croyait que personne ne serait
151
capable de créer un lien avec sa fille, malgré toutes les personnes
dévouées qui essayaient de l’aider.
— Quand Harry, le chat qui souffle à l’oreille des enfants, est
arrivé dans notre maison, dit Mary Rose, j’ai vu ma fille commencer
à changer, à mon grand étonnement1.
Harry s’est désigné le rôle de compagnon fidèle de Frances et il
ronronnait tout son amour dénué de jugement en observant chacun
de ses gestes. Avant l’adoption de Harry, Frances avait fréquemment
des crises émotionnelles et elle refusait de se concentrer durant ses
séances de tutorat ou elle s’enfermait dans un silence méfiant. Mais
avec ce chat qui était assis à côté d’elle et qui agitait sa queue,
Frances est devenue plus concentrée sur la tâche à accomplir. Elle
discutait avec Harry de tout ce qu’elle faisait et le faisait participer à
ses cours. Chaque soir, peu importe ce qui était arrivé durant la
journée, Harry bondissait sur le lit de Frances et il l’aidait à
s’endormir avec tout son amour. Grâce à l’influence apaisante du
chat rescapé, Frances est passée d’une enfant qui avait peu d’espoir
de progresser à une jeune femme heureuse et productive qui aime
écrire de la poésie. Voici un extrait d’un de ses poèmes :
Et si j’étais mon chat ?
Qu’est-ce que ce serait de toujours me réveiller à 7 h en
mordillant mes orteils ? Est-ce que mes orteils ont bon goût ?
Qu’est-ce que ce serait de placer mon visage félin à deux
centimètres de ma PATIENTE ET TENDRE propriétaire…
et de miauler.
Est-ce que j’aimerais entendre le son de ma propre voix ?
Les chevaux jouent également un rôle thérapeutique important pour
les gens qui souffrent de troubles physiques, mentaux, émotionnels
ou du développement. Les personnes qui font de l’équithérapie
152
(thérapie avec des chevaux) attendent toute la semaine cette journée,
peu importe s’ils ont souffert d’un AVC, s’ils se sont fait amputer un
membre ou s’ils sont atteints d’autisme, de trisomie 21, de paralysie
cérébrale, du syndrome de stress post-traumatique ou de tout autre
état qui rend la vie exceptionnellement difficile.
Gail Corell, présidente et coordonnatrice des bénévoles du
programme d’équitation thérapeutique Equestrian Crossings, croit
que les améliorations physiques et psychologiques qu’elle a
observées chez leurs cavaliers frôlent le miracle.
— Un cheval touche le cœur des gens comme aucun ballon
thérapeutique ne peut le faire, explique Gail.
Elle m’a raconté une histoire à propos de Kirbey, leur cheval de
thérapie de race percheronne qui avait à l’origine été rescapé d’un
cirque et qui, plus tard, a été rescapé d’entre les mains d’un
propriétaire négligent par un instructeur du programme.
— La semaine dernière, nous avons apporté Kirbey au South
Whidbey Island Children’s Festival. Pendant qu’il attendait dans
notre section du terrain d’exposition, Kirbey a dirigé son attention
sur quelque chose qui se trouvait à l’autre extrémité du terrain. Son
comportement et son langage corporel ont indiqué à Miriam Burk,
notre entraîneuse de voltige et d’équitation certifiée, qu’il souhaitait
aller dans cette direction. Se demandant ce qui avait attiré son
attention avec autant d’intensité, elle est montée sur le cheval et elle
l’a laissé tenir les rênes (au sens figuré). Kirby s’est tracé un chemin
parmi la foule, en passant devant des centaines d’enfants et de
parents. Il adore les enfants et ce n’est pas son habitude de ne pas
s’arrêter devant les mains tendues. À l’autre extrémité du terrain,
une fille était assise dans un fauteuil roulant et elle était seule.
Kirbey s’est dirigé tout droit vers elle, il s’est arrêté, puis il a baissé la
153
tête pour qu’elle puisse le caresser tandis qu’ils se regardaient les
yeux dans les yeux en laissant leurs âmes échanger. Dès que ce
cheval a posé son regard sur la fille, Kirbey a su exactement ce dont
elle avait besoin et il le lui a offert3.
Emily Brink, physiothérapeute et instructrice en équithérapie au
Equestrian Crossings, a vu des élèves cloués à un fauteuil roulant
qui étaient incapables de se tenir droits sans l’aide de quelqu’un
s’améliorer à un tel degré qu’en seulement huit mois, ils pouvaient
s’asseoir droit et maîtriser les mouvements de leur tête.
— Au service de consultation externe de l’hôpital, raconte Emily,
j’ai de la chance si je réussis à ce qu’un patient bouge son bassin
entre 30 et 60 fois par séance. Mais quand une personne est assise sur
un cheval, les mouvements de ce dernier obligent le corps de cette
personne à reproduire ceux de la marche ; ainsi, son bassin peut
répéter les mouvements jusqu’à des milliers de fois. Cela stimule le
cerveau et envoie de merveilleux signaux aux muscles abdominaux.
Cela améliore la posture et l’équilibre, développe la coordination et
améliore la maîtrise de la tête et du cou. La confiance en soi et
l’humeur générale du cavalier en sont grandement améliorées. Cela
favorise la croissance et le développement à de multiples niveaux et
change sa vie de manière positive4.
Les animaux communiquent par la conscience plutôt qu’avec des
mots et ils peuvent nous enseigner beaucoup de choses sur l’art
d’être complets. Dans No Buddy Left Behind: Bringing U.S. Troops’
Dogs and Cats Safely Home from the Combat Zone, Terri Crisp raconte
l’histoire qu’elle a vécue durant les huit premiers mois de l’opération
Baghdad Pups. Les animaux errants qui avaient adopté les soldats
américains dans la zone de guerre étaient devenus familiers aux
troupes et quand leurs amis soldats étaient redéployés, il fallait un
154
miracle pour que les animaux puissent quitter l’Irak. Un soldat des
forces spéciales est rentré chez lui après des années de déploiements,
incapable de parler à quiconque et souffrant gravement du
syndrome de stress post-traumatique. Sa mère craignait d’avoir
perdu son fils. Quand elle a entendu parler du chien qu’il avait dû
abandonner, elle a communiqué avec l’organisme de Terri et les a
suppliés de l’aider. Grâce à leur intervention, le compagnon de
guerre de son fils a finalement été rescapé et transporté aux ÉtatsUnis. Quand cette mère a regardé par la fenêtre et a vu son garçon
parler au chien, avec un bras passé autour des épaules de l’animal,
tandis que ce dernier l’écoutait attentivement, elle a versé des larmes
de soulagement. Elle a dit :
— La guerre m’avait enlevé mon garçon, mais ce chien lui a sauvé
la vie et m’a ramené mon enfant5.
Terri Crisp raconte aussi l’histoire d’une officière de la U.S. Air
Force qui travaillait pour une équipe des soins de santé mentale à
Baghdad et qui a sauvé un chiot qui errait dans les rues. Les soldats
étaient réticents à aller au centre pour recevoir les soins
psychologiques dont ils avaient grandement besoin, mais quand le
chiot s’est joint à l’équipe, ils sont venus et ont demandé à le voir.
— Tout en tenant le chien dans leurs bras, ils s’ouvraient
soudainement et nous pouvions établir une relation d’aide, explique
l’officière. C’était le meilleur technicien en santé de l’équipe !
Après avoir été sauvé par l’opération Baghdad Pups, le chiot,
nommé Patton, a été transporté aux États-Unis, où il vit avec
l’officière retraitée. Des mois après son retour, elle a découvert
qu’elle avait un cancer du sein.
— Patton est devenu ma thérapie et mon entraîneur. Je ne sais pas
ce que j’aurais fait sans lui. Il m’a fait rire et il m’a donné de l’espoir.
155
Maintenant, je vais bien et je m’entraîne pour courir un marathon6.
Les animaux d’assistance ont joué un rôle précieux en aidant les
gens à s’adapter et à accomplir des choses que la plupart d’entre
nous tiennent pour acquises. Quand Jacquei m’a raconté son histoire,
j’ai été fasciné d’apprendre qu’elle était une des premières
mécaniciennes à travailler sur les avions de chasse de la U.S. Navy.
Elle se spécialisait dans les sièges éjectables, les systèmes d’oxygène,
les extincteurs et d’autres systèmes de sauvetage, et durant les cinq
années qu’elle a passées avec les Blue Angels, elle a fait le tour des
États-Unis et du Canada. Le vendredi était sa journée préférée : les
Blue Angels donnaient alors des spectacles aux enfants associés à la
fondation Fais-Un-Vœu ou ils visitaient les écoles.
— J’adorais cela parce que les enfants sont curieux et vraiment
intéressés, a-t-elle dit. Et ils posent de bonnes questions, comme
pourquoi les pilotes ne tombent pas de l’avion quand ils volent la
tête en bas.
Jacquei possédait une expérience concrète qui l’aidait à répondre à
cette question. Elle a été réengagée par un officier de la marine
lorsqu’elle a volé, assise à l’arrière d’un F/A-18 Hornet, à seulement
60 mètres au-dessus de l’eau — à l’envers.
Jacquei a été contrainte de quitter la U.S. Navy pour des raisons
médicales. Ce qui la handicapait le plus n’était pas les blessures
physiques qu’elle avait subies durant son travail, mais le grave
syndrome de stress post-traumatique qui hantait sa vie quotidienne.
— C’est comme une lumière qui s’allume soudainement et que
vous ne pouvez pas éteindre, m’a expliqué Jacquei. Il suffit d’un
bruit ou d’un mouvement inattendu pour que j’entre en état d’alerte
exagérée, puis que cela déclenche en moi de la panique, de la peur,
de la colère ou de la rage.
156
Jacquei souffre des symptômes typiques : des troubles du sommeil
tels que les cauchemars et le somnambulisme, ainsi que des pertes
de mémoire, des réactions de sursaut et des changements d’humeur
monumentaux. Les médicaments n’ont pas réussi à enrayer tous ses
symptômes.
— C’est ici que Sampson entre en jeu, m’a-t-elle expliqué en
caressant son chien d’assistance, un petit chihuahua de
1,8 kilogramme. Il sait avant moi que quelque chose ne va pas. Il
grimpe alors sur mes genoux, il pose ses pattes sur mes épaules et il
lèche mon visage jusqu’à ce que je lui prête attention et que je cesse
de me préoccuper de ce qui me rend agitée. Le simple fait de le
regarder et de sentir sa caresse calme la panique avant qu’elle ne
s’empare de moi. Certaines personnes se moquent quand je dis que
ce mini chihuahua est un chien d’assistance, mais Sampson a une
âme de rottweiler et il me protège partout où je vais. Son profond
sens du devoir fait que je peux sortir dans le monde et mener une vie
relativement normale. Je dis aux sceptiques que Sampson est peutêtre petit, mais qu’il prouve chaque jour que ce n’est pas la taille qui
compte.
Les animaux sont des créatures de Dieu qui sont complètes, tandis
que les humains ne sont pas complets. Si vous souffrez, adoptez un
animal. Aimez-le et prenez-en soin. Vous allez découvrir que
l’amour donné devient de l’amour reçu et que donner de l’amour
procure du bien-être.
LA COMMUNICATION PSYCHIQUE
Je crois que la création vient d’une énergie aimante, consciente et
intelligente et que quand nous quittons notre corps lors d’une
expérience de mort imminente, nous redevenons « non vivants » et
nous retournons dans cet état de perfection d’où nous venons. Je
157
crois que l’intelligence qui perdure quand nous avons une
expérience de mort imminente ou que nous nous retrouvons à flotter
au-dessus de notre corps est la même force qui communique avec
nous par l’entremise de nos rêves, qui s’adresse à notre intuition au
moyen de symboles et qui guide notre savoir intérieur. Cette
conscience universelle et collective est la source de toute la création
et elle communique avec notre conscience.
La conscience est non locale, ce qui signifie qu’elle ne dépend pas
des corps physiques. Elle parcourt de vastes distances en un instant
tout en franchissant les limites du langage, des espèces, de l’espace
et du temps. Alors qu’elle était assise chez elle à Los Angeles,
Amelia Kinkade, qui est auteure et médium et qui communique avec
les animaux, m’a dit où retrouver notre chat, Boo Boo, qui avait
disparu de la maison de notre fils dans le Connecticut. Tout en «
voyant » avec les yeux du chat, elle a décrit en détail la maison et la
cour, et elle a trouvé où le chat était caché. Je suis sorti et j’ai trouvé
Boo Boo exactement à l’endroit qu’Amelia avait vu, à presque
480 kilomètres de distance.
Amelia m’a également enseigné à calmer mon esprit afin de
pouvoir communiquer avec mes animaux de compagnie. Un de mes
plus gros problèmes est que je panique quand un de nos animaux a
disparu ou qu’il se comporte bizarrement. Sous l’emprise de la peur
ou de la colère, j’essaie de l’obliger à m’obéir en beuglant son nom
tout en le cherchant ou j’essaie de deviner ce que l’animal pense. Ni
l’un ni l’autre ne fonctionne.
Quand Amelia a fait référence à la communication avec les
animaux, elle ne parlait pas de sons verbaux ou de caresses
physiques, mais plutôt de mettre ma conscience sur la même
fréquence que celle que l’intelligence des animaux comprend. Nous
158
sommes tous capables d’établir ce lien, mais pour que l’intelligence
non locale puisse communiquer avec nous, nous devons calmer
notre esprit. Nous ne pouvons pas l’entendre quand nous sommes
agités parce qu’un esprit agité ne peut pas atteindre le calme qui
reflète les images miroirs.
Il m’est souvent arrivé d’entendre une voix et cela s’est
habituellement produit quand je marchais ou que je faisais de
l’exercice et que mon esprit était calme. Un tel événement m’est
arrivé juste après la publication d’un livre nommé Buddy’s Candle.
C’est l’histoire de l’amour qu’un petit garçon éprouve envers son
chien, Buddy, et comment le chien lui a enseigné à apprécier la vie et
à composer avec la mort7. J’avais écrit cette histoire pour aider les
personnes de tous âges à composer avec la perte d’un être cher de
n’importe quelle espèce.
Un samedi matin, après que les premiers exemplaires de Buddy’s
Candle aient été livrés à ma porte, je suis allé promener notre chien
Furphy. Dans le calme, j’ai entendu une voix me dire :
— Va au refuge pour animaux.
J’ai appris avec l’expérience à écouter cette voix et je sens qu’elle
vient de Dieu ou, comme le dit mon épouse Bobbie, de « Dieu sait où
».
J’ai décidé d’apporter quelques exemplaires de mon livre et quand
je suis arrivé au refuge avec Furphy, j’ai vu une bénévole qui était
assise à côté de la porte, avec un chien dans ses bras. On aurait dit
que la voix parlait à travers moi quand j’ai demandé :
— Comment s’appelle-t-il ?
— Buddy, a-t-elle répondu. Une femme l’a rapporté moins de
15 minutes après l’avoir adopté parce qu’elle n’aime pas la façon
dont il se comporte.
159
J’ai été frappé par la coïncidence de son nom et son commentaire à
propos de sa propriétaire m’a rappelé le seul chien que j’ai eu durant
mon enfance. Ma mère, qui ne voulait pas d’un animal dans la
maison, le tenait par sa laisse et elle le passait par la fenêtre pour
qu’il urine à l’extérieur, puis elle le remontait. Au bout de seulement
une semaine, je suis revenu de l’école et elle m’a dit que le chien était
malade et qu’ils avaient dû le retourner.
Comment pouvais-je ne pas adopter cet animal ? Je savais que la
conscience collective avait pris la décision pour moi. Il avait des
poils de la même couleur que Furphy et il n’avait pas de queue.
Celle de Furphy avait été amputée, alors ils étaient pareils. De toute
évidence, il faisait partie de la famille. Du moins dans ce cas, je peux
choisir qui fait partie de ma famille. J’ai donné un exemplaire de
Buddy’s Candle à chacun des employés du refuge et j’ai rapporté
Buddy à la maison.
Les synchronicités liées à des événements, à des circonstances, à
des noms, à des nombres, etc. sont des signes qu’une intelligence
supérieure guide la façon dont ces événements se produisent.
Rappelez-vous qu’il n’y a pas de coïncidences et que notre
conscience crée toujours notre futur.
Des mois après, je suis de nouveau allé au refuge et ils m’ont dit
qu’un chien, nommé Simon — le nom de mon père — avait besoin
d’être opéré pour qu’on lui retire une grosse tumeur. En raison de
mon expérience de chirurgien oncologue, j’étais conscient de
l’urgence de la situation ; j’ai donc aidé à payer les frais médicaux et
je l’ai apporté à la maison. Après qu’il se soit pleinement rétabli,
nous lui avons trouvé une famille qui lui a donné beaucoup d’amour
et qui nous donnait régulièrement de ses nouvelles. Nous avons
160
maintenant un chat qui s’appelle Simon et je ne révèle plus le nom
des membres de ma famille au personnel du refuge.
Dans son livre The Language of Miracles8, Amelia explique que nous
possédons tous le don de communiquer avec les animaux. Les
pensées et les émotions sont des ondes électromagnétiques qui
voyagent sur des fréquences particulières, tout comme les ondes
radio. Si vous êtes complètement immobile quand un animal envoie
une pensée ou un sentiment, vous pouvez apprendre à vous mettre
sur la même fréquence de l’animal et à vibrer sur la même longueur
d’onde que lui. Les animaux pensent en images ; ils vivent une vaste
gamme d’émotions et ils possèdent une immense capacité à aimer, à
donner et à avoir des relations significatives. Quand ils constatent
que nous avons entendu et compris leurs sentiments et leurs
pensées, ils sont reconnaissants et ils nous récompensent en étant en
meilleure santé et dévoués.
Mes animaux savent aussi quel jour j’ai l’intention de les faire
tondre et ils font tout pour que je ne les trouve pas. Deux de nos
chats qui vont à l’extérieur sont demeurés invisibles durant une
semaine après que j’aie pris rendez-vous chez le vétérinaire. Je
l’avais pris tôt le matin en me disant que je pourrais les attraper et
les amener chez le vétérinaire quand ils se pointeraient pour le petit
déjeuner. J’ai dû annuler le rendez-vous et le lendemain, ils sont
arrivés tout joyeux pour le petit déjeuner.
Maintenant que je crois qu’il est possible de communiquer avec les
animaux, quand je suis confronté à un problème animalier, je me
pose toujours la question QQAF : qu’est-ce qu’Amelia ferait ? Notre
lapine adorée, Smudge Eliza-Bunny, commençait toujours sa journée
en sortant par la chatière et en allant passer la journée avec nos
autres animaux dans notre cour avant clôturée. J’ai toujours voulu
161
savoir pourquoi, le soir, elle laissait mon épouse la prendre sans
difficulté et la transporter dans la maison alors que quand j’essayais
de le faire, elle courait dans tous les sens durant 10 à 15 minutes
avant de se laisser attraper. La plupart des soirs, c’était moi qui
devais l’apporter à l’intérieur, alors cela m’agaçait que Smudge me
rende la tâche si difficile.
Après qu’Amelia m’ait parlé de la communication avec les
animaux, ma première réponse à QQAF a été d’aller dans la cour le
lendemain soir et de demander dans ma tête à notre lapine : «
Smudge, pourquoi ne me laisses-tu pas te prendre et t’amener à
l’intérieur comme tu laisses Bobbie le faire ? »
Quand j’obtiens une réponse inattendue dans ma tête, cela me
confirme qu’elle vient de l’animal et non de mon imagination. Dans
ce cas-ci, la réponse était : « Tu ne traites pas les chats de cette façon.
» Quand je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire, Smudge a
communiqué que je ne faisais pas entrer les chats à une heure
précise. Je leur accordais plutôt la liberté d’aller et de venir jusqu’à
ce que j’aille me coucher. J’ai expliqué à Smudge que les chats
pourraient se défendre si jamais un prédateur pénétrait dans la cour,
mais que j’étais inquiet qu’elle soit à l’extérieur à la tombée de la
nuit.
Après notre échange, Smudge a bondi vers moi et m’a laissé la
prendre, et a continué de le faire chaque soir par la suite. Je dois
admettre qu’il lui arrivait de me sourire et de me rappeler cette
période durant une ou deux minutes, mais je pouvais voir que c’était
seulement en raison de son sens de l’humour. Et quand j’avais des
rendez-vous, j’allais dans la cour et je lui disais que je devais quitter
la maison et que je me sentirais mieux si elle était à l’intérieur. Elle
162
bondissait alors toujours devant moi quand elle savait que j’avais un
horaire à respecter.
Quand Smudge est morte, Amelia a dit :
— Elle va être avec Rose qui l’adore.
Amelia ignorait que ma mère s’appelait Rose ou qu’elle mourrait
peu de temps après la mort de Smudge. Maintenant, je sais qu’elles
sont ensemble et qu’elles se racontent des histoires à propos de moi.
L’année passée, je suis allé faire des courses avec nos deux chiens,
Furphy et Buddy. Je possédais alors une nouvelle fourgonnette
munie d’un système de déverrouillage à distance. Après mes
courses, je suis retourné à la fourgonnette et j’ai été horrifié de voir
que la porte latérale était grande ouverte parce que j’avais
accidentellement appuyé sur le bouton. Buddy, celui dont je
m’inquiétais le plus parce qu’il avait toujours été terrifié de monter à
bord du véhicule, était assis paisiblement à l’intérieur, mais Furphy
avait disparu. Ma première réaction a été de paniquer et j’ai
commencé à courir dans le stationnement en criant son nom. Puis, je
me suis rappelé que je ne faisais pas ce qu’Amelia m’avait enseigné
et je me suis demandé : QQAF ?
Je me suis calmé et je me suis mis dans la tête de Furphy pour
savoir ce qu’il pensait. J’ai aussitôt compris qu’il me cherchait et
qu’il était sans doute au comptoir du service à la clientèle du
supermarché, avec une personne qui demandait dans le hautparleur :
— À qui est ce chien ?
Je me suis dit cela parce que quand j’ai assisté à l’atelier d’Amelia à
l’Omega Institute, Furphy n’a pas été admis dans la salle à manger,
alors, durant la pause du midi, je l’ai laissé près de la porte arrière et
je lui ai dit d’attendre que je sorte, ce qu’il fait habituellement. Mais
163
cette fois-là, il ne l’a pas fait. Peu de temps après, un homme est
entré dans la salle avec Furphy dans ses bras et il a demandé à qui ce
chien appartenait, et nous nous sommes retrouvés. Furphy avait
apparemment couru jusqu’à la porte avant et il était entré dans le
hall pour partir à ma recherche. Il avait conquis le cœur de tout le
monde et ils avaient accepté qu’il reste avec moi.
Cette fois-ci, tandis que j’approchais de l’entrée du supermarché,
j’ai vu un garde de sécurité assis dans sa voiture. Il a baissé sa
fenêtre et il m’a demandé :
— Cherchez-vous un chien ?
J’ai répondu oui et il a dit :
— Il est ici sur le siège avant, avec de l’eau, des gâteries et de l’air
conditionné.
Le garde m’a ensuite raconté qu’il avait vu Furphy se diriger vers
le supermarché et qu’il ne voulait pas qu’il se fasse heurter par un
véhicule, alors il l’avait pris et l’avait gardé en sécurité. Après avoir
remercié l’homme, je suis retourné à ma fourgonnette, suivi de
Furphy, et nous n’avons jamais plus eu ce problème.
Maintenant, laissez-moi vous expliquer pourquoi j’étais si surpris
que Buddy soit resté dans la fourgonnette et que Furphy soit parti :
après avoir adopté Buddy dans un refuge pour animaux, j’avais
toujours de la difficulté à le faire monter à bord d’un véhicule. Il
bondissait même hors de ce dernier quand je m’arrêtais pour mettre
de l’essence. À la maison, s’il n’était pas en laisse, je perdais un
temps fou à essayer de le faire monter à bord. Puis, un jour, je me
suis finalement demandé : QQAF ?
Je me suis ensuite calmé et j’ai demandé à Buddy pourquoi il ne
voulait pas monter à bord du véhicule. J’ai été stupéfait de sa
réponse. Il m’a dit que son ancienne propriétaire était gentille, mais
164
que quand son mari rentrait du travail, elle lui demandait toujours
d’aller promener le chien. Buddy m’a dit : « Il me faisait monter à
bord de sa voiture, puis il allait dans un bar et me laissait dans la
voiture. Quand il revenait, il me maltraitait parce qu’il était ivre et
me ramenait à la maison sans m’avoir laissé me promener à
l’extérieur. Alors, quand je monte à bord d’un véhicule, cela me
rappelle les mauvais traitements que j’ai subis et j’ai peur. »
À partir de ce jour-là, Buddy a cessé de causer des difficultés.
Nous nous comprenions désormais. Buddy aime maintenant aller en
fourgonnette, parce qu’il sait que nous allons passer la journée
ensemble. Il adore chasser tout ce qui bouge dans le boisé situé près
de chez nous et je ne suis jamais inquiet qu’il ne revienne pas à la
maison. Chaque fois que j’ouvre la porte latérale de la fourgonnette,
il est déjà assis sur le siège avant, prêt à partir, avant même que je
dise :
— Allez, saute !
Dans les groupes de soutien, Furphy et Buddy sont mes
cothérapeutes chaque fois qu’ils sont autorisés à entrer dans la salle.
Le seul problème est que maintenant qu’ils savent que nous pouvons
communiquer, Furphy ne cesse jamais de me dire quoi faire et il
interrompt toujours les groupes de thérapie sauf s’il reçoit une
gâterie, ce qui est ma façon de lui signaler que nous allons
commencer la séance de thérapie.
L’autre jour, j’ai conduit la fourgonnette en pensant qu’ils étaient
tous les deux à bord, mais au bout de presque un kilomètre, j’ai pris
conscience que personne ne me disait où aller ou quoi faire. Je me
suis donc retourné et je n’ai vu que Buddy à l’arrière du véhicule. Je
suis entré en communication avec Furphy et je lui ai dit que j’étais
désolé et que je revenais à la maison. J’ai donc fait demi-tour en
165
sachant que Furphy serait assis dans l’entrée et qu’il me jetterait ce
regard voulant dire « Non mais, quel imbécile » que les créatures
complètes de Dieu nous jettent à nous, les êtres humains incomplets.
C’est également le genre de regard que les chats me jettent quand je
les oublie accidentellement à l’extérieur durant la nuit. Maintenant,
avant d’aller me coucher, je prends soin de m’assurer, physiquement
et intuitivement, que tous nos enfants sont dans la maison avant de
verrouiller la porte. Je leur fais savoir que je veux qu’ils soient à
l’intérieur pour leur protection et pas seulement parce que j’ai envie
de leur compagnie, et c’est à ce moment-là qu’ils se précipitent à la
porte.
J’ai une amie qui a intuitivement établi un lien avec son chien
pendant qu’elle assistait à un atelier sur la guérison des animaux et
que son chien était à la maison. Voici ce que Cindy m’a écrit :
Durant notre séance de méditation, je suis restée estomaquée
quand, de manière inattendue, je me suis vue en train de
regarder quelqu’un qui avait l’air d’être un géant. Je me trouvais
à la hauteur de ses genoux. J’ai soudainement pris conscience
que c’était moi le géant et que je n’étais plus dans mon corps !
Étant de petite taille, je ne m’étais jamais considérée comme une
personne géante. C’est alors que j’ai compris que je ne regardais
pas avec mes propres yeux, mais avec ceux de mon chien. Je
pouvais comprendre les pensées de Pickles et ressentir ses
émotions. L’amour qu’il avait pour moi était tellement absolu
que j’ai eu l’impression qu’une vague d’amour déferlait sur moi.
Je n’avais jamais ressenti un amour aussi pur et profond. C’était
davantage qu’un cœur et un sentiment ; c’était son âme qui
rayonnait pour moi et j’en ai presque eu les larmes aux yeux.
166
Pickles n’utilisait plus sa patte arrière depuis qu’il avait subi
deux opérations au genou. Durant son rétablissement après la
première chirurgie, il avait réussi à retirer son collier
élisabéthain, à enlever ses points de suture et avait léché sa patte
; cela a causé une telle infection qu’il a dû subir une deuxième
opération. Des semaines après que la plaie eût guéri, il ne
marchait pas sur cette patte ; il la laissait pendre tout en
s’appuyant sur les trois autres. Le jour de l’atelier sur la guérison
des animaux, les pensées et les émotions transmises par Pickles
m’ont fait comprendre qu’il croyait qu’il avait fait quelque chose
de mal et que c’était pour cette raison que sa patte avait été
blessée. Il était vraiment désolé et il faisait de son mieux pour
bien agir, alors il avait cessé d’utiliser sa patte.
Je me suis sentie tellement mal quand j’ai pris conscience qu’il
avait pris pour une punition la douleur occasionnée par la
deuxième opération. Je l’ai rassuré dans mon esprit qu’il n’avait
rien fait de mal, qu’il était toujours un bon garçon et que nous
l’aimions tendrement. Quand je suis revenue à la maison après
l’atelier de trois jours, la première chose que j’ai faite a été de
passer du temps avec lui et d’envoyer de l’énergie à sa jambe et
à son corps, tout en lui laissant savoir combien il était aimé. J’ai
refait chaque jour cet exercice qui consiste à lui envoyer de
l’énergie et de l’amour.
Pickles a immédiatement recommencé à utiliser sa patte. Au
bout de deux semaines, il a même commencé à courir dessus. Et
au bout de quatre semaines, quand j’ai testé la capacité
d’extension de sa patte, elle était passée de 20 % à 80 % de la
capacité d’extension normale. Ce qui m’a renversée était qu’il
avait non seulement cessé d’avoir peur d’utiliser sa patte, mais
167
qu’il était également guéri d’une autre manière. Depuis que
nous l’avions, Pickles faisait des crises d’épilepsie et le
vétérinaire voulait lui faire prendre un médicament pour réduire
leur fréquence. Sauf que le médicament causait de la
somnolence. Quel genre de vie aurait-il vécue s’il n’avait voulu
que dormir ? Nous ne lui avons donc pas donné le médicament.
Après les séances de guérison de son genou, Pickles n’a plus
jamais fait de crise d’épilepsie. Sa maladie avait disparu.
Je pourrais vous raconter de nombreuses autres histoires sur la
thérapie énergétique. Quand le vétérinaire a recommandé que nous
fassions euthanasier un de nos chiens parce qu’il n’avait jamais vu
un chien aussi malade se rétablir, mes enfants ont refusé que je
donne mon accord. Grâce à de l’amour et à des caresses, j’ai vu cet
animal se rétablir complètement d’un cancer terminal. J’ai moimême fait l’expérience de la thérapie énergétique après une blessure.
Pour en savoir davantage sur le sujet, lisez The Energy Cure, de
William Bengston ; j’ai trouvé ce livre fascinant.
UNE ÉNERGIE CONSCIENTE DE GUÉRISON
Même si j’ai toujours essayé de garder l’esprit ouvert, rien dans ma
formation médicale ne m’a enseigné à comprendre que toutes les
formes de vie émettent une image miroir de l’énergie consciente
invisible à l’échelle quantique et subatomique, ni que cette énergie
peut être communiquée par les individus au moyen de méthodes
psychiques ou intuitives. On ne m’a pas dit non plus que les gens
peuvent faciliter la guérison spontanée de problèmes physiques
dans le corps en utilisant l’énergie consciente.
Un jour, Bobbie et moi assistions à une réunion de l’American
Holistic Medical Association et la conférencière était Olga Worrall,
une auteure et clairvoyante renommée qui communiquait avec les
168
esprits et effectuait des guérisons spirituelles9. Olga a dit que quand
elle travaillait, elle établissait une relation harmonieuse entre son
champ énergétique personnelle et le champ énergétique universel,
devenant ainsi un canal entre ce champ d’énergie et le patient. Elle a
expliqué que des émanations entourent chaque individu et que ces
émanations sont causées par les courants électriques qui circulent
dans le corps physique. Elle a parlé des ondes sonores qui
proviennent des organes physiques, des ondes des pensées qui
proviennent de l’esprit et des vibrations qui proviennent du corps
spirituel (ou de l’aura).
L’habileté d’Olga à canaliser l’énergie a été testée par de nombreux
scientifiques reconnus lors de dizaines d’essais contrôlés. Les
expériences avaient souvent lieu dans des endroits très éloignés ; ce
n’était donc pas une question de croyances, mais de recherche. J’ai
été impressionné par sa présentation, mais comme ce qu’elle
décrivait était difficilement possible pour moi en raison de ma
formation médicale et de mon expérience, je suis demeuré sceptique.
Après la conférence d’Olga, mon épouse m’a dit que je devrais
aller lui demander de guérir la blessure à la cuisse que j’avais subie
quand je m’entraînais pour courir un marathon. J’ai dit à Bobbie
qu’il m’était difficile de croire à ce qu’Olga prétendait pouvoir
accomplir. Bobbie est donc allée demander à Olga de m’aider et elle
est venue me voir. Je suis demeuré assis sur une chaise pendant
qu’Olga s’est assise en face de moi et qu’elle a apposé ses mains sur
la région blessée. Ses mains étaient aussi chaudes qu’un fer à
repasser à travers ma salopette. J’ai mis mes mains sur ma cuisse,
mais je n’ai senti aucune chaleur. Au bout de cinq minutes, elle avait
terminé. Je me suis levé et je suis parti ; je ne ressentais plus aucune
douleur ou tension dans ma jambe. Ce genre de phénomène m’a
169
appris à accepter comme étant valable l’expérience que je vis et à ne
pas me laisser limiter par mes croyances, ma formation et mon
besoin de tout expliquer.
Après cela, Olga et moi sommes devenus de bons amis. Des
années auparavant, j’avais rencontré George, mon guide intérieur,
durant une méditation. Dans ma vision, il por-tait une barbe, une
kippa et une tunique blanche. Il semblait réel, mais j’avais de la
difficulté à croire qu’il était autre chose que l’objet de ma puissante
imagination. Je croyais que j’avais extrait son personnage de mon
inconscient.
Un jour où j’ai prononcé une oraison funèbre à des funérailles
auxquelles Olga assistait, elle est venue vers moi et m’a dit que
durant tout le temps où j’avais parlé, un homme se tenait à mes
côtés. Elle l’a décrit, ainsi que sa tenue, et il avait exactement l’air de
l’homme que j’avais vu durant ma méditation et que j’appelais
George. Elle m’a dit qu’il était un rabbin, ce qui expliquait ses
vêtements et sa kippa, et elle m’a fait comprendre qu’il était là pour
m’encourager, me soutenir et m’aider à guérir dans cette dimension
physique.
Une autre fois, alors que je donnais une conférence, j’ai constaté
que les mots que je prononçais n’étaient pas les miens. Quelqu’un
d’autre décidait ce qui était dit et utilisait ma voix pour le
transmettre. Après la présentation, une femme que je n’avais jamais
rencontrée est venue me voir et m’a dit :
— Un homme se tenait devant vous durant toute la conférence ; je
l’ai dessiné pour vous.
Elle m’a tendu son dessin et c’était encore une fois George. Ce soirlà, quelqu’un d’autre m’a dit :
170
— Je vous avais déjà entendu parler avant, mais ce soir, c’était
mieux que d’habitude.
Maintenant, je laisse la parole à George.
LA VIE SUIT LA VIE
Quand le corps physique meurt, l’esprit individuel rejoint la
conscience supérieure tout en conservant sa propre iden-tité. Je crois
que cela explique également ce que nous appelons une expérience de
vie antérieure, un terme qui décrit une chose qui m’est arrivée. En
décrivant cela, je pense à une femme enceinte qui porte en elle son
enfant, qui possède une âme différente, mais qui vient de son ADN à
elle. Durant mon expérience de vie antérieure, j’ai eu l’impression
d’être devenu « enceint » de la conscience d’une autre personne et de
la vie qu’elle avait vécue avant la mienne.
J’ai également vécu de nombreuses expériences où des patients qui
étaient morts pouvaient encore communiquer avec moi ou avec leurs
proches. Par exemple, un collègue médecin, nommé Frank, avait
toujours été sceptique à propos de tout ce qui ne relevait pas de la
science physique et il ne croyait pas que l’âme vivait après la mort
du corps. Quelques mois après la mort de Frank, un patient
clairvoyant m’a dit :
— J’ai un message pour vous d’une personne qui s’appelle Frank.
Il dit ceci : « Si j’avais su que c’était aussi facile, j’aurais gobé cela il y
a longtemps et je n’aurais pas résisté autant. »
Plus tard, j’ai appelé la veuve de Frank et je lui ai communiqué le
message que le clairvoyant m’avait transmis.
— Oh mon Dieu ! C’était Frank ! s’est-elle exclamée en riant et en
pleurant en même temps. Chaque fois que quelqu’un soulevait le
sujet de la vie après la mort, lors de vos réunions de groupe, il me
171
disait toujours par la suite : « Je suis incapable de gober cela. »
C’était ses termes exacts.
Alors, gardez l’esprit ouvert à la possibilité qu’il y ait une forme de
communication entre les espèces, le temps et la distance. Envisagez
d’ajouter la thérapie énergétique à votre thérapie ou à votre
traitement traditionnel. Des praticiens certifiés pour donner des
traitements tels que le reiki, la massothérapie ou l’acupuncture
accélèrent souvent le processus de guérison et procurent des
bienfaits au corps. Apprenez à calmer votre esprit agité et prêtez
attention à votre voix intérieure. Laissez le miracle de l’amour
pénétrer et guérir votre vie. Quand nous aimons notre vie, notre
corps reçoit le message et décide de vivre et de guérir.
172
Chapitre 8
RIEZ À GORGE DÉPLOYÉE
LE BONHEUR
Je ne vais pas céder mon pouvoir.
C’est mon bonheur, il m’appartient.
C’est moi qui le crée, pas vous ; je décide d’être, pas vous.
Vous pouvez pénétrer dans mon bonheur,
mais vous ne pouvez pas le créer ou le détruire.
Vous ne pouvez que l’accroître.
— BERNIE SIEGEL
L ’amour et le rire sont les éléments dont nous avons besoin pour
construire notre vie et tenir bon. L’amour constitue les briques que
nous utilisons pour la construire, mais qu’est-ce qui fait tenir les
briques ensemble ? Pour cela, nous avons besoin de mortier et le
mortier de la vie est l’humour. Je parle d’un humour enfantin qui
n’est pas insultant et qui ne blesse personne. L’effet que l’humour a
eu sur ma famille et mon couple m’a démontré qu’il s’agit d’une
force vitale qui nous permet de créer des relations saines avec les
autres créatures vivantes.
Vous vous demandez peut-être : qu’est-ce que l’humour a à voir
avec l’art de guérir ? Le rire est peut-être un des arts de guérir les
plus purs. En effet, le rire est une des meilleures activités
thérapeutiques que mère Nature nous offre et il ne coûte rien. Le rire
sincère est une explosion ou une expression du souffle qui implique
les cordes vocales et qui vient du creux du ventre. Il est provoqué
par un besoin irrésistible d’exprimer la surprise, l’hilarité, la joie et le
bonheur. Le rire stimule la sécrétion d’endorphines, des hormones
173
du cerveau dont j’ai parlé dans un chapitre précédent. Ces hormones
chimiques circulent dans le corps en procurant une sensation de
bien-être qui atteint chaque cellule et qui lui transmettent un
message disant : la vie vaut la peine d’être vécue, alors fais tout ce
que tu peux pour survivre.
Contrairement au moment où je recevais ma formation médicale, il
existe maintenant des études qui démontrent que les patients
cancéreux qui riaient ou pratiquaient la rigolothérapie plusieurs fois
par jour vivaient plus longtemps que le groupe témoin qui ne le
faisait pas. Malgré cela, les facultés de médecine n’enseignent
toujours pas la valeur du rire en tant que thérapie. Je ne l’ai
certainement pas appris à la faculté de médecine. Ce sont mes
patients qui me l’ont enseigné. Ils le savaient par expérience. Et moi,
le novice, j’en ai été témoin.
Je me rappelle un jour où je me dirigeais vers la chambre d’une
patiente, une femme charmante que j’aimais bien et qui luttait contre
une maladie grave et plusieurs complications liées à celle-ci. En
approchant de sa chambre, je me suis demandé comment j’allais
l’aider et je m’inquiétais à propos de son traitement. Quand je suis
entré dans sa chambre, elle m’a demandé :
— Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Pourquoi me demandez-vous cela ? ai-je répondu.
— Votre visage et votre front sont plissés.
— Je me demande comment je vais vous aider.
— Alors, pensez-y dans le corridor. J’ai besoin de vous voir sourire
quand vous venez ici.
Elle avait raison. Je devais changer mon attitude pour être un
meilleur médecin pour elle et je l’ai fait avec bonheur. Les meilleurs
médecins tirent des leçons des critiques et des enseignements offerts
174
par leurs patients, les infirmières et les familles des patients. Ces
gens m’ont tous appris que quand je me détendais, que
j’encourageais les rires chez les autres et que je riais moi-même, tout
le monde en bénéficiait.
Voici un bon exemple de la capacité du rire pour alléger une
situation tendue. Une femme était nerveuse et elle avait peur de
subir une opération. J’avais passé presque une heure à essayer de la
calmer dans le corridor adjacent à la salle d’opération jusqu’à ce que
je comprenne que rien de ce que je pouvais dire ne l’aiderait. Nous
l’avons donc transportée dans la salle d’opération et, dans sa
panique, elle s’est exclamée :
— Dieu merci, toutes ces merveilleuses personnes vont prendre
soin de moi.
Je savais que cela n’aiderait pas si j’abondais dans le même sens
qu’elle. J’ai donc dit très fort pour que tout le monde entende :
— Je connais ces personnes. Je travaille avec elles depuis des
années et elles ne sont pas merveilleuses.
Pendant quelques secondes, il y a eu des regards étonnés, puis la
femme et tout le monde dans la salle ont éclaté de rire ; nous
sommes devenus une famille et tout s’est bien passé pour elle.
Une autre expérience qui m’a convaincu de la valeur de l’humour
a eu lieu quand mon épouse et moi étions allés donner une
conférence. Durant la présentation, Bobbie avait l’habitude de faire
un monologue comique. C’était une sorte d’entracte qui permettait
aux gens de faire une pause entre les deux parties de la conférence.
Au lieu d’entendre mes histoires à propos du comportement des
patients exceptionnels, ils avaient la chance de faire l’expérience de
certaines de nos méthodes de thérapie de groupe.
Quand je présentais Bobbie, je disais :
175
— Voici mon épouse, Bobbie ; c’est une sorte de Henny Youngman
et nous avons vécu 38 merveilleuses années de mariage.
Les femmes me souriaient jusqu’à ce que j’ajoute :
— Et 38 années sur 56, ce n’est pas si mal.
Leur expression changeait alors, mais un rire finissait toujours par
éclater au bout d’un moment.
Habituellement, quand Bobbie faisait son petit numéro, j’allais
m’asseoir dans la salle, dans son siège, et je l’écoutais. Une fois,
cependant, il y avait un siège pour moi à l’arrière de la scène ; j’ai
donc pu observer le public. J’ai été frappé par le changement
physique qui s’effectuait en eux après avoir ri pendant 15 à
20 minutes et cela m’a convaincu des bienfaits de l’humour. Ils
avaient tellement l’air d’être plus en santé ! Leurs yeux brillaient et
ils avaient une posture ouverte et détendue. Bobbie finissait souvent
son numéro avec l’affirmation « Celui qui rit vit plus longtemps ». Et
son dernier conseil était :
— Le rire est contagieux, alors transmettez-le.
Après avoir été témoin du changement remarquable qui s’était
produit chez ce public, je me suis toujours fait un devoir de discuter
des bienfaits du rire avant que Bobbie ne fasse son numéro, afin que
les gens soient conscients du changement physique que leur
procurerait cette expérience. Et vous savez quoi ? Bobbie recevait
toujours davantage de remerciements que moi à la fin de la soirée.
Je vous recommande de rire spontanément et de conserver un sens
de l’humour enfantin durant la journée. Quand je parle d’humour
enfantin, je parle de voir le monde à travers les yeux d’un enfant. Par
exemple, si vous voyez une affiche sur laquelle il est écrit « Plancher
mouillé », allez-y et glissez dessus. Quand les instructions à la
réception disent « Signez à votre arrivée », signez le registre en
176
écrivant : « À votre arrivée. » Cela pourrait causer une file d’attente,
mais c’est drôle. Quand un formulaire indique « Signez en lettres
majuscules », écrivez « EN LETTRES MAJUSCULES ». Quand une
affiche indique « PERSONNE N’EST ADMIS », pénétrez dans la
pièce et quand les gens à l’intérieur vous disent de sortir, dites-leur :
— Je ne suis pas personne. Je peux donc entrer.
La plupart du temps, les gardiens vous laissent entrer en se disant
que si vous êtes aussi stupide, vous ne représentez pas un danger.
Une fois, quand j’ai agi ainsi, un gardien s’est placé devant moi et
m’a dit :
— Je vous considère comme une personne. Vous devez partir
maintenant.
L’enfant intérieur de ce gardien s’était exprimé ; je l’ai donc serré
dans mes bras.
Quand une animatrice à la radio m’a demandé comment je
parvenais à être heureux en ces temps difficiles, je lui ai répondu :
— J’ai appris qu’il faut toujours terminer ce qu’on a commencé.
Alors, avant de quitter la maison, le matin, la première chose que je
fais, c’est de vider toutes les bouteilles de vin rouge et blanc
entamées, ainsi que celles de kahlua, de Prozac et de Valium.
Lorsque je franchis la porte, je me sens très heureux.
Quelques secondes se sont écoulées avant qu’elle pouffe de rire.
Elle avait compris : une des meilleures façons d’être heureux, surtout
quand tout s’écroule autour de vous, est simplement de rire.
Dans Anatomy of an Illness as Perceived by the Patient, Norman
Cousins raconte son histoire fascinante sur la façon dont il a
surmonté une maladie arthritique, la spondylarthrite ankylosante,
grâce à la thérapie par le rire. Quand son médecin lui a dit qu’il avait
une chance sur cinq de se rétablir, Cousins a réservé une chambre
177
d’hôtel, il a regardé des cassettes de Candid Camera et il a ri durant
des jours1. Choisir l’humour pour se soigner, plutôt que de réagir par
la peur et ne rien faire, voilà le signe d’une personne optimiste, d’un
survivant.
Le contraire de l’optimisme (un signe de bonheur) est la négativité
(le manque d’espoir et l’ignorance de ce qui est possible). La
négativité est une attitude qui vient de la peur :
— Oh non ! Ceci ou cela va arriver.
Comment pouvez-vous être heureux quand vous avez peur,
quand la première pensée qui vous vient à l’esprit est le pire des
scénarios ?
La peur est censée vous aider à sauver votre vie. Si vous marchez
dans la forêt et que vous voyez un serpent qui pourrait être
venimeux, la peur est alors une réac-tion appropriée. Vous allez
vous éloigner instinctive-ment. Cela m’est arrivé l’autre jour alors
que je roulais à vélo dans la forêt. J’ai cru apercevoir un coyote ou un
loup et j’ai fait un écart sans même réfléchir. Puis, j’ai constaté que ce
n’était qu’une branche et son ombre, mais elle avait l’air d’un animal
prêt à attaquer. Ce qui m’a étonné est que j’avais déjà changé de
direction avant même que mon cerveau ait le temps de me dire : «
C’est beau, ce n’est qu’une ombre. »
La peur est appropriée quand un chien qui aboie fonce sur vous en
montrant ses crocs. Votre rythme cardiaque s’accélère et, avec la
montée d’adrénaline, vous trouvez la force de grimper à un arbre
sur lequel vous n’auriez pas pu grimper avant. Mais si vous vivez
constamment dans la peur, c’est comme si vous marchiez dans la
forêt en étant toujours entouré d’un serpent venimeux ou d’un chien
enragé. Votre corps sécrète constamment des substances chimiques
du stress qui vous épuisent. Il ne peut pas se rétablir quand il
178
applique toute cette énergie à la réaction de fuite ou de lutte, la
réaction de l’instinct de survie. Quand vous vivez dans la peur
constante ou chronique, votre système immunitaire s’affaiblit à
mesure que le niveau des hormones du stress augmente, ce qui
entraîne un taux élevé de sucre dans le sang et de l’inflammation
dans le système circulatoire.
Les patients révèlent parfois des peurs insoupçonnées dans leurs
dessins représentant leur famille, leur maladie ou leur traitement.
Comme ils n’exprimeront pas ces peurs à leur médecin, ce dernier ne
peut rien faire pour les aider à les surmonter. Si vous réussissez à
faire en sorte qu’un patient parle de ses peurs à travers son dessin et
que vous renversez la situation de manière à ce qu’il voie le côté
humoristique et en rie, le rire influera positivement sur son
traitement et son rétablissement. (Voir mon commentaire sur la
figure 47, dans le chapitre 6.)
Si vous vivez avec des pensées d’amour et que vous riez
quotidiennement, le contraire de ce que vous craigniez se produit. Il
est presque impossible de vivre dans la peur quand vous riez, et
quand vous riez quotidiennement, votre vision des choses change.
Comment est-ce possible ? Vous finissez par prendre conscience que
vous maîtrisez deux choses : vos pensées et votre comportement. Le
bonheur n’est pas un lieu où vous parvenez ou une récompense que
vous recevez ; c’est quelque chose que vous mettez en pratique et, à
force de le faire, vous devenez heureux en raison de votre attitude, de
vos pensées et de votre comportement.
Voyez-vous comme un acteur. Répétez jusqu’à ce que vous soyez
heureux de votre performance. Même quand il joue, la chimie
corporelle d’un acteur est modifiée par les émotions liées à son rôle,
qu’il s’agisse d’une comédie ou d’une tragédie.
179
Ingrid Bergman a raconté une drôle d’histoire à propos de son
travail avec Alfred Hitchcock. Elle était censée jouer une scène
émotive dans le film et chaque fois qu’elle essayait, elle ne parvenait
pas à ressentir son personnage. S’étant confessée à Hitchcock qu’elle
ne croyait pas qu’elle pourrait exprimer ce genre d’émotion, le
réalisateur au visage imperturbable a regardé l’actrice et lui a dit :
— Ingrid, fais semblant2.
Cela ne veut pas dire que vous devriez prétendre que vous n’êtes
pas triste quand votre chien meurt. Il est normal de ressentir des
émotions négatives face aux difficultés de la vie, mais elles
deviennent destructrices quand vous les utilisez pour vous donner la
permission de vous accrocher à la peur ou de ruminer des pensées
tristes et sombres. Il est normal d’être triste après la mort d’un chien
ou de pleurer quand vous vous éraflez le genou après avoir fait une
chute en vélo, mais une fois que les larmes se sont taries, voyez ce
qu’il y a de comique à propos de la situation et riez-en. Embrassez-la
; aimez-la ; laissez les larmes de rire chasser les émotions négatives et
le processus de guérison s’enclencher.
Les scientifiques ont étudié les effets du rire sur le corps et ils ont
relevé un certain nombre de bienfaits physiologiques. Le rire
augmente l’activité du système immunitaire en donnant entre autres
aux « bonnes » cellules tueuses une meilleure capacité de cibler les
virus ainsi que certaines tumeurs et cellules cancéreuses. Les études
qui ont mesuré des composantes du système immunitaire indiquent
que le rire procure un effet bénéfique qui dure jusqu’au lendemain. Le
rire semble lutter contre l’infection et l’abrasion ou les agressions
chimiques dans la partie supérieure du système respiratoire. Le rire
est un relaxant musculaire naturel. En même temps, il constitue un
bon exercice pour le cœur et le diaphragme, en favorisant une
180
meilleure absorption de l’oxygène. Cela en fait une activité idéale
pour ceux dont la capacité de faire de l’exercice est limitée. Le rire
améliore également l’humeur et diminue la perception ou la
sensation de la douleur chez les patients. Comme dans le cas d’un
exercice approprié, il n’y a pas d’effets indésirables négatifs au rire.
Il y a de nombreuses années, je suis tombé de notre toit quand le
dernier barreau de l’échelle à laquelle je grimpais s’est brisé. Quand
j’ai raconté cette histoire lors d’une conférence, j’ai dit :
— J’ai sûrement un ange gardien parce que j’ai atterri sur mes
pieds. Et considérant l’angle de l’échelle, c’était presque impossible.
À la fin de ma présentation, un homme est venu me voir et m’a
dit :
— Vous avez effectivement un ange gardien et je sais comment il
s’appelle.
— Comment pouvez-vous le savoir ? lui ai-je demandé.
— Qu’avez-vous dit quand le barreau s’est brisé ?
— Merde !
— C’est ainsi que s’appelle votre ange.
J’ai éclaté de rire sans prendre conscience du cadeau qu’il venait
de m’offrir. Maintenant, chaque fois que je suis confronté à une
situation difficile, je crie :
— Merde !
Et je commence à rire parce que je sais que je vais avoir de l’aide.
Sentez-vous libre de recourir à mon ange gardien chaque fois que
vous en avez besoin. Cet homme parmi l’assistance m’a aidé à
traverser de nombreuses choses, y compris la fois où j’ai roulé à vélo
sur une plaque de glace et que j’ai fait un vol plané en criant :
— Merde !
181
Quand je suis tombé par terre en riant, j’étais complètement
détendu et je ne me suis donc pas blessé.
Le yoga du rire est une forme d’exercice qui intègre la respiration
et le rire sans l’utilisation de blagues ou de comédies. Il est basé sur
l’idée que le corps ne fait pas la différence entre le rire spontané et le
rire forcé, et que les effets bénéfiques sont les mêmes. Pour obtenir
les meilleurs résultats physiologiques, il est recommandé de rire
pendant au moins 15 minutes à gorge déployée. Le rire naturel dure
habituellement quelques secondes, mais les exercices de yoga du rire
maintiennent le rire aussi longtemps que la personne le désire.
Le yoga du rire est semblable à la pratique du rire forcé dans le
bouddhisme zen. Certains participants pourraient trouver cela
bizarre au début, mais le rire feint devient vite sincère et la phrase «
faites semblant jusqu’à ce que ce soit réel » pourrait facilement
s’appliquer au yoga du rire. J’ai effectué ces exercices et j’ai eu de la
difficulté à cesser de rire même quand il n’y avait aucune raison de
rire.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Essayez ceci devant un miroir ou face à un ami : levez vos sourcils,
prenez une profonde inspiration et chantez le mantra aum durant
trois secondes. Puis, détendez vos sourcils et poussez autant de sons
« hi, hi, hi » que vous pouvez jusqu’à ce que vous ayez expiré tout
l’air de vos poumons. Tout en faisant semblant de rire, assurez-vous
d’avoir un gros sourire, même si vous avez davantage l’impression
de faire une grimace. Prenez une autre profonde inspiration, levez
vos sourcils et chantez aum durant trois secondes. Puis, détendez vos
sourcils, souriez et chantez « ha, ha, ha » jusqu’à ce que vous ayez
expiré tout l’air de vos poumons.
182
Répétez l’exercice à quelques reprises, en alternant les sons et en
laissant tout rire naturel remonter et remplacer le rire forcé. Même si
aucun rire naturel ne remonte, effectuez l’exercice durant
15 minutes. Remarquez comment vous vous sentez à la fin.
Les centres pour personnes âgées et les maisons de retraite qui
offrent des cours sur le rire ont rapporté que les résidents aimaient
assister à ces séances et qu’ils en demandaient davantage. Ils
oublient leurs douleurs et disent se sentir de meilleure humeur
durant et après les séances, et même jusqu’à 24 heures après cellesci.
LE DERNIER RIRE
Lorsque vous vous sentirez prêt à mourir, je recommande que votre
famille soit à votre chevet et raconte des histoires sur votre vie. Mon
père est pratiquement mort de rire quand ma mère a raconté de
merveilleuses histoires à propos du début de leur relation. Papa n’en
pouvait plus d’être dans son corps et il avait dit à maman :
— Il faut que je parte d’ici.
Elle a été capable de le laisser aller et elle savait qu’il allait mourir
ce jour-là. Elle nous a appelés pour que nous allions à son chevet.
Avant de quitter la maison, je suis allé faire de l’exercice et j’ai
entendu une voix demander :
— Comment tes parents se sont-ils rencontrés ?
J’ai répondu que je l’ignorais et la voix a dit :
— Alors, demande-le à ta mère quand tu arriveras à l’hôpital.
Plusieurs heures plus tard, quand nous sommes entrés dans la
chambre d’hôpital de papa, la voix intérieure m’a rappelé de poser la
question. J’ai donc dit :
— Comment vous êtes-vous rencontrés ?
183
Maman a décrit qu’elle était en vacances et qu’elle était assise sur
la plage avec des filles qu’elle ne connaissait pas et, comme elle l’a
plus tard appris, qui avaient une mauvaise réputation. Des garçons
sont venus sur la plage et ils ont tiré à pile ou face pour savoir quel
garçon aurait quelle fille. Puis, ma mère a commenté :
— Votre père a perdu et il m’a eue.
À leur deuxième rendez-vous, il l’a emmenée faire du bateau à
rames et, au moment où il l’aidait à monter à bord de l’embarcation,
le propriétaire de celle-ci a crié : « Hé ! Vous devez payer avant de
monter à bord. »
— Votre père a cessé de me retenir, de même que le bateau et je
suis tombée à l’eau, a dit ma mère. Les choses se sont même
aggravées par la suite…
Tout le monde dans la chambre riait. Papa était alors dans le coma,
mais je savais qu’il pouvait encore nous entendre et qu’il riait avec
nous à un certain degré. Il avait l’air tellement bien que j’ai cru qu’il
allait remettre sa mort à plus tard, mais dès que son dernier petitenfant est arrivé, il a quitté son corps en nous laissant tous avec un
sentiment de plénitude et non avec la peur de la mort.
Je demande souvent aux personnes âgées de me dire comment
elles peuvent mourir en riant. Leurs réponses sont souvent associées
à deux accomplissements. Un est d’avoir accompli ce que nous
sommes tous venus faire sur la Terre, c’est-à-dire servir le monde
d’une manière qui nous est propre plutôt que d’une manière
déterminée par les autres. Quand les gens passent leur vie à faire ce
qu’ils aiment, il leur est beaucoup plus facile de rire à la fin de celleci. Le deuxième accomplissement est la série d’histoires qu’elles ont
accumulées à propos des moments de leur vie qui ont été sur le coup
difficiles, exaspérants ou embarrassants, mais qui maintenant les
184
font rire. Parfois, ces histoires sont rapportées par leurs enfants
adultes. Par exemple :
— Papa, j’étais tellement embarrassé quand tu as fait cela ; j’ai
essayé de prétendre que tu étais le père de quel-qu’un d’autre.
Et toute la famille éclate de rire en repensant à ce moment.
Rappelez-vous ceci : n’ayez pas peur d’embarrasser les membres
de votre famille et donnez-leur du matériel à utiliser quand vous
serez prêt à mourir — et mourez en riant en entendant leurs
histoires. Comme la fois où nous ne trouvions pas un de nos
animaux exotiques que nous avions sauvés. J’ai décidé d’appeler la
police pour lui dire que nous ne trouvions pas notre kinkajou :
— Votre quoi ?
— Oui, mon kinkajou. Il a disparu.
Quand les enfants m’ont entendu appeler la police la première
fois, ils ont trouvé cela embarrassant, mais quand je l’ai rappelée par
la suite, ils m’ont entendu dire que j’avais retrouvé mon kinkajou
sous les combles de la maison en me promenant là-haut avec une
banane jusqu’à ce qu’il sorte sa tête.
Appelez votre chien Sexe et vos chats Espoir et Miracle, comme je
l’ai fait. Et voyez ce qui arrive quand vous courez dans la cour
derrière Sexe et que vous criez à votre femme que vous n’avez pas
Miracle et que vous n’arrivez pas à saisir votre Sexe, mais qu’au
moins vous avez Espoir. Vous allez embarrasser vos enfants avec
votre humour enfantin, mais plus tard, ils vont l’apprécier.
Il arrive que nos enfants viennent à la maison et me disent :
— Merci, papa.
Quand je leur demande pourquoi ils me remercient, ils répondent
qu’ils ont fait quelque chose de complètement fou au travail ou à
185
l’université. Et au lieu de se plaindre ou de critiquer, les gens se
disent entre eux :
— Eh bien, vous savez qui est son père.
Collectionnez les événements comiques et transformez-les en
souvenirs inoubliables en les partageant et en les notant par écrit. Je
commande souvent des mets chinois quand je vais me chercher un
repas pour emporter chez Ernie’s Pizzeria. Pat, le propriétaire, me
connaît et adore mon grain de folie, mais les nouvelles serveuses ne
savent pas quoi faire et elles m’expliquent que je me suis trompé de
restaurant. Un soir, j’y suis allé et j’ai commandé des mets chinois, et
la serveuse a sorti trois contenants de mets chi-nois ; tout le monde
dans le restaurant a éclaté de rire. De même, nos cinq enfants
refusaient d’aller au restaurant avec moi en raison de mon
comportement, ce qui m’a permis d’économiser beaucoup d’argent.
Terry Bruce m’a écrit pour me raconter quelques histoires
comiques à propos de ses enfants, qui ont aidé à guérir la relation
difficile qu’elle entretenait avec sa mère.
Parfois, ma mère me rend folle et j’ai tendance à lui crier après.
Après, je me sens toujours mal parce que nous ne nous voyons
que tous les deux ans. Un jour, j’étais déjà fatiguée quand elle a
appelé et je savais que c’était une mauvaise journée pour
bavarder. Mais ma mère a commencé à me rappeler les choses
comiques que mes enfants avaient faites lors de sa dernière visite
ici, alors je me suis assise pour l’écouter.
Elle m’a rappelé le jour où nous étions tous allés cueillir des
mûres. En revenant à la maison, j’avais versé toutes les mûres
dans un bol. Ma fille de trois ans en avait pris deux et les avait
mises dans sa bouche.
186
— Izzy, je ne veux pas que tu en manges davantage, lui avaisje dit, ou il n’y en aura pas assez pour le dessert.
Avec un regard innocent, Izzy avait répondu :
— Je ne voulais pas les manger, maman. Je voulais seulement
les rincer.
Puis, elle avait pris les mûres dans sa bouche et les avait
remises dans le bol.
Ma mère et moi avons ri et cette histoire m’a rappelé des
choses que mes autres enfants, Farley, Raffy et Jesse avaient
faites. C’était en grande partie des moments précieux dont ma
mère n’avait pas été témoin, mais nous avons encore ri quand je
les ai décrits en détail. Au moment où nous avons raccroché, je
me suis senti très proche d’elle, comme si elle était ici. Et au lieu
de nous rendre folles, nous avions vraiment aimé notre
conversation. Ce puissant sentiment de former une famille m’a
donné de l’énergie pour le reste de la journée. Tout ce qui me
stressait avant me semblait soudainement insignifiant.
Le monde est empli de douleur. Le monde est aussi empli de
comédie humaine si nous choisissons de le voir ainsi. C’est parfois
une comédie tragique, mais vous pouvez toujours être un guérisseur
et répandre de la joie grâce à l’humour et au rire. Pourquoi est-il
encore aussi agréable d’assister aux comédies de Shakespeare plus
de 400 ans après leur création ? C’est parce que les gens aiment rire.
Quelque chose au plus profond de notre être sait que c’est bon pour
nous. Lors de funérailles, allez à la veillée mortuaire et voyez
comment les gens se mettent vite à partager des histoires drôles.
Quelque chose en eux leur dit qu’il est temps de guérir un peu.
Alors, riez ; guérissez les blessures du deuil et n’éteignez pas avec
vos larmes la chandelle céleste de votre être cher.
187
Mon amie Diane assistait à une réunion familiale avec sa sœur et
ses deux frères, et ils n’ont pas pu s’empêcher de rire aux éclats
quand ils se sont raconté des histoires à propos de l’avarice de leur
belle-mère.
— Je n’en croyais pas mes yeux la fois où je suis allée visiter
maman et papa, leur a raconté Diane. Quand je me suis levée pour
aller à la toilette, maman a dit : « N’utilise pas le beau papier de
toilette, ma chère. Je le garde pour les invités. »
Son frère Bruce a ajouté :
— Ouais, et après la mort de papa, elle nous a annoncé qu’elle
avait quelque chose à nous donner. J’espérais que c’était une
enveloppe contenant un chèque ou quelque chose qui lui avait
appartenu, comme ses médailles de guerre. Je suis presque tombé à
la renverse quand elle a sorti de son sac à main quatre sacs de
congélation emplis de cendres. « C’est votre père » a-t-elle dit en
nous le rendant.
— Tu te rappelles ce que tu as fait ? a demandé Diane. Tu as tenu
ton sac dans ta main et tu as demandé à maman : « Quelle partie de
papa ai-je obtenu ? »
Le rire qui s’en est suivi a resserré leurs liens familiaux et les a
aidés à se débarrasser des vieilles rancœurs. Il est difficile de garder
une dent contre quelqu’un quand la personne est à l’origine
d’histoires colorées de la sorte qui font autant rire.
SOYEZ CONTAGIEUX
Il y a plusieurs années, mon épouse est revenue du supermarché et
elle est allée dans la salle de bain. Je suis allé chercher les sacs
d’épicerie dans la voiture et j’ai rangé la nourriture. Quand elle est
revenue dans la cuisine, je m’attendais à ce qu’elle me dise un gros
188
merci et qu’elle me félicite pour ce que j’avais fait. Au lieu de cela,
elle a dit :
— On ne met pas les tomates au réfrigérateur.
Cela m’a blessé. Aucun merci, juste des reproches. J’ai donc rédigé
un poème intitulé « Divorce ».
On ne met pas les tomates au réfrigérateur.
Je me suis encore trompé.
Ma femme ne pourra jamais me pardonner.
Notre mariage bat de l’aile.
Je ronfle, je mets les tomates au réfrigérateur
et je marche et je mange trop vite.
L’avocat spécialisé dans les divorces
ne sait pas comment nous aider
à parvenir à une entente acceptable
pour ma cruauté.
Il suggère que nous essayions de résoudre les choses,
que nous donnions une chance à l’amour
et que nous ne mettions pas les tomates au réfrigérateur.
Je lis cette entente à ma femme ;
elle rit.
J’adore quand elle rit
et qu’elle oublie les moments difficiles.
Nous virons l’avocat
et nous sortons les tomates du réfrigérateur3.
Quand j’ai lu cela à Bobbie, elle a éclaté de rire et, comme le poème
le dit, j’adore quand elle rit. J’aimerais également partager avec vous
quelques situations potentiellement comiques auxquelles Bobbie
recommande aux gens d’être à l’affût. Elle les appelle « Les signes
précurseurs de Bobbie ».
189
• Vous appelez votre femme pour lui dire que vous aimeriez
manger à l’extérieur et elle laisse un sandwich sur le palier de la
porte.
• Vous enfilez votre soutien-gorge à l’envers et il vous va mieux
ainsi.
• Vous appelez au centre de prévention du suicide et ils vous
mettent en attente.
• Vous appelez au bureau des personnes disparues et ils vous
envoient promener.
• La diseuse de bonne aventure offre de vous rembourser.
• Vous revenez du salon de beauté et votre chien se met à grogner
et vous empêche d’entrer dans la maison.
• Vous ouvrez un biscuit chinois et vous trouvez une citation à
comparaître.
• L’oiseau assis sur le rebord de votre fenêtre est un vautour.
Et voici quelques judicieux conseils sur le mariage offerts par mon
épouse :
• N’allez jamais vous coucher en étant fâchés l’un contre l’autre.
Restez debout et disputez-vous.
• Ne contredisez jamais une femme quand elle est fatiguée ou
reposée.
• La prochaine fois que votre mari sera fâché, dites-lui : « Tu es
tellement beau quand tu es fâché. »
Si je l’aime ? C’est sûr que je l’aime.
Le rire est facile pour certaines personnes ; pour d’autres, il faut de
l’entraînement, souvent parce que le rire n’a pas été encouragé
190
durant leur enfance. Les artistes doivent pratiquer pour pouvoir
explorer, apprendre et maîtriser leur art, qu’ils peignent, écrivent ou
utilisent une autre forme d’expression créative. Le mot clé est «
expression ». Je recommande donc que vous vous entraîniez à
glousser et à rire à gorge déployée ; devenez un artiste et emplissez
votre palette de rires. Rappelez-vous que ce n’est pas bon pour la
santé d’être sérieux et normal. Seules les personnes qui ne se sentent
pas à la hauteur essaient d’être normales. Alors, soyez contagieux.
Répandez de la joie et de la guérison et maintenez vivant l’artiste en
vous.
191
Chapitre 9
FAITES SEMBLANT JUSQU’À CE QUE CE SOIT
RÉEL
Restez face au soleil et vous ne verrez jamais les ombres.
— HELEN KELLER
Q uand nous envisageons la relation entre l’éducation des enfants et
la santé, nous le faisons souvent seulement par rapport à la santé des
enfants et nous oublions l’importance de la santé des parents. Mais
la santé parentale et l’amour parental — envers soi et envers ses
enfants — sont les facteurs de santé publique les plus significatifs
sur la planète.
En tant que père de cinq enfants, dont des jumeaux, qui sont nés
sur une période de sept ans, je sais le rôle que l’épuisement a joué
sur la santé de ma femme et sur la mienne. Quand nos enfants
étaient jeunes, nous ne dormions que quelques heures chaque nuit
parce que nous devions prendre soin des enfants, préparer les
biberons, laver les couches, jouer avec eux et veiller sur eux. Nous
agissions par amour, mais la fatigue avait son effet sur notre système
immunitaire et le niveau de nos hormones de stress. Résultat, je me
suis retrouvé à l’hôpital, souffrant d’une grave infection à
staphylocoques, et ma femme a contracté la sclérose en plaques.
Une des choses que tous les parents devraient faire est de
s’accorder du temps sans les enfants pour refaire le plein d’énergie.
Inutile de vous sentir coupable de faire garder vos enfants à
l’occasion et de prendre soin de vous, de vous donner l’occasion de
mener une vie authentique plutôt que de jouer un rôle. Après avoir
192
compris combien il était important que nous prenions soin de nous,
Bobbie prenait le calendrier au début de l’année et elle calculait
combien de jours nous pourrions être des parents attentionnés avant
que cela ait un effet sur notre santé. Puis, elle réservait quelques
jours tous les deux ou trois mois afin que nous puissions partir tous
les deux pendant que des amis ou des membres de la famille
prenaient notre place et offraient leur temps et leur affection à nos
enfants.
Cette séparation était bénéfique à tout le monde. Que ce soit chez
nos voisins, nos amis et mes patients, nos enfants trouvaient de
nouveaux parents et grands-parents expérimentés qui étaient prêt à
les écouter et à les aimer, tandis que mon épouse et moi avions la
chance de refaire le plein d’énergie et de nous occuper d’autres
choses que des couches, des horaires et des repas. Cela donnait aussi
l’occasion à nos enfants de jouer à des jeux avec des adultes qui ne
connaissaient pas les techniques sournoises qu’ils utilisaient pour
jouer aux plus fins avec les parents.
J’ai de nombreux patients qui ont développé une dépendance à la
nourriture, à la drogue et à l’alcool ou qui ont d’autres formes de
dépendance, et j’ai compris que c’était en réaction à leur enfance,
durant laquelle ils ont connu de l’indifférence, du rejet ou de la
maltraitance de la part de leurs parents, plutôt que de l’amour. Ils
cherchaient à se récompenser pour mieux se sentir, mais ces choix
étaient autodestructeurs, car ils ne les soulageaient que
temporairement. Les gens qui choisissent la voie de
l’autodestruction n’agissent pas ainsi par manque d’information. Ce
qui leur manque, c’est de l’inspiration et le sentiment de valoir
quelque chose.
193
Une étude menée auprès d’un groupe d’étudiants de l’Université
Harvard a révélé que parmi les étudiants qui ne s’étaient pas sentis
aimés par leurs parents, presque la totalité avait souffert d’une
maladie grave dans la quarantaine. En comparaison, parmi ceux qui
s’étaient sentis aimés, seulement 25 % ont contracté une maladie
grave durant la même période.
En grandissant, les enfants ont besoin, à des périodes précises, de
recevoir certains messages d’un ou des deux parents, qui leur
permettront de se sentir aimés et en sécurité. La plupart des gens ne
sont sans doute pas conscients que jusqu’à l’âge de six ans, les ondes
cérébrales d’un enfant sont semblables à celles d’une personne sous
hypnose. Au moment où les enfants deviennent capables d’évaluer
les paroles de leurs parents, ils doivent faire des efforts
considérables pour se libérer des messages négatifs que la plupart
des parents transmettent. Quand ces messages sont destructeurs, il
est vraiment difficile d’échapper à leur emprise.
Pour citer une de mes patientes : « Les paroles de ma mère me
grugeaient de l’intérieur et elles m’ont peut-être même donné le
cancer. » La mère de cette femme minimisait toutes ses réalisations
et elle ne l’habillait qu’avec des couleurs foncées pour que personne
ne la remarque. Il a fallu qu’elle attrape une maladie potentiellement
mortelle pour qu’elle ose aller s’acheter une robe rouge, commencer
une nouvelle vie et devenir son moi authentique.
Quand les parents imposent les schémas de comportement, les
choix de carrière, etc., ils privent leur enfant de sa propre vie. La
gentille jumelle identique qui cherche à plaire à maman, à papa et à
toute la famille, mais qui intérieurement ressent de la colère, est
beaucoup plus susceptible de développer un cancer du sein plus
194
tard dans sa vie que sa petite peste de sœur qui en fait toujours à sa
tête.
Les problèmes associés aux parents peuvent être révélés dans les
dessins réalisés par les enfants. Par exemple, une enfant pourrait
dessiner une famille et donner à sa mère une expression qui donne
l’impression qu’elle est fâchée et qu’elle prononce des paroles dures ;
elle pourrait aussi dessiner son père avec les mains dans les poches
et qui tourne le dos à la mère, illustrant qu’il se replie sur lui-même.
Elle pourrait se dessiner avec le visage triste ou effrayé. Quand on
montre ce dessin aux parents, ils sont plus facilement motivés à aller
chercher de l’aide. Plutôt que d’entendre l’interprétation du
thérapeute, qui leur fait sentir qu’ils sont de mauvais parents, ils
voient ce que leur enfant exprime avec des images, ce qu’elle vit ; le
dessin leur dit ce qu’ils ont besoin d’entendre.
La consultation familiale, les cours sur le rôle parental et sur la
gestion de la colère, ainsi que les ateliers sur les habiletés de
communication sont souvent la clé pour aider la famille à
fonctionner en tant qu’unité. En plus d’atténuer la détresse
psychologique de l’enfant, cela jouera un grand rôle pour guérir la
maladie physique de l’enfant et lui permettre d’avoir un esprit et un
corps en meilleure santé pour le reste de sa vie.
Nous devons reconnaître l’importance de nous écouter les uns les
autres et de verbaliser notre amour. Assurez-vous de donner de
l’amour à vos enfants même quand vous n’aimez pas ce qu’ils font.
Ne les attaquez pas avec des paroles comme :
— Il y a quelque chose qui ne va pas chez toi.
Utilisez plutôt des paroles qui disent :
— Je t’aime, mais ce que tu fais est dangereux et malsain, alors je te
prie de cesser.
195
Faites-leur savoir que vous n’appréciez pas leur comportement
tout en les rassurant que vous les aimez. L’adolescence peut être la
période la plus difficile pour les jeunes, surtout si leurs parents n’ont
pas développé avec eux une forme de communication ouverte et
aimante. Quand les jeunes ont besoin de conseils et de soutien, ils
n’ont pas l’impression qu’ils peuvent aller raconter leurs problèmes
à leurs parents et demander leur aide. Selon une étude, 70 % des
élèves du secondaire ont dit qu’ils avaient songé au suicide. Ces
jeunes ignorent comment éliminer ce qui les tue, alors ils envisagent
de se tuer.
Rappelez-vous que le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais
l’indifférence, le rejet ou la maltraitance. Pourquoi est-ce que je crois
que des enfants deviennent des intimidateurs ? Quand ils reçoivent
des motifs de mourir de la part des figures d’autorité dans leur vie et
qu’ils sont témoins de comportements négatifs dans un
environnement privé d’amour, ils vont agir de manière destructrice
pour eux et pour les autres, en faisant de l’intimidation et en étant
agressifs et violents. Ces enfants ne voient pas l’agression de la
même manière que nous parce que les enfants qui ont grandi dans
un environnement violent et dépourvu d’amour ont un système
nerveux qui est beaucoup moins sensible à l’agression physique, au
bruit et à d’autres stimuli sensoriels. Des parties de leur cerveau sont
éteintes. Les études ont démontré que la négligence, les
traumatismes et la maltraitance durant l’enfance ont un impact
physique sur le système nerveux central — le cerveau, la moelle
épinière et les nerfs —, ce qui fait que certaines structures et voies
neurales du cerveau ne se développent pas, tandis que d’autres
structures et voies sont surdéveloppées1.
196
Les enfants pourraient délibérément mal se comporter. Le fauteur
de trouble reçoit de l’attention ; et même si c’est de l’attention
négative, c’est mieux que le rejet. L’envie d’agresser est un sentiment
normal, mais pour attirer l’attention et parfois pour se venger,
l’enfant mal aimé et rejeté va transformer une saine agression en de
la violence et de la destruction plutôt que de s’investir dans des
sports, un travail ou des loisirs.
Tout comme le feu peut chauffer ou détruire votre maison,
l’énergie à l’intérieur des enfants peut être dirigée de manière saine.
Les enfants peuvent se rebeller de manière saine et non pas en
intimidant. Quand ils dirigent leur énergie vers quelque chose de
positif, comme les arts, les sports, les loisirs ou le bénévolat, le
monde devient un endroit meilleur où il fait bon vivre et personne
n’est menacé par cette énergie. Nous devons offrir aux enfants de
tels exutoires et les aider à trouver ce qui répond à leurs besoins
d’une manière saine.
Un jour, quand j’étais petit, je suis devenu jaloux du jouet d’un
voisin ; j’ai agi comme un intimidateur et je l’ai brisé. Quand mon
père est rentré à la maison et qu’il a appris ce que j’avais fait, il n’a
rien dit ; mais le lendemain, il est revenu avec le même jouet. Il ne
m’a pas dit ce que je devais en faire. Il me l’a simplement tendu et il
s’est éloigné. Le geste de mon père m’a beaucoup plus parlé que
toute réprimande qu’il aurait pu me faire. Il a agi en adulte
responsable en remplaçant le jouet brisé, mais il m’a laissé choisir
entre le garder ou aller le donner à mon voisin. Son geste m’a
démontré qu’il m’aimait, qu’il me faisait confiance et qu’il voulait
que j’agisse de manière appropriée. Que je le fasse ou pas, c’était ma
décision. Mon père savait que ce qu’il me faisait endurer était pire
197
qu’une punition physique. Et je suis effectivement allé donner le
jouet à mon voisin.
Nous devons transmettre aux enfants la notion de respect envers
la vie. Nous pouvons le faire en leur enseignant à être responsables
de la vie et du bien-être de certaines créatures vivantes, qu’il s’agisse
d’une plante, d’un animal ou d’un autre être humain, et leur donner
l’occasion de le faire en les supervisant de manière appropriée.
Quand vous aimez et prenez soin de ce avec quoi vous vivez, vous
respectez le monde et ses habitants.
Mon épouse et moi avons empli notre maison et notre cour
d’animaux rescapés. Nous avons enfreint toutes les règles de zonage,
mais personne, y compris la police, ne nous a jamais dénoncés parce
qu’ils savaient que nous aimions toutes ces créatures. Nos enfants
ont même apporté des insectes dans la maison parce qu’ils les
respectaient en tant que créatures vivantes. Quand nos enfants ont
atteint l’âge de la rébellion, au lieu de diriger leur énergie contre les
gens, ils ont plutôt cherché à améliorer le statu quo et à créer un
monde meilleur. Quand ils avaient besoin d’amour et d’attention, ils
le demandaient ou ils commettaient des actes insensés, mais ils n’ont
jamais agi de manière destructrice envers quoi ou qui que ce soit.
Par exemple, il arrivait qu’un de mes garçons me dise que ses
grands-parents avaient appelé et qu’ils voulaient qu’il leur rende
visite. Je lui achetais donc un billet d’autobus pour qu’il aille les voir.
À l’âge adulte, il m’a confessé qu’ils n’avaient jamais appelé ; il avait
simplement besoin de partir de la maison et de recevoir leur amour.
Quand Bobbie et moi étions à l’extérieur de la ville, c’est lui qui avait
convaincu ses frères et sa sœur de dire au couple qui les gardait qu’il
partait plus tôt le matin pour aller à l’école. Mais il n’allait pas à
l’école. Il s’assoyait toute la journée dans le placard en cèdre pour
198
lire des livres. Il savait comment recevoir de l’attention et aussi
comment prendre soin de lui sans blesser personne.
La colère doit être exprimée de manière appropriée et non pas
réprimée. Quand les enfants sont fâchés, demandez-leur pourquoi.
Écoutez-les et aidez-les à trouver une manière sûre de composer
avec la cause de leur colère, et à communiquer et à extérioriser leurs
sentiments. Quand les membres du personnel de l’hôpital faisaient
irruption dans sa chambre pour aucune raison particulière, un
adolescent mourant avait l’habitude de les arroser avec son pistolet à
eau pour leur signifier qu’il voulait être seul. Sa colère ne faisait de
mal à personne et elle a enseigné à de nombreux médecins et
infirmières à respecter ses besoins en tant qu’être humain confronté
à des circonstances difficiles, plutôt que de le considérer comme un
simple patient soumis à un horaire de soins déterminé. Après sa
mort, son pistolet est devenu un cadeau qui était remis aux autres
enfants malades. En tant que parent, que pouvez-vous faire si votre
enfant hospitalisé est traité comme une maladie plutôt que comme
une personne ? Donnez-lui la trousse Siegel, comme je l’ai
mentionné dans le chapitre 6 (voir les pages 136-137).
Et que pouvez-vous faire si votre enfant se fait intimider à l’école
ou dans le voisinage ? Il est approprié que votre enfant soit fâché de
ne pas être traité avec respect, mais répondre à la violence par de la
violence ne fait qu’aggraver la situation. J’informerais les autorités
scolaires ou communautaires de ce qui se passe, mais je tuerais aussi
avec gentillesse et je tourmenterais avec tendresse. Soyez créatif dans
votre approche. J’ai vu l’amour résoudre une mauvaise situation
même quand la vie d’une personne était menacée.
Dites à votre enfant d’inviter l’intimidateur à venir jouer chez
vous. Ou allez quelque part ensemble, comme à un parc
199
d’attractions, et partagez un bon repas. Appelez les parents de
l’intimidateur et discutez ensemble du comportement de leur enfant.
Si jamais vous appreniez que la mère de l’intimidateur est atteinte
d’un cancer ou que ses parents sont alcooliques, il vous serait alors
plus facile de comprendre et de pardonner à l’intimidateur et votre
enfant apprendrait encore mieux comment être un ami sincère. Si
vous essayez et que cela ne fonctionne pas, alors mettez fin à la
relation.
Un jour, je suis allé faire une présentation dans une classe située
dans un quartier dangereux. Tout juste avant que je commence à
parler, quatre garçons sont entrés dans la classe et sont venus
s’asseoir dans la première rangée. Cela m’a paru étrange étant donné
que les élèves choisissent rarement de s’asseoir devant l’enseignant.
J’ai plus tard appris que ces quatre garçons étaient le chef d’une
bande de l’école et ses gardes du corps, et qu’ils occupaient toujours
ces mêmes sièges dans chaque classe. J’ai posé une question et le
chef de la bande a levé sa main pour répondre. Quand il a eu fini, je
lui ai dit qu’il n’avait pas la bonne réponse et je lui ai expliqué
pourquoi. Le directeur m’a révélé par la suite que ce garçon n’avait
pas parlé en classe depuis quatre ans. Il était préoccupé : maintenant
que j’avais dit au chef de la bande qu’il s’était trompé : comment
allait-il réagir ? J’ai dit au directeur de ne pas s’inquiéter. Le garçon
savait que j’étais là seulement parce que je me souciais de lui et des
autres élèves et il avait passé un bon moment. Il n’y a pas eu de
problèmes par la suite. En parlant avec respect et honnêteté à ces
jeunes, et en partageant un peu de sagesse et beaucoup de rires,
j’avais semé en eux une graine d’amour.
Même quand nous n’apprécions pas ce que les intimidateurs font,
nous pouvons, grâce à un amour persistant, les rééduquer et les
200
aider à se rebeller contre les choses dans notre société qui doivent
changer. Quand nous agissons ainsi, les intimidateurs finissent par
prendre conscience qu’ils méritent d’être aimés et ils commencent à
se soucier des autres et d’eux-mêmes. Je l’ai observé chez des
enfants, des patients et d’autres personnes avec lesquelles j’ai établi
des relations dans le cadre de mon travail.
J’adore réunir des personnes âgées et des élèves parce que tout le
monde a besoin d’un grand-parent aimant qui a acquis la sagesse de
toute une vie. Quand vous le faites, vous établissez une forme de
guidance. Chaque résident d’une maison de retraite devient un
précieux enseignant quand il se retrouve parmi des élèves. Les
personnes âgées enseignent souvent aux jeunes que les difficultés
peuvent être des occasions de prendre une nouvelle direction pour
quelque chose de mieux.
Si je devais résumer comment bien élever un enfant, je vous
suggérerais de vous procurer un chiot, d’aller consulter un
vétérinaire et de lui demander comment élever votre chiot. Puis,
allez à la maison et faites de même avec votre enfant. Pour citer
certains vétérinaires que je connais : « Il faut de la constance, du
respect, de l’affection, de la discipline, de l’amour et de l’exercice. »
Pour plus de détails sur le sujet, lisez mon livre Love, Magic &
Mudpies sur la façon d’élever des enfants qui se sentent aimés, qui
font preuve de gentillesse et qui apportent une contribution positive
dans le monde. Les enfants grandissent trop souvent sans une telle
aide et, une fois adultes, ils doivent composer avec les conséquences
physiques, émotionnelles et mentales de ne pas avoir eu de bons
parents.
LA RÉÉDUCATION
201
Si, durant votre jeunesse, il se passait quelque chose dans votre
famille, quelque chose qui vous a empêché de recevoir des messages
aimants et positifs des adultes qui étaient importants pour vous,
vous devez alors vous rééduquer. Vous vous faites du tort quand
vous écoutez les voix de votre passé qui vous disent que vous ne
valez pas grand-chose. La façon de sortir de cette transe négative et
de changer votre image de vous est de laisser intentionnellement
derrière vous ces vieux messages et ces expériences malheureuses.
Une fois adulte, il est inutile de blâmer vos parents. Vous devez
revendiquer votre pouvoir et effectuer vos propres choix.
Je vous recommande de commencer en apprenant à vous connaître
en tant qu’enfant. Dans votre esprit, séparez la personne que vous
êtes aujourd’hui de l’enfant que vous étiez, et soyez prêt à aimer cet
enfant divin comme s’il était ici, maintenant, parce que cet enfant
existe vraiment… en vous. Même si vous trouvez cela complètement
fou, essayez tout de même. Faites semblant jusqu’à ce que ce soit
réel.
Utilisez cette méthode : trouvez des photographies de vous-même
quand vous étiez enfant et placez-les là où vous passez la journée
afin de les voir quotidiennement. Je les appelle des espaces sacrés.
Tombez amoureux de cet enfant. Parlez-lui. Dites-lui qu’il est en
sécurité, qu’il est aimé et qu’il va devenir fort. Dites-lui combien c’est
merveilleux qu’il soit né, qu’il est précieux et qu’il a une raison
d’être dans votre vie.
Gardez l’image de cet enfant dans votre tête et dans votre cœur
durant toute la journée et, chaque fois que vous vous sentez troublé,
anxieux ou effrayé, imaginez que c’est l’enfant qui éprouve ces
sentiments. Demandez-vous ce que vous pourriez faire pour
réconforter cet enfant. Puis faites-le pour vous-même. Tout comme
202
la faim vous pousse à aller chercher de la nourriture, utilisez ces
sentiments pour vous inciter à nourrir votre vie comme elle en a
besoin.
Chaque jour, après avoir rééduqué l’enfant en vous, donnez
également cet amour à votre moi adulte. Si vous aviez une fille ou
un garçon qui était intimidé quotidiennement par une enseignante
dont les commentaires détruisent son estime d’elle-même, n’iriezvous pas voir cette enseignante et n’insisteriez-vous pas pour qu’elle
traite votre enfant avec gentillesse et respect ? Et si l’enseignante ne
changeait pas son comportement, ne feriez-vous pas transférer votre
enfant dans une autre classe où l’enseignante encourage les enfants
et fait de l’apprentissage une expérience agréable ? S’il n’y avait pas
d’autre classe disponible, ne retireriez-vous pas votre enfant de cette
école ?
Faites de même pour vous-même maintenant. Parlez à votre
directeur injuste au travail ou à la personne qui vous traite mal.
Dites-lui que vous l’aimez, mais que vous n’aimez pas la façon dont
il vous traite et que vous vous attendez à être traité avec respect et
gentillesse. S’il ne change pas son comportement, vous pouvez
toujours quitter cet emploi ou cette relation. Placez-vous dans des
situations où vous ne serez pas perturbé par les comportements
toxiques des autres. Parfois, vous ne pouvez pas changer votre vie,
mais vous pouvez changer votre attitude. Quand votre santé est
menacée, il est préférable de changer votre vie en quittant la
situation, mais si c’est impossible, adopter une attitude positive peut
faire des merveilles. Quand vous choisissez le bonheur, cela influe
sur tous les gens autour de vous.
Pendant que vous y êtes, parlez à la voix qui vous critique dans
votre tête. Quand vous commettez une erreur, la voix dans votre tête
203
vous accuse-t-elle d’être stupide, sans valeur ou pas à la hauteur ? Si
vous voyiez un enfant commettre une erreur, j’espère que vous lui
diriez :
— C’est beau ; tout le monde commet des erreurs. Les erreurs font
partie de l’apprentissage.
Je connais une instructrice de golf qui dit à ses élèves de ne pas
juger leur élan avec le commentaire « Wow, c’était super ! » ou « Oh
non ! C’était affreux ! ». Elle leur dit plutôt de s’entraîner à dire «
C’est intéressant ». Cela donne à l’esprit la permission d’apprendre
de chaque élan sans avoir d’attentes ou d’exigences, d’une part, et
sans avoir un sentiment d’échec, d’autre part. Ces deux états d’esprit
nuisent aux mécanismes d’apprentissage du cerveau.
Alors quand vous commettez une erreur, cessez de vous crier
après. Soyez aussi tendre et gentil avec vous-même que vous le
seriez avec un enfant. Utilisez les erreurs comme un outil et non
comme l’exemple humiliant d’un échec. Quand nous apprenons
comment ne pas accomplir une chose, nous pouvons la faire
différemment la prochaine fois. Riez de vous-même, pardonnezvous et passez à autre chose. Vous en avez le potentiel.
LES PROGRAMMES EN 12 ÉTAPES
Les gens n’ont pas été conçus pour vivre seuls. Nous sommes de
nature tribale et nous formons des communautés pour notre survie
biologique et psychosociale. Les gens qui se joignent à des groupes
d’individus qui sont confrontés à des défis semblables aux leurs
parviennent souvent à changer leur vie, surtout quand ils se rencontrent dans une ambiance où ils ne se sentent pas jugés et où ils sont
anonymes. Quand des personnes qui ont vécu la même expérience
se réunissent, elles peuvent vraiment s’entraider. Celles qui n’ont
pas vécu la même expérience ne comprennent pas et elles vont faire
204
des suggestions et des commentaires ou proposer des choses qui ne
sont d’aucune aide.
En partageant notre expérience, nous pouvons nous entraider
pour surmonter les difficultés de la vie. Nous devenons des
enseignants potentiels dès que nous nous retrouvons face à une
montagne. Dans les groupes des ECaP que j’anime, les liens formés
entre mes patients durent des années et les gens ont l’impression de
former une famille. Les familles que les gens adoptent sont souvent
plus saines et elles jugent moins que celles dans lesquelles nous
sommes nés.
Les Alcooliques Anonymes ont été le premier programme en
12 étapes et il a été créé par deux hommes qui ne réussissaient pas à
cesser de boire malgré tous leurs efforts. De ses humbles origines en
1935 jusqu’à aujourd’hui, les AA sont passés à plus de deux millions
de membres actifs en rétablissement aux quatre coins de la planète2.
D’autres groupes en 12 étapes ont évolué à partir du groupe
d’origine : les Al-Anon et les Alateen s’adressent aux familles
d’alcooliques, les ACA, aux enfants adultes d’alcooliques, les OA,
aux outremangeurs anonymes, les GA, aux gamblers anonymes, etc.
On trouve dans Wikipédia plus de 30 programmes semblables qui
sont basés sur les 12 étapes et les 12 traditions des Alcooliques
Anonymes d’origine.
Si vous semblez répéter dans votre vie les mêmes schémas négatifs
et que vous en avez perdu la maîtrise, trouvez un programme en
12 étapes dans votre région. Allez à une rencontre et écoutez. Vous
serez étonné d’y trouver des gens qui ont une histoire semblable à la
vôtre et vous vous sentirez soulagé de découvrir qu’il existe un
endroit où vous avez un sentiment d’appartenance.
205
Il y a des années, j’ai dit à des patients cancéreux qui n’avaient pas
de groupes de soutien dans leur région d’aller à une rencontre des
AA et de mentir à propos de la raison de leur présence. Certains
membres des AA ont cru que ma démarche n’était pas la bonne,
mais les principes et les pratiques des AA sont reconnus et ces
personnes avaient besoin d’aide. Quand un thème est repris à de
multiples reprises pour aider les gens à se rétablir, soyez certain qu’il
doit fonctionner — ou vous ne le retrouveriez pas dans la Bible, dans
les enseignements de Bouddha ou à une rencontre d’un groupe de
soutien.
VIVEZ DANS LE MOMENT PRÉSENT
Ralentissez et ressentez vos émotions. Vivre dans la pleine
conscience et dans le moment présent exige que vous soyez
conscient de vos émotions et que vous les acceptiez comme étant
votre propre création. Ne fuyez pas vos émotions en vous tenant
toujours occupé, en vous distrayant ou en prenant des substances
pour vous engourdir. Nous ne pouvons pas guérir ce que nous ne
ressentons pas.
Après que j’eus exprimé ma colère à propos de problèmes
familiaux que je ne pouvais pas résoudre et de toutes les maladies
que je ne pouvais pas guérir, ma grande amie Elisabeth Kübler-Ross
m’a doucement dit lors d’un de ses ateliers :
— Tu as toi aussi des besoins.
Je n’ai jamais oublié ces paroles et je les partage avec vous
maintenant pour que vous n’oubliiez jamais cette vérité importante.
Nous emmagasinons nos émotions dans notre cœur. Même les
cœurs transplantés retiennent des émotions et des messages de la vie
du donneur. Quand vous évaluez différentes options et des choix ou
que vous prenez des décisions, laissez votre cœur vous servir de
206
compas. Une femme m’a répété le conseil que son père lui avait
donné. Avant de mourir, Fred Crocker a conseillé à sa fille de «
suivre son cœur et d’utiliser son esprit pour emprunter la voie que
son cœur choisit ».
Laissez vos sentiments vous guider vers ce qui vous inspire.
Laissez-les non seulement emplir vos poumons d’inspiration, mais
aussi emplir de vie chacune de vos activités et vous procurer la joie
d’avoir fait des choix créatifs. Acceptez que ce que vous ressentiez à
propos d’une chose dans le passé pourrait être différent de ce que
vous ressentez maintenant. Apprenez à connaître et à honorer la
personne que vous êtes aujourd’hui et ne vous accrochez pas à ce
qui ne vous sert plus. Vous devenez ainsi le cocréateur de votre vie.
J’aime me rappeler ce que ma mère disait toujours quand je devais
prendre une décision :
— Fais ce qui te rend heureux.
Quand les choses ne se déroulaient pas comme je m’y attendais,
elle me rappelait :
— Dieu t’envoie dans une autre direction. Il va en résulter quelque
chose de bon.
Efforcez-vous de prêter attention au moment présent plutôt qu’au
passé ou à l’avenir. Concentrez-vous sur votre respiration. Le simple
fait de respirer est déjà positif en soi. Ne tenez pas compte des
pensées des autres ; leurs pensées et leur attitude ne vous concernent
pas, pas même ce qu’ils pensent de vous. Votre tâche est d’être le
meilleur que vous pouvez être en ce moment précis, de composer
avec la situation présente, une petite étape à la fois. Et quand vous
avez besoin d’aide, demandez-la. Comme le dit une de mes
chansons préférées de Tom Hunter : « Tonight I’d like you to rock
me to sleep (Ce soir, j’aimerais que tu me berces dans tes bras)3. »
207
Quand vous vivez dans le moment présent, vous commencez à
prendre conscience qu’un monde parfait serait dénué de sens, car
vous n’auriez aucun choix ou aucune possibilité d’évoluer.
HONOREZ QUI VOUS ÊTES
Vivez de manière authentique et ne jouez pas de rôle. Ne soyez pas
le « pourvoyeur » ou la « maman » parce que si vous croyez que ce
rôle correspond à qui vous êtes, votre vie n’a plus de sens quand
vous ne pouvez plus travailler ou que vos enfants grandissent et
quittent la maison. Il y a une histoire à propos d’un homme qui était
aux portes du paradis et qui demandait à entrer.
— Dis-moi qui tu es, lui a demandé Dieu.
L’homme a pensé à sa femme et à sa famille, et à toutes les
personnes à qui il s’était efforcé de plaire. Il a pensé à son emploi
important, à sa grosse maison et à sa voiture de luxe. Il a pensé aux
factures qui s’empilaient sur son bureau et à la croisière que sa
femme et lui avaient planifié de faire. Toutes ces pensées
l’entouraient et il avait beau s’efforcer, il ne pouvait se rappeler que
les rôles qu’il avait joués. Il a fini par admettre :
— Je ne sais pas qui je suis.
— Alors, tu n’es pas prêt à entrer, lui a répliqué Dieu en
retournant l’homme dans son corps.
Quand l’homme s’est remis de sa crise cardiaque, il a fait le vœu
de trouver son moi authentique.
Au cours des années suivantes, il a appris que le cœur murmure,
ce qui signifie qu’il a appris à ralentir au moins une fois par jour, à
demeurer calme et immobile et à écouter. Il a cessé d’essayer
d’impressionner les autres et il s’est plutôt intéressé aux choses qu’il
aimait faire. Il a pris le temps d’écouter les gens sans les interrompre
ou les presser, et il a accordé de l’importance à l’amélioration de ses
208
relations. Plus il se concentrait sur le moment présent, plus il
semblait accomplir de choses. Il a réussi à être au service des gens de
nombreuses petites façons, et quand toutes ces petites choses
s’additionnaient, elles avaient un impact positif dans son entourage.
Avec le temps, il a constaté qu’il se sentait bien à propos de luimême et les nouveaux comportements qu’il s’était efforcé d’adopter
étaient maintenant devenus des habitudes. La vie et la mort ne
l’effrayaient plus ; elles étaient plutôt le reflet de l’amour et de
l’intégrité. Plusieurs autres années ont passé avant qu’il se retrouve
de nouveau devant les portes du paradis.
— Dis-moi qui tu es, lui a demandé Dieu.
— Je suis la plénitude. Je suis ton enfant divin. Je suis toi, a
répondu l’homme.
— Bienvenue à la maison, mon enfant, lui a répondu Dieu.
Et l’homme a été étreint par une lumière encore plus brillante que
le soleil.
J’ai connu un adolescent qui m’a dit sur son lit de mort :
— Dites à Dieu que son remplaçant est ici.
Il a été admis immédiatement.
Cela me rappelle une de mes patientes qui souffrait
d’agoraphobie. Quand cette femme, qui avait été incapable de
quitter sa maison pendant des années, a appris qu’il ne lui restait
que deux mois à vivre, elle a vu la lumière et elle s’est demandé : « À
quoi ça me sert d’avoir peur ? » Elle est passée d’une personne qui
vivait paralysée par la peur au point de ne pas pouvoir sortir sous la
pluie à une femme qui s’est mise à faire du rafting ! Ses enfants
étaient morts de peur, mais cela lui a également permis de survivre à
son cancer. Et une autre femme qui avait le même pronostic m’a
209
envoyé une lettre qui se termine ainsi : « Et je ne suis pas morte ; et
maintenant, je me tue à accomplir toutes sortes de choses. »
Vous pouvez maîtriser vos pensées et vos actions, alors prenez ce
pouvoir — c’est votre droit. Entraînez-vous à être la personne que
vous voulez être et agissez chaque jour comme si vous étiez déjà cette
personne. Si vous avez peur, imaginez que des bras aimants vous
étreignent avant que vous vous endormiez afin que lorsque vous
vous réveillerez, vous pensiez immédiatement à cette étreinte
chaleureuse et réconfortante et vous chasserez votre peur. Ou si
vous avez besoin d’un modèle quand vous doutez, demandez-vous :
« Qu’est-ce que Lassie ferait (QQLF) ? »
TENEZ UN JOURNAL
Dans une étude menée auprès d’un groupe de personnes souffrant
d’asthme, on a demandé à des individus de tenir, pendant un mois,
un journal de leurs sentiments à propos de leurs expériences, tandis
que ceux du groupe témoin devaient simplement énumérer ce qu’ils
faisaient chaque jour. Au bout d’un mois, ceux qui avaient noté leurs
sentiments et leurs expériences se sont avérés être en meilleure santé
et faisaient moins de crises d’asthme que ceux qui n’avaient écrit que
ce qu’ils faisaient chaque jour.
L’autre jour, alors que je fouillais parmi mes documents pour
trouver quelque chose, je suis tombé sur mes journaux datant d’il y a
25 à 35 ans. En tant que médecin, j’avais commencé à prendre des
notes durant le jour à propos de ce qui me perturbait, puis quand je
rentrais à la maison, le soir, je les retranscrivais dans mon journal.
Peu de temps après avoir pris cette habitude, j’ai constaté que quand
j’essayais d’écrire à propos de ce qui était arrivé durant la journée,
j’étais incapable de me rappeler à quoi ces notes faisaient référence.
Je pouvais écrire « Enfant dans la salle d’urgence » et, 12 heures plus
210
tard, me demander : « De quoi est-il question, au juste ? » J’ai alors
pris conscience que peu importe ce qu’était la douleur, elle était en
moi et je ne pouvais pas composer avec elle ; je l’enterrais donc dans
mon corps. J’ai commencé à être hanté par les mots « un jour, mon
corps va me le faire payer » et j’ai commencé à écrire des
paragraphes entiers dans mes notes afin de pouvoir me rappeler ce
qui me perturbait et de le noter dans mon journal.
Une fois que j’avais oublié de cacher mon journal, mon épouse l’a
trouvé et elle l’a lu.
— Bernie, il n’y a rien de drôle là-dedans, m’a dit Bobbie.
— Qu’est-ce que tu veux dire ? Ma vie n’est pas drôle.
Elle m’a alors rappelé des choses insensées qui étaient arrivées à
l’hôpital et qui avaient fait rire toute la famille quand je les avais
racontées. Je n’avais jamais noté ces histoires dans mon journal. Le
commentaire de Bobbie m’a encouragé à voir également les belles
choses qui se produisaient : tu reçois une étreinte ; tu reçois un peu
d’amour ; tu fais rire quelqu’un.
— Note également cela dans ton journal, m’a-t-elle dit.
Et c’est ce que j’ai fait.
Lorsque vous tenez un journal, vous demeurez conscient des
choses et votre inconscient sait alors que vous êtes prêt à composer
avec ce qui vous tourmente. Nous avons tous besoin d’être entendus
par quelqu’un d’attentionné. Pour que notre voix intérieure puisse
nous parler, nous devons trouver une façon de l’écouter. L’écriture
nous donne un moyen de l’écouter. J’ai souvent fait référence à la
remarque d’Helen Keller, qui a dit que « la surdité est un malheur
beaucoup plus grand [que la cécité] ». Le comportement de survie
exige que vous sachiez ce qu’il y a dans votre cœur, que vous
révéliez ce qu’il y a dans votre inconscient et que vous ressentiez vos
211
émotions. Notez-les sur papier — c’est ainsi que vous allez
apprendre à vous connaître.
L’ÉCOUTE BIENVEILLANTE
Quand vous faites de l’écoute bienveillante, vous utilisez votre
langage corporel pour montrer que vous prêtez attention. Quand
vous regardez la personne droit dans les yeux et que vous ne
l’interrompez pas, et que vous penchez légèrement votre corps vers
elle et que vous hochez ou penchez la tête en guise de réponse
appropriée, vous assurez à la personne qui parle que vous l’écoutez
et que vous entendez ce qu’elle dit. L’écoute est une bonne habitude
à adopter. Quand vous écoutez les autres, ils finissent par se
connaître et vous en êtes redevable, même si tout ce que vous avez
fait, c’est écouter.
Des gens m’ont remercié de leur avoir été utile alors que je n’avais
rien dit. Par exemple, au début, quand nos enfants venaient me voir
et me disaient :
— Papa, j’ai un problème.
Je répondais en donnant un conseil tel que :
— D’accord, lis ce livre ou va voir cette personne ou prends ce
médicament.
Et ils répondaient toujours :
— Tu ne m’aides pas.
Mais par la suite, quand ils venaient me voir et me disaient :
— Papa, j’ai un problème.
Je leur demandais :
— Raconte-moi.
Puis, je demeurais assis et je les écoutais durant 20 à 30 minutes et
quand ils avaient fini, ils disaient :
— Merci, papa. Tu m’as beaucoup aidé.
212
Et qu’avais-je dit durant tout ce temps ? Rien d’autre que « hum
hum » d’un ton empathique ou compréhensif. Pourquoi cela
fonctionnait-il ? Parce que quelqu’un les avait écoutés.
Une femme est venue me raconter son problème et je n’ai rien dit
pendant 90 minutes. Quand elle a eu fini, elle m’a dit :
— C’est une des conversations les plus significatives que j’ai eues
dans ma vie.
Elle s’était parlé à elle-même et c’était significatif.
Alors, tenez un journal. Écoutez. Prêtez attention à vos sentiments.
Soyez authentique.
213
Chapitre 10
LES MOTS PEUVENT TUER OU GUÉRIR
Nous apprenons que les mondes sont faits de mots et pas seulement de marteaux et de fils
électriques.
— JAMES HILLMAN
I l y a de nombreuses années, on m’a demandé de voir une jeune
femme qui, selon tout le monde, souffrait d’une appendicite. Je
n’étais pas d’accord avec le diagnostic et après l’avoir observée, j’ai
compris que son problème était une rupture d’un kyste ovarien, ce
qui ne nécessitait aucune opération. Quelques années plus tard, la
jeune sœur de cette femme, une musicienne douée, a trébuché dans
la maison et est tombée dans le foyer, se brûlant gravement les
mains, les bras, la poitrine et le cou. Quand elle a été transportée à la
salle d’urgence de l’hôpital Yale-New Haven, ses parents ont
demandé à ce que je prenne soin d’elle.
Ses mains étaient très abîmées et elle était profondément déprimée
de savoir que cela mettrait fin à sa carrière musicale. Je l’ai admise à
l’unité des grands brûlés de l’hôpital et, chaque matin, je débridais
ses plaies et elle me criait :
— Je vous hais.
Ses paroles m’ont vraiment fait remettre en question la raison pour
laquelle j’étais devenu médecin. Je me suis demandé si je voulais
continuer, si c’était la réaction que les patients avaient envers moi
quand j’essayais de les aider à guérir. (Des années plus tard, sa mère
m’a dit qu’un matin, j’avais dit à sa fille : « Madeline, peut-être
qu’un jour, tu vas m’aimer. » Je ne me souviens pas de ce moment,
214
mais sachant comment j’agis, j’ai sans doute dit cela pour atténuer
mon propre chagrin et ma frustration.)
Une journée d’été, alors qu’il faisait plus de 32 °C, Madeline est
venue dans mon bureau pour sa visite de routine. Elle portait un
maillot à col roulé avec de longues manches. Je lui ai demandé
pourquoi elle était vêtue ainsi par une journée aussi chaude et elle a
répondu :
— Parce que je suis laide.
Elle m’a également dit qu’elle se cherchait un emploi d’été. Je lui ai
dit :
— Oh ! Je connais une maison de retraite qui a besoin de quelques
préposés. Si je peux te trouver un emploi, est-ce que cela t’intéresse ?
Elle a accepté, alors j’ai entrepris des démarches et je l’ai rappelée
quelques jours plus tard pour lui transmettre l’information. Je savais
qu’elle devrait porter un uniforme qui révélerait toutes ses cicatrices
aux personnes âgées dont elle prendrait soin.
À la fin de l’été, Madeline est venue me voir pour sa visite et je lui
ai demandé comment cela s’était passé au travail. Elle m’a répondu :
— J’adore mon travail. Et personne n’a remarqué mes cicatrices.
— Quand tu donnes de l’amour, tu es magnifique, lui ai-je dit.
Elle m’a regardé et son regard s’est éclairé : elle venait de
comprendre.
Madeline a suivi une formation d’infirmière et, peu de temps
après avoir obtenu son diplôme, elle m’a appelé.
— Docteur Siegel, je vais me marier, mais mon père est décédé il y
a deux ans. Voudriez-vous jouer le rôle de mon père à mon mariage
?
Je peux encore sentir les larmes que j’ai versées quand elle me l’a
demandé. Après m’avoir crié qu’elle me haïssait quand elle souffrait,
215
elle me disait maintenant des paroles d’amour. Bien entendu, j’ai
accepté et le plus beau cadeau que j’ai reçu est lorsque nous avons
dansé après la cérémonie sur l’air de la chanson de Kenny Rogers «
Through the Years ». C’était la façon de Madeline de me dire qu’au
fil des années, et surtout quand elle souffrait en raison de son état, je
ne l’avais jamais laissée tomber et je l’avais aidée à reprendre sa vie
en main. Cela m’a aidé à guérir toute une vie de blessures
accumulées dans mes fonctions.
Un homme a suggéré à son amie qu’elle pourrait changer les
choses négatives dans sa vie en changeant simplement ses paroles. Il
lui a dit :
— Au lieu de dire « je dois payer les factures ou je dois aller
travailler », essaie de dire « je vais payer les factures ou je vais aller
travailler ».
Son amie a essayé et elle a constaté que sa vision des choses avait
changé ; au lieu de ressentir du ressentiment et de l’inquiétude, elle
ressentait de la gratitude et se sentait bénie. Elle a pris conscience
que tous les aspects de sa vie, des petites tâches ennuyeuses aux
grandes difficultés, étaient des cadeaux. Le simple fait de changer un
mot a changé sa vie. Un mot : c’est puissant n’est-ce pas ?
Il y a de nombreuses années, un de nos enfants a rapporté à la
maison une toile qu’il avait peinte dans son cours d’art. Il avait
couvert toute la toile avec un mot : « mots ». En tant que chirurgien,
je sais qu’il est possible de tuer ou de guérir avec une lame ou un
scalpel. Mais ce qui m’a immédiatement frappé en voyant l’image
sur la toile est qu’il est possible de tuer ou de guérir avec des mots
quand les mots deviennent une arme.
On n’enseigne pas aux médecins à communiquer avec les patients.
Parce qu’ils ont peur d’être poursuivis, ils expliquent aux gens tous
216
les effets indésirables de la thérapie et ne mentionnent jamais les
bienfaits. Chaque fois que j’entends une publicité à la télévision qui
mentionne comment la pilule peut vous tuer, je me demande pourquoi quelqu’un voudrait l’essayer. De même, pour ne pas être
poursuivi, un hôpital avait l’habitude d’informer les patients des
risques et des complications possibles d’une chirurgie — juste avant
qu’ils entrent dans la salle d’opération. Le taux d’arrêt cardiaque
chez ces patients était plus élevé.
J’ai commencé à prendre conscience que ce qu’un patient croit est
beaucoup plus important que le diagnostic. Une histoire qui m’a été
rapportée à propos du psychiatre Milton Erickson résume d’une
certaine manière cette idée. Un jour, il rencontrait une patiente qui
avait besoin de recevoir des commentaires positifs. Après avoir écrit
quelque chose dans son dossier, il lui a demandé de l’excuser et il est
sorti de la pièce durant une minute, en laissant le dossier ouvert sur
son bureau. La patiente y a jeté un coup d’œil et elle a lu les mots «
progresse bien ». C’était tellement thérapeutique. Ces deux mots
l’ont aidée à croire en elle et lui ont donné l’élan dont elle avait
besoin pour poursuivre sa thérapie.
En prenant conscience du pouvoir des mots, j’ai commencé à
prêter davantage attention à ce que je disais dans la salle d’opération
et j’ai même changé de petites choses, comme préparer un enfant en
vue d’une injection. Plutôt que de lui dire que cela allait le piquer
comme une abeille, je parlais plutôt de la piqûre d’un moustique.
Quand un anesthésiologiste mentionnait au patient qu’il « ne
sentirait plus rien », je demandais au patient :
— Quand avez-vous eu le nez bouché pour la dernière fois ?
Et le patient souriait.
217
Durant une opération, je demandais à mes patients d’éloigner le
sang de la zone opérée et de ne pas saigner pendant l’opération.
Avant qu’ils se réveillent, je leur disais :
— À votre réveil, vous vous sentirez bien et vous aurez soif et
faim.
Par la suite, voyant que mes patients avaient tous commencé à
prendre du poids, j’ai modifié ma phrase en ajoutant :
— …mais vous ne viderez pas votre assiette.
C’est mon expérience en tant que chirurgien pédiatrique qui m’a
vraiment ouvert l’esprit par rapport au pouvoir des mots. Pour
rassurer les enfants qu’ils ne ressentiraient pas de douleur durant
l’opération, je leur disais dans la salle d’urgence :
— Tu vas t’endormir en entrant dans la salle d’opération.
J’ai été renversé de voir des enfants s’endormir pendant qu’on les
transportait dans la salle d’opération. Un garçon s’est même
retourné sur le ventre et il s’est endormi au moment où nous avons
pénétré dans la salle d’opération. Quand je l’ai retourné pour
pouvoir pratiquer une appendicectomie, il s’est réveillé et il m’a dit :
— Vous m’avez dit que j’allais dormir et je dors toujours sur le
ventre.
Nous avons dû faire un compromis.
Puis, avant d’effectuer une prise de sang, j’ai commencé à mentir à
de plus en plus d’enfants, à des fins thérapeutiques bien entendu, en
frottant sur leur bras une éponge imbibée d’alcool et en leur disant :
— Cela va insensibiliser ta peau.
Un tiers d’entre eux ne ressentaient absolument rien, tandis que les
autres trouvaient l’expérience moins effrayante ou douloureuse, tout
en me disant que cela n’avait pas fonctionné. Je m’excusais alors et
j’en rejetais le blâme à l’éponge imbibée d’alcool.
218
Avec la collaboration des parents, nous avons également réduit les
effets indésirables de leur traitement quand nous avons dit que les
vitamines étaient en fait des pilules pour faire pousser les cheveux,
pour prévenir les nausées ou soulager la douleur, et les enfants ont
réagi en ce sens.
Je connais une femme qui avait des nausées après sa
chimiothérapie. Elle a demandé à sa fille de lui donner un comprimé
de Compazine, car elle ne portait pas ses lunettes. Sa fille lui a donné
le comprimé et elle n’a plus ressenti de nausées. Quelques heures
plus tard, alors qu’elle portait ses lunettes, elle a demandé un autre
comprimé. Quand elle l’a vu, elle a dit à sa fille :
— Ce n’est pas mon Compazine ; c’est mon anticoagulant
Coumadin.
— Eh bien, maman, il t’a soulagée la dernière fois que je te l’ai
donné, a répondu sa fille.
Elles ont été impressionnées que le pouvoir de suggestion puisse
susciter des changements dans le corps, même quand ce n’était pas
intentionnel.
Je préférerais mentir pour son bien à un patient que lui énumérer
les effets indésirables d’un traitement et ainsi les provoquer parce
que ce que les gens entendent de la bouche d’une figure d’autorité a
un effet encore plus grand. Quand je devais absolument parler des
effets indésirables, j’ajoutais que ce n’était pas tout le monde qui les
ressentait, tout comme tout le monde n’est pas allergique aux
arachides.
Notre corps réagit à ce que nous croyons. On a dit à une femme
qu’elle était en phase terminale d’une leucémie et qu’elle perdrait
son temps à parcourir des centaines de kilomètres pour venir
recevoir de la chimiothérapie étant donné qu’elle se sentirait
219
seulement plus mal. Sa cousine, une infirmière auxiliaire, me
connaissait et lui a dit de venir se faire traiter à l’hôpital New Haven
parce que « le docteur Siegel aide toujours les gens à se sentir bien ».
J’ai fait admettre la femme à l’hôpital sans savoir que sa cousine
avait fait ce commentaire. Je me suis assis sur le lit de la patiente et je
lui ai expliqué que j’allais demander à un collègue oncologue de
venir l’examiner, car je ne pouvais pas traiter la leucémie au moyen
de la chirurgie. Puis, je l’ai serrée dans mes bras et je suis allé appeler
l’oncologue. Plus tard, il m’a dit qu’il corroborait le diagnostic de
son médecin, mais qu’il lui donnerait un traitement pour qu’elle ait
l’impression qu’il y avait de l’espoir. Après les séances de
chimiothérapie, il m’a remis des notes qui, au début, portaient le
commentaire « progresse bien » et, à la fin, « en rémission complète
». Plus tard, j’ai appris qu’elle avait dit :
— Quand docteur Siegel m’a serrée dans ses bras, j’ai su que
j’allais guérir.
En découvrant le pouvoir des mots, j’ai fait de ceux-ci des outils
thérapeutiques. Utilisant l’humour et ma technique du paradoxe, j’ai
réussi à rajuster les pensées et les sentiments des gens. Durant de
nombreuses années, j’ai été le chirurgien de la police, à New Haven,
au Connecticut, et j’ai eu l’occasion de connaître un grand nombre
de policiers dans le cadre de mon travail. Un jour, un policier que je
connaissais m’a appelé à mon bureau. Quand j’ai saisi le combiné, il
m’a dit :
— Docteur Siegel, je vais me suicider.
Je lui ai répondu :
— Jimmy, si tu te suicides, je ne t’adresserai jamais plus la parole.
Il a raccroché et, 15 minutes plus tard, il était dans mon bureau,
bouillant de colère et hurlant que j’étais insensible et que je me
220
fichais de lui alors qu’il avait tenu son fusil dans sa bouche.
— Et as-tu remarqué que tu n’es pas mort ? lui ai-je demandé.
Il a alors éclaté de rire et nous sommes devenus de bons copains.
Vous rappelez-vous quand vous étiez enfant et que quelqu’un
vous a crié des noms ? Vous lui avez sans doute répondu :
— La pluie de tes insultes n’atteint pas le parapluie de mon
indifférence.
Je peux vous le dire maintenant : ce proverbe est faux. Les mots
peuvent réellement blesser et causer beaucoup de dommages. Les
mots peuvent tuer ou ils peuvent guérir. Les mots, en particulier
ceux prononcés par les figures d’autorité dans notre vie, ont le
pouvoir de nous tourmenter et de modifier notre vie.
La façon dont vous percevez une chose détermine comment elle va
fonctionner pour vous et le choix des mots utilisés joue un rôle dans
votre perception. Imaginez quatre substances utilisées en
chimiothérapie dans le cadre d’un protocole nommé à partir de la
première lettre de chaque médicament : EPOH. Un oncologue a noté
qu’en inversant les lettres, il obtenait le mot HOPE (espoir, en
anglais). Il a donc changé le nom du protocole pour ses patients et
un plus grand nombre de ceux-ci ont bien réagi au traitement.
L’enseignante d’une enfant en première année a critiqué le dessin
de celle-ci en disant qu’elle n’allait pas l’afficher avec les autres en
raison de la façon dont elle avait utilisé la couleur violet. En
deuxième année, quand un autre enseignant lui a demandé de faire
un dessin, l’enfant a laissé la feuille blanche. Il s’est approché d’elle,
il a posé sa main sur sa tête et lui a dit :
— Une tempête de neige. Comme tout est immaculé, blanc et
magnifique !
221
Ses paroles lui ont donné la permission d’être de nouveau créative
et cette expérience l’a plus tard inspirée à écrire un poème intitulé «
Violet ». Vous pouvez lire le poème d’Alexis Rotella dans mon livre
Love, Magic & Mudpies.
Les perceptions que nous avons par rapport à certains mots
peuvent aussi toucher les animaux. Une famille a adopté un vieux
chat rescapé qui avait été tellement traumatisé par ses expériences
auprès des êtres humains qu’il ne pénétrait jamais dans une pièce
quand il y avait des gens. Il n’allait manger que lorsque la famille
était couchée. Après avoir essayé en vain pendant des mois de
gagner sa confiance, ils ont consulté un médium qui communique
avec les animaux et lui ont dit que le chat s’appelait Spooky
(Peureux).
— Changez son nom pour quelque chose de macho, a-t-elle
suggéré. Vous lui avez donné un nom qui reflète que vous vous
attendez à ce qu’il ait peur.
Ils ont renommé le chat Rambo. Son comportement a presque
aussitôt commencé à changer. La famille a raconté que Rambo
circulait non seulement dans la maison quand ils étaient éveillés,
mais qu’il dormait aussi avec eux, dans leurs lits, plutôt que de
rester au rez-de-chaussée.
Quand Betty Crocker a appris qu’elle souffrait d’un cancer du sein
de stade 4, en 1962, son médecin lui a dit qu’elle était en phase
terminale.
— Combien de temps me reste-t-il à vivre ? a-t-elle demandé.
— Six mois, lui a-t-il répondu.
Imaginez l’impact que ces mots ont eu sur elle. Ses deux petites
filles seraient bientôt privées de leur mère. Betty est rentrée chez elle,
222
résignée à mourir, mais son mari a dit qu’ils devraient obtenir un
deuxième diagnostic.
Le mari de Betty est allé au Yale Cancer Center et il a demandé
qu’un médecin de l’équipe des oncologues examine sa femme.
Durant les examens, Betty a raconté comment son mari et elle étaient
tombés amoureux lors d’une soirée animée par un grand orchestre
de musique de danse. Elle s’est rappelé combien Fred et elle
s’amusaient à leur club de danse préféré et que les gens quittaient le
plancher de danse afin de regarder le couple danser.
Betty a conservé une façade joyeuse durant tous les examens et,
après, elle a attendu les résultats, mais Fred savait qu’elle était
terrifiée pour ses deux filles. Elle lui a admis que les paroles du
premier médecin, c’est-à-dire « terminale » et « six mois », lui avaient
presque enlevé tout espoir de survivre. J’ai vu des gens mourir au
bout d’une semaine quand ils avaient perdu espoir.
Quand ils se sont assis dans le bureau de l’oncologue du Yale
Cancer Center, le médecin l’a regardée et lui a souri :
— Betty, vous n’allez pas mourir dans six mois. Dans six mois,
vous allez de nouveau danser.
Les paroles du médecin lui ont redonné de l’espoir. Six mois plus
tard, Betty a enfilé une robe neuve et ses chaussures de danse
rouges. Ses filles ont regardé, tout excitées, leurs parents se préparer
pour leur grande sortie. Des années plus tard, j’ai eu l’occasion de
travailler avec une des filles de Betty. Elle m’a dit :
— Je me rappelle encore comment papa était heureux et combien
maman était belle, ce soir-là. Ils étaient comme un couple de jeunes
qui allaient à leur premier rendez-vous amoureux. Ce médecin avait
donné à maman la permission de vivre. Je suis certaine que c’est
223
grâce à lui qu’elle est restée parmi nous pendant trois autres années.
Je ne le remercierai jamais assez.
De « terminale » et « six mois » à « danser » et « vous allez vivre » :
voilà le pouvoir des mots. Si votre médecin ou votre professionnel
de la santé ne croit pas que vous allez vous rétablir, virez-le. Trouvez
quelqu’un qui croit aux miracles, quelqu’un qui croit en vous.
LES AFFIRMATIONS
Un entraîneur encourage son équipe avec des phrases telles que «
vous pouvez le faire » et « allez sur le terrain et soyez à la hauteur de
votre plein potentiel » parce qu’il sait que ses paroles vont résonner
dans l’esprit des joueurs quand ils vont affronter leurs adversaires.
Ses encouragements peuvent favoriser ou détruire l’esprit d’équipe
et c’est souvent ce qui détermine s’ils vont fournir ou non leurs
meilleurs efforts.
Un bon entraîneur est conscient que la clé consiste à savoir que
vous avez fait de votre mieux et que vous n’êtes pas un perdant si
vous ne gagnez pas la partie. Les perdants ont peur de courir des
risques, que ce soit face à une maladie ou à un adversaire, et ils
vivent dans la culpabilité, le blâme et la honte. Ne donnez pas du
pouvoir à vos ennemis en vous concentrant sur l’idée de les battre,
mais donnez du pouvoir à votre effort en faisant de votre mieux et en
croyant en vous-même.
Les affirmations les plus efficaces sont brèves et positives ; comme
les mantras, elles sont faciles à se rappeler et elles laissent croire
qu’une chose s’est déjà produite. Au lieu de « Je vais me rétablir de
ce cancer », une affirmation plus efficace serait : « Mon corps
rayonne de santé. » Cette affirmation vous permet de voir votre vrai
potentiel, votre nature divine, et elle ne se concentre pas sur ce qui
224
ne va pas, mais sur ce qui est en vous. Quand vous l’imaginez, votre
corps réagit comme si la chose se produisait déjà.
Notre Créateur a donné à toutes les créatures vivantes l’habileté de
survivre. Les blessures guérissent, les bactéries résistent aux
antibiotiques, les virus résistent aux antiviraux et les arbres résistent
aux parasites parce que nous avons tous l’habileté de modifier nos
gènes et de survivre. Pour faire l’effort nécessaire pour survivre,
votre corps a besoin de savoir que vous l’aimez et que vous aimez
votre vie.
Déterminez les affirmations négatives que vous pourriez
entretenir dans votre esprit. Pour chacune, écrivez une affirmation
positive qui vous aide à renverser la pensée négative. Si vous vous
inquiétez à propos d’une chose ou si vous essayez sans succès de
manipuler des gens ou des situations, essayez l’affirmation : « Je
lâche prise et je m’en remets à Dieu. » Si vous êtes confronté à un
obstacle important, essayez : « Un jour à la fois. » Le simple fait de
noter par écrit l’affirmation « Pour aujourd’hui seulement, je vais… »
(par exemple « rester sobre » ou « pratiquer l’écoute ») donne de la
force à l’intention qui se cache derrière votre décision d’agir
différemment. Si vous souffrez d’un manque d’estime de vous,
essayez : « Je suis parfait tel que je suis. » Si vous manquez de
confiance en vous, écrivez : « Je réussis tout ce qui me tient à cœur. »
Rappelez-vous que le fait de ne pas être à la hauteur de votre
affirmation ne constitue pas un échec. Votre but est de faire semblant
jusqu’à ce que ce soit réel. Agissez et comportez-vous comme si vous
étiez la personne que vous désirez devenir et continuez de vous
exercer. Trouvez aussi des conseillers de vie pour vous aider.
Parfois, un simple mot peint sur le mur ou gravé dans une pierre
est une puissante affirmation. Des mots tels que Foi, Paix, Gratitude,
225
Rire et Adoré peuvent vous aider à mieux vous aimer. Affichez-les
partout dans votre maison et à votre travail. Notre maison est emplie
de maximes que nous appliquons dans notre vie. Un exemple de
maxime pour mener une belle vie est une citation de Lao-tseu : « Sois
content de ce que tu as ; réjouis-toi de la réalité telle qu’elle est.
Quand tu comprends que rien ne manque, le monde entier
t’appartient1. » Vous pouvez aussi afficher la prière de la sérénité et
la lire à voix haute. Gardez à portée de la main un jeu de cartes
d’affirmations et lisez-en plusieurs fois par jour. Même les paroles
d’une chanson peuvent apaiser, encourager et inspirer.
Alors, soyez créatif, achetez de la peinture et écrivez un tendre
message pour vous sur le mur devant lequel vous passez le plus
souvent. Sur mon mur, j’ai un portrait de mes parents ; ils me
regardent donc toujours et je ne veux pas les décevoir. Apposez une
affiche « Bienvenue » au-dessus du miroir de votre salle de bain et,
chaque matin, regardez-vous dans les yeux et souhaitez-vous la
bienvenue : « Salut, soleil ! Bienvenue dans cette journée ! »
Chaque matin que le jour se lève, vous êtes comme une toile
vierge. Tout comme la nature peint l’horizon, vous créez une œuvre
d’art, alors ayez toujours davantage de couleurs sur votre palette et
faites des retouches jusqu’à ce que vous soyez satisfait du résultat.
LES AFFIRMATIONS SUBLIMINALES
Un esprit calme a de meilleures chances de réfléchir clairement à une
question et de trouver un remède. Si vous avez besoin d’aide pour
commencer, vous pouvez utiliser un CD que j’ai créé à cette fin :
Finding Your True Self: Audible and Subliminal Affirmations to Develop
Your Personal Sense of Inner Peace and Wisdom. Des études démontrent
que les affirmations subliminales et la méditation sont une manière
facile et efficace de surmonter les freins psychologiques et de vous
226
procurer une meilleure santé et du bonheur dans votre vie.
Choisissez un moment particulier et un endroit où vous ne serez pas
dérangé durant votre thérapie. Dans des situations stressantes, vous
pouvez aussitôt faire appel à votre paix intérieure et mettre fin au
stress.
DANSEZ UNE NOUVELLE DANSE
Les paroles et les images négatives emplissent notre esprit à un si
jeune âge qu’il faut faire des efforts conscients pour nous en
débarrasser plus tard et changer ces croyances. Parfois, nous nous
apitoyons sur nous-mêmes et nous croyons que nous ne sommes pas
assez bons ou que nous ne méritons pas d’être heureux. Quand cela
se produit, nous avons besoin de faire jouer une cassette différente,
d’apprendre une nouvelle chanson et de danser une nouvelle danse.
Sharon avait été élevée dans une maison où la maladie mentale de
sa mère l’empêchait de transmettre à Sharon des messages d’amour,
des messages qui aideraient à définir sa valeur personnelle et son
estime d’elle-même. Même si Sharon a fini par être capable de
comprendre sa mère et de lui pardonner, elle était incapable de
croire en sa propre valeur, de se voir comme une personne qui
méritait d’être aimée. Quand nous intériorisons nos sentiments
négatifs et que nous essayons de plaire à tout le monde pour avoir
l’impression d’avoir de la valeur, nous perdons notre vie
authentique. Je n’ai donc pas été surpris que Sharon contracte un
cancer du sein à un jeune âge et qu’elle subisse une mastectomie
suivie d’une chimiothérapie, ni qu’elle ait été abattue par une
dépression durant et après son traitement.
En tant que médecin, je peux vous dire que les sentiments qu’elle
avait à propos de sa valeur personnelle menaçaient davantage sa vie
que n’importe quel cancer ou traitement de chimiothérapie. Un jour,
227
le thérapeute de Sharon lui a suggéré de noter chaque jour ses
bénédictions. Chaque fois que quelqu’un se montrait gentil avec elle,
elle devrait le noter. Si quelqu’un l’appelait ou lui envoyait une
carte, ou même si un étranger lui ouvrait la porte ou déposait une
pièce de 25 cents dans son parcomètre — peu importe si le geste de
gentillesse était petit ou grand —, elle était censée le noter.
Sharon s’est acheté un journal et elle a commencé à noter les
choses attentionnées et gentilles que les gens lui disaient ou faisaient
pour elle. Plus elle a pris conscience des gentillesses, plus elle s’est
sentie positive. Et elle a commencé à poser des gestes gentils envers
les autres, souvent à leur insu. Les semaines et les mois ont passé et
Sharon a empli les pages de son journal en notant non seulement les
gestes de gentillesse, mais aussi toutes les bénédictions qu’elle
recevait dans sa vie. Deux ans après la mastectomie, Sharon a lu ses
journaux et elle a pris conscience qu’elle avait non seulement de la
chance d’être de nouveau en santé, mais aussi combien elle se sentait
aimée. De plus, elle avait acquis une meilleure estime d’elle-même.
Maintenant, elle sait que quand elle pénètre dans une pièce, les gens
sont sincèrement heureux de la voir. Le fait de noter les choses
positives plutôt que de focaliser sur les choses négatives a
complètement changé sa vie.
Les études démontrent que lorsqu’une personne pose un geste
gentil envers une autre personne ou un animal, les deux éprouvent
un doux sentiment d’appartenance causé par la sécrétion
d’endorphines et des hormones de l’attachement, ces substances
chimiques du bien-être qui font en sorte que votre corps souhaite
vivre. Non seulement la personne qui pose le geste et le bénéficiaire
en profitent, les témoins de la gentillesse également ; ils sécrètent les
mêmes hormones. C’est comme apporter une bougie allumée dans
228
une pièce sombre. La bougie brille à l’intérieur de sa propre aura,
mais toute la pièce reçoit une partie de sa lumière.
ADOPTEZ UNE ATTITUDE DIFFÉRENTE
Chacun d’entre nous est ici sur la Terre pour donner à notre âme une
occasion d’évoluer et pour être au service des gens sur qui notre vie
a un impact. Il est donc logique d’adopter une attitude en ce sens.
Quand vous êtes confronté à des difficultés et que vous vous
demandez « Que vais-je apprendre de cette expérience ? », les choses
vont changer pour vous. Ces sentiments et ces événements vont
vous aider à évoluer et à enrichir votre vie. Et quand vous aimez
votre vie et votre corps, ce dernier va tout faire pour vous maintenir
en vie. Quand vous souffrez d’un malaise physique, d’une douleur
ou d’un bouleversement émotionnel, une autre façon de voir les
choses est de vous demander : « Qu’est-ce qui doit changer pour que
je vive une expérience différente ? »
Parfois, le changement que nous devons accomplir nécessite que
nous soyons honnêtes avec nous-mêmes sur le plan émotionnel. Un
bon exemple d’une malhonnêteté émotionnelle est lorsqu’on vous
demande d’assister à un événement social ou d’assumer une
nouvelle responsabilité et que vous vous dites que vous ne voulez
pas le faire, mais que votre bouche répond : « Oui, d’accord. » Il y a
une différence entre la soumission et la politesse. Vous pourriez
avoir des ennuis à force d’essayer de plaire à tout le monde.
Rappelez-vous que tout comme il est bénéfique d’exprimer une
colère appropriée, vous avez le droit de refuser de faire ce que vous
ne voulez pas faire. J’aime me rappeler ce qu’un professeur d’anglais
m’a déjà dit :
— « Non » est une phrase complète.
229
Quand vous apprenez à dire non, vous ressentez le merveilleux
sentiment d’exprimer votre pouvoir. Plutôt que d’assister à un
événement où vous ne souhaitez pas aller, apprenez à dire :
— Merci. Je n’irai pas, mais j’apprécie beaucoup l’invitation.
À la personne qui insiste pour que vous vous engagiez à accomplir
une tâche, apprenez à dire :
— Merci de me le demander, mais je dois refuser. Je suis déjà assez
occupé.
Si les gens vous surprennent dans un moment de faiblesse et que
vous avez de la difficulté à refuser, utilisez une autre stratégie. Dites
à la personne que vous devez réfléchir et que vous allez lui répondre
plus tard. Puis, trouvez quelqu’un avec qui vous pouvez vous
exercer à dire non. Dès que vous vous en sentez capable, appelez la
personne ou envoyez-lui un courriel. Ne laissez pas les autres
décider comment vivre votre vie. C’est vous qui décidez ce que vous
voulez. Soyez à l’écoute de votre cœur.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Remarquez combien de fois vous dites « je dois » ou « je devrais ».
Chaque fois que vous vous entendez utiliser ces mots, répétez
l’affirmation, mais changez « je dois » ou « je devrais » par « je vais ».
Remarquez à quel point vous vous sentez différent selon
l’expression que vous utilisez. Par exemple :
Avec « je dois payer les factures », je me sens anxieux et tendu.
Avec « je vais payer les factures », je me sens reconnaissant et
investi de mon pouvoir.
Prenez l’habitude de le faire chaque jour durant un mois et
observez ce qui se produit par rapport à votre vision des choses et à
votre humeur générale. Demeurez conscient du langage que vous
utilisez et incorporez des mots positifs dans vos pensées et dans vos
230
conversations quotidiennes pour que les « je ne peux pas »
deviennent « je peux ».
231
Chapitre 11
CHOISISSEZ LA VIE
Quand votre réponse est « la paix dans le monde », vous allez trouver la paix intérieure.
Transcendez le niveau personnel et choisissez la vie pour tout le monde.
— BERNIE SIEGEL
J e crois que tout mon respect pour la vie et les êtres vivants me
vient de la valeur que mon père accordait aux choses vraiment
importantes : la confiance, la foi, l’espoir et l’amour. Mon père
n’avait que 12 ans quand il a appris combien la vie était précieuse et
précaire. Son père est mort de la tuberculose, laissant ma grand-mère
et ses six enfants dans une situation désespérée.
La vie n’est pas injuste, mais elle est difficile. Devenir plus fort
dans des situations difficiles n’est ni simple ni agréable. Nous
sommes constamment mis à l’épreuve par les situations et les
circonstances positives et négatives. Et c’est ce processus qui nous
modère et nous rend plus forts si nous adoptons une attitude et un
comportement en faveur de la vie. Souvent, nous ne décidons de
choisir ce qui est le mieux pour notre vie que lorsque nous sommes
confrontés à un cancer ou à une autre maladie, à un divorce ou à une
perte de tout genre.
Quand nous sommes coincés dans un mode de vie uniquement
pour nos enfants ou notre conjoint, ou même pour l’entreprise qui
nous emploie, nous dévions de notre vrai parcours. Nous devons
tous vivre notre vie authentique et unique, et non pas remplir un
rôle. J’ai connu une mère de neuf enfants qui disait :
232
— Je ne peux pas mourir avant qu’ils soient tous mariés et qu’ils
aient quitté la maison.
Quand son neuvième enfant a quitté la maison 20 ans plus tard,
son cancer a réapparu et elle est morte. Plutôt que de vivre pour vos
enfants, vivez pour l’enfant en vous. Puis, quand vos enfants vont
quitter la maison, vous ne mourrez pas en raison d’une vie qui n’a
plus de sens pour vous.
Un des miracles de la vie est que nous pouvons choisir en tout
temps de revenir sur le bon chemin pour accomplir notre mission de
vie. Vous vous demandez peut-être : « Comment est-ce possible ? »
Cela ne veut pas dire que nous devrions abandonner notre famille
et cesser de travailler, mais que nous devrions trouver un équilibre
entre agir pour les autres et agir pour nous-mêmes. Il est plus facile
de survivre quand vous trouvez un sens à votre vie et que vous
apprenez à dire oui à ce qui vous rend heureux et non aux choses
que vous ne voulez pas faire. Nous sommes alors prêts à recevoir
moins d’argent pour le bon emploi ou à courir un risque et à
accomplir une chose qui nous passionne.
Vous devez commencer par croire en vous-même et être confiant
par rapport à tout ce que vous intégrez dans votre vie, et quand vous
êtes malade, par croire à ce que vous choisissez en guise de thérapie.
Vous devez être conscient de vos désirs profonds et de votre moi
supérieur. C’est comme si vous aviez le bon Dieu et que vous
donniez de l’amour à votre façon. Vous vous concentrez alors sur le
fait de vivre une vie guérie plutôt que d’éviter la mort.
Karen et son mari avaient des carrières très bien rémunérées dans
le milieu de la finance jusqu’à ce que son mari, alors à peine dans la
quarantaine, tombe malade, souffrant apparemment d’un cancer en
phase terminale. Ils ont pris leur préretraite, ont vendu leur
233
appartement, se sont acheté une terre et ont commencé à cultiver des
baies. Ils avaient parlé de le faire à leur retraite, mais après le
traitement contre le cancer, ils ont décidé que c’était maintenant ou
jamais. Quinze ans plus tard, Karen et son mari exploitent avec
succès une plantation de baies et ils vendent leurs confitures et leurs
marinades aux petits fruits partout dans le monde. En osant courir
un risque et en faisant acte de foi, ils se sont prouvé que quand vous
écoutez votre cœur, des miracles se produisent.
Je me fais souvent rappeler le message biblique qui dit que quand
nous nous retrouvons devant la vie (et le bien) et la mort (et le mal),
nous devons choisir la vie. Cela ne veut pas dire que nous devrions
simplement essayer d’éviter la mort. Nous devrions choisir de vivre
une vie significa-tive où nous faisons preuve d’amour envers les
autres et envers nous-mêmes. Quand nous vivons ainsi, notre corps
sait que nous aimons la vie et il fait tout ce qu’il peut pour nous
maintenir en vie, pour guérir nos souffrances et nos blessures et
pour nous garder physiquement et psychologiquement en santé.
Comme je l’ai déjà mentionné, vos pensées et vos sentiments créent
votre chimie intérieure. Un de mes patients, un paysagiste qui était
sur le point de prendre sa retraite, a refusé après la chirurgie de
suivre son traitement pour son cancer parce que c’était le printemps
et qu’il voulait rentrer chez lui et embellir le monde avant de mourir.
Il a vécu jusqu’à 94 ans et il m’a enseigné ce que signifie « choisir la
vie » et ne pas se concentrer sur ce qui est bon uniquement pour
vous.
Les études scientifiques nous révèlent que les émotions et la
personnalité d’un individu influent sur son taux de survie. Nous
comprenons que des choses simples, comme le rire, améliorent le
taux de survie chez les patients cancéreux, et que l’isolement et la
234
solitude perturbent les gènes du système immunitaire. Je crois aussi
qu’il y a d’autres facteurs qui nous aident et ils sont plus puissants
que ce que nous pouvons imaginer. Certains parlent de miracles, de
chance, d’heureux hasard ou simplement d’être au bon endroit, au
bon moment. Quand tout se passe pour le mieux et que des
coïncidences se produisent au bon moment, cette synchronicité
d’événements laisse croire qu’il y a une intelligence aimante qui
existe au-delà de notre compréhension, mais pas au-delà de notre
capacité d’en faire l’expérience. Je connais des gens qui ont remis
leurs problèmes entre les mains de Dieu et dont le cancer a guéri.
Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être malade et que votre vie
soit menacée pour commencer à vivre une vie authentique avec
confiance et foi. Si vous écoutez votre intuition et que vous la suivez,
vous recevrez des cadeaux inattendus dans votre vie.
En 1997, William et Danielle, de Laguna Hills, en Californie, ont
appris qu’ils attendaient leur premier enfant. Danielle croyait que les
attitudes qu’elle adopterait durant sa grossesse influeraient sur
l’enfant qu’elle portait ; elle a donc décidé de demeurer positive et
de prêter attention à son instinct. Au moment de choisir un
obstétricien-gynécologue de Laguna Hills, Danielle a parcouru la
liste des médecins disponibles et son doigt s’est arrêté sur le
Dr Blake Spring (j’ai changé le nom à des fins de confidentialité).
— Je sais que cela peut sembler un peu fou, a-t-elle confessé à
William, mais mon instinct me dit que c’est le bon médecin pour
nous.
William m’a raconté que « quand votre épouse prend une telle
décision, surtout quand elle est enceinte, mieux vaut abonder dans le
même sens qu’elle ».
235
Danielle a appelé au bureau du médecin et a pris un rendez-vous.
Avant sa première visite chez le Dr Spring, elle a cherché son dossier
médical dans le classeur et est tombée sur l’acte de naissance de
William. Elle a été surprise de constater que le médecin traitant qui
l’avait signé en 1974 s’appelait également Dr Blake Spring, mais qu’il
travaillait dans un autre hôpital.
Quand Danielle et William sont allés à leur première consultation
au centre médical Saddleback Memorial, ils ont tendu au Dr Spring
l’acte de naissance de William et lui ont demandé si c’était sa
signature.
— C’est effectivement la mienne, a-t-il répondu en souriant. J’ai
fait ma résidence à l’hôpital Riverside. Vous êtes un des premiers
bébés que j’ai mis au monde.
Danielle a vu un bon présage dans le fait que le médecin qui avait
aidé son mari à venir au monde ferait maintenant la même chose
pour leur premier enfant.
Quelques mois plus tard, Danielle a donné naissance à un enfant
en santé et elle n’a connu aucune complication durant sa grossesse
ou durant l’accouchement. La mère de William est venue et a été
heureuse de revoir le médecin qui l’avait aidée à avoir son garçon.
Après, tout le monde a convenu que le temps qui s’était écoulé entre
le travail et l’accouchement avait semblé être une joyeuse réunion de
famille. Dès le début, le couple a eu l’impression qu’une main
supérieure les avait guidés à chaque étape. En écoutant l’intuition de
Danielle, ils avaient permis à la synchronicité de jouer son rôle
harmonieux dans la naissance emplie de joie de leur premier enfant.
Danielle était motivée à demeurer positive parce qu’elle le faisait
pour son bébé. Mais nous pouvons aussi le faire pour nous-mêmes.
236
Un jour que j’étais préoccupé en raison de circonstances difficiles
que je vivais, j’ai appelé une amie et elle m’a demandé :
— Bernie, est-ce que tu t’inquiètes quand tu as faim ?
— Non, je vais me chercher quelque chose à manger.
Puis elle m’a dit de me demander : « De quelle nourriture ai-je
besoin ? Que puis-je faire de ma vie pour chasser les sentiments que
je n’aime pas à propos de cette situation ou de ce moment ? » Ces
questions sont puissantes parce qu’elles vous obligent à vous arrêter
et à réfléchir à propos de votre vie : « Que dois-je changer ou
intégrer dans ma vie ? Comment ce malheur qui me tourmente peutil devenir une bénédiction ? » Quand vous prenez chaque malheur
que vous vivez et que vous en tirez une leçon, même si une chose ne
peut être guérie, vous pouvez tout de même guérir et devenir un
exemple pour ceux qui font face au même problème. Certaines
personnes décrivent leur malheur comme l’instigateur d’un nouveau
commencement, une sonnette d’alarme ou une bénédiction déguisée.
Les animaux qui perdent un membre ne vont pas se cacher dans
un coin parce qu’ils n’ont pas l’air normal. Mais les gens qui sont
défigurés ou gravement blessés ressentent souvent de la colère et de
la honte, et croient qu’ils ne sont plus beaux ou fonctionnels. Cette
façon de penser est fausse, mais les gens peuvent changer leur façon
de penser.
Il y a plusieurs années, j’ai rencontré une femme qui était née sans
bras parce que sa mère avait pris du thalidomide pour ses nausées
durant sa grossesse. Quand j’ai vu cette femme dans une cafétéria
qui utilisait ses pieds pour déposer des plats sur son plateau et que
des gens le transportaient pour elle jusqu’à la table, je suis allé
m’asseoir avec elle.
237
— J’aimerais en apprendre davantage à votre sujet. J’aimerais que
vous m’enseigniez à propos de votre attitude, de la façon dont vous
composez avec les difficultés de la vie et plus encore, lui ai-je
demandé.
— Donnez-moi un stylo, m’a-t-elle dit.
Puis, elle a écrit ses coordonnées en tenant le stylo entre ses orteils.
Même si je ne pouvais pas la guérir et qu’elle ne pouvait pas se
guérir elle-même, elle était déjà guérie. Elle était un cadeau pour les
autres et une enseignante pour moi. Comme Helen Keller, elle est
devenue ma guide. Elle ne restait pas à la maison en s’apitoyant sur
son sort ou en blâmant ses parents et Dieu pour « ce qu’ils m’ont fait
». Non, elle a choisi la vie et elle a appris ce qu’elle pouvait
accomplir avec le corps qu’elle avait.
Quand vous faites le choix de vous concentrer sur les solutions
plutôt que sur le problème — peu importe les circonstances —, cela
enrichit votre vie et celle des autres. Ce n’est pas un choix égoïste et
il vous aide à trouver de quoi nourrir votre âme.
C’est facile de dire aux gens de choisir la vie. Mais quand pouvezvous savoir si une chose constitue le bon choix ou est la volonté de
Dieu pour vous ? Quand on a demandé à une religieuse catholique :
— Comment savez-vous quelle est la volonté de Dieu ?
Elle a répondu :
— Je sais ce qui n’est pas la volonté de Dieu. Quand je me retrouve
à pousser dans une pente un petit pois avec mon nez et que le pois
ne cesse de dévaler la pente, ce n’est pas la volonté de Dieu.
La réponse de ma mère à cette question était plus directe. Elle
disait toujours :
— Fais ce qui te rend heureux.
238
En disant cela, elle m’a enseigné à demeurer à l’écoute de mes
sentiments.
Un jour, j’ai demandé à un groupe :
— S’il ne vous restait que 15 minutes à vivre, que feriez-vous ?
J’ai obtenu toutes sortes de réponses, allant de jouer au golf et
jardiner à appeler des êtres chers, etc. Quand notre garçon a
répondu :
— J’achèterais un litre de crème glacée au chocolat et je l’avalerais.
Je lui ai répondu :
— Je n’ai pas à m’inquiéter pour toi. Tu es un être éclairé.
Alors quelqu’un a dit :
— Attendez. Vous n’avez pas aimé ma réponse, mais et si ce que
j’ai choisi de faire était pour moi l’équivalent de la crème glacée au
chocolat ?
« C’est juste », ai-je pensé. Alors, maintenant je dis aux gens :
— Trouvez votre crème glacée au chocolat.
Trouvez ce qui vous fait perdre la notion du temps. C’est l’état le
plus sain dans lequel vous puissiez être. Je le sais d’expérience. Dans
cet état, vous n’êtes plus conscient de votre corps ; vous ne ressentez
aucune douleur, aucune maladie, parce que vous faites quelque
chose de créatif. J’ai découvert que je pouvais demeurer debout
durant des heures dans la salle d’opération, même avec une blessure
au dos, et ne pas avoir de problème ; je pouvais peindre un portrait
en demeurant debout devant un chevalet et ne pas être conscient de
mon dos. Mais quand ces activités étaient finies, j’étais soit étendu
par terre ou sur le canapé parce que toute autre position était trop
douloureuse.
Quand vous faites quelque chose que vous aimez, la chimie de
votre corps change ; votre corps reçoit le message. J’ai une autre
239
histoire qui illustre combien cela fonctionne. La ville de Bath, en
Angleterre, est non seulement une destination touristique populaire,
c’est aussi un important centre pour la recherche sur l’arthrite, au
Royal National Hospital for Rheumatic Diseases. Il y a un bon
nombre d’années, une de mes amies possédait une boutique de
cadeaux près de l’hôpital. Un jour, en revenant d’un voyage où elle
avait effectué des achats, elle a créé un étalage en vitrine avec une
grande sélection de pièces de verre soufflées à la main. Voici ce
qu’elle a écrit dans une note qu’elle m’a envoyée plus tard :
J’ai disposé les bols, les carafes, les assiettes et les vases verts,
turquoise et cyan de manière à ce qu’ils emplissent la vitrine.
Quand j’ai allumé l’éclairage et que la lumière a traversé le verre
coloré, on aurait dit la vague d’un océan tropical, avec les
couleurs plus foncées dans le bas et les plus pâles dans le haut.
Après avoir fini l’étalage, j’ai vu une femme s’approcher en
s’appuyant sur une canne. Elle s’est arrêtée pour admirer la
vitrine. J’étais heureuse qu’elle semble apprécier mon travail
créatif, mais quand j’ai vu qu’elle était toujours là une demiheure après, j’ai commencé à croire que quelque chose n’allait
pas. Je suis sortie et je lui ai demandé si elle allait bien. Elle m’a
raconté qu’elle souffrait depuis de nombreuses années d’arthrite
rhumatoïde, mais que pendant qu’elle regardait les jolies
couleurs vertes et bleues, elle avait perdu la notion du temps et
n’avait plus ressenti de douleur. Elle m’a dit qu’elle ne s’était pas
sentie aussi bien depuis des années. Je n’oublierai jamais le
sentiment de paix qui se dégageait de son visage.
En étant reconnaissante et en nourrissant son âme avec quelque
chose de magnifique, cette femme avait donné à son corps ce dont il
avait besoin. Le temps n’avait plus de signification. Elle avait choisi
240
de vivre sa vie plutôt que de vivre et d’être sa maladie ; et cela lui a
permis de soulager sa douleur.
Il y a des décennies, avant que les magnétophones soient autorisés
dans la salle d’opération, j’en ai apporté pour faire jouer de la
musique parce que cela aidait mes patients à se détendre. J’ai choisi
une chose qui m’aidait à me sentir bien également. Au début, le
personnel a dit :
— C’est contraire à la politique de l’hôpital. C’est dangereux
autour des gaz anesthésiques explosifs.
Mais quand tout le monde s’est senti mieux après avoir écouté de
la musique douce, ils ont cessé de se plaindre. Aujourd’hui, des
études attestent des bienfaits de la musique : elle diminue la durée
de la chirurgie, les patients ont besoin de moins d’anesthésie et ils
ont moins de douleurs postopératoires.
Mon ordonnance de choisir la vie et de trouver votre vraie voie
vise à ce que vous vous serviez de l’amour comme source de
motivation et d’inspiration. Alors, faites ce que vous aimez faire et
trouvez votre propre façon de distribuer votre amour dans le
monde. Fréquentez ceux qui vous acceptent tel que vous êtes.
Acceptez les gens que vous rencontrez tels qu’ils sont. L’amour est
aveugle parce qu’il ne voit pas les défauts chez les autres. Il nous
aide aussi à guérir les différends du passé et à entretenir des
relations saines. J’aime la prière suivante : « Cher Dieu, enseigne-moi
à traiter aujourd’hui les gens comme j’espère qu’ils vont me traiter
demain. » L’attitude recherchée dans cette prière nous enseigne un
comportement qui améliore la vie.
J’ai déjà entendu un moine franciscain raconter une vieille histoire
à propos de saint François d’Assise et de son élève, frère Léo. C’était
un hiver glacial sur les collines d’Italie et ils avaient parcouru une
241
longue distance à pied. Tout en marchant en silence, ils
réfléchissaient à la lecture qu’ils avaient faite le matin, une
méditation sur le secret pour connaître la joie parfaite. Frère Léo s’est
tourné vers François et lui a demandé :
— Quel est le secret de la joie parfaite ?
Après avoir expliqué que les gens croient que les événements
agréables ou édifiants vont les aider à trouver la joie et qu’ils
découvrent ensuite que ce n’est pas le cas, saint François a pointé la
grande vallée enneigée en disant :
— Imagine que nous allions au monastère de l’autre côté de la
vallée et que nous disions au gardien à quel point nous sommes
épuisés et que nous avons froid. Puis, imagine qu’il nous traite de
vagabonds et qu’il nous batte et nous repousse dans la nuit
hivernale. Alors, si nous réussissons à lui dire avec de l’amour dans
notre cœur « Soyez béni au nom de Jésus », ce n’est qu’à ce momentlà que nous aurons trouvé le secret de la joie parfaite.
En n’ayant pas d’attentes et de rancœur, et en acceptant ce qui
vous arrive comme étant simplement la prochaine étape de votre
parcours de vie, vous éviterez la souffrance et la maladie, et vous
cheminerez en santé et en paix. Quand vous pourrez aimer ce qui
n’est pas aimable et pardonner ce qui est impardonnable, vous serez
alors libre.
Parfois, les choix des autres peuvent avoir un effet remarquable
sur nous, surtout quand ces choix ont été effectués avec amour. Une
de mes patientes avait l’habitude de vomir après sa chimiothérapie ;
alors quand son mari et elle montaient à bord de leur automobile
pour rentrer à la maison, il lui tendait un sac afin qu’elle puisse
vomir pendant qu’il conduisait. Un jour, lors de la rencontre de
242
notre groupe de soutien, elle était tout sourire. Quand nous lui avons
demandé pourquoi, elle a dit :
— Mon mari m’a tendu le sac et quand je l’ai ouvert, j’ai vu qu’il
avait déposé une douzaine de roses à l’intérieur.
Elle n’a plus jamais eu besoin de vomir après sa chimiothérapie.
Choisir la vie est un choix conscient. Ce n’est pas une question de
hasard, mais plutôt la décision consciente de penser et de vous
comporter de manière à ce que votre esprit et votre corps ne soient
pas en conflit. Une de mes patientes n’avait pas d’effets indésirables
après sa radiothérapie et le radiothérapeute croyait que son appareil
fonctionnait mal… jusqu’à ce qu’il voie mon nom dans le dossier
médical. Il m’a raconté qu’il avait alors pris conscience qu’elle faisait
partie « des patients fous de Siegel ». Quand il a demandé à ma
patiente pour quelle raison elle n’avait pas d’effets indésirables, elle
lui a dit :
— Je m’efface et je laisse les rayons pénétrer dans ma tumeur.
J’ai déjà mentionné que j’avais eu des patients qui avaient remis
leurs problèmes entre les mains de Dieu et qui avaient vu leur cancer
disparaître. C’était grâce à l’état de paix, de tranquillité et d’amour
qu’ils avaient atteint. On appelle cela de l’autoguérison et ce n’est
pas une rémission spontanée. Nos traits de personnalité et notre
potentiel de survie sont inséparables. Dans une étude basée sur les
profils de personnalité, le psychologue Bruno Klopfer a correctement
prédit 19 fois sur 24 quels patients auraient des cancers à évolution
rapide et lesquels auraient des cancers à évolution lente1.
J’encourage les professionnels de la santé à en apprendre
davantage sur le comportement de survie des patients exceptionnels
en leur demandant pourquoi ils ne sont pas morts plutôt que de dire
ce que les médecins ont tendance à dire, soit :
243
— Vous allez mieux. Peu importe ce que vous faites, continuez.
Ces médecins n’apprennent rien de ces patients qu’ils pourraient
transmettre à leurs autres patients. Il est vital que les professionnels
de la santé enseignent et rappellent aux patients qu’ils ont le
potentiel de survivre.
Je rappelle aussi aux gens que les relations nous maintiennent en
vie et que nous devons également entretenir une bonne relation avec
nous-mêmes afin de ne pas nous sentir seuls quand nous sommes
seuls. En tant que patients, nous avons la responsabilité de prendre
en main notre corps et nos soins. Cela signifie que nous devons
enseigner à nos médecins et à nos professionnels de la santé ce que
vivent les patients. Quand votre médecin ne comprend pas votre
point de vue, dites-le-lui et enseignez-lui. S’il vous écoute et vous
demande pardon, gardez-le comme médecin et aidez-le à tirer leçon
de votre expérience. S’il cherche à trouver des excuses ou s’il vous
blâme, trouvez un autre médecin. Voilà un autre exemple de ce que
signifie choisir la vie. Être une personne souffrante soumise et un «
bon » patient n’est pas un comportement de survie. Vous voulez être
considéré comme une personne et non comme une maladie ou un
numéro de chambre d’hôpital.
Notre Créateur a incorporé des mécanismes de survie dans toutes
les créatures vivantes afin que nous puissions guérir nos blessures,
modifier nos gènes et survivre à diverses maladies. Les êtres vivants
sont conçus pour vivre. Alors, soyez vivant. Aimez votre vie et votre
corps et des choses étonnantes peuvent se produire.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Faites le test de personnalité immunocompétente basé sur une étude
du Dr George Solomon :
244
1. Est-ce que j’ai le sentiment que mon travail, mes activités
quotidiennes, ma famille et mes relations ont un sens ?
2. Suis-je capable d’exprimer ma colère de manière appropriée
pour me défendre ?
3. Suis-je capable de demander du soutien à mes amis ou aux
membres de ma famille quand je me sens seul ou préoccupé ?
4. Suis-capable de demander des faveurs à mes amis ou aux
membres de ma famille quand j’en ai besoin ?
5. Suis-je capable de dire non à quelqu’un qui me demande une
faveur quand je ne peux pas le faire ou que je n’ai pas envie de le
faire ?
6. Par rapport à ma santé, est-ce que j’adopte des comportements
en me basant sur des besoins que j’ai moi-même définis plutôt
que sur les ordonnances ou les idées de quelqu’un d’autre ?
7. Est-ce que je m’amuse suffisamment dans ma vie ?
8. Est-ce qu’il m’arrive d’être déprimé durant de longues périodes
et d’avoir le sentiment d’être inca-pable de changer les
conditions qui ont causé cette dépression ?
9. Est-ce que je joue consciencieusement un rôle qui m’est prescrit
dans ma vie au détriment de mes propres besoins ?
RÉPONSES :
Si vous avez répondu oui aux questions de 1 à 7, et non aux
questions 8 et 9, vous avez une personnalité immunocompétente qui
vous aide à rester en santé, à surmonter la maladie et à faire face aux
difficultés. Si vous avez répondu non aux sept premières questions
et oui aux deux der-nières, vous devez prêter attention à votre
comportement et renaître. La plupart des gens qui font ce test
245
constatent qu’il y a au moins un aspect qu’ils doivent améliorer.
Quand cela se produit, essayez d’adopter de nouvelles attitudes et
de nouveaux comportements qui vous aident à créer une nouvelle
personne et ne vous limitez pas. Je vous recommande même de
choisir un nouveau nom pour ce nouveau vous.
Trois ajouts de Bernie Siegel au test de la personnalité
immunocompétente :
1. Je vous invite au restaurant. Où voulez-vous aller ?
2. Que montreriez-vous à une assistance pour démontrer la beauté
et le sens de la vie ?
3. Comment vous présenteriez-vous à Dieu ?
RÉPONSES :
1. Votre réponse devrait correspondre à ce que vous ressentez et
non pas au prix des plats ou aux préférences alimentaires de
l’autre personne. Soyez prêt à accepter le cadeau sans répondre
en demandant : « Et toi, où veux-tu aller ? »
2. Un miroir.
3. En répondant « Je suis toi » ou « Je suis ton enfant ». La
meilleure réponse que Dieu a entendue est celle d’un élève du
secondaire : « Dites à Dieu que son remplaçant est ici. »
Vous pouvez trouver la version en ligne (en anglais) de ce test sur
mon
site
Internet
à
l’adresse
:
www.berniesiegelmd.com/resources/organizationswebsites/immune-competent- personality-test.
246
Chapitre 12
LES TRANSITIONS ENTRE LA VIE ET LA MORT
Si vous brûlez de voir l’esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur dans le corps de la vie. Car
la vie et la mort ne font qu’un, comme ne font qu’un la rivière et la mer.
— KHALIL GIBRAN
J ’en suis venu à comprendre que je suis comme l’eau. Tout comme
les courants d’eau trouvent leur chemin autour des obstacles pour
rejoindre la mer de la vie, je trouve ma voie dans la vie et je suis le
courant ; et quand je vais devenir de la vapeur ou de la brume, je
vais retourner à la terre sous forme de pluie et je vais renaître. Puis,
si j’apprends ce que je suis censé apprendre sur la Terre, je vais aider
à enseigner aux autres comment devenir des co-créateurs d’un
monde empli de foi, d’espoir et d’amour pour tout.
Chaque vie est comme une chandelle et la longueur de la
chandelle ne dépend pas de votre âge, mais de ce que vous êtes
censé accomplir sur cette planète. Notre tâche est d’illuminer la voie
pour nous et pour les autres — non pas de nous inquiéter de
combien de temps il nous reste à vivre, mais d’accomplir ce que
nous sommes censés faire. Notre flamme doit brûler, plutôt que
s’éteindre avant notre temps. Comme George Bernard Shaw a dit : «
Pour moi, la vie n’est pas une chandelle qui jette une brève lueur ;
c’est une sorte de flambeau splendide que j’ai pour le moment entre
les mains et je veux qu’il brûle aussi haut et aussi fort que possible
avant de le remettre aux générations futures1. »
Quand une personne contracte une maladie potentiellement
mortelle comme le cancer, les membres de sa famille sont affligés,
247
car ils sont rarement préparés à vivre cette expérience. Ils doivent
non seulement composer avec le chagrin lié à la perte de leur être
cher, mais ils doivent aussi prendre soin de la personne mourante
pendant son traitement et les besoins de cette personne peuvent être
très exigeants à combler sur de nombreux plans. À moins que la
famille ait déjà vécu une perte et appris de celle-ci, elle ne peut pas
se préparer en vue de cette période de transition, c’est-à-dire qu’elle
va éprouver différents senti-ments et vivre des expériences au fur et
à mesure et non pas avant.
Durant cette période, les responsabilités financières, les
changements de rôle et l’énergie requise sur le plan physique,
mental et émotionnel ont tous le potentiel de devenir accablants. Les
gens qui composent avec la maladie dans la famille uniquement sur
le plan intellectuel peuvent sembler bien aller, mais le fait d’ignorer
leurs propres sentiments et leurs besoins peut également les faire
tomber malades. Les statistiques démontrent que les personnes qui
prennent soin d’un patient qui souffre d’une maladie chronique ou
qui est en phase terminale succombent fréquemment à la maladie ou
à la mort avant ou peu de temps après que le patient meure parce
qu’elles ont cessé de prendre soin de leurs propres besoins
physiques et émotionnels.
Il faut prendre soin de nous-mêmes et cela peut se faire de
nombreuses façons. Accepter l’aide des autres, prendre des pauses,
devenir membre des groupes de soutien, faire partie d’un groupe de
rigolothérapie ou aller voir des comédies, bien s’alimenter, demeurer
à l’écoute de sa voix intérieure, parler à Dieu et laisser Dieu
répondre — ce sont toutes des mesures de survie qui aident les gens
à traverser les étapes visant à laisser aller leur proche tout en
prenant soin de lui pendant qu’il est en vie. La chanson Rock Me to
248
Sleep, composée par Tom Hunter et que j’ai mentionnée dans le
chapitre 9, le dit très bien dans le refrain : « Tonight I’d like you to
rock me to sleep ; I’d like you to sing me a song ; I’m tired of doing
things all by myself, and I’m tired of being so strong2 (Ce soir,
j’aimerais que tu me berces dans tes bras ; j’aimerais que tu me
chantes une chanson ; j’en ai assez de tout faire seul et j’en ai assez
d’être aussi fort). » La capacité de prendre soin de vous vient de
l’amour de soi parce que si vous ne vous accordez pas d’importance,
l’expérience va devenir autodestructrice et n’aura pas d’effet positif
sur la vie de quiconque.
Les personnes qui prennent soin d’un malade doivent se souvenir
de demander de l’aide avant qu’un désastre se produise. Vous n’êtes
pas obligé de devenir fort alors que vous souffrez. Vous pouvez
apprendre à composer avec les difficultés de la vie tout comme un
arbre apprend à survivre aux changements des saisons. Quand un
patient fait de l’art-thérapie pour composer avec sa maladie, les
membres de sa famille peuvent faire de même et en tirer autant de
bienfaits en fouillant dans leur propre inconscient à l’aide de
l’imagerie, des dessins et d’autres formes d’expression créative,
comme jouer de la musique ou tenir un journal. Cela aide les
membres de la famille à déterminer ce qui leur fait peur et comment
ils se sentent et, ainsi, à pouvoir demander de l’aide, que ce soit
auprès de services de soutien au deuil ou de groupes de soutien.
Certaines maisons de retraite offrent aussi du soutien aux membres
de la famille, y compris des conseils jusqu’à un an après la mort du
patient, et de nombreux organismes religieux et des églises offrent
une aide semblable.
Un patient en phase terminale qui ne trouve plus que son corps est
un endroit agréable à habiter et qui n’a plus la volonté de vivre va
249
souvent dessiner sa mort imminente sans en être conscient. Cela
peut prendre la forme d’un papillon violet ou d’un ballon qui s’élève
dans les airs. Un autre signe pourrait être qu’au fil du temps, ses
dessins deviennent de plus en plus pâles, ce qui devrait alerter la
famille qu’il est peut-être temps de parler de sa mort.
Les membres de la famille pourraient être mal à l’aise de parler au
patient de la fin de sa vie et de ce qui va se passer après, mais cela
peut être très utile pour tous. Ayez une discussion sur le sujet en
demandant au patient « À quoi penses-tu ? » ou « Comment te senstu ? ». Il n’y a rien de mal à aborder le sujet. Si le patient ne veut pas
en parler, il va vous le faire savoir. Vous pouvez aussi utiliser la
visualisation créative pour lancer la discussion. Demandez au
patient de fermer les yeux et d’imaginer comment il se sentirait dans
une chambre entièrement blanche ; les personnes qui ont besoin de
repos ou qui sont prêtes pour une transition spirituelle réagissent
habituellement positivement. Celles qui ne sont pas prêtes à mourir
trouvent ennuyante l’image d’une chambre aux murs blancs et
veulent la quitter ou la décorer.
Il est également approprié de parler de vos propres besoins et de
vos sentiments par rapport à la transition quand le patient est prêt à
écouter. Vous pouvez parler de vos besoins et voir s’il veut parler
des siens et, si c’est le cas, vous en venez alors à vous soutenir et à
vous aider l’un et l’autre. Quand les membres de la famille
surmontent leur peur de discuter de l’avenir avec une personne
mourante et que cette personne est prête à en parler, de
merveilleuses choses peuvent se produire. C’est dans ces moments
que notre immortalité est créée.
Il y a quelques années, Will habitait dans une maison de santé
pour les personnes atteintes du sida, à Sacramento, quand les
250
systèmes de son corps ont commencé à défaillir. Mon amie Jean, une
psychologue bénévole spécialiste du deuil, a laissé entendre au frère
de Will qu’il était maintenant temps de poser à Will toutes les
questions qu’il pouvait avoir, comme « Comment vais-je savoir si tu
vas bien après ta mort ? » et « Comment vais-je savoir que tu es avec
moi ? ».
Deux semaines plus tard, alors que Jean se préparait à aller aux
funérailles, elle a entendu quelqu’un frapper à sa porte, mais quand
elle l’a ouverte, il n’y avait personne. Sur le pas de sa porte, elle a
aperçu trois plumes de la queue d’un geai bleu. Elle les a prises et les
a glissées dans son sac à main après avoir admiré leur beauté
parfaite. En se rendant à l’église, elle a allumé la radio et a entendu
une symphonie qu’elle ne connaissait pas. Elle possédait une jolie
mélodie et une légèreté enjouée qui ont chassé la tristesse qu’elle
ressentait à propos de la mort de Will. À la fin de la pièce,
l’animateur a dit qu’il s’agissait d’une symphonie de Ottorino
Respighi qui s’appelait Les oiseaux.
Plus tard, à la fin du service funèbre, le frère de Will s’est approché
d’elle.
— Merci pour votre conseil, lui a-t-il dit. Le jour où vous nous
avez parlé, j’ai demandé à mon frère comment je saurais quand il
serait avec moi après sa mort et il m’a répondu qu’il m’enverrait un
oiseau, un magnifique oiseau bleu. Il a même ri et a dit qu’il ferait en
sorte que l’oiseau me parle. Ce matin, quand je me suis dirigé vers
ma voiture, un geai bleu a atterri à mes pieds et s’est mis à battre des
ailes et à me crier après ; je ne pouvais donc pas l’ignorer. Je me suis
soudainement rappelé la promesse que Will m’avait faite de
m’envoyer un oiseau, un oiseau qui me parlerait, et au moment où
251
j’ai pris conscience que c’était Will, l’oiseau s’est envolé. Depuis, je
sens sa présence auprès de moi.
Jean a sorti les plumes de son sac à main et les a données au frère
de Will. Puis, elle lui a parlé du bruit qu’elle avait entendu à sa porte
et de la symphonie à la radio. Pendant qu’ils discutaient, la mère de
Will s’est approchée avec un gros bouquet d’iris bleus dans les
mains. Les fleurs avaient le même éclat bleu que les plumes de la
queue du geai bleu.
— Je ne sais pas qui les a envoyées, a-t-elle dit. Au moment où
nous nous apprêtions à quitter la maison, la camionnette d’un
fleuriste s’est garée et quelqu’un m’a tendu ce bouquet. Ils ont oublié
de mettre une carte.
Le frère de Will et Jean ont échangé un regard.
— Elles sont de Will, a-t-il dit à sa mère. Il nous dit qu’il va bien.
Si vous êtes sceptique, laissez-moi vous raconter mes expériences
personnelles et ce qui a convaincu un scientifique sceptique comme
moi que la conscience ne cesse pas d’exister même si le corps d’une
personne est mort. Quand je m’adressais à des groupes de soutien
pour les parents qui avaient perdu leur enfant, j’ai entendu de
nombreuses histoires qu’ils ne se sentaient pas à l’aise de partager
avec la plupart des gens.
Une d’entre elles m’a été racontée par une femme dont le garçon
était mort. L’oiseau préféré de ce dernier était un goéland.
— Une journée d’hiver, je roulais sur la voie rapide quand un
goéland a atterri sur le chemin, devant moi. Je pouvais entendre
mon garçon me dire : « Maman, ralentis ». Je me suis arrêtée et le
goéland s’est envolé. Puis, je me suis remise en marche, lentement, et
en arrivant dans une courbe, j’ai constaté qu’il y avait une plaque de
glace et qu’il y avait eu un carambolage. Si je n’avais pas ralenti
252
quand j’ai entendu la voix de mon garçon, j’aurais moi aussi foncé
dans les automobiles.
Un père m’a parlé de son garçon qui était mort et qui adorait les
papillons. L’été après son décès, le père se promenait dans un bois
près de sa maison dans le Connecticut quand un énorme papillon
s’est mis à le suivre. Il a senti que c’était son garçon qui était revenu
pour l’aider à surmonter son chagrin. Quand il est retourné chez lui,
il a fouillé dans les livres de son garçon pour identifier le papillon
qui l’avait suivi et il a découvert que cette espèce ne vivait qu’en
Amérique du Sud.
Lors d’une rencontre de notre groupe de soutien pour les patients
cancéreux, une femme a mentionné que sa fille avait été assassinée.
Elle l’a dit parce qu’elle sentait que cela avait un lien avec sa
maladie. Puis, elle a expliqué que sa fille aimait les oiseaux et qu’au
mariage de sa jeune sœur, qui était célébré à l’extérieur, un oiseau
avait atterri dans un arbre et avait interrompu la cérémonie avec son
cri perçant. Tout le monde au mariage lui avait dit :
— Ta fille est ici.
À la fin de son histoire, un oiseau a pénétré par une fenêtre
ouverte et nous avons bien entendu réagi comme les invités au
mariage. Cela faisait des années que nous tenions des rencontres
dans cette salle et jamais un oiseau n’avait atterri au bord de la
fenêtre, et encore moins pénétré à l’intérieur.
Lors de mes conférences, il est arrivé à plusieurs reprises que des
insectes volent au-dessus de mon crâne rasé pendant que j’étais
debout sur la scène. Habituellement, j’agite une fois la main pour
voir quelles sont leurs intentions. S’ils demeurent en place, je sais
qu’ils sont à la recherche d’un endroit chaud et aimant sur lequel
atterrir pour reprendre des forces. Je l’explique aux gens devant moi
253
afin qu’ils ne soient pas distraits par l’insecte qui s’est déposé sur
mon crâne pendant que je continue de parler. Quand l’insecte est
une guêpe, je sais que je n’ai rien à craindre. J’ai appris à écouter ce
qu’elles ont à dire même si elles ne prononcent pas de mots. Nous
échangeons nos pensées quand je réussis à rendre mon esprit aussi
calme qu’un étang tranquille dont les reflets ne sont troublés par
aucune turbulence.
Durant mes conférences, je montre des diapositives et sur l’une
d’elles, il y a un papillon qui repose sur l’épaule de mon épouse. Il y
a de nombreuses années, une de mes patientes est allée mourir sur
l’île de Kauai, à Hawaï, parce que sa mère vivait là-bas et qu’elle
voulait guérir sa relation avec elle avant de mourir. Plusieurs années
plus tard, j’ai été invité à donner une conférence ainsi qu’à animer
un atelier à Kauai.
Durant notre séjour sur l’île, Bobbie et moi sommes allés faire des
achats, et en pénétrant dans une boutique, Bobbie a remarqué un
papillon glauque du Canada pris au piège dans un gros lustre. Il
semblait désorienté par toutes les lumières. Comme Bobbie avait un
profond respect pour la vie, elle a senti le besoin de le sauver ; elle a
donc grimpé sur le comptoir et lui a tendu la main. Il s’est déposé
dans la paume de sa main et elle est descendue du comptoir. Nous
sommes allés à l’extérieur pour le libérer, mais il ne voulait pas
partir. Quand nous le chassions d’une des épaules de Bobbie, il allait
se déposer sur l’autre ou sur sa main. Nous avons donc cessé
d’essayer de le chasser et nous l’avons laissé nous accompagner.
Ce soir-là, j’ai dit :
— Bobbie, tu dois laisser partir le papillon. Nous allons l’écraser si
nous le gardons avec nous dans le lit.
Elle est sortie sur le porche, puis elle s’est retournée en disant :
254
— Je l’ai chassé de mon épaule.
— Chérie, il est maintenant sur ton autre épaule.
Nous avons finalement déposé sur le comptoir de la cuisine une
assiette emplie d’eau sucrée et le papillon s’est installé au bord de
celle-ci pour passer la nuit.
Le lendemain matin, après le petit déjeuner, il s’est de nouveau
déposé sur l’épaule de Bobbie. Je l’ai glissé dans un sac en papier et
je l’ai apporté avec nous à l’atelier que j’animais à l’extérieur, avec
l’intention de m’en servir quand je parlerais de la transformation et
du fait que la vie était une série de commencements et non de fins.
Après avoir parlé du symbolisme du papillon qui se libérait du
cocon de la chenille, j’ai ouvert le sac et j’ai laissé sortir notre
papillon pour en faire la démonstration. Il a passé la journée audessus de nos têtes et n’est parti qu’à la fin de l’atelier. Ce papillon
avait passé 14 heures avec mon épouse, sans compter la durée de
l’atelier. Pourquoi ? Qui était-il ? Ma réponse est qu’il représentait
l’esprit et la conscience de ma patiente et que c’était sa façon de me
remercier et de me dire adieu.
Une femme m’a écrit pour me demander comment elle pourrait
surmonter le deuil de ses parents. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas
s’habituer au fait qu’ils n’étaient plus sur la Terre. Elle avait encore
le numéro de sa mère dans le répertoire de son téléphone et n’avait
qu’une envie, celle de l’appeler et de lui dire toutes les choses qu’elle
ne lui avait jamais dites.
Je lui ai répondu en lui suggérant de lire mon livre Buddy’s Candle
et d’apprendre ce que ses parents souhaitaient pour elle. L’histoire
aide les gens à comprendre que la conscience ne meurt pas et que
nous pouvons encore parler à nos parents. Vous pourriez les
entendre vous répondre ou faire un rêve dans lequel ils vous
255
parlent, ou vous pourriez trouver des objets significatifs dans la
maison et dans le jardin qui vous font prendre conscience qu’ils sont
avec vous. Vos êtres chers ne veulent pas que vous ayez du chagrin
et que vous perdiez votre joie de vivre. Ils veulent que vous
savouriez chaque journée et que vos larmes n’éteignent pas leur
chandelle céleste de la vie.
J’ai éprouvé le même sentiment que cette femme et, oui, j’avais
l’habitude de composer le numéro de ma mère pour lui dire quelque
chose, oubliant qu’elle était décédée. J’ai maintenant un portrait de
mes parents dans le hall d’entrée et leur photo me sert d’écran de
veille dans mon ordinateur ; ils sont donc toujours avec moi. Vous
pouvez vous aussi créer des espaces sacrés semblables dans votre
maison.
Les enfants et les adolescents qui pleurent la perte d’un parent ont
besoin d’aide pour composer avec leur deuil. J’ai connu un
adolescent qui semblait bien composer avec la perte de son père. Sa
mère comptait sur lui pour qu’il l’aide à s’occuper des autres enfants
et il ne l’avait jamais laissée tomber. Cependant, un an après la mort
de son père, il a soudainement commencé à mal se comporter et à ne
plus aller en classe. Ses notes en ont souffert et il a cessé de
participer à ses sports préférés. Suspectant qu’il s’agissait d’une
réaction à retardement à la mort de son père, sa mère l’a inscrit à un
groupe de thérapie pour le deuil pour adolescents. Ils écoutaient de
la musique, faisaient des dessins et parlaient de leurs sentiments. Le
garçon n’a jamais dit grand-chose au sein du groupe, jusqu’à ce que
les autres jeunes lui en fassent la remarque. Ils lui ont demandé ce
qu’il réprimait en lui, parce qu’il semblait toujours fâché contre eux
et qu’il refusait de s’ouvrir.
256
Le garçon leur a finalement dit qu’environ un an après la mort de
son père, il était allé chercher le courrier et qu’il y avait un dépliant
de leur église dans la pile. Au dos de celui-ci, il y avait la liste des
membres du conseil de l’église, dont le nom de son père, mais
quelqu’un avait rayé le nom de ce dernier avec un crayon-feutre
noir.
— Quand j’ai vu ce trait noir sur le nom de mon père, j’ai alors
vraiment pris conscience qu’il était mort, a expliqué l’adolescent en
versant des larmes. J’étais tellement fâché. Après tout ce que mon
père avait fait pour l’église, quelqu’un avait pris un crayon-feutre et
rayé son nom comme si cela n’avait pas d’importance, comme s’il
n’avait jamais existé.
Les autres jeunes l’ont écouté en silence et ils n’ont pas tenté de le
faire cesser de pleurer, car ils avaient appris qu’il avait besoin de
pleurer pour guérir. Par la suite, quand ils s’adressaient à lui, il
semblait plus détendu et prêt à participer. Il a alors commencé à
suivre les différentes étapes du deuil et sa mère a indiqué que son
attitude s’est améliorée, tout comme ses notes à l’école.
Quand vous perdez quelqu’un, célébrez votre amour pour cette
personne et le sien pour vous. Continuez de parler de la personne
décédée, surtout avec vos enfants, afin qu’ils n’aient pas l’impression
que leur être cher a été oublié ou rayé de leur vie. Rappelez aux
enfants que la personne est de nouveau parfaite et qu’ils peuvent
continuer d’échanger leurs pensées et leurs sentiments avec elle.
L’esprit de leur être cher va le savoir. La seule chose dans cette vie
qui est immortelle est l’amour et l’amour est à tout jamais votre pont
vers cette personne.
Je n’ai aucun malaise à vous raconter que j’ai entendu des voix de
mes patients et des membres de ma famille décédés. J’ai aussi
257
rencontré des clairvoyants qui m’ont transmis des messages de
patients et de membres de ma famille décédés ; en le faisant, ils
utilisaient le nom de ces personnes et affichaient leurs expressions
quand ils parlaient.
Une dernière histoire personnelle : comme je l’ai déjà mentionné,
Elisabeth Kübler-Ross était une bonne amie et une de mes
enseignantes. Elle m’a encouragé à parler aux esprits et m’a donné le
courage de dire à un patient que j’étais en train d’opérer et dont le
cœur s’était arrêté :
— Votre heure n’est pas venue. Revenez.
Son cœur s’est remis à battre et il a survécu.
Après la mort de mes parents, mon amie clairvoyante, qui ne
connaît pas du tout ma famille, m’a appelé et m’a dit :
— Tes parents sont de nouveau ensemble et ils sont très heureux.
Une femme qui aime le chocolat et les cigarettes leur fait visiter les
lieux. Sais-tu de qui il s’agit ?
Avant même que je réponde, elle a ajouté :
— C’est Elisabeth Kübler-Ross. Elle fait visiter les lieux à tes
parents.
Alors, vivez et apprenez de vos expériences et ne laissez pas vos
croyances fermer votre esprit à la vérité au sujet de la vie.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Ayez une conversation significative avec une personne que vous
aimez. Faites-en une expérience non conflictuelle en posant deux
questions à cette personne : « Quel animal admires-tu le plus ? » et «
Quelles sont les caractéristiques de cet animal qui suscitent ton
admiration ? » Écoutez ses réponses ; vous pourriez même les noter.
Quand votre être cher a terminé, expliquez-lui que l’animal n’a pas
d’importance, mais que les caractéristiques qu’il a décrites le sont
258
parce qu’elles correspondent aux meilleurs traits de personnalité de
cette personne. Après cette révélation, observez la tournure que
prend la conversation.
Vous pouvez aussi demander à votre être cher quel animal il
aimerait le plus avoir dans sa maison. Demandez-lui également
quelles caractéristiques de cet animal suscitent son admiration.
Quand la personne a fini de répondre, expliquez-lui qu’elle a décrit
son partenaire idéal.
Quand j’ai essayé d’aider une de mes patientes à acquérir de
l’estime d’elle-même, je lui ai posé ces questions. Elle a répondu :
— Je déteste les animaux et j’ai tué mon canari.
J’ai alors compris que la tâche ne serait pas facile.
259
Chapitre 13
LA SPIRITUALITÉ : NOURRISSEZ VOTRE MOI
INVISIBLE
L’humain complet est celui qui a fait face à l’autodestruction en se tenant au bord de ce que
William James appelait « le bord périlleux »… et qui a eu le courage de se retourner et de faire
face à l’univers.
— BERNIE SIEGEL
I l y a plusieurs années, je suis tombé de notre toit, je me suis heurté
la tête et j’ai commencé à faire de l’amnésie. J’ai vite compris quels
étaient les avantages de l’amnésie. Cela a grandement amélioré mon
mariage et ma vie familiale, car je ne pouvais pas me rappeler les
choses pour lesquelles j’avais l’habitude de les critiquer ou celles en
raison desquelles j’avais ressenti de la colère ou de la rancœur, ou je
m’étais senti blessé. Quand ma mémoire est revenue, j’ai connu des
moments difficiles avec mon épouse et mes enfants parce que je me
suis alors rappelé tous leurs défauts. Une amie thérapeute m’a dit
qu’elle pouvait m’aider et m’épargner des années de thérapie. Je lui
ai demandé comment. Elle a écrit quelque chose sur un bout de
papier, elle me l’a tendu et m’a dit :
— Va chez toi, lis ceci et mets-le en pratique.
Elle m’avait tendu le chapitre aux Corinthiens 1,13. Il décrit ce
qu’est l’amour et il enseigne que, même si vous semblez tout
posséder, sans amour, vous n’avez rien.
Quand vous êtes éclairé, vous comprenez le pouvoir de l’amour.
Demandez-vous pourquoi nous disons « aimez avec gentillesse,
tourmentez avec tendresse, l’amour est aveugle, aimez vos ennemis
260
et aimez votre voisin comme vous-même ». C’est là que réside la
réponse à la vie et à l’illumination.
Il y a plusieurs années, il y avait une série de conférences appelées
Body and Soul. J’ai toujours pensé que les gens étaient plus
susceptibles de mettre leur âme à nue que leur corps, alors j’ai fait
une présentation en exposant des parties de mon corps pour que les
gens prennent conscience de ce qu’ils ressentaient à propos de leur
propre corps. J’ai été triste quand des personnes sont venues me voir
après et qu’elles m’ont dit que leur corps les embarrassait ou qu’elles
ne se sentaient pas bien dans celui-ci. Pour moi, leur corps me
semblait parfait. De nos jours, cependant, je m’intéresse davantage
au fait d’entrer en communion avec notre âme et à l’exposer.
Nous devons réagir à ce que ressent notre âme et mener une vie
spirituellement riche. Je ne peux pas décrire avec des mots comment
je définirais ce qu’est l’âme, mais elle renferme notre esprit, nos
besoins et nos sentiments les plus profonds concernant notre vie et la
façon dont nous la vivons. Beaucoup d’entre nous ne parlent jamais
de ces besoins et de ces sentiments jusqu’à ce qu’une crise ou un
désastre se produise et nous éveille à la vie. Je crois que nous savons
quand nous vivons une vie spirituellement riche par la façon dont
notre corps et notre cœur se sentent par rapport à ce que nous
faisons, nous pensons et nous ressentons. Joseph Campbell a dit : «
Si vous voyez le chemin tout tracé devant vous, vous savez que ce
n’est pas votre chemin. Vous créez votre propre chemin à chaque
pas que vous faites. Voilà pourquoi c’est votre chemin1. » Il parle de
vivre une vie qui permet à l’âme d’évoluer.
J’ai récemment reçu un livre sur les bienfaits du massage, écrit par
un massothérapeute qui traitait une personne souffrant de ce qu’on
appelle communément un trouble de la personnalité multiple. Jung a
261
suggéré — et je suis convaincu qu’il avait raison — que nous
sommes tous des personnalités multiples. Il croyait que le but de
chaque individu est de former une relation avec chacune de ses
personnalités, plutôt que d’en supprimer une en faveur des autres. Il
croyait aussi que, durant une psychanalyse, « le médecin doit établir
une relation avec les deux moitiés de la personnalité de son patient
parce que ce n’est qu’à partir de ces deux moitiés, plutôt qu’en ne se
basant que sur une seule au détriment de l’autre, qu’il peut
comprendre l’être entier. La deuxième option est celle que le patient
a adoptée2 ».
Je sais — et ma femme le sait également à partir de mon
comportement — qu’il m’arrive de faire et de dire des choses qui
sont au-delà de ma compréhension et dont je ne peux expliquer la
provenance. J’accepte pleinement que de nombreux individus
résident en moi. Quand j’ai lu le livre de ce massothérapeute, je me
suis demandé ceci : quand vous recevez un massage, savez-vous
vraiment qui se fait masser ou laquelle des personnalités a besoin
d’un massage, mais ne le reçoit pas parce qu’une personnalité plus
agressive le désire et s’empare du corps ?
Je ne plaisante pas en disant ces choses. Je sais par expérience et à
partir de cas attestés de personnes souffrant d’un trouble dissociatif
qu’un individu peut souffrir d’allergies, de diabète, d’asthme et
d’autres affections qui sont associées à une personnalité et ne plus en
souffrir quand il change de personnalité. Mais si vous pensez aux
rôles et aux situations auxquels nous nous attachons tant, il est
possible que nous le fassions tous à un certain degré dans notre vie.
Nous devons tous prêter attention aux personnalités qui vivent en
nous et les harmoniser avec les désirs et les besoins de notre âme.
262
De mon point de vue, le but de la vie est d’atteindre un véritable
équilibre et d’utiliser notre corps et notre lumière intérieure pour
que nos actions soient en harmonie avec notre âme. Voyez-vous
comme une chandelle. La flamme s’élève vers le ciel dans l’espoir de
s’unir au divin, tandis que la cire et la mèche représentent notre
corps terrestre qui nous maintient connecté et ancré. La flamme
consomme le combustible qu’est la cire et la qualité de ce
combustible est reflétée par la pureté de la flamme. La chandelle
illumine le monde dans lequel nous choisissons de vivre en
partageant notre lumière et notre amour. Quand nous mourons,
cette lumière et cet amour sont transmis aux futures générations.
C’est là que réside notre immortalité. La lumière de la chandelle
devient le parcours d’apprentissage de la vie, tout comme les mots
sont des moyens de partager et de comprendre des idées.
Je crée régulièrement de nouveaux mots, surtout de manière
accidentelle, en tapant sur mon clavier d’ordinateur. Mais comme
Jung le disait, il n’y a pas de coïncidences, alors laissez-moi vous
décrire les significations que j’ai trouvées dans certains de ces mots.
Un jour, j’ai écrit un article pour des massothérapeutes et j’ai mal
épelé « massage » ; j’ai créé le mot « meassage ». Je me suis dit qu’il y
avait un message dans le toucher. En d’autres mots, chaque massage
transmet un précieux message. Récemment, j’ai relu The Meaning of
Love, publié par Ashley Montagu en 1953, et j’ai encore une fois été
impressionné par le pouvoir du toucher pour communiquer de
l’amour. Montagu rapporte que l’absence de caresses entraînait un
taux de mortalité infantile de presque 100 % chez les enfants vivant
dans des orphelinats : les personnes qui en prenaient soin évitaient
de les toucher parce qu’elles craignaient de transmettre les infections
d’un bébé à un autre. Un autre des mots que j’ai créés
263
accidentellement est « DEDIEU » et pour moi, cela correspond à faire
les choses comme notre créateur voudrait que nous les fassions. Ce
qui importe n’est pas de connaître Dieu, mais d’imiter Dieu et c’est
ce que nous faisons quand nous faisons des choses DEDIEU.
Puis, j’ai créé « vimour »2. Pour moi, c’est la réunion de « vie » et
d’« amour ». Ces deux choses ne devraient jamais être distinctes,
mais l’être humain a de la difficulté avec cela en raison de sa
mauvaise interprétation de la séparation. Nous ne sommes pas
séparés, mais des parties différentes d’un grand tout. La séparation
n’est qu’une perception et non une réalité. Le yin ne pourrait pas
exister sans le yang ; le symbole du yin et du yang montre deux
formes dont les traits sont identiques et qui, lorsqu’elles sont
inversées et combinées, créent un cercle, un tout. C’est l’existence de
l’une qui révèle l’autre. Sans l’un des deux, le grand tout n’existe
plus. Il en est de même avec la vie et l’amour. Rappelez-vous que le
but de la vie n’est pas d’être parfait, mais d’être complet. L’âme a
pour tâche de faire cet apprentissage et quand vous prendrez
conscience que rien n’est séparé, vous serez complet ; votre vie
consistera alors à vivre et à aimer.
J’essaie d’apprendre des choses de différentes religions afin de
comprendre le message et d’agir comme Dieu voudrait que j’agisse.
L’autre jour, j’ai lu quelque chose qui allait très bien avec
l’affirmation de Joseph Campbell que la religion pourrait découler
d’une mauvaise interprétation de la mythologie. En d’autres mots, la
religion nous enseigne un message au moyen de mythes et de
métaphores, mais qui est souvent perdu quand les écritures ne sont
interprétées qu’au sens littéral. Ce que j’ai lu disait que le mot «
Torah » ne devrait pas être traduit pour signifier « la bible » ou « la
264
loi », mais devrait plutôt signifier « les enseignements ou
l’instruction ».
Quand j’étudie une religion, je veux apprendre comment vivre ma
vie de manière à ce qu’elle soit significative et les messages
enseignés par les observations et les pratiques de cette religion
améliorent ma vie et celle des autres. Quand nous interprétons les
textes religieux comme étant la loi, les mots deviennent notre Dieu et
nous entrons en conflit les uns avec les autres à propos de la
signification des mots ou de qui obéit à la loi et la façon de
l’interpréter. Mais quand nous voyons la religion comme une chose
qui peut nous guider, nous pouvons alors avoir un dialogue à
propos de ce que nous y voyons et ne pas nous battre à savoir qui a
raison et qui va aller en enfer.
Trouver les thèmes communs de guidance dans les religions, les
philosophies ou les écrits de différentes personnes me confirme que
ces thèmes doivent être significatifs et efficaces. Quand j’ai lu Le
pouvoir du mythe de Joseph Campbell, j’ai reconnu dans ses mots le
comportement de survie lié à la renaissance ou à la régénération. Il
dit que l’héroïsme est la volonté d’être soi-même ; le héros est celui
qui est en quête de lui-même et le « isme » est le mystère que le
héros cherche à savoir. En d’autres mots, vous voulez donner
naissance à votre vrai moi. Vous voulez renaître et faire l’expérience
des cycles du changement. Quand vous le faites, votre nature
intérieure s’exprime. Votre moi spirituel — votre vrai moi — et son
pouvoir émergent. Cela peut sembler irréalisable ou purement
philosophique, mais c’est vraiment élémentaire.
Nous créons notre vie à partir de ce que nous décidons, nous
pensons et nous faisons chaque jour. Nous créons le scénario du
mythe qui devient notre vie. Dans ma vie, j’ai fait ce qui me semblait
265
être bon pour moi et je suis très heureux d’avoir agi ainsi au lieu de
m’être soucié de ce qui semblait mieux ou approprié aux yeux des
autres. Je ne crois pas avoir perdu mon temps sur la Terre. Quand je
suis en entrevue à la radio, quelqu’un me signale toujours à la fin :
— C’est bientôt la fin.
Cela me motive à vous dire qu’un jour, ce sera bientôt la fin pour
chacun d’entre nous.
Développer votre moi spirituel consiste à vivre ; cela concerne les
choses que vous choisissez de faire et avec lesquelles vous
nourrissez votre esprit et votre corps. Mais c’est aussi une question
d’être — non pas de penser ou de faire — mais simplement d’être.
Cela me rappelle l’histoire du vieux fermier dans le Somerset, en
Angleterre, qui avait l’habitude, chaque soir, de s’asseoir sur une
souche et d’admirer les champs. Un jour, un garçon du village qui
passait par là s’est arrêté et a demandé au vieil homme ce qu’il
regardait depuis autant de temps. Le fermier a regardé le garçon un
long moment. Puis, d’une voix lente et avec son accent du SudOuest, il a dit :
— Parfoué, j’m’assieds et j’pense, et parfoué, j’fais juste m’asseoir.
Nous sommes des êtres humains, pas des accomplissements
humains. Alors, ne vous identifiez pas au rôle que vous jouez ; soyez
conscient que votre divinité définit qui vous êtes. Rêvasser et
regarder devant vous sans penser, surtout quand vous regardez des
scènes naturelles et des paysages, est une autre façon de nourrir
votre âme. Combien de fois êtes-vous passé devant un buisson en
fleurs bourdonnant d’abeilles et d’autres insectes en train de se
délecter de nectar et de pollen ? La prochaine fois, arrêtez-vous un
moment. Observez et écoutez simplement. Ne déterminez pas de
quelle sorte de buisson il s’agit ou ne jugez pas la charge que chaque
266
abeille transporte ; laissez le moment s’écouler, observez et oubliez
que vous existez. Devenez rien et laissez tout autour de vous
simplement être ce qu’il est.
Quand vous avez un problème, soumettez-le à la nature et
demandez une réponse. Une fois, j’ai demandé comment je pourrais
continuer à aider les gens alors que j’en avais assez de parcourir le
monde. La réponse que j’ai obtenue a été de répandre mes graines
comme une fleur le fait. J’ai pris conscience que je n’étais pas obligé
de voyager. Mes mots sont devenus les semences et je n’avais pas
besoin de les livrer en personne. Mes livres, mes CD, mon site Web
et mes entrevues à la radio et à la télévision sont tous devenus le
jardin où les gens pouvaient aller pour obtenir de l’aide. Une autre
fois, alors que j’avais un problème qui me paraissait insurmontable,
j’ai aperçu un chou puant qui avait poussé à travers le pavé et qui
s’était épanoui au soleil. Je ne pouvais pas croire qu’une plante
puisse être aussi forte et sage pour continuer de pousser jusqu’à ce
que le pavé se fissure.
Nos sens de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du toucher ont été
conçus pour nourrir notre corps d’informations qui nous aident à
survivre. Quand nous les laissons se délecter de beauté et se
prélasser dans la nature, nos sens nourrissent aussi notre âme. Ils
nous transportent et nous font savoir que nous sommes liés à la vie.
Quand nous reposons notre esprit rationnel et que nous laissons la
nature — la conscience collective — stimuler nos sens, nos pensées
deviennent claires, comme l’étang tranquille qu’aucun vent ni aucun
courant ne viennent troubler et qui fait paraître plus gros le poisson
qui nage sous sa surface tout en reflétant les nuages qui passent audessus. C’est dans de pareils moments que nous en venons à
connaître Dieu.
267
On m’a souvent demandé de décrire ce qui m’a fait prendre
conscience de mon moi spirituel et de Dieu, et des choses qui ont
changé mon point de vue. J’ai partagé beaucoup de ces expériences
dans ce livre et dans d’autres ouvrages, comme la fois où, alors que
j’étais calme et immobile, une voix m’a dit d’aller au refuge où j’ai
trouvé le chien Buddy, après avoir rédigé Buddy’s Candle ; et la fois
où mon père m’est apparu dans un rêve après sa mort et qu’il m’a
montré une manière plus saine de composer avec mon deuil — une
manière qui a aidé de nombreuses autres personnes à guérir leur
chagrin. Il y a aussi mes expériences avec les clairvoyants et les
médiums qui ont reconnu et ont même dessiné George, mon guide
intérieur, alors qu’il se tenait près de moi sur l’estrade.
La première fois que j’ai pris conscience de mon moi spirituel est
sans doute quand j’avais quatre ans et que j’étais alité à la maison,
souffrant encore une fois d’une infection à l’oreille. J’ai pris un
téléphone jouet et j’ai dévissé le cadran. J’ai mis les pièces dans ma
bouche, comme j’avais vu des menuisiers le faire avec des clous pour
les tenir et les prendre un à la fois. Le problème est que j’ai aspiré les
pièces et que j’ai fait une crise de laryngospasme. Je peux encore
sentir mes muscles intercostaux et mon diaphragme se contracter
vigoureusement, tandis que j’essayais de faire pénétrer de l’air dans
mes poumons, mais en vain, et j’étais incapable de produire des sons
pour demander de l’aide. Je n’avais aucune notion du temps, mais
soudainement, j’ai pris conscience que je ne me débattais plus. J’étais
maintenant à la tête de mon lit et je me regardais mourir.
J’ai été fasciné de me retrouver en dehors de mon corps et c’était
pour moi une bénédiction. Je n’ai jamais cessé de penser combien je
pouvais encore voir et penser tout en étant à l’extérieur de mon
corps. J’étais triste pour ma mère, qui était dans la cuisine et qui me
268
trouverait mort, mais j’ai réfléchi et j’ai trouvé que mon nouvel état
était préférable. De manière rationnelle, j’ai choisi la mort plutôt que
la vie.
Puis le garçon sur le lit, à l’agonie, a eu une convulsion ; il a vomi
et toutes les pièces du jouet ont été expulsées. Il a commencé à
respirer de nouveau et j’ai été très fâché de retourner dans mon
corps contre ma volonté. Je me rappelle avoir crié :
— Qui a fait cela ?
L’enfant de quatre ans en moi a alors cru qu’il y avait un Dieu qui
avait un calendrier et que je n’étais pas censé mourir à ce moment-là.
Un ange avait apparemment pratiqué la manœuvre d’Heimlich sur
moi. C’est ainsi que je l’expliquerais aujourd’hui.
Je crois vraiment qu’il y a un calendrier que nous créons
inconsciemment et des expériences que j’ai vécues plus tard dans la
vie soutiennent cette idée. Ma voiture a été une perte totale à deux
reprises en raison de conducteurs qui avaient brûlé un feu rouge et
qui avaient foncé sur moi et, comme je l’ai déjà mentionné, je suis
tombé de notre toit quand le dernier barreau de l’échelle à laquelle je
grimpais s’est brisé. Mon corps n’a subi aucune blessure majeure
lors de ces incidents.
Quand je songe à ma vie en tant qu’enfant, mari et père,
guérisseur, artiste, auteur et conférencier, et à tous les aspects de
l’expérience qui m’ont procuré différents points de vue, j’en suis
venu à la conclusion que la vie est inexplicable. Je dois aux visages et
aux histoires de mes patients et d’autres gens qui sont devenus mes
enseignants un grand nombre de mes changements d’attitude, de
mes compréhensions et de mes transformations. Mais ma
connaissance que Dieu est une énergie aimante, intelligente et
consciente m’est surtout venue de mes rêves, de mes dessins et
269
d’expériences de vies antérieures et de mort imminente. Je crois que
tous ces événements visaient à m’enseigner quelque chose, car je
n’en ai recherché aucun et qu’ils se sont produits malgré moi.
Il importe peu que vous lisiez mes livres ou ceux d’autres auteurs
modernes ou anciens, de philosophes, d’enseignants et de guides.
Nous n’avons rien de nouveau à dire sur la vie, l’amour et les
questions de l’âme, mais la façon dont chaque personne exprime
cette sagesse est différente. Chaque génération dit sa propre vérité et
pourtant, chaque personne répète une sagesse ancienne. Alors, lisez
la sagesse des sages et apprenez de ceux qui sont morts avant nous.
La voie que vous empruntez importe peu. N’attendez pas qu’un
désastre personnel vous procure le cadeau de l’illumination. Vous
connaissez peut-être l’adage : « Si vous cherchez l’illumination,
cherchez-la comme un homme dont les cheveux sont en feu cherche
de l’eau. » Il faut ce genre de désir pour vraiment faire face à la
lumière.
L’ORDONNANCE DU MÉDECIN
Lisez, lisez, lisez. Écoutez des livres audio et des CD, et lisez.
Étudiez la vie et les paroles de Jésus, de Bouddha, de Mahomet,
d’Épictète, de Lao-tseu et d’autres sages. Plongez dans la poésie et
les essais de maîtres tels que Dante, Rumi, Gibran, Emerson et
Thoreau. Explorez les écrits et les conférences des chefs spirituels
modernes tels que mère Teresa, le dalaï-lama, Sri Chinmoy, Joseph
Campbell et Jung. Inspirez-vous en lisant les travaux des physiciens,
des scientifiques et des astronautes dont la quête du savoir a brisé
l’illusion des frontières entre la Terre et le reste de l’univers et nous a
enseigné que nous sommes dans l’univers. Enthousiasmez-vous en
vous attendant à faire des découvertes. Prenez l’habitude de lire
chaque jour, ne serait-ce que quelques minutes. Gardez l’esprit
270
ouvert et lisez avec la curiosité d’un enfant. Et relisez les mêmes
livres tous les deux ou trois ans parce que s’ils ne vous éclairent pas
davantage, cela signifie que vous n’êtes pas devenu plus éclairé.
2. N.d.T.: En anglais, le mot créé par l’auteur est « liove » (contraction de « life » et « love »).
271
Épilogue
VERS DE NOUVEAUX COMMENCEMENTS
Le véritable bonheur n’est possible que si vous apprenez à aimer avec une telle élévation de
l’esprit que vous acquérez le pouvoir d’affronter le chagrin […], de sublimer le vieil amour en
éprouvant un nouvel amour encore plus grand.
— BENEDETTO CROCE
A u moment où je m’apprête à mettre fin à l’effort créatif investi
dans la rédaction de ce livre, deux choses me viennent à l’esprit.
Chaque fois que mes livres précédents ont été mis sous presse, des
événements se sont produits et des histoires m’ont été racontées, et je
les trouvais parfaits pour le livre, mais il était trop tard pour les
inclure. Il en sera de même avec L’art de guérir, car lorsque vous
commencez à penser à un sujet en particulier, votre conscience attire
dans votre vie davantage d’éléments qui s’y rattachent. Elle se relie à
la conscience universelle et change les croyances et l’expérience des
gens. Ce n’est pas une coïncidence quand cela se produit ou à qui
cela arrive. Jung parlait de synchronicité. Un autre aspect que mes
livres ont en commun se résume par l’adage « Il faut tout un village
». Je n’ai encore jamais produit un livre entièrement seul et je serais
surpris que quelqu’un soit parvenu à le faire. Tout comme une
opération chirurgicale requiert une équipe de personnes formées et
dévouées, un livre est un travail d’équipe.
Durant les derniers jours de la révision, des événements s’étant
produits illustrent et servent de compléments à ce que j’ai écrit dans
ces chapitres. Cette fois-ci, ils se sont produits avant l’impression du
livre ; je peux donc les partager avec vous maintenant.
272
LES COUCHES DE COULEURS
Rita était excitée d’apprendre que mon prochain livre allait explorer
les approches créatrices qui permettent de plonger plus
profondément dans l’inconscient et de franchir les limites du temps,
de l’espace et de la matière. Elle m’a écrit pour me dire que depuis
peu de temps, elle trouvait des cœurs dans la nature et qu’elle les
photographiait : des pierres en forme de cœur, un melon d’eau en
forme de cœur et même un cœur de viande en trois dimensions collé
sur le couvercle d’une boîte de nourriture pour chiens ! Tout comme
les pièces d’un cent que je trouvais me rappelaient que « in God we
trust », pour Rita, les cœurs représen-taient « nous avons foi en
l’amour ». Cependant, l’histoire la plus remarquable qu’elle m’a
racontée concerne un tableau de sa mère. Je vais laisser Rita vous la
raconter dans ses propres mots.
Ma mère avait plus de 70 ans quand elle a assisté à un atelier
d’un jour donné par un enseignant qui utilisait la méthode de
Rudolf Steiner concernant l’aquarelle couche sur couche. Il s’agit
d’une forme d’aquarelle dans laquelle on utilise beaucoup d’eau
et on applique couche sur couche des lavis de différentes
couleurs sur le papier. En séchant, vous attendez pour voir ce
qui ressort. Maman m’a appelée après l’atelier pour me dire
combien elle était déçue. Tous les autres élèves avaient vu des
arbres et de nombreuses choses merveilleuses ressortir de leur
peinture, mais la sienne ne comportait que des couches de
couleurs, rien d’autre. Elle avait le sentiment d’avoir échoué, un
sentiment qu’elle avait souvent ressenti dans sa vie.
Maman était une remarquable clairvoyante et elle était en
avance sur son temps sur le plan spirituel. Son père et, plus tard,
mon père l’avaient fait beaucoup souffrir, mais c’était une
273
survivante parce qu’elle regardait toujours droit devant et
qu’elle continuait d’avancer, peu importe les tragédies. Elle
respectait tout ce qui était vivant, tous les êtres, et elle ne faisait
aucune distinction. J’étais triste qu’après toutes les attentes
qu’elle avait à propos du cours d’aquarelle couche sur couche,
elle n’avait pas obtenu les mêmes résultats que les autres élèves.
Le lendemain matin, elle m’a appelée, toute excitée.
— Viens voir ma peinture, m’a-t-elle dit. Vite ! Je ne peux pas
croire ce que je vois.
Je me suis rendue chez elle le plus rapidement possible en me
demandant ce qui pouvait bien être arrivé à sa peinture. J’ai été
stupéfaite de voir quatre petites silhouettes humaines qui
ressortaient des différents lavis de couleurs. Elles portaient des
tuniques et n’avaient pas de visage, et elles semblaient se
trouver à des profondeurs différentes, avec deux dans le fond et
deux qui semblaient avancer à l’avant de la peinture. Ma mère
m’a juré que la veille, elles n’y étaient pas. Elle a déposé sa
peinture dans un coffre-fort avec ses autres documents
importants et nous l’avons souvent sortie pour la regarder
ensemble. Il se dégageait des silhouettes une sorte d’énergie
bienveillante qui donnait l’impression qu’elles approchaient
vraiment vers nous et qu’elles n’étaient pas seulement un
mélange de couleurs et d’eau.
Après la mort de ma mère, ma sœur et moi avons eu la tâche
de vider sa maison. Une des premières choses que j’ai faites a été
d’aller chercher son aquarelle couche sur couche parce que je
voulais apporter ces merveilleux êtres chez moi. Comme avant,
la peinture était soigneusement glissée entre ses autres
documents, mais quand je l’ai prise, j’ai constaté que les
274
silhouettes avaient disparu ! La peinture ressemblait exactement
à ce qu’elle m’avait décrit après l’avoir finie : ce n’était que des
simples lavis de couleurs, rien d’autre. En plus des quatre
silhouettes, l’énergie bienveillante qui se dégageait de la
peinture avait également disparu. J’ai alors pris conscience que
ces êtres étaient des esprits supérieurs ; ils étaient venus pour
protéger et guider ma mère pour la prochaine étape de son
parcours de vie. Après sa mort, leur présence n’avait plus de
raison d’être. Ils avaient accompli leur tâche bienveillante.
L’histoire de Rita ne m’a pas surpris. Les silhouettes bienveillantes
de sa mère étaient peut-être apparues d’abord pour lui rappeler que
sa vie n’était pas un échec et pour lui faire savoir combien elle était
aimée. Mais quand elle est morte, elles sont devenues les guides qui
l’ont accompagnée à la maison.
Au début de ce livre, j’ai parlé de la fois où j’ai eu besoin de faire le
plein d’énergie et de me sentir régénéré, et que je suis allé marcher
dans le cimetière avec mes chiens. J’ai remarqué un objet blanc sur le
chemin. Je me suis approché, je l’ai pris et j’ai vu que c’était un ours
en peluche avec un cœur sur lequel était écrit « Aime-moi ». Je suis
rentré chez moi régénéré. Les guides apparaissent sous de
nombreuses formes, parfois en simple jouet en peluche, en paroles
d’une chanson ou en prédiction dans un horoscope. Parfois, une
série d’événements se déclenche et la personne qui est guidée a
l’impression de les voir se dérouler comme si une autre main agissait
sur eux.
TRACEZ L’AVENIR
Le 30 décembre 2012, j’ai transféré à Cindy, la coauteure de ce livre,
une copie de la lecture numérologique que j’avais reçue. Je la
trouvais incroyablement précise et elle contenait une prédiction
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excitante pour le Nouvel An. Aucune coïncidence. Comme Cindy et
moi avons le même nombre pour notre chemin de vie, je savais
qu’elle aimerait lire le texte :
Les numérologues considèrent 2013 comme une année excitante
alors que de nouveaux commencements, basés sur une
impulsion comme des pièces de domino alignées qui tombent les
unes après les autres, sont alimentés par une série énergétique
d’événements. La personne qui possède ce nombre de chemin de
vie affiche une grande indépendance et une grande confiance, et
elle a le don d’initier et d’organiser des projets et de faire en
sorte que les choses s’accomplissent. La présente période est
celle où elle doit (et où elle va) passer à l’action et où elle
obtiendra des résultats extrêmement positifs. En allant de
l’avant, vous allez créer une meilleure vie pour vous-même.
Accrochez-vous à ce qui nourrit votre âme et est compatible avec
vos objectifs de vie, mais laissez aller ce qui ne vous sert plus ou
vous distrait de votre parcours. Créez un nouveau scénario de ce
que vous aimeriez qu’il se produise dans votre vie. Cette année
en particulier, les rêves que vous allez décrire sous une forme
visuelle sont les événements que vous verrez se dérouler sous
vos yeux.
Cindy vit et travaille aux États-Unis depuis 10 ans. Avant, elle vivait
en Angleterre, là où sa fille, son garçon et ses quatre petits-enfants
habitent maintenant. Après avoir lu ce rapport de numérologie,
Cindy m’a avoué qu’elle se sent souvent déchirée entre continuer de
vivre aux États-Unis ou retourner en Angleterre. Ses petits-enfants
grandissent vite et elle regrette de ne pas pouvoir être à leurs côtés.
En même temps, elle éprouve un profond amour pour l’endroit où
elle réside présentement. Elle s’y sent chez elle de nombreuses
276
façons. Nous venions de finir de réviser le chapitre sur les dessins,
alors je lui ai dit :
— Fais un dessin de toi en Angleterre et un autre de toi aux ÉtatsUnis.
Quelques jours plus tard, j’ai reçu un courriel avec un seul dessin
en pièce jointe (fig. 70). Cindy m’a écrit ceci : « Je n’ai eu aucune
difficulté à me dessiner en Angleterre, mais je n’ai pas réussi à
trouver une scène me représentant ici. La vue de ce dessin me rend
heureuse ; j’avais hâte de te le montrer. Je suis à gauche et je suis à
moitié en train de courir et à moitié accroupie pour serrer mes
enfants dans mes bras. Mais je ne suis pas très bonne pour me
dessiner en train de courir tout en étant accroupie. En fait, je ne suis
pas certaine que je puisse courir en étant à moitié accroupie ! Ce
n’est que lorsque j’ai fini le dessin que j’ai remarqué qu’il n’y avait
pas de valises. Je me suis demandé où étaient mes valises, puis j’ai
pensé : ‘‘Ah, c’est bien. J’abandonne derrière moi tout ce vieux
bagage.’’ Et j’ai eu l’impression de vivre un nouveau
commencement. »
Après avoir ouvert le dessin que Cindy avait numérisé, j’ai
commencé à écrire en adoptant le style du courant de conscience où
je laisse mon intuition communiquer en même temps que mon esprit
analytique. Ma réponse immédiate à son dessin a été celle-ci : « Tes
genoux cèdent un peu, mais tu réussis à avancer et leurs pieds sont
tous tournés vers toi. C’est super ! Il y a huit hublots identiques sur
l’avion. Chaque religion a une semaine de sept jours ; le nombre sept
représente donc un nouveau commencement. Il y a 10 rayons de
soleil. Le nombre 10 est significatif. Il vient du zéro (le « rien »
indifférencié) et du un (Dieu) ; tu possèdes donc la création en toi.
(Et c’est aussi le mois de mon anniversaire !) Tous tes vêtements sont
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comme un arc-en-ciel de couleurs saines. Le mari de ta fille a créé un
lien avec toi avec son bras. Toutes les chaussures sont de la même
couleur, comme si la famille effectuait le même voyage. Chaque
individu possède tous ses sens pour pouvoir communiquer avec les
autres. L’aîné de tes petits-enfants tend sa main vers toi, tout comme
ta fille. Tous les liens sont parfaits : les membres de ta famille ont les
pieds pointés vers toi, et les tiens pointent vers eux, et tout le monde
se touche. On dirait que c’est un excellent choix. »
Des portes se sont ouvertes pour Cindy quand elle a eu une
occasion entièrement inattendue de déménager en Angleterre
quelques semaines après avoir fait ce dessin. Sa nouvelle vie va
commencer en octobre — le dixième mois — et Cindy va retrouver
sa famille.
Quand notre éditrice a entendu cette histoire et qu’elle a vu le
dessin, elle a été ravie. Ces événements n’auraient pas pu arriver à
un meilleur moment, pas plus que nous n’aurions pas pu avoir un
exemple aussi touchant de la façon dont l’utilisation de notre
conscience créatrice nous aide à trouver notre vrai moi et l’avenir
que nous créons. Ils m’ont montré comment nous pouvons nous
fixer des objectifs sains et jouir des miracles qui donnent un sens à
notre vie. J’ai demandé à Cindy si je pouvais intégrer son histoire et
son dessin à ce livre.
— J’imagine que je ferais mieux d’appeler mes filles et de leur
annoncer que je m’en viens, a-t-elle répondu en riant.
En refermant les pages de L’art de guérir, ne voyez pas cela comme
si notre relation était terminée. Voyez plutôt cela comme le début de
votre nouveau parcours. Vous pouvez toujours revenir au livre et le
relire. J’ai appris que si je relisais les mêmes livres tous les deux ou
trois ans et que je les trouvais chaque fois encore meilleurs, cela
278
m’indiquait que je continuais d’évoluer et de prendre conscience de
la sagesse que je n’avais pas saisie au début en raison de mon état de
conscience limité à ce moment-là.
Alors, tirez des connaissances de ce que j’ai partagé avec vous
dans ce livre. Placez-les dans votre poche ou dans votre boîte à outils
et continuez d’avancer sur votre propre chemin de découvertes.
Essayez différents exercices et voyez ce qui arrive. Rééduquez-vous.
Recréez-vous. Trouvez votre vraie voie et devenez l’être que vous
étiez toujours censé être.
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Notes
INTRODUCTION — LES GRANDES QUESTIONS
Épigraphe : Platon cité dans KNIGHT, M. J., éd. A Selection of Passages From Plato for English
Readers, traduit par B. Jowett, New York, Macmillan, vol. 1, 1895, p. 2.
1. ROSSI, E. L. The Psychology of Gene Expression, New York, W. W. Norton, 2002, p. 4.
2. Ibid., p. 481.
3. SYLVIA, Claire et W. NOVAK. Mon cœur est un autre, Paris, J.-C. Lattès, 1998, p. 113.
4. MCTAGGART, L. Le champ de la cohérence universelle, Montréal, Ariane, p. 11.
5. BENGSTON, W. et S. FRASER. The Energy Cure: Unraveling the Mystery of Hands-On
Healing, Louisville, Colorado, Sounds True, 2010, 256 p.
CHAPITRE 1 — L’ÉVEIL DU MÉDECIN
Épigraphe : WEINBERG Noah, rabbin. « Way #34: Use Your Inner Guide », inscrit sur le
site http://www.aish.com/sp/48w/ 48950651.html le 12 janvier 2000 et site consulté le
9 mai 2013.
1. SIMONTON, O. C., S. MATTHEWS-SIMONTON et J. CREIGHTON. Guérir envers et
contre tout, Paris, éditions Desclée de Brouwer, 2007, 335 p.
2. JUNG, C. G. et A. JAFFE. Ma vie : souvenirs, rêves et pensées, Paris, Gallimard, 1967, 540 p.
3. FURTH, G. M. The Secret World of Drawings: A Jungian Approach to Healing through Art,
Boston, Sigo Press, 1988, 150 p.
4. BACH, S. Life Paints Its Own Span: On the Significance of Spontaneous Pictures by Severely Ill
Children, Einsiedeln, Suisse, Daimon Verlag, 1990, 264 p.
CHAPITRE 2 — LA SOURCE, LA SIGNIFICATION ET LA VALIDITÉ DES SYMBOLES
Épigraphe : Maître Eckhart cité dans RONNBERG, Ami et Kathleen, MARTIN, éd. et
Archive for Research in Archetypal Symbolism (ARAS). The Book of Symbols: Reflections
on Archetypal Images, Köln, Taschen America, 2010, p. 6.
1. FURTH, G. M. The Secret World of Drawings: A Jungian Approach to Healing through Art,
Boston, Sigo Press, 1988, p. 10.
280
2. JUNG, C. G. L’âme et le soi, Paris, Albin Michel, 1990, p. 179-189. Et JUNG, C. G. La réalité
de l’âme – Manifestations de l’inconscient, Paris, Le Livre de poche, coll. la Pochotèque,
2007, p. 806-814.
3. CAMPBELL, J. et P. COUSINEAU. The Hero’s Journey: Joseph Campbell on His Life and
Work, Novato, Californie, New World Library, 1990. Et CAMPBELL, J. et B. MOYERS.
Puissance du mythe, Escalquiens, éditions Oxus, 2009, 286 p.
4. BAYNES, C. F. The I Ching, or Book of Changes, traduit par R. Wilhelm et C. F. Baynes,
Princeton, New Jersey, Princeton University Press, 1968, p. xxi-xxv.
5. BARTLETT, J. Familiar Quotations, 6e édition, Boston, Little Brown, 1980, p. 513.
CHAPITRE 3 — LE POUVOIR DE LA VISUALISATION
Épigraphe : Albert Schweitzer cité dans HARNER, M. La voie du chamane, Paris, Mama
éditions, 2011, p. 203.
1. PASCUAL-LEONE, A. et F. TORRES. « Plasticity of the Sensorimotor Cortex
Representation of the Reading Finger in Braille Readers », Brain, vol. 116, n° 1,
février 1993, p. 39-52.
Épigraphe de la page : HILLMAN, James. La fiction qui soigne, Paris, Payot, 2005, p. 95.
CHAPITRE 4 — LES RÊVES : L’ATELIER CRÉATIF DU CERVEAU
Épigraphe : JUNG, C. G. Jung on Synchronicity and the Paranormal, Londres, Routledge, 1997,
p. 73.
1. MORRISON, A. R. « The Brain on Night Shift », Cerebrum, 1er juillet 2003, sur le site de la
Dana Foundation, http://www.dana.org/Cerebrum/Default.aspx ?id=39318, consulté le
20 septembre 2012.
2. HOFFMAN, S. « The Message », extrait de SIEGEL, B. A Book of Miracles: Inspiring True
Stories of Healing, Gratitude and Love, Novato, Californie, New Horld Library, 2011, p. 5658.
3. SYLVIA, C. et W. NOVAK. Mon cœur est un autre, Paris, J.-C. Lattès, 1998, p. 15.
4. HOLLOWAY, Gillian. Dreaming Insights: A 5-Step Plan for Discovering the Meaning in Your
Dream, Portland, Oregon, Practical Psychology Press, 2002, 136 p.
281
CHAPITRE 5 — LES DESSINS : QUAND LE CONSCIENT ET L’INCONSCIENT NE
S’ENTENDENT PAS
Épigraphe : GUILLEMETS, T. The Quote Garden, www.quotegarden.com/art.html, consulté
le 24 septembre 2012.
1. KÜBLER-ROSS, E. Sur le chagrin et le deuil, Paris, Pocket, 2011, 288 p.
2. MILLER, A. L’enfant sous terreur, Paris, Aubier, 1993, p. 368.
3. MILLER, A. Abattre le mur du silence, Paris, Aubier, 1992, 210 p.
4. THOMAS, C. « Studies on the Psychological Characteristics of Medical Students »,
document de recherche, Johns Hopkins University School of Medicine, 1964.
5. BACH, S. Life Paints Its Own Span: On the Significance of Spontaneous Pictures by Severely Ill
Children, Einsiedeln, Suisse, Daimon Verlag, 1990, p. 39.
6. Dunne, C. Carl Gustav Jung : guérisseur de l’âme, Montréal, Éditions de l’Homme, 2012,
p. 194.
7. FURTH, G. M. The Secret World of Drawings: A Jungian Approach to Healing through Art,
Boston, Sigo Press, 1988, 150 p.
CHAPITRE 6 — L’INTERPRÉTATION DES DESSINS
Épigraphe : Georgia O’Keeffe, extrait de la brochure de l’exposition Alfred Stieglitz Presents,
cité dans CHAVE, Anna C., « O’Keeffe and the Masculine Gaze », Reading American Art,
éditeurs M. Doezema et E. Milroy, New Haven, Connecticut, Yale University Press, 1998,
p. 352.
CHAPITRE 7 — LES ANIMAUX, LES MÉDIUMS ET LES PERSONNES INTUITIVES
Épigraphe : WENDROFF, G. Heavenletters: Love Letters from God, Fairfield, Iowa, World
Library, 2004, p. 144.
1. ANDERSON, M. R. « The Child Whisperer », extrait de SIEGEL, B. A Book of Miracles:
Inspiring True Stories of Healing, Gratitude and Love, Novato, Californie, New World
Library, 2011, p. 35-38.
2. ANDERSON, F. Extrait du poème non publié « What If I Were My Cat ? ». Frances a
signé son poème comme suit : Frances (Feline-Lover) Anderson.
282
3.
CORELL,
G.
Equestrian
Crossings,
2012,
vidéo
provenant
du
site
www.equestriancrossings.com/video/video.html, consulté le 27 septembre 2012.
4. Ibid.
5. CRISP, T. et C. J. HURN. No Buddy left Behind: Bringing U.S. Troop’s Dogs and Cats Safely
Home from the Combat Zone, Guilford, Connecticut, Lyons Press, 2012, jaquette du livre.
6. Ibid., p. 136 et 244. Les citations sont tirées d’une entrevue enregistrée par Cynthia Hurn,
3 décembre 2010.
7. SIEGEL, B. et M. G. STEIN. Buddy’s Candle, Victoria, Colombie-Britannique, Trafford,
2008, 36 p.
8. KINKADE, A. The Language of Miracles: A Celebrated Psychic Teaches You to Talk to Animals,
Novato, Californie, New World Library, 2006, 320 p.
9. L’histoire d’Olga est racontée dans CERUTTI, E. Olga Worrall : Mystic with the Healing
Hands, New York, Harper and Row, 1975.
CHAPITRE 8 — RIEZ À GORGE DÉPLOYÉE
Épigraphe : SIEGEL, B. Prescriptions for Living: Inspirational Lessons for a Joyful, Loving Life,
New York, HarperCollins, 1998, p. 15.
1. L’histoire de Norman est racontée dans COUSINS, N. Anatomy of an Illness as Perceived by
the Patient, New York, W. W. Norton, 2005, 192 p.
2. SPOTO, D. Ingrid Bergman, Paris, Presses de la Cité, 1997, p. 164.
3. SIEGEL, B. « Divorce », Prescriptions for Living: Inspirational Lessons for a Joyful, Loving Life,
New York, HarperCollins, 1999, p. 16.
CHAPITRE 9 — FAITES SEMBLANT JUSQU’À CE QUE CE SOIT RÉEL
Épigraphe : Helen Keller citée dans FOGG, W. One Thousand Sayings of History: Presented as
Pictures in Prose, Boston, Beacon Press, 1929, p. 17.
1.
CHILD WELFARE INFORMATION GATEWAY.
Under-standing the Effects of
Maltreatment on Brain Development, Washington, D.C., Department of Health and Human
Services,
novembre
2009.
Site
:
www.childwelfare.gov/pubs/issue_briefs/brain_development/brain_development.pdf,
consulté le 24 septembre 2012.
283
2.
3.
Statistiques sur le nombre de membres tirées de Alcoholics
www.aa.org/en_pdfs/smf-53_en.pdf, consulté le 12 février 2013.
HUNTER,
T.
«
Rock
Me
to
Sleep
»,
du
CD
Bits
&
Anonymous,
Pieces,
1977,
www.tomhunter.com/store/bits&pieces.htm, consulté le 24 septembre 2012.
CHAPITRE 10 — LES MOTS PEUVENT TUER OU GUÉRIR
Épigraphe : HILLMAN, James. La fiction qui soigne, Paris, Payot, 2005, p. 93.
1. Lao-tseu. Tao Te King, traduit par Stephen Mitchell, Paris, Synchroniques Éditions, 2008,
p. 75.
CHAPITRE 11 — CHOISISSEZ LA VIE
Épigraphe : SIEGEL, Bernie.
1. KLOPFER, B. « Psychological Variables in Human Cancer », Journal of Projective
Techniques, vol. 21, no 4, décembre 1957, p. 331-340.
CHAPITRE 12 — LES TRANSITIONS ENTRE LA VIE ET LA MORT
Épigraphe : GIBRAN, Khalil. Le prophète, Paris, Alphée, 2005, p. 109.
1. Cité dans HESSELBEIN, F. « A Splendid Torch », Leader to Leader, no. 22, automne 2001,
p. 4-5.
2.
HUNTER,
T.
«
Rock
Me
to
Sleep
»,
du
CD
Bits
&
Pieces,
1977,
www.tomhunter.com/store/bits&pieces.htm, consulté le 24 septembre 2012.
CHAPITRE 13 — LA SPIRITUALITÉ : NOURRISSEZ VOTRE MOI INVISIBLE
Épigraphe : SIEGEL, Bernie.
1. CAMPBELL, Joseph. Reflections on the Art of Living : A Joseph Campbell Companion, éd. D.
K. Osbon, New York, HarperCollins, 1991, p. 22.
2. JUNG, C. G. The Undiscovered Self, traduction de R. F. C. Hull, Londres, Penguin, 1958,
p. 87.
ÉPILOGUE — VERS DE NOUVEAUX COMMENCEMENTS
Épigraphe : Benedetto Croce cité dans CHANG, L. Wisdom for the Soul, Washington, D.C.,
Gnosophia, 2006, p. 484.
284
285
À propos du dr Bernie S. Siegel
B ernie
S. Siegel est un défenseur reconnu des approches
intégratives et holistiques qui guérissent non seulement le corps,
mais aussi l’esprit et l’âme. Bernie, comme ses amis et ses patients
l’appellent, a fait des études à l’Université Colgate et a étudié la
médecine à la faculté de médecine de l’Université Cornell. Il a reçu
sa formation de chirurgien à l’hôpital Yale-New Haven, à l’hôpital
West Haven Veterans et à l’hôpital pour enfants de Pittsburgh. En
1978, Bernie a conçu une nouvelle approche en matière de thérapie
de groupe et individuelle pour soigner le cancer, basée sur
l’utilisation des dessins, des rêves et des sentiments des patients. Elle
porte le nom de Patients cancéreux exceptionnels (Exceptional
Cancer Patients — ECaP). Il a également innové en encourageant ses
patients à apporter des changements importants dans leur mode de
vie et en les intégrant dans leur processus de guérison.
Bernie s’est retiré de la pratique chirurgicale générale et
pédiatrique en 1989. Toujours grand défenseur de ses patients, il se
consacre depuis à humaniser l’approche du personnel soignant
auprès des patients et à redonner à ces derniers le pouvoir de
s’autoguérir afin qu’ils atteignent leur plus grand potentiel. Il
continue d’animer des groupes de soutien et de donner des
conférences partout dans le monde sur les questions relatives aux
patients et au personnel soignant. En tant qu’auteur de nombreux
livres, dont L’amour, la médecine et les miracles ; Messages de vie ; Vivre
sa maladie : trouver ses propres réponses pour l’affronter ;
365 Prescriptions for the Soul, Faith, Hope & Healing et A Book of
Miracles, Bernie a été à l’avant-plan des questions éthiques
spirituelles et médicales de notre temps. Il a été nommé l’une des
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20 personnalités vivantes les plus influentes spirituellement par le
magazine londonien Watkins’ Mind Body Spirit. Bernie et son épouse
Bobbie (qui est parfois sa coauteure) vivent dans la banlieue de New
Haven, au Connecticut. Ils ont cinq enfants, huit petits-enfants,
quatre chats, deux chiens et beaucoup d’amour. Vous pouvez visiter
leur site à l’adresse : www.berniesiegelmd.com.
À PROPOS DE CYNTHIA J. HURN
R édactrice et réviseure à la pige, Cynthia J. Hurn est la coauteure
du livre documentaire No Buddy Left Behind: Bringing U.S. Troops’
Dogs and Cats Safely Home from the Combat Zone. En raison de ses
études en psychologie, en counseling et en création littéraire, ainsi
que de son travail auprès des animaux et des oiseaux sauvages
rescapés, elle met dans son écriture à la fois de la science, du cœur et
de l’âme.
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