Author: Siegel B.S.  

Tags: médecine   médecine alternative   guérison  

ISBN: 978-2-89733-951-7

Year: 2014

Text
                    
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ÉLOGES POUR L’ART DE GUÉRIR « Derrière le monde visible du corps se trouve un domaine invisible et inconscient qui peut être une puissante force de guérison. Pionnier en la matière, Dr Bernie Siegel enseigne à des gens à prendre conscience de ce facteur. Cela leur apporte non seulement une guérison physique, mais également un sentiment de paix, d’accomplissement et de joie de vivre. Quand nous combinons l’art de guérir avec la science médicale, la médecine moderne devient alors entière. Merci, Bernie, de nous montrer la voie. » — Larry Dossey, M.D., auteur de One Mind « Bernie Siegel était déjà un chirurgien reconnu quand il a découvert les formes subtiles de communication que possède l’esprit humain. Il a commencé à explorer l’inconscient, les travaux de Carl Jung et le pouvoir de guérison inné chez toutes les créa-tures vivantes. Il a entrepris une démarche qui a aidé beaucoup de ses patients à se sentir mieux. Sa carrière a alors pris une autre direction et il a commencé à écrire des livres sur ce qu’il avait découvert. Dans ce dernier livre, il imprègne les connaissances scientifiques de compassion en utilisant son regard professionnel pour examiner de manière chaleureuse et personnelle comment la perception, l’intention et la communication non verbale (psychique) influencent la guérison et le bien-être. Ce nouveau livre positif offre différentes méthodes pour que [les lecteurs] puissent apprendre à accéder plus facilement à ce pouvoir et à l’utiliser. » — Anna Jedrziewski, critique littéraire pour Retailing Insight ÉLOGES POUR 101 EXERCICES POUR L’ÂME « Un autre livre agréable, sage, pratique et transformateur du Dr Bernie. Ce guide d’exercices étape par étape s’adresse à la partie de vous qui a des ailes. » — Rachel Naomi Remen, M.D., auteure de Sagesse au coin du feu « Ce livre simple possède toute la sagesse dont vous avez besoin pour vivre en devenant le meilleur de vous-même. Bernie a le don de simplifier et de rendre accessibles des idées complexes. Suivez son plan d’entraînement et vous connaîtrez une vie encore plus merveilleuse que ce que vous auriez pu imaginer. » — Joan Borysenko, Ph. D., auteure de Brûlé : l’épuisement professionnel et la reconquête de la vie « Offert par un des plus grands guérisseurs des États-Unis, ce guide pratique enseigne étape par étape à vivre de manière plus saine et accomplie. Siegel a le don d’inspirer les gens à aller au-delà d’eux-mêmes et à atteindre ce qu’ils croyaient inaccessible. » — Larry Dossey, M.D., auteur de Ces mots qui guérissent 2
« Un livre magnifique et sincère écrit par un médecin légendaire qui vous aide à nourrir votre esprit, votre corps et votre âme. » — Judith Orloff, M.D., auteure de Liberté émotionnelle et Accéder à son énergie sacrée « J’ai toujours admiré Dr Bernie Siegel comme étant un des esprits les plus remarquables de notre temps. Il combine un esprit analytique et scientifique à une profonde connaissance de la spiritualité. Son livre 101 exercices pour l’âme vous aidera à comprendre cette partie de vous-même qui est le génie ultime et suprême et qui reflète la sagesse de l’univers. » — Deepak Chopra, auteur de Le livre des secrets « Les exercices inspirants de Dr Siegel pour atteindre l’illumination dans la vie quotidienne réunissent la sagesse ancestrale dans un livre clair, précis et facile à lire. C’est un précieux ajout à la bibliothèque de tout voyageur spirituel. » 3
L’ART DE GUÉRIR 4
Copyright © 2013 Bernie S. Siegel, MD Titre original anglais : The Art of Healing Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Éditeur : François Doucet Traduction : Jo-Ann Dussault Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-949-4 ISBN PDF numérique 978-2-89733-950-0 ISBN ePub 978-2-89733-951-7 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 5
— Allen et Linda Anderson, auteurs de Angel Dogs et Horses with a Mission 6
Remerciements J e tiens à remercier Cindy Hurn et Georgia Hughes, ainsi que mon agente Andrea Hurst, pour l’aide qu’elles m’ont apportée dans la création de ce livre. Je remercie également ceux qui ont été mes guides de vie et mes enseignants : mon épouse, Bobbie ; nos enfants, Jonathan, Jeffrey, Stephen, Carolyn et Keith ainsi que leurs familles ; et tous mes amis à quatre pattes qui sont trop nombreux pour que je les nomme. DR BERNIE SIEGEL 7
Introduction LES GRANDES QUESTIONS Si vous voulez guérir le corps et l’esprit, vous devez d’abord guérir l’âme. — PLATON H ier, je suis allé renouveler mon permis de conduire. Je m’attendais à ce qu’il y ait une longue file d’attente et à devoir patienter avec les autres tout en souhaitant être ailleurs. Je n’avais donc pas vraiment envie d’y aller. Mais peu de temps après mon arrivée, une femme derrière le comptoir a annoncé mon numéro. Étonné, j’ai regardé autour de moi. Beaucoup de personnes attendaient depuis beaucoup plus longtemps que moi ; c’était sûrement le tour de quelqu’un d’autre. Mais elle a répété mon numéro, alors je me suis levé. Dès que je suis arrivé au comptoir, elle m’a souri, comme si elle me reconnaissait. Il s’avère que j’avais opéré sa mère il y a de nombreuses années. Nous avons bavardé gentiment et elle m’a raconté combien sa mère allait bien. Quand je suis parti, elle m’a encore remercié d’avoir aidé sa mère à guérir. Elle ne faisait pas référence à l’opération chirurgicale ni à la chimiothérapie. Elle parlait de la vie de sa mère. Vous vous en rendez compte ? Elle ne parlait pas de son corps physique ou de sa maladie, mais de ce qui donnait un sens à la vie de sa mère. Je me sentais tellement bien en quittant ces lieux. Notre rencontre n’avait pas été accidentelle ni fortuite. C’était un cadeau. Il n’y a pas de coïncidences. Ce que je m’apprête à partager avec vous — ce qui m’a procuré une nouvelle compréhension de la nature de la vie — ne vient pas de 8
mes croyances, mais de mon expérience personnelle et de mon travail auprès de mes patients et de leurs familles. Ma capacité à garder l’esprit ouvert m’a permis de tirer beaucoup plus de choses de mes expériences et de devenir un meilleur guérisseur que ceux dans ma profession qui disent qu’ils ne peuvent pas accepter ce qu’ils ne comprennent pas ou ne peuvent pas expliquer. Si nous ne cherchons pas à repousser les limites du savoir, nous n’apprenons rien ; nous nous privons de l’occasion de vivre notre vie de manière créative. Voilà pourquoi je ne cesse jamais de poser les questions importantes. Qu’est-ce que j’entends par « questions importantes » ? Les questions que nous devons poser sont : comment l’invisible devient-il visible ? Quelle partie de notre être continue de voir quand nous quittons notre corps lors d’une expérience de mort imminente ? Comment savons-nous intuitivement ce que notre inconscient planifie ? Comment les voyants et les médiums communiquent-ils avec les individus et les animaux, peu importe s’ils sont loin ou morts ? Comment la communauté des cellules du corps communique-t-elle ses besoins et son état de santé à l’esprit conscient ? Et quel est le langage de la création et de l’âme ? L’invisible dont je parle est ce qui se trouve dans notre corps physique, mental, émotionnel et psychique. La plupart d’entre nous prennent conscience de leur équilibre ou déséquilibre intérieur selon leur humeur, leurs sentiments et leurs symptômes, et nous nous fions aux examens médicaux et aux tests de laboratoire pour savoir ce qui se passe dans notre corps. Mais imaginez si nous étions capables de le savoir avant qu’une souffrance physique ou une dépression se manifeste. Nous serions tellement en meilleure santé et nos vies seraient beaucoup plus remplies. En raison de la formation limitée des médecins, nous avons rarement l’occasion 9
d’apprendre la cause réelle d’une maladie. Et pourtant, il est possible de prévenir la maladie et la dépression. Si nous soulevons le couvercle de notre inconscient, nous pouvons être guidés par un savoir plus profond. Les pratiques et les techniques utilisées pour plonger en nous-mêmes nous permettent de communiquer avec l’intelligence supérieure et à apprendre d’elle, que nous choisissions de le faire au moyen du dessin spontané, des rêves, de la méditation, des techniques de respiration ou de toute autre pratique qui nous donne accès au pouvoir de guérison de notre sagesse intérieure. Il est non seulement possible de communiquer avec l’intelligence supérieure, mais cela se produit constamment, que nous en soyons conscients ou pas et que nous cherchions à le faire ou pas. La même intelligence qui permet aux cellules de communiquer à l’intérieur du corps humain est inhérente à toutes les formes de vie. Elle est caractérisée par sa fluidité et elle circule à la fois avec intention et abandon, en traversant toutes les barrières de la matière, du temps et de l’espace. Elle se manifeste d’une manière qui ressemble souvent à une coïncidence. Des événements, des guérisons et du secours inexpliqués ou des messages réconfortants surviennent au moment où vous en avez besoin, comme cela m’est arrivé hier, quand j’ai pu renouveler plus rapidement mon permis de conduire et que j’ai reçu un cadeau de gratitude. Pour être réceptif à cette communication, qu’elle vous soit transmise sous forme de symboles ou de mots, vous devez calmer votre esprit, comme un étang tranquille dont les reflets ne sont troublés par aucune turbulence. Ce que j’ai vécu aujourd’hui en est un bon exemple. Je prends soin de mon épouse, Bobbie, qui souffre de la sclérose en plaques depuis des décennies. Il y a des jours où je 10
suis dépassé par tous ces soins que je dois donner et par mes autres responsabilités. C’est parfois un défi d’aimer mon destin et d’apprendre la leçon de la compassion. J’ai consacré la majeure partie de ma vie à guérir les gens et je les ai encouragés à prendre soin d’eux-mêmes aussi bien qu’ils prennent soin des autres. Mais il est parfois difficile de joindre le geste à la parole quand vous prenez soin d’une personne que vous aimez durant des années. C’est facile d’oublier que vous avez vous aussi des besoins. Ce matin, je suis allé promener mes chiens à un de mes endroits préférés. Le cimetière près de notre maison date de plusieurs centaines d’années. Il est situé en banlieue et il est rare que j’y croise des gens, sauf si c’est l’anniversaire du décès de quelqu’un ou s’il y a des funérailles. Parce que le cimetière est si paisible, je peux laisser mes chiens courir librement. Pour moi, c’est comme si je méditais en marchant et pour eux, c’est une aventure. Les chiens sont passés maîtres dans l’art de vivre dans le moment présent. Aujourd’hui, mes chiens ont trouvé un objet sur le sol, près du chemin, à plusieurs mètres du chemin. Je me suis approché et je l’ai pris. C’était un petit ours en peluche blanc. Sur sa poitrine, il était écrit « Aime-moi ». L’ours était propre et en très bon état, comme s’il venait de tomber de la tablette d’une boutique. J’ai regardé autour de moi dans le cimetière. Il n’y avait personne. J’ai relu les mots à voix haute : « Aime-moi ». C’était comme si quelqu’un l’avait déposé là en sachant que c’était le message dont j’avais besoin. C’était un si beau cadeau. J’ai glissé l’ours dans ma poche et je l’ai apporté à la maison. Des coïncidences apparentes de ce genre se produisent exactement quand vous en avez le plus besoin. Quand vous vous accordez des moments de tranquillité, vous augmentez les chances de recevoir des messages d’amour et de soutien. Le petit ours est maintenant 11
assis sur le comptoir de la cuisine en compagnie d’autres ours en peluche que j’ai trouvés. J’ai dressé des petits espaces sacrés dans notre maison, qui me procurent la thérapie dont j’ai besoin durant toute la journée. Le langage de la création et de l’âme s’exprime de nombreuses façons. Il prend parfois la forme d’un murmure subtil ou il est parfois si clair qu’il est difficile d’en douter ou de l’ignorer. Avant, j’étais sceptique par pure ignorance. Je n’avais pas été formé à avoir une autre vision des choses. Mais avec le temps, j’ai appris à ouvrir mon esprit aux autres sortes de communication et de possibilités. J’ai consulté un médium, qui a repéré notre chat égaré au Connecticut, alors qu’elle se trouvait en Californie. J’ai vécu une expérience de mort imminente qui m’a permis d’apprendre que nous sommes davantage que notre corps. J’ai vécu des expériences de vies antérieures et j’ai des patients qui m’ont transmis des messages par l’entremise de médiums. J’ai même entendu des voix me parler de l’Au-delà. Je n’ai pas cherché à vivre ces expériences, mais elles se sont produites. Au lieu de nier leur réalité parce que je ne les comprenais pas, j’ai cherché, comme les astronomes et les physiciens, à accepter ce que j’avais vécu, à explorer l’invisible et à communiquer avec lui. Le psychothérapeute Ernest Rossi a observé que « les expériences, les sensations, les pensées, les images, les émotions et le comportement que nous avons chaque jour et à chaque heure peuvent moduler l’expression génétique et la neurogenèse de manière à changer la structure physique et le fonctionnement de notre cerveau1 ». Ce qu’il voulait dire est que notre esprit est comme une télécommande avec un nombre infini de canaux (la conscience supérieure) et que notre corps est comme l’écran de télévision qui 12
affiche le canal que vous choisissez. Si vous vous limitez aux canaux acceptés par vos pairs, votre vie consistera à demeurer dans les limites de leur discipline et votre idée de la réussite sera basée sur la quantité de reconnaissance que vous avez obtenue. En d’autres mots, si vous prêtez attention au canal de l’argent plutôt qu’au canal spirituel, votre vie ne sera que matérialiste et vous baserez votre réussite sur ce que vous avez accumulé. Mais si vous prêtez attention au canal spirituel, votre vie consistera alors à améliorer le monde et vous baserez votre réussite sur ce que vous avez fait pour améliorer la vie. Vous n’êtes plus gouverné par les règles sociales, politiques et religieuses. Votre vie, qui est un cadeau de Dieu, devient un cadeau que vous offrez à Dieu par vos actions. La conscience peut être ressentie comme un champ universel qui nous touche tous, et des physiciens quantiques l’ont démontré dans leurs études. Des livres tels que The Psychobiology of Gene Expression, d’Ernest Rossi, donnent un aperçu de la façon dont l’esprit universel fonctionne. Rossi fait référence à une forme d’intelligence qui communique au moyen des changements dans nos gènes. Il écrit : « Cette catégorie particulière de gènes (les gènes précoces immédiats) peut réagir en quelques minutes d’une manière adaptative aux signaux psychosociaux et aux événements marquants dans la vie. Les gènes précoces immédiats ont été décrits comme étant les médiateurs, nouvellement découverts, entre l’inné et l’acquis : ils reçoivent des signaux de l’environnement pour activer les gènes qui codifient la formation des protéines qui actionnent ensuite les fonctions adaptatives des cellules en santé et malades. Les gènes précoces immédiats intègrent le corps et l’esprit ; ce sont des joueurs clés en médecine psychosomatique, en guérison du corps et de l’esprit et dans les arts thérapeutiques2. » 13
Si vous avez de la difficulté à croire que les gènes peuvent communiquer des messages qui initient des réactions immédiates de survie, pensez à la façon dont les bactéries apprennent à résister aux antibiotiques, à celle dont les virus résistent aux antivirus, à celle dont les blessures des êtres vivants guérissent, à celle dont les êtres vivants résistent aux parasites, etc. Tous ces processus exigent une forme d’intelligence qui comprend la situation et demande au reste des cellules du corps de réagir d’une manière désirée. Et cela doit s’effectuer à l’échelle des gènes pour que ce savoir soit transmis aux générations futures. Nos connaissances et nos souvenirs sont non seulement emmagasinés dans notre cerveau, mais aussi dans les cellules de notre corps. Cela devient plus apparent quand une personne qui reçoit une transplantation d’organe se réveille après l’opération en ayant de nouveaux souvenirs uniques et des préférences appartenant à son donneur. Peu de temps après avoir reçu une transplantation cardio-pulmonaire à l’hôpital Yale-New Haven, on a demandé à Claire Sylvia ce qu’elle désirait plus que tout et elle a répondu : — En fait, je meurs d’envie d’une bière3. Elle s’est demandé pourquoi elle avait dit cela. Elle ne buvait jamais de bière ; elle n’aimait même pas la bière. Il s’avère que son cœur venait d’un adolescent qui adorait la bière et qui roulait en motocyclette. Il lui est plus tard apparu dans un rêve et lui a dit son nom. Elle a fini par retracer sa famille grâce à la notice nécrologique de leur garçon ; elle les a rencontrés et en a appris davantage sur ce dernier. Claire, dont je parle plus loin dans le chapitre 4, m’a demandé d’aller la voir parce qu’elle savait que je l’écouterais, même 14
si tout le monde croyait qu’elle était folle. Elle a raconté son expérience dans un livre, Mon cœur est un autre. Une autre forme d’intelligence invisible et de communication à l’extérieur du corps est décrite dans le livre de Lynne McTaggart, Le champ de la cohérence universelle. Elle écrit : « Les physiciens spécialisés en physique quantique avaient découvert dans le monde subatomique une propriété étrange appelée « non-localité ». Par cette propriété, une entité quantique, comme un électron isolé, peut avoir un effet instantané et à distance sur une autre particule quantique, même en l’absence d’échange de force ou d’énergie entre elles. Ce phénomène laissait donc entendre qu’une fois les particules quantiques en contact, elles maintiennent entre elles un lien même si elles sont séparées4. » La preuve qu’il existe une communication invisible entre des particules plus petites que des atomes a été faite depuis longtemps. Par exemple, les mutations biologiques qui se produisent chez une variété de plantes dans une partie du monde ont également été observées dans d’autres parties du monde chez la même variété de plantes. Le savoir est également transmis, comme lorsqu’une espèce animale apprend à utiliser un bâton pour accomplir une tâche particulière et que cette habileté est apprise au même moment, dans d’autres parties du monde, par la même espèce, même si aucun moyen de communication visible ou de lien physique n’est présent. En Angleterre, après des années de livraison du lait à domicile, les oiseaux ont soudainement appris à ouvrir les bouteilles de lait avec leur bec. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les livraisons de lait ont cessé. Puis, quand elles ont repris après la guerre, les oiseaux ont aussitôt commencé à ouvrir les bouteilles. Étant donné les années qui s’étaient écoulées, peu d’oiseaux du premier groupe étaient 15
encore en vie quand les livraisons ont cessé. Comment les plus jeunes oiseaux ont-ils compris aussi rapidement comment procéder ? Après que les physiciens eurent identifié la non-localité (la propriété subatomique des particules quantiques qui influencent d’autres particules sans qu’il y ait un échange physique de force ou d’énergie), des observateurs ont reconnu que cela expliquait certains phénomènes, comme le fait que des animaux possédaient des habiletés qui ne leur avaient jamais été enseignées. Ce qui voyageait à travers le monde et d’une génération à l’autre n’était pas de la matière, mais de l’intelligence. Dans la médecine occidentale, quand les médecins entendent une chose qui ne faisait pas partie de leur éducation ou de leur formation, ils disent souvent : — Je ne peux pas accepter cela. Ce qu’ils veulent dire, c’est : — Je ne peux pas l’expliquer. Alors, ils la rejettent. Dans son livre The Energy Cure: Unraveling the Mystery of Hands-On Healing, William Bengston, Ph. D., a écrit à propos de sa recherche expérimentale sur des souris à qui il avait inoculé un cancer virulent qui devait arriver en phase terminale au bout de quelques semaines. Bengston a formé ses étudiants chercheurs à utiliser une technique de guérison appelée « défilé d’images ». Les chercheurs n’avaient jamais pratiqué la guérison, pas plus qu’ils ne s’y intéressaient ou avaient foi en elle. Dans la majorité des cas, les souris ont été entièrement guéries. Et les chercheurs ont obtenu ce résultat à de nombreuses reprises durant les expériences avec groupe témoin, dans les laboratoires scientifiques de plusieurs institutions très respectées. Même les pairs de Bengston qui ont assisté à ces expériences, qui ont vu les contrôles et ont été témoins 16
des résultats renversants ont refusé de croire que la médecine traditionnelle prendrait un jour son travail au sérieux5. Les expériences de mort imminente nous révèlent que nous sommes davantage qu’un simple corps physique. Jung disait souvent que la psyché et la matière sont des aspects complémentaires de la même chose. Je crois que ces deux aspects communiquent entre eux au moyen d’images, du langage de la création et de l’intention. Avec les images qui apparaissent dans nos rêves et le dessin spontané, nous pouvons accéder à notre sagesse intérieure et voir la personne authentique que nous sommes vraiment destinés à être. Nous pouvons chasser les messages négatifs qui ont été implantés dans notre esprit et transformer nos pensées en utilisant la visualisation créative et des affirmations positives pour adopter une attitude qui valorise la vie. Nous pouvons apprendre à vivre dans le moment présent et à utiliser le pouvoir de guérison de différentes pratiques quotidiennes telles que le rire, la méditation et la tenue d’un journal. Aimer et guérir notre vie ne consiste pas seulement à anéantir la maladie ; cela consiste aussi à être en santé, en paix et comblé. Dans L’art de guérir, je parle de tous ces sujets ainsi que des avantages de travailler avec les animaux, les médiums et les personnes intuitives, et d’apprendre d’eux. En partageant les histoires de certains de mes patients, j’espère illustrer de manière pratique comment d’autres personnes ont obtenu des résultats positifs en adoptant ces pratiques créatives. Je suggère aussi des exercices (que j’appelle « l’ordonnance du médecin ») pour vous aider à explorer votre propre sagesse intérieure. Depuis que j’ai abandonné la chirurgie pour aider mes patients à guérir d’une autre façon, je me suis donné le nom de « chirurgien 17
jungien ». Pour aider mes patients, j’utilise maintenant d’autres outils que les instruments chirurgicaux. Ces outils comprennent entre autres une boîte de crayons de cire, un pistolet à eau, une crécelle et un marqueur. Dans ce livre, vous allez lire à propos du groupe de thérapie pour les patients cancéreux exceptionnels (Exceptional Cancer Patients — ECaP) que mon épouse Bobbie et moi avons créé. Le groupe continue de se voir régulièrement et il a aidé des centaines de patients à guérir leur vie ainsi que leur corps. Les gens possèdent en eux le potentiel de s’autoguérir. J’ai vu à de nombreuses reprises mes patients obtenir des résultats positifs en adoptant certaines des techniques et des attitudes décrites dans ce livre. Sur mon site Web, au www.berniesiegelmd.com, j’offre des livres et des CD de méditation, ainsi que des conseils individuels dans la section « Ask Bernie a Question ». Dans les nombreux articles et entrevues affichés sur le site, je recommande des outils créatifs qui guident les gens dans leur processus de décision, que ce soit dans leur vie quotidienne ou lorsqu’ils rencontrent différentes difficultés. L’art de guérir a pour but de leur fournir davantage d’outils et d’aider les gens à vivre (ou à mourir) avec un sentiment d’harmonie, de plénitude et de paix. Je veux partager ma méthode de chirurgie jungienne avec le monde entier, en particulier avec les professionnels de la santé, les patients et leur famille afin qu’ils comprennent combien les aspects somatiques de la santé et de la maladie sont inséparables de l’intégration naturelle de l’esprit, du corps et de l’âme. Nous dépensons beaucoup de temps et d’argent à explorer l’espace, mais notre espace intérieur offre les mêmes merveilles et le même 18
mystère, et il devrait faire partie de notre formation médicale professionnelle. Quand nous ouvrons notre esprit et que nous sommes à l’écoute de notre sagesse intérieure et de la conscience supérieure, nous entreprenons alors un voyage enrichissant et parfois miraculeux vers la santé et l’autoguérison. Quand nous acceptons d’effectuer ce voyage, nous devenons des artistes et notre vie devient la toile. Je vous invite maintenant à avoir la curiosité et l’ouverture d’un enfant. Prenez ma main et avancez avec moi à travers ces pages. Vous allez bientôt découvrir, tandis que nous cheminons ensemble, que vous avez créé, pratiqué et fait l’expérience de l’art de guérir. Quand nous laissons l’artiste vivre en nous, nous devenons des êtres stimulants et créatifs qui profitent à tout notre entourage. Alors, lisez ce livre, saisissez votre pinceau et votre palette et commencez à vivre votre vie authentique. 19
Chapitre 1 L’ÉVEIL DU MÉDECIN Bien enfouie dans notre inconscient, tapie au fin fond de notre mémoire, se trouve la connaissance de tout ce que nous devons savoir sur la vie. — RABBIN NOAH WEINBERG I maginez ce que vous ressentez quand vous regardez une personne dans les yeux et que vous lui dites : — Vous avez un cancer de stade 4. Sa vie entière vient de basculer. Vous voyez l’expression dans son regard et dans celui des proches qui l’ont accompagné. Imaginez ce que vous ressentez quand la patiente est seule, sans personne pour la soutenir quand elle apprend la nouvelle. Dans un cas comme dans l’autre, vous êtes sa bouée de sauvetage et sa source d’espoir. Vous êtes son guide de vie sur le chemin de la survie et vous pouvez l’aider à atteindre son plein potentiel au moyen de l’autoguérison. Je suis devenu médecin parce que j’aime les gens et que je voulais les aider à aller mieux quand ils étaient malades. Mais après des années de pratique en tant que pédiatre et chirurgien, et après avoir effectué de nombreuses opérations, je me suis un jour senti anéanti quand j’ai pris conscience que je ne pouvais pas guérir tous mes patients. Je souffrais beaucoup et je n’avais personne à qui en parler. J’étais également fâché que ma formation de médecin ne m’ait pas préparé à composer avec la vie des gens ; elle ne m’avait enseigné que la mécanique de la médecine et de la chirurgie. J’ai même écrit aux doyens de la faculté de médecine où j’avais étudié pour leur dire qu’ils avaient fait de moi un merveilleux technicien, mais qu’ils ne 20
m’avaient pas appris comment prendre soin de moi ou de mes patients. Un médecin à la retraite qui est allé à l’école religieuse et est devenu aumônier à la faculté de médecine de Yale a effectué une étude au cours de laquelle il a demandé à des chirurgiens comment ils se sentaient en tant que chirurgiens. À chaque répondant, il a dû répéter de trois à cinq fois la question avant que la personne cesse de commencer sa phrase par « Je crois… ». Quand ces chirurgiens ont finalement utilisé les mots « Je me sens… », la plupart ont dit que c’était pénible et ils ont admis qu’ils ne voulaient pas connaître leurs patients. Beaucoup d’autres études ont révélé que le taux de dépression, d’épuisement professionnel et d’idées suicidaires est plus élevé chez les chirurgiens que dans la population en général, et que lorsqu’une erreur chirurgicale est commise ou qu’une opération chirurgicale ne parvient pas à guérir un patient, les chirurgiens souffrent encore davantage. Parmi les professions soumises à des niveaux élevés de stress (comme la police, les travailleurs sociaux, les enseignants et les infirmières), ils sont également ceux qui sont les moins susceptibles d’aller chercher de l’aide psychologique ou autre. Parce qu’ils essaient d’éviter toute souffrance émotionnelle, les chirurgiens se distancient souvent de leurs patients et font référence à eux en nommant plutôt leur diagnostic ou leur maladie, le numéro de leur chambre d’hôpital ou leur traitement. J’ai entendu des médecins discuter de leurs patients avec des collègues en faisant référence à eux comme étant « la double mastectomie » ou « le glioblastome », même quand le patient pouvait les entendre. Quelle image vous vient à l’esprit quand je dis « double mastectomie » ? Voyez-vous le visage d’une femme qui a une famille, un mari et des 21
enfants qui l’aiment ? Non. Vous ne voyez que l’ablation de ses seins et les cicatrices sur son corps. Je crois qu’un médecin qui voit ses patients sans savoir comment les écouter et communiquer avec eux est comme un prêtre qui ne sait pas comment s’adresser à Dieu. Quand un patient sent que son chirurgien ne le voit pas comme un être humain, sa maladie et son traitement deviennent alors une source de grande frayeur ; le patient peut se sentir isolé et impuissant, ce qui atteint sa capacité de survie. Plus j’ai pratiqué en tant que chirurgien, plus il m’est devenu difficile de ne pas avoir l’impression de décevoir mes patients et moi-même. Je ne comprenais pas pourquoi Dieu avait créé un monde aussi imparfait. En 1977, j’ai entendu parler d’un atelier appelé « Les facteurs psychologiques, le stress et le cancer », animé par Carl Simonton, un radio-oncologue. Durant les premières années de sa carrière, il a observé que lorsque des patients atteints d’un cancer similaire recevaient la même dose de radiation, les résultats de leurs traitements variaient considérablement. Il a relevé les variables entre les patients et a constaté que la seule différence statistiquement significative semblait être leur attitude et leur volonté de vivre. Il en est venu à la conclusion que les gens qui ont une attitude plus positive vivent habituellement plus longtemps et souffrent moins des effets indésirables de la radiothérapie. Simonton a ajouté à ses techniques thérapeutiques des conseils en matière d’habitudes de vie, qui comprenaient la méditation et l’imagerie mentale, et il a aidé à rompre le modèle rigide des pratiques médicales établies de l’époque. Les résultats de sa recherche indiquaient que lorsque des conseils en matière d’habitudes de vie étaient intégrés au traitement médical des 22
patients atteints d’un cancer à un stade avancé, leur période de survie doublait et leur qualité de vie était améliorée. Simonton a publié les résultats de ses études dans des journaux médicaux et dans Guérir envers et contre tout, un livre qu’il a coécrit avec son épouse, Stephanie Matthews-Simonton (une psychologue) et James Creighton1. J’avais hâte d’assister au séminaire de Simonton et d’apprendre des habiletés qui m’aideraient moi et mes patients. J’avais présumé que l’atelier avait été conçu pour des médecins et d’autres personnes du milieu médical ; j’ai donc été surpris de voir que j’étais le seul médecin dans la salle. À l’exception de deux psychologues, toutes les autres personnes étaient des patients atteints du cancer. Dans le cadre de mon travail de chirurgien, il m’arrivait souvent de visualiser en détail la procédure chirurgicale, la veille de l’opération, afin de me préparer aux structures anatomiques sur lesquelles j’opérerais et de prédire quels obstacles pourraient se présenter durant l’opération, mais je n’avais aucune expérience en matière d’imagerie mentale guidée. J’étais donc plutôt sceptique quand Carl Simonton a fait jouer une musique douce et a demandé aux personnes dans la salle de fermer les yeux. J’étais assis à côté d’un de mes patients, dans la première rangée, et quand Carl m’a regardé, je n’ai pas voulu qu’il croie que je refusais de participer, alors j’ai fermé les yeux. Quand Carl a dit : — Vous allez voir votre guide intérieur s’approcher de vous… J’ai pensé : « C’est complètement insensé ; je ne suis pas venu ici pour ce genre de chose ». Je suis un artiste — un peintre —, ce qui signifie que je suis une personne visuelle. Malgré mon scepticisme, j’ai fermé les yeux et j’ai écouté la voix de Carl, et j’ai vite commencé à avancer dans 23
l’imagerie guidée, en visualisant les choses avec clarté et beaucoup de détails. J’ai vécu une expérience incroyable. Soudain, la question n’était plus « Qu’est-ce que je crois ? » mais « Qu’est-ce que je viens de vivre ? ». Durant chaque exercice auquel nous avons participé, mon esprit s’est ouvert à des choses qui ne m’avaient jamais été présentées durant ma formation professionnelle. Ma perception des choses a commencé à changer. J’ai regardé avec fascination les participants, qui étaient visiblement détendus et qui avaient une expression de joie, d’espoir et de sérénité sur leur visage. Plutôt que de se sentir victimes de leur maladie, les patients en sont venus à comprendre qu’ils possédaient en eux de puissantes ressources pour guérir et résoudre des problèmes. En 1979, je suis retourné à mon bureau trois jours après avoir assisté à un autre séminaire, donné cette fois-ci par Elisabeth KüblerRoss. À la fin de la journée, un de mes partenaires, Dr Richard Selzer, m’a dit : — Tu vas partir. — Que veux-tu dire ? lui ai-je demandé. — Tu es une personne complètement différente. Tu vas abandonner la chirurgie. Il pouvait sentir le changement qui s’était produit dans ma conscience et il voyait intuitivement ce que je ne voyais pas. Il avait raison. Moins de 10 ans plus tard, j’ai abandonné la chirurgie pour m’adresser aux gens et les aider à guérir d’une autre manière. Comment avait-il su quel était mon avenir ? Quelle intuition l’avait traversé et d’où était-elle venue ? Quand j’ai assisté au séminaire d’Elisabeth Kübler-Ross, le travail que nous avons effectué avec le dessin spontané m’a permis de 24
découvrir, en quelques heures, des révélations incroyables et de l’information à propos de ma vie. En raison de ma formation de chirurgien et de mes connaissances de l’anatomie, je voyais également des choses dans les dessins des autres qu’un psychothérapeute ne verrait pas normalement, en particulier la structure des différentes maladies et les traitements qui étaient inconsciemment révélés dans ces dessins. L’inconscient s’exprimait dans des objets normaux, comme les arbres, les nuages et les gens, en illustrant le véritable état physique, émotionnel et spirituel du patient. Les images sont devenues les symboles de la vérité intérieure et extérieure de chaque personne. Durant ce séminaire, j’ai appris que Carl Jung était fasciné par les connaissances qu’avait l’inconscient d’un individu à propos de son corps et de sa psyché, comme le révélaient les dessins de ses patients. Je suis alors devenu un croyant et la boîte de crayons de cire est devenue un de mes outils thérapeutiques. J’ai commencé à demander à mes patients et à leur famille de me faire des dessins. Cela nous aiderait à prendre des décisions thérapeutiques basées non seulement sur notre intellect, mais aussi sur un savoir intérieur ; et cela nous aiderait à comprendre les relations familiales et les problèmes psychologiques. J’étais fâché que la signification des dessins et des rêves, en lien avec des facteurs physiques et psychologiques, ne fût pas systématiquement enseignée dans les facultés de médecine. Je n’ai pas encore rencontré un étudiant en médecine ou un médecin qui se soit fait dire durant sa formation que Carl Jung a pu diagnostiquer une tumeur au cerveau à partir du rêve d’un patient2. Quand j’ai pris conscience de toutes les connaissances que je ne possédais pas, malgré les nombreuses années passées à la faculté de 25
médecine, j’ai communiqué avec des thérapeutes jungiens pour explorer leur travail et leur sagesse. Gregg Furth, psychanalyste jungien et auteur de The Secret World of Drawings3, m’a guidé, ainsi qu’une autre psychanalyste jungienne, Susan Bach, auteure de Life Paints Its Own Span. Son livre est basé sur ses études de dessins réalisés par des enfants atteints de la leucémie. Elle avait elle aussi pris conscience des aspects psychologiques et physiques qui étaient révélés dans les dessins des enfants. Les indices somatiques et organiques aidaient à poser un diagnostic, à traiter l’enfant et à faire un pronostic ; les dessins sont devenus un important outil de communication pour le médecin, le patient et sa famille4. Je n’oublierai jamais la note que j’ai reçue de Susan Bach après lui avoir écrit pour lui dire ce que j’avais découvert dans les dessins de mes patients. Elle m’a répondu : « Calmez-vous ; nous savons tout cela. » Cela fait longtemps que les psychologues ont observé un changement dans la santé physique des gens quand ces derniers retrouvaient une vie équilibrée. Dans mon excitation, j’ai également écrit aux rédacteurs en chef de journaux américains en psychologie et j’ai eu pour réponse que cette information était « pertinente, mais pas intéressante », tandis que les rédacteurs en chef de journaux en médecine m’ont dit qu’elle était « intéressante, mais pas pertinente » pour leurs publica-tions. La réaction de ces rédacteurs en chef, ainsi que celle de Susan Bach, m’a confirmé que ce que les professionnels de la santé mentale du monde entier savaient à ce sujet et acceptaient était cohérent. Avant d’assister à des ateliers, quand je voyais mes patients, je voyais leur cancer. Je me concentrais sur les aspects physiques de leur maladie et je me disais que j’étais responsable de les guérir. Après les ateliers, j’ai commencé à voir mes patients comme des 26
êtres humains qui ont la capacité et le potentiel de guérir. Je leur ai consacré plus de temps pour les écouter et leur poser davantage de questions comme : « Pouvez-vous me décrire ce que vous ressentez et ce que vous vivez ? » Des mots comme « confusion », « échec » et « épuisant » sortaient de leur bouche. Si un patient me disait : — Je ressens comme une pression dans le dos et sur mes épaules. Je lui demandais alors : — Que se passe-t-il dans votre vie qui pourrait être décrit comme de la pression et qui crée une tension chez vous ? Le patient parlait inévitablement d’une situation actuelle ou récente dans sa vie qu’il avait associée avec le sentiment de porter un poids sur ses épaules ou de ployer sous le poids des responsabilités. En faisant un lien mental entre son émotion et son état physique, il pouvait alors mieux explorer des façons d’apporter des changements dans sa vie pour atténuer ce poids et donner une meilleure chance à son corps de guérir. Certains patients ont commencé à guérir quand ils ont vu leur maladie comme une bénédiction, une sonnette d’alarme ou un nouveau commencement. UNE APPROCHE DIFFÉRENTE Maintenant que je me concentrais sur les aspects positifs de mes patients et sur les buts que nous voulions atteindre, je ne me sentais plus isolé et accablé par mes responsabilités. Une de mes patientes m’avait dit à l’atelier de Simonton : — Bernie, je me sens mieux quand je suis dans ton bureau, avec toi, mais je ne peux pas t’emmener chez moi. Je dois apprendre comment vivre entre mes visites à ton bureau. En entendant cela, je me suis dit : « Eh bien, je n’ai pas à éprouver un sentiment d’échec. Même si je ne peux pas guérir leur maladie, j’ai tout de même accompli quelque chose pour eux en les aidant à 27
vivre. » J’ai donc envoyé une lettre à une centaine de patients atteints d’un cancer pour leur dire que s’ils voulaient vivre et jouir d’une vie plus longue et meilleure, ils n’avaient qu’à venir assister à une rencontre. Je n’avais aucune idée du nombre de personnes qui répondraient à la lettre. À ce moment-là, je pensais : « Si j’avais le cancer et que mon médecin m’envoyait une lettre me proposant d’essayer quelque chose de nouveau, ne dirais-je pas à tous ceux que je savais atteints du cancer de venir à la rencontre ? » Quelques heures avant le début de l’atelier, j’ai paniqué. J’imaginais que plusieurs centaines de personnes étaient venues et qu’elles formaient une longue file à l’extérieur de l’immeuble. Où allais-je faire asseoir tous ces gens ? Mon épouse Bobbie, qui m’aidait à organiser l’atelier, m’a rappelé que toutes les nouvelles aventures doivent commencer quelque part et que peu importe ce qui arriverait, nous avancions au moins dans une direction positive. Elle m’a lancé quelques-unes de ses plaisanteries et nos rires m’ont aidé à me détendre. À l’heure où l’atelier devait commencer, moins d’une douzaine de femmes étaient présentes. J’étais stupéfait. J’ai compris qu’il me faudrait accepter le fait que j’ignorais quelle était la volonté de vivre de mes patients ou leurs motivations et désirs réels. Ma femme m’a dit que comme la majorité de mes patients atteints d’un cancer avaient reçu l’invitation, mais qu’ils n’avaient pas saisi l’occasion d’assister gratuitement à une rencontre qui pourrait les aider, ceux qui étaient venus devaient être des patients exceptionnels ; elle a donc appelé notre nouveau groupe les Exceptional Cancer Patients ou ECaP (patients cancéreux exceptionnels). 28
Mes patients sont devenus mes enseignants. Une des choses les plus importantes qu’ils m’ont enseignée est que nous sommes tous capables d’avoir un comportement exceptionnel et que quand nous apprenons à le mettre en pratique, nous prenons conscience de notre propre potentiel de guérison. Les rencontres ont procuré aux membres de notre groupe tellement de bienfaits physiques, spirituels et psychologiques que beaucoup d’entre eux ont acquis auprès de mes collègues de l’hôpital la réputation d’être « un des patients fous de Bernie ». On pouvait entendre les médecins dire : — Ce groupe de Bernie… Ils semblent un peu cinglés, mais ils ne cessent d’aller mieux. La description « un des patients fous de Bernie » est donc devenue un compliment. Le groupe des ECaP existe encore. C’est la combinaison d’une thérapie individuelle et d’une thérapie de groupe qui utilise la méditation, la visualisation créative, le dessin spontané, les rêves, l’humour et l’exploration des sentiments. Il est basé sur une douce confrontation : une confrontation sûre, aimante et thérapeutique qui facilite les changements apportés au mode de vie, la revendication du pouvoir personnel et la guérison de la vie de l’individu. Je suis heureux de dire que plus de 30 ans après la création du groupe des ECaP, les centres du cancer des quatre coins du pays font de la thérapie de groupe faisant appel à plusieurs méthodes. Le besoin d’encourager davantage une approche esprit-corps-âme dans la médecine traditionnelle demeure grand, surtout dans la formation des professionnels de la santé. Mais les études scientifiques et les attitudes changent lentement et la direction qu’a prise ce changement a souvent été positive. 29
Dans ce livre, j’espère offrir non seulement de l’information, mais aussi de l’inspiration. Dans chaque chapitre, je fournis des éléments théoriques appuyés par des histoires concernant mes patients, et je recommande des exercices qui vous donnent l’occasion d’essayer chacun de ces outils de guérison complémentaires. 30
Chapitre 2 LA SOURCE, LA SIGNIFICATION ET LA VALIDITÉ DES SYMBOLES Quand l’âme veut faire l’expérience de quelque chose, elle projette une image devant elle et plonge dedans. — MAÎTRE ECKHART J e suis souvent émerveillé par l’intelligence qui se trouve dans les graines et je me demande quelle image de la vie elles renferment dans leurs cellules. Comment une graine sait-elle ce qu’elle doit devenir et comment favoriser sa croissance ? Ce qui m’impressionne encore davantage est de voir une pousse s’élever à travers la chaussée. Comment les graines savent-elles par où se frayer un passage quand la lumière et la chaleur sont bloquées ? Et pourquoi n’abandonnent-elles pas quand elles constatent qu’il y a de l’asphalte au-dessus d’elles et qu’elles vont se buter à un mur de pierre ? J’ai utilisé des exemples du comportement des plantes pour inspirer ma famille et mes patients. Les plantes possèdent une source de sagesse dans leurs gènes ainsi qu’un sens de la gravité. Elles ne cèdent pas face à l’adversité quand elles se butent à des obstacles ; elles se fraient un chemin ou trouvent de nouvelles façons d’atteindre la lumière. Alors, qu’est-ce qui incite les plantes à progresser et à ne pas céder face aux obstacles ? La clé pour toutes les formes de vie est la communication. Cela comprend la capacité de communiquer entre eux que possèdent tous les organismes unicellulaires, de même que les organismes plus complexes tels que les êtres humains. Cela fait également référence à 31
l’échange d’information entre les systèmes, les organes et les cellules à l’intérieur de chaque corps et avec la conscience supérieure qui englobe toute la création. La communication entre les cellules a évolué quand les organismes unicellulaires ont découvert comment transmettre de l’information vitale en modifiant la chimie de leur environnement. En présence d’un danger, elles sécrétaient des substances qui leur permettaient de former des boules de cellules qui pouvaient survivre dans des conditions de vie difficiles, comme lors des sécheresses ou des fluctuations de la température. Il est également possible d’observer ce genre de regroupement chez des créatures beaucoup plus complexes, comme les troupeaux d’animaux ; c’est le cas, par exemple, des éléphants et même des baleines grises, quand elles encerclent les membres plus vulnérables de leur communauté pour les protéger des prédateurs. Les organismes en évolution ont compris la différence entre un comportement qui assure leur survie et un comportement autodestructeur, autant consciemment qu’inconsciemment ; ainsi, l’intelligence de leurs prédécesseurs a pu être transmise aux individus vivants de chaque espèce. L’espèce humaine est confrontée à des difficultés quand nous ne prêtons pas attention aux messages de danger parce que notre « état de conscience » nous distrait. Notez que je n’ai pas dit notre « intelligence ». Si nous grandissons en recevant des messages aimants et encourageants des figures d’autorité dans notre vie, nous réagissons face au danger et nous protégeons notre santé et notre vie parce que nous avons une bonne estime de nous. Nous nous comportons intelligemment et nous prêtons attention aux signaux inconscients que nous transmettons à notre corps et à ceux qu’il nous envoie. 32
Mais si nous grandissons en étant rejetés, nos réactions et nos choix deviennent autodestructeurs plutôt que sains. Quand nous réagissons de manière appropriée aux signaux de notre corps, la communication intracellulaire vise à améliorer la qualité de notre vie, mais quand nous les ignorons, que nous les nions ou que nous vivons dans la peur, ils peuvent entraîner des maladies. Pensez à l’homme qui, à la demande de son patron, accepte tout le temps de faire des heures supplémentaires, sans écouter les signaux qui disent que son corps est épuisé en raison du stress lié à la surcharge de travail. Quand l’homme ignore les signes de fatigue et qu’il ne prend pas soin de lui, son corps pourrait réagir en tombant malade parce que la maladie lui permet de cesser de travailler. Il pourrait souffrir du syndrome du lundi matin — nommé ainsi parce que c’est la journée où les crises cardiaques, les suicides, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies sont les plus nombreux. Par contre, s’il se réveille en appréhendant la journée, qu’il sent sa pression artérielle augmenter et qu’il est à l’écoute de son corps, il va prendre conscience qu’il doit se trouver un autre emploi moins stressant, un emploi qu’il aime, ou changer son attitude envers son travail et son patron. Une fois qu’il aura changé ses messages intérieurs, son corps va réagir en retrouvant la santé. L’imagerie est un mécanisme de communication. Avant qu’une information soit transmise, elle doit prendre la forme d’un schéma ou d’un code. Ce schéma peut tracer une figure, comme un patron de couture le fait. Le code peut formuler une pensée, comme une abeille qui danse pour montrer à ses pairs où se trouve le nectar, ou il peut prédire une action, comme lorsque le feu de circulation devient vert. Une fois qu’une intention existe, une image est née et la communication commence. La communication peut être un message 33
simple, comme lorsqu’un commutateur dit « Allumer » ou « Éteindre », ou le message peut être composé d’une série complexe d’images qui ont mené à la construction d’une cathédrale, telle que celle illustrée par l’histoire de mon ami. Près de la ville de Wells, en Angleterre, il y a un cottage en pierres qui se trouve au bord d’un ancien bosquet. Quand Harry a acheté la propriété, il a découvert derrière celle-ci les restes d’une carrière abandonnée qui avait fourni les pierres utilisées pour construire la cathédrale de Wells, en 1175. J’ai été fasciné d’apprendre de Harry qu’une partie de sa maison avait appartenu à un des ouvriers d’origine de la carrière, ce qui en faisait une habitation presque millénaire. — Sous les racines des arbres et la mousse, m’a-t-il raconté, j’ai trouvé de gros blocs de pierre avec des marques de ciseau encore visibles. Plus tard, quand je me suis retrouvé sous les magnifiques arches de la cathédrale, j’ai été frappé par l’ampleur du travail. Grâce à l’imagination d’un homme, à son désir et à son intention, d’immenses pierres avaient été extraites de la terre, transportées à huit kilomètres en bas de la colline et sculptées pour créer des piliers, des murs et le toit voûté complexe de la nef. J’ai eu l’impression d’être en présence de la main de Dieu et de voir ce miracle de création illustré par la vision initiale d’une personne. Sans l’habileté des hommes à visualiser et à communiquer des idées complexes, aucune cathédrale n’aurait pu être construite. À un certain degré, toutes les espèces réagissent aux images. Ce qui rend notre espèce unique est notre habileté à raisonner ; c’est ainsi que nous utilisons les images. Même les personnes aveugles de naissance peuvent réagir à des images et à des symboles et les interpréter. Par exemple, pour lire le braille, il faut avoir la capacité 34
de percevoir et de reconnaître des formes et des schémas particuliers qui ont une signification. Quand nous avons évolué pour devenir des êtres humains, nos interactions avec le monde extérieur sont devenues plus complexes. Nous avons développé le langage et avons créé des œuvres d’art. Mais dans notre conscience supérieure dépourvue de mots, nous avons cherché à obtenir de l’information d’une intelligence universelle qui ne pouvait être conçue qu’au moyen d’images visuelles, auditives et tactiles, et nous avons exprimé ce que nous avons appris avec des histoires et des symboles. Par exemple, les dessins préhistoriques sur les parois des cavernes et sur les pierres des déserts illustrent les visions que les êtres humains recherchaient auprès d’une source invisible durant les périodes de sécheresse. À d’autres endroits, les illustrations des chamans offraient aux chasseurs de l’information sur la direction à suivre et sur la distance à parcourir pour trouver des proies et assurer leur survie. Les symboles sont une forme de langage qui est compris sans qu’un mot soit prononcé et qui sert de raccourci mental. Ils peuvent représenter un objet, une situation, une croyance, un groupe de gens et de nombreuses autres choses. Un symbole, tel que le panneau de signalisation rouge et octogonal, peut n’avoir qu’une seule signification ou, tel qu’un mythe ou une parabole, il peut avoir plusieurs niveaux et profondeurs. De tels mythes et paraboles sont des histoires symboliques qui enseignent quelque chose et forment la structure et les croyances des cultures et des religions. Ces histoires finissent par faire partie non seulement de la culture, mais aussi de la psyché des gens. Les couleurs possèdent souvent une symbolique universelle. Pour les gens, la couleur rouge prend une connotation émotive (comme 35
face à du sang), la couleur jaune correspond à une énergie qui réveille (le soleil), tandis que la couleur verte correspond à un indicateur positif (la croissance). La signification symbolique de la couleur influe non seulement sur la façon dont nous allons agir, mais elle communique également avec notre corps, notre esprit et nos émotions de manière inconsciente. Dans The Secret World of Drawings, Gregg Furth écrit : « Le symbole libère une énergie psychique inconsciente et il lui permet de circuler à un niveau naturel qui donne lieu à une transformation. L’individu qui est face à une difficulté a alors la possibilité de prendre conscience d’éléments inconscients, de composer avec eux et ainsi de transcender le problème. Le problème externe peut encore être présent, mais il est maintenant compris différemment1. » Cette nouvelle compréhension est la clé menant à la croissance et à la survie. Quand les mots, les sons et les images deviennent des métaphores, ils ont une plus grande signification dans une simple représentation, comme le tintement d’une cloche, et ils sont capables de favoriser une guérison du cœur et de l’esprit. Ces symboles communiquent avec le corps sous la forme de sentiments, d’humeurs et de réactions physiques automatiques. Les images symboliques et les sentiments qui y sont associés peuvent changer notre chimie intérieure. Par exemple, les adeptes du bouddhisme apprennent à prendre conscience du calme qui se trouve dans le tintement d’une cloche, dans leur appel à la prière et dans la méditation. J’enseigne souvent aux gens à utiliser la sonnerie du téléphone comme une occasion de pratiquer la pleine conscience. Une femme perturbée qui avait adopté cette pratique a été sauvée par le signal auditif. Elle avait sombré dans une profonde dépression et était sur le point de se 36
suicider quand son téléphone a sonné. Le son lui a rappelé de plonger en elle et de retrouver ce calme inté-rieur. Elle a alors compris qu’elle n’avait pas besoin de se suicider. Elle avait besoin d’apprendre à vivre. Dans les années 1960, l’approche analytique de Carl Jung par rapport à la psychologie a transformé la compréhension et l’attitude des psychologues et des sociologues européens et américains. Il avait étudié la psyché à travers les rêves, les arts, la mythologie, la religion et la philosophie. Même s’il était psychologue clinicien, il a consacré la majeure partie de son travail à explorer d’autres champs de connaissance, y compris la philosophie orientale et occidentale, l’alchimie, l’astrologie et la sociologie, de même que la littérature et les arts. Sa théorie de l’inconscient collectif tel qu’exprimé par les symboles et les archétypes a mené à ce qui est maintenant appelé la psychologie jungienne. Selon la définition de Jung, un archétype est un caractère symbolique qui est compris collectivement par des groupes entiers de gens à différentes époques. Ces caractères archétypes sont les symboles des figures d’autorité et des personnes clés dans notre vie. Les symboles en soi ont une grande influence sur nos sentiments, nos pensées et notre comportement2. Jung reconnaissait que notre futur est formé inconsciemment. Il a également observé que nous agissons comme si des dieux avaient une emprise sur notre vie et que lorsque nous découvrons les aspects cachés en nous, nous constatons alors que nous sommes influencés et changés par de nombreux facteurs invisibles. Pour en savoir davantage sur le sujet, je vous recommande de lire le livre de Joseph Campbell, The Hero’s Journey, et la retranscription de ses entretiens avec Bill Moyers dans Puissance du mythe3. 37
Le Livre des transformations, aussi appelé Yi King, contient la sagesse des anciens sages chinois, qui ont divisé leurs observations de la nature en 60 scénarios ou objets visuels. En lançant des bâtonnets ou des pièces de monnaie, nous obtenons un schéma composé de 6 lignes droites ou brisées et le symbole qui en résulte, appelé un hexagramme, représente une des 60 images. La personne qui consulte cet oracle utilise les interprétations et les commentaires que les sages ont écrits à propos de cet hexagramme pour en savoir davantage à propos d’un problème ou d’une situation. C’est fou ce que cet oracle m’a permis de découvrir durant des périodes de questionnement. Lors d’une récente période de changement, il m’a rappelé que j’avais des limites et que je devais en tenir compte, et il m’a aidé à me souvenir que je ne peux pas tout réparer et que j’ai moi aussi des besoins. Quand on a demandé à Carl Jung d’écrire la préface de la troisième traduction anglaise du Yi King, il a hésité. Il savait qu’il serait critiqué par ses pairs en présentant un système de divination pouvant être utilisé pour appliquer à un problème moderne des interprétations d’un livre ancien en lançant des bâtonnets ou des pièces de monnaie. Ayant pris en considération comment cela pourrait perturber sa bonne réputation, Jung a écrit : « J’ai toujours essayé de demeurer curieux et non biaisé. Pourquoi ne pas essayer d’établir une communication avec un livre ancien qui prétend être animé ? » Il a décidé de lancer les pièces de monnaie et il a demandé au livre ce qu’il pensait du fait qu’il avait « l’intention de le présenter à l’esprit occidental ». Il a obtenu l’hexagramme nommé « le chaudron », qui représentait « un récipient rituel qui contient de la nourriture cuite. 38
Ici, la nourriture doit être interprétée comme étant de la nourriture spirituelle4. » De nombreux symboles dans le Yi King n’auraient pas pu s’appliquer à la question de Jung. En fait, la plupart n’auraient pas eu de lien avec celle-ci et l’interprétation aurait paru insensée. Mais l’interprétation des sages à propos du chaudron s’appliquait tellement bien à la question de Jung que cela l’a encouragé à aller de l’avant. Il a écrit la préface en se servant de sa propre expérience avec les pièces de monnaie comme d’un exemple fiable de la possibilité d’accéder à la sagesse universelle en utilisant une ancienne méthode chinoise basée sur des symboles. John Greenleaf Whittier, un ardent défenseur de l’abolition de l’esclavage et un des « poètes au coin du feu » américains a écrit : « La nature s’exprime au moyen de symboles et de signes5. » Combien de fois avez-vous réfléchi à une question et avez-vous trouvé la réponse en regardant le coucher du soleil ou des oiseaux en train de se nourrir dans la nature ? Beaucoup plus qu’une simple métaphore ou une histoire, les symboles peuvent susciter des réactions émotionnelles, entraîner une guérison et donner des leçons qui transforment. J’ai connu une femme qui luttait contre la dépression après avoir déménagé sur la côte ouest. Malgré la beauté qui l’entourait, elle a eu des pensées suicidaires un jour qu’elle marchait sur une plage déserte. Je désirais vivre à cet endroit depuis des années, mais maintenant que j’y étais, je me sentais terriblement seule. J’avais beau regarder au loin, je ne voyais aucun autre être humain à des kilomètres de distance. J’étais tellement déprimée que même si quelqu’un avait surgi, je l’aurais évité. Ce sentiment 39
d’isolement m’a presque fait perdre la tête. J’ai essayé très fort de ne pas paniquer tout en disant « merci » à voix haute dans l’espoir que la gratitude chasserait mes pensées sombres. C’est alors qu’une pierre dans le sable a attiré mon regard. Elle était lisse et plate, et elle avait la forme d’une empreinte de pied. Je l’ai prise dans ma main. Malgré l’eau froide et le ciel nuageux, elle renfermait la chaleur du soleil et sa chaleur a commencé à m’envelopper. Je savais que l’empreinte du pied était un message qui m’était destiné et je ne me suis plus sentie seule. J’ai également pris conscience que mon sentiment d’isolement résultait de mes propres choix. Moins d’une semaine après, je me suis impliquée dans ma communauté en faisant du bénévolat ; j’ai aussi commencé à assister aux rencontres d’un groupe de soutien et à me faire des amies parmi les femmes du programme en 12 étapes. Il m’arrivait encore de me sentir seule, mais quand cela arrivait, j’allais aider quelqu’un d’autre et j’allais me promener en compagnie d’un autre être humain. La pierre en forme d’empreinte de pied repose sur mon bureau au moment où j’écris ces lignes ; elle me rappelle combien je suis aimée et que je ne suis pas seule. Pour cette femme, la pierre représentait une histoire à propos d’empreintes de pied dans le sable. Cette histoire est devenue une métaphore de la présence de Dieu. Le symbole a transformé son schéma de pensée ; il l’a réconforté et lui a rappelé qu’elle devait avancer et agir pour donner un sens à sa vie. Je cherche moi aussi des signes un peu partout et quand je trouve un sou noir, j’ai toujours l’impression que je suis sur la bonne voie. Les mots « In God We Trust » sont gravés sur chaque pièce d’un sou, 40
ce qui me rappelle qu’il faut avoir la foi, et le mot « Liberty », que je dois être mon moi authentique. Abraham Lincoln me rappelle que je suis mortel et que je dois prendre les choses un peu plus à la légère. Il y a une communication cellulaire lorsque des signaux chimiques et électriques déterminent le comportement des cellules, mais j’ignore complètement comment la molécule d’une protéine sait ce qu’elle doit faire. La création est un miracle et elle est au-delà de notre compréhension. Il est renversant de penser qu’une cellule — un ovule — puisse se développer et devenir un être humain composé de tous ces éléments différents qui lui sont propres et qui savent quel est leur rôle et dans quelle partie du corps ils doivent se développer pour accomplir leur tâche. Imaginez le nombre infini de signaux intercellulaires qui doivent être transmis à chaque élément du corps durant le processus de création d’un être humain viable — un bébé. Et songez aux signaux que ce corps reçoit après avoir été formé et durant toute sa vie. Qu’est-ce qu’une caresse ou une étreinte dit à ce corps à propos de la vie ? Qu’est-ce que les sentiments de peur, de désespoir et de dépression non exprimés disent sur le désir de vivre ? Chaque cellule de notre corps est consciente de notre volonté de vivre, ainsi que de nos désirs et de nos intentions. L’aspect émotionnel et l’aspect physique ne font qu’un. L’esprit et la matière ne sont pas des entités distinctes. Comme Jung l’a dit, la psyché et le soma sont simplement des aspects différents de l’être unique que nous sommes. Tout comme les organismes unicellulaires réagissent à leur environnement, les cellules de notre corps réagissent aux environnements physique, mental et émotionnel, autant internes qu’externes. Une image que nous percevons comme étant négative 41
peut nous éloigner de notre parcours de vie, mais quand nous la transformons en une image positive, nous pouvons revenir sur la bonne voie et poursuivre notre parcours de vie, plus forts et plus sages. Les êtres humains ont une vision dualiste de la vie : là où il y a de la lumière, il y a aussi de l’ombre. Cependant, l’ombre correspond simplement à l’absence de lumière. Quand vous faites face au soleil, vous ne voyez pas les ombres. Et notre perception des choses influe sur notre santé. Et cette perception est souvent une question de choix. La maladie correspond à la perte de la santé et non pas à une punition. Il faut chercher à retrouver la santé perdue, tout comme vous chercheriez les clés de votre voiture que vous avez égarées, plutôt que de présumer que Dieu voulait que vous rentriez à pied à la maison. LES SYMBOLES DE LA GUÉRISON Vous connaissez sûrement le symbole du serpent qui s’enroule autour d’un bâton. À l’origine, il représentait Asclépios, le dieu grec de la guérison et de la médecine. Le bâton d’Asclépios, qui est devenu le logo de différents organismes médicaux du monde entier (par exemple de l’American Academy of Family Physicians), illustre cette dualité avec un symbolisme intrigant. Le venin du serpent est un poison mortel. Mais dans la Chine et l’Inde antiques, il était utilisé pour soigner divers problèmes de santé, allant de la dépendance à l’opium aux cancers de la peau et aux troubles du foie. De nos jours, on l’utilise pour soigner les maladies touchant le système immunitaire, comme la sclérose en plaques et le sida. D’après des études expérimentales sur le venin du cobra, celui-ci ralentirait le taux de croissance de certains cancers. 42
Une autre caractéristique intéressante du serpent est sa capacité de muer. À la fin de sa mue, il semble venir d’éclore de son œuf, tout comme une personne malade qui se rétablit d’une maladie en ressort rajeunie. Quand nous changeons notre perception des choses et que nous faisons face au soleil plutôt qu’aux ombres, c’est comme si nous étions des nouveau-nés : notre corps ressent notre amour renouvelé pour la vie et il peut en résulter une forme d’autoguérison. Historiquement, le bâton sur lequel s’appuyait le médecin pour aller visiter ses patients était peut-être réconfortant aux yeux des gens ou il a peut-être représenté la douleur et la mort, selon l’état du patient et l’expertise du médecin. Le serpent et le bâton réunis en un seul symbole rappellent clairement au médecin et au patient les aspects positifs et négatifs du traitement médical. En tant que médecin-guérisseur, je préfère me concentrer sur les symboles qui reflètent le pouvoir de l’amour. Tout en nous aimant les uns les autres, nous devons nous rappeler que la noirceur, le froid et la mort spirituelle n’existent que là où il n’y a pas de lumière, de chaleur ou d’amour. La première image symbolisant la guérison qui me vient à l’esprit est celle du cœur sur une paume ouverte. Ce symbole vient d’une secte de Shakers qui s’est établie dans le nord-est des États-Unis et dont la discipline spirituelle prônait le dur labeur et la simplicité, ainsi qu’une vie consacrée à Dieu. La main représente la charité et le cœur, la compassion. Combinés ensemble, ils représentent un accueil aimant et une acceptation non moralisatrice ; la main accomplit le geste que le cœur désire. L’effet thérapeutique de la compassion est incommensurable. Les soins sincères qu’un médecin apporte à ses patients favorisent la guérison et peuvent même éliminer la nécessité d’un traitement 43
médical ou d’une chirurgie. Quand une personne reçoit une attention aimante, un message vivant pénètre dans son corps à l’échelle des cellules. Un jeune homme qui mourait du sida m’a déjà dit qu’il croyait que « ce qui est mal, ce n’est pas la maladie, mais c’est de ne pas éprouver de la compassion pour la personne qui souffre de la maladie ». La compassion ne doit pas nécessairement venir de sources extérieures. Il est également possible de la trouver en nous-mêmes. Un des exercices de visualisation que j’utilise avec mon groupe des ECaP consiste à transformer une peur ou une douleur en une métaphore visuelle et à travailler avec cette image. Si vous êtes aux prises avec une peur ou une douleur, essayez l’exercice suivant. Imaginez que votre peur ou votre douleur est symbolisée par un bébé qui pleure. Assoyez-vous confortablement, fermez les yeux et imaginez que vous marchez dans votre maison, guidé par les pleurs déchirants de cet enfant. En pénétrant dans une pièce, vous trouvez l’enfant étendu dans son berceau. Prenez-le tendrement dans vos bras et bercez-le tout en l’apaisant jusqu’à ce qu’il soit réconforté et qu’il cesse de pleurer. Puis, éloignez doucement le bébé de votre corps. Soyez conscient que ce n’est pas vous, mais que vous pouvez l’étreindre et apprendre quelque chose de lui. Quelle leçon ce bébé at-il à vous enseigner ? Cette métaphore du bébé qui pleure vous enseigne que votre peur et votre douleur sont une occasion de marcher dans vos parts d’ombre, d’en prendre soin, de les tenir dans vos bras et de les apaiser. Il ne faut pas les ignorer ou les nier, mais plutôt les étreindre et les aimer. Vous pouvez effectuer le même exercice quand vous rêvez. Au lieu de fuir le démon qui surgit, affrontez-le dans votre 44
rêve ; demandez-lui la raison de sa présence et ce qu’il attend de vous. Ce n’est pas par accident qu’un symbole apparaît dans des cultures, des régions et des pays différents en ayant à peu près la même signification malgré l’écart physique ou chronologique. Par exemple, dans la science moderne, un triangle (qui est également le symbole grec appelé « delta ») symbolise « un changement ». Les météorologues placent un triangle devant la lettre T pour signifier un change-ment de température ; une infirmière inscrira un triangle devant les lettres PA, dans le dossier médical d’un patient, pour noter un changement dans la pression artérielle. Le logo des Alcooliques Anonymes est un triangle à l’intérieur d’un cercle qui signifie que, pour demeurer sobres et jouir d’une guérison à long terme, ils doivent changer leur comportement et leur attitude. Les pyramides, construites par des sociétés anciennes dans les deux hémisphères, représentent la transformation, ou le changement, de la vie à la mort, de ce monde à l’autre monde. Les Amérindiens utilisent des triangles sur leurs poteries, leurs objets tissés et leurs bijoux pour symboliser le portail à travers lequel l’âme entre dans le nouveau-né ou retourne à ses ancêtres. Les chiffres sont également des symboles. Par exemple, toutes les religions et les cultures ont une semaine de sept jours, et le chiffre sept représente un cycle de vie. Le chiffre huit représente un nouveau commencement. Le chiffre quatre représente un achèvement ou une totalité, tout comme la Terre a quatre saisons et quatre points cardinaux. Une autre sorte de symbole est composée de plusieurs images qui forment une métaphore, une parabole ou une histoire. Elle illustre une leçon ou une notion que les gens peuvent facilement saisir et 45
vivre. J’ai commencé à raconter des histoires pour deux raisons. La première a été magnifiquement illustrée par l’auteure Isabel Allende lors d’une conférence qu’elle a donnée il y a quelques années et à laquelle j’ai assisté. Quand elle a cité un proverbe juif, la leçon qu’il contenait m’a aussitôt frappé et je ne l’ai jamais oubliée. Le proverbe posait la question suivante : « Qu’y a-t-il de plus vrai que la vérité ? » Et la réponse est : une histoire. Durant les séances scientifiques, j’ai souvent essayé de convaincre les autres médecins de l’hôpital Yale-New Haven que mes patients voyaient vraiment leur santé s’amé-liorer après s’être joints au groupe de soutien des ECaP. Je leur expliquais que quand les gens guérissent leur vie, leur maladie guérit également. Je leur citais différents journaux et articles, mais les références que je faisais à des données scientifiques ne faisaient qu’ouvrir la porte à davantage de débats. Les médecins me disaient : — Je ne peux pas accepter cela. Certains se mettaient même à me crier : — La méthode expérimentale utilisée lors de cette expérience n’était pas bonne. Ou chaque fois que je citais une référence, ils répliquaient : — Ce n’est pas un bon journal. J’ai même constaté que lorsque j’essayais d’effectuer une recherche, les gens me disaient : — Ce que vous dites n’a pas de sens, alors nous n’allons pas subventionner votre recherche. D’autres personnes me répliquaient : — Vous n’avez effectué aucune recherche, alors pourquoi devrions-nous vous croire ? 46
J’étais incapable de donner une réponse acceptable dans un cas comme dans l’autre. Les gens se sont fâchés contre moi et ils ont finalement effectué des recherches pour prouver que j’avais tort. Quand les résultats ont plutôt révélé que ce que je disais était vrai, des membres de la profession médicale ont commencé à s’ouvrir à de nouvelles possibilités. Un étudiant de Yale qui rédigeait sa thèse de maîtrise a effectué une étude auprès de femmes atteintes du cancer du sein et qui faisaient partie de notre groupe de soutien. Il a obtenu des statistiques qui indiquaient un meilleur taux de survie parmi les patientes qui avaient adopté une approche esprit-corps-âme dans un groupe qui se concentrait non pas sur la maladie, mais sur la capacité de vivre et d’assumer la responsabilité de son propre rétablissement. C’était impressionnant. Quand son professeur a vu ces statistiques tirées de données scientifiquement recueillies, il a dit : — Ça ne peut pas être vrai. Tu vas devoir changer le groupe témoin. Vous voyez, l’étudiant a bel et bien effectué la recherche et il a obtenu des résultats que les gens refusaient d’accepter. Son professeur lui a dit que cela ne pouvait pas être vrai, alors il devait corriger ses données. J’ai expliqué à l’étudiant que les gens n’étaient pas obligés de faire partie de mon groupe pour être des survivants, qu’il y a des patients exceptionnels partout dans le monde. Pour apaiser son professeur, l’élève a trouvé un nombre suffisant d’individus dont la santé s’est aussi bien améliorée que celle des patients de mon groupe de soutien ; ces nouvelles données n’ont montré aucune différence significative entre les patients qui adoptaient l’approche esprit-corps-âme durant leur traitement et 47
ceux qui ne l’adoptaient pas. Encore une fois, les médecins m’ont accusé de mentir parce que « la recherche n’avait rien prouvé ». J’ai constaté que quand j’allais devant le même groupe de médecins et que je leur racontais une histoire à propos d’un patient, personne ne quittait la pièce en colère, étant donné que je ne faisais que raconter une histoire. Je ne menaçais pas leur système de croyances. C’était une anecdote, une observation. Mais l’histoire pouvait avoir un effet significatif. Elle pouvait ouvrir une porte. Par exemple, si, un mois plus tard, ils avaient un patient « fou » dans leur bureau, ils avaient tendance à me dire : — Hé ! Siegel, tu vas aimer cette histoire. Et nous commencions alors à parler et ils commençaient à ouvrir leur esprit. Ces histoires sont devenues des symboles du potentiel humain de l’autoguérison. Au lieu de refuser catégoriquement de croire à une chose que vous ne pouvez pas voir, entendre ou ressentir, ouvrez au moins votre esprit et soyez prêt à prendre en considération de nouvelles idées. Soyez comme Jung et les grands philosophes. Soyez comme les enfants et laissez-vous guider par votre curiosité dans les merveilles de la vie. Prêtez attention aux symboles et aux archétypes, et laissezles être vos enseignants. Dans les prochains chapitres, nous allons examiner des rêves et des dessins, et nous allons apprendre comment les symboles qu’ils contiennent donnent accès à notre sagesse intérieure. L’esprit est un outil incroyablement puissant qui peut permettre à une personne de survivre ou de mourir, selon ses croyances. Ce que vous croyez est communiqué à votre corps et cela influe sur la façon dont les traitements et leurs effets indésirables agissent en vous. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN 48
Parcourez un magazine pour trouver des archétypes et des symboles. Vous trouverez peut-être un médecin, un juge, une chandelle, un billet d’un dollar ou une rose rouge. Demandez-vous si sa signification est personnelle, universelle ou les deux à la fois. Prenez conscience des émo-tions que le symbole suscite en vous. Durant la journée, dressez une liste des symboles avec lesquels vous interagissez consciemment et inconsciemment. Notez le rôle qu’ils jouent dans vos pensées, vos émotions, votre comportement et vos choix. Est-ce qu’un des archétypes ou des symboles apparaît fréquemment dans vos rêves ? Si c’est le cas, que croyez-vous qu’il vous communique ? Découpez un symbole qui vous rappelle un sentiment agréable et collez-le sur votre miroir ou sur votre réfrigérateur ; il s’agit d’une lettre d’amour à vous-même. Fabriquez des temples d’amour partout dans votre maison, comme je l’ai fait chez nous. 49
Chapitre 3 LE POUVOIR DE LA VISUALISATION Chaque patient porte en lui-même son propre médecin. — ALBERT SCHWEITZER J e n’étais pas un chirurgien typique parce que j’essayais toujours d’aider mes patients de manières non traditionnelles. Même si de nombreux médecins trouvaient mes méthodes complètement folles, personne n’était contre ce qui fonctionne, alors quand j’obtenais des résultats positifs auprès de mes patients, l’hôpital décidait d’adopter mes méthodes. Cependant, je n’ai jamais réussi à convaincre les administrateurs d’utiliser les téléviseurs dans les chambres des patients pour les préparer en vue d’une opération au moyen de l’imagerie guidée. L’imagerie mentale est différente de l’acte qui consiste à simplement penser à une chose. La pensée analytique a lieu surtout dans les régions de l’hémisphère gauche du cerveau, là où le langage, la planification, le jugement et les chiffres règnent. La visualisation créative, ou l’imagerie mentale, est un processus qui fait surtout appel à l’hémisphère droit, ainsi qu’à d’autres régions du cerveau, étant donné qu’elle nécessite l’utilisation de la vue, de l’ouïe et de l’odorat, ainsi que de la mémoire, de l’humeur, des émotions, etc. Le côté créatif du cerveau peut être utilisé pour préparer ou entraîner le corps et l’esprit en vue d’une expérience, qu’il s’agisse d’apprendre une tâche, de stabiliser l’humeur, d’améliorer une performance athlétique ou de guérir un trouble médical. 50
Par exemple, si vous songez à inscrire des citrons sur votre liste d’épicerie, l’hémisphère gauche de votre cerveau s’active quand vous pensez « j’ai besoin d’acheter des citrons » et que vous remarquez qu’ils coûtent 4,39 $ le kilogramme. En guise d’exemple d’un exercice de visualisation, imaginez que vous tenez un citron frais dans votre main. Sentez sa peau cirée contre vos doigts et sentez sa douce odeur citronnée. Maintenant, imaginez que vous prenez un couteau bien aiguisé et que vous tranchez le citron en quartiers. Du jus coule et l’odeur citronnée s’amplifie. Prenez un des quartiers entre votre pouce et vos doigts et pressez-le doucement. Observez les gouttes de jus qui éclatent et qui coulent de la chair pulpeuse du fruit. Portez le citron à votre bouche et laissez le jus couler jusqu’au fond de votre langue. Vous devriez maintenant percevoir le citron d’une façon entièrement différente. Tout votre cerveau participe au processus. Vos glandes ont commencé à saliver et vous avez peut-être fait la grimace en imaginant le goût amer du citron. Votre corps réagit comme si vous aviez goûté un vrai citron. Le processus de visualisation a convaincu votre cerveau que c’était un vrai citron. Si vous songez à la réaction immédiate que votre corps a eue durant cette expérience avec le citron, imaginez ce que vous pourriez accomplir en visualisant que vous vous faites opérer ou que vous recevez des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie, puis que vous guérissez sans aucun effet secondaire négatif. J’ai été témoin de ce phénomène et j’ai entendu des histoires renversantes de centaines de patients qui ont utilisé ce merveilleux outil mental pour transformer leur peur du traitement en une puissante et agréable expérience de guérison. 51
L’imagerie mentale est une technique utilisée depuis très longtemps dans le monde du sport. Les athlètes ont appris à visualiser qu’ils réussissent leur mouvement, comme le tir du ballon au basketball ou un élan au golf, avant même qu’ils ne l’effectuent ; ils obtiennent ainsi de meilleurs résultats. Mon ami, un golfeur professionnel, m’a dit : — Si je visualise clairement la balle en train d’atterrir là où je le désire, mon corps sait exactement quoi faire pour obtenir cet effet. Je n’ai pas à penser aux détails concernant ma prise du bâton, ma position et mon élan. J’imagine seulement le résultat final et je laisse le reste du travail à mon bâton et à mon élan. Ce n’est que depuis quelques années que l’imagerie cérébrale peut mesurer et illustrer l’activité du cerveau avec une grande précision grâce à des outils technologiques tels que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et la tomographie par émission de positons (TEP). Ces outils sont devenus d’usage courant et ils permettent aux scientifiques d’observer en temps réel ce qui se passe dans le cerveau. À la fin des années 1990, Alvaro Pascual-Leone, de la faculté de médecine de Harvard, a mené des expériences auprès de volontaires qui apprenaient un exercice de piano à cinq doigts1. Sa recherche lui a notamment permis d’observer le même élargissement de l’aire motrice corticale chez les volontaires qui s’imaginaient en train d’effectuer l’exercice répétitif que chez les personnes qui effectuaient réellement l’exercice. Les volontaires qui avaient fait de la visualisation mentale avaient fait croire à leur cerveau qu’ils effectuaient bel et bien l’exercice. J’ai eu l’occasion d’être témoin d’un phénomène semblable. Un jour, avant d’effectuer une opération mineure dans mon bureau, j’ai eu une discussion fort intense et intéressante avec mon patient. 52
Pendant que nous parlions, j’ai pris le scalpel et j’ai effectué une incision. J’ai remarqué que mon infirmière agitait frénétiquement la main pour attirer mon attention. Puis, elle a pointé la seringue qui contenait l’anesthésique local, que je n’avais pas injecté. J’ai demandé au patient comment il se sentait et il m’a répondu qu’il allait bien, alors j’ai poursuivi l’opération. Par la suite, je lui ai expliqué que nous avions tous les deux été hypnotisés par notre discussion et que je n’avais pas utilisé d’anesthésique local pour rendre insensible la zone opérée. Il a été vraiment surpris. Il croyait qu’il avait été anesthésié et il n’a ressenti aucune douleur. De grandes opérations ont également été pratiquées alors que le patient était sous hypnose et j’ai également recouru aux services d’hypnothérapeutes dans la salle d’opération. Mon expérience m’a également montré que lorsque les gens croyaient recevoir des traitements de radiothérapie, ils avaient des effets indésirables et leur tumeur diminuait même s’il n’y avait pas de matière radioactive dans l’appareil en raison d’une erreur de réparation. On pourrait dire que leur croyance était devenue une forme d’auto-hypnose ou qu’ils avaient visualisé de manière créative que la matière radioactive avait accompli sa tâche. Peu importe la façon dont vous décrivez le processus, leur cerveau avait imaginé que le traitement avait eu lieu et leur corps avait réagi en conséquence. Une femme m’a écrit pour me raconter son expérience avec la technique de visualisation créative qu’elle avait utilisée après avoir reçu un diagnostic de cancer du poumon, à l’âge de 32 ans. Le garçon de ma voisine était en phase terminale d’un cancer des os après avoir été en rémission durant sept années. Quand elle a su que j’avais le cancer, cette femme attentionnée a pris le 53
temps de me parler de votre premier livre, L’amour, la médecine et les miracles, même si elle devait composer avec la maladie de son propre garçon. Elle m’a expliqué que, dans votre livre, vous parliez de manger le cancer en visualisant le jeu Pac-Man. J’ai pratiqué cette visualisation tous les jours et je me suis imaginée en train de courir un marathon avec des poumons roses et en santé. Dieu merci, quand je suis retournée pour faire des radiographies, mon cancer avait disparu, tout simplement disparu. Mon médecin ne me l’a appris qu’une demi-heure après le traitement, parce qu’il avait fait le tour de son bureau pour annoncer la bonne nouvelle à tout le monde ! En aidant mes patients à visualiser leur corps en train d’éliminer la maladie, j’ai appris à éviter les connotations négatives telles que « manger » ou « tuer » le cancer. Pour certains patients, l’approche agressive ne fonctionne pas. Au lieu de leur demander de visualiser Pac-Man ou des animaux qui mangent leur cancer comme un morceau de viande, je les aide à se débarrasser de leur maladie d’une manière aimante, par exemple en visualisant que la lumière de Dieu fait fondre la tumeur qui a la forme d’un bloc de glace. Parfois, mes patients me demandent pourquoi les oncologues recommandent la chimiothérapie quand ils savent qu’elle peut tuer le patient. Je leur explique que la chimiothérapie peut sauver des vies et qu’elle y parvient effectivement. La réalité est que tout le monde meurt, mais que si vous choisissez la voie de la guérison, l’élément clé à prendre en considération est jusqu’à quel point vous êtes prêt à souffrir pour renaître et rendre la douleur acceptable. Quand une personne se concentre sur les aspects négatifs du traitement, elle doit se réapproprier son pouvoir et avoir l’occasion de prendre sa propre décision à propos de ce qui est bon pour elle et 54
pas seulement essayer d’éviter de mourir. Les patients ne devraient pas se concentrer uniquement sur la maladie ; cela donne du pouvoir à l’ennemi. Voilà pourquoi j’insiste tant sur le puissant partenariat qu’il doit y avoir entre le patient et le médecin. Dans ce partenariat, le patient a l’avantage de connaître les différents traitements qui s’offrent à lui de la bouche d’un médecin spécialisé et le médecin a l’avantage de l’aider à prendre une décision avec laquelle il est à l’aise. Par exemple, je rencontre beaucoup de gens qui préfèrent la chimiothérapie à un régime alimentaire particulier parce que le régime constitue davantage un problème pour eux que le traitement médical. L’esprit est puissant. Si vous voyez le traitement comme un cadeau de guérison, vous n’aurez pas tous les effets indésirables qui l’accompagnent. Je demande aux gens de se dessiner avant de recevoir un traitement ; à partir de ce dessin, nous pouvons dire si le patient perçoit négativement le traitement. Par exemple, j’ai déjà eu un patient qui avait dessiné la chimiothérapie comme étant un poison qui lui était administré ; j’ai alors su qu’il y avait un problème. Dans pareil cas, nous pouvons utiliser les techniques de visualisation pour aider l’inconscient du patient à transformer la pensée négative à propos de la chimiothérapie en une expérience positive de guérison. Quand un patient est incapable de renverser sa croyance, je lui recommande de ne pas choisir ce traitement. J’insiste encore pour dire que lorsque vous êtes confronté à une maladie potentiellement mortelle comme le cancer, il est essentiel que vous trouviez un oncologue avec qui vous pouvez communiquer ouvertement et honnêtement, et sans aucune gêne. La plupart des oncologues n’ont jamais reçu de chimiothérapie et ils ne peuvent pas comprendre par expérience ce que les patients vivent. 55
Le patient doit être traité avec compassion et ses choix doivent être respectés. Quand nous gardons notre pouvoir en tant que patients, le choix du médecin et du type de traitement nous revient. Comme je l’ai mentionné, certaines personnes détestent manger des légumes et préfèrent la chimiothérapie plutôt que d’adopter seulement une approche nutritionnelle en guise de traitement. D’autres veulent laisser Dieu les guérir et il n’y a rien de mal à cela. Il est important que tous les patients soient à l’aise avec leurs choix et qu’ils ne soient pas fâchés contre eux-mêmes si les choses ne se déroulent pas comme ils l’avaient souhaité. Pour trouver un « bon » médecin pour soigner votre cancer, essayez de trouver un médecin « d’expérience » (c’est-à-dire qui a déjà eu un cancer) ou dont un proche a souffert de la maladie. Choisissez aussi un médecin qui accepte les critiques des patients, des infirmières et des familles. C’est le genre de médecin qui voit les critiques comme des enseignements et qui apprend de ses erreurs. Il ne trouve pas d’excuses et ne blâme pas ses patients. Si vous connaissez quelqu’un qui a été soigné pour un cancer, demandez-lui comment était son médecin et s’il le recommande. Demandez à une infirmière quel oncologue elle consulterait si elle avait le cancer. Le potentiel d’autoguérison est inné en nous ; une entaille dans un doigt qui guérit d’elle-même en est un exemple. Quand vous pratiquez l’imagerie guidée, vous reprogrammez votre corps. L’imagerie guidée peut vous aider à accomplir n’importe quoi, alors utilisez-la pour devenir la personne que vous voulez être et accomplir les choses que vous voulez faire. C’est une manière puissante de donner à votre corps ce dont il a besoin pour être bien. Les études ont démontré que la chimie corporelle d’un acteur change selon qu’il joue une comédie ou une tragédie. Alors, répétez 56
mentalement et pratiquez la visualisation jusqu’à ce que vous deveniez la personne que vous voulez être. Un jour, Bobbie et moi étions en Floride et nous sommes allés visiter un ami neurologue. À notre arrivée, il était avec un patient, alors nous nous sommes assis dans la salle d’attente. Quelques minutes plus tard, une infirmière est venue nous dire : — J’emmène une femme dans la salle voisine. Elle va bientôt être hospitalisée. Je vous le dis pour que vous ne fassiez pas de bruit, parce qu’elle a beaucoup mal. Elle souffre d’une migraine depuis une semaine. Quand l’infirmière a quitté la salle, je me suis dit : « Qu’ai-je à perdre ? Je pourrais peut-être aider cette femme avec l’imagerie guidée ou quelque chose du genre. » Je suis donc allé dans la salle voisine et j’ai demandé à la femme : — À quoi ressemble votre douleur ? — On dirait de la pression, a-t-elle répondu. Si elle avait été ma patiente, je lui aurais ensuite demandé : — Quelle pression ressentez-vous dans votre vie ? Mais je lui ai plutôt dit : — Concentrons-nous sur la pression dans votre tête et dans votre vie afin de la soulager. J’ai effectué avec elle un petit exercice d’imagerie guidée pour soulager la pression, puis je l’ai quittée et je suis retourné m’asseoir. Quelques minutes plus tard, l’infirmière est revenue dans la salle d’attente, l’air déconcerté. — Elle a dit que la douleur avait complètement disparu et elle m’a demandé de vous dire que la pression était associée à son mariage. Puis, elle est partie. 57
Nos mots créent des images tout comme nos souvenirs. Ces images et ces souvenirs sont emmagasinés dans notre corps et quand ils sont nuisibles, ils finissent par causer des dommages. Il est donc essentiel de nourrir notre esprit avec des images saines et positives. Le message de nombreux maîtres spirituels est que nous choisissons de nous voir non pas en tant que personnes malades et handicapées, mais entières et pleines de potentiel. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Si ces images intolérables nous rendent malades, nous guérissons grâce à l’imagination. — JAMES HILLMAN Trouvez une position confortable. Levez les yeux vers le plafond, puis laissez vos paupières se fermer lentement tandis que vous vous concentrez sur votre respiration, en expirant les choses négatives et en inspirant de l’inspiration. Laissez une vague de paix envahir votre corps pendant que vous inspirez la vie. Quand vous vous sentez prêt, faites une longue promenade mentale dans votre corps. Trouvez les blessures du passé. Aimez ces parties de votre corps ; voyez-les guérir et redevenir saines et normales. Imaginez que votre corps effectue ce que vous voulez qu’il accomplisse. Continuez de marcher mentalement jusqu’à ce que vous ayez visité l’ensemble de votre corps. Prenez le temps d’apprécier la promenade. Quand vous avez fini, pensez aux endroits dans votre corps où vous ressentez ou avez ressenti un malaise ou d’autres symptômes. Demandez-vous quels mots vous utiliseriez pour décrire votre expérience du malaise ou des symptômes. Maintenant, pensez aux relations dans votre vie que vous décririez avec les mêmes mots. Si une relation ou une situation nuit à votre santé, abandonnez cette relation ou sortez de la situation. Pensez à quelque chose d’autre dans votre vie que vous pourriez décrire de la même manière. 58
Quand vous l’aurez trouvé, éliminez-le de votre vie et vous serez également soulagé de vos symptômes. En guérissant votre vie, votre chimie intérieure change et votre corps en bénéficie. Trouvez l’harmonie et le rythme authentiques pour vous, au lieu d’accepter ceux que les autres vous imposent. N’ayez pas peur d’imaginer votre moi idéal. Votre corps a le potentiel de créer tout ce que vous visualisez. Et quand votre santé n’est pas en cause, voyez comment l’amour peut guérir votre vie et votre maladie. 59
Chapitre 4 LES RÊVES : L’ATELIER CRÉATIF DU CERVEAU Le rêve est […] nullement une chose morte qui produit le bruissement d’un papier froissé. C’est une situation vivante ; c’est comme un animal muni d’antennes ou de nombreux cordons ombilicaux. — CARL GUSTAV JUNG D ans notre passé lointain, le sommeil était une entreprise dangereuse. Vous vous étendiez dans votre caverne ou votre abri et un prédateur pouvait venir avant que de nombreuses heures se soient écoulées. Beaucoup de créatures ne dorment pas, ou elles dorment debout, ce qui leur permet de se réveiller et de réagir instantanément au danger. Adrian Morrison décrit ce paradoxe dans son article « The Brain on Night Shift » : « Bien que nos ondes céré-brales soient actives durant le sommeil paradoxal, nous sommes physiquement paralysés […], sans mentionner que nous sommes inconscients de ce qui nous entoure […]. Nous […] sommes en apparence sans défense, ce qui soulève des questions surprenantes sur le rôle du sommeil paradoxal du point de vue de l’évolution1. » Si nous sommes si vulnérables durant notre sommeil, alors pourquoi dormons-nous ? En quoi le risque en vaut-il la peine ? Les rêves donnent l’occasion aux êtres vivants de s’entraîner à adopter un comportement de survie sur un écran mental. Dans un rêve, nous pouvons croiser un monstre ou un ennemi, alors que dans la réalité, ce ne serait pas pratique ni sûr. Nous pouvons avoir le courage de 60
l’affronter et d’apprendre de ce qui nous menace. À notre réveil, nous pouvons appliquer cette sagesse dans notre vie consciente. Quand les animaux dorment, des parties de leur cerveau qui activent leur vue et d’autres sens demeurent éveillées durant leurs rêves, même si leur corps est au repos. Combien de fois avez-vous vu un chien endormi qui agite ses pattes comme s’il chassait des lapins dans son sommeil ? Des athlètes racontent qu’ils pratiquent leur sport dans leurs rêves, comme si c’était une course d’essai, alors que des écrivains ont vu des scènes du livre qu’ils étaient en train d’écrire se dérouler sur la page des rêves. J’ai effectué des opérations dans mes rêves et j’ai appris de cette expérience autant sur le plan pratique qu’émotionnel. J’ai fait un rêve la nuit de la fête des Pères. J’avais gagné à la loterie et, à mon réveil, j’ai pris conscience que c’était un message à propos de la vie qui est comme une loterie et combien nos cinq enfants et leurs familles me donnaient le sentiment d’être un gagnant. Comme dans ce cas, les rêves peuvent aussi confirmer des choses dans notre vie qui sont des sources de force et qui sont là pour nous aider. Je crois que la raison pour laquelle nous dormons n’est pas seulement de reposer notre corps, mais aussi de laisser une conscience supérieure nous parler dans nos rêves au moyen de symboles et d’histoires. J’ai eu de nombreux rêves et des expériences qui sont devenus des guides person-nels et qui m’ont fait réfléchir à ma vie et à mes actes, ainsi qu’à la création qui forme un tout. J’en suis venu à accepter qu’il existe une conscience et que cette conscience est liée à Dieu… et que la conscience est Dieu parce que Dieu s’exprime au moyen des rêves et des images — le langage universel. 61
Les rêves et les dessins contiennent de l’information sur votre passé, votre présent et votre futur, que vous créez inconsciemment. J’ai demandé à des patients de faire des dessins en y intégrant des lieux et des événements, et il s’est avéré qu’ils étaient liés à leur futur. Un dessin indiquait où un patient allait mourir d’un accident, tandis qu’une autre patiente avait dessiné en détail sa salle d’opération (voir la figure 22 dans l’encart), même si ces patients n’étaient jamais allés à ces endroits avant. Dans le chapitre 3, nous avons parlé de la visualisation créative. Tout en écoutant un exemple d’imagerie guidée sur un CD ou celle donnée par un animateur dans un atelier, nous laissons derrière nous nos inquiétudes et nos responsabilités. La voix du guide nous encourage à suivre un parcours dirigé par notre intuition et notre imagination. En laissant notre esprit conscient basé sur notre ego lâcher prise, nous pénétrons dans une dimension détendue, sûre et créatrice, où le corps et la psyché fusionnent. Dans le monde de la visualisation guidée, nous sommes capables de créer des ponts avec l’énergie aimante et paisible qui réside en chacun de nous et qui nourrit, guérit et veille à notre bien-être. Quand nous rêvons, nous vivons un processus semblable, mais au lieu d’écouter la voix d’une autre personne, nous devenons notre propre guide. Le rêve est notre lien avec notre inconscient, notre âme, notre moi supérieur. Le langage des rêves est en majeure partie formé d’images, souvent de symboles, qui utilisent tous nos sens et toutes nos émotions. Plus les images sont étranges, plus notre inconscient veut attirer notre attention. Les images dans les rêves sont toutes des aspects de différentes parties du rêveur. Souvent, quand vous 62
décrivez ce qui était dans votre rêve, vous prenez conscience de ce que cela représente dans votre vie ou par rapport à votre corps. Par exemple, si vous ressentez beaucoup de stress en raison des défis incessants auxquels vous avez été confronté durant la journée, vous pourriez rêver que vous êtes poursuivi par une foule en colère. Avec vos pieds trop lourds pour courir, vous agitez frénétiquement vos bras jusqu’à ce que votre corps s’élève miraculeusement audessus de cette foule, hors de la portée de leurs griffes. Voler vous semble tout à fait naturel. Vous vous envolez plus haut jusqu’à ce que vous soyez au-dessus des nuages et, avec un grand soulagement, vous vous sentez de nouveau comme un enfant qui joue dans le ciel. Un rêve de ce genre nous enseigne que nous sommes capables de nous élever au-dessus de nos peurs et de nos inquiétudes. Ce faisant, il nous libère et nous permet d’être nous-mêmes et de savoir que nous pouvons vivre dans la joie du moment présent. Cette expérience d’avoir l’impression d’être un enfant qui joue pourrait également être un message thérapeutique de notre guide intérieur qui nous dit de prendre une journée de congé, d’aller marcher sur la plage ou de commencer à pratiquer la méditation ou le yoga, et de calmer notre étang intérieur agité jusqu’à ce que notre reflet soit visible. Nos rêves nous avertissent aussi des dangers dont nous ne sommes pas conscients, telle une maladie qui se développe dans notre corps. Comme je l’ai souligné précédemment, Carl Jung a interprété le rêve d’un de ses patients et il a correctement diagnostiqué une tumeur au cerveau. J’ai vécu des expériences semblables avec mes patients en utilisant leurs rêves pour 63
diagnostiquer des états physiques. Par exemple, une patiente pourrait venir me voir et me dire : — Ma mammographie était normale, mais dans mon rêve, elle ne l’était pas. Je lui répondrais : — D’accord. Nous allons faire une biopsie. Au fil des ans, j’ai constaté que chaque fois que les rêves de mes patients et de mes patientes leur révélaient quelque chose de ce genre, la biopsie pratiquée par la suite menait toujours à un diagnostic de cancer. J’ai appris à respecter la sagesse intérieure des patients parce qu’elle a toujours raison. Je connais des patients qui ont dû consulter jusqu’à cinq médecins avant qu’un accepte enfin de faire une biopsie, permettant ainsi de trouver un cancer. Je connais aussi des patients qui sont morts parce qu’ils n’ont pas suivi l’avertissement de leur rêve ou parce que les médecins ne les ont pas écoutés et qu’ils n’ont pas insisté pour avoir une biopsie. Susan Hoffman a partagé son histoire dans ma dernière collection, A Book of Miracles. Dans son rêve, une Asiatique au corps frêle avec des doigts minces a touché le haut de son sein droit en lui disant : — Le cancer est ici. À son réveil, Susan a senti une bosse exactement à l’endroit que lui avait indiqué la femme dans son rêve ; elle est donc allée consulter son médecin qui a pris un rendez-vous pour une biopsie. Quelques jours plus tard, elle est allée au centre médical de l’Université de Californie à Los Angeles pour se faire faire une biopsie. Voici ce qu’elle m’a écrit : « On m’a emmenée dans une salle où des médecins sont venus palper mon sein à l’endroit où se trouvait la tumeur. Quand ils sont partis et que j’ai commencé à me rhabiller, une femme médecin — une Asiatique — est arrivée d’un pas pressé en 64
disant qu’elle devait se rendre de toute urgence à la salle d’opération ; elle a palpé mon sein et elle a dit ‘‘Ah oui, il est ici, le cancer est ici’’. » Susan a aussitôt reconnu que c’était la main du médecin qu’elle avait vue dans son rêve2. Il y a plusieurs années, j’ai trouvé du sang dans mon urine et mes collègues ont voulu que j’aille immédiatement me faire examiner. J’étais très occupé et je ne me suis pas soucié de leurs préoccupations ; et je n’ai pas pris de rendez-vous. Ce soir-là, j’ai rêvé que j’étais assis avec notre groupe de soutien pour les patients cancéreux et que nous nous présentions. Quand mon tour est arrivé, avant même que j’ouvre la bouche, tout le monde s’est tourné vers moi et a dit : — Mais vous n’avez pas le cancer. J’ai alors su que j’allais bien et c’était effectivement le cas. J’ai consulté un urologue qui a soigné mon infection, mais cela s’est fait sans stress ni peur parce que je faisais confiance à mon rêve. Un patient a raconté à son médecin un rêve dans lequel un barrage de castors bloquait constamment l’écoulement de l’eau d’une rivière. Cela le bouleversait tellement qu’il s’est réveillé et n’a pas pu chasser ce rêve de son esprit. Il l’a même raconté à son médecin lors d’un examen de routine. Son médecin a fait le lien symbolique entre les rivières et les artères, et il a immédiatement ordonné que des tests soient effectués. Ces derniers ont révélé que l’homme avait une artère coronaire obstruée et que s’il n’était pas traité, il risquait de mourir. Certains rêves nous préparent à de mauvaises nouvelles. Andrea Hurst se sentait prisonnière dans son mariage malheureux avec un partenaire qui la maltraitait ; elle se sentait déprimée, impuissante et sans aucun recours. Une nuit, elle a rêvé qu’elle marchait avec une foule de gens qui portaient des affiches et qui manifestaient pour 65
une cause très importante. Elle a soudainement eu peur de la foule déferlante et elle s’est déplacée sur le côté, tout en sachant qu’elle devait choisir entre manifester avec eux ou abandonner. Elle était consciente que les enjeux étaient importants. Elle a rassemblé son courage, puis elle a décidé de se battre et elle a rejoint les manifestants. Peu de temps après ce rêve troublant, Andrea a appris qu’elle avait un cancer du sein. Au début, elle a été tentée de capituler, mais elle s’est rappelé le rêve et elle a décidé de ne pas abandonner. Andrea a accepté de se faire opérer. Elle s’est procuré mes livres et mes cassettes, et elle a entretenu une conversation quotidienne avec Dieu. — Dès que j’ai pris conscience que mon sentiment d’être prisonnière n’était pas ma réalité, mais ma perception des choses, j’ai retrouvé mon pouvoir et ma vision a changé, m’a-t-elle raconté plus tard. Je ne me sens plus victime des circonstances. Le rêve illustrait que je pouvais faire ce qui était bon pour moi et il m’a donné le courage de mettre fin à mon mariage. Après avoir quitté mon mari, je me suis créé un environnement paisible et aimant qui soutenait les effets positifs de ma chirurgie et de mes traitements. Une autre femme était ambivalente à propos de la thérapie que son médecin et elle avaient choisie. Quand elle a rêvé à un chat blanc qui lui a dit qu’il s’appelait Miracle et lui a révélé quel traitement était préférable pour elle, elle l’a noté et elle a convaincu son médecin de suivre le conseil de Miracle. Elle a écouté sa voix intérieure, la sagesse de son rêve, et des années plus tard, elle était encore en vie et en bonne santé. Je rencontre souvent des patients qui ont vu des structures anatomiques dans leurs rêves, même s’ils ignorent à quoi 66
ressemblent ces structures dans le corps. Une femme a refusé qu’on lui retire son thymus pour traiter une myasthénie grave. Après de nombreuses semaines pendant lesquelles elle a vu sa santé se détériorer, elle a rêvé à un objet gris avec des extensions semblables à des doigts qui poussait dans son corps. Elle a demandé à son médecin à quoi ressemblait un thymus normal et quand il le lui a décrit, elle a vu que le sien n’était pas normal, alors elle a accepté de se faire opérer. Quand elle s’est réveillée après l’opération, elle a demandé à son médecin à quoi son thymus malade ressemblait. Il a levé sa main et il a retourné sa paume vers le plafond, les doigts repliés, en disant : — Il ressemblait à cela, avec des extensions semblables à des doigts. Son thymus avait une tumeur maligne et son rêve l’avait parfaitement illustré. Tout comme l’artiste n’a plus conscience du monde quand il peint sa toile, notre conscience analytique est temporairement endormie quand nous rêvons, ce qui empêche notre ego d’intervenir. Au lieu d’interrompre notre rêve avec une pensée critique telle que « c’est ridicule ; ne prête pas attention à cela », nous demeurons à l’écart et observons le film qui se déroule à l’écran. Plongés dans le monde des rêves, nous avons des sensations, des désirs et des connaissances précises qui nous sont procurés par les lieux où le rêve se déroule, les actions qui s’y passent et les sensations sonores, visuelles, olfactives et même gustatives. Cathy Thayer enseignait à 28 enfants ayant des besoins particuliers. Elle adorait son travail et elle était entièrement dédiée à ses élèves, mais comme son travail était très exigeant sur le plan mental, physique et émotionnel, sa santé en souffrait gravement. À 67
la fin de sa première année d’enseignement, Cathy a appris qu’elle avait le cancer du sein. Elle a refusé d’abandonner ses élèves et elle a continué d’enseigner tout en faisant de la chimiothérapie et en recevant par la suite des traitements durant cinq ans. Un matin, Cathy s’est réveillée en se sentant épuisée et profondément troublée. Elle avait rêvé que des centaines de personnes faisaient du camping sur le gazon devant sa maison. Elle avait beau les supplier de la laisser en paix et tranquille, les campeurs avaient fait des feux de joie avec ses meubles de jardin, ils avaient laissé traîner des déchets, ils avaient pris son gazon pour des toilettes et ils avaient fait beaucoup de bruit. — Les campeurs avaient franchi toutes mes limites et ils n’avaient aucun respect pour ma personne, m’a raconté Cathy. Ils agissaient comme si j’étais à leur service. J’étais en train de ruiner ma vie en répondant à leurs besoins. Après avoir refait le même rêve à plusieurs reprises, ce qui l’avertissait qu’elle n’avait pas résolu le problème, Cathy a compris que son inconscient essayait de lui montrer ce que le stress de son travail lui faisait. — Je n’écoutais pas mon corps, alors mon inconscient a décidé de me prendre par les épaules et de me secouer en disant : « Réveille-toi ! Ton travail te tue ! » C’est à ce moment-là que j’ai décidé de cesser d’enseigner à temps plein. Depuis, ma santé s’est améliorée ; je n’ai plus le cancer et je n’ai plus refait ce rêve. Il y a de nombreuses années, une de mes patientes devait prendre une décision à propos de son traitement. Elle m’a raconté un rêve dans lequel elle devait choisir entre prendre l’ascenseur ou l’escalier. Elle a choisi l’escalier. Après en avoir discuté avec moi, elle a pris conscience que son rêve lui avait indiqué qu’elle était déterminée à 68
compter sur ses propres moyens plutôt que d’utiliser des méthodes mécaniques pour aller mieux. Même si elle savait que l’escalier était une façon plus pénible de monter les étages, elle s’est sentie mieux d’avoir choisi des méthodes qui dérivaient de sa sagesse intérieure et de sa force. Parfois, les rêves sauvent des vies quand les médecins passent à côté de renseignements vitaux. Ruth prenait des médicaments pour soigner une douleur dans le bas du ventre. Une nuit, elle a fait quatre fois le même rêve en se réveillant et en se rendormant après chaque épisode. Dans son rêve, un homme très gentil tenait un couteau de manière non menaçante du côté gauche du bas de son ventre. Quand elle a enfin compris que le rêve lui disait qu’elle avait besoin d’être opérée, elle a réussi à bien dormir. Le lendemain, elle a pris un rendez-vous chez son gynécologue. Elle a demandé au chirurgien de lui enlever son ovaire et sa trompe de Fallope gauches, ainsi que son utérus. Après l’opération, le rapport de pathologie a révélé qu’elle avait une tumeur envahissante du côté gauche de son utérus. Les rêves peuvent aussi nous transmettre des messages d’amour, de réconfort et d’approbation ; des messages qui traversent les barrières physiques de notre conscient, de notre intellect et de notre ego. Les rêves reconnaissent souvent que nous sommes sur la bonne voie ou ils peuvent nous montrer une source de force et ainsi nous soutenir et nous encourager. Quand votre intuition sait plus profondément quelle voie vous devez suivre, elle collabore avec votre conscience et la direction de votre vie devient claire. Peu de temps après avoir créé notre groupe de soutien pour les patients cancéreux, je me suis demandé si je l’avais fait pour des raisons malsaines liées à ma peur du cancer et à la mort. Un soir, j’ai 69
rêvé que j’étais le passager dans une voiture qui dévalait une colline ; tout le monde criait, mais j’étais calme avec l’idée de mourir. Je me suis réveillé en sachant que la peur n’était pas en jeu. Tout comme je suis devenu chirurgien pour réparer les choses et non pas parce que j’aime couper la chair des gens, mon rêve m’a confirmé que je dirigeais le groupe pour des raisons salutaires. Après sa sortie d’un hôpital psychiatrique à la suite d’une tentative de suicide presque réussie, Kelly s’est jointe à un programme en 12 étapes pour soigner sa dépendance à la drogue et à l’alcool. Dans la lettre qu’elle m’a envoyée, elle m’a décrit un rêve qui illustrait la force et la sagesse avec des symboles qui étaient significatifs pour elle. Au début de mon rétablissement, j’ai été submergée par une vague d’émotions et de peur qui ne semblait jamais me quitter. Mais une nuit, après six mois de sobriété, j’ai fait un rêve qui m’a donné une nouvelle perspective. Je me suis vue en train de fixer un lion dans les yeux ; une telle lumière émanait d’eux qu’on aurait dit qu’ils avaient avalé le soleil. Le lion était entouré d’une eau bleu foncé et agitée et, sous la surface, sa patte avant droite était reliée par une chaîne à un lionceau, tout mignon et innocent. J’ai ressenti le puissant désir de le protéger. Malgré ma peur, j’étais impressionnée par la force et le pouvoir sauvage du lion. J’étais terrifiée et je tremblais, mais j’ai réussi à libérer le lionceau tout en essayant le plus possible de garder mes distances du lion adulte. Une fois le lionceau libéré, je me suis retournée pour regarder la magnifique bête de lumière et d’or, et cela m’a rappelé combien j’avais failli tout perdre — combien j’avais failli me perdre. J’avais tellement eu honte de n’avoir rien accompli dans 70
ma vie et d’avoir essayé de m’enlever la vie. Mais maintenant, j’affrontais mes peurs et mes émotions sans consommer de substances. J’avançais dans la vie avec de l’acceptation, de la volonté et de la foi. Le fait d’avoir sauvé le lionceau m’a prouvé que j’avais du courage et a renforcé mon engagement à ne plus consommer. Le rêve m’a fait voir tout ce que j’avais accompli en six mois. Maintenant, je n’ai pas à avoir honte de quoi que ce soit et j’ai tout à aimer de moi-même. Le processus visant à reconstruire votre vie, à devenir une personne authentique, exige que vous vous voyiez comme étant dynamique, en perpétuel changement et en devenir. J’aime toujours me rappeler que les remises de diplôme sont des commencements et que la Bible se termine par une révélation et non une conclusion. Nos rêves, comme le lion de Kelly, illustrent cet aspect et ils nous encouragent à continuer d’avancer. C’est le processus de vivre qui est important, celui avec lequel nous luttons tous, et non pas le produit final ou le résultat. La vie est une aventure. Plutôt que de chercher le sens de la vie, nous donnons un sens à notre vie par la façon dont nous nous aimons et dont nous aimons le monde. Parfois, les rêves nous aident à nous libérer de choses de notre passé qui ne sont plus utiles. Quand Jean était enfant, sa mère est morte d’un cancer du sein dont les métastases s’étaient étendues jusque dans ses os. Jean n’a reçu aucune aide psychologique ou de soutien de la part des adultes dans sa vie et on l’a découragée d’exprimer son chagrin après la mort de sa mère. Une fois devenue adulte, Jean a souffert de crises de panique chroniques qui la laissaient paralysée de peur et incapable de conduire une voiture. Comme elle était la seule personne de sa famille à pouvoir conduire, c’était un problème qui concernait tous les membres de sa famille. 71
Jean a décidé de participer à une retraite spirituelle qui avait lieu dans un endroit où elle n’était jamais allée. Une semaine avant l’événement, elle a rêvé qu’elle allait dans un grand hôtel devant lequel s’étendait un magnifique jardin. Dans le hall, un grand escalier menait aux chambres et les cours étaient donnés dans des salles situées au rez-de-chaussée. Une infirmière a descendu l’escalier et a demandé à Jean si elle voulait voir sa mère, qui habitait en secret dans cet hôtel depuis toutes ces années. Ressentant à la fois de l’espoir, de la peur et de la stupéfaction, Jean est allée dans le jardin, ne sachant trop si elle souhaitait revoir sa mère. La perte de sa mère avait été trop douloureuse. Elle a finalement accepté de la revoir. L’infirmière est donc allée chercher sa mère. Mais elle est revenue seule et elle lui a annoncé que sa mère venait de mourir. Elles ne se reverraient pas. Jean s’est réveillée en versant toutes les larmes qu’elle avait retenues depuis son enfance. Une semaine plus tard, quand Jean est arrivée à la retraite spirituelle, elle a constaté que l’hôtel était le même que celui dans son rêve. Au début, elle a voulu fuir, mais sa curiosité l’a convaincue de rester. Le troisième jour de la retraite, Jean est allée dans le jardin durant une pause. Une voix qui semblait venir de nulle part lui a dit que, durant toutes ces années, elle s’était accrochée à son deuil parce que c’était la dernière chose qui la reliait à sa mère. Jean craignait que si elle se permettait de vivre son deuil, elle ne ressentirait qu’un immense vide. — C’est bien de lâcher prise, lui a dit la voix. Tu n’as pas à avoir peur. Tu ne seras jamais seule, car je suis avec toi. Jean n’a raconté à personne l’expérience qu’elle venait de vivre. Plus tard, ce jour-là, l’animateur de la retraite lui a donné un bout de papier sur lequel était imprimé le passage biblique suivant : « Ne 72
crains rien, car je suis avec toi. » Depuis, Jean n’a plus eu de crises de panique. Son rêve est devenu son lien avec l’esprit supérieur qui l’a aimée et guérie de l’intérieur. Si vous entendez une voix, cela ne veut pas dire que vous êtes fou. J’ai entendu des voix à de nombreuses reprises et elles m’ont toujours aidé à guérir ma vie et mes émotions. Claire Sylvia, la patiente exceptionnelle dont j’ai parlé dans l’introduction, a fait des rêves frappants après sa transplantation cardio-pulmonaire. Grâce à eux, elle a commencé à connaître le donateur et à se fier à ce qu’elle savait être une vraie communication avec l’âme de ce dernier. Même si ce phénomène n’a pas été rapporté par la majorité des receveurs d’un don d’organe, beaucoup ont affirmé avoir eu des souvenirs postopératoires ou de nouvelles préférences qui appartenaient à leur donateur. Claire a été surprise quand elle a soudainement voulu boire de la bière, manger des pépites de poulet et conduire une motocyclette. Tout comme Claire, certains receveurs ont également dit avoir fait des rêves concernant le donneur. Claire a décrit un « rêve extraordinairement frappant » dans son livre, Mon cœur est un autre. Dans son rêve, elle était dans un vaste espace en plein air avec un jeune homme mince, et ils passaient du bon temps ensemble. Quand elle a dû le quitter, ils se sont embrassés. « Nous nous embrassons — et ce faisant, je l’inhale en moi. C’est l’inspiration la plus profonde que j’aie jamais prise. Et je sais qu’à compter de cet instant, Tim et moi serons ensemble pour toujours. » Le jeune homme est apparu dans beaucoup d’autres rêves de Claire et, au fil des ans, il lui a montré des choses qui l’ont aidée à trouver la famille du donateur et à confirmer que les impressions 73
visuelles et les souvenirs de son visiteur appartenaient vraiment au jeune homme, dont le cœur et les poumons lui avaient permis de vivre. Notre esprit et notre corps communiquent constamment entre eux et cela se produit surtout de façon inconsciente. Voilà pourquoi je conseille souvent à mes patients de noter leurs rêves. Le corps ne peut communiquer qu’au moyen de symboles et si l’imagerie symbolique des rêves peut être difficile à comprendre au début, nous pouvons apprendre à interpréter nos rêves avec de la pratique et des connaissances. En utilisant l’imagerie et en notant nos rêves, nous ouvrons le coffre aux trésors de notre inconscient. Dans son livre Dreaming Insights, Dr Gillian Holloway offre un plan simple en cinq étapes pour noter et interpréter les rêves. Chaque jour, avant de se coucher, la personne doit inscrire la date dans son journal, rédiger une brève description des événements de la journée et poser une question à laquelle elle aimerait que son rêve réponde. Holloway recommande aussi qu’à son réveil, la personne note son rêve au temps présent afin de pouvoir se replonger plus facilement dans celui-ci4. Une lectrice qui a essayé cette méthode m’a écrit pour me dire que, pour la première fois de sa vie, elle a été capable de se souvenir non pas d’un seul rêve, mais de trois. Elle a obtenu de précieuses révélations en notant et en analysant la progression des trois rêves à son réveil. Avant d’aller me coucher, j’étais préoccupée par une rupture non désirée et j’ai demandé à mes rêves de m’aider à comprendre ce que je devais en tirer. En dormant, je croyais que j’étais éveillée et j’ai senti une présence près de moi qui observait les rêves. Après chacun d’entre eux, je me suis réveillée et j’ai 74
griffonné avec difficulté quelques mots, étant donné que j’étais à moitié endormie. À mon réveil le lendemain, je me rappelais clairement les trois rêves et j’ai pu noter de manière cohérente ce que j’avais vu et comment je m’étais sentie dans chaque rêve. En analysant les objets symboliques et les actions qui s’étaient déroulées dans mes rêves, des phrases ont surgi dans ma tête, alors je les ai également notées. Dans une scène, j’avançais sur un chemin et je suis arrivée à un endroit où il se divisait en deux. À droite, j’ai vu un sapin géant ; ses branches étaient recouvertes de milliers de nouvelles aiguilles vertes. Il était si beau que j’ai décidé d’emprunter ce chemin. Un verset d’un poème de Robert Frost a surgi dans ma tête, à propos de deux routes qui divergeaient dans un bois jaune, ainsi que la signification des aiguilles vertes, qui étaient une promesse d’abondance et de vie si j’empruntais cette voie. Quand j’ai fini de tout noter, je me suis sentie comme si les pièces d’un casse-tête avaient été réunies et j’ai pu voir et comprendre l’ensemble du portrait. J’ai pris conscience de ce que je devais apprendre des événements récents qui m’avaient bouleversée et je me suis sentie en paix avec les nouvelles circonstances. Tout se passe comme il se doit pour notre plus grand bien. J’ai maintenant hâte d’utiliser mon journal des rêves comme un outil de croissance créatif et divertissant. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Un rêve non interprété est comme une lettre non lue. — LE TALMUD Déposez un calepin et un stylo près de votre lit. À votre réveil, notez vos rêves avec le plus de détails possible. Notez tout ce dont vous vous souvenez, même si cela ne semble pas important. Ne vous 75
souciez pas de la qualité de vos phrases ; notez simplement le rêve sur papier. Écrivez aussi ce que vous avez ressenti durant le rêve et à votre réveil. Après avoir tout noté, prenez conscience des thèmes récurrents, des schémas, des images symboliques et des signes. Prenez des notes dans les marges et soulignez les éléments qui ressortent. Faites cet exercice durant une semaine. Vous pourriez vouloir discuter de ce que vous avez noté avec un partenaire qui effectue le même exercice ou avec un conseiller. Est-ce qu’une chose dont vous n’étiez pas conscient est devenue claire pour vous ? Est-ce que votre partenaire a saisi des choses que vous n’aviez pas remarquées ? 76
Chapitre 5 LES DESSINS : QUAND LE CONSCIENT ET L’INCONSCIENT NE S’ENTENDENT PAS L’art est lorsque vous entendez votre âme frapper… et que vous répondez. — TERRI GUILLEMETS Q uand nous prenons conscience que les images et les symboles dans les rêves sont un dialogue entre notre intelligence psychique ou somatique et notre conscient, il est alors facile de voir que les dessins constituent aussi une forme de communication entre la conscience collective et notre moi supérieur. J’ai découvert le dessin spontané lors d’un atelier animé par Elisabeth Kübler-Ross, à la fin des années 1970. Kübler-Ross, psychiatre jungienne et auteure de Sur le chagrin et le deuil, a consacré sa vie à enseigner aux professionnels de la santé que la mort est un processus de croissance qui nécessite cinq étapes d’adaptation (le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation), et elle a grandement participé à l’amélioration des soins palliatifs1. Un des outils thérapeutiques de Kübler-Ross pour ouvrir la communication entre le patient mourant et les personnes qui en prenaient soin était le dessin spontané. Les dessins aidaient à révéler les problèmes émotionnels dont les patients et les membres de leur famille n’avaient pas été à l’aise de discuter. Ces dessins offraient une autre façon de déterminer les questions non résolues avant la mort du patient. Ayant appris la signification des rêves et ayant été témoin des effets positifs de la visualisation guidée, j’avais hâte d’assister à 77
l’atelier d’Elisabeth Kübler-Ross, de la rencontrer et d’acquérir un nouvel outil chirurgical jungien pour le partager avec mes patients. Durant la semaine, des patients et des professionnels de la santé ont eu l’occasion de partager leurs émotions et leurs expériences de vie, ainsi que de créer des dessins. Ces ateliers étaient suivis de séances au cours desquelles Elisabeth expliquait et appliquait les techniques d’interprétation qu’elle utilisait. J’ai été surpris des choses qu’Elisabeth a révélées à partir de mes dessins et de leur authenticité — des choses dont je n’étais pas conscient et qu’elle m’a permis de comprendre avec ses questions et ses observations. Par exemple, j’ai choisi de dessiner une scène extérieure décrivant une montagne au sommet enneigé, au pied de laquelle se trouvait un étang avec un poisson qui sautait hors de l’eau. Quand Elisabeth a examiné mon dessin, sa première question a été : — Que cachez-vous ? — Que voulez-vous dire ? lui ai-je demandé. Je croyais que mon dessin révélait combien j’apprécie la paix et la beauté de la nature. Elle a alors pointé la neige. — Vous avez utilisé un crayon blanc sur une feuille blanche. Ce n’était pas nécessaire de mettre du blanc sur du blanc. Vous avez ajouté une couche qui suggère que vous couvrez quelque chose. Vous avez aussi dessiné un poisson — un symbole spirituel —, mais il est hors de l’eau. Un an avant l’atelier, j’avais décidé de raser ma tête. Beaucoup de gens ont cru que je l’avais fait par sympathie envers mes patients cancéreux, mais c’était seulement un désir auquel je ne pouvais pas résister. J’ai soudainement compris que j’avais maintenu un 78
couvercle sur mes sentiments, ainsi que sur ma spiritualité, pour me protéger de la peine de ne pas pouvoir guérir tous mes patients. Raser ma tête avait été une tentative symbolique de retirer le couvercle, mais j’avais besoin de découvrir davantage que de la peau. Le sommet enneigé et le poisson hors de l’eau illustraient mon sentiment d’être séparé de mon moi spirituel et aimant, tout comme mon crâne rasé ne visait pas à révéler ma peau ; c’était plutôt un geste symbolique, tout comme celui du moine qui se rase la tête comme s’il dévoilait symboliquement sa spiritualité. Une fois que j’ai compris cela, j’ai trouvé en moi la paix intérieure et Elisabeth est devenue ma guide et ma professeure. Les révélations qui m’ont été faites durant l’atelier ont confirmé que mon conscient et mon inconscient communiquaient pendant que je dessinais. Cependant, ce qui m’a excité en tant que médecin est ce que j’ai observé dans les dessins des personnes qui assistaient à l’atelier. Il y avait non seulement des aspects psychologiques de leur vie qui étaient reflétés dans leurs dessins, mais aussi des aspects anatomiques de leur corps et des maladies qu’ils avaient dessinés inconsciemment. Étant chirurgien, j’ai reconnu les structures anatomiques que les patients et les psychologues connaissent peu ou pas du tout. En raison des aspects physiques et psychologiques des dessins, j’étais convaincu que la pratique de cet art pourrait être un précieux moyen de communication entre les patients, les médecins et les autres personnes concernées par les soins des patients. Je suis retourné à mon bureau et à l’hôpital équipé d’une boîte de crayons de cire — mes nouveaux outils de chirurgien. Beaucoup de médecins ont refusé de croire ce que je leur disais ; personne ne leur avait soumis ce genre de chose durant leur 79
formation. Comment enseigner à vos patients à s’autoguérir n’est pas un sujet qui est enseigné dans les facultés de médecine. Alors, les médecins ont refusé d’accepter ce phénomène tant qu’ils n’ont pas fait l’expérience de ce que j’avais observé chez les autres et dans mes dessins. Le dessin spontané est une excellente ressource pour la prévention, le diagnostic, le pronostic et le traitement d’une maladie. Plutôt que de remplacer les interventions médicales, les dessins deviennent une ressource additionnelle et ils améliorent l’expertise du médecin. En accédant à la sagesse de l’inconscient du patient, le médecin et le patient peuvent prendre de meilleures décisions concernant la thérapie. Les gens croyaient que j’étais fou quand je demandais à mes patients de dessiner avant que je fasse des recommandations ou que je prenne des décisions concernant leur traitement, mais chaque fois que mes patients surmontaient leur peur de ne pas être des artistes et qu’ils dessinaient simplement, leurs dessins s’avéraient de puissants guides que nous ne pouvions pas nous permettre d’ignorer. Les médecins n’apprennent pas à communiquer avec les gens, alors quand ils disent « nous allons vous donner de la chimiothérapie et les effets indésirables sont… », ils ne précèdent pas leur phrase de : « Cela va vous guérir ou prolonger votre vie. » C’est comme les publicités à la télévision : après vous avoir dit qu’une pilule est bonne pour vous, elles mentionnent tous les risques associés à la prise du médicament, comme la crise cardiaque, l’insuffisance hépatique, la stérilité, la perte des cheveux ou la mort subite. Aussi effrayantes que soient les fins des publicités, elles commencent au moins par les effets bénéfiques du médicament avant de mentionner les effets indésirables possibles. Ce que les 80
patients entendent de la bouche des médecins à propos des effets indésirables a pour but d’éviter que l’hôpital et le médecin soient poursuivis. L’hôpital et le médecin ne pensent pas à l’effet que les paroles d’une figure d’autorité a sur les sentiments et le processus décisionnel d’un patient. Voilà pourquoi je commence toujours par dire : — Cela peut vous aider à aller mieux et vous faire vivre encore des années. Ou encore : — Cela peut vous guérir. Il y a quelques effets indésirables, mais ce n’est pas tout le monde qui en souffre. J’appelle cela « leurrer » les gens pour qu’ils se concentrent sur leur santé. Je biaise un peu l’information pour leur bien, en mettant l’accent sur ce qui est positif parce que les gens peuvent être influencés à se concentrer sur la santé ou la maladie. Un homme qui était venu me consulter a insisté pour ne pas recevoir de chimiothérapie, même si c’était le traitement recommandé pour son cancer. Il était incapable d’expliquer ce qui le préoccupait, mais j’étais certain de savoir quel était le problème. Il avait peur des effets indésirables en raison de ce que son médecin lui avait dit. J’ai demandé à cet homme de dessiner le traitement recommandé (fig. 18). Il a dessiné la chimiothérapie comme étant un liquide jaune qui coulait en lui à un endroit précis de son corps et qui le rendait malade, mais qui allait directement vers le cancer. Il venait de l’est et il avait l’air d’un rayon de soleil — un signe positif d’énergie. À gauche de la feuille, un de ses globules blancs chevauchait un cheval et perçait le cancer avec une lance. Je lui ai expliqué que son intuition lui disait que la chimiothérapie était le bon traitement pour lui et qu’elle allait fonctionner. 81
Quand vous accédez à la sagesse intérieure d’un patient, celui-ci reconnaît que cela ne vient pas du médecin, mais de lui-même, et une lumière s’allume alors dans son esprit ; ce moment d’illumination se produit et vous pouvez le voir sur son visage. À ce moment-là, je lui ai dit : — Allez vous faire donner des traitements de chimiothérapie ; c’est la bonne chose pour vous. Son attitude a changé et il a pu accepter le traitement recommandé. Il a envisagé sa chimiothérapie avec espoir et confiance et elle s’est avérée être le bon choix. Un autre patient a dessiné sa cuisine avec toute sa famille représentée à l’envers, comme s’ils se tenaient sur leur tête. Je lui ai demandé de m’expliquer ce que cela représentait et il m’a dit qu’il avait choisi de traiter son cancer avec un régime macrobiotique plutôt qu’avec la chimiothérapie. — Les enfants ne mangent plus avec moi. Mon épouse déteste préparer ce genre de repas et je n’aime pas les manger. Je crois que je préfèrerais la chimiothérapie. Avant que ce dessin révèle qu’il était de plus en plus triste que son régime perturbe ses relations avec les membres de sa famille et l’empêche de partager ses repas avec eux, il avait été incapable d’exprimer sa tristesse à propos de sa décision de ne pas avoir de chimiothérapie. — Vous n’êtes pas obligé de traiter votre cancer avec des légumes, lui ai-je dit. Vous pouvez encore choisir la chimiothérapie et traiter votre cancer de cette façon. Son regard s’est allumé et il a semblé heureux pour la première fois depuis son arrivée dans mon bureau. Le fait de voir ses sentiments réels illustrés sur une feuille de papier l’a motivé à 82
choisir ce qui, selon son instinct, était bon pour lui, et il a reçu des traitements de chimiothérapie. Quand l’inconscient et le conscient — les deux sources de sagesse d’un patient — ne s’entendent pas à propos d’un traitement, le patient va inévitablement souffrir de davantage de problèmes et d’effets indésirables. Vous pourriez avoir deux patients qui ont le même cancer et le même traitement. Mais si un des deux patients dessine la salle d’opération en ne dessinant que lui-même, étendu sur la table, il va avoir plus de problèmes liés à la douleur et aux effets indésirables postopératoires (fig. 57). Si l’autre patiente dessine un chirurgien qui ne porte pas de masque et qui la soutient avec de la musique, de l’amour, Dieu et des arcs-en-ciel, elle va se réveiller après l’opération en étant un peu endolorie, mais sans ressentir une grande douleur ou des effets indésirables, et elle va se rétablir plus rapidement (fig. 58). Il est souvent possible de relever dans leurs dessins la peur qu’éprouvent les patients par rapport à leur traitement. Quand une patiente dessine une image négative, comme une seringue emplie d’un liquide noir (fig. 52), je lui demande de visualiser la même chimiothérapie avec un résultat positif, c’est-à-dire sans effets indésirables. J’ai créé un CD appelé Getting Ready, qui aide les patients à adopter des pensées positives et de belles images par rapport à leur traitement. Elles deviennent une forme d’autohypnose et elles aident les patients à prendre la bonne décision et à préparer leur corps à s’attendre à un résultat positif, peu importe le traitement. Au bout d’environ une semaine, le dessin du patient sera différent de la première version et il va confirmer que le conflit entre l’intellect et l’intuition a été résolu au bénéfice de ce patient. Il peut alors recevoir son traitement avec peu ou pas d’effets indésirables et 83
obtenir de meilleurs résultats. Quand un patient est incapable de visualiser un résultat positif, j’essaie de l’aider à préciser la différence entre essayer de ne pas mourir et choisir ce qui est bon pour lui. Dans les chapitres précédents, nous avons discuté du pouvoir de la visualisation créative pour stimuler la réaction du système immunitaire face à la chimiothérapie et au cancer. Quand un patient dessine son traitement en illustrant des globules blancs qui éliminent le cancer (fig. 59) ou qu’une patiente dessine des rayons dorés qui traversent son corps (fig. 58), ils utilisent des outils divins pour s’autoguérir. Tout ce que nous imaginons et sur quoi nous fixons notre attention envoie un message à notre corps, alors quand nous dessinons des images de guérison, notre corps réagit en ce sens. Après une visualisation guidée, quand les dessins d’une patiente comprennent des symboles et des images positives (fig. 64), je n’ai aucune inquiétude à propos du résultat de son traitement. Ce genre de personnes obtient un taux de guérison remarquable et je sais que cette patiente va bien aller. La maladie frappe souvent là où le corps a emmagasiné des souvenirs douloureux du passé. La sagesse intérieure d’un patient reconnaît que ces souvenirs doivent être identifiés pour être guéris. La psychologue et auteure Alice Miller dit que « la vérité de notre enfance est inscrite dans notre corps. […] Mais un jour ou l’autre, il nous présente l’addition : car notre corps […] ne cesse de nous tourmenter qu’à partir du moment où nous ne fuyons plus la vérité. » Dans Abattre le mur du silence, elle écrit : « Les sentiments que vous ressentez vraiment ne vous tueront jamais ; ils vont vous aider à aller dans la bonne direction. Seuls les émotions et les besoins qui ne sont pas ressentis, mais qui sont puissants, ceux que vous craignez et 84
que vous vous interdisez de ressentir, peuvent vous tuer […]. Les thérapeutes ont été surpris de constater que lorsque les patients pouvaient […] prendre au sérieux les émotions qu’ils ne voulaient pas ressentir et qu’ils parvenaient à les exprimer en utilisant des mots clairs et sains, ils pouvaient alors se rétablir complètement. » La douleur nous aide à nous identifier et à nous définir ; quand nous en prenons conscience et que nous travaillons avec elle, elle devient une douleur d’enfantement ou de croissance. Quand la technique du dessin spontané fait remonter à la surface de vieilles blessures du passé, il est alors possible de composer avec les blessures psychologiques qui ont le potentiel de devenir une maladie physique. Et cela vaut le coup de ressentir la douleur de l’enfantement quand nous donnons naissance à notre vrai moi. Dre Caroline Thomas, qui est professeure et psychiatre à la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins, a demandé à des étudiants en médecine de dresser le profil de leur personnalité et de faire un dessin d’eux-mêmes dans le cadre d’une étude à long terme qui continue de recueillir des données même après la fin de leurs études. Après quelques années, Dre Thomas a examiné les dossiers médicaux des étudiants et a constaté que des aspects particuliers de leur personnalité et du dessin qu’ils avaient réalisé avaient un lien direct avec les maladies dont les étudiants ont souffert après leurs études en médecine, ainsi qu’avec les parties du corps qui ont été touchées. Cela l’a encouragée à approfondir sa recherche sur la possibilité de prédire avec une certaine précision de quelles maladies les gens sont susceptibles de souffrir durant leur vie et dans quelle partie du corps, en se basant sur le profil de leur personnalité. Un des facteurs pour prédire le cancer s’est avéré être lié à un profil où la personne disait ne pas être proche de ses parents4. 85
Les enfants en particulier ne sont pas préparés à composer avec les traumatismes physiques ou émotionnels, et ils sont vulnérables à ce que leurs figures d’autorité adultes leur imposent dans ces moments-là. Si des adultes aimants ne les aident pas à composer avec le traumatisme, les enfants vont adopter une stratégie d’adaptation qui fait en sorte qu’ils emmagasinent leurs émotions et leurs souvenirs des événements dans leur inconscient et dans leur corps, quitte à composer avec eux plus tard ou à ne jamais les résoudre. Les graines de l’anxiété, du deuil, de la peur, de l’abandon ou de toute autre émotion s’enracinent dans des parties du corps et demeurent latentes jusqu’à ce que, des années plus tard, le système immunitaire soit attaqué par le stress d’un deuil ou d’un autre traumatisme. C’est alors que ces graines peuvent prendre la forme d’un cancer, d’une crise cardiaque, de troubles respiratoires ou digestifs, d’allergies, etc. Ces maladies potentielles sont souvent révélées dans les dessins des patients — et ce ne sont pas seulement des maladies potentielles pour eux, mais aussi pour les membres de leur famille. Je serais préoccupé par le dessin qu’une mère a fait de sa famille et dans lequel son garçon porte un objet ovale vide qui ressemble au trou dans le tronc d’un arbre qui se dresse à côté d’eux — un symbole de la situation familiale à propos du cancer de la mère (fig. 61). Dans son dessin, son garçon se trouve au bout de la rangée et il n’a aucun contact avec les autres membres de sa famille. La vie du garçon ressemble à l’objet vide qu’il tient sous son bras. L’analyse d’un dessin semblable permet aux parents de ne pas se sentir critiqués, mais de voir la solitude et le chagrin que leur garçon n’exprime pas, même quand ces émotions sont reflétées intuitivement dans le dessin de la mère. Le père doit être solidaire de 86
la mère, tout comme les membres de la famille entre eux. Ensemble, ils peuvent faire tout ce qui est nécessaire pour aider le garçon à se sentir aimé et soutenu durant cette épreuve. Les liens entre les souvenirs significatifs ou traumatisants et l’état de santé actuel d’une personne sont souvent révélés dans les dessins. Une fois qu’ils sont identifiés, la personne peut accorder toute l’attention nécessaire à sa souffrance du passé et à son âme. Il n’est jamais question de blâmer le patient, mais de savoir comment nos émotions créent notre chimie interne et influent sur nos gènes et notre santé. Un bon exemple de cela est une journaliste sceptique qui avait demandé à m’interviewer. J’ai tout de suite vu que cette personne très intellectuelle vivait en ne se fiant qu’à sa tête et non à son cœur. Constatant que ce ne serait pas une entrevue agréable, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose dès le début pour changer sa vision des choses. Je lui ai dit : — Pendant que je m’occupe de mes deux derniers patients, je vous invite à faire un dessin de vous-même. Elle a accepté et quand elle m’a tendu son dessin, j’ai vu une silhouette avec une grosse tête ; j’avais donc très bien identifié son attitude (fig. 45). Il y avait également dans son dessin une horloge avec une aiguille qui pointait le nombre 12. La question la moins compromettante à lui poser aurait été : — Pourquoi le nombre 12 est-il important pour vous ? Et elle aurait peut-être répondu : — Ma maison a été détruite par le feu il y a 12 mois. Mais je voulais vraiment la secouer, alors j’ai couru le risque et j’ai pointé l’horloge en lui demandant : — Qu’est-il arrivé quand vous aviez 12 ans ? 87
— Cela signifie que je n’aime pas les délais. — Mais l’horloge n’a qu’une seule aiguille. Qu’est-il arrivé quand vous aviez 12 ans ? Elle a éclaté en larmes et m’a raconté qu’elle avait été agressée sexuellement à l’âge de 12 ans. Cela m’impressionne toujours : les nombres dans les dessins ne sont jamais accidentels. À partir de ce moment, l’entrevue s’est déroulée différemment. La journaliste a compris que sa sagesse intérieure lui disait de prêter attention aux sentiments de son enfant intérieure, de cesser de se cacher de ce souvenir en étant rationnelle et d’aller consulter un psychologue. Les dessins relient non seulement des aspects de l’esprit et du corps, mais ils intègrent aussi la vie des patients en dehors de l’arène médicale avec des aspects somatiques de leur maladie. Un médecin m’a envoyé un dessin d’une patiente qui souffrait de problèmes pelviens. Malgré les différents traitements qu’il lui avait donnés, aucun n’était parvenu à la soulager de ses symptômes. Dans son dessin, il y avait un cœur, comme un cœur de la Saint-Valentin, avec une immense fissure et 20 gouttes de sang qui s’écoulaient de lui. J’ai dit au médecin de lui demander ce qui lui était arrivé quand elle avait 20 ans. Sa réponse a permis de déterminer que la source de son problème était qu’elle avait été agressée sexuellement à l’âge de 20 ans. Les nombres ne sont pas toujours liés à l’âge d’une personne. Elle aurait pu répondre que quelque chose s’était produit 20 mois plus tôt. Quand elle a reçu des soins psychologiques pour son traumatisme, elle a vu ses symptômes disparaître. D’autres dessins ont permis de trouver les causes des symptômes. Une mère était bouleversée parce qu’elle croyait que les ganglions lymphatiques enflés de sa fille étaient un signe qu’elle souffrait d’un lymphome, une maladie qui était répandue dans sa famille. Quand 88
cette femme a emmené sa fille pour qu’elle soit examinée, elle a également apporté deux dessins qu’elle avait faits. Dans un des dessins, la fille s’était dessinée avec le cou et le visage enflés, tandis que dans l’autre, elle avait dessiné un chat avec de grosses pattes avant. J’ai dit à la mère de ne pas s’inquiéter, que sa fille souffrait de la maladie des griffes du chat. Les examens et une biopsie ont révélé que mon diagnostic était bon. Quand nous dévoilons l’inconscient et révélons la vérité intérieure, les conflits entre les individus, les familles et les professionnels de la santé cessent. L’intellect et l’intuition ne sont plus en conflit et une véritable guérison peut se produire. Certains médecins pourraient se demander qui a du temps à consacrer à cela. Ma réponse est que vous gagnez du temps en utilisant les dessins. Quand une enfant atteinte du cancer me dit que sa famille ne lui accorde pas assez de temps, je peux parler à six membres de sa famille et essayer de clarifier le problème ou je peux lui demander de faire un dessin de sa famille. Une enfant atteinte du cancer a dessiné les membres de sa famille assis sur un canapé. Au bout du canapé, elle a laissé une place vide et elle s’est dessinée assise sur une chaise, à l’écart d’eux. Les bras de ses parents entouraient soit ses frères et sœurs ou eux-mêmes et ils étaient physiquement distants de leur fille malade (fig. 62). Je n’ai pas eu besoin de passer une heure à expliquer aux parents que leur fille se sentait abandonnée : le dessin disait tout. Une fois qu’ils ont compris comment leur fille se sentait, ils ont pu exprimer qu’ils s’étaient détachés émotionnellement parce qu’ils avaient peur de la perdre ; c’était leur stratégie d’adaptation pour pouvoir être forts pour leurs autres enfants. Le fait que la fille malade se soit 89
dessinée en violet, une couleur spirituelle, m’a également indiqué qu’elle savait qu’elle allait mourir du cancer. Le dessin a joué un rôle déterminant pour changer le comportement des parents. Ils ont commencé à se parler davantage de leurs émotions et ils ont accordé à leur fille l’attention et le soutien aimant dont elle avait besoin. Cela a non seulement aidé l’enfant à traverser son épreuve, mais cela a permis à toute la famille de se rapprocher avant sa mort. Quand nous laissons l’âme et les symboles être au service de la vie, nous pouvons être des guides de vie uniques pour ceux que nous aimons et dont nous prenons soin. Et nous pouvons nous permettre de poursuivre notre vie sans nous sentir coupables, comme les parents de cette enfant ont réussi à le faire. LA MÉTHODE ET LA THÉORIE Pour créer vos propres dessins ou pour faciliter le travail d’autres personnes, vous n’avez pas besoin d’être un artiste ou un thérapeute. Vous n’avez besoin que de feuilles blanches ordinaires et d’une boîte de crayons de cire ou de crayons à colorier. Vous devez avoir toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, plus un crayon noir, un crayon blanc et un crayon brun, étant donné que chaque couleur a une signification. J’évite de dire aux gens quoi dessiner parce que je veux que leur inconscient, leur sagesse intérieure, soit libre de créer un dessin qui révèle des questions non posées et des désirs non exprimés. Mais en présence d’un cancer ou d’une autre maladie, je demande à la personne de se dessiner avec sa maladie et son traitement, avec ses globules blancs qui éliminent la maladie. J’évite d’utiliser des mots qui font référence à tuer ou à combattre parce que je veux aider les gens à guérir leur vie et leur corps, et non pas à se concentrer sur 90
leur ennemi. Il m’arrive aussi de demander à une personne de faire son autoportrait ou de dessiner une scène extérieure ou sa maison et sa famille. Vous pouvez faire un dessin qui est lié à une décision que vous devez prendre, par exemple, par rapport à un emploi, à la personne que vous allez épouser ou à une opération que vous devez subir. J’encourage les gens à intégrer les images, les objets et les symboles qui leur viennent à l’esprit pendant qu’ils dessinent. Les enfants n’ont pas tendance à se critiquer quand ils dessinent, tandis que les adultes ont besoin de se faire dire qu’il n’y a pas de mauvaise façon de faire un dessin. C’est nécessaire pour chasser leur peur d’être jugés comme étant incapables de bien dessiner. La première étape de l’évaluateur est de noter ses premières impressions et d’identifier tout sentiment évoqué par le dessin, comme l’isolement, la colère, la tristesse ou la joie. La prochaine étape consiste à voir ce qu’il y a dans le dessin (des personnes, des objets, du mouvement et la direction du mouvement, la taille des corps, etc.). Remarquez ce qui manque (comme les mains ou les pieds) et ce qui est étrange, ainsi que les accidents ou les erreurs (comme des lignes qui traversent une personne). L’évaluateur devrait prêter attention aux couleurs utilisées, à leur intensité et à leur nuance, ainsi qu’aux couleurs qui étaient disponibles et qui n’ont pas été utilisées, et à tout choix de couleur étrange (comme un soleil violet). Il devrait aussi prêter attention aux nombres et compter les objets récurrents. Dans un dessin qui comporte plusieurs thèmes et éléments, l’évaluateur peut noter dans quel quadrant de la feuille chaque symbole ou image se trouve. Il devrait observer si le dessin couvre toute la feuille et vérifier si la personne a également dessiné au dos de celle-ci. 91
Avant que l’analyse commence, l’artiste devrait être disponible pour discuter du dessin avec l’évaluateur et répondre à ses questions. Pour interpréter correctement le dessin, nous devons savoir pourquoi la personne a ainsi fait son dessin. Par exemple, un enfant m’a déjà tendu un dessin qu’il avait fait entièrement au crayon noir et j’ai été inquiet pour lui jusqu’à ce qu’il me dise : — J’ai deux frères plus âgés que moi. C’est le seul crayon auquel j’ai droit. L’évaluateur doit comprendre qu’il représente une figure d’autorité. S’il ne base son interprétation du dessin que sur sa propre compréhension et ses croyances, il pourrait mal l’interpréter ou avoir l’air de le critiquer, et cela peut être nuisible dans les deux cas. Le dessin ne doit pas être interprété comme un horoscope ; il devrait plutôt être utilisé comme un outil thérapeutique qui donne lieu à une discussion avec l’artiste afin que les bonnes interprétations et les bons choix puissent être faits. Voici un exemple d’une évaluation qui a besoin d’être clarifiée. Dans le dessin qu’un patient a fait de son traitement, il y a un chat noir qui marche sur le plancher. Pour l’évaluateur, le chat noir pourrait suggérer quelque chose de négatif, une menace, alors qu’en réalité, le patient a un chat noir et son inconscient laisse entendre que la présence du chat durant le traitement serait une chose positive, une source de réconfort et d’amour. Au lieu de révéler un problème émotionnel ou une menace, le chat noir représente un aspect important de ce dont le patient a besoin pour guérir. Le violet, une couleur spirituelle, pourrait révéler une transition à venir où l’âme quitte le corps physique, au moyen d’un symbole approprié tel qu’un papillon violet qui s’envole dans le ciel. Mais un patient qui se dessine vêtu de violet ne prédit pas nécessairement sa 92
propre mort. Pour lui, le violet pourrait représenter sa nature spirituelle. Ou il pourrait être la couleur de son équipe de basketball préférée ; il signifierait donc une victoire sur la maladie grâce à laquelle il pourra assister à de nombreuses autres parties. Il est donc essentiel que la personne qui guide l’artiste dans l’interprétation de son dessin ait l’esprit ouvert et ne porte aucun jugement durant leur discussion, car c’est l’artiste qui est l’expert pour analyser la signification de ce qu’il a dessiné. Le thérapeute n’est là que pour aider à trouver la signification cachée, comme une personne le ferait avec le rêve de quelqu’un d’autre. Le passé, le présent et le futur peuvent être tous représentés dans le dessin d’une personne. D’une certaine façon, nous sommes conscients de notre futur parce que, comme Jung l’a dit, nous créons d’avance notre futur de manière inconsciente. Cette conscience s’étend aux changements et aux événements importants dans notre vie, ainsi qu’à notre mort prochaine, causée par un accident ou par une maladie. Dans un dessin réalisé par une femme atteinte d’un cancer, son mari faisait voler un cerf-volant violet. J’ai compris qu’elle disait qu’elle était prête à mourir, mais qu’il était incapable de la laisser partir parce qu’elle prenait soin de tout. Quand je lui ai fait part de mon interprétation, elle est allée dire à son mari : — Je vais te montrer à te débrouiller seul. Six mois plus tard, il lui a dit qu’il avait coupé la corde et elle lui a répondu : — Je vais mourir jeudi quand les enfants arriveront ici de la Californie. Et c’est ce qui est arrivé. 93
J’ai demandé à une femme de faire un dessin et elle a dessiné une pierre tombale devant laquelle trois arbustes verts étaient plantés. À gauche, il y avait un petit tas de terre à côté d’une tombe vide. Le vert est la couleur de la vie, alors son dessin semblait suggérer que face à la mort, elle avait choisi de vivre. Combien de temps croyezvous qu’elle a vécu ? Elle a été enterrée dans la tombe presque trois années jour pour jour après avoir fait ce dessin (fig. 24). Les dessins peuvent être simplement liés à ce qui se passe présentement dans la vie de l’artiste, mais ceux qui contiennent de nombreux objets ou dont le contenu est complexe peuvent souvent être divisés en quadrants où le passé, le présent et le futur sont révélés comme dans un quadrillage. Le milieu du dessin représente ce qui est central et significatif pour l’artiste, comme dans le dessin d’une femme qui a illustré son cancer du sein avec les deux voiles d’un bateau (fig. 12). Le quadrant supérieur droit d’un dessin représente le présent, ou le « moment présent ». Dans la figure 19, l’artiste, atteinte d’un cancer, a représenté ses enfants par des oiseaux, qu’elle a dessinés dans le coin supérieur droit. Les ailes qui pointent vers le bas révèlent le chagrin qu’ils ressentent à propos de la situation et leur incapacité à aider leur père. Le quadrant inférieur droit représente soit le proche avenir ou le passé récent ; le quadrant inférieur gauche représente le passé lointain, tandis que le quadrant supérieur gauche représente le futur lointain ou le concept de la mort. Par exemple, si une personne dessinait sur une feuille de papier les différents endroits où elle songe à déménager, l’endroit qui se trouverait dans le coin supérieur gauche serait celui où elle déménagerait. La figure 21 est un parfait exemple de la théorie des quadrants. Une de mes voisines était venue me voir et elle m’avait dit qu’elle 94
était déprimée ; je lui ai donc demandé de me faire un dessin. Dans le quadrant supérieur droit (le présent), elle descendait une colline avec quatre rayons de soleil derrière elle. — Je suis triste à propos de mon divorce et les quatre rayons représentent mes enfants. Ils sont mes rayons de soleil, m’a-t-elle expliqué. Dans le quadrant inférieur droit (le proche avenir ou le passé récent), il y avait huit bonshommes allumettes rouges (une émotion forte), mais elle ne savait pas ce qu’ils signifiaient. Dans le quadrant inférieur gauche (le passé lointain), il y avait des vagues de la mer et elle m’a dit qu’elle avait grandi dans une maison située au bord de la plage. Dans le quadrant supérieur gauche (le futur lointain), elle avait dessiné des nuages sombres. Elle croyait qu’ils faisaient référence à son divorce imminent. Des semaines plus tard, après avoir dit à ses enfants d’aller prendre l’autobus scolaire, elle a avalé des somnifères pour se suicider. Fait étonnant, ses enfants ont refusé de monter à bord de l’autobus quand il est arrivé. Quelque chose leur a dit qu’ils devaient revenir à la maison et c’est ce qu’ils ont fait. Ils ont trouvé leur mère et ils lui ont sauvé la vie. Elle s’est réveillée à l’unité des soins intensifs où huit membres de sa famille en colère se tenaient à son chevet (les bonhommes allumettes rouges). Susan Bach signale que le mouvement et la direction sont également importants dans les dessins. Un autobus qui circule vers le bas du côté gauche de la feuille dénoterait une spirale descendante de l’état physique ou émotionnel, tandis qu’un autobus qui remonte du côté droit peut indiquer une amélioration ou une sortie des sombres profondeurs5. 95
Je tiens à mentionner un autre aspect avec lequel il faut être prudent : la disposition d’objets dans des quadrants ne devrait servir que de guide, car il n’y a pas de règles absolues quand il s’agit de composer avec le langage inconscient des gens. La division en quadrants n’est pas une science, mais une théorie basée sur les traits communs observés dans des centaines de dessins ; elle pourrait donc ne pas toujours s’appliquer. Les nombres jouent un rôle significatif et ils devraient être examinés avec soin parce qu’ils représentent une façon dont nous emmagasinons nos souvenirs. Tout comme les archétypes représentent une idée plus large, les nombres peuvent être des symboles significatifs et complexes. Jung a dit : « J’ai le sentiment bien net que le nombre est une clef de l’énigme, car il est tout autant découvert qu’inventé. Il est autant quantité que sens6. » Les nombres peuvent apparaître dans les dessins sous la forme de signes numériques, comme le chiffre 7 sur la voile d’un bateau (fig. 65), ou de quantités, comme le nombre d’arbustes verts (fig. 24) ou de hublots sur un avion (fig. 70). Les couleurs renferment des significations universelles. Le jaune représente l’énergie. Le vert représente la croissance et la force vitale. Le noir symbolise la tristesse ou le désespoir, etc. Cependant, la prudence est encore une fois de mise parce que les couleurs pourraient avoir des significations personnelles ou culturelles. Une couleur en soi ne devrait jamais être considérée comme étant bonne ou mauvaise. Par exemple, en Chine, le rouge signifie la chance et la prospérité, tandis qu’aux États-Unis, il représente sou-vent la colère ou l’amour. Un médecin ou un thérapeute sage demandera toujours à son patient ce que la cou-leur signifie pour lui. L’interprétation des dessins devient alors beaucoup plus utile au patient et aux 96
personnes qui prennent soin de lui. Rappelez-vous que la personne pourrait réellement posséder une maison grise avec un toit noir (fig. 63). Voilà pourquoi nous devons connaître les faits. En général, le noir représente le chagrin et le désespoir. Le rouge représente les émotions fortes, allant de la douleur ou de la colère à l’amour et à la passion. L’orange symbolise un changement, qui peut être une bonne chose si c’est la couleur de votre traitement. Le jaune symbolise l’énergie et vous voulez voir cette couleur dans votre traitement et non dans votre maladie. Le vert, le bleu et le brun sont tous des couleurs naturelles et saines qui encouragent la vie, mais quand elles sont pâles, ou surtout quand elles pâlissent sur les différents dessins réalisés au fil du temps, elles peuvent signifier que la force vitale diminue. Le blanc signifie qu’une chose est recouverte étant donné que la feuille est déjà blanche, tout comme le rose ou le gris peuvent repré-senter le rouge ou le noir qui sont émotionnellement recouverts. Le violet symbolise une propriété qui guérit, une croissance spirituelle ou une transformation, comme celle d’une personne vivante qui devient un esprit. Pour plus d’information, je vous recommande chaudement deux livres que j’ai déjà mentionnés et dont les auteurs m’ont aidé dans le passé : Life Paints Its Own Span, de Susan Bach, et The Secret World of Drawings, de Gregg Furth7. Ils sont entièrement consacrés aux dessins. Les dessins peuvent révéler des problèmes dont les patients ne parlent pas à leurs médecins, souvent parce qu’ils n’en sont pas conscients. Mais leur inconscient est conscient et l’art offre un langage visuel permettant de trouver le problème. Je trouve particulièrement utile de montrer aux parents les dessins de leurs enfants afin qu’ils voient les messages qu’ils souhaitent transmettre 97
sans qu’ils aient l’impression que je les critique. Quand un garçon s’est représenté comme un insecte noir sur une table d’opération (fig. 44), cela a révélé son manque d’estime de soi. Ses parents ont vu qu’il avait besoin de bien plus que d’une chirurgie plastique ; il avait besoin de leur amour. Dans les dessins représentant une famille, il est important de prêter attention aux expressions des visages, aux corps qui se touchent et à l’espace entre les gens. Les personnes ou les parties du corps qui manquent, la position des gens et toutes les étrangetés ou les erreurs révèlent également d’importants éléments conflictuels. Freud a souligné que lorsque le conscient d’une personne est en désaccord avec son inconscient, l’élément conflictuel que le patient ne peut pas exprimer est toujours révélé sous la forme d’une erreur ou d’une omission dans ses paroles, ses écrits ou ses dessins. Il croyait qu’il n’y a pas d’erreurs, que l’inconscient demande toujours notre attention. Quand une religieuse atteinte d’un cancer m’a remis le dessin qu’elle avait fait des membres de sa famille (fig. 68), j’ai constaté que la position de leurs corps indiquait qu’ils n’étaient pas ouverts les uns envers les autres. J’ai dit à la religieuse qu’elle allait devoir leur dire qu’elle avait besoin de leur soutien ou obtenir de l’aide de quelqu’un d’autre, parce que sa famille n’était tout simplement pas là pour l’aider. Il n’est pas nécessaire d’être malade pour tirer avantage des dessins. Vous pouvez les utiliser pour mieux vous comprendre et comprendre les autres et les aider à mieux se connaître également. Avec les adultes et les personnes âgées, la comparaison entre les dessins qui les représentent aujourd’hui et ceux qui les représentent 25 ans plus tôt est un exercice révélateur qui confirme leur degré 98
d’acceptation de soi et leur identité. Les sentiments de mécontentement vont être révélés dans le dessin « d’aujourd’hui » quand la personne se dessine comme étant grosse, chauve et malheureuse par rapport à il y a 25 ans, alors qu’elle s’est dessinée comme étant mince, heureuse et dotée d’une chevelure abondante. Cela permet à la personne d’examiner ses sentiments d’une manière bénéfique. Chez les personnes âgées, les dessins leur permettent souvent d’exprimer qui elles étaient, qui elles sont maintenant et qui elles peuvent être. Par exemple, un homme n’a fait qu’un seul dessin, puis il m’a dit : — C’est moi alors et c’est moi maintenant. Il n’avait jamais cessé de donner de l’amour ou de prendre soin des autres ; il y a maintenant une plaque commémorative à son nom dans la bibliothèque de la maison de retraite où il habitait et où il est mort. Quand la plus jeune génération qui prend soin des résidents des maisons de retraite en apprend davantage sur ses clients grâce à de tels dessins, elle cesse de les voir simplement comme des vieux. Chaque résident devient un individu, un être humain qui a une histoire. Il est également possible d’utiliser les dessins pour prendre des décisions importantes dans la vie. Un étudiant en médecine qui était venu me demander des conseils en est un bel exemple. Son père, un médecin et un ami, était mort du cancer. Son fils n’était plus certain s’il voulait vraiment être médecin ; il avait peur que la pression et les émotions que ressentent les médecins fussent en partie responsables de la maladie de son père. Je lui ai dit : — Fais-moi un dessin de toutes les professions auxquelles tu songes. 99
Il est revenu me voir avec trois dessins en main. Dans le premier (fig. 13), il était politicien. Il était la seule personne dans le dessin qui avait une oreille ; il n’avait ni mains ni pieds, et personne d’autre n’en avait. Il n’y avait pas beaucoup de couleurs et le dessin était encadré d’un trait noir, alors je lui ai dit : — Non, ne deviens pas politicien. En me tendant le deuxième dessin (fig. 14), il a dit : — Je pourrais être enseignant. Je lui ai conseillé de ne pas choisir cette profession non plus. Toutes les belles couleurs étaient à l’extérieur de la fenêtre. À l’intérieur de la pièce, il y avait des pupitres rouges, une couleur émotionnelle, et personne n’avait d’oreilles ou de pieds, y compris lui. Je lui ai donc dit qu’il se sentirait prisonnier s’il allait dans l’enseignement. Puis, nous avons examiné son troisième dessin (fig. 15), où il s’était représenté en médecin. Il lui manquait encore une oreille, mais j’ai cru que c’était lié à ses craintes concernant son père, comme s’il pensait : « Que vais-je entendre qui va constituer un problème pour moi sur le plan émotionnel ? » Mais la pièce était d’une couleur saine, avec un plancher vert et des plantes, ainsi qu’un bureau bleu. Il tendait les bras vers le patient. Et il y avait une porte dans la pièce. Si les choses devenaient difficiles, il pourrait sortir et prendre des vacances. Son pantalon violet était d’une couleur spirituelle. Cela indiquait que son lien avec les gens était basé sur sa conscience de la vie sur le plan physique, mental et spirituel. Il est éventuellement devenu psychiatre et il est heureux dans son travail. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Prenez une situation, un sujet, un problème ou une décision que vous envisagez. Dessinez vos choix et observez les détails le lendemain, quand vous pouvez les voir de manière rationnelle — 100
comme si quelqu’un d’autre les avait faits — et que vous n’êtes plus aveuglé consciemment par le symbolisme illustré sur ceux-ci. Montrez vos dessins à quelqu’un en qui vous avez confiance. Demandez-lui de vous dire ce qu’il voit dans les dessins et ce qu’il ressent. Les commentaires de cette personne, combinés à votre propre interprétation, vont vous en révéler davantage sur votre problème et vous aider à effectuer un choix authentique qui est dans le meilleur de vos intérêts. Rappelez-vous ceci : vous êtes la seule personne qui connaît la vérité qui se cache derrière l’imagerie symbolique, alors ne laissez pas les autres vous imposer leur interprétation de votre sagesse intérieure et de la connaissance que vous avez de vous-même. 101
Chapitre 6 L’INTERPRÉTATION DES DESSINS J’ai découvert qu’à l’aide de couleurs et de formes, je pouvais dire des choses que je ne pouvais pas exprimer autrement — des choses pour lesquelles je n’avais pas de mots. — GEORGIA O’KEEFE L es dessins suivants proviennent de ma collection, que j’assemble depuis 30 ans. Ces dessins ont été réalisés par des amis, des membres de ma famille, des collègues, mes patients et les patients d’autres médecins. Mes commentaires à propos de ces dessins vont aider les lecteurs à comprendre comment chacun a été interprété. Dans certains cas, quand c’était approprié et significatif, j’ai mentionné ce qu’il était advenu du patient. Le but de ces commentaires n’est pas de raconter des histoires personnelles, mais de faire connaître aux lecteurs le langage de l’inconscient à travers les dessins et d’illustrer comment chaque dessin devient une précieuse ressource, même quand ce ne sont que quelques lignes griffonnées sur une feuille. Les études récentes révèlent comment l’imagerie peut accélérer la guérison et réduire la douleur après une opération. Les dessins révèlent quelles images doivent être créées pour que cela se produise dans tous les aspects de la vie. LES COULEURS : CE QU’ELLES PEUVENT RÉVÉLER FIGURE 1 L’enfant artiste a dessiné une balle de couleurs qui est assez bien formée, mais dont les couleurs ne sont pas en ordre, comme elles le seraient dans un arc-en-ciel. La section noire suggère que quelque chose dans la vie de l’enfant la dérange. L’image montre qu’il y a 102
beaucoup d’émotions (les rouges) et toutes sortes de choses qui se passent dans sa vie : les violets correspondent aux aspects spirituels ; les jaunes correspondent à l’énergie. Mais il y a tout de même un problème qui est enfoui et qui doit être exprimé. Ce n’est pas un problème grave, mais c’est quelque chose qui la dévore de l’intérieur. C’est comme si sa vie était en désordre et non pas qu’elle souffre d’un problème physique. Si l’enfant s’était dessinée et qu’elle avait mis du noir dans cette image, j’aurais alors dit que cela pouvait représenter une maladie physique, mais cela signifie plus clairement un problème émotionnel. FIGURE 2 Quand le garçon qui a fait ce dessin est heureux et que tout va bien dans sa vie, il y a un arc-en-ciel ; toutes ses émotions sont bien gérées. Mais ici, l’arc-en-ciel se trouve entre deux nuages noirs. Quand il vit dans l’arc-en-ciel, il se sent bien. Alors même quand il y a des problèmes dans sa vie, il continue de maîtriser ses émotions. Le dessin contient beaucoup de bleu et de vert : des couleurs saines et naturelles. Sa vie est comblée ; cela est indiqué par le fait qu’il a pris le temps de colorier toute la feuille. Mais il y a tout de même des choses qui limitent son arc-en-ciel. Je lui demanderais quels problèmes le dérangent — ce qui nuit à son bon-heur — et j’examinerais avec lui tout problème qu’il mentionnerait. FIGURE 3 Les couleurs de cette montgolfière ressemblent à un arc-en-ciel, mais elles ont été disposées autrement : le rouge et l’orange se trouvent à l’intérieur. Cela pourrait signifier que l’artiste cache ou garde enfouies en lui les émotions qu’elles représentent, plutôt que de les exprimer. Le soleil est présent, mais il y a des rayons rouges devant 103
lui. Cela suppose qu’il doit composer avec un problème émotionnel ; ce n’est pas un problème grave parce qu’il y a beaucoup de couleurs saines et naturelles dans le dessin, et il y a un nuage bleu et jaune et non pas un nuage noir. Helen Keller a dit que si on reste face au soleil, on ne voit jamais les ombres, mais il est difficile pour ce garçon de demeurer face au soleil parce que, dans son dessin, le nuage (son problème émotionnel) l’en empêche. Étant donné les couleurs qu’il a choisies, je ne crois pas que son problème serait difficile à résoudre. Je lui demanderais pourquoi sa montgolfière est attachée au sol avec trois cordes. Pourquoi n’est-il pas dans la montgolfière en train de faire une belle envolée ? Je lui demanderais ce qui le retient, qui le limite et qui crée une tension émotionnelle. La montgolfière ressemble aussi à une ampoule, qui pourrait être sa voix intérieure qui lui dit : — Je dois éclairer la situation et la résoudre. Je lui demanderais également de compter les petites plantes vertes et de voir si le nombre est significatif pour lui. FIGURE 4 Comparez ce dessin avec la figure 2 et notez ce que vous ressentez. Vous demandez-vous : « Mais qu’est-ce qui se passe dans la vie de cet enfant ? » Il est désordonné et il y a du noir. Il pourrait illustrer un problème parental ou familial, une maladie ou toutes sortes d’autres choses. L’enfant a besoin d’aide pour trouver de l’ordre dans sa vie. Les lettres sont violettes, ce qui indique que l’enfant a un côté spirituel et qu’il n’est pas malade au point de mourir. Toutes les émotions sont représentées, mais elles doivent être exprimées d’une manière saine afin que le problème puisse être résolu et que la confusion disparaisse. 104
FIGURE 5 On dirait de la laine ou des fils de fer entremêlés. C’est le problème central. Le dessin n’est formé que de traits minces qui s’entremêlent avec beaucoup d’énergie et dans une confusion totale. Quelque chose a créé cet enchevêtrement et a causé le problème. S’il n’y avait pas de noir, je dirais qu’il s’agit d’un désordre, mais le noir laisse entendre qu’il y a un problème émotionnel significatif qui doit être résolu. L’enfant doit exprimer ses émotions et recevoir de l’aide pour démêler sa vie. Cela va nécessiter beaucoup plus de travail que pour l’enfant qui a dessiné la figure 4. L’ANATOMIE : LE SAVOIR INTÉRIEUR DES STRUCTURES ET DES MALADIES FIGURE 6 Après une appendicectomie, le ventre d’un jeune garçon était ballonné, ce qui signifiait que ses intestins étaient emplis de gaz parce qu’ils n’avaient pas recommencé à fonctionner. J’ai aussitôt craint qu’il y ait une obstruction, ce qui nécessiterait une autre opération pour l’éliminer. Je lui ai demandé de faire un dessin de lui-même. Il a dessiné une radiographie sur le mur, même s’il n’y avait pas d’écran radiologique dans sa chambre, alors j’ai examiné avec soin la radiographie. Sur celle-ci, la grande région blanche est son estomac et les tubes enroulés en dessous représentent ses intestins. Quand vous avez une obstruction intestinale, l’intestin grêle s’emplit de gaz et de liquide parce qu’il est incapable de se vider, mais dans ce cas-ci, il est bien replié et il n’est pas ballonné. De plus, le garçon a choisi le brun et le bleu, des couleurs saines, plutôt que le rouge et le noir, ce qui aurait laissé croire qu’il y avait un problème. 105
Ces détails m’ont mené à croire que ses intestins se remettaient simplement de l’infection originelle et de l’anesthésie, et qu’il n’y avait pas d’obstruction intestinale. Ayant appris avec l’expérience à me fier aux dessins de mes patients, j’ai continué de l’observer et de le traiter symptomatiquement. Au bout de quelques jours, ses intestins fonctionnaient de nouveau et il a commencé à dégager des gaz. Son corps avait simplement eu besoin de davantage de temps que d’habitude pour se rétablir et aucune autre opération n’a été nécessaire. FIGURE 7 Un patient masculin qui présentait les symptômes d’une appendicite a fait ce dessin, puis il l’a jeté à la poubelle. Je l’ai pris et je l’ai examiné. Un appendice ressemble au doigt d’un gant attaché à l’intestin, tout comme les bras et les jambes dans ce dessin. Quand il devient obstrué par des matières fécales ou autre chose, il s’engorge et devient enflammé. Observez la petite balle à l’extrémité du bras de cette personne. On dirait un blocage. Notez également les extrémités gonflées, sans mains ni pieds, et les espaces vides. La couleur est orange, ce qui fait référence à un changement ; après une opération, le patient serait différent. Ce dessin, combiné à ses symptômes, m’a mené à croire qu’il souffrait effectivement d’une appendicite et qu’une opération était nécessaire. Nous l’avons opéré et le diagnostic a été confirmé. FIGURES 8 ET 9 Quand ce garçon a été transporté en fauteuil roulant dans la salle d’opération, il m’a remis deux dessins, même si je ne lui avais pas demandé de dessiner quoi que ce soit. En me tendant la figure 8, il a dit : 106
— C’est comme avant l’opération. Puis, il m’a tendu la figure 9 en disant : — Et ça, c’est après l’opération. Prenons le temps d’examiner ces deux dessins. Voilà un bon exemple de la façon dont l’inconscient utilise le langage visuel. D’après vous, quelle opération a subie ce garçon ? Il a dessiné des avions, mais vous pouvez identifier quelle partie de son anatomie ils représentent. En anglais, un autre mot pour pénis est « cock » et dans le dessin, le pilote est assis dans un cockpit. Dans la figure 8, le prépuce recouvre le pénis, tandis que dans la figure 9, le prépuce a été enlevé et le pénis est exposé. Dans le premier dessin, le cockpit est ouvert et la tête du pilote ressort à l’extérieur, mais dans le deuxième dessin, l’artiste a fermé le cockpit et le pilote se trouve à l’intérieur. Cela m’indique qu’il va protéger son pénis durant le reste de sa vie et qu’il ne laissera pas une pareille chose lui arriver de nouveau. Il est intéressant que les balles tirées par la mitraillette fixée à l’aile de l’avion passent de simples gouttelettes, dans le premier dessin, à des lignes droites dans le deuxième. Je dirais que les lignes droites semblent plus puissantes, plus percutantes. Il sait que son pénis va pouvoir fonctionner de nouveau et remplir ses fonctions. Et le bleu est une couleur saine. Le patient ne ressent donc pas de douleur ni d’angoisse quant à l’opération. Ces dessins me disent que la circoncision est une bonne chose pour lui. FIGURES 10 ET 11 Ces deux dessins ont été faits par des frères. Timothy a dessiné sa maison (fig. 10) et elle ressemble à un symbole phallique en rouge, un signe émotionnel, qui est lié à son opération (une circoncision). Et il a dessiné 14 pommes dans son arbre, ce qui pourrait être lié à des 107
membres de sa famille, à une date ou à une quantité quelconque. Il a utilisé des couleurs saines pour le soleil (jaune = énergie), pour l’arbre (vert = vie) et pour les balançoires (bleu = santé). Les balançoires sont une source d’amusement : le rouge le représente et le bleu représente son frère. Le drapeau de la boîte aux lettres est levé et sa présence, en plus de sa couleur (brun = terre nourricière), laisse croire qu’il n’a aucune difficulté à communiquer ses sentiments. La cheminée sur la maison lui offre un exutoire pour se soulager de la pression et de l’inquiétude. Ce dessin laisse entendre qu’il va bien aller. Thomas a également dessiné une maison de forme phallique (fig. 11), de couleur violette et avec neuf fenêtres sur un côté et une seule fenêtre à l’extrémité du grenier. Dans son arbre, il a dessiné neuf pommes proches les unes des autres et une autre pomme placée à l’extrémité gauche de l’arbre. Les nombres neuf et un sont significatifs parce qu’il répète ce schéma. S’il avait été mon patient, je lui aurais demandé si ces nombres avaient une signification pour lui. Ses couleurs sont saines, mais le cadre qu’il a ajouté aux bords de la feuille me fait croire qu’il se sent limité ou confiné ; et il n’a pas dessiné de cheminée pour libérer la pression ou l’inquiétude. FIGURE 12 Examinez ces voiles. Il est facile de voir que cette femme a un cancer du sein. Les oiseaux sont les personnes dans sa vie qui ont de la difficulté à composer avec son cancer ; ils sont donc noirs. Le soleil a sept rayons, mais il n’est pas dessiné au complet sur la feuille. Le bateau représente la femme et son problème actuel, et ses contours sont tracés en noir et en rouge (chagrin, douleur, inquiétude) ; il navigue sur une mer agitée. Il n’y a personne à bord du bateau ; il 108
semble être secoué par les vagues ; seul le vent dirige les voiles, ce qui révèle ce que cette femme vit. LE FUTUR, LA MORT ET L’INTUITION :LE SAVOIR CONSCIENT ET INCONSCIENT FIGURES 13, 14 ET 15 Dans le chapitre précédent, j’ai fait référence à un étudiant en médecine qui était venu me demander conseil à propos de son choix de carrière après que son père, un médecin, soit mort d’un cancer. Il craignait que les exigences sur le plan physique et émotionnel auxquelles un médecin est soumis aient contribué à la maladie de son père. Je lui ai demandé de se dessiner dans les professions qu’il envisageait. Dans la figure 13, il est politicien. Dans la figure 14, il est enseignant. Aucun de ces dessins ne m’a paru concluant. Son dessin de médecin (fig. 15) était la scène la plus agréable, avec ses couleurs saines, ses images et ses actions. Je lui ai recommandé de poursuivre ses études en médecine et c’est ce qu’il a fait. Il est devenu psychiatre, ce qui s’est avéré la bonne profession pour lui. FIGURES 16 ET 17 J’ai demandé à des étudiants en médecine de se dessiner en tant que médecins et les figures 16 et 17 représentent deux extrêmes de cette classe. Presque tous les étudiants, hommes ou femmes, ont dessiné un médecin assis derrière un bureau, avec un diplôme accroché au mur, mais sans aucun patient ou individu dans la même pièce. La figure 16 m’a complètement renversé. Il y a un visage flou dans le coin inférieur droit, mais il est difficile de dire s’il représente le médecin ou le patient. Il semble signifier l’intellect et non pas un être humain, parce que seule la tête est dessinée. Et qu’y a-t-il d’autre dans le dessin de ce médecin ? Des livres, un ordinateur, un nom, 109
des légumes, des médicaments — aucun être humain. Ce dessin ne fait pas référence au fait de prendre soin des gens, mais de traiter une maladie. La personne qui l’a réalisé aurait tendance à qualifier ses patients ainsi : « Vous souffrez d’une migraine ou vous avez un cancer ; prenez ceci. » Ou encore ainsi : « Si vous êtes déprimé, prenez ceci. » Je ne peux pas voir cette artiste être médecin sauf si elle se lance plutôt dans la recherche et qu’elle travaille uniquement dans un laboratoire plutôt qu’auprès de patients. À l’autre extrême, il y a un merveilleux dessin réalisé par un étudiant de la même classe (fig. 17). Voilà ce que signifie être médecin. L’artiste s’est dessiné avec un genou posé par terre afin d’être à la hauteur de sa patiente. Regardez son bras — ce médecin ne fait qu’un avec elle. Il la regarde dans les yeux, il lui sourit et il lui tend un mouchoir de papier. Son corps dit qu’il y a de l’espoir. Il a un stéthoscope, mais ce n’est pas ce qu’il utilise pour toucher à sa patiente. Quand les étudiants se dessinent en train de toucher à un patient, ils le font habituellement avec leur stéthoscope ou un autre instrument, pas avec leurs mains. Parmi les dessins de mes patients, les plus encourageants montrent des individus dans leur chambre — la salle d’opération ou la chambre d’hôpital où ils sont censés être isolés et en train de recevoir une greffe de moelle osseuse — et le médecin est avec eux et il les touche. Quand des patients visualisent leur médecin sans la tenue habituelle (bonnet, masque et blouse) qu’il porterait dans l’environnement stérile d’une vraie salle d’opération, la symbolique est magnifique. Elle sous-entend qu’il y a une relation personnelle et que le résultat sera positif. FIGURE 18 110
L’homme qui a réalisé ce dessin avait peur de la chimiothérapie et il refusait le traitement. Mais l’énergie jaune qui pénètre dans son cancer révélait que son intuition savait que ce serait une bonne chose pour lui. L’intellect et l’intuition ne s’entendent pas toujours. Que vous décidiez de recevoir ou non un traitement, vous ne voulez pas douter de votre décision. Après avoir compris ce que sa voix intérieure lui disait, il a décidé d’aller de l’avant et sa décision s’est avérée la bonne. FIGURES 19 ET 20 Ces deux images ont été dessinées par un médecin victime d’un cancer. Dans la figure 19, les trois oiseaux sont ses enfants. Les ailes qui pointent vers le bas signifient qu’ils ont de la difficulté à composer avec la maladie de leur père. Le poisson (un symbole spirituel) est hors de l’eau et il est face à l’ouest, là où le soleil se couche, ce qui révèle comment cet homme se sent face à sa maladie. Il s’éloigne aussi du soleil et de ses enfants. Son épouse et lui sont à bord du bateau, unis dans cette aventure, et ils sont de couleur orange (ce qui indique un changement). J’espère que la voile jaune et le bateau violet font référence à la foi, à la croissance spirituelle et à la transformation du couple, et non pas au fait qu’il s’attend à mourir. Il est assis et les lignes traçant les contours du bateau sont derrière ses jambes et ses pieds ; il n’est donc pas attaché ; il peut quitter le bateau. Par contre, les lignes passent par-dessus les jambes de sa femme et la retiennent dans le bateau. Il tient la voile et la barre du gouvernail, alors même si elle est avec lui pour le voyage, il ne la laisse pas l’aider. Ce n’est pas un comportement de survie. C’est comme s’il essayait de protéger sa famille en ne lui disant pas ce qu’il ressent (il a une main derrière le dos). C’est lui qui tire les 111
ficelles et quand il ne les laisse pas l’aider, ils se sentent encore plus mal. Après une petite thérapie, le médecin a dessiné la figure 20. Remarquez les couleurs éclatantes qu’il a utilisées pour dessiner ses enfants (les oiseaux) et les ailes qui pointent vers le haut. Il navigue maintenant en direction du soleil (l’avenir lointain) et des rayons d’énergie en émanent. Comptez les rayons : il a encore beaucoup d’années devant lui. Le poisson s’est retourné et il semble plus puissant, avec une meilleure couleur. Il est face à l’est, là où le soleil se lève — et quand vous restez face au soleil, vous ne voyez pas les ombres. Les quatre vagues représentent un achèvement. Le vent gonfle sa voile ; il n’a pas besoin de la tenir ou de la diriger, et sa femme et lui se tiennent par la main. Ils sourient. Ils vivent ensemble cette aventure et ils ne sont plus séparés. Ils ont des yeux et un nez. Dieu a insufflé la vie à Adam par ses narines. Si vous n’avez pas de nez, comment pouvez-vous respirer la vie ? Il a une oreille afin que sa femme puisse lui parler et il l’écoute. FIGURE 21 La femme qui a fait ce dessin n’était pas consciente que son dessin prédisait sa tentative de suicide, mais aussi que ses enfants, symbolisés par les quatre rayons de soleil, la sauveraient et que huit membres de sa famille seraient à son chevet quand elle se réveillerait à l’hôpital. J’ai plié le dessin en quadrants pour montrer comment le présent, le passé et le futur étaient tous représentés. FIGURES 22 ET 23 La couleur orange signifie un changement et quand Monica, une fillette de sept ans, a écrit son nom avec des traits noirs sur du orange (fig. 22), cela indiquait qu’elle n’était pas contente de se faire 112
opérer. Dans la salle où Monica allait être opérée, un système d’éclairage jaune, qu’on peut ajuster pour bien diriger les deux lumières sur le bloc opératoire, était suspendu au-dessus de la table d’opération (fig. 23). Les deux lampes étaient fixées à des bras articulés qu’on peut manœuvrer pour diriger la lumière et maintenir en place en serrant la poignée noire située au coude de chacun. Ce qui est vraiment intéressant est que Monica n’était jamais allée dans une salle d’opération. Elle a tout de même dessiné une salle en forme de boîte, et aux deux extrémités, elle a mis deux lumières jaunes avec deux poignées noires. Durant une opération, le patient est étendu sur un drap blanc, puis il est recouvert d’un drap bleu stérile qui a une ouverture vis-à-vis la zone devant être opérée. Ici, Monica a dessiné les draps blanc et bleu, et elle est la silhouette rose au centre. Elle a également dessiné quatre lignes au-dessus de sa tête. Dans la salle d’opération, il y a une instrumentiste (une infirmière vêtue d’une blouse stérile), un anesthésiste et moi-même, ainsi qu’une infirmière en service externe — qui ne porte pas de blouse stérile et qui peut quitter la salle pour aller chercher le matériel dont le chirurgien pourrait avoir besoin. Dans le dessin, l’infirmière en service externe est représentée par une ligne qui traverse en partie la bordure de la boîte qui représente la salle. Monica savait intuitivement que c’est une personne qui peut aller et venir, et qui ne resterait pas tout le temps dans la salle avec elle. C’est ce dessin qui a changé la façon de penser des gens à l’hôpital. Beaucoup croyaient que j’étais cinglé de recueillir de l’information à partir des dessins, mais nous avions ici une enfant qui avait dessiné des éléments clés d’une salle d’opération même si elle n’en avait jamais vu une. Alors d’où lui est venu ce dessin ? Après avoir été impressionné par le dessin de Monica, le personnel a été converti et 113
les dessins de mes patients sont devenus beaucoup plus intéressants que les radiographies ou les imageries par résonance magnétique. FIGURE 24 Dans le dessin de cette femme, les trois arbustes prédisaient combien de temps elle vivrait : elle a été enterrée presque trois ans jour pour jour après les avoir dessinés. FIGURES 25 ET 26 Avant que notre fille se marie, j’ai demandé au futur couple : — Pourquoi ne faites-vous pas chacun deux dessins : un où vous êtes seuls et un en couple ? Notre fille a dessiné sur les deux côtés de la feuille, ce qui est significatif parce qu’on peut tenir le dessin face à la lumière et que l’autoportrait est alors superposé sur le couple au dos de la feuille. (Si la personne ou des membres de la famille sont disposés de manière à être sur vous, cela signifie que votre famille vous cause un problème.) Quand j’ai tenu son dessin face à la lumière, j’ai vu que sa main levée reposait sur la tête de son fiancé, tandis que son autre main reposait sur son propre cœur. Je lui ai dit : — Si sa vie est dictée par sa tête et toi par ton cœur, vous allez avoir un problème. Dans son dessin du couple (fig. 25), elle tire son fiancé par le bras pour qu’il aille dans sa direction, mais il ne la regarde même pas. Ils ont des oreilles, mais les siennes sont noires parce que ce qu’il lui dit lui cause du désespoir. Dans son autoportrait (fig. 26), elle porte des chaussures orange, alors qu’en couple, elle porte des chaussures noires. Elle a de plus gros pieds dans son autoportrait, elle a donc une meilleure emprise sur les choses quand elle n’est pas avec lui. Je lui ai dit : 114
— Entre sa tête et ton cœur, vous devez trouver une façon de communiquer ensemble et de résoudre les choses si vous voulez que votre relation survive. Mais ils n’y sont jamais parvenus. Un de leurs garçons est né avec un grave problème métabolique génétique. Cela a aggravé la situation et ils ont fini par divorcer. FIGURE 27 Ce dessin a été réalisé par un médecin atteint d’un cancer et dont les enfants étaient adultes. Il se demandait comment ses enfants allaient. Je lui ai dit : — Dessinez-moi un dessin de votre famille. — Ils sont dispersés ici et là dans le pays. Qu’est-ce que le dessin va bien pouvoir me dire ? Je lui ai répondu qu’il savait intuitivement ce qui se passait. Il m’a donc apporté ce dessin. La première chose que je lui ai dite est de cesser de qualifier ses enfants. Il avait écrit sous chacun : « Yale », « architecte », « avocat », etc. Ils étaient tous des professionnels. Je lui ai donc demandé : — Si vous aviez un toxicomane, un décrocheur et un meurtrier, auriez-vous ajouté ces détails ? Il a éclaté de rire en secouant la tête. — Ne qualifiez pas vos enfants, lui ai-je répété. En examinant le dessin, j’ai vite constaté à quel enfant il avait besoin de parler. Je dis toujours qu’être avocat est une maladie grave. Un avocat m’a déjà dit : — À force d’apprendre à penser, j’ai presque oublié de ressentir les choses. Et c’est ce qui était arrivé à l’enfant avocat de ce médecin : il est vêtu de noir, il ne touche à aucun membre de la famille et, si je me 115
fie à ce dessin, je suis certain que c’est un être purement rationnel. Il avait besoin d’être en contact avec sa famille et d’être encouragé à exprimer ses sentiments. Son père a réussi à communiquer avec lui et il l’a aidé en ce sens. LA NATURE : UN MIROIR DE NOTRE ENVIRONNEMENT INTÉRIEUR FIGURE 28 Nous percevons les arbres comme des symboles qui représentent les êtres humains : nos familles, nos vies et nos corps. Quand vous dessinez un arbre, la partie qui se trouve dans le sol — les racines — symbolise habituellement votre inconscient. Elle peut également faire référence aux racines de votre famille. Le tronc représente votre corps et ce qui se passe dans votre vie. Les branches supérieures de l’arbre peuvent représenter le futur ainsi que votre croissance et votre conscience. Dans la figure 28, les racines de l’arbre ne constituent pas la partie la plus importante ; l’artiste a peut-être coupé ses liens avec sa famille. Le trou dans le tronc laisse croire que quelque chose gruge un trou en elle ou dans sa vie. Je ne crois pas que la créature dessinée dans le trou représente une maladie, mais plutôt une personne qui la dévore. Regardez la confusion qu’il y a dans les branches. Il y a de la vie, mais dans quelle direction va-t-elle ? C’est la pagaille. Cette artiste a besoin de régler un problème relationnel avec sa famille. Je lui demanderais donc : — Qui est-ce qui vous gruge ? Il est possible que la chose dans le tronc soit la patiente elle-même — elle est représentée par un enfant dans l’utérus de l’arbre. Elle a besoin de créer sa propre vie authentique ; elle ne doit pas vivre la 116
vie que les autres lui imposent. Elle a besoin de renaître pour être son vrai moi. FIGURE 29 Ce dessin illustre ce que nous sommes tous venus faire sur la Terre. La vie est une occasion de grandir et de nous épanouir de manière saine. C’est tellement un beau dessin, avec son énergie jaune en arrière-plan, la fleur qui baigne dans les rayons du soleil et sa tige et ses feuilles vertes, un signe de vie. Quand des enfants ont le cancer et qu’ils ne vont pas bien, les couleurs deviennent plus pâles. Mais ce dessin révèle une personne qui s’épanouit et qui tend les bras vers tout ce qui est bon dans la vie. FIGURE 30 Quand les bras des gens sont levés dans les airs, cela peut représenter différentes émotions. Mais regardez cet arbre : il a des branches minces et entremêlées, aux couleurs émotionnelles. Les deux personnages sont debout, ce qui signifie que leurs pieds reposent sur quelque chose de solide. Les gens se dessinent souvent en train de flotter dans les airs, sans aucun support. Les pieds de ces deux personnages pointent dans des directions opposées, ce qui indique qu’ils doivent vraiment se faire une idée, décider dans quelle direction aller. Il est difficile de trouver quelque chose qui ressemble à un tronc sur cet arbre ; il n’y a qu’un trait mince. Leur vie ensemble doit être solidifiée ; ils doivent remettre de l’ordre dans leur vie. Aucun des personnages n’a de nez, ce qui indique que leur vie n’est pas inspirante. Ils ont besoin de se créer une vie plus dynamique et non pas de vivre sur une île. FIGURE 31 117
Les oiseaux représentent presque toujours des personnes dans votre vie. Dans ce dessin, il y a trois oiseaux regroupés devant la lune et un oiseau seul. Les oiseaux en noir peuvent représenter des personnes qui créent en vous du chagrin et du désespoir ou qui en font elles-mêmes l’expérience. Il y a un peu de couleur parmi le noir de ce ciel de nuit, mais il n’a pas un aspect agréable. Le bateau a été dessiné avec deux couleurs émotionnelles, le noir pour le chagrin ou le désespoir, et le rouge qui pourrait représenter l’amour, mais qui, dans la plupart des cas, représente une douleur ou un conflit. Quand le parcours de vie du patient (le bateau) est noir et rouge, je n’ai pas un bon pressentiment à propos de son état. Et qui dirige le bateau ? Dans quelle direction va-t-il ? Un des traits traverse la voile de part et d’autre ; elle semble prise — presque comme dans un tourbillon —, comme si elle était fixée à l’horizon. L’eau violette pourrait signifier une sorte de voyage spirituel, mais le bateau a besoin d’aide, c’est-à-dire qu’il a besoin que quelqu’un le dirige et compose avec les émotions douloureuses que cette personne ressent. Les petits oiseaux pourraient être des personnes dans la vie de l’artiste, mais elles n’ont pas l’air de pouvoir être très utiles. Cette personne doit donc demander de l’aide. Quand vous avez besoin d’aide, demandez-la ; c’est un comportement de survie. FIGURE 32 La neige sur les trois montagnes n’a pas été dessinée avec un crayon blanc, mais elle recouvre tout de même quelque chose. Je demanderais donc à l’artiste : — Y a-t-il trois personnes ou trois choses dans votre vie qui vous posent problème et réprimez-vous ce que vous ressentez envers elles ? 118
Le soleil est dans le quadrant du futur, ce qui donne un sentiment d’espoir, mais il n’y a pas de rayons (de joie) dans ce dessin. Le chemin parcouru va du passé récent (le quadrant inférieur droit) au futur lointain (le quadrant supérieur gauche) et il devient étroit ; il sera donc difficile de demeurer sur ce chemin. Tout comme il y a trois montagnes, il y a également trois gros arbres. Un des arbres a l’air vivant ; les deux autres ont l’air morts ou en dormance. S’ils représentent des individus, personne ne les nourrit et, tout comme le chemin, ils commencent à s’éteindre. C’est comme s’ils perdaient leur force vitale. Même les sapins ont un tronc noir, ce qui pourrait symboliser leurs problèmes. Les montagnes violettes sont des symboles spirituels et un arbre du genre « sapin de Noël » peut également être un symbole spirituel, mais quelque chose a vidé de leur vie les deux arbres à feuilles caduques, qui pourraient représenter un parent et un enfant. Je demanderais également à l’artiste : — Est-ce que le chiffre 5 signifie quelque chose pour vous ? La clôture, avec cinq poteaux, se trouve dans le quadrant du dessin qui représente le passé. De l’herbe verte et en santé pousse à la base de chaque poteau. Il y a également encore quelques arbres dans le passé. Mais comme tous les conifères ont un tronc noir, il y a un conflit même s’ils semblent en santé. Je crois que quelque chose du passé de l’artiste qui a besoin d’évoluer est retenu par cette clôture et que l’artiste a besoin de faire une thérapie pour le faire remonter à la surface. FIGURE 33 Ce dessin illustre une autre sorte d’arc-en-ciel, avec du rouge, du jaune, de l’orange, du violet et du vert ; il est plein de vie. Même si les couleurs ne sont pas dans l’ordre habituel d’un arc-en-ciel, il y a 119
de l’ordre dans le dessin — un équilibre — et il est magnifique. Le pot repose sur une table brune, une puissante couleur terrestre ; il est donc soutenu. La poignée suggère que vous pouvez le prendre et l’emporter avec vous. Vous pouvez l’emplir d’eau pour maintenir les fleurs en vie. Ce dessin me donne une bonne impression à propos de la vie de la personne. Je demanderais à l’artiste : — Pourquoi y a-t-il quatre fleurs jaunes, deux violettes, etc. ? Ou encore : — Pourquoi y a-t-il huit fleurs ? Si le chiffre huit ne signifie rien de précis pour l’artiste, il peut signifier un nouveau commencement en cours ou à venir. FIGURE 34 Mon épouse, Bobbie, a dessiné cette scène extérieure avec cinq arbres dans le haut de la feuille. Nous avons cinq enfants et au moment où elle a fait ce dessin, un de nos enfants nous causait des difficultés. C’est celui qui se trouve sous les quatre autres. J’essayais alors de le convaincre d’aller au collège plutôt que de traîner à la maison en se plaignant tout le temps. C’est un enfant brillant qui a beaucoup d’énergie, mais il trouvait l’école ennuyante. Quand il était plus jeune et que mon épouse et moi étions partis en vacances, il se cachait dans le placard pour lire des livres toute la journée plutôt que d’aller à l’école. J’essayais donc de le convaincre d’aller étudier dans un domaine qui l’intéressait. Quand Bobbie a fait ce dessin, deux de nos enfants vivaient ailleurs et trois vivaient avec nous. Mais regardez bien dans le bas du dessin, là où il y a sept fleurs (qui représentent notre famille). Dans le coin inférieur gauche, il y a nos jumeaux, mon épouse et moi. La troisième fleur se trouve à droite des quenouilles, ce qui m’a indiqué qu’il allait quitter la maison ; cela a entièrement éliminé la 120
pression. Il y a six quenouilles. Six semaines après la réalisation de ce dessin, notre garçon a pris le volant de sa voiture et il s’est rendu à Denver rejoindre son frère pour aller étudier là-bas. Ce dessin m’impressionne encore et nous le gardons accroché au mur dans notre maison. L’IMAGE DE SOI : VOIR COMMENT NOTRE VALEUR PERSONNELLE INFLUE SUR NOTRE CORPS FIGURE 35 Cette jeune femme avait été admise à l’hôpital parce qu’elle se laissait mourir de faim. Tout le personnel de l’hôpital était fâché contre elle et exigeait de savoir pourquoi elle agissait ainsi. Et ils étaient impolis avec elle. Je suis donc allé la voir et je lui ai demandé : — Ma chère, fais-moi un dessin. Et voici ce qu’elle a dessiné. Je suis allé montrer le dessin au personnel de l’hôpital et je leur ai dit : — Regardez. C’est un dessin d’elle-même. Comprenez-vous maintenant quel est son problème ? Son image d’elle-même est celle d’une femme obèse qui a l’air enceinte. Quand ils ont pris conscience de la façon dont elle se voyait, ils se sont calmés et ils ont commencé à la traiter différemment. Ce que j’aime de ce dessin est que les deux pieds pointent vers l’est. Je savais qu’avec la thérapie, elle allait dans la bonne direction et que comme ses pieds ne pointaient pas dans des sens opposés, elle n’était pas confuse ou déchirée intérieurement. Elle avait besoin de plus gros doigts pour pouvoir prendre les choses en main. Les quatre boutons signifiaient peut-être quelque chose pour elle. Elle commençait à se trouver, ce qui était symbolisé par sa façon d’étirer 121
un peu le cou. N’ayant illustré son nez que par deux points, cela me laissait croire qu’elle devait trouver quelque chose qui l’inspirerait et que si elle le trouvait, elle deviendrait une personne entière. Cela serait démontré par l’utilisation de couleurs plutôt que de traits noirs. Sans amour de vous-même, vous ne pouvez pas voir votre vrai moi dans le miroir et vous accepter comme une personne qui mérite d’être aimée. Vous ne voyez que les défauts. FIGURE 36 Ce qui est intéressant à propos du dessin de cette fille, ce sont ses bras : elle a des mains, mais elles sont retenues contre la robe par les deux traits qu’elle a tracés par-dessus ses bras. Elle a dessiné toutes les parties, y compris les yeux, le nez et la bouche et elle a couvert toute la feuille, ce qui indique quelque chose de positif à propos de son estime d’elle-même, comparé au petit autoportrait dessiné par la femme anorexique. Mais je voudrais lui demander : — Qu’est-ce qui vous maintient les mains liées ? Qu’avez-vous besoin d’atteindre ? Ses bras sont bruns et son visage est blanc ; le fait d’avoir colorié ses bras d’une couleur foncée révèle peut-être sa difficulté à faire appel aux autres et à accomplir ce qu’elle doit accomplir. C’est une personne blanche avec des bras bruns. C’est comme si elle avait peur d’être jugée. Ses pieds ne pointent pas dans la même direction, ce qui indique un peu d’indécision. Elle a peut-être été critiquée par les autres, qui lui ont dit quoi ne pas faire. FIGURE 37 Vous donnez des crayons de cire à une personne, puis vous regardez ce qu’elle en fait. À part les yeux et la bouche rouges, le reste de la femme est dessinée en noir. Elle a des yeux, un nez et une bouche, 122
mais pas d’oreilles, de mains ou de pieds. Cela représente sa dépression. Au moins, elle n’a pas dessiné un sourire sur son visage et nié ainsi ses sentiments — la plupart des gens qui sont profondément déprimés se dessinent tout de même avec un gros sourire. De même, le trait est plus épais à la hauteur des épaules ; elle porte donc un poids sur celles-ci. Je lui demanderais : — Qu’est-ce qui se passe ? Elle s’est dessinée comme n’ayant rien pour remédier à la situation. Elle se sent impuissante. Elle a besoin d’aide pour apprendre à faire appel aux autres, à faire pousser des pieds, à se déplacer et à accomplir ce qui doit être accompli. Sa ceinture est presque trop serrée, comme si elle signalait que quelque chose dans sa vie l’étouffe. Elle doit apprendre à être à l’écoute de ses sentiments de la même façon que nous réagissons à la faim en allant chercher de la nourriture. FIGURES 38 ET 39 La figure 38 a été dessinée sur les deux rabats d’une feuille, ce qui fait que la personne que vous voyez s’ouvre comme un livre. Les couleurs de l’image extérieure sont saines et pleines d’énergie, mais les mains de la personne sont presque cachées (l’artiste ne peut pas composer avec ce à quoi elle est confrontée) et ses pieds sont pointés dans des directions opposées (elle est indécise). Les épaules sont larges, comme si elle portait un poids. L’image couvre la feuille ; cette femme a donc une bonne estime d’elle-même. Quand je lui ai demandé pourquoi elle avait plié la feuille, elle l’a ouverte. Voyez ce qu’il y a à l’intérieur : dans la figure 39, son corps est dépersonnalisé. L’artiste s’est dessinée en train de recevoir une chimiothérapie, qui est jaune (ce qui représente de l’énergie) et qui pénètre directement dans la tumeur, ce qui est une bonne chose (moins d’effets 123
indésirables). Mais regardez-la : elle n’a pas de tête ; elle n’a même pas de mains, ses pieds pointent dans des directions opposées et son corps est rouge. Je dirais donc qu’elle se sent complètement impuissante et qu’elle ne sait pas quoi faire. Quelqu’un d’autre a prescrit le traitement et elle croit qu’elle est obligée de s’y soumettre. Son traitement devrait relever de sa propre décision et non pas lui être prescrit par le médecin. Malgré cela, elle a caché son appréhension sous les rabats de la feuille. J’ai recommandé que la patiente cesse le traitement ou qu’elle change son attitude envers celui-ci. Si vous vivez l’enfer, dites-le ; ne le cachez pas aux gens. Prenez soin de vous et demandez aux autres de vous soutenir. Cette femme a besoin de revendiquer son pouvoir et de ne recevoir le traitement que parce que c’est son choix et non celui de quelqu’un d’autre. Elle aurait ainsi beaucoup moins de problèmes. À raison de 10 fois par jour, elle devrait se visualiser pendant trois ou quatre minutes en train de recevoir le traitement, d’obtenir un résultat positif sans effets indésirables et de retourner chez elle régénérée et en santé. Quand vous vous sentez impuissant ou que vous avez l’impression d’être empoisonné par votre traitement, vous créez le pire des résultats. J’ai écouté une émission sur une chaîne publique dans laquelle un psychologue parlait d’un projet de recherche où l’activité cérébrale de différents volontaires a été observée en temps réel au moyen de la technique d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IMRf). À chaque essai, les chercheurs plaçaient une main devant la personne et observaient sur le moniteur quelles zones du cerveau étaient activées. Quand ils retiraient la main, l’activité cessait dans ces zones. Le psychologue a noté que si on retirait la main et qu’on disait à la personne de fermer les yeux et d’imaginer une main, le 124
cerveau sur le moniteur s’activait dans les mêmes zones qu’avant ; l’activité cérébrale était donc la même que si la personne regardait réellement une main. Alors quand vous vous visualisez en train de recevoir un traitement et que tout se passe bien, c’est comme si vous le receviez vraiment. Cela fait une énorme différence. FIGURE 40 C’est moi. Voyez comme mes épaules sont larges. Je me mets beaucoup de pression dessus, si vous voyez ce que je veux dire. Mais j’ai couvert toute la feuille, ce qui signifie que j’ai une bonne estime de moi. Les couleurs sont des couleurs naturelles. J’ai toutes les parties nécessaires : un nez, une bouche, des yeux et des oreilles. Je souris sincèrement ; ce n’est pas un faux sourire. Mon t-shirt a quatre boutons ; pour moi, ce nombre pourrait symboliser une forme de complétude. Mes pieds reposent bien à plat sur le plancher. Même quand vous savez ce que vous dessinez, c’est étonnant de voir tous les petits détails qui se glissent. Si vous avez l’air d’avoir plus de muscles que dans la réalité, cela signifie que vous essayez d’être fort face aux autres et que vous ne prenez pas aussi bien soin de vousmême que des autres. Je ne devrais pas en faire autant ; je dois prendre soin de moi et ralentir. Ensuite, si je faisais un autre dessin, je serais peut-être moins musclé et davantage en santé. FIGURE 41 Par contraste avec le dessin précédent, examinez cette image dessinée par le garçon de notre voisin, qui était déprimé. Le corps du garçon ne couvre pas la feuille ; il n’est qu’une petite tache et il s’est dessiné tout en noir : le gardien de but d’une équipe de hockey. Que doit-il affronter ? Un gardien de but doit affronter tous les objets durs et noirs que tout le monde lui lance. La symbolique de cette 125
image est tellement claire, avec la noirceur de la dépression et la petitesse de l’image de soi. Et la façon dont il tient son bâton laisse croire qu’il s’attend à faire face à d’autres problèmes. Cet enfant a vraiment besoin d’aide. FIGURES 42 ET 43 Ce garçon est venu dans mon bureau et il a fait un dessin de luimême qui couvrait toute la feuille. En raison du violet, j’ai vu qu’il était un être spirituel, mais dans son dessin, il n’a pas de jambes (fig. 42). Je n’avais pas remarqué qu’il avait écrit le mot « verso ». Je lui ai donc demandé : — Qu’est-ce qui se passe ? Tu n’as pas de jambes. Te sens-tu coincé ou prisonnier ? — Tournez la feuille de l’autre côté, m’a-t-il dit. De l’autre côté, il a les pieds qui reposent à plat sur le plancher (fig. 43). Quand je me dessine, je couvre un côté de la feuille, mais ce garçon a besoin des deux côtés. Il a donc une très bonne estime de lui. S’il a besoin des deux côtés de la feuille et qu’il a du soutien, il va s’en sortir. Ce dessin me dit que les choses vont bien aller pour lui. FIGURE 44 Ce garçon m’a dit : — Dr Siegel, les enfants se moquent de moi dans le vestiaire de l’école et je veux que vous me circoncisiez afin qu’ils cessent. Je lui ai tendu une boîte de crayons de cire contenant du noir, du blanc, du brun et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et je lui ai dit : — Fais-moi un dessin de toi dans la salle d’opération. Il a pris un crayon noir et il a écrit « Moi » en noir, puis il a dessiné un insecte noir sur la table d’opération. Il a ensuite écrit au-dessus : « La raison pour laquelle j’ai fait ce dessin est que je suis fatigué. » Je 126
savais que ce n’était pas pour cette raison ; c’était ce qu’il ressentait à propos de lui-même. S’il avait eu l’impression qu’il était un bel enfant et qu’il était aimé, il se serait dessiné en beau jeune homme qui voulait ou ne voulait pas être circoncis. Je lui ai dit : — D’accord, tu ne veux pas que les enfants se moquent de toi ? Nous pouvons faire la circoncision. Mais j’ai montré le dessin à ses parents et je leur ai dit : — Je vais faire la circoncision pour l’aider, mais il pourrait passer sa vie à consulter des chirurgiens plastiques sans jamais se trouver beau quand il se regarde dans le miroir. Ce dont il a le plus besoin, c’est de votre amour. Lors d’un congrès, j’ai observé la même chose parmi des entraîneurs personnels. Je leur ai demandé : — Que pourrais-je suspendre dans le hall de tous les édifices publics pour transmettre le message « Voyez comme la vie est belle et significative » ? Ils ont crié des choses comme « des papillons ! », « des arcs-en-ciel ! », « des photos de bébés ! », jusqu’à ce que je dise : — Non, il faut suspendre un miroir. Quand la première pensée qui vous vient est un miroir, cela signifie que vous vous acceptez entièrement et que vous vous aimez. Quand nous nous acceptons en tant que créatures de Dieu, que nous voyons de la beauté et du sens dans ce que nous sommes, tels que nous sommes, nous acceptons également les autres en tant que créatures de Dieu. Les enfants prennent conscience de leur valeur personnelle à travers l’amour et l’acceptation de leurs parents. Une fois qu’ils en sont conscients, ils n’ont pas à se soucier de leur apparence, de ce que leurs amis disent et de ce que les voisins 127
pensent. S’ils ne reçoivent que de l’indifférence et du rejet de leurs parents, cela peut être désastreux. FIGURE 45 Ce dessin a été réalisé par une journaliste qui était venue m’interviewer. Quand elle a dessiné une horloge avec une seule aiguille qui pointait le 12, j’ai compris que son inconscient lui demandait qu’elle prête attention à une expérience traumatisante de son passé ; elle avait besoin d’une aide thérapeutique pour guérir. FIGURE 46 Je montre souvent ce dessin lors de mes conférences et je demande aux gens : — Selon vous, qui rédigerait ainsi des instructions détaillées sur la façon de faire un dessin alors que je lui ai simplement demandé de dessiner quelque chose ? Quand je réponds que c’est un ingénieur, tout le monde éclate de rire. Il a écrit en haut de la feuille : « J’ai de la difficulté à dessiner. » Que craignait-il ? Ce n’était pas un cours de dessin ; il n’allait pas être noté. Il n’a pas seulement ajouté quelques mots pour qualifier des choses, comme certaines personnes le font ; il a plutôt rédigé une page d’instructions. Il essayait de tout régenter dans sa vie en se servant de sa tête. Ce qui est intéressant est que cet événement a tout de même eu un énorme effet sur lui parce que je lui ai dit : — Vous laissez votre tête dicter votre comportement et non pas vos sentiments. L’ingénieur en vous a de la difficulté avec les relations interpersonnelles et, tout comme les avocats, vous rationalisez et vous calculez ; vous n’écoutez pas votre cœur. Cela l’a vraiment ébranlé. 128
Environ 15 ans plus tard, j’ai montré ce dessin lors d’une conférence à l’université Yale. À la fin de celle-ci, un homme est venu me voir et il m’a dit : — C’est l’écriture de mon père. Quand vous lui avez dit qu’il agissait seulement de manière rationnelle et qu’il ne ressentait pas ses émotions, cela l’a changé. Cela a eu un profond impact sur lui et l’a aidé à survivre à son cancer. J’ai donc fait une copie du dessin et je l’ai donnée à son garçon. Certaines personnes ont si peur de dessiner qu’elles font faire le dessin par leur enfant. Je leur dis alors : — Vous luttez contre un cancer et vous avez peur de dessiner ? Un garçon de 10 ans a dessiné sa mère avec une grosse tête et un faux sourire. Il comprenait bien la situation : elle agissait de manière rationnelle et elle ne ressentait pas ses émotions. LE TRAITEMENT : NOTRE PERCEPTION DES CHOSES MODIFIE NOTRE EXPÉRIENCE FIGURE 47 Cette artiste a un sens de l’humour qui l’a aidée à sur-vivre. Ici, elle s’est dessinée en train de recevoir une chimiothérapie avec le produit qui circule dans toutes les parties de son corps ; elle se préparait donc inconsciemment à avoir beaucoup d’effets indésirables. Elle est reliée à l’appareil qui injecte la thérapie intraveineuse durant toute une journée et une soirée ; c’est une des différentes séances auxquelles elle devra se soumettre durant plusieurs mois. Elle m’a dit : — J’en ai assez de traîner cette chose avec moi. Elle était vraiment prête à abandonner et à mourir. Je l’ai donc regardée dans les yeux et je lui ai dit : — Vous savez, vous êtes Lady Dragon1. 129
Elle a éclaté de rire. Durant ses séances de visualisation, les dragons sont devenus les symboles qui représentaient ses globules blancs et elle s’est sentie mieux à partir de ce moment-là. Elle a bien supporté le traitement et tout le reste parce qu’elle était devenue Lady Dragon. Les médecins auraient avantage à apprendre des techniques psychologiques pour soigner les gens, comme le jeu de mots que j’ai utilisé pour amuser et donner de l’énergie à « Lady Dragon ». J’utilise également une technique appelée le paradoxe, durant laquelle je fais le contraire de ce qu’un patient s’attend à ce que je fasse. Par exemple, quand quelqu’un vient me voir et me dit : — Ils m’ont dit qu’il me restait une semaine à vivre. Je lui réponds : — J’ai plutôt l’impression qu’il ne vous reste que quelques jours. Le patient me regarde habituellement, l’air secoué, puis il saisit ; ce n’est qu’une blague. Ce que j’ai dit est tellement horrible que le patient éclate de rire. Puis, nous commençons à parler et la tension disparaît. Le paradoxe aide le patient à voir les choses de manière plus positive, ce qui en retour a un effet sur la façon dont il vit le traitement. Cela a pour résultat une meilleure espérance de vie, alors je leurre souvent les gens pour qu’ils se concentrent sur leur santé. Les dessins suivants montrent les réactions émotionnelles de deux patients envers leur traitement. Ils illustrent clairement pourquoi une attitude positive peut jouer un rôle important dans la guérison. FIGURE 48 Voici une personne qui reçoit une greffe de moelle osseuse et on dirait que cela se produit dans une prison. Aucun rayon de soleil ne pénètre par la fenêtre et il n’y a rien d’agréable à l’extérieur. Les infirmières sont des bonshommes allumettes sans mains et elles ne 130
touchent pas la patiente. La patiente n’a qu’un bras ; elle n’a pas d’yeux, pas d’oreilles et pas de nez ; elle ne peut donc pas s’exprimer. Elle est simplement étendue sur une table avec une énorme aiguille pointée vers elle. On dirait un cauchemar et non une thérapie visant à la guérir. Une personne qui fait un tel dessin a besoin d’aller chez elle et de visualiser le traitement d’une manière différente, comme une chose thérapeutique, jusqu’à ce qu’elle puisse le voir comme étant bénéfique. J’ai un CD qui s’appelle Getting Ready et qui aide les gens à se « reprogrammer » à l’aide d’une visualisation guidée. Je l’aurais recommandé à cette patiente parce que cela aurait complètement changé sa façon de réagir à son traitement de même que le résultat obtenu. Maintenant, comparons le dessin suivant, la figure 49, à celui-ci. FIGURE 49 Il s’agit de la scène d’une greffe de moelle osseuse et la main de Dieu soutient la patiente. L’intraveineuse est en place ; le médecin est dans la salle. Il porterait normalement un bonnet, un masque et une blouse, mais dans ce dessin, il n’en porte pas et touche la patiente non pas avec un stéthoscope, mais avec sa main — une main humaine —, et il sourit. Même si le dessin a pâli avec le temps, on peut encore voir l’arc-en-ciel de vie qui est dans la salle avec elle et qui est symbolisé par les couleurs de la chaise. On dirait qu’elle est en croisière et non pas qu’elle subit une intervention médicale difficile à l’hôpital. De la lumière brille sur elle. La porte est rouge : une couleur émotionnelle ; c’est sa porte d’entrée vers la vie. On aperçoit par une fenêtre l’arbre de vie, un arbre qui a l’air en santé. Par l’autre fenêtre, on peut voir sa famille qui l’attend. Dans la salle, il y a le lecteur de CD pour faire sa visualisation et tout ce dont elle a besoin. Je ne suis pas inquiet pour ce genre de patiente. Les études 131
révèlent que les personnes qui font ce genre de dessin et qui ont cette optique psychologique ont un taux de survie plus élevé que les personnes qui font des dessins négatifs. FIGURE 50 Cette femme a écrit « À l’aide » sur son ventre après avoir suivi le conseil que je donne aux patients qui doivent être hospitalisés. Je leur dis toujours d’apporter une trousse Siegel. Elle contient un marqueur, une crécelle et un pistolet à eau. Le marqueur sert à écrire « Coupez ici » et « Pas celui-là, imbécile ». Une femme a écrit juste au-dessus de son pubis : « Ne tondez pas le gazon. » Avec ce genre d’humour, tout le monde dans la salle d’opération rit et devient une famille. La crécelle peut sauver des vies. Une femme était en train de s’étouffer avec de la nourriture de l’hôpital et personne n’est venu quand elle a appuyé sur le bouton d’appel. Elle m’a plus tard raconté : — Si je n’avais pas eu de compagnon de chambre, je serais morte. Le pistolet à eau sert à arroser ceux qui vous dérangent dans votre intimité sans aucune bonne raison. FIGURE 51 Le violet est une couleur spirituelle et bien que son utilisation puisse suggérer que la personne va mourir, je ne crois pas que la couleur de la chimiothérapie de cette patiente indique qu’elle croit que cela va la tuer. Je crois qu’elle voit que cela peut la guérir. Les points rouges sur son corps — une couleur émotionnelle — représentent le cancer. Les quelques points blancs parmi eux, qui sont presque invisibles, sont ses globules blancs. La perception que cette patiente a d’ellemême en se dessinant en bonhomme allumette illustre son sentiment d’impuissance. Elle s’est dessinée en noir et elle est suffisamment 132
honnête pour montrer qu’elle n’est pas heureuse. Mais parce qu’il n’y a personne sur le dessin qui lui administre la chimiothérapie et qu’elle a dessiné le liquide en violet, elle semble croire que le traitement est davantage un cadeau de Dieu. Ses pieds pointent vers le traitement, ce qui indique que son intuition lui dit qu’il va lui être bénéfique. En ce qui concerne le traitement, je lui dirais : — Oui, essayez-le. C’est ce qu’indiquent la façon dont vous vous êtes dessinée, la couleur du traitement et la direction de vos pieds. Je lui soulignerais également que le cancer semble s’être répandu à différents endroits dans son corps et qu’il est rouge, ce qui indique qu’il cause un problème émotionnel dans sa vie. La façon dont les gens se visualisent compte beaucoup : s’ils dessinent un millier de cellules cancéreuses et quelques globules blancs, cela correspond à ce qui se passe dans leur corps. Je recommanderais à cette patiente de changer son image d’elle et ce qu’elle pense d’elle-même. FIGURE 52 La chimiothérapie de cette femme est administrée avec une seringue noire et elle ne laisse pas le produit pénétrer dans son corps. Ses yeux et sa bouche sont noirs et les points représentant les cellules cancéreuses sont violets ; dans ce cas-ci, le violet semble représenter la mort. Son message semble être : « Cela va me tuer. Ma maladie va me transformer en esprit. » Elle n’a pas de nez pour inspirer ; elle ne peut donc pas inspirer la vie, ce qui laisse entendre qu’elle ne croit pas que son traitement puisse l’aider à survivre. Un de ses pieds pointe vers sa droite — l’ouest, la place de la noirceur — et ses chaussures sont noires. Elle semble aussi devenir de plus en plus pâle : le haut de son corps est rose pâle (une émotion ou une douleur cachée) et elle 133
montre les cicatrices de sa mastectomie. Susan Bach note qu’il arrive que les enfants malades dessinent initialement des scènes extérieures avec des couleurs éclatantes comme le vert, puis qu’avec le temps, les cou-leurs dans leurs dessins successifs deviennent de plus en plus pâles, soit parce qu’ils appuient moins fort sur la feuille, soit parce qu’ils choisissent des tons plus pâles. Quand cela se produit, cela indique que la lumière de la vie pâlit, qu’elle quitte ces enfants. De façon similaire, le dessin que cette femme a fait n’annonce rien de bon quant à son avenir. FIGURE 53 Ce dessin dramatique est très coloré. Comme la patiente n’a pas dessiné ses pieds, je dirais qu’elle se sentait coincée au moment où elle a fait ce dessin. Et elle l’était effectivement parce qu’elle avait environ 16 ans et que ses parents lui avaient enlevé son pouvoir. Ils l’avaient obligée à recevoir une chimiothérapie contre sa volonté, jusqu’à ce qu’elle refuse finalement de continuer. Quand ils l’ont emmenée à mon bureau, je lui ai demandé de me faire un dessin. Quand j’ai vu les mots « Je vous hais », je lui ai demandé si cela voulait dire qu’elle haïssait le cancer. Elle m’a répondu : — Non, je ne hais pas le cancer ; le cancer traverse le même enfer que moi. Il pleure et il dit : « Aidez-moi. » Quelle déclaration. Elle était triste pour le cancer ! Alors, qui voulait-elle transpercer d’un coup de lance ? — Je veux la planter dans mon médecin, m’a-t-elle dit. À cause de lui, je suis chauve, je suis laide et mon genou est affreux. Sa colère visait donc les médecins. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais au moins, ses parents ont pu mieux comprendre ce qu’elle ressentait. Je leur ai suggéré de redonner à leur fille son pouvoir et de la laisser décider quoi faire. 134
Le mot patient est dérivé d’un mot qui signifie « personne souffrante soumise ». Cela suppose que si vous êtes un « bon » patient, vous allez endurer la souffrance, la chirurgie et la déformation de votre corps, ainsi que toute complication qui survient, sans exprimer de colère. Et vous allez peut-être mourir à un moment qui plaît à tout le monde ou mourir à la suite de décisions médicales faites par des professionnels qui ne vous connaissent pas personnellement et qui vous donnent le mauvais traitement. Je dis aux gens de ne pas être de bons patients, mais plutôt des partiponsables. Qu’est-ce qu’un partiponsable ? Un « participant responsable ». Vous assumez la responsabilité de votre traitement. Le médecin pourrait prescrire une chose, mais c’est vous qui décidez de la faire ou pas. Et quand vous prenez les décisions, vous ne vous considérez pas comme un perdant si vous n’obtenez pas le résultat souhaité. Voici comment je vois les choses : essayez-vous de ne pas mourir ou de faire ce qui est bon pour vous ? La plupart des gens se soumettent à des procédures difficiles dans l’espoir de ne pas mourir ou de vivre plus longtemps, mais certains se préoccupent davantage de leur qualité de vie et choisissent un traitement avec lequel ils peuvent composer, même si cela signifie qu’ils ne vivront pas aussi longtemps. Un partiponsable décide ce qui est bon pour lui et si cela ne fonctionne pas, il ne se fâche pas contre lui en se disant qu’il a échoué. Quand les gens disent qu’ils ne veulent pas mourir, je leur réponds : — Alors, faites tout ce que votre médecin recommande. Si cela ne fonctionne pas, au moins, vous ne vous sentirez pas coupable de ne pas avoir essayé. FIGURE 54 135
Dans ce dessin, l’adolescent est étendu sur son lit d’hôpital et il reçoit une chimiothérapie. Je crois qu’il pense que c’est bon pour lui parce qu’il l’a dessinée en orange, la couleur du changement. Mais il ne laisse pas le produit circuler dans son corps ; il s’arrête à son poignet. Sous son lit, il y a un bac au cas où il vomirait en raison des effets indésirables qu’il anticipe. Le porte-perfusion est noir et il a tracé sa silhouette en noir ; son cancer lui cause donc beaucoup de chagrin. La fenêtre est également noire, mais il y a des nuages bleus (l’énergie de la vie), et c’est un bon signe. Ses vêtements sont également bleus, bien que cela puisse simplement être la couleur de la chemise d’hôpital ; dans ce cas, cela n’a aucune signification. Le jaune du matelas sur lequel il est étendu est une couleur positive si elle est liée à son traitement. La chose qui me trouble est la porte à droite du dessin : ce garçon a besoin de compagnie. Sa famille a décidé qu’il devrait recevoir une chimiothérapie et il est allé à l’hôpital pour recevoir le traitement. Mais où est sa famille ? Elle n’est pas là pour le soutenir. Il est seul dans sa chambre et il souffre des conséquences de leur décision sans recevoir leur soutien et leur amour. Faites l’expérience suivante : plongez votre main dans un seau empli de glace, tout en étant assis seul dans la salle de bain. Observez le temps qui s’écoule. Notez par écrit combien de temps s’est écoulé avant que cela devienne trop douloureux et que vous soyez obligé de retirer votre main de l’eau glacée. Puis, apportez le seau dans le salon et demandez à toute votre famille et à vos animaux de compagnie de s’asseoir autour de vous. Plongez de nouveau votre main dans le seau et observez combien vous pouvez tolérer plus longtemps l’eau glacée quand vous êtes entouré des gens qui vous aiment. Cela illustre parfaitement combien les 136
personnes qui luttent pour se rétablir ont besoin d’amour et de compagnie. FIGURES 55 ET 56 Cette femme s’est dessinée dans une boîte munie d’une courroie pour empêcher sa tête de bouger pendant que les rayons sont dirigés sur sa tumeur (fig. 55). La ligne traçant un côté du lit passe pardessus son pied afin qu’elle ne puisse pas se lever et partir. D’un point de vue symbolique, elle est enfermée et le fait qu’elle n’a pas dessiné de doigts laisse croire qu’elle n’a pas d’emprise sur les choses. Elle n’a pas de nez, ce qui suppose son manque d’inspiration à propos du traitement. Les techniciens qu’elle a dessinés sans nez et de l’autre côté de la fenêtre, c’est-à-dire complètement séparés d’elle, illustrent également un manque d’attention et de soutien émotionnel. Dans la figure 56, les rayons de la radiothérapie sont rouges et noirs, deux puissantes couleurs émotionnelles ; elle va donc beaucoup réagir au traitement. Notez que les rayons sont non seulement dirigés vers la tumeur, qui est illustrée par une grosse tache noire sur sa mâchoire, mais aussi vers ses épaules, son cou et son visage. Heureusement, les cellules noires de la tumeur sont entourées de son système immunitaire, qui possède une couleur terrestre nourrissante. Cette zone brune semble être constituée de briques ou de billes de verre qui bloquent la tumeur et la confinent dans cette partie de son corps. Il s’agit d’une approche utile, mais je crois néanmoins qu’elle va souffrir de beaucoup d’effets indésirables là où les flèchent pointent en raison de son attitude envers son traitement. FIGURE 57 137
Ici, le patient est étendu sur la table d’opération. Son cardiogramme est accroché au mur et il a deux lignes intraveineuses fixées à son corps. Le drap vert qui le recouvre est une couleur saine, mais il n’y a personne pour prendre soin de lui. On dirait qu’il est mort et que quelqu’un a recouvert son corps. Ce patient a sans doute peur d’aller dans la salle d’opération, parce qu’il a dessiné son cardiogramme et qu’il est noir. Le cardiogramme pourrait suggérer qu’il a l’impression que personne ne veille sur lui, ce qui fait que son cœur pourrait s’arrêter ; il est donc mort de peur. FIGURE 58 Dans ce dessin, on voit le contraire de la peur. Quelle différence. Parce qu’elle sent que Dieu et l’amour sont présents dans la salle d’opération, cette femme ne va rencontrer aucune difficulté. La table est jaune soleil et cette femme est entourée des rayons d’une énergie vivifiante. Le chirurgien ne porte pas de masque, de blouse ou de gants — il est là en tant que personne, il la touche et il la traite comme un être humain. Il y a un arc-en-ciel au-dessus de la tête du chirurgien et la patiente imagine une fleur ; ces deux objets sont reliés à la personne par quatre bulles. Quatre est le chiffre de la complétude ou de la plénitude ; il peut également signifier quelque chose de personnel pour l’artiste. Trois cœurs et trois notes de musique violettes dansent dans les airs. Le trois pourrait faire référence à la Trinité. Il y a 12 fleurs, ce qui pourrait signifier une période de temps, des personnes ou quelque chose de personnel. Ce dessin est tout simplement magnifique. Il n’est que paix et guérison. Je ne m’inquiéterais pas du tout à propos de cette patiente. FIGURE 59 138
Cet homme cache ses mains et il n’a pas de pieds. Il est coupé du monde. Comment peut-il demander de l’aide pour accomplir ce qu’il doit accomplir ? C’est bien que ses épaules soient arrondies, parce que les problèmes vont glisser dessus sans problème. L’homme a dessiné deux grosses cicatrices sur sa poitrine tout en croyant que sa maladie est à l’extérieur de son corps, comme s’il ne pouvait rien faire. Il a des yeux, un nez, une oreille et une bouche, mais quand vous dessinez votre maladie à l’extérieur de votre corps, cela indique que vous n’avez pas accepté la réalité ou la responsabilité de composer avec elle, alors comment pourriez-vous avoir un effet sur elle ? Sa sagesse intuitive nous révèle ce qui se passe dans son corps. Ici, les cellules noires sont les cellules cancéreuses ; le traitement est rouge et ses globules blancs ressemblent aux personnages jaunes du jeu Pac-Man. Une cellule cancéreuse dans le bas n’est pas touchée par le traitement ; je dirais donc que 80 % de son cancer est attaqué par le traitement et son système immunitaire. En utilisant la même métaphore qu’il a choisie pour son dessin, je lui dirais : — Sortez vos mains, bougez vos pieds et acceptez que la maladie soit dans votre corps. Accepter ne veut pas dire faire face à une issue négative ; c’est prendre conscience que « c’est arrivé et je dois m’impliquer et non pas simplement rester là à ne rien faire ». Nous devons aider cet homme à améliorer l’imagerie qu’il utilise durant ses séances de visualisation et à voir que l’ensemble de son cancer est traité. FIGURE 60 Cet homme a utilisé des chevaux pour représenter ses globules blancs. Je lui dirais : 139
— Ne vous limitez pas à sept chevaux ; utilisez-en une centaine ou même davantage. (Une femme a utilisé du maïs soufflé, une très bonne image. Les grains de maïs possèdent beaucoup d’énergie et semblent en quantité infinie ; et en éclatant, ils peuvent étouffer les cellules cancéreuses.) Dans ce dessin, la substance chimique du traitement n’atteint pas toutes les cellules cancéreuses de l’homme. Je lui demanderais de visualiser que toutes les cellules sont attaquées et je lui suggérerais de visualiser que cela se produit dans son corps. LA FAMILLE : LE PREMIER RÉSEAU DE SOUTIEN FIGURE 61 Un arbre symbolise la famille ou une personne. Le tronc représente le corps ; la partie supérieure d’un arbre signifie la conscience et les racines sont ce qui se trouve sous la surface : le passé et l’inconscient. Ici, nous ne voyons que la partie de l’arbre correspondant au corps et il y a un trou au milieu. Le dessin a été fait au crayon, sans aucune cou-leur ; les émotions et la vie n’y sont donc pas représentées. Quand les membres d’une famille ne communiquent pas, il n’y a pas de vie dans celle-ci. Le père a les mains dans les poches. La fille tend son bras vers sa mère, mais la mère ne fait pas de même et personne ne touche au garçon. Ils ont besoin de communiquer, de se soutenir et d’exprimer leurs sentiments. FIGURE 62 Regardez le canapé. Même s’il y a une place vide, cette enfant est assise seule. Elle s’est dessinée en violet, alors je savais qu’elle me disait : — Je vais mourir de ma maladie. Je vais devenir un esprit. 140
J’ai montré ce dessin à ses parents et il a eu un profond impact sur toute la famille. Environ un an après la mort de leur fille, ils m’ont appelé pour me dire : — Merci de nous avoir aidés avec ce dessin. Cela nous a incités à consacrer davantage de temps à notre fille. Nous avons eu une magnifique relation avec elle et nous avons fait la paix avec nos vies avant sa mort. Le processus de sa mort n’a donc pas seulement été associé à une perte ou à un échec ; il leur a plutôt procuré un sentiment d’accomplissement et il était très important pour eux que leur fille puisse mourir en se sentant profondément aimée. FIGURE 63 Le toit noir de cette maison pourrait être sa couleur réelle ou il pourrait représenter les problèmes émotionnels de l’artiste. Avant d’interpréter un dessin de ce genre, il est important de demander : — Quelle est la couleur du toit de votre maison ? J’ai déjà eu une patiente qui a dessiné un toit rouge et une voiture noire. Il s’est avéré que ces deux couleurs émotionnelles représentaient son mari. C’était un alcoolique qui fumait dans la maison et qui conduisait en état d’ébriété ; il était donc dangereux pour elle d’être dans la maison ou dans la voiture avec lui. Ici, deux personnes sont assises devant la maison et il est évident qu’il y a de la place pour toutes les deux à l’intérieur. Il y a aussi un chien et des fleurs, et le dessin couvre toute la feuille. Quand les gens couvrent toute la feuille, cela indique que leur vie est emplie. Les cheminées permettent à l’air chaud de s’échapper facilement de cette maison. Quand ces deux personnes ont un problème, elles le résolvent. Il ne va pas créer de tension et détruire leur vie. FIGURE 64 141
Le papillon est un symbole de transformation, alors la vie des gens dessinés ici est en train de changer. Ce papillon est violet, mais il ne vole pas dans le coin supérieur gauche, là où le concept de la mort est représenté. Et le dessin n’est pas tragique ; je ne considère donc pas qu’il prédit une mort. Comme le papillon occupe le milieu de la partie droite (le présent), je le vois comme un symbole de transformation spirituelle et de changement ; il est lié à ce qui se produit présentement dans la famille. Au-dessus d’eux, il y a un arcen-ciel avec les couleurs dans le bon ordre ; il reflète donc qu’il existe de l’ordre dans la vie de cette famille et qu’elle connaît un sentiment de plénitude. Ils se touchent et il y a de la couleur partout ; ce dessin est empli de vie. Les quatre fleurs pourraient représenter les membres de la famille. Il y a trois fleurs rapprochées et une plus à l’écart, comme le petit garçon, mais il se dégage de ce dessin de l’énergie, de la croissance et des relations saines ; voilà pourquoi il est agréable à regarder. FIGURE 65 Le chiffre sept apparaît au milieu du dessin ; il pourrait donc représenter l’âge de la personne qui l’a dessiné. Il y a beaucoup de rayons de soleil dans le quadrant supérieur droit, qui représente le présent, le moment présent, et qui pourrait être lié à la vie de l’artiste en général, aux personnes dans sa vie, etc. Elle a dessiné quatre nuages, mais ils sont bleus — une couleur saine et positive — et non pas noirs. Il y a également trois vagues. Il serait bon de discuter avec elle à propos de ces chiffres. Ce qui est particulièrement intéressant est que nous obtenons le chiffre sept quand nous additionnons les quatre nuages et les trois vagues ; je lui demanderais donc également ce que cela signifie. Le chiffre sept, qui correspond aussi au nombre de jours dans une semaine, pourrait être lié à la situation que l’artiste 142
vit présentement et à ce que le changement crée. Ce dessin a été fait par une enfant adoptée, et je soulignerais ceci à la famille : — Elle montre que vous êtes dans le même bateau, mais aux extrémités opposées de celui-ci. Les bras de chaque personne sont tendus, mais ils ne touchent pas l’autre personne et elle a besoin que vous soyez plus près d’elle. FIGURES 66 ET 67 Ces dessins ont été réalisés par une amie médecin qui a été victime d’un accident d’automobile ; par chance, elle a survécu. Sa voiture avait quitté la route et, heureusement, quelqu’un l’a remarquée ; il a trouvé mon amie et l’a sauvée. Elle est cependant devenue paraplégique. Dans la figure 66, où elle est seule, vous la voyez sur un chemin qui suit une pente descendante. Il y a encore du soleil dans sa vie, mais il y a aussi des nuages contenant des émotions — elle a ajouté un peu de rouge à l’intérieur d’eux. Cependant, ce ne sont pas des nuages noirs et elle sourit ; c’est un sourire sincère. Mais il y a un gros trou noir dans son cœur : c’est sa blessure, sa paralysie. Imaginez, elle allait devenir médecin et voyez ce qui lui est arrivé pendant ses études en médecine. Elle a eu de la difficulté à être de nouveau admise à la faculté en raison de sa paraplégie. Dans le dessin qu’elle a fait d’elle-même et de son petit ami (fig. 67), elle est entière. Comme je l’ai déjà mentionné, quand vous êtes entouré de vos êtres chers, la souffrance et les problèmes de toutes sortes s’atténuent. Son chemin ne suit plus une pente descendante et il est maintenant vert. Quand quelqu’un vous aime, votre chemin dans la vie devient un chemin de guérison ; tout change quand vous êtes ensemble. Elle semble de nouveau entière : elle se tient debout. Ils se regardent et se tiennent par la main. Les quatre fleurs pourraient représenter d’autres personnes ou le temps, 143
peut-être le nombre d’années qu’il lui reste pour terminer sa formation médicale. FIGURE 68 Ce dessin a été réalisé par une religieuse. Elle se trouve complètement à gauche et souffre d’un cancer. Elle m’a dit : — J’ai besoin de davantage d’aide de ma famille. Puis, elle m’a tendu ce dessin. Je lui ai souligné que les membres de sa famille ont un défaut génétique : leurs bras et leurs mains sont collés contre leur corps. Les lignes de la robe bleue de la femme dessinée au centre passent par-dessus ses mains ; ces dernières sont donc liées et elle ne peut pas les utiliser. Les mains des autres sont enfoncées dans leurs poches ou collées sur les côtés de leur corps. Personne ne se touche vraiment, même si les frères sont davantage rapprochés. Le troisième frère à partir de la droite écrase les orteils de son autre frère. Des détails de ce genre se glissent souvent dans les dessins et ils ne sont pas accidentels. Il se passe quelque chose entre ces deux hommes, étant donné la symbolique liée au fait qu’un marche sur les orteils de l’autre et la position de leur corps. Ils révèlent qu’ils ne sont pas ouverts l’un envers l’autre. Dans le bas, l’artiste a écrit « Ma famille » en rouge, bien que les traits soient parfois pâles, ce qui indique qu’il n’y a pas de passion et d’affection dans cette famille. J’ai dit à ma patiente qu’elle allait devoir demander de l’aide. C’est un comportement de survie. Elle se fait du mal en étant trop gentille et en n’osant pas demander à sa famille de l’aider. Elle doit obtenir leur aide ou aller en chercher ailleurs. FIGURE 69 144
Je suis certain que ce dessin appartient à un de nos enfants. Il m’a dessiné avec un bras plus long, celui avec lequel je portais mon porte-documents. J’étais toujours parti à l’hôpital et, dans son dessin, il exprime ce qu’il ressentait. Bobbie porte des vêtements noirs, mais cela ne représente pas une maladie ; c’est ce qu’elle portait quand elle a posé pour ce dessin. Stephen a finalement étudié en droit, mais il avait d’abord étudié la mécanique automobile et il reconstruisait constamment des véhicules ; voilà pourquoi il tient dans ses mains un outil de mécanicien. Les membres de la famille se touchent. Keith (à droite) a de très longs bras ; cela pourrait signifier qu’il a davantage besoin des autres ou qu’il cherche à saisir des choses. Mais voyez comme ses épaules sont larges, un signe qu’il en prend trop sur ses épaules. Carolyn (vêtue d’un chandail bleu) et Keith sont jumeaux ; à l’arrière, il y a John (avec des lunettes) et Jeffrey. Les arbres dans le fond ont l’air en santé. Encourager vos enfants à faire des dessins est une excellente façon de lancer une discussion sur les sujets dont ils sont mal à l’aise de parler. Quand ces choses figurent dans les dessins, les enfants peuvent alors en discuter. Les jours des visites des parents à l’école, les enseignants de mes enfants étaient souvent étonnés que je puisse regarder les dessins des autres élèves et leur parler de la famille de ces derniers. Par exemple, je pouvais voir si une famille était confrontée à un divorce, à une maladie ou à autre chose en particulier. Les enseignants me demandaient : — Comment savez-vous cela ? Et je répondais : — C’est dans le dessin. Nos enfants ont appris à utiliser les dessins comme des outils de vie. Ils étaient conscients que je m’y connaissais beaucoup en matière 145
de dessins, alors quand ils devaient prendre une décision à propos de quelque chose et qu’ils faisaient un dessin à ce sujet et que je pénétrais dans leur chambre au même moment, ils n’avaient aucune difficulté à me demander de les aider. Mais s’ils étaient en train de dessiner à propos d’une chose personnelle et que je pénétrais dans leur chambre, ils recouvraient alors le dessin avec un objet ou ils se penchaient au-dessus pour le cacher. Ils ne voulaient pas que j’interprète ces dessins et que je m’inquiète pour eux ou que je me mêle de leur vie privée. FIGURE 70 La femme qui a fait ce dessin se demandait si elle devait demeurer là où elle vivait ou déménager pour se rapprocher de sa famille. D’après vous, quelle a été sa décision ? L’ORDONNANCE DU MÉDECIN POUR LES PARENTS ET LES AUTRES MEMBRES DE LA FAMILLE Prenez des feuilles blanches et une boîte de crayons de cire et demandez à vos enfants de faire un autoportrait, puis un dessin de la famille que vous allez coller sur le réfrigérateur. Ne leur dites pas que vous souhaitez les analyser. Vous serez étonné de ce que vos enfants expriment dans leurs dessins. Utilisez-les comme une autre façon de vous rapprocher d’un membre de la famille et de guérir des blessures familiales par l’entremise de ces nouvelles révélations. Quand des membres de votre famille doivent prendre une décision, vous pouvez leur suggérer de dessiner les différents choix qui s’offrent à eux afin de voir, d’après leurs dessins, quel est le meilleur choix pour eux, que la décision consiste à déterminer quel est le meilleur traitement, où aller étudier, qui épouser, où aller vivre, etc. 146
1. N.d.T.: En anglais, la patiente dit : « I’m tired of dragging this thing around. » Et le Dr Siegel fait un jeu de mots en l’appelant la « Draggin’ Lady » en référence à la Dragon Lady. D’où le nom de Lady Dragon en français. 147
Chapitre 7 LES ANIMAUX, LES MÉDIUMS ET LES PERSONNES INTUITIVES Il n’y a pas de conclusion à l’infinité. Il n’y a que de l’inclusion […]. Nous arrivons au même endroit où nous ne pouvons pas arriver puisque nous ne l’avons jamais quitté. — GLORIA WENDROFF J e crois que nous sommes ici pour contribuer à la planète chacun à notre façon. Et même si notre contribution humaine à l’amour est essentielle, les êtres humains ne sont pas la seule source d’amour de la planète. Quand une personne qui vit seule me dit qu’elle souffre en raison d’une maladie, d’un deuil ou d’une dépression, je lui conseille de développer une relation. Quand vous donnez ainsi un sens à votre vie, cela change votre vie et la façon dont vous et votre corps vous sentez. Mon ordonnance pour ceux qui souffrent est de s’entourer d’autres créatures vivantes, d’autres êtres qui dépendent d’eux et auxquels ils se sentent liés, comme un chien ou un chat. Quand les gens le font, ils ont l’impression qu’ils ne doivent pas mourir et briser le cœur de l’animal. En ouvrant votre cœur à l’amour d’un animal, vous donnez à votre corps une raison de vivre. Les études ont fait état des effets bénéfiques sur la survie de la présence d’un chien, d’un chat ou d’un poisson chez vous ou dans les centres de soins de longue durée — et même des plantes, par exemple quand les résidents des centres ont la responsabilité d’en prendre soin. D’autres études ont révélé que 12 mois après avoir fait une crise cardiaque, le taux de mortalité chez les patients qui avaient un chien à la maison était beaucoup plus bas que celui des patients 148
qui n’en avaient pas. Dans une autre étude, des courtiers en valeurs mobilières qui souffraient d’hypertension ont reçu un traitement, mais la moitié d’entre eux ont également reçu un chien à apporter à la maison et au travail. Ceux qui avaient un chien ont maintenu une pression artérielle plus basse. Une de mes patientes atteinte d’un cancer possédait 12 chats et sa famille était préoccupée par la salubrité de sa maison. Ils avaient même cessé d’aller la voir en raison de l’odeur. Ils craignaient aussi que ce soit trop exigeant pour elle de prendre soin de ses animaux durant les semaines où elle recevrait son traitement et ils m’ont dit qu’ils avaient convaincu ma patiente de donner ses chats. J’ai dit à la famille : — Si vous lui enlevez ses chats, elle va mourir. Dites-lui que vous n’avez pas réussi à leur trouver un foyer ; et allez nettoyer sa maison. Ils lui ont laissé ses chats. Et ces derniers sont devenus sa thérapie et elle a pu se rétablir. Notre environnement intérieur change quand les émotions déclenchent des réactions électriques et chimiques. Quand une personne caresse un animal, son organisme libère de l’ocytocine dans son sang. Il s’agit de la même hormone qui circule dans le corps d’une femme qui vient de donner naissance à un enfant et qui l’aide à s’attacher à ce dernier. Quand le père et les autres membres de la famille tiennent le bébé, ils sécrètent la même substance chimique. Les hormones et les neurotransmetteurs qui nous aident à entrer en relation avec les gens et les autres créatures vivantes envoient des messages positifs dans notre corps. En d’autres mots, l’attachement et l’affection sont bons pour votre santé. 149
Vous avez non seulement des récepteurs dans votre cerveau, mais vous en avez aussi dans votre estomac, dans les extrémités de vos doigts et dans d’autres parties de votre corps. Pourquoi les gens disent-ils qu’ils « sont envahis d’une sensation de bien-être » ou qu’ils sentent quelque chose « dans leurs tripes » ou qu’ils ont « le cœur brisé » ? Quand les substances chimiques stimulent des récepteurs, tout votre corps en bénéficie ou en souffre, selon les hormones qui sont secrétées. Je parle de votre moelle osseuse, de la paroi de vos vaisseaux sanguins, de chaque organe et de chaque cellule de votre corps. L’adage voulant que les animaux volent la vedette est basé sur le fait qu’ils ont le merveilleux don de nous faire rire. Qui peut être triste quand son chien court après sa queue ou que son chaton bondit de peur en passant devant un miroir et en voyant son reflet ? La science a prouvé que la composition des hormones et des neuropeptides qui circulent dans le sang d’un individu qui rit plusieurs fois par jour est différente de celle d’une personne dépressive, en colère ou effrayée ; la personne qui rit a également de meilleures chances de survivre. Je ne peux compter le nombre de fois que j’ai vu l’effet bénéfique de l’amour d’un animal sur la volonté de vivre d’un patient et sa capacité de se rétablir. Le message que nous devons retenir des animaux est le suivant : prenez en exemple les animaux. Allez dehors et faites de l’exercice. Jouez aussi souvent que vous le pouvez. Créez des liens et des amitiés en étant à l’écoute des autres et en ne les jugeant pas, et faites preuve d’empathie. Prenez soin de vous aussi bien que vous prenez soin de vos animaux. De grâce, ne faites pas ce qu’une amoureuse des chats a fait. Son mari et elle ont cessé de fumer dans la maison, mais ils ont continué de le faire dans 150
la cour arrière pour ne pas tuer leurs chats avec la fumée secondaire. Si vous voulez vivre et être là pour vos animaux, aimez-vous autant que vous les aimez et mettez fin à vos dépendances malsaines. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Allez promener un chien. Remarquez comment vous vous sentez en marchant avec votre compagnon canin par rapport à quand vous marchez seul. Les gens autour de vous se comportent-ils différemment ? Par exemple, s’arrêtent-ils pour bavarder avec vous ? (Un gros pourcentage de femmes interviewées dans une ville ont dit qu’elles avaient rencontré leur futur époux alors qu’ils promenaient tous les deux leur chien.) Après la promenade, prêtez attention à votre humeur. Est-elle la même qu’avant votre promenade avec votre chien ? Si vous ne pouvez pas marcher, demandez à quelqu’un de vous emmener dans un refuge pour animaux. Prenez un chat, un petit chien ou un lapin sur vos genoux et caressez-le durant un moment. Remarquez comment vous vous sentez avant, pendant et après votre visite. Exprimez votre volonté d’y retourner. UNE PRÉSENCE BÉNÉFIQUE Les animaux peuvent servir de catalyseurs en ayant des effets bénéfiques dans notre vie quand nous sommes confrontés à des circonstances difficiles. Dans A Book of Miracles, Mary Rose Anderson raconte la fois où elle a rapporté chez elle un chat errant qui a sauvé la vie de sa fille. Frances avait été diagnostiquée comme souffrant du trouble oppositionnel avec provocation et du syndrome de la Tourette, et elle avait d’importants troubles d’apprentissage. Mary Rose comparait les crises quotidiennes de sa fille et son comportement provocateur à la jeune Helen Keller avant qu’Annie Sullivan entre dans sa vie. Mary Rose croyait que personne ne serait 151
capable de créer un lien avec sa fille, malgré toutes les personnes dévouées qui essayaient de l’aider. — Quand Harry, le chat qui souffle à l’oreille des enfants, est arrivé dans notre maison, dit Mary Rose, j’ai vu ma fille commencer à changer, à mon grand étonnement1. Harry s’est désigné le rôle de compagnon fidèle de Frances et il ronronnait tout son amour dénué de jugement en observant chacun de ses gestes. Avant l’adoption de Harry, Frances avait fréquemment des crises émotionnelles et elle refusait de se concentrer durant ses séances de tutorat ou elle s’enfermait dans un silence méfiant. Mais avec ce chat qui était assis à côté d’elle et qui agitait sa queue, Frances est devenue plus concentrée sur la tâche à accomplir. Elle discutait avec Harry de tout ce qu’elle faisait et le faisait participer à ses cours. Chaque soir, peu importe ce qui était arrivé durant la journée, Harry bondissait sur le lit de Frances et il l’aidait à s’endormir avec tout son amour. Grâce à l’influence apaisante du chat rescapé, Frances est passée d’une enfant qui avait peu d’espoir de progresser à une jeune femme heureuse et productive qui aime écrire de la poésie. Voici un extrait d’un de ses poèmes : Et si j’étais mon chat ? Qu’est-ce que ce serait de toujours me réveiller à 7 h en mordillant mes orteils ? Est-ce que mes orteils ont bon goût ? Qu’est-ce que ce serait de placer mon visage félin à deux centimètres de ma PATIENTE ET TENDRE propriétaire… et de miauler. Est-ce que j’aimerais entendre le son de ma propre voix ? Les chevaux jouent également un rôle thérapeutique important pour les gens qui souffrent de troubles physiques, mentaux, émotionnels ou du développement. Les personnes qui font de l’équithérapie 152
(thérapie avec des chevaux) attendent toute la semaine cette journée, peu importe s’ils ont souffert d’un AVC, s’ils se sont fait amputer un membre ou s’ils sont atteints d’autisme, de trisomie 21, de paralysie cérébrale, du syndrome de stress post-traumatique ou de tout autre état qui rend la vie exceptionnellement difficile. Gail Corell, présidente et coordonnatrice des bénévoles du programme d’équitation thérapeutique Equestrian Crossings, croit que les améliorations physiques et psychologiques qu’elle a observées chez leurs cavaliers frôlent le miracle. — Un cheval touche le cœur des gens comme aucun ballon thérapeutique ne peut le faire, explique Gail. Elle m’a raconté une histoire à propos de Kirbey, leur cheval de thérapie de race percheronne qui avait à l’origine été rescapé d’un cirque et qui, plus tard, a été rescapé d’entre les mains d’un propriétaire négligent par un instructeur du programme. — La semaine dernière, nous avons apporté Kirbey au South Whidbey Island Children’s Festival. Pendant qu’il attendait dans notre section du terrain d’exposition, Kirbey a dirigé son attention sur quelque chose qui se trouvait à l’autre extrémité du terrain. Son comportement et son langage corporel ont indiqué à Miriam Burk, notre entraîneuse de voltige et d’équitation certifiée, qu’il souhaitait aller dans cette direction. Se demandant ce qui avait attiré son attention avec autant d’intensité, elle est montée sur le cheval et elle l’a laissé tenir les rênes (au sens figuré). Kirby s’est tracé un chemin parmi la foule, en passant devant des centaines d’enfants et de parents. Il adore les enfants et ce n’est pas son habitude de ne pas s’arrêter devant les mains tendues. À l’autre extrémité du terrain, une fille était assise dans un fauteuil roulant et elle était seule. Kirbey s’est dirigé tout droit vers elle, il s’est arrêté, puis il a baissé la 153
tête pour qu’elle puisse le caresser tandis qu’ils se regardaient les yeux dans les yeux en laissant leurs âmes échanger. Dès que ce cheval a posé son regard sur la fille, Kirbey a su exactement ce dont elle avait besoin et il le lui a offert3. Emily Brink, physiothérapeute et instructrice en équithérapie au Equestrian Crossings, a vu des élèves cloués à un fauteuil roulant qui étaient incapables de se tenir droits sans l’aide de quelqu’un s’améliorer à un tel degré qu’en seulement huit mois, ils pouvaient s’asseoir droit et maîtriser les mouvements de leur tête. — Au service de consultation externe de l’hôpital, raconte Emily, j’ai de la chance si je réussis à ce qu’un patient bouge son bassin entre 30 et 60 fois par séance. Mais quand une personne est assise sur un cheval, les mouvements de ce dernier obligent le corps de cette personne à reproduire ceux de la marche ; ainsi, son bassin peut répéter les mouvements jusqu’à des milliers de fois. Cela stimule le cerveau et envoie de merveilleux signaux aux muscles abdominaux. Cela améliore la posture et l’équilibre, développe la coordination et améliore la maîtrise de la tête et du cou. La confiance en soi et l’humeur générale du cavalier en sont grandement améliorées. Cela favorise la croissance et le développement à de multiples niveaux et change sa vie de manière positive4. Les animaux communiquent par la conscience plutôt qu’avec des mots et ils peuvent nous enseigner beaucoup de choses sur l’art d’être complets. Dans No Buddy Left Behind: Bringing U.S. Troops’ Dogs and Cats Safely Home from the Combat Zone, Terri Crisp raconte l’histoire qu’elle a vécue durant les huit premiers mois de l’opération Baghdad Pups. Les animaux errants qui avaient adopté les soldats américains dans la zone de guerre étaient devenus familiers aux troupes et quand leurs amis soldats étaient redéployés, il fallait un 154
miracle pour que les animaux puissent quitter l’Irak. Un soldat des forces spéciales est rentré chez lui après des années de déploiements, incapable de parler à quiconque et souffrant gravement du syndrome de stress post-traumatique. Sa mère craignait d’avoir perdu son fils. Quand elle a entendu parler du chien qu’il avait dû abandonner, elle a communiqué avec l’organisme de Terri et les a suppliés de l’aider. Grâce à leur intervention, le compagnon de guerre de son fils a finalement été rescapé et transporté aux ÉtatsUnis. Quand cette mère a regardé par la fenêtre et a vu son garçon parler au chien, avec un bras passé autour des épaules de l’animal, tandis que ce dernier l’écoutait attentivement, elle a versé des larmes de soulagement. Elle a dit : — La guerre m’avait enlevé mon garçon, mais ce chien lui a sauvé la vie et m’a ramené mon enfant5. Terri Crisp raconte aussi l’histoire d’une officière de la U.S. Air Force qui travaillait pour une équipe des soins de santé mentale à Baghdad et qui a sauvé un chiot qui errait dans les rues. Les soldats étaient réticents à aller au centre pour recevoir les soins psychologiques dont ils avaient grandement besoin, mais quand le chiot s’est joint à l’équipe, ils sont venus et ont demandé à le voir. — Tout en tenant le chien dans leurs bras, ils s’ouvraient soudainement et nous pouvions établir une relation d’aide, explique l’officière. C’était le meilleur technicien en santé de l’équipe ! Après avoir été sauvé par l’opération Baghdad Pups, le chiot, nommé Patton, a été transporté aux États-Unis, où il vit avec l’officière retraitée. Des mois après son retour, elle a découvert qu’elle avait un cancer du sein. — Patton est devenu ma thérapie et mon entraîneur. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans lui. Il m’a fait rire et il m’a donné de l’espoir. 155
Maintenant, je vais bien et je m’entraîne pour courir un marathon6. Les animaux d’assistance ont joué un rôle précieux en aidant les gens à s’adapter et à accomplir des choses que la plupart d’entre nous tiennent pour acquises. Quand Jacquei m’a raconté son histoire, j’ai été fasciné d’apprendre qu’elle était une des premières mécaniciennes à travailler sur les avions de chasse de la U.S. Navy. Elle se spécialisait dans les sièges éjectables, les systèmes d’oxygène, les extincteurs et d’autres systèmes de sauvetage, et durant les cinq années qu’elle a passées avec les Blue Angels, elle a fait le tour des États-Unis et du Canada. Le vendredi était sa journée préférée : les Blue Angels donnaient alors des spectacles aux enfants associés à la fondation Fais-Un-Vœu ou ils visitaient les écoles. — J’adorais cela parce que les enfants sont curieux et vraiment intéressés, a-t-elle dit. Et ils posent de bonnes questions, comme pourquoi les pilotes ne tombent pas de l’avion quand ils volent la tête en bas. Jacquei possédait une expérience concrète qui l’aidait à répondre à cette question. Elle a été réengagée par un officier de la marine lorsqu’elle a volé, assise à l’arrière d’un F/A-18 Hornet, à seulement 60 mètres au-dessus de l’eau — à l’envers. Jacquei a été contrainte de quitter la U.S. Navy pour des raisons médicales. Ce qui la handicapait le plus n’était pas les blessures physiques qu’elle avait subies durant son travail, mais le grave syndrome de stress post-traumatique qui hantait sa vie quotidienne. — C’est comme une lumière qui s’allume soudainement et que vous ne pouvez pas éteindre, m’a expliqué Jacquei. Il suffit d’un bruit ou d’un mouvement inattendu pour que j’entre en état d’alerte exagérée, puis que cela déclenche en moi de la panique, de la peur, de la colère ou de la rage. 156
Jacquei souffre des symptômes typiques : des troubles du sommeil tels que les cauchemars et le somnambulisme, ainsi que des pertes de mémoire, des réactions de sursaut et des changements d’humeur monumentaux. Les médicaments n’ont pas réussi à enrayer tous ses symptômes. — C’est ici que Sampson entre en jeu, m’a-t-elle expliqué en caressant son chien d’assistance, un petit chihuahua de 1,8 kilogramme. Il sait avant moi que quelque chose ne va pas. Il grimpe alors sur mes genoux, il pose ses pattes sur mes épaules et il lèche mon visage jusqu’à ce que je lui prête attention et que je cesse de me préoccuper de ce qui me rend agitée. Le simple fait de le regarder et de sentir sa caresse calme la panique avant qu’elle ne s’empare de moi. Certaines personnes se moquent quand je dis que ce mini chihuahua est un chien d’assistance, mais Sampson a une âme de rottweiler et il me protège partout où je vais. Son profond sens du devoir fait que je peux sortir dans le monde et mener une vie relativement normale. Je dis aux sceptiques que Sampson est peutêtre petit, mais qu’il prouve chaque jour que ce n’est pas la taille qui compte. Les animaux sont des créatures de Dieu qui sont complètes, tandis que les humains ne sont pas complets. Si vous souffrez, adoptez un animal. Aimez-le et prenez-en soin. Vous allez découvrir que l’amour donné devient de l’amour reçu et que donner de l’amour procure du bien-être. LA COMMUNICATION PSYCHIQUE Je crois que la création vient d’une énergie aimante, consciente et intelligente et que quand nous quittons notre corps lors d’une expérience de mort imminente, nous redevenons « non vivants » et nous retournons dans cet état de perfection d’où nous venons. Je 157
crois que l’intelligence qui perdure quand nous avons une expérience de mort imminente ou que nous nous retrouvons à flotter au-dessus de notre corps est la même force qui communique avec nous par l’entremise de nos rêves, qui s’adresse à notre intuition au moyen de symboles et qui guide notre savoir intérieur. Cette conscience universelle et collective est la source de toute la création et elle communique avec notre conscience. La conscience est non locale, ce qui signifie qu’elle ne dépend pas des corps physiques. Elle parcourt de vastes distances en un instant tout en franchissant les limites du langage, des espèces, de l’espace et du temps. Alors qu’elle était assise chez elle à Los Angeles, Amelia Kinkade, qui est auteure et médium et qui communique avec les animaux, m’a dit où retrouver notre chat, Boo Boo, qui avait disparu de la maison de notre fils dans le Connecticut. Tout en « voyant » avec les yeux du chat, elle a décrit en détail la maison et la cour, et elle a trouvé où le chat était caché. Je suis sorti et j’ai trouvé Boo Boo exactement à l’endroit qu’Amelia avait vu, à presque 480 kilomètres de distance. Amelia m’a également enseigné à calmer mon esprit afin de pouvoir communiquer avec mes animaux de compagnie. Un de mes plus gros problèmes est que je panique quand un de nos animaux a disparu ou qu’il se comporte bizarrement. Sous l’emprise de la peur ou de la colère, j’essaie de l’obliger à m’obéir en beuglant son nom tout en le cherchant ou j’essaie de deviner ce que l’animal pense. Ni l’un ni l’autre ne fonctionne. Quand Amelia a fait référence à la communication avec les animaux, elle ne parlait pas de sons verbaux ou de caresses physiques, mais plutôt de mettre ma conscience sur la même fréquence que celle que l’intelligence des animaux comprend. Nous 158
sommes tous capables d’établir ce lien, mais pour que l’intelligence non locale puisse communiquer avec nous, nous devons calmer notre esprit. Nous ne pouvons pas l’entendre quand nous sommes agités parce qu’un esprit agité ne peut pas atteindre le calme qui reflète les images miroirs. Il m’est souvent arrivé d’entendre une voix et cela s’est habituellement produit quand je marchais ou que je faisais de l’exercice et que mon esprit était calme. Un tel événement m’est arrivé juste après la publication d’un livre nommé Buddy’s Candle. C’est l’histoire de l’amour qu’un petit garçon éprouve envers son chien, Buddy, et comment le chien lui a enseigné à apprécier la vie et à composer avec la mort7. J’avais écrit cette histoire pour aider les personnes de tous âges à composer avec la perte d’un être cher de n’importe quelle espèce. Un samedi matin, après que les premiers exemplaires de Buddy’s Candle aient été livrés à ma porte, je suis allé promener notre chien Furphy. Dans le calme, j’ai entendu une voix me dire : — Va au refuge pour animaux. J’ai appris avec l’expérience à écouter cette voix et je sens qu’elle vient de Dieu ou, comme le dit mon épouse Bobbie, de « Dieu sait où ». J’ai décidé d’apporter quelques exemplaires de mon livre et quand je suis arrivé au refuge avec Furphy, j’ai vu une bénévole qui était assise à côté de la porte, avec un chien dans ses bras. On aurait dit que la voix parlait à travers moi quand j’ai demandé : — Comment s’appelle-t-il ? — Buddy, a-t-elle répondu. Une femme l’a rapporté moins de 15 minutes après l’avoir adopté parce qu’elle n’aime pas la façon dont il se comporte. 159
J’ai été frappé par la coïncidence de son nom et son commentaire à propos de sa propriétaire m’a rappelé le seul chien que j’ai eu durant mon enfance. Ma mère, qui ne voulait pas d’un animal dans la maison, le tenait par sa laisse et elle le passait par la fenêtre pour qu’il urine à l’extérieur, puis elle le remontait. Au bout de seulement une semaine, je suis revenu de l’école et elle m’a dit que le chien était malade et qu’ils avaient dû le retourner. Comment pouvais-je ne pas adopter cet animal ? Je savais que la conscience collective avait pris la décision pour moi. Il avait des poils de la même couleur que Furphy et il n’avait pas de queue. Celle de Furphy avait été amputée, alors ils étaient pareils. De toute évidence, il faisait partie de la famille. Du moins dans ce cas, je peux choisir qui fait partie de ma famille. J’ai donné un exemplaire de Buddy’s Candle à chacun des employés du refuge et j’ai rapporté Buddy à la maison. Les synchronicités liées à des événements, à des circonstances, à des noms, à des nombres, etc. sont des signes qu’une intelligence supérieure guide la façon dont ces événements se produisent. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de coïncidences et que notre conscience crée toujours notre futur. Des mois après, je suis de nouveau allé au refuge et ils m’ont dit qu’un chien, nommé Simon — le nom de mon père — avait besoin d’être opéré pour qu’on lui retire une grosse tumeur. En raison de mon expérience de chirurgien oncologue, j’étais conscient de l’urgence de la situation ; j’ai donc aidé à payer les frais médicaux et je l’ai apporté à la maison. Après qu’il se soit pleinement rétabli, nous lui avons trouvé une famille qui lui a donné beaucoup d’amour et qui nous donnait régulièrement de ses nouvelles. Nous avons 160
maintenant un chat qui s’appelle Simon et je ne révèle plus le nom des membres de ma famille au personnel du refuge. Dans son livre The Language of Miracles8, Amelia explique que nous possédons tous le don de communiquer avec les animaux. Les pensées et les émotions sont des ondes électromagnétiques qui voyagent sur des fréquences particulières, tout comme les ondes radio. Si vous êtes complètement immobile quand un animal envoie une pensée ou un sentiment, vous pouvez apprendre à vous mettre sur la même fréquence de l’animal et à vibrer sur la même longueur d’onde que lui. Les animaux pensent en images ; ils vivent une vaste gamme d’émotions et ils possèdent une immense capacité à aimer, à donner et à avoir des relations significatives. Quand ils constatent que nous avons entendu et compris leurs sentiments et leurs pensées, ils sont reconnaissants et ils nous récompensent en étant en meilleure santé et dévoués. Mes animaux savent aussi quel jour j’ai l’intention de les faire tondre et ils font tout pour que je ne les trouve pas. Deux de nos chats qui vont à l’extérieur sont demeurés invisibles durant une semaine après que j’aie pris rendez-vous chez le vétérinaire. Je l’avais pris tôt le matin en me disant que je pourrais les attraper et les amener chez le vétérinaire quand ils se pointeraient pour le petit déjeuner. J’ai dû annuler le rendez-vous et le lendemain, ils sont arrivés tout joyeux pour le petit déjeuner. Maintenant que je crois qu’il est possible de communiquer avec les animaux, quand je suis confronté à un problème animalier, je me pose toujours la question QQAF : qu’est-ce qu’Amelia ferait ? Notre lapine adorée, Smudge Eliza-Bunny, commençait toujours sa journée en sortant par la chatière et en allant passer la journée avec nos autres animaux dans notre cour avant clôturée. J’ai toujours voulu 161
savoir pourquoi, le soir, elle laissait mon épouse la prendre sans difficulté et la transporter dans la maison alors que quand j’essayais de le faire, elle courait dans tous les sens durant 10 à 15 minutes avant de se laisser attraper. La plupart des soirs, c’était moi qui devais l’apporter à l’intérieur, alors cela m’agaçait que Smudge me rende la tâche si difficile. Après qu’Amelia m’ait parlé de la communication avec les animaux, ma première réponse à QQAF a été d’aller dans la cour le lendemain soir et de demander dans ma tête à notre lapine : « Smudge, pourquoi ne me laisses-tu pas te prendre et t’amener à l’intérieur comme tu laisses Bobbie le faire ? » Quand j’obtiens une réponse inattendue dans ma tête, cela me confirme qu’elle vient de l’animal et non de mon imagination. Dans ce cas-ci, la réponse était : « Tu ne traites pas les chats de cette façon. » Quand je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire, Smudge a communiqué que je ne faisais pas entrer les chats à une heure précise. Je leur accordais plutôt la liberté d’aller et de venir jusqu’à ce que j’aille me coucher. J’ai expliqué à Smudge que les chats pourraient se défendre si jamais un prédateur pénétrait dans la cour, mais que j’étais inquiet qu’elle soit à l’extérieur à la tombée de la nuit. Après notre échange, Smudge a bondi vers moi et m’a laissé la prendre, et a continué de le faire chaque soir par la suite. Je dois admettre qu’il lui arrivait de me sourire et de me rappeler cette période durant une ou deux minutes, mais je pouvais voir que c’était seulement en raison de son sens de l’humour. Et quand j’avais des rendez-vous, j’allais dans la cour et je lui disais que je devais quitter la maison et que je me sentirais mieux si elle était à l’intérieur. Elle 162
bondissait alors toujours devant moi quand elle savait que j’avais un horaire à respecter. Quand Smudge est morte, Amelia a dit : — Elle va être avec Rose qui l’adore. Amelia ignorait que ma mère s’appelait Rose ou qu’elle mourrait peu de temps après la mort de Smudge. Maintenant, je sais qu’elles sont ensemble et qu’elles se racontent des histoires à propos de moi. L’année passée, je suis allé faire des courses avec nos deux chiens, Furphy et Buddy. Je possédais alors une nouvelle fourgonnette munie d’un système de déverrouillage à distance. Après mes courses, je suis retourné à la fourgonnette et j’ai été horrifié de voir que la porte latérale était grande ouverte parce que j’avais accidentellement appuyé sur le bouton. Buddy, celui dont je m’inquiétais le plus parce qu’il avait toujours été terrifié de monter à bord du véhicule, était assis paisiblement à l’intérieur, mais Furphy avait disparu. Ma première réaction a été de paniquer et j’ai commencé à courir dans le stationnement en criant son nom. Puis, je me suis rappelé que je ne faisais pas ce qu’Amelia m’avait enseigné et je me suis demandé : QQAF ? Je me suis calmé et je me suis mis dans la tête de Furphy pour savoir ce qu’il pensait. J’ai aussitôt compris qu’il me cherchait et qu’il était sans doute au comptoir du service à la clientèle du supermarché, avec une personne qui demandait dans le hautparleur : — À qui est ce chien ? Je me suis dit cela parce que quand j’ai assisté à l’atelier d’Amelia à l’Omega Institute, Furphy n’a pas été admis dans la salle à manger, alors, durant la pause du midi, je l’ai laissé près de la porte arrière et je lui ai dit d’attendre que je sorte, ce qu’il fait habituellement. Mais 163
cette fois-là, il ne l’a pas fait. Peu de temps après, un homme est entré dans la salle avec Furphy dans ses bras et il a demandé à qui ce chien appartenait, et nous nous sommes retrouvés. Furphy avait apparemment couru jusqu’à la porte avant et il était entré dans le hall pour partir à ma recherche. Il avait conquis le cœur de tout le monde et ils avaient accepté qu’il reste avec moi. Cette fois-ci, tandis que j’approchais de l’entrée du supermarché, j’ai vu un garde de sécurité assis dans sa voiture. Il a baissé sa fenêtre et il m’a demandé : — Cherchez-vous un chien ? J’ai répondu oui et il a dit : — Il est ici sur le siège avant, avec de l’eau, des gâteries et de l’air conditionné. Le garde m’a ensuite raconté qu’il avait vu Furphy se diriger vers le supermarché et qu’il ne voulait pas qu’il se fasse heurter par un véhicule, alors il l’avait pris et l’avait gardé en sécurité. Après avoir remercié l’homme, je suis retourné à ma fourgonnette, suivi de Furphy, et nous n’avons jamais plus eu ce problème. Maintenant, laissez-moi vous expliquer pourquoi j’étais si surpris que Buddy soit resté dans la fourgonnette et que Furphy soit parti : après avoir adopté Buddy dans un refuge pour animaux, j’avais toujours de la difficulté à le faire monter à bord d’un véhicule. Il bondissait même hors de ce dernier quand je m’arrêtais pour mettre de l’essence. À la maison, s’il n’était pas en laisse, je perdais un temps fou à essayer de le faire monter à bord. Puis, un jour, je me suis finalement demandé : QQAF ? Je me suis ensuite calmé et j’ai demandé à Buddy pourquoi il ne voulait pas monter à bord du véhicule. J’ai été stupéfait de sa réponse. Il m’a dit que son ancienne propriétaire était gentille, mais 164
que quand son mari rentrait du travail, elle lui demandait toujours d’aller promener le chien. Buddy m’a dit : « Il me faisait monter à bord de sa voiture, puis il allait dans un bar et me laissait dans la voiture. Quand il revenait, il me maltraitait parce qu’il était ivre et me ramenait à la maison sans m’avoir laissé me promener à l’extérieur. Alors, quand je monte à bord d’un véhicule, cela me rappelle les mauvais traitements que j’ai subis et j’ai peur. » À partir de ce jour-là, Buddy a cessé de causer des difficultés. Nous nous comprenions désormais. Buddy aime maintenant aller en fourgonnette, parce qu’il sait que nous allons passer la journée ensemble. Il adore chasser tout ce qui bouge dans le boisé situé près de chez nous et je ne suis jamais inquiet qu’il ne revienne pas à la maison. Chaque fois que j’ouvre la porte latérale de la fourgonnette, il est déjà assis sur le siège avant, prêt à partir, avant même que je dise : — Allez, saute ! Dans les groupes de soutien, Furphy et Buddy sont mes cothérapeutes chaque fois qu’ils sont autorisés à entrer dans la salle. Le seul problème est que maintenant qu’ils savent que nous pouvons communiquer, Furphy ne cesse jamais de me dire quoi faire et il interrompt toujours les groupes de thérapie sauf s’il reçoit une gâterie, ce qui est ma façon de lui signaler que nous allons commencer la séance de thérapie. L’autre jour, j’ai conduit la fourgonnette en pensant qu’ils étaient tous les deux à bord, mais au bout de presque un kilomètre, j’ai pris conscience que personne ne me disait où aller ou quoi faire. Je me suis donc retourné et je n’ai vu que Buddy à l’arrière du véhicule. Je suis entré en communication avec Furphy et je lui ai dit que j’étais désolé et que je revenais à la maison. J’ai donc fait demi-tour en 165
sachant que Furphy serait assis dans l’entrée et qu’il me jetterait ce regard voulant dire « Non mais, quel imbécile » que les créatures complètes de Dieu nous jettent à nous, les êtres humains incomplets. C’est également le genre de regard que les chats me jettent quand je les oublie accidentellement à l’extérieur durant la nuit. Maintenant, avant d’aller me coucher, je prends soin de m’assurer, physiquement et intuitivement, que tous nos enfants sont dans la maison avant de verrouiller la porte. Je leur fais savoir que je veux qu’ils soient à l’intérieur pour leur protection et pas seulement parce que j’ai envie de leur compagnie, et c’est à ce moment-là qu’ils se précipitent à la porte. J’ai une amie qui a intuitivement établi un lien avec son chien pendant qu’elle assistait à un atelier sur la guérison des animaux et que son chien était à la maison. Voici ce que Cindy m’a écrit : Durant notre séance de méditation, je suis restée estomaquée quand, de manière inattendue, je me suis vue en train de regarder quelqu’un qui avait l’air d’être un géant. Je me trouvais à la hauteur de ses genoux. J’ai soudainement pris conscience que c’était moi le géant et que je n’étais plus dans mon corps ! Étant de petite taille, je ne m’étais jamais considérée comme une personne géante. C’est alors que j’ai compris que je ne regardais pas avec mes propres yeux, mais avec ceux de mon chien. Je pouvais comprendre les pensées de Pickles et ressentir ses émotions. L’amour qu’il avait pour moi était tellement absolu que j’ai eu l’impression qu’une vague d’amour déferlait sur moi. Je n’avais jamais ressenti un amour aussi pur et profond. C’était davantage qu’un cœur et un sentiment ; c’était son âme qui rayonnait pour moi et j’en ai presque eu les larmes aux yeux. 166
Pickles n’utilisait plus sa patte arrière depuis qu’il avait subi deux opérations au genou. Durant son rétablissement après la première chirurgie, il avait réussi à retirer son collier élisabéthain, à enlever ses points de suture et avait léché sa patte ; cela a causé une telle infection qu’il a dû subir une deuxième opération. Des semaines après que la plaie eût guéri, il ne marchait pas sur cette patte ; il la laissait pendre tout en s’appuyant sur les trois autres. Le jour de l’atelier sur la guérison des animaux, les pensées et les émotions transmises par Pickles m’ont fait comprendre qu’il croyait qu’il avait fait quelque chose de mal et que c’était pour cette raison que sa patte avait été blessée. Il était vraiment désolé et il faisait de son mieux pour bien agir, alors il avait cessé d’utiliser sa patte. Je me suis sentie tellement mal quand j’ai pris conscience qu’il avait pris pour une punition la douleur occasionnée par la deuxième opération. Je l’ai rassuré dans mon esprit qu’il n’avait rien fait de mal, qu’il était toujours un bon garçon et que nous l’aimions tendrement. Quand je suis revenue à la maison après l’atelier de trois jours, la première chose que j’ai faite a été de passer du temps avec lui et d’envoyer de l’énergie à sa jambe et à son corps, tout en lui laissant savoir combien il était aimé. J’ai refait chaque jour cet exercice qui consiste à lui envoyer de l’énergie et de l’amour. Pickles a immédiatement recommencé à utiliser sa patte. Au bout de deux semaines, il a même commencé à courir dessus. Et au bout de quatre semaines, quand j’ai testé la capacité d’extension de sa patte, elle était passée de 20 % à 80 % de la capacité d’extension normale. Ce qui m’a renversée était qu’il avait non seulement cessé d’avoir peur d’utiliser sa patte, mais 167
qu’il était également guéri d’une autre manière. Depuis que nous l’avions, Pickles faisait des crises d’épilepsie et le vétérinaire voulait lui faire prendre un médicament pour réduire leur fréquence. Sauf que le médicament causait de la somnolence. Quel genre de vie aurait-il vécue s’il n’avait voulu que dormir ? Nous ne lui avons donc pas donné le médicament. Après les séances de guérison de son genou, Pickles n’a plus jamais fait de crise d’épilepsie. Sa maladie avait disparu. Je pourrais vous raconter de nombreuses autres histoires sur la thérapie énergétique. Quand le vétérinaire a recommandé que nous fassions euthanasier un de nos chiens parce qu’il n’avait jamais vu un chien aussi malade se rétablir, mes enfants ont refusé que je donne mon accord. Grâce à de l’amour et à des caresses, j’ai vu cet animal se rétablir complètement d’un cancer terminal. J’ai moimême fait l’expérience de la thérapie énergétique après une blessure. Pour en savoir davantage sur le sujet, lisez The Energy Cure, de William Bengston ; j’ai trouvé ce livre fascinant. UNE ÉNERGIE CONSCIENTE DE GUÉRISON Même si j’ai toujours essayé de garder l’esprit ouvert, rien dans ma formation médicale ne m’a enseigné à comprendre que toutes les formes de vie émettent une image miroir de l’énergie consciente invisible à l’échelle quantique et subatomique, ni que cette énergie peut être communiquée par les individus au moyen de méthodes psychiques ou intuitives. On ne m’a pas dit non plus que les gens peuvent faciliter la guérison spontanée de problèmes physiques dans le corps en utilisant l’énergie consciente. Un jour, Bobbie et moi assistions à une réunion de l’American Holistic Medical Association et la conférencière était Olga Worrall, une auteure et clairvoyante renommée qui communiquait avec les 168
esprits et effectuait des guérisons spirituelles9. Olga a dit que quand elle travaillait, elle établissait une relation harmonieuse entre son champ énergétique personnelle et le champ énergétique universel, devenant ainsi un canal entre ce champ d’énergie et le patient. Elle a expliqué que des émanations entourent chaque individu et que ces émanations sont causées par les courants électriques qui circulent dans le corps physique. Elle a parlé des ondes sonores qui proviennent des organes physiques, des ondes des pensées qui proviennent de l’esprit et des vibrations qui proviennent du corps spirituel (ou de l’aura). L’habileté d’Olga à canaliser l’énergie a été testée par de nombreux scientifiques reconnus lors de dizaines d’essais contrôlés. Les expériences avaient souvent lieu dans des endroits très éloignés ; ce n’était donc pas une question de croyances, mais de recherche. J’ai été impressionné par sa présentation, mais comme ce qu’elle décrivait était difficilement possible pour moi en raison de ma formation médicale et de mon expérience, je suis demeuré sceptique. Après la conférence d’Olga, mon épouse m’a dit que je devrais aller lui demander de guérir la blessure à la cuisse que j’avais subie quand je m’entraînais pour courir un marathon. J’ai dit à Bobbie qu’il m’était difficile de croire à ce qu’Olga prétendait pouvoir accomplir. Bobbie est donc allée demander à Olga de m’aider et elle est venue me voir. Je suis demeuré assis sur une chaise pendant qu’Olga s’est assise en face de moi et qu’elle a apposé ses mains sur la région blessée. Ses mains étaient aussi chaudes qu’un fer à repasser à travers ma salopette. J’ai mis mes mains sur ma cuisse, mais je n’ai senti aucune chaleur. Au bout de cinq minutes, elle avait terminé. Je me suis levé et je suis parti ; je ne ressentais plus aucune douleur ou tension dans ma jambe. Ce genre de phénomène m’a 169
appris à accepter comme étant valable l’expérience que je vis et à ne pas me laisser limiter par mes croyances, ma formation et mon besoin de tout expliquer. Après cela, Olga et moi sommes devenus de bons amis. Des années auparavant, j’avais rencontré George, mon guide intérieur, durant une méditation. Dans ma vision, il por-tait une barbe, une kippa et une tunique blanche. Il semblait réel, mais j’avais de la difficulté à croire qu’il était autre chose que l’objet de ma puissante imagination. Je croyais que j’avais extrait son personnage de mon inconscient. Un jour où j’ai prononcé une oraison funèbre à des funérailles auxquelles Olga assistait, elle est venue vers moi et m’a dit que durant tout le temps où j’avais parlé, un homme se tenait à mes côtés. Elle l’a décrit, ainsi que sa tenue, et il avait exactement l’air de l’homme que j’avais vu durant ma méditation et que j’appelais George. Elle m’a dit qu’il était un rabbin, ce qui expliquait ses vêtements et sa kippa, et elle m’a fait comprendre qu’il était là pour m’encourager, me soutenir et m’aider à guérir dans cette dimension physique. Une autre fois, alors que je donnais une conférence, j’ai constaté que les mots que je prononçais n’étaient pas les miens. Quelqu’un d’autre décidait ce qui était dit et utilisait ma voix pour le transmettre. Après la présentation, une femme que je n’avais jamais rencontrée est venue me voir et m’a dit : — Un homme se tenait devant vous durant toute la conférence ; je l’ai dessiné pour vous. Elle m’a tendu son dessin et c’était encore une fois George. Ce soirlà, quelqu’un d’autre m’a dit : 170
— Je vous avais déjà entendu parler avant, mais ce soir, c’était mieux que d’habitude. Maintenant, je laisse la parole à George. LA VIE SUIT LA VIE Quand le corps physique meurt, l’esprit individuel rejoint la conscience supérieure tout en conservant sa propre iden-tité. Je crois que cela explique également ce que nous appelons une expérience de vie antérieure, un terme qui décrit une chose qui m’est arrivée. En décrivant cela, je pense à une femme enceinte qui porte en elle son enfant, qui possède une âme différente, mais qui vient de son ADN à elle. Durant mon expérience de vie antérieure, j’ai eu l’impression d’être devenu « enceint » de la conscience d’une autre personne et de la vie qu’elle avait vécue avant la mienne. J’ai également vécu de nombreuses expériences où des patients qui étaient morts pouvaient encore communiquer avec moi ou avec leurs proches. Par exemple, un collègue médecin, nommé Frank, avait toujours été sceptique à propos de tout ce qui ne relevait pas de la science physique et il ne croyait pas que l’âme vivait après la mort du corps. Quelques mois après la mort de Frank, un patient clairvoyant m’a dit : — J’ai un message pour vous d’une personne qui s’appelle Frank. Il dit ceci : « Si j’avais su que c’était aussi facile, j’aurais gobé cela il y a longtemps et je n’aurais pas résisté autant. » Plus tard, j’ai appelé la veuve de Frank et je lui ai communiqué le message que le clairvoyant m’avait transmis. — Oh mon Dieu ! C’était Frank ! s’est-elle exclamée en riant et en pleurant en même temps. Chaque fois que quelqu’un soulevait le sujet de la vie après la mort, lors de vos réunions de groupe, il me 171
disait toujours par la suite : « Je suis incapable de gober cela. » C’était ses termes exacts. Alors, gardez l’esprit ouvert à la possibilité qu’il y ait une forme de communication entre les espèces, le temps et la distance. Envisagez d’ajouter la thérapie énergétique à votre thérapie ou à votre traitement traditionnel. Des praticiens certifiés pour donner des traitements tels que le reiki, la massothérapie ou l’acupuncture accélèrent souvent le processus de guérison et procurent des bienfaits au corps. Apprenez à calmer votre esprit agité et prêtez attention à votre voix intérieure. Laissez le miracle de l’amour pénétrer et guérir votre vie. Quand nous aimons notre vie, notre corps reçoit le message et décide de vivre et de guérir. 172
Chapitre 8 RIEZ À GORGE DÉPLOYÉE LE BONHEUR Je ne vais pas céder mon pouvoir. C’est mon bonheur, il m’appartient. C’est moi qui le crée, pas vous ; je décide d’être, pas vous. Vous pouvez pénétrer dans mon bonheur, mais vous ne pouvez pas le créer ou le détruire. Vous ne pouvez que l’accroître. — BERNIE SIEGEL L ’amour et le rire sont les éléments dont nous avons besoin pour construire notre vie et tenir bon. L’amour constitue les briques que nous utilisons pour la construire, mais qu’est-ce qui fait tenir les briques ensemble ? Pour cela, nous avons besoin de mortier et le mortier de la vie est l’humour. Je parle d’un humour enfantin qui n’est pas insultant et qui ne blesse personne. L’effet que l’humour a eu sur ma famille et mon couple m’a démontré qu’il s’agit d’une force vitale qui nous permet de créer des relations saines avec les autres créatures vivantes. Vous vous demandez peut-être : qu’est-ce que l’humour a à voir avec l’art de guérir ? Le rire est peut-être un des arts de guérir les plus purs. En effet, le rire est une des meilleures activités thérapeutiques que mère Nature nous offre et il ne coûte rien. Le rire sincère est une explosion ou une expression du souffle qui implique les cordes vocales et qui vient du creux du ventre. Il est provoqué par un besoin irrésistible d’exprimer la surprise, l’hilarité, la joie et le bonheur. Le rire stimule la sécrétion d’endorphines, des hormones 173
du cerveau dont j’ai parlé dans un chapitre précédent. Ces hormones chimiques circulent dans le corps en procurant une sensation de bien-être qui atteint chaque cellule et qui lui transmettent un message disant : la vie vaut la peine d’être vécue, alors fais tout ce que tu peux pour survivre. Contrairement au moment où je recevais ma formation médicale, il existe maintenant des études qui démontrent que les patients cancéreux qui riaient ou pratiquaient la rigolothérapie plusieurs fois par jour vivaient plus longtemps que le groupe témoin qui ne le faisait pas. Malgré cela, les facultés de médecine n’enseignent toujours pas la valeur du rire en tant que thérapie. Je ne l’ai certainement pas appris à la faculté de médecine. Ce sont mes patients qui me l’ont enseigné. Ils le savaient par expérience. Et moi, le novice, j’en ai été témoin. Je me rappelle un jour où je me dirigeais vers la chambre d’une patiente, une femme charmante que j’aimais bien et qui luttait contre une maladie grave et plusieurs complications liées à celle-ci. En approchant de sa chambre, je me suis demandé comment j’allais l’aider et je m’inquiétais à propos de son traitement. Quand je suis entré dans sa chambre, elle m’a demandé : — Qu’est-ce qui ne va pas ? — Pourquoi me demandez-vous cela ? ai-je répondu. — Votre visage et votre front sont plissés. — Je me demande comment je vais vous aider. — Alors, pensez-y dans le corridor. J’ai besoin de vous voir sourire quand vous venez ici. Elle avait raison. Je devais changer mon attitude pour être un meilleur médecin pour elle et je l’ai fait avec bonheur. Les meilleurs médecins tirent des leçons des critiques et des enseignements offerts 174
par leurs patients, les infirmières et les familles des patients. Ces gens m’ont tous appris que quand je me détendais, que j’encourageais les rires chez les autres et que je riais moi-même, tout le monde en bénéficiait. Voici un bon exemple de la capacité du rire pour alléger une situation tendue. Une femme était nerveuse et elle avait peur de subir une opération. J’avais passé presque une heure à essayer de la calmer dans le corridor adjacent à la salle d’opération jusqu’à ce que je comprenne que rien de ce que je pouvais dire ne l’aiderait. Nous l’avons donc transportée dans la salle d’opération et, dans sa panique, elle s’est exclamée : — Dieu merci, toutes ces merveilleuses personnes vont prendre soin de moi. Je savais que cela n’aiderait pas si j’abondais dans le même sens qu’elle. J’ai donc dit très fort pour que tout le monde entende : — Je connais ces personnes. Je travaille avec elles depuis des années et elles ne sont pas merveilleuses. Pendant quelques secondes, il y a eu des regards étonnés, puis la femme et tout le monde dans la salle ont éclaté de rire ; nous sommes devenus une famille et tout s’est bien passé pour elle. Une autre expérience qui m’a convaincu de la valeur de l’humour a eu lieu quand mon épouse et moi étions allés donner une conférence. Durant la présentation, Bobbie avait l’habitude de faire un monologue comique. C’était une sorte d’entracte qui permettait aux gens de faire une pause entre les deux parties de la conférence. Au lieu d’entendre mes histoires à propos du comportement des patients exceptionnels, ils avaient la chance de faire l’expérience de certaines de nos méthodes de thérapie de groupe. Quand je présentais Bobbie, je disais : 175
— Voici mon épouse, Bobbie ; c’est une sorte de Henny Youngman et nous avons vécu 38 merveilleuses années de mariage. Les femmes me souriaient jusqu’à ce que j’ajoute : — Et 38 années sur 56, ce n’est pas si mal. Leur expression changeait alors, mais un rire finissait toujours par éclater au bout d’un moment. Habituellement, quand Bobbie faisait son petit numéro, j’allais m’asseoir dans la salle, dans son siège, et je l’écoutais. Une fois, cependant, il y avait un siège pour moi à l’arrière de la scène ; j’ai donc pu observer le public. J’ai été frappé par le changement physique qui s’effectuait en eux après avoir ri pendant 15 à 20 minutes et cela m’a convaincu des bienfaits de l’humour. Ils avaient tellement l’air d’être plus en santé ! Leurs yeux brillaient et ils avaient une posture ouverte et détendue. Bobbie finissait souvent son numéro avec l’affirmation « Celui qui rit vit plus longtemps ». Et son dernier conseil était : — Le rire est contagieux, alors transmettez-le. Après avoir été témoin du changement remarquable qui s’était produit chez ce public, je me suis toujours fait un devoir de discuter des bienfaits du rire avant que Bobbie ne fasse son numéro, afin que les gens soient conscients du changement physique que leur procurerait cette expérience. Et vous savez quoi ? Bobbie recevait toujours davantage de remerciements que moi à la fin de la soirée. Je vous recommande de rire spontanément et de conserver un sens de l’humour enfantin durant la journée. Quand je parle d’humour enfantin, je parle de voir le monde à travers les yeux d’un enfant. Par exemple, si vous voyez une affiche sur laquelle il est écrit « Plancher mouillé », allez-y et glissez dessus. Quand les instructions à la réception disent « Signez à votre arrivée », signez le registre en 176
écrivant : « À votre arrivée. » Cela pourrait causer une file d’attente, mais c’est drôle. Quand un formulaire indique « Signez en lettres majuscules », écrivez « EN LETTRES MAJUSCULES ». Quand une affiche indique « PERSONNE N’EST ADMIS », pénétrez dans la pièce et quand les gens à l’intérieur vous disent de sortir, dites-leur : — Je ne suis pas personne. Je peux donc entrer. La plupart du temps, les gardiens vous laissent entrer en se disant que si vous êtes aussi stupide, vous ne représentez pas un danger. Une fois, quand j’ai agi ainsi, un gardien s’est placé devant moi et m’a dit : — Je vous considère comme une personne. Vous devez partir maintenant. L’enfant intérieur de ce gardien s’était exprimé ; je l’ai donc serré dans mes bras. Quand une animatrice à la radio m’a demandé comment je parvenais à être heureux en ces temps difficiles, je lui ai répondu : — J’ai appris qu’il faut toujours terminer ce qu’on a commencé. Alors, avant de quitter la maison, le matin, la première chose que je fais, c’est de vider toutes les bouteilles de vin rouge et blanc entamées, ainsi que celles de kahlua, de Prozac et de Valium. Lorsque je franchis la porte, je me sens très heureux. Quelques secondes se sont écoulées avant qu’elle pouffe de rire. Elle avait compris : une des meilleures façons d’être heureux, surtout quand tout s’écroule autour de vous, est simplement de rire. Dans Anatomy of an Illness as Perceived by the Patient, Norman Cousins raconte son histoire fascinante sur la façon dont il a surmonté une maladie arthritique, la spondylarthrite ankylosante, grâce à la thérapie par le rire. Quand son médecin lui a dit qu’il avait une chance sur cinq de se rétablir, Cousins a réservé une chambre 177
d’hôtel, il a regardé des cassettes de Candid Camera et il a ri durant des jours1. Choisir l’humour pour se soigner, plutôt que de réagir par la peur et ne rien faire, voilà le signe d’une personne optimiste, d’un survivant. Le contraire de l’optimisme (un signe de bonheur) est la négativité (le manque d’espoir et l’ignorance de ce qui est possible). La négativité est une attitude qui vient de la peur : — Oh non ! Ceci ou cela va arriver. Comment pouvez-vous être heureux quand vous avez peur, quand la première pensée qui vous vient à l’esprit est le pire des scénarios ? La peur est censée vous aider à sauver votre vie. Si vous marchez dans la forêt et que vous voyez un serpent qui pourrait être venimeux, la peur est alors une réac-tion appropriée. Vous allez vous éloigner instinctive-ment. Cela m’est arrivé l’autre jour alors que je roulais à vélo dans la forêt. J’ai cru apercevoir un coyote ou un loup et j’ai fait un écart sans même réfléchir. Puis, j’ai constaté que ce n’était qu’une branche et son ombre, mais elle avait l’air d’un animal prêt à attaquer. Ce qui m’a étonné est que j’avais déjà changé de direction avant même que mon cerveau ait le temps de me dire : « C’est beau, ce n’est qu’une ombre. » La peur est appropriée quand un chien qui aboie fonce sur vous en montrant ses crocs. Votre rythme cardiaque s’accélère et, avec la montée d’adrénaline, vous trouvez la force de grimper à un arbre sur lequel vous n’auriez pas pu grimper avant. Mais si vous vivez constamment dans la peur, c’est comme si vous marchiez dans la forêt en étant toujours entouré d’un serpent venimeux ou d’un chien enragé. Votre corps sécrète constamment des substances chimiques du stress qui vous épuisent. Il ne peut pas se rétablir quand il 178
applique toute cette énergie à la réaction de fuite ou de lutte, la réaction de l’instinct de survie. Quand vous vivez dans la peur constante ou chronique, votre système immunitaire s’affaiblit à mesure que le niveau des hormones du stress augmente, ce qui entraîne un taux élevé de sucre dans le sang et de l’inflammation dans le système circulatoire. Les patients révèlent parfois des peurs insoupçonnées dans leurs dessins représentant leur famille, leur maladie ou leur traitement. Comme ils n’exprimeront pas ces peurs à leur médecin, ce dernier ne peut rien faire pour les aider à les surmonter. Si vous réussissez à faire en sorte qu’un patient parle de ses peurs à travers son dessin et que vous renversez la situation de manière à ce qu’il voie le côté humoristique et en rie, le rire influera positivement sur son traitement et son rétablissement. (Voir mon commentaire sur la figure 47, dans le chapitre 6.) Si vous vivez avec des pensées d’amour et que vous riez quotidiennement, le contraire de ce que vous craigniez se produit. Il est presque impossible de vivre dans la peur quand vous riez, et quand vous riez quotidiennement, votre vision des choses change. Comment est-ce possible ? Vous finissez par prendre conscience que vous maîtrisez deux choses : vos pensées et votre comportement. Le bonheur n’est pas un lieu où vous parvenez ou une récompense que vous recevez ; c’est quelque chose que vous mettez en pratique et, à force de le faire, vous devenez heureux en raison de votre attitude, de vos pensées et de votre comportement. Voyez-vous comme un acteur. Répétez jusqu’à ce que vous soyez heureux de votre performance. Même quand il joue, la chimie corporelle d’un acteur est modifiée par les émotions liées à son rôle, qu’il s’agisse d’une comédie ou d’une tragédie. 179
Ingrid Bergman a raconté une drôle d’histoire à propos de son travail avec Alfred Hitchcock. Elle était censée jouer une scène émotive dans le film et chaque fois qu’elle essayait, elle ne parvenait pas à ressentir son personnage. S’étant confessée à Hitchcock qu’elle ne croyait pas qu’elle pourrait exprimer ce genre d’émotion, le réalisateur au visage imperturbable a regardé l’actrice et lui a dit : — Ingrid, fais semblant2. Cela ne veut pas dire que vous devriez prétendre que vous n’êtes pas triste quand votre chien meurt. Il est normal de ressentir des émotions négatives face aux difficultés de la vie, mais elles deviennent destructrices quand vous les utilisez pour vous donner la permission de vous accrocher à la peur ou de ruminer des pensées tristes et sombres. Il est normal d’être triste après la mort d’un chien ou de pleurer quand vous vous éraflez le genou après avoir fait une chute en vélo, mais une fois que les larmes se sont taries, voyez ce qu’il y a de comique à propos de la situation et riez-en. Embrassez-la ; aimez-la ; laissez les larmes de rire chasser les émotions négatives et le processus de guérison s’enclencher. Les scientifiques ont étudié les effets du rire sur le corps et ils ont relevé un certain nombre de bienfaits physiologiques. Le rire augmente l’activité du système immunitaire en donnant entre autres aux « bonnes » cellules tueuses une meilleure capacité de cibler les virus ainsi que certaines tumeurs et cellules cancéreuses. Les études qui ont mesuré des composantes du système immunitaire indiquent que le rire procure un effet bénéfique qui dure jusqu’au lendemain. Le rire semble lutter contre l’infection et l’abrasion ou les agressions chimiques dans la partie supérieure du système respiratoire. Le rire est un relaxant musculaire naturel. En même temps, il constitue un bon exercice pour le cœur et le diaphragme, en favorisant une 180
meilleure absorption de l’oxygène. Cela en fait une activité idéale pour ceux dont la capacité de faire de l’exercice est limitée. Le rire améliore également l’humeur et diminue la perception ou la sensation de la douleur chez les patients. Comme dans le cas d’un exercice approprié, il n’y a pas d’effets indésirables négatifs au rire. Il y a de nombreuses années, je suis tombé de notre toit quand le dernier barreau de l’échelle à laquelle je grimpais s’est brisé. Quand j’ai raconté cette histoire lors d’une conférence, j’ai dit : — J’ai sûrement un ange gardien parce que j’ai atterri sur mes pieds. Et considérant l’angle de l’échelle, c’était presque impossible. À la fin de ma présentation, un homme est venu me voir et m’a dit : — Vous avez effectivement un ange gardien et je sais comment il s’appelle. — Comment pouvez-vous le savoir ? lui ai-je demandé. — Qu’avez-vous dit quand le barreau s’est brisé ? — Merde ! — C’est ainsi que s’appelle votre ange. J’ai éclaté de rire sans prendre conscience du cadeau qu’il venait de m’offrir. Maintenant, chaque fois que je suis confronté à une situation difficile, je crie : — Merde ! Et je commence à rire parce que je sais que je vais avoir de l’aide. Sentez-vous libre de recourir à mon ange gardien chaque fois que vous en avez besoin. Cet homme parmi l’assistance m’a aidé à traverser de nombreuses choses, y compris la fois où j’ai roulé à vélo sur une plaque de glace et que j’ai fait un vol plané en criant : — Merde ! 181
Quand je suis tombé par terre en riant, j’étais complètement détendu et je ne me suis donc pas blessé. Le yoga du rire est une forme d’exercice qui intègre la respiration et le rire sans l’utilisation de blagues ou de comédies. Il est basé sur l’idée que le corps ne fait pas la différence entre le rire spontané et le rire forcé, et que les effets bénéfiques sont les mêmes. Pour obtenir les meilleurs résultats physiologiques, il est recommandé de rire pendant au moins 15 minutes à gorge déployée. Le rire naturel dure habituellement quelques secondes, mais les exercices de yoga du rire maintiennent le rire aussi longtemps que la personne le désire. Le yoga du rire est semblable à la pratique du rire forcé dans le bouddhisme zen. Certains participants pourraient trouver cela bizarre au début, mais le rire feint devient vite sincère et la phrase « faites semblant jusqu’à ce que ce soit réel » pourrait facilement s’appliquer au yoga du rire. J’ai effectué ces exercices et j’ai eu de la difficulté à cesser de rire même quand il n’y avait aucune raison de rire. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Essayez ceci devant un miroir ou face à un ami : levez vos sourcils, prenez une profonde inspiration et chantez le mantra aum durant trois secondes. Puis, détendez vos sourcils et poussez autant de sons « hi, hi, hi » que vous pouvez jusqu’à ce que vous ayez expiré tout l’air de vos poumons. Tout en faisant semblant de rire, assurez-vous d’avoir un gros sourire, même si vous avez davantage l’impression de faire une grimace. Prenez une autre profonde inspiration, levez vos sourcils et chantez aum durant trois secondes. Puis, détendez vos sourcils, souriez et chantez « ha, ha, ha » jusqu’à ce que vous ayez expiré tout l’air de vos poumons. 182
Répétez l’exercice à quelques reprises, en alternant les sons et en laissant tout rire naturel remonter et remplacer le rire forcé. Même si aucun rire naturel ne remonte, effectuez l’exercice durant 15 minutes. Remarquez comment vous vous sentez à la fin. Les centres pour personnes âgées et les maisons de retraite qui offrent des cours sur le rire ont rapporté que les résidents aimaient assister à ces séances et qu’ils en demandaient davantage. Ils oublient leurs douleurs et disent se sentir de meilleure humeur durant et après les séances, et même jusqu’à 24 heures après cellesci. LE DERNIER RIRE Lorsque vous vous sentirez prêt à mourir, je recommande que votre famille soit à votre chevet et raconte des histoires sur votre vie. Mon père est pratiquement mort de rire quand ma mère a raconté de merveilleuses histoires à propos du début de leur relation. Papa n’en pouvait plus d’être dans son corps et il avait dit à maman : — Il faut que je parte d’ici. Elle a été capable de le laisser aller et elle savait qu’il allait mourir ce jour-là. Elle nous a appelés pour que nous allions à son chevet. Avant de quitter la maison, je suis allé faire de l’exercice et j’ai entendu une voix demander : — Comment tes parents se sont-ils rencontrés ? J’ai répondu que je l’ignorais et la voix a dit : — Alors, demande-le à ta mère quand tu arriveras à l’hôpital. Plusieurs heures plus tard, quand nous sommes entrés dans la chambre d’hôpital de papa, la voix intérieure m’a rappelé de poser la question. J’ai donc dit : — Comment vous êtes-vous rencontrés ? 183
Maman a décrit qu’elle était en vacances et qu’elle était assise sur la plage avec des filles qu’elle ne connaissait pas et, comme elle l’a plus tard appris, qui avaient une mauvaise réputation. Des garçons sont venus sur la plage et ils ont tiré à pile ou face pour savoir quel garçon aurait quelle fille. Puis, ma mère a commenté : — Votre père a perdu et il m’a eue. À leur deuxième rendez-vous, il l’a emmenée faire du bateau à rames et, au moment où il l’aidait à monter à bord de l’embarcation, le propriétaire de celle-ci a crié : « Hé ! Vous devez payer avant de monter à bord. » — Votre père a cessé de me retenir, de même que le bateau et je suis tombée à l’eau, a dit ma mère. Les choses se sont même aggravées par la suite… Tout le monde dans la chambre riait. Papa était alors dans le coma, mais je savais qu’il pouvait encore nous entendre et qu’il riait avec nous à un certain degré. Il avait l’air tellement bien que j’ai cru qu’il allait remettre sa mort à plus tard, mais dès que son dernier petitenfant est arrivé, il a quitté son corps en nous laissant tous avec un sentiment de plénitude et non avec la peur de la mort. Je demande souvent aux personnes âgées de me dire comment elles peuvent mourir en riant. Leurs réponses sont souvent associées à deux accomplissements. Un est d’avoir accompli ce que nous sommes tous venus faire sur la Terre, c’est-à-dire servir le monde d’une manière qui nous est propre plutôt que d’une manière déterminée par les autres. Quand les gens passent leur vie à faire ce qu’ils aiment, il leur est beaucoup plus facile de rire à la fin de celleci. Le deuxième accomplissement est la série d’histoires qu’elles ont accumulées à propos des moments de leur vie qui ont été sur le coup difficiles, exaspérants ou embarrassants, mais qui maintenant les 184
font rire. Parfois, ces histoires sont rapportées par leurs enfants adultes. Par exemple : — Papa, j’étais tellement embarrassé quand tu as fait cela ; j’ai essayé de prétendre que tu étais le père de quel-qu’un d’autre. Et toute la famille éclate de rire en repensant à ce moment. Rappelez-vous ceci : n’ayez pas peur d’embarrasser les membres de votre famille et donnez-leur du matériel à utiliser quand vous serez prêt à mourir — et mourez en riant en entendant leurs histoires. Comme la fois où nous ne trouvions pas un de nos animaux exotiques que nous avions sauvés. J’ai décidé d’appeler la police pour lui dire que nous ne trouvions pas notre kinkajou : — Votre quoi ? — Oui, mon kinkajou. Il a disparu. Quand les enfants m’ont entendu appeler la police la première fois, ils ont trouvé cela embarrassant, mais quand je l’ai rappelée par la suite, ils m’ont entendu dire que j’avais retrouvé mon kinkajou sous les combles de la maison en me promenant là-haut avec une banane jusqu’à ce qu’il sorte sa tête. Appelez votre chien Sexe et vos chats Espoir et Miracle, comme je l’ai fait. Et voyez ce qui arrive quand vous courez dans la cour derrière Sexe et que vous criez à votre femme que vous n’avez pas Miracle et que vous n’arrivez pas à saisir votre Sexe, mais qu’au moins vous avez Espoir. Vous allez embarrasser vos enfants avec votre humour enfantin, mais plus tard, ils vont l’apprécier. Il arrive que nos enfants viennent à la maison et me disent : — Merci, papa. Quand je leur demande pourquoi ils me remercient, ils répondent qu’ils ont fait quelque chose de complètement fou au travail ou à 185
l’université. Et au lieu de se plaindre ou de critiquer, les gens se disent entre eux : — Eh bien, vous savez qui est son père. Collectionnez les événements comiques et transformez-les en souvenirs inoubliables en les partageant et en les notant par écrit. Je commande souvent des mets chinois quand je vais me chercher un repas pour emporter chez Ernie’s Pizzeria. Pat, le propriétaire, me connaît et adore mon grain de folie, mais les nouvelles serveuses ne savent pas quoi faire et elles m’expliquent que je me suis trompé de restaurant. Un soir, j’y suis allé et j’ai commandé des mets chinois, et la serveuse a sorti trois contenants de mets chi-nois ; tout le monde dans le restaurant a éclaté de rire. De même, nos cinq enfants refusaient d’aller au restaurant avec moi en raison de mon comportement, ce qui m’a permis d’économiser beaucoup d’argent. Terry Bruce m’a écrit pour me raconter quelques histoires comiques à propos de ses enfants, qui ont aidé à guérir la relation difficile qu’elle entretenait avec sa mère. Parfois, ma mère me rend folle et j’ai tendance à lui crier après. Après, je me sens toujours mal parce que nous ne nous voyons que tous les deux ans. Un jour, j’étais déjà fatiguée quand elle a appelé et je savais que c’était une mauvaise journée pour bavarder. Mais ma mère a commencé à me rappeler les choses comiques que mes enfants avaient faites lors de sa dernière visite ici, alors je me suis assise pour l’écouter. Elle m’a rappelé le jour où nous étions tous allés cueillir des mûres. En revenant à la maison, j’avais versé toutes les mûres dans un bol. Ma fille de trois ans en avait pris deux et les avait mises dans sa bouche. 186
— Izzy, je ne veux pas que tu en manges davantage, lui avaisje dit, ou il n’y en aura pas assez pour le dessert. Avec un regard innocent, Izzy avait répondu : — Je ne voulais pas les manger, maman. Je voulais seulement les rincer. Puis, elle avait pris les mûres dans sa bouche et les avait remises dans le bol. Ma mère et moi avons ri et cette histoire m’a rappelé des choses que mes autres enfants, Farley, Raffy et Jesse avaient faites. C’était en grande partie des moments précieux dont ma mère n’avait pas été témoin, mais nous avons encore ri quand je les ai décrits en détail. Au moment où nous avons raccroché, je me suis senti très proche d’elle, comme si elle était ici. Et au lieu de nous rendre folles, nous avions vraiment aimé notre conversation. Ce puissant sentiment de former une famille m’a donné de l’énergie pour le reste de la journée. Tout ce qui me stressait avant me semblait soudainement insignifiant. Le monde est empli de douleur. Le monde est aussi empli de comédie humaine si nous choisissons de le voir ainsi. C’est parfois une comédie tragique, mais vous pouvez toujours être un guérisseur et répandre de la joie grâce à l’humour et au rire. Pourquoi est-il encore aussi agréable d’assister aux comédies de Shakespeare plus de 400 ans après leur création ? C’est parce que les gens aiment rire. Quelque chose au plus profond de notre être sait que c’est bon pour nous. Lors de funérailles, allez à la veillée mortuaire et voyez comment les gens se mettent vite à partager des histoires drôles. Quelque chose en eux leur dit qu’il est temps de guérir un peu. Alors, riez ; guérissez les blessures du deuil et n’éteignez pas avec vos larmes la chandelle céleste de votre être cher. 187
Mon amie Diane assistait à une réunion familiale avec sa sœur et ses deux frères, et ils n’ont pas pu s’empêcher de rire aux éclats quand ils se sont raconté des histoires à propos de l’avarice de leur belle-mère. — Je n’en croyais pas mes yeux la fois où je suis allée visiter maman et papa, leur a raconté Diane. Quand je me suis levée pour aller à la toilette, maman a dit : « N’utilise pas le beau papier de toilette, ma chère. Je le garde pour les invités. » Son frère Bruce a ajouté : — Ouais, et après la mort de papa, elle nous a annoncé qu’elle avait quelque chose à nous donner. J’espérais que c’était une enveloppe contenant un chèque ou quelque chose qui lui avait appartenu, comme ses médailles de guerre. Je suis presque tombé à la renverse quand elle a sorti de son sac à main quatre sacs de congélation emplis de cendres. « C’est votre père » a-t-elle dit en nous le rendant. — Tu te rappelles ce que tu as fait ? a demandé Diane. Tu as tenu ton sac dans ta main et tu as demandé à maman : « Quelle partie de papa ai-je obtenu ? » Le rire qui s’en est suivi a resserré leurs liens familiaux et les a aidés à se débarrasser des vieilles rancœurs. Il est difficile de garder une dent contre quelqu’un quand la personne est à l’origine d’histoires colorées de la sorte qui font autant rire. SOYEZ CONTAGIEUX Il y a plusieurs années, mon épouse est revenue du supermarché et elle est allée dans la salle de bain. Je suis allé chercher les sacs d’épicerie dans la voiture et j’ai rangé la nourriture. Quand elle est revenue dans la cuisine, je m’attendais à ce qu’elle me dise un gros 188
merci et qu’elle me félicite pour ce que j’avais fait. Au lieu de cela, elle a dit : — On ne met pas les tomates au réfrigérateur. Cela m’a blessé. Aucun merci, juste des reproches. J’ai donc rédigé un poème intitulé « Divorce ». On ne met pas les tomates au réfrigérateur. Je me suis encore trompé. Ma femme ne pourra jamais me pardonner. Notre mariage bat de l’aile. Je ronfle, je mets les tomates au réfrigérateur et je marche et je mange trop vite. L’avocat spécialisé dans les divorces ne sait pas comment nous aider à parvenir à une entente acceptable pour ma cruauté. Il suggère que nous essayions de résoudre les choses, que nous donnions une chance à l’amour et que nous ne mettions pas les tomates au réfrigérateur. Je lis cette entente à ma femme ; elle rit. J’adore quand elle rit et qu’elle oublie les moments difficiles. Nous virons l’avocat et nous sortons les tomates du réfrigérateur3. Quand j’ai lu cela à Bobbie, elle a éclaté de rire et, comme le poème le dit, j’adore quand elle rit. J’aimerais également partager avec vous quelques situations potentiellement comiques auxquelles Bobbie recommande aux gens d’être à l’affût. Elle les appelle « Les signes précurseurs de Bobbie ». 189
• Vous appelez votre femme pour lui dire que vous aimeriez manger à l’extérieur et elle laisse un sandwich sur le palier de la porte. • Vous enfilez votre soutien-gorge à l’envers et il vous va mieux ainsi. • Vous appelez au centre de prévention du suicide et ils vous mettent en attente. • Vous appelez au bureau des personnes disparues et ils vous envoient promener. • La diseuse de bonne aventure offre de vous rembourser. • Vous revenez du salon de beauté et votre chien se met à grogner et vous empêche d’entrer dans la maison. • Vous ouvrez un biscuit chinois et vous trouvez une citation à comparaître. • L’oiseau assis sur le rebord de votre fenêtre est un vautour. Et voici quelques judicieux conseils sur le mariage offerts par mon épouse : • N’allez jamais vous coucher en étant fâchés l’un contre l’autre. Restez debout et disputez-vous. • Ne contredisez jamais une femme quand elle est fatiguée ou reposée. • La prochaine fois que votre mari sera fâché, dites-lui : « Tu es tellement beau quand tu es fâché. » Si je l’aime ? C’est sûr que je l’aime. Le rire est facile pour certaines personnes ; pour d’autres, il faut de l’entraînement, souvent parce que le rire n’a pas été encouragé 190
durant leur enfance. Les artistes doivent pratiquer pour pouvoir explorer, apprendre et maîtriser leur art, qu’ils peignent, écrivent ou utilisent une autre forme d’expression créative. Le mot clé est « expression ». Je recommande donc que vous vous entraîniez à glousser et à rire à gorge déployée ; devenez un artiste et emplissez votre palette de rires. Rappelez-vous que ce n’est pas bon pour la santé d’être sérieux et normal. Seules les personnes qui ne se sentent pas à la hauteur essaient d’être normales. Alors, soyez contagieux. Répandez de la joie et de la guérison et maintenez vivant l’artiste en vous. 191
Chapitre 9 FAITES SEMBLANT JUSQU’À CE QUE CE SOIT RÉEL Restez face au soleil et vous ne verrez jamais les ombres. — HELEN KELLER Q uand nous envisageons la relation entre l’éducation des enfants et la santé, nous le faisons souvent seulement par rapport à la santé des enfants et nous oublions l’importance de la santé des parents. Mais la santé parentale et l’amour parental — envers soi et envers ses enfants — sont les facteurs de santé publique les plus significatifs sur la planète. En tant que père de cinq enfants, dont des jumeaux, qui sont nés sur une période de sept ans, je sais le rôle que l’épuisement a joué sur la santé de ma femme et sur la mienne. Quand nos enfants étaient jeunes, nous ne dormions que quelques heures chaque nuit parce que nous devions prendre soin des enfants, préparer les biberons, laver les couches, jouer avec eux et veiller sur eux. Nous agissions par amour, mais la fatigue avait son effet sur notre système immunitaire et le niveau de nos hormones de stress. Résultat, je me suis retrouvé à l’hôpital, souffrant d’une grave infection à staphylocoques, et ma femme a contracté la sclérose en plaques. Une des choses que tous les parents devraient faire est de s’accorder du temps sans les enfants pour refaire le plein d’énergie. Inutile de vous sentir coupable de faire garder vos enfants à l’occasion et de prendre soin de vous, de vous donner l’occasion de mener une vie authentique plutôt que de jouer un rôle. Après avoir 192
compris combien il était important que nous prenions soin de nous, Bobbie prenait le calendrier au début de l’année et elle calculait combien de jours nous pourrions être des parents attentionnés avant que cela ait un effet sur notre santé. Puis, elle réservait quelques jours tous les deux ou trois mois afin que nous puissions partir tous les deux pendant que des amis ou des membres de la famille prenaient notre place et offraient leur temps et leur affection à nos enfants. Cette séparation était bénéfique à tout le monde. Que ce soit chez nos voisins, nos amis et mes patients, nos enfants trouvaient de nouveaux parents et grands-parents expérimentés qui étaient prêt à les écouter et à les aimer, tandis que mon épouse et moi avions la chance de refaire le plein d’énergie et de nous occuper d’autres choses que des couches, des horaires et des repas. Cela donnait aussi l’occasion à nos enfants de jouer à des jeux avec des adultes qui ne connaissaient pas les techniques sournoises qu’ils utilisaient pour jouer aux plus fins avec les parents. J’ai de nombreux patients qui ont développé une dépendance à la nourriture, à la drogue et à l’alcool ou qui ont d’autres formes de dépendance, et j’ai compris que c’était en réaction à leur enfance, durant laquelle ils ont connu de l’indifférence, du rejet ou de la maltraitance de la part de leurs parents, plutôt que de l’amour. Ils cherchaient à se récompenser pour mieux se sentir, mais ces choix étaient autodestructeurs, car ils ne les soulageaient que temporairement. Les gens qui choisissent la voie de l’autodestruction n’agissent pas ainsi par manque d’information. Ce qui leur manque, c’est de l’inspiration et le sentiment de valoir quelque chose. 193
Une étude menée auprès d’un groupe d’étudiants de l’Université Harvard a révélé que parmi les étudiants qui ne s’étaient pas sentis aimés par leurs parents, presque la totalité avait souffert d’une maladie grave dans la quarantaine. En comparaison, parmi ceux qui s’étaient sentis aimés, seulement 25 % ont contracté une maladie grave durant la même période. En grandissant, les enfants ont besoin, à des périodes précises, de recevoir certains messages d’un ou des deux parents, qui leur permettront de se sentir aimés et en sécurité. La plupart des gens ne sont sans doute pas conscients que jusqu’à l’âge de six ans, les ondes cérébrales d’un enfant sont semblables à celles d’une personne sous hypnose. Au moment où les enfants deviennent capables d’évaluer les paroles de leurs parents, ils doivent faire des efforts considérables pour se libérer des messages négatifs que la plupart des parents transmettent. Quand ces messages sont destructeurs, il est vraiment difficile d’échapper à leur emprise. Pour citer une de mes patientes : « Les paroles de ma mère me grugeaient de l’intérieur et elles m’ont peut-être même donné le cancer. » La mère de cette femme minimisait toutes ses réalisations et elle ne l’habillait qu’avec des couleurs foncées pour que personne ne la remarque. Il a fallu qu’elle attrape une maladie potentiellement mortelle pour qu’elle ose aller s’acheter une robe rouge, commencer une nouvelle vie et devenir son moi authentique. Quand les parents imposent les schémas de comportement, les choix de carrière, etc., ils privent leur enfant de sa propre vie. La gentille jumelle identique qui cherche à plaire à maman, à papa et à toute la famille, mais qui intérieurement ressent de la colère, est beaucoup plus susceptible de développer un cancer du sein plus 194
tard dans sa vie que sa petite peste de sœur qui en fait toujours à sa tête. Les problèmes associés aux parents peuvent être révélés dans les dessins réalisés par les enfants. Par exemple, une enfant pourrait dessiner une famille et donner à sa mère une expression qui donne l’impression qu’elle est fâchée et qu’elle prononce des paroles dures ; elle pourrait aussi dessiner son père avec les mains dans les poches et qui tourne le dos à la mère, illustrant qu’il se replie sur lui-même. Elle pourrait se dessiner avec le visage triste ou effrayé. Quand on montre ce dessin aux parents, ils sont plus facilement motivés à aller chercher de l’aide. Plutôt que d’entendre l’interprétation du thérapeute, qui leur fait sentir qu’ils sont de mauvais parents, ils voient ce que leur enfant exprime avec des images, ce qu’elle vit ; le dessin leur dit ce qu’ils ont besoin d’entendre. La consultation familiale, les cours sur le rôle parental et sur la gestion de la colère, ainsi que les ateliers sur les habiletés de communication sont souvent la clé pour aider la famille à fonctionner en tant qu’unité. En plus d’atténuer la détresse psychologique de l’enfant, cela jouera un grand rôle pour guérir la maladie physique de l’enfant et lui permettre d’avoir un esprit et un corps en meilleure santé pour le reste de sa vie. Nous devons reconnaître l’importance de nous écouter les uns les autres et de verbaliser notre amour. Assurez-vous de donner de l’amour à vos enfants même quand vous n’aimez pas ce qu’ils font. Ne les attaquez pas avec des paroles comme : — Il y a quelque chose qui ne va pas chez toi. Utilisez plutôt des paroles qui disent : — Je t’aime, mais ce que tu fais est dangereux et malsain, alors je te prie de cesser. 195
Faites-leur savoir que vous n’appréciez pas leur comportement tout en les rassurant que vous les aimez. L’adolescence peut être la période la plus difficile pour les jeunes, surtout si leurs parents n’ont pas développé avec eux une forme de communication ouverte et aimante. Quand les jeunes ont besoin de conseils et de soutien, ils n’ont pas l’impression qu’ils peuvent aller raconter leurs problèmes à leurs parents et demander leur aide. Selon une étude, 70 % des élèves du secondaire ont dit qu’ils avaient songé au suicide. Ces jeunes ignorent comment éliminer ce qui les tue, alors ils envisagent de se tuer. Rappelez-vous que le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence, le rejet ou la maltraitance. Pourquoi est-ce que je crois que des enfants deviennent des intimidateurs ? Quand ils reçoivent des motifs de mourir de la part des figures d’autorité dans leur vie et qu’ils sont témoins de comportements négatifs dans un environnement privé d’amour, ils vont agir de manière destructrice pour eux et pour les autres, en faisant de l’intimidation et en étant agressifs et violents. Ces enfants ne voient pas l’agression de la même manière que nous parce que les enfants qui ont grandi dans un environnement violent et dépourvu d’amour ont un système nerveux qui est beaucoup moins sensible à l’agression physique, au bruit et à d’autres stimuli sensoriels. Des parties de leur cerveau sont éteintes. Les études ont démontré que la négligence, les traumatismes et la maltraitance durant l’enfance ont un impact physique sur le système nerveux central — le cerveau, la moelle épinière et les nerfs —, ce qui fait que certaines structures et voies neurales du cerveau ne se développent pas, tandis que d’autres structures et voies sont surdéveloppées1. 196
Les enfants pourraient délibérément mal se comporter. Le fauteur de trouble reçoit de l’attention ; et même si c’est de l’attention négative, c’est mieux que le rejet. L’envie d’agresser est un sentiment normal, mais pour attirer l’attention et parfois pour se venger, l’enfant mal aimé et rejeté va transformer une saine agression en de la violence et de la destruction plutôt que de s’investir dans des sports, un travail ou des loisirs. Tout comme le feu peut chauffer ou détruire votre maison, l’énergie à l’intérieur des enfants peut être dirigée de manière saine. Les enfants peuvent se rebeller de manière saine et non pas en intimidant. Quand ils dirigent leur énergie vers quelque chose de positif, comme les arts, les sports, les loisirs ou le bénévolat, le monde devient un endroit meilleur où il fait bon vivre et personne n’est menacé par cette énergie. Nous devons offrir aux enfants de tels exutoires et les aider à trouver ce qui répond à leurs besoins d’une manière saine. Un jour, quand j’étais petit, je suis devenu jaloux du jouet d’un voisin ; j’ai agi comme un intimidateur et je l’ai brisé. Quand mon père est rentré à la maison et qu’il a appris ce que j’avais fait, il n’a rien dit ; mais le lendemain, il est revenu avec le même jouet. Il ne m’a pas dit ce que je devais en faire. Il me l’a simplement tendu et il s’est éloigné. Le geste de mon père m’a beaucoup plus parlé que toute réprimande qu’il aurait pu me faire. Il a agi en adulte responsable en remplaçant le jouet brisé, mais il m’a laissé choisir entre le garder ou aller le donner à mon voisin. Son geste m’a démontré qu’il m’aimait, qu’il me faisait confiance et qu’il voulait que j’agisse de manière appropriée. Que je le fasse ou pas, c’était ma décision. Mon père savait que ce qu’il me faisait endurer était pire 197
qu’une punition physique. Et je suis effectivement allé donner le jouet à mon voisin. Nous devons transmettre aux enfants la notion de respect envers la vie. Nous pouvons le faire en leur enseignant à être responsables de la vie et du bien-être de certaines créatures vivantes, qu’il s’agisse d’une plante, d’un animal ou d’un autre être humain, et leur donner l’occasion de le faire en les supervisant de manière appropriée. Quand vous aimez et prenez soin de ce avec quoi vous vivez, vous respectez le monde et ses habitants. Mon épouse et moi avons empli notre maison et notre cour d’animaux rescapés. Nous avons enfreint toutes les règles de zonage, mais personne, y compris la police, ne nous a jamais dénoncés parce qu’ils savaient que nous aimions toutes ces créatures. Nos enfants ont même apporté des insectes dans la maison parce qu’ils les respectaient en tant que créatures vivantes. Quand nos enfants ont atteint l’âge de la rébellion, au lieu de diriger leur énergie contre les gens, ils ont plutôt cherché à améliorer le statu quo et à créer un monde meilleur. Quand ils avaient besoin d’amour et d’attention, ils le demandaient ou ils commettaient des actes insensés, mais ils n’ont jamais agi de manière destructrice envers quoi ou qui que ce soit. Par exemple, il arrivait qu’un de mes garçons me dise que ses grands-parents avaient appelé et qu’ils voulaient qu’il leur rende visite. Je lui achetais donc un billet d’autobus pour qu’il aille les voir. À l’âge adulte, il m’a confessé qu’ils n’avaient jamais appelé ; il avait simplement besoin de partir de la maison et de recevoir leur amour. Quand Bobbie et moi étions à l’extérieur de la ville, c’est lui qui avait convaincu ses frères et sa sœur de dire au couple qui les gardait qu’il partait plus tôt le matin pour aller à l’école. Mais il n’allait pas à l’école. Il s’assoyait toute la journée dans le placard en cèdre pour 198
lire des livres. Il savait comment recevoir de l’attention et aussi comment prendre soin de lui sans blesser personne. La colère doit être exprimée de manière appropriée et non pas réprimée. Quand les enfants sont fâchés, demandez-leur pourquoi. Écoutez-les et aidez-les à trouver une manière sûre de composer avec la cause de leur colère, et à communiquer et à extérioriser leurs sentiments. Quand les membres du personnel de l’hôpital faisaient irruption dans sa chambre pour aucune raison particulière, un adolescent mourant avait l’habitude de les arroser avec son pistolet à eau pour leur signifier qu’il voulait être seul. Sa colère ne faisait de mal à personne et elle a enseigné à de nombreux médecins et infirmières à respecter ses besoins en tant qu’être humain confronté à des circonstances difficiles, plutôt que de le considérer comme un simple patient soumis à un horaire de soins déterminé. Après sa mort, son pistolet est devenu un cadeau qui était remis aux autres enfants malades. En tant que parent, que pouvez-vous faire si votre enfant hospitalisé est traité comme une maladie plutôt que comme une personne ? Donnez-lui la trousse Siegel, comme je l’ai mentionné dans le chapitre 6 (voir les pages 136-137). Et que pouvez-vous faire si votre enfant se fait intimider à l’école ou dans le voisinage ? Il est approprié que votre enfant soit fâché de ne pas être traité avec respect, mais répondre à la violence par de la violence ne fait qu’aggraver la situation. J’informerais les autorités scolaires ou communautaires de ce qui se passe, mais je tuerais aussi avec gentillesse et je tourmenterais avec tendresse. Soyez créatif dans votre approche. J’ai vu l’amour résoudre une mauvaise situation même quand la vie d’une personne était menacée. Dites à votre enfant d’inviter l’intimidateur à venir jouer chez vous. Ou allez quelque part ensemble, comme à un parc 199
d’attractions, et partagez un bon repas. Appelez les parents de l’intimidateur et discutez ensemble du comportement de leur enfant. Si jamais vous appreniez que la mère de l’intimidateur est atteinte d’un cancer ou que ses parents sont alcooliques, il vous serait alors plus facile de comprendre et de pardonner à l’intimidateur et votre enfant apprendrait encore mieux comment être un ami sincère. Si vous essayez et que cela ne fonctionne pas, alors mettez fin à la relation. Un jour, je suis allé faire une présentation dans une classe située dans un quartier dangereux. Tout juste avant que je commence à parler, quatre garçons sont entrés dans la classe et sont venus s’asseoir dans la première rangée. Cela m’a paru étrange étant donné que les élèves choisissent rarement de s’asseoir devant l’enseignant. J’ai plus tard appris que ces quatre garçons étaient le chef d’une bande de l’école et ses gardes du corps, et qu’ils occupaient toujours ces mêmes sièges dans chaque classe. J’ai posé une question et le chef de la bande a levé sa main pour répondre. Quand il a eu fini, je lui ai dit qu’il n’avait pas la bonne réponse et je lui ai expliqué pourquoi. Le directeur m’a révélé par la suite que ce garçon n’avait pas parlé en classe depuis quatre ans. Il était préoccupé : maintenant que j’avais dit au chef de la bande qu’il s’était trompé : comment allait-il réagir ? J’ai dit au directeur de ne pas s’inquiéter. Le garçon savait que j’étais là seulement parce que je me souciais de lui et des autres élèves et il avait passé un bon moment. Il n’y a pas eu de problèmes par la suite. En parlant avec respect et honnêteté à ces jeunes, et en partageant un peu de sagesse et beaucoup de rires, j’avais semé en eux une graine d’amour. Même quand nous n’apprécions pas ce que les intimidateurs font, nous pouvons, grâce à un amour persistant, les rééduquer et les 200
aider à se rebeller contre les choses dans notre société qui doivent changer. Quand nous agissons ainsi, les intimidateurs finissent par prendre conscience qu’ils méritent d’être aimés et ils commencent à se soucier des autres et d’eux-mêmes. Je l’ai observé chez des enfants, des patients et d’autres personnes avec lesquelles j’ai établi des relations dans le cadre de mon travail. J’adore réunir des personnes âgées et des élèves parce que tout le monde a besoin d’un grand-parent aimant qui a acquis la sagesse de toute une vie. Quand vous le faites, vous établissez une forme de guidance. Chaque résident d’une maison de retraite devient un précieux enseignant quand il se retrouve parmi des élèves. Les personnes âgées enseignent souvent aux jeunes que les difficultés peuvent être des occasions de prendre une nouvelle direction pour quelque chose de mieux. Si je devais résumer comment bien élever un enfant, je vous suggérerais de vous procurer un chiot, d’aller consulter un vétérinaire et de lui demander comment élever votre chiot. Puis, allez à la maison et faites de même avec votre enfant. Pour citer certains vétérinaires que je connais : « Il faut de la constance, du respect, de l’affection, de la discipline, de l’amour et de l’exercice. » Pour plus de détails sur le sujet, lisez mon livre Love, Magic & Mudpies sur la façon d’élever des enfants qui se sentent aimés, qui font preuve de gentillesse et qui apportent une contribution positive dans le monde. Les enfants grandissent trop souvent sans une telle aide et, une fois adultes, ils doivent composer avec les conséquences physiques, émotionnelles et mentales de ne pas avoir eu de bons parents. LA RÉÉDUCATION 201
Si, durant votre jeunesse, il se passait quelque chose dans votre famille, quelque chose qui vous a empêché de recevoir des messages aimants et positifs des adultes qui étaient importants pour vous, vous devez alors vous rééduquer. Vous vous faites du tort quand vous écoutez les voix de votre passé qui vous disent que vous ne valez pas grand-chose. La façon de sortir de cette transe négative et de changer votre image de vous est de laisser intentionnellement derrière vous ces vieux messages et ces expériences malheureuses. Une fois adulte, il est inutile de blâmer vos parents. Vous devez revendiquer votre pouvoir et effectuer vos propres choix. Je vous recommande de commencer en apprenant à vous connaître en tant qu’enfant. Dans votre esprit, séparez la personne que vous êtes aujourd’hui de l’enfant que vous étiez, et soyez prêt à aimer cet enfant divin comme s’il était ici, maintenant, parce que cet enfant existe vraiment… en vous. Même si vous trouvez cela complètement fou, essayez tout de même. Faites semblant jusqu’à ce que ce soit réel. Utilisez cette méthode : trouvez des photographies de vous-même quand vous étiez enfant et placez-les là où vous passez la journée afin de les voir quotidiennement. Je les appelle des espaces sacrés. Tombez amoureux de cet enfant. Parlez-lui. Dites-lui qu’il est en sécurité, qu’il est aimé et qu’il va devenir fort. Dites-lui combien c’est merveilleux qu’il soit né, qu’il est précieux et qu’il a une raison d’être dans votre vie. Gardez l’image de cet enfant dans votre tête et dans votre cœur durant toute la journée et, chaque fois que vous vous sentez troublé, anxieux ou effrayé, imaginez que c’est l’enfant qui éprouve ces sentiments. Demandez-vous ce que vous pourriez faire pour réconforter cet enfant. Puis faites-le pour vous-même. Tout comme 202
la faim vous pousse à aller chercher de la nourriture, utilisez ces sentiments pour vous inciter à nourrir votre vie comme elle en a besoin. Chaque jour, après avoir rééduqué l’enfant en vous, donnez également cet amour à votre moi adulte. Si vous aviez une fille ou un garçon qui était intimidé quotidiennement par une enseignante dont les commentaires détruisent son estime d’elle-même, n’iriezvous pas voir cette enseignante et n’insisteriez-vous pas pour qu’elle traite votre enfant avec gentillesse et respect ? Et si l’enseignante ne changeait pas son comportement, ne feriez-vous pas transférer votre enfant dans une autre classe où l’enseignante encourage les enfants et fait de l’apprentissage une expérience agréable ? S’il n’y avait pas d’autre classe disponible, ne retireriez-vous pas votre enfant de cette école ? Faites de même pour vous-même maintenant. Parlez à votre directeur injuste au travail ou à la personne qui vous traite mal. Dites-lui que vous l’aimez, mais que vous n’aimez pas la façon dont il vous traite et que vous vous attendez à être traité avec respect et gentillesse. S’il ne change pas son comportement, vous pouvez toujours quitter cet emploi ou cette relation. Placez-vous dans des situations où vous ne serez pas perturbé par les comportements toxiques des autres. Parfois, vous ne pouvez pas changer votre vie, mais vous pouvez changer votre attitude. Quand votre santé est menacée, il est préférable de changer votre vie en quittant la situation, mais si c’est impossible, adopter une attitude positive peut faire des merveilles. Quand vous choisissez le bonheur, cela influe sur tous les gens autour de vous. Pendant que vous y êtes, parlez à la voix qui vous critique dans votre tête. Quand vous commettez une erreur, la voix dans votre tête 203
vous accuse-t-elle d’être stupide, sans valeur ou pas à la hauteur ? Si vous voyiez un enfant commettre une erreur, j’espère que vous lui diriez : — C’est beau ; tout le monde commet des erreurs. Les erreurs font partie de l’apprentissage. Je connais une instructrice de golf qui dit à ses élèves de ne pas juger leur élan avec le commentaire « Wow, c’était super ! » ou « Oh non ! C’était affreux ! ». Elle leur dit plutôt de s’entraîner à dire « C’est intéressant ». Cela donne à l’esprit la permission d’apprendre de chaque élan sans avoir d’attentes ou d’exigences, d’une part, et sans avoir un sentiment d’échec, d’autre part. Ces deux états d’esprit nuisent aux mécanismes d’apprentissage du cerveau. Alors quand vous commettez une erreur, cessez de vous crier après. Soyez aussi tendre et gentil avec vous-même que vous le seriez avec un enfant. Utilisez les erreurs comme un outil et non comme l’exemple humiliant d’un échec. Quand nous apprenons comment ne pas accomplir une chose, nous pouvons la faire différemment la prochaine fois. Riez de vous-même, pardonnezvous et passez à autre chose. Vous en avez le potentiel. LES PROGRAMMES EN 12 ÉTAPES Les gens n’ont pas été conçus pour vivre seuls. Nous sommes de nature tribale et nous formons des communautés pour notre survie biologique et psychosociale. Les gens qui se joignent à des groupes d’individus qui sont confrontés à des défis semblables aux leurs parviennent souvent à changer leur vie, surtout quand ils se rencontrent dans une ambiance où ils ne se sentent pas jugés et où ils sont anonymes. Quand des personnes qui ont vécu la même expérience se réunissent, elles peuvent vraiment s’entraider. Celles qui n’ont pas vécu la même expérience ne comprennent pas et elles vont faire 204
des suggestions et des commentaires ou proposer des choses qui ne sont d’aucune aide. En partageant notre expérience, nous pouvons nous entraider pour surmonter les difficultés de la vie. Nous devenons des enseignants potentiels dès que nous nous retrouvons face à une montagne. Dans les groupes des ECaP que j’anime, les liens formés entre mes patients durent des années et les gens ont l’impression de former une famille. Les familles que les gens adoptent sont souvent plus saines et elles jugent moins que celles dans lesquelles nous sommes nés. Les Alcooliques Anonymes ont été le premier programme en 12 étapes et il a été créé par deux hommes qui ne réussissaient pas à cesser de boire malgré tous leurs efforts. De ses humbles origines en 1935 jusqu’à aujourd’hui, les AA sont passés à plus de deux millions de membres actifs en rétablissement aux quatre coins de la planète2. D’autres groupes en 12 étapes ont évolué à partir du groupe d’origine : les Al-Anon et les Alateen s’adressent aux familles d’alcooliques, les ACA, aux enfants adultes d’alcooliques, les OA, aux outremangeurs anonymes, les GA, aux gamblers anonymes, etc. On trouve dans Wikipédia plus de 30 programmes semblables qui sont basés sur les 12 étapes et les 12 traditions des Alcooliques Anonymes d’origine. Si vous semblez répéter dans votre vie les mêmes schémas négatifs et que vous en avez perdu la maîtrise, trouvez un programme en 12 étapes dans votre région. Allez à une rencontre et écoutez. Vous serez étonné d’y trouver des gens qui ont une histoire semblable à la vôtre et vous vous sentirez soulagé de découvrir qu’il existe un endroit où vous avez un sentiment d’appartenance. 205
Il y a des années, j’ai dit à des patients cancéreux qui n’avaient pas de groupes de soutien dans leur région d’aller à une rencontre des AA et de mentir à propos de la raison de leur présence. Certains membres des AA ont cru que ma démarche n’était pas la bonne, mais les principes et les pratiques des AA sont reconnus et ces personnes avaient besoin d’aide. Quand un thème est repris à de multiples reprises pour aider les gens à se rétablir, soyez certain qu’il doit fonctionner — ou vous ne le retrouveriez pas dans la Bible, dans les enseignements de Bouddha ou à une rencontre d’un groupe de soutien. VIVEZ DANS LE MOMENT PRÉSENT Ralentissez et ressentez vos émotions. Vivre dans la pleine conscience et dans le moment présent exige que vous soyez conscient de vos émotions et que vous les acceptiez comme étant votre propre création. Ne fuyez pas vos émotions en vous tenant toujours occupé, en vous distrayant ou en prenant des substances pour vous engourdir. Nous ne pouvons pas guérir ce que nous ne ressentons pas. Après que j’eus exprimé ma colère à propos de problèmes familiaux que je ne pouvais pas résoudre et de toutes les maladies que je ne pouvais pas guérir, ma grande amie Elisabeth Kübler-Ross m’a doucement dit lors d’un de ses ateliers : — Tu as toi aussi des besoins. Je n’ai jamais oublié ces paroles et je les partage avec vous maintenant pour que vous n’oubliiez jamais cette vérité importante. Nous emmagasinons nos émotions dans notre cœur. Même les cœurs transplantés retiennent des émotions et des messages de la vie du donneur. Quand vous évaluez différentes options et des choix ou que vous prenez des décisions, laissez votre cœur vous servir de 206
compas. Une femme m’a répété le conseil que son père lui avait donné. Avant de mourir, Fred Crocker a conseillé à sa fille de « suivre son cœur et d’utiliser son esprit pour emprunter la voie que son cœur choisit ». Laissez vos sentiments vous guider vers ce qui vous inspire. Laissez-les non seulement emplir vos poumons d’inspiration, mais aussi emplir de vie chacune de vos activités et vous procurer la joie d’avoir fait des choix créatifs. Acceptez que ce que vous ressentiez à propos d’une chose dans le passé pourrait être différent de ce que vous ressentez maintenant. Apprenez à connaître et à honorer la personne que vous êtes aujourd’hui et ne vous accrochez pas à ce qui ne vous sert plus. Vous devenez ainsi le cocréateur de votre vie. J’aime me rappeler ce que ma mère disait toujours quand je devais prendre une décision : — Fais ce qui te rend heureux. Quand les choses ne se déroulaient pas comme je m’y attendais, elle me rappelait : — Dieu t’envoie dans une autre direction. Il va en résulter quelque chose de bon. Efforcez-vous de prêter attention au moment présent plutôt qu’au passé ou à l’avenir. Concentrez-vous sur votre respiration. Le simple fait de respirer est déjà positif en soi. Ne tenez pas compte des pensées des autres ; leurs pensées et leur attitude ne vous concernent pas, pas même ce qu’ils pensent de vous. Votre tâche est d’être le meilleur que vous pouvez être en ce moment précis, de composer avec la situation présente, une petite étape à la fois. Et quand vous avez besoin d’aide, demandez-la. Comme le dit une de mes chansons préférées de Tom Hunter : « Tonight I’d like you to rock me to sleep (Ce soir, j’aimerais que tu me berces dans tes bras)3. » 207
Quand vous vivez dans le moment présent, vous commencez à prendre conscience qu’un monde parfait serait dénué de sens, car vous n’auriez aucun choix ou aucune possibilité d’évoluer. HONOREZ QUI VOUS ÊTES Vivez de manière authentique et ne jouez pas de rôle. Ne soyez pas le « pourvoyeur » ou la « maman » parce que si vous croyez que ce rôle correspond à qui vous êtes, votre vie n’a plus de sens quand vous ne pouvez plus travailler ou que vos enfants grandissent et quittent la maison. Il y a une histoire à propos d’un homme qui était aux portes du paradis et qui demandait à entrer. — Dis-moi qui tu es, lui a demandé Dieu. L’homme a pensé à sa femme et à sa famille, et à toutes les personnes à qui il s’était efforcé de plaire. Il a pensé à son emploi important, à sa grosse maison et à sa voiture de luxe. Il a pensé aux factures qui s’empilaient sur son bureau et à la croisière que sa femme et lui avaient planifié de faire. Toutes ces pensées l’entouraient et il avait beau s’efforcer, il ne pouvait se rappeler que les rôles qu’il avait joués. Il a fini par admettre : — Je ne sais pas qui je suis. — Alors, tu n’es pas prêt à entrer, lui a répliqué Dieu en retournant l’homme dans son corps. Quand l’homme s’est remis de sa crise cardiaque, il a fait le vœu de trouver son moi authentique. Au cours des années suivantes, il a appris que le cœur murmure, ce qui signifie qu’il a appris à ralentir au moins une fois par jour, à demeurer calme et immobile et à écouter. Il a cessé d’essayer d’impressionner les autres et il s’est plutôt intéressé aux choses qu’il aimait faire. Il a pris le temps d’écouter les gens sans les interrompre ou les presser, et il a accordé de l’importance à l’amélioration de ses 208
relations. Plus il se concentrait sur le moment présent, plus il semblait accomplir de choses. Il a réussi à être au service des gens de nombreuses petites façons, et quand toutes ces petites choses s’additionnaient, elles avaient un impact positif dans son entourage. Avec le temps, il a constaté qu’il se sentait bien à propos de luimême et les nouveaux comportements qu’il s’était efforcé d’adopter étaient maintenant devenus des habitudes. La vie et la mort ne l’effrayaient plus ; elles étaient plutôt le reflet de l’amour et de l’intégrité. Plusieurs autres années ont passé avant qu’il se retrouve de nouveau devant les portes du paradis. — Dis-moi qui tu es, lui a demandé Dieu. — Je suis la plénitude. Je suis ton enfant divin. Je suis toi, a répondu l’homme. — Bienvenue à la maison, mon enfant, lui a répondu Dieu. Et l’homme a été étreint par une lumière encore plus brillante que le soleil. J’ai connu un adolescent qui m’a dit sur son lit de mort : — Dites à Dieu que son remplaçant est ici. Il a été admis immédiatement. Cela me rappelle une de mes patientes qui souffrait d’agoraphobie. Quand cette femme, qui avait été incapable de quitter sa maison pendant des années, a appris qu’il ne lui restait que deux mois à vivre, elle a vu la lumière et elle s’est demandé : « À quoi ça me sert d’avoir peur ? » Elle est passée d’une personne qui vivait paralysée par la peur au point de ne pas pouvoir sortir sous la pluie à une femme qui s’est mise à faire du rafting ! Ses enfants étaient morts de peur, mais cela lui a également permis de survivre à son cancer. Et une autre femme qui avait le même pronostic m’a 209
envoyé une lettre qui se termine ainsi : « Et je ne suis pas morte ; et maintenant, je me tue à accomplir toutes sortes de choses. » Vous pouvez maîtriser vos pensées et vos actions, alors prenez ce pouvoir — c’est votre droit. Entraînez-vous à être la personne que vous voulez être et agissez chaque jour comme si vous étiez déjà cette personne. Si vous avez peur, imaginez que des bras aimants vous étreignent avant que vous vous endormiez afin que lorsque vous vous réveillerez, vous pensiez immédiatement à cette étreinte chaleureuse et réconfortante et vous chasserez votre peur. Ou si vous avez besoin d’un modèle quand vous doutez, demandez-vous : « Qu’est-ce que Lassie ferait (QQLF) ? » TENEZ UN JOURNAL Dans une étude menée auprès d’un groupe de personnes souffrant d’asthme, on a demandé à des individus de tenir, pendant un mois, un journal de leurs sentiments à propos de leurs expériences, tandis que ceux du groupe témoin devaient simplement énumérer ce qu’ils faisaient chaque jour. Au bout d’un mois, ceux qui avaient noté leurs sentiments et leurs expériences se sont avérés être en meilleure santé et faisaient moins de crises d’asthme que ceux qui n’avaient écrit que ce qu’ils faisaient chaque jour. L’autre jour, alors que je fouillais parmi mes documents pour trouver quelque chose, je suis tombé sur mes journaux datant d’il y a 25 à 35 ans. En tant que médecin, j’avais commencé à prendre des notes durant le jour à propos de ce qui me perturbait, puis quand je rentrais à la maison, le soir, je les retranscrivais dans mon journal. Peu de temps après avoir pris cette habitude, j’ai constaté que quand j’essayais d’écrire à propos de ce qui était arrivé durant la journée, j’étais incapable de me rappeler à quoi ces notes faisaient référence. Je pouvais écrire « Enfant dans la salle d’urgence » et, 12 heures plus 210
tard, me demander : « De quoi est-il question, au juste ? » J’ai alors pris conscience que peu importe ce qu’était la douleur, elle était en moi et je ne pouvais pas composer avec elle ; je l’enterrais donc dans mon corps. J’ai commencé à être hanté par les mots « un jour, mon corps va me le faire payer » et j’ai commencé à écrire des paragraphes entiers dans mes notes afin de pouvoir me rappeler ce qui me perturbait et de le noter dans mon journal. Une fois que j’avais oublié de cacher mon journal, mon épouse l’a trouvé et elle l’a lu. — Bernie, il n’y a rien de drôle là-dedans, m’a dit Bobbie. — Qu’est-ce que tu veux dire ? Ma vie n’est pas drôle. Elle m’a alors rappelé des choses insensées qui étaient arrivées à l’hôpital et qui avaient fait rire toute la famille quand je les avais racontées. Je n’avais jamais noté ces histoires dans mon journal. Le commentaire de Bobbie m’a encouragé à voir également les belles choses qui se produisaient : tu reçois une étreinte ; tu reçois un peu d’amour ; tu fais rire quelqu’un. — Note également cela dans ton journal, m’a-t-elle dit. Et c’est ce que j’ai fait. Lorsque vous tenez un journal, vous demeurez conscient des choses et votre inconscient sait alors que vous êtes prêt à composer avec ce qui vous tourmente. Nous avons tous besoin d’être entendus par quelqu’un d’attentionné. Pour que notre voix intérieure puisse nous parler, nous devons trouver une façon de l’écouter. L’écriture nous donne un moyen de l’écouter. J’ai souvent fait référence à la remarque d’Helen Keller, qui a dit que « la surdité est un malheur beaucoup plus grand [que la cécité] ». Le comportement de survie exige que vous sachiez ce qu’il y a dans votre cœur, que vous révéliez ce qu’il y a dans votre inconscient et que vous ressentiez vos 211
émotions. Notez-les sur papier — c’est ainsi que vous allez apprendre à vous connaître. L’ÉCOUTE BIENVEILLANTE Quand vous faites de l’écoute bienveillante, vous utilisez votre langage corporel pour montrer que vous prêtez attention. Quand vous regardez la personne droit dans les yeux et que vous ne l’interrompez pas, et que vous penchez légèrement votre corps vers elle et que vous hochez ou penchez la tête en guise de réponse appropriée, vous assurez à la personne qui parle que vous l’écoutez et que vous entendez ce qu’elle dit. L’écoute est une bonne habitude à adopter. Quand vous écoutez les autres, ils finissent par se connaître et vous en êtes redevable, même si tout ce que vous avez fait, c’est écouter. Des gens m’ont remercié de leur avoir été utile alors que je n’avais rien dit. Par exemple, au début, quand nos enfants venaient me voir et me disaient : — Papa, j’ai un problème. Je répondais en donnant un conseil tel que : — D’accord, lis ce livre ou va voir cette personne ou prends ce médicament. Et ils répondaient toujours : — Tu ne m’aides pas. Mais par la suite, quand ils venaient me voir et me disaient : — Papa, j’ai un problème. Je leur demandais : — Raconte-moi. Puis, je demeurais assis et je les écoutais durant 20 à 30 minutes et quand ils avaient fini, ils disaient : — Merci, papa. Tu m’as beaucoup aidé. 212
Et qu’avais-je dit durant tout ce temps ? Rien d’autre que « hum hum » d’un ton empathique ou compréhensif. Pourquoi cela fonctionnait-il ? Parce que quelqu’un les avait écoutés. Une femme est venue me raconter son problème et je n’ai rien dit pendant 90 minutes. Quand elle a eu fini, elle m’a dit : — C’est une des conversations les plus significatives que j’ai eues dans ma vie. Elle s’était parlé à elle-même et c’était significatif. Alors, tenez un journal. Écoutez. Prêtez attention à vos sentiments. Soyez authentique. 213
Chapitre 10 LES MOTS PEUVENT TUER OU GUÉRIR Nous apprenons que les mondes sont faits de mots et pas seulement de marteaux et de fils électriques. — JAMES HILLMAN I l y a de nombreuses années, on m’a demandé de voir une jeune femme qui, selon tout le monde, souffrait d’une appendicite. Je n’étais pas d’accord avec le diagnostic et après l’avoir observée, j’ai compris que son problème était une rupture d’un kyste ovarien, ce qui ne nécessitait aucune opération. Quelques années plus tard, la jeune sœur de cette femme, une musicienne douée, a trébuché dans la maison et est tombée dans le foyer, se brûlant gravement les mains, les bras, la poitrine et le cou. Quand elle a été transportée à la salle d’urgence de l’hôpital Yale-New Haven, ses parents ont demandé à ce que je prenne soin d’elle. Ses mains étaient très abîmées et elle était profondément déprimée de savoir que cela mettrait fin à sa carrière musicale. Je l’ai admise à l’unité des grands brûlés de l’hôpital et, chaque matin, je débridais ses plaies et elle me criait : — Je vous hais. Ses paroles m’ont vraiment fait remettre en question la raison pour laquelle j’étais devenu médecin. Je me suis demandé si je voulais continuer, si c’était la réaction que les patients avaient envers moi quand j’essayais de les aider à guérir. (Des années plus tard, sa mère m’a dit qu’un matin, j’avais dit à sa fille : « Madeline, peut-être qu’un jour, tu vas m’aimer. » Je ne me souviens pas de ce moment, 214
mais sachant comment j’agis, j’ai sans doute dit cela pour atténuer mon propre chagrin et ma frustration.) Une journée d’été, alors qu’il faisait plus de 32 °C, Madeline est venue dans mon bureau pour sa visite de routine. Elle portait un maillot à col roulé avec de longues manches. Je lui ai demandé pourquoi elle était vêtue ainsi par une journée aussi chaude et elle a répondu : — Parce que je suis laide. Elle m’a également dit qu’elle se cherchait un emploi d’été. Je lui ai dit : — Oh ! Je connais une maison de retraite qui a besoin de quelques préposés. Si je peux te trouver un emploi, est-ce que cela t’intéresse ? Elle a accepté, alors j’ai entrepris des démarches et je l’ai rappelée quelques jours plus tard pour lui transmettre l’information. Je savais qu’elle devrait porter un uniforme qui révélerait toutes ses cicatrices aux personnes âgées dont elle prendrait soin. À la fin de l’été, Madeline est venue me voir pour sa visite et je lui ai demandé comment cela s’était passé au travail. Elle m’a répondu : — J’adore mon travail. Et personne n’a remarqué mes cicatrices. — Quand tu donnes de l’amour, tu es magnifique, lui ai-je dit. Elle m’a regardé et son regard s’est éclairé : elle venait de comprendre. Madeline a suivi une formation d’infirmière et, peu de temps après avoir obtenu son diplôme, elle m’a appelé. — Docteur Siegel, je vais me marier, mais mon père est décédé il y a deux ans. Voudriez-vous jouer le rôle de mon père à mon mariage ? Je peux encore sentir les larmes que j’ai versées quand elle me l’a demandé. Après m’avoir crié qu’elle me haïssait quand elle souffrait, 215
elle me disait maintenant des paroles d’amour. Bien entendu, j’ai accepté et le plus beau cadeau que j’ai reçu est lorsque nous avons dansé après la cérémonie sur l’air de la chanson de Kenny Rogers « Through the Years ». C’était la façon de Madeline de me dire qu’au fil des années, et surtout quand elle souffrait en raison de son état, je ne l’avais jamais laissée tomber et je l’avais aidée à reprendre sa vie en main. Cela m’a aidé à guérir toute une vie de blessures accumulées dans mes fonctions. Un homme a suggéré à son amie qu’elle pourrait changer les choses négatives dans sa vie en changeant simplement ses paroles. Il lui a dit : — Au lieu de dire « je dois payer les factures ou je dois aller travailler », essaie de dire « je vais payer les factures ou je vais aller travailler ». Son amie a essayé et elle a constaté que sa vision des choses avait changé ; au lieu de ressentir du ressentiment et de l’inquiétude, elle ressentait de la gratitude et se sentait bénie. Elle a pris conscience que tous les aspects de sa vie, des petites tâches ennuyeuses aux grandes difficultés, étaient des cadeaux. Le simple fait de changer un mot a changé sa vie. Un mot : c’est puissant n’est-ce pas ? Il y a de nombreuses années, un de nos enfants a rapporté à la maison une toile qu’il avait peinte dans son cours d’art. Il avait couvert toute la toile avec un mot : « mots ». En tant que chirurgien, je sais qu’il est possible de tuer ou de guérir avec une lame ou un scalpel. Mais ce qui m’a immédiatement frappé en voyant l’image sur la toile est qu’il est possible de tuer ou de guérir avec des mots quand les mots deviennent une arme. On n’enseigne pas aux médecins à communiquer avec les patients. Parce qu’ils ont peur d’être poursuivis, ils expliquent aux gens tous 216
les effets indésirables de la thérapie et ne mentionnent jamais les bienfaits. Chaque fois que j’entends une publicité à la télévision qui mentionne comment la pilule peut vous tuer, je me demande pourquoi quelqu’un voudrait l’essayer. De même, pour ne pas être poursuivi, un hôpital avait l’habitude d’informer les patients des risques et des complications possibles d’une chirurgie — juste avant qu’ils entrent dans la salle d’opération. Le taux d’arrêt cardiaque chez ces patients était plus élevé. J’ai commencé à prendre conscience que ce qu’un patient croit est beaucoup plus important que le diagnostic. Une histoire qui m’a été rapportée à propos du psychiatre Milton Erickson résume d’une certaine manière cette idée. Un jour, il rencontrait une patiente qui avait besoin de recevoir des commentaires positifs. Après avoir écrit quelque chose dans son dossier, il lui a demandé de l’excuser et il est sorti de la pièce durant une minute, en laissant le dossier ouvert sur son bureau. La patiente y a jeté un coup d’œil et elle a lu les mots « progresse bien ». C’était tellement thérapeutique. Ces deux mots l’ont aidée à croire en elle et lui ont donné l’élan dont elle avait besoin pour poursuivre sa thérapie. En prenant conscience du pouvoir des mots, j’ai commencé à prêter davantage attention à ce que je disais dans la salle d’opération et j’ai même changé de petites choses, comme préparer un enfant en vue d’une injection. Plutôt que de lui dire que cela allait le piquer comme une abeille, je parlais plutôt de la piqûre d’un moustique. Quand un anesthésiologiste mentionnait au patient qu’il « ne sentirait plus rien », je demandais au patient : — Quand avez-vous eu le nez bouché pour la dernière fois ? Et le patient souriait. 217
Durant une opération, je demandais à mes patients d’éloigner le sang de la zone opérée et de ne pas saigner pendant l’opération. Avant qu’ils se réveillent, je leur disais : — À votre réveil, vous vous sentirez bien et vous aurez soif et faim. Par la suite, voyant que mes patients avaient tous commencé à prendre du poids, j’ai modifié ma phrase en ajoutant : — …mais vous ne viderez pas votre assiette. C’est mon expérience en tant que chirurgien pédiatrique qui m’a vraiment ouvert l’esprit par rapport au pouvoir des mots. Pour rassurer les enfants qu’ils ne ressentiraient pas de douleur durant l’opération, je leur disais dans la salle d’urgence : — Tu vas t’endormir en entrant dans la salle d’opération. J’ai été renversé de voir des enfants s’endormir pendant qu’on les transportait dans la salle d’opération. Un garçon s’est même retourné sur le ventre et il s’est endormi au moment où nous avons pénétré dans la salle d’opération. Quand je l’ai retourné pour pouvoir pratiquer une appendicectomie, il s’est réveillé et il m’a dit : — Vous m’avez dit que j’allais dormir et je dors toujours sur le ventre. Nous avons dû faire un compromis. Puis, avant d’effectuer une prise de sang, j’ai commencé à mentir à de plus en plus d’enfants, à des fins thérapeutiques bien entendu, en frottant sur leur bras une éponge imbibée d’alcool et en leur disant : — Cela va insensibiliser ta peau. Un tiers d’entre eux ne ressentaient absolument rien, tandis que les autres trouvaient l’expérience moins effrayante ou douloureuse, tout en me disant que cela n’avait pas fonctionné. Je m’excusais alors et j’en rejetais le blâme à l’éponge imbibée d’alcool. 218
Avec la collaboration des parents, nous avons également réduit les effets indésirables de leur traitement quand nous avons dit que les vitamines étaient en fait des pilules pour faire pousser les cheveux, pour prévenir les nausées ou soulager la douleur, et les enfants ont réagi en ce sens. Je connais une femme qui avait des nausées après sa chimiothérapie. Elle a demandé à sa fille de lui donner un comprimé de Compazine, car elle ne portait pas ses lunettes. Sa fille lui a donné le comprimé et elle n’a plus ressenti de nausées. Quelques heures plus tard, alors qu’elle portait ses lunettes, elle a demandé un autre comprimé. Quand elle l’a vu, elle a dit à sa fille : — Ce n’est pas mon Compazine ; c’est mon anticoagulant Coumadin. — Eh bien, maman, il t’a soulagée la dernière fois que je te l’ai donné, a répondu sa fille. Elles ont été impressionnées que le pouvoir de suggestion puisse susciter des changements dans le corps, même quand ce n’était pas intentionnel. Je préférerais mentir pour son bien à un patient que lui énumérer les effets indésirables d’un traitement et ainsi les provoquer parce que ce que les gens entendent de la bouche d’une figure d’autorité a un effet encore plus grand. Quand je devais absolument parler des effets indésirables, j’ajoutais que ce n’était pas tout le monde qui les ressentait, tout comme tout le monde n’est pas allergique aux arachides. Notre corps réagit à ce que nous croyons. On a dit à une femme qu’elle était en phase terminale d’une leucémie et qu’elle perdrait son temps à parcourir des centaines de kilomètres pour venir recevoir de la chimiothérapie étant donné qu’elle se sentirait 219
seulement plus mal. Sa cousine, une infirmière auxiliaire, me connaissait et lui a dit de venir se faire traiter à l’hôpital New Haven parce que « le docteur Siegel aide toujours les gens à se sentir bien ». J’ai fait admettre la femme à l’hôpital sans savoir que sa cousine avait fait ce commentaire. Je me suis assis sur le lit de la patiente et je lui ai expliqué que j’allais demander à un collègue oncologue de venir l’examiner, car je ne pouvais pas traiter la leucémie au moyen de la chirurgie. Puis, je l’ai serrée dans mes bras et je suis allé appeler l’oncologue. Plus tard, il m’a dit qu’il corroborait le diagnostic de son médecin, mais qu’il lui donnerait un traitement pour qu’elle ait l’impression qu’il y avait de l’espoir. Après les séances de chimiothérapie, il m’a remis des notes qui, au début, portaient le commentaire « progresse bien » et, à la fin, « en rémission complète ». Plus tard, j’ai appris qu’elle avait dit : — Quand docteur Siegel m’a serrée dans ses bras, j’ai su que j’allais guérir. En découvrant le pouvoir des mots, j’ai fait de ceux-ci des outils thérapeutiques. Utilisant l’humour et ma technique du paradoxe, j’ai réussi à rajuster les pensées et les sentiments des gens. Durant de nombreuses années, j’ai été le chirurgien de la police, à New Haven, au Connecticut, et j’ai eu l’occasion de connaître un grand nombre de policiers dans le cadre de mon travail. Un jour, un policier que je connaissais m’a appelé à mon bureau. Quand j’ai saisi le combiné, il m’a dit : — Docteur Siegel, je vais me suicider. Je lui ai répondu : — Jimmy, si tu te suicides, je ne t’adresserai jamais plus la parole. Il a raccroché et, 15 minutes plus tard, il était dans mon bureau, bouillant de colère et hurlant que j’étais insensible et que je me 220
fichais de lui alors qu’il avait tenu son fusil dans sa bouche. — Et as-tu remarqué que tu n’es pas mort ? lui ai-je demandé. Il a alors éclaté de rire et nous sommes devenus de bons copains. Vous rappelez-vous quand vous étiez enfant et que quelqu’un vous a crié des noms ? Vous lui avez sans doute répondu : — La pluie de tes insultes n’atteint pas le parapluie de mon indifférence. Je peux vous le dire maintenant : ce proverbe est faux. Les mots peuvent réellement blesser et causer beaucoup de dommages. Les mots peuvent tuer ou ils peuvent guérir. Les mots, en particulier ceux prononcés par les figures d’autorité dans notre vie, ont le pouvoir de nous tourmenter et de modifier notre vie. La façon dont vous percevez une chose détermine comment elle va fonctionner pour vous et le choix des mots utilisés joue un rôle dans votre perception. Imaginez quatre substances utilisées en chimiothérapie dans le cadre d’un protocole nommé à partir de la première lettre de chaque médicament : EPOH. Un oncologue a noté qu’en inversant les lettres, il obtenait le mot HOPE (espoir, en anglais). Il a donc changé le nom du protocole pour ses patients et un plus grand nombre de ceux-ci ont bien réagi au traitement. L’enseignante d’une enfant en première année a critiqué le dessin de celle-ci en disant qu’elle n’allait pas l’afficher avec les autres en raison de la façon dont elle avait utilisé la couleur violet. En deuxième année, quand un autre enseignant lui a demandé de faire un dessin, l’enfant a laissé la feuille blanche. Il s’est approché d’elle, il a posé sa main sur sa tête et lui a dit : — Une tempête de neige. Comme tout est immaculé, blanc et magnifique ! 221
Ses paroles lui ont donné la permission d’être de nouveau créative et cette expérience l’a plus tard inspirée à écrire un poème intitulé « Violet ». Vous pouvez lire le poème d’Alexis Rotella dans mon livre Love, Magic & Mudpies. Les perceptions que nous avons par rapport à certains mots peuvent aussi toucher les animaux. Une famille a adopté un vieux chat rescapé qui avait été tellement traumatisé par ses expériences auprès des êtres humains qu’il ne pénétrait jamais dans une pièce quand il y avait des gens. Il n’allait manger que lorsque la famille était couchée. Après avoir essayé en vain pendant des mois de gagner sa confiance, ils ont consulté un médium qui communique avec les animaux et lui ont dit que le chat s’appelait Spooky (Peureux). — Changez son nom pour quelque chose de macho, a-t-elle suggéré. Vous lui avez donné un nom qui reflète que vous vous attendez à ce qu’il ait peur. Ils ont renommé le chat Rambo. Son comportement a presque aussitôt commencé à changer. La famille a raconté que Rambo circulait non seulement dans la maison quand ils étaient éveillés, mais qu’il dormait aussi avec eux, dans leurs lits, plutôt que de rester au rez-de-chaussée. Quand Betty Crocker a appris qu’elle souffrait d’un cancer du sein de stade 4, en 1962, son médecin lui a dit qu’elle était en phase terminale. — Combien de temps me reste-t-il à vivre ? a-t-elle demandé. — Six mois, lui a-t-il répondu. Imaginez l’impact que ces mots ont eu sur elle. Ses deux petites filles seraient bientôt privées de leur mère. Betty est rentrée chez elle, 222
résignée à mourir, mais son mari a dit qu’ils devraient obtenir un deuxième diagnostic. Le mari de Betty est allé au Yale Cancer Center et il a demandé qu’un médecin de l’équipe des oncologues examine sa femme. Durant les examens, Betty a raconté comment son mari et elle étaient tombés amoureux lors d’une soirée animée par un grand orchestre de musique de danse. Elle s’est rappelé combien Fred et elle s’amusaient à leur club de danse préféré et que les gens quittaient le plancher de danse afin de regarder le couple danser. Betty a conservé une façade joyeuse durant tous les examens et, après, elle a attendu les résultats, mais Fred savait qu’elle était terrifiée pour ses deux filles. Elle lui a admis que les paroles du premier médecin, c’est-à-dire « terminale » et « six mois », lui avaient presque enlevé tout espoir de survivre. J’ai vu des gens mourir au bout d’une semaine quand ils avaient perdu espoir. Quand ils se sont assis dans le bureau de l’oncologue du Yale Cancer Center, le médecin l’a regardée et lui a souri : — Betty, vous n’allez pas mourir dans six mois. Dans six mois, vous allez de nouveau danser. Les paroles du médecin lui ont redonné de l’espoir. Six mois plus tard, Betty a enfilé une robe neuve et ses chaussures de danse rouges. Ses filles ont regardé, tout excitées, leurs parents se préparer pour leur grande sortie. Des années plus tard, j’ai eu l’occasion de travailler avec une des filles de Betty. Elle m’a dit : — Je me rappelle encore comment papa était heureux et combien maman était belle, ce soir-là. Ils étaient comme un couple de jeunes qui allaient à leur premier rendez-vous amoureux. Ce médecin avait donné à maman la permission de vivre. Je suis certaine que c’est 223
grâce à lui qu’elle est restée parmi nous pendant trois autres années. Je ne le remercierai jamais assez. De « terminale » et « six mois » à « danser » et « vous allez vivre » : voilà le pouvoir des mots. Si votre médecin ou votre professionnel de la santé ne croit pas que vous allez vous rétablir, virez-le. Trouvez quelqu’un qui croit aux miracles, quelqu’un qui croit en vous. LES AFFIRMATIONS Un entraîneur encourage son équipe avec des phrases telles que « vous pouvez le faire » et « allez sur le terrain et soyez à la hauteur de votre plein potentiel » parce qu’il sait que ses paroles vont résonner dans l’esprit des joueurs quand ils vont affronter leurs adversaires. Ses encouragements peuvent favoriser ou détruire l’esprit d’équipe et c’est souvent ce qui détermine s’ils vont fournir ou non leurs meilleurs efforts. Un bon entraîneur est conscient que la clé consiste à savoir que vous avez fait de votre mieux et que vous n’êtes pas un perdant si vous ne gagnez pas la partie. Les perdants ont peur de courir des risques, que ce soit face à une maladie ou à un adversaire, et ils vivent dans la culpabilité, le blâme et la honte. Ne donnez pas du pouvoir à vos ennemis en vous concentrant sur l’idée de les battre, mais donnez du pouvoir à votre effort en faisant de votre mieux et en croyant en vous-même. Les affirmations les plus efficaces sont brèves et positives ; comme les mantras, elles sont faciles à se rappeler et elles laissent croire qu’une chose s’est déjà produite. Au lieu de « Je vais me rétablir de ce cancer », une affirmation plus efficace serait : « Mon corps rayonne de santé. » Cette affirmation vous permet de voir votre vrai potentiel, votre nature divine, et elle ne se concentre pas sur ce qui 224
ne va pas, mais sur ce qui est en vous. Quand vous l’imaginez, votre corps réagit comme si la chose se produisait déjà. Notre Créateur a donné à toutes les créatures vivantes l’habileté de survivre. Les blessures guérissent, les bactéries résistent aux antibiotiques, les virus résistent aux antiviraux et les arbres résistent aux parasites parce que nous avons tous l’habileté de modifier nos gènes et de survivre. Pour faire l’effort nécessaire pour survivre, votre corps a besoin de savoir que vous l’aimez et que vous aimez votre vie. Déterminez les affirmations négatives que vous pourriez entretenir dans votre esprit. Pour chacune, écrivez une affirmation positive qui vous aide à renverser la pensée négative. Si vous vous inquiétez à propos d’une chose ou si vous essayez sans succès de manipuler des gens ou des situations, essayez l’affirmation : « Je lâche prise et je m’en remets à Dieu. » Si vous êtes confronté à un obstacle important, essayez : « Un jour à la fois. » Le simple fait de noter par écrit l’affirmation « Pour aujourd’hui seulement, je vais… » (par exemple « rester sobre » ou « pratiquer l’écoute ») donne de la force à l’intention qui se cache derrière votre décision d’agir différemment. Si vous souffrez d’un manque d’estime de vous, essayez : « Je suis parfait tel que je suis. » Si vous manquez de confiance en vous, écrivez : « Je réussis tout ce qui me tient à cœur. » Rappelez-vous que le fait de ne pas être à la hauteur de votre affirmation ne constitue pas un échec. Votre but est de faire semblant jusqu’à ce que ce soit réel. Agissez et comportez-vous comme si vous étiez la personne que vous désirez devenir et continuez de vous exercer. Trouvez aussi des conseillers de vie pour vous aider. Parfois, un simple mot peint sur le mur ou gravé dans une pierre est une puissante affirmation. Des mots tels que Foi, Paix, Gratitude, 225
Rire et Adoré peuvent vous aider à mieux vous aimer. Affichez-les partout dans votre maison et à votre travail. Notre maison est emplie de maximes que nous appliquons dans notre vie. Un exemple de maxime pour mener une belle vie est une citation de Lao-tseu : « Sois content de ce que tu as ; réjouis-toi de la réalité telle qu’elle est. Quand tu comprends que rien ne manque, le monde entier t’appartient1. » Vous pouvez aussi afficher la prière de la sérénité et la lire à voix haute. Gardez à portée de la main un jeu de cartes d’affirmations et lisez-en plusieurs fois par jour. Même les paroles d’une chanson peuvent apaiser, encourager et inspirer. Alors, soyez créatif, achetez de la peinture et écrivez un tendre message pour vous sur le mur devant lequel vous passez le plus souvent. Sur mon mur, j’ai un portrait de mes parents ; ils me regardent donc toujours et je ne veux pas les décevoir. Apposez une affiche « Bienvenue » au-dessus du miroir de votre salle de bain et, chaque matin, regardez-vous dans les yeux et souhaitez-vous la bienvenue : « Salut, soleil ! Bienvenue dans cette journée ! » Chaque matin que le jour se lève, vous êtes comme une toile vierge. Tout comme la nature peint l’horizon, vous créez une œuvre d’art, alors ayez toujours davantage de couleurs sur votre palette et faites des retouches jusqu’à ce que vous soyez satisfait du résultat. LES AFFIRMATIONS SUBLIMINALES Un esprit calme a de meilleures chances de réfléchir clairement à une question et de trouver un remède. Si vous avez besoin d’aide pour commencer, vous pouvez utiliser un CD que j’ai créé à cette fin : Finding Your True Self: Audible and Subliminal Affirmations to Develop Your Personal Sense of Inner Peace and Wisdom. Des études démontrent que les affirmations subliminales et la méditation sont une manière facile et efficace de surmonter les freins psychologiques et de vous 226
procurer une meilleure santé et du bonheur dans votre vie. Choisissez un moment particulier et un endroit où vous ne serez pas dérangé durant votre thérapie. Dans des situations stressantes, vous pouvez aussitôt faire appel à votre paix intérieure et mettre fin au stress. DANSEZ UNE NOUVELLE DANSE Les paroles et les images négatives emplissent notre esprit à un si jeune âge qu’il faut faire des efforts conscients pour nous en débarrasser plus tard et changer ces croyances. Parfois, nous nous apitoyons sur nous-mêmes et nous croyons que nous ne sommes pas assez bons ou que nous ne méritons pas d’être heureux. Quand cela se produit, nous avons besoin de faire jouer une cassette différente, d’apprendre une nouvelle chanson et de danser une nouvelle danse. Sharon avait été élevée dans une maison où la maladie mentale de sa mère l’empêchait de transmettre à Sharon des messages d’amour, des messages qui aideraient à définir sa valeur personnelle et son estime d’elle-même. Même si Sharon a fini par être capable de comprendre sa mère et de lui pardonner, elle était incapable de croire en sa propre valeur, de se voir comme une personne qui méritait d’être aimée. Quand nous intériorisons nos sentiments négatifs et que nous essayons de plaire à tout le monde pour avoir l’impression d’avoir de la valeur, nous perdons notre vie authentique. Je n’ai donc pas été surpris que Sharon contracte un cancer du sein à un jeune âge et qu’elle subisse une mastectomie suivie d’une chimiothérapie, ni qu’elle ait été abattue par une dépression durant et après son traitement. En tant que médecin, je peux vous dire que les sentiments qu’elle avait à propos de sa valeur personnelle menaçaient davantage sa vie que n’importe quel cancer ou traitement de chimiothérapie. Un jour, 227
le thérapeute de Sharon lui a suggéré de noter chaque jour ses bénédictions. Chaque fois que quelqu’un se montrait gentil avec elle, elle devrait le noter. Si quelqu’un l’appelait ou lui envoyait une carte, ou même si un étranger lui ouvrait la porte ou déposait une pièce de 25 cents dans son parcomètre — peu importe si le geste de gentillesse était petit ou grand —, elle était censée le noter. Sharon s’est acheté un journal et elle a commencé à noter les choses attentionnées et gentilles que les gens lui disaient ou faisaient pour elle. Plus elle a pris conscience des gentillesses, plus elle s’est sentie positive. Et elle a commencé à poser des gestes gentils envers les autres, souvent à leur insu. Les semaines et les mois ont passé et Sharon a empli les pages de son journal en notant non seulement les gestes de gentillesse, mais aussi toutes les bénédictions qu’elle recevait dans sa vie. Deux ans après la mastectomie, Sharon a lu ses journaux et elle a pris conscience qu’elle avait non seulement de la chance d’être de nouveau en santé, mais aussi combien elle se sentait aimée. De plus, elle avait acquis une meilleure estime d’elle-même. Maintenant, elle sait que quand elle pénètre dans une pièce, les gens sont sincèrement heureux de la voir. Le fait de noter les choses positives plutôt que de focaliser sur les choses négatives a complètement changé sa vie. Les études démontrent que lorsqu’une personne pose un geste gentil envers une autre personne ou un animal, les deux éprouvent un doux sentiment d’appartenance causé par la sécrétion d’endorphines et des hormones de l’attachement, ces substances chimiques du bien-être qui font en sorte que votre corps souhaite vivre. Non seulement la personne qui pose le geste et le bénéficiaire en profitent, les témoins de la gentillesse également ; ils sécrètent les mêmes hormones. C’est comme apporter une bougie allumée dans 228
une pièce sombre. La bougie brille à l’intérieur de sa propre aura, mais toute la pièce reçoit une partie de sa lumière. ADOPTEZ UNE ATTITUDE DIFFÉRENTE Chacun d’entre nous est ici sur la Terre pour donner à notre âme une occasion d’évoluer et pour être au service des gens sur qui notre vie a un impact. Il est donc logique d’adopter une attitude en ce sens. Quand vous êtes confronté à des difficultés et que vous vous demandez « Que vais-je apprendre de cette expérience ? », les choses vont changer pour vous. Ces sentiments et ces événements vont vous aider à évoluer et à enrichir votre vie. Et quand vous aimez votre vie et votre corps, ce dernier va tout faire pour vous maintenir en vie. Quand vous souffrez d’un malaise physique, d’une douleur ou d’un bouleversement émotionnel, une autre façon de voir les choses est de vous demander : « Qu’est-ce qui doit changer pour que je vive une expérience différente ? » Parfois, le changement que nous devons accomplir nécessite que nous soyons honnêtes avec nous-mêmes sur le plan émotionnel. Un bon exemple d’une malhonnêteté émotionnelle est lorsqu’on vous demande d’assister à un événement social ou d’assumer une nouvelle responsabilité et que vous vous dites que vous ne voulez pas le faire, mais que votre bouche répond : « Oui, d’accord. » Il y a une différence entre la soumission et la politesse. Vous pourriez avoir des ennuis à force d’essayer de plaire à tout le monde. Rappelez-vous que tout comme il est bénéfique d’exprimer une colère appropriée, vous avez le droit de refuser de faire ce que vous ne voulez pas faire. J’aime me rappeler ce qu’un professeur d’anglais m’a déjà dit : — « Non » est une phrase complète. 229
Quand vous apprenez à dire non, vous ressentez le merveilleux sentiment d’exprimer votre pouvoir. Plutôt que d’assister à un événement où vous ne souhaitez pas aller, apprenez à dire : — Merci. Je n’irai pas, mais j’apprécie beaucoup l’invitation. À la personne qui insiste pour que vous vous engagiez à accomplir une tâche, apprenez à dire : — Merci de me le demander, mais je dois refuser. Je suis déjà assez occupé. Si les gens vous surprennent dans un moment de faiblesse et que vous avez de la difficulté à refuser, utilisez une autre stratégie. Dites à la personne que vous devez réfléchir et que vous allez lui répondre plus tard. Puis, trouvez quelqu’un avec qui vous pouvez vous exercer à dire non. Dès que vous vous en sentez capable, appelez la personne ou envoyez-lui un courriel. Ne laissez pas les autres décider comment vivre votre vie. C’est vous qui décidez ce que vous voulez. Soyez à l’écoute de votre cœur. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Remarquez combien de fois vous dites « je dois » ou « je devrais ». Chaque fois que vous vous entendez utiliser ces mots, répétez l’affirmation, mais changez « je dois » ou « je devrais » par « je vais ». Remarquez à quel point vous vous sentez différent selon l’expression que vous utilisez. Par exemple : Avec « je dois payer les factures », je me sens anxieux et tendu. Avec « je vais payer les factures », je me sens reconnaissant et investi de mon pouvoir. Prenez l’habitude de le faire chaque jour durant un mois et observez ce qui se produit par rapport à votre vision des choses et à votre humeur générale. Demeurez conscient du langage que vous utilisez et incorporez des mots positifs dans vos pensées et dans vos 230
conversations quotidiennes pour que les « je ne peux pas » deviennent « je peux ». 231
Chapitre 11 CHOISISSEZ LA VIE Quand votre réponse est « la paix dans le monde », vous allez trouver la paix intérieure. Transcendez le niveau personnel et choisissez la vie pour tout le monde. — BERNIE SIEGEL J e crois que tout mon respect pour la vie et les êtres vivants me vient de la valeur que mon père accordait aux choses vraiment importantes : la confiance, la foi, l’espoir et l’amour. Mon père n’avait que 12 ans quand il a appris combien la vie était précieuse et précaire. Son père est mort de la tuberculose, laissant ma grand-mère et ses six enfants dans une situation désespérée. La vie n’est pas injuste, mais elle est difficile. Devenir plus fort dans des situations difficiles n’est ni simple ni agréable. Nous sommes constamment mis à l’épreuve par les situations et les circonstances positives et négatives. Et c’est ce processus qui nous modère et nous rend plus forts si nous adoptons une attitude et un comportement en faveur de la vie. Souvent, nous ne décidons de choisir ce qui est le mieux pour notre vie que lorsque nous sommes confrontés à un cancer ou à une autre maladie, à un divorce ou à une perte de tout genre. Quand nous sommes coincés dans un mode de vie uniquement pour nos enfants ou notre conjoint, ou même pour l’entreprise qui nous emploie, nous dévions de notre vrai parcours. Nous devons tous vivre notre vie authentique et unique, et non pas remplir un rôle. J’ai connu une mère de neuf enfants qui disait : 232
— Je ne peux pas mourir avant qu’ils soient tous mariés et qu’ils aient quitté la maison. Quand son neuvième enfant a quitté la maison 20 ans plus tard, son cancer a réapparu et elle est morte. Plutôt que de vivre pour vos enfants, vivez pour l’enfant en vous. Puis, quand vos enfants vont quitter la maison, vous ne mourrez pas en raison d’une vie qui n’a plus de sens pour vous. Un des miracles de la vie est que nous pouvons choisir en tout temps de revenir sur le bon chemin pour accomplir notre mission de vie. Vous vous demandez peut-être : « Comment est-ce possible ? » Cela ne veut pas dire que nous devrions abandonner notre famille et cesser de travailler, mais que nous devrions trouver un équilibre entre agir pour les autres et agir pour nous-mêmes. Il est plus facile de survivre quand vous trouvez un sens à votre vie et que vous apprenez à dire oui à ce qui vous rend heureux et non aux choses que vous ne voulez pas faire. Nous sommes alors prêts à recevoir moins d’argent pour le bon emploi ou à courir un risque et à accomplir une chose qui nous passionne. Vous devez commencer par croire en vous-même et être confiant par rapport à tout ce que vous intégrez dans votre vie, et quand vous êtes malade, par croire à ce que vous choisissez en guise de thérapie. Vous devez être conscient de vos désirs profonds et de votre moi supérieur. C’est comme si vous aviez le bon Dieu et que vous donniez de l’amour à votre façon. Vous vous concentrez alors sur le fait de vivre une vie guérie plutôt que d’éviter la mort. Karen et son mari avaient des carrières très bien rémunérées dans le milieu de la finance jusqu’à ce que son mari, alors à peine dans la quarantaine, tombe malade, souffrant apparemment d’un cancer en phase terminale. Ils ont pris leur préretraite, ont vendu leur 233
appartement, se sont acheté une terre et ont commencé à cultiver des baies. Ils avaient parlé de le faire à leur retraite, mais après le traitement contre le cancer, ils ont décidé que c’était maintenant ou jamais. Quinze ans plus tard, Karen et son mari exploitent avec succès une plantation de baies et ils vendent leurs confitures et leurs marinades aux petits fruits partout dans le monde. En osant courir un risque et en faisant acte de foi, ils se sont prouvé que quand vous écoutez votre cœur, des miracles se produisent. Je me fais souvent rappeler le message biblique qui dit que quand nous nous retrouvons devant la vie (et le bien) et la mort (et le mal), nous devons choisir la vie. Cela ne veut pas dire que nous devrions simplement essayer d’éviter la mort. Nous devrions choisir de vivre une vie significa-tive où nous faisons preuve d’amour envers les autres et envers nous-mêmes. Quand nous vivons ainsi, notre corps sait que nous aimons la vie et il fait tout ce qu’il peut pour nous maintenir en vie, pour guérir nos souffrances et nos blessures et pour nous garder physiquement et psychologiquement en santé. Comme je l’ai déjà mentionné, vos pensées et vos sentiments créent votre chimie intérieure. Un de mes patients, un paysagiste qui était sur le point de prendre sa retraite, a refusé après la chirurgie de suivre son traitement pour son cancer parce que c’était le printemps et qu’il voulait rentrer chez lui et embellir le monde avant de mourir. Il a vécu jusqu’à 94 ans et il m’a enseigné ce que signifie « choisir la vie » et ne pas se concentrer sur ce qui est bon uniquement pour vous. Les études scientifiques nous révèlent que les émotions et la personnalité d’un individu influent sur son taux de survie. Nous comprenons que des choses simples, comme le rire, améliorent le taux de survie chez les patients cancéreux, et que l’isolement et la 234
solitude perturbent les gènes du système immunitaire. Je crois aussi qu’il y a d’autres facteurs qui nous aident et ils sont plus puissants que ce que nous pouvons imaginer. Certains parlent de miracles, de chance, d’heureux hasard ou simplement d’être au bon endroit, au bon moment. Quand tout se passe pour le mieux et que des coïncidences se produisent au bon moment, cette synchronicité d’événements laisse croire qu’il y a une intelligence aimante qui existe au-delà de notre compréhension, mais pas au-delà de notre capacité d’en faire l’expérience. Je connais des gens qui ont remis leurs problèmes entre les mains de Dieu et dont le cancer a guéri. Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être malade et que votre vie soit menacée pour commencer à vivre une vie authentique avec confiance et foi. Si vous écoutez votre intuition et que vous la suivez, vous recevrez des cadeaux inattendus dans votre vie. En 1997, William et Danielle, de Laguna Hills, en Californie, ont appris qu’ils attendaient leur premier enfant. Danielle croyait que les attitudes qu’elle adopterait durant sa grossesse influeraient sur l’enfant qu’elle portait ; elle a donc décidé de demeurer positive et de prêter attention à son instinct. Au moment de choisir un obstétricien-gynécologue de Laguna Hills, Danielle a parcouru la liste des médecins disponibles et son doigt s’est arrêté sur le Dr Blake Spring (j’ai changé le nom à des fins de confidentialité). — Je sais que cela peut sembler un peu fou, a-t-elle confessé à William, mais mon instinct me dit que c’est le bon médecin pour nous. William m’a raconté que « quand votre épouse prend une telle décision, surtout quand elle est enceinte, mieux vaut abonder dans le même sens qu’elle ». 235
Danielle a appelé au bureau du médecin et a pris un rendez-vous. Avant sa première visite chez le Dr Spring, elle a cherché son dossier médical dans le classeur et est tombée sur l’acte de naissance de William. Elle a été surprise de constater que le médecin traitant qui l’avait signé en 1974 s’appelait également Dr Blake Spring, mais qu’il travaillait dans un autre hôpital. Quand Danielle et William sont allés à leur première consultation au centre médical Saddleback Memorial, ils ont tendu au Dr Spring l’acte de naissance de William et lui ont demandé si c’était sa signature. — C’est effectivement la mienne, a-t-il répondu en souriant. J’ai fait ma résidence à l’hôpital Riverside. Vous êtes un des premiers bébés que j’ai mis au monde. Danielle a vu un bon présage dans le fait que le médecin qui avait aidé son mari à venir au monde ferait maintenant la même chose pour leur premier enfant. Quelques mois plus tard, Danielle a donné naissance à un enfant en santé et elle n’a connu aucune complication durant sa grossesse ou durant l’accouchement. La mère de William est venue et a été heureuse de revoir le médecin qui l’avait aidée à avoir son garçon. Après, tout le monde a convenu que le temps qui s’était écoulé entre le travail et l’accouchement avait semblé être une joyeuse réunion de famille. Dès le début, le couple a eu l’impression qu’une main supérieure les avait guidés à chaque étape. En écoutant l’intuition de Danielle, ils avaient permis à la synchronicité de jouer son rôle harmonieux dans la naissance emplie de joie de leur premier enfant. Danielle était motivée à demeurer positive parce qu’elle le faisait pour son bébé. Mais nous pouvons aussi le faire pour nous-mêmes. 236
Un jour que j’étais préoccupé en raison de circonstances difficiles que je vivais, j’ai appelé une amie et elle m’a demandé : — Bernie, est-ce que tu t’inquiètes quand tu as faim ? — Non, je vais me chercher quelque chose à manger. Puis elle m’a dit de me demander : « De quelle nourriture ai-je besoin ? Que puis-je faire de ma vie pour chasser les sentiments que je n’aime pas à propos de cette situation ou de ce moment ? » Ces questions sont puissantes parce qu’elles vous obligent à vous arrêter et à réfléchir à propos de votre vie : « Que dois-je changer ou intégrer dans ma vie ? Comment ce malheur qui me tourmente peutil devenir une bénédiction ? » Quand vous prenez chaque malheur que vous vivez et que vous en tirez une leçon, même si une chose ne peut être guérie, vous pouvez tout de même guérir et devenir un exemple pour ceux qui font face au même problème. Certaines personnes décrivent leur malheur comme l’instigateur d’un nouveau commencement, une sonnette d’alarme ou une bénédiction déguisée. Les animaux qui perdent un membre ne vont pas se cacher dans un coin parce qu’ils n’ont pas l’air normal. Mais les gens qui sont défigurés ou gravement blessés ressentent souvent de la colère et de la honte, et croient qu’ils ne sont plus beaux ou fonctionnels. Cette façon de penser est fausse, mais les gens peuvent changer leur façon de penser. Il y a plusieurs années, j’ai rencontré une femme qui était née sans bras parce que sa mère avait pris du thalidomide pour ses nausées durant sa grossesse. Quand j’ai vu cette femme dans une cafétéria qui utilisait ses pieds pour déposer des plats sur son plateau et que des gens le transportaient pour elle jusqu’à la table, je suis allé m’asseoir avec elle. 237
— J’aimerais en apprendre davantage à votre sujet. J’aimerais que vous m’enseigniez à propos de votre attitude, de la façon dont vous composez avec les difficultés de la vie et plus encore, lui ai-je demandé. — Donnez-moi un stylo, m’a-t-elle dit. Puis, elle a écrit ses coordonnées en tenant le stylo entre ses orteils. Même si je ne pouvais pas la guérir et qu’elle ne pouvait pas se guérir elle-même, elle était déjà guérie. Elle était un cadeau pour les autres et une enseignante pour moi. Comme Helen Keller, elle est devenue ma guide. Elle ne restait pas à la maison en s’apitoyant sur son sort ou en blâmant ses parents et Dieu pour « ce qu’ils m’ont fait ». Non, elle a choisi la vie et elle a appris ce qu’elle pouvait accomplir avec le corps qu’elle avait. Quand vous faites le choix de vous concentrer sur les solutions plutôt que sur le problème — peu importe les circonstances —, cela enrichit votre vie et celle des autres. Ce n’est pas un choix égoïste et il vous aide à trouver de quoi nourrir votre âme. C’est facile de dire aux gens de choisir la vie. Mais quand pouvezvous savoir si une chose constitue le bon choix ou est la volonté de Dieu pour vous ? Quand on a demandé à une religieuse catholique : — Comment savez-vous quelle est la volonté de Dieu ? Elle a répondu : — Je sais ce qui n’est pas la volonté de Dieu. Quand je me retrouve à pousser dans une pente un petit pois avec mon nez et que le pois ne cesse de dévaler la pente, ce n’est pas la volonté de Dieu. La réponse de ma mère à cette question était plus directe. Elle disait toujours : — Fais ce qui te rend heureux. 238
En disant cela, elle m’a enseigné à demeurer à l’écoute de mes sentiments. Un jour, j’ai demandé à un groupe : — S’il ne vous restait que 15 minutes à vivre, que feriez-vous ? J’ai obtenu toutes sortes de réponses, allant de jouer au golf et jardiner à appeler des êtres chers, etc. Quand notre garçon a répondu : — J’achèterais un litre de crème glacée au chocolat et je l’avalerais. Je lui ai répondu : — Je n’ai pas à m’inquiéter pour toi. Tu es un être éclairé. Alors quelqu’un a dit : — Attendez. Vous n’avez pas aimé ma réponse, mais et si ce que j’ai choisi de faire était pour moi l’équivalent de la crème glacée au chocolat ? « C’est juste », ai-je pensé. Alors, maintenant je dis aux gens : — Trouvez votre crème glacée au chocolat. Trouvez ce qui vous fait perdre la notion du temps. C’est l’état le plus sain dans lequel vous puissiez être. Je le sais d’expérience. Dans cet état, vous n’êtes plus conscient de votre corps ; vous ne ressentez aucune douleur, aucune maladie, parce que vous faites quelque chose de créatif. J’ai découvert que je pouvais demeurer debout durant des heures dans la salle d’opération, même avec une blessure au dos, et ne pas avoir de problème ; je pouvais peindre un portrait en demeurant debout devant un chevalet et ne pas être conscient de mon dos. Mais quand ces activités étaient finies, j’étais soit étendu par terre ou sur le canapé parce que toute autre position était trop douloureuse. Quand vous faites quelque chose que vous aimez, la chimie de votre corps change ; votre corps reçoit le message. J’ai une autre 239
histoire qui illustre combien cela fonctionne. La ville de Bath, en Angleterre, est non seulement une destination touristique populaire, c’est aussi un important centre pour la recherche sur l’arthrite, au Royal National Hospital for Rheumatic Diseases. Il y a un bon nombre d’années, une de mes amies possédait une boutique de cadeaux près de l’hôpital. Un jour, en revenant d’un voyage où elle avait effectué des achats, elle a créé un étalage en vitrine avec une grande sélection de pièces de verre soufflées à la main. Voici ce qu’elle a écrit dans une note qu’elle m’a envoyée plus tard : J’ai disposé les bols, les carafes, les assiettes et les vases verts, turquoise et cyan de manière à ce qu’ils emplissent la vitrine. Quand j’ai allumé l’éclairage et que la lumière a traversé le verre coloré, on aurait dit la vague d’un océan tropical, avec les couleurs plus foncées dans le bas et les plus pâles dans le haut. Après avoir fini l’étalage, j’ai vu une femme s’approcher en s’appuyant sur une canne. Elle s’est arrêtée pour admirer la vitrine. J’étais heureuse qu’elle semble apprécier mon travail créatif, mais quand j’ai vu qu’elle était toujours là une demiheure après, j’ai commencé à croire que quelque chose n’allait pas. Je suis sortie et je lui ai demandé si elle allait bien. Elle m’a raconté qu’elle souffrait depuis de nombreuses années d’arthrite rhumatoïde, mais que pendant qu’elle regardait les jolies couleurs vertes et bleues, elle avait perdu la notion du temps et n’avait plus ressenti de douleur. Elle m’a dit qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien depuis des années. Je n’oublierai jamais le sentiment de paix qui se dégageait de son visage. En étant reconnaissante et en nourrissant son âme avec quelque chose de magnifique, cette femme avait donné à son corps ce dont il avait besoin. Le temps n’avait plus de signification. Elle avait choisi 240
de vivre sa vie plutôt que de vivre et d’être sa maladie ; et cela lui a permis de soulager sa douleur. Il y a des décennies, avant que les magnétophones soient autorisés dans la salle d’opération, j’en ai apporté pour faire jouer de la musique parce que cela aidait mes patients à se détendre. J’ai choisi une chose qui m’aidait à me sentir bien également. Au début, le personnel a dit : — C’est contraire à la politique de l’hôpital. C’est dangereux autour des gaz anesthésiques explosifs. Mais quand tout le monde s’est senti mieux après avoir écouté de la musique douce, ils ont cessé de se plaindre. Aujourd’hui, des études attestent des bienfaits de la musique : elle diminue la durée de la chirurgie, les patients ont besoin de moins d’anesthésie et ils ont moins de douleurs postopératoires. Mon ordonnance de choisir la vie et de trouver votre vraie voie vise à ce que vous vous serviez de l’amour comme source de motivation et d’inspiration. Alors, faites ce que vous aimez faire et trouvez votre propre façon de distribuer votre amour dans le monde. Fréquentez ceux qui vous acceptent tel que vous êtes. Acceptez les gens que vous rencontrez tels qu’ils sont. L’amour est aveugle parce qu’il ne voit pas les défauts chez les autres. Il nous aide aussi à guérir les différends du passé et à entretenir des relations saines. J’aime la prière suivante : « Cher Dieu, enseigne-moi à traiter aujourd’hui les gens comme j’espère qu’ils vont me traiter demain. » L’attitude recherchée dans cette prière nous enseigne un comportement qui améliore la vie. J’ai déjà entendu un moine franciscain raconter une vieille histoire à propos de saint François d’Assise et de son élève, frère Léo. C’était un hiver glacial sur les collines d’Italie et ils avaient parcouru une 241
longue distance à pied. Tout en marchant en silence, ils réfléchissaient à la lecture qu’ils avaient faite le matin, une méditation sur le secret pour connaître la joie parfaite. Frère Léo s’est tourné vers François et lui a demandé : — Quel est le secret de la joie parfaite ? Après avoir expliqué que les gens croient que les événements agréables ou édifiants vont les aider à trouver la joie et qu’ils découvrent ensuite que ce n’est pas le cas, saint François a pointé la grande vallée enneigée en disant : — Imagine que nous allions au monastère de l’autre côté de la vallée et que nous disions au gardien à quel point nous sommes épuisés et que nous avons froid. Puis, imagine qu’il nous traite de vagabonds et qu’il nous batte et nous repousse dans la nuit hivernale. Alors, si nous réussissons à lui dire avec de l’amour dans notre cœur « Soyez béni au nom de Jésus », ce n’est qu’à ce momentlà que nous aurons trouvé le secret de la joie parfaite. En n’ayant pas d’attentes et de rancœur, et en acceptant ce qui vous arrive comme étant simplement la prochaine étape de votre parcours de vie, vous éviterez la souffrance et la maladie, et vous cheminerez en santé et en paix. Quand vous pourrez aimer ce qui n’est pas aimable et pardonner ce qui est impardonnable, vous serez alors libre. Parfois, les choix des autres peuvent avoir un effet remarquable sur nous, surtout quand ces choix ont été effectués avec amour. Une de mes patientes avait l’habitude de vomir après sa chimiothérapie ; alors quand son mari et elle montaient à bord de leur automobile pour rentrer à la maison, il lui tendait un sac afin qu’elle puisse vomir pendant qu’il conduisait. Un jour, lors de la rencontre de 242
notre groupe de soutien, elle était tout sourire. Quand nous lui avons demandé pourquoi, elle a dit : — Mon mari m’a tendu le sac et quand je l’ai ouvert, j’ai vu qu’il avait déposé une douzaine de roses à l’intérieur. Elle n’a plus jamais eu besoin de vomir après sa chimiothérapie. Choisir la vie est un choix conscient. Ce n’est pas une question de hasard, mais plutôt la décision consciente de penser et de vous comporter de manière à ce que votre esprit et votre corps ne soient pas en conflit. Une de mes patientes n’avait pas d’effets indésirables après sa radiothérapie et le radiothérapeute croyait que son appareil fonctionnait mal… jusqu’à ce qu’il voie mon nom dans le dossier médical. Il m’a raconté qu’il avait alors pris conscience qu’elle faisait partie « des patients fous de Siegel ». Quand il a demandé à ma patiente pour quelle raison elle n’avait pas d’effets indésirables, elle lui a dit : — Je m’efface et je laisse les rayons pénétrer dans ma tumeur. J’ai déjà mentionné que j’avais eu des patients qui avaient remis leurs problèmes entre les mains de Dieu et qui avaient vu leur cancer disparaître. C’était grâce à l’état de paix, de tranquillité et d’amour qu’ils avaient atteint. On appelle cela de l’autoguérison et ce n’est pas une rémission spontanée. Nos traits de personnalité et notre potentiel de survie sont inséparables. Dans une étude basée sur les profils de personnalité, le psychologue Bruno Klopfer a correctement prédit 19 fois sur 24 quels patients auraient des cancers à évolution rapide et lesquels auraient des cancers à évolution lente1. J’encourage les professionnels de la santé à en apprendre davantage sur le comportement de survie des patients exceptionnels en leur demandant pourquoi ils ne sont pas morts plutôt que de dire ce que les médecins ont tendance à dire, soit : 243
— Vous allez mieux. Peu importe ce que vous faites, continuez. Ces médecins n’apprennent rien de ces patients qu’ils pourraient transmettre à leurs autres patients. Il est vital que les professionnels de la santé enseignent et rappellent aux patients qu’ils ont le potentiel de survivre. Je rappelle aussi aux gens que les relations nous maintiennent en vie et que nous devons également entretenir une bonne relation avec nous-mêmes afin de ne pas nous sentir seuls quand nous sommes seuls. En tant que patients, nous avons la responsabilité de prendre en main notre corps et nos soins. Cela signifie que nous devons enseigner à nos médecins et à nos professionnels de la santé ce que vivent les patients. Quand votre médecin ne comprend pas votre point de vue, dites-le-lui et enseignez-lui. S’il vous écoute et vous demande pardon, gardez-le comme médecin et aidez-le à tirer leçon de votre expérience. S’il cherche à trouver des excuses ou s’il vous blâme, trouvez un autre médecin. Voilà un autre exemple de ce que signifie choisir la vie. Être une personne souffrante soumise et un « bon » patient n’est pas un comportement de survie. Vous voulez être considéré comme une personne et non comme une maladie ou un numéro de chambre d’hôpital. Notre Créateur a incorporé des mécanismes de survie dans toutes les créatures vivantes afin que nous puissions guérir nos blessures, modifier nos gènes et survivre à diverses maladies. Les êtres vivants sont conçus pour vivre. Alors, soyez vivant. Aimez votre vie et votre corps et des choses étonnantes peuvent se produire. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Faites le test de personnalité immunocompétente basé sur une étude du Dr George Solomon : 244
1. Est-ce que j’ai le sentiment que mon travail, mes activités quotidiennes, ma famille et mes relations ont un sens ? 2. Suis-je capable d’exprimer ma colère de manière appropriée pour me défendre ? 3. Suis-je capable de demander du soutien à mes amis ou aux membres de ma famille quand je me sens seul ou préoccupé ? 4. Suis-capable de demander des faveurs à mes amis ou aux membres de ma famille quand j’en ai besoin ? 5. Suis-je capable de dire non à quelqu’un qui me demande une faveur quand je ne peux pas le faire ou que je n’ai pas envie de le faire ? 6. Par rapport à ma santé, est-ce que j’adopte des comportements en me basant sur des besoins que j’ai moi-même définis plutôt que sur les ordonnances ou les idées de quelqu’un d’autre ? 7. Est-ce que je m’amuse suffisamment dans ma vie ? 8. Est-ce qu’il m’arrive d’être déprimé durant de longues périodes et d’avoir le sentiment d’être inca-pable de changer les conditions qui ont causé cette dépression ? 9. Est-ce que je joue consciencieusement un rôle qui m’est prescrit dans ma vie au détriment de mes propres besoins ? RÉPONSES : Si vous avez répondu oui aux questions de 1 à 7, et non aux questions 8 et 9, vous avez une personnalité immunocompétente qui vous aide à rester en santé, à surmonter la maladie et à faire face aux difficultés. Si vous avez répondu non aux sept premières questions et oui aux deux der-nières, vous devez prêter attention à votre comportement et renaître. La plupart des gens qui font ce test 245
constatent qu’il y a au moins un aspect qu’ils doivent améliorer. Quand cela se produit, essayez d’adopter de nouvelles attitudes et de nouveaux comportements qui vous aident à créer une nouvelle personne et ne vous limitez pas. Je vous recommande même de choisir un nouveau nom pour ce nouveau vous. Trois ajouts de Bernie Siegel au test de la personnalité immunocompétente : 1. Je vous invite au restaurant. Où voulez-vous aller ? 2. Que montreriez-vous à une assistance pour démontrer la beauté et le sens de la vie ? 3. Comment vous présenteriez-vous à Dieu ? RÉPONSES : 1. Votre réponse devrait correspondre à ce que vous ressentez et non pas au prix des plats ou aux préférences alimentaires de l’autre personne. Soyez prêt à accepter le cadeau sans répondre en demandant : « Et toi, où veux-tu aller ? » 2. Un miroir. 3. En répondant « Je suis toi » ou « Je suis ton enfant ». La meilleure réponse que Dieu a entendue est celle d’un élève du secondaire : « Dites à Dieu que son remplaçant est ici. » Vous pouvez trouver la version en ligne (en anglais) de ce test sur mon site Internet à l’adresse : www.berniesiegelmd.com/resources/organizationswebsites/immune-competent- personality-test. 246
Chapitre 12 LES TRANSITIONS ENTRE LA VIE ET LA MORT Si vous brûlez de voir l’esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur dans le corps de la vie. Car la vie et la mort ne font qu’un, comme ne font qu’un la rivière et la mer. — KHALIL GIBRAN J ’en suis venu à comprendre que je suis comme l’eau. Tout comme les courants d’eau trouvent leur chemin autour des obstacles pour rejoindre la mer de la vie, je trouve ma voie dans la vie et je suis le courant ; et quand je vais devenir de la vapeur ou de la brume, je vais retourner à la terre sous forme de pluie et je vais renaître. Puis, si j’apprends ce que je suis censé apprendre sur la Terre, je vais aider à enseigner aux autres comment devenir des co-créateurs d’un monde empli de foi, d’espoir et d’amour pour tout. Chaque vie est comme une chandelle et la longueur de la chandelle ne dépend pas de votre âge, mais de ce que vous êtes censé accomplir sur cette planète. Notre tâche est d’illuminer la voie pour nous et pour les autres — non pas de nous inquiéter de combien de temps il nous reste à vivre, mais d’accomplir ce que nous sommes censés faire. Notre flamme doit brûler, plutôt que s’éteindre avant notre temps. Comme George Bernard Shaw a dit : « Pour moi, la vie n’est pas une chandelle qui jette une brève lueur ; c’est une sorte de flambeau splendide que j’ai pour le moment entre les mains et je veux qu’il brûle aussi haut et aussi fort que possible avant de le remettre aux générations futures1. » Quand une personne contracte une maladie potentiellement mortelle comme le cancer, les membres de sa famille sont affligés, 247
car ils sont rarement préparés à vivre cette expérience. Ils doivent non seulement composer avec le chagrin lié à la perte de leur être cher, mais ils doivent aussi prendre soin de la personne mourante pendant son traitement et les besoins de cette personne peuvent être très exigeants à combler sur de nombreux plans. À moins que la famille ait déjà vécu une perte et appris de celle-ci, elle ne peut pas se préparer en vue de cette période de transition, c’est-à-dire qu’elle va éprouver différents senti-ments et vivre des expériences au fur et à mesure et non pas avant. Durant cette période, les responsabilités financières, les changements de rôle et l’énergie requise sur le plan physique, mental et émotionnel ont tous le potentiel de devenir accablants. Les gens qui composent avec la maladie dans la famille uniquement sur le plan intellectuel peuvent sembler bien aller, mais le fait d’ignorer leurs propres sentiments et leurs besoins peut également les faire tomber malades. Les statistiques démontrent que les personnes qui prennent soin d’un patient qui souffre d’une maladie chronique ou qui est en phase terminale succombent fréquemment à la maladie ou à la mort avant ou peu de temps après que le patient meure parce qu’elles ont cessé de prendre soin de leurs propres besoins physiques et émotionnels. Il faut prendre soin de nous-mêmes et cela peut se faire de nombreuses façons. Accepter l’aide des autres, prendre des pauses, devenir membre des groupes de soutien, faire partie d’un groupe de rigolothérapie ou aller voir des comédies, bien s’alimenter, demeurer à l’écoute de sa voix intérieure, parler à Dieu et laisser Dieu répondre — ce sont toutes des mesures de survie qui aident les gens à traverser les étapes visant à laisser aller leur proche tout en prenant soin de lui pendant qu’il est en vie. La chanson Rock Me to 248
Sleep, composée par Tom Hunter et que j’ai mentionnée dans le chapitre 9, le dit très bien dans le refrain : « Tonight I’d like you to rock me to sleep ; I’d like you to sing me a song ; I’m tired of doing things all by myself, and I’m tired of being so strong2 (Ce soir, j’aimerais que tu me berces dans tes bras ; j’aimerais que tu me chantes une chanson ; j’en ai assez de tout faire seul et j’en ai assez d’être aussi fort). » La capacité de prendre soin de vous vient de l’amour de soi parce que si vous ne vous accordez pas d’importance, l’expérience va devenir autodestructrice et n’aura pas d’effet positif sur la vie de quiconque. Les personnes qui prennent soin d’un malade doivent se souvenir de demander de l’aide avant qu’un désastre se produise. Vous n’êtes pas obligé de devenir fort alors que vous souffrez. Vous pouvez apprendre à composer avec les difficultés de la vie tout comme un arbre apprend à survivre aux changements des saisons. Quand un patient fait de l’art-thérapie pour composer avec sa maladie, les membres de sa famille peuvent faire de même et en tirer autant de bienfaits en fouillant dans leur propre inconscient à l’aide de l’imagerie, des dessins et d’autres formes d’expression créative, comme jouer de la musique ou tenir un journal. Cela aide les membres de la famille à déterminer ce qui leur fait peur et comment ils se sentent et, ainsi, à pouvoir demander de l’aide, que ce soit auprès de services de soutien au deuil ou de groupes de soutien. Certaines maisons de retraite offrent aussi du soutien aux membres de la famille, y compris des conseils jusqu’à un an après la mort du patient, et de nombreux organismes religieux et des églises offrent une aide semblable. Un patient en phase terminale qui ne trouve plus que son corps est un endroit agréable à habiter et qui n’a plus la volonté de vivre va 249
souvent dessiner sa mort imminente sans en être conscient. Cela peut prendre la forme d’un papillon violet ou d’un ballon qui s’élève dans les airs. Un autre signe pourrait être qu’au fil du temps, ses dessins deviennent de plus en plus pâles, ce qui devrait alerter la famille qu’il est peut-être temps de parler de sa mort. Les membres de la famille pourraient être mal à l’aise de parler au patient de la fin de sa vie et de ce qui va se passer après, mais cela peut être très utile pour tous. Ayez une discussion sur le sujet en demandant au patient « À quoi penses-tu ? » ou « Comment te senstu ? ». Il n’y a rien de mal à aborder le sujet. Si le patient ne veut pas en parler, il va vous le faire savoir. Vous pouvez aussi utiliser la visualisation créative pour lancer la discussion. Demandez au patient de fermer les yeux et d’imaginer comment il se sentirait dans une chambre entièrement blanche ; les personnes qui ont besoin de repos ou qui sont prêtes pour une transition spirituelle réagissent habituellement positivement. Celles qui ne sont pas prêtes à mourir trouvent ennuyante l’image d’une chambre aux murs blancs et veulent la quitter ou la décorer. Il est également approprié de parler de vos propres besoins et de vos sentiments par rapport à la transition quand le patient est prêt à écouter. Vous pouvez parler de vos besoins et voir s’il veut parler des siens et, si c’est le cas, vous en venez alors à vous soutenir et à vous aider l’un et l’autre. Quand les membres de la famille surmontent leur peur de discuter de l’avenir avec une personne mourante et que cette personne est prête à en parler, de merveilleuses choses peuvent se produire. C’est dans ces moments que notre immortalité est créée. Il y a quelques années, Will habitait dans une maison de santé pour les personnes atteintes du sida, à Sacramento, quand les 250
systèmes de son corps ont commencé à défaillir. Mon amie Jean, une psychologue bénévole spécialiste du deuil, a laissé entendre au frère de Will qu’il était maintenant temps de poser à Will toutes les questions qu’il pouvait avoir, comme « Comment vais-je savoir si tu vas bien après ta mort ? » et « Comment vais-je savoir que tu es avec moi ? ». Deux semaines plus tard, alors que Jean se préparait à aller aux funérailles, elle a entendu quelqu’un frapper à sa porte, mais quand elle l’a ouverte, il n’y avait personne. Sur le pas de sa porte, elle a aperçu trois plumes de la queue d’un geai bleu. Elle les a prises et les a glissées dans son sac à main après avoir admiré leur beauté parfaite. En se rendant à l’église, elle a allumé la radio et a entendu une symphonie qu’elle ne connaissait pas. Elle possédait une jolie mélodie et une légèreté enjouée qui ont chassé la tristesse qu’elle ressentait à propos de la mort de Will. À la fin de la pièce, l’animateur a dit qu’il s’agissait d’une symphonie de Ottorino Respighi qui s’appelait Les oiseaux. Plus tard, à la fin du service funèbre, le frère de Will s’est approché d’elle. — Merci pour votre conseil, lui a-t-il dit. Le jour où vous nous avez parlé, j’ai demandé à mon frère comment je saurais quand il serait avec moi après sa mort et il m’a répondu qu’il m’enverrait un oiseau, un magnifique oiseau bleu. Il a même ri et a dit qu’il ferait en sorte que l’oiseau me parle. Ce matin, quand je me suis dirigé vers ma voiture, un geai bleu a atterri à mes pieds et s’est mis à battre des ailes et à me crier après ; je ne pouvais donc pas l’ignorer. Je me suis soudainement rappelé la promesse que Will m’avait faite de m’envoyer un oiseau, un oiseau qui me parlerait, et au moment où 251
j’ai pris conscience que c’était Will, l’oiseau s’est envolé. Depuis, je sens sa présence auprès de moi. Jean a sorti les plumes de son sac à main et les a données au frère de Will. Puis, elle lui a parlé du bruit qu’elle avait entendu à sa porte et de la symphonie à la radio. Pendant qu’ils discutaient, la mère de Will s’est approchée avec un gros bouquet d’iris bleus dans les mains. Les fleurs avaient le même éclat bleu que les plumes de la queue du geai bleu. — Je ne sais pas qui les a envoyées, a-t-elle dit. Au moment où nous nous apprêtions à quitter la maison, la camionnette d’un fleuriste s’est garée et quelqu’un m’a tendu ce bouquet. Ils ont oublié de mettre une carte. Le frère de Will et Jean ont échangé un regard. — Elles sont de Will, a-t-il dit à sa mère. Il nous dit qu’il va bien. Si vous êtes sceptique, laissez-moi vous raconter mes expériences personnelles et ce qui a convaincu un scientifique sceptique comme moi que la conscience ne cesse pas d’exister même si le corps d’une personne est mort. Quand je m’adressais à des groupes de soutien pour les parents qui avaient perdu leur enfant, j’ai entendu de nombreuses histoires qu’ils ne se sentaient pas à l’aise de partager avec la plupart des gens. Une d’entre elles m’a été racontée par une femme dont le garçon était mort. L’oiseau préféré de ce dernier était un goéland. — Une journée d’hiver, je roulais sur la voie rapide quand un goéland a atterri sur le chemin, devant moi. Je pouvais entendre mon garçon me dire : « Maman, ralentis ». Je me suis arrêtée et le goéland s’est envolé. Puis, je me suis remise en marche, lentement, et en arrivant dans une courbe, j’ai constaté qu’il y avait une plaque de glace et qu’il y avait eu un carambolage. Si je n’avais pas ralenti 252
quand j’ai entendu la voix de mon garçon, j’aurais moi aussi foncé dans les automobiles. Un père m’a parlé de son garçon qui était mort et qui adorait les papillons. L’été après son décès, le père se promenait dans un bois près de sa maison dans le Connecticut quand un énorme papillon s’est mis à le suivre. Il a senti que c’était son garçon qui était revenu pour l’aider à surmonter son chagrin. Quand il est retourné chez lui, il a fouillé dans les livres de son garçon pour identifier le papillon qui l’avait suivi et il a découvert que cette espèce ne vivait qu’en Amérique du Sud. Lors d’une rencontre de notre groupe de soutien pour les patients cancéreux, une femme a mentionné que sa fille avait été assassinée. Elle l’a dit parce qu’elle sentait que cela avait un lien avec sa maladie. Puis, elle a expliqué que sa fille aimait les oiseaux et qu’au mariage de sa jeune sœur, qui était célébré à l’extérieur, un oiseau avait atterri dans un arbre et avait interrompu la cérémonie avec son cri perçant. Tout le monde au mariage lui avait dit : — Ta fille est ici. À la fin de son histoire, un oiseau a pénétré par une fenêtre ouverte et nous avons bien entendu réagi comme les invités au mariage. Cela faisait des années que nous tenions des rencontres dans cette salle et jamais un oiseau n’avait atterri au bord de la fenêtre, et encore moins pénétré à l’intérieur. Lors de mes conférences, il est arrivé à plusieurs reprises que des insectes volent au-dessus de mon crâne rasé pendant que j’étais debout sur la scène. Habituellement, j’agite une fois la main pour voir quelles sont leurs intentions. S’ils demeurent en place, je sais qu’ils sont à la recherche d’un endroit chaud et aimant sur lequel atterrir pour reprendre des forces. Je l’explique aux gens devant moi 253
afin qu’ils ne soient pas distraits par l’insecte qui s’est déposé sur mon crâne pendant que je continue de parler. Quand l’insecte est une guêpe, je sais que je n’ai rien à craindre. J’ai appris à écouter ce qu’elles ont à dire même si elles ne prononcent pas de mots. Nous échangeons nos pensées quand je réussis à rendre mon esprit aussi calme qu’un étang tranquille dont les reflets ne sont troublés par aucune turbulence. Durant mes conférences, je montre des diapositives et sur l’une d’elles, il y a un papillon qui repose sur l’épaule de mon épouse. Il y a de nombreuses années, une de mes patientes est allée mourir sur l’île de Kauai, à Hawaï, parce que sa mère vivait là-bas et qu’elle voulait guérir sa relation avec elle avant de mourir. Plusieurs années plus tard, j’ai été invité à donner une conférence ainsi qu’à animer un atelier à Kauai. Durant notre séjour sur l’île, Bobbie et moi sommes allés faire des achats, et en pénétrant dans une boutique, Bobbie a remarqué un papillon glauque du Canada pris au piège dans un gros lustre. Il semblait désorienté par toutes les lumières. Comme Bobbie avait un profond respect pour la vie, elle a senti le besoin de le sauver ; elle a donc grimpé sur le comptoir et lui a tendu la main. Il s’est déposé dans la paume de sa main et elle est descendue du comptoir. Nous sommes allés à l’extérieur pour le libérer, mais il ne voulait pas partir. Quand nous le chassions d’une des épaules de Bobbie, il allait se déposer sur l’autre ou sur sa main. Nous avons donc cessé d’essayer de le chasser et nous l’avons laissé nous accompagner. Ce soir-là, j’ai dit : — Bobbie, tu dois laisser partir le papillon. Nous allons l’écraser si nous le gardons avec nous dans le lit. Elle est sortie sur le porche, puis elle s’est retournée en disant : 254
— Je l’ai chassé de mon épaule. — Chérie, il est maintenant sur ton autre épaule. Nous avons finalement déposé sur le comptoir de la cuisine une assiette emplie d’eau sucrée et le papillon s’est installé au bord de celle-ci pour passer la nuit. Le lendemain matin, après le petit déjeuner, il s’est de nouveau déposé sur l’épaule de Bobbie. Je l’ai glissé dans un sac en papier et je l’ai apporté avec nous à l’atelier que j’animais à l’extérieur, avec l’intention de m’en servir quand je parlerais de la transformation et du fait que la vie était une série de commencements et non de fins. Après avoir parlé du symbolisme du papillon qui se libérait du cocon de la chenille, j’ai ouvert le sac et j’ai laissé sortir notre papillon pour en faire la démonstration. Il a passé la journée audessus de nos têtes et n’est parti qu’à la fin de l’atelier. Ce papillon avait passé 14 heures avec mon épouse, sans compter la durée de l’atelier. Pourquoi ? Qui était-il ? Ma réponse est qu’il représentait l’esprit et la conscience de ma patiente et que c’était sa façon de me remercier et de me dire adieu. Une femme m’a écrit pour me demander comment elle pourrait surmonter le deuil de ses parents. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas s’habituer au fait qu’ils n’étaient plus sur la Terre. Elle avait encore le numéro de sa mère dans le répertoire de son téléphone et n’avait qu’une envie, celle de l’appeler et de lui dire toutes les choses qu’elle ne lui avait jamais dites. Je lui ai répondu en lui suggérant de lire mon livre Buddy’s Candle et d’apprendre ce que ses parents souhaitaient pour elle. L’histoire aide les gens à comprendre que la conscience ne meurt pas et que nous pouvons encore parler à nos parents. Vous pourriez les entendre vous répondre ou faire un rêve dans lequel ils vous 255
parlent, ou vous pourriez trouver des objets significatifs dans la maison et dans le jardin qui vous font prendre conscience qu’ils sont avec vous. Vos êtres chers ne veulent pas que vous ayez du chagrin et que vous perdiez votre joie de vivre. Ils veulent que vous savouriez chaque journée et que vos larmes n’éteignent pas leur chandelle céleste de la vie. J’ai éprouvé le même sentiment que cette femme et, oui, j’avais l’habitude de composer le numéro de ma mère pour lui dire quelque chose, oubliant qu’elle était décédée. J’ai maintenant un portrait de mes parents dans le hall d’entrée et leur photo me sert d’écran de veille dans mon ordinateur ; ils sont donc toujours avec moi. Vous pouvez vous aussi créer des espaces sacrés semblables dans votre maison. Les enfants et les adolescents qui pleurent la perte d’un parent ont besoin d’aide pour composer avec leur deuil. J’ai connu un adolescent qui semblait bien composer avec la perte de son père. Sa mère comptait sur lui pour qu’il l’aide à s’occuper des autres enfants et il ne l’avait jamais laissée tomber. Cependant, un an après la mort de son père, il a soudainement commencé à mal se comporter et à ne plus aller en classe. Ses notes en ont souffert et il a cessé de participer à ses sports préférés. Suspectant qu’il s’agissait d’une réaction à retardement à la mort de son père, sa mère l’a inscrit à un groupe de thérapie pour le deuil pour adolescents. Ils écoutaient de la musique, faisaient des dessins et parlaient de leurs sentiments. Le garçon n’a jamais dit grand-chose au sein du groupe, jusqu’à ce que les autres jeunes lui en fassent la remarque. Ils lui ont demandé ce qu’il réprimait en lui, parce qu’il semblait toujours fâché contre eux et qu’il refusait de s’ouvrir. 256
Le garçon leur a finalement dit qu’environ un an après la mort de son père, il était allé chercher le courrier et qu’il y avait un dépliant de leur église dans la pile. Au dos de celui-ci, il y avait la liste des membres du conseil de l’église, dont le nom de son père, mais quelqu’un avait rayé le nom de ce dernier avec un crayon-feutre noir. — Quand j’ai vu ce trait noir sur le nom de mon père, j’ai alors vraiment pris conscience qu’il était mort, a expliqué l’adolescent en versant des larmes. J’étais tellement fâché. Après tout ce que mon père avait fait pour l’église, quelqu’un avait pris un crayon-feutre et rayé son nom comme si cela n’avait pas d’importance, comme s’il n’avait jamais existé. Les autres jeunes l’ont écouté en silence et ils n’ont pas tenté de le faire cesser de pleurer, car ils avaient appris qu’il avait besoin de pleurer pour guérir. Par la suite, quand ils s’adressaient à lui, il semblait plus détendu et prêt à participer. Il a alors commencé à suivre les différentes étapes du deuil et sa mère a indiqué que son attitude s’est améliorée, tout comme ses notes à l’école. Quand vous perdez quelqu’un, célébrez votre amour pour cette personne et le sien pour vous. Continuez de parler de la personne décédée, surtout avec vos enfants, afin qu’ils n’aient pas l’impression que leur être cher a été oublié ou rayé de leur vie. Rappelez aux enfants que la personne est de nouveau parfaite et qu’ils peuvent continuer d’échanger leurs pensées et leurs sentiments avec elle. L’esprit de leur être cher va le savoir. La seule chose dans cette vie qui est immortelle est l’amour et l’amour est à tout jamais votre pont vers cette personne. Je n’ai aucun malaise à vous raconter que j’ai entendu des voix de mes patients et des membres de ma famille décédés. J’ai aussi 257
rencontré des clairvoyants qui m’ont transmis des messages de patients et de membres de ma famille décédés ; en le faisant, ils utilisaient le nom de ces personnes et affichaient leurs expressions quand ils parlaient. Une dernière histoire personnelle : comme je l’ai déjà mentionné, Elisabeth Kübler-Ross était une bonne amie et une de mes enseignantes. Elle m’a encouragé à parler aux esprits et m’a donné le courage de dire à un patient que j’étais en train d’opérer et dont le cœur s’était arrêté : — Votre heure n’est pas venue. Revenez. Son cœur s’est remis à battre et il a survécu. Après la mort de mes parents, mon amie clairvoyante, qui ne connaît pas du tout ma famille, m’a appelé et m’a dit : — Tes parents sont de nouveau ensemble et ils sont très heureux. Une femme qui aime le chocolat et les cigarettes leur fait visiter les lieux. Sais-tu de qui il s’agit ? Avant même que je réponde, elle a ajouté : — C’est Elisabeth Kübler-Ross. Elle fait visiter les lieux à tes parents. Alors, vivez et apprenez de vos expériences et ne laissez pas vos croyances fermer votre esprit à la vérité au sujet de la vie. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Ayez une conversation significative avec une personne que vous aimez. Faites-en une expérience non conflictuelle en posant deux questions à cette personne : « Quel animal admires-tu le plus ? » et « Quelles sont les caractéristiques de cet animal qui suscitent ton admiration ? » Écoutez ses réponses ; vous pourriez même les noter. Quand votre être cher a terminé, expliquez-lui que l’animal n’a pas d’importance, mais que les caractéristiques qu’il a décrites le sont 258
parce qu’elles correspondent aux meilleurs traits de personnalité de cette personne. Après cette révélation, observez la tournure que prend la conversation. Vous pouvez aussi demander à votre être cher quel animal il aimerait le plus avoir dans sa maison. Demandez-lui également quelles caractéristiques de cet animal suscitent son admiration. Quand la personne a fini de répondre, expliquez-lui qu’elle a décrit son partenaire idéal. Quand j’ai essayé d’aider une de mes patientes à acquérir de l’estime d’elle-même, je lui ai posé ces questions. Elle a répondu : — Je déteste les animaux et j’ai tué mon canari. J’ai alors compris que la tâche ne serait pas facile. 259
Chapitre 13 LA SPIRITUALITÉ : NOURRISSEZ VOTRE MOI INVISIBLE L’humain complet est celui qui a fait face à l’autodestruction en se tenant au bord de ce que William James appelait « le bord périlleux »… et qui a eu le courage de se retourner et de faire face à l’univers. — BERNIE SIEGEL I l y a plusieurs années, je suis tombé de notre toit, je me suis heurté la tête et j’ai commencé à faire de l’amnésie. J’ai vite compris quels étaient les avantages de l’amnésie. Cela a grandement amélioré mon mariage et ma vie familiale, car je ne pouvais pas me rappeler les choses pour lesquelles j’avais l’habitude de les critiquer ou celles en raison desquelles j’avais ressenti de la colère ou de la rancœur, ou je m’étais senti blessé. Quand ma mémoire est revenue, j’ai connu des moments difficiles avec mon épouse et mes enfants parce que je me suis alors rappelé tous leurs défauts. Une amie thérapeute m’a dit qu’elle pouvait m’aider et m’épargner des années de thérapie. Je lui ai demandé comment. Elle a écrit quelque chose sur un bout de papier, elle me l’a tendu et m’a dit : — Va chez toi, lis ceci et mets-le en pratique. Elle m’avait tendu le chapitre aux Corinthiens 1,13. Il décrit ce qu’est l’amour et il enseigne que, même si vous semblez tout posséder, sans amour, vous n’avez rien. Quand vous êtes éclairé, vous comprenez le pouvoir de l’amour. Demandez-vous pourquoi nous disons « aimez avec gentillesse, tourmentez avec tendresse, l’amour est aveugle, aimez vos ennemis 260
et aimez votre voisin comme vous-même ». C’est là que réside la réponse à la vie et à l’illumination. Il y a plusieurs années, il y avait une série de conférences appelées Body and Soul. J’ai toujours pensé que les gens étaient plus susceptibles de mettre leur âme à nue que leur corps, alors j’ai fait une présentation en exposant des parties de mon corps pour que les gens prennent conscience de ce qu’ils ressentaient à propos de leur propre corps. J’ai été triste quand des personnes sont venues me voir après et qu’elles m’ont dit que leur corps les embarrassait ou qu’elles ne se sentaient pas bien dans celui-ci. Pour moi, leur corps me semblait parfait. De nos jours, cependant, je m’intéresse davantage au fait d’entrer en communion avec notre âme et à l’exposer. Nous devons réagir à ce que ressent notre âme et mener une vie spirituellement riche. Je ne peux pas décrire avec des mots comment je définirais ce qu’est l’âme, mais elle renferme notre esprit, nos besoins et nos sentiments les plus profonds concernant notre vie et la façon dont nous la vivons. Beaucoup d’entre nous ne parlent jamais de ces besoins et de ces sentiments jusqu’à ce qu’une crise ou un désastre se produise et nous éveille à la vie. Je crois que nous savons quand nous vivons une vie spirituellement riche par la façon dont notre corps et notre cœur se sentent par rapport à ce que nous faisons, nous pensons et nous ressentons. Joseph Campbell a dit : « Si vous voyez le chemin tout tracé devant vous, vous savez que ce n’est pas votre chemin. Vous créez votre propre chemin à chaque pas que vous faites. Voilà pourquoi c’est votre chemin1. » Il parle de vivre une vie qui permet à l’âme d’évoluer. J’ai récemment reçu un livre sur les bienfaits du massage, écrit par un massothérapeute qui traitait une personne souffrant de ce qu’on appelle communément un trouble de la personnalité multiple. Jung a 261
suggéré — et je suis convaincu qu’il avait raison — que nous sommes tous des personnalités multiples. Il croyait que le but de chaque individu est de former une relation avec chacune de ses personnalités, plutôt que d’en supprimer une en faveur des autres. Il croyait aussi que, durant une psychanalyse, « le médecin doit établir une relation avec les deux moitiés de la personnalité de son patient parce que ce n’est qu’à partir de ces deux moitiés, plutôt qu’en ne se basant que sur une seule au détriment de l’autre, qu’il peut comprendre l’être entier. La deuxième option est celle que le patient a adoptée2 ». Je sais — et ma femme le sait également à partir de mon comportement — qu’il m’arrive de faire et de dire des choses qui sont au-delà de ma compréhension et dont je ne peux expliquer la provenance. J’accepte pleinement que de nombreux individus résident en moi. Quand j’ai lu le livre de ce massothérapeute, je me suis demandé ceci : quand vous recevez un massage, savez-vous vraiment qui se fait masser ou laquelle des personnalités a besoin d’un massage, mais ne le reçoit pas parce qu’une personnalité plus agressive le désire et s’empare du corps ? Je ne plaisante pas en disant ces choses. Je sais par expérience et à partir de cas attestés de personnes souffrant d’un trouble dissociatif qu’un individu peut souffrir d’allergies, de diabète, d’asthme et d’autres affections qui sont associées à une personnalité et ne plus en souffrir quand il change de personnalité. Mais si vous pensez aux rôles et aux situations auxquels nous nous attachons tant, il est possible que nous le fassions tous à un certain degré dans notre vie. Nous devons tous prêter attention aux personnalités qui vivent en nous et les harmoniser avec les désirs et les besoins de notre âme. 262
De mon point de vue, le but de la vie est d’atteindre un véritable équilibre et d’utiliser notre corps et notre lumière intérieure pour que nos actions soient en harmonie avec notre âme. Voyez-vous comme une chandelle. La flamme s’élève vers le ciel dans l’espoir de s’unir au divin, tandis que la cire et la mèche représentent notre corps terrestre qui nous maintient connecté et ancré. La flamme consomme le combustible qu’est la cire et la qualité de ce combustible est reflétée par la pureté de la flamme. La chandelle illumine le monde dans lequel nous choisissons de vivre en partageant notre lumière et notre amour. Quand nous mourons, cette lumière et cet amour sont transmis aux futures générations. C’est là que réside notre immortalité. La lumière de la chandelle devient le parcours d’apprentissage de la vie, tout comme les mots sont des moyens de partager et de comprendre des idées. Je crée régulièrement de nouveaux mots, surtout de manière accidentelle, en tapant sur mon clavier d’ordinateur. Mais comme Jung le disait, il n’y a pas de coïncidences, alors laissez-moi vous décrire les significations que j’ai trouvées dans certains de ces mots. Un jour, j’ai écrit un article pour des massothérapeutes et j’ai mal épelé « massage » ; j’ai créé le mot « meassage ». Je me suis dit qu’il y avait un message dans le toucher. En d’autres mots, chaque massage transmet un précieux message. Récemment, j’ai relu The Meaning of Love, publié par Ashley Montagu en 1953, et j’ai encore une fois été impressionné par le pouvoir du toucher pour communiquer de l’amour. Montagu rapporte que l’absence de caresses entraînait un taux de mortalité infantile de presque 100 % chez les enfants vivant dans des orphelinats : les personnes qui en prenaient soin évitaient de les toucher parce qu’elles craignaient de transmettre les infections d’un bébé à un autre. Un autre des mots que j’ai créés 263
accidentellement est « DEDIEU » et pour moi, cela correspond à faire les choses comme notre créateur voudrait que nous les fassions. Ce qui importe n’est pas de connaître Dieu, mais d’imiter Dieu et c’est ce que nous faisons quand nous faisons des choses DEDIEU. Puis, j’ai créé « vimour »2. Pour moi, c’est la réunion de « vie » et d’« amour ». Ces deux choses ne devraient jamais être distinctes, mais l’être humain a de la difficulté avec cela en raison de sa mauvaise interprétation de la séparation. Nous ne sommes pas séparés, mais des parties différentes d’un grand tout. La séparation n’est qu’une perception et non une réalité. Le yin ne pourrait pas exister sans le yang ; le symbole du yin et du yang montre deux formes dont les traits sont identiques et qui, lorsqu’elles sont inversées et combinées, créent un cercle, un tout. C’est l’existence de l’une qui révèle l’autre. Sans l’un des deux, le grand tout n’existe plus. Il en est de même avec la vie et l’amour. Rappelez-vous que le but de la vie n’est pas d’être parfait, mais d’être complet. L’âme a pour tâche de faire cet apprentissage et quand vous prendrez conscience que rien n’est séparé, vous serez complet ; votre vie consistera alors à vivre et à aimer. J’essaie d’apprendre des choses de différentes religions afin de comprendre le message et d’agir comme Dieu voudrait que j’agisse. L’autre jour, j’ai lu quelque chose qui allait très bien avec l’affirmation de Joseph Campbell que la religion pourrait découler d’une mauvaise interprétation de la mythologie. En d’autres mots, la religion nous enseigne un message au moyen de mythes et de métaphores, mais qui est souvent perdu quand les écritures ne sont interprétées qu’au sens littéral. Ce que j’ai lu disait que le mot « Torah » ne devrait pas être traduit pour signifier « la bible » ou « la 264
loi », mais devrait plutôt signifier « les enseignements ou l’instruction ». Quand j’étudie une religion, je veux apprendre comment vivre ma vie de manière à ce qu’elle soit significative et les messages enseignés par les observations et les pratiques de cette religion améliorent ma vie et celle des autres. Quand nous interprétons les textes religieux comme étant la loi, les mots deviennent notre Dieu et nous entrons en conflit les uns avec les autres à propos de la signification des mots ou de qui obéit à la loi et la façon de l’interpréter. Mais quand nous voyons la religion comme une chose qui peut nous guider, nous pouvons alors avoir un dialogue à propos de ce que nous y voyons et ne pas nous battre à savoir qui a raison et qui va aller en enfer. Trouver les thèmes communs de guidance dans les religions, les philosophies ou les écrits de différentes personnes me confirme que ces thèmes doivent être significatifs et efficaces. Quand j’ai lu Le pouvoir du mythe de Joseph Campbell, j’ai reconnu dans ses mots le comportement de survie lié à la renaissance ou à la régénération. Il dit que l’héroïsme est la volonté d’être soi-même ; le héros est celui qui est en quête de lui-même et le « isme » est le mystère que le héros cherche à savoir. En d’autres mots, vous voulez donner naissance à votre vrai moi. Vous voulez renaître et faire l’expérience des cycles du changement. Quand vous le faites, votre nature intérieure s’exprime. Votre moi spirituel — votre vrai moi — et son pouvoir émergent. Cela peut sembler irréalisable ou purement philosophique, mais c’est vraiment élémentaire. Nous créons notre vie à partir de ce que nous décidons, nous pensons et nous faisons chaque jour. Nous créons le scénario du mythe qui devient notre vie. Dans ma vie, j’ai fait ce qui me semblait 265
être bon pour moi et je suis très heureux d’avoir agi ainsi au lieu de m’être soucié de ce qui semblait mieux ou approprié aux yeux des autres. Je ne crois pas avoir perdu mon temps sur la Terre. Quand je suis en entrevue à la radio, quelqu’un me signale toujours à la fin : — C’est bientôt la fin. Cela me motive à vous dire qu’un jour, ce sera bientôt la fin pour chacun d’entre nous. Développer votre moi spirituel consiste à vivre ; cela concerne les choses que vous choisissez de faire et avec lesquelles vous nourrissez votre esprit et votre corps. Mais c’est aussi une question d’être — non pas de penser ou de faire — mais simplement d’être. Cela me rappelle l’histoire du vieux fermier dans le Somerset, en Angleterre, qui avait l’habitude, chaque soir, de s’asseoir sur une souche et d’admirer les champs. Un jour, un garçon du village qui passait par là s’est arrêté et a demandé au vieil homme ce qu’il regardait depuis autant de temps. Le fermier a regardé le garçon un long moment. Puis, d’une voix lente et avec son accent du SudOuest, il a dit : — Parfoué, j’m’assieds et j’pense, et parfoué, j’fais juste m’asseoir. Nous sommes des êtres humains, pas des accomplissements humains. Alors, ne vous identifiez pas au rôle que vous jouez ; soyez conscient que votre divinité définit qui vous êtes. Rêvasser et regarder devant vous sans penser, surtout quand vous regardez des scènes naturelles et des paysages, est une autre façon de nourrir votre âme. Combien de fois êtes-vous passé devant un buisson en fleurs bourdonnant d’abeilles et d’autres insectes en train de se délecter de nectar et de pollen ? La prochaine fois, arrêtez-vous un moment. Observez et écoutez simplement. Ne déterminez pas de quelle sorte de buisson il s’agit ou ne jugez pas la charge que chaque 266
abeille transporte ; laissez le moment s’écouler, observez et oubliez que vous existez. Devenez rien et laissez tout autour de vous simplement être ce qu’il est. Quand vous avez un problème, soumettez-le à la nature et demandez une réponse. Une fois, j’ai demandé comment je pourrais continuer à aider les gens alors que j’en avais assez de parcourir le monde. La réponse que j’ai obtenue a été de répandre mes graines comme une fleur le fait. J’ai pris conscience que je n’étais pas obligé de voyager. Mes mots sont devenus les semences et je n’avais pas besoin de les livrer en personne. Mes livres, mes CD, mon site Web et mes entrevues à la radio et à la télévision sont tous devenus le jardin où les gens pouvaient aller pour obtenir de l’aide. Une autre fois, alors que j’avais un problème qui me paraissait insurmontable, j’ai aperçu un chou puant qui avait poussé à travers le pavé et qui s’était épanoui au soleil. Je ne pouvais pas croire qu’une plante puisse être aussi forte et sage pour continuer de pousser jusqu’à ce que le pavé se fissure. Nos sens de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du toucher ont été conçus pour nourrir notre corps d’informations qui nous aident à survivre. Quand nous les laissons se délecter de beauté et se prélasser dans la nature, nos sens nourrissent aussi notre âme. Ils nous transportent et nous font savoir que nous sommes liés à la vie. Quand nous reposons notre esprit rationnel et que nous laissons la nature — la conscience collective — stimuler nos sens, nos pensées deviennent claires, comme l’étang tranquille qu’aucun vent ni aucun courant ne viennent troubler et qui fait paraître plus gros le poisson qui nage sous sa surface tout en reflétant les nuages qui passent audessus. C’est dans de pareils moments que nous en venons à connaître Dieu. 267
On m’a souvent demandé de décrire ce qui m’a fait prendre conscience de mon moi spirituel et de Dieu, et des choses qui ont changé mon point de vue. J’ai partagé beaucoup de ces expériences dans ce livre et dans d’autres ouvrages, comme la fois où, alors que j’étais calme et immobile, une voix m’a dit d’aller au refuge où j’ai trouvé le chien Buddy, après avoir rédigé Buddy’s Candle ; et la fois où mon père m’est apparu dans un rêve après sa mort et qu’il m’a montré une manière plus saine de composer avec mon deuil — une manière qui a aidé de nombreuses autres personnes à guérir leur chagrin. Il y a aussi mes expériences avec les clairvoyants et les médiums qui ont reconnu et ont même dessiné George, mon guide intérieur, alors qu’il se tenait près de moi sur l’estrade. La première fois que j’ai pris conscience de mon moi spirituel est sans doute quand j’avais quatre ans et que j’étais alité à la maison, souffrant encore une fois d’une infection à l’oreille. J’ai pris un téléphone jouet et j’ai dévissé le cadran. J’ai mis les pièces dans ma bouche, comme j’avais vu des menuisiers le faire avec des clous pour les tenir et les prendre un à la fois. Le problème est que j’ai aspiré les pièces et que j’ai fait une crise de laryngospasme. Je peux encore sentir mes muscles intercostaux et mon diaphragme se contracter vigoureusement, tandis que j’essayais de faire pénétrer de l’air dans mes poumons, mais en vain, et j’étais incapable de produire des sons pour demander de l’aide. Je n’avais aucune notion du temps, mais soudainement, j’ai pris conscience que je ne me débattais plus. J’étais maintenant à la tête de mon lit et je me regardais mourir. J’ai été fasciné de me retrouver en dehors de mon corps et c’était pour moi une bénédiction. Je n’ai jamais cessé de penser combien je pouvais encore voir et penser tout en étant à l’extérieur de mon corps. J’étais triste pour ma mère, qui était dans la cuisine et qui me 268
trouverait mort, mais j’ai réfléchi et j’ai trouvé que mon nouvel état était préférable. De manière rationnelle, j’ai choisi la mort plutôt que la vie. Puis le garçon sur le lit, à l’agonie, a eu une convulsion ; il a vomi et toutes les pièces du jouet ont été expulsées. Il a commencé à respirer de nouveau et j’ai été très fâché de retourner dans mon corps contre ma volonté. Je me rappelle avoir crié : — Qui a fait cela ? L’enfant de quatre ans en moi a alors cru qu’il y avait un Dieu qui avait un calendrier et que je n’étais pas censé mourir à ce moment-là. Un ange avait apparemment pratiqué la manœuvre d’Heimlich sur moi. C’est ainsi que je l’expliquerais aujourd’hui. Je crois vraiment qu’il y a un calendrier que nous créons inconsciemment et des expériences que j’ai vécues plus tard dans la vie soutiennent cette idée. Ma voiture a été une perte totale à deux reprises en raison de conducteurs qui avaient brûlé un feu rouge et qui avaient foncé sur moi et, comme je l’ai déjà mentionné, je suis tombé de notre toit quand le dernier barreau de l’échelle à laquelle je grimpais s’est brisé. Mon corps n’a subi aucune blessure majeure lors de ces incidents. Quand je songe à ma vie en tant qu’enfant, mari et père, guérisseur, artiste, auteur et conférencier, et à tous les aspects de l’expérience qui m’ont procuré différents points de vue, j’en suis venu à la conclusion que la vie est inexplicable. Je dois aux visages et aux histoires de mes patients et d’autres gens qui sont devenus mes enseignants un grand nombre de mes changements d’attitude, de mes compréhensions et de mes transformations. Mais ma connaissance que Dieu est une énergie aimante, intelligente et consciente m’est surtout venue de mes rêves, de mes dessins et 269
d’expériences de vies antérieures et de mort imminente. Je crois que tous ces événements visaient à m’enseigner quelque chose, car je n’en ai recherché aucun et qu’ils se sont produits malgré moi. Il importe peu que vous lisiez mes livres ou ceux d’autres auteurs modernes ou anciens, de philosophes, d’enseignants et de guides. Nous n’avons rien de nouveau à dire sur la vie, l’amour et les questions de l’âme, mais la façon dont chaque personne exprime cette sagesse est différente. Chaque génération dit sa propre vérité et pourtant, chaque personne répète une sagesse ancienne. Alors, lisez la sagesse des sages et apprenez de ceux qui sont morts avant nous. La voie que vous empruntez importe peu. N’attendez pas qu’un désastre personnel vous procure le cadeau de l’illumination. Vous connaissez peut-être l’adage : « Si vous cherchez l’illumination, cherchez-la comme un homme dont les cheveux sont en feu cherche de l’eau. » Il faut ce genre de désir pour vraiment faire face à la lumière. L’ORDONNANCE DU MÉDECIN Lisez, lisez, lisez. Écoutez des livres audio et des CD, et lisez. Étudiez la vie et les paroles de Jésus, de Bouddha, de Mahomet, d’Épictète, de Lao-tseu et d’autres sages. Plongez dans la poésie et les essais de maîtres tels que Dante, Rumi, Gibran, Emerson et Thoreau. Explorez les écrits et les conférences des chefs spirituels modernes tels que mère Teresa, le dalaï-lama, Sri Chinmoy, Joseph Campbell et Jung. Inspirez-vous en lisant les travaux des physiciens, des scientifiques et des astronautes dont la quête du savoir a brisé l’illusion des frontières entre la Terre et le reste de l’univers et nous a enseigné que nous sommes dans l’univers. Enthousiasmez-vous en vous attendant à faire des découvertes. Prenez l’habitude de lire chaque jour, ne serait-ce que quelques minutes. Gardez l’esprit 270
ouvert et lisez avec la curiosité d’un enfant. Et relisez les mêmes livres tous les deux ou trois ans parce que s’ils ne vous éclairent pas davantage, cela signifie que vous n’êtes pas devenu plus éclairé. 2. N.d.T.: En anglais, le mot créé par l’auteur est « liove » (contraction de « life » et « love »). 271
Épilogue VERS DE NOUVEAUX COMMENCEMENTS Le véritable bonheur n’est possible que si vous apprenez à aimer avec une telle élévation de l’esprit que vous acquérez le pouvoir d’affronter le chagrin […], de sublimer le vieil amour en éprouvant un nouvel amour encore plus grand. — BENEDETTO CROCE A u moment où je m’apprête à mettre fin à l’effort créatif investi dans la rédaction de ce livre, deux choses me viennent à l’esprit. Chaque fois que mes livres précédents ont été mis sous presse, des événements se sont produits et des histoires m’ont été racontées, et je les trouvais parfaits pour le livre, mais il était trop tard pour les inclure. Il en sera de même avec L’art de guérir, car lorsque vous commencez à penser à un sujet en particulier, votre conscience attire dans votre vie davantage d’éléments qui s’y rattachent. Elle se relie à la conscience universelle et change les croyances et l’expérience des gens. Ce n’est pas une coïncidence quand cela se produit ou à qui cela arrive. Jung parlait de synchronicité. Un autre aspect que mes livres ont en commun se résume par l’adage « Il faut tout un village ». Je n’ai encore jamais produit un livre entièrement seul et je serais surpris que quelqu’un soit parvenu à le faire. Tout comme une opération chirurgicale requiert une équipe de personnes formées et dévouées, un livre est un travail d’équipe. Durant les derniers jours de la révision, des événements s’étant produits illustrent et servent de compléments à ce que j’ai écrit dans ces chapitres. Cette fois-ci, ils se sont produits avant l’impression du livre ; je peux donc les partager avec vous maintenant. 272
LES COUCHES DE COULEURS Rita était excitée d’apprendre que mon prochain livre allait explorer les approches créatrices qui permettent de plonger plus profondément dans l’inconscient et de franchir les limites du temps, de l’espace et de la matière. Elle m’a écrit pour me dire que depuis peu de temps, elle trouvait des cœurs dans la nature et qu’elle les photographiait : des pierres en forme de cœur, un melon d’eau en forme de cœur et même un cœur de viande en trois dimensions collé sur le couvercle d’une boîte de nourriture pour chiens ! Tout comme les pièces d’un cent que je trouvais me rappelaient que « in God we trust », pour Rita, les cœurs représen-taient « nous avons foi en l’amour ». Cependant, l’histoire la plus remarquable qu’elle m’a racontée concerne un tableau de sa mère. Je vais laisser Rita vous la raconter dans ses propres mots. Ma mère avait plus de 70 ans quand elle a assisté à un atelier d’un jour donné par un enseignant qui utilisait la méthode de Rudolf Steiner concernant l’aquarelle couche sur couche. Il s’agit d’une forme d’aquarelle dans laquelle on utilise beaucoup d’eau et on applique couche sur couche des lavis de différentes couleurs sur le papier. En séchant, vous attendez pour voir ce qui ressort. Maman m’a appelée après l’atelier pour me dire combien elle était déçue. Tous les autres élèves avaient vu des arbres et de nombreuses choses merveilleuses ressortir de leur peinture, mais la sienne ne comportait que des couches de couleurs, rien d’autre. Elle avait le sentiment d’avoir échoué, un sentiment qu’elle avait souvent ressenti dans sa vie. Maman était une remarquable clairvoyante et elle était en avance sur son temps sur le plan spirituel. Son père et, plus tard, mon père l’avaient fait beaucoup souffrir, mais c’était une 273
survivante parce qu’elle regardait toujours droit devant et qu’elle continuait d’avancer, peu importe les tragédies. Elle respectait tout ce qui était vivant, tous les êtres, et elle ne faisait aucune distinction. J’étais triste qu’après toutes les attentes qu’elle avait à propos du cours d’aquarelle couche sur couche, elle n’avait pas obtenu les mêmes résultats que les autres élèves. Le lendemain matin, elle m’a appelée, toute excitée. — Viens voir ma peinture, m’a-t-elle dit. Vite ! Je ne peux pas croire ce que je vois. Je me suis rendue chez elle le plus rapidement possible en me demandant ce qui pouvait bien être arrivé à sa peinture. J’ai été stupéfaite de voir quatre petites silhouettes humaines qui ressortaient des différents lavis de couleurs. Elles portaient des tuniques et n’avaient pas de visage, et elles semblaient se trouver à des profondeurs différentes, avec deux dans le fond et deux qui semblaient avancer à l’avant de la peinture. Ma mère m’a juré que la veille, elles n’y étaient pas. Elle a déposé sa peinture dans un coffre-fort avec ses autres documents importants et nous l’avons souvent sortie pour la regarder ensemble. Il se dégageait des silhouettes une sorte d’énergie bienveillante qui donnait l’impression qu’elles approchaient vraiment vers nous et qu’elles n’étaient pas seulement un mélange de couleurs et d’eau. Après la mort de ma mère, ma sœur et moi avons eu la tâche de vider sa maison. Une des premières choses que j’ai faites a été d’aller chercher son aquarelle couche sur couche parce que je voulais apporter ces merveilleux êtres chez moi. Comme avant, la peinture était soigneusement glissée entre ses autres documents, mais quand je l’ai prise, j’ai constaté que les 274
silhouettes avaient disparu ! La peinture ressemblait exactement à ce qu’elle m’avait décrit après l’avoir finie : ce n’était que des simples lavis de couleurs, rien d’autre. En plus des quatre silhouettes, l’énergie bienveillante qui se dégageait de la peinture avait également disparu. J’ai alors pris conscience que ces êtres étaient des esprits supérieurs ; ils étaient venus pour protéger et guider ma mère pour la prochaine étape de son parcours de vie. Après sa mort, leur présence n’avait plus de raison d’être. Ils avaient accompli leur tâche bienveillante. L’histoire de Rita ne m’a pas surpris. Les silhouettes bienveillantes de sa mère étaient peut-être apparues d’abord pour lui rappeler que sa vie n’était pas un échec et pour lui faire savoir combien elle était aimée. Mais quand elle est morte, elles sont devenues les guides qui l’ont accompagnée à la maison. Au début de ce livre, j’ai parlé de la fois où j’ai eu besoin de faire le plein d’énergie et de me sentir régénéré, et que je suis allé marcher dans le cimetière avec mes chiens. J’ai remarqué un objet blanc sur le chemin. Je me suis approché, je l’ai pris et j’ai vu que c’était un ours en peluche avec un cœur sur lequel était écrit « Aime-moi ». Je suis rentré chez moi régénéré. Les guides apparaissent sous de nombreuses formes, parfois en simple jouet en peluche, en paroles d’une chanson ou en prédiction dans un horoscope. Parfois, une série d’événements se déclenche et la personne qui est guidée a l’impression de les voir se dérouler comme si une autre main agissait sur eux. TRACEZ L’AVENIR Le 30 décembre 2012, j’ai transféré à Cindy, la coauteure de ce livre, une copie de la lecture numérologique que j’avais reçue. Je la trouvais incroyablement précise et elle contenait une prédiction 275
excitante pour le Nouvel An. Aucune coïncidence. Comme Cindy et moi avons le même nombre pour notre chemin de vie, je savais qu’elle aimerait lire le texte : Les numérologues considèrent 2013 comme une année excitante alors que de nouveaux commencements, basés sur une impulsion comme des pièces de domino alignées qui tombent les unes après les autres, sont alimentés par une série énergétique d’événements. La personne qui possède ce nombre de chemin de vie affiche une grande indépendance et une grande confiance, et elle a le don d’initier et d’organiser des projets et de faire en sorte que les choses s’accomplissent. La présente période est celle où elle doit (et où elle va) passer à l’action et où elle obtiendra des résultats extrêmement positifs. En allant de l’avant, vous allez créer une meilleure vie pour vous-même. Accrochez-vous à ce qui nourrit votre âme et est compatible avec vos objectifs de vie, mais laissez aller ce qui ne vous sert plus ou vous distrait de votre parcours. Créez un nouveau scénario de ce que vous aimeriez qu’il se produise dans votre vie. Cette année en particulier, les rêves que vous allez décrire sous une forme visuelle sont les événements que vous verrez se dérouler sous vos yeux. Cindy vit et travaille aux États-Unis depuis 10 ans. Avant, elle vivait en Angleterre, là où sa fille, son garçon et ses quatre petits-enfants habitent maintenant. Après avoir lu ce rapport de numérologie, Cindy m’a avoué qu’elle se sent souvent déchirée entre continuer de vivre aux États-Unis ou retourner en Angleterre. Ses petits-enfants grandissent vite et elle regrette de ne pas pouvoir être à leurs côtés. En même temps, elle éprouve un profond amour pour l’endroit où elle réside présentement. Elle s’y sent chez elle de nombreuses 276
façons. Nous venions de finir de réviser le chapitre sur les dessins, alors je lui ai dit : — Fais un dessin de toi en Angleterre et un autre de toi aux ÉtatsUnis. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un courriel avec un seul dessin en pièce jointe (fig. 70). Cindy m’a écrit ceci : « Je n’ai eu aucune difficulté à me dessiner en Angleterre, mais je n’ai pas réussi à trouver une scène me représentant ici. La vue de ce dessin me rend heureuse ; j’avais hâte de te le montrer. Je suis à gauche et je suis à moitié en train de courir et à moitié accroupie pour serrer mes enfants dans mes bras. Mais je ne suis pas très bonne pour me dessiner en train de courir tout en étant accroupie. En fait, je ne suis pas certaine que je puisse courir en étant à moitié accroupie ! Ce n’est que lorsque j’ai fini le dessin que j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de valises. Je me suis demandé où étaient mes valises, puis j’ai pensé : ‘‘Ah, c’est bien. J’abandonne derrière moi tout ce vieux bagage.’’ Et j’ai eu l’impression de vivre un nouveau commencement. » Après avoir ouvert le dessin que Cindy avait numérisé, j’ai commencé à écrire en adoptant le style du courant de conscience où je laisse mon intuition communiquer en même temps que mon esprit analytique. Ma réponse immédiate à son dessin a été celle-ci : « Tes genoux cèdent un peu, mais tu réussis à avancer et leurs pieds sont tous tournés vers toi. C’est super ! Il y a huit hublots identiques sur l’avion. Chaque religion a une semaine de sept jours ; le nombre sept représente donc un nouveau commencement. Il y a 10 rayons de soleil. Le nombre 10 est significatif. Il vient du zéro (le « rien » indifférencié) et du un (Dieu) ; tu possèdes donc la création en toi. (Et c’est aussi le mois de mon anniversaire !) Tous tes vêtements sont 277
comme un arc-en-ciel de couleurs saines. Le mari de ta fille a créé un lien avec toi avec son bras. Toutes les chaussures sont de la même couleur, comme si la famille effectuait le même voyage. Chaque individu possède tous ses sens pour pouvoir communiquer avec les autres. L’aîné de tes petits-enfants tend sa main vers toi, tout comme ta fille. Tous les liens sont parfaits : les membres de ta famille ont les pieds pointés vers toi, et les tiens pointent vers eux, et tout le monde se touche. On dirait que c’est un excellent choix. » Des portes se sont ouvertes pour Cindy quand elle a eu une occasion entièrement inattendue de déménager en Angleterre quelques semaines après avoir fait ce dessin. Sa nouvelle vie va commencer en octobre — le dixième mois — et Cindy va retrouver sa famille. Quand notre éditrice a entendu cette histoire et qu’elle a vu le dessin, elle a été ravie. Ces événements n’auraient pas pu arriver à un meilleur moment, pas plus que nous n’aurions pas pu avoir un exemple aussi touchant de la façon dont l’utilisation de notre conscience créatrice nous aide à trouver notre vrai moi et l’avenir que nous créons. Ils m’ont montré comment nous pouvons nous fixer des objectifs sains et jouir des miracles qui donnent un sens à notre vie. J’ai demandé à Cindy si je pouvais intégrer son histoire et son dessin à ce livre. — J’imagine que je ferais mieux d’appeler mes filles et de leur annoncer que je m’en viens, a-t-elle répondu en riant. En refermant les pages de L’art de guérir, ne voyez pas cela comme si notre relation était terminée. Voyez plutôt cela comme le début de votre nouveau parcours. Vous pouvez toujours revenir au livre et le relire. J’ai appris que si je relisais les mêmes livres tous les deux ou trois ans et que je les trouvais chaque fois encore meilleurs, cela 278
m’indiquait que je continuais d’évoluer et de prendre conscience de la sagesse que je n’avais pas saisie au début en raison de mon état de conscience limité à ce moment-là. Alors, tirez des connaissances de ce que j’ai partagé avec vous dans ce livre. Placez-les dans votre poche ou dans votre boîte à outils et continuez d’avancer sur votre propre chemin de découvertes. Essayez différents exercices et voyez ce qui arrive. Rééduquez-vous. Recréez-vous. Trouvez votre vraie voie et devenez l’être que vous étiez toujours censé être. 279
Notes INTRODUCTION — LES GRANDES QUESTIONS Épigraphe : Platon cité dans KNIGHT, M. J., éd. A Selection of Passages From Plato for English Readers, traduit par B. Jowett, New York, Macmillan, vol. 1, 1895, p. 2. 1. ROSSI, E. L. The Psychology of Gene Expression, New York, W. W. Norton, 2002, p. 4. 2. Ibid., p. 481. 3. SYLVIA, Claire et W. NOVAK. Mon cœur est un autre, Paris, J.-C. Lattès, 1998, p. 113. 4. MCTAGGART, L. Le champ de la cohérence universelle, Montréal, Ariane, p. 11. 5. BENGSTON, W. et S. FRASER. The Energy Cure: Unraveling the Mystery of Hands-On Healing, Louisville, Colorado, Sounds True, 2010, 256 p. CHAPITRE 1 — L’ÉVEIL DU MÉDECIN Épigraphe : WEINBERG Noah, rabbin. « Way #34: Use Your Inner Guide », inscrit sur le site http://www.aish.com/sp/48w/ 48950651.html le 12 janvier 2000 et site consulté le 9 mai 2013. 1. SIMONTON, O. C., S. MATTHEWS-SIMONTON et J. CREIGHTON. Guérir envers et contre tout, Paris, éditions Desclée de Brouwer, 2007, 335 p. 2. JUNG, C. G. et A. JAFFE. Ma vie : souvenirs, rêves et pensées, Paris, Gallimard, 1967, 540 p. 3. FURTH, G. M. The Secret World of Drawings: A Jungian Approach to Healing through Art, Boston, Sigo Press, 1988, 150 p. 4. BACH, S. Life Paints Its Own Span: On the Significance of Spontaneous Pictures by Severely Ill Children, Einsiedeln, Suisse, Daimon Verlag, 1990, 264 p. CHAPITRE 2 — LA SOURCE, LA SIGNIFICATION ET LA VALIDITÉ DES SYMBOLES Épigraphe : Maître Eckhart cité dans RONNBERG, Ami et Kathleen, MARTIN, éd. et Archive for Research in Archetypal Symbolism (ARAS). The Book of Symbols: Reflections on Archetypal Images, Köln, Taschen America, 2010, p. 6. 1. FURTH, G. M. The Secret World of Drawings: A Jungian Approach to Healing through Art, Boston, Sigo Press, 1988, p. 10. 280
2. JUNG, C. G. L’âme et le soi, Paris, Albin Michel, 1990, p. 179-189. Et JUNG, C. G. La réalité de l’âme – Manifestations de l’inconscient, Paris, Le Livre de poche, coll. la Pochotèque, 2007, p. 806-814. 3. CAMPBELL, J. et P. COUSINEAU. The Hero’s Journey: Joseph Campbell on His Life and Work, Novato, Californie, New World Library, 1990. Et CAMPBELL, J. et B. MOYERS. Puissance du mythe, Escalquiens, éditions Oxus, 2009, 286 p. 4. BAYNES, C. F. The I Ching, or Book of Changes, traduit par R. Wilhelm et C. F. Baynes, Princeton, New Jersey, Princeton University Press, 1968, p. xxi-xxv. 5. BARTLETT, J. Familiar Quotations, 6e édition, Boston, Little Brown, 1980, p. 513. CHAPITRE 3 — LE POUVOIR DE LA VISUALISATION Épigraphe : Albert Schweitzer cité dans HARNER, M. La voie du chamane, Paris, Mama éditions, 2011, p. 203. 1. PASCUAL-LEONE, A. et F. TORRES. « Plasticity of the Sensorimotor Cortex Representation of the Reading Finger in Braille Readers », Brain, vol. 116, n° 1, février 1993, p. 39-52. Épigraphe de la page : HILLMAN, James. La fiction qui soigne, Paris, Payot, 2005, p. 95. CHAPITRE 4 — LES RÊVES : L’ATELIER CRÉATIF DU CERVEAU Épigraphe : JUNG, C. G. Jung on Synchronicity and the Paranormal, Londres, Routledge, 1997, p. 73. 1. MORRISON, A. R. « The Brain on Night Shift », Cerebrum, 1er juillet 2003, sur le site de la Dana Foundation, http://www.dana.org/Cerebrum/Default.aspx ?id=39318, consulté le 20 septembre 2012. 2. HOFFMAN, S. « The Message », extrait de SIEGEL, B. A Book of Miracles: Inspiring True Stories of Healing, Gratitude and Love, Novato, Californie, New Horld Library, 2011, p. 5658. 3. SYLVIA, C. et W. NOVAK. Mon cœur est un autre, Paris, J.-C. Lattès, 1998, p. 15. 4. HOLLOWAY, Gillian. Dreaming Insights: A 5-Step Plan for Discovering the Meaning in Your Dream, Portland, Oregon, Practical Psychology Press, 2002, 136 p. 281
CHAPITRE 5 — LES DESSINS : QUAND LE CONSCIENT ET L’INCONSCIENT NE S’ENTENDENT PAS Épigraphe : GUILLEMETS, T. The Quote Garden, www.quotegarden.com/art.html, consulté le 24 septembre 2012. 1. KÜBLER-ROSS, E. Sur le chagrin et le deuil, Paris, Pocket, 2011, 288 p. 2. MILLER, A. L’enfant sous terreur, Paris, Aubier, 1993, p. 368. 3. MILLER, A. Abattre le mur du silence, Paris, Aubier, 1992, 210 p. 4. THOMAS, C. « Studies on the Psychological Characteristics of Medical Students », document de recherche, Johns Hopkins University School of Medicine, 1964. 5. BACH, S. Life Paints Its Own Span: On the Significance of Spontaneous Pictures by Severely Ill Children, Einsiedeln, Suisse, Daimon Verlag, 1990, p. 39. 6. Dunne, C. Carl Gustav Jung : guérisseur de l’âme, Montréal, Éditions de l’Homme, 2012, p. 194. 7. FURTH, G. M. The Secret World of Drawings: A Jungian Approach to Healing through Art, Boston, Sigo Press, 1988, 150 p. CHAPITRE 6 — L’INTERPRÉTATION DES DESSINS Épigraphe : Georgia O’Keeffe, extrait de la brochure de l’exposition Alfred Stieglitz Presents, cité dans CHAVE, Anna C., « O’Keeffe and the Masculine Gaze », Reading American Art, éditeurs M. Doezema et E. Milroy, New Haven, Connecticut, Yale University Press, 1998, p. 352. CHAPITRE 7 — LES ANIMAUX, LES MÉDIUMS ET LES PERSONNES INTUITIVES Épigraphe : WENDROFF, G. Heavenletters: Love Letters from God, Fairfield, Iowa, World Library, 2004, p. 144. 1. ANDERSON, M. R. « The Child Whisperer », extrait de SIEGEL, B. A Book of Miracles: Inspiring True Stories of Healing, Gratitude and Love, Novato, Californie, New World Library, 2011, p. 35-38. 2. ANDERSON, F. Extrait du poème non publié « What If I Were My Cat ? ». Frances a signé son poème comme suit : Frances (Feline-Lover) Anderson. 282
3. CORELL, G. Equestrian Crossings, 2012, vidéo provenant du site www.equestriancrossings.com/video/video.html, consulté le 27 septembre 2012. 4. Ibid. 5. CRISP, T. et C. J. HURN. No Buddy left Behind: Bringing U.S. Troop’s Dogs and Cats Safely Home from the Combat Zone, Guilford, Connecticut, Lyons Press, 2012, jaquette du livre. 6. Ibid., p. 136 et 244. Les citations sont tirées d’une entrevue enregistrée par Cynthia Hurn, 3 décembre 2010. 7. SIEGEL, B. et M. G. STEIN. Buddy’s Candle, Victoria, Colombie-Britannique, Trafford, 2008, 36 p. 8. KINKADE, A. The Language of Miracles: A Celebrated Psychic Teaches You to Talk to Animals, Novato, Californie, New World Library, 2006, 320 p. 9. L’histoire d’Olga est racontée dans CERUTTI, E. Olga Worrall : Mystic with the Healing Hands, New York, Harper and Row, 1975. CHAPITRE 8 — RIEZ À GORGE DÉPLOYÉE Épigraphe : SIEGEL, B. Prescriptions for Living: Inspirational Lessons for a Joyful, Loving Life, New York, HarperCollins, 1998, p. 15. 1. L’histoire de Norman est racontée dans COUSINS, N. Anatomy of an Illness as Perceived by the Patient, New York, W. W. Norton, 2005, 192 p. 2. SPOTO, D. Ingrid Bergman, Paris, Presses de la Cité, 1997, p. 164. 3. SIEGEL, B. « Divorce », Prescriptions for Living: Inspirational Lessons for a Joyful, Loving Life, New York, HarperCollins, 1999, p. 16. CHAPITRE 9 — FAITES SEMBLANT JUSQU’À CE QUE CE SOIT RÉEL Épigraphe : Helen Keller citée dans FOGG, W. One Thousand Sayings of History: Presented as Pictures in Prose, Boston, Beacon Press, 1929, p. 17. 1. CHILD WELFARE INFORMATION GATEWAY. Under-standing the Effects of Maltreatment on Brain Development, Washington, D.C., Department of Health and Human Services, novembre 2009. Site : www.childwelfare.gov/pubs/issue_briefs/brain_development/brain_development.pdf, consulté le 24 septembre 2012. 283
2. 3. Statistiques sur le nombre de membres tirées de Alcoholics www.aa.org/en_pdfs/smf-53_en.pdf, consulté le 12 février 2013. HUNTER, T. « Rock Me to Sleep », du CD Bits & Anonymous, Pieces, 1977, www.tomhunter.com/store/bits&pieces.htm, consulté le 24 septembre 2012. CHAPITRE 10 — LES MOTS PEUVENT TUER OU GUÉRIR Épigraphe : HILLMAN, James. La fiction qui soigne, Paris, Payot, 2005, p. 93. 1. Lao-tseu. Tao Te King, traduit par Stephen Mitchell, Paris, Synchroniques Éditions, 2008, p. 75. CHAPITRE 11 — CHOISISSEZ LA VIE Épigraphe : SIEGEL, Bernie. 1. KLOPFER, B. « Psychological Variables in Human Cancer », Journal of Projective Techniques, vol. 21, no 4, décembre 1957, p. 331-340. CHAPITRE 12 — LES TRANSITIONS ENTRE LA VIE ET LA MORT Épigraphe : GIBRAN, Khalil. Le prophète, Paris, Alphée, 2005, p. 109. 1. Cité dans HESSELBEIN, F. « A Splendid Torch », Leader to Leader, no. 22, automne 2001, p. 4-5. 2. HUNTER, T. « Rock Me to Sleep », du CD Bits & Pieces, 1977, www.tomhunter.com/store/bits&pieces.htm, consulté le 24 septembre 2012. CHAPITRE 13 — LA SPIRITUALITÉ : NOURRISSEZ VOTRE MOI INVISIBLE Épigraphe : SIEGEL, Bernie. 1. CAMPBELL, Joseph. Reflections on the Art of Living : A Joseph Campbell Companion, éd. D. K. Osbon, New York, HarperCollins, 1991, p. 22. 2. JUNG, C. G. The Undiscovered Self, traduction de R. F. C. Hull, Londres, Penguin, 1958, p. 87. ÉPILOGUE — VERS DE NOUVEAUX COMMENCEMENTS Épigraphe : Benedetto Croce cité dans CHANG, L. Wisdom for the Soul, Washington, D.C., Gnosophia, 2006, p. 484. 284
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À propos du dr Bernie S. Siegel B ernie S. Siegel est un défenseur reconnu des approches intégratives et holistiques qui guérissent non seulement le corps, mais aussi l’esprit et l’âme. Bernie, comme ses amis et ses patients l’appellent, a fait des études à l’Université Colgate et a étudié la médecine à la faculté de médecine de l’Université Cornell. Il a reçu sa formation de chirurgien à l’hôpital Yale-New Haven, à l’hôpital West Haven Veterans et à l’hôpital pour enfants de Pittsburgh. En 1978, Bernie a conçu une nouvelle approche en matière de thérapie de groupe et individuelle pour soigner le cancer, basée sur l’utilisation des dessins, des rêves et des sentiments des patients. Elle porte le nom de Patients cancéreux exceptionnels (Exceptional Cancer Patients — ECaP). Il a également innové en encourageant ses patients à apporter des changements importants dans leur mode de vie et en les intégrant dans leur processus de guérison. Bernie s’est retiré de la pratique chirurgicale générale et pédiatrique en 1989. Toujours grand défenseur de ses patients, il se consacre depuis à humaniser l’approche du personnel soignant auprès des patients et à redonner à ces derniers le pouvoir de s’autoguérir afin qu’ils atteignent leur plus grand potentiel. Il continue d’animer des groupes de soutien et de donner des conférences partout dans le monde sur les questions relatives aux patients et au personnel soignant. En tant qu’auteur de nombreux livres, dont L’amour, la médecine et les miracles ; Messages de vie ; Vivre sa maladie : trouver ses propres réponses pour l’affronter ; 365 Prescriptions for the Soul, Faith, Hope & Healing et A Book of Miracles, Bernie a été à l’avant-plan des questions éthiques spirituelles et médicales de notre temps. Il a été nommé l’une des 286
20 personnalités vivantes les plus influentes spirituellement par le magazine londonien Watkins’ Mind Body Spirit. Bernie et son épouse Bobbie (qui est parfois sa coauteure) vivent dans la banlieue de New Haven, au Connecticut. Ils ont cinq enfants, huit petits-enfants, quatre chats, deux chiens et beaucoup d’amour. Vous pouvez visiter leur site à l’adresse : www.berniesiegelmd.com. À PROPOS DE CYNTHIA J. HURN R édactrice et réviseure à la pige, Cynthia J. Hurn est la coauteure du livre documentaire No Buddy Left Behind: Bringing U.S. Troops’ Dogs and Cats Safely Home from the Combat Zone. En raison de ses études en psychologie, en counseling et en création littéraire, ainsi que de son travail auprès des animaux et des oiseaux sauvages rescapés, elle met dans son écriture à la fois de la science, du cœur et de l’âme. 287
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