Text
                    MINISTÈRE D'ÉTAT
CHARGÉ DE LA
DÉFENSE NATIONALE
MAT 1035
Section Technique de i’Armée
GUIDE TECHNIQUE
LANCE-ROQUETTES
ANTICHAR DE 73 mm
MODÈLE 1950
Approuvé le 21 avril 1955 sous le n 2133 EMA ARMET
Edition n° 3
Date d editlon 1971

MINISTÈRE D’ÉTAT CHARGÉ DE LA DÉFENSE NATIONALE Section Technique de ('Armée MAT 1035 ex MAT 1069 GUIDE TECHNIQUE LANCE-ROQUETTES ANTICHAR DE 73 mm MODÈLE 1950 Approuvé le 21 avril 1955 sous le n° 2133/EMA/ARMET ANNULE ET REMPLACE LES ÉDITIONS PRÉCÉDENTES Édition n° 3 Date d'édition : 1971

TABLE DES MATIERES 1. Caractéristiques ................ 5 2. Description. ................... 6 3. Données numériques .............. 8 4. Dispositif de pointage. ............ 10 5. Munitions ..................... | 3 6. Mise en oeuvre. ................. 20 7. Service de l arme ................ 24 8. Démontages, échanges et entretien .... 29 9. Accessoires ................... 32 10. Opérations diverses . ........ 33 I 1. Précautions à prendre... 36 3

1. CARACTERISTIQUES Arme légère de combat antichar rapproché pour section et compagnie. Projectile autopropulsé à tête explosive à charge creuse, appelé roquette antichar. Grande puissance de perforation. Portée utile de 135 ni sur char en mouvement, 200 m sur objectif immobile. Portée maximum : très voisine de l 200 m. Vitesse pratique de tir : 4 coups par minute. Mise de leu électrique. I .'arme est servie normalemenl par un tireur et un chargeur, et eventuellement, sans difliculte, par un homme seul. Les lance-roquettes sont emballés par deux dans des caisses de transport, ou transportés individuelle- ment dans une gaine de protection (I ig. 3) incluse dans Pituite collective de l'arme. l'tg.l. - Lance-roquettes antichar de 73 mm, modèle 1950 (cote droit) . 5
2. DESCRIPTION Le lance-roquettes (fig. 2) est constitué par un tube lisse, ouvert aux deux extrémités, sur lequel sont fixés de l'arrière vers l'avant : _ l'entonnoir de chargement ; _ le boîtier arrière de mise de feu avec la prise de courant et les arrêtons ; _ les fils conducteurs sous gaine de protection ; _ la poignée contenant le générateur de courant électrique ; _ le collier d'assemblage, portant l'appareil de pointage, le bouclier.
/ it:. 2. - L an ce-roquette s antichar.de 73 mm, m ode le 1950 (vude 3 4 arriéré droit). / iii. >’. Lance roq uette s a nt i char d e 73 mm, m ode le 1950, saus sa gaine de protection (vu de 3 4 arriéré gauche).
3. DONNEES NUMERIQUES _ calibre .................. 73 mm _ masse ............ ........ 6,700 kg longueur ................. I ,20 m _ appareil de pointage ......... limette de visée Gaine : _ masse .................. 1,080 kg Ec ouvillon avec hampe : ( hampe seule : 0.953 kg masses .......Z , D ecouvillon seul : O.a68 kg ( monté : 1 .38 ni longueur ...... Z replie : U,13 m Roquette antichar : _ calibre ..................... 73 mm _ masse (en ordre de tir). ...... 1 ,480 kg — longueur .................... 0,58 m _ vitesse initiale . .............. 160 ni/s — (lèche (pour la portée de 200 m) . .... 2.50 ni _ l’usée de culot de 25/29 non filetée. 8
Conteneur : _ masse (vicie) ................... 0,650 kg — longue ne ... . . ................ 0,62 m Assemblés par trois clans clés systèmes de portage à poignee. Performances de tir sur char : _ précision et durées de trajet bonnes pour char en mouvement jusqu'à 135 ni ; _ précision sullisanle sur objectil immobile jusqu'à 200 m ; _ perforation de tous les blindages simples de char actuellement en service, à toutes les distances ; _ sûreté de fonctionnement en incidence jusqu'à 70° d'obliquité sur la normale. 9
4. DISPOSITIF DE POINTAGE Le disposilil' de pointage, porté par le collier, comprend : _ la lunette de pointage (lunette coudée APX-L751 -4) ; _ les mécanismes de commande de hausse ; _ les dispositifs de réglage de la lunette. A. _ Lunette : lunette du type coudée, sans grossisse- ment, de 200 millièmes de champ, à micromètre. 1) Les graduations du micromètre comprennent : _ au centre un V renversé, dont le sommet est sur l axe optiq ne ; _ sur le diamètre horizontal, des graduations espa- cées de 30 en 30 millièmes et dont les demi- intervalles sont repérés par des traits plus courts; _ sur le diamètre vertica I, au-dessus du sommet duV, un croisillon repère, également à 30 millièmes de l'axe. L'embase de la lunette comporte un filetage femelle pour la vis de fixation et trois portées de mise en place sur les plots correspondants du plateau sup- port. Le réglage de ces plots permet d'assurer au 10
millième près le parallélisme de l'axe optique de la lunette et de 1 axe du tube. Les lunettes sont inter- changeables. Le réglage des plots ne peut être effectue que par le sous-officier spécialiste armement petit calibre. 2) Utilisation du micromèlre. Le sommet du V sert au pointage et au réglage. La graduation horizontale permet des mesures d'angles et donne des repères pour la visée avec dérive latérale. L'angle de 30 millièmes (vertical et horizontal; peut servir à l'appréciation des distances. En parti- culier, à la distance de 200 m, 30 millièmes est l'angle sous lequel on voit une dimension de 6 m. Exemple : la hauteur d'un poteau télégraphique ordinaire,deux étages d une maison moyenne, approximativement la longueur d'un char moyen ou deux fois sa largeur ou sa hauteur. B. _ Mécanisme de commande de hausse. Le plateau support de lunette est mobile autour d un axe horizontal central. La rotation de la lunette est obtenue par un levier fixé à l'extrémité de cet axe et commandé par une came entraînée par le boulon de hausse. 1) Tambour des hausses. Les graduations sont portées par un tambour de hausse amovible maintenu par cran et ergot sur un
plateau solidaire du bouton de hausse, et retenu par un volet agrafe sur une lame-ressort, Les hausses marquées sur la partie tronconique du tambour de hausse et correspondant au projectile actuel sont : 0, 100, .135 (1 ), 200, 250, 300 et 350 m ; un crantage particulier arrête le tambour à la graduation voulue, quand celle-ci apparaît dans une fenêtre du volet. C. — Réglage. La lunette de pointage est réglée par parallé- lisme entre son axe optique à la hausse 0 et I axe du tube du lance-roquettes antichar. Les armes sont réglées avant livraison : mais le réglage peut également être fait par les sous-officiers spécialistes armement petit calibre à I aide du coffret spécial aux accessoires qui est délivré aux formations sur la base cl un coffret complet pour dix lance- roquettes antichar ou fraction de dix. Le réglage en direction se fait par le dépla- cement transversal du plot avant du support de lunette, et le réglage en hauteur par le serrage du tambour de hausse sur son axe dans une position judicieuse. (1) La hausse 135 est dite hausse de combat, 12
5. MUNITIONS A. — Roquette antichar. « Roquette A.C. de 73 mm Mie 50 » Projectile autopropulsé à poudre, transportant une charge creuse, slabilise par empennage etcoupelles d'ogive. Ce projectile est constitué par : _ la tète explosive à charge creuse ; _ la fusée de culot, logée dans lavant du -propulseur (armement et fonctionnement à inertie, securité de bouche à ressort spirale) ; _ le dispositif de sécurité de transport avec anneau d'arrachage (fig. 4) (munition non parachutable), avec collier (fig.5) (munition parachutable); _ le propulseur à poudre avec son empennage et la fiche de prise de courant. B. — Roquette d'exercice. « Roquette antichar d’exercice de 73 mm Mie 1950 » Elle se compose de : _ une tète lestée inerte, de même forme que la réelle; _ une goupille et un anneau de sécurité, factices ; — un propulseur réel, en tous points identique à celui de la roquette réelle. 13.
Fig> 4, — Goupille de sécurité avec anneau d'arrachage. Fig, 5. — Goupille de sécurité avec collier- 14
Cette roquette sert aux exercices de tir aux dis- tances réelles ; elle impose aux servants les mêmes manipulations et précautions que la roquette réelle. C. — Roquettes d'instruction. .1 ) «Tube réducteur M/e 1952 [tour T instruction du tir au lance-roquettes de 73 mm ». C'est une fausse roquette dans laquelle est monté un canon de fusil de 7,5 mm raccourci ; elle tire une cartouche spéciale au papier nitré, à balle en plomb et amorce électrique (voir GUIDE TECHNIQUE SOMMAIRE sur le TUBE REDUCTEUR Mie 1952, pour l'instruction du tir au lance-roquettes de 73 mm, MAT 1036, ex MAT 1069/1). Elle impose aux servants pratiquement les mêmes manipulations que le tir des autres roquettes. 2) «Tube réducteur de 20 ntm Mie 19 59 pour T ins- truction du tir au lance-roquetles de 73 mm » C'est une fausse roquette servant de support à une arme au calibre de 20 mm dans laquelle est tirée une cartouche à amorce électrique et à projectile empenné à tête de plomb. Elle est prolongée vers l'ar- rière par un tube court de calibre 20 mm dans lequel est tirée une cartouche à amorce électrique, sans ba lie, qui projette vers l arrière un mélange d eau et d'antigel (voir GUIDE TECHNIQUE SOMMAIRE du TUBE RE- DUCTEUR de 20 mm Mie 1959, pour l'instruction du tir 15
au lancc-roquetlcs de 73 mm, MAT 1037, ex MAT 1069/ 3). Les tirs d'instruction sont exécutés comme s'il s'agissait de munitions de 73 mm, en particulier en appliquant les mêmes corrections sur objectifs mobiles. 3) « Roquette inerte de 73 mm Mie 1950 » Elle se compose de : _ une tête inerte ; _ un anneau et une goupille de securité, factices; — un propulseur inerte à corps perforé, avec empennage et fiche de prise de courant factices. Roquette de manipulation, sans danger, qui n'existe qu en quantité réduite. D. _ Conditionnement des munitions. Les roquettes antichar sont emballées dans des conteneurs individuels en carton, groupes par trois dans des dispositifs de portage à poignée. La caisse de munitions contient cinq de ces assemblages et deux sangles de transport. Les roquettes d exercice peuvent être emballées comme Les roquettes antichar ou livrées en vrac par caisses de vingt-quatre ou de trente. 16
E. — Marquage des roquettes. I .es leLcs réelles explosives sont peintes en vert armée ; les têtes inertes ont une ogive bleue. I .es propulseurs réels sont peints en vert armée ; les propulseurs inertes sont perforés et peints en bleu ou en blanc. I.es inscriptions à la peinture (jaune) donnent les indications suivantes. Pour la tête : — désignation de la munition : _ codification du chargement ; _ lotissement de la tête ; _ éventuellement, marques concernant les res- trictions d'emploi ou les particularités de constitution ou d'emploi de la munition ; Pour le propulseur : au l i’iitre _ mot « propulseur» suivi du lotissement du pro- pulseur chargé : _ désignation de la poudre ; _ éventuellement, signes conventionnels concer- nant les températures limites de stockage et d emploi ; du tiers arrière — signe spécial « autopropulsé » ; 17
à /'arrière _ lotissement du projcctile complet. Des marques indélébiles (à froid), indiquant le lotissement de la tête et du corps du propulseur sont apposées respectivement à l'arrière de la tête et à l'avant du propulseur de la roquette. Le lotissement de la munition complète figure sur I étiquette du conteneur et sur les caisses à munitions. A ces deux emplacements sont egalement répétés en partie les lotissements des différents éléments, // jaut bien noter que la roquette antichar d’exer- cice de 73 mm Al/e 1950 possède un propulseur chargé. La roquette antichar d’exercice Mie 1950 ne doit jamais servir à des séances de manipulation. 8
l'ig. 6. - Roquette et conteneur. 19
6. MISE EN ŒUVRE La pièce du lance-roquettes se compose norma- lement d'un tireur, chef de pièce, et d'un chargeur. Cependant, l'arme a été conçue pour être servie sans difficulté par un homme seul. Le bouclier a un rôle triple : _ protection du tireur (visage et mains) contre la flamme, les éjections d imbrûlés cl les pro- jections de gravier ; _ support de tir (bipied) dans le tir couché ; _ épaulière (contre l'épaule gauche) dans toutes les positions. Le lance-roquettes s'adapte à toutes les posi- tions habituelles du tireur. Dans tous les cas, le tireur, casqué de préférence, s'abrite et épaule l'arme de façon à placer tout le haut du corps derrière le bouclier, la ligne des épaules étant presque parallèle au tube ; si le casque comporte une visière, celle-ci est engagée sous le biseau du tampon en caoutchouc. A. _ Position « debout » (Fig. 7) ou « à genoux ». Le lance-roquettes est soutenu par la main gauche, pouce à gauche, placée entre collier et poignée : la mise en joue se fait en ramenant fortement le bouclier contre I épaulé gauche, le casque au contact du tampon. L'ar- rière du tube s appuie contre 1 épaule droite et est 20
soutenu par le bras droit engagé plus ou moins en obli- que, en dessous ; la main droite enserrant la poignée aide la main gauche à ramener le tube contre le buste du tireur. Le reste du corps est légèrement fléchi vers l'avant pour recevoir la poussée due au souffle sur la tranche de bouche et le bouclier. /• /<: , . — Tireur en pos itîon « debout ». 21
B. _ Position « couché » (fig. 8 et 9). Le lance- roquettes exécute son tir sur appuis, l'appui avant étant fourni par le bouclier qui ne doit jamais quitter le contact avec le sol (projections sur le tireur) et l'appui arrière parle coude droitdu tireur engagé plus ou moins sous le tube contre le soi. Le tireur est à plat, faisant un angle très ouvert avec le tube, appuyé sur les deux coudes ; le coude gauche contre le bouclier (recul) à l'aplomb du tube, /•7 g. 8. - Tireur et chargeur en position «couché la main gauche a plat sur le sol à gauche de la poi- gnée : le coude droit sous l'arrière du tube. L'épaule gauche (si possible) et le casque sont en contact avec le bouclier. La main droite enserrant la poignée attire l'arme vers l'arrière pour l'appuyer contre le coude et 22
l'épaule gauches, et la ramène contre le buste du tireur. Pour aider ce dernier mouvement, la main gauche peut également venir saisir le tube au-dessus de la poignée, mais cette position est plus gênante que la main gau- che à plat sur le sol, pour suivre facilement les évo- lutions d'un char. Le chargeur évite de rester trop près du tube (danger et £cô/e [Jour le tireur) ; s'il ne peut faire autrement, il se couche en arrière et à droite du tireur, de façon à abriter son visage et ses mains derrière celui-ci. 11 devra toujours être en avant de la partie arrière du tube. /' (g. 9, — Tireur seul en position « couché >>. 23
7. SERVICE DE L'ARME La mise eu oeuvre comporte les operations successives suivantes : _ préparer I arme ; _ la charger en mettant la roquette en place ; _ pointer : _ l’aire partir le coup. A. _ Préparer l’arme. Si le matériel est en caisse de transport : commencer par remonter le bouclier ; celui-ci est enfile par l'avant,, engagé par ses trois trous de montage sur les plots correspon- dants du collier, et bloqué dans cette posi- tion en tournant a fond le verrou circulaire. Si le matériel est en gaine : retirer la gaine et vérifier, le blocage du bouc lier. Ensuite : _ vérifier la propreté du tube ; _ vérifier les glaces de protection, et les changer au besoin (I ) ; _ découvrir le passage de la fiche de prise de courant à l'arrière du boîtier de mise de fou en faisant pivoter le volet obturateur ; _ vérifier le Ionctionnement de la poignée de mise de feu au moyen de la liche spéciale. ( 1) II existe des glaces de rechange dans les conteneurs à munitions. 24
B. — Charger l’arme. Engager la tête de la roquette dans l'arrière du tube. Arracher la goupil le de sécurité de transport. Pousser la roquette à fond jusqu'à encranlagc sur les arrêtoirs. Introduire la licite de prise de courant dans le boftier de mise de feu et la pousser à lond; Ees munitions avec coupelles d'ogives doivent être présentées la partie arrière abaissée pour ne pas les heurter aux arrctoirs. C. _ Pointer l'arme. I) Placer la hausse eu tournant le boulon moleté jusqu'à apparition de la graduation voulue dans la fe- nêtre du volet ; continuer le mouvement jusqu à eucran- tement du tambour sur le ressort d immobilisation. 2) Pointer, dans la position de tir choisie, en dirigeant le sommet du V sur le point a viser. Viser de préférence avec les deux yeux ouverts, l'œil gauche continuant à observer à travers la glace de protection. 3) Règle générale. Le lance-roquettes doit être toujours prêt à intervenir inopinément avec la hausse de combat, valable de 10 à 140 m sur objectifs fixes comme sur objectils mobiles. Cette hausse (135 ni) doit être marquée en permanence sur l'appareil de pointage. Elle n'est changée qu exceptionnellement 25
pour un tir déterminé, et le tireur doit la reprendre à l'issue de son intervention. D. _ Point à viser. 1) Cas d'un objectij fixe. H aussi- Distance d’utilisation Point â viser sur le char 135 (1) 10 à 140 m Plein centre 200 1/10 à 180 m Pied du char 180 à 220 m Plein centre Su]X?rieurc à 200 Le tir ne se justifie jusqu’à 300m que sur des buts fixes dont la portée est suffisamment connue. (1* La hausse 100 m est préférable à des dis tances égales ou inférieures à 100 mètres sous la réserve formelle que le tireur ait la certitude de n’avoir pas à intervenir à bref délai au-delà de 1 00 mètres» Remarque sur l'influence de la température Par temps froid et lorsque la distance de l'ob- jectif est supérieure à 100 m, il y a lieu de viser plus haut : de _ 1 0 °C à + 5 °C, viser à 0,50 m au-dessus du point normal et au-dessous de _ 10°C, viser à ] m au-dessus du point normal. 2) Cas d'un objectif mobile. a. Première règle : la hausse à utiliser est la hausse de combat 135m (distance d'utilisationlOà 140m). 26
b. Deuxième règle : le tireur détermine d'abord la hauteur du point à viser sur le char comme si ce dernier était arrête. Il fait ensuite la correction de pointage en direction, tout en maintenant soigneuse- ment le pointage en hauteur. c. Troisième règle : lorsque l'axe de déplace- ment du char fait un angle appréciable avec le plan de tir, il faut introduire une correction de pointage en di- rection pour que la roquette et le char, tous deux mo- biles, se rencontrent. Pointer en avant du char en observant le nombre de longueurs apparentes de 1 ob- jectif, indiqué au tableau ci-dessous. 2'7
cl. Quatrième règle : lorsque le char se déplace clans le plan de tir (se dirigeant sur le tireur ou s'en éloignant) il n'y a pas, pour le tireur, de déplacement latéral apparent ; le tir est conduit comme clans le cas du char arrêté, mais seulement aux distances infé- rieures ou égales à 135 ni. E. _ Faire partir le coup. Dégrossir le pointage et appuyer sur la manette de la poignée génératrice avec la paume de la main. Maintenir la manette en affinant le pointage et faire partir le coup en appuyant franchement sur la détente avec l'index au moment voulu (avec le bout de l'index si la main est trop petite). F. — Après le tir. Relâcher la détente. Relâcher complètement la manette pour la réarmer. Enlever la fiche de prise de courant. Vérifier la glace de protection. /'cg. 10,. — Ecouvillon (démonté). 28
8. DEMONTAGES, ECHANGES ET ENTRETIEN A. _ Démontages. Seuls sont autorisés au premier échelon les dé- montages suivants : Bouclier : faire tourner le verrou annulaire dans le sens inverse d'horloge. Châssis porte-glaces cl glaces (par. 1 0). Tambour des hausses : pousser vers l'avant de l'arme le verrou du volet portant la fenêtre de lecture des hausses ; rabattre ce volet vers l'arrière ; extraire le tambour des hausses en le tirant vers la gauche. Boîtier de mise de feu : saisir le couvercle par ses deux renforts latéraux striés ; le faire glisser vers l'avant de l'arme jusqu'à sa butée (le couvercle ne peut être complètement enlevé). /.miette : _ desserrer d'un tour environ l'écrou de blocage de la vis de lunette, à l'aide des ergots de la clé combinée ; _ desserrer, puis dévisser complètement la vis de lunette à l'aide de la clé à effort limité (en main- tenant la lunette). Pour monter la lunette, opérer de la façon inverse. 29
B. — Echanges. Le seul échange autorisé au premier échelon esl le remplacement des glaces de protection (par. I 0, 11), C. _ Entretien au premier échelon. Les ingrédients à utiliser sont l'huile de vaseline et le pétrole. L'entretien doit être effectué après chaque tir et au moins une fois par semaine. Tous les abrasifs sont interdits. 1 ) Tube : _ placer l'arme horizontalement, la poignée de mise de feu dirigée vers le haut ; _ nettoyer le tube à 1 aide de l'écouvillon trempé préalablement dans un bac de pétrole (dans le cas d'un encrassage très important, nettoyer à l'eau chaude avant de nettoyer au pétrole). 2) Bottier de mise de feu : — après avoir fait coulisser vers l'avant le cou- vercle de protection, extraire les corps étrangers si possible en soufflant ou en secouant ; — huiler très modérément les différentes pièces mobiles à 1 exception des ressorts-contacts et des fils, puis refermer le couvercle. 30
3) Poignee génératrice : _ ne doit subir aucun démontage : seuls les flasques peuvent être enlèves, sous le contrôle du sous-oll icier armurier pour le nettoyage et I entretien des mécanismes intérieurs (jet d'air). 'D Lunette : _ maintenir propres et sèches les surlaces exté- rieures ; _ n'utiliser en aucun cas de liquides, pâtes à polir ou abrasifs ; _ enlever toute trace d'huile ou de graisse sur les verres ; _ nettoyer avec du papier de soie, à l'exclusion de tout ch i11on. 3]
9. _ ACCESSOIRES Les accessoires livrés avec l'arme et entrant dans l'unité collective définie par le tableau de ciinipor sition et de dotation en rechanges et accessoires MAT 1291 (ex. MAT 10645) sont les suivants : _ I bretelle de transport (en toile), — 1 gaine de protection et de transport (en toile) avec bretelle, _ 2 dossards pour le transport des munitions (en toile), _ 1 guide technique MAT 1.035. En outre, certains accessoires complémentaires sont délivrés en unité simple : _ 1 coffre de transport pour deux lance-roquettes antichar livré sur la base d'un coffre pour deux lance-roquettes antichar, _ 1 écouvillon complet livré sur la base de 1 écouvillon pour deux lance-roquettes antichar, _ 1 coffret aux accessoires, complet, livré sur la base de 1 coffret pour dix lance-roquettes antichar ou fraction de dix, comprenant : _ 1 burette à huile, _ 1 tournevis emmanché (L = 160 nnn, I = 6 mm), _ 1 clé combinée pour réglage de la lunette, _ 1 clé à limitation d'effort dynamométrique, _ 1 simbleau avant, _ 1 simbleau arrière, _ 1 coffret aux accessoires, vide, dont le couvercle sert de cible de réglage. 32
10. _ OPERATIONS DIVERSES A. — Décharger l’arme. _ Retirer la fiche d'allumage (sécurité d'opé- ration et déblocage d'arrêtoir arrière) : _ de la main droite, appuyer sur le poussoir d'arrêtoir arrière tout en soulevant et en inclinant vers l'arrière le tube de la main gauche ; _ donner quelques secousses au tube vers l'ar- rière pour dégager I empennage ; _ saisir l'empennage et retirer complètement la roquette : _ remettre la goupille de securité en place. B. — Manœuvre du châssis porte-glaces de protection et changement des glaces. I) Changement d'urgence. Au milieu d'un tir, si la glace s'obscurcit ou présente une fêlure dangereuse, tirer le châssis vers la gauche jusqu a encranlement sur son ressort-arrcto'ir. La deuxieme glace est ainsi venue en place et permet de continuer le tir. 2) Remplacement des glaces. Le châssis étant à cette deuxième position, comprimer son ressort-arrêloir à fond et retirer le châssis vers la gauche. 33
Les glaces s'enlèvent du châssis en les poussant vers le haut et en les luisant pivoter vers l'avant, Elles se replacent par I operation inverse. Les glaces sont carrées et peuvent être engagées dans n'importe quel sens. Cela permet de remédier à un obscurcissement local devant la lunette, en faisant tourner la glace d'un quart de tour. La troisième glace du châssis permet un premier remplacement avant d entamer les glaces de réserve placées dans les caisses à munitions. C. — Vérification du circuit d'allumage. Une lichc de contrôle, formée d'une fiche de prise de courant équipée d une petite ampoule électrique, est logée dans une douille placée à gauche et en haut de la poignée. Introduire cette lichc dans le boîtier de mise de feu : pour cette opération, abaisser avec les doigts les arrêtoirs avant. Faire fonctionner la poignée de mise de feu et vérifier si l'ampoule jette un éclat. 1) En cas de raté, luire un essai supplémentaire avec la fiche de contrôle d'un autre tube. 2) kn cas de nouveau rate, vérifier le boîtier de mise de feu : _ tirer le couvercle vers l'avant : _ en le ver délicatement les corps étrangers : 34
_ essayer a la main le 1 onctionnemcnt des arrc- toirs et les huiler légèrement au besoin ; _ ne pas huiler les lûmes de contact ; _ refermer le boîtier. D. — Utilisation de la bretelle de transport. Réglable en longueur, cette bretelle est terminée à I avant par un crochet plat, (le crochet peut être fixé soit au collier d assemblage, soit au côté supérieur gauche du bouclier. La première position permet le port de I arme à la bretelle ou en bandoulière, La deuxième position permet de porter le tube en sautoir, devant le corps et en travers. 35
IL _ PRECAUTIONS A PRENDRE A. — Avant le tir. _ à l'instruction, ne pas tirer sur (les objectifs situes à moins de 50 mètres ; _ ne pas s installer immédiatement devant un obstacle qui renverrait la I lamine ; _ maintenir à l'arrière une zone de sécurité de 30 mètres de large et de 30 mètres de prolondenr : _ vérilicr le bon état du tube et du projectile (en particulier, fiche et lil électrique) ; _ vérifier la propreté du tube et du projectile, et contrôler la mise de leu. B. — Pendant le tir. 1) llègle générale de sécurité. Manipuler toujours les roquettes comme si elles pouvaient partir inopinément et maintenir leur tête orientée vers une direction non dangereuse. 2) Déroulemenl normal du tir. I .e tireur commande et exécute le tir au mieux de sa mission. 36
Le chargeur l'assiste en l'approvisionnant ou en chargeant le tube : il observe la bonne mise en place et le départ (les roquettes à la mise de feu. Il utilise le terrain au mieux pour remplir sa mission et se mettre à l'abri de la Hamme sans gêner le tireur, Pour commu- niquer avec lui, il attire au préalable son attention par une tape sur le corps. Lue double tape annonce que tout est paré. 3) /hcideuts de tir. En cas de non-départ immédiat du coup, le tireur ne peut déterminer Ini-mcmc la nature de l'incident de tir. Dans tons les cas, il conserve donc sa position, continue à pointer sur l'objectif et se tient prêt à re- prendre le tir. a. Raté. Le chargeur, tout en restant à I abri, vérifie : _ le bon enloncement de la fiche, _ le bon état des fils qui ne doivent être ni coupés ni déplacés, _ l'absence de fusement par la tuyère de la roquette. Ces vérifications faites, et s'il n'a rien constaté d’anormal, il en avertit le tireur. Celui-ci peut faire immédiatement une seconde mise de feu. En cas de nouvel échec, attendre deux minutes, en maintenant le pointage, puis changer la roquette. 37
h. Long feu. S i, au cours des vérifications precedentes, le chargeur constate : _ soit un décollement de la rondelle d'étan- chéité de la roquette, _ soit un arrachement des fils électriques hors de son empennage, 1 — soit un fusement par sa tuyère, un long feu est probable. Dans ce cas le tireur n'agit pas sur la mise de feu ; il maintient le pointage et attend deux minutes avant de changer la roquette. c. Coupure du circuit électrique. Cet incident, s'il n a pour cause qu un mauvais enfoncement de la fiche ou une coupure des fils exté- rieurs à la roquette, permet un nouveau tir inmiédùat, après remède approprié. C. — Après le tir. Les projectiles non éclatés sont signalés et dé- truits suivant les prescriptions réglementaires. D. — Précautions à prendre vis-à-vis des roquettes. Les roquettes sont sensibles au froid, à la cha- leur et à l'humidité. Le modèle en service est contrôlé aux températures de _ 25° et + 50°. 38
De plus, elles portent leur charge propulsive avec elles et, en cas de mise de leu accidentelle, peuvent atteindre leur portée maximum sans tube de lancement. En conséquence, installer les roquettes dans un endroit sec et propre (les isoler du sol), si possible modérément chaud (à l'abri du soleil direct) ; les tourner dans une direction non dangereuse (au besoin la tête en bas dans un trou étroit) et éviter la proxi- mité d installations électriques ou électroniques (les postes radio en service sont pratiquement sans influence). 39